La Science en famille : revue illustrée : guide de l'amateur de sciences
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- Science en Famille
- REVUE BI-MENSUELLE ILLUSTRÉE
- ABONNEMENT
- F RANCE, 8 F
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- EN FAMILLE
- REVUE PRATIQUE ILLUSTRÉE
- GUIDE DE L'AMATEUR DES SCIENCES
- CINQUIÈME VOLUME
- 18 9 1
- PARIS
- ÉDITEUR
- CH. MENDEL
- ii8 — Rue d’Assas — 118
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- Fig. 1. -- Monument do Bergerac, élevé à la mémoire des Mobiles de la Dordogne, tués pendant la guerre 1870-1871.
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- SCIENCE EN FAMILLE
- REVUE ILLUSTRÉE DE VULGARISATION SCIENTIFIQUE
- LE MONUMENT DE BERGERAC
- jLPRÈs la capitulation de Melz, la formation de l’armée de la Loire se précipita; cette armée fut lancée contre l’envahissement prussien, et la bataille de Coulmiers gagnée sur les Bavarois : Orléans- était dégagé ; ce fut une lueur d’espérance dans cette période de malheurs et de deuil; mais ce ne fut, hélas I qu’une lueur.
- C’est à la mémoire des Mobiles de la Dordogne, dont la conduite, en cette journée du 9 novembre 1870, a été si admirable, qu’on vient d’inaugurer, le 9 novembre dernier, à Bergerac, le monument dont nous sommes heureux de pouvoir donner la gravure à nos lecteurs à la tète de notre cinquième volume.
- Tout en nous écartant légèrement de notre programme, nous avons cru leur faire plaisir en leur mettant sous les yeux cette œuvre remarquable, en même temps qu’il nôus souriait de commencer une nouvelle année au cri de : « Vive la France ! »
- Ce monument, dû au ciseau du sculpteur B,oubaud, a été élevé par les soins d’une société de propagande de l’Ouest, et c’est le sixième souvenir de deuil et de gloire que cette société plante sur le sol français depuis l’année désastreuse.
- Il a été adopté, à l’unanimité, après concours et suivant programme. C’est le statuaire L.-A. Roubaud qui l’emporta.
- Roubaud est un homme de soixante ans, aussi modeste que scrupuleux, et dont les expositions au Salon, depuis 1865, lui ont valu la haute réputation de talent qu’il' possède aujourd’hui.
- Ni les médailles, ni les prix, non plus que les éloges et les promesses n’ont manqué à cet artiste vaillant et consciencieux. On espère de la bonne et définitive justice du Ministre la suprême récompense, si bien méritée, et que le public accueillera si favorablement.
- Il serait trop long de donner une nomenclature de ses œuvres, qui sont partout. Nous nous contenterons d’en citer quelques-unes en courant. Il débuta par la Vocation, médaillée et acquise par l’Etat; il exécuta plus tard un saint Paul, pour l’église de Bercy; le Joueur de triangle, pour le musée de Fontainebleau.
- La statue colossale de l’Australie pour le palais de l’exposition de 1878 fut très-remarquée; enfin, sa dernière œuvre est cette monumentale statue du Pape Urbain II prêchant la croisade, et qui, de dix mètres de haut et en granit, dresse sur une montagne, près de Châlons-sur-Marne, ses lignes superbes dans le plein air et les horizons d’un cadre grandiose.
- Le monument de Bergerac est d’une très belle facture ; il repose sur un socle presque carré d'environ trois mètres. La statue, en bronze, d’une hauteur de deux mètres soixante, représente un jeune mobile s’affaissant, blessé à mort, sur un canon désemparé. D’-une main, il élève son fusil en l’air ; de l’autre, il appuie sur sa blessure, et il meurt ep. poussant ce cri de : « Vive la France ! » dans lequel iljy a comme un défi suprême adressé à l’ennemi et à l’avenir.
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- C’est M.' Paul Mounet, de là Comedie-Française — 1’un des vaillants mobiles de la Dordogne — qui a posé pour cette tête tra gique, si pleine de vie et de caractère
- Enfin, sur les deux faces du monument sont inscrits les noms des officiers, sous-officiers et soldats du corps des Mobiles de la Dordogne, morts en 1870-1871.
- LE LABORATOIRE DE L’AMATEUR
- LA CHIMIE (Suite)
- II. — Les accessoires.
- Les accessoires du laboratoire de chimie sont nombreux, mais, fidèles à notre programme, nous n’emploierons, autant que possible, que des objets d’un usage journalier, après les avoir adaptés à nos expériences. Du reste, le laboratoire que nous avons choisi et où nous sommes, ma foi, très bien à l’aise, la cuisine, renferme déjà à peu près ce qu’il nous faut : il nous suffira d’approprier ces objets à l’usage auquel nous les destinons. L’imagination de chacun trouvera certainement les dispositions les plus propices en rapport avec l’installation générale.
- Parmi les ustensiles de cuisine, plusieurs ont leur place toute marquée dans notre laboratoire; la terrine ou la cuvette nous servira de cuve à eau pour la réception des gaz. Des pots à confitures joueront le rôle de cristallisoires ; une carafe servira de flacon pour la production des gaz à froid ; elle peut être avantageusement remplacée par un petit bocal. Nos tubes à essai pour recueillir les gaz seront fournis par des fioles à pilules, que l’on trouve malheureusement dans la plupart des ménages. Enfin, le porte-bouteilles sera mis à contribution pour la fourniture des flacons; nous en reparlerons plus loin, à propos de la verrerie. Quelques soucoupes et assiettes compléteront le matériel indispensable à la réalisation des premières expériences que nous décrirons ultérieurement.
- Il serait fastidieux de nous"étendre plus longtemps sur ce paragraphe; tous les objets dont nous nous servirons étant des objets usuels, chacun saura où les trouver quand il en sera question.
- N’oublions pas de nous procurer quelques bouts de tube en caoutchouc, des bouchons
- de divers diamètres et du fil de fer assez fort. Ce fil de fer nous servira à fabriquer un support pour nous permettre, dans certaines expériences, de gagner du temps ou de suivre à loisir la marche de l’expérience, la réalisation d’un phénomène chimique. Chacun trouvera une forme de support appropriée à ses besoins et nous nous proposons d’indiquer par la suite les dispositions diverses que certains amateurs industrieux voudront bien nous communiquer pour en faire profiter nos lecteurs ; nous les en remercions à l’avance.
- En règle générale, il n’est pas indispensable que le support soit mobile ; il est si facile de le changer de place ou de l’exhausser à l’aide de quelques morceaux de bois ou de brique, que ce serait une difficulté d’exécution peu en rapport avec les services demandés.
- Nous terminerons ce paragraphe déjà trop long par un conseil qui, bien que banal, peut avoir son utilité, étant donné le but que nous nous proposons : Ne jetez rien avant d’être sûrs que cela ne vous serait d'aucune utilité. Ainsi une boite à cirage et son couvercle, préalablement nettoyés, nous fourniront une excellente coupelle métallique', un verre dont le pied est cassé peut devenir une cloche, etc., etc.
- III. — La verrerie.
- Ouvrez un traité élémentaire de chimie et lisez la description d’une expérience quelconque, les mots : cornue, ballon, flacon à plusieurs tubulures, etc., reviennent à chaque ligne. C’est l’achat et le remplacement de ces objets fragiles qui arrêtent beaucoup d’amateurs dans la réalisation de ces expériences de chimie, si intéressantes à faire. Qu’à cela ne tienne, il est facile de répéter ces expériences sans avoir un matériel spécial et sans grande dépense.
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- D’abord, la cornue peut être considérée comme un objet de luxe pour tout ce qui concerne la chimie élémentaire; un simple ballon peut remplir le même office et donner les mêmes résultats.
- Comme la cuisine ne peut nous fournir aucun récipient en verre capable de résister au feu, nous devrons chercher à nous en procurer dans le commerce; d’ailleurs, le prix en est minime, comme on pourra s’en assurer par la lecture du petit devis qui suit ces préliminaires. Quant aux flacons à plusieurs tubulures, ils ne sont d’aucune utilité, et les débutants qui en font l’acquisition ne tardent pas à les abandonner; le nettoyage. en est difficile, le prix assez élevé, et ils ne rendent pas plus de services que les flacons ordinaires. Yeut-on transformer un bocal, un pot à moutarde ou un ballon en flacons à trois tubulures, il suffit de percer leur bouchon de trois trous. Il nous faudra généralement des flacons à deux tubulures. Dans un bouchon, s’adaplant à un flacon ordinaire, nous pratiquerons avec la lime dite « queue de rat », deux trous parallèles à l’axe, en ayant soin de maintenir ces trous d’un diamètre un peu inférieur à celui des tubes qu’ils doivent recevoir.
- Nous avons dit précédemment que nous pourrions trouver dans le porte-bouteilles les flacons destinés à contenir nos produits liquides; en effet, des bouteilles ordinaires sont suffisantes pour cet usage, mais nous aurons le soin de choisir celles qui sont dépourvues de fond rentrant. Les bouteilles dites « Sairit-Galmier » conviennent parfaitement; outre qu’elles sont d’un nettoyage facile, elles joignent à la qualité du verre la qualité non moins appréciable de bon marché (5 centimes), et tiennent ordinairement un litre. Si l’on emploie de simples bouchons de liège à la fermeture des bouteilles d’acides, ils seront vite malpropres et hors d’usage, ils devront être fréquemment remplacés, à moins de les rendre inattaquables par les acides usuels en les plongeant dans un mélange de deux parties de vaseline pour sept de paraffine, portée à la température de +40°, recette que nos lecteurs ont pu rencontrer dans un des derniers numéros de la Science en Famille. Ceux qui ne veulent pas se servir des bouchons de liège se procureront,
- dans quelque solde de verrerie ou chez quel -que brocanteur, des bouchons en verre ; ces bouchons n’assurent pas une fermeture hermétique, mais ils offrent du moins l'avantage de durer indéfiniment, puisqu’ils sont inattaquables aux acides dont nous nous servirons.
- De vulgaires pots à moutarde ou des bocaux de petite dimension recevront nos produits solides qui seront ainsi à l’abri de l’air et de l’humidité, ce qui est nécessaire pour quelques-uns ; de plus, ces fioles seront d’un maniement plus facile que les sacs en papier.
- Gomme nous l’avons déjà dit en parlant des accessoires, quelques pots à confitures, en verre, nous fourniront d’excellents cris-tallisoires et nos verres à pied deviendront, au besoin, des verres à expériences.
- Ne quittons pas « la verrerie » sans parler des tubes en verre qui nous sont indispensables et que l’on peut se procurer à bon compte ; recommandons seulement de prendre des tubes de moyen diamètre, c’est tout ce qu’il nous faut ; il suffit que ces tubes soient d’une grosseur un peu inférieure à celle des tubes en caoutchouc dont nous nous servirons.
- En ce qui concerne la verrerie, une des grandes difficultés que rencontre le débutant se trouve dans le travail du verre, travail très pénible et qui bien souvent ne donne pas les résultats qu’on en attendait. En effet, il y a certaines combinaisons de courbures qui sont très difficiles à obtenir et qui exigent beaucoup d’habileté de la part du manipulateur. Rassurez-vous; avec quelques bouts de tubes courbés à peu près à angle droit, nous aurons tout ce qu’il nous faut. Nos lecteurs verront, dès la première expérience, comment, avec quelques fragments de tube en caoutchouc, on peut obtenir toutes les courbures nécessaires à nos manipulations ; l’appareil, monté, est peut-être moins gracieux, mais le résultat obtenu est le même; c’est l’essentiel.
- IV- — Les produits chimiques.
- A quelques rares exceptions près, les produits chimiques ne sont pas à notre disposition immédiate; nous devons nous les procurer dans le commerce.
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- Nous croyons êlre utili s à nos lecteurs en leur soumettant un petit devis approximatif de la dépense qu’ils devront faire préalablement et qui leur permettra de réaliser à peu de frais toutes les expériences que nous décrirons dans la première partie.
- Nous ne faisons pas entrer dans la liste des produits ceux que nous sommes certains de trouver à la cuisine ou dans notre buffet, comme le sel de cuisine, le sucre, le vinaigre (acide acétique), etc.' Il en est de même des métaux que nous nous procurerons facile-
- ment sous forme de débris sans valeur (1).
- Tubes de verre, 8 mill.... 500 gr. » 90
- id. caoutchouc, 8 mill . 0"’50 » 50
- Un ballon de 150 gr. à 200 gr. . » 15
- Un cntonnier de 100 gr . . . » 15
- Toile métallique, 15 centimètres. » 15
- Acide azotique 500 gr. 0 35
- — chlorhydrique .... 1kg. » 20
- — sulfurique ou soufre . . 1kg. » 40
- Ammoniaque ordinaire . . . 250 gr. » 20
- Azotate de potasse 250 gr. 0 25
- Chlorate de potasse 250 gr. 0 75
- Chlorhydrate d’ammoniaque. . 100 gr. 0 25
- Bi-oxyde de manganèse en poudre 500 gr. 0 35
- Soufre en canons 250 gr. 0 15
- Teinture de tournesol. . . 50 gr. 0 25
- Total. . . Fr. CINQ
- Cette façon d’acheter en gros, nous dira-t-on, offre certainement des avantages de bon marché, mais quand on doit opérer sur un certain poids de matière ou employer une quantité déterminée d’acide, il faut donc se procurer une balance et des poids (coût dix francs environ), puis une éprouvette graduée (ci, 2 fr. 50). D’abord, au bout de peu de temps, ces appareils supplémentaires seraient largement payés par le bénéfice qu’ils vous auraient fait réaliser; mais il ne s’agit pas de cela, vous pouvez vous en dispenser. Les pesées à effectuer pour l’emploi des produits
- dans les manipulations qui suivront, ne nécessitent pas l’usage d’une balance de précision.
- A la page 2 de notre première année, nos lecteurs trouveront la description d’une balance dont la construction est accessible même aux personnes les plus inexpérimentées, et qui sera suffisante pour faire toutes nos pesées. Sachant que le sou pèse cinq grammes, la pièce de deux sous dix grammes, chacun aura à sa disposition une série de poids assez complète, surtout si l’on ajoute deux pièces de deux centimes (2 gr. chacune) et une de un centime.
- Veut-on maintenant confectionner une éprouvette graduée permettant d’évaluer les volumes ? rien de plus facile. L’éprouvette sera fournie par un verre à gaz dont on aura luté une extrémité pour servir de pied (une grande fiole à pilules pourra le remplacer). Pesez dix grammes d’eau et versez cette quantité dans l’éprouvette ; indiquez le niveau du liquide; ajoutez encore dix grammes d’eau et marquez de nouveau la hauteur atteinte par le liquide, et ainsi de suite. Vous aurez alors une éprouvette graduée dont chaque division correspond à un volume de dix centimètres cubes.
- Nous en avons fini avec ces préliminaires fastidieux et nous allons commencer la partie vraiment intéressante : les expériences proprement dites. Pour toutes les expériences qui vont suivre, nous ne ferons qu’indiquer d’une manière très succincte, ce qui est purement théorique, nous attachant surtout à la partie pratique (expériences à faire dans notre laboratoire), et aux applications industrielles. Quand le cas se présentera, nous ne manquerons pas d’aborder les expériences de chimie amusante, expériences qui offrent tant d’attrait dans les réunions d’amateurs.
- G. Huche.
- LE GRISOU
- aous me pardonnerez, n’est-ce pas, cher lecteur, de faire trêve, pour une fois, à nos préoccupations célestes, pour
- jeter un rapide coup d’œil sur les terribles catastrophes dont la terre a été tout récemment le théâtre.
- Le 29 juillet 1890, vers 6)heures du soir, on
- (1) On évitera, en général, les achats par trop petites quantités qui sont forcément plus onéreux; il est de toute évidence que le marchand qui vend un
- produit 20 c. le kil. ne peut donner 50 gr. du même produit pour un centime.
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- entendait à St-Etienne, dans le quartier de la concession de Villebœuf, une violente détonation ; la rumeur publique apprit bientôt à chacun la douloureuse nouvelle ; plus de 100 ouvriers mineurs (1) venaient de trouver la mort à 000 mètres sous terre. C’était un terrible épisode à ajouter aux annales, si longues déjà des accidents de mines.En moins de quatre ans. c’était la troisième fois qu’on avait à déplorer de semblables sinistres : (Puits Châ-telus, i°r mars 1887, 90 morts ; 3 juillet 1889, puits Verpilleux, 240 morts ; 29 juillet 1890, puits Pélissier, 113 morts). Nous ne rappelons que pour mémoire, les deux explosions du puits Jabin (1872-1876, 272 morts) qui semblent avoir ouvert cette lugubre série dans le bassin houiller de la Loire.
- Le 1er août 1890, deux jours après l’accident de Villeboéut, les journaux signalaient deux catastrophes du même genre, l’une au puits de Taufkirchen, en Autriche, l’autre en Hongrie dans la mine de Czaszwar.
- L’opinion publique, justement émue, s’est posée une fois de plus la question de savoir si la science, qui, dans notre siècle, a réalisé tant de merveilles, demeurerait à jamais impuissante contre le grisou. Mieux vaudrait alors abandonner les exploitations des couches dangereuses (2) que d’envoyer chaque jour à une mort probable des centaines d’ouvriers qui payent de leur vie et des souffrances de leurs familles la rançon de la misère.
- Nous sommes de ceux qui estiment qu’un semblable dilemme dont les termes sont synonymes de perte d’une partie de la richesse nationale ou d’exploitation des masses au profit du capital, vaut la peine d’un examen attentif de la part de tous ; les ingénieurs officiels ou les savants titrés ne sont pas seuls à avoir le monopole de la pensée, et nous croyons de notre devoir d’indiquer, à grands traits, les termes du problème à tous les lecteurs de la Science en famille. Qui sait si l’un d’eux, poursuivant les recherches que
- (:) Exactement 113 morts et 52 blessés. Quelques jours après, le 4 août, un nouvel accident se produisait dans la même concession, et le 8 septembre, 5 ouvriers étaient blessés à Firminy.
- (2) Notamment la 130 couche du bassin houiller de la Loire ; c’est dans cette couche que se sont produits les accidents de Jabin, de Verpilleux, de Cha-telus et de Villebœuf.
- nous avons entreprises, ne pourra pas émettre sur la question une idée féconde, obole précieuse apportée au trésor des connaisancess humaines ?
- § 1 Composition chimique, propriétés du grisou.
- Le grisou ou formène que les mineurs appellent naïvement le mauvais air ou mauvais goût (noms qu’ils appliquent d’ailleurs, sans distinction, à tous les gaz délétères de la mine) se compose presqu’exclusivement d'hydrogène protocarboné ou protocarbure d’hydrogène ou encore gaz des marais ; ce gaz dont la formule chimique est G* H*, est inodore, incolore, insipide : sa densité est 0,559, de sorte qu’un litre de grisou pèse 0gr,7257 ; il est peu soluble dans l’eau et non liquéfiable. Mélangé à deux fois son volume d’oxi-gène sec ou de chlore, il devient détonant. Il brûle au contact de l’air, surtout lorsque l’atmosphère est chargée d’électricité, sous le nom de feux follets ; il est produit spécialement par les matières organiques en décomposition ; on en connaît des sources naturelles dans l’Isère, en Italie, en Angleterre, en Grimée, en Perse, au Mexique ; on l’utilise pour la fabrication de la chaux et des poteries (1).
- Plus spécialement en ce qui concerne la production du grisou dans les mines de houille, le gaz se dégage des couches grasses et pulvérulentes parfois avec tant de violence qu’il écaille le charbon au passage, et produit un léger crépitement appelé « bruit d'écrevisses » par les mineurs. Plus léger que l’air, il s’accumule dans les anfractuosités du toit des galeries {cloches), ou dans les galeries en remonte. La coloration delà flamme des lampes décèle sa présence grâce à l’action toute particulière du gaz sur le platine. Les galeries mal remblayées peuvent ainsi laisser dans leurs interstices de véritables « nids à grisou » qui se vident dès qu’une baisse barométrique rompt l’équilibre entre l’air extérieur et le gaz contenu dans le réservoir : c’est même là ce qui explique le plus naturellement la coïncidence entre les accidents de mines et les temps d’orage, coïnci-
- (1) Troost, Chimie.
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- dence notée bien des fois par les praticiens (1)
- L’hydrogène 'protocarboné n’est pas le seul adversaire que l’on rencontre dans les exploitations souterraines ; à côté de lui, voici Yoxyde de carbone, incolore, inodore, insipide, mortel comme lui ; sa densité est 0,967, sa formule chimique est : CO; voici le gaz d'éclairage (C4 H1), très inflammable, d’une, odeur sui generis ; comme le formèue, il est plus léger que l’air, forme des mélanges détonants et s’accumule dans les galeries en remonte.
- Quand une inflammation de ces gaz a lieu, il se produit : 1° de Veau, par oxydation de l’hydrogène ; 2» de Yazote libre, emprunté à l’air ; 3° de Yacide carbonique.
- Les effets mécaniques des explosions de grisou ont été bien des fois décrits ; il est, hélas, trop de catastrophes navrantes pour que tout le monde n’en ait lu le lugubre récit. Le plus souvent des bouleversements considérables ont lieu : les boisages sont arrachés; des éboulements obstruent les galeries ; les ouvriers sont brûlés ou mutilés : la commotion est parfois si forte qu’elle s’étend même aux étages de la mine autres que ceux où l’explosion a éclaté, et cela avec une rapidité d’autant plus foudroyante que le charbon est plus pulvérulent et plus sec : les poussières sont, en effet, le véhicule le plus dangereux de l’incendie. En 1812, à Felling, on sentit l’ébranlement à 800 mètres de distance ; en 1839, à Schaumberg, des pierres de plus d’une tonne, servant de fondations à une machine hydraulique du poids de 12 tonnes furent déplacées, et cela, malgré les étais de bois qui les consolidaient. A St-Etienne, en 1887, lors de la catastrophe de Chatelus (1er mars), à laquelle nous avons assisté, les plaques de tôle entoürant l’orifice supérieur du puits d’extraction furent arrachées et bosselées, bien que l’explosion eût eu lieu à 498 mètres environ de profondeur.
- Les effets du grisou sur les victimes sont plus curieux encore, et étonnent souvent même les praticiens les plus expérimentés. 11 ne s’agit point, en effet, de blessures ou de
- (]) Jusqu’à plus ample informé, nous nous refusons à admettre la prétendue coïncidence entre les accidents de grisou et les phases de la lune ou les lu-nistices, malgré l’autorité de M. de Parville.
- brûlures superficielles, analogues aux autres traumatismes, ou aux autres escharifications que la médecine connaît : on constate toujours des intoxications internes amenant le plus souvent la mort des ouvriers les moins brûlés en apparence (1). Tous se plaignent d’une difficulté dans la respiration, d’un point persistant sous le sternum à la hauteur de l’insertion des bronches, ou même à la ceinture ; parfois des boursouflements de la région thoracique inférieure se manifestent, il se produit évidemment, sous l’action des gaz respirés, une décomposition profonde des tissus organiques qui est précédée de vomissements. Les mineurs le savent bien : à ceux qui veulent les consoler, ils répondent en général, en hochant la tète : « C’est fini, nous avons respiré le mauvais goût. » Enfin, il est de règle dans les mines qu’au moment de l’explosion les ouvriers doivent se jeter par terre ; les gaz délétères étant plus légers que l’air, ils ont ainsi une chance sur mille d’échapper au danger. — Tels sont les effets des redoutables adversaires qu’il s’agit de vaincre.
- § 2. Moyens de combattre le grisou.
- Les moyens à mettre en œuvre pour combattre le fléau peuvent s’appliquer soit à empêcher la formation du gaz ou à le neutraliser. soit à prévenir les causes d’inflammation. Nous allons passer rapidement en revue cette double série de procédés, en commençant par la seconde ; on nous permettra aussi d’exprimer notre avis personnel sur les modifications à introduire dans l’outillage, ainsi que sur les expériences qui nous paraissent s’imposer à l’attention des hommes spéciaux et des corps savants.
- A. CAUSES D’iNFLAMMATinv DU GRISOU ET MOYENS DE LES PREVENIR.
- 1» Flammes brûlant à l'air libre.
- Ici se place la question des lampes de mi-
- (i)Nons avons vu, lors de la catastrophe de Ville-bœuf (29 juillet 1890), un mineur pouvoir rentrer chez lui à pied, n’ayant que les mains brûlées, semblait-il, et mourir cependant le lendemain dans d’atroces souffrances. Souvent, les traces d’intoxication ne se montrent que le 9" jour. Nous devons ajouter, toutefois, que les pansements antiseptiques ont donné récemment les meilleurs résultats, au point d’étonner même les hommes de l’art, qui ne s’attendaient pas à un succès aussi marqué,
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- Fig. 2. — Explosion de grisou dans une mine.
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- neurs, question très étudiée depuis H. Davy, l’illustre inventeur de la lampe à toile métallique, dont la description devenue classique se trouve dans tous les traités élémentaires de chimie ; cette lampe, qui repose sur le principe de l’abaissement de la température ambiante, par suite du passage de l’air extérieur à travers un tissu métallique, a été perfectionnée par beaucoup d’ingénieurs : citons, parmi les plus heureux, les noms de MM. Combes, Museler et Marsault ; la lampe de ce dernier inventeur, améliorée encore par une fermeture de sûreté dite thermo-électrique, imaginée par M. Villiers (1), est en usage dans certaines exploitations du bassin de la Loire et des charbonnages du Nord. — On parle beaucoup, en ce moment, de munir les ouvriers de lampes électriques. L’idéal, étant données l’imprudence et la témérité irréfléchies de la plupart des mineurs, serait d’avoir une lampe qu’ils ne pussent ouvrir sans la briser, ou même qui s’éteignît automatiquement, au moment de l’ouverture. D’autre part, les lampes électriques portatives, bien qu’en usage dans certaines mines d’Amérique, coûtent fort cher d’entretien, et la question des accumulateurs est loin d’être résolue : ils pèsent environ 8 kilogr. par lampe, ce qui est évidemment excessif. La lampe Stella, présentée récemment à l’Académie par M. le comte Gerson, ne pèse que 1,600 grammes et peut durer 16 heures ; la lampe Paulack est plus légère encore, dit-on; mais nous n’avons pu voir fonctionner aucun de ces deux appareils.
- Nous croyons qu’il faut chercher ailleurs la solution du problème et nous proposons d’établir dans la mine, d’une façon fixe et permanente, un éclairage électrique composé de lampes à incandescence placées au centre d’un ballon en verre épais et plein d’air. Ces lampes, disposées dans les chantiers d’exploitation, recevraient le courant du jour à l’aidé de rhéophores, noyés sur tout teur trajet souterrain, dans un cylindre isolateur en gutta-percha, enfermé lui-même .dans un manchon en verre ou en porcelaine, pour éviter toutes chances de dégagement d’étincelles. La source productrice d’électricité serait placée à côté de la machine à vapeur servant à la manoeuvre des bennes, et à la-
- (i) Directeur des houillères de St-Etienne.
- quelle on pourrait bien facilement, sans dépenses supplémentaires' appréciables, emprunter le nombre de chevaux-vapeur nécessaire au bon fonctionnement des appareils.
- On nous objectera peut7être que cette installation sera coûteuse : à cela nous répondrons que, si les accidents sont évités, les compagnies y trouveront toujours leur compte, et que, d’autre part, lorsque la vie des hommes sert d’enjeu, l’économie n’est pas à consulter.
- Reste à envisager la possibilité de la rupture d’une lampe électrique. C’est pour parer à cette éventualité que notre lampe fixe doit être enfermée dans un ballon de verre rempli lui-même d’air ; on sait, en effet, que la lumière s’éteint aussitôt que l’air pénétre jusqu’au rhéophore ; voilà pour le cas où la chaleur ferait éclater le globe de la lampe à incandescence ; si, par suite d’un choc extérieur, le ballon plein d’air venait à se briser, rien ne serait plus simple que de le remplacer immédiatement. Une dernière précaution à prendre serait de placer la lampe, non point dans le haut des galeries ou le grisou s’accumule, mais à mi-hauteur seulement, et d’éclairer les parties supérieures à l’aide de miroirs pouvant prendre toutes les positions possibles par rapport à la source de lumière. Dans notre système, les lampes à main né serviraient plus qu’aux travaux de recherches.
- 2° Inflammation par un coup de mine.
- De récentes expériences sont venues démontrer que, tant pour les mines' grisou-teuses que pour les autres (car toute mine peut devenir grisouteuse à un moment donné), on devait employer, pour tirer les coups de mine, des cartouches faisant explosion à une température inférieure à celle de l’inflamma-tion du grisou lui-même, soit à 650°. On a demandé aux pouvoirs publics de prescrire, dans ce but, l’usage d’une cartouche composée de coton-poudre et d’ammoniaque.
- 3°. Inflammation produite par les étincelles provenant des coups de pic.
- Là encore, des essais nombreux ont été faits, et les derniers résultats obtenus semblent démontrer que les pics en bronze d’alumi-
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- nium qui ont presque la même densité et la même dureté que ceux en fer (types des pics d’Anzin), n’enilamment aucun mélange détonant (expériences faites par le conseil supérieur des mines). Nous n’avons rien à ajouter de nouveau sur ces deux derniers points.
- 4°. Inflammation produite par le choc des sabots des chevaux sur le sol des galeries
- Nous croyons qu’il est assez facile de sup-
- primer cette cause d’étincelles, en substituant aux fers des chevaux une armature en caoutchouc ou en papier comprimé, appareil déjà connu, mais non expérimenté encore, à notre connaissance, dans les travaux souterrains.
- Dans un prochain article, nous examinerons la production des gaz délétères avec les moyens de les combattre directement.
- (à suivre) G. Vallet.
- LA PHOTOGRAPHIE PRATIQUE
- LAVEUSE AUTOMATIQUE POUR CLICHÉS AU GÉLATINO-BROMURE
- Sepuis plusieurs années, j’ai fait de la photographie mon passe-temps favori, et, pendant la belle saison surtout, je consacre tous mes loisirs à utiliser des plaques au gélatino-bromure.
- Il m’est arrivé au début ce qui arrive, je suppose, à la plupart des commençants : j’ai gâché bon nombre de ces plaques, et j’avoue très volontiers que mes débuts en photographie ont été laborieux et parsemés de déboires.
- En suivant de point en point les indications données par les maîtres pour les préparations photographiques, j’arrivais à faire de temps en temps quelques bons clichés. Mais généralement ceux-ci étaient, au bout
- de quelques jours, maculés de taches d’hyposulfite : le lavage avait été insuffisant. Je savais bien que « d’un bon lavage dépend la conservation du cliché », mais le temps me manquait. Comme beaucoup d’amateurs, je ne dispose pas d une chambre spéciale pour en faire mon laboratoire photographique. J’attends la nuit complète et je m’installe dans ma salle *à manger dont je ferme hermétiquement les doubles rideaux. Avec ma lanterne à verres rouges, je transforme cette salle en laboratoire : tout va pour le mieux. Mes quatre plaques sont développées et fixées ; il est
- souvent onze heures quand je les mets dans la cuve dont je change l’eau de temps en temps; mais souvent je n’ai pas le courage d’attendre jusqu’à une heure du matin (c’est-à-dire un lavage de deux heures) ; je subordonne le lavage à mon envie de dormir et je retire mes plaques avant le temps voulu. J’obtiens alors des clichés piqués d’hypo nécessitant un lavage supplémentaire toujours fastidieux d’abord, et qui, de plus, absorbe ma journée du dimanche, ce qui m’empêche d’aller prendre d’autres vues et d’employer mon temps plus utilement (pour les marchands de produits photographiques surtout). Longtemps cette question de lavage m’a préoccupé; j’ai essayé de plusieurs façons, entre autres, de laisser mes plaques dans un grand baquet jusqu’au lendemain matin et j’ai pu constater alors qu’un séjour trop prolongé dans l’eau est loin d’être utile aux plaques au gélatino.
- J’avais bien connaissance d’une « laveuse à pompe » permettant de faire disparaître toute trace d’hypo en moins de dix minutes, mais je dois avouer que son prix relativement élevé (45 ou 50 francs) m’a arrêté et... je ne l’ai pas achetée.
- La nécessité rend ingénieux, dit-on, je veux bien le croire, car, à force de recherches, j’ai fini par trouver une disposition très simple qui me permet le lavage de mes clichés sans que ma présence soit-nécessaire, et sans que le séjour des clichés dans l’eau dépasse le temps nécessaire, ce temps restant subordonné à ma volonté.
- Fig. 3.
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- I
- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Pour trois francs, je me suis procuré une cuve à rainures représentée par la figure 3, et servant au lavage des clichés; on trouve cette cuve chez tous les détenteurs d’articles photographiques.
- Avec cinq morceaux de bois, je me suis confectionné une boîte sans couvercle dont les dimensions dépassent de quelques centimètres (5 environ) les dimensions correspondantes de la cuve à rainures destinée à supporter les plaques développées et fixées. Après l’avoir enduite intérieurement d’une couche de colle forte, j’ai pratiqué dans le fond une ouverture circulaire devant recevoir un bouchon de liège qui la bouche imparfaitement. Ce bouchon est percé d’un trou d’un centimètre de diamètre, pour laisser passer un tube courbé dont les deux branches parallèles sont d’inégales longueurs (deux ou trois centimètres de différence) et dont la petite est d’une longueur intermédiaire entre la hauteur de la cuve à rainures et celle de la cuve en bois. Après avoir introduit la grande branche dans le trou pratiqué dans le bouchon, de façon que l’orifice de la petite se trouve à un demi-centimètre environ du fond de la boîte (fig. 4), l’appareil est prêt à fonctionner. Voici comment :
- Quand mes clichés sont développés et fixés, je les pose dans la cuve à rainures que j’introduis dans ma boîte, préparée comme il a été dit, et je place le tout, sur mon évier. Sur une planche fixée au-dessus de la pierre à évier, j’installe un sceau plein d’eau et dans cette eau je plonge un tube en caoutchouc de diamètre assez étroit (le mien a 5 millimètres) et assez long pour qu’nne extrémité arrive au fond du seau quand l’autre est au niveau de la cuve en bois. En aspirant par cette extrémité, j’amorce le siphon ainsi formé, lequel fonctionnera jusqu’au moment où le seau sera vide. Pour éviter la chute du tube en caont-chouc dans mon appareil, f attache à l’extrémité plongeant dans le seau un fragment de métal servant de lest [un écrou convient parfaitement),
- Alors, le siphon entrant en fonction, l’eau du seau s’écoule lentement dans la cuve où
- Fig. 4.
- se trouvent les clichés ; celle-ci, au bout de quelques minutes, un quart d’heure peut-être, est remplie. Le tube en verre dont j’ai muni le bouchon va fonctionner à son tour. C’est aussi un siphon par le fait, et un siphon qui se trouve amorcé dès que le niveau de l’eau atteint son extrémité supérieure : la cuve se vide donc d’elle-même en quelques instants, étant donné le diamètre assez large du tube de verre. Pendant ce temps, l’eau du seau continue à s’écouler, mais si lentement que le petit siphon b (fig. 5) est vite désamorcé. La cuve se remplit à nouveau jusqu’au
- Fig. 5.
- moment où le niveau du liquide atteint de nouveau le coude du niveau : alors nouvel écoulement. L’eau est ainsi changée sans qu’aucune volonté intervienne, sans le secours d’aucune force extérieure, et ceci, jusqu’au moment où le seau sera vide.
- A ce moment, il se pourrait que l’eau atteignit le haut du siphon ; elle resterait donc dans la cuve jusqu’au lendemain matin, baignant ainsi une partie seulement du cliché, ce qui serait déplorable.
- 11 n’en est rien ; le bouchon de liège fermant imparfaitement l’ouverture pratiquée à la partie inférieure de la caisse, en quelques minutes l’eau finira par s’écouler du moment que le tube de caoutchouc cessera d’en fournir. On peut remplacer cette fermeture imparfaite par quelques petits trous pratiqués dans le fond de la boîte.
- Cette disposition peut également servir
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- pour le lavage des épreuves positives que je place dans la boîte après avoir enlevé la cuve à rainures.
- Un amateur de ma connaissance à qui j’ai communiqué mon idée et qui a vu fonctionner mon installation en a établi une semblable dans laquelle il a remplacé le siphon en verre par quelques trous pratiqués dans le fond et sur les cotés de la boîte, de sorte que ses clichés se trouvent dans une
- espèce d’entonnoir rudimentaire où l’eau se renouvelle constamment. Après quelques tâtonnements, il est arrivé à percer un nombre de trous suffisant pour que la cuve ne déborde pas, mais insuffisant pour qu’elle se vide en partie ; la cuve qu’il a fabriquée laisse échapper un volume d’eau égal à celui qu’elle reçoit du tube en caoutchouc : c’est donc un vrai lavage à l’eau courante qui s’opère sans son intervention. G. H.
- ÉPHÉMÉRIDES ASTRONOMIQUES
- DE DÉCEMBRE 1890.
- SOLEIL. — Suivre les taches. Entrée dans le Capricorne le 21, à 8 h. 54 m. soir. C’est l’instant précis du commencement de l’hiver ; a ce moment, la déclinaison australe du soleil est maxima ; elle atteint 28° 27ra, 14. Pendant 59 jours le soleil paraît stationnaire ; c’est pour cette raison que cette période de l’année se nomme le solstice d’hiver. Par suite du grand abaissement de l’astre, les jours sont très courts pour l’hémisphère boréal de la terre ; ils décroissent de 19 min. du lCr au 21 décembre, puis recommencent à croître, mais de 4 min. seulement du 21 au 31 décembre. L’hiver dure 89 jours, en moyenne : c’est la plus courte des saisons.
- Temps moyen à midi vrai 11 h. 49 m., 13 sec. le Ie1' ; 0 h. 0 m. 20 sec, le 25 décembre. A ce moment les indications des horloges locales coïncident avec celles des cadrans solaires.
- LUNE. — D. Q. le 4* à 1 h. 36 m. soir; N. L. le 12 à 3 h. 20 m. matin ; P. Q. le 18, à 8 h. 46 m. soir ; P. L. le 26 à 6 h. 6 m. matin.
- ÉCLIPSES. — Le 12 décembre, éclipse annulaire et totale de soleil, invisible à Paris ; elle commencera à 0 h. 37 m. du matin, pour finir à 5 h. 52 m. ; elle sera visible à Madagascar, en Nouvelle Calédonie, en Australie et dans la Nouvelle Zélande.
- OCCULTATIONS. — Le 3, f], Lion à 4 h. 42 m. 5 s. du matin. — Le 18, 30, Poissons à 8 h. 46 m. soir ; le 18, 33, Poissons, à 10 h. 42 m. soir ; le 20, v,Poissons, à 7 h. 45 m. soir ; le 23, Neptune, à 9 h. 32 m. soir.
- ÉTOILES FILANTES. — Essaims : 1er déc. d’Tj, Persée; du 1er au 10 a-[3 Gémeaux; le 6 près de Ç, Taureau ; du 6 au 13, près de 254 Piazzi ; du 9 au 12, près d’a, Gémeaux ; du 10 au 12, près de v, Grande Ourse. Ces essaims ne sont pas très riches.
- CONSTELLATIONS. — Voir la Science en Famille, de décembre 1888.
- PLANÈTES. — Mercure au degré 251° (Voir notre planétaire). Invisible. Il passe en effet au méridien le 1er décembre à midi 23 m. Vénus (246°). Difficile; passe au méridien le 11 à 11 h. 5 m. matin. Elle est donc devenue étoile du matin. Mars (316°) passe au méridien entre 4 et 5 h. du soir; excellent le soir après le coucher du soleil. Jupiter (304°) passe au méridien entre 3 et 4 h. du soir ; le chercher le soir au couchant. Saturne (167°) passe au méridien entre 6 et 7 h. du matin. Il est visible dans toute la deuxième moitié de la nuit à l’Est. Uranus (209°) ; Neptune (93°).
- Remarquons en passant, que notre planétaire permet de se rendre un compte assez exact du sens du mouvement des planètes. J’ai déjà eu plusieurs fois l’occasion d’attirer l’attention de mes aimables lecteurs sur ce point important, et de leur dire qu’on appelait sens direct en astronomie la marche qui avait lieu en sens inverse de celle des aiguilles d’une montre ou de Youest à Y est pour un observateur qui regarderait le sud. C’est précisément le sens dans lequel sont inscrits les mois, et suivant lequel croissent les degrés marqués sur notre planétaire ; par suite, chaque fois que, d’un mois à l’autre, l’ascension droite d’une planète augmentera, son mouvement sera direct; il en sera autrement si elle diminue ; mais rappelons tout de suite que ce dernier phénomène connu dans la science sous le nom de rétrogradation des planètes est uniquement dû à un effet de perspective, et tient à notre propre déplacement autour du soleil. En réalité, toutes les planètes tournent toujours autour de celui-ci dans le même sens.
- G. Vallet.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- A TRAVERS
- Un figuier géant. — A Roscofï en Bretagne, s’élève un figuier qui mesure une hauteur de 5 mètres environ. Situé dans le potager d’une grande ferme, son tronc est engagé dans un mur de clôture, et àl mètre80 du sol, partent une quantité de branches qui s’étendent parfois jusqu’à 15 mètres, couvrant une étendue de terrain d’à peu près 400 mètres. Ces grosses branches servent de base à un fouillis inextricable de branches plus petites, et s’appuient sur des piliers de granit d’une seule pierre.
- Une allée couverte de 25 mètres de long se trouve entre chaque rangée de piliers, et au delà de la dernière rangée les branches du figuier s’abaissent jusqu’au sol.
- On n’est pas fixé du tout sur son âge, car les plus vieux du pays l’ont toujours vu ainsi, et tous les ans il faut couper le bout des branches qui sortent des allées.
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- La ponte des saumons à l’aquarium du Trocadéro. — Dernièrement a commencé, à l’aquarium du Trocadéro, la période de ponte des salmonidés et ce sont les saumons de Californie qui, comme tous les ans, inaugurent la série d’opérations de pisciculture qui ont lieu dans cet établissement.
- La méthode de fécondation employée à Taquarium est la méthode à sec, c’est-à-dire que les œufs sont reçus dans un récipient qui ne contient pas d’eau et que la laitance est versée sur eux directement. Cette méthode donne, paraît-il, moins de déchet que la méthode dite humide, laquelle consiste à recevoir les œufs dans un récipient contenant de l’eau. La saison de la ponte étant encore à son début, deux femelles seulement ont donné des œufs mûrs ; le nombre en était de 5,000.
- Les pontes ont lieu trois ou quatre fois par semaine depuis le commencement d’octobre jusqu’au milieu de novembre.
- Chaque séance dure de deux heures et demie à trois heures, et pendant tout ce temps les opérateurs sont plongés jusqu’à mi-corps dans l’eau, dont la température n’est que de 7 à 8 degrés centigrades, obligés de lutter contre les efforts que font les ptdssons saisis pour leur échapper.
- LA SCIENCE
- Cette lutte ne laisse pas que d’être très pénible. Le saumon de Californie est d’une vigueur extraordinaire. Nous avons vu un des aides, homme des plus robustes, renversé d’un coup de queue par un poisson de 0 m. 70 de longueur, qu’il avait lâché par suite d’un faux mouvement.
- Plus de 200,000 alevins de truites et de saumons de Californie sont, chaque année, lancés dans les cours d’eau du bassin de la Seine.
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- Les fourrures de grande valeur. — L’animal qui donne la fourrure la plus estimée est la loutre de mer, qui devient fort rare et tend chaque jour à disparaître, tant on lui fait une chasse acharnée en raison de la grande valeur de sa peau.
- On ne la trouve plus guère que dans les régions septentrionales de l’Océan Pacifique, sur les côtes de l’Alaska, du Kamtchatka et du Japon. Les dimensions de sa peau sont d’environ soixante-quinze centimètres sur une longueur de un mètre cinquante.
- Les poils supérieurs, les plus longs, sont excessivement fins, s’élevant peu au-dessus de la fourrure proprement dite qui est très épaisse, fournie, soyeuse et fine. Le fond en est d’un brun foncé, quelquefois semé de taches argentées, réparties d’une façon régulière. Les belles peaux de premier choix atteignent la valeur de 2,000 à 2,500 francs.
- Le renard bleu donne une fourrure très estimée, à poil très fin, long de 7 à 8 centimètres, variant, dans la teinte, du gris argenté à un noir bleu brillant. Le Labrador en produit la plus grande quantité livrée au commerce.
- La fourrure du renard bleu de Russie est moins soyeuse, moins fine et, par conséquent, de moindre valeur, variant de 30)à500 francs la peau.
- ***
- Reconstruction de la gare de Lille.— Les
- travaux de reconstruction de la gare de Lille, dont la Compagnie du Nord a confié 1 exécution à la Compagnie de Fives-Lille, sont en pleine activité. Presque toute l’ancienne maçonnerie est démolie et en partie déblayée.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- — Les Lille, exécu-ont en cienne dayée-
- L’échafaudage roulant, d’une longueur très grande, repose sur des godets en fonte, lesquels rouleront sur des rails placés ad hoc, et suivront la marche du montage. La charpente métallique aura la. forme de celle de la galerie des Machines qui a été tant remarquée à l’Exposition de 1889.
- *
- * *
- Les plus puissantes machines marines. —
- Les machines marines les plus puissantes du monde viennent d’ètre essayées à l’arsenal de Naples. Ces machines sont à quatre cylindres, et la vapeur est produite par 20 chaudières, fournissant une puissance totale de 20,000 chevaux indiqués. Ces machines, étudiées par M. Sells, ont été construites par MM. Mandslay, Sons et Field, et placées sur le cuirassé italien Re Umberto. Après les machines principales, on a mis en action les moteurs auxiliaires, de sorte qu’à un moment donné il n’y avait pas moins de 61 machines en mouvement.
- La commission d’essai a été très satisfaite du fonctionnement, et surtout de la facilité avec laquelle Se manœuvrent ces. immenses machines.
- (The Steamship.) (X)
- *
- * *
- L’Etna en éruption. — Au 18 octobre dernier, une mince colonne de vapeurs s’élevait du cône central de l’Etna. On a ressenti une légère secousse de tremblement de terre à Giarre et dans ses environs, sur la partie orientale de la montagne, et il y est tombé une pluie de cendres.
- Depuis cette époque, une nouvelle bouche s’est ouverte sur le flanc méridional, et par cette issue, s’échappent des laves qui menacent un certain nombre de localités.
- Les habitants effrayés ont abandonné leurs villages.
- *
- * *
- Le bois de Jarrah. — Dans la région qui s’étend de la rivière Msore à la baie du roi Georges, en Australie, on rencontre une variété d’Eucalyptus, le Jarrah, dont le bois est très résistant.
- Ce bois est même à peu près impénétrable aux insectes, lorsqu’il appartient à des arbres qui ont poussé dans un terrain sec, et que l’on a abattus au moment où la sève est le moins active.
- Jusqu’alors, le prix du transport d’un bo is aussi lourd, et la difficulté de son travail avec les outils ordinaires de nos charpentiers, en ont rendu son usage peu répandu en Europe. Cependant cet usage tend à se répandre davantage. Des expériences ont été faites par l’administration du canal de Suez, et, en ce moment, on examine à Paris trois échantillons de bois de Jarrah, qui sont restés dans l’eau pendant sept ans ; enfin, on essaie un nouveau pavage avec ce bois, en Angleterre, aux paroisses de Chelsea et de Lambeth : il remplacerait avantageusement le bois de sapin créosoté, employé jusque-là.
- Une danse au son du téléphone. —
- UFlectrical Engineer rapporte un cas intéressant de transmission à longue distance ; un concert exécuté à New-York, Madison Square, était entendu à Morristown, N. J., avec une intensité telle que les invités ont pu danser au son du téléphone. Le récepteur était muni d’un cornet destiné à amplifier le son. (X.)
- Les prouesses d’un nageur. — Le nageur suédois, Gustave Akej, a accompli dernièrement un nouvel exploit.
- Le matin, à 10 heures 20 minutes, il s’est mis à l’eau au phare du Planier et est entré à 7 heures 40 minutes dans l’établissement des bains du Roucas-Blanc, franchissant ainsi une distance de 24 kilomètres.
- En arrivant, et pour montrer qu’il n’était pas à bout de forces, Akej s’est livré encore à divers exercices, mais de vigoureux qu’il était encore à sa dernière brassée, il devint tout à coup pâle et chancelant en sortant de l’eau. On lui prodigua d’énergiques frictions, mais, une fois habillé, il avait le front glacé et les extrémités froides; il se plaignait de douleurs au ventre et à la tète et avait de fréquentes nausées.
- Pendant les neuf heures qu’il est resté dans l’eau, Akej a absorbé un peu de viande, quelques fruits, douze œufs durs et bu un litre de vin et deux bouteilles de cognac.
- Le fameux nageur avait déjà effectué un trajet de 22 kilom. dans le golfe de Finlande, par une température de 8 degrés centigrades,
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- après quoi, il resta vingt-quatre heures sans connaissance.
- 11 a traversé le Sund, et, l’année dernière, fit à Paris le parcours de Charenton au Bas-Meudon.
- ** *
- Le papier-dentelle. — On connaît ces papiers finement découpés en délicate dentelle et qui recouvrent les boîtes de bombons ou ornent les sachets de parfums ; l’imagerie religieuse les emploie aussi à encadrer les nombreuses images qu’elle produit. On connaît moins le mode de fabrication de ces ornements, aujourd’hui indispensables à plusieurs industries.
- Le dessin à découper est gravé en relief sur une matrice de bon acier, les creux étant suffisamment profonds pour loger 8 épais-
- seurs de papier. Ce sont ordinairement des femmes qui sont chargées du découpage. Elles superposent 8 feuilles de papier préalablement frotté de poudre de talc ou de savon pour éviter l’adhérence après l’opération, et les placent sur la matrice ; un petit marteau de plomb dans chaque main, elles frappent à petits coups redoublés jusqu’à ce que toute la surface soit découpée ; il faut environ 30 coups de marteau pour produire ainsi 10 centimètres carrés.
- En Angleterre et en Allemagne on emploie des machines ayant pour organe essentiel un cylindre-matrice roulant devant un autre cylindre en plomb ; un troisième cylindre, en acier poli, pressant fortement ce dernier, rétablit l’uni de sa surface altéré par le découpage.
- RÉCRÉATIONS
- kOici une petite expérience qui aura WW toujours du succès dans une réu-bVf ni°n d’amis; elle est aussi simple que facile à exécuter et nous la soumettons aux lecteurs delà Science en famille.
- Vous avez à la main un disque de papier de 5 à 10 centimètres de diamètre, et portant à son centre un tout petit trou circulaire; vous le présentez aux personnes qui vous entourent en leur offrant de faire passer celle d’entre elles qui le désire à travers cette petite ouverture. Vous avec neuf chances sur dix d’être accueilli par un mouvement d’incrédulité et l’on ne commencera guère à vous accorder _une minute d’attention que quand vous aurez juré vos grands dieux que la chose est possible.
- Alors, à ce moment, prenant une paire de ciseaux, vous donnez un certain nombre de traits, comme l’indique la figure A, allant du centre pour s’arrêter près de la circonférence, ou partant de la circonférence pour s’arrêter près
- du vide central et enayantsoin d’alterner les deux espèces de traits.
- Quand ce petit travail est terminé, vous tirez quelque peu et vous obtenez une ceinture composée de dents d’autant plus régulières que vos coups de ciseaux auront été plus réguliers.
- Un mouvement de surprise accueillera ce résultat, et vous n’aurez plus pour goûter des applaudissements bien mérités qu’à faire entrer votre voisin dans cette ceinture d’un nouveau genre, à la glisser jusqu’en bas, avec un peu de précaution, et le tour est joué.
- Nous serions bien surpris si vos auditeurs ne se trouvaient pas immédiatement d’accord avec vous pour reconnaître que la solution du problème était plus difficile... à trouver qu’à exécuter.
- Ch.MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d’Assas. La Fère. — lmp. Bayen, rue Neigre.
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- n
- L’ARITHMOGRAPHE TRONCET
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- JUillijllI
- îfBSjip»
- ne pouvons mieux faire connaître à HÉa'II nos lecteurs l’ingénieuse invention de lUmyig M. Troncet qu’en citant un extiait d’un article écrit par un homme compétent, M. Henri de Parville, dans sa chronique scientifique du Journal des Débats :
- L’arithmo-graphe de M. Troncet devient décidément un excellent petit calculateur. On a combiné un assez grand nombre de machines à calculer de-puis1642, depuis Pascal. Les machines de Tchebychef, de Thomas de Colmar, et surtout de M. Bol 1ée sont de petits chefs-d’œuvre de mécanique ; mais ces machines coûtent cher, ce sont des instruments de précision qui ne sont pas à la portée du premier venu. Tandis que l’arithmographe, ce n’est qu’un petit portefeuille que l’on peut toujours avoir dans sa poche et qui coûte le prix d’un portefeuille. En un clin d’œil, grâce à lui, on effectue toutes les règles de l’arithmétique" Le temps d’énoncer les nombres à ajouter et le résultat apparaît comme par enchantement,
- On pouvait cependant adresser un reproche à l’arithmographe : on ne pouvait faire avec lui que des additions et des soustractions. C’était cependant quelque chose. Que de
- gens prédes-tinés ne pourront jamais effectuer une addition sans se tromper ! Mais enfin il en est aussi qui ne sauront jamais effectuer davantage une multiplication ou une division. Ils no mourront plus dans l’impéniten-ce finale, car l’arithmo-graphe a été perfectionné par son persévérant inventeur, [et mainte nant il multiplie et divise tout comme il additionnait et soustrayait. Avec un peu d’habitude, on opère au mons aussi vite que les calculateurs de profession. C’est parfait 1 On ouvre le portefeuille. A gauche, une instruction,des tables numériques dont nous dirons l’usage, et du papier ardoisé pour écrire. A droite, une plaque de cuivre au milieu de laquelle on voit sept rainures verticales disposées parallèlement et se terminant chacune en haut en forme de crosse.
- Fig. 7. — L’Arithmographe Troncet.
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- Dans chaque rainure peuvent se déplacer des réglettes qui apparaisent' comme les échelons d’une toute petite échelle. Au-dessus et au-dessous des rainures, des fenêtres rondes dans lesquelles se montrent des chiffres. Dans les fenêtres du bas on lit le résultat de l’addition ; dans celles du haut, celui de la soustraction. Le long de chaque rainure, entre deux échelons, on a inscrit de bas en haut la suite des chiffres 0, 1, 2, 3.... Pour faire une addition, il suffit, avec une pointe introduite entre les échelons, de déplacer la réglette mobile dans la rainure. Il y a une série d’échelons blancs et une série d’échelons noirs. Quand, pendant l’opération, le chiffre à additionner ou à soustraire est inscrit devant un échelon blanc, il faut abaisser la réglette jusqu’au bas ; quand il s’agit d’un échelon noir, il faut relever jusqu’en haut et pousser jusqu’à l’extrémité de la crosse. On veut ajouter 5 et 6 ? On va au chiffre 5 de la rainure ; comme l’échelon est blanc, on entraîne l’échelle en bas. On va au chiffre 6 ; comme l’échelon est noir, on chasse en haut jusqu’au bout de la crosse. C’est fini. En bas on lit dans les fenêtres correspondantes 11. L’opération est aussi simple pour la soustraction.
- Ceci, c’est l’arithmographe 1889. L’arithmo-graphe 1890 que nous venons de recevoir est identique à son aîné. Mais, à gauche, il renferme des tables numériques, et ce sont ces tables qui caractérisent le nouvel instrument. En effet, il n’y a, en réalité, que deux opérations en arithmétique, l’addition et la soustraction. La multiplication par exemple, n’est que l’addition d’une suite de produits d’un nombre par un autre. Or, ces tables donnent les produits bien rangés de tous les nombres depuis 1 jusqu’à 999 par la suite des nombres 1, 2, 3... On veut multiplier 425 par 32, on cherche le produit de 425 par 2, celui de 425 par 3. Et chaque fois on les inscrit sur l’arithmographe qui montre immédiatement dans ses fenêtres le résultat de l’opération. Par ce stratagème, M. Troncet est arrivé à faire effectuer à l’instrument les multiplications et les divisions. C’est très ingénieux et, ce qui vaut mieux encore, c’est pratique. En quelques heures d’apprentissage on est sacré d’un coup calculateur émérite. M. Troncet a réalisé véritablement un petit appareil à la fois utile et charmant.
- Henri de Parville.
- REPRODUCTION ARTIFICIELLE DE LA VANILLE
- Me Vanillier ( Vanilla aromaticci, Lin.), est une Orchidée : il ressemble à une liane à tiges charnues, vertes, noueuses, sarmenteuses, grimpantes et munies de racines aériennes qui s’appliquent, contre les arbres, comme le font celles de notre lierre d’Europe (Eedera hélix, Lin.), en pompant l’humidité des mousses et des lichens. Ses feuilles sont coriaces, épaisses et ondulées aux bords. Ses tiges sont terminées vers le -sommet par des fleurs odorantes, blanches, jaunes ou purpurines; son fruit est la gousse ou silique que tout le monde connaît sous le nom de vanille (i).
- Ce végétal croît naturellement dans l’Amérique équinoxiale, en Colombie, au Pérou, au Mexique, etc.. Il se reproduit facilement par boutures ou par marcottes ; on le multi-
- (i) La vanille est ainsi appelée de l’espagnol vai-niila, diminutif de voina, gaine.
- plie même par semis, mais ce dernier moyen est bien long. Tous les terrains lui conviennent, il lui suffit d’un peu de poussière dans la fente d’un rocher avec le voisinage d’un arbre autour duquel il puisse s’enrouler.
- Quelques semaines avant l’exposition de 1867, une gouse de vanille se vendait 1 fr. 50, 2 francs, et même plus, aujourd’hui on peut en avoir de belles et bonnes pour 25 centimes ! La cause de cette baisse de prix est intéressante à connaître.
- La famille des Orchidées, à laquelle appartient le vanillier, présente une analiedans la conformation des anthères et du pollen. Ce dernier est solide, au lieu d’être pulvérulent, et se trouve réuni en 2, 4, 8 masses, dites pollinies, parfois libres, le plus souvent fixées, par une petite queue, à une glande visqueuse appelée rétinacle, et rarement
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- renfermées dans un repli du style. Cette singularité de l’androcée se retrouve dans la famille des Asclépiadées.
- D’après ces données, rigoureusement scientifiques, la fécondation est à la merci d’une action mécanique causée par l’intervention des insectes ou des oiseaux-mouches.
- En 1841, un jeune nègre, Edmond Albins, qui faisait partie de la maison d’un savant distingué, M. F. Beamont-Bellier, habitant l’ile de la Réunion, avait été chargé de soigner les vanilliers, ce jeune garçon remarqua que très peu de fieurs donnaient des fruits. Etant assez fort lui-même en botanique, il eut l’heureuse idée d’écraser les masses polliniques sur les stigmates des pistils.
- Alors la multiplication de la vanille se fit comme par enchantement, et avec une abondance telle que, sur des plants, qui jusque-là n’avaient offert que de rares gousses, on pouvait désormais en cueillir par centaines.
- Il existe dans le commerce courant trois sortes de vanilles :
- 1° La vanille pompona, qui a des gousses très fortes et une odeur des plus suaves.
- 2° La vanille légitime ou de Ley, la plus estimée, ayant une saveur chaude et piquante, des siliques minces, pleines d’une liqueur noire, balsamique et si forte qu’elle peut enivrer.
- 3° La vanille bâtarde, peu estimée.
- Il en existe cependant une autre variété,
- appelée vanille givrée, à cause des cristaux d’acide benzoïque qui adhèrent à sa surface et qui la font paraître comme couverte de gelée blanche. Elle est extrêmement appréciée dans le commerce et atteint un prix beaucoup plus élevé que les précédentes.
- La récolte de la vanille a lieu avant sa complète maturité ; on la fait sécher à l’ombre, car il ne faut pas qu’elle reçoive une heure de soleil en trop, sous peine de devenir un bâton sans valeur. Puis on l’eriduit extérieurement d’une couche d’huile, afin de lui donner une certaine souplesse, et d’empêcher les principes volatils de s’échapper.
- Quand la vanille est amenée à point, on la lie par paquets de cinquante gousses, qu’on enferme dans des boîtes de fer-blanc, soudées ensuite et contenant chacune 3,000 siliques : on place trois de ces boîtes dans une caisse de cèdre, qu’on embarque sur les navires.
- Un autre moyen, ayant donné aussi de bons résultats, consiste à introduire la vanille dans des boîtes de fer-blanc, mais en interposant entre chaque couche de gousses, un lit de sucre en poudre, qui les soustrait complètement au contact de l’air. Par ce procédé, la vanille garde intact son arôme exquis, bien qu’elle le communique au sucre, qui peut être employé pour préparer les crèmes, sorbets et glaces, auxquels il donne un parufm et un goût délicieux.
- M. Beleze.
- LES PILES CHLOROCHROMIQUES
- DU COMMANDANT RENARD
- es piles, appliquées au ballon dirigeable « La France, » ont été étudiées en vue d’arriver à une très grande légèreté. Mais elles sont intéressantes indépendamment de leur application à la navigation aérienne et peuvent servir à la production de la lumière, concurremment avec toutes les piles au bichromate. Elles diffèrent de ces dernières par la production de l’acide chromique au bichromate de potasse, et par le remplacement total ou partiel
- de l’acide sulfurique par de l’acide chlorhydrique.
- Le remplacement de l’acide sulfurique par l’acide chlorhydrique n’a pour ainsi dire pas d’influence sur la capacité de la pile, mais il a une influence considérable sur sa puissance. Plus la proportion d’acide chlorhydrique est considérable, plus le débit de la pile est grand. Il s’ensuit que la composition du liquide doit varier avec le débit qu’on lui demande.
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- Pour préparer le liquide, on prépare d’abord trois solutions mères dont voici la composition :
- A Eau 770 c. c.
- Acide chromique ordinaire 530 gr.
- Acide chlorhydrique ordinaire.
- B cl Eau en quantité suffisante pour que le mélange marque 18° Baumé.
- n q Acide sulfurique, 450 gr.
- 15 b Eau, 800 gr.
- Ce mélange doit marquer 29° Baumé.
- Ainsi, le liquide de la pile sera formé d’un certain volume de la solution A, additionné d’un volume égal de mélange B des solutions Bel et BS, mélange dont les proportions varieront suivant les circonstances.
- On désigne par un indice le volume 0/0 de liquide BS que contient ce mélange.
- Le liquide Bso, par exemple, contient 80 volumes de BS et 20volumes de Bel. L’indice 80 porte le nom de degré d'atténuation.
- Le liquide ünal employé dans la pile, et atténué à 80 0/0, aura donc la composition suivante :
- Solution A 100 volumes.
- — Bel 20 —
- — BS 80 —
- Pour tous les liquides, quel que soit le degré d’atténuation, la capacité est de 50 à 60 watts-heures par litre. Le potentiel utile de décharge est de 1 volt 25 par élément.
- Pour donner une idée de l’influence de l’atténuation, nous reproduisons ci-dessous les chiffres trouvés par le commandant Renard avec des liquides différemment atténués.
- Liquide. Gourant maximum. Poids de liquide par cheval heure.
- ABo 8,50 17k. 600
- AB20 7,40 16 700
- AB 40 6,80 18 400
- AB60 5,20 17 300
- ABso 3,50 17 200
- Comme on le voit, la capacité totale pour un poids donné de liquide varie très peu, et l’atténuation a simplement pour effet d’augmenter la durée,en diminuant l’intensité.
- Il est important de ne pas préparer le liquide trop longtemps à l’avance ; les liquides
- fortement atténués se conservent plusieurs mois, mais les liquides non atténués dégagent leur chlore et perdent leurs propriétés au bout de quelques jours.
- Comme nous l’avons dit, le liquide le plus énergique est AB0 ; celui qu’on emploie le plus souvent pour la lumière est ABso, dont nous avons donné la composition ci-dessus.
- 11 nous reste à dire quelques mots de la construction même de la pile, qui, du reste, ne diffère pas sensiblement des piles au bichromate à un seul liquide. Le vase extérieur contient un cylindre de charbon dans l’axe duquel se trouve un zinc cylindrique. L’amalgamation est inutile. Les dimensions du zinc sont déterminées de telle sorte qu’il ne serve qu’une seule fois. Comme l’usure se produit surtout à la surface du liquide, on donne au zinc une section double de la section théorique (un litre de liquide dissout 85 gr. de zinc).
- Pour les piles légères et fonctionnant avec des liquides énergiques, l’emploi du charbon est inadmissible à cause de sa grande résistance spécifique. Il est alors remplacé par un. tube d'argent platiné. Bien que ce dernier coûte près de quatre fois le prix du charbon, son usage s’impose dans ce cas. Il possède en outre l’avantage d’être très mince, et, par suite, d’occuper très peu de place dans le vase. Ce tube est fendu dans toute sa hauteur pour assurer la libre circulation du liquide. Il porte intérieurement, de distance en distance, des rondelles d’ébonite, percées d’un trou un peu plus grand que le diamètre du zinc et qui servent à empêcher tout contact entre celui-ci et l’électrode positive.
- Voici les dimensions principales d’une pile Renard pouvant débiter 12 ampères avec un liquide non atténué :
- Longueur des électrodes de la pile 0m332
- — immergée 0m225
- Diamètre du tube d’argent platiné 20m/m
- — zinc — 5m/m 6
- La température a une influence marquée sur le débit de la pile et l’auteur a constaté que le liquide à 80 0/0, employé l’été dans les piles domestiques, devait être remplacé l’hiver par du liquide à 50 0/0.
- F. Drouin.
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- LE GRISOU (Suite)
- B. PRODUCTION DES GAZ DÉLÉTÈRES ET MOYENS DE
- LA COMBATTRE DIRECTEMENT.
- L y a quelque 50 ans, avant chaque descente d’ouvriers dans les chantiers, un mineur, revêtu d’un costume spécial et armé d’une torche enflammée, avait la dangereuse mission de purger la mine du grisou qu’elle pouvait renfermer en le faisant brûler. Véritable génie du feu, il allait dans les entrailles du globe, tantôt courant dans les galeries élevées, tantôt rampant sur le ventre dans les passages étroits, portant l’incendie partout où des cloches ou nids à grisou lui semblaient se former; il revenait ensuite, en toute hâte, et se faisait remonter au jour, non sans avoir, à chaque seconde, risqué cent fois sa vie pour sauver celle de ses camarades. Aujourd’hui le -pénitent a disparu; quelques ingénieurs proposent de le remplacer par l’étincelle électrique, qui, lancée du jour au fond des travaux, les débarrasserait des mélanges détonants, sans péril pour personne. Voilà le premier procédé préconisé pour combattre le grisou ; il a l’inconvénient de compromettre la solidité des galeries, et n’a pas même pour lui la consécration de l’expérience. Les autres moyens sont l’aérage, l’arrosage, 1 ’exploitation en descente, la limita lion des chantiers.
- 1. Aérage. — 11 s’agit de noyer le grisou et les autres gaz de la mine dans une grande quantité d’air ; on augmente par là aussi le bien-être des ouvriers. Le danger c’est de répandre le grisou dans toute la mine en le faisant entrer dans le courant d’air général et de créer des mélanges détonants si la quantité d’air est insuffisante ; dans les cas où, au contraire, le volume d’air envoyé dans les galeries par les ventilateurs est considérable, la flamme des lampes peut être infléchie au point de sortir de la toile métallique qui les protège.
- Le peu de densité du grisou, son accumulation dans les parties élevées des galeries, ont porté quelques bons esprits à proposer son élimination complète par l’ouverture d’une
- fendue. On donne ce nom à une galerie, à pente faible, remontant du niveau le plus bas au jour, en traversant tous les étages de la. mine. Par malheur, ce procédé est peu pratique à raison de la grande profondeur de certaines exploitations et, par suite, du développement énorme que prendrait la fendue (1).
- On a aussi songé à canaliser le grisou en l’amenant au jour par des canaux le conduisant du point le pins élevé de chaque galerie au puits d’extraction ou au puits d’aérage. Il est à concevoir à quelles difficultés pratiques presque insurmontables on se heurte immédiatement, bien qu’en théorie, ce système présente de sérieux avantages (procédé Aroud). (Voir le Bulletin de la société de VIndustrie minérale, 1887).
- 2. Arrosage des galeries. — Les poussières de charbon, constituant le propagateur par excellence des incendies souterrains, l’usage de les abattre par un arrosage abondant, nous paraît s’imposer avec toute le force de l’évidence.
- 2. Exploitation en descente ou sous remblais. — Certains ingénieurs préconisent l’exploitation en descente à l’exclusion de toute autre ; par malheur, elle n’est pas toujours possible. D’autres pensent qu’il importerait d’adopter le système connu sous le nom d’exploitation sous remblais, en commençant toujours par les couches supérieures, puis en creusant sous les parties déhouillées, après avoir laissé au remblai du toit le temps de se prendre en masse compacte, phénomène qui exige environ un an. Ce système présente, d’après les spécialistes, l’avantage de forcer l’exploitant à surveiller son toit et de permettre au remblai, qui forme ce toit, de se comporter vis-à-vis du grisou comme une éponge qui en absorberait une certaine quantité en lui enlevant une partie de son pouvoir détonant. Nous prenons acte de cette déclarait Voici quelques profondeurs atteintes dans le bassin de la Loire :
- Puits Châtelus : 520 mètres ; puits Pélissier (Vil-lebœuf) ; 606 mètres ; puits St-Luc (St-Chamond, aujourd’hui abandonné) : 700 mètres. Voir aussi notre causerie sur l'intérieur de la Terre.
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- ration qui nous a été faite par un éminent praticien (1).
- 4. Limitation des chantiers. — Ici encore, il n’y a pas un remède proprement dit, mais un moyen pratique excellent qui devrait être imposé partout par voie administrative, pour empêcher les accidents de prendre les proportions de véritables catastrophes.
- Qu’il nous soit permis maintenant de proposer un procédé de neutralisation du grisou que nous croyons nouveau, et sur lequel nous prenons la respectueuse liberté d’attirer l’attention des spécialistes, en sollicitant de leur impartialité qu’ils veuillent bien le soumettre au contrôle d'expériences réitérées.
- Il s’agit de neutraliser soit par voie de décomposition, soit par voie à?absorption, la plus grande partie des mélanges gazeux contenus dans les mines. Nous croyons qu’on y parviendrait en plaçant dans le haut des galeries ou des chantiers une certaine quantité de chlorure de chaux. On sait, en effet, que ce corps, en présence de la lumière diffuse et d’une faible quantité d’acide carbonique, se décompose et laisse échapper du chlore qui se substitue équivalent pour équivalent à l’hydrogène du grisou pour former du tétrachlorure de carbone, sans détonation (2).
- Comme le chlorure de chaux renferme jusqu’à 200 fois son volume de chlore, nous pensons qu’il y aurait avantage à mélanger le
- chlorure, en proportions convenables, soit avec de la chaux vive, soit avec du carbonate de chaux ou tout autre corps présentant une certaine affinité pour l’hydrogène rendu libre par la décomposition du formène.
- Un mot encore. Après avoir laissé agir, pendant un temps déterminé par l'expérience, le mélange neutralisateur, on devra arroser la mine abondamment avant chaque reprise du travail. Peut-être un mélange d’eau et d’éther donnerait-il de bons résultats à cause de l’af-finilé de l’éther pour le gaz d’éclairage qu’il dissout. Sur ce point comme sur le précédent, l’expérience seule peut statuer en dernier ressort.
- Encore une fois, les moyens de combattre le fléau sont multiples : comme le disait si bien, à la tribune, l’un des représentants du département de la Loire (l),tous doivent être mis en oeuvre simultanément : notre éclairage électrique à poste fixe et notre procédé de neutralisation ne sont pas exclusifs des autres mesures de protection. Trop heureux si, laissant de côté les préoccupations commerciales et les coupables revendications de l’intérêt personnel, on arrive à lutter avec succès contre un semblable adversaire, et à lui arracher quelques-unes de ces vies humaines si utiles à la nation, et si précieuses à leurs familles !
- G. Vallet.
- INSTALLATION GRATUITE D’UN CONTACT
- POUR PORTE D’ARMOIRE OU DE COFFRE-FORT
- æindiquais dernièrement le moyen de fabriquer soi-même un appareil qui permît de surprendre le voleur au moment où il travaillerait à forcer les meubles, lors même qu’il aurait eu l’idée de couper le fil avertisseur.
- Voici, aujourd’hui, la manière excessivement simple et peu laborieuse d’établir un contact pour les portes des armoires ou de coffre-forts que l’on voudrait protéger. Prenez un morceau de planchette, une
- (i) M. Chosson, ingénieur en chef des mines à St-Etienne.
- £2) Troost, Chimie,
- charnière, une petite lamelle de fer-blanc ou do cuivre, une vis ou un piton, une petite roulette de bois ou de métal.
- — Et puis?...
- — Et puis, c’est tout. Vous trouverez certainement tout cela dans votre appartement, dans les ferrailles, au fond de quelques boîtes. Au besoin, vous casserez une boîte inutile et elle vous fournira tout ce qu’il vous faudra, planchette, vis et charnière, sauf la roulette, à moins que vous ne la tailliez dans un des côtés.
- — Et qu’est-ce que je vais faire de cela?
- (1) M. Audiffred, député de la Loire.
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- — Voilà. Votre planchette aura cinq ou six centimètres de large, dix à vingt de long, comme il vous conviendra.
- Au centre d’un des petits côtés, vous faites une entaille, une fente rectangulaire, un peu plus longue que le rayon de votre roulette, et vous fixez la charnière au petit côté opposé, comme l’indique la figure 1.
- Fig. 1. Fig. 2.
- Dans l’entaille, vous placez votre roulette de manière que sa tranche dépasse la tranche de la planchette, et, sur une des faces de la planchette vous clouez la lamelle de cuivre, comme l’indique la figure 2.
- Avant de clouer la lamelle métallique, vous y avez fixé un bout de fil conducteur, votre contact est terminé.
- Vous le fixez à l’un des rayons du meuble par le moyen de la charnière, de telle sorte qu’il se trouve placé perpendiculairement à la porte fermée et du côté de la serrure.
- Lorsque la planchette est couchée sur le rayon, elle doit dépasser ce dernier de trois ou quatre centimètres, comme l’indique la coupe ci-dessous, fig. 3.
- Fig. 3.
- Il ne reste plus qu’à placer la vis ou le piton.
- A cet effet, vous soulevez la planchette, et vous enfoncez la vis ou le jnton, même un simple clou, dans l’épaisseur du rayon, de telle sorte que,, lorsque vous laissez retomber la planchette, cette dernière vienne appuyer sur la vis la
- lamelle métallique, comme l’indique la fig. 4.
- Vous souriez d’un air entendu, je vois que vous avez compris. Si vous reliez la vis, piton ou clou à un fil conducteur, et la lamelle métallique au deuxième fil conducteur, le contact est établi et le courant circule ; vos timbres électriques entrent en vibration.
- Si, maintenant, vous soulevez la planchette et que vous la renversiez en arrière en la faisant tourner autour de sa charnière, le courant est interrompu.
- Cette démonstration faite, ramenez de nouveau la planchette sur la tête devrs. C’est la porte do votre armoire ou de votre coffre-fort qui va se charger désormais de rompre ou d’établir le contact.
- Fermez la porte; le voilà qui butte sur la roulette ; celle-ci se met à tourner en remontant le long du panneau. La planchette se soulève, le courant est interrompu (figure 5).
- Fig. 6.
- Entr’ouvrez légèrement la porte, celle-ci, en s’éloignant, donne la liberté à la planchette qui retombe sur la tête de vis en établissant le courant (fig. 6). La sonnerie fonctionne aussi longtemps qu’on n’a pas relevé la planchette.
- Si l’on ne veut pas que le contact fonctionne, on n’a qu’à renverser la planchette en arrière.
- Le coffre-fort auquel j’avais adapté un contact pareil à celui- ci avait un rayon métallique. Pour pouvoir y adapter mon appareil, j’ai doublé préalablement le rayon métallique d’une planche de bois mince.
- J’ai toujours été très satisfait de cet instrument, dont la simplicité même est la garantie d’un bon fonctionnement. F.
- RÉCRÉATIONS PHOTOGRAPHIQUESM
- inquante ans se sont à peine écoulés depuis la naissance de la photographie, qu’elle est déjà pratiquée par plus de vingt mille industriels et plus de cent mille amateurs, chiffres qui grossissent de jour en jour.
- En présence de ce flot ascendant, et grâce à l’initiative des amateurs surtout, la science
- (i) Les Récréations photographiques, i beau vol. avec 120 gravures et 2 planches phototypiques. — Prix : 6 fr. — Librairie de la Science en Famille 1891. .
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- et l’art photographiques s’enrichissent chaque jour d’idées nouvelles, les unes applicables à l’industrie, les autres ne sortant pas du domaine de la photographie d’amateur.
- On ne saurait.nier que ces gdernières, qui constituent les passe-temps scientifiques les plus charmants qu’on puisse imaginer, se sont peu^répandues. Pourquoi? Nous l’ignorons. L’artiste photographe n’a pas pour cou-
- ouvrage, en leur mettant sous les yeux l’un de ses chapitres avec ses illustrations, chapitre intitulé : exagération de la perspective.
- L’exagération de la perspective permet d’obtenir directement à la chambre noire des images'.dont les proportions sont faussées à tel point qu’elles forment de véritables caricatures.
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- '•ÈÈÊL
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- Fig. 8. — Exagération de la perspective en photographie. (Gravure extraite des RJcrëaliuns yhutogrciphiqùes).
- tume de se retrancher tellement derrière sa dignité, qu’il professe le dédain pour tout ce qui n’est pas en quelque sorte classique. »
- C’est dans ces termes, que les auteurs d’un ouvrage qui vient de paraître et qui a pour titre le titre même de cet article, prétendent en justifier l’apparition dans la préface, en déclarant, un peu plus loin, qu’ils n’ont eu pour « but que de réunir ces sujets de récréations photographiques » et de « fournir à l’amateur l’occasion de sortir des terrains battus. »
- Nous sommes heureux de pouvoir donner aujourd’hui à nos lecteurs la primeur de cet
- L’image des objets situés devant l’objectif venant sc peindre dans un même plan G, qui
- Fig. 9.
- est celui de la glace dépolie, on voit à la simple inspection de la fig. 9 que deux objets ÀB, A’B’, placés à des distances différentes de l’objectif O, seront reproduits à des échelles
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- qui seront entre elles comme l’inverse du rapport Il est facile, en employant des
- objectifs à court foyer, d’obtenir des premiers plans [à une échellevingt ou vingt-cinq fois plus grande que celle des objets situés à une distance moyenne.
- On met au point sur un plan intermédiaire et on munit l’objectif de son plus petit diaphragme. L’objectif grand angulaire con-vient fort bien pour ce genre de travail.
- Voici quelques-unes des supercheries que l’on peut produire de cette façon.
- Mettez au premier plan un oiseau, vivant ou empaillé, et au fond, un chasseur; en regardant l’image sur la glace dépolie , faites-lui diriger son arme de façon à ce qu’il semble tirer l’oiseau^et photographiez. Le résultat sera celui de la flg. 10.
- On peut varier- à l’infini la composition
- de tels tableaux : unchat, convenablement grossi, simulera un tigre, un poisson, tenu à l’extrémité de la ligne, à quelques centimètres de l’objectif, paraîtra deux fois plus
- grand que le pêcheur placé trois mètres plus loin.
- Cet effet inte rvient souvent d’une façon fâcheu se dans certaines compositions; les photographes qui ne disposent que d’un atelier court, et qui, par conséquent, doivent employer des ob-j e c t i f s à court foyer, évitent les grandes différences de plans que la photographie exagère toujours; les mains du modèle, pla-c é e s en avant, appa-naissent quelquefois avec des di-mens ions peu communes ; dans un autre cas, une personne assise dans un groupe, au premier plan, et les pieds en avant, se trouvera avantagée d’une façon analogue. Tel encore ce cheval (flg. 8) dont
- Fig. 10. — Exagération de la perspective en photographie. (Gravure extraite des Récréations 'photographiques).
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- la tête se trouve reproduite à une échelle démesurée.
- Ces exemples nous suffiront pour mettre
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- Un nouveau distributeur automatique.
- — Un Américain vient d’ajouter à la série déjà si longue des distributeurs automatiques, un distributeur de musique ... de musique tout exécutée, bien entendu.
- La chute de la pièce a pour effet de déclancher le mécanisme d’exécution... et l’on n’a plus qu’à prêter l’oreille. X.
- ***
- Le plus grand couteau d’Amérique. —
- D’après notre confrère Invention, un marchand de Cincinnati possède maintenant un couteau qui est le plus grand de toute l’Amérique, et qui a été fabriqué en Allemagne entièrement par le même ouvrier, lequel y a passé plus d’un an. Ce couteau, connu à 100 milles à la ronde, est muni de 56 pièces, depuis un cure-dents ou un coupe-cigares jusqu’à une paire de ciseaux ou une scie à main. Il pèse treize livres, et une modeste étiquette dit : » A vendre : 500 dollars (2,500 fr.).
- Pourtant ce n’est pas le plus grand couteau du monde. Jonathan Crookes inventa et construisit un remarquable et unique spécimen de coutellerie, muni de 1,831 lames ou pièces, et que l’on considère encore comme une merveille. Ce couteau est maintenant la possession de Joseph Rodgers, de Sheffield. X.
- *
- * *
- Une poire centenaire. — Les visiteurs de l’exposition pomologique de Caen ont pu admirer une poire de Bon Chrétien, cueillie il y a plus d’un siècle.
- En 1775, selon toute apparence, mais incontestablement avanM780, M. Trevet de Jec-queville, coureur du comte d’Artois, avait eu recours au procédé bien connu qui consiste à introduire dans un flacon, alors qu’elle est encore toute petite, une poire à longue queue, et à la laisser grossir de manière qu’à la maturité, elle emplisse presque le flacon. Pour conserver sa poire merveilleuse, il avait fini
- en garde nos lecteurs contre l’exagérationde la perspective...ou pour en tirer parti, si bon leur semble.
- LA SCIENCE
- d’emplir le récipient avec des l’eau-de-vie de cidre puis l’avait bouché et cacheté.
- Ce flacon avec sa poire est resté pendant environ un siècle dans la famille Trevet, et il y a quelque vingt ans, il était entre les mains de Mlle Batilde Trevet, petite-fille de l’obtenteur, décédée à Caen, en 1878.
- Aujourd’hui, il est la propriété de M. l’abbé Manchon, du clergé de Caen, auquel nous devons les renseignements ci-dessus.
- Ces renseignements, nous les admettons sans contrôle, car le coureur du comte d’Artois avait négligé, on le comprend, de se faire délivrer un certificat d’origine.
- (Le Cosmos).
- *
- * #
- Le codonophone du « Rêve ». — Au
- théâtre, la présence d’une ou plusieurs cloches est parfois nécessaire, et leur effet y est parfois très beau. Meyerbeer s’est servi de cloches dans les Huguenots ; le théâtre en possède une ; mais on conçoit aisément que, même à l’opéra, on ne puisse commodément posséder l’outillage d’un clocher.
- Dans un nouveau ballet, le « Rêve », on a voulu avoir un véritable carillon.
- Partant de ce principe qui nous apprend que le nombre des vibrations d’une cloche est en rapport avec son poids, que le son devient d’autant plus grave que la cloche est plus lourde, on comprend la quasi-impossibilité de remplacer au théâtre les bourdons de nos églises. Mais on peut remplacer les cloches de son plus aigu par des tubes verticaux en laiton qu’on frappe à l’aide de marteaux.
- La note obtenue varie avec le diamètre et la longueur des tubes. M. Lacape de Paris, réunissant un certain nombre de ces tubes sonorès, en a fait un instrument, appelé codonophone.
- Le codonophone du ballet du « Rêve » a 25 tubes, et chaque note a une étendue de 2 octaves. Le tout est renfermé dans un meuble, portant clavier et un mécanisme très simple,
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- met les touches de ce clavier en relations avec les marteaux qui viennent frapper sur les tubes sonores.
- Le plus long tube a 2m, le plus court n’a pas lm ; celui-ci remplace une cloche de 33 kilogr. ; celui-là, une cloche de 80 kilogr.
- Pour avoir les notes graves des cloches de nos églises, il faudrait des tubes beaucoup plus longs et de plus grand diamètre.
- ***
- Passage des rivières. — Dernièrement, aux manoeuvres de Villeneuve-St-Georges, il s’agissait de passer une rivière sur des radeaux formés de sacs remplis de bidons vides.
- Des expériences non moins intéressantes ont été faites dans un de nos régiments de cavalerie de l’Est.
- L’ancien étui porte-avoine a été remplacé par un sac à distribution, sac imperméable, et qui, gonllé et fermé, flotte sur l’eau ; ce sont des sacs analogues que l’on a utilisés.
- On les a remplis de paille froissée (15 kil. pour 8 sacs), et afin d’empêcher la rentrée de l’air, on place à l’ouverture une poignée d’herbe, ce qui permet d’ailleurs de faciliter le serrage de la fermeture, qui serait insuffisant sans cette précaution.
- Ce sac, ainsi gonflé supporte deux hommes, dont le corps plonge dans l’eau, et huit sacs, réunis au moyen d’une corde à fourrage, forment un radeau où quatre hommes ont pu prendre place.
- Un bon nageur remorquait le radeau avec une cordelle formée de sept cordes à fourrage nouées bout à bout, et lui faisait traverser la rivière large en cet endroit de 120 mètres.
- Ainsi confectionné, le radeau ressemble assez à un matelas ; on augmente sa rigidité avec des branches d’arbres fixées sur les côtés.
- De plus, il a été reconnu utile de munir les hommes de pelles de sapeur ; et alors les passagers s’en servent comme de rames, ce qui aide le nageur-remorqueur.
- Au deuxième voyage, le radeau a facilement transporté d’un coup les selles paquetées et les armes des quatre hommes.
- Un exploit aérostatique. — Deux jeunes gens, MM. Besançon, aéronaute, et Hermite,
- astronome, neveu de M. Charles Hermite, de l’institut, veulent entreprendre un voyage au pôle nord en ballon, dans le but de faire une série d’observations météorologiques, et de rapporter toute une collection de photographies de la région parcourue.
- L’aérostat qui doit servir à cette expédition cubera 15,000 mètres et pourra enlever 16,500 kilogr. ; il sera gonflé au gaz hydrogène.'
- La nacelle, construite en osier et revêtue d’une carcasse d’osier, sera fermée, afin de garantir les passagers de l’intensité du froid.
- Elle contiendra, outre les voyageurs et leurs instruments, huit chiens, un traîneau, un petit canot insubmersible, et des vivres pour un mois.
- Le devis des frais monte à un demi-million, et la durée de l’expédition, qui n’aura pas lieu avant 1892, est évaluée à 6 mois.
- Nouveaux chemins de fer pour navires.
- — Lé projet d’un chemin de fer pour navires, à établir au Canada, est en ce moment à l’étude.
- 11 aurait pour but d’éviter le détour qu’il faut faire pour passer du lac Ontario dans le lac Huron, en traversant le la.c Erié.
- En effet, le lac Ontario et le lac Huron seraient reliés par un chemin de fer, partant de Toronto. La ligne aurait une longueur de 110 kilomètres, et son point de faite serait de 202 mètres au-dessus du lac Ontario; - les pentes de la voie seraient de 0,57 0/0 pour le versant nord, de 0,38 0/0 pour le versant sud.
- On estime que trois puissantes locomotives remorqueraient un navire de 2,000 tonnes avec une vitesse de 16 kilomètres à l’heure ; le voyage serait de 7 heures environ, et on économiserait ainsi en évitant le lac Erié, une distance de 650 kilomètres.
- Enfin, le devis de ce projet monterait à 60 millions.
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- Nouvelles astronomiques. Don de miss C. W. Bruce. — Miss C. W. Bruce offre la somme de 6,000 dollars pour venir en aide pendant cette année à des recherches astronomiques. On doit s’adresser à M. Pickering (Harwad, College Cambridge, Etats-Unis).
- (L’Astronomie)
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- 28 LA SCIENCE EN FAMILLE
- REVUE DES LIVRES
- Les Races humaines. — Brehm, l’auteur populaire des Merveilles de la Nature, n’avait publié que la Vie des animaux ; il restait à compléter son œuvre par la publication de VHistoire de l’Homme et des Races humaines.
- M. le docteur Verneau a entrepris de combler cette lacune.
- Grâce aux hardis voyageurs qui parcourent la terre, grâce aux patients chercheurs qui fouillent notre sol, nous connaissons mieux chaque jour les races qui vivent aujourd’hui à la surface du globe et celles qui ont peuplé autrefois les continents.
- C’est le tableau de ces populations si bizarres dans leur origine, dans leur migrations, dans leur développement, si intéressantes, pour le savant, pour l’artiste et pour le curieux de la nature, que le docteur Verneau a tracé. Il insiste surtout sur celles qui offrent à tout français un attrait spécial, sur celles qui peuplent l’Algérie, le Sénégal, le Congo, Madagascar, le Tonkin, etc.
- Les Races humaines, par le docteur Verneau, avec introduction par M. de Quatrefages, se publient, en 22 séries, chez J.-B. Baillière et fils, 19, rue Hautefeuille, Paris.
- 11 paraît une série tous les jeudis, depuis le 23 octobre 1890.
- Prix de chaque série : 50 centimes. On peut souscrire à l’ouvrage complet qui sera envoyé franco chaque semaine, en adressant aux éditeurs un mandat postal de on^e francs.
- L’ouvrage complet formera un volume grand in-8 colombier à 2 colonnes, de 750 pages, illustré de 550 figures de types, de scènes de mœurs, de paysages,- d’objets ethnologiques (vêtements, parures, armes, industrie), intercalées dans le texte.
- On peut recevoir une livraison spécimen moyennant l’envoi de trois timbres-poste de IS centimes.
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- Les sens et l’instinct che^ les animaux et principalement che4 les insectes, avec 136 figures.— Tel est le titre du nouveau livre que vient de publier le grand naturaliste anglais, sir John Lubrock, qui est membre du Parlement britannique en même temps que de la Société royale de Londres, et, de plus, l’un des grands ban-
- quiers de la Cité. Ce livre, publié dans la Bibliothèque scientifique internationale dirigée par M. Em. Alglave, est le complément naturel du bel ouvrage de Sir John Lubbock sur les Fourmis, les Abeilles et les Guêpes, publié dans la même collection. — L’auteur étudie successivement les cinq sens chez les animaux et les instincts dont le développement se rattache à ces sens. La principale originalité de ce livre, ce sont les nombreuses expériences imaginées par Sir John Lubbock avec une ingéniosité et une patience sans égale, pour mettre en lumière l’intelligence et les instincts moraux ou sociaux des bêtes de tout ordre. C’est ce qui rend la lecture de ce livre aussi attachante pour les gens du monde que pour les savants (1 vol. in-8° de la Bibliothèque scientifique internationale, avec 136 gravures dans le texte. Cartonné à l’anglaise. Prix, 6 fr. Librairie Félix Alcan.)
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- Arithmographe (calculateur mécanique instantané) par M. Troncet. — Ce petit instrument est mis en vente par la librairie Larousse (15, 17, 19, rue Montparnasse, Paris). Prix, 4 fr.
- Nous l’avons là sous les yeux et nous l’avons essayé. Cet appareil aussi simple qu’ingénieux fonctionne parfaitement ; nous le recommandons à tous les calculateurs petits ou grands ; il rendra des services à tous.
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- La Science amusante, par Tom-Tit (Arthur Good), 100 expériences amusantes et intéressantes, sans appareil, même librairie. Tous ceux qui tiennent à s’instruire en se récréant voudront posséder cette ouvrage. Un magnifique volume ave4 100 gravures de Poyet, de 250 pages; broché y fr., relié 4, tranches dorées 4 fr. 50.
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- Ferrotypie (von einem amerikanischen Ferro-typiston). — Ed. Liesegang, Düsseldorf.
- 10e édition, augmentée. — Cet ouvrage, qui renferme, sous une forme claire et concise, la pratique du procédé ferrotype, forme un volume d’une cinquantaine de pages, qui sera lu avec intérêt par les amateurs familiarisés avec la langue allemande. Le procédé au collodion humide n’a pour ainsi dire survécu que dans
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- cette application, an moins pour le portrait. La ferrotypie jouit même encore d’une certaine vogue, et nous recommandons la lecture de ce petit traité, ne fût-ce que pour se familiariser avec ce procédé, dont il est rarement fait mention dans les ouvrages de photographie moderne.
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- La librairie Ducrocq, à Paris, vient de faire paraître, en vue du jour de l’Àn, un magnifique ouvrage, le Petit amiral, qui fera certainement sensation et que nous recommandons aux parents soucieux de mettre entre les mains de leurs enfants de bons et de beaux livres. — Illustré par Méaulle, imprimé avec grand luxe, doré sur tranche, relié magnifiquement, il sera certainement bien accueilli de tous les petit* futurs amiraux auxquels on l’offrira en étrennes.
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- Puisque nous parlons étrennes, n’oublions pas la maison Marne, de Tours, qui livre au public, comme tous les ans à cette époque, une magnifique série d’ouvrages illustrés. Nous mentionnerons seulement Perdue dans la grande ville, un beau et fort volume dans lequel on n’a ménagé ni les belles gravures ni les bonnes pensées, les unes portant les autres, et les rendant compréhensibles aux jeunes intelligences auxquels l’ouvrage est destiné. — Les illustrations de Méaulle y seront certainement remarquées, tant par leur à propos que par la façon dont elles sont enlevées.
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- Chaque année les publications de la maison Hachette se distinguent par leur luxe, par leur bon goût, par leur utilité. Aussi nous suffit-il de signaler au public, reconnaissant de tant d efforts, les œuvres merveilleuses qui viennent de paraître à l’occasion du jour de l’an.
- A notre époque où l’instruction est si généralement répandue, les amateurs des beaux livres deviennent de plus en plus nombreux et sont des connaisseurs désireux de se composer une bibliothèque, à la fois attrayante, artistique autant qu’instructive et morale. Plus n’est besoin de les éclairer. Citons seulement ce qui, entre ces chefs-d’œuvre, offre l’attrait de l’inédit.
- La traduction française, par A. Fiorentino, de 1 Enfer, de Dante Alighieri, reparaît enrichie des 76 grandes compositions de Gustave Doré. C’est une merveille de luxe.
- L'acropole de Suse, par Marcel Dieulafoy, d’après les fouilles exécutées en 1884, 1885 et 1886, sous les auspices du Musée du Louvre, est une œuvre originale et séduisante, d’une variété et d’une richesse incomparables.
- L’année 1890 du Tour du Monde, illustrée de 600 gravures sur bois, contient les récits des plus célèbres voyageurs modernes et constitue la plus belle des collections.
- En outre, nous mentionnerons spécialement un atlas intéressant à tous égards, celui de Schrader.
- En même temps que se poursuit l’édition du grand Atlas universel de MM. Vivien de Saint-Martin et F. Schrader, on répond à un désir général, en publiant, à l’usage du public cultivé et de la jeunesse studieuse, un atlas d’un format moindre et d’un prix peu élevé.
- Grâce aux nombreux matériaux scientifiques accumulés ou mis en œuvre pour la préparation, maintenant terminée, de l’Atlas universel, on a pu faire du « Nouvel Atlas de Géographie moderne » une œuvre véritablement française, puisée aux origines, élevée au niveau actuel de la science géographique. D’autre part, les progrès de la gravure et de l’impression en couleurs ont rendu possible la publication rapide d’une œuvre aussi considérable.
- L’Atlas se compose de 64 cartes (30 centimètres sur 40) imprimées en huit couleurs ; au verso de chacune d’elles une notice de deux pages, accompagnée de nombreuses figures, de diagrammes, de cartes détaillées, a permis au cartographe d’enrichir l’Atlas d’une foule de notions précieuses, tout en dégageant presque entièrement les cartes de ces cartouches qui voilent les rapports d’ensemble et nuisent à la clarté, qui devrait toujours signaler une œuvre française. Conserver aux cartes la plus grande limpidité, en choisissant avec soin les noms qui devaient y figurer, éviter la surcharge, mais mentionner tout ce qui pouvait présenter de l’importance ou de l’intérêt, telle a été la préoccupation constante. Les notices ont été rédigées, conformément à un plan général, par une réunion de savants ou de professeurs estimés ; on s’est attaché à leur donner le plus haut degré de simplicité et de netteté, tout en les tenant au courant des derniers progrès de la science ; elles constitueront ainsi, non pas un cours de géographie, mais un précieux répertoire de renseignements sur la physique du globe, l’organisation
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- politique, l’état économique ou statistique des différents pays.
- Nous espérons que l’Atlas de Géographie moderne sera accueilli par le public comme un signe de rénovation de la cartographie française, à laquelle on a rendu le rang élevé qu’elle occupait au siècle dernier.
- Cet Atlas forme 64 cartes doubles et 128 pages de notices, renfermant de nombreuses planches insérées dans le texte. Il comprend en outre un Index alphabétique des noms contenus dans l’Atlas, qui permettra, à l’aide de renvois, de trouver immédiatement sur les cartes la position du nom cherché.
- D’autres commentaires nous entraîneraient trop loin.
- Reprenons notre intéressante énumération.
- Une nouvelle et magnifique édition de Mireille, de Frédéric Mistral, avec vingt-cinq eaux-fortes. L’année 1890 du Journal de la Jeunesse, dont le succès tant mérité va grandissant. Le tome dix-septième de la nouvelle Géographie d?Elisée Reclus, consacré aux Indes occidentales. Le tome deux de l’Histoire de VArt pendant la Renaissance, l’Italie, par Eugène Müntz. Deux
- campagnes au Soudan français, par Gallieri. Les Courses de chevaux en France, par de St-Albin. Emin-Pacha, par Jephson. Dans les ténèbres de VAfrique, par Stanley. Les Voyages et les Aventures du capitaine Cougourdan, par Eugène Mouton. Les Contes mythologiques de la ville de Mirmont. La Part du Cadet, par Mme Blandy. — Et dix autres volumes de format in-8°, tous signés de noms connus, rédigés et illustrés avec un soin sans égal.
- Voilà pour les livres de luxe.
- Quant àla célèbre Bibliothèque des Merveilles, elle s’est accrue et enrichie cette année de cinq nouveaux volumes qui traitent savamment et d’attrayante façon de la production de l’électricité, de l’hypnotisme, des merveilles de l’é-maillerie, des statuettes de terre cuite dans l’antiquité et de l’enfance de l’humanitêT
- La Bibliothèque illustrée, la Collection des Voyages illustrés, et celle de la Bibliothèque des petits enfants, si pratiquement composée et avec tant de charme, telles sont, en résumé, la production de cette grande maison Hachette, qui, nous ne cesserons de le redire, est ^honneur de la librairie française.
- Alfred Barbou.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- (CONSEILS et procédés)
- Couper une bouteille. — Couper un tube, couper, une bouteille pour se procurer, d’une part un vase à large ouverture et, d’autre part, un entonnoir en verre, en employant le goulot renversé, sont des opérations qui peuvent avoir leur utilité.
- Voici un moyen de les effectuer :
- Après avoir imbibé un^fort fil de coton de pétrole, d’alcool ou de benzine, on l’attache serré autour du vase en verre, au point où on veut faire la section, et on l’allume. On tourne lentement la bouteille, qui est tenue horizontalement de façon à faire brûler le fil tout autour.
- Dès que la flamme s’éteint, le verre craque et les morceaux se détachent ; si l’effet ne se produisait pas, il n’y aurait qu’à faire couler tout de suite l’eau du robinet de la fontaine gur la partie chauffée, le résultat serait in-
- faillible. Avec la meule, la lime, on arrondit les arêtes de la fêlure.
- ***
- Rhume de cerveau et yeux fatigués. —
- Deux recettes données par la Science pratique, et qui ont le mérite d’être absolument de saison.
- L’hiver est revenu et avec lui les refroidissements subits et les rhumes de cerveau.
- D’après le Dr Rabou, un mélange de 2 parties de menthol, 50 parties de café finement moulu et 50 parties de sucre en poudre, constitue un remède souverain contre le coryza au moment où il commence.
- C’est très simple ; aussi simple que le remède suivant contre la fatigue des yeux.
- Il arrive souvent qu’on ait les yeux rougis et fatigués par diverses causes, dont la principale est la veille trop prolongée.
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- Dans ce cas, il suffit de les laver deux ou I trois fois par jour avec du thé tiède et non | sucré. Ce collyre élémentaire dissipe la dou-j§ leur* dégonfle les paupières et redonne à l’oeil I sa fraîcheur et son éclat ordinaires.
- 1 Essayez, et vous verrez.
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- Pissenlit blanc tout l’hiver. — Voulez-| vous un moyen aussi simple que pratique I d’avoir à votre disposition, tout l’hiver, une ; excellente salade ?
- Prendre un vieux baril, et le percer d’une y grande quantité de trous d’un diamètre de 2 d à 3 centimètres.
- Commencer à le remplir de sable de carrière par le fond, et à mesure qu’on rencontre un trou, y planter un pied de pissenlit arraché avec toutes ses racines : ces racines se trouvent donc plantées horizontalement et la partie verte de la plante est en dehors du baril.
- Au bout de quelques jours, dès que le pissenlit est repris, couper les feuilles vertes, et porter le baril à la cave.
- Des feuilles blanches, très fines, remplacent alors les feuilles vertes ; elles sont exquises et vous n’avez plus qu’à les cueillir au fur et à mesure des besoins, en ayant soin d’arroser le sable dès qu’il se sèche un peu.
- RÉCRÉATIONS
- Le vin changé en eau. — Voici une expérience des plus remarquables parmi celles que nous fournit la chimie amusante, et qui, croyons-nous, n’a pas encore été publiée : elle a de plus le mérite de pouvoir être répétée un grand nombre de fois moyennant une dépense de 15 centimes, et les produits nécessaires pour son exécution se trouvent chez tous les pharmaciens, et même chez tous les droguistes bien fournis.
- Voyons d’abord l’effet de l’expérience, telle qu’elle est présentée ordinairement par les prestidigitateurs.
- Sous prétexte de boire, le physicien met deux doigts de vin rouge dans un verre. Puis, se ravisant : « Réflexion faite, dit-il, je préfère pour me désaltérer de l’eau pure, et, sans me déranger, je vais transformer ce vin, qui est d’un rouge foncé, en une eau limpide comme du cristal ; il me suffira pour cela, de toucher le liquide du bout de ma baguette magique et de l’agiter tant soit peu. »
- Aussitôt dit, aussitôt fait : toute coloration rouge a disparu, il n’y a plus dans le verre que de l’eau parfaitement claire.
- Mais, reprend le physicien, il n’est même ; point besoin de ma baguette magique; il suf-: fit de verser le vin dans le verre, voyez plu-l tôt... Il verse; le jet est encore rouge, mais | quand le liquide arrive à destination le vin a I perdu sa couleur.
- I Voici la manière de composer le vin en question, qui ne peut pas se boire, bien en-I tendu, et de réaliser l’expérience.
- Prenez un graname de permanganate de
- potasse — dix grammes coûteront dix centimes — et faites-le dissoudre dans un litre d’eau. Vous obtiendrez un liquide qui, présenté devant un fond opaque, ressemble à du vin rouge fort en couleur, et qui, vu par transparence, a une teinte violacée.
- La dissolution étant complètement faite, ajoutez-y trois grammes d’acide tartrique ou deux grammes (52 gouttes) d’acide sulfurique.
- Avec l’acide tartrique, qui est inoffensif, cette composition ne se conserve pas; il ne faut donc pas la préparer longtemps à l’avance, sous peine de la voir se troubler, devenir jaune ou brune et même se décolorer complètement.
- Avec l’acide sulfurique le même inconvénient n’existe pas et notre vin conservera presque indéfiniment sa belle couleur rouge si on a soin de le tenir dans une bouteille bien bouchée. Néanmoins, nous conseillons fortement à nos jeunes lecteurs de ne pas employer ce dernier acide qui peut causer des brûlures et même des accidents graves.
- Mettez, d’autre part, dans un flacon, quelques cristaux d’hyposulfite de soude — coût 5 ou 10 centimes les cent grammes — avec un peu d’eau, et rincez un verre avec cette solution. Si vous y versez ensuite le permanganate, il se décolorera instantanément au contact de l’hyposulfite.
- Voulez-vous réaliser l’expérience telle que nous l’avons décrite plus haut? ne faites subir à votre verre aucune préparation, mais servez-vous d’une baguette creuse, disposée de la manière suivante ;
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- Prenez soit un tube en fer blanc, soit un simple bout de roseau, gros comme le pouce et long de vingt-cinq à trente centimètres. Les deux extrémités étant bouchées, percez deux petits trous de deux millimètres environ de diamètre, l’un au milieu, l’autre à un bout de la baguette, sur son axe.
- Celle-ci étant posée verticalement, le bout non percé en bas, versez-y par le trou supérieur à l’aide d’un petit entonnoir en papier quelques centimètres cubes d’hyposulfite.
- Bouchez avec le médius le trou du milieu, renversez la baguette, mettant en haut le côté fermé ; leliquide ne pourra pas s’écouler tant que vous ne laisserez pas pénétrer l’air par le trou du milieu, ce que vous ne ferez, en retirant votre doigt, qu’au moment où la baguette agitera le liquide rouge pour le décolorer. Mettant ensuite la baguette de côté, vous pouvez verser dans le verre plus ou moins de permanganate, selon la quantité d’hyposulfite que vous y aurez introduite. Ayez soin de verser de haut.
- On décolore facilement et instantanément un demi-litre de la solution de permanganate avec deux ou trois centimètres cubes d’hyposulfite à saturation.
- Si, au lieu d’eau claire, vous vouliez obtenir dans le verre un liquide semblable à du lait, il faudrait employer une plus forte proportion d’acide.
- Puisque nous parlons du permanganate de potasse, disons que c’est un bon désinfectant Une solution de 1 décigramme dans un litre d’eau (un gramme pour dix litres d’eau) employée pour se rincer la bouche, fait disparaître immédiatement toute trace d’odeur de tabac.
- Une solution à un pour cent est employée avec succès— pardon —contre la sueur des pieds.
- Enfin, si parmi nos lecteurs il s’en trouve qui s’occupent de petits travaux de découpage en bois, nous leur rappelons qu’une solution plus concentrée de permanganate de potasse, passée] à plusieurs reprises sur
- Fig. 11. — Pèse-lettres improvisé.
- du bois blanc, lui donnera une jolie nuance de palissandre. Quand on a obtenu la teinte voulue, on lave les objets avec de l’eau, on les laisse sécher, on y passe de l’huile de lin et on termine en polissant avec du papier de verre très fin. Cette teinte est très solide, elle résiste à l’air et à la lumière.
- Le permanganate de potasse est soluble dans quinze parties d’eau froide. C’est à ce titre qu’il convient de l’employer pour la coloration du bois (1).
- P. B.
- * if
- Un pèse-lettres improvisé. — Voulez-vous peser une lettre, en n’utilisant que les objets qui sont sur votre bureau? Placez deux règles parallèlement, de façon qu’elles dépassent la table, et maintenez-les dans cetle position horizontale par un livre que vous placerez sur leur extrémité. Posez sur ces deux règles, un gros crayon cylindrique, et, vous servant de ce crayon comme d’une poulie, placez-y un fil dont les deux bouts recevront, l’un, ce que vous voudrez peser, l’antre des pièces de monnaie qui serviront de poids. Des nœuds coulants suffiront pour les retenir. Comme l’ensemble ne comporte guère que des frottements de roulement, la balance ainsi constituée, est d’une sensibilité suffisante. 11 est inutile de se préoccuper des différences de longueur du fil, dont le poids est absolument négligeable.
- Les règles doivent être horizontales, autrement, le poids du crayon viendrait fournir une composante qui s’ajouterait au poids de l’objet placé en aval. Si l’on a des doutes sur l’horizontalité, il suffit de retourner le crayon bout pour bout, et de recommencer la pesée, les objets ayant ainsi échangé leurs positions.
- (i) Les Veillées et Chaumières.
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d’Assas.
- La Fère. — lmp. Bayen, rue Neigre.
- CM/
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- LES CARTES DE VISITE
- aE doit être, a-t-on dit, un calligraphe qui, choqué de ne trouver chez les portiers que des registres graisseux, des plumes épointées trempant dans une encre bourbeuse, incolore, s’avisa d’écrire à l’avance son nom sur de petits carrés ou cartes qu’il déposait en l’absence de ses amis.
- Ce procédé, en somme bien commode, ne tarda pas à se généraliser, et, aujourd’hui,
- depuis cette époque, sa mode n’a fait que croître et embellir, en dépit des campagnes qu’on a pu mener contre elle et des efforts qu’un grand nombre de personnes ont faits pour s’affranchir de cette coutume.
- Il appartenait à la photographie de faire sortir la carte de visite de sa banalité ordinaire en permettant d’envoyer à ses plus intimes amis son portrait sur ce petit bout de carton imprimé.
- Fig. 12. — Carte de visite photographique'(l).
- nne Anne:
- (a Saute et te Reste
- c’est par millions que circulent ces petits papiers dans le monde entier.
- Au siècle dernier, les cartes de visite portaient avec le nom de la personne toutes sortes d’allégories ou d’emblèmes mythologiques, des cœurs enflammés, des flèches, des bergères et des bergers ; puis la Révolution supprima toutes ces futilités. Enfin, la carte de visite reparut sous l’Empire, et,
- (1; D’après le chapitre : Originalités, extrait de l’ouvrage Récréations photographiques, qui vient de paraître à notre librairie, 1 vol. avec gravures. 6 fr.
- Ce portrait pourra être la tête vue de face, mais, comme dans l’exemple ci-dessus, on pourra aussi « poser, vu de dos et légèrement de profil, de façon à laisser chercher qui Von peut être. Une carte sur laquelle on a écrit l’expression de ses vœux de nouvel an, fait un fond de circonstance accompagnant fort bien le semblant de portrait ».
- Voilà une carte {de visite qui fera plaisir à vos amis, c’est du moins ce que nous vous souhaitons, et, dans tous les cas, ce qu’on ne peut lui contester, c’est son originalité.
- C. C.
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- LES PHARES GÉANTS
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- kL existe aujourd’hui pour l’éclairage des côtes, dans les pays brumeux de l’Europe septentrionale, des phares d’une puissance vraiment colossale, grâce aux merveilleux progrès réalisés dans la science électrique.
- Le plus puissant de ces foyers gigantesques est le phare de Hanfholm, qui fonctionne depuis l’an dernier sur le littoral du Jutland, en Danemarck. Son intensité lumineuse est normalement de deux millions de bougies, mais elle peut être plus que triplée en cas de besoin. Pour donner idée de l’éclat d’une telle lampe, il nous suffira de dire que l’arc électrique forme un pont de lumière long de 15 m/m entre les pointes des deux charbons incandescents, qui ont 75 m/m de diamètre I
- Le phare qui vient ensuite est celui de Ste-Catherine, mis en service en 1888 sur la côte sud de l’ile de Vight, dans la Manche. Cette autre lampe monstre peut donner une lumière presque aussi forte que la précédente,
- mais d’ordinaire elle a seulement une intensité de 60,000 bougies.
- Le troisième des plus grands phares est celui de. l’ile de May, dans le détroit de Forth,-en Ecosse, dont l’éclat peut atteindre trois millions de bougies. Ces divers feux sont scintillants, parce que leur lumière est ainsi visible à une plus forte distance.
- Outre les phares géants que nous venons de signaler, on doit citer comme foyers lumineux d’une puissance- considérable, ceux de la tour Eiffel, à Paris, et de la statue de la « Liberté éclairant le monde » à New-York.
- Mentionnons en terminant le nombre élevé des phares qui sont répandus sur nos côtes, afin de rendre plus sûre la navigation. En 1889, il existait en France 425 phares, dont 45 de premier ordre. En 1864, le chiffre total était seulement de 275, et en 1825, de 15. On voit quelle rapide progression a suivie le nombre des phares, si utiles pour protéger les marins contre les dangers que présente, la nuit, l’approche de la terre.
- Jacques Léotard.
- LE LABORATOIRE DE L’AMATEUR
- LA CHIMIE (Suite)
- kous commençons aujourd’hui la série de nos expériences pratiques < t nous débutons par l’hydrogène.
- Pour cette expérience, comme pour toutes celles qui suivront, nous adopterons un plan uniforme. Dans le but d’être utile à ceux qui n’ont jamais fait de chimie, nous donnerons d’abord un résumé, très succinct d’ailleurs, de la partie théorique. La description des expériences proprement dites sera plus étendue et nous donnerons à ce sujet tous les détails nécessaires pour que le débutant puisse obtenir les meilleurs résultats, sans avoir aucune connaissance préalable de la chimie. Nous terminerons par l’indication de la préparation industrielle et des applications, s’il y a lieu. En tout cas, quel que soit le corps dont nous entretiendrons nos lecteurs, la partie que nous pourrions appeler « Manipulations » sera toujours prépondérante.
- Hydrogène.
- L’hydrogène a été ainsi appelé parce que ce gaz, en brûlant dans l’air, donne naissance à de l’eau (de deux racines grecques : hudor, eau, et gennao j’engendre) Caven-dish en indiqua les propriétés en 1777.
- Propriétés physiques. — C’est un gaz incolore, inodore et insipide lorsqu’il est pur ; peu soluble dans l’eau ; bon conducteur de la chaleur et de l’électricité. C’est le gaz le plus léger de tous les gaz connus : sa densité est 0,0692, c’est-à-dire qu’à volume égal, il pèse 14 fois 1|2 moins que l’air.
- Propriétés chimiques. — Il se combine avec l’oxygène (1) et cette combinaison donne naissance à un grand dégagement de chaleur avec production d’eau. Il est éminemment combustible, mais non comburant, c’est-à-
- (i) Nous verrons par la suite qu’il se combine avec d’autres corps, tels que le chlore, le soufre, etc.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- dire qu’il brûle, mais n’entretient pas la combustion : une allumette enflammée plongée dans de l’hydrogène s’y éteint.
- Préparation. — L’hydrogène se prépare par la décomposition de l’eau. Cette décomposition peut s’opérer de diverses manières:
- lo Par la pile (voltamètre) ;
- 2° Par le fer porté au rouge ;
- 3° Par le fer ou le zinc, à froid, en présence d’un acide.
- C’est ce dernier mode de préparation que nous indiquerons : c’est le plus simple, n’exigeant aucun matériel coûteux et fournissant le gaz à volonté.
- Manipulations.— Un petit bocal ou un pot à moutardenous donnera le flacon producteur. Le bouchon sera percé dp deux trous, et l’un de ces deux trous laissera,passer un tube en verre arrivant jusqu’à quelques centimètres du fond, l’autre recevra unpëtittube courbé (fig. 13-a). Un fragment de tube en caoutchouc (b) reliera ce tube courbé à un autre tube droit (c) pour conduire le gaz obtenu dans la cuve à eau (terrine). Quelques fioles-ù pilules nous serviront à la recueillir.
- Fig. 13.
- La fig. 13 représente l’appareil tout monté. Nous avons introduit dans le flacon (a) de l’eau, quelques clous en fer et de l’acide sulfurique en petite quantité (1). On verse cet acide avec précaution pour éviter la sortie du liquide hors du récipient, que l’on bouche ensuite soigneusement ; le tube à dégagement c est plongé dans une terrine à moitié remplie d’eau. Après avoir rempli complètement une fiole à pilules avec l’eau de la terrine, on la retourne de façon à recevoir les bulles de gaz qui se dégagent. Au bout de quelques instants notre éprouvette est pleine de gaz • sortons-la de l’eau en conservant sa position renversée. Une allumette enflammée introduite dans la fiole provoque une petite explosion due à l’inflammation d’un mélange d’hy-
- (x) Avec 50 grammes de fer et 80 grammes d’acide on peut obtenir environ 12 ou 15 litres de gaz.
- drogène et d’air : c’est donc un mélange détonant ; mais il n’offre aucun danger, étant donnée la petite quantité sur laquelle nous opérons.
- Pourtant il serait dangereux d’enflammer le gaz à sa sortie du tube à dégagement, car tout le mélange gazeux contenu dans le flacon ferait explosion, projetant de tous côtés les débris du récipient avec les accessoires. Cette explosion cesse d’avoir lieu quand l’hydrogène est pur, ce qui arrive au bout de quelques minutes de dégagement, quand tout l’air contenu primitivement dans le flacon a été entraîné par le gaz formé. On peut alors sans danger enflammer celui-ci au bout du tube à dégagement préalablement effilé ; on répète, dans ce cas, l’expérience de la lampe philosophique. L’hydrogène brûle au contact de l’oxygène de l’air, mais la flamme ne se propage pas à l’intérieur. Cette flamme est bleuâtre et très chaude ; elle produit de la vapeur d’eau que l’on peut liquéfier en la faisant arriver sur une soucoupe froide sur laquelle des gouttelettes ne tardent pas à se former.
- On peut disposer l’expérience d’une façon plus originale en proposant de raviver un feu en y jetant de l’eau. Dans un flacon assez grand, un bocal à cornichons, par exemple, recueillons de l’hydrogène quand celui-ci se dégagera pur. Après avoir posé le bocal sur la table, approchons de son orifice une allumette enflammée ; il se produit une flamme de toute la largeur du goulot. Si on plonge l’allumette dans le flacon, elle s’y éteint ; en la retirant, elle se rallume au contact de la flamme d’hydrogène, ce qui prouve suffisamment que celui-ci est combustible, mais non comburant. Au bout de quelques instants, notre punch gazeux diminue d’éclat et menace de s’éteindre ; versons alors de l’eau dans le flacon. On pourrait croire tout d’abord que notre feu va s’éteindre ; au contraire, au contact de l’eau, il semble prendre une intensité nouvelle : c’est que cette eau que nous versons chasse l’hydrogène qui vient fournir un nouvel élément à la flamme.
- On peut démontrer d’une façon intéressante la formation du mélange détonant. Au tube à dégagement, et quand le gaz commence à se produire, on adapte avec un bout de tube en caoutchouc, une pipe en terre : le gaz sort par le foyer. En plongeant celui-ci dans de l’eau de savon assez épaisse (lésa-
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- von noir convient parfaitement), il se forme des balles qui s’élèvent bientôt dans l’atmosphère. Avec une bougie ou une allumette, on peut provoquer l’éclat de ces bulles ; mais il faut se hâter, car elles se trouvent vite hors de portée ; on fera bien de se munir d’une baguette à laquelle on aura fixé un « rat de cave » allumé, on pourra alors poursuivre dans l’air ces petits aérostats d’un nouveau genre. La grande facilité avec laquelle nos bulles de savon s’élèvent dans l’air prouve en outre la faible densité de l’hydrogène (14 fois et demie plus léger que l’air). Se basant sur cette différence de densités, on a parfois employé l’hydrogène au gonflement des aérostats ; mais on a dû l’abandonner bientôt, étant donnée la facilité avec laquelle il s’échappe des enveloppes qui le contiennent (c’est ce que les chimistes appellent pouvoir de diffusion).
- On peut conserver pendant quelque temps le gaz hydrogène dans les éprouvettes, que l’on a la précaution de laisser retournées sur des soucoupes contenant de l’eau (fig. 13-d). Mais il est préférable de le préparer quand on en a besoin. On peut d’ailleurs, quand ce gaz est secondaire, dans une expérience relative à un autre gaz, se servir de l’appareil à production continue, que l’on trouve dans le commerce, formé de deux flacons à tubulure inférieure ; cette disposition particulière des flacons entraîne un prix assez élevé. Voici le moyen d’en fabriquer soi-même un qui ne coûte presque rien et remplit absolument le même rôle.
- La figure 14 le représente dans toute sa simplicité et dispense d’une longue description. Le récipient principal f est un bocal rempli aux trois quarts (ou à moitié) d’eau acidulée avec de l’acide sulfurique ou chlorhydrique. Un verre de lampe, dont l’étranglement retient quelques fragments de verre ou de porcelaine. est maintenu à quelques centimètres du fond du bocal. On introduit dans ce verre quelques menus morceaux de fer ou de zinc et on le ferme à sa partie supérieure par un bouchon fermant bien et laissant passer un tube recourbé t terminé par un tube en caoutchouc muni d’un robinet ou d’une pince P, dont nos lecteurs trouveront la description dans la Science en Famille (1). L’appareil est prêt à fonctionner. Le niveau du liquide acidulé s’établissant dans le bocal et le verre
- de lampe, le métal contenu dans celui-ci sera attaqué et l’hydrogène se formera en V, puis se dégagera par le tube : on peut alors le recueillir. Dès que l’on cesse d’avoir bosoin de gaz, il suffit de presser le caoutchouc avec la pince P; l’hydrogène qui se produit alors s’accumule en V et peu à peu, puisqu’il n’a plus d’issue, il refoule le liquide dans le vase extérieur jusqu’au moment où ce liquide n’est plus en contact avec le métal : la production de gaz cesse alors et l’appareil devient inerte, prêt à fonctionner dès que l’on ouvrira la pince.
- Fig. 14.
- De cette façon, on a toujours de l’hydrogène à peu près pur à sa disposition et l’appareil est toujours prêt à fonctionner: il suffit pour cela d’ouvrir la pince ; le gaz accumulé en V se dégage, le niveau du liquide s’établit aussitôt, le métal est en contact avec l’eau acidulée et la réaction s’opère en laissant dégager l’hydrogène.
- Résidus. — Revenons à notre appareil producteur représenté par la (fig. 13). Au bout de quelque temps, les clous que nous avons mis dans le flacon auront disparu. Que sont-ils devenus ? Pour s’en rendre compte, il suffit d’abandonner le liquide restant à lui-même ; on verra bientôt un dépôt de petits cristaux d’un beau vert. Pour faciliter cette cristallisation, faisons bouillir le liquide pendant quelques minutes, puis laissons-le refroidir dans un pot à confitures en verre (c’est notre cristallisoire). Ces cristaux verts ressemblent beaucoup au vitriol vert du commerce ; ce n’est pas. autre chose, en effet ; l’acide sulfurique et le fer n’existent plus séparément, ils se sont combinés, donnant naissance à un nouveau corps, le sulfate de fer
- (1) N» 72, page 376.
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- (vitriol vert) et c’est cette combinaison qui a fourni l’hydrogène.
- Nous avions mis dans notre flacon de l’eau, du fer et de l’acide sulfurique. Nous y retrouvons de l’hydrogène, que nous avons recueilli, du sulfate de fer et de l’eau qui
- restent dans le flacon. C’est ce que les chimistes expriment par cette formule :
- Fe+HO, + SO*,HO= H + FeO.SO» + HO fer-f-eau-f- acide = hydro--p sulfate de -peau sulfurique gène fer
- (A suivre). G. Huche.
- LES PRODUITS PHARMACEUTIQUES
- a N 1873, M. de Lorgeril présenta un projet d’impôt sur les produits pharmaceutiques : c’était à l’époque où chacun se demandait comment la France pourrait se remettre de l’énorme saignée des cinq milliards exigés pour sa rançon. Malgré la terrible crise financière que traversait notre pays, à ce moment, cette proposition fut repoussée comme improductive et inapplicable.
- Aujourd’hui que notre pays, avec une rapi-dité qui étonne nos voisins, a rétabli ses finances et reconquis sa place parmi les nations de premier ordre, nous pensons que le projet d’impôt sur les produits pharmaceutiques, même hygiéniques ou de toilette, repoussé il y a environ vingt ans, dans les circonstances que nous énumérons plus haut, n’a aucune chance d’être pris en considération, en raison des inconvénients qu’il présente et des difficultés qu’il soulève sous tous les rapports.
- Ces produits, dit l’exposé des motifs, seront frappés d’un impôt lorsqu’ils seront préparés et vendus par des pharmaciens ; voilà qui est contraire au bon sens et à l’équité.
- En effet, vous faites des études spéciales pendant six à sept ans, et l’Etat vous impose
- de lourdes charges pour conquérir le diplôme de pharmacien. Une fois reçu pharmacien, si vous préparez une eau de Cologne antiseptique ou un vinaigre hygiénique, vos produits seront frappés d’un impôt, parce que vous avez un diplôme, tandis qu’à côté de vous le premier venu, n’ayant pas la moindre instruction et n’ayant rien payé à l’Etat, pourra préparer et vendre, sans être imposé, une eau dentifrice, une eau de Cologne antiseptique et même des produits contenant des substances toxiques, tels que pâtes épila-toires, fards, teintures pour les cheveux, etc.; n’est-ce pas souverainement injuste ? D’autre part, le projet d’impôt est inquisitorial au premier chef, puisque les agents du fisc auront le droit de faire des perquisitions dans toutes les pharmacies de France, et que la moindre contravention sera punie d’une amende considérable.
- Il nous semble donc inhabile de vouloir imposer aux pharmaciens de nouvelles charges qui finiront toujours par retomber sur le public, et nous espérons que ce projet, déjà repoussé par des financiers et' des économistes d’une notoriété incontestable, le sera finalement par la majorité de nos législateurs.
- LES CAUSSES DU LOT (Suite) W
- le Puits de Padirac; autres Abîmes et Grottes du Causse de Gramat. (1)
- près avoir promené les lecteurs de la Science en Famille aux alentours du puits de Padirac, il convient de les initier à ses mystérieuses profondeurs. Nous n’avons, pour cela faire, qu’à leur donner ici un résumé des relations publiées dans le Bulletin de la Société scientifique et archéologique delà Corrèze, dont le siège est à Brive ; M. Martel a bien voulu nous donner toute latitude.
- Les cartes de l’état-major portent l’indication du puits de Padirac (2) : ce vaste abîme, effroi de la contrée, et sujet de légendes où le diable joue le principal rôle, s’ouvre brusquement au milieu d’une glèbe (3) dont le plan est légèrement incliné; le diamètre de l’orifice mesure 35 mètres. (Voirfig. 15).
- (1) Voir le numéro du Dr novembre 1890, p. 349
- (2) Un document historique de l’an 1704 fait mention de la « concavité affreuse dite le Puy (sic) de Padirac. »
- (3) Voir la note au bas de la page 350, numéro dp novembre.
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- Delpon, dans sa statistique du Lot, Ad. Joanne, dans la géographie de ce môme département, consacrent quelques lignes au puits de Padirac; au fond de l’abîme, nous disent ces auteurs, s’ouvrent des cavités obliques d'une profondeur inconnue.
- Eh bien, grâce à M. Martel et à ses intrépides compagnons, elles n’auront plus désormais de secrets pour nous.
- M. Martel a eu des devanciers... jusqu’au fond du grand puits ! Nommons, entre autres, M. Arsène de Salvagnac, père du possesseur actuel du château de Padirac (1); par deux fois, la justice y a fait descendre pour en retirer des cadavres, celui d’un homme d’abord, chute accidentelle, il y a vingt-cinq ans environ, et, plus récemment, celui d’une malheureuse que hantait la monomanie du suicide. Mais nul n’avait songé à pénétrer dans les bouches obscures béantes au fond du puits... à 7b mètres de son orifice.
- En juillet 1889, accompagné de son cousin, M. G. Gaupillat, et de ses fidèles auxiliaires, Louis Armand et Emile Foulquier, M. Martel se risque là où jamais encore mortel n’avait pénétré. Au pied du talus de pierres ou cône de déjection, que, du bord de l’orifice, on pourrait prendre pour le nec plus ultra de l’abîme, s’ouvre dans la paroi verticale une grande arcade carrée, haute de 20 mètres ; c’est l’entrée d’une galerie en pente qui conduit jusqu’à une profondeur de 98 mètres ; là, se trouve une source dont l’eau passe sous le talus au moyen de canaux capillaires. Nous la retrouverons tout à l’heure. (Voir fig. 16).
- Un autre orifice plus étroit, béant sous la paroi nord du gouffre, conduit, par un puits presque vertical, à une vaste galerie horizontale, et c’est là que reparaît la source, à 108 mètres sous terre ; elle jaillit d’un trou du roc.
- Son eau sillonne maintenant une « monumentale avenue, » haute de 10 à 40 mètres et se dirigeant au nord ; grossi par la pluie des voûtes, ricochet de la pluie des nuages, le petit cours d’eau va devenir une rivière où ne tarderont pas à s’embarquer MM. Martel et Gaupillat, grâce au petit canot en toile dé-
- fi) Le bourg et le château sont à 2 kil. environ du jgouffre, en plein Limargue.
- montable qui les accompagne dans leurs aventureuses expéditions (1).
- L’eau, limpide et profonde parfois de 5 à 6 mètres, est presque sans courant sur une longueur de 350 mètres; soudain, on l’entend bruire et il faut descendre de bateau pour franchir une première cascatelle... qui sera suivie de trente-deux autres.
- Je dépasserais les limites qui conviennent à cet article si je devais suivre pas à pas nos voyageurs; je me borne à dire qu’après un parcours de deux kilomètres et demi, après avoir traversé ou cotoyé huit petits lacs dont un de 50 mètres de diamètre; après avoir répété trente-une fois, « la bougie entre les dents », la dangereuse manœuvre du portage de la nacelle par-dessus les barrages ou gours (2) MM. Martel et Gaupillat atteignent une trente-troisième cascade. Mais la journée s’avance, le luminaire s’épuise, et nos voyageurs n’ont pas de vivres. Ils ont besoin des forces qui leur restent pour revenir sur leurs pas; le retour s’impose.
- A l’année suivante !
- Ne quittons pourtant pas ces galeries souterraines sans une mention toute spéciale de ce qu’on voit après avoir franchi la première cascatelle :
- « Ce que nous découvrons alors ne se dé-« crit pas. Quatre petits lacs formés par des « expansions de la rivière se succèdent sans « interruption. Comme dans les plus belles « grottes connues, le brillant revêtement des « stalactites et des stalagmites lambrisse leurs « parois, des colonnes déliées, des pendelo-
- (1) M. Martela trouvé à Padirac la solution d’un problème scientifique : « la transformation des pluies en sources dans l’intérieur des terrains calcaires », dans le massif lui-même, pour mettre les points sur les I. Et M. Martel n’a vu Padirac qu'en été ! Si dans cette saison la pluie des voûtes entretient l’eau de la rivière souterraine, qu est-ce donc en automne et en hiver? Sèches lorsque M. Martel est descendu dans l’abîme, les parois verticales du puits ruisselaient d’eau tombant de toutes les strates avec un bruit continu le g novembre 1889, jour où a été prise la photographie de l’orifice. Je puis en parler de visu.
- (2) M. Martel désigne sous ce nom les digues naturelles de stalagmites, concaves en arrière, convexes en avant, qui forment de véritables bassins de retenue : j’ai vu dans la caverne du tunnel de Fontille (ligne de Brive à Souillac) des formations analogues Les indigènes du Lot appellent — gours—les grosses sources impénétrables par où sortent du sol les eaux
- | souterraines.
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- «ques, des girandoles longues de 20 mètres « et plus s’abaissent des plafonds jusqu’à la « surface des lacs; le long des murs s’étagent « et scintillent des rangées de bouquets, des « bénitiers, des statuettes, des clochetons de « blanc cristal; le magnésium fait de tout « cela l’intérieur d’un pur diamant... Nul être * humain ne nous a précédés dans ces pro-« fondeurs, nous sommes isolés dans la bar-« que, loin de tout contact avec la vie ; rien « d’aussi étrangement beau ne s’est présenté « à nos yeux. Ensemble et instantanément r« nous nous posons la même question réci-« proque : est-ce que nous ne rêvons pas? Le « passage des lacs n’a guère qu’une soixan-« taine de mètres de longueur et 15 mètres de « largeur maxima. »
- Le 9 septembre 1890, nos intrépides reprennent leur odyssée souterraine en compagnie de M. de Launay, professeur à l’école des mines et membre, comme eux, du club alpin français. (1) Cette fois, les voyageurs ont trois bateaux et peuvent dès lors se faire suivre d’E. Foulquier et d’Armand Louis.
- « Plus nombreux et mieux armés contre la « ténébreuse nature, » ils parcourent 600 mètres de plus que l’année précédente et découvrent, près du lac des grands-gours, une immense salle de 60 mètres de longueur, 40 mètres de largeur, 70 à 80 mètres de hauteur, au milieu de laquelle un lac de 15 à 20 mètres de diamètre se trouve comme suspendu dans une grande vasque stalagmitique, sà 30 mètres au-dessus de l’autre lac. Située à un kilomètre de la bouche du gouffre cette salle, avec le passage des petits lacs, est ce qu’il y a de plus beau dans Padirac,.nous dit M. Martel, en ajoutant que l’on pourrait sans difficulté pousser l’aménagement jusque-là. La longueur totale de la rivière souterraine est de 3,000 mètres; les voûtes ont de un à 40 mètres d’élévation ; les galeries de 70 centimètres à 8 mètres de largeur; les lacs, au nombre de douze (donc, quatre nouveaux lacs ont été découverts en 1890), mesurent de 10 à 80 mètres de diamètre; les cascatelles ou gours, au nombre de trente-six, de 10 centimètres à 6 mètres de hauteur.
- Arrêt forcé, hélas! au bout de cette navigation périlleuse sur un parcoms de trois
- (i) Il y avait bien ce jour-là un millier d curieux autour du puits de Padirac.
- kilomètres ; la rivière est sans issue, l’eau s’infiltre dans d’impénétrables fissures. Mais elle doit déboucher vers Gintrac et alimenter quelques grosses sources qui se trouvent aux environs de ce bourg, non loin de la rive gauche de la Dordogne ; la direction vers le nord, autrement dit vers Gintrac, est constante :
- « Nous sommes restés vingt-trois heures « sous terre, écrit M. Martel, et seize heures « sans manger, de dix heures du soir à deux v heures de l’après-midi. La navigation a du ré « douze heures et demie, de une heure du « matin à une heure et demie de l’après-« midi. »
- Aussi nos gens étaient-ils rendus de fatigue en revenant au grand jour.
- Le lendemain il n’y paraît plus ; une nuit de repos à Alvignac et la bonne cuisine de l’hôtel Carbois ont si bien réparé leurs forces qu’ils commencent, sans perdre de temps, l’exploration du causse de Gramat ; M. Rupin, président de la Société scientifique et archéologique de la Corrèze, et M. Raymond Pons, un jeune homme du bourg de Reilhac, se joignent à nos intrépides (1).
- Voici l’énumération des cavernes et des gouffres ou igues visités par eux. Les uns étaient pour ainsi dire ignorés; d’autres avaient été l’objet de descriptions inexactes et parfois empreintes d’exagérations. (2) Gouffre du Réveillon.
- J’en ai dit tout ce qu’on peut en dire dans l’article précédent.
- Gouffre de la Roque de Corn.
- Entre Rocamadour et Montvalent. C’est un vaste cirque d’effondrement, au fond duquel s’ouvre une galerie, lit d’un ruisseau souterrain (à sec.le 12 septembre), et que M. Martel a explorée sur une longueur de400mètres; elle se termine par un petit lac sans issue. Pour la première fois depuis qu’il explore le sous-sol des causses, M. Martel a constaté la présence, dans un coin de la galerie, d’une poche d’acide carbonique.
- Igue de Saint-Martin (13 septembre).
- Puits naturel, sans eau et sans issue, pro-
- (1) Près de Reilhac se trouve une grotte à ossements et silex taillés; elle a été, de la part de M. E. Cartailhac, l’objet d’une savante monographie.
- 1(2) C’est ainsi que Joanne donne 460 mètres à la grotte de Maicillac, qui n’en a que 250.
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- fond de 85 mètres, situé commune du Bastit. Il a récemment été le témoin d’une sanglante aventure. Un peu Corses, je l’ai déjà dit, nos bons Caussetiers ! Or, un braconnier ayant à se venger d’un garde particulier le tua, un beau jour, d’un coup de fusil et courut tête baissée se jeter dans le gouffre. Comment ne s’est-il pas broyé? Mystère! Les parois de Yigue sont-elles réellement à pic, comme à Padirac, M. Martel ne le dit pas. Toujours est-il quele Grottes de Fennet et de Marcillac(15 sept). La première est curieuse de forme, mais courte (250 mètres) ; il n’en faut pas moins une échelle de 8 à 1) mètres et des cordes, si on veut aller jusqu’au bout, à cause d’une différence de niveau. Celle de Marcillac, dite aussi de Blars ou du Robinet, mesure également 250 mètres. Deux précipices, explorés pour la première fois par M Martel et ses compagnons et ré-
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- Fig. 15. - ORIFICE DU PUITS DE PADIIIAC
- (Photographie prise le 9 novembre 1889, par M. Ernest Rupin, en compagnie de M. Pli. Lalande)
- criminel retiré vivant du fond de l’abîme où nos explorateurs ont trouvé son chapeau, est actuellement à la Nouvelle-Calédonie, le jury lui ayant accordé des circonstances atténuantes. Le 14 septembre, visite des crevasses ou galeries où disparaissent la Thémines, la Théminette et le ruisseau d’Assier. Reconnaissance du gouffre dit saut de la Pucelle, où se perd le ruisseau de Rignac; puis, visite des grottes de Roucadour (400 m), et de Malut (200 mètres de longueur). Quelques stalactites assez belles. putés insondables, n’ont que6 et 12 mètres de profondeur respeclive. Igue de Bar et grotte des Brasconnies {16 septembre). L’ablme, profond de 65 mètres, aboutit à une belle grotte de 300 mètres de longueur et renfermant un petit lac elliptique de trente mètres sur cinq et six mètres, avec un mètre de profondeur. Quant à la grotte des Brasconnies, commune d’Espédaillac, « elle pourrait rivaliser avec « Dargilan et Adelsberg si elle n’était pas si
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- « courte (250 mètres), car ses stalagmites sont « merveilleuses. » Une différence de niveau de 18 mètres nécessite l’emploi d’une échelle pour visiter cette grotte en entier.
- MM. Martel et Gaupillat sont ensuite successivement descendus dans les gouffres dont voici la nomenclature : igu es de Cloupman (le grand,
- 90 mètres, le petit, 25 mètres), à côté l’un de l’autre; ceux de P i c a s t e 11 e (85 mètres); d e R o ch e Percée (100 mètre-); de Bio, dé Gilbert et du Barrières,
- ces trois derniers explo* r é s p a r M.G mpillât seul.
- Le petit i g u e de Cloupman aboutit à une jolie petite grotte de 15 mètres sur 10, et celui de Barrières (60 mètres ), à une petite grotte et à
- naissance à un cours d’eau souterrain dont l’issue est obstruée. Peut-être y a-t-il là un autre Padirac; mais comme dans les autres igues à puits étroits, le fond est obstrué de pierrailles et de branchages.
- Nous croyons le savoir : ce causse de Gra-mat n’a pas dit son dernier mot ; il offre en-
- core d’intéressants sujets d’études. Les gorges del’Alzou,lessourcesde l’Ouysse,très curieuses au point de vue de l’hydrologie du causse, les gouffres du Limon, n’ont pas eu la visite de M. Martel. Le causse Quercynois qui touche à l’arrondissement de Brive, autrement dit le
- — causse de Martel — possède aussi des abîmes, des grottes, la source intermittente du Boulet, . la' belle fontaine de Bri-ance,quimet; en mouvement un moulin dès sa sorl ie d’un trou de rocher. Non, loin de Brive, les abîmes de La-! fage conduisent à de' vastes galeries récemment visitées par M. Rupin. en compagnie de M. Valat et de celui qui écrit ces lignes; ailleurs, le tunnel de Mu-rel (1) a coupé en deux un immense boyau souterrain dont nous n’avons pu voir le bout, et le tunnel de Fontille a ouvert une grotte qui
- (R Ligne en construction de Brive à Cahors.
- (2) Cette gravure montre l’échelle de corde et les cordes de sentiers dont se servent les explorateurs.
- une fontaine Fig-16- - FONDS DU PUITS DE PADIRAC
- qui donne (Vue de la grande arcade ouverte à la base de la paroi sud ;
- ». ! photographie prise, le9 juillet 1889, parM.iGaupillat, à 76mde profondeur)(2).
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- LA science en famille
- serait intéressante, si de sots paysans n’en i Nous espérons donc pouvoir dire à MM. avaient pas saccagé l’intérieur. I Martel et Gaupillat : à l’été prochain.
- Philibert Lala.nde.
- LA PHOTOGRAPHIE SANS CHAMBRE NOIRE
- près s’être acharnés pendant long-: temps à apporter aux appareils toutes l les complications qui souvent en rendent l’usage plus difficile, lesinnovateurs, en matière de photographie, semblent, depuis quelques années, avoir suivi une voie exactement inverse.
- C’est ainsi qu’après avoir supprimé le laboratoire, on est arrivé à supprimer le pied et l’objectif. Les belles épreuves obtenues par la méthode du capitaine Colson prouvent que cette solution n’est pas sans avenir.
- Nous allons montrer qu’il est facile de supprimer également la chambre noire et les châssis.
- Toutefois, prévenons charitablement nos lecteurs que, si la chose est possible, nous ne voulons pas dire par là qu’elle soit toujours pratique et que le règne de la chambre noire soit Uni ; bien loin de là, les expériences que nous allons décrire constitueront plutôt un délassement — photographique — qu’un mode opératoire à suivre d’une façon continue.
- II.
- La photographie à la lumière du jour.
- Examinons d’abord ce qui se passe dans une opération photographique ordinaire ; après avoir mis en place la glace sensible, nous démasquons le faisceau lumineux à l’endroit où il a la plus petite section, c’est-à-dire à l’objectif, d’où la nécessité de protéger la glace de la lumière pendant le temps qui s’écoule entre le moment de l’ouverture du châssis et celui de l’ouverture de l’objectif, d’où, en un mot, l’obligation d’avoir une chambre noire.
- Son rôle ne se borne pas là. En plaçant la glace en plein jour, elle est frappée non seulement par les rayons qui arrivent de l’objectif, mais encore par la lumière émanée de tous les objets environnants. La chambre noire intercepte cette lumière, mais, pour remplir ce but, il n’est , pas besoin d’une en-
- veloppe parfaitement étanche, il n’est pas besoin d’une chambre noire ; il suffît, pour avoir une image acceptable, de conserver une certaine proportion entre la lumière reçue directement et celle reçue par l’objectif. Il existe même des cas où l’image ainsi obtenue est plus belle que celle donnée par la chambre noire; lorsque l’image est très dure, par exemple, l’intervention d’une lumière étrangère lui rendra une certaine douceur. Du reste, notre prétention n’est pas de faire mieux qu’avec la chambre : un premier essai mettra à même de juger et de se rendre compte de visu de la proportion à tolérer entre la lumière directe et celle qui forme l’inqage.
- Donc, notre appareil sera d’abord formé d’un objectif et d’une surface sur laquelle nous puissions mettre au point ; un carton blanc, par exemple. Si la lumière directe est trop vive, on l’atténue en entourant le tout du voile qui sert à mettre au point, mais, répétons-le, cette enveloppe n’a pas besoin d’être complètement étanche.
- La mise au point étant faite, on apporte la glace sensible, renfermée dans une boîte ou dans un châssis ; il va de soi que toutes les précautions ont été prises pour qu’elle arrive à la même place que la plaque sur laquelle on a mis au point, puis on démasque la glace pendant le temps de pose.
- En un mot, pour supprimer la chambre noire, il faut obturer sur la plaque au lieu d’obturer sur l’objectif.
- Nous nous servons, à cet effet, d’un châssis obturateur que la figure ci-contre explique suffisamment. Le volet est percé d’une ouverture qui passe devant la glace sensible, découvrant ainsi successivement toute sa surface.
- Ce châssis se fixe sur une planchette horizontale, à l’avant de laquelle se trouve l’objectif.
- Une difficulté se présente : elle a rapport à la photographie instantanée; une telle
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- façon d’obturer serait impraticable pour des surfaces relativement grandes, 13/18 par exemple ; or, c’est justement pour la photographie instantanée que cette méthode pourrait rendre des services ; en effet, c’est toujours là que les images manquent de douceur, et le besoin de laisser entrer de la lumière diffuse en même temps que celle fournie par l’objectif s’est fait sentir depuis longtemps ; on a proposé pour cela les solutions suivantes :
- 1° Exposer les plaques aune lumière faible , avant le développement ;
- 2° Exposer les plaques à la lumière sous un verre rouge ou un verre vert avant le développement;
- 3° Garnir l’obturateur d’un volet en verre vert ou rouge, au lieu d’un volet opaque ;
- 4° Augmenter la longueur de l’ouverture des obturateurs à’guillotine et en couvrir une partie avec du papier transparent.
- Si l’on possédait des obturateurs qui puissent démasquer rapidement de grandes surfaces , la photographie instantanée sans chambre noire pourrait peut-être lutter avantageusement avec les procédés ordinaires.
- Fig. 17. Jusqu’ici, il n’est guère possible d’opérer instantanément qu’avec des plaques de petites dimensions, 4/4 par exemple ; on se sert alors d’un petit châssis qui s’adapte sur un obturateur rapide à ouverture carrée.
- fei, au lieu d’employer le gélatino-bromure, on emploie le collodion humide ou le collo-dion sec, on peut obtenir également de très belles épreuves ; il en résulte même une simplification, c’est qu’on peut placer la glace dans un châssis ordinaire et donner la pose en ouvrant et refermant le volet du châssis.
- Il est évident qu’on peut admettre d’autant plus de lumière extérieure, avoir d’autant moins de chambre noire, si nous pouvons nous exprimer ainsi, que l’image fournie par
- l’objectif est plus brillante ; aussi, faut-il employer, autant que possible, les objectifs rapides (doubles, rectilinéaires, etc.) et exclure les objectifs à faible ouverture (simples, grands angulaires, etc.).
- Si l’on opère instantanément, comme nous l’avons indiqué tout à l’heure, on collera extérieurement sur le volet de l’obturateur une feuille de papier blanc sur laquelle on pourra, malgré la mise au point imparfaite, suivre le sujet à photographier de façon à déclancher lorsqu’il sera bien au milieu du champ.
- III.
- La lumière artificielle.
- La lumière artificielle nous offre un moyen encore plus simple d’obtenir des portraits ou des reproductions sans chambre noire et même au besoin sans châssis. Un support pour recevoir l’objectif, un autre support pour recevoir la glace, tel est le matériel.
- Nous opérerons le soir, dans une pièce obscure, ou éclairée seulement par la lumière rouge. L’objectif étant placé en O et un écran en G, nous mettrons au point en éclairant le modèle M avec une lampe quelconque. Cela fait, nous éteindrons cette lampe, après avoir placé en L une dose ordinaire de photopoudre. Remplaçant alors l’écran G par une glace sensible, il nous suffira d’enflammer la photopoudre pour éclairer le modèle et impressionner la glace. Tout rentrera ensuite dans l’obscurité.
- Il est indispensable de masquer par un écran la lumière directe de la photopoudre qui voilerait infailliblement la glace.
- Le mieux est de la masquer par un diffuseur ou un réflecteur opaque R, qui augmente en même temps la somme de lumière projetée sur M.
- Il faut également prendre la précaution démasquer la flamme avec laquelle on met le feu à la photopoudre, mais on peut se dispenser de prendre cette précaution en mettant le feu avec un morceau d’amadou ou une mèche peu éclairante qu’on enflamme avec un briquet.
- On peut également éclairer le modèle avec une lampe au magnésium en prenant les mêmes précautions que précédemment.
- Si la pièce dans laquelle on opère a de grandes surfaces blanches susceptibles dp
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- diffuser la lumière, on devra éviter d’éclairer ces surfaces. On y arrivera facilement au moyen d’écrans convenablement disposés.
- IV.
- Conclusion.
- Si nous nous posons la question suivante : Quelle est la simplification qui résulte de la suppression de la chambre?
- Nous pouvons répondre :
- Elle est à peu près nulle. En effet, il faut toujours que l’objectif et le châssis soient réunis par des pièces (lui les mai n tiennent dans leurs positions respectives ; il faut donc toujours la base, l’avant et l’arrière de chambre noire.
- Que reste-t-il ?
- Le soufflet. Or, c’est une bien faible partie du bagage photographique; le soufflet est léger et occupe peu d'espace.
- Ainsi, la simplification du bagage n’est qu’apparente; quant au mode opératoire, il
- reste sensiblement le même : mise au point, mise en place du châssis, pose, etc.; l’opération est même un peu plus délicate à mener à bonne fin.
- Si nous considérons le cas de la lumière artificielle, nous remarquons, là, une véritable simplification du matériel. Que faut-il alors pour cela? Un objectif et c’est tout; les supports peuvent être très rudimentaires : l’ensemble n’exige aucune rigidité, puisqu’il n’est exposé à aucune trépidation, à aucun
- choc. Mais si la simpl i ficat i on existe, c c n’est qu’aux dépens de la commodité d’opération.
- La photographie sans chambre noire ne semble donc pas devoir entrer jusqu’ici dans la pratique courante.
- Il est imprudent, nous a-t-on dit, de préjuger de l’avenir d’une idée ; c’est vrai, mais puisque nous sommes ici à nous-même notre juge, nous devons être sévère ou au moins impartial.
- F. Laboissière.
- Fig. 18.
- ÉPHÉMÉRIDES ASTRONOMIQUES
- DE JANVIER 1891.
- Chers Lecteurs, aimables Lectrices, permeltez-moi, avant de vous parler du soleil et de la lune, de vous souhaiter mille prospérités à l’occasion de l’ouverture de la dernière^période décennale de notre fin de siècle.
- La douce Uranie se fera, je l'espère, un devoir de ratifier nos vœux en faveur de ceux qui, depuis plus de quatre années déjà, se sont consacrés à son culte.
- Puisque l’occasion s’en présente, laissez-moi aussi vous remercier, une fois encore, de votre bienveillante attention, de même que je remercie notre cher Directeur d’abord de l’asile qu’il m’accorde si libéralement dans ses colonnes, et toute $a rédaction ensuite, de l’accueil si gracieux qui a
- été réservé à mes études. Ai-je besoin d’ajouter que tous mes efforts seront consacrés à justifier de plus en plus et votre confiance et son amabilité ?
- La Science en famille, pour être des dernières parmi les Revues sérieuses, ne saurait rester en arrière sur ses sœurs aînées; on grandit vite aujourd’hui quand l’âge de la première enfance est passé : l’heure a sonné d’agir et de nous affirmer dans toutes les branches des connaissances humaines pour ce que nous sommes : un guide élémentaire sans doute, mais sûr à travers les difficultés que rencontre le débutant dès ses premiers pas dans la science ; puissions-nous ne jamais faillir à cette tâcbe modeste peut-être, mais si utile, et j’ajoute même si attrayante avec des lecteurs tels que vous 1
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- LA, SCIENCE EN FAMILLE
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- MARCHE DES PLANÈTES SUR NOTRE PLANÉTAIRE Position au P* janvier 1891.
- Amener le soleil en face du degré 276. Il entre le 20 janvier dans le Verseau. Les jours augmentent de 1 h. 4 m. pendant ce mois. Mercure, au degré 292 ; Vénus, au dégré 236 ; Mars, 339° ; Jupiter, 311°; Saturne, 60°; Uranus, 123°.
- LUNE. D. Q. le 3 ; N. L. le 10 ; P. Q. le 17 ; P. L. le 2i.
- CONSTELLATIONS. Voyez numéro du l0r janvier 1888.
- OCCULTATIONS. — Le 7 à 5 h. 31 m. matin, <o. Scorpion; le 13, à 7 h. 40 m. soir, i2, Verseau.
- ÉTOILES FILANTES. — Du 2 au 3, essaim près de Ç Ecrevisse, et près de J3? Bouvier ; du 4 au 11, essaim près de N, Chevelure. Du 18 au 28, explorer aussi les régions suivantes: Ç, Couronne et a, Couronne, en notant le nombre, la di-
- A TRAVERS
- Dangereuse influence d’un grand vent.
- — Les voyageurs des régions arctiques supportent sans difficulté un froid de 33 à 40° au-dessous de zéro, à la condition que l’atmosphère soit tranquille : mais que le vent s’élève moindte peu, même par une température plus élevée, ces voyageurs sont contraints de chercher au plus vite un abri.
- Des cas de mort dus à l’influence du vent ont été signalés dans nos climats, et dans la Giande-Bretagne, de pareils faits se sont produits, même en été.
- Ainsi, au mois d’août 1847, deux piétons anglais se rendant de King’s House à Fort Williams, en Ecosse, par une tempête de vent et de pluiè, violente, il est vrai, mais sans froid excessif, ne purent résister et moururent d’épuisement sur la route. Et, il y a quelques années, un cas semblable s’est produit dans le Westmoreland, en Angleterre également, où d’ailleurs les exemples de ces Listes accidents ne manquent pas.
- ***
- xposition internationale de photographie. La Liverpool amateur photographie Association, société très ancienne de photographie organise à Liverpool, une exposition qui durera du 6 mars au 4 avril 1891. Elle fait appel à toutes les associations ana-ogueset à tous les photographes pour donner
- rection et le point d’émanation des étoiles filantes observées.
- NOUVELLES DE LA SCIENCE. Des nouvelles observations faites sur Vénus, il semble résulter que l’hypothèse de Schiaparelli, dont nous avons déjà parlé à cette place, se vérifie ; la planète tournerait sur elle-même dans un temps peu différent de celui qu’elle met à parcourir son orbite.
- L’Astronomie signale des éruptions solaires gigantesques observées en août et en octobre 1890 ; l’une d'elles a atteint 239,000 kilomètres. Certains nuages d’hydrogène incandescent ont même été vus à plus de 300,000 kilomètres de hauteur. Le spectroscope vient de nous révéler la duplicité de l’étoile Wéga ; son compagnon très serré ne doit pas être confondu avec la petite étoile placée très près de Wéga (D1' Forster).
- G. Vallet.
- LA SCIENCE
- à cette œuvre une valeur réelle que n’obtiennent pas toujours ces sortes d’expositions, trop multipliées et s’adressant à un public trop restreint (1).
- *
- * *
- Cartes géographiques en caoutchouc.
- — Un officier allemand vient d’inventer un procédé de fabrication de cartes militaires, procédé qu’il a fait breveter tout récemment. Une étoffe caoutchoutée remplace le papier ; de là, paraît-il, les avantages suivants :Jplus grande durée ; résistance absolue à toutes les intempéries ; inaltération du dessin, même quand on froisse la carte comme un mouchoir; aucune des interruptions qu’on remarque dans les cartes en papier montées sur toile. De plus, une seule feuille représente deux cartes, l’impression pouvant se faire des deux côtés. Enfin, cette impression est plus nette que sur le papier, et les frais d’exécution sont moins élevés.
- On pourrait certainement, sans contrefaçon, utiliser ce procédé en France en prenant pour point de départ d’améliorations nouvelles le procédé du cartographe allemand. Avis aux inventeurs.
- (1) S’adresser à M. P. Lange, président, Crescent
- Chambers, 3, Lord Street, à Liverpool.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Nouveau verre rouge. — Une nouvelle espèce de verre rouge vient de faire son apparition en Allemagne et mérite qu’on y prête une certaine attention. On s’en sert déjà dans les manufactures de ce pays pour façonner des bouteilles, des gobelets et des vases de formes diverses ; il peut être appliqué aux usages de la photographie et dans les laboratoires des chimistes et des opticiens.
- Ce verre est fondu dans un creuset découvert, exposé à l’air libre ; il est produit, d’après la Revue de Chimie industrielle, par le mélange des substances suivantes :
- Sable finement pulvérisé . 2000 parties
- Oxyde rouge de plomb, mi-
- nium 400 —
- Carbonate de potasse . . . 600 —
- Chaux 100 —
- Phosphate de chaux. . . . 20 -
- Crème de tartre .... 20 -
- Borate de soude . . 30
- Oxyde rouge de cuivre, pro-
- toxyde 9 -
- Bioyde d’étain 13 -
- Au moyen de ce mélange, on obtient un
- Verre rouge transparent, d’excellente qualité, qui peut servir directement à la confection des objets les plus variés, à moins qu’il ne soit nécessaire de le soumettre à une seconde fusion pour obtenir une couleur plus intense.
- {La Production).
- ** *
- Le recensement en Amérique. — L’emploi des machines à écrire a considérablement accéléré les opérations du recensement en Amérique. On annonce maintenant que le comptage, au lieu d’être fait de la façon ordinaire, est opéré mécaniquement. Chaque machine à compter, dont la forme générale
- rappelle celle d’un piano droit, est formée d’un clavier comprenant 20 touches numérotées de là 20.
- Ce clavier est placé à la droite de la personne chargée de faire le comptage. A sa gauche se trouve la pile de feuilles de recensement. A chaque feuille, cette personne appuie sur la touche qui correspond au nombre' de membres de la famille. Pour une famille de cinq membres, par exemple, elle appuiera sur la touche 5. Ce mouvement a pour effet de faire avancer d’un cran une aiguille qui se déplace sur un cadre en tête de l’appareil. Il y a donc autant de cadrans que de touches sur le clavier. Le comptage est fait deux fois, la seconde opération servant de contrôle à la première. Une simple totalisation donne finalement le résultat général II paraît qu’au moyen de ces machines, quinze jeunes filles peuvent compter 500,000 noms par jour.
- X.
- *
- * *
- Le poisson-chandelle. — Sur les côtes de la presqu’île d’Alaska (Amérique du Nord), on pêche en abondance un petit poisson atteignant au plus 25 centimètres de longueur. Le corps de ce poisson est très gras, transparent, et cette graisse, qui a tout l’aspect du saindoux, est inodore.
- Les naturels du pays le font sécher et s’en servent, dès qu’il est sec, en guise de chandelle : d’où son nom, poisson-chandelle (icandie fish). Ce flambeau étrange — étrange, du moins pour nous autres européens — brûle pendant un quart d’heure au moins, en donnant une lumière très brillante que le vent, même très violent,parvient difficilement à éteindre.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- (conseils et procédés)
- Utilisation des vieilles cartes de visite.
- — Voulez-vous tirer un excellent parti des cartes de Visite, cartes-réclame, cartes-pos-tales, quechaeunde vous, amis lecteurs, reçoit annuellement. Écoutez les conseils d’un vieil amateur en fait de cartonnages, dans la divulgation d’un pi’océdé assez naïf qu’il emploi 4epuis bien.desjannées,
- Triez les cartes de façon à rassembler celles qui ont des formats, analogues et, au besoin, rognez celles qui dépassent les dimensions moyennes.
- Après avoir enduit d’une couche uniforme de colle de pâte, la surface d’une feuille de papier, vous y appliquez une série de cartes, les unes à côté des autres, en les juxtaposant
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- A»
- LA SCIENCE EN FAMILLE
- W:
- bien, exactement bord à bord, comme les feuilles d’un parquet : Toutes les cartes doivent avoir même direction ; toutes, par exexemple auront leurs grands bords dirigés, comme des lignes d’écriture,de gauche à droite.
- La feuille de papier étant entièrement recouverte de cartes juxtaposées, vous la retournez, les cartes du côté de la table, et vous lissez avec le plat de la main pour faire disparaître les plis et les bulles d’air.
- Vous remettez l’ensemble dans la position première, le papier passant sur la table et les cartes au-dessus ; vous étendez une nouvelle couche de colle de pâte et vous posez une deuxième assise de cartes; mais, cette fois, de façon que les grands bords aillent du haut en bas de la surface générale. De cette manière les joints des deux assises sont contrariés.
- Nouvelle couche de colle et troisième assise de cartes en reprenant la direction de gauche à droite et ainsi de suite, jusqu’à ce que l’épaisseur paraisse suffisante. Quatre couches de caites donnent déjà un résultat satisfaisant si vous n’avez en vue que des travaux de petite dimension.
- Enfin, sur le tout vous collez une deuxième feuille de papier et vous mettez sous presse. Laissez sécher ainsi pendant longtemps, trois ou quatre jours, par exemple.
- Dès que cette opération est terminée, si elle a été bien exécutée, on obtient une plaque de carton solide, à la surface de laquelle on distingue à peine les joints des fragments dont elle est composée, et qu’on peut utiliser pour
- toutes sortes de petits travaux, la confection des boites, etc.
- Emploi du charbon pour couper le. verre. — Il existe des objets en verre que l’on peut avoir besoin de couper et sur lesquels le diamant donne peu de résultats, tels,, par exemple, les bouteilles, entonnoirs, tubes,, ballons, etc. , ,
- Par le procédé suivant, aussi simple qu’ingénieux, il est possible à l'amateur de tirer parti des vases fêlés, ébréchés, et de se tailler dans les ballons, les cornues hors d’usage, d’excellentes capsules.
- Il suffit pour cela de promener le long de la ligne de section, un charbon incandescent taillé en pointe. Un bout de fusain est très, commode pour cela. S’il existe déjà un commencement de fente, c’est un point de départ tout marqué; sinon on amorce le trait parun coup de lime ; on pose la pointe de feu un peu en avant, dans la direction de la coupe à pratiquer, et on progresse ainsi, en précédant un peu la fente qui s’allonge de plus en plus ; en même temps, on active la combustion du charbon, en soufflant vigoureusement sur sa pointe.
- Si l'on mélange deux parties de charbon à une partie de salpêtre réduite en poudre très fine, qu’on moule cette poudre en cylindres, et qu’on les humecte de vernis à la gomme! laque, on forme des crayons de charbon brûlant d’eux-mêmes et très commodes pour la réussite de cette opération.
- RÉCRÉATIONS
- Illusion des mouvements relatifs. —
- L illusion de la rotation du soleil, que nous éprouvons tous les jours, trouve son équivalente à chaque instant dans les faits ordi-naiies de la vie. Par exemple, lorsque sur un bateau, nous suivons le cours d’une rivière, il nous semble que nous restons immobiles et que ce sont les bords qui fuient. De même, lorsque deux trains sont arrêtés parallèlement, dans une gare de chemin de fer, et que l’un des deux démarre, le voyageur placé dans l’un des trains et regardant l’autre, a
- toujours l’illusion que c’est cet autre train qui se met en marche, alors même que c’est le sien, et il ne s’aperçoit de sa méprise que lorsque les secousses s’accentuant avec la vitesse,,, viennent le rappeler à la réalité.
- Une illusion non moins curieuse est celle > de la chute de la neige, vue d’un train à grande vitesse. La neige semble tomber horizontalement et en sens inverse de la marche du train. Cet effet s’explique facilement par la faible vitesse de chute des flocons. Supposons, en effet, que le train marche à la vitesse
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- de 90 kil. à l’heure, et que la neige tombe avec sa lenteur poétique d’environ 50 cent, par seconde. En supposant que l’observateur suive les flocons sur une longueur de un mètre, cette longueur se trouve franchie en 1/25® de seconde. Pendant ce temps, le flocon de neige s’est abaissé de 2 cent, seulement. La trajectoire apparente des flocons est donc une ligne ayant une pente de 2 cent, par mètre, c’est-à-dire sensiblement horizontale.
- Avec la pluie, l’illusion est moins frappante, parce que la vitesse de chute est plus grande.
- Axel.
- ** *
- Chimie récréative. — Voici une petite expérience aussi jolie que facile à exécuter. Il s’agit d’obtenir une liqueur changeant de couleur avec le verre dans lequel elle est versée ; inutile d’ajouter que les verres employés sont d’une teinte uniforme , sont blancs, par exemple.
- Dans de l’eau ordinaire, faites infuser un peu de campêche, jusqu’à ce que vous ayez obtenu une liqueur d’un beau rouge et mettez cette liqueur dans une bouteille.
- Prenez ensuite quatre verres à boire et affectez de les rincer soigneusement et de les essuyer avec force, si vous opérez en public surtout. Seulement, vous rincez le premier avec du fort vinaigre, dans le second et dans le troisième, vous laissez tomber discrètement une pincée d’alun et vous laissez le dernier tel quel.
- Ceci fait et les verres alignés, versez dans chacun d’eux la liqueur de la bouteille. Dans le premier, elle va prendre une couleur jaune-paille, dans les deux suivants elle passera au gris-bleuâtre, mais si vous agitez la liqueur du troisième à l’aide d’une tige de fer trempée dans du fort vinaigre, elle deviendra absolument noire. Enfin, elle prendra dans le dernier une belle teinte violette.
- Dans la bouteille, la liqueur sera restée rouge.
- ***
- La planchette et les deux anneaux. —
- Taillez un morceau de bois, d’os ou d’ivoire,
- long de 8 à 10 cent., large de 1 à 2 cent, et épais de 2 à 3 millimètres et percez-le de trois trous ACB aux extrémités et au milieu.
- Puis, prenant un bout de gros fil ou de cordonnet, pliez-le en deux et passez-en les deux bouts dans le trou C et dans la boucle D formée par le milieu du cordon. Divisez ensuite les deux bouts ; passez-en un dans un anneau G et venez le nouer fortement après l’avoir fait passer par le trou B; faites-en autant pour l’autre soutenant l’anneau H et passant dans le trou A. La figure nous montre donc à ce moment deux sortes d’anses : F soutenant l’anneau H, et E soutenant l’anneau G.
- Ceci indiqué, voici le problème :
- Réunir les anneaux dans la même anse, sans dénouer ni couper le cordon,
- Et la solution sera la suivante :
- Supposons que vous vous soyez proposé par exemple de faire passer les deux anneaux dans la boucle E. Ecartez-un peu la boucle D et faites-y passer l’anneau H en suivant le cordon et en le tenant contre la planchette ; tirez sur les deux fils pour faire passer par le trou C la boucle D, ce qui formera une double boucle de deux fils; faites y passer l’anneau H, toujours suivant le cordon, et retirez les deux cordons pour les ramener dans leur première position; faites passer encore l'anneau H dans la boucle D, il sera venu rejoindre l’anneau G dans la boucle F.
- Voulez-vous maintenant les séparer et les ramener dans leur position primitive, faites passer l’anneau H dans la boucle D, tirez les deux cordons pour que la boucle D traverse le trou C, ce qui formera une double boucle.
- Faites passer l’anneau H en suivant le cordon, retirez les deux cordons pour les ramener dans leur première position et passez l’anneau H dans la boucle D ; les deux anneaux se retrouveront séparés et chacun dans leur anse respective.
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, me d’Assas-
- La Fère. — lmp. Bayen, rue Neigre.
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- CAUSERIE MÉTÉOROLOGIQUE
- LA NEIGE
- u moment où la neige couvre les montagnes de l’Europe entière, quelques renseignements sur la nature de ce blanc duvet céleste intéresseront sans doute nos lecteurs.
- Lorsque les petits vésicules de vapeur d’eau qui composent les nuages se congèlent sous l’influence de courants d’air froid, ces gouttelettes perdent leur forme sphérique et prennent celle de petits filaments de glace. Ces microscopiques filaments se groupent entre eux, suivant des angles de 60°, et constituent d’innombrables cristaux qui tombent par flocons à travers l’atmosphère.
- Les cristaux de neige offrent un aspect admirable, car ils ont tous, en vertu des lois de la cristallisation, une forme géométrique régulière . Leur merveilleuse structure a frappé depuis longtemps l’observateur. Un célèbre navigateur a fait une étude
- Fig. 20. — Cristaux de nei
- anglais, Gcoresby, qui en spéciale, a décrit quatre-vingt-seize formes différentes de cristaux de neige; il en existe certainement plusieurs centaines. « Qui n’admirerait pas ici, dit Kaemtz dans sa Météorologie, la puissance infinie de la nature, qui a su créer tant de formes diverses dans des corps d’un si petit volume ! »
- Rien de plus charmant que ces fleurs de neige examinées au microscope. La beauté et la grâce des combinaisons s’allient à un ordre parfait dans les fines découpures de leurs dentelles de glace. On peut en ramener l’aspect à cinq types principaux, dont les plus fréquentes figurent une petite étoile à six rayons.
- La neige est extrêmement légère; lorsqu’elle est fraîchement tombée, un mètre cube pèse en moyenne 85 kilogrammes, tandis que le poids du même volume de glace est :1e 920 kilogrammes. Sa densité égale environ le dixième de celle de l’eau.
- Le blanc manteau qn’elle jette en hiver à la surface de la terre protège la végétation contre le froid ; la neige n’étant pas bonne conductrice de la chaleur empêche le rayonnement du sol, qui garde, en conséquence, une température plus forte que celle de l’air. Aussi les grands hivers sans neige sont-ils
- les plus désastreux pour la campagne.
- Dans les régions de la zone torride, la neige est tout à fait inconnue . Cependant,comme la température diminue dans l’a tin o sphère quand l’altitude augmente , il existe à une certaine hauteur qui est d’autant moins grande qu’on se rapproche des .pôles, une limite au-dessus de laquelle les montagnes sont toujours couvertes de neige dans toutes les contrées du globe. L’altitude inférieure de ces neiges perpétuelles est d’environ 3,000 mètres dans les Alpes et les Pyrénées; elle atteint 5,000 mètres dans les Andes septentrionales et l’Himalaya.
- Dans les régions polaires et les montagnes, partout où la neige est permanente, on trouve quelquefois sa surface teinte de rouge. Ce curieux phénomène est généralement dû à multiplication rapide d’une sorte d’algue microscopique rouge que les naturalistes désignent sous, le nom de Protococcus nivalis.
- La neige est d’autant plus fine que le froid est plus intense, aussi est-ce généralement
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- à l’état de poudre qu’elle tombe dans les régions polaires, où sa grande abondance et les violentes tempêtes qui l’accompagnent causent souvent de terribles désastres dans les contrées habitées. En 1827, 280,000 chevaux, 30,000 bêtes à cornes, 10,000 chameaux et plus d’un million de brebis périrent sous la neige dans les steppes voisins de l’Oural, en Sibérie.
- Même dans nos régions tempérées, les ouragans de neige ont parfois de fâcheuses conséquences. Qui ne connaît en outre les funestes accidents produits par l'effroyable avalanche dévalant comme une trombe sur le flanc de la montagne?
- Un détachement de 44 militaires qui conduisait un convoi d’Aumale à Alger, le 8 janvier 1848, fut assailli sur les hauteurs de
- Sak-Hamondi, par une tempête de neige qui précipita les mulets dans les ravins et causa la mort de 14 hommes.
- En 1850, la neige s’éleva à 15 mètres sur le mont Saint-Bernard, emprisonnant les re-ligieuxdc l’asile. Pendant cette même année, d’abondantes chutes de neige furent générales dans toutes l’Europe. Il en tomba un mètre de hauteur en Grèce où, de mémoire d'homme, en n’avait vu pareil phénomène.
- En janvier 1870, la neige atteignit 1 mètre 00 cent, à Collioures (Pyrénées-Orientales), sur le littoral méditerranéen. Enfin, le 17 avril 1887, une tardive chute de neige couvrit le Languedoc et la Provence, détruisant les arbres en fleurs.
- Jacques Léotard.
- BOTANIOUE PRATIQUE
- l’ortie, plante alimentaire pour l’homme (i)
- 2*. e temps immémorial, l’ortie a été in-k§ troduite dans la cuisine du pauvre M dans plusieurs parties de l’Angleterre ^ et de l’Ecosse, étant mêlée aux choux, aux épinards et accommodée comme ces plantes. On l’a même mélangée aux asperges.
- Depuis longtemps déjà l’ortie est également employée comme aliment en Lorraine et en Allemagne.
- En Irlande, pendant une famine assez récente, quantité de pauvres gens s’en nourrirent exclusivement pendant plusieurs jours.
- L’histoire rapporte que, lors du siège de Rome par les Goths, conduits par Vitigès, en 536, la plupart des habitants prenaient pour toute nourriture des orties et des plus mauvaises herbes.
- A Paris même, la capitale de notre beau pays de France, la villle modèle du monde entier, l’ortie mélangée à d’autres plantes, est vendue et consommée sous un autre nom que le sien. Et les consommateurs achetant des épinards tout préparés, ou du bouillon aux herbes, ne doivent pas se plaindre de leurs fournisseurs qui leur vendent un peu d’ortie, car l’ortie, rafraîchissante, est un excellent stimulant pour la digestion. De plus, elle est légèrement purgative.
- Murray a dit qu’elle est sans inconvénient en petite quantité, mais qu’en grande quantité, elle est laxative, c’est-à-dire qu’elle purge doucement, ce qui lui est commun avec certains végétaux très estimés, et d’un usage journalier comme la laitue et les épinards, par exemple.
- Chaumeton {Flore médicale, 1818) dit: « De même que les autres plantes oléracées, l’ortie jeune et tendre est employée dans nos cuisines. »
- Riche en chlorophylle, elle donne aux épinards auxquels on la mélange, une couleur verte plus intense.
- Lorsque le suédois Linnée a dit qu’au printemps on faisait cuire les jeunes pousses de l'orlie avec les légumes, il désignait ainsi Vortie dioïque.
- En 1813, Bosc écrivait : « L’homme même mange l’ortie en guise d’épinard; j’en ai goûté plusieurs fois, mais je suis d’avis qu’il ne faut y avoir recours qu’en cas de nécessité. »
- On peut se demander quelle est la plante qui soit du goût de tout le monde. Mais on
- (i) L'Ortie, sa valeur alimentaire, fourragère, textile, industrielle et économique ; i vol., librairie | Delagrave et librairie agricole de la Maison Rustique.
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- n’a pas besoin de se poser cette question d’après ces paroles de Bosc, car ce même agronome écrivait en 1822 : « Les habitants de quelques cantons de France et d’autres endroits de l’Europe mangent les jeunes pousses de l’ortie en guise d’épinards, et les mettent dans la soupe. J’en ai plusieurs fois goûté et je leur ai trouvé, ainsi assaisonnées, une saveur agréable... »
- Nous avons connu et connaissons encore plusieurs personnes qui nous ont affirmé en avoir mangé bien des fois. Nous avons même été témoins du fait et en avons également mangé.
- L’abbé Rozier, l’un des plus grands agronomes qu’ait eus la France a dit aussi : » Les paysans de nos montagnes sont très friands des jeunes pousses de nos orties ; elles leur tiennent lieu d’herbes pour la soupe, et ils les font cuire, comme les épinards, et les assaisonnent avec du beurre et de l’huile. *
- Trousseaux et Pidoux ont désigné non seulement l’ortie dioïque comme étant alimentaire pour l’homme, mais encore l’ortie brûlante.
- L’ortie s’accommode de plusieurs manières. Au printemps, on en mange les jeunes pousses en soupe maigre, comme l’oseille ; on a alors
- du bouillon à l’ortie qui est rafraîchissant. Chacun peut avoir cette plante tendre toute Tannée, puisqu’elle repousse en toute saison lorsqu’on la coupe près de terre; mais les premières pousses du printemps sont sûrement les meilleures de toutes.
- L’ortie s’accommode à la manière des épinards et les remplace avantageusement. Elle peut aussi être assaisonnée à l’huile et au vinaigre, c’est-à-dire en salade, au gras, au lait, etc, elle est toujours bienfaisante.
- Assaisonnée au lait, elle est rafraîchissante et légèrement purgative.
- Pour faire de la salade d’ortie, il faut prendre les sommités des jeunes pousses. Cette salade a un goût particulier qui peut déplaire tout d’abord, mais auquel on s’habitue bien vite. Le vinaigre rend les poils inoffensifs. On nous a affirmé qu’en Bourgogne, on mange en salade la base de la tige de l’ortie dioïque à partir du sol jusqu’à 25 centimètres environ au-dessus, après l’avoir raclée.
- Nous croyons même que l’ortie pourrait être employée à confectionner des farces comme on en fait à la campagne avec les feuilles de l’oseille et de la betterave de jardin. A. Barot,
- Professeur au Lycée Louis-le-Grand.
- PHYSIQUE
- HISTORIQUE DU THERMOMÈTRE
- S'invention de cet instrument fait époque dans la science, car lui seul a permis d’arriver à la connaissance des lois qui règlent les phénomènes calorifiques.
- L idée première en appartient peut-être au célèbre van Helmont, qui avait imaginé un appareil qui devait, selon ses propres dires, « constater que l’eau renfermée dans une boule terminée par une tige creuse, monte ou descend, suivant la température du milieu ambiant ».
- Toujours est-il qu’au xvne siècle la nécessité d un appareil propre à mesurer les dif-lércnces de température était si bien sentie, que les Galilée, les Bacon, les Scarpi, les Fludd, les Borelli, les van Helmont et d’autres savants de cette époque se livrèrent de
- ce côté à des recherches que ne couronna pas toujours le succès. Il faut arriver jusqu’en 1621 pour constater un commencement de solution dans les essais d’un hollandais, Cornélius van Drebbel. (1) Le thermomètre de ce physicien consistait en un tube rempli d’air, fermé à son extrémité supérieure et plongeant par l’autre extrémité, qui était ouverte, dans un flacon contenant de l’acide nitrique étendu d’eau. Suivant que la température extérieure augmentait ou baissait, l’air enfermé dans le tube augmentait ou diminuait de volume, et, par suite, le liquide descendait ou montait dans ce même tube.
- Cet instrument, nommé calendare vitrum
- (i) Né à Alkmaëer (1572), mort à Londres (1634). On lui doit aussi la découverte de la teinture en écarlate.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- (verre indicateur) par son auteur, constituait donc ce qu’on a appelé depuis un thermomètre à air, mais sa graduation ne reposant sur aucun principe déterminé, ne pouvait fournir aucune indication comparable.
- Vers 1650, les membres de l’académie del Cimento, à Florence, apportèrent au thermomètre (du grec thermos, chaleur, métron, mesure), certains perfectionnements qui lui valurent à peu près la forme qu’il a aujourd’hui et son principe reposait sur la dilatation des liquides.
- Le tube était rempli d’alcool coloré ; pour le graduer, on le portait dans une cave et on marquait d’un trait l’endroit où le liquide s’arrêtait; puis, partant de là, on divisait en cent parties égales les portions situées au-dessus et au-dessous de ce trait.
- Avec un pareil système, il était impossible, on le comprend, de construire deux instruments qui pussent concorder. Et néanmoins, pendant un demi-siècle, c’est le seul appareil dont on va faire usage.
- Enfin, dans les dernières années du xvne siècle , le physicien Renaldini, do Pisc , qui professait à Padoue, proposa que tous les thermomètres prissent, comme point fixe, le degré de congélation de l’eau, et, comme second point fixe, le point où monterait l’alcool du tube plongé dans du beurre fondu ; on diviserait ensuite l’espace compris entre ces deux points en parties égales.
- De cette époque date donc le thermomètre actuel, et le premier instrument dû à cette innovation date de 1701 ; il fut construit par Newton, et c’est le plus ancien thermomètre à indications comparables qui ait existé. Il avait adopté comme liquide l’huile de lin, qui peut supporter, sans bouillir, une plus haute température que l’alcool, et il avait pris comme points fixes de la graduation, pour le terme supérieur, la chaleur du corps humain, et. pour le terme inférieur, le point où l’huile s’arrêtait au moment de sa congélation.
- Bientôt on se mit à chercher *un agent thormométrique autre que l’huile trop faiblement dilatée par la chaleur et qui se congèle à une température peu élevée, et, en 1714, Gabriel Fahrenheit, de Dantzig, résolut à peu près complètement le problème en construisant le thermomètre qui a reçu son nom. Il fut aussiiôt adopté en Allemagne et en Angleterre — où on l'emploie encore aujourd’hui— et. introduit en France.
- Mais, vers 1730, les savants donnèrent la préférence à celui que Réaumur venait d’établir.
- Enfin, en 1741, Celsius, professeur à Upsal, construisit le thermomètre appelé thermomètre centigrade ou de Celsius. Ces trois instruments sont ceux doat l’usage est le plus répandu; ils ne diffèrent que par la graduation de chacun d’eux.
- LES TRAVAUX D’AMATEUR
- AVERTISSEUR AUTOMATIQUE (SIMPLIFICATION)
- (oici un procédé excessivement simple pour rattacher un coffre-fort, une armoire, un meuble quelconque, à une sonnerie électrique fonctionnant aussi bien lorsqu’on force la porte que lorsqu’on coupe le fil.
- Au lieu d’employer un fil conducteur du courant électrique glissant sur des poulies comme nous l’avons expliqué précédemment, se servir d’un fil de fer, conduit par des leviers coudés, à la façon du système qui relie la sonnettejà son cordon de tirage.
- Une extrémité de ce fil est rattachée, à
- l’intérieur du meuble, à une pièce?particu-lièrc de tirage qui remplace avantageusement le contact en bois, pourtant si simple, que nous avons décrit précédemment.
- L’autre extrémité est rattachée à la queue du percuteur.
- La pièce de tirage qui met en contact la porte du meuble (ou son couvercle), avec'le fil de fer de l’avertisseur peut être ainsi faite :
- Prendre une lame de bois (ou de métal), d’une longueur proportionnée à la profondeur du meuble, et de section carrée.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- PORre
- F£RMéz
- Raxon
- Pratiquer à l’üne des extrémités une
- Fig. 21.
- échancrure qui permette d’y engager une roulette débordant un peu cette extrémité.
- Percer à la mèche, au premier tiers à partir de la roulette et perpendiculairement à la rainure qui lui sert de logement, un trou rond qui puisse permettre d’y introduire, à frott e ment doux, une vis ou Fig. 22
- un piston.
- Enfin, percer quelconque qui fer de l’avertisseur.
- Si maintenant nous fixons ce levier à 1 un des rayons du meuble, de manière que la roulette, placée horizontalement , déborde à l’extérieur, la porte, en se fermant, repoussera ce levier qui, tournant autour de
- la vis (a, fig. 22), qui lui sert d’axe, agira sur le fil qu’il tirera en arrière et avec lui le percuteur, qu’il éloignera du contact.
- Si nous ouvrons la porte, le levier (fig. 23),
- à l’autre extrémité un trou permette d’y fixer le fil de
- Fig. 26.
- rendu à la liberté, ne tend plus le fil de fer, et le percuteur, sous l’impulsion du ressort à boudin, va donner sur le bouton de contact, le courant s’établit.
- On peut encore perfectionner le système en établissant un contact derrière le percuteur et un devant, de telle sorte que si l’on
- agit sur le fil de fer de manière à le tirer en arrière plus que ne le fait le levier intérieur du meuble, le ressort à boudin étant bandé davantage permet au percuteur de faire plus de chemin en arrière. Le percuteur rencontre alors le deuxième contact et, par son intermédiaire, établit encore le courant.
- Ce procédé permet donc do faire fonctionner l’avertisseur :
- 1° Quand on ouvre la porte î 2° Quand on tire sur le fil ;
- 3° Quand on coupe le fil.
- Bien entendu, les détails de l’installation tels que la forme et la pose des contacts, percuteurs, leviers, levier de tirage, etc., peuvent varier suivant les goûts et l’ingéniosité des amateurs.
- F.
- LES HIVERS RIGOUREUX
- im*
- hiver que nous traversons a donné comme température minima 18° et demi à Paris, et au-dessous de 20° en province.
- Aux environs de la capitale tous les Canaux sont gelés; le petit bras de la Seineest complètement pris; le fleuve roule d’énormes glaçons, et, dès'les environs de la Noël,
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- LA SCIENCE EN FAMII.LÈ
- on patinait sur divers endroits de la Marne, notamment du côté de Champigny.
- Bien que le thermomètre ne soit pas descendu aussi bas qu’en 1879, on a signalé dans certaines campagnes des phénomènes déjà enregistrés au cours de cet hiver rigou roux ; c’est ainsi qu’aux environs de Bar-sur-Aube, de gros marronniers ont éclaté et se sont fendus sur une grande longueur.
- Nous donnons, dans le présent numéro, l’historique du thermomètre ; avant l’invention de ce précieux instrument on ne pouvait constater la rigueur du froid que par ses effets plus ou moins remarquables. Les vieilles chroniques, quelques récits de nos ancêtres, voilà les seuls documents qui puissent nous permettre de comparer les hivers des anciens temps avec ceux des temps modernes.
- Nous donnons, à ce point de vue, quelques dates remarquables :
- 547. — On traverse à pied sec tous les fleuves de France.
- 566. — Hiver très long et très rigoureux, qui fait périr un grand nombre d’animaux.
- 608. — Les vignes sont détruites dans une grande partie de la France.
- 821. — La plupart des rivières d’Europe sont gelées pendant un mois entier.
- 822. — Les plus lourdes charrettes traversent la Seine à Paris pendant un mois.
- 1067. — Hiver long et rigoureux. Toutes les rivières de France sont gelées.
- 1100. — Le froid détruit un grand nombre d’arbres et amène la famine.
- 1204. — Froid terrible. Les rivières de de France sont gelés
- 1323. — La Méditerranée tout entière est couverte de glace.
- 1408. — C’est un grand hiver. Presque tous les ponts de Paris sont emportés par les glaces. Le greffier du Parlement déclare qu’il ne peut enregistrer les arrêts, l’encre gelant au bout de sa plume, malgré le grand feu qu’il entretient dans sa chambre.
- 1420. — Grande mortalité dans Paris par l’action du froid. Les animaux carnassiers viennent dévorer les cadavres.
- 1422. — Le vinaigre et le verjus sont gelés dans les caves. La crête des coqs est gelée.
- 1444.— Neige abondante dans lé midi de la France. Elle y reste trois mois.
- 1468. — Les soldats bourguignons débitent le vin avec des haches.
- 1476.—Nombre d’hommes de l’armée de Charles le Téméraire meurent de froid ou ont les pieds gelés.
- 1507. — Le port de Marseille est gelé. Nombre d’hommes et d’animaux périssent de froid.
- 1544. — A Paris on coupe le vin avec des haches, et on le vend par morceaux, à la livre.
- 1599.—Rude hiver. Presque tous les arbres fruitiers périssent.
- 1607. — Les troupeaux gèlent dans les étables. On ne trouve plus de bois à Paris. Les chariots chargés traversent la Seine.
- 1608. — Les vignes sont détruites. Le vin gèle dans le calice à Saint André-des Arts et le pain presque au sortir, du four.
- 1665. — Le froid atteint à Paris 22 degrés et demi.
- 1683.— Froid terrible en Touraine- Le tiers des habitants de la campagne aux environs de Tours, périt de froid ou de faim.
- 1695. — Congélation du vinaigre.
- 1709. — C’est le plus terrible des hivers de l’époque contemporaine. Le froid dépassa 23 degrés à Paris. La Méditerranée gela en plusieurs endroits, ainsi que la Manche. La plupart des arbres furent détruits en France. La misère fut extrême et le blé manqua complètement. Le vin gela à Paris dans les tonneaux. Des cloches cassèrent en sonnant.
- 1783. — 19° de froid à Paris. Gelée de 69 jours consécutifs La Seine est couverte de glace durant deux mois entiers.
- 1788. — La glace du grand canal de Versailles avait 12 pouces d’épaisseur. 22° 3 de froid à Paris, 17» à Marseille. La Manche fut couverte de glace.
- 1795. — 23o 5 à Paris, le plus grand froid observé dans cette ville depuis l’invention du thermomètre. 42 jours de gelée continue. La flotte hollandaise, arrêtée dans les glaces, est prise par la cavalerie française.
- 1830. — 17° 3 à Paris, 28° à Mulhouse, 12° à Marseille. Toutes les rivières sont gelées. Nombre d’hommes et d’animaux meurent de froid.
- 1840. — Un seul jour de froid rigoureux
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- ÛA SCIENCE EN FAMILLE
- (17°) le 15 décembre, jour de l’entrée à Paris des cendres de Napoléon Ier.
- 1846. — 31° 3 à Pontarlier, le plus grand froid observé en France depuis l’invention du thermomètre.
- 1853. — Congélation presque générale des cours d’eau d’Europe.
- 1871. — Froid excessivement rigoureux (22° à l’observatoire astronomique, 23° 5 à l’observatoire de Montsouris), mais de très courte durée : la Seine fut à peine prise pendant un jour.
- 1879-1880. — Longue période de froid intense, un des hivers les plus rigoureux que l’on ait subis en France. 23° 9 le 9 décembre. Le même jour, à l’observatoire de St-Maur, 26°6 et sur la neige 28°. Les communications furent interrompues un jour et demi ; les fleuves et une partie des ports sont gelés.
- 1887-1888. — Très doux pendant toute la durée ordinaire des froids, l’hiver devient rigoureux vers la fin.
- Voici, en terminant, les températures les plus froides depuis le grand hiver de 1709 :
- HIVERS TEMPÉRATURE MINIMA à Paris
- 1709 18° 75
- 1716 19
- 1729 15
- 1742 16.40
- 1747 16
- 1754 15.75
- 1755 15
- 1768 15
- 1776 19.30
- 1788-1789 21.5
- 1794-1795 23.5
- 1798 18.6
- 1829-1830 17.2
- 1837-1838 19
- 1870-1871 23.5
- 1879-1880 23.9
- 1887-1888 15
- LE OTTER-HOUND & LA CHASSE DE LA LOUTRE** 1)
- âvEZ-vons des loutres dans votre canton ? Si votre étang est grand, vous n’y trouverez plus que la moitié du poisson sur lequel vous comptiez ; s’il est petit vous n’y trouverez plus que du fretin.
- La loutre se chasse à l’affût, ou au moyen du filet à la loutre, ou bien enfin à l’aide de chiens.
- Cette dernière chasse qui a le mérite de différer absolument de toutes les autres chasses, présente des péripéties aussi variées qu’émouvantes.
- Mais elle offre des difficultés toutes spéciales et peut passer pour la chasse la moins aisée à bien mener, car ici les chiens chassent un animal qui ne prend pied que de loin en loin et qu’ils doivent ordinairement poursuivre hors de leur élément naturel.
- Jadis pratiquée en France, cette chasse à la loutre y avait été peu à peu abandonnée, mais aujourd'hui l’on peut citer l’équipuge fort complet deM. le vicomte de Tinguy dont nous raconterons plus loin quelques exploits. En Angleterre, au contraire, bien que le
- nombre des meutes à loutre ait diminué, ce sport n’a jamais cessé d’être en grand honneur, il n’est pas rare de voir cent cinquante personnes suivre une chasse et les véritables Otter-hounds atteignent des prix fantastiques. L’animal bien entendu doit être forcé, on n’use pas du fusil, et les piqueurs ne sont armés que d’un harpon formé d’un manche en frêne de quatre mètres, et terminé par un fer à crochets.
- C’est également ainsi qu’on s’y prend en France.
- On peut naturellement simplifier beaucoup la chasse en employant le fusil, mais c’est faire disparaître son principal intérêt en brusquant le dénoûment à l’instant le plus pathétique.
- En Allemagne, outre les véritables Otter-hounds dont nous allons parler, on se sert de chiens d’arrêt, de braques, de bassets et de
- (F Ce chapitre est extrait d’une brochure : Notre ennemie la Loutre, par A. d’Audeville, Directeur de I la revue Étangs et Rivières. I brochure en vente
- I chez l’éditeur M. Patoux, à Sézanne (Marne), franco ; i fr. 5o.
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- LA SCIENCE
- n’importe quels chiens. Ou ne s’y fait pas faute d’ailleurs d’appuyer les chiens par un coup de fusil envoyé à propos, mais qui met ün à la chasse. MM. Ëwald et Wilhem Schmidt, chasseurs de loutres renommés à Sholtmühle en Wesphalie, se servent de chiens de toutes races ; le baron de Furstem-berg, à Obermusburg, élève dans sa meute des chiens à loutre de grande et de petite taille. M. Sperbre, à Weimar, possède au contraire une meute de véritables Otter-hounds anglais.
- Bref les Allemands semblent plutôt s’attacher à la destruction sûre et rapide de la loutre, sans se soucier beaucoup des moyens, poursuivant surtout un but pratique, tandis qu’Anglais et Français apportent à cette chasse toute la correction d’un sport bien réglé.
- Le chien à loutre ou Otter-hound est de grande taille, ordinairement 0m55 à Qm60. Haut sur pattes, il a les membres solides, la tête large et bien plantée sur un cou robuste, les oreilles larges et bien pendantes. Son poil, épais et rude, lui permet d’affronter le froid auquel il doit rester longtemps exposé ; il est d’ordinaire fauve ou rougeâtre, taché de inoir ou de gris. Son odorat est très subtil, mais il manque de vitesse et d’entrain. ii
- Malgré son air doux, l’Otter-hound est d’un caractère hargneux, surtout avec ses compagnons ; parfois, au chenil, une bataille entre deux chiens finit par une mêlée générale, à la suite de laquelle on trouve des combattants morts de leurs blessures. Il est d’ailleurs courageux, qualité imlispensable pour attaquer la loutre, elle-même courageuse, et dont la dent cause de cruelles blessures. Comme le bull-dog d’ailleurs, quand l’Otter-hound tient, il ne lâche plus.
- Dans une meute on distingue les chiens qui dépistent ordinairement la loutre, qu’on nomme les trouveurs, et ceux qui par leurs aboiements marquent l’endroit où elle s’est reposée, qu’on appelle les marqueurs. Parfois le même chien réunit ces deux qualités et c’êst alors un sujet d’élite.
- Il ne faut jamais admettre qu’un petit nombre de jeunes chiens dans la meute, car leur trop grande ardeur qu’on est obligé de calmer troublerait le travail des autres. En Angleterre on juge qu’un chien n’est bon à
- EN FAMILLE
- cette chasse qu’à l’âge de cinq ans, et c’est seulement vers sept ou huit ans qu’il est en possession de toutes ses facultés et atteint toute sa valeur, qui peut monter à 2.500 francs.
- Pour la chasse, la meute est divisée en deux groupes, dont chacun fouille l’une des rives, interrogeant toutes les herbe» et les souches qui se trouvent sur les bords. Si la quête se fait sur une rivière, c’est en remontant le courant qu’il faut conduire les chiens, afin que l’odeur soit mieux apportée parle courant ; mais quand on a trouvé la voie, il est très difficile de distinguer le droit du contre, lorsque la vue du pied ne vous vient pas en aide. On est alors exposé à faire bien des kilomètres inutilement avant de s’apercevoir quon est à contre voie, car les meilleurs chiens sont incapables de faire cette distinction.
- Dans ses courses nocturnes pour changer de canton, la loutre ne fait jamais plus des deux tiers du chemin par eau, et même, quand elle doit aller loin, elle coupe au plus court, évitant les sinuosités de la rivière, pour passer à travers champs, au point de s’écarter de plus d’un kilomètre de la rive. Point n’est besoin de dire de quelle utilité sont pour les chasseurs ces atterrissements successifs, qui leur donnent des renseignements certains.
- Lorsqu’elle se réfugie dans un trou pour se reposer, pour dormir pendant le jour, ou pour éviter les chiens, l’entrée en est presque toujours sous l’eau, mais la partie supérieure communique avec l’air extérieur par une fissure du sol qui lui permet de respirer, et c’est par là que les chiens l’éventent.
- Lorsqu’elle est poursuivie, elle dépasse souvent le trou dans lequel elle compte se blottir pour y revenir après avoir fait quelques centaines de mètres et mis ainsi les chiens en défaut.
- Ordinairement, lorsqu’elle est éventée, la loutre se jette à l’eau dès le premier coup de voix. Le chien n’oserait d’ailleurs l’attaquer dans le trou où elle s’est réfugiée, car mal lui en prendrait, et un bon coup de dent pourrait lui trancher net le museau. Mais elle plonge presque toujours, et le sillon qu’elle trace en se jetant à l’eau indique de suite la direction qu’elle prend, puis les bulles d’air qu’elle dégage montent à la surface de
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- La science en famille
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- place en place, et trahissent sa présence en révélant la route qu’elle suit.
- L’animal lancé descend presque toujours le courant, aussi s’empresse-t-on de lui barrer le passage le plus promptement possible, quelques centaines de mètres au-dessous du point où il s’est mis à l’eau, et, par précaution, on en fait aulant au-dessus du courant.
- En Angleterre, où cette chasse est suivie par de nombreux amateurs, des chasseurs entrent dans l’eau, formant une chaîne serrée que ne pourra franchir la bête, et les deux
- ligue, elle n’y peut plus demeurer que quelques secondes.
- Dans les rivières peu profondes, les seules d’ailleurs où l’on soit à peu près assuré de pouvoir sonner l’hallali, les Otter-hounds, grâce à leur taille, ont souvent pied là où la loutre doit nager, et cela leur donne un grand avantage, car en eau profonde, malgré leurs aptitudes remarquables, la loutre plonge et nage avec bien plus de rapidité qu’eux.
- M. le Prieur a raconté dans le journal YAc-climatalionles exploits de l’équipage d’Olter-
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- Fig. 24. — Otter-hound.
- chaînes, l’une en amont, l’autre eii aval, se îappiochent, restreignant de plus en plus l’espace dans lequel la loutre cherche à échapper à la poursuite des chiens. Mais on peut, comme le fait dans ses chasses M. le vicomte de linguy, remplacer les hommes par des filets qui barrent la rivière ; l’inconvénient de ce dernier système c’est que la bête peut assez aisément passer sous le filet et que tout est à recommencer.
- Tandis qu’au début de la chasse la loutre reste plusieurs minutes sous l’eau, lorsqu’a-près quelques heures elle est épuisée de fa-
- hounds de M. le vicomte de Tinguy, en Vendée, durant quelques journées de chasse, et son intéressant récit, que nous regrettons de ne pouvoir reproduire en entier, rend mieux compte des émouvantes péripéties de la chasse à la loutre, que tout ce qu’on pourrait écrire à ce sujet.
- Le premier jour, après un rapprocher d’une heure trois quarts, les chiens annoncent que la bête a pris ses quartiers dans un terrier, sur le bord du chenal. Aussitôt on tend un filet à quatre cents mètres au-dessous, pour empêcher la loutre de redescendre ; maie
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- LA SCIENCE EN FAMILLÉ
- pendant ce temps un terrier tenu en laisse s’échappe, bondit dans le trou, d’où s’élance à son tour l’animal qui passe au milieu des chiens et se met à l’eau, suivie de toute la meute. La loutre se laisse aller au courant pendant trois cents mètres, se heurte au filet, remonte en nageant toujours sous l’eau, tandis que les chiens sont littéralement au-dessus d’elle, la poursuivant sans répit. Fatiguée, elle veut remonter le talus pour gagner un marais voisin, mais deux chiens l’empoignent, et l’on sonne l’hallali sur un mâle de vingt et une livres.
- Presque aussitôt on entend des cris de rage et de douleur sortir d’un terrier voisin du premier : c’est une petite chienne terrier qui livre bataille à une nouvelle loutre, et l’on voit bientôt les deux bêtes, la chienne collée à l’arrière-train de son ennnemie qu’elle ne lâche pas, sauter à l’eau et disparaître. Toute la meute se précipite derrière elles, mais deux chiens ont saisi un animal qui se débat vigoureusement : c’est la courageuse petite chienne terrier qu’ils ont prise pour la loutre, et mise en assez triste état, la loutre a disparu ; les chiens l’éventent, mais tandis qu’elle remonte, le courant leur apportant l’odeur, ils descendent à cinq cents mètres au-dessous du filet. Pendant que les chiens sont en défaut, M. de Tinguy aperçoit pendant deux minutes la bête immobile entre deux eaux. Un chien la relance, et la chasse recommence. Pendant une heure elle continue, et les à-vue deviennent plus fréquents, à mesure que l’eau diminue dans le chenal, avec la marée basse ; il n’y a plus que quelques pouces d’eau, la loutre glisse encore plusieurs fois entre les pattes des chiens, mais elle s’épuise; un chien la happe, elle lui échappe pour retomber dans la gueule d’un autre, et toute la meute est bientôt sur elle. C’était une femelle de quinze livres.
- Le surlendemain après un lancer dans les douves d’une ancienne abbaye, et une chasse sous une voûte de cinquante mètres de long, avec quatre pieds d’eau, la bête fut rapidement prise.
- Une autre fois, après une longue quête et un rapprocher de près de deux heures, la loutre fut lancée dans un marais d’où elle fut prise en quarante minutes.
- La dernière chasse que raconte M.Le Prieur
- fut plus longue encore et plus pénible que la première, sans être moins intéressante. C’était toujours en Vendée, et il s’agissait de surchasser un magnifique étang de sept hectares qui baigne le pied du château, en communiquant avec les douves, et dont le trop plein se jette dans l’Yon à quatre kilomètres de là. Presque avant le jour, en faisant le pied avec son limier, le piqueur fait sortir d’une souche de saule une loutre qui gagne immédiatement le large. Bêtes et gens sont aussitôt sur pied, et pendant deux longues heures les chiens s’épuisent inutilement abattre l’étang en tous sens. La retraite est décidée, avec l’espoir que la bête, suivant l’habitude des loutres qui ont été troublées dans leur canton, descendra le courant pour gagner des eaux plus profondes en même temps qu’un endroit plus calme. En effet, le lendemain, l'un des Otter-hounds marque la voie au-dessous du déversoir, et indique clairement le parti qu’a pris l’animal. On déjeune et l’on se met en chasse, les uns à pied, les autres à cheval, en prévision de la distance qu’on allait parcourir. La loutre, dès la veille au soir, était partie grand train, voyageant plutôt sur l’herbe que dans l’eau ; mais, arrivée à la grande rivière, elle avait perdu du temps, car la voie devenait meilleure. Au bout de quinze kilomètres, le formidable hurlement d’un Otter-hound annonce qu’il vient de débusquer la loutre du creux d’un vieux chêne On s’empresse de tendre un filet, deux cents mètres plus bas, tandis qu’un homme barre le passage au milieu de l’eau, à cent mètres au-dessus. Plusieurs fois on distingue la loutre allant et venant, cherchant à franchir le filet ; enfin le piqueur la prend au bout de sa pique, et montre vivante aux chasseurs une femelle de dix livres, pendant que les chiens font rage pour déchirer leur proie. La chasse, avec le temps du retour, avait duré neuf heures.
- Il serait à souhaiter qu’il y eût en France quelques meutes semblables à celle de M. I0 vicomte de Tinguy, car elles rendraient de très grands services; mais le trop faible revenu qu’on tire actuellement chez nous des étangs et le trop grand morcellement du droit de pèche sur les rivières, nous mettent dans une situation bien différente à cet égard de celle des Anglais et des Allemands ; et la création d’une' meute d’Otter-hounds étant
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- La scièncè èn famille
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- chose coûteuse autant que son entretien, il est à craindre que ce genre de sport, pourtant si intéressant, se développe peu dans notre pays.
- Outre qu’on peut, ainsi que nous 1 avons dit au début de ce chapitre, simplifier beaucoup les choses et rendre le succès final plus certain en faisant usage du fusil, si l’on veut faire fi de la correction cynégétique, on peut encore obtenir de bons résultats avec un ou
- deux chiens seulement, en chassant l’hiver, quand la neige couvre la terre et la glace les étangs. Il est alors facile de suivre sur la neige les traces de la bête, jusqu’à l’une des rares ouvertures par où elle a plongé pour aller chercher sa nourriture, et d’attendre là qu’elle ressorte. On cite un propriétaire de la Prusse orientale qui tua de la sorte neuf loutres sur ses étangs à carpes.
- A. d’AUDEVILLE.
- ESSAIS COMPARATIFS AVEC DIVERS RÉVÉLATEURS
- PAR M. E. Gunthier
- n a beaucoup écrit, dans ces derniers temps, à propos de développateurs et de développements, la question de savoir quelle est la meilleure méthode de révéler l’image latente paraissant avoir, plus que jamais, un intérêt d’actualité. Voici le résumé d’un travail très intéressant lu devant un petit cercle de photographes de profession, à Berlin, par M. F. Gœdicke, dont le nom est suffisamment connu dans le monde photographique.
- Les quatre révélateurs les plus employés : l’oxalate ferreux, le pyro, l’hydroquinone et l’iconogène, furent comparés entre eux et les plaques à traiter par les solutions furent divisées, pour les essais, en quatre séries ; la première de ces séries ne reçut que le cinquième de la pose normale; la deuxième, la pose normale, et la troisième, quatre fois la pose normale. Chacune des séries et chacun des révélateurs fut traité dans les conditions les plus favorables ; ainsi, au révélateur à l’oxalate ferreux, on ajouta deux gouttes d’un accélérateur composé d’hypo et de bromure de potassium; au révélateur à l’hydro-quinone, quatre gouttes d’une lessive de po-tas e à 40 U/0, et le révélateur à l’iconogène fut employé tel qu’on le recommande pour les poses instantanées, avec un bain préliminaire à l’hypo et au bichlorure de mercure. Les plaques furent développées jusqu’à ce que l’apparence d’une légère teinte grisâtre indiquât l’approche du voile. Le sensitomètre se composait de une à seize épaisseurs de papier de soie et la source lumineuse était un bec de gaz, dont la flamme fut baissée jusqu’au point
- où elle ne fait plus de bruit. La table suivante montre le résultat des essais.
- Toutes les solutions développatrices desquelles, dans tous les cas, on a pris 40 centimètres cubes, avaient été préparées 24 heures d’avance, car le pyro agit bien plus énergiquement s’il est de préparation récente : il faut, cependant, toujours prendre en considération des solutions plus anciennes, kxxrévé-lateur à Voxalate ferreux, dans le cas des plaques sous-exposées, on ajoutera 2 gouttes d’une solution de 1 gr. d’hypo et 6 gr. de bromure de potassium dans 60 centim. cubes d’eau; dans le cas des plaques sur-exposées, 4 gouttes de bromure de potassium 1: 10; dans le cas des poses normales, on n’ajoutera rien.
- Pour le développement à l’hydroquinone, on prit 20 centimètres cubes de bain vieux, 20 centim. cubes de bain frais et 4 gouttes d’une lessive de potasse à 40 0/0 pour les plaques sous-exposées ; pour les poses normales, 2/3 de bain vieux, 1/3 de bain fiais et 4 gouttes de lessive de potasse ; pour les plaques sur-exposées, rien que du bain vieux, avec 8 gouttes de bromure de potassium 1: 10.
- Dans le cas du développement à l'icono-gène, on fit usage de la préparation avec la potasse et bain préliminaire (hypo et bichlorure de mercure) pour les plaques sous-exposées; de la préparation avec de la soude, en deux solutions, pour les poses normales, et de la même préparation avec 8 gouttes de bromure de potassium 1: 10 pour les plaques sur-exposées.
- Comme le montre la table, tous les révéla-
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- La science EN famillè
- teurs donnèrent de bons résultats dans le cas de la pose normale, mais comme les poses normales en pratique ne sont pas la règle, mais, au contraire, l’exception, les résultats des sous-expositions et sur-expositions sont les plus importants.
- cessaire de travailler avec des solutions séparées. Les solutions d’iconogène ne se conservent pas uon plus aussi bien que celles d’hydroquinone et peuvent voiler les plaques après quelques jours.
- En résumé, les résultats sont les suivants :
- A. — Plaques sous-exposées. Pose : 1 seconde à la distance de 28 pouces de la flamme, c’est-à-dire un cinquième de la pose normale.
- N0s RÉVÉLATEURS l’image vient ENDÉANS DURÉE DU DÉVELOPPEMENT W ce H •H 3? g z ü CARACTÈRE DE L’iMAGE ET OBSERVATIONS
- 1 Oxalate ferreux avec accélérateur. 9 secondes. 5 minutes 14 Voile jaune; 1 et 2 ne diffèrent que peu.
- 2 Pyro-potasse. 12 » 3 » 14 Voile rouge.
- 3 Hydroquinone et potasse. 20 » 3 » 15 Clair.
- 4 Iconogène et potasse avec bain préliminaire. 6 » 3 » 14 Voile jaune.
- B. — Plaques normalement posées. Pose : 1 seconde à la distance de 12 lq2 pouces
- de la flamme.
- 5 Oxalate ferreux, sans ajoute. 12 secondes. 3 minutes 16 ]
- 6 Pyro-potasse. 8 » 2 3/4 » 16 f
- 7 Hydroquinone. 25 » 3 1/2 » 16 i
- 8 Iconogène et soude. 12 3 » 16 )
- Tous les négatifs étaient bons et harmonieux.
- A la lumière transmise, le négatif révélé au pyro était noir-brunâtre, les autres noir-bleuâtre, donc meilleurs pour l’impression.
- Le négatif auferétaitle moins clair.
- C. — Plajues sur-exposées. Pose : 4 secondes à la distance de 12 1[2 pouces de la flamme,
- c’est-à-dire quatre fois la pose normale.
- 9 Oxalate ferreux, avec4gouttes de bromure de potassium 1 : 10. 18 secondes. 3 1/2 m. 16 1 à 8 peu de graduation ; faible et ne pouvant servir.
- 10 Pyro-potasse, avec 8 gouttes de bromure de potassium. 20 » 2 1/2 » 16 Graduation meilleure que n° 9 ; un peu trop dur, mais pouvant encore servir.
- 12 Iconogène et soude,av. 8 gouttes de bromure de potassium. 30 » 3 1/2 » 16 Faible et ne pouvant pas servir.
- Pour les sur-expositions, le révélateur à l’iconogène était le plus mauvais, l’hydroqui-none le meilleur. Dans le cas de sous-exposition, seul l’hydroquinone donna un négatif clair ; tous les autres avaient le voile rouge Ou jaune et étaient inférieurs d’un numéro au sensitomètre.
- Il en résulte donc que le révélateur à l’hydroquinone est décidément le meilleur, étant aussi le moins coûteux, par suite de l’usage qu’on peut faire des vieux bains. La solution de pyro ne se conserve pas bien, et il est né-
- 1. Oxalale ferreux. Négatifs bons, de couleur noir-bleuâtre, qui cependant sont plus durs que ceux obtenus avec les révélateurs alcalins, si Fort n’a pas pris la précaution de faire usage du bain préliminaire. Ce révélateur est un violent poison. Il ne se prête pas aux cas de fortes sur-expositions.
- 2. Révélateur au pyro-potasse. Le plus énergique des révélateurs; donne des négatifs noir-brunâtre, bons et doux, par solutions séparées. Dans le cas de sur-exposition, peut être employé avec du bromure de potassium.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- Les négatifs sèchent plus rapidement que tous les autres.
- 3. Eydroquinone. — L’image tarde plus à venir qu’avec les autres révélateurs, mais le développement total s’accomplit dans le même laps de temps. Les négatifs sont presque toujours plus denses que ceux révélés au pyro et à l’iconogène. Ils sont noir-bleuâtre et s’impriment bien. Si la solution est froide, il développe lentement; on doit donc la maintenir àunetempérature moyenne.
- 4. Iconogène. Commence par développer le plus rapidement, mais, pour avoir de la vigueur, il faut autant de temps qu’avec le fer
- et l’hydroquinone. Sa conservation en solutions mélangées est très douteuse, et, môme avec les solutions séparées, le voile survient après peu de temps. Il coûte environ cinq fois plus cher que les autres. Pour les surexpositions, il est moins utile que le pyro ou l’hydroquinone. Uu grand désavantage, c’est sa grande sensibilité à l’influence de l’ammoniaque. Le résultat final de ces essais est donc que pour le moment, le révélateur à l’hydroquinone doit être préféré à tous les autres comme étant décidément le meilleur (1).
- H. S.
- REVUE DES LIVRES
- L’Art de bâtir, meubler et entretenir sa maison, par Ris-Paquot ; ouvrage orné de plus de 240 gravures. H. Laurens, éditeur, 6, rue de Tournon, Paris. — Prix : 6 fr.
- M. Ris-Paquot, dont on connaît de longue date les études sur la Céramique et les Beaux-Arts, vient de publier un livre tout spécial, d’un caractère particulier et d’une incontestable utilité pratique : L’Art de bâtir, meubler et entretenir sa maison. En d’autres termes, ce livre de près de 400 pages est un véritable traité qui donne à chacun, propriétaire ou locataire, la manière de surveiller et d’être soi-même son architecte, son entrepreneur et son ouvrier.
- Ce livre est non seulement pratique, il est instructif, intéressant, et ne néglige ni l’art, ni l’histoire dont il sait, en plus d’une occasion, tirer parti. Il débute par un chapitre sur l’histoire de l’habitation depuis les temps reculés jusqu’au notre époque, et les gravures intercalées dans les pages nous montrent successivement les vieilles maisons d’autrefois rapprochées des édifices dont se composent les beaux quartiers du Paris d’aujourd’hui.
- Après les aperçus d’art et d’histoire, ce sont des détails techniques sur le choix du terrain, celui des matériaux, les règlements administratifs auxquels il faut se conformer, les relations avec l’architecte, l’entrepreneur et les ouvriers, les précautions à prendre pour les échafaudages, la mise en place des pierres, l’emploi des ciments, etc., etc. Rien n’est oublié ; qu’il s’agisse de constructions nouvelles, de simples ou grosses réparations.
- Avant de bâtir et en bâtissant, il ne faut jamais perdre de vue l’hygiène ni la commodité dans' l'aménagement général et particulier de la maison. La maison construite et aménagée à la fois logiquement et commodément, il faut se préoccuper du mobilier. L’auteur, non seulement indique dans tous les détails désirables les moyens de s’y prendre à cet effet, mais même il vous donne des notions précises sur les différents styles des ameublements, en fait bien ressortir les convenances et les harmonies ; vous n’avez plus qu’à choisir selon le prix que vous voulez ou pouvez y mettre. Il en est de même pour les rideaux ou tentures et tout ce qui concerne l’intervention du tapissier à qui revient le soin des draperies.
- Disons, en terminant, que pour assurer le bien-être de son client, M. Ris-Paquot n’hésite point à entrer dans les considérations les plus infimes. On se demande comment on peut passer avec tant de souplesse de la connaissance approfondie des choses réelles, voire même vulgaires à des exposés scientifiques et artistiques qui dénotent un goût si exercé et de longues et sérieuses études de l’art ancien et moderne en ses multiples manifestations.
- A. D.
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- La Famille primitive, ses origines et son développement, par C. N. Starcke, professeur à l’Université de Copenhague.— La Bibliothèque
- (1) Traduction] du Photo-Neuw par le Bulletin Belge de Photographie.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- scientifique internationale, dirigée par M. Em. Alglave, comptait déjà un certain nombre de volumes relatifs à l’histoire des sociétés humaines, notamment ceux d’Herbert Spencer, de Bagehot, de Roberty,.de Draper, de Joly, de Cartailhac, de Lubbock, de Qnatrefages, etc. Elle s’augmente aujourd’hui d’un ouvrage sur l’uue des questions capitales de la sociologie : la famille primitive et ses transformations diverses qui ont abouti au régime actuel de la famille. Dans une première partie, l’auteur examine l’organisation de la famille, de la propriété et de l’héritage chez tous les peuples primitifs ou anciens. Dans la seconde partie, il fait la théorie de la famille primitive, de son origine et de son évolution. Il étudie successivement la filiation, la polyandrie et la polygamie, le matriarcat et le patriarcat, le lévirat et le niyoga, l’hérédité et le droit d’aînesse, les formes différentes de famille dans les principales races, etc. L’origine et le régime du mariage attirent principalement son attention ; il développe soigneusement le système de l’exogamie et l’évolution du mariage. Il termine enfin par la théorie du clan, de la tribu et de la famille qui a provoqué, comme celle du mariage, bien des controverses. Ce livre est donc comme un résumé des principales questions sociales, (i vol. in-8°, cartonné à l’anglaise. Librairie Félix Alcan. Prix : 6 fr.)
- Le Yacht. — Histoire de la Navigation maritime de plaisance, por Philippe Daryl. — Un volume in-40 carré de 360 pages avec 150 illustrations par les meilleurs artistes. — Paris, librairies-imprimeries réunies, ancienne
- maison Quantin, 7,rue Saint-Benoît. —Prix:
- 25 fr.
- Le Yacht, histoire de la navigation maritime de plaisance, par Philippe Daryl, est un ouvrage charmant, illustré de 150 ravissants dessins, par Boudier, Bourgain, Brun, Montader et Vallet. Le développement du yachting, ses origines,' ses mœurs, ses élégances, son personnel, la vie à bord, les courses et les croisières en France, en Angleterre et aux Etats-Unis, y sont traités de main de maître, comme l’auteur seul pouvait le faire, avec sa légèreté de main, sa connaissance parfaite des choses de l’étranger et son sens profond de l’exotisme. C’est à la fois un livre qui s’adresse aux yachtsmen, qui y trouveront résumée l’histoire d’un passe-temps qui devient de plus en plus en honneur en France ; aux gens du monde, qu’il renseigne sur des matières encore peu connues'du public, et à la jeunesse, qu’il initie aux joies du plus mâle et du plus complet des sports. 11 a, outre le mérite de l’actualité, celui d’être le premier ouvrage didactique qui ait paru en France sur le yachting.
- Le Yacht forme un élégant volume in-40 carré de 360 pages, illustré, comme nons l’avons dit, de 150 dessins dans le texte ou formant en-têtes et culs-de-lampe. Il est imprimé sur beau papier et renfermé dans une couverture en couleurs du plus séduisant effet. Ajoutons qu’il a été tiré 50 exemplaires numérotés à la presse sur papier des manufactures impériales du Japon, dont 10 avec une aquarelle originale de G. Bourgain, peintre de la marine, de la. Société des aquarellistes français. Ces 50 exemplaires porteront, en outre, le nom du souscripteur imprimé sur le faux-titre.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- Locomotives à téléphone. — Il y a longtemps que l’attention des ingénieurs électriciens s’est portée sur le grand intérêt qu’il y aurait à relier les trains en marche, soit avec des postes fixes installés dans les gares, soit encore avec les autres trains en marche sur la même ligne.
- Au point de vue de la sécurité des convois, on conçoit l’importance de çe dernier perfec-
- tionnement surtout, qui, mieux que n’importe quel disque ou autre signal de convention, permettrait d’éviter plus d’une catas-trophe-
- S’il faut en croire Y American Machinist, la solution du problème serait enfin trouvée : ce serait une des dernières applications de l’électricité, et l’invention porterait le nom de « locomotive à téléphone »,
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- La SCIENCE EN FAMILLÉ
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- L’appareil se compose d’une simple barre en fer placée entre les rails et traversée par un courant électrique. Un balai fixé sur la machine est en contact permanent avec la barre. Lorsque deux locomotives marchant l’une vers l’autre se trouvent à une distance de 2 kilom. environ, les sonneries respectives s’agitent violemment, et les mécaniciens arrêtent leurs trains immédiatement.
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- La marche des vagues. — La rapidité de la marche des vagues a fait l’objet de nombreuses recherches'qui ont amené diverses études intéressantes.
- Leur vitesse dépend tout d’abord de la force et de la persistance du vent qui les chasse, puis du volume même qu’elles atteignent une fois mises en mouvement et aussi de la profondeur de la mer sur laquelle elles courent.
- Pendant un violent tremblement de terre au Japon, il se forma sur les côtes de Niphon, une première vague gigantesque suivie peu d’instants après de plusieurs autres qui, après avoir bouleversé les ports, se propagèrent dans l’immensité de l’Océan Pacifique.
- L’appareil enregistreur des mouvements de marée, à San-Francisco, marqua le moment où la première vague qui avait pris naissance au Japon atteignit la côte de Californie; elle avait parcouru le trajet de 7,700 kilom., en douze heures et demie, ce qui représente la vitesse prodigieuse de plus de 10 kilom. à la minute.
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- augmentation en
- Les dix grandes villes de l’empire allemand. — Voici les chiffres de la population des dix plus grandes villes de l’Allemagne, tels qu’ils ont été arrêtés le 1er Décembre dernier, à la. suite du dernier recensement :
- Berlin. — 1,574,485 habitants ; augmentation en quatre ans : 259,198.
- Hambourg. — 570,430 quatre ans : 264,740.
- Leipzig. — 353,272 ; augmentation en quatre ans : 64,920.
- Munich. - 334,710; augmentation en quatre ans 72,729.
- Breslau. — 334,710 ; augmentation en quatre ans : 35,070.
- Cologne. — 282,537 ; augmentation en quatre ans : 47,037.
- Dresde. — 276,085 ; augmentation en quatre ans : 29,999.
- Magdebourg. — 201,913 ; augmentation en quatre ans : 42,393.
- Francfort-sur-le-Mein. — 179,660 ; augmentation en quatre ans : 25,147,
- Hanovre. — 163,100 ; augmentation en
- quatre ans : 23,369.
- Il est à remarquer qu’en 1885 les dix villes les plus populeuses d’Allemagne n’occupaient pas l’ordre ci-dessus, mais se suivaient ainsi :
- Berlin, Hambourg, Breslau, Leipzig, Munich, Dresde, Cologne, Magdebourg, Franc-
- fort-sur-le Mein, Kœnigsberg.
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- Un volcan Suisse. — A Davos sous le rocher où est bâtie la cathédrale, la terre lance depuis quelques jours des tourbillons de fumée et de flammes. De nombreux cratères commencent à se former, et il y a même eu déjà une petite éruption de lave.
- Le feu qui sort du sein de la terre est alimenté à l’extérieur par des résidus de houille provenant des usines du pays et qu’on avait transportés là en vue de combler une grande cavité qui se trouvait au nord de l’ancien dépôt des machines du chemin de fer.
- On croyait d’abord avoir affaire à un feu extérieur ; mais après beaucoup de vains efforts, on a dû se convaincre qu’il s’agit de vrais cratères, s’élargissant tous les jours, et qui pourraient bien réserver de vilaines surprises au pays.
- Nettoyage des flacons. — Les flacons qui ont contenu de l’huile ou des matières grasses peuvent être aisément nettoyés avec du permanganate de potasse.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- (CONSEILS ET PROCÉDÉS)
- Il se forme un peroxyde de manganès< hydraté ; on ajoute alors de l’acide chlory drique fort; cette addition produit un déga gement de chlore qui décompose la ma
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- tière organique et permet le lavage à l’eau.
- Lorsque les flaconsont contenu des solutions résineuses il faut les laver avec une lessive caustique et les rincer ensuite à l’alcool. Lorsqu’ils ont contenu des essences, on les lave à l’acide sulfurique, et on les rince ensuite abondamment à l’eau. (Cosmos).
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- * *
- Nettoyage du nickel. — Pour faire disparaître sans en altérer le poli, la platine tantôt bleue, tantôt verdâtre qui se forme sur les objets en nickel, on les plonge environ dix ou quinze secondes dans un mélange de cinquante parties d’alcool rectifié, et une partie, en volume d’acide sulfurique. On les rince ensuite dans l’eau, puis on les laisse baigner un moment dans l’alcool pur, on les essuie avec une toile fine et propre ou bien de la sciure de bois.
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- Carton imperméable
- — Voici un procédé à l’aide duquel chacun peut fabriquer soi-même un carton absolument imperméable.
- Si l’on plonge un instant une feuille de papier dans une solution ammo- ' pp
- niacale do cuivre (li jueur de Schweilzer), laquelle se prépare en traitant des lames de cuivre par l’ammoniaque (de 0,880 de densité) au contact de l’air, on remarque qu’une fois séchée, cette feuille de papier est devenue imperméable à l’eau, conservant sa consistance jusque dans l’eau bouillante. En faisant passer sous le cylindre deux feuilles de papier ainsi préparées, on les fera adhérer étroitement l’une à l’autre. En proeéiant ainsi, on peut réunir un grand nombre de feuilles de papier et obtenir ainsi un carton de telle épaisseur que l’on voudra. On augmentera encore sa cohésion en ajoutant entre les plaques des fibres ou tissus, et on obtiendra ainsi un carton qui ne le cédera en rien, à épaisseur égale, par sa dureté et sa solidité, au bois le plus résistant. ***
- Allumette électrique. — Disposez sur
- une console une plaque métallique sur laquelle vous pourrez placer une lampe à essence minérale, en cuivre, et mettez votre plaque métallique en communication avec l’un des pôles d’une pile, pendant que l’autre pôle communique, au moyen d’un fil souple, avec un petit balai en laiton. Chaque fois que vous frotterez le balai sur la bobèche de la lampe, au voisinage de la mèche, il se produira une série d’étincelles qui détermineront l’allumage. Il est bon d’intercaler dans le circuit un électro-aimant E, armé, dont la self-induction augmente la puissance de l’étincelle de rupture. Voici les principales données de constructio11 d’un appareil que nous avons ainsi établi.
- La pile T est formée de cinq éléments Le-clanché, de 15 c/m de
- haut, à zinc circulaire de 8 c/m de diamètre, et sans vase poreux. (Le charbon et le bioxyde sont enfermés dans un sac de toile). Ces éléments sont groupés en
- tension.
- L’électro-aimant Ea les dimensions suivantes:
- Diamètre des noyaux en
- fer................10 "7" I
- Longueur des noyaux 35 m/“
- Distance d’axe en axe 32
- Largeur dis culasses..................11 m/“
- Épaisseur..............................8 ro/B
- Diamètre extérieur des bobines recouvertes
- de fil..............................30 m/“
- Les bobines sont remplies de fil de cuivre de 1 m/m de diamètre, recouvert d’une couche de coton.
- Le balai B muni d’un petit manche en bois, est formé de fils de laiton dur, de 4/10 de m/m de diamètre. Il va sans dire que lorsque l’appareil ne sert pas, les deux pôles de la pile doivent être soigneusement écartés, car un court circuit se prolongeant plusieurs heures aurait pour effet d’épuiser la batterie. Le mieux est d’accrocher, après chaque emploi, le balai B à un petit crochet disposé à cet effet sous la console. F. D.
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d’Assas.
- La Fère. — lmp. Bayen, rue Neigre.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- L’ARBRE-IVOIRE & LE COROZO
- ’arbre-ivoire, appelé par les savants phytelephas (du grec phyton, plante, elephas, éléphant et son ivoire), à gros fruits, ou phytelephas macro-carpa (RuizetPav.) est une monocotylédone, type de la famille des phytéléphasiées, laquelle famille, voisine de celle des palmiers,
- nations souvent impropres, telles que noix de tagua, noix de palmier, marrons et noix de coco.
- Ces graines, du volume et de l’aspect d’une moyenne pomme de terre, sont presque arrondies complètement quand il ne s’en trouve qu’une dans le fruit; elles sont aplaties d’un
- Fig. 26. — L’arbre-ivoire.
- ne s’en distingue que par l’imperfection des enveloppes florales.
- C’est un charmant arbrisseau qui a toute l’apparence d’un petit palmier et qui croît sur les bords des ruisseaux et des rivières de l’Amérique du Sud, notamment en Colombie, dans la République de l’Equateur, au Pérou.
- Dans un gros fruit hérissé, porté par la plante femelle, formé de six ou sept drupes, noirâtres à la maturité et creusé intérieurement de quatre loges, se tiennent renfermées, au nombre de quatre ordinairement, des graines qui ont reçu différentes dénomi-
- côté lorsque le fruit en compte plusieurs, et cette forme leur a encore valu le nom de cabeza de negro (tête de nègre) ; c’est le même phénomène que l’on remarque d’ailleurs à propos de la disposition et de la forme des graines dans le fruit du marronnier.
- Le périsperme de chaque graine est constitué par un suc laiteux, fort recherché des voyageurs quand il est frais, mais qui s’épaissit bientôt et devient très dur au bout d’un certain temps : c’est cette partie qu’on a baptisée ivoire végétal et que l’on nomme vulgairement corozo.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Ce périsperme est entouré d’une enveloppe qui acquiert, en séchant, une dureté extraordinaire, à ce point que la meilleure.lime ne peut mordre à sa surface et que la moindre parcelle mal détachée et oubliée ébréche la scie la mieux trempée.
- Le corozo fut importé en France vers 1826, mais son usage ne s’est guère généralisé que depuis une quinzaine d’années.
- Vers 1854, ces graines se vendaient au mille et le mille valait y fr. Ce prix augmenta à mesure qu’on put mieux travailler cette matière et qu’il fut possible d’en tirer un meilleur parti. Pendant quelque temps, les objets fabriqués avec le corozo purent être vendus comme ivoire animal, mais un chimiste belge, Pasquier, de Liège, a indiqué un moyen très simple de reconnaître les deux ivoires.
- En effet, si l’on met ces deux substances en contact avec de l’acide sulfurique concentré, l’ivoire animal reste tel, tandis que l’ivoire végétal prend, au bout de quelques minutes, une teinte rose qu’un simple lavage à l’eau fait disparaître.
- Le corozo, d’un grain très serré, très dur, avec cela très léger et d’une blancheur laiteuse, se travaille facilement au tour et se laisse également sculpter. On en fait divers objets de menue tabletterie, des têtes pour manche d’ombrelle et de parapluie, des pipes, etc., mais il est surtout devenu la base de l’industrie boutonnière, et, entré dans cette voie, il menace d’y prendre la première place.
- Le bouton de corozo a déjà détrôné à peu près le bouton de corne, et, depuis que, par des procédés récents, on a reconnu possible de « l’imprimer, » c’est-à-dire de lui faire subir, pressé fortement entre deux matrices d’acier, une empreinte imitant parfaitement les dessins d’un lainage quelconque, il menace fort de remplacer à son tour le bouton d’acier recouvert d’étoffe.
- Nous tenons à faire profiter nos lecteurs des quelques explications que nous avons recueillies ces jours derniers en visitant la manufacture de M. Déséricourt, à Ménilmon* tant.
- Une fois la graine débarrassée d’une enve-
- loppe très dure, comme nous ledisions toutà l’heure, mais qui se casse facilement parce qu’elle est très sèche, enveloppe qu’on utilise pour le chauffage, un ouvrier la pousse sur une scie circulaire et verticale mue par la vapeur avec une rapidité de 2,000 tours à la minute et il la partage ainsi en tranches aussi minces qu’il le veut.
- Dans ces tranches, un autre ouvrier façonne, à l'aide d’un tour, une face d’un bouton et le passe à un troisième qui, également à l’aide d’un tour, façonne l’autre face et détache le bouton lui-même. A ce moment, il y a donc comme résidu des tranches criblées de trous qui ne peuvent plus être utilisées que pour le chauffage, et une poudre très fine qui sert—dans notre temps de falsification à outrance — à... falsifier la poudre d’os employée comme engrais.
- Les trous sont ensuite pratiqués dans le renflement de la deuxième face à l’aide d’une machine ingénieuse d’invention récente, et qui permet à une femme la moins exercée, de faire dans le même temps le travail effectué jadis par plusieurs hommes du métier.
- Enfin, le bouton est poli, au tour d’abord, puis par contact et frottement, dans des baquets remplis d’eau et de savon ; il est prêt alors à recevoir la teinture.
- Le corozo, en effet, se teint facilement ; on emploie les couleurs d’aniline et on arrive à avoir, dans toutes les couleurs et pour un même ton, un grand nombre de nuances.
- Après la teinture, les boutons sont soumis à un dernier polissage au savon et ils sortent du baquet aussi luisants que des boutons de porcelaine.
- 11 n’ya plus qu’à les encarter, les emboîter et à les livrer au commerce.
- Londres et Hambourg sont, en Europe, les marchés les plus importants pour l’ivoire végétal, qui arrive de Colon, de Panama, de Gugyaquil surtout. Le matériel de l’industrie boutonnière a dû être complètement transformé, et l’Allemagne a, jusqu’alors, dans cette branche relativement nouvelle, conservé une avance que nos industriels français effaceront sans doute, espérons-le, dans un avenir rapproché.
- C. Chaplot.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- EN BALLON AU POLE NORD
- i le problème de la navigation aérienne était véritablement résolu, on ne sau-rait trop encourager une expédition du genre de celle qui se prépare à aller découvrir le pôle nord ; mais, dans l’état actuel des connaissances aéronautiques, il nous semble imprudent d’entreprendre un voyage en ballon à travers la vaste contrée inexplorée qui occupe la calotte boréale de la terre.
- Deux de nos compatriotes, membres de l’école supérieure de navigation aérienne, MM. Besançon et Hermite, que leur jeunesse et le légitime désir de s’illustrer rendent téméraires, viennent, en effet, de former le projet trop hardi de visiter en ballon les régions encore inconnues qui avoisinent le pôle nord, et de soulever ainsi le voile mystérieux qui cache toujours au monde savant, l’ile, la mer libre ou les glaces qui se trouvent à l’extrémité septentrionale de l’axe du globe. Ils ont réuni, parait-il, les capitaux nécessaires (plus de 500,OOü francs) à la réalisation de leur plan, qui serait magnifique s’il était vraiment praticable et offrait des chances sérieuses de succès.
- C’est du Spitzberg, par 80 degrés environ de latitude, à plus de 1,100 kilomètres du pôle, que MM. Besançon et Hermite se proposent d’effectuer leur départ, à bord de l’aérostat de 1,500 mètres cubes dont ils poursuivent l’exécution. Ce grand ballon, qui doit porter le nom de « Sivel », en mémoire d’un des plus illustres martyrs de la science aéronautique, sera gonflé au gaz hydrogène pur et construit en forme de sphère, avec une double enveloppe en soie imperméable et tous les perfectionnements utiles à assurer sa solidité et une excellente navigabilité aérienne.
- Une sorte de chambre close, rigide et insubmersible, en osier, rotin et acier, capitonnée au dedans, constituera la nacelle de forme oblongue, dans laquelle les deux chefs de l’expédition et leurs trois aides pourront assez commodément séjourner et maintenir une température supportable. A bord, se trouveront en outre huit chiens, un traîneau et un canot, ainsi que des vivres pour un mois, des instruments divers et une certaine
- quantité d’eau qui pourra servir de lest. Le tout, fort bien emménagé, aura un poids total de seize tonnes et demie, ce qui est exactement la force ascensionnelle du ballon. Au-dessus de la nacelle, une passerelle permettra la manœuvre de l’aérostat et la circulation des voyageurs.
- On doit certainement féliciter les deux courageux aéronautes de la vaillance dont ils font preuve en se disposant à exécuter, pour le profit de la science et la gloire de la France, un voyage aussi périlleux que celui qu’ils projettent. Cependant, étant donné le redoutable imprévu que comporte une telle exploration, il serait peut-être bon de ne pas laisser ces intrépides jeunes gens s’exposer ainsi aux grands dangers des régions polaires, contre lesquels ils seront trop peu armés, en cas d’accident quelconque, malgré la très habile installation de leur véhicule aérien.
- En effet, le trajet à parcourir, en admettant un itinéraire en ligne droite, peut s’évaluer à 3,500 kilomètres au minimum, soit la distance de Paris à Constantinople. Nous pensons qu’un ballon comme celui de MM. Besançon et Hermite, qui ne possédera aucun moteur autre que le vent, a fort peu de chances,sinon point, d’être entraîné dans une même direction sur un aussi long parcours. Le régime des courants atmosphériques dans la région du pôle est à peine soupçonné ; on suppose seulement, avec beaucoup de vraisemblance, qu’il existe un échange permanent d’air, par vents du sud et du nord, entre la zone méridionale chaude et la zone septentrionale froide de l’atmosphère, mais on ne possède pas de données précises sur l’altitude, la route et la persistance des vents qui résultent de cette circulation générale.
- Les aéronautes du « Sivel » quitteront la France au mois de mai, avec deux steamers chargés du matériel considérable nécessaire au gonflement du ballon sur une des îles du Spitzberg, d’où le départ s’effectuerait en juillet. Les deux explorateurs pensent pouvoir séjourner en l’air une dizaine de jours, grâce aux dimensions et à l’installation de leur aérostat, ainsi qu’aux ballonnets qui lui
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- seront adjoints, mais ils supposent que leur grande traversée aérienne ne demandera pas plus de quatre jours. Ils comptent atterrir dans l’Alaska ou la Sibérie. En cours de roule, ils prendront des photographies topographiques permettant de dresser ensuite une carte approximative de la région visitée. Pour conserver une distance à peu près fixe du sol, des guideropes (sortes d’ancres mobiles) seront employés ; toutefois, si. malgré l’été, les voyageurs ne rencontrent pas la mer libre, les chaotiques collines de glaces flottantes nous paraissent rendre peu pratique l’usage constant de ces appareils. Quant aux importantes variations de température qui peuvent se produire, elles ont été prévues autant que possible dans la construction de l’aérostat.
- En admettant une durée de quatre jours pour leur voyage, MM. Besançon et Hermite se basent sur l’existence d’un bon vent, donnant au ballon une vitesse moyenne de plus de 36 kilomètres à l’heure. Il est malheureusement peu probable que non seulement la direction, mais aussi la force du vent soient favorables durant plusieurs jours aux aéro-nautes. Ils commenceront bien leur traversée aérienne à l'aide d’un courant du sud, puis, arrivés au pôle ou à mi-chemin, un contre-courant pourra les porter vers la terre de François-Joseph ou le Groenland, ou encore une diminution d’intensité du vent pourra les obliger à prolonger leur séjour au delà des limites prévues, s’ils ne trouvent à aucune altitude le vent nécessaire. Se mettre dans de pareilles conditions à la merci de courants atmosphériques dont le régime est inconnu, et cela en ayant sous les pieds l’immense désert glacé qui entoure le pôle, c’est une imprudence qu’on ne doit pas laisser commettre à nos deux vaillants compatriotes, car ce projet à la Jules Verne ne peut guère qu’augmenter encore le nombre déjà grand des glorieuses victimes de l’hydre polaire.
- Qu’est-ce qu’un mois de vivres au sein de telles régions ? Et combien serait terrible la situation des voyageurs s’ils étaient forcés d’opérer leur descente sur une terre inconnue ou dans le vaste archipel boréal américain, ou même sur le littoral de l’Alaska comme de la Sibérie, pays presque inhabités et sans
- ressources, éloignés de tout centre civilisé !
- Sans doute, dans un avenir proche peut-être. lorsqu’on aura victorieusement résolu le difficile problème de la navigation aérienne, une exploration en ballon dirigeable à travers la région polaire sera d’une exécution facile. C’est même le moyen qui semble devoir être un jour le meilleur et le plus pratique pour l’étude géographique de ces contrées inhospitalières. En dehors de l’intérêt scientifique d’un tel voyage, la contemplation, du haut de l’aérostat, des paysages arctiques éclairés sans cesse par le soleil, est bien faite pour attirer l’homme épris des spectacles grandioses de la nature et voué à la poursuite de l’inconnu...
- Nos lecteurs connaissent l’expédition polaire préparée par le docteur Nansen, sous le patronage du gouvernement norvégien. Par le détroit de Behring, ce courageux explorateur espère atteindre le pôle sur un vapeur spécialement équipé. Il emploiera un petit ballon captif pour l’observation photographique du pays autour de son navire et au besoin comme signal lumineux. C’est là un usage des aérostats qu’on ne saurait trop louer et qui a d’ailleurs été expérimenté en France pour la première fois. Pour le moment, nous estimons que c’est seulement ainsi que les ballons peuvent rendre service à la géographie polaire.
- L’expédition organisée par nos deux compatriotes me rappelle celle projetée en loco-molive dont j’ai entretenu jadis les lecteurs de la Science en Famille (1). Évidemment, ce plan proposé par MM. Besançon et Hermite est beaucoup plus sérieux que cette rêverie fantaisiste, mais nous croyons cependant que ces deux hardis jeunes gens feront bien de réfléchir encore aux nombreux périls au devant desquels ils veulent se lancer avec une gaîté de cœur toute française, et, après avoir envisagé froidement leurs trop faibles chances de succès, de ne pas exposer à ce point leur vie, qui pourrait être assurément, dans d’autres cas à la portée des hommes de courage, plus utile à la science et à la patrie.
- Jacques Léotard.
- (1) Voir le numéro du Ier décembre 1889.
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- LA SCIENCË EN FAMÏLLÉ
- LE TOURNESOL & LES PAPIERS RÉACTIFS
- e tournesol, dont on fait un fréquent emploi clans les manipulations de chimie, se tire de végétaux divers.
- Il faut distinguer le tournesol en pains et le tournesol en drapeaux.
- Le tournesol en pains s’extrait d’une espèce de lichen (qui produit l’orseille). On mélange ce végétal avec du carbonate de potasse (ou de soude), on humecte avec de l’urine ; on laisse fermenter, et, quand la teinte est devenue bleu foncé, on ajoute de la craie pulvérisée et l’on fait du tout une pâte que l’on moule en pains. Etant alcalin et soluble, ce tournesol communique à l’eau ou à l’alcool une teinte bleue que les acides faibles transforment en rouge vineux et les acides énergiques en rouge pelure d’oignon. C’est cette solution qui constitue la teinture de tournesol des chimistes.
- Le tournesol en drapeaux se prépare à Grand-Gallargues, près de Nîmes, avec une plante, le Croton des teinturiers, vulgairement appelée Maurellc (1). On broie les sommités de ce végétal, on en mélange le suc avec de l’urine et l’on y trempe delà toile d’emballage; on étend cette toile imprégnée sur du fumier pour la soumettre aux émanations ammoniacales ; on répète plusieurs fois cette exposition.
- Le suc de Maurelle est incolore, mais il
- passe au bleu sous l'action de l’air et l’ammoniaque accentue encore cette coloration.
- Cette toile ainsi préparée est expédiée en Hollande où l’on teint en bleu des baquets
- d’eau dans lesquels on trempe les fromages de Hollande, ce qui fait acquérir à la croûte cette teinte que chacun connaît. La coloration bleue vire au rouge sous l’influence d’émanations acides.
- Le papier de tournesol, dont on se sert également en chimie, s’obtient en trempant dans de la teinture de tournesol des bandelettes de papier Joseph blanc ou de buvard blanc. Ce papier réactif sert à reconnaître la présence d’un acide ou d’un alcali.
- 11 existe d’autres papiers réactifs :
- Le papier de curcuma, qui est jaune, prend une teinte brune sous l’influence des alcalis.
- Le papier de dahlia, d’un bleu violacé, est coloré en rouge par les acides et en vert par les alcalis.
- Le- papier d'acétate de plomb, qui est incolore, noircit en présence de l’hydrogène sulfuré en formant un sulfate de plomb noir.
- Ces différents papiers sont d’une grande utilité comme réactifs simples. 11 est d’ailleurs facile de les préparer soi-même, et, qui plus est, d’en trouver d’autres variétés.
- Prenez des fleurs, mauves, violettes, pensées, géraniums, etc., mais ne prenez que les pétales, broyez-les et arrosez d’alcool, vous obtiendrez une liqueur colorée qui aura la propriété de changer de couleur, suivant qu’elle sera en présence d’un acide ou d’un alcali. Une infusion de chou rouge donnera également un bon réactif.
- Eugène Pintiaux.
- RESTAURATION DES GRAVURES ANCIENNES
- ’il est un art très intéressant et fort utile à connaître, c’est celui qui consiste dans la restauration des gra-^ ures anciennes et modernes ; et cependant cet art est de nos jours généralement inconnu de^ la plupart des ouvriers artistiques et même des artistes.
- Cet art exige, de la part du dessinateur, une giande habileté de main; en même temps qu’une connaissance suffisante des divers
- (i) Son véritable nom est chrozophora tinctoria.
- maîtres en gravure ; mais il demande aussi, de la part de l’ouvrier, une pratique sérieuse du réencartage, afin de dissimuler à l’œil du connaisseur le transport de la gravure sur un papier différent ou plutôt sur un fond nouveau.
- Les méthodes et les outils varient avec ceux qui les mettent en pratique ; nous ne pouvons donner toutes les façons de procéder, nous nous bornerons à exposer celle qui nous a paru la plus simple.
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- S’agit-il d’abord de décoller la gravure sans la déchirer ni la détériorer, on l’applique sur une planche, ou, ce qui est préférable, sur une feuille de zinc, pour que sa surface soit plus unie, et on l’humecte d’eau avec une petite éponge, comme font les dessinateurs pour collerleur feuille sur la planche à dessin.
- Au bout de quelques instants, on la retourne, on soulève très délicatement un des côtés de la gravure, et, en tirant doucement, avec beaucoup de précautions, et sans secousses, on arrive à l’enlever très nettement de dessus le fond.
- Le trompe-l’œil commence à cet instant, car il s’agit de transporter cette gravure sur un fond plus propre destiné â passer pour le fond primitif.
- A l’aide d’un tranchet, ou bien d’une lime, si on en a une grande habitude, et surtout si l’on est doué d’une extrême légèreté de main, on amincit les bords de la gravure, en même temps que l’emplacement à lui donner sur le nouveau fond.
- On tend ce fond sur une planchette, après avoir imbibé fond et gravure et on colle simplement sur les bords avec de la colle de pâte et d’empois.
- Si ce travail a été fait avec le goût et la délicatesse désirables, une fois le tout parfaitement sec, la gravure paraîtra avoir été imprimée sur ce papier, et l’illusion sera complète, lorsqu’on aura imité l’empreinte de la plaque de cuivre.
- Cette opération très importante consiste à prendre une règle double et un morceau de bois, de bois de buis, autant que possible, et à tracer, à l’aide de ces deux instruments, un cadre, soit droit, soit arrondi aux deux angles.
- Voilà le travail de l’ouvrier et on pourrait s’en tenir là, si la gravure elle-même ne portait aucune tache, car à cette heure, elle se trouve sur un fond absolument remis à neuf.
- Mais la gravure elle-même est tachée, il il va falloir enlever les taches, et c’est alors que commence le travail de l’artiste dessinateur, c’est le côté sérieux et très difficile.
- Il s'agit d’imiter et de faire des tailles factices, sur la gravure même, gravure dont on ne peut, supposons, tirer de nouvelles épreuves, les plaques étant détruites.
- L’opérateur, disions-nous en commençant,
- a dû faire des études approfondies sur les divers maîtres qui ont pratiqné l’art de la gravure ; il doit se bien pénétrer de leur sentiment, de leur manière et de leur exécution, et enfin, il ne doit poursuivre ce résultat qu’avec la certitude de l’atteindre à un degré qui défie l’œil du plus fin connaisseur.
- L’eau de javel qu’on remplace aussi par l’eau seconde sert à enlever les taches, mais les parties lavées deviennent blanches.
- Pour refaire ces parties enlevées, on emploie un pinceau très fin, et de l’encre de Chine s’adaptant, comme ton, au ton général de la gravure, et avec ce pinceau, on fait des hachures exactement semblables à celles qui sont déjà tracées.
- Ce travail est long et demande beaucoup de patience.
- Ainsi terminée, la gravure est envoyée à l’encarteur qui la transmet à l’amateur, et l’amateur se figure être en possesion d’une première épreuve parfaitement bien conservée.
- Tout à l’heure, nous disions que l’artiste dessinateur devait être certain par avance de tromper l’œil de l’observateur exercé ; nous ajoutons, pour terminer, que c’est presque impossible, que c’est impossible même, si l’observateur .connaît le procédé suivant, d’une simplicité étonnante.
- Il pourrait se faire que l’imitation des hachures fûtirréprochable, que le travail en soi fût la perfection même, et l’observateur devinera l’artifice : c’est qu’il s’agit d’un contrôle portant non sur le travail, mais sur l’encre employée.
- L’encre de Chine a un petit brillant qui ressemble à celui de la gomme, et les tailles factices tranchent sur le fond terne de l’eau forte. Alors, il suffit de placer la feuille dans la position horizontale tournée au jour, pour s’apercevoir facilement de la restauration.
- Il faudrait donc trouver un procédé permettant de faire disparaître immédiatement ce brillant : ceci s’adresse aux chimistes et aux marchands de gravures. Restaurateur de gravures 1 la profession n’exige aucune mise de fonds, et elle comporte de sûrs bénéfices.
- F.-R. Petit.
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- LA PYROGRAVURE
- a pyrogravure, ou gravure à la pointe de feu, est un procédé de décoration à la main, des bois, cuirs, ivoire, tissus, etc., à l’aide duquel on crée des ornementations du plus bel effet.
- Ce procédé ne s’adresse pas seulement aux artistes et aux industriels, il intéresse aussi, et au plus haut point, les amateurs, par sa simplicité et la facilité do son exécution. C’est à ce titre que nous nous en occupons ici.
- Notre journal, toujours soucieux de tenir ses lecteurs au courant de tout ce qui peut leur procurer d’utiles et agréables passe-temps, devait nécessairement s’occuper de la « pyrogravure. » Elle appelait d’autant plus notre attention que c’est une création française et qu’elle avait valu à son auteur, M. Manuel Perier, de nombreuses distinctions. Mais, avant de recommander la pyrogravure à nos lecteurs, nous avons voulu nous assurer qu’elle a réellement sa place bien marquée dans les arts d’agrément qui offrent aux amateurs des distractions variées, utiles et peu dispendieuses; nous avons tenu à nous rendre compte du procédé et surtout à bien comprendre son outillage indispensable.
- A cet effet, nous avons visité plusieurs fois l'Installation de M. Manuel Perier à l’exposition du Palais de l’Industrie. Nous y avons vu, à côté de grands panneaux décoratifs, de nouveaux spécimens d’objets charmants d’une exécution facile.
- M. Manuel Périer a fait fonctionner, sous nos yeux, son appareil ; il nous en a montré
- expliqué les divers et simples organes et il nous a fourni, par la démonstration pratique, tous les renseignements que nous désirions.
- Nous sommes donc en mesure de faire à nos lecteurs un compte rendu très exact, et, pour mieux le préciser, nous le leur présentons sous forme de réponses aux questions que nous nous étions posées et qu’ils nous adressaient eux-mêmes :
- Faut-il savoir dessiner pour pyrograver?
- Non. Il suffit d’avoir du goût.
- L’amateur qui dessine a le plaisir de créer lui-même, suivant son imagination et sa fantaisie, ses motifs de décoration. Celui qui ne sait pas dessiner se bornera à calquer. Calquer n’est pas dessiner ; avec un peu d’attention et de soin, tout le monde sait le faire.
- Après avoir calqué au crayon le motif choisi, on place, sur l’ohjet à décorer, une feuille de papier enduite de plombagine que l'on trouve chez tous les papetiers. Au-dessus de cette feuille on pose le calque dont on suit tous les détails avec une pointe en os ou en bois, eu tout simplement avec une aiguille à tricoter. Le dessin se trouve ainsi fidèlement transporté sur l’objet à pyrograver.
- La pyrogravure se fait alors en suivant les lignes du dessin avec le pyrotraceur que nousjiécrivons plus bas. Cette dernière opérai ion n’exige pas plus que la précédente la connaissance du dessin. Toutefois, nous engageons les commençants à s’essayer d’abord sur des sujets simples. Ils se familiariseront très promptement avec le pyrotraceur dont le maniement est aussi facile que celui d’un crayon et qui se prête aux effets les plus variés : pointillés, hachures, ombres et fondus.
- Les journaux illustrés, les albums d’ornements, arabesques, fleurs, etc., fourniront aux amateurs de nombreux motifs dont la pyrogravure augmentera encore les effets. Ajoutons que M. Manuel Perier nous a annoncé la prochaine publication d’un journal spécial, le Pyrograveur, dans lequel les amateurs trouveront des dessins variés et très décoratifs.
- Quel emploi l'amateur peut-il faire de la pyrogravure ?
- La pyrogravure lui servira à orner et décorer tous les objets, petits ou grands, dont la surface peut se creuser, se carboniser ou simplement se gaufrer sous l’action d’une pointe métallique plus ou moins chauffée. Le cuir, le bois, l’ivoire, certains tissus, et notamment les velours de coton et de soie, se prêtent merveilleusement aux plus gracieux
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- effets. L’emploi de la pyrogravure s’étend ainsi depuis les grands panneaux, les frises, les boiseries, les meubles, jusqu’aux plus petits objets d’un usage journalier. Au nombre de ces derniers, qui intéressent plus particulièrement les amateurs, citons :
- Pour le bois et l'ivoire. — Les cadres, coffrets, boîtes à jeux, à ouvrage, à gants, etc., manches d’ombrelles, couteaux à papier, anneaux de serviettes, etc.
- Pour la maroquinerie et le cuir. — Couvertures de livres, d’albums, etc., cuirs de fauteuils, ceintures, babouches, carnets, étuis à cigares, etc.
- Pour les velours decolon et de soie. — La brûlure superficielle du premier, le gaufrage du second à l’aide du pyrotraceur légèrement chauffé permettent d’exécuter à la main tous les ornements appropriés aux divers emplois des velours et qui, jusqu’à ce jour, ne se sont faits que mécaniquement. Ce sera pour la toilette: les rubans,' ceintures, chapeaux, robes, manteaux, etc., pour l’ameublement et tentures déportés et fenêtres, revêtements de cheminées, tapis, etc.
- La pyrogravure sur bois rappelle les teintes si agréables et si chaudes de la sépia et produit les tons les plus variés, suivant le plus ou moins d’accentuation des traits et des ombres. Elle sert à rehausser les effets de la maroquinerie dont elle
- précise les détails. Avec elle on donne le relief qui leur manque à ces mille objets charmants, que l’artiste et l’amateur créent avec les bois découpés. Elle devient ainsi l’auxiliaire de cet art charmant, le découpage du bois, qui jouit, auprès des amateurs , d’une faveur grandissant chaque jour et si bien méritée.
- En quoi consiste l'appareil à pyrograver et comment fonctionne-t-il? — L’appareil créé parM. Manuel Perier comprend : lo une souffleuse automatique en forme de gazomètre, dont le volume ne dépasse pas celui d’un petit poêle mobile. Cette souffleuse se compose d’une cloche à comprimer l’air, munie d’une soupape à piston et contenue
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- Fig. 28. — Sujet de panneau au 1/10® d’exécution.
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- dans une petite cuve annulaire en tôle peinte à garnitures en cuivre nikelé.
- Des poids placés sur la cloche servent à régler la pression de l’air, la température du pyrotraceur et son maintien constant et égal au degré voulu;
- 2° Le saturateur ou carburateur] petit récipient en cuivre nickelé, à fermeture vissée, fixé sur la cloche et garni d’éponges imbibées d’essence minérale ou de tout autre hydrocarbure;
- 3° Le 'pyrotraceur, avec lequel on grave et on dessine, et qui se tient et se manie comme un crayon. Le manche du pyrotraceur est traversé, à l’intérieur, par un tube métallique aboutissant à une pointe en platine d’une forme spéciale pour le dessin et i qtjii permet d’exécuter tous les traits, depuis les plus larges jusqu’aux plus délicats. Deux légers tubes en caoutchouc Axés à l’extrémité supérieure du pyrotraceur y amènent, l’un l’air carburé du saturateur, l’autre l’air froid de la cloche.
- Pour faire fonctionner l’appareil, on soulève la cloche, puis on présente la pointe du pyrotraceur à.la flamme d’une lampe à alcool qui fait partie de l’outillage. En quelques I secondes, cette pointe devient rouge et son incandescence , alimentée
- traceur ne s’éteint pas pendant qu’on l’opère.
- Les éponges imbibées du saturateur suffisent à un travail continu de dix heures au bout desquelles il faut les imbiber de nou-
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- par l’air carburé du saturateur se maintient indéfiniment et au même degré sans autre soin que celui de relever la cloche lorsqu’elle est arrivée au bas de sa caisse. Ce relèvement est si facile et si prompt que le pyro-
- Fig. 29.— Couverture de livre, pyrogravure sur cuir exécutée pour MM. Gruel et Engelmann (Exposition universelle de i88g).
- veau d’un peu d’essence. C’est la seule dépense qu’entraîne le fonctionnement de l’appareil. Elle est de un centime par heure.
- L’incandescence permanente du pyrotraceur est due aux propriétés du platine chauffé
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- mis en contact avec un courant d’air carburé. | Le pyrotraceur est donc construit d’après les mêmes principes que l’instrument chirurgical employé pour les cautérisations, mais sa nouvelle destination a exigé des modifications importantes qu’il est intéressant de signaler ici.
- 1° Dans l’instrument chirurgical la soufflerie se fait à la main avec la « Poire Piichard-son », ce qui exigerait des mouvements très gênants pour un dessinateur. Ici, la soufflerie automatique laisse la liberté absolue des deux mains.
- 2e Les poids placés sur la cloche donnent le maximum de pression nécessaire. On peut les enlever en tolalité ou en partie et régler ainsi d’une manière certaine et continue le degré de chaleur suivant la délicatesse ou la dureté de la matière à pyrograver.
- 3° Le saturateur métallique, fixé sur la cloche ne peut se renverser. Les éponges imbibées s’opposent à la projection dans les tubes de l’hydrocarbure liquide et ne laissent arriver que l’air carburé.
- 4o Le manche du thermo chirurgical s’échauffe très promptement. C’est sans inconvénient pour des opérations généralement courtes et pour lesquelles l’instrument peut être tenu à distance de la pointe incandescente. Pour un dessinateur ce serait une grande gêne, un obstacle même qu’il fallait supprimer. Dans l’appareil de M. Manuel Perier un courant d’air froid amené de la cloche circule dans le manche creux autour du tube central. Cette ingénieuse disposition empêche d’une manière absolue réchauffement du manche, et permet seul un travail régulier, assidu et sans fatigue. Elle a, de plus, le grand avantage d’assurer la fermeté de la main, le dessinateur pouvant tenir le pyrotraceur plus près de la pointe, comme il tiendrait un crayon.
- Nous avons dit que la pointe était construite spécialement pour le dessin, elle diffère donc essentiellement de toutes les formes chirurgicales.
- Aucun pays ne peut revendiquer l’idée première de l’emploi du feu pour creuser, sculpter, orner, peut-être même construire les ustensiles et les meubles. Le feu a dû être le premier outil, le premier burin, comme le charbon, le premier crayon. De
- nos jours encore, nous voyons les peuplades les moins civilisées se servir du feu pour creuser leurs pirogues, pour orner leurs armes, leurs idoles, leurs meubles. Chez nous, l’estampage à feu pour caisses, fûts, etc. se pratique toujours et depuis longtemps ; mais l’idée et le moyen de faire de la pyrogravure par le feu est une idée neuve, toute française, et dont l’honneur revient à M. Manuel Périer. Cette idée, il l’a rendue pra-tique, il l’a mise à la portée de tous avec l’appareil que nous venons de décrire, qui est à l’abri de tout dérangement et n’entraîne aucune dépense autre que le premier achat. j
- Nous intéresserons sans nul doute noslec- ^ leurs en leur disant comment M. Manuel Perier est arrivé à créer la pyrogravure et son outillage.
- Ses premières tentatives remontent à 1869.
- En voyant sur les quais de Bordeaux des caisses devin estampées à feu, il eut l’idée de reproduire par le dessin à la main les jolis ^ effets et les tons do sépia de ces estampages. Ses essais avec des tisonniers de di-verses formes rougis au feu ne purent ni le satisfaire ni le décourager. Les pointes à feu à olives employées en chirurgie, depuis Am- s broise Paré, ne réussirent pas mieux. Elles tl
- se refroidissaient trop vite et donnaient des e
- traits inégaux. Les résultats furent meilleurs V( avec les fers à souder à gaz et surtout avec un fil de platine maintenu incandescent par le passage d’un courant électrique. Il est possible que l’électricité et les accumulateurs, peu connus alors, lui eussent donné la solution qu’il cherchait lorsque parut le thermo- \ et cautère, inventé en 1873 par M. le docteur Paquelin. M. Manuel Perier vit, dans cet j cj instrument chirurgical, les éléments pour résoudre le problème qu’il s’était posé. Le docteur Paquelin se montra très heureux de cette nouvelle application qu’il n’avait pas prévue. Il en félicita M. Périer et il l’enga- ’ (p. gea à poursuivre ses recherches. Nous avons |ce dit quelles modifications et quel appareil jg^ simple et commode ont fait de l’instrument jgj, chirurgical un outil pratique pour la pyro- |tif gravure. bai
- M. Manuel Perier a trouvé de hauts et ass puissants appuis. M. Ch. Garnier, architecte fai de l’Opéra, M. Ed. Détaillé, notre grand
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- peintre militaire ; M. L. 0. Merson etM.Ch. Blanc, artistes peintres, prix de Rome; M. Rossigneux, architecte ; M. Lavastre, peintre décorateur de l’Opéra, ont honoré M. Manuel Perier de leur approbation et de leurs encouragements. M. de Parvillc, dans les Débats-, M. Tissandier et M. Ilospitallier, dans la Nature, et plusieurs autres journaux ont consacré à la pyrogravure des comptes rendus très élogieux. M. Louis de Lajolais, directeur de l’école des Arts décoratifs, a demandé à M. Manuel Perier de faire un cours de son procédé aux élèves de son école.
- Avec de tels parrains, la pyrogravure a désormais sa place faite dans les procédés de décoration.
- LA PHOTOGRA
- Photographie sur bois. — La photographie a, en beaucoup d’endroits, remplacé le dessin sur bois. Un croquis, environ douze fois plus grand que la gravure, est photographié on le réduisant, et reporté sur bois.
- On opère'au collodion humide de la façon suivante : on commence par faire un positif transparent renversé, à la chambre noire. On emploie un collodion dur et corné et on développe avec :
- Acide pyrogallique 6 gr. 5
- — citrique 3 9
- — acétique 56 »
- Eau 560 »
- I et l’on fixe à l’hyposulfite de soude.
- Le bois est recouvert avec une solution chaude de gélatine, dont la formule suit :
- Gélatine 112 gr.
- Eau 560
- Dissoudre au bain-marie, et ajouter 0 gr.25 d’alun de chrome. Le bois est recouvert de cette solution, puis séché. La surface de la gélatine est ensuite imbibée d’eau pendant dix à quinze minutes ; on y applique le posi-til transparent encore mouillé et sortant du bain de lavage ; on l'appuie légèrement pour assurer le contact et on laisse sécher sous faible pression. Après séchage, le collodion
- Nous venons donc en bonne et haute compagnie la présenter et la recommander à nos lecteurs. Nous leur avons dit, en commençant, pourquoi nous ne l’avons pas fait plutôt.
- En terminant, nous avons le plaisir de leur annoncer qu’une exposition spéciale de toutes les applications actuelles do la pyrogravure aura lieu l’an prochain à Paris. Notre grand peintre, Ed. Détaillé, figure en tête de la liste des adhérents et des exposants.
- Cette exposition, dont nous rendrons compte à nos lecteurs, sera certainement très variée et très intéressante. M. Manuel Perier fait, dès aujourd’hui, appel au concours des artistes, des industriels et des amateurs pyrograveurs, présents et à venir.
- TUE PRATIQUE
- se détache facilement de la glace et reste adhérent au bois.
- On peut encore opérer comme suit : la glace étant parfaitement nettoyée et talquée, on la collodionne et on l’expose comme d’habitude; on la fixe au cyanure de potassium et on la met dans une cuvette d’eau chaude, pendant que le bois a été noirci avec du cirage liquide ou ordinaire, puis recouvert d’une solution de colle forte à 1/12.
- La colle forte la plus ordinaire est celle qui convient le mieux, car elle met plus de temps à faire prise et l’on peut ainsi mieux égoutter que lorsqu’elle est de qualité supérieure. On place alors le bois dans l’eau, à une profondeur de 10 centimètres environ, puis on retire de la cuvette la photographie (négative) et on l’applique sur le bois sous l’eau. On essaie, en touchant les bords de la pellicule, si elle est disposée à quitter la glace. On met la photographie bien en place sur le bois, puis on sort le tout de l’eau pour faire sécher. S’il se produit des rides, c’est qu’on a opéré trop brusquement, il faut remettre dans l’eau et recommencer. Le séchage doit se faire dans un endroit chaud et aéré. Pratiquement, l’opération complète, depuis la mise au point jusqu’au séchage, ne demande pas plus de vingt minutes. La colle forte ne salit pas si l’on a soin de bien égout-
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- ter et de nettoyer avec une éponge et de l’eau chaude. — Un bon moyen de noircir le bois est de le tenir au-dessus d’une lampe à pétrole sans verre. — La colle ne débordera pas si on l’étend à la façon du vernis sur un négatif. — Ne jamais employer un vernis noir, car il est presque impossible d’y faire un bon travail, le burin y glisse comme sur du verre.
- (D'après Wtison’s Photographie Mazarine).
- *
- * *
- Virage des diapositives au moyen de l’alun et de l’hyposulfite de soude. — Le
- bulletin de l’association belge de photographie (avril 1890) contient une note intéressante de MM. Détaillé frères, relative à ce fait curieux signalé par M. Backelant ; si l’on plonge dans un bain d’alun et d’hypo-sulfite de soude une diapositive au gélatinochlorure, elle vire lentement, en passant par tous les tons, et atteint les tons rougeâtres au bout de plusieurs jours.
- Lorsqu’on mélange une solution d’alun à une solution d’hyposulfite, on constate qu’il se forme lentement un précipité laiteux, précipité auquel MM. Détaillé ont trouvé la composition suivante :
- Eau 34
- Alumine 28
- Soufre 28
- Ils furent amenés dès lors à penser que le virage était dû à une sulfuration produite par le soufre à l’état naissant.
- Le bain employé avait la composition suivante :
- Solution d’hyposulfite à 10 0/Û 1 volume.
- — d’alun à 15 0/0 1 volume.
- Des épreuves au gélatino-bromure y virent également, mais d’une façon beaucoup plus lente et très différente suivant la marque de plaques employée.
- Enfin, des épreuves sur papier, passées dans un tel bain, passent d’abord au jaune sale, puis brunissent et virent parfaitement. Il ne faut pas dépasser le point sous peine de voir jaunir, puis disparaître l’image. Pour ce dernier emploi, il est préférable d'étendre la solution ci-dessus de deux ou trois fois son volume d’eau. Il va sans dire que, par suite de la présence de l’hyposulfite, les épreuves
- se fixent en même temps. Bien que le ton obtenu soit moins beau que celui que donne le chlorure d’or, ce procédé de virage offre un certain intérêt, si les épreuves sont suffisamment stables.
- Pour montrer que le virage était bien dû à la formation d’un. sulfure, MM. Détaillé ont essayé un bain débarrassé du précipité de soufre, et, dans ces conditions, le virage ne s’est pas produit.
- La photographie orthochromatique. —
- L'?s plaques spécialement préparées pour la photographie orthochromatique (ou isochromatique) ne résolvent que d’une façon approximative le problème de l’obtention des tons avec leur valeur exacte. Il faudrait, en effet pour cela, que la sensibilité de la plaque fût de même nature que celle de la rétine, ce qui n’a pas encore été réalisé.
- Ainsi, et même sur une plaque orthochromatique, le rouge et le vert ne s’impressionnent jamais suffisamment, tandis que le bleu, qui est une couleur sombre pour l’œil, s’impressionne rapidement et vient en blanc sur l’épreuve.
- M. Lippmann a obtenu les tons avec leurs valeurs justes, en procédant par poses suc-sessives et en intercalant devant l’objectif, à chaque pose, un verre coloré, qui ne laisse passer que la couleur que l’on désire impressionner.
- Par exemple, on placera d’abord devant l’objectif une glace bleue et l’on donnera la courte pose nécessaire pour que les rayons bleus produisent leur impression. Alors, sans bouger l’appareil, on substituera à la glace bleue une glace verte et l’on posera le temps suffisant pour que le vert s’impressionne à son tour. Enfin, en substituant à la glace verte une glace rouge, on fera agir les rayons rouges.
- Il est évident que la glace verte ne devra pas laisser passer la moindre trace de bleu, de même que la glace rouge devra arrêter complètement les rayons verts et bleus.
- Il est préférable de se servir de plaques orthochromatiques, afin de réduire autant que possible les deux dernières poses.
- F. D.
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- ÉPHÉMÉRIDES ASTRONOMIQUES
- DE FÉVRIER 1891.
- SOLEIL. — Suivre les taches. Entrée dans les Poissons le 20. Le placer sur notre planétaire en face 830. Cela fait, il est facile de voir que la région du ciel qui passera au méridien à 9 h. du soir par exemple sera vn h. d’ascension droite, le 20 février, de même que celle qui passera au méridien le 1er février à la même heure, sera la région v h. environ. A minuit, le 1er on verra la région vin h. 20 m. et le 20, la région x h.
- LUNE. - D. Q. le 2 ; N. L. le 9 ; P. Q. le 15 ; P. L. le 23.
- OCCULTATIONS. — Le 2, à 2 h. 8 m. M p-, Balance ; le 15, à 7 h. 10 s. 121, Taureau.
- CONSTELLATIONS. — Voir : Science en Famille du 1er février 1888.
- ÉTOILES FILANTES. — Voir: Science en Famille du 1er février 1890.
- PLANÈTES VISIBLES. — Saturne, passe au méridien entre 1 et 2 h. du matin ; Uranus (diff). entre 4 et 5 h. du matin ; Mars, visible le soir ; il se couche entre 9 et 10 h. Mercure atteint le 6, sa plus grande élongation. Vénus est étoile du matin.
- NOUVELLES DE LA SCIENCE. — A cette époque de l’année, la vie terrestre, j’allais dire la vie mondaine et les conventions sociales absorbent tellement tous les habiîants de notre modeste planète (au moins de la partie civilisée et instruite de celle-ci) que seuls les marchands d’almanachs parlent encore des choses du ciel — et Dieu sait comment ils en parlent! Laissons-donc les Nos-tradamus modernes échafauder leurs prédictions en tous genres, ajournons-nous au mois prochain.
- MONOGRAPHIE DE MERCURE: (1)
- MERCURE est, on le sait la planète, la plus rapprochée du soleil. Distance moyenne 15 millions de lieues astronomiques (de 4 kilom). — 0,387, celle de la terre étant 1.
- Diamètre : 1244 lieues ; 1/3 environ de celui de la terre ; (exactement 0,373). — Apparent : de 4” à 13".
- Révolution annuelle ; 87 jours terrestres 969.
- Rotation ; sensiblement égale à la révolution (JSchiaparelli) 1889-1890. Elle tourne donc toujours la même face au soleil, sauf l’effet de la libration en longitude, évaluée à 47° 8’. (i)
- Inclinaison de l'axe sur l’orbite: 3 0/0 environ (Schiaparelli).
- Inclinaison du plan de l’orbite sur notre écliptique : 7° 0’ 8’’.
- Inclinaison du plan de l’orbite sur l’équateur : 70°.
- Excentricité : 0,205605.
- Volume : 0,052 (celui de la terre étant 1).
- Densité : 1,173 (celle de la terre étant 1), masse : 0,011,
- Intensité de la pesanteur, à sa surface : 0,439.
- Aplatissement (insensible).
- Vitesse (par seconde) de la planète sur son orbite : 46,811 mètres.
- Vitesse (par seconde) d’un point à l’équateur (rotation) 12 mètres (Schiaparelli — 1889-1800).
- Chaleur et lumière à sa surface : 5 fois plus considérables que sur la terre.
- Maximum d'élongation (pour l’observateur terrestre). 28° 30.
- Longitude du nœud ascendant : 46° 33’ 9”.
- Surface : 0,1428, de celle de la terre.
- Viesse d’un corps après une seconde de chute : 5 m. 28.
- Moyen mouvement diurne : 14,732"4194.
- Longitude du périhélie : 75° 7’ 14”(i) 1
- Diamètre à la distance (c’est-à-dire diamètre qu’aurait la planète si on l’éloignait à la distance qui nous sépare du soleil) ; 6”,61.
- Etat physique : Atmosphère très dense ; nuages fréquents; très hautes montagnes atteignant jusqu’au 1/253° du rayon de la planète ; phases sen-I sibles. G. Vallet.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- Le plus petit livre du monde. — M. Pk
- de Londres, possède en ce moment un î
- (i) Nous donnerons chaque mois la monographie d’une planète sous cette forme abrégée et synthétique afin de réunir tous les éléments utiles à connaître en une sorte de tableau.
- nuscrit extrêmement curieux, dont on ne connaît pas l’origine, et qui lui a été cédé par
- (1) Nous n’avons pas besoin de dire que nos éléments sont puisés aux sources les plus sûres, et tenus rigoureusement au courant de toutes les découvertes nouvelles. Que le lecteur ne soit pas surpris
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- La SCIENCE EN FAMILLE
- un soldat anglais, lequel soldat l’avait enlevé à Grhauzi, pendant la révolte des Gipayes.
- C’est un recueil des « Kathas », ou chants sacrés des Brahmes Maharattes, écrit d’un bout à l’autre en signes maharattes.
- Ce manuscrit, véritable chef-d’œuvre de calligraphie, se compose de 100 feuilles du papier de riz le plus tin, de forme octogonale, mesurant 12 m/m 5 de côté, brochées ensemble avec une couverture de soie. L’ouvrage est d’une finesse et d’une beauté dont rien ne peut donner une idée, et l’écriture est d’une netteté irréprochable ; enfermé avec un soin infini dans un écrin à couvercle de cristal, il constitue, à vrai dire, un bijou d’une valeur incomparable.
- ** *
- La tuberculose dans les armées européennes. — La Revue scientifique donne les chiffres suivants à propos de la mortalité due à la tuberculose dans les armées européennes.
- Morbidité annuelle Mortalité annuelle
- moyenne moyenne
- Armée anglaise 10 pour 1,000 2,14 pour 1,000.
- — autrichienne 4,8 - 1,7 —
- — belge. . . 4,8 — 1,0 —
- — allemande 3,13 — 0,83 —
- — française . 2,6 - 1,11 —
- L’armée allemande doit certainement ces résultats aux bonnes conditions de recrutement, ainsi qu’à une règlementation très large des différents modes de sortie de l’armée pour incapacité physique.
- D’ailleurs, l’armée allemande tient également le meilleur rang dans la mortalité générale, comme le prouvent les chiffres suivants tirés des dernières statistiques et donnés par M. Longuet, dans les archives de méde cine militaire de juillet 1890.
- Armée espagnole (1886) 13,49 pour 1,000.
- . — russe (1884) . . 8,88 —
- — italienne (1887) . 8,74 —
- — autrichienne (1887) 6.94 —
- — française (1888) . 6,09 —
- — anglaise (1887) . 5,13 —
- — belge (1888) . . 4,7 —
- — allemande . . . 3,97 —
- ***
- Un canon sous-marin. — La Gazette de
- de certaines divergences entre les calculateurs ; elles viennent de l’incertitude inséparable de déterminations parfois fort délicates,
- Turin annonce l’invention d’un canon sous-marin dont on aurait fait l’essai dans les eaux du lac de Côme.
- L’appareil, dit la Gazette, a été immergé à cent mètres de profondeur et, à un signal donné, le projectile a traversé en dix secondes la colonne d’eau, malgré la résistance du liquide.
- Les canons expérimentés peuvent être placés à n’imporle quelle profondeur et restent complètement invisibles à l’ennemi.
- Ces projectiles auront des effets terribles à cause de leur charge considérable. Us ne produiront pas cependant les mêmes résultats que les torpilles. En effet, tandis que ces dernières out pour objet de percer et de briser les cuirassés, les nouveaux projectiles apporteront une telle perturbation dans les eaux que les vaisseaux sombreront, ou du moins seront fort endommagés.
- Les projectiles ont l’énorme avantage d’éclater automatiquement à la profondeur voulue et sans le secours d’aucun fluide ou d’aucun agent de transmission.
- L’inventeur de ce nouvel engin est le fils de l’ingénieur Toselli.
- On construit actuellement sous la direction de l’inventeur un canon de ce système qui sera expérimenté prochainement à la Spezzia en présence de nombreux officiers supérieurs. ***
- Un arbre magnifique. — Des forestiers viennent d’abattre dans la forêt de Mammouth, en Californie, un arbre gigantesque qui figurera, en 1893, à l’exposition de Chicago.
- Situé sur un point culminant, à environ 2,000 mètres au-dessus du niveau de la mer, il mesure 32 mètres de circonférence ; une scie de 7 mètres de longueur, mise en mouvement par une équipe de huit hommes l’a détaché à sa base.
- On évalue son poids à 20,000 kilogrammes. ** *
- Le corps humain. — Voici sur la composition du corps humain quelques données intéressantes.
- Le corps humain contient 150 os et 500 muscles, le poids du sang d’un adulte est de 15 kilogrammes ; le cœur a ordinairement un diamètre de 15 centimètres; il bat 70 fois à la minute, 4.300 fois à l’heure et 35,792,000
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- fois dans l’espace d’une année; chaque battement déplace 44 grammes de sang ; le déplacement est donc de 5,850 kilos par jour. La totalité du sang passe en trois minutes par Je cœur ; nos poumons contiennent à l’état normal 5 litres d’air; nous respirons 1.200 fois par heure en dépensant 300 litres d’air.
- La peau a trois couches, dont l’épaisseur varie entre 3 et 6 millimètres ; chaque centimètre carré de la peau a 12,000 pores ; la longueur totale de ces pores est de 50 kilomètres.
- *
- * *
- Les œufs et la photographie. — Le Bri-tish Journal of Photography fait remarquer
- que l’énorme consommation d’œufs que l’on constate, vient de ce qu’un grand nombre sont employés dans l’industrie. Les marchands d’œufs les cassent, et vendent séparément le blanc et le jaune, à tant le gallon. Les plus grands consommateurs de blancs d’œufs, à Londres, sont les fabricants de papier albuminé. Les jaunes sont surtout employés pour la préparation des gants en peau de chevreau, et non pas pour la pâtisserie, comme- on se le figure généralement. Par cette séparation du blanc et du jaune, les marchands peuvent livrer à l’industrie les produits dont elle a besoin, à un prix beaucoup plus bas que si l’œuf était vendu entier.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- (CONSEILS ET PROCÉDÉS)
- Luts ou mastics obturants. — On a souvent besoin d’obtenir une obturation hermétique de flacons, tubes ou récipients servant à contenir des fluides gazeux ou liquides. A moins d’employer des fermetures en caoutchouc dont le prix est élevé, on est généralement obligé d’obstruer les fissures et les pores des bouchons de liège au moyen de certains enduils ou luts dont nous allons donner la composition.
- — Le lut le plus commode à se procurer est formé de bonne terre .glaise ou de terre à pipe délayée dans de l’eau pure ou de l’eau de savon ; mais il est peu adhésif et se crevasse en séchant.
- On remédie à ce dernier défaut en y incorporant du sable très-fin.
- — Un lut gras très commode à faire et à appliquer est formé de parties égales de cire et de suif, fondus ensemble. Avec un fer chaud ou étale le mastic uniformément.
- — Un autre lut gras moins coûteux s’obtient en broyant ensemble de l’huile de lin cuite et de la terre glaise bien sèche.
- — Un enduit, souvent employé dans les laboratoires, se fait en malaxant au mortier un mélange de colle d’amidon et de farine de graine de lin. On consolide l’application en la recouvrant par des bandelettes de toile que l’on serre et unit convenablement.
- — Pour des opérations demandant une
- jonction, solide on a recours à un mélange intime de blancs d’œufs et de chaux vive en poudre dont on enduit aussi des longes de toiles. Il faut employer cet enduit au moment de s’en servir parce qu’il durcit assez-vite.
- ***
- Dorure du cuivre par frottement. — Mélangez intimement les substances suivantes, que vous avez au préalable réduites en poudre très-fine :
- Chlorure d’or sec. . . 20 grammes.
- Cyanure de potassium . 60 —
- Blanc d’Espagne. . . 100 —
- Crème de tartre ... 5 —
- Faites, du tout, une pâte en ajoutant 100 grammes d’eau environ. Enduisez un petit chiffon de flanelle de cette pâte et frottez les objets à dorer. Il est nécessaire que ces objets aient été tout d’abord nettoyés avec le plus grand soin.
- Ce mélange est un poison violent. On fera donc bien, après s'en être servi, de se laver les mains à la brosse afin qu’il n’en reste aucune parcelle sous les ongles.
- (La Production.)
- ***
- Ciment très résistant. — Voici la composition d’un ciment excellent et très résistant ; il colle d’une façon parfaite les surfaces polies, la porcelaine, les pierres brisées, les minéraux et les fossiles,
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- Fig,
- On prend quatre parties de gomme arabique, trois d’amidon pur et une de sucre blanc. On pulvérise la gomme arabique et on la fait fondre dans une quantité d’eau suffisante pour dissoudre l’amidon et le sucre dans l’eau gommée ainsi obtenue. On fait cuire cette solution dans un vase maintenu dans l’eau bouillante jusqu’à ce que l’amidon devienne limpide.
- Le ciment est alors aussi épais que le goudron et garde cette consistance. Pour le préserver de la moisissure , on le place dans de la gomme camphrée, ou bien on l’additionne d’une petite quantité de sassafras.
- *
- * *
- Utilisation des cartes de visite. — Je
- crois bien me rappeler que c’est Lamartine qui a dit : « Si vous aimez la vie, épargnez « le temps car elle en est faite ». Cette maxime est aujourd’hui plus vraie que jamais, aussi n’y a-t-il pas de petits procédés qui soient à dédaigner pour parvenir à réaliser cette précieuse économie. En voici un qui vous permettra du même coup d’utiliser les nombreuses cartes de visite qui inondent votre bureau en cette saison de l’année.
- Prenons deux cartes de grand modèle (103mm sur 63ram) et col-lons-les sur une bande de fort papier, en ayant soin de les séparer par une bandelette de toile de 3 millimètres environ (B CE H). Cela fait, doublons l’intérieur avec une feuille blanche pour cacher les noms ; découpons ensuite dans deux autres cartes de mêmes dimensions deux pièces semblables ABIJCD — E F G Ii K L que nous fixerons avec une bandelette de papier en AB — AD — DC = EF — FG — GH. Nous aurons ainsi confectionné une véritable pochette à deux compartiments et à charnière très souple : nous pourrons alors, chaque jour, glisser une carte de dimension ordinaire dans chacun des deux feuillets et la remplacer quand elle
- A Ê E F
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- sera pleine, sans changer notre carnet. Sur l’une de nos cartes nous inscrirons, par exemple, les choses du jour; sur l’autre, le plan général de notre vie pour la semaine ou pour le mois. Inutile d’ajouter que le goût de chacun permettrad’orner la couverture extérieure du carnet au gré du fabricant. G. V.
- H
- 80.
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- * *
- L’abat-jour magique. -
- Tous ceux qui sont contraints de travailler le soir à la lumière d’une lampe ont pu constater les nombreux défauts des abat-jour ordinaires : yeux fatigués parla lumière qui se trouve trop découverte, perte considérable de cette lumière qui se trouve absorbée par la surface interne de ces instruments au détriment de l’éclairage, dissémination de la lumière sur une surface trop vaste, etc.
- M. de Parville, un de nos plus savants écrivains de la presse scientifique, vient d’inventer un appareil qu’il a baptisé du nom d'abat-jour magique, et qui fait disparaître tous ces inconvénients, Une surface argentée — on sait que l’argent est le métal qui possède le plus grand pouvoir émis-sif — ondulée suivant une certaine loi, permet aux rayons réfléchis de se répartir également sur la surface à éclairer, en donnant la plus grande somme de lumière possible.
- Enfin, la forme de l’abat-jour et sa disposition sur la lampe empêchent la lumière de venir frapper les yeux du lecteur : disons tout de suite qu’il s’applique à toutes leS lampes.
- Adapté à une petite lampe à pétrole dont le débit n’est que de deux centimes d’huile par heure, il permet une lumière de dix bougies et constitue ainsi un petit objet de ménage, recommandable à tous les points de vue-
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, ii8, rue d’Assas-La Fère. — lmp. Bayen, rue Neigre.
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- i<V£>3 #
- LES TRAVAUX D’AMATEURS
- INVIOLABILITÉ DES COFFRES-FORTS, COFFRES A BIJOUX, ARMOIRES? ETC, Dispositif électrique donnant la sécurité la plus complète.
- epuis longtemps, on se préoccupe de cette question, et l’électricité est toujours mise à contribution. Nous ^ avons déjà indiqué en cette même place bien des dispositions permettant de s’assurer « contre les voleurs ; » et, certai ne ment, elles sont plus que suffisantes. Mais... abondance de biens ne nuit pas, et nous allons aujourd’hui parler d'une installa-lation très simple. S’agit il d’assurer l'inviolabilité d’un coffre fort ou d un meuble quelconque placé à quelque distance, dans un magasin, par exemple ? Rien n’est plus simple, il suffit d’installer un contact de porte, le plus simple possible : une lamelle de cuivre fixée dans l’embrasure, une autre sur la porte, de telle sorte que, celle-ci étant fermée, le contact soit établi.
- Le tout est mis en communication avec une sonnerie modifiée comme nous allons l’indiquer.
- La figure 32 représente une sonnerie ordi-Eaiic dont tout le monde connaît maintenant le fonctionnement : il serait donc fastidieux d en indiquer le mécanisme. La figure 33 re-
- Fig. 32.
- présente cette même sonnerie pour notre usage : nous avons ajouté à la sonnerie ordinaire une borne C (1) communiquant avec la tige t du marteau. C’est tout ce qu’il y a à modifier. Il s’agit maintenant de l’installer : la borne A est mise en communication avec le pôle — d’une pile dont le pôle + est relié par un fil conducteur à la lamelle métallique placée dans l’embrasure de la porte du coffre-fort ; par un autre fil conducteur, la lamelle de la porte est reliée à la borne C. D’autre part, un fil de cuivre met en communication la borne B et le pôle + de la pile qui reçoit ainsi deux conducteurs, la figure 3i est le schéma de cette installation : un commutateur permet d’éviter le carillon quand le propriétaire lui-même ouvrira son coffre-fort. Ce commutateur est, cela va sans dire, installé dans la chambre à coucher, non loin de la sonnerie.
- Voyons maintenant ce qui se passera. En
- (i) L’emploi de cette borne est facultatif. On peut mettre en communication la tige du marteau avec le fil dérivé -)- en faisant passer celui-ci par un petit trou pratiqué dans la caisse de la sonnerie.
- °IJ
- Fig. 33.
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- LA SCIENCE EN KAAlll.LE
- temps ordinaire, c’est-à-dire quand ie coffre-fort est fermé, le courant est fermé par suite du contact des deux lamelles de cuivre ; l’électro-ai niant E est actif et retient la tige ^ du marteau. Le courant vient il à être rompu cVune façon ou cVune autre, cet électro-aimant devient inerte et abandonne la tige qui, sollicitée par son ressort do base, vient buter contre le ressort T (fig. 33) qui est lui-même en communication avec le pôle -f- de la pile, le courant passe de la tige dans la borne C, et, par conséquent, dans l’électro qu’il aimante de nouveau : nouvelle attraction qui se traduit par un coup de timbre. Mais la tige a dû quitter le ressort 7'; le courant est donc de nouveau rompu, et l’électro-aimant abandonne la tige qui revient au ressort : nouveau passage de courant, nouvelle attraction, deuxième coup de timbre, etc., etc.
- Un intrus vient-il à forcer votre coffre? vous êtes immédiatement prévenu, le courant a été coupé par l’ouverture de la porte et votre sonnerie fonctionne. Le voleur a-t-il quelques notions d’électricité? les fils conducteurs, qu’il aura bien soin de rechercher, lui indiqueront votre installation, et il s’empressera de les couper pour isoler Le coffre, et alors... alors votre sonnerie fonctionnera de plus belle, le courant ayant été rompu
- LES LIOUEUI
- MANIÈRE ÉCONOMIQUE DE
- a fabrication des liqueurs de table a, dans notre pays, une importance de premier ordre et beaucoup d’entre elles ont une renommée universelle : le Cassis de Dijon, l’Aniselte de Bordeaux, la Chartreuse (liqueur des Alpes), la Bénédictine (liqueur de Normandie), etc., en sont des exemples. Mais la consommation de ces liqueurs dites hygiéniques a pris un tel développement que leur fabrication est devenue, pour la plupart d’entre elles, une véritable industrie, mettant en œuvre des miliers d’hectolilres d’alcool et de matières premières diverses. Profitant de cette extension, bon nombre d’industriels
- (1) La Nature.
- tout aussi bien que dans le premier cas. C’est bien simple, comme vous le voyez.
- Il existe bien des dispositifs analogues pour se garantir des visites intéressées et général» ment nocturnes, mais elles n’offrent de sécurité qu’autant qu’elles sont personnelles et inconnues des autres. Les livrer à la publicité, c’est souvent leur ôter toute garantie, car la vaste association des cambrioleurs renferme certains déclassés pour lesquels un article de ce genre est une bonne aubaine et un enseignement pour l’exercice de leur profession lucrative. Tel n’est pas le cas de l’installation dont nous avons parlé. Que l’opérateur importun connaisse votre installation ou qu’il l’ignore ; qu’il coupe les fils conducteurs ou qu’il les laisse subsister, le résultat est lis même et se traduit par un carillon qui vous prévient de sa visite. Que peut-on désirer de mieux et de plus simple ?
- Nous prions les abonnés qui s’occupent de cette partie de la physique, de vouloir bien nous soumettre les observations qui pourraient bien leur être suggérées par cette installation ; nous les en remercions à l’avance, nous promettant d’en faire profiter nos aimables lecteurs.
- G. Huche.
- S DE TABLE
- LES PRÉPARER SOI-MÊME
- n’ont pas hésité à faire entrer dans la préparation de ces liqueurs des alcools d’industrie insuffisamment rectifiés, dont le mauvais goût se trouve en grande partie caché par les plantes aromatiques formant la base do la liqueur, mais cette dernière ne constitue plus alors qu’une mixture trompeuse contenant des toxiques dangereux tels que : alcool mé-thylique, alcool buthylique, amylique, aldéhydes divers, etc. C'est ainsi que la fabrication des liqueurs soi-disant hygiéniques est devenue dans bien des cas, une industrie dangereuse au premier chef, et cela parce que les alcools, les fruits et les plantes dont elle fait l’usage sont de mauvaise qualité. Est-ce à dire que nous devons pour cela renoncer aux liqueurs de table dont les propriétés sto-
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- machiques et digestives sont si bien démon trées ? Non, cerles. il existe des in lustriels consciencieux qui fabriquent encore de ces liquides avec des produits de choix ; mais en présence de la concurrence déloyale dont ils sont l’objet, ils sont obligés de vendre leurs produits à des prix très élevés, 6 à 10 francs la bouteille, par exemple, et, par ce fait, les liqueurs hygiéniques qui devraient, par leur nature même, être à la portée de tous, deviennent l’apanage exclusif des tables privilégiées.
- Heureusement qu’il existe des procé lès économiques, faciles à mettre en pratique, qui permettent de fabriquer soi-même toutes les liqueurs au moyen de produits dont on connaît la qualité. Grâce à l’emploi de ces procédés qui, à notre sens, ne sont pas assez connus, outre la satisfaction personnelle qu’on éprouve à préparer soi-même telle et telle liqueur, on a encore celle non moins précieuse de savoir ce qu’elle renferme et d’être persuadé qu’on a un produit véritablement sain et hygiénique. C’est cette fabrication ménagère des liqueurs de table que nous voulons faire connaître aujourd’hui.
- Voulez-vous, par exemple, préparer du cassis ? Plusieurs procédés peuvent être employés ; en voici deux choisis parmi les meilleurs :
- 1° On remplit à demi une grande bouteille avec des fruits et le reste avec de l’eau-de-vie blanche, après y avoir ajouté un peu de sucre ; on laisse infuser au soleil pendant deux mois en agitant la bouteille de temps à autre, puis on presse et on passe.
- 2° On prend :
- queur ainsi obtenue ne sera consommée qu’au bout d’un mois.
- La liqueur de brou de noix, outre ses propriétés digestives, est éminemment tonique ; on la prépare ainsi :
- Noix bien fraîches et jeunes, 30
- * “ ~ -i
- Feuilles do cassis. Fruits de cassis . Cannelle . .
- Sucre ... Alcool à 56» .
- 75 grammes 1 kil. 500 " —
- . . 1 —
- . . 500 -
- 1 litre 1/2.
- Alcool à 56° Sucre blanc Cannelle . Girofle . .
- Eau . . .
- l/21itre. 1 kilog. 40 centig. 40 -1/2 litre.
- On écrase les noix, on fait macérer le tout pendant deux ou trois mois, puis on filtre :
- Le Curaçao, liqueur digestive par excellence, très prôné par les docteurs Dechambre et Fonssagrives, dans les affections fébriles, se prépare très simplement avec :
- 125 gr.de zestes secs d’Oranges amères.
- 2 gr. de girofle.
- 2 gr. de cannelle.
- 2 litres 1/2 d’alcool à 54°.
- On fait macérer pendant huit jours et on ajoute 625 grammes de sucre dissous dans 300 grammes d’eau. D’autres liqueurs, telles que l’Anisette, la Menthe, le Kümmel, le Raspail, le Vespetro, etc., demandent l’emploi des essences ou huiles essentielles, qu’il faut choisir de toute première qualité. La fabrication de ces liqueurs est un peu moins simple, en raison de la multiplicité des produits qui la composent ; en voici deux exemples.
- Marasquin : Essence de noyau. 3 grammes.
- Essence de Neroli Extrait de jasmin Extrait de vanille Alcool à 90°. .
- Sucre .... Eau
- 50 centig.
- 1 gramme. 1 —
- 3 litres.
- 5 kilog.
- 4 litres.
- Par l’une ou l’autre de ces méthodes on obtient une liqueur d’un goût fin et délicat, stomachique, digestive et carminative qu’on boit pure ou étendue d’eau.
- La liqueur d’orange, délicieuse au goût est nue préparation encore plus simple : on prend une belle orange qu’on transperce de part en part avec un bâton de cannelle, on la plonge ensuite dans un mélange à parties égales d’alcool et de sirop de sucre ; la li-
- On fait dissoudre les essences dans l’alcool, on ajoute l’eau dans laquelle on a fait fondre le sucre et on filtre.
- Kümmel: Essence de cumin, 8 grammes. Essence de coriandre. 5 grammes.
- — d’orange . . 5 —
- — de fenouil . 7 -
- — de cannelle . 5 —
- — de violette . 1 —
- — de citron. . 5 —
- Alcool à 90°. . . . 5 litres.
- Sucre................2 kil. 500.
- Eau..................21itresl/2.
- On opère comme précédemment.
- Gomme on le voit, dans la préparation de c.p.r linueurs, on ne fait pas intervenir la dis-
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- filiation, ce qui simplifie énormément le mode opératoire. Toutefois, il faut reconnaître que pour le Marasquin, le Kümmel, l’Anisetle, la Chartreuse, l’Eau-de-vie de Dantzig, etc., qui se préparent | ar les mêmes procédés, la multiplicité des essences et extraits mis en œuvre constitue souvent un écueil devant lequel recule plus d’une ménagère ; c’est ce qu’un habile chimiste, M. Ch. Bureau, a parfaitement compris. A la suite de longues et patientes recherches, cet inventeur est arrivé à simplifier d’une façon extraordinaire le mode de préparation de toutes les liqueurs de table.
- Tout d’abord, il supprime l’emploi direct des plantes aromatiques, souvent difficiles à se procurer à l'état de maturité et de siccitè désirables, et il emploie les essences végétales qu’il prépare lui-même d’une manière ingénieuse : il fait macérer les plantes, qu’il reçoit directement des pays de production, dans un mélange d’alcool et de glycérine chimiquement pure, après quoi, il distille à plusieurs reprises. Cette adjonction de la glycérine eu très minime quantité dans la préparation des essences a pour but d’obtenir le fondant des liqueurs en même temps qu’une homogénéité parfaite, de sorte que, dans le mélange de plusieurs essences constituant un extrait, concentré de liqueurs, le palais le plus exercé ne peut plus distinguer le goût particulier de chacune des essences. Nous avons pu voir le laboratoire de M. Ch. Bureau à Arras, et ses procédés tout nouveaux ont vivement frappé notre attention ; tous les appareils distillatoires employés sont en verre et les essences obtenues avec des plantes de choix ont une suavité et une û-
- nesse de goût que nous n’avions pas encore observées jusqu’ici.
- En résumé, M. Ch. Bureau, en mélangeant ces diverses essences dans des proportions déterminées et en nombre variable suivant les produits qu’il veut réaliser, obtient des extraits concentrés de toutes les liqueurs. C’est cet extrait qui sert à la préparation d’une boisson éminemment hygiénique et d’une finesse de goût incomparable. Grâce à cette invention, la fabrication ménagère des liqueurs de table se trouve simplifiée au dernier point. Elle se réduit à ceci : vous prenez 16 grammes d’extrait concentré de Kümmel par exemple, que vous mélangez à un litre d’alcool à 90°, vous ajoutez 600 grammes de sucre dissous dans 6)0 grammes d’eau, vous avez ainsi un sirop de sucre préparé par vous-même, certain ainsi de ne pas introduire de glucose. Vous obtenez ainsi deux litres de liqueur d’une finesse exquise pouvant rivaliser avec les meilleures marques et dont le prix de revient oscille entre 2 fr. 50 et 3 francs le litre.
- Comme on le voit, le procédé est à la portée de tous. Enfin toutes les liqueurs sans exception peuvent se préparer de cette manière; néanmoins M. Bureau prépare tout spécialement les extraits concentrés de Kümmel, Ani-sette, Raspail, Vespetro, Marasquin, Menthe, Noyau, liqueurs des Alpes, jaunes ou vertes, liqueurs de Normandie, Elixir de Garus, Ananas, Eau-de-vie de Dantzig avec paillettes d’or, etc..., etc.
- C’est là, à notre sens, un résultat remarquable. A n’en pas douter, nos lecteurs nous sauront gré de l’avoir fait sortir de l’ombre où il était resté caché jusqu’ici.
- A. Larbalétrier.
- LES DESTRUCTEURS DE LIVRES
- DESCRIPTION DES ESPÈCES — LEURS DEGATS MOYENS PRÉVENTIFS ET REMÈDES
- es manuscrits, les parchemins, les livres de nos bibliothèques, sont exposés à subir des détériorations irréparables parfois, toujours très fâcheuses, causées par les mandibules de certains insectes, voiretmême de quelques arachnides
- qui, pour le plus grand malheur de nos volumes, viennent élire domicile parmi eux.
- Combien d’estampes anciennes, de gravures rares, de manuscrits précieux, ont été la proie de ces terribles ravageurs !
- Les quelques arachnides qui peuvent être
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- classés parmi ces destructeurs, appartiennent au genre mite et on doit citer une cheylètre (cheylelrus erudilus), qui ronge le papier des livres tenus dans un endroit unpeu humide.
- Mais c’est surtout chez les insectes qu’on rencontre ces hôtes incommodes.
- Un petit coléoptère (Hypothenemus erudi-tus, Westm.) creuse des galeries étroites dans les couvertures des livres ; un autre ravageur du même ordre cause des dégâts beaucoup plus importants : c’est la vrillette (,anoibium, Fab.).
- Les vrilletteshabitent nos maisons où elles font beaucoup de dégâts à l’état do larves, en perçant les planches, les meubles, les boiseries, les livres, d’une couverture à l’autre. On rapporte un exemple de vingt-sept volumes in-folio, placés ensemble sur une tablette et qui avaient été si bien perforés par une larve de vrillette qu’on put enfiler une ficelle par le trou qu’elle avait fait et soulever tous les volumes.
- Ce nom do vrillette est donc absolument justifié ; leur nom scientifique anobium, du grec a privatif, et bios, vie, vient de l’habitude que possèdent ces insectes de se contracter, de se laisser tomber et de rester immobiles au moindre danger, comme pour dissimuler leur existence, et au point que les animaux mêmes qui les mangent vivants s’y trompent parfois; vient-on à les toucher, à les jeter dans l’eau, ils s’y tiennent en repos jusqu’à ce qu’ils croient tout danger écarté.
- Enfin, les gens superstitieux les ont baptisés du nom lugubres d'horloges de la mort pour expliquer le bruit répété et régulier que font ces vilaines bêtes par le choc rapide de leurs mandibules sur les boiseries qu’elles perforent.
- La Y. marquetée, longue de 0m007, avec des taches jaunâtres sur un fond brun obscur et mat, des poils cendrés, qui lui donnent, disposés par groupes, un aspect soyeux par places, et la V. entêtée, de mêmes dimensions, tellement opiniâtre qu’elle se laisse brûler plutôt que de donner signe de vie, sont les espèces les plus remarquables et les plus nuisibles.
- Parmi les Orthoptères, quelques blattes s attaquent aussi aux papiers et chez les Né-vroptères, il ne faut pas omettre certains termites ou fourmis blanches qui sont une
- source constante de dégâts dans les pays chauds.
- Deux Lépidoptères nocturnes, un Pyra-lien, YAglossa pinguinalis, papillon grisâtre que l’on rencontre appliqué le long des murs, une teigne, espèce de Depressaria, doivent être détruits soigneusement, car leurs chenilles détériorent les livres en filant leurs toiles entre les volumes et en rongeant le papier pour en former leurs cocons.
- Enfin, dans cet ordre d’idées, il est encore des Aptères redoutables qui paraissent choisir de préférence les livres pour étendre leurs ravages, les Lépismes.
- Ces insectes très agiles et que l’on appelle aussi petits poissons blancs, justement à cause de leur agilité, mais aussi à cause de leur forme aplatie recouverte d’écailles ar-argentées, brillantes, qui disparaissent au moindre contact de la main, se glissent entre les boiseries, se blottissent entre les pages des volumes et rongent le bois, le papier, le cuir des reliures. — Une espèce, la Lepisma saccharina mange le sucre.
- On a constaté cependant que les Lépismes dévoraient les pages aux endroits blancs, les marges, par exemple, et c’est ainsi qu’on a vu des gravures tout encadrées et épargnées seulement dans les parties recouvertes d’encre d’imprimerie.
- Les noms et les mœurs de tous ces ennemis sont sans doute intéressants à connaître, mais avant tout il faut savoir se débarrasser de leur présence sitôt que celle-ci se trouve révélée par l’existence de dégâts plus ou moins accentués; ce qui serait même préférable, ce serait de les prévenir.
- On les préviendra en pratiquant de temps à autre certaines fumigations, en remplissant la bibliothèque ou l’endroit qui renferme les ouvrages à préserver de vapeurs de soufre, d’acide prussique, de benzine.
- Est-il déjà trop tard et a-t-on pu constater les premières traces, il faut avoir recours à ces fumigations faites sur unegrande échelle ou mieux à la vaporisation.
- On place les volumes attaqués dans une grande caisse rendue autant que possible imperméable à l’air et on les y enferme avec de petites soucoupes remplies de benzine ou bien avec des éponges imbibées d’acide pbénique : une forte infusion de coloquinte
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- ou do quassia, le chloroforme, l’essence de térébenthine, le jus exprimé de noix vertes, l’acide pyroligneux, conviennent parfaitement. Enfin, un moyen original et qui donne d’excellents résultats, mais qui est loin d’être
- pratique, est celui qui consiste à suspendre le volume attaqué sous la cloche d’une machine pneumatique; une heure après qu’on a fait le vide toutes les larves sont mortes.
- Ch. Fleury.
- CAUSERIE MÉTÉOROLOGIQUE
- LES PERTURBATIONS DE L’ATMOSPHÈRE ET LES INFLUENCES ASTRALES
- j a science de l’atmosphère et des météores qui s’y produisent, n’avance qu’à pas lents sur le chemin du progrès, où la plupart de ses sœurs précipitent leur marche avec une vitesse croissante. Et cela n’a rien qui doive surprendre, car notre situation dans l’océan gazeux qui couvre la terre est analogue à celle des êtres qui habitent les gouffres de la mer; nous vivons, en effet, dans les profondeurs d’une atmosphère dont la couche respirable atteint près de dix kilomètres de hauteur et dont l’épaisseur totale n’est sans doute pas inférieure à vingt fois ce chiffre. 11 est vrai que la plupart des perturbations météorologiques se produisent dans la partie respirable de l’océan aérien, c’est-à-dire dans celle qui avoisine le sol. mais l’homme est néanmoins fort mal placé pour étudier les innombrables phénomènes de l’atmosphère et observer leurs causes diverses, ainsi que les multiples conditions dans lesquelles ils prennent naissance, s’atrophient ou se propagent.
- La météorologie est donc une science très délicate et très complexe, qui cependant, avec beaucoup de temps, d’une part, et les progrès également lents de la navigation aérienne, d’autre part, arrivera certainement un jour à résoudre bien des problèmes encore obscurs. Toutefois, une grande réserve est nécessaire pour le moment, afin de ne point engager les investigations sur une voie fausse; les vrais savants demeurent circonspects en conséquence, dans les questions relatives aux phénomènes atmosphériques, et restent le plus possible dans le domaine positif et expérimental. Aussi, est-ce précisément en météorologie que maints savants assez avisés donnent surtout libre cours à
- leur fertile imagination et à leur pédantisme facile; c’est aussi sur ce sujet qu’ils sont le plus écoutés par le gros public, non prévenu de leur suffisance.
- La première et principale erreur de ces empiriques est d’une importance capitale poulies théories naïves et embrouillées qu’ils échafaudent complaisamment. Elles consistent à ne faire qu’une seule et même science de deux branches indépendantes des connaissances humaines: l’astronomie et la météorologie. 11 est aisé de montrer que c’est là une base absolument fausse. Leur seul véritable rapport est bien connu de tout le monde : c’est que la circulation atmosphérique, de même que la vie et l’activité terrestres, dépend entièrement de la lumière et de la chaleur du soleil, qui sont tout naturellement hors de discussion.
- L’astronomie est la science des astres; elle s’occupe de leur position et. de leurs mouvements dans l’espace, de leur constitution physique et chimique, do la situation probable de la vie à leur surface; en un mot, elle a pour objet l’étude générale des innombrables corps célestes semés dans l’espace infini, et dont le plus rapproché de nous, la lune,, gravite à 384,00d kilomètres de la terre. Tout différent est le but de la météorologie, science qui traite seulement des phénomènes si nombreux et si divers qui ont pour théâtre l’enveloppe atmosphérique du petit astre dont nous habitons la surface. Tandis que, par suite de la connaissance précise des lois mathématiques qui régissent l’univers, les astronomes peuvent exactement calculer des années à l’avance la marche des corps célestes à travers les cieux, les météorologistes, n’ayant pu encore déterminer si des règles
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- fixes président à toutes les variations du temps au sein de l’atmosphère, sont dans l’impossibilité de se livrer à une véritable prédiction des phénomènes aériens.
- Les faux savants dont nous venons de parler ne tiennent aucun compte de tout cela ; confondant la météorologie et l’astronomie, sur la fui des préjugés populaires, ils croient que la première dépen l de la seconde, ce en quoi ils sont volontairement dans une profonde erreur. Ils ont par conséquent des vues et une science particulières, ce qui leur permet de déclarer leurs idées très indépendantes des opinions des vrais météorologistes, de nier les théories officiellement admises et de donner libre carrière à leur imagination fantaisiste. Pour eux, les causes des perturbations atmosphériques ne doivent point être cherchées sur la terre, mais bien dans le ciel. Ils ont adopté la formule, à la fois vague et mystérieuse, « d’influence astrale », pour désigner l’action des corps célestes sur les phénomènes météorologiques ; c’est là une expression inventée par d’antiques sorciers, les aslrologues, qui faisant mieux encore, prétendaient que chaque astre possède des influences particulières sur les destinées humaines ! S’appuyant sur le fait que les mouvements des corps célestes sont connus à l’avance, nos savantasses, sorciers dun nouveau genre, ont la prétention d’expliquer les mystères de la météorologie avec des causes astrales et, par une suite naturelle, de prédire exactement le temps à longue échéance, ainsi même que certains phénomènes d’ordre géologique, tels que les tiemblements de terre et les explosions de
- grisou.
- Nous allons rapidement examiner avec quelque attention ce que peuvent être ces influences astrales : il nous sera facile de constater qu’elles sont loin d’avoir les proportions et de jouer le rôle que leur attribuent les préjugés ignorants et pleins d’illusions avec lesquels des empiriques espèrent modifie! et perfectioner une science qui doit restei méthodique et positive.
- C’est à peine d’un demi-siècle que datem es progrès principaux de la science météorologique. D’illustres scrutateurs de l’inconm; et un giand nombre de savants plus modeste;
- ont exécuté de laborieux travaux, de patientes recherches, pour dévoiler peu à peu quelques-uns des mystères qui enveloppent la naissance, la marche, la distribution et la succession des météores. Les grands mouvements réguliers de l’atmosphère ont pu être déterminés ; la loi des tempêtes a été découverte et formulée avec exactitude.
- Dès lors, la prévision à courte échéance des plus importantes variations du temps est devenue possible : les stations météorologiques distribuées dans l’Amérique du Nord et l’Europe occidentale, observent les grandes perturbations aériennes et signalent télégraphiquement leur arrivée très prochaine dans les régions vers lesquelles elles se dirigent.
- La vraie science météorologique ne prédit pas la naissance de la tempête, mais elle constate sa formation et indique la route que suivra le terrible météore.
- Grâce aux beaux travaux du Bureau central Météorologique de Paris et des Observatoires spéciaux étrangers, parmi lesquels celui du Neio-Yorh Hérald, ainsi qu’aux recherches assidues de nombreux savants amateurs, les phénomènes qui marquent la circulation complexe de l’atmosphère deviennent chaque jour mieux connus, et cela sans qu’il soit tenu compte des prétendues influences astrales,
- Quant aux phénomènes locaux, indépendants des vastes mouvements cycloniques, tels que certains vents, la grêle, les chutes normales de pluie ou de neige, ils ne peuvent être que rarement prévus pour un lieu donné et une date fixe à très courte échéance, et jamais une ou plusieurs semaines et surtout plusieurs mois à l’avance.
- Nous l’avons dit, ceux qui se livrent à ces dernières prédictions font intervenir les les astres dans leurs systèmes et agissent tout à fait en dehors de la science.
- En effet, de l’avis des plus grands savants, les causes des perturbations atmosphériques sont d’une nature terrestre et il n’y a lieu de rechercher dans l’univers, à ce point de vue, aucune autre influence astrale que celle de la lumière, de la chaleur et de l’électricité ou magnétisme rayonnés par le soleil.
- (A suivre)
- Jacques Léotard.
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- LA FANTASMAGORIE
- ^.vant de remplir le rôle utile qui les caractérise maintenant, les appareils de projection ont surtout fourni des moyens de distraction et ont excité pendant bien longtemps la surprise du public amateur du merveilleux.
- Des opérateurs peu scrupuleux ont même tiré parti do ces appareils pour produire des évocations et exploiter la crédulité des gens trop confiants dans l’apparition des esprits et trop ignorants des progrès de la science.
- Si nous voulons parler ici de ce sujet, c’est uniquement dans le but d’initier nos lecteurs aux procédés employés pour produire ces illusions saisissantes, dont l’effet ne manque pas d’étonner ou au moins d’intéresser ; le théâtre moderne met largement à profit les projections lumineuses, et l’on nous saura gré de donner quelques détails sur la façon dont on produit le rapprochement ou l'éloignement des images qui constituent la base de la fantasmagorie.
- Nous entrons dans une salle qui ne diffère en rien d’une salle de théâtre ordinaire. Tout à coup, les lumières s’éteignent, le silence se fait ; un fantôme, d’abord confus, sort de sa tombe en prenant peu à peu des formes plus nettes ; il étend le bras et s’avance vers nous; il disparaît ensuite par degrés et, la salle rendue à la lumière ne laisse la trace d'aucun préparatif particulier.
- Que s’est-il passé? Rien de plus simple. Aussitôt l’extinction, le rideau du théâtre s’est levé, découvrant une toile blanche ten-
- Fig. 35.
- düe devant la scène. Derrière cette toile, un appareil de projection, monté sur roues (fig. 35), était préparé d’avance, et, muni d’un tableau représentant le fantôme, attendait dans l’obscurité le lever du rideau. A ce moment, l’opérateur a ouvert l’objectif et laissé peu à peu passer la lumière par un diaphragme à ouverture variable; en même temps, il a effectué la mise au point exacte, et c’est ainsi que le fanlôme nous est apparu graduelle ment. En réalité, le fantôme ne s’èst pas avancé vers nous; cette illusion a été produite par l’augmentation des dimensions de l’image réelle, augmentation obtenue en éloignant la lanterne de l’écran. Mais cette manœuvre n’est pas aussi simple que cela et elle en entraîne deux autres que l’appareil fournit automatiquement. En; effet, si la grandeur de l’image dépend de la distance de l’écran à l’objectif, d’autre part cette distance est intimement liée à la distance de l’objectif au tableau placé dans la lanterne ; il faut donc que cette dernière distance varie en même temps que la lanterne ou fantascope se déplace. AI cet effet, l’objectif est manœuvré par un levier qui appuie sur une cane recevant son mouvement du mouvement même de l’appareil. La fig. 35 nous dispense du reste de toute explication complémentaire' En outre, lorsque l’appareil s’approche,— cl par suite, lorsque l’image diminue—la même quantité de lumière se trouve versée sur une surface qui va en décroissant, et, par suitet l’éclat de l’image augmente. Comme il i®'
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- porte que l’image conserve toujours le même éclat, on diminue, au moyen d’un diaphragme à ouverture centrale, le passage offert aux rayons lumineux. Ce diaphragme est manœuvré par l’objectif lui-même.
- On a composé pour le fantascopeun grand nombre do scènes destinées à impressionner l’auditoire. Avec les concours des appareils
- des chats, des chauve-souris, des têtes de morts, voltigent avec des feux-follets. Au milieu d’un cercle magique on lit ces mots : départ pour le sarbat. Arrive une femme à califourchon sur un balai et qui monte en l’air; un démon, un incroyable sur un balai, et beaucoup de figures qui se suivent. Deux moines paraissent avec la croix, puis un
- Fig. 36. — Scène de fantasmagorie (d’après Moreau).
- multiples et des tableaux mécanisés, on arrive à des effets vraiment surprenants. Nous en emprunterons quelques exemples au Petit répertoire fantasmagorique de Robertson.
- Préparatifs du sabbat. — Une horloge sonne minuit ; une sorcière, le nez dans un livre, lève le bras par trbis fois. La lune descend, se place devant elle et devient couleur de sang; la sorcière la frappe de sa baguette et la coupe en deux. Elle recommence à lever la main gauche ; à la troisième fois,
- ermite, pour exorciser, et tout se dissipe.
- Young enterrant sa fille. — Sons d’un beffroi. Vue d’un cimetière éclairé par la lune. Young portant le corps inanimé de sa fille. Il entre dans un souterrain où l’on découvre une suite de riches tombeaux. Young frappe sur le premier ; un squelette paraît, il s’enfuit. Il revient, travaille avec une pioche; seconde apparition et nouvel effroi. Il frappe au troisième tombeau. Une ombre se lève et lui demande ; Que me veux-tu? —»
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- go
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- Un tombeau pour ma fille, répond Young. L’ombre le reconnaît et lui cède sa place. Young y dépose sa fille. A peine le couvercle est-il refermé qu’on voit l’âme s’élever vers le ciel. Young se prosterne et reste dans l’extase...
- Un fossoyeur, avec une lanterne, cherche un trésor dans un temple abandonné, il ouvre un tombeau, y trouve un squelette dont la tête est encore ornée d’un bijou. Au moment où il veut l’enlever, le mort fait un mouvement et ouvre la bouche ; le fossoyeur tombe mort de frayeur. Un rat était logé dans le crâne.
- Robertson qui pratiqua avec grand succès la fantasmagorie et qui eut le mérite de ne point la présenter, à son époque, comme quelque chose de surnaturel, mais la fit servir souvent, au contraire, à d’utiles enseignements, ne négligeait rien au point'devue de la mise en scène. Sachant que la prédisposition du spectateur a une certaine influence sur l’impression qu’il éprouvera, il s’était installé dans l’ancien couvent des Capucines. « Après plusieurs détours propres à changer l’impression que l’on conserve du bruit profane d’une grande cité, après avoir parcouru les cloîtres carrés de l’ancien cou-
- vent, décorés de peintures fantastiques, et traversé mon cabinet de physique, on arrivait devant une porte de forme antique, couverte d’hiéroglyphes, et qui semblait annoncer l’entrée des mystères d’Isis. On se trouvait alors dans un lieu sombre, tendu de noir, faiblement éclairé par une lampe sépulcrale et dont quelques images lugubres annonçaient seules la destination ; un calme profond, un silence absolu, un isolement subit au sortir d’une rue bruyante, étaient comme les préludes d’un monde idéal. »
- Ces préparatifs soigneux en vue de prédisposer les esprits au spectacle qui les attendait étaient pour beaucoup dans le succès des séances de Robertson. Il ne faut donc pas négliger d’y avoir recours, dans la mesure du possible, lorsqu’on veut reproduire ces scènes de fantasmagorie. De même, si l’on veut conserver à l’impression toute sa force, il faut éviter toute manœuvre qui laisse deviner au spectateur les mouvements qui se passent de l’autre côté du rideau. Si ces mouvements ne peuvent être absolument silencieux on peut en couvrir le bruit par une musique de circonstance, des roulements de tonnerre, etc., qui ne font qu’ajouter à l’effet.
- Axel.
- LA PERCE-NEIGE
- aLLE ne possède ni les riches nuances du chrysanthème ni le suave parfum de la violette ; mais elle est blanche comme le lis, et, dès les premiers jours de janvier, gracieuse étrenne de la terre, elle vient récréer nos yeux.
- Voyez sa jolie fleurette pendante sur sa tige, inclinée comme la tète d’un penseur ! Isolée, elle est charmante; en massifs elle ne dépare aucun parterre ; dans un vase, c’est une fleur d’appartement qui en vaut bien d’autres.
- On l’appelle aussi le galant des neiges. Traduction vulgaire du nom que lui donnent les botanistes : galanthus nivalis.
- Se montrer au milieu des frimas, faire di-yersion au deuil de la nature, n’est-ce pas
- en effet une galanterie dont il faut savoir gré à la gentille perce-neige?
- C’est une fleur sauvage ; mais elle s’acclimatera fort bien dans votre jardin si vous l’y transplantez ; piquez les oignons sous le couvert autant que possible et... ne vous en occupez plus ! Us ont la vie dure.
- Avec la précision un peu sèche du langage scientifique, le botaniste vous définira comme il suit le galanthus nivalis (famille des amaryllidées) :
- « Hampe comprimée, garnie à la base de deux feuilles, à une fleur pendante. Sépales blancs. Pétales tachés de vert au sommet en dehors, rayés de vert en dedans; six étamines, anthères et nitrorses ».
- A deux kilomètres environ en amont
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- de Brive, l’ile des Bordes (formée par deux , morne saison un vert lapis, tout émaillé de bras de la Corrèze) en est littéralement j blanches étoiles, se dérouler au milieu des jonchée ; et c’est merveille d’y voir en cette | grands chênes dépouillés de leur parure.
- Ph. Lalande.
- LA PHOTOGRAPHIE DES COULEURS
- l y a environ cinquante ans que la photographie a été inventée : depuis cette époque, les progrès accomplis ont été considérables, mais il est un point qui jusqu’alors paraissait hors d’atteinte, c’est la photographie des couleurs. Depuis | bien longtemps, ce problème préoccupait les | savants, mais aucun d’eux n’était arrivé à lui j donner une solution satisfaisante.
- MM. Herschell et Becquerel, vers 1848, étaient sans doute venus à bout de saisir sur j leurs clichés les couleurs du spectre ; mais : ils ne purent jamais obtenir que cette fixation fût définitive, et ces couleurs disparaissaient i aussitôt qu’elles étaient mises à l’air ou à la | lumière.
- Le poète Charles Cros, qui fut, comme on le sait, un inventeur remarquable, et qu’on I s’est plu à regarder dans ces derniers temps, touchant certaines découvertes, comme un devancier d’Édison, avait également inventé un procédé de photographie des couleurs.
- Ce procédé, très ingénieux à vrai dire, n’était cependant qu’une solution imparfaite et détournée de la question ; solution très longue en même temps. En effet, il proposait 1 de faire plusieurs épreuves en des tons divers, et puis, superposant ces tons, à la suite de | tirages successifs, on devait obtenir une I épreuve de photographie teintée.
- Mais obtenir la photographie directe des I couleurs sur une plaque unique et dans une ?!; seule pose, voilà le problème qu’il s’agissait de trouver et dont la solutiou est devenue, I depuis ces jours derniers, un fait accompli, I grâce aux récentes découvertes d’un de nos I plus jeunes membres de l’Académie des j Sciences, M. Lippmann.
- Dans une des dernières séances de l’Aca-. démie, M. Lippmann a entretenu ses collè-I gués du procédé par lequel il est parvenu à I exécuter plusieurs photographies du spectre,
- • * altérables à l’air et à la lumière, et pré-
- sentant, nettement fixées sur les plaques, des teintes qu’aucun pinceau ne saurait rendre aussi éclatantes et aussi vives.
- Nous ne croyons pouvoir mieux faire que de reproduire in-extenso la partie technique du rapport de M. Lippmann, touchant le procédé opératoire :
- « Je me suis proposé d’obtenir sur une plaque photographique l’image du spectre avec ses couleurs, de telle façon que cette image demeurât désormais fixée et pût rester exposée indéfiniment au grand jour sans s’altérer.
- « J’ai pu résoudre ce problème en opérant avec les substances sensibles, les développa-teurs et les fixatifs courants en photographie, et en modifiant simplement les conditions physiques de l’expérience. Les conditions essentielles pour obtenir les couleurs en photographie sont au nombre de deux : 1° continuité de la couche sensible; 2° présence d’une surface réfléchissante adossée à cette couche.
- c< J’entends par continuité l’absence de grains : il faut que l’iodure, le bromure d’argent, etc., soient disséminés à l’intérieur d’une lame d’albumine, de gélatine ou d’une autre matière transparente et inerte, d’une manière uniforme et sans former de grains qui soient visibles même au microscope; s'il y a des grains, il faut qu’ils soient de dimensions négligeables par rapport à la longueur d’onde lumineuse.
- « L’emploi des grossières émulsions usitées aujourd’hui se trouve par là exclu. Une couche continue est transparente, sauf ordinairement une légère opalescence bleue. J’ai employé comme support l’albumine, le collo-dionetla gélatine; comme matières sensibles, l’iodure et le bromure d’argent; toutes ces combinaisons donnent de bons résultats.
- « La plaque, sèche, est portée par un châssis creux où l’on verse du mercure ; ce mer-
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- cure forme une lame réfléchissante en contact avec la couche sensible. L’exposition, le développement, le fixage se font comme si l’on voulait obtenir un négatif noir du spectre; mais le résultat est différent : lorsque le cliché est terminé et séché, les couleurs apparaissent.
- * Le cliché obtenu est négatif par transparence, c’est-à-dire que chaque couleur est représentée par sa complémentaire. Par réflexion, il est positif, et on voit la couleur elle-même, qui peut s’obtenir très brillante. Pour obtenir ainsi un positif, il faut révéler ou parfois renforcer l’image, de façon que le dépôt photographique ait une couleur claire, ce qui s’obtient, comme l’on sait, par l’emploi de liqueurs acides.
- « On fixe à l’hyposulfite de soude suivi de lavages soignés ; j’ai vérifié qu’ensüite les couleurs résistaient à la lumière électrique la plus intense.
- « La théorie de l’expérience est très simple. La lumière incidente, qui forme l’image dans la chambre noire, interfère avec la lumière îéfiéchie par le mercure. Il se forme, par suite, dans l’intérieur de la couche sensible, un système de franges, c’est-à-dire de maxima lumineux et de minima obscurs. Les maxima seuls impressionnent la plaque ; à la suite des opérations photographiques, ce maxima demeurent marqués par des dépôts d’argent plus ou moins réfléchissants, qui occupent leur place, la couche sensible se trouve partagée par ces dépôts en une série de lames minces qui ont pour épaisseur l’intervalle qui séparait deux maxima, c’est-à-dire une demi-longueur d’onde de la lumière né-
- cessaire pour reproduire par réflexion la couleur incidente.
- « Les couleurs visibles sur le cliché sont ainsi de même nature que celles des bulles de savon. Elles sont seulement plus pures et plus brillantes, du moins quand les opérations photographiques ont donné un dépôt bien réfléchissant. Cela tient à ce qu’il se forme dans l’épaisseur de la couche sensible un très grand nombre de lames minces superposées : environ 200, si la couche a, par exemple, -^-de millimètre. Pour les mêmes raisons, la couleur réfléchie est d’autant plus pure que le nombre des couches réfléchissantes augmente. Ces couches forment, en effet, une sorte de réseau en profondeur, et, pour la même raison que dans la théorie des réseaux par îéflexion, la pureté des couleurs va en croissant avec le nombre des miroirs élémentaires ».
- M. Lippmann, lors de la lecture de cette note, avait annoncé à ses collègues qu’il allait tenter, à bref délai, la reproduction d’un tableau et qu’il soumettrait d’ici peu une plaque reproduisant un vitrail.
- Il nous a été donné de voir, au laboratoire de physique de la Sorbonne, le vitrail reproduit par le savant, et nous avons pu ainsi nous convaincre de sa complète réussite ; les couleurs obtenues sont d’une netteté et d’un éclat admirables.
- Espérons que la découverte de M. LipP' man, rapidement mise au point, va rendre bientôt les inappréciables services qu’on est en droit d’en attendre.
- V. M.
- REVUE DES LIVRES
- Physique populaire, par Emile Desbeaux, un volume grand in-8° avec 500 grav. et 4 grandes planches en chromolithographie (10 fr.). Paris, Marpon et Flammarion, 1891. La physique populaire de M. Desbeaux est une exposition aussi claire qu’attrayante des dernières conquêtes de la science : téléphone, phonographe, matière radiante, photographies de décharges électriques, etc., et qui peut être consultée avec
- plaisir et avec fruit par les savants, comme paf ceux qui ont besoin de tout apprendre. De plus» il faut considérer comme excellente et tout 2 fait heureuse l’idée qu’a eue l’auteur de montré dans les dessins du livre, qui sont d’ailleurs très soignés, et dont plusieurs sont des pageS absolument splendides, les principales expe' riences exécutées par leurs inventeurs ou par d’autres savants, ce qui a été une occasion pout
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- lui de nous donner leurs portraits. La collection Camille Flammarion vient donc de s’enrichir d’un ouvrage de vulgarisation aussi agréable qu’utile et que nous recommandons vivement aux lecteurs de la Science en Famille.
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- Les Mammifères de la France, étude générale de toutes nos espèces considérées au point de vue utilitaire, par A. Bouvier. — i vol. avec 266 fïg. dans le texte. (3 fr. 50). Paris. Georges Carré, 1891.
- « Il importe donc de bien connaître ce que la nature nous présente en général, dit l’auteur dans l’avant-propos de cet ouvrage, mais plus particulièrement ce qu’elle produit autour de nous, dans notre pays même, afin d’en pou\oir tirer le meilleur parti possible. »
- Voilà, en quelques mots, le résumé d’un ouvrage que M. Bouvier dédie, avec juste raison, aux instituteurs et institutrices et à la jeunesse des écoles : aux instituteurs, qui pourront appliquer ce travail dans leurs leçons ; aux institutrices, qui puiseront dans cet ouvrage nombre de connaissances utiles à inculquer à leurs élèves ; aux jeunes gens, enfin, pour qui l’histoire naturelle est une distraction et qui trouveront là des notions utilitaires, intéressantes pour l’instant et d’une application pratique par la suite.
- Nous espérons d’ailleurs revenir sur cet ou-vrage qui rentre absolument dans le cadre de notre Revue, toute de vulgarisation et de no-
- tions pratiques, et en présenter, d’ici peu, quelques extraits à nos lecteurs. C. C.
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- * *
- L’éditeur G. Carré, 58, rue Saint-André-des-Arts, vient de mettre en vente un ouvrage de vulgarisation scientifique appelé, croyons-nous, au plus vif succès. L'histoire d'un Inventeur, de M. G. Barrai, n’est autre chose, en réalité, que l’histoire de l’électricité et de toutes ses applications.
- Nous en recommandons vivement la lecture à tous ceux que préoccupent les progrès de là science, à tous ceux qui veulent savoir le comment et le pourquoi de ces merveilleux prodiges qui s’accomplissent chaque jour par la baguette de la fée Électricité.
- Générateurs, appareils de mesure, appareils médicaux, bijoux électriques, éclairage domestique, navigation électrique, on trouve tout dans ce livre, qui est'orné d’un si grand nombre de figures, et des mieux exécutées, qu’il suffit de les voir pour comprendre et pour savoir. Le texte est d’ailleurs écrit de la façon la plus claire et la plus accessible aux moins éclairés dans les questions scientifiques.
- Signalons enfin le chapitre qui termine ce volume, si intéressant à tant de points de vue, celui de la navigation aérienne : il est rempli d’aperçus nouveaux et fait pressentir la solution prochaine du grand problème qui préoccupe aujourd’hui tant d’intelligences.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- La plus grande écluse du monde. — La
- plus grande écluse du monde, construite par le général Weitkel, ingénieur des États-Unis, se trouve au saut de Sainte-Marie, à l’endroit où le lac Hudson communique avec le lac Erié. Elle a 515 pieds de long, 80 de large et 18 de chute. Un navire de 60 pieds peut passer par ses portes. — Dix à onze minutes suffisent pour une éclusée, c’est-à-dire pour l’entrée et la sortie d’un navire.
- *
- * *
- La réparation électrique de la cloche de Moscou. — L’inventeur de la soudure
- électrique, M. Bernados, et M. Korovine, architecte, viennent de soumettre au gouvernement russe un projet pour le soudage des morceaux de “ Tsar cloche ”, la fameuse cloche historique. De plus, il serait question de l’installer sur un bâtiment colossal de 175 mètres de hauteur sur 100 mètres de largeur de base. Ce clocher, de style russe, et ayant la forme générale d’une cloche allongée, contiendrait à la base un musée ; au milieu, la “ Tsar cloche ” ; au-dessus de celle-ci, une église, et enfin, elle se terminerait par une tour. Le plafond, au-dessus de la cloche représenterait le globe terrestre avec Moscou comme centre.
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- Le devis des dépenses est évalué à 15 millions de francs.
- x?
- * *
- Les huîtres vertes. — On a remarqué depuis longtemps que certaines huîtres pêchées sur notre littoral, notamment àMaren-nes, à l’île d’Oléron, à Courseulles, avaient une couleur verte, et de nombreuses hypothèses ont été émises sur les causes de cette coloration.
- Une explication bien simple et peu connue en a été donnée ces années dernières.
- D’après des expériences faites dans le parc du Groisic, cette coloration provient de l’absorption par les mollusques d’une diatomée qui porte dans la famille des algues microscopiques le nom de navicula fusiformes ostreata et qui renferme, non seulement un pigment jaunâtre, comme en présentent ces plantes d’ordinaire, mais encore un liquide cellulaire d’un très beau bleu d’azur.
- *
- * *
- La pêche en France. — L’industrie de la pêche en France, pour les eaux douces, s’exerce sur 194,000 kilomètres environ de fleuves et rivières, et 200,000 hectares de lacs et étangs ; pour la pêche maritime, sur 657 lieues de côtes.
- Il faut dire cependant qu’avec ces dimensions respectables, il ne représente qu’une j partie de ce qu’a du être le végétal entier;en effet, la surface en a été détruite par le frottement et le roulement des cailloux, et le bloc; retrouvé n’est que le cœur de l’arbre.
- Des personnes dignes de foi évaluent à dix siècles le temps qui s’est écoulé depuis l’enfouissement de ce témoin d’âges disparus ; et si à cette longue période on ajoute son âge probable à l’époque où il fut déraciné, on peut facilement lui supposer quinze siècles d’exis- j tence.
- *
- * *
- L’animal qui court le plus vite. — L’animal dont la course est le plus rapide est un oiseau : c’est l’autruche. Cette rapidité peut atteindre 95 kilomètres à l’heure ; mais on comprend que ce degré de vitesse extraordinaire ne puisse être soutenu par l’animal que pendant 2 ou 3 kilomètres de suite. A ce moment, les jambes de l’oiseau se meuvent si rapidement qu’elles semblent ne pas toucher le sol, et l’œil ne peut pas plus les distinguer que les rayons de la roue d’une voiture lancée à toute vitesse ; aucun cheval ne saurait lutter avec elle, et il serait bien difficile de la prendre sans l’habitude qu’elleade courir en cercle, particularité bien connue et que les chasseurs utilisent avec fruit.
- ** *
- Un chêne de quinze siècles. — A Rotis-seau, commune de Sablon, près de Vienne (Isère), on vient de découvrir, dans le lit du Rhône, un chêne énorme, enfoui, depuis un temps qu’il est à peine possible de calculer, sous plusieurs mètres de gravier.
- La circonférence moyenne de cet arbre curieux mesure 3m90 ; elle est de 5 mètres à la base ; sa longueur est de 20 mètres, et son volume d’environ 18 mètres cubes. Il est d’un noir d’ébène, et repose, en ce moment, au travers du lit à sec, où l’on est occupé à le dégager.
- ***
- L’hiver de 1890-91. — Un fait curieux a été constaté au cours de l’hiver rigoureux dont espérons-le, nous venons de traverser, le moment le plus rude. On a constaté que le H janvier la différence de température n’était que de 10 degrés entre Madrid et le Cht'is-tiansund, avec cette particularité curieuse que le thermomètre donnait 3 degré3 en Espagne pendant qu’il était à 7 degrés en Norvège.
- A Paris, la Seine s’est prise dans la nuit du 11 au 12 janvier, mais le dégel a suivi aussitôt dans la nuit du 12 au 13.
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- L’a-
- LA SCIENCE
- (CONSEILS ET
- Faites vous-même un hygromètre. —
- Voici un moyen facile de construire soi-mème un hygromètre qui sera aussi sensible que ceux que vous pourrez avoir occasion d’acheter dans le commerce.
- Préparez une solution de cobalt, de sel de cuisine et de gomme arabique, et plongez dans cette solution des bandes de papier que vous ferez sécher ensuite. Par un temps sec, ces bandes prendront une couleur bleue ; elles deviendront roses si l’air se charge d’humidité.
- *
- * *
- Perçage du verre. — Le perçage du verre nécessite un foret trempé extrêmement dur; il serait dès lors beaucoup trop fragile si l’on n’employait le tour de main suivant : Le foret détrempé ayant ses biseaux rafraîchis à la lime, de manière à lui donner du mordant, on l’entoure, à un centimètre et demi de sa pointe, d’une ligature en sorte de cravate formée de plusieurs tours de grosse ficelle bien mouillée. On prépare un dé en fer ou un godet contenant du mercure et on le place à côté de soi ; puis, au moyen d’nn chalumeau jet d’une lampe à huile ou d’une chandelle, on porte au rouge l’extrême pointe du foret. On plonge subitement cette pointe dans le mercure et on l’y laisse jusqu’à ce qu’elle ait perdu sa chaleur. L’outil est alors prêt pour le perçage du verre.
- Avec l’angle vif de la pointe d’une lime cassée on détermine le centre de l’ouverture a pratiquer, en même temps qu’un arrêt pour la pointe du foret. On tourne lentement celui-ci en l’humectant. constamment d’une solution concentrée de camphre dans l’essence de jtèrébenthine pure.
- *
- * *
- Graisse pour empêcher les robinets de
- PRATIQUE
- PROCÉDÉS)
- fuir. — Faites fondre séparément parties égales de gomme et de suif; en opérant le mélange ajoutez même quantité, soit un tiers, de graphite finement pulvérisée : on en fait des bâtons coulés dans un moule.
- Pour s’en servir on chauffe légèrement cette graisse pour pouvoir enduire la clef du robinet qui fuit.
- (Cosmos).
- ***
- Caisse indéclouable. — Voici, d’après Y Echo universel, une caisse d'un nouveau genre, qu’il est impossible d’ouvrir sans la briser.
- La caisse est une simple caisse ordinaire à couvercle et à fond plus épais que d’habitude, toutefois.
- Ces deux parties se trouvent élégies autour à moitié environ de leur épaisseur, et sur une largeur à peine supérieure à l’épaisseur du tour de boîte. Elles peuvent donc ainsi s’emboîter dessus et dessous, dans l’intérieur de l’encadrement formé parles côtés de la caisse, sans pour cela s’y enfoncer complètement, la parüe non élégie s’y opposant et venant poser en couvercle sur cet encadrement.
- Il ne reste plus qu’à clouer le couvercle et le fond sur le tour de la caisse comme d’habitude. Ceci fait, et les choses étant bien fixées ainsi, on enfonce tout autour delà caisse, bas et haut, des clous assez longs ; ces clous viennent dans la partie élégie, emboîtée dans l’intérieur du lourde la caisse. Inutile de dire que les côtés tout assemblés de la même manière. Il devient alors absolument impossible d’ouvrir cette caisse, sans la mettre en pièces.
- La fraude se dénonçant ainsi elle-même, cela seul suffit à sauvegarder les intérêts des destinataires, aussi bien que ceux des expéditeurs.
- RÉCRÉATIONS
- Nous avons reçu la lettre suivante :
- Monsieur le Directeur,
- J’ai parcouru avec infiniment de plaisir, le jvolume de Récréations 'photographiques que
- MM. Bergeret et Drouin viennent de faire pa raître à votre librairie : j’y ai rencontré des | chapitres qui m’ont bien amusé, et qui feront 1 passer quelques bons moments à plus d’uq
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- amateur photographe; j’ai appris beaucoup de choses à la lecture de certains autres qui, sous une apparence récréative sont de véritables articles scientifiques: je les ai trouvés tous absolument intéressants.
- A ce propos permettez-moi, je vous prie, de vous signaler une source de ces petites récréations, enfantillage, sans contredit, mais qui sans présenter autant d’intérêt qu’aucune des récréations consignées dans l’ouvrage auquel je viens de faire allusion, peuvent néanmoins offrir leur petit côté amusant.
- Quand une fête de famille nous réunit nombreux autour d’une labié amiq ces récréations innocentes qui se font avec des objets usuels, et mettent en œuvre l’adresse ou la malice de tel compère avisé, ont toujours grand succès.
- Voici quelques divertissements qui peuvent s’exéculer avec une serviette de table et un bout d’allumette carbonisée ou un bout de fusain comme principaux facteurs. On peut se proposer par exemple d’imiter un enfant en maillot, un chef indien, une tète de vieille grimaçante : inutile d’ajouter que cette liste peut s’allonger à l’infini.
- Sans examiner la confection de toutes ces figures, nous pouvons dire quelques mots de celle que nous reproduisons ici.
- Pour imiter une tète de vieille femme grimaçante, vous enveloppez deux pièces de 0 fr. 50 dans un fragment de papier blanc que vous chiffonnez en papillotte par derrière la pièce ; sur la face plane qui est en avant vous dessinez un œil, et la main ayant été au préalable encapuchonnée par
- la serviette, vous faites tenir les deux cornets de papier entre les deux doigts majeurs et vous les écartez à la distance normale des yeux. Le pouce replié dans le poing fermé se montre entre les deux doigts inférieurs, simulant lèvres et menton, et devient ainsi la langue... Ces mâ-
- choires qui s’ouvrent cette langue mobile, ces yeux qui semblent s’écarquil-ler, tout cela constitue une tète d’un grotesque achevé.
- Jusqu’ici, n’est-ce pas, rien de photo-graphique ; mais braquez votre objectif sur l’une quelconque de ces comiques imitations, et vous obtiendrez un cliché qui, présenté à quelque amateur de vos amis, le laissera souvent perplexe, et sera pour lui une énigme dont il ne trouvera pas tout de suite la solution. Veuillez agréer, etc.
- Un Abonné.
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d’Assas. La Fère. — lmp. Bayen, rue Neigre.
- '.Fig. 37.
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- (BIBUOTHÈPéM
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- VOYAGE D’EXPLORATION DANS L’ASIE CENTRALE
- I e 31 janvier dernier, la Société de Géographie a donné, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, une séance solennelle pour la réception de M.
- Gabriel Bonvalot et du prince Henri d’Orléans au retour d’un voyage à travers le Thibet, et M. de Qua-trefages, après avoir félicité les explorateurs, leur a annoncé que la plus haute récompense dont dispose la Société de Géographie, la grande médaille d’or, venait d’être accordés à la mission Bonvalot.
- M. G. Bonvalot a refait, au cours de la séance, le récit de ce voyage important : nous en rapporterons succinctement
- les phases principales..
- C’est au mois de mai 1889 que l’expédition avait été décidée; mais ce fut seulement le 6 juillet suivant, que nos compatriotes quittèrent Paris, prenant 1 express pour Moscou ; le 1er septembre 1 8 lanchisâaient la frontière russo-chinoise. lngt chameaux, quinze chevaux, un ma-
- Fig. 98. — Portrait de M. Bonvalot en costume de voyage.
- tériel comprenant deux tentes en toile double, des pelles, pioches, clous, haches, etc.,
- une batterie de cuisine, c’est-à-dire une marmite avec trépied et trois grands pots à thé en cuivre, un approvisionnement abondant de thé en brique, de farine, pain à la graisse, sucre, etc., composaient la caravane organisée à Tcharkent, en Sibérie.
- A Kouldja, les voyageurs firent la connaissance du Père Dédékens, missionnaire belge en Chine depuis dix ans, qui connaît par-fai t ornent la langue chinoise et qui fut d’un grand secours aux explorateurs dans leur voyage à travers l’empire du Milieu.
- On part de Kouldja, le 12 septembre, au nombre de quinze personnes, et après avoir traversé les monts Thian
- Ghan, la caravane arrive à Korla (Turkestan chinois) ville de 2,000 habitants, où M. Bonvalot augmente le nombre de chameaux. On repart et on arrive au lac Lobhor où la cara-
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- vane est réorganisée.
- La colonne traverse les chaînes de l’Altin Tagh, du Tchimen Tagh, des monts Columbo, à des altitudes de 4,000 mètres et au delà, où le froid est intense et où le mal des montagnes se fait sentir.
- Après avoir suivi quelque temps les traces d’une caravane, car les explorateurs se trouvent à ce moment dans une région absolument déserte, ils les perdent le 81 décembre, à la suite d’un violent ouragan qui les surprend à 5,000 mètres d’altitude, et les jette dans la plus grande anxiété.
- Ils s’efforcent alors de suivre le 93° de longitude et découvrent de grandes chaînes de montagnes, des lacs immenses, des volcans éteints, des geysers, etc.
- C’est à ce moment que la colonne a le plus à souffrir du froid, et qu’elle est le plus éprouvée.
- Deux hommes succombent de froid et du mal de montagne et les bêtes de somme meurent les unes après les autres : enfin on arrive au lac Ten Gri-Nor.
- Après quelques difficultés avec les autorités thibétaines, auprès desquelles nos explorateurs ont peine à établir leur qualité de français ; après avoir pu reconstituer à Dam, près dé Lhassa, leurs moyens de transport, M. Bonvalot et ses compagnons suivent la « petite route » du Thibet à la Chine, dans un pays qui n’avait pas encore été exploré.
- Ils rencontrent là des tribus mieux disposées, plus conciliantes, qui, sur l’invitation du Lama, leur fournissent yacks et chevaux pour continuer leur trajet et après avoir traversé des vallées fertiles et giboyeuses, exploré le haut cours du Salouen et du Mé-Kong, ils atteignent à Batang, le Yang-tse-Kiang, et là, ils trouvent les Chinois ; enfin à Ta-Tsien-Lou, frontière de la Chine, ils sont
- reçus par les missionnaires français, dont le bon accueil réconforte un instant la petite colonne.
- On était en juin : M. Bonvalot et ses compagnons prennent là un mois de repos et, le 29juillet, par une chaleur tortille, ils partent à pied pour le Tortkin, les bagages portés à dos d’hommes.
- Le 5 septembre, ils entrent au Yunnam; et là, ils ont la joie de trouver des nouvelles d’Europe, une lettre datée du 5 septembre 1889 ; un an, jour pour jour, auparavant, Ils passent par Hong-Tsé, arrivent à Manghas, sur le fleuve rouge, et entrent à Lao-Kaï, (Tonkin) sur desjonques chinoises, le 26 septembre 1890-
- L’expédition avait duré 13 mois, et les hardis voyageurs avaient parcouru 2,500 kilomètres le plus souvent sur une route inconnue.
- Bientôt arrivés à Hanoï, ils se rembarquèrent pour la France, et ils sont arrivés à Paris, le 28 novembre dernier.
- Le voyage de M. Bonvalot, du pria ce Henri d’Orléans et du père Dédékens, i travers le Thibet, des frontières russes <hi Tur-kestan aux frontières françaises du Tonkin, constitue le plus grand qui ait èiè accompli dans ces contrées de l’Asie centrale.
- M. Bonvalot et ses compagnons sont les premiers voyageurs qui aient pénétré dans les régions qui s’étendent sur un espace de 1,100 kilomètres, 2es monts. Columbo à Lhassa ; c’est donc une route ouverte, au prix de dures fatigues, au centre du continent asiatique par trois Français, et c’est pour nous une réelle satisfaction patriotique de voir que notre pays, par l’énergie et le courage de ses enfants, marche toujours à l’avant-garde de la science et du progrès.
- C. Chaplot.
- LE LABORATOIRE DE L’AMATEUR
- LA CHIMIE (Suite)
- Oxygène.
- istorique. — Découvert en 1774 par Priestley, en Angleterre, et par
- connu que deux ans après. Lavoisier en fit une étude approfondie; c’est lui qui en démontra les propriétés et le rôle essentiel qu’il joue dans l’économie; ce fut l’origine de
- Scheele, en Suède, il ne fut guère j la révolution scientifique dont la chimie mo*
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- derne est sortie. Ce nom d’oxygène (de deux racines grecques, oxus, acide et gennaô, j’engendre) donné par Lavoisier au nouveau gaz est resté, malgré l’erreur d étymologie sur laquelle il repose ; l’oxygène n’est pas le seul gaz susceptible d’engendrer des acides; les hydracides, par exemple, ne renferment aucune trace d’oxygène.
- Propriétés physiques. —C’est un gaz incolore, inodore et insipide, peu soluble dans l’eau et dont la densité est do 1,105G. Un litre d’oxygène pèse donc (1 gr. 293X1,1056)
- 1 gr. 430 à 0°. Longtemps considéré comme permanent (1), il a été liquéfié (décembre 1877( par Cailletet, puis par Raoul Pictet.
- Propriétés chimiques. L’oxygène est éminemment comburant, c’est-à-dire qu’il entretient la combustion ; c’est là sa principale propriété et celle qui donne naissance à toutes les autres. Nous la mettrons en évidence dans les expériences d’application. Le rôle de l’oxygène dans l’économie (combustions lentes, respiration, etc.) est trop étendu pour trouver place ici ; il fera l’objet d’un article spécial.
- Préparation.—L’oxygène existe en grande abondance.dans la nature. L’air est un mélange gazeux dans lequel l’oxygène entre pour 1/5 environ. Il entre également dans la combinaison de Veau, de beaucoup de minéraux et de la plupart des matières animales et végétales.
- On le prépare de différentes manières en décomposant les corps qui le contiennent à 1 état de combinaison.
- 1° Décomposition de l’eau par la pile ,
- 2° Calcination du bioxyde de manganèse; 3° Décomposition du bioxyde de manganèse Par l’acide sulfurique ;
- 4° Décomposition du chlorate de potasse par la chaleur en présence du hioxyde de manganèse.
- Ce dernier mode de préparation est le plus pratique pour les expériences de laboratoire. On obtient rapidement le gaz et sans danger meme pour les plus novices (nous n’en dirions Pas autant des autres procédés).
- Manipulations. — Si l’on veut tout simplement démontrer que l’oxygène entretient
- (i> On appelle corps permanent celui qu'on ne peut aire passer d’un état à en autre. Un gaz per-nianent est un gaz qu’on ne peut liquéfier ni solicü-
- convenablement et active la combustion, l’installation représentée par la figure 39 est bien suffisante. Le tube à essai T renferme quelques grammes do chlorate de potasse mélangés à autant de bioxyde de manganèse pulvérisé. Tenant cc tube à l’aide d’une bande
- Fig. 39.
- de papier p, on en expose la partie inférieure dans la flamme d’une lampe à alcool B (4e volume, page 212). On voit bientôt une effervescence se produire ; le chlorate de potasse se décompose et l’oxygène se dégage, ce que l’on peut constater en présentant à l'orifice du tube une allumette a présentant un point en ignition (rouge, mais sans flamme), l’allumette se rallume et brûle avec une flamme éclatante ; on peut la souffler à nouveau et la ranimer de la même façon plusieurs fois de
- suite.
- Notre figure 40 représente une installation plus complète permettant d’obtenir le gaz en
- Fig. 40.
- plus grande quantité et de réaliser ainsi toute une série d’expériences. Le ballon contient 30 grammes d’un mélange intime de chlorate de potasse et de bioxyde de manganèse (par parties égales.) Le bouchon livre passage au tube coudé abc-, c’est celui qui nous a servi
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- pour l’hydrogène. Après avoir monté l’appareil, plaçons le ballon sur un fourneau (toute source de chaleur convient également, à condition d’être modérée). Il est utile d’interposer entre le ballon et la flamme une toile métallique pour répartir la chaleur.
- Après avoir laissé fonctionner notre appareil pendant quelques instants pour débarrasser le gaz de l’air contenu préalablement dans le ballon, recueillons dans notre cuve à eau trois flacons (pots à moutarde) d’oxygène. Il est inutile d’insister sur cette dernière opération, c’est la même que pour l’hydrogène et ce sera toujours la même pour les gaz que l’on recueille sous l’eau. Pour l’oxygène, nous pouvons conserver les flacons pleins pendant quelques instants sans les renverser dans l’eau, puisque le gaz qui nous occupe est plus lourd que l’air ; il suffira de couvrir le goulot avec une carte de visite.
- J+ii'iWJjjj
- Fig. 41. flg. 42.
- Préparons trois fils de fer (flg. 41) dont l’un a supporte un morceau de charbon (fusain), l’autre b un copeau préalablement trempé dans du soufre fondu (ou un fragment de soufre) et le troisième c un petit ressort de montre détrempé et terminé par un peu d’amadou ou de liège.
- 1° Combustion du charbon. — Utilisons notre premier flacon d’oxygène. Dans la flamme d’une bougie portons le bout du fusain au rouge et plongeons-le vivement dans le flacon F, il y brûlera avec une intensité que nous ne lui connaissions pas temps ordinaire. Il s’éteint bientôt, l’acrae carbonique formé ayant une influence tout à fait opposée à celle de l’oxygène. , ,
- 2° Combustion du soufre: — Passons au deuxième flacon. Après avoir légèrement allumé le soufre, introduisons-le dans l’oxygène, il y brûle avec une flamme bleuâtre
- très intense en produisant une fumée suffocante et d’une odeur désagréable de soufre brûlé (comme celle d’une allumette imparfaitement allumée).
- Si l'on introduit alors dans le ballon quelques gouttes de teinture de tournesol, celle-ci rougit fortement : le soufre, en brûlant au contact de l’oxygène, a donné naissance àde l’acide sulfureux.
- Cette deuxième expérience est plus jolie et la combustion plus éclatante si l’on substitue au soufre un fragment de phosphore blanc, très dangereux à manier (1); la lumière produite par la combustion est alors éblouissante, la fumée très épaisse et dangereuse à respirer produit une poudre blanchâtre j très soluble dans l’eau et très acide, c’est de l’acide phosphorique.
- 3° Combustion du fer. — Le troisième flacon sera utilisé pour la combustion vive du i fer. Le fragment d’amadou qui termine le ressort (ou un fil de fer ordinaire) est enflammé et introduit dans l’oxygène; il / = brûle rapidement et communique assez de chaleur au fer pour le porter au rouge; celui-ci brûle à son tour avec éclat, projetant de toutes parts des globules incandescents ; qui viennent s’incruster dans le verre. Pour éviter la casse du flacon, il est indispensable d’y avoir laissé un peu d’eau-
- Remarque. — Le fer et/le charbon ont brûlé sans flamme parce qu'ils ne sont pas volatiles-, le contraire a pu être observé \ pour le soufre ou le phosphore.
- Résidus. — Après avoir effectué ces diverses expériences, reprenons le contenu de notre ballon producteur d’oxygène et met-tons-le dans l’e/u. Après plusieurs lavages, § il nous rester? un corps gris-noir, c'est notre bioxyde de nanganèse intact. En effet, ce corps n’a pas été décomposé à la chaleur à laquelle rous avons opéré, il n’a servi que d’auxiliaire pour modérer la décomposition du chlorate de potasse et éviter les accidents. Convenablement séché, il peut servir à nouveau-
- pn chimie cette réaction s’indique de ln fpçon suivante :
- KO, CIO5 + MnO(i) 2 — 60+ KC1 + MnÔ!
- Chlorate de , Bioxyde de « , , Chlorure .Bioxyde i
- potasse ‘t" manganèse u L-,-de potra “Ole rnang.
- (i) Le phosphore rouge des allumettes chimiques
- peut cependant être employé.
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- La SCIENCE EN FAMILLE
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- Le deuxième membre de l’égalité indique le résultat de la réaction. L’oxygène a été recueilli ou s’est échappé dans l’air, le chlorure de potassium s’est dissous dans l’eau de lavage et le bioxyde de manganèse insoluble a pu être recueilli comme nous l’avons dit plus haut. Si on filtre l’eau qui a servi à laver le ballon, le bioxyde reste sur le filtre et l’eau qui s'écoule est chargée de chlorure de potassium en dissolution.
- Conclusion. — Toutes les expériences que nous avons indiquées prouvent que l’oxygène est très comburant. Elles n’étaient pas indispensables pour démontrer cette propriété.
- BOTANIOUE
- LA MORE]
- âPRÈs un hiver aussi rigoureux et aussi long que celui que nous venons de subir, les légumes frais et verts vont devenir assez rares. Quand aura-t-on des salades, de l’oseille, des épinards?
- Nous voulons aujourd’hui indiquer aux lecteurs delà Science en Famille une plante sauvage, une soi-disant mauvaise herbe qui pullule partout, fait le désespoir des jardiniers par son entrain à se multiplier, se cultive facilement et fournit abondamment un aliment sain, agréable et nutritif. Ce végétal, vulgairement appelé crève-chien et morelle noire, fait partie de la famille des solanées, a laquelle appartiennent également la pomme de terre, la tomate, Ya.ubergine, toutes plantes alimentaires, et ausïi la belladone, la jusquiame, la mandragore, la stramoine ou datura, et une plante connue de tout le. monde, le tabac.
- La morelle noire rentre dans le is.ême genre que la pomme de terre (solanum tu^erosum) et porte le nom scientifique de solanum ni-grum. Elle a environ de 20 à 50 centimètres de hauteur, une tige un peu ligneuse à la base, devenant rameuse et herbacée au commet, des feuilles longues, lisses, pétiolees, légèrement dentées et d’un vert sombre, d*s fieurs blanches, assez petites, disposées et, COl'ymbes penchés et à étamines jaunes, des fruits bacciformes, d’abord rouges, puisnoirs,
- Chacun sait, en effet, qu’une bougie s’éteint dans un milieu qui ne contient pas suffisamment de ce gaz. D’autre part, le soufflet de la cuisinière n’active le feu que parce qu’il lui apporte un nouveau contingent d’oxygène (en mélange dans l’air.)
- A côté des combustions vives dont nous avons parlé précédemment, il faut indiquer les combustions lentes qui comprennent tous les phénomènes d’oxydation, si nombreux dans la nature, la production des charbons naturels, l’altération des métaux par la rouille et enfin le grand phénomène de la respiration. G. Huche.
- PRATIQUE
- LE NOIRE
- et qui dans une variété restent toujours jaunes, même en mûrissant. Elle est très-commune partout, particulièrement dans les terres incultes ou remuées, sur les décombres, le long des murs, dans les potagers mal tenus. Sa culture est des plus faciles : on la multiplie par graines, qu’on sème en place et peu serrées, en mars, avril ou mai.
- A l’iie Bourbon, les Créoles en sont très friands et la mangent préparée et apprêtée de la. môme manière qu’on prépare les épinards en Europe. Des graines reçues de l’île Bourbon, où ce légume très apprécié est connu sous le nom de brède (1), et semées en France, ont donné une plante identiquement semblable à la morelle noire indigène, mais beaucoup plus robuste et à feuillage plus ample. Les Créoles qui habitent la France la préfèrent aux épinards.
- La morelle noire a une saveur herbacée et fade; elle perd par la cuisson son odeur désagréable en même temps que les principes actifs qu’elle pourrait renfermer.
- Elle ne devient du reste narcotique qu’à l’époque de la maturité des fruits, ce qui la rend légèrement toxique au moment où on ne la mange plus. En somme, il faut toujours la consommer jeune; d’abord elle est plus ten-
- (i) Dans l’Inde et les autres colonies françaises, cette plante est appelée brède-morelle ou brède-Mar-1 tin.
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- SCIENCE
- FAMILLE
- contenir aucune
- dre et ensuite elle ne substance malsaine.
- Cette plante est souvent employée en médecine; avec ses feuilles et ses baies on fait des cataplasmes adoucissants; on emploie ses feuilles vertes et écrasées contre les rhumatismes et aussi dans la préparation de l’onguent populéum et du baume tranquille. Le docteur Borie rapporte qu’il est parvenu à guérir un tic douloureux de la face, ayant résisté à tous les autres moyens, avec des cataplasmes de morelle.
- Cette solanée peut rendre de grands services à la campagne, non seulement comme
- aliment, mais aussi comme médicament, en raison de son abondance; car, si elle calme les douleurs des humains, elle guérit aussi les contusions et les efforts des animaux domestiques plus rapidement et plus sûrement que les autres remèdes. Donc, elle est fort utile à connaître pour les fermiers et les paysans, qui l’ont toujours sous la main. Toutes les solanées contiennent, à dose plus ou moins forte, un alcaloïde, la solanine, qui est facilement éliminé par la coction et qui communique à la plante fraîche ses propriétés médicinales.
- Marguerite Beleze.
- LES MAMMIFÈRES DE LA FRANCE(i)
- LA BALEINE DES BASQUES
- |ouïes les espèces du genre baleine, Balœna famille des Baleinides, habitent les mers froides où elles restent même pendant l’hiver. Une seule, devenue bien rare, descend à cette époque dans les mers tempérées et se présente encore accidentellement sur nos côtes, après y avoir été commune autrefois. La baleine des Basques, Balœna biscayensis Erchricht. Noms vulgaires. — Baleine, nom général sur les côtes de la Manche et de l’Océan. Sletbag, Sletbak, Nordkaper des baleiniers. Môrwarfh (Bretagne). Balum, Balenn (Finistère. Balia, Bàlea (Basses-Pyrénées). Ba-leno (Provence).
- Sa masse,c-à-d. sa forme est relativement petite et élancée, comparée à la Baleine franche du nord. Sa éeYe,plus petite, représente à peu près le cinquième de la longueur du corps au lieu du tiers ; elle montre toujours une sorte de bosse en avant du cou et une mâchoire inférieure beaucoup plus arquée en même temps qu'une mâchoire supérieure plus courte. Ses fanons sont aussi plus courts, plus épais et moins noirs. Sa peau semble plus bleuâtre, moins rugueuse et plus épaisse; elle présente constamment un parasite à enveloppe calcaire qui manque dans la Baleine du Nord. Ses jeunes atteignent six mètres à leur naissance au lieu de quatre seulement. Elle émigre davantage passant
- (1) 1 volume, 568 pages, 266 fi g. dans le texte.
- l’été dans les régions polaires qu’elle quitte un peu durant l’hiver. Ses mouvements et ses allures sont plus rapides, ce qui en rend la chasse ou capture plus difficile.
- Telle est du moins l’opinion générale des baleiniers et des marins, car dans l’état actuel de la science, la discussion reste difficile pour nos savants, les sujets et squelettes de cette espèce faisant encore défaut à nos collections, quelque importantes qu’elles soient devenues depuis quelques années (1). .
- Ses nageoires pectorales déformés lourdes et massives s’insèrent très bas vers la gorge et la caudale très développée atteint le tiers de la longueur de l’animal.
- Rondelet, célèbre médecin et naturaliste de la Renaissance, professeur à l’Université de Montpellier en 154ô, nous a laissé sur cette baleine et les coutumes auxquelles donnait
- (1) En 1869, nom avons assisté, à bord d’un baleinier américain, près de l’île de Fogo (une des îles, de l’archipel rîa Cap-Vert) à la capture d’un animal de cette espèce, et à la fonte de son lard. Ignorant alors l’intérêt scientifique que présentait cette baleine, et pensant que des animaux de cette taille devaien‘ forcément être connus de nos savants, nous n’y attachâmes d’autre importance qu’un simple intérêt de curiosité pour les procédés de capture, de préparation et dVmmagasinage de ses produits. Les fanons déparaient la taille d’un homme, et la présence d’ure vraie baleine dans ces parages que ne fréquentent jamais les baleines franches du Nord, ne p<ut nous laisser de doute sur l'identification de «et animal avec la très intéressante espèce de notre faune. Sa longueur était d’environ 20 à 22 mètres.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- lieu sa pêche, les forts intéressants détails qui suivent. Il parle d’abord de l’emploi des côtes de l’animal.
- « Ceux de la costede Baione en font clos-ture en leuis iardins principalement de Biar-ris, de Capreton é Saint Jehan de Lus où se prenent les balenes en certain temssusl’hy-uer de la sorte que s’ensuit. Les mariniers é pescheurs font le guet es lieux hauts pour uoir les balenes venir ; quand, ils les uoient ils sonnent le tabourin pour signe ; lors tous accourêt garnis de ce qui est nécessaire. Ils ont plusieurs nasselles en chacune dix homes forts pour bien ramer. Plusieurs autres dedans avec dards lesquelz de toute leur force ils iettent sur la baleine é laschent les chordes attachées aux dits dards, iusques à ce qu’elles aient perdu le sang é la vie. Lors, ils tirent la balene en terre é la partissent chacun aiant sa part selon la quantité de dards qu’il aura ietté, qn’ilz reconnaissent à leurs marques. On prend les nuisles plus malaisément, les femelles plus aisément, principalement si elles sont suiuies de leurs petits, car cependant qu’elles s’amusent à les sauuer, perdent l’occasion de fnir. De mesme façon on prend les autres grandes bestes marines comme le Gribbar, l’Espaular, le Mular... » (1).
- Cette baleine, beaucoup plus commune autrefois sur nos côtes passait la belle saison dans le nord de l’Islande où elle était connue sous le nom de Sletbag et se répandait assez abondamment en hiver sur nos côtes pour faire l’objet d’une pêche régulière et abondante dans le golfe de Gascogne où elle est devenue rare, caron ne connaît que trois cap-tuies faites depuis le commencement de ce siècle, en 1811, 1852 et 1854; il est vrai qu’elle y a été aperçue bien plus souvent.
- Ea capture de ces cétacés par les Basques, d’abord commencée sur leurs côtes et dont histoire garde des traces jusqu’au ixe siècle, llt par la suite continuée par eux en pleine eE et eut pour conséquence leur arrivée à eire-Neuve et sur les côtes voisines d’Amé-uque plus d’un siècle avant la découverte °fficielle qu’en fit Christophe Colomb le 8
- t1) Rondelet Histoire entière des poissons. Lyon, IS68> P- 353-
- octobre 1492 ; (1) mais alors les intérêts du commerce et de la navigation étaient de garder secrètes les découvertes que chacun fai- -sait pour s’en réserver le bénéfice de l’exploitation.
- Malgré quelques anciennes captures signalées dans la Méditerrannée et paraissant devoir être attribuées à cette espèce, on prétendait jusqu’à ces derniers temps que la baleine des Basques ne pénétrait jamais dans cette mer, lorsque, le 18 février 1879, une jeune femelle de 12 mètres de long se fit capturer dans le golfe de Tarente. Plus récemment, le 25 janvier 1888, un individu, jeune encore, long d environ 8 à 10 métrés qui s’était embarrassé et étoutfé dans des filets à thons, près d’Alger, fut amené dans ce port et exposé quelques jours sur un chaland, mais sa décomposition avancée obligea bientôt de le jeter à la mer. Sur la demande du muséum on réussit à en repêcher quelques os qui lui furent adressés. C’est une photographie de sa tête déjà très décomposée et des mesures provenant du baleineau de Saint-Sébastien qui nous ont permis de reconstituer la figure que nous donnons de cet animal encore très im-paifaitement connu et non moins mal figuré.
- On ne voit guère actuellement que des jeunes de cette espèce et ceux qui semblent adultes restent bien inférieurs à la taille de 30 mètres de long qu’elle paraît atteindre. Leur rendement d’huile arrive à peine au tiers de ce que peut fournir la baleine franche
- (i) Cinq siècles auparavant, en 982, l’Islandais Eric le t^ouge avait découvert le Groënland, dont la Norvège prenait possession en 999. L’an 1000, Leif, fils d Eric, abordait le continent, oû il retournait avec son frère Thorwald, en 1002 et fondait une colonie qui restait en rapport avec le Groënland ; mais en 1347, une Sorte de peste fit périr presque tous les habitants de ce dernier pays, et les relations cessèrent avec la mère-patrie. L’Amérique s’oublia. Ce fut peu après qu’y abordèrent les Basques.
- Plus tard, les Ifieppois qui faisaient depuis longtemps le commerce d’ivoire et d’épices sur les côtes occidentales d’Afrique, découvirent l’Amérique du Sud. Ce fut le capitaine Jean Cousin qui le premier y aborda vers l’embouchure de l’Amazone en 1488 (quatre ans avant le premier voyage de Christophe Colomb) ; il avait alors comme lieutenanr le castillan Vincent Rinçon, qu’il fut obligé de chasser à son retour pour indiscipline et malversation. Ce fut ce même Pinçon que Christophe Colomb s’attacha comme capitaine de l’un de ses navires, mais qui l’abandonna à son second voyage pour retourner au Brésil qu’il avait entrevu déjà avec Jean Cousin.
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- I
- LA SCIENCE EN FAMILLE
- l&illIÉi
- 43. — La baleine des Basques.— Longueur de 18 à 25 mètres.
- de même taille et leurs fanons no dépassent pas trois mètres, alors que celte dernière en a fourni de près' de 5 mètres.
- Dans le Nord on utiiiseencore son lard et même sa chair qui a un goût fort ; il faut l’avouer, chez nous on laisse perdre cette dernièrè. On ne se sert que de son huile et de sps fanons qui représentent du reste un beau chiffre, car on reconnaît en général qu’une baleine, de cette espèce peut fournir environ 12 à-15,000 kilogrammes d’huile et près de 8,000 kilogrammes de fanons.
- OEBERH't
- Fig. 44. — Attaque d’une baleine par des baleiniers.
- Au xvie siècle, sa chair était mangée par bien des gens, mais son lard, plus estimé encore, se salait et était recherché sur nos marchés de l’ouest de la France, ainsi que nous l’apprennent divers mémoires et chroniques de l’époque. Sa langue beaucoup plus délicate, élait ordinairement prélevée comme « dîme » par les évêques et couvents et figurait aussi sur les tables de la no-
- blesse. Sa queue avait aussi quelque réputation. L’animal enfin fournissait des mets dont usaient les gastrolâtres ou gourmands, ainsi que nous l’apprend Rabelais fl). Les intestins desbaleines, négligés chez nous, étaient et sont encore estimés au Japon, où après avoir été marinés, ils figurent, soit cuits, soit rôtis, sur les meilleures tables.
- Son huile varie de couleur et qualité, suivant la cuisson et l’état du lard d’où on la tire ; mais elle a toujours une odeur forte qui fait qu’on ne l’emploie qu’aux usagés industriels, pour l’éclairage, le graissage des machines, la fabrication du gaz d’éclairage, du savon et spécialement du savon noir, ainsi que pour la préparation des cuirs, pour enduire les bordages et gréements de navires et embarcations, préparer diverses peintures ou enduits, ainsi que certaines compositions ou ciments, pour le graissage des chaussures destinées à aller à l’eau, telles que les bottes d’égoutier en particulier ou les chaussures de marais. Elle protège également beaucoup les chaussures de montagnes ou d’hiver exposées à de longs trajets dans la neige.
- On en retire encore une petite quantité de cétine, et quelquefois on l’emploie aussi à falsifier l’huile de foie de morue.
- Ses fanons, vulgairement appelés haleines, sont fort employés dans l’industrie. Ils servent à faire des buses de corsets* des éventails, des montures de parapluie, de
- Amsterdam.
- (î; Rabelais, ch. xi, p. 254
- Œuvres,
- Fig. 45.
- Fanons de baleine des Basques.— Longueur de 2 à 3 mètres
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- LA SCIENCE EN FAMIfiLE r
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- [BIBüOTHEpE;
- cannes, des marteaux de commissaires-priseurs, des baguettes de fusils, des bouts de fouets, des cravaches, des cannes ou masses d’huissiers, des baguettes de chefs d’orchestre, des manches de couteaux, de nombreux instruments de chirurgie, des crochets de photographes, des scions et grelots de pécheurs à la ligne, etc., etc. On a même tenté d’en employer les fibres à la confection d’une sorte de tissu pour jupons. Décolorés et reteints de diverses nuances, on en a fabriqué plusieurs ouvrages de fantaisie, et aussi des fleurs artificielles. Chauffés, dans de l’huilé ou de l’eau, les fanons se ramollissent et peuvent alors se mouler comme de la corne et de l’écaille; mais ils prennent difficilement un aussi beau poli que cette dernière ; leurs.râclures, mêlées à des crins, entrent dans la composition, de quelques matelas, sommiers ou coussins et tous les déchets sont encore utilisés comme engrais. Le prix des fanons, très variable
- 'SMP*
- Face supérieure. ' Face inférieure.
- Fig. 46. — Coronula balænaris.
- Profil.
- suivant la demande et surtout l’abondance de la récolte, ainsi que suivant leur longueur, oscille entre 800 et 2,000 francs les 100 kilogrammes, pour être vendus sur le pied de 35 francs le kilogramme.
- Son cuir épais, mais trop spongieux, n’a aucun emploi et est abandonné par les matelots, qui le jettent ou bien encore s’en servent ainsi que d’une partie des chairs, des débris gras et des résidus de la fonte de lard, pour alimenter le feu des chaudières dans lesquelles ils préparent leurs huiles (1).
- 11
- mm
- Fig. 47. — Tête osseuse de baleine avec ses fanons.
- autrefois d’un grand profit pour les pêcheurs Basques, ainsi que nous l’avons dit. Une note du célèbre chirurgien Ambroise Paré, écrite lors de son séjour à Bayonne (1564) où il accompagnait le roi Charles IX, vient aussi le confirmer. !
- « La chair des baleines n’est rien estimée,
- - mais la langue, pour ce qu’elle est molle et délicieuse, les Basques la salent ; semblablement le lard, lequel ils distribuent en beaucoup de provincès, qu’on mange en Carême, aux pois ; ils gardent la graisse pour brûler et frotter leurs bâteaux, laquelle étant fondue* ne congèle jamais. Des lames qui sortent de la bouche on en fait des vertugales, buses pour les femmes, et manches de couteaux et plusieurs autres choses ; et quant aux os ceux : du pays en font des clôtures de jardins, et dés vertèbres, des marches et selles (chaisêé) à 1 se seoir en leurs maisons » (1). ' 1
- Au moyen âge on ornait aussi de ses maxih ‘ laires les porches des églises, et les bouts de ses fanons, plus estimés encore qü’aujoui- ; d’hui, servaient à faire des panaches ou aigrettes de casques, comme l’atteste un poète de l’époque, Guillaume le Breton, à propos ‘ du casque que le Comte de Boulogne portait à la bataille de Bouvines.
- mes,alors que les autres baleiniers attendaient d’avoir un chargement pour aller opérer à terre la fonte dë ' leur lard devenu déjà rance. ' 1
- (i) Ambroise Paré, Œuvres, complètes, liv. xxv,
- p. MLXXIV. , v
- -kia pèche de ce cétacé était
- (i) Procédé découvert par le basque François Soupise, de Ciboure (Basses-Pyrénées) vers I630, alors que es Anglais et les Hollandais empêchaient nos baleiniers d’aborder au roënland ou au Spitzberg pour y cmdre leur lard. Il eut pour résultat e nous faire produire des huiles e qualité supérieure en faisant une °nte immédiate sur les navires mê-
- Fig. 48. — Lâ baleine franche du
- — Longueur 30 métrés.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Sous le nom de poudre de pierre de tibu-ron, on employait aussi autrefois contre les hémorrhagies, les coliques, les douleurs néphrétiques et une foule d’affections diverses, son os de l’oreille ou caisse tympanique pulvérisée.
- Il y a peu d’années, avant que Biarritz fût devenue une plage à la mode, et ait été reconstruit, on voyait encore de vieilles maisons, où ses maxillaires servaient de poutres ou solives, et un petit pont sur un ravin soutenu avec les mêmes os.
- Gomme la Jubarte ou Mégaptère, notre haleine donne toujours asile à des parasites calcaires, ce qui la distingue bien de la baleine franche qui en est privée. C’est la Coronula balœnaris de Lamarck, qui se loge un peu
- partout sur ses parties supérieures. Déjà figurées par Chemnitz (1), elles l’ont encore été par Dufresne et dans divers recueils plus récents (2). En-dehors de ces parasites d’assez forte taille, elle nourrit encore la baleine franche de petits crustacés du genre Cyame, mais d’espèces différentes.
- Peut-être devra-t-on plus tard revenir à cette espèce des baleines australiennes, bien voisine de la nôtre, et pour lesquelles cependant on a créé le genre Macleayus. Il n’y aurait rien d’étonnant, en effet, à ce que, comme certains Baleinoptères, la B. des Basques ne fût répandue sur tout le globe, puisque les mers chaudes ne sont pas une frontière pour elle, comme nous l’avons constaté et comme on le croyait jusqu’à présent.
- A. Bouvier.
- LA DISTRIBUTION DE L’ÉLECTRICITÉ
- 'Industrie électrique a pris depuis quelques années un tel développement et l’électricité a pénétré si profondément dans les usages ordinaires de la vie .qu’il n’y a personne qui ne s’intéresse à ses progrès incessants. Maintes fois nous ayons eu l’occasion de signaler à nos lecteurs de nouvelles applications à l’éclairage, à la locomotion, à la trempe, à la soudure, etc., etc., mais nous avons eu rarement l’occasion de dire quelques mots sur l’industrie électrique en elle-même, c’est-à-dire la production, la canalisation et la distribution de l’électricité.
- Qu’est-ce que l’électricité ? Voilà une question à laquelle la science moderne n’a pas encore répondu d’une façon définitive, mais peu importe à l’industriel, il lui suffît de connaître les lois qui régissent ses manifestations extérieures. Que la notion de courant électrique soit vraie ou fausse, que l’électricité soit un phénomène de même nature que la lumière, que les actions électriques se passent dans les conducteurs ou dans l’espace qui les entoure, tout cela lui est parfaitement indifférent, l’électricité ne lui apparaît que comme une forme de I’énergie, forme qui se prête à des transformations très diverses, en chaleur, en lumière, en travail mécanique, et cela de la
- façon la plus simple et la plus compatible avec les exigences de l’industrie ou de la vie domestique.
- Les unités électriques. — Avant d’aller plus loin, nous indiquerons succinctement quelles sont les unités qui servent à la mesure de l’énergie électrique. Sans nous attarder aux considérations qui ont motivé le choix de ces unités, nous essaierons de donner une idée de leur nature et de leur grandeur par une comparaison qui, si elle n’est pas d’une exactitude rigoureuse, a du moins l’avantage d’en faciliter, de prime abord, la conception.
- Supposons réalisées les deux dispositions représentées schématiquement fig. 49 et 50. Dans la flg. 49, P représente une pompe de compression aspirant l’air dans le tube A, le refoulant dans le tube R. S est un serpentin mettant en communication les deux tubes A et R, M est un moteur à air comprimé.
- Dans la figure 50, G est un générateur d’électricité (pile ou machine) ff un fil métallique pouvant réunir les leux conducteurs -j- et —, et m un moteur électrique.
- Ne remarque-t-on pas entre ces deuxsché-
- (1) Chemnitz, Conchylien Cabinet, vol. VII, p. 325» pl. xcix, fig. 845, 846.
- (2) Dufresne, Annales du Muséum,\o\. I,pag.47I?» pl. xxx, fig. 2 à 4.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- 107
- mas une analogie frappante? Or, de même que la pompe P produit entre les deux tubes A et R une certaine différence de pression, de même la machine G produit entre les deux conducteurs -f et — une certaine différence de potentiel ou tension, ou encore force électromotrice.
- Fig. 49.
- Si, dans la fig. 49, nous supposons ouvert le robinet r, l’air s’écoule du tube R dans le tube A, et le débit dépend de la différence de pression entre les deux tubes, de la section et de la longueur du tube s s’, etc. Ce débit ou quantité d’air qui s’écoule dans l’unité du temps, trouve son équivalent dans la fig. 50; le débit électrique ou quantité d’é-
- Fig. 50.
- lectricité écoulée par seconde porte le nom d'intensité. L’intensité dans le ül f f’ dépend, de la différence de potentiel entre ses extrémités et de la résistance du. fil.
- Cette résistance dépend elle-même de la nature du fil, de sa longueur et de sa section.
- Enfin, l’air comprimé, dans le cas de la fig. 49, renferme une certaine somme d’énergie, produit du volume par la pression. De même, l’énergie électrique est le produit de la quantité d’électricité par la tension.
- Cette énergie se mesure en joules.
- La puissance, quotient de l’énergie par le temps, se mesure en watts.
- La tension se mesure en volts.
- L’intensité, quotient de la puissance par la tension, se mesure en ampères*
- La quantité d’électricité se mesure en coulombs.
- Enfin, la résistance des conducteurs s’exprime en ohms.
- Pour donner une idée de ces diverses grandeurs, nous dirons :
- 1 joule équivaut à peu près à 1/10 de kilo-grammètre.
- 1 watt représente 1/10 de kilogrammètre par seconde ou exactement 1/736 de cheval-vapeur.
- 1 volt est à peu près la tension entre les pôles d’un élément Daniell.
- Pour alimenter un arc électrique il faut une tension d’environ 50 volts.
- 1 ampère est le courant nécessaire pour fondre un fil de platine de 1/100 de m/m de diamètre.
- 1 ohm est à peu près la résistance de 50 mètres de fil de cuivre de 1 m/m de diamètre. (La résistance d’un conducteur est proportionnelle à sa longueur et inversement proportionnelle à sa section.)
- La tension et l’intensité sont les deux facteurs qui jouent le plus grand rôle dans les applications usuelles. Aussi, il importe de se familiariser avec la nqtion de ces deux quantités. Pour cela, nous donnerons quelques exemples numériques qui viendront en aide aux définitions ci-dessus.
- Supposons qu’entre les deux conducteurs de la fig. 50 il existe une tension de 100 volts et que le fil ff ait une résistance de 25 ohms.
- La loi do Ohm est la relation fondamentale entre la tension ou force électromotrice et la résistance. L’intensité est le quotient de la force éleclromotrice par la résistance. L’intensité qui passera dans le fil sera donc
- = 4 ampères.
- La puissance correspondante est de 4X100= 400 watts, soit environ 40 kilogram-mètres par seconde. La quantité d’électricité écoulée en une heure sera 4 ampères-heures ou 4X3,600=14,400 coulombs.
- Enfin, l’énergie dépensée en une, minute sera 4X60X100=24,000 joules ou environ 2,400 kilogrammètres.
- Le joule ou watt-seconde est une unité peu employée parce qu’elle est trop petite pour les usages ordinaires. On préfère compter en watts-heures (on multiplie : heeto-watts-heures, kilowatts-heures, etc.) Il était
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- tout aussi naturel de prendre des multiples du jçule, mais, enfin la pratique a de préférence consacré le watt-heure (1).'
- Après avoir.posé ces préliminaires longs et fastidieux peut-être, mais nécessaires, nous essaierons de décrire d’ürie façon générale les principaux systèmes de distribution électrique. ....
- L’ensemble d’une distribution comprend d’ailleurs trois parties bien disctinctes : l’usine1 2 de production (machines à vapeur et machines dynamo-électriques), le réseau de conducteurs (aériens ou souterrains) ou canalisation, enfin les appareils d’utilisation.
- (A suivre.) F. Drouin.
- ÉPHÉMÉRIDES ASTRONOMIQUES
- DE MARS 1891.
- SOLEIL.,— Entrée dans le Bélier le 20, à 9 h. 34 m. du soir. C’est le moment précis du commencement du printemps qui dure92 jours 21 h. À cet instant, le Soleil franchit l’équateur; sa* déclinaison? devient boréale. 31 reste, : en; tout, 8 jours de plySdansThémisphère ndrd que dans l’hémisphère sud. Temps moyen à midi vrai le 1er, 0 h. 12 m. 33”.
- TUNE. — D. Q. T;e, 8, à 7 h. 47 m. soir; N.’ L. le 10’ à 0 h. 0 m. soi;- ; P. Q. le 17, à 9 h. 20 m. matin ; P. L..le 25, à l h. 21 m. soir. 'OCCULTATIONS. — Le 13, 31, Bélier, à 9 h. 6 fin. 3” soir; le 26, P Vierge, 10 h. Il m. soir.
- (PLANÈTES. -C (V-oir dans le prochain numéro leur marche sur notre planétaire). Passages, méridiens le 11 de chaque mois : .
- cMercure, 11 h. 32 matin; Vénus, 9 h. 15 m. matin; Mars, 2 h. 44 m. soir ; Jupiter, 10 h. 57 m. matin,; Saturne,.J 1 h- 44 m. ; Uranus, 2 h- 42 m. matin. À observer du crépuscule à minuit : .Saturne, Vénus, Mars, Uranus, Neptune.
- •ÉTOILES FILANTES, — Voir le numéro du 1e* mars 1890.
- CONSTELLATIONS. - Voir le n» du 1er mars 1889. Les principales constellations observables pendant ce. mois, sont* en dehors des circumpolaires : la
- Chèvre (dans le Cocher), Céphée, la Vierge, le Lion, le Navire, la Licorne, le Petit Chien, le Taureau, le Bélier, Orion, Cassiopée.
- NOUVELLES DE LA SCIENCE. — L’annuaire du Bureau dés Longitudes pour 1891 contient plusieurs notices intéressantes : la première est": consacrée à l’expédition de M. Janssen aux Grands IVlulets et au Mont Blanc, dont j’ai déjà parlé, à cette place,à mes fidèles,lecteurs. On sait que cette exploration audacieuse avait pour but de déterminer quelles étaient, dans le spectre solaire, les raies telluriques. La seconde étude, due à M. Tisserand, porte sur les petites planètes, dont je vous ai aussi bien souvent entretenu; une notice développée est consacrée au congrès géodésique de Fribourg ; j’aurai sans doute à revenir sur ce point quand nous étudierons la cartographie.
- Enfin, vient l’exposé complet de la méthode Doppler-Fizeau permettant de déterminer la vitesse du mouvement des astres le long du rayon visuel à l’aide de l’analyse spectrale. Nos astronomes amateurs trouveront donc dans l’annuaire matière à nombreuses réflexions : je ne puis que leur en conseiller la lecture.
- G. Vallet.
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- LA PHOTOGRAPHIE PRATIQUE
- •. • -L- ’ 0^::.;; ••• • - • ,» m.
- L'utilisation des résidus (2). - L’hiver n’est point la saison des amateurs photo-
- (1) Cette préférence vient sans doute de ce que l’h'èure est, plutôt que la seconde, l’unité de. temps employée dans les usages ordinaires de la vie, mais comme dans les appareils de mesure la notion du temps disparaît complètement, le produit final seul étant intéressant à connaître, ce choix n'est nullement justifié, puisqu’il a l’inconvénient d’introduire de nouvelles unités. Les mots ampère-heure, watt-heure, sont du reste à peine admissibles puisque Yampère et le nfatt se rapportent à la seconde.
- (2) D’après le Cosmos ~ : ---
- graphes. Ceux qui ne possèdent point d’atelier déposé — et c’est le plus grand nombre — ne peuvent songer à faire les portraits en plein air. Abstraction faite des dangers qu’il y aurait,, en effet, à faire poser ses sujets, rhumatisants ou non, par plusieurs degrés de froid, on n’obtient souvent .que des clichés
- gris et ternes. Quant aux paysages, ils offrent
- sans doute un sujet toujours docile, mais le manque de variété et la monotonie en sont les principaux , défauts. L’amateur doit donc
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- plus ou moins; volens nolens, rester dans son laboratoire. Et là, s’il est quelque peu industrieux, ce ne se sont point les occupations qui lui manqueront. Sans parler des agrandissements et des projections que l’on peut faire par tous les temps, ou des tirages à la-lumière artificielle sur papier émulsionné, que de travaux intéressants et de manipulations rémunératrices ! Les plaques de; verre, les rognures de papier sensibilisé, les bains de développement, de virage, de fixage, peuvent, être employés à diverses Ans : les clichés manqués se transforment en cuvettes photographiques, en bocaux pour piles électriques, en jolis cadres pour tous.usages ;• on les emploie aussi pour préparer de nouvelles glaces sensibles. Quant à la couche de gélatino-bromure, on la met avec les résidus, pour en retirer l’argent. Les papiers et les bains usagés sont traités de la même manière. On le voit, il y a une source de distractions, en même temps qu’une utilisation de produits demeurés perdus sans cela.
- 1° Vieux clichés
- Il est bien rare qu’un amateur tienne à conserver tous ses bons clichés. Non seulement ces monceaux de verre l’embarrassent, mais, quand le tirage des positifs a été assez considérable ou que plusieurs clichés existent du même sujet (ce qui arrive souvent par excès de précaution), il aspire à se défaire de ces inutilités. Quant aux clichés mauvais ou nuis, parfois très nombreux, pas besoin d’insister sur leur sort naturel. On peut donc admettre en principe que tout amateur se trouve avoir en sa possession une forte quantité de plaques de verres de dimension sensiblement égales, dont il désire se défaire ou fiu’il cherche à utiliser. Les vendre n’est pas chose aisée, et ne serait point, du reste, une, opération rémunératrice ; les employer pour les usages domestiques ne semble pas *rop pratique. En général les vitres des fenêtres sont de grand diamètre et une douzaine de plaques servirait plus que largement à remettre les verres cassés des lanternes de bien des familles. Les1 amateurs fluijouissent du plaisir d’habiter la campagne pourraient se -servir de leurs vieux clichés pour garnir leurs serres, ou fabriquer des couches de tous les modèles indiqués dans la Maison rustique des dames,
- Pour les opérateurs qui ne désireraient pas sortir leurs glaces du laboratoire, reste l’uti-; lisation scientifique proprement dite : fabrication de nouvelles plaques, de cuvettes, de vases, des piles. Relativement au premier point qui demande certains développements, il est juste de dire que la chose n’est point aussi difficile qu’on pourrait le croire : une lumière rigoureusement inactinique j(rouge rubis), une eau abondante, fluente si possible, et des lavages soignés, telles sont les conditions essentielles. Il va sans dire que les produits doivent être très purs, et l’eau em-. ployée dans les solutions, distillée. ' I/écono-mie est telle (40 à 50 centimes la douzaine 13x18) et la peine si minime, que tout amateur voudra tenter l’expérience. Les procédés sont nombreux, mais les plus . simples sont: celui d’Elei;,; modifié par M., Chable, et celui d’Audra. Nous avons donné précédemment -le procédé de M. Chable (1). Voici (^elpi de M. Audra:
- Faire fondre au bain-marie, dans un flacon à grande tubulure (1 litre)
- Eau distillée. 200 c.c.
- Bromure d’ammonium; ..... 20 gr..--
- Gélatine tendre (celle de Nelson, par éxemple) ... . . . . . . 3 à'4 gri
- Lorsque la solution est complètement faite à 40° au maximun, retirer le flacon du bain-marie, puis le laisser refroidir un peu et> préparer le mélange suivant :
- Ammoniaque forte.............- 15 gr.—'
- Eau distillée! . -............... - .50c.c.
- Alcool à 40°. . . .. . . 50 C.C..Q
- On le verse dans le flacon par petites fractions et en agitant. 11 se produit un faible’ dégagement d’ammoniaque. ' .
- En outre, faire dissoudre :
- Dans 100 c.c. d’eau distillée, 30 gr. d’azotate d’argent cristallisé. ......
- Verser àiâ. lumière , rouge, cette, solution) dans-le-flacon, et agiter le tout aussi vigoureusement que possible, de manière à obtenir une homogénéité parfaite. Il se forme instantanément un bromure d’argent insoluble qui donne au liquide une apparence crémeuse et de l’azotate d’ammoniaqùe qui reste. en
- (i) Voir Science en famille n° 86, volume 1890, pages 214 et suivantes, .
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- dissolution. On laisse mûrir l’émulsion plusieurs heures ou même plusieurs jours. Après avoir placé le flacon au bain-marie et avoir fait gonfler dans l’eau distillée, 20 grammes de bonne gélatine ordinaire, on les introduit dans le flacon, On facilite le mélange avec un agitateur, et, quand il est complet, on verse le contenu du flacon dans une cuvette de porcelaine bien propre, et on laisse faire prise. Il ne reste plus qu’à procéder au lavage, opération qui peut avoir lieu dès que la gélatine est consistante, ou être retardée de plusieurs jours. Une fois l’émulsion sèche, on lui adjoint 25 à 30 grammes de gélatine ordinaire au bain-marie (60°). Il ne reste plus qu’à l’étendre sur les vieux clichés préalablement dépouillés de leur enduit noirâtre et sérieusement lavés. Il est, en effet, de toute néces- sité que les glaces destinées à recevoir l’émulsion soient très propres Après avoir mis tremper une huitaine de jours les plaques dans l’eau ordinaire, on enlève la couche ramollie, en la raclant avec un morceau de métal, ce qui n’offre aucune difficulté. Puis les plaques, bien nettoyées, sont frottées en tous sens avec une solution de silicate de potasse à 1 ou 2 0/0 au plus dans l’eau distillée, ou simplement de sucre à 4 0/0. On pourrait aussi enlever la gélatine des vieux clichés avec une forte solution d’acide chlorhydrique, en rinçant bien ensuite et en polissant avec une peau de daim. Les résidus de ces diverses manipulations sont soigneusement conservés, car ils contiennent une forte proportion d’argent. (A suivre),
- REVUE DES LIVRES
- Guide pratique du reboisement, par Th. Rousseau, conservateur des forêts.—2^ édition. Un volume in-i8 de 272 pages. Librairie Ber-ger-Levrault, rue des Beaux-Arts, Paris. 1 fr. 25. Dès qu’on parle de reboisement, l’idée de grands travaux, comme le reboisement des montagnes, par exemple, vous vient immédiatement à l’esprit; ce n’est pas à ce point de vue que l’auteur s’est placé dans la deuxième édition de cet ouvrage. M. Th. Rousseau, conservateur des forêts à Carcassonne, déjà connu par différents travaux agricoles ou vinicoles, entre autres par une excellente étude sur les vignes américaines dans l’Aude, a voulu montrer aux communes, aux particuliers, tout le parti qu’ils pouvaient tirer de leurs terrains stériles, par le reboisement. Très compétent dans la matière, possédant une expérience de plus de trente ans dans la pratique des travaux de ce genre, ses conseils ne peuvent être qu’écoutés et suivis par le public auquel il s’adresse, par tous ceux qui, sans tâtonnement, d’une façon méthodique et sûre, désirent sans grandes dépenses et surtout sans dépenses inutiles, mettre en valeur des terrains jusqu’alors improductifs. Après une étude générale des procédés à suivre, semis ou plantations, l’auteur passe en revue les diverses essences, soit résineuses, soit feuillues, convenant le mieux à tel climat, à la nature de tel terrain, et comme la réussite est en cela intimement liée au bon choix des espèces, on conçoit que la partie capitale de l’ouvrage soit là. Ces monographies, d’une lecture facile et attrayante, renferment un grand nombre de renseignements utiles que nous recommandons vivement à tous ceux qui s’occupent de travaux agricoles et forestiers. C. C.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- Un journal américain. — Le New-York World vient de se faire construire un palais, à propos duquel le National de Montréal ponne les détails suivants ; Ce palais a 18 étages, 350 pieds de hauteiu' et coûte 2 millions de dollars. Les fenêtres de la façade sont assez hautes pour être divisées en deux étages. Les bu-
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- reaux de la rédaction sont dans la tour, comme aussi les ateliers pour les compositeurs et un restaurant pour les employés du journal.
- Il y a 6 ascenseurs,' deux pour les typographes, un qui part du rez-de-chaussée et va à toute vitesse au 18e étage, à la rédaction. Cet étage est réservé absolument aux rédacteurs et aux reporters.
- Les trois autres ascenseurs sont réservés aux locataires, ces 13 étages comprennent environ 150 offices, sont loués, presque tous occupés.
- Le journal appartient à Joseph Puletzer. Le rédacteur en chef est le colonel Gockerill ; il y a six départements divers avec chacun un chef.
- Le nombre des reporters est de 110. Cinquante pour New-York, 30 pour Brooklyn, 30 pourNew-Jersey. Les correspondants sont au nombre de 10 à Washington il y en a un dans chaque ville des États-Unis, et un dans chaque capitale de l’Europe.
- Les honoraires sont énormes ; seules, les dépenses de la rédaction dépassent un million de dollars par an.
- ***
- Les tramways en Amérique. — D’après une communication faite par M. Théo. P. Bailley à l’Electric Club de Chicago, il existe actuellement aux Etats-Unis et au Canada, 957 lignes de tramways exploitées de la façon suivante :
- 589 par chevaux. — 49 par câbles. — 246 par l’électricité. — 74 par la vapeur. — Leur valeur totale est estimée à 164,400,000 dollars ainsi répartis :
- Tramways à chevaux 58,900,000 dollars. — dramways à câbles 49,000,000. — Tramways électriques 49.200,000. — Tramways à vapeur 7300 000.
- Le développement total des voies est de 8,818 milles, dont 5,713 sont exploitées par chevaux, 527 par câbles, 2,024 électriquement, et 554 par la vapeur.
- . ^ °uame on le voit, l’électricité commence à jouer un rôle important et il existe déjà en-°n 3,830 tramways électriques, portant
- >400 moteurs qui représentent une puissance totale de 174,435 chevaux.
- ***
- Belles fécondités. — Voulez-voqs savoir
- le nombre d’œufs pondus par la femelle de certains animaux ? La sangsue et l’araignée pondent chacun 107 œufs ; la mouche 144; la tortue 1,000 ; la grenouille 1,100 ; la crevette blanche 6,000 ; l’ascaride vulgaire, 10,000; l’acarus de la galle 50,000.
- La fécondité des poissons est plus grande encore.
- Une perche de 100 grammes donne 9,940 œufs ; un éperlan de 25 centimètres en pond 25,140; le hareng 36,000; la carpe 342,000 ; la tanche 383,000 ; la perche 992,000 ; la sole 1 million ; l’esturgeon 3 millions; la morue 9,444,000 !!
- ***
- L’arbre le plus productif. — L’arbre le plus productif est le bananier, dont le rendement est énorme.
- Ainsi, sur un terrain de même étendue, le bananier rendrait en poids 140 fois plus que le blé et 45 fois plus que la pomme de terre.
- L’oranger ordinaire est également très productif. Aux Açores, on a remarqué des plants qui produisaient jusqu’à 25,000 oranges par an, et sur lesquelles 5,000 seulement en moyenne n’étaient pas propres au marché.
- ***
- L’âge de la Terre. — Voici, d’après Zimmermann, quel serait l’âge de notre planète :
- En accordant, ce qui est un minimum, cent mille ans d’âge à Tépoqne actuelle, ou quaternaire, l’âge tertiaire aurait duré 300,000 ans l’âge secondaire 1,200,000 et l’époque primaire plus de 3,000,000 d’années.
- C’est donc un minimum de 4,600,000 ans depuis les origines des espèces animales et végétales relativement supérieures.
- Mais ces époques auraient été précédées d’un âge pendant lequel la vie naissante n’était représentée que par ses rudiments primitifs et cet âge primordial paraît occuper les 53/100 de l’épaisseur des formations géologiques, ce qui donnerait à l’échelle précédente 5,300,000 ans pour lui seul.
- Ces 10,000,000 d’années peuvent représenter l’âge de la vie, mais la période planétaire antérieure à l’apparition des premiers êtres vivants a surpassé considérablement en durée la période de la succession des espèces. Des expériences judicieuses conduisent à penser que, pour passer de l’état liquide à l’état solide, pour se refroidir de 2,000° à 200,
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- potre globe n’a pas demandé moins de trois cent cinquante millions d’années !
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- * *
- Fleurs et Parfums.— Un médecin hongrois vient d’établir que les fleurs onl, avec les parfums- qu'on en extrait, une influence salutaire sur la santé et peuvent être considérées comme des agents thérapeutiques d’un gran 1 effet.
- Le séjour dans une atmosphère parfumée, dit-il, prévient les affections pulmonaires, et
- arrête le développement de la phtisie. A l’appui de sa thèse, il cite les villes qui se sont fait une spécialité de la fabrication des parfums, ou tout au moins celles qui pratiquent celte fabrication sur une vaste échelle. Dans ces villes, paraît-il, la phtisie est presque inconnue, grâce aux vapeurs odorantes qui s’échappent des distilleries.
- Ainsi, mesdames, vous entendez ; lorsque à l’avenir on vous reprochera d’abuser des parfums, répondez que c’est pour votre santé !
- RÉCRÉATIONS
- Hygrométrie. — Prenez un cigare... bien sec, si vous réussissez à en trouver un. Ne le coupez que juste ce qu’il faut pour pro luire un tirage convenable. Fumez et observez. Au boutde quelque temps, vous ne tarderez pas à remarquer que pour produire un effet donné il faut développer une aspiration de plus en plus énergique. Un ignorant ne manquerait pas de faire là-dessus un beau discours, mais nous autres, comme Sgana-relle, nous touchons au but du premier coup, et nous disons : ce cigare ne tire plus, donc la section offerte au passage des gaz a diminué; cette section est formée par les lames d'air qui séparent les feuilles de tabac, or, le diamètre extérieur du cigare étant resté sensiblement le même, il s’ensuit que le rapport de l’épaisseur des feuilles à l’épaisseur des lames d’air a augmenté, ou en termes plus vulgaires, les feuilles de tabac ont augmenté de volume. Ce premier point établi, voyons-en la cause. Ce cigare, que nous tenons entre les lèvres, est constamment en contact avec la salive, dont la fumée de tabac active encore la secrétion.-Pendant les intervalles qui séparent les aspirations périodiques, cette salive s’établit, par capillarité, dans les espaces compris entre les feuilles de tabac, lesquelles feuilles, comme toutes les substances hygroscopiques, profitent de l’occasion pour augmenter de vo-
- lume. Voilà ce qui fait que votre cigare ne tire plus.
- Ces paroles prononcées avec le caractère solennel qui leur convient ne manqueront pas de satisfaire nos auditeurs, surtout si nous leur offrons quelques londrès, indispensables pour répéter l’expérience et en suivre les phases dans tous leurs détails.
- Fig. 51
- *
- * *
- Le Cygne nageur. — Ce
- petit jouet, fort original, se compose du cygne lui-même, fait en fer-blanc, par exemple, et d’une pe-lite pince à ressort figurée en P et que l’on soude à sa partie postérieure.
- 11 est évident que le cygne peut être rcnv placé par un canard, une oie, un poisson ou même un bateau, pourvu que ces figurines portent à l’arrière la petite pince dont nous venons de parler. Cette pince est disposée de façon à recevoir un petit more- au de camphre. Or, dès que le jouet est placé dans d’eau, le camphre qui baigne dans le liquide, is’évapore, et la vapeur produite poussant l’ot' seau... ou le bateau, le fait avancer lentement. donnant ainsi à la figurine adoptée l’illusion d’une évolution naturelle.
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d’Assas-La Fère. — lmp. Bayen, rue Neigre.
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- AGRANDISSEMENTS & RÉDUCTIONS PHOTOGRAPHIQUES
- orsqu’on a à faire un agrandissement photographique, on peut procéder de deux façons :
- 1° Faire sur lo nAt.it. AlinVi nn nncifif par contact et, avec ce positif, un grand cliché d’après lequel on tirera les épreuves au châssis-presse ;
- 2° Se servir du cliché pour obtenir immédiatement les épreuves agrandies, par projection sur le gélatino-bromure.
- Cette dernière méthode est la plus employée : le gélatino-bromure l’a rendue tout-à-fait Fig. 52-
- pratique : cependant, elle était déjà en usage avant l’apparition de ce procédé ; on projetait alors l’image réelle et agrandie du cliché sur une feuille de papier al-bumi n é Placée dans une chambre obscure, et l’on suivait la venue de l’image.
- Il est évident que l’intervention
- d’une lu-
- m i è r e Puissante é t a i t
- indispen- Fig.53-
- J!ble ‘ c était la lumière solaire, qu’on emplo-* oojours : d’où la nécessité d’installations P ^uées, telles que héliostats pour ren-
- voyer les rayons dans une direction fixe, ou grosses chambres noires équilibrées et mobiles dans tous les sens, que l’on braquait
- cnn In cnlnil T .a r» rv 11 rv ri i n n huiïlidô fOU T-
- ssait des clichés ès transparents, ai se prêtaient ssez bien à ce înre de travail. Le gélatino-bro-ure a simplifié question des grandissements, ; l’a mise à la artée des ama-;urs.
- L’obtention d’un a-randissement irect, d’après iché, comporte les opérations suivantes :
- 1° Disposer une lanterne à projection à une distance convenable d’un écran, de telle sorte qu’elle puisse donner sur cet écran, une
- image du
- cli ché, avec le grossis-s e men t que l’on désire.
- 2° Mettre au point sur l’écran, et bien faire c a d r e r l’image.
- 3° Fermer l’objectif, et s’assurer qu’aucune lu-m i è r e
- blanche ne filtre dans la pièce.
- 4° Substituer à l’écran une feuille papier au gélatino-bromure.
- de
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- H4
- LA SCIENCE EN FAMILLE
- 5° Ouvrir l’objectif pour donner la pose. Celle-ci varie, naturellement, d’après l'intensité de la lumière employée, la transparence du cliché et le grossissement. Avec les appareils ordinaires au pétrole, elle est de quelques secondes;
- 6° Développer et finir l’épreuve comme une épreuve ordinaire au gélatino-bromure d’argent.
- Nous n’entrerons pas de nouveau dans le détail de l’appareil de projection et prions le lecteur de se reporter aux articles publiés à ce sujet dans la Science en Famille. Nous citerons seulement un appareil de projection spécialement destiné aux agrandissements : cet appareil est représenté figure 52. Une lanterne A, parfaitement étanche à la lumière, renferme la lampe à pétrole B, munie d’un réflecteur D. Cette lampe éclaire le cliché au moyen du condensateur C. L’objectif est fixé sur un corps à soufflet qui lui permet un grand déplacement, grâce auquel on peut varier le grossissement entre des limites très écartées.
- A défaut d’un appareil spécialement établi pour ce travail, on peut employer les lanternes dites américaines (fig. 53) éclairées également au pétrole. L’objectif est séparé du cliché par un cône métallique. Si l’on est obligé d’avancer ce cône on a soin de recouvrir d’un voile noir la partie antérieure de l’appareil afin d’éviter toute diffusion de lumière dans la pièce où l’on se trouve.
- La distance de l’écran à l’objectif peut se calculer rapidement; elle est égale au produit de la longueur focale de Vobjectif par le grossissement augmenté d'une unité. Par exemple, si nous voulons agrandir trois fois une image avec un objectif de 12 centimètres de longueur focale, la distance de l’écran à l’objectif sera 12X4 = 48 cent.Cette distance devrait se mesurer à partir du point nodal antérieur de l’objectif; pratiquement, on peut la mesurer à partir du diaphragme, sans erreur sensible; il va sans dire que s’il s’agissait, par exemple, d’agrandir un dessin ou une carte à une échelle exacte, on vérifierait les proportions sur l’image elle-même, de fa-, çon à pouvoir, par un léger déplacement de la lanterne, mettre exactement à la grandeur voulue.
- L’écran le plus simple à employer est une planche à dessin, accrochée à un mur ver- \ tical. Sur cette planche est tendue une feuille \ de papier blanc qui porte, tracés à l’encre de Chine, des cadres correspondant aux divers i formats que l’on a l’habitude d'employer. Une ! fois la mise au point faite, on fixe sur la ! même planche la feuille de gélatino-bromure avec des punaises. On s’éclaire, pour cela, à la lumière rouge. Une fois la pose donnée, on enlève la feuille pour la plonger dans le i développateur, qui se trouve à proximité, j Lorsqu’on a un certain nombre d'épreuves à j tirer, il est préférable de les impressionner toutes successivement et de les développer ensuite; toutefois, il est bon d’en développer une au début afin de s’assurer que la pose est exacte.
- Nous passons sur les manipulations photographiques pour dire quelques mots des diverses autres dispositions que l’on peut employer pour obtenir des agrandissements, si l’on n’a pas sous la main une lanterne à projection.
- Si l’on possède une chambre noire du format de l’agrandissement désiré, il suffit de disposer dans l’un des châssis la feuille de gélatino-bromure appliquée sur une glace et d’opérer comme s’il s’agissait d’obtenir un cliché ordinaire par transparence. Le petit cliché est disposé devant une fenêtre, et un verre dépoli placé à une petite distance, empêche de voir les objets extérieurs, tout en ménageant un éclairage doux et uniforme. Pour être agrandi dans son vrai sens, le cliché doit être placé la face gélatinée vers l’opérateur.
- L’objectif nécessaire doit couvrir nettement le petit cliché ; il peut servir quelle que soit la dimension de l’image agrandie.
- Voici encore une disposition que l’on peut adopter. On colle sur toutes les fenêtres d’une pièce du papier noir, en réservant seulement une ouverture rectangulaire sur laquelle on applique une feuille de papier transparent. Cela fait, on dispose une chambre noire devant cette ouverture, on assujettit le cliché à agrandir dans le cadre d’arrière delà chambre, le verre dépoli étant enlevé, et on applique ce cadre sur l’ouverture delà fenêtre. Au moyen de voiles noirs convenablement disposés on arrête toute lumière autre que
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- celle passant par l’objectif. Gela fait, on met au point avec la crémaillière, sur un écran disposé comme nous-le disions tout à l’heure, mais installé, dans ce cas, sur une table mobile, de façon à pouvoir le placer à la distance convenable. On continue l’opération comme s’il s’agissait d’un agrandissement à la lanterne.
- Les agrandissements photographiques faits d'après un bon cliché peuvent, la plupart du temps, se passer de retouche; nous ne voulons pas dire qu’ils ne gagnent pas à passer entre les mains du retoucheur, mais enfin on peut, sans le secours de la retouche, obtenir des résultats tout à fait présentables ; il n’en est plus de même si le cliché que l’on emploie a été fait d’après une épreuve sur papier; outre que l’épreuve n’est pas toujours irréprochable, le grain du papier vient se reproduire sur l’image et il est bien rare que le résultat puisse se passer de retouche. Si l’épreuve était quelque peu jaunie, et les demi-teintes disparues, le retoucheur aura
- à faire plus que le photographe et c’est là un cas fréquent.
- Les réductions photographiques ne sont qu’un cas particulier des reproductions, elles se font à la chambre noire et n’offrent d’ailleurs aucune difficulté. Une épreuve réduite, même d’après une photographie sur papier, a rarement besoin d’être retouchée ; le grain du papier vient d’ailleurs trop fin pour être désagréable.
- On a construit récemment, en Angleterre, des chambres noires doubles, formées de deux soufflets coniques réunis par leur petite base où se trouve l’objectif. Les deux chambres sont de dimensions inégales et la glace dépolie de chacune d’elles peut être remplacée par un cadre porte-cliché. Des miroirs à inclinaison variable servent à l’éclairage. L’appareil ainsi disposé permet d’obtenir, soit des réductions, soit des agrandissements, avec la plus grande commodité et sans avoir à se préoccuper ni du centrage, ni du parallélisme. F. Drouin.
- NOUVEAUX PROCÉDÉS D’ILLUSTRATION
- æF. Thevot donnait dernièrement, dans le Bulletin de la classe d’industrie de la Société des arts de Genève, les explications qui suivent sur les procédés d’illustration touchant à la photographie.
- Les procédés d’illustration les plus usités de nos jours sont la gravure sur acier, la gravure sur pierre, la gravure sur bois et les nouveaux procédés d’illustration chimique par voie photographique.
- La gravure sur acier donne de très beaux résultats, mais son prix élevé l’éloigne de la pratique journalière. La gravure sur pierre ou lithographie est connue de tout le monde; elle a pris depuis quelques années une grande extension dans le commerce et dans l’industrie, mais un de ses plus grands défauts est de ne pouvoir être imprimée avec le texte typographique, ce qui en diminue considérablement le développement. La gravure sur bois présente de grands avantages et s’emploie ordinairement pour l’illustration des livres, journaux, revues, prix-courants, etc. ; elle a une certaine valeur artistique, puisque c’est un artiste qui est chargé de reproduire lui-
- même, par son propre talent, une planche commandée ; les résultats obtenus par ce procédé sont assez complets, mais ce qui le rend défectueux dans la pratique, c’est le temps de fabrication trop prolongé ainsi que son prix trop élevé dans une quantité de cas. En outre, souvent, le dessin interprêté par le graveur n’est pas exactement dans les mêmes idées que celui de l’original remis.
- La question de l’illustration étant des plus importantes, elle a été de tout temps l’objet des recherches de savants professeurs, tels Senefelder, Poitevin, Niepce, L. Vidal, Eder, etc., et tant d’autres connus et inconnus. Chacun a, par ses recherches approfondies, apporté des éléments nouveaux qui, réunis ensemble, ont permis de faire entrer l’illustration dans une nouvelle phase, tout en résolvant les problèmes qui s’y rattachent.
- La photographie a, depuis quelques années, pris un développement considérable, elle a pénétré dans les procédés d’impression qu’elle a transformés et modifiés profondément ; elle a encore été le point de départ de méthodes qui ont ouvert de nouveaux horizons a l’illus-
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- tration. Aussi, ces applications en font-elles un art indispensable à notre siècle.
- Poitevin a été le premier à découvrir les principes d’impression avec encres grasses par voie photographique; il se trouve par ces découvertes que les tirages au charbon, la photo-lithographie, la photo-zincographie, la phototypie, sont des dépendances d’une même action, sur les mêmes substances, préparées de la même manière tout en ayant cependant des buts différents.
- Le principe sur lequel repose l’impression de l’encre grasse sur couche de gélatine est la propriété qu’a la gélatine ou l’albumine bichromatée de se transformer sous l’action des rayons lumineux, de telle sorte qu’elle devient non seulement insoluble, mais même imperméable à l’humidité ; elle est comme tannée, cornifiée par l’action de la lumière, tandis que les parties non atteintes par elle, tout en étant coagulées à un certain degré, sont cependant perméables à l’humidité et plus ou moins, suivant que l’actionlumineuse a agi avec une plus ou moins grande intensité.
- Il est très important, pour arriver à comprendre la base des nouveaux procédés d’illustration, de bien saisir les principes qui viennent d’être indiqués. Dans ce but, prenons deux plaques de verre recouvertes chacune d’une couche de gélatine sensibilisée au bichromate de potasse ; exposons une de ces plaques à la lumière du jour et recouvrons-les ensuite toutes deux d’eau : la plaque exposée à la lumière n’acceptera aucune humidité, tandis que la plaque non exposée à la lumière prendra l’eau et se gonflera sous son action. Donc, pour que l’effet sur lequel on compte pour obtenir l’image se produise, il faut que la plaque de verre gélatiné, soit exposée à la lumière sous un négatif photographique, ensuite mouillée sur toute sa surface. Les parties atteintes par la lumière ou refuseront l’eau ou n’en prendront qu’une partie proportionnelle à l’intensité de l’action lumineuse qui a traversé le négatif photographique, tandis que les parties non modifiées, conservant la faculté d’absorber de l’eau, se gonfleront et se satureront d’humidité.
- En passant le rouleau chargé d’encre d’imprimerie sur cette plaque, humide seulement dans les blancs, l’encre s’attachera à toutes
- les parties sèches et l’on verra apparaître aussitôt un dessin se détachant en noir et possédant identiquement les valeurs du cliché photographique sous lequel la plaque a été exposée à la lumière.
- Le principe qui fait la base de ces nouveaux procédés étant maintenant connu, nous allons nous occuper de rechercher quelles en sont les diverses applications pratiques au point de vue de l’illustration.
- Nous nous bornerons à examiner en gros les trois principaux cas dans lesquels le principe énoncé ci-dessus est mis en pratique depuis quelques années et dont les résultats sont maintenant parfaitement certains et concluants.
- La Phototypie. — Les plus grands obstacles au développement de la photographie par les simples tirages sur papier albuminé étaient :
- 1° Le temps trop prolongé des tirages un peu considérables ;
- 2° L’altérabilité des épreuves obtenues ;
- 3° Le prix trop élevé, ce qui en interdisait, pour la plupart des cas, l’emploi aux commerçants et aux industriels.
- Il fallait donc trouver un procédé capable de remplir ces trois conditions :
- Rapidité, inaltérabilité, bon marché.
- La phototypie remplit parfaitement les conditions demandées.
- Ce procédé est, comme on l’a déjà indiqué, basé sur la propriété qu’a une couche de gélatine bichromatée de se durcir sous l’action de la lumière, et cela dans les valeurs exactes du cliché photographique sous lequel elle a été exposée au jour.
- Pour mieux suivre les diverses manipulations de ce procédé, nous allons étudier les différentes phases de reproduction par la phototypie d’un original donné.
- Tout d’abord nous avons, par un négatif photographique, à reproduire ou relever d’après nature un original ou une vue quelconque ; les clichés photographiques doivent être aussi bons que possible et contenir tous les détails de l’original ; ils ne doivent être ni trop durs ni trop doux ; en règle générale, un cliché donnant un bon résultat en photographie donnera également de bonnes épreuves en phototypie.
- Le cliché obtenu, on s’occupera de recou-
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- vrir une surface plane quelconque d’une |. couche de gélatine mélangée d’une certaine quantité de bichromate de potasse ; cette couche sera séchée dans une étuve spéciale et chauffée à environ 40°.
- On prend ensuite la plaque phototypique et on la soumet à la lumière sous le négatif photographique; l'image, au sortir de cette exposition, sera très légèrement visible ; on enlève par un lavage de quelques heures à l’eau courante le bichromate en suspens dans la couche de gélatine, et, désormais, cette planche servira de matrice à un nombre assez considérable d’épreuves tirées sur des machines dans le genre des presses d’imprimerie.
- La quantité des épreuves tirées sur ces planches dépend du soin apporté par l'imprimeur : il peut varier de 1,U00 à 3,000 tirages ; les presses typographiques employées par la phototypie sont d’une construction spéciale, elles peuvent livrer [par jour une moyenne de 800 à 2,000 épreuves.
- La phototypie est le procédé d’impression dont le genre se rapproche le plus de la photographie ; elle en donne même l’illusion complète et a sur elle la supériorité d’un tirage rapide et moins coûteux qui n’est pas soumis aux imfluences et aux caprices du temps ; de plus, et, qualité essentielle, les épreuves obtenues sont durables et inaliénables.
- La phototypie illustre d’une manière exacte, et reproduit avec une finesse et une douceur très grande, jusqu’aux demi-teintes; elle peut se tirer dans toutes les couleurs et se prête à tous les usages auxquels s’appliquent la lithographie et la chromolithographie.
- La Photozincographie. — La zincographie est la préparation des clichés sur zinc, en re-Lef, pour l’impression typographique ; ce procédé remplace la gravure sur bois d’une manière pratique et donne de belles illustrations, non seulement plus rapidement, mais aussi bien meilleur marché, par la suppression du travail du graveur.
- Les clichés sur zinc peuvent être obtenus de plusieurs manières, mais plus particuliè-lement soit par le report direct sur zinc des dessins autographiques, soit par le report au moyen de clichés photographiques. C’est dans
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- son application avec l’aide de la photographie que le procédé sur zinc offre les plus grands avantages.
- Le même principe que pour la phototypie sert de base à la zincographie. Après avoir plané et poli une plaque de zinc, on la recouvre d’une légère couche d’albumine sensibilisée avec du bichromate de potasse ; la plaque une fois séchée est exposée à la lumière sous un négatif photographique ; l’ac- * tion de la lumière est la même que sous la couche de gélatine. La plaque, une fois isolée, est encrée avec une encre spéciale, puis plongée dans une cuvette contenant de l’eau ; le dessin se dégage au bout de quelques instants parfaitement pur et semblable à l’original reproduit.
- On obtient donc la reproduction exacte de l’original sur le zinC en encre noire très épaisse, cette encre est renforcée par une couche d’asphalte et de colophane. Le cliché est ensuite creusé par des acides très mordants qui rongent le zinc dans toutes ses parties non recouvertes par l’encre.
- Au sortir du creusage nous obtenons un dessin se détachant en relief sur la plaque de zinc, ce relief s’accentue par différentes morsures successives jusqu’à ce que les parties qui doivent rester blanches dans l’impression soient assez profondes pour ne pas permettre aux rouleaux de maculer ces parties.
- La plaque de zinc est montée ensuite sur un bloc de bois de manière que sa hauteur totale soit égale à celle des caractères d’imprimerie, soit 23 millimètres.
- On a donc bien, par ce moyen, un bloc avec dessin en relief susceptible d’être tiré directement avec le texte sur des presses typographiques. On appelle autolypie la reproduction, en planches typographiques, d’objets, vues, tableaux, aquarelles relevés directement par la photographie, sans le concours du dessinateur. Ce procédé présente des avantages importants : la fidélité de la reproduction, la promptitude d’exécution et surtout une grande économie; il est très probable que l’autotypie en se perfectionnant encore davantage donnera dans la pratique des résultats supérieurs à la gravure sur bois. De grandes maisons en Autriche, en Allemagne et en France exploitent avanta-
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- geusement ce procédé. Tout le monde connaît les produits de la maison Boussod et Valadon, successeurs de Goupil, dans le Figaro illustré.
- La photozincographie se recommande surtout pour la reproduction de dessins originaux, car c’est là qu’éclate sa grande supériorité sur la gravure sur bois ; en effet, il n’est pas rare de voir un dessin compris et exécuté par le graveur sur bois tout autrement que l’artiste l’avait conçu. Dans la photo zincographie, le dessinateur de l’original est en même temps le créateur de l’image reproduite.
- Il est vrai que pour un dessin destiné à la reproduction sur zinc, l’artiste doit s’astreindre à certaines règles, de l’observation exacte desquelles dépend, au premier rang, la bonne réussite du cliché : mais ces exigences sont d’une nature qui permet à l’artiste de s’y plier facilement.
- Pour les impressions en plusieurs couleurs, la zincographie se recommande d’elle-même, puisque, par le report du négatif photographique, la plus grande exactitude dans le repérage des couleurs est garantie.
- La photolithographie. — Enfin, comme troisième application du principe énoncé au commencement de cette note, la photographie a modifié dans quelques cas spéciaux les procédés de la lithographie.
- Il arrive souvent que les lithographes ont à reproduire des dessins ou des gravures dont les pierres n’exislent plus : la photo lithographie relève l’image d’une manière exacte et parfaite et cela sans le secours du dessina-nateur : le travail est, par ce fait, plus rapide, plus fidèle et de beaucoup meilleur marché.
- La photolithographie a encore un immense avantage pour la reproduction en agrandissement ou en réduction d’un original donné,
- elle produit un travail d’une finesse remarquable, tout en conservant au dessin une exactitude que le procédé par le caoutchouc ne peut atteindre.
- Ce procédé est basé sur le même principe que les deux autres qui ont été indiqués précédemment.
- Un papier sensibilisé au bichromate de potasse est insolé sous un cliché photographique : la lumière agit en raison de sa vigueur sur la gélatine et donne, comme dans les deux autres procédés, une surface sur laquelle un corps gras, tel que l’encre d’imprimerie, ne s’attachera que dans les parties attaquées par la lumière. Au lieu d’encrer cette feuille de papier gélatiné avec de l’encre d’imprimerie ordinaire, on se sert d'encre à report et on obtient ainsi un dessin susceptible d’ètre reporté directement sur pierre et tiré ensuite comme la lithographie ordinaire.
- Les procédés nouveaux employés pour l’illustration, par leur précision, leur rapidité et surlout leur bas prix, la mettent à la portée de tout le monde ; ils offrent ainsi de grands avantages, non seulement aux artistes pour la reproduction de leurs œuvres et aux éditeurs en leur facilitant l’illustration des livres, mais encore aux industriels et aux commerçants pour l’illustration de leurs prospectus et prix-courants.
- Faut-il insister aussi sur les services que ces procédés peuvent rendre à l’enseignement, à la science, à l’art décoratif et architectural ? Les leçons de choses si recommandées pour l’enfance seront faciles avec des reproductions exactes et nombreuses ; les progrès dans la mécanique, les découvertes géologiques et archéologiques, les grands projets de construction ou de décoration pourront se vulgariser par des reproductions précises ; enfin, dans tous les domaines, l’illustration peut, rendre de grands services.
- PHYSIQUE SANS APPAREILS
- L’INERTIE
- exemple? Probablement non ! Nous l’avons vu faire; nous en avons constaté le bon résultat, aussi faisons-nous de même, et c’est tout.
- [ous êtes-vous jamais demandé pourquoi, lorsqu’on veut emmancher un balai, on frappe l’extrémité du manche contre un corps dur, le sol, un mur, par
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- II y a cependant dans ce simple procédé l’application d’un principe fondamental de la mécanique,en vertu duquel un point matériel ne peut modifier de lui-même son état de repos ou de mouvement. Cette propriété de la matière s’appelle son inertie.
- En frappant l’extrémité du manche à balai sur le sol on a d’abord imprimé à l’ensemble de l’instrument un rapide mouvement de haut en bas. Le sol arrête le manche et ce choc se transmet progressivement au balai qui a néanmoins continué sa marche descendante pendant un temps très court, il est vrai, un fragment de seconde, mais qui est suffisant pour augmenter son adhérence avec le manche.
- On rencontre fréquemment, dans la vie ordinaire, des faits usuels qui sont des exemples tout à fait probants des conséquences de l’inertie. Il nous suffira d’en énumérer quelques-uns pour que chacun en comprenne aisément la cause en appliquant le principe énoncé précédemment.
- Pour débonder un tonneau, on en frappe violemment les douves dans les parages de la bonde qui peu à peu se soulève et finit par sauter ;
- Lorsqu’un train ou une voiture s’arrêtent brusquement, les voyageurs se font des révérences ; ils continuent le mouvement qui leur a été communiqué par la marche du véhicule;
- Quand un cheval de selle s’abat, le cavalier est généralement projeté en avant et d’autant plus loin que l’allure de la monture était plus vive : le cavalier continue à avancer, alors que le cheval reste en place;
- En descendant d’un omnibus en marche, quelques imprudents vérifient à leur détriment le principe de l’inertie. Si, en effet, on saute d une voiture qui avance rapidement, les pieds sont arrêtés par le sol, mais le corps tend à continuer le mouvement donné, et on se trouve projeté dans la direction suivie par le véhiculé. Pour éviter les chutes de cette na-^ure> 11 suffit de se pencher dans le sens inverse de celui du parcours de la voiture et de lâcher franchement la rampe. Les pieds uirivant sur le sol sont immobilisés aussitôt, alors que le haut du corps continue à se mou-A,01r dans le sens de la marche primitive ; Ce ni°uvement indépendant de la volonté
- rectifie la position du corps et lui rend son équilibre. C’est encore pour parer à cet inconvénient que les employés de chemin de fer courent à petits pas, dans la direction du train dès qu’ils l’ont quitté en sautant : ils détruisent ainsi peu à peu le mouvement dont ils étaient animés.
- Lorsque vous sautez d’une hauteur assez grande, le professeur de gymnastique vous recommande de fléchir sur vous-même en touchant à terre ; de cette façon vous amortissez le choc intérieur produit par l’arrivée des pieds sur le sol alors que le corps tend à continuer le mouvement.
- Enfin, si, en transportant un liquide quelconque dans un vase à large ouverture, on vient à s’arrêter brusquement, ou à précipiter sa course en avant, le liquide se répand, suivant le cas, en avant ou en arrière.
- Les récréations scientifiques nous offrent de nombreuses applications de l’inertie. Ces récréations sont maintenant si connues des amateurs que nous nous bornerons à rappeler les plus remarquables.
- Retirer une pièce de monnaie de dessous un verre sans y toucher ;
- D’une pile de sous ou de pions, enlever celui du milieu sans déranger les autres ;
- Rompre un manche à balai posé par ses extrémités sur deux verres à boire, ou supporté par deux fils, expérience bien ancienne puisqu’on la trouve décrite tout au long dans Rabelais (1).
- Pour terminer, il est utile de revenir sur le principe de l’inertie énoncé au début et qui, à première vue, peut paraître paradoxal. Une pierre qui se détache d’un balcon et tombe dans la rue n’a été lancée par personne ; une bille qui roule s’arrête bientôt sans l’intervention de quelqu’un ! C’est vrai ; mais il y a cependant intervention d’une force. Dans le premier cas, c’est la pesanteur qui sollicite la pierre abandonnée par son ciment ; dans le second, c’est la résistance de l’air, le frottement, qui arrêtent le mouvement de la bille.
- En examinant de plus près le principe et ses conséquences, il faut bien reconnaître que le contraire serait absurde, puisqu’il permettrait de supposer aux matières inertes une volonté ! G. Huche.
- (x) Pantagruel, liv. II, chap. XVII.
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- NOS ARBRES FORESTIERS
- LE HÊTRE
- e hêtre, vulgairement appelé fage, fau, foyard, mots dérivés du latin fagus, est un arbre de première grandeur, extrêmement répandu dans toute la France et toute l’Europe. Dans la région méridionale, on ne le trouvé jamais l’état spontané que sur les versants des hautes montagnes, rarement au-dessous de 400 mètres d’altitude, excepté à l’exposition du nord où il descend un peu plus bas.
- Il en existe plusieurs variétés se distinguant principalement par la coloration des feuilles ou par la forme en parasol de la ramification des branches. Nous ne nous occuperons ici que du hêtre commun, le seul, du reste, ayant une réelle importance au point de vue du reboisement.
- Ainsi que nous venons de le dire, dans le midi, cet arbre aime les grandes altitudes, on le retrouve encore plus haut que le sapin, jusqu’au sommet des montagnes de 1,600 à 1,700 mètres, luttant contre le vent et les intempéries pour protéger le sol contre le ravinement et la lente désorganisation due aux influences atmosphériques. Il aime un climat froid, pluvieux et se trouve bien de l’humidité ambiante des brouillards. C’est à l’exposition du nord et à celle de l’est qu’il prend le plus de développement, ce qui ne l’empêche pas de s’élever du côté du midi et de l’ouest, mais là sa vigueur est beaucoup moins satisfaisante et le sol est toujours moins couvert.
- Nous conseillons donc de n’employer le hêtre qu’exceptionnellement sur les versants exposés aux ardeurs prolongées du soleil. En général on se trouvera Ifien de l’élever en mélange avec le chêne, ou avec le sapin, ou avec des pins, suivant l’altitude convenant à ces diverses essences. Ce mélange est très précieux en ce qu’il complète le couvert et assure la production d’une grande quantité d’humus éminemment favorable à la croissance des essences d’élite.
- Dans les anciennes forêts, il envahit trop le sol au détriment des essences préférables, ce qui est dû à sa faculté de résister long-
- temps au couvert des autres arbres; mais quand il s’agit de reboisement, cette faculté devient un mérite, puisqu’elle assure plus complètement le résultat désiré, celui de pro-téger le sol.
- Le hêtre n’est pas difficile sous le rapport du terrain, il paraît avoir de la préférence pour les sols calcaires, mais vient cependant très bien dans les autres, qu’ils soient granitiques, gneissiques ou schisteux, pourvu qu’ils ne soient pas trop nus. Cet arbre n’a pas de racines profondes; pendant les premières années il a bien un pivot, mais qui ne s’accroît plus au bout de 10 à 12 ans ; durant cette période, des racines latérales se sont élancées dans tous les sens, à 30 ou 40 centimètres seulement de profondeur, et continuent ensuite seules à s’allonger et à assurer la stabilité de l’arbre, souvent même ces racines, surtout sur les versants abrupts, émergent de la terre sur une partie de leur longueur, sans que leur fonctionnement ait l’air d’en souffrir, pourvu, bien entendu, que les extrémités soient ellçs-mêmes dans le sol. Ce système d’enracinement occupe une grande surface, de sorte qu’il est excellent pour défendre le sol contre le ravinement.
- Le hêtre parvient à un âge très avancé et atteint des dimensions fort respectables, puisqu’on en a, dans les futaies de l’Etat de 30 à 33 mètres de hauteur, mais, en général, ü n’arrive pas à une pareille dimension, parce que, dans la plupart des cas, il est élevé sur taillis, circonstance qui le conduit à se ramifier à partir de 10 à 12 mètres au-dessus du sol. Il forme alors une cime très touffue donnant un couvert épais et une ombre rafraîchissante.
- Toutefois, le mode d’aménagement le plus usité est celui du taillis simple, notamment dans les montagnes moyennes, dès lors, les tiges ne peuvent pas arriver à une plus grande grande hauteur que celle permise par le plus ou moins de durée de la révolution d’exploi' tation.
- Le bois de hêtre est blanc lorsqu’il est fraîchement coupé, et prend ensuite une légère
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Fig, 54. — LE HETRE
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- teinte rougeâtre qui disparaît à son tour, de sorte qu’il est gris pâle quand il est sec ; sans avoir la souplesse ni la ténacité de celui du chêne ou du châtaignier, il a des emplois nombreux, en dehors de celui de la construction. En industrie, on en fait des sabots, des mesures de capacité, et toutes sortes d’objets d’agriculture, de boissellerie et de charronnage. Pendant quelques années on en faisait des traverses de chemins de fer préalablement injectées de sulfate de cuivre, mais l’usage tend à se perdre, ce qui est regrettable.
- Le principal emploi de son bois réside dans le chauffage, c’est un combustible très estimé partout où le chêne n’abonde pas; il est supérieur à tous les résineux, donne une flamme vive et claire et brûle dans toute sa masse, ce qui produit une chaleur intense en peu d'instants.
- Les coupes de taillis simples sont entièrement consacrées au chauffage, à la confection du charbon ; celui-ci est excellent et alimente presqu’à lui seul les établissements métallurgiques où l’on se sert encore du charbon de bois. Le hêtre se reproduit principalement de semence ; ses graines, qui portent le nom de faînes, sont plus petites que les glands, munies . de quatre côtes longitudinales, et renfermées dans une cupule épineuse qui les enveloppe presque complètement. L’amande intérieure est comestible et possède une faible saveur se rapprochant de celle des noisettes; il y a des pays où l’on en fait de l’huile bonne pour l’éclairage et même pour la consommation ; les tourteaux sont excellents pour engraisser les bêtes à cornes; on n’en donne pas aux chevaux parce que, paraît-il, des cas de maladies graves ont suivi leur digestion. Ces graines ne se reproduisent pas tous les ans avec la même abondance, il y a même des années où il n’y en a pas du tout; on n’a pas encore trouvé la véritable cause de ces alternances.
- L’irrégularité de la production des graines est un obstacle pour le reboisement en hêtre par la voie du semis ; cependant rien n’em-, pêche d’employer ce procédé lorsqu’on a suffisamment de faînes. On se servira indifféremment de la méthode des bandes ou de celle des potets, cela dépendra surtout de l’état superficiel du terrain ; s’il est encombré de rochers ou déjà partiellement occupé par d’anciennes souches vivantes, il vaudra
- mieux faire des potets que des bandes. Quel que soit le système adopté, on se souviendra qu’il ne faut pas plus d’un hectolitre de faînes pour bien ensemencer un hectare ; le prix de l’hectolitre varie de 12 à 20 francs suivant les localités et l’abondance de la récolte. Cette graine étant moins grosse que le gland, ne doit pas être couverte de plus de trois centimètres de terre et doit être assez clairsemée dans les bandes ou les potets pour ne pas être totalement dévastée par les rongeurs.
- Généralement, le semis devra être effectué en automne, peu de temps après la cueillette, parce que la faine est d’une conservation très difficile ; les sucs oléagineux qui imprègnent son amande provoquent une altération rapide et un rancissement nuisible que l’on ne peut pas éviter quand il s’agit de grandes quantités, tandis que les mêmes inconvénients ne se présentent pas quand les graines sont dans la terre sans se toucher. La germination a lieu dès le commencement du prin? temps, sous ce rapport le hêtre est beaucoup plus précoce que la plupart des autres arbres forestiers ; ce fait à une certaine gravité, car les jeunes tigelles de ces plantes sont encore si tendres que les moindres gelées tardives peuvent les atteindre et anéantir en une matinée le semis le mieux réussi. Ces gelées sont d’autant plus redoutables qu’elles sont plus fréquentes dans les hautes montagnes, là où précisément doit être placé le hêtre ; de là est venue l’habitude de propager cotte essence plutôt par voie de plantation que par voie de semis. On trouve facilement les hêtres dans les pépinières de l’Etat ou dans celles des spécialistes ; là, ils sont élevés avec moins de frais et de chances d’insuccès que dans un semis à demeure, parce que la surface restreinte des pépinières permet de les protéger plus économiquement aussi bien contre les gelées tardives que contre les insolations estivales.
- La première année le hêtre ne produit que deux ou trois feuilles et une racine simple pivotante; la seconde voit naître une ou plusieurs petites branches et autant de petites radicelles latérales ; la troisième, la tige s’allonge un peu plus, les radicelles augmentent en nombre et en grosseur ; c’est seulement à l’expiration de ces trois ans que le hêtre est
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- réellement apte à subir une transplantation suivie de succès. Lorsqu’on le plante au bout de deux ans seulement on a bien une réussite partielle surtout si la plantation a lieu le même jour que l’extraction et à peu de distance de la pépinière, puisque cette opération équivaut à un repiquage, mais il est toujours plus sage d’attendre une année de plus.
- Pour la plantation, il est inutile de creuser des bandes continues, c’est une dépense superflue, des potets suffisent.
- On abeaucoup discuté sur lasaison la plus favorable à la plantation, nous estimons qu’il vaut mieux l’effectuer au début du printemps, de suite après les fortes gelées, attendu que celles faites àl’automne sont souvent soulevées pendant l’hiver puis lors du dégel, les plants se déchaussent et restent gisants sur le sol. Un moyen économique de propager le hêtre lorsqu’il y a déjà des cépées éparses, c’est le marcottage. On couche à terre une tige assez longue, on l’entaille légèrement en dessous, là où elle est destinée à produire des racines ; on enfonce dans la terre la partie de la branche munie de cette entaille, et on place ensuite par-dessus une grosse motte de gazon, ne laissant saillir de terre que 20 à 30 centimètres de cette tige. L’enracinement a lieu
- dès la première année, on peut alors séparer le nouveau plant de la souche mère, dès la deuxième ou troisième année.
- Le hêtre a été employé . en reboisement dans toutes les régions de la France, mais, sauf à des altitudes considérables, là où régnent les brouillards et où il pleut souvent, on n’a pas toujours obtenu de bons résultats quand on l’a planté pur.
- C’est une essence d’ombre craignant les ardeurs du soleil pendant son jeune âge; aussi convient-il de la protéger en ne l’employant, qu’en mélange avec des pins, des sapins ou d’autres résineux qui croissent plus vite et la protègent quelque temps.
- Le hêtre ne craignant pas le couvert prolongé, on peut encore l’employer en sous-étage dans les futaies de pins, de sapins ou d’epicéa, ce qui permet d’avoir sur le même sol du chauffage supérieur à celui des résineux.
- Par son couvert sombre, le hêtre nuit à la qualité des herbes qui naissent sous son abri, celles-ci s’allongent, sont peu nutritives, et tant que les arbres sont en massif serré, le pâturage y est peu avantageux.
- Th. Rousseau,
- Conservateur des forêts.
- ASTRONOMIE PRATIQUE
- Marche des Planètes sur notre planétaire
- de la Science en Famille.
- (La position est indiquée pour le 1er de chaque mois) (i).
- Janvier Février Mars . Avril . Mai. Juin. . Juillet . Août. . Sept. Octobre Nov. Mercure Vénus Mars Jupiter Saturne Uranus
- 295° | 236 337 312 161 1 202
- 280 | 258 357 318 161 | 202
- 322 | 290 | 13 295 162 | 203
- 17 | 334 | 42 339 162 | 206
- 46 | 3 1 63 343 162 | 206
- 49 | 39 | 88 348 164 | 205
- 90 | 74 | 108 1 348 164 | 204
- 151 | 115 129 347 165 | 204
- 1 72 | 153 149 342 167 | 203
- 170 | 188 166 339 168 | 203
- 214 | 224 183 335 173 205
- juge. 262 | 263 198 1 337 1 176 I 207
- I1) ^’es’ chiffres du tableau indiquent la place où
- MONOGRAPHIE DE VENUS
- Diamètre, 0,998 (1) (*), 3137 Lieues. — Diamètre apparent, variable, en moyenne i 1Q”
- Distance au soleil, 0,72333 (1). — En moyenne, 26 millions de lieues.
- Révolution annuelle, 224 j. 16 h. 49 m. 16 s. Rotation, 224 j. (?) (Schiaparelli, 1890). Inclinaison du plan de l’orbite sur l'écliptique, 3° 23’ 35”
- Inclinaison du plan sur l’équateur, 35° Excentricité, 0,0068433.
- l’on doit fixer l’épingle correspondante à la planète. Nous avons dans ce tableau, omis à dessein la planète Neptune, invisible dans les petits instruments.
- (2) Les quantités suivies du signe (1) signifient que la même donnée pour Ta terre est prise pour unité ; 0,998 signifie donc que le diamètre de Vénus est au diamètre terrestre comme 0,998 est à I.
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-
- Surface, 0,9702 (1). Vitesse d’un corps après une seconde de chute, 4 m. 41.
- Moyen mouvement diurne, 5767”,6698. Longitude du périhélie, 129° 27’ 15”
- Diamètre à la distance un : 17” 55.
- Etat physique. Très mal connu. Atmosphère dense. Yénus doit avoir de très hautes montagnes. L’hémisphère qui regarde le soleil en permanence d’après Schiaparelli, doit avoir une température des plus élevées, tandis que l’hémisphère obscur doit être glacial. Mais les travaux les plus récents n’ont encore fourni que des hypothèses.
- LA SCIÈNCÉ ËN FAMILLE
- Volume, 0,97 (1)
- 0,787 (1).
- Intensité de la pesanteur à la surface, 0,802 (1). Aplatissement (?). — Vitesse par seconde sur l’orbite, 34,630 mètres
- Vitesse par seconde d’un point à l'équateur, 2 mètres (Schiaparelli).
- Chaleur et lumière, 2 fois plus intenses que sur la terre.
- Maximum d’élongation, 48 Révolution synodique, 584 jours.
- Longitude du noeud ascendant, 75° 19’ 52
- Densite,
- Masse,
- DISTRIBUTION DE L’ÉLECTRICITÉ
- ES SYSTÈMES DE DISTRIBUTION. — Au début des applications de l’électricité chaque installation comportait autant de machines et autant de conducteurs séparés qu’il.y avait de lampes ou de groupes de lampes à alimenter séparément. Cette façon de procéder, à la rigueur admissible pour un théâtre, où l’on éteint et où l’on allume un certain nombre de foyers en même temps, ne saurait convenir pour la distribution de la lumière dans une ville, par exemple, car il est bien évident que chaque consommateur doit être libre d’allumer ou d’éteindre quand bon lui semble tel nombre de lampes qu’il lui
- o4 o o o o
- convient et sans que cela influence d’une façon sensible les lampes voisines.
- Lorsqu’on veut Fig. 56.
- alimenter par une
- même source d’électricité un certain nombre d’appareils, on peut disposer ces appareils de deux façons principales :
- En série (flg.55), c’est-à-dire intercalés dans le même circuit, le courant sortant du premier appareil traverse le second 1% et ainsi de suite.
- Ou en dérivation (fig. 56) c’est-à-dire aboutissant tous à deux conducteurs principaux OQ’ mis en communication aveelamachine M.
- On peut enfin réaliser des systèmes mixtes. Par exemple (fig. 57) on peut avoir des groupes de lampes en tension montés en dérivation sur les conducteurs CC’.
- Distribution en série. — Lorsqu’un certain nombre Je lampes U h lz (fig. 55) sont montées en série pour être alimentées par la même machine M, il est évident que ces lampes doivent être construites de façon à fonctionner avec
- la même intensité, et que cette intensité doit être maintenue à la même valeur, quel que soit le nombre des lampes en circuit. C’est pourquoi la distribution en série est appelée egalement distribution à intensif ^ constante. C'est alors la tension qui varie lorsque Ie nombre de lampes varie.
- Lorsqu’on veut éteindre une lamp6
- c*
- l, on la met en court-circuit, c’est-à-dire qu’on réunit ses bornes par un fil P de fa1* ble résistance, de façon que la presque lo-talité du courant passe par ce fil.
- Les distributions en série sont peu employées pour deux raisons principales : ^ première, c’est la solidarité qui existe entre tous les appareils d’un même circuit. Supp0' sons, en effet, qu’un accident à l’une des lampes coupe le circuit. En même teibj?8
- :
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- toutes les autres lampes s’éteindront, à moins qu’un appareil automatique ne vienne mettre en court-circuit la lampe éteinte. Mais cet appareil lui-même ne peut pas être infaillible ét sa présence amène une complication.
- La seconde raison est que ce système oblige à recourir à de hautes tensions, dangereuses pour les personnes qui manipulent les appareils. Supposons, par exemple, qu’on veuille alimenter de cette façon 50 lampes à arc. Chaque lampe exigeant 45 volts au moins, la tension aux bornes de la machine sera 50X45—2,250 volts. Or, une tension de 100 volts produit déjà une secousse très désagréable quand on touche les conducteurs avec les mains nues. A partir de 500 volts on considère cette expérience comme dangereuse à répéter. Enfin, la tension de 2,250 volts dont nous parlions plus haut produit des secousses mortelles. En principe, ce danger n’existerait que dans le voisinage de la machine, puisque cette force électro-motrice n’existe qu’entre les extrémités de la ligne complète. -Mais un consommateur qui n’aurait que deux lampes, par exemple, n’aurait jamais dans son installation qu’une différence de potentiel de 2X45=90 volts, Incapable de causer le moindre accident. Malheureusement, une installation industrielle est loin d’avoir la perfection théorique. Les câbles qui servent avec d’aussi hautes tensions sont extrêmement difficiles à isoler, et, s’il se produit une faible fuite Provenant d’une communication avec la terre au voisinage de la machine, une personne qui toucherait l'autre extrémité du conduc-tanr pourrait, en complétant le circuit par 1 intermédiaire de la terre, recevoir une secousse dangereuse.
- Fig. 57.
- M est
- vrai que les conducteurs peuvent
- ctre isolés là où ils sont à portée de la main, mais un accident peut déchirer cet isolant, Une usure peut amener le câble en contact
- avec une pièce métallique, et, malgré toutes *es précautions prises, le danger peut sub-Mster. Aussi a-t-on prohibé d’une façon gé-Qérale l’emploi des hautes tensions, excepté
- aux endroits où les appareils sont manipulés par un personnel expérimenté. Dans ce cas, on prescrit des précautions qui donnent toute sécurité, même en cas de mauvais isolement des câbles.
- Distribution en dérivation.—Le système en dérivation est universellement employé. Il assure la parfaite indépendance des appareils alimentés et permet l’emploi de tensions qui sont sans danger. Tous les appareils (lampes, moteurs, etc.) sont construits pour fonctionner à une tension donnée, tension qui est maintenue constante. Lorsque le nombre de lampes allumées varie, c’est donc l’intensité qui varie.
- La distribution en dérivation ou à potentiel constant exige des conducteurs beaucoup plus coûteux que la précédente, mais, par contre, elle offre plus de sécurité. On choisit ordinairement la tension de 110 volts; il y a intérêt, en effet, à ne pas prendre une
- tension trop bas-
- &__ se, car la section
- des conducteurs doit être augmentée avec l’intensité du courant, et, pour une puis-sance donnée, cette intensité est d’autant plus grande que la tension est plus faible.
- Tout conducteur traversé par un courant s’échauffe d’autant plus qu’il est plus résistant. En supposant même que cette élévation de température soit insuffisante pour créer des dangers d’incendie ou autres, elle doit être limitée dans la mesure du possible, parce qu’elle correspond à une dépense d’énergie et cela en pure perte. Aussi faut-il donner aux conducteurs une résistance très faible par rapport à celle des appareils qu’ils alimentent. Il y a une autre raison qui oblige à donner aux conducteurs une section assez forte, c’est que les lampes placées au voisinage de la machine sont plus brillantes que celles qui sont à l’autre extrémité du réseau, ces dernières ayant dans leur circuit une plus grande longueur de câble. On peut bien admettre une différence de 2 à 3 0/0, mais les différences plus grandes sont déjà sensibles à l’œil. Pour toutes ces raisons, la canalisation électrique représente un capital
- c
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- souvent aussi élévé que celui de l’usine elle-même, et c’est précisément le capital engagé dans les câbles qui limite la portée d’un réseau de distribution. Le système en dérivation permet de distribuer dans un rayon de 600 mètres environ autour de l’usine.
- Le'système à trois fils, que nous allons décrire, permet de porter cette distance à 1,000 ou 1,200 mètres.
- Distribution a trois fils. — Le système à trois fils (Edison) est une modification du précédent qui permet de réaliser des économies de cuivre tout en conservant les avantages du système primitif.
- Il consiste à employer deux machines MM’, réunies en tension et fournissant, par conséquent, une tension double de celle d’une seule de ces machines (fig. 58).
- Outre les deux conducteurs CC’, la canalisation comprend un troisième conducteur C” communiquant avec la jonction des deux machines. Les lampes sont groupées comme le
- montre la figure 58. S’il y avait entre C etC” le même nombre de lampes allumées qu’entre C’ et C”, aucun courant ne passerait dans le conducteur C”, mais comme cette égalité n’est pas réalisable en pratique, le conducteur C" laisse passer un courant, dans un sens ou dans
- Fig. 58.
- l’autre, de sorte que chaque groupe de lampes fonctionne indépendammentet que, grâce à la présence de ce conducteur C”, les câbles C et C’ peuvent avoir une section moitié moindre de ce qu’elle serait si les deux machines MM’ travaillaient sur deux réseaux séparés.
- (A suivre). F. Drouin.
- A TRAVERS
- La confection des outres en Italie. — Ceci pour prouver que toutes les bêtes féroces n’ont pas quatre pattes et que tous les sauvages ne vivent pas hors d’Europe. En Italie, par exemple, dans certaines contrées où l’on se sert encore d’outres pour conserver le vin et l’huile, on a gardé l’usage d’écorcher vifs les malheureux chevreaux dont la peau est destinée à confectionner ces outres. Cet acte barbare s’accomplit en pleine rue et en plein jour, au milieu d’une assistance nombreuse et sans pitié.
- Les outrés-ne vaudraient rien, parait-il, si la matière première n’en était levée ainsi sur le vif ; alors, il vaudrait mieux remplacer ces outres par autre chose.
- ** *
- Origine d’une loi célèbre. — Ces renseignements ont été donnés par un journal américain :
- John Lynch était simplement au xvie siècle un magistrat de l’une des nombreuses cités qui se fondaient ça et là dans le nord de
- LA SCIENCE
- l’Amérique. La ville qu’il administrait était souvent visitée, par des nègres marrons et par des condamnés en rupture de ban qui 1 commettaient toutes sortes de déprédations; mais John Lynch, homme énergique et impi' toyable ne les ménageait pas ; ses concitoyens reconnaissants l’investirent, afin «e rendre plus efficace la protection dont il leS couvrait, de pouvoirs sans limites comme sans contrôla, dont il usa largement. Les cûndaW' nations que Lynch prononçait, tant en m®' tière civile qu’en matière criminelle, étaient sans appel et immédiatement exécutées.
- La loi de Lynch n’est donc pas une ev pression exacte, car ce n’est pas Lynch qul inventa cette loi : il ne fit au contraire que de l’appliquer, et lorsque dans une ville d A-mérique, la foule se soulève, indignée, à ^ nouvelle d’un crime atroce et s’arroge droit que des temps d’exception avaient fa'1 attribuer à un magistrat honoré, elle n&P ; pliquepasla loi de Lynch; elle se fait justice elle-même; voilà tout.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- La lumière des mouches phosphorescentes. — C’est dans l’ile de la Jamaïque que ces insectes se trouvent en plus grand nombre et l’intensité du pouvoir éclairant dont ils sont doués est tout à fait remarquable.
- Dans une chambre absolument noire, a rapporté Humboldt, une seule mouche fournit assez de clarté pour qu’un objet placé entre elle et un mur opposé projette son ombre nettement tracée sur la paroi de la chambre, et en tenant une de ces mouches à environ cinq centimètres au-dessus d’un feuillet d’un livre, il a réussi à lire quelques lignes sans avoir besoin de déplacer ce petit foyer lumineux.
- Enfin, Hnmboldt a encore raconté que les naturels d’Hispaniola ont l’habitude en voyageant la nuit dans les bois de fixer l’une de
- ces mouches à l’extrémité de chacun de leurs doigts de pied, afin de mieux assurer leur pas en éclairant leur marche.
- *
- * *
- Le poisson qui est réputé nager le plus vite. — S’il ne s’agit que de franchir de courtes distances, on ne doute pas que le saumon soit, de tous les poissons, le plus rapide nageur; sa vitesse a été calculée comme étant de 30 à 35 kilomètres à l’heure. Mais pour faire un trajet long et soutenu, le requin est sans égal ; on sait en effet avec quelle ténacité, et sans paraître jamais lassé, il poursuit les navires ; on estime qu’il peut faire de 28 à 30 kilomètres par heure.
- On donne différents chiffres pour d’autres poissons, mais il serait difficile, et sans intérêt d’ailleurs, de présenter une classification des poissons à ce point de vue.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- Recette utile pour les peintres. — Lorsqu’un pinceau est raide ou durci par la couleur adhérente, on l’adoucit de la façon suivante : Verser dans une soucoupe ou une assiette de l’huile de térébenthine que l’on allume et que l’on laisse brûler jusqu’à ce que l’huile soit un peu chaude ; après avoir supprimé la flamme, on plonge plusieurs fois le pinceau dans cette solution en le travaillant un peu avec les doigts. Il faut avoir soin de nettoyer les pinceaux avec de la térébenthine mélangée à de l’huile^à manger et du suif, afin de les empêcher de se durcir et aussi les tenirià l’abri de la poussière,
- ** *
- Encre pour les laboratoires. — Les étiquettes de flacons ne durent guère dans les laboratoires : l’encre, attaquée par les émanations acides ne tarde pas à devenir complètement incolore. Le procédé suivant donne une encre très solide et qui peut être employée dans tous les cas où cette qualité serait nécessaire.
- On prépare une solution bouillante et saturée de borax ; on y projette successivement de la gomme laque en écailles, finement concassée, jusqu’à ce qu’il ne s’en dissolve plus. On mélange intimement à cette solution du noir de fumée bien lavé et en
- poudre impalpable, en s’aidant du mortier, s’il est nécessaire, pour obtenir l’union parfaite.
- L’encre obtenue acquiert un brillant métallique plus beau si on l’additionne d’une petite quantité de bichromate de potasse.
- *
- * *
- Eau de cuivre. — Rien n’est plus facile à préparer soi-même que le liquide vendu dans le commerce sous le nom d’eau de cuivre, et qui est destiné à nettoyer immédiatement tous les objets de ce métal.
- Pour un litre d’eau de rivière, on fait fondre 30 grammes d’acide oxalique, et on ajoute trois cuillerées d’esprit de vin et deux cuillerées d’essence de térébenthine.
- On met le liquide en bouteilles et on cachette. Pour s’en servir, on frotte légèrement le cuivre avec cette préparation, et on essuie vigoureusement avec un linge sec, le brillant apparaît tout de suite.
- ***
- Papier incombustible. — Voulez-vous rendre incombustible du papier, qu’il soit
- imprimé ou non, plongez-le dans la solution suivante, chauffée à 50°
- Sulfate d’ammonium..... 8 parties.
- Acide borique.............. 3 —
- Borax...................... 2 —
- Eau.................... 100.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
- Le vin changé en eau. — Voici pour les lecteurs de la Science en Famille une variante de l’expérience de chimie amusante que nous avons publiée dernièrement. (1)
- C’est du reste sous cette forme qu’elle était réalisée ces temps derniers sur la première scène de* prestidigitation de Paris et peut-être du monde entier, nous voulons dire au théâtre Robert-Houdin.
- Le prestidigitateur invite une personne de l’assistance avenir se rafraîchir avec lui. On sert, sur un plateau, une bouteille de vin, une carafe d’eau et deux verres.
- L’invité, interrogé sur ce qu’il préfère de la carafe d’eau ou de la bouteille de vin, choisit évidemment le vin.
- Le prestidigitateur prend donc la carafe et tous deux se servent et remplissent leur verre. On conçoit l’hilarité du public et la stupéfaction de la victime de cette charmante mystification, lorsque, au contact du verre, le vin se change en eau et l’eau en vin. Au fond du verre du prestidigitateur se trouvait un peu de rouge d’aniline en poudre et son eau était additionnée d’un peu d’alcool. Quant au verre du spectateur) il avait été rincé avec une dissolution d’hypo-sulfite de soude, et son vin n’était autre chose que le liquide au permanganate de potasse dont nous avons donné la recette à nos lecteurs.
- Il est certain que l’on pourrait réaliser cette expérience par l’emploi de produits chimiques différents et par d’autres dispositions, nous ne saurions donc affirmer que tel est le mode d’opération adopté au théâtre Robert-Houdin, mais il suffira certainement à nos lecteurs de connaître un moyen infaillible de produire le résultat voulu, et, à l’aide de notre formule, la réussite n’est pas douteuse.
- Nous recommandrons, toutefois, de faire disparaître au plus tôt le vin transformé en eau, car très souvent, en peu de minutes, et quelque soit l’acide employé avec le per-
- (i) No 98, page 31,
- Figure 59.
- manganate de potasse, cette eau prend une apparence laiteuse qui enlèverait à l’illusion un peu de son charme pour ceux qui aiment à être trompés complètement dans ce genre de récréations. Il est donc utile, dans certains cas, d’écarter complètement de l’esprit des spectateurs crédules toute idée d’intervention de produits chimiques.
- Nous pensons bien que le jeune et intelligent successeur de Robert-Houdin ne nous fera pas un reproche d’avoir ainsi dévoilé confidentiellement ce petit truc ; il est trop riche d’ailleurs en recettes de prestiges étonnants et d’illusions merveilleuses qui ne sont pas du domaine des simples amateurs. P. B.
- *
- Pression atmosphérique.
- — Prenez un journal, aussi grand que possible, et ou-vrez-le entièrement en le mettant à plat sur une table ou sur le plancher. Relevez légèrement le pli du milieu, comme le montre la figure ci-jointe, de façon à former une arrête que vous saisirez avec la main.
- En essayant ainsi d’enlever brusquement le journal, vous vous apercevrez que celui-ci oppose une grande résistance et ne peut être soulevé que graduellement. La cause de cette résistance est fort simple. En soulevant la partie centrale du journal, on détermine à la face inférieure un vide que l’air environnant vient combler en pénétrant par les bords ; mais cette pénétration ne peut se faire que d’une façon lente, car la pression atmosphérique tend justement à appliquer le journal sur la table et par conséquent à fermer les intervalles par où peut s’introduire l’air. En outre, comme le journal ne peut se soulever qu’en se fermant et que les deux côtés doivent pour cela glisser sur la table, il s’ensuit une augmentation de la résistance éprouvée, car la pression détermine un frottement assez énergique qui rend encore le soulèvement plus difficile.________Axel._
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, me d’Assas-La F ère. — lmp. Bayen, rue Neigrç.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- CONSEILS AUX AMATEURS POUR FAIRE UNE COLLECTION DE PAPILLONS
- I. CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES INSECTES. — DESCRIPTION D’UN PAPILLON
- ne des occupations les plus agréables et en même temps des plus instructives auxquelles on puisse se livrer à la campagne est la confection d’une collection de lépidoptères. Nous pensons venir en aide aux débutants et faire plaisir |
- 3^
- I'ig. 60. — Le Sylvain azuré (Limenitis Camilla, Fabr.) 1. Tète. — 2. Thorax. — 3. Abdomen.
- ^Ux jeunes amateurs, en commençant une série d’ar-
- ticles de la
- sur ce sujet. Notre intention n’est pas de faire science pure, mais bien de nous en tenir aux
- Moyens pratiques, à ceux que nous avons expérimentés, ainsi qu’aux observations que nous avons laites nous-mêmes depuis quelques années. Cependant, avant de nous mettre en campagne, avant même de décrire le matériel nécessaire pour cela, et îui n’est, comme vous le verrez bientôt, à moins que v°us ne le sachiez déjà, ni compliqué, ni encombrant tl est bon, croyons-nous, de savoir absolument à qui nous avons à faire, de connaître les caractères géné-laux de la catégorie d’animaux que nous nous proposons d’étudier, et le rang qu’ils occupent dans 1 échelle des êtres.
- Les
- insectes forment une classe très nombreuse-
- c’est même la classe la plus nombreuse du règne animal tout entier-dans le deuxième embranchement des animaux, celui des annelès ou articulés, animaux sans squelette intérieur, au corps formé d’une suite d’anneaux ou d’articulations enchâssées les unes dans les autres et plus ou moins mobiles : c’est parmi les insectes qu’il faut placer les papillons.
- Le corps des insectes, revêtu d’un épiderme corné semblable au test des crevettes, est partagé en trois parties bien distinctes: la tête, le thorax, l’abdomen. Examinons, sur un papillon, chacune de ces trois parties.
- Tête. — Détachons la tète, d’abord, une petite tête arrondie, nous voyons qu’elle porte en avant deux antennes,
- Fig. 61. — Tête de Papillon diurne (Pieris Cratægi)
- 1. Antennes et massue. — 2. Palpes.-3. Ocelles. — 4. Trompe.
- les yeux et les organes de la manducation.
- Les antennes sont des prolongements articulés en forme de cornes, et dont les fonctions ont toujours été de la part des naturalistes l’objet d’interminables discussions. Tous s’ac-
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- cordent pour les considérer comme les organes du toucher; mais Latreille et d’autres naturalistes, se basant sur ce que ces organes sont généralement plus développés chez les mâles, livrés constamment à la recherche de leurs femelles, les ont considérés aussi comme le siège de l’odorat; peut-être faudrait-il également placer à cet endroit les fonctions de l’ouïe.
- Les yeux de notre papillon sont fixes; or, sa tête l’est aussi; voilà, n’est-il pas vrai, de grands désavantages pour lui. Ces désavantages sont largement compensés par une structure spéciale de ces organes : en effet, les deux gros yeux que nous examinons en ce moment sont en réalité la réunion de milliers de petits yeux simples, accolés les uhs aux autres, et formant ainsi une multitude de petites facettes planes, hexagonales : on les appelle yeux composés. Même, quelques espèces possèdent encore, outre ces deux merveilleux appareils de vision, des yeux simples ou ocelles analogues à l’une des facettes des yeux composés et placés entre ceux-ci.
- Le papillon avec ses yeux et sa tête fixe n’est donc pas embarrassé pour voir dans toutes les directions.
- Parmi les insectes, les uns sont broyeurs, d’autres sont suceurs, et parmi ceux-ci, les uns, comme la punaise des bois, par exemple, ont besoin de traverser une enveloppe dure, l’écorce d’un arbre, pour parvenir aux liquides dont ils se nourrissent; leur bouche est alors conformée en une trompe rigide, tandis que pour ceux qui s’abreuvent au fond de la corolle d’une fleur, ou dans tout autre endroit d’accès facile, cette trompe est molle et arrondie ; c’est précisément le cas de notre Papillon. Cette trompe varie de dimensions avec les espèces ; elle acquiert parfois une longueur extraordinaire; par un système musculaire approprié, elle se roule et se déroule à volonté, et elle est, pour ces petites bêtes, le siège du goût et du toucher.
- Thokax. — Passons à la division suivante: le thorax est composé de 3 anneaux que l’on distingue assez difficilement chez les papillons : le prothorax, anneau antérieur portant la première paire de pattes ; le mésothorax, celui du milieu, donnant attache en dessous à la seconde paire de pattes, en dessus, à la pre-
- mière paire d’ailes; et le métathofax, anneau postérieur ou s’insèrent en dessous la troisième paire de pattes, en dessus la seconde paire d’ailes.
- On voit donc que le thorax p.or|esi lui.seul les appareils de locomotion : arrêtons-nous tin instant et donnons quelques minutes d’attention à la structure de ces appareils Commen-t çons par les pattes, recouvertes de poils, surtout dans la partie la plus rapprochée du thon rax; elles sont au nombre de six et si certains papillons paraissent n’en posséder que quatre, c’est que, chez ceux-ci, la preqnière paire est atrophiée et comme repliée sôus la tète.
- Chaque patte est composée de quatre,par-ties : la hanche, courte, ramassée et unie au thorax ; la cuisse, ou fémur, partie robuste, allongée et renflée, donnant asile à des muscles énergiques ; la jambe ou tibia, mince, allongée, portant souvent des épines, chez les mâles surtout ; enfin, le torse composé d’une série de pièces, au nombre de cinq ordinairement, tantôt courtes, tantôt un peu plus longues, mais toujours grêles, et la dernière se terminant par des crochets.
- Les crochets permettent aux papillons de se cramponner le long des surfaces les plus lisses et d’une direction quelconque. Les pattes ne sont pas, pour le papillon, de première utilité. Les ailes!., à la bonne heure !.. voilà pour lui l’appareil de locomotion par excellence !
- Les insectes n’ont pas tous des ailes ; les lépismes, les parasites, les puces, par exemple, sont aptères ; ceux qui en possèdent les ont au nombre de deux, comme la mouche, ou de quatre. Chez certains té.traptères (quatre ailes) ces ailes sont dissemblables, comme chez le hanneton, les forficules, les sauterelles, les pucerons que tout le monde connaît et qui représentent chacun un ordre particulier ; chez les autres, ces ailes sont semblables entre elles ; enfin, parmi ces derniers, il en est qui les portent nues, transparentes, comme les abeilles, les libellules, tandis que d’autres les possèdent recouvertes d’écailles : ce sont les papillons que ce dernier caractère a fait tous enfermer dans Ie même ordre, celui des lépidoptères (ailes recouvertes d’écailles).
- Vous voyez, ami lecteur, que nous tenons promesse, et que nous écartons avec précau-
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- 131
- tion le mot savant, toutes les fois que c’est possible. Cependant, si vous avez daigné suivre, vous avez dès lors une petite idée de la classilication des insectes, par le professeur Milne-Edwards, et vous pouvez vous rendre compte de l’importance donnée aux ailes, comme caractères de classification.
- Les ailes du papillon, sous la forme de lamelles membraneuses, sont des expansions de la peau séchée, soutenues par des nervures cornées, qui ne sont autres que des canaux circulant entre les deux membranes transparentes appliquées l’une contre l’autre dans leur surface entière, de manière à former la lamelle des ailes.
- Des écailles s’imbriquant les unes sur les autres comme les tuiles d’un toit, et affectant des formes qui varient à l’infini avec les espèces, recouvrent les ailes du papillon ; diversement coloriées, elles donnent à l’aile ce velouté et ce coloris qui ont fait dire à La-treille :
- « 11 semble que la nature ait eu l’intention de reproduire ici les colibris et les oiseaux-mouches qui, par la richesse, l’éclat et la variété de leurs couleurs, surpassent les autres animaux de la classe, dont ils font partie, celle des oiseaux. »
- A.u point de vue du vol, on a observé que la première paire d'ailes, d’ailleurs plus développée que la seconde, était plus importante que celle-ci ; il a même été prouvé que tes ailes inférieures pouvaient être supprimées à la base sans que, pour cela, le vol du papillon fût empêché.
- Enfin, pendant son vol irrégulier et saccadé, dû surtout à la grande disproportion d.es ailes avec la grosseur du corps, les quatre ailes du papillon fonctionnent simultanément sous l’action d’un même système de muscles. Dhez certains lépidoptères, les battements des ailes sont si rapides, qu’on voit le papil-ton se soutenir et planer au-dessus de la co-1 °He dans laquelle il enfonce sa trompe pour puiser sa nourriture, et si l’on saisit, à ce moment, entre les doigts, un fort papillon noc-
- turne, le Sphinx du Liseron, par exemple, qui, dans les douces soirées du mois d’août, butine sur les belles-de-nuit, on est très étonné de percevoir une sensation de chaleur bien caractérisée, due à la rapidité du mouvement des ailes.
- Abdomen. — L’abdomen fait suite au mé-tathorav : vous pouvez avec facilité, cette fois, en compter les anneaux, au nombre de dix, chez notre papillon, mais dont sept seulement sont visibles, les autres ayant servi à former certains organes situés à l’endroit où l’abdomen s’attache au métathorax.
- Au dernier anneau, se remarque une ouverture commune pour les organes de la digestion et de la génération. Chez la femelle, le conduit par lequel descendent les œufs est parfois transformé en tarière, servant à déposer ceux-ci dans la fente de l’écorce, ou dans les parties intérieures des végétaux.
- Différence de sexe. — Avant d’aborder le caractère fondamental des insectes, c’est-à-dire leurs métamorphoses, il y aurait peut-être quelques mots à dire sur les différences d’aspect que peuvent présenter le mâle et la femelle, dans certaines espèces de papillons. Ces différences, excessivement peu sensibles pour quelques-unes, sont très grandes pour d’autres. Ainsi, certaines femelles sont complètement aptères; d’autres ne possèdent que des moignons d’ailes, parfois, enfin, les ailes varient de forme du mâle à la femelle.
- Chez les bombycides, on reconnaît les mâles à leurs antennes plus larges que celles des femelles. Il existe également des différences de taille : en général, peut-on dire, le mâle est plus petit que la femelle, cette différence est même très accentuée dans un grand nombre d’espèces, chez lesquelles la femelle est beaucoup plus grosse que le mâle. Enfin, on peut faire entrer en ligne de compte les différences de couleurs, et à ce point de vue, on peut dire, en général, que le mâle a des nuances plus vives que la femelle.
- (A suivre) Marguerite Belèze.
- MÉDECINE
- La coqueluche.
- La coqueluche est une maladie extrêmement rebelle aux traitements les plus variés. Tel
- PRATIQUE
- moyen, très efficace, dans un cas, ne donne que des résultats médiocres ou nuis dans un autre. Comme cette affection sévit surtout
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- sur les jeunes enfants, les affaiblit et les dé- | bilite beaucoup, que d’autre part elle peut entraîner des complications graves du côté de l’appareil broncho-pulmonaire, il est urgent de la traiter dès le début et avec grand soin. Nous n’avons pas la prétention d’indiquer un moyen infaillible ; mais parmi tant d’autres, il a obtenu de nombreux succès.
- Dès le début, si l’enfant a, comme on dit, la poitrine grasse, c’est-à-dire une certaine quantité de mucosités dans les bronches, il est indiqué de donner un léger vomitif. Le sirop d’ipécacuanha est le meilleur vomitif pour le jeune âge. Donner ensuite quatre fois par jour une cuillerée à entremets de la potion (pour un enfant de 5 à 6 ans) :
- Bromure de sodium . . . . 2 grammes
- Sirop de belladone. . . . . 15 —
- Sirop de codéine .... . 15 -
- Hydrolat de fleurs d’oranger. . 20 —
- Julep gommeux . 90 -
- Faire trois fois par jour dans les fosses nasales, une insufflation (gros comme une forte prise de tabac) avec la poudre suivante :
- Acide borique pulvérisé . . 4 grammes
- Salicylate de bismuth . . . 16 —
- Essence de menthe . . . . . 2 gouttes
- Un moyen très simple pour faire cette insufflation est de prendre un morceau de tube de caoutchouc de 30 centimètres de long (diamètre de 3 à 4 millimètres). On fait pénétrer un peu de poudre dans un des bouts, on insinue ce bout dans la narine du malade et la personne chargée du pansement souffle par l’autre extrémité. Fermer les yeux de l’enfant pendant cette petite manœuvre pour éviter que la poudre ne pénétre dans l’œil. On peut se servir d’un petit insuffla-teur à boule de caoutchouc.
- Contre les vomissements qui suivent fréquemment les quintes, administrer, après chaque repas, une infusion légère de café vert. Couper le vin du repas d’une petite quantité d’eau de Seltz artificielle.
- Bien alimenter l’enfant pendant la durée de la maladie. Si le temps est doux et beau, s’il n’y a pas de complication, ne pas craindre de le sortir dans le milieu de la journée. Le changement d’air et le déplacement à la campagne modifient l’évolution de la coqueluche, mais ce bon effet se produit surtout quand la maladie touche à son terme.
- Les badigeonnages de l’arrière-gorge avec une solution de cocaïne réussissent également bien, de même que l’emploi interne de l’antipyrine ; mais l’emploi de ces moyens demande à être surveillé de près par le médecin.
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- * *
- Le coryza aigu ou rhume de cerveau.
- Le coryza aigu survient à la suite d’un refroidissement, d’un courant d’air qui saisit au moment où le corps est plus ou moins en sueur. Le froid aux pieds par l’humidité en est une cause fréquente. La prophylaxie consistera donc à éviter sagement ces causes occasionnelles.
- Pour le combattre, voici la formule d’unr poudre à priser six à huit fois par jour, comme une prise de tabac, qui réussit souvent à le faire avorter :
- Menthol.................10 centigrammes.
- Chlorhydrate de cocaïne . 20 —
- Acide borique pulvérisé . 4 grammes.
- Salicylate de bismuth . . 12 —
- Voici, d’autre part, la recette d’un remède populaire en Allemagne :
- Acide phénique .... 4 grammes.
- Ammoniaque liquide . . 4 —
- Alcool..................1 —
- Eau distillée..........10 —
- Imbiber de ce liquide une petite éponge que l’on place dans un petit cornet de papier ou dans un flacon à odeurs et respirer par le nez do temps à autre.
- L’action de l’ammoniaque est, pour certaines muqueuses, un peu irritante ; respirer les premières fois avec précaution.
- Un remède très simple, mais moins efficace : Prendre une cuillerée à café de camphre en poudre, la jeter dans un verre d’eau en ébullition légère et inhaler les vapeurs par le nez.
- Dans les coryzas violents, accompagnés de maux de tête, il faut avoir recours à une légère sudation, au moyen d’une infusion chaude pectorale additionnée d’un peu de cognac, prise au moment du coucher. La belladone agit bien dans ces cas-là, mais le maniement de cette substance est dangereux et nécessite l’avis et l’ordonnance du médecin (1).
- (i) D’après la Nature.
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- CAUSERIE MÉTÉOROLOGIQUE
- LES PERTURBATIONS DE L’ATMOSPHÈRE ET LES INFLUENCES ASTRALES (suite)
- a lune, quoique située plus près de nous que tout autre corps céleste, ne peut avoir sur l’atmosphère de notre planète qu’une action générale, étendue à la fois à un hémisphère identique à New-York, à Paris et à Pékin, et par conséquent sans influence propre sur une région déterminée.
- D’ailleurs, la lune n’agit sur la terre que par son attraction ; c’est ainsi que, de concert avec le soleil, elle produit chaque jour les marées de l’Océan, et, au sein des hautes couches atmosphériques, un mouvement régulier analogue, presque insensible dans les profondeurs de l’air où nous vivons. Mais ce sont-là des actions générales et régulières, à peu. près nulles pour la météorologie et sans influence possible sur le temps.
- Quant au point de vue calorique, les expériences scientifiques les plus minutieuses ont démontré que la chaleur des rayons lunaires, qui sont tout simplement le reflet de ceux du soleil, n’est absolument pas appréciable.
- Reste enfin la lumière de la lune, qui ne peut être sérieusement considérée comme douée du pouvoir de produire des changements de temps. Non seulement l’éclat de la pleine lune est 500,000 fois environ plus faible que celui du soleil, mais entre cette phase et la période d’invisibilité, c’est par gradations insensibles que la lumière augmente ou diminue et cela vu de la terre entière, ce qui ne permet pas de justifier des influences lunaires brusques en des régions déterminées.
- Nous avons dit que la lune ne peut avoir que par sa masse une action véritable sur la Terre ; l’attraction de notre satellite est considérée en effet par les prophètes du temps comme un facteur de premier ordre pour les perturbations aériennes. Il est bon de signalée à ce sujet un fait capital, négligé par les astrologues modernes dont le principe habi-tinel est de saciifier la réalité à l’apparence ; cest que visible ou invisible, quelle que soit sa phase, notre satellite passe tous les jours au méridien de chaque lieu, par suite de la rotation de la terre : son influence ne peut
- donc être qu’uniforme et générale et n’a d’autre manifestation que les marées. Remarquons en outre que celles-ci ne se font presque pas sentir dans les mers comme la Méditerranée, qui n’offrent pas à l’action lunaire une surface assez vaste, ce qui prouve très clairement que l’influence attractive de la lune ne peut affecter des régions restreintes, mais bien seulement d’immenses zones, telles qu’un hémisphère de la terre.
- D’autre part, alors que l’éloignement et le rapprochement périodiques du soleil, causés par la légère excentricité de notre orbite autour de l’astre rayonnant duquel la vie dépend sur la terre et les autres planètes, n’influent que très peu sur l’intensité des saisons, qui sont produites par l’inclinaison de notre équateur sur le plan de l’orbite terrestre, est-il admissible que les faibles variations de distance qui ont régulièrement lieu entre notre globe et la lune puissent amener divers troubles atmosphériques, comme le prétendent les savantasses qui se livrent à la prédiction du temps ? Les marées elles-mêmes ne subissent presque pas la minime influence, toujours générale, des variations de distance de la lune. Enfin, si tel aspect ou telle situation de la lune rend le temps sec ou pluvieux, comment expliquer que beaucoup de régions terrestres aient chaque année plusieurs mois de sécheresse à l’époque où d’autres, quelquefois voisines, ont plusieurs mois de pluie ?
- Les météorologistes populaires, les gens des campagnes et les marins, qui admettent surtout les traditions sans fondement relatives aux influences de la lune sur les phénomènes atmosphériques, remarquent une coïncidence à l’appui de leurs dires et ne prêtent pas attention à dix faits dans lesquels leurs préjugés sont en défaut. « Il n’est pas de pire aveugle que celui qui ne veut point voir » dit le proverbe ; il en est toujours ainsi en matière de superstition.
- Les changements de temps ne peuvent donc être basés sur l’action des phases de la lune. D’ailleurs, jamais des observations sérieuses n’ont constaté la véracité des alléga-
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- tions populaires. Il y a mieux ; ceux qui se font les interprètes de ces dernières ne s’entendent absolument pas entre eux sur l’action propre de chaque quartier ou de chaque position lunaire. De plus, il faut remarquer que dans leurs prédictions, ils ne précisent pas la direction des courants perturbateurs ni la région qui sera affectée. En France, les vents d’ouest donnent de la pluie sur le versant de l’Atlantique et de la sécheresse sur celui de la Méditerranée; le contraire est produit par les vents d’est. Dans ce cas, si les météorologistes populaires se risquent à préciser un peu, ils ont encore pour eux la moitié des chances. Aussi, l’absence de réfutations scientifiques aidant, paraissent-ils avoir souvent raison aux yeux de la grande masse de leurs crédules adeptes. Dans la contrée vaguement désignée, il y a toujours des endroits où il a plu et d’autres où le ciel est resté serein. Naturellement, cela leur suffit pour montrer qu’ils ne se trompent pas...
- Certains porte-paroles de la météorologie boiteuse formée ainsi des préjugés du peuple, disent, par exemple, que la nouvelle lune détermine les changements de temps; ils ajoutent que le temps qu’il fait alors domine pendant le reste du mois (1). Evidemment, si l’on étend l’expression nouvelle lune ou pleine lune à deux ou trois jours avant et après la date effective, on a beaucoup de chances pour observer dans l’état de l’atmosphère des changements quelconques, dont l’un peut persister ensuite. -Répétons à ce propos que le jour de la nouvelle lune, comme tous les autres jours, la masse lunaire passe au méridien de chaque lieu terrestre. Se trouvant alors entre nous et le soleil, notre satellite n’est pas éclairé et, par suite, ne peut être vu; voilà toute la différence seulement relative à la visibilité, entre la nouvelle luné'et la pleine lune. D’ailleurs, si le : .temps variait suivant les phases lunaires, comme celles-ci sont périodiques, les perturbations atmosphériques devraient revenir dans le même ordre, ce qui n’existe nulle part, car elles sont trop fréquentes, trop complexes, dépendent surtout d’influences aériennes réciproques trop subtiles, pour
- (i) Et quand la nouvelle lune a lieu le trente? Il est bien sûr cependant que son influence n’est pas modifiée par la date à laquelle elle se produit.
- avoir une régularité autre que celle causée par la succession des saisons.
- Le gros public et les météorologistes prophètes attribuent en outre à la lune des influences sur le système nerveux, les plantes, la coupe des bois, les semailles, la ponte des œufs, etc., en un mot sur à peu près tout, et cela sans examen ni preuve, par simple tradition. Les peuples sauvages ne pensent pas autrement, car un pareil système de préjugés, admettant mille sottises, c’est la néga- I tion de la science, qui doit être positive pour j progresser. Toutes ces superstitions i ri vrai- [ semblables et pleines d’ignorance se trans- I mettent de père en fils sans que personne se | livre aux plus simples expériences con- L cluantes pour fournir des preuves solides de I leur exactitude. En effet, il n’a jamais été ac- I comj li en météorologie d’observations scien- I tifiques démontrant d’une façon sérieuse l’ac- I tion perturbatrice des influences astrales, I deux mots magiques qui suffisent àtoutpour I les prophètes du temps, et qui sont en réalité, I dans ce sens, des mots creux, ne signifiant I rien qui existe. D’autre part, au contraire, I nombre de travaux météorologiques, serrant I de près l’exj érience contrôlée au lieu de se I perdre dans la spéculation, prouvent la nul- I lité des assertions populaires relatives àl’ac- I tion des astres et particulièrement de la lune I sur les perturbations aériennes.
- On ne peut dans un pareil cas accuser les I savants de refuser de se rendre à l’évidence, I car il n’y a vraiment aucune évidence; la 1 science ne doit admettre que ce qui est bien I constaté et non les naïves conclusions des 1 préjugés traditionnels des hommes des champs I et des gens de mer, qui n’ont pas été h'abi- I tués par l’instruction à dégager la réalité de 1 l’apparence des faits. Le grand Arago, tout I disposé qu’il était à faire profiter la science I de ce qu’il peut y avoir de vrai dans les idées I populaires sur les phénomènes de la nature, | a victorieusement prouvé que les prétendues | influences lunaires sur le temps sont sans fondement ni vraisemblance. Depuis lors, a c’est toujours là d’ailleurs l’opinion unanime B des savants dignes de ce nom, qui regardent b comme absolument stérile de former à l’a' I vance des conjectures sur le beau ou le maU' B vais temps basées sur l’action des astres.
- Avant de reléguer au sein du domaine des H fables l’intervention de la lune dans les tïO^ i
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- blés atmosphériques, la vie végétale et tout le reste, nous allons montrer nettement par un exemple,, combien les apparences sont trompeuses, et combien les conclusions des paysans sont fausses en cette matière, pour laquelle on doit beaucoup se garder des jugements prématurés.
- • Nous voulons parler de ce que les cultivateurs appellent la lune rousse, phénomène dans lequel notre satellite se trouve complètement hors de cause, ainsi que dans tous les autres faits météorologiques. Dans les nuits d’avril-mai, la température de l’air n’est fréquemment que de quelques degrés centigrades au-dessus de zéro. Alors, si le ciel est sans nuages, les plantes sont exposées à se geler, par le rayonnement de leur chaleur dans l’espace ; au contraire, si le firmament est couvert, les végétaux ne peuvent être gelés, parce que la vapeur atmosphérique les empêche de rayonner. Dans le premier cas, la visibilité de la lune est un indice de pureté de l’air, mais notre satellite est seulement spectateur du phénomène, sans y prendre j aucune part ; dans le second cas, le disque ; lunaire est inobservable précisément parce | que le ciel est nuageux. Que la lune soit levée J
- ou couchée, les plantes se gèlent tout de même si l’atmosphère est limpide.
- Pour ce qui est de l’intluence de notre satellite sur la végétation elle-même, voici, entre autres assertions de gens autorisés, l’avis de M. Delaunay, inspecteur des eaux et forêts :
- « On ne doit pas, dit-on, planter pendant la nouvelle lune. Aucune considération théorique ne permet d’appuyer cette opinion, que rien ne justifie d’ailleurs dans la pratique.
- « Un grand nombre de personnes soutiennent que les bois coupés en nouvelle lune se piquent et ne se conservent pas. C’est encore une erreur. Ce n’est pas la phase de la lune qu'il faut considérer pour la coupe des bois, c’est l’époque de l’année. »
- 11 y a longtemps déjà, un agronome distingué, M. Duhamel du Monceau, a réalisé des expériences tout à fait concluantes à ce sujet, en coupant des arbres de même âge et de même terrain avant et après la pleine lune, sans qu’on ait pu trouver aucune différence entre les diverses coupes. Cette expérience a été maintes fois renouvelée depuis, avec autant de succès.
- (A suivre). Jacques Léotard.
- LA DISTRIBUTION DE L’ÉLECTRICITÉ (Suite)
- Les stations centrales.— Les stations centrales destinées à alimenter un réseau de distribution électrique, comprennent d’une part les chaudières et machines à vapeur destinées à produire le travail, d’autre part les dynamos destinées à la transformation de ce travail en énergie électrique et les appareils de régula lion et de contrôle.
- On peut dire que les applications de l’électricité ont joué un grand rôle dans la création des types de machines à vapeur ac-tuels,et il n’est guère d’industrie où la force Motrice soit employée sur une aussi grande
- échelle et où il soit aussi nécessaire de la produire économiquement et régulièrement. Il y a des stations centrales où la puissance atteint 2,000 chevaux et même plus (1). La plupart de ces usines sont placées au cœur même des villes, c’est-à-dire là où 1j terrain est cher et l’exploitation difficile. Aussi ne fa ut-il pas s’étonner des multiples précautions que l’on prend pour établir ces stations dans un espace aussi restreint que possible. C’est ainsi que, en Amérique, on Fig. C3. construit des stations à six et sept étages, les étages inférieurs recevant les machines à vapeur, les
- (i) Le West End Railway Company est sur le point de construire à Boston une station de 13,000 chevaux. !
- fig. 62.
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- dynamos, les chaudières, et les étages supérieurs les approvisionnements d’eau et de charbon, les bureaux, etc.
- Machines dynamo-électriques. — Nous laisserons de côté la description des générateurs et machines à vapeur, pour arriver à la description des dynamos, les vues modernes ayant conduit à considérer ces machines d’une façon un peu différente de celle qui est
- tique, il se produit dans ce conducteur une force électromotrice proportionnelle à la vitesse de déplacement. L’espace qui nous entoure est un vaste champ magnétique, dont la direction nous est donnée par les boussoles d’inclinaison et de déclinaison. Lorsque nous déplaçons un objet métallique, il s’y produit donc la plupart du temps des courants, mais ces courants ne pourraient être
- awillil:
- üLHiiiüliiiiiiiii;;
- nîmT-1
- Fig. 64.
- exposée dans les anciens traités de physique élémentaire.
- On sait qu’on appelle champ magnétique un espace dans lequel s’exercent des actions magnétiques (l’espace entre les pôles d’un aimant, par exemple). La direction du champ serait donnée par celle d’une aiguille aimantée qui y serait suspendue librement. Or, lorsqu’on déplace un conducteur perpendiculairement à la direction d’un champ magné-
- constatés qu’avec des instruments extrêmement sensibles, par la raison que le champ magnétique terrestre est très faible. Dans les machines dynamo électriques, au contraire, on cherche à créer des champs intenses : on n’a aucune peine, par exemple, à réaliser avec un électro-aimant un champ 10,000 fois plus intense que le champ terrestre.
- Il taut en outre que le conducteur qui se déplace ait une certaine longueur ; c’est pour
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- concilier cette longueur avec une forme compacte des machines que l’on enroule le fil de façon que ses diverses parties soient groupées en tension et que leurs forces électromotrices s’ajoutent : ces conditions sont réalisées au moyen de l’anneau Gramme ou du tambour Siemens, trop connus pour que nous insistions sur leur description.
- Si nous considérons de la sorte deux spires AB, CD (fig. 63) enroulées sur le noyau de fer d’un anneau Gramme, nous voyons comment leurs forces électromotrices s’ajoutent, les fils extérieurs seuls étant soumis à l’action du champ (dont la direction est celle des rayons de l’anneau) tandis que les fils intérieurs servent à accoupler en tension ces fils extérieurs. Comme chaque moitié de l’anneau est placée dans un champ dont la direction est la même, les forces électromotrices
- des diverses spires s’ajoutent dans cette moitié. Comme en outre le sens du mouvement des conducteurs est inverse dans tes deux moitiés du champ, les forces électromotrices produites par chacune des deux moitiés de l’anneau 8°nt concordantes, autrement dit, si l’on Place deux balais dans une direction perpen-iculaire à la ligne des pôles, on recueillera e courant des deux moitiés de l’anneau, qui ravaillent comme si elles étaient accouplées en quantité. La figure62 représente schématiquement une machine Gramme. Pour plus ^simplicité, le fil de l’anneau ou fil induit ^ é divisé seulement en quatre sections et le Co ecteur n’a par suite que quatre lames. Mais, en PraHque, on augmente le plus possible le
- nombre des lames du collecteur, afin d’avoir une plus grande régularité de courant. Ainsi, une machine à 110 volts a ordinairement de 50 à 100 lames au collecteur.
- Il est à remarquer que, au point de vue théorique, il serait préférable que le fer de l’anneau restât fixe, tandis que le fil tournerait autour de lui. Mais, par suite de conditions mécaniques auxquelles il a étéjusqu’ici impossible de se soustraire, le fer tourne toujours avec le fil qu’il porte. Il en résulte une double perte par échauffement : 1° le fer, qui est conducteur et qui se déplace dans le
- champ magnétique , est le siège de courants parasites, dits courants de Foucault, que l’on cherche à réduire par la division du métal en rondelles minces, isolées les unes des autres; 2° indépendamment de ces courants, une masse de fer divisée dont l’aimantation est renversée rapidement un grand nombre de fois, s’échauffe d’une façon sensible,
- • 65. par suite des
- phénomènes dits d'hystérésis, sur lesquels nous n’insisterons pas autrement.
- Faisons remarquer également que la position réelle des balais dans une machine n’est pas tout à fait la position théorique ; pour éviter toute étincelle au collecteur, il faut avancer un peu les balais dans le sens de la marche (fig. 62).
- Toutes ces remarques s’appliquent au tambour Siemens aussi bien qu’à l’anneau Gramme. Nous donnons (fig.66) un schéma de l'enroulement de ce tambour, en supposant, comme tout à l’heure, le nombre des
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- sections réduit à quatre. Dans le tambour Siemens, tout le ül étant extérieur, joue un rôle utile, à l’exception toutefois des parties qui sont sur les bases du tambour. On réduit proportionnellement la longueur de cette partie inutile du fil, en donnant au tambour une grande longueur relativement à son diamètre.
- , Comme on sait, les machines dynamo-élec--triques sont presque toujours auto-excitatrices, c’est-à-dire qu’elles produisent elles-mêmes le courant qui excite leurs électroaimants inducteurs.
- L’UTILISATION DES RESIDUS (suite)
- i le nombre des clichés manqués est trop considérable, et quel' n ne dé sire fabriquer que deux ou trois douzaines de plaques sensibles, on peut em-
- Dans les machines destinées à fournir une tension constante, le fil inducteur est en dérivation, ses deux extrémités étant réunies aux balais (fig. 62.) La fraction de courant ainsi employée à l’excitation varie de 2 à 10 0/0 de l’intensité totale.
- - Lorsque le débit de la machine augmente, la force électromotrice diminue ; il est donc nécessaire d’opérer une régulation chaque fois que le régime varie. On pourrait y arriver en changeant sa vitesse. Mais il est plus commode de varier l’intensité du courant d’excitation. A cet effet, on intercale dans le circuit inducteur une résistance extérieure
- que l’on peut varier à volonté. Cette résistance est formée d’un fil de maillechort, divisé en un certain nombre de parties que l’on peut intercaler à volonté dans le circuit. L’appareil ainsi construit porte le nom de rhéostat.
- Les différents types de machines dynamos ne diffèrent que par les détails de construction, et surtout par la forme des électro-aimants inducteurs. La forme en simple fer à cheval, avec armature à la partie supérieure {fig. 62) se rencontre dans les machines Gramme (type supérieur). Elle se retrouve dans les machines Siemens. La figure 64 représente le type construit par la Société alsacienne de Constructions mécaniques, à Belfort.
- Les noyaux de l’électro-aimant sont en fer, et les pièces polaires en fonte. L’enduit est un tambour Siemens, et le. collecteur est formé de lames d’acier, simplement séparées par un intervalle d’air. On voit à l’avant de la figure le porte-balais, dont le calage est variable de façon à ce qu’on puisse placer les balais dans la position où il ne se produit pas d’étincelles.
- La forme inverse, c’est-à-dire avec l’induit à la partie inférieure de la machine, se rencontre dans les dynamos Edison. La figure 65 représente le modèle construit par la compagnie Continental Edison, à Paris (série normal ')• Entre les pièces polaires et le socle en fonte de la machine, est interposé un plateau en zinc, destiné à réduire les dérivations magnétiques par la fonte du bâti.
- On remarquera que la machine est montée sur des rails, sur lesquels elle est retenue par des vis de butée. Cette disposition permet de la reculer légèrempnt, toutes les fois qu’il est nécessaire de tendre la courroie de commande. ‘
- (A suivre) F .Droun.
- LA PHOTOGRAPHIE PRATIQUE
- ployer les autres à divers usages mentionnés. Rien de plus simple que de leï transformer en cuvettes photographiqlieSl par exemple. A-t-on des glaces 18X34» 011
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- LA SCIENCE
- coupe avec un diamant deux bandes de verre de 2 centimètres de largeur sur chacun des côtés. La plaque 18X24 devient 14X20. Quant aux.deux bandes 2X14. elles formeront, de même que celles 2X20, les parois latérales. On donnera un coup de lime sur le bord tranchant du verre, pour éviter les coupures, et l’on fixera le tout sur une planchette. Pour rendre les jointures parfaitement étanches, on se servira d’un mélange de cire de résine. On fait fondre dans un récipient quelconque 1 kilogramme de résine et 100 grammes de cire. Quand le mélange est parfait, on le verse, en étroit âlet, dans l’angle de la cuvette que l’on balance ensuite de manière à faire couler le vernis sur-tout le pourtour de de la plaque. Si l’on tenait à employer la cuvette de verre pour le développement, et, par conséquent, à garder au fond . sa transparence, on pourrait supprimer la planchette et la remplacer par .un simple cadre de bois consolidant les parois latérales. Le même procédé qui vient d’être indiqué sert à confectionner toutes sortes de récipients parfaitement étanches et bien suffisamment solides. Pour peu, du reste, que l’on soit industrieux et que l’on connaisse la menuiserie, on imaginera facilement des montures protectrices, servant en même temps à l’ornementation. Qu’il suffise de mentionner les effets décoratifs que l’on obtient avec les découpures en bois. Rien de plus aisé que de construire un aquarium, une série de cadres pour photographies, etc., etc.
- Pas n’est besoin d’une grande quantité d’outils ou d’un amas de matériaux ; une scie à découper, quelques planchettes et de vieux clichés, dépouillés de leur gélatine, puis un Peu de colle forte et un mélange de cire et de résine. Pour faire un aquarium, par exemple, on prendra un nombre suffisant de' plaques bien propres : on les unira au moyen du mastic hydrofuge, puis on les entourera de parois découpées à jour,donnant au petit bassin un aspect artistique. On pourra garnir le centre de cristaux et de tufs et vernir en rouge lé pourtour supérieur des places. Enfin chacun procédera pour l’ornementation de la manière qui lui paraîtra
- préférable.
- A.vtc des vieilles plaques, on peut encore foire des boites en verre pour le thé, des
- •, (>
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- verres dépolis pour les chambres noires, des châssis positifs pour le tirage des épreuves, etc.
- 20 Bains révélateurs usagés
- On divise, les bains, en bain de développement, bain de virage et bain de fixage. Ces différents bains, variant notablement de composition selon les formules, il va sans dire qu’on ne peut les envisager tous à la fois. Gomme développateurs, il ne sera question que de l’oxalate, du pyrogallol, de l’hydroquinone et de l’iconogène ; comme bains vireurs on n’envisagera que ceux à l’acétate de soude tondu ou cristallisé, avec addition de sels djvers, carbonate de soude ou phosphate ; enfin, le fixateur sera tour jours la solution classique d’hyposulfite.
- Certains révélateurs pouvant être employés un grand nombre de fois, on ne saurait désirer d’utilisation plus heureuse des propriétés des substances mélangées. L’iconogène et l’hydroquinone ont sur les autres développateurs cet avantages précieux: ils peuvent servir très longtemps. Et même, quand le bain d’iconogène semble avoir perdu sa vertu, on la lui rend, en partie du moins, par l’adjonction d’une solution de . carbonate de soude et de potasse. Les bains d’hy-droquinone et d’iconogène, employés à développer les clichés, paraissent-ils complètement épuisés, ile serviront encore au tirage des positifs sur papier émulsionné. On sait, en effet, que le développement des épreuves sur papier ou gélatino chlorure ne demande que des solutions réductrices très faibles. Enfin, quand les bains ne sont absolument plus aptes à la révélation de l’image latente, on les laisse s’oxyder à l’air : ils prennent alors une leinte noirâtre ou brune très accentuée. Si l’on enduit au' pinceau avec celte liqueur des lattes de bois blanc, on obtient une couleur analogue à celle' de noyer. Le bois une fois sec, vernir au copal. Des expériences ultérieures indiqueront si ce procédé est réellement pratique et si la couleur est stable.
- Les bains de virage à l’acétate de soude sont comme les bainsde développement à l’i-oonogéne : ils servent fort longtemps, si l’on prend soin, avant chaque opération, d’ajouter un peu de chlorure d’or ou de bain neuf à la solution usagée.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- 3° Bains fixateurs usagés.
- Leur utilisation est des plus faciles : ces bains peuvent être traités, en effet, de différentes manières, pour en retirer l’argent, mais l’emploi le plus ingénieux est sans contredit celui que signale le Dr E. Dagrève dans les Annales photographiques :
- D’après un brevet pris en Angleterre, il y a longtemps, écrit-il, une solution de chlorure d’argent dans l’hyposulfite de soude forme un excellent bain d’argenture au trempé. J’ai pensé que le bromure d’argent dans ces conditions pourrait donner des résultats et je l’ai essayé. Les résultats sont excellents ; j’ai pu argenter un plateau d’un décimètre carré et un cylindre de cuivre pour régulateur de bobine électro-médicale représentant au moins cette surface.
- Ii suffit de dégrossir à l’eau de savon l’objet au cuivre, puis de le tremper dans un vieux bain d’hyposulfite qui n’a pas été employé pour fixer des positifs, ce qui donnerait des tons jaunes.
- On frotte l’objet à argenter vigoureusement, puis on le replonge dans un bain jusqu’à blanchissement de la surface. Si l’on veut, une couche épaisse, on fixe un fil de métal à l’objet, à l’autre bout du fil on attache un fragment de zinc, soit un centimètre carré pour un objet d’un décimètre carré, et le zinc et l’objet sont plongés dans le bain. On augmente la quantité d’argent avec des rognures de papiers positifs, mais n’ayant pas été tirés. Le Dr Dagrève se propose d’essayer les bains d’hyposulfite de virage pour obtenir un dépôt de vermeil.
- 4° Eaux de lavage.
- Dans certains ateliers bien conditionnés,
- on retire des eaux de lavage 25 à 30 0/0 de l’argent employé dans la photographie. On peut employer à cet effet divers moyens, celui par exemple, que préconise M. Baden-Prit-chard. On suppose que les trois premières eaux de lavage contiennent tout le sel d’argent qui mérite d’être recueilli : elles sont versées dans un évier dans u coin de l’atelier. Un tuyau de caoutchouc qui communique avec l’évier conduit l’eau dans trois grandes jarres de terres placées dans une chambre voisine, elles sont enfoncées dans de la sciure de bois. A l’aide des tuyaux en caoutchouc, on peut remplir les jarres les unes après les autres. Quand le n° 1 est rempli, on ajoute l’acide chlorhydrique et on laisse reposer le liquide ; le n°2 est rempli ensuite; len° 3 à son tour. Pendant ce temps, le chlorure d’argent du n» 1 s’est précipité ; on décante le liquide clair ; la jarre qui pivote sur son fond pour être débarrassée du précipité qu’elle contient est remplie de nouveau avec les eaux de lavage au moyen du tuyau. Le précipité est filtré à travers une flanelle desséchée et envoyé à l’usine : la transformation de la masse en nitrate se fait dans des établissements de chimie industrielle. Ce procédé très simple donne de tels résultats qu’il n’est pas permis de ne pas l’employer, il n’ajoute aucun frais et réalise de vrais écono-miesl
- On pourrait aisément ajouter un chapitre à cette liste déjà longue des résidus photographiques susceptibles d’utilisation immédiate; mais tout amateur doit être à même de trouver à chaque chose son emploi rationnel ; du reste, les circonstances et les nécessités du moment sont souvent le meilleur guide (1).
- A. Berthier.
- ÉPHÉMÉRIDES ASTRONOMIQUES
- d’avril 1891.
- SOLEIL. — Entrée dans le Taureau le 20, à 9 h. 23 m. matin. Les jours augmentent de 1 h. 39. Temps moyen à midi vrai le 16, 11 h. 59 m. 50”. La déclinaison du Soleil, positive depuis l’équinoxe du printemps, augmente rapidement. .
- LUNE.—D.Q. le 2, à 6 h. 40matin; N. L. le8, à 9 h. 6 m. soir ; P. Q le 16, à 1 h. 50 matin ; P. L.
- le 24, à 5 h. 15 matin. — Le 7 avril, elle est au périgée (à 360 316 kilom.), et le 19, à l'apogée (à 405 390 kil. de la terre).
- OCCULTATIONS. — Le 2, <j, Sagittaire à 3 h. 34 m. matin ; le 20, v, Yierge à 6 h. 16 m- ? du soir.
- (i) Le Cosmos.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- PLANÈTES. — (Voir leur marche sur notre planétaire.) — Passages méridiens le 11 du mois : Mercure, à 1 h. 6. m. soir; Vénus, 9 h. 34 m. matin ; Mars, 2 h. 8 m. soir; Jupiter, 9 h. 21 m. matin ; Saturne, 9 h. 34 m. soir ; Uranus, minuit 36 m. ÉTOILES FILANTES. — (Voir notre numéro du 1er avril 1891.) CONSTELLATIONS. — (Voir notre numéro du 1" avril 1888.) En dehors des circumpolaires, les principales constellations sont : le Lion, le Bouvier, la Chevelure, la Balance, la Vierge, le Corbeau, l’Hydre, la Licorne, les Gémeaux, Orion, le Taureau, les Pléiades, Procyon. NOUVELLES DE LA SCIENCE.— Le Journal du Ciel signale les succès en photographie astronomique de MM. Pickering, Barnard, Burkhal-ter qui sont parvenus à obtenir l’image des couches de la couronne solaire, et de M. Holden qui a obtenu, en plein jour, des épreuves de Vénus, Mercure, Wéga et de la Lune ; la durée de la pose a été de 0 seconde 13, Nous espérons, d’ici à quelque temps, apprendre que la magnifique découverte de la photographie des couleurs due à M. .Lippmann, comme le savent ,ios lecteurs, a été appliquée à la photographie astronomique. G. Vallet.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- Un dîner électrique. — Le Franklin expérimental Club, de New-York a fêté le 31 janvier dernier son premier anniversaire par un dîner très original et qui donne bien raison, ma foi, à ceux qui ont baptisé l’Electricité de fée bonne à tout faire. Salle éclairée à l’électricité, plats cuits à 1 électricité et véhicules mus par un petit chemin de fer électrique. Le diner s’ouvrit par un souhait de bienvenue prononcé phonographiguementpex un automate figurant Franklin. Dans les intervalles du dîner, Mme Adini chanta la Marseillaise, M. Eiffel fit un discours et des cris de : « Vive la France, vive la République, vive M. Carnot » se firent enten-dlei reproductions d’inscriptions phonographiques conservées sur des cylindres de cire < depuis l’exposition universelle de 1889. Les huîtres furent ouvertes, les œufs ouillis, le punch chauffé, le café torréfié etc. par l’électricité. ^ers la fin, des fleurs montées sur des ^es *fe fer et maintenues en suspensjusque-a Par des électro-aimants, tombèrent en P uie sur les invités, dès que le circuit fut r°nipu. j ®nûn à 11 heures, on se sépara sur ces paro-^ e 1 Automate-président : « Couché tôt, ^etôt rend l’homme sain, opulent et sage. » joutons que cette installation avait été ^epaiée grâce à l’habileté de l’organisateur siti an)merî 1® général ménager de l’expo-on d Edison, lors de notre dernière expo- 8ltl°n universelle. Les mines les plus profondes. — Les puits de mine les plus profonds sont probablement ceux de Pribram, (Bohême). Ces mines d’argent fondées dès le XIVe siècle possèdent des puits mesurant une profondeur qui dépasse 900 mètres ; celui de St- François a 992 mètres, celui de St-Adalbert,1,099 mètres celui de la Ste-Vierge 1,116 mètres. Ces puits sont verticaux et l’extraction de l’argent se fait par un seul câble métallique. On y rencontre avec l’argent d’autres métaux précieux, plus de quatre-vingts espèces de minéraux dont quelques-unes très rares, ce qui fait de Pribram une localité absolument remarquable au point de vue minéralogique. % * * * Cigares falsifiés. — Une idée mise en pratique... en Amérique, c’est évident. La circulaire des fabricants de papier, journal des Elats-Unis, nous apprend qu’il existe dans les Etats de New-York une usine très importante pour la fabrication de papiers destinés uniquement à la falsification des cigares. Voici : on trempe à plusieurs reprises ces feuilles de papier dans une forte décoction de tabac; on les découpe, et à l’aide d’une presse on imite les nervures des feuilles naturelles. Avec ce tabac artificiel, on fabrique des cigares, que des amateurs ont proclamés excellents... Que disons-nous ? mais des fumeurs connaisseurs qui n’avaient pas été prévenus ont affirmé que les cigares qu’on venait de leur offrir devaient être de marques peu communes 1
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- REVUE DES LIVRES
- - Etude complète sur le développement et les développateurs, par L. Mathet, chimiste, avec de nombreuses figures intercalées dans le texte. —^ Société générale d’éditions à Paris. 2 francs. *
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- Signalons l’apparition d'une nouvelle Revue photographique . le Bulletin de Photo-Club de Pans dont nous devons le service à l’aimable secrétaire de cette "société, M. Bucquet.
- Nous souhaitons à notre nouveau confrère tout le succès qu’il mérite et il en est assuré à l’avance si les numéros qui vont suivre répondent à ce que promet le premier que nous avons sous les yeux. Très soigné au point de vue typographique, très bien illustré, rédigé par des hommes compétents et connus du monde photographique, il plaira à tous aussi bien par la forme que par le fond. On y lira avec intérêt et profit une étude sur la photographie des couleurs, du sympathique professeur Ch. Gravier. *
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- Le nouveau Sphinx, traité des jeux d’esprit et écritures secrètes, par Félix Jean. — Prix 4 francs. — Librairie Lecène, Oudin et Cie, 17, rue Bonaparte, Paris.
- Dans cet ouvrage, l’auteur définit chaque genre de jeux, il les décrit, en donne l’historique et en accumule des exemples d’une façon aussi ingénieuse que méthodique. C’est ainsi qu’il initie le lecteur aux énigmes, charades, anagrammes, logogriphes, m'etagrammes, mots en figures géométriques, récréations lexicolo-giques, vers^palindromes,.etc., etc.
- Si ces exercices sont surtout du domaine de la pure imagination, il n’en est pas de même des chapitres suivants intitulés : Saut du cavalier, reconstitution des mots brouillés, écritures secrètes, qui touchent au monde scientifique où tout est précision, calcul, démonstration.
- tSans doute, il faut pour devenir bon cryptographe, beaucoup de patience et de sagacité, mais l’auteur du nouveau Sphinx, a découvert une méthode mécanique, peut-on dire, pour déchiffrer certaines cryptographies, telles que la Jangada, par ^exemple, et d’autres plus difficiles, comme les cryptographies à clefs littérales, carrés de Vigenève, etc.
- Nous recommandons cet ouvrage aux autorités militaires,’aux diplomates; aux maîtres des
- lycées et collèges, mais surtout aux abonnés qui désirent prendre part aux concours de jeux d’esprit, ouverts dans certains journaux. •
- Le format, l’exécution typographique, les figures ne laissent rien à désirer ; ce qui en fait disons-le en terminant, un ouvrage digne de figurer sur toutes les tables de salon.
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- Les virus, par le Dr Arloing, membre cor-respondant de l’Institut, directeur de l’école vétérinaire et professeur à la faculté de médecine de Lyon.
- La théorie des microbes est en train de renouveler la médecine tout entière en même temps que la physiologie, sous l’impulsion donnée par M. Pasteur et M. Chauveau. La Bibliothèque scientifique internationale, dirigée par M. Em. Algalve, a donné, dans le livre de M. Trouessart sur les Microbes, un résumé des travaux de l’école de M. Pasteur, qui a mérité les éloges de l’illustre savant. L’ouvrage de M. Arloing, le collaborateur de M. Chauveau, qui paraît aujourd’hui, prend ces questions à un point de vue plus intéressant encore. M. Arloing étudie l’organisme dans sa lutte avec les microbes, éléments actifs des virus; il montre le malade succombant ou résistant et acquérant alors d’ordinaire une immunité spéciale contre le retour du mal qui l’a touché une première fois. Il étudie ensuite les différents moyens de produire chez l’homme cette immunité contre les terribles maladies qui sont le fléau de notre espèce, depuis la variole jusqu’à la rage et à la phthisie. Il est ainsi amené à développer et critiquer dans un chapitre spécial les travaux de Koch sur la fameuse lymphe préservatrice de la tuberculose, lymphe qui a tant passionné le monde savant depuis quelques mois. (1 vol. in-8° avec 47 fig-> I faisant partie de la Bibliothèque scientifiÇne I internationale. — Librairie Félix Alcan, j .Prix, cartonné à l’anglaise, 6 fr.)
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- L'enlumineur, journal mensuel d'artpM'
- \ tique et guide de Vamateur de la peintidt t et du dessin, directeur, rédacteur en che I Alphonse Labitte. — Abonnement : France el g colonies : 1 an, 20 fr. ; 6 mois, 12 fr. — Adn11' I nistration, 5, rue de Javel, Paris-Grenelle.
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- La SCIENCE EN FAMILLE
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- • Ce journal, qui compte pour principaux collaborateurs MM. Karl Robert, Van Driesten, Robida. Henri Chartier, George Serrier, C. Bernier, E. Chataigné de Dijon, H. Lecat, L. de la Tremblaye, etc., et dont le cadre, depuis sa fondation s’est considérablement agrandi, répond à un désirata, à un besoin réel, et comble'une lacune importante : l’art pratique dans la famille.
- Les amateurs — et ils sont nombreux — qui s’occupent d’aquarelle, d’enluminure, de peinture sur porcelaire et sur étoffe, etc., trouvent
- dans Y Enlumineur des modèles de tous genres : éventails, écrans, menus, miniatures, missels, etc., etc de style ou de fantaisie qu’ils sont à même de peindre ou de copier suivant-, les indications données dans le texte.
- Enlumineur est une utile et jolie publication que nous recommandons à nos lecteurs et lectrices, et à toutes les personnes qui manient le crayon ou le pinceau. Ajoutons que chaque numéro contient de nombreux modèles et des planches hors texte, prêtes à être mises en couleurs .
- LA SCIENCE PRATIQUE
- Nettoyage des bijoux, pierres précieuses.
- — Avec une brosse demi-dure portant du blanc d’Espagne imbibé d’eau, frotter les bijoux à nettoyer jusqu’à ce que l’oxyde soit disparu ; cette opération terminée, lavez-les dans de la mousse très chaude, de savon à l’étoile, savon qui ne renferme aucun sel oxydant l’argent, puis chassez les dernières matières grasses de savon en trempant les bijoux dans l’esprit de vin, vous les ferez sécher enfin dans de la sciure chaude.
- Si vous ne voulez pas employer le savon, bornez-vous à laissez séjourner les diamants, durant 5 heures environ dans de l’alcool bien rectifié et à 90°.
- Vous les retirez,vous 1-es faites sécher comme plus haut et vous les brossez comme il a déjà été dit avant de les remettre dans l’écrin.
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- Fixation de l’encre de Chine. — Un journal allemand donne le procédé suivant pour lu fixation de l’encre de Chine des dessins °u calques.
- On frotte l’encre de Chine dans une dissolution à proportions définies de glycérine et de bichromate de potasse, et on expose ensuite le dessin, fait avec cette encre 4 ou 5 heures à la lumière. >
- La glycérine dissout la partie gélatineuse qui entre dans la composition de l’encre de' Chine, et détermine par suite, son mélange avec le bichromate. En outre, elle produit la décomposition de ce sel et sa transformation en un chromate qui s’unit intimement à la matière gélatineuse. -,
- Le mélange à employer est une solution à 2 ou 3 0/0 de bichromate et pour ü goutles. de cette solution, une goutte d’une solution de glycérine à 24 0/0.
- L’encre ainsi obtenue n’a aucune action sur les compas et son emploi est aussi aisé que celui de l’encre ordinaire.
- Les lignes obtenues se distinguent par un beau brillant et résistent au frottement de l’éponge humide et même, parait-il, à un séjour prolongé dans l’eau. -, • „,
- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
- Chimie récréative. — Prenez par exemple 0 centilitres d’une dissolution de nitrate de P °nib contenant 30 à 40 0[0 de sel ; ajoutez' ^ a 6 gouttes d’acide azotique, et laissez Mber dans cette dissolution que vous avez PUcée dans une éprouvette de verre allongée, fragment de sel dur et compact de 1 cmc Vlr°ü) v°us voyez aussitôt s’élever du sel e> des bulles d’air environnées d’un
- grand nombre de stries fines et blanches, et continuant leur ascension à travers la liqueur. Ces stries formées de molécules de chlorure de plomb dues à la décomposition de l’azotate de plomb et du chlorhydrate d’ammoniaque, augmentent tellement vite en élévation et en consistance qu’au bout d’un quart d’heure, parfois plus, elles ont atteint 8 à 10 centimètres.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Elles ont acquis au bout de ce temps une telle consistance qu’en enlevant avec précaution la dissolution saline, on peut les obtenir sous forme solide, à l’endroit où elles sont formées.
- Enfin elles prennent les formes les plus diverses, simulant à s’y méprendre toutes sortes de petits arbrisseaux à ramifications multipliées.
- Cette expérience aussi intéressante que jolie sur la décomposition mutuelle de deux sels mis en présence donne une variante également curieuse.
- Placer la même dissolution plombiquedansun verre large et assez profond, et à la surface de ce liquide, répandez une poudre d’un sel ammoniac : on voit alors descendre lentement une infinité de petits flocons blancs qui vont rejoindre le fond du vase, en donnant l’illusion parfaite d’une chute de neige. Ajoutons qu’on peut répéter plusieurs fois cette expérience avec la même dissolution. ***
- Choc des corps élastiques. — Chacun connaît cette expérience de cours qui consiste à frapper une bille d’ivoire suspendue, avec une seconde bille que l’on écarte à la façon d’un pendule ; la force vive de la bille frappante se communique tout entière à la bille frappée, qui se met en mouvement pendant que la seconde reste dans la position qu’elle occupait au moment du choc.
- On peut souvent observer une réalisation en grand de cette expérience dans les manœuvres de wagons qui s’effectuent dans les gares. Lorsqu’un wagon, placé sur une pente douce, se met en mouvement par l’effet de la gravité et arrive ensuite en palier, il est animé d’une vitesse sensiblement uniforme ;
- Fig. 67
- si alors il rencontre un autre wagon libre, il reste immobile aussitôt après le tamponnage, et communique toute sa force vive au second wagon, qui se met en marche avec sensiblement la vitesse qu’avait le premier au moment du choc.
- *
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- Casse-tête géométrique. — Prenez un carré de papier (fig. 67) et divisez-le en 64 carrés égaux. Menez ensuite les diagonales MN et OP, et coupez suivant les gros traits de la figuré. Vous obtiendrez ainsi deux triangles et deux trapèzes. En plaçant ces quatre figures comme l’indique la fig. 68, et les rapprochant, vous < aurez un rectangle dont la surface doit évidemment être la même que celle du carré primitif. Mais ce rectangle contient 5X13, soit 65 petits carrés !
- Il suffit d’un instant d’attention pour s’apercevoir de la supercherie. En réalité, le triangle ABQ, formé par la juxtaposition des deux figures AEIQ et FBK, n’est pas un triangle, mais un quadrilatère. On a en effet
- BP __8_ "FlT"~ 3 tandis que BA _ _13 AQ 5
- de sorte que l’in* l’inclinaison des deux lignes QI ^
- KB diffère de
- Fig. 68.
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- La ligne QlKB n’est donc pas une ligne droite, mais bien une ligne brisée, et que les lignes QI, KB, RL, UD, forment un parallélogramme très aplati dont la surface est précisément égale à l’un des petits carrés de division. Mais il est rare que la précision du dessin soit suffisante pour laisser deviner sa présence, sans l’aide du raisonnement. '
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d’Assas. La Fère. — lmp. Bayen, rue Neigre.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Fig. 69. — Lavoisier (1743-1794).
- a cMmie et le laboratoire d’amateur, je crois *ïu il est de notre devoir de rendre hommage cette place au véritable novateur de cette C*fnce si utile et si agréable, à Lavoisier.
- nl°ine-Laurent Lavoisier, l’auteur d’une évolution scientifique immense et la victime ustre de la plus profonde des révolutions
- tut, où il fut élevé avec beaucoup de soin jusqu’à l’àge de dix-sept ans.
- (1) Situé rue des Blancs-Manteaux — il a été transformé en impasse lors du percement de la rue Ram-buteau.
- (2) Les dates relatives à la vie de Lavoisier sont souvent controversées. Nous donnons i6i celles de
- NOS GRANDS CHIMISTES
- LAVOISIER
- ! ardonnez-moi, si, rompant arvec nos traditions, je viens aujourd’hui vous présenter un peu de théorie. Avant de poursuivre la série de nos entretiens sur
- politiques, naquit à Paris, cul de sac Pec-quet (1), le 26 août 1743 (2). Fils d’un riche négociant, il fit ses études au collège des Quatre-Nations, devenu le palais de l’insti-
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Il eut, pour apprendre les sciences, les maîtres les plus célèbres dé l’époque .-.l’abbé de Lacaille pour les mathématiques et l’astronomie, B. de Jussieu pour la botanique, Guettard pour la géologie, et Rouelle pour la chimie. La physique et la chimie surtout l’attiraient; il s’y consacra tout entier et toute sa jeunesse s’écoula dans les joies austères de l’étude.
- Son premier travail original date de 1764 : c’est un mémoire présenté à l’Académie des sciences, dans la séance du 27 février 1765, concernant des recherches sur les différentes espèces de gypse.
- En 1766, à vingt-trois ans, Lavoisier était déjà lauréat de cette même Académie, pour un mémoire qu’il présenta à la suite d’un concours ayant pour objet : Le meilleur moyen d’éclairer pendant la nuit les rues d’une grande ville en combinant ensemble la clarté, la facilité du service et l’économie.
- L’année suivante, il fit avec Guettard un voyage d’exploration dans l’est pour la confection d’un atlas minéralogique. Il parcourut alors l’Alsace et la Lorraine, comme « envoyé du Roi », et il en rapporta les matériaux avec lesquels il publia son Mémoire sur les couches de montagnes. Entre temps, Lavoisier donnait aux recueils scientifiques de l’époque d’autres mémoires sur le tonnerre, l’aurore boréale, le passage de l’eau à l’état de vapeur, à l’état de glace, etc.
- Enfin, proposé en 1766 pour un siège à l’Académie des sciences, il y fut admis en 1768, et siégea le Rrjuin pour la première fois; il avait 25 ans. Peu après, il faisait à ses illustres collègues sa première communication, à propos d’une expérience montrant que l’eau n’est pas changée partiellement en terre par la distillation, comme on le croyait généralement.
- C’est en 1769 que Lavoisier devint, pour son plus grand malheur, fermier général. Les biographes sont loin d’être d’aCcord sur le mobile qui poussa le savant à solliciter ce
- l’ouvrage de M. Grimaux (Lavoisier, Félix-Alcan, éditeur, 1888. — 6 fr.) Cet ouvrage, présenté d'après la correspondance, les manuscrits, les actes authentiques et les papiers de famille de Lavoisier, offre toutes garanties de certitude.
- poste qui donnait, au prix d’un cautionnement énorme, il est vrai, des revenus considérables.
- D’aucuns ont prétendu qu’il le fit pour subvenir aux dépenses d’expériences coûteuses; d’autres ont vu là un moyen d’assurer son indépendance ; d’autres, enfin, sans que rien de sérieux vienne prouver leur assertion, ont mis en avant un soi-disant amour immodéré des richesses, avec une grande ambition.
- Bref! ce qu’il y a de certain, c’est que cette fonction le conduisit à sa perte, et il l’a payée assez cher pour qu’on lui pardonne, quelles qu’elles soient, les raisons qui la lui firent désirer.
- Il fut, dans tous les cas, un fonctionnaire consciencieux et un administrateur remarquable.
- Avec cette position de fermier général donnant de gros bénéfices, il put se poser, comme on l’a dit, en Mécène de la chimie, et son salon devint le centre de réunion des plus grands savants de l’époque. Mme Lavoisier, jeune femme d’un extérieur charmant et d’une intelligence peu ordinaire, présidait Hëà reüniohs, et, pour ajouter un mot sur la compagne du grand chimiste, disons quon lui doit la traduction d’un ouvrage de Kirwan,
- l’Essai sur le phlogistique et les illustrations du Traité de chimie de son mari (1771)) pour lesquelles elle apprit exprès la gravure, sachant déjà très bien dessiner.
- En 1779, Turgot le plaça à la tête do la régie des salpêtres, et au prix d’expériences qui faillirent lui coûter la vie ainsi qu’à Ber-thollet, il put quintupler la production du salpêtre et faire bonne besogne nationale en dispensant la France de s’adresser désormais à l’Angleterre et à la Hollande.
- Il devint successivement attaché à la caisse d’escompte, membre de la commission des poids et mesures, et enfin, en 1791, commissaire de la Trésorerie; à ce moment, il P1’0' posa pour simplifier la perception de l'impôt) un nouveau plan qui- parut sous le titre : $ la richesse territoriale du royaume ^ France et dont la Constituante décréta 1 impression aux frais de l’Etat.
- Do 1772 à 1786, plus de quarante Mémoire’ relatifs à l’établissement de sa théorie ch1 mique furent publiés et il n’est pas possible
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- de voir des travaux plus importants se suivre avec une logique aussi rigoureuse. Rien ne se perd, rien ne se crée, devint sa devise; la matière peut changer de forme, elle conserve son poids, et, dès lors, partant de ce principe, une balance à la main, il révolutionne la chimie.
- Il fit successivement la découverte de l’oxygène et cela en même temps que Priestley, l’analyse et la synthèse de l’air en 1777 ; celle de l’acide carbonique, celle de l’eau, celle des matières organiques; il put expliquer la respiration, la combustion, la fermentation, etc.
- Lavoisier se livra à beaucoup d’autres travaux et prit part à tous ceux que commandaient des circonstances d’actualité : il fit, dans un but d’humanité, une longue suite d’expériences malsaines et dangereuses sur les gaz qui se dégagent des matières fécales; dans son Traité de chimie, il posa les bases de la chimie moderne, il créa avec Guyton de Morveau la nomenclature chimique, qui fut présentée à l’Académie et adoptée en 1787.
- Les travaux de Lavoisier sur le rôle de 1 oxygène dans la combustion détruisirent de fond en comble la fameuse théorie due à Stahl et suivie jusque-là par tous les savants et par tous les philosophes, la théorie du Phlogistique.
- D’après elle, tous les corps combustibles renfermaient un principe igné, dit phlogistique.
- Quand un c^rps brûle, c’est que ce principe se dégage ; un corps en est-il privé, il devient incombustible, et il ne peut acquérir de combustibilité qu’en absorbant du phlogistique. Celui-ci en se dégageant est animé d’un mouvement violent de tournoie-ment : c’est l’origine de la chaleur et de la lumière dues à la combustion, et qui deviennent seulement deux propriétés du phlogis-Dque en mouvement.
- Les métaux changent-ils d’aspect et perdent-ils leurs propriétés caractéristiques ? c est qu’ils ont laissé échapper le phlogistique renfermé en eux ; mais ils redeviennent métalliques, si on le leur restitue en les chauffant avec du charbon, des graisses, des huiles, etc.
- , ^ans la combustion des végétaux, il s échappe en huile volatile, ou bien il reste
- dans le charbon, à moins qu’il n’y ait contact avec l’air. Bref, tous les phénomènes manifestés par les corps dans leurs réactions mutuelles, toutes leurs propriétés ne sont que la conséquence du dégagement ou de la fixation de ce phlogistique.
- Cette théorie aussi complaisante que non scientifique se prêtait donc, comme on voit, à l’explication des principaux phénomènes de la combustion ; mais Lavoisier ayant, dès 1772, remarqué que le souffre, le phosphore, corps réputés riches en phlogistique et qui auraient dû, par conséquent, en brûlant, diminuer de poids, puisqu’ils laissaient échapper beaucoup de ce principe, augmentaient de poids au contraire, il en avait déjà conclu que les corps ,durant leur combustion, fixent une partie de l’air et augmentent de poids.
- Enfin, après l’expérience rigoureuse que Bayen fit en 1774, et qui démontra que l’oxyde rouge de mercure diminue de poids si on le calcine en vase clos, sans addition d’autre substance combustible, phénomène également inexplicable dans la théorie de Stahl, Lavoisier s’engagea dans une suite d’expériences qui démontrèrent aux plus tenaces que la combustion résulte de l’absorption d’un gaz particulier dont il constate l’existence dans l’air : l’oxygène.
- C’est donc l’oxygène qui s’unit au corps qui brûle, c’est lui l’agent par excellence de la combustion, et le poids du produit de la combustion donne comme total le poids du corps combustible ajouté à celui de l’oxygène nécessaire.
- La place nous manque pour analyser, que disons-nous, pour citer seulement tous les travaux qu’une fin déplorable vint arrêter, à l’époque où le grand savant était encore en possession de tout son génie.
- Le 2 mai 1784, le conventionnel Dupin ayant demandé l’arrestation de tous les fermiers-généraux, Lavoisier vint se constituer prisonnier.
- Le 6, il fut enveloppé dans la sentence capitale, et le 8, il monta sur l’échafaud, après avoir reçu la veille, dans son cachot, une députaticn des savants de l’Athénée qui étaient venus lui apporter une couronne ; il avait 51 ans.
- Lagrange à cette nouvelle s’écria : « Il ne i leur a fallu qu’un moment pour faire tomber
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- cette tête, et combien d’années faudra-t-il pour en reproduire une semblable ? » et Lalande écrivit plus tard : « Un homme aussi rare, aussi extraordinaire que Lavoisier, aurait dû être respecté par les hommes les moins instruits et les plus méchants ; il fallait que le pouvoir fût tombé entre les mains d’une bête féroce ». Partant de ce point, les biographes ont reproché sur tous les tons à la Révolution la mort de Lavoisier. « Mais, pour que les méchants puissent se raviser, dit M. Hœfer, il faut leur apprendre d’abord ce qu’ils ignorent. Il fallait montrer à cette « bête féroce » qu’elle commettait un crime de lèse-humanité en immolant un homme, qui, par ses travaux et ses découvertes, avait reculé les bornes de la science ; il fallait exposer aux regards de tous que Lavoisier consacrait son temps, sa fortune, les revenus de sa charge, à produire dans l’ordre intellectuel une révolution aussi grande que celle qui se produisait dans l’ordre politique et social. L’Académie des sciences se serait honorée elle-même, si elle était venue en corps, au pied du tribunal révolutionnaire, réclamer un de ses membres ; si, par un su-
- prême effort, elle eût tenté d’arracher à l’ignorance populaire et aux passions déchaînées une aussi illustre victime ».
- L’histoire sera sévère pour les Guyton de Morveau, les Fourcroy, ses collègues de l’Académie, et avec cela membres de la Convention, car il est difficile d’admettre qu’une démarche sérieuse de ces hommes n’ait pas réussi à arracher Lavoisier des mains de ses bourreaux ignorants, alors que, sur un signe de Robespierre, Fouquier-Tinville effaçait le fermier-général Verdun des listes d’accusation.
- Il ne nous reste de Lavoisier avec la gloire de ses immenses travaux qu’un médaillon peint par David : Lavoisier n’a aucun monument. Et cependant aujourd’hui encore, au bout d’un siècle pendant lequel la science a tant fait de progrès, ses découvertes font l’admiration des savants. Parles travaux qu’il a conduits à bonne fin et par l’empreinte qu’il a laissée sur ceux qu’il ne fit qu’effleurer, Lavoisier est classé parmi les plus grands savants du XVIIIe siècle.
- G. Huche.
- CAUSERIE MÉTÉOROLOGIQUE
- LES PERTURBATIONS DE L’ATMOSPHÈRE ET LES INFLUENCES ASTRALES (fin)
- otre satellite est donc sans influence sur l’état de l’atmosphère. Aussi n’est-il guère admissible que les diverses planètes, pour lesquelles la Terre n’est qu’un point dont la masse entière demeure toujours soumise à leur commune attraction, qui constitue leur seule influence à distance, puissent opérer le moindre changement météorologique à Londres plutôt qu’à Marseille ou à Sydney.
- Si les personnes qui se livrent à la prédiction du temps à longue échéance possédaient des connaissances astronomiques quelque peu sérieuses, elles reconnaîtraient bien vite l’évidente et complète inexactitude des théories fantaisistes qu’elles édifient à ce sujet avec une plaisante gravité. Ce n’est pas dans les profondeurs du ciel qu’il faut chercher les causes des perturbations aériennes, c’est
- dans l’atmosphère elle-même, c’est dans l’enchaînement des phénomènes multiples qui s’y produisent.
- Non seulement les conjonctions, oppositions et autres situations des planètes sont considérées comme sérieusement influentes sur les perturbations de l’air, par les météorologistes populaires, mais plusieurs de ces astrologues, ridicules plagiaires des oracles mythologiques, poussent aujourd’hui encore l’ignorance et le charlatanisme jusqu’à annoncer que les éclipses de Soleil ou de Lune et même les comètes, les étoiles filantes et les bolides causent de grands cataclysmes, notamment des tempêtes, des tremblements de terre, des éruptions volcaniques... des guerres et des épidémies ! Evidemment, ces ineptes sottises sont bien en accord avec les théories des savantasses sur les influences as-
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- traies, mais tout cela est entièrement contraire à la réalité. Il arrive bien chaque année sur notre planète des catastrophes de diverses sortes ; seulement il est facile de reconnaître par l’expérience comme par la raison, qu’elles sont sans aucun rapport avec les quatre éclipses qui se produisent en moyenne annuellement, et avec les nombreuses comètes qui sont sans cesse observées par des astronomes, à des distances considérables de la Terre.
- Il est une influence astrale qui mérite toutefois d’être signalée, car son importance au point de vue météorologique est sensible. Peut-être même est-ce pour cela qu’elle est précisément négligée par les prophètes du temps...
- Il est naturellement hors de débat que les rayons solaires sont la cause essentielle de la circulation atmosphérique ; c’est le Soleil quiestle générateur de l’activité et de la vie dans tout le cortège d’astres qui l’entoure. Mais outre sa lumière et sa chaleur, l’astre du jour possède une action également indépendante de l’attraction universelle, c’est une influence magnétique. Entre la grande masse incandescente du Soleil et notre petit globe existe en effet une sorte de lien électrique, car la Terre, comme tous les mondes dont le ciel est peuplé, constitue un véritable réservoir du fluide magnétique qui a le Soleil pour foyer radiant. 11 en résulte que les troubles violents de la matière solaire ont un contre-coup sur notre planète, où ces lointaines conflagrations sont manifestées par f aiguille aimantée et les aurores électriques Polaires, dont les variations périodiques suivent celles de l’effervescence du Soleil.
- Que cette action magnétique intervienne faiblement dans les phénomènes atmosphériques, c’est fort admissible, mais il s’agit fa encore d’une influence générale, qui ne Peut absolument pas affecter sur la Terre une région plutôt qu’une autre, et par conséquent dont les effets météorologiques doi-yent être répandus dans l’océan aérien tout entier.
- Les variations de l’activité solaire sont rendues visibles par les taches que l’on ob-s°rve sur l’astre du jour. Ces taches, beau-CouP étudiées par les astronomes et à l’exa-meû télescopique desquelles je me suis livré
- moi-même pendant plusieurs années, sont variables de nombre, de forme, d’étendue et de durée ; ayant leur siège à la surface du Soleil, elles se trouvent entraînées par le mouvement de rotation que celui-ci exécute en 25 jours. Nous n’avons pas à étudier ici la nature exacte des taches solaires ; qu’il nous suffise de dire qu’elles peuvent être considérées comme des sortes de violentes et gigantesques tempêtes, souvent plus grandes que la Terre entière, formées au sein de matériaux fluides incandescents.
- Certains prophètes du temps se sont imaginés que ces taches, qui produisent, il est vrai, des perturbations dans le magnétisme solaire et planétaire, causent des troubles orageux dans l’atmosphère terrestre. A ce propos, il faut remarquer d’abord que sur notre globe les perturbations électriques sont loin de donner toujours naissance à des orages. Si néànmoins les taches solaires créaient sur la Terre des troubles météorologiques, ceux-ci, nous le répétons, devraient s’étendre d’un pôle à l’autre, ce qui n’arrive jamais.
- On a prétendu que les grands orages qui ont eu lieu en diverses contrées, au mois d’août dernier, étaient la conséquence de plusieurs taches solaires apparues à cette même époque. S’il en était ainsi, lorsque survient le maximum des taches du Soleil, notre planète devrait être en proie à des cataclysmes atmosphériques capables de tout détruire à la surface du globe. Il y a seulement juste un an, le Soleil était à son minimum d’activité au point de vue des taches, qui n’atteindront leur nombre maximum que vers 1894. Il serait très singulier que de violentes perturbations météorologiques soient causées cette année par les taches solaires, puisque celles-ci sont précisément à leur minimum ; que serait-ce donc aux époques de grande effervescence ? Vraiment, il nous^semble bien qu’on doit assimilér le rapport qui existe, d’après les météorologistes populaires, entre les taches solaires et les inondations terres-^ très par exemple, à la corrélation qui a été remarquée entre le prix du blé, l’année de la planète Jupiter et la période décennale des taches du Soleil ! Avec de la patience et de l’imagination, on peut trouver des coïncidences entre une multitude de choses évi*
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- demment sans aucun rapport, le hasard étant le seul auteur de ces liaisons apparentes. C’est ainsi que l’on met sur le compte ‘des astres quantité de faits qui ont seulement avec eux une corrélation accidentelle.
- La communication magnétique qui existe entre le Soleil et la Terre ne peut avoir qu’une influence générale et certainement faible sur les perturbations atmosphériques. Il y a constamment entre l’air et le sol échange des électricités contraires dont ils sont toujours chargés, sans l’intervention du magnétisme solaire. Certes, il existe encore beaucoup de lois naturelles à découvrir, mais est-il raisonnable de supposer que si les perturbations météorologiques suivent en fréquence.et en intensité la même période que les taches solaires, les savants n’aient pas encore signalé ce fait remarquable, qui permettrait une prévision du temps exacte et facile ? Ne constate-t-on pas souvent des périodes orageuses sur la Terre alors que le Soleil est sans tache, et vice versa? Aussi, les cyclones du Soleil ne nous paraissent-ils pas influer sur les nôtres ; sans cela le baromètre serait détrôné par l’aiguille aimantée, qui est seule impressionnée par les perturbations magnétiques de l’astre du jour.
- En résumé, la prédiction du temps à longue échéance à l’aide de la science est actuellement impossible ; puisqu’elle existe néanmoins, elle doit être condamnée par tous les gens sérieux.
- Sans doute, il y a des hommes sincères parmi ceux qui se livrent à la prédiction du temps, seulement ils sont aveuglés par des préjugés anti-scientifiques et l’instruction nécessaire à de telles études leur fait défaut. D’aucuns, parmi les fanatiques, arriveront peut-être un jour à se convaincre qu’ils font eux-mêmes la pluie et le beau temps...
- Evidemment, pourvu qu’on ne mette pas dans les prédictions atmosphériques que les cours d’eau seront gelés au mois de juillet et que les arbres fruitiers seront en pleine récolte au mois de janvier, on peut tirer au sort le temps qu’il doit faire à un jour donné, pratiquant ainsi en météorologie le procédé dont usait en justice le juge de Rabelais,
- « lequel sentenciait les procès par le sort des dés. » En comparant entre elles plusieurs années écoulées, il est même facile de voir,
- en général, à quelle époque de l’été ont lieu les plus grandes chaleurs, à quel moment de l’hiver se produisent les froids les plus vifs, et de constater aussi que les maxima des orages et de leurs diverses conséquences se manifestent pendant les saisons de transition, qui sont le printemps et l’automne.
- Il n’est donc pas étonnant que les prédictions aient souvent l’apparence de la réalité et soient même parfois justes, lorsque le hasard leur est favorable, mais cela ne prouve pas du tout que leurs bases soient vraies. Il est on ne peut plus évident que si les théories populaires étaient reconnues exactes, la science en ferait son profit : le Bureau central de France, le service international de Washington et tous les observatoires météorologiques du monde s’empresseraient de prédire le temps à longue échéance, ce qui n’est fait aujourd’hui par aucun établissement scientifique.
- • Le « cluvet de notre coque », comme disait Fontenelle en parlant de l’atmosphère, a peut-être bien des retours périodiques d’années froides, chaudes, tempérées ou orageuses, dans telles ou telles régions ; en tous cas, ces divers phénomènes, sans rapport avec les astres, sont soumis à des lois et des vicissitudes physiques trop compliquées pour ne pas échapper encore aux investigations des savants. C’est par l’illogique assimilation de la météorologie à l’astronomie dont nous avons montré la fausseté, que les ignorants prophètes du temps prétendent par exemple, que les perturbations atmosphériques reviennent dans le même ordre après deux ou trois siècles. Que peuvent-ils en savoir ? H y a cent ans à peine qu’on possède des observatoires météorologiques quelque peu sérieux.
- En somme, par la connaissance précise et l’examen attentif de l’état général de l’atmosphère dans une vaste étendue de pays, la prévision du temps, et non sa prédiction, peut être scientifiquement faite aujourd’hui, quelques jours d’avance en ce qui concerne certains grands troubles météorologiques et un ou deux jours d’avance pour les changements aériens secondaires. D’ailleurs, ^ existe dans l’atmosphère de nombreux pronostics très connus, dont beaucoup sont originaires des campagnes, et qui fournissent
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- d’utiles indications sur le temps futur à courte échéance.
- Au nom de la vraie science et aussi du simple bon sens, on ne saurait trop combattre et blâmer la prédiction du temps pratiquée par nombre de météorologistes populaires, se livrant ainsi à un charlatanisme qui plaît aux foules, mais qui les trompe, qui fausse la rectitude de leur jugement et nuit à leur instruction.
- Il en est des sciences peu avancées comme des machines d’un maniement difficile ; de. même que celles-ci ne peuvent être confiées
- qu’à des mécaniciens expérimentés, celles-là doivent rester encore dans le domaine presque exclusif des savants, seuls capables d’en assurer les progrès. Certes, la vulgarisation générale des connaissances humaines est actuellement poursuivie avec juste raison par un grand nombre d’écrivains, et d’orateurs dévoués, mais ce sont seulement les sciences parvenues à un haut degré de perfection qui se répandent utilement dans le public, pour le grand bien de la morale, de la civilisation et du bonheur de l’Humanité.
- Jacques Léotard.
- CONSEILS AUX AMATEURS
- POUR FAIRE UNE COLLECTION DE PAPILLONS (suite)
- CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES INSECTES — MÉTAMORPHOSES DES LÉPIDOPTÈRES
- Si, comme c’est notre intention, nous nous en tenons aux caractères extérieurs et, dans ces caractères, aux lignes générales, nous avons dit ce qu’il y a de plus intéressant à connaître, ce qu’il y a de plus indispensable à savoir pour le jeune amateur. Il est temps de décrire la partie la plus curieuse de ces petits êtres, leurs métamorphoses (changements de formes). Chez les insectes, en général, ces métamorphoses sont incomplètes ou complètes. Elles sont complètes chez les lépidoptères.
- Œufs. — La femelle de l’insecte parfait, de notre papillon, par exemple, effectue sa ponte aussitôt qu’elle a été fécondée. Ces œufs varient de forme, de nombre, de couleur, de consistance avec les espèces, mais le point commun et de beaucoup le plus intéressant, réside, dans l’instinct et le soin merveilleux avec lesquels ces petites bêtes, qui seront mortes longtemps avant d’avoir pu élever leurs petits, choisissent l’endroit le plus propice pour le développement de ceux-ci aus-sitôt qu’ils seront éclos.
- Les femelles des Liparis dispar et chry-sorrhœa, par exemple, s’arrachent les poils mous, soyeux et d’un brun doré qui recouvrent leur abdomen pour en couvrir leurs œufs. Ces œufs, attachés au tronc des arbres, se trouvent donc à l’abri des rigueurs de l’hiver sous une couche chaude et protectrice.
- Éi œuf, voilà le premier état du papillon.
- Larve (Chenille). — De cette œuf sort .une larve, appelée communément ver, chez les autres insectes, et chenille chez les papillons. Uue chenille, brrr... quelle horreur ! un venin !... comme on l’appelle dans l’Est... Rassurez-vous, cette dénomination est fausse ; surmontez votre dégoût et saisissons, pour l’examiner en détail, cette belle veloutée qui passe ànotre portée.
- Comptez les anneaux de son corps ! un, deux...., douze, sans compter la tête, une grosse tête ronde, qui forme la treizième, tous séparés les uns des autres par une incision profonde. Cette tête porte six yeux simples, disposés de façon que l’animal puisse voir à droite et à gauche, et une bouche armée de mâchoires et de mandibules puissantes ; au milieu de la lèvre inférieure, on remarque une filière par où s’échappe la soie que produira la chenille pour s’envelopper plus tard d’un cocon. La puissance cle ces organes bucaux explique les dégâts commis par ces animaux, et la rapidité avec laquelle certaines espèces augmentent de volume.
- Comptez ses pattes, maintenant! six... attachées aux trois premiers anneaux qui représentent ainsi le thorax de la chenille; elles sont écailleuses, dures, terminées en pointe,
- Fig. 70.
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- cornes, etc., qui sont en général autant d’armes défensives dont elles font usage contre leurs ennemis.
- La vie de la chenille n’est qu’un long repas,
- et le plus souvent égales entre elles, La chenille s’en sert pour marcher, mais surtout pour se hisser le long des tiges, et aussi pour saisir la feuille qu’elle s’apprête à ronger.
- Fig. 71. — La chenille du sphinx lète de mort
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- D’ailleurs, elle a d’autres moyens de locomotion : des tubercules courts, membraneux en nombre indéterminé, et qu’on a appelés fausses pattes ou pattes intermédiaires, se trouvent à la partie de la chenille qui figure l’abdomen du lépidoptère.
- Les chenilles ont différente s formes: les unes sont demi-cylin-d r i q u e s, d’au t r e s sont courtes et ovales ; celles de certains sphinx sont quadrangu-
- laires. Tantôt elles sont nues, tantôt elles ont la peau recouverte de poils diversement colorés et disposés en aigrettes, en faisceaux, en brosse etc. ; tantôt enfin, elles portent des verrues, des épines, des
- cet animal dévore continuellement, on conçoit donc qu’il éprouve le besoin de renouveler une peau qui ne peut s’étendre indéfiniment ; la mue n’est pas la circonstance la moins singulière de son existence.
- Lorsque cette opération approche (et elle
- se répète jusqu’à neuf foi s chez certaines espèces) , il en résulte pourla chenille une sorte de maladie pendant laquelle elle ne mange
- plus, et elle perd ses couleurs ; puis elle se gonfle, sa peau éclate sur le dos, et par cette fente, elle sort en abandonnant son ancienne dépouille. La mue est une époque critique pour les chenilles ; si la peau fait trop de re-
- Fig. 72. — La crysalide du sphinx tète de mort.
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- plis, si elle ne glisse pas à souhait, l’insecte s’embarrasse dans ces replis, et il périt étouffé. L’opération terminée, la chenille reprend bientôt son état habituel ; elle reparaît avec des couleurs plus vives et plus fraîches, et,se remettant à manger, elle recommence son travail de dévastation.
- Arrivée enfin à son entier développement, après un temps plus ou moins long, qui peut varier de quinze jours à trois ans, selon les espèces, mais qui représente généralement
- Chrysalide. — Avec un peu d’adresse et beaucoup d’attention, vous pourrez, à cet instant, — à cet instant, entendez-bien — en vous aidant d’une pointe très fine, développer et reconnaître toutes les parties de l’insecte adulte : la chrysalide n’est donc en réalité qu’un papillon emmailloté. Hâtez-vous, surtout, si vous désirez faire cette observation ; au bout d’une heure ou deux, il serait trop tard, et la matière visqueuse, durcie à l’air, aurait déjà offert à l’insecte une enve-
- Fig. 73. — Le Sphinx tête de mort (Acherontia Atropos) 110 à 140mra d’envergure).
- ia plus longue phase de l’existence totale de 1 insecte, elle cesse complètement de manger ; elle devient livide ; parfois même ses couleurs disparaissent tout à fait. Elle abandonne les lieux où elle avait vécu jusqu’ici, et se retire dans un endroit tranquille et propice, s°us terre, dans les crevasses ou sur les chaperons des vieux murs, dans le creux des arbres etc., afin d’y opérer en sûreté et en Pnix ses profondes transformations.
- peau se dessèche, et, par une fente pra-
- tiquée
- au-dessous du dos, elle sort de ce
- P U. U. UUÛJ W O VJ 1 U V4.V-»
- °urreau ; elle est alors molle et gluante ;
- Prend le nom de chrysalide.
- loppe protectrice solide. Sous cette enveloppe il est à peu près hors de danger ; vous pouvez le manier à votre aise, le soumettre même à des températures exces-W IL sives sans crainte de le
- SmÈL Parfois, la chrysalide est IMPr nue et réfugiée sous terre ;
- 1 fBIL parfois elle se suspend avec l|pF un fil à un point d’appui quelconque, un rameau, par Fig. 74. exemple ; ou bien elle se fixe par l’abdomen à un plan horizontal et renversé, ou bien en-
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- core elle s’enroule de feuilles sèches reliées par quelques fils de soie ; enfin, il en existe qui s’enferment dans un cocon construit ou filé par la chenille. Ce cocon est formé de matières diverses : feuilles sèches, brindilles réunies adroitement soit avec de la soie, soit avec de la sciure de bois agglutinée au moyen d’une bave particulière, soie plus ou moins textile, ce qui rend si précieuses certaines races de Bombyx.
- L’insecte reste dans cet état un temps plus ou moins long, toujours plus court cependant que celui de l’état de larve, — excepté pour les grandes espèces, les Attacus, par exemple, qui restent souvent trois ans sous cette forme avant d’éclore, — et il en sort insecte parfait.
- « Lorsque l’heure de la délivrance a sonné pour le prisonnier, dit M. Maindron, l’étui de la chrysalide se fend longitudinalement sur le dessus du thorax, et cette fente va, passant par la nuque, se continuer en dessous en passant entre les gaines des antennes. Par cette
- ouverture, le papillon commence à sortir, et par efforts pénibles, s’aidant de ses pattes dégagées une à une de leurs étuis, il finit par abandonner sa dépouille inerte. Mais combien ce papillon fraîchement éclos a l’air gauche et timide ! comment reconnaître dans cet être difforme, dont les ailes ne sont encore que les moignons chiffonnés, dont tout le corps paraît comme hérissé et mouillé, l’élégant insecte qui va voltiger sur les fleurs ? Patience ! la nature n’a pas encore fini son œuvre. Le papillon fraîchement éclos commence à secouer ses moignons d’ailes. Il tourne rapidement autour de sa dépouille,ses mouvements deviennent de plus en plus vifs ; les battements d’ailes augmentent et toujours la surface des ailes s’accroît ; elles se déplissent enfin conplètement. Au bout de quelques heures, même pour les espèces de grande taille, la dernière épreuve est terminée : le chef-d’œuvre de la création s’élance radieux dans l’espace. »
- (A suivre). Marguerite Belëze.
- iJU'IO
- LA PHOTOGRAPHIE PRATIQUE
- PRÉPARATION DE GLACES AU GÉLATINO-CHLORURE
- POUR POSITIFS TRANSPARENTS SANS DÉVELOPPEMENT
- a préparation de ces glaces, et leur mode d’emploi se rapprochent beaucoup de ceux du papier sensible ordinaire du commerce.
- Voici, du reste, comment on procède.
- On prépare au bain-marie la solution suivante :
- Eau.................. 25
- Gélatine blanche ... 4
- Sel marin ..... 0,5
- «
- On commence par faire gonfler la gélatine dans l’eau pendant quelques minutes ; on ajoute le sel, et on porte au bain-marie jusqu’à dissolution complète. Si le liquide ne semble pas bien limpide, il faut le filtrer à travers un tampon de ouate, introduit dans un entonnoir. Cette filtration se fait au-dessus du bain-marie {figAfy ; il est bon de choisir un entonnoir à tube long et étroit, de sorte que le liquide ne se divise pas dans ce
- tube, et produise une aspiration qui rende la filtration plus rapide.
- Fig. 76.
- La solution étant ainsi préparée, et leS glaces nettoyées à la façon ordinaire, ou ^eS
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- LA SCIÉNCE ËN FAMILLE
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- recouvre comme s’il s’agissait de collodion, mais en ayant soin de laisser une couche plus épaisse. On place alors la glace sur une table bien horizontale, et la gélatine ne tarde pas à faire prise.
- On plonge ensuite au bain d’argent, comme on le fait pour une glace collodionnée. Mais il faut auparavant laver la surface de la gélatine, soit sous un robinet, soit à la pissette, de préférence avec de l’eau distillée. Si l’on néglige cette précaution, on risque de voir se former à la surface de la gélatine des marbrures, en même temps qu’une grande quantité de bulles d’air restant adhérentes à la couche. On a soin d’égoutter la glace avant de plonger dans le bain d’argent.
- La composition de ce bain est la suivante :
- Acide acétique cristallisable quelques gouttes.
- Eau distillée . 100 gr. Azotate d’argent 7 gr
- Ajouter un cristal de chlorure de sodium, agiter et filtrer.
- Il est bon d’agiter de temps en temps la cuvette pendant la sensibilisation qui dure dix minutes (Toutes les manipulations des glaces sensibles peuvent se faire à la lumière d’une bougie ou d’une lampe ordinaire).
- Egoutter au-dessus de la cuvette, puis laver superficiellement à la pissette, pour éviter la cristallisation du nitrate d’argent à la surface. Sécher ensuite dans l’obscurité. Ce séchage dure six à douze heures.
- On remarquera que les glaces sensibles sont restées transparentes. Par réflexion, elles ont une teinte opaline, peu marquée, du reste.
- L’exposition se fait au châssis-presse. De temps en temps, on examine l’image, par transparence, à travers le cliché. On juge assez facilement de la venue. On laisse dépasser le point exact, car l’image baisse très sensiblement par la suite.
- Il n’est pas nécessaire de virer immédiatement ; les glaces impressionnées peuvent être conservées pendant plusieurs jours. Avant le virage, on plonge dans l’eau pendant un quart d’heure environ. Le virage se prépare d’après la formule ordinaire.
- Eau. . . . 1.000
- Acétate de soude 30 Chlorure d’or . 1
- et quelques heures à l’avance, de façon qu’il soit décoloré au moment de l’emploi. Le virage Se fait dans les mêmes conditions que celui du papier albuminé. On peut du reste virer dans la même cuvette des glaces et des épreuves:
- Le fixage se fait dans l’hyposulfite à 15 0/0. Il dure deux à trois minutes. Par mesure de prudence, il est bon d’y laisser les glaces pendant dix minutes.
- On termine par un lavage soigné, et l’on sèche comme les glaces au gélatino-bromure.
- Les épreuves ainsi obtenues peuvent être employées pour la projection. Toutefois, le procédé ne semble pas présenter d’avantage sensible sur les méthodes par développement, si ce n’est, toutefois, la facilité des manipulations, qui résulte de la faible sensibilité du produit.
- F. D.
- RENSEIGNEMENTS ASTRONOMIQUES
- MONOGRAPHIE DE LA TERRE.
- Diamètre : 12,732 kilom. ; rayon : 6,371 kilom. Distance solaire : 1 — En moyenne 37 millions de Leues (de 4 kil.).
- Dévolution annuelle : 365 j. 5 h. 48 m. 47”. D'évolution sidérale : 366 j. 6 h 9 m. 11 ”. otation (apparente) (jour solaire) : 24 h. la °J'at}on (Yraie) (jour sidéral): 28 h. 56 m. 4”.
- ifférence moyenne entre les deux jours est doncde3m. 56”.
- 66o n^na*son de l’axe sur le plan de l’orbite : Inclinaison du plan de l'orbite sur l’èclip-
- Inclinaison de l'écliptique sur l’équateur : 23° 27’, 5.
- Excentricité : 0,0167701.
- Volume : 1,000 milliards de kilomètres cubes (Flammarion).
- Densité : 1. Par rapport à l’eau, 7,4 (Eadau). Masse : 1. Intensité de la pesanteur : 1. Aplatissement : 1/293,5 -f-1 (Clarke) (1).
- (î) L’annuaire de 1891 donne, pour cette quantité, 1
- la valeur obtenue à l’aide des observa-
- Z\jOjt)
- tions du pendule.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- Vitesse par seconde sur l'orbite (moyenne) : 29,786 mètres.
- Vitesse par seconde d'un point à l'équateur : 416 mètres, 6666.
- Chaleur et lumière : 1.
- Maximum d’élongation : 0. Révolution syno-dique : 0.
- Longitude du nœud, ascendant : 0, pour le Soleil, en supposant la terre immobile. En réalité, le nœud ascendant de la terre se produit au point 180°, au moment où la terre passe au-dessus du plan prolongé de l’équateur céleste (du 22 au 23 sept.). En 1891, ce point sera franchi le 23 sept à 8 h. 23 m. du matin. Le Soleil parait passer dans l’hémisphère sud, mais en réalité, c’est la terre qui passe dans l’hémisphère nord de la sphère
- céleste supposée creuse et nous enveloppant de toutes parts.
- Surface : 1.
- Vitesse d’un corps après une seconde de chute : 9 m. 81.
- Poids : 5,875 sextillions de kilogrammes.
- Moyen mouvement diurne : 3,548”, 1927 ou 59’ environ.
- Longitude du périhélie: 100° 21’22”.
- Diamètre à la distance 1 : 17” 72.
- N.-B. — Afin de ne pas quitter une région céleste sans l’avoir complètement étudiée, nous pla cerons la monographie des satellites après celle de la planète qu’ils accompagnent. Notre prochaine monographie sera, par conséquent, consacrée à la Lune. G. Vallet.
- LES TRAVAUX D’AMATEURS
- LA NICKELURE DES MÉTAUX
- e nickel est un beau métal blanc, connu en Chine de temps immémorial, mais qui n’a été découvert en Europe qu’en 1752, par le minéralogiste suédois Cronstedt,
- Généralement, le nickel n’est pas employé seul ; mais il forme avec le cuivre, le zinc, le fer, l’étain, des alliages industriels très usités, et on l’applique sur ces métaux en couches d’épaisseur variable ; c’est ce qu’on nomme nickelure des métaux.
- Les premiers essais de nickelure ont été faits par MM.Smée et Becquerel, mais c’est au Dp Isaac Adams, de Boston, que l’on doit les premiers résultats satisfaisants et donnés par des procédés réellement pratiques, résultats qui furent connus vers 1869 : c’est de cette époque d’ailleurs que date la première usine européenne de nickelure, établie à Paris, rue St-André-des-Arts.
- Le nickel s’emploie surtout pour recouvrir le cuivre et ses composés : laiton, bronze, maillechort ; le fer et ses dérivés : fonte, acier. Nous allons indiquer un procédé de nickelure absolument pratique, et qui peut rentrer dans la catégorie des travaux d’amateurs.
- Avant d’entrer dans le détail de l’opération elle-même, voyons d’abord de quoi se compose l’outillage indispensable.
- Il faut, en premier lieu, pour nickeler une
- cuve qui doit recevoir le bain et les objets à recouvrir, et une pile pour décomposer le bain.
- Ce bain se prépare en faisant dissoudre à saturation dans l’eau distillée chaude, du sulfate double de nickel et d’ammoniaque exempts d’oydes de métaux alcalins et alca-lino-terreux ; on met une partie en poids du sel à dissoudre pour dix parties en poids d’eau. Après refroidissement on filtre, et le bain est prêt. La cuve qui le reçoit est ordinairement en verre, mais elle peut être aussi en porcelaine ou en grès ; ou bien elle peut consister en une caisse dont la surface intérieure est revêtue d’une couche de mastic imperméable.
- Quant à la pile, on prendra, puisqu’il s’agit d’une opération d’amateur, la pile-bouteille, pile à bichromate de potasse et chargée de dix parties d’eau contre une de sel Voisin, ou bien de vingt parties d’eau, une de bichromate de potasse et deux d’acide sulfurique.
- Mais avant de mettre l’opération en fonction, il faut faire subir aux pièces à recouvrir certaines opérations préalables et la plupart indispensables aux conditions d’un bon résultat.
- D’abord, il faut que ces pièces soient très bien polies avant leur mise au bain, si l’o11 veut obtenir un beau poli du métal déposé,
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- lequel métal est excessivement dur; ensuite, elles doivent êtres dégraissées et décapées. On les dégraisse en les frottant au moyen d’une brosse, d’un mélange de blanc d’Espagne, d’eau et de carbonate de soude à l’état de bouillie chaude ; le dégraissage est suffisant dès que les pièces se mouillent facilement à l’eau ordinaire. Le décapage a lieu par action chimique, par action mécanique. On prend pour décaper le cuivre et ses composés un bain de dix parties d’eau en poids,et d’une partie cl’acide azotique; bruts, les mêmes corps sé décapent en les trempant dans un bain plus énergique formé de deux parties d’eau, une d’acide azotique et une d’acide sulfurique. Pour le fer, la fonte polie et l’acier, on se sert d’un bain composé de cent parties d’eau et d’une d’acide sulfurique. On laisse les pièces dans le bain jusqu’à ce qu’elles aient Pris à leur surface un ton gris uniforme. On les frotte ensuite avec de la poudre de pierre ponce mouillée, ce qui remet le métal à nu. Lorsque le fer, la fonte et l’acier sont bruts, les pièces doivent être abandonnées durant trois ou quatre heures dans le bain de déca-Page, puis frottées avec de la poudre de grès bien tamisée et mouillée. Ces opérations finissent seulement dès que a Couche de rouille est disparue et qu’il n’en est resté nulle trace. Ainsi préparées, les pièces vont être portes dans le bain de nickel : cependant il ailL au préalable, les plonger quelques ins-ants ^ans uia liquide analogue-à celui qui a Servi pour le décapage, les retirer, les. laver rapidement dans l’eau ordinaire, puis dans eau distillée ou dans l’eau de puits filtrée. ce moment, le bain de nickel étant prêt, a pde montée, et les fils de la pile reliés au °>en de serre-fils à deux barres métalliques placées sur les bords de la cuve, les pièces sont portées rapidement au bain de nickel, immergées, et accrochées à l’un des deux barreaux (pôle zinc) tandis que l’autre barre, rattachée au pôle positif (pôle charbon) supporte, suspendue par un crochet de cuivre nickelé, une plaque de nickel destinée à constituer l’anode soluble qui restituera au bain le métal disparu par suite de l’action •électrique. Si l’opération est bien conduite, une heure ou deux suffisent pour que la couche de nickel déposée puisse supporter le polissage ; mais veut-on obtenir une couche très épaisse, on peut laisser les pièces dans le bain durant cinq ou six heures. La marche de l’opération doit être surveillée et l’intensité du courant bien réglée, car, sous l’influence d’un courant trop fort, le nickel se dépose sous forme de poudre grise ou noire. Enfin, au sortir du bain, les pièces sont lavées dans l’eau ordinaire, et puis séchées dans la sciure de bois chaude. Il reste à procéder au polissage, opération qui doit donner aux pièces nickelées le brillant de l’argent. Disons d’abord que plus les pièces auront été bien polies, avant d’être immergées dans le bain nickel, plus leur polissage définitif sera parfait. On saisit les pièces de la'main droite et, par un mouvement de va-et-vient rapide et énergique, on les frotte sur une pièce de drap accrochée à un clou et tendue à l’aide de la main gauche. Dans les rainures, les parties creuses, on frotte à l’aide de tampons fixés à l’extrémité de bâtonnets et trempés dans la bouillie à polir. Enfin, tous les endroits étant bien brillants, on lave les pièces à l’eau ordinaire, afin d’enlever les traces de bouillie et les poils de laine, et on sèche dans la sciure de bois. A. G.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- Hü^Uatre définitions. — Dans un discours Accent jubilé de la Société de Chimie J*Ciorre, lord Salisbury a donné une mtion originale des différentes branches sciences; l’Astronomie, a-t-il dit, est la science des choses telles qu’elles existent probablement ; la Géologie est la science des choses telles qu’elles ont-été probablement; mais la Chimie est la science des choses telles qu’elles sont aujourd’hui, Il aurait pu
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- La science en famille
- ajouter, dans le même ordre d’idées, dit VElectrical Engineer, que l’Electricité est la science des choses telles qu’elles seront probablement. (Cosmos).
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- La plus haute cheminée de France. —
- Dans la commune do Croix, près Lille, se dresse la plus haute cheminée à vapeur qu’il y ait actuellement en France.
- Des fondations à la pointe du paratonnerre, elle mesure 123m; elle a 112m50 avec les fondations seulement ; enfin la cheminée proprement dite a 105 mètres.
- Avec un diamètre extérieur de 8m 20 à la base et 2m 90 au sommet, elle repose sur un énorme massif de béton de 14 m de côté.
- A la base, la paroi a une épaisseur de 2,n 40, au sommet, elle est de 0,45.
- Il est entré dans sa construction 1,200,000 briques, et avec un volume total de 2,530 m3, son poids atteint 5 millions de kilog.
- La partie la plus originale du monument est son couronnement, formé d’un revêtement métallique continu, sorte de blindage en fonte, du poids de 13,000 kgs, et destiné à protéger le monument des intempéries de l’atmosphère.
- Cette cheminée a été exécutée sur les plans de M. Balteur, architecte à Lille.
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- Les fleurs et la parfumerie. — Grasse est, en Provence, le grand centre de la distillation des fleurs odorantes.
- Les chiffres suivants, déjà considérables, ne peuvent cependant donner qu’une faible idée de la grande échelle sur laquelle se pratique cette industrie.
- Du 15 janvier au 15 avril, la campagne de
- Grasse fournit dans ce but 150,000 kilog. environ de fleurs de violettes ; à Grasse, seulement, les jonquilles, de février à mars apportent un contingent de 15,000 kilog. Du 20 avril à fin mai, le même territoire donne à distiller à peu près 1 million de kilog. de roses, et le double de fleurs d’oranger ; quant au réséda, il entre pour 25,000 kilog.
- Enfin, en dernière saison, le jasmin, la tubéreuse, la cassie fournissent à la parfumerie plus de 200,000 kilog. de fleurs.
- Malheureusement, il est à craindre que le bill Mac-Kinley ne vienne entraver cette industrie, car une grande partie, de ces parfums passe en Amérique, et avec cela la chimie fabrique à des prixtrèsminimes, toutes sortes de parfums artificiels.
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- L’élevage des grenouilles. — L’élevage en grand des grenouilles pour l’approvisionnement des tables des gourmets vient de prendre pied aux Etats-Unis.
- Un établissement de ce genre vient d’être créé à Menasher, dans l’état de Wisconsin. On a commencé par le pourvoir de 2,000 grenouilles femelles, et comme la ponte d’une grenouille est de six cent mille œufs, on peut
- juger à quelle production stupéfiante on doit I
- pouvoir arriver.
- Ces œufs éclosent au bout de 91 jours, et | 30 jours après l’éclosion, les petits batraciens I commencent à se mouvoir ; ils prennent I bientôt la forme qu’on leur connaît sous 1° I nom de têtards. Au bout de 3 mois, deux I petites pattes se montrent près de la queue E du têtard, la tête semble se dégager du ^ corps, et la grenouille prend sa forme défi- I nitive.
- REVUE DES LIVRES
- Indiquer à l’amateur photographe la manière la plus pratique de produire, avec le matériel qu’il possède déjà, soit des vues de projection, soit des vues stéréoscopiques sur papier et sur verre, soit enfin des agrandissements, tel est le but atteint par M. Chable, dans l’ouvrage qu’il vient de faire paraître chez Gauthier-Villars. Désormais, montrer le soir, dans un stéréoscope, avec tout leur relief, ou projeter sur un
- écran, artistiquement agrandies, les vues re' coïtées pendant le jour, ne sera qu’un jeu poll( ;; les lecteurs des Travaux de l’amateur p^° ; graphe. (Un volume, 3 fr.)
- *
- * * afr
- Dans son intéressant ouvrage sur les A$ra , ,
- dissements photographiques, M. Trutat a re I
- sumé, classé, et pour ainsi dire codifié t°uteS j
- les données acquises à ce sujet. Grâce a l
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- petit traité édité par Gauthier-Villars, la question si intéressante des agrandissements photographiques va définitivement entrer dans la pratique. — Prix, 2 fr. 75.
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- Habitué par un enseignement de tous les jours à la démonstration des principaux phénomènes lumineux, M. Soret vient de publier une Optique photographique tout élémentaire (Paris, Gauthier-Villars, 3 fr.), où il a étudié la marche d’un faisceau lumineux à travers une lentille, les différentes combinaisons optiques employées en photographie, et le choix d’un objectif approprié au genre de travail à exécuter.
- Nous signalons à nos lecteurs la publication d’un journal scientique chez Félix Alcan, c’est
- la Revue de l'Ecole d Anthropologie, dirigée par les professeurs de cette école, parmi lesquels nous remarquons MM. Mathias Duval, Ab. Hovelacque, de Mortillet, Laborde, Letourneau, Manouvrier, etc. Les premières livraisons contiennent des leçons de MM. André Lefèvre : Du Cri à la Parole, et Laborde : Les Fonctions intellectuelles et instinctives ; une chronique -préhistorique de M. de Mortillet et une revue complète de tous les faits scientifiques pouvant intéresser les anthropologistes.
- Cette publication est faite par livraisons mensuelles de 32 pages ornées de gravures.Son prix modique de 10 fr. par an, permettra de répandre et de populariser cette science nouvelle qui, en si peu de temps, a pris place au premier rang.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- Précautions à prendre contre les dan-gars de l’électricité. — Les courants de haute tension présentent, pour ceux qui les manipulent, certains dangers contre lesquels il est assez facile de se mettre en garde, en observant certaines règles très heureusement et très pratiquement formulées par M. le professeur Henry Morton, au dernier mee-hng de ? American Electric Light Association. Comme ces règles présentent une certaine importance pratique, eu égard au développement sans cesse croissant des applications des courants de haute tension, oous croyons utile de les reproduire, d’après La Production.
- i- Ne saisissez aucun fil et ne touchez au-CUn appareil électrique lorsque vos pieds posent directement sur le sol, ou que votre Corps est en contact direct, par un point quelconque, avec des objets en fer, des tuyaux d’eau ou de gaz, des constructions en uriques ou en maçonnerie, etc., à moins que Vos mains ne soient garanties par des gants ®n caoutchouc, ou que vous ne fassiez usage i outils isolés reconnus bons ou en bon état
- isolement par l’électricien ou tout autre employé compétent de votre Compagnie. S’il est impossible de ne pas reposer sur le sol Pondant le travail, il faut employer des sou-lers à semelles de caoutchouc et des outils Piotégés par un manche isolant.
- 2. Il ne faut jamais toucher au fil électrique ou un appareil avec les deux mains à la fois, chaque fois que cela est possible, et s’il est indispensable d’employer les deux mains, il faut s’assurer au préalable qu’il n’y a pas de courant sur la ligne et que les deux mains, ou tout au moins l’une d’elles, sont protégées par des gants de caoutchouc.
- 3. En touchant aux fils, traiter chacun d’eux comme s’il conduisait au courant dangereux, et, dans aucun cas. n’établissez de contact immédiat, entre deux ou plusieurs fils à la fois.
- 4. Ne coupez jamais un fil en service sans en avoir préalablement averti le directeur de l’usine ou toute autre personne chargée de la surveillance de la canalisation ; demandez que la rupture du circuit soit faite d’abord à la station centrale et que ce circuit ne soit pas refermé à nouveau avant que vous ayez donné avis que votre travail sur la ligne est complètement terminé.
- 5. Ne touchez à aucune poulie dynamo, ni à aucun appareil disposé dans la salle des machines sans être parfaitement au courant de la fonction et du mode d’emploi de l’appareil.
- 6. Les outils employés par les ouvriers travaillant sur les lignes doivent être munis de manches isolants en ébonite ou toute autre substance isolante. C'est le devoir de tout
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- ouvrier de s’assurer que ses outils sont en bon état et remplissent les conditions d’isolement nécessaires à leur sécurité. Dans les lignes aériennes, il doit y avoir un intervalle d’au moins' 20 pouces (50 cm) entre les supports des fils disposés sur les bras horizontaux montés sur les poteaux, afin qu’un ouvrier puisse facilement atteindre le faîte de ce poteau et y travailler sans danger.
- 7. Les ouvriers chargés de l’entretien des lampes à arc doivent s’assurer que le commutateur mettant la lampe dans le cir-
- cuit est ouvert avant de toucher à la lampe.
- Bien qu’un peu spéciales au mode d’exploitation américain,—procédé qui consiste principalement, comme on le sait, dans l’emploi de lignes aériennes, et qui ne recevrait chez nous, surtout dans les grandes villes, qu’un accueil médiocrement favorable,— ces règles pourront servir d’indication utile dans toutes les installations qui font usage de courants alternatifs avec transformateurs, ou de lampes à arc en série.
- PHYSIQUE SANS APPAREILS
- Adhérence des gaz. — De même qu’une goutte d’eau qui se forme à l’extrémité d’un tube effilé doit atteindre une certaine dimension avant de pouvoir se détacher du tube, de même une bulle gazeuse qui se forme au sein de l’eau sur un corps solide doit atteindre aussi une certaine dimension pour pouvoir se dégager sans l’intervention d’une force extérieure. On sait combien ce phénomène est gênant dans les piles électriques : la couche de gaz qui se formesur l’électrode positive augmente dans des proportions énormes la résistance de l’élément, si l’on ne prend la précaution d’absorber chimiquement le gaz au fur et à mesure qu’il se produit.
- Lorsque des bulles de gaz se forment ainsi au sein d’un liquide,sur un corps solide dont la densité n’est que peu supérieure à celle duliquide, le corps solide peut être entraîné par les bulles gazeuses, dont la force ascensionnelle est suffi-Fig. 76. santé pour élever le
- corps jusqu’au niveau du liquide. Mais là, les bulles gazeuses se dégagent, le solide retombe, et le même jeu recommence.
- C’est ce qui a lieu si l’on place un grain de raisin dans un verre d’eau de seltz (fig. 76), le grain ne tarde pas à monter à la surface, puis redescend, et ainsi de suite,
- Fig. 77.
- Voici encore un autre exemple où ce phénomène se produit, d’une façon non moins curieuse. Si l’on place dans un vase quelconque {fig. 77) une solution de sulfate de cuivre, acidulée par l’acide sulfurique, et qu’on y introduise un fragment de zinc, il yaura remplacement du cuivre par le zinc dans la dissolution et le cuivre spongieux viendra se déposer sur le zinc, avec lequel il formera une pile. L’hydrogène, en se dégageant sur le cuivre, y adhérera comme l’acide carbonique adhérait tout à l’heure au grain de raisin, et bientôt le cuivre, dont la densité est pourtant près de neuf fois celle de l’eau, s’élèvera à la surface du liquide pour y laisser dégager le gaz et retomber ensuite, de sorte qu’il s’établira dans le liquide une circulation continue de particules de cuivre, allant porter à la surface l’hydrogène dégagé. On pourrait, sur ce principe, construire une phe dans laquelle la dépolarisation se produirait ainsi : au moment où le circuit serait fermé, les particules de cuivre chargées d’hydrogène commenceraient à se mettre en mouvement; mais il est bien évident qu’au point de vue pratique, cette application n’offre guère d’in-térêt.
- F. D.
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d’Assas. La Fère. — lmp. Bâyen, rue Neigre.
- \'AM
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- CONSEILS AUX AMATEURS POUR FAIRE UNE COLLECTION DE PAPILLONS (Suite)
- A
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- ^Ur — 1. Filet à papillons.
- C1 nes P°sés sur le tronc des arbres. — 3. Écorçoir.^ 4. Papillon nocturne pique^uaus ia vac j|(lesse- ~ 5. Papillon diurne piqué dans la boîte de chasse. — 6. Boîte d’éclosion pour chrysa ’ cocons. — 7° Pot à fleur avec cloche pour IWevagë des chenilles.
- t -• ‘-A.* « pajimuiia. — Instrument Jpour_piquer les_ papillons_crépusculaires_ et noc-_,
- nes Posés sur le tronc des arbres. — 3. Écorçoir. — 4. Papillon nocturne piqué|dans la boîte de
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- LA CHASSE AUX PAPILLONS
- e matériel d’amateur. — Le matériel du chasseur de papillons, disions-nous en commençant, n’est ni compliqué, ni encombrant. On peut le décomposer en deux parties : les instruments de chasse et les instruments de préparation. Nous réserverons la description de ceux-ci pour l’instant où nous parlerons de la préparation des échantillons et, dans les uns comme dans les autres, nous nous en tiendrons toujours aux instruments nécessaires.
- Le principal des instruments de chasse est un filet en crêpe ou en gaze, de couleur verte, pour qu’il se confonde mieux avec la nuance des feuilles, monté sur un cercle de fil de fer assez fort, entré lui-même dans un manche léger en bambou. On en lait dont le cercle se brise en deux parties, on en fabrique d’autres se démontant à l’endroit de la douille qui est en cuivre : ni les uns ni les autres ne sont aussi solides que ceux qui sont construits d’une seule pièce.
- On utilise aussi un petit instrument, (fig. 78-2) sorte de poinçon dont on se sert pour piquer les papillons crépusculaires et npcturnes posés sur le tronc des arbres.
- Pour abriter les papillons capturés, on se sert ordinairement d’une boîte en tôle vernie; cependant nous prévenons les jeunes amateurs qu’une boîte en bois est préférable; les papillons s’y dessèchent moins vite, surtout par les grandes chaleurs de l’été ; quelle qu’elle soit, on porte cette boîte en bandoulière. Le fond doit être garni d’une feuille de liège ou de moelle d’aloès sur laquelle on pique les papillons au moyen d’épingles que l’on emporte avec soi sur une petite pelote, par exemple.
- Ces épingles sont dites de fabrication française ou autrichienne; les premières des numéros 1 à 10 coûtent 3 fr. le mille, les autres coûtent plus cher. Elles sont d’ailleurs plus fines et mieux faites, en ce qu’elles sont recouvertes d’un vernis noir qui les préserve de l’oxydation dont l’effet est toujours très fâcheux.
- Suivant la grosseur du corselet de l’insecte, on se sert des numéros appropriés.
- Enfin, dans un flacon de verre — un pot à confitures de petite dimension sera bien suffisant — on introduit une éponge imbibée d’éther ou mieux de chloroforme dont les vapeurs suffisent pour insensibiliser les papillons et on le ferme hermétiquement à l’aide d’un bouchon de liège.
- Pour la chasse aux chenilles, il n'est pas besoin d’instruments spéciaux, mais pour la récolte des chrysalides, il est bon de se munir d’un instrument appelé écorçoir, avec lequel on puisse fouiller la terre ou soulever l’écorce des arbres. Plusieurs modèles de cet instrument sont livrés dans le commerce; les meilleurs sont les plus simples et les plus solides.
- Ainsi armés et bien équipés, mettons-nous en campagne.
- Chasse au filet. — La chasse des papillons au filet est très entraînante, mais elle demande une patience à toute épreuve, une habileté qui ne s’acquiert guère que par la pratique et l’èxpérience et enfin une certaine somme de connaissances spéciales.
- Si l’on désire prendre plus facilement les lépidoptères, il faut rarement les poursuivre, mais bien les attendre, car, au bout de quelques minutes, ils reviennent à l’endroit qu’ils ont quitté tout à l’heure. Lorsqu’un papillon butine sur une fleur, approchez-vous tout doucement de lui, du côté de l’ombre. Alors, tenant le cercle du filet en haut et la pointe du sac en bas, vous faites passer vivement le filet entre la fleur et le papillon; puis, renversant brusquement le poignet, vous rejetez le fond par dessus le cercle et l’i*1" secte est prisonnier. Il est prisonnier, entendons-nous, si... vous ne l’avez pas manqué-ce qui arrive aux débutants à peu près six fois sur huit. Si l’insecte est posé le long d’un tronc d’arbre ou contre un mur, il faut diriger le filet de bas en haut en exécutant les mêmes mouvements.
- Supposons le papillon capturé, il s’agite> il se débat, le pauvret, dans le fond du fileb saisissez alors celui-ci environ à moitié, et> pendant que, d’une main, vous empêchez Ie
- prisonnier de s’échapper, de l’autre, vous prenez sous le ventre, - entre les pattes,
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- vous appuyez juste assez pour le tuer tout de suite sans l’écraser.
- Il est mort, traversez-le donc latéralement d’une épingle fine, et piquez-le au fond de la boîte de chasse. Les papillons crépusculaires et nocturnes qui n’appliquent pas leurs ailes l’une contre l’autre, mais les réunissent seulement par le haut en forme de toit, sont enfilés verticalement et au milieu du corselet. Ces mêmes papillons, dont le système musculaire est plus développé et qui sont par conséquent plus robustes, ne meurent pas ordinairement par l’effet d’une simple pression. Pour les tuer, ou du moins pour les rendre absolument inertes, on les pique à l’envers du bouchon de liège qui ferme le flacon dont nous avons donné la description.
- On profite aussi, pour capturer certains bombyx, de la perspicacité dont les mâles font preuve pour découvrir leurs femelles, dans ce cas, dès qu’on a pu se procurer une femelle, il suffit de l’attacher, de la retenir prisonnière dans un lieu découvert pour qu’il soit facile de s’emparer d’un certain nombre de mâles.
- Le meilleur moyen de se procurer la plupart des lépidoptères nocturnes consiste à frapper à l’aide d’un fort bâton, le tronc et les branches des arbres, car presque tous les noctuéliens habitent les bois. Le bruit des coups les fait envoler, ou bien, pris do peur, Us se laissent tomber à terre, et l’on peut les recueillir sur un journal, par exemple, que Ion a préalablement disposé au pied de 1 arbre. L’époque la plus favorable pour se livrer à cette chasse est celle qui s’étend de la fin de mai au milieu de juin.
- Du commencement d’août à la fin d’octobre, on peut employer le procédé dénommé <l chasse à la miélée » et qui donne d’excellents résultats. On délaye de la mélasse, du marc de pomme à cidre ou du miel dans un Peu d’eau ; puis on en barbouille une place Plus ou moins large du tronc des arbres |lu on a choisis d’avance : c’est toujours sur es arbres de l’entrée des petits bois ou des Josquets que la chasse est la plus abondante. ^ la nuit tombante, on se rend, muni d’une anterne allumée, à l’endroit désigné, et on a s°m de ne pas éclairer directement l’endroit °u sont attablés les papillons : on peut faci-
- lement les piquer sur place, il est prudent néanmoins d’emporter le filet, afin de capturer ceux qui s’envolent.
- Élevage des chenilles. — Le meilleur moyen de se procurer de beaux échantillons bien frais et tout à fait complets réside dans l’élevage des chenilles. La recherche de ces dernières n’a rien de bien mouvementé, mais elle demande, de la part de l’amateur, des connaissances très variées, notamment sur le genre de vie de ces insectes, et surtout sur les plantes dont elles se nourrissent.
- Certaines chenilles, comme celles de quelques noctuélides et de quelques satyrides, se cachent sous les pierres, la mousse, les feuilles basses des végétaux ; d’autres vivent sur les feuilles ou dans les branches des arbres élevés, et pour s’en emparer, il faut frapper avec un fort bâton sur le tronc de ces arbres: à l’instant, les chenilles effrayées se laissent tomber à terre et on les recueille sur un journal- ou dans un parapluie ouvert que l’on avait placé au pied de l’arbre.
- Les larves des phaléniens descendent au bout d’un fil qu’elles paraissent avaler lorsqu’elles remontent dans les branches.
- Au bord des marcs et des ruisseaux, sur plusieurs espèces d’épilobes, et parfois sur la vigne, se trouvent de superbes chenilles aux nuances vives et agréables. Elles sont faciles à élever; seulement, comme pour toutes celles des crépusculaires et des nocturnes, il faut avoir la précaution de les élever dans une petite caisse en bois ou en zinc, dont le fond est garni d’une couche - de terre de bruyère épaisse de 10 à 12 cm, sur laquelle on dispose un lit de mousse, car toutes ces espèces se chrysalident dans l’intérieur du sol. On arrose la mousse de temps en temps, de façon à la tenir constamment un peu humide.
- Certaines chenilles vivent dans l’intérieur des vieux arbres; celles des Cossus, des Zeu-zères, des Hépiales, des Saisies sont dans ce cas. On peut parfaitement les élever chez soi dans do la sciure de bois qu’on renouvelle de temps en temps afin do la tenir toujours fraîche.
- La chenille du bombyx du trèfle (B. trifolii) est assez grosse, longue, fortement velue, rayée de brun foncé et de jaune ; dès qu’on la touche, elle so met en cercle, ce qui lui a
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- valu le nom populaire d’anneau du diable. Malheureusement, on la rencontre presque toujours à l’automne, et comme elle ne se métamorphose que dans le courant de l’été suivant, il est bien rare qu’on réussisse à l’élever. Le papillon est gros, mais de couleurs ternes et roussâtres.
- On trouve bien souvent sur les séneçons des chenilles annelées alternativement de jaune et de noir et qui s’élèvent très facilement, à condition toutefois qu’on enterre les chrysalides ; au bout de peu de temps éclot un joli papillon, aux ailes supérieures gris-bleuâtre, rayées et tachetées d’un rouge carmin vif, et aux ailes inférieures d’un rouge superbe avec la frange bleuâtre : c’est le carmin (Euchelia Jacobœa), très commun dans nos environs.
- Afin d’avoir toujours des feuilles fraîches à donner aux chenilles que l’on désire élever, on prend un pot à fleur de moyenne grandeur et on le remplit de sable à peu près au quart ; on plante dans ce sable quelques branches feuillées des végétaux sur lesquels on a capturé les chenilles et on recouvre le tout d’une de ces cloches en toile métallique qui servent à garantir les aliments (fig. 78-7).
- Les chenilles sont, comme la plupart de tous les animaux, fort exposées au parasitisme. On ramasse une belle larve, on la soigne avec amour et, au moment où on espère en voir sortir un élégant papillon, on
- LA LIGNE TÉLÉPHONIQUE
- JpSâçf^UATORZE années après la mise en Ctüil pratique du télégraphe électrique, un premier câble sous-marin reliait la France à l’Angleterre ; c’est également quatorze ans après la mise en usage du téléphone, qu’un premier câble sous-marin téléphonique fait aujourd’hui communiquer ces deux pays.
- La téléphonie à grande distance avait déjà donné, jusqu’à ces derniers temps, de très beaux résultats : c’est ainsi qu’en Amérique, New-York communique par ce moyen avec Chicago, qui en est distant de 1,600 kilomètres, et, qu’en Europe, Paris était relié depuis moins longtemps avec Bruxelles et même avec Marseille.
- trouve dans la boîte tout un bataillon de petits moucherons, ou bien une espèce de guêpe, quand ce n’est pas un énorme cousin ou une demi-douzaine de mouches. Quel désappointement !
- On reconnaît qu’une chenille renferme elle-même des larves de parasites, qu’elle est « ichneumonée », comme disent les entomologistes, à un petit point noir qu’elle porte sur le dos, et qui est la blessure faite par la tarière du parasite afin de déposer ses œufs dans le corps de la chenille. Les vers qui éclosent de ces œufs ne font pas mourir celle-ci, car, de son vivant, ils ne se nourrissent que de sa substance graisseuse; mais au moment de la métamorphose, ils en rongent les muscles et les organes essentiels, et la chenille ne parvient pas à l’état d’insecte parfait.
- Enfin, pour ce qui est des chrysalides récoltées au pied des arbres ou en arrachant certaines plantes, on les enterre dans de la terre de bruyère. Celles qui sont enveloppées d’un cocon se placent dans des boîtes dont le couvercle, percé de trous, laisse pénétrer l’air. On a soin de les maintenir par un fil ou deux contre les parois de la boîte, de manière qu’au moment de l’éclosion, le papillon possède un point d’appui qui l’aide à sortir de sa coque; autrement il resterait toujours déformé.
- (A suivre) Marguerite Belèze.
- DE LONDRES A MARSEILLE
- Une ligne d’une longueur de 45 kilomètres établie entre Buenos-Ayres et Montevideo, sur les indications de M. Preece, l’électricien en chef de l’administration des télégraphes en Angleterre, avait déjà prouvé, en fonctionnant parfaitement, que les conversations téléphoniques pouvaient également se transmettre par câble sous-marin.
- Il fut convenu, il y a quelque temps entre la France et l’Angleterre, et sur la proposition de notre administration des télégraphes, que les deux pays entreprendraient l’établissement d’une ligne téléphonique entre leurs capitales respectives : le câble sous-marin devait être établi à frais communs, et chaque nation construirait à ses propres frais
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- la ligne allant de sa capitale jusqu’à la mer.
- La ligne française suit la ligne du chemin de fer du Nord, passe par Montdidier, et aboutit à Sangatte, près de Calais : elle a trois cent trentre kilomètres ; la ligne anglaise, longue de cent soixante-dix kilomètres, passe par Sivanley, Maidstone et Ahsford, et arrive près de Douvres, à Saint-Margaret’s bay.
- Le câble commun, construit en Angleterre, sur lès indications de M. Preece, a une longueur de trente-quatre kilomètres.
- « Là pose de ce câble, lisons-nous dans le Cosmos, s’est opérée au milieu de grandes difficultés, càusées par le mauvais temps, et élle a été accompagnée de péripéties sans nombre.
- « Le 3 mars, il fut embarqué sur un navire spécial, le Monareh, qui s’est rendu à Sangatte, où il a dû attendre jusqu’-au 9 un temps qui permît de tenter l’opération. A cette date, la journée s’annonçant favorable, le bout fut envoyé à terre. On avait réuni deux embarcations par une plate-forme, sur laquelle on avait lové une quantité suffi-
- sante de câble pour atteindre la rive. Une embarcation à vapeur prit le système à la remorque et le conduisit jusqu’à terre, tandis qu’on laissait filer le câble en arrière. A l’arrivée, les hommes prirent le bout et le halèrent jusqu’à la maison-abri où devait se faire la jonction avec la ligne française.
- Le Monareh prit aussitôt le large se dirigeant sur Saint-Margaret’s bay, en laissant dévider le câble avec les précautions d’usage ('n pareille circonstance. Mais, vers trois heures le mauvais temps commença à s’éta-JHr, la mer grossit et on dut jeter l’ancre P°ur attendre une embellie. A cinq heures, Un° éclaircie permit de voir qu’on n’était gu a un mille du but ; on voulut tenter de atteindre coûte que coûte ; mais quand on Cntreprit de lever l’ancre, on s’aperçut que
- le courant y avait engagé le câble et on dut démaîllonner la chaîne, abandonner l’ancre et aussi le câble qu’on ne voulut pas couper, et qui fut filé tout entier à la mer, son extrémité attachée à une bouée. Le Monareh alla chercher un abri dans la rade des Dunes. Il dut y rester retenu par la tempête, jusqu’au 12. Ce jour, le temps étant devenu beau, on appareilla pour reprendre l’opération. On releva l’ancre, sur laquelle on trouva le câble enroulé quatre fois et très endommagé ; il fallut en couper une certaine longueur, ressouder les parties saines, le dégager du câble télégraphique de Calais à Douvres, dans lequel il s était engagé. Ces travaux ayant pris toute la journée, on dut encore laisser le câble sur une bouée et retourner à Douvres. Le vendredi 13, la mer fut encore mauvaise, et ce ne lut que le samedi 14 que l’on put re-prendre le travail. Ce jour-là, à trois heures vingt d’après-midi, l’extrémité du câble était conduite à terre à Saint-Margaret’s bay par les mêmes moyens que ceux qui avaient été employés à Sangatte.
- Dès le lundi, les essais ayant prouvé le bon état des conducteurs, le câble fut relié de chaque côté du détroit aux lignes françaises et anglaises, et, le mardi 17 on a pu, pour la première fois, converser entre Paris et Londres avec autant de facilité qu’on le fait déjà dans nos villes d’une maison à l’autre. »
- Ajoutons que le prix de la conversation a été fixé provisoirement à 10 fr. pour trois minutes.
- Lnfin, dans la première quinzaine d’avril, la ligne nouvellement inaugurée a été reliée à la ligne de Paris à Marseille, et des communications entre notre premier port marchand et Londres, distants de 1,300 kilomètres, ont pu être transmises avec un plein succès. C’est un des plus beaux résultats téléphoniques obtenus jusqu’alors.
- LES MOMIES DE LOUQSOR
- Grébaut, directeur du musée égyptien de Ghiseh, vient de faire des des r ' découvertes magnifiques, à la suite s fouilles entreprises dans les mon-
- tagnes de Thèbes, près de Louqsor,au milieu de tombeaux de souverains trouvés il y a une dizaine d’années environ.
- Les momies qui viennentd’être découvertes
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- et qui sont admirablement conservées sont celles de prêtres et prêtresses d’Ammon reposant là, dans leurs riches sarcophages, depuis plus de trois mille ans.
- La tête est remplie de baume jusqu’à moitié ; chez quelques-uns, les yeux ont été remplacés par des yeux d’émail, et toute la figure est dorée.
- Des herbes sèches et du coton mêlés, le tout enduit d'une liqueur spéciale,remplissent la cavité de l’abdomen, et deux ou trois de ces personnages tiennent à la main des figurines de terre émaillée, des dieux probablement.
- Ils ont le cou orné de riches colliers d’or, et portent des bagues, des pierres précieuses ; chaque doigt comme chaque orteil est enfermé dans un étui d’or et enveloppé de fines bandelettes, et les ongles sont dorés.
- Les embaumeurs ont donné à ces momies les formes naturelles et proportionnées au moyen de serviettes, de tuniques, d’écharpes. Des bandelettes recouvrent d’abord chaque membre séparément, et enfin le corps tout entier.
- Mais la partie du corps qui a surtout été l’objet de soins particuliers, c’est la tête : telle momie a, par exemple, le visage recouvert de plusieurs doubles de mousseline très fine; le premier était collé sur la chair elle-même, le second sur le premier, et sur tout cela une couche de plâtre couverte d’une feuille d’or ; quant aux yeux, ils étaient peints.
- Du plâtre très fin, coulé à l’intérieur de ce masque, a donné le portrait du mort et jusqu’au relief des sourcils. Pour quelques-uns
- seulement, ces masques ont été placés sur les bandelettes elles-mêmes, et embrassent toute la tête jusqu’à la poitrine. Un collier formé de grains et de cylindres de verroterie s’y rattache ensuite, portant en outre de nombreuses figurines, des divinités, en terre émaillée.
- La momie est enveloppée dans une sorte de cartonnage peint et doré en forme de gaine.
- Les peintures représentent les visites de l’âme à diverses divinités.
- Une inscription porte le nom du mort, ses titres avec ses qualités.
- Chaque momie repose dans un cercueil de sycomore ou de cèdre, fait d’une seule pièce et peint à l’intérieur comme à l’extérieur ; le couvercle du cercueil,également d’une seule pièce, porte à sa partie supérieure la tête en relief, peinte ou dorée, de la momie.
- Ce cercueil est enfermé dans un autre qui l’est dans un troisième ; le fond et les côtés sont couverts de textes en écriture cursive.
- Des canopes, ou vases sacrés, en albâtre oriental de la plus grande beauté renferment les viscères pliés dans un linge.
- Enfin, le cercueil est couvert de légendes, de figures de dieux, d’hommes et d’animaux; des scènes de la \ie et de la mort sont sculptées et peintes avec beaucoup de soin sur les parois intérieures, où pas une place ne reste vide.
- . Ces momies ont été amenées à dos d’homme jusqu’au Nil; et de là, de grands chalands les ont transportées jusqu’au Caire où elles restent déposées au musée de Ghiseh.
- ÉPHÉMÉRIDES ASTRONOMIQUES
- MAI 1891.
- SOLEIL. — Entrée dans les Gémeaux le 21, à 9 h. 16 m. matin ; la déclinaison boréale augmente rapidement : les jours augmentent pendant rémois de 1 h. 16 m. — Temps moyen à midi vrai le 16: 11 h. 56 m. 12 s.
- LUNE. — D. Q. lo lcf, à 2 h. 1 m. soir; N. L. le 8, à 6 h. 25 m. matin ; P. Q. le 15, à 7 b. 14 m. soir ; 1*. L. le 23, à 6 h. 35 m. soir ; D. Q. le 30, à 7 h. 4 m. soir.
- ÉCLIPSE TOTALE (partiellement visible en France). — Le 23 mai,à31i. 46 m. 5 soir. L’éclipse totale commencera à 5 h. 59 m. 1”, pour se terminer à 7 h. 18 ; comme la Lune se lève à Paris à 7 h. 44 m. soir, on ne pourra observer que la sortie de l’ombre à 8 h. 26 m. 6 du soir et de la pénombre à 9 h. 30 m. 9. Même réduit à ces proportions, le phénomène est fort intéressant, et nous invitons vivement nos lecteurs à ne point
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- le laisser se produire sans l’observer. On fera bien de noter la partie du disque de la Lune recouverte par l’ombre terrestre, ainsi que la hauteur de la frange atmosphérique évaluée en fonction du disque lunaire.
- PLANÈTES. — Passages méridiens le 11 :
- Mercure, 11 h. 48"
- Vénus, 9 h. 48"
- Mars, 1 h. 36"
- Jupiter, 7 h. 44,r
- matin \ N.-B. Pour leurs positions
- ,. 1 dans le ciel, consulter notre
- matin [ pianéiaire après avoir placé
- les planètes sur la zone écliptique, ainsi qu’il est dit dans le n®8 de la Science en Famille, page 123.
- 1 soir |
- ' matin
- Saturne, 7 h. 33™ soir 1 Observer Saturne dont l'anneau va bientôt disparaître pour quelque temps, ce qui arrive chaque fois qu’il se présente à nous en perspective par sa tranche.
- Le 9 mai, Mercure passera sur le disque du Soleil. Ce phénomène n’est pas visible dans les petits instruments. Le 19, il arrive à son aphélie.
- ÉTOILES FILANTES. — Voir Science en Famille du 1er mai 1888.,
- NOUVELLES DE LA SCIENCE. — L'Astro-
- nomie publie une fort intéressante élude de son éminent directeur, M. Camille Flammarion, sur les anneaux de Saturne qui vont bientôt disparaître en apparence. D’après M. Pratt, la section de ces anneaux serait loin d’être une ligne droite (ce qui aurait lieu si leur surface était un plan placé sur le prolongement du plan équatorial de la planète), mais bien une ligne à renflements ondulés dont les dépressions correspondraient aux divisions connues d’Encke et de Cassini.
- Autre constatation, peu réjouissante, celle-là. Lesipoyennes thermométriques semblent s’abaisser d'une façon continue. Rassurons-nous, toutefois: H est très possible que ce phénomène, dont la cause échappe absolument à notre perspicacité scientifique, ne soit que transitoire, et qu’il n’y ait là qu’une de ces fluctuations périodiques si fréquen-
- tes dans la nature. Nous avons la mauvaise chance de la subir, mais on peut espérer que nos arrière-neveux n’auront plus en souffrir... à moins que cet abaissement progressif ne soit que le commencement d’une période glaciaire, cas auquel nous serions obligés d’émigrer peu à peu vers les régions équatoriales.
- MONOGRAPHIE DE LA LUNE.
- Diamètre : 0,273 de celui de la Terre. Apparent'. 32,22.
- Distance moyenne à la Terre : 96,000 lieues.
- Révolution : tropique, 29 j. 5321587; sidérale : 27 j. 7 h. 43 m. 11 s.
- Inclinaison du plan sur l’écliptique : 5° 8’ 47” 9.
- Excentricité : 0,0549.
- Volume : l/49fi de la terre — 0,020.
- Densité-. 3/5° de la Terre — 0,615.
- Masse : l/88e de la Terre — 0,013.
- Intensité de la pesanteur à la surface : 0,174 de celle de la Terre.
- Vitesse par seconde sur son orbite -: 1,022 m.
- Vitesse par seconde d'un point à l’équateur : 4 m. 6.
- Longitude du nœud, ascendant : 146° 13’ 40” (en 1885).
- Surface : 0,074429 de la nôtre.
- Vitesse d’un corps après une seconde de chute : 1 m. 61 (Jackson).
- Poids : 78 sextillions de kilogrammes (Flammarion).
- Moyen mouvement diurne : 13° 10’ 35” 03.
- Longitude du périgée : 99° 51’ 52” 1.
- Diamètre à la distance 1 : 48” 8,364.
- Particularités : Elle présente toujours la même face à la l’erre ; sol volcanique ; absence de toute atmosphère sensible. Montagnes élevées ; rainures.
- G. Vallet.
- NOUVELLE LANTERNE MAGIQUE
- Notre confrère de la presse scientifique, H. de Graffigny, vient d’imaginer et de faire cons* truire une nouvelle machine à projections qui Permet d’obtenir l’image d’objets opaques ou transparents. La lumière est fournie par une lampe à incandescence disposée au foyer d un réflecteur que l’on peut fixer soit à l’ar-r,ere de la lanterne, soit à l’extrémité d’un tube coudé à 45 degrés.
- Cette lanterne, en simple fer-blanc peint °u verni, présente, sur tous les autres appa-lefls similaires, l’avantage considérable de °°ûter très bon marché et d’être, par suite,
- à la portée de toutes les bourses. En changeant la lampe de place, on peut projeter sur l’écran, au lieu d’images transparentes peintes sur verre, l’aspectd’une gravure, d’une photographie, d’un objet en métal, considérablement amplifié.
- La lampe électrique, étalonnée à 16 volts et 1/10® d’Ampèro, peut-être actionnée par une batterie d’une dizaine d’éléments au bichromate, d’un système quelconque. .Enfin, l’appareil complet, renfermé dans une boîte, peut être de la plus grande utilité aux artistes, dessinateurs, peintres, aux professeurs, etc.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Fig. 79.
- moyenne de la machine, l’excitation étant job-tenue par deux paires d’électro-aimants, placés au-dessus et au-dessous. Cette disposition est celle qui a été adoptée par la Cie Edison, pour les fortes puissancs.
- La fig. 80 montre une forme de machine
- MM. Mather et Platt ont construit en Angle' terre des machines de même forme, mais
- avec des induits en anneau (type Manchester).
- Dans les machines ci-dessus décrites, leS pièces polaires sont facilement accessibles-Si l’on en approche sans précaution uue
- LA DISTRIBUTION DE L’ELECTRICITÉ (Suite)
- a figure 79 représente un type de machine qui est pour ainsi dire intermédiaire entre les deux que nous avons déjà cités. L’induit occupe la partie
- qui permet de placer les inducteurs symétriquement par rapport à l'induit. La dynamo de la fig. 80 , construite par la compagnie Continentale Edison, est une machine à tambour.
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- pièce de fer, une clef, une burette, cette pièce est violemment attirée. De même, une montre approchée trop près s’arrête par suite de l’aimantation du spiral.
- On a réussi à créer des machines sans aimantation extérieure, qui, à vrai dire, ne présentent pas d’avantages bien marqués sur les types ordinaires, mais qui sont exempts des petits inconvénients que nous venons de si-
- sphérique dans laquelle se loge l’induit, de forme également sphérique. Ces noyaux, qui portent le fil, se terminent par des bases plus larges, et ces bases sont réunies par des entretoises en fer. L’enroulement de l’induit rappelle celui du tambour.
- La fig. 83 représente schématiquement une forme analogue de carcasse magnétique, qui est celle de la machine Lahmeyer. Le
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- Fig. 80.
- gnaler. Telle, est la machine Eickemeyor, que la fig. 81 représente ouverte. Comme °n le voit, le fil inducteur entoure l’induit (une partie de ce fil est enlevée, sur la figure) et la machine est de tous côtés entourée de fer. La fig. 82 montre la machine Thomson Houston. L’inducteur est formé de deux uoyaux creux en fonte, placés en regard l’un de l’autre et laissant entre eux une cavité
- fil inducteur est placé en f. Le fer T de l’induit n’est pas circulaire; il est denté,et dans le creux de ces dents se loge le fil. Cette forme, dont l’idée remonte à Pacinotti, est théoriquement préférable ; mais son application donne lieu à des difficultés qui en restreignent considérablement l’emploi. En particulier, le passage des dents produit une oscillation continuelle du champ magnétique,
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- qui donne'lieu à des courants de Foucault dans le fer inducteur. M. Rechniewski a créé récemment un type de machine, qui commence à se répandre dans l’industrie, et qui est ba- " sé sur l’emploi de l’induit denté, tambour ou anneau. Le fer inducteur de ces machines est, comme l’induit, formé de tôles minces isolées les unes des autres. Ces dynamos sont remarquables par leur légèreté.
- Lorsqu’il s’agit de dynamos de forte puissance,
- il y a avantage à augmenter le nombre de pôles de la machine, et à le porter à
- (i) Extrait
- Fig. 81.
- Signalons, à ce propos, une forme intéressante de machine multipolaire : la machine Siemens, à inducteurs intérieurs.
- La fig. 85 indique schématiquement la disposition de cette machine ; a est le fer de l’anneau (mobile), i le fer"inducteur (fixe). Le fil induc-teur se trouve en f. Contrairement à ce qui se passe dans les machines ordinaires, c’est la partie intérieure du conducteur de l’anneau qui travaille. Ce conducteur est formé de lames placées sur champ, et la partie extérieure tournée forme le collecteur de la machine.
- Cette forme de dynamo convient particulièrement aux machines de grande puissance; elle permet l’accouplement direct avec
- les machines à vapeur à marche lente. La
- de XEhctrical World.
- Fig. 84.
- quatre, six ou huit. La fig. 84 représente la carcasse d’une machine à quatre pôles.
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- LA SCIENCE EN NAMltLN
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- fig.86 montre une de ces machines à six pôles construite par la Société alsacienne de Constructions mécaniques (Belfort) et accouplée directement à une machine à vapeur. Le
- mécanisme qu’on voit à l’avant de la figure est destiné au déplacement des balais.
- (à suivre) F. Drouin.
- Fig. 86.
- CHRONIQUE PHOTOGRAPHIQUE
- Préparation de verres de couleur pour lanternes de laboratoire. — On a souvent cherché une utilisation pour les glaces au Sélatino qui ont vu le jour, ou qui sont de rnavaise qualité : En voici une. Fixez à l’hy-P°sulûte, de façon à faire disparaître toute „race de bromure. La couche qui reste est ormée de gélatine seulement et est parfai-Clïlent transparente. Un lavage soigné enlè-VGra toute trace d’hyposulfite. Plongez en-^U)te la glace dans une solution de sel marin
- (concentration,2à5°/0)pendant c^nd minutes
- environ, puis, par un lavage de quelques secondes sous un robinet, enlevez l’excès de chlorure qui est resté à la surface de la glace. Plongez alors au bain d’argent (les bains à 8 0/0 employés pour le collodion humide conviennent bien) pendant cinq minutes, égouttez, lavez un peu et séchez. La glace sensibilisée de cette façon est restée assez transparente. En l’exposant à la lumièrer l’argent de la couche se réduit et lorsque la réduction est complète, la glace, vue par. transparence, est d’un beau rouge sang. Ou
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- *
- peut, en variant la concentration des bains ou le temps de séjour, obtenir tous les tons depuis le jaune clair employé pour le collodion humide, jusqu’au rouge foncé nécessaire pour le gélatino-bromure. Il n’y a aucun inconvénient à faire du même coup le séchage et l’exposition à la lumière.
- Enfin, on peut opérer sur pellicules de gélatine, tout comme on opère avec les glaces. Il suffit de mouiller la pellicule avant de la plonger dans le premier bain, et de la mettre sécher sur une glace talquée.
- Dans tous les cas où l’on désire la teinte rouge, il faut se garder de fixer après l’exposition à la lumière, le hain d’hyposulfite faisant virer la teinte du rouge au jaune. Le chlorure d’argent qui pourrait rester dans la couche ne présente d’ailleurs aucun inconvénient, et tout au plus pourrait-il, en se décomposant lentement par la suite, foncer la teinte.
- *
- * *
- A propos de l’iconogène. — Il est intéressant de remarquer que le nom de « icono-gène » donné au révélateur naphtolsulfonique découvert il y a quelques années, avait déjà été appliqué, il y a plus de 40 ans, à un révélateur provenant de la distillation sèche de l’amidon. Le Guide du photographe, édité en 1854 chez Ch. Chevalier, contient en effet une note communiquée par M. Laborde (15 février 1851) et dont nous extrayons les passages suivants :
- « En faisant quelques expériences sur le pouvoir réducteur do la pyrétine et du charbon qu’elle fournit, j’ai trouvé dans un des produits de la distillation sèche un agent révélateur qui sera précieux pour la photographie... C’est dans la distillation sèche de l’amidon que je l’ai reconnu pour la lre fois, et plus tard je l’ai trouvé dans presque toutes les substances végétales que j’ai essayées...
- C’est un mélange de divers produits auquel I il serait difficile d’assigner un nom scienti- I fique parce que sa nature et son pouvoir i révélateur varient suivant les substances qui I le produisent. Je propose de le nommer en I photographié iconogène. Chaque substance I végétale donnant un iconogène plus ou moins I actif, on conçoit quels nombreux essais on I peut tenter dans une voie où l’on sera encou- I ragé par l’espoir de rencontrer un produit I supérieur à tous les autres... »
- Il est à peine besoin d’ajouter que l’ieono- I gène de M. Laborde n’a rien de commun avec I celui de Meldola et d’Andresen, et si nous le K signalons à nos lecteurs, c’est pour faire re- I marquer la confusion que pourrait amener I la désignation des produits par un nom pure- I ment étymologique.
- Ua dangereux éclair magnésique. —Le I
- Brooklyn Journal rapporte que, récemment, I une forte explosion se produisait près de I City Hall, à 9 heures 45 du soir. En même I temps, une grosse pierre tombait du toit. I Tout cela était le résultat d’une tentative I pour prendre un instantané à la lumière arti- I ficielle. Sur le toit se trouvaient six jeunes I gens, qui avaient pris leur disposition à cet I effet, lorsque l’un d’eux laissa tomber une B partie incandescente d’une allumette qu’il I tenait allumée, dans une boîte de poudre- I éclair. L’explosion fut entendue à une grande I distance, et le bâtiment fut ébranlé jusqu’à I
- sa base. Les six opérateurs furent renversés, I
- et une pièce de couronnement, qui pesait I 300 livres, fut détachée et tomba sur le pavé. I Toutes les vitres du côté est avaient été I cassées, et un grand nombre de petites pierres, projetées par l’explosion, frappèrent pD" sieurs personnes, sans en blesser grièvement aucune.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- Tombeaux antiques. — On vient de mettre à découvert tout récemment au Puy-Cheno-tay, 'près de Gannat (Allier) quantité de tombeaux parfaitement conservés et dont l’existence remonte à une très haute antiquité. • - ‘ rr •' ’
- De grandes dalles brutes, appelées baumeS dans le pays, épaisses de 10 centimètres environ et d’une dureté exceptionnelle, entourent les squelettes, d’ailleurs très bien co iservés et reposant sur une de ces baumes.
- ; On suppose être en présence d’une néci'û'
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- pôle gauloise, étant donné que ce f ays a été | habité dès les temps préhistoriques et que l’époque romaine y a laissé de nombreux vestiges.
- ***
- La profondeur des grands lacs. — Voici quelques chiffres sur la profondeur des grands lacs. Le lac Baïkal (Sibérie) le plus profond de tous, l’est de 1,200 à 1,400 mètres : sa surface étant do 2,300 kilom. carrés, il contient donc autant d’eau que le lac Supérieur ; cette surface est à 410m au-dessus du niveau de la mer. Le lac Majeur a 900m de profondeur, le lac de Corne 600, le lac de Constance 300, le lac Huron 275, etc.
- ***
- Un élévateur monstre. — On peut voir actuellement, dans le port de New-York, une-machine élévateur qui peut soulever des poids de 150,000 kilogs.
- Entre autres prouesses, ce gigantesque levier a hissé en un instant hors de l’eau, un remorqueur coulé par un grand transatlantique, et un autre petit navire qui a pu être remis immédiatement à flot, n’ayant subi aucune avarie.
- Cette machine soulève une locomotive et la fait pirouetter avec autant de facilité que S1 c’était un sac de blé.
- *
- * *
- Une flûte de 30 siècles. — On vient de trouver dans un tombeau, en Egypte, une flûte qui a au moins 3,000 ans d’existence et 1ui est absolument intacte. On a pu en jouer et on a reconnu que le son de cette flûte ne ressemble en rien à celui de la flûte moderne; ccpendant les notes sont identiques à celles
- de notre gamme actuelle, ce qui dérange un peu les idées qu’on s’était faites de la musique antique.
- ***
- Valeurs relatives de l’or et de l’argent.
- — Mille ans avant notre ère, une once d’or valait 12 onces d’argent ; il en valait 13,. 500 ans plus tard, et 9 seulement au commencement de l’ère chrétienne.
- En l’an 500, nous voyons l’once d’or valant 13 onces d’argent, 8 en 1110, Il en 1400, et enfin 6 en 1456.
- A l’époque de la conquête du Pérou et du Mexique, après la découverte de l’Amérique, 1 livre d’or valait seulement 2 livres d’argent, mais vers 1600, l’or valait déjà 10 fois plus que l’argent à poids égal, et en 1725, 13 fois.
- La valeur de l’or relativement à celle de l’argent n’a fait qu’augmenter depuis cette époque: l’or valait 15 fois plus que l’argent au commencement du siècle, et depuis 1876, il a atteint une valeur qu’il n’avait connue jusqu’alors, 20 fois celle de l’argent. Toutefois, il se produit actuellement une légère réaction en faveur de l’argent.
- ***
- Une curieuse trouvaille. — Un sac de
- courrier ou malle-poste, datant de 1684, et renfermant 475 lettres, a été trouvé dans une cave du tribunal civil de Francfort-sur-Mein.
- Toutes les lettres contenues dans ce sac datent de 1584 et sont au nombre de 475, elles sont d’origine italienne, à destination des Pays-Bas.
- Elles ont été déposées au Musée de Berlin où les savants qui s’occupent d’histoire ont obtènu l’autorisation de les consulter.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- Les vis et la rouille. — Pour peu qu’elles s°ient placées dans un lieu humide, les vis fer se couvrent de rouille très rapidement, e^'l arrive qu’on peut difficilement les reti-rer> et que souvent on les casse.
- On les graisse ordinairement à l’huile, à °flet de parer à cet inconvénient, mais cela suffit pas : un mélange d’huile et do gra-jto fait disparaître absolument cette diffi-Clllté et protège les vis contre la rouille
- pendant des années, tout en facilitant leur serrage et en rendant très minimes les frottements du pas de vis.
- ***
- Enduit pour le fer et l’acier. — En recouvrant les objets en fer ou en acier d’une solution à chaud de soufre dans l’essence de térébenthine, on obtient un enduit destiné à les garantir parfaitement de l’oxydation. En effet, le soufre, après l’évaporation de l’es-
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- scnce, reste en couche mince sur la surface à protéger, et sous l’action de la flamme d’une lampe à alcool, il s’unit intimement au métal, donnant ainsi naissance à un vernis d’un beau noir et très solide.
- *
- * *
- Destruction des insectes par l'électricité. — Parmi les machines à tuer électriquement, en voici une qui était, croyons-nous, inédite jusqu’ici. L’électricité y sert d’appât. Un puissant arc électrique est posté devant un entonnoir dans lequel un ventilateur aspirant détermine un courant d’air énergique. Les insectes, attirés par la lumière, sont entraînés par l’air, et précipités dans une sorte de moulin.
- *
- * *
- Vernis à l’or pour cuivre ou laiton. —
- Alcool à 95°...........1 litre
- Gomme laque en poudre . 85 gr.
- Vous mettez le tout dans une bouteille pleine aux trois quarts au plus et bien bouchée; vous exposerez au soleil ou dans l’étuve; vous agiterez fréquemment jusqu’à l’entière dissolution de la gomme. Colorez au degré convenable avec rocou ou gomme-gutte.
- On garde ce vernis en bouteille de grès; pour l’appliquer sur pièces d’ornements en
- cuivre ou laiton, on fait chauffer légèrement ces pièces et on les trempe dans le vernis, on en applique plusieurs couches s’il le faut et les objets restent longtemps beaux et se nettoient parfaitement bien.
- Cosmos
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- Moyen d’enlever les taches de rouille du fer et de l’acier. — Nous trouvons dans la Chimiher Zeitung un' moyen d’enlever ces taches préconisé par M. Auguste Buccher : c’est l’emploi d’une solution composée de :
- 1 lit. d’eau distillée.
- 8 gr. d’acide tartrique.
- 10 gr. de chlorure de zinc.
- 2 gr. de chlorure de mercure.
- 50 cm3 d’une solution d’indigo diluée au centième.
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- Extincteurs d’incendie. — Faites dissoudre dans 30 litres d’eau environ 10 kilog. de sel ordinaire et 5 kilog. de sel d’ammoniaque. Lorsque la solution est complète, mettez-la en bouteilles bien bouchées que vous placez ensuite dans les diverses pièces de la maison, bien à portée de la main.
- Une ou deux de ces bouteilles lancées assez fort pour qu’elles se brisent dans le foyer de l’incendie amènent l’extinction de celui-ci par la diffusion du liquide qu’elles contiennent.
- REVUE DES LIVRES
- Cybèle, ainsi que l’indique son sous-titre : voyage extraordinaire dans l’avenir, par Jean Chambon, est en effet le récit d’un merveilleux voyage à une lointaine planète sidérale, parfaite répétition de la nôtre, mais son aînée do beaucoup ; de sorte que son présent et une grande partie de son passé offrent précisément l’image de l’avenir de la Terre à tous ses divers points de vue : physique, scientifique, social, historique et même religieux.
- Ce petit roman, plus sérieux dans le fond que dans la forme, vient de paraître en un beau volume, prix 3 fr. 50, chez Georges Carré, éditeur, 52, rue St-André-des-Arls, à Paris.
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- Jusqu’à présent, le problème de la photochromie directe n’avait eu que des solutions
- empiriques, celle de Lippmann est définitive, parce qu’elle est scientifique. Elle enregistre les couleurs dans la gélatine comme le pll0‘ nographe enregistre le son sur ses cylindres
- de cire.
- Mais cette méthode s’appuie sur des considérations de physique qui supposent des connaissances relatives à la théorie ondula-
- toire de la lumière. M. Alphonse Berget, attaché au laboratoire des recherches dirigé à la Sorbonne par M. Lippmann, vient >-e publier, dans la bibliothèque photographifi110 des éditeurs Gauthier-Villars et fils, une Ph° tographie des couleurs qui, précisément rappelle ces notions. Ce petit livre d’un Prl bien modique (1 fr. 50) rend intelligible à tous le procédé nouveau de M. Lippmann dont > fait comprendre la valeur en permettant d e saisir le mécanisme intime.
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- LES JEUX EN PLEIN AIR. — LE CERF-VOLANT
- oici, parmi les jeux en plein air, si utiles au développement de l’enfance, un exercice fort ancien et très salutaire. puisqu’il exige, pour qu’on puisse s’y livrer, la promenade ou la course à travers la campagne.
- Sans doute, les marchands de jouets en vendent, de toutes dimensions et à tous prix, mais le meilleur est, sans contredit, celui qu’on fabrique soi-même.
- Les parents ont trop grande tendance à acheter à leurs enfants le jouet qu’ils désirent, et toutes les fois que c’est possible, ce serait leur rendre un grand service que de les encourager à le fabriquer eux-mêmes. Les enfants en ressentiraient plus de plaisir d’abord, mais surtout ils développeraient par là leur adresse manuelle et leur ingéniosité.
- Commençons le squelette (fig. 87) de notre cerf-volant.
- mm
- Après avoir déterminé ses dimensions, la largeur doit être à la hauteur comme quatre est à sept, on se procure une baguette de bois blanc bien droite, très légère, très solide, et peu flexible, c’est le montant ou l’épine AB, de notre jouet.
- Vers la tête du montant on taille une petite coche qui doit recevoir l’arc.
- Pour faire l’arc, on prend une seconde ba-
- guette, plus flexible que la première, et autant que possible d’un diamètre égal dans toute sa longueur, et on l’attache solidement en A, par son milieu' exact.
- A l’aide d’une ficelle prise dans une coche d’une des extrémités de l’arc, celle de gauche, E par exemple, passant par B, dans une echanciure faite exprès et remontant pour venir se fixer à l’extrémité de droite, C, de l’arc, on donne, en tirant plus ou moins, la courbure convenable à l’arc DAC.
- Enfin, a; rès s’être assuré que les deux côtés sont égaux en pesanteur, et cela en tenant le squelette ainsi fabriqué en équilibre sur le doigt horizontalement au point E, on fixe la ûcelle en C, on la ramène en D, après lui avoir fait faire un tour en E, puis, en A, encore une fois en G, et enfin en F, en lui faisant faire un tour chaque fois.
- E s’agit maintenant de le recouvrir.
- Le papier convient parfaitement ; on place le squelette sur une feuille de papier suffisamment grande, et on taille le papier en suivant les contours et en laissant une marge de quatre centimètres environ.
- Enfin, on rabat cette marge que l’on colle ; on colle également des bandes de papier par derrière le long de l’épine et des ficelles, et on laisse sécher.
- Pour les grands cerfs-volants, on remplace parfois le papier, par du calicot ou de la gutta percha, et alors on coud au lieu de coller.
- Quand le tout' est bien sec, on perce deux trous dans l’épine : l’un au cinquième, l’autre aux deux tiers de sa longueur en partant du haut, et par ces deux trous, on passe et on fixe par un nœud fait aux deux bouts, la ficelle qui forme l’attache, et qu’on appelle corde ventrière; dans cette attache on pratique un nœud coulant, par lequel passe la ficelle qui retiendra le cerf-volant.
- Ce nœud coulant doit se trouver un peu plus haut que le milieu de l’attache, et on n’arrive à sa position exacte, qui est très importante, qu’en tâtonnant.
- Reste la queue, sans laquelle le cerf-volant ne pourrait prendre son essor, et dont la longueur dépend de l’importance du jouet ; en général, on la fait de douze fois celle du montant, et on la confectionne à l’aide d’une ficelle terminée par un gland, attachée au point B, et portant de huit en huit centimètres environ dés morceaux de papier pliés en quatre ou en six, larges de deux à trois centimètres, longs de cinq à six, et fixés à l’aide de nœuds coulants.
- Malgré toutes sortes de précautions, et bien qu’on ait suivi toutes les prescriptions que nous venons d’indiquer, il arrive parfois que le cerf-volant une fois terminé manque d’équilibre ; pour rétablir celui-ci on ajoute aux points D et G, ce qu’on nomme des oreilles : sortes de pompons, qui ajoutent à l’aspect gracieux du cerf-volant, mais que l’on doit chercher à éviter cependant, car ils nuisent à la légèreté de son vol.
- Enfin, on peut décorer le cerf-volant de papiers de couleurs, d’images découpées, etc,
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- On choisit pour lancer le cerf-volant un terrain dénudé autant que possible, et un vent modéré. S’il s’élève trop lourdement, on retire les oreilles ou on raccourcit la queue ; si, au contraire, il se balance et fait des plongeons, c’est qu’il est trop léger, et alors on ajoute des oreilles s’il n’en a pas, ou bien on alourdit la queue par une petite motte de gazon, une pierre, etc.
- Tant qu’il tire on lui fournit de la ficelle ; dès qu’il reste à peu près immobile, c’est le moment de lancer les courriers, rondelles de papier qu’on enfile dans la ficelle> et qui, poussés par le vent, vont rejoindre le cerf-volant en tournoyant.
- Il faut cependant ne pas abuser des courriers, qui finiraient par alourdir l’instrument et rendre sa chute instantanée.
- Dès qu’on veut ramener le cerf-volant à soi, on enroule la ficelle, et c’est alors qu’il faut se défier du voisinage des arbres ou des habitations.
- Si la partie a bien réussi, si par un temps propice l’enlèvement a été heureux, l’enfant ne tarit pas au retour sur les prouesses du cerf-volant dont il a mené la fabrication à si bonne fin. C’est peut-être le moment de causer avec lui, et de lui apprendre que le cerf-volant est d’une origine fort ancienne. Les Chinois l’employaient longtemps avant notre ère pour faire communiquer avec l’extérieur les habitants d’une ville assiégée.
- D’ailleurs, il est resté dans ces pays le jouet favori, et dans le royaume de Siam, par exemple, chaque mandarin a son cerf-volant d’une forme particulière et d’une couleur spéciale ; chaque soir, on élève celui du roi, et toute la nuit il plane dans l’air, maintenu par des mandarins de première classe qui se relayent tour à tour.
- Au Cambodge, le cerf-volant se fabrique avec des feuilles de palmier tendues sur un mince treillage de bambou, renforcé d’un cadre; à la partie supérieure se trouve une sorte d’arc en bois léger, sous-tendu par une lame
- mince, ayant la forme d’un parallélogramme.
- Cette lame tendue, en vibrant sous l’action de la brise, produit des sons doux et monotones d’une inexprimable mélancolie.
- Quant aux Européens, ils ont connu le cerf-volant beaucoup plus tard ; mais il a été considéré, par eux comme un jouet : cependant il est impossible, en parlant de cet instrument, de passer sous silence les belles expériences de Romas et de Franklin en 1752,expériences destinées à vérifier l’identité de l’électricité et de la foudre, et qui précédèrent, par conséquent, la belle invention du paratonnerre.
- Ajoutons aussi qu’un français, M. Préverand, imagina en 1854 de faire servir le cerf-volant pour établir une communication entre un bâ-timént en danger de naufrage et une côte sous le vent : ce cerf-volant avait été baptisé du nom de Cerf-volant porte-amarre.
- Enfin, M.Archibald a imaginé dans ces derniers temps le cerf volant ballon, combinaison d’un'cerf-volant et d’un ballon en un seul appareil captif.
- Le cerf-volant rend le ballon captif plus stable ; et les ascensions peuvent avoir lieu par un grand vent comme par un temps calme ; cette plus grande stabilité rend plus faciles et plus exactes les observations scientifiques militaires et autres.
- Dans le cas, par exemple,dit M. Archibald, où il ne sera pas jugé prudent d’exposer un homme au tir de l’ennemi,je pense qu’on pourra aisément lui substituer un appareil photographique, qui rapportera une épreuve instantanée après une rapide ascension,.
- Depuis qu’un français, M. Arthur Batut a pu obtenir, avec un cerf-volant, des épreuves un peu flou, mais suffisamment claires pour donner la photographie d’un vaste emplacement, l’opinion de M. Archibald est devenue tout à fait acceptable.
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d’Assas.
- La Fère. — lmp. Bayen, rue Neigre.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- CONSEILS AUX AMATEURS
- POUR FAIRE UNE COLLECTION DE PAPILLONS (Suite)
- Fig. 88. —. Etaloir.
- réparation d’un papillon. — Lorsqu’on juge que la chasse a etc assez fructueuse, on rentre à la maison pour préparer les Lépidoptères et leur donner l’aspect gracieux qu’ils ont en volant. On se sert d’un petit appareil connu sous le nom d’élaloir (flg. 88) et qu’on peut facilement confectionner soi-même. On se procure des planchettes en bois tendre, en peuplier, par exemple, longues de 30 centimètres environ, larges de 10 à 12 et épaisses de 25 à30millimètres.
- On laisse entre les deux planches un espace proportionné au volume du corps du papillon et on les réunit ensemble avec de petits tasseaux. Très étroit pour les espèces diurnes, l’é-taloir sera plus large pour les crépusculaires et surtout pour les nocturnes (10 à 15 millimètres); il est donc préférable d’en faire deux ou trois de dimensions différentes, et la rainure doit être tapissée d’une plaque de liège.
- Pour étaler un papillon, vous enfoncez perpendiculairement dans la rainure de l’étaloir l’épingle qui lui traverse le thorax; d autre part, vous avez Préparé quatre aiguilles fines, entourant leur tête d’une boule de cire à cacheter ; vous piquez alors l’aile supérieure au fiessous de la plus forte nervure et vous la conduisez jusqu’à ce que son
- extrémité dépasse suffi- Fig. 89-~ Soufllage cles chenilles-samment la hauteur de la tête ; vous amenez | Enfin, lorsqu’on de même les-ailes inférieures jusqu’à ce fin elles soient un peu recouvertes par les
- supérieures. Pour que les ailes' aient le même niveau, il est utile de rayer l’étaloir transversalement à l’encre. Puis, vous arrêtez les ailes à l’aide de deux bandes de papier un peu fort, dont vous fixez les extrémités avec des épingles assez grosses. Aussitôt, vous ôtez les aiguilles qui fixaient les ailes, afin que, parla dessiccation, les trous ne s’agrandissent pas. La trompe, les antennes et les pattes doivent aussi être arrangées dans leur position naturelle.
- 11 pourrait se faire qu’on n’eût pas le temps d’étaler les papillons aussitôt après la chasse ; ils deviennent alors secs, raides et cassants, et on est obligé de les faire ramollir. Pour cela, on les pique sur un bouchon déposé sur une couche de grès pilé et humide, ep ayant soin toutefois que les ailes ne touchent pas le grès, et on couvre le tout, le plus hermétiquement possible d’une cloche en verre. Au bout de vingt-quatre heures, de trois jours au plus, pour les grosses espèces, l’insecte a repris toute sa souplesse et on peut l’étaler.
- Il ne faut jamais, sous aucun prétexte, toucher les ailes d’un papillon avec les doigts, car les couleurs de ces ailes ne tiennent presque pas ; composées d’écailles microscopiques, elles s’enlèvent avec la plus extrême facilité, prépare un Lépidoptère éclos en captivité, il faut attendre au moins quelques heures avant de l'étaler; sans cette
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- la science en famille
- précaution, les ailes se ratatineraient et ne reprendraient jamais leur première forme.
- Préparation d’une chenille.- Pour qu’une collection soit complète, il faut qu’à côté de chaque papillon on trouve sa chenille, sa chrysalide et son cocon.
- Pour préparer les chenilles, on emploie deux procédés ; par le premier, de beaucoup le plus commode, on les conserve tout simplement dans de l’alcool dont on remplit de petits tubes; le second, dit soufflage, est plus compliqué. On commence par cylindrer le corps de la chenille, soit par la compression des doigts, soit au moyen d’une bouteille longue et étroite, dans le genre de celles qui contiennent ordinairement de l’eau de mélisse, de façon que lesintestins fassenthernie par l’anus. Quand la chenille est ainsi vidée, on introduit alors un chalumeau de paille par l’extrémité caudale et on la maintient par un fil et une épingle (fig. 90), puis on souffle par l'autre bout de la paille jusqu’à ce que la larve, emplie d’air, ait re pris sa forme naturelle. Cependant, si l’on n’avait pas
- soin défaire cette opération dans l’intérieur d’un petit entonnoir de tôle chauffé au rouge (fig. 89) en ayant soin toutefois de ne pas brûler la peau vide, on n’arriverait jamais à lui faire conserver d’une manière durable sa forme primitive. Enfin, on laissera dépasser un bout de paille pour pouvoir passer l’épingle qui fixera l’échantillon dans la collection,
- Certains amateurs, n’appréciant pas beaucoup ces larves remplies d’air ou plus ou moins boursouflées, les remplissent avec de la cire fondue et coloriée ad hoc, mais dans les deux cas, il est presque nécessaire de repeindre avec des couleurs à l’huile la peau des chenilles, car leurs belles nuances disparaissent presque entièrement pendant ces opérations.
- Quant aux chrysalides et aux cocons, ils ne demandent aucune préparation spéciale.
- Confection et conservation d’une collection. — AuNbout d’un laps de temps plus ou moins long, qui varie avec la grosseur des échantillons, et, en général, dès que ceux-ci
- sont assez rigides, on peut les placer défini-tivementdansles boîtesàcollection.Lesmeil-leures de ces boîtes et les plus commodes sont celles qu’on trouve chez M. E. Deyrolle, naturaliste.
- Elles ont un fond liégé avec un dessus vitré; elles ferment bien et présentent cet autre avantage qu’on peut les avoir toutes de mêmes dimensions, ce qui est important pour classer une collection.
- Lorsqu’on n’a pas l’intention de confectionner cette collection absolument au point de vue scientifique, on peut disposer les papillons de façon que leurs belles nuances et les agréables dessins de leurs ailes flattent le plus possible les regards.
- Dans ce dernier cas, on met généralement les plus belles espèces au milieu, ou bien encore aux quatre coins. Mais une collection ainsi ordonnée n’a jamais la valeur de celles qui sont classées scientifiquement.
- Quelle que soit la disposition admise, les insectes doivent posséder au-dessous de chacun d’eux une étiquette, fixée avec une épingle mieux que collée, indiquant leur nom commun et surtout leur désignation spécifique, le lieu et la date de la récolte, et, enfin, si l’insecte est mâle (ô) ou femelle (9) (fig. 91).
- Fig. 90.— Chenille préparée au bout du chalumeau.
- YANESSE MORIO (Yanessa Antiopa L.)
- MARE RONDE
- Forêt de Rambouillet 20 juillet 1887 Ô
- Fig. 91.— Étiquette pour collection.
- Pour préserver les papillons des parasites qui les détruisent, le meilleur moyen consiste à imbiber de benzine des boules de ouate que l’on introduit dans un coin des cadres de la collection. L’abdomen des gf°s papillons nocturnes se détache assez fréquemment du thorax ; on obvie à cet inconvénient en reliant cos deux parties avec un fort crin ou un fil de laiton très fin.
- Le corps des gros Lépidoptères crépuscu-
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- laires ou nocturnes tourne souvent au gras, c’est-à-dire se couvre de moisissures que l’on détruit très facilement en passant dessus un pinceau imbibé d’alcool.
- Si vous accrochez le cadre des papillons le long d’un mur, il faut avoir soin que les rayons du soleil ne viennent pas frapper directement le verre, car les belles couleurs des échantillons passeraient rapidement.
- Classification.— L’ordre des Lépidoptères se divise en trois sections, qui ont été très remaniées par les entomologistes, mais que pour la commodité des commençants, nous croyons devoir maintenir : diurnes, crépusculaires, nocturnes.
- Cette classification présente, nous le savons, plusieurs inconvénients. Certaines espèces de crépusculaires et de nocturnes, surtout les mâles, volent souvent en plein jour, au beau soleii; c’est- pourquoi on a divisé, d’autre part, et d’après la forme des
- antennes, les Lépidoptères en deux grandes légions : celle des Rhopalocères (antennes en massue) correspondant aux anciens diurnes, et celle des Hétêrocères (antennes de formes très variées) renfermant les crépusculaires et les nocturnes.
- Mais, nous le répétons, les anciennes divisions, qui sontplus facilespourles débutants, seront conservées ici ; nous nous bornerons à signaler dans ces divisions les groupes les plus intéressants avec leurs caractères, et, dans ces groupes, les espèces les plus belles que l’on rencontre le plus communément aux environs de Paris et dans les bois de l’Ile de France.
- (A suivre) Marguerite Belèze.
- Erratum. — C’est par suite d’une erreur typographique que daus la figure 78, page 161, le papillon désigné sous le n« 4 est indiqué comme papillon nocturne et le no 5 comme papillon diurne. — C’est le contraire qui doit être dit.
- Nos lecteurs auront certainement rectifié d’eux-mêmes cette erreur que nous tenons néanmoins à signaler.
- LE LABORATOIRE DE L’AMATEUR
- LA CHIMIE (Suite). — L’EAU
- OOiiSTORiouE. — Les anciens consi- I lui déraient l’eau comme un corps sim-pie; ils en faisaient un des quatre éléments, et cette erreur a prévalu jusqu’à la fin du siècle dernier. Ce n’est qu’en 1781 que Cavendish constata que l’hydrogène brûlant au contact de l’air produit de l’eau, mais il ne tira aucune conclusion de cette découverte. Deux ans plus tard (1783), Lavoisier, aidé de Meunier, commença ses recherches sur la composition de l’eau, lant'par l’analyse que par la synthèse, il urriva à démontrer que le fameux élément était tout simplement le résultat de la combinaison de deux gaz, l’hydrogène et l’oxy-gène : fi fabriqua de l'eau. Bien mieux, quelque temps après, il en donnait la composition exacte en indiquant les proportions de chaque gaz et faisait cette remarque que le poids de l’eau égale exactement la somme des poids des deux gaz composants.
- Propriétés physiques. — C’est un liquide uicolore et insipide. La première de ces propriétés physiques est choquante ; en effet, u°us sommes habitués à reconnaître à l’eau des lleuves, lacs, etc., une certaine coloration
- qui est même caractéristique de tel ou tel fleuve ; mais cette coloration, tout à fait accidentelle, est due à la présence de matières étrangères : l’eau pure, sous une faible épaisseur, est incolore-, [en grande masse, elle paraît bleu-verdâtre : le lac Léman en est un exemple.
- Elle se solidifie à une température que l’on a prise comme point de repère pour le 0 de nos thermomètres (Réaumur, centigrade). Jusqu’à + 4°, l’eau se contracte ; au-dessus de -fi 4°, elle se dilate. A 100° centigrades (80 Réaumur) elle entre en ébullition et se réduit en vapeur. (I)
- Le maximum de densité de l’eau, qui se trouve à + 4° par une pression de 7G0 mm a été pris comme unité de poids; ce poids a été nommé kilogramme.
- En se congelant, l’eau augmente considérablement de volume : témoin la rupture des vases qui la contiennent et qu’on laisse dehors en hiver, l’effritement de certaines
- (i) Cette réduction d’un liquide en vapeur fera l’objet d’une causerie spéciale en physique. Elle comporte certains développements qui ne peuvent trouver place ici.
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- pierres et enfin, phénomène qu’on a malheureusement pu observer cette année, la mort des plantes par le froid ; dans ce cas, les matières aqueuses renfermées dans les plantes se congelant, font éclater les tissus et occasionnent ainsi la désorganisation du végétal.
- Propriétés chimiques. — Nous avons dit que l’eau est le .résultat de la combinaison de 1TI et de l’O. Sa formule chimique est donc IiO. Cette combinaison s’effectue sous l’influence de la chaleur ou de l’étincelle électrique. 8 grammes d’O et 1 gr. d’H donnent naissance à 9 grammes d’eau. L’analyse et la synthèse se font de différentes façons qu’il serait fastidieux d’indiquer à cette place.
- Au point de vue chimique, l’eau peut être considérée comme un corps neutre ou mixte; ri’ayant aucune action sur les réactifs, il n’est donc ni acide ni base; et cependant, il se comporte comme l’un et l’autre dans les combinaisons. Les acides énergiques se combinent avec l’eau ; pour s’en convaincre, il suffît de verser de l’eau sur de l’acide sulfurique anhydre, la combinaison s’annonce par un dégagement de chaleur considérable. Dans ce cas, l’eau joue le rôle de base, puisqu’elle se combine à un acide. D’autre part, elle se comporte comme un acide quand elle est en présence d’une base très puissante. Le dégagement de chaleur qui se produit quand on en verse sur de la chaux vive indique un oxyde; l’eau, dans ce cas, joue le rôle d’acide.
- L’eau ordinaire. — Dans la nature, l’eau se rencontre sous ses trois états : gazeux, liquide, solide. L’air contient de la vapeur d’eau, les nuages ne sont que des amas de cette vapeur. Chacun connaît l’eau à l’état liquide, il est donc inutile d’en parler longuement ; enfin, la neige et la glace ne sont que de l’eau solidifiée. Sous ces trois états, l’eau que nous connaissons est très impure, car ce liquide est le dissolvant par excellence; beaucoup de solides, liquides et gaz, mis en sa présence, s:y dissolvent, aussi l’eau ordinaire contient-elle une foule de matières étrangères en dissolution. Cette particularité est très heureuse pour nous, car, à l’état de pureté, nous ne pourrions guère en user : ce serait une boisson sans saveur et très indi-
- geste. Tel n’est pas le cas de celle que nous buvons, liqueur par excellence.
- L’eau potable. — Partant de ce pouvoir dissolvant indiqué précédemment, l’eau s’empare d’une partie des matières étrangères qu’elle rencontre. En traversant l’atmosphère dans son trajet des nuages à la terre, elle dissout les gaz constitutifs de l’air. Il est facile de s’en rendre compte ; sachant que la solubilité des gaz dans l’eau diminue avec l’accroissement de la température, nous pouvons forcer l’eau à abandonner une partie des gaz dissous. Voici comment:
- Fig. 93.
- Prenons un tube à essais (fiole à pilules ou petite bouteille quelconque) dont le bouchon, percé d’un trou, laisse passer le tube d'un entonnoir (absolument quelconque). Il est utile que l’appareil ainsi construit (fig. 92) ne laisse pas échapper l’eau à l’endroit du bouchon. Ceci fait, emplissons-le complètement d’eau et retournons-le dans une casserole contenant de l’eau (1) ; quelques fragments solides empêcheront l’entonnoir de poser directement sur le fond delà casserole (fig.93). nous portons l’eau de la casserole à l’ébullition (progressivement et en évitant soigneusement, une ébullition trop violente qui pourrait occasionner la chute de notre appareil), nous voyons des bulles se détacher du fond de la casserole, traverser le liquide et venir s’accumuler à l’extrémité de notre petite fiole a pilules: ce sont les gaz dissous préalable' ment dans l’eau et que nous avons chassés par la chaleur. Si, après avoir démonté lai1'
- (i; Il faut avoir soin que le tube à essais ne cor tienne pas d’air, mais soit absolument plein d’eau.
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- pareil, nous retournons le tube à . essais, le mélange gazeux viendra près de l’orifice : en y plongeant une allumette enflammée, nous constaterons qu’elle y brûle avec plus d’éclat que dans l’air ; c’est donc que l’eau dissout plus facilement l’oxygène de l’air que l’azote.
- Il est maintenant évident que l’eau potable contient des gaz ; mais ce n’est pas tout.
- L’eau, en arrivant sur la terre, s’y infiltre et ressort sous forme de source, mais elle a fait un certain trajet sous terre, traversant toutes sortes de terrains, empruntant à chacun d’eux quelques sels qu’elle a dissous qui. lui permettent de devenir l’eau potable que nous connaissons. 11 est assez facile de reconnaître, dans l’eau, la présence de ces matières solides en dissolution (nous ne parlons pas de celles qu’elle tient en suspension, un simple filtrage les sépare du liquide).
- Essai d’une eau potable. — Proposons-nous d'analyser à notre façon l’eau que le robinet apporte sur l’évier. Préparons pour cela une dissolution de :
- Oxalate d’ammoniaque....
- Azotate d’argent........
- Azotate de baryte.......
- Permanganate de potasse..
- Savon.................
- Lois de campèche........
- dans de l’eau distillée.
- dans de l’alcool.
- l’oxalate d’ammoniaque mêlé à l’eau la trouble en formant un dépôt, c’est que cette eau contient de la chaux ; le précipité, qui Sera d autant plus abondant qu’il y aura plus 0 chaux, disparaîtra si l’on verse dans le mélange un peu d’acide azotique.
- Est-ce l’azotate de baryte qui donne nais-Sance à un précipité blanc analogue au précèdent, mais cette fois insoluble dans l’acide
- azotique ? notre eau contient des sulfates (dont beaucoup sont nuisibles).
- Versons dans un verre avec l’eau à essayer, quelques gouttes d’azotate d’argent, elle contiendra des chlorures si elle prend une apparence laiteuse que l’on peut faire disparaître en y ajoutant de l’ammoniaque.
- La dissolution alcoolique de campèche est d’une couleur jaune marron; si en en versant quelques gouttes dans l’eau, celle-ci prend une teinte rougeâtre, c’est qu’elle corn tient du carbonate de chaux. La coloration qui peut varier du rose clair au violet est d’autant plus intense que l’eau est chargée de carbonate.
- L’eau potable donnera en général une réaction avec chacun des produits indiqués, mais cette réaction devra être faible; dans le cas contraire, l’eau aurait dissous en grande quantité le sel correspondant au réactif.
- En résumé, et pour simplifier les opérations, une eau potable ne doit donner à la teinture de campèche qu’une légère coloration rose et quelques gouttes d’une dissolution alcoolique de savon ne doivent pas déterminer la formation de flocons laiteux au sein de l’eau essayée (1). L’eau potable ne doit pas contenir de matières organiques qui en font trop souvent un véhicule d’épidémies.
- Rien de plus facile que de reconnaître dans une eau la présence de matières organiques. Quelques gouttes d’une dissolution de permanganate de potasse étant ajoutées à l’eau contenue dans un tube à essais, porter le mélange à l’ébullition, s’il se ternit et prend une coloration verdâtre, ne vous servez pas de l’eau essayée, buvez plutôt votre vin pur.
- (A suivre) G. Huche.
- MÉDECINE
- Traitement du furoncle.
- j. ^ur°ncle est dû à une inflammation des mules de la peau ; cette inflammation est ^usée par un microbe, et la généralisation, a, r®Pétition des furoncles ne tient qu’à la . e ration de cet age.nt morbide sur divers omts de la surface tégumentaire. Mais il u Lien retenir que certaines conditions
- PRATIQUE •
- générales favorisent à un haut degré l’inflammation des follicules glandulaires : tels sont l’état arthritique, goutteux, par-dessus tout le diabète. Les causes d’irritation locale,
- (i) Chaque essai doit être fait sur un verre d’eau prise au robinet. Celle qui a été examinée avec le campèche ne doit pas être utilisée pour l’analyse à la dissolution de savon.
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- mauvais entretien de la peau, malpropreté, frottements du col sur le cou et la nuque, provoquent l’apparition de cette inflammation. Ajoutons encore les troubles digestifs, constipation habituelle, dyspepsie qui modifient la nutrition et le fonctionnement régulier de l’appareil tégumentaire.
- Etant donnée une de ces causes générales, il est clair qu’en y remédiant, on aidera puissamment à la disparition de l'inflammation locale. S’il s’agit de troubles digestifs, quelques laxatifs légers, pris à jeun le matin, feront disparaître l’embarras gastro-intestinal. Chez les arthritiques, les goutteux, l’usage de boissons alcalines, eau de Vichy, de Vais, une alimentation composée de viandes blanches, de légumes herbacés, seront nettement indiqués. Les eaux sulfureuses naturelles ou artificielles conviennent encore bien, chez les sujets arthritiques, à condition d’absence de glycosurie.
- Le traitement local est, de tous, le plus important. Au début du furoncle, on pourra en arrêter l’évolution en appliquant sur le point enflammé de la teinture d’iode (méthode du Dr Gingeot). Trois ou quatre applications d’un badigeonnage iodé, fait avec un pinceau à aquarelle, amènent en général la résolution.
- Le furoncle est-il plus développé, la teinture d’iode a-t-elle été inefficace, appliquez sur le point enflammé une couche d’ouate hydrophile trempée dans une solution chaude d’acide phénique à 1 pour cent, ou d’acide boriqne saturé, recouvrez de taffetas gommé et renouvelez le pansement toutes les deux heures. N’employez pas de cataplasmes de farine de lin ; les ferments contenus dans ce produit ne font que faciliter la culture et la dissémination de ce microbe. Il .vaut mieux de simples compresses d’eau bouillie appliquées très chaudes.
- On peut encore aider la résolution du furoncle par des pulvérisations faites toutes les deux heures, au moyen d’un petit pulvérisateur à vapeur ou simplement à la main (comme le pulvérisateur de toilette pour les parfums) avec une solution aqueuse d’acide phénique à 1 pour 10Ü.
- Le D1- Reddie conseille de laver la région où siège le furoncle avec un bourdonnet d’ouate trempé dans une solution d’acide
- phénique à 1 pour 40 ou bien avec une solution de sublimé à I pour 2,000. Puis, à l’aide d’un pinceau imbibé d’huile phéniquée, on étend sur le furoncle, une couche de poudre composée, à parties égales, d’iodoforme et d’oxyde de zinc. Ce pansement est pratiqué deux fois par jour et continué jusqu’à disparition complète du furoncle, que l’on n’est pas forcé d’inciser.
- Quand les furoncles sont nombreux, on se trouvera très bien de grands bains avec addition d’un litre d’une solution de sublimé à 2 p-mr 1,000 (il faut pour ces bains une baignoire en bois) ou de un litre d’une solution phéniquée à 10 pour 1,000.
- Une fois les furoncles disparus, veiller au bon entretien de la peau par des bains savonneux ou alcalins pris deux fois par semaine. *
- * *
- De Fépistaxis ou saignement par le nez.
- L’hémorrhagie nasale ou épistaxis a des causes diverses : un coup violent, une ulcération de la muqueuse. Les maladies générales amenant des modifications dans la constitution intime du sang, fièvre typhoïde, paludisme, maladies du foie, etc., peuvent donner lieu à des hémorrhagies nasales. Pour maîtriser ces dernières, pour en empêcher le retour, il faut, en dehors de toute action locale, traiter la cause, s’adresser à la maladie générale. Ce n’est pas là notre affaire. N’ayons en vue que l’hémorrhagie traumatique ou celle due, comme c’en est la cause la plus
- fréquente, à, une petite ulcération variqueuse de la muqueuse de la cloison.
- Un conseil avant tout :ne jamais employé le perchlorure de fer qui forme un caillot par eschare et qui peut faire plus de mal que de bien. Même en dilution dans l’eau, le per-chlorure de fer est délicat à manier dans ce cas.
- Avec des moyens plus simples, on peut arriver à se rendre maître de l’écoulement de sang. Prenez de petits morceaux de glace et introduisez-les dans le nez ; la glace est sans danger et constitue un excellent hémostatique.
- Vous n’avez pas de glace sous la main, prenez des bourdonnets d’ouate pure, aseptique, l’ouate hydrephile ; trempez-les dans de l’eau légèrement vinaigrée ; introduisez-les dans la fosse nasale d’où sort le sang et
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- pincez légèrement les ailes du nez. Au bout d’un instant, si le sang vient de la partie antérieure, il s’arrêtera. L’hémorrhagie a-t-elle au contraire pris naissance dans le fond du nez, plus en arrière, le sang coulera dans la gorge.
- Prenez alors une série de ces bourdonnets d’ouate, attachez-les à un fil à cinq ou six centimètres les uns des autres, comme une queue de cerf-volant, imbibez-les d’eau glacée, vinaigrée, et enfoncez-les l’un après l’autre au moyen d’un manche de porte-plume, doucement, sans violence, mais de façon à remplir le nez. A défaut de glace il suffit d’une injection d'eau aussi chaude qu’on peut la supporter, lancée dans le nez avec une seringue ou un irrigateur, mais en ayant la précaution de diriger le jet bien horizontalement et non pas verticalement, en haut.
- Il est inutile d’insister sur les moyens connus et vulgaires qui réussissent souvent quand l’hémorrhagie est légère. Élévation du bras correspondant à la narine, application d’un corps froid entre les deux épaules, sinapisme à la nuque ou au bras.
- L’eau glacée ou vinaigrée n’est pas l’hémostatique le plus.parfait : comme liquides de ce genre et ne présentant pas de dangers dans leur maniement, nous pourrons citer les solutions de chlorhydrate de cocaïne au dixième,
- d’antypirine au dixième, l'eau de Pagliari, excellent liquide dont voici le mode de préparation. Prenez : Benjoin, 50 grammes; sulfate d’alumine et de potasse, 100 grammes; eau, 1,000 grammes ; faites bouillir six heures dans un pot de terre vernissée en remplaçant de temps à autre l’eau évaporée par de l’eau bouillante pour ne pas arrêter l’ébullition. Filtrez.
- Je me borne à citer pour le moment ces moyens simples : l’occasion se présentera d’en indiquer d’autres. En voici cependant encore un excellent, mais qui a l’inconvénient de former une espèce de ciment dans le nez, d’agglutiner les poils du nez et de la moustache et de s’enlever fort difficilement.
- Acide tannique . )
- Gomme arabique. . j aa grammes.
- Insufflez dans le nez cinq ou six prises de cette poudre et placez à l’entrée de la narine un fort tampon d’ouate.
- Si l’hémorrhagie persiste, en dépit de ces petits moyens, il faut alors ou cautériser le point de la muqueuse d’où sort le sang, ou pratiquer un tamponnement plus complet, en avant et en arrière du nez avec la sonde de Belloq. Ce ne sont pas là des moyens à la portée de tous (l).
- L’EXPOSITION FRANÇAISE DE MOSCOU
- B ne commission, composée de M Teisserenc de Bort, Dietz-Monin, Poirrier, sénateurs ; Flourens, Pre-Vet,députés; Aimé Girard, professeur au Conservatoire national des Arts-et-Métiers : Da-Vld Dautresme, ancien chef du commissariat général de l’Exposition de 1889, provoquait, a l’hôtel Continental, le 8 août dernier, une réunion des principaux représentants du commerce et de l’industrie française, afin d examiner les conditions dans lesquelles une exposition française pourrait être organisée à Moscou en 1891.
- Par un ukase impérial en date du 20 avril $ mai), S. M. Alexandre III avait, en effet,
- autorisé l’installation d’une exposition française à Moscou en 1891 et concédé gracieusement à l’un de nos compatriotes, représentant un groupe d’i idustriels, la jouissance du palais qui avait déjà servi en 1882, à l’exposition russe.
- L’idée de l’exposition, une fois émise, avait fait son chemin et partout rencontré les plus grandes sympathies. L’ukase du czar l’avait consacrée, mais pareille entreprise ne devait réussir qu’autant qu’elle serait assurée du concours de notre haute industrie.
- La réunion du 8 août eut ce double résul-
- (i) D’après La Nature.
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- L’exposition de Moscou n’étant pas oeuvre officielle, il ne fallait pas songer à ce que le Parlement volât des crédits en sa faveur.
- En pareille situation, la commission se
- tat : d’une part, la commission fut invitée a poursuivre l’organisation de l’exposition; d’autre part, les 150 membres présents déclaraient à l’unanimité qu’ils étaient disposés à
- il
- f-i 1,1
- Fig. 94. — L’exposition française à Moscou. — Le pavillon de 1 Empereur.
- envoyer leurs produits à Moscou et à se constituer plus tard en comités pour réunû, dans chaque classe, les exposants de leur industrie.
- La commission de l’exposition française à Moscou s’est acquittée de sa tâche avec un rare succès.
- trouvait avoir à résoudre deux problèmes d’ailleurs connexes, et de la solution desquels dépendait la réalisation de l’exposition. H s’agissait de s’assurer d’abord un concours financier en rapport avec son importance; ensuite, de prendre toutes mesures pour Qu® le palais, gracieusement concédé, fut restaur
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- à temps et permit de recevoir les produits français.
- Au point de vue financier, la commission accepta le concours de MM. Jouanno et Gie, banquiers, qui déjà, avant son intervention, s’étaient engagés à fournir les fonds nécessaires à l’entreprise.
- Mais ce qui dans cette question caractérise l’œuvre de la commission, c’est d’avoir substitué à tout intérêt particulier l’intérêt général, de telle façon que l’exposition française à Moscou, quoique d’initiative privée, devienne, par sa constitution, une entreprise nationale et patriotique.
- passait avec des entrepreneurs des contrats aux termes desquels la remise en état du palais de Moscou devait être exécutée pour la tin de février 1891.
- Dès lors le fonctionnement des services de l’exposition était assuré et la période d’organisation allait commencer. La commission supérieure, dont le Journal officiel de la Réj ublique française üt connaître au public la composition, demeura seule chargée de la direction et de l’administration de l’exposition.
- La presse s’est occupée de l’exposition française de Moscou en termes excessivement flatteurs, et les grands organes de la Russie,
- SifSmïïra
- ,'iwuîBi
- n i-._r11 ..ȟ|
- ras:
- '«innwmintiniinu'w'"’
- imnïniini
- Fig. 95. — Moscou, vue générale du Kremlin.
- C’est ainsi que si les recettes de toute nature sont supérieures à deux millions, un partage de bénéfice aura lieu entre les banquiers et les exposants dont les dépenses pourront être en partie amorties.
- En même temps, la commission supérieure
- tels que la Gazette de Moscou, etc., ont con sacré des articles qui sont une véritable étude des résultats économiques et politiques qu’entraînera, pour les deux nations, la présente manifestation économique et commerciale.
- LES OBSERVATIONS MÉRIDIENNES
- CAUSERIE D’ASTRONOMIE PRATIQUE
- ti A lunette méridienne est l’instrument des passages par excellence. Voilà, g °Eer lecteur, ce que vous trouverez dans tous les traités d’astronomie. Si °us avez suivi, dès le débnt, nos entretiens
- familiers, vous savez déjà quel intérêt de pre^ mier ordre présente la détermination précise du passage d’un astre au méridien (culmination supérieure). Cette opération a pour but,, en effet, de fournir l’un des deux éléments
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- indispensables pour fixer la position d’un point dans le ciel : la hauteur de ce point par rapport à l’horizon, ou sa distance polaire, d’où l’on déduit la déclinaison de l’astre. L’autre élément, Vascension droite, est fourni par la pendule astronomique. Je rappelle ces notions fondamentales pour ceux qui n’auraient pas sous les yeux mes premières causeries : précisons-les d’un mot en pénétrant dans la salle de l’observatoire où se trouve la lunette méridienne.
- Fig. 96.
- La voici (fig. 96) reposant solidement sur ses deux piliers en maçonnerie (MM’) par deux tourillons (TT’), autour desquels elle peut librement se mouvoir, mais seulement dans le plan méridien, exactement comme Taxe d’un canon peut tourner autour de ses appuis dans un plan unique. Il est facile de comprendre, par suite, que tout ce qui se passe hors du plan vertical décrit par la lunette échappe à la vision.
- Pour assurer la verticalité de l’instrument et par conséquent Vhorizontalité des tourillons qui le portent, on prend les précautions les plus minutieuses. On a soin, tout d’abord, que l’image de la lunette, réfléchie par un bain de mercure, placé en *, soit exactement sur le prolongement de son axe, quand cet axe est, lui-même, vertical. Puis, on retourne l’instrument bout à bout de façon à amener l’extrémité (O) au-dessus du bain de mercure; la position de Taxe réel, et celle de son image doivent encore coïncider, ou du moins, se trouver sur le prolongement de la même droite (1). Enfin des niveaux d’eau placés sur
- (l) On emploie aussi, dans le même but, la visée d’une mire éloignée, en retournant l’instrument comme nous venons de le dire.
- les tourillons (TT’) en assurent l’horizontalité. Mais comme, par suite de causes diverses, affaissements, trépidations, etc., la rigidité des supports en maçonnerie ou même des tourillons peut fléchir, on a installé des leviers coudés, équilibrés par des poids, au-dessus de ceux-ci (voir en T-P), qui permettent de remédier, à chaque instant, aux flexions constatées en relevant le tourillon qui se serait abaissé.
- Lé orientation méridienne de Taxe optique de la lunette est vérifiée par l’observation de trois passages consécutifs d’une étoile circumpolaire, soit par exemple, deux passages inférieurs ou supérieurs etle passage supérieur I ou inférieur intermédiaire. Si Taxe optique | est régulièrement placé, il doit s’écouler exac-tementdouze heures sidérales entre le passage supérieur et le passage inférieur suivant, et vingt-quatre heures sidérales entre les deux passages consécutifs de même nom. Dans le cas contraire, on modifiera peu à peu, la direction de Taxe optique jusqu’à ce que cette condition soit remplie.
- ' Fig. 97.
- La lunette méridienne porte en général un cercle divisé vertical, permettant, à l'aide du déplacement d’un index mobile qu’elle entraîne dans sa rotation, de lire la hauteur de l’astre visé au-dessus de l’horizon, et, par suite, sa distance zénithale ou sa distance p°‘ laire suivant la position de la graduation. Soit, en effet (fig. 97), pour un lieu situé à45°delatitude nord AA’ la position de Taxe du monde, et HH’ la trace de l’horizon; OE, représentera l’Equateur, et, pour un astre déterminé, B, par exemple, la distance polaire sera l’an' gle BOA’, la distance zénithale BOZ et la déclinaison l’angle BOE ; dans l’espèce, cette déclinaison étant boréale sera positive. Pour
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- 2 BiBL'G?HÉ0Ur;
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- l’astre B’, situé au-dessous de l’équateur, la distance polaire sera B’OA’ (ou 90 + EOB’) ; la distance zénithale, B’OZ ; la déclinaison B’OE, et comme par hypothèse, l’astre est ici dans l’hémisphère sud, cette quantité sera négative. Remarquons enfin que la latitude du lieu d’observation (A) est toujours égale à la hauteur du pôle sur l’horizon (angle A’OII). Par suite on voit aisément qu’il est facile de déduire ces quantités les unes des autres quand on connaît deux d’entre elles.
- L’instrument fournit directement la déclinaison en fonction de la latitude ou de la hauteur du pôle. L'ascension droite (AR), dont je vous ai déjà bien des fois parlé, cher lecteur, tant dans mes causeries que dans mes éphémérides, sera donnée par la lunette méridienne, en fonction de l’heure du passage. Quelques mots ne seront pas inutiles pour expliquer cette formule un peu abstraite, peut-être. On dit, en mathématiques, qu’une quantité est exprimée en fonction de telle autre quantité, quand on peut déduire la première de celle-ci, qui varie, comme elle, maissousdes conditions déterminées, de telle sorte que l’on soit toujours à même de retrouver la seconde si l’on connaît la première et vice versa.
- Supposons maintenant que le point (o) ou (ï) (origine des ascensions droites ou des
- longitudes célestes)passe au méridien un jour donné, le 20 mars, par exemple, à midi vrai, c’est-à-dire à l’instant précis où le centre du soleil passe devant ce point (1); le lendemain ce point passera au méridien quatre minutes plus tôt, le jour sidéral étant, nous le savons, plus court que le jour solaire précisément de cette quantité. Au bout de quinze jours, le point y passera au méridien une heure avant le soleil (15 fois, 4 minutes de temps) le soleil retardant chaque jour d’un degré sur le jour précédent. Une pendule donnant l’heure sidérale, c’est-à-dire marquant 0 h. au moment de chaque passage méridien du point y, existe dans tous les observatoires. Son cadran est divisé en 24 h. au lieu de 12, comme les pendules ordinaires ; son balancier, le pendule astronomique bat exactement la seconde sidérale ; il est donc bien facile de savoir, en fonction du temps solaire, et de la date de l’observation, quelle est rigoureusement la portion du ciel visible dans le champ de l’instrument méridien (2).
- Dans notre prochaine causerie nous ajouterons quelques détails à ces données générales et nous terminerons l’étude des instruments méridiens en parlant du Cercle mural.
- G. Vallet.
- PLANTES, USAGES ET REMÈDES
- L’ÉPINE-VINETTE
- ’Epine-vinette est le type d’une nombreuse famille de plantes, les Berbé-ridées, ainsi nommées du grec berberi coquille, en faisant allusion à la forme des fouilles.
- Los épines-vinettes, très nombreuses en especes dans les régions tempérées des deux aériques, ne possèdent sous nos climats clu un seul représentant, le berberis vulgaris e Linné, le Vinettier comme on l’appelle en-c°ie dans certaines campagnes, et dont l’arbo-Lculture a tiré, il est vrai, un certain nombre oe variétés.
- est un arbrisseau ne dépassant Jamais trois mètres, à rameaux re
- d’une écorce jaunâtre et garnis d’épines subu-lées, avec des faisceaux de feuilles d’un vert tendre. A l’aisselle des feuilles, pendent en grappes des fleurs qui ont toujours présenté un point d’observation très intéressant à cause de l’étonnante irritabilité de leurs étamines. Si l’on touche, en effet, leur base avec la pointe d’une aiguille, par exemple, brusquement et comme mues par un ressort, elles
- (1) Cette hypothèse ne se réalise jamais absolument.
- (2) Soit a l’jSt du soleil un jour donné ; il suffit d’ajouter à cette quantité exprimée en heures, l’heure vraie (Hj de l’observation pour obtenir l’heure d’JB. qui passe au méridien (H’). La formule est donc; a + H = H’.
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- se rejettent sur le pistil, se serrent contre lui comme pour lui demander protection, et y adhèrent même un certain temps, entraînant dans leur mouvement le pétale de la corolle opposé à chacune d’elles.
- Un feuillage touffu, des épines acérées recommandaient les épines-vinettes pour la clôture des jardins, mais ces arbrisseaux, sujets à se dégarnir par le pied, admettent difficilement d’autres plantes dr slinées à combler ces vides. De plus, une particularité singulière sur laquelle, après de nombreuses hésitations, les observateurs sont d’accord aujourd’hui, a rendu de plus en plus rares les haies vives d’épine-vinette.
- En effet, l’épine-vinette donne asile, sans en ressentir pour elle-même aucun préjudice, à un champignon microscopique Yœcidium, berberidès, qui communique aux céréales et aux graminées en général, une maladie qui les désorganise et les rend stériles, la rouille noire ou puccinie, ce qu’on a toujours constaté dans les champs de froment enclos d’épines-vinettes.
- Avec ses belles grappes pendantes d’un jaune d’or au printemps, avec ses paquets de haies d’un rouge éclatant à l’automne cet arbuste est le plus charmant de nos arbustes rustiques, et l’un des premiers recommandables pour l’ornementation des jardins paysagers.
- Mais l’epine-vinette n’est pas seulement ornementale, elle est utile aussi, et presque toutes ses parties peuvent être utilisées dans l’industrie, l’alimentation, la médecine.
- De la tige et des racines traitées par un composé alcalin, on tire une couleur jaune employée pour la teinture de la laine et de la soie, mais qui n’est plus guère utilisée aujourd’hui que dans la teinture des maroquins.
- Les feuilles peuvent servir à nourrir les bestiaux.
- Les fruits encore verts peuvent remplacer les câpres ; mûrs, ils ont une saveur acide et possèdent des propriétés astringentes. En les laissant fermenter dans de l'eau miellée, on en fait une sorte d’hydromel d’un goût très agréable ; on en confectionne des confitures et des gelées très délicates et très recherchées.
- Si l’on prend 4 grammes de la seconde écorce, soit à la tige, soit à la racine, laquelle écorce est amère, tonique, légèrement purgative, et que l’on ajoute 800 grammes d’eau froide ; après avoir fait bouillir un instant, et après avoir sucré, on obtient un remède à prendre trois en fois chaque jour le matin, remède employé avec succès par Gilbert, contre l’hydropisie et les maladies du foie.
- Avec le suc des baies, qui contient d’ailleurs les aôides mallique et citrique, on fabrique une limonade qui peut remplacer avantageusement la limonade de citron dans les fièvres inflammatoires, l’angine, ' le flux du ventre.
- Pour toutes ces propriétés alimentaires ou médicinales, l’épine vinette mérite donc une place importante, à notre avis, dans la culture des jardins.
- G. Chaplot.
- photographie
- NOTES D’UN MODESTE AMATEUR
- Manière simple et facile de déterminer :
- 1° La distance à laquelle on doit placer son objectif devant un objet pour en obtenir l’image dans une proportion donnée :
- 2° Le rapport de grandeur de l’objet à l’image, d’après la distance à laquelle l’objet se trouve de l’objectif ;
- 3° La distance à laquelle l’objectif se trouve de l’objet, d’après le tirage de la glace dépolie à partir du foyer principal ;
- 4° La grandeur d’un objet, d’après celle de son image, quand on connaît le tirage de la glace dépolie.
- Nous devons toujours connaître la distance focale principale de notre objectif que nous désignons par d ; et avoir marqué sur la queue pliante de l’appareil, ou sur la cré* maillère, un trait qui indique la position de la glace dépolie au foyer principal F.
- Désignons ensuite, par r, les rapport des
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- grandeurs de l’objet à celles de son image ; par t, la longueur du tirage de la glace dépolie, à partir du foyer F, longueur qui est d d
- égalé à — , d’où r == — ; et par L, la distance d’un objet à l’objectif.
- Soit maintenant la figure 98.
- Remarquons, en passant, pour ceux de mes confrères qui, par hasard, ne le sauraient pas, que, si un objet Q S est à une distance de l’objectif double de la distance focale, l’image IV J’ est à une même distance de l’autre côté et de même grandeur que l’objet. Ce qui résulte de l’égalité des lignes Q 0, 0 J’ qui appartiennent respectivement aux triangles égaux Q P O et 0 FJ', et donne le moyen de calculer la distance focale de l’objectif.
- Dan s cette figure, les
- triangles J KO et O K” J” étant semblables, on a
- d + t : K” J”
- KJ
- ---, puisque K J —KJ
- nous remplaçons r par sa valeur — , il vient
- V
- t
- K” J” = K J X —j~ ; d’où K J, l’objet,
- d
- — K” J” X — t
- (4)
- Axe Poincip/kl
- Fig.
- L : J K d
- ou L: J K ::d -\-
- r
- ou L : J K :: d (r-f 1) : K J d’où L=d{r +1) (1)
- De cette formule très simple qui donne distance à laquelle on doit placer son objectif devant un objet pour en obtenir l image dans une proportion donnée, on tire
- —4-1 (2)
- 9ui donne le rapport de grandeur de Vobjet a t image, d’après la distance à laquelle se trouve l’objectif.
- Ce la même formule (1), si nous remplaçons r par -j-, il vient L = d {— -f- l)
- ou
- L = ~ +d (3)
- qui fait connaître la distance à laquelle on se trouve d’un objet, d'après le tirage de a glace dépolie à partir du foyer principal. Si maintenant nous considérons que l’image J* est égale à l’objet K J divisé par r,
- c est-à-dire que l’on a K” F’=--------, et, si
- formule qui fait connaître la grandeur d’un objet d’après celle de son image et d’après le tirage de la glace dépolie.
- APPLICATIONS
- 1° Soit un objet dont on veut obtenir l’image au centième ; il s’agit de savoir à quelle distance de cet objet on doit placer son appareil, connaissant la distance focale
- de s o n obj ectif que suppose être de 0m2575. La for-
- 98. mule (l)
- L — d (r
- + 1) donne :
- L= 0m2575 X100 + 0m2575 = 26m01 2° Mon appareil est placé à 26m 01 d’un objet ; quel sera le rapport des dimensions de l’objet à celles de l’image?
- L
- La formule (2) r= — — 1 donne :
- 26ra01
- 1 = 101— 1 = 100
- 0m 2575
- 3° Ayant photographié un objet, on désire savoir à quelle distance l’appareil se trouve de cet objet.
- Mesurons la longueur dont on a tiré la glace dépolie à partir du trait qui indique le point où elle est au foyer ; cette longueur étant, je suppose, 0m0025, la formule (3)
- L=^—-\-d, donne:
- t
- L =
- 0m0663
- 0m2575 = 26m78
- 0m0025
- 4° Soit à trouver la grandeur d’un objet d’après celle de son image.
- (On a pris en note que le tirage de la glace était 0m0025).
- d
- La formule (4) K J = K” J” X -y- donne : 0m2575
- Objet = image X q1i1q(j25~' = ima&e x 103
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Remarque. — Il est facile de comprendre que les deux derniers résultats qui dépendent de la mesure du tirage ne peuvent être d’une exactitude rigoureuse.
- P. S. — Il résulte de cette petite étude un « Conseil sur la mise au point » : j
- La première chose à faire, lorsque l’appareil est en place pour prendre une vue ou
- faire un portrait, est d’amener la glace dépolie au foyer principal, c’est-à-dire à la marque que l’on a dû faire sur la queue pliante, après avoir mis au point, une fois pour toutes, un objet très éloigné.
- Et alors, on n’a plus à faire qu’un tirage de quelques millimètres pour les vues, et qui ne dépasse guère deux centimètres pour les groupes ou les portraits. F.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- La caverne de Ponte-Leccia(Corse). — A deux kilomètres environ de la gare de Ponte-Leccia (Corse) on vient de découvrir une grotte très curieuse.
- Son ouverture très petite, et à laquelle on arrive difficilement, donne accès dans une salle immense dont les parois atteignent jusqu’à vingt mètres de hauteur, et à laquelle succèdent d’autres salles en nombre considérable.
- Un grand nombre de touristes ont bien essayé de la visiter, mais aucun n’a pu encore jusqu’à présent l’explorer complètement : au bout de huit heures de marche au plus, ils sont revenus en arrière, émerveillés par le spectacle féerique qu’ils venaient d’entrevoir, mais exténués et incapables d’avancer plus loin.
- Cette caverne aurait, paraît-il, une autre issue non loin de la Revellata, près de Calvi, et cette issue donnerait sur la mer. Ce qui le fait supposer, c’est qu’à cet endroit existe une profonde cavité, connue dans le pays sous le nom de grotte du Mugissement.
- Cette grotte est située presque au niveau de la mer, et lorsque, dans la tempête, les vagues viennent s’y engouffrer, le bruit qu’elles produisent acquiert une grande intensité. Or, un grondement sourd, intermittent, se fait également entendre, dans ces moments de gros temps à l’entrée de la caverne de Ponte-Leccia ; et d’ailleurs, les bergers des environs connaissent bien ce bruit qui est pour eux un signe certain de tempête.
- Le sol, tout parsemé de rochers arrondis, a tout l’air d’avoir été effectivement le lit d’un torrent : il décrit toutes sortes de si-
- nuosités, ici sur une largeur de vingt mètres, plus loin, à peine assez large pour laisser passer un homme, tantôt en pente douce, tantôt fortement accidenté ; mais l’air circule parfaitement dans ces immenses galeries habitées seulement par quelques rares chauve-souris.
- ***
- Les Truffes. — Il y a une trentaine d’années, l’exportation annuelle des truffes, atteignait à peine cinquante mille kilog. ; elle se maintient depuis quelques années à un chiffre qui vgrie entre 160 et 200,000 kilog. en provoquant un mouvement de fonds considérable.
- 53 départements entrent en ligne pour la production de ce tubercule, et la production totale annuelle est en France d’environ 2,600,000 kilogrammes.
- Le Vaucluse tient la tête avec une production annuelle de 380,000 kilog. ; puis viennent les Basses-Alpes et le Lot avec 300,000 kilog. i la Dordogne et la Drôme avec 130,000 kilogrammes.
- L’exportation, dont nous parlions en commençant, se fait surtout avec l’Angleterre et la Belgique ; quant aux Américains, ils dédaignent absolument, paraît-il, ce genre de comestible.
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- La part du hasard dans les inventions
- -r- Les découvertes viennent à leur heure, dit-on ; cependant combien de ces bienfaits dont nous ne jouirions peut-être pas encore, si le hasard ne s’en était mêlé ? C’est à u» coiffeur, poudrant une perruque avec une sorte de terré pilée, que nos ancêtres durent la découverte de la porcelaine, et c’est à une
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- blanchisseuse faisant écrire, par son fils, son compte de linge sur une pierre dont elle se servait pour repasser, que nous sommes redevables de l’idée de la lithographie.
- Dans le domaine de l’électricité, le hasard a aussi beaucoup fait- pour activer les découvertes. Un médecin, faisant des expériences médicales, place par hasard, un jour, une grenouille sur le plancher d’une machine électrique en mouvement ; cet animal, qui, nous le savons maintenant, est un parfait élec-troscope, se contracte vivement en donnant des étincelles ; c’est la base des études de Galvani.
- Une aiguille aimantée se trouvant dans le voisinage d’un courant, créé dans un conducteur par une pile de Yolta, se met à dévier, ce fut la cause des remarquables travaux, opérés par Ampère, dans l’intervalle de deux séances do l’Académie des sciences.
- L’aiguille d’une boussole de Gambey, placée près d’un courant, reçoit deux petits chocs inverses au moment où le courant est établi et où il cesse ; c’est le point de départ de la découverte de l’induction par Faradey, travail qu’il accomplit, du 29 août au 4 septembre, et qui peut être comparé à la semaine mémorable d’Ampère (1).
- L’heure légale. — Le Journal officiel a promulgué la. loi qui modifie les heures en France et en Algérie. L’heure légale est aujourd’hui l’heure du temps moyen de Paris, et toutes les horloges de France doivent en même temps sonner midi.
- cette modification va surprendre bien des Sens qui se guident sur le soleil, car il n’est en réalité que 11 heures 33 à Brest quand il est midi à Paris et midi 19 à Nice. Bien des Personnes vont en conclure que tout change sur notre planète ; celles de l’Est diront que f s°leil tarde bien à se lever, celles de Ouest qu’il se lève plus tôt qu’autrefois. Il
- à croire que les avantages de l’unifica-lQn feront bien vite oublier ces petits inconscients. Probablement qu’avant peu, la meme mesure sera prise en Allemagne, où °n se préoccupe déjà des difficultés que Présenteraient les différences d’heures sur
- cnemins de fer en cas de mobilisation.
- Û) Les applications électriques.
- A propos d’un tableau de Raphaël. —
- Dans un tableau intitulé La Madone de Foli-gno, et datant de 1512, Raphaël a représenté aux pieds de-la Vierge un globe de feu.
- Ce globe de feu a été parmi les savants, l’objet de quelques controverses. Quelques-uns y voyaient la représentation d’un bolide, d’autres pensaient que c’était un éclair en boule, enfin quelques-uns ont prétendu y voir la représentation d’une bombe.
- M. Daubrée qui vient d’étudier cette question affirme qu’en peignant ce globe enflammé, Raphaël a voulu conserver le souvenir d’un bolide qui éclaira la campagne milanaise en 1511.
- A cette époque du règne de Louis XII, pendant les guerres d’Italie, cette province était occupée par les Français, et les habitants qui souffraient de la présence des « Barbares » comme ils les appelaient, virent dans le météore, le présage d’une délivrance qui se produisit quelques mois plus tard.
- Il est donc au moins vraisemblable que c’est le bolide do 1511 que Raphaël a voulu représenter dans son tableau.
- Cuir factice. — On fabrique en Allemagne un cuir factice au moyen de déchets de cuir qu’on traite par la soude en le réduisant en pâte, puis neutralisé par l’acide muriatique qu’on lave soigneusement à l’eau ; ensuite on réduit des tendons par un bain acidulé jusqu’à consistance de colle;,on mêle le tout, on presse et on tire en feuilles comme le cuir, et on recouvre la surface d’une composition de caoutchouc et de bisulfure de carbone qui donne l’aspect du cuir.
- (Cosmos)
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- La statue de Borda. — Le 24 mai prochain,
- la statue de Borda sera inaugurée par la ville de Dax.
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- Le Ballon captif de l’Exposition. — Le
- Ballon construit et dirigé l’an dernier au Trocadéro par M. Lachambre, fait route en ce moment pour Moscou, à destination de l’Exposition française où il sera réinstallé le 1er juin,
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- LA SCIENCE PRATIQUE
- Inscriptions sur verre. — Le Sprechsaal recommande la recette suivante pour les inscriptions et signatures sur récipients de verres (chimistes, pharmaciens, etc.)
- Faites dissoudre dans un demi-litre d’eau environ 36 grammes de fluorure de sodium avec 7 grammes de sulfate de potasse ; d’autre part, mélangez 14 grammes de chlorure de zinc et 65 grammes d’acide chlorhydrique dans un demi-litre d’eau.
- Mélangez les deux solutions et appliquez avec une plume ou un pinceau. Au bout d’une demi-heure l’inscription est mate.
- (Moniteur scientifique.)
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- Nettoyage des bouchons. — C’est une mauvaise économie, même pour mettre en bouteille des vins ordinaires, d’acheter des bouchons communs, durs et poreux ; ils contiennent une poussière qui se mêle au vin, le rend louche et peut lui communiquer un goût désagréable. En second lieu, ils se brisent plus souvent etne peuvent servir qu’une fois. Leur emploi devient ainsi plus coûteux que celui des bouchons fins, par suite des pertes de vins, de la casse et
- du mauvais goût qu’ils donnent au liquide, de leur peu de durée.
- Voici le moyen de nettoyer les bouchons ayant déjà servi ; on les met dans un baquet d’eau contenant de un à deux dixièmes d’acide sulfurique ; le lendemain, ils sont nettoyés, propres, et ne conservent aucune odeur de moisissure. On les lave à l’eau bouillante, puis à l’eau froide, et on peut ainsi s’en servir pour le bouchage des bouteilles de vin ordinaire, de bière, etc,
- Pour empêcher la fleur de vin. — Si le
- vin est en bouteille, il suffit pour empêcher la fleur de vin, de tenir la bouteille couchée en élevant le fond soit avec un bouchon, soit avec une pierre ou tout autre objet, au fur et à mesure que se produit la vidange, de façon que le liquide cache toujours le bouchon. Si le vin est en fût, il faut verser de la bonne huile d’olive par la bonde, de façon à ce qu’elle couvre le vin et cela avant que la fleur ne paraisse.
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- Gymnastique et électricité. — La figure ci-contre montre d’après YElectrical Engine er, un appareil i construit par l’Amerr
- can Electric Exercice Machine C°, de New-York.
- L’appareil placé en A n’est autre qu’une petite machine magnéto-électrique, mise en communication avec les cordons conducteurs ce’ qui servent à lui communiquer le mouvement par tractions successives. Les constructeurs le recommandent contre les douleurs dans les mains et les bras. L'appareil peutd’ailleurs être
- employé comme appa* reil de traction simple,
- et, inversement,
- comme appareil d’électrisation seulement. ***-
- Ne pas prêter son mouchoir. — Le mou-choir est un excellent véhicule du coryza, mais on saura mieux encore qu'il est impi’11' dent deprêter ou d’emprunter des mouchoirs, en apprenant qu’un médecin a vu se produire un lupus au nez d’une femme qui s’était servi du mouchoir de sa sœur tuberculeuse.
- ___________________________________(Cosmos)^
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d’Assa^
- La Fère. — lmp. Bayen, rue Neigre.
- Fig. 99
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- LES FLEURS ARTIFICIELLES
- e dimanche 7 juin, l’Assistance -paternelle aux enfants employés dans les fabriques de fleurs et de plumes distribuera, dans la salle des Fêtes du Trocadéro, les récompenses décernées à ses lauréats, à la suite du concours de travail ouvert annuellement entre toutes les apprenties qui désirent prendre part à ce concours.
- A propos de cette solennité, il nous plaît de dire quelques mots de cette industrie si parisienne des fleurs artificielles, de ses origines, de son existence actuelle.
- Cette fabrication remonte à la plus haute antiquité, comme le prouvent les fleurs qui ont été retrouvées dans les tombeaux de Thèbes ; dans l’Inde également, elle est d’origine immémoriale.
- Les Grecs, les Romains, savaient aussi confectionner les fleurs artificielles et, à l’exemple des Egyptiens, ils essayaient de communiquer à ces fleurs leur odeur naturelle, à l’aide de parfums appropriés renfermés dans un tampon à l’intérieur de la fleur.
- En Europe, ce n’est guère flue vers le xiv3 siècle que l’on voit se généraliser l’usage des fleurs artificielles, et encore ne s’en servait-on, à cette épo-flue, que pour décorer les autels dans les églises, et les tentures, les rideaux, les lits dans les appartements particuliers.
- La mode qui appliqua ce genre d’ornement à la toilette nous vient d’Italie et date du
- siècle. A ces époques lointaines,
- Fig. 100.— Le découpage,
- Fig. 101. — La presse à gauhpr.
- XVe
- les
- __ J.vyiAi UUjI1UU
- fleurs fabriquées étaient surtout des fleurs fantaisistes, et il faut avancer de deux siècles nncore pour rencontrer un fabricant assez hardi et assez artiste pour copier la nature elle-même. Ce premier pas est dû à un Languedocien, du nom de Séguin, qui vint
- s’établir à Paris vers 1708 et qui acquit bientôt -- ' '
- une grande réputation.
- Depuis cette époque, les progrès ont été incessants ; l’invention du découpage à l’emporte-pièce', celui du gaufroir gravé, etc., suivirent de près; de nombreux perfectionnements d’ordre général sont également dus à un nommé Wentzel, fleuriste de Marie-Antoinette et, enfin, à une époque plus rapprochée de nous, l’adoption de la division du travail est venue apporter le moyen de triompher d’un grand nombre d’obstacles et donner à cette industrie’ un essor qu’elle n’avait jamais connu.
- Les fleurs sont fabriquées avec diverses étoffes : de la batiste — une batiste spéciale, divers tissus épais .et satinés destinés à rendre l’aspect et le grain de 'certains pétales, et aussi la soie, lorsqu’il s’agit de traduire, dans les fleurs riches, les effets brillants que le coton ou le fil seraient impuissants à rendre.
- Le genre d’étoffe étant choisi pour la fabrication de telle fleur, on procède au découpage des pétales.
- A l’aide d’un emporte-pièce, outil arrondi terminé par une plaque d’acier tranchante dont le contour est copié sur celui des pétales ou de la corolle entière de la fleur à imiter, un ouvrier appelé découpeur (fig. 100) détache, en frappant à l’aide d’un maillet sur l’emporte-pièce posé sur plusiëürs pièces d’étoffes superposées, un certain nombre de pétales ou de couronnes ; la figure 103 montre ainsi découpé un pétale de rose et la figure suivante une étoile de pâquerette.
- Les pétales découpés, on procède au trempage et au nuançage.
- Ces pétales sont placés sur un coussinet de papier brouillard -- papier à filtrer — et à l’aide d’un pinceau passé rapidement sur les pétales en appuyant du doigt fortement sur ceux-ci on étale les cotleurs appropriées ;
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- Fig. 102. — Emporte-pièce pour la feuille de rosier.
- ces couleurs sont presque toujours des couleurs d’aniline.
- Cette opération exige beaucoup de soin et on peut dire que le nuançage, qui demande un réel instinct de coloriste, est absolument un art.
- 11 faut d’abord se défier de mettre trop de couleur, mais surtout il faut varier les nuances du pétale en copiant la nature le plus fidèlement possible.
- En effet, l’onglet est souvent, sinon d’une couleur différente, du moins d’une couleur plus foncée que le reste du pétale; les pétales voisins du cœur sont plus foncés ordinairement que ceux des bords de la corolle, et enfin certaines fleurs se panachent de mille façons diverses.
- Ainsi coloriés, les pétales sont plongés dans un bain de crème de tartre destiné àfixer les matières colorantes et à aviver certaines couleurs; pour le vert, par exemple, on préfère l’acide citrique.
- Sous l’influence de ces substances, les couleurs, de brutales et peu adhérentes Gju’elles étaient tout à l’heure, deviennent, au sortir du bain, fondues, d’une délicatesse charmante et avec cela bien solides; cette opération s’appelle le rinçage.
- Elle est suivie du séchage ; les pétales replacés sur le papier à filtrer abandonnent peu à peu leur humidité dans des pièces qui parfois sont
- Fig. 103. Pétale de rose.
- Fig. 104.
- Étoile de pâquerette.
- chauffées.
- Quand ils sont secs, on les gaufre, et c’est là que commence le travail de l’ouvrière fleuriste.
- Gaufrer un pétale, gaufrer une corolle, c’est leur donner, à l'aide de la pince, de la boule, du gaufroir, pressant le pétale entre son relief et le crpnx de la cuvette, enfin, à
- l’aide de la presse à gaufrer, leur forme naturelle. La boule est utilisée surtout pour gaufrer les différentes variétés de roses; la pince s’emploie pour les autres espèces de fleurs. L’ouvrière appuie ces outils sur le pétale à gaufrer Fig. 105. - pinces, qu’elle tient dans le
- creux de sa main, si elle ne craint pas les durillons, ou bien sur une pelote, sur un carré de caoutchouc, etc.
- Comme on le voit, si l’art du nuançage tient à celui du coloriste, on peut dire que l’art du gaufreur se rapproche beaucoup de celui du modeleur.
- Avec les pétales, il faut préparer les étamines, le pistil. Quelquefois l’ouvrière tes fabrique elle-même en utilisant au hasard de l’inspiration les produits les plus variés : graines diverses, semoules, teintes de toutes
- taine pâte verte ®
- , , ., Fie. A)6. — Boule.
- moulee, ensuite
- sert à faire le calice des roses, etc., mais, en général, tous ces produits, ainsi que les épines, les tiges de caoutchouc, les mouches qui égaient la corolle, les gouttes de rosée... en cristal, constituent une industrie voisine et soat vendues par des maisons spéciales.
- La tige est composée d’un fil de fer appelé cep, en terme d’atelier, que l’on cotonne d’aborâ et qui sera ensuite passé au papier' c’est l’a b c du métier.
- Le cep, maintenu par le bas entre l'annulaire et le petit doigt de la main gauche, est tenu par le haut entre le pouce et l’index, et pendant qu’on le tourne à l’aide de ces deux doigts, on écarte le coton de la main droite, on le détire, et on l’enroule ainsi.
- Fig. 107. — Gaufroir et sa cuvette.
- Quand le cep est cotonné, on attache Ie cœur de la fleur — étamines et pistil — à son extrémité et on enfile les parties de la c0' rolle que l’on fixe une à une à l’aide de <h verses colles faites de gomme arabique ou d’une gommeline toute préparée dans Ie commerce.
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- On enfile en dernier lieu les. parties qui constituent le calice et qui, pour la rose, en dehors de la partie renflée, prennent le nom à'araignes (fig. 108).
- Quand ceci est terminé, on passe au papier, c’est-à dire que par le même procédé employé au commencement pour cotonner, on recouvre le coton d’un papier de soie très fin. Cette tige ainsi préparée sera enfilée dans un tube en caoutchouc et la fleur est finie.
- Des ouvrières spéciales, appelées monteuses y joindront le feuillage, les boutons, etc., etc., de façon à en faire un rameau, copié sur une branche qu’on aurait détachée de la fleur ou de l’arbrisseau.
- A côté de cette industrie, se place tout naturellement celle des plumes pour parure. Nous reviendrons quelque jour sur cette intéressante fabrication.
- « Je ne sais pas, disait M. Jules Simon dans un discours qu’il prononçait, il y a quelques années, au cours d’une distribution de récompenses semblable à celle que nous citions en débutant, je ne sais pas, SV pour les fleurs communes, nous pouvons être menacés, mais j’ai peine à croire que pour la partie de votre art, qui est véritablement de
- l’art, pour la production des plus belles fleurs, de celles qui, mon Dieu, sauf le parfum, rivalisent absolument avec les créations de la nature, j’ai grand’peine à croire que nous soyons jamais égalés et surtout surpassés.
- Il y a une espèce de grâce d’état dans la qualité de française, et je dirai volontiers dans la qualité de parisienne, qui fait que l’on saisit plus parfaitement la beauté de la fleur et qu’on la reproduit avec tant de grâce que l’œil serait tenté de s’y tromper... il s’y trompe! Quand nous passons devant les plus belles exhibitions de nos grandes rues et de nos grands boulevards, il nous arrive de nous approcher de la vitrine et de regarder l’enseigne pour savoir si c’est un magasin de fleurs artificielles ou si c’est un magasin de fleurs réelles ».
- C’est là une vérité délicieusement dite. La France, en effet, — et Paris en particulier — tient le premier rang pour toutes les pièces qui joignent la grâce et la distinction à l’imitation la plus parfaite des formes naturelles.
- Tous ceux qui ont visité la merveilleuse Exposition de 1889 ont encore présente à la mémoire la ravissante vitrine disposée par les soins des membres de cette « Assistance paternelle » aux apprenties fleuristes et plu-massières, laquelle vitrine excite à l’heure actuelle l’admiration des visiteurs de l’Exposition de Moscou et fait triompher, jusqu’en Russie, l’adresse, le talent et le bon goût des ouvrières parisiennes. C. Chaplot.
- Fig. 108. Araignes de :
- BETES ET PLANTES CURIEUSES
- LA MIMOSA SENSITIVE
- >ien de plus intéressant pour qui aime observer la nature que les divers mouvements qu’exécutent une foule de végétaux ; mouvements soit spontanés, soit périodiques, soit intermittents ; et de toutes ces plantes, la sensitive (mimosa pu-dica) étant assurément la plus curieuse, c’est
- eUe que je tâcherai de décrire comme type.
- ^ est une charmante petite plante herbacée,
- originaire des Antilles ; rien de plus gracieux, de plus délicat, de plus léger que son feuillage. Il eut peu de serres qui aujourd’hui n’en comptent un ou ] lusieurs individus.
- Sa feuille, si délicate de structure, est de celles désignées soa.s le nom de feuilles décomposées. Elle a pour base un pétiole, à l’extrémité duquel se tiouvent, suivant la hauteur que la feuille occupe sur le rameau, deux, quatre ou six pétioles secondaires dits pétio-
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- Iules, portant eux-mêmes un nombre également variable de folioles opposées. A. Faisselle du pétiole commun, des pétiolules et des folioles existe un petit renflement ou coussinet.
- La feuilleélant succinctement décrite, étudions ses mouvements dont les uns sont dits spontanés et les autres provoqués.
- 1° Mouvements spontanés. — Parmi les mouvements de la sensitive, ceux qui annoncent son sommeil (en nous servant du langage métaphorique de Linné) ne sont pas les moins intéressants ; sommeil au milieu de l’ombre et du silence, action au sein de la lumière, telle est sa loi, comme celle des autres êtres ; la plante ne l’ignore pas, elle s’y conforme aussi bien que l’animal, aussi bien que nous-mêmes. A l’approche de la nuit, ses folioles étalées tout le jour tombent comme abattues de fatigue, insensiblement se replient et s’appliquent étroitement les unes sur les autres pour rester ainsi jusqu’à l’aurore.
- • Quant au pétiole primaire, jour et nuit il est en mouvement.
- Vers dix heures du soir, il est incliné vers le sol, dans la position dite crépusculaire.
- Vers minuit, autre modification, la feuille exécute un mouvement de rotation ascendant autour de son coussinet, pour adopter une position presque verticale, dite nocturne.
- A partir du lever du jour, nouveau mouvement, appelé diurne ; les folioles plus fraîches que jamais s’épanouissent, puis insensiblement le pétiole primaire s’incline pour atteindre, par une marche descendante, au commencement de la nuit, son maximum d’affaissement que nous avons déjà signalé.
- Semblables phénomènes, mais moins accentués, se remarquent dans un grand nombre d’autres végétaux, tels les fèviers, le trèfle incarnat, les oxalis, le robinier faux accacia, les réglisses, le mouron des oiseaux, la stra-moine, les lupins, les aroches, la balsamine, le baguenaudier, les fèves, et, beaucoup d’autres.
- Transportée d’une pièce éclairée dans une pièce obscure, la sensitive ferme son feuillage pour dormir (que faire dans les ténèbres à moins que l’on ne dorme ?), mais, ramenée <fâns la pièce éclairée, l’endormie se réveille,
- et reprend le port qu’elle avait lorsqu’elle était soumise à l’action de la lumière.
- Un célèbre botaniste, Decandolle, dans une de ses expériences, ayant imaginé d’intervertir à l’aide de la lumière artificielle le jour et la nuit, pour l’une de ces fragiles plantes, y parvint après une longue lutte, mais la pauvrette y perdit sa jolie fraîcheur, n’en revint que pâle, étiolée et bien malade.
- 2° Mouvements provoqués. — Ce n’est pas seulement à ses .mouvements réguliers que la sentitive doit son nom, elle le doit bien plus encore à ses mouvements accilentels.
- Si, alors que souriant au soleil, elle étale son gracieux feuillage, l’aile d’un insecte la frôle, si le doigt d’un observateur touche légèrement une de ses folioles, (soit l’une de celles de l’extrémité d’une feuille) ; aussitôt celte foliole se redresse obliquement, exemple bientôt suivi par la foliole opposée, puis elles s’appliquent l’une sur l’autre au-dessus du pétiolule comme pour se garantir mutuellement d’un contact qui les blesse, contact assez redouté par la paire de folioles suivantes pour qu’elles aussi se redressent et s’accolent l’une à l’autre. Si une feuille subit un choc plus fort, aussitôt, et comme si un mot d’ordre circulait d’un bout de la feuille à l’autre, toutes x’es folioles se relèvent successivement et s’imbriquent, se recouvrant les unes les autres comme se recouvrent les tuiles d’un toit. Si le choc a été assez violent, ce mouvement peut se propager aux feuilles des jumeaux voisins, et amener l’abaissement de ces rameaux eux-mêmes dans une position semblable à celle que nous avons dit tout à l’heure être appelée crépusculaire, et qui, selon les circonstances, peut persister pendant un quart d’heure et même pendant une heure.
- Le degré d’intensité des mouvements, variable suivant les individus, est en rapport direct avec leur vigueur ; plus la plante est vigoureuse, plus ses mouvements sont accentués ; il varie également avec l’intensite de la lumière et de la chaleur ; plus le ciel est pur, plus la température est voisine de vingt à trente degrés, plus les mouvements sont rapides.
- Dans certaines circonstances la sensitive semble s’accoutumer à des mouvements tre brusques mais répétés, effet expérimenté no-
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- iamment par Desfontaines, qui, ayant emporté une sensitive en voiture, constata que les premières secousses en tirent d’abord baisser toutes les feuilles, lesquelles ] eu à peu, malgré la continuité des secousses, se relevèrent. puis s’ouvrirent comme devenant insensibles par accoutumance. Debfontaines ayant fait arrêter, puis repartir la voiture, vit se renouveler le même phénomène.
- Au Brésil, aux Antilles, contrées où celte charmante petite plante croît jusqu’au bord des chemins, on a fait la remarque que le galop d’un cheval, le passage d’une troupe, un courant d’air, un nuage voilant l’éclat du jour, suffisent pour amener dans ses feuilles la situation crépusculaire.
- Les actions mécaniques ne sont pas les seules qui agissent ainsi sur la sensitive ; qu’on approche une allumette enflammée de l’extrémité de l'une de ses feuilles, qu’on dépose sur l’un des pétioles une goutte d’ammoniaque ou bien d’un acide quelconque, aussitôt la feuille se fermera.
- Ces observations ne conduisent-elles pas, à première vue, à pressentir chez la sensitive des systèmes nerveux et musculaires analogues à ceux des animaux ? Celles qui vont suivre semblent encore militer en faveur de cette hypothèse.
- Si nous ne pouvons provoquer impunément qu’une seule catégorie des mouvements sus-clécrits, nous est-il possible de les supprimer, ou tout au moins de supprimer l i\n d’eux, d’insensibiliser la plante comme il est possible d’insensibiliser l’animal ?
- L’expérience a répondu par l’affirmative. Oui, la plante comme l’animal, mais dans les limites moindres, c’est-à-dire seulement pour les mouvements provoqués, peut être insensibilisée. Comme lui, elle subit l’influence des vapeurs d’éther, de chloroforme, etc.. Si, étant soumise à cette influence on la touche, elle reste inerte. Ses feuilles ouvertes au début de l’expérience restent ouvertes malgré tous les chocs ; fermées, elles restent fermées, et, si l’expérience a été trop prolongée, ou si la dose de vapeurs a été trop forte, elle passe de vie à trépas.
- 11 en est tout autrement pour les mouvements diurnes et crépusculaires ; ceux-ci ré-S1slent à l’anesthésie : si l’expérience a lieu à Une heure voisine du lever ou du coucher du
- soleil, les mouvements diurnes et crépusculaires subsistent encore, mais les chocs n’ont plus d’effets. Remise à l’air, la plante retrouve sa sensibilité complète.
- Mais l’origine de ces effets quelle est-elle ? Dans quel organe prend naissance cette curieuse sensibilitéde laquelle dérivent tous ces mouvements ? A vrai dire on l’ignore, et, réduit aux hypothèses, on conjecture qu’elle réside dans les coussinets situés à la base des feuilles, et ce, d’après les observations suivantes :
- Lorsque le soir la température baisse, l’évaporation étant en partie suspendue, le coussinet gonflé d’eau et de sucre par le travail du jour, devient rigide, turgescent, et comme conséquence, les folioles se ferment, et le pétiole primaire s'incline vers le sol ; à partir de ce moment le sucre accumulé étant consommé par la plante qu’il nourrit sans se renouveler, l’eau s’échappant insensiblement du coussinet moteur (partie de cette eau montant dans les folioles les maintient fermées, partie se diffuse dans le bas de la tige) la feuille commence son mouvement ascendant qu’elle continue jusqu’au lever du jour. Ce qui m’amène à me servir de cette comparaison hasardée, la plante comme les ruminants, digère dans un état de somnolence la nourriture accumulée, amidon et sucre sont rendus plus fluides.
- Au lever du soleil, l’évaporation augmentant, la turgescence du coussinet primaire diminue encore, celle des coussinets secondaires disparaît également, et les folioles s’écartent.
- Mais bientôt la température, la clarté augmentant, la plante travaille, élabore de nouveau, le coussinet principal est gorgé de sucre et d’une partie de l’eau qui afflue de la tige, le mouvement de descente commence et se prolonge jusqu’à la chute du jour.
- Quant aux mouvements provoqués, si on fait l’ablation de la partie inférieure du coussinet, le pétiole ne se relève plus et a perdu toute sensibilité.
- L’expérienca a montré qu’à la suite de l’excitation, les cellules de la moitié inférieure du coussinet primaire expulsent de l’eau qui se diffuse dans la plante et gonfle la partie supérieure du coussinet, partie qui devient rigide, d’où résulte l’abaissement du pétiole.
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- Peu de temps après, la région inférieure du coussinet reprend son volume primitif, et, par suite, le pétiole se redresse.
- A coup sûr, ce ne sont pas là des explications rigoureuses d’exactitude, mais ces hypothèses peuvent conduire par des observations plus approfondies à la connaissance parfaite de cette charmante petite plante de
- laquelle on ne peut parler sans se rappeler les vers de Castel, le chantre des plantes.
- Si d’un doigt indiscret vous osez la toucher, Tout s'agite ; la feuille est prompte à se cacher, Et la branche mobile, aux mêmes lois fidèle, S’incline vers la tige et se range auprès d’elle.
- H. Millet.
- LE MANOMÈTRE DE LA TOUR EIFFEL
- e mois dernier, a eu lieu l’inauguration du manomètre à air libre de 300 mètres que M. Cailletet, membre de l’Institut, vient d’établir à la tour Eiffel, en présence d’un grand nombre de savants : MM. Cornu, Janssen, Friedel, Lippmann, etc.
- Les manomètres à air libre ont pour but, comme on le sait déjà, d’obtenir d’une façon précise et avec une approximation constante la mesure des pressions des gaz ou des liquides.
- M. Cailletet avait déjà tenté — notamment sur la Butte aux Cailles — plusieurs expériences à l’aide d’appareils d’une hauteur de 100 mètres, mais la tour Eiffel est venue offrir à l’illustre savant des conditions autrement avantageuses pour l’établissement d’un manomètre à air libre de 300 mètres et dont tous les organes, maintenus à la tour elle-même, devaient être accessibles à l’observateur sur tout son parcours.
- La pression énorme de 400 atmosphères, mesurée par ce gigantesque manomètre ne pouvait être maintenue dans un tube de verre, on dut employer un tube d’acier doux de 4 millimètres environ de diamètre intérieur, relié par sa base à tin récipient contenant du mercure.
- A l’aide d’une pompe comprimant de l’eau sur ce mercure, on élève celui-ci graduellement jusqu’au sommet de la tour.
- De la base de la tour jusqu’à la première plate-forme, c’est-à-dire sur une hauteur de 60 mètres, le tube est fixé contre le plan incliné d’un des rails de l’ascenseur et il est suivi dans toute sa longueur par un escalier en fer. De la première à la «euxième plateforme, il est installé contre l’escalier hélicoïdal. Or, celui-ci est en plusieurs tronçons non superposés sur la même verticale, à
- cause de l’obliquité du pilier, le tube mano-métrique a donc été lui-même divisé en autant de parties ; il s’incline pour passer d’un escalier à l’autre, en conservant une pente suffisante pour assurer la descente du mercure au retour.
- Enfin, de la deuxième plate-forme au sommet, le tube s’élève de même façon entre les deux grands escaliers en hélice.
- Des robinets à vis conique, disposés de trois en trois mètres, mettent ïe tube d’acier en communication avec un tube en verre vertical où peut pénétrer ïe mercure; ce tube de verre est muni d’une échelle graduée, et, de cette façon, on a remédié à l’opacité du tube d’acier qui s’opposait à la lecture du niveau de mercure.
- Veut-on réaliser à un instant précis une pression déterminée ? on ouvre le robinet du tube de verre portant la division qui correspond à cette pression, on fait agir la pompe hydraulique et quand le mercure parvient au robinet, il s’élève en même temps dans le tube de verre et dans le tube d’acier.
- On l’amène alors exactement à la division voulue en agissant graduellement sur la pompe hydraulique, et, \ient-on à dépasser le niveau cherché, par un robinet de de-charge situé près de la pompe, on laisse échapper une certaine quantité d’eau, laquelle eau, en s’échappant, pénètre dans un tube de verre vertical et gradué où sa hauteur indique l’abaissement correspondant de la colonne de mercure.
- Cette manœuvre se fait dans un laboratoire installé à la base de l’appareil; l’observateur emporte avec-lui un téléphone, et, a chaque robinet, il peut communiquer avec le poste inférieur.
- Ce laboratoire est situé dans le pilier ouest
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- et il renferme la pompe foulante hydraulique, le récipient à mercure, le poste téléphonique et autres accessoires, etc., au nombre desquels se trouve un manomètre métallique de très grande dimension
- mis en relation avec le liquide comprimé.
- Ajoutons pour terminer que l’installation de cet appareil est dû à la générosité de M. Eiffel, qui s’est chargé de toutes les dépenses relatives à sa construction.
- LA DISTRIBUTION DE L’ELECTRICITÉ (Suite)
- ISTRIBUTION PAR TRANSFORMATEURS. — L’électricité ne pouvant être distribuée économiquement à de grandes
- Fig- 109 Fig. 110.
- distances qu’à l’aide des hautes tensions, et, d'autre part, ces hautes tensions étant dangereuses et incommodes à utiliser, on a songé à effectuer une transformation. L’énergie étant transporte à haute tension et faible intensité jusqu’au point où on doit l’utiliser, on la transforme un courant basse tension et grande intensité» et c’est, ce courant seul qui est mis à la dis-
- Fig. 111.
- en
- de
- Fig. 112.
- position du consommateur. Supposons, par exÇmple, qu’il s’agisse de transmettre une Puissance de 100 chevaux électriques, soit ,600 watts. On pourra le transmettre à
- 1,000 volts, l’intensité étant 73,6 ampères, puis le transformer en un courant de 736 ampères sous la tension de 100 volts. Il est évident que la transformation ne peut se faire avec cette perfection théorique; mais avec 'es transformateurs à courants alternatifs, dont nous parlerons plus loin, on arrive à recueillir 95 °/0 de l’énergie primitive.
- On a d’abord songé à opérer la transformation par courants continus. Un moteur électrique, alimenté par le courant à haute tension^
- actionnait une d y n amo qui fournissait 1 e courant de force électromotrice plus basse. Malgré l’intervention du mouvement mécanique, ce système est très admissible, et a été appliqué à diverses reprises : mais son rendement n’est pas très élevé (75 à 80 %). De plus, les conducteurs c haute tension sont très difficiles à isoler, lorsqu’il s’agit d’un courant continu.
- Une solution beaucoup plus élégante, basée sur l’application d’un appareil analogue à la
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- bobine de Ruhmkorff, a été imaginée par Gau-lard, qui a proposé de transmettre par courants alternatifs le-nm-gie électrique, d’envoyer ces courants à haute tension dans le circuit 'primaire pp’ de la bobine (fig. 109), ce circuit étant formé d’un grand nombre de tours de fil fin, et de recueillir dans le circuit secondaire SS’, formé d’un
- i
- Fig. 113.
- On a soin, naturellement, de sectionner le noyau N, de façon à éviter la production des
- courants de Foucault, et d’isoler avec le plus grand soin les deux circuits l’un de l’autre, de sorte que le circuit secondaire ne risque jamais de devenir dangereux, comme cela arriverait par suite d’un contact avec le fil primaire.
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- Fig. 114.
- petit, ne ml re de tours de gros fil, le courant transformé. L’appareil a dès lors reçu le nom de transformateur,
- Les transformateurs Swinburpe sont ainsi construits, avec cette différence que le cir' suit secondaire est le plus rapproché du
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- Fie. 115.
- (^ont le noyau porte un double enroulement.
- fig. 110 représente un de ces transforma-eurs. F est un faisceau de fils de fer qui Appelle celui de l’anneau Gramme. Le fil Pdmaire pp’ et le fil secondaire ss’ sont en-lQU’6s autour de cet anneau (Zipernowski, e*i et Blathy). On remarquera que, dans appareil précédent, le fil conducteur peut
- carcasse magnétique est formée débandés de tôle recourbées, que l’on voit sur la figure et qui enferment complètement le fil. Le tout est monté dans un bâti en fonte.
- Ainsi, l’ensemble d’une distribution par transformateurs se présente donc comme l’indique schématiquement la fig. 113. TT sont les transformateurs, pp’ étant le circuit primaire, ss’ le circuit secondaire, isolé du premier et
- centre, et que les extrémités du fil de fer qui forme le noyau sont étalées en brosse, ce qui a valu à l’appareil le nom de tranformateur hedgehog (hérisson).
- Mais la plupart des transformateurs sont à circuit magnétique fermé, c’est-à-dire que les deux pôles sont réunis par du fer, et que l’ensemble forme une sorte d’électro-aimant
- être mis à la place du fer, ce dernier prenant alors la place du cuivre.
- . La fig. 111 représente une autre disposition, formée pour ainsi dire de deux anneaux juxtaposés, dont le fil n’occupe que la partie commune.
- La fig. 112 montre le transformateur Ferrand, qui se rapproche de ce dernier type. La
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- à
- la science
- EN
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- alimentant les lampes IV. M est la dynamo à courants alternatifs, dont il nous reste à dire quelques mots.
- Ces machines ne sont du reste pas étrangères à nos lecteurs. Supposons une ancienne machine de Clarke, dont les extrémités du fil, au lieu d’aboutir aux segments du commutateur, seraient reliée s chacune à une bague
- bines, et, par suite, celui des aimants ou des électro-aimants inducteurs. Longtemps avant d'appliquer Jes transformateurs, on a construit des machines à courants alternatifs, en particulier pour l’alimentation des bougies Jablochkotf (machines de 1’A.lliance, Gramme, Meritens, Siemens). Nous décrirons succinctement la machine Ferranti, employée à
- mise en contact avec le frotteur : cette machine produira des courants alternatifs, le courant changeant deux fois de sens pendant l’intervalle d’un tour des bobines. Mais, pour les applications, il est nécessaire que cette périodicité soit beaucoup plus rapide; par exemple, il y a des machines qui fournissent 250 alternativités par seconde. Pour arriver à ce résultat, on multiplie le nombre des bo-
- l’usine municipale des Halles, et qui est de création plus récente. L’induit ne contient pas de fer. Il est formé d’une série de bobines plates, formant une sorte d’étoile qui tourne entre deux couronnes d’électro-aimants fixes» alimentés par une machine spéciale ou excitatrice. La figure 114 est une vue extérieure de la machine Ferranti; on voit en avant la dynamo excitatrice, montée sur le même
- Fig. 116.
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- arbre(l). La fig. 115 montre la même machine, vue du côté opposé.Enfin,la fig.llôreprésente la machine ouverte, les inducteurs ayant été éloignés pour découvrir l’induit. Celui-ci est entièrement visible au milieu de la figure. Chacune des bobines qui le composent est formée d’un ruban de cuivre enroulé un grand nombre de fois sur lui-même ; les extrémités de l’enroulement total aboutissent à deux bagues isolées fixées sur l’arbre, et sur lesquelles frottent deux colliers auxquels sont fixés les conducteurs. L’ensemble de ces bagues et colliers est enfermé dans une cage de verre, et les conducteurs n’en sortent que parfaitement isolés. Du reste, et malgré toutes les précautions prises, on a soin de ne jamais toucher une machine ou un conducteur à haute tension qu’avec des outils à manche isolé, et les mains garnies de gants de caoutchouc. Il est bien évi lont'qu’aucune mesure ne saurait supprimer d’une façon absolue toute chance d’accident, mais, grâce à ces
- précautions simples, on réduit le danger dans la mesure du possible. Il est très probable, du reste, que si, en s’aidant des statistiques, on dressait une liste des industries dangereuses, l’industrie électrique serait bien loin d’y figurer au premier rang.
- La tension adoptée dans le réseau primaire des distributions par transformateurs varie ordinairement de 1,000 à 2,500 volts. Les difficultés «consistent, non pas à construire des machines pouvant donner des tensions supérieures, mais à isoler d’une façon convenable les câbles de distribution. L’épaisseur de l’isolant doit, en effet, augmenter en même temps que la tension elle-même. Néanmoins, on se propose de dépasser de beaucoup les tensions dont nous parlions tout à l’heure, et d’atteindre 10,000 et même 20,000 volts. Les résultats de ces essais ne sont d’ailleurs pas connus d’une façon suffisamment complète, et la sanction du temps n’a pas encore permis île se prononcer sur leur valeur.
- F. Drouin.
- PHOTOGRAPHIE P RAT I QUE
- EXTRAITS DE NOTRE COURRIER
- ermettez-moi de vous soumettre un appareil certainement connu, mais qui, par sa simplicité, pourra être construit par les amateurs photographes.
- Cet appareil a pour but d’exécuter automatiquement le balancement des cuvettes pendant le développement des images.
- o ve: r te:
- Fig. 117. — Vue de face.
- Cn prend une planchette rectangulaire A Un peu plus grande que la cuvette dont on
- 0) Le récipient à droite de la figure contient l'huile necessaire au graissage par circulation.
- se sert. Sur l’une des faces on cloue à égale distance des petits côtés, parallèlement â eux, une règle B dont les deux extrémités dépassant la planche sont arrondies. On place sur la table où l’on opère, à distance convenable, deux coussinets sur lesquels la règle et la planchette CC qu’elle supporte, pourront os-
- Fig. 118.
- Vue de côté.
- ciller à l’aide d’un balancier. Pour cela, au milieu de la règle et perpendiculairement à la planchette, on fixera par une de ses extrémités, une tige aussi longue que possible E
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- et portant à l’autre extrémité un poids F que l’on réglera .soi-même.
- Un trou rectangulaire percé dans la table laissera passer cette tige.
- Dès lors, l’appareil est construit et il ne s’agit plus que de placer la cuvette sur la planchette et d’écarter légèrement le balancier de sa position d’équilibre.
- IL T.
- ^, %
- A.propos d’un article photographique paru récemment dans, la Science en Famille, pèrmettez-moi aujourd’hui de vous indiquer un système de siphon facile à construire et qui tous les jours me rend de grands services.
- Fig. 120.
- Fig. 11 9.
- Un flacon à large col, un bouchon à trois trous, de préférence en caoutchouc, trois tubes de verre et une poire d’obturateur en feront les frais. Soit E une cuvette à vider ou qui doive servir à laver clichés ou épreuves en eau courante.
- On forme en C en pinçant le caoutchouc D, on presse la poire qui, en se gonflant à nouveau, aspire l’air du flacon F et amorce le siphon A. Dès que le siphon A coule bien, on ouvre en D, le liquide montera dans le flacon pour s’écoulèr'facilemênt-par le tube C qui lui-même peut être à branches égales. On arrête en ouvrant le flacon ou le siphon A, légèrement.
- - Arrêter ou mettre l’appareil en train prend •deux ou trois secondes.
- Je me sers depuis longtemps de ces siphons au grand bonheur de mon garçon de labora-. toire qui ne craint plus de se brûler les doigts ou les vêtements (lavage de piles, décantation d’acides, etc., etc.)
- En mettant en C un tube de la forme ci-dessus le siphon resté amorcé et il suffit, pour le faire fonctionner, de presser rapidement la poire.
- E. C.
- *
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- Dans certaines circonstances on peut avoir besoin . de savoir à quelle distance de son modèle on doit se placer pour obtenir une réduction déterminée. Cette question, je me la suis posée à la suite de l’article delà Photo-Revue sur les cartes d’échantillons, pour échange de photographies. Au lieu de donner la mesure de chaqqe photographie il m’a paru qu’il serait plus simple de dire: réduction au dixième, au sixième, ou au quart.
- Généralement les amateurs peuvent déterminer la longueur focale de leur objectif Si nous désignons par f cette quantité et par n le nombre do foyers, on arrive à Ja formule :
- o+or+d+i)/-
- La première partie représente la distance de l’objectif au sujet ; la seconde colle de l’objectif à l’image.
- Si l’on veut réduire au dixième par exemple, on remplace n par 40, et le foyer étant 22, la formule donne
- (10 + 1)X22+ 4+l)X22 ou 2m42 +0,242.
- Veut-on reproduire une photographie et lui donner la même dimension, la formule appliquée sera, n — 1,
- (1+1) 22+(1+1) X 22
- ou 2 foyers + 2 foyers.
- Ce qui signifie : mettre la photographie ^ deux longueurs de foyer à partir du centre de l’objectif et tirerla chambre d’une longueur égale...
- Je me fais un plaisir de vous informel qu’ayant fait de nombreuses expériences pour trouver un développateur donnant des clichés irréprochables, j’ai trouvé un bain
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- qui donne:des résultats surprenants comme finesse et transparence ; des photographes de profession croient que les clichés sont préparés au collodion.
- Voici ma formule :
- Bain neuf d’hydroquinone, 2 parties ;
- Bain neuf d’iconogène, 2 parties ;
- Solution concentrée d’alun, 1 partie.
- Mélanger, au moment de s’en servir et dans l’ordre indiqué, les trois solutions et couvrir la plaque de ce liquide en balançant la.cuvette pendant une ou deux minutes.
- . Avec ce procédé, j’ai obtenu chaque fois des clichés qui ont attiré l’attention des photographes de profession. Je crois pouvoir dire qu’il est impossibLe de faire mieux. Quant à la pose, il n’est pas nécessaire quelle soit exacte ; l’image apparaît toujours plus ou moins vite,
- A. de L.
- —o—
- Nouveau procédé de reproduction de dessins, plans, etc.— L’emploi du papier au ferro-prussiate, de plus en plus répandu depuis quelques années,permet, on le sait,d’obtenir d’une manière rapide et économique des reproductions industrielles de gravures, dessins, écritures, en un mot de tout tracé, Pourvu toutefois (et c’est ici l’écueil de ces procédés ferrotypes, tant positifs que négatifs) que le papier ou la substance sur laquelle se trouve l’original soit susceptible c* être rendue transparente et surtout que le verso ne soit maculé en aucune manière.
- Lorsque le revers du dessin original est orné de figures, cartes, esquisses, écritures, iu Photographie n’est plus apte à donner une
- reproduction convenable ; il faut alors avoir recours au procédé suivant, recommandé par M. Scherer.
- Appliquez avec un pinceau sur la feuille à copier une couche d’un liquide obtenu en mélangeant de l’huile de romarin et de l’alcool, de façon à avoir une solution concentrée.
- Grâce à cette opération préalable, la couleur ou l’encre typographique est ravivée et rendue ainsi apte au transfert.
- Quant au papier destiné à recevoir l’empreinte, il se compose de papier dioptrique d’une extrême transparence, enduit d’une solution chaude de 20 parties Je cire blanche et 1 partie de paraffine et comprimé avec un fer chaud-
- On peut alors procéder au tirage des copies. A cet effet, le papier glacé étant placé sur le dessin, on le couvre d’une feuille de papier aussi lisse et uni que possible, puis, au moyen d’une-baguette arrondie en os poli, on frotte en pressant régulièrement et fortement sur toute la surface de l'original, jusqu’à ce que la gravure ou le tracé se soit reporté sur le papier préparé.
- La première épreuve obtenue, on recommence la même série d’opérations pour en tirer une seconde, puis une troisième, et ainsi de suite, si l’on en désire plusieurs. Grâce à. une petite modification du procédé précédent, M. Volkmer serait parvenu, dit-il, à obtenir jusqu’à trois mille et même quatre mille épreuves, sans que l’original fût notablement défraîchi. Il se servait d’une forte, presse pour le tirage.
- B. de O.
- ÉPHÉMÉRIDES ASTRONOMIQUES
- JUIN 1891.
- OLEIL. — Entrée dans le Cancer le 21, à 5 h. ^ so'r. C'est l’instant précis du solstice d’été ° L commencement de cette dernière saison, la ^Us *0n§ue de toutes, dont la durée moyenne est qPj Temps moyen à midi vrai, le 15juin:
- ' ^ m- 10 s. A partir du 21, les jours commen-’ ent à décroître.
- ^ Le 6 juin, éclipse annulaire de Soleil, visible aus C01nme éclipse partielle. Elle commencera
- à 5 h. 19 m. 4 s. pour finir à 6h. 33 m. 7 s. — A Lyon, elle commencera à 5 h. 38 m. 9 s., et à Marseille, à 5 h. 50 m. — A Bordeaux, elle aura lieu de 5 h. 25 m. 4 s. à 6 h. 17 m. 1 s.
- Nous engageons vivement nos lecteurs à ne pas laisser passer cet intéressant phénomène sans l’observer. La partie du Soleil qui sera éclipsée, représente en moyenne les 2/10es du diamètre total. Il y aura lieu de préparer à l’avance des verrez
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- noircis pour fixer le Soleil ; on pourra aussi employer des plaques au gélatino-bromure impressionnées par la lumière et fixées. Enfin, le phénomène peut aussi s’observer par réflexion dans un miroir, ainsi que nous l’avons déjà indiqué dans la Science en Famille, à l’occasion d’une précédente éclipse.
- LUNE. — N. L. le 6, à 4 h. 36 m. soir ; P. Q. le 14, à Oh. 43 m. soir; P. L. le 22, à 5 h. 21 m. matin ; D. Q. le 28, à 11. 25 m. soir.
- PLANÈTES. — (Voir la Science en Famille, page 123.
- Passages méridiens le il juin.
- Mercure; 10 h. 25 m. matin.
- Vénus : 10 h. 9 m. matin.
- Mars : 1 h. 4 m. soir.
- Jupiter : 5 h. 56 m. matin.
- Saturne : 5 h. 34 m. soir.
- Uranus : 8 h. 24 m. soir.
- Le 10, Mercure atteint sa plus grande élonga-
- tion : 23° 47’ 0 ; le 7, à 4 h. soir, Jupiter est en quadrature.
- ÉTOILES FILANTES. — Ce mois est excessivement pauvre en étoiles filantes. On fera bien, si l’on en découvre quelques-unes, de noter avec soin l’heure du phénomène et la direction des étoiles.
- CONSTELLATIONS. — Voir la Science en Famille de juin 1888.
- NOUVELLES DE LA SCIENCE. — Les revues scientifiques signalent la construction d’un nouvel équatorial coudé de grandes dimensions. Nous ne parlons ici de cetinstrument que pour mémoire, car nous aurons à revenir, avec détails, sur son fonctionnement quand nous nous occuperons, sous peu, dans nos causeries, de la théorie de l’équatorial.
- La première comète de l’année a été signalée (les 29-30 mars) en même temps par MM. Barnard et Deuning. (L’Astronomie.)
- G. Vallet.
- A TRAVERS L
- Les fortifications de neige. — D’après des expériences faites en Russie l’hiver dernier, pour s’assurer du parti que pourrait tirer une armée, de la neige comme fortification passagère, il résulte qu’un parapet de neige, épais delm85, met à l’abri de balles tirées à 300 pas.
- Si le rempart est solidement gelé, il suffit d’une épaisseur de lm55, et enfin si Ton a pu l’arroser d’une eau qui se soit ensuite congelée, la protection est complète, avec une épaisseur de lm05.
- *
- * *
- Le prix d’une fleur. — A propos du prix exorbitant atteint de nos jours par quelques
- RÉCRÉATIONS
- LE JET D’EAl
- Sv renons un réservoir plein de liquide et W faisons-le communiquer avec un tube vertical par l’intermédiaire d’un 1 deuxième tube horizontal de longueur quelconque, vous verrez le liquide s’élever à la môme hauteur dans les deux récipients (fig. 121).
- Remplaçons le tube vertical par un tube
- . SCIENCE
- fleurs rares, les Orchidées, par exemple» M. de Dabor, dans le Jardin, et dans un article intitulé « la Jachère au xviii® siècle », prouve que le fait a un précédent, en donnant le prix qu’atteignait, il y a cent ans, un oignon de jacinthe. Il y avait à cette époque» parmi les jacinthes doubles, des variétés a 50 fr., à 60 fr., une à 72 fr., une autre à 80fr. On en comptait trois estimées 100 fr., trois autres 150 fr., et une variété hors ligne RB~ gina eara, valait 800 fr. Puis, les plantes devinrent moins rares et leurs prix baissèrent, mais, si Ton compare la valeur de l’argent de l’époque avec celle qu’il a aujourd’hui, on s’étonnera moins que des Orchidées puissent se vendre de nos jours jusqu’à 400 francs.
- SCIENTIFIQUES
- INÉPUISABLE
- recourbé, voire môme par un tube contourne en S ou spirale, le niveau du liquide restera, comme précédemment, le même dans le tube comme dans le verre.
- Mettons enfin en rapport notre réservoir avec un tube d’étroit calibre dont Torific^ supérieur se trouve placé au-dessous du n1' veau du liquide de notre grand vase, nous
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- obtiendrons ainsi un minuscule jet d’eau dont les gouttes supérieures s’élèveront à la même hauteur que dans les expériences précédentes. Il y aura bien, il est vrai, une légère différence, mais c’est qu’il faut ici tenir compte des frottements ainsi que du poids des gouttelettes projetées qui viennent écraser par leur chute le jet ascendant.
- Ces expériences classiques que représentent les figures ci-après sont assez faciles à réaliser; elles se trouvent décrites tout au long dans les traités de physique où elles servent à démontrer que l’eau ne peut s’élever d’elle-même plus haut que son point de départ.
- Faisons sous une autre forme l’une des expériences précédentes en nous servant d’objets que chacun de nos lecteurs peut trouver facilement sous la main, et voyons quel en va être le résultat.
- Nous prenons, d’une part, trois bouchons de fort calibre et nous les découpons soigneusement avec un couteau, de façon à ce qu’ils puissent entrer à frottement dans un verre de lampe à huile où ils occuperont deux d’entre eux (E et G) les extrémités; le troisième (F) la partie amincie du tube à l’endroit où se produit l’augmentation de diamètre.
- Nous prenons, d’autre part, deux tubes de verre de la grosseur d’un porte-plume ordinaire, et, après avoir aminci, en l’étirant au chalumeau, l’extrémité de l’un d’eux (DEC), nous le recourbons en crosse, comme le montre le dessin d’autre part. Nous perçons enfin de deux tiers le bouchon F et nous y Axons nos deux tubes AB et DEC dans la posi-tion que représente la figure 122, en ayant soin que l’extrémité amincie du tube recourbé se trouve exactement au-dessous du tube droit et à deux centimètres de celui-ci.
- Consolidons le tout avec de la cire d’Es-Pagne, mettons le bouchon inférieur en Place, versons de l’eau dans le compartiment supérieur du verre de lampe sans dépasser 1 extrémité du tube AB; appliquons le bouchon supérieur et regardons ce qui vase Passer dans notre petite construction.
- L eau commence par descendre par le tube, DEC, s’élançant par un petit jet à sa sortie de l’orifice C, comme la chose était facile à prévoir.
- Cette eau remonte même jusqu’à une cer-
- taine hauteur dans le tube AB et nous trouverions tout naturel qu’elle s’y élevât, pres-qu’au niveau du liquide du compartiment supérieur, mais ce qui déroute d’abord nos prévisions, c’est que le liquide continue à monter tant et si bien qu’il finit par sortir par l’orifice du tube AB.
- L’expérience aurait pris fin après une ou deux minutes sans cette ascension paradoxale. L’eau remontant dans le réservoir supérieur, elle peut de nouveau redescendre par la même voie que précédemment, remonter pour redescendre et il n’y aurait plus aucune raison pour que cette récréation prît fin, n’était ce fait profondément regrettable pour les amateurs du mouvement perpétuel que toute l’eau descendue ne remonte pas! Une partie s’écoule, en effet, peu à peu dans la partie inférieure du verre de lampe et il arrive dès lors un moment inévitable où le combat finit faute de combattants.
- Il n’en ressort pas moins de cette expérience (que l’on peut également exécuter avec des pailles de seigle au lieu de tubes de verre) ce fait en apparence paradoxal d’un liquide remontant plus haut que son point de départ, sans- l’intervention d’aucune force étrangère, malgré les saints principes de l’hydraulique.
- Il y a là une anomalie dont l’explication n’est pas difficile.
- Nous avons insisté avec raison sur la nécessité de bien boucher exactement l’orifice supérieur et l’orifice inférieur du verre de lampe, comme aussi recommandé d’ajuster bien hermétiquement le bouchon intermédiaire F. Il en résulte que, lorsque le liquide contenu dans la partie supérieure du réservoir s’écoule par le tube DEC, il détermine simultanément un vide partiel dans cette cavité, un excès par contre de pression dans la cavité inférieure.
- Ces deux causes agissent en s’ajoutant sur la quantité d’eau qui a pénétré dans le tube A; aussi, celle-ci attirée par en haut, repoussée par en bas, finit-elle par remonter plus haut que son point de départ.
- L’eau qui est descendue dans la partie inférieure du verre de lampe remontant, en partie, peut de nouveau redescendre par le tube DEC, d’où elle est encore élevée à nou-veau, et toujours en partie, au-dessus dq
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- son niveau primitif. Cela explique pourquoi l’expérience dure un certain temps, bien que l’on n’ait introduit dans l’appareil qu’une minime quantité d’eau.
- Cette récréation scientifique que nous avions fait publier brièvement dans Y Illustration (1) est susceptible de quelques variantes fort simples qui rendent encore mieux compte de son mécanisme ou en facilitent l’exécution.
- Il a été dit plus haut qu’on pouvait remplacer les tubes de verre par des pailles de seigle rigides. Comme la paille ne peut se plier, au lieu de la couder comme nous l’avons fait pour le tube DEC qui est en verre, nous y suppléerons en réunissant entre eux plusieurs fragments de paille taillés en biseau et maintenus en contact avec un peu de cire d’Espagne (2). Le dernier bout de paille est dans ce cas un peu plus petit que les deux autres (fig. 123).
- Que si nous prenons des tubes de verre ou des pailles d’un diamètre un peu plus élevé que ceux qui nous ont servi dans la première expérience, nous obtenons encore l’ascension du liquide de la partie inférieure dans la partie supérieure du verre de lampe, alors même que le bouchon supérieur ou l'inférieur est enlevé.
- Le résultat est, somme toute, le même, bien que la marche de l’expérience diffère un peu.
- On voit, en effet, si c’est le bouchon d’en haut qui est retiré, tout d’abord un jet de liquide s’élancer par C, puis remonter à une certaine hauteur dans le tube AB où il reste immobile sans monter. Le jet qui s’est produit en C diminue alors peu à peu et l’eau
- Fig. 121.
- qui arrive de la partie supérieure s’écoule dans le bas du cylindre sans venir seulement toucher l’orifice inférieur du tube AB. Il se produit ainsi une augmentation du premier ; le jet d’eau s’arrête ou à peu près et la quantité de liquide qui a pénétré au début dans le tube AH se met à ce moment à monter lentement jusqu’au sommet où elle s’élance en formant à son tour jet d'eau. L’équilibre est alors le même dans les deux récipients et la circulation recommence comme précédemment par saccades successives et alternatives.
- Le mécanisme est inverse, si c’est le bouchon inférieur qui manque. Ce n’est plus en effet l’excès, mais le défaut de pression qui détermine la mise en marche de
- l’appareil.
- Dans les deux cas, le liquide est élevé, il n’est pas besoin de l’ajouter, en moins grande quantité, puisqu’une seule cause agit pour le faire remonter, au lieu de deux.
- Il existe bien encore d’autres variantes de cette même récréation, mais nous voulons laisser à nos lecteurs le plaisir et le profit de les trouver.
- Les récréations de ce genre en effet seulement instructives par les principes scientifiques qu’elles permettent de démontrer, elles servent encore à former l’œil et la main.
- Les travaux manuels sont aujourd’hui l’objet d’un enseignement méthodique dans les écoles ; les constructions du précédente constituent une annexe naturelle des exercices classiques.
- Dr AlRY.
- divers fragments de paille, mais la cire d’Espagne seule nous a paru, en dernière expérience, plus Pra tique.
- ne sont pas
- d|
- Fig. 123-genre de la
- Fig. 122
- d’Assas
- MENDEL, Directeur-Gérant, n8
- (1) L Illustration, 24 janvier 1891.
- (2) On pourrait encore se servir de petits bouchons percés convenablement pour assurer la position des
- lmp. Bayen, rue Neigre.
- La tore.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- pBUOTHÈQU£)
- CONSEILS AUX AMATEURS POUR FAIRE UNE COLLECTION DE PAPILLONS (Suite)
- Papillons Diurnes
- g>. ^
- [lui it |
- l'Uuuiffil
- Fig.
- Le Flambé {Papi
- apilionides. — Ailes élevées perpendiculairement pendant le repos, et presque toujours terminées par une queue. Antennes finissant généralement par une massue ou un bouton. Chenilles à 16 pattes.
- Chrysalides anguleuses, attachées par la queue au moyen d’un fil transversal, ou bien enveloppées de feuilles mortes.
- Deux papillons de ce groupe se rencontrent communément, le second surtout, aux environs de Paris : le Flambé et le Machaon.
- Le Flambé (Papilio podalirius, Lin.) est ca-cactérisé par des bandes noires qui se détachent en forme de flammes sur le dessus des ailes au fond blanc jaunâtre. Corps jaune pâle avec une bande noire le long du dos et une rangée de petits points de chaque côté. Les antennes sont noires et l’extrémité de la queue est jaune. Tache fauve bordée de bleu par en bas, à son extrémité intérieure.
- La cho-
- uhle, bien plus resserrée en arrière qu’en avant, est de couleur verte ou jaune roussâ-tre avec le dos pointillé de rouge et traversé de lignes jaunâtres : elle vit sur le prune-*er» le pêcher, l’amandier, etc.
- Fig. 125.
- Le Machaon (Papilio machaon. L.)
- On le rencontre àT’Ile-Adam, à Montlhéry, à St-Germain, à Montmorency, et, parfois, au bois de Vincennes, au bois de Boulogne et aux environs de Mont-fort-l’Amaury.
- Papillon Machaon (Papilio Machaon, Lin.) Tête grosse, yeux grands et saillants ; abdomen oblong ; ailes amples, d’un jaune plus ou moins clair, avec de larges bandes marginales et transversales d’un beau noir velouté. Les parties noires sont comme saupoudrées d’écailles jaunes aux ailes supérieures, et d’écailles bleues aux ai-124. les inférieures ; de plus,
- lio podalirius. L.) celles-ci sont terminées par une queue et marquées à leur angle interne d’une tache jaune orangé. C’est un de nos plus beaux et de nos grands papillons indigènes ; posé sur une fleur, parmi les champs de luzerne, il est assez difficile à surprendre.
- La chenille est grosse et belle, d’un vert gai, avec des
- anneaux Fig. _ La Coliade Souci noirs ve-
- (Colias edusa, L.) Ç.
- loutés et tachetés de
- rouge orangé ; elle porte sur la tête une espèce d’appendice fourchu et rétractile, lequel sécrète, dès] que l’insecte est effrayé, un liquide répandant une forte odeur de fenouil et destiné sans doute à éloigner ses ennemis.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Piérides. — Ailes généralement blanches, tachetées de noir ; chenilles amincies aux deux extrémités, et un peu tachetées.
- Cette division comprend tous ces papillons blancs ou jaunes, plus ou moins maculés de noir, qui voltigent dès le premier printemps et à la fin de l’été. Ils font le plus grand tort à nos cultures agricoles et potagères, mais ils s’attaquent surtout aux crucifères: raves, choux, navets, colzas, etc.
- Très rares dans le nord, ils sont de plus en plus nombreux à mesure qu’on avance vers le sud de l’Europe, ce qui semblerait indiquer que la civilisation a exercé une certaine influence sur la multiplication et la dissémination de quelques espèces de lépidoptères. « Ainsi, dit M. L. Fairmaire, ces Piérides sont extrêmement répandues dans les pays où la culture remonte à une haute antiquité, par exemple, dans l’Italie méridionale, dans la Grèce et surtout en Egypte, contrée si stérile, d’ailleurs, en Lépidoptères... En admettant donc que ces espèces se soient beaucoup plus propagées à mesure que la culture multipliait le nombre des plantes potagères, on sera porté à croire que les Piérides, communes aujourd’hui dans toute l’Europe, ont eu l’Orient pour berceau, se répandant avec la civilisation égyptienne dans la Grèce, puis en Italie, et de là dans les Gaules et le reste du continent. Ce qui viendrait à l’appui de cette opinion, c’est que ces papillons, notamment celui du chou, atteignent en Morée, et surtout en Egypte, des dimensions gigantesques, tandis que leur taille se réduit à mesure qu’on remonte vers le nord, et il est généralement admis que les espèces dégénèrent en s’éloignant de leur patrie primitive ».
- Les espèces les plus répandues, pour le malheur de nos jardins potagers, sont :
- La Piéride du chou (Pieris hrassicœ, Lin.), appelée vulgairement papillon blanc, aux ailes assez grandes (6 centim.), d’un blanc farineux avec les sommets supérieurs noirs dans les deux sexes ; la femelle possède en plus, sur les ailes supérieures, trois taches noires, deux rondes et une oblongue. Chenille verte, rayée de jaune et pointillée de noir, portant quelques poils et dévorant les feuilles de chou jusqu’à la côte. Chrysalide
- d’un cendré bleuâtre, tachetée de noir et de jaunâtre : on la trouve souvent sous les chaperons qui surmontent les murs des jardins.
- La Piéride de la rave (Pieris rapce) qui diffère seulement de la brassicæ par la taille : elle est plus petite. Quelquefois, le mâle porte un ou deux points noirs aux ailes supérieures ; on en rencontre de couleur jaune.
- Le Gazé Pieris cratœgi, Lin.). Ailes rondes, entières, blanc verdâtre, légèrement transparentes, nervées do noir. Chenille rayée en long de bandes noires, grises et fauves, et couverte d’un duvet blanchâtre; vit sur l’aubépine et les arbres fruitiers, auxquels elle cause de grands ravages ; aussi, Linné l’appelle-t-il le fléau des jardins (hor-torium pesli). Chrysalide anguleuse, jaune vif, maculée et rayée de noir.
- Le Citron (Rhodocera rhamni, Boisd.). Le mâle diffère absolument de la femelle : chez le premier, les ailes sont complètement jaune citron vif, tandis qu’elles sont d’un blanc verdâtre chez sa compagne; tous deux possèdent quatre points d’un rouge de brique, un au centre de chaque aile. Corps noir, couvert de poils argentés. Chenille d’un beau vert, plus pâle en dessous et picotée de noir. Vit sur le nerprun et la bourdaine. Chrysalide verdâtre à points ferrugineux.
- Le Souci (Colias edusa, Lin.). Ailes d’un beau jaune souci, à bords noirs chez le mâle, coupés par des taches jaunes chez la femelle. Les supérieures portent au milieu un gros point noir et les inférieures une tache rose brunâtre. On le trouve dès le mois de juillet, mais surtout en août et en octobre, dans les prairies artificielles élevées, dans les endroits secs, où il est assez commun. Il n’est pas difficile à prendre. Chenille vert foncé, tachetée d’orangé ; vit sur la luzerne et les trèfles. Chrysalide verte, rayée de jaune et de brun.
- Le Soufré (Colias hyale, Lin.) qui semble être une variété du précédent : mêmes habitudes, même chenille, même chrysalide. Il s’en distingue cependant par la nuance beaucoup plus pâle de ses ailes, absolument couleur de soufre. Il en existe une rare variété à ailes rose roussâtre.
- (A suivre). Marguerite Belèze.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- LA MER LIBRE DU POLE NORD
- I. — Le climat du pôle.
- n des problèmes géographiques les plus controversés, en môme temps l’un des plus dignes des recherches des explorateurs, de l’intérêt des savants et de l’attention du public, est certainement celui de l’existence au pôle nord d’une mer libre de glaces, à laquelle est intimement liée la découverte de l’extrémité boréale de l’axe terrestre, région encore si mystérieuse malgré les persévérants efforts de plusieurs générations de marins intrépides.
- A.ujoard’hui que de nouveaux projets d’expéditions polaires redonnent de l’actualité à cet attrayant problème, nous croyons intéressant d’examiner l’état de la question et de mettre sous les yeux de nos lecteurs le pour et le contre, afin de leur permettre de juger par eux-mêmes de quel côté pourrait être la vérité.
- Au premier abord, il semble que les lois de ta physique du globe doivent s’opposer a admettre la présence d’un océan navigable au pôle arctique, qui serait donc moins froid due les parages qui l’entourent, mais il n’en est plus ainsi, au contraire, si l’on observe avee soin l’application des lois naturelles.
- Lts principales raisons qui militent en faveur de la mer libre sont d’ordre météorolo-gujue et leur importance est véritablement hès considérable. On sait que les pôles magnétiques ne coïncident pas avec ceux de axe de rotation de nôtre planète ; il en est c'e même des pôles du nord. Celui du nord Paraît situé entre les 75° et 80e parallèles, les |eux où la température s’abaisse le plus dans hémisphère boréal se trouvant compris entre c®s études, qui limitent la véritable zone Onciale, au sein de laquelle un des points es Plus froids semble être dans les îles Fa-T1?’au nord de l’Amérique. C’est même .près 11 cercle polaire seulement, dans le nord-est ,e Sibérie, que l’on a constaté la plus Jîlsse température comme : 76° centigrades dessous de zéro à Werchajansk en janvier ^ 3- Un savant italien, Jean Plana, a dé-^ Pai‘ l’analyse mathématique, qu'il y avoir aux deux pôles un accroissement
- d’intensité dans la chaleur solaire, qui y serait sensiblement plus forte que sous les cercles polaires. Sir David Brewster a établi également, par des considérations tirées de la physique du globe, que la température au pôle nord est probablement supérieure de 20° environ à celle de certaines régions du cercle arctique.
- La circulation générale de l’eau des océans, dont la cause essentielle réside dans les variations de température et, par suite, de densité de la masse liquide, joue ici un rôle des plus remarquables. On connaît les mouvements généraux qui, sous forme de courants, portent les eaux chaudes et légères de l’équateur vers les pôles et les eaux froides et plus lourdes des mers polaires vers les océans intertropicaux. Le plus important de ces grands tleuves marins est le Gulf-Stream, qui sort du vaste golfe du Mexique par le détroit séparant la Floride de Cuba, et traverse l’Atlantique dans la direction du nord-est; sa principale branche, après avoir attiédi le climat de l’Europe occidentale et septentrionale, se dirige vers le nord, dans les parages du Spitzberg, où son influence bienfaisante se fait sentir d’une manière très notable, surtout dans l’est. « Il va consoler le pôle », a dit Micheli t, et favoriser les forces vitales qui sont partout répandues. Bien avant ces régions, sous le choc d’un courant d'eau froide qui descend par la mer de Baffin, le Gulf-Stream détache de sa masse liquide, à la hauteur de Terre-Neuve, un rameau sous-marin d’eau chaude, qui monte droit au nord près du Groenland. De l’autre côté de la calotte polaire, par le détroit de Behring, le Kuro-Sivo, qui est le grand courant chaud du Pacifique, envoie également ses effluves vers le pôle, par l’archipel de la Nouvelle-Sibérie et même par les îles américaines.
- Ce sont ces diverses routes, quelquefois presque ouvertes à la navigation et suivies par les courants marins qui font circuler les eaux entre le bassin polaire et les océans Atlantique et Pacifique, qui présentent le moins de difficultés pour se glisser parmi les banquises vers l’extrême nord. L’existence de communications maritimes entre l’Equa-
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- teur et le pôle boréal et même entre différentes régions arctiques situées sous de hautes latitudes, à d’énormes distances les unes des autres, est absolument certaine. Il en existe d’ailleurs des preuves matérielles. On a trouvé au Spitzberg des graines et des branches de plantes des Antilles, apportés sur des rivages déserts par les eaux du Gulf-Stream. Des objets appartenant à l’expédition de la Jeannette ont été recueillis sur la côte sud du Groenland, où ils avaient été transportés par un glaçon flottant, venu de la Sibérie orientale, en passant par le pôle. De plus, sur le littoral est du Groenland, on a trouvé un morceau de bois grossièrement travaillé et des troncs de sapins provenant de l’Alaska ou du nord-est de la Sibérie. Enfin, plusieurs baleines portant des harpons, dont elles avaient été frappées dans les parages du Spitzberg, ont été capturées dans la mer de Behring.
- Une autre preuve, particulièrement convaincante, de la présence d’une mer libre au pôle arctique, preuve qui ne peut manquer d’être utilement ajoutée à celles que nous venons de fournir, c’est la migration annuelle, dans les pays septentrionaux et jusque sous les latitudes les plus élevées qui aient été atteintes par les explorateurs, d’innombrables oiseaux aquatiques, se dirigeant par grandes légions, dès le printemps, vers le pôle, où ils doivent trouver leur nourriture sur des rivages habitables, encore inconnus, évidemment baignés par des flots sans glaces. Non seulement on a constaté sur les plus hautes latitudes, un accroissement progressif dans le nombre des oiseaux, mais aussi dans celui des divers quadrupèdes qui habitent les contrées polaires, et dans celui des quelques petits végétaux de ces terres déshéritées par la nature. Signalons en outre, à ce sujet, que Parry, Hayes et Hall ont rencontré, dans des parages différents et par delà le 81e parallèle, des Esquimaux qui connaissaient plus au nord des contrées où se trouvaient aussi des individus de leur race.
- Il est bien visible, par ce qui précède, que le régime atmosphérique et océanique des régions polaires boréales, rend très probable l’exactitude de la théorie d’après laquelle le voisinage de l’extrémité nord de l’axe terrestre ne doit pas avoir un climat aussi ri-
- goureux que ses alentours. Il faut d’ailleurs j reconnaître qu’une différence en plus de quel- | ques degrés dans la température moyenne de l’été au pôle, par rapport à celle des régions circonvoisinos, suffirait pour que toutes les glaces de l’hiver y soient rapidement fondues. Précisément, la grande longueur du jour au pôle, où la présence du soleil sur l’horizon atteint la durée maximum de six mois, doit fortement contribuer à y causer cette augmentation thermique. Peut-être, les courants magnétiques du globe, si puissants dans les hautes régions polaires, concourent-ils à ce résultat ?
- En outre, il est à remarquer que c’est surtout dans le voisinage des côtes, que les banquises s’opposent le plus au passage des I navires qui affrontent les dangers de l’océan glacial. Par exemple, il est extrêmement malaisé de parcourir les détroits de l’archipel arctique américain, dans lesquels la glace se forme facilement à l’abri de la terre et, ajoutée à celle venue des glaciers, s’accumule en formant de gigantesques remparts ; aussi la découverte du passage du nord-ouest, à travers ces îles boréales, a-t-elle nécessité un très grand nombre d’expéditions, dont plusieurs ont été désastreuses. Dans la haute mer, la navigation est moins pénible, car l’agitation des flots, par suite des vents et des courants, combat en général la formation continue de la glace, disloquant et déplaçant les ice-bergs.
- Malheureusement, le pôle arctique est a peu près entouré, à grande distance il est vrai, par des terres qui permettent aux banquises de communiquer en s’étendant des unes aux autres, ce qui donne naisssance a une immense ceinture de glace, qui a été jusqu’à présent une barrière infranchissable pour les navigateurs. Jetons à ce propos un rapide coup d’œil sur les terres qui forment le périmètre du bassin polaire. Au nord de l’Europe, l’archipel du Spitzberg et celui de François-Joseph partagent, vers le 80e parallèle, la vaste ouverture qui s’étend au haut de l’Atlantique et qui constitue le plus gran passage aboutissant à la mer polaire. Dans l’est, les côtes de la Nouvelle-Zemble et delà Sibérie serpentent entre les 78e et 70e parallèles jusqu’au détroit de Behring. Vient ensuite la côte américaine, sous le 70e degré de
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- LA 8CÏÈNCE EN FAMILLE
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- latitude, au nord de laquelle l’immense archipel arctique, dominé par la Terre de Grin-nell, s’étend jusqu’au delà du 83e parallèle, que dépasse également la grande terre groën-landaise, séparée de la précédente par une série de détroits qui prolongent vers le nord la mer de Baffin.
- La surface liquide circonscrite par ces nombreux rivages, est véritablement très considérable, mais tout l’espace qui va de l’une à l’autre de ces terres et qui les avoisine au nord est le siège de glaces presque éternelles. Ce n’est que sous les hautes latitudes proches
- du pôle que doit s’ouvrir la mer libre, dont l’étendue, dans le sud, varie d’ailleurs d’année en année, selon la rigueur des saisons. Naturellement, il n’est pas douteux que c’est seulement durant l’été, c’est-à-dire pendant le jour polaire, que les glaces peuvent être fondues et l’océan arctique navigable. En moyenne, on peut évaluer le rayon de la mer libre à un millier de kilomètres, ce qui lui donnerait une surface supérieure à trois millions de kilomètres carrés, soit six fois la superficie de la Fi'ance.
- (A suivre). Jacques Léotard.
- LE LABORATOIRE DE L’AMATEUR
- LA CHIMIE (Suite). — L’EAU
- L’azote.
- ans une terrine presque pleine d’eau, mettons un large bouchon de liège qui viendra nager à la surface; sur ce bouchon, fixons avec un clou ou quelques gouttes de cire une bougie allumée, que nous recouvrirons avec un large bocal dont le col s’enfoncera dans l’eau de la terrine. La bougie continue à brûler, mais son éclat diminue peu à peu d’intensité et, au bout de quelques instants, elle s’éteint. Peu à peu le niveau de ieau monte dans le bocal. Que s’est-il passé?
- Fig. 127.
- Nous avons vu précédemment que l’oxygène est nécessaire à la combustion ; notre bougie enfermée dans le bocal y a donc trouvé l’oxy-gene nécessaire à sa combustion et l’a absorbé Jusqu’au moment où le bocal en a été complètement (ou à peu près) débarrassé. A ce Moment, la flamme s’est éteinte faute d’ali-
- ment. La combustion de la bougie a produit un nouveau gaz quelque peu soluble dans l’eau ; de là, raréfaction du gaz contenu dans le bocal et ascension de l’eau. Cette ascension ne se constate qu’au bout de quelques instants, après refroidissement du mélange gazeux que la flamme a échauffé.
- Nous avions primitivement dans le bocal de l’air emprunté à l’atmosphère; notre bougie lui a soustrait son oxygène. De cette observation nous pouvons tirer deux conclusions :
- 1° L’air que nous respirons est un gaz composé dont l’un des constituants est Yoxygène.
- 2° Le résidu de notre expérience est un gaz qui n’entretient pas la combustion (non comburant) et que pour cette raison on a nommé azote.
- C’est le gaz dont nous parlerons aujourd’hui.
- Mais il n’est pas le seul qui n’entretienne pas la combustion; nous le verrons plus tard à propos de l’acide carbonique avec lequel l’azote partage la propriété d’empêcher la combustion. Nous ne savons donc pas auquel des deux nous avons affaire. Transportons notre gaz dans une cuvette contenant, non de l’eau ordinaire, mais de l’eau de chaux, et, pour cela, après avoir (sous l’eau) glissé une soucoupe sous le goulot du bocal, portons le tout dans l’eau de chaux. Agitons assez énergiquement, tout en ayant soin de ne pas laisser échapper notre gaz; nous pourrons obser-f
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- La science En famille
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- ver une ascension du liquide; c’est que l’eau de chaux s’empare de l’acide carbonique. L’air en contient donc? Oui, mais relativement très peu et le reste d’acide carbonique ne provient pas de l’air, mais bien de la combustion de notre bougie. Si nous continuons d’agiter, nous ne produisons plus aucun effet : c’est donc que le gaz restant n’est pas de l’acide carbonique.
- C’est de l’azote.
- Historique. — En 1772, Rutherford a, le premier, indiqué les propriétés qui caractérisent ce gaz. Longtemps il a élé confondu avec l’acide carbonique. Dès ce moment, on a pu se convaincre que l’air, que l’on considérait jusqu’alors comme un élément, contenait de l’azote et autre chose.
- Propriétés physiques. — C’est un gaz permanent, inodore, incolore et insipide, un peu moins lourd que l’air (sa densité est 0,9718) et très peu soluble dans l’eau.
- Propriétés chimiques et physiologiques. — Pour constater les propriétés chimiques et physiologiques du gaz que nous avons obtenu, transvasons-le dans des éprouvettes (fioles à pilules), afin de multiplier les essais. Pour cela, après avoir transporté notre bocal dans un seau d’eau, avec toutes les précautions indiquées précédemment, faisons passer le gaz dans des éprouvettes préalablement remplies d’eau. La figure 128 nous dispense d’une plus longue description. Le gaz prend peu à peu la place de l’eau et finit par remplir l’éprouvette que l’on peut conserver renversée sur une soucoupe contenant un peu d’eau.
- Cette façon de transvaser les gaz est la même, quel que soit le gaz, pourvu qu’il ne soit pas très soluble dans l’eau, aussi n’y reviendrons-nous pas dans les expériences ultérieures; nous nous contenterons de dire « Prenons deux, trois ou quatre éprouvettes du gaz que nous voulons observer, etc. ».
- 1° Plongeons dans unedenosfioles remplies d’azote une allumette enflammée: elle s’y éteint et le gaz ne s’enflamme pas. Donc, l’azote est incombustible et non comburant.
- 2° Dans une autre, introduisons un insecte, il ne tarde pas à périr d’une mort qui présente tous les symptômes de l’asphyxie. L’azote n’entretient pas la respiration qui, d’ailleurs, n’est qu’une variété de combustion lente.
- 8° Versons dans une éprouvette d’azote un peu d’eau de chaux, préalablement filtrée, et agitons après avoir fermé l’ouverture avec la main : l’eau de chaux reste limpide. L’azote n’a donc aucune action sur cette eau de chaux. Il est souvent nécessaire de répéter cette dernière expérience plusieurs fois pour se débarrasser des traces d’acide carbonique que notre gaz peut contenir et dont nous avons indiqué l’origine un peu plus haut.
- L’azote peut se combiner avec d’autres corps simples pour donner des composés que nous verrons plus tard (notamment avec l’oxygène et avec l’hydrogène).
- Préparation. — Nous avons préparé l’azote d’une façon tout à fait rudimentaire et nous avons obtenu néanmoins des résultats satisfaisants. Aussi, nous nous bornerons à cette préparation, nous contentant de dire qu’on peut également l’obtenir en décomposant l’air (1), soit par le cuivre porté au rouge, soit enfin par la décomposition de l’azotite d’ammoniaque qu’il suffit de chauffer.
- Applications et usages. — Les usages de l’azote sont peu nombreux. Sa présence dans l’air atmosphérique est très utile; il sert à modérer l’action comburante de l’oxygène, On a comparé son rôle à celui de l’eau que l’on ajoute au vin pour modérer et atténuer son action enivrante Peut-être joue-t-il un rôle plus complexe dans la composition de l’air, mais cette comparaison nous paraît juste; tenons-nous en là pour l’instant.
- En tout cas, il entre dans la composition de toutes les matières animales et l’on peut dire qu’il est nécessaire à l’alimentation puisqu’un être animé privé de son influence ne tarde pas à s’étioler, même s'il respiré Donnez à un homme des aliments dépourvus d’azote (ou n’en contenant qu’en quantité insuffisante) son affaiblissement sera vite constaté.
- Dans les laboratoires, l’azote est d’un usage assez fréquent en histoire naturelle. S’agit-ü
- (i) Il nous suffirait de remplacer notre bougie Par un fragment de phosphore contenu dans une coupelle et enflammé.
- Fig. 128
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- de conserver intacte une pièce anatomique privée de vie, il faut en empêcher la décomposition due à la présence d’êtres animés microscopiques (animaux ou végétaux). Si l’on plonge la pièce à conserver dans une atmosphère d’azote, l’existence de ces parasites devient impossible et la conservation est assurée.
- L’air.
- Gomme nous l’avons vu précédemment, l’air, considéré si longtemps comme un élément, est un gaz très composé. En effet, il contient :
- 1° De Y oxygène, puisque ce gaz est nécessaire à la combustion et à la respiration.
- 2° De l’azote, puisque nous avons emprunté ce gaz à l’air lui-même. Si nous avons mesuré le résidu du gaz du bocal, par rapport au volume du récipient, nous avons pu observer que l’azote entre dans la composition de l’air pour les 4/5 environ.
- 3° Un peu d’acide carbonique. Pour nous en convaincre, il nous suffit d’abandonner pendant quelque temps au contact de l’air de l’eaau de chaux contenue dans une soucoupe ; elle se trouble et se recouvre de petites écailles blanchâtres de carbonate de chaux.
- 4° Un peu de vapeur d’eau. Sa présence est démontrée à chaque instant ; il suffit d’un peu d’observation. En été, quand vous mettez sur votre table une bouteille venant de la eave, vous la voyez se recouvrir de fines gouttelettes d’eau. Gela provient de la différence
- de température entre la bouteille qui vient d’une cave fraîche et l’air de votre chambre. La bouteille froide provoque la condensation de la vapeur d’eau de l’air ambiant. D’ailleurs, la formation des nuages et le phénomène de la pluie prouvent surabondamment la présence de cette vapeur d’eau dans l’atmosphère.
- Nous connaissons maintenant les principaux gaz qui composent l’air. Reste à savoir s’ils y sont à l’état de combinaison ou de mélange. Une simple comparaison nous renseignera sur ce point. Nous savons que l’eau est le résultat de la combinaison de l’oxygène avec l’hydrogène ; dans cette combinaison, c’est l’oxygène qui domine. Si nous avons un appareil de respiration propre à s’emparer de l’oxygène à l’état de combinaison, nous devons vivre dans l’eau beaucoup « plus vite » que dans l’air. Chacun sait qu’il n’en est pas ainsi. L’oxygène est donc à l’état libre mélangé à d’autres gaz, non combiné.
- Pour nous résumer, nous dirons que l’air est un mélange gazeux (nous en connaissons les constituants), incolore sous une petite épaisseur, inodore et insipide. Sous une très grande épaisseur, il offre une coloration bleuâtre que nous appelons l’azur du ciel.
- 1
- La densité, par rapport à l’eau est^-. Un
- litre à 0° sous une pression de 760 mm. pèse 1,293 et ce poids a été pris comme unité pour la densité des gaz.
- G. Huche.
- LE SECRET D’UN COMIQUE
- Hl y a bon nombre d’années était exhibé en Angleterre, avec un succès sans précédent, un artiste au premier abord des plus médiocres. Il s’agissait d’un simple chanteur, sans trop de voix, 'lui mimait avec l’expression banale, les pa-r°les qu’il débitait et paraissait tout au plus Passable lorsqu’on se trouvait à sa droite. Le regardait-on au contraire de face, sans Çu il eût rien changé à sa manière de faire, on ne tardait pas à trouver qu’il (était d’un c°niique irrésistible. Le côté droit de la physionomie de notre chanteur prenait bien, en e^et, l’expression appropriée aux paroles,
- mais le côté gauche — mystère étrange — conservait, par contre, le sérieux le plus absolu.
- Ce -Janus, d’un nouveau genre, riait, pleurait, criait ou grimaçait tout comme un autre, mais cela d’un seul côté et toujours du même.
- 11 y avait là, disait-on, le résultat d’un entraînement savant, et l’on ajoutait même tellement délicat que l’artiste était obligé, dans la vie privée, de n’exprimer ses émotions que d’un seul côté !
- On sait que la plupart des grands comiques sont généralement, hors de la scène, des esprits assez chagrins ; le chanteur anglais
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- trouvait donc moyen, lui, de se dédoubler sür les planches sans difficulté : gai du côté droit, grave de l’autre.
- Le comique anglais avait un truc, et ce truc était bien simple.
- Il se contentait de chanter à la façon ordinaire sans nullement s’inquiéter de son visage. Il pouvait ainsi rire et grimacer du côté droit, comme vous ou moi, et si l’autre moitié de son visage conservait son sérieux, c’eut qu’elle ne pouvait faire différemment: le chanteur avait, en effet, tout simplement une paralysie du nerf qüi anime les muscles du côté gauche de la face !
- Que de résultats, en apparence compliqués, ont des causes •tout aussi banales !
- Que si maintenant vous regrettez que la photographie ne nous ait pas transmis la représentation fidèle des effets que pouvait permettre une maladie de ce genre, nous pouvons sans difficulté vous satisfaire.
- La paralysie unilatérale de la face, sans être fréquente, n’est pas excessive ment rare. Nous avons eu dernièrement à soigner un enfant qui en était atteint, et nous nous sommes empressé de le photographier dans deux expressions différentes.
- L’effet est déjà apparent lorsqu’on regarde les épreuves ci-jointes dans leur ensemble; il devient, cependant, surtout saisissant, lorsqu’on recouvre d’une feuille de papier ou d’un écran quelconque, la moitié droite ou la moitié gauche du visage. On voit alors très nettement que le côté gauche de la figure reste immobile — et pour cause — dans les deux épreuves, alors que le côté droit,
- est au contraire, souriant dans la première photographie, grimaçant dans l’autre.
- Si vous voulez maintenant savoir ce qu’est devenu le visage de notre malade, guéri aujourd’hui après huit ou dix séances d’électrisation, appliquez une glace sans cadre sur la ligne médiane de l’une des deux épreuves. La moitié normale se trouve alors complétée par l’image symétrique qu’en' donne le miroir et vous avez une idée plus que suffisante de l’état présent.
- Nous pourrions appeler l’attention de nos lecteurs sur l’épreuve n° 2, qui représente le malade clignant seulement l’œil du côté sain, car il y a là un signe d’une très grande importance au point de vue de la marche de l’affection*.
- Nous pourrions également montrer comment on peut, par l’étude approfondie des divers symptômes présentés, localiser très exactement le niveau précis où le nerf est intéressé et prouver dans le cas présent que la lésion se trouvait au ganglion gè-niculé ; mais cela nous
- entraînerait dans des développements fiul
- n’intéresseraient
- qu’un très petit nombre de-lecteurs.
- Contentons-nous
- d’avoir divulgué Ie truc fort inattendu du comique anglais. Si l’on nous exhibait un • jour ou l’autre un de ses imitateurs, au moins saurions-nous à quoi nous en tenir.
- _______________________Dr Alphandéry. _
- (*) Fait singulier et en apparence paradoxal, paupière du côté malade peut se fermer et s’ouvrir, à volonté dans les paralysies graves dont la cause est dans le cerveau, alors qu’elle n’obéit pas à la volonté dans les paralysies dites périphériques qui sont le plus souvent curables.
- Fig. 129. — Paralysie du nerf facial. (D'après un cliché du Dr Alpliandéry).
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- Pour bien apprécier celte figure et la suivante, les regarder en couvrant alternativement le côté droit et le côté gauche du sujet avec une feuille de papier.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- LA PHOTOGRAPHIE EN VOYAGE
- *
- I. Conservation des clichés.
- Il est très facile de conserver les clichés sans développement, tout en disposant d’un nombre restreint de châssis. Une lanterne de laboratoire à verre rouge est le seul acces-s°ire indispensable. Dans une chambre obs-Cure et éclairée par la lumière rouge de la lanterne, on retire des châssis les plaques miPressionnées que l’on remplace par de
- . (i) Dans plusieurs contrées de la France et des plus pittoresques, certains hôtels mettent à la dispotion des amateurs photogra phes des chambres traris*
- Quelle que soit la contrée habitée par l’amateur, elle présente une certaine uniformité, quant aux sujets (paysages, vues, types), à photographier et bientôt le besoin de voyager se fait sentir. Quelques sites entrevus dans une promenade aux environs deviennent le but d’excursions photographiques.
- Muni de châssis multiples, notre amateur part bientôt en campagne, fait sa tournée et revient le soir avec une collection de clichés à développer chez lui.
- Cela va tout seul quand le voyage n’est pas de longue durée.
- Mais il peut arriver que, pendant un séjour de quelques semaines, une villégiature dans quelque contrée pittoresque, on soitàmême âc trouver un grand nombre de sites dignes d’être le point de mire de l’objectif.
- Comment faire ?
- Deux solutions Présentent alors :
- 1° Conserver les cli-chés intacts pour les développer lors du retour.
- 2° Emporter avec soin le matériel nécessaire au développement Sur place.
- Fig. 130. — Paralysie du nerf facial (D’après un cliché du Dr Alpüandéry).
- nouvelles plaques. Les clichés posés sont renfermés dans une ancienne boîte à plaques et peuvent ainsi attendre pendant quelques semaines avant le développement.
- Cette manière de procéder présente deux inconvénients principaux :
- 1° On ne peut constater sur le moment aucun résultat, et, par conséquent, on s’expose à se priver de duchés très jolis manqués pour une raison ou pour une autre.
- 2° Lors du retour,, le développement de toutes ces plaques offre un passe-temps peu agréable et exige un temps assez long ; c’est un véritable ennui, même pour l’amateur le plusconvaincu.
- II. Le laboratoire portatif.
- Dans cette alternative, un seul moyen nous reste — emporter avec l’appareil le matériel nécessaire au développement (cuvettes, flacons, lanterne et autres accessoires). Une boîte est nécessaire pour transporter tout ce matériel ainsi que les boîtes de plaques ; on pourra y joindre, sans grande surcharge, un ou deux châssis-presses, du papier sensible et un bain de virage, ce qui permet d’obtenir sur place quelques épreuves positives.
- Encore faut-il disposer d’un cabinet noir pour les manipulations photographiques et pour charger les châssis, ce qui n’est pas toujours commode dans les hôtels ordinaires (1).
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Fig. 131.
- Mais alors, pourquoi la caisse qui sert au transport ne serait-elle pas transformée en cabinet-laboratoire ? Rien n’est plus facile en
- y adaptant un voile noir convenablement aménagé.
- La boîte dont je me sers pour transporter mes ustensiles a ab-solument la forme d’une valise ayant extérieurement 53X37X28. Elle est assemblée à mi-bois, noircie à l’intérieur et aménagée de telle façon qu’elle peut être confiée aux bagages. C’est en outre un téri-table laboratoire ambulant.
- Les figures qui accompagnent ce paragraphe dispensent d’une longue description; leur examen fera facilement comprendre l’aménagement.
- La figure 131 représente la boite fermée et vue par le fond ; on voit alors le petit volet qui protège le verre rouge fixé intérieurement dans une rainure.
- Fig. 132.
- La figure 132 montre le laboratoire installé sur une table et le voile a été supprimé pour laisser apercevoir l’aménagement intérieur. Pour le même motif, l’un des petits côtés de la caisse est partiellement indiqué. Le voile, formé d’une étoffe noire cousue en un sac
- formées en laboratoire. Mais cette innovation est encore peu répandue.
- de 2 mètres d’ouverture sur 1 mètre 20 environ de longueur, est fixé par un bout aux parois de la boîte. L’autre extrémité est munie d’une coulisse pouvant se serrer à la ceinture de l’opérateur qui est enfermé dans son laboratoire. Pour plus de sécurité, j'ai doublé cette espèce de sac noir avec de l’an-drinople rouge.
- Enfin (fig. 133) on trouvera les plan et coupe qui donneront les détails complémentaires.
- Bien que d’une construction facile, ce laboratoire portatif exige certains soins de fabrication nécessaires au bon fonctionnement, aussi les amateurs peu habiles au maniement
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- Fig. 133.
- des outils de menuiserie feront-ils bien d’en confier l’exécution à un ouvrier sérieux ; ils s’en trouveront bien !
- Pour le transport des ustensiles, les cuvettes seront rangées dans l’espace C, les boîtes de plaques, châssis-presses, papier sensible, trouveront leur place sur la planchette P et les flacons contenant les bains seront largement à l’aise dans l’espace laissé libre ; on fera bien d’ajouter un verre gradué, un entonnoir et quelques filtres —le tout est convenablement protégé par le voile qui se replie à l’intérieur. Cette valise photographique d’un nouveau genre peut être mise aux bagages; elle ne craint rien.
- Veut-on se servir du laboratoire? rien de plus facile ! La boîte ouverte et le couvercle maintenu par une ficelle dans une inclinaison convenable à la commodité de l’opérateur, la cuvette contenant le bain de virage est posée en V sur la planchette placée au-dessous du verre rouge; une autre, à moitié pleine d’eau est mise en C et une troisième contenant le bain d’hyposulfite en If. Enfermé dans notre voile serré à la ceinture, nous
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- sommes libres de nos mouvements et bien à l’aise pour le développement des clichés. Virage, rinçage et fixage, tout s’opère ainsi en plein jour et n’importe otr, voire meme en plein champ.
- Nous croyons fermement que cette disposition de laboratoire portatif est appelée à rendre de grands services aux amateurs photographes.
- G. Huche.
- LE FUNICULAIRE DE BELLEVILLE
- e tramway-funiculaire de Belleville a ff été inauguré le 27 mai, mais il n’a pas ÜMk encore le service qu’il doit prendre, c’est-à-dire un fonctionnement de 6 heures du matin jusqu’à minuit.
- Lestravaux, terminés depuis octobre, avaient été fortement endommagés par un tassement de terres survenu à la suite de l’hiver rigoureux que nous venons de traverser, et ces dommages avaient été la raison majeure du retard apporté au fonctionnement de la voie.
- Le principe du système funiculaire est très simple, en général. Un câble en fils d’acier se trouve à l’intérieur du sol, entre les rails qui supportent les roues du véhicule. Ce câble, soutenu de distance en distance par de petites poulies placées dans la partie souterraine où il se meut, passe sur une poulie de retour à l’extrémité de la ligne et revient sur lui-même: l’un des brins sert à l’aller, l’autre au retour. Il est mis en mouvement par une machine fixe, placée en un point quelconque de la voie, ordinairement au sommet, si les voitures ont une montée.à franchir.
- La voiture adhère au câble par l’intermédiaire du gri/p, sorte de griffe fixée à la voilure, et qui, passant par une rainure située entre les deux rails et donnant accès dans le souterrain, saisit le câble entre deux fortes mâchoires.
- Les mâchoires sont disposées de telle sorte qu il est possible, au moyen d’un simple jeu de leviers, de leur faire serrer ou desserrer le cable à volonté. Quand le grip serre le câble, la voiture marche ; s’il le desserre, au con-h'aire, le câble continue son mouvement, mais il tourne à vide, et la voiture reste immobile.
- L’idée non plus n’est pas neuve ; il y a °ngtemps qu’elle a été émise en Amérique; Pourtant ce n’est qu’en 1873 qu’elle a pu y
- être mise en pratique ; de cette année, en effet, date l’établissement d’un tramway funiculaire à San Francisco, dû à l’ingénieur Andrew Hallidie.
- On eut bien vite fait de reconnaître quels avantages pouvait fournir ce mode ingénieux de transport.
- - Vitesse de 10 à 12 kilom. à l’heure, limitée seulement par la puissance de la machine fixe, avec arrêt presque instantané au moyen du levier et du frein;
- Uniformité de cette vitesse, dans les montées, dans les descentes, comme sur un terrain horizontal.
- Enfin, frais d’exploitation bien moins élevés que ceux de la traction par chevaux.
- A l’heure actuelle, San Francisco est sillonné de voitures marchant par ce mode de traction, et la plupart des grandes villes d’Amérique ont suivi son exemple. L’Australie, la Nouvelle-Zélande, puis, en Europe, l’Angleterre, la Suisse, appliquèrent cette idée, et en France, on signalait, ces temps derniers, le funiculaire de la Croix-Rousse, à Lyon, le chemin de fer à la ficelle, celui de Thouan, dans la Haute-Savoie, etc.
- Enfin le funiculaire de Belleville est venu s’ajouter aux quelques voies analogues que la France possédait déjà.
- Construit par MM. Bienvenu, ingénieur de la Ville, et Seyrig, constructeur, il présente une particularité qui se rencontre pour la première fois dans les systèmes de ce genre, il est à voie unique, à cause de la faible largeur des rues traversées.
- Il est destiné à relier les xixe et xxe arrondissements au centre de Paris : partant de la place de l’Eglise de Belleville, il descend la rue du même nom, celle du faubourg du Temj le et arrive place de la République, près de la caserne, parcourant ainsi une dis-
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- LA SCIÊNCÉ EN FAMILLE
- tance de 2 kilom. avec une pente moyenne de 7 centim. par mètre environ.
- La voie étant unique, pour permettre le passage simultané de la voiture ascendante et de la voiture descendante, il a fallu établir des garages : ces garages, au nombre de sept, sont répartis le long de la voie : un à chaque extrémité, et les autres au canal, à la rue Saint-Maur, aux boulevards extérieurs, à la rue Jouy-Rouve, à la rue Bolivar.
- Les rails, écartés d’un mètre, sont des rails à gorge, type Broca, et pesant 45 kilog. le mètre linéaire.
- Un troisième rail, placé au centre de la voie, présente une rainure de 22 mm de largeur, et par cette rainure s’engage le grip qui fait adhérer la voiture au câble. Ces trois rails sont soutenus par des supports en fer, appelés jougs et placés de mètre en mètre, dans le petit tunnel souterrain, où ils sont scellés et maçonnés.
- Dans ce tunnel, large de 0m35, profond de 0m 63, circule donc le câble dont les deux brins sont placés chacun à 6 centim. à droite et à gauche de la rainure.
- - C’est un câble en acier, à âme de chanvre, d’un diamètre de 3 cent guidé par un certain nombre de poulies directrices, il s’étend sur une longueur de 4,200m avec un poids total de 12,500 kilog., soit 3 kilog. par mètre courant. Sa résistance est de 120 kilog. par mètre carré de section.
- Le système est actionné par deux machines Gorliss, de50 chevauxchacune, installées dans l’usine, au n° 101 de la rue de Belleville; une-seule de ces machines suffirait à assurer le service, l’autre n’est là que pour rechange en cas d’accident.
- Cette machine, marchant 60 tours par minute, entraîne la poulie motrice de 2m 50 de diamètre, avec un rapidité de 23 tours à la minute, ce qui donne au câble une vitesse moyenne de 11 kilom. à l’heure. Enfin, un
- système spécial de poulie-tendeur, placée en arrière de la poulie motrice, tient le câble constamment tendu en même temps qu’elle permet d’amortir les chocs qui pourraient se produire.
- Le matériel se compose de quinze voitures de 6 mètres de long sur 1“ 60 de largueur; ces voitures comprennent 22 places, 12 places de compartiment intérieur et deux plates-formes de 5 places chacune.
- L’intérieur est en pitchpin verni, sans coussins.
- Chaque voiture est munie de deux systèmes de freins : freins à sabots et freins à patins, qui permettent, en cas d’accident, par exemple, un arrêt immédiat ; et de deux grips, destinés à saisir, suivant le besoin, soit le brin ascendant, soit le brin descendant du câble.
- Chacun de ces grips est une véritable mâchoire ayant sa branche supérieure fixe, et sa branche inférieure mobile autour d’une charnière.
- Un bâti en fer, servant de support commun aux deux grips qui sont placés à droite et à gauche de l’axe, se trouve au-dessous et au milieu de chaque voiture.
- Enfin, un volant-manivelle, qu’un conducteur fait fonctionner et qui, par l’intermédiaire d’un système de leviers, actionne l’un des grips, se trouve sur chaque plate-forme.
- M. Victor Fournier a accepté la concession du funiculaire jusqu’au 31 mai 1910. Les départs ont lieu toutes les cinq minutes; Ie prix des places est de 0 fr. 10, et le service de 18 heures par jour est assuré par deux équipes successives.
- Ce mode de transport rendra de grands services à la population ouvrière de ces arrondissements excentriques,.et il est probable que cet exemple sera imité d’ici peu sur pi'1' sieurs autres points de la capitale.
- PHOTOGRAPHIE PRATIQUE
- On place dans le châssis-presse une plaque sèche ordinaire au gélatino-bromure, pulS immédiatement au-dessus, l’original, de manière que l’image soit en contact direct avec la couche sensible. Il va sans dire que si
- Reproduction des positifs en grandeur naturelle.— Lorsque le soufflet de la chambre noir que l’on a à sa disposition ne permet pas un tirage suffisant, on peut procéder de l'a manière suivante
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- bibliothèque)
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- l’épreuve a été collée sur carton, il faut la décoller. On place par-dessus le tout une nouvelle plaque de verre, puis on expose, de manière que la lumière n’arrive à la glace sensible qu’après avoir traversé le verre et l’épreuve. L’exposition dure, à la lumière diffuse, de 1/2 seconde à 5 secondes. Le négatif est développé comme de coutume, et l’on obtient une reproduction parfaitement nette, sans l’ombre de granulé, comme on pourrait le craindre, à cause de l’interposition du papier.
- (Der Amateur Photograph.).
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- * *
- Adoucissement des clichés durs. — M. le
- professeur Eder, dans sa dernière édition (1890) du « Manuel de Photographie », 3e partie, donne le procédé suivant pour adoucir les clichés trop heurtés.
- Il faut les plonger dans un bain composé de :
- Solution d’alun à 6 0/0. . . . 150 c.c.
- Acide chlorhydrique .... 5 c.c.
- Solution bichromate de potasse à 80 0/0 .................. 5 c.c.
- Lorsque le cliché est bien sec, on le trempe dans ce bain et on l’y laisse jusqu’à ce qu’il soit blanc à l’envers (il y a transformation en chlorure d’argent) ; l’arrêter-exactement à ce moment : si on tardait, il se Produirait un décollement partiel.
- On lave à grande eau et on trempe ensuite dans un vieux bain d’hydroquinone très étendu d’eau, l’image reparaît adoucie; l’effet de ce dernier bain est très rapide, et il faut ce faire qu’y tremper le cliché, sauf à renouveler l’opération si cela est nécessaire.
- H sera toujours bon de passer ensuite à l’alun.
- *
- * *
- Liqueur pour papier au ferro-prussiate.
- A. S Acide tartrique.............95 gram.
- 'Eau........................... 375 —
- g j Prussiate rouge de potasse . 80 —
- 'Eau........................... 370 —
- On verse dans la solution A, 80 c/c de Perchlorure de fer à 45° Beaumé en agitant . len> Puis on ajouté dans ce mélange, toujours en agitant, 175 c/c d’ammoniaque li-C{uide (U se produit alors un dégagement de valeur et de vapeur) et enfin l’on y verse Rapidement la solution B sans cesser d’agiter.
- Au bout de peu de temps, cette liqueur s’est refroidie ; on la met en flacons bien bouchés et on la conserve pour l’usage à l’abri de la lumière,
- Photogr. Française.
- ***
- Moyen pour éviter le halo. — Recouvrir le dos des clichés de verre d’un collodion assez fortement tinté avec du violet de mé-thyl auquel on ajoute un peu de chrysoïdine. Si on ne se sert seulement que de ce dernier produit, le but ne sera qu’à moitié atteint.
- La pellicule ainsi appliquée au dos d’une glace sensible quitte immédiatement son support lorsqu’on plonge le cliché dans le bain réducteur, elle ne peut donc pas gêner pendant le développement.
- Amateur photographe.
- *
- * *•
- Papier translucide. — Pour donner une belle transparence au papier, soit que l’on veuile reproduire par contact un dessin, soit que l’on désire avoir un bon papier à calquer, préparez :
- Huile de ricin............... . 10 gr.
- Alcool. .......................30 c.c.
- Appliquez au tampon jusqu’à translucidité parfaite.
- Bulletin des Sociétés.
- *
- * *
- Épreuves sur soie. — Faire la solution :
- Benjoin.........................0 gr. 80
- Mastic en larmes................0 gr. 50
- Chlorure de cadmium ... 3 gr.
- Alcool.........................100 c.c.
- Filtrer puis immerger la soie que l’on suspend ensuite pour la faire sécher.
- Sensibiliser dans un bain d’argent à 12 0/0 légèrement acide. ’ Remettre à sécher et repasser la soie avant de l’appliquer contre le négatif.
- Virage et fixage comme pour le papier albuminé. Repasser de nouveau après lavage soigné.
- Bulletin des Sociétés.
- ** *
- Pour tirer un cliché cassé. — Un cliché cassé pour être imprimé doit d’abord être recollé de la manière suivante :
- Prendre un verre bien pur et blanc, de la grandeur du négatif, placez-y les morceaux bien ajustés, collez ces derniers au baume
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- de Canada et imprimez-le, le châssis-presse posé au fond d’un cadre-boîte assez profond, l’ouverture placée à 45° vers la lumière du jour
- !
- Échelle pour la mise au point des chambres détectives. — 1° Mettez au point sur un objet très éloigné de 500 m., par exemple, et faites une marque sur l’échelle : c’est la marque du foyer équivalent ;
- 2° Mettez soigneusement au point un objet placé à un mètre, mesuré de la chambre ; la marque que vous apposerez sera naturellement celle de 1 mètre;
- 3° A mi-distance, entre ces deux marques, (celle du foyer équivalent et celle de mètre) se trouvera celle de 2 mètres;
- 4° Entre celle de 2 mètres et du foyer équivalent, se placera celle de 4 mètres, et ainsi de suite pour 8, 16, 32, etc. ;
- On aura donc une échelle comme ci-desus.
- Si, pour les objectifs à court foyer (de 15 centimètres et moins) cette méthode n’est pas parfaitement rigoureuse, elle peut cependant rendre de vrais services, la différence ne pouvant jamais être très grande.
- Photo-Times.
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- * *
- Pour dévisser les lentilles d’objectif. —
- Pour dévisser vos lentilles, évitez pinces et étaux. Prenez un ruban de fil et entourez la partie à dévisser par un tour et tirez fortement sur le bout restant, dans le sens desserrant du pas de vis ; si vous ne réussissiez, chauffez modérément la partie du pas de vis du corps d’objectif à l’aide d’une flamme d’alcool, et exercez un mouvement de torsion contraire sur la partie contenant la lentille et le corps de l’objectif dont vous voulez le séparer. Hélios.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- Un bateau en savon. — On a pu voir à diverses expositions de grandes statues en chocolat, en sucre, en cire ou en savon. Un californien, désireux de s’immortaliser, comme tout Américain qui se respecte d’ailleurs, n’a rien trouvé de mieux que de construire un bateau entièrement fait de savon. Il se propose, paraît-il, de l’essayer prochainement.
- On ne dit pas si ce sera un bateau de blanchisseuses.
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- * *
- Lucullus et les cerises. — Depuis très longtemps, les amateurs de cerises ont été mis par les ouvrages historiques et autres dans l’obligation de manifester leur reconnaissance à Lucullus, ce célèbre gourmet, nous allions dire gourmand.
- Cependant, s’il faut en croire l’abbé Rozier, pomologue distingué du xvme siècle, nous ne devrions rien à Lucullus sur cette question.
- En effet, dans un article écrit en 1785, l’abbé Rozier démontre péremptoirement que les cerisiers dérivent, soit par semis, soit par hybridation, des merisiers sauvages, rares en Italie, mais indigènes dans les Gaules, la Grande-Bretagne, la Germanie et il indique dans les différentes espèces sau-
- vages, les souches des principales variétés de l’arbre cultivé.
- Ce travail a été adopté par Lamarck, qui le reproduisit dans Y Encyclopédie méthodique.
- Lucullus aurait donc tout simplement introduit en Italie une variété de cerise plus douce que celles qu’on y connaissait jusqu’alors ; d’ailleurs, Pline, qui en décrit dix espèces, n’indique pas que cette nouvelle espèce introduite ait produit une sensation bien considérable dans le monde romain.
- ** *
- Poissons à chair vénéneuse. — Les premiers voyageurs qui ont exploré la mer des Indes ont signalé la grande variété et la beauté de ses poissons ; mais avec leurs brillantes couleurs, ils ont plus que partout ailleurs une chair dont l’ingestion est dangereuse et peut même être mortelle.
- Le magnifique croissant à queue jaune (un serranus) au corps resplendissant d’écarlate, de jaune, de pourpre, est appelé vulgairement soulard, par suite des effets qu’il détermine chez les personnes qui en mangent-Sa chair cause à ceux qui la mangent, une sorte d’excitation cérébrale, accompagnée de délire et de douleurs intestinales ; le croissant à queue blanche a une chair inoffensive'
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- Le même cas se produit pour deux individus du genre Genyoroge. Tous deux sont jaunes, mais l’un portant des bandes est comestible, l’autre présentant une tache noire est vénéneux.
- Dans la famille des Gymnodontes, nous rencontrons quelques-uns des poissons les plus singuliers et les plus vénéneux de l’Océan. Beaucoup portent le nom populaire de bourse et se gonflent à volonté en remplissant d’air une vaste poche de façon à doubler souvent de volume.
- Le commerce de l’ivoire en Afrique. —
- L’ivoire est devenu pour le grand état du Congo un des premiers objets d’exportation, et comme cet État dépend aujourd’hui immédiatement de la Belgique, il s’est établi à Anvers un marché d’ivoire, qui rivalisera avec celui de Liverpool.
- Voici quelques chiffres :
- En juillet 1890, une première vente trimestrielle a compris 1,399 défenses, représentant un poids de 13 tonnes et demie. A la fin d’octobre, une seconde vente a porté sur 3,000 défenses venant du Congo et pesant près de 35 tonnes.
- Ajoutons, pour donner une idée de la va-eurde cette marchandise, que dernièrement
- une dent de premier choix ^a été vendue 1,637 fr. les 50 kilogrammes.
- ***
- Une belle famille. — Le Cosmos donne le curieux cas qui suit dans son Tour du Monde.
- Un Américain, dont malheureusement la féconde carrière a été interrompue il y a peu de temps, à l’âge de 69 ans — il a été écrasé par une locomotive — a laissé une famille comme on en voit rarement.
- Il s’est marié en 1840 et a eu de sa première femme 17 enfants en 8 ans ; deux fois, elle a eu des jumeaux; quntre fois elle a eu 3 enfants à chaque couche; lar"septième fois elle n’a donné le jour qu’à un seul enfant, après quoi elle est morte.
- Trois mois après le père se marie ; 2 ans de suite il a avec sa seconde femme un enfant ; puis pendant b ans il en a 10 (cinq fois des jumeaux) ; puis une période de calme s’établit, et, en 3 ans, il ne naît que 3 enfants. La seconde femme meurt à son tour, laissant à son mari un total de 20 enfants vivants (12 étant morts sur les 32 qui portent le nom du père). Celui-ci se remarie avec une veuve ayant un enfant, et, en 10 ans, elle lui donne 9 enfants. Sur ces 41 enfants il n’en vit que 24 à l’heure actuelle
- LA SCIENCE PRATIQUE
- Pour nettoyer les meubles d’acajou. —
- Pour entretenir le poli des meubles en bois d’acajou, on prendra 40 grammes de cire jaune ; on la fera fondre dans un vase en terre vernissée; si l’on a eu soin de râper la cire, ode deviendra liquide presque immédiatement. On ajoute alors 40 grammes d’essence de térébenthine et 12 grammes d’orcanette ; on agite le mélange en employant une petite pelle en bois ; on laisse refroidir ; on prend un Petit morceau de cette pâte, et, avec un tampon de laine, on frotte fortement le bois d acajou.
- 0n prépare une autre pâte servant au même usage. Sa composition ne diffère pas sensiblement de la précédente ; on se borne d substituer à l’orcanette de l’alcool, en quantité égale à la cire ; cette pâte produit Ul1 ollet plus énergique que celle ci-dessus
- indiquée, et convient mieux aux meubles qui sont plus endommagés ; si l’on a la patience et la force nécessaires pour frotter suffisamment les meubles avec cette dernière composition, ils reprennent tout leur éclat primitif.
- Moyen de reconnaître la margarine dans le beurre. — M. Lézé, professeur à Grignon, a découvert un moyen pratique de reconnaître la margarine dans le beurre.
- On fait fondre le beurre, puis on ajoute au beurre fondu une dissolution concentrée de sucre, après quoi on agite la masse. La partie aqueuse se dépose au fond et une émulsion blanchâtre paraît à la surface. Cette émulsion est limpide si le beurre est pur, et trouble si le beurre contient de la margarine.
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- La SCIENCE EN FAMILLE
- Un baromètre à peu de frais. — Faites dissoudre dans de l’alcool étendu (environ 30°) une petite pincée de salpêtre, autant de sel ammoniac et autant de camphre. Pour opérer cette dernière dissolution, il sera bon de chauffer légèrement le liquide. Le mélange étant mis dans une bouteille à eau de mélisse (ce récipient doit être assez long), vous fournira une bonne substance barométrique, donnant les indications suivantes :
- Beau temps. — Le liquide reste clair.
- Vent. — Formation de filaments dans la partie supérieure du liquide.
- Pluie. — Le liquide devient trouble dans toute sa masse. S’il se forme de petites étoiles cristallines au sein de ce liquide trouble, c’est signe de tempête.
- En hiver, cet appareil rudimentaire peut rendre de grands services aux horticulteurs qui trouvent en lui un thermomètre-baromètre. En effet, si, en hiver et par un beau temps, de petits cristaux se manifestent dans le liquide, soyez sûrs que la neige
- ne sera pas quarante-huit heures sans tomber. Si la cristallisation s’opère à la partie inférieure du flacon, jardiniers, protégez vos châssis, car la gelée ne saurait tarder et elle sera d’autant plus intense que la couche cristalline sera plus épaisse.
- Ce baromètre, très facile à construire sans dépenses, est très sensible, mais il faut avoir soin de protéger le liquide du contact de l’air en cachetant soigneusement la bouteille qui le contient. De plus, une exposition au nord convient mieux que toute autre.
- • #
- * *
- Ciseaux perfectionnés. — La flg. 134 représente, d’après le journal anglais Invention, des ciseaux perfectionnés par M. J, du Boulay, et disposés en vue de produire un glissement de l’une des lames contre l’autre. A cet effet, la lame A est percée d’une rainure courbe C, et est pourvue, en outre, d’une courbe-guide D. La lame B porte une vis E engagée dans la rainure, et deux pieds F F’ sur lesquels glisse la courbe D. L’inven-, teur prétend obtenir ainsi une coupure droite
- Fig. 134.
- et régulière, tout en diminuant l’effort nécessaire.
- ** *
- Conserver la couleur des fleurs. — Voulez-vous conserver la couleur d’une fleur, soit pour la placer dans un herbier, soit pour toute autre raison, faites-lui subir une immersion d’un quart d’heure environ dans un mélange d’eau et d'esprit de vin par parties égales, ce sera suffisant, et si la fleur abandonne son parfum, du moins aura-t-elle gardé sa couleur.
- ***
- Moyen de reproduire une gravure. -
- Voici ce qu’écrit à la Nature un de ses correspondants :
- On détache une gravure quelconque d’uu journal illustré, on la place au fond d’une assiette, d’une cuvette, d’un récipient quelconque, en ayant soin de tourner vers le haut la partie imprimée. On verse sur la gravure ainsi disposée du soufre fondu. Il n’y a plus qu’à laisser refroidir pour obtenir un beau gâteau de soufre contre lequel est fixée la gravure. Pour retirer le papier, il suffit de mettre la plaque obtenue dans l’eau : le papier absorbe l’eau, il n’y a plué qu'a frotter avec la peau, en particulier avecje pouce, pour retirer le papier et voir app^ raître la gravure reproduite sur le soufre, cette reproduction est solide, l’on Pcut frotter, sans gratter, môme avec de l’eau, elle ne s’en va pas. Cette expérience Per" met de reproduire très nettement toutes sortes de gravures de petit format et d’obtenir des planches ou panneaux qui PeU‘ vent servir à décorer un mur à la campagne'
- *** On
- Pour percer un trou dans le fer. —
- donne à un morceau de soufre la forme que doit avoir le trou, ce qui est très facile, PulS on chauffe à blanc la barre ou la lame de f°r forgé que l’on veut trouer.
- A ce moment on appuie le bâton de souhe <l l’endroit marqué; il entre très facilement e trou est fait, il a exactement la forme du bàto^' Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, n8, rue d’Assas-
- La Fère. — lmp. Bayen, rue Neigre
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- CAUSERIE PHOTOGRAPHIQUE
- J’une bonne installation dépend tout le succès —• pourrait-on dire d’une façon énérale—dans es opérations thoto graphites. Il ne suffit ias d’avoir une )onne chambre mire, un objectif très lumineux, d’excellentes plaques etc., pour réussir de beaux clichés, il faut que le laboratoire soit bien aménagé pour terminer convenablement l’opération commencée.
- J’ai remarqué
- Le pupitre que nous livre le commerce est
- construit aux formats les plus usités chez le
- photographe. Il se compose de trois cadres de bois superposés, et dont celui du milieu est relié aux deux autres par des charnières, à deux côtés opposés, tel unaZ-bum dépliant, en Z. Le cadre du dessous reçoit une glace étamée qui renvoie la lumière sur celui du milieu, incliné à 45°, muni d’un verre finement dépoli, tandis
- Fig. 135.
- ila’bîen’souvent, en voyage. Des photogra- | que le troisième garni d'un panneaui plein tes a qui j'ai été demander l’hospitalité du | forme écran et intercepte lalunuèred^^.
- '• • • ------1--- H
- cabinet noir pour rechar ;cr des châssis, m’ont navré par la façon... — pielles épithètes choisir?— disons seulement: insuffisante, médiocre, mal comprise, dont ils installent leur laboratoire. Par contre, d’autres ont d’excellentes idées, et ils ne m’en voudront Pas de dire ce que j’ai remarqué chez eux de pratique : il ne s’agit pas de secret de fabrication, mais simplement de perfectionnement à l'outillage et d’ingéniosit'é dans l’installation.
- Pour aujourd’hui, je vous parlerai seulement d’un pupitre à retouche que j’ai trouvé très commode, et dont 1 emploi peut rendre de grands services.
- Le
- la
- Fig. 136.
- pratique, expliquer.
- retoucheur recouvre — partie supérieure du système d’un voile noir retombant à droite et à gauche de ce panneau opaque et masquant les côtés par lesquels arriverait la lumière, puis s’installe sous ce voile pour retoucher les négatifs qu’il applique sur le verre dépoli, et qui reçoivent par - dessous seulement l’éclairage nécessaire, réfléchi par le miroir du plan horizontal.
- Nul doute que ce système ne soit bon et suffisant dans bien des cas; mais celui que représentent les deux figures ci-dessus est encore plus C’est ce que je vais chercher à
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- Une cloison de planches, une murette en briques,est percée d’une ouverture de 0m60 de hauteur sur 0m90 ou un mètre de longueur, à environ un mètre du sol du laboratoire réservé à la retouche des clichés ou épreuves; ou bien c’est une ouverture de fenêtre dont on masque la partie supérieure pour ne conserver que le jour d’en bas. Cette ouverture est munie d’un verre blanc ordinaire, qui n’a d’autre but que de laisser passer la lumière et non la pluie ni la poussière (fig. 136-2).
- A l’intérieur de l’atelier, on dispose un cadre en bois à feuillure (1-5) que l’on fixe par lé haut, à l’aide de charnières, à la partie supérieure de l’ouverture susdite, tandis qu’un autre cadre, à feuillure également (3-4), est fixé à charnières à la partie inférieure de celle-ci, mais extérieurement.
- Dans le cadre de l’intérieur, vous placez un verre douci ; dans le châssis du dehors une glace étamée, face à l’atelier.
- La vue perspective (fig. 135) et la coupe dë cet appareil (fig 136) vous en expliquent
- assez la construction ; passons à la pratique.
- Pour ce qui est de la retouche, vous n’avez plus besoin du voile noir et vous avez toute aisance des coudes pour travailler, sans compter que vous respirez librement sans être enfermé, comme dans l’autre système, dans une sorte de chambre noire. Cet avantage a sa valeur, et à lui seul suffirait pour faire adopter le système, quand on a de la place pour l’installer. Mais il en est un autre qui est à considérer: c’est celui de la commodité qu’il nous offre pour faire des reproductions de clichés négatifs ou positifs, par transparence. Le cadre formant pupitre est rabattu le long de la cloison (ce qui est facile en décrochant les deux supports qui le tenaient au mur) et* sur la face non dépolie du verre, on place le cliché à reproduire. En s’éloignant normalement du mur, avec l’appareil, on a son installation toute prête pour ce genre de travail à l’atelier, qui est un des plus difficiles à pratiquer.
- A. B.
- VARIÉTÉS
- LE NUMÉROTAGE DES MAISONS ET LES ENSEIGNES D’ANTAN
- l semble qu’une idée aussi simple que celle du numérotage des maisons, procurant le moyen de se reconnaître facilement dans le dédale des rues d’une grande ville, ait dû s’imposer depuis l’époque très reculée où les cités ont pris une extension considérable; il n’en est rien, et il faut venir jusqu’en 1512 pour trouver quelques traces de cette heureuse innovation.
- A cette date, en effet, les soixante-trois maisons du pont Notre-Dame, à Paris, furent numérotées, et voici comment Philippe de Vi-gneulle relate le fait dans ses Mémoires : « En ceste année mil ve et xii, fut achevé le pont Nostre-Dame de Paris, lequel avait été cheus et fondus en la rivier, en l’an mil ime iiijxx et xix (1499). Et fut ledit pont la plus belle pièce d’cvvre que je vis oncqucs et je croys qu’il n’y ait point de pareille pont à monde, sy biaulx ne sy riche et y a sus ledit pont lxiij (63) maixons et chacune maixon sa bouctique; lesquelles maixons avec les bouc-
- tiques sont faictes sy très fort semblables et pareilles, tout en grandeur comme en largeur, qu’il n’y a rien à dire et a une chacune maixon une escripture sur son huis, faicte en or et en azur, là où est escrit le nombre de ycelle maixon, c’est assavoir en comptant une, ij, iij, jusques à lxiij. *
- Mais ce qui est plus inexplicable encore, c’est le temps que l’on mit à étendre cette idée à toutes les rues de la ville. En 1787 seulement, le numérotage des maisons devint général, et en 1805, il fut décrété d’utilité publique et rendu obligatoire. Alors il
- gagna peu à peu les autres villes importantes,
- mais si lentement que, vers 1820, quelques-unes de nos villes du Midi ne le possédaient pas encore.
- Qn conçoit la difficulté qu’il y avait alors à se procurer Vadresse d’une personne habitant une grande ville comme Paris, Par exemple; aussi, pendant bien longtemps, leS maisons des . commerçants furent-elles les
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- seules que l’on pût trouver facilement à cause de leurs enseignes séculaires. Un acte de 1424 donne ainsi l’adresse d’une maison sise rue Neuve-de-l’Abreuvoir-de-Mâcon, faisant le coin de cette rue devant l’Abreuvoir dudit Mâcon, du côté devers Saint-André-des-Arts, et voici comment le célèbre médecin Guy Patin donne l’adresse de son fils au père du jeune Belin, dans une lettre datée du 24 mai 1653. « Il est logé avec une blanchisseuse, rue de la Harpe, chez un chapelier, à la Main fleurie, à la troisième chambre, vis-à-vis de la Gibecière, bien près de l’Arba-lestre ». Tels sont les détails et les commentaires dans lesquels il fallait entrer pour remplacer un malheureux chiffre, et encore on conçoit facilement combien des adresses données de cette façon restaient vagues et incertaines.
- Les enseignes des marchands jouaient donc un grand rôle dans cette question des adresses particulières : les plus remarquables de la rue habitée par la personne fournissaient autant de points de repère auxquels il fallait se reporter pour découvrir le domicile de cette personne.
- Les enseignes sont d’origine immémoriale : enseignes peintes, enseignes sculptées ont été retrouvées dans les ruines de Pompéi et d’Herculanum. C’est qu’en effet, de tout temps, le marchand n’a pu résister au désir d’attirer les yeux du passant sur sa boutique : un tableau grossièrement peint avec de la cire rouge représentant quelque scène étrange ou simplement les objets de son commerce, une figure grossièrement sculptée se balançant au-dessus de l’huis de la boutique ; telle fut la première enseigne, premier mode de publicité.
- Puis on fit les enseignes le plus apparentes Possible ; la tige qui les supportait devint de Plus en plus longue. C’était parfois une longue potence de fer ou de bois qui s’avan-Çait au-dessus de la rue, non sans danger Pour le passant pressé.
- L époque la plus riche en enseignes fut le moyen âge. Beaucoup de rues prirent le nom d’une enseigne importante. On en a comme exemples, à Paris, les rues de la Harpes de 1 Arbalète, de VArbre-Sec, de VHirondelle, de P Homme-Armé, etc., et, comme nous le disions plus haut, avant le numérotage des
- maisons, on désignait une maison par son enseigne ou par les enseignes environnantes les plus en vue.
- Au xvie siècle, on commença à soumettre les enseignes à une réglementation : c’est le temps des enseignes parlantes; le gantier plaçait sur sa boutique un gant rouge énorme, l’armurier un guerrier cuirassé, le cordonnier une botte gigantesque. Une preuve que ces longues tiges s’étendant au-dessus de la rue présentaient quelque danger pour les passants, c’est une ordonnance datant du 18 septembre 1761, rendue parM. de Sartines, lieutenant de police à Paris, et qui enjoignit à toute personne se servant d’enseigne de la faire appliquer, en forme de tableau contre le mur de la boutique, de telle sorte qu’elle n’eût pas plus de quatre pouces de saillie.
- A cette époque, d’ailleurs, et au siècle dernier, on cherche à faire de l’esprit dans ce genre d’exhibition et un grand nombre d’enseignes deviennent de véritables rébus:
- A la Vieille science (une viçille sciant une anse).
- A YEpiscié (un épi scié).
- Un cordonnier de la rue St-Jacques avait un tableau sur lequel était représenté un passant étendant la main droite sur une paire de chaussures neuves, tamdis que la main gauche essayait de s’emparer d’une oie grasse qui fuyait sous la table; au bas, on lisait :
- Si tu prends les souliers, laisse au moins là mon oie. Uàne qui joue de la vielle, le chat qui pelote, la Chèvre qui danse, la Truie qui file, se voyaient à ce moment; mais une enseigne qui fut longtemps en vogue, c’est celle du Signe de la croix : elle remontait au temps de la Ligue et représentait, à l’origine, un cygne dont le cou s’enlaçait autour d’une croix. Le Lion d’or, la Cigogne, le Cheval blanc, furent accaparés par les aubergistes. A propos de la première, elle avait représenté à l’origine un voyageur dans son lit avec cette légende : Au lit, on dort. Mais on la remplaça par l’animal posant la patte droite sur une boule.
- Les grands noms et les grands succès servirent également de sujets aux enseignes: A Louis XIV, à Molière, à Colbert, au Grand Cardinal, au Figaro, etc., et des peintres
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- illustres comme Géricault, Hogarth, Horace Vernet, ont peint des enseignes.
- Enfin, citons en terminant quelques enseignes comiques — ce sera le mot de la fin — qui ont eu leur heure de célébrité :
- Celle d’un coiffeur qui exposait cinq chevelures sous l’invocation de Saint-Ignace;
- Celle d’une marchande de poisson qui figurait un poisson dans un soulier, avec ces mots : A la marée chaussée ;
- Celle d’un marchand de tabac qui, en 1848, écrit sur sa vitrine : Liberté, égalité, fraternité, avec cette mention au-dessous : Aux trois blagues.
- A Toulon, un bottier du nom de Lemeilleur avait mis sur son enseigne : Le meilleur bottier de Toulon. Ses confrères lui firent un procès en demandant de placer une virgule entre « meilleur » et « bottier ».
- Deux enseignes politiques, au hasard : celle d’un cuisinier nommé Traître, et qui, après 1814, avait écrit sur sa boutique : Au duc de Raguse, Traître, restaurateur, et celle-ci, plus nouvelle, d’un pâtissier qui, sous le règne de Louis-Philippe, avait pris comme enseigne : Leroy fait des brioches.
- A Strasbourg, avant 1S70, près de l’école de droit, existait une brasserie sur laquelle on voyait un éléphant debout avec cette légende : A l èl'ephe en droit, ce qui faisait, grâce à la prononciation alsacienne: A Vélève en droit.
- Enfin, qui ne connait l’enseigne du marchand de vin facétieux établi vis-à-vis du cimetière du Père-Lachaise et qui avait écrit sur sa façade : « Ici, l'on est mieux qu'en face! »
- CONSERVATION DES FLEURS
- AVEC LEURS FORMES ET LEURS COULEURS
- ans compter le cas dans lequel le sentiment peut inspirer le désir de garder aussi intacte, aussi vraie que possible une fleur à laquelle s’attache quelque souvenir pieux ou quelque émotion, il peut être intéressant et utile de savoir conserver des fleurs avec leurs formes et leurs couleurs naturelles, soit qu’on ait besoin, sans en avoir le temps tout de suite, de les décrire ou de les fixer par le dessin sur le papier, soit qu’on veuille le* transmettre au loin à l’examen d’un savant ou d’un amateur, soit enfin que l’on veuille exposer ces fleurs dans des galeries botaniques destinées à l’enseignement de l’histoire naturelle.
- Occupons-nous d’abord de la forme primi • tive qu’il s’agit de conserver aux fleurs choisies.. Pour cela, il s’agit de les enfouir dans du sable et de les sécher ensuite. Le récipient, le plus convenable pour cette opération est un simple cornet en papier, dont la pointe a été refoulée de façon à faire de ce cornet une sorte de cône tronqué.
- La dessiccation peut s’effectuer à une température de 35 à 40°, et dans un endroit où celle-ci se renouvelle facilement; mais on ob-
- tient de meilleurs résultats en opérant cette dessiccation dans le vide, en présence de l’acide sulfurique ordinaire ou de toute autre substance avide d’eau, telle que la potasse caustique ou le chlorure de calcium fondu.
- Quand la fleur est séchée — ce qui dure parfois huit ou dix jours — on la retire du sable, avec beaucoup de précaution, car, à ce moment , elle est très fragile. Il faut la débarrasser de la poussière qui salit ses pétales, et pour cela, on laisse tomber d’une certaine hauteur du sable grossier sur la fleur.
- C’est tout: la fleur a reçu tous les soins nécessaires pour conserver sa forme, il s’agit maintenant de la placer à l’abri de l’air et de l’humidité.
- Alors, on l’enferme dans un flacon à large col, bouché à l’émeri et renfermant un peu de chaux vive destinée, comme on le devine, à absorber la petite quantité d’humidité qui pourrait s’introduire dans les flacons quand on vient de les ouvrir ou par quelque autre circonstance. L’air sec et privé d’acide carbonique dans lequel baigne ainsi la fleur lui conserve ses couleurs naturelles et semble même les rendre plus vives.
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- On ne réussit malheureusement pas toujours à conserver aux fleurs séchées leurs couleurs et leur éclat primitifs, car ce travail demande les soins les plus minutieux; mais on peut faire tout de suite une remarque, c’est que l’opération réussit d’autant mieux que la dessiccation a été plus rapide; c’est pourquoi la dessiccation dans le vide, qui s’achève en deux ou trois jours, donne de bien meilleurs résultats. ’
- Il est certaines fleurs que la dessiccation seule change de couleur : telle est la Mauve qui, de rose devient bleue; il en est d’autres qui gardent leurs couleurs, mais celles-ci sont plus foncées, comme par exemple, la Passiflore, la Digitale pourprée, le Colchique, la Fumeterre, etc.
- Enfin, l’action de la lumière sur la couleur des fleurs est très variable. Certaines fleurs résistent parfaitement à la lumière, même aux rayons directs du soleil ; d’autres sont
- déjà influencées par la lumière diffuse, et il en est, enfin, qui ne peuvent même pas supporter la demi-obscurité sans être décolorées.
- Il n’est guère possible de dire à priori ce que deviendra la couleur de telle fleur sous l’action de la lumière; toutefois, d’après les observations qui ont été faites, les fleurs jaunes sont celles qui sont le plus sensibles à cette épreuve : un grand nombre y perdent toute couleur.
- Enfin, si la plupart des fleurs perdent leurs couleurs au soleil, il est assez curieux de constater que quelques autres qui y sont exposées larecouvrent ; telles sont, par exemple, YAbutilon Seloici, une malvacée, la Fritil-laria imperialis, une liliacée, et le Yanda suavis, une orchidée. Ces trois fleurs, par la dessiccation, prennent une couleur d’un brun roux, mais elles reprennent leur couleur primitive dès qu’on les expose au soleil, excepté pourtant la Fritillaria qui passe au violet.
- LE CALCUL MENTAL
- REMARQUES SUR LA MULTIPLICATION DE CERTAINS NOMBRES
- I. — Nombres compris entre 10 et 20. \
- our trouver le résultat de la multiplication de deux nombres compris entre 10 et 20, il suffit de multiplier les chiffres des unités l’un par l’autre, et décrire le nombre obtenu au rang des unités du produit; on ajoute ensuite les chiffres des unités et la somme est écrite au rang des dizaines, enfin le chiffre des centaines est fourni Pur la multiplication des chiffres de dizaines. Cn reporte vers la gauche les retenues qui peuvent se présenter.
- 1er exemple : 12
- 13 156
- 3X2=6. On écrit 6 au produit ; 3 +2 — 5, cest le chiffre des dizaines ; 1X1 = 1, .chiffre des centaines.
- 2e exemple : 15
- 19 285
- 9X5 = 45, on écrit 5 au produit et on retient 4 ; 9 + 5 = 14 et 4 de retenue 18, le chiffre des
- dizaines est 8 et on retient 1 ; 1X1=1 plus 1 de retenue, fait 2, chiffre des centaines.
- II. — Nombres de deux chiffres terminés par 5.
- Pour trouver le résultat de la multiplication de deux nombres de deux chiffres terminés par 5, on additionne les chiffres des dizaines et on prend la moitié.
- (a) Si cette moitié se prend exactement, on l’ajoute au produit des chiffres des dizaines l’un par l’autre, le nombre obtenu suivi de 25 donne le produit.
- (b) Si cette moitié ne se prend pas exactement, on l’ajoute diminuée de 1/2 au produit des chiffres des dizaines l’un par l’autre ; ce 1/2 négligé vaut 50 ; le produit sera donc le nombre obtenu d’abord suivi de 75 (50 + 25).
- 1er exemple : 45
- 65
- 2,925
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- 6 + 4 = 10 dont la moitié est 5; 4X6=24, 24 + 5 = 29 et le produit est 2,945.
- 2e exemple : 95
- • 85
- 8,075~
- 9 + 8 = 17 dont la moitié moins 1/2 est 8; 8X9 = 72; 72 + 8=80 : le produit est 8,075.
- Les procédés signalés ci-dessus sont e»m-ployés couramment par beaucoup de personnes; si nous les avons rappelés, c’est parce qu’ils nous paraissent susceptibles d’extension et de généralité. En se basant sur les mêmes principes, on peut, en effet, opérer mentalement, sans le secours du crayon, des calculs plus compliqués que ceux que donne la méthode.
- On remarquera tout d’abord qu’il est facile d’obtenir immédiatement le carré d’un nombre de deux chiffres, compris entre 10 et 20, pour le cas où on ne connaîtrait pas par cœur la série de ces carrés.
- De même, on trouvera aisément le carré d’un nombre de deux chiffres terminés par 5.
- Car, dans ce cas, la somme des dizaines formant toujours un nombre pair, il suffira de faire le produitdes dizaines, d’y ajouter leur demi-somme et de faire suivre du nombre 25.
- Exemple : 752 ; 7X7 49 ; 49 + 7 = 56. Produit 5,625.
- De cette observation et de la précédente on conclut qu’on se servira avantageusement de la méthode pour obtenir le carré d’un nombre de trois chiffres commençant par 1 et finissant par 5.
- Exemple : 125*. — On dira 12 fois 12 font 144; 144 + 12=156. Produit : 15,625.
- 185*. — Je détermine par la méthode le carré de 18, en disant 8X8 = 64. Je pose 4 et retiens 6 ; 8 + 8 + 6 = 22. Je pose.2et retiens 2; 2+1 = 3. D’où 182=324. Je dirai maintenant 324 + 18 = 342.
- Donc 1852 = 34,225.
- Ce calcul se fait-mentalement avec la plus grande facilité.
- Considérons maintenant un nombre de quatre chiffres de la forme suivante : 1,205, 1,805, 1,905, on ne sera pas plus embarrassé d’en calculer le carré. Je dirai, par exemple : 120X120=14,400. Ajoutant 120, il vient 14,520, d’où le carré de 1,205 = 1,452,025; ou bien 180* = 32,400; ajoutant 180, on a 32,580. 1,805*=3,258,025.
- Toujours par un calcul mental.
- A fortiori, trouvera-t-on sans difficulté le carré de nombres tels que 205, 305, 605, 805, 905.
- Nous arrivons ainsi naturellement à des calculs dans le genre de ceux-ci : 185 X 45, 165 X145.
- Pour le premier, on dira :
- 18 + 4
- 18X4=72------7j— = 11 72 + 11=83.
- Produit : 8,325.
- Pour le second : 6X4 = 24. Je pose 4 et retiens 2 ; 6 + 4 + 2 = 12. Je pose 2 et retiens 1 ; 1 + 1=2; 16+14=30, moitié 15; 224+15 =239
- Produit : 165 X 145=23,925
- Mais on peut avoir des produits de la forme 135X45, — 175X165 dans lesquels les deux derniers chiffres du résultat seront 75.
- En effet, 13X 4 = 52; 13+4=17. moitié
- 8 1/2 ; 52 +8 = 60. Produi 1 135 X 45 = 6,075.
- Cherchons 17X16, on dira : 7X6 = 42. Je pose 2 et retiens 4; 7 + 6+4 = 17. Je pose 7 et retiens 1 ; 1 + 1 = 2. Produit 272.
- 17 + 16 = 33, moitié 15 1/2 ; 272 + 16 = 288.
- Produit 175 X 165 =28,875.
- Avec un peu d’habitude on arriverait à effectuer mentalement des produits de la forme 1,305 X 45, 1,705 X 1,605.
- Car l’exemple précédent 135X45 devient 130X4 = 520. 130+ 4=134, moitié 67.
- 520 + 67 + 587. Produit total, 58,725.
- L’exemple suivant devient à son tour;
- 170X160 = 27,200. 170 + 160=330, moitié 165, d’où 27,365. Produit total 2,736,525. (La somme 170+160 étant paire.)
- Les méthodes d’opérations abrégées ont quelques détracteurs, et on se plaît à citer cette réponse d’un élève à l’examinateur qui lui demandait pourquoi il n’en avait pas fait usage dans ses calculs ; « C’est que je n’ai pas eu le temps »; mais quand on sait se borner, une pareille défaite n’est plus valable, et les méthodes que nous indiquons échappent au reproche puisqu’elles n’ont aucune prétention à la généralité des cas.
- J’ai réalisé mentalement tous les calculs donnés ci-dessus et je ne m’en fais pas grand mérite; tout le monde peut en faire autant (1).
- Cel Poupon,
- Membre de l'academie de Clermont-Ferrand.
- (i) Le, Cosmos.
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- LA DISTRIBUTION DE L’ÉLECTRICITÉ (Suite)
- ®ISTRIBUTION PAR ACCUMUL VTEURS.— Le
- travail d’une station centrale d’éclairage électrique est extrêmement variable, suivant les heures de la journée. Pendant le jour, il est très faible, la consommation de lumière ne commençant qu’à la tombée de la nuit, il s’ensuit que les machines ne fonctionnent à pleine charge que pendant quelques heures par jour. Certaines stations, dans les petites localités, ne commencent à fonctionner qu’au coucher du soleil, pour s’arrêter vers une heure du matin. De toute façon, il se trouve que le matériel est fort mal utilisé; en outre, l’électricité produite pendant le jour est souvent vendue beaucoup moins cher qu’elle ne coûte, par la raison que les machines ne sont économiques qu’à la condition de travailler au voisinage de leur charge maxima.
- C’est pour éviter ces inconvénients qu’on a
- pensé à emmagasiner l’électricité pour la distribuer ensuite au moment de la pleine consommation. On arrive ainsi, avec des machines deux ou trois fois plus faibles, tournant jour et nuit à pleine charge, à assurer un service régulier en même temps qu’économique, car, si cl’un côté les accumulateurs ne rendent pas exactement l’énergie électrique qui leur a été fournie, par contre, les
- machines travaillent dans de meilleures conditions. Cependant l’emploi des accumulateurs est loin d’être général. Faut-il en con-cluro que ces appareils n’ont pas encore atteint le degré de perfection que réclame 1 industrie, ou bien est-ce seulement par suite dune préférence marquée, de la part des électriciens, pour les moyens purement mécaniques? Nous ne saurions le dire. Certes, i accumulateur, tel que nous le connaissons maintenant, est loin d’être parfait. Il nécessite une surveillance attentive, un entretien assujettissant, mais ce sont des défauts qu’il Partage avec plus d’un appareil industriel. On objecte également l’usure et le remplace-m°nt des plaques. C’est à l’industriel de calculer, en s’appuyant sur des bases sérieuses, Sl la dépense qui en résulte est en rapport jrvec l’économie réalisée d’autre part.
- Depuis l’invention de Gaston Planté, on a imaginé un grand nombre de formes différentes d’acumulateurs, mais l’appareil industriel est toujours resté l’accumulateur au plomb. Les lames de plomb simple, telles que les employait Planté, ne duraient qu’un temps limité, car lorsque par suite des charges et décharges successives, l’action électrolytique avait gagné toute l’épaisseur de la lame de plomb positive, celle-ci ne tardait pas à se désagréger.
- Les accumulateurs Fàure-Sellon-Volckmar et en général la plupart des accumulateurs qu’on emploie actuellement, sont construits en appliquant des oxydes de plomb qui jouent le rôle actif, sur des cadres ou quadrillages en alliage inattaquable (alliage de plomb ou d’antimoine). .Le tout plonge dans l’eau acidulée sulfurique, comme les accumulateurs au plomb simple.
- La figure 137 montre une plaque jumelle, construite par la Société française d’accumulateurs électriques. Les deux plaques, faisant partie de deux accumulateurs différents, sont réunies d’avance par un pont qui établit la connexion entre éléments. On évite ainsi les raccords qu’il est difficile de maintenir propres.
- La figure 138 représente l’accumulateur Gadot, et la figure 139 une plaque séparée. La matière active est retenue entre deux plaques de plomb percées d’ouvertures inclinées et réunies par leur grand côté, de sorte que la matière ne peut en sortir.
- Les accumulateurs sont employés non seulement comme réservoirs d'électricité, mais encore, dans certains cas, comme appareils de distribution. Par exemple, on répartit, en certains points de la surface à éclairer, des batteries d’accumulateurs travaillant chacune sur un réseau séparé. Pour la charge, ces batteries sont reliées en tension, ce qui permet l’emploi de conducteurs à faible section.
- La canalisation. — Il existe divers systèmes de canalisation, les uns reposant sur l’emploi de câbles isolés les autres utilisant des câbles nus.
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- vers d’une enveloppe de plomb et armés de fils d’acier, on peut les enterrer directement dans le sol (Siemens). On place alors à une petite distance dans la terre qui les recouvre une toile métallique qui indique leur présence lors des terrassements ultérieurs.
- Les conducteurs isolés peuvent être également placés dans des tubes en fonte, aboutissant à des regards qui permettent d’introduire ou de retirer les câbles.
- Fig. 137.
- Les canalisations aériennes dans lesquelles les fils sont suspendus à des poteaux sont les plus économiques, mais elles sont rarement tolérées dans les villes : les câbles dont le diamètre peut atteindre plusieurs centimètres nuisent au bon aspect des rues ; ils peuvent, en tombant, occasionner les accidents graves. Enfin, lorsqu’ils transmettent des courants de haute tension, ils peuvent, dans le voisinage des fils téléphoniques, par
- 'i/fose
- Fig. 13Î).
- Enfin, on peut se servir de câbles nus et les monter sur des isolateurs de porcelaine, dans des canivaux cimentés et parfaitement étanches.
- Suivant les systèmes, les prises de courant qui se rendent chez les abonnés se font à un point quelconque de la canalisation ou exclusivement dans des regards ou boîtes de prise ménagées de
- rli stance en ance.
- Compteurs cVélec tricité. — Dands un reseau de distribu tion, il est nécessaire de pouvoir mesurer l’énergie électrique qui a été employée par chaque abonné. Des appareils spéciaux ou compteurs d’électricité sont, à cet effet, intercalés a l’entrée de chaque branchement.
- Leur description ne saurait trouver place ici.^Signalons seulement trois de ces apPa*
- Fig. 138.
- exemple, etre une source permanente de danger. Aussi, en accordant les concessions d’éclairage électrique, les municipalités prescrivent-elles presque toujours les canalisations souterraines. Dans ce cas, on place les conducteurs, soit dans les égouts existants, soit dans des tranchées spéciales. Lorsque les conducteurs sont fortement isolés, recou-
- Fier. 140.
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- reils, afin d’indiquer sur quels principes ils sont basés. Lorsqu’on distribue à potentiel constant, il est inutile de mesurer celui-ci ; il suffit de connaître la quantité d’électricité (coulombs) qui a traversé le circuit pour avoir l’énergie. Par exemple, dans une distribution à 110 vols, si vingt-cinq lampes de sei/.c bougies (consommant chacune environ
- trolyse. Une quantité d’électricité donnée, en traversant un bain électrolytique,, déplace toujours un même poids de métal. Le compteur est donc formé d’un voltamètre, composé de deux lames de zinc immergées dans une solution de sulfate de zinc, et intercalé dans le circuit. Les lames de zinc sont | pesées périodiquement, et l’on en déduit la
- J
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- Fig.
- ampère) sont restées allumées pendant Quatre heures il suffit de savoir que la confrmation a été de 50 ampère-heures (ou j myriacoulombs); en multipliant par la ten-on en déduit l’énergie correspondante X 110 = 5,500 watt-heures).
- °ur mesurer la quantité d’électricité, le c°mpteur Edison met à profit les lois de l’élec-
- 141.
- quantité délectricité qui a traversé le circuit. En réalité, le voltamètre V n’est pas traversé par la totalité du courant, mais seulement par une dérivation établie aux deux extrémités d’une lame de maillechort M (fig. 140) intercalée sur l’un des conducteurs.
- Le compteur Cauderay est formé d’une horloge dont le_mouvement_est entretenu élec-
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- La SCIENCE EN FAMILLE
- triquement, et qui a pour fonction de faire avancer un mécanisme de comptage, à des intervalles de temps périodiques, et chaque fois d’une quantité proportionnelle à l’intensité du courant.
- Le compteur Aron est formé de deux horloges semblables munies l’une d’un pendule ordinaire, l’autre d’un pendule terminé par un aimant, et oscillant au-dessus d’une bobine verticale parcourue par le courant à mesurer. La différence de marche des deux horloges est proportionnelle à la quantité d’électricité qui traverse la bobine.
- Eclairage par arc. — A consommation égale, l’arc électrique fournit plus de lu-
- HYGIÈNE
- S’eau est sans contredit la plus abondante des substances inorganiques de notre organisme; sa présence est, en effet, si nécessaire aux différents liquides et aux nombreux muscles et cartilages, pour leur permettre d’accomplir convenablement leurs fonctions, que nous trouvons l’eau répandue un peu partout. Son séjour dans l’économie n’est cependant pas permanent. Or, lorsque la proportion d’eau diminue dans l’organisme et que le sang se trouve dépouillé de ce liquide, qui lui est si nécessaire pour l’accomplissement de ses importantes fonctions, nous éprouvons une sensation interne très pénible, un besoin impérieux de boire : nous avons soif.
- Bien des causes contribuent à éliminer de l’économie l’eau qui s’y trouve; telles sont la danse, la déclamation, l’exposition à un courant d’air, les sueurs, la chaleur, les hémorrhagies copieuses et certaines maladies comme le diabète et l’hydropisie. A ces différentes causes, il convient encore-d’ajouter l’ingestion d’aliments épicés, car ceux-ci provoquent, pour se dissoudre, une salivation très abondante ; par suite il en, résulte une diminution notable d’eau dans le sang.
- Il faut boire pendant les repas,pour combler les pertes d’eau qu’éprouve l’organisme, par diverses sécrétions, mais il faut boire raisonnablement et ne pas imiter ces personnes qui ne boivent presque pas ou celles qui boivent trop. Dans le premier cas, vous
- mière que les lampes à incandescence ; mais il ne se prête qu’à l’éclairage des grands espaces, car il est difficile de fractionner la lumière en foyers plus petits que 300 ou 400 bougies.
- Lorsqu’on intercale directement une lampe à arc en dérivation sur les conducteurs principaux, on n’obtient que difficilement, même avec les mécanismes les plus parfaits, une fixité satisfaisante ; le résultat est bien meilleur si l’on intercale dans le circuit une résistance de quelques ohms. La ligure 141 montre un rhéostat (1) employé à cet effet.
- (A suivre). F. Drouin.
- LA SOIF
- éprouveriez tous les désagréments d’une digestion laborieuse ; dans le second cas, vous vous exposeriez, tôt ou tard, à avoir un appétit capricieux.
- Le vin coupé d’eau constitue la boisson la plus tonique et la plus rafraîchissante qu’il soit bon d’user pendant nos repas
- En dehors des repas, à la suite d’une longue course ou pendant un exercice violent en plein air, il arrive, surtout en été, lorsque la chaleur est accablante, que notre corps se trouve baigné par la sueur et qu’une soif vive ne tarde pas à naître; nous éprouvons alors le besoin de boire. Que faut-il boire? ba meilleure boisson est celle qui est rafraîchissante et tonique. L’eau ne remplit pas toujours cette double condition, surtoht celte double condition, surtout lorsque le corps est en sueur; elle n’est pas plus à recommander, en cette circonstance, que la bière, la limonade et les sirops, quelques-uns du moins, étendus d’eau. Le café, l’eau-de-vie, le vin, le curaçao coupés d’eau, voici les véritables antidotes de la soif.
- Il m’est arrivé très souvent d’entendre poser cette question : est-il plus terrible de mourir de faim que de soif? La réponse est très simple : celui qui meurt de faim, meut épuisé, tandis que celui qui meurt de soif, meurt après avoir été dévoré par une üevie brûlante; ceci est incontestable, les annales de la soif en font foi. __________
- (i) Construit par la maison Grivolas, à Paris.
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- En terminant cette courte causerie, je ne puis me dispenser de parler des moyens employés pour rafraîchir nos boissons.
- Lorsqu’on peut se procurer de la glace, on peut en mettre un morceau dans son verre ; toutefois comme la glace provient quelquefois d’une eau plus ou moins pare, il faut, agir prudemment.
- Fréquemment on plonge carafes et bou-ti'i 11 i‘s dans un récipient qui contient de la glace concassée en petits morceaux, c’est un moyen préférable au premier.
- Enfin, en mettant à profit l’évaporation, il est facile de se procurer une boisson fraîche. Pour y parvenir, il suffit de verser de l’eau
- dans un de ces récipients en terre poreuse connus sous le nom s d’alcarazas » ; l’eau ne tarde pas à suinter, et comme elle ne peut s’évaporer qu’en empruntant du calorique au vase et à son contenu, l’eau intérieure se trouve rapidement rafraîchie, surtout si vous avez eu soin de placer, votre alcarazas dans un courant d’air.
- Boire frais est très agréable : mais rappelez Vous que la trop grande consommation d’un liquide frais peut provoquer des coliques ou des désordres beaucoup plus graves ; par conséquent, soyez sobn s et prudents, vous ne vous en porterez que mieux.
- Auguste Aubceuf.
- DU TEMPS DE POSE EN PHOTOGRAPHIE
- Ït n’y a rien d’aussi important en photographie que le temps correct d’exposition pour la plaque sensible, et il n’y a rien qui soit aussi peu étudié. Les plaques ordinaires au gélatinobromure des catégories les plus lentes sont assez faciles à manipuler, mais cependant il y a encore une foule d’er-reurs par suite du manque d’attention dans oette simple question d’exposition. Les différentes conditions de lumière, pendant le jour ainsi que pendant l’année, sont, pour ainsi dire,entièrement oubliées dans les travaux de ceux qui ont donné des règles pour obtenir de bonnes épreuves photographiques. On nous envoie souvent des épreuves pour être examinées, sans aucune indication de la qualité de la lumière ou de l’heure de l’exposi-*10n- La majorité de ces épreuves ont un S1 and défaut : la surexposition. Les prin-ClPes qui gouvernent cette matière seront facilement compris par les novices, s’ils veu-ent attendre seulement assez longtemps pour quils puissent s’impressionner dans leur cer-Veau 1 en d’autres mots, donner à leur esprit Une exposition suffisante pour qu’il puisse se
- dével
- Nous
- °Pper dans leur pratique.
- tain
- convenons parfaitement qu un cer-cfi'è de surexposition peut être corrigé ans le développement, mais l’embarras, dans a plupart des cas qui se présentent., est qu’au-^Ulle attention n’est donnée à cette partie de a question. Un négatif peut être pris du atonie-paysage en trois secondes-, aussi bien
- qu’en dix, et,, par un développement soigneux, des résultats identiques peuvent être obtenus. Ceci peut être fait quand l’exposition est connue dans les limites moyennes, que le développement de l’exposition plus longue est fait avec un développateur faible et que le travail est prolongé. Un développateur qui est faible en alcali et qui contient beaucoup de retardateur est le meilleur à employer pour les plaques surexposées.
- Mais nous n’aimons pas cependant ces images qui ont été surexposées. Elles ont toujours des parties plates qui enlèvent un peu de la beauté générale du tout, et l’épreuve apparaît tachetée.
- Il n’y a pas de connaissances plus utiles pour le photographe que celles qu’il peut acquérir relatives aux changements de lumière qui se produisent du matin au soir. L’époque de l’année doit également être prise en considération lorsqu’on fait ses calculs.
- Le Lu Eder a arrangé les sujets photographiques en relation à leur action sur la plaque photographique comme suit :
- Ciel et mers ....... 1
- Vue cà vol d’oiseau à distance . 2
- Vue panoramique rapprochée . 4 Avant-plan éclairé . . . . ]
- » sombre ... f Feuillages dans l’ombre . . I
- Groupes et sujets animés. .
- Portraits et groupes sous abri . 32
- Feuillages touffus mal éclairés. 48
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- La classification ci-dessus veut dire que si vous donnez une seconde d’exposition à une vue marine sous un certain degré d’éclairage, vous avez à donner deux fois ce temps d'exposition à une vue distante sous le même éclairage. Regardant la question sous un autre point de vue, l'heure du jour, nous avons la table du Dr Scott pour nous aider, ici, le mois de l’année est un facteur important* dans les calculs.
- La table du Dr Scott est comme suit :
- Heures .5 ’5 Mai Juillet Avril Août Mars Septemb. Octobre Février Janvier Novembre Décembre
- 12 i 1 1 1/4 1 1/2 2 3 1/2 4
- 41 I i 1 1 1/4 1 1/2 2 1/2 4 5
- 10 2 i 1 1 1/4 1 3/4 3 5 6
- o :i i 1 1/4 1 1/2 2 4 12 16
- S 4 1 1/2 1 1/2 2 3 10
- 7 5 2 2 1/2 3 6
- 6 6 2 1/2 3 6
- 5 7 5 6
- 4 8 12
- La table ci-dessus est employée par beaucoup de photographes et est reconnue comme très bonne. C’est un moyen simple d’arranger le temps d’exposition d’après la puissance de la lumière à différentes époques du jour et de l’année. Si une plaque d’une certaine marque demande une seconde d’exposition, avec un diaphragme donné, au mois de juin, à midi, elle demandera quatre secondes en décembre dans les mêmes conditions.
- La qualité de la lumière pendant, le jour est également influencée par la clarté du soleil. Si le soleil est brillant et que l’exposition exacte est trouvée être une seconde, ce temps deviendra deux secondes à la lumière
- diffuse, et il augmentera à trois secondes pour la lumière moins forte et peut même aller quelquefois jusqu’à cinq secondes.
- Se souvenant de cette dernière règle, chaque travailleur peut dresser une table qui s’accorde aux différents diaphragmes de son objectif et qu’il peut porter sur lui. Après un certain temps d’usage, il trouvera qu’elle a pénétré dans sa mémoire et qu’il peut s’en passer dans la suite, ayant appris tous ses facteurs par l’usage.
- Dans chaque calcul, la marque des plaques employées est naturellement un facteur important, et nous ne pouvons assez recommander au commençant de se procurer une bonne marque, de l’étudier et de ne l’abandonner pour une autre que quand il est sûr et certain que c’est elle qui est en défaut et non pas lui.
- Le premier travail à faire par ceux qui se trouvent embarrassés avec le temps d’exposition est d’étudier les plaques qu’ils emploieront cet été. Choisissez un beau jour et un diaphragme moyen, exposez une plaque dans la chambre et prenez une vue distante, divisez votre châssis afin de donner des poses différentes, de manière à trouver le temps exact pour cette plaque et à cette date. Des résultats ainsi obtenus, on peut déduire les valeurs pour les autres diaphragmes par i'aP‘ port à leur ouverture en appliquant les données énoncées.
- Les semaines passeront vite et, pour les beaux effets, nous sommes dans la meilleme saison de l’année. Nous recommandons donc à nos lecteurs de mettre leurs appareils en ordre. (1) (Anthony’s)•
- A TRAVERS LA SCIENCE
- La catastrophe de Moenchenstein. —
- Les journaux politiques nous ont apporté la nouvelle de l'épouvantable catastrophe survenue près de Bâle, sur la ligne du Jura-Simplon. Par suite de l’écroulement du pont de Moenchenstein, un train a été précipité presque entièrement dans la Birse, en faisant de nombreuses victimes.
- Notre collaborateur, M. Drouin, s’étant
- trouvé à Moenchenstein quelques heures après l’accident, nous serons à même fournir à nos lecteurs, dans un prochain m cle, tous les détails authentiques relatifs *> cette catastrophe. Actuellement les causes de l’accident et le nombre exact des vicD®®s sont encore inconnus. Les travaux de
- (i) Traduction du Bulletin du Photo-Club•
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- blaiement se poursuivent avec toute l’activité possible.
- Le tombeau d’Aristote. — A Eretria, auprès de Ghalcis, dans l’île d’Eubée, le docteur Charles Waldstein, professeur d’archéologie à l’Université de Cambridge, vient de découvrir le tombeau d’Aristote. Nous savions déjà en effet qu’Aristote s’était réfugié dans cette île et qu’il y était mort en 322 avant J.-C. : accusé, par ses compatriotes, d’impiété envers les dieux, il avait voulu leur éviter de renouveler le crime qu’ils avaient commis en empoisonnant Socrate.
- Les fouilles qui viennent de conduire à cette constatation avaient amené la découverte d’une série de tombes, dont deux ont eu leur contenu dispersé, mais dont deux autres se trouvent intactes, et c’est l’une de ces deux dernières qui aurait été la sépulture d’Aristote.
- Ce qui donne une importance considérable à l’opinion du savant docteur, c’est qu’il a été trouvé parmi les objets recueillis, sept cou-tonnes en or, un stylet et une pointe à l’ex- j trémité fendue, également en or, une figurine en terre cuite représentant un philosophe dans une pose méditative, rappelant la statue d’Aristote, qui existait encore à Constantinople au ve siècle de notre ère, et dont Chris-todore nous a laissé la description; enfin, sur la tombe voisine, on lit Biote Aristotelou.
- Hl/ ***
- Origine de certains végétaux. — La plupart des plantes que nous appelons usuelles, que nous considérons généralement comme lndigènes,ne viennent pas chez nous spontanément; et la preuve, c’est qu’elles n’y Poussent pas à l’état sauvage. Elles ont été '^portées en France à différentes époques et s’y sont acclimatées. Il n’est pas sans intérêt de connaître l’origine de quelques-unes éc ces plantes.
- Le blé est originaire des plateaux du Thibet nn il croît encore à l’état sauvage ; mais agrieulteur a fait d’une plante herbacée Contenant quelques grains à peine utilisables, a céréale que nous connaissons et qui nous est si utile.
- Lavoine vient du nord de l’Afrique; le S0lole, de la Sibérie, ainsi que le sarrasin (iUe 1 on trouve également en Tartarie. L’orge
- a été trouvée à l’état sauvage dans l’Hima-laya et le millet dans l’Inde.
- Le navet et la betterave nous viennent des bords de la Méditerranée, le céleri et la rave de l’Allemagne et le panais de l’Arabie. La pomme de terre a été importée du Pérou et du Mexique.
- L’oignon est originaire de l’Egypte et le riz de l’Afrique méridionale.
- Le persil fut d’abord cultivé en Sardaigne, les épinards en Arabie et le radis en Chine et au Japon.
- Parmi les arbres, le châtaignier vient d’Italie ; le citronnier de la Grèce, le pécher, le noisetier et le mûrier de la Perse ; le prunier, le cerisier, l’amandier et l'olivier sont originaires de l’Asie Mineure.
- Nous pourrions étendre considérablement cette énumération. Nous nous en tiendrons là, faisant remarquer simplement que si le cultivateur ne peut rien inventer, il peut au moins perfectionner au moyen de sélection et de greffes successives.
- Je crois qu’une exposition horticole organisée dans ce sens (origine de toutes les plantes alimentaires et ornementales) serait très intéressante.
- Qu’on présente au public, à côté des produits agricoles que nous obtenons actuellement, les végétaux qui leur ont donné naissance, nous y verrons l’artichaut à côté du chardon, et les gourmets pourront apprécier la différence de grosseur et de saveur entre ,1e fruit du sauvageon et la pomme de Calville ou la reinette qui fait leurs délices.
- ***
- Une fontaine de pétrole. — A la suite d’un nouveau forage à Bakou, le pétrole vient de jaillir avec une puissance qui rappelle celle des fontaines les plus célèbres.
- Ce puits donne. 5,000 tonnes de pétrole par jour et alimente une véritable rivière débitant 3,500 litres par minute, qui le dirige vers ces dépressions du sol utilisées là-bas comme réservoirs.
- Heureusement on sait fermer ces puits aujourd’hui et on sait en régler le débit de façon à ne rien perdre de ces richesses.
- ***
- Les amandes. — On connaissait déjàl’œuf de poule construit de toutes pièces et dû aux Américains de Chicago; on connaissait aussi
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- parmi les falsifications originales, l’huître artificielle et les cigares en papier, mais la fausse amande n’était pas encore inventée : grâce à la Hollande cette lacune est comblée, car voilà qu’on nous apprend que les
- habitants de ce pays fabriquent des amandes au moyen de glucose et les parfument avec l’essence de mirbane. Les Hollandais poursuivent cette industrie, qui vient en aide, paraît-il, surtout à la confiserie.
- ÉPHÉMÉRIDES ASTRONOMIQUES
- JUIN 1891.
- SOLEIL. — Entrée dans le Lion le 23, à 4 h. 40m. M; le lc,juillet l’obliquité de l’écliptique est: 23° 27’ 15” 72. Suivre les taches. — Les jours décroissent de 57 m. — Temps moyen à midi vrai: 0 h. 5 m. 13 s. le 11 ; 0 h. 6 m. 10 s., le 31.
- LUNE.— N. L. le (5,à 4 h. 8 m. M.; P.Q. le 14 â 5 h. 38 m. M. ; P. L. le 21, à 2 h. 3 m. S. ; D. Q. le 28, à 4 h. 42 m. M.
- OCCULTATIONS. — Le 26, f, poissons, à 11 h. 11 m. S.
- PLANÈTES. — Voir leur marche sur notre planétaire et à la page 123 de la Science en Famille.
- Passages méridiens, le 11 juillet: Mercure, 0 h. 28 m. soir; Vénus, 10 h. 44m. matin; Mars, Oh. 31m. soir; Jupiter, k h. 3 m. matin; Saturne, 3 h. 44 m. soir; TJranus, 6 h. 25 m. soir.
- -ÉTOILES FILANTES. — Du 23 au 31 juillet, essaims nombreux dont les points radiants sont : p, Persée ; t, Pégase; ç, Poisson austral ; S, Andromède ; S, Verseau ; (3, Triangle ; a Cygne.
- CONSTELLATIONS. — Voir la Science en Famille du 1er juillet 1888. Les belles nuits d’été sont très favorables pour les observations astronomiques que facilite encore pour un grand nombre de nos lecteurs, le séjour à la campagne.
- NOUVELLES DE LA SCIENCE. — L’Astronomie a récemment publié une remarquable étude due à la plume de M. Scheiner, astronome à Postdam, sur l’habitabilité des mondes. Nous reviendrons dans le prochain numéro sur cette question intéressante.
- RENSEIGNEMENTS ASTRONOMIQUES Monographie de Mars.
- Diamètre : 0,528 (1) — 6,753 kilomètres.
- Distance solaire : 1,52360 (l) — 56,000,000 de lieues.
- Révolution annuelle : 686 j. 97964.
- Rotation : 24 h. 37 m. 23 s.
- Inclinaison de l’axe sur l’orbite : 61° 18’ (Flammarion).
- Inclinaison du plan sur l’écliptique : 1° 51’2".
- Inclinaison du plan sur l’équateur : 27° 16 (Bessel).
- Excentricité : 0,0932611.
- Volume : 0,147 (1).
- Densité: 0,711 (1) (ann.).
- Masse-. 0,112 (Hall) — 0,105 (ann.).
- Intensité de la pesanteur (1) : 0,50 — 0,376 (ann.).
- Aplatissement : 1/30° (?).
- Vitesse par seconde sur l’orbite : 23,863 mètres (Jackson).
- Vitesse par seconde d'un point à l’équateur: 244 mètres (Jackson).
- Chaleur (1) ; C,43. — Lumière (id.).
- Révolution synodique : 780 jours.
- Longitude du nœud, ascendant : 48° 23’ 5a (ann.).
- Surface (1) : 0,29,
- Vitesse d’un corps après une seconde de chute : 3 m. 43.
- Poids : 1/9* de la Terre.
- Moyen mouvement diurne : 1886”,5184.
- Longitude du périhélie : 333° 17’ 34”.
- Diamètre à la distance (1) : 9” 35 (ann.).
- LA SCIENCE PRATIQUE
- Pureté du vinaigre. — Voici un moyen dû à M. Balzer de reconnaître si le vinaigre que l’on possède est falsiüé avec des acides minéraux, ce qui le rend excessivement malsain.
- On met quelques gouttes de vinaigre sur une assiette blanche, et on verse par dessus
- quelques gouttes d’une solution aqueuse de violet de méthyle.
- Si le vinaigre ne renferme aucun aci minéral, la couleur reste la même; contient
- il de l’acide sulfurique ou chlorhydrique,1
- devient vert ; il apparaîtra bleu s'il contien de l’acide azotique.
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- LÀ SCIENCE EN FAMILLE
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- Emploi des copeaux de bois. — Après avoir choisi les copeaux plats, on en fait des bottes que l’on plonge dans une solution faible de gélatine pendant 24 heures, et après les avoir séchés, on les coupe de longueur.
- Avec ces copeaux on peut confectionner des assiettes, des plats etc.
- Dans une feuille de papier fort ou de mince carton, on coupe des plaques de la dimension des objets à produire, on les humecte.avec une solution faible de gélatine et de verre fusible, et on les presse ensuite dans des moules métalliques chauffés. Quand c’est sec, on recouvre les deux faces des feuilles de- papier avec une colle composée de 5 parties de gélatine de Russie, et une partie de térébenthine, puis on applique les copeaux, et on comprime le tout.
- Mort aux cousins ! — Le Journal d'Hygiène donne ce moyen de se débarrasser des cousins, ces insectes piquants et incommodes qui infestent certaines localités pendant Jes' soirées chaudes de l’été.
- Il faut tout simplement placer le soir au milieu de la chambre, une lanterne allumée, dont les verres intérieurs auront été enduits de miel, ou plus simplement encore, remplir de miel le dessous d’un abat-jour en porcelaine.
- Les insectes, attirés par la lumière, vien-
- RÉCRÉATIONS
- Frottement des corps liquides. — Voici Une expérience se rapprochant quelque peu de celle que nous donnons plus loin sous le litre : Force centrifuge, et qui est destinée a expüquer quelques-uns des phénomènes P'oduits par le frottement des corps liquides.
- Sur un plateau à surface unie, et à re-01 d’ essayons de faire tourner des œufs SUl la pointe à la façon d’une toupie.
- ‘ i l’œuf est dur, aucune difficulté, mais . est cru impossible : il fait un tour à peine et tombe.
- ®xPliquons-nous ; l’œuf dur, rigide à l’in-Ueur tourne comme un bloc formant un n !°ut complet ; il ne peut en être de même
- dront s’engluer eux-mêmes et ne pourront se dégager.
- *
- * *
- Inscriptions sur verre.— On peut, avec la nouvelle formule suivante, obtenir sur verre
- des inscriptions mates.
- Faire dissoudre : œ ‘ -
- Fluorure de sodium............ 36 g.
- Sulfate de potasse............. 7 g.
- Eau......................... 500 g.
- D’autre part, faire dissoudre : > . i
- Chlorure de zinc..; .......... 14 g.
- Acide chlorhydrique........... 65 g.
- Eau.......................... 500 g. .
- On mélange ces deux- solutions en parties égales, et on applique le mélange sur le verre, soit à la plume, soit au pinceau.
- Au bout d’une demi-heure, l’inscriptiou' est mate.
- ** * ;
- Blanchiment des gants. — On lave les : gants à l’eau froide et au savon, et on les presse fortement, après les avoir rincés avec soin.
- Après cette première opération, on les plonge dans une solution composée ainsi : 10 gr. de blanc de zinc en poudre, 1 gr. de magnésie calcinée, 6 gr. d’alun pulvérisé, le tout parfaitement dissous dans un litre d’eau, On suspend ensuite les gants à une ficelle pour les sécher, loin du feu et loin du soleil ; secs, ils sont devenus blancs et absolument souples.
- SCIENTIFIQUES
- de l’œuf cru. Le contenu de celui-ci, en raison de sa pins grande force d’inertie, n’est pas animé du même mouvement de rotation que la coquille très légère, laquelle frotte contre la masse immobile et liquide plus lourde et s’arrête presque aussitôt, s Voici donc une solution amusante du , problème de Colomb : veut-on faire tenir pn œuf sur la pointe ? le cuire dur et le faire ; tourner. . ,,!r
- Il existe une expérience plus singulière, Posez l’œuf dur suivant son grand axe,, faites* le tourner, puis touchez-le avec la paume de la main : il s’arrête net. Mais repétez le même fait avec un œuf cru; si après l’avoir, arrêté vous retirez la main, il repart. En
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- On commît celle
- effet, la coquille est arrêtée, mais le contenu liquide de l’œuf continue son mouvement, et, frottant contre la coquille, la rotation recommence.
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- * *
- Illusion d’optique.
- expérience basée sur le principe de la persistance des impressions sur la rétine, auquel il faut ajouter celui des images complémentaires, et que l’on peut exécuter avec la fig. 142.
- Si on regarde fixement la chauve-souris que représente cette figure, en attachant plus spécialement ses regards sur le point noir du centre, et cela jusqu’à ce que l’on se sente les yeux fatigués, c’est-à-dire pendant quarante secondes environ ; si, au bout de ce temps, on jette les yeux sur une surface blanche, le plafond, par exemple, on voit apparaître à cet endroit une chauve-souris grise qui reviendra môme après qu’on aura sourcillé une fois ou deux : quant an point noir du centre, il apparaît en blanc dans l’image persistante.
- Si l’on fait la même expérience avec cette chauve-souris peinte en rouge, elle apparaîtra en vert sur l’écran choisi.
- Il est évidemment inutile que l’image de l’expérience soit une image dessinée à cette intention : une carte à jouer, par exemple, un as de pique, un as de cœur fera très bien l’affaire ; ajoutons que l’expérience réussit d’autant mieux qu’on la fait dans un milieu mieux éclairé.
- De même, si après avoir écrit une page avec une encre rouge écarlate, on regarde
- Fig. 142. — Regarder fixement le point noir de cette figure durant une demi-minute' environ : porter ensuite les yeux au plafond où on verra apparaître la chauve-souris, gris foncé.
- Fig. 143. — Tourner le dos au soleil ; contempler son ombre durant quelques minutes, regarder le ciel où l’on verra se dessiner, en blanc, son propre profil.
- ensuite une page écrite en noir, cette dernière écriture semblera vert foncé.
- Enfin, voici encore une façon assez eu rieuse de répéter cette expérience.
- On s’assied en tournant le dos au soleil, et l’on fixé pendant quelques minutes son ombre que ,1’on a ainsi devant soi. En regardant ensuite le ciel, on voit son profil s’y dessiner nettement en blanc, sur fond sombre.
- *
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- Force centrifuge. —
- Prenez un œuf en bois tourné, placez-le sur la table de manière que son petit axe soit vertical et son grand axe horizontal.
- Avec le médius de chaque main appliqué aux deux bouts imprimez-lui un vigoureux mouvement de rotation autour de son petit axe.
- Que se passe-t-il alors ? L’œuf est debout.
- Il s’est relevé sur son grand axe et il tourne sur son petit bout comme une toupie qui n’aurait pas de pivot.
- La force centrifuge augmente- avec la vitesse.
- Quand l’œuf tournait autour de son petit axe, les portions de cercle qui avoisinaient le petit bout décrivant dans le même temps plus de
- chemin avaient une plus
- grande vitesse.
- En conséquence, la force centrifuge y prédominant a relevé l’œuf sur le petit bout.
- Il est bien évident que si on l'avait inchn un peu vers le gros bout, il se serait au contraire relevé de ce côté._________________
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d’Assa»-
- La Fère. — lmp. Bayen, rue Neigre.
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- (BIBLIOTHÈQUE)^}
- J&i
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- CONSEILS AUX AMATEURS POUR FAIRE UNE COLLECTION DE PAPILLONS (Suite)
- Papillons Diurnes (Suite)
- rycénides. — Antennes annelées de blanc et de noir ; ailes quelquefois terminées par une petite queue, bleues en dessus chez les mâles et brunes chez les femelles. Chenilles courtes, épaisses, ramassées et ressemblant à un cloporte.Trois genres : Lycæna, Polyomnatus, Thecla sont représenté s aux environ s de Paris par les papillons suivants :
- Le Lycène Argiolus (lycæna argio-us, Lin.).
- Dessus des ailes bleu lilas dans les deux sexes, avec un bord noir, étroit chez le mâle, très large chez la femelle. Dessous blanc, bleuâtre, luisant, avec de nombreux points noirs. Chenille verte avec une ligne plus foncée sur le dos. Vit sur les fleurs du houx, du lierre, du nerprun. Chrysalide gris brun. On le voit dès les premiers jours de mai, quand la saison est belle ; il reparaît en août.
- Le Lycène azurin (lycæna adonis, Fab.) ; est joli petit papillon bleu si commun pendant ia belle saison ; sa femelle a les ailes brun foncé, bordées de taches orangées. Parfois, °n les aperçoit réunis en quantité, et posés Sur la terre mouillée, surtout aux alentours des lavoirs ; ils sont alors très faciles à capturer.
- Le Bronzé (polyomnatus phleas, Lin.) d’un auve bronzé métallique, pointillé de noir.
- A /!
- Fig. . — Le Lycène azurin (Lycæna adonis. Fabr.)
- 1. 2. Le mâle. — 3. 4. La femelle. — 5. La chenille. — 6. La chrysalide.
- Chenille verte, avec trois lignes rouges ; vit sur l’oseille sauvage. Chrysalide presque ovoïde, brunâtre.
- L’Argus myope (polyomnatus xante) qui a le dessus des ailes d’un brun noir; avec des points noirs et une bordure fauve plus ou moins entière ; en dessous elles sont jaunâtres, verdâtres ou gris bleuâtre avec des taches noires aux ailes inférieures qui sont bordées-de rouge en bas.
- La plus, jolie espèce du genre suivant est le Thécla de la ronce (the-clarubi,Lin.) vulgairement dit Argus vert, et dont les ailes sont d’un vert superbe en dessous, et brun noirâtre en dessus. La chenille est pubescente, de couleur verte,rayée de blanchâtre,tachetée de jaunâtre et parfois de bleu ; elle vit sur la ronce, les genêts à balai et des teinturiers, les sainfoins, etc.
- La chrysalide est brune, avec des points plus clairs.
- Nymphalides. — Antennes longues; corselet robuste ; ailes très amples, vol vif et élevé ; habitent surtout les bois; chenilles, tantôt épineuses, tantôt tuberculeuses, à peau chagrinée. Chrysalides plus ou moins carénées.
- L’Argynne tabac d’Espagne (argynnis pa-phia, Fab.) est le plus beau du genre et aussi
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- le plus grand : ailes fauve orangé, un peu verdâtres chez la femelle, rayées et tachetées de noir chez le mâle seulement : dessous d’un verdâtre brillant, orné de quatre bandes argentées. Une variété de cette espèce, peut-être même une race, offre un cas curieux de mélanisme (noircissement de couleur). C’est un phénomène du même genre que celui qui est présenté par la panthère noire de Java. Cette variété est connue des entomologistes sous le nom d’Argynnis Valezina (Herbst) : elle a le fond des ailes très brun, mais les taches noires du type sont identiques et se détachent en plus foncé. Chenille très épineuse, rouge brique, avec une raie blanche bordée de noir ; vit sur la pensée sauvage. Chrysalide grisâtre à tubercules argentés ou dorés, se trouve communément enjuillet sur les ronces et les chardons, dans les bois de Montfort-l’Amaury, et surtout dans la forêt de Rambouillet.
- Le Grand-Nacré (Argynnis Aglaja, Lin.) ressemble beaucoup au précédent, mais les taches des ailes sont toujours rondes ; le dessous est mélangé de brun, de vert olive, de jaunâtre et orné de gros points d’argent.
- Le Petit-Nacré (Argynnis Lathonia, Lin.) a les ailes fauve ardent avec des taches noires; le dessous est plus pâle avec de splendides taches argentées. Chenille et chrysalide presque semblables à celles du Paphia ; vivent sur différentes espèces de violettes.
- Le Petit Collier argenté [Argynnis Selene). Ailes fauves avec des taches brunes ; en dessous, les ailes inférieures,ferrugineuses, sont sillonnées de trois bandes nacrées; l’une de ces bandes forme bordure et elle est séparée de la précédente par une espace brun foncé coupé de jaune; quant aux ailes supérieures, leur dessous,de même fond que les ailes inférieures, est marqué de brun à l’extrémité.
- La femelle est plus grande que le mâle ; la chenille est d’un noir velouté avec des épines jaunes, vit sur les violettes.
- La Petite Violette (Argynnis Dice) petite espèce, mesurant au plus 35 millimètres, a les ailes fauves en dessus avec la base noirâtre ; à cet endroit on remarque une tache noire au milieu d’une tache jaune.
- Les ailes supérieures sont brunes à l’extrémité et en dessous, tandis que le dessous des inférieures est brun violacé avec du jaune et deux bandes de taches nacrées au bord et au milieu de l’aile.
- A côté, plaçons les Mélitées [Melitœa) aux ailes réticulées de brun, de jaune et de noir; papillons assez communs en mai, dans les prairies sylvatiques, surtout la Mélitée Artémis (Fab.), appelée vulgairement Damier, dont la chenille, noire en dessus, jaune en dessous, présente plusieurs lignes de points blancs, le long des flancs et sur le milieu du dos ; sa tête est noire, ses pattes sont rougeâtres, et elle vit sur les plantains et les scabieuses.
- La chrysalide est d’un vert pâle avec des points noirs et des tubercules rougeâtres.
- Melitœa Cinxia. Ailes légèrement dentelées, d’un fauve terne et réticulées de noir. Les inférieures sont bordées de blanc et portent quatre lignes noires concentriques ; le dessous est jaune pâle avec deux larges bandes transversales, sinueuses, d’un roux foncé et bordées de noir. Les supérieures ont le dessous ferrugineux, mêlé de jaune et de noir. Chenille vivant sur le plantain, la véronique en avril, en août et septembre.
- Le Grand Damier (Melitœa Phœbe) a les ailes d’un roux bien prononcé. Les supérieures, réticulées de noir, portent cinq bandes de taches noires et les ailes inférieures bordées de brun possèdent le long de cette bordure une série de taches jaunes.
- La femelle a les ailes plus arrondies, et elle est plus grande. Chenille en mai et septembre sur la centaurée jacée.
- Ces trois dernières espèces sont très communes.
- Une espèce moins commune, et que l’°n trouve assez rarement à Bondy, Montmorency Villers-Cotterets, est la Melitœa Materna, aux ailes d’un fauve ardent, mêlé de brun noirâtre et de jaune ; la femelle est plus grande, mais ses couleurs sont moins vives.
- La chenille est noire et sillonnée de trois lignes jaunes ; elle est épineuse et se tient sur le plantain, la scabieuse, les feuilles de tremble.
- (A suivre) Marguerite Belèze.
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- LE LABORATOIRE DE L’AMATEUR
- LA CHIMIE (Suite).
- usqu’alors nous n’avons parlé que des corps simples : nous entamons aujourd’hui les composés formés avec ces corps. Dorénavant nous parlerons des composés après avoir étudié les corps simples: toutefois, ce début, trop long à notre gré, était nécessaire malgré son aridité.
- Les composés de l’azote.
- L’azote, que nous avons passé en revue dans la dernière causerie et dont nous connaissons maintenant les propriétés, se combine à d’autres gaz simples, notamment à l’O et à l’H (que nous connaissons déjà).
- Composés oxygénés de l’azote.
- Avec l’oxygène, l’azote forme plusieurs composés, suivant les proportions des deux gaz.
- Lc protoxyde d'azote, le moins oxygéné de tous, se prépare rarement dans les laboratoires ; nous nous contenterons de dire qu’on l’obtient en chauffant doucement de l’azotite d’ammoniaque. On obtient alors un gaz incolore, inodore et d’une saveur sucrée que l’on emploie quelquefois comme anesthésique. La préparation et la manipulation relatives au protoxyde d’azote n’étant pas sans présenter quelque danger, nous ne nous y arrêterons pas davantage.
- Le bioxyde d'azote, dans la composition duquel l’oxygène entre pour une grande partie est un gaz incolore et très instable. Son étude est assez difficile, car au contact de l’air il s’oxyde immédiatement et se transforme en acide hypoazotique.
- Etant donnée cette instabilité, ce gaz n’a aucune application directe, aussi nous contenterons-nous de le nommer.
- Nous en ferons autant pour l’acide azo-teux, plus oxygéné que le gaz précédent, mais qui est sans application.
- Nous arriverons, en suivant l’échelle d’oxydation de l’azote, à Yacide hypoazotique que 1 on peut préparer facilement en faisant réa-gu- le cuivre sur de l’acide azotique très dilué (à froid). La réaction donne naissance à du bioxyde d’azote, mais on n’a pas le loisir de
- pouvoir examiner ce gaz qui se transforme immédiatement en acide hypoazotique, vapeurs rouges très abondantes et désagréables à respirer. Si quelques amateurs veulent essayer cette préparation qui, d’ailleurs, n’offre aucun danger, nous leur conseillons de faire l’expérience en plein air pour n’ètre pas incommodés par les vapeurs rutilantes.
- L’acide azotique, encore plus oxygéné que le précédent, est le plus commun et le plus employé de tous les composés oxygénés de l’azote. C’esl un des corps les plus anciennement connus; sa découverte est ordinairement attribuée à Geber, alchimiste du huitième siècle. Sa composition exacte n’a été connue qu’en 1784.
- Propriétés physiques. — C’est un liquide incolore lorsqu’il est pur ; celui du commerce a une coloration jaunâtre due à l’acide hypoazotique qu’il contient. Sa densité moyenne est 1,50.
- Propriétés chimiques. — C’est un acide très énergique, colorant fortement en rouge la teinture de tournesol. Tous les les corps combustibles le décomposent et s’emparent d’une partie de son oxygène. L’oxygène, le chlore, le brome et l’azote sont les seuls métalloïdes qui n’ont aucune action sur l’acide azotique.
- Beaucoup de métaux sont attaquables par cet acide énergique, mais d’autant plus qu’il est plus hydraté. L’acide azotique concentré n’a d’action que sur le potassium et le zinc. A ce propos, il y a une expérience assez intéressante que nous ne passerons pas sous silence.
- Du fer (un clou, par exemple), plongé dans Facile concentré, n’est pas attaqué et il y contracte une propriété nouvelle : il devient inattaquable, même par l’acide étendu; le fait est facile à vérifier.
- Plongez un clou dans de l’acide azotique concentré, on constate qu’il n’est pas attaqué, transportez ensuite ce clou dans un vase contenant de l’acide azotique ordinaire, le fer est devenu passif et reste inattaqué. Cet état passif cesse dès que le clou est touché par un
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- morceau de cuivre. Ce phénomène très extraordinaire n’est pas encore expliqué.
- L’acide azotique attaque et détruit presque toutes les matières organiques : c’est pourquoi sa manipulation demande à être entourée de certaines précautions que, d’ailleurs, tous les amateurs doivent prendre quand il s’agit d’employer un acide quelconque. Dans ce cas, l’excès n’est pas un défaut.
- Voulez-vous reconnaître si un liquide inconnu de vous est de l’acide azotique ou en contient à l’état de mélange? Versez-en quelques gouttes dans une dissolution d’indigo. Si la liqueur se décolore immédiatement, ne doutez pas que vous soyez en présence de l’acide azotique. La coloration jaune de la laine et de la soie s’obtient en teinture par l’action de cet acide.
- Préparation. — L’acide azotique est assez facile à obtenir dans les laboratoires; on chauffe légèrement un mélange (poids égaux) de nitre (azotate de potasse) et d’acide sulfurique concentré. On recueille l’acide qui se dégage dans un flacon refroidi par un filet d’eau ou une éponge constamment imbibée d’eau fraîche. Après la préparation, il reste comme résidu, dans la cornue, du bisulfate de potasse. Dans la préparation industrielle, la cornue est remplacée par de vastes chaudières ou par des cylindres et l’on emploie l’azotate de soude ou l’azotate de potasse, suivant le prix de ces matières premières et aussi suivant celui du résidu obtenu (bisulfate de soude ou de potasse.)
- Usages. — L’acide azotique est d’un usage très répandu ; on en consomme annuellement en France la quantité respectable de cinq millions de kilogrammes environ. Il est utilisé dans l’industrie pour la préparation de l’acide sulfurique, des azotates d’argent, de mercure, etc., le dérochage du cuivre, du laiton et du bronze, la gravure à l’eau forte, l’affinage de l’or et de l’argent, etc., etc.
- Composé hydrogéné de l’azote.
- L’ammoniaque.
- L’ammoniaque ou gaz ammoniac n’a été connu définitivement qu’en 1785, époque à laquelle Berthollet en a donné la composition exacte.
- Propriétés physiques.— C’est un gaz inco-
- lore, d’une odeur piquante sui generis et d’une saveur âcre dont la densité est 0,596, très soluble dans l’eau, comme nous le constaterons tout à l’heure.
- Propriétés chimiques. — L’ammoniaque est incombustible dans l’air, mais il est possible de l’enflammer dans une atmosphère d’oxygène: il brûle alors avec une flamme blanchâtre.
- C’est une base très énergique qui, par conséquent, bleuit la teinture rouge de tournesol.
- Préparation. — Mélanger intimement des poids égaux de sel ammoniac (chlorhydrate d’ammoniaque) et de chaux vive pulvérisée. L’odorat nous annonce immédiatement qu’il se dégage de l’ammoniaque, mais la réaction sera plus vive si le mélange est chauffé dans un vase de verre. Lorsque tout l’ammoniaque est mis en liberté, le résidu est formé de chlorure de calcium et d’eau.
- Usages. — C’est un des réactifs les plus employés dans les laboratoires et aussi en teinture où il sert au dégraissage de la laine et pour développer ou aviver certaines couleurs, sous le nom d’alcali volatil (solution ammoniacale); il est utilisé en médecine contre les piqûres ou morsures d’animaux venimeux; son action, dans ce cas, est aujourd’hui fortement controversée. Dans l’économie domestique, cet alcali volatil peut être considéré comme liqueur marche-droit ; quelques gouttes dans un verre d’eau peuvent faire disparaître l’ivresse naissante. Il est également employé sous la même forme en médecine vétérinaire pour guérir la météorisation chez les herbivores. Cette maladie des animaux est, d’ailleurs, une sorte d’ivresse causée par la production interne d’acide carbonique en grande quantité.
- Comme on le voit par ce qui précède, l'ammoniaque est d’un usage très répandu et nous ne pouvons mieux terminer ce chapitre qu’en conseillant à nos lecteurs, amateurs de chimie, d’avoir dans leur petit laboratoire, et toujours à portée de la main, un litre de dissolution ammoniacale (alcali volatil) ; si un accident arrive avec un acide, et cela est dans la limite des choses possibles, faites prendre à un jet d’ammoniaque le même chemin que l’acide importun et son action sera détruite; l’acide azotique seul (parmi ceux que nous
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- emploierions), résistera à l’action de l’ammoniaque ; si quelques gouttes d’acide tombent inopinément sur vos vêtements, lavez avec un peu d’ammoniaque, vous réparerez ainsi un accident très fâcheux.
- Manipulation.
- L’ammoniaque peut donner lieu à quelques expériences curieuses ; nous allons le préparer.
- Dans un ballon (üg.145), introduisons un mélange intime de 100 grammes de chlorhydrate d’ammoniaque et 100 grammes de chaux vive ; plongeons le ballon dans un bain-marie posé sur un feu doux et relions-le à trois flacons (flg. 145) dont le premier est vide, le second contenant un tiers d’eau et le troisième de la teinture de tournesol préalablement rougie par un acide. Il faut avoir soin que le tube d’arrivée du gaz vienne jusqu’au, flacon (à O'i'Ol environ du fond).
- Le gaz ammoniac qui se dégage du ballon remplit bientôt le premier llacon, puis passe dans le second où h se dissout dans l’eau ; quand cette eau est saturée, le gaz qui se dégage encore se rend dans le troisième où il rencontre la teinture de tournesol qu’il fait virer au bleu, et, à ce moment, arrêlons-en la production. Nous avons préparé un tube droit de vingt à trente centi-
- mètres de longueur, effilé aux deux extrémités, dont .une est fermée à la lampe; ce tube traverse un bouchon propre à boucher exactement le flacon contenant le gaz ammoniac.
- Le tube doit arriver à deux ou trois centimètres du fond du flacon, la partie fermée étant à l’extérieur. Dans une cuvette (un grand bol peut suffire) versons la teinture de tournesol rougie par un acide. Retournons notre flacon, le tube plongeant dans le liquide
- (fig. 146). Cassons alors l’extrémité du tube, nous voyons aussitôt l’eau de la cuvette se 'précipiter dans le fla-Fig. 145. con, où elle change
- de couleur ; cette expérience montre l’extrême solubilité de l’ammoniaque. Au moment où nous avons brisé le tube, l’eau s’est trouvée en contact avec quelques molécules d’ammoniaque qu’elle a immédiatement dissoutesj produisant ainsi un vide partiel envahi par l’eau. De proche en proche, cette eau est arrivée à l’extrémité du tube, d’où elle retombe en pluie, bleuissant en dissolvant le gaz.
- Notre deuxième flacon de l’expérience contient une dissolution ammoniacale ou alcali volatil qui nous servira par la suite à la production du sel ammoniac. L’eau a dissous une grande quantité de ce gaz, qu’elle abandonnera dès qu’elle sera chauffée, [à suivre) G. Huche.
- LES COLLECTIONS DE LEXPOSITION BONVALOT
- l y a quelque temps nous avons entretenu nos lecteurs du voyage effectué par M. Bonvalot, accompagné du prince d’Orléans, à travers l’Afrique centrale et le Tliibet ; ces hardis voyageurs, sortis sains et saufs de cette mémorable expédition, au prix des plus grandes fatigues, eu ont rapporté des collections scientifiques exposées actuellement dans les salles du Muséum d’histoire naturelle.
- Les collections peuvent être divisées en
- quatre groupes : zoologie, botanique, minéralogie, ethnographie.
- Au nombre des échantillons zoologiques il faut citer un yack sauvage (pœphagus grunniens) absolument splendide : c’est un yack du Tliibet, dont la forme rappelle celle du bison d’Amérique, mais qui est plus grand et plus fort que celui-ci; l’encolure énorme porte une tête au crâne large et aplati ; les assises sont puissantes, le rein est très allongé. Ses pareils sont nombreux dans les
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- La SCIENCE EN FAMILLE
- plateaux du Thibet où on arrive assez facilement à les domestiquer; nos explorateurs français les ont utilisés souvent comme animaux de charge dans l’organisation de leurs caravanes. Les yacks possédés jusqu’alors par le Muséum étaient originaires de l’Inde ; c’est le premier spécimen de cette espèce qui entre dans nos collections. Il en est de même, d’ailleurs, de quelques sortes d’Hémiones très remarquables, animaux moitié ânes , moitié chevaux, appartenant également à la faune des Hauts-Plateaux du Lob-Nor et qu’avait seulement entrevus jadis Marco Polo.
- Citons encore une antilope à cornes longues et pointues, à peine divergentes et au mufle très épais.
- Ces animaux sont montés, mais des armoires vitrées renferment de magnifiques peaux de panthères forts rares, d’ours à collier, d’onces, de gazelles, de lynx du Thibet, de cerfs pyrargues , de renards blancs, de marmottes, d’écureuils volants, de rongeurs à larges oreilles, etc.
- ' Chez les oiseaux, on remarque de superbes gypaètes, des faisans blancs, desmerlesbleus, une grue de grande dimension et à queue noire, la première de nos collections, des perdrix, des cygnes, des oiseaux-mouches aux vives couleurs; enfin, quelques passereaux nouveaux qui ont reçu les noms de Babex Bonvaloti, Pomaterhinus Armandi, etc.
- En botanique, une abondante collection do plantes réunies dans de volumineux herbiers permet d’étudier la flore de ces contrées lointaines : cette flore du Thibet dont le Muséum vient ainsi de s’enrichir d’une soixantaine d’échantillons au nombre desquels on remarque un lilas, un pavot, un nard, une immortelle, etc.
- Au point de vue géologique, une série de roches et de minéraux permet de se faire une idée des perturbations de l’Asie centrale; à signaler surtout un fossile trouvé à une hauteur de 5,800 mètres, c’est-à-dire à
- QUELQUES MOTS SUR L’H
- ’Astronomie, disions-nous en terminant nos dernières Nouvelles de la Science, a récemment publié une fort intéressante étude due à la plume de
- une hauteur à laquelle on n’avait jusqu’alors découvert aucun fossile.
- Enfin les collections anthropologiques et ci lu ographiques ne le cèdent en rien à celles dont nous venons de faire une trop rapide analyse.
- Une vitrine tout entière est remplie d’objets servant au culte : costumes complets de lama, mitres de soie pour les prêtres, vases à eau lustrale, bijoux, anneaux en turquoise et en corail ; cymbales destinées à annoncer le commencement des offices, clochettes et trompettes pour accompagner la célébration du service : c’est un tibia humain ayant servi de trompette à un lama mendiant ; plus loin, c’est le moulin à prières en usage chez ces peuples.
- Une autre vitrine renferme, avec ce qui a rapport au vêtement, quelques denrées alimentaires; des manteaux en poils de chameaux, des ceintures desoie, des robes, une espèce de béret, des bottes de diverses couleurs et dont la couleur indique le rang de la personne qui les porte ; plus bas, des chenilles, du sucre, du thé en tablettes, du tabac, etc.
- De nombreuses photographies nous donnent une idée du pays lui-même et de ses habitants: ce sont les ministres de Lhassa,à la face bouffie, au torse replet ; puis des guerriers au masque creusé, aux pommettes saillantes, avec les types des habitations de ces régions, le tout accompagné de groupes d’hommes et d’animaux, de cartes, de panoplies formées d’arcs, de poignards, de sabres, de fusils.
- Enfin, si l’on ajoute à toutes ces richesses scientifiques les principales vues des pays traversés et celles des principales phases de ce voyage mené à bonne fin par deux français, on aura une idée à peu près complète de l’ifl1" portance que présente, au point de vue des sciences naturelles, cette exploration, une des plus belles des temps modernes.
- miTABILITÉ DES MONDES
- M. Scheiner, astronome à Postdam, sur 1’^' bilabilité des mondes.
- G’ést là, à coup sûr, l’une des questions les les plus passionnantes que la science puisse
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- se poser. Je ne saurais mieux faire que de renvoyer mes lecteurs à cette note si pleine de points de vue originaux. Qu’on me permette toutefois de dire tout de suite, puisque l’occasion s’en présente, tout mon sentiment à cet égard. Deux choses nous paraissent s’imposer, non point avec la certitude scien- i tifique, mais avec toute la force de la logique humaine, à savoir que notre terre n’est pas le seul monde habité par des êtres vivants, et ensuite que nous courons le risque de commettre, dans ce genre de déductions cosmogoniques, les raisonnements les plus faux, si nous les étayons sur les lois ordinaires de la déduction ou de l’analogie. Le vrai savant doit avoir le courage d’avouer son ignorance, c’est même la pierre de touche entre le faiseur et l’homme sérieux; disons donc tout de suite que, comme nous ignorons encore absolument ce qu’est la vie en elle-même, ainsi que les faces qu’elle peut prendre suivant les milieux où elle se développe, nous ne pouvons jamais dire, étant donné un milieu différent du nôtre, que la vie ne peut s’y manifester. Tout ce que nous sommes en droit d’affirmer, c’est que, si elle s’y développe, elle se présente avec des aspects inconnus de nous.
- Ces prémisses posées, le champ s’ouvre fort large devant les hypothèses. Les mondes de notre système planétaire, qui n’est lui-même qu’une quantité infinitésimale, un atome, dans le grand tout, sont assez bien connus (surtout ceux qui nous avoisinent) pour que nous puissions chercher à résoudre la question, toute relative d’ailleurs, de savoir si des organismes semblables ou analogues aux organismes terrestres pouvaient y vivre. Pour Vénus et pour Mars surtout, la réponse doit être affirmative. En ce qui concerne les planètes supérieures à Mars, le froid intense semble être un obstacle au développement d’êtres analogues aux animaux terrestres, toutefois, comme le fait remarquer très justement M. Flammarion, ne nous pressons Pas de conclure, car l’atmosphère de ces planètes lointaines peut être telle, qu’elle forme un manteau protecteur qui diffuse et retienne ta chaleur reçue sur la surface de l’astre. Ajoutons enfin que pour Mercure et Vénus nouveaux travaux de M. Schiaparelli nous permettent de croire à un état physique
- si différent du nôtre qu’il serait téméraire ou tout au moins prématuré de donner des solutions dogmatiques.
- Mais où l’étude de M. Scheiner devient réellement intéressante et philosophique, c’est lorsqu’il élargit le problème et précise les I théories émises sur l’origine de la vie. Le nombre des corps célestes qui peuplent l’univers étant infini, il y a un nombre considérable de probabilités pour que des milieux vitaux analogues se produisent en même temps ou successivement dans des régions différentes de l’espace. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il y a donc aussi un nombre considérable de probabilités pour que certaines animalités se retrouvent dans des mondes très différents, au moins dans leurs traits généraux.
- Je ne suivrai pas le savant auteur dans ses affirmations en ce qui concerne l’impossibilité absolue de la vie dans ce qu’il appelle les milieux délétères. C’est encore le vice de raisonnement connu sous le nom d’erreur sur le relatif, auquel les plus grands esprits se laissent parfois entraîner : tel milieu délétère pour un organisme déterminé ne l’est pas pour l’organisme voisin : les révélations du microscoque dans la vie microbienne démontrent cette vérité avec la force de l’évidence.
- Une étude du genre de celle que j’analyse, conduisait le penseur à rechercher l’origine de la vie : il n’a pas manqué à cette obligation ; à défaut d’idées très neuves sur ce sujet, il a du moins l’incontestable mérite d’avoir présenté d’une façon très nette les diverses hypothèses en présence : 1° intervention directe de la Divinité pour la création de la première vie, ou même de chaque espèce animale (1) ; 2° développement spontané de la vie, la matière s’organisant elle-même ; 3° germinal ion de la vie sur une planète arrivée à un certain degré de développement, mais la cause de la vie résidant hors de la planète et étant disséminée dans l’espace infini où tous les corps évoluent.
- (i) Cette hypothèse est celle de la plupart des religions orientales ou occidentales; les religions de l’extrême Orient ne l'admettent pas toutefois sans discussion. En tant que principe originaire et unique de la série d’êtres, elle n’est même pas en contradiction avec les doctrines Darwiniennes.
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- Chacun de nous a un penchant marqué à l’adoption de l’une ou l’autre de ces hypothèses. Il n’entre évidemment point dans mon plan de les discuter ici, bien qu’elles rentrent, dans une certaine mesure, dans le cadre des études astronomiques ; la seule remarque que je veuille me permettre, en terminant cette analyse, consiste à faire observer que la troisième opinion est conciliable soit avec la seconde, l’éther qui remplit l’espace pénétrant aussi tous les corps de la nature, soit même avec la première légèrement modifiée, en admettant que la germination vitale est la conséquence d’une loi fixe ou d’un principe éternel se confondant avec la divinité !
- S’il m’était permis, en terminant, de dire
- mon humble sentiment sur ce grave sujet, en dehors de toute préoccupation de dogme ou de convention humaine, j’inclinerais beaucoup à penser que le dualisme entre la matière et l’âme est une conception archaïque inconciliable avec les données scientifiques; mais que, même en admettant que matière et force sont une seule et même chose dont nous ignorons l’essence au même titre, rien ne fait obstacle à ce que la force suive dans ses évolutions quelconques une loi inflexible et une, dont elle est l’expression et la réalisation sous une forme accessible, soit à nos sens limités, soit à des organismes plus parfaits dont l’existence est infiniment probable.
- G. Vallet.
- les applications des projections lumineuses
- es appareils de projection forment tout à la fois un moyen de récréation et une méthode d’enseignement.
- Leur application la plus fréquente consiste à « illustrer » les discours, conférences, etc., et à prêter à la parole de l’orateur l’appui de l’enseignement par la vue.
- C’est surtout lorsqu’il s’agit de voyages que les projections offrent un immense intérêt,
- parce que les tableaux,obtenus par la photographie ont le caractère de rigoureu se exactitude qui est le propre de cet art.
- Les projections sont employées
- 1/Q fréquem-
- Fig. 148. \ ,
- ment dans
- les cours publics et particulièrement dans les cours de physique, où ils permettent de
- Fig. 147.
- présenter à un nombreux auditoire le résultat d’une expérience, sans avoir recours aux appareils énormes que l’on employait autrefois.
- Veut-on, par exemple, montrer directement la dilatation d’une tige de métal ? L’extrémité de cette tige sera placée sous le microscope solaire et son image agrandie sera projetée sur un écran où un repère marquera sa position primitive. En chauffant la tige,
- Fig. 149.
- on verra l’extrémité s’avancer sur l’écran et il suffira de connaître le grossissement du nu-
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- croscope pour avoir immédiatement une idée de l’amplitude de la dilatation.
- L’objectif, comme on le sait, fournit des images renversées. Cet effet est souvent gênant, en ce sens qu’un objet qui monte en réalité semble descendre sur l’écran et réciproquement. Un liquide a sa surface tournée vers le bas et les bulles de gaz qui s’en déga-
- On construit pour la projection des kaléidoscopes, des phénakisticopes, des disques de Newton, des appareils de polarisation et de spectroscopie, et des appareils de mesure (galvanomètres, thermomètres, etc., etc.)
- Parmi les applications du microscope photoélectrique, signalons son emploi dans les cours d’anatomie, de cristallographie, etc.
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- Fig. 150. — Lecture des dépêches pendant le siège de Paris.
- semblent descendre et non monter. n remédie à cet inconvénient par l’interpo-^dion d’un pr}sme ^ réflexion totale, dont la
- ,ace hypoténuse est tournée vers le bas (fig. 147).
- Lorsqu’on veut projeter un liquide (décomposition électro-chimique, etc.), on l’enferme ans une cuve de verre à faces parallèles.
- Signalons enfin l’application, devenu historique, la lecture des dépêches microscopiques pendant le siège de Paris, en 1870.
- On peut, d’une façon très simple, dessiner à l’aide de la lanterne à projection ou du microscope. Il suffit de placer devant l’objectif O (fig. 148) une glace G ou un prisme à réflexion totale, qui renvoie l’image sur un
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- plan horizontal P, où se trouve fixée la feuille de papier. Cette façon de procéder mériterait d’être plus répandue.
- Nous terminerons par une application, un peu plus familière celle-là, mais qui n’en a pas moins son intérêt. Il s’agit de projeter les péripéties d’une partie de dames.
- A cet effet, un damier minuscule, où les cases noires sont figurées par des parties
- hachées, est tracé sur une plaque de verre. Cette plaque de verre placée dans l’appareil à projection horizontale (1) vient se projeter sur l’écran. Les joueurs, munis de jetons de formes différentes, les déplacent au moyen de pinces minuscules et les assistants peuvent, sur le damier de deux ou trois mètres-de côté, suivre à leur aise toutes les phases de la partie. Axel.
- L’EXPOSITION D’ÉLECTRICITÉ
- DE FRANCFORT-SUR-LE-MEIN
- >us avons eu en France, en 1881, en 1885, en 1889, des expositions dans lesquelles l’électricité a tenu une place considérable, ce qui se justifie aisément d’ailleurs, si l’on envisage toutes les nombreuses applications qui sont dues aujourd’hui à cette branche de la science.
- A Francfort-sur-le-Mein, vient de s’ouvrir dernièrement une exposition internationale d’électricité, très intéressante. Nous détachons ce qui suit de la description qu’en a donnée la Nature, sous la signature de J. Laffargue, d’après le compte rendu de notre confrère Élektricitat, journal officiel de l’exposition :
- L’exposition de Francfort renferme les diverses machines et appareils munis des plus récents perfectionnements. Il convient de citer particulièrement la transmission électrique de 300 chevaux à 175 kilom. de distance.
- Une usine de ciment à Lauffen, sur le Neckar, dispose d’une chute d’eau de 300 chevaux. Cette puissance motrice sera transmise électriquement à Francfort à l’aide d’une différence de potentiel de 25,000 et 30,000 volts pour la durée de l’exposition. Elle sera ensuite utilisée pour l’éclairage des villages voisins.L’installation dont nous parlons,après avoir été étudiée par les maisons les plus sérieuses, YAllgemeine Elektricitats Ge-sellschaft de Berlin et les fabriques d’Oer-lihon, et après avoir obtenu les permissions des autorités, est actuellement en voie d’établissement. Les travaux seront terminés dans le commencement du mois d’août et la mise en marche pourra avoir lieu vers le 15 août.
- Cette exposition a donné lieu à un grand nombre d’installations intéressantes :
- Citons d’abord trois lignes de tramways de systèmes différents : deux avec transmissions directes du courant, avec conducteurs supérieurs et par la voie ; un autre par accumulateurs. Ces tramways auront un parcours de plusieurs kilomètres et feront un service avec différents points de la ville et même des environs. Mentionnons des bateaux électriques mus par des accumulateurs: ils circuleront sur le Mein,où sera établie une section électrique maritime spéciale ; on verra fonctionner là des appareils d’éclairage destinés à la marine : phares, bouées lumineuses sous-marines, câbles, etc.
- La grande salle des machines, avec la salle des chaudières, occupe la partie centrale. On y trouve vingt chaudières d’une puissance totale de 3,000 chevaux, chaudières tubulaires pour la plupart, avec les nouveaux dispositifs usités dans les stations centrales. Signalons aussi l’installation des pompes centrifuges qui puisent dans le Mein l’eau d’alimentation nécessaire aux condenseurs. Bans la grande salle des machines sont réunis pl|18 de soixante moteurs de différentes constructions ; entre autres, des machines à vapeur Compound, d’une puissance supérieure a 500 chevaux, des machines à un ou plusieurs cylindres. Là également se trouvent de grandes dynamos directement attelées sur l’arbre des moteurs, de petits moteurs à ga^ et au pétrole. Les machines électriques a courants alternatifs sont en grand nonihi6, La puissance des dynamos s’est consideia blement augmentée depuis 1881, où ^°n voyait des dynamos Edison de 100 chevaux* on trouve maintenant des dynamos de_£_y
- (i) Voir la Science en famille, 1890, page I2I-
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- 500 et 600 chevaux. La diminution de vitesse angulaire a permis de les accoupler directement sur l’arbre des moteurs. Autrefois l’utilisation de l’énergie électrique avait lieu sur la place même de production ; l’utilisation se fait aujourd’hui à des distances considérables. L’application de Lauffen-Françfort en est un exemple frappant.
- Dans un bâtiment voisin est exposé le matériel des canalisations et des installations, ainsi que les divers systèmes de distribution, il y a là une collection des plus intéressantes pour les hommes du métier. Plus loin se trouvent les appareils de transformation à courants continus et à courants alternatifs, les régulateurs de potentiel, les rhéostats automatiques, et une série d’accumulateurs. La cinquième partie de l’Exposition comprend tous les systèmes de moteurs à courants continus, à courants alternatifs et même à courants tournants, courants à phases multiples qui viennent d’être découverts. Les applications de ces moteurs sont nombreuses ; tours pour mécaniciens et horlogers, machines à tisser et à broder, machines à pétrir, à travailler le bois, machines à fabriquer les souliers, les aiguilles, machines à polir les diamants, à fabriquer les savons, à polir le verre, machines à imprimer, etc.
- N’oublions pas de mentionner aussi les moteurs employés dans les mines et toutes tes autres applications électriques. L’électro-métallurgie et l’électrolise forment une classe a Part et comprennent la dorure, l’argenture, ta galvanoplastie, la production de l’alumi-aium et de ses alliages, la préparation de t ozone, etc., etc. La section relative à l’éclài-rage renferme des lampes à arc et à incandescence de tous systèmes, ainsi que candélabres, lustres, bras de tous modèles. L’outillage et l’appareillage électriques occupent une Place spéciale. On trouve un théâtre muni
- de toute la machinerie électrique actuelle.
- Des chutes d’eau artificielles de 10 mètres de hauteur sont éclairées intérieurement par des rayons lumineux de toutes couleurs. Ces eaux sont remontées par une pompe à l’aide d’un moteur électrique de 100 chevaux. Des jets de lumière, des réflecteurs jaillissent de divers tours et monuments, et même d’un ballon captif, pour jeter des rayons lumineux sur toute l’étendue de l’Exposition.
- Dans le groupe 7 sont installées la téléphonie et la télégraphie. Des auditions téléphoniques à distance permettent d’entendre les théâtres lointains. Les fils se porteront jusqu’à l’Opéra de Munich, situé à 367 kilomètres des salles d’audition de l’Exposition. On pourra entendre également l’Opéra de Wiesbaden et celui de Francfort. On peut écouter aussi un téléphone parlant à haute voix à une assemblée de personnes. Moyennant une pièce d’argent, on peut faire fonctionner un téléphone pour communiquer avec d’autres abonnés. Le phonographe et le grammophone ont également leur place marquée dans ces intéressantes applications. Une classe spéciale est consacrée aux appareils de sécurité et aux signaux des chemins de fer et de la marine. Un ballon captif devait pouvoir s’élever dans l’air, et lancer de sa nacelle dans la nuit, les rayons d’un puissant projecteur, mais le câble de ce matériel, fort mal conçu, s’est rompu dès les premières ascensions, et le ballon captif est devenu libre. Il n’y a eu aucun autre accident à signaler. Pour terminer, mentionnons les appareils qui ont servi à Hertz pour ses mémorables expériences, et les appareils usités en médecine et en chirurgie.
- Comme on le voit, l’Exposition de Francfort ne manque pas d’attrait; elle marquera, comme ses devancières, une date dans l’histoire des inventions électriques.
- PHOTOGRAPHIE PRATIQUE
- REPRODUCTION DES GRAVURES ET DES PHOTOGRAPHIES
- ^^ous ceux qui s’occupent de photogra-kjr® phie savent que l’on peut reproduire ^1a une gravure et obtenir directement un négatif par application en utilisant la
- gravure comme cliché. On a même conseillé de rendre le papier de la gravure transparent, en l’immergeant dans un bain de paraffine. Cette opération, dont la conséquence est la
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- perte de la gravure, est tout à fait inutile. | On peut, en prenant certaines précautions que je vais indiquer, obtenir des clichés bien plus beaux que ceux qui sont faits à l’appareil, et cela sans détériorer en rien la gravure, sans la détacher du livre. La reproduction est encore possible lorsque le verso est imprimé.
- 1° Reproduction par transparence. — En principe, on fait un négatif par application en mettant la face sensible de la plaque au gélatino en contact avec la gravure et en exposant, sous un châssis, à la lumière artificielle. Non seulement il est inutile de rendre la gravure transparente, mais il est nécessaire, si le papier est mince, d’atténuer l’action de la lumière transmise en interposant, suivant les cas, soit une feuille de papier blanc sec coloré en jaune, vert, rouge, soit un verre dépoli ou teint en jaune ou rouge. Moins l’impression produite par la lumière est vive, plus le cliché sera beau ; la durée de la pose, en prenant comme source lumineuse un bec de gaz ou, une lampe à pétrole, varie de quarante secondes à une minute pour une distance de 0m50 environ. J’ai pu obtenir d’excellents clichés avec des photographies collées sur un carton de 1 millimètre d’épaisseur, c’est-à-dire d’une opacité telle qu’il ne paraissait pas devoir laisser passer la lumière. Dans ces conditions, l’exposition à la lumière peut durer jusqu’à une heure. Il faut que celle-ci tombe bien normalement à la surface du châssis afin que la plaque sensible ne se voile pas.
- Si la gravure à reproduire ne peut être placée dans un châssis, qu’elle soit reliée dans un livre, voici comment il faut opérer. On dispose la plaque au gélatino-bromure la face sensibilisée en contact avec la gravure ; on la couvre avec plusieurs feuilles de papier noir ou rouge qui doivent dépasser largement de tous côtés. On retourne alors le feuillet, en veillant bien à ne pas déplacer la plaque de gélatino; on applique alors sur le verso de la gravure ùne glace polie ou dépolie suivant l’épaisseur du papier, et on expose à la lumière artificielle. On a construit, je crois, des pinces spéciales, pour maintenir les glaces bien appliquées, contre la gravure, mais on peut facilement s’en passer.
- Cette reproduction des gravures ou des photographies par transparence donne des résultats bien supérieurs à ceux que l’on obtient en faisant un cliché à la chambre noire. La reproduction des photographies anciennes et presque entièrement effacées se fait très bien. La netteté est toujours parfaite; il n’y a à craindre aucune déformation tenant soit à l’orientation de la gravure, soit à l’objectif; de plus, le grain du papier est reproduit sur le cliché et donne un très bel aspect. On peut ‘obtenir un fond artificiel lorsque la gravure n’en a pas. Il suffit pour cela de placer, entre le verso de la gravure et la glace qui sert à bien l’appliquer contre la plaque sensible, une feuille de papier quadrillé ou portant des arabesques.
- Ces dessins sont reproduits sur le cliché, mais dans les blancs seulement, si l’intensité du fond artificiel est convenablement choisie par rapport à la teinte de la gravure.
- On peut aussi adoucir les traits d’une gravure et donner au cliché un aspect nuageux d’un très bel effet, en interposant entre cette gravure et la plaque sensible, soit une feuille de papier, soit une mince plaque de verre; le contact n’est plus parfait, la gravure se trouve plus ou moins éloignée de la plaque sensible, et il en résulte une sorte de flou dont l’intensité varie avec l’épaisseur de la feuille interposée. On peut donner à une gravure l’apparence d’une tapisserie en appliquant sur le verso de la mousseline plus ou moins fine, blanche ou colorée en jaune, bleue, rose, suivant l'intensité de la gravuie ou l’épaisseur du carton sur lequel elle est collée. Il y a là toute une série d’effets artistiques ou grotesques que l’on peut imaginer et obtenir facilement.
- Ce mode de reproduction des gravures, dessins, est surtout précieux pour obtenu rapidement des clichés pour projection- 0" peut, en quelques instants, extraire dun livre une série de dessins ou de gravures, e > en séchant les négatifs à l’alcool, obtenir lies rapidement les positifs pour projection. ^
- Pour éviter de voiler les clichés, j al L qu’il fallait laisser dépasser largement eS feuilles de papier noir sur lesquelles rep° sait la plaque sensible. Il est absolu®6® indispensable de protéger la tranche de ce plaque, surtout si l’on reproduit une graV
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- dans un livre. En effet, tout rayon lumineux qui vient frapper la tranche de la plaque pénètre dans l’intérieur du verre, et, grâce à la réflexion totale, détermine un voile très marqué.
- 2° Reproduction par réflexion.— L’obtention des clichés par application, telle que nous venons de la décrire, suppose nécessairement que le verso de la gravure ne porte ni écriture, ni impression, autrement les deux faces se trouveraient reproduites sur le cliché; au premier abord, il paraît impossible de surmonter cette difficulté et de n’obtenir que la reproduction de la gravure seule. Rien n’est cependant plus facile. On place encore la couche sensible de la glace au gélatino en contact avec la gravure à reproduire ; seulement, au lieu de faire comme précédemment pénétrer la lumière à travers la gravure, on la fait tomber directement sur le dos de la plaque au gélatino et l’on obtient un cliché par différence de voile.
- L’opération est plus délicate que la précédente ; voici comment il faut opérer. On applique d’abord la couche sensible sur le côté du dessin à reproduire, puis sur l’autre côté, sur le verso que l’on veut éliminer, on applique plusieurs feuilles de papier noir ou rouge, on recouvre ensuite la plaque sensible avec un verre jaune foncé ou même rouge qui
- doit dépasser de 5 à 6 centimètres dans tous les sens. Cette disposition a pour but d’éviter le voile dont nous avons parlé, et qui se produirait si la lumière venait à frapper obliquement la tranche de la glace; on expose alors à la lumière du gaz qui doit traverser le verre jaune ou rouge, la plaque au gélatino, et qui va s’éteindre sur la gravure. La couche sensible est impressionnée partout, mais c’est d’une manière beaucoup plus marquée partout où se trouvent les blancs; il faut prolonger l’action de la lumière pendant cinq à dix minutes, selon l’intensité de la coloration du verre jaune ou rouge. En développant, on obtient un cliché voilé, mais très fin, dont l’image est très visible et qui peut servir à faire un positif suffisamment intense pour les projections. On peut, du reste, faire un second négatif par application.
- Ce mode d’obtention d’un cliché est surtout intéressant parce qu’il montre combien sont grandes les précautions qu’il fautprendre pour éviter de voiler les glaces, soit pendant qu’on les dispose dans les châssis, soit pendant qu’on les développe ; il ne faut jamais approcher les glaces de la lanterne à verre rouge, puisque celui-ci laisse passer une partie de lumière suffisante pour impressionner la couche sensible. (1)
- P. Yvon.
- REVUE DES LIVRES
- L’hygiène a pour but de veiller non seulement ^ la conservation et au bon fonctionnement de la machine humaine, mais aussi de réparer les désordres qui peuvent troubler sa fonction. Parmi ces désordres, ceux qui sont dus aux névroses, et au nervosisme, occupent une place importante.
- Sous le titre de : Hygiène des gens nerveux, le Dr Levillain a réuni, à l’usage du grand public, des préceptes hygiéniques qui s’appliquent spécialement aux personnes prédisposées et à celles atteintes de maladies nerveuses : les sens, l’intelligence et le mouvement ; puis il fait l’application spéciale des préceptes généraux de l’hygiène ordi-naire (milieu cosmique, vêtements, aliments, bois-s°ns) à l’hygiène spéciale des névropathes.
- Les préceptes, essentiellement pratiques, sont Précédés d’une description du système nerveux et _son mécanisme, des diverses affections nerveuses hui sont à redouter et par suite à éviter, et d’un examen des sources et des causes du nervosisme
- sous toutes ses formes. (1 vol. in-18, 3 fr. 50; Félix Alcan, éditeur.)
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- Dans le premier volume du Traité pratique des Agrandissements photographiques, M. Trutat étudiait principalement les divers procédés à l’aide desquels on obtient des petits clichés. C’est des méthodes d’agrandissement que s’occupe le deuxième volume, qui vient d’être mis en vente par MM. Gauthier-Villarset fils. Agrandissements à la chambre noire, à la lumière solaire, à la lumière artificielle, tous sont passés en revue avec le plus grand soin dans cet ouvrage qui fait honneur à la Bibliothèque photographique. (Paris, in-18 jésus ; 2 fr. 75.)
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- La Pêche et les Poissons des eaux douces, description des poissons, engins de pêche, lignes,
- (i) D’après la Nature.
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- amorces, esches, appâts, pêche à la ligne, pêches diverses, nasses, filets, etc., par Arnould Locard, 1 vol. in-16 de 350 p., avec 150 fig., cart., 4 fr.
- Il ne suffit pas de jeter dans l’eau une nasse, un épervier, une ligne quelconque, pour en retirer du poisson. Il faut savoir à quelle sorte de poissons on peut avoir affaire ; or, cela ne s’obtient qu’après une étude suivie des caractères propres à chacune des espèces qui composent notre faune ichtyologique. Il importe ensuite d’en bien connaître les mœurs, les habitudes, le genre de vie pour arriver à se rendre un compte exact de la nature des milieux où l’on aura la chance de les rencontrer. Tel est le but de la première partie de cet ouvrage où sont décrites toutes les espèces de poissons qui vivent dans nos eaux douces.
- Dans la deuxième partie, on passe en revue la ligne et ses nombreux accessoires ; on fait connaître la longue série des amorces ou appâts. Enfin, on décrit tous les genres de pêche, non seulement avec toutes sortes de lignes, mais encore avec d’autres engins, tels que filets, nasses, tridents, etc.
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- Manuel pratique de Meunerie, meules et cylindres, par MM. L. de Belfort, ingénieur, et A. Lar-balétrier, professeur à l’École d’Agriculture de Ber-thonval. 1 vol. in-16, 430 p., 58 fig. ; (Bibliothèque des Actualités industrielles.) Prix 6fr\
- Il existait bien sur cet intéressant sujet quelques traités spéciaux, mais ils émanaient de constructeurs dont ils semblaient n’être que le catalogue considérablement augmenté ; et enfin quelques
- A TRAVERS L
- La conscience turque. — Tout est relatif en ce bas monde, témoin cette échelle des péchés que nous empruntons à un ouvrage du commencement de ce siècle.
- Pour les Turcs,
- Tuer un mécréant (chrétien) --- bagatelle.
- Manger avec une fourchette — inconvenant.
- Séduire la femme de son voisin — malhonnête.
- Se servir d’un parapluie — grave.
- Tacher ses babouches — très grave.
- Voler un Turc — impardonnable.
- Boire du vin — inqualifiable.
- Le véritable péché mortel pour les Turcs était donc l’absorption du vin !
- Combien de gens n’abjureraient pas le christianisme si nos lois admettaient ce ri-
- autres ouvrages qui, par leur ancienneté,n’offraient plus qu’un intérêt rétrospectif. MM. de Belfort et Larbalétrier ont eu leur tâche facilitée par la réunion à l’Exposition Universelle de 1889 des appareils les plus récents ; ils en ont profité pour écrire cet excellent manuel que les gens du métier voudront tous avoir à leur disposition.
- Dorure, Argenture et Nickelage sur métaux, dépôts métalliques et coloration des métaux, par A. M. Villon. 1 vol. avec gravures, 3 fr. 50. — Librairie Roret, Paris.
- ***
- Etude complète sur le développement et les dèveloppateurs, guide pratique de leur emploi avec les surfaces sensibles au gélatino-bromure d’argent, par L. Mathet, chimiste. 1 vol. broché, avec grav., 2 fr. — Soc. générale d’éditions, Paris.
- ** *
- Comptabilité automatique, méthode absolument nouvelle de comptabilité, application sans étude préalable pour toute personne même étrangère à la comptabilité, procurant avec moins d’écritures que la partie simple, plus de résultats et de garanties que la partie double la plus complète. Prix, 1 fr. 50. — Michel Salzand, éditeur à Evreux-Dom-rémy (Vosges).
- ***
- La Photographie et l'espionnage devant la loi, par V. Riston, docteur en droit, avocat à la Cour d’appel de Nancy. — Une brochure, imprimerie Etienne Auclaire, à Nancy.
- SCIENCE
- gorisme religieux, si nos codes avaient pour base cette échelle de gravité !
- La flanelle végétale. — La flanelle végétale est une matière textile beaucoup manu-facturée en Allemagne. La fibre est filée, tricotée et tissée en vêtements de dessous, et en étoffes de diverses sortes dont leS vertus médicinales ne sont plus à vanter.
- Il y a deux établissements près de Breslau, dans lesquelles les feuilles de pins sont converties en laine et en flanelle.
- Dans les hôpitaux, les casernes, les Prl' sons de Vienne et de Breslau, les couvertures faites de ces matières sont exclusive ment employées. Un de leurs principaux avantages, c’est qu’aucun germe malsain peut s’y loger.
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- Cette matière est aussi employée pour bourrer, ressemblant énormément au crin de cheval et ne coûtant qu’un tiers de son prix.
- Quand il est filé et tissé, le fil ressemble à celui du chanvre, et l’on en fait des jaquettes, des spencers, des caleçons, des bas, des flanelles pour chemises d’hommes, des couvertures, des tricots, etc.
- Ils conservent au corps une chaleur agréable et sont très solides.
- Les ateliers sont éclairés avec du gaz fait des rebuts de ces manufactures.
- (Moniteur industriel.) ** *
- La soie des araignées. — Voici un fait signalé par la Revue scientifique, et qui mériterait absolument d’être classé parmi les « choses vulgaires qu’on ignore » : il s’agit de la solidité d’un fil de soie d’araignée relativement à celle d’un fil d’acier. A diamètre
- égal, un fil de soie d’araignée supportera trois grammes par exemple, alors que le fil d’acier n’en supportera même pas deux.
- Voila un fait qu’à première vue on soupçonnerait difficilement.
- *
- * #
- Le climat de notre époque. — Dans une des dernières réunions de la société de Météorologie, M. Millot a discuté les 50 dernières années d’observations faites à Nancy, et il en a tiré les conclusions suivantes :
- Le demi-siècle auquel nous appartenons peut se diviser en deux parties bien tranchées ; pendant la première, de 1841 à 1879, la moyenne des températures est beaucoup plus élevée que pendant la 2e qui s’étend de 1880 à nos jours et qui se fait remarquer par une moyenne plus élevée des pluies.
- Le grand hiver de 1879-1880 marque donc un changement certain et désavantageux dans les conditions climatériques de nos régions.
- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
- Les bouquets sous l’eau. — Les fleurs coupées peuvent résister deux ou trois semaines sous l’eau sans subir d’altération ; voici à ce sujet une bien jolie expérience indiquée par The Indian Gardener.
- Les bouquets que l’on confectionnera seront très légers et bien dégagés ; ils se composeront de fleurs et de feuillages auxquels on n’ajoutera aucun corps étranger, mousse ou autre remplissage, qui pourrait ternir la limpidité et la transparence de l’eau destinée à servir de milieu ambian au bouquet; tous les matériaux employés d’ailleurs doivent être bien propres, bien rincés au préalable. Le bouquet étant prêt, il reste à faire les manipulations suivantes :
- On remplit d’eau bien claire un baquet ou un vase quelconque, assez grand pour pou-v°ir y submerger une soucoupe, assiette ou Plateau, le bouquet et une cloche ou un bocal assez grand pour contenir ce dernier sans
- encombre.
- On laisse descendre la soucoupe au fond de l’eau, puis on y pose le bouquet qui reste submergé sans se déranger de sa place, Parce qu’à la base il a été attaché à un corps lourd, suffisant pour le maintenir ; grâce à ce
- lest, il se maintient au centre de la soucoupe.
- On introduit ensuite la cloche en verre sous l’eau ; on la laisse se remplir au point d’en chasser la moindre bulle d’air, absolument comme s’il s’agissait de recueillir un gaz dans une expérience chimique.
- La cloche remplie d’eau est placée au-dessus du bouquet, qui se trouve emprisonné ; on soulève le tout hors de l’eau. La soucoupe est proprement essuyée et placée sur un meuble — le tour est joué. Il va de soi que l’eau qui est sur la soucoupe à l’extérieur de la cloche doit y être conservée en assez grande quantité pour que l’air puisse pénétrer dans la cloche.
- Et M. Frédéric Burvenich, l’auteur de cette récréation, écrit :
- « Pour ma première expérience, j’ai confectionné un petit bouquet composé de quelques fleurs de Rose de Noël vertes et blanches, de Muguet et d’une petite branche fleurie d’Oranger de Chine. Comme verdure, j’ai choisi un petit rameau de Houx et quelques brindilles de buis doré du Japon, munies de leur joli feuillage panaché.
- « Je serais plus dans le vrai si je disais que j’en ai fait un paquet avec le talent mé-
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- diocre que j’ai pu déployer, aidé cependant de beaucoup de patience, de bonne volonté et de l’enthousiasme que provoque la nouveauté d’une découverte si minime qu'elle soit. Mon soi-disant bouquet produit néanmoins un effet curieux et ravissant ; toutes les parties paraissent avoir une consistance de cire ou de fine porcelaine et la métamorphose, qu’un effet d’optique semble faire subir aux différentes parties du bouquet, ajoute à la singularité du coup d’œil.
- « La respiration des feuilles produit sous Peau une myriade de petites bulles de gaz, qui viennent comme les perles de la rosée, s’attacher au bouquet.
- Le soir, à la lumière, l’effet est vraiment splendide ». A. B.
- Illusion d’optique.
- — Supposons qu’un
- observateur marche la nuit, le long d’une grille, et que, au delà de cette grille, se trouve un mur ; que d’autre part une lumière quelconque (un bec de gaz, par exemple) donne à travers la grille, une ombre de l’observateur sur ce mur. Si l’observateur marche un peu vite, il verra, grâce à la persistance des impressions , une seconde ombre, projetée, celle-là, sur la grille.
- Cette ombre est évidemment plus petite qu e 1 a première, puisqu’elle se produit sur un écran plus rapproché. Et cependant pjg
- elle paraît plus
- grande. Ce fait qui provient de ce que cette seconde ombre est plus rapprochée s’explique facilement au moyen du tracé ci-dessus (fig. 151). L étant la source lumineuse et AT l’observateur, MM’ sera l’ombre projetée sur le mur, et GG’ l’ombre sur la grille. Le centre optique de l’œil étant en O, les images de GG’ et MM’ fournies par le cristallin sur la rétine seront IB et IC. IB sera toujours plus grand que IC si la source lumi-
- neuse est toujours derrière l’œil, ce qui a toujours lieu si l’observateur regarde sa propre ombre. Dans le cas que nous citions, il suffit, si les barreaux de la grille sont espacés de 10 centimètres, que l’observateur marche avec une vitesse de 1 mètre par seconde pour que l’image de cette grille lui semble continue.
- On peut, en variant légèrement la forme de cette expérience, vérifier plus commodément le fait et dans plusieurs conditions différentes. Par exemple, on placera, un peu en avant d’un mur, un écran, et à une certaine distance, une bougie ou une lampe. Un objet un peu large (une feuille de papier par exemple) interposée entre la lampe et l’écran, donnera une Fig. 151. ombre sur l’écran et
- l’on s’arrangera de façon que cette ombre se prolonge sur le mur situé derrière. Dès lors, en plaçant l’œil à la hauteur de la lampe de façon à viser les bords des deux images et à juger de leur grandeur relative, on constatera facilement que :
- 1° Si l’œil O est placé entre la lumière et l’écran (fig. 151) l’illusion dont nous parlions ci-dessus se produit, et l’ombre la plus petite paraît la plus grande.
- 2° Si l’œil est place dans le même plan que la lumière, les
- 152. deux ombres sem-
- blent égales.
- 3° Enfin si l’œil O (fig. 152) est placé au delà de la lumière L, les ombres M et E de l’objet P donneront sur la rétine les images IC et IB, la plus grande ombre donnant la plus grande image, de sorte que l'illusion disparaît.
- F. D.
- Ch. M END EL, Directeur-Gérant, 118, rue d'Assas. La Fère. — lmp. Bayen, rue Neigre.
- P?
- C>!-
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- ||BISUOTHEQtJE!
- LA MER LIBRE DU POLE NORD (Suite)
- II. — LES EXPLORATIONS PASSÉES
- aintenant que nous avons signalé les principaux caractères de la situation physique de la région polaire boréale, en les déduisant des lois naturelles et que nous avons vu que l’existence de la
- Dès l’époque reculée du moyen âge, cette croyance a été répandue, se perpétuant comme une sorte de tradition. D’anciens géographes, tels que Martin Behain et Juan de la Cosa, ont figuré, en effet, sur leurs globes terrestres,
- Fig. 153. — Expédition du capitaine Hall — le << Polaris » dans les glaces du pôle Nord.
- i»
- KfSSI
- mer libre n’est point une hypothèse faite à la légère, mais bien la conséquence rationnelle du régime climatologique du pôle nord, nous pouvons invoquer avec profit les témoignages convaincants des explorateurs. Cette séduisante théorie a été vérifiée, en effet, à Maintes reprises, et nous allons en fournir la preuve en résumant les curieux récits des intrépides voyageurs qui sont parvenus à atteindre le s rivages de la mer libre et ont vu, sous des latitudes élevées, les flots de l’Océan arctique s’étendre sans obstacles vers le pôle.
- une sorte de Méditerranée dans les régions du pôle boréal.
- Les navigateurs anglais Frobisher et Hudson, dont les explorations polaires remontent âla fin du xvie siècle et au commencement du xvne siècle, affirment dans leurs récits de voyages que « la haute mer ne gèle jamais et qu’il n’y a par conséquent point de mer glaciale ». D’autres anciens navigateurs anglais ont signalé ensuite la mer libre, et quelques capitaines hollandais du xvne siècle ont même raconté qu’ils avaient navigué jusqu’au
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- pôle où l’air était aussi chaud qu’à Amsterdam.
- Puis sont venus, pendant notre glorieux siècle, les nombreux explorateurs, pleins de courage et de science, qui ont fait connaître la configuration générale des terres et des mers polaires et ont jeté une vive lumière suite problème de la mer libre de glaces.
- En 1806, l’anglais Scoresby aperçoit l’Océan navigable au nord du Spitzberg, par delà le 81° de latitude.
- Le danois Hedenstrom arrive en 1810 en vue d’une mer ouverte ou « Polynia », au nord de la Sibérie. De 1822 à 1825, les russes Wrangel et Anjow y parviennent plusieurs fois en traîneau.
- En 1815, l’anglais Parry, entré dans le détroit de Lancastre par la mer de Baffin voit le canal Wellington parfaitement libre au nord du 75e parallèle. En 1827, entre le Spitzberg et le Groenland, le célèbre navigateur s’élève en traîneau jusqu’à 82° 45’, mais la banquise qui le porte est entraînée vers le sud par les courants marins, ce qui l’oblige au retour.
- En 1852, dans le détroit de Smith, qui prolonge au nord la mer de Baffin, le capitaine Inglefield, du haut du mât de son petit navire, arrêté par les glaces, distingue la mer-navigable par 81° de latitude.
- L’américain Kane, en 1854, atteint par cette même voie le 79e parallèle. Retenu par la maladie, sur son bâtiment à l’hivernage, il envoie en traîneau vers le nord, par le canal Kennedy, son lieutenant Morton, qui, le 23 juin, ale bonheur d’arborer le drapeau des Etats-Unis par 81° 17’, sur un promontoire qui est baptisé cap Constitution, en vue d’une vaste mer ouverte qui reçoit le nom du chef de l’expédition.
- « L’eau libre, dit le Dr Kane dans le récit du voyage, a été suivie pendant nombre de kilomètres, le long de la côte groënlandaise, et, vue d’une falaise haute de cent quarante-cinq mètres, elle était toujours sans limite et sans glace, se soulevant et se brisant contre les récifs du rivage.
- « Il est impossible, en rappelant les faits relatifs à celte découverte — la neige fondue sur les rochers, les troupes d’oiseaux marins, la végétation augmentant de plus en plus, l’élévation croissante du thermomètre — de
- ne pas être frappé de la probabilité d’un climat plus doux vers le pôle ».
- Le 18 mai 1861, le Dr Hayes, un ancien compagnon de Kane, arrive plus au nord devant la mer libre, qu’il contemple d’un sommet rocheux de deux cent cinquante mètres d’altitude, par 81° 35’. Le vaillant explorateur se trouve vers la terre de Grinnell, qu’il a pu atteindre après quarante-six jours d’un pénible voyage en traîneau, sur les glaces du détroit de Smith, laissant son petit navire bloqué par la banquise sur la côte du Groenland, par 78°.
- « Au-dessous de moi, écrit-il dans sa relation, la mer étalait sa nappe immense, bigarrée de taches blanches ou sombres, ces dernières indiquant les endroits où la glace était presque détruite ou entièrement disparue ; au large, ces taches se faisaient plus foncées et plus nombreuses, jusqu’à ce que, devenues une bande de bleu noirâtre, elles se confondissent avec la zone du ciel où se reflétaient leurs eaux. Tout me le démontrait : j’avais atteint les rivages du bassin polaire. L’Océan dormait à mes pieds 1 »
- Dans le nord, vers 82°30’ un haut promontoire se profile à l’horizon et Hayes le baptise cap Union. Puis, le courageux voyageur opère son retour à l’hivernage, presque sans provisions et luttant contre des difficultés inouïes. Persuadé que le canal Kenned3r, s’ouvrant dans la mer du pôle, est navigable en été, il veut tenter d’y pénétrer avec son navire, mais la petite goélette n’est pas en état de pouvoir séjourner plus longtemps au milieu des glaces : Hayes se voit donc oblige de regagner la mer de Baffin et de rentrer à Boston.
- Un autre marin américain, le capitaine Hall, part en 1871, sur le vapeur Polaris, pour le détroit de Smith et monte vers le pôle par le canal Kennedy. Il parvient, en traîneau, à une plus haute latitude que ses prédécesseurs, 82° 16, et découvre ainsi l’étroit canal Robesen, qui débouche dans l’Océan arctique, lequel est entrevu libre de glaces, mais il meurt à son retour à l’hivernage, en août 1872. Au printemps de l’année suivante, un navire baleinier rencontra non loin de Terre-Neuve, dix-sept personnes mourant de faim sur un glaçon en dérive : c’était une partie de l’équipage du Polaris-, trois mois plus
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- tard, les autres survivants de l’expédition | furent également recueillis dans une grande détresse sur un ice-berg 1 Le petit vapeur de Hall ayant été brisé par les terribles chocs des banquises contre ses flancs, les marins et leurs guides Esquimaux s’étaient vus entraînés sur les îles de glace dans la mer de Baf-fin et jusque dans l’Océan atlantique, où les singuliers radeaux qui les séparaient del’abîme menaçaient de se fondre entièrement sous eux.
- D’autre part, les découvertes continuent dans la région polaire. L’illustre Nordens-kiold. hivernant en 1868 dans le nord du Spitzberg, près du 80e parallèle, reconnaît que l’Océan y est dégagé pendant une grande partie de l’année.
- En 1871, les autrichiens Payer et Wey-precht trouvent la mer libre à l’est du Spitzberg. Une nouvelle expédition dirigée par ces courageux explorateurs quitte l’Europe en 1872, à bord du vapeur Tègèioff. Elle fait route pour la Nouvelle-Zemble, où le navire est pris dans les glaces et entraîné vers le nord par la banquise qui l’enserre. En octobre 1873, les voyageurs arrivent ainsi à un archipel polaire inconnu, qui reçoit le nom de l’empereur François-Joseph et dont la limite sud est sous le 80e parallèle. Au printemps de 1874, des excursions en traîneau démontrent l’étendue considérable de ces nouvelles îles arctiques. Payer dépasse le82«; sous cette latitude élevée, il remarque un adoucissement de la température : des oiseaux couvrent des rochers et les phoques, les ours, les lièvres se montrent en assez grand nombre. Enfin, il est en présence de la mer libre ! Du haut d’une colline, on aperçoit au loin, vers le nord, les flots d’un bleu sombre, parsemés de quelques ice-bergs. Il faut ensuite songer au retour en Europe. Le iêgetoff est toujours emprisonné dans la ] banquise ; son équipage l’abandonne au milieu et, en traîneau ou sur les chaloupes du Vapeur, regagne la Nouvelle-Zemble, puis le c°ntinent. En 1878, le capitaine norwégien Johannesen, qui parvient à l’archipel de François-Joseph, remarque qu’un bon navire pourrait facilement le dépasser vers le nord.
- Dépendant, deux expéditions qui se sont aPProchées du pôle plus encore que toutes les
- précédentes, parla route du détroit de Smith, n’ont pu atteindre la mer libre, dont nous venons de voir l’existence plusieurs fois constatée.
- En 1875, sous le commandement du capitaine Nares, partent les vapeurs anglais A.lerl et Discovery ; ils réussissent à franchir le canal Kennedy et pénétrent dans le canal Robesen, mais ils sont ensuite arrêtés par les glaces. Après l’hivernage, en 1876, un officier de Nares, le lieutenant Markham, s’élève en traîneau jusqu’à 83° 20’ de latitude, au nord de la terre de Grinnell. En 1882, le lieutenant Lookwood,de l’expédition du capitaine américain Greeley, atteint sur la côte groënlan-daise le point le plus septentrional où l’on soit jamais parvenu, 83° 24’; de là, il distingue vers le nord une terre lointaine. Gomme Marckham, Lookwood observe que l’Océan est couvert de glaces. Ces deux courageux explorateurs sont donc arrivés à près de sept cents kilomètres du pôle sans apercevoir la mer libre vue par leurs prédécesseurs; aussi est-il bien évident que l’étendue de celle-ci varie d’année en année, phénomène des plus naturels. Il est très possible en outre que la haute latitude des terres du nord de l’Amérique ait pour effet de confiner de ce côté la mer libre dans le voisinage presque immédiat du pôle.
- D’après le capitaine Nares, les glaces qui barraient la route dans le nord de la terre de Grinnell étaient des glaces anciennes qui s’y trouvaient depuis longtemps accumulées. Il se peut qu’en effet la voie navigable soit absolument fermée dans cette direction, mais la zone des glaces anciennes doit être une bande relativement étroite qui ne se prolonge pas jusqu’au pôle, dont les courants marins ont bien pu entasser de telles banquises contre les côtes qui bordent l’Océan polaire au delà du canal de Robesen. D’ailleurs, même sous ce parallèle élevé, les membres de l’expédition Nares ont tué des bœufs musqués et beaucoup d'autres quadrupèdes ; la vie y était plus répandue que dans la région voisine, vers le sud, et l’on comprenait qu’elle devait être favorisée dans le nord par un climat moins rigoureux.
- Jacques Léotard.
- (A suivre).
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- LA PHOTOMICROGRAPHIE
- 2! es images photographiques peuvent être considérées à deux points de vue: H celui de l’art et celui de futilité. Le premier cas est celui où le photographe, en prenant un paysage, par exemple, s’efforce de donner à son épreuve le cachet d’une œuvre artistique, ou au moins à s’en rapprocher autant que nos moyens nous le permettent. Dans le second cas, l’utilité seule est en jeu, en dehors de toute considération artistique ; tels sont les reproductions de peintures, d’anciens documents ou inscriptions, l’enregistrement des phénomènes météorologiques ou astronomiques ; ou encore cette branche que nous allons considérer plus particulièrement : la photomicrographie.
- On pourrait diviser en deux parties la photomicrographie, suivant que l’opérateur désire employer des objectifs faibles ou puissants; autrement dit, suivant qu’il se contente d’un grossissement modéré, ou qu’il veut atteindre les grossissements critiques. Dans le premier cas, il trouvera en abondance des sujets de récréations ; dans le second cas, il rencontrera toutes sortes d’ennuis et de difficultés. Mais je suppose qu’il se contente d’un grossissement n’excédant pas 2i>0 diamètres ; je ne vois aucune raison pour laquelle tout amateur possédant une chambre noire et un microscope ne pourrait pratiquer cette branche de l’art photographique, en y trouvant sa satisfaction personnelle et des occasions d’instruire les personnes qui l’entourent.
- Dans tous les cas, je recommanderai au débutant de commencer avec de faibles pouvoirs grossissants, 25 mm du foyer, par exemple, et d’aller graduellement jusqu’à 6 ram. Après s’être rendu maître des principales difficultés qu’il rencontre inévitablement au début, il pourra passer à des grossissements plus forts.
- . Trois choses sont nécessaires pour la pratique de la photomicrographie : un microscope, une chambre noire et une lampe. Il est bon d’examiner séparément chacun de ces objets, et je dirai d’abord qu’on a imaginé un grand nombre de chambres noires pour cette destination ; mais leur principe est toujours
- le même. Celle que je préfère, et qui entre mes mains a donné d’excellents résultats, n’est pas une chambre noire dans le sens habituel du mot ; c’est une boîte sans couvercle, placée sur le côté, et contenant le microscope et la lampe, ceux-ci étant, pendant le travail, enfermés par un rideau de velours qui empêche toute lumière de pénétrer dans la pièce (1). L’image de l’objet à photographier est projetée, à travers le microscope, sur un écran en papier blanc fixé au chariot qui, dans les opérations suivantes, portera aussi la plaque sensible. Il suit de là que, si je puis mettre au point d’une façon convenable sur cet écran, j’obtiendrai un négatif aussi complet que cette image. En un mot, le principe est le même que celui d’un agrandissement ordinaire. On peut glisser le chariot de façon à placer dans chaque cas l’écran à la distance convenable. Je puis ainsi, soit couvrir une plaque 13X18, soit, en poussant le chariot jusqu’à 30 cm. environ du microscope, réduire l’image à la dimension d’un tableau à projection, ce qui me donne une grande latitude pour le choix du grossissement.
- Au sujet de ce déplacement de l’écran, il y a un point sur lequel je dois m’arrêter : c’est la mesure du grossissement. En commençant avec le plus faible grossissement dont je me sers, je place dans le microscope une diato-mée dont le diamètre (connu) est exactement 0mm 25 et je projette son image sur l’écran placé à 30 cm. du microscope. Je mesure l’image avec un compas, et j’en déduis le grossissement. Je fais ensuite la même chose à 60 cm., 90 cm., etc., et je note le pouvoir grossissant de cet objectif à ces diverses distances. En répétant cette opération pour chaque objectif, je forme une table à laquelle je puis me reporter dans tous les cas.
- Cet appareil est relativement simple et peu coûteux, point qui n’est pas sans importance, et la disposition décrite ci-dessus présente cet avantage que toutes les manipulations
- (i) On opère, naturellement, soit dans une salle complètement obscure, soit la nuit dans une pièce quelconque. (N. D. T.)
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- peuvent être faites dans la même pièce, car, la lampe étant enfermée par le rideau de velours, je puis développer mes négatifs dans la chambre ou j’opère.
- Mais je ne veux pas m’attarder plus longtemps sur la description de cet appareil. J’ajouterai seulement que l’écran et la glace sensible peuvent être portés par une chambre noire ordinaire à soufflet, ou mieux une chambre à chariot, placée sur une base solide en bois bien sec (acajou ou teck) de 1 m. 50 de longueur et 13 ra/m d’épaisseur, un peu plus large que la chambre, de façon à pouvoir fixer de chaque côté un rebord. La chambre peut glisser entre ces deux rebords, et une vis sert à la fixer à la distance voulue.
- Cette glissière doit être fixée assez solidement pour que les vibrations occasionnées par la marche sur le plancher n’influencent pas la chambre noire. J’y arrive en plaçant à chaque extrémité un fort paquet de journaux, et j’ai trouvé que les vibrations sont assez bien amorties pour qu’il soit difficile de découvrir une trace de flou, même sur des épreuves faites avec un grossissement de 200 diamètres.
- J’arrive maintenant au microscope. Il est nécessaire d’avoir un bon appareil monoculaire, stable et solide, et d’une construction soignée, car une netteté parfaite est indispensable. Il faut y ajouter un condensateur, muni d’un diaphragme tournant, percé de trous de différents diamètres. Dans le diaphragme adapté au condensateur dont je me sers, le plus petit trou a 1 m/m 1/2 de diamètre; le plus grand 12 m/m- Le plus petit trou n’est d’aucune utilité pour la photographie, mais il me sert pour le centrage. Si l’on suppose que la chambre, le microscope et la lampe sont dans le même axe, il ne s’ensuit Pas que le rayon qui les traverse soit central,
- et bien que l’excentricité puisse être rachetée en partie par le déplacement de la lampe, le seul moyen de la supprimer complètement est d’avoir un condensateur muni de vis de rappel. Le centrage parfait s’obtient de la façon suivante : Mettez un objectif faible, et prenez la plus petite ouverture du diaphragme, puis projetez son image au milieu de l’écran, de façon à ce que les bords soient parfaitement nets. Reculez alors le condensateur, et le champ sera uniformément éclairé. Si l’on remplace ensuite l’objectif par un autre plus puissant, un léger réajustement pourra être nécessaire, mais comme on a déjà une première approximation, le centrage parfait est rapidement atteint. Le centrage de la lumière est un point très important. S’il n’est pas parfait, on trouvera qu’un bord de l’image est sombre et vague, pendant que l’autre est brillant et présente des irisations; et ce qui est ainsi très sensible aux bords s’étend sur toute l’épreuve, et lui enlève sa netteté générale. On ne -saurait donc y apporter trop d’attention. Le tube du microscope doit être garni intérieurement d’un papier noir mat; autrement, l’image est marquée d’une tache brillante provenant de la réflexion interne. On recommande quelquefois pour cet usage le velours, qui en effet convient bien; mais comme il est plus épais que le papier, il a le défaut de réduire le champ déjà si étroit. Le tube de mon microscope a la forme d’un pavillon, ce qui permet aux rayons de diverger immédiatement après leur passage à travers l’objectif. Cette disposition présente l’avantage de fournir un champ plus étendu et de supprimer toute tendance à donner une tache brillante. Je dois ajouter que je n’emploie jamais l’oculaire du microscope, et, dans mon cas, j’obtiens de la sorte de meilleurs résultats.
- (A suivre).
- LE PUITS DE PADIRAG (Lot) et sa RIVIÈRE SOUTERRAINE Résumé de l’étude géologique publiée par mm. de launay et martel
- ous connaissons déjà, au point de vue simplement pittoresque, la curieuse rivière souterraine du puits de Padi-
- rac (1), mais M. Martel ne pouvait se borner
- (i) Voir la Science en Famille, n° du Ier janvier 1891, p. 37 et suivantes.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- à écrire pour les gens du monde, pour le grand public ; le côté purement scientifique s’imposait, et c’est avec la collaboration de son beau-frère, M. de Launay, professeur à l’Ecole des Mines, que M. Martel s’adresse aujourd’hui plus spécialement aux géologues.
- Je vais essayer de résumer ici cette étude technique, publiée dans le bulletin de la Société géologique de France.
- Disons tout d’abord que le puits de Padirac peut être considéré comme un exemple remarquable de puits d'èboulement creusé par en bas, cas particulier et rare d’une salle de grotte trop haute qui s’effondrerait (1).
- Ce large aven s’ouvre au milieu de calcaires lithographiques rapportés par M. Mouret (feuille de Brive) au Batlionien. Toute la base du puits et le développement en longueur de la galerie souterraine paraissent être (au-dessous du Bathonien) dans le Bajocien ou oolithe inférieure à Pecten Pumilus et peut-être, vers la fin, dans le lias supérieur à Ostrea Beau-monti, où l’eau vient à disparaître après un parcours de 2,800 mètres.
- On a déjà vu (loc. cit.) que la rivière souterraine se termine par un lac sans issue ; à l’extrémité de ce lac, l’eau semble s’échapper en suintant par des fissures du calcaire obstruées par un limon rouge. Il est vraisemblable qu’après avoir rencontré la nappe d’argile imperméable située à la base du lias supérieur, cette eau se ramifie et vient entretenir les sources qui sourdent à flanc de coteau près de Gintrac, au pied d’un cirque de falaises du lias supérieur. Ces falaises se trouvent encore à 2,500 mètres du lac de la fin et au nord de l’abîme.
- Au sud du gouffre, et fermant la courte galerie où prend naissance la source dont l’eau passe par des conduits capillaires sous le cône d’effondrement, se développent et se redressent les couches basiques ; relevées par deux failles, elles viennent affleurer au village de Padirac pour former les terrains superficiels de la région plus fertile connue sous le nom de Limargue (v. loc. cit.).
- Si, pendant les grandes pluies, le large gouffre de 75 mètres constitue, pour toutes
- (i) Et quelque jour la voûte, relativement peu épaisse, de la haute salle des sources du Mammouth pourrait bien s’effondrer à son tour 1
- les eaux qui tombent alentour sur le causse, un drainage énergique (nous avons pu le voir de nos propres yeux le 9 novembre 1889, M. Rupin et moi); si ces eaux doivent s'engouffrer dans le puits étroit de 28 mètres, à la base nord du grand puits, pour rouler en cascades jusqu’à la haute galerie de la rivière, elles prennent ensuite un cours plus calme; si calme que M. Martel a retrouvé sur le limon les traces de ses pas à quatorze mois d’intervalle et à quelques centimètres au-dessus du niveau d'été de Veau.
- Or, le niveau d’hiver est supérieur d’environ un mètre.
- Ce faible courant est expliqué par la présence des trente-six gours ou barrages successifs qui retiennent l’eau.
- Ces gours, formés de stalagmites, sont comparables à des vannes séparant des sas d’écluses : voici comment MM. de Launay et Martel expliquent leur formation.
- « Toute rivière coulant sur des strates at-« taquablcs, en rencontre de temps à autre « dont la résistance est plus grande ; il en « résulte un barrage, en arrière duquel se « concentre le travail mécanique de l’érosion « et que la rivière franchit par un déversoir « en forme de rapide, de telle sorte qu’avant « tout rapide il se trouve, en général, une « dépression ».
- En été, la rivière s’épanche doucement par-dessus ces barrages ; mais dans la saison des fortes eaux... quelles belles cascades ! mais l’œil des curieux ne pourra jamais jouir d’un tel spectacle ! C’est alors que la navigation présenterait de très grands dangers et probablement d’insurmontables obstacles.
- De sa source à sa perte, la rivière descend de 25 mètres environ et s’abaisse ainsi (l’orifice du puits étant à 355) de la cote 252 à la cote 227 où se trouve le lac de la fin. A la cote 215, sous la falaise formée par le lias supérieur à Ostrea Beaumonti, se trouve un niveau d’eau alimentant plusieurs sources permanentes. Ces sources coulent au-dessus des argiles basiques au milieu desquelles la rivière n’a pu se frayer un lit. Plus bas, à la cote 130, un autre niveau d’eau situé au-dessus des argiles et à la base des marnes du bas moyen, donne, près de Gintrac, une source permanente située à quelques cen-
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- taines de mètres de distance et à 20 mètres seulement au-dessus de la Dordogne.
- Le doute ne me paraît pas possible, étant donnée l’orientation de la rivière souterraine; c’est bien elle qui entretient ces différentes sources.
- Elle a déjà tenté les fantaisistes, cette rivière souterraine ! Sous cette rubrique « les merveilles de la France », la Terre illustrée publie dans son numéro du 2 mai dernier une soi-disant vue de la « rivière souterraine de
- Padirac (Lot) » ; or, cette gravure n’a certainement pas été exécutée d’après les photographies de M. Gaupillat ou les fusains de M. de Launay; je puis en parler à bon escient !
- Faites de la fantaisie tant qu’il vous plaira quand vous aurez à illustrer un roman; mais lorsqu’il s’agit de travaux sérieux, ne faites pas mentir le crayon ! L’absence de gravures, en ce cas, est mille fois préférable à l’intrusion d’une gravure inexacte.
- Ph. Lalande.
- L’EXPOSITION D’APICULTURE ET D’INSECTOLOGIE
- omme les années précédentes, il va IlIPi s’ouvrir, le 23 août, à l’Orangerie ïSailfltL des Tuileries, sous le patronage du Ministre de l’Agriculture, une Exposition spéciale d’Insectologie, organisée par la Société centrale d’Apiculture et d'insecto-logie; société qui s’est formée dans le but de propager en France les meilleures espèces d’insectes utiles; d’étudier les inconnues; de rechercher les moyens de détruire les nuisibles ou de les employer; d’essayer les appareils et machines qui lui sont présentés et de voir quelles sont les améliorations susceptibles d’y être apportées.
- Ces expositions ont pour objet de faire connaître au public intéressé les résultats obtenus et de lui soumettre des échantillons des produits récoltés.
- Elles ont lieu tous les ans aux Tuileries pendant un mois.
- A celle qui va s’ouvrir cette année on verra principalement de jolies collections de sérici-gènes; des tableux d’ornement; les différents «iodes d’emploi des papillons dans l’industrie et les arts ; des bijoux, parures, insectes phosphorescents naturels et en imitation ; les insectes dans leurs différentes métamorphoses «insi que dans leur habitat, etc., etc.
- Nous engageons nos lecteurs à la visiter et encore mieux à y exposer eux-mêmes les Produits, collections, appareils, photographies, mémoires, rentrant dans l’ordre d’idées énoncé plus haut et qu’ils pourraient avoir à leur disposition.
- E Exposition des insectes (collections, manuscrits, etc.,) est absolument gratuite.
- Celle des appareils, instruments auxiliaires, est fixée à raison de 5 fr. le mètre carré.
- Des récompenses : abeilles d’honneur en or, médailles diverses, diplômes, sont accordées aux lauréats.
- La 1^ Division comprend les insectes utiles et se partage en sept classes:
- ll'c classe : Insectes producteurs de cire et de miel.
- 2e classe : Insectes producteurs de soies.
- 3e classe : Insectes tinctoriaux.
- 4e classe : Insectes comestibles.
- 5° classe : Insectes employés comme amorce de pêche.
- 6° classe : Insectes employés en médecine.
- 7e classe : Insectes employés comme ornement.
- La 2e Division, les insectes nuisibles, avec douze classes, se distribue comme il suit :
- lre classe : Insectes qui attaquent les céréales.
- 2° classe : Insectes nuisibles à la vigne.
- 3e classe : Insectes nuisibles aux plantes industrielles.
- 4e classe : Insectes nuisibles aux plantes fourragères, ornementales.
- 5e classe: Insectes nuisibles aux arbres fruitiers et aux fruits.
- 6° classe : Insectes nuisibles aux arbres forestiers et d’alignement.
- 7e classe : Insectes nuisibles aux bois de constructions.
- 8° classe : Insectes destructeurs des matières organiques sèches et des provisions de nos demeures.
- 9e classe : Insectes carnassiers nuisibles à la pisciculture.
- 10° classe : Insectes parasites de l’homme et des animaux.
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- 11* classe : Insectes annelés entozoaires.
- 12e classe : Moyens de destruction, insecticides.
- Dans la 3e division cont compris les auxiliaires ainsi partagés :
- lr0classe: Collections.
- 2e classe: Animaux vivants, élevage.
- 3° classe : Instruments divers.
- La division suivante est formée par les mollusques, et enfin la 5e division est constituée par YInsectologie appliqué aux arts et à Vindustrie.
- Gustave Panis, Membre de la Société centrale d’Apiculture et d’Insectologie,
- LA CATASTROPHE DE MŒNCHENSTEIN
- e dimanche 14 juin dernier, le village de Mœnchenstein, à quatre kilomètres de Bâle, a été le théâtre d’une de ces catastrophes qui, de temps à autre, marquent de taches sanglantes une page de l’histoire des chemins de fer.
- Le train 174 (Jura-Simplon), partant de Bâle à deux heures quinze, emportait vers la vallée de la Birse environ quatre cents voyageurs. Ce train était attelé de deux fortes locomotives. Un peu avant la station de Mœnchenstein, au passage de 1a. Birse, le pont métallique céda et la plus grande partie du train tomba dans la rivière, d’une hauteur de quatre à cinq mètres.
- Nous renonçons à décrire le spectacle, même tel qu’il se présentait quelques heures après l’accident. La presse quotidienne en a du reste donné tous les détails.
- Soixante- treize personnes ont trouvé la mort dans cette fatale circonstance et cent trente et une ont été blessées plus ou moins grièvement. Les secours ont été portés aussi rapidement que possible par le corps des pompiers et le corps sanitaire, assistés par les médecins de la ville. Les blessés étaient transportés, soit à leur domicile, soit à l’hôpital de Bâle, pendant qu’une morgue provisoire, installée dans une ferme voisine, recevait les cadavres. Pendant toute la soirée, la Birse a charrié des vêtements, des chapeaux, des débris de wagons et même des morceaux de cadavres.
- Les travaux de déblaiement, commencés le
- lendemain matin, ont été continués jour et nuit pendant trois semaines et presque chaque jour amena la découverte de nouvelles victimes.
- Un pont provisoire en bois a été rapidement construit auprès du premier, de sorte que la circulation est rétablie.
- Quelles sont les causes de l’accident et à qui en incombe la responsabilité morale ? Voilà une question qui a été posée nombre de fois et retournée sous toutes ses faces, sans qu’elle ait donné lieu à une réponse catégorique. La commission nommée par la Compagnie du .Jura-Simplon a formulé son rapport dans des termes extrêmement vagues, et la conclusion a été que la construction du pont était irréprochable, et que le fer employé était de bonne qualité. Les intéressés ou les victimes de la catastrophe ont, de leur côté, commencé une enquête et il est à prévoir que le résultat sera très différent du précèdent. La construction de ce pont avait, du reste, et longtemps avant l’accident, été l’objet de nombreuses critiques; quant à ce qlU touche la qualité du métal employé, nous ign0‘ rons si la commission d’enquête a prélevé des échantillons pour les soumettre à des essais avant de formuler son rapport ; il est possible que le fer composant certaines parties du pont fût d’excellente qualité, mais, d’autie part, il était aisé de voir, à l’examen pure simple de certaines tôles tordues, d’un angle fort petit, et cassées, que le métal qui leS
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- Fig. 154.
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- composait ne présentait pas les meilleures garanties sous le rapport de l’élasticité.
- Il ne nous appartient pas d’insister plus longuement sur ce point ; un fait certain est que le même pont a été soumis fréquemment à des charges analogues ; il a été construit en 1873, et, récemment, la Compagnie du Jura-Simplon l’a fait visiter et réparer ; les travaux exécutés ont reçu l’approbation du déparlement fédéral des chemins de fer. Les
- écrasés ou mis en morceaux, en tuant ou mutilant les voyageurs qu’ils contenaient. L’ensemble des wagons tombés dans le lit de la rivière ne présentait plus qu’une masse informe de fers tordus et de planches brisées et il était assez difficile de se figurer comment un seul voyageur aurait pu en échapper. Un certain nombre en sont échappés cependant. L’un d’eux nous racontait même que la chute s’était faite d’une façon relativement douce,
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- Fig. 155. — La catastrophe de Mœnchenstein.
- causes de l’accident restent donc dans la plus Profonde obscurité. L’hypothèse d’un déraillement semble devoir être écartée.
- La poutre d’amont a cédé la première, car la locomotive de tête a été entièrement renversée ; emportée par la vitesse acquise, elle egt allée tomber sur la berge opposée. La deuxième machine est tombée droite. Les wagon s suivants suivirent le pont dans sa chute et rencontrant l’obstacle formé par les deux machines, ont été en grande partie
- ce qui s’explique du reste, le fond de la rivière étant vaseux et quelque peu élastique, mais que cette chute avait été suivie d’un choc violent qui avait fait tourner le wagon de façon à le placer dans le sens de la rivière. Il est probable que cette rotation l’avait préservé de l’écrasement, en permettant au travail de la poussée de se dépenser sous une autre forme. Cet exemple montre bien que les conséquences de l’accident ne sont pas dues en général à la chute elle-même, mais
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- surtout à l’arrêt subit qui l’a suivie. Ce pont est très voisin de la station de Mœnchenstein et il est probable que le train, qui devait s’y arrêter, ne marchait pas à une vitesse de plus de quinze ou vingt kilomètres à l’heure au moment de son passage. On peut juger de ce qui fût arrivé s’il se fût agi d’un express lancé à la vitesse de cinquante ou soixante kilomètres.
- Une circonstance à noter, c’est que le train était muni de freins Westinghouse, qui, comme chacun sait, se serrent automatiquement lorsqu’une rupture d’attelages se produit en un point quelconque du convoi. Le temps nécessaire à ce serrage ne correspond, à cette vitesse, qu’à un parcours de quelques mètres, et, d’autre part, la distance d’arrêt est de quinze mètres environ. Il est donc extrêmement probable que, si les derniers wagons sont restés sur la voie, c’est surtout grâce à la présence des freins automatiques. On a souvent prétendu que l’automaticité des freins n’était qu’un avantage très relatif et digne tout au plus d’enlever quelques craintes au bon public, mais que, dans le fait, cette merveilleuse qualité n’avait jamais l’occasion de s’exercer utilement. Voici un cas où l’on ne saurait mettre en doute leur utilité et, à cette occasion, on ne peut que louer la prévoyance des Compagnies de chemins de fer, qui peu à peu en munissent tout leur matériel.
- La composition du train était la suivante :
- 2 Locomotives et leurs tenders. N08 203 et 207 1 Fourgon à bagages, 2 essieux. — 3009 1 Wagon de 3e classe, 4 essieux. — 2269 1 Wagon mixte (lre et 2e classe),
- 4 essieux.................... — 601
- 1 Wagon-Poste, 2 essieux...... — 152
- 1 Wagon à marchandises, 2 es$. — 4014 1 Wagon de 3e classe, 2 essieux. — 1516 1 Wagon de 3e classe, 4 essieux. — 2254 1 Wagon mixte (lre, 2e et 3e cl.),
- 4 essieux..................... — 613
- 1 Wagon de 3e classe, 4 essieux. N° 2263
- 1 — — 4 essieux. — 666
- 1 — — 2 essieux. — 1503
- 1 — — 4 essieux. — 2210
- Les sept premiers wagons sont tombés dans la Birse.
- Gomme, à cet endroit, sa largeur n’est que d’une vingtaine de mètres, on jugera de ce qui dut se produire au moment du choc.
- Le wagon suivant est resté suspendu au-dessus de la Birse, le bogie d’avant étant resté sur les rails tordus et séparés du pont, pendant que le bogie d’arrière reposait par ses deux premières roues sur la voie restée intacte, les deux autres roues étant soulevées par suite de l’inclinaison du véhicule. Les quatre derniers wagons n’ont pas souffert.
- Comme tous les événements analogues, la catastrophe de Mœnchenstein a eu un grand retentissement, non seulement en Suisse, où elle a pris les proportions d’un deuil national, mais dans l’Europe entière. Pendant quinze jours, le théâtre de l’accident a été un but de pèlerinage, et l’on peut estimer à vingt mille le nombre des personnes qui s’y sont portées. Le lundi 15 juillet, le bureau télégraphique de Bâle a expédié ou reçu 10,470 dépêches, dont quelques-unes contenaient plus de quatre cents mots.
- Au moment où nous écrivons ces lignes, l’émotion causée par la catastrophe de Mœn-chenstei n n’est pas encore calmée. Ce ne sont, en effet, ni les consolations d’une religion, ni les chiffres de la statistique qui peuvent rassurer l’opinion publique au lendemain d’un pareil malheur: il faut que le temps accomplisse son œuvre. Chacun de nous se soumet volontiers à cette loi qui veut que le progrès industriel enlève chaque année une moyenne d’existences humaines, mais nous n’admettons pas avec la même facilité que ce tribut soit prélevé d’une façon aussi brusque.
- F. Drouin.
- LA PHOTOGRAPHIE EN VOYAGE
- NOUVELLE LANTERNE J. DECOUDUN
- ^v^outes les personnes qui s’occupent de uÉl photograPhie connaissent les incon-vénients des lanternes ordinaires, sur-tout au point de vue des substances
- employées à leur éclairage. Les systèmes a huile, pétrole, essence, pour les amateurs qui ne s’en servent pas journellement, ne sont jamais en état de fonctionnement ; on doitau
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- préalable s’occuper des mèches et les garnir de liquide, elles sont dangereuses et d’un transport peu facile en voyage.
- Les bougies fonctionnent très irrégulièrement dans les petites lanternes ; elles coulent, leurs mèches s’allongent et fument. Celles qui sont dans un tube, soumises à l’action d’un ressort,s’arrêtent quelquefois,et souvent aussi ces bougies cachées sont subitement épuisées avant la fin de l’opération.
- La nouvelle lanterne a été étudiée et combinée pour supprimer ces inconvénients. On fait usage pour son éclairage, de paraffine en tablettes, substance économique à flamme brillante, non fuligineuse, ni dangereuse, brûlant sans odeur et s’introduisant par morceaux, très facilement, sans qu’il soit nécessaire d’ouvrir la lanterne. La mèche ne s’altère pas, peut être rallumée plus de 150 fois.
- Le tube porte-mèche est au centre d’une boite métallique, contenant de la paraffine
- Fig. 156.
- pour dix heures, le niveau visible baisse pendant la consommation, on l’augmente en remettant toutes les deux ou trois heures environ, une tablette de paraffine, dans une ouverture spéciale, libre, placée derrière la lanterne; de là, elle tombe dans un réservoir, se liquéfie sous l’influence de la chaleur et s’écoule goutte à goutte dans la lampe.
- Pour éteindre, on souffle par l’ouverture supérieure et, après refroidissement, la paraffine est solidifiée, la lanterne transportable. Son fonctionnement est toujours prêt avec éclairage d’une durée illimitée.
- La lumière arrive sur trois côtés, les verres rouges sont glissés dans des rainures et dé-instantanément par la levée du cou-
- vercle supérieur à charnière, par conséquent, facile à nettoyer et à remplacer.
- La lanterne se fait sur deux modèles, l’une pour laboratoire, montée sur pied en fonte, l’autre spéciale pour le voyage, se redresse sur boîte métallique à charnière formant une base solide et l’élèvant à une hauteur convenable au développement ; repliée, elle protège les trois verres et réduit l’ensemble à 6 1/2x6 1/2 X 14 centimètres.
- Déjà on avait tenté d’utiliser les précieuses qualités de la paraffine solide pour l’éclairage, toutefois sans y parvenir, parce que le rallumage était impossible, la mèche étant carbonisée aussitôt, faute d’avoir assez de paraffine fondue autour de son tube, surtout avec un niveau baissé et la paraffine dure du commerce.
- J. DECOUOUN
- Fig. 158.
- Fig. 157.
- L’inventeur a tourné cette difficulté en plaçant très simplement une lame d’un métal conducteur derrière et près de la flamme, de sorte que la chaleur de cette dernière est rapidement transmise au tube porte-mèche ; la matière étant liquéfiée et la mèche de suite alimentée, celle-ci brûle sans hésitation et se conserve très longtemps.
- ÉPHÉMËRIDES ASTRONOMIQUES
- AOUT 18g i.
- SOLEIL. — Le 23, à 11 h. 24 du matin, entrée •Lus la Vierge. Temps moyen à midi vrai : le le'. 0 h. G m. 7 s. ; le 31, 0 h. 0 m. 15 s. Le jour décroît pendant ce mois de 1 h. 35.
- LUNE. — N. L. le 4, à 5 h. 22 m. soir; P. Q. le à 9 h. 21 m. soir ; P. L. le 19, à 9 h. 38 m. soir ; D. Q. le 26, à 0 h. 19 m. soir.
- OCCULTATIONS. — Le 21, 30, Poissons à 8 h. 13 m. soir. L’étoile est à ce moment sous l’horizon. L’émersion a lieu à 8 h. 49 m.
- PLANÈTES. — (Voir notre planétaire et la page 123 du journal.) Passages méridiens le 11 août : Mercure, 1 h. 45 m. soir ; Vénus, 11 h. 25 m. matin; Mars, 11 h. 51m. matin; Jupiter, lh.54m.
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- ;’v\
- matin ; Saturne, 1 h. 54 m. soir ; TJranus, 4 h. 25 soir.
- ...|Lo 15, à 2 h. du soir, Mercure atteint son aphélie, et le 16, à 10 h. du soir, sa plus grande élongation (27°, 22 E.) ; le 26, à 4 h. du matin, Mars atteint sa plus grande latitude héliocentrique N.
- ÉTOILES FILANTES. — Du 7 au 14, 6 points d’émanation principaux : y, Cygne; 8, Dragon; a, Cassiopée; vj, Persée; fi, Baleine ; 3,084, Brad-ley. — Du 12 au 16, y, Persée. — Du 20 au 30, y, Pégase; o, Dragon; a, Lyre; -q, Dragon.
- CONSTELLATIONS. — Voir la Science en Famille du ]°r août 1888.
- NOUVELLES DE LA SCIENCE. — M. Vinot, du Journal du Ciel, a publié, dans un de ses derniers numéros, une note destinée à expliquer les froids rigoureux de l’hiver dernier, autrement que par le refroidissement progressif de notre soleil, hypothèse que nous nous sommes fait un devoir d’enregistrer ici même, désireux que nous sommes de ne rien omettre d'imposant sans le signaler à nos fidèles abonnés. Pour M. Vinot, aucune dis sinistres prédictions que vous connaissez, cher lecteur, n’est à craindre de longtemps. Les froids sont exclusivement produits par les courants supérieurs de l’atmosphère. Ces courants se dirigent-ils vers le sud? le froid sévit et dure; viennent-ils du midi? une température douce s’installe, car les courants supérieurs finissent toujours par avoir raison des courants inférieurs. Cela dit, pendant tout l’hiver 1890 1891, les vents du nord, refroidis par leur contact avec les glaces polaires ont soufflé sur notre hémisphère. Mais ce phéno-
- mène n’a pas eu lieu sans qu’un appel d’air inverse se soit produit sur l’hémisphère opposé, où les vents supérieurs ont dû, par conséquent, avoir une direction contraire, soit sud-nord. Ce qui donne une certaine vraisemblance â cette hypothèse, c’est que l’hiver y a été particulièrement doux pendant que nous étions transis. Remarquons, en outre (et nous croyons être les premiers à faire cette observation), que la longitude moyenne du continent américain (108°0) est presque diamétralement opposée à la longitude de l’isotherme le plus froid (70° E de Paris) (à Test de la mer Blanche). Le courant d’air aurait donc parcouru un grand cercle du globe en passant par le pôle même, et en déviant légèrement vers l’ouest, par suite même de la rotation de la Terre.
- Le Journal du Ciel reproduit une communication de M. Leclercq, ancien président de la Société royale belge de géographie, insérée in-extenso I dans Y Astronomie (1891, p. 197) et dans laquelle ce savant signale le dernier hiver comme ayant été exceptionnellement doux en Islande ; jusqu’au 6 janvier, il n’y eut en Islande ni neige, ni gelée; les communications avec l’Europe ne furent pas interrompues.
- Cette anomalie s’expliquerait en admettant que ce pays, déshérité d’habitude, se trouvait dans une région calme entre la branche sud-nord (américaine) et la branche nord-sud (asiatico-européenne) du courant d’air.
- Nous donnons ces hypothèses sous toutes reserves, la météorologie de notre planète étant encore au berceau. G. Vallet.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- Une découverte intéressante. — Un capitaine d’artillerie, professeur à l’Académie technique militaire de Vienne, M. François Walter, aurait, paraît-il, trouvé tout récemment un alliage permettant d’unir par la fonte, le verre avec des métaux autres que le platine. Cet alliage, par lequel on obtient une fermeture absolument étanche, permettrait de fabriquer à l’avenir des lampes électriques sans platine, ce qui ferait subir une transformation complète à la lumière électrique
- ***
- Ongles incarnés. — M. A. J. Moore, dans le Boots and Shoes Weelüy, donne quelques conseils que devraient méditer les cordonniers a la mode,
- Les principales maladies du pied proviennent des défauts de la chaussure. En ce qui concerne les ongles incarnés, l’auteur s’exprime ainsi :
- Lorsque le cas est grave, et qu’il y a de l’inflammation, un chirurgien doit être consulté immédiatement, ou bien l’inflammation s’accroîtrait tellement que l’extraction de l’ongle serait nécessaire, et cette opération est plus douloureuse que l’amputation d un membre.
- L’ongle incarné ordinaire peut être g11^1 en peu de temps par l’un des procédés suivants.
- Tout d’abord la cause du mal doit etie supprimée, et Ton doit porter un soiihel
- doux, souple et assez large pour peu
- mettre
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- § EIBLSOTHFgi/e...
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- le libre mouvement du pouce. Tremper le pied dans l’eau chaude, pour enlever l’inflammation et rendre l’ongle plus souple. Ne pas le couper, surtout aux coins. Presser de petits tampons aussi loin que possible sous le bord de l'ongle, sans cependant causer de douleur, et envelopper légèrement le pouce avec un linge imprégné de glycérine. Refaire cette opération deux fois par jour, en remplaçant la charpie et essayant chaque fois d’en augmenter la quantité. Lorsque l’ongle devient long, le couper en laissant les bords plus hauts que le milieu.
- Un autre remède consiste à couper une petite encoche au milieu de l'ongle, en laissant les coins carrés; gratter alors l’ongle, à partir du milieu de sa hauteur, en allant vers l’encoche, jusqu’à ce qu’il soit assez mince. Il reste ainsi au milieu une mince bande qui soulage la pression des côtés.
- ** *
- Papier de bananes. — Les journaux américains s’occupenten ce momentd’une nouvelle façon d’exploiter le bananier, destinée parait-il à révolutionner, dans un avenir prochain l’industrie du papier, En effet, on a découvert que les tiges des bananes fournissent une grande quantité de libres et produisent un papier de première qualité. Au bout d’une seule saison, et après avoir donné son fruit, la plante meurt, il est vrai, mais de nouveaux rejetons sortent aussitôt de ses racines, ce qui fait que la plante se reproduit d’elle-mème sans frais et sans soins.
- ** #
- Trains arrêtés par les chenilles. — Le
- fait que nous allons rapporter a été signalé
- Pur les journaux américains du mois dernier.
- A- H kilomètres de Mankato (Minnesotah) sur la ligne du chemin de fer de Milwankee, es trains sont restés en détresse, arrêtés... Pai des chenilles qui, établies sur les rails, 8 y chauffaient au soleil.
- ^ Au bout d’un petit trajet, les chenilles basées, réduites en une bouillie graisseuse, snipèchèrent toute adhérence et les roues des °comotives patinaient sans avancer.
- es bernes journaux ajoutaient d’ailleurs T|e le fait s’était produit plusieurs fois déjà cours du printemps que nous venons de
- traverser.
- Attaque des oiseaux de proie. — La plupart des journaux illustrés ont reproduit, il y a déjà quelque temps, la scène navrante qui eut lieu sur une voie ferrée de Hongrie, et dans laquelle un garde-barrière eut le crève-cœur de voir son enfant enlevé à quelques pas de lui-même par un aigle royal d’une taille colossale.
- Voici un fait beaucoup plus extraordinaire et qui s’est passé en Suisse, tout dernièrement, aux environs d’Albinen : Une vieille femme réfugiée sous un arbre eut toutes les peines du monde à échapper aux attaques d’un gypaète qui la frappa longtemps à grands coups d’ailes dans ses évolutions nombreuses et concentriques, avec l’espoir de renverser sa proie.
- C’est seulement après plusieurs tentatives infructueuses, et effrayé par les cris de terreur de la victime que le rapace se décida à lâcher prise.
- ***
- Le port des lettres au japon. — Le port des lettres est devenu en France très bon marché, surtout si on le compare à celui des époques précédentes ; cependant il l’est davantage en Angleterre, où la carte postale, qui nous coûte 0 fr. 10, peut circuler dans tout l’intérieur du pays, pourun demi-penny, ce qui fait à peu près cinq de nos centimes. Mais c’est au Japon qu’il faut aller pour trouver le mode de correspondance à meilleur compte.
- Dans ce pays, une lettre va de l’une à l’autre de deux villes les plus extrêmes pour 2 sen ce qui fait environ le 1/8 d’une de nos pièces de 5 centimes.
- Cependant le Japon est un pays très montagneux, où il existe relativement peu de voies ferrées, par conséquent peu de moyens rapides de communication; le service des postes y est assuré par des courriers fort diligents et dont le salaire est très minime.
- ** *
- Les chiens de guerre. — Dans tous les pays, et notamment en France, on a reconnu que le chien, convenablement dressé, était apte à rendre des services, en cas de guerre, dans le service des avant-postes.
- D’après les expériences qui viennent d’être faites en Prusse, dans le bataillon des chasseurs de Lubbën, il est permis de croire qu’on
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- pourrait encore les utiliser après, le combat, dans la recherche des blessés, alors que la bataille s’est livrée dans un terrain accidenté, raviné ou semé de buissons.
- Par exemple les chiens de chasse sont en général impropres à ce dressage, et on a dû choisir le chien-loup et le chien de berger.
- Le dressage de ces chiens s’effectue ainsi :
- Les pseudo-blessés se couchent dans la broussaille et y restent immobiles ; les chiens du bataillon cherchent leurs traces, et dès qu’ils en ont découvert un, ils aboient en posant leurs pattes de devant sur son corps, et permettent ainsi aux brancardiers de se diriger à coup sûr de ce côté, car ils continuent d’aboyer jusqu’à ce que les brancardiers aient répondu à leur appel.
- Actuellement, chaque compagnie possède douze chiens dressés à cet exercice.
- *
- * *
- Appareil oxyéthérique pour projections. — M. Pellin a récemment présenté à la Société de physique un appareil oxyéthé-
- REVUE D
- La librairie photographique Liesegang, de Dusseldorf, vient d’éditer trois brochures qui méritent de figurer dans la bibliothèque de tout amateur photographe.
- La Photographie en couleur sur émail, porcelaine et verre (3fr. 15) s’adresse surtout à l’amateur, familiarisé déjà avec tous les travaux photographiques et lui ouvre des horizons nouveaux ; nous prédisons un grand succès à cet ouvrage.
- L’A B C de la Photographie moderne (6e édition), par W. K. Burton’s (136 pages, 15 figures,
- rique destiné à remplacer l’appareil oxyhy-drique pour les projections, lorsqu’on n’a pas à sa disposition le gaz d’éclairage.
- Cet appareil a été apporté à M. Pellin par M. Zahm; il a été construit par M. Macintosh.
- Il se compose d’un cylindre garni intérieurement de feutre, et dans lequel on introduit de l’éther; il porte un robinet à chacune de ses extrémités. Une dérivation de l’oxygène qui va au chalumeau, traverse ce cylindre carburateur, et arrive au second robinet du chalumeau.
- Avec 500 grammes d’éther, l’appareil fonctionne pendant 5 heures.
- ***
- Une lampe colossale. — A l’exposition navale de Londres se trouve actuellement une lampe électrique colossale construite par l’Amirauté; son intensité lumineuse est de 5,000,000 de bougies et elle est placée dans un modèle de phare, à cinquante-six mètres au-dessus du sol.
- S LIVRES
- 1 fr. 90), est un véritable guide de l’amateur et du débutant. Tout ce qui compose le matériel, tout ce qui regarde les opérations photographiques y est passé en revue. Un chapitre surtout intéressera les lecteurs, c’est celui qui traite de la « photographie en chambre ».
- Instructions pour faire de la Photographe (1 fr. 25). Dans cette brochure, l’auteur cherche à. faire ressortir les causes des insuccès qui, parfois, découragent les débutants ; il les énumère et d indique les moyens d’y porter remède.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- Pour conserver le poisson. — Il a été
- reconnu que le sang et l’enduit visqueux qui recouvrent le corps des poissons sont les principaux agents de la corruption rapide de leur chair. C’est donc en saignant les poissons et en les lavant que l’on pourra les conserver intacts le plus longtemps.
- Voici comment on procède à cet effet en Hollande et en Allemagne : on saigne le poisson aussitôt après l’avoir pris. Poar cela,
- on tranche l’artère qui amène le sang auX branchies que l’on arrache ; quant à l’enduit visqueux qui couvre la peau, un simple gi'at' tage suffit pour l’enlever.
- Par ce traitement, on obtient une chan
- blanche et savoureuse, se conservant deux fois
- plus longtemps que celle du poisson qui11 j* été ni saigné ni lavé. C’est à ce mode de p1 paration que les habitants d’Emden doiven une réputation justifiée auprès des gourmets-
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- Procédé pour détruire les guêpes. —
- Voici bientôt la saison des guêpes, on commence à en apercevoir quelques-unes que le rude hiver n’a pas détruites ; je crois être utile aux apiculteurs en leur indiquant un procédé pour s’en débarrasser.
- On ne trouve pas toujours leurs retraites et les bouteilles à demi-pleines d’eau miellée, recommandées par certains auteurs, ont l’inconvénient d’attirer aussi les abeilles qui s’y noient.
- J’ai essayé avec le plus grand succès le sirop de groseilles: j’en mets un petit verre, avec ou sans eau, au fond d’une fiole d’embouchure assez étroite ; les guêpes « par 1 odeur alléchées * y pénètrent et n’en peuvent sortir.
- Une fiole ainsi préparée, suspendue à la ruche même, a été remplie de guêpes et de touches en quelques jours, c’est à peine si J ai pu y découvrir deux abeilles que le sirop ne semble pas attirer ; un voisin, apiculteur, a obtenu le même résultat.
- Rien de plus facile ni de moins coûteux à essayer que cette recette.
- (L’auxiliaire de l'Apiculteur). ***
- Une veilleuse économique. — Dépouillez un marron de son écorce, en le perçant de Part en part, et faites-le tremper au moins leuies dans l’huile à brûler. Dès que vous voudrez vous en servir, passez-y une petite ®eche, et mettez-le dans un verre d’eau où 1 surnagera. On allume le soir et on peut e 'e ceitaia d’avoir de la lumière jusqu’au nctemain matin, sans avoir besoin d’y joutei^ de l’huile. Cette veilleuse de nuit, sv! C°ÙteilSe’ est plus simple que nombre de J emes perfectionnés qui ne marchent Presque jamais.
- ***
- fai aCl!eS dhuile sur les parquets. — Pour ic disparaître les taches d’huile sur un
- chiffUe*U^ su^ Ie frotter à l’aide d’un a ,0n *mRibé de pétrole; on encaustique es avoir lavé l’endroit, dès que le pétrole ^vaporé, puis l’on cire.
- ependant on arrive au même résultat en malerYant de la terre de SaUneUès, sorte de dansiur0’ qUe 15°n trouve Près de Sommières, ber i Iérault’ et fiui a la propriété d’absor-68 C01PS gras : il suffit alors de presser
- sur la tache avec cette terre et d’y laisser séjourner celle-ci quelque temps.
- ***
- Moyen de prendre les poudres médicamenteuses. — Les pharmaciens enveloppent d’ordinaire dans un cachet de pain azyme, les poudres médicamenteuses dont l’ingestion est toujours désagréable.
- Il existe un moyen plus simple consistant dans l’emploi du papier à cigarette : plus celui-ci sera fin et léger et mieux il conviendra. Les Allemands vantent actuellement certain papier d’usego, fabriqué avec une plante du Japon, et destiné au même usage. Disons tout de suite que ce papier ne présente aucun avantage sur le papier à cigarette quelconque utilisé de la manière suivante :
- La feuille de papier bien étalée, on verse au centre la poudre à prendre, et on replie les bords du papier en tortillant les extrémités de façon à former une sorte de petit paquet en boule. Une gorgée d’eau chaude facilite la déglutition de cette boulette placée sur la langue.
- Ce papier se déchire facilement dans l’estomac laissant comme le pain azyme, le médicament en liberté dans la cavité digestive. Le papier est rejeté dans les selles.
- imperméabilisation des tissus. — Voici
- d après la Revue de la Teinture une nouvelle méthode de rendre les tissus imperméables.
- Faire dissoudre :
- Gélatine (colle de Flandre).... 500 g.
- Savon de suif...;.......... 500 g.
- Eau bouillante............. 121.
- La gélatine peut être ramollie à l’avance dans une partie de l’eau (froide).
- Dans la dissolution bouillante, verser, peu à peu la suivante, également chaude.
- Alun ordinaire............. 750 g.
- Eau bouillante............. 51.
- Faire bouillir le mélange encore 15 minutes puis laisser refroidir le liquide laiteux qui en résulte, jusqu’à 50° c.
- Y plonger le tissu qu’on laisse bien s’en pénétrer ; l’égoutter et le faire sécher complètement ; le laver et le sécher de nouveau.
- Repasser ensuite au fer. ou à la machine à apprêter.
- Il importe que le savon à employer soit bien au suif.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
- La force centrifuge et l’origine des mondes. — Dans un vase en verre, un pot à confitures, par exemple, faisons un mélange d’eau et d’alcool dans des proportions telles qn’une goutte d’huile se maintienne au milieu du liquide : l’huile étant plus légère que l’eau, mais plus lourde que l’alcool, ce résultat s’obtient facilement après quelques tâtonnements. Si la bulle d’huile va au fond du vase, on ajoutera un peu d’eau ; si, au contraire, elle tend à se rapprocher de la surface supérieure du liquide, l’addition progressive de quelques gouttes d’alcool suffira pour la ramener vers le milieu.
- Si nous versons dans ce liquide une cuillerée de l’huile que nous venons d’essayer, nous verrons cette huile se masser en une sphère régulière au sein de notre mélange alcoolique.
- D’autre part, prenons une aiguille à tricoter bien droite et munissons-la, à quelques centimètres de l’une de ses extrémités, d’un petit volant métallique, débris de quelque jouet en vogue, que nous fixerons avec un peu de soudure ou de cire à cacheter. Une simple roulette ou même un disque en bois, au besoin, peut jouer le même rôle. Enfin dans une pièce de dix centimes, et vers le centre, donnons un coup de poinçon avec un clou assez fort, par exemple.
- Nous avons alors ce qui nous est nécessaire.
- La pièce de monnaie étant placée au fond du vase qui renferme le mélange indiqué plus haut, traversons la sphère d’huile que nous y avons introduite avec l’aiguille à tricoter, dont la pointe inférieure viendra se loger dans la petite empreinte de la pièce de monnaie. L’autre extrémité sera soutenue par un doigt, de façon à maintenir l’aiguille verticalement. En imprimant au système ainsi formé un mouvement de rotation, on voit la boule d’huile se déformer et le diamètre horizontal augmenter au détriment du diamètre vertical.
- Fig. 159. — La et l’origine
- Ainsi s’explique la forme de la terre, aplatie au pôle et légèrement renflée à l’équateur. Il est probable, en effet, et cette expérience pourrait servir à le démontrer, que la terre n’a été à l’origine qu’une masse énorme à l’état fluide, et, par conséquent, facilement déformable, dont les molécules auraient d’abord obéi à la force centrifuge avant qu’un refroidissement soit, venu en opérer la solidification.
- Mais ce n’est pas tout, et si l’on accentue la rotation, toujours dans le même sens, on remarque que de la sphère primitive se détache un anneau excentrique qui continue à tourner avec elle. Faut-il voir dans cette remarque une explication du phénomène qui a dû exister pour certains mondes, voisins du nôtre, pour celui de la planète Saturne, par exemple?
- Nous ajouterons que pour que cette observation puisse être faite, il faut que l’opération soit bien conduite, avec une vitesse de rotation soigneusement et graduellement augmentée; car, dès qu’on accélère la rotation, si on ne se conforme pas à le faire avec fine progression ni" sensible, ce n’est pas la formation de l’anneau que l’on remarque, mais bien celle d’une ou plusieurs petites sphères se détachant de la sphère primitive et continuan à graviter autour de celle-ci. Mais là encoie ne doit-on pas profiter de cette observation pour chercher à expliquer, toujours dans e même ordre d’idées, la formation des satel' lites.
- Voilà une expérience facile à faire, et qul a sa place toute marquée au cours supéi'Dur de l’école primaire, pour venir en aide a bonne compréhension des premières leçons de cosmographie élémentaire. ^ ^
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d^AssaS' La Fère. — lmp. Bayen, rue Neigre.,
- force centrifuge des mondes.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- 'î* <»
- CONSEILS AUX AMATEURS POUR FAIRE UNE COLLECTION DE PAPILLONS (Suite) Papillons Diurnes (Suite)
- Kg. 161,
- P' £
- |ymphalides (suite). — Nous voici arrivés au genre Vanessa représenté aux environs de Paris par tout un régiment de papillons.
- Nous citerons parmi les principaux :
- Le Paon de JourjVane.?-$a/o,Linné); superbe espèce, à ailes dentelées, anguleuses, fauve rougeâtre , ornée s chacune d’un œil roux entouré de noir °t de bleu, et tacheté de jaune dans les supérieures. Chenille épineuse, brun foncé lui-sanfc, à points blanchâtres ; vit en société sur 1 ortie. Le Paon de Jour est assez commun
- dans les jardins et les.endroits cultivés et on le captü re facile-ment.
- LeMo-rio ( Varies s a
- ^tiopa, Lin.), ailes anguleuses brun très °ncé à reflets pourprés à large bordure jau-nâtre ou blanchâtre selon les variétés, et ac-
- Fig. 160 — Le Vulcain (Vanessa Alalanla, Lin.) 1. Chenille. — 2. Chrysalide. — 3 Insecte parfait.
- • — Le Paon de Jour (Vanessa Io, Lin.).
- compagnée d’une rangée de taches bleues. Chenille épineuse, noire, ponctuée de blanc et de ronge ; vit surtout sur le bouleau.
- Chrysalide fortement angu 1 e u s e , noirâtre, maculée de fauve. Assez, rare aux environs de Paris, il est plus commun dans les bois qui cn-t o u r e n t Montfort-1 ’ A in a u r y ; mais â cause de son vol, presque aussi rapide que celui de l’hirondelle, il est très difficile à prendre : c’est un des plus beaux papillons de nos pays.
- La Yanesse Vulcain (Vanessa Atnlan-ta, Lin.) aux ailes noires, tachetées de blanc et de bleuâtre, et traversées par deux larges bandes d’un rouge vif.
- On le prend facilement lorsqu’il est posé sur des fruits en décomposition ou bien sur le tronc des arbres cariés. Chenille gris jaunâtre, pointillée de noir; vit sur les orties. Chrysalide brune marquée de points dorés.
- Fig. 162.—Le Sphynx de la Vigne (Deilephila Elpenor, Lin.).
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- La Belle Dame (Vanessa Cardui, Lin.), jolie espèce dont les quatre ailes vermeilles sont tachetées de noir ; le sommet des supérieures est noir avec des taches blanches, tandis que l’aile tout entière est sillonnée obliquement par une bande noire, et bordée de taches et de points noirs.
- On la rencontre dans les lieux arides, secs, incultes.
- • Chenille épineuse, au corps brunâtre avec des lignes jaunes. Chrysalide grisâtre, poin-tillée de doré ; se tient sur les mauves, les chardons, les artichauts.
- La Vanessa Gamma ( Vanessa C. Album, Lin.), ainsi appelée à cause d’un G (gamma, en grec) parfaitement imprimé en blanc sur l’envers jaune foncé des ailes inférieures. Les quatre ailes sont jaune vif, maculé de noir.
- Chenille épineuse, brun rougeâtre avec une bande blanche commençant sur le dos au cinquième anneau et se prolongeant jusqu’au dernier. Vit sur l’ortie et le houblon, sur l’orme, sur le, prunellier et le groseillier. Chrysalide rougeâtre avec des points dorés, comprimée à son milieu.
- La-Grande Tortue (Vanessa Polychloros) fauve, avec les ailes supérieures semées de taches noires ; une autre tache noire accompagnée d’une tache claire orne le haut des inférieures ; toutes les quatre sont bordées de noir et de brunâtre parsemé de croissants bleus aux ailes inférieures ; le dessous est noirâtre près du corps et brunâtre dans la partie restante.
- Chenille bleuâtre ou brune, avec une ligne orangée sur les côtés et des épines jaunâtres. Chrysalide d’un beau rouge, avec des taches dorées vers la tête ; se tient dans les jardins, dans les bois, sur les ormes et les chênes, sur les pommiers, les pruniers, etc.
- La petite Tortue ( Vanessa urticæ), plus petite que la précédente; c’est un papillon commun partout, du printemps à l’automne, et dont les ailes, d’un fauve ardent, sont bordées d’une bande brûnâtre, limitée elle-même en dedans par une ligne noire ; sur cette ligne noire, des points bleus; aux ailes supérieures, six taches noires ; aux ailes inférieures, du noir à la base.
- Le Petit-Sylvain (Limenitis Sibylla, Lin.), appelé encore le Deuil ; ailes brun-noîratre
- avec une bande médiane, formée de taches blanches rapprochées et une rangée de points bleus au bord. Chenille verte, armée de fortes épines dichotomes et pointillée de brun. Chrysalide anguleuse, gris foncé, à bandeset à taches argentées.
- Le Sylvain azuré (Limenüis Camilla^zfo), espèce très voisine du précédent, mais beaucoup plus rare ; les ailes, comme son nom l’indique, ont des reflets d’un beau bleu sur le dessus; le dessous est ferrugineux. Chenille épineuse au dos pâle, au ventre rougeâtre, avec une ligne blanche bordée de rouge sur les flancs. Chrysalide anguleuse, brune, sans taches.
- Le genre Nymphalis nous offre un des plus grands papillons de nos pays ; le Grand-Sylvain (.Nymphalis populi). Très rare aux environs de Paris, on ne l’y rencontre guère qu’à Ozouer-la-Ferrière, à Armainvillers, à Compïègne, etc., et assez communément dans la forêt de Rambouillet.
- C’est un beau lépidoptère aux ailes brun foncé avec des taches et des bandes blanches et toutes quatre bordées ds ferrugineux. La femelle-est plus grande que le mâle. Chenille verte ou brune, aux extrémités rougeâtres, et portant des tubercules sur le dos. Chrysalide ovoïde et bossue, jaune et noire.
- On capture le grand Sylvain, dans la matinée, sur la bouse des bestiaux ou dans les flaques d’urine ; la femelle, encore plus rare que le mâle, voltige dans la soirée.
- A la même section et au genre suivant appartiennent le Grand-Mars et le Petit-Mars (Apalura Iris, Lin. et Ilia, Fab.), aux ailes d’un brun chatoyant, glacé de bleu, traversées de bandes blanches ou orangées, suivant la variété et marquées de taches bleuâtres. Ils sont toujours, le Grand-Mars surtout, peu communs aux environs de Paris, et ils se posent de préférence soit sur les matières stercoraires des animaux, soit sur des animaux en putréfaction. Aussi le meilleui moyen de les attirer consiste-t-il dans |a suspension d’un morceau de viande en décomposition aux basses branches d’un arbre. Ils habitent presque toujours les grandes forêts peuplées surtout de chênes et aussi les prairies humides plantées de peuplier8. Leurs chenilles vertes, ainsi que leurs chrysalides vivent sur ces derniers arbres.
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- Satyrides. — Papillons de taille moyenne, aux couleurs ternes avec des taches en forme d’yeux. Vol très saccadé et peu soutenu. Se rencontrent surtout dans les lieux secs et arides. Antennes renflées en bouton ou terminées par une masse grêle et allongée.
- Chenilles nues ou presque nues, rétrécies en pointe fourchue à leur extrémité postérieure; chrysalides tuberculeuses sur le dos, à tête bifide.
- Le Demi-Deuil (Arge Galathea, Lin). Ailes arrondies, blanc jaunâtre avec des taches et des bandes noires, formant d’élégantes marbrures. Chenille verte avec trois lignes longitudinales plus foncées et deux petites épines rouges à la queue; vit sur la fleur des prés. Chrysalide ovoïde, jaunâtre, tachetée de noir.
- C’est là une jolie espèce, commune partout et facile à capturer.
- Le Satyre agreste (Saiyrus semele,.Lin.) a des nuances très agréables. Ailesbrun foncé, marquées de taches plus pâles formant une bande irrégulière et portant deux yeux noirs pupillés de blanc. La femelle est à la fois plus grande et plus vive en couleurs. Quoique robuste, ce papillon se laisse prendre facilement; il habite surtout les bois arides. Chenille glabre, ridée, rayée, d’un gris livide ou couleur chair. Chrysalide roux pâle, tachetée de plus clair.
- Le Satyre Tircis (satyrus œgeria, Lin.) est agréablement varié de brun et de jaune pâle. On le trouve partout en été, dans les sentiers ombragés, volant avec confiance devant le promeneur, puis disparaissant tout cl’un coup au-dessus des arbres. Chenille yerte, rayée de blanc, vivant sur les graminées sylvicoles. Chrysalide verte aussi, fixée durant l’hiver aux chaumes des herbes né-morales.
- Le Mercure (S. arethusa) aux ailes brun °bscur avec la bande fauve de l’Agreste. Un point noir, sur la bande, au sommet de l’aile
- supérieure.
- Le Faune; ailes fond brun avec liseré blanc nnx ailes supérieures, près du bord un point hlanc entre deux points noirs ; aux inférieurs, une bordure de points noirs.
- Au mois d’août, ces deux espèces sont communes à Lardy et à Fontainebleau.
- Lo Satyre (S. Mœrà), la Mégère (S. Megœra)
- aux ailes mélangées de fauve, de noirâtre et d’un jaune plus ou moins pâle et toujours oculées, sont répandus partout.
- Papillons crépusculaires
- Ailes non relevées pendant le repos et maintenues dans cette position par une soie raide, placée à la base du bord externe des secondes ailes, et qui s’engage dans un crochet de la face inférieure des premières ailes.
- Antennes de formes variables prismatiques, en cornes de bélier, linéaires, pectinées, dentelées, plumeuses ou filiformes. Chenilles à huit, dix, douze, quatorze ou seize pattes, ayant souvent une corne à l’extrémité caudale. Chrysalides rarement anguleuses, presque toujours enveloppées d’un cocon ou cachées sous terre.
- Sphingides — Antennes prismatiques, ordinairement terminées par un petit crochet; ailes fermées, se recouvrant en toit incliné; les supérieures longues et étroites, les inférieures très courtes. A cette grande section appartiennent plusieurs genres qui ont toujours des représentants dans nos' environs. Parmi les sphinx proprement dits :
- Le Sphinx du Troène (S. ligustri, Lin.). Grande et belle espèce à ailes supérieures gris rougeâtre, veinées de noir et de rose; les inférieures sont roses traversées de bandes noires. Corselet brunâtre, abdomen an-nelé de noir et reuge. Le mâle répand une légère odeur de musc. Chenille vert pomme, rayée de violet et de blanc, armée d’une corne. Chrysalide brune et grosse.
- Le Sphinx du liseron (S. convolvuli) qui atteint plus de dix centimètres, comme le précédent, et dont la trompe mesure soixante-dix millimètres. Se laisse capturer en septembre sur les pétunias et les belles-de-nuit. L’abdomen porte des raies roses et noires. Les ailes supérieures sont gris cendre, avec des marbrures de brun chez le mâle, de même nuance, mais sans taches chez la femelle; les inférieures sont grises avec trois bandes noires. Chenille verte ou brune avec sept traits noirs bordés de blanc sur les flancs; vit sur les liserons; chrysalide brune à trompe dégagée.
- Le Sphinx du Pin (S. pinastri), moins grand, avec des ailes grises et une bandç
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- noire le long de l’abdomen. Chenille verte, vit sur les pins; se chrysalide au pied de ces arbres.
- Au genre Acherontia nous signalerons :
- Le Sphinx Tête de mort (Acherontia Atropos, Lin.), encore plus grand que les deux premiers. Ailes supérieures mélangées de gris, de bleu, de noir, de fauve et marquées d’un point blanc central ; ailes inférieures d’un beau jaune vif avec deux bandes noires. Le corselet est de la couleur des ailes supérieures et offre, assez grossièrement représentée, l’image d’une tête de mort. L’abdomen est annelé de jaune et d’indigo. Ce papillon a cela de particulier qu’il fait entendre, lorsqu’on le tracasse, un petit cri ressemblant un peu à celui de la souris. Chenille très longue et très grosse, atteignant souvent plus de quinze centimètres de long, jaune avec sept bandes obliques vertes et bleues, piquetées de noir et de vert. Vit sur la pomme de terre, le jasmin blanc et la tomate. Chrysalide brun clair, dans laquelle l’insecte parfait est complètement enveloppé d’une mince et blanche membrane qui se détache par fragments, assez vite après l’éclosion. Il faut élever cette chenille dansun pot spécial, en ayant soin d’arroser la terre et la mousse tous les deux ou trois jours; sans cette précaution, la coque deviendrait si dure que le papillon n’en pourrait jamais sortir. Cette espèce est assez commune aux environs de Paris, en juillet et en octobre.
- Dans un genre voisin, nous citerons.
- Le Sphinx de la Vigne (Deilephila H. Ipenor, Lin.), rose, avec les ailes supérieures d’un vert jaunâtre, traversées de trois bandes roses. Nous avons donné au paragraphe : Elevage des chenilles, la description de la larve du Sphinx de la vigne : ajoutons qu’on la rencontre aussi sur les épilobes et les fuchsias. Chrysalide renfermée dans une coque de feuilles sèches retenues par quelques fils de soie.
- Le Sphinx du Tithymale (D. Euphorbiœ, Lin), portant trois taches et une large bande verte sur les ailes supérieures au fond gris rougeâtre; avec une bande noire et une tache blanche sur les inférieures au fond rouge, le corps vert foncé en-dessus se termine par un abdomen très pointu. Chenille noire, tachetée de points jaunes, avec une queue et
- des pieds rouges. Se nourrit des feuilles des euphorbes et des tithymales.
- On capture ces deux espèces dans les jardins.
- Le petit Pourceau (D. porcellus), plus petit que le Sphinx de la vigne, avec une teinte rose générale; le Sphinx du laurier-rose (D. Nerii), très grand : ailes vertes et roses, pointillées de blanc et rayées de noir; chenille rongeant les feuilles du laurier-rose; très rare aux environs de Paris.
- A côté des Sphinx viennent se placer les Smérinthes (Smerinthus) du grec smêrin-thos (petite corde, à cause de leurs antennes dentelées et fluxueuses) et les Macroglosses (Macroglossa, du grec maltros, longet glossa langue, à cause de leur trompe qui dépasse souvent la longueur de leur corps). Les Sme-rinthes sont représentés aux environs de Paris par le Smérinthe du tilleul Smerinthus tiliœ, Lin.) aux ailes d’un gris verdâtre avec deux taches blanches et une large zone gris rougeâtre. Chenille vert pâle, chagrinée, à corne bleue; se tient sur l’orme aussi fréquemment que sur le tilleul. Chrysalide brun foncé et également chagrinée. Assez commun dans nos régions.
- Le Sphinx du peuplier (Smerinthus po-puli), immobile sur le tronc des arbres en plein jour; papillon roussâtre, rouge clair ou lilas; chenille sur les arbres à bois tendre; chrysalide noire, très pointue.
- Le Smerinthus Demi-Paon (Sphinx Ocel-lala, Lin.), ailes inférieures rouge carmin avec un œil bleu à prunelle noir; ailes supérieures gris violet ou rougeâtre, rayées et tachetées de brun. Une tache brune en forme de T orne le corselet.
- Chenille verte, pointillée de blanc et portant sur les flancs sept chevrons de même couleur que les peints; vit sur les saules, les osiers.
- Les seconds offrent deux espèces bien curieuses, à cause de leurs ailes vitrées et transparentes comme celles des frelons ou des gros bourdons. Les deux plus répandues sont les Macroglosses frelon (Macroglossa funiformis, Lin.) et Bourdon (BombyHf°r' mis, Och.). Leur corps est vert olive, mélangé de rouge-brun. On les trouve assez fréquemment dans les clairières des bois hu‘ mides des environs de Paris, butinant de
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- préférence sur les bugles, les caille-lait et la sauge des prés. Leurs chenilles sont vert-pâle et vivent sur les chèvrefreuilles. Chrysalides brunes non enterrées et entourées de débris de feuilles retenus par des fils.
- Mais le type du genre est le Moro, sphinx du caille-lait (Mcicroglossa stellatarum), mesurant quarante-cinq millimètres d’envergure. Corps brun cendré terminé par un abdomen portant de chaque côté une tache jaune et noire. Ailes non vitrées ; les supérieures brun cendré avec des lignes transversales ondulées et obscures; les inférieures d’un faux roux avec le bord externe ferrugineux. Chenille verte, portant transversalement huit rangées de points blancs et longitudinalement quatre raies blanches ; vit sur le caille-lait. Chrysalide enveloppée d’un cocon de feuilles mortes et de brindilles, brun-clair, et la tête recouverte d’une sorte de capuchon.
- Ce papillon est commun, dès que la belle saison est arrivée, dans les champs et dans les jardins. A l’automne, il entre souvent dans les appartements ; il est alors facile de le prendre contre les vitres des fenêtres.
- Zygenides.—Antennes plus ou moins ren-Hées au delà du milieu et en formes de cornes de bélier; ailes étroites, longues, en toit incliné, à sommet dépassant, toujours l’abdomen. Chenilles lentes, paresseuses, courtes, épaisses, atténuées aux deux extrémités, à tete petite, rentrant à volonté sous le premier anneau ; cocons lisses, comme vernissés, en forme de bateau, fixé latéralement aux tiges de végétaux et ne passant jamais hiver. Chrysalides cylindro-coniques ayant la consistance du parchemin ou des coquilles d’œuf.
- La Zygène de la Filipendule (Zygœna Fi-tipendula, Fabr.), a les ailes supérieures j eues ou d’un vert chatoyant foncé, avec six taches d’un beau rouge; les inférieures sont
- également rouges avec la frange de la couleur de celle des supérieures ; le corps est complètement vert foncé. Chenille verte, pubescente, avec des taches et les pattes noires et une bande jaune sur le dos. Chrysalide jaunâtre, tachée de grisâtre.
- La Zygène Minos [Zygœna Pythia, Ochs.ja les ailes supérieures bleuâtres, avec des lignes et despoints rouge vermillon. Les inférieures sont également rouges bordées de bleuâtre; elle ressemble beaucoup à YEuchélie du Séneçon, et, comme elle, bien qu’appartenant aux crépusculaires, elle vole en plein soleil. On la trouve souvent au mois de juin, ainsi que la précédente, dans les prairies, posée sur les capitules desscabieuses et de la centaurée jacée (composées). Chenille jaune pâle avec des taches et les pattes noirâtres ; son dos est divisé par une double rangée de points noirs. Elles vivent toutes les deux sur les légumineuses. Chrysalides jaunâtres, marquées de noirâtre.
- Les Procrides (Procris), sont presque semblables aux Zygènes, mais ils en diffèrent par les ailes supérieures qui sont plus larges et les inférieures moins courtes. Les deux espèces les plus répandues aux environs de Paris sont les Procrides turquoises et du prunier (Procris statices, Lin., et Pruni, Fabr.), qui volent en mai et juin dans les prairies humides et dans les buissons qui les bordent. La chenille du premier est verdâtre, avec deux rangées de chevrons, la tête et les pattes noires, avec le corps orné d’une série de points rouges, bordés de deux lignes noires. Elle vit en société sur l’oseille vulgaire et la globulaire. Celle du second se trouve sur le chêne et le prunellier ; elle est rosée, avec la tête et les pattes noires; elle porte sur le dos deux rangs de losanges noirs. Les chrysalides des deux sont verdâtres, mélangés de noirâtre.
- (A suivre) Marguerite Belèze.
- LE CINÉTOGRAPHE D’ÉDISON
- |||||OUT le monde connaît le Zootrope, com-|yp* posé d’un cylindre de carton qui tourne autour d’un axe cenlal et qui , _ laisse voir par dés fentes verticales,
- e'îuidi4antes,.des dessins placés à l’intérieur e succédant sur une bande de papier
- adaptée à l’appareil de rotation. Ces dessins sont exécutés de telle sorte qu’ils figurent les différentes phases d’un mouvement depuis le moment où il commence jusqu’à l’instant où il finit, et grâce à la persistance des images sur la rétine, dès que cette suite de dessins est
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- SCIENCE
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- mise en mouvement, la personne qui regarde par l’une des petites fentes du Zootrope croit voir s’effectuer sans transition le mouvement tout entier.
- Les effets de ce petit instrument, combinés avec ceux du phonographe, grâce à l’habileté en mécanique du grand magicien Edison, et voilà le Cinétographe. On avait parlé à ce propos d’expériences concluantes et d’une solution probable du fameux problème de la vue à distance, la tel 'photie, il n’en est rien; le Cinétographe a une ambition moins haute, et d’ailleurs, comme on peut le voir par ce qui suit, cet instrument n’apporte aucun principe nouveau : c’est la combinaison de la phonographie avec la photographie instantanée.
- Dans le Cinétographe, dit le Cosmos, les images photographiques d’un sujet sont projetées sur un écran, en même temps qu’un phonographe reproduit les paroles, les sons émis par le personnage. Les images successives, sont prises à raison de quarante-six par seconde, ce qui donne l’illusion complète de la continuité du mouvement, tandis que le cylindre de phonographe a une capacité telle qu’il peut enregistrer, sans reprises, un discours, un chant, etc., d’une demi-heure de durée ; pendant ces trente minutes,82,800 images ont été imprimées sur la bande sensible.
- La pellicule sur laquelle les images s'impriment est portée par une bande de cellu-loïde, au moment des poses, elle reçoit, mécaniquement des perforations destinées à servir de point de repères. Cette disposition est d’une importance capitale : elle permet, . lors de la reproduction, de faire coïncider parfaitement les gestes du personnage avec le paroles qui les accompagnent; ce synchronisme absolu était une difficulté qui a été heureusement surmontée par la précision du mécanisme ; le même moteur agit sur le cylindre du phonographe et sur le développement de la bande, mais à chaque instant, la marche simultanée de l’une et de l’autre est contrôlée par un régulateur spécial, dans lequel les perforations de la bande jouent le rôle principal.
- Comme notre compatriote, le savant M. Ma-rey, quand il créa le photochronographe, l’inventeur américain a trouvé de grandes difficultés à vaincre pour obtenir, à chaque pose, l’arrêt de la bande jet sa remise en marche. Il a été reconnu que cette double
- opération, reproduite quarante-six fois en une seconde, demandait environ les deux tiers du temps, ne laissant qu’un tiers de seconde à répartir entre les quarante-six poses, soit 7,5 millièmes de seconde pour chacune. Pour obtenir des images suffisantes dans de telles conditions (1), on a dû employer un objectif de gran le ouverture, construit spécialement pour cet objet.
- Nousajouterons, qu’en pareil cas,les images n’ont pas besoin, pour donner une illusion complète, d’être aussi accentuées que lorsqu’elles sont isolées, la persistance des impressions sur la rétine en fait percevoir plusieurs en même temps, superposées, et elles se complètent mutuellement.
- L’appareil, destiné à reproduire devant un auditoire les résultats ainsi obtenus, présente les mêmes dispositions que le premier, mais agit en sens inverse.
- La bande s’y déroule derrière l’objectif d’un appareil de projection et ses images se projettent sur un écran, le mécanisme qui lui imprime le mouvement donne aussi la rotation au cylindre du phonographe. Quand il s’agissait de créer les images, ce mécanisme déterminait les arrêts successifs de la bande pour chaque pose et créait les perforations destinées à servir de points de repères ; dans l’opération de la reproduction, il détermine les mêmes arrêts, mais les perforations servent alors à contrôler sa marche.
- La source lumineuse qui éclaire la lanterne est très puissante et donne des images très nettes; d’autre part, le phonographe est muni d’un amplificateur des sorîs émis, de façon a ce que de nombreux spectateurs puissent bénéficier, en même temps, de la représentation'
- On est arrivé, paraît-il, à un tel degré de perfection dans la construction de ce double appareil que le mouvement des personnage, sur l’image, coïncide avec l’émission des mots reproduits par Ie phonographe ; il en résulte une illusion complète, les paroles semblant sortir de la bouche même de la figure projetée sur l’écran.
- Inutile d’ajouter que des appareils de Çe genre sont fort coûteux à établir, et que seule confection d’une bande d’images avec le cylindre phonographique qui lui coj^f.
- (i) M. Marey obtient aujourd’hui des images, Ue
- pures, d’inseetes au vol, en-- de seconde#
- 20,000
- lèvres
- exactement
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- pond est une œuvre considérable, il ne s’agit donc plus ici d’un simple jouet. M. Edison se propose bien de satisfaire la curiosité de ses contemporains en exhibant le Cinétographe en fonction à Chicago, mais son but est tout autre. Après avoir donné, par le phonographe. le moyen de conserver les paroles de grands citoyens, avec le timbre de leur voix et ses intonations, il a voulu ajouter la mimique qui joue un si grand rôle dans l’expression des idées. Il pense que les modèles d’éloquence ainsi créés pourraient rendre les
- plus grands services dans les établissements d’instruction à tous ceux qui veulent apprendre à bien parler en public. Nous prévoyons que l’application de ce projet aura un effet auquel on n’a pas pensé : les orateurs qui auront servi de modèles devant le Cinétographe auront grand’peine,nous en sommes convaincus, à se reconnaître, quand ils assisteront. simples spectateurs, à la reproduction de leur discours, quelle que soit son exactitude, peut-être même parce qu’elle sera trop parfaite.
- LA DISTRIBUTION DE
- Wf l existe plus d’un millier de systèmes g! différents de lampes à arc. L’une des *** plus répandues actuellement est la
- Fig. 1G3.
- lampe Caneo. La fig. 163 montre celte atnpe extérieurement. La lig. 16i est une vue
- L’ÉLECTRICITÉ (Suite)
- intérieure. L’organe principal du mécanisme est une vis verticale, pouvant tourner entre deux pivots, et portant un écrou qui retient le porte-charbon supérieur. Celui-ci tend
- Fig. 166.
- Fig. 165.
- Ièscss^S
- constamment à descendre sous l’action de son poids. Mais il ne peut le faire que sous le contrôle de deux solénoïdes verticaux, dont les noyaux agissent sur un frein qui a pour effet d’enrayer le mouvement de la vis lorsque l’intensité du courant a atteint une certaine valeur. Au moment de l’allumage de la lampe, les mêmes solénoïdes produisent l’écartement des charbons en soulevant un écrou qui fait tourner la vis en sens inverse.
- La lumière est diffusée par un globe qui entoure les charbons, et un cendrier en verre
- Fig. 167.
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- .
- LA SCIENCE EN FAMILLE
- arrête po u s si ères de graphite qui tombent de l’arc.
- Dans les lampes à arc ordinaires, la longueur des charbons • Fig. 168. est calculée
- pour une
- durée de six à huit heures. Il est donc nécessaire de les changer chaque jour. Pour faciliter cette opération, on suspend la lampe à des poulies qui permettent de l’abaisser.
- La qualité des charbons a une grande influencé sur la fixité de la lumière. On a re-
- rage, mais à un régime très modéré, et par conséquent avec un rendement assez bas. Avec une dépense de 3 watts par bougie, les bonnes lampes à incandescence durent environ 800 à 1,000 heures. On comprend aisément que, au point de la durée des lampes, il est important que la tension dans le réseau soit maintenue aussi constante que possible.
- La lumière fournie par les lampes à incandescence est moins blanche que celle de l’arc; le fractionnement en est plus facile : on construit des lampes depuis 10 bougies jusqu’à 500 et au delà. Les grosses lampes à incandescence ne sont pas très employées, parce que leur rendement lumineux est beaucoup plus faible que celui de l’arc; mais, d’autre part, elles ont l’avantage de ne pas exiger l’entretien périodique (retage, remon-nouvellement des charbons, etc.) que nécessitent les lampes à arc.
- Les lampes à incandescence sont ordinairement munies à leur base, de culots en vitrite ou en métal, qui permettent de les monter sur des douilles telles que celle de la fig. 166 ; ces douilles étant montées sur les lustres ou supports, et portant les pièces de contact destinées à établir la communication avec le filament de la lampe.
- La fig. 167 montre une douille munie d’un interrupteur (1).
- Fig. 169.
- noncé aux charbons naturels, pour employer les charbons obtenus par moulage et compression. On emploie quelquefois des charbons creux, dont la cavité centrale est remplie de graphite. Ce sont les charbons dits à mèche.
- Eclairage par incandescence. — Comme chacun sait, les lampes à incandescence se composent d’un filament de charbon placé dans une ampoule de verre vide d’air. Le vide a pour effet, non seulement d’empêcher la combustion du charbon au contact de l’oxygène, mais encore de supprimer les pertes de chaleur par convection. Le rende ment lumineux du filament de charbon augmente rapidement avec la température ; toutefois, il ne faut pas dépasser une certaine limite, car plus la lampe est poussée, moins elle dure. On cite des filaments de charbon qui ont donné jusqu’à 10,000 heures d’éclai-
- Fig. 170.
- La lampe à incandescence se prête à u°e
- (i) Les appareils des fig. 165 à 167 sont construi par la maison Grivolas à Paris.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- foule d’applications différentes : elle ne dégage que peu de chaleur, n’occasionne aucun risque d’incendie, même quand on la brise, en contact avec des étoffes inflammables ; enfin elle brûle dans un milieu quelconque, ce qui la rend précieuse pour beaucoup d’applications industrielles.
- Depuis le montage simple que représente la fig. 165 jusqu’aux Fig. 171. dispositifs les plus luxueux, la lampe à incandescence se prête aux combinaisons les plus variées. Les fig. 168 à 173 (1) montrent une série d’appliques, lustres et suspensions spécialement disposés pour l’éclairage électrique par incandescence.
- On remarquera avec quelle facilité les dispositions peuvent être variées, l’artiste n’étant plus gêné, ni par la nécessité de placer les becs dans une certaine direction, ni par l’obligation de ménager un dégagement convenable aux gaz chauds.
- Lors de la création des premières stations centrales,
- °n construisait des
- aPpareils mixtes, ,79
- P^ant à la fois g
- d^_heC3 de gaz et des lampes électriques,
- Fig. 173.
- (2) Les
- appareils des fig. 168 à 173 sont construits
- Dar 1, • ---- o’
- maison Guillaud, à Paris.
- ceci afin de prévoir le cas où l’électricité viendrait à faire défaut. A l’époque dont nous parlons, cette crainte était peut-être justifiée; il est inutile d’ajouter que maintenant ces précautions n’ont plus raison d’être, et que le service d’une station centrale offre la même sécurité que celui d’une usine à gaz.
- Un certain nombre de théâtres emploient la lumière électrique, non seulement pour l’éclairage de la salle, mais encore pour les effets de scène. L’Opéra de Paris possède une installation dont la puissance est voisine de 1,000 chevaux. L’emploi de l’éclairage électrique dans les théâtres est surtout motivé par la sécurité qu’il offre au point de vue des risques d’incendie. Il ne faut pas croire cependant que cette sécurité est absolue ; un fil mal isolé, ou en contact accidentel avec des pièces métalliques pouvant occasionner des dérivations, l’emploi de conducteurs de trop faible section, des jonctions mal faites, peuvent donner lieu à une élévation anormale température du cuivre, et déter-l’inflammation des isolants, des
- de la miner moulures, etc.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Mais dans une installation bien faite, ces I que ceux des anciens modes d’éclairage, risques d’incendie sont beaucoup moindres I (A suivre.) F. Drouin.
- LA PHOTOMICROGRAPHIE (Suite)
- endant que je parle du microscope, H lilü Je ^ois recommandei* de laisser brû-|y!É^i) 1er la lampe pendant environ 1/4 d’heure avant de commencer l’opération, à seule fin de permettre à tout l’appareil de s’échauffer et de se dilater. Il est facile d’en démontrer la nécessité, en mettant au point bien exactement, et abandonnant les choses à elles-mêmes pendant dix minutes. En regardant ensuite l’image, on trouvera que la netteté a disparu, et qu’il ne reste plus qu’un flou général; mais, si, avant la mise au point, on a au préalable laissé la dilatation s’effectuer, aucun déplacement du foyer ne se produira pendant toute la soirée. Je dois ajouter que, lorsqu’on travaille avec des objectifs de plus de 25 mm de foyer, il est bon d’interposer un morceau de verre dépoli entre la lentille de la lampe et le condensateur, la surface dépolie étant tournée du côté de l’objet. Ce verre n’entraîne qu’une faible perte de lumière et n’allonge pas sensiblement la pose ; il donne une lumière douce en agissant comme un diffuseur.
- Je puis recommander la disposition que j’ai adoptée pour avoir une image nette sur la plaque sensible. J’éviterai ainsi l’ennui d’essayer les dispositions variées préconisées par divers praticiens, et que, pour ma part, j’ai essayées sans en obtenir des résultats satisfaisants. Enlevez la glace dépolie ordinaire de la chambre noire, et remplacez-la par une glace plane, portant quelques lignes fines tracées au diamant, du côté qui regarde l’objectif. Ces lignes se trouvent très approximativement dans le plan de la couche sensible, de sorte que, si nous voyons nettement à la fois les détails de l’image et les lignes tracées sur la glace, nous sommes à peu près certains que l’image est au point exact.
- La lampe que j’emploie est une lampe ordinaire de microscope, dans laquelle je brûle de l’huile (1), additionnée d’un peu de cam-
- (i) Strange’s crystal oil.
- phre pour rendre la flamme plus blanche. Une lentille plan-convexe est fixée à cette lampe. La position de cette lentille a donné lieu à diverses discussions, les uns prétendant que la face plane doit être tournée du côté de la lumière, les autres affirmant le contraire. J’ai essayé avec soin les deux dispositions, et n’y ai point trouvé de différence; si je puis avoir une préférence, c’est pour la position où la face plane est tournée vers le condensateur, c’est-à-dire du côté opposé à la lampe. Mais je ne parle que de mon expérience, n’ayant aucune prétention à trancher la question au point de vue théorique.
- Ayant ainsi disposé la chambre, le microscope et la lampe, aussi bien centrés que possible, et l’appareil étant échauffé, nous procédons à l’opération, et ici s’élève la question du temps de pose, avec toutes ses difficultés. Le temps de pose varie avec le grossissement et la couleur dé l’objet. Bien que les tables de temps de pose, telles qu’elles sont dressées pour le paysage, puissent offrir au débutant des indications approchées, il n’y a qu’un jugement fondé sur l’expérience qui puisse guider sûrement. Je ne connais pas de table qui m’ait été plus utile que celle dressée par M. Walmsley, dé Philadelphie, et pour laquelle je l’ai souvent remercié intérieurement. J’ajoute cette table à ces notes déjà volumineuses.
- Foyer de l’objectif Temps de pose
- 38 m /ni de 3 à 45 secondes.
- 17 m j m de n à 90 —
- 10 m ym de 1/2 à 3 minutes.
- 5 ta j ta de 2 à 7 —
- 2 m/m,5 de 4 à 10 —
- Ces chiffres doivent être regardés comme approximatifs, et doivent être variés suivant la nature, la couleur et le caractère général de l’objet, et pour cela l’expérience seule peut donner exactement les indications complémentaires. . ..
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- J’ai laissé de côté beaucoup de choses sur lesquelles j’aurais peut-être dû m’arrêter; mais mon seul désir a été de me rendre utile à mes collègues, d’une façon plus générale ; et c’est dans l’espoir d’inspirer à quelques-uns de mes auditeurs le désir de diriger leurs recherches vers la photomicrographie, que
- je leur ai exposé le sujet dans sa plus grande simplicité.
- [Conférence de M. T. Charters Withe devant la London and Provincial Photographic Association).
- (Traduit du « Beacon » par F. D.)
- LE CALENDRIER DES MOISSONS
- ’il y a encore des gens assez pessi-mistes pour avoir peur des disettes et des famines renouvelées du « bon » vieux temps, voici un tableau dressé avec la plus grande exactitude par les soins du ministère de l’agriculture, et qui est bien de nature à les rassurer.
- Ce tableau indique l’époque moyenne des moissons pour les principaux pays du monde, depuis les contrées de la zone tempérée, jusqu’à celles de la zone torride.
- Janvier. — Australie, Nouvelle - Zélande, Chili, Républiqe Argentine. Février, Mars.— Indes britanniques, Hte-Egypte. Avril. — Mexique,Egypte,Turquie d’Asie, Perse, Syrie, Asie Mineure, Cuba.
- Mai. . . — Afrique septentrionale, Asie centrale, Chine, Japon, Texas et Floride.
- Juin ... — Californie, Espagne, Portugal, Italie, Grèce,Orégon, Louisiane, Alabama, Géorgie, Kansas, Colorado, Missouri.
- Juillet . — Roumanie, Bulgarie, Hongrie, Autriche, France, Russie méridionale, Nebraska, Mimesota, Nouvelle-Angleterre, Haut-Ca' nada.
- Août . . — Angleterre, Belgique, Hollande,
- Danemarck, Pologne, Bas-Canada, Manitoba, Colombie. Septembre. . — Canada septentrional, Ecosse, Suède, Norwège.
- Octobre. — Russie septentrionale.
- Novembre. . — Pérou et Afrique méridionale. Décembre. . — Birmanie.
- Il ne se passe donc pas de jour, pour ainsi dire, sans que l’on ne moissonne du blé à la surface de notre terre. Or, les moyens de correspondre sont devenus tellement rapides avec la télégraghie électrique et la ^puissance des moyens de transport a fait tant de progrès, que les besoins signalés à un moment quelconque sur un point du globe, peuvent en très peu de temps recevoir satisfaction, si éloigné qu’il soit des contrées plus privilégiées, de sorte que les famines qui décimaient jadis les populations d’une façon périodique, et qui même se produisaient encore au début du xixe siècle, sont devenues impossibles de notre temps.
- A cause de cet échelonnement des moissons sur tous les mois de l’année, il y a plus de chance, en effet, pour que le rendement général tende à ne pas s’écarter sensiblement chaque année d’un même chiffre ; et il est fort heureux que le commerce d’aujourd’hui puisse combler rapidement les vides créés sur certains points par une mauvaise récolte, en mettant ces points en relation avec d’autres contrées où il y a surabondance.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- La photographie des couleurs pressentie *U XVme siècle. — Un rêveur, du nom de ^baigne de la Roche, publiait en 17b0, Sous Lire Giphantie, anagramme de son
- nom, un curieux ouvrage où le procédé de la récente découverte de M. Lippmann est presque exactement décrit.
- L’auteur se suppose transporté dans le
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- LA SCIENCE EN FAMTLLE
- palais des génies élémentaires, et voici ce que le chef lui dit :
- « Tu sais que les rayons de lumière réfléchis des différents corps font tableau et peignent ces corps sur toutes les surfaces polies, sur la rétine de l’œil, par exemple, sur l’eau, sur les glaces. Les esprits élémentaires ont cherché à fixer ces images passagères; ils ont composé une matière très subtile, très visqueuse et très prompte à se dessécher et à se durcir, au moyen de laquelle un tableau est fait en un clin d’œil. Ils en enduisent une pièce de toile et la présentent aux objets qu’ils veulent peindre. Le premier effet de la toile est celui du miroir ; on y voit tous les corps voisins et éloignés dont la lumière peut apporter l’image.
- » Mais ce qu’une glace ne saurait faire, la toile, au moyen de son enduit visqueux, retient le3 simulacres. Le miroir vous rend fidèlement les objets, mais n’en garde aucun ; nos toiles neles rendent pas moins fidèlement, mais les gardent tous. Cette impression des images est l’affaire du premier instant où la toile les reçoit. On l’ôte sur le champ, on la place dans un endroit obscur ; une heure après, l’enduit est desséché, et vous avez un tableau d’autant plus précieux qu’aucun art ne peut en imiter la vérité et que le temps ne peut, en aucune manière, l’endommager. Nous prenons dans leur source la plus pure, dans le corps de la lumière, les couleurs que les peintres tirent de différents matériaux que le temps ne manque jamais d’altérer. La précision du dessin, la variété de l’expression, les touches plus ou moins fortes, la gradation des nuances, les règles de la perspective, nous abandonnons tout cela à la nature qui, avec cette marche sûre qui jamais ne se démentit, trace sur nos toiles des images qui en imposent aux yeux, et font douter à la raison si ce qu’on appelle réalité n’est pas le produit d’autres espèces de fantômes qui en imposent aux yeux, à l’ouïe, au toucher et à tous les sens à la fois. »
- *
- * *
- Le réséda en thérapeutique.— Les Russes emploient, paraît-il, le réséda dans le traitement du ver solitaire, et voici comment ils opèrent.
- On fait bouillir les fleurs du réséda dans de l’eau, et on prend à jeun le breuvage ob-
- tenu de cette façon, en le faisant suivre d’une forte dose d’huile de ricin; quelques heures après, on est débarrassé du ténia.
- ***
- Marohé de bêtes féroces. — Ce commerce est localisé à Hambourg, et presque monopolisé par Karl Hagenbeck, un ancien dompteur qui vend en moyenne par an 7 à 800 lions, autant de tigres et 3 à 400 éléphants.
- Un éléphant coûte très cher : Jumbo, du Jardin des Plantes de Paris, a été payé 100,000 fr. ; les lions se payent de 1,000 à 10,000 fr.
- A propos de ces derniers, les plus estimés sont ceux qui ont été capturés ; les autres, nés en cage, sont plus perfides et redoutés des dompteurs lorsqu’il s’agit de les faire travailler.
- Les plus beaux tigres ne dépassent pas 5,000 fr.
- ***
- Une cause imprévue dincendie par l’électricité. — L’imprévu a été le plus souvent la cause des quelques accidents survenus dans l’éclairage électrique; c’est ainsi que, certain soir, le feu fut sur le point d’éclater au théâtre de la Monnaie, à Bruxelles, par un fait qui aurait pu, au contraire, servir à l’éteindre dans les circonstances ordinaires.
- Le bois sec est un bon isolant; mais il n’en est pas de même dès qu’il est humide ; or, il arriva que le cheval que devait monter la juive, et qu’on avait peut-être fait poser trop longtemps dans les coulisses, s’oublia.... in' considérément juste sur l’endroit même du parquet où passait la conduite électrique. H se produisit un court circuit et heureusement qu’on s’en aperçut à temps.
- L’ingénieur, jugeant que les ordonnances de police visant ce cas resteraient toujouis lettre morte pour l’auteur inconscient du délit, fit placer les conducteurs hors de lu portée de ces oublis.
- Curieux exemple de feu St-Elme. ^
- L’Astronomie rapporte le fait suivant, d’api es le Météorologische Zeitschrift.
- Un habitant de Gottshee rentrait de sepi° mener, par un temps de neige, le 28 féviiei dernier, vers sept heures du soir. Il remarqua
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- tout à coup comme une lueur qui semblait sortir de la neige. Un examen plus approfondi lui montra que cette lueur provenait de l’ex trémité en acier de sa canne. En relevant cette dernière, en effet, on »apercevait des lueurs très appréciables et très vives ; parfois même, il jaillissait de véritables étincelles. Ce phénomène a été aperçu plusieurs fois à environ un kilomètre de la ville. En approchant de Gi-ottshee, les lueurs disparurent peu à peu et bientôt on ne vit plus rien. La neige tombait toujours en abondance et se résolvait aussitôt en pluie. Ces phénomènes ont été vus par deux observateurs; on ne saurait donc les mettre en dou'e, quelque extraordinaires qu’ils puissent paraître.
- *
- * *
- Le système pileux après la mort. —
- lout récemment, on exhumait à Northüeld, dans le Minnesotah, le corps d’un sieur Has-kell, mort depuis une vingtaine d'années. On fut très étonné à l’ouverture de la bière de tiouver un cadavre possesseur d’une barbe longue de 0n'60 environ et la veuve assura que le défunt avait été rasé quelques jours avant son décès: cette barbe avait donc poussé après la mort.
- Le fait est étrange assurément, mais il u est pas unique et il a déjà été observé plusieurs fois ; en voici un autre exemple non moins curieux.
- Après la mort du général Morland, tué à Austerlitz. Son corps fut mis dans un tonneau de rhum pour être ramené et inhumé aux ^valides ; puis, au milieu des préoccupations de l’épi que, il fut oublié dans une es salles de l’école de Médecine. En 1814, les touves du fût s’étant disjointes, le corps du général apparut avec des moustaches tom-ant jusqu’au bas de la ceinture.
- ***
- L ivoire artificiel. — Le Journal des in-Ventions signale un nouveau brevet pris Pour la fabrication de l’ivoire artificiel. La a nication est basée sur l’emploi des maté-naux constitutifs de l’ivoire naturel, qui sont e Phosphate tri-basique de chaux, le carbonate de chaux, la magnésie, l’alumine, la gé-atlüe et l’albumine.
- Pour fabriquer de l’ivoire artificiel dans ces conditions, on traite de la chaux vive avec la quantité d’eau nécessaire à son hydratation, mais avant qu’elle soit complètement hydratée, qu’elle ait fini de « fuser », on y verse une solution aqueuse d’acide phos-phorique et, en malaxant le mélange, on ajoute, en petites quantités à la fois, le carbonate de chaux, la magnésie et l’alumine, puis la gélatine et l’albumine en solution aqueuse. Il faut viser à obtenir un mélange aussi complet que possible et assez plastique, qu’on laisse reposer afin que l’acide phosphorique termine sa réaction sur la chaux. Le lendemain, on moule cette matière encore plastique dans des formes ou moules et on la fait sécher dans un courant d’air à 150° environ. L’ivoire artificiel ainsi obtenu se travaille facilement après quelques semaines de fabrication, trois ou quatre environ, pendant lesquelles il acquiert toute solidité.
- Voici les -proportions du mélange qu’on peut colorer avec une addition quelconque d’aniline, de laque, de bois, etc.:
- Chaux vive Eau 100 parties. 300
- Solution d’acide phosphorique à 1,05 de densité 75 —
- Carbonate de chaux 16 -
- Magnésie 1 à2
- Alumine précipitée 5 —
- Gélatine 15 —
- Un accident au Vésuve. — Le 2 juillet dernier, un terrible accident a eu lieu au sommet du Vésuve. M. Silva Jardim, accompagné d’un de ses amis,'M. Joachim Garnerio, après avoir visité Pompéi, avait voulu faire l’ascencion du Vésuve. Us furent assaillis soudain par des nuages d’une fumée très épaisse qui se dégageaient du milieu de crevasses béantes aux environs du cratère. M. Silva Jardim fut perdu de vue au moment où les guides sentant le sol t rembler sous leurs pas, donnaient le signal du départ et commençaient à s’éloigner.
- Malgré les plus grands efforts tentés par ses compagnons pour le rejoindre et le sauver, M. Jardim disparut englouti dans le gouffre.
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- REVUE DES LIVRES
- Grâce aux nombreuses modifications, relatives aux récents progrès de la Photogravure, qu’a bien voulu y joindre M. l’abbé Ferret, le Traité pratique de Zincographie de M. Roux est devenu un ouvrage absolument nouveau où l’on trouvera les indications concernant la gravure au perchlorure de fer, le transport du dessin sur zinc, etc.
- Après avoir étudié ce modeste et excellent petit ouvrage (i fr. 25 chez Gauthier-Villars et fils, à Paris), les apprentis photograveurs seront en état d’aborder la Photogravure facile et à bon marché, qui fait partie de la même bibliothèque photographique.
- ***
- M. de la Baume-Pluvinel, dans la Formation des Images photographiques que vient de publier la Bibliothèquephotographique éditée chez Gauthier-Villars et fils, s’occupe du travail qui s’opère dans les préparations sensibles lorsqu’elles sont frappées par des radiations lumineuses. Ce petit volume (2 lr. 75), qui expose les principaux phénomènes chimiques produits par la lumière et montre comment on peut les expliquer dans l’état actuel de la science, facilitera la tâche de ceux qui cherchent à perfectionner rationnellement les procédés photographiques en se basant sur la photochimie.
- ** *
- La représentation commerciale « les Voyageurs de commerce », tel est le titre d’un ouvrage qui vient de paraître et qui, à peine né, a été de toutes parts l’objet d’un accueil chaleureux.
- En effet, quelques jours après son apparition, Jean sans Terre, dans le Petit Journal du 18 juin, l’analysait longuement dans un article de trois colonnes et le baptisait très spirituellement de Bible des Voyageurs ; quinze jours plus tard, nous apprenons que cet ouvrage vient d’obtenir une médaille d’honneur de la Société nationale d’encouragement au bien. Naturellement, nous avons voulu connaître cet ouvrage qui, par son titre, intéresse tout le commerceet est d’ailleurs le premier sur ce sujet.
- Eh bien, vraiment, tous ces titres et distinctions sont justifiés et ce livre est indispensable
- aux apprentis, employés, voyageurs, représentants, aussi bien qu’aux commerçants, fabricants, industriels, etc.
- En effet, l’auteur, M. Georges Vinet, ex-représentant et voyageur à Angers, nous donne de la représentation une définition très exacte ; il énumère avec beaucoup de compétence et de méthode toutes les qualités nécessaires aux représentants et les moyens de les utiliser vis-à-vis de leurs maisons, de leurs clients, de leurs confrères. Dans la seconde partie, les Voyageurs de commerce, M. Vinet nous dépeint d’une façon saisissante la vie de voyages, ses ennuis, ses dangers, puis il fait ressortir l’utilité des voyageurs et les devoirs des négociants. maîtres d’hôtels, compagnies de chemins de fer, vis-à-vis de cette corporation qui est pour eux une poule aux œufs d’or.
- La troisième partie, « la politesse, le savoir-vivre », semblerait être un hors-d’œuvre,si tous tant que nous sommes, nous n’avions pas besoin de bien connaître et pratiquer les usages du monde; or, l’abrégé que M. Vinet nous en donne pourrait passer pour un traité complet et rendra certainement de grands services.
- J’allais oublier de parler de la préface de ce livre, écrite par un ami de M. Vinet, M. A.-J-Verrier, auteur de quantité d’ouvrages et officier d’instruction publique. Je ne me le serais pas pardonné, car c’est un bijou ciselé par la main délicate d’un ami. Ah ! monsieur Vinet, vous devez être un bien charmant homme pont avoir un ami comme celui-là 1
- ***
- L'Excursion parisienne, journal des excursions champêtres aux environs de Paris. Abonnement : 3 mois, 3 fr., le numéro, 25 centimes. — Direction et administration, rue de Beaune, n° 14.
- Nous recommandons cette publication à tous nos lecteurs, mais particulièrement à ceux delà région de Paris. Ils trouveront là chaque semaine la description intéressante et documentée des endroits les plus curieux de l’Ile de France. Des dessins à la plume fort bien exécutés et aussi bien reproduits donnent un avant-goût de l’excursion en présentant aux lecteurs les points
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- les plus remarquables du site à visiter. La partie pratique y est représentée par des détails complets sur les divers moyens de communication
- à utiliser dans la région et par un coin de la carte de l’Etat-Major offrant le plan des lieux à visiter.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- Remède contre la migraine. — Certaines migraines d’origine nerveuse sont apaisées par le traitement topique qui suit : On fixe au fond d’un petit bocal à large goulot ou même d’un verre à boire, de la ouate ou un bout d’étoffe, aussi peu tassée que possible. On l’arrose de quelques grammes de sulfure de carbone et on applique aussitôt l’ouverture du vase sur le point où siège la douleur, à la manière d’une ventouse. La chaleur de la main fait volatiliser le sulfure de carbone qui se porte sur la peau en y déterminant des picotements et une sensation de chaleur. Après quelques minutes d’application, on éprouve, généralement, un apaisement très marqué.
- *
- * *
- Moyen de conserver leur couleur naturelle aux échantillons zoologiques. —
- M. Richard Thoma, de Dorpat, croit avoir découvert un liquide capable de conserver aux échantillons zoologiques leur couleur naturelle. Après lavage, on immerge les parties a conserver dans une solution comprenant :
- Sulfate de soude.................... 100 g.
- Chlorure de sodium.................. 100 —
- Chlorate de potasse................. 100 —
- Nitrate de potasse................... 10 —
- Euu................................... 1 litre.
- On laisse les pièces séjourner dans ce liquide de dix-huit à vingt-quatre heures, après quoi on les garde dans de l’alcool qu’on change une ou deux fois. Les animaux conserveraient leur couleur en prenant une . teinte un peu plus foncée.
- (Revue scientifique).
- ** *
- Pour enlever les taches d’encre. — On
- utélange par parties égales de l’acide civique et de l’acide oxalique en poudre : il faut seulement prendre quelques précautions, s il s’agit de l’employer sur du papier.
- Sur la tache, on saupoudre un peu de ce ttté.ange et, avec un bout d’allumette, par exemple, on mouille légèrement la poudre.
- Dès que la tache d’encre a disparu, on sèche la place avec un papier buvard.
- La tache est-elle sur du linge, on met dessus une pincée de la poudre, puis juste assez d’eau pour l’humecter sans la dissoudre entièrement; on peut recommencer l’opération si besoin est.
- Il va sans dire que cette opération ne peut s’appliquer qu’à l’encre au tannate de fer.
- *
- Ht *
- Procédé pour nettoyer les vieilles tapisseries et en raviver les couleurs. — On
- prend un fiel de taille moyenne et on le délaye dans un litre et demi ou deux litres d’eau tiède. Il importe que l’eau soit tiède et non chaude, car, dans ce cas, elle amènerait la coagulation partielle du produit et le rendrait inefficace. On lave la tapisserie dans cette dissolution comme dans de l’eau de savon faible, on rince à l’eau de puits claire, et on laisse sécher.
- *
- * *
- Papier imperméable. — Un papier quelconque peut être rendu imperméable en le plongeant dans une solution de colle-forte additionnée d’un peu d’acide acétique. Ajoutez pour chaque litre de cette solution 30 grammes de bichromate de potasse. Faites passer le papier à travers cette solution, puis faites sécher dans la lumière, jamais dans l’obscurité.
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- Pour conserver gants et dentelles. —
- Pour empêcher de se piquer les gants de soirée, que l’on est obligé de renfermer pendant un temps assez long, aussi bien que les « blondes » ou autres dentelles de soie, il suffit de les envelopper dans un papier huilé bien séché.
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- Décoloration des clichés photographiques jaunes. — Lorsque la coloration jaune des clichés n’est pas trop accentuée, on peut
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- remédier à cet inconvénient et même le faire disparaître complètement de la façon suivante :
- Après avoir mis dans un litre d’eau :
- Alun...................50 gr.
- Bichromate de potasse. . 10 gr.
- Acide chlorhydrique . . 20 c. c.
- on plonge l’épreuve dans ce bain ; on lave et on expose au soleil quelques minutes. Puis on traite par le révélateur ordinaire à l’oxa- f late de fer. Si la teinte est plus intense, on laisse séjourner l’épreuve une journée environ dans un bain à l’hyposulfite de soude acide.
- RÉCRÉATIONS
- Œuf ludion.— L’expérience de cours connue sous le nom do ludion a été trop vulgarisée pour que nous la décrivions ; cependant, voici une façon assez originale de la reproduire avec des objets usuels.
- On se procure un œuf vidé en n’y laissant que le trou pratiqué du côté de la pointe.
- Avant de reboucher ce trou, on introduit dans l’œuf quelques grains de petit plomb de chasse destinés à servir de lest.
- On aura soin de calculer la pesanteur de telle sorte que l’œuf surnage, étant placé dans un grand bocal rempli d’eau, hermétiquement fermé soit par une vessie, soit par un morceau de caoutchouc.
- Si l’on appuie la main ou simplement le doigt sur le morceau de vessie ou de caoutchouc, la pression se transmettra au liquide et fera entrer un peu d’eau dans l’œuf qui augmentera de poids et on le verra plonger suivant le plus ou moins de force d’impulsion qui lui aura été donnée.
- Dès que l’on cesse de presser sur la fermeture, l’air comprimé dans l’œuf en chasse le liquide qui s’y trouve et le fait aussitôt remonter. A. C.
- Simple distraction. — Voici une petite récréation puisée à la même source que celle qui fut donnée cette même place (I) au lendemain de l’apparition de notre ouvrage les Rdcr'alions photographiques.
- Avec les mêmes facteurs, une serviette de table et un bout d’allumette carbonisé, veut-on imiter la silhouette d'un chef arabe ? Sur le doigt majeur qu’on enveloppe d'une serviette de façon à figurer une sorte de burnous ou de turban, on dessine grosso-modo une figure humaine.
- La gravure ci-con-tre a été faite d’après la reproduction photographique d’une imitation de ce genre communiquée par un de nos abonnés : Illusion est assez,'complète, et si le caractère de ces distractions ne permet guère de les classer parmi les récréations scientifiques, on ne peut nier néanmoins leur peti côté amusant.
- (i) N° loa, page 96.
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d’Assas.
- La Fère. — Imprimerie Bayen, rue Neigre.
- Fig. 174.
- Les petites distractions photographiques.
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- BOLIDE PEINT PAR RAPHAËL
- a Science en Famille a déjà parlé, il y a quelque temps (1) d’un tableau de Raphaël, à propos duquel les savants étaient en désaccord sur l’explication d’un globe de feu qui s’y trouve représenté.
- particulier du pape Jules II, et actuellement il fait partie de la galerie du Vatican; il ne porte pas de date, mais on lui assigne celle de 1512.
- La reproduction que nous en donnons aux
- Hg. 175. — Agrandissement de la partie du tableau de Raphaël représentant le bolide.
- Pensons faire plaisir à nos lecteurs en
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- eur donnant aujourd’hui la reproduction de Ce chef-d’œuvre admirable, avec un agrandissement de la partie du tableau présentant e Passage du météore.
- La Madone de Foligno, c’est le titre du ableau, fut commandé à Raphaël par Sigis-^^dje Gonti, comte de Foligno, secrétaire i1) N° io8, page 191.
- figures 175 et 176 nous dispense de toute description.
- Certains savants avaient vu dans ce globe de feu l’image d’une bombe tombée auprès du comte Sigismond, pendant le siège de Foligno, où il naquit ; d’autres opinaient pour une allusion au danger que la foudre avait fait courir à ce personnage en détruisant sa maison de campagne, lorsque tout dernière-
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- ment, M. Holden, directeur de l’observatoire Lick, aux Etats-Unis, appuyé par M. Newton, professeur à New-Haven (Connecticut),donna une explication absolument diflérente des deux premières. Cette version est basée sur le rapprochement qui a été fait de la date à laquelle ce tableau a été exécuté avec celle d’une pluie de pierres météoriques qui eut lieu le 4 septembre 1511, à Grema, près de Milan, sur les bords de l’Adda.
- Voici comment M. Daubrée, membre de l’Institut, admet lui-même cette proposition, et les raisons qu’il donne à l’appui de son opinion :
- « Le globe de feu, à raison de sa petitesse et de sa signification hypothétique, ne figure pas sur la plupart des gravures qui représentent cette belle œuvre. Mais, heureusement, nous en possédons à Paris, à l’École des Beaux-Arts, une excellente copie à l’huile, exécutée à la dimension de l’original. Afin de chercher à comprendre quelle a pu être l’intention de Raphaël, je l’ai examinée de la manière la plus attentive, avec l’obligeant concours de M. Schommer, l’artiste distingué qui en est l’auteur.
- d La forme du corps lumineux rappelle celle d’une goutte de matière enflammée tombant vers le sol et laissant derrière elle une traînée également lumineuse. Il importe d’ajouter qu’aucune fumée ne se montre parmi les nuages, au voisinage de la masse incandescente.
- * On voit avant tout qu’il n’y a rien ici de commun avec un coup de foudre, que l’on représente d’ordinaire sous la forme d’une ligne de feu en zigzag.
- » Une bombe, au moment où elle éclate et moins encore dans son trajet, ne présente non plus aucune analogie avec ce corps, entièrement lumineux, sans qu’on y distingue quoi que ce soit ressemblant à du fer, en boule ou en fragments (1).
- » D’ailleurs, par sa nature entièrement lumineuse et par sa position, qui se rapproche de la verticale, rien qui puisse rappeler un boulet.
- (i) Les bombes, c’est-à-dire les globes creux remplis de poudre qu’on lance avec un mortier et qui éclatent ensuite au moyen d’une fusée, étaient déjà inventées à l'époque dont il s'agit, mais encore peu employées. Elles ne paraissent en France qu’en 1521, au siège de Mézières par Charles-Quint.
- » Au contraire, la ressemblance est manifeste avec un bolide qui parcourt sa trajectoire. L’imitation est même si parfaite qu’on peut s’étonner d’urie représentation comparable, pour l’exactitude, avec celle donnée par des savants qui se sont fait une spécialité du sujet (1).
- » L’auteur de la chronique dite Istoria di Milano (2), qui s’était fait un devoir d’enregistrer journellement tous les faits dignes d’intérêt et mérite toute confiance, dit : « Le 4 septembre (1511), à 2 heures de la nuit, il apparut à Milan et dans toute la région, dans l’atmosphère, à la surprise et à la terreur de tous, une grosse tête (una gran testa), d’une telle splendeur, qu’elle parut rallumer le jour. » A la suite de ce phénomène, on recueillit près de Crema beaucoup de pierres; leur nombre en fut évalué environ à 1,200. L’une pesait 120 livres, une autre 60 et les autres moins. Elles tombèrent avec sifflement, comme d’un tourbillon enflammé. Des oiseaux furent tués en l’air et des brebis dans les champs. L’une des météorites fut apportée à Milan et une autre à la cour de France. Quoique nous possédions des échantillons de plus anciennes, notamment de celle d’Ensis-heim, de 1492, nous devons regretter que ces dernières aient disparu.
- » D’un autre côté, on sait qu’à cette époque des guerres acharnées et sanglantes désolaient le nord de l’Italie.
- 1 Pendant l’été de 1511, les Français avec leurs alliés, qui luttaient avec le pape JulesII, étaient en possession de Gênes, de Ferrare, de Milan et d’une partie de la Lombardie» c’est-à-dire d’une région où le bolide apparut avec tout son éclat ; Crema, lieu où tombe l’averse de météorites que ce bolide apportait»
- (1) Quant aux substances incendiaires qu’on lança’1 avec des bombardes, dès le xv° siècle, elles étaient destinées à mettre le feu àdes constructions et n’étaient pas une cause de danger pour les personnes. C’est bien plus tard qu'on a associé ces corps incendiaires
- André®
- à des projectiles (balles à feu).
- (2) Commencée par le cordonnier Giovanni del Prato, homme distingué et en rapport avec beau coup de personnes notables, elle fut continuée de 1449 à 1519, par Bernardino Corto.
- Le récit de la chute de météorites dont il s agit a été, depuis lors, reproduit maintes fois, entre autres par Carlo Amoretti, le Père Bonaventure et Pa Chladni, dans son mémorable ouvrage Ueber Feuer Meteore; Vienne, 1819.
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- était aussi entre leurs mains. Mais, à la suite de la bataille meurtrière de Ravenne, qui eut lieu le 11 avril 1512, et malgré leur victoire qui coûta la vie à Gaston de Foix, duc de Nemours, ils ne tardèrent pas à être expulsés de Tltalie.
- » Or, comme dans les siècles les plus reculés, les phénomènes astronomiques et météorologiques étaient, au moyen âge et même plus tard encore, considérés comme des présages, comme tels, ils devaient provoquer des interprétations relativement aux évènements contemporains. Il en était tout particulièrement ainsi de l’apparition des bolides et de la chute des météorites. L’antiquité nous en fournit bien des exemples. Dans plusieurs lieux, des météorites, dont l’arrivée sur notre globe avait été sûrement constatée, avaient un temple et recevaient un culte. Une autre preuve manifeste nous montre combien l’arrivée de ces corps extra-terrestres frappait profondément les esprits : un grand nombre de médailles romaines appartenant à divers règnes, à ceux d’Auguste, de Caracalla, de Trajan, de Vespasien, d’Héliogabale et d’autres, représentent le corps céleste ; souvent c’est une pierre de forme conique avec une étoile (bolide) au-dessus ; quelquefois cette pierre conique, sur laquelle est figuré un aigle, repose sur un quadrige.
- » A l’époque qui nous occupe, l’un des principaux acteurs dans les guerres d’Italie, l’empereur Maximilien, avait lui-même donné une preuve de sa superstition à l’égard d’une
- chute de météorites dont il fut témoin oculaire dix-huit ans auparavant.
- » Le 7 septembre 1492, étant encore roi des Romains, et se trouvant en Alsace, à Ensis-heim, il y vit tomber une météorite, qu’il donna à son armée comme un présage de la victoire qu’il allait remporter. Après avoir fait transporter dans l’église du village, comme un objet miraculeux, la pierre qui était tombée du ciel avec tant de fracas, Maximilien défendit d’en enlever aucun morceau, sauf deux, dont il garda l’un et envoya l’autre au duc Sigismond d’Autriche.
- » On ne saurait donc s’étonner qu’un phénomène aussi extraordinaire, qui eut lieu à proximité (1) du théâtre de luttes aussi prolongées et où venaient de se répandre des flots de sang, ait été considéré par chacune des parties en présence comme le signe d’une intervention divine. Il n’est pas surprenant non plus que Raphaël, résidant depuis plusieurs années à Rome, auprès du pape guerrier Jules II, l’un des deux principaux belligérants, ait fait allusion à une telle croyance, au moment d’ailleurs où apparaissait comme prochaine une solution, objet sans doute de bien vifs désirs.
- » Ainsi, en dehors de l’importance que les météorites ont acquise au point de vue de la constitution des corps célestes et de celle de notre propre globe, l’intérêt de ces corps se manifeste dans l’art, après avoir été signalé dans l’histoire et la numismatique. »
- LE PUITS ARTÉSIEN DE SPRINFIELD (Dakota du Sud)
- (ers les premières années de ce siècle, on a commencé à comprendre l’immensité des services que les puits artésiens pouvaient rendre à l’agriculture et à l’industrie : aussi s’est-on vivement préoccupé dès cette époque, des améliorations à apporter dans l’outillage de leur construction.
- Nos compatriotes Flachat, Mulot et Dé-goussée, le saxon Kind, lors du forage des Puits de Grenelle et de Passy, apportèrent de grands perfectionnements au matériel, et l’outillage qu’ils nous ont transmis et qui est actuellement celui qu’on emploie dans tous les Pays, est un outillage admirable.
- Grâce à ces améliorations, le forage des puits artésiens est devenu plus facile, plus expéditif, moins coûteux et ce fait de pouvoir doter en peu de temps d’une eau abondante des régions jusqu’alors stériles et désolées par la sécheresse, transformera, dans un avenir prochain, la situation économique de ces régions.
- N’est-ce pas grâce à ces puits que les oasis peuvent se former au milieu des déserts du Sahara ? Il faut lire dans les journaux de l’époque, les curieux récits témoignant de la
- (i) Crema est à moins de 70km de Foligno et plus rapproché encore de Milan.
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- joie de ces pauvres populations arabes à la vue de ces sources bienfaisantes, et des fantasias enthousiastes qu’elles exécutèrent autour des premiers puits artésiens, en signe de réjouissance.
- Non pas que l’idée ait été absolument neuve pour eux, car, depuis longtemps, ils connaissaient ces puits et entouraient d’un profond respect la corporation des ghattas (sondeurs) chargée de les construire ; mais leur façon d’opérer dangereuse et primitive donnait bien peu de résultats, aussi l’emploi de nos procédés fut-il pour eux une révélation, un sujet d’étonnement et d’admiration.
- La question des puits artésiens intéresse l’agriculture; elle intéresse la civilisation elle-même, car elle est une arme puissante entre les mains des hommes dans leur lutte contre la nature.
- De nos jours, les puits forés n’ont pas seulement pour but de fournir une eau propre aux usages domestiques, mais on les recherche dans l’industrie comme moteurs, car la température de leurs eaux, constante et élevée, permet de les employer au service des usines, soit directement, si la masse de ces eaux est assez abondante, soit indirectement en fondant les glaçons qui arrêtent le mouvement des roues hydrauliques; en agriculture, on s’en sert pour établir des cressonnières artificielles, pour irriguer de vastes territoires et pour rendre fertiles des terres demandant de l’eau en abondance.
- Les Américains, en peuple éminemment
- LA TELEPHi
- Avant de donner quelques renseignements de statistique regardant cette branche si intéressante de l’électricité, la téléphonie, avant de parler des améliorations constantes dont elle est l’objet à Paris, essayons d’expliquer comment on procède pour établir les communications entre deux abonnés, en indiquant les manipulations à effectuer et par l’abonné lui-même et par les employées téléphonistes des bureaux.
- Ces dames se tiennent sur une même ligne devant une cloison en bois haute de deux à trois mètres, contre la paroi de laquelle sont
- pratique, ont compris tout le parti qu’on pouvait tirer des puits artésiens et ils commencent à les multiplier.
- Quand le puits artésien de Sprinfield est en pleine activité, la pression de l’eau est d’environ 10 kg par cmq. Au moyen de becs sur le puits de forage, on obtient un fort jet d’eau de 4 mètres de hauteur avec 20 cent, de diamètre, de 6 mètres et demi d e haut avec 15 cent, de diamètre, de 15 mètres de haut avec 10 cent de diamètre, de 22 mètres de haut avec 5 cent, de diamètre.
- Près d’Aberdeen, dans la même province, (Dakota du sud) se trouve un autre puits mesurant 350 mètres de profondeur, avec un forage de 15 cent, de diamètre, et une pression de 25 kg. par centimètre carré. Le propriétaire de ce puits pense par ce moyen, irriguer une ferme de 400 hectares environ. La production d’eau est constante et abondante, et en admettant même que la moitié seulement des espérances fondées se réalise, c’est une ère nouvelle qui se lève pour le Dakota.
- Déjà un certain nombre de fermes, nivelées et bien situées, sont arrosées au moyen de puits artésiens, et donnent d’excellents résultats.
- Bien entendu, toutes les exploitations ne peuvent être irriguées. Pour que .les résultats soient meilleurs, il faut que le terrain soit à peu près plan, avec une légère inclinaison, et que la source soit placée à la plus grande élévation.
- NIE A PARIS
- appliqués deux cadres comprenant : l’un les annonciateurs des 50 abonnés avec lesquels correspond chaque téléphoniste, l’autre, situé au-dessous du premier, une série de trous dits conjoncteurs ou commutateurs à Jack-Knife (couteau de Jack, du nom de l’inventeur, un Français du Canada), dans lesquels l’employée enfonce une « fiche » pour communiquer avec l’abonné appelant et lui répondre. Chaque annonciateur se compose d’une plaque de cuivre, munie d’une charnière, et qui tombe dès que l’abonné appuie sur le bouton d’appel.
- Enfin, sous le second cadre, tout à fait en
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- bas, d’autres commutateurs sont établis pour mettre en rapport la téléphoniste, soit avec ses collègues du bureau où elle travaille, soit avec celles des autres bureaux de Paris.
- On dit que la réunion de ces 50 abonnés et des transmissions avec les collègues forme un groupe; les bureaux, suivant leur importance, renferment 20, 30 ou 40 groupes.
- Supposons maintenant qu’un abonné veuille transmettre une communication : trois cas peuvent se présenter : cet abonné demande à correspondre, soit avec un abonné du même groupe, ce qui est très rare, étant donné le cercle restreint dans lequel sont réunis les abonnés ; soit avec une personne d’un autre groupe, mais du même bureau, soit enfin avec un abonné d’un autre bureau.
- Examinons ces trois sortes de communication :
- Dans le premier cas, le plus rapide, la téléphoniste pose sa fiche dans le commutateur de l’appelant, écoute, répond, et quand elle a reçu la demande de l’intéressé qui, lui, parle et écoute de son poste, elle met en jeu une sonnerie qui appelle la personne qu’on i’êclame,se met en communication avec celle-ci) change encore une fois ses fiches pour mettre lesdeux abonnés en relations,et au moyen de commutateurs spéciaux, les remet tous les deux en communication avec le bureau, pour le cas où tout en conversant, ils auraient
- encore besoin de réclamer la téléphoniste. C’est le cas le plus rapide ; cependant c’est encore beaucoup trop long : tout ceci comporte en somme une quinzaine de mouvements que la buraliste doit faire en un clin d’œil.
- Pour le second cas, chaque dame doit con-naître les noms de tous les abonnés de tous les groupes de son bureau, ainsi que le groupe üans lequel se trouve la personne que l’on léclame. Elle prévient sa collègue du groupe B ou G que l’on demande X, Y ou Z, et cette dernière établit la communication.
- Enfin, dans le dernier cas, plus compliqué encore, la téléphoniste doit prévenir un groupe quelconque de ce bureau, lequel groupe doit le plus souvent transmettre la demande à un autre groupe : on voit toutes les lenteurs fiu il peut en résulter.
- B existe à l’étranger, en Amérique surtout, des systèmes, plus perfectionnés; l’idéal c’est le bureau unique. A Cincinnati, par exemple,
- le même appareil dessert directement 10,000 abonnés, qui sont, par conséquent, aussi rapidement servis que les 50 abonnés d’un de nos groupes actuels communiquant entre eux.
- Le travail des téléphonistes se borne à planter une fiche dans un commutateur pour mettre deux abonnés en rapport ; ceux-ci, au lieu de donner leur nom, donnent leur numéro, et les chiffres, placés par séries de cent et de mille, permettent aux employés de les trouver sans peine.
- Nous donnons plus loin, au cours des améliorations apportées par la Direction des Téléphones, depuis que ce service est devenu un service de l’État, quelques détails sur le Bureau central de Paris, actuellement en construction, et qui sera doté des derniers perfectionnements apportés durant ces dernières années, dans cette branche importante.
- Le poste assis, du bureau de l’Avenue de l’Opéra, inauguré au commencement de cette année, présente déjà une innovation très importante. Ce poste ne reçoit que les communications des autres bureaux, et il les distribue dans le bureau même de l’Avenue de l’Opéra.
- A l’appel du bureau appelant, l’employée du « Poste assis » se met en communication avec sa collègue du « Poste debout», chargée d’un groupe d abonnés, et elle lui fait part de la demande du bureau appelant, en lui indiquant le n° et le nom de la ligne qu’elle doit prendre ; il ne reste plus à la téléphoniste du « poste debout » qu’à appeler aussitôt l’abonné demandé et à le mettre en communication.
- Dans cetteinstallation, chaque téléphoniste a sous la main toutes les lignes des autres bureaux ; aussitôt qu’elle a reçu l’appel d’un abonné de son groupe, elle peut le mettre en communication avec le bureau auquel est reliée la personne demandée.
- Depuis deux ans, l’État a racheté la Compagnie des Téléphones, qui existait depuis le 1er novembre 1880, époque à laquelle avaient fusionné en une seule les trois compagnies qui avaient obtenu des concessions à Paris, en 1876, et le service des téléphones étant devenu un service public, des améliorations nombreuses y ont été introduites successivement : réduction d’un tiers dans les
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- prix des abonnements, conditions spéciales souscrites pour les réseaux suburbains, établissement d’abonnements particuliers à des cabines téléphoniques au prix de 80 fr. ; durée de l’abonnement ramenée de 3 ans à 1 an, avec faculté pourl’abonné de résilier son contrat par trimestre, etc., etc.
- Depuis celte époque également, le paiement des abonnements se solde à domicile, ce qui est une économie de temps pour l’abonné ; l’abonnement des grands établissements publics, hôtels, cafés, etc., qui était de 1,200 fr., par an, a été ramené à 800 fr. au 1er janvier 1890 et à 600 fr. depuis le 1er juillet de la même année et enfin plusieurs lignes téléphoniques ont été installées pour relier les bureaux les plus importants et accélérer les communications.
- Mais l’amélioration sérieuse par excellence, c’est l’établissement, rue Gutenberg, d’un immense bureau central, destiné à desservir directement 30,000 abonnés.
- Les travaux sont poussés activement depuis quelques mois, on agrandit les égouts pour y placer les câbles du nouveau service, lesquels demandent, d’après le Bulletin des téléphones, une largeur de4 mètres, une hauteur de 3m, 50 avec une cuvette de lm, 20 de profondeur dans le milieu.
- Le service téléphonique comptait à Paris, en 1890,7,800 abonnés ; le nombre n’était que de 6,300 l’année précédente à la môme date.
- Les bureaux les plus importants sont ceux de la rue Etienne-Marcel (1,200 abonnés), de l’avenue de l’Opéra (1,150), de la place de la République (1,100), des rues La Fayette (1,000), d’Anjou (750). Les bureaux de la rue Logel-bach, de la Villette, de la rue de Lyon, du boulevard St-Germain, des Gobelins, de Passy en desservent de 400 à 500, et celui de la rue Lecourbe 200 seulement.
- Pour la téléphonie à grande distance, dont la direction des postes et télégraphes se préoccupe vivement et à bon droit, nous avons déjà des lignes établies entre Paris et Bruxelles, Paris et Marseille, Paris et Lyon, Lyon et Marseille, Paris et Lille, Paris et le Havre, Paris et Rouen, Paris et Londres.
- Les villes suivantes : Caen, Rennes, Troyes, Nancy, Besançon, Marseille, St-Etienne, Nice, Nantes, Lille, Dunkerque, Tourcoing, Hal-luin, Calais, Boulogne-sur-Mer, Rouen, Bordeaux, Cannes, Grenoble, Dieppe, Le Havre, Elbeuf, Limoges, Lyon, St-Quentin, Amiens, Fourmies. Armenlières, possèdent chacune un réseau téléphonique municipal, Alger et Oran également.
- Enfin, Lille et Roubaix, Lille et Dunkerque, sont reliées par des réseaux interurbains et des lignes sont en construction entre Lille, Valenciennes, Calais et Fourmies, entre Lyon et St-Etienne. Dieppe et Rouen, Marseille et Nice, etc.
- P. C.
- CONSEILS AUX AMATEURS POUR FAIRE UNE COLLECTION DE PAPILLONS (Suite)
- Papillons Nocturnes
- J.iles horizontales, penchées ou en toit, parfois roulées autour du corps ; antennes effilées par le bout, sétacées ou pectinées ; chenilles de 10 à 16 pieds, glabres ou plus ou moins velues, jamais épineuses, filant le plus souvent une coque.
- Hépialides. — Ailes en toit, les inférieures plus courtes que les supérieures. Chenilles glabres, vivant dans l’intérieur des végétaux dont elles se nourrissent, et se métamorphosant dans une coque. Plaçons ici cette singu-
- lière remarque: lorsqu’on a piqué un papih Ion à chenille xylophage, l’épingle s’oxyde, se couvre de vert de gris, ainsi que le corps du lépidoptère autour du trou formé pal l’épingle.
- II est probable que ces larves, vivant dans l’intérieur des arbres, renferment un acide de nature à corroder le métal, l’acide pyr0^” gneux peut-être.
- Pour éviter cet inconvénient, on empl°ie les épingles vernies.
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- L’Hépiale du Houblon (Hépialus Humuli, Fab.) présente dans les deux sexes de grandes différences de taille et de couleurs. Le mâle, beaucoup plus petit que la femelle, a les quatre ailes blanc argenté, entourées de rouge. Sa compagne a les ailes supérieures jaune d’ocre, bordées de rouge-sang et les inférieures brun noirâtre. Sa -chenille cause souvent de grands dégâts dans les plantations de houblon. Il est plus commun dans l’est de la France qu’aux environs de Paris.
- La Zeuzère du Marronnier (Zeuzera Œs-culi, Lin.) ailes et corps blanc laiteux, marquées de points noirs bleutés très nombreux. Chenille jaune livide, glabre, vivant dans l’intérieur des arbres ; mais, comme nous l’avons déjà indiqué, on peut parfaitement l’élever en captivité dans de la sciure de bois. Chrysalide longue, cylindrique, ornée de deux rangées d’épines. Ce papillon, commun eri juin dans les parcs des environs de Paris, est encore connu sous le nom de Coquette.
- Le Cossus gâte-bois Cossus ligniperda, Fab.) est gris cendré, la première paire d’ailes est sillonnée de nombreuses petites lignes noires. Chenille longue de 7 à 8 centimètres d’un ton rougeâtre avec une plaque rouge sur chaque anneau ; elle vit à l’intérieur des saules et des ormes dans des galeries qu’elle se creuse et qui ont plusieurs mètres de longueur. Chrysalide enveloppée d’un cocon de sciure agglutinée, et qui vient toujours se placer près de l’ouverture du trou par où le papillon doit sortir.
- Bombycides. — Antennes plus ou moins longues, largement pectinées, plumeuses même chez les mâles, au moins dentelées chez les femelles. Chenilles filant une coque de soie.
- Le Bombyx du Seneçon (Bombyx Jacobæ) espèce bien commune dans nos pays, et dont la chenille, jaune avec des anneaux noirs, vit en société sur le seneçon. Ailes supérieures gns sombre avec une ligne et deux points d un rouge carmin ; ailes inférieures bordées de noir. Il affectionne les endroits bien ensoleillés, et on le capture en plein jour, du commencement de mai à la fin de juin.
- Le Callimorphe Hera (Callimorphe Hera , Lin.) ailes supérieures noires, glacées de vert avec des taches et des bandes jaune paille ; mtérieures rouge-vif, maculées de noir. Cor-
- selet noir, rayé de jaune, abdomen rouge, picoté de noir. Chenille mélangée de plusieurs couleurs et garnie de poils courts. Chrysalide cylindro-conique et entourée d’un léger réseau.
- Ce lépidoptère est un exemple de nocturne volant néanmoins en plein soleil: il se pose de préférence sur les chardons et l’eupa-toire.
- Chélonie Martre (Chelonict Caja, Boisd.) ailes supérieures brun roussâtre, divisées inégalement en tous sens par des raies blanches ; inférieures, rouges tachées de noir bleuâtre. Corselet brun, abdomen rouge, maculé de noir. Chenille noire, hérissée de longs poils bruns et blancs, plantés dans des tubercules bleus; elle se roule en boule dès qu’on la touche, ce qui lui a valu le nom popur-laire de hérissonne, vit sur la mercuriale, les euphorbes, l’ortie, etc. ; en captivité, on l'élève bien avec du cerisier. Chrysalide cylindro-conique, garnie de petites épines, et placée dans une coque formée d’un tissu lâche.
- La Fermière (Chelonia Villeca, Lin J a les ailes supérieures d’un beau noir velouté, portant huit taches jaunâtres assez grandes ; les inférieures sont jaune vif, tachetées de noir ; corselet noir, abdomen jaune orné de points noirs. Chenille et chrysalide presque identiques aux précédentes. Bien plus jolie que la Martre, elle est aussi moins commune dans nos environs où on l’aperçoit dans les parcs et dans les jardins.
- Le Cul-doré (Bombyx chrysorrhea) entièrement blanc ; du brun obscur à l’extrémité de l’abdomen qui est terminé par une touffe de poils dorés, d’où son nom vulgaire. Chenille brune à taches blanches et à raies rouges, très velue.
- Le Zigzag ou Bombyx disparate (B. dispar) appelé encore Liparis moine (Liparis nonaca) ou B. moine est très commun. Le mâle brun et jaune d’ocre n’a aucune ressemblance avec la femelle beaucoup plus grande portant un abdomen très fort et des ailes blanc jaunâtre. La chenille de celle-ci est grise, avec des tubercules rouges et bleus surmontés de poils en touffes ; elle est très nuisible.
- Les Orgyies (Orgyia) ont cela de particulier que les femelles ne sont pourvues que de moignons d’ailes, quand elles ne sont pas com-
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- plètement aptères.Elles ressemblent beaucoup plus à des punaises des bois velues, ou bien à une grosse araignée à pattes courtes qu’à un papillon.
- L’Orgyie soucieuse (Orgyia gonostigma, Ochs) paraîtd’abord en juin, puis en septembre; le mâle a les ailes supérieures brun obscur, avec des lunules et des lignes blanches. Les inférieures brun noirâtre, frangées de grisâtre cendré. La femelle est très grosse, absolument aptère, grisâtre avec les antennes et les pattes roussâtres.
- Toutes les espèces que nous venons d’indiquer appartiennent plutôt à une catégorie spéciale portant le nom de Faux Bombyx ; c’est avec les suivants que nous atteignons les Bombycides vrais.
- Ije Bombyx du Chêne (Bombyx quercûs, Lin.) ; mâle : ailes ferrugineuses, rayées et frangées de fauve, marquées sur les supérieures d’un point blanc central ; femelle : ailes jaune nankin, avec une bande plus claire. Sa taille est aussi beaucoup plus forte et le point blanc se retrouve sur les supérieures. Le mâle de cette espèce est doué d’une sagacité merveilleuse pour découvrir sa compagne. Avec une femelle éclose chez nous, dans une boîte, il nous est arrivé de prendre plus de dix mâles dans une journée.
- Chenille velue annelée de fauve, de gris et de noir, vit surtout sur le chêne et aussi dans les jardins, sur le groseillier à grappes et le laurier-cerise. Cocon jaune, grossièrement soyeux. Assez commun aux environs de Paris.
- La Livrée (B. neuslria) rouge brun avec une bande ou deux raies obscures sur les ailes supérieures. Chenille sillonnée débandés blanches, bleues, rougeâtres le long du dos.
- Un certain nombre de Bombyx ont gardé le nom de feuilles-mortes à cause de la disposition et de la couleur de leurs ailes.
- Le Bombyx querci folia ou Feuille de chêne, commun dans les jardins, est roux foncé avec du violet au bout des ailes et des lignes noirâtres. Chenille très grosse, grise, à bandes de velours noir, avec du bleu en arrière delà tête.
- Le B. processionnaire (processionnea,Rëan-mur), petit gris cendré, avec deux raies obscures et une noirâtre. Chenilles gris bleuâtre ou rouges, hérissées de poils urticants capables de causer sur la peau une sensation très douloureuse et sur une muqueuse de graves inflammations; se tiennent en procession sur les chênes, dont elles dévorent complètement les feuilles.
- (A suivre) Marguerite Bélèze
- LA MER LIBRE DU POLE NORD (Suite et Fin)
- III. — UNE FUTURE EXPÉDITION
- armi les voies qui peuvent conduire au pôle, c’est la route du détroit de Smith qui a été la plus suivie et par laquelle on s’est le plus élevé dans le nord, mais nous avons vu, qu’en réalité, elle n’est pas favorable à la réussite, car elle semble fermée à la navigation, ce qui rend le pôle peu abordable de ce côté. On pourrait cependant, après avoir échelonné le long des côtes des stations de ralliement bien approvisionnées, tenter de franchir en traîneau, puis en chaloupe, les 700 kilom. qui séparent le parallèle auquel est parvenu Lookwood, de l’extrémité de l’axe terrestre ; mais ces parcours en traîneau dans les canaux Kennedy et Robesen sont particulièrement difficiles et pénibles, à cause des crevasses qui séparent
- les ice-bergs et des glaciers qui bordent les rivages.
- Le passage par le détroit de Smith, qui a les préférences des Anglais et des Américains, peut donc être abandonné pour les voies, évidemment meilleures, où la navigation est beaucoup plus praticable, par suite de l’écartement des terres.
- Le docteur norvégien F. Nansen, dont la traversée du Groenland en 1888 a fait sensation dans le monde géographique, avait tout d’abord choisi, pour l’expédition polaire qu’il prépare avec le concours do son gouvernement, la route du Spitzbèrg et de la terre de François-Joseph. Cette voie est celle qu’ont préconisée le savant géographe allemand Petermann et le grand hydrographe américain
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- Fig. 176.
- La madone de Foligno, par Raphaël (ensemble du tableau)
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- Maury, qui croyaient fermement à l’existence, dans le voisinage du pôle, d’une mer libre de glace, surtout facile à atteindre au nord de l’Europe. En effet, on sait que l’archipel du Spitzberg jouit d’un climat, relativement doux et que l’accès des hautes latitudes est possible à l’est de cet archipel, où une branche chaude du gulf-stream s’épanche vers le nord.
- Cependant, l’explorateur Nansen a changé le plan de son expédition, et il a choisi comme la meilleure route, celle du détroit de Behring, que notre malheureux compatriote Gustave Lambert se préparait à suivre, lorsqu’il mourut sous les halles allemandes au combat de Buzenval, en janvier 1871.
- Le docteur Nansen, qui croit à l’existence de la mer libre, veut y parvenir par la Poly-nia, que les Russes ont découvert au nord de l’archipel Liakow ou de la Nouvelle-Sibérie. Sur un solide petit vapeur spécialement construit, il se laissera entraîner avec les glaces par le courant marin qui se dirige vers le pôle au nord-ouest du détroit de Behring.
- Dans cette même région boréale, la « Jeannette », envoyée en 1879 par M. Gordon Bennett, fut emprisonnée au sein d’une banquise flottante, qui transporta ce navire jusqu’au 78e parallèle, au nord des îles Liakow ; mais la « Jeannette » ne put résister à la pression des glaces et sombra en 1881. Le commandant de Long et la plupart de ses compagnons périrent de faim et de froid en essayant de gagner le continent ; quelques hommes seulement y réussirent, après les plus terribles épreuves. Ce qui a fait échouer l’expédition, c’est donc l’insuffisance de solidité du navire et le manque de provisions considérables ; en outre, la saison était trop avancée lorsque la « Jeannette » s’éleva au nord du détroit de Behring.
- M. Nansen espère suivre le même chemin que le capitaine de Long, dans les notes duquel se trouve signalé que sous la plus haute latitude atteinte on voyait tin ciel d’eau, c’est-à-dire le mirage d’une mer ouverte autour de soi. Nordenskiold a également vu l’Océan libre dans les parages de l’archipel de la Nouvelle-Sibérie.
- L’expédition norvégienne quittera l’Europe en février prochain, et, par le détroit de Magellan, arrivera en juin dans la mer de Behring.
- Franchissant aussitôt le détroit qui sépare les deux continents, le navire de Nansen, soulevé seulement par les glaces, grâce à la forme particulièrement arquée de sa carène, suivrait le courant avec la banquise en dérive jusqu’à la Polynia ; delà, il ferait route au nord, pour traverser la région inexplorée du bassin polaire intérieur, où il rencontrerait probablement quelques îles inconnues. En deux années environ, l’expédition pourrait parvenir ainsi au large passage qui existe dans l’Atlantique septentrional, entre le Groenland et le Spitzberg; un courant marin, reconnu dès 1827, par Parry, s’y dirige vers le sud, et c’est évidemment cette voie qu’ont suivie les épaves de la « Jeannette », trouvés en 1884 sur la côte méridionale du Groenland.
- Dans le cas, peu probable, où le navire serait démoli par les glaces, le vaillant explorateur Nansen a l’intention, audacieusement téméraire, de s’installer sur un ice-berg avec ses douze compagnons, des vivres, des embarcations et des traîneaux, et de se laisser aller à la dérive vers le pôle et l’Atlantique, sous l’impulsioii du courant. L’expédition emportera des provisions pour cinq ans. Sans doute, un imprévu redoutable se dresse devant les explorateurs, et les rigueurs du séjour polaire sont effrayants, mais cette expédition, très habilement organisée, a néanmoins de grandes chances de réussite.
- Quant au projet de voyage au pôle nord en ballon qui vient d’être conçu par deux de nos compatriotes, MM. Besançon et Hermite, il ne pourra être réalisé avec succès que le jour, malheureusement encore lointain, où le difficile problème de la navigation aérienne sera tout à fait résolu. Actuellement, le régime des vents et des pressions atmosphériques dans la région polaire étant inconnu, on irait a une perte certaine en s’aventurant en ballon sous ces latitudes élevées. L’absence, presque sûre, d’un courant aérien suffisamment fort, le moindre accident à l’aérostat, ce serait la mort de faim et de froid à brève échéance sui des terres désertes et glacées, ou la submersion dans les flots de la mer libre !
- C’est donc à l’intrépide docteur Nansen qlie revient la haute mission de marcher droit a la conquête scientifique du pôle nord. Evidemment, il n’y aura pas de bénéfices pia' tiques à retirer d’une telle découverte, mai8
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- toutes les branches des connaissances humaines, notamment la géographie ej la météorologie, tireront grand profit de l’explora-ticn d’aussi mystérieuses contrées. Tandis que les astronomes arrivent à observer les pôles de la planète Mars et à y distinguer la formation et la débâcle des glaces, il est du devoir des marins et des géographes, malgré les obstacles de la nature, d’arracher enfin au pôle arctique de notre globe les secrets qu’il a jusqu’ici impitoyablement défendus, et de
- venger les nombreuses victimes de l’hydre polaire en plantant le drapeau de la science sur l’extrémité nord de l’axe terrestre. Ce serait là une des plus belles gloires du xixe siècle, déjà si fécond en grandes découvertes, et nous souhaitons vivement à M. Nansen le succès que méritent le courage et le dévouement admirables qu’exprime sa fière devise : « En avant vers la victoire ou vers la mort 1 »
- Jacques Léotard.
- PHOTOGRAPHIE PRATIQUE
- NOUVEAU MODE DE TIRAGE DES POSITIFS
- Si l’amateur photographe, si le photographe de profession lui-mème ont _ \ tant de peine à s’approcher de la per-
- fection lorsqu’il s’agit du portrait, c’est qu’il est bien rare que l’œuvre du soleil n’ait pas besoin du secours d’un artiste habile.
- Les rides, s’il en existe, alors qu’elles peuvent à peine paraître à l’œil nu, se retrouvent sur l’épreuve plus profondes et plus nettes qu’en réalité. Les taches, les rugosités de la peau, qu’un examen minutieux eût difficilement fait apercevoir, la photographie les limite avec une sorte de malignité. Il n’est pas, enfin, jusqu’aux rayures ou piqûres du cliché qui n’exigent elles-mêmes une main adroite à les effacer.
- Amateurs et professionnels ont essayé d’obtenir mécaniquement ces corrections, et leur imagination s’est donné libre carrière.
- Celui-ci, pour ne citer que les principaux, plaçant sous l’obturateur ordinaire de l’objectif un verre dépoli ou bien encore un verre coloré, a exposé d’abord la glace sensible à l’action dé la lumière ainsi diffusée avant de faire poser le sujet dans les conditions normales ; mais la douceur générale quil prétendait ainsi obtenir n’était que le résultat du voile général de toute la plaque.
- Cet autre a proposé d’enlever rapidement vers la fin de la pose le diaphragme, prétendant ainsi noyer dans un flou léger les lignes h'op arrêtées de son sujet; mais cette manœuvre difficile à régler faisait trop souvent œmuer l’appareil au moment psychologique; aussi, a-t-elle été vite abandonnée.
- D’autres encore ont conseillé de faire mouvoir la glace sensible ou les lentilles de l’objectif pendant la pose, dans l’idée de mettre successivement au point chacune des parties du modèle et de superposer de la sorte une série d’images nettes sur une autre série d’images hors du foyer ; mais, si le procédé est ingénieux, comme le précédent il est à peu près impossible à bien régler, et, de plus, exige l’emploi d’appareils spéciaux.
- Plus pratique était l’idée de cet Américain qui avait imaginé un châssis permettant d’exposer le papier sensible tout contre le négatif, au début de la pose, et de l’éloigner d’une certaine distance vers la fin de l’opération, mais il s’agissait encore d’un appareil particulier, relativement coûteux, dans lequel il était particulièrement difficile de maintenir un parallélisme exact entre le papier sensible et le cliché et, pour toutes ces raisons, oublié à peu près complètement.
- Gomme l’ensemble de ces procédés repose cependant sur un principe juste, comme c’est la difficulté des manipulations qui, seule, a fait rejeter l’emploi d’une méthode aussi rationnelle, nous avons essayé, à notre tour, d’obtenir des effets analogues sans modifier en rien le matériel ordinaire de l’opérateur et nous avons pu y arriver à l’aide d’un artifice des plus simples.
- Nous voulons conserver les rides, les ombres, les contours de notre modèle pour ne pas changer sa physionomie, mais nous voulons atténuer ce qu’il peut y avoir de sécheresse dans les lignes qui les représentent, ne
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- cherchons pas à y arriver pendant la pose que nous effectuerons tout simplement dans, les conditions habituelles.
- Le tirage sur papier s’effectuera même au début comme dans le procédé classique jusqu’à ce que notre positif ait atteint à peu près les 2/3 ou les 3/4 de sa valeur, et c’est alors seulement que se fera notre intervention.
- A ce moment, nous prenons tout simplement une glace de verre ou tout autre corps transparent, de deux à trois millimètres d’épaisseur, et, glissant doucement celui-ci entre le cliché et le papier sonsible, sans déplacer ni Van ni Vautre, nous laissons l’exposition se compléter jusqu’à ce que l’épreuve ait atteint toute sa vigueur.
- La première partie du tirage nous avait donné une image nette; la deuxième permettant à la lumière de se diffuser autour de de chaque trait, de chaque point, d’une façon égale et régulière, a doucement estompé chacun de ceux-ci et le résultat désiré se trouve atteint.
- Le seul temps délicat de l’opération est l’interposition de la lame de verre, et cette manœuvre peut être exécutée sans trop de peine de deux manières.
- ün pourrait en premier lieu recourir à l’emploi d'un grand châssis et, plaçant le cliché près de l’un de ses bords, pincer le papier sensible entre ce cliché lui-même et l’une des valves du châssis. Ce moyen, qui en temps ordinaire, permet de suivre commodément, d’un seul coup d’œil, la venue de toute l’image, se trouve ici particulièrement indiqué parce qu’il n’y a plus alors à desserrer en entier le châssis pour mettre la glace intercalaire, mais à ouvrir seulement l’un des volets (celui sous lequel se trouve la plus grande partie de l’épreuve), à relever le positif et à placer entre lui et le négatif la lame transparente, verre, gélatine, mica ou toute autre qui aura été préparée pour cet effet.
- Les châssis à valves inégales, maniés de la même façon, trouveraient ici également leur emploi, avec cette particularité qu’il n’est pas nécessaire qu’ils soient d’une dimension supérieure à celle du cliché.
- Préférable cependant est l’emploi du papier gommé qui présente d’abord l’avantage d’être utilisable avec un châssis quelconque qui
- permet en outre d’éviter plus sûrement toute chance d’insuccès.
- La surface gommée, ainsi que le montre la figure ci-dessous, maintient seulement les deux extrémités du papier sensible contre le phototype; il est ainsi possible de surveiller le tirage en relevant l’un ou l’autre des deux angles que ne relie pas le fragment de papier gommé.
- Pour achever l’opération, on ouvre complètement le châssis, on sort le cliché et son papier et on glisse doucement entre les deux une lame de verre de dimensions un peu inférieures. On expose ensuite de nouveau à la lumière en plaçant le châssis, autant que possible, bien perpendiculairement par rapport à la surface éclairante.
- Fig. 177.
- Si les deux bouts de papier gommé ont été bien placés, ce qui n’est pas difficile, s’ils se trouvent de même longueur et de même largeur, s’ils ont été disposés d’une façon symétrique, l’opération bien conduite réussit immanquablement.
- L’image confuse se superpose en effet bien exactement sur l’image nette, et l’effet désiré
- se trouve atteint.
- Fait important, l’emploi du moyen indiqué permet à l’opérateur de suivre de visu et de graduer ses effets comme il l’entend.
- Se sert-on d’une glace d’un millimètre d’épaisseur, mise juste à la fin du tirage, au moment où le positif a atteint toute sa valeur, le résultat est très peu visible, l’en* semble du portrait paraissant à peine estompé.
- L’effet est plus net si la glace a deux millimètres d’épaisseur ou même trois; il val’ie cependant, suivant qu’on a mis la glace pluS tôt ou plus tard.
- D’une façon générale, pour un portrait de la dimension de la carte-album, l’effet le plus heureux se trouve obtenu en employant une
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- glace de deux millimètres, interposée alors que le positif a atteint environ les deux tiers de sa valeur. On comprend cependant que l’épaisseur de la glace, comme le temps qu’on la laisse, doit varier avec la nature du cliché et le but que l’on a en vue.
- Bien conduite, l’opération permet d’obtenir des épreuves d’un aspect agréable, moins nettes évidemment que par les procédés ordinaires, mais possédant en revanche une douceur, une transparence vraiment artistiques.
- Avec le papier au platine ou les papiers donnant des images noires, l’apparence est même tout à fait celle d’un dessin à l’estompe bien réussi.
- Est-il besoin de bien spécifier que l’interposition de la lame transparente entre le positif et le négatif pendant une partie du tirage ne doit pas être appliquée indistinctement à tous les portraits?
- On comprend que ce serait par exemple un
- contresens que de recourir à ce procédé pour affaiblir, sous prétexte de l’adoucir, un portrait d’homme dont les traits accentués constituent la parlante caractéristique. On conçoit, par contre, qu’il en est tout autrement de ces portraits de femmes ou d’enfants que la photographie nous rend si souvent avec des lignes noires et sèches de l’effet le plus disgracieux.
- Le petit artifice que nous signalons ici agit bien d’une façon tout a fait automatique pendant le tirage, mais il faut savoir l’employer avec mesure et à propos. L’effet artistique peut certainement résulter de l’emploi d’un moyen mécanique, mais ce n’est qu’à la condition que l’artiste se trouve derrière l’opérateur.
- Une méthode, quelque bonne qu’elle soit, vaut surtout par l’emploi que l’on sait en faire : c’est une chose que l’on est malheureusement trop souvent porté à oublier.
- Dr Alphandéry.
- ÉPHÉMÉRIDES ASTRONOMIQUES
- SEPTEMBRE 1891.
- SOLEIL. — Entrée dans la Balance le 23, à 8 h. 23 m. du matin ; c’est l’instant précis du commencement de l'automne ; cette saison dure jusqu’au 22 décembre, soit 89 j. 19 h. Temps moyen ^ midi vrai, le 11: 11 h. 56 m. 37 ; le 21 : 11 h. m. 5. Les jours décroissent de 1 h. 43.
- LUNE. — N. L. le3, à 8 h. 25 matin; P. Q. le T ù U h. 17 m. matin ; P. L le 18, à 5 h. 13 ma-tin: D. Q. le 24, à 11 h. 17 m. soir.
- OCCULTATIONS. — Le 17, x*. Verseau à 1 h. 55 m- 1 s. matin.
- OONSTELLATIONS. — Voyez Science en Fa-wiille du 1" septembre 1888.
- ÉTOILES FILANTES. — Voyez Science en Famille du 1er septembre 1890.
- PLANETES. — Passages méridiens le 11 du mois:
- Mercure : 0 h. 3 s. ; Vénus : 11 h. 52 m. matin. Mars : 11 h. 6’ matin ; Jupiter : 11 h. 34 m. soir. Saturne : 0 h. 6’ soir ; Uranus : 2 h. 28 m. soir.
- (Voir notre Planétaire.)
- NOUVELLES DE LA SCIENCE. — M. Flammarion vient de publier une importante étude sur les variations de la chaleur reçue par un astre suivant les positions qu’il occupe sur son orbite, et qui tiennent à l’excentricité; l’illustre astronome décrit en même temps les variations des saisons de la planète Mars. Nous ne saurions trop engager nos lecteurs à lire dans le Bulletin de la Société Astronomique de France, les pages consacrées à l’examen de ces questions. G. Vallet.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- Éur l’origine du mot Mildew. — D’après Plusieurs auteurs anglais, le mot mildew Sed d abord écrit mealdew, et son étymolo-r,le se voit immédiatement : meal : farine, et
- dew : rosée ; en effet, la maladie revêt, à un certain moment, l’apparence d’un saupoudre de farine.
- Cette maladie que nos vignerons appellent
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- mildiou, et à laquelle oh donne une origine américaine, est très probablement endémique chez nous; car, depuis 50 ans, on connaît, en Alsace, cette affection sous le nom de mildau ; elle s’y montre à des intervalles irréguliers, n’apparaissant parfois qu’après une disparition passagère de deux ou trois années. On a remarqué dans ce pays, que l’arrivée du fléau coïncide, presque immanquablement, avec une forte fumure de fumier de vache consommé, comme on a coutume de faire. Y aurait-il une relation entre le cryptogame appelé le blanc du fumier fermenté, et le parasite de la vigne ? Quoiqu’il en soit, il est à peu près certain que le mot mildew est parti de notre pays avec les vignerons émigrants du Pala-tinat, et que ceux-ci nous l’ont récemment rendu, après l’avoir anglicisé.
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- Le téléphone à bord des navires.— L’emploi de cet appareil pour la transmission rapide des ordres s’imposait à bord des navires, et aujourd’hui la plupart des bâtiments de notre flotte sont pourvus de postes spéciaux que construit la Société générale des téléphones.
- Le transmetteur et le récepteur sont fixés à la meme poignée ; les parties métalliques sont recouvertes d’un vernis protecteur, et
- REVUE D
- Fabrication et emploi des Filets de Pèche, par le commandant L. Vannetelle. i beau vol. in-16, 316 p., 65 fig\, 3 fr.
- L’intéressant ouvrage du commandant Vannetelle donnera au pêcheur de profession et à l’amateur qui voudra faire lui-même ses éper-viers, verveux, etc., non seulement les notions pratiques pour tisser les différents filets employés à la pêche, mais encore il indiquera la meilleure manière de les utiliser et de les réparer.
- Les filets coûtent fort cher chez les fabricants ; rien n’est cependant moins coûteux, quand on peut les tisser et les monter soi-même ; aussi ce petit volume sera-t-il accueilli avec faveur par les pêcheurs-amateurs, par les pêcheurs de profession et aussi par nos collégiens, auxquels il procurera une utile et agréable distraction.
- le microphone est construit de telle sorte que l’humidité soit sans action sur ses organes.
- Un poste plongé dans l’eau de mer pendant plusieurs heures a fonctionné ensuite sans différence appréciable.
- Les postes sont reliés par un circuit spécial composé d’un conducteur à cinq fils, un circuit distinct sert aux appels, de telle sorte qu’une seule batterie de piles est suffisante pour les sonneries, et que deux éléments assurent le service des postes propre-ments dits.
- Des expériences récentes à bord de la Dévastation ont permis d’établir que la parole pouvait être transmise pendant le tir des bouches à feu de gros calibre.
- (Moniteur industriel). ** *
- Un ventilateur monstre. — A Olydach Vale, par les soins de la Société Union Engineering Company, de Manchester, vient d’être installé le plus puissant des ventilateurs construits jusqu’à ce jour.
- Il peut fournir 14,158 mètres cubes d’air par minute, et le puits qu’il doit ventiler, également de très grandes dimensions, mesure sept mètres de diamètre intérieur.
- S LIVRES
- Dans son Manuel d'Orthochromatisme, si impatiemment attendu, M. Léon Vidal expose, avec sa compétence habituelle, les divers pr°' cédés qui permettent de corriger la gamme des tonalités, inexactement rendues par la Ph°t0 graphie ordinaire, quand il s’agit de reproduire des objets colorés. Peu de théorie dans cett brochure, dont vient de s’enrichir la Biblioth'etlue photographique de MM. Gauthier-Villars et fi > mais des données pratiques, des descripti°nS précises, dont l’étude mettra les procédés or thoscopiques à la portée de tous, et permettra d’éviter les mécomptes dont, trop souvent, eu à souffrir les opérateurs qui, sur la foi prospectus, abordaient sans préparation su ^ fisante la Photographie isochromatique et n réussissaient qu’à perdre leur temps, leurs p ques etleurs illusions. (Paris, 1891. Prix
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- On n’a pas oublié quel succès accueillit, à son apparition, la Photographie sans objectif du capitaine Colson. L’auteur vient de publier chez MM. Gauthier-Villars et fils une nouvelle édition de son ouvrage, enrichi d’additions importantes concernant la détermination du maximum de netteté, l’application du procédé à la reproduction des dessins, etc. Malgré les nouveaux renseignements pratiques contenus dans ce volume, le prix reste fixé à i fr. 75.
- ***
- En France, on emploie annuellement pour la seule préparation des plaques au gélatino-bromure, 12,000 kg. de nitrate d'argent ; or, 100 kg. contenant 63 k., 5 de métal, on arrive, étant donné le prix moyen de l’argent, 175 fr., à un total de 1,373,000 fr.
- Quelques ateliers recueillent de 60 à 80 0/0 de cet argent employé, mais le plus grand nombre d’entre eux imitent les amateurs qui laissent couler ces résidus précieux sans profit pour personne.
- L’ouvrage de M. Peligot que publient MM. Gauthier-Villars et fils dans leur bibliothèque photographique, sous le titre de Traitement des résidus photographiques, rendra de bien grands services en signalant ce gaspillage,en indiquant les quantités d’argent employées dans les di-
- vers procédés, ainsi que les méthodes pratiques pour récolter et traiter les résidus. (Prix 1 fr. 25.)
- ** *
- Traité d'Aérostation théorique et pratique, par Henri de Graffigny. Un volume in-12 avec 87 figures dans le texte. Paris, Baudry et Cie, éditeurs, 15, rue des Saints-Pères ; 4 fr.
- La librairie polytechnique Baudry et Cie vient de publier un ouvrage scientifique de grand intérêt et qu’il nous paraît utile de signaler à toutes les personnes qui s’intéressent aux applications de la science et particulièrement à tout ce qui a trait à la navigation aérienne. Cet ouvrage, qui a pour titre Traité d’Aérostation théorique et pratique, est dû à la plume autorisée de M. Henri de Graffigny, aussi connu pour ses travaux sur l’aérostation et ses nombreuses ascensions, que par ses livres de vulgarisation sur différents sujets techniques.
- Ce traité, écrit à l’usage des sociétés d’aérostation françaises et étrangères, des aréonautes professionnels, des élèves aérostiers et des amateurs, constitue le vade-mecum le plus complet et le mieux renseigné sur la matière qui ait été publié jusqu’à présent ; c’est, d’ailleurs, le seul guide de l’aéronaute et l’unique théorie qui existe en librairie.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- Pesées de précision. — L’emploi d’une balance de précision n’est pas aussi simple que beaucoup se l’imaginent. Avant de se servir de l’instrument, on doit d’abord se rendre compte de sa sensibilité, à vide ou sous poids. On a, tout d’abord, une idée de celle-ci en mesurant la durée d’une oscillation du fléau ; plus cette durée est longue plus est sensible la balance; pour une bonne sensibilité, elle ne doit pas être inférieure à 10 secondes. On pourrait, à la rigueur, mesurer la sensibilité à vide en mettant un poids de 1 millig. dans l’un des bassins et étendant que l’aiguille soit arrivée à l’arrêt. Mais ce mode d’opérer, outre- sa longueur, a 1 inconvénient d’être souvent inexact, parce qu il arrive qu’un obstacle invisible immobilise 1 l balance avant qu’elle ait achevé ses oscillations. On opère généralement comme
- suit : On détermine d’abord la position exacte du zéro de l’aiguille en faisant la lecture des points extrêmes atteints par celle-ci dans cinq oscillations consécutives, trois à droite et deux à gauche. On prend la moyenne des trois premières, puis celle des deux autres; on les retranche et on en prend la moitié ; supposons qu’on ait ainsi trouvé 0,48: ce nombre exprimera que le zéro vrai de la graduation est à 0, div. 48 (soit à peu près à 1/2 division) du zéro tracé.
- Ce résultat acquis, ou place dans l’autre plateau un poids de 2 millig., et on détermine de la même manière le point d’arrêt de l’aiguille; soit 3 div. 6; défalquant 0,48 pour la correction du zéro, il reste 3, div. 60 — 0, div. 48 ou 3, div. 12 pour l’écart correspondant à une surchage de 2 millig, ; soit 1, div. 56 pour celui dû à 1 millig. Cet écart
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- mesure la sensibilité de la balance, à vide.
- Il faut, de la même manière, déterminer la sensibilité sous des charges diverses, croissant de 50 grammes en 50 grammes, par exemple. Pour cela, ayant placé dans chaque bassin un poids de 50 gr. on ajoutera à l’un un poids additionnel de 2 millig., et l’on fixera la position de l’arrêt comme il vient d’être dit. De plus, comme l’égalité des poids marqués n’est pas absolue, il faudra, à chaque changement de charge, déterminer la position nouvelle de repos de l’aiguille.
- #*#
- Moyen de neutraliser la sueur des mains.
- — Les personnes sujettes à cette fâcheuse incommodité n’ont qu’à se frotter de temps en temps les mains, quand elles travaillent, avec de la poudre de lycopode. connue aussi sous le nom de soufre végétal.
- La poudre de lycopode est vendue chez tous les droguistes et pharmaciens ; on peut la recueillir soi même à la saison en l’extrayant
- des capsules produites par le lycopode en massues, nomméaûssi «herbe aux massues», mousse terrestre qui croit communément en I France sur les coteaux couverts.
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- Œufs conservés frais dans des vases de terre ou de faïence. — On y place les œufs avec précaution pour ne point les casser. Puis on prépare un lait de chaux peu épais (1 de chaux pour 30 ou 40 d’eau). Lorsque la dissolution est refroidie, on la verse sur les œufs, de manière que ceux-ci en soient entièrement recouverts, et les vases qui les renferment sont déposés dans un lieu dont la température sera modérée et égale.
- Si, au lieu du lait de chaux ci-dessus, on arrosait les œufs arrangés dans les vases avec une solution de gomme arabique — de façon à les bien imbiber dans toutes leurs parties — ils se trouveraient également garantis pendant un certain temps de toute altération.
- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
- Suspension d’un oeuf aux cendres d’un
- fil* Enfilez un long bout de fil dans une grande aiguille qui pourra traverser dans toute sa longueur un œuf vidé.
- Attachez ensemble les deux extrémités du fil sortant par les deux bouts de l’œuf et suspendez le tout.
- Annoncez alors que vous allez brûler ce fil sans faire tomber l’œuf qui s’y trouve suspendu.
- L’expérience réussit à merveille si vous vous servez de fil préalablement trempé dans une solution d’eau fortement salée et que vous aurez fait sécher ensuite.
- *
- * *
- Faire bouillir de l’eau avec du froid. —
- Cette expérience facile à réaliser peut servir à démontrer l’influence de la pression sur le changement d’état des corps.
- On emplit d’eau aux deux tiers un ballon de verre ; on porte sur le feu et on laisse
- bouillir. Dès que la vapeur a chassé tout l’air du ballon, on ferme hermétiquement celui-ci avec un bouchon, puis on l’installe renversé sur un support. Si, à ce moment, on laisse couler de l’eau froide sur le ballon, ou bien si l’on approche de sa paroi un corps froid, l’eau du ballon se mettra à bouillir, et voici l’explication du phénomène étrange en apparence.
- Le froid condense la vapeur : la diminution de pression amène une nouvelle vaporisation, et cette vaporisation sera d’autant plus accentuée que l’écart des températures sera plus sensible ; c’est ainsi que, si le corps froid est de la glace, par exemple, l’eau pourra être portée à l’ébullition.
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d’Assas.
- Fig. 178. — Suspension d’un œuf aux cendres d’un fil.
- La„Fère. — Imprimerie Bajren, rue Neigre.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- LE CORAIL, SA PÊCHE, SON INDUSTRIE
- e corail, du grec corallion (corail), qui lui-même vient peut-être de coréo, j’orne, se présente sous la forme d’une sorte de pierre rouge, imitant la forme des branches d’un petit arbrisseau. Ce n’est ni un minéral, quoiqu’il rappelle l’aspect d’une pierre, puisqu’il est de nature calcaire, ni une production végétale, comme sa forme arborescente l’a longtemps fait croire, mais bien la dépouille solide d’une agrégation de polypes, animaux sous-marins dont la vie en
- mal peut se retirer en contractant tout son corps ; à ce moment il n’apparaît plus à la surface du rameau qu’un petit tubercule blanc, là où s’étalait l’animal quelques instants auparavant.
- Parmi les polypes du corail, les uns sont mâles, les autres femelles; il en est enfin qui réunissent ces deux qualités. Le corps de ces petits animaux contient une cavité digestive, et c’est dans cette cavité, assure M. Lacaze-Du-thiers dans un travail récent, que s’opère l’in-
- jggipip^*
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- IMl»
- Fig. 179. — Un îlot de corail.
- commun sous une peau commune est un des faits les plus singuliers de l’histoire animale.
- Le corail du commerce (Isis nobilis, Lin.) est un petit zoophyte de couleur blanche et long d’environ deux millimètres, avec un corps cylindrique, membraneux et contractile, terminé à la partie supérieure par une rosette de huit tentacules, frangés sur leurs bords et semblables aux pétales d’une tleur ; au centre de cette rosette est la bouche de l’animal. Ce Petit zoophyte vit, soudé sous une peau com-mune avec des milliers d’animaux de son espèce; un dépôt calcaire rouge soutient ces ag*’égations arborescentes, et remplit complètement le tronc et les branches de leur Peau commune en présentant au niveau de chacun des polypes une petite loge où l’ani-
- cubation des œufs. Ceux-ci sont de petits corps sphériques qui deviennent bientôt de petits vers blancs, lesquels nagent jusqu’à ce qu’ils rencontrent un corps sous-marin ; ils s’y fixent, y adhèrent, et s’étendant par sa base, chacun d’eux devient l’origine d’une agrégation de polypes dont le nombre s’accroît par bourgeonnements. La tige commune et les branches augmentent de longueur et de diamètre, à mesure que cet accroissement a lieu, et le dépôt calcaire qui les soutient augmente en même temps; une branche de corail se compose donc de deux parties bien distinctes : une centrale, dure, cassante, pierreuse, de couleur rouge plus ou moins vive ; c’est celle que l’on emploie dans la bijouterie ; l’autre est extérieure, comme une écorce d’arbre,
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- elle est molle et charnue et c’est la partie vivante de cet étrange animal.
- Il faut dix années, pense-1-on, pour achever l’accroissement du corail, et au bout de ce temps, chaque agrégation réprésenle un rameau orangé élevé de 0m, 50.
- Le corail vit exclusivement dans la Méditerranée, et spécialement sur les côtes de l’Algérie devant Bône, la Calle, Oran, dans le détroit de Messine, en vue des côtes de Naples dans les eaux de Marseille, et dans divers endroits de l’archipel grec, où on le ren-contreàuneprofondeurvariantentre20 et 30m.
- La couleur du corail n’est pas toujours la même ; il en existe du blanc auquel on n’accorde pas de valeur ; et on en trouve dans tous les tons, du rose pâle au rouge foncé : on distingue donc dans le commerce le corail rouge (écume de sang, fleur de sang), puis le corail vermeil, le corail blanc clair ou terne.
- La pèche se fait par des matelots génois et napolitains montés sur de fortes barques, et armés d’engins et de filets spéciaux. Ces engins sont d’ailleurs peu compliqués, et l’armement d’un bâteau ne revient qu’à 6,000 fr.
- Pendant la campagne du 1er avril au 1er septembre, ce qui représente une moyenne de cent jours de pêche productive, un bateau, monté par dix hommes, peut prendre de 80 à 100 kilog. de corail. De 1880 à 1882, pendant une campagne, deux cent quatre bateaux corailleurs, dont cent vingt et un napolitains, vingt-huit toscans, trois sardes, vingt-six espagnols et vingt-six français ont recueilli 29,881 kilog. de corail représentant une valeur de 1,448,950 fr. ; dans ce chiffre, la Galle et Bône en avaient fourni 28,437 kilog.
- Bien que cette industrie soit française daim ses origines, elle est aujourd’hui pratiquée, presque exclusivement par les Italiens.
- De 1450 à 1791, il y eut à la Galle un établissement pour la pèche du corail, avec une compagnie française qui avait obtenu un privilège à la condition qu’elle n’emploierait que des marins provençaux. La Convention, en 1794 (24 nivôse, an iv), créa une nouvelle compagnie pour lutter contre les Italiens qui cherchaient déjà à s’emparer de ce commerce.
- En 1802, les Anglais nous enlevèrent la Calle qu’ils nous rendirent en 1816 ; mais durant ces quatorze ans, ils avaient pratiqué
- cette pêche en grand, puisqu’ils y consacraient par an le chiffre énorme de quatre cents embarcations.
- Depuis 1830, à la Galle, comme à Bône et à Collo, la pêche du corail est régie par une administration française, et malgré les droits que payent les Italiens et que n’ont pas à supporter nos marins, la concurrence étrangère nous écrase.
- En 1857 encore, les exportations (22,340 kil.) dépassaient d’un beau chiffre les importations (9,299 kil.) ; mais il y a longtemps déjà que cette ère de prospérité n’est plus qu’un souvenir.
- En 1858, Livourne seule envoie trente tartanes à la pêche ; elle a quatre établissements de premier ordre pour le travail des coraux et chacune de ces fabriques occupe plus de 300 ouvrières, de sorte qu’il y a 1,200 à 1,500 femmes vivant de cette industrie en comptant seulement les grandes maisons de la ville.
- Depuis, s’écrie M. Paul Vibert, cela n’a fait que croître et embellir.
- A Paris, on ne taille plus le corail, les manufactures de Marseille ont disparu, et c’est maintenant uniquement en Italie, à Naples, à Livourne, à Gênes, que s’effectue la taille. A Paris, c’est à peine si l’on trouverait encore des bijoutiers capables de monter le corail et on taille peut-être encore seulement quelques camées de prix, artistiques, que les Italiens ne sauraient faire.
- Et cependant, avec notre goût et notre adresse à Paris, ne sommes-nous pas désignés pour tirer parti d’une matière si précieuse ? L’écume de sang, la fleur de sang, le premier sang, le second et le troisième sang ou le rose, qui est le plus recherché, ne sont-ils pas là pour nous offrir des ressources infinies ?
- Sans compter que le corail peut servir et servait à une foule d’usages ; c’est ainsi qu’autrefois le corail noir, tombé dans la vase et teint par les émanations sulfureuses, faisait, à côté du jais, de très jolis bijoux de deuil à bon marché, puisque ce corail ne se vendait que de 12 à 15 francs le kilo, puis les débris porphyrisés et aromatisés avec de la menthe donnaient une excellente poudre dentifrice qui se vendait un prix assez élevé, il est vrai, a-t-on trouvé mieux depuis ? Il est permis d'en douter.
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- Oui, on a trouvé le corail artificiel, de la poudre de marbre cimentée avec de l’ichthyo-colle et teinte avec du vermillon de Chine et un peu de minium, on a même encore trouvé le corail en celluloïd, mais véritablement tout cela est incapable de lutter dans la bijouterie avec le vrai corail retiré tout saignant du sein de la mer.
- Autrefois, le bey de Tunis nous avait cédé le droit de pèche pour une redevance de 13,000 piastres ; à quoi cela nous a-t-il servi? Aujourd’hui, la mer à exploiter sous notre autorité s’étend de Tripoli à Gibraltar, la pêche est à peu près libre et le droit pour pêcher en toutes saisons est tombé de 800 à 400 francs; les Italiens seuls en profitent largement.
- Gomment ! depuis 1450, souvent dans des conditions défavorables, nous avons su garder
- la taille et le montage, lutter victorieusement contre l’étranger, avoir des usines florissantes à Marseille qui vivaient aussi bien que celles de Livourne, et c’est au moment précis où l’Algérie devient terre française et où la Tunisie s’assimile que nous désertons devant l’ennemi, que nous renonçons bénévolement à une industrie rémunératrice et française par essence, puisqu’elle est artistique 1 En vérité, c’est à n’y pas croire.
- Nos marins valent ceux de l’Adriatique,nos artistes ceux du monde entier et je veux croire encore, dit en terminant M. Paul Vibert, que notre industrie saura trouver des moyens pratiques pour réagir contre une décadence que rien ne justifie, que rien n’explique et qui serait impardonnable si elle devait demeurer éternelle.
- Gh. Fleury.
- LE LABORATOIRE DE L’AMATEUR
- LA CHIMIE (suite). — LE SOUFRE
- Historique. — Ce corps, que tous nos lecteurs connaissent certainement, était en usage dès la plus haute antiquité : il en est fait mention dans la Genèse (1,500 av. J.-C.) et dans Y Iliade. Mais jusqu’à Lavoisier, on donnait le nom de soufre à tout corps combustible. C’est Lavoisier qui, en anéantissant la théorie du phlogistique, u fait réserver ce nom de soufre au métalloïde jaune que nous allons étudier.
- Propriétés physiques. — C’est un corps solide, jaune citron, inodore et insipide. Par le frottement, il acquiert une odeur caractéris-fiquc du développement d’électricité. Sa densité est 2,03. Insoluble dans l’eau, peu soluble dans l’alcool, il se dissout très facilement dans le sulfure de carbone qui est son dissolvant par excellence. La benzine et les huiles essentielles en dissolvent une assez grande proportion.
- Mauvais conducteur de la chaleur et de 1 électricité, il s’électrise par le frottement et attire alors les corps légers (fragments de Papier ou de plume) qu’on lui présente.
- Ce corps jaune, que nos lecteurs connaissent 8ous le nom de soufre en canons, n’est
- qu’un enchevêtrement de petits cristaux prismatiques. En effet, le souffre offre un bel exemple de dimorphisme (1) : Fondu et refroidi lentement, il cristallise en prismes droits, à base rectangulaire ; dissous dans le sulfure de carbone et abandonné à l’évaporation, il donne des cristaux octaédriques.
- Chauffé à une température supérieure à 100°, il fond et donne bientôt (vers 115°) un liquide transparent et très fluide ; si on continue à chauffer, la transparence et la fluidité diminuent progressivement, et, arrivé à220° environ, la viscosité de la masse est telle que Ton peut retourner complètement le tube qui la contient sans craindre d’en renverser. Au delà de cette température, le soufre, tout en conservant sa coloration rouge brun, redevient plus liquide ; si on le renverse alors dans l’eau froide, on obtient un corps mou et élastique, mais qui perd peu à peu son élasticité pour redevenir dur et friable.
- (i) On dit qu'un corps est dimorphe, lorsqu’il peut cristalliser dans deux systèmes différents, c’est à-dire qu’en cristallisant sous diverses influences, il offre des cristaux de formes différentes.
- Au contraire, on appelle amorphe un corps qui ne cristallise pas.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Propriétés chimiques. — Quant aux propriétés chimiques, le soufre a beaucoup d’analogie avec l’oxygène. C’est un corps combustible, mais qui joue le rôle decow&w-rant vis-à-vis de l’hydrogène, du carbone, du phosphore et des métaux (tout comme l’oxygène).
- Production. — Le soufre est très répandu dans la nature ; on le rencontre, soit à l’état natif (1), soit en combinaison avec des métaux. C’est sous cette dernière forme qu’il est le plus commun ; il forme alors des sulfures métalliques. Les plus connus des sulfures naturels sont : la pyrite martiale ou sulfure de fer (pyrite de fer), la blende ou sulfure de zinc, la galène ou sulfure de plomb, le cinabre ou sulfure de mercure, la chalkopyrite ou sulfure double de fer et de cuivre, Yargyrose ou sulfure d’argent. Quelle que soit son origine, le soufre n’est jamais pur, il faut le séparer des matières étrangères auxquelles il est mélangé (soufre natif) ou combiné (pyrite) : de là, deux procédés d’extraction.
- Extraction. — 1° du soufre natif:
- Il existe différentes méthodes pour séparer le soufre de la terre et des matières étrangères qui l’accompagnent. Malgré notre désir d’être bref sur cette question technique, nous sommes contraint d’indiquer deux procédés différents, utilisés suivant le lieu de gisement des terres sulfureuses.
- Le meilleur consiste à distiller ces terres dont on emplit de grands creusets soumis à une forte température. Ces creusets communiquent avec d’autres semblables, mais isolés du foyer. Le soufre liquéfié et vaporisé dans les premiers vient se condenser dans les seconds, d’où il s’écoule par une ouverture ménagée à cet effet. On obtient par ce procédé 30 à 35 %> de soufre brut.
- Le second procédé, dont le rendement ne dépasse guère 12 %, est cependant plus économique dans certains cas, car il évite les frais de transport du minerai et l’emploi de combustible.
- On l’emploie lorsque le gisement se trouve éloigné d’un centre d’exploitation et dans un endroit où le combustible est rare : l’extraction se fait alors sur place. Avec la terre sul-
- (ï) On dit qu’un corps se trouve à l’état natif quand il n’est pas combiné à un autre corps et que, pour l’obtenir, il suffit d’une opération physique.
- fureuse, on forme de grands tas (1), analogues aux meules des charbonniers en forêt, puis on y met le feu à la partie supérieure. Le soufre est combustible; il commence à brûler, dégageant ainsi de la chaleur qui détermine la fusion du mélange sulfureux ; le soufre liquide s’écoule par la partie inférieure où on le recueille. Dans ce cas, le minerai fournit et la matière première et le combustible : de là, la différence de rendement entre les deux méthodes.
- Quel que soit le procédé employé, le soufre obtenu est impur ; il doit subir un raffinage qui consiste tout simplement dans une nouvelle distillation.
- C’est surtout à Marseille que s’opère ce raffinage pour la France.
- 2° Extraction du soufre des pyrites.
- Généralement, le soufre s’extrait des terres volcaniques où il se trouve à l’état natif, par l’un des procédés décrits précédemment. Cependant, dans les pays éloignés de centres volcaniques et où l’on rencontre des pyrites (bisulfures de fer), on exploite ces sulfures pour en tirer le soufre. Le minerai est, dans ce cas, soumis à une distillation dans des cornues analogues à celles dont nous nous servons pour la fabrication du gaz d’éclairage.
- Rôle du soufre dans la nature. — Nous avons déjà vu qu’on trouve le soufre sous différents aspects, dans le sein de la terre, les sulfures sont assez nombreux ; les sulfates abondent également. Mais ce n’est pas tout, la plupart d< s matières végétales et animales (pour ne pas dire toutes) en contiennent. Beaucoup de plantes utilisées en médecine ne doivent leurs propriétés médicinales qua la présence du soufre. Ce que nous disons aujourd’hui à propos de la présence du soufre dans les matières végétales et animales, nous sommes exposés à le répéter, ou plutôt nous aurions pu le dire pour d’autres corps simples. Aussi, pour éviter toute répétition, nous dirons que l’on est peu exposé à se trompei en disant qu’une matière animale quelconque contient du carbone, de l’hydrogène, de l’azote, de Y oxygène et du soufre, corps don. les initiales réunies forment le mot chaos .
- (i) Ces meules prennent le nom de calkeroni (cal kerone, au singulier).
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- c’est là un moyen mnémotechnique qui n’est pas à dédaigner.
- Usages. — Le soufre brut est surtout employé dans les fabriques de produits chimiques pour la production de l’acide sulfureux, de l’acide sulfurique et du sulfure de carbone.
- Le soufre raffiné a des usages multiples. La fabrication des allumettes en consomme déjà beaucoup, de même que celle de la poudre et des feux d’artifice. On l'emploie encore poulie scellement du fer dans la pierre, ainsi que pour prendre des moules ou empreintes pour la galvanoplastie ou la reproduction des médailles.
- Le commerce livre aujourd’hui des mèches soufrées que l’on introduit, après les avoir allumées, dans les tonneaux où l’on doit conserver des boissons fermentées. Ces mèches s’obtiennent en trempant des lambeaux d’étoffe ou des copeaux dans du soufre fondu et aromatisé par quelque poudre.
- Depuis quelques années,la fleur de soufre (qui se produit au commencement du raffi-
- nage) est très employée en agriculture pour préserver les arbres producteurs des insectes nuisibles ; c’est par le soufrage de la vigne que la plupart des viticulteurs évitent les ravages de l’oïdium. Ce soufrage s’opère également sur tous les arbres fruitiers et les rosiers.
- Enfin, le soufre est employé fréquemment en pharmacie, notamment pour combattre les maladies de la peau ; dans ce cas, on l’emploie surtout sous forme de fumigations. On en fait cependant des pommades et même des pastilles.
- Ces applications multiples expliquent aisément la consommation exorbitante du soufre. A elle seule, la France en utilise annuellement à peu près 40 millions de kilogrammes.
- La partie théorique relative au soufre, trop longue à notre gré, mais nécessaire, nous oblige à remettre à la prochaine causerie la partie la plus intéressante, relative aux manipulations à faire sans laboratoire et sans ustensiles particuliers.
- (A suivre). G. Huche.
- LA PHOTOGRAPHIE EN CHAMBRE
- §ans une chambre ordinaire — ou du moins dans certaines chambres ordinaires — on peut obtenir d’aussi beaux portraits que dans l’atelier le raieux installé, et de fait les meilleurs por-traits que nous ayons vus, sans faire exception pour les magnifiques travaux de Salomon et de MM. Laideron, ont été obtenus par Rejlander dans le salon d’une maison à la Royal Terrace (Edimbourg) et sans autre matériel qu’une chambre 18/24, un objectif, une vieille couverture et un rideau.
- Dans cette branche intéressante de l’art, plus que dans aucune autre peut-être, le succès dépend de l’opérateur plus que du maté-nel et, par suite, nous ne pouvons garantir Ie succès, mais seulement indiquer la voie pour y arriver à l’aide de patients essais.
- Naturellement, il y a des pièces qui se prêtent mieux que d’autres à ce genre de travail; il y en a également où il est absolument impraticable; mais seulement il y a peu de maisons où l’on ne puisse trouver une chambre plus ou moins convenable. Celle
- qui convient le mieux est une salle de grandes dimensions, pas moins de 9 mètres sur 6, avec une fenêtre en saillie sur l’un des grands côtés. On y trouve l’emplacement nécessaire pour opérer avec un objectif de grande longueur focale, et l’opérateur peut se placer du côté où la lumière lui semble la meilleure. Enfin, on peut y varier à volonté l’éclairage.
- Mais comme une telle salle ne se trouve que dans des maisons d’une certaine importance, l’opérateur doit faire son possible pour s’accommoder de ce qu’il trouve. La figure ci-dessus représente la pièce que l’on peut trouver le plus facilement, et nous la prendrons comme exemple, en garantissant que celui qui réussira à y faire de bonne photographie se sera suffisamment rendu maître des difficultés pour opérer dans toute autre chambre. Gomme, entre certaines limites, le résultat est d’autant meilleur que la distance focale est plus grande et qu’un objectif à f , .
- portrait, d’ouverture — , bien qu une telle
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- ouverture ne soit pas nécessaire, est préférable à un rectilinéaire, on choisira un objectif juste assez court de foyer pour que l’image puisse s’incrire dans la plaque à la dimension voulue lorsque la chambre est aussi loin du modèle que le permet le mur opposé. L’arrangement dont nous parlons est nécessaire pour obtenir les meilleurs résultats dans toutes les circonstances; mais ceux qui ne possèdent qu’un rectilinéaire — de 20 cm. de foyer, par exemple — ne doivent pas désespérer pour cela d’arriver à un résultat convenable. Il est bon d’ajouter que l’on peut entreprendre des portraits en pied et des groupes; mais les bustes sont généralement d’un meilleur effet. La figure ci-contre
- Fig. 180.
- peut représenter une chambre de 5m 50 sur 4m 50 avec trois fenêtres ABG. A et B, ou A et G, doivent être fermés par des rideaux opaques ou des couvertures, le choix entre B et G étant déterminé par le côté du visage que l’on désire laisser dans l’ombre. Sur la figure, la fenêtre G seule est laissée à découvert, et le modèle placé au voisinage de D, un peu en arrière de la fenêtre et plus ou moins près de celle-ci suivant le contraste que l’on désire, l’ombre sur le côté du visage opposé à la fenêtre étant d’autant plus accusée que le modèle est plus rapproché de celle-ci et vice versa.
- Dans la photographie en chambre, on ne s’attache pas assez, en général, à avoir un fond convenable, et pourtant c’est un point assez important pour qu’on lui accorde plus d’attention qu’on ne le fait généralement. Un fond uni est la plupart du temps satisfaisant. Il doit être tendu sur un cadre reposant sur
- deux pièces en croix, de préférence montées sur roulettes, afin de pouvoir le déplacer comme l’indiquent les lignes pointillées, ce qui permet de varier les effets. Les réflecteurs doivent être employés avec discernement; mais lorsqu’ils sont convenablement placés, ils peuvent contribuer à la production d’effets remarquables. La meilleure forme à leur donner est un cadre semblable à celui du fond, mais plus petit et recouvert d’une toile blanche ou d’une feuille de papier. De la main gauche, on peut, soit l’agiter soit le tenir en place, pendant que, de la main droite, on ouvre et ferme l’objectif à l’aide d’un obturateur à pose. La chambre noire est placée au voisinage de G, le point exact étant choisi suivant l’effet désiré. Plus elle est loin du mur B, plus l’image a d’ombres et de demi-teintes.
- Le débutant dans la photographie en chambre ne peut guère espérer réussir parfaitement dès le début ; les difficultés sont plus grandes que dans un atelier, mais lorsque l’amateur sera arrivé au succès, le mérite n’en sera que plus grand et nous attestons en toute sincérité que l’on peut arriver à faire mieux que ne font les neuf dixièmes des photographes de province dans leur atelier ; mais il ne faut pas se dissimuler qu’on n’y arrive qu’avec de la patience et de la persévérance.
- En réponse à la question souvent posée, quel est le temps d’exposition, nous répondrons à ceux qui n’ont pratiqué jusqu’ici que la photographie en plein air, que le temps de pose est considérablement plus long que celui qu’ils ont l’habitude de donner. Nous avons fait des expériences dans une pièce semblable à celle que nous avons donnée comme exemple, et dans des conditions analogues à celles dont nous avons parlé, avec un rectilinéaire de 24 cm. de foyer, travaillant à — et des plaques de Harvard, qui sem-
- O
- blaient d’une sensibilité moyenne. Le temps de pose exact était 5 secondes, lorsque lu chambre noire était près du mur, en B, c’est-à-dire regardant la partie la mieux éclairée de la figure et environ 7 secondes lorsque l’appareil était placé au point le plus éloigne de la ligne pointillée, regardant alors surtout le côté de l’ombre.
- Traduit du « Beacon » par F. D.
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- LES CYCLONES
- UN DÉSASTRE RÉCENT A LA MARTINIQUE
- e tout temps, les effets grandioses et dévastateurs des ouragans ont jeté l’épouvante dans les esprits des hommes et les ont pénétrés de respect pour ces grandes manifestations des forces de la nature. Typhon, engendré par la Terre, dieu malfaisant et effroyable, sans cesse à la recherche de ruines à accumuler, personnifiait ces météores dans la mythologie grecque, et Aristote est un des premiers qui nous aient parlé des tourbillons en essayant de les expliquer.
- La théorie physique des cyclones laisse bien encore à désirer ; cependant les travaux de Charles Romme (1821), ceux de Redfield, un américain, et de Brande, un allemand, travaux.singulièrement perfectionnés de nos jours par les anglais MM. Reid et Pidding-ton et notre compatriote M. Keller, ont permis d’arriver à la connaissance de certaines lois qui donnent une idée juste de la formation et de 'la marche des grandes tempêtes tournantes.
- La rencontre de deux courants aériens opposés l’un à l’autre, les alizés et les moussons, forme le tourbillon primitif. Dans son mouvement de rotation, ce tourbillon produit une chaleur qui va toujours en augmentant; des évaporations très actives vont donc se produire si le météore vient à passer sur la mer. Alors, les vapeurs du centre montent en une spirale immense vers les hauteurs de l’atmosphère, ou bien elles se condensent en Produisant ainsi un vide relatif, et la colonne d’air raréfié qui se forme ainsi au centre du cyclone, fait l’office d’une cheminée appelant sans cesse de nouvelles masses d’air et de vapeurs. Une pression barométrique plus faible due partout ailleurs est donc offerte par le centre du cyclone, et dès lors, il est facile de suivre par la marche du centre celle du cyclone tout entier, ce qui peut permettre parais, à cause de la rapidité actuelle des communications, d’en atténuer les résultats désastreux.
- Lans notre hémisphère, les cyclones naissent près de l’Equateur, à Test des petites Antilles, et se dirigent de l’ouest à Test, en Passant par le tropique du Cancer ; dans
- l’hémisphère austral, les cyclones naissent à l’ouest de l’île de Java et se dirigent de Test à l’ouest en passant par le tropique du Capricorne.
- On appelle. Tornados les cyclones de l’Afrique occidentale et Typhons ceux des mers de Chine. Le bord dangereux est la partie antérieure du cyclone, là où les deux mouvements de rotation et de translation s’ajoutent l’un à l’autre ; la partie postérieure, celle où ces deux mêmes mouvements se contrarient, a reçu le nom de bord maniable.
- Quelques jours avant l’apparition du tourbillon dévastateur, la température est lourde, la mer agitée ; le soleil caché par de gros nuages, les vents locaux apaisés, et le baromètre descend lentement: durant deux ou trois jours, c’est une accalmie pesante de sinistre présage. Le ciel devient rouge ; les oiseaux cherchent partout un refuge ; puis l’obscurité se fait de plus en plus complète, la mer bouillonne et déferle, et un tourbillon terrible, dont la vitesse peut aller jusqu’à 200 milles à l’heure, se prépicite de la partie la plus sombre de l’horizon, les navires sont désemparés ou anéantis, les maisons sont démolies, emportées, les arbres brisés, arrachés : tout est détruit.
- Au fracas le plus terrible succède tout à coup un silence solennel, c’est le passage du centre du cyclone; puis le phénomène recommence, moins violent, mais toujours accompagné de pluie et de tonnerre, et un déluge de pluie termine l’affreuse convulsion.
- En 1825, un cyclone terrible dévasta la Guadeloupe, et on constata que les tuiles des toits avaient été poussées avec une telle force par le vent, qu’elles avaient traversé des portes de bois.
- En 1870, deux cyclones ravagèrent les Antilles : le premier anéantit Savana-la-Mary, sur la côte ouest de la Jamaïque : quatre vaisseaux anglais qui mouillaient dans la rade furent engloutis et trois autres furent désemparés et à peu près défoncés.
- Le second, beaucoup plus terrible encore, eut des effets épouvantables. Au sud de la Martinique, il surprit un convoi de 50 bâtiments de commerce, escortés par deux fré-
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- gates et portant 5,000 hommes de troupes ; 7 navires seulement purent échapper et le reste fut englouti; 9,000 personnes périrent dans l’île, dont 1,900 à St-Pierre où il ne resta pas une maison debout.
- A Fort-Royal, la cathédrale, sept autres églises et 150 maisons furent détruites ; plus de 1,000 malades furent ensevelis sous les décombres de l’hôpital.
- A la Dominique, la manutention, les magasins de la marine et presque toutes les maisons situées dans le port furent engloutis.
- A Ste-Lucie, 6,000 personnes périrent : les plus solides édifices furent renversés et la mer roula des canons jusqu’à 35 mètres de leurs embrasures ; elle s’éleva à une hauteur telle que le fort fut démoli, et qu’un vaisseau enlevé par les lames fut violemment lancé sur la terre.
- Dans l’île St-Vincent, sur 600 maisons qui formaient le bourg de Kingstown, quatorze seulement restèrent debout.
- Dans la soirée du 19 août dernier, notre colonie de la Martinique fut fortement éprouvée par un de ces fléaux. Partout dans l’île les maisons ont été jetées bas, les récoltes détruiles, les troupeaux décimés, et, d’après la dépêche officielle parvenue au sous-secrétariat des colonies, il y aurait 12 personnes de tuées à Fort-de-France. Deux artilleurs ont été tués par la chute du pavillon de l’hôpital. Le camp de Balata a été détruit, sept soldats ont été blessés ; on loge les troupes au fort Saint-Louis. Au Lamentin, on compte 10 tués et un grand nombre de blessés ; à la Rivière-Pilote, 2 tués; au François, 16 ; à la Trinité, 10 ; quant aux pertes matérielles, elles sont considérables.
- Depuis 1817, ajoute le gouverneur, on n’a pas vu d’accident aussi lamentable à la Martinique. Le cyclone dura 3 heures, de 7 à 10 heures, et fut suivi de secousses de tremblement de terre ; 3 heures! que de ruines et de deuils accumulés en aussi peu de temps! G. Chaplot.
- LA DISTRIBUTION DE L’ÉLECTRICITÉ (Suite)
- l est facile de disposer des lampes mobiles (fig. 181), en les reliant par un fil souple à la canalisation principale . La figure 182 montre la pièce de raccord ou prise de courant. Les contacts sont établis à l’intérieur de cette pièce par des douilles à ressort.
- Les figures 183 et 186 montrent de petits inter-rupteursem -ployés pour l’allumage et l’extinction des lampes. Ces interrupteurs sont disposés
- dSt/uîr h
- Fig. 181 (*).
- Fig. 182(').
- de telle façon que les contacts s’établissent et se rompent brusquement, afin d’éviter la prolongation d e l’étincelle et la formation d’un arc qui détruirait rapidement les pièces métalliques.
- Lorsqu’il s’agit de couper de forts courants, sous des tensions élevées,
- on éprouve, de ce faib quelque difficulté, et il faut souvent employer des appareils qui sont de véritables machines. La difficulté est encore plus grande si le circuit contient des résistances inductives -les électro-
- aimants
- d’une forte machine, par exemple— parce que l’action de l’extra-
- Fig. 183 0).
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- ,V'V- r
- 'n.
- :
- courant de rupture vient s’ajouter à celle du courant principal.
- La ligure 187 montre un commutateur employé pour envoyer le courant à volonté, dans deux groupes de lampes différents.
- Appareil de sûreté. — A l’entrée de chaque dérivation, on intercale dans le circuit dérivé un coupe-circuit destiné, comme son nom l’indique, à rompre le circuit si l’intensité atteint une valeur dangereuse dans le fil. Ce coupe-circuit est formé d’un simple fil de plomb, dont le diamètre est choisi de
- telle sorte qu’il fonde lorsque le courant dépasse l’intensité normale.
- Lorsqu’une partie de la canalisation est aérienne, il est prudent de la protéger contre la foudre.
- On établit, pour cela, à l’usine, un paratonnerre for-mé de deux peignes métalliques en regard, mis en
- communication
- 1 nn avec la terre,
- 1 autre avec le fil è protéger. Pour éviter que, au moment où l’étincelle se forme, elle ne soit continuée par le courant delady-
- namo, on établit FiS- l85-
- Un déclanchement
- <ïUl sépare les peignes aussitôt qu’il y passe Un courant continu.
- Distribution de la force motrice. — Le
- moteur électrique est, sans contredit, l’appa-
- reil le plus commode et le mieux approprié au fractionnement de la force motrice.
- La machine dynamo est, comme on sait, réversible, c’est-à-dire que, alimentée par une source d’électricité, elle fonctionne comme moteur. Les moteurs électriques ne sont donc autre chose que des machines dynamos, ou, du moins, n’en diffèrent que par des détails : les connexions de l’inducteur avec l’induit sont renversées; en outre, si la machine est en dérivation, on intercale un rhéostat dans le circuit iuduit, pour permettre la mise en marche progressive sans risquer de brûler l’induit. Ces moteurs possèdent une remarquable propriété ; lorsqu’ils sont alimentés
- sous tension constante, comme c’est le cas lorsqu’ils sont branchés sur un circuit d’éclairage, ils tournent à vitesse constante, quelle que soit la charge, et sans l’interposition d’aucun régulateur.
- Ces moteurs sont très répandus en Amérique ; ils se conduisent pour des puissances très variables, depuis quelques kilogram-mètres jusqu’à 100 chevaux; les petits moteurs sont les plus employés : ils actionnent des ventilateurs, des machines à coudre, des presses typographiques, des ascenseurs, etc. La fi-
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- gare 188 montre le moteur C. and C.; la figure 184, le moteur Baxter ; la figure 185, le moteur Jenney.
- Il est certain qu’un grand avenir est réservé à cette application : le moteur électrique est le plus pi’opre, le plus léger et le plus docile des moteurs connus ; il produit un effort constant, exempt de variations périodiques;
- Fig. lSêf1). il fonctionne à des vitesses considérables sans trépidation. Enfin, en ce qui concerne les petites forces, son rendement élevé (50 à 85 0/0) permet la distribution à un prix modéré, tout en
- restant rémunérateur pour les Compagnies, et fournissant l’utilisation des machines pendant le jour.
- En dehors de ces deux applications principales de l’électricité à l’éclai-Fig. 187. rage et à la
- force motrice, il en existe diverses autres : au chauffage, à l’électrolyse, etc. ; mais, ou bien elles sont encore d’un usage restreint, ou bien elles font l’objet d’industries spéciales.
- Lorsque, il y a quelques années, l’éclairage électrique commença à prendre pied, les Compagnies de gaz s’émurent de cette concurrence; mais un fait intéressant vint atténuer leurs craintes : la plupart des installa-
- tions d’alors employaient des moteurs à gaz pour actionner des dynamos ! Plus récemment, la création des grandes stations centrales donna lieu à de nouvelles frayeurs qui se traduisirent par des attaques plus ou moins fondées, à l’adresse du nouveau mode d’éclairage. Mais voici que les statistiques viennent prouver que l’établisssment des stations centrales d’électricité produit une augmentation notable de la consommation de gaz : la lumière appelle la lumière ! Le fait est-il général ? Il serait imprudent de l’affirmer ;
- Fig. 188.
- toujours est-il que certaines Compagnies de gaz, comprenant que le gaz et l’électricité ont chacun leur raison d’être et leurs avantages spéciaux, ont adjoint des usines électriques a leurs usines à gaz, et se trouvent bien de cette combinaison qui donne satisfaction à tous les consommateurs, sans léser en rien leurs intérêts particuliers. F. Drouin.
- «ES
- DÉPOSÉ
- EXPOSITION D’APICULTURE ET D’INSECTOLOGIE
- ’ouverture de l’exposition d’insecto-logie de 1891 a eu un grand retentissement, aussi bien dans le monde savant que dans le monde industriel et artistique.
- Qui ne s’intéresse aux insectes et n’a, dans
- son jeune âge, nourri pendant de longs jours des animaux aussi divers que bizarres et suivi attentivement leurs travaux, ainsi que leurs métamorphoses ?
- Qui ne s’est arrêté devant les dégâts pi'0" duits par les insectes, aussi bien dans des meubles que dans des vêtements, voire dans des livres et des cigares ? Eh bien ! la Société
- (i) Construit par la maison Grivolas, à Paris.
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- centrale d’agriculture et d’insectologie a savamment réuni,dans l’orangerie des Tuileries, les animaux les plus variés, les plus rares, les produits que l’on en tire, ainsi que les collections de matériaux dévastés par divers insectes et les instruments servant à propager les utiles et détruire les nuisibles.
- Lorangerie est divisée en trois salles: la première renferme l’entomologie proprement dite et les produits y afférents ; la seconde, 1 agriculture avec ses ruches et ses miels; enfin la troisième est réservée aux conférences et aux réunions du congrès agricole.
- Nous allons donc passer en revue les deux salles d’exposition, et désigner tour à tour les collections les plus importantes ou les produits les plus remarquables.
- En entrant, et en prenant le côté droit,nous trouvons dans la nef, si nous pouvons appeler ainsi le milieu de la première salle :
- M. A. Hugentobler qui offre des papillons brodés sur étoffe, fort jolis quoique un peu fantaisistes.
- Mme A. de Bompar expose une petite brochure relative à la guérison du phylloxéra par le trombidium du fraisier ananas. Plus de phylloxéra en plantant des fraisiers ; ce moyen serait-il plus efficace que le sulfure de carbone et tous les produits employés actuellement par nos vignerons ? j’en doute ; en tous cas, 1 essai peut en être fait et si son résultat est négatif, on récoltera toujours les fraises.
- M. Schmidt nous montre des papillons nuisibles et utiles et les plantes sur lesquelles vivent.
- MM. Fribourg et Hesse exposent des pro-Mis chimiques servant à la destruction des Vers blancs.
- M. Charles Mendel, des appareils pour la Projection et l’agrandissement des préparais insectologiques.
- M Le Moult nous montre le Botrytis Te-ne la, champignon parasite du hanneton.
- M.Ca^e^, instituteur, des nids de frelons fort |emarquables, des coquilles fossiles et des nsectes utiles et nuisibles.
- M- Masson, un aperçu des ravages causés par divers insectes.
- M. Gueroult, deux tableaux composés de ^[aminées sèches et peintes et d’insectes eis- Sur les côtés,nous trouvons, à gauche :
- M .Jeunet qui expose des poissons, batraciens, hydrophiles, dytiques exotiques très gentils, ma foi ; nous avons remarqué la fameuse grenouille grise d’Amérique, le crapaud vert du midi, la souris tournante du Japon et des sauterelles vivantes d’Algérie.
- La Société centrale a mis sous les yeux du public un aperçu des dégâts causés par des insectes sur des peupliers de la pépinière des fonderies de Romilly et à côté le fac-similé des expériences faites pour guérir ces arbres, ainsi que les résultats obtenus.
- M. Guillot, outre les intruments divers pour la chasse des insectes, expose quatre tableaux : 1° Insectes exotiques, 2° insectes servant à reconnaître la provenance des larves, 3U insectes de France nuisibles, 4° papillons séricigènes ; ce dernier renferme presque tous ceux connus, entre autres le fameux et primitif Attacus An-india, père du Cyn-thia que l’on trouve à Paris sur les arbres des boulevards, et le Radama, de Madagascar, cocon énorme mesurant plus de 0m50 de long sur 0m,20 de large, contenant une colonie de 500 chenilles.
- L'Ecole de Maisse expose un herbier régional.
- M. Clément, les tableaux muraux qu’il a dessinés pour l’institut agronomique.
- Mlle F or lier, des fleurs artificielles représentant une collection botanique de plantes cultivées.
- M. Fallou, une collection de séricigènes, la plus complète de celles exposées, un tableau d’insectes nuisibles au rosier, un tableau relatif aux métamorphoses du Liparis Chry-sorrhea.
- M. Moncomble, application des insectes nuisibles à l’ornement, a composé trois tableaux de papillons et de coléoptères, divers cadres d’insectes nuisibles, les ravages qu’ils causent et leurs métamorphoses ; exposition surtout remarquable par la beauté de ses échantillons et les soins apportés à leur disposition.
- M. Georges Petit, des papillons et des oiseaux exotiques, très beaux, quoique les premiers soient mal étalés.
- M. Lenoir et Forster. de Vienne, des cadres individuels pour chaque papillon avec sa chenille, son cocon, sa plante.
- A droite, nous remarquons :
- M. F. Jolain, beaucoup d’animaux vivants.
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- M. Robert, des papillons décalqués par le procédé Poulin.
- M. Chauvet, sériciculteur;, nous montre sa récolte de l’année.
- M. Chamerois, une collection fort curieuse des plantes malades et de leurs parasites.
- M. Balle, de nombreuses galles.
- M. Chrétien, vingt-quatre cartons de coléoptères.
- M. Chevalier, soixante-deux cartons renfermant des insectes avec leurs produits, et leurs dégâts, des parasites, et des parasites de parasites !...
- M. Wallés, une collection de coléoptères et de bois ravagés.
- Bien d’autres encore, le catalogue comprenant 700 numéros.
- Quant à notre collection,ne pouvant la juger nous laissons à nos lecteurs le soin de la critiquer ou d’apprécier nos efforts.
- Passons maintenant dans la seconde salle. Nous remarquons nombre de ruches, pots de miel, pains de cire, un herbier agricole (flore mellifère), et enfin, malheureusement cachée dans un coin, l’Exposition Rétrospective des Ruches, faite par la Société. A tous je recommande particulièrement ce coin ; c’est ce qu’il y a de plus curieux.
- M. Sevalle, le dévoué secrétaire général et professeur au Luxembourg, y a réuni tous les modèles de ruches connus, depuis les plus simples jusqu’aux plus pratiques.
- Les plus simples se divisent en plusieurs parties : celles faites de troncs d’arbres, employées dans le midi; celles en paille, savoir: Gravenhorst à hausses (Allemagne), conique (Bourgogne), à hausses, inventée par Gayatte en 1868; ronde et basse (Alsaee), ronde et haute (Bretagne-Nord), en calotte (Franche-Comté), Ecossaise, introduite par Labour-donnaye, à hausse et à calotte.
- Les plus pratiques, presque toutes en bois; sont : la Ruche Percheronne, de l’abbé Beu-net, la Ruche Layeus, la Ruche Dadaut-Sayot, etc,
- M. Sevalle nous fait voir l’histoire complète du perfectionnement des ruches, il nous montre la première à cadre, celle de Huber, datant de 1763, passant par les mains de Reverchon, Paix de Beauvoys en 1846, Sar-tori, l’abbé Toulouse, Desyry, Bastian, Dio-trioh, Burkijeker, Jonas de Gelieu en 1848, de Dziezon, Langstroth en 1850, qui donne à la ruche une forme nouvelle, bientôt perfectionnée par Badant, Quimby, Blatt,Joly, Ribeaucourt.
- L’exposition a donc cette année un intérêt tout particulier. Le côté industriel bien minime est effacé par ces vastes et savantes collections ; et l’on se sent bien faible en voyant ces bestioles, les produits quelle fournisssent, les dégâts énormes qu’elles occasionnent.
- Gustave Panis.
- RENSEIGNEMENTS ASTRONOMIQUES
- MONOGRAPHIE DE JUPITER
- Diamètre : 11,061 (IL
- Distance solaire : 5,2028 (1) — 192 millions de lieues.
- Révolution annuelle : 4,332 jours, 58482 —
- 11 ans, 86.
- Rotation : 9 h. 55 m. 37 s.
- Inclinaison de l'axe sur l’orbite : 87° (Flammarion).
- Inclinaison du plan sur l'écliptique : 1°18’41”.
- Inclinaison du plan sur l’équateur : 3o (Flammarion) .
- Excentricité : 0, 0482519 (annuaire).
- Volume : 1,277 Terres, 412.
- Densité : 0,242 (1).
- Masse: 308,99 (1) (Flammarion). ^
- Intensité de la pesanteur à la surface : 2» *
- Aplatissement : 1/16° (c’est le plus fort de ou les aplatissements planétaires connus ; cela 1 à la rapidité de la rotation et au peu de densi de la planète). .
- Vitesse par seconde sur l’orbite : 12,924m ( son).
- Vitesse par seconde d’un point à l’èqua 12,491m (Jackson).
- Chaleur : 0,037 (1).
- Lumière: 1/27° (1). . .
- Révolution synodique : 399 j. (Flammarion!-
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- Longitude du nœud ascendant : 98°56’17”. Surface : 122,345721.
- Vitesse d’un corps après une seconde de chute : 24m47 (Jackson).
- Poids : 310 Terres. — Moyen mouvement diurne: 299”, 1284.
- Longitude du périhélie : 11° 54’ 58”. — Diamètre à la distance 1 : 198”. G. Vallet.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- A Chicago, avant l’exposition. — Il s’est formé à Chicago une compagnie pour exposer l’exposition avant la lettre. Elle fait construire un modèle à l’échelle de 1/1000 qui aura quarante mètres de long sur trente trois de large.
- Le soleil est représenté par soixante-quinze lampes électriques de seize bougies, et les lampes à arc qui éclaireront l’exposition la nuit, par de microscopiques lampes à incandescence. Les spectateurs se promèneront sur une galerie de deux mètres de hauteur.
- Pour compléter l’illusion, ils n’auront qu’à supposer qu’ils se trouvent dans la nacelle d’un ballon captif et qu’ils planent sur l’exposition réelle à deux cents mètres de haut.
- ***
- Curieuse pêche au Japon. — En juillet, la joie des enfants japonais est la pêche du Haï, petite truite blanche à chair exquise ciui foisonne dans les plus petits ruisseaux du Japon, de Kioto à Kobé.
- Tous les bambins des villes et villages apportent des tables et des bancs qu’ils Plantent au milieu du ruisseau.
- Accroupis sur ces sièges, la tête en dehors, ds se livrent à la pratique suivante :
- Un fil au bout d’un roseau leur sert de ligne. Comme amorce, une petite crevette artificielle fichée sur une ligne recourbée.
- un petit sac qu’ils ont au côté, ils tirent de a poudre de crevette desséchée et pilée, °ut le Haï est très friand ; ils se mettent la Poudre sur la langue et la bouche au ras de eau, crachent leur appât comme avec un Pulvérisateur. Le Haï, alléché par l’odeur, accourt, happe l’amorce fallacieuse et ne fait
- qu Un saut dans le panier que le gamin tient s°us le bras.
- (Étangs et rivières)
- tip 6S t®*®fi>raPhes en Chine. — Le prémier egraphe électrique établi en Chine date de
- la guerre de Formose, de 1866, mais celte invention du diable ne fut jamais vue d’un bon œil par les habitants qui en respectèrent difficilement les fils et le gouvernement de l’empire désapprouva à cette époque le vice-roi de la province de Fouh-Kin, pour avoir décidé la construction de la ligne de l’île Pagoda à l’arsenal de Fou-Tcheou.
- Cependant, depuis lors, les lignes se sont multipliées, elles sont même devenues assez nombreuses dans certaines régions ; les principales sont : la ligne de Pékin à Tien-tsin, celle qui relie Pékin aux principales villes de la Mandchourie, se continuant jusqu’à la frontière russse ; la ligne qui unit les sept ports à traité entre eux, puis à la capitale, la ligne de Canton à Yunnan-Fou, sur la frontière du Tonkin ; celles de Fou-Tchéou à Canton, de Port-Arthur à Hang-Tching (Corée).
- Les lignes chinoises et sibériennes se réunissent dans la vallée de l’Amour, ce qui met directement Pékin en communication avec l’Europe.
- Malgré tout, la civilisation européenne pénètre petit à petit dans l’Empire du Milieu et l’on prévoit que le temps n’est pas éloigné où le chemin de fer transsibérien, prolongé jusqu’à Vladivostok, transportera dans ces régions si longtemps fermées le touriste ou le commerçant européen.
- ***
- Singulières habitations. — On voit dans l’île Isabelle, du groupe des îles de Salomon, en Océanie, des habitations singulières, établies dans de gros arbres, et que les insulaires appellent voko.
- Ces sauvages, qui n’ont pas la chance d’avoir des forteresses naturelles, comme en offrent certains rochers escarpés, se retirent là, pendant la nuit. Quelques-unes de ces habitations se trouvent à plus de 20 mètres au-dessus du sol, et on y monte par une échelle de bambou. Elles ressemblent à de grands
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- nids d’oiseau, avco une plate-forme circulaire, percée d’une ouverture par laquelle ils peuvent lancer des pierres sur les assaillants.
- *
- & *
- Les oiseaux au vol élevé. — On a aperçu le Condor volant jusqu’à 9,000 mètres. Viennent ensuite : Gypaète, 7,800™; Vautour fauve, 6,700™ ; Aigle, 5,500™ ; Urubu, 4,800™; Milan, 4,100m ; Faucon, 3,400™ ; Épervier, 3,100™ ; Oiseau-Mouche, 3,000m ; Pigeon, 2,600™ ; Buse, 2,500™ ; Hirondelle, 2,200™ ; Héron, 2,000™ ; Grue, 2,000™.
- A côté de ces oiseaux à vol élevé, rappelons les observations faites par Flammarion, qui a rencontré en ballon des papillons à une altitude de 3,000™.
- M. J.-D. Hooker en a observé au Mont-Mounay, à une hauteur déplus de 5,400™.
- Une source française d’acide sulfurique.
- — M. Vilm vient d’analyser la remarquable composition de sources qui, dans les Pyrénées, surgissent le long de la Salce, près de Rermes-les-Bains.
- On y trouve du sulfate d’aniline et de l’acide sulfurique libre, dans la proportion de un décigramme par litre. Ces eaux sont, au goût, franchement acidulés : elles rappellent celles des sources de Java, du Japon, celles qui furent signalées autrefois par Boussin-gault, sur les bords du Rio-Vinagre, en Colombie, et qui débitent annuellement 17 millions de kilogrammes d’acide sulfurique et 15 millions de kilogrammes d’acide chlorhydrique.
- C’est la première fois que ce fait est observé en France.
- REVUE DES LIVRES
- Nous recevons la nouvelle édition du Carnet du Photographe amateur, par Ch. Jacob.
- C’est sans contredit le plus pratique des formulaires. D’une consultation facile et rapide, il renferme, méthodiquement classés, tous les renseignements qui peuvent intéresser le photographe amateur et même le praticien.
- C’est bien là le block-notes, l’aide mémoire, en un mot, le Carnet dont devront se munir tous ceux qu’intéresse la photographie.
- Élégamment relié en toile, ce petit volume de poche est mis en vente au prix vraiment modique de i fr. 25.
- ***
- Jeux et Exercices physiques pour le développement des aptitudes physiques de la jeunesse, par le docteur G. Laun. — Paris, Delarue, éditeur, 5, rue des Grands-Augustins 2 fr.
- Les jeux et exercices physiques, après avoir été trop longtemps délaissés, sont rentrés en honneur dans notre pays de France : voici un petit ouvrage écrit sans prétention aucune, et qui arrive à point à l’instant où, de tous côtés, on cherche à organiser des jeux destinés à développer les aptitudes physiques de la jeunesse.
- La classification adoptée dans l’énumération et la description des jeux qu’il contient, et qui
- sont au nombre de 212 — ce qui suppose, de la part de l’auteur, des recherches aussi complètes que possible — est nouvelle et méthodique ; elle débute par les jeux purement d’exercice, auxquels font suite les jeux mixtes, d’exercice et d’adresse pour terminer par les jeux d’adresse.
- Nous recommandons cet ouvrage à la jeunesse des écoles, aux chefs d’institution, et à tous ceux qui, de près ou de loin, ont pour mission de veiller au développement des forces physiques de l’enfance.
- ** *
- La Petite Revue parisienne est une publication d’un genre absolument nouveau, qui se consacre à la vie pratique et renferme un second journal, le Correspondant littéraire, auquel tous les abonnés peuvent collaborer.
- Malgré le prix réduit de 5 fr. par an polir ces deux journaux, les abonnés ont encore Ie droit d’en recevoir gratuitement dou\e autres-
- En outre, une prime de CENT FRANCS, en espèces, et d’autres innovations attrayantes complètent les avantages exceptionnels de cette publication originale.
- Un an, 5 fr. pour tous pays, (plusieurs nunié ros spécimens, un franc). Adresser mandat, timbres ou papier-monnaie au directeur, M. A. Clavel, 36, rue de Dunkerque, Paris.
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- LA SCIENCE PRATIQUE
- Des falsifications du sulfate de cuivre.
- — Il y a deux manières de reconnaître si le sulfate de cuivre contient du fer et du zinc.
- 1° Par le lait de chaux. — On verse une solution de lait de chaux au dixième dans la dissolution, au dixième aussi, du sulfate de cuivre à essayer. S’il est pur, on obtient un précipité bleu de ciel ; si, au contraire, il a une couleur bleu rnuillée, on est en présence d’un sulfate de cuivre mélangé avec du sulfate de fer et de zinc.
- 2° Par l'ammoniaque.— On fait di-soudre une petite quantité de sulfate à essayer dans de l’eau bien claire et, la dissolution terminée, on y verse quelques goûtes d’ammoniaque liquide ou alcali volatil avec le double environ de son poids en eau. Si le sulfate de cuivre est pur, on obtient une liqueur d’un bleu clair limpide ; si, contrairement, il s’y forme une matière floconneuse sale et sensiblement noire, se précipitant petit à petit au f°n(i du verre, c’est que le sulfate de cuivre n’est pas pur et contient du fer dont la valeur commerciale et comme emplois divers est bien moindre.
- (Les applications électriques). *
- * *
- Le choix des écrevisses. — Quand il n’y a pas longtemps que les écrevisses sont prises, quand elles sont fraîches, par consé-laent, les pinces conservent de l’élasticité : les plus lourdes sont les meilleures, et il est Préférable de les cuire chez soi. Si vous les achetez toutes cuites, regardez si les queues sont raides lorsque vous les relevez : si elles ne le sont pas, c’est que les bêtes ne sont pas
- fraîches. L’écrevisse mâle se reconnaît à l’étroitesse du dessus de la queue, et à ses deux nageoires supérieures qui sont raides; celles de la femelle sont douces et sa queue est plus large. Le mâle, généralement plus petit, a plus de saveur; sa chair est plus ferme et sa couleur, quand il est cuit, est d’un rouge plus foncé.
- ** *
- Nettoyage des chapeaux de paille blanche. — On délaye de-la fleur de soufre avec le jus d’un citron, et on en forme une pâte un peu claire dont on frotte la paille, à l’aide d’une brosse imprégnée du mélange. La paille blanchit instantanément, on brosse à sec pour enlever ce qui reste de soufre : il est. préférable de laisser sécher au grand soleil.
- Il peut se faire que la paille, à la suite de cette opération, perde son apprêt et devienne molle; on réapprête en badigeonnant d’un peu de gélatine dissoute dans l’eau.
- A la rigueur, le jus de citron seul peut être employé et, dans ce cas, un demi-citron suffit. *
- * *
- Nouveau procédé pour couper les tubes de verre. — Entourer le tube d’un fil fin bien serré sur le verre; puis faire communiquer les deux bouts avec une source d’électricité.
- Dès que le courant passe, le fil devient rouge et chauffe le verre ; à ce moment, une gouttelette d’eau qu’on laisse tomber à cet endroit fend nettement le tube.
- L’expérience réussit d’autant mieux que le verre est plus épais.
- RÉCRÉATIONS
- LES JEUX EN PLEIN AIR
- Les colins ; origine du jeu. — L’origim e ce jeu est fort ancienne et très curieuse: isons-en quelques mots, avant d’empruntei u volume des Jeux et Exercices physiques
- 68 flivei'ses variantes auxquelles il peut don ner lieu.
- Golin -était un guerrier fameux, qui vivail
- au xe siècle, dans le pays de Liège; il avait pris le surnom de Maillard, à cause de la vigueur et de la dextérité avec lesquelles il se servait du maillet pour frapper ses adversaires. La renommée de ses exploits s’étendit fort loin, et, en 999, il fut fait chevalier par le roi de France, Robert le Pieux. Dans
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- la dernière bataille qu’il livra à un certain comte de Louvain, il eut les deux yeux crevés ; deux de ses écuyers le guidèrent dans le combat et il n’en continua pas moins à frapper sur ses ennemis, jusqu’à ce que ceux-ci fussent en déroute. C’est à la suite de cet évènement que fut imaginé le jeu de Colin-Maillard, qui serait ainsi vieux d’environ neuf siècles.
- Le Colin-Maillard. — Le nombre des joueurs est indéterminé. L’un d’eux, tiré au sort, a les yeux bandés avec un mouchoir et doit chercher à saisir l’un des joueurs qui tous lui font des agaceries et lui crient : « Casse-cou» quand il marche de façon à aller buter contre un arbre ou tout autre obstacle. Quand il a réussi à prendre quelqu’un, il doit encore, en le palpant, deviner son nom, et s’il satisfait à cette condition, c’est cette personne qui, à son tour, a les yeux bandés; sinon, on recommence dans les mêmes conditions.
- Le Colin-Maillard à la baguette. — Tous les joueurs dansent en rond autour de l’un d’eux qui a les yeux bandés et qui est armé d’une baguette. Celui-ci s’avance et touche l’un des joueurs. Ce dernier saisit l’autre extrémité de la baguette et tout le monde s’arrête. Celui qui fait le Colin-Maillard commande alors au joueur qui tient la baguette de répéter une phrase, et celui-ci doit s’exécuter en changeant sa voix le plus possible, bien entendu. Le colin doit alors tâcher de deviner à qui il a affaire, et s’il réussit, l’autre prend sa place; sinon, le jeu reprend comme auparavant.
- Le Colin qui a froid. — Un joueur a les yeux bandés. Tous les autres sont munis de garuches (1). On demande au colin où il a froid. Celui-ci désigne une partie de son corps, sur laquelle alors chacun s’efforce de frapper.
- (i) Les écoliers appellent garuche} un mouchoir roulé en anguille.
- Le colin fait son possible pour toucher quelqu’un et, quand il y réussit, ce dernier prend sa place. Le remplacement a encore lieu lorsque le colin s’empare d’une garuche: le possesseur de cette dernière devient alors colin.
- Le chien d’aveugle. — Tous les joueurs, sauf un, ont les yeux bandés et sont armés de garuches. Un joueur qui a les yeux libres fait le chien et se met à aboyer; les autres se précipitent de son côté, cherchent à le frapper et généralement ne réussissent qu’à se battre les uns les autres.
- Quand un des colins a réussi à toucher le chien, de sa garuche, il devient chien à sa place.
- La souris à la ficelle. — Deux joueurs : l’un est le chat, l’autre est la souris. Ils sont l’un et l’autre fixés aux deux extrémités d’une petite corde d’une certaine longueur.
- Le chat a les yeux bandés et cherche a s’emparer de la souris qui doit faire entendre un cri quelconque sans interruption.
- Ce genre de Colin-Maillard est fort réjouissant.
- On peut y jouer en nombre quelconque; le chat qui a pris la souris, devient souris et est remplacé par une personne qui ne prenait
- pas part au jeu. La précédente souris se retire.
- L’Hirondelle. — Un des joueurs, les yeux bandés, se poste immobile, les jambes écartées. Les autres joueurs, ayant roulé leurs mouchoirs en anguille, les lancent entre les jambes du colin. Tous les mouchoirs jetés, chacun doit se tenir auprès du sien, et le colin, s’accroupissant à terre, s’efforce d’en trouver un. Quand il y est parvenu, celui à qui appartient ledit mouchoir est tenu de parcourir un circuit déterminé, pendant lequel les joueurs lui envoient des volées de garuches. Le même joueui
- remplit ensuite le rôle de colin.
- Dr G. Laun.
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d'Assas.
- La Fère. — Imprimerie Bayen, rue Neigre.
- Fig. 189. — Les Colins; l’Hirondelle.
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- CONSEILS AUX AMATEURS POUR FAIRE UNE COLLECTION DE PAPILLONS (Suite) Papillons Nocturnes (Suite).
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- Alunir:
- uilittii
- fombycides {suite). — On pourrait placer ici le. Bombyx du mûrier {B. mori), dont on a utilisé les fils du cocon pour faire la soie, mais qui n’est pas denosenvirons. Disons, à ce propos, que des essais d’acclimatation ont été faits sur d’autres Bombyx pouvant donner un cocon textile, et ceux qui ont été pratiqués sur le Bombyx de l’ailante (Attacus Cyn-Ihia) ont pleinement réussi.
- C’est un beau papillon, assez commun sur les arbres de nos boulevards, velouté, brun verdâtre mêlé de blanc et de rosâtre. Sur chaque aile, une fenêtre, vitrée en forme de croissant ; ailes supérieures gris rose avec une tache ronde noire à leur sommet. La
- Fig. 190. — Le ver à soie {Bombyx mori, Lin.).
- L'S-191. — La Fermière {Chelonia Villeca, Lin.).
- femelle est plus grande. Chenille jaune, ver-dâtre, une tache noire sur chaque anneau et six rangées de tubercules. Cocon suspendu Par une sorte de queue aux rameaux des
- uilantes.
- Le Grand Paon de nuit (Attacus Pavonia Major, Lin.). Notre plus grand lépidoptère indigène (envergure 13 à 14 cent.). Ailes am-Ples, rondes, brun saupoudré de gris, bordées
- de jaunâtre et portant au centre une tache oculaire noire, coupées par un trait transparent, entourées d’un cercle rouge, d’un demi-cercle blanc et d’un noir. Corps brun, abdomen rayé de blanchâtre. Chenille énorme, atteignant souvent neuf centimètres, vert tendre, ornée de tubercules bleus et d’une rangée de taches blanches bordées de noir. Chrysalide brune, enfermée dans une coque brune très dure, pyriforme, placée sous les rebords des murs des jardins ou sous les branches des arbres. Son éclosion a lieu généralement vers la première quinzaine de mai, parfois en septembre seulement, et même deux ou trois ans après la métamorphose.
- Le Petit Paon de nuit {Bombyx Pavonia minor, Geoff.), moitié plus petit que le précédent et très commun à la même époque. Ailes supérieures, rougeâtres ; inférieures, jaunâtres toutes les quatre, bordées de blanchâtre ; un œil sur chacune : tache brune dans une tache blanche. Chenille verte, avec Fi«* 192-“La Phalène du chêne . , (Boarmia Roborariœ, Fab.).
- une bande
- transversale noir velouté sur chaque anneau ; tubercule rose ou jaune-aurore avec un petit pinceau de poils noirs; sur le prunellier, l’aubépine, la ronce, etc. Cocon semblable à celui du Grand Paon, mais plus petit.
- La Pygère Bucéphale {Pygera Bucephalus) est un grand et joli papillon nocturne, aux ailes supérieures gris argenté, rayées de noir et de blanchâtre, et marquées aux bords
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- d’une large tache jaune d’ocre, maculée elle-même de brun clair ; aux inférieures, blanc jaunâtre, corselet gris, abdomen jaune livide, pointillé de noirâtre. Chenille longue, tuber-culée, portant des pinceaux de poils qui imitent une queue et des antennes. Chrysalide ventrue, velue, renfermée dans un cocon plus ou moins lâche, entremêlé de poils. Se trouve communément partout au mois de mai et de juin.
- Noctuélides.— Antennes simples, sétacées ; ailes larges, plus ou moins horizontales ; vol rapide, diurne, pour quelques espèces. Chenille à 12, 14, ou 16 pattes. Chrysalides renfermées dans une coque et ordinairement enterrées. Ailes supérieures toujours marquées de deux taches, une orbiculaire, et l’autre réniforme. Cette grande division renferme environ 2,500 espèces.dont 500 pour la France ; la plupart sont peu intéressantes ; aussi signalerons-nous seulement les plus jolies et celles qu’on peut se procurer assez facilement.
- La Mania Maure (Mania Maura), d’une assez grande taille. Ailes larges, d’un gris obscur, mélangé de noir et de rougeâtre, avec le corps pareil aux ailes. Femelle moins colorée que le mâle. Chenille allongée, plate, ornée de poils courts. Chysalide cylindro-co-nique, couverte d’une poussière bleuâtre, enveloppée d’un tissu lâche et placée entre les feuilles et les mousses.
- La Fiancée (Catocala Sponsa, Lin.). Ailes supérieures cendrées, variées de bandes et de raies anguleuses, brunes, grises et noires; inférieures, rouge vif avec des bandes noires, dont l’une est bien plus étroite que les autres. Corps grisâtre. A l’état de repos, les secondes ailes sont complètement cachées sous les premières, ce qui lui permet de se dissimuler complètement parmi les lichens de l’écorce des arbres où elle se pose fréquemment. C’est un cas bien curieux de mimétisme; impossible de la découvrir si elle ne part pas par hasard. Chenille grise, longue, aplatie, poilue. Chrysalide cylindro-conique, dans une coque.
- La Catocale du frêne (Catocala braxini, Ochs) plus grande que la précédente. Ailes supérieures semblables à celles de la Fiancée; ailes inférieures d’un beau bleu. Chenille jaune grisâtre, picotée de points noirs. Chrysalide cylindro conique, enveloppée d’un cocon soyeux. On la trouve au mois d’août et
- et de septembre, dans le voisinage des mare et des étangs, mais si elle plus belle, elle est aussi beaucoup plus rare que la Fiancée.
- L’Avrilière (Dipthera Orion). Ailes supérieures d’un vert mélangé de noir et de blanc; espèce très jolie. Chenille à larges taches jaunes sur le dos avec des tubercules roux ; vit sur le chêne.
- La Noctuelle Gris-de-Lin. (Noclua Lino-grisea, Fab.). Ailes supérieures gris blanchâtre, rougeâtre vers les bords ; inférieures, jaune-fauve avec une large bande noire. Corselet de la couleur des ailes supérieures, ainsi que l’abdomen. Chenille épaisse, rose, vit sur les plantes potagères et les graminées ; les jardiniers l’appellent ver gris : elle coupe les plantes au collet dans les maraîchers et elle est très nuisible. Chrysalide lisse, luisante, cylindro-conique, renfermée dans une coque de terre fragile.
- L’Arrangée (Dianthœcia compta). Ailes supérieures bleues, avec des franges blanches, et à la base, une tache blanche et un petit rond jaune ; sur le disque, une bande blanche sur laquelle se détachent la tache orbiculaire et la tache réniforme ; inférieures, gris foncé avec un point jaune près du bord interne. Corps noirâtre avec du blanc au thorax. Se remarque surtout dans le voisinage des œillets. Chenille grise avec une ligne brune sur le dos.
- L’Incarnat, la Noctuelle du Pied d'Alouette (Chariclea delphini), la plus jolie des noctuelles indigènes et aussi une des plus petites (32mm au plus). Ailes supérieures rose tendre, mêlé de rougeâtre et de violet; inférieures, blanchâtres avec du rose au bord inférieur. Se tient sur la luzerne et les trèfles. Chenille rose ou bleue, avec des points noirs ; sur les pieds d’alouette. Encore une espèce qu’il faut élever à part et seule, car elle tue sa voisine dans les boîtes d’éducation.
- Phaléniens. — Antennes sétacées, ciliees ou simples dans les femelles. Ailes amples en toit aplati ou étendues horizontalement , chenilles dites arpenteuses ou géomètres, a cause de leur habitude de marche en formant une boucle, de sorte qu’elles semblent mesurer le terrain : nues ou seulement garnies de poils courts. Chrysalides renfermées dans de petits cocons, généralement enterrés, ou bien placés entre les feuilles des végétaux.
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- La Phalène du Bouleau (Amphidosys Be-tularia), aux ailes d’un blanc grisâtre, avec des points noirs et des lignes brun noirâtre. Chenille brune ou gris verdâtre, s’enterre pour se chrysalider.
- La Phalène Prodomaire (Phalena Prodo-maria, W. V.). Ailes blanchâtres, couvertes d’une multitude de petites mouchetures noires formant des dessins variés. Chenille très allongée, cylindrique, brunâtre, vivant sur les arbres, au pied desquels elle s’enterre sans former de coque. Commune partout dès le premier printemps.
- Zérène du Groseillier (Zerena grossula-riata, L.). Elle est d’une assez grande taille, car son envergure atteint cinq ou six centim. Ses quatre ailes sont d’un blanc légèrement jaunâtre, rondes ; les supérieures ont deux bandes sinueuses de gros points noirs rapprochés, une ligne aux bords et d’autres points disséminés çà et là; l’espace compris entre les deux bandes est jaune d’ocre, ainsi qu’une tache à la base des ailes. Les inférieures sont complètement blanches, avec des lignes de points noirs, assez gros. Le thorax est blanc et noir et l’abdomen, jaune fauve, avec trois lignes de taches noires. La position des macules n’est pas la même chez le mâle et chez la femelle. Chenille peu allongée, cylindrique, à tête ronde, légèrement pubescente, verdâtre, nn peu rayée. Chrysalide roussâtre, un peu conique, attachée sous les feuilles avec des fils, et même parfois enterrée. Commune partout, au mois de juillet, surtout dans les jardins, où on la voit lourdement voler à la tombée de la nuit, sa teinte blanche la faisant facilement apercevoir. Sa chenille commet beaucoup de dégâts,car elle se nourrit presque exclusivement des feuilles des groseilliers et, a défaut, de celles des autres arbres fruitiers.
- La Phalène du Sureau ( JJrapteryx Sambu-caria, Lin.) a les quatre ailes jaune soufre, traversées par deux lignes brunes, terminées Par une petite queue et ornées à l’angle anal d’une tache rouge bordée de bleu. Chenille brune, semblable à une brindille de bois mort; vit sur le sureau, le saule, le tilleul. Chrysalide effilée, cylindro-conique, avec une tète coupée en biseau et ressemblant à cellle de certains Diurnes (genre Thaïs) ; renfermée dans un cocon entouré de feuilles et suspendu aux branches par un fil soyeux. Espèce
- très jolie, aux ailes amples, et plus répandue dans le nord de la France qu’aux environs de Paris.
- La Boarmie du Chêne (Boarmia Robora-rioe, Fab.) a les quatre ailes blanchâtres, sablées et rayées de lignes noirâtres et rous-sâtres. Chenille brune, un peu verruqueuse, ayant l’apparence au repos d’une petite branche d’arbre. Chrysalide s’enterrant ou s’entourant d’un cocon. Assez rare aux environs de Paris ; elle est plus répandue dans la Seine-et-Oise, aux environs de Montfort-l’A-maury, où elle est assez commune au mois de juillet. C’est une de nos plus belles et plus grandes phalènes indigènes (envergure : cinq centimètres). En plein jour, on la trouve appliquée contre le tronc des arbres, dans les gaulis de chênes et de châtaigniers.
- On peut encore signaler dans cette division la Rumie de l’Alisier (Rumia Cratœgata, Dup.), à ailes jaune vif, semées de points noirs; l’Agérone du Prunier (Ageronia Pru-naria, Lin.) et l’Hémithée du Buplèvre (Hé-mithea publevraria, W. V.). La première est d’un beau jaune, la seconde d’un vert superbe avec deux lignes blanches.
- Les femelles de certains Phaléniens sont aptères comme celle des Orgyies : nous citerons seulement la Nyssia à bandes (Nyssia Zonaria, W. V.) et l’Hibernie grisâtre (Hiber-nia leucophœria, Latr.), dont les mâles voltigent pendant les brumeuses soirées de novembre.
- L’énumération que nous arrêtons ici est bien incomplète, elle devait l’être, en effet, puisque nous nous adressions aux commençants, et que nous n’envisagions que la zone relativement restreinte des environs de Paris.
- Quant aux Lépidoptères de très petite taille, tels que les Pyrales et les Tortucides, les Tinéïdes, les Ptérophoriens, qu on a rangés sous la dénomination de Microlépidoptères, ils demandent, à la vérité, une étude et une préparation spéciales. Comme il serait fort difficile, pour ne pas dire impossible, de les étaler, on se contente de les coller sur des paillettes de mica, vendues 1 fr. le cent chez tons les naturalistes, et on les pique dans la collection, avec une épingle, comme un papillon.
- Marguerite Beleze.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- LE LABORATOIRE DE L’AMATEUR
- LA CHIMIE (suite). — LE SOUFRE
- Manipulations.
- 1° Le cri du soufre. — Si vous prenez dans la main un fragment de soufre en canon, sans le serrer outre mesure, vous entendez un crépitement très prononcé qui s’accentuera encore si vous approchez la main du feu : alors le soufre se brise de lui-même et l’on peut observer la forme cristalline en longues aiguilles. Ce craquement du soufre, désigné vulgairement sous le nom de « cri du soufre », démontre le peu de conductibilité de ce corps pour la chaleur. Echauffées, les couches extérieures se dilatent et comme la chaleur ne se propage pas facilement, les parties externes se disloquent avant que la dilatation se soit produite plus profondément. Si vous voulez donner plus de caractère à l’expérience, plongez un canon de soufre dans l’eau chaude, les crépitements seront plus précipités et le soufre se réduira en miettes.
- 2° Le soufre s'électrise par le frottement. — Il est aisé de s’en rendre compte en frottant vigoureusement avec un fragment de drap, un canon de soufre ; en l’approchant ensuite de fragments légers (plume, papier ou sciure), on pourra se convaincre qu’il les attire : il est donc électrisé.
- 3° Cristallisations du soufre. — Opérons d’abord la cristallisation prismatique, qui s’obtient par refroidissement après fusion. Dans un petit poêlon en terre, mettons sur un feu doux des fragments de soufre et lais— sons-les fondre. Dès que la fluidité sera à peu près complète, versons le contenu du poêlon dans un cornet de papier. Lorsque la surface libre du soufre commence à se solidifier, on enlève la croûte formée et l’on fait écouler le soufre demeuré liquide ; on peut alors observer une cristallisation assez originale qui se présente sous la forme d’aiguilles flexibles : ces aiguilles ne sont que le résultat de l’enchevêtrement de cristaux prismatiques.
- Passons à l'autre forme cristalline : Dans du sulfure de carbone, faisons dissoudre du
- soufre jusqu’à saturation, puis versons la solution obtenue dans un bol de large ouverture. Par évaporation, le sulfure de carbone laissera déposer des cristaux octaédriques très jolis. Le pouvoir dissolvant du sulfure de carbone augmente avec la température : l’expérience sera donc plus probante si l’on opère la dissolution à chaud. Nous devons cependant prévenir nos lecteurs que cette dissolution à chaud doit être faite avec beaucoup de précautions, car le liquide employé est très volatil, éminemment combustible et ses vapeurs forment avec l’air un mélange détonant dangereux. Si l’on veut faire cette dissolution à chaud, on fera bien de se servir, comme unique source de chaleur, d’eau chaude (65° environ) contenue dans une terrine et d’opérer en plein air. On sera ainsi à l’abri de toute cause d’accident et l’on obtiendra par ce moyen des cristaux plus nets et plus gro*.
- Nous ne craignons pas de répéter qu’il faut prendre beaucoup de précautions pour chauffer le sulfure de carbone, car si ses vapeurs viennent à s’enflammer, le feu se propage très rapidement et il est à peu près impossible de l’éteindre; sans compter l’explosion du ballon qui occasionne des projections dangereuses pour l’opérateur.
- 4° Moulage d'une médaille. — La plasticité du soufre fondu a fait employer ce corps pour la reproduction artistique des monnaies à médaille*. Rien de plus facile que de faire ces reproductions. Entourer la médaille à reproduire d’une bande de fort papier formant une boîte cylindrique de quelques millimètres de hauteur, y verser du soufre rendu liquide par la chaleur, on obtiendra un négatif qui pourra servir pour la reproduction positive ; il suffira d’opérer à son égard le moulage qu’on a d’abord fait sur la médaille. Pour empêcher l’adhérence de l’objet avec le souffre fondu, ou tout au moins pour l’atténuer, il suffira d’huiler la médaille ou le moule, sans toutefois laisser séjourner de gouttes d’huile. La médaille obtenue (ou du moins une face de la médaille) on peut lui
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- donner un aspect métallique en la frottant avec de la plombagine (mine de plomb), de l’or mussif (bisulfure d’étain) ou de la poudre d’étain. Avec la première friction vous obtiendrez une médaille brunie, avec la seconde un aspect doré et avec la troisième, une nuance argentée.
- 5° Le soufre est comburant {fig. 193). — Le soufre entretient la combustion. Dans un tube à essais, faites fondre quelques menus fragments de soufre ; celui-ci se réduit en vapeurs que l’on voit s’échapper ou tube; quand ces vapeurs deviennent abondantes, projetez dans le tube des fragments de cuivre (tournure oulimail-Fig. If8. le), vous voyez celui-
- ci brûler avec éclat, produisant une poudre noire qui est du sulfure de cuivre, résultat de la combinaison du soufre et du cuivre.
- 6° Le soufre est combustible. — Il est facile d’enflammer le soufre, l’emploi des allumettes soufrées nous dispense de toute explication. La combustion du soufre donne naissance à d’abondantes vapeurs d’acide sulfureux (dont nous reparlerons dans noire prochaine causerie).
- 7° Volcan de Lémeri. — Dans un bol quelconque, mêlez intimement 100 grammes de limaille de fer et 40 grammes de soufre en fleur, puis introduisez le mélange dans un flacon que vous enterrez après avoir muni le bouchon d’un bout de tube et y avoir ajouté 90 à 100 grammes d’eau' bouillante. Au bout de quelques instants, il se dégage des vapeurs très fortes qui soulèvent et rejettent la terre qui empêchait leur sortie du tube; on a alors le spectacle d’un petit volcan en activité, de là le nom donné à cette expérience. L’emploi du flacon est d’ailleurs facultatif; °n peut effectuer le mélange dans un trou creusé en terre et que l’on recouvre ensuite; °n peut obtenir, en disposant convenablement la terre, plusieurs cratères au volcan improvisé.
- Gomme on le voit, les manipulations à
- faire avec le soufre sont nombreuses et l’amateur peut les varier à l’infini tout en vérifiant les propriétés de ce corps très répandu. L’initiative personnelle produira certainement de nombreuses variantes. Nous serons heureux de faire profiter nos lecteurs de celles que les amateurs ne manqueront pas de nous indiquer. Nous les en remercions à l’avance.
- Nous terminerons cet entretien par quelques définitions d’expressions que l’on emploie couramment dans l’industrie et dont la connaissance peut avoir quelque utilité.
- Définitions. — 1° Soufre natif. — C’est celui que l’on trouve à l’état naturel, sans être combiné à d’autres corps, mais il est généralement impur, mélangé à des substances sulfureuses ou bitumineuses. Les terrains où on le trouve, abondants dans les régions volcaniques, portent le nom de solfatares, terres de soufre ou soufrières.
- 2° Soufre en canon. — C’est le plus répandu dans le commerce. Tl provient du moulage du soufre raffiné; en le cassant on peut remarquer sa cristallisation prismatique dont nous avons parlé précédemment.
- 3° Fleur de soufre. — C’est du soufre sublimé, c’est-à-dire qui se solidifie après avoir été vaporisé sans passer par l’état liquide (tout au moins en apparence). Dans les chambres de raffinage, les premières vapeurs sulfureuses, au contact des parois froides se solidifient immédiatement et donnent le produit connu sous le nom de « fleur de soufre », employé surtout pour les préparations pharmaceutiques et pour le soufrage en agriculture. C^tte préférence est due à la présence dans cette poudre de produits acides qui la font au contraire bannir de la fabrication delà poudre de chasse.
- 4° Mèches soufrées. — Ce sont des bandes de toile plongées dans du soufre préalablement fondu et souvent aromatisé ; elles sont employées à la purification des récipients (tonneaux, pots, etc.) destinés à recevoir des matières susceptibles d’altération par suite du développement de microbes. C’est par l’action de l’acide sulfureux (qu’elles dégagent en brûlant) que ces mèches détruisent les germes d’altération possible.
- 5° Soufre vif. — Le soufre vif, résidu de la purification et qu’on recueille dans les
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- chaudières qui servent à cette opération industrielle, est surtout employé pour le scellement du fer dans la pierre (meules, anneaux, etc.). Il entre également dans la composition de certains ciments employés dans les travaux hydrauliques.
- 6° Foie de soufre. — C’est un corps très complexe, en grande partie composé de pen-tasulfure et d’hyposulfite de potassium, employé en médecine, à l’état de bains et de
- lotions pour combattre les maladies de peau. L’o leur repoussante qu’il dégage est due à la formation d’acide sulfhydrique dont nous parlerons prochainement.
- 7° Magistère de soufre. — On l’obtient en traitant le foie de soufre par l’acide chlorhydrique. C’est surtout sous cette forme que le soufre est utilisé en pharmacie; on lui donne aussi le nom de soufre précipité.
- G. Huche.
- EXPOSITION D’APICULTURE ET D’INSECTOLOGIE
- DESTRUCTION DES INSECTES NUISIBLES PAR LEURS PARASITES
- epuis bien longtemps, on recherche les moyens chimiques de détruire les grands ennemis de nos plantations, à savoir: hanneton, criquet, ver de la rave, phylloxéra. Malheureusement les résultats n’ont été que bien imparfaits, pour ne pas dire nuis, et nos cultivateurs en sont encore à attendre des remèdes simples, efficaces et peu coûteux.
- Le remède est placé à côté du mal, dit-on. S’appuyant sur cet axiome, le très éminent savant M. Pasteur a déclaré que tous les insectes avaient leurs parasites. Pour les détruire, il ne s’agissait donc plus, d’après ses théories, que de trouver ces microbes, de les cultiver et de le propager.
- S’appuyant sur cette déclaration, de dévoués entomologistes ont recherché dans tous les règnes les ennemis naturels des insectes les plus nuisibles. En Russie, M. Metschnikoff découvrit l’Isaria destructor, champignon parasite du Cléonus punctiventris, larve nuisible aux betteraves.
- En France, MM. Le Moult et Giard ont étudié le Botrytis Tenella, champignon parasite du hanneton. Mme A. de Bompar : le Trochi-lium, arachnide se nourrissant de phylloxéra.
- Je vais donc parler de ces découvertes afin que chacun puisse en faire usage et par ses essais apporter une preuve nouvelle de la destruction des insectes par leurs ennemis naturels.
- L’Isaria destructor et le Cleonus punctiventris. — En 1884, la Russie fut ravagée par un insecte, le Cleonus punctiventris,
- qui détruisit les champs de betteraves. Le professeur Metschnikoff, remarqua que certains insectes malades étaient recouverts d’une couche de champignons microscopiques. Il installa aussitôt à Sméla, d’accord avec M. Krassilstschik de l’université d’Odessa une usine modèle pour la reproduction de ce champignon Ylsaria destructor. Ses essais furent couronnés de succès; depuis, heureusement la crise diminua, les champs reprirent leur prospérité antérieure et ce remède tomba dans l’oubli.
- Le mode de préparation est le même que pour le Botrytis Tenella dont je vais parler ci-après.
- Le Botrytis Tenella et le Hanneton commun. — S’inspirant de ces découvertes MM. Le Moult et Giard recherchèrent le parasite du hanneton ; après divers essais infructueux sur Ylsaria destructor, le Botrytis Bassiana (muscardine du ver à soie) ils découvrirent à Ceaucé des hannetons malades ; les ayant étudiés, ils acquirent la preuve que le ver contaminé, enterré dans le voisinage d’autres insectes, y portait la contagion. Ce parasite était inconnu, il reçut le nom de Botrytis Tenella et ces messieurs s’occupèrent de sa reproduction. Il suffit de se procurer quelques hannetons attaqués par la maladie (un seul est nécessaire), de les placer dans de la terre humide où l’on aura probablement enfermé un cent environ de vers sains pour avoir au bout de quelques jours cent nouveaux foyers d’infection. Ceci obtenu et en en conservant quelques-uns
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- pour la reproduction, il n’y a plus qu’à les disperser un à un dans le sol en choississant de préférence les endroits les plus attaqués.
- D’un autre côté, MM. Fribourg et Hesse, s’appuyant sur les mêmes théories, sont arrivés à la reproduction artificielle du Botrytis Tenella; au lieu d’avoir à semer des vers morts, on n’a plus qu’une poudre contenant les spores du champignon à placer directement sur les vers sains, le reste de l’opération diffère peu du mode d’emploi précédent. Pour de plus amples renseignements je renverrai mes lecteurs aux brochures explicatives de ces messieurs : Du Trochilium et du Phylloxéra.
- Parlons maintenant du Phylloxéra. Mme A. de Bompar nous dit que le Phylloxéra à toujours existé ; qu’avec le cep naît le puceron.
- Autrefois la vigne n’était pas cultivée comme à présent; à côté de champs ou de sillons, les paysans plaçaient d’autres plantes. Qu’arrivait-il ? Que le puceron forcé de se nourrir de vigne, s’il trouvait un aliment plus doux, plus digestif en un mot, émigrait et se portrait de préférence sur les feuilles tendres qu’il avait à sa portée. Depuis, l’industrie a apporté à la viticulture des charrues perfectionnées; des vignerons de laboratoires ont préconisé des systèmes de plantations tout différents des anciens; le cep isolé dut nourrir à lui seul les pucerons qu’il engendrait et au bout d’une quinzaine d’années, épuisé, vide de sève, mourut.
- Gomme meilleure preuve de ceci, les vignerons qui, par routine, ont continué à laisser
- RESTAURATION DES FA
- ®epuis une vingtaine d’années, les faïences et porcelaines sont devenues à la mode; en dehors des collectionneurs sérieux qui font de la céramique une étude spéciale, tout le monde veut en avoir. Il y a actuellement bien peu de salles à manger dont les murs ne soient pas ornés de quelques plats ou simplement de quelques assiettes. Les accidents sont fréquents et toute pièce brisée a perdu son effet
- leurs vignes entourées de plantes diverseê et principalement de fraisiers, ne se sont jamais aperçu des ravages du Phylloxéra. Se basant sur ces observations, Madame de Bompar arriva vite aux observations suivantes : découverte du Phylloxéra sur le Fraisier Ananas, découverte du Trombidium sur le même fraisier ; disparition du Phylloxéra, détruit par le Trombidium; le remède, après treize ans de recherches, était trouvé; des expériences répétées lui donnèrent raison. Pour préserver un champ de vigne du Phylloxéra, il suffit de planter au mois d’octobre un pied de fraisier pour deux ceps.
- Cette théorie peut paraître extraordinaire. Si elle ne vous convainc pas absolument, essayez néanmoins ; il est peu coûteux d’intercaler des fraisiers dans vos plans de vignes; si les résultats sont nuis, une abondante récolte de fraises vous récompensera toujours de vos peines et de vos soins.
- ***
- Du Criquet d’Algérie. — Il me reste à vous parler, pour mémoire, de l’important compte rendu de M. le docteur Brogniard à l’Académie des sciences. Ce savant entomologiste fait part de la découverte du parasite du Criquet ; reste à trouver le moyen de le cultiver pour le propager et enrayer ainsi les désastres effrayants causés par les sauterelles dans nos possessions.
- Puissent ses efforts être couronnés de succès et par ce moyen amoindrir les pertes que subissent chaque année nos colons méditerranéens.
- Gustave Panis.
- CNCES ET PORCELAINES
- décoratif ; on hésite bien souvent à faire réparer, soit par raison d’économie, soit parce que l’on n’a pas de restaurateur habile dans son voisinage ; les fragments restent dans un coin jusqu’à ce que l’on se décide à les jeter dehors. Cependant avec un peu de soin et d’adresse on peut les restaurer soi-même ; savoir peindre ou dessiner n’est pas indispensable. L’outillage est peu compliqué et la dépense pour ainsi dire nulle.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Fig. 194.
- Nous essaierons donc ici de donner des procédés très simples, que nous avons expérimentés pour réparer chez soi les faïences et porcelaines.
- La première opération consiste à bien nettoyer les cassures ; si elles sont grasses ou couvertes de vieille colle, aucune réparation n’est possible. Presque toujours, les brosser avec du savon et de l’eau tiède suffit. Si les pièces sont trop sales, il faut les laisser tremper quelques heures dans une dissolution de potasse.
- Bien essuyer et laisser sécher ; la faïence étant plus poreuse que la porcelaine, sèche lentement. Il est donc préférable de réparer peu de temps après l’accident ; les cassures étant propres, la réussite est plus certaine. Si vous avez un plat ou une assiette en deux ou il faut les recoller ou plutôt y faire mettre des attaches par un de ces rattacheurs qui parcourent les villes et les campagnes, en leur recommandant de mettre leurs agrafes du côté non décoré. S.i vous n’avez pas un de
- ces modestes artistes à votre disposition , employez une des nombreuses colles céramiques que l’on vend partout, ou mieux, de la colle
- forte préparée au bain-marie. Il est inutile d’en donner la préparation bien connue. D’ailleurs, le premier menuisier venu l’indiquerait. La gomme laque recolle aussi très bien, mais elle est d’un emploi difficile, sur-
- plusieurs morceaux,
- Fig. 195.
- tout pour les grandes pièces ; on est obligé de les bien chauffer avec une lampe à esprit de vin, après avoir mis la laque, et souvent on y met le feu et alors elle ne colle plus. On emploie aussi le silicate de potasse, mais il ne réussit pas toujours bien, excepté pour les verres et cristaux. Toutes les colles ont le grand inconvénient de se désagréger parfois, quand le temps est humide et que l’appartement où sont les pièces recollées n’est pas suffisamment chauffé; c’est pour cela que nous conseillons autant que possible de faire rattacher. Si la pièce à réparer a beaucoup de morceaux, il vous sera impossible de les recoller en une seule opération ; réu-nissez-en deux ou trois, laisssr sécher et continuez jusqu’à ce que tous les fragments soient remis en place.
- Quand les pièces à restaurer sont rattachées ou recollées, il s’agit de refaire les morceaux; on les fait toujours en plâtre fin de mouleur. Supposons-les sur le bord comme dans le plat (fig. 195), ou le vase(/i#. 196). Pour soutenir ces morceaux un peu grands, nous passerons dans le premier un fer en AB et dansle second un fer en CD. Pour placer les fers, il est nécessaire de percer des trous dans l’épaisseur ; prenons pour le faire, un bon foret rotatif ou vrille; il est utile d’avoir des mèches de rechange, car la porcelaine les use promptement. Si la pièce est très dure, trempez la pointe de votre foret dans de l’essence de térébenthine, 3 ou 4 millim. de profondeur suffisent pour les trous. Coupez alors
- Fig. 196.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Fig. 197
- |X'2£!Ï!2^2é
- du fil de cuivre ou du fil de fer galvanisé de la longueur nécessaire; ne pas employer du fil de fer qui rouillerait dans le plâtre et ferait casser le morceau ; cependant le fil de fer enduit, après la pose, d’une couche de bitume de Judée ou de vernis du Japon, ne s’oxyderait pas. Il est nécessaire de sceller les fers avec de la gomme laque naturelle en paillettes ; elle a beaucoup plus de force que la gomme laque en bâtons.
- Pour faire une anse à un pot (fig. 198), il faut aussi placer un fer. Le scellement des fers pour les anses doit être fait avec soin pour qu’ils puissent avoir la résistance de
- l’anse primitive, car le plâtre dont on 1 enveloppera ne donnera pas de force, mais occupera seulement la place. Votre fer posé, gâchez du plâtre un peu épais et appliquez-le à l’aide d’une spatule de fer et refaites le morceau un peu plus fort qu’il ne le faut.
- S’il s’agit d’un plat ou d’une assiette vous pouvez soutenir le morceau avec du papier collé que vous enlèverez après.
- Beaucoup de porcelaines sont trop minces P°ur pouvoir être percées dans l’épaisseur ; vous ferez votre morceau en plâtre sans y lettre de fer. En le FiS- 198*
- dégrossissant, il tombera probablement; conservez-le avec soin, vousle recollerez quand il sera bien sec. Avant fiue le plâtre soit tout à fait pris, enlevez l’excédent avec un couteau ou un canif coupant bien. Quand votre morceau sera tout à fait
- sec, vous le polirez avec du papier de verre, en vous servant d’abord de gros et en finissant par le plus fin.
- Si vous avez une anse d’une grande aiguière à refaire, il est préférable de poser deux fers parallèles (/?£/.199) et lacer entre les deux un fil defer galvanisé fin. Employez le même procédé pour le morceau très grand à refaire à un plat, et multipliez les fers suivant les besoins. Par ce moyen, ,1e plâtre fera complètement corps avec les fers et la réparation sera meilleure (fig. 197).
- Quand tous les morceaux d’un plat ou d’une assiette sont rattachés ou recollés,il arrive parfois qu'il en manque un au milieu; il est inutile d’y passer un fer, le plâtre tiendra bien en ayant soin de coller derrière du papier pour le soutenir.
- Avant de faire le décor, il est indispensable que le plâtre soit parfaitement sec;cela demande quelques jours, plus ou moins selon la saison. Vous pouvez employer ce temps à reboucher tous les petits éclats ; faites une pâte assez épaisse avec du blanc d’Espagne (craie) en poudre et une dissolution très forte de gomme arabique; ce mélange se Fig. 199. • fait sur une plaque de
- verre double avec un couteau à palette ; dès que votre pâte est sèche (2 ou 3 heures suffisent), taillez au canif et polissez au papier de verre. Si vous voulez donner plus de dureté au plâtre, gâchez-le dans une dissolution d’alun ; on arrive à peu
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- près au même résultat en imprégnant les morceaux de plâtre avec cette eau alunée.
- Plusieurs moyens ont été indiqués pour refaire le décor; les uns le font à la peinture au vernis, d’autres à la peinture à l’huile, d’autres enfin à l’aquarelle. Tous ces procédés sont bons, mais le dernier est le plus simple et le plus pratique ; pour pouvoir y procéder il faut encoller le plâtre ; on peut se servir de la recette des enlumineurs dont la hase est la gélatine ou la colle de Flandre; la colle de farine de blé un peu claire, l’eau gommée ou mieux encore une dissolution d’amidon faite à chaud réussissent également bien ; l’important est que le plâtre ne boive plus ;y mettez deux couches, en laissant sécher la première avant d’appliquer la seconde.
- Nous voilà arrivés à l’opération qui effraie le plus les amateurs qui ont peu l’habitude de dessiner ou de peindre; c’est cependant fort simple, comme nous allons essayer de le démontrer. La première chose est d’imiter la teinte de l’émail ; prenez un flacon de gouache et mettez-en sur une palette, vous la colorerez avec un peu de couleur à l’aquarelle jusqu’à ce que vous arriviez au ton général de la pièce à restaurer. Couvrez de cette teinte le morceau que vous avez fait en plâtre et laissez sécher ; il s’agit maintenant de refaire le décor. Si vous êtes assez habile, faites-leà main levée ; si vous n’êtes pas assez sûr de votre main ou si le décor est compliqué, cal-quez-le sur du papier transparent avec un crayon un peu mou. Lorsque le décor est symétrique, on n’a qu’a placer sur le morceau de plâtre le calque retourné et suivre le dessin à l’envers avec une pointe en os ou un crayon dur; si le dessin ne peut être retourné, repassez l’envers de votre calque avec votre
- crayon mou, placez-le ensuite sur la pièce à décorer et suivez le dessin avec la pointe ou un crayon dur. Ce procédé, quoique demandant plus de temps, est préférable au poncif ou au papier noirci; il donne des indications plus précises que le premier et salit moins que le second. Il faut éviter autant que possible les faux traits de crayon très difficiles à effacer sur la teinte faite à la gouache.
- Nous croyons utile d’expliquer ce que nous entendons par décor symétrique. La bordure ou marli de beaucoup de plats et assiettes de faïence de Rouen est composée de deux motifs alternés, répétés ordinairement huit fois chacun; supposons le motif de la figure 194; si l’on a à refaire une partie de ce marli, il suffira de copier la moitié de chaque motif, c’est-à-dire la partie comprise entre les lignes AC et BD et de la reporter autant de fois qu’il sera nécessaire. Reste maintenant à peindre le décor à l’aide de quelques mélanges ; on arrivera facilement à trouver les tons nécessaires.
- Il est bien entendu que toutes les couleurs d’aquarelle : tablettes, pastilles, tubes, etc., peuvent être également employés; si vous avez quelques parties de décor en or, faites-le avec de l’or en coquille. L’argent noircissant toujours, prenez de préférence l’aluminium en coquille, il a l’aspect de l’argent et ne noircit pas comme lui.
- La dernière opération consiste à donnei l’éclat de l’émail au moyen de deux ou trois couches successives de vernis blanc Sœhnee ou de tout autre vernis incolore et diaphane.
- Essayez ces procédés et vous verrez qne, s’ils demandent du temps et de l’attention, ils donneront des résultats satisfaisants.
- R. de Brebisson-
- L’ÉLECTRICITÉ ET LA MUSIQUE
- L’ORGUE ÉLECTRIQUE DE NOTRE-DAME DE PARIS
- e système de commande électrique des soupapes vient d’être appliqué à l’orgue du chœur de Notre-Dame de
- Paris.
- L’orgue se compose, on le sait, 1° de tuyaux
- 'MW
- de différentes grandeurs ; 2° d’un ou de P u sieurs claviers', 3° de soufflets qui fournis sent du vent. .
- Les tuyaux sont placés debout, du côté leur embouchure, dans des trous pratiques
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- la partie supérieure de caisses de bois appelées sommiers.
- Une réglette de bois, nommée registre, percée de trous se rapportant à ceux du sommier, correspond à chaquerangée detuyaux; si l’on pousse ce registre, le vent de la soufflerie n’arrive plus dans le tuyau.
- Lorsque l’organiste appuie sur une touche, celle-ci tire une baguette; la baguette tirée ouvre une soupape correspondante au trou du registre ; le vent pénètre dans le tuyau qui rend alors le son qui lui est particulier.
- A. cause des frottements, cette opération demande à l’organiste un effort musculaire assez considérable, et devient par conséquent la cause au bout d’un certain temps, d’une réelle fatigue de laquelle se ressent alors le jeu de l’artiste comme pureté, netteté, etc.
- Il y a une vingtaine d’années, un constructeur d’orgues, M. Baker, fut frappé de cette imperfection du mécanisme de l’orgue, et il inventa un système électro-pneumatique destiné à remplacer dans l’orgue les transmissions de mouvement, les leviers, équerres,etc.; c’est ce système qui fut appliqué par M. Fé-
- rot, aux orgues de Saint-Augustin et de Saint-Pierre de Montrouge.
- Il repose sur l’emploi des électro-aimants.
- En pressant sur une touche, l’organisme envoie le courant d’une pile dans le fil d’un électro-aimant. Celui-ci agit sur une armature en fer doux à laquelle obéit un petit soufflet qui se gonfle ; ce soufflet commande à son tour le jeu de la soupape qui s’ouvre, donne passage à l’air dans le tuyau qui résonne ainsi durant tout le temps exigé par l’organiste.
- L’orgue de Notre-Dame de Paris comprenant cinq claviers, dont quatre de chacun 56 notes, et celui à pédales de 30 notes, 86 jeux, 5,246 tuyaux, 12 registres, 22 pédales de combinaison et dont la soufflerie est alimentée par un certain nombre de réservoirs contenant enyiron 25,000 litres d’air comprimé, vient de recevoir l’application de ce système; celui-ci présente en effet la sécurité la plus absolue, transmet les mouvements avec une rapidité extrême, et détermine une émission de sons en concordance parfaite avec les intentions de l’organiste.
- LES OBSERVATIONS MÉRIDIENNES (Suite)
- CAUSERIE D’ASTROMOMIE PRATIQUE
- jOus avons maintenant une idée générale de la lunette méridienne. Presque toujours, à côté d’elle, se trouve installé un autre instrument qui rend les mêmes services : je veux parler du cercle mural. Gomme son nom l’indique, le cercle mural, ou tout simplement le mural, c°nsiste en un limbe divisé avec toute la précision possible, et qui est invariablement fixé a Un mur coïncidant avec le plan méridien ; ,lu centre du cercle se trouve un axe perpendiculaire à son plan, et portant une lunette 'DU par suite, ne peut se mouvoir que dans e plan méridien, entraînant avec elle les lndex servant à lire la hauteur de la lunette au-dessus de l’horizon, au moment de l’observation, exactement comme pour la lunette Méridienne proprement dite. J’ai déjà eu plu-Sleuis fois, cher lecteur, l’occasion de vous PM’ler de cet instrument dont le principe se
- retrouve dans la brique verticale de l’observatoire d’Alexandrie, et peut-être même dans certains appareils des observatoires chinois, les plus anciens du monde; aussi n’insisterai-je pas plus longtemps sur le cercle mural dont vous avez certainement bien compris le mécanisme et le but.
- Reste à indiquer comment on précise la visée de l’instrument et comment on arrive à lire avec une exactitude suffisante l’angle cherché sur le limbe divisé. Ici, quelques explications sont nécessaires.
- Afin de préciser la ligne de visée, l’instrument porte un réticule à son foyer optique. (Voir ce que nous avons dit des réticules dans notre deuxième causerie, Science en Famille 1886 p. 63). Au lieu de consister en une simple croix en fils très fin d’épéïra diadema ou de platine, le réticule des grandes lunettes se compose d’une série de fils verticaux,
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- placés comme l’indique la figure 200 ; au centre même du disque, ne passe aucun fil, on a supprimé le fil vertical de la croix. C’est cependant l’instant précis du passage de l’astre au point O qu’il s’agit de noter ; on l’obtient en enregistrant les instants des pas sages de l’astre considéré sous les fils qui précèdent ou qui suivent la lacune centrale,
- Fie. 200.
- de telle sorte qu’on diminue les chances d’erreur d’une seule lecture, en les répartissant sur 4, 6, 8 ou même un plus grand nombre d’observations. Précisons ce point, par un exemple :
- Supposons que notre réticule porte seulement quatre fils, deux avant, deux après la lacune centrale. L’observateur note par exemple :
- espace 30 s.
- Passage sous le fil 1,10 h. 1 m.
- — 2.10h. lm.30s.
- — — S.lOh.Sm. ( esp. Im30s. = 90
- — — 4, 10h.3m.80s.j espace 30 s.
- A quel instant aura eu lieu le passage au centre du champ ?
- Rien de plus simple que de les avoir : faisons la somme des temps notés (convertis en secondes) depuis 10 h. 1 m. divisons le résultat par le nombre de nos observations ; il viendra :
- 80 + 90 + 80 150
- ------^='ir=75
- Réduisant en minutes les secondes obte-
- nues, nous aurons 1 m. 15 s. ; l’astre a donc passé au méridien à 10 h. 2 m. 15 s.
- Pour éclairer les fils du réticule, et permettre à l’astronome de les voir à volonté pendant la nuit, on a successivement employé le gaz, le magnésium et l'électricité : c’est à ce dernier agent, qui devient de jour en jour plus docile, que l’on s’est arrêté en dernier lieu, tant pour l’éclairage des fils du réticule que pour la lecture du micromètre dont nous dirons un mot plus loin (1).
- Il s’agit maintenant d’arriver à lire, avec la plus grande précision possible, l’angle d’élévation d’un astre au-dessus de l’horizon au moment du passage (21, ou encore sa distance polaire, c’est-à-dire l’angle qui a pour mesure l’arc de la voûte céleste compris entre le pôle du monde et le point considéré. Nous savons, en effet, que la distance polaire d’un astre est toujours le complément de sa déclinaison, si la déclinaison est boréale, et, d’autre part, que si l’on connaît la latitude géographique du lieu d'observation, et la hauteur de l’astre sur l’horizon, on peut aisément déduire la déclinaison de ces deux quantités. Dans notre prochaine causerie nous examinerons ce point, pour lequel, chers lecteurs, je fais encore appel à votre attention. A mesure que nous avançons dans la connaissance des phénomènes et des méthodes, l’effort doit être plus soutenu : mais avouez
- avec moi que la science vous paye largement de vos travaux par l’intime satisfaction de voir mieux et plus juste; cette aspiration est la plus haute qu’il soit donné à l’homme de posséder.
- G. Vallet.
- (1) L’éclairage des instruments accessoires, ther momètres, baromètres, pendules, se fait de même, a volonté, par le jeu d’un simple commutateur. Mais jusqu'ici, ce système très ingénieux n’a été adopte
- que pour l’équatorial coudé. Nous renvoyons à 1 étude
- fort intéressante, due à M. F. Hément, qui a paru dans la 'Nature.
- (2) C’est ce qu’on appelle la culmination de l’aStr^ c’est à ce moment précis qu’il atteint le p°’nt plus élevé de sa course diurne. Les étoiles circump0 laires ont deux culminations, l’une supérieure lautr inférieure.
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- A TRAVERS LA SCIENCE
- La Caravane égyptienne du jardin d’acclimatation. — Le Jardin d’acclimatation dorme actuellement asile à la caravane la plus nombreuse, la plus variée qu’il ait encore offerte à la curiosité du public.
- Elle se compose au total de 123 personnes (hommes, femmes et enfants) : Bedouis delà tribu des Moghrales (Tripolitaine orientale) ; Berberins de la Nubie ; dix fellahs des environs du Caire; Syriens ou Levantins, et une troupe de Souahélis accompagnée d’une centaine d’animaux de ces régions : chevaux du désert, ânes blancs delà Mecque, dromadaires, buffles, chèvres, moutons, chiens, etc.
- Une sorte de village égyptien a été installé sur la grande pelouse, et le public, en se promenant à travers ces constructions, peut se croire un instant transporté en pleine Egypte. Dans le Bazar oriental, on rencontre menuisiers et tourneurs, confiseurs, sculpteurs sur ivoire, potiers, barbiers, marchands d’étoffes, de curiosités, etc. ; un peu plus loin, on peut se faire servir, par les Berherins, dans un café maure, où d°s Aimées exécutent des danses du pays au son d’une musique bizarre. En un mot, les ethnographes peuvent trouver dans cette caravane de précieux éléments d’étude, car elle présente les types les plus divers des populations de l’Égypte.
- Obus mécaniques. — Le général Berdan vient d’essayer à Annapolis (États-Unis) un nouveau type d’appareil pour la mise à feu des obus. D’après notre confrère Invention, cet appareil utilise la rotation de l’obus pour déterminer la distance à laquelle l’explosion doit se produire. A cet effet, un mécanisme à jdseans fin et roues différentielles réduit dans e laPPoi't de 1,200 à 1 le nombre de tours du Projectile. Les essais avaient pour but de Rassurer que l’appareil pouvait supporter le c °c du départ, et que le fonctionnement à Ces grandes vitesses était régulier. A cet effet, on tira deux coups dans une butte de sable, ^Vrec Uri canon de 8 pouces, à une distance de ^00 pieds. On rechercha les obus et on 10uva que l’enregistrement s’était fait d’une
- façon exacte, au jeu des vis près, l’appareil ayant tourné de cinquante tours, ce qui correspondait à la distance en question : la rotation prévue étant d’un tour en 30 pieds.
- ***
- Un wagon photographique. — Un wagon photographique a été ajouté au matériel roulant de. la Pennsylvania Railroad Company. Il est muni d’un cabinet noir, et porte tout le matériel nécessaire. Il sera employé à photographier la contrée qui borde la ligne du chemin de fer, sous la direction de M. W.-H. Rau. (Invention).
- ***
- Une statuette gauloise. — M. Grange, archéologue à Clermond-Ferrand, vient de découvrir à Vassel, près Billom, une statuette gauloise fort'curieuse, représentant un dieu assis sur un coussin à là façon boudhique : vêtue du sagum, elle mesure 0,10 de hauteur et sa tête est ornée d’une belle chevelure. Le galbe de la tête de cette statuette rappelle le type de Jupiter Olympien, de Phidias.
- Déjà en mil huit cent trente-trois,, le docteur Vernières découvrit à Lougat, près d’Is-soire, une statuette gauloise en gris, assise sur un coussin, les jambes ramenées sous le siège.
- ***
- L’Ichtyosaure de’Sainte-Colombe. — On
- a découvert, dans les calcaires du lias supérieur de Stc-Colombc, près de Vassy, exploités pour la production du ciment, un gigantesque Ichtyosaure. MM. Millot, les propriétaires, l’ont fait figurer au milieu de l’exposition de leurs produits en 1889, puis ils en ontfait don au Muséum. Dégagé de sa gangue, il forme aujourd’hui une des plus belles pièces de la nouvelle salle de Paléontologie. M. Albert Gaudry a étudié ce magnifique fossile, qui, dans son entier devait avoir huit mètres de long. Le comparant aux spécimens déjà connus, il ne saurait l’identifier avec aucun, et propose de lui donner un nom nouveau Ichtyosaurus Burgondiœ nom qui ne sera définitif qu’après une comparaison minutieuse avec les nombreuses pièces du
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- British Muséum et des collections du Wurtemberg.
- ** *
- Un psaume dans... un grain de blé. —
- M. Sofer, un Roumain qui se donne la qualité d’artiste micrographe, vient de terminer un travail d’une rare patience. Il a gravé sur un grain de blé le quarante-cinquième psaume de David, en tout trois cent quatre-vingt-onze lettres. On peut lire, assure-t-on, avec de bons yeux, les caractères minuscules de ce petit chef-d’œuvre, tant les lettres sont nettes et -bien formées.
- ***
- Oxydation des ponts en tôle. — La catastrophe de Mœnchenstein a attiré l’attention sur la question de la durée des ponts métalliques, et de divers côtés des inspections sérieuses ont été entreprises, en particulier sur les chemins de fer anglais.
- Il est intéressant de rapprocher ces faits des deux observations que nous empruntons aux mémoires de la Société des Ingénieurs civils et aux annales des Ponts-et-Chaus-sées.
- La première est celle du pont de Palavas, construit en 1851 sur le canal du Grau du Ley, à une faible distance de la mer. Ce pont, de 18 mètres d’ouverture, a des arcs en forme de caisson. Les tôles de 6 millimètres de ces caissons ont été en partie détruites par la rouille, au point qu’on a dû étayer les arcs pour prévenir la chute du pont.
- La deuxième est celle du pont tournant de Frontignan, construit en 1860 sur le canal des Etangs, en poutres droites à section à double T. Les âmes verticales de 6 millimètres d’épaisseur primitive ont été complètement perforées par la rouille. Cet ouvrage, situé, comme le premier, à une faible distance de la mer, était, comme lui, peint au goudron.
- D’autre part, M. F. IL Williams a fait des
- expériences pour se rendre compte de la corrosion du fer et de l’acier en présenee de certains agents chimiques. De la tôle de fer et de l’acier Bessemer ont été placés dans un mélange d’argile et de sable, additionné de sels, tels que du carbonate de soude, du nitrate de soude,du chlorhydrate d’ammoniaque, du chlorure de magnésium. La terre étant maintenue humide, on a trouvé au bout de 32 jours, que le fer avait perdu 0,84 °/0 et l’acier 0,72 °/0 de son poids. Au bout de 60 jours, l’acier avait perdu 1,79 % et le fer 2,06 %• *
- * *
- Pigeons ivres. — Un fait singulier vient de se produire à l’occasion d’un lâcher de pigeons. Dernièrement, 429 pigeons étaient expédiés par les sociétés colombophiles de Tours à la Bohalle (Maine-et-Loire) où ils ont été lâchés ; 40 seulement sont rentrés à Tours, harassés et ne conservant plus aucun souvenir de leurs colombiers respectifs.
- Après enquête, on a reconnu que, à la station de Port-Boulet, le service du chemin de fer avait eu la maladresse de mettre un chargement de cassis en grains dans le même fourgon avec les pigeons. Le cassis étant un fruit essentiellement alcoolique a dû enivrer les petits voyageurs, et au moment du lâcher, il n’y a eu que ceux qui étaient les moins atteints qui ont eu la force de prendre la direction de leur colombier.
- *
- * * ,
- Un exemple de la voracité des oro-chets. — La Société liégeoise des pêcheurs a la ligne possède, dans ses collections, deux brochetons, l’un de 0,22 de long, l’autre de 0,25, dont l’un a essayé d’avaler l’autre. La tête du premier est entrée dans la gueule du second. Mais, vu la disposition des crocs chez ces poissons, les deux adversaires nont pu s’entre-dévorer et pas davantage se séparer. Us sont morts étouffés. On a trouvé ces deux inséparables sur le bord de la rivière l’Ourthe, à Hamois, Belgique.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- Colle pour la faïence et la porcelaine. —
- Pour préparer un mastic qui relie solidement les morceaux d’un vase en porcelaine ou en
- faïence, on prend par exemple 125 g1'- j fromage blanc, frais, qu’on lave et qu presse bien dans les mains jusqu’à ce Ûue
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- l’eau du lavage soit claire ; on le met alors clans un mortier de marbre avec trois blancs d’œuf, le jus de sept ou huit gousses d’ail pelées, on triture le tout et on ajoute peu à peu de la poudre de chaux vive, jusqu’à ce que le mastic soit sec.
- On renferme ce mastic dans un petit flacon à large goulot, qu’on tient bouché, et, à l’occasion, lorsqu’on veut s’en servir, il suffit d’en délayer une petite quantité avec un peu d’eau, de l’étendre sur les morceaux à recoller, de fixer ensuite solidement ces morceaux les uns contre les autres, de les maintenir avec une ficelle et de laisser sécher à l’ombre. Lorsque la dessiccation est parfaite, le feu et l’eau bouillante n’y peuvent rien.
- (Cosmos)
- ***
- Le pélargonium contre les coupures. —
- L’Écho Universel donne le conseil suivant : Lorsqu’on veut guérir promptement les coupures, écorchures et autres plaies, on prend une ou deux feuilles de pélargonium, on les écrase, on met la pulpe obtenue sur un linge et on applique le tout sur la plaie. Les feuilles s’attachent fortement à la peau, aidant au rapprochement des parties et cicatrisant les blessures en un temps très court.
- Manière de peindre le fer. — D’après 1 Iron pour éviter les bouffies et les écailles que forme souvent la peinture appliquée sur le fer, il faut d’abord commencer par le laver avec de l’eau avant de le peindre. On le frotte ensuite avec de l’huile de lin très chaude. Si les objets en fer sont petits, il
- sera facile de les faire chauffer jusqu’à ce que f huile de lin avec laquelle ils sont en contact commence à se vaporiser. On les frotte alors avec de l’huile en les laissant refroidir. Ils sont alors prêts à recevoir la peinture.
- Si les objets sont trop grands pour pouvoir être chauffés, on y appliquera de l’huile très chaude. Celle-ci pénètre alors dans les pores hu métal en chassant l’humidité et elle adhère au fer avec une force telle qu’elle ne s’en détache pas sous l’action du froid, de la pluie et de l’air.
- La peinture adhère très bien sur la superficie du fer imprégnée d’huile, de cette façon ;
- le procédé est également efficace pour le bois exposé aux intempéries.
- Le verre dépoli des photographes. —
- Voici une recette bonne à connaître pour les photographes excursionnistes.
- Il a été conseillé jadis de remplacer une glace brisée par une glace recouverte d’empois d’amidon; M. le professeur Rietschel recommande aujourd’hui une émulsion de lait, c’est-à-dire du lait mélangé à de la gélatine. Ce procédé donne, paraît-il une excellente couche, et les éléments qui la constituent se trouvent partout.
- *
- * *
- Restauration des statues de plâtre.— Un
- correspondant d’un journal scientifique indique le moyen suivant pour nettoyer les statues de plâtre, à la condition qu’elles n’aient été ni peintes, ni huilées, ni cirées. Renverser la statue, et là remplir, avec de l’eau ne contenant pas de fer. Laisser alors l’eau filtrer à travers le plâtre, et au bout d’un certain temps laver la surface extérieure avec de l’eau et une brosse douce, puis laisser sécher, La poussière a été chassée des pores du plâtre, et la statue a repris sa blancheur primitive.
- (Invention)
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- Appareil électro-médical. — Le docteur Fontaine-Atgier a imaginé un appareil d’induction, qu’il appelle la machine Volta-Gramme, et qui est formé de deux bobines de de Rhuimmrff actionnées par des piles, et disposées de telle façon qu’on peut recueillir les courants d’ouverture ou de rupture seuls. On dispose donc ainsi d’un courant ondulatoire, tandis que le courant d’une bobine ordinaire est alternatif. De même, en réunissant en tension les deux bobines, on obtient un courant alternatif, mais qui diffère de celui d’une bobine simple, en ce que toutes les pulsations du courant sont égales, chacune d’elles étant la somme d’un courant de fermeture et d’un courant de rupture. Cet appareil intéressant peut en outre être utilisé à la façon d’une bobine ordinaire, et est disposé de façon à pouvoir fournir egalement les extra-courants.
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- L4 SCIENCE EN FAMILLE
- RECREATIONS
- (( L’ÉTOILE NATIONALE » — JEU NOUVEAU DÉRIVÉ DE ROUGE ET NOIR
- Ceci est un jeu qui réunit les deux conditions sans lesquelles le succès ne peut être que très éphémère. Il est amusant et scientifique ; amusant, parce qu’on y joue à deux des parties courtes, animées, assez faciles mais très variées, et parce que, seul, on a le choix entre mille problèmes à résoudre qui ont sur ceux du Taquin l’inestimable avantage d’être solubles toujours.
- Manière de jouer à deux — La planche se compose de seize écussons rattachés par des lignes courbes et droites ; ils servent à poser les pions qui vont d’une station à une autre si elle est vide et si, il y a une route. Chacun pose alternativement quatre pions, l’un a les rouges, l’autre les bleus.
- Il s’agit de former une des symétries ci-après :
- 1. Une droite (B J KE).
- 2. Une courbe (F P OC).
- 3. Un carré (P.ONM, FEKL).
- 4. L’arc de cercle (G F E D).
- 5. Le rectangle (A B E F, F C B G).
- 6. Le trapèze (E P O D).
- 7. Le triangle (G K BI, A L D J ).
- 8. Les quatre coins (F — H — B — D).
- Les joueurs sont libres d’introduire, par conventions spécifiées à l’avance, toute figure à leur mutuel plaisir.
- Un exemple :
- 1er joueur : G — K — A — I.
- 2e joueur : H — L — C — N.
- Les huit pions ainsi placés ne donnant aucune des figures symétriques voulues, la partie continue et le trait est alternatif.
- 1er joueur : IJ — JB—G L — B J.
- 2e joueur : HM - LI — MP.
- Et le second joueur, quoi qu’il fasse, perdra au coup suivant, parce qu’il ne saurait empê-
- Fig. 201. — L’Étoile nationale.
- cher le mouvement KD au moyen duquel le premier réussit le triangle A L DJ.
- Le nombre des possibilités dépasse un million, en ne comptant que pour un, les cas similaires. On recommencera donc indéfiment la partie avec des combinaisons nouvelles, moins fatigantes que celles des Echecs et des Dames.
- Le jeu des permutations. — Seul, on se propose de de rétablir un ordre déterminé, après avoir semé au hasard les jetons sur l’Étoile.
- Comme il existe seize stations, on prend le lot complet des jetons, quatre bleus, quatre blancs et huit rouges. Après les avoir disséminés, on enlève un des rouges afin de pouvoir faire les évolutions, et on pousse sur la case vide jusqu’à réussite, comme on va le voir dans l’exemple suivant :
- La position initiale est, si l’on veut, symétrique :
- Pions bleus en A DE H.
- Pions blancs en B C F G.
- Pions rouges en IK L M N O P.
- J est la case vide.
- Au bout de dix-huit mouvements on peu! obtenir l’ordre classique, savoir : les quatre bleus dans le carré, les quatre blancs dans le losange, les sept rouges à la pointe des rayons.
- CJ-OC-DO-KD-LK —GL-MG
- -HM-IH —LI-FL —PF —EP-KE -JK-BJ-NB-AN.
- Les problèmes sont plus difficiles quand on marque chaque pion d’une lettre qui concorde avec une des stations de l’Etoile, et que Ion supprime une ou plusieurs des routes centrales, en imposant la condition d’amener tous les pions sur leurs cases respectives.
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d’Assas-^ La Fère. — Imprimerie Iiayen, rue Neigre.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- MANOMÈTRE MÉTALLIQUE DE M. MIGNOT
- N a reproché à la plupart des manomètres métalliques, actuellement en usage, l’intervention d’organes trop délicats, et se faussant rapidement : le manomètre de M. Mignot se recommande autant par le petit nombre des organes qui le composent, que par leur simplicité.
- Dans cet instrument, l’organe classique destiné à recevoir et à mesurer la pression de la vapeur est un simple disque en acier trempé, qui se trouve protégé contre le contact direct de la vapeur par un diaphragme en cuivre mince, formant joint hermétique.
- La pression s’exerce sur le disque, épais de quelques centimètres, et détermine une flexion centrale limitée par l’auteur de l’appareil à un maximum de 1/55 du diamètre du disque.
- Une ouverture égale uu 1/10° environ du diamètre, ménagée au centre, permet d’obtenir une flexion appréciable, tout en évitant au centre même du disque, des efforts trop considérables.
- La vapeur arrive sous le disque d’acier et le diaphragme en cuivre, dans une boite bombée en deux parties dont le joint serrant en uiême temps le diaphragme, est maintenu étanche par un anneau en plomb logé dans une gorge circulaire. Le tout constitue un appareil facile à visiter.
- Le mécanisme actionnant l’aiguille se com-pose d’une tige centrale en acier dont la base lepose sur le bouchon placé au centre du disque d’acier et partageant tous ses mouvements. L’extrémité opposée de la tige creusée
- en forme de crapaudine conique transmet, par une vis à pointe conique, le mouvement à un levier amplificateur qui, s’articulant sur un couteau entre la poussée de la tige centrale et celle d’un petit ressort de rappel, multiplie la course initiale dans le rapport de 1 à 9 et actionne à son extrémité l’aiguille indicatrice, par l’intermédiaire d’une petite bielle. Un ressort ramène le levier jusqu’à une vis de butée quand l’aiguille est au zéro.
- Gomme on le voit, ce manomètre, dans son ensemble, est d’une extrême simplicité : ce qui le rend sujet à fort peu de dérangements et à des frottements négligeables.
- Ses indications sont égales dans toute l’échelle de graduation ; cet avantage provient justement de ce que la flexion du disque est sensiblement proportionnelle à la pression à laquelle il se trouve soumis. Il est également sensible pour les hautes et faibles pressions. Le diamètre varie de 8 à 30 cent, pour les manomètres destinés à mesurer des pressions de 6 à 20 kilogr. par centimètre carré.
- M. Mignot construit également des manomètres du même système pour les pressions hydrauliques les plus élevées, et cela, sans augmenter le diamètre du disque ni, par suite, l’encombrement de l’appareil. Pour cela, il superpose plusieurs disques, les uns sur les autres, en sorte que chacun d’eux fléchit pour son compte, sans dépasser sa limite d’élasticité et tout en conservant sa faible épaisseur favorable à une trempe régulière de
- Fig. 202.
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- l’acier; tous les autres détails de la construction sont identiques à ceux décrits plus haut.
- Il existe des manomètres pour mesurer des pressions de 100, 200, 500,1,000, 2,000 kilogr. par centimètre carré. Les avantages attribués à la disposition de cet appareil peuvent donc se résumer aiusi :
- Les divisions sont égales et les indications assez précises pour que l’on puisse en toute sécurité construire et graduer d’avance les cadrans émaillés ; en outre, le peu de fatigue du disque butant à fin de course sur le fond de la boîte, le petit nombre des articulations, et leur disposition sur couteaux trempés, font que l’appareil ne peut guère se fausser et que les indications restent constantes pendant plusieurs années.
- Dans les hautes pressions, le manomètre à disques superposés conserve à chacun d’eux une délicatesse telle qu’il marque à partir de 1 k. 5, au lieu de rester inerte jusqu’à 10 ou 15 kilogr., comme ce serait le cas avec un ressort d’une seule épaisseur.
- Enfin, le mode même de sa construction le met à l’abri des trépidations, des coups de bélier et de la gelée, qualités importantes dans la pratique.
- Tous ces avantages ont déjà fait apprécier à leur juste mérite les appareils deM. Mignot, et à la Compagnie parisienne du gaz, au service des eaux de la Ville de Paris, où ils sont en usage, on en a constaté les excellents résultats.
- LES VINS FAMEUX
- LE VIN DE CHAMPAGNE
- n donne le nom de vins de Champagne Wfwt aux vins blancs mousseux que l’on récolte dans le département de la Marne ; c’est surtout aux environs d’Epernay et de Reims que cette production est localisée.
- Les qualités particulières au vin de Champagne, et qui le font rechercher des gourmets de tous les pays du monde, sont dues à la nature du sol, au choix des cépages et enfin et surtout aux soins industriels qui lui sont donnés. Si le vigneron récolte de bons et beaux raisins, il en fera certainement de bon vin, mais c’est à l’industriel qu’est réservée la préparation du Champagne, préparation très compliquée dont nous allons entretenir nos lecteurs aujourd’hui.
- Pour ne pas rester dans le vague des généralités, nous parlerons plus spécialement d’un établissement, ce qui nous permettra de préciser davantage. Mais lequel choisir ? Nous n’avons pas qualité pour nous prononcer en faveur de telle ou telle marque; mais tout le monde se souvient du foudre gigantesque (1) qui a figuré à l’exposition universelle. Il appartient à la maison Mercier d’Epernay et figure actuellement, en compagnie d’autres géants (i) Science en Famille, année 1889, page 241.
- de son espèce, dans les magnifiques caves du Château de Pékin : c’est ainsi qu’on appelle le domaine occupé par cette importante société viticole. Ces caves, immenses souterrains taillés dans la craie, sans aucune maçonnerie, occupent une superficie de 20 hectares environ avec un développement de 15 kilomètres ; elles font l’admiration des voyageurs français ou étrangers qui s’arrêtent à Epernay pour les visiter, et tout récemment, au cours de son voyage dans l’Est, M. le Président de la République, accompagné de MM. les Ministres, a honoré de sa visite, cet établissement modèle.
- Les trois millions de bouteilles que cette importante Maison expédie annuellement ne sont plus réservées, comme autrefois à une clientèle princière. A côté de toutes les cours européennes et autres, la bourgeoisie et les ouvriers aisés peuvent, de temps à autre, s’offrir du Champagne, car, à la supériorité de ses produits, la maison Mercier joint la modicité relative de ses prix de vente.
- Le véritable vin de Champagne se récolte seulement dans la partie du département de la Marne qui avoisine Epernay et Reims.
- Les vignobles qui le produisent occupent une surface d’environ 15,000 hectares, fini
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- reçoivent une culture toute spéciale et excessivement soignée.
- Ce vin, qui s’exporte dans toutes les parties du monde, et. dont la réputation est universelle, doit la grande finesse de goût, la fraîcheur et le bouquet particulier qui le caractérisent et le distinguent de tous les autres vins, à la nature particulière du sol et au mode de culturé pratiqué en Champagne.
- Le quart environ des vignobles est planté en raisins blancs, et les trois autres quarts en raisins noirs ; ils servent l’un et l’autre à faire le vin blanc, le jus des raisins noirs étant séparé, aussitôt la cueillette, de la peau et des grains, qui seuls donnent la couleur rouge en fermentant avec le liquide; néanmoins, dans les bonnes années hâtives, lorsque les raisins noirs ont atteint une très grande maturité, le vin qui en provient se trouve quand même un peu rosé ou taché, ce qui est alors une preuve de très grande qualité.
- Le vin fait de raisins noirs a plus de corps, de vinosité et de bouquet que le vin de raisins blancs ; mais, par contre, ce dernier a plus de finesse et de sève, et il excite davantage la mousse.
- Voici les principales opérations que nécessitent les vins mousseux de Champagne : La vendange se fait avec des soins tout particuliers, les raisins sont coupés avec précaution, choisis, épluchés, puis écrasés sur le pressoir chaque jour. Les trois premières pressées ou serres, tirées du pressoir, donnent le vin de choix, dit de cuvée; la quatrième pressée est employée pour les vins de qualité inférieure, et le reste du liquide sert à faire le vin destiné aux vignerons et aux tonneliers.
- Au sortir du pressoir, le vin est mis dans les tonneaux, où il commence à fermenter au bout de quelques jours, et cette fermentation 8 arrête seulement au moment des premières gelées ; alors on le soutire au clair, pour séparer le vin de la lie qui s’est amassée au fond des tonneaux, et on procède aux recou-pages qui consistent à mélanger ensemble, dans des foudres de grande capacité, les vins de différents crus, et notamment les vins de raisins blancs avec ceux de raisins noirs; on choisit pour cela ceux qui se marient le mieux, dont le bouquet et la nuance se con-
- viennent, s’améliorent et se complètent mutuellement. — Ces mélanges de vins de différents crus prennent le nom de cuvée et on leur donne un numéro d’ordre ou le nom du pays qui y est entré en plus grande quantité, et comme dans chaque vignoble il se trouve des vins de plusieurs choix, on peut avoir, sous le même nom, des qualités bien différentes, ce qui dépend de l’exposition du terrain, de la nature du plant, du plus ou moins de soins apportés à la culture et à la vendange, mais la qualité varie surtout suivant les années. La Champagne produisant ainsi des vins de crus supérieurs, moyens et ordinaires, il est facile de former des cuvées de différents prix, et c’est ce qui explique la diversité des cours.
- La mise en bouteilles se fait à l’époque des chaleurs, ordinairement à partir du mois de mai. Les bouteilles étant soigneusement rincées, on les emplit et on les bouche au moyen de machines spéciales, puis on maintient le bouchon avec une agrafe en fer ; les bouteilles sont ensuite couchées et empilées au moyen de lattes ou tringles en bois ; au bout de deux ou trois semaines, suivant l’élévation de la température, la mousse commence à se développer dans les bouteilles; lorsque cette mousse est assez forte et que les bouteilles commencent à se briser, elles sont descendues dans des caves souterraines très froides, où elles doivent rester déposées en moyenne pendant trois à quatre ans avant d’atteindre leur maturité pour l’expédition.
- On peut mettre en bouteilles les vins provenant seulement de la récolte de l’année, mais on y ajoute ordinairement une partie de vins des récoltes précédentes réservée à cet effet, surtout lorsque ce sont des années de grande qualité.
- Lorsqu’une cuvée est restée en caves le temps voulu pour qu’elle ait acquis toutes ses qualités, les bouteilles sont mises sur pointe, c’est-à-dire renversées le col en bas sur des tables-pupîtres percées de trous, et pendant un mois ou deux, chaque bouteille doit être secouée et remuée journellement, en lui imprimant un mouvement circulaire sec et précipilé, afin de faire descendre sur le bouchon tout le dépôt qui s’est formé dans les bouteilles à la suite du développement de la mousse, et ce travail n’est terminé que
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- lorsque le dépôt est complètement affaissé sur le bouchon.
- Par suite du développement de la fermentation dans les bouteilles, le sucre naturel du vin s’est transformé partie en alcool et partie en mousse (gaz acide carbonique) Dans cet état, le meilleur vin n’est pas agréable â boire, et il est nécessaire d’y ajouter de la liqueur sucrée faite de sucre candi de canne pur, fondu dans du vin vieux de réserve de premier choix, afin de restituer au vin mousseux le sucre qui a été rongé par le développement de la mousse.
- Voici comment on procède à cette opération : « Après que le dépôt a été entièrement précipité et affaissé sur le bouchon, la bouteille, terminée sur pointe, est prise par un ouvrier qui la tient de la main gauche, toujours dans la position renversée, tandis que de la main droite il fait sauter l’agrafe; le bouchon étant aussitôt attiré à l’aide d’une pince et poussé par-
- la mousse, sort de la bouteille en entraînant le dépôt. Le vide formé par ce dépôt est alors remplacé par la liqueur sucrée au moyen d'une machine spéciale permettant de modifier la quantité de liqueur à ajouter, suivant le pays où les vins sont destinés, ce qui permet d’expédier des vins plus ou moins secs ou doux, selon le goût des consommateurs. La bouteille est aussitôt rebouchée au moyen d'un bouchon neuf, préalablement marqué au nom de la maison, puis elle est ficelée à la ficelle et au fil de fer. »
- Il ne reste plus ensuite à faire que l’emballage. Les bouteilles sont, à cet effet, revêtues d’étiquettes, de feuilles d’étain, de cire ou de capsules, enveloppées de papier, puis enfermées dans des caisses ou dans des paniers.
- Les bouteilles vides sont fabriquées en Champagne, spécialement pour le vin mousseux, et les bouchons sont tirés d’Espagne.
- G. Huche.
- PHOTOGRAPHIE
- Note sur l’héliochromie (1)
- L’héliochromie ou mieux la chromophotographie, comme on doit l’appeler maintenant, a fait un grand pas, en théorie surtout, depuis la merveilleuse découverte de M. Lipp-mann.
- Je suis convaincu que la pratique donnera raison à la théorie des interférences, mais les difficultés sont encore bien grandes, et je crains que les pas en avant ne se fassent que très lentement.
- Je suis certain que beaucoup de phénomènes observés depuis bien des années seront expliqués très prochainement par la théorie de M. Lippmann, mais il ne faut pas aller trop vite.
- Il n’y a que les surfaces métalliques qui réfléchissent la lumière, et la grande expérience de Newton (anneaux colorés) prouve que les surfaces doivent être à la fois réfléchissantes et transparentes.
- Pourquoi le collodion, la gélatine, l’albumine, etc., ne seraient-ils pas dans le même cas que le verre employé par Newton ?
- (i) Communication faite par M. de Saint-Florent, à la séance de la Société française de Photographie.
- La théorie des couleurs au moyen des couches minces, c’est-à-dire la théorie physique, me paraît la seule bonne, et j’espère pouvoir expliquer, un jour, que tout ce qui a été fait jusqu'à présent peut se rapporter à cette théorie.
- Les expériences que j'ai faites se réduisent à fort peu de chose et j’ai eu l’honneur de les communiquer déjà à la Société.
- 1° On prend un papier au chlorure d’argent incorporé dans un véhicule comme le collodion, l’albumine, la gélatine, etc. Les papiers à la celloïdine sont excellents.
- On expose ce papier à la lumière diffuse jusqu’au moment où il commence à montrer des traces de métallisation. On l'applique alors, sans aucune préparation, dans un châssis positif, derrière un verre colorié.
- Au bout de plusieurs heures d’exposition, en plein soleil, on obtient une image positive qui présente, à peu près, sur un fond un peu sombre, toutes les couleurs du modèle:
- 2° Une feuille de papier au gélatino-chlorure (excès d’argent), est exposée pendant plusieurs heures derrière un verre de lanterne magique et donne lieu à une épreuve
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- négative présentant quelques traces de couleurs. L’image se renverse, c’est-à-dire qu’elle devient positive, si, au sortir du châssis, on l’expose à la lumière solaire. Les couleurs, déjà un peu apparentes, deviennent plus vives et celles qui élaient latentes se montrent souvent après un temps d’exposition plus ou moins prolongé. Les verts et surtout les jaunes viennent très difficilement.
- Ces épreuves ont une certaine stabilité, mais elles ne sont pas fixées.
- Avec les papiers au collodio-chlorure (cel-loïdine, etc.), la rapidité est plus grande, et les verts et les jaunes viennent mieux, surtout si l’on applique sur l’épreuve, avant son exposition au soleil, un peu de vernis à la térébenthine (très dilué).
- Je viens d’entreprendre, ces temps derniers, des expériences sur des couches très minces de gélatine bichromatée, appliquées sur des plaques métalliques bien polies. J’ai obtenu quelques résultats, mais ils sont trop modestes pour que je vous les communique. Je crois qu’il y a là une voie à explorer. Il est à remarquer que, dans ce cas, les plans réfléchissants (plans ventraux), sont produits par de la gélatine insoluhilisée, et que le fixage se borne à un lavage à l’eau destiné à enlever le bichromate non insolé.
- Procédé pour obtenir des positifs très doux
- avec des négatifs très durs (1)
- On a recommandé de modifier les négatifs sur verre en formant une nouvelle image au dos du cliché. Dans ce but, on a employé divers procédés qui présentent tous des inconvénients divers plus ou moins grands.
- Le meilleur est celui de M. Goderus qui consiste à faire une positive sur pellicule faiblement développée et à l’appliquer sur le dos du négatif pendant l’impression à la lumière diffuse.
- Ge procédé apporte avec lui les inconvénients de son prix assez élevé et de sa manipulation trop minutieuse, qui ne le recommandent pas aux amateurs et surtout aux photographes de profession, qui trouvent de
- \l) Communication faite par M. Foëx à la Société fançaise de Photographie,
- beaucoup préférable la retouche directe au crayon.
- Ces inconvénients disparaissent si l’on emploie, au lieu de pellicules au gélatinobromure, le papier camaïeu Rolland, que l’on peut trouver chez tous les marchands de papiers photographiques.
- Ge papier donne une positive de couleur bleue sur papier très résistant, transparent et à grains très fins. Il se développe par simple lavage à l’eau et séchage sous presse.
- L’image que l’on pousse plus ou moins, suivant que le négatif est plus ou moins dur, est appliquée sur le dos du négatif pendant l’impression qui se fait à la lumière diffuse; par ce moyen, les parties trop transparentes du négatif sont renforcées proportionnellement à leur excès de transparence et l’on obtient une bonne image positive.
- La couleur bleue des pellicules est très favorable pour ce procédé et de beaucoup préférable à la couleur noire des pellicules au gélatinobromure conseillées par M. Goderus.
- A. Petry.
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- Méthode pour rendre ses propriétés révélatrices à l’iconogène noirci.
- On dissout l’iconogène noirci, soit à chaud, soit à froid, dans la proportion de 20 grammes pour 500 cc. d’eau ordinaire. Si l’on fait usage de la chaleur on laisse refroidir la solution ; d’un autre côté, on a fait dissoudre 50 gr. d’acide tartrique dans un litre d’eau ordinaire. On prend de cette dernière solution 150 cc. que l’on ajoute peu à peu (par 4 cc. ou 5 cc. à la fois) à celle d’iconogène, en ayant soin de remuer le liquide continuellement avec un agitateur en verre. La couleur qui était d’un rouge foncé passe petit à petit au rouge grenat et la liqueur s’épaissit rapidement, de manière à présenter l’apparence d’une pâte légèrement colorée en rose. On la place alors dans un entonnoir sur un filtre suffisamment grand, l’eau qui s’égoutte est d’une teinte rouge plus ou moins foncée, selon que l’iconogène était plus ou moins altéré. Si on verse dans ce liquide quelques centimètres cubes de la solution tartrique ci-dessus, il noircit et il se forme un nouveau précipité que l’on rejette sur le filtre. On lave
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- le tout à plusieurs reprises avec le reste de la solution d’acide tartrique, puis on laisse égoutter. Enfin on enlève le filtre de l’entonnoir et on l’étend sur deux ou trois doubles de papier buvard et on laisse sécher dans un endroit aéré et non exposé à une trop vive lumière.
- L’opération entière ne dure pas plus de trente minutes et tous les ustensiles nécessaires se trouvent dans Ions les laboratoires de photographie.
- Le dépôt sec se détache facilement du filtre sous forme de fines écailles rosées ; il ne change pas à l’air, est insoluble dans l’eau, mais se dissout facilement dans une solution de sulfite de soude. Ces cristaux sous forme d’écailles sont facilement brisés par une légère pression.
- M. Petry appelle ce produit iconogène oxydé. Il est évident que l’iconogène original est changé en un autre produit qui a l’avantage de se dissoudre complètement à
- froid dans de l’eau contenant du sulfite de soude.
- Voici la formule de développement que
- donne M. Petry:
- Sulfite de soude (pur). . 30 gr.
- Iconogène oxydé ... 5
- Carbonate de soude . . 50
- Eau.................. 500 cc.
- On dissout d’abord le sulfite de soude dans l’eau, puis on ajoute l’iconogène oxydé, et enfin, après solution, le carbonate de soude pulvérisé. Ce bain, même dans une cuvette, se conservera plusieurs jours et fournira des négatifs pleins de détails et d’une bonne coloration. On peut, en cas de besoin, ajouter quelques gouttes d’une solution de bromure de potassium à 10 pour 100.
- Nous ferons remarquer en terminant que le précipité ci-dessus mentionné peut être obtenu avec l’acide chlorhydrique, l’acide sulfurique et l’acide nitrique aussi bien qu’avec l’acide tartrique.
- LES PAPILLONS
- LEUR EMPLOI DANS LES ARTS ET DANS L’INDUSTRIE
- ans parler des Sericigènes, qui donnent à l’industrie la soie, ce produit tant recherché pour les toilettes de dames, les Lépidoptères, servent encore, au point de vue de l’ornementation, à faire de jolis tableaux, des vitraux gracieux ; à décorer des faïences, des porcelaines, des éventails ; enfin, montés sur fil de fer, ils servent de parure dans la mode et la coiffure.
- Tableaux décoratifs. — Sur ce sujet, nous n’avons rien à apprendre aux lecteurs de la Science en Famille : dans ces derniers temps, cette Revue leur a donné, fort bien exposée, la façon de préparer un papillon pour le conserver; c’est l’important, et le bon goût fait le reste, car, ici, il ne s’agit pas de classer les papillons dans un ordre scientifique, mais d’en faire un assemblage agréable à l’œil, par le mariage des formes et des couleurs.
- Certaines personnes placent les papillons en haut de l’épingle, d’autres en bas. Avec ce dernier procédé, et en ayant soin de raccourcir les épingles à l’aide d’une pince coupante, on obtient une plus grande régularité dans
- l’assemblage, et, par conséquent, des effets plus gracieux.
- Vitraux. — La manière de faire un vitrail avec des Lépidoptères est assez simple. Sur un carreau destiné à figurer l’envers de ce vitrail, on dispose les plantes sèches que l’ony desline; on y colle légèrement, à l’aide du vernis blanc à l’alcool, les papillons, en leur donnant des poses diverses et, autant que possible, naturelles ; on met sur le carreau et à côté des plantes deux règles de un demi-centimètre d’épaisseur, sur lesquelles on place une nouvelle vitre de même grandeur que la première. Il ne reste plus qu’à entourer le tout d’un cadre ou à mettre le vitrail à la place qu’il doit occuper, en le fixant soit avec des baguettes de bois, soit avec du mastic.
- Décalcomamie sur porcelaines, faïences, éventails. — Ces applications ne sont pas nouvelles, et nous devons à M. Poulain, l’inventeur de ce système, la plupart des explications qui vont suivre.
- Enduire une feuille de papier de gomme
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- arabique assez forte, mais bien claire et surtout ne laissant sur le papier aucune trace, aucun gravier ; y placer le papillon dans la position qu’on désire lui donner, refermer le papier de manière que l’aile soit placée entre deux feuilles gommées ; mettre sous presse au milieu d’une vingtaine de feuilles de papier de soie. La presse devra avoir une force de cinq à sept kilogr., en son absence, on pourrait se servir d’un poids de dix kilog. Laisser sous presse pendant deux heures, faire sécher ensuite à l’air libre pendant le même temps, puis découper les ailes dans le papier, ouvrir les deux feuillets : la membrane de l’aile doit tomber à terre, et les écailles, si l’opération a été bien conduite, doivent adhérer parfaitement au papier gommé.
- Enduire alors les écailles, elles-mêmes, de vernis blanc à l’alcool, appliquer vivement le côté vernis sur l’objet à décorer (assiette, éventail, etc.), presser régulièrement partout avec un tampon, en ayant soin de ne pas déplacer le papier ; laisser sécher pendant h'ois heures ; humecter le papier avec de l’eau, l’enlever avec la pointe d’une aiguille et l’image apparaît.
- Laver avec un pinceau en blaireau enduit deau claire jusqu’à ce que la colle soit entièrement partie ; laisser sécher à nouveau, Peindre à la gouache le corps et la tète du papillon et passer une couche de vernis; vous aurez alors une figure résistante et agréable à l’œil.
- Un insuccès viendrait sûrement de l’application du vernis ; il ne faut l’employer
- que lorsqu’il n’est ni trop clair, ni trop sec.
- Pour les éventails, l’étoffe étant trop instable, il est nécessaire de la coller sur du papier fixé lui-même par les bords à un carton solide; on le retirera à la fin de l’opération en l’humectant d’eau, et en ayant bien soin de ne pas gratter ni frotter.
- Papillons pour la mode. — Ce travail demande une très grande légèreté de main. Avoir soin avant d’opérer, de faire ramollir les papillons sur du sable humide pendant toute une journée. Prendre ensuite le papillon, enduire les quatre ailes, à l’envers, de vernis blanc à l’alcool ; appliquer dessus une étoffe (satinette) de couleur appropriée à celle de l’insecte; appuyer avec un tampon, légèrement mais régulièrement, sur toute la surface; laisser sécher, découper l’étoffe exactement de la grandeur du papillon ; traverser de part en part le thorax avec un fil de fer, d’acier ou d’argent, et l’on aura une monture légère, gracieuse, le papillon, ainsi préparé, placé sur un chapeau, résistera longtemps aux intempéries ; seuls les chocs violents peuvent casser les ailes.
- Il existe, pour les coiffures de bal, une autre préparation, mais trop difficile à employer dans la pratique pour que je la décrive ici.
- Les papillons doublés peuvent être placés sur des fleurs artificielles ; ils deviennent alors un gracieux motif d’ornement pour l’intérieur des habitations, surtout dans la saison où les fleurs naturelles sont absentes.
- (A suivre). Gf. Panis.
- L’AÉROSTATION MILITAIRE
- e matériel d’un parc aérostatique complet, tel qu’on le fabrique à Meudon, se compose de trois voitures. La première est l’appareil à gaz hydrogène, seconde est constituée par le treuil à VaPeur qui porte le câble et la machine mo-Uice ; la troisième est le fourgon qui contient i°ut le matériel de suspension aérienne pen-antles transports. Le système complet a eté imaginé par le commandant Renard et Ses collaborateurs.
- L utilité de ces admirables appareils d’ob-
- servations en temps de guerre ayant été démontrée par l’emploi qui en a été fait, notamment dans la guerre du Tonkin, toutes les autres puissances ont adopté les ballons pour les reconnaissances, et il est à remarquer que c’est en France, que la Russie, l’Italie, l’Espagne, et jusqu’à la Chine ont acheté le matériel dont ces nations font usage.
- M. Yon, ancien collaborateur de Dupuy de Lomé et d’Henri Giffard dans leurs remarquables travaux sur les ballons dirigeables et captifs, a imaginé et construit trois mo-
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- dèles de parcs aérostatiques de dimensions et de force de plus en plus grandes et qui fonctionnent admirablement bien dans tous les pays du monde où ils ont été expérimentés.
- Le plus grand modèle, dit de forteresse, représente un poids total de 6.000 kg. répartis en trois chariots. ! L’appareil 'à’gaz dont la pompe à pistons plongeurs de dimensions rigoureusement calculées est actionnée par la vapeur et alimente sans cesse d’eau acidulée le bouilleur, a une production continue de 200 mètres cubes d’hydrogène à l’heure. La machine motrice du treuil a une force de huit chevaux-vapeur, et le câble de retenue a 500 mètres de long.
- Le parc de campagne
- extra léger se compose seulement de deux chariots :
- 1° Le générateur à gaz hydrogène pur à marche rapide et continue, monté sur un chariot à quatre roues, et qui se compose d’un
- Fig. 203. — Suspension de la nacelle et amarrage du câble dans les ballons captifs Yon.
- bouilleur en tôle garnie de plomb pour résister à l’acide. Ce bouilleur est surmonté d’un gueulard pour recevoir la tournure de fer, et complété par une fermeture hydraulique.
- L’eau et l’acide nécessaires à la production du gaz sont distribués dans le rapport voulu et auto-matique-mentpar des corps de pompes actionnés par un petit moteur à vapeur spécial, desservi par une tuyauterie de reliage en toile c a o u t chou-tée et en rapport avec la chaudière et la machine motrice. Le gaz, à sa sortie du bouilleur, passe dans le la' veur où ü
- barbote dans
- de l'eau
- toujours renouvelée
- par une pompe particulière attelée sur la bielle du moteur ; puis de là se rend au sécheur, lequel est composé de deux récipients contenant de la soude caus tique et du chlorure de calcium, pois continue sa course par l’intermédiaire d’un tuyau mobile en tissu verni j usqu’au ballon récepteui.
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- Le poids de ce chariot, constituant le matériel chimique, y compris tous ces accessoires, est de 2,800 kg. ; la puissance de production du générateur à l’hydrogène pur est de 250 à 300 mètres cubes par heure de marche effective.
- 2a Le treuil à vapeur pour la manoeuvre du câble d’ascension ; il est monté également sur un chariot à quatre roues, et comporte d’abord une chaudière verticale avec tubes système Field, fournissant ia vapeur à une machine motrice à deux cylindres, laquelle actionne un arbre dont les manivelles sont conjuguées à angle droit ; sur cet arbre est calé un système d’engrenage qui communiquele mouvement aux poulies de touage tractionnant le câble d’ascension qui se trouve relié à l’aréostat par l’intermédiaire d’une poulie à mouvement universel, ayant un enroulement absolument automatique sur le tambour récepteur; la partie mécanique est complétée par un frein à air, modérateur de la vitesse ascensionnelle de l’aréostat et _.r?£Êz-Par un frein de sûreté dit de blocage pour l’arrêt.
- L’ensemble du matériel mécanique très complet est
- l’emploi du cachou ; les soupapes sont construites en bois et métal accouplés et leur étanchéité est parfaite; le joint étant fermé sous traction de ressort, par la pression d’un couteau métallique sur une bande de caoutchouc à gorge interne élastique.
- La suspension en général (fig. 203) est particulièrement remarquable, en ce sens que sa jonction au filet a lieu par un point central dit à la Cardan, qui permet toutes les obliquités possibles à l’aréostat, tout en conservant la verticalité la plus parfaite à la nacelle ; un dynamomètre relie le câble d’ascension à l’ensemble du système, ce qui permet de connaître à chaque moment la traction produite sur ce dernier par la décomposition de l’effort ascensionnel du ballon en raison de la poussée qu’il subit sous l’action du vent.
- Le câble a 500 mètres de long; il possède un réseau télégraphique desservi par un téléphone Siemens, avec contact par balai entre les tourillons du tambour récepteur à terre et la suspension de la na-^ celle, de façon à avoir continuellement la communication à toutes les hau-
- “«vainque ires complet est .
- de 2.500 kg. et la puissance Fig.204.—Ballon militaire sur ses amarres, teurs entre les aèionau -a. .. r D in rensei-
- effective pouvant être développée par la machine motrice est de 5 chevaux,
- Sur l’indicateur des pistons.
- 3° L’aérostat est en soie de Chine ; il cube 550 mè-h'es ; il est muni d’un filet confectionné avec du chanvre de Naples ; le tissu du ballon est rendu imperméable au moyen dun vernis spécial à base d’huile de lin, et le filet lui-même, ainsi que les suspensions sont Passés à une préparation imputrescible par
- a, ballon. — b, cordes équatoriales. — c, filet et ^eS 0 pattes d’oie. — d, appendice. — e, manchons.— gner.
- /, cordes de suspension. — g, suspentes, — h, , ,, «. .
- barre de trapèze. — kk, petits cercles. — Z, na- Les organes d arrêt, tels
- celle. — m, barre d’amarrage. — n, triangle.— mi„ pAVfip frP;n pt nnei-P S, plate-forme. - o, boucle d’amarrage. — r, fiue COlde-Iiem et ancie
- cordes de manœuvre. — t, piquets d’amarrage, ont été eux-mêmes très
- améliorés, et leur effet utile à poids égal a été plus que doublé.
- La totalité du matériel aérostatique est agencé dans un troisième chariot-porteur monté sur quatre roues qui pèsent, tout compris, contenant et contenu, 2,200 kilog.
- C’est donc, en réalité, pour chaque parc
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- complet un poids total de 7,500 kilog. à transporter sur trois chariots spéciaux; le reste, comportant le charbon, l’acide et le fer, pouvant être chargé sur les fourgons ordinairement employés par l’armée en pareil cas.
- Ce matériel a été raisonné de manière à pouvoir se déplacer avec une très grande rapidité afin d’être à même de se porter d’un point à un autre en campagne, quels que soient les accidents de terrain à franchir, et, si l’on considère que l’officier qui est à bord de l’aréostat peut embrasser à l’œil nu une étendue de terrain de plusieurs lieues à la ronde, quand il se trouve au bout du câble, il peut paraître difficile, pour ne pas dire plus, qu’une surprise de l’ennemi soit possible puis-qu’au moyen du téléphone et du télégraphe le jour, et de la télégraphie optique la nuit,il peut correspondre de corps d’armée à corps d’armée, avec la plus grande facilité au moyen d’un câble métallique spécial et d’une forte lampe électrique à projection desservie par une dynamo Gramme qui lui permet d’éclairer et de fouiller l’horizon dans toute la circonférence décrite par le puissant jet lumineux qu’il a à sa disposition.
- Les ballons militaires ont été employés, non seulement dans les reconnaissances à terre, mais en mer, à bord des grands cuirassés et les expériences (1) qui ont été faites l’an dernier, dans la Méditerranée, semblent avoir résolu la grave question de la surveillance, à de grandes distances, de navires ennemis. A terre, les manœuvres des ballons captifs militaires s’exécutent de la façon suivante :
- Le ballon est étalé en épervier— la soupape au centre — et garni de son filet. On réunit par un tuyau en toile vernissée, l’appendice au tube sortant du laveur de la voiture à hydrogène et on commence le gonflement.
- Il faut six servants autour du générateur : quatre pour enlever les touries et verser leur contenu dans le bac à l’acide ; deux autres pour vérifier le dosage de l’eau acidulée et l’arrivée du mélange dans la colonne à tournure du fer. Suivant la rapidité de l’arrivée de l’acide, le débit de gaz est plus ou moins grand, on peut atteindre un maximum de de production de 300 mètre cubes à l’heure. Le gaz est lavé dans un récipient plein d’eau qui
- (i) Expériences dont la Scieuce en Famille, a entretenu ses lecteurs, tome IV, page 323.
- se renouvelle constamment et l’eau chargée de sulfate de fer est évacuée dans une rigole. L’appareil se règle par l’ouverture plus ou moins grande du robinet de vapeur et la vitesse plus ou moins considérable de la pompe qui aspire l’eau et l’acide.
- En moins de deux heures, le ballon normal, du cube de 500 mètres, est gonflé. On attache le petit cercle garni de ses suspentes, puis les barres du trapèze et la nacelle. Le filet demeure garni, suivant toute la circonférence du ballon, de sacs de lest d’un poids connu et qui servent à connaître la force, ascensionnelle de la sphère de soie. Le 'pesage effectué, les quatres escouades de huit hommes se retirent aux cordes équatoriales, les arrimeurs soulèvent la nacelle et la couronne de sacs de lest balayant le sol, on transporte l’aérostat à dix mètres et sous le vent du treuil à vapeur en pression.
- Le chef de manœuvre commande alors aux quatre escouades : « Laissez monter ! »
- Les hommes laissent filer les cordes équatoriales par fractions de 40 cent, indiquées par descabillots fixés de distance en distance. Les suspentes se déploient et bientôt le ballon soulève la nacelle. On attache alors l’extrémité du câble, garni d’un gros cabillot, à la boucle terminant le triangle au-dessous de la nacelle garnie de son ancre et de son lest de route en cas d’ascension libre.
- Successivement les quatre escouades se portent aux quatre câbles r, r' (fig. 204) tombant de la barre de suspension et, au commandement, les laissent filer jusqu’à ce que le ballon soit seulement maintenu par le câble qu’on laisse se dérouler à volonté et qu’on ra mène par le jeu de la machine à vapeur.
- Pendant les ascensions captives, les manœuvriers ont la liberté de se reposer a proximité des appareils et leur seul travail consiste à reprendre les quatre cordes et a ramener à force de bras la nacelle à terre lorsque le câble est complètement enroulé.
- Les aérostiers militaires français font partie de l’arme du génie. Chacun des régiments casernés à Versailles, Arras et Montpellie1 contient une compagnie affectée à ce service et ne se composant que d’hommes ayant des professions pouvant être utilisées pour 1® travail de l’aérostation (1). H. de Graffion};
- (i) D’après le Tritè d'aèrostation théorique et pra tique, Baudty et Cle, éditeurs, Paris.
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- LES FALSIFICATIONS DES DENRÉES ALIMENTAIRES
- MOYENS SIMPLES ET FACILES POUR LES METTRE SOI-MÊME EN ÉVIDENCE
- a chimie, science jeune, puisqu’elle compte à peine cent ans d’existence, a fait, dans ces dernières années, des progrès vraiment étonnants ; c’est au point que les chimistes ont dù se partager l’exploration de ce vaste domaine, les uns ont dû se spécialiser dans la chimie industrielle, les autres dans la chimie médicale, les autres dans la chimie agricole, etc. Mais si, d’une manière générale, la chimie, grâce à ses merveilles, a pu rendre des services qu’on ne peut pas mettre en doute, il faut reconnaitre aussi qu’elle constitue une arme à deux tranchants, dont les falsificateurs ont fait et font encore un usage, malheureusement trop progressif. Aucune substance (surtout les substances alimentaires), n’est à l’abri de leurs ingé-
- meuses, mais terribles investigations ; c’est à un tel point que la salubrité publique s’est vue menacée et qu’il a fallu créer des laboratoires spéciaux pour rechercher les falsifications que la loi punit lorsqu’elle parvient à trouver les véritables coupables.
- Ces recherches analytiques sont généralement longues et difficiles, surtout lorsqu’elles sont quantitatives, mais il en est d’autres, plus spécialement qualitatives et qu’on pourrait plutôt appeler des essais, permettant à n’importe quelle personne un tant soit peu instruite, de découvrir elle-même les falsifications les plus communes des den-i’ées alimentaires, et cela à très peu de frais. Ce sont ces notions que nous nous proposons de faire connaître aux lecteurs de la Science en Famille, et nous commencerons tout d abord par l’examen du lait, qui est l’ali-ment par excellence; après quoi, nous arrive-rons au pain, au chocolat, au café, au thé, aux huiles, vinaigres, conserves confiseries, 6tc-) enfin aux boissons alcooliques : vin, bière, cidre, etc., car rien, rien de ce qui sert
- a Alimentation, n’a échappé aux falsificateurs.
- — Les falsifications du lait.
- ÉCRÉMAGE ET MOUILLAGE.
- Savez-vous combien les 6,500,000 vaches
- laitières qui existent en France, produisent de lait pendant une année ? simplement 78,000,000 hectolitres, soit une valeur totale de près de 1,200,000,000 francs. Ce sont là de beaux chiffres, n’est-ce pas ? Et cependant cette production énorme n’est pas suffisante, paraît-il, puisque, malgré les rigueurs de la loi et les règlements sans nombre qui sont édictés sur la matière, on continue à falsifier le précieux liquide. Cependant, à ce sujet, nous devons faire remarquer qu’on a beaucoup exagéré en ce qui concerne les falsifications. On a prétendu et beaucoup d’auteurs n’ont pas craint d’écrire que, dans les grandes villes, le lait était communément falsifié avec de l’amidon, de la chaux, du plâtre, de la cervelle de mouton même. Ce sont là des exagérations, car si toutefois ces faits se sont produits, il faut reconnaître que ce n’est pas commun; pour notre part, nous n’en connaissons pas d’exemples. Mais ce qui est beaucoup plus commun, c’est la dénaturation du lait par l’écrémage et le mouillage. Ces pratiques, quoique moins graves, n’en sont pas moins très répréhensibles, car le lait, en raison dê son importance alimentaire, devrait toujours être vendu à l’état de pureté absolue.
- Il est bien évident que le lait écrémé ou additionné d’eau peut encore être considéré comme une substance alimentaire, mais comme le fait remarquer M. A. Pagnoul, ce n’est plus qu’un liquide artificiellement obtenu au moyen d’une matière première dont les propriétés nutritives se trouvent complètement modifiées.
- Il ne faut pas oublier, en effet, que le lait n’est pas seulement un aliment pour les personnes saines et adultes, mais qu’il constitue encore la nourriture exclusive d’un grand nombre de nouveaux-nés privés de l’allaitement maternel, et aussi d’un grand nombre de malades soumis au régime lacté, que la médecine prescrit de plus en plus.
- La valeur commerciale actuelle n’a pas à nous préoccuper ici, mais nous sommes absolument persuadé qu’il serait de beaucoup
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- préférable de payer le lait plus cher et de l’avoir toujours absolument pur ; chacun serait libre de l’étendre suivant sa convenance, car l'addition d’eau ou mouillage est en définitive une opération moins funeste que l’écrémage ; elle ne fait qu’affaiblir les propriétés nutritives du lait, tandis que l’écrémage a pour effet de le dénaturer.
- Mais aujourd’hui, la vente du lait dénaturé est tellement admise que les laitiers ont deux expèces de ce liquide à des prix différents, l’une à 20 centimes, l’autre à 30 centimes ; cette dernière est censée pure, il est donc admis que la première ne l’est pas. Encore trouve-t-on aujourd’hui du lait garanti absolument pur, à 80 centimes et 1 franc le litre, en tlacon cacheté. Jugez alors des deux premières qualités.
- Nous verrons, dans une prochaine étude, comment on peut déterminer très facilement soi-même la pureté du lait. Pour le moment, remarquons simplement que le marchand doit être condamnable aussi bien pour avoir écrémé que pour avoir mouillé son lait. Mais ici se présente une difficulté sérieuse d’appréciation due à la composition extrêmement variable de ce liquide, difficulté dont les marchands peu scrupuleux ont bénéficié jusqu’aujourd’hui. Ainsi, s’il ne livre à la consommation que la première partie de la traite, il fournira un lait très pauvre en matières grasses, et qui cependant n’aura pas été écrémé. S’il soumet ses vaches à un régime très aqueux, la quantité augmentera aux dépens de la qualité et le résultet sera encore le même. Cette pratique que M. Ch. Girard considère comme un mouillage, fait avant la traite, est tout aussi frauduleux qu’une addition d’eau faite après la traite; mais la loi ne l’atteint pas.
- Le seul moyen de mettre fin à toutes ces manœuvres serait, comme le conseille M. Pa-gnoul, d’établir une limite de composition
- au-dessous de laquelle le lait ne serait plus considéré comme vendable. On n’aurait plus alors à rechercher à quelles opérations frauduleuses le vendeur a eu recours pour obtenir ces mauvais produits, il suffirait de constater qu’ils sont mauvais. Il ne pourrait d’ailleurs se retrancher sur les différences de composition que présente naturellement le lait, car si ces différences peuvent être grandes, d’une vache à l’autre, du commencement à la fin d’une traite, par le fait d’une bonne ou d’une mauvaise nourriture, etc., elles disparaissent lorsqu’il s’agit du produit moyen d’une étable dont tous les animaux sont soumis à un régime convenable. C’est d’ailleurs au producteur qu’il appartient de savoir comment il doit s’y prendre pour livrer au public une marchandise loyale et de bonne qualité. Pour le lait, M. Pagnoul propose la composition minima suivante :
- Densité du lait écrémé . 1,033
- Beurre. 30
- Sucre 42
- Matières azotées . . . 29
- Cendres 6
- Extrait sec 107
- Les laitiers, désireux de satisfaire leur clientèle, pourraient facilement obtenir une qualité supérieure, mais au-dessous de ces chiffres, le lait ne pourrait être considéi comme loyal et marchand.
- Ce serait là une excellente méthode d appréciation que la vente du lait à la qualité-D’ailleurs, ce mode de vente se fait bienpoul les betteraves à sucre et même pour le (en ce qui concerne son degré alcoolique) > appliqué au lait, dont l’importance est bien autrement considérable dans l’alimentation publique, il ne pourrait rendre que de si gnalés services.
- (A suivre). A. LarbalétriER»
- Professeur de chimie agricole
- REVUE DES LIVRES
- Photominiature et Photopeinture par Léon Dormoy. i volume. Bibliothèque de la Science en Famille, Ch. Mendel, éditeur, Paris.
- La Photopeinture est l’application de teintes
- plates sur la photographie, à l’aide de cou e transparentes. La Photominiature est 1 aP^ cation des couleurs sous la photographie re
- transparente.
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- Tout ce qu’il faut savoir pour mettre en pratique ce qui est contenu dans ces deux définitions est renfermé et clairement expliqué dans ce volume, où l’amateur apprendra sans avoir besoin de connaître le dessin ni la peinture, à peindre les photographies.
- Bien des procédés existent pour transformer les photographies monochromes en peintures agréables, mais l’auteur s’en est tenu à ce qu’il y a de plus simple et de plus pratique ; aussi pourrait-on donner comme sous-titre, à ce petit ouvrage intéressant : l’art de peindre les photographies mis à la portée de tout le monde.
- La 29e édition du Formulaire Magistral de Bouchardat vient d’être publiée par l’éditeur Félix Alcan, ce qui représente, depuis 40 ans, la mise en circulation de plus de 200,000 exemplaires de ce livre reconnu indispensable par tous les médecins et pharmaciens.
- Cette nouvelle édition, outre les formules classiques consacrées par un long usage, renferme l’indication et le mode d'emploi des agents si intéressants qui ont enrichi, dans ces dernières années, les ressources de la thérapeutique, notamment des hypnotiques, des antithermiques et des antisittiques de la classe des carbures, des phénols et des composés iodés.
- Nous rappelons qu’au Formulaire sont joints de nombreux renseignements hygiéniques et thérapeutiques, et comme nouvelle addition, nous citerons pour cette édition la liste des Mets permis aux glycosuriques, dressée par M. Bouchardat. Cette liste, très recherchée des diabétiques, n’existait que dans le Traité du diabète du même auteur, et se trouvera mise ainsi à la portée d’un public plus nombreux. (1 vol. in-18 de 700 pages, broché. 3 fr. 50, élégamment cartonné à l’anglaise 4 fr. — Franco contre mandat adressé à l’éditeur Félix Alcan, 108, Boulevard Saint-Germain, Paris.)
- A TRAVERS LA SCIENCE
- Le poids des chevaux. — Voici quelques chiffres destinés à donner une idée du poids que peut atteindre un cheval. Un cheval de cavalerie légère pèse de 380 à 400 kilo-gammes ; un cheval de cavalerie de ligne, u_n cheval de Victoria, de coupé, varie entre h->0 et 480 kilogrammes ; un cheval de cava-L'ie de réserve, un cheval de luxe de 500 et kilogrammes ; un cheval de trait léger pour omnibus ou camionnage de 500 à 700 kogrammes, enfin, un cheval de gros trait Pèse 600, 800 et même 900 kilogrammes.
- Le plus grand fuchsia. — Chacun con-uaît ce gracieux arbuste à fleurs rouges et ^ses. Il en existe un à l’ile de Man, qui, P anté en bouture en 1834, mesure actuellement 4m 50 de hauteur et dont le feuillage a rhe un espace de près de 25 mètres de circonférence.
- G est la première fois qu’on en signale un aussi grandes dimensions.
- *
- * *
- Le vin de betterave. — La betterave à SUcie, dont la culture augmente d’année en
- année, n’est pas seulement destinée à nous donner du sucre ; on vient de découvrir un procédé pour en obtenir un vin très généreux. M. F. Kubligaltz, à Einbeck, connu comme distillateur expérimenté, fabrique depuis quelque temps, au moyen de la betterave, un vin d’un goût excellent et qui, comme force, ne reste nullement en arrière du vin de raisins — absolument sans arrière-goût et ne conservant aucune trace du goût de la betterave.
- Ce nouveau genre de vin a la saveur recherchée des vins d’Espagne et possède un arôme délicat, mais il a besoin d’un repos prolongé pour s’éclaircir complètement.
- (Le Moniteur industriel)
- La première fabrique d’aiguilles. — Saint-Omer est surtout connu actuellement pour ses fabriques de pipes ; mais on ignore généralement que cette ville donna asile à la première fabrique d’aiguilles.
- Le fait est prouvé par le passage suivant emprunté à un mémoire sur la « Vieille Flandre » et 1rs & Pays artésiens » que sir
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Releigs publia vers 1802, en Angleterre, d’après des documents originaux de la tour de L ondres.
- « «d’est à St-Omer en Artois que Christophe Grc; nning fabriqua les premières aiguilles selo i le procédé qui est encore en usage en Ang. ..-terre. Ayant quitté Londres, il arriva à St-C mer vers 1568 et obtint des lettres de séjour du roi d’Espagne Philippe II, et un jardinavec maison en la rue à l’Hile, où il établit des mécaniques de son invention qui lui coûtèrent force argent.
- « Là, avec un jeune Français du nom de Jean Gruez qui l’avait aidé dans l’invention de son procédé, il se livra tout entier à ses travaux et découvrit bientôt le moyen de faire des aiguilles par milliers dans le même temps que l’on mettait à en faire par douzaines; il en lit donc un grand commerce et gagna de fortes sommes. Ce ne fut qu’en 1598 qu’il revint en Angleterre avec Jean Gruez, où il vendit son procédé à Georges 'Dowal pour l’importante somme de 12,500 liv.st. (312,500 f.) somme fort considérable pour l’époque et qui le rendit, ainsi que son compagnon, l’un des plus riches du royaume.
- « Jean Gruez se maria en Angleterre et y resta.
- « Christophe Greening retourna en ladite ville de Saint-Omer, où il trépassa en 1601.»
- Dans le siècle dernier, on appelait encore en Angleterre les meilleures aiguilles: « Saint-Omer’s needles ».
- ** *
- Etoffe de Bois, — Le docteur Mitscherlich vient d’inventer l’étoffe de bois, et d’après Y Echo forestier, elle se fabriquerait ainsi:
- Des planchettes minces, dépourvues de nœuds, sont réduites en minces rubans et soumises à la cuisson avec une dissolution d’acide sulfureux dans un lessiveur hermétiquement creux. Non seulement les matières incrustantes, causes de la friabilité des fibres du bois, sont éliminées par ce traitement, mais la fibre elle-même est chimiquement transformée. Elle est blanchie et prend un aspect soyeux ainsi qu’une grande élasticité et une grande résistance, après avoir été séchée dans une étuve convenablement disposée et passée, légèrement humectée, entre des cylindres cannelés.
- Cette dernière opération a pour but de diviser les fibres encore fortement adhérentes entre elles.
- Le produit obtenu est ensuite traité comme le lin, le chanvre et le coton, c’est-à-dire qu’il est cardé, filé et finalement tissé, sur des métiers ordinaires, en étoffes d’une grande finesse et de modèles variés.
- L’art de la réclame. — Une nouveauté (?) dans l’art de la réclame vient d’être imaginée par un négociant américain. Il place devant son magasin un cierge de huit pieds de long, magnifiquement orné, et accompagné d’une notice par laquelle il offre 100 dollars (500 fr.) comptant à la personne qui dira le plus exactement, combien de temps le cierge mettra à brûler. Il y a d’autres prix pour les suivants. Ajoutons que ce n’est pas une nouveauté, car un semblable moyen a déjà été employé il y a deux ans environ, dans les bureaux d’un journal de province. Malheureusement, le cierge mit le feu à l’Etablissement, mais l’incendie ne causa que peu de dégâts. Dans les futurs concours, il sera bon de veiller jour et nuit le cierge.
- (Inventi on.)
- ***
- Canne-lumière. — Il se fabrique actuellement une canne électrique, pouvant fournn de la lumière à l’aide d’une petite lampe à incandescence. Quatre éléments au chloruie d’argent sont placés bout à bout dans un tube de carton, qu’on introduit dans une canne creuve. Une lampe minuscule est pmCL -dans la tête de la canne, et un petit bouton latéral permet d’y envoyer le courant a volonté. Le pommeau de la canne est en argent, de sorte qu’il forme un bon réflecteur. Une lentille épaisse est placée à son somme.
- Rappelons qu’il y a déjà longtemps, on de réaliser la canne - flambeau en
- un réservoir en
- essaye
- comprimant du gaz dans forme de canne. Mais toutes ces ingénieuse^ dispositions ne sont probablement que curiosités, incapables de lutter avec la P mauvaise lanterne.
- ** *
- Diamants jaunes et diamants bleus.
- I La fraude qui consiste à peindre les diaman >
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- de façon à faire ressembler les diamants jaunes aux plus beaux diamants bleus, est pratiquée sur une grande échelle par une maison du Kansas. L’imitation est d’ailleurs si parfaite qu’elle trompe même les connaisseurs. Le procédé est très simple, et tout ce qui est nécessaire est un diamant jaune — le plus jaune possible— et un crayon bleu indélébile, ordinaire. Après avoir mouillé le diamant, on crayonne toute sa surface, dessus et dessous. On frotte ensuite le diamaut avec un morceau de coton ou de toile, pour égaliser la teinte. Le diamant jaune est alors transformé en un magnifique diamant bleuâtre. On transforme ainsi un diamant de 250 francs en un diamant de 1,000 francs, et il est impossible de s’apercevoir qu’il a été coloré, à moins qu’on ne le lave dans l’alcool, la benzine ou l’essence de térébenthine, qui le font retourner â son jaune primitif. Cette fraude étant pratiquée journellement, on ne saurait donc trop recommander aux acheteurs de diamants de les plonger dans l’alcool ou la benzine, et de les frotter avec une brosse à dents.
- American Druggist.
- *
- * *
- Les oiseaux qui ne font pas de nids. —
- On compte beaucoup d’oiseaux qui ne se cons-huisent pas de nids, tels les grands et les Petits pingoins qui déposent tout simplement leurs œufs sur le sol entre les anfractuosités des rochers ou dans les trous des falaises qui surplombent la mer. La sterne commune ou hirondelle de mer pond également sur le sol. La crécerelle se contente de déposer ses muL dans un nid quelconque abandonné, à 1 instar du coucou qui, dans nos régions, Pose ses œufs dans le nid d’un autre oiseau généralement plus petit que lui et les laisse oouver par le propriétaire de ce nid. Les guillemots elles huîtriers déposent leurs œufs 8llr Ie rocher nu ; le macareux choisit pour Pondre le terrier d’un lapin. L’autruche creuse
- simplement le sable dont elle recouvre ensuite ses œufs. Certains vautours, les buses, le couard, les outardes et quelques autres oiseaux encore négligent le soin de se construire des nids.
- *
- * *
- phosphogrammes. — Nouvelle contribution â la photographie en couleur : M. W. Ainsley Hollis a remarqué qu’une plaque de verre enduite de sulfure de calcium phosphorescent, exposée à la chambre noire, conserve l’empreinte de l’image qui l’a frappée, et que ce « phosphogramme » appliqué sur une pellicule sensible impressionne celle-ci.
- Jusqu’ici, rien de nouveau que le nom.
- Mais ce qui est plus intéressant, c’est la remarque de M. Hollis, qui prétend que le négatif ainsi obtenu présente des signes distincts de coloration. La nouvelle nous vient. d’Amérique ; le fait est néammoins assez intéressant pour être contrôlé.
- ** *
- Les serpents domestiques. — On élève au Brésil une espèce de serpent, la giboia, qui a pour mission de détruire les rats qui pullulent dans certaines contrées de ce pays.
- La giboia, qui se vend 5 à 6 fr. pièce sur les marchés de Rio-Janeiro, est un serpent qui atteint à peine la grosseur du bras.
- Tout le jour, cette bête inoffensive et paresseuse dort au pied de l’escalier de la maison, indifférente aux allées et venues des personnes de l’endroit.
- Mais à l’entrée de la nuit, elle se met en chasse, glissant, se faufilant partout, se détendant comme un ressort à l’approche d’un rat, qu’elle saisit par la nuque et dont elle broie la tête et les vertèbres cervicales.
- Cet animal s’attache très bien à la maison de son maître, à ce point même que si on l’éloigne de cette maison, il sait presque toujours en retrouver le chemin.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- ^ Fabrication du papier de verre et emeri. — Après avoir pilé du verre dans mortier, on le tamise, on pile ensuite et on amise de nouveau le résidu obtenu. D’autre
- part, on fait fondre une partie de colle forte dans quatre parties d’eau, et quand cette colle est fondue, on l’étale bien chaude, à l’aide d’une brosse, sur du papier que l’on
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- recouvre aussitôt avec de la poudre de verre obtenue comme il est dit plus haut. Dès que le tout est parfaitement sec, on brosse, afin d’enlever la poudre qui n’est pas bien fixée.
- On fabrique le papier d’émeri à peu près de la même façon : après avoir pris de l’émeri fin que l’on mélange avec du vernis d’huile de lin, jusqu’à ce qu’il forme une pâte légère, on passe cette pâte sur des feuilles de papier qu’on laisse sécher, et on donne une dernière couche si les feuilles sont insuffisamment couvertes par la première.
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- Une petite bière.
- — Voici comment se fabrique la petite bière de la Meurthe-et-Moselle, d’après le Bélier, de Nancy :
- Pour 228 litres : 11. eau-de-vie ; 5 litres vinaigre blanc; 7 kil. sucre, ou mieux cas-sonnade ; 510 gr. caramel ; 120 gr. fleurs de houblon ; 60 gr. coriandre ; 30 gr. fleurs de sureau.
- Mettre les fleurs et la coriandre dans une terrine ; jeter dessus de l’eau bouillante; bien mélanger le tout; recouvrir d’un linge. On peut passer encore les plantes dans une nouvelle eau pour épuiser le jus. Jeter de l’eau chaude sur la cassonnade pour la faire fondre plus vite.
- Mêler cette mixture dans une barrique avec l’eau-de-vie, le vinaigre et le caramel.
- Lorsque la barrique est pleine d’eau aux trois quarts, l’agiter, puis finir de la remplir et la boucher.
- On peut commencer à tirer au bout de huit jours. A trois semaines, on peut mettre la bière en bouteilles ficelées, qu’on laisse debout dans la cave. Il serait préférable pour les ouvriers et les métayers, etc., qui ne peuvent pas mettre en bouteilles, de préparer une seconde barrique pendant que la première est en vidange.
- Cette bière, dont le coût est de 11 fr. les 228 litres, soit un peu moins d’un sou le litre, s’améliore toujours en vieillissant. Elle procure un grand bénéfice d’argent et de santé à ceux qui en font choix.
- Squelettes de feuilles. — Pour faire des squelettes de feuilles, mettre celles-ci tremper dans l’eau de pluie pendant quelques semaines, les enlever en les faisant reposer sur une carte, et enlever doucement la peau avec une brosse douce, en poil de chameau. Faire flotter sur l’eau et les attraper de nouveau avec une carte, l’autre côté en dessus, et procéder de la même façon. On peut employer une brosse dure ; en frappant, ne pas toucher avec les doigts. Finalement, bien laver, blanchir à l’eau de javelle, laver et sécher.
- Scientific American.
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- Balance à pesées rapides. — M. V. Serrin
- a imaginé une balance
- qui permet la suppression des poids divisionnaires, tout en fournissant un moyen d’arriver rapidement à la pesée exacte. A l’un des bras du fléau F (fig. 205) est suspendue une chaîne C dont l’extrémité libre, fixée à un curseur M, peut se déplacer le long d’une échelle divisée verticale E. On conçoit parfaitement que, si l’on abaisse le curseur M d’une certaine longueur, cela revient à ajouter à la partie de la chaîne qui agit sur le fléau, précisément cette longueur et, par suite, le poids correspondant. Pour effectuer une pesée, on commence donc à la façon ordinaire, le curseur M étant, au haut de sa course. Lorsque la pesée est ainsi faite d’une façon approximative, on abaisse le curseur jusqu’à obtenir l’équilibre parfai, et on ajoute aux poids placés dans les p^a teaux, le poids indiqué sur l’échelle E.
- Lorsqu’il s’agit d’une balance de précision» un mécanisme permet de déplacer le cU* seur M sans ouvrir la cage. L’échelle graduée M comporte 100 divisions de chacune deux millimètres représentant un milligr. Lapes préliminaire ayant été faite à un décigi'aintne près, on peut, en la complétant avec le cU^ seur, obtenir une approximation de 1/1 milligramme.
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, ii8, rue d’Assa^
- La Fère. — Imprimerie Bayen, rue Neigre.
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- PHOTOGRAPHIE A LA LUMIÈRE ARTIFICIELLE
- mhv ’éclaib magnésique offre, comme cha-W cun sait, l’inconvénient de donner des ombres dures. C’est pourquoi on conseille quelquefois d’intercaler entre le modèle et la source lumineuse, un écran diffusant. La figure 206 montre, d’après le Scientific American, un petit appareil imaginé par John, S. Bridges, et destiné, d’une part, à adoucir l’éclairage, d’autre part, à utiliser une partie de la lumière émise en arrière. L’appareil, ainsi placé sur la chambre noire, est formé d’une sorte de petit pupitre
- Fig. 206.
- Appareil destiné à adoucir l’éclairage donné par la flamme magnésique.
- 8ur lequel on pose la lampe actinique. En arnère se trouve un miroir, en avant une Plaque diffusante. Miroir et plaque peuvent prendre toutes les inclinaisons, L’appareil fermé se réduit à un très petit volume.
- Pour donner un exemple de l’opportunité o un tel dispositif, il nous suffirait de rappeler due toute surface convexe et polie (boutons Pièces métalliques, etc.) donne un point brillant sur l’épreuve, point qui n’est autre que image de la source lumineuse dans le miroir convexe. Dans un portrait, le môme fait se iemarque, et chaque œil fournit une image dui se traduit par lin point blanc. Si le mo-
- dèle bouge, ce point devient un trait et décèle tous les mouvements, alors même que les plus sombres n’auraient pas été impressionnées.
- Nous reproduisons ci-dessous, d’après un cliché de M. Léon Hartmann, la photographie d’un chat, obtenue dans ces conditions. Au
- Fig. 207.
- Montrant la trace produite par le déplacement des deux yeux de l’animal pendant la durée de l’éclair magné-sique.
- moment de l’éclair, l’animal baissa brusquement la tête, ce qui se traduisit sur l’épreuve par deux traits brillants marquant la trajec-tion des yeux. L’intervalle entre l’émission de la lumière et le mouvement subséquent avait d’ailleurs suffi pour produire l’impression de la couche sensible, et l’ensemble de l’image est d’une netteté encore satisfaisante.
- F. D.
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- PHYSIQUE SANS APPAREILS
- LA PRESSION ATMOSPHÉRIQUE
- A plupart des philosophes de l’antiquité, Aristote en tête, étaient convaincus de la pesanteur de l’air, mais en somme, aucun d’eux ne put s’en assurer d’une façon tangible ; il ne fut donné à aucun d’eux de pouvoir le peser, à l’instar de tout autre corps, et il faut remonter dans l’échelle des âges jusqu’à Galilée pour trouver quelqu’un qui en tente la démonstration. Un peu après la mort de ce grand génie, Otto de Guericke inventa, vers 1650, la machine pneumatique, et dès lors, la démonstration de la pesanteur de l’air devint un exercice familier.
- En effet, si on pèse un ballon de verre plein d’air, si on le pèse ensuite après avoir fait le vide dedans et qu’on inscrive les résultats, leur différence signalée ne pourra être imputable qu’à l’air, et l’on reconnaîtra ainsi qu’à la température de zéro un litre d’air pèse 1 g. 293, c’est-à-dire environ 773 fois moins qu’un litre d’eau.
- Tout corps pesant exerce une certaine pression ; la terre étant environnée d’une couche d’air immense évaluée à 80 km., cette couche doit exercer sur la surface de notre planète une pression énorme, qui, au premier abord, semblerait devoir nous écraser avec tout ce qui existe autour de nous.
- En effet, cette pression étant évaluée à 1 kg. 033 par centim. carré, un homme de taille moyenne doit supporter un poids également moyen de 15,500 kg. Heureusement, cette pression extérieure énorme est contrebalancée par celle qu’exerce de dedans en dehors, l’air qui pénètre en nous par tous nos vaisseaux en communication avec l’air ambiant.
- Il existe un grand nombre d’expériences faciles à faire et servant à mettre en évidence la pression atmosphérique : nous signalerons ici les plus importantes, les plus curieuses ou les moins connues.
- Le crève-vessie et les hémisphères de Magdebourg, imaginées par Otto de Gue-ricke, sont des expériences classiques par excellente.
- Le crève-vessie n’est autre chose qu’une sorte de bocal à cornichons, fermé par une membrane de parchemin ou de baudruche. Ce bocal porte a sa partie inférieure une ouverture qui le met en communication avec la machine pneumatique. Aux premiers coups de pompe, on voit la membrane se déprimer; elle crève bientôt avec une forte détonation, et l’air pénètre dans le bocal.
- Les hémisphères de Magdebourg consistent en deux hémisphères de cuivre, creux, bordés de cuir, d’environ 0m 65 de diamètre et s’adaptant parfaitement l’un à l’autre, avec les bords enduits de suif pour augmenter l’adhésion. On fait le vide dans l’intérieur de cette sphère creuse, et alors il devient très difficile de séparer les deux hémisphères.
- On rapporte que lorsque le savant inventeur rendit cette expérience publique, il fallut 16 chevaux tirant en sens opposé pour les disjoindre.
- Pour ce qui est de la vie pratique, le chan-tepleure est une application de la pression atmosphérique. Prenons un tube, plongeons-en une extrémité dans le liquide ; bouchons du doigt l’extrémité supérieure et tirons l’autre du liquide où elle plonge, la pression atmosphérique agit en dessous, et le liquide se trouve ainsi maintenu sans raison apparente (1).
- Dans un ordre d’idées un peu plus récréatif, nous signalerons Ventonnoir magique et la bouteille inépuisable.
- L’entonnoir magique qui change l’eau en vin, ou du moins en eau rougie, est un appareil à double fond; dans ce double fond perce d’une petite ouverture à portée du pouce, on met du vin, puis on ferme l’ouverture avec le pouce et l’on plonge l’entonnoir dans l’eau. Si, à ce moment, on enlève le pouce, pour laisser libre l’orifice du double fond, l’air y
- (i) C’est également à cause de la pression atmosphérique que le liquide ne s’écoule pas d’un tonneau plein, même si l’on y a fait un trou, et qu’il est nécessaire de lui donner de l'air en perçar.t un secon trou à la partie supérieure du tonneau pour obtenir l’écoulement du liquide.
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- pénètre aussitôt et force par sa pression le vin à se mélanger à l’eau qui sort ainsi rouge de l’entonnoir où elle était entrée incolore.
- La bouteille inépuisable est en fer-blanc, peint en vert bouteille, pour que l’illusion soit plus complète, et divisée dans le sens de son axe, en plusieurs compartiments contenant autant de liqueurs différentes. Chacun de ces compartiments a son goulot spécial aboutissant au goulot . qu’on peut appeler collecteur bien que son action ne soit pas tout à fait de colliger toutes les liqueurs contenues dans la bouteille en un mélange unique.
- En outre, chacun est pourvu cfun petit conduit aboutissant à une ouverture extérieure que les doigts de l’opérateur bouchent en pressant sans affectation les flancs de la bouteille. Veut-on servir la-liqueur demandée ? il suffit de déboucher l’ouverture extérieure du compartiment renfermant cette liqueur pour donner accès à l’air, alors on verse et la liqueur ainsi soumise seule à la pression de l’air coulera seule.
- Continuons nos investigations, les expériences ne manquent pas.
- Mettons de l’eau dans un vase plat, une assiette, par exemple, et sur un petit flotteur de liège, plaçons du papier que nous allumons ; coiffons ensuite la flamme au moyen d’un verre retourné et attendons. Nous voyons bientôt le liquide, obéissant à la pression atmosphérique, monter dans le vase dont l’air a été en partie absorbé par la combustion du papier.
- Reprenons notre verre à pied et emplis-sons-le jusqu’au bord; couvrons ensuite la surface du liquide d’une feuille de papier qui adhère bien avec les bords du verre et cette surface.
- Si l’opération est bien conduite, la feuille de papier, maintenue par la pression atmosphérique, empêchera l’eau de s’écouler, et cela quand nous aurons retourné le verre.
- Quittons notre verre pour une carafe et prenons avec cela un œuf dur : nous allons obtenir une variante de l’expérience du crève-vessie.
- A l’intérieur de la carafe, plongeons du papier enflammé, et, dès que celui-ci a brûlé quelques instants, fermons le goulot au moyen d’un œuf dur débarrassé de sa coquille. L’air de la carafe se trouvant dilaté par la combustion du papier ne fait plus équilibre à la pression extérieure ; sous l’effort de celle-ci l’œuf s’allonge de plus en plus et finit par entrer dans la carafe.
- Le tire-pavé, l’arrache-pavê des écoliers, peut remplacer à la rigueur les hémisphères de Magdebourg. Un disque de cuir mouillé est fixé par son centre à une corde qui le traversé. Le gamin applique à tour de bras ce disque sur le pavé ; la violence du choc chasse l’air, le vide se produit; la pression atmosphérique agissant sur le morceau de cuir le fait adhérer à la pierre, et l’enfant, au moyen de la corde, cherche à arracher le pavé qui tient bon ; mais qu’il s’agisse d’un simple carreau, quelque peu branlant dans son alvéole, on l’enlèvera facilement.
- La plupart de ces expériences, qui ne sont en apparence que de simples récréations, ont pu conduire à des applications scientifiques admirables. C’est ainsi que l’expérience qui consiste à faire monter l’eau dans un verre retourné donne le principe sur lequel est basée la construction des pompes, et qu’une application particulière de ce même principe a pu conduire à l’invention du baromètre.
- LE FIGUIER D’INDE
- e figuier d’Inde (Opuntia feus indica, W Haworth) qu’on appelle encore figuier de Barbarie et figuier d’Amérique, est une espèce de Cactus, du genre Raquette (Opuntia, Tournef), que l’on rencontre communément dans tout le bassin méditerranéen. Originaire des parties chaudes
- de l’Amérique, il croît néanmoins spontanément dans le nord de l’Afrique et, depuis environ une dizaine d’années, il est devenu, grâce à de nouveaux procédés de culture, une espèce végétale d’une extrême importance en Corse et surtout en Sicile.
- Dans cette dernière contrée, la culture de
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- cette plante s’est répandue avec une rapidité prodigieuse, et elle est devenue une source réelle de beaux revenus.
- Si, en effet, on arrache au figuier d’Inde tous ses fruits, dès qu’ils commencent à grossir, l’arbre donne une deuxième récolte, moins abondante que ne l’aurait été la première, mais, en revanche, composée de fruits incomparablement plus beaux. De plus, ces fruits, au lieu d’avoir une écorce tendre, qui les préserverait mal contre une rapide altération, possèdent une écorce épaisse et ferme qui permet de les transporter au loin, sans crainte de les voir s’abîmer.
- Aussi, les figues d’Inde, très recherchées à l’étranger et particulièrement en Amérique, ont-elles augmenté singulièrement de prix depuis cette époque : cédées à vil prix autrefois, elles se vendent de nos jours de 3 fr. à 5 fr. et au delà, le cent, de sorte que le sol où on les cultive donne annuellement un revenu net de 150 à 200 fr. l’hectare.
- Il existe en Sicile plusieurs variétés de figuiers d’Inde, présentant des différences très sensibles au point de vue des articulations, de la longueur des épines, de la couleur et de la qualité des fruits. La variété appelée par les Arabes F. du Chameau possède des raquettes couvertes de piquants très durs et longs de 15 à 20 millim. : c’est celle que l’on choisit pour les clôtures ; mais il en existe une autre variété, dont les fruits sont presque de grosseur double et qui est surtout cultivée pour l’alimentation. C’est un arbrisseau qui peut atteindre’ quatre mètres de hauteur et qui, dans sa vieillesse, est porté sur un tronc court, ligneux et grisâtre. Ses raquettes, longues de 30 à 40 cent., épaisses de deux à six centimètres, sont charnues, à bords arrondis, d’un vert tendre et armées de longs aiguillons. Ces articulations, en naissant toutes les unes sur les autres un peu obliquement, forment des ramifications bizarres, pittoresques et tout à fait caractéristiques ; les fleurs jaunes ou rouges portent une dizaine de pétales, avec des étamines en nombre indéfini, insérées au milieu du calice autour d’un style couvert par plusieurs stigmates.
- Un fait curieux à noter : Si, avant l’émission de la poussière fécondante, on touche les étamines, les filets se couchent les uns sur les autres. Le fruit, en forme de baril, a
- la grosseur d’un citron : il jaunit en mûrissant et présente, quand on l’ouvre, un grand nombre d’épines très petites, comprenant entre elles un carré d’un centimètre. La pulpe est tantôt jaune, tantôt rouge vif; parfois même, elle est blanche.
- Ces fruits sont frais, délicats, très agréables à manger, et à part les revenus de la vente, elles sont d’une grande ressource pour les habitants qui les préfèrent fraîches aux autres fruits, les font sécher ou même en font une' sorte de pâte qu’ils mangent durant l’hiver.
- Les pousses tendres plaisent aux porcs et aux bestiaux, et les troncs séchés au soleil, fournissent un combustible excellent.
- La multiplication de cet arbuste est très simple et peut se faire en toute saison: les mois d’août-septembre sont cependant préférables. On coupe une raquette qu’on laisse quelques jours en terre pour laisser la plaie se cicatriser ; puis on la plante à demeure, la section en bas, dans une terre ameublie par quelques coups de pioche et en l’enfonçant de cinq à six centimètres. On obtient des produits plus promptement, si, au lieu d’une simple raquette, on peut planter une branche ayant conservé un peu de vieux bois.
- En Sicile, les figuiers d’Inde ne réclament ni eau, ni engrais ; deux labours par an, entre les lignes, sans être nécessaires, rendent la plante plus productive, et on ne taille celle-ci que pour diriger sa croissance et faire que les branches des figuiers voisins ne se rencontrent pas.
- Ces feuilles sont données aux bestiaux, et, pour les rendre appétissantes, après qu’on les a coupées en tranches, comme on ferait des racines fourragères, on les saupoudre de son.
- Très peu difficiles sur le choix du terrain, ils viennent bien dans un terrain aride, pierreux ou dans la lave poreuse; ils y poussent très vite, et, dans la région de l’Etna, par exemple, couverte de débris volcaniques, on trouve des figuiers d’Inde partout : sur les torrents de lave, au bord des routes, sur les murs des vieilles maisons, sur les petits îlots et les écueils qui s’élèvent près de la côte; et même, il n’est pas rare d’apercevoir plusieurs de ces cactus remarquables, porteurs de plusieurs fruits, gros et succulents, sur les flancs de rochers arides et très élevés.
- H. Ludovigi.
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- MÉTÉOROLOGIE
- LA PRODUCTION ARTIFICIELLE DE LA PLUIE
- e Congrès des Etats-Unis a voté, il y a Wf quelques mois, dit le Moniteur in-|ü^ dustrïel, un crédit pour la poursuite d’expériences tendant à provoquer les chutes de pluie par des explosions produites à grande hauteur dans l’atmosphère.
- Nous lisons dans l'Electricité que le premier auteur des expériences sur l’emploi des ballons chargés de dynamite, pour la production de la pluie, est M. le professeur Charles Myers, de Francfort, petife ville de l’Etat de New-York, qui ne compte pas plus de 3,000 à 4,000 habitants et est construite sur les bords de la rivière des Mohicans. Les ballons sont fabriqués dans un ravin situé derrière la petite ferme qu’exploite l’inventeur de ce singulier procédé. Il a établi une machine pour vernir les étoffes de ces ballons, qui ont chacun 8 m. de diamètre et sont remplis de mélange détonant. Il y met le feu avec une petite cartouche de dynamite enflammée électriquement. Les deux fils qui conduisent le courant servent à régulariser l’ascension.
- Le bruit de l’explosion est. terrible et s’entend à dés distances immenses. L’éclat de la lumière produite par l’union des deux gaz est excessivement intense.
- On a fait des expériences à Washington, devant des officiers et. des météorologistes. Un lot de cent ballons a été expédié au Texas, où l’on va essayer de soutirer la pluie du ciel.
- Mais, au Texas, on ne se bornera point à lancer des ballons explosifs; on fera partir des bombes électriques. On enverra aussi dans les airs des masses de poudre qui seront lancées par des mortiers spéciaux.
- D’après les renseignements reçus jusqu’à Présent sur les essais déjà tentés, ces expériences n’auraient pas donné des résultats bien probants, quoique, dans certains cas, la pluie soit survenue en effet, quelques heures aPrès les détonations.
- Ciel et Terre donne une étude très inté-
- sante de ces questions et n’encourage ] beaucoup à poursuivre les expériences, < eUes sont onéreuses et ne donneront sê doute aucun résultat. Lorsqu’il y a des p habilités de pluie, dit l’auteur de l’étude, >
- explosions en précipiteront peut-être la chute, mais lorsqu'il fait trop sec pour pleuvoir, ni la poudre à canon, ni la dynamite ne tireront de l'air l’humidité qu’il ne renferme pas.
- Nous trouvons, signalé dans le même recueille fait qui paraît avoir donné naissance, en Amérique, à l’idée que les décharges d’artillerie provoquent la résolution des nuages en pluie. De divers côtés et différentes fois, on remarqua qu’après une matinée de 4 juillet (anniversaire de l’indépendance) bien claire, de la pluie survenait, et on attribua ce changement dans l’état du temps aux violentes canonnades exécutées à l’occasion de là fête.
- M. Powers a écrit un livre, MVar and the wather, dans le but de prouver la valeur de celte croyance, et il apporte à l’appui de sa thèse le récit de certaines batailles entre les troupes américaines et mexicaines et entre les troupes fédérales et confédérées, lors de la guerre de sécession.
- L’auteur examine aussi les cas bien avérés de décharges d’artillerie non suivies de pluie, et il prétend qu’il faut attribuer ces exceptions à la circonstance qu’il n’y avait pas, alors, suffisamment de bouches à feu en action.
- M. Powers donne un devis de ce que coûteraient deux expériences où l’on emploierait 200 canons de siège : la dépense s’élèverait à la bagatelle de 160,000 dollars ou plus de 800,000 francs.
- En Belgique, on serait bien heureux, lors de certaines années très humides, dit notre confrère de Bruxelles, de donner pareille somme pour empêcher la production de la pluie.
- Si, ajoute M. Powers, le système que je préconise venait à se généraliser, le coût d’une « bonne pluie d’orage » ne dépasserait pas 21,000 dollars (105.000 fi\).
- — C’est pour rien !
- En admettant qu’une telle pluie arrose 400 hectares, elle reviendra à 250 fr. l’hectare. Si l’hectare produit 25 hectol. de blé, ce produit sera grevé de 10 fr. par hectolitre, en admettant qu’il n’ait fallu provoquer qu'une seule pluie.
- Or, le prix du blé, sur le marché européen,
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- est de 21 fr. environ l’hectolitre, et à ce prix I voit tout de suite l’utilité pratique des amu-le bénéfice du producteur est déjà mince. On | settes des savants (!) américains.
- LES ENNEMIS DE NOS CELLIERS
- LES INSECTES PERFORATEURS DES BOUCHONS DE LIÈGE MOYENS DE PRÉVENIR LEURS DEGATS
- Düchartre avait fait part à M. La-boulbène des dégâts causés par de petits animaux, qui avaient perforé des bouchons de liège dans sa cave. Des bouteilles de vin, bouchées depuis longtemps et recouvertes alors de cire ordinaire, avaient été vidées en partie, parce que les bouchons étaient taraudés. Ces bouchons laissaient sortir le contenu ; le vin vieux avait de la sorte été amoindri de quantité et très altéré dans sa qualité. Quels étaient les déprédateurs ? Par quels moyens pouvait-on s’opposer à leurs ravages. M. Laboulbène a donné la réponse à ces questions à la Société d’agriculture, dans une intéressante communication que nous reproduisons d’après le Cosmos. Des animaux articulés, un crustacé ainsi que des insectes proprement dits dévorent le liège des bouchons dans les caves. M. H. Lucas, en 1860, a parlé des dégâts causés par l'Oniscus murarius (Auct), petit crustacé de l’ordre des isopodes, rongeant le liège des bouchons dans sa cave humide, s’attaquant surtout aux -bouteilles couchées sur le sol.
- M. le professeur Emile Blanchard a reçu, il y a longtemps, d’une dame belge, des bouchons perforés, provenant de bouteilles atteintes dans leur fermeture en Belgique, et qui ont été mis en observation au laboratoire d’entomologie du Jardin des plantes. Il est sorti de ces bouchons de petits lépidoptères ou papillons de nuit dont la détermination exacte a été faite : Œnophila V. flavum (Harvouth).Plusieurs naturalistes,entre autres Georges Bedell, Stepens, Reiche, ont signalé des insectes perforateurs de bouchons. En 1877, M. Künchel a mentionné les ravages causés au liège, servant depuis plusieurs années à la fermeture des bouteilles, par les chenilles d’un petit papillon, qui était Y Œnophila V. flavum. Mais il avait le tort de croire que les chenilles de ce papillon étaient attirées par la cire grasse revêtant le bouchon et dont elles faisaient leur nourriture
- préférée. Celte erreur a été relevée par Berce et Reiche, qui ont fait remarquer expressément que les bouchons non revêtus de cire étaient principalement attaqués. Depuis cette époque, M. Ragonot, qui étudie avec zèle les microlépidoptères, a vu dans sa cave, à Bercy, les dégâts multiples causés par les petites chenilles de Y Œnophila V. flavum, au liège des vieux bouchons.
- En 1883, le Dr Victor Signoret trouvait un grand nombre de bouteilles de vin détériorées, à la suite de l’altération des bouchons qui les fermaient. Il remit à M. Jules Fallou, qui s’occupe avec le plus grand succès de l’étude des larves et des chenilles, les insectes qui causaient le dégât.
- M. J. Fallou a obtenu l’éclosion des insectes parfaits et les a rigoureusement déterminés. Il s’agissait d’une espèce de Tinéite,la Tinea cloacella (Hanvorth), qui ne paraît pas distincte de la Tinea granella (Duponchel), ni de la Tinea inflnella (Herrich-Schaefier). M. Chevalier, membre de la Société des agriculteurs de France, a remis récemment à M. Fallou des bouchons recueillis dans urie cave, près de la place de l’Europe, et perfores dans tous les sens par des chenilles.
- L’Œnophila V. flavum est de petite taille (un centimètre d’envergure), avec les ailes supérieures étroites, d’un brun clair ayant deux chevrons jaunâtres imitant la lettre V. La Tinea cloacella, de taille plus grande (un centimètre et demi d’envergure), avec le9 ailes supérieures un peu élargies, brunes, portant un dessin de taches grisâtres confluentes, avec l’extrémité brune.
- Un entomologiste consciencieux, labbt Fettig, s’est assuré que les chenilles de la Tinea cloacella vivent dans les celliers e les caves, sous une toile fixée par elles e recouverte de leurs déjections, ayant laspec d’une plaque noirâtre, comme de la mousse. Placées sous cet abri, les chenilles se nom rissent du bois des vieux tonneaux attaques
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- parla moisissure, et aussi du liège des anciens bouchons.
- On peut ajouter que, d’après Heylaerts, VEphestia passulella (Barr.), espèce voisine del’2?. Küaniella (Zeller), perfore les bouchons de fond en comble.
- D’autres espèces de tinéites ont été accusées de produire des dégâts anologues. Ainsi la Tinea granella (Linné, non Duponchel) a été incriminée ; sa chenille nuisible ronge beaucoup de substances végétales et animales, mais surtout des grains de blé qu’elle lie ensemble par des fils, pendant qu’elle construit un long tube soyeux. C’est la fausse teigne du blé de Réaumur, bien représentée sous ses divers états, par Rœsel (t. J, chap.iv, tab. xn, üg. 1-14). De Peyerimhofï, qui a constaté, comme l’abbé Fettig, les mœurs des chenilles de la T. clocicella, se trouvant sous une toile ayant l’apparence d’une plaque de mousse, a été jusqu’à dire à ce sujet que la Tinea granella vivait surtout en dehors du blé (Petites Nouvelles entomologiques, 1872, n° 60, p. 240). La Tinea granella a été donnée comme attaquant les bouchons de liège ; cette opinion provient de la confusion facile entre des insectes très voisins, très difficiles à distinguer entre eux, confondus les uns avec les autres, ainsi que l’avait fait Duponchel pour les Tinea granella et cloacella.
- Les chenilles de VEphestia elutella (Hub-uer) et aussi de VEndrosis tenella (Schifïer-miller et Denis), hetulinella (Hubner), dévoient parfois le liège dans nos maisons, ainsi que des fruits desséchés,des substances alimentaires diverses. Elles pourraient attaquer accidentellement les bouchons, mais jamais d’une manière spéciale. Du reste, Haworth savait que l’Œnophila, décrite par lui sous le nom de Tinea V. flava, se développe parfaitement dans les bolets ; la T. cloacella se trouve aussi sur les champignons, sur le bois
- pourri, etc. Toutes ces chenilles ont une alimentation variable, et il serait même fort intéressant de constater les modifications qu’elles peuvent éprouver par la diversité de l’habitation et de la nourriture; en un mot, par l’influence du milieu où elles se sont développées.
- En résumé, les insectes qui attaquent les vieux bouchons de liège dans les caves sont principalement des chenilles de petits papillons nocturnes, appartenant à la famille des Tinéites, formée avec le genre linnéen Tinea. Il n’est que juste de rappeler combien tous ces petits animaux nous sont nuisibles par leurs chenilles qui détruisent nos vêtements, les fourrures, qui s’attaquent au blé dans les greniers, qui dévorent les objets de consommation, etc., etc. Pour s’opposer aux ravages des Œnophila Y. flavum, et des diverses Tinea, une couche épaisse de cire recouvrant le bouchon est certainement utile ; mais si la cire se fend ou se délite plus tard, elle ne peut suffire, à moins d’être soigneusement renouvelée. Une enveloppe métallique d’épaisseur suffisante, en forme de capsule, serait de beaucoup préférable. Mais il faut observer qu’une application immédiate, en haut et autour de l’ouverture des bouteilles, est indispensable et de rigueur. Le moindre pli.unléger soulèvement, laisseraient un espace suffisant par lequel la chenille, venant d’éclore ou jeune, se glisserait jusqu’au bouchon. Il faudrait prendre le soin de placer sur le haut de la capsule métallique un fil de fer formant un anneau, par torsion des bouts. Le fil de fer serait serré de la sorte jusqu’à déprimer le métal et jusqu’à l’application hermétique. La grosseur du fil de fer recuit au feu devrait être moyenne. Ces moyens combinés paraissent assurer une fermeture aussi complète que possible.
- ATTITUDES CARACTÉRISTIQUES DES SERPENTS
- es serpents prennent diverses attitudes lorsqu’ils sont sur la défensive, et montrent leur excitation de différentes manières. Par exemple, le serpent à sonnettes ne siffle pas, mais agite l’extrémité de sa queue en la plaçant dans une position verticale, tandis que le cribo, •le l’ile de la Trinité (spiloies corais) et d’au-
- tres serpents sans sonnettes agitent la leur horizontalement. Diverses espèces africaines sifflent ; les espèces américaines remuent leur queue. Le boa constrictor lève la tête au-dessus du sol, pendant que le cou forme une série de courbes en S comme on peut le voir sur le dessin du mapanari (Xiphosoma hor-tulana), serpent de l’Amérique du Sud qui
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- (.Xiphosoma hortulanâ) prêt à attaquer.
- Les vipères, au contraire, tiennent plutôt ia tête en arriére, et ia plupart d’entre elles la tiennent Lasse. Le terrible fer de lance, des Antilles, et le labarri, de Demerara, que montrent nos gravures, restent soigneusement enroulés. Le voyageur qui a erré au bord des rivières de l'Amérique du Sud n’oubliera jamais le labarri (Bo-throps atroce), qui enroulé, tou-
- Fig. 208. — Serpent d’arbre
- se lient sur les arbres et qui attaque hardiment. Il considère sans doute l’excitation comme indigne d’un guerrier, car il se tient tranquillement la queue enroulée au t oui d’une branche, et conserve son souffle plutôt que de le perdre à siffler.
- Le corps du boa est ordinairement aplati aux points de contact avec la branche, ce qui lui donne plus de prise et lui fournit un meilleur appui pour
- Le labarri, prêt-à mordre.
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- jours prêt à donner la mort à son ennemi ou à sa proie, refuse de se déranger de
- frapper sa proie tê'e du boa est toujours avancée.
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- LA ' SCIENCE ; EN FAMILLE
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- son chemin. Sa couleur ressemble à celle des feuilles mortes des forêts où il vit, ce qui le, rend très difficile à apercevoir , et ajoute à l’appréhension et au danger des chasseurs ou des voyageurs que leurs plaisirs ou leurs affaires conduisent à voyager à pied à travers ces inextricables forêts des tropiques. Lorsque ce serpent frappe, sa tète, avec peut-être les deux tiers de son corps, Fig. 210. —
- sort comme un
- éclair; il frappe et frappe encore, contrairement à ce que font Je serpent à sonnettes, le serpent des bui sso ns et d’autres espèces, qui se contentent ordinairement de mordre une fois.
- Le fer de lance se trouve dans les champs de canne de la Martinique. Il s’enroule exactement comme te labarri. De ^dme le serpent des buis-s°ns de Deme-lara (Lachesis toutus). Ces h'oig dernières esP.èces agitent la queue. Le Sei'Pent. à son-
- nettes s’enroule d’une façon moins compacte.
- Un curieux serpent est le lora {Ahoetulla
- lioeerca) du Venezuela. C’est un serpent en forme de fouet, se tenant le jour sur les
- arbres, et ayant
- quatre ou cinq pieds de long et un demi-pouce de diamètre dans la partie la plus grosse. Il est colore des nuances les plus riches ima-ginables. La tête et le dos sont du plus beau vert. De chaque côté se trouve une bande jaune d’or, et, en-des-sous, il est d’un blanc de nacre. Il se tient parmi les fleurs des forêts de lianes. Là, il attendra proie favorite, l’oiseau-mouche, ou
- chasse de bran-
- Le fer de lance.
- che en branche l’agile lézard des arbres, Dans l’ile de la Trinité, on le voi t souvent dans les jardins de la ville de Port-d’Es-pagne.
- Si on l’approche de trop près, il se prépare à se défendre, et cela d’une étrange manière-; car tandis que les autres serpents tiennent généralement la gueule fermée, le lora la tient ouverte, comme une femme bavarde ou un bruyant politicien ; mais ces manières ne
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- servent à rien, car il n’est pas venimeux, et ne peut guère tuer autre chose qu’un oiseau-mouche ou un petit lézard. Sa tête est élevée, aplatie et tirée en arrière, et sa gueule, en apparence sans dents, est constamment ouverte aussi large que possible. D’ailleurs, il mord furieusement tout ce qui l’approche. Le liquer (Driophis acuminata) fait de la même façon, mais ne mord pas.
- Parmi les élapidés, nous trouvons les manifestations les plus opposées, car, tandis que les cobras aplatissent le cou et se redres-
- CHOSES VULGAIRES
- LE LIÈGE MALE, LES DÉCHETS D
- orsqu’on met le chène-liège en exploitation, la première écorce enlevée constitue ce qu’on nomme le liège mâle. Ce liège est trop dur, trop inô^ gai, trop profondément raviné pour qu’on puisse l’utiliser dans la fabrication des bouchons. Quand on ne l’abandonne pas sur place — ce qui arrive lorsque les transports sont difficiles — on l’emploie comme combustible, assez mauvais d’ailleurs ; ou bien encore on le pile et il sert à emballer les oranges, les citrons à destination d’Amérique.
- Ce fut là, jusqu’en ces derniers temps, tout le parti qu’on se contenta d’en tirer ; mais depuis, s’est créée l’industrie des lièges agglomérés, et dès que cette industrie se sera implantée dans les pays où se cultive le chêne-liège, le liège mâle pourra être utilisé comme -le sont déjà les déchets de la fabrication des bouchons et les bouchons hors d’usage.
- La valeur actuelle des déchets et vieux bouchons est de 7 à 8 fr. les 100 kgs.
- Voici comment on opère pour la fabrication 'de ce qü’on appelle aujourd’hui les agglomérés de liège.
- Les déchets et les vieux bouchons sont d’abord passés dans une machine appelée scie, à l’aide de laquelle on les divise en un grand nombre de petits morceaux. Deux tambours déchiqueteurs tournant en sens inverse composent cette scie spéciale; chaque tambour est lui-même formé de lames
- sent perpendiculairement en face de leur assaillant, les serpents de corail ne s’aplatissent ni ne se lèvent, mais se tiennent aussi près que possible du sol, la tête placée de côté par rapport à leur ennemi.
- La plupart des serpents s’enflent lorsqu’on les excite, mais d’autres, comme le petit serpent d’eau de la Trinité, s’aplatissent comme s’ils étaient comprimés. Ce serpent est le seul que je Connaisse, qui puisse sauter. J’en ai vu un de dix pouces de long, sauter de 15 pouces au-dessus du sol.
- Scienlifîc American,
- QUE L’ON IGNORE
- LIÈGE ET LES VIEUX BOUCHONS
- circulaires fixées sur un même axe, mais alternativement de deux diamètres différents, et tenues plus ou moins distantes les unes des autres, selon la dimension des morceaux que l’on veut obtenir; avec cela, ces deux tambours sont disposés de façon que les lames saillantes de l’un correspondent aux lames rentrantes de l’autre.
- Tout l’appareil repose dans une cage en bois munie d’une trémie dans laquelle on verse les déchets et les bouchons tels qu’ils arrivent à l’usine.
- Les morceaux de liège, en sortant de l’instrument qui vient d’être décrit, sont saisis par un élévateur à godets qui les porte dans une autre trémie. Cette seconde trémie est munie d’aimants qui servent à retenir tous les débris de ferraille, qui pourraient par hasard, se trouver mélangés aux débris de liège.
- A ce moment, les morceaux sont encore trop volumineux ; de [cette dernière trémie, ils tombent dans un broyeur qui achève leur division et d’où ils sortent très menus pour la plupart.
- D’ailleurs, en sortant du broyeur, un toir opère le classement des diverses gros-seurs obtenues : poussières, petits graine grains de la grosseur d’un petit pois, etc..
- Tout ce qui est ferraille se trouve élimm comme il a été dit plus haut ; mais il existe d’autres matières étrangères, toutes pluS lourdes que le liège — autrement la fraude
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- n’aurait aucun intérêt à les y mettre — et qu’il faut éliminer également. Pour cela, on fait passer les grains à travers un ventilateur spécial, d’une sensibilité extrême, et dont la force de vent est réglée de façon à ne chasser que les grains de liège, et à laisser tomber tout ce qui est plus lourd.
- Les agglomérés de liège fournissent des matériaux légers de construction, et des calorifuges pour recouvrement d’appareils et tuyaux de va eur et d’eau.
- Les grains de la grosseur d’un petit pois, mais ayant une forme irrégulière sont destinés à la fabrication des briques, des carreaux; les grains plus petits, appelés généralement grains de sable, servent à faire les calorifuges ; quant aux grains plus fins, aux poussières de liège, on les fait entrer dans la fabrication du linoléum, ou dans la composition de certains enduits dont elles augmentent l’épaisseur, saris augmenter sensiblement le poids. Ch. Fleury.
- LES ÉCLIPSES DES i5-i6 NOVEMBRE et ier DÉCEMBRE 1891
- En 15 jours environ, deux éclipses vont se produire : la première est une éclipse totale de lune ; c’est la plus intéressante pour la France, puisque c’est la seule que les parisiens pourront voir; la seconde sera une éclipse de soleil.
- Parlons d’abord de l’éclipse des 15-16 novembre. La lune entrera dans la pénombre le 15 à 9 h. 45 m. 7 s., et dans l’ombre pure à 10 h. 44 m. 2. L’éclipse sera totale, de 11 h. 46 m. 7 s. du soir à 1 h. 9 m. 6. s. du malin (16 nov.). La sortie de l’ombre aura lieu le 16 à 2 h. 12 m. du matin, et celle de la pénombre à 3 h. 10 m. 3 s.
- Le 15 novembre la lune se lève à 4 heures 10 minutes du soir et passe au méridien à H heures 44 m. Enfin la longueur de l’éclipse sera considérable, sa grandeur _ étant de plus
- d’un tiers supérieure au diamètre de la lune (1,38) qui coupe le cône d’ombre suivant une section relativement large. Cette éclipse se présente donc dans des conditions particulièrement favorables pour l’observation, et nous ne saurions trop engager nos lecteurs à l’étudier avec soin. Ils noteront: 1° la couleur de notre satellite ; 2<> la largeur relative de la frange atmosphérique sur le disque de la lune ; 3° la marche de l’ombre à l’approche des hautes montagnes lunaires. Une jumelle de théâtre suffit.
- L’éclipse partielle de soleil du 1er décembre sera malheureusement invisible à Paris. Elle se produira de 9 h. 53’ du matin à 1 h. 57’ du soir. On pourra l’observer dans la région australe de l’Amérique du Sud.
- G. Vallet.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- Un poisson singulier. — Le Gobius Mu-nitus, dit le Journal d’Hygiène, est un tout petit poisson qu’une récente communication deM. Frédéric Guitel à l’Académie des Sciences n°us a fait connaître,et qu’il avait pu étudier sérieusement dans l’aquarium de Roscoff.
- Lorsque le moment de la ponte est arrivé, le mâle prépare le nid en vidant complètement une coquille qu’il parvient ensuite à cacher sous un monticule de sable, se réservant seulement, pour y entrer, un petit trou rond par lequel il fait passer la femelle. Celle-ci dépose nu plafond du nid, ses œufs qui s’y attachent a l’aide des filaments gluants qu’ils ren-
- ferment. La ponte terminée, la femelle disparaît pour ne plus revenir, mais le mâle reste et veille sur l’éclosion de tous les œufs, les défendant contre les petits-crustacés qui en sont très friands.
- La coquille du Gobius l’aurait suffisamment dérobé à notre curiosité, si M. Guitel n’avait trouvé le moyen de lui substituer un verre de montre dont la concavité a trompé le poisson, et qui a permis au savant naturaliste de suivre tous ses mouvements.
- ***
- La foudre et la lumière électrique. —*
- Pendant un violent orage qui éclata sur Viem-
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- ne, le 2 juillet à 5 heures du soir, le ciel se couvrit et l’atmosphère s’obscurcit à un tel point qu’il fallut allumer les lampes de la Cour de Styrie ; le circuit électrique fut bientôt foudroyé. Alors, les lampes pâlirent aussitôt, comme si le mouvement, de la machine s’était ralenti, et quelques-unes furent mises hors de service. En les examinant avec attention, on s’aperçut que les fils de platine des attaches avaient été fondus et les filaments volatilisés: le carbone s’était déposé sur le verre et l’avait noirci. —..... •s
- ** *
- Abatage des arbres par l’électricité. —
- Dans les grandes forêts de la Galicie, on "emploie l’électricité pour l’abatage des arbres.
- L’outil dont on se sert pour les bois d’essence tendre est une tarière animée d’un mouvement de va-et-vient, en plus d’un mouvement de rotation qui lui est donné par un petit moteur électrique. Le tout est monté sur un chariot qui peut tourner autour d’un axe vertical et qu’on fixe au tronc de l’arbre. La mèche de l’outil décrit un arc de cercle et fait une saignée dans le tronc en opérant comme une machine à mortaiser le bois. Lorsqu’une passe est pratiquée, on avance l’outil pour "approfondir la saignée jusqu’à ce que celle-ci soit arrivée à la moitié du diamètre du tronc ; on met alors des cales pour empêcher la fente de se refermer et on opère de l’autre côté jusqu’à ce qu’il devienne dangereux d’aller plus avant. L’opération est terminée à la hache ou avec une scie à bras. Le travail se fait rapidement et avec très peu de main-d’œuvre.
- On avait essayé, il y a quelques années en Amérique, de scier les arbres avec un outil .ayant, au lieu de lame dentée, un fil métallique porté au rouge blanc par un courant électrique. 11 ne paraît plus avoir été question de ce procédé.
- L’Echo forestier.
- ***
- Les piqûres d’abeilles et l’abeille médecin. — On s’étonne généralement dans le public d’une sorte d’immunité dont jouissent les apiculteurs, qui ne se préoccupent que peu ou point des piqûres d’abeilles. Un médecin autrichien, M. Terc, est persuadé qu’une piqûre sur un homme sain confère, -pendant un certain temps, une immunité
- En famille
- relative pour une piqûre subséquente et que cette immunité va en augmentant à mesure que se suivent d’autres piqûres.
- Il y aurait ainsi une sorte d’inoculation vaccinale contre le venin de l’abeille par son propre venin et l’immunité persisterait six mois, quelquefois moins.-
- M. A. Léveillé dit, de son côté, que la piqûre des abeilles finit par perdre de sa virulence, par suite d’une espèce de vaccination sur des sujets qui y sont fréquemment exposés. Et il ajoute qu’un de ses parents, possesseur d’un important rucher, quand il est attaqué par ses abeilles, ce qui est rare, n’en souffre pour ainsi dire plus. La piqûre qui, autrefois, était suivie de l’enflure caractéristique, est maintenant tout à fait bénigne; c’est à peine si les tissus se gonflent autour de la blessure.
- Mais on attribue aussi une propriété aux piqûrés d’abeilles : elles auraient le pouvoir de combattre les rhumatismes.
- Il y aurait là pour les médecins à portée des ruches d’abeilles un moyen de contrôler l’efficacité du procédé..., avec des rhumatisants de bonne volonté toutefois.
- Le bulletin d’Alsace-Lorraine raconte qu’il s’est produit, dans la section d’apiculture de Munster, un cas de guérison assez curieux.
- Chez un .apiculteur de l’endroit se présente un vieillard atteint de rhumatismes ; ne pouvant se servir de son bras depuis trois ans, il demande qu’on lui applique des piqûres d’abeilles dont il a entendu parler comme d’ùn remède souverain.
- L’apiculteur met le bras à nu et, prenant à l’entrée de la ruche, entre le pouce et l’index, des abeilles, les unes après les autres, leur fait piquer, dans toute sa longueur, le bras en quelque sorte paralysé.
- Après une douzaine de piqûres, l’expérience est suspendue, le malade congédié.
- Au bout de quelques jours, l’apiculteur reçoit la visite de son client d’aventure, qui l’aborde avec un visage souriant, le remercie avec effusion, lui déclare qu’il paiera de bon cœur les honoraires qu’il voudra bien fixer ; puis, questionné sur l’état du bras malade, il exécute de joyeux et rapides moulinets autour de sa tête, disant : « Voyez, monsieur, le résultat de votre cure 1 »
- De son côté, M. de Parville raconte fin à
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- Vienne, le docteur Terc, praticien justement réputé, applique cette curieuse méthode.
- Dans 173 cas, il a fait 39,000 piqûres dont le résultat fut toujours un succès. Le docteur déclare qu’il doit à ce système des succès indéniables dans des cas aigus, mais surtout dans des formes chroniques où les malades, atteints de cachexie rhumatismale, se trouvent dans des conditions désespérées.
- Il faut, paraît-il appliquer quelquefois, par sujet, des centaines de piqûres; mais elles sont moins douloureuses chez les personnes rhumatisantes que chez les personnes saines.
- L’auxiliaire de l’apiculteur.
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- * *
- Essai statistique sur le nombre tt. — Le
- rapport de la circonférence au diamètre a été évalué autrefois par Archimède dans son
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- Irailé de la mesure du cercle, à
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- L Métius a établi le rapport -y^— ; depuis
- longtemps on l’écrit : 3, 141597653589793... etc ; aujourd’hui tt est connu avec 530 déci-niales d’après un long travail de Shanks, vé-rHlé jusqu’à la 440e décimale par Rutherford.
- Léopold Hugo, après avoir examiné la suite.des chiffres du nombre 7: et fait divers essais statistiques et graphiques, vient accessoirement de faire la constatation curieuse lui suit.
- Lans la valeur de 7: ordinaire, écrite en uumération décimale, l’auteur a trouvé que 'es 10X2 premières décimales, laissant de c°té la partie entière, donnent pour somme 10’ (100).
- Le plus, les dix premières décimales do rang impair donnent une somme égale à celle de nos chiffres arabes, 0 à 9, soit 45, et les 10 premières décimales de rang pair 'Lunent une somme égale à celle des dix Premiers nombres 1 à 10, soit 55.
- Ainsi, on a
- 3, | 1 1 9 6 3 8 7 3 3 4 = 45. '4525599286 = 55.
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- ,Ij existence de cette triple coïncidence est s‘Ugulière peut-être, mais il est surtout remarquable, n’étant motivée par rien, qu’elle 1 nié enfin constatée.
- | Une innovation dans les trains de che^ mins de fer. — Les Américains viennent, paraît-il, de résoudre le problème suivant :
- « Prendre et déposer des voyageurs à toutes les stations, sans s’arrêter ni même ralentir la marche du train lancé à toute vitesse ».
- Pendant le parcours, le conducteur fait passer dans les derniers wagons, les voyageurs qui doivent s’arrêter à la prochaine station. Une fois le train arrivé à proximité de cette station, un mécanisme ingénieux produit un déclanchement voulu; les wagons sont détachés du train, et, aiguillés à temps, ils sont dirigés, en raison de la vitesse, sur une plate-forme où . ils s'arrêtent d’eux-mêmes, et où les voyageurs descendent alors tout à leur aise, sans être bousculés ni pressés.
- Pour les voyageurs à prendre, la chose a lieu de la manière suivante : à l’autre extrémité de la même plate-forme, un wagon est tout prêt, dans lequel sont montés tous les voyageurs partants. La machine du train en marche opère, en passant, le déclanchement du wagon qui, descendant une pente rapide, et voulue, vient de lui-mème s’attacher au train sans que celui-ci se soit arrêté.
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- Une nouvelle mine de galène. — On annonce la découverte, sur la concession de El Galayo, près de Puebla de los Infantes, province de Séville (Espagne), de minerai de plomb très riche en argent. La concession j sur laquelle on a rencontré les traces d’une exploitation minière très ancienne, a une étendue de 80 ha.
- Un vélocipède à 28 places. — Il y a quelques jours, des chasseurs à pied du 21ft bataillon, en garnison à Montbéliard, ont expérimenté sur la route de Belfort un nouveau quadricycle à 28 places qui a été construit par un lieutenant de ce bataillon.
- Ce quadricycle a la grandeur d’une fourragère et possède deux roues motrices et deux roues directrices.
- Les roues motrices sont mises en mouvement par 28 paires de pédales actionnées par 28 soldats. Les pédales sont dépendantes les unes des autres et ne commandent qu’un
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- liA SCIENCE EN FAMILLE
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- engrenage unique. Le lieutenant inventeur faisait manœuvrer les roues directrices. La vitesse normale de ce quadricycle peut être comparée à celle d’un cheval au trot.
- Une balançoire gigantesque.— La balançoire qu’un inventeur américain se propose d’établir à l’exposition de Chicago aura un pilier de 183 mètres de hauteur, surmonté d’une statue de Christophe Colomb.
- La pièce de bois mise en équilibre aura 335 mètres de longueur et chacun des bouts portera une sphère de 30 mètres de diamètre disposée intérieurement comme un wagon. Un système de poids et de contre-poids remé-
- diera à l’inégalité de pesanteur possible entre les deux sphères.
- Les câbles sous-marins. — Veut-on connaître la longueur totale des câbles sous-marins qui sillonnent actuellement les océans du monde entier? D’après les dernières statistiques, la longueur de ces câbles est de 300,000 kilomètres environ (soit 75,000 lieues). Le coût total de l’établissement de toutes les lignes sous-marines s’élève à la modique somme d’un milliard.
- A deux ou trois exceptions insignifiantes près, toutes ces lignes sous-marines sont de construction anglaise.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- Un baromètre naturel.— Je vous certifie, écrit un abonné à la Gazette du Village, qu’avec un petit jeune plant de sapin, pris en forêt, mort sur pied, et dont on enlève l’éccrce, vous aurez un baromètre qui sera aussi sensible aux variations de température que le baromètre au mercure. Mais il importe qu’il soit cloué dans l’intérieur d’une habitation, de manière que le soleil ne donne pas dessus, car autrement le retrait de l’aiguille serait trop accusé, et cette aiguille descen-di’ait. Je possède un de ces petits appareils, fixé à l’intérieur de ma porte de grange et dont je suié très satisfait. Dans cet hygromètre, le rameau du petit sapin marque, en s’élevant, qu’il faut s’attendre à du vent ou à de la pluie, et en s’abaissant, qu’on peut s’attendre à du beau temps ou à du temps très sec.
- ***
- Nouvel alliage. — Des journaux étrangers annoncent que le professeur Robert Austen vient de découvrir un alliage d’une couleur plus éclatante qu’aucun de ceux obtenus jusqu’alors; cet alliage serait d’un riche pourpre et, en faisant jouer la lumière entre deux Surfaces de ce nouveau métal, on obtiendrait des teintes de rubis clair. La formule très simple de cet alliage serait celle-ci : 78 O/q
- d’or pur et 2 d’aluminium ; si la proportion d’aluminium est réduite à 10/0, l’alliage a la couleur d’or vert ; quand on la porte à 900/0 on obtient un métal très blanc et très dur.
- *
- * *
- L’écorce de platane. — L’écorce morte du platane, écorce qu’il perd chaque année,a, paraît-il, une valeur commerciale et, à Paris, elle s’achète au prix de 3 fr. les 100 kilog-par les herboristes et les fabricants de P1'0' duits chimiques. Lorsqu’on la fait bouilli1) on obtient une décoction colorée, très astringente et qu’on emploie comme compresse sui les plaies, abcès, brûlures, engelures, etc., o même contre les piqûres ou morsures d ani maux vénimeux.
- Procédé pour obtenir de belles plaqueS de verre dépoli. — Versez de l’eau dans un verre en l’emplissant à moitié et ajoutez-y un peu de poudre d’émeri; agitez fortenie et laissez reposer pendant 5 minutes enVir°ej Décantez ensuite dans un second verre, après avoir laissé reposer pendant 5 minutes, décantez à nouveau dans un troisième où vo laisserez reposer jusqu’à complète clarté liquide. . s
- Le dépôt qui reste au fond des trois vel1^ est de la poudre d’émeri à des degies
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- La science en famille
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- finesse différents. Frottez une plaque de verre avec ces trois espèces de poudre, en commençant par la plus grosse, et vous finirez par obtenir un verre verni transparent, d’une grande finesse et d’une grande régularité.
- Nouvelles allumettes en carton découpé.
- — Ces sortes d’allumettes ont été imaginées pour remplacer celles en coton dites bougies.
- L’emploi de la stéarine y est supprimé ; elles brûlent pendant plus de temps et leur flamme est plus brillante.
- Leur fabrication est simple, rapide et procure une économie de 7 °/o. On peut les obtenir de toutes grandeurs et en toutes couleurs, rondes ou plates. Elles sont imprégnées d’une solution composée de quatre parties en poids de colophane, une de stéarine, deux de blanc de zinc (pour les allumettes blanches), cinq de couleur d’aniline (pour les allumettes coloriées).
- Après dessiccation, les allumettes sont pourvues de tètes phosphoriques par les moyens usuels.
- (Chron. Indust).
- ** *
- Vin de pommes. — Nous parlions dernièrement d’un vin de betteraves; aujourd’hui un journal américain nous apprend qu’on prépure aux Etats-Unis une liqueur alcoolique de pommes, qui, lorsqu’elle est un peu an-C1enne, se rapproche singulièrement du vin du Rhin.
- Elle se prépare de la façon suivante :
- ( n choisit des pommes bien saines, on les presse, on recueille le jus et on l’évapore à uaoitié ; avant que le refroidissement soit complet, on délaye dans ce liquide une quantité de levure de bière suffisante pour y développer une fermentation ; après vingt-quatre heures, on soutire et on introduit le Lquide dans des barils, ou mieux, dans des bouteilles très fortes que l’on bouche soigneusement.
- Le cidre cuit, alcoolisé par la fermentation, orme un vin de dessert, à la fois doux et Capiteux, dont les Américains font grand cas.
- Moulage au plâtre. — Le moulage des Petits objets, tels que plantes, feuilles, etc. peut se faire dp la façon suivante ;
- On commence par humecter d’huile l’objet à mouler, afin d’empêcher le plâtre d’adhérer, et on passe ensuite dessus un couche légère de plâtre très liquide. Après avoir laissé prendre, on verse sur la première couche, une seconde couche de plâtre plus forte et on démoule aussitôt que le plâtre est de consistance convenable.
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- Manière d’utiliser les bouteilles au goulot cassé. — Dans votre bouteille, victime d’un accident qui l’a brisée à sa partie supérieure, vous versez de l’huile jusqu’à la hauteur à laquelle vous voulez couper votre bouteille de façon à en faire une sorte de bocal, et dans cette huile vous trempez une grosse tige de fer — un tisonnier, par exemple — rougie au feu. Un craquement se produit et votre bouteille se trouve coupée régulièrement selon une circonférence qui est celle de la surface du liquide, c’est-à-dire telle que vous la désirez.
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- * =*
- Eau de cuivre. — Prendre 30 grammes d’acide oxalique, faire fondre dans 1 litre d’eau de rivière et ajouter 3 cuillerées d’esprit de vin et 2 d’essence de térébenthine.
- On obtient ainsi un liquide corrosif, qu’il ne faudra pas employer pour les objets délicats. On frotte légèrement les pièces à nettoyer et le brillant apparaît dès qu’on a fortement essuyé avec un linge sec.
- ** *
- Colle imperméable. Quand on a besoin de colle imperméable, on fait tremper dans l’eau de la colle ordinaire jusqu’à ce qu’elle se ramollisse; on la retire avant qu’elle ait perdu sa forme primitive ; après quoi on la met dissoudre dans de l’huile de lin ordinaire sur un feu très doux, jusqu’à ce qu’elle se prenne comme une gelée. Cette colle sert pour assembler toute espèce de matière. Outre sa force et sa dureté, elle a l’avantage de résister à l’action de l’eau.
- ** *
- Nettoyage du velours. — Pour rendre au velours sa fraîcheur et sa souplesse primitives, on le mouille à l’envers et puis on l’expose au-dessus d’un fer bien cliaud sans y laisser toucher,
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- RECREATIONS
- Fier. 212. — L’acide car
- La force du souffle.— Lorsque vous soufflez dans un sac en papier pour le gonfler et le crever ensuite d’un coup de poing aün de produire l’explosion connue, vous êtes vous demandé quelle force avait votre souffle ?„Vous savez que cette force peut être mesurée au moyen d’instruments appelés spiromètres, et que l’on voit dans les fêtes foraines. Je vous propose tout simplement de remplacer le spiromètre par un sac en papier.
- Le sac doit être assez long, étroit, et fait d’un papier très résistant. Fo-rez-le à plat sur le bord d’une table, l’ouverture tournée vers vous, char-gez-le avec des poids de plus en plus lourds que votre souffle aura pu ainsi soulever. Culbuler deux dictionnaires de Bot-tin placés l’un sur l’autre ne sera pour vous qu’un jeu, et il vous est facile de le constater.
- (La science amusante).
- *
- * *
- Graver en relief sur un œuf. — Il faut choisir un œuf dont la coquille soit un peu épaisse, bien le laver dans l’eau fraîche eL ensuite l’essuyer soigneusement avec un linge.
- Cette opération faite, on met un p a de suif ou de graisse dans une cuiller de métal et on la présente sur le feu. La graisse fondue et bien chaude servira d’encre pour tracer avec une plume neuve, tel dessin qu’il plaira de faire.
- Le dessin fini, on prend l’œuf par les deux extrémités entre deux doigts et on le pose doucement dans un gobelet rempli de bon vinaigre blanc ou d’acide sulfurique étendu d’eau ; on l’y laisse environ trois heures.
- Durant cet intervalle, l’acide dissoudra suffisamment une partie de l’épaisseur de la coquille de l’œuf, qui est composée de carbonate de chaux; mais ne pouvant produire au-
- cun effet sur les endroits recouverts, ceux-ci conserveront leur épaisseur et formeront le relief désiré.
- On peut, par ce moyen, dessiner sur un œuf des chiffres, des noms, une mosaïque, un médaillon, des armoiries, des devises, des fleurs, ou mieux encore, la figure d’une carte, dont on fera tirer une semblable dans un jeu de piquet, ce qui don" nera l’occasion de faire un tour très agréable.
- Au lieu de plonger l’œuf dans du vinaigre tort, on pourrait tout bonnement se contenter dp mettre quelques gouttes d’acide sulfurique étendu d’eau sur les caractères ou le dessin, après les avoir préalablement entourés d’un petit cordon de cire ou de mastic pour maintenir le liquide.
- *, * *
- bonique des poumons
- Moyen de constater la présence d’acide carbonique dans l’air qui sort des poumons.—Prenez une feuille de papier et roulez-la de façon à former une sorte de tube de 5 cent, de diamètre, puis approchez l’extrémité de ce tube, de la prise d’air d’une lampe à pétrole ordinaire (fig. 212). En mettant la bouche à l’autre extrémité, faites arriver dans l’air qui alimente la lampe, de l’air sortant des poumons, sans souffler assez fort pour que le courant ait une action sur la flamme-Vous constaterez bientôt que l’intensité lumineuse baisse considérablement, ce qui prouve que l’air qui alimente la flamme est beaucoup moins riche en oxygène. La preuve que la diminution d’intensité n’est pas due à un courant d’air forcé, c’est que, lorsqu’on éloigne le tube, l’intensité ne s’élève pas immédiatement, l’air vicié contenu dans la partie inférieuie du bec continuant à l’alimentei pendant un court espace de temps.
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, Ii8, rue d’Assas.
- La Fère. — Imprimerie Bayen, rue Neigre.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- LA PREMIÈRE LOCOMOTIVE « LE ROCKET »
- 'invention de la machine à vapeur et particulièrement celle de la locomotive compte parmi les plus importantes de tous les temps ; elle a exercé sur les relations commerciales et économiques des hommes une influence considérable.
- Il nous paraît intéressant de donner succinctement Thistorique de la locomotive et des nombreux perfectionnements qu’on y a successivement apportés.
- Au milieu du 17e siècle on savait déjà que
- enfant, Potter, chargé d’ouvrir les robinets de cet appareil, y adapta un système de ficelles qui faisait ce travail automatiquement.
- Dans cette machine, la vapeur n’était pas encore la force motrice elle-même, mais seulement un moyen d’utiliser la pression atmosphérique.
- En 1765, le célèbre inventeur anglais Watt apporta à la machine à vapeur un important perfectionnement, par un nouveau con-
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- Fig. 213. — Le « Rocket ».
- la vapeur enfermée en vase clos et fortement chauffée atteint une grande tension et qu’elle exerce alors sur les parois de ce vase une pression plus ou moins forte. Dès qu’on eût découvert la pression atmosphérique, on essaya d’utiliser cette pression comme force motrice ; d’abord on construisit des machines dont le cylindre est fermé dans le bas, ouvert dans le haut. La vapeur, en entrant dans le cylindre, chassait l’air. De la condensation de cette vapeur résultait un vide partiel. A ce moment la pression atmosphérique s’exerçant sur le piston, le faisait descendre.
- Au commencement du 18e siècle, un Anglais nommé Newcomen construisit une machine qui fut employée comme pompe. Un
- densateur et par l’emploi d’une bielle et d’une manivelle qui tranformait le mouvement de va-e., -ent du piston en un mouvement circulaire. Mais cette machine n’était toujours encore qu’à effet simple, parce que la vapeur n’arrivait que d’un côté du piston. Watt réalisa un nouveau progrès en faisant pénétrer la vapeur dans le cylindre alternativement au-dessus et au-dessous du piston.
- En 1782, la machine à double effet était terminée, mais dans toutes les machines construites pas Watt, la tension de la vapeur était peu supérieure à la pression atmosphérique. C’étaient des machines à basse pression. On eut alors des machines dont la pression était de 2, 3, 4 atmosphères, qu’on
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- appelait des machines de moyenne et de haute pression. Ainsi, on ne réussit que petit à petit à construire une machine à vapeur qui pût servir de locomotive.
- L’installation d’une voie ne présentait cependant pas de grandes difficultés. On croit que les Egyptiens se servaient déjà de voies formées de pierres soigneusement juxtaposées ou de poutres de bois mises bout à bout, mais la construction d’une machine se déplaçant elle-même exigea beaucoup de réflexion.
- Il est vrai que depuis 100 ans un ingénieur français avait imaginé une espèce de locomotive et faisait avec elle des expériences dans les rues pavées de Paris. A Philadelphie, on avait fait, dés l’année 1800, quelques essais.
- Mais ce ne fut qu’au 19e siècle qu’on arriva à la construction d’une locomotive qui permit de parcourir de grandes distances sûrement, rapidement et à bon marché.
- L’honneur de ce dernier progrès revient tout entier à l’Anglais Stephenson. Il était le fils d’un pauvre chauffeur. Jusque dans sa dix-huitième année, il ignorait l’art de la lecture et de l’écriture.
- Déjà, comme apprenti chauffeur, il se donna beaucoup de peine pour gagner le temps perdu dans sa jeunesse. Il s’appliqua surtout à connaître à fond la machine qu’il était chargé de surveiller et il employa tous ses loisirs à construire des modèles d’appareils. Plus tard il fut employé comme mécanicien dans une mine à charbon et chargé de construire une locomotive. En l’année 1814, il termina sa première machine, qui était supérieure à toutes celles qu’on avait faites jusqu’alors. Elle traînait sur un chemin dont la pente était de 1/150, huit wagons chargés, avec une vitesse de 4 milles anglais à l’heure (le mille anglais vaut 1609 m). La locomotive
- avait quatre roues, mais qui n’étaient pas encore directement mises en mouvement par la bielle. La chaudière n’était pas encore tubulaire, mais ne contenait qu’un seul tuyau qui conduisait le foyer à la cheminée ; la surface de chauffe était alors par conséquent encore très petite. La vapeur produite s’échappait aussi immédiatement au dehors.
- Le cylindre était vertical et les pistons travaillaient à grand bruit. Stephenson essaya de perfectionner cette machine. D’abord il y adapta un tuyau qui conduisait la vapeur dans la cheminée et déterminait ainsi un bon tirage donnant une rapide reproduction de vapeur à meilleur marché. Il mit les roues de la locomotive immédiatement à la bielle. En l’année 1825, on construisit la première locomotive pour un train de voyageurs ; elle fonctionnait entre Darlington et Stockton, éloignés de 30 km. Dans le courant de l’année suivante, on entreprit la construction du grand chemin de fer entre Liverpool et Manchester. La compagnie mit la construction de la meilleure locomotive au concours et ce fut Stephenson, aidé de son fils, qui remporta le prix. Il fit le Rocket- (en français fusée), [figure 213J. Elle avait deux grandes roues qui communiquaient avec les bielles ; les deux cylindres étaient obliques ; elle avait une chaudière.
- Le 6 octobre 1829, lorsqu’on fit courir les trois locomotives au concours, le Rocket remporta le prix en parcourant, sans wagons, une distance de 32 milles à l’heure.
- L’inauguration solennelle de la grande voie Liverpool-Manchester, qui eut lieu le 15 octobre 1830, fut un évènement d’une importance capitale. Cette voie fut ouverte pour le transport des personnes et des marchandises, avec huit excellentes locomotives du modèle de celle de Stephenson.
- PHOTOGRAPHIE PRATIQUE
- ^^éêeproduction des imprimés, gra-H [vvɧ vures, etc. — On sait que lorsqu’on fait une reproduction d’une gravure oh d’un imprimé, il est à peu près impossible d’éviter que le grain du papier ne se voie sur le cliché. M. Wanoke a récemment in-
- diqué le moyen d’y arriver ; il suffit d’opérer à la lumière artificielle, et de placer la lampe, d’abord à droite, puis à gauche de l’épreuve. De la sorte, on peut même reproduire une épreuve qui a été pliée, sans que le pli se voie sur le cliché, La fig. 214 représente en
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- plan une disposition qui permet de reproduire ainsi des épreuves de petits objets, etc. L’objet à photographier est placé en O. En LL se trouvent deux lampes à pétrole, mu-
- Fig. 214.
- nies de réflecteurs RR’. G, est la chambre noire.
- ** *
- Déplacement vertical de l’objectif. —
- Lorsqu’on veut photographier un monument d une certaine hauteur, il arrive presque toujours que la partie supérieure du monument se trouve en dehors du champ, et si l’on veut conserver la perspective exacte, la glace dépolie doit rester verticale.
- On tourne la difficulté en élevant l’objectif parallèlement à lui-même, et cela jusqu’à ce que le centre de la glace dépolie, le centre optique de l’objectif et le milieu du monument à photographier soient sur la même droite. La ligure 215 montre comment le déplacement vertical de l’objectif, de O en O’, rend possible l’inscription du monument MM’ dans la plaque PP’.
- La hauteur 00’ = h, dont il faut élever l’objectif pour qu’un monument de hauteur 2R se trouve au milieu de la plaque, est donnée par la formule
- f (H - p)
- D + f
- 1 étant le foyer conjugué de l’objectif (qui Peut sans inconvénient être confondu avec le loyer principal),
- 1H la distance du monument à l’appareil
- (et, par suite, D -f- f la distance du monument à la glace dépolie),
- p la hauteur de l’axe optique de l’appareil au-dessus du niveau du sol.
- Il va sans dire qu’une petite erreur sur l’appréciation de la distance D est sans importance, et que la distance D + f peut sans inconvénient être prise égale à D.
- Supposons, par exemple, que nous voulions photographier un monument dont le haut de la flèche est à 100 m. du sol, cette photographie étant prise à une distance de 140 mètres avec un objectif dont le foyer soit 0 m. 20.
- Fig. 215.
- Si l’axe de l’objectif arrive à 1 m. 50 du sol, nous devons disposer d’un déplacement vertical égal à
- 20 X (5000 - 150)
- 14000
- 6 cm., 9
- Le déplacement vertical de l’objectif a un inconvénient; il amène souvent l’image en dehors de la surface réellement couverte par l’objectif, et conduit", par suite, à adopter de petits diaphragmes. Lorsqu’on veut se sous* traire à cet inconvénient, on s’élève, avec l’appareil, jusqu’à une hauteur voisine du milieu du monument. Mais cette façon de procéder a un inconvénient non moins grave, elle change la perspective. La plupart des photographes choisissent un moyen terme, et montent l’appareil sur une échelle de 3 à 4 mètres de hauteur. Ce pied élevé a en outre l’avantage de monter l’appareil à une hauteur supérieure à celle de la tête d’un homme, et, par suite, de permettre l’instantané sans être gêné par les passants.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- VARIATION DE COULEUR DES SERPENTS
- SOUS L’INFLUENCE DU CLIMAT
- ’est un fait bien connu que la couleur des serpents n’est pas un guide infail-lible pour distinguer les diverses variétés ; mais ce qui est moins connu peut-être, c’est que le dessin général ou la distribution des couleurs est la même chez les mêmes espèces. C’est ce que montrent les spécimens de Bothrops atrox et de Bothrops lanceolatus que représentaient les dessins que nous avons donnés dans un de nos derniers numéros. C’est ce que m outrent aussi les deux, spécimens de xiphosoma hortulana , que nous donnons ci-après. On voit que le 1 a b a r r i ou Bothrops atrox des bois sombres de l’Amérique du sud a les mêmes dessins, mais avec une couleur plus foncée, que
- son frère le fer de lance, des champs de canne ensoleillés de la Martinique ou de Sainte-Lucie. La couleur du premier est en harmonie avec les feuilles sombres, en décomposition, qu’on trouve aux bords des rivières qui inondent fréquemment ces forêts obscures, tandis que celle du dernier nous rappelle le sol jaune-rougeâtre du champ de cannes fréquemment labouré. Des deux spécimens de xiphosoma hortulana représentés par la fig. 217, le plus sombre vient des ravins obscurs des montagnes de l’île de Grenade, environnées de forêts, pendant que le plus
- Fig.J216. — Vipère africaine
- brillant, d’un jaune pur, habite les mangliers dans les marais de Caroni (Ile de la Trinité) à ciel ouvert, et relativement exposés au soleil. Lorsqu’on examine les serpents «le cette espèce, on est étonné d’y trouver une telle variété de couleurs, mais on remarque que toujours, le dessin est formé d’une série d’anneaux disposés plus ou moins régulièrement sur les côtés.
- Le serpent à sonnettes des plaines brillantes de Guiria (Venezuela Est) où le sol est d’une couleur rougeâtre, a sur le dos des taches rougeâtres, et est beauco up plus brillant que celui des marais sombres de Déniera ra.
- Il semblerait donc d’après cela que
- l’intensité de la couleur soit profondément modifiée par la nature de la
- lumière dans laquelle vit l’animal, la couleur des objets environnants étant, dans une certaine mesure, photographiée sur la peau.
- On dit que les contrées montagneuses sont favorables aux génies poétiques, et que peu de poètes sont nés dans des pays plats et monotones. Si ceci est vrai, comme il le semble, pour l’imagination humaine, ce ne l’est pas moins pour la couleur des serpents. Pi'e‘ nons, par exemple, la vipère du sud de l’Afrique (Clotho arietaus) figurée ci-dessus. C’est un serpent venimeux, noir et jaune, court, épais, à large tête. Les serpents de
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- 23?"?«
- Mufti*
- LA SCIENCE EN FAMILLE
- 'Jette espèce, qui vivent dans les contrées basses, près de la mer, sont de couleur sombre. Le jaune est pâle et le noir semble sale, comme un vieil habit sur le dos d’un mendiant. Mais ceux qui vivent dans les montagnes sont tout à fait différents. Ils sont parés d'une splendide robe jaune d’or et de velours du plus beau noir. Et ce n’est que naturel, puisqu’il a habité depuis des siècles les
- dans l’est du Venezuela. Il était couvert de marques gris clair et gris sombre. En septembre, j’en ai attrapé un, de la même dimension, sur les collines d’Arouca (Ile de la Trinité). Le dessin était le même, mais la couleur était noire et blanche. Les boas constrictors des forêts sombres, dans les plaines de Cha-guanas de la même ile, ne sont pas à beaucoup prés aussi brillants que ceux des colli -
- Fig. 217. — Les serpents d’arbres (Xiphosoma hortulana).
- l0chers brûlés du soleil ou les ombres épaisses, (!uil en porte sur sa peau la photographie.
- Le lora du Venezuela (Ahaetulla liocerca) Contre les mêmes différences. Sur les mon-*-agnes, il est du vert le plus brillant; il P°i'te de chaque côté une bande dorée; en essous, il est d’un blanc de nacre, pendant lue son frère des plaines est d’une apparence Sale. En juillet, l’année dernière, l’auteur a a|hapé un jeune boa constrictor dans les P aines basses de Quebranta, près de Guiria,
- nés de Zoco, à trente kilomètres au nord-est. Et il y a quelque temps, j’en ai eu un des collines du Brésil, beaucoup plus brillant que tous ceux que j’avais vus.
- Dans ma colleclion du Central Park, il y a maintenant quelques beaux spécimens de xiphosoma hortulana, qui montrent bien ces variations de teinte. L’un est jaune, tellement pâle que le dessin est à peine visible. Un second est rouge, avec des anneaux jaunâtres. Un troisième est brun rougeâtre, avec
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- les mêmes marques. Un quatrième est noir comme du jais, avec des anneaux blancs, et un cinquième a, chose étrange, un fond blanc avec des taches circulaires d’un noir de jais.
- La même supériorité de couleur des serpents de montague se remarque dans divers
- pays. Ceci est peut-être vrai, non seulement pour les serpents, mais encore pour d’autres animaux, qui, après un long séjour dans un certain milieu, portent photographiée sur leur peau la couleur des objets environnants.
- (.Scientific American). G.-R. O’ReiLLY.
- LES TRAVAUX D’AMATEUR
- LA DORURE SUR VERRE ET SUR CRISTAL
- a dorure sur verre ou sur cristal s’obtient au moyen d’un bain contenant une solution d’or et dans lequel on porte l’objet à dorer. Un certain nombre de réactions sont nécessaires pour que l’or de la solution en usage puisse s’étendre et se fixer de façon solide, sur le verre ou le cristal à décorer.
- C’est la composition de ce bain et celle des réactifs dont l’emploi détermine la dorure, que nous nous proposons d’indiquer à nos lecteurs, avec la façon de les préparer et de mener à bien l’opération tout entière.
- Le bain se compose d’une solution d’or, d’une solution de soude caustique et d’un réactif.
- On obtient ainsi la solution d’or : On fait dissoudre dans de l’acide chlorhydrique de l’or chimiquement pur et on laisse ensuite évaporer jusqu’à parfaite cristallisation. Les cristaux d’or ainsi obtenus sont alors dissous dans l’eau, dans la proportion de 6 à 7 gr. par litre d’eau distillée et filtrée avec le plus grand soin.
- Voici, d’autre part, comment se prépare la solution de soude caustique.
- On traite 40 grammes de soude caustique par l’alcool ou la chaux suivant les procédés ordinaires et l’on fait dissoudre également dans un litre d’eau distillée.
- Telles sont les proportions que l’expérience et la pratique permettent de considérer comme les plus convenables, tant au point de vue de l’économie qu’à celui de la réussite de l’opération.
- On prend ensuite 4 parties de la première solution que l’on môle à 1 partie de solution de soude caustique, et dans un litre de ce mélange on ajoute l’un des réactifs suivants :
- 1° 3 cent, cubes de glycérine chimiquement pure concentrée, dans la même quantité d’eau distillée, donnent avec la solution caustique ci-dessus, le réactif le plus énergique.
- 2° On mélange 5 cent, cubes d’alcool dans la même quantité d’une solution aqueuse de glucose préparée en faisant dissoudre 20 gr-de glucose dans 100 gr. d’eau distillée et en faisant bouillir cette solution jusqu’à réduction à 50 gr. Il est à remarquer que ce réactif donne à la dorure une couleur rougeâtre.
- 3° On fait dissoudre 12 gr. de sucre blanc dans 100 gr. d’eau distillée, et on y ajoute 2 gr. d’acide azotique de 1,34 de gravité spécifique; à cette solution, on joint 30 cent. c. (poids égal) d’alcool et on laisse bouillir le tout pendant 15 minutes.
- 4° L’eau-de-vie ordinaire constitue un assez bon réactif ; mais les alcools sont bien préférables, et parmi ceux-ci, les alcools aromatiques, tels que l’alcool buthylique, l’alcool amylique et l’alcool propylique sont phlS ordinairement choisis. L’emploi de ce reactif donne à la dorure un éclat particulier.
- Dès que les différents éléments du bain sont réunis, la réaction commence, c’est-à-dire en fait l’opération de la dorure.
- L’or s’étend, se fixe sur le verre, dans tous les sens ; cependant pour que l’opération s’effectue d’une façon utile et convenable, i faut qu’elle se produise de bas en haut, c est-à-dire que la pièce à dorer doit être place© dans le bain dans une position telle que 1°^ s’étende dans cette direction sur les parties a décorer.
- L’opération achevée, on retire la pièce du bain, on la lave à l’eau pure et on recouvi la dorure d’un vernis.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- RENSEIGNEMENTS ASTRONOMIQUES
- LES SATELLITES DE JUPITER
- Jupiter ayant quatre satellites (Io, Europe, Gany-mède, Callisto), nous donnerons en face de chaque élément, quatre chiffres qui se rapporteront à ces satellites, dans l’ordre que nous venons d’indiquer.
- Diamètre; 0,027 — 0,024 — 0,040 — 0,034 (en rayon de la planète).
- Distance: 5,933 — 9,439 — 15,057 — 26,486, même unité.
- j Révolution : 1 j. 18 h. 27 m. — 3 j. 13 h. 13 m.
- ! - 1 j. 3 h. 42 m. —16 j. 16 h. 32 m.
- Inclinaison du plan sur l'orbite de Jupiter : 2« 8’ 3” - 1° 38’ 57” — 1° 59’ 53” — 1° 57’.
- Excentricité —- ? — ? — 0,0013 — 0,0Q72. Volume. — 0,00002 — 0,000014 — 0,00006 — 0.00004.
- Densité. - 0,198 (1) — 0,374 (1) — 0,325 (1) — 0,253 (1).
- Masse. — 0,000017 — 0,00002 — 0,00009 — 0,00004 Vitesse par seconde sur l'orbite : 17,667 — 13,999 — 10,869 — 8,359.
- Chaleur : 0,37.
- Longitudes du nœud ascendant: 335°45 — 336“ 55 — 341“ 30 — 344“ 56.
- Diamètre à la distance 1 : 5” 292 — 4” 704 — 7” 84 — 6” 664. G. Vallet.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- L’ambre et ses imitations. — Voici quels sont les caractères qui peuvent servir à dis-| tinguer l’ambre de ses imitations : le copal est jaune, et toujours d’une couleur uniforme, pendant que l’ambre est généralement nuancé ou rayé, ou veiné. Lorsqu’il est frotté avec la paume de la main, il dégage nue odeur aromatique, ce qui n’est pas le cus avec le copal ou l’ambre artificiel. L’ambre, recouvert de suif et tenu au-dessus 'fu feu pendant quelques minutes, peut être c°urbé, tandis que ses imitations restent ri-jïides. h s’écrase avec difficulté ; il ne peut cL’e éclaté ni rayé avec l’ongle. Il peut être noupé, limé, scié et poli ; mais il ne peut ^'e soudé par rapprochement, comme le copal | °u 1 ambre artificiel. (Invention).
- *
- Une nouvelle peinture à l’huile. — La
- Réparation de cette nouvelle peinture est usée sur une curieuse propriété de l’huile ® coton : d’absorber du plomb et de se com-« avec lui.
- Voici comment on procède : dans un vase Petallique, de capacité suffisante, on place ClI1q litres d’huile de coton ; d’un autre côté, joufond dans une poche en fer 10 kilogram-I es plomb. Lorsque tout est fondu, ce ||jUl suppose une température de 335 degrés | V^on> °n verse le plomb dans l’huile, en I uaut constamment pour que chaque par-
- celle de plomb soit exposée à son tour à l’action de l’huile. On laisse alors refroidir, puis on décante l’huile et on retrouve au fond environ 8,5 kilogrammes de plomb seulement. Un kilogramme et demi a été déjà absorbé par l’huile.
- On procède à la même opération une seconde fois avec le plomb qui reste et on ne trouve plus cette fois que 7,5 kilogrammes non assimilés.
- En répétant l’opération cinq fois, on finit par faire absorber aux 5 litres d’huile de coton 5 kilogrammes de plomb, ce qui parait être le maximum susceptible de se combiner. Après un refroidissement complet, l’huile a pris la consistance un peu épaisse d’un vernis et est maintenant prête à être appliquée, soit avec une éponge, soit au pinceau, sur les surfaces que l’on veut protéger contre les influences corrosives ou détériorantes. Elle adhère immédiatement et fortement sur toute espèce de matériaux ; le mieux est de laisser sécher la première couche pendant quarante-huit heures avant d’en appliquer une seconde.
- Les auteurs du procédé croient qu’aucune autre huile que celle du coton ne possède la propriété d’absorber ainsi du plomb et pensent, d’un autre côté, que cette huile traitée de la même manière avec d’autres métaux, en absorberait également.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Gomme nous l’avons dit, la composition est employée pour protéger les surfaces, surtout métalliques, de toutes espèces; on l’a particulièrement recommandée pour recouvrir les fonds en fer ou en acier des vaisseaux et
- les protéger contre la rouille et les attaques de l’eau salée et de ses habitants. On s’en est également servi avec succès pour les bois qui doivent être enterrés ou soumis à l’action de l’eau.
- RECREATIONS SCIENTIFIQUES
- UNE MACHINE A VAPEUR D’UN SOU
- renez une boîte de fer-blanc sans soudure (telle qu’une boîte à cirage, dont les jonctions sont faites par accrochement) ; ce sera votre chaudière.
- Avant de fixer le couvercle, percez dans celui-ci deux trous ; l’un T de 3 à 4 millimètres de diamètre, qui devra être sans bavure, afin d’y enfoncer un bouchon en bois blanc B, qui se vissera en quelque sorte sur la partie coupante ; (ce trou T sert à l’introduction de l’eau) ; l’autre t, percé avec une pointe, de dedans en dehors, ne sera pas ébarbé, et servira à l’échappement de la vapeur.
- Le couvercle sera maintenu sur la boite au moyen d’un fil de fer f, et un mastic introduit dans les fissures empêchera toute fuite. Si l’on veut mieux faire encore, on soudera à l’étain tout le tour du c ouvercle. Mais il faut avoir soin alors de ne pas chauffer la chaudière sans eau.
- La vapeur s’échappant par le trou t, souffle sur un moulinet à ailettes A, qui constitue la machine, et que l’on peut faire très simplement de la façon suivante. Les supports de l’arbre més d’une lame de fer-blanc I, comme l’indique la figure ci-dessus, puis recourbée de chaque côté. Elle est retenue sous le fil de fer f. L’arbre est formé... d’une allumette dont les extrémités sont diminuées pour former des tourillons, et qui est tendue pour recevoir les ailettes en fer-blanc AA;
- Fig. 218.
- Fig. 219.
- sont for-découpée
- chacune de ces ailettes est tendue elle-même sur la moitié de sa longueur, de sorte qu’elles entrent l’une dans l’autre, et occupent, en tournant, les mêmes positions.
- Maintenant, une leçon de chauffe. Après nous être assurés, en soufflant dessus avec la bouche, que le moulinet tourne bien librement, nous enlèverons le bouchon B, et introduirons, par le trou T, un volume d’eau égal à la moitié environ du volume de h chaudière.
- Nous remettrons le bouchon B, et placerons la chaudière, soit sur un petit fourneau, soit sur une lampe ou une bougie-Nous nous assurerons que le trou t n’est pas obstrué par un grain poussière — à quoi tiennent les ratas trophes ! — et nous attendrons le moment où la vapeur s’échappera par ce trou en produisant un petit sifflement qui servira de guide pour nous dire si la pression devient trop forte. Le moulinet A sera amené à sa position exacte devant le jet d vapeur, et la machine se mettra à tourner avec une très grande vitesse. Nous allions soin, naturellement, d’enlever la. ehau dière ou le feu ausitôt que la diminution rapide de cette vitesse nous indiquera toute l’eau est épuisée.
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, nS^ruejbAss^ La Fère. — Imprimerie Bayen, rue Neigre.
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-
-
- TABLE DES MATIÈRES
- Du 5e Volume 1891.
- Abatage des arbres par l’électricité . . .
- Abat-jour magique (1’)....................
- Abeilles et l’abeille médecin (les piqûres d’) Accident au Vésuve (un). ......
- Acide carbonique dans l’air qui sort des pou nions (manière de constater 1’). .
- Acide sulfurique (une source française d’)
- Aréostation militaire (1’).............
- Agrandissements et réductions photo.
- Alliage (nouvel).......................
- Allumette électrique...................
- Allumettes en carton découpé (nouvelles)
- Amandes (les)..........................
- Amateur photographe (notes d’un modeste) Animal qui court le plus vite (1’) . .
- Anneaux (les deux) et la planchette.
- Appareil électro-médical...............
- Appareil oxyéthérique pour projections Arbre-ivoire (1’) et le corozo Arbre magnifique (un) . .
- Arbre le plus productif (1’)
- Aristote (le tombeau d’)
- Arithmographo Troncet (1’)
- Avertisseur automatique (simplification)
- B
- Balance à pesées rapides . .
- Balançoire gigantesque (une).
- Baleine des Basques (la) . .
- Ballon captif de l’exposition (le)
- Ballon au pôle nord (en) . .
- Baromètre à peu de frais (un)
- Baromètre naturel (un). . .
- Bateau en savon (un) . . .
- Bêtes féroces (marché de)
- Bière (une petite) ....
- Blanchiment des gants . . .
- Bois de Jarrah (le) ....
- Bolide peint par Raphaël . .
- Bouquets sous l’eau (les) .
- Bouteille (couper une).......................
- Bouteilles au goulot cassé (manière d’utiliser) Brochets (un exemple de la voracité des)
- c
- 364
- 80
- 864
- 285
- 368
- 318
- 343
- 113
- 366
- 64
- 367 237 188
- 94
- 48
- 335
- 270
- 65 78
- 111
- 237
- 17
- 52
- 352
- 366
- 102
- 191
- 67
- 224
- 366 222 284 352 239
- 15
- 289
- 255
- 30
- 367 334
- 236,
- Râbles sous-marins (les).....................366
- a>sse indéclouable...........................95
- Cendrier des moissons (le) . . . 283
- ^nne-lumière.................................350
- ç nou sous-marin (un).........................78
- aiavane égyptienne du jardin d’acclima-
- ‘«'on «a)..................................385
- artes do visite (les)........................33
- Cartes de visite (utilisation des). . .
- Cartes de visite (utilisation des vieilles) Cartes géographiques en caoutchouc .
- Carton imperméable..............
- Casse-tête géométrique .... Catastrophe de Mœnchenstein (la).
- Causerie photographique . . .
- Causses du Lot (les)............
- Cavernes de Ponte-Leccia (la). .
- Cerf-volant (le)................
- Cerises (Lucullus et les) . . .
- Chambres détectives (échelle pour la mise
- point des).................
- Chapeaux de paille blanche (nettoj’age de Cheminée de France (la plus haute! Chemins de fer pour navire (nouveaux) Chêne de quinze siècles (un.).
- Chevaux (le poids des) . . .
- Chiens de guerre. ....
- Chimie récréative . . .
- Cigares falsifiés............
- Ciment très résistant . . .
- Cinétographe d’Edison . . .
- Ciseaux perfectionnés . . .
- Cliché cassé (pour tirer un) .
- Clichés durs (adoucissement des)
- Climat de notre époque de) .
- Codophone du Rêve (le)
- Colin-maillard (le) . . .
- Colle imperméable . . .
- Colle pour la faïence et la porcelaine . Collections de l’exposition Bonvalot (les)
- Conscience turque (la)................
- Contact pour porte d'armoire ou de coffre (installation gratuite d'un) . .
- Copeaux de bois.................
- Coqueluche (la)................
- Corail, sa pêche, son industrie (le)
- Corps élastiques (choc des) . .
- Corps humain (le) . ... . .
- Corps liquides (frottement des) .
- Coryza (le)....................
- Couleur naturelle des échantillons zoologiq
- (pour conserver la)..............
- Cousins (mort aux).................
- Couteau d’Amérique (le plus grand)
- Cuir factice......................
- Cyclones (les)..................
- Cygne nageur (le)..............
- 48,
- fort
- ues
- 80
- 46
- 45
- 64
- 144
- 264
- 225
- 37
- 190
- 175
- 222
- 222
- 310
- 158
- 27
- 94
- 349
- 269
- 143
- 132
- 79
- 277
- 224
- 221
- 221
- 255
- 26
- 319
- 367
- 334
- 245
- 254
- 22
- 239
- 131 305 144
- 78
- 239
- 132
- 287
- 239
- 26
- 191
- 311
- 112
- D
- Dangers de l’électricité (précautions à prendre
- contre les).................................
- Danse au son du téléphone (une) ....
- 159
- 15
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-
-
- 378
- TABLE DES MATIÈRES
- Décoloration dos clichés photographiques
- jaunes................•....................287
- Découverte intéressante (une).................268
- Définitions (quatre) .........................157
- Destructeurs de livres (les)..................84
- Destruction des insectes par l’électricité . . 174
- Destruction des insectes nuisibles par leurs
- parasites..................................326
- Diamants jaunes et bleus......................350
- Dîner électrique (un).........................141
- Distraction (simple)..........................288
- Distributeur automatique (nouveau) ... 26
- Dorure du cuivre par frottement .... 79
- Dorure sur xerre et sur cristal...............374
- E
- Eau (1’)......................................179
- Eau avec du froid (faire bouillir de 1’). . . 304
- Eau de cuivre.................................127
- Eclair magnésiquc ("un dangereux) .... 172
- Ecluse (la plus grande) du monde .... 93
- Ecrevisses (choix des) .....................319
- Eclipses des 15-16 nov. et lrc déc. 1891 . . . 363
- Ecorces de platane (les)......................366
- Electricité (distribution d’) 106,124. 135, 168,
- 199, 209, 231, 279. 312
- Elévateur monstre (un)........................173
- Encre de Chine (fixation de 1’)...............143
- Encre pour les laboratoires...................127
- Enduit pour le fer et l’acier...................173
- Ephémérides astronomiques, 13, 44, 77, 108,
- 140, 166, 205, 238, 267. 301
- Epine-vinette (F)...............................187
- Epistaxis (F)...................................182
- Epreuves sur soie...............................221
- Etna en éruption (F). . . »...................15
- Etoffe de bois..................................350
- Etoile nationale . 336
- Exploit aérostatique (un)........................27
- Exposition de Chicago (avant F) . ' . . . . 317
- Exposition d’apiculture et d’inscctologie. 263, 314 Exposition d’électricité de Francfort-s/-Mein (F) 250 Exposition française de Moscou (F) .... 183
- Exposition internationale de photographie. . 45
- Extincteur d’incendie .... 2 ... 174
- Fleurs et la parfumerie (les)...............
- Fleurs* et parfums..........................
- Fleur (le prix d’une).......................
- Fleur de vin (pour empêcher la) ....
- Fleurs artificielles (les)..................
- Fleurs (conserver la couleur des)...........
- Flûte de trente siècles (une)...............
- Force centrifuge............................
- Force centrifuge (la) et l’origine des mondes.
- Fortifications de neige (les)...............
- Foudre et la lumière électrique (la). . . .
- Fourrures de grande valeur (les)............
- Fuchsia (le plus grand).....................
- Funiculaire de Belleville (le)..............
- Furoncle (traitement du)....................
- G
- Galène (nouvelle mine de)...................
- Gants et dentelle (pour conserver) ....
- Gaz (adhérence des).........................
- Glaces au gélatino-bromure pour positifs transparents sans développement (préparation de) Graisse pour empêcher les robinets de fuir .
- Graver en relief sur un œuf.................
- Gravure (moyen de reproduire une) . . .
- Gravurés anciennes (restauration des) . . .
- Gravures et photographies (reproduction des)
- Grenouilles (l’élevage des).................
- Grisou (le) . ’.........................6,
- Guêpes (pour détruire les)..................
- Gymnastique et électricité..................
- H
- Habitabilité des mondes (quelques mots sur F) Habitations singulières. .......
- Halo (moyen d’éviter le)....................
- Hélichromie (note sur F) ...................
- Hêtre (le) .................................
- Heure légale................................
- Hiver de 1890-91 (F)..................• •
- Hivers rigoureux (les).................. . .
- Huîtres vertes (les)........................
- Hydrogène...................................
- Hygrométrie.................................
- Hygromètre (faites vous-mêmes un). . . •
- 158
- 112
- 20G
- 192
- 193 224 173 240 272 206 363
- 14
- 349
- 219
- 181
- 365
- 287
- 160
- 154
- 95
- 368
- 224
- 69
- 251
- 158
- 21
- 271
- 192
- 246
- 317
- 221
- 340
- 120
- 191
- 94
- 53
- 94 34
- 112
- 95
- F
- Fabrique d’aiguilles (la première) .... 849 Faïences et porcelaines (restauration des) . . 327
- Falsification des denrées alimentaires ; le lait 347
- Famille (une belle)............................223
- Fantasmagorie (la)..............................88
- Fécondités (belles)............................111
- Fer (manière de peindre le)....................335
- Feu St-Elme (curieux exemple de) .... 284
- Feuilles (squelettes de).......................352
- Figuier d’Inde (le)............................355
- Figuier géant (un)............................ 14
- Flanelle végétale. . 254
- I
- Ichtyosaure de Ste-Colombe (F).................
- Iconogène (à propos de F)...................•
- Iconogène noirci (moyen de rendre ses propriétés révélatrices à F)......................
- Illusion d’optique.................. 240,
- Illustration (nouveaux procédés d’) . . . •
- Incendie par l’électricité (une cause imprévue)
- Inertie (F).............................• •
- Insectes perforateurs des bouchons de liège
- Inscriptions sur verre.........................
- Inventions (la part du hasard dans les) . •
- Inviolabilité des coffres-forts, coffres à bijoux,
- 333
- 172
- 341
- 256
- 115
- 384
- 119
- 358
- 192
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-
-
- TABLE DES MATIÈRES
- 379
- Ivoire artificiel (V)...............
- Ivoire en Afrique (le commerce de 1’)
- 285
- 228
- 110
- 316
- au gélati
- (les) . liège et
- les
- 324
- 173
- 270
- 266
- 167
- 11
- 145
- 222
- 269
- 362
- 164
- 82
- 77
- 62
- 126
- 167
- 79
- Jet d’eau inépuisable......................206
- Journal américain (un).....................
- Jupiter (monographie de) ; ses satellites, 316,
- L
- Laboratoire de l’amateur (le), 4, 34, 98, 179,
- 213, 243, 307 ............
- Lacs (la profondeur des grands)
- Lampe colossale (une) . . .
- Lanterne J. Decoudun (nouvelle)
- Lanterne magique (nouvelle) .
- Laveuse automatique pour clichés
- bromure...................
- Lavoisier...................
- Lentilles d’objectif (pour dévisseï Lettres au Japon (le port des).
- Liège mâle (le) ; les déchets de vieux bouchons ....
- Ligne téléphonique de Londres à Marseille Liqueurs de table ; manière économique de les préparer soi-même . .
- Livre (le plus petit) du monde Locomotive à téléphone Loi célèbre (origine d’une).
- Lune (monographie de la) . .
- Luts ou mastics obturants. .
- M
- Machine à vapeur d’un sou (une) .... 376 Machines marines (les plus puissantes) . . 15
- Manomètre de la tour Eiffel fie)...........198
- Manomètre métallique de M. Mignot . . . 337
- Margarine dans le beurre (moyen de reconnaître) 223
- 239 223 296 287 301 195 181 165 3
- 101 127 192 367 47 229
- 211, 257
- .141
- Mars (monographie (de)
- Meubles d’acajou (pour nettoyer les)
- Mer libre du pôle nord (la) .
- Migraine (remède contre la) . . •
- Mildew (sur l’origine du mot)
- Mimosa sensitive (la) . .
- Mines (les plus profondes).
- Momies de Louqsor (les)
- Monument de Bergerac (le)
- Morelle noire (la).
- Mouches phosphorescentes (la Mouchoir (ne pas prêter son)
- Moulage au plâtre . . .
- Mouvements relatifs (illusion des) Multiplication de certains nombres (remarques)
- N
- Nageur (prouesses d’un).....................
- Neige (la)................ .................
- Nettoyage des flacons.......................
- — du nickel.........................
- — des bijoux, pierres précieuses . .
- lumières des)
- Nettoyage des bouchons.......................192
- — du velours..............................367
- Nickel ure des métaux........................156
- Nombre it (essai statistique sur le) . . . . 365
- Nouvelle peinture à l’huile................375
- Nouvelles astronomiques.......................27
- Numérotage des maisons (le) et les enseignes d’antan . ...........................
- 15
- 49
- 63
- 64 143
- O
- 185
- Observations méridiennes (les)
- Obus mécaniques.........................
- Œufs conservés frais .......
- Œuf ludion..............................
- Œuf (suspension d’un) aux cendres d'un fil
- Œufs (les) et la photographie...........
- Oiseaux au vol élevé (les)..............
- Oiseaux qui ne font pas de nid (les) . . Oiseaux de proie (attaques d’) . . . .
- Ongles incarnés.........................
- Orgue électrique de Notre-Dame de Paris (1’) Ortie (f) ; plante alimentaire pour l’homme Otter-Hound (1’) et la chasse à la loutre . Outres en Italie (la confection des) . . .
- P
- Papier au ferro-prussiate (liqueur pour) . Papier de verre et d’émeri (fabrication du) Papier translucide .
- Papier de bananes . .
- Papier imperméable. .
- Papier-dentelles (le) . .
- Papier incombustible (le)
- Papillons (les), leur emploi dans les arts et l’industrie ....
- Papillons (conseils aux amateurs pour faire une collection de), 129, 151, 161,177,241,273,
- 294
- Passage des rivières . . .
- Pêche au Japon (curieuse). .
- Pèche en France (la) . . .
- Pélargonium entre les coupures
- Perce-neige (la).............
- Perturbations (les) de l’atmosphère et les influences astrales.................86, 133
- Pesées de précision................
- Pèse-lettres improvisé (un) . . .
- Pétrole (une fontaine de) ... .
- Phares géants (les)................
- Phosphogrammes.....................
- Photographie à la lumière artificielle
- Photographie pratique.............
- Photographie des couleurs pressentie
- xvnr° siècle....................
- Photographie en chambre (la) . .
- Photographie (du temps de pose en) Photographie sans chambre noire (la) Photographie ortho-chromatique (la) Photographie sur bois.............
- 228
- 331
- 333
- 304
- 288
- 304
- 76
- 318
- 351
- 269
- 268
- 33C
- 50
- 55
- 126
- 221
- 351
- 221
- 269
- 287
- 16
- 127
- 342
- 203,
- au
- 321
- 27
- 317
- 94
- 335
- 90
- 148
- 303
- 32
- 237
- 34
- 351
- 353
- 370
- 283
- 309
- 235
- 42
- 76
- 75
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-
- 380
- TABLE DES MATIÈRES
- Photographie des couleurs (la)..............91
- Photographie en voyage (la).................217
- Photomicrographie (la)....................260 282
- Pigeons ivres...............................334
- Plaques de verre dépoli (procédé pour obtenir
- de belles) , i...........................366
- Pluie (production artificielle de la) . . . . 357
- Piles chloro-chromiques du comm. Renard) . 19
- Pissenlit blanc tout l’hiver................31
- Poire centenaire (une)......................26
- Poisson singulier (un)......................363
- Poissons à chair vénéneuse .................222
- Poisson (pour conserver le).................270
- Poisson-chandelle (le)......................46
- Poisson qui nage le plus vite (le) .... 127
- Pommes (vin de).............................367
- Ponts en tôle (oxydation des)...............334
- Positifs (nouveau mode de tirage des) . . . 299
- Positifs très doux avec des négatifs très durs
- (procédé pour obtenir des)...............341
- Positifs en grandeur naturelle (reproduction) 230 Poudres médicamenteuses (moyen de prendre
- les)................( ...............271
- Première locomotive (la)....................369
- Pression atmosphérique (la) .... 128, 355
- Produits pharmaceutiques (les).................37
- Projections lumineuses (les applications des). 248 Psaume dans un grain de blé (un) .... 334
- Puits artésien de Sprinficld (le)...........291
- Puits de Padirac (le).......................261
- Pyrogravure (la) ....6......................71
- R
- Recensement en Amérique (le)...................46
- Recette utile pour les peintres...............127
- Réclame (l’art de la).........................350
- Reconstruction de la gare de Lille).... 14
- Récréations photographiques............... 23 95
- Réparation électrique de la cloche de Moscou 93 Reproduction de dessins, plans (nouveau
- procédé de)................................205
- Réséda en thérapeutique (le)..................284
- Révélateurs (essais compaiatifs avec) ... 59
- Revue des livres, 28, 61, 92, 116, 142, 158, 174,
- 253, 270, 286, 3ü2, 318 348 Rhume de cerveau et yeux fatigués. ... 30
- Rouille du fer et de l’acier (moyen d’enlever les taches de)...............................174
- S
- Secret d’un comique (le)......................215
- Serpents (attitudes caractéristiques des) . . 359
- Serpents domestiques (les)....................351
- Serpents (variation de couleur des) sous l’in-
- • iluence du climat........................372
- Soie des araignées (la).......................255
- Soif (la).....................................234
- Souffle (la force du).........................868
- Statues de plâtre (restauration des). . . . 335
- Statuette gauloise (une)....................
- Sueur des mains (moyen de neutraliser la) . Sulfate de cuivre (des falsifications du) . .
- Système pileux après la mort (le) ....
- T
- Tableau de Raphaël (à propos d’un) . . .
- Taches d’encre (pour enlever les)...........
- Taches d’huile sur les parquets.............
- Tapisseries (pour nettoyer les vieilles). . .
- Télégraphes en Chine (les)..................
- Téléphonie à Paris (la).....................
- Terre (l’âge de la).........................
- Terre (monographie de la)...................
- Thermomètre (historique du).................
- Tissus (imperméabilisation des).............
- Tombeaux antiques...........................
- Tournesol et les papiers réactifs (le) . . .
- Trains de chemins de fer (une innovation
- dans les)..............•.................
- Trou dans le fer (pour percer un) . . .
- Trouvaille (une curieuse)...................
- Truffes (les)...............................
- Tuberculose dans les armées européennes (la)
- U
- Utilisation des résidus photographiques, 108
- V
- Vagues (la marche des).................• .
- Valeurs relatives de l’or et de l’argent. . .
- Vanille (reproduction artificielle delà). . .
- Végétaux (origine de certains)..............
- Veilleuse économique une)...................
- Vélocipède à 28 places (un)............•
- Vent (dangereuse iufluence d’un grand) . .
- Ventilateur monstre (un)....................
- Vénus (monographie de)......................
- Vernis à l’or pour cuivre et laiton .... Verre (nouveau procédé pour couper les tubes)
- de)......................................
- Verre (emploi du charbon pour couper le) Verres de couleur pr lanterne de laboratoire.
- Verre rouge (nouveau).......................•
- Verre (perçage du)...................• •
- Verre (inscriptions sur)....................
- Verre dépoli des photographes (le) . . • •
- Vin de betterave (le).......................
- Vin de champagne (le).......................
- Villes de l’empire allemand (les dix grandes).
- Vinaigre (pureté du)........................
- Vin changé en eau (le)....................31,
- Virage des diapositives au moyen de l’alun
- et de l’hyposulfite de soude.............•
- Vis et la rouille (les)..............• •
- Volcan suisse (un)...................• •
- Voyage d’exploration dans l’Asie centrale. •
- w
- Wagon photographique (un)...................•
- La Fère — Impr. BAYEN, rue Neigre
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- 304
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- 292
- 111
- 155
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- 271
- 172 09
- 365
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- 173 190
- 78
- 138
- 63
- 173 18
- 237 271 365
- 45 302 123
- 174
- 319 47 171
- 46 95
- 239 335 349 338 63
- 238 128
- 76 173 63 97
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