La Science en famille : revue illustrée : guide de l'amateur de sciences
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- L A
- Science en Famille
- REVUE BI-MENSUELLE ILLUSTREE
- ABONNEMENT
- F RANCE, 6 FR, E TR ANGER, 8 FR,
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- LA
- REVUE PRATIQUE ILLUSTRÉE
- GUIDE DE L'AMATEUR DE SCIENCES
- SIXIÈME VOLUME 1892
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- PARIS
- Ch. MENDEL, Editeur
- xi8 — Rue d’Assas — 118
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- SCIENCE EN FAMILLE
- REVUE ILLUSTRÉE DE VULGARISATION SCIENTIFIQUE
- L’ART DE LA COIFFURE
- ET L’ORNEMENT DE LA TÊTE CHEZ LES FEMMES DE L’ANTIQUITÉ
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- a nature a donné à l’homme l’ornement des cheveux pour le défendre contre les influences dangereuses de la température, mais en lui accordant cet
- tiens, les Assyriens, les Perses et les Hébreux porter une longue chevelure, tantôt flottante, tantôt partagée en mèches roulées en spirale ou en tresses étagées sur plusieurs rangs.
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- ornement, elle lui a donné le devoir d’en prendre soin. La plupart des peuples de l’an-jâquité ont attaché une idée superstitieuse à f ohevelure ; les cheveux longs étaient considérés chez eux comme un signe de force, et i s formaient l’une des parties caractérisées du costume de l’homme libre; les c >eveux courts, au contraire, impliquaient une idée de sujétion, de faiblesse et de dégra-lation. Aussi voit-on les Indiens, les Egyp-
- Fig. 2. — Coiffure d’une reine égyptienne.
- Il est certain cependant que les peuples des temps reculés ne connaissaient pas la réelle destination des cheveux, qui est celle de garantir le cerveau, et qu’ils ne voyaient en eux qu’un embellissement du visage. Les hommes prirent grand soin de leur longue chevelure, mais les femmes surtout s’ingénièrent, de tout temps, à trouver d’artistiques coiffures, destinées à compléter l’harmonie du visage, et à rehausser l’éclat de sa beauté.
- pig. !•—
- Coiffure d’une noble égyptienne.
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- Examinons donc à grands traits comment les dames de la vieille Egypte et de la Grèce, de Rome et de Byzance, arrangeaient leurs cheveux.
- En Egypte, et dans les temps les plus reculés de cet empire, les femmes portaient les cheveux pendants, et elles s’entouraient le front d’une bande ou d’un cercle de métal, selon leur position, leur fortune ou leurs conditions de naissance, de rang et de puissance, et des coquilles, des perles, de petites plaques d’or se balançaient autour de ce cercle.
- Notre première ligure représente une noble égyptienne, à l’époque où les coutumes asia-
- tiques n’avaient pas encore pénétré dans le pays de Sésostris : un bandeau, peu ornementé, entoure la tête ; et la simplicité de cette mode laisse l’impression d’un style sévère.
- Opposons tout de suite à ce modèle la coiffure de la ligure 2, qui est celle d’une reine du même pays. La coiffure en elle-même est restée simple, mais la tête porte comme ornement, et comme emblème de dignité, un casque d’or et de brillants, terminé en avant par une tête d’oiseau, et duquel tombe un voile très souple.
- (A suivre). G. Chaplot.
- LES TRAVAUX D’AMATEUR
- MOYEN DE FENDRE EN DEUX UNE FEUILLE DE PAPIER
- >l ne s’agit pas là seulement d’un tour d’adresse et le résultat obtenu peut être en mainte circonstance, d’une grande utilité; c’est à ce titre que nous l’indiquons à nos lecteurs.
- Le moyen d’obtenir ce résultat curieux a été trouvé par M. Scamoni, chef de la partie héliographique de l’expédition pour la confection des papiers de l’Etat à St-Pétersbourg, et le Dr Eder, de Vienne, en donne la description dans son dernier Annuaire de la technique de la reproduction.
- L’auteur et l’organisateur du procédé sont gens assez connus pour qu’on prête quelque attention à leur dire. Nous disions en commençant que ce moyen pouvait rendre quelque service ; il suffit pour le prouver de signaler tout de suite le cas pour lequel il a été inventé par M. Scamoni.
- Un volume illustré renferme quelque gravure d’un bel effet artistique, qu’on désirerait conserver en album ou sous verre; mais le texte imprimé au dos nuit à cet effet artistique.
- On dédouble le papier par le moyen que nous allons indiquer, et l’image isolée, teintée avec une décoction faible de café, est collée sur une feuille de bristol à grandes marges ; elle donne ainsi l’illusion d’une belle épreuve sur Chine, tirée spécialement.
- Arrivons donc au procédé employé, qui est à la portée de tout le monde, à la condi-
- tion qu’on apporte à son exécution un peu de patience et beaucoup de soin.
- On coupe d’égale grandeur deux morceaux de toile très fine, très mince et forte, dépassant d’environ cinq centimètres dans tous les sens le papier qu’on veut dédoubler. On les fait bouillir dans l’eau jusqu’à complète disparition de l’apprêt, on les rince plusieurs fois à l’eau pure et on les presse fortement, sans les tordre, pour en faire sortir l’excès d’eau.
- On étend ensuite un des morceaux sur une planche bien rabotée, et on l'enduit d’une couche très régulière de colle d’amidon fraîchement cuite.
- On enduit d’autre part une des faces de la feuille de papier et on la pose sur la toile de façon qu’elle y adhère sans qu’il y ait de bulles d’air interposées, résultat qu’on obtient facilement en passant au dos une raclette en caoutchouc. On enduit ensuite le dos de son papier et on y fait adhérer avec les mêmes précautions, le second morceau de toile.
- Ceci fait, on recouvre d’une seconde planche bien unie et on met le tout en presse. Douze heures après environ, c’est-à-dire lo1'8' que la colle est complètement sèche, on retne le tout sur une table. On chaige les planches d’un poids assez lourd après avoir fait res sortir les toiles d’environ un travers main.
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- On commence alors à séparer lentement ] et avec soin les toiles l’une de l’autre ; la feuille de papier interposée se sépare en deux parties qui adhèrent sur les toiles.
- Lorsque l’opération a bien débuté, il est facile de la mener à bonne fin.
- La séparation effectuée, il reste à isoler le dédoublé des toiles supports. On y arrive en
- I humectant à l’eau chaude avec une éponge fine et assez volumineuse ; l’eau chaude ramollit la colle, on couche alors le papier sur une glace bien propre, et on soulève peu à peu la toile ; puis on nettoie, avec un blaireau et de l’eau chaude, la surface du papier; on fait sécher et on satine à la presse ou au fer à repasser.
- HYGIÈNE DES TEMPÉRAMENTS
- es tempéraments, qu’il ne faut pas confondre avec les constitutions, dont ils ne représentent que l’un des nombreux éléments, sont caractérisés parla prédominance habituelle, et compatible avec la santé, d’un des systèmes de l’organisme sur tous les autres. Le tempérament idéal serait celui dans lequel tous les systèmes de l’organisme se tempéreraient exactement les uns les autres, mais cet équilibre parfait n’est jamais réalisé.
- On admet généralement aujourd’hui l’existence des quatre tempéraments suivants : 1° le tempérament sanguin, 2° le tempérament nerveux, 3° le tempérament lymphatique, 4e le tempérament bilieux. Cette division correspond à peu près à celle des Anciens, qui expliquaient la nature des différents tempéraments par la combinaison en proportions variées de quatre humeurs, le sang, la bile, l’atrabile, la pituite, et de quatre éléments fondamentaux, le chaud, le froid, le sec et l’humidité : le chaud et le sec, avec prédominance de la bile, constituaient le tempérament bilieux ou cholérique ; le chaud et l’humide avec prédominance de l’atrabile (humeur noire) produisaient le tempérament mélancolique ou atrabilaire; le froid et lé scc, avec prédominance du sang, formaient le tempérament sanguin ; le froid et l’humide, avec prédominance de la pituite (lymphe), donnaient naissance au tempérament pituiteux ou phlegmatique. Ils appelaient intempéries les cas où la disproportion entre les divers systèmes organiques était excessive.
- Le tempérament sanguin se révèle d’ordi-naire par un corps ferme et vigoureux, quoi-1Ue peu propre aux travaux pénibles et continus, des membres souples et agiles, de lembonpoint, un teint vermeil, des cheveux
- blonds ou châtains, des yeux bleus, une physionomie animée. Les personnes de ce tempérament sont généralement gaies et aiment la société ; toutes leurs fonctions s’exécutent avec facilité ; leur pouls est égal, leur sommeil tranquille, bercé de songes gracieux et enjoués.
- 11 ne faut pas confondre le tempérament sanguin avec l’état pléthorique ou congestif qui en est l’exagération. Néanmoins, les tempéraments sanguins paraissent être plus sujets que d’autres aux inflammations, aux fièvres, aux hémorrhagies, notamment à l’apoplexie, et à l’hypertrophie du cœur. Il faut noter qu’on n’a constaté dans le sang des individus pléthoriques aucune modification de la fibrine, qui est l’élément en cause dans les maladies inflammatoires.
- Les saignées répétées, les évacuations artificielles fréquentes, etc., triomphent en général aisément de la pléthore sanguine, mais l’usage de ces moyens n’est pas sans inconvénients, car le tempérament sanguin est plus difficile à acquérir ou à reconstituer quand il a été perdu, que l’état opposé (anémie ou pléthore séreuse) n’est aisé à produire ; la transfusion d’un sang riche et pur est souvent alors l’unique ressource du médecin.
- Les personnes sanguines prendront une alimentation médiocrement abondante et peu excitante, ils éviteront les alcooliques, le café, etc.; elles se livreront à un exercice fréquent, éviteront soigneusement la chaleur, les appartements exigus et mal aérés, les vêtements trop serrés gênant la circulation du sang. Elles choisiront des occupations compatibles avec le régime calme et rafraîchissant qui leur est imposé.
- Le tempérament nerveux a pour attributs un corps moyen, sec, aux flancs frêles, aux
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- muscles généralement peu volumineux ; la figure est maigre, pâle, mobile et expressive, l’œil vif,le front haut, les mouvements brusques, les impressions vives. Les gens nerveux sont sensibles, leur imagination est ardente. Sous l’influence de certaines circonstances, ce tempérament peut dégénérer en mélancolie : le caractère alors devient sombre, taciturne, inquiet, méfiant, chagrin, parfois cruel, comme Louis XI et Cromwell en furent, dit-on, des exemples.
- Ce que les gens nerveux doivent surtout éviter, c’est le surmenage intellectuel, sous toutes les formes. Un régime tonique, des bains fréquents, des exercices physiques amenant une détente intellectuelle, au besoin le séjour à la campagne, seront les principaux moyens utiles à l’entretien de leur santé. Ces personnes feront bien de rechercher les plaisirs tranquilles et peu fatigants et les distractions propres à combattre leurs penchants à la tristesse et à l’hypochondrie ; elles se garderont encore plus des excès de tout genre, qui peuvent engendrer chez elles, plus que chez d’autres, cet épuisement nerveux étudié récemment sous le nom de neurasthénie.
- Les personnes lymphatiques ont les cheveux rouges ou blonds, les yeux bleus, la peau blanche, le système pileux peu développé, les mains et les pieds volumineux, ainsi que le nez, les lèvres et les oreilles. L’anémie et la scrofule accompagnent souvent ce tempérament. Le lymphatisme consiste essentiellement dans la prédominance des fluides aqueux de l’organisme, de la graisse, du tissu cellulaire et glanduleux. Ce tempérament, plus spécial à l’enfance et au sexe féminin, est surtout fréquent dans les climats septentrionaux. Les individus lymphatiques
- (ou phlegmatiques) ont la démarche lourde, les gestes nonchalants, ils sont indifférents, calmes, patients.
- Ce tempérament, qui constitue le terrain le plus favorable à l’évolution de la tuberculose, réclame l’air pur de la campagne, et particulièrement celui du bord de la mer (Berck, Pen, Brou, etc.), une alimentation essentiellement azotée, un exercice régulier.
- Le tempérament bilieux se caractérise par la peau foncée, les cheveux et les yeux noirs, le système pileux abondant, les traits accentués, les muscles vigoureux, les formes rudes sans embonpoint, la charpente osseuse, forte, la digestion facile. Il s’accompagne d’un caractère ferme, décidé, persévérant.
- Les bilieux, particulièrement prédisposés aux affections du foie et des voies digestives, ainsi qu’aux hémorrhoïdes, devront éviter les mets excitants, les alcooliques ; ils prendront beaucoup d’exercice, fuirent les émotions morales trop vives.
- En outre des quatre tempéraments types dont nous avons tracé les signes et le régime, il existe encore des tempéraments mixtes résultant de l’adjonction d’un tempérament acquis au tempérament primitif; les plus fréquents sont le nervoso-sanguin, particulier aux Dauphinois et aux Basques; le nervoso-lymphatique, commun dans le sexe féminin, le sanguin-lynphatique, qui caractérise les Alsaciens, les Normands et les Belges.
- La connaissance des divers tempéraments et des régimes qui leur conviennent, peut-être trop négligée de nos jours, est nécessaire pour pouvoir maintenir d’une façon rationnelle cet équilibre de la santé, toujours instable ; et nous avons cru qu’il ne serait pas inutile d’écrire ces lignes. V. Laporte.
- LES PAPILLONS
- DE LA SÉRICICULTURE NOUVELLE
- ^^^P'iFFÉRENTES ESPÈCES DE VERS A SOIE, lliif Depuis quelque temps on élève beaucoup en France les chenilles séri-cigènes importées d’Asie et d’Amérique. Les amateurs préfèrent ces nouvelles races, qui donnent de plus beaux papillons que le Bombyx Mori. Les sériciculteurs, eux-mêmes, essaient de remplacer le ver à soie commun
- par les espèces sauvages qui, plus vigoureuses, demandent moins de soins. Les espèces leS mieux acclimatées jusqu’à ce jour sont : Ie Saturnia Cynthia, le Saturnia Ricini, 1® Saturnia Pernyi, le Saturnia Yama Mai, le Telea Polyphemus, le Samia Promethea, YActias Sélenê, YActias Luna, le Platisa-mia Cecropia, le Cricula Trifenestrata
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- Le Saturnia Cynthia, originaire de la Chine et du Japon, est le plus répandu et on commence à le trouver en assez grande quantité, au mois de juin et de juillet, un peu partout où il y a des ailantes ou vernis du Japon.
- Le papillon est d’une couleur jaune verdâtre, avec une bande lilas et blanche sur chaque aile, et une lunule de mêmes couleurs ayant comme centre une tache vitreuse; sa longueur, variant avec le sexe, est de 10 à 15 centimètres.
- La chenille, longue de 60 à 80 millimètres, est d’un beau vert ; elle porte sur chaque anneau des tubercules bleues en forme d’épines; elle se chrysalide dans un cocon allongé, roulé dans une feuille, percé à son extrémité pour laisser sortir le papillon et pendu à la branche par un réseau- de üls de soie assez forts ; elle passe l’hiver dans cet abri et le papillon éclot à l’été.
- Le Saturnia Ricini est une variété du précédent. Le papillon est plus jaune, les bandes et les lunules plus violettes; la chenille presque la même, vit sur le ricin ; le cocon roulé dans la feuille peut être de deux couleurs : tantôt il est blanc, tantôt il est rouge.
- Le Saturnia Pernyi est appelé vulgairement le ver à soie du chêne ; c’est un de ceux qui tendent le plus, en France, à remplacer le Mori ; car son cocon est entièrement fermé et la soie en est assez fine. Originaire de Chine, le papillon est jaune brun avec une raie noire sur chaque aile, et un œil dont l’iris est transparent; il mesure de 12 à 20 centimètres.
- La chenille est verte, avec une bande latérale jaune, elle mesure de 60 à 80 millimètres. Elle se chrysalide, en septembre, dans un cocon de forme ovoïde; le papillon eclot au printemps ou au commencement de l’été.
- Le Saturnia Yama Maï est sensiblement Pareil au précédent ; la couleur du papillon varie du jaune clair au clair brun.
- La chenille, semblable à celle du Pernyi, Se chrysalide en juin dans un cocon verdâtre, Pour se transformer en papillon, en septembre; tes œufs passent l’hiver et éclosent au printemps.
- Oe papillon est assez difficile à élever, car
- à l’éclosion on n’a pas souvent de feuilles de chêne à donner aux jeunes chenilles ; du joui-où l’on parviendra à retarder sa venue et à l’élever en grande quantité, il remplacera dans bien des contrées le Bombyx Mori.
- Le Telea Polyphemus ressemble assez au Pernyi ; les ailes inférieures portent chacune un bel œil bleu ; leur couleur, plus foncée que celle des supérieures, varie du brun clair au brun foncé.
- Comme le Pernyi, les chenilles, qui sont semblables, se nourrissent de chêne, font un cocon ovoïde, et le papillon sort également au printemps.
- Très facile à élever ; importé d’Asie.
- Le Samia Promethea est un des plus curieux ; le mâle diffère totalement de la femelle : il est presque noir, avec une lunule brune aux ailes supérieures; la femelle est brune, avec des dessins plus marqués. Comme dans bien d’autres espèces, elle est plus grande que lui et n’éclot pas à la même époque : l’éclosion se fait à huit ou dix jours de différence, ce qui est un grave inconvénient pour l’accouplement.
- La chenille est jaune-verte, avec des rangées de poils bruns sur chaque anneau : on la nourrit avec du lilas ; elle se chrysalide, en septembre, dans un petit cocon ferme, de couleur foncée, enroulé dans une feuille pour sortir en papillon, en juin. Cette espèce nous vient des Etats-Unis.
- L’Actias Séléné, est le plus joli des papillons séricigènes. Par sa forme, il rappelle le porte-queue ; d’une belle couleur vert clair, chaque aile porte un œil, transparent, dont les cercles bruns rejoignent la base de l’aile, sur les supérieures, par une bande brune qui suit la nervure costale. Il mesure de 15 à 20 centimètres de largeur.
- Les chenilles, vertes, vivent sur le noyer; elles se chrysalident dans un cocon blanc, entouré de feuilles. Le papillon éclot au printemps ; importé d’Asie; assez rare.
- L’Actias Luna présente beaucoup d’analogie avec le précédent ; quoique plus petit,
- 11 est plus répandu ; la couleur et les dessins des ailes sont les mêmes. Il a été découvert en Amérique, et ne mesure que de 10 à
- 12 centimètres.
- La chenille, verte, vit sur îe noyer ; elle fait son cocon de la même manière et à la même
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- époque que le Sélêné ; l’éclosion du papillon a lieu en juin.
- Le Platisamia Cecropia nous vient également des Etats-Unis ; le papillon, pareil dans les deux sexes, est brun ; large de 15 à 18 centimètres, c’est l’un des papillons sérici-gènes les mieux acclimatés en France.
- La chenille, rappelle comme forme, celle du Paon de nuit ; elle est brune ; chaque anneau supporte plusieurs tubercules en forme d’épines ; le premier anneau, plus chargé que les autres, en soutient huit dont l’extrémité est jaune foncé : longue de huit à dix centimètres, elle se nourrit de prunier, poirier, et en général de tous les arbres à fruits. Elle se chrysalide, en septembre, dans un gros cocon, mou et irrégulier, percé à l’une de ses extrémités. Le papillon éclot en juin.
- Le Cricula Trifenestrata est l’un des plus petits des papillons qui produisent de la soie ; originaire de Madagascar, il est tantôt jaune, tantôt brun ; le mâle est plus petit que la femelle. Gomme son nom l’indique, les ailes supérieures sont percées de trois fenêtres, ou plutôt elles sont marquées de trois taches vitreuses, dont deux quelquefois imperceptibles ; il mesure de cinq à dix centimètres.
- La chenille adulte est très jolie; grande de 60 à 80 millimètres, elle est brune, avec les attaches de chaque anneau jaune ; garnie de poils, elle rappelle assez les chenilles du B. Quercus.
- Elle se nourrit de chêne, et se chrysalide dans un cocon irrégulier, jaune d’or, percé de trous, et dans lequel, à l’une de ses extrémités, est ménagé un orifice pour la sortie du papillon, qui a lieu en juin. Cette espèce est très facile à élever. Il y a encore bien d’autres espèces de papillons séricigènes ; mais ils sont trop nouvellement introduits en France ou trop difficiles à se procurer vivants, pour que j’en parle ici.
- Elevage des Chenilles. — On peut élever des chenilles n’importe où ; il suffit d’avoir beaucoup de soin et de patience pour arriver à de bons résultats : suivant l’endroit où l’on se trouve, la place dont on peut disposer, la manière d’opérer varie ; je m’en vais décrire ci-dessous les usages les plus répandus.
- Si vous vous trouvez dans une chambre, ayant peu d’espace, et si vous n’avez pour
- élever vos vers que votre croisée, ce sera peu, mais ce sera suffisant.
- Je classerai les chenilles en trois catégories : celles qui se chrysalident à l’air libre; celles qui s’enterrent; celles qui font un cocon. Pour les premières et les dernières on peut les élever dans n’importe quoi et n’importe où ; pour les secondes on est toujours forcé de leur donner de la terre humide au fond d’un vase pour leur permettre de se métamorphoser, ce qui n’aurait lieu que dans de mauvaises conditions si on les en privait; dans ce dernier cas, il n’y aurait donc rien d’étonnant que l’on n’obtînt que des produits défectueux ou atrophiés.
- Il existe plusieurs manières de nourrir les chenilles. Eq appartement, les uns emploient des boîtes sablées dans lesquelles on place un flacon ' rempli d’eau et contenant des branches ; les autres se contentent d’un pot de fleur, dont le bas baigne dans une soucoupe, et dans lequel ils piquent purement et simplement des branches, ou placent des feuilles. Je préconise ce dernier système qui permet d’élever dans le même pot toutes sortes d’espèces de chenilles ; de plus, il est indispensable pour les nocturnes.
- Vous aurez donc soin de le composer comme suit: au fond, du sable pas trop fin, mêlé de cailloux; ensuite de la terre de bruyère, et, par-dessus, une légère couche de mousse. Piquer les branches ou semer les feuilles sur la mousse; couvrir le tout d’une toile métallique, ou, pour mieux dire, d’un couvre-plat.
- Avoir le soin d’envoyer de l’eau dans l’appareil deux fois par jour avec un vaporisateur en prenant la précaution de ne pas mouiller les chenilles ou les chrysalides ; mettre le pot dans une assiette qui doit toujours contenir de l’eau.
- Lorsque l’on veut donner à manger à ses bêtes, éviter de les toucher ; placer dessus ou à côté des vieilles branches, des feuilles fraîches, les chenilles iront d’elles-mêmes ; et refermer sa boîte, ou couvrir hermétiquement son pot.
- Si vous avez une serre à votre disposition, plus besoin de vaporisateur, par conséquent plus d’eau; une caisse peut donc suffire-Avoir toujours le soin de mettre sable, terre et mousse.
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- Si vous êtes à la campagne, que vous puissiez avoir des plantes dans votre jardin, alors l’ouvrage devient facile.
- Sont-ce des chenilles qui vivent sur des arbres ? Vous les placez sur une branche, que vous entourez de mousseline, quand elles sont petites, de tulle quand elles sont plus grosses ; et vous laissez faire le travail de la nature.
- Sont-ce des chenilles vivant sur les plantes basses, ou se chrysalidant en terre ? les placer sur les herbes qu’elles préfèrent, et les couvrir avec un couvre-plat en fil de fer galvanisé
- . Lorsque les chenilles seront en chrysalides ou en cocons, les déterrer ou les retirer, en ayant soin d’y toucher le moins possible, et les placer dans un lieu frais.
- Comme dernier conseil, il est utile de vous engager à ne pas irtettre des chenilles de deux espèces dans la même boite ou le même pot, car certaines chenilles étant carnivores, vous verriez bientôt vos plus belles espèces détruites par d’autres.
- Accouplement et ponte. — Ceci obtenu, il ne reste plus pour celui qui veut faire un élevage suivi de la même espèce qu’à avoir les œufs par l’accoüplement des papillons.
- Il a été observé que les papillons en captivité ne s’accouplaient pas, s’ils naissaient dans la même boîte, ou ne le faisaient que
- très rarement; de plus la femelle ne peut attendre le mâle plus de trois jours.
- Il y a donc lieu d’observer les règles suivantes : séparer les cocons mâles des cocons femelles, et attendre l’éclosion du papillon.
- Si l’on a en premier un mâle, le mettre dans une cage en toile métallique ou en tulle et placer celle-ci dans un endroit frais, une cave par exemple ; attendre la venue de la femelle.
- Si l’on avait un nouveau mâle, tuer le premier ; en tout cas, ne pas le laisser à la cave plus de six à sept jours ; lorsque l’on possède une femelle, il faut mettre le mâle dans un endroit chaud, à l’air libre si possible, pendant cinq ou six heures avant l’accouplement.
- Comme il est dit plus haut, la femelle ne peut attendre plus de trois jours; si donc on n’a pas de mâle au bout de ce temps, on pourra la tuer ; car, alors, elle pondrait des œufs clairs et risquerait de se détériorer inutilement. Les œufs obtenus, les placer dans un lieu frais et surveiller leur éclosion qui se fait très différemment suivant les espèces.
- Au début, il n’y aura rien d’étonnant à ce que vous ne réussissiez pas ; il est nécessaire que vous persévériez et recommenciez à nouveau ; au bout de peu de temps vous arriverez à des résultats étonnants. Gustave Panis.
- ÉPHÉMÉRIDES ASTRONOMIQUES
- DÉCEMBRE 1891.
- SOLEIL. — Entrée dans le Capricorne le 22, à 2 h. 50 du matin. C’est l’instant précis du commencement de l’hiver, saison dont la durée est exactement de 89 jours.
- Temps moyen à midi vrai, le 15, 11 h. 55 m. 15 s. — Les jours diminuent de 19 m. jusqu’au 21 ; ils croissent de 4 m. du 21 au 31. A partir du 22,1e soleil semble se remettre lentement en marche vers l’equateur qu’il 11e franchira qu’à l’équinoxe du printemps.
- LUNE. — N. L. le lor, à 11 h. 54 m., matin; P- Q- le 8, à 5 h. 23 m., soir ; P. L. le 15, à 1 h 2 m., soir ; D. Q. le 23, 5 h. 48 m., matin ; N. L. le 31, à 3 h. 39 m., matin. On voit que dans ce m°is, il y aura deux nouvelles lunes.
- Pas d’occultation à signaler.
- Eclipse. — Le 1er décembre éclipse partielle de soleil, invisible à Paris, de 9 h. 53 m., matin à
- 1 h. 27 m., soir. L’éclipse ne pourra être observée que dans l’Amérique du sud.
- ETOILES FILANTES. — Les points radiants les plus importants sont, pour le mois de décembre : r„ Persée. — a-j3, Gémeaux. — Ç, Taureau. — 254, Piazzi. — a, Gémeaux. — t, Grande Ourse. — On fera bien d’observer la région des Gémeaux du 1er au 10 décembre, celle du Taureau vers le 6, et celle de la Grande Ourse du 10 au 12.
- CONSTELLATIONS. — Voir Science en Famille du 1er décembre 1888.
- PLANÈTES. — Passages au méridien le 11 : Mercure, à 1 h. 24 m., soir; Vénus, à 1 h. 25 m.-soir (pour les grands instruments) ; Mars, 8 h.
- 41 m., matin ; Jupiter, 5 h. 29 m. soir (excellent même pour les petites lunettes) ; Saturne, 6 h.
- 42 m., matin.
- G. Vallet.
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- A SCIENCE EN FAMILLE
- LA PROJECTION LUMINEUSE DES OBJETS OPAQUES
- Geo, M. Hopkins
- g a projection des objets opaques ou solides fournit un moyen de montrer || sur l’écran une grande variété d’objets, avec leurs couleurs naturelles et considérablement agrandis.
- La forme de lanterne la plus convenable pour ce genre de projection, est la plus simple qu’on puisse imaginer.
- Les ouvrages sur les projections lumineuses
- grandeur de l’entreprise, qu’elles ne font aucun essai dans cette direction.
- Avant de décrire quelques appareils destinés à ces sortes de projections, il est nécessaire d’insister sur trois points : d’abord, une grande intensité de lumière est nécessaire; en second lieu, toutes sortes de projections ne peuvent pas être faites avec un seul et même appareil; enfin, pour assurer les meilleurs
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- Fig. 3. — Les projections lumineuses.
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- décrivent brièvement diverses formes d’appareils. Le professeur A. E. Dolbear, dans son traité, décrit un mégascope, consistant en une boîte unie, avec une large lentille devant et une lampe ox y hydrique dans l’intérieur. M. Levis Wright, dans son nouvel ouvrage sur les projections, indique deux ou trois formes de mégascope. Cependant, c’est une idée très répandue, que la projection des objets opaques est difficile, et certaines personnes sont tellement convaincues de la
- effets, il est nécessaire de ménager des ombres convenables et des lumières vives.
- Il est inutile d’essayer la projection avec un grossissement un peu fort, si la source de lumière dont on dispose est plus faible que celle de la lampe Drummond.
- Pour de grands objets et un écran de grande dimension, deux forts chalumeaux sont indispensables, et l’emploi de trois de ces chalumeaux assure une meilleure réussite.
- La longueur de la boîte renfermant l’objet
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- et les brûleurs est déterminée par la longueur focale de la lentille. Dans l’appareil de la üg. 4, la lentille a une longueur focale de C48 mm. La boîte est faite 108 mm. plus longue, soit 756 mm., afin de permettre le déplacement de l’objet pour la mise au point.
- Lorsqu’on emploie deux lampes oxyhy-driques, elles sont disposées d’un côté de la boite du mégascope à des hauteurs légèrement différentes et à une petite distance l’une de l’autre, afin de ménager des ombres douces. Quand on se sert de 3 lampes, la troisième est placée du côté opposé : elle augmente la quantité
- de lumière et modifie les ombres. Si les ouvertures des chalumeaux sont les mêmes, ils peuvent être alimentés par la même source de gaz et d’oxygène, au moyen de tubes de branchement. Les chalumeaux doivent être approchés aussi près que possible de l’objet, sans cependant les amener dans le champ de l’objectif.
- Dans le présent cas, cet objectif est une lentille biconvexe de 16 cm. de diamètre; mais 20 ou 23 cm. seraient préférables. La lentille est fixée dans un anneau eu bois léger, monté dans une ouverture circulaire sur le devant de la boîte. Pour plus de commodité, la boîte est faite pliante, de façon à Ce que, repliée, elle occupe un espace de 77 sur 50 cm. el 8 cm. d’épaisseur. La fig. 5 montre du reste cette construction. Le dessus f est un couvercle de boîte ordinaire, percé en son milieu, d’un trou entouré d’un rebord. Sur la
- base g sont montés à charnière les côtés i, j et les extrémités h, k. Le chapeau m est posé au-dessus de l’ouverture supérieure, au moyen de vis à bois fixées aux quatre angles. La lentille n est disposée pour se monter sur l’ouverture percée dans la face antérieure h. La même paroi est percée d’une petite ouverture pour le passage des tubes. La face latérale i n’occupe qu’une partie de la longueur de la boîte, en laissant à la partie postérieure une ouverture pour l’introduction et le déplacement / de l’objet à projeter. Cette ouverture est b couverte d’un voile
- noir qui retombe sur le bras, et empêche la lumière d’éclairer au dehors. Sur la surface intérieure du fond de la boîte est collé un morceau de carton blanc, qui forme fond.
- La vue en coupe (fig. 4) montre mieux la disposition intérieure. L’objet doit être mis en place, puis avancé et reculé jusqu’à ce qu’il apparaisse net sur l’écran. Si l’on éprouve une difficulté pour le tenir convenablement à la main, on peut le placer sur un support mobile.
- Des fruits de toute espèce peuvent être projetés, entiers ou coupés. Une grappe de raisin est un objet très convenable. Un bouquet de fleurs est fort joli. Des coquillages, en particulier ceux Fig- 5. qui sont polis, sont égale-
- ment très beaux. Des poteries, des bronzes, des plâtres, des jouets, des objets japonais, des sculptures, des broderies, des peintures, des gravures, des photographies, les pages d’un livre, sont autant de
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- choses intéressantes. Des machines de petite reils de n’importe quel genre, peuvent être
- dimension, des pièces de machines, desappa- montrés de la sorte. (A suivre) F. D.
- (.D’après le Scientific American.)
- A TRAVERS LA SCIENCE
- L’éclipse de lune. — L’éclipse de lune des 15-16 novembre, que nous avions annoncée à nos lecteurs, s’est produite dans d’assez mauvaises conditions ; à Paris, une pluie malencontreuse a contrecarré les projets d’observation. Dans la région lyonnaise, on a été un peu plus heureux; bien que lès nuages aient gêné les astronomes au début du phénomène, on a pu cependant profiter de la toi alité ; la teinte rouge déjà observée sur notre satellite éclipsé s’est nettement montrée. Quelques observateurs ont même cru distinguer, sur le disque lunaire, le profil de certaines montagnes terrestres (la Cordillère était en bonne position pour cela). Nous donnons toutefois cette assertion sous toute réserve, car il ne faut pas oublier que sur un globe de 70 centimètres de diamètre, la plus haute montagne de notre planète (le Gauri-sankar, dans l’Hymalaya, 8,840 m) ne dépasserait pas un millimètre ; elle représente 1
- ainsi environ le • ^ du diamètre total.
- D’autre part, la frange atmosphérique trouble les images, et, enfin, certains gros nuages planant dans les hautes régions de l’atmosphère, peuvent, plus facilement que les montagnes, produire des ombres et des aspérités sur l’image ; il faut donc se défier même des constatations les plus sincères.
- G. Vallet.
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- Tour ou trou ? — La commission d’organisation de l’Exposition de Chicago a reçu les plans d’une nouvelle tour que M. Eiffel propose de construire pour l’exposition américaine. Cette tour, de 30 mètres plus haute que celle de Paris, serait construite en France et expédiée en Amérique.
- Mais voici qu’un américain fait une nouvelle proposition. La tour, c’est déjà vieux jeu. Il propose donc de creuser le trou le plus profond qu’il soit possible de faire, et d’y descendre le public. Nous ne savons si l’idée sera prise en considération, mais elle pré-
- sente bien aussi quelque intérêt et le trou pourrait n’être pas moins utile que la tour.
- *
- * *
- Un puits de 1,500 mètres. — Il y a quelque temps, la Weeling Development Company commença à creuser un puits près de Vheeling, W. Va., à la rencontre du pétrole ou du gaz naturel. Le trou a maintenant atteint une profondeur de 4,100 pieds. On a traversé plusieurs veines de charbon, et l’on a trouvé du pétrole et du gaz, mais en petites quantités.
- Le trou a 8 pouces de diamètre. Il parait que le professeur White, géologiste de la Virginie occidentale, a obtenu qu’on le creusât encore de 1,000 pieds, ou du moins qu’on allât aussi loin qu’on le pourrait, afin de faire des observations sur la température et le magnétisme.
- * *
- Un milliard. — Quelques chiffres à propos du milliard. Sait-on le poids que pèse un milliard ?
- Un milliard pèse : en argent, cinq millions de kilogrammes; en or, trois cent vingt-deux mille cinq cent quatre-vingts kilogrammes; en billets de mille francs de la Banque de France, mille sept cent quatre-vingts kilogrammes, et en billets de cent francs, onze mille cinq cents kilogrammes.
- Pour le transport de ce milliard — si l’on considère qu’un homme peut supporter le poids de 100 kilogrammes — il faudrait, en billets de 1,000 francs, dix-hu(t hommes ; en billets de 100 francs, cent quinze hommes, en or, trois mille deux cent vingt-cM hommes et, en argent, cinquante milk hommes.
- Enfin, un milliard en billets de mille francs forme une bibliothèque de deux mille volumes de cinq cents feuilles.
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- Crachats des phtisiques. '— D’après 1
- Dr Nuttal, chaque phtisique expectore d® 250,000 à 4 milliards de bacilles par 24 heure3'
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- En prenant comme moyenne le chiffre de un milliard par jour, un phtisique expectore donc 3o5 milliards de bacilles par an. En estimant à 50,000 le nombre des phtisiques qui habitent Paris, on voit donc que le problème sanitaire suivant se pose devant les hygiénistes : détruire chaque année 50,000 fois 365 milliards de microbes tuberculeux.
- Et il n’est pas question des spores !
- 11 faut rapprocher de cette statistique ce calcul de Gohn : d’après ce savant, une seule bactérie peut, en trois jours, en conditions favorables, en produire directement et indirectement 4,772 billions pesant 7500 tonnes.
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- Morsures de serpents. — Le Pharmaceu-lical Journal rapporte que le Dr Mueller, de Yackandanah ('Victoria), traite les morsures de serpents à l’aide d’une solution de nitrate de strychnine dans 240 parties d’eau, additionnée d’un peu de glycérine. Il fait, à la façon ordinaire, une injection hypodermique de 20 gouttes de cette solution, et la répète aussi fréquemment que l’exigent les symptômes de l’empoisonnement, soit par intervalles de 10 à 20 minutes.
- Lorsque tous les symptômes ont disparu, l’action prédominante de la strychnine se manifeste par de légères convulsions musculaires, et les injections doivent alors être cessées, à moins que l’action du venin ne se manifeste de nouveau. La quantité de strychnine employée dans quelques cas s’est élevée nOgr. 065 et même plus, dans l’intervalle de quelques heures. Les deux poisons agissant l’un sur l’autre, on ne doit pas hésiter à pousser la dose au delà de la quantité qui amènerait la mort en l’absence du venin.Sur 100 cas traités par cette méthode, dont quelques-uns à deux pas de la mort, il n’y a eu qu’un insuccès, les injections ayant été prolongées jusqu’à 0 gr. 08 de strychnine.
- Les injections peuvent être faites sur une Partie quelconque du corps, mais le docteur Mueller a l’habitude de les faire au voisi-nage de la morsure, ou sur la morsure elle-même.
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- La longévité des oiseaux. — Le cygne est l’oiseau qui atteint l’âge le plus avancé; °n affirme, dit la Revue des sciences natu-relles appliquées, qu’il pourrait vivre trois
- siècles. Le faucon viendrait ensuite; Knauer a raconté avoir vu un faucon âgé de 162 ans'.
- On cite les exemples suivants à l’appui de la longévité de l’aigle et du vautour : un aigle de mer capturé en 1715, âgé déjà de plusieurs années, mourut 104 années plus tard en 1819. Un vautour à tête blanche, capturé en 1706, mourut en 1826, dans une des volières du château de Schœnbrun. près de Vienne, où il avait passé 118 ans en captivité.
- Les perroquets et les corbeaux peuvent devenir plus que centenaires. La vie des oiseaux de mer et des marais équivaut parfois à celle de plusieurs générations humaines.
- Quant à l’appétit des oiseaux, il est formidable, la grive mange en un seul repas, une énorme chenille équivalant, toute proportion gardée, à la cuisse d’un bœuf, pour un homme, et le rouge-gorge consomme chaque jour une masse de nourriture animale représentant un verre de terre long de quatre à cinq mètres.
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- La sieste après le repas. — Beaucoup d’auteurs anciens et d’auteurs modernes ont préconisé l’habitude de la sieste, nous croyons que, dans une certaine limite, elle est salutaire ; la nature semble nous en donner l’indication, car tous les animaux se reposent après avoir mangé. Homère, Sancto-rius, Boevhaave et Hoffmann ont recommandé cette pratique, surtout aux gens âgés.
- Un médecin distingué, le Dr Albernetty, inculquait dans, l’esprit de ses élèves la conviction que si l’on veut se bien porter il faut, après un repas substantiel, se reposer au moins une heure, et il est notoire que le Dr Albernetty mettait presque invariablement ce précepte en pratique.
- Lewis Cornaro, qui vécat près de 90 ans; attribue en partie sa longévité à cette habitude de faire la sieste.
- Un court repos intellectuel et physique contribue à une digestion prompte et facile ; après le repos, l’exercice est salutaire.
- Production annuelle de l’écume demer.
- — La production annuelle de l’écume dê' mer est de 250,000 kilos environ, qui proviennent en grande partie de Erkichehr (Asie Mineure). La préparation de cent caisses
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- d’écume de mer demande deux mois de travail, et occupe douze ou quinze ouvriers ; la dépense s’élève à 30,000 fr. Chaque caisse a un pied de longueur, trois pouces de largeur et six pouces de hauteur ; et il en est expédié 14,000 par an ; chacune d’elles renferme 25 kilos d’écume, et la valeur varie de 100 à 1,250 francs, selon la qualité du produit.
- Le petit village de Ruhla, dans les montagnes de la Thuringe, est le centre de la fabrication des pipes d’écume de mer, le nombre des pipes et autres objets que l’on y fabrique est énorme; on peut l’évaluer à 570,000 en véritable écume, dont les prix varient de 0 fr. 50 à 300 fr. ; 500,000 en imitation, revenant de 1 fr. 25 à 25 fr. la douzaine ; 9,600,000 fourneaux de pipes en porcelaine, unis ou peints, valant de 0 fr. 40 à 13 fr. la douzaine; 5,000,000 de pipes en bois de toutes dimensions ; 3,000,000 de pipes en terre, etc... La valeur annuelle de cette industrie est de 25 millions de francs.
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- Parachute électrique. — Un appareil électrique de sûreté pour les cages des mines vient d’être présenté à la Federated Institu-
- tion of Mining Engineers. Le dispositif consiste à employer le câble de suspension, comme conducteur d’un courant électrique qui passe dans quatre électro-aimants placés sur la cage, chacun d’eux ayant pour fonction de retenir un grappin d’arrêt. Si le câble casse, le courant électrique est interrompu, les grappins entrent en action et empêchent
- la chute. (Invention).
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- Bateau électrique. — MM. Escher Wyss et CiP, de Zurich, et les ateliers d’Oerlikon ont construit un bateau électrique, le plus grand de ce genre qui ait été fait jusqu’ici.
- Ce bateau, dont la longueur est de 16 mètres et le tirant d’eau lm 10, peut porter jusqu’à 100 personnes ; il est actionné par 56 accumulateurs, qui alimentent un moteur électrique de 10 chevaux, attaquant directement l’arbre de l’hélice. Le diamètre de celle-ci est de 70 cm ; sa vitesse, 350 tours par minute. Le poids total des accumulateurs et du moteur est de 6,500 kgr. Le bateau pèse quinze tonnes. Il peut parcourir 80 kilomètres à la vitesse de 12 kilomètres à l'heure.
- Un seul homme suffit pour le manoeuvrer.
- REVUE DES LIVRES
- Causeries familières d'un èlectrc-amateur, par A. d’Argy, x volume, 340 pages ; 95 croquis originaux dans le texte, prix : 3 fr. Librairie de la Science en famille, Ch. Mendel, éditeur, Paris, 1891.
- Ce sont des causeries familières, en effet, d’un électro-amateur qui s’avoue « sans diplôme, sans titre officiel, sans bagage scientifique », mais qui, versé depuis longtemps dans la pratique de Vélectricité, s’adresse non pas aux savants, mais à tous les amateurs, à tous les jeunes gens intelligents et actifs qui voudraient à peu de frais se monter un cabinet électrique.
- A ces causeries viennent s’ajouter des souvenirs d’éwdes, de lectures, des extraits jugés utiles, des articles tirés d’ouvrages de vulgarisation et l’auteur parcourt ainsi tous les chapitres de l’électricité jusqu’aux découvertes les plvs récentes, jusqu’à la téléphonie par exemple $ui tient une grande place dans le volume.
- Ç’est bien là le guide recherché par tous les
- amateurs-électriciens, l’ouvrage que nous recommandons tout particulièrement aux instituteurs, aux éducateurs de l’enfance, à tous ceux qui ont besoin de conseils et d’instructions détaillées pour la construction facile et économique de la plupart des appareils en usage dans les cabinets de physique, les piles, les sonneries, les postes téléphoniques et tous les appareils d’usage domestique.
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- L'homme dans la nature, par P. Topinard, 1 vol. in-8°, illustré de 101 figures, faisant partie de la Bibliothèque scientifique interna-tionale,
- L’ouvrage de M. Topinard, élève, collaborateur et. continuateur de Broca, se divise en deux parties distinctes. Dans la première, il expose les résultats de ses recherches personnelles sur l’anthropologie, les questions que soulève cette science, les résultats positifs qu’elle a obtenus
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- et aussi les déceptions qu’elle a rencontrées. M. Topinard a fait preuve d’indépendance d’esprit en ne dissimulant pas les points faibles d’une œuvre dont il a été l’un des artisans avec son maître Broca. Dans la seconde partie de son ouvrage, M. Topinard reprend le cadre tracé par Huxley et par Broca, il y a un quart de siècle Notamment, il expose et discute, à la lumière des derniers progrès de la science, toutes les données du grand problème de l’ori-
- gine de l’homme. Malgré l’abîme profond qui sépare aujourd’hui le genre humain du reste des animaux, M. Topinard montre avec détails que l’homme est le produit d’une longue évolution commencée dans les classes inférieures des vertébrés et dont il suit toutes le phases jusqu’à l’ordre des primates où l’espèce forme un rameau distinct, (i vol, in-8°, illustré de ioi figures, cartonné à l’anglaise. Prix, 6 fr., Félix Alcan, éditeur).
- LA SCIENCE PRATIQUE
- Le soudage des métaux au verre. —
- L’industrie des lampes à incandescence est tout particulièrement intéressée à connaître les tours de main qui permettent de souder le verre à un métal. Si ces deux corps n’ont pas le même coefficient de dilatation, il se produira, après refroidissement, un travail moléculaire du verre tout autour de la soudure, qui amènera la formation de fissures. L’air rentrera dans l’ampoule, et la lampe sera mise rapidement hors de service.
- Voici la composition d’un alliage qui présenterait le même coefficient de dilatation que le verre et qu’il est possible d’employer directement ou comme soudure intermé-
- diaire :
- Etain.............. 25 parties en poids.
- Cuivre............. 5 —
- On peut l’adoucir ou le durcir par l'addition de 0,5 à 1 p. c. de plomb ou de zinc.
- Cet alliage fond à 360° centigrades.
- (Le Moniteur industriel)
- Moyen d’enlever les peintures anciennes
- ~~ La Bayerische Geioerbzeitung donne la lecette suivante pour enlever la peinture et vernis anciens sur le bois. On agite deux
- Parties d’ammoniaque avec une partie d’es-sence de térébenthine, de façon à former une Pulsion stable que l’on applique sur la peinture à enlever. Au bout de quelques minutes, a Peiuture est ramollie au point de pouvoir eLe enlevée par grattage ou friction.
- , Procédé aurait été appliqué avec succès ai enlèvement d’une peinture ancienne qui avait résisté à l’action de la lessive forte.
- Appel pneumatique. — Les sonneries à air constituent des appareils d’appel fort commodes pour les petites et moyennes distances.
- Filles ont seulement l’inconvénient d’être un peu coûteuses.
- On peut les remplacer par un simple sifflet, disposé comme le montre le croquis ci-contre. La poire d’appel est en caoutchouc (la choisir assez grosse), t est le tube de communication, S le sifflet. Il faut choisir un sifflet petit et à fente très étroite. Il est toujours bon de s’assurer, avant de poser le tube, que la poire est suffisante. Onfait cet essai en mettant la poire et le sifflet aux deux extrémités du tube enroulé.
- On peut facilement, par l’intercalation de un ou plusieurs robinet* à trois voies, faire siffler à volonté dans différents endroits. Il est également très facile de choisir des sifflets donnant des sons différents, s’il y en a plusieurs au même endroit, hn peut aussi adopter des signaux conventionnés, etc
- ***
- Matelas de mousse. — On recueille la mousse au moment de sa plus grande Vigueur (en août), on la débarrasse de toute la ierre qui tient à ses racines et on la nettoie convenablement er. rejetant les brins trop courts ou trop durs, ainsi que les corps étrangers. On la fait sécher doucement au grand air,
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- puis on la bat pour en faire tomber le reste de la terre. 11 ne s’agit plus alors que d’en remplir les toiles à matelas le plus également possible. Ces matelas sont excellents. On les fait, au reste, comme ceux en laine ; et s’il arrive que, par l’usage, la mousse se ramasse trop en quelque partie du matelas, on le bat de temps en temps pour le rendre à son épaisseur uniforme,
- On se procure, avec la mousse, des couchers aussi bons qu’avec des matelas en laine, beaucoup moins coûteux, et surtout préférables pour l’été. Ils durent envirou dix ans.
- * *
- Encre noire se copiant sans presse.
- Nigrosine C. P..........10 parties.
- Glucose. A............... 1,5 —
- Eau chaude.............. 1,75 —
- Glycérine............... 1,25 —
- Dissoudre la nigrosine dans l’eau chaude, par trituration, ajouter les autres produits et filtrer à travers une pièce de soie. Si l’encre, refroidie, est trop épaisse, y ajouter de l’eau jusqu’à consistance convenable.
- (Scientific American).
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- * *
- Procédé pour couper les tubes de verre. — Le procédé suivant est indiqué par le Professeur Wm. Thomson, pour couper des tubes, des flacons, etc.
- On se procure des bandes de papier buvard épais, de un quart de pouce à un demi-pouce de largeur, et de différentes longueurs. On mouille deux bandes, on les enroule autour du tube, de la bouteille eu du vase quelconque que l’on veut couper. Il suffit qu’elles fassent un tour, mais ou peut les enrouler davantage. Elles ne doivent pas être placées trop près l’une de l’?utre. Un intervalle de un quart à trois hvitièmes de pouce convient pour de grands diamètres ; pour un diamètre d’un pouce, pa- exemple, il vaut mieux conserver moins d’un quart de pouce. On dirige alors sur le verre, entre les deux pièces de papier humide, une flamme fine, de deux ou trois ponces de long, pendant qu’on tourne le verre -’entement en gardant la pointe de la flamme entre les deux papiers. Dans l’inter-vr>ile d’environ une minute, les leux parties se séparent nettement suivant la ligne suivie par la flamme.
- (Scientific American).
- Argenture du fer. — Ce nouveau procédé donne, parait-il, de bons résultats pour argenter le fer. L’objet est d’abord plongé dans un bain chaud d’acide muriatique dilué, puis une fois décapé, on le trempe dans un bain de nitrate de mercure, tout en le reliant au pôle zinc d’un élément de Bunsen, dont l’autre pôle est formé de charbon de cornue ou de platine. Le fer se recouvre rapidement d’une couche de mercure ; on le sort, on le lave et on le transfère dans un bain d’argent pour l’argenter. En chauffant ensuite à 300°, le mercure s’en va et l’argent adhère fortement au fer.
- Pour économiser l’argent, on peut aussi recouvrir le fer d’abord avec de l’étain. Pour cela on dissout une partie de crème de tartre dans huit parties d’eau bouillante et on joint un ou plusieurs anodes en étain au charbon d’un élément Bunsen. Le zinc communique avec un morceau de cuivre bien décapé, et l’on fait passer le courant jusqu’à ce que l’étain se soit déposé sur le cuivre; on enlève alors celui-ci et on met le fer à sa place.
- Le fer, ainsi recouvert d’étain chimiquement pur, puis argenté, revient bien meilleur marché que par les autres procédés d'argenture.
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- * *
- Crayon de couleur pour écrire sur le verre. — A la cave ou dans des dépôts, on a souvent besoin de faire des inscriptions sur le verre des bouteilles ou des bonbonnes. On peut se servir pour cela d’un crayon fabriqué de la manière suivante :
- Blanc de baleine .... 100 parties.
- Graisse.......................15 —
- Cire..........................27 —
- On y ajoute en remuant:
- Minium pulvérisé .... 150 —
- On peut ensuite couler en bandes ou dans des moules de la grosseur de gros crayons.
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- Emballage des fruits. — Pour l’emballag0 des fruits de table, on commence à se servir avec succès de son de froment ; celui-ci entoure chaque fruit et empêche le contact avec le voisin. — Des fruits ainsi emballes ont pu se conserver fort longtemps et noflt pas besoin d’être expédiés en grande vitesse-Cet emballage si simple préserve les fruits de toute meurtrissure et de tout accident.
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- PHYSIQUE SANS .APPAREILS
- PISTOLET DE YOLTA
- 8^otre voisin, grand chasseur, nous W abandonne gracieusement ses boîtes tn à poudre vides, ses culots de car-w touches. Grâce à ce matériel facile à trouver chez un camarade ou dans sa propre armoire, on construit des « pistolets de Volta », des « torpilles sous-marines ». Les culots, parfaitement astiqués à l’intérieur et à l’extérieur, sont de très bons serre-bouchons microphoniques. Les capsules s’utilisent pour des charbons tout petits. Aujourd’hui ces charbons artificiels ont des dimensions variant de 1 millimètre de diamètre à 2 centimètres et demi.
- Causons ici du pistolet de Volta.
- La figure 6 explique comment il faudra s’y prendre.
- On commencera par souder à l’ouverture béante de la boîte S un cylindre de 2 centimètres de hauteur, 3 au plus (T), en fer-blanc ou en zinc minet. Cette cheminée est destinée à recevoir un bon bouchon de liège ou un tampon de bois entrant à frottement dur.
- Au bas d’un des côtés de la boîte on percera avec un poinçon ou une vieille lime, un trou de 1 centimètre sur les bords duquel sera soudé un tuyau de zinc, laiton, tôle, ou fer-blanc de 2 centimètres de long, V. On aura, d’autre part, un bout de tube de verre de 1 centimètre de diamètre extérieur, de la longueur de la boîte à poudre, plus 1 centimètre. Fixer dans ce tube, avec gomme Inque, cire à cacheter, ciment ou plâtre, une Petite tige de laiton. D’un côté, elle devra dépasser de 1 millimètre les parois du verre et se terminera à l’autre extrémité (fig. 6 A) par une petite boule de métal.
- Ainsi préparé, le tube de verre sera enfoncé ^ans la boîte par le canal métallique, en l’y assujettissant bien ; une fois placé, il faut Çue dans l’intérieur, la tige soit à 1 milli-mètre ou 2 de la paroi métallique. La sphère extérieure doit se trouver à 1 ou 2 centimètres en avant du tuyau qui emprisonne te tube de verre. Le pistolet de Volta est ter-miné. Mais nous avons omis d’allumer la
- lanterne. Un fusil sans amorce, ni poudre, ni cartouche, ne serait bon qu’à orner l’appartement, accroché à la panoplie. De même le pistolet, si nous n’avions, auparavant, construit un gazomètre, à moins d’avoir le gaz à la maison.
- Le gazomètre de la figure 7 se compose de de deux parties.
- La plus importante est le morceau supérieur d’un bocal, cassé ou préparé à cet effet par un savant coup de lime circulaire, qui le coupera en deux. Celle qui supportera le goulot nous servira pour le moment. On fera un bouchon sérieux, tenant bien au col, on le vernira à la gomme laque, on le plongera dans la vaseline ; il doit être parfaitement étanche. Le paraffinage sera un excellent procédé. A l’intérieur sera suspendue une tige de laiton à laquelle on accrochera un paquet formé de résidus de zinc provenant du piles, à une distance de 10 centimètres à pet. près.
- On pourra, dans une grande feuille de zinc le 2 millimètres d’épaisseur, faire cisailler par le ferblantier, sur toute la longueur, une bande de 3 centimètres de largeur. Oi>. le priera ensuite d’enrouler sur lui-même ce ruban comme en O (fig. 7) ; on a de cette fa^on une hélice au centre de laquelle on faiipasserle fil de suspension. Sur un côté du bouchon est foré, avec la lime ronde, un cantl de 6 à 7 millimètres de diamètre, on y pass-v un bout de tube de verte qui n’a besoin que d’affleurer le bouchon à l’intérieur de la «loche, de le dépasser de quelques centimètres en dehors, on y ajuste an morceau de tube Je caoutchouc de quelque? centimètres : ôn le «hoisit de la dimension voulue pour qu’il sene étroitement le verre et ne puisse laisser échapper de gaz. Le robinet nécessaire pour tenir prisonnier l’hydrogène dans le gazomètre, ai moins pendant quelques minutes, sera constitué par le petit appareil employé par la Ménagère pour maintenir sur les cordes le Luge de la lessive. Les photographes pour- leu*§ épreuves ont ausfi de ces pinces.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Elles tiendront lieu, dans notre installation ^ de robinet.
- Jusqu’à présent nous n’avions entre les mains qu’une espèce de cloche bouchée par le haut, munie d’un tuyau d’échappement et approvisionnée de zinc, métal électrogène par excellence ; on a, d’autre part, un vase, forme manchon, en faïence, cristal, terre ou porcelaine, un peu plus large que le bocal, hauteur de 20 à 25 centimètres.
- On le remplit aux deux tiers d’eau largement arrosée d’acide sulfurique.
- On y plonge la cloche gazomètre après avoir retiré la pince - robinet.
- Auboutde quelques instants, l’air a été jeté à la porte et l'atmosphère intérieure se compose d’hydrogène pur. On resserre le tube élastique dans la mâchoire de bois Les bulles de gaz crépitent sur le zinc qui diminue, montent sur la voûte de cristal, font pression sur l’eau, qui s’abaésse pour laisser la place libre au nouveau venu. Bientôt l’hydrogène occupe en entier le récipient. Le liquide comburant est refoulé plus bus que son combustible. Le métal est hors de l’eau ; la provision de gaz possède est emmagasinée. Il s'agit de charger labouteilb de Leyde et le pistolet électrique.
- L’appareil détonant est mis en ra’alion par l’ouverture a-'ec le tuyau de caoutchouc. L’hydrogène, ard des mondes supérieurs, s’élance dans la nruvelle prison, métallique cette fois, qui lui /st offerte.
- L’eûu acidulée se précipite pour le remplacer dam la cloche. En quelques secondes, l’ancienne boîte à poudre a sondein de gaz, son
- trop plein même, car l’expérience ne réussirait pas; pour arriver au but, il faut un mélange d’hydrogène et de l’oxygène ; inutile d’en fabriquer. Deux cornues nous ont autrefois sauté à la figure. Nous ne voulons éborgner personne ! Nous emprunterons ce gaz précieux à l’air. Le pistolet chargé, nous mettons le pouce sur l’ouverture et le retournons, tenant de l’autre main le bouchon.
- Nous dépou-çons : bouchon tout près du tuyau ; soufflez un peu, très peu, dans la boîte et bouchez à bloc prestissimo.
- Votre pistolet, s’il est absolument étanche, peut demeurer plusieurs jours et plus avec ses gaz.
- Si l’opération a été rondement menée — c’est l’affaire de deux ou trois rates pour avoir le tour de main nécessaire — l’enveloppe métallique de la boîte est mise en communication avec la panse d’un condensateur, la boule de laiton avec l'armature interne, l’étincelle éclate et dehors et dedans entre le bout extrême de la tige et la paroi. Une violente détonation retentit, le bouchon saute. On a eu soin de ne pas le pointer, s’il est en bois surtout, du côté d’ustensiles fragiles, tels due des tubes de Geissler ; oU dangereux, comme des bouteilles pleines d’acide.
- A. d’Argy.
- Cet article est extrait des « Causeries familier*8 d’un Electro-amateur » dont il est question Prece demment dans notre Revue des Livres.
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d’Assas-La Fère. — Imprimerie Bayen, rue Ncigre.
- Fig. 6.
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- lis^m
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- iBIBLiothêqué)
- L’ART DE LA COIFFURE
- ET L’ORNEMENT DE LA TÊTE CHEZ LES FEMMES DE L’ANTIQUITÉ
- mm
- hez les Grecs, qui de tous les peuples furent les mieux doués sous le rapport du goût et du beau, la coiffure avait des formes légères et tombantes. Les hommes, qui d’abord avaient porté les cheveux dans toute leur longueur, les coupèrent par la suite. Mais les femmes conservèrent toujours la chevelure tout entière, en lui donnant des dispositions qui varièrent avec les
- /d 1 o wv nd a
- Ces bandeaux variaient de largeur : le plus étroit était appelé par les Grecs Tœnia, c’était une lame de métal excessivement souple et étroite, faisant l’office du lacet ou du ruban qui servait à séparer les cheveux du devant de ceux du derrière : il en a été trouvé plusieurs dans les ruines présumées de la ville de Troie.
- Le British Muséum possède un exemplaire assez curieux de ce bandeau primitif, qui
- Fig. 8. — Coiffure d’une dame grecque.
- Fig. 9.—
- Dame grecque coiffée du diadème.
- A- toutes les époques, la chevelure fut, chez Ce peuple, l’objet d’un grand soin, et d’une telle considération que la perte même Partielle de cet ornement naturel suscitait
- presque un sentiment de mépris Aux temps reculés de la Grèce primitive, cheveux, partagés sur le sommet de la ^*e> étaient ramenés en arrière en bandeaux egers et rattachés sur la nuque en un toupet appelé Lampadion.
- Les dames de la Grèce se trouvaient plus
- avec un front bas, c est la raison pour
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- Quelle elles en vinrent à disposer leurs che-
- ^Ux en boucles sur le front, ou à les couvrir Un bandeau comme le montre la figure 8.
- fut trouvé à Polledrara. C’est une lame d’or mince, mesurant environ 50 centimètres de long; sa largeur, qui va en diminuant vers les extrémités, a de 8 à 10 centimètres au centre, et, de chaque côté, une large encoche a été pratiquée pour laisser la place des oreilles. Une sorte de bordure large formant une sorte d’encadrement court tout autour, et le centre porte deux rangs de personnages et de lions entremêlés. On attribue à cet ornement une origine phénicienne.
- Ces bandeaux augmentèrent de largeur, VAmpyx fut plus large que le Tœnia, le Sté-phanê plus large que 1 ’Ampyx.
- D’un terme général, cet ornement de la tête
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- devint le diadème (fig. 9) dont les dames riches et d’un rang élevé se couvraient le front en attendant qu’il devînt plus tard, chez la plupart des peuples, l’emblème de la puissance et la coiffure exclusive des rois et des reines.
- Dans les fouilles qui furent faites à My-cènes, dans l’Argolide, on a trouvé quinze de ces diadèmes, répartis sur trois corps. Chacun d’eux a 49 centimètres de long sur 10 de large à la partie centrale et tous présentent la même ornementation, obtenue en repoussé. Cette ornementation comprend une bordure de deux lignes de chaque côté ; entre ces bordures, on remarque une rangée de triples cercles concentriques dont le diamètre va en diminuant à mesure qu’on se rapproche des extrémités ; d’autres petits cercles remplissent les vides laissés par les grands.
- Un autre diadème, découvert au même endroit, est surmonté de fleurons et forme ainsi une sorte de couronne. Sa longueur est de 60 centimètres, et les fleurons ou feuilles sont au nombre de 36. Ces fleurons, ornés de cercles et de rosaces en repoussé, sont superposés sans cependant se cacher l’un l’autre, et, comme la feuille d’or qui les composait est très mince, ils devaient être continuellement agités, tout en brillant comme du clinquant.
- Les diadèmes dont nous venons de parler étaient souvent agrémentés d’ornements d’or, qui pendaient sur les tempes en forme de tresses et que les Grecs appelaient Kredemna.
- Dans les ruines présumées de la ville de Troie, on a trouvé deux ornenents de ce genre, dont l’un, par exemple, se compose
- LE JEUNE ET
- a manie du jeûne sévit depuis quelque temps sur les deux hémisphères ; après les exploits de Tanner et de Succi qui se sont privés de toute nourriture solide, l’un quarante jours, l’autre trente jours, voici Merlati et Jacques qui ont poussé l’expérience jusqu’à cinquante jours. Je ne pense pas que ce soit ni par amour désintéressé de la science, ni par économie que ces braves gens ne mangent pas, mais je sais très bien que cela leur procure des sommes
- d’une lanière d’or, longue et mince, mesurant 50 centimètres de long sur 13 millimètres de large, et de laquelle pend au milieu, une frange coupée carrément et formée d’une multitude de chaînettes. De chaque côté, quelques brins de cette frange s’allongent en couvrant les tempes et descendent jusque sur la poitrine.
- Les dames grecques arrangeaient encore leurs cheveux à l’aide de résilles, de fils d’or, et jusqu’à l’époque des guerres médiques, époque vers laquelle cette mode fut perdue, les Athéniens portaient des cigales d’or dans leur coiffure, comme un symbole de leur antiquité, car ils se figuraient que cet insecte était directement engendré par la terre.
- Enfin, à tous ces ornements, il faut ajouter l’épingle de tête d’un usage général chez toutes les femmes de l’antiquité, et dont la mode qui prit naissance en Asie, croit-on, se répandit bientôt chez les Ioniens, à Samos, à Colophon, et dans toutes les riches cités de l’Asie mineure. Au musée du Louvre il s’en trouve plusieurs, et l’une, par exemple, a la tête représentant une main de Paris ou de Vénus tenant une pomme.
- Quant aux cheveux eux-mêmes, ils n’étaient pas toujours laissés dans leur état naturel, et il arrivait souvent qu’on les teignait d’un roux brillant. D’ailleurs, les dames grecques n’étaient pas seulement habiles dans l’art de teindre les cheveux, mais elles excellaient encore dans celui de se farder, de se poudrer et de se peindre les sourcils.
- {A.suivre) G. Chaplot.
- LES JEUNEURS
- très rondelettes versées par les curieux qui viennent les examiner.
- Ces expériences sont-elles bien utiles ? Ûn me permettra d’en douter, et je crois que leurs auteurs auront bien de la peine à fan'e école; pour moi, je déclare sincèrement qlie je trouve que le Créateur a fait trop de bonnes choses ici-bas pour lui faire l’affront de ne pas y toucher. Après les végétariens, lesjeU' neurs ! cela ne m’étonne plus que les mai' mitons nous aient menacés d’une émeute.••
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- Au point de vue rigoureusement scientifique et en supposant qu’on n’ait pas affaire à d’indignes farceurs, on pourra peut-être profiter de ces expériences pour étendre nos connaissances, mais au point de vue pratique je ne vois pas quel avantage on retirera de de cette nouveauté.
- J’ai dit nouveauté... Hélas ! j’oubliai qu’il n’y a rien de nouveau au pied de la tour Eiffel, pâle copie elle-même de la tour de Babel. On a toujours jeûné volontairement ou non, et cet acte a été le plus souvent une pratique religieuse. Moïse, Élie, Jésus, disent les Écritures, ont jeûné chacun quarante jours. Notons, à ce sujet, que ce chiffre de quarante (Quadragésime — Carême) se rapproche assez du nombre moyen de jours de jeûne des expérimentateurs que nous avons nommés. Est-ce que ce chiffre de quarante jours n’aurait pas déjà été observé comme étant la limite de résistance de l’homme bien portant à la faim ?
- Le jeûne se retrouve dans toutes les religions; sectateurs de Manou, de Brahma, de Confucius, d’Isis, de Jupiter, de Moïse, de Jésus ou de Mahomet, tous considéraient ou considèrent encore l’abstinence de nourriture comme un acte de sainteté. Seuls les Guèbres, ces antiques Parsis adorant le feu, repoussent le jeûne de la façon la plus absolue. Et, en cela, ils sont scientifiquement logiques ; car, qu’est-ce que se nourrir ? c’est entretenir la chaleur vitale : ce serait donc offenser le feu que de refroidir notre corps; ce ne sont pas eux qui imiteraient saint Siméon stylite qui jeûnait’d’une façon absolue pendant quarante jours, ou les fakirs qui se font murer et dorment pendant trente jours.
- En réalité, le corps peut supporter des jeûnes plus longs, mais à l’état de maladie. Le docteur Blandet cite une jeune femme de Vlngt-quatre ans qui, s’étant endormie à Laques 1862, se réveilla seulement en avril 1B63 ! Un an environ à dormir et à ne pas manger, allez-donc douter de la véracité du route de Perrault: la Belle au Bois dormant ! Lien des médecins, surtout ceux qui s’adon-uent à l’étude des maladies nerveuses, ont constaté des faits analogues. Mais déjà même
- antiquité s’était occupée de cette question e! des médecins de ces temps reculés nous °ût laissé leurs idées à ce sujet. Hippocrate
- croit que la mort de l’homme survient au bout de sept jours de jeûne ; Pline admet onze jours. Athénée raconte que la tante paternelle de Timon ne prenait aucun aliment, pas même liquide.
- Dans un chapitre ayant pour litre : du « Vivre sans manger », Joubert, médecin du commencement du xvne siècle, en un curieux ouvrage intitulé « Des erreurs populaires et propos vulgaires touchant la médecine », cite nombre de cas de jeûne.
- « J’entens, écrit-il, qu’il y a pour le pré-» sent, à Avignon, un homme de soixante » ans qui mange fort peu souvent, et par » longs intervalles de cinq, six, dix et plu-» sieurs jours. Ce que Albert escrit est sem-» blable : Qu’il y avait une femme, laquelle » passait quelquefois vingt jours sans man-» ger, ne beuvant que de l’eau un jour et » un autre non... Personnes graves rapportent » avoir été veuë en Espagne une fille, qui ne » mangeait rien, et entretenait sa vie ne beu-» vant que de l’eau, et avoit desja vingt et » deux ans. Plusieurs ont veu en Languedoc » une garce qui demeura trois ans, et nous » sçavons par ce qu’en ont escrit quelques » bons et doctes personnages qu’il y en a eu » une autre à Spire, en Allemagne, qui ves-» quit autant d’années sainement, sans autre » viande ou breuvage que de l’air. Guillaume » Rondelet atteste d’en avoir veu une autre » qui, de pareille manière de vivre, parvint » jusqu’à dix ans ; puis, quand elle fut » grande, se maria et eut de beaux enfans, » Jan Bocace escrit d’une allemande, laquelle » vesquit trente ans sans manger autrement. » Pierre d’Abano (qu’on nomme conciliateur) » raconte d’une normande qui ne mangea » rien de dix-huit ans et d’une autre qui dura » trente et six ans sans manger. On tient » pour certain qu’à Romme, un prestre ves-» quit quarante (1) ans de la seule inspiration » de l’air ; cela estant bien observé sous la » garde du pape Léon (Dixième) et de plu-» sieurs princes et üdellement témoigné par » Hermolao Barbaro ».
- Arrêtons ici cette nomenclature qui donne des crampes d’estomac et ajoutons que Joubert ne croyait pas beaucoup à tous ces
- (1) Encore quarante ! ne serait-ce pas une période de jours que les observateurs désignés auraient transformée en années ?
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- « miracles », mais admettait la possibilité de rester un temps fort long sans manger, car, dit-il, et ses paroles sont d’un homme bien indépendant : * car je me suis proposé dez » long temps n’admettre aucune chose comme » vraye de celles qu’on peut comprendre par » raison et discours, pour grande que soit » l’authorité de celui qui la propose ».
- La science moderne s’est occupée de la question du jeûne. Magendie a fait sur ce sujet des expériences célèbres, et il a constaté (ce qui est assez naturel) que les jeunes meurent plus vite de faim que les adultes. Claude Bernard a pu conserver vivant pendant trois ans un crapaud privé de toute nourriture.
- Il est à remarquer que dans les expériences de Tanner, Succi et autres, il y a toujours eu absorption d’un liquide. Est-ce là ce qu’on
- peut scientifiquement appeler un jeûne ? Quelles que soient, d’ailleurs, les conclusions que les savants croiront devoir tirer de ces jeûnes prolongés, on nous permettra de trouver bien absurdes ceux qui s’y livrent; aussi absurdes que ceux qui, dans un sens contraire, font le pari d’absorber tant de solide ou de boire tant de liquide.
- Vivons donc comme nos pères ; mangeons et buvons suivant notre faim et notre soif et laissons aux jockeys et à ceux qui veulent vivre de puffisme, le singulier plaisir de constater chaque jour de combien de grammes ils ont maigri. Ce n’est pas le moyen de reconstituer notre pauvre humanité qu’on dit si abâtardie, ce que je ne crois pas et que j’espère démontrer un jour.
- L’Esprit.
- LES FALSIFICATIONS DES DENRÉES ALIMENTAIRES
- MOYENS SIMPLES ET FACILES POUR LES METTRE SOI-MÊME EN ÉVIDENCE
- I. Les falsifications du lait [suite)
- oijs avons vu que l’écrémage et le mouillage étaient les falsifications ou plutôt les fraudes les plus communes. On peut les mettre en évidence en prenant la densité du lait au moyen d’un lacto-densimètre et aussi en mesurant la quantité de crème que le lait renferme, par le le crèmomètre qui est une éprouvette graduée spécialement dans ce but. Cependant, les indications même comparées de ces deux instruments ne donnent pas toujours des résultats satisfaisants; en outre, leur emploi présente trop de difficultés en raison de l’incertitude des indications; aussi M. Marchand a-t-il proposé, pour apprécier la qualité d’un lait, de doser le beurre qu’il renferme. L’instrument dont il se sert est le lacto-butyromètre dont nous allons parler.
- Lacto-butyromètre. — Il est évident que par l’emploi du lacto-butyromètre, c’est-à-dire par le dosage du beurre dans un volume donné de lait, on pourra se rendre compte si ce lait a été écrémé ou additionné d’eau. Or, rien de plus simple que cet instrument et
- rien de plus commode que la manière de s’en servir.
- Cet appareil se compose d’un petit vase conique tubulé à col très étroit, lequel porte une division (fig. 10).
- La tubulure latérale s’élève jusqu’au-dessus du tube gradué, en se terminant par un entonnoir, et descend très près du fond.
- Pour se servir du lacto-buty-
- romètre, on mesure à l’aide d’une pipette jaugée 10 c. c. de lait que l’on introduit dans le vase en les faisant couler par le tube à en-
- Fig. 10.
- ton noir.
- On ajoute ensuite 2 gouttes de soude caustique (lessive des savonniers). Cette quantité est suffisante pour prévenir la coagula-
- tion de la caséine pendant l’opération.
- On fait ensuite couler de la même façon 10 c. c. d’éther et 10 c. c. d’alcool et l’on agUe vivement pendant quelques instants ; l’éthei dissout alors la matière grasse du lait sans rien prendre de ses autres principes. On achève de remplir jusqu’à la troisième divi-
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- sion avec de l’alcocl à 90 degrés centigr., qui précipite le beurre dissous par l’éther. Ceci fait, le tube est placé dans une éprouvette renfermant de l’eau maintenue à 40 degrés environ; au bout de dix minutes environ toute la couche butyreuse se réunit à la surface du liquide. Il est à remarquer que l’éther, après son mélange avec l’alcool, retient encore en dissolution une certaine quantité de beurre. D’après M. Marchand, cette quantité est constante et égale à 12 gr. 6 par litre de lait ; c’est pourquoi la première division du tube, au lieu d’être marquée zéro, porte le chiffre 12,(5 et correspond à cette même quantité de beurre restée en dissolution. Il résulte de ce fait que tout échantillon de lait contenant moins de 12 gr. 6 de beurre par litre ne donne pas de couche butyreuse.
- Afin de mesurer la quantité de beurre séparée comme il est dit plus haut, on i’amène en regard de la graduation du tube.
- Pour cela il suffit de faire couler lentement, par la tubulure, une certaine quantité d’eau tiède que l’on peut prendre dans le bain-marie.
- Ce dernier liquide se rassemble au fond du ballon, soulevant ainsi les couches supérieures.
- Le beurre atteint bientôt le col du ballon, s’y engage lorsque l’extrémité inférieure de la colonne jaunâtre arrive en regard de la graduation 12 gr. 6 ; il suffit de lire en face de quelle division se trouve le sommet du liquide pour en déduire immédiatement en grammes la richesse butyreuse par litre de lait.
- Or, on sait, d’après de nombreuses analyses, qu’un litre de lait de bonne qualité l’enferme de 30 à 33 grammes de beurre. On devra donc rejeter comme falsifié, soit par addition d’eau, soit par ablation de crème, tout lait qui ne marquera pas au moins 30 degrés au lacto-butyromètre.
- Ce lacto-butyromètre, tel que le construit M- Demichel, est vendu 8 fr. ; son prix est donc insignifiant en raison de l’importance des services que peut rendre cet instrument.
- Recherche des matières étrangères. ~~ Le mouillage et l’écrémage sont, ainsi fine nous l’avons dit, les fraudes les plus communes dont le lait est l’objet; l’adjonc-R°n d’autres matières étrangères est beau-
- coup plus rare. Cela ne veut pas dire toutefois qu’elle ne se produise jamais ; il arrive par exemple que, pour masquer l’addition d’eau, on ajoute de la mélasse, de la gomme adra-gante, de la dextrine, de la fécule, etc. Là fécule, la farine, l’amidon et les autres substances analogues brûlent facilement au fond des vases où l’on fait bouillir le lait. Toutefois, il ne faut pas toujours se fier à ce caractère, parce qu’il peut être présenté par un lait naturel, qui commence à s’altérer. Il vaut mieux s’en rapporter à l’essai par la teinture d’iode. Quelques gouttes de cette liqueur, versées dans le lait préalablement bouilli, lui communiquent une teinte bleue violacée, d’autant plus foncée que la matière féculente ajoutée est en plus grande quantité,
- La gomme adragante se reconnaît par l’addition de l’alcool au sérum du lait, il se produit alors un précipité filandreux. Pour obtenir le sérum, on traite d’abord le lait par quelques gouttes d’acide acétique, qui précipitent la caséine opaque flottant dans un liquide transparent et jaunâtre, ou sérum, dont on peut la séparer par filtration.
- M. Morin a signalé, il y a quelques années, dans du lait vendu à Rouen, la présence de la gélatine et de l’ichtyocolle. Cette falsification est facile à mettre en évidence en traitant le sérum par une infusion de noix de galle, qui donne un précipité.
- II. Falsifications du beurre.
- Le beurre est l’objet de nombreuses falsifications, pour la plupart assez difficiles à mettre en évidence, même par les chimistes exercés; nous ne parlerons donc que de celles qu’il est aisé de reconnaître soi-même. Elles sont de deux sortes : 1° adjonction de substances colorantes ; 2° addition de graisses ou de margarine. On sait qu’en hiver, sous l’influence de l’alimentation sèche que reçoivent les vaches laitières, le beurre est généralement pâle. Ce manque de coloration n’a pourtant aucune action sur sa qualité, mais les consommateurs n’aiment pas le beurre dans ces conditions, ils le préfèrent d’un beau jaune, comme le beurre d’été. Ceci n’a pas gêné les fabricants qui colorent le beurre avec du safran, du jus de carotte, du curcu-
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- La scièncè en famille
- ma, du rocou, etc., heureux encore lorsqu’ils ne mettent que ces substances qui, en somme, ne sont pas dangereuses ; maison a vu des exemples de beurres colorés avec du chro-mate de plomb, qui est très dangereux. Il peut donc être utile de déceler la présence des colorants, ce qui est, d’ailleurs, très facile :
- Un fragment de beurre étant agité fortement avec de l’alcool légèrement tiède, on décante et on évapore : s’il n’y a rien, c’est que le beurre n’est pas artificiellement coloré.
- S’il y a du rocou, on obtient un résidu rouge brun, qui bleuit lorsqu’on ajoute une trace d’acide sulfurique.
- Le curcuma donne également un précipité rouge brun.
- Si, par l’adjonction d’un peu de sous-acétate de plomb, on a un précipité orange, c’est que le beurre est coloré par du safran.
- C’est M. Poggialequi a signalé l’emploi du chromate de plomb pour colorer le beurre. C’est là un véritable toxique. On le retrouve en faisant fondre le beurre dans de l’eau, ce
- sel est précipité au fond du vase, on le sépare par décantation et on le caractérise par l’acide chlorhydrique, qui donne alors une coloration verte assez fugace, mais néanmoins très apparente.
- Une autre sophistication, assez commune, est l’incorporation de Veau obtenue en ajoutant de l’eau salée au beurre fondu et en battant jusqu’à refroidissement. D’après M. Soubeiran, certains beurres salés contiennent jusqu’à un tiers de leur poids d’eau. On reconnaît la quantité d’eau en mettant le beurre fondu dans une bouteille; en le maintenant auprès du feu, l’eau, blanchie, se sépare du beurre, et on voit la hauteur qu’elle occupe (1).
- Il n’est pas rare non plus de trouver sur les marchés du beurre fourré, c’est-à-dire du beurre de mauvaise qualité, voire même un mélange de ce beurre et de graisses, recouvert d’une couche plus ou moins épaisse de bon beurre. Cette fraude est facile à mettre en évidence en sondant la motte de beurre.
- (A suivre). Alb. Larbalétrier,
- Professeur de chimie agricole et industrielle.
- LA LECTURE DES ANGLES
- CAUSERIE D’ASTRONOMIE PRATIQUE
- ire un angle ! rien n’est plus facile, vous dira le premier élève de sixième venu. On prend le petit instrument nommé « rapporteur », on fait coïncider l’un des côtés de l’angle avec le diamètre du cercle, en ayant soin que le sommet de l’angle soit au centre de celui-ci, et l’angle se trouvera mesuré par le nombre de divisions du limbe compris entre ses côtés !
- Certes, le procédé est on ne peut plus simple, mais il serait trop peu précis pour des gens aussi méticuleux que les astronomes.
- La lecture des angles, à l'œil nu, par l’examen de l’index mobile qui parcourt un limbe gradué a certainement constitué fort longtemps la seule méthode en usage. On augmentait le rayon du limbe pour permettre un plus grand nombre de divisions visibles, mais on conçoit aisément que, même avec cette précaution, le moyen était trop grossier
- pour satisfaire le besoin de précision qui s’imposait de plus en pins avec les progrès incessants de la science.
- Le géomètre français Vernier fit faire un grand pas à la question en imaginant le petit instrument fort simple qui porte son nom, et dont nous allons essayer de faire comprendre le principe. Divisons un arc de 9 degrés du
- limbe fixe en 10 parties égales,
- et installons sur l’index mobile
- notre nouvel arc
- ainsi divisé (A B); il est clair
- que chacune des
- nouvelles divisions reculera de l/10e de degré sur la division du limbe (fig. 11).
- (i) Les beurres les mieux préparés renferment de io à iô pour ioo d’eau ; au delà de 20, il y a fraude.
- 9 ç-rx 0
- -
- \ 1
- Fi*. 11.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- Donnons maintenant à l’index qui porte le vernier une position quelconque; il est vraisemblable que le 0 de l’index ne tombera pas juste en face d’une division du limbe; mais, pour apprécier l’écart entre ces deux lignes, en dixièmes de degré, il suffira de chercher quelle est la division du vernier qui se trouvera exactement en face d’une autre division du limbe, et de compter de combien de divisions du vernier ce deuxième point est écarté du premier; l’évaluation se fera ainsi à 6’ près. — En divisant dix-neuf parties du limbe en 20 parties égales du vernier on pourrait lire des 20es de degré, soit un angle de 3’, et ainsi de suite. Il n’y a d’autres limites à la précision que la petitesse des divisions et l’impossibilité de faire disparaître l’épaisseur des traits, quelque fins qu’on les dessine (1).
- La précision de la lecture sera augmentée par l’emploi de loupes ou microscopes placés au-dessus de l’index et emportés avec lui; aujourd’hui, l’instrument amplificateur porte, en même temps, une source de lumière suffisante pour permettre les lectures pendant la nuit.
- Une autre méthode, à l’aide de laquelle on arrive à un peu plus d’exactitude, et qui est connue sous le nom de méthode de répétition de Borda, consiste à lire deux fois l’angle observé, aux deux extrémités du même diamètre, sur l’index mobile placé diamétralement et portant deux verniers. Les erreurs commises dans l’une des lectures ont des chances d’être compensées par l’autre; la somme des lectures est divisée ensuite en deux pour obtenir le résultat.
- Nous arrivons maintenant à la description de l’instrument le plus parfait en usage dans tous les observatoires : nous voulons parler du micromètre.
- Supposons une petite lunette fixe installée en A.(fig.l2), et munie d’un réticule, à l’aide de laquelle on regarde les divisions dulimbemo-fiile LL’. Les fils du réticule ne sont pas fixes comme dans une lunette ordinaire, mais bien actionnés par une vis BG, que l’astronome a s°us la main, et qu’il peut déplacer dans le sens même où se meut le limbe. En comptant
- (i) Nous avons réalisé un vernier de ce genre pour notre usage personnel. Avec un rayon de 15 cm., on
- 11 aisément, sans loupe, un angle de 3’.
- le nombre de divisions dont on aura tourné la tête de la vis (qui est elle-même divisée extérieurement), à partir du moment où la coïncidence aura été établie entre la croisée des fils et l’une des divisions du limbe, on pourra mesurer des parties très petites de
- Fig. 12.
- celles-ci ; si nous supposons, en effet, que le tambour extérieur de la vis est divisé en 60 parties, et que le déplacement total de la croisée du réticule dans le champ corresponde sur le limbe à une minute d’arc, il est clair que le déplacement d’une division du tambour correspondra à un arc de 1”.
- Un petit miroir M renvoie les rayons d’une source de lumière sur les fils du micromètre. Aujourd’hui même, ces fils sont éclairés à l’électricité dans quelques instruments, ainsi que nous l’avons dit plus haut.
- La limite de la précision de lecture peut être poussée très loin : 1° si le tambour de la vis est grand et finement divisé ; 2° si les divisions du limbe mobile sont très petites, et le grossissement de la lunette assez fort ; 3° si la course totale des fils dans le champ, pour un tour complet de la vis, est petit.
- Les énormes progrès que la photographie appliquée a fait faire à l’astronomie, surtout à l’astronomie sidérale, ont rendu nécessaire un nouvel instrument de mesure des distances stellaires sur les clichés obtenus. Nous allons essayer de faire comprendre le principe de cet instrument appelé macro-micromètre, et qui est dû, comme tant d’autres appareils de précision, à l’infatigable énergie des frères Henry.
- Supposons un chariot glissant sur deux rails horizontaux, et entraîné au moyen d’une vis de 25cm de longueur, dont le pas total est 1 m/m. Le foyer de la lunette d’observation étant de 3m43, le tour de vis correspond à un intervalle del’. Le tambour de cette vis
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- est divisé en 600 parties, ce qui donne à chaque division une valeur de 0”,1. Or, comme on peut apprécier le l/10e de l’une de ces divisions, la limite de la précision de lecture sera de 0”,0i. Ceux de mes lecteurs qui voudraient approfondir les détails de ce mécanisme merveilleux, qui donnera certainement des résultats étonnants par sa délicatesse et sa précision, peuvent se reporter à la notice très claire contenue dans l'Annuaire du Bureau des longitudes de 1887. L’instrument est éclairé par voie de double réflexion à l’aide d’une lampe latérale dont les rayons traversent un trou ménagé au centre du disque horizontal, et qui sont ensuite diffusés sur tout le cliché.
- Dans nos prochaines causeries, nous parlerons d’autres instruments non moins indispensables que ceux que nous venons de décrire : le théodolite, l’équatorial, l’hélio-
- mètre, l’héliostat ; nous nous initierons ainsi progressivement à leur usage. Sans doute ces descriptions sont bien arides et doivent vous paraître interminables, fohers lecteurs: elles sont cependant nécessaires, croyez-le. Savoir, c’est comprendre d’abord et retenir ensuite ; or, on ne retient que ce qui vous a coûté quelques efforts. Les peuples qui ont fait les civilisations sont ceux qui ont lutté, conquérant, jour par jour, une parcelle de l’inconnu. A notre époque, s’est fait jour une tendance à la vulgarisation des sciences: on a tenté d’en faciliter l’accès; cette tendance est des plus heureuses et compte la Science en Famille parmi ses meilleurs champions ; mais, même en matière de vulgarisation, l’effort initial doit partir de l’étudiant. Je sais que vous ne me l’avez pas marchandé, et vous en remercie, une fois encore. G. Vallet.
- LES BOAS CONSTRICTORS
- ous avons récemment donné plu-W sieurs gravures représentant les serpents dans leurs attitudes carac-** téristiques, avec les intéressantes observations de M. O’Reilly, qui a beaucoup voyagé à la recherche de serpents et de reptiles, et qui ne trouve aucune difficulté à prendre vivants les serpents les plus redoutables.
- La figure 13 montre comment il manipule un boa constrictor au muséum du Central Park. Naturellement le serpent qu’il tient aussi aisément n’est pas de la taille de ceux du fameux groupe du Laocoon, si toutefois d’aussi monstrueux serpents ont jamais existé, mais il n’en est pas moins d’une taille très respectable, tel qu’il en existe beaucoup dans l’Amérique tropicale.
- Le nom de boa a été appliqué, d’une façon générale, à plusieurs variétés de serpents qui étouffent leur proie, et n’ont pas de crochets venimeux. Les variétés européennes sont connues sous le nom de pythons. Les vrais boas sont nombreux en Guyane et au Brésil, où on les trouve dans les localités sèches et sablonneuses, au milieu des forêts ou sur les bords des rivières et des lacs, certaines espèces allant dans l’eau. Ils se nourrissent
- surtout de petits quadrupèdes, et montent souvent aux arbres pour les atteindre. La dimension de leur proie semble énorme par rapport à l’ouverture de leurs mâchoires, mais celles-ci sont simplement réunies par des ligaments qui se distendent à volonté.
- La gueule peut s’ouvrir transversalement aussi bien que verticalement, les deux mâchoires étant réunies, non pas directement, mais par l’intermédiaire d’un os spécial, qui leur permet d’ouvrir la gueule beaucoup plus largement. Ils ont aussi la faculté d'ouvrir une moitié de la mâchoire indépendamment de l’autre, et peuvent ainsi maintenir solidement leur proie en même temps qu’ils l’avalent. La mâchoire supérieure est munie d’une double rangée de dents solides et pointues; la mâchoire inférieure n’en porte qu’une rangée. Toutes ces dents sont inclinées vers l’intérieur, de sorte que, une fois la proie saisie, le serpent lui-même ne peut lu lâcher facilement. Leur grande puissance musculaire leur permet d’étouffer dans leurs replis de très grands animaux, qu’ils humectent d’abord de leur salive, et avalent ensuite-Après ce repas, ils deviennent inertes, comme la plupart des autres reptiles, et restent ainsi pendant tout le temps de la digestion, qui p^llt
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- LA. SCIENCE EN FAMILLE
- durer plusieurs semaines après un bon repas. Pendant ce temps, il est facile de les tuer ou de les capturer.
- Les œufs du boa sont à peu près de ia dimension des œufs de poule. Il y a à peu
- mourut bientôt. Tous les autres moururent avant d’éclore.
- Les boas de l’Amérique tropicale (où fut capturé le spécimen ci-dessous) n’atteignent jamais la dimension des grands pythons, de
- Fig. 13. — M. Ô’ Reilly manipulant un boa Cônstrlctor au Muséum du Central Park.
- Près 15 ans, un boa de la ménagerie du Central Park pondit 21 œufs, en présence de son gardien. On remarqua que chaque troi-sième œuf pondu était stérile. Les bons œufs c°ntenaient chacun un boa. L’un d’eux en 8oi'üt immédiatement après la ponte, mais
- la même famille, que l'on trouve dans l’Hin-doustan, à Ceylan, à Bornéo, dont quelques-uns, paraît-il, atteignent la longueur de 10 mètres, et peuvent tuer un buffle de grande taille. L’un d’eux, apporté de Bornéo en Angleterre, avait 5 mètres de long et 45 cen-
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- timètres de circonférence. On lui donnait une chèvre toutes les trois semaines, et pendant qu’il l’avalait, ce qui demandait plus de deux heures, sa peau était tendue au point d’éclater, les cornes de la chèvre étant apparentes comme si elles allaient crever la peau. L’animal était digéré d’une façon tellement complète, qu’il n’en échappait qu’une petite
- quantité de fragments calcaires, représentant moins d’un dixième des os, et quelques poils.
- La peau du boa était l’objet d’un culte chez les Mexicains. Un fragment de peau ayant servi à cet usage est conservé au British Muséum.
- [Scientific American).
- PHOTOGRAPHIE PRATIQUE
- •LES INSUCCÈS DANS LE PROCÉDÉ AU GÉLATINO-BROMURE ACCIDENTS ET REMÈDES
- 1. — L’épreuve développée est vigoureuse d'un côté du cliché et faible de Vautre.
- Les plaques ont été mal préparées et la couche sensible est d’épaisseur inégale.
- 2. — Les noirs manquent d’intensité, quoique la pose ait été suffisante.
- Emulsion pauvre en bromure d’argent, ou couche d’émulsion trop faible.
- 3. — La plaque se mouille inégalement et repousse le dêveloppateur.
- On observe ce défaut dans le cas où les plaques ont été conservées pendant très longtemps dans un endroit très sec; elles se laissent pénétrer d’une manière inégale et avec difficulté par le dêveloppateur.
- On peut y remédier en plaçant la plaque pendant quelque temps dans un endroit humide ou en la faisant tremper dans l’eau avant de la développer.
- 4. — L'image parait voilée. — Il faut d’abord rechercher si le voile provient d’un excès de pose, ou s’il a été causé par une lumière étrangère; dans ce but, il faut voir si les bords de la plaque restent blancs ou non pendant le développement.
- Si les marges ou les parties protégées par les arêtes restent blanches malgré le voile du reste de la plaque, c’est un indice qu’il y a eu surexposition ou qu’une lumière étrangère a agi sur la plaque après la mise au châssis. Dans ce cas, on vérifiera les châssis et la chambre avec soin.
- Lorsque le voile est uniforme sur toute la plaque, c’est que lumière rouge du laboratoire est trop vive. Dans ce cas, prendre une pla-
- que, la couvrir à moitié et l’exposer quelque temps à cette lumière. La développer ensuite en la couvrant le plus possible pendant le développement. Si la plaque noircit à moitié, c’est que la qualité de la lumière rouge est mauvaise.
- 5. — Les taches noires, provenant du contact des doigts sontduesà ce que la plaque a été touchée pendant ou avant le développement, par les doigts, où adhère une trace d’hyposulfite.
- 6. — Les taches rondes claires tiennent à certaines qualités de gélatine, ou à un nettoyage incomplet du verre avant l’émul-sionnage.
- 7. — Les piqûres d’aiguilles, appelées ainsi à cause de la petitesse des points qui apparaissent comme de véritables piqûres, proviennent de ce que la couche sensible est trop mince, ou bien de poussière qui adhérait à la glace au moment de son exposition.
- 8. — Des grandes zones circulaires visu lies par réflexion.
- Séchage irrégulier de la couche. On remarque quelquefois en même temps que la couche présente des zones d’intensité inégal0 correspondant aux premières.
- 9. — Des traînées ou fusées partant d un angle de la plaque, et s’atténuant p^u 11 peu.
- Jour dans les châssis ou la chambre non0-
- 10. —La couche se soulève sur les bords ou au centre ; forme des ampoules, des bull&s ou des plis.
- Cet inconvénient provient presque toujour
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- de l’emploi des bains trop énergiques, trop alcalins surtout, ou bien encore de la température trop élevée des bains ou des eaux de lavage.
- On peut empêcher la couche de se soulever par les bords en graissant ceux-ci, ou en y appliquant au pinceau une couche de vernis au caoutchouc.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- Curieux effet de l’électricité.— Le Monde des Plantes cite le curieux effet suivant dû à l’électricité. 11 y a un an, la foudre tombait à Kumbakoman (Inde), sur un tamarinier. Environ quinze jours après avoir été frappé du feu du ciel, cet arbre donnait une floraison extraordinaire. On était alors en octobre. L’arbre était tout chargé de fleurs ; chose remarquable, il ne possédait pas de feuilles. Plus tard, il donnait à l’époque normale une seconde floraison, puis, épuisé par cette dépense extraordinaire de sève, il succombait. On peut rapprocher ce fait du fait plus commun de ces arbres caducs, chez lesquels la floraison est d’autant plus active qu’ils sont plus menacés de dépérir. Et alors, en dehors de l’influence de l’électricité si nettement accusée dans le fait que nous venons de rapporter, on verra que les arbres qui vont mourir subissent une sorte de surexcitation dernière et d’exagération de vitalité dont le Lut est de leur procurer des descendants, 8i'àce auxquels ils puissent se survivre.
- ***
- Vé’ocipédie et contrebande. — Tout der-nièrement sur la frontière espagnole, un contrebandier eut l'idée de faire servir à sa cou-Pable industrie les vides qui existent dans les caoutchoucs et dans les tubes des ma-chine8, en les emplissant d’alcool. Notre homme s’était fait construire une machine sPeoiale, et depuis trois mois l’avait mise fort en usage, lorsqu’un jour, un chien, se jetant dans les roues, le fit tomber et la machine Lllée laissa tomber un liquide dont la pré-Sence, peu constatée ordinairement dans les mcyclettes, étonna quelque peu le douanier a °i's présent qui s’empressa de faire mettre en Heu sûr l’ingénieux contrebandier.
- ***
- ^rôle de pêche. — Les singes de Java
- 0l'ent les crabes. Ils les prennent de la
- façon la plus comique à la fois et la plus laborieuse.
- Les crabes de Java vivent dans des trous, sur le bord de la mer . Le singe, à la recherche de son dîner, glisse sa queue au fond du domicile du crustacé, et attend en grimaçant l’évènement douloureux qu’il sait bien devoir se produire.
- En effet, le crabe, très gourmand, se jette sur l’appendice caudal. L’autre se laisse mordre jusqu’à ce qu’il ait senti les pinces de sa proie solidement fixées à sa queue, et alors, retirant celle-ci avec l’animal accroché, il le fait tournoyer plusieurs fois et le lance sur le sol avec une telle violence qu’il lui brise sa carapace. Il n’a plus qu’à se mettre à table et à extraire la chair du crustacé.
- ***
- Le moteur Keely. — On se souvient du bruit que fit il y a quelque temps la soi-disant invention de M. John M. Keely, qui prétendait utiliser le son comme force motrice. Les assertions de l’auteur étaient d’un calibre tel qu’elles ont provoqué dans la presse scientifique une légitime incrédulité. C’est ainsi qu’une jeune fille devait, en jouant un morceau sur un piano, produire la force nécessaire pour faire tourner un moulin !... La force agissant dans ce merveilleux phénomène était l’«éther vaporique », et M. Keely pouvait, non seulement l’utiliser sur place, mais encore le mettre en bouteille H!
- Interrogé par M. Browne de Brooklyn, et par un correspondantdu Neio-York Herald, M. Keely ne répondit qu’en des termes incompréhensibles au commun des savants, et refusa, sous divers prétextes, de répéter la moindre expérience.
- M. Browne entreprit dès lors de réaliser les expériences qu’avait annoncées Keely, et il y réussit à l’aide de dispositifs ne mettant à contribution que les moyens dont la phy-
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- sique dispose. Il s’agissait donc simplement de prestidigitation ou de physique' amusante, et, en aucune façon, d’une expérience sérieuse. C’est une mystification qui a peut-être été poussée un peu trop loin...
- ***
- Une source de feu à Vérone. — Les journaux véronais rapportent le fait suivant :
- Dans la localité dite Guasti, dans la commune d’Angiari et près des limites de la commune de Cerca, on avait creusé un trou de 26 mètres de profondeur afin d’établir un puits système Piano. Les tiges métalliques enlevées, il jaillit au bout de vingt jours un jet d’eau fangeuse et de feu à une hauteur de 30 mètres. On redouta quelques dangers, car ce puits avait été foré près d’une rue. On songea à jeter du sable pour le combler. Le sable put bien arrêter le jet d’eau fangeux mais les gaz passèrent quand même et au bout de quinze jours un flamme haute de deux mètres et d’un mètre de diamètre jaillit et brûla sans interruption.
- On pense que ce phénomène a de grandes relations avec les fréquentes secousses de tremblement de terre qu’on constate depuis quelque temps.
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- Une chatte à deux pattes. — M. Léon de Jassy a signalé (Natur Rundsch) le cas d’une chatte qui est née avec deux pattes seulement; celles de devant manquent complètement à partir de l’épaule ; cet animal se porte très bien et marche facilement. Quand elle s’arrête ou qu’elle attend quelque chose, elle prend la station verticale dans l’attitude du kanguroo, utilisant sa queue comme troisième support. Cet animal a eu des descendants : deux fois deux petits, et dans chaque cas l’un des nouveaux-nés n’avait que deux pattes comme lui, tandis que l’autre en avait normalement quatre. La tératologie a quelquefois l’occasion d’observer ces cas d’hérédité parmi les monstres.
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- L’histoire de la photographie. — Dans une conféreuce qu’il a faite récemment au Conservatoire des Arts et Métiers, M. Da-vanne a exposé succinctement l’histoire et les principales’applications delà photographie. M. Davanne a fait ressortir bien nettement que Niepce et Daguerre doivent être consi-
- dérés comme les véritables inventeurs de la photographie. Ce sont eux, en effet, qui, par leurs travaux et leurs patientes recherches, sont arrivés à faire les premières applications utiles. Quant au principe de la découverte, qui pourrait dire où il remonte?
- Il n’y a pas de document qui puisse dire qui a, le premier, observé l’action de la lumière sur les corps en général, car, ajoute le spirituel conférencier, les petites maîtresses n’ont-elles pas de tout temps garanti leur teint contre les baisers du soleil?
- M. Davanne a montré à son auditoire les spécimens authentiques des œuvres de Niepce et de Daguerre, précieux documents que la Société française de photographie et le Conservatoire des arts et métiers conservent avec un soin jaloux.
- ** *
- Dalles de verre. — MM. M. Hayware Brothers etEcfistein ont imaginé un nouveau dallage de verre pour l’éclairage des sous-sols, caves, etc., placés sous les rues. Ce dallage est composé en partie de lentilles plan convexes, et en partie de prismes à réflexion totale. La lumière est ainsi mieux rérépartie, et il paraît que le résultat obtenu est très supérieur à celui que fournit le dallage ordinaire.
- A propos du coton-poudre. — Dans une récente conférence sur le coton-poudre, le Professeur Munroe, de la station de Torpilleurs de Newport, a déclaré que le coton-poudre était l’explosif le plus sûr à employer. Il est seulement dangereux lorsqu il a été préparé avec des produits impurs, 011 lorsque l’action de l’acicle sur le coton n’est pas complète.
- Pour montrer comment on peut le traiter, M. Munroe a projeté sur l’écran l’image d un ouvrier le coupant avec des ciseaux, une scie circulaire, et sur le tour, pour le faire entffr dans un projectile. Une autre projection montrait comment on peut éteindre du coton-poudre enflammé, simplement en l’arrosan avec de l’eau. Dans un feu de joie, on en a brûlé 200 livres sans explosion.
- Un volume d’explosif donne 820 volu®ejj de gaz, et la pression développée est 12,° atmosphères parla combustion, et 24,5 par la détonation. L’effet de l’explosion d
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- particule sur la suivante est tellement rapide que, dans une seconde, elle traverserait près de 6 kilomètres.
- Le conférencier montra également que les lettres U. S. N. avec la date de la fabrication, qui sont marquées sous chaque bloc, s'impriment sur une plaque d’acier sur laquelle l’explosion a lieu. C’est une chose curieuse que si les marques sur le coton sont en relief, elles apparaissent aussi en relief sur la plaque, tandis qu’elles apparaissent en creux si elles étaient en creux sur le coton, te Professeur Munroe explique ce fait en disant que, si les lettres sont en creux, le gaz qu’elles contiennent se comporte comme un projectile, et en effet, si l’on place entre le coton et la plaque une feuille ou un fil, son empreinte est marquée très nettement sur L plaque, bien que l’objet lui-même soit complètement détruit.
- [Invention.)
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- La plus grande ruche du monde. — La
- plus grande ruche naturelle est celle de Kentucky, connue sous le nom de Mammoth
- Bechive. C’est en réalité une caverne dont le plus large compartiment a 150 pieds de hauteur et qui a dix acres d’étendue. Elle est en roc très dur et tout le haut a été garni de miel par les abeilles. M. Bertrand, un fameux agriculteur français, a des ruches contenant 26 rangs, le double des ruches d’Angleterre. Le plus grand apiculteur du monbe entier est M. Harbison, de Californie, qui possède 6,000 ruches fournissant 200,000 livres de miel par an. En Grèce il y a 30,000 ruches, produisant 3,000,000 de livres de de miel : en Danemark, 90,000 produisant 2,000,000; en Russie, 110,000 ruches arrivant à la môme production ; en Belgique, 200.000 ruches, produisant 5,000,000 de livres ; en Hollande, 240,000, produisant 6,000,000; en France, 950,000 produisant 23,000,000; en Allemagne, 1,450,000 et en Autriche, 1,550,000 chaque pays récoltant 40,000,000 de livres. Dans les État-Unis, il y a 2,800,000 ruches, appartenant à 70,000 apiculteurs et produisant 62,000,000 de livres de miel par an. Il a été calculé qu’une abeille doit sucer 218,750 fleurs pour chaque once de miel recueilli.
- L'auxiliaire de l’Apiculteur.
- REVUE DES LIVRES
- Les publications nouvelles de la Maison Hachette.
- Chaque année, la librairie Hachette grossit e trésor de ses plublications illustrées. Parmi es Principales, il faut citer une édition nouvelle ^ Trente et Quarante, d’Edmond About, très ^rituellement commentée par le crayon de V°gel.
- L Acropole de Suse, d’après les feuilles exé-Cutées sous les auspices du musée du Louvre, 0Uvrage considérable et bien connu du public aftiste, voit paraître cette année une troisième Partie.
- Lorsqu’on parcourt les grandes plaines dénués Licultes de la Syrie ou de la Perse, on tJencontre parfois de gigantesques amas de ^ e qui détonnent sur l’uniformité de la plaine jj. riz°ntale. M. Marcel Dieulafoy, chargé metP^rer ^es ^umu^ des plaines de la Susiane, s°usnos yeux les rapports scientifiques dans
- lesquels il rend compte des résultats de sa mission. Par de savantes inductions et des rapprochements ingénieux entre des textes anciens et les découvertes qu’il a lui-même accomplies, il parvient à nous représenter ce qu’étaient les forteresses de ces temps reculés, et il nous donne une restitution fort intéressante de T Acropole de Suse.
- L'Histoire de l'habitation humaine, due à la collaboration de M. Charles Garnier, membre de l’Institut, architecte du nouvel Opéra, et de A. Ammann, professeur au lycée Louis-le-Grand, agrégé de l’université, nous offre une variété infinie de dessins merveilleux, depuis l’abri lacustre jusqu’au château de Chenonceaux.
- L’histoire de France de Victor Duruy n’a plus besoin d’être signalée ; on connaît sa valeur.
- Le Tour du Monde, qui enregistre les échos des grandes découvertes accomplies dans les différentes régions du globe, aura rarement eu
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- à recueillir une moisson aussi abondante et aussi importante que pendant l’année 1891.
- Pour prendre par ordre d’importance les voyages dont la collection de cette année renferme le récit, nous trouvons d’abord : celui du capitaine Binger, dans cette partie de l’Afrique, soumise désormais à notre influence et qui constitue le Soudan français ; et celui de M. Bonvalot et du prince Henri d’Orléans à travers les hauts plateaux déserts et jusque-là inconnus, qui forment la plate-forme du continent asiatique, au bord de Y Himalaya et des hautes vallées du Thibet. L’imprévu des découvertes et l’émotion résultant des péripéties de ces deux voyages leur communiquent un saisissant intérêt.
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- On sait avec quelle rare compétence et quelle abondance de science et d’érudition M. Élisée Reclus poursuit son œuvre de description de la Terre et des Hommes, dans sa Nouvelle Géographie Universelle.
- Au moment de publier le tome xvx de cette magistrale collection, il apprit que les Etats-Unis allaient procéder au recensement de leur population. Par un scrupule des plus louables, il résolut d’attendre les résultats de cette importante opération et d’ajourner, par conséquent, la publication du volume consacré à la grande république de l’Amérique du Nord. C’est ainsi que le tome xvx de la Nouvelle Géographie Universelle ne fait son apparition qu’après celle du tome xvn, publié en 1890.
- Mais les lecteurs n’auront rien perdu pour attendre, et ils trouveront dans le volume dont nous annonçons la publication, les renseignements les plus récents, les plus détaillés et les plus complets sur cette étonnante puissance du Nouveau Monde, qui, composée de fragmeuts des populations de l’Ancien monde, a atteint un développement et un degré de prospérité qui dépassent ceux des pays d’où elle tire son origine.
- Il ne sera pas, en effet, d’un mince intérêt de mesurer, à l’aide des chiffres fournis par la statistique, la fertilité de ces terres vierges dont la production promet de devenir assez abondante pour déborder sur l’Ancien Monde, la fécondité et la hardiesse de cette industrie née d’hier, progressant à pas de géants par des sentiers inconnus jusqu’à elle, et qui menace de ge substituer à celle du Vieux Monde, plus lente
- à se mouvoir et à se développer au milieu des entraves que lui créent les traditions.
- ’ ***
- Chargé par le gouverneur du Soudan français d’explorer les pays compris au delà des postes les plus avancés, dans la boucle du Niger, le capitaine Binger a accompli, du Niger au Golfe de Guinée, et vice-versâ, le voyage le plus curieux et le plus fertile en renseignements de toute nature, utiles à notre politique et à notre commerce, qu’il soit possible de faire.
- On se rappelle encore l’intérêt passionné que son retour en France et les renseignements hâtivement communiqués à la presse éveillèrent dans le public. On retrouvera dans le présent ouvrage les mêmes causes de puissant intérêt, augmentées par l’attrait de magnifiques illustrations dessinées par Riou, qui est tellement familiarisé depuis longtemps, par les récits des voyageurs, avec toutes les contrées du continent noir, qu’il les peint d’après leurs croquis, avec le même sentiment de vérité et d’exactitude
- que s’il les avait visitées lui-même.
- M. Harry Alis, défenseur convaincu de l’action française dans l’Afrique centrale, a résume en un volume, agréablement illustré, le récit des explorations et des tentatives déjà faites pour reculer vers le nord les limites de nos pos' sessions du Congo, question de plus en plU5 brûlante, depuis que l’on connaît les efforts faits par les explorateurs allemands de Cameroun, pour devancer les nôtres sur la route du laC Tchad et nons en interdire l’accès.
- N’est-ce pas le meilleur de leur esprit et de leur cœur que des écrivains comme M. Maxim6 Du Camp, de l’Académie française, Mme J' Colomb, Mme P. de Nanteuil, et beaucoup
- ands ds
- d’autres mettent dans leurs œuvres qu
- ? On
- écrivent pour la distraction de la jeunesse n’est plus tenté de le croire, on en est certam quand on a lu des nouvelles comme celles 9ua publiées le Journal de la Jeunesse en 1891 ! *e Commandant Pamplemousse et Dette de J(ti< par Maxime Du Camp, de l’Académie fran çaise ; les Conquêtes d'Hermine, par Mme J' Colomb ; Une Poursuite, par Mme P. de ^an teuil ; la Famille Hamelin, par Mlle Jeanu6 Schultz, l’auteur restée si longtemps inconnu de la Neuvaine de Colette et du Tout d*0* ’ Lis et Chardons, par Mme la comtesse d’Hou detot ; les Jumeaux de la Bouçaraque, Par H. Meyer, etc., etc.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- Une plus longue énumération est inutile. On sait avec quels soins toutes les oeuvres, tous les journaux de la librairie Hachette sont rédigés et illustrés.
- Alphonse Barbou.
- La librairie Ducrocq, 55, rue de Seine, à Paris, publie cette année : Petite Naga, par F. Méaulle,un beau volume illustré pour étrennes.
- Petite Naga, comme ses devanciers le Ro-Mnson des Airs, le Petit Amiral, est un ro-
- man d’aventures dont les détails et les personnages sont vrais.
- Naga est une enfant recueillie par un voyageur misanthrope, un prince indou exilé. Cherchant la solitude, il la trouve en Bretagne, et se fixe dans les environs de Carnac. Ennuyé, désabusé, il attend la mort, quand le petit être qu’il a ramassé commence à l’intéresser, à l’amuser, et alors se dessine une idylle de jeunesse et d’affection d’un charme extrême.
- Les lecteurs ne manqueront pas à cette œuvre d’un charme puissant et d’une grâce exquise.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- La rupture des vitres. — La rupture des carreaux de verre pendant leur transport est plus souvent l’effet d’un mouvement vibratoire exagéré que celui d’un choc direct, qui, d’ailleurs, serait considérablement amorti par l’emballage. On connaît à ce sujet cette anecdote d’un chanteur à la voix très puissante qui, ayant pris l’unisson de son verre à boire, le brisait en criant devant l’ouverture; il déterminait ainsi dans le cristal des vibrations d’une telle amplitude qu’elles produisaient la disjonction des particules du corps sonore. On sait aussi que c’est à la même cause qu’il laut rapporter la rupture,sur une vaste échelle, des vitres placées dans le rayon d’action d’une explosion, d’une décharge d’artillerie, d’un tremblement de terre. On évitera donc beaucoup de fractures dans les envois d’objets de verrerie, et surtout des cadres vitrés, en collant sur ces objets un certain nombre de bandes de papier croisées dans des sens différents et qui s’opposeront à la propagation des ondes vibratoires dangereuses.
- On peut appliquer cette loi de la physique ' Pour réparer ou se tailler des covers à microscope dans du verre mince ; on colle celui-cj sur du papier gommé ides bordures de timbre par exemple) et on le découpe avec ^es ciseaux, selon les besoins, sans déter-
- miner dans les fragiles lamelles de fréquentes ruptures.
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- Recherche de la Fuchsine dans les vins.
- — Pour donner de la couleur au vin trop additionné d’eau, certains débitants peu scrupuleux y ajoutent une des nombreuses matières colorantes retirées du goudron de houille, et souvent ils donnent la préférence à la fuchsine ou chlorhydrate de rosaniline. Rien n’est plus facile à reconnaître.
- Pour déceler sa présence dans un vin, on met dans un petit tube à essais environ dix centimètres cubes de vin suspect ; on y verse quelques gouttes d’ammoniaque (alcali volatil). Le vin prend immédiatement une couleur vert sale, on ajoute alors quatre ou cinq centimètres cubes de chloroforme, on agite le mélange, puis on l’abandonne au repos pendant quelques instants. Il se forme deux couches, l’inférieure est formée par le chloroforme ; on laisse alors tomber dans le tube un petit cristal d’acide citrique. S’il y a de la fuchsine dans le vin soumis à l’analyse, au contact du chloroforme, ce cristal se colore peu à peu en rose, d’autant plus vif qu’il y a de matière colorante artificielle ajoutée au vin.
- Celte méthode donne d’excellents résultats.
- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
- LE DIABLE AU CHAMPAGNE
- la fin d’ un joyeux repas arrosé de champagne, au moment où le vin et la gaieté pétillent, proposez à vos
- convives de faire apparaître le diable, et cela sans avoir recours aux évocations des sorciers et magiciens du moyen âge. Il vous sufi
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- s#J
- Mît j»
- fira de tailler dans le carton bristol de l’un des menus une bande d’environ deux centimètres de largeur, en ménageant à l’extrémité un petit rectangle dans lequel vous découperez un diablotin plus ou moins artistique. Fixez cette bande, par une épingle, au bouchon d’une bouteille, de façon que la bande de carton ou levier supportant la ligure oscille autour de l’épingle, la partie qui porte le diable se trouvant être la plus longue. Prenez maintenant dans le compotier un raisin de m a 1 a ga bien sec, que vous suspen-d ez par un fil à l’autre bout du levier, et faites tomber le raisin au fond de votre verre plein de champ a -gne. Vous aurez cal-culé la longue u r du fil de manière que le levier soit à peu près horizontal. Devant la bouteille supportant l’appareil, placez une serviette posée sur deux autres bouteilles, et qui masquera aux yeux des spectateurs votre verre ainsi que le fil et le raisin. Le public ne doit pas, en effet, connaître la simplicité du moyen employé.
- Les bulles d’air (l’acide carbonique) qui se dégagent du vin de champagne viendront se grouper tout autour du raisin, qu’elles rendent de plus en plus léger, et, au bout de quelques secondes d’immersion, celui-ci mon-
- tera à la surface du liquide. Le fil n’étant plus tendu, le poids de la figure fera pencher le levier de son côté, et le diable disparaîtra derrière la serviette. Sa hauteur doit donc, comme on le voit, être égale ou inférieure à la hauteur du vin dans le verre. Une fois le raisin amené à la surface, les bulles d’acide carbonique crèvent dans l’air ; le raisin, n’étant plus soutenu par ses flotteurs éphémères, replonge de plus belle dans le vin, tire sur le fil, et Satan reparaît. Ce mouvement alternatif du raisin dure pendant plus de dix mi-n u t e s,
- que l’on se serve de champagne ou tout simplement
- d’eau de Seltz.
- Si quel-q u e s -unes de nos expé-r i e n c e s o ffrent
- une certaine difficulté, nos leC‘ teurs ne
- pourr
- Fig. 14. — Le diable au champagne.
- pas fah'e le même
- reproche
- à celle-ci, et les bébés à qui elle est dédiee s’amuseront probablement beaucoup en criant au petit diable, leur confrère :
- « Coucou ! ah ! le voibà ! » (1).
- (i) Cette récréation est extraite de la Science santé de Tom Titt, dont le 2e volume (100 nouve ® expériences), broché, au prix de 3 fr., vient de paral tre à la librairie Larousse, Paris.
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, ruedVAssa^
- La Fère. — Imprimerie Bayen, rue Neigre.
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- LA PROJECTION LUMINEUSE DES OBJETS OPAQUES
- (Suite et Fin)
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- [A figure 15 montre une autre façon de procéder, sans employer une boîte. Dans ce cas une chambre sert de m é -gascop e et l’image est projetée sur l’écran placé dans une autre eliambre.
- 0 n remarquera le même arran g e -mont gé-"éral que 11 o u s
- avons déjà décrit.
- Dans ce cas la lentille est disposé e
- entre les deux battants d’une porte, et l’on a soin d’arrêter toute lumière autre que celle ^oi passe par la lentille. L’écran est fait de Paiera calquer.La lentille peut être ane de celles que °n emploie pour examiner des photographies ; mais es lentilles dites (l c°smoramas »
- Sont préférables,
- ]?arce que leur °}er est plus long
- Elles
- ne sont pas
- c°ûteu r— ^ig. ^6* — Dispositif pour projection d’objets délicats
- ^ trouve jusqu’à 16 ou 19 cm. de diamètre.
- , Ux ou trois lampes oxyhydriques sont em-v, ^°cs. Les objets peuvent être tenus de-m'! ^onc^ Diane ou teinté. Ce fondpeut Crïle ®tre supprimé. Il est absolument né-
- cessaire d’éviter toute lumière directe dans la pièce où se trouve l’écran. On peut naturellement employer aussi un écran blanc et
- opaque.
- Pour la proj ec-tion d’objets délicats, tels que des pierres précieuses, des bijoux, le mouvement d’une montre, de petits appareils, on emploiera a v a n t a -g e u sèment le dispositif
- de la fig. 16. L’objectif de la lanterne est enlevé, et monté dans une direction faisant un certain angle avec l’axe optique de l’appareil.
- On avance la lampe de façon à ce que les rayons divergents éclairent totalement l’objet &. La lumière réfléchie par cet objet passe par l’objectif et va à l’écran. Le cadre en fil e, soutenu par un support f, est destiné ù, recevoir un voile noir quiarrête toute lumière autre que celle qui passe par l’objectif.
- La ® chambre merveilleuse » que montre la fig.17 est un instrument ayant un pouvoir éclairant considérable, eu égard à la source
- .Les projections avec deux chambres contiguës.
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- fîg. 18 montre une coupe du miroir, avec la marche des rayons lumineux. Dans la ûg. 17 les garnitures de la boîte sont enlevées pour
- Fig. 18.
- LA. SCIENCE EN FAMILLE
- de lumière, qui n’est qu’une lampe d’Argand.
- La flamme de la lampe est placée à l’un des foyers d’un réflecteur ellipsoïdal, et le dessin
- Fig. 1/
- La « Chambre merveilleuse ».
- f il I
- ou l’objet à montrer, est placé à l’autre foyer, sur un support tournant et ajustable. En face ce support est monté l’objectif, au moyen duquel on projette l’image à une distance de 1 mètre à 1 m. 30. La vue en plan
- montrer l’intérieur. Ces garnitures sont faites d’amiante, afin de résister à la chaleur. Cet appareil peut servir à projeter des monnaies, des coquillages, des fleurs, des dessins, etc., d’une façon très satisfaisante.
- F. D.
- (D’après le Scientific American),
- LES COLORIS DES FLEURS A VOLONTE
- n journal du Brésil publiait récemment un article d’un horticulteur de Buenos-Ayres sur le secret à employer pour obtenir des roses bleues, vertes, violettes à volonté.
- Bien de plus simple, à son avis, puisqu’il suffit de choisir des variétés entièrement blanches, et de les arroser tout l’hiver soit avec du bleu de Prusse, soit avec du sulfate de cuivre, ou autres couleurs différentes. Au printemps, les fleurs éclosent avec le coloris qu’on a choisi.
- A propos de ce conseil, un de nos correspondants nous envoie un article que nous dédions à notre joyeux confrère d’outre-mer, article tiré d’un exemplaire de la “ Liberté”, paru à Lille, en septembre 1851. Il va sans dire que nous déclinons toute responsabilité vis-à-vis des procédés qu’il renferme, comme nous le faisons d’ailleurs pour le secret livré plus haut par l’horticulteur de Buenos-Ayres.
- « 11 y a tout à l’heure cent ans que le secret, non seulement de teindre, mais, ce qui est plus curieux encore,de parfumer les fleurs, est connu. Les recherches auxquelles nous nous
- livrons depuis longtemps sur l’histoire de l’agriculture et du jardinage nous ont fait trouver, dans de vieux livres qu’on flétrit ordinairement du nom de bouquins, les deux recettes que voici, avec leurs nombreuses subdivisions.
- « On sait qu’il y a particulièrement trois couleurs qui sont rares dans les fleups et que les curieux y voudraient pouvoir introduire: le noir, le vert et le bleu.
- a On peut faire prendre aux fleurs ces trois sortes de couleurs sans beaucoup de peine. Pour le noir, on cueille les petits fruits qu1 croissent sur les aulnes. 11 faut attendre qu’ils soient bien desséchés : on les met alors en poudre impalpable.
- « Pour le vert on se sert du suc de rue et pour le bleu, on emploie les bluets qui croissent dans les blés. On les fait sécher et on leS réduit pareillement en poudre bien fine.
- « Voici la manière de s’en servir :
- On prend la couleur dont on veut impie-gner une plante et on la môle avec du funuel de mouton, une pinte de vinaigre et un Pel1 de sel. 11 faut qu’il y ait dans la composition
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- un tiers de la couleur. On dépose cette matière, qui doit être épaisse comme de la pâte, sur la racine d’une plante dont les fleurs sont blanches; on l’arrose d’eau un peu teinte de la même couleur et, du reste, on la traite comme à l’ordinaire; on a le plaisir de voir les oeillets qui étaient blancs, noirs comme l'aile du corbeau. Même système à employer pour le vert et le bleu.
- « Pour mieux réussir, on prépare la terre. Il faut la choisir légère et bien grasse, la sécher au soleil, la réduire en poudre et la tamiser. On remplit un vase et l’on met au milieu une giroflée blanche, car la seule couleur blanche est docile et susceptible d’impressions. Il ne faut pas que la pluie ni la rosée de la nuit tombent sur cette plante. Durant le jour, on doit l’exposer au soleil.
- « Si on veut que cetto fleur blanche se revête de la pourpre de Tyr, on se sert de bois du Brésil pour la pâte et pour teindre l’eau des arrosements. Par ce moyen on peut avoir des lis charmants. En arrosant la plante avec les trois ou quatre teintures, en trois ou quatre endroits différents, on a des lis de diverses couleurs qui sont d’une beauté admirable.
- « Un hollandais, grand amateur de tulipes, mettait macérer les oignons de cette fleur dans des liqueurs préparées dont ils prenaient la couleur. D’autres découpaient un peu ces oignons et insinuaient des couleurs sèches dans ces petites incisions.
- » Mais la beauté n’est qu’un vain ornement dans les fleurs, quand elle n’est pas accompagnée d’une odeur agréable. A quoi sert ce vif émail des couleurs qui réjouit les yeux, si la fleur n’a pas de parfum ou si elle exhale une odeur insupportable ? Ce serait donc faire un miracle que d’ôter à certaines fleurs leur puanteur pour leur communiquer Un parfum agréable. Il faut que l’art leur donne ce que la nature leur a refusé.
- “ Cela n’est guère plus difficile que de les teindre. On peut commencer à remédier à la mauvaise odeur d’une plante dès avant sa naissance, c’est-à-dire lorsqu’on sème la D'aine, si elle vient en graine. On détrempe du fumier de mouton dans du vinaigre et
- 011 met un peu de musc de civette ou d’am-^re en poudre. On met les graines ou même tes oignons macérer durant quelques jours dans cette liqueur.
- « L’expérience a démontré que les fleurs qui viendront répandront un parfum très doux et très agréable. Si l’ont veut jouer à coup sur, qu’on arrose les plantes naissantes de la même mixtion où l’on a mis tremper les semences.
- « Le père Ferrari dit qu’un de ses amis, bel esprit et grand philosophe entreprit d’ôter au souci d’Afrique son odeur si choquante, et qu’il y réussit avec un peu de soin. Il mit tremper pendant deux jours ses graines dans de l’eau de rose où il avait fait infuser un peu de musc. Il les laissa sécher quelque peu, et puis les sema. Ces fleurs n’étaient pas entièrement dépouillées de leur mauvaise odeur ; mais on ne laissait de ressentir, au travers de cette odeur primitive, certains petits esprits étrangers, suaves et flatteurs qui faisaient supporter avec quelque plaisir le défaut naturel.
- « De çes plantes déjà un peu amendées, il sema la graine avec la même préparation que nous avons dit. 11 vint des fleurs qui pouvaient le disputer, sur le fait de la bonne odeur, au jasmin et à la violette. De cette manière, d’une fleur auparavant le plaisir de la vue et le fléau de l’odorat, il üt un miracle qui charmait à la fois ces deux sens.
- « A l’égard des plantes qui viennent de racines, de boutures, de marcottes, l’opération se fait au pied, comme pour les couleurs : c’est la même chose.
- « Pour ce qui est des arbres, on en perce le tronc avec une tarière et, avant que la sève monte, on y met en consistance de miel, la matière dont on veut que les fruits prennent l’odeur et le goût. Ces mêmes principes, appliqués sur des plantes légumineuses et transportés dans des jardins potagers, font des légumes sains et délicieux. On leur donne telle vertu que l’on veut; on les rend purgatifs et médicaux si le goût se tourne de ce côté-là. On peut faire des prodiges, mais des prodiges qui ne sont pas de pure curiosité.
- « De ce que nous venons de dire, il ne faut pas conclure à une infaillibilité perpétuelle : l’art ne fait pas tout ce qu’il veut ni comme il veut ; il doit se régler sur le mécanisme de la nature. De même qu’il n’y a rien de nouveau ni d’ancien sous le soleil, de même il n’y a rien d’infaillible dans l’art, et mêrqe dans la nature, )>
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- LES GRANDES DÉCOUVERTES MARITIMES
- outes les grandes découvertes maritimes qui ont permis de connaître la configuration générale des continents, ont été faites dans les temps modernes. Elles sont au nombre de cinq, et l’on fêtera l’an prochain le 4e centenaire de la plus célèbre d’entre elles.
- La première fut celle de l’Amérique par Christophe Colomb, qui aborda avec une flotte espagnole aux iles Bahama, le 12 octobre 1492. Mais, dès une époque reculée, les Phéniciens, les Arabes, les Basques, les Gallois visitèrent successivement les terres américaines. Bien avant le voyage de Colomb, le nouveau continent était connu par les peuples Scandinaves, dont les courageux marins sillonnaient l’Océan atlantique septentrional.
- Vers la fin du xe siècle, une colonie fut fondée par les Norvégiens d’Islande sur la côte du Groënland. L’an 1000, des marins normands s’établirent sur l’emplacement actuel de New-York, d’où leur colonie entretint durant plusieurs siècles des relations fréquentes avec le Groënland, l’Islande et la Norvège.
- L’Amérique du Nord fut également visitée avant Christophe Colomb par les vénitiens Zeni, vers la fin du xiv° siècle, et l’Amérique du Sud par le dieppois Jean Cousin, en 1488.
- En réalité, Colomb n’a fait, pour ainsi dire, que la découverte officielle de l’Amérique, ouvrant ce magnifique pays au com -merce et à la civilisation de l’Europe. Encore, l’illustre navigateur calvais (1) est-il mort avec la conviction profonde d’être arrivé par l’ouest aux contrées orientales de l’Asie: la Chine et le Japon, et non d’avoir découvert un nouveau continent !
- Quant à l’origine du nom d’Amérique, on l’a attribuée généralèhient au prénom du florentin Amérigo Vespuce, qui visita l’Amérique quelques années après Colomb et publia les premières cartes du Nouveau-Monde. Un savant géographe, M. Jules Mar-
- (i) Il semblerait établi par de récentes recherches que Christoforo Colombo est né à Calvi, en Corse, et non à Gênes, comme on le croit généralement.
- cou, vient d’ouvrir à ce sujet un remarquable débat. Il prétend que le nom d’Amérique provient du mot indigène: Americos, lequel signifie pays du vent, et nom du prénom de Vespuce, qui n’était par Amérigo, mais bien Alberico.
- *
- * *
- La deuxième grande découverte maritime fut celle de la route des Indes par le cap de Bonne-Espérance.
- En 1486, le navigateur portugais Bartho-lomeo Diaz doubla le premier le cap situé à l’extrémité méridionale de l’Afrique, mais aussitôt obligé par ses équipages de revenir en Europe, il ne put constater toute l’importance du résultat de ce voyage. Cependant, le roi de Portugal, Jean II, fondant de grands projets d’avenir sur la découverte de son chef d’escadre, donna au Cap, que celui-ci avait baptisé cap des Tempêtes, le nom de Bonne-Espérance.
- Quelques années plus tard, un voyageur portugais, Pedro de Covilham, qui s’était fixé en Abyssinie, fit savoir à la cour de Portugal que, d’après les marchands arabes, il était possible de se rendre par mer de Guinée au Zanguebar et dans l’Inde par le sud de l’Afrique.
- Cette grande route maritime devait être pour les Portugais une source d’immenses richesses, analogue à celle dont Christophe Colomb avait doté l’Espagne par la découverte de l’Amérique. Aussi le successeur de Jean II, Emmanuel le Fortuné, confiâ t il à l’un de ses plus courageux navigateurs, Vasco de Gama, une expédition composée de quatre caravelles, avec mission de parvenir aux Indes par la route que Diaz avait prise en 1485.
- La petite escadre de Gama mit à la voile le 8 juillet 1497. En novembre, elle doublait le cap de Bonne-Espérance; puis, faisant route vers le nord-est, atteignait successivement l’embouchure du Zambèse,la ville alors prospère de Mélinde, et enfin la cote de Malabar, le 17 mai 1498, après un voyage seme de mille péripéties.
- Eu septembre 1499, Gama rentrait à Lisbonne, où il annonçait sa glorieuse décou-
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- verte. Les Portugais étaient maîtres de la route des Indes, dont ils allaient exploiter les riches produits.
- Le premier voyage autour du monde fut la troisième grande découverte maritime. C’est le portugais Fernand de Magellan, au service de l’Espagne, qui a eu la gloire de réunir les découvertes de ses deux illustres prédécesseurs, Colomb et Gama, en dirigeant l’expédition qui, la première, fit le tour du globe terrestre.
- Parti le 20 septembre 1519, avec cinq caravelles, dont les deux plus grandes jaugeaient seulement 120 tonneaux, Magellan suivit la côte orientale de l’Amérique du Sud, explora et franchit le détroit célèbre qui porte son nom et pénétra le premier dans l’Océan Pacifique.
- Arrivé aux îles Philippines, après une longue traversée, l’amiral fit alliance avec plusieurs rois indigènes. Malheureusement, il voulut étendre la domination de l’un d’eux sur une île voisine, et, dans un combat livré le 27 avril 1522, Magellan périt sous les coups des naturels, privé ainsi du bonheur de terminer le grand voyage qu’il avait entrepris.
- Un des lieutenants de l’infortuné navigateur, Sébastien del Cano, parvint ensuite à regagner l’Espagne, par le cap de Bonne-Espérance, avec la Vittoria, seul navire qui existât encore de la flotte confiée à Magellan. Sur plus de 200 hommes, dix-huit seulement, parmi lesquels l’historien de l’expédition, Pi-gafetta, rentraient dans leur patrie, le 6 septembre 1522, ayant effectué un voyage de circumnavigation vraiment incomparable de trois ans moins quatorze jours.
- Grâce aux immenses progrès réalisés depuis cetle époque, il est maintenant possible de faire le tour de la terre en deux mois !
- *
- * *
- La découverte du passage du Nord-Ouest
- et celle du passage du Nord-Est, dans les régions polaires boréales ont clos la série des grandes découvertes maritimes.
- Les premières expéditions à la recherche d’une route maritime entre l’Europe et l’Asie orientale par le nord de l’Amérique remontent à l’époque qui suivit la découverte du Nouveau-Monde ; mais c’est seulement pendant le xix° siècle que de nombreux et intrépides navigateurs ont dirigé tous leurs efforts vers l’exploration de l’Amérique arctique, où ils ont accompli de mémorables voyages, au milieu des plus grands périls. Malgré des obstacles naturels presque insurmontables, ils sont parvenus à découvrir, à travers le vaste archipel glacé qui s’étend au nord du continent américain, le fameux passage du Nord-Ouest, entre le détroit de Davis et celui de Behring.
- En 1846-47, John Franklin, parti d’Angleterre avec l’Erébus et la Terror, trouva la route cherchée, mais il périt dans les glaces avec ses équipages et on ne parvint que dix ans plus tard sur le théâtre de cette malheureuse catastrophe. Un des vaillants navigateurs anglais envoyés à la recherche de Franklin, Mac-Clure, découvrit, en 1850-51, le passage du N.-O. le plus direct.
- Depuis lors, c’est au pôle boréal que de courageux explorateurs, doués d’une admirable énergie, tentent de parvenir à travers les banquises qui en défendent l’accès (1).
- Quant au passage du Nord-Est, entre l’Europe et l’Asie orientale par le nord de l’an-cien-continent, dans l’Océan glacial arctique, il n’a été franchi pour la première fois qu’en 1878-79 ; mais les côtes sibériennes, et par conséquent la route à suivre, étaient déjà connues des géographes. Ce remarquable voyage a été effectué par le vapeur suédois Wéga, sous la direction du célèbre naturaliste Erik Nordenskiold.
- Jacques Léotard.
- LE PAPIER ET SES APPLICATIONS
- 'année 1891, dit la Nature, est certainement une de celles où les nouvelles applications industrielles du papier ont été les plus nombreuses.
- Le papier remplaçant la pierre dans la construction des maisons, c'est déjà une
- (i) Voir la Science en Famille du 1er septembre.
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- vieille idée : mais le papier remplaçant le verre pour les vitres, la terre pour les vases à fleurs, le fer dans la confection des rails, des roues de wagons et des fers à cheval, la porcelaine dans la fabrication des ustensiles de laboratoire, le bois dans la construction des tonneaux, comme il l’avait remplacé déjà dans celle des petites embarcations, le papier employé pour les poulies de transmissions, ce sont là des applications aussi neuves que hardies. C’est aux Etats-Unis que la fabrication des vitres en papier a été essayée pour la première fois. Ces vitres ont l’apparence du verre laiteux et la faculté d’intercepter les rayons lumineux tout en laissant passer les rayons calorifiques, ce qui permet d’en tirer un parti fort avantageux pour les serres.
- On a calculé que le prix de revient d’un vitre de 94X63 centimètres, montée sur châssis de bois avec ferrures, est de 4 fr. 35, et que la durée moyenne est de quatre ans. Mais une application des plus ingénieuses parmi les nouveaux essais qui ont été faits c’est celle qui a pour objet les poulies de transmission.
- Ces poulies dont M. Burot a eu l’idée, ont un moyeu en fonte et des bras en fer portant une armature sur laquelle repose la jante en papier. Cette armature maintient la jante pendant la fabrication et lui donne plus de solidité ensuite. Le papier, d’une qualité spéciale, est collé, enroulé, comprimé en une seule opération sur l’armature. On doit ensuite sécher la couronne et la tremper dans un mélange d’huile de lin et de résine. Ces poulies, beaucoup plus légères que celles en fer ou en fonte, sont d’un prix sensiblement inférieur. Elles sont employées pour transmettre des puissances de un demi à quatre chevaux, et comme elles chargent peu les arbres, elles permettent d’en employer d’un diamètre relativement faible. Les vases en papier, dont M. Maurice Pommarède a été l’intelligent protagoniste, sont, croyons-nous, appelés à un certain avenir. Ils ont, en effet, sur les vases de terre l’avantage d’être incassables et beaucoup plus légers. Si le prix de revient était notamment inférieur à ces derniers, ils pourraient les remplacer dans la consommation très grande qui en est faite par les horticulteurs et par les sylviculteurs Landais. Le pot de fer qui se débarras-
- sait si aisément du pot de terre ne pourrait rien contre ce nouveau rival. Ces vases sont imputrescibles, imperméables et hydrofuges. Comme les produits similaire® en terre cuite, ils se prêtent à l’ornementation. Revêtus d’une couche d’émail ou peints, ils ont sur les vases de luxe en terre l’avantage de subir beaucoup mieux toutes les formes qu’il plaît à la fantaisie du fabricant de leur donner.
- Un ingénieur, M. A. Petit, nous a fait connaître à l’aide de quels procédés on obtenait des ustensiles de laboratoire en papier durci.
- On prend delà pâle à papier composée de 85 parties de pâte de bois et 15 parties de pâte de chiffons, on confectionne avec elle les ustensiles désirés en leur donnant la forme au moyen de moules convenablement appropriés. On se sert du moulage pneumatique ou centrifuge suivant les cas ; ces opérations ne différent pas de celles usitées dans la fabrique de porcelaine. Les objets sont séchés d’abord à l’air, puis dans un courant d’air chaud jusqu’à complète dessiccation. Ils sont ensuite placés dans un cylindre en fer d’une capacité de un mètre cube que l’on peut fermer hermétiquement. On fait le vide dans ce cylindre pour purger d’air les objets qui y sont placés, on maintient le vide pendant quatre heures, après quoi on fait pénétrer dans l’appareil un liquide ayant pour composition : essence de pétrole, 1,000 litres; colophane, 250 kilogrammes ; huile de lin, 360 kilogrammes ; paraffine, 25 kilogrammes.
- Ce liquide est chauffé à la température de 75 degrés; avant son introduction dans le cylindre les objets sont laissés immergés pendant un quart d’heure, on les retire et on les place dans un cylindre semblable chauffé à 100° pour chasser l’essence de pétrole qui les imprègne et récupérer le dissolvant pour le faire servir à une nouvelle opération. LeS objets étant secs, on les place dans une étuve pendant cinq heures à l’action d’un courant d’air électrisé, c’est-à-dire renfermant une certaine quantité d’ozone pour oxyder l’huile de lin qui remplit les pores de la pât-e’ l’étuve est chauffée à 75 degrés.
- Les ustensiles sont plongés pendant une heure dans un bain formé de : huile de lhh
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- 100 parties; huile de ricin, 5 parties; colophane, 15 parties. Lorsque l’on a repassé les objets à l’étuve dans le courant d’air ozoné à 75 degrés, ils sont imperméables, flexibles et inattaquables par les acides. La construction des canots en papier a déjà fait ses preuves. Un explorateur nous a laissé le récit d’un voyage au long cours entrepris dans une de ces embarcations. On pouvait la voir, il y a deux ans, amarrée sur les berges de la Seine et encore en assez bon état malgré ses bons et loyaux services.
- Mais à tort ou à raison, cet essai fort intéressant cependant de la fabrication des embarcations légères en papier n’a pas produit tout ce que l’industrie paraissait devoir en attendre.
- Par contre, l’application du papier dans l’industrie du bâtiment a été couronnée de succès.
- Dans l’est, une maison de construction, fondée il y a quelques années déjà, a pris pour devise : ni bois, ni fer, et ses maisons bâties presque exclusivement avec du carton comprimé sont de curieux spécimens de ce qu’on peut obtenir avec un pareil élément.
- L’élément de la construction, dit un de nos confrères, est un panneau de 3 mètres sur 1 m. 60 généralement, véritable poutre tubulaire de 10 centimètres d’épaisseur, et composé de deux parois de carton comprimé de quatre Millimètres d’épaisseur fixées sur un châssis également en carton.
- Les pièces qui composent ce châssis affectent un profil en V ou en U, et ce n’est pas une des conceptions les moins originales du système que ces longerons susceptibles de donner des solives ou des poutres extrêmement légères.
- Les panneaux élémentaires ne pèsent pas plus de 100 kilogs chacun ; ils sont d’un Maniement facile et s’emboîtent par leur. Lanche de manière à constituer la muraille. La toiture est composée de panneaux analogues assemblés deux par deux au faîtage au Moyen de charnières. On les fait reposer MMplement sur les murailles contre lesquelles aient les cornières en carton. Quoique la Poussée soit assez faible, on réunit les deux Murs parallèles au moyen d’un certain nom-
- bre de tirants constitués par de minces cordelettes de fer galvanisé, surtout si la construction se compose d’une longue salle sans mur de refend.
- Grâce aux doubles parois qui ménagent en tout point un matelas d’air autour de la construction, on obtient ainsi des maisonnettes à peu près insensibles aux variations de la température et très habitables par conséquent. Le plancher est composé de panneaux de lm.50 de côté environ, comprenant une paroi de carton de 6 millimètres, clouée sur les ailes solives en forme de V.
- C’est pour les constructions temporaires surtout que l’emploi de ces maisons doit être préconisé. Elles conviennent à merveille aux locaux des expositions, aux ambulances militaires mobiles, etc.
- Les ambulances construites d’après ce système paraissent avoir donné des résultats très satisfaisants. Outre les avantages généraux qui résultent d’une construction rapide, il convient de tenir compte de ce détail que le carton servant à la composition des murailles peut-être fabriqué avec des eaux antiseptiques ce qui lui communique la qualité précieuse de ne pas recevoir de germe infectieux.
- Notre cadre no nous permet pas de passer en revue toutes les nouvelles applications qu’on a faites du papier. Nous nous sommes bornés à en signaler les principales et à appeler l’attention sur les perfectionnements apportés aux applications de date plus ancienne. Nous parlions, au début de cet article, des roues de wagons, des tonneaux, des fers à cheval, dans la fabrication desquels le papier avait remplacé le fer. Nous pourrions ajouter que dans la fabrication des meubles, on a essayé de substituer le papier au bois et que l’on confectionne des tables en papier et jusqu’à des chaises pliantes dont le principal avantage est évidemment la légèreté. Ce ne sont là que des essais timides; mais une année ne s’achèvera pas sans que le papier qui a déjà ses maçons et ses charpentiers n’ait ses ébénistes. Ceux-ci, pour ne pas être en reste, sont bien capables d’imaginer des salons Louis XVI, des boudoirs Louis XV, des salles à manger gothiques exclusivement en papier.
- 1 Emmanuel Ratoin.
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- L’ART DE LA COIFFURE
- ET L’ORNEMENT DE LA TÊTE CHEZ LES FEMMES DE L’ANTIQUITÉ
- a commencement, l'art de la coiffure chez les Romains se rapproche de celui des Grecs. Jusque sers l’an 800 avant notre ère, les hommes eurent les cheveux longs, ce qui l'ail que les écrivains du siècle d’Auguste qualifiaient leurs ancêtres de capillati, intensi, c’est-à-dire de chevelus. Quant aux femmes, elles les portaient toujours longs, et après les avoir laissés flottants, elles en vinrent, au commencement de l’empire, à imaginer une variété infinie de coiffures, ce qui fait dire au poète Ovide : « Il serait aussi difficile de compter les modes de coiffure que les glands d’un chêne colossal. »
- Le longues nattes furent d’abord en grande faveur, et la figure 19 nous offre un spécimen d’une fort belle coiffure de ce genre. Les cheveux, entrelacés et savamment roulés, sont retenus par derrière au moyen de l’épingle dont nous avons déjà parlé et qui, comme on voit, était passée également chez les Romains.
- Ces épingles, faites en argent, ou en or, et d’un travail charmant, pour la plupart, si l’on en juge par les quelques pièces rares venues jusqu’à nous, servaient à retenir les tresses et à échafauder sur la tête certains arrangements gracieux.
- Quelquefois, l’extrémité supérieure de ces épingles était percée d’un trou, et par ce trou passait le lacet destiné à séparer les cheveux de derrière, nattés, de ceux de devant ordinairement frisés au fer et relevés. Enfin, la tige en était le plus communément creuse, et alors, elle contenait tantôt des parfums, tantôt un poison.
- Sous l’empire, le luxe ne fit que s’accroître, et les usages asiatiques pénétrant de plus en plus dans les mœurs romaines, les coiffures des grandes dames devinrent l’objet de recherches extraordinaires, et d’arrangements exagérés.
- Le passage suivant (1) nous donne quelques détails sur le luxe et la toilette en gérai, des dames romaines, à cette époque.
- « Rome offrit à Brennus moins de trésors « pour sa rançon que Scaurus n’en a réuni » dans l’appartement de Lollia, son épouse; «jamais mortel n’a, je crois, rassemblé en un même lieu tant de différents genres de « richesses. Croirais-tu qu’une seule perle « d’un des colliers de Lollia a coûté six mil-« lions de sesterces ?
- « La quantité d’objets consacrés à sa pa-» rure m’a effrayé. Je ne saurais faire l’énu-» mération de celle immensité de choses » destinées à la toilette des dames romaines. « On nous montre des vases de toutes formes » et de tous métaux, contenant, soit des « parfums, soit des compositions pour don-» ner à leurs cheveux, qui sont générale-« ment noirs, la teinte blonde, ou rendre « à leurs visages 1-s couleurs fraîches et » pures de la jeunesse.
- « Des armoires précieuses renferment, » les unes des robes de prix pressées sous des « poids nombreux qui leur conservent le » lustre et l’éclat qu’elles avaient en sortant « de la main de l’ouvrier, les autres, des lis-« sus d’une grande finesse pour se laver, des « miroirs de métal, et d’autres de verre que >» l'on fait venir de Sidon.
- «Quant aux ornennnts, c’est un délire « chez les Romaines; elles mettent tout l’uni-» vers à contribution : l’Egypte leur fournit « des étoffes xylines (le xylon était uneespéee « delin ou de coton) ; Tyr change pour elles « la blancheur éblouissante des toisons en « une pourpre éclatante; l’or et la soie, nié* » langés avec art, composent le tissu varie « de leurs vêtements ; des émeraudes dun « vert azuré, des perles que recèlent les nieis » profondes de l’Orient, couvrent leurs robes,
- « se balancent à leurs oreilles, ou brillé
- île
- « dans leur coiffure. Mais c’est trop peU ! « ces richesses, dont la valeur peut être ap'
- | » préciée ; elles se sont créé des raffinements » de luxe qui n’auraient aucun prix sans leur » folie. Les fleurs sont pour elles sans Pal
- « fums et sans charmes, si elles neleursontap
- « portées des pays étrangers; encore leurpre « fèrent-elles des couronnes de fleurs ai’ti
- (1) Extrait du Palais de Scaurus.
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- P-
- >'yzr~y
- » cielles, dont on va chercher la matière et » le parfum au delà de l’Indus. Mais, le croi-» rais-tu, Sigimer ? elles se dépouillent elles-
- Fig. 19. — Coiffure d’une dame romaine vers le commencement de l’empire.
- » mêmes du plus noble ornement dont la » nature se soit plu à les embellir ; elles se » rasent la tête pour la parer de cheve-
- Fig. 2i. — Coiffure d’une jeune fille byzantine.
- * lures blondes achetées à prix d'or aux ” jeunes vierges de la Gaule et de la Ger-n Manie. »
- A la faveur de ces modes insensées, les cheveux naturels ne suffirent donc plus, et les perruques, déjà connues des Mèdes et des
- Fig. 20. — Dame romaine coiffée d’une perruque.
- Perses, s’il faut en croire Xénophon, puis en usage en Egypte, à Carthage, et dans toutes
- Fig. 22. — Coiffure d’une impératrice d’Orient.
- les colonies helléniques, vinrent parer à cette insuffisance.
- Les élégantes recherchaient les perruques
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- d’un blond ardent : c’est d’ailleurs à cette circonstance que ces coiffures artificielles ont dû leur nom, du grec iiuppr/oç, rougeâtre, et elles en rehaussaient encore l’éclat en les couvrant de poudre d’or.
- Enfin, une preuve que l’usage des perruques était devenu général à Rome, sous l’empire, c’est que, parmi les bustes de dames romaines qui nous sont parvenus, il en est un grand nombre que les artistes avaient munis de coiffures mobiles, afin de pouvoir les transformer suivant les caprices de la mode.
- La figure 20 nous montre une coiffure de ce genre, se composant d’un grand nombre de petites nattes. Ces nattes sont roulées autour d’un petit panier couronné en haut d’un cercle en métal sur lequel on plaçait une sorte de diadème.
- Ce diadème était souvent enrichi de pierreries venues des Indes, ainsi que nous l’apprend ce passage de Lucien (1) qui dit, en parlant également des dames romaines : « Que dirai-je de leur luxe ruineux, de ces pierres précieuses qui pendent à leurs oreilles et valent plusieurs talents ; de ces serpents d’or roulés autour de leurs poignets et de leurs bras? Une couronne de pierreries des
- Indes ceint leur tête, et leur front luit étoilé de mille diamants. Des colliers d’un prix immense descendent de leur col. L or est condamné à ramper sous leurs pieds ».
- Après le partage de l’empire romain, se forma l’empire d’Orient, et la coiffure de cette époque se rapproche encore une fois des anciennes modes grecques.
- Lés jeunes filles de Byzance portèrent leurs cheveux roulés en torsades, comme le montre la figure 21, sous une sorte de petit honnet bien serré, fait avec de la soie raide et double. Une autre mode, également fort en honneur chez les dames de la capitale, est celle qui est représentée sur la figure 22. C’est la coiffure d’une impératrice de Byzance, avec la couronne sur la tête : les cheveux sont entourés d’une écharpe en soie et celle-ci est tournée en bourrelet. De grands pendants tombent sur les épaules, et un collier de perles semblables entoure le cou.
- Dès les temps les plus reculés, nous voyons donc se perpétuer à travers les âges, les essais les plus nombreux, les modes les plus variées pour rendre la coiffure plus volumineuse, et trouver des arrangements destinés à encadrer le visage, et à lui donner plus de grâce et plus d’expression. C. Chaplot.
- LE BOURDON DE LA BASILIQUE DE MONTMARTRE
- e bourdon qui doit être placé dans le clocher de la basilique de Montmartre vient d’ètre coulé tout récemment dans la fonderie de MM. Paccard, à Annecy-le-Vieux.
- La coulée d’une cloche de cette taille n’est pas chose banale, et nous allons donner un résumé des différentes opérations qu’elle comporte.
- L’alliage de cuivre et d’étain, dans les proportions de 78 et 22 0/0, est en fusion dans un four à réverbère. A l’énorme cuve correspond un tuyau de coulée qui se rend dans la fosse où l’on a construit le moule. Une sorte de bouchon métallique intercepte la communication ; un coup sec donné avec une tige de fer l’enlève, et la coulée commence. Simple à première vue, cette opération est d’une délicatesse extrême dans la pratique et exige un ouvrier très expérimenté. Un arsenal de
- mots techniques sert à désigner les dangers qu’elle présente.
- Avant la coulée, il faut calculer d’un coup d’œil la fonction du jet ; après, que d’accidents à redouter : les soufflures ou bulles d’air qui pénètrent dans le métal ; les reti-rures, qui proviennent de son tassement, les dartres, les bosses qu’engendrent un defaut du moule ou le jet mal dirigé ; les reprises, friasses et fions, qui résultent d une fonte trop froide ou mal liée; enfin la rupture ou le gauchissement. Après le refroi dissement a lieu le nettoyage qui se fait au moyen de raclettes et d’instruments spe ciaux.
- Deux opérations précèdent la coulée : e tracé et le moulage.
- Le tracé repose sur une base généraient11
- (i) Lucien, les Amours.
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- fournie par l’expérience et que les fondeurs se sont transmise de génération en génération. Le bord de la cloche, prise pour unité, en détermine le diamètre et les dimensions.
- Le tracé généralement adopté est celui qui donne 15 bords au grand diamètre, 7 1/2 bords nu diamètre du cerveau, partie supérieure de la cloche, et 32 bords au grand rayon qui sert à tracer le profil des parois extérieures.
- Le moulage se fait de la façon suivante : dans la fosse même où aura lieu la coulée, on construit un noyau en briques et une chape en terre qu’on sépare l’un de l’autre par une épaisseur de terre appelée fausse cloche. C’est elle qui, on le comprend, occupe provisoirement la place du métal et sera détruite au moment de la coulée.
- La Savoyarde sonne en contre-ut; cela est voulu et prévu. Le nombre des vibrations, c’est-à-dire le timbre d’une cloche, est en raison inverse de son diamètre ou de la racine cubique de son poids, de sorte qu’en calculant les diamètres et en faisant le tracé on calcule du même coup le timbre.
- Pour une série de cloches qui formeraient une octave complète, les diamètres iraient en augmentant avec la gravité du son et seraient entre eux
- Pour : ut rè mi fa sol la si ut
- Comme : 1 8/9 4/5 3/4 2/3 3/5 8/5 1/2
- La Savoyarde est actuellement la plus grosse cloche de France. Son poids total est de 25,000 kilog.. qui se décomposent en 16,500 de bronze, 800 pour le battant et le reste pour l’attirail de suspension, joug, etc. Sa hauteur est de 3 mètres 06 et son diamètre à la base de 3 mètres 03 ; elle est donc aussi haute que large, et deux hommes peuvent facilement tenir dans son intérieur.
- Par son poids, la Savoyarde dépasse le bourdon de Notre-Dame de Paris qui pèse 17,170 k. ; celui de la cathédrale de Sens, qui en pèse 16,230, puis ceux de Reims, 14,500, de Bordeaux, 11,250, celui du beffroi d’Amiens, 11,000, celui de l’église Saint-Jean, à Lyon, 10,000. Mais elle ne peut être comparée à la fameuse cloche donnée par Eudes Rigault, archevêque de Rouen, à la cathédrale de cette ville, « laquelle était si lourde et si grosse, qu’il fallait donner amplement à boire à ceux qui la sonnaient pour les encourager », d’où est venue l’expression populaire de : « Boire à tire la Rigault ».
- La Savoyarde paraîtra petite aussi si on la compare à quelques cloches célèbres, celle du Kremlin de Moscou, par exemple, qui pèse 246,100 kg., celle de Trotzkoï, 175,000, de Pékin, 60,000, de Saint-Ivan, à Moscou, 57,000.
- PHOTOGRAPHIE PRATIQUE
- Virage des épreuves au ferro-prussiate.
- — La couleur bleuâtre intense des épreuves ordinaires au ferro-prussiate donne des offets qui manquent de vérité. La méthode suivante, facile à appliquer, produit des tons Priant du bleu brillant au violet bleu et à la teinte neutre avec ombres grises, la teinte obtenue dépendant de l’intensité de l’action du bain.
- Le papier employé peut être le papier au oiro-prussiate ordinaire. On le traite comme habitude; il faut tenir compte que les plus eaux résultats sont obtenus avec les épreu-V?s Penses, l’intensité étant réduite par le Vllage. On emploie les bains suivants :
- d Acide chlorhydrique . 3 à 4 gouttes.
- Eau................ 560 grammes.
- B Ammoniaque .
- Eau.........
- C Alun...........
- Acide tannique Eau ........
- 5 à 10 gouttes, 560 grammes. 30 grammes. 4 —
- 560 —
- Les épreuves sont plongées, l’image en dessous, dans le bain A, jusqu’à dissolution des sels solubles contenus dans le papier, puis plongées dans le bain B, jusqu’à ce que les bleus soient tournés au bleu violet, et les blancs devenus bien clairs. Il faut prendre soin de ne pas trop prolonger l’immersion,car les détails pourraient en souffrir. Les épreuves sont alors placées, la face en dessus, dans une cuvette contenant le bain C, et exposées à la lumière du soleil, de 5 à 10 mi-
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- nutes, jusqu’à ce qu’on ne constate plus aucun progrès dans la teinte. On termine enfin en virant dans le bain 5,jusqu’à obtenir la nuance désirée, l’épreuve devenant d’abord bleu brillant, puis violette, et finalement, par une action prolongée, bleu gris ou d’une teinte neutre.
- Le ton peut être varié par une seconde immersion dans le bain d’acide tannique C, suivie d’un second virage dans le bain B. Les épreuves sont enfin séchées au soleil comme d’habitude. Ce procédé donne des résultats à peine inférieurs à ceux que fournit le papier albuminé
- (Scienlific American.)
- ** *
- Éclairs à l’aluminium. — Il est possible que la poudre de magnésium soit sous peu remplacée par la poudre d’aluminium pour les éclairs photogéniques. Le métal en poudre (déchets de feuilles d’aluminium) brûle dans une flamme d’alcool, mais moins rapidement que le magnésium; mais, mélangé avec des corps capables de lui fournir de l’oxygène, ou placé dans une atmosphère d’oxygène, il donne une lumière très brillante et très acti-nique, sans fumée sensible. Il est facile d’imaginer un dispositif qui permette de brûler l’aluminium dans l’oxygène, et le bas prix du métal compensera largement la faible dépense occasionnée par la production de l’oxygène.
- (The Beacon.)
- ** *
- Photographie sur soie. — La soie photographique sensible se trouve maintenant dans le commerce ; mais il n’y a aucune difficulté à la préparer soi-même, et le Scienlific American donne le procédé suivant, en recommandant de préférence la soie de Chine, qui se trouve en une grande variété de nuances.
- La soie doit être bien lavée, pour la débarrasser de l’apprêt, et plongée ensuite dans la solution suivante :
- Sel de cuisine........ 4 gr.
- Arrowroot............... 4 gr.
- Acide acétique........ 15 c.c.
- Eau distillée......... 100 c.c.
- L’arrowroot est d’abord dissous dans l’eau à l’aide d’une douce chaleur; on ajoute ensuite
- les autres produits et enfin on mêle avec une
- solution de :
- Tannin.............. 4 gr.
- Eau distillée....... 100 c.c.
- On filtre ensuite.
- On plonge la soie dans ce bain pendant 3 minutes, on la suspend pour la faire sécher et on la sensibilise sur un bain d’argent
- dont voici la composition :
- Nitrate d’argent.... 3 gr.
- Eau distillée....... 25 c.c.
- Acide nitrique...... 1/2 goutte.
- On y laisse flotter la soie pendant une minute, puis on la suspend pour la sécher superficiellement ; on achève le séchage en l’épinglant sur une planche. Le reste des opérations se fait comme pour le papier sensible. *
- * *
- Nouveau procédé positif — On fait flotter du papier bien collé, sur le bain suivant :
- Chlorure d’or...... 5 gr.
- Acide citrique..... 5 gr.
- Eau.................. 120 gr.
- Après séchage, ce papier est exposé à la lumière sous un négatif, jusqu’à apparition d’une faible image. On développe cette image en faisant flotter cette image sur une solution de gélatine, dans laquelle on a mêlé de l’encre de Chine ou une autre matière colorante. La gélatine colorée n’agit que sur les parties qui ont été frappées par la lumière, c’est-a-dire sur les ombres et les demi-teintes, et on obtient ainsi une image positive noire. Lorsque l’image est suffisamment développée, on l’enlève et on la lave à l’eau froide.
- (Photographie Answers.)
- ***
- Glaçage des épreuves sur albumine ou sur papier au gélatino bromure. — ^ne
- glace très propre, plus grande que l’épreuve à glacer, reçoit le mélange suivant au mo)eI1 d'un tampon de coton :
- Térébenthine............. 500 cc.
- Résine................... 0,02 grammes.
- Cire d’abeilles......... 0,005 m. gr.
- La glace enduite de cette composition Peut servir pour plusieurs opérations.
- Les épreuves humides sont appliquée8 8Ul la glace (avoir soin d’éviter Finterposh10 des bulles d’air) et lorsqu’elles sont sèc es, elles se détachent très aisément.
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- Dans le cas peu probable d’un insuccès on recommence à nouveau avec la même épreuve.
- Amateur Photographe.
- *
- * *
- Développement des clichés en pleine lumière. — Quelque fantaisiste que puisse paraître l’affirmation du Dr Higgins, relativement au développement à la lumière blanche, elle n’en demeure pas moins l’expression d’un fait parfaitement constaté. En effet, d’après la communication du docteur américain, on peut procéder à la révélation de l’image latente hors du laboratoire, dans une cuvette maintenue en pleine lumière. Ceci ressort de la constatation de deux phénomènes dûment établis : perte de sensibilité des plaques lorsqu’elles sont mouillées; inactinisme presque complet des l'ayons lumineux traversant une couche liquide colorée en rouge rubis. Eder avait déjà remarqué ces deux faits, il pensait qu’une P^que immergée dans l’eau pure était dix fois moins sensible qu’une plaque sèche. Si l’on ajoute à cette action, purement physique, oelle qu’exerce le bromure généralement présent dans les bains de développement et celle
- que produit la couche brune ou rouge foncé du révélateur, on comprendra comment on a pu songer à opérer en pleine lumière. D’ailleurs, il est aisé d’amener à un maximum l’action de la couche liquide, en faisant dissoudre dans le bain des matières colorantes convenables, retenant les rayons actiniques, la plaque, sortie du châssis négatif en lieu absolument obscur, est plongée immédiatement dans le bain coloré avec de la cochenille. On l’y laisse deux ou trois minutes (développateur à l’oxalate de fer). On peut alors apporter la cuvette en pleine lumière pour l’examiner à loisir et suivre le développement. Il est clair qu’il ne faut pas abuser de ce mode opératoire et qu’un couvercle placé entre chaque observation ne nuira en rien à la réussite.
- Ce procédé a l’avantage de pouvoir être employé en campagne : une armoire, un corridor, une simple couverture de voyage même suffisent pour la sortie des clichés de leur châssis et leur introduction dans le bain révélateur, qui se composera des agents ordinaires : oxalate, pyrogallol, hydroquinone ou iconogènê.
- Iiélios.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- Pêche miraculeuse. — Les pêcheurs de Oomaechis, province de Ferrare, (Hte-Italie) profitèrent d’une violente tempête pour couper ('e la mer un grand nombre de petites criques formées par les lagunes, dans la nuit du 21 au 22 septembre dernier. Ils ont capturé ainsi, en une seule nuit 216.000 kgr. d’an-guilles, ce qui à raison de 10 kilog. par bête adulte représenterait 21.600 de ces animaux. ("e n’est qu’aux mois de novembre, décembre et en janvier, que se fait la pêche des anguilles; elles ont une saveur remarquable quoiqu’elles passent la plus grande partie de Ajournée dans la vase des lagunes et n’en portent que la nuit pour aller à la recherche du leur nourriture. On n’a que le choix entre es différentes manières de les apprêter ; les talieus les font rôtir souvent avec des feuilles elaurier. On peut aussi les fumer ou les uariner. Les débitants des côtes composent avec les anguilles la principale partie d’une
- espèce de bouillie de poisson qu’ils affectionnent beaucoup et nomment Brodetto.
- *
- * *
- La plus grande ferme du monde. — Elle
- est située dans la Louisiane et mesure 100 milles du nord au sud, 24 d’est en ouest. En 1883, un syndicat de capitalistes acheta cette région du gouvernement fédéral; ce n’était qu’un immense pâturage, dans lequel 30.000 têtes de bétail ou de chevaux sauvages vivaient à l’air.
- Aujourd’hui, elle est cultivée en cotons, riz, canne à sucre et céréales. Tout le travail se fait par la vapeur. Les propriétaires ont 4 bateaux pour le service de 300 milles de voie navigable qui sillonnent la propriété traversée sur une longueur de 40 km. par le chemin de fer du Pacifique.
- ** *
- Diapason électrique. — MM. Guerre et Martin ont construit un diapason électro-mu-
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- sical vibrant automatiquement tout le temps que la pile sèche contenue dans la boîte supérieure, au-dessous de la boîte dite résonnance, actionne l’éleclro-aimant. Pour avoir le la, il suffit de tourner un petit commutateur placé sur la boîte et de le ramener à sa place lorsqu’on veut arrêter la production des vibrations. Cet instrument est destiné aux instrumentistes, chanteurs, et spécialement aux chefs d’orchestre, directeurs de Sociétés chorales, etc.
- Rappelons en passant que le la correspond à 870 vibrations doubles à la seconde, nombre imposé dans les théâtres, par décret du 16 février 1859.
- Bulletin de l’Électricité.
- *
- * *
- Les abréviations des unités électriques.
- — Les électriciens, réunis au récent congrès international de Francfort, ont décidé de désigner désormais les unités électriques par leurs initiales majuscules, savoir :
- Ampère............. A
- Coulomb............ C
- Farad.............. F
- Joule.............. J
- Ohm................ O
- Volt............... V
- Watt............... W
- Cette décision est conforme au principe fondamental posé par le Congrès international des poids el mesures : les abréviations en caractères droits, les symboles en italique.
- Tortue du désert. — Voici un moyen de se procurer de l’eau dans les déserts américains où l’on ne rencontre ni sources, ni puits.
- Si, après s’être emparé d’un curieux chélo-nien, la Tortue californienne, qui peut atteindre d’assez fortes proportions et qui habite les régions arides de la Californie et de l’Arizonat, on la dissèque, on trouve qu’elle porte de chaque côté une membrane attachée à la partie inférieure de sa carapace.
- Cette membrane contient environ une pinte d’eau claire.
- On croit que l’eau ainsi conservée provient de sécrétions du cactus géant, dont la tortue
- du désert fait sa nourriture. Ce cactus renferme beaucoup d’eau. C’est dans les parties du pays où il n’y a pas d’eau et où la seule plante est le cactus, que séjourne cette singulière tortue.
- Réflecteurs sonores. — Le Scienlifc American rapporte un cas intéressant d’illusion acoustique, qui est le suivant : Un vaisseau longeait les côtes du Brésil, tout en restant hors de vue du rivage. Les matelots remarquèrent qu’en passant sur le pont, à un certain endroit, ils entendaient un agréable son de cloches, comme si celles-ci étaient sonnées à une faible distance. Étonnés de cet effet, ils notèrent exactement l’heure, et, lorsqu’ils retournèrent au Brésil, ils s’informèrent s’il n’y avait pas eu de carillon ce jour-là. Il se trouva qu’en effet les cloches de la cathédrale de San Salvador avaient été sonnées à l’heure dite, à l’occasion d’une fête religieuse. Les voiles du navire, gonflées par une légère brise, avaient fait office de réflecteurs pour le son, et l’avaient réfléchi en un foyer sur le pont.
- Nous ajouterons, pour corroborer cette intéressante observation, un fait analogue que, sans doute, beaucoup de nos lecteurs auront observé comme nous. Lorsqu’on se promène à marée basse devant certaines falaises creusées par la vague, on y entend le bruit de la mer comme si celle-ci, passant par un canal souterrain, allait battre le pie(^ de la falaise à quelques pas de l’observateui. Il n’en est rien pourtant; mais la falaise concave, réfléchissant les ondes sonores, produit cette illusion saisissante.
- Alexandre-
- *
- * #
- Bitume artificiel. — En chauffant de lu résine avec du soufre à la température de 250° environ, on obtient un dégageinen d’hydrogène sulfuré, et il se forme une subs tance presque noire qui possède en gran partie les propriétés du bitume.
- Elle est insoluble dans l’alcool, facilemen soluble dans le chloroforme et la benzine-Elle est sensible à la lumière comme ® bitume de Judée, qu’elle est susceptible remplacer en photographie.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- LA SCIENCE PRATIQUE
- Moyen d’empêcher l’ébullition tumultueuse de certains liquides.— Beaucoup de liquides ont la fâcheuse propriété de bouillir d’une façon tumultueuse, ce qui ne laisse pas que d'être dangereux, quand on a à distiller, par exemple, de grandes quantités d’éther, de pétrole, d’alcool, etc. Les moyens préconisés pour remédier à cet inconvénient sont insuffisants. Le procédé de Kelbe, consistant à immerger dans le liquide à distiller de la pierre ponce lestée au moyen de fil de platine, n’agit que tant que la pierre contient de l’air dans ses pores.
- Le moyen simple suivant, dû au D1' Ernest Pieszck qui l’emploie avec un succès complet depuis nombre d’années, mérite d’ètre plus connu.
- Nous en emprutons la description au Cosmos, d’après le Chemiher Zeitung :
- On plonge dans le liquide à faire bouillir un petit tube de verre fermé à la lampe à un bout, de 5 à 0 centimètres de long sur 5 à 10 millimètres de diamètre (les dimensions du tube doivent varier proportionnellement à la masse du liquide); le bout ouvert, à section "vive, est dirigé vers le bas.
- Dans la partie fermée du tube est incrusté un til de platine plus ou moins, long suivant les cas, terminé par un anneau. Ce fil sert d’allonge permettant d’enfoncer ou de retirer facilement le tube qui doit reposer presque verticalement sur le fond du vase à distiller, en s’appuyant contre la paroi.
- Dans ces conditions, l’ébullition se fait tranquillement. Elle commence surtout à l’o-l'ifice du petit tube. Par le refroidissement, ce dernier se remplit naturellement de liquide. On le vide pour le faire servir de nouveau, Cai' il ne doit être plongé dans le liquide que lempli d’air. Même les liquides tenant en Sl,spension des matières lourdes à l’état très divisé, telles que sulfate de baryte et sulfate (^e p'omb, peuvent bouillir sans soubresauts, g'ace à cet artifice. Ce procédé s’applique ayssi très bien à la distillation des acides gras
- n beurre par la méthode Reichert-Wollay.
- ***
- Gravure sur verre. — Voici un moyen
- bien simple pour les personnes qui ont un peu l’habitude du dessin, de faire de jolies gravures sur verre. A l’aide d’un pinceau de martre, étendez sur là feuille de verre une couche bien unie de vernis de graveur: laissez sécher, puis décalquez le dessin à reproduire. Suivez-en alors les cbntours avec une pointe qui découvre le verre, et, lorsque votre dessin est achevé, recouvrez la plaque avec une pâte molle composée de fluorure de calcium et d’acide sulfurique concentré. Au bout de deux heures, lavez avec de l’alcool et votre dessin est gravé. Hélios.
- *
- * *
- Nettoyage des éponges. — Voici un procédé, publié par M. Rœser, pharmacien militaire, qui donne les résultats les plus parfaits au point de vue de l’antisepsie. On lave les éponges dans de l’eau bouillie chaude additionnée de 20 gouttes par litre d’une solution de soude caustique au dixième. Après les avoir bien pressées, on les plonge dans de l’eau bromée, obtenue en versant dans un litre d’eau distillée 30 grammes d’eau saturée de brome. Les éponges doivent y rester jusqu’à décoloration de l’eau bromée qu’on renouvelle deux ou trois fois jusqu’à ce qu’elles soient devenues complètement blanches.Elles sont alors exprimées, puis bien lavées dans de l’eau alcaline faible comme ci-dessus. On les garde ensuite dans la liqueur de Van Swieten (solution de sublimé) additionnée de trois gouttes d’acide chlorhydrique. Les éponges sont rendues de la sorte absolument aseptiques et elles ne sont nullement altérées par ce procédé.
- ***
- Revivification des couleurs passées. —
- On sait que la couleur des étolfes de peluche, et en général de tous les articles exposés à la lumière, passe au bout de quelque temps.
- Pour la revivifier, il suffit, selon le Cosmos, d’éponger la matière avec du chloroforme. Le chloroforme méthylé convient très bien pour cela ; il a, en outre, l’avantage d’ètre moins cher que celui qui est purifié. On devra seulement éviter de le respirer en trop grande quantité pendant l’opération.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- LES JEUX EN PLEIN AIR
- LES CHEVAUX FONDUS
- Le cheval fondu. — Au cheval fondu, les écoliers se partagent en deux groupes égaux de cinq au plus. On tire au sort le parti qui formera les chevaux et le parti qui remplira le rôle de cavaliers.
- Les chevaux se mettent à la file, le corps fortement incliné et nppuyés les uns sur les autres, le premier prenant appui sur un écolier, qui sert d’arbitre et qui porte le nom de mère.
- Les chevaux ainsi disposés,les cavaliers sautent dessus et se tiennent â califourchon.
- Si les chevaux estiment que ces derniers sont bien placés, ils s’affaissent et le coup recommence comme précédemment. Si, au contraire, ils estiment que l’un
- des cavaliers peut glisser naturellement à terre, ils tiennent bon et attendent la glissade ; après quoi, ils seront cavaliers à leur tour.
- Les cavaliers doivent observer le plus profond silence, sans quoi ils prennent la place des chevaux.
- *
- * *
- Les métiers. — Les métiers sont un petit cheval fondu où il n’y a qu’un seul cheval.
- Celui-ci fait choix d’un métier et nomme à la mère un instrument spécial à ce métier, sans que les joueurs l’entendent.
- Cela fait, un premier cavalier monte sur le cheval. Quel métier veux-tu être ? dit-il. Le cheval nohime le métier : cordonnier, par exemple. Le cavalier reprend : A un bon cordonnier, il lui faut, il lui faut, il lui faut... et il nomme ttn des instruments dont fait
- Fig. 23. — Le cheval fondu
- usage le cordonnier. Si cet instrument est justement celui dont le cheval avait fait choix, le cavalier devient cheval ; sinon, le second cavalier prend la place du premier et le jeu continue de la même façon, jusqu’à ce que tout le monde y ait passé.
- Si aucun des instruments nommés n’est celui qu’a choisi le cheval, un autre tour commence, toujours avec le même cheval, et ce
- lui-ci changeant de métier le jeu recommence.
- ***
- L’ours.— Deux partis de six joueurs chacun environ. On tire au sort le groupe des ours et le groupe des cavaliers.
- Deux circonférences sont tracées, l’une plus petite, l’autre plus grande, con-concentrique à la première. Les ours, sauf un qui est le chef, se placent dans le premier cercle en formant un rond et en se tenant les bras levés sur les épaules des voisins et la tête baissée. Les cavaliers se tiennent en dehors du grand cercle.
- Ces derniers cherchent à sauter sur les ours, mais si le chef de ceux-ci les frappe quand ils sont dans l’espace compris entre les deux cercles, les cavaliers deviennent ours et réciproquement.
- La même chose se produit si le chef des ours touche un cavalier qui descend, alors qu’il n’a pu encore sortir des cercles.
- D1' Laun.
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d’Assas.
- La Fère. — Imprimerie Bayen, rue Neigre.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- L’IDÉE DE L’UNIVERS CHEZ LES ANCIENS ÉGYPTIENS
- l n’est pas sans intérêt pour les astronomes, pour les historiens, poulies penseurs de notre époque, de con-
- naître, d’après un document authen-tique, quel1 es étaient les idées des savants de l’antiquité, 1250 ans avant notre ère, sur la construction de l’univers.
- Nous reproduisons ici une figure fidèlement copiée d’a-Près un chiff r e symbolique gravé sur les Parois d’un sar-e° p h a g e
- Préparé
- P°ur rece-v°ir un roi d’Égypte, le Sarcopha-
- §e de Bei-z°ui, vers lan 1250 a v a n t
- w
- MMMMrn
- /WWVA
- /IAWA/A
- AMAWV
- Fig. 24. — Image symbolique du Monde, d’après un sarcophage égyptien.
- °.tre ère, il y a par conséquent plus de trois mille ans.
- ^ L partie supérieure du diagramme, on
- remarque une figure d’Osiris, courbée dans l’attitude d’un faiseur de tours, et représentant la Terre flottant à la surface d’un im-
- m e n s e océan figuré par les vagues formant 1 e fond du dessin. Cette idée delà terre flot tant sur une vaste é-tendue d’eau a été adop-t ée par toutes les nation s de l’anti-tiquité, et il y est fait allusion dans le psaume 24, où il est écrit que « la Terre a été fondée suites mers et établie sur ses flots », ainsi qu’au psaume 136, verset 6, « à celui qui a étendu 1 a Terre sur les
- eaux ». Il est écrit également au Livre d’Es-dras, IIIe Livre, chap. XVI, verset 58 : « Il a suspendu la Terre sur les eaux ».
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- Au premier siècle de notre ère, encore, on lit dans la seconde épître de saint Pierre : « Les cieux furent autrefois créés par la parole de Dieu, ainsi que la Terre qui fut tirée de l’eau, et qui subsistait parmi Peau. » C’était alors l’idée dominante, quoique la notion de la sphéricité de la terre commençât à s’imposer.'
- La petite figure qui a les pieds sur la tête d’Osiris est la déesse du ciel, Nephté. Sur ses
- bras allongés, elle soutient le soleil, tenu, de l’autre côté, par un scarabée, de part et d’autre duquel on voit des divinités sur un bateau. Le bateau est porté, à son tour, par un personnage qui, sans doute, symbolise l’Océan.
- Le dogme de la transmigration des âmes est probablement rattaché à tout ce symbo-bolisme astronomique, et il serait bien intéressant de pouvoir déchiffrer entièrement toutes ces curieuses inscriptions (1). Bonomi.
- LES MOTEURS LÉGERS
- epuis plusieurs années, les efforts des inventeurs et des constructeurs se sont portés sur l’allègement des machines motrices actuellement en usage dans l’industrie, et plusieurs progrès dans cette voie ont été déjà obtenus et font prévoir que, bientôt, la civilisation sera dotée d’un nouvel engin ne présentant pas les multiples inconvénients du moteur le plus employé jusqu’ici. Nous voulons parler de la machine à vapeur qui, si perfectionnée qu’elle ait été par de savants ingénieurs, n’en a pas moins de graves défauts, dont le moindre n’est pas l’incomplète utilisation qu’elle fait de la chaleur fournie pour échauffer l’eau et la transformer en fluide élastique.
- Evidemment le prix de revient de l’unité de force motrice par la vapeur est peu élevé, caria source de chaleur, le combustible, la houille, en un mot, est peu coûteuse, ce qui n’existe pas au même degré pour les autres sortes de moteurs ; de plus, on est arrivé à atténuer en grande partie les effets terribles de l’explosion des générateurs, mais les machines à vapeur sont demeurées quand même lourdes, compliquées et encombrantes. Nous ne parlons pas du prix de revient, qui est encore élevé dès que la puissance atteint 40 ou 50 chevaux.
- Nous allons donc passer en revue les essais qui ont été poursuivis dans le cours de ces derniers temps et les progrès réalisés dans cette voie par différents moyens, avant de parler d’une force motrice qui, bien étudiée, pourrait donner de bons résultats.
- I. — Moteurs à vapeur. — Les derniers modèles imaginés sont ceux de Westinghouse,
- la cycle-tur'bine Parsons et le système Jacomy.
- La machine de Westinghouse est à simple effet ; les cylindres sont disposés verticalement au-dessus de l’arbre moteur et le tiroir se trouve entre les deux pistons. Tout le mécanisme est à l’abri de la poussière, car il se trouve enfermé dans une enveloppe cylindrique. Cette machine est actionnée par la vapeur provenant d’un générateur quelconque, et ses organes sont assez résistants pour fonctionner avec des pressions variant de 5 à 12 kilogrammes et des vitesses de 250 à 400 tours par minute. Enfin la consommation de vapeur se compare avantageusement avec celle des autres machines sans condensation et sans enveloppe protectrice. Au point de vue spécial qui nous occupe ici, celui de la légèreté et du faible volume, nous ajouterons qu’un moteur Westinghouse de 10 chevaux pèse 500 kilogrammes et que ses dimensions sont les suivantes : longueur du socle : lni32, largeur 0,61, hauteur totale 0,91.
- La cycle-turbine de Parsons, qui a paru pour la première fois à l’Exposition des Inventions nouvelles à Londres, est une variété de machine rotative, par suite peu économique. L’arbre moteur porte une série de roues à aubes inclinées, tournant à l’intérieur d’une enveloppe cylindrique munie de couronnes. La vapeur travaille en pleine pi’eS" sionsur la première turbine, puis passe dans le second compartiment où elle continue d’agir en se détendant, et ainsi de suite jus-
- (1) Cet article (texte et gravure) est extrait e VAstronomie.
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- qu’à l’extrémité de l’enveloppe et jusqu’à la dernière turbine. Ce moteur est très léger, mais il présente l’inconvénient de consommer des quantités considérables de vapeur, car il tourne à des vitesses vraiment vertigineuses, allant jusqu’à 15,000 tours à la minute, ce qui rend le graissage fort difficile.
- Quant au moteur Jacomy qui a été appliqué avec succès à la production de la lumière électrique, quoique sa forme rappelle absolument celle des machines rotatives, il se compose en réalité de cadres agissant, les uns dans le sens horizontal, et les autres dans le sens vertical comme de véritables pistons. Sa vitesse n’a rien d’excessif ; les pistons sont à double effet et l’application du système Compound permet une utilisation parfaite de la vapeur et, par suite, une économie considérable de fluide.
- Voilà donc trois bons systèmes de moteurs, peu encombrants, relativement légers et pratiques. Malheureusement le moteur n’est pas tout : il faut aussi considérer le générateur, la chaudière qui produit la vapeur nécessaire à la mise en marche, et, au point de vue du Poids, on n’a pas l’embarras du choix, car la question de la chaudière n’a pas progressé comme celle du mécanisme.
- Les chaudières multitubulaires sont évidemment les meilleures (dans le cas que nous considérons), car leur immense surface de chauffe permet une mise en pression rapide et une puissante vaporisation. Les plus légères sont, par suite, celli s de Dutemple, de Lion-Trépardoux et de Serpollet.
- Les chaudières Dutemple, composées d’un faisceau de tubes entre-croisés que la flamme du foyer vient lécher, ont été adoptées par la marine : on est parvenu à en construire des types pesant 15 kilogrammes par cheval-vapeur (vides) et de dimensions très réduites Par conséquent. Seulement elles ont l'inconvénient d’être fort difficiles à nettoyer : le tartre en suspension dans l’eau s’attache sous tonne de croûte calcaire aux tubes qu’on ne peut qu’irnparfaitement décrasser, vu leurs innombrables replis.
- Lans la chaudière de Dion-Trépardoux, les 11 t'es fixés comme les rayons d’une roue Ur 11 ri tube vertical sont seulement légèrement inclinés, ce qui facilite le nettoyage ; un Curateur permet d’obtenir de la vapeur
- sèche et d’éviter les entraînements d’eau dans le mécanisme moteur. Les dimensions de ce générateur sont fort exiguës : le type de six chevaux mesure 45centimètres de diamètre, 90 centimètres de hauteur et pèse 60 ldlogs, soit dix kilogrammes par force de cheval.
- Pour obtenir un débit égal de vapeur, la plupart des constructeurs ont conservé un réservoir de prise, de volume variable et constituant un volant assez grand d’énergie. M. Serpollet a pensé à créer, lui, un volant de chaleur, en se servant d’un générateur constamment au rouge, plongé qu’il est dans un foyer bien entretenu. Le système Serpollet assez connu aujourd’hui par l’application qui en a été faite par son inventeur à une voiture automobile, est un tube enroulé en spirale comme un escargot, puis aplati de manière à ne laisser dans son intérieur qu’un vide capillaire et à éviter les phénomènes dits de caléfaction. L’eau projetée dans le tube par une pompe, mue à la main quand la machine est arrêtée, et par le moteur lui-même quand celui-ci est en fonction, s’échauffe et se vaporise immédiatement pendant son passage à travers le tube chauffé au rouge : la vapeur est immédiatement utilisable.
- Un seul tube peut débiter assez de vapeur pour alimenter une machine de 75 kilogram-mètres (un cheval) ; quand on a besoin d’une plus grande force on associe en série un plus ou moins grand nombre de tubes placés dans un foyer unique. Le poids d’un tube est de 35 kilogrammes.
- Ce système a un gros inconvénient ; le volant de chaleur est tel que, suivant le travail demandé, la pression du fil de vapeur produit peut varier de 1 à 10 en moins d’une minute et il est impossible que les pièces d’un moteur fonctionnant habituellement sous une pression de dix kilogrammes résistent longtemps à des coups de feu qui font instantanément monter le manomètre à plus de 100 atmosphères :
- Pour nous résumer, disons que le minimum de poids d’une machine vide, générateur et moteur, est actuellement de 22 kilogs. Les torpilleurs de la marine française sont dotés de machines, construites par le célèbre mécanicien Normand, et qui ne dépassent pas le
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- poids sus-indiqué par cheval-vapeur, tout compris.
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- Mais, dira-t-on, il n’existe pas que la machine à vapeur, et d’autres forces motrices peuvent donner la légèreté tant cherchée.
- Nous allons voir ce qu’il en est en réalité.
- Machines à air chaud. — Il n’en existe que deux modèles vraiment pratiques et d’un usage constant : celui de Bider, qui n’est qu’une pompe à air, perfectionnement du système Ericson, et le moteur Rénier, que l’on peut voir fonctionner rue des Pyramides, à Paris. Mais ni l’un ni l’autre de ces deux types n’est léger : le principe même de ces moteurs s’y oppose et on ne peut les mettre en rapport avec les machines à vapeur quoiqu’ils présentent sur celle-ci un avantage
- marqué par la simplicité de construction et l’économie réelle qu’ils font sur le combustible.
- Moteurs à air comprimé. — Ils ont l'inconvénient d’exiger un réservoir volumineux et lourd, quand on veut que le mécanisme de transmission fonctionne pendant un certain temps. Pour dire vrai, le moteur à air comprimé ne peut guère être rendu automobile, et les cas où il a donné de bons résultats sont toujours ceux où le réservoir était fixe et où la distribution se faisait à distance. L’exemple le plus convaincant en est donné, à Paris même, par l’usine centrale de M. Victor Popp qui fabrique l’air comprimé actionnant plus de deux mille petits moteurs disséminés à domicile sur tout le trajet des conduites.
- (A suivre) H. de Graffigny.
- LA PHOTOGRAPHIE DES COULEURS
- Sl y a quelques jours, M. Lipmann, professeur à la Sorbonne et membre de l’Institut, exposait au Conservatoire des Arts et Métiers devant une salle comble le résultat de ses travaux sur la photographie du spectre solaire.
- Les premières recherches faites par Seebech au commencement du siècle, plus tard par Herschell et particulièrement Ed. Becquerel, restèrent incomplètes, par suite de l’impossibilité de fixer l’image obtenue, et la question ne fit aucun progrès jusqu’au moment où elle fut reprise par M. Lipmann.
- Ce qui caractérise sa découverte, c’est qu’au lieu de chercher une substance capable de se colorer sous l’influence des rayons du spectre, il a envisagé la question au point de vue optique, persuadé qu’une cause physique s’associait intimement à l’action chimique et demeurait seule maîtresse de la situation.
- Déterminer cette cause, fixer son importance, modifier les conditions physiques de l’expérience pour en tirer tout le parti possible, la connaître en un mot, pour l’asservir, tel est le problème que s’est hardiment posé M. Lipmann et que sa perspicacité, sa haute connaissance du calcul, son habileté expérimentale, sa persévérance dans l’effort, ont victorieusement résolu.
- Le procédé de M. Lipmann est une admirable application des lois relatives aux interférences et à la coloration des lames minces qui, bien qu’incolores par elles-mêmes, reproduisent par réflexion telle ou telle couleur suivant leur épaisseur.
- Par suite d’un dispositif spécial, les ondes lumineuses sont réfléchies sur la surface sensible d’une façon telle, qu’au lieu de l’impressionner uniformément, elles déterminent dans son épaisseur des couches, des strates d’argent réduit qui alternent avec des couches de matière non impressionnée.
- L’intervalle compris entre deux dépôts d’argent, variable pour chaque rayon, joue le rôle de lame mince et reconstitue le rayon môme qui l’a engendré.
- Aucun pigment polychrome n’est fixé, seule la lumière vibre et provoque la lame mince, qui devient la cause même de sa régénération.
- Une vérification curieuse de ce fait réside dans la possibilité que possède cette lame de réfléchir une autre teinte, si son épaisseur vient à se modifier.
- Pour le démontrer, M. Lipmann projette une plaque impressionnée et humectée sui laquelle nous voyons les couleurs dans un désordre momentané ; mais le liquide s’évapore, les intervalles distendus reprennent
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- leurs dimensions respectives et chaque couleur rentre dans le rang comme c’est son devoir, ainsi que le fait spirituellement remarquer l’orateur.
- L’émotion avec laquelle nous écoutions le conférencier n’a d’égale que notre joie de voir la photographie, si française d’origine, s’enrichir, par la main d’un français, du fleuron le plus étincelant.
- Cette solution, volontairement poursuivie et directement trouvée par l’emploi de méthodes rationnelles, représente le triomphe de la science, démontre l’utilité d’un enseignement général, méthodique, élevé, et
- LE BILLET
- annoncé récemment quela Banque |H| de France allait, en raison des con-trefaçons dont ils sont l’objet, modifier encore ses billets. A ce sujet, il n’est pas sans intérêt de donner quelques détails sur leur fabrication. Nous allons résumer ici pour nos lecteurs des renseignements puisés à bonne source. Ils leur feront apprécier le zèle et la conscience que met notre grande institution de crédit à assurer autant que possible la sécurité du public et la perfection de son utile papier-monnaie.
- Le billet de banque, lisons-nous dans le Génie civil, a une origine bien différente de la brillante carrière qu’il est appelé à parcourir. C’est, en effet, sur les tas d’ordure que se trouve la matière première du papier dont il sera fabriqué. Les chiffons spéciaux, triés avec soin pour sa composition, sont expédiés à la Ferté-sous-Jouarre, où la Banque de France, ayant renoncé à s’adresser à l’industrie privée, fabrique elle-même son papier. Ce n’est qu’après de longues études et à l’aide de procédés mécaniques d’invention récente, qui sont sa propriété, qu’elle est arrivée à ce résultat, diminuant ainsi les chances de vulgarisation de ses procédés.
- L’usine relève directement du Directeur de la fabrication des billets, lequel réside à Paris, où il dirige l’imprimerie. Elle occupe environ cent cinquante ouvriers. Deux agents supérieurs responsables l’habitent: l’un porte le titre de commissaire et s’occupe de 1 admr-ulstration et du contrôle ; l’autre est le
- trace naturellement la voie à suivre. — Une Ecole s’impose.
- Les organisateurs de l’Exposition de photographie qui doit s’ouvrir le 20 avril prochain au Palais des Beaux-Arts (Galerie Rapp) le formulaient en termes précis, il y a déjà six mois, et faisaient de cette nécessité leur principale raison d’être ; aussi chercheront-ils par tous les moyens en leur pouvoir à hâter la création de cette Ecole, qui, répondant à des besoins nouveaux, deviendra un centre d’études fécondes en résultats, et dont l’avènement constituerait pour eux la plus chère et la plus légitime récompense.
- DE BANQUE
- chef de la fabrication et s’occupe de la partie technique.
- Sous la direction de ce dernier, les chiffons subissent d’abord une préparation qui permet de les conserver en sacs en attendant qu’on puisse en faire usage. Puis, au fur et à mesure des besoins, ils sont soumis aux diverses opérations qui les transforment en papier.
- Grâce à la façon toute spéciale dont est triturée la pâte provenant de ces chiffons, la Banque obtient un papier qui est soumis, sous les yeux du chef de la fabrication et du commissaire, â diverses vérifications.
- Quand il a subi tous les apprêts qui en font un produit unique, il est livré au commissaire de la Banque. Dès lors, il devient une matière véritablement précieuse. C’est avec un soin méticuleux qu’il est pesé et compté, de façon qu’il ne puisse s’en égarer une parcelle. Puis on l’expédie à Paris par paquets de deux rames, soit 1.000 feuilles au paquet, après avoir dressé procès-verbal d’envoi.
- Pour le recevoir à la Banque centrale, les régents et les censeurs, assistés du secrétaire général, des chefs de la fabrication et de la comptabilité des billets, se réunissent. Us constatent que les scellés sont intacts. On ouvre les caisses en leur présence et le comité des billets vérifie les procès-verbaux d’envoi. Après examen, le papier est reconnu. Il est emmagasiné dans une serre spéciale dont le secrétaire général et le contrôleur général ont chacun une clef. C’est delà que le papier
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- à billets est livré à l’impression au fur et à mesure des besoins.
- Il faut, pour que cette livraison s’effectue, une décision du conseil de régence. Les feuilles sont livrées à l’imprimerie qui en devient responsable.
- Chacune d’elles, à partir de ce moment, est soumise à neuf vérifications qui ont lieu successivement après chacune des opérations qu’elle doit subir avant d’être tranformée en un billet propre à être livré à la comptabilité des billets. Ces opérations sont le graissage, l’impression du recto et du fond recto, du verso et du fond verso, le numérotage, le piquage, le rognage et enfin la mise en ordre par alphabets et par lettres.
- Les ateliers où ont lieu ces transformations sont situés dans le sous-sol de la Banque. Ils sont vastes, bien aérés et bien éclairés par de larges baies vitrées, prenant jour sur un jardin et des cours intérieurs. La Banque y fabrique tout ce dont elle a besoin. Elle y fait elle-même ses encres spéciales en broyant les couleurs et les vernis. Elle y fond ses rouleaux. Elle y a son laboratoire de photographie et des ateliers spéciaux, d’où soldent les clichés et les formes qui servent à l’impression des billets. Les clichés, reproduits par voie galvanoplastique, sont mis au bain dans des cuves cadenassées en présence d’un agent du contrôle. Dans l’imprimerie proprement dite se trouvent trois machines à graisser (le graissage a pour but de rendre impossibles certaines contrefaçons par lithographie), vingt-trois machines à imprimer et cinq machines garnies de numéroteurs mécaniques, pour le numérotage des billets.
- Pour donner une idée de la puissante organisation de l’imprimerie de la Banque, il suffit de dire qu’en 1872, au moment de l’émission des petites coupures de vingt francs, ses ateliers fabriquaient jusqu’à 400,000 billets par jour. Pendant deux ans, 400 ouvriers furent employés. Ils mettaient en mouvement 52 machines dans trois ateliers ; l’un était situé à la Banque même, l’autre impasse Bonne-Nouvelle et le troisième rue d’Hauteville. A cette même époque, la Banque était chargée de la fabrication des timbres-poste, fabrication qu’elle a gardée pendant cinq ans. Elle était arrivée à les livrer à 0 fr. 29 c. le mille au lieu de 0 fr. 60 c.
- Actuellement, la Banque fabrique environ 50,000 billets par jour.
- Dans les ateliers de l’imprimerie, on peut voir, pendus dans les cadres, les divers dessins qui ont servi aux gravures des billets. Pour les billets de 1,000 francs, le dessin et la gravure sont, au recto, de Barre; au verso, le dessin est de Chazal et la gravure de Mourand. Pour les billets de 500 francs le dessin et la gravure sont, au recto, de Barre comme ceux de 1,000 francs. Au verso, le dessin est de Gabasson et la gravure de Pannemaker père. Pour les billets de 100 fr., le dessin est de Paul Baudry et la gravure de Robert. Pour le billet de 50 fr. les dessins sont de Dupuis et Duval et la gravure de Robert.
- Après avoir passé par toutes les opérations de l’impression, le billet quitte l’imprimerie et passe dans les mains des agents du service de la comptabilité. Là, dans de longues galeries, se tient un nombreux personnel. Soixante ouvrières environ sont chargées de l’examen et de la vérification des billets, sous la direction de quelques employés et en présence de deux représentants du contrôleur général. Les billets neufs sont livrés par l’imprimerie, classés par coupures. Ils sont divisés en paquets de mille billets. Chaque paquet, qui représente une lettre de l’alphabet entier, est revêtu d’une fiche portant les signatures de toutes les ouvrières entre les mains desquelles il a passé.
- Chaque billet porte des indications reportées sur les registres du contrôle et qui lui constituent un véritable état-civil. Ce sont : 1° la date de création ; 2° des signes particuliers, lettres ou chiffres appelés indices, appliqués en double et diagonalement opposés entre eux ; 3° un numéro de contrôle indiquant le rang individuel du billet dans la fabrication et permettant à lui seul de reconstituer les indices. Les billets sont classés par série ou lettre et alphabet. Une série se compose de mille billets numérotés de 1 à 1000. Chaque série est désignée par une lettre de A à Z, en écartant et en remplaçant par le W, l’I à cause de sa ressemblance avec le J-Vingt-cinq séries constituent ce que l’on nomme en banque un alphabet, soit vingt-cinq mille billets.
- Les ouvrières procèdent à la vérification
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- du papier, de l’impression et des signes récognitifs. Ce travail est fait deux fois par des ouvrières différentes pour rendre toute erreur impossible. Malgré tous les soins apportés à leur fabrication, quelques billets échouent encore à ce dernier examen. Le plus léger maton (tache dans le papier), la moindre irrégularité dans les marges les font absolument rejeter. Ils sont déclarés défectueux et classés parmi les «fautés» ; ce mot est le terme du métier.
- Les billets fautés sont mis de côté, oblitérés et remplacés provisoirement par une fiche, puis par de bons billets refaits à l’imprimerie-Comme il faut qu’à tout moment on puisse, à la banque, se rendre compte de l’emploi du moindre morceau du précieux papier livré par l’usine, les billets défectueux et oblitérés sont livrés par l’imprimerie à la serre du secrétariat général, qui en devient responsable. La comptabilité de ces fautés est tenue par numéro et par coupure.
- On les conserve pendant cinq ans et ils
- sont ensuite détruits. Un procès-verbal est dressé de cette destruction. Il est revêtu des signatures des régents, des censeurs, du secrétaire général, du contrôleur général, des chefs de la fabrication et de la comptabilité des billets. Mais lorsque les billets composant un alphabet sont tous reconnus bons, ils sont livrés au secrétariat général, qui les fait enfermer dans la serre dont nous avons déjà parlé, serre dont le contrôleur général a une clef. Une décharge est donnée par ces deux services au chef de la comptabilité.
- C’est dans cette serre qu’on viendra chercher les billets quand leur tour sera venu de circuler. La caisse principale en prend livraison et les fait revêtir des signatures nécessaires, soit pour les billets de 1,000 et de 500 francs, trois signatures ; pour ceux de 100 et de 50 francs, deux seulement. Enfin on les fait entrer dans la circulation par l’intermédiaire des caisses qui les remettent au public. '
- LE CHARBON DE BOIS
- ous les corps organiques contiennent du charbon, mais cet élément est beaucoup plus abondant que partout ailleurs dans les corps d’origine végétale : celui que l’on retire du bois s’appelle charbon de bois, et on l’obtient soit par la distillation, soit par la combustion incomplète de branches d’arbres.
- C’est dans les ouvrages du médecin grec Théophraste, qui vivait au vne siècle avant notre ère, que l’on trouve décrite pour la Première fois, la fabrication du charbon de bois, et si l’on s’en tient au procédé connu s°us le nom de procédé des forêts, auquel a fait place la carbonisation en meules, qui 8 en rapproche beaucoup, on peut dire que, ^ans ses lignes générales, cette fabrication a peu varié.
- Les procédés de carbonisation du bois, très nombreux, peuvent se ranger en trois classes. _ ans la carbonisation en vase clos, due à ingénieur Philippe Lebon, le bois, déposé ans une enveloppe métallique chauffée exté-lleurement, ne reçoit le contact direct ni de
- l’air, ni du feu; dans le second procédé, le bois est renfermé dans une enceinte en maçonnerie à laquelle sont accolés plusieurs foyers destinés à fournir la chaleur nécessaire, et les produits gazeux qui s’échappent de ces foyers, en s’introduisant dans la masse ; à carboniser, en opèrent sa distillation.
- Par ces procédés, il est possible de recueillir, outre le charbon obtenu dans la propor-; tion de 27%, divers produits : des gaz com-; bustibles,du goudron, de l’acide pyroligneux, utilisés dans l’industrie, et qui se trouvent ! perdus dans le procédé par combustion in-1 complète.
- On les utilise exclusivement pour la préparation des bois légers : bourdaine, peuplier, saule, tilleul, coudrier, tremble, employés pour la fabrication de la poudre, des fusains ou autres bois pour usages spéciaux.
- La troisième méthode, la plus ancienne, la plus expéditive, la moins coûteuse et la plus généralement employée, quoique le rendement soit inférieur en quantité à celui des i méthodes précédentes, se pratique sur place,
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- et constitue le procédé, dit procédé des forêts. Il consiste, dans ses grandes lignes, à faire avec le bois choisi, et qui est le plus ordinairement du chêne, du charme, du châtaignier, etc., un tas recouvert d’une couche de terre, et à introduire du feu dans la masse en ménageant l’air, et en brûlant juste assez de combustible pour carboniser le reste.
- Nous allons décrire la carbonisation en meules, représentée par notre gravure; elle est de nos jours universellement répandue, et elle donne un rendement d’environ 18 % d’un charbon supérieur à tout autre, quand l’opération a été bien conduite.
- Le charbonnier commence d’abord par choisir, avec beaucoup de soin, l’emplacement sur lequel il établira sa meule, car le succès do l’opération, la qualité du produit, dépendent en grande partie du bon choix de cet emplacement. Il cherche, autant que possible, un terrain uni, ferme, sec, sans être trop léger ni trop compact, à l’abri des courants d’air, avec l’eau à proximité; un endroit où le charroi du bois et Je chargement du charbon soient commodes.
- Après que son emplacement est choisi, il trace au cordeau la circonférence du cercle que doit occuper le bois de la meule. Au milieu, avec trois ou quatre grosses bûches plantées verticalement et autour desquelles on appuie trois ou quatres autres bûches inclinées sur les premières, on construit une sorte de cheminée de 0m 25 à 0m 30 de largeur.
- Autour de cette cheminée, on place les bûches les plus grosses disposées comme les rayons d’un cercle, ce qui constitue le plancher de la meule ; après quoi, on dispose les bûches au-dessus, dans une position un peu inclinée autour de celles qui forment la cheminée, de manière à figurer un tronc de cône; on place au-dessus un autre étage, en mettant d’abord au centre une perche verticale qui sert de prolongement à la cheminée : quant aux bûches les plus grosses, elles sont toujours placées au centre, et on dresse ainsi trois ou quatre étages superposés allant en se rétrécissant de la base au sommet.
- Quand la meule est ainsi construite, on la recouvre — excepté à son sommet — d’une couche épaisse de 13 cm. de fraisil — mélange de terre et de poussier de charbon —
- bien battu, auquel on ajoute parfois des bûches successives, des feuilles sèches, des mottes de gazon retourné, etc.
- A la base de la meule, et tout alentour, on pratique à intervalles réguliers de 0ra 60 à 0m 80, de petites ouvertures appelées écents d'admission et destinées à faciliter l’accès de l’air dans l’intérieur.
- Le moment est venu de mettre le feu à la meule.
- Par la partie supérieure non recouverte, on introduit dans la cheminée des matières enflammées, brindilles sèches, charbon allumé; le feu ne tarde pas à se propager, et alors on ferme l’ouverture du haut au moyen de quelques moLtes de gazon et de quelques pelletées de fraisil.
- Au bout de quelque temps, on pratique à partir du sommet, de nouveaux évents, dits évents de dégagement, pour la sortie de la fumée qui, d’abord blanche et épaisse, devient par la suite d’un bleu clair, peu abondante et pour ainsi dire transparente.
- A ce moment, le charbonnier est averti que
- la combustion est suffisante dans cette zone : il ferme les évents de dégagement et il en perce d’autres plus bas qu’il bouchera à leur tour lorsqu’il verra apparaître la fumée bleu clair, et ainsi de suite, jusqu’à cequ’ilse soit rapproché des events d'admission.
- Alors, il faut boucher tous les évents et toutes les fissures qui auraient pu se former à la surface de la meule: au bout d’un temps plus ou moins long et qui varie avec la grosseur de la meule, la masse est devenue incandescente, et, dans l’obscurité, l’enveloppe appelée chemise paraît rouge. C’est ce queles charbonniers appellent le grand feu.
- La meule s’est affaissée, et, pour étouffe1" le charbon, il faut la recouvrir promptement d’une couche de terre épaisse, que l’on renouvelle au bout de quelques heures pour refroidir le tout.
- Mais il n’arrive pas toujours que l’opération marche avec la régularité que l’on p°u1' rait supposer en s’en tenant à celte description, et l’ouvrier a à surmonter, pour conduire à bonne fin, plus d’une difficul
- La présence de courants d’air, un vent tiop violent, une meule mal abritée, compliquen tout de suite la situation, et il faut alors un® surveillance de tous les instants pour arrivel
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- Fig. 25. — La fabrication du charbon de bois.
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- à maîtriser le feu et empêcher une combustion trop complète, ce qui amènerait des pertes considérables.
- La marche irrégulière du feu est dénotée par rabaissement irrégulier de la meule sur son pourtour, et le charbonnier doit alors se multiplier pour fermer les évents d’un côté, en ouvrir sur d’autres, placer des claies du côté d’où vient le vent, etc.
- Ordinairement, le diamètre des meules est de quatre à six mètres et elles contiennent 40 à 50 stères de bois ; cependant, dans certaines forêts, dans les Ardennes, la Meuse, par exemple, on les porte à 10 ou 15 déca-stères, et l’étouffement d’une meule de cette dimension dure une douzaine de jours poulies bois verts et tendres, et seize ou dix-huit jours pour les bois verts et durs.
- Le rendement en charbon des grosses meules est plus considérable que celui des petites, mais le fourneau est beaucoup plus difficile à conduire, et les chances de pertes beaucoup plus considérables.
- Quand la meule est tout à fait refroidie, on retire le charbon.
- S’il est bien cuit, il est dur, compact, sonore et présente une cassure brillante. Si la combustion a été trop vive, il est fendre, friable, recouvert d’une cendre blanchâtre, et présente pour les usages domestiques les mêmes avantages que la braise de boulanger ; enfin, s’il est insuffisamment cuit, il est terne, un peu roux, et se casse difficilement.
- Il donne une flamme blanche accompagnée d’une, épaisse fumée, ce qui lui fait donner le nom de fumeron, et pour cette raison, il ne convient guère à la ménagère; mais en dehors des usages domestiques, c’est le plus recherché, car il donne beaucoup plus de chaleur que le charbon plus cuit.
- Les propriétés du charbon de bois varient avec la nature du bois, son âge, la température à laquelle il a été porté : il est plus léger s’il provient d’un bois blanc; plus dense, s’il provient d’un bois dur.
- On pourrait croire, à première vue, que le charbon de bois est plus léger que l’eau, car il peut arriver qu’un bout de ce charbon surnage; mais cette propriété n’est qu’illusoire; elle vient de ce que le charbon présente des vides dans lesquels l’eau ne pénètre pas
- immédiatement, et si on pulvérise le charbon avant de le placer dans l’eau, en l’y versant, il tombe au fond.
- Le charbon est mauvais conducteur de la chaleur et de l’électricité; cependant, lorsque la calcination a été poussée un peu plus loin et qu’il se trouve à l’état de braise, il devient, au contraire, bon conducteur de l’une et de l’autre : c’est la raison pour laquelle on entoure de cette substance le pied des paratonnerres, car elle facilite dans le sol récou* lement de l’électricité.
- Il est certain que les anciens connurent la plupart des propriétés chimiques qui rendent le charbon végétal si utile et d’un usage si général dans les arts, l’économie domestique, l’hygiène, etc.
- Les Grecs, par exemple, avaient déjà remarqué que le charbon de bois absorbe l’humidité; aussi, Théodore, un de leurs architectes, leur proposa-t-il de l’employer dans les fondations du temple d’Ephèse ; ils surent aussi — et les Romains les imitèrent — qu’il se conserve longtemps dans l’eau, et c’est pour cela que les uns et les autres ne manquèrent jamais de carboniser la surface des pièces de bois destinées à séjourner dans les endroits humides, ainsi que le prouvent les fouilles pratiquées à l’endroit où s’élevaient des monuments érigés par eux. Il est également certain que les Egyptiens utilisèrent les propriétés antiseptiques du charbon végétal dans l’embaumement des corps ; enfin, chez les Bretons, ainsi qu’on le lit dans plus d’un auteur latin, les femmes se servaient du charbon de coudrier pour entretenir leurs dents en bon état.
- Le charbon de bois jouit de la propriété d’absorber les gaz. Une petite expérience, entre un grand nombre d’autres, le démontre tout de suite.
- Si on approche un morceau de charbon imprégné de gaz ammoniac, d’un autre morceau imprégné d’un gaz acide chlorhydrique, des fumées blanches de chlorhydrate d’ammoniaque se produisent, ce qui démontre la présence des deux gaz.
- Il absorbe aussi les sels métalliques.
- Si l’on verse dans de l’eau un sel métallique, de l’acétate de plomb, du sulfate de cuivre, par exemple, et qu’on plonge dans E mélange un morceau de charbon, au bou
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- d’un temps très court, le charbon a tout rainasse.
- Enfin, il enlève de leur dissolution quelques alcaloïdes. C’est ainsi qu’en ces derniers temps, on a basé sur cette propriété un procédé très simple pour extraire de certaines bières, la Strychine qui peut y être renfermée.
- Le charbon de bois est surtout employé pour la combustion.
- On s’en sert dans l’économie domestique pour approprier les viandes gâtées à la nourriture de l’homme ; on l’applique réduit en poudre, sur les plaies gangréneuses, afin d’en arrêter les ravages, et on l’utilise pour retarder la décomposition du gibier, du poisson et de la viande de boucherie, pour décolorer les sirops, les vins rouges, le vinaigre, etc.
- A l’état de petits fragments, on l’emploie pour rendre potables les eaux impures et vaseuses; une couche de charbon, comprimée entre deux lits de sable, peut constituer un excellent filtre. C’est toujours à cause de cette propriété absorbante qu’on carbonise les tonneaux avant de les remplir d’eau ou de substances liquides destinées à être transportées au loin. C’est pour éviter qu’une viande donne un mauvais goût au bouillon, qu’on met avec elle un morceau de charbon dans le vase où elle doit bouillir, et c’est au même but qu’il faut rapporter cette vieille coutume qui existe encore dans certaines localités, et qui consiste à jeter dans les puits, le jour de la Saint-Jean, des morceaux de charbon de bois destinés à conserver pures les eaux fournies par ces puits. C. Chaplot.
- LES SIMULATEURS
- Boici le moment de l’année où se font inscrire les jeunes gens qui participent à la formation de la classe 1891 ; à ce sujet nous croyons intéresser les lecteurs de la « Science en famille » en leur donnant des détails peu connus sur les simulateurs.
- On appelle simulateurs, en termes de recrutement et de médecine, les jeunes gens qui cherchent à échapper au service militaire °u à en sortir en simulant des infirmités dont ils ne sont réellement pas atteints.
- Notre but, en écrivant cet article, n’est pas d indiquer aux jeunes gens sous les yeux desquels ces lignes tomberont, des moyens d’échapper frauduleusement au glorieux de-V°L' de servir le pays, mais bien de leur Montrer que, quelle que soit l’habileté de certains fraudeurs, vcelle de la science est plus grande encore et qu’il vaut mieux se Présenter de bonne foi devant le Conseil de révision, d’autant plus que la loi militaire (art. 60) n’est pas précisément tendre envers ceux qui cherchent à la tromper (1).
- Les maladies simulées et même provoquées SonL il faut l’avouer, plus fréquentes qu’on ne croit chez les appelés. On est même
- j, d) Un mois à un an de prison, sans compter, à ,expiralion de la peine, trois ans à faire jour pour J°ur dans les Compagnies de discipline.
- stupéfait de voir la quantité de maux invo^ qués à tort et l’imagination qu’il a fallu parfois déployer pour arriver à certains résultats.
- Nous allons passer en revue les fraudes les plus usuelles et nous dirons en même temps les moyens employés pour les reconnaître.
- On sait comment se passe, surtout à Paris, une séance du Conseil de révision ; le médecin qui examine les jeunes gens voit défiler devant lui une quantité considérable de conscrits et ne peut consacrer à chacun d’eux que quelques moments bien courts ; c’est sur cette rapidité bien connue que se basent les fraudeurs qui se figurent que l’apparence d’un mal fera déclarer au docteur l’existence du mal lui-même.
- Voici par exemple la Scrofulose (humeurs froides). On peut les imiter avec des caustiques, des vésicants et des rubéfiants; mais la vraie scrofulose est toujours accompagnée d’indurations ganglionnaires que ne provoquent pas les plaies superficielles que se sont faites les intéressés ; des ulcères sont parfois provoqués par des substances irritantes ou entretenus volontairement ; un médecin s’en rend compte rien qu’à la vue de la plaie.
- Pour cent qui ne veulent pas se faire souffrir ou s’enlaidir inutilement, il y a des
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- paralysies : la paralysie partielle, d’une jambe par exemple, est facile à imiter ; mais la vraie, lorsqu’elle existe depuis quelque temps, amène dans la partie malade des changements, atrophie, décoloration de la peau, abaissement de la température qu’on ne peut simuler. En outre, chaque paralysie a des caractères particuliers qui échappent au simulateur et dévoilent la supercherie.
- Dans le même ordre d’idées, on feint la contracture du cou, d’un membre et même de la colonne vertébrale : mais ce qu’on ne peut réaliser, c’est l’amaigrissement qui en résulte.
- On imite aussi les ankylosés surtout celles qu’en médecine on appelle Xankylosé fausse ; elle n’abolit pas tous les mouvements d’une articulation, mais les limite dans une étendue plus ou moins considérable ; dans cette infirmité, les mouvements de l’articulation, volontaires ou communiqués, ne sont pas trop douloureux : or, 99 fois et demie sur 1Ü0, le simulateur feint une vive douleur quand on essaye de faire plier l’articulation incriminée. On met encore souvent la fraude à découvert en causant avec le conscrit de tout autre chose et, quand son attention est détournée, on lui remet brusquement l’articulation en place... Un autre moyen qui réussit encore consiste à faire cesser la contraction imitée en soumettant les muscles à la tension d’une bande élastique; la fatigue qui en résulte a bien vite raison du simulateur. Supposons que ce soit un doigt qu’on dit être ankylosé. On fait simplement exécuter aux deux mains des mouvements identiques ; en vertu de la symétrie qui règne dans nos mouvements, malgré lui, le doigt soi-disant perclus fera les mêmes mou vements que son congénère de l’autre main.
- On nous pardonnera de ne pas suivre, dan3 cette étude, un ordre rigoureusement scientifique et de passer d’une infirmité à une autre, sans nous occuper si elle se rapporte à la précédente, mais nous écrivons un peu au hasard de nos souvenirs.
- La Teigne faveuse (Favus) est simulée avec de l’acide azotique employé en pommade, ou déposé goutte à goutte sur le cuir chevelu ; la fraude s’aperçoit de suite à l’absence de l’odeur caractéristique du favus et à la forme des croûtes qui ne ressemblent
- pas à des godets. L’huile de cade, extraite d’une sorte de genévrier, et le tartre stibié, diverses poudres jetées dans les cheveux servent à simuler d’autres affections cutanées tout aussi faciles à démasquer à priori.
- La mentagre (sycosis), qui est à la barbe ce que la teigne est aux cheveux, peut être imitée au moyen de l’huile de croton ou de pommade à l’émétique. La fraude se découvre facilement au moyen du microscope, attendu que l’affection vraie est causée par un parasite auquel les savants ont infligé le nom de Tricophyton tonsurans.
- La calvitie (alopécie), obtenue par des moyens artificiels, est facile à reconnaître ; les vrais chauves ont le cuir chevelu lisse, brillant de teinte blanche, une vraie bille de billard comme dit irrespectueusement le peuple ; dans la fausse calvitie, la peau est mate et parsemée de points bleuâtres correspondant aux ouvertures des bulbes pileux ; avis à ceux qui voudraient se faire raser la tête.
- Parmi les affections qui offrent les plus grandes difficultés à la simulation il faut ranger les maladies du système nerveux, idiotie, crétinisme, aliénation mentale, épilepsie. Comme le médecin n’a pas le temps de contrôler des simulations dans la visite devant le Conseil de révision, celui-ci ordonne une enquête administrative poui' arriver à connaître la vérité ; néanmoins le médecin peut, dans certains cas, arriver à de sérieuses présomptions fondées sur l’attitude antérieure, la physionomie et l’interrogatoire du sujet. Cependant, en ce qui concerne l’épilepsie, il faut une connnaissance très exacte des signes qui la caractérisent poui connaître la fraude. Des simulateurs habile? arrivent à reproduire plus ou moins bien plusieurs symptômes de la terrible maladie, qudques-uns triomphent même des épreuves auxquels on les soumet pour contracter Dn' sensibilité ; mais ce qu’ils ne peuvent imitée c’est l’immobilité de la pupille, les mouvements fibrillaires des muscles, les troublesde la respiration et les changements de coloia tion de la face. De plus, les épileptiques se font des blessures au visage et à la langue surtout, qui laissent des traces qu’on Pel1 utiliser pour le diagnostic. Enfin, quand e crises sont fréquentes, les dents incisives
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- sont usées en avant, et la physionomie prend une expression de tristesse, de timidité, voire même de stupidité qu’on ne trouve pas chez les simulateurs.
- Une infirmité dont il est encore bien facile de se targuer, c’est la surdité. Il en est qui s’introduisent des corps étrangers ou laissent exprès s’accumuler cette liqueur jaunâtre dite cerumsn. pour diminuer momentanément leur acuité auditive. Ceux-là ignorent que ces fraudes sont immédiatement constatées au moyen d’un instrument, nommé otoscope qui permet d’éclairer fortement l’intérieur de l’oreille et d’y voir les moindres détails du tube auditif ; chaque conseil de révision possède un otoscope ; il faut donc trouver mieux. Alors d’autres déclarent que, quoique n’ayant aucune maladie apparente de l’oreille, ils ont l’ouïe très dure ou même qu’ils n’entendent rien du tout. Cette dernière simulation est plus rare, étant très difficile
- à bien faire, malgré le proverbe qui dit « il n’est pire sourd que celui qui ne veut entendie ». On reconnaît la plupart du temps la fraude à l’examen de l’individu. Le véritable sourd, dont l’intelligence n’est pas amoindrie, offre ordinairement dans l’ensemble du visage, une sorte d’attention interrogative et cherche à saisir, en regardant les lèvres de l’interrogateur, le sens des paroles à lui adressées ; le faux, au contraire, se détourne, baisse les yeux, évite les regards du médecin, prend un air hébété, feint de ne pas comprendre ce qu’on lui dit, prétend n’entendre rien de rien, bref, dépasse le but et ne l’atteint pas. On a recours, pour déjouer la fraude, à des moyens de surprise que suggèrent l’expérience et l’habileté ; une bonne grosse bêtise, dite assez bas, réussit fort souvent ; le fraudeur rit... et est désarmé ou pour mieux dire... armé.
- (.A suivre) L’Esprit.
- L’ESTURGEON
- SES PRODUITS ALIMENTAIRES ET INDUSTRIELS
- es Esturgeons constituent un genre Ijllll de Poissons appartenant à l’ordre vkarzlÊk des sturioniens, le septième des Poissons en général, et le premier des Poissons cartilagineux.
- Ce sont de grands poissons, dont le corps allongé est garni sur le dos et les côtés de Plaques dures appelées écussons ou boucliers, implantées sur la peau aux couleurs généralement ternes, et rangées en lignes longitudinales.
- Ces plaques sont coniques et leur pointe est recourbée vers la queue.
- La tête est cuirassée extérieurement, et comme les requins, les esturgeons ont la Luche placée en dessous et en arrière du museau ; mais cette bouche est petite et dénuée de dents que remplacent des cartilages plug ou moins durs. De la lèvre supérieure divisée en deux lobes pendent quatre arbillons vermiformes, très déliés, qui r°mpent les petits poissons, paraît-il, et avec esquels l’esturgeon les attire pour en faire
- Sa nourriture.
- L existe plusieurs espèces d’esturgeons : la P Us connue est Y Esturgeon commun (Aoi-
- penser sturio) que l’on pêche dans nos grands fleuves, mais surtout dans le Danube, le Don et le Volga, et qui pèse jusqu’à 500 kilogs.
- Le Grand Esturgeon, ou Hausen (A. Huso) des mers Noire et Caspienne, qui atteint 8 mètres de longueur et peut peser un millier de kilos; enfin le Sterlet (A. Ruthenus) la plus petite espèce, qui ne dépasse pas 0 m. 75 et qui habite surtout la mer Caspienne et le Volga.
- La voracité de ces animaux est en rapport avec leur taille : ils fouillent la vase pour manger les vers, et dévorent à demi-broyés entre leurs mâchoires cartilagineuses, une quantité énorme de poissons et d’oiseaux de mer.
- On les a surnommés conducteurs de saumons-, ils les conduisent en effet, et remontent avec eux le cours des fleuves, mais c’est pour s’en nourrir, et les dévorer le long du chemin.
- C’est au printemps qu’ils entreprennent ces voyages en troupes nombreuses, pour venir déposer ou féconder leurs œufs, dans l’eau des grands fleuves ou de leurs affluents.
- La fécondité de ces animaux est prodigieuse
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- et telle femelle porte un poids d’œufs qui atteint le tiers et parfois même la moitié de son poids total. Dès leur naissance, les petits descendent à la mer pour ne remonter le fleuve qu’à l’âge adulte.
- C’est évidemment cette époque que les pêcheurs choisissent généralement pour capturer l’esturgeon, et c’est sur le Volga surtout qu’on en fait les pêches les plus considérables.
- Au milieu d’un barrage provisoire on pratique une ouverture et on force les esturgeons à entrer dans une sorte de grande salle dont on soulève le fond ; cependant les pêcheurs ne s’approchent de ce poisson qu’avec précaution, car il est d’une force considérable.
- On le pêche aussi au moyen d’immenses et solides filets; à la ligne, c’est-à-dire avec un hameçon énorme attaché à un câble glissant sur des poulies flottantes, et amarré à l’autre extrémité au fond du fleuve par des ancres solides.
- Sur les fleuves russes, on le pêche en hiver au harpon, en lançant celui-ci au milieu d’un trou béant pratiqué dans la glace, et dans le Danube, le Volga, les espèces d’esturgeons sont suffisamment nombreuses pour qu’il y ait une pêche de printemps, une d’automne et une d’hiver.
- On pêche l’esturgeon au printemps, et en été dans la Loire, la Garonne, le Rhin, le Pô et dans tous les fleuves de l’Europe centrale. On le capture au filet; après lui avoir passé une corde à travers les ouïes et la gueule, on l’amarre au bateau et on peut le conserver ainsi vivant plusieurs jours parce que les opercules de ses branchies en ferment hermétiquement les orifices et y conservent l’eau.
- On tire parti de tout dans l’esturgeon. Sa chair fine et délicate lui a valu le surnom de Poisson royal; elle a un degré de compacité qui lui donne une certaine ressemblance avec celle du veau, et les anciens en faisaient déjà le plus grand cas. En Grèce, l’esturgeon était placé dans la salle du festin par des esclaves couronnés de fleurs et précédés de musiciens; chez les Romains, Ovide a célébré ses louanges en vers (Acipenser nobilis). Jadis, en Angleterre, le'roi s’appropriait tous ceux que les pêcheurs avaient pu prendre, et aujourd’hui encore, en Chine, il paraît que l’esturgeon est le poisson destiné
- l’empereur.
- C’est dans le sud de la Russie, sur le bord des grands fleuves qui descendent à la mer Caspienne ou à la mer Noire qu’il faut voir les pêcheurs d’esturgeons à l’œuvre. Dans une grande salle située sur la rive, on apporte les poissons, on les vide, et on recueille précieusement les œufs, qui serviront à faire le Caviar, la laitance, le nerf dorsal appelé vésiga, dont les Russes confectionnent un pâté excellent, la vessie natatoire pour faire la colle de poisson la plus estimée, et enfin une graisse d’une saveur fort appétissante qui peut remplacer le beurre.
- Le Caviar a acquis, depuis environ 80 ans qu’on lui reconnaît une valeur commerciale, une haute réputation auprès des véritables gourmets. C’est le mets national russe par excellence et le centre du commerce auquel il donne lieu est Astrakan. Il est très recherché en Turquie et en Grèce ; on l’exporte dans tout le centre de l’Europe, en Italie, en Allemagne, en Angleterre et aussi en France, surtout depuis quelques années : le chiffre de cette exportation atteint plusieurs millions de francs.
- Sa préparation n’est guère compliquée : il y en a trois sortes.
- Le caviar le moins estimé se prépare en salant les œufs tels qu’ils sortent de l’animal, et en les faisant sécher au soleil après sept ou huit mois de saumure.
- Pour les deux autres, la préparation demande un peu plus de soin.
- Le plus recherché est le Caviar grenu, qul doit être consommé frais : on prend les œufs et on les nettoie à l’eau dans un crible p°ul les débarrasser de leur enveloppe et les isole1' des membranes et des petits vaisseaux; 0 les fait égoutter dans une série de tamis p°" sés sur une sorte de large rigole inclinée qul déverse dans une bassine l’eau de l’égouttage-
- Le Sack Caviar ou Caviar compact subi la même opération, mais pendant que les œufs sont dans la saumure, on les pétrit pou1 les amollir ; on les égoutte ensuite et on ks tord dans des sacs de toile avant de place1' caviar ainsi préparé dans de petits barils bois blanc destinés au commerce.
- Avec la vessie natatoire de l’esturgeon ie 1 rée précieusement du corps de l’animal, o fabrique l’ichtyocolle, la plus estimée et a plus chère de toutes les colles employées dans le commerce.
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- Pour l’obtenir sous la forme qu’on lui connaît dans le commerce, on fait ramollir dans l’eau froide la vessie natatoire du poisson, de façon qu’on puisse enlever facilement la membrane externe; on divise alors l’autre en fragments que l’on blanchit à l’acide sulfureux et que l’on sèche ensuite. L’ichtyocolle s’emploie pour donner du lustre et de la consistance aux étoffes de soie, aux rubans et aux gazes, pour monter les pierreries, fabriquer les perles fausses, préparer les gelées alimentaires, clarifier certaines liqueurs alcooliques, etc.
- On conçoit donc l’importance de la pêche à l’esturgeon, et on comprend le dédain avec lequel les pêcheurs du Volga parlent des autres poissons.
- Si l’on songe qu’en moyenne le Volga seul fournit par an 45,000 esturgeons, sans parler des autres poissons qui sont également fort abondants dans ces parages, on ne peut guère trouver exagéré le chiffre de 10 millions auquel on estime les produits de la pêche dans l’empire russe.
- Ch. Fleury.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- Ce qu’une tonne de houille peut produire. — Bien peu de personnes sont au courant des nombreux produits que l’on peut retirer de la houille par un traitement approprié. En soumettant à la distillation sèche une tonne de charbon à gaz, on pourra en retirer, outre plusieurs centaines de mètres cubes de gaz, 1,500 livres de coke, 20 gallons d’eau ammoniacale et 140 livres de goudron de houille. Le goudron, soumis à une distillation, fractionné, produira 69 livres6 de brai, 17 liv res de créosote, 14 livres d’huiles lourdes. 9 livres 5 de naphte jaune, 6 livres 3 de uaphlaline, 4 livres 75 de naphtol, 2 livres 25 d’aüzarine, 2 livres 4 de naphte soluble,
- 1 livre 5 de phénol, 1 livre 2 d’aurine, 1 liv. 1 d’aniline, 0 livre 77 de toluidine, 0 livre 46 d’anthracine et 0 livre 9 de toluène. C’est de cette dernière substance que l’on extrait la saccharine, qui serait 230 fois plus douce que le sucre de canne ordinaire.
- *
- * *
- Nouvelles espèces d’abeilles. — D’après la Revue agricole de la région du Nord, plusieurs apiculteurs d’Europe se proposeraient d’acclimater trois espèces d’abeilles exotiques : l'abeille égyptienne, fort active, Y abeille de Gava, la géante du genre et la mélipone américaine, la seule qui soit dépourvue d’aiguillon.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- Cuivrage des objets en plâtre. — Les
- s,atues et objets en plâtre que l’on veut Protéger contre l’action de l’air aussi bien que contre les chocs doivent être revêtus ^ une couche de cuivre. Cette opération doit etl'6 précédée d’un badigeonnage destiné à toucher complètement les pores du plâtre, virement il se produit une absorption de sulfate de cuivre qui vient postérieurement oiistalliser à la surface et altérer la couche
- Protectrice.
- , La cire, la stéarine, la colophane employée jusqu’ici ne remplissent qu’imparfaitement es pores du plâtre ; le goudron employé ans des conditions particulières aurait per-
- mis à. une maison de Munich de résoudre en tièrement la question.
- La couche de cuivre déposée sur des plâtres ainsi préparés serait unie, d’épaisseur uniforme, et elle respecterait les moindres détails du relief.
- ***
- Buvard chimique.— Il est facile de faire un buvard qui enlève les taches d’encre sur le papier. Prenez un papier buvard épais et plongez-le plusieurs fois dans une solution d’acide oxalique ou d’oxalate de potasse. Pendant que la tache d’encre est encore humide, appliquez ce papier préparé, et l’encrç sera entièrement enlevée.
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- Imperméabilité des bouchons de liège.
- — Si, dans uno mixture de 2/3 de cire vierge, et 1/3 de suif de bœuf, on trempe des bouchons deux ou trois fois, on obtient, après les avoir mis sécher dans un four chaud, le gros bout en bas, sur une pierre ou sur une plaque de fer, des bouchons qui ont la propriété de ne laisser aucun passage aux parties subtiles dés liquides les plus denses ou les plus mobiles : ces bouchons garantissent parfaitement les vins, sans leur communiquer aucune odeur.
- *
- * *
- Colle pour faire adhérer au verre le papier ou le coton. — Le journal de la Société photographique de VInde a décrit ainsi la composition d’un mucilage qui est très propre à attacher au verre, les bandes de coton ou le papier : On prend deux cuillerées à thé de farine, 120 cmc d’eau et 3 décig. de bichromate de potasse. On malaxe bien la farine, et l’eau afin d’avoir un mélange bien homogène, et on chauffe le mélange en le remuant jusqu’au point d’ébullition.
- Alors, on ajoute peu à peu le bichromate de potasse, en remuant sans cesse. Enfin, on laisse refroidir. Ce mucilage bichromaté doit être gardé à l’obscurité, et l’on
- Fig. 26.
- fera bien de s’en servir peu de temps après sa préparation. Voici comment on les emploie : on laisse tremper les bandes de papier, on les attache ensuite au verre et on place les plaques dans un endroit où elles peuvent recevoir l’action directe de la lumière solaire pendant l’espace d’une journée.
- ** *
- Un avertisseur d’effraction. — On a souvent construit des appareils fort compliqués pour produire une détonation au moment de l’ouverture d’une porte, ou du déplacement d’un objet quelconque. Nous avons vu, il y a quelque temps, un appareil très simple qui répond au même but, d’une façon qui nous semble ne rien laisser à désirer.
- Cet appareil se compose d’un canon vertical c, cylindrique extérieurement, et percé d’une lumière suivant son axe. Cette lumière
- est prolongée par une cheminée sur laquelle entre une capsule.
- Le canon chargé étant placé verticalement, la capsule en bas, il suffit de le laisser tomber d’une petite hauteur pour provoquer la détonation, d’ailleurs inoffensive, puisque le coup part verticalement, et du côté de la porte opposé à celui où l’on entre.
- Le canon entre donc librement dans une douille D, où il est retenti à une certaine hauteur par une barre h sur laquelle il s’appuie.
- On conçoit qu’un léger déplacement de cette barre suffit pour mettre en liberté le canon, dont la chute s’effectue sous l’action de son propre poids.
- rest la charnière qui forme l’articulation de la barre b.
- Tout l’appareil est monté sur un pied, et il suffit de l’approcher de la porte, en mettant celle-ci en contact avec la barre b.
- Si la porte s’ouvre en sens inverse de celui pourlequel l’appareil a été construit, on arrive facilement, au moyen d’une corde ou d’une baguette de bois, par exemple, à disposer une articulation qui produit le résultat désiré.
- Il va sans dire que, pour éviter tout accident, on ne met la capsule qu’au dernier moment et apres avoir placé l’appareil, et que chaque fois qu’on le désarme, on commence par retirer
- --------------? '
- la dite capsule : prudence est mère de sûrete-
- *-
- # *
- Bulles de savon persistantes. — On dissout une partie de savon de Marseille dans 40 parties d’une eau tiède et bien pure. On laisse refroidir, et après avoir filtré, on ajoute un volume de glycérine pour 3 du liqu* e
- obtenu,
- On filtre de nouveau après un repos d une
- journée, et on ajoute la même quantité
- de
- glycérine. _ t
- Les bulles faites avec ce liquide peu'
- persister des journées entières.
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d Assas.
- La Fère. — Imprimerie Bayen, rue Nèigre.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- LE BOUSIER SACRÉ
- e Bousier sacré, ou Scarabée sacré (.Ateuchus sacer), qui a rempli un rôle si important dans les théogonies des rives du Nil, est un coléoptère de la famille des Lamellicornes. Le mot scarabée qui dérive du latin Scarabeus, représente lui-même le mot grec Skarabeios.
- Cet insecte qu’on rencontre non seulement en Afrique, en Asie, mais aussi dans toute l’Europe, est généralement d’un noir luisant; cependant on en voit dont les èlytres sont
- Fig. 27. — Représentation d’un bousier sacré en pierre dn Nil et datant des premiers Pharaons.
- d'un brun cuivreux ou qui ont des reflets d’un vert sombre.
- Le Bousier accomplit de grands travaux Pour sauvegarder sa progéniture. 11 n’a d’attention et ne prodigue ses soins qu’à un seul œuf à la fois, mais ils sont incessants. Aussitôt que ce coléoptère a opéré sa ponte, il Porte son œuf vers une bouse d’excréments d0 mammifère herbivore ; il en enlève une petite partie au centre de laquelle il place avee un soin tout particulier son œuf. Il roule eU8uite cette partie d’excréments jusqu’à ce lu’elle devienne de forme sphérique, et dé-
- passe ordinairement en volume celui de son propre corps.
- Quand cette première opération est achevée, le Bousier prend la boule faite par lui avec ses deux pattes de derrière, qui sont longues, arquées et appropriées à ce travail et la pousse incessamment à reculons. A force de rouler sur le sable et la terre fine, cette pelote d’excréments, qui est d’abord molle, prend de la consistance, devient de
- Fig. 28. — Partie abdominale incrustée de signes hiéroglyphiques.
- ©il ï
- gm
- plus en plus dure et la surface se lisse et se polit.
- L’insecte poursuit son œuvre avec une persévérance surprenante, rien ne l’arrête, rien ne le détourne, c’est un instinct étonnant qui le guide, nul effort n’est épargné.
- Lorsque la pelote d’excréments est totalement terminée, qu’elle est bien grosse, bien ronde, bien solidifiée, le Bousier, qui a eu la réflexion de creuser une fosse dans cette prêt/.' sion, l’y dirige, l’y fait tomber et n’ayant plus rien à y faire, l’abandonne à son destin,
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Ainsi se termine cette œuvre de longue haleine.
- C’étaient ces remarquables travaux qui avaient attiré sur cet insecte l’attention des anciens. Pour l’antique Egypte émerveillée de ce soin prodigieux, ce scarabée sacré devint le symbole de la fécondité et de la patience. Aussi la statuaire en multiplia à l’infini l’image sur tous les monuments des Pharaons, depuis l’embouchure du Nil jusqu’au fond de laNubie. Les Egyptiens avaient aussi remarqué avec quelle persévérance le Bousier remonte sa boule quand celle-ci glisse sur un terrain incliné ; semblable au Sisyphe de la fable, l’insecte recommençant avec une constance inouïe la montée de sa boule qui lui glisse des pattes et qu’il va reprendre pour la remonter encore ! Cette persévérance avait paru rappeler aux prêtres Egyptiens les travaux d’Isis et d’Osiris. Aussi firent-ils représenter le Bousier sur le fronton des Temples dédiés à ces divinités.
- Parmi les peuples d’Egypte, l’effigie du scarabée sacré a été représentée de mille manières, comme celle d’une espèce de dieu tutélaire.
- On en rencontrait partout chez eux; on en retrouve encore aujourd’hui sur tous les monuments, les temples, les obélisques, les tombeaux, etc., sculptés ou ciselés, de toutes les dimensions et avec toutes les matières possibles, depuis les matières les plus communes jusqu’aux métaux les plus précieux.
- Les scarabées antiques réunissent le travail des entailles à celui des camées. Leur surface inférieure plate et gravée en creux, renferme soit des hiéroglyphes, soit des figurines diverses. La partie supérieure représente toujours le relief d’un scarabée.
- M. de Rougé, dans le Catalogue du Musée Egyptien, s’exprime ainsi en parlant du Bousier sacré : a La matière dont les scarabées sont faits ne varie pas moins que leur grandeur, et la perfection de leur travail correspond, en généra], à la valeur de la substance dont ils sont formés. Les plus anciens et les plus ordinaires sont en argile blanche ou grisâtre, légèrement cuite ou simplement séchée au soleil ; d’autres en pâte de verre ou en émail de différentes couleurs, le plus souvent d’un bleu verdâtre, d’autres sont en
- ivoire ou même en bois. Parmi les plus précieux, les uns sont en or, d’autres, et c’est le plus grand nombre, en cornaline, quelques-uns en sardoine, en onyx ou en pierres dures diverses.
- Dans une de mes visites au Bristish muséum, à Londres, j’ai vu des scarabées en granit qui étaient d’une taille colossale; ils avaient trois à quatre pieds de longueur. Mais il s’en fabriquait, surtout pour l’usage commun, une prodigieuse quantité de petites dimensions, avec les élytres généralement recouvertes d'une peinture verte ayant des inscriptions à l’abdomen. Le musée de Compiègne possède quatre spécimens de ces petits coléoptères, dont un est copié textuellement sur le Bousier commun et l’imite à s’y méprendre.
- Dans les collections du Louvre, plusieurs scarabées portent les noms des Pharaons dont le règne est antérieur de plusieurs siècles
- à Joseph et à Jacob, tandis que d’autres appartiennent aux temps des Ptolémées et des empereurs romains. Le roi Toutmès III fournit à lui seul plus de scarabées que tous les autres rois ensemble. La légende fut reproduite sur des ouvrages de ce genre, d’une époque relativement récente.
- J’ai la bonne fortune de posséder un des spécimens qui remontent aux premiers Pharaons. Il est en pierre du Nil et mesure dix centimètres de longueur sur huit de largeur. Il a été enluminé sur le dos et sur le plat d’une peinture uniformément verdâtre et qui adhère encore aujourd’hui en grande partie.
- Le fond des incrustations hiéroglyphiques est également chargé de vert. Malheureusement
- les inscriptions ne sont pas restées intactes, mon scarabée, oublié pendant une vingtaine d’années au fond d’une armoire, a subi toutes les avaries et tous les heurts du temps. Malgré cela, comme on peut en juger par leS dessins que j’ai essayé de faire aussi fidèles que possible, on peut se rendre compte que le travail des Egyptiens des temps antique® était curieux en ce sens que l’artiste s aval . le combiner avec originalité, lui donnant pal le ciseau le modelage pour ainsi dire exac de l’insecte, et en y ajoutant par le pinceau la tonalité qui lui est propre.
- Alphonse Laiutte.
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- LES FALSIFICATIONS DES DENRÉES ALIMENTAIRES
- MOYENS SIMPLES ET FACILES POUR LES METTRE SOI-MÊME EN ÉVIDENCE
- II. Falsifications du beurre (suite).
- t, 'adjonction de substances colorantes ou d’eau aux beurres ne constitue pas H une falsification aussi courante que celle des graisses animales et végétales qui est, au contraire, d’une extrême fréquence, à tel point même que le Parlement a dû s’en occuper à plusieurs reprises.
- Les falsifications par les corps gras sont assez difficiles à mettre en évidence. Cependant, on a un caractère général dans l’onctuosité qu’offre le beurre naturel et qui n’existe pas dans les mélanges graisseux. D’ailleurs, ces derniers fondent dans la bouche en laissant percevoir des grumeaux, tandis que le beurre normal, homogène par sa constitution, n’offre pas ce caractère.
- Le point de fusion du beurre soupçonné donne de très bonnes indications. Ainsi le beurre normal pur fond à -f- 24° et se solidifie à -f i8o. tandis que la graisse de porc, la moelle de bœuf, le beurre de palme, le suif, etcy fondent à des températures plus élevées. Mais il va sans dire que les mélanges auront nn point de fusion variable suivant leur na-tui'e et la proportion des éléments mêlés; toutefois, lorsqu’un beurre entrera eu fu-SIOn à une température supérieure à 24° 0ri pourra en déduire à priori que ce n’est Pas du beurre pur.
- G est surtout la margarine ou oléo-marga-Ilne qui sert à falsifier le beurre, car cette substance, préparée aujourd’hui industriellement sur une grande échelle avec du suif et f u toit, ressemble à s’y méprendre, comme aspect, au produit naturel, à telle ens.eigne
- fiuonluia donné le nom de beurre artificiel.
- G oléo-margarine est facile à distinguer du Mai beurre, mais il n’en est pas de même des me anges ^ ceg (jeux pr0(iuîts_ p0ur déceler ga.laude, M. Mayer a proposé la méthode *Vanle, qui est en réalité assez simple :
- n met, 6 grammes du beurre à examiner ans ane éprouvette, avec 12 cm. cubes d’eau
- alcalinisée au moyen de deux gouttes d’une solution de soude caustique à 2 °/0. Le mélange est agité fortement, puis on chauffe l’éprouvette au bain-marie jusquà 37°, température qu’il ne faut pas dépasser. L’émulsion est encore agitée, puis versée dans un entonnoir fermé à sa partie inférieure. Gela fait, on lave l’émulsion avec de l’eau à 37° jusqu’à ce que l’eau affecte l’aspect du blanc d’œuf. Si le beurre est naturel, on trouve sur les parois de l’entonnoir une masse caséeuse finement divisée, tandis qu’un mélange de beurre et de margarine donne des globules graisseux. Néanmoins il faut faire remarquer que si le mélange contient moins de la moitié de son poids de margarine, cette méthode n’est pas très précise.
- Un autre procédé, dû à M. Bockairy, est beaucoup plus sensible; il est basé sur ce fait que le beurre dissous dans la benzine ou l’éther, précipite par addition d’alcool. De tous les corps gras, c'est le beurre naturel qui nécessite le plus d’alcool pour la précipitation, c’est lui qui, à égalité de conditions, laisse déposer la plus petite couche inférieure qui est, soit liquide, soit floconneuse.
- On commence par fondre le beurre soupçonné pour en séparer l’eau en décantant la couche graisseuse surnageante ; on prend 10 cc. de cette dernière que l’on mélange avec 20 cc. de benzine ; pendant ce mélange, on agite vivement avec une baguette de verre et on ajoute de l’alcool à 96°. Cette manipulation se fait dans une large éprouvette qui est placée dans un bain-marie (à 18°, on continue à ajouter de l’alcool jusqu’à ce qu’il se produise un trouble dans l’éprouvette. Quand ce résultat est obtenu, on place l’éprouvette dans un bain d’eau à 12° ; au bout d’une heure, la séparation est terminée et on note le volume de la couche inférieure.
- En partant du beurre pur jusqu’à l’oléo-margarine, par des mélanges intermédiaires, on voit que le volume d’alcool nécessaire à la précipitation est de moins en moins considérable, tandis qu’au contraire, le volume de
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- la couche liquide ou du précipité augmente régulièrement.
- Comme on le voit, cette méthode est très simple, mais pour l’appliquer il faut se servir toujours de la même éprouvette et faire une fois pour toutes un essai avec du beurre naturel pour avoir la quantité d’alcool et la hauteur du précipité.
- III. Falsifications des farines et du pain.
- Farines.— Les farines du commerce, soit qu’elles soient destinées à la panification, à la pâtisserie ou aux usages culinaires, sont quelquefois falsifiées par l’adjonction d’autres substances. On sait que c’est la farine de froment qui a le plus de valeur, aussi n’est-il pas rare qu’on y ajoute, en plus ou moins grandes proportions, des farines de seigle, d’avoine, de féverolles, de vesces, de la fécule de pomme de terre, etc., etc. Ces falsifications sont faciles à mettre en évidence par l’examen microscopique, mais c’est Jà un procédé qui n’est, pas à la portée de tout le monde, car il faut avoir un grossissement assez fort et un microtome, ce qui, joint au prix déjà élevé d’un bon microscope, élève tout de suite la dépense. Heureusement qu’il existe des réactifs chimiques qui permettent d’arriver au môme résultat,
- Pour découvrir l’adjonction de farine de seigle dans la farine de blé, on opère de la manière suivante : La farine est agitée avec le double de son volume d’éther, on filtre et l’on fait évaporer l’éther qui passe dans une capsule en porcelaine. 11 reste un résidu solide auquel on ajoute 1/2 centim. cube d’un mélange formé de :
- 3 volumes d’acide azotique.
- 3 — d’eau.
- 6 — d’acide sulfurique.
- Sous l’influence de ce réactif, on a une coloration d’autant plus rouge qu’il y a eu plus de seigle dans la farine; si c’est du froment pur la coloration est jaune.
- Pour reconnaître la farine de maïs, on traite quelques grammes de la farine soupçonnée par de l’acide azotique étendu d’eau, puis on ajoute une solution de carbonate de soude également étendue ; lorsque l’effervescence a cessé, il se produit une coloration
- jaune orange, d’autant plus foncée que la farine de maïs est plus abondante.
- Pour déceler la présence de la farine de légumineuses (féverolles, pois, vesces, etc.) qui est assez fréquente, on place une couche très mince de farine sur une gaze très fine, qu’on maintient au-dessus d’une capsule dans laquelle on fait chauffer à l’ébullition de l’acide azotique; après cinq minutes, onia place au-dessus d'une capsule semblable, renfermant de l’ammoniaque très légèrement chauffée. Sous l’influence des vapeurs nitreuses et ammoniacales, la farine des légumineuses prend une coloration orangé pourpre.
- Si on ajoute une solution de sulfate de fer pur à une farine de céréales, on obtient une coloration jaune paille; si elle renferme de la farine de légumineuses, on a une coloration rouge orange qui, quelquefois, devient vert foncé.
- Pour savoir s’il y a eu adjonction de fécule de pomme de terre, on traite quelques .grammes de farine par un mélange refroidi de 1 partie d’acide sulfurique et de 2 parties d’eau ; la masse se gonfle et s’il y a de la fécule, il se dégage une odeur caractéristique d'eau-de-vie de grain.
- Quelquefois, pour rendre les farines plus blanches, on y ajoute une certaine proportion d’alun. Pour reconnaître cette fraude, on triture 10 grammes de farine avec 15 ou 20 grammes d’eau distillée, on filtre ; au liquide filtré on ajoute quelques gouttes d’une solution de chlorure de baryum et on obtient un précipité blanc.
- Pain. — Le pain lui-même, pas plus que les farines, n’échappe aux falsificateurs; ce que nous avons dit à propos des farines nous permettra d’être bref à ce sujet. En effet, les réactifs indiqués pour reconnaître la présence des légumineuses, du seigle, de l’alun, etc-, pourront être appliqués au pain, il suffis pour cela de malaxer environ 200 grammes de mie avec de l’eau distillée tiède et d’ope-rer sur ce mélange.
- Mais quelquefois aussi, des boulangers pew scrupuleux, pour utiliser des farines de médiocre qualité, ajoutent à l’eau du sulfate de cuivre, qui non seulementdonne au pain une belle apparence, mais encore facilite la panl fication. Inutile de dire que cette addition es
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- très nuisible à la santé. Le procédé le plus simple qu’on puisse employer pour constater la présence de ce sel dans le pain, consiste à faire une pâte molle avec du pain délayé, à l’aciduler fortement par l’acide sulfurique et à placer dans cette pâte un morceau de fei bien décapé ; après un jour ou deux de contact, le fer est recouvert d’une couche de cuivre métallique.
- Mais la fraude la plus commune dont le pain est l’objet, est sans contredit l’insuffisance de cuisson qui augmente la quantité
- d’eau contenue dans cet aliment. Pour reconnaître cette tromperie, on prend 125 grammes de pain, en ayant soin de couper une tranche qui aille du centre du pain à la circonférence et l’on sèche à l’étuve (à 100°) jusqu’à ce que deux pesées faites à une heure d’intervalle ne donnent plus de différence de poids ; la perte donne la quantité d’eau, qui s’élève dans les cas ordinaires à 0,22.
- (A suivre). Alb. Larbalétrier,
- Professeur de chimie agricole et industrielle.
- LES MOTEURS LÉGERS
- oleur à gaz et à pétrole. — C’est en 1860 que M. Lenoir fit connaître le premier moteur à explosion fonctionnant suivant le cycle de Beau de Rochas. On sait quel est le principe des appareils de ce genre. Dans la moitié de la première course du piston, celui-ci aspire un mélange de gaz d’éclairage et d’air commun ; dans la moitié inverse, l’introduction est fermée et le mélange gazeux comprimé est dans le fond du cylindre. Au début de la seconde course, le gaz est enflammé, soit par une étincelle électrique, soit par un petit brûleur spécial; l’action motrice est produite sur le piston (la pression moyenne est d’environ 6 kil.). Dans la deuxième moitié de la seconde course, le Piston revenant en arrière chasse par un tube d’échappement, ouvert par le jeu du tiroir, ]es gaz brûlés et les résidus de la combustion.
- Un grand nombre de moteurs ont été construits sur le même principe depuis la machine de Lenoir, laquelle d’ailleurs a été notable-fflent perfectionnée, dans le cours de ces dernières années, par son auteur. Citons Parmi les plus pratiques celui de MM. Salomon frères et Tenting, celui d’Otto, le modèle Simplex de Deboutteville et Malandin, et le système Kœrting-Lieckfield.
- Le plus grand progrès qui ait été apporté aux moteurs de cette catégorie, consiste dans a substitution des vapeurs de pétrole au gaz d éclairage. Un carburateur placé sur la ma-chine ou dans le socle, est rempli de gazoline ' Uui se vaporise sous le passage d’un courant
- d’air. L’air ainsi chargé d’hydrocarbures volatils, est aspiré par le piston, et joue le même rôle que le gaz employé dans les moteurs à gaz ordinaires. Ce progrès a rendu automobiles les moteurs à explosion et a permis de les employer dans tous les endroits privés d’usines à gaz ou situés loin des conduites. On peut même remplacer la locomobile poulies emplois rustiques et opérer, avec le moteur au pétrole, des travaux loin de tout endroit habité.
- Le moteur à gaz ou à prétrole, de môme que le moteur à air chaud est fort lourd, et, jusqu’à présent, rien ne fait présager que l’on arrivera à diminuer son poids de façon à ce qu’il puisse lutter avantageusement avec la vapeur. Actuellement le poids de ces moteurs varie entre 150 et 250 kilogs par puissance de cheval.
- Une seule force nous reste à examiner et son avenir est certain : c’est l’électricité qui a déjà été appliquée à une foule d’usages, et présente des avantages indéniables, sinon au point de vue économique, du moins à celui qui nous occupe, de la facilité d’emploi du fluide, à tous égards.
- Pour les petites forces, inférieures à un cheval, (75 kgm. par secondes), le générateur est ordinairement une pile, et le mécanisme du mouvement une bobine de Siemens, plus ou moins modifiée, et tournant entre les pôles d’un aimant ou d’un électro-aimant. La pile la plus convenable pour produire la quantité d’électricité nécessaire est celle qui emploie le bichromate de potasse pour son charge-
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- ment : c’est à la fois la plus énergique et la plus commode; elle n’a qu’un seul défaut qui est de brûler du zinc, or le zinc est un combustible cher, ce qui porte à un chiffre assez élevé le prix du kilogrammètre obtenu. La pile Daniell est beaucoup plus économique, mais trop encombrante ; quant aux éléments au sel ammoniac, leur rapide polarisation rn a fait rejeter l’emploi pour cette application.
- Quand il s’agit de forces importantes à produire et à transmettre, au lieu des petits moteurs à bobines tels que ceux de Trouvé, Radiguet, Cloris-Baudet, etc., on se sert de dynamos semblables à celles qui ont été imaginées pour produire la lumière électrique. Elless ont d’ailleurs presque toutes réversibles et d’un emploi commode.
- Mais, en électricité, on n’est pas encore parvenu à établir des moteurs plus légers que des machines à vapeur d’égale puissance. La pile à acide chromique, qui a été inventée par le Commandant Renard pour la propulsion du ballon dirigeable la France, pèse 24 kilogs par cheval-heure, et avec son moteur 35 kilogs environ : c’est donc un poids supérieur à celui des machines à vapeur, vu surtout l’approvisionnement des matières nécessaires à entretenir la marche pendant quelques heures.
- Si la pilé Renard est le plus léger des générateurs chimiques d’électricité, le mécanisme qui utilise le mieux le fluide pour le transformer en travail utilisable sous forme de mouvement, est certainement le petit dynamo dernier modèle, de Trouvé. Le type d’un cheval pèse 15 kilogs et celui d’un demi-cheval 8 kilogs à peine. M. Trouvé a même construit de petits moteurs en aluminium, qui, tout en ne pesant que 90 grammes, peuvent cependant produire normalement (force mesurée au frein) 2 kilogrammètres, ce qui met le poids du cheval-vapeur à 3 kilogs 500, en substituant, pour les gros moteurs, l’aluminium au cuivre comme cela a été fait dans les petits modèles.
- Pour la transmission au loin des forces
- LES PLANTES
- LE LOUFAH OU ( b loufah (Luffa œgyptiaca) est une plante appartenant à la famille des cucurMtacées, originaire d’Egypte et
- importantes, on utilise, comme nous l’avons dit plus haut, les dynamos ordinaires, mais alors le générateur est üxe et l’on ne peut guère songer à des installions automobiles pratiques.
- D’autre part, dans quelques essais de traction par l’électricité, on a employé des accumulateurs de différents systèmes et ce procédé a donné des résultats favorables. Il a été notamment constalé que l’accumulateur le plus léger et le plus convenable était celui inventé par MM. Commelin et Desmazureset appliqué à la mise en marche du bateau sous-marin le Gymnote.
- Voici donc, en résumé, un tableau qui indique le poids, par cheval-vapeur à vide, puis par cheval-heure, des principaux moteurs actuellement en usage.
- TYPES DE MOTEURS Poids par 1 Cheval 1 k vide. | Poids du 1 Cheval-heure. | Poids des 1 approv. 1 Ipar heure. |l
- Machine à vapeur de Dion 22 k. 40 k. 18 k.
- système Serpollet 50 76 26
- — système Normand 27 48 21
- Moteur à air Bénier 350 352 2
- Moteur à gaz Otto 250 » 1
- — à pétrole Tenting 200 201 Ok.650
- — électrique Renard 35 50 15 k.
- — Commelin-Desmazures 85 85 *
- — système Trouvé 45 60 15
- La conclusion se tire d’elle-même devant les chiffres que nous avons relevés. Il est certain qu’une force motrice n’est réellement pratique que si elle peut fonctionner pendant au moins dix heures sans affaiblissement notable, ce qui n’est pas le cas des moteurs électriques par exemple, quoique ce soit cependant indispensable dans bien des cas, pour la navigation ou la traction des véhicules en particulier. Ainsi donc, c’est la machine à vapeur qui est le plus léger de tous les moteurs actuels, et c’est le moteur a pétrole qui consomme le moins de combustible et demande le moindre poids d’approvisionnements.
- (à suivre). H. de Graffigny.
- INDUSTRIELLES
- )URDE-SERVIETTE
- d’Arabie et cultivée sur les côtes occidentales d’Afrique; c’est une liane grimpante, qui peut atteindre une longueur de 10 mètres?
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- et qui est surtout remarquable par ses fruits au nombre d’une douzaine environ.
- Ces fruits, très charnus à l'état frais et recouverts d’un épiderme vert avec des raies longitudinales noires, ont la forme d’un œuf, long de 20 à 50 centimètres. C’est le tissu vasculaire et très serré de ce fruit qui forme, après l’enlèvement de son épiderme, de sa pulpe et de ses grains, le produit connu dans le commerce sous le nom de loufah.
- Voici comment les indigènes des contrées où on récolte le loufah, l’emploient depuis longtemps pour remplacer les éponges et les brosses de chiendent : ils commencent par peler le fruit, ils le battent ensuite, le lavent de façon à enlever complètement la pulpe mucilagineuse et les graines, et ils obtiennent ainsi un paquet de fibres qui prend l’eau aussi bien que la meilleure éponge.
- Généralement, le loufah est importé en entier, et ce sont les fabricants européens qui y pratiquent l’incision longitudinale pour lui donner la forme d’une écuelle si appréciée dans les éponges.
- Les usages du loufah sont devenus très nombreux : on en confectionne des semellés à mettre dans les souliers, pour remplacer les semelles de paille ou de feutre; ces semelles tiennent les pieds chauds en hiver, frais en été, secs pendant toute l’année, elles sont extrêmement élastiques, et se lavent facilement à l’eau de savon. On fait également des dessous de selle qui absorbent la sueur du cheval à mesure qu’elle se produit; des éponges de bains, des bandages chirurgicaux où il peut faire une sérieuse concurrence, paraît-il, à la laine de bois.
- Les semences du loufah contiennent une huile grasse, mais pas en quantité suffisante pour qu’on ait pu jusqu’alors l’extraire d’une façon rémunératrice. La pulpe mucilagineuse du fruit est Irès riche en bassorine, à ce point qu’une infusion se prend en gelée par le refroidissement, et l’on s’est déjà demandé s’il ne serait pas avantageux de l’extraire pour remplacer dans certains cas la gomme arabique qui est devenue de plus en plus rare. Ch. Fleury.
- ÉPHÉMÉRIDES ASTRONOMIQUES
- FÉVRIER 1892
- SOLEIL. — La déclinaison australe diminue peu à peu jusqu’à l’équinoxe du printemps. Suivre les taches dont le minimum est passé.
- LUNE. - P. Q. le 5 ; P. L. le 12 ; D. Q. le 21 ; N.-L. le 28.
- OCCULTATIONS. — Le 3, p, Poissons à 4 h. 5 s°ir ; le 8,118, Taureau àl h. du matin ; le 10, N, Ecrevisse à 10 h. 56 soir ; le 24, x, Sagittaire, ^ 5 h. 26 matin.
- PLANÈTES. —Jupiter, vers le soir au couchant; Saturne, passe au méridien vers le milieu de la nuit.
- Vénus, étoile du soir : Uranus et Mercure sont visibles le matin.
- CONSTELLATIONS. — La Science en famille ayant publié en 1888 une étude détaillée des constellations visibles chaque mois, nous y renvoyons nos lecteurs. Pour ceux toutefois qui n’au-caient sous les yeux ni notre planisphère géocen-ù'ique ni les premières années de la Revue, nous nous proposons de donner cette année la liste des
- constellations visibles, renvoyant pour les détails de chacune d’elles aux ouvrages spéciaux.
- FÉVRIER. — Les circumpolaires : Persée, Cocher, Gémeaux, Taureau, Vierge, Lion, Cancer, Orion, Gd Chien, Hydre, Pégase, Andromède, Poissons, Bélier.
- L’année 1892 est bissextile ; c’est dire qu’elle renferme 366 jours ; les journaux nous ont informé naguère — ô douceurs de la statistique ! — que ce jour supplémentaire coûtait à l’Etat pour les seuls services de la guerre et de la marine, un million de plus et lui rapportait, sous forme do contributions indirectes, cinq millions environ.
- On annonce le baptême de la 315° petite planète sous le nom de Constantia. Les divinités du paganisme sont épuisées comme marraines. Ces curieux petits astres qui circulent, comme on le sait, entre Mars et Jupiter• demeurent légion.
- Mais jusqu’ici aucun d’eux ne semble s’aventurer dans les zones où l’attraction de leurs gros voisins fait la police. La très intéressante loi que M. le Général Parmentier a mise en lumière, paraît se vérifier chaque jour. G. Vallet,
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- LES NOUVEAUX OBTURATEURS PHOTOGRAPHIQUES
- tL serait bien difficile de grouper et de décrire tous les obturateurs photographiques qui ont été imaginés depuis quelques années. Ces appareils se comptent par milliers, et il n’y a pas de constructeur, si peu prétentieux qu’il soit, qui n’en ait commis au moins un. Il faut ajouter, du reste, qu’un certain nombre de ces appareils ne diffèrent entre eux que par le nom ou par quelques petites différences dans les formes extérieures. A combien de sauces n’a-t-on pas assaisonné l’antique guillotine ? Rien qu’en y pensant, j’éprouve quelque chose d’analogue au vertige. C’est d’abord une sorte de cauchemar où des morceaux de cuivre, les uns brillants, les autres noircis, dansent devant un fond noir mat. Quelques morceaux de bois percés d’ouvertures circulaires gisent épars çà et là; des ressorts de cuivre, d’acier, les uns en spirale les autres en hélice, se tortillent avec des bruits presque musicaux, entrecoupés de claquements secs. Des bandes de caoutchouc s’étirent démesurément et se détendent tout à coup. Par-ci, par-là, un tic-tac. De tous côtés, de longs tubes de caoutchouc gris, rouges, se tordent comme des serpents. Au fond, un immense cadran divisé en millièmes de seconde, devant lequel une aiguille tourne avec une régularité qui contraste avec les mouvements saccadés, inégaux, des fantômes d’appareils plus bizarres les uns que les autres.
- Au milieu de ce chaos, c’est en vain que j’essaie de saisir une forme ; tout cela est vaporeux, indécis ; il me semble même que les contours changent, que les claquements s’accélèrent... Impossible donc,
- Fig. 29. — Le Perpétuel.
- Fig. 30. — L’Universel
- ami lecteur, de vous raconter cela d’une façon quelque peu précise. Je me contenterai de vous parler de quelques-uns de ces appareils, qui m’ont semblé présenter quelques caractères d’originalité.
- Voici d’abord le « Perpétuel », obturateur de M. Mattioli ; le fonctionnement se comprend à la simple inspection de la figure. Deux volets attirés l’un vers l’autre par un ressort tendent à fermer l’ouverture. Ces volets sont mobiles autour de pivots que l’on voit au bas de la gravure. A la partie postérieure se trouve un cylindre à air, dont le piston commande un poussoir, s’appuyant sur un plan incliné (visible sur la figure) qui fait i partie de la queue de chaque volet.
- En pressant la poire, on produit l’écartement des volets ; mais le poussoir, échappant le plan incliné, les laisse se fermer aussitôt qu’ils sont ouverts en grand. En abandonnant ensuite la poire, le piston revient à son point de départ (sans agir sur les volets) et l’appareil se trouve armé pour une seconde fois. Le seul mouvement à faire est donc de presser la poire, et le temps de pose dépend de la rapidité avec laquelle on la presse. Pour la mise au point, un taquet permet de maintenir l’appareil ouvert. Enfin, on peut l’employer comme obturateur a pose. Une targette, disposée à cet effet, limite la course du piston, de sorte que la pression ne fait qu’ouvrir l’appareil. R se referme en abandonnant a poire. Un ingénieux système
- d’attache permet de monter solidement ce obturateur sur le parasoleil. La partie Rot-tante est formée d’un anneau de caoutchouc» que l’on peut comprimer entre deux bague
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- à vis, de façon à l’amener au diamètre exact du parasoleil. La même monture peut ainsi servir pour deux objectifs ayant une différence de diamètre de 12 m/m. Dans un modèle plus récent, l’inventeur a divisé en deux les volets obturateurs, de façon à leur faire occuper moins de place dans le sens latéral, lorsqu’ils sont ouverts.
- « L’universel » est un autre appareil du même genre, que montre la figure 30.
- Gomme le premier, il se construit tout en métal. Sa forme est circulaire, et tout le mécanisme est enfermé. Les volets sont également doubles.
- On l’emploie comme obturateur instantané et à pose. Il peut se monter également sur plusieurs objectifs de diamètres différents, mais à l’intérieur du parasoleil. La monture est en effet formée de deux demi-cercles écartés par un ressort. On rapproche d’abord ces demi-cercles pour entrer l’appareil, puis on les abandonne à eux-mêmes. Ils s’écartent alors en retenant solidement l’obturateur sur le parasoleil. Cet appareil peut fa c il e -ment se monter entre les lentilles.
- L’obturateur de Emile P°nt est Un appa-ïeil chro-Oométri-
- 1ue (fig. 3i)
- Pouvant donner l’instantané ou une pose Mesurée exactement. Le photographe qui emploie un obturateur à pose, a besoin d’un se-c°nd instrument : un compte-secondes. L’ob-lürateur deM. Pont renferme les deux appa-
- reils qui sont solidaires l’un de l’autre, de sorte que la pose est donnée automatiquement. La poire qui produit l’ouverture de l’appareil déclanche en même temps le mouvement d’horlogerie, et ce dernier produit la fermeture aussitôt que l’aiguille du cadran extérieur est revenue à son point de départ. Cet appareil permet d’opérer avec une précision beaucoup plus grande qu’on ne peut le faire à la main. En particulier, quand on calcule les temps de pose, on peut arriver à donner la pose calculée, avec une précision pour ainsi dire mathématique. Pour armer l’appareil, on relève le volet inférieur, et on tourne l’aiguille jusqu’à la division qui correspond au temps déposé que l’on veut donner (le cadran est divisé en secondes). Un bouton placé à gauche permet de maintenir l’appareil ouvert pour-la mise au point.
- Il faut signaler enfin l’obturateur « Iris » que montre la figure ci-après, séparé des lentilles de son objectif, entre lesquelles il se
- monte or-dinaire-ment. Extérieur e-ment, c’est à peine si l’objectif muni de son obturateur se distingu e d’un objectif ordinaire, tant le mécanisme est peu volumineux. Comme dans les diaphragmes Iris, l’ouverture reste sensiblement circulaire, ce qui est un avantage à considérer. L’appareil est toujours armé et il suffit de presser la
- Fig. 31.—= Obturateur chronométrique.
- '[/t s°<Hp
- Fig. 32.— Obturateur « Iris ».
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- poire pour produire le fonctionnement. On peut enfin l’employer comme obturateur à pose, en tournant le bouton A jusqu’à ce que la boîte B soit verticale, comme sur la figure 32.
- Avec les nouveaux procédés rapides, et
- les révélateurs énergiques que l’on possède maintenant, la pose à la main devient l’exception. Aussi, je n’hésite pas à conseiller au débutant qui achète un objectif rapide, de le prendre toujours avec un obturateur faisant partie de la monture. Axel.
- LES SIMULATEURS (Suite)
- a vue aussi est une mine exploitée par de nombreux conscrits. C’est à qui sera atteint de myopie et d’am-blyopie (faiblesse de la vue) à droite ou à gauche. La myopie se mesure mathématiquement et sans fraude possible, au moyen d’une sorte de lunette, appelée optomètre, qui permet à toutes les vues, d toutes sans exception, de lire des mots tracés sur un des verres de la lunette ; pour ceux qui ne savent pas lire, il y a différents dessins qu’ils peuvent voir à un certain moment. Quand on a lu ou vu, la graduation dont l’instrument est pourvu indique si vous êtes myope et si vous l’êtes beaucoup.
- La faiblesse d’un œil est plus difficile à reconnaître ; on pourrait bien se servir de l’optomètre, mais toujours notre sujet de mauvaise foi dira qu’il n’y voit goutte. Poulie convaincre de mensonge, on a cinq procédés différents.
- 1° On met devant l’œil prétendu affaibli, des verres dissemblables qui sont tels que c’est l’œil bon qui n’y voit pas et le mauvais œil qui voit.
- 2° On interpose sur le trajet des rayons lumineux allant des yeux à l’objet mis en vue un corps opaque quelconque qui en masque une partie seulement.
- 3° On place l’individu à examiner devant un carton portant des caractères de couleur rouge ou verte sur fond noir ; on le fait alors lire, les yeux largement ouverts ; on interpose ensuite devant l’œil sain un verre de couleur complémentaire de celle du tableau et on fait lire de nouveau. La vision de l’œil sain est annihilée et celle de l’œil soi-disant affaibli persiste seulement ; l’épreuve décèle immédiatement la mauvaise foi.
- 4° Autre épreuve très originale. Un mot étant tracé en noir, on transforme les lettres
- au crayon rouge de manière à faire, par exemple, la lettre F avec la lettre I, la lettre O avec la lettre G, la lettre E avec la lettre L, etc. Si on place un verre rouge devant l’œil sain, celui-ci ne verra plus les traits rouges qui seront au contraire visibles pour l’œil affaibli supposé.
- 5° Enfin on met devant l’œil sain un verre concave qui annule pour lui la vision à distance et devant l’œil prétendu affaibli un simple verre de vitre, et on fait lire au sujet des caractères typographiques placés à une distance calculée d’avance.
- Avec tous ces procédés, il est facile à un médecin de prouver la fraude et de mesurer la diminution de l’acuité visuelle quand elle est réelle.
- Dans la même catégorie d’infirmités facilement simulables, il faut ranger le bégaiement. Cette affection est plus souvent exagérée qu’imitée. L’examen rapide du médecin ne conduit qu’à des probabilités ; dans l’infirmité réelle, l’hésitation porte surtout sur les consonnes K, I, G, L. Malheureusement, cette particularité peut être imitée par de l’exercice ; il en est de même de l’agitation convulsive des muscles vocaux qui se propage à la face, mais le simulateur l’exagère tandis que le véritable bègue s’efforce au contraire de la maîtriser. Une enquête seule permet de démontrer la véracité et l’ancienneté de bégaiement, aussi le Conseil de révision l’ordonne-l-il la plupart du temps , c’est ce qu’il fait aussi dans le cas de mutisme complet, rarement simulé d ailleurs.
- Mais c’est l'aphonie qui est souvent et frauduleusemeni alléguée comme cas d’exemption ; l’examen de la gorge au Laryngoscope (encore un instrument que possèdent tous les conseils de révision) édifie presque t°u'
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- jours le médecin sur la valeur des allégations du conscrit.
- Jusqu’ici nous n’avons passé en revue que des infirmités qui, en général, n’ont rien de désagréable pour ceux qui les allèguent ; mais des maladies rares, repoussantes même, ont tenté l’audace des simulateurs ; nous prierons donc nos lecteurs de nous excuser si nous leur donnons quelques détails peu ragoûtants. Ainsi on a simulé des polypes des fosses nasales en y introduisant, devinez quoi ?... des testicules de poulets ou des reins de jeunes lapins! (1) A ceux qui se présentent avec ces singuliers appendices, eh offre une prise de tabac, ils éternuent et les faux polypes vont se promener sur le plancher.
- On connaît cette maladie Punaisie (Ozène) et qui consiste en une puanteur du nez, eh bien ! on simule cette dégoûtante infirmité au moyen de bouts d’éponge imprégnés d’odeurs putrides ou de morceaux de fromage décomposé enfoncés dans le nez ; la fraude est des plus facile à voir : le punais respire comme tout le monde, le fraudeur est gêné, on s’en aperçoit et de suite on extirpe le corps du délit... Pouah !...
- La stomatite est une inflammation des muqueuses de la bouche. Par l’introduction dans la cavité buccale de substances âcres ou caustiques, les fraudeurs produisent assez aisément le gonflement et l’ulcération des gencives et de la muqueuse ; mais ils ne
- peuvent pas imiter l’état fongueux, œdémateux des tissus, qui est caractérisé par une grande mollesse, par une teinte bleuâtre ou violacée et leur tendance à saigner au moindre attouchement.
- La fétidité de Vhaleine, cause de réforme, est provoquée par l’introduction (horresco referens !) de corps... fétides dans le creux des joues.
- Plus fort encore. L’hématémèse (vomissement de sang) a été simulée par d’audacieux fraudeurs qui n’ont pas craint d’avaler une certaine quantité de sang pour le rejeter après !
- Inutile de dire que l’hémoptysie (saignement de nez) est facilement simulée. Il n’est pas de collégien qui ne sache s’appliquer à propos un coup de poing sur le nez pour échapper à quelque classe ennuyeuse... Devant le Conseil de révision ça no mord pas.
- La paralysie de l'œsophage est quelquefois invoquée par des jeunes gens qui essayent de faire croire à l’existence de cette affection en se livrant des contorsions pour avaler, et en provoquant, ce qui est très facile, le retour des liquides par le nez ; mais comme cette maladie est toujours liée à des lésions graves, l’abattement, l’amaigrissement, la débilité générale font de suite distinguer le vrai du faux malade.
- {A suivre) L’Esprit.
- REVUE DES LIVRES
- Le Pétrole et ses applications, par Henry Deutsch. Un volume in-8° illustré, de 320 Pages. Paris, Librairies-Imprimeries réunies, Ancienne Maison Quantin, May et Motteroz, directeurs, y, rue Saint-Benoît. — Prix : Broché, 5 fr. Cartonné, 6 fr.
- L’œuvre de vulgarisation scientifique à l’usage des étudiants, des curieux et des gens du monde, entreprise par les éditeurs delà Biblio-thèque des Sciences et de VIndustrie avec le
- (1) A ceux de nos lecteurs qui nous taxeraient exagération ou d’imagination, nous dirons que ces j eta‘b sont extraits de l’instruction du Ministère de a Guerre relative aux fonctions des médecins devant es Conseils de révision.
- savant concours de MM. Pichot et Grangier, a, dès son début, trouvé partout l’accueil le plus favorable. Encouragée par les suffrages de la presse, des pouvoirs publics et des amateurs, l’Ancienne Maison Quantin vient de faire paraître le cinquième volume de la collection, qu’elle a demandé à M. Henry Deutsch, sous ce titre : Le Pétrole et ses applications.
- Dans ce livre, aussi intéressant au point de vue documentaire qu’au point de vue pittoresque, les savants comme les gens du monde puiseront des renseignements utiles, présentés sous une forme de style nette, vive et attachante ; le plan en a été, d’ailluers, très heureusement conçu. Après avoir expliqué la
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- formation du pétrole et fait connaître les lieux de gisements, ainsi que leur mode d’exploitation, l’auteur entre dans les plus grands détails sur ses propriétés physiques et chimiques et le raffinage ; la dernière partie de l’ouvrage nous initie aux applications du pétrole à l’éclairage, au chauffage, à la production de la force motrice, etc.
- Outre de nombreuses illustrations qui éclaircissent pour les yeux les descriptions du texte, l’ouvrage contient encore une carte donnant la vue des districts pétrolifères du Caucase et de Pensylvanie, d’après le Panorama du Pétrole édifié pour l’Exposition de 1889, dont cet ouvrage consacre en quelque sorte le souvenir.
- Rien, comme on le voit, n’a été négligé par les éditeurs pour mettre ce livre dans tout son relief et lui asssigner le rang qu’il mérite à côté des autres volumes précédemment parus de cette utile collection : les Sciences expérimentales, la Houille et ses dérivés, les Chemins de fer et la Navigation maritime.
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- Le Bulletin des Sommaires est indispensable à toutes les personnes qui désirent se tenir au courant du mouvement intellectuel, littéraire, scientifique, industriel, économique, financier, artistique, etc. Il publie toutes les semaines le sommaire des principales revues et des journaux spéciaux, ainsi que l’analyse des articles delà presse quotidienne. Un spécimen, 0,15 c. Paris, rue Beaunier, 44.
- A TRAVERS I
- Les ennemis de l’homme. — La Revue scientifique donne les chiffres suivants, relativement aux personnes tuées en 1890, aux Indes, par les bêtes féroces : 2,460 personnes, 64,500 animaux domestiques.
- Cependant, il y a amélioration sur l’année 1889, grâce aux encouragements donnés par le Gouvernement à la chasse de ces dangereux ennemis : tigres, léopards, etc.
- D’ailleurs, ce ne sont pas là les seuls hôtes qu’aient à redouter les indigènes ; ce sont même les plus anodins, puisque la même année, 21,412 personnes sont mortes de la morsure des serpents, bien que 510,659 de ces animaux aient été détruits dans la même période.
- L'Electricité dans la nature, par Georges Dary: un volume in-8° illustré, 440 pages. Georges Carré, éditeur, rue Saint-André-des-Arts, Paris, 1892.
- Dans le remarquable ouvrage que nous signalons aujourd’hui à nos lecteurs, M. Georges Dary, après s’être demandé « si l’électricité ne serait pas cette force primordiale productive de tant de phénomènes naturels différents, mais presque toujours dépendants l’un de l’autre », passe en revue l’électricité atmosphérique, sa distribution, ses origines, la formation des orages, les diverses formes d’éclairs, la grêle, les trombes et les cyclones, les tremblements de terre et les aurores polaires.
- Dans chacun de ces chapitres, il fait en un style clair et attachant, l’exposé des théories émises sur ces grands sujets par MM. Paye, Mascart, Colladon, Zenger, Palmieri, Lems-trom, Luvini, et aussi Gaston Planté, à la mémoire duquel est dédié ce volume L’auteur présente parfois ses conclusions personnelles, qui ne peuvent être, comme il le dit lui-même, « que des probabilités vraisemblables », et qui sont toujours tirées de l’observation rigoureuse des faits.
- C’est un travail complet, de science et d’érudition, et que liront avec infiniment de fruit et d’intérêt tous les physiciens, les météorologues et tous ceux qui s’occupent de la recherche des causes, dans les grandes manifestations de la nature.
- I SCIENCE
- Chemin de fer alpin. — Le chemin de fe1 du Rotthorn (près du lac de Brionz dans le canton de Berne) vient d’ètre mis en expie1' tation. C’est la voie ferrée la plus élevée de celles qui traversent les Alpes ; elle atteint une altitude de 2,3ô5m et gravit une hauteur de l,680ra. — Le voyage dure une heuie et demie. Les travaux avaient été commences le 1er octobre 1890 ; ils ont donc été conduits très rapidement si l’on songe surtout qui a
- fallu percer dix tunnels, établir des digues en maints endroits et franchir de nombieuX cours d’eau.
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- Sonnerie électrique. — MM. vVoodhouse
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- et Ranson nous communiquent la description d’une nouvelle sonnerie, système Jensen ; dans cette sonnerie, tout le mécanisme est renfermé sous le timbre. Celui-ci est en bon métal de cloche, et est ainsi exempt du son criard des sonneries ordinaires. Cette sonnerie peut être montée comme trembleuse ou comme sonnerie à un coup.
- Cette sonnerie est combinée avec un indicateur d’un nouveau système très intéressant en ce sens qu’il ne nécessite pas un remplacement après chaque appel. Cet indicateur est formé d’une fiche attachée à un ressort, celui-ci continuant à vibrer longtemps après le passage du courant.
- *
- •* *
- La photographie des cavités internes du corps humain. — On signale en Allemagne l’invention d’un appareil pour la photographie des cavités internes de l’homme et des animaux. Dans un tube en caoutchouc se trouve une petite chambre noire cylindrique placée dans un étui également cylindrique pourvu de deux volets hémisphériques. Deux toutes petites lampes à incandescence sont placées en face de la lentille. Une batterie pour les lampes et une pour ouvrir la chambre noire complètent l’installation. Une simple pression sur la poire pousse la chambre noire en avant dans l’étui cylindrique, en même temps qu’elle provoque la fermeture du circuit des lampes et l’ouverture des volets de ta chambre noire. Dès que la pression cesse, ta chambre revient à sa place, les lampes s’éteignent et les volets se ferment. Les essais auraient donné des résultats tout à fait satisfaisants.
- Vitesses des voyages. — D’après le Cycling, le cycle ne tiendrait que le sixième rang parmi les moyens de transport rapide, t^’est naturellement le train-express qui tient ta tète : le train le plus rapide que l’on confisse met 49 secondes et une fraction de seconde pour parcourir un mille anglais 1609 mètres, vient ensuite le bateau-patineur (h'aineau à voiles) qui accomplit le même trajet en une minute et 10 secondes ; puis le cheval au galop, en une minute et 35 secondes et demie; le torpilleur en une minute et secondes ; le patineur qui, avec un vent favorable, franchit un mille en 2 minutes et
- 12 secondes. Enfin au sixième rang, le bicycle qui met 2 minutes trois-quarts soit trois fois plus de temps que le train-express pour parcourir un mille. Le rameur est plus lent encore ; il lui faut 5 minutes 40 secondes ; quant au nageur, il ne lui faudrait pas beaucoup moins d’une demi-heure.
- ***
- Une église sur roues. — La Pullmann Company, de New-York, vient de construire une voiture de chemin de fer, probablement la seule dans son genre, puisqu’il s’agit, en effet d’une véritable église montée sur roues. Elle a été faite sur les ordres de l’Evêque de Dakota, et elle est destinée à évangéliser les peuplades installées dans les villages et hameaux situés sur le parcours de cette ligne. Le wagon est divisé en deux grands compartiments : le premier est réservé pour le service personnel de levêque ; dans le second, consacré aux fidèles se trouvent une vingtaine de sièges, un autel, un pupitre, des fonts baptismaux, un orgue, etc.
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- Balayeuse de neige électrique. — VEn-geenering Magazine de New-Vork signale l’invention d’uae balayeuse électrique. Cette machine, actionnée par un moteur de trente chevaux, se déplace sur les rails de tramways. Les deux balais qu’elle comporte sont mus par des moteurs indépendants, et les trois moteurs sont réversibles. Il a été constaté que cette machine pouvait enlever une épaisseur de neige de 7 à 30 centimètres avec une vitesse de 6 à 16 kilomètres à l’heure.
- ***
- Découverte de caoutchouc. — On vient de découvrir dans la vallée supérieure de l’Orénoque, aux environs de l’endroit où elle communique avec le Rio-Negro par le Cassi-quiare, d’immenses forêts d’arbres qui fournissent des gommes meilleures que celles du Para. Parmi les différentes variétés découvertes, il y a des arbres, qui, dit-on, offrent une très grande similitude avec les arbres à gutta percha de l’Archipel malais, si même ils ne sont pas complètement identiques.
- ***
- Le Téléphone cosmique. — Il paraît que Edison prépare actuellement un projet de téléphone cosmique, à sa mine de fer d’Ogden
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- N. J. Il espère, avec cet appareil, entendre des sons sur le soleil. Edison prétend que les sons que l’on entend dans les téléphones à longue distance n’ont pas une origine terrestre, et il les attribue à des éruptions solaires. 11 a donc eu l’idée d’entourer sa mine de fer avec un certain nombre de tours de fil aboutissant à un téléphone récepteur. La mine et son enroulement formeraient ainsi un énorme téléphone transmetteur, dont le minerai formerait l’aimant. Ce minerai magnétique s'étend sur une longueur de 1 mille, une largeur de 100 pieds, et une profondeur inconnue. L’enroulement sera formé de 15 tonrs de fil, posé sur des poteaux télégraphiques, et aboutissant à un observatoire qui sera érigé à»l’une des extrémités.
- (Scientific American).
- ***
- Les oiseaux-chirurgiens. — Une récente communication, qui ne manque pas d’un certain intérêt, a été faite à la Société physique de Genève par M. Fatio; elle avait trait aux opérations chirurgicales pratiquées sur eux-mêmes par les oiseaux, et nous la donnons d’après notre confrère J. de Piétra-Santa, du Journal d'hygiène. Comme l’orateur s’en est personnellement rendu compte en plusieurs circonstances, la bécassine aurait des dispositions toutes spéciales pour réparer utilement les accidents dont elle est souvent victime : mieux que les autres oiseaux, elle saurait pratiquer, avec le seul concours de son bec et de ses plumes, un pansement sommaire, appliquer un emplâtre sur ses plaies saignantes, et se faire au besoin une ligature convenable au membre cassé. Le Médical Record rapporte quelques-uns des cas cités par M. Fatio au cours de sa communication.
- Une bécassine, tuée à la chasse, portait sur la poitrine, les traces d’un pansement récent composé d’un duvet de plumes prises sur les autres parties du corps et convenablement fixées sur la plaie par le sang coagulé. Une autre de ces volatiles avait encore, au moment où elle fut tuée, le bec rempli de plumes qu’elle disposait sur une plaie saignante. Une troisième qui avait eu les deux pattes brisées par un coup de soulier accidentel, fut retrouvée le lendemain matin seulement : elle avait imaginé d’appliquer une sorte d’éclisse sur ses deux membres, mais au cours de cette
- opération, quelques plumes s’étaient emmêlées autour de son bec, et, n’ayant pu les retirer malgré ses efforts, elle était morte de
- faim.
- Une autre bécassine, et celle-là n’était pas certes la moins industrieuse, à laquelle un membre avait été brisé à la chasse, avait interposé à hauteur de la fracture, et dans le sens de la longueur de la patte, deux petites brindilles de bois très léger, maintenues par quelques plumes recouvertes de mousse, entourées d’une feuille enroulée en spirale, et le tout hermétiquement fixé comme par une sorte de glu.
- Qu’on aille soutenir, après un tel récit,
- Que les bêtes n’ont point d’esprit.
- ***
- pourquoi le mois de Février n’a que
- 28 jours. — Autrefois, du temps de Jules César, les mois de l’année étaient alternativement de 31 et de 30 jours, sauf février qui n’avait que 29 jours en année commune et qui en prenait 30 les années bissextiles, pour faire les 366 jours de ces années. Ainsi on avait en année commune :
- Janvier.... 31 jours
- Mars.......31 »
- Mai........31 »
- Juillet.... 31 »
- Septembre. . 31 »
- Novembre. . 31 »
- Février... 29 jours
- Avril.....30 »
- Juin.......30 »
- Août......30 »
- Octobre... 30 »
- Décembre. . 30 »
- Ce partage était mieux fait que le nôtre qui, paraît-il, a l’origine suivante :
- Jules César, qui venait de réformer le calendrier et de décider que chaque quatrième année aurait 366 jours, sans exception, ce que les Russes et les Grecs admettent encore aujourd’hui,'accepta, pour consacrer sa gloire, de donner son nom : Julius, devenu Juillet, au septième mois de l’année. Son successeui Auguste, jaloux de cette gloire, voulut aussi donner son nom à un mois de l’année et choisit le huitième mois qui fut nommé Augustus> devenu Août, on dit encore Agoul en patois toulousain. En outre, il ne voulut pas que son mois fût plus court que celui de Césai, il lui donna 31 jours, ce qui arm na la disposition que nous avons aujourd’hui, et prit ce jour additionnel au malheureux mois février qui était le plus pauvre, le réduisan ainsi à 28 jours en année commune.
- (Journal du Cia)'
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- LA SCIENCE PRATIQUE
- Vernissage des marbres.— Les marbres, simplement polis, ont déjà un aspect des plus agréables; mais leur éclat se trouve encore relevé par un vernissage approprié.
- Un excellent vernis est obtenu par le mélange dans six parties d’essence de térébenthine d’une partie de sandaraque.
- Ce vernis se prépare sur un feu doux : on le passe au pinceau.
- Certains marbriers, et des habiles, se contentent de la dissolution, faite à froid, d’un peu de cire blanche dans de l’essence de térébenthine.
- [Cosmos).
- ***
- Encre fixe inaltérable.— L’encre dont nous donnons ci-après la composition a l’avantage d’être permanente, inattaquable aux acides, alcalins, etc., et de rendre difficiles les faux, ratures, additions ou altérations, qu’elle permet de découvrir facilement. Pour la préparer, on ajoute à du noir de charbon (on donnera la préférence à celui qu’on obtient en traitant le sucre par l’acide sulfurique concentré ou un autre acide), une solution de gomme arabique ou d’un autre mucilage, de la soude caustique, de l’acide oxalique et de l’encre de Chine. On ajoutera ensuite du vanadium sous n’importe qu’elle forme, des galles d’Alep, des galles de noix et un peu de couleur d’aniline ; le tout avec assez d’eau pour obtenir une encre bien fluide.
- On aura de bons résultats avec les proportions suivantes : galles de noix, 20 0/0 ; galles d’Alep, 5 0/o; noir de charbon, 10 0/0 ; Vanadium, 10/0 ; encre de l’Inde, 10 0/0 ; couleur d’aniline, 10/o ; eau distillée, 50 0/0. On tait bouillir le tout, on filtre et on passe.
- Chemi. trade Journal.
- Colle forte résistant à l’eau. — On fait tremper dans de l’eau froide de la colle forte ordinaire jusqu’à ce qu’elle commence à se déformer ; on la retire de l’eau et on la fait chauffer à petit feu avec de l’huile de lin ordinaire, on obtient ainsi une colle très forte, résistant parfaitement à l’eau et qui est de nature à rendre de grands services en photographie.
- * *
- Alliage adhérent au verre. — La Revue de chimie Industrielle donne la composition d’un alliage qui adhère énergiquement au verre, et qui peut, par suite, trouver divers emplois pour le raccorder avec les métaux.
- Cet alliage est formé de :
- Etain. ... 95.
- Cuivre ... 5.
- Pour lé préparer,, on verse le cuivre dans l’étain fondu; on agite avec un morceau de bois, puis on coule, et enfin on le refond (température de fusion 360 degrés).
- De petites quantités de plomb ou de zinc (0,5 à 1 °/0) modifient sa dureté ou son point de fusion.
- ** *
- Pour prendre les vers de terre.— Voici le procédé employé par les pêcheurs à la ligne pour prendre les vers de terre, et que l’on peut utiliser pour débarrasser des lombrics qui l’habitent la terre des plantes d’appartement.
- On arrose ces plantes avec une décoction chaude (30° environ) de quassia, ou bien d’absinthe alliée à de la farine de marrons d’Inde; au bout d’un instant, les vers montent tous à la surface. Il est facile de s’en emparer et de les détruire.
- RÉCRÉATIONS
- Curiosité mathématique. — On propose a une personne d’écrire en secret un nombre
- quelconque, un nombre assez grand, le pro blême n’en sera que plus remarquable. O bfi demande ensuite d’écrire ce nombre e se"s contraire, et d’effectuer la différenc quily a entre les deux quantités obtenues Cette dernière opération achevée, on lui fai
- multiplier le résultat par un nombre quelconque, et dans ce dernier produit, on lui commande de supprimer un chiffre en le biffant d’un trait, un chiffre quelconque, pourvu toutefois qu’il ne soit pas zéro. Enfin,on la prie d’additionner les chiffres qui restent, pris avec leur valeur absolue, et dès qu’elle vous a livré ce total, on lui dit le chiffre qu’elle a biffé,
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- Voici d’autre part l’explication de cette petite curiosité.
- La différence entre un nombre et ce même nombre renversé est toujours un multiple de 9. Le produit de cette différence par un nombre quelconque donnera encore un multiple de 9.
- Si maintenant on fait la somme des chiffres de ce multiple pris avec leur valeur absolue, on obtiendra toujours 9, ou un multiple de 9, et par conséquent, en biffant un des chiffres qui le composent, la somme des chiffres restant sera un multiple de 9, moins le chiffre supprimé. Il suffira donc de connaître cette somme, et le nombre qu’il faut y ajouter pour obtenir le plus prochain multiple de 9, représentera le chiffre rayé.
- Exemple : soit 8752 le nombre choisi ; différence avec son renversement : 8752 — 2578 = 6174 ; faisons le produit de 6174 par 7 = 43218. Biffons le 8; la somme des chiffres restant est 4-t-3-f2-t-l = 10, et le chiffre biffé est bien en effet la différence qu’il y a entre 10 et le plus prochain multiple de 9, venant au-dessus, 18, c’est-à-dire 8.
- Quant le moment est venu de supprimer un chiffre, on recommande de ne pas biffer le zéro ; en effet, puisque la somme des chiffres dont se compose le nombre est un multiple de 9, il ne sera rien changé à cette condition, si c’est un neuf ou un zéro qui est retiré, et alors on ne pourrait pas savoir lequel de ces deux chiffres a été rayé ; mais, si c’est convenu de ne pas toucher aux zéros, on saura que c’est le 9 qui a été biffé.
- Effet d’optique. — Les organisateurs de spectacles forains, d’expositions excentriques ont souvent eu recours au curieux artifice d’optique représenté par la figure ci-dessous. Il suffit d’ailleurs de disposer d’une glace suffisamment grande pour le reproduire facilement chez soi, et nous engageons nos lecteurs à l’essayer.
- Il s’agit de faire représenter simultanément deux personnages, un homme et une femme,
- par un seul acteur-Dans notre gravure, on voit représentée une statue de Marguerite, qui se trouvait à l’exposition universelle de 1889 (section italienne) ; le dos, artistement sculpté, donnait dans une glace, l’image de Faust, de sorte que, vu à distance, cette seule statue donnait l’illusion
- d’un Faust suivant sa Marguerite.
- On arrive au même résultat en plaçant un personnage réel, costumé en femme, devant une glace placée obliquement.
- Par derrière, le costume est remplacé par un costume masculin, et dans ses cheveux, on dispose le plus exactement possible, un masque d’homme. De loin, l’effet est saisissant : on croirait exactement voir deux pei" sonnages sur la scène.
- Il va sans dire que les détails de cette récréation peuvent être variés à l’infini suivant les accessoires dont on dispose et que l’ilhi-sion peut être notablement augmentée par la présence de draperies, plantes d’ornement, etc.
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, n8, rue d’Assas. La fère. — Imprimerie Bayen, rue Neigre.
- feSgss.’»
- Fig. 33. — Curieux effet d’optique.
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- XI’otT »
- FONTAINES LUMINEUSES TROUVÉ
- DE TABLE ET DE SALON, A CHANGEMENT D’ASPECT ET DE COULEUR
- VS
- ysfSgiK
- Trouvé, l’électricien bien connu, présentait récemment à l’Académie iQl des Sciences, où elles ont été fort admirées, des fontaines lumineuses aussi finement conçues gu’adroite-ment exécutées.
- Nous nous faisons un plaisir de faire connaître à nos lecteurs le dernier modèle de ces fontaines, une superbe foniaine d’appartemen t construite tout nouvellement pour M. Eiffel.
- Le principe sur lequel repose la construction de ces fontaines est très simple, et l’éclat, lacolorationde leurs gerbes n’ont rien à envier à leclat et à la coloration de leurs gran-d e s sœurs du Cliamp-de-Mars.
- Elles se distinguent des fontaines lumineuses de l’Exposition du Centenaire, en ce gué l’intensité de l’éclairage est la Même au sommet du jet d’eau qu’à la base, et cela quelle qu’en soit la hauteur.
- Les gerbes d’eau, en effet, ne sortent point du faisceau lumineux lancé directement par la source électrique. L’absence de tout ajustage métallique ne peut porter ombre. C’est cet avantage qui a permis de réduire à volonté le volumedes fontaines, et celles-ci, désormais, peuvent être conçues aussi bien en dimen-
- Fig. 34. — Fontaine lumineuse à gerbes multiples et à feux multicolores changeants, construite pour M. Eiffel.
- sions lilliputiennes qu’en dimensions gigantesques. Rien n’empêcherait d’avoir des fontaines lumineuses de la hauteur de la
- tour Eiffel ; nous dédions cette idée à nos confrères Américains !
- Toutes ces fontaines sont basées sur le même principe et leur mise en fonction est la même.
- Elles se composent de deux parties distinctes : le réservoir d’eau avec son système de compression (ou la canalisation urbaine) et l’appareil d’éclairage. L’eau jaillit librement d’une cloche de verre percée de trous. La hauteur du jet est proportionnée à la compression.
- L’appareil d’éclairage est entière-condensé sous la cloche d’où part le jet d’eau. Il se compose d’une lampe à incandescence d’une puissance en rapport avec les dimensions de la fontaine ; elle est fixée au foyer d’un réflecteur parabolique, dont l’axe coïncide avec celui de la cloche de verre.
- Un écran de rotation mu automatiquement et composé de verres de couleurs diverses vient s’interposer entre le réflecteur et les gerbes. Dès que le courant électrique illumine la lampe, le jet d’eau jette des feux multicolores.
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- La batterie électrique nécessitée par l’éclairage est automatique, constante dans ses effets et très réduite de volume. Elle est actionnée par une solution sursaturée au bichromate de potasse, suivant un procédé que M. Trouvé a présenté à l’Académie des Science de Paris, en 1883 (1).
- Les fontaines lumineuses Trouvé pour appartement ont la forme et la grâce des plus jolies corbeilles de fleurs, jardinières, ou sur-touts de table ; d’autres simulent d’élégantes fontaines naturelles avec rocher et bassin et, parmi elles, de charmantes fontaines de démonstration pour les cours dont tout le mécanisme est bien visible et peut être aperçu de tout un amphithéâtre ; ces dernières sont donc plus spécialement réservées aux cabinets de physique. Mais parmi ces fontaines, toutes plus gracieuses les unes que les autres, une d’entre elles a paru plus intéressante pour nos lecteurs, tant sous le rapport des dimensions que sous celui des effets nouveaux obtenus. C’est cette fontaine que nous avons fait dessiner et que représente notre gravure (fig.33).
- Cette belle fontaine d’assez grandes dimensions ne comporte plus de réservoir d’eau ; elle se branche directement sur la conduite
- urbaine et l’éclairage est fourni par l’installation privée de M. Eiffel, sous une différence de potentiel de 100 volts. Ici, l’inventeur-constructeur s’est surpassé en effets merveilleux et variés de coloration. La gerbe centrale est multicolore et chacune des gerbes du pourtour a sa coloration propre et variable. Inutile d’ajouter que l’effet produit dans les salons de l’hôtel de la rue Rabelais le jour de la fête de M. Eiffel a été des plus saisissants : le jardinier, sur l’avis de M. Trouvé, ayant eu la bonne idée de rehausser encore la décoration de la fontaine par de magnifiques fleurs naturelles groupées avec art.
- Les fontaines lumineuses Trouvé peuvent être construites en toutes dimensions, depuis les petites fontaines en surtout de table, jusqu’à celles montées sur guéridon, comme la fontaine dont nous venons de donner la description,et jusqu’aux fontaines monumentales d’un poids de 5,000 kg. pour la décoration des parcs et des jardins.
- Elles sont assurées d’un succès bien légitime, et il n’est pas de famille, pas de réunion d’amis, qui n’ait, l’été prochain, sa fontaine lumineuse, et ne jouisse simultanément de son coup d’œil féerique et de son exquise fraîcheur. X., ingénieur.
- LES MOTEURS LÉGERS
- l ne nous reste plus, pour terminer cette étude qui veut être complète, qu’à dire quelques mots d’un nouveau système de moteur, — nouveau s’applique à la machine et non au principe qui est fort ancien, — nous voulons parler du moteur à gaz acide carbonique liquéfié, lequel a actuellement un regain de vogue.
- Quoique certains savants aient prétendu que la substitution de ce corps à la vapeur d’eau dans les machines à feu ne pourrait conduire à aucun avantage théorique, ce ne paraît pas exact dans la pratique et cela a même été démontré. L’eau exige une grande chaleur de vaporisation pour se transformer
- (1) Voir les nouvelles découvertes en électricité • par Georges Barrai ; 2e édition, in-12, orné de 280 . gravures, Michelet, éditeur, 25, quai des Grands-Augustins, Paris. ,
- en fluide sous pression, tandis qu’il n’en est pas de même avec l’acide carbonique qui joue le rôle d’un ressort constamment tendu et possède un certain nombre de calories emmagasinées par le travail de liquéfaction.
- L’acide carbonique liquéfié a été très étudie dans toutes ses propriétés, notamment en Allemagne. En France et en Angleterre, ses usages commencent à se répandre et il s est fondé plusieurs sociétés pour l’exploitation de ce corps- et de ses diverses applications a l’industrie. La principale est celle du soutirage des bières et de la fabrication des boissons gazeuses. On a donc pu constatei que le gaz acide carbonique, comprimé au moyen de pompes foulantes dans les reset -voirs de grande résistance, se liquéfie sous une pression de 36 atmosphères et à la teffl' pérature de zéro centigrade.
- Si l'on chauffe ce gaz liquéfié, la pression
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- à 15 degrés est de 50 atmosphères ; à 60 degrés elle dépasse 100 atmosphères, et elle atteint 800 atmosphères (d’après Krupp), à 200 degrés.
- Cette pression considérable peut être utilisée dans les machines motrices, car un réservoir d’acide carbonique liquéfié représente une certaine énergie immédiatement disponible. On a même construit de petits moteurs actionnés par ce fluide et qui laissaient échapper à l’air libre le gaz venant de travailler sous les pistons. Mais le refroidissement dû à la vaporisation d’une partie de l’acide abaisse la température à un tel degré que le liquide se congèle dans son récipient et qu’on ne peut plus l’utiliser. Ce résultat est dû à ce que la chaleur atmosphérique ambiante n’est pas suffisante pour fournir le nombre de calories nécessaires à la vaporisation complète de tout le gaz. On peut remédier à cet inconvénient en se servant, au lieu d’un réservoir unique, de six. tubes, par exemple, groupés en série, et en interposant un détendeur qui ne laisse agir le gaz dans la machine qu’à une pression assez basse : quatre ou cinq kilogrammes'environ. On peut aussi chauffer l’acide à l’aide d’un foyer quelconque.
- Quoi qu’il en soit, si l’échappement du gaz se produit à l’air libre, l’acide carbonique est perdu et c’est un grave défaut, car ce corps coûte assez cher, vu le peu d’extension qu’il a encore. Le meilleur procédé consisterait à le recueillir dans un condenseur où il reprendrait l’état liquide, et à le renvoyer ensuite dans la chaudière.
- De nombreux systèmes, la plupart purement théoriques, de moteurs à gaz carboni-que ont été proposés depuis celui de l’ingénieur Brunei, dont le projet date de 1820. La collection des brevets conservés à la Biblio-ihèque des A.rts et Métiers et au Ministère de 1 Industrie et du Commerce est fort instructive à ce sujet, mais nous ne croyons pas qu’aucune des machines décrites ait vu le jour.
- Cependant, il y a quelque chose, et les vies suivantes sont probablement exactes :
- A- 100 degrés, la pression de l’acide est de I°0 atmosphères. Nous avons aujourd’hui des formes de chaudières capables de résister n cette énorme tension : le serpentin et le u^e Serpollet, par exemple. Pour éviter l’ac-
- tion désastreuse des flammes sur les tubes et la possibilité des coups de feu dus à une élévation anormale de la température du foyer, la chaudière pourrait être placée dans un bac à eau chaude remplissant le rôle de bain-marie. Le gaz, après avoir travaillé sur les deux faces des pistons d’une machine à double ou triple détente, est alors envoyé dans le condenseur, serpentin en acier plongé dans une cuve remplie d’un mélange réfrigérant, dont le but est de maintenir une température constante de zéro centigrade.
- Il paraît évident que le problème est à peu près résolu en théorie puisque le gaz chauffé travaille sous les pistons avec une pression de 150 atmosphères et une chaleur de 100 degrés, et qu’il se liquéfie à nouveau dans le condenseur sous une contre-pression de 35 atmosphères et une température de 0, soit 124 atmosphères de pression effective produite par une différence de température de 100 degrés.
- On conçoit immédiatement la réduction de poids et de" volume que l’on peut obtenir avec un semblable moteur, s’il n’est pas toutefois plus économique que la machine à vapeur, ce qui n’est pas encore prouvé. Nous avons établi les données d’un appareil de cinquante chevaux, en tenant compte du rendement probable du mécanisme, et nous sommes arrivés aux résultats suivants qui nous paraissent approcher beaucoup de la réalité :
- Dimensions : 1 m. 50 long, 1 m. large, 1 m. 20 haut (cube un mètre.)
- Poids (vide) : 950 kilos.
- Poids, avec approvisionnement de combustible et d’acide pour dix heures: 1,040 kilos.
- Poids par cheval-vapeur et par heure : 27 kilogrammes.
- C’est le poids d’une machine à vapeur de torpilleur, — mais vide et sans approvisionnement de combustible ni d’eau, ce qui est justement le point capital. C’est également à peu près le poids d’un moteur électrique Renard, — à vide également, et le sixième de celui de l’appareil à accumulateurs du bateau le Gymnote.
- Il est évident que les ingénieurs et les mécaniciens ont épuisé leur génie sur la fabrication de l’outillage actuel et que le poids d’une machine à pression — surtout à très haute pression, comme c’est ici le cas —
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- ne pourra plus être beaucoup diminué sans i nuire à la résistance de l’appareil qui deviendrait alors d’un emploi dangereux. C’est donc sur les approvisionnements nécessités pour la production de la force qu’il faut faire porter la diminution de pesanteur. Or, avec le moteur à gaz acide carbonique à condensation dont la chaudière et le serpentin-condenseur ont un faible volume, et par suite du cycle parcouru successivement par le fluide, l’usure est réduite au minimum.
- Il y a là, nous le répétons, tout un champ
- d’études à explorer, et la moisson vaut la peine que l’on approfondisse les points que nous avons signalés. Personnellement, après les recherches que nous avons effectuées, nous pensons que l’avenir est aux machines à très haute pression, dont le volume et le poids sont extrêmement restreints, l’approvisionnement peu embarrassant, et qui permettent d’entrevoir une foule d’applications des plus intéressantes, aussi bien à l’industrie qu’à l’agriculture, et principalement à la locomotion en tous genres.
- IiENRi DE GrAFFIGNY.
- LES SIMULATEURS (Suite)
- 'autres trompeurs, jouissant de la H 11!il singuIÎ6re propriété d’avaler de l’air, §Ü^f| arrivent à se gonfler le ventre et à imiter le mal connu sous le nom de tympa-nite; cette simulation ne saurait en imposer qu’à un médecin sans expérience ; de plus, cette maladie, grave chez les animaux, est rare et peu dangereuse chez l’homme. Inutile donc de s’apprendre à vivre de l’air du temps...
- Puisque nous parlons du ventre, disons que quelques naïfs portent, longtemps avant l’époque de leur comparution devant le médecin-major, un bandage qui laisse alors une marque fort apparente, croyant qu’on les supposera hernieux ; or, la hernie se constate avec la plus grande facilité même par une personne étrangère à l’art médical.
- D’aucuns aussi disent : « Je suis atteint d’une rétention d'urine ». Or, il n’y a rien de plus difficile à imiter que cette infirmité, car, un médecin fait immédiatement jaillir l’urine d’un simulateur, en appuyant, même doucement, sur cette partie du ventre qu’on appelle Vhypogastre et située à moitié chemin du nombril au pubis.
- Pendant que nous sommes dans ces parages, rappelons queles hémorrhoïdes, dont certains poltrons exagèrent le volume, en prenant un bain très chaud, ne sont, contrairement à l’opinion répandue, une cause de réforme que quand elles sont extrêmement volumineuses; les autres peuvent être rendues fort tolérables par un traitement approprié.
- Nous venonsde'prononcer le mot poltron-,
- nos lecteurs savent-ils que ce mot désignait chez les Romains, les jeunes gens qui, sans être de ceux dont nous décrivons les fraudes, cherchaient à échapper au service militaire? On sait que quelqu’un qui a le pouce coupé (en latin pollex truncatus, d’où par contraction pol-tron) est incapable de préhension. C’était le moyen qu’employaient les conscrits du temps d’Auguste pour ne pas partir dans les légions (1). On voit que les nôtres ont singulièrement amélioré et étendu le procédé un tantinet brutal.
- Et veut-on d’autres exemples que ceux déjà cités? La cyanose (coloration en bleu de la peau) est une maladie grave, liée à des désordres internes et qui entraînel’exemption, on connaît le cas de jeunes gens qui se sont passés au bleu pour imiter cette affection-Pauvres que d’eux ! Un doigt mouillé fr°*'j sur la peau et voilà le bleu parti, fût-il i0 Prusse.
- Rappelons que les torticolis, les !umba90S' les rhumatismes de toutes sortes sont hn qués journellement par ceux que n’enthou siasme pas le noble métier des armes, tombent mal ceux-là, car c’est l’exercice faut pour la guérision des douleurs et <1 meilleur exercice peut-on rêver que l’exer militaire?... . .
- L’habileté des fraudeurs s’exerce aussi s la mauvaise conformation des membres, l’épine dorsale même. Je ne parle pas m*______
- . nhscrVv®?
- (1) Explication des coutumes et cérémonies - ^
- chez les Romains par Nieupoort, p. 267. —
- J. Desaint. mdccxli.
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- La SGIEKCê EN PaMILLË
- M
- qui consiste à marcher beaucoup, le matin de la révision, pour se faire tasser un peu quand on est à l’extrême limite de taille (l m. 54); on passe sous la toise, il manque un demi-millimètre et le tour est joué, croit-on. Oui, mais ceux-là comptent sans la toise horizontale ou somatomètre (2) que nous allons essayer de faire comprendre à nos lecteurs. Tout le monde connaît la mesure avec laquelle les cordonniers prennent la longueur du pied. La toise horizontale est un gigantesque instrument de cette sorte sur lequel on fait coucher l’homme au demi-millimètre en moins. Là, pas de tassement possible, pas de rapetissement de la taille et au lieu de 1 m. 53 1/2 on trouve 1 m. 54 1/2 à lm. 55 et notre gaillard marcheur s’en va dans les petits chasseurs à pied. Que ceux qui sont victimes de ce procédé se consolent, on grandit si souvent encore au régiment!
- Les déviations offrent beaucoup de ressources à la simulation ; on voit des sujets se présenter le dos voûté, la poitrine creusée en avant et prétendant ne pas pouvoir se redresser. On déjoue cette supercherie en faisant coucher l’individu sur le ventre, lui serrant fortement la taille avec une ceinture et lui étendant ensuite les bras au-dessus de la tête, soit, au contraire, en le plaçant sur le dos et en ôtant tout point d’appui à ses
- extrémités.
- D’autres simulent des déviations latérales en les provoquant à l’aide d’agents mécaniques et quelquefois, les malheureux t arrivent à produire des courbures permanentes qui constituent une infirmité réelle et irrémédiable. Dan s la déviation latérale simulée, la courbure est unique, étendue, et comprend les régions lombaire et dorsale : le tronc est plus ou moins incliné du côté opposé à la convexité de la courbure, suivant que le bassin est
- plus ou moins élevé de ce dernier côté. Il n’y a pas, comme dans la déviation Spontanée, une torsion de la colonne vertébrale : l’épaule correspondante à la convexité est plus élevée que l’autre, mais ne fait pas de saillie en arrière et le thorax n’est pas sensiblement déformé. En dedans de la courbure, la peau présente des plis parallèles assez profonds, tandis que dans la scoliose (ainsi s’appelle cette infirmité) vraie, ces plis sont peu marqués et siègent sous les aisselles ou au-dessous des fausses côtes.
- Les déviations réelles, mais provoquées, se reconnaissent aux mêmes signes : à l’absence de courbures multiples et de torsion des vertèbres. Les simulateurs parviennent quelquefois, en combinant certains moyens, à produire des courbures alternes, mais ils n’arrivent jamais à produire la torsion de la colonne vertébrale.
- La claudication (boiterie) tente aussi beaucoup de mauvais conscrits; mais en mesurant les deux jambes, en examinant la ligne médiane du sujet préalablement couché, on voit de suite si on a affaire à un farceur.
- Et dire qu’il s’est trouvé en Normandie, il n’y a pas de longues années, une vieille femme dont la maison était une véritable officine d’éclopés, une boîte à réforme où, moyennant finance, on venait se faire rendre impropre au service !
- Il ne nous reste plus qu’à demander pardon à nos lecteurs de les avoir promenés si longtemps dans cette cour des miracles; il voudront bien nous excuser de l’abus des termes trop techniques, de détails parfois répugnants; mais nous croirons avoir rendu service aux jeunes gens qui nous feront l’honneur de nous lire, si nous leur avons inspiré et le respect de la science et le mépris pour les dissimulateurs. L’Esprit.
- CE QUE DEVIENNENT LES PEAUX DE LAPIN
- es peaux de lapin et les peaux de lièvre s’emploient presque exclusivement pour la fabrication du feutre ; Car ces peaux fournissent des poils crépus, Pouvant se teindre de différentes couleurs.
- (-) Mesure du corps (soma-metron, en grec).
- ESSSM
- Ces poils, à la suite d’une opération appelée feutrage, s’emmêlent d’une façon si com* plète, qu’ils constituent alors un véritable tissu, plus ou moins fin, et servant à la fabrication de certaines parties du vêtement, principalement à celle des chapeaux.
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- Voici, d’après le Moniteur scientifique, quelques détails sur cette fabrication :
- Les peaux de lièvre et de lapin sont d’abord nettoyées par peignage et battage, puis éjarrées, autrement dit débarrassées, au moyen d’un couteau, du long poil appelé jarre, impropre au feutrage.
- Les peaux éjarrées sont alors soumises au secrétage, opération sur laquelle nous nous étendrons dans un instant. Puis, vient le brossage qui a pour but, en désagglutinant les poils, de faciliter l’opération suivante : le coupage.
- La machine qu’on emploie pour opérer le coupage fournit : d’une part, la peau découpée en filaments longs et minces — d’où le nom de vermicelle — qui sert à la fabrication de la colle ; d’autre part, le poil qui, après un classement par qualité, peut dès lors être livré à l’industrie de la chapellerie.
- Dans certaines usines où l’on veut utiliser la peau entière, on sépare le poil de la peau par épilage, comme en tannerie, après un contact prolongé avec la chaux.
- Le secrétage proprement dit consiste à mouiller la peau du côté du poil avec le secret, c’est-à-dire avec une dissolution plus ou moins acide, plus ou moins étendue de nitrate de mercure.
- Pour faire cette opération, l’ouvrier secréteur trempe une brosse dans la dissolution mercurielle et frotte plusieurs fois la peau avec force, à contre sens et dans le sens du poil jusqu’à ce que celui-ci soit complètement imbibé.
- Gela fait, les peaux sont ensuite desséchées soit à l’air libre, soit plus souvent dans une étuve dont la température, obtenue par un feu de coke placé au milieu de l’étuve, s’élève jusqu’à 50°, 60° et même jusqu’à 70° à 75° centigrades.
- Le secret est toujours composé de nitrate acide de mercure, mais les proportions relatives des éléments qui le constituent varient suivant les usines et aussi selon qu’il s’agit de préparer le secret, appelé secret pâle, ou le secret, appelé secret jaune.
- Le premier qui, par exemple, contient par litre 40 grammes de mercure et 125 grammes d’acide nitrique à 36°, est réservé au traitement des peaux blanches ou peu teintées,
- c’est-à-dire pour tous les cas où l’on cherche à éviter l’altération de la couleur naturelle du poil.
- Les peaux secrétées en pâle sont accolées deux à deux, poil contre poil, et suspendues à des crochets ou à des tringles dans l’étuve chauffée à petit feu, où elles séjournent plusieurs heures ; on dit que les peaux sont étu-vées à couvert.
- Le secret jaune, contenant par litre 25 grammes de mercure et 125 grammes d’acide nitrique, soit une proportion d’acide libre beaucoup plus considérable, est employé pour le secrétage des peaux foncées en couleur et des peaux marbrées, c’est-à-dire dans tous les cas où l’on cherche à faire disparaître la diversité des teintes ou certaines teintes elles-mêmes. Leur dessiccation s’opère tout différemment : les peaux sont encore accolées deux à deux, mais, cette fois, cuir contre cuir, et l’étuve dans laquelle elles ne restent qu’une heure à peine, est chauffée à grand feu : on dit que les peaux sont étuvées à découvert.
- Sous l’influence de la chaleur et grâce à la disposition des peaux, l’excès d’acide nitrique donne en peu de temps au poil une coloration jaune très intense, dont les tons varient nécessairement avec la couleur naturelle du poil, mais assez peu cependant pour permettre au secréteur de réunir en un lot des poils de couleur tout à fait dissemblables avant le secrétage.
- Pendant l’étuvage en pâle ou en jaune, le cuir est devenu dur et cassant ; dans cet état, il ne pourrait être séparé du poil. Pour lui rendre sa souplesse première, on arrose les peaux séchées avec une faible quantité d’eau et on les empile en tas qu’on abandonne pendant plusieurs heures, quelquefois pendant plusieurs jours, avant de procéder a l’opération du brossage dont j’ai parlé plus haut.
- Telles sont les opérations qu’on fait subir aux peaux de lapin et de lièvre pour les rendrefeutrables. Malheureusement, l’empl01 du nitrate de mercure fait de l’usine du secréteur un foyer permanent d’insalubrité. Non seulement les ouvriers secréteurs qui sont naturellement les premières victimes, et les plus gravement atteintes, mais aussi
- les éjarreurs, brosseurs, coupeurs, les ouvriers
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- chapeliers eux-mêmes, tous, en un mot, sont condamnés par une déplorable fatalité aux redoutables maladies causées par l’intoxication nitreuse et surtout par l’intoxication mercurielle.
- Il est donc bien naturel que de nombreux chercheurs aient tenté, depuis longtemps, de remplacer le nitrate de mercure par un produit moins dangereux.
- Le procédé suivant, donné par M. Cour-tonne, dans le Moniteur scientifique, conduit aux mêmes résultats, sans altérer la
- santé des ouvriers qui l’emploient.
- On remplace le nitrate de mercure par des chlorures, chlorure de zinc, chlorure d’étain, etc., dissous dans l’eau rou mieux dans des des acides, dans l’acide chlorhydrique, par exemple.
- Non seulement, le point de vue hygiénique y trouve son avantage, mais encore les résultats obtenus sont, paraît-il, supérieurs. Si l’on ajoute qu’il est avec cela beaucoup plus économique, on peut espérer que son usage ne tardera pas à se généraliser.
- PHOTOGRAPHIE PRATIQUE
- SUR UN MODE PARTICULIER DE RENFORÇAGE DES NÉGATIFS
- tL arrive fréquemment qu’un cliché, tout en ayant la densité nécessaire, manque cependant de vigueur et de contrastes. Beaucoup d’amateurs, dans ce cas, le croient perdu, et ne songent pas à l’utiliser.
- Il existe cependant un moyen bien simple d’arriver à un bon résultat ; le voici : Préparer d’abord la solution suivante :
- Bichlorure de mercure........ 0 gr. 25
- Iodure de potassium.............. 4 gr.
- Eau distillée.................. 250 gr.
- On fait d’abord dissoudre dans l’eau l’io-dure de potassium, puis on ajoute le bichlorure de mercure. Il se forme un précipité rouge de biiodure de mercure, que l’on fait redissoudre, par une agitation énergique.
- Le bain est alors prêt à servir. Il se conserve indéfiniment, et il devient même meilleur en vieillissant, et à la suite d’un usage prolongé.
- Le cliché, après avoir été séché, comme à l’ordinaire, est plongé dans cette solution.
- Peu à peu, il prend du relief et se renforce un peu, en même temps qu’il devient jaunâtre, par suite de l’iodure double d’argent et de mercure formés.
- On l’examine de temps en temps par transparence, et lorsqu’on juge le relief suffisant, °n le retire du bain, on le lave à trois ou Quatre eaux, puis on le fait sécher.
- En tirant ensuite une épreuve sur papier, °n constate que le cliché a beaucoup gagné en vigueur et en finesse, car, chose assez singulière, le bain fait ressortir des détails qui n existaient pas auparavant, surtout dans
- le cas où le cliché a été insuffisamment développé.
- Nous recommandons ce procédé à tous les amateurs, car ils trouveront là un moyen d’utiliser des clichés qui seraient perdus sans cela, et Dieu sait la peine qu’ils donnent pour être recommencés.
- Ce moyen permet également d’obtenir de bons résultats, même lorsque la pose a été dix ou vingt fois trop longue.
- Il suffit dans ce cas, lorsqu’on développe, de ne pas se préoccuper si l’image apparaît plus ou moins vite, et de laisser le cliché dans le bain de développement jusqu’à ce qu’il soit complètement noir. Le fixer ensuite, et le laisser sécher, après lavage.
- En le traitant ensuite par le bain ci-dessus, on obtient un résultat inespéré.
- De même, les clichés insuffisamment développés peuvent être renforcés à fond, en les laissant jusqu’à une heure ou une heure et demie dans ce bain.
- Enfin, tout cliché, même excellent, gagne encore en vigueur et en finesse par l’emploi de ce même bain.
- Gomme on le voit, ce procédé, d’un emploi universel, peut donner depuis le plus léger renforçage pour les clichés normalement développés, jusqu’au renforçage à fond, pour ceux qui ne possèdent qu’une trace d’image.
- Aussi, engageons-nous les amateurs à en essayer, et serons-nous satisfait si nous avons pu ainsi leur être utile.
- Paul Ganichot, Chimiste.
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- OMNIBUS VÉLOCIPÉDIQUE A QUATRE PLACES
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- es quatre figures ci-après montrent un vélocipède à quatre places, créé par M. Amédée M aquaire.
- Ce véhicule a figuré à l’Exposition de 1889, où nos lecteurs ont déjà pu le remarquer. Il est susceptible de quatre transformations comme le montrent les figures suivantes.
- Il est formé d’un cadre rectangulaire en tube d’acier, à la partie postérieure duquel est monté l’essieu moteur ; à sa partie antérieure sont disposées trois paires de pédales qui actionnent cet essieu par
- Fig.
- l’intermédiai re d’une chaîne et d’un mouvement différentiel ; à l’avant se trouve la roue directrice munie d’un guidon unique comme dans les tricycles ordinaires.
- Lorsque la machine est montée par une seule personne (fig. 35) cette personne se place sur la selle centrale et actionne les pé- Fio. 36
- dales du milieu;
- l’appareil fonctionne alors dans les mêmes conditions qu’un tricycle ordinaire. Lorsque deux personnes prennent place sur la machine, (fig.36) elles emploient les deux selles latérales et chacune d’elles s’appuie d’une main sur le guidon.
- Si un troisième cavalier se présente, il
- (l) Clichés de la Maison Patley, Lee et Cio
- prend place entre les deux autres (fig. 37) et la machine peut encore recevoir à l’arrière soit
- un bagage quelconque soit une quatrième personne, un enfant par exemple (fig. 38).
- Le développement des roues motrices par coup de pédales est de 4m,30. Tous les frottements sont naturellement montés sur billes d’acier. La machine pèse environ 50 kilos. Lorsqu’elle est mcntée par un seul 33 cycliste, elle cons-
- titue donc une machine lourde ; le poids devient normal si deux cyclistes y prennent place, chacun d’eux
- n’ayant à entraîner alors qu’un poids de 25 kilos. Enfin, si l’omnibus vélo-cipédique est mis en mouvement par trois personnes, il devient alors une machine d’une légèreté remarquable (16 à 10 kg. par personne) on voit donc que dans ce cas il peut recevoir sans inconvénient une surcharge additionnelle assez élevée, surcharge formée soit par un bagage, soit par un quatrième cavalier. Il va sans dire que lorsque la machine n’est employée que par une ou par deux personnes, tous les accessoires inutiles tels que selles, barres d’appui, pédales, etc., peuvent être enlevés, de sorte que le poids se trouve diminué et que l’aspect s’écarte peu de celui d’une machine ordinaire. F*
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- BÊTES ET PLANTES CURIEUSES
- LES ANIMAUX LUMINEUX
- --**
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- *8w*9@«Ï3h
- es animaux lumineux sont fort nombreux, et appartiennent à toutes les séries zoologiques. Parmi les vertébrés, les poissons marins sont presque seuls à pro d u i r e des lueurs phosphorescentes : on a pu observer, lors des dragages des grands fonds, que certains de ces poissons portent cet appareil d’éclairage sur la tète, près des yeux, comme pour s’éclairer dans leur marche à travers les ténèbres des grands abîmes,a moins que ce ne soit pour attirer d’autres êtres destinés à leur servir de nourriture.
- Parmi les insectes, qui ne connaît les lampyres ou.
- vers luisants, dont les'points lumineux éclairent les bords des sentiers boisés, pendant les chaudes soirées d’été ?
- Pes pyrophores d’Amérique répandent une lumière beaucoup plus forte et c’est surtout 8Ur les animaux de Cette espèce qu’un 8!*vant physiologiste, M. R. Du-
- Fig. 37
- bois
- a dirigé ses
- Fig. 38.
- ^cherches et fait de curieuses observations.
- P a reconnu chez ces êtres, des organes ^mineux au nombre de trois, placés de façon à favoriser la marche, la natation et le dans l’obscurité ; ces organes sont com-
- posés d’un tissu adipeux spécial, et le sang, en y pénétrant, active la force et la lumière. Celle-ci n’a pas la même composition chez tous les animaux p hosphorescents. Elle varie de teinte chez les vers luisants et les pyro-phores. Examinée à l’œil nu, la lumière de ces derniers est verdâtre : elle produit à peu près la même impression que celle de la lumière solaire filtrant à travers le feuillage; la lumière des lampyres est bleuâtre, tandis que celle des lucioles d’Italie est un peu dorée.
- M. Raphaël Dubois s’est servi des pyrophores qu’il possédait pour connaître l’influence que peuvent exercer les excitants mécaniques externes sur la production de la lumière.
- A toutes les périodes du développement de ces petits animaux, les chocs, les ébranlements mécaniques provoquent ou activent la phosphorescence.
- Mais, comme le dit M. Vernier, le phénomène aune fin, la fatigue,l’épuisement, produits par des excitations trop prolongées, finissent par éteindre toute lumière.
- M. Dubois a fait observer que les foyers lumineux du pyrophore offrent une supério-
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- rite considérable sur tous ceux que nous connaissons. La dépense organique est presque insignifiante par rapport à l’effet produit; d’autre part, l’étude physique de cette lumière montre que la perte d’énergie est faible, contrairement à ce qui se produit dans nos foyers de lumière artificielle.
- « Cette admirable supériorité économique, dit M. Dubois, tient à diverses causes. 11 y a bien des rayons chimiques dans la lumière des animaux éclairants, puisque nous avons pu les mettre en évidence par la photographie, mais ils existent en très petite proportion. Ce résultat doit être attribué à l’existence d’une substance fluorescente que nous avons découverte dans le sang des pyrophores et qui donne, en pénétrant dans l’organe, l’éclat si spécial et si brillant qui caractérise la lumière qui en émane. On est en droit de penser que la majeure partie des rayons chimiques est transformée en rayons très éclairants, fluorescents, de longueur d’ondes moyennes.
- » 11 n’y a pas de perte par rayonnement calorique; les quantités de chaleur rayon-nées par les organes lumineux, au moment où ils atteignent leur éclat maximum, sont infinitésimales. On ne trouve pas, par l’application des instruments les plus sensibles, d’indices permettant de supposer qu’une partie de l’énergie dépensée dans ces organes est transformée en électricité.
- » Cette lumière merveilleuse, idéale, pour-rait-on dire, est physiologique pour deux raisons : d’abord, parce qu’elle est d’origine vitale, et que ses rayons sont pour ainsi dire ceux de la vie elle-même ; en second lieu, parce qu’aucune autre source n’est aussi bien adaptée aux besoins des organes de la vision dans la série animale. ».
- Disons un mot, maintenant, de l’emploi quelque peu fantastique de ces petits êtres lumineux comme éclairage et signalons quelques exemples curieux sur la lumière émise par ces animaux.
- Il y a quelques années, nous avons lu dans un journal américain qu’un riche propriétaire de Mexico, ayant donné une fête de nuit dans sa propriété, avait, pour éclairer la principale allée de son jardin, fait placer sur les plates-bandes, un long cordon de vers luisants.
- Dans nie d’Haïti, existe une mouche lumineuse, appelée Cucujo par les naturels, et dont le chroniqueur Avredo donne ainsi la description :
- a C’est un animal très connu dans cette île et dans toutes celles qui l’entourent, sorte de scarabée presque aussi gros que le pouce. Il possède deux ailes dures, au-dessous desquelles on en trouve deux autres, mais plus délicates, qu’il préserve et cache au moyen des deux supérieures. 11 a les yeux resplendissants comme des chandelles, de sorte que, là où il passe en volant, il rend l’air aussi lumineux que le pourrait faire le feu seulement.
- » Dès que la nuit tombe, si l’on porte un cucujo dans sa main, on voit souvent ceux qui ont besoin d’allumer une chandelle venir y prendre du feu; enfermé dans une chambre obscure, il est assez lumineux pour qu’on puisse lire et écrire une lettre..
- » Si l’on rassemble quatre ou cinq de ces animaux et qu’on les suspende en les enfilant, ils peuvent servir autant qu’une puissante lanterne, dans la campagne et dans la montagne, pendant une nuit obscure. »
- Autrefois, dans cette île, le chef de guerre portait sur la tête un cucujo lumineux qui, la nuit, servait de phare à la troupe qui le suivait.
- De son côté, le savant Ilumboldt dit, dans ses Tableaux de la nature, qu’en suivant le chemin qui va au port de la Trinitad, il vit le sol jonché de véritables étoiles. C’était une bande d’insectes lumineux.
- « Nulle part ailleurs, dit-il, je n’ai vu cette innombrable quantité d’insectes phosphorescents ; les herbes qui couvraient le sol, les branches et le feuillage des arbres, tout brillait de ces lumières rougeâtres et mobiles dont l’intensité varie à la volonté des animaux qui les produisent. On aurait dit la voûte étoilée du firmament abattue sur la savane...
- » Dans la case des habitants les plus pauvres do la campagne, une quinzaine de cucujos, placés dans une calebasse percée de trous, servent à chercher les objets pendant la nuit; il suffit de secouer fortement le vase pour exciter l’animal à augmenter l’éclat des disques lumineux qui se trouvent placés de chaque côté de son corselet.
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- » Le peuple dit, avec une vérité d’expression très naïve, que les calebasses remplies de cucujos sont des lanternes qui sont toujours allumées. »
- On a employé des lampyrinés comme appâts pour la pêche, moyen très efficace et quia, par suite, été prohibé; enfin, les dames créoles de la Havane utilisent les pyrophores comme objet de toilette, les plaçant dans leur chevelure, et s’en faisant des colliers et des pendants d’oreilles. Ces diamants vivants font, paraît-il, le plus merveilleux effet. Mais l’usage le plus intéressant à connaître est celui que fait l’oiseau-houteille indien {le tisserin baya) de quelques lampyrinés pour dé-
- fendre son nid contre ses nombreux ennemis, parmi lesquels les serpents et les rats sont les plus dangereux. Cet ingénieux oiseau placerait, en effet, autour de l’entrée de son nid, qui a la forme d’une bouteille, de petits morceaux d’argile sur lesquels il fixerait des lampyrinés lumineux, et, grâce à ces fanaux vivants, il pourrait tenir éloignés les reptiles, les rongeurs et autres animaux maraudeurs.
- Enfin, ajoutons en terminant qu’on est arrivé à des résultats assez satisfaisants en se servant de la lumière des vers luisants et des pyrophores pour faire de la photographie. Ch. Fleury.
- LES NOMBRES CURIEUX
- LE NOMBRE 37
- Le nombre 37 est premier. C’est le 13e H En multipliant 37 par les 9 premiers multiples de 3, on obtient des produits composés des mêmes chiffres. Ainsi.
- En élevant au carré les nombres obtenus, en multipliant 37 par les 9 premiers multiples de 3, on trouve d’autres nombres curieux. Ainsi :
- 37 37 37 37 37 37 37 37 37
- X 3 6 9 12 15 18 21 24 27
- = Hl 222 333 444 555 666 777 888 999
- Cette propriété du nombre 37 permet de faire le petit tour suivant :
- On prie une personne d’écrire un chiffre positif quelconque (de 1 à 9), puis de le ré-Peter deux autres fois, de manière à obtenir Un nombre de trois chiffres.
- Ensuite, on fait diviser le nombre de trois chiffres par la somme des trois chiffres, et, comme le quotient sera toujours 37, quel que 8°it le chiffre pris comme base, on peut, sans savoir quel chiffre a été choisi, annoncer ce résultat, ce qui étonne les non initiés.
- Ainsi, supposons que la personne ques-ionnée ait pris le chiffre 7 ; en le répétant eux autres fois, elle aura le nombre 777 et en divisant 777 par 21, somme des 3 chiffres, e h obtiendra 37 au quotient, c’est-à-dire le
- sultat que le questionneur avait annoncé.
- E explication de ce tour est simple. Il Pmuve que la division est le contraire de la muhiplication.
- 37 X 21 = 777 777 : 21 = 37
- Hl2 = 12.321 Eh bien! 3214- 12= 333
- 2222 = 49.281 3332= 110.889 4442= 197.136 5552= 308.025 6662 = 443.556 7772 = 603.729 8882 = 788.544 9992 = 998.001
- 284 + 49 = 333
- 889 + 110 = 999
- 136 + 197 = 333
- 025 + 308 = 333
- 556 + 443 = 999
- 729 + 603 = 1.332 544 + 788 = 1.332 001 + 998 = 999
- 332 + 1 = 333 332 + 1 = 333
- Les mêmes nombres élevés au cube,, à la
- 4e, à la 5e puissance, etc., et., jouissent encore des mêmes propriétés.
- llis= 1.367.631 2223 = 10.941.018 3333 = 36 926.037 444s= 87.528.384 5553 = 170.953.875 6 6 3 = 295.408.296 777s = 469.097.433 888s = 700.227.072 9993 = 997.002.999
- 631 + 367+ 1= 999 048 + 941+ 10= 999 037 + 926+ 36= 999 384+528+ 87= 999 875 + 953 + 170=1.998 296 + 408 + 295= 999 433 + 097+469= 999 072 + 227 + 700= 999 999 + 002 + 997 = 1.998
- 998 + 1 = 999
- 111* = 151.807.041 041 + 807 + 151= 999
- llls=16.850.581.551 551+581+850+16=1.998 998+1=996
- ** *
- Le nombre 12.845.679 (les chiffres positifs dans l’ordre naturel, sauf le 8) est un
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- multiple de 37 (37 X 333.667 -12.345.679) et la somme de ses 8 chiffres égale 37. — Eh bien, en multipliant 12.345.689 par les 9 premiers multiples de 9, on obtiendra le même résultat que celui obtenu en multipliant 37 par les multiples de 3.
- 987.654.321 + 12.345.678 = 999.999.999 321+654+987+678+345-fl2=2.997 997+2=999
- 222.222.2222 = 49.382.715.950.617.284 950.617.284+49.382.715 = 999.999.999 284+617+950+715+382+49 = 2.997 997 + 2 = 999
- Etc., Etc.
- 12.345.679 X 9 = 111.111.111
- 12.345.679 X 18 = 222.222.222
- 12.345.679 X 27 = 333.333.333
- 12.345.679 X 36 = 444.444.444
- 12.345.679 X 45 = 555.555.555
- 12.345.679 X 54 = 666.666,666
- 12.345.679 X 63 = 777.777.777
- 12.345.679 X 72 = 888.888.888
- 12.345.679 X 81 = 999.999.999 111.111.IIP = 12.345.678.987.654.321 c’est-à-dire les chiffres positifs dans l’ordre naturel ascendant et descendant.
- En partageant ce nombre en deux parties ou en tranches de 3 chiffres, on obtient le même résultat que pour les puissances de 111, 222, 333, etc. ; ainsi :
- Le tour indiqué au commencement de cet article peut donc également être fait avec le nombre 12.345.679.
- On fait répéter 9 fois le même chiffre et, en divisant le nombre ainsi obtenu parla somme de ses 9 chiffres, on aura toujours
- 12.345.679 au quotient. Exemple.
- 666.666,666
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- 12.345.679
- Le nombre 37 jouit de beaucoup d’autres propriétés. Nous y reviendrons en présentant à nos lecteurs d’autres nombres curieux.
- A. Hubert.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- Concours international pour une nouvelle pile électrique. — La revue hebdomadaire VElettricita ouvre un concours international pour une nouvelle pile électrique, simple, industrielle. Ce concours, ouvert depuis le 1er janvier, sera fermé le 31 août prochain. Une prime de 2,000 francs sera décernée à l’inventeur par un jury composé de personnes notables et compétentes.
- Les concurrents devront observer certaines prescriptions qu’ils peuvent connaître en s’adressant à la Revue Elettricita, Milan, 2, via Meravigli.
- ***
- Travail des colonnes de granit. — Le
- granit employé pour faire des colonnes, des cippes, des urnes, etc., est principalement travaillé au tour. On fabrique, pour ce travail, des tours pouvant recevoir des pièces de 7 m. 50 de long et 1 m. 50 de diamètre. Au lieu de se servir d’instruments tranchant?, comme on le fait pour le travail du bois ou des métaux, on use le granit à l’aide de disques d’acier mis en mouvement par pression sur la pierre, qui tourne lentement. Ces dis-
- ques, qui ont 15 à 20 centimètres de diamètre, font un certain angle avec la pierre, et ils avancent automatiquement sur un chariot. Les grands tours sont munis de quatre disques, deux de chaque côté, et en une seule passe, on peut réduire le diamètre d’environ 5 centimètres. Certains tours ne peuvent faire que des pièces cylindriques ou coniques; mais il y a également des tours où le chariot est guidé par un calibre, ce qui permet d obtenir des ornements d’une forme plus ou moins compliquée. Pour le liniet le polissage) la pièce est montée sur un autre tour qui lui imprime simplement un mouvement de rotation. La matière employée pour le polir est pressée contre la colonne à l’aide de blocs de fer.
- Pour préparer les blocs de granit, on IeS dégrossit avec un outil en pointe, puis dfl leS équarrit, pour monter la pièce entre leS pointes du tour.
- Le principe de cette méthode qui consis e à travailler le granit par les disques d aciei entraînés par contact, a été appliqué ega e ment au travail des surfaces planes h la piece
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- est montée sur un chariot, et passe sous une série de disques montés sur un cadre fixe.
- (Census Report).
- *
- Elevage d’éléphants. — M. Newbury, de Californie, va fonder une ferme destinée à l’élevage des éléphants dans cet Etat. M. Newbury affirme, d’après les renseignements publiés par M. d’Abzac dans Y Industrie laitière que la chair de l’éléphant est de beaucoup supérieure à celle du cheval comme nourriture pour l’homme. Un éléphant, parvenu à son extrême grosseur, pèse à peu près 3,500 kgs. et M. Newbury espère pouvoir en tirer 3,000 kgs. de bonne viande par animal.
- La Tour de Lyon. — Lyon va aussi posséder sa tour Eiffel. Nous apprenons qu’une société vient de se constituer pour élever, sur l’emplacement de l’observatoire Gay, à Four-vières, une tour métallique.
- Cette tour, à laquelle on accédera au moyen d’an ascenseur à crémaillère , sera terminée par un campanile daa@L l'intérieur duquel on installera des appareils d’observation.
- . Le socle de cette^ tour, constitué par quatre pieds droits prêtant appui à une voûte d’arète, sera en pierre et supportera la partie métallique de l’ouvrage.
- Les maçonneries, comprenant les fondations et le socle, seront confiées à MM. Paufique frères, entrepreneurs à Lyon.
- La partie métallique sera sans doute fournie par les étàblissementSVËiffel, qûi dressent en ce momenLlêuf devis.
- La Société ne demande aucune subvention à la ville ; e|W recouvrera son capital au moyen d’un piix\fixe de 1 fr. qu’elle réclamera à tojitev personne désireuse d’observer de ce point élevé, Ue magnifique panorama de Lyon.
- L’écorce ifj/ Mimosa magnosa. — Les Procédés êipnïiques ont transformé et transforment emïpœ chaque jour l’industrie de la
- tannerie; mais, en dehors de cela, il y a déjà longtemps qu’elle ne s’en tient plus à l’emploi exclusif de l’écorce de chêne.
- On emploie aujourd’hui une quantité prodigieuse de substances riches en tanin : écorces de pin, d’aune, de bouleau blanc, de charme, de chène-liège (la seconde écorce), de grenadier, d’orme, de saule, d’acacia, jusqu’aux feuilles de sumac et de noix de Galle.
- A cette énumération déjà longue, nous pouvons pourtant ajouter le cachou, le gam-bier, les sucs concentrés des diverses écorces, en particulier du Hembock spruce (Abies canadiensis), qui forme d’immenses]forêts au Canada et pousse en Sologne. Mais voici qu’aujourd’hui l’Australie nous envoie une nouvelle écorce, celle du Mimosa magnosa ; la première expédition vient d’arriver à Marseille, en provenance de Port-Adélaïde. Ce nouveau produit est excessivement riche en tanin, et il a une curieuse propriété, celle de donner aux peaux une teinte légèrement
- rouge. Aussi la juge-t-on susceptible de rendre des services spéciaux, et est-elle fort recherchée déjà en x France et en Angleterre pour les cuirs destinés à la maroquinerie.
- De plus, cette écorce possède de sérieuses qualités comme désincrustant.Selon la Revue scientifique, les prévisions se sont trouvées justifiées ; sous son influence, les incrustations se désagrègent, et, au lieu de former des croûtes nécessitant parfois le piquetage au marteau, elles ne se présentent plus qu’à l’état pulvérulent, cette poudre pouvant être facilement charriée par les robinets de purge. Aussi est-il permis de croire que le commerce de cette écorce, précieuse à ce double point de vue, prendra rapidement une grande importance. N
- ** *
- Porte-bagages pour guidon de vélocipède. — La figure 39 montre un porte-bagages construit par la maison Pattey, Lee et Cle. Cet accessoire se distingue des porte-bagages construits jusqu’ici, en ce qu’il peut recevoir des colis de diverses dimensions
- Fig. 39. — Porte-bagages pour guidon de vélocipède.
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- sans qn’il soit nécessaire de dévisser ou revisser aucune pièce.
- Il est formé d’un cadre en métal nickelé qui, à l’aide de deux pinces articulées, s’adapte indifféremment sur un guidon droit ou courbe ; deux porte-courroies à glissières sont montés sur ce cadre et peuvent prendre diverses positions, depuis la position de contact jusqu’à un écartement de 25 à30 centimètres.
- * *
- La longévité des arbres. — En supposant que les arbres dont il va être parlé "plus loin se trouvent dans des terrains qui leur conviennent et sous des climats qui leur soient favorables, voici, d’après la Culture, les âges qu’ils peuvent atteindre :
- Le bouleau vit de 80 à 90 ans ; le charme ; jusqu’à 150 ans; le châtaignier plusieurs siècles, et le chêne rouge également.
- Les érables, sycomores et platanes peuvent
- vivre de 250 à 200 ans, le hêtre, 300 ans ; le mélèze, plusieurs siècles ; le tremble, 50 à 60 ans; le pin sylvestre, 200 ans; le robinier faux acacia, 100 ans ; le sapin, 300 ans ; le saule marccau, 60 ans ; le sorbier, 200 ans ; le tilleul, 500 ans.
- *
- * *
- Le thermomètre de la vie. — Depuis la naissance jusqu’à un an, la croissance est en moyenne de 18 c. 8 m. De 4 à 7 ans, elle est de 5 c. 3 m. De 7 à 8 ans, elle est de 8 c.3 m. De 8 à 9, de 9 à 10, de 10 à 12, elle se maintient à peu près à 5 c. par an. De 12 à 13, elle est de 4 c. 7 m. De 13 à 14, elle atteint 5 c. 8 m. A 15, elle est de 6 c. De 15 à 16, elle est de 15 c. et elle se ralentit rapidement à partir de 17 ans. De 19 à 28, elle n’est plus que de 4 millimètres. Les périodes de croissance les plus actives sont de la naissance à un an, de un à deux, de deux à trois, de sept à huit et de quatorze à quinze.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- Contre la coqueluche. — Voici, d’après la Nature, un moyen préconisé par le docteur Chavernac d’Aix pour guérir la coqueluche, en employant la naphtaline (qui est un produit minéral). On en met dans un récipient en faïence, sur un réchaud, et on chauffe lentement, de peur de brûler le produit, ce qui déterminerait des vapeurs âcres et fatigantes. La naphtaline ne tarde pas à entrer en fusion et inonde l’appartement de ses vapeurs argentines.
- Ce moyen a donné au docteur Chavernac des succès remarquables ; son ûls et lui-même avaient dû leur guérison à ce médicament. Il le fil essayer à diverses reprises avec grand succès.
- ** *
- Moyen d’enlever les taches des verres de lampes. — Il est souvent difficile d’enlever des verres de lampe, les taches venant d’éclaboussures d’huile que la chaleur y a incrustées.
- Quand ces taches résistent au frottement d’un linge imbibé d’alcool ou de savon, de blanc d’Espagne, de tripoli, on les attaque avec l’acide mudariatique ou chlorhydrique..
- On trempe dans cet acide un chiffon de laine et on frotte vivement les parties maculées du verre. — On obtient ainsi et promptement un complet nettoyage.
- (Inventions industrielles)
- *
- * *
- préservation du bois contre le feu. —
- . S’il est une précaution utile à tous, c’est sans contredit celle qui garantit le bois contre les atteintes du feu, si tant est que cela soit possible.
- Il existerait cependant, si nous en croyons le Gardener’s Montly, un enduit qui répondrait complètement à ce desideratum. Prendre verre pilé . .
- — porcelaine pilée
- — pierre pulvérisée
- — chaux. . . .
- — silicate de soude
- Soit
- Mélanger le tout en délayant avec de 1eaU jusqu’à ce qu’on puisse enduire le bois conserver.
- ***
- Moyen de préserver les Chaussures
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- ÎÔo
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- l'humidité. — Sur un feu modéré, faites fondre une certaine quantité de cire jaune; ajoutez-y ensuite, en remuant, même poids de saindoux ou de graisse et autant de miel ; complétez votre composition — après l’avoir retirée du feu — avec la moitié d’essence de térébenthine et continuez de malaxer jusqu’à parfait mélange.
- Avant d’appliquer, chauffez légèrement les cuirs et passez-y, au pinceau, plusieurs couches successives de cet enduit. Avec cela, le cuir devient tout à fait imperméable, tout en restant souple, et on peut impunément barboter dans l’eau ou dans la neige.
- Gravure sur verre. — Voici un moyen bien simple pour les personnes qui ont un peu l’habitude du dessin, de faire de jolies gravures sur verre. A l’aide d’un pinceau de martre, étendez sur la feuille de verre une couche bien unie de vernis de graveur : laissez sécher, puis décalquez le dessin à reproduire. Suivez-en alors les lignes avec une pointe qui découvre le verre, et, lorsque votre dessin est achevé, recouvrez la plaque avec une pâle molle composée de fluorure de calcium et d’acide sulfurique concentré. Au bout de deux heures, lavez avec de l’alcool, et votre dessin est gravé.
- Siccatif brillant pour parquet. — Un des
- meilleurs siccatifs brillants pour parquet se préparé de la manière suivante :
- huile de lin chauffé pendant 2 h. . 2 k.
- c°Pal............................ 1 k. 1/2
- Gualipot................... 4 k.
- Sandaraqne.......................2 k.
- Laque blanche....................6 k.
- Mastic. ’........................4P.
- On ajoute 20 litres d’alcool, après avoir ait fondre à chaud ; on passe, et on colore le Mélange, suivant la couleur que l’on veut °nner au plancher.
- Avant d’employer ce vernis, il est impor-nt de nettoyer soigneusement le parquet °U *es carreaux, après quoi, on l’applique au Phrceau.
- ** *
- Conservation des eoufs. — Bien des pro-. Plus ou moins efficaces ont été Mn6s l,our censerver les œufs.
- îma-
- Yoici un moyen considéré comme donnant d’excellents résultats.
- On met les œufs dans un baril et on les recouvre d’une dissolution froide d’acide sa-licylique.
- On maintient le tout au moyen de quelques petites planches flottant sur le liquide, et que l’on recouvre d’un linge pour empêcher la poussière de pénétrer.
- Ainsi préparés, les œufs se conservent fort longtemps, mais il faut s’en servir dès qu’on les retire du baril.
- Pour faire la solution salicylique, on dissout l’acide dans l’eau bouillante,, à raison d’une cuillerée à bouche d’acidç pour 5 litres cl’eau.
- Il n’est pas nécessaire de faire bouillir toute l’eau, l’acide se dissolvant parfaitement dans une quantité moindre: on ajoute le reste froid. Il faut éviter de mettre la dissolution en contact avec un métal. Dans une cave bien aérée, elle se conserve trois mois ; autrement, il faut la renouveler.
- Le beurre, pétri avec cette dissolution d’acide salicylique et mis dans des jarres en grès, se conserve tout l’hiver.
- On doit le recouvrir d’une mousseline mouillée avec la dissolution, et qu’on renouvellera de temps en temps. On couvre les jarres avec du papier buvard saturé de glycérine.
- (La Culture)
- *
- * *
- Procédé pour faire disparaître du linge les taches de rouille.
- Crème de tartre.............. 50 parties.
- Bioxalate de potasse........ 50 —
- Essence de romarin............ 1 —
- Réduisez en poudre et mêlez bien. Humectez la tache, posez dessous une plaque cl’étain très chaude, et frottez avec la poudre mouillée.
- *
- * *
- Presse à copier très simple. — Mouiller comme à l’habitude la feuille du copie de lettres, placer l’original, mettre le copie de lettres par terre, le couvrir d’une planchette ayant au moins la même surface, et monter sur la dite planchette. Bien que la pression ainsi obtenue soit très inférieure à celle que fournit une presse ordinaire, la copie se fait d’une façon absolument parfaite, au moins
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- avec l’encre que nous avons essayée. Le tout est donc de se procurer une encre convenable, si tant est que tontes ne puissent être employées.
- Nous n’oserions indiquer le procédé comme très élégant pour l’usage ordinaire. Mais on
- a souvent cherché une presse de voyage simple, économique, robuste et peu encombrante. En voici une qui réunit ces qualités, puisqu’elle se compose d’une simple planchette, pesant moins d’un kilogramme.
- Axel.
- CROQUIS RECREATIFS
- LE POLYTECHNICIEN GÉOMÉTRIQUE
- 'article qui suit et qui accompagne l’amusante caricature ci-contre est extrait du journal « La Capitale » qui publie en
- V-pcjVop.- jjl
- « Il est l’œuvre de notre camarade Héron de Villefosse, décédé, ingénieur en chef ou inspecteur général des Mines, élève de la
- promotion 1794;
- m
- même temps toute une série d’études sur l’école polytechnique.
- Son directeur,
- M. Albert Rémond, ancien élève de l’école, prépare, sous le patronage du comité du centenaire, l’annuaire général de tous les anciens polytechniciens.
- Aucune publication de ce genre n’a été faite depuis 1864. Non seulement tous les anciens élèves seront heureux de posséder ce document, mais l’annonce de cette préparation excite déjà vivement la curiosité d u public.
- Parmi les dessins concernant l’Ecole, qui nous sont parvenus jusqu’à ce jour, dit le directeur du journal cité plus haut, en voici un très curieux que nous devons à notre camarade H. Portevin, ingénieur civil à Reims,
- . qui nous écrit, au sujet de cet a Hiéroglyphe polytechnique » :
- Èieroyh/pk&- Potytecfûmjua.
- Type, yéoynètrvjue dwiEUva de CEcofè pp^/Cec/uièçne-,
- (roupè dans lelalyrùUfo dfyypte par rm anc6ra,£lèao. lfoiwe&. edtÜOJt en ffxjmeur du, So eannàerj-aTc defafîüdatùfU .
- Fig. 40. — Le Polytechnicien géométrique.
- il l’avait composé pour le distribuer aux camarades, lors du banquet du 50e anniversaire de la fondation de l’Ecole en 1844.
- « Je tiens le document de mon bisaïeul, le colonel Carette, élève lui aussi de la promotion 1794, qui assistait au banquet avec les camarades Riot et Héron de Villefosse.
- « Mon bisaïeul y fut d’ailleurs particulièrement fêté, parce qu’il était
- accompagné au banquet de son fil8* alors capitaine du Génie et de s°n petit-fils, Mosniei-Chapelle, a 1 o19 élève à l’Ecole.
- * Je représente
- donc la quatrième génération de cette famille vraiment poty' technicienne.
- C.Q-F. O
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, Il8, rue
- d’AssaS'
- La Fère. — Imprimerie Bayen, rue Neigre-
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- (2 BIBlIOTHfME;
- fë A
- LA SCIENCE EN FAMILLE
- LE « PORTELEGTRIC SYSTEM »
- essayé avec
- mmm:-
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- rir1
- n a donné ce nom à un nouveau système de transport des lettres et des petits colis, système qui vient d’être succès on Amérique par la
- montre une partie de cette voie, sur laquelle les solénoïdes sont disposés à lm 80 l’un de l’autre. La fig. 41 montre à une plus grande échelle, le véhicule à son passage dans un
- Fig. 40; — Vue d’ensèmble de la voie.
- Portelectric Company, sous la direction du professeur A. E. Dolbear.
- Ce système consiste en une voie formée de deux rails légers (un rail inférieur portant le véhicule, et un rail supérieur servant au guidage), entre lesquels peut rouler un véhi-
- solénoïde. Le véhicule a parcouru la longueur totale de la voie en 51 secondes, mais les promoteurs de ce projet espèrent dépasser de beaucoup cette vitess’e, ce qui a été démontré possible par les mesures faites sur cette ligne d’essai. Ils se proposent d’at-
- Fig. 41. — Le"véhicule à son passage dans un solénoïdc
- cule en fer, en forme d’obus. Tout le long de L voie sont disposés des solénoïdes, dans lesquels passe le véhicule. Celui-ci est muni ‘l’un appareil de commutation qui envoie un courant électrique dans les solénoïdes qui le précèdent et le coupe dans ceux qui le suivent. De la sorte, le véhicule est constamment attiré, et se déplace avec une grande vitesse.
- Les premiers essais de ce système ont eu Heu à Dorchester (Mass.), sur une Ivoie ovale ‘le 850 mètres, disposée à cet effet. La fig. 40
- teindre une vi-Jdlomètres à Le véhicule pèse 230 kilogr. tenir 10,000 lettré cylindrique
- tesse de 240 l’heure, d’expérience Il peut contres. La par-a une lon-
- gueur de 2m 50 et un diamètre de 25 centimètres. Il est monté sur des frottements à billes.
- Chaque solénoïde comprend 630 tours de fil conducteur, ayant une résistance d’environ 5 ohms. Le rail supérieur est utilisé
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- comme conducteur, et l’énergie est formée par une station d’une puissance de 10 chevaux.
- La voie coûte environ 62,500fr. le kilomètre. L’intensité du courant est de 38 ampères, au potentiel de 200 volts. F. D.
- MÉTÉOROLOGIE
- LA PLUIE A VOLONTÉ — LE VÉRITABLE INITIATEUR DES MOYENS DE LA FAIRE TOMBER.
- N reproduisant l’an dernier un article du Moniteur industriel, sur ce sujet (1), nous avons eu l’occasion de dire ce que nous pensions de l’utilité pratique de cette découverte.
- Nous ne reviendrons donc pas sur ce côté de la question et nous insérons la lettre qui suit au point de vue documentaire.
- En 1824, nous écrit M. Emile LeMaout, un élève en pharmacie, habitant Brest, fut témoin d’une grande perturbation atmosphérique. Quatre navires, dont plusieurs en partance pour les colonies, furent jetés au fond de la rade et brisés. Tous les autres bâtiments chassèrent sur leurs ancres. Le jeune étudiant fit alors cette remarque que tant que les malheureux qui montaient les premiers de ces navires tirèrent, dans cette atfreuse nuit, le canon de détresse, l'ouragan ne fit que croître en intensité, et que sitôt qu’ils furent à la côte, il s’apaisa peu à peu.
- Cette observation fut le point de départ d’une découverte qui ne put être constatée d’une façon complète que longtemps plus tard, quand la guerre de Crimée eut lieu.
- La première pensée qui vint à Charles Le Maout, — c’était le nom de l’élève qui s’établit depuis comme pharmacien à St-Brieuc, sa ville natale, — sa première pensée, quand cette guerre devint inévitable, fut de se mettre en relation avec les faits qui allaient s’accomplir, en épiant avec soin, tous les changements aériens qui ne pouvaient manquer de résulter du choc des armées. L’instrument qui lui parut le plus propre à remplir cet objet était le baromètre, appareil très mobile dont chaque oscillation est l’expression d’un changement produit par une
- (1) Tome v; page 357.
- cause naturelle ou artificielle dans l’état de l’atmosphère.
- Nous empruntons d’ailleurs au livre qu’il publia peu après (1), le passage suivant, dans lequel il montre comment il procéda pour arriver à la constatation de ce qu’il entrevoyait comme une vérité scientifique.
- Mais laissons-lui la parole :
- « Je me dis: Une immense quantité de poudre va être dépensée dans cette guerre. Il est impossible que sa combustion s’opère sans donner lieu à d’importantes modifications dans la masse aérienne. A l’aide d’un instrument aussi sensible que le baromètre, il doit être possible de les apprécier. L’explosion de la poudre n’est pas dans la nature, qui ne procède dans ses œuvres que lentement et par degrés ; c’est un phénomène perturbateur de ses lois et qui ne peut s’accomplir, sur une certaine échelle, sans qu’elles en soient affectées. Pour les trouver, il ne faut donc qu’en tenir compte et établir clés rapports.
- « Chaque fois qu’il y a détonation du canon, H y a expansion subite, suivie aussitôt d’une contraction. De là, choc, percussion, ébranlement, dans la masse aérienne — et chute d’eau. Mais, en abandonnant la vapeur qu’il recèle et qui se condense, l’air change de densité, il devient plus lourd ; et c’est alors que le baromètre, qui n’est qu’une balance excessivement sensible, en constate l’accroissement de poids, on s’élevant plus ou moins rapidement.
- « Le vent qui se manifeste aussitôt n’est produit que par le déplacement de l’air qui se porte avec rapidité vers l’endroit où la condensation de la vapeur a été la plus abondante. 11 s’v précipite. pour remplir un vide d’autant plus grand, que cette vapeur avait un volume dix-sept cents fois
- (1) Les canonnades de Sébastopol, ou le canon et le baromètre pendant le siège de celte place, avec Notice sur l’achon condensatrice du son des cloches, l’e»® des incendies, des éruptions de volcans et des explosions de mines et de poudrières, sur le baromètre. (Vol. in-8dci-xi-zlo âges et 13 planches. — Saint-Brieuc, 1856.)
- WM
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- plus considérable que celui de l’eau qu’elle représente.
- « Il suffit de constater, par un grand nombre de pesées, faites à une distance très rapprochée, les variations qui s’opèrent dans le poids de l’atmosphère, pour se rendre compte des changements qui s’y sont produits. L’intervalle entre chaque pesée ne .peut plus renfermer que des erreurs sans importance.
- « C’est ce que je me suis attaché à faire dans mes observations, où j’ai retracé par des figures, plutôt que par des chiffres (pour en saisir plus facilement les rapports avec les yeux) les variations qui s’y manifestaient. Reliant entre elles, par de simples traits d’union, ces observations représentées par des points, sur un papier quadrillé, je suis arrivé à suivre, de minute en minute, pour ainsi dire, le trajet du baromètre.
- « Il ne s’agissait plus que de trouver des rapports. En recherchant les dates des combats et des principaux bombardements, j’ai remarqué ce qui suit :
- » Toutes les fois que, dans un temps rapproché, on tire un certain nombre de coups de canon, trois phénomènes consécutifs, et qui sont la conséquence les uns des autres, s’accomplissent en quelques heures :
- “ Il pleut, — il vente, — et le baromètre monte.
- « L’ascension de la colonne de mercure est d’autant plus rapide que la canonnade a été forte et que le baromètre était bas, au moment où elle a commencé.
- " La distance ne paraît pas influer d’une manière notable sur le temps nécessaire à l’accomplisse-nient de ces phénomènes. A 7 ou 800 lieues, ainsi ino je l’ai remarqué dans les bombardements h’Odessa, de Silistrie, dans la bataille de l’Alma, etc-, en deux heures et demie, trois heures, trois heures et demie, le triple phénomène se réalise, En France, à l’occasion des fêtes publiques, quand 011 tire le canon à 6 heures du matin et à 6 heures l*u soir, on a presque toujours de la pluie à ^ heures, soir et matin. »
- L’auteur, pour amener la diffusion de ses idées, ne se borna pas à la publication de Son livre, qui fut précédé de nombreux arti-cles, parus depuis 1854. Celui-ci fut suivi, la htêtne année, d’un Exposé de la doctrine des COndensalions, puis de brochures, de mé-m°ires, intitulés: Effets du canon et du son cloches sur Vatmosphère ; — Le canon e^ja pluie ; — Cuirassés, torpilles, et tempes, etc. N’ayant à sa disposition qu’un 0rgane de province d’un faible tirage, il Adressa parfois à des feuilles d’une grande Publicité, comme en 1870, au Petit Moniteur
- universel, et, en 1887, au Petit Journal, qui lui ouvrirent obligeamment leurs colonnes.
- Malgré cette publicité, Charles Le Maout, qui n’avait pas cru devoir soumettre à l’exa-men de l’Académie des Sciences, ses découvertes, — quelque respect qu’il eût d’ailleurs pour ce corps éminent, — vit celles-ci accueillies favorablement dans certains Etats, surtout en Amérique, mais en même temps il eut l’amertume de voir des savants étrangers se les attribuer. Il protesta avec énergie, l’année même de sa mort, plus pour son pays que pour lui-même, contre cette façon d’agir.
- Du principe admis on a passé vite à l’application. Aujourd’hui on ne veut plus se borner aux décharges d’artillerie terrestre ; c’est au sein des nuages qu’on veut provoquer les condensations. Cependant il n’est nul besoin d’en arriver jusque-là. Si l’on consulte à ce sujet les écrits de Charles Le Maout, ils répondront que « le canon peut de près, comme de loin, produire de la pluie. «
- « L’ébranlement de l’air par le tir du canon, dit-il, est en première ligne, parce qu’il agit à d’immenses distances, à des centaines de lieues ; ce qui ne peut paraître extraordinaire, si l’on considère que la voix de l’homme peut être transmise par téléphone à plus de 80 kilomètres. Ceci s’explique facilement, car tout se touche dans la nature, tout se lie, tout tend à s’équilibrer.
- « Or, qui dira de combien de milliers de fois la détonation du canon est plus intense que celle de la voix humaine ? L’onde sonore a des limites, mais quand elle cesse d’être perceptible pour nous, qui sait où elle s’éteint, où elle s’arrête ?
- « La catastrophe du Krakatoa, en août 1883, produisit une ondulation aérienne qui fit plus d’une fois le tour de la terre en trente-six heures.
- « Ainsi l’ébranlement de la masse aérienne causé par la percussion du terrible engin a d’immenses conséquences:
- « 1° Il condense les vapeurs aqueuses contenues dans l’air et fait pleuvoir.
- « 2° Cette condensation détermine la formation de vent gravitant vers son foyer, qui est généralement le point du ciel où les nuages se sont accumulés et où va se produire le vide que l’air devra remplir.
- « Les conditions les plus favorables pour cette condensation sont un ciel couvert et une basse température.
- « Voilà donc trois puissants résultats qu’il est au pouvoir de l’homme de produire, à l’aide de décharges d’artillerie :
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- « Faire pleuvoir, — engendrer du vent, — et le faire souffler dans une direction déterminée.
- « Ce sont là des moyens artificiels, mais reposant sur des propriétés physiques, dont on pourra tirer parti un jour et dont il me paraît utile de vulgariser la connaissance.
- « C’est ce que je m’attache à faire depuis la guerre de Crimée, pendant laquelle j’ai pu les constater par de très nombreuses observations. »
- Voilà ce que mon père écrivait encore en 1886.
- On trouvera sans doute naturel qu’un des
- siens proteste, en ce moment où il est tant question de la production de la pluie à volonté, contre l’usurpation d’une découverte à laquelle il a travaillé toute sa vie avec la ténacité d’un breton et le désintéressement d’un savant, découverte qui lui a permis de formuler les axiomes suivants :
- La nature prépare les orages et les tempêtes ; l’homme les fait éclater.
- Dieu fait le temps beau, l’homme le rend mauvais.
- Qui sème la poudre, recueille la tempête!
- PEINTURES LUMINEUSES DE DIVERSES COULEURS
- n journal allemand donne les formules suivantes pour préparer ces peintures. Elles peuvent être employées pour la fabrication des papiers colorés, sans vernis, en mélangeant les matières sèches avec de l’eau, de façon à former une pâte. Ces peintures lumineuses peuvent aussi être employées comme des couleurs à la cire pour peindre sur verre ou suides matières analogues ; on y ajoute alors, au lieu de vernis, 10 0/0 de cire du Japon ou 1/4 de cette quantité, d’huile d’olive. Les couleurs à la cire préparées de celte façon peuvent aussi être employées pour peindre sur porcelaine ; il faut alors les cuire avec soin, à l’abri de l’air.
- Peinture lumineuse orange.
- Vernis........................... 46
- Sulfate de baryte................... 17,5
- Jaune indien..................... 1
- Couleur de garance................... 1,5
- Sulfure de calcium phosphorescent. 38
- Peinture lumineuse jaune.
- Peinture lumineuse bleue.
- Vernis.......................... 42
- Sulfate de baryte.................. 10,2
- Bleu d’outremer..................... 6,4
- Bleu de cobalt...................... 6,4
- Sulfure de calcium phosphorescent. 46
- Peinture lumineuse violette.
- Vernis.......................... 42
- Sulfate de baryte............... 10,2
- Violet d’outremer............... 2,8
- Arsénite de cobalt.............. 9
- Sulfure de calcium phosphorescent. 36
- Peinture lumineuse grise.
- Vernis.......................... 45
- Sulfate de baryte............... 6
- Carbonate de chaux.............. 6
- Bleu d’outremer.................... 0,5
- Sulfure de zinc gris............ 6,5
- Peinture lumineuse jaune brun.
- Vernis..........................
- Sulfate de baryte...............
- Couleur d’or...................
- Sulfure de calcium phosphorescent. :
- Vernis............................ 48
- Sulfate de baryte................. 10
- Chromate de baryte................. 8
- Sulfure de calcium phosphorescent. 34
- Peinture lumineuse verte.
- Vernis............................. 48
- Sulfate de baryte.................. 10
- Oxyde vert de chrome................ 8
- Sulfure de calcium phosphorescent. 34
- Les peintures lumineuses pour les usages artistiques sont préparées de la même fa5°*h en remplaçant les vernis par de l’huile pavot line, et prenant toutes les précaution® pour pulvériser les matières aussi finenaei que possible.
- Pour les couleurs à l’huile, on vernis par de l’huile de lin, pressée a et épaissie par la chaleur.
- remplace ^ froid
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- LE CHOCOLAT
- SES ORIGINES, SA FABRICATION, SA VALEUR ALIMENTAIRE
- Sorsque, vers l’année 1520, les Espagnols entrèrent au Mexique, ils trouvèrent dans l’alimentation des indigènes l’usage d’une pâte confectionnée avec une sorte de fève pilée, de la farine de maïs et une dose exhorbitante du piment le plus fort.
- C’est l’origine de notre chocolat actuel ; le nom lui-même n’est pas autre chose que l’altération du mot Thotcolatl, par lequel les Mexicains désignaient cet aliment.
- Les Espagnols imaginèrent le chocolat chaud, et c’est à eux qu’on est redevable de sa fabrication actuelle. Ils transmirent ce produit aux Européens, quelque temps après la conquête du Mexique, et le chocolat pénétra successivement au Portugal, en Italie, en France.
- On ne sait pas au juste l’époque précise à laquelle il fut importé dans notre pays ; on ignore également le nom du personnage qui l’y apporta.
- On suppose que le chocolat fut connu en France à la suite du mariage de Marie-Thérèse, infante d’Espagne, avec le dauphin, fils de Louis XIII ; suivant d’autres, il y aurait été apporté par le cardinal Alphonse de Richelieu, frère du ministre et archevêque de Lyon, qui en aurait tenu la recette de moines espagnols.
- On l’appelait alors la boisson des dieux, et un nommé Chaillou, officier de la reine, et possesseur d’un privilège qui lui permettait d’être le seul débitant de la préparation à la niode, devint le premier chocolatier : il était établi près de la fontaine de la rue de l’Arbre-Sec.
- Après 1660, on voit le chocolat en usage dans les hautes classes de la société ; mais Ce* usage fut long à se généraliser, et pendant longtemps, à cause de son prix fort élevé, le chocolat fut regardé comme un aliment de luxe;
- O ailleurs, les chocolats de France furent longtemps de qualité inférieure, cela tenait à la difficulté qu’on y éprouvait alors de se Procurer de bons cacaos. Après 1815 seule-
- ment, cette industrie se développa et progressa, et, depuis cette époque, elle n’a cessé de se perfectionner : aujourd’hui, peut-on dire avec assurance, ses produits sont regardés comme supérieurs à ceux de tous les autres pays.
- Le cacao est la graine du cacaoyer, arbre originaire du Mexique, où il croit spontanément dans les endroits chauds et humides, atteignant parfois jusqu’à 10 mètres, 12 mètres et même 15 mètres de hauteur.
- On compte actuellement une dizaine d’espèces de cacaoyers, mais quelques-unes seulement sont cultivées pour leurs graines ; le plus connu est le cacaoyer commun, originaire de l’Amérique méridionale et cultivé au Mexique; à Caracas, au Venezuéla. aux Antilles. Viennent ensuite le cacaoyer de Guyane, qui n’atteint guère plus de 5 mètres, dont les naturels estiment beaucoup les graines encore fraîches ; le cacaoyer bicolore, encore plus petit que le précédent, commun au Brésil et en Bolivie, et dont les graines sont d’une qualité inférieure; le cacaoyer sauvage, très abondant en Guyane, etc.
- Le cacaoyer donne un grand nombre de fruits appelés calebasses. Ces fruits, longs de 15 à 20 centimètres, de la forme d’un concombre, sont formés d’une enveloppe rugueuse, renfermant les graines ou fèves de cacao, avec lesquelles on fabrique le chocolat. Mille pieds de cacaoyer rapportent de 7 à 800 kilos de graines.
- La récolte du cacao a lieu en juin et en décembre : cette seconde récolte est beaucoup plus considérable que la première. Dès qu’ils sont mûrs, les fruits se détachent de l’arbre avec facilité, et l’extraction de leurs graines a lieu aussitôt. Des femmes, des enfants ouvrent ces fruits avec des couteaux et des maillets et, à l'aide d’une spatule en bois, ils retirent les amandes.
- Avant d’être livrées au commerce, ces graines subissent diverses préparations.
- Encore fraîches, elles sont mises dans de grands canots en bois et recouvertes avec de larges feuilles de bananier; quand ces canots
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- sont pleins, on les ferme avec des grandes planches sur lesquelles on pose des pierres, et les graines fermentent pendant quatre ou cinq jours. On a soin de les remuer souvent, et dès que le testa (enveloppe de la graine) a pris une couleur rougeâtre, on les retire pour les faire sécher au soleil.
- Quelquefois, afin d’enlever au cacao toute son âcreté, on enfouit les graines dans la terre, pendant quarante jours au maximum : cette opération se nomme le terrage. Voici comment on s’y prend le plus souvent. On jette les graines dans des fosses peu profondes, on les recouvre d’une légère couche de sable fin, et on les y laisse quatre jours environ en les remuant de temps à autre pour empêcher que la fermentation ne dégénère en moisissure. On les retire, on les débarrasse de la pulpe et on les étend au soleil sur des nattes de jonc. Elles sèchent et on reconnaît que la dessiccation est complète, lorsqu’elles résonnent en les secouant les unes contre les autres, ou qu’elles éclatent dès qu’on les serre dans la main.
- Le cacao ainsi préparé se nomme cacao terré et il est plus estimé que le cacao simplement séché au feu.
- Les variétés commerciales de cacao se distinguent par leur forme, leur grosseur, leur coloration : le cacao des îles qui, comme son nom l’indique, nous vient des Antilles et dont le testa, assez épais, est aplati; le cacao ber-biche, à graines plus courtes, arrondies et bien onctueuses ; le cacaodc Surinam .allongé; et enfin le cacao caraque, qui nous arrive du Venezuéla, dont les fèves sont plus grosses, plus arrondies, plus onctueuses, plus amères que les autres, et qui est de beaucoup le plus estimé.
- Dans la fabrication du chocolat, on commence d’abord par faire griller les amandes afin d’en développer l’arome : on les concasse, on les réduit en pâte entre deux cylindres mûs par la vapeur, et on y ajoute à peu près les deux tiers de son poids de sucre : si l’on veut obtenir un chocolat parfumé, on met de la vanille ou de la cannelle. Quand le mélange est rendu bien homogène, et qu’on l’a débarrassé, à l’aide d’un instrument appelé boudi-neuse, de toutes les bulles d’air qu’il peut contenir, on coule la pâte dans des moules. Dès qu’elle est refroidie, on retire les tablettes et,
- afin d’en conserver l’arome, on les enveloppe dans des feuilles d’étain dont chacune représente un poids de 3 à 4 grammes environ.
- Le chocolat se consomme tantôt à l’état sec, tantôt à l’état liquide, c’est-à-dire dissous dans l’eau ou le lait.
- Brillat-Savarin, grand maître en l’art de la gastronomie, a dit : « Quand vous voudrez prendre de bon chocolat, faites-le fondre dès la veille, dans une cafetière de faïence, et lais-sez-le là. Le repos de la nuit le concentre et lui donne un velouté qui le rend meilleur. »
- Cependant, il est juste de dire que tout le monde n’est pas de l’avis de l’illustre gourmet, etM. Pelletier, par exemple, donne comme
- étant le meilleur de tous, le procédé suivant :
- < Coupez la tablette en plusieurs morceaux, mettez-les au fond d’un bol, et prenant une petite quantité d’eau ou de lait, versez et faites fondre en délayant avec une cuiller. Lorsque la dissolution est parfaite, versez dans la chocolatière et remuez. Posez sur le feu pendant un quart d’heure ; ainsi préparé, votre chocolat sera excellent. »
- Le chocolat de bonne qualité est un aliment de bonne nature, réparateur et possédant de grandes qualités nutritives. Il renferme une matière grasse très abondante, le beurre de cacao, 48 à 50 0/0 ; une forte proportion de matières azotées, environ 20 0/0; amidons, matières sucrées, 10 0/0 ; réunissant ainsi les trois éléments qui, dans l’économie, concourent à la production des graisses, aux combustions respiratoires, et à la réparation des tissus musculaires, il constitue, sous une seule forme, ce que l’on nomme un aliment complet.
- « Le chocolat fait engraisser, dit un hygiéniste de mérite, M. le docteur Riant, dans ses Leçons d'hygiène : c’est un aliment qui restaure sans exciter. Il convient aux personnes maigres et nerveuses, aux convalescents, à ceux dont la poitrine est délicate. Ce n’est pas l’aliment des personnes lymphatiques et disposées à l’obésité.
- A un autre endroit, il ajoute : « Il est des estomacs auxquelles les matières grasses et les matières sucrées ne conviennent pas. Les chocolats trop gras, les chocolats espagnols, par exemple, seront mal supportés.
- Le chocolat à l’eau est plus léger que le chocolat au lait ou à la crème; cette dernière
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- préparation renfermant, outre le beurre de cacao, les matières grasses du beurre contenu dans le lait ou dans la crème. » Malheureusement, si l’industrie des chocolats a fait en France des progrès qui lui ont assuré la première place dans le commerce international, la fraude a suivi la même progression et, de nos jours, pour le chocolat, comme pour tant d’autres denrées, les con-
- sommateurs ne savent plus où placer leur confiance.
- Nous laissons à notre savant collaborateur, M. Larbalétrier, le soin de les mettre en garde contre les falsificateurs, et de les aider, dans ! un prochain article, à reconnaître les bons produits des produits frelatés et nuisibles à la santé.
- LES NOMBRES CURIEUX (i)
- LES NOMBRES PARFAITS
- es nombres parfaits sont des nombres entiers valant la somme de leurs parties aliquotes, c’est-à-dire égaux à la sofnme de leurs diviseurs, moins le nombre lui-même.
- Ainsi 6 est un nombre parfait. Car ses parties aliquotes, ses diviseurs entiers, moins lui même, égalent 6 (1+2+3 = 6).
- Quelques nombres parfaits étaient connus d’Euclide, célèbre géomètre grec qui vivait à Alexandrie 320 ans avant Jésus-Christ, mais la théorie de ces nombres, qui n’est pas encore connue en ce qui concerne les nombres parfaits impairs, était évidemment ignorée des anciens. Bans différents ouvrages des xvne, xvme et même du xixe siècle on ne signale que sept nombres parfaits, et encore, parmi ces sept nombres, en trouve-t-on trois qui sont mauvais.
- Dans les récréations mathématiques de D. H. P. E. M. (Docteur Henrion, professeur es-mathématiques) ouvrage publié à Paris, chez Anthoine Robinot, au quatrième pillier de la grande salle du Palais, en mdcxxx (1630) (la première partie a même été publiée en 1620), nous trouvons le § suivant :
- « Le nombre de 6 est premier entre ceux que les arithméticiens nomment parfaicts, c est-à-dire égaux à toutes leurs parties aliquotes ; car 1, 2, 3, font 6. Or, c’est merveille de voir combien peu il y en a de semblables et combien rares sont les nombres aussi bien que les hommes parfaicts: car depuis 1 jusques 40,000,000, il n’y en a que sept, à sçavoir
- 6 — 28 — 486 - 8,128 — 130,816 —1,996,128 et 33,550,336, avec cette propriété admirable qu’ils se terminent toujours alternativement en 6 et 8 ».
- Les trois mauvais, parmi les sept nombres ci-dessus sont 486 — 130.816 et 1.996.128.
- Julia de Fontenelle, dans son manuel complet des sorciers — Paris, Roret, libraire, Rue Hautefeuille,au coin de celle du Battoir, 1829, — a aussi reproduit ces erreurs.
- A l’époque actuelle, en 1892, on ne connaît encore que neuf nombres parfaits.
- On les obtient par la formule,
- N = 2M (2n - 1)
- dans laquelle n doit être un nombre premier ainsi que le facteur 2“ — 1.
- C’est cette dernière condition qui empêche de trouver une plus grande quantité de nombres parfaits. En effet : lorsque n, l’exposant, est supérieur à 100, dans l’état actuel de l’avancement des sciences, nous ne savons pas reconnaître si 2n — 1 est premier.
- Voici les neuf nombres parfaits connus :
- 1er
- 2e
- 3e
- 4e
- 5e
- 6°
- 7°
- 8e
- 2.305
- ... 496
- . . . 8.128 . 33.550.336
- 8.589.869.056 137.438.691.328 843.008.139.952.128
- U) Voir le dernier numéro.
- et un neuvième qui est fourni par le produit de 260 par 261 _ i. Nous ne le donnons pas
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- 104
- LÀ SCiENCE ÉN FAMILLE
- parce qu’il est trop long. Nos lecteurs peuvent s’amuser à le chercher.
- Ces nombres parfaits correspondent à n = 2, 3, 5, 7, 13, 17, 19, 31 et 61 Lorsque n correspond à 11, 23, 29, 37, 41 43, 47, 53, et 59, les nombres 2U — 1 ne sent pas premiers.
- 2H — 1 est divisible par
- 2” — 1 -
- 2 20 — 1 —
- 237 — 1 —
- 23, d’après Edouard Lucas. 47, —
- 233, —
- 223, d’après Fermât.
- 2*' — 1 2** — 1 247 — 1 O oi __ J
- 250 — 1
- 13.367, d’après Plana.
- 431, d’après Landry. 2.351, —
- 6.851, —
- 179.951, —
- Dès que nous pourrons sûrement et pratiquement reconnaître si les nombres de la forme 2n — 1 sont oui ou non premiers, nous pourrons facilement trouver d’autres nombres parfaits.
- A. Hubert.
- LES NOUVELLES VARIÉTÉS DE CHRYSANTHÈMES
- e Chrysanthème est la fleur à la mode, et on peut dire que jamais mode ne fut plus justifiée.
- Depuis plusieurs années, cette fleur a conquis partout l’estime publique, et partout, en France comme à l’étranger, des expositions spéciales ont été organisées par des Sociétés d’horticulture, pour cette « Jolie Orientale», la Fleur d'or, la Reine de VAutomne, comme a été baptisée la fleur qui continue de parer nos jardins, lorsque ses sœurs ont été détruites par les premiers frimas. A Londres même, une Société s’est fondée, la Chrysantemum National Society, avec la mission de s’appliquer spécialement à la culture et à l’étude de ces fleurs.
- La mode des chrysanthèmes remonte à 1861, époque à laquelle Robert Fortune introduisit en Europe le chrysanthème japonais; cependant, on l’avait connu en France auparavant. En effet, en 1789, Blancard, capitaine du port de Marseille,apporta le premier chrysanthème dans nos pays ; mais cette fleur n’y fut guère connue que plus tard, après que M. Bernet,-de-Toulouse,-en eut fait, en 1827, des semis intelligents, et l’eut soumise à une culture appropriée.
- Depuis 1861, la vogue des chrysanthèmes a été en augmentant chaque année.
- On a pu en obtenir une quantité considérable de variétés, sous le rapport fies couleurs comme sous le rapport de la forme de la corolle et des pétales, et enfin, dans ces derniers temps, on s’est appliqué â l’étude des floraisons précoces et tardives, de façon à
- pouvoir, par des procédés de culture en serre ou en pleine terre, prolonger de plusieurs mois, la durée de l’ornementation delaplante.
- La culture des chrysanthèmes est facile : c’est une plante vivace et rustique, peu difficile dans le choix du terrain, et s’accom-modant de la culture en serre comme de la culture en pleine terre ; aucune autre fleur ne peut donner par la culture, plus de variétés de formes et de couleurs, et, de plus, elle est la véritable fleur de l’arrière-saison, le dernier ornement de nos parterres.
- Les fleurs coupées de chrysanthèmes se conservent longtemps fraîches ; nous n’en connaissons pas de plus belles pour orner les grands vases des salons pendant l’automne et une grande partie de l’hiver, en y mélangeant quelques tiges d’arbustes à feuillage persistant.
- Pour obtenir de ces fleurs si remarquées pendant les expositions, et qui atteignent parfois 15, 20 et même 25 centimètres, il faut ne laisser qu’une tige ou deux par pied, et une fleur sur chaque tige, sans toucher aux feuilles.
- On jouirait de ces belles plantes pendant-une grande partie de l’hiver, si l’on prenait soin, comme les Anglais, de les rentrer dès les premiers froids dans des « conservatoires » qu’ils savent orner de toutes les plantes non frileuses, ou, enfin, dans un local quelconque non chauffé, mais suffisamment éclairé et aéré. On peut encore les préserver longtemps des intempéries et des gelées, en les plaçant sous des châssis surélevés, sou-
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- tenus simplement par un double rang de perches, fixées horizontalement sur quelques piquets ; on peut par ce moyen, en abritant les plantes pendant les nuits froides, cueillir
- Le Lilian B. Bird, que représente notre gravure, est une de ces nouveautés : cette gravure nous a été obligeamment conûée par l’établissement horticole de M. Bruant, de
- SèM&Hli
- Fig, 42, — Les Chrysanthèmes nouveaux : le Lilian B, Bird,
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- souvent des fleurs jusqu’au mois de janvier. 11 faudrait tout un volume pour décrire les U0 variétés obtenues jusqu’alors, et, chaque année, le nombre des nouveautés livrées au commerce est considérable.
- Poitiers, qui s’est signalé, dans ces dernières années, par ses importations directes d’Amérique et du Japon.
- Le Lilian B. Bird présente une fleur d’une forme nouvelle, formant un immense demi-
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- globe, composé de très longs tubes minces et rigides, d’une couleur rose de crevette la plus séduisante. C’est une variété robuste qui donne en abondance des fleurs de longue durée.
- Elle appartient à cette catégorie de chrysanthèmes exotiques, aux grandes ligules contournées ou réfléchies, aux formes originales, aux coloris étonnants. Au moyen de la culture uniflore on obtient jusqu’à 15 pouces anglais, soit 32 centimètres de diamètre !
- Mais la plupart de ces variétés sont à floraison mi-tardive ou tardive, s’échelonnant depuis le commencement de novembre jusqu’en janvier, il est donc préférable de les cultiver sous verre, dans nos contrées du moins, à partir de la mi-octobre.
- La serre fermée et humide leur est absolu-
- ment défavorable, il leur faut beaucoup d’air, beaucoup de lumière et pas de pluie sur leurs beaux capitules.
- En groupant les plantes en octobre sous le simple abri de châssis surélevés, enveloppées de quelques paillassons - pendant les nuits froides, cette modeste et peu coûteuse installation suffit souvent pour obtenir des fleurs jusqu’en janvier.
- Parmi les variétés plus nouvelles encore, et remarquées à l’exposition d’horticulture de Paris, il convient de citer : Louis JBœhmeret Mislress Alphens Hardy, appartenant tous deux à l’espèce des chrysanthèmes à fleurs duveteuses, c’est-à-dire garnies d’une multitude de petits poils hérissés : le premier est d’un beau lilas clair, le second d’un blanc pur. Ch. Fleury.
- PHOTOGRAPHIE PRATIQUE
- CONSERVATION DES RÉVÉLATEURS
- Un de nos abonnés nous demande comment il se fait quelesbains d’hydroquinone ou d’acide pyrogallique ne se conservent que fort peu de temps, et quels moyens nous préconisons pour prolonger la durée de ce bain.
- La question semblera fort simple lorsque nous aurons fait connaître le rôle chimique des différentes substances révélatrices.
- La série de ces produits est fort longue pour les citer tous : leur caractère principal, c’est le pouvoir réducteur qu’ils possèdent tous à un degré plus ou moins élevé. Ce sont en général des composés hydrogénés : hydroqui-none, hydroxylamine, etc. Comme leur nom l’indique, ils réduisent les sels d’or, d’argent et de mercure à l’état métallique, de là leur emploi comme révélateurs des images photographiques obtenues au moyen d’un sel d’argent.
- La nature de leur composition leur donne une tendance marquée à absorber l’oxygène de l’air, et cette propriété est encore augmentée dans la composition des bains de développement. Le carbonate et le sulfite de soude accentuent cette absorption, et de celle-ci dépend la coloration que prennent rapidement les bains ; c’est en un mot un phénomène d'oxydation.
- L’acide pyrogallique et l’iconogène qui
- possèdent un pouvoir réducteur très intense, se colorent très rapidement, absorbent facilement l’oxygène de l’air, ce qui les fait même employer dans l’analyse de l’air atmosphérique.
- Les bains révélateurs ont presque toujours une composition analogue ; ils se composent d’abord du réducteur : hydroquinone, acide pyrogallique, iconogène, pyrocatéchine, hy-droxylamine, etc. Pour activer leurs propriétés on les assortit à un sel alcalin, tel que le carbonate de soude ou de potasse, et quelquefois à l’alcali même, la potasse, la soude caustique ou l'ammoniaque. Le sulfite de soude agit en partie comme décolorant; mais son action est insuffisante pour obvier complètement à l’oxydation du bain où il entre comme composant.
- Voici différentes formules de révélateurs, qui ont une certaine analogie de composition, et tels qu’on les a préparés couramment depuis leur apparition.
- Béveloppateur pyrogallique.
- Solution A.
- Eau distillée 1,000 gr.
- Acide pyrogallique... . 12 gr-
- Sulfite neutre de soude 50 gr.
- Acide citrique (Pour la
- conservation...... 5 gr.
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- La dCIENGfci EN ÎAMiLLE
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- Solution B.
- Eau...................... 1,000 gr.
- Carbonate de potasse.. 60 gr.
- Sulfite neutre de soude 25 gr.
- Pour l’emploi, on mélange les deux solutions en parties égales.
- Nous y trouvons comme agent conservateur, l’acide citrique, l’alcool, et comme décolorant, le sulfite de soude.
- L’énergie est plus grande ëncore lorsqu’on emploie les bases mêmes, la potasse, la soude, et l’ammoniaque caustiques.
- Nous avons dit que l’altération des bains était due à une oxydation, et que l’oxygène était emprunté à l’air atmosphérique. On conçoit donc aisément qu’un bain se conser-, vera plus facilement à l’abri de l’air, car on éloignera ainsi une cause d’oxydation.
- Bêveloppateur à Vlconogène.
- Solution A.
- Eau de pluie 1,000 gr.
- Sulfite de soude 75 gr.
- Iconogène 20 gr.
- Solution B.
- Eau de pluie. 1,000 gr.
- Carbonate de soude.... 250 gr.
- Sulfite de soude 75 gr.
- Dêveloppateur à Vhydroquînone.
- Solution A.
- Eau 1,000 gr.
- Sulfite de soude 75 gr.
- Carbonate de soude.... 150 gr.
- Solution B.
- Eau 100 c. c.
- Alcool 100 c. c.
- Hydroquinone 10 gr.
- Acide citrique 2 gr.
- Nous pourrions continuer ainsi d’indiquer
- quantité de développateurs ayant une cer-
- taine analogie entre eux et qui renferment tous du carbonate et du sulfite; mais là n’est pas notre but. Nous avons suffisamment montré sur ces quelques exemples que les moyens employés en vue de donner au bain la composition la plus favorable, sont sensiblement les mêmes. Nombre de formules se rapportent aux précédentes et n’en diffèrent que par les proportions des éléments constitutifs.
- La latitude est du reste très grande pour la composition à donner aux bains révélateurs. Ceux-ci agissent presque toujours, après un temps plus ou moins long, qui dépend de leur concentration et de l’énergie des substances employées. Ainsi un bain préparé au carbonate de potasse agit plus rapidement qu un bain où on aurait remplacé ce produit Par le carbonate de soude, qui est moins actif.
- Fig. 44.
- Ce moyen n’est pas toujours possible, surtout pendant le développement. On fera bien de s’y conformer le plus qu’on pourra en tenant les solutions dans des flacons bien bouchés et remplis entièrement, si c’est possible.
- On peut se servir aussi d’un appareil en verre (fig.43) pour la conservation des bains à l’abri de l’air.
- Il consiste en un flacon à deux tubulur ;s supérieures et muni d’un robinet à sa base.
- On remplit l’appareil par le tube T et on recouvre le liquide d’une couche de pétrole ou d’huile.
- Le tube S sert à l’introduction de l’air. On peut remplacer avec avantage le tube à entonnoir T par un tube de sûreté de Welter (fig. 44).
- Il existe un moyen aussi simple que pratique, pour garder la transparence au bain. Ce moyen consiste dans l’emploi d’une substance subissant l’oxydation, sans altérer d’une façon notable sa coloration. On emploie dans ce but le ferro-cyanure de potassium ou prussiate jaune de potasse, qui se trans-
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- forme par oxydation en ferri-cyanure ou prussiate rouge.
- Il ne peut pas être ajouté au bain en proportion trop grande, car il agit comme retardateur. Il faut également employer exclusivement le produit pur et non la substance commune du commerce.
- Cette méthode a été préconisée parM.Hen-duron (1) et bientôt suivie par une foule d’auteurs. Certains ont prétendu que le ferri-cyanure agissait variablement et qu’il poussait au voile dans certains cas. Il est vrai que l’abus est toujours possible, et qu’on ne trouve pas toujours un produit assez pur.
- Il n’en est pas moins certain que la plupart des révélateurs vendus dans le commerce, sous forme liquide ou solide, en contiennent. C’est, en un mot, le moyen de conservation le plus énergique, s’opposant à l’oxydation, à l’opacité des bains. On l’em-
- ploie dans les proportions de 3 à 5 grammes pour 1 litre de bain.
- On a employé encore, dans le but de conserver les révélateurs, l’acide salicylique.
- Vincent (1) a remarqué qu’une solution composée de 1 gr. d’acide salicylique, 10 gr. d’acide pyrogallique et un litre d’eau, était restée plusieurs années sans présenter de traces de décomposition. Il n’est pas nécessaire d’employer une proportion élevée d’acide salicylique, il suffit d’une addition de 1 d’a-près Samman (2). 1000
- On a recommandé encore l’emploi du tanin, de l’acide gallique, de la glycérine, du sucre, etc. ; les citrates de potasse, d’ammoniaque, tous ces produits agissent comme retardateurs énergiques, et peuvent contribuer plus ou moins à la conservation du bain.
- P. S.
- ÉPHÊMÉRIDES ASTRONOMIQUES
- MARS 1892
- SOLEIL. — Entrée dans Bélier le 20 à 3 h. 31 m. du matin. — C’est l’instant précis où commence le Printemps. Cette saison a une durée de 92 j. 21 h. Le soleil entre en apparence le 20 mars dans l’hémisphère boréal. L’inclinaison de l’écliptique sur l’équateur est pour 1892 de
- 23° 27’ 16”, 78, le 1er janvier.
- 23» 27’ 17”, 70, le 1er juillet.
- 23° 27’ 18”, 41, le 31 décembre.
- L’excentricité de l’orbite apparente du Soleil est actuellement 0,0167701.
- Suivre les taches.
- Les jours croissent de 1 h. 48 m. pendant le mois de mars. — Temps moyen à midi vrai, le 16, 0 h. 8 m. 35 s.
- LUNE. — P. Q., le 5 à 7 h. 24 s, ; P. L. le 13 à 1 h. 5 m. s. ; D. Q., le 21 à 5 h. 26 m. s. ; N. L., le 28, à 1 h. 27 m. s.
- La Lune pascale, c’est-à-dire celle qui devient pleine immédiatement apres l’équinoxe de printemps, ainsi que l’a déterminé le concile de Nicée en 325, commencera en 1892 le 28 mars, et sera pleine le 12 avril. Pâques se trouvera cinq jours plus tard, soit le 17 avril.
- OCCULTATION. — Le 17, \ Vierge (à 33 m. 4 du M.) ; Uranus (à 0 h. 41 m. 9, M) ; le 19, 6, Scorpion (à 5 h. 30 m. 8, M).
- (1) Brit Journ. Phot 1879, p. 31.
- PLANÈTES. — Vénus, étoile du soir (facile). Mars, visible dans la deuxième partie de la nuit. Jupiter (invisible). Saturne, visible toute la nuit; passe au méridien entre 1 h. 19 du m. et 11 h. 50 du soir. Observer avec soin l’anneau. Uranus, visible la nuit (difficile).
- CONSTELLATIONS. — Voir la Science en Famille du 1er mars 1888. — Au Nord, les circumpolaires.
- A l’Est, Chevelure de Bérénice — Vierge — Dra' gon — Lion.
- A l’O., Bélier — Taureau — Orion — Cassiopée.
- Au Sud, Petit Chien — Licorne — Navire — Hydre.
- ÉTOILES FILANTES. — Deux points radiants principaux, pour la date du 7 mars : p, Scorpion et y, Hercule.
- NOUVELLES DE LA SCIENCE. - L’annuaire du Bureau des Longitudes, pour 1892, renferme, indépendamment des renseignements si nombreux et si complets qu’il contient d’ordinaire, une notice relative à l’exécution de la Carte photographique du Ciel, décidée au Congrès de 1887, comme le savent nos lecteurs : on y trouvera des détails intéressants sur ce grand travail qui couronnera dignement l’œuvre de notre siècle, et occupera
- (1) Phot. Archiv. 1881, p. I36.
- (2) Phot. Archiv. 1877, p. 79.
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- LA SCIENCE EN FAN ILLE
- 109
- probablement le commencement du xx°. — Vient ensuite une étude de M. Tisserand sur la Lune et son accélération séculaire, perturbation dont nous nous sommes occupé nous-mème dans la Science en Famille, et qui a mis les astronomes les plus éminents à la torture. Nous y reviendrons probablement quelque jour, dans l’une de nos causeries ultérieures. — Le compte rendu des travaux de
- A TRAVERS L
- Le système métrique en Finlande. — Le
- système métrique, dont l’usage se généralise de plu s en plus, va devenir obligatoire en Finlande.
- Depuis quelque temps déjà, on y frappait des monnaies décimales, et le système métrique y était employé pour la douane, les chemins de fer de l’État, la poste, etc. ; mais il est question de le rendre obligatoire pour tout le reste, et déjà, sur les routes, on évalue les longueurs en kilomètres, au lieu de verstes.
- *
- * *
- Avertisseur électrique de l’arrivée des trains. — M. Arrol vient d’inventer un avertisseur destiné à prévenir les ouvriers qui travaillent sur les voies ferrées, de l’arrivée d’un train.
- L’appareil se compose uniquement d’une sonnerie puissante, avec sa batterie de piles et de 3 à 400 mètres de fil. L’une des bornes de la sonnerie est reliée à l’un des rails et l’autre est en communication par l’intermédiaire du fil, avec une bonne lame de ressort montée sur ébonite et fixée au rail aussi ioin que le fil le permet. Dans ces conditions, ie circuit est ouvert et la sonnerie est muette. Si un train s’approche, il passe sur la lame du ressort et l’applique sur le rail ; le circuit étant alors fermé, la sonnerie fonctionne et avertit les ouvriers de s’écarter de la voie.
- ***
- Un puits d’un kilomètre. — Une Com-Pagnie américaine pour l’exploitation de l’huile de naphte possède actuellement un puits dont la profondeur dépasse un kilomètre.
- L’est un puits de 18 centimètres de dia-metre, qui a déjà traversé des couches épaisses
- la session de l’association géodésique, par M. Bouquet de la Grye, la création d’un observatoire au sommet du Mont-Blanc et son utilité (Janssen), enfin les expériences sur l’usage d’une mire lointaine faites à l’observatoire de Nice (Cornu) terminent le volume, qui tiendra une place honorable dans la collection de cet estimable recueil.
- G. Vallet. ,
- A SCIENCE
- de houille, de quartz aurifère, de fer et d’autres mélaux.
- Un de nos confrères rapporte que, dès qu’il aura atteint 1,500 mètres de profondeur, ce puits sera exploité par les autorités américaines, qui entreprendront d’en faire le sondage le plus profond qui existe ; elles continueront à l’approfondir jusqu’à ce qu’il devienne impossible de continuer.
- Cette expérience se fera dans un but scientifique : on notera tous les faits intéressants, on recueillera les échantillons de toutes les couches traversées depuis l’origine, pour reconstituer la superposition des couches géologiques; et les résultats obtenus, échantillons, observations, etc., feront l’objet d’une exposition spéciale à Chicago, en 1893.
- ***
- Chevaux-mitrailleuses. — Le capitaine Peel a imaginé une nouvelle arme pour la cavalerie, qui, croit-il, rendrait les charges terribles pour l’infanterie.
- Il s’agit d’une arme à répétition placée sous le ventre du cheval, attachée à la sangle de la selle, et dont l’extrémité du canon passe entre les jambes de devant. Une simple cordelette, manœuvrée par le cavalier, permet de la mettre en action au moment favorable, et alors, automatiquement, elle lance rapidement toutes les balles des cartouches emmagasinées à l’avance. L’inventeur vient de partir pour l’Inde, où il compte obtenir l’autorisation de munir de son système toutes les troupes de cavalerie régulières et irrégulières.
- Grâce au ciel, le système n’est pas encore adopté en Europe ; le général Wolseley a fait poursuivre des expériences avec ce nouvel engin, et l’inexactitude du tir, résultant des
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- mouvements du cheval, en a fait rejeter l’adoption par l’armée anglaise ; le nouvel armement, dit-on, serait une complication, et ses effets seraient très problématiques.
- *
- * *
- Le coloris et le parfum des fleurs. — Les
- cultures européennes comptent actuellement environ 4,200 espèces de plantes. On peut se demander combien de celles-ci sont odoriférantes.
- Le parfum, la qualité la plus poétique des fleurs, peut être considéré comme une exception. En effet, c’est à peine si 420 espèces dégagent un parfum appréciable. Les neuf dixièmes sont donc dépourvues de parfum.
- Quant au coloris, ce sont les fleurs blanches qui prédominent dans les cultures européennes. En effet, 1,124 espèces sur 4,200 ont des fleurs blanches et, parmi elles, 187 sont odoriférantes. Les autres couleurs sont: jaune, 951 espèces, dont 77 à parfum ; rouge, seulement 823 espèces, dont 84 à parfum ; bleu, 594 espèces, dont 31 donnant du parfum : violette, 308 et seulement 13 à parfum ; enfin 230espèces multicolores dont 28 odoriférantes.
- Naturellement, de cette liste ont été exclues les espèces dont les fleurs froissées ou non, dégagent une mauvaise odeur, et, on ne le croirait peut-être pas, mais le nombre en est considérable.
- *
- * *
- Disparition d’un fleuve. — Voici un nouvel exemple très frappant du funeste effet du déboisement sur le cours régulier des rivières.
- Les forêts qui bordaient les deux rives de la Vorska, cours d'eau du gouvernement de Poltava, ayant été exploitées à outrance, les pluies ont entraîné les terres et les sables, et aujourd’hui, le lit de la rivière est tout à fait comblé; de loin en loin seulement, quelques mares sont restées aux endroits les plus profonds, et il a suffi de quinze années pour opérer cette transformation. Les terrains dénudés ont été mis en culture.
- Une opération délicate. — M. Sauvinet, assistant de zoologie au Muséum de Paris, s’apprêtait dernièrement à couper les ongles de la panthère noire de Java — on sait que c’est là une opération qui est périodiquement nécessaire, parce que les ongles des fauves s’incarneraient si on les laissait croître. —
- M. Sauvinet, disons-nous, se trouvait devant la cage de la panthère, lorsque l’animal, sortant brusquement l’une de ses pattes, atteignit l’opérateur au pouce et à l’épaule droite. Malgré le sang qu’il perdait, M. Sauvinet a continué son opération, qu’il a heureusement terminée. lia fait ensuite panser ses blessures. Son état n’inspire pas d’inquiéiude. On voit que tout n’est pas rose dans ce métier-là !
- ***
- Traitement original. — On imagine aujourd’hui bien des moyens de thérapeutique, mais le cas que nous allons signaler est fort rare : le Petit Niçois raconte le fait curieux d’un malade de l’hôpital de Nice atteint de fluxion de poitrine et qui, dans un accès de délire, avait sauté par la fenêtre du quatrième étage. Le personnel, dont la surveillance avait été mise ainsi en défaut, s’était empressé d’accourir, pensant relever un cadavre. Mais le malade était déjà debout et battant des mains, toujours en proie au délire. Le docteur n’a constaté aucune lésion interne ; le délire a cessé et le malade est entré en convalescence.
- Ce mode de traitement fort original n’est cependant pas de nature à être recommandé.
- ***
- Un bateau d’une seule pièce. —On vient de lancer à Wakefield, sur 1’ « Old River », en présence d’un grand nombre de personnes, le premier bateau de ce type, qui mesure 4 m. 47 de long sur 1 m. 22 de large, pèse environ 150 kg et pourra porter 12 personnes.
- Il est dû à l’ingénieur M. Heslop qui a trouvé le moyen de faire une coque de bateau d’une seule feuille de tôle. Le prochain aura 6 m. 10 de longueur et sera un canot de sauvetage.
- La Compagnie, qui s’est formée pour la construction de ce type de bateau, a établi ses ateliers à Calder Vale, près de Wakefied.
- Ces bateaux sans coutures conviendront parfaitement aux paquebots et autres navires faisant la navigation des pays chauds, ou les bateaux en bois ont l’inconvénient de perdre leur étanchéité par suite de la sécheresse.
- ** *
- Pigeons-voyageurs en mer. — D’après la Revue maritime et coloniale, d’importantes expériences ont été faites à Portsmouth,
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- relativement à l’emploi des pigeons messagers à la mer. Un dépôt de ces volatiles ayant été établi aux casernes d’Eastney, des pigeons appartenant à ce dépôt ont été emportés par un torpilleur, qui ne les a lâchés, par séries, que quand il a été à une distance à peu près égale à celle de lacôle de France. Presque invariablement ces oiseaux ont regagné leur gîte promptement. Dans une circonstance, il y avait un épais brouillard de l’autre côté de la Manche ; les pigeons lâchés ont tourné pendant quelques minutes autour du bateau, puis ils se sont orientés et ont rejoint Eastney sans tarder.
- ** *
- Le calculateur Inaudi. — Dans une des dernières séances de l’Académie des sciences, M. Darboux a présenté à ses collègues, un jeune homme, M. Inaudi, qui réalise mentalement, et avec une rapidité suprenante les calculs les plus compliqués.
- C’est ainsi par exemple que tournant le dos au tableau où M. Darboux écrit en les énonçant tout haut les deux nombres : 4,123,547,238,445,523,831, 1,248,126,138,234,128,910, il déclare au bout de quelques instants que la différence de ces deux nombres est 2.875,421,100,211,394,921.
- On lui demande quel est le nombre dont le cube ajouté au carré donne 3,600 et il répond immédiatement 15, ce qui est exact.
- ‘ Prenez le nombre 4,801, lui dit M. Poin-carré, élevez-le au carré ; de ce carré retran-°llez 1 et divisez la différence par 6 ; quelle estla racine carrée du nombre ainsi trouvé.) ?
- LA SCIENCE
- Composition pour la reteinte des effets a habillement. — On fait bouillir pendant Une heure 250 gr. de bois de Panama, coupé j1 menus morceaux et placé dans 15 litres eau; après quoi on laisse refroidir, et on h'e dans une double épaisseur de flanelle. D autre part, on fait bouillir le mélange
- suivant :
- 1 litre d’eau :
- u Centilitres du produit qu’on vient d’obtenir ;
- 0 grammes de fuschine de la couleur dont °n a besoin;
- M. Inaudi continue sa conversation, répète de mémoire les nombres formidables écrits plus haut, et, au bout de quatre minutes, il déclare que le nombre demandé par M. Poin-carré est 1,960, ce qui est juste.
- Enfin, une multiplication de452 par 538 est faite par lui, sans erreur, en un instant, et le jeune prodige est renvoyé à une commission qui comprendra MM. Darboux, Poincarré, ûisserant et Charcot.
- Nous reviendrons sur ce sujet, dans notre prochain numéro.
- ***
- Pavage en liège. — La nouvelle Société anglaise Patent bork Pavement C° a entrepris le pavage en liège de Gresham Street, près de la gare de Liverpool Street, à Londres. La matière employée est formée de liège et de bitume pressés en blocs analogues aux pavés de bois. Ce pavage est très doux au roulement et donne de la prise aux chevaux. Il a été appliqué avec succès en Australie, mais il reste à observer comment il se comportera avec le trafic considérable d’une rue de Londres.
- Actuellement, la plupart des rues de Londres sont pavées comme celles de Paris, au moyen de blocs de chêne créosoté de 225mm. de longueur, 75 mm. de largeur et 120 d’épaisseur ; reposant sur une couche de béton en ciment de Portland de 150 mm. Les blocs sont séparés l’un de l’autre par un intervalle de 9 mm. rempli d’asphalte sur une hauteur de 17 mm., et de ciment de Portland, jusqu’à la hauteur de la chaussée.
- [La Nature.)
- PRATIQUE
- et après avoir laissé refroidir, on filtre, et on ajoute 10 centilitres d’ammoniaque par litre.
- Teinture des bois en noir :
- Extrait de campêche........... 30 gr.
- Chromate de potasse........... 4 gr.
- Eau........................... 2 litres.
- Dissoudre l’extrait de campêche en le faisant bouillir avec l’eau; ajouter alors le chromate; la couleur du liquide ainsi obtenu est d’un très beau violet foncé, elle devient d’un noir pur au contact du bois.
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-
- S4BÜG
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Le chausse-debout. — La figure 45 dispense de toute description au sujet du petit appareil essentiellement pratique, le chausse -vite, ou mieux, chausse-debout, qu’elle représente, et que détient son inventeur, M. Géné-rard, de Nancy. C’est un instrument, dont l’ingéniosité n’a d’égale que sa simplicité et qui permet à toutes les personnes faisant usage de bottines à élastiques, de se chausser instantanément, avec la plus grande facilité, et tout en restant debout.
- L’instrument étant posé à terre, on suspend la bottine à l’intérieur de l’appareil, le talon du côté de la traverse du bas ; on ouvre les élastiques et on les appuie contre les petits ressorts de côté : l’ouverture est alors suffisante.
- Alors on se place un peu en avant de l’appareil, le bout du pied au-dessus de la bottine, et en redressant naturellement la jambe, le pied glisse, sans le moindre effort, dans la chaussure de pointure la plus juste.
- En retirant le pied chausséjles élastiques et tirants se décrochent seuls.
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- Procédé pour colorer le fer. — On
- colore le fer en bleu de la manière suivante : On mélange une solution de 140 gr. hyposulfite de soude à une autre solution
- de 35 grammes d’acétate de plomb dans 1 litre d’eau. On chauffe ce mélange jusqu’à l’ébullition et on y plonge l’objet en fer, qui prendra la teinte bleue que l’on obtient dans les fours à recuire.
- Si un objet en fer fondu ou en fer travaillé est plongé dans du soufre fondu auquel on a ajouté'un peu de suie, il se formera à sa surface du sulfure de fer, susceptible d’acquérir un très beau poli.
- Fig. 45 . — Le Chausse-debout.
- Fig. 46. — Le crayon lumineux.
- Crayon lumineux. — Le petit appareil que représente la figure 46, s’adapte sur un crayon ou un porte-plume quelconque. Il permet d’écrire à l’aide d’une source lumiueuse excessivement faible. Cette source lumineuse est une petite lampe électrique L, de la même dimension que celles que l’on emploie en bijouterie. Cette lampe est mastiquée dans une monture T munie d’un ressort de fixation t. Les fils f qui amènent le courant d’une pile de poche, passent dans la manche droite de l’habit, ce qui leur permet de suivre tous les mouvements de la main : aller à l’encrier, retourner un feuillet, etc. Ces fils communiquent avec la lampe par deux petits contacts à broches 0 0’. A l’avant de la monture T peut être sertie une lentille. Un diaphragme en gélatine rouge D qui se glisse dans la rainure cl, permet d’employer la même lampe à divers usages photographiques. Suivant la hauteur à laquelle on le place, cet appareil donne sur le papier un cercle brillant, de 3 à 6 cm. de diamètre permettant d’écrire ou de lire avec facilité.
- F. D.
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- Moyen de distinguer la fonte du fer martelé. — La fonte, que la contrefaçon a
- rendue très difficile à distinguer du fer martelé, et qu’elle sait même rendre malléable, met souvent les personnes dans l’embarras. Il faut avoir recours à la lime pour observer le grain, qui, sans la loupe, paraît plus gros et en même temps plus luisant.
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, ii8, rue d’Assas^ La ère. — Imprimerie Bayen, rue Neigre.
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- L’EAU DANS LE PAYSAGE
- emandez à quelqu’un comment on doit figurer, sur un dessin, de l’eau cou-^ lant dans une rivière, ou s’échappant d’un orifice quelconque, et neuf fois sur dix, il vous sera répondu que l’eau doit être figurée par des lignes parallèles à la direction du mouvement.
- Il n’en est rien cependant, car la symétrie d’un filet d’eau — si symétrie il y a — est beaucoup plus grande dans le sens transversal que dans le sens longitudinal.
- Fig. 47.— Cascade en nappe étalée, (d’aprèsjine photographie instantanée).
- M. le professeur Piccard, dans un savant travail qui témoigne en même temps d’un Profond esprit d’observation, a étudié, d’une ^Çon détaillée, la marche des filets liquides dans l’eau en mouvement. Nous ne pouvons ici que donner un aperçu de ce travail ; de même, il nous a été impossible de rendre par la photogravure les belles épreuves du professeur Piccard, avec toute la perfection désirable ; aussi,renverrons-nous nos lecteurs, désireux d’approfondir la question , aux Archives des Sciences physiques et naturelles (1889-90), où ce travail a pnru en entier.
- Quand, par des observations répétées, on a habitué Son œil aux particularités de l’élément lion finit par distinguer dans chaque peu rapide, qu’il soit dirigé horizon-de haut en bas ou de bas en haut.
- pig. 48.
- quide jet un Renient
- un mouvement saccadé, vibratoire, une sorte de trépidation, de pulsation. D’abord, on croit à une illusion d’optique, mais la photographie instantanée et d’autres observations ne laissent aucun doute à cet égard : le mouvement dans un jet d’eau n’est pas continu , mais intermittent, périodique. Dans tous les cas, il s’agit de vibrations qu’on pourrait appeler longitudinales, parce qu’elles sc produisent dans la direction du jet.
- Tout jet qui s’échappe d’un orifice aplati, liquide qui se
- nappe
- comme aussi toute déverse par dessus un barrage, est en outre le siège de vibrations transversales. Celles-ci , produites par la force de cohésion, se manifestent sous la forme apparente d’une succession de nœuds et de ventres. En réalité, c’est une série d’aplatissements lenticulaires alternant dans deux plans verticaux.
- Cëtte constitution particulière ressort dans la fig. 48 qui montre la même veine liquide, vue en même temps de face, directement et de profil, dans un miroir. Dans la figure 49, une première nappe, vue de profil
- Fig. 49.
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- dans le sens de son épaisseur, est suivie d’une seconde nappe, vue au contraire sur sa
- Fig. 150.
- Fig. 51
- plus grande surface. Dans la figure 50, la nappe s’enroule sur elle-même en forme
- d’hélice, et dans la figure 51, elle se dédouble en deux filets distincts.
- Ces mouvements divers, en se combinant dans les chutes d’eau, ont pour conséquence qu’aucune molécule d’eau n’arrive en bas par le chemin le plus direct. De là, ce serpen-tement des filets d’eau, ce scintillement, ce tremblotement qui est le propre des cascades en nappes étalées et qui en fait le charme (fig. 47).
- M.-PIccard a étudié la question à un point de vue élevé ; mais il n’est pas moins intéressant de faire remarquer, à cette occasion, le service que peut rendre à l’artiste la photographie instantanée, en lui permettant de scruter la nature jusque dans ses moindres détails, et de saisir du premier coup des particularités qui ne se révèlent qu’à un œil exercé.
- LES TREMBLEMENTS DE TERRE ET L’ELECTRICITE
- e 28 octobre dernier, le Japon a été désolé par un de ces cataclysmes, malheureusement si fréquents dans ces régions, et d’une violence telle que, depuis l’année 1855, aucun tremblement de terre analogue n’avait ébranlé le territoire de ces contrées.
- L’action du phénomène s’est étendue sur une trentaine de provinces, et son centre parait avoir été à Gifu et à Nogoya, entre Yokohama et Kioto.
- D’ailleurs Gifu, cité de 30,000 âmes, a été détruite. 8,000 maisons se sont écroulées et des milliers d’habitants ont trouvé la mort sous les décombres ; enfin, pour toute l’étendue du Japon, on évalue à 8,000 le nombre de tués, 10,000 celui des blessés et à 400,000 la quantité de personnes se trouvant sans abri.
- Les secousses se sont prolongées jusqu’au 9 novembre, et jusqu’à cette date, il ne s’en produisit pas moins de 15 à 20 par jour: le 9 novembre, dans l’espace de vingt heures, on a compté aux environs de Nagoya, la ville la plus éprouvée après Gifu, 730 chocs, et l’observatoire de cette cité a enregistré pendant les onze jours qui ont suivi le tremble de terre du 28 octobre, 6,600 secousses.
- « D’après M. John Milne, professeur de géologie à l’Université de Tokio, dit la Nature, le dernier tremblement de terre est caractérisé par ses chocs verticaux, combines avec les secousses ondulatoires qui ont transformé le sol en une véritable masse mobile, à la façon d’une mer houleuse. On peut dire que les ondulations de la surface terrestre ressemblaient aux vagues de l’Océan ; pendant le moment terrible de la grande secousse, les couches de terrain se courbaient et se redressaient successivement. Des fi8' sures et des crevasses se sont formées de toutes parts; tantôt on voyait jaillir de <?es gouffres béants des masses de .sable glis» tantôt ils vomissaient des torrents d’uTie boue blanchâtre essentiellement formée d ai-gile plastique. »
- Les causes de ces cataclysmes épouvantables n’ont pu ejicore être jusqu’à cette heure suffisamment déterminées, et nous pensons que le moment est bien choisi P°m faire passer sous les yeux de nos lecteurs leS opinions des savants, citées par M. Georges Dary, dans l’ouvrage intéressant que nous leur signalions dernièrement : L'Electric^ dans la nature. ,
- « Les tremblements de terre furent d aboi
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- et longtemps considérés comme une conséquence des éruptions volcaniques. Aujourd’hui, les météorologistes, à part quelques-uns, séparent les tremblements de terre des volcans et reconnaissent que, dans certains cas, ces phénomènes ont des caractères tout à fait distincts. Il est évident que les secousses, les trépidations du sol qui se produisent au moment d’une éruption ne peuvent être confondues avec les oscillations ondulatoires ou tournoyantes ressenties dans les régions où il n’existe aucun volcan actif.
- « Mallet, le géologue, voit dans les éruptions sous-marines l’agent principal de production des tremblements de terre les plus violents: une éruption qui se manifeste sous la mer doit ouvrir dans les rochers d’énormes fentes ou fissures à travers lesquelles l’eau arrive jusqu’à la masse ignée, des vapeurs se forment avec explosion et c’est ainsi que des tremblements de terre peuvent s’étendre dans toutes les directions.
- « Poulett-Scrope s’appuie aussi sur l’existence d’un noyau central incandescent et pense que les dilatations subites des masses minérales chauffées par ce foyer intérieur produisent des déchirements en même temps que des secousses ondulatoires.
- « M. Daubrée admet, comme principe des tremblements de terre, l’infiltration lente des eaux à travers les porosités des roches jus-qu’à la masse ignée.
- « Puis ce sont des éboulements intérieurs, suivant Boussingault.
- « M. Lallemand explique les tremblements de terre par le retrait de l’écorce terrestre ffui se contracte pour rester en contact avec le noyau liquide incandescent, et il démontre due la terre tend à prendre la forme d’un 'etraèdre régulier, forme qui lui est imposée Par le minimum de contraction qui embrasse le plus petit volume possible sous une surface donnée. M. Lallemand essaie de prouver due la structure des continents confirme sa Proposition et que les tremblements de terre ne sont ressentis qu’aux points qui avoisi-uent les arêtes et les sommets du tétraèdre.
- " M. de Parville croit à l’influence exercée Par les astres et la lune.
- l< De même, .MM. Alexis Perrey, Valger ®ut cherché des causes extra-terrestres, et
- ; Delaunay pense que les secousses sis-lrilques sont dues au passage des deux pla-
- nètes Jupiter et Saturne à travers les essaims cosmiques, et il signale comme époques particulièrement agitées : 1888, 1886, 1890, 1891, 1900 et 1901. Jusqu’ici ces prédictions se sont en partie réalisées ; est-ce seulement une simple coïncidence, comme l’assure M. Faye ?
- « M. Fuchs divise les tremblements de terre en deux grands groupes qu’il appelle : le premier, groupe des tremblements de terre volcaniques, et le second, groupe des tremblements de terre non volcaniques; il donne pour cause à ces derniers les mouvements mécaniques de certaines portions de la masse solide du globe comme dérangements, affaissements ou glissements des couches, et il ajoute :
- « Tout ce qui peut donner naissance à de tels changements peut aussi provoquer des tremblements de terre.
- « M. A. Guillemin distingue les légères ondulations des grandes secousses; il se range pour ces dernières à l’avis des géologues qui font intervenir la masse ignée centrale. Mais il suppose que les faibles ondulations sismiques sont dues à l’action des mouvements atmosphériques, aux brusques variations de pression qui précèdent ou accompagnent les grandes perturbations de l’air: « Quand le baromètre monte ou descend, dit-il, il en résulte un subit accroissement ou une diminution du poids de l’enveloppe fluide qui doit se traduire par une oscillation des couches élastiques sur lesquelles l’atmosphère repose. »
- « M. A. Iieim, professeur à Zurich, distingue trois classes principales :
- « 1° Les tremblements de terre volcaniques dont le centre d’ébranlement est le volcan et qui sont causés par l’effet graduel des masses de l’éruption et spécialement des vapeurs qui s’échappent des laves en ébullition ;
- « 2° Les tremblements de terre d’effondrement causés par l’écroulement des cavernes souterraines ; leurs secousses sont peu violentes et locales ;
- « 8° Les tremblements de terre de dislocation, qui sont les plus nombreux; ce sont des phénomènes de tassements ou de glissements de la croûte terrestre qui se déplace et s’ébranle plus ou moins violemment.
- « En somme, il faut faire de nombreuses distinctions, car il ne nous semble guère pos-
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- sible de généraliser complètement la théorie des tremblements de terre et d’admettre une seule cause pour expliquer les phénomènes si divers dans leurs manifestations et leurs effets. »
- Après avoir passé en revue les principaux phénomènes atmosphériques, magnétiques, électriques qui accompagnent ces grands cataclysmes, et à propos desquels il conclut que les signes précurseurs de ceux-ci sont, dans bien des cas, les mêmes que ceux d’un violent orage, M. Georges Dary arrive aux Théories électriques des tremblements de terre, et après avoir cité l’opinion des Priestley, Bertholon, Brisson, Virlet d’Aoust, Naudin, Gaston Planté, unanimes à reconnaître l’électricité comme l’une des causes des tremblements de terre, il arrive à affirmer que certains d’entre eux « dérivent d’une action directe de l’électricité terrestre».
- « Nous ne prétendons pas, dit-il, généraliser notre affirmation et détruire les opinions précédentes: celles de Humboldt,deDaubrée, de Poulett-Scrope, de Perrey, de Fuchs, de Guillemin... ; toutes sont possibles, toutes doivent être vraies.
- « Evidemment, dans certains cas, les tremblements de terre sont les signes précurseurs ou encore les dérivatifs d’une éruption volcanique, tantôt ils peuvent être le résultat de glissements ou d’effondrements, d’une infiltration lente ou rapide des eaux de la mer, ou dépendre encore du désagrègement de la matière plutonienne, iis sont tout cela, et ces théories, appuyées sur des faits observés, ont raison chacune, suivant les cas. Mais sans nier l’exactitude de ces systèmes, ils laissent encore dans l’ombre bien des faits bizarres et importants et il faut chercher dans un autre principe l’explication de certaines perturbations sismiques et des phénomènes qui les accompagnent.
- « D’après les observations précédentes des météorologistes et des physiciens sur l’existence des courants telluriques qui peuvent devenir, à un moment déterminé, d’une intensité très grande, étant donné les phénomènes atmosphériques et électriques des tremblements de terre; si l’on admet, d’un autre côté, les théories qui font venir de la terre l’électricité atmosphérique ; nous pouvons considérer notre globe, avec sa chaleur interne, ses réactions chimiques sans nombre
- et d’une force incalculable, comme continuellement parcouru par des courants électriques puissants dirigés de l’est à l’ouest, par suite de la rotation de la terre en face le soleil, dont l’influence régulatrice se fait immédiatement sentir. Cette électricité se répand dans l’atmosphère plus ou moins rapidement, suivant la conductibilité des milieux, traverse tous les corps, mais là son effet est nul pour être ici d’une violence sans limites.
- « Tout en suivant une direction généralement parallèle à l’équateur magnétique, l’électricité s’accumule vers les points mauvais conducteurs; faible dans telle partie de terrain, la tension peut s’élever dans telle autre par suite de la résistance que le courant y rencontre et devenir extrême sous l’influence de causes diverses. Si l’atmosphère est sèche, chaude, peu riche en vapeur d’eau, ou chargée elle-même de fluide et que, dans cet état, elle ne puisse soutirer à la terre l’excès électrique des terrains isolants ; si, d’un autre côté, des couches crayeuses, des terres vitrescibles, des matières siliceuses, etc., se trouvent à proximité de terrains riches en métaux, en pyroxène... il y a accumulation d’électricité, résistance, interruption dans le courant, et il se produit une détente, une décharge, une étincelle, comme lorsqu’un orage éclate dans l’atmosphère.
- « Si l’on songe que cette décharge peut avoir lieu sur une superficie de plu sieurs lieues carrées, à travers des couches superposées et comprenant entre elles des cavités, des crevasses, on peut se rendre compte des terribles secousses ondulatoires ou déchirantes, des effondrements ou soulèvements, des chocs ou des oscillations qui viennent bouleverser la croûte terrestre.
- « L’orage souterrain, suivant son degré de tension, peut atteindre une force inouïe ou, comme son analogue, l’orage atmosphérique, être faible et ne donner lieu qu’à de légères trépidations, suivant les couches et les terrains à travers lesquels se transmet la commotion électrique.
- « Gomme lui aussi, les tremblements de terre dus à une cause électrique, peuvent, être suivis de chocs en retour et faire sentir leurs effets complémentaires à des centaines de lieues de distance, ainsi que cela a été observé dans plusieurs cas. »
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- 1NAUDI ET LE CALCUL RAPIDE
- Bans la séance du 8 février 1892, M. Dar-boux a présenté à l’Académie des Sciences un calculateur extraordinaire : M. Jacques Inaudi.
- Inaudi, nous en sommes persuadé, est un calculateur remarquable. A douze ans, il était déjà curieux, et comme depuis cette époque — depuis douze ans, puisqu’il en a vingt-quatre — il a continué à s’entraîner ou à être entraîné, il doit vraisemblablement être très fort.
- Ceci dit, qu’on nous permette de faire quelques petites observations, qui démontreront qu’lnaudi n’est pas aussi phénoménal qu’on semble le croire.
- Quand on est au courant des différentes méthodes de calcul rapide déjà connues et de celles que tout bon calculateur doit inventer pour son usage, on peut, après quelques heures d’exercice, et Inaudi a au moins quinze ans d’entraînement, résoudre rapidement et de tète tous les problèmes qui lui ont été posés.
- Nous sommes, nous aussi, calculateur, et pas prodige du tout, eh bien ! à l’exception de la soustraction d’un nombre de 19 chiffres d’un autre nombre de 19 chiffres —nombres qu’il est évidemment très difficile de retenir même sans avoir d’opérations à effectuer sur eux — nous ne voyons pas ce qu’il y a de Prodigieux dans la résolution des problèmes proposés.
- Inaudi a d’abord donné le résultat exact de la soustraction d'un nombre de 19 chiffres d un autre nombre de 19 chiffres.
- On nous dit ensuite que M. Poincarré ayant demandé le résultat de ce calcul : faire le carré de 4801, le diminuer de 1 ; diviser par 6 et extraire la racine carrée, Inaudi a répondu 1,960.
- Enûn, M. Darboux lui dit :
- " Voulez-vous me trouver un nombre dont le cube plus le carré fassent 3,600 ? » Et Inaudi répond : « C’est 15. »
- Nous le répétons, pour un calculateur, nmrne ordinaire,nous ne voyons rien de difii-ededans ce qui lui a élédemandé, àl’exception Pourtant de la soustraction de 19 chiffres.
- SI nos lecteurs veulent bien nous suivre,
- nous allons leur démontrer qu’après quelques heures d’exercice et non pas quinze ans, on peut rapidement et de tète, résoudre tous les problèmes des genres indiqués.
- Ainsi : M. Bertrand a demandé quel jour de la semaine était le 11 Mars 1822, probablement le jour de sa naissance.
- Pour trouver quel jour de la semaine est le 1er Mars d’une année quelconque, de 1800 à 1899, il suffit de prendre les deux derniers chiffres du millésime (22 dans la circonstance) et d’ajouter au nombre formé par ces deux chiffres, le quart entier de ce nombre.
- Le quart entier de 22 c’est 5.
- Nous obtenons donc 22 -f- 5 = 27
- Ensuite on divise 27 par 7, nombre dejours qu’il y- a dans une semaine, et comme le reste de la division de 27 par 7 est 6, nous savons que le l°r Mars 1822 était le sixième jour de la semaine, c’est-à-dire un vendredi.
- Quand on sait que le 1er Mars est un vendredi, il est évidemment facile de trouver quel jour de la semaine était ou sera le 11 Mars.
- 1er Mars vendredi.
- 8 — —
- 9 — samedi.
- 10 — dimanche.
- 11 Mars lundi.
- Le 11 Mars était donc un lundi et quand on connaît la petite méthode que nous venons d’indiquer, on voit que de tête et rapidement on pouvait résoudre ce problème.
- Pour bien nous faire comprendre, donnons un autre exemple :
- Quel jour de la semaine était le 1er Avril 1849 ?
- 49 plus le quart entier 12 = 61 61 divisé par 7 donne un reste de 5.
- Le 1er Mars 1849 était donc le cinquième jour de la semaine, un jeudi.
- Comme Mars a 31 jours (4 semaines et 3 jours) le Ie1- Avril vient 3 jours aj rès le 1er Mars.
- Le 1er Avril 1849 était donc un jeudi plus trois jours, c’est-à-dire un dimanche.
- Passons à une autre méthode de calcul rapide :
- Pour élever un nombre quelconque au carré
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- il y a une méthode générale que nous allons donner et des méthodes particulières que le calculateur doit prendre, selon que le nombre proposé s’y prête plus ou moins.
- Ainsi il est évident que si le nombre proposé est terminé par un zéro (20,30,120, etc.) nous n’avons pas besoin d’employer la méthode générale de calcul rapide.
- 202 = 2 X 2 = 4, suivi de deux zéros = 400 302 = 3 X 3=9 — =900
- 1202 = 12 X 12 = 144 — = 14,400
- etc., etc.
- Pour tous les nombres terminés par 5, le carré s’obtient en multipliant le nombre des dizaines par le nombre immédiatement supérieur dans l’ordre naturel, puis en portant toujours 25 à la droite du produit.
- Ainsi :
- 15 au carré = 1 X 2 = 225 = 225.
- 25 — =2X3= 625 = 625.
- 35 — = 3 X 4= 1,225 = 1,225.
- 105 au carré = 10 X H = 11,025 = 11,025.
- 495 au carré = 49 X 50 = 245,025 = 245,025. etc., etc.
- Pour tous les autres nombres, et môme pour ceux terminés par 0 et 5, si on le veut, voici comment il faut opérer :
- On suppose que le calculateur connaît les 25 premiers carrés et, on le prie de retenir que de
- 26 à 75 50 au carré ou 25 cents sert de base.
- 76 à 125 100 100 — —
- 126 à 175 150 — 225 — —
- 176 à 225 200 — 400 - —
- etc., etc.
- Les nombres à élever sous la forme : au carré se placent
- 50 ± n 100 zfc n 150 zfc n 200 zfc n
- ainsi 58 c’est 50 -(- 8 64 c’est 50 -f- 14
- 43 c’est 50 — 7 96 c’est 100 — 4
- 122 c’est 100 22 etc., etc.
- puis, on résout l’une des équations suivantes dont la loi de formation est facile à suivre :
- 502 zfc 100 n -j- n2 = ( 50 ± n)2
- 1002 ± 200 n -f- n2 = (100 ± nf
- 1502 ± 300 n + n2 = (150 zfc m)5
- etc., etc.
- Ceci dit pour indiquer grosso modo la par-
- tie technique; quelques exemples vont, mieux que des explications, faire comprendre la méthode pratique.
- 1° Soit à élever au carré le nombre 58 :
- 58 c’est 50 -j- 8 ; la base est 502 ou 25 cents J’ajoute la valeur de n, soit 8 »
- Ce qui donne : 33 cents
- et je porte sur la droite le carré de n, soit 64.
- 582 = 3,364.
- 2° Soit à élever au carré le nombre 66 :
- 66 c’est 50 + 16; la base est 502 ou 25 cents
- J’ajoute la valeur de w, soit 16 »
- Ce qui donne : 41 cents
- puis le carré de w, ci 256
- 662 = 4356.
- 3° Soit à élever au carré le nombre 43 :
- 43 c’est 50 — 7, la base est 502 ou 25 cents
- Je retranche la valeur de n, soit 7 »
- Il reste : 18 cents
- j’ajoute sur la droite le carré de n 49
- 432 = : 1849
- 4° Soit à élever au carré le nombre 96 :
- 96 c’est 100 — 4, la base est 1002 ou Comme 100 sert de base, on doit retrancher 200 n 100 cents
- ou 2X4 = 8 »
- Il reste : 92 cents
- et l’on porte sur la droite le carré de n 16_
- 962 = 9216
- Ajoutons encore deux exemples des nombres plus élevés : pris sur
- Cherchons, par exemple, le carré de 214.
- 214, c’est 200 +14 ; ta base est 2002 ou
- 400 cents, 200 servant de base, 400 n. ajoutons
- Ou 14X4 = 56
- Total. . . 456
- et portons sur la droite le carré de n 196_
- 2142 = “45796
- Enfin, faisons le carré de 187.
- 187, c’est 200 — 13 ; la base est 2002 eu 200 cents, 200 servant de base, retranchons
- 400 n.
- Ou 13x4 = 52_
- Reste . . 348
- et portons sur la droite le carré de n 169
- II S5 34969
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- Quelques heures d'exercice suffiront, pour obtenir rapidement et de tète les carrés des 1,000 premiers nombres.
- Ce qui précède nous indique comment on peut élever au carré un nombre quelconque. Nous allons maintenant faire voir que le produit de deux nombres peut toujours être obtenu par la différence de deux carrés.
- ab
- Ce qui veut dire que la demi-somme de deux nombres, élevée au carrée, moins la demi-différence des deux nombres, élevée au carré, égale le produit des deux nombres.
- Ainsi, M. Darboux a demandé à Inaudi :
- « Quel est le produit de 452 par 538 ? »
- La somme des deux nombres pour un calculateur peut se faire de tête :
- 452 -f 538 = 990 la demi-somme est 495 la différence des deux nombres est :
- 538 — 452 = 86 la demi-différence est : 43
- Conséquemment 4952 — 432 =-- 452 X 538. En suivant la méthode indiquée plus haut, on voit que
- 4952 = 49 X 50 = 245025 43 c’est 50 — 7 ou 25 — 7 — 18
- plus v? 49 1849
- donc 452 X 538 = 243176 Quand nos lecteurs se seront entraînés pendant quelques heures à ce genre d’exer-Clce i ils seront tout étonnés de se voir presque aussi forts qu’Inaudi.
- Pour terminer, nous allons examiner le problème suivant qui a été posé à Inaudi, par MM. Darboux et Poincarré. drouver un nombre de quatre chitires dont somme est 25, étant donné que la somme des chiffres des centaines et des mille est egale au chiffre des dizaines et que la somme du chiffre des dizaines et des mille est égale au chiffre des unités. Si vous renversez le nombre, il augmente de 8082.
- pouvait très bien résoudre ce problème, •lui est justement un des cas les plus faciles genre, sans savoir que la somme des cûiûres des centaines et des mille était égale au chiffre des dizaines.
- Voici comment :
- Puisque la différence du nombre cherché
- avec le nombre renversé est de 8082, le pre-miei et le dernier chiffre doivent avoir une différence de 8.
- 1 et 9, 0 et 8 sont les seuls ayant une difféience de 8 et, comme 8 et 0 donneraient par leur renversement un nombre de 3 chiffres seulement, nous voyons que les deux chiffres extrêmes du nombre cherché sont 1 et 9, dont la somme est 10.
- 1 est le chiffre des mille et 9 est le chiffre des unités. Puisque, d’après la donnée, le chiffre des mille plus le chiffre des dizaines donnent le chiffre des unités,
- 1 plus le chiffre des dizaines égale 9. le chiffre des dizaines égale donc 9 — 1=8.
- 1 4* 8 -f- 9 = 18. La donnée du problème nous disant que la somme des 4 chiffres est 25, le chiffre des centaines est donc 25 — 18 =7.
- Conséquemment le nombre cherché est 1789. En effet : 9871 — 1789 = 8082.
- On a dit : Ce problème se résout par l’algèbre. Inaudi, en le faisant, a démontré que, dans certains cas, il est plus facile d’opérer par 1 arithmétique, et un calculateur un peu entraîné voit très vivement comment les opérations doivent être prises pour être faites le plus simplement possible.
- Dans un journal quotidien, on posait dernièrement le problème suivant :
- Avec des pièces de 2 fr., de 1 fr., et de 0 fr. 05 faire 200 francs avec 200 pièces.
- Par 1 arithmétique ce problème est aussi très facile à résoudre, même de tête. La simple réflexion fait de suite voir que les sous ne peuvent aller que par 20 à la fois.
- Eh bien, si nous prenons 20 sous nous aurons déjà 20 pièces et 1 franc, if nous faudra donc avec 180 pièces de 2 fr. et de 1 fr. faire 199 francs.
- D’une part, nous savons que le nombre de pièces de 2 fr. multiplié par 2 fr. ou deux fois ce nombre plus le nombre des pièces de 1 fr. doivent faire 199.
- Et, d’autre part, la somme des nombres de pièces de chaque sorte égale 180.
- Si nous comparons les deux cas, nous voyons que, dans le premier, il y a 19 unités en plus parce que il y a deux fois le nombre de pièces de 2fr., au lieu d’une fois seulement dans le second. C’est donc le nombre de pièces de 2 fr. pris une fois de plus qui nous donne une différence de 19, et, par suite, si
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- F\MILLE
- SCIENCE EN
- pièces de pièces -do pièces 39 fi
- nous prenons 20
- nous devrons prendre 19 Total : 39
- le complément à 200 sera donc. . . .161 Total :
- p.delf=161 fr. pièces 200 fr.
- En prenant 40 sous, 60 sous, etc., etc., et en raisonnant de même, on obtiendrait les cinq solutions que comporte ce problème.
- Résumé : Inaudi, ayant du goût pour le calcul et entraîné comme il l’a été depuis
- 15 ans, doit, c'est évident, être un très fort calculateur. Mais, quand on connaît les méthodes de calcul rapide employées par un grand nombre de mathématiciens, Inandine parait pas extraordinaire et, suivant nous, on a tort de le faire passer pour un phénomène.
- Charles Terront, par suite d’entraînement, est devenu un très fort vélocipédiste.
- Inaudi, par suite d’entraînement, est un très fort calculateur.
- A. Huber.
- LES CATACOMBES DE ROME
- [es la plus haute antiquité, les hommes adoptèrent l’usage de convertir les carrières abandonnées en lieux de sépulture, de creuser dans le flanc des montagnes des chambres mortuaires, auxquelles les Romains, par exemple, donnèrent le nom d'hypogées (du mot hypogeum, cave, chambre souterraine).
- On a trouvé à Corneto (province de Rome) dans la nécropole de Tarquinii, 593 de ces chambres souterraines, ornées d’un grand nombre de vases, de mosaïques, de figurines semblables aux figurines des tombeaux égyptiens etc., et c’est à cette mode de sépulture qu’il faut rapporter le tombeau des Scipions, découvert sur la gauche de la voie Appienne, dans la vigne de Sassi, vers 1780.
- A l’époque des persécutions, les chrétiens, poursuivis par les empereurs romains, imitèrent cet usage, se réfugièrent dans des carrières des environs de la ville pour y célébrer en secret les mystères de la nouvelle religion, et y ensevelir leurs martyrs. C’est ainsi qu’à une petite distance de Rome, surtout prés de la voie Appienne, s’étendent les souterrains qui, pendant toute la durée de l’empire romain, servirent de sépulture aux chrétiens.
- On appela d’abord ces sépultures Cata-tombes, du grec Kz'a Tumbos (tombeau souterrain); ce nom s’altéra et devint Catacombes, de Kala Iiumbos (lieu creusé et
- profond).
- On dit qu’il existait environ une soixantaine dé catacombes aux abords de Rome : cette
- erreur résulte de ce que des noms différents ont été donnés parfois à la même voie souterraine ; en réalité, il n’en existe que 15.
- Elles sont surtout situées à proximité des routes qui rayonnent dans la campagne romaine : sur la rive gauche du Tibre, on les trouve sous les voies Ostiensis, Ardeatina, Appia, Latina, Labicana, Prænestina, Tiburtina, Nomentana, Salaria et Flaminia; sur la rive droite, sous les voies Aurélia, Cornelia, Portuensis, et on évalue leur développement total à une longueur de 1,200 km. environ.
- Les galeries, ordinairement fort étroites des catacombes, se coupent, s’entremêlent, se croisent en un labyrinthe inextricable, et au hasard des filons de pierre ou de pouzzolane qui les ont fait ouvrir. On rencontre le pre-mier étage à une profondeur de 7 à 8 mètres, mais comme, en maints endroits, il y a plusieurs étages superposés, il arrive que cette profondeur atteint parfois 18 et même 22 m. et ces étages sont réunis par des escaliers.
- La largeur des galeries, communément de 0 m. 97 à 1 m. 30, mesure par endroits de 1 m. 62 à 1 m. 95, et c’est un corridor de cette dernière dimension que représente notre gravure.
- Quant à la hauteur, elle varie le plus souvent de 2 m. 60 jusqu’à 3 m. 89; cependant e n’est parfois que de 1 m. 30, et même elle va s’abaissant jusqu’à 0 m. 97 dans les allées de communication.
- La voûte de ces galeries n’est soutenue du0 fort rarement par une maçonnerie, et aucun
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- mes
- 'if . .
- Fig. 52. — Les Catacombes de Rome.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- éboulement n’est à craindre, tellement le terrain volcanique au centre duquel elles s’étendent présente de solidité.
- Elles sont très obcures et l’on n’y circule qu’en s’éclairant au moyen de torches, malgré les anciens puits d’extraction, éloignés de 300 pas les uns des autres, et par lesquels ces couloirs souterrains reçoivent l’air extérieur.
- Dans leurs parois, taillées à plomb, sont rangées de bas en haut, les sépultures des chrétiens. Chaque corps occupe une sorte de chambre horizontale creusée dans le sens longitudinal de la galerie. L’ensevelissement se faisait de la manière suivante : le mort, enveloppé dans des draps, était couché le visage tourné autant que possible vers le lever du soleil, et le plus souvent on déposait à ses côtés des objets qui lui avaient été d’un usage journalier; puis on fermait le tombeau à l’aide de briques ou d’une dalle de pierre ou de marbre scellée avec du ciment.
- Il y a ainsi cinq ou six corps placés les uns au-dessus des autres, et quelquefois douze.
- La dalle qui ferme le tombeau porte une inscription tantôt peinte, tantôt gravée comme celle qu’on voit à gauche de la figure et toutes ces inscriptions, prises dans leur ensemble, nous démontrent combien était grande alors la croyance en la résurrectionv
- De temps en temps, de chaque côté des galeries, on remarque aussi d’autres chambres ordinairement quadrangulaires, peu spacieuses et creusées par les' chrétiens pour leur servir de chapelles : sculptures, mosaïques, peintures à fresque ornent les catacombes, à ces endroits, et constituent à vrai dire les premiers monuments de l’art chrétien, se dégageant des traditions païennes.
- Les plus belles de ces fresques appartiennent au 11e siècle, et les sujets traités d’ordinaire sont, avec la représentation du Bon Pasteur qui revient le plus souvent, la sortie de l’Arche, le sacrifice d’Abraham, Jonas et la baleine, Daniel dans la fosse aux lions, la résurrection de Lazare, etc.
- Si nous jetons un coup d’œil sur l’histoire des catacombes, nous trouvons que la plus vieille inscription date de l’an 107.
- Un autre document, gravé sur la pierre et datant de l’an 197, nous donne quelques
- détails sur l’administration ecclésiastique des chambres mortuaires.
- A mesure que les conversions se firent plus nombreuses, les familles très riches et converties possédèrent une chambre mortuaire dans les catacombes; par la suite, les familles moins riches purent aussi y avoir la leur.
- Avec le triomphe de l’église chrétienne sous l’empereur Constantin le Grand, les inhumations dans les catacombes cessèrent, mais celles-ci n’en restèrent pas moins un lieu de suprême vénération.
- Sous le pape Damase (366-384) les tombeaux des martyrs furent embellis et devinrent l’objet d’un cuite spécial. La fêle des martyrs fut célébrée chaque année en grande pompe le jour anniversaire de leur naissance : devant leurs sépultures on rappelait aux fidèles présents les supplices qu’ils avaient endurés pour le triomphe de leur foi, et le courage dont ils avaient fait preuve en les endurant. Ce culte ne fit que progresser sous les évêques romains Sixte III (432-440), Léon Ier (440-460) et Symmachus (498-514), qui en‘ donnèrent constamment des marques extérieures.
- Les catacombes furent troublées en 587,lors de la prise de Rome par les Ostrogoths qui en fouillèrent les tombeaux et en dispersèrent quantité de reliques; plus tard les Lombards les mirent également au pillage et c’est alors que le Pape Paul Ier (757-767) décida de partager ce qui restait des reliques des martyrs entre les différentes églises de Rome.
- Pendant plusieurs siècles, les Catacombes avaient été oubliées, lorsque vers 1600 un italien, Antonio Bosio, travailla à leur reconstruction. Il mourut sdns avoir eu le temps de mener son œuvre à bonne fin, bien qu’il y eût travaillé 35 ans ; c’est le premier grand ouvrage publié sur ce sujet : il est intitule Roma Sotterranea et renferme une foule de faits curieux.
- Les frères Rossi, de Rome, ont repris la-question à une époque plus récente, et c’est à eux qu’on doit les meilleurs résultats auxquels on soit arrivé jusqu’à ce jour, résultats, que, d’ailleurs, ils ont consignés dans un ouvrage en trois gros volumes, accompagnés d’un atlas et édités à Rome en 1864.
- C. Chaplot.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- FALSIFICATIONS DES DENRÉES ALIMENTAIRES
- MOYENS SIMPLES ET FACILES POUR LES METTRE SOI-MÊME EN ÉVIDENCE (suite)
- IV. — Falsifications du chocolat.
- Ilie chocolat est un aliment très sain et très nourrissant, à la condition, bien entendu, qu’il soit bien préparé et avec des matières premières de bonne qualité. Or, dans le vrai chocolat, il ne doit entrer que du cacao, du sucre cristallisé et un aromate, vanille ou cannelle.
- L’usage du chocolat est déjà ancien, puisqu’il existait déjà au Mexique, à l’époque de sa conquête par Fernand Cortès en 1510. Cet aliment fut introduit en Espagne sous Charles-Quint, et en France vers 1660 où il acquit bien vite une grande vogue. Aujourd’hui la France consomme annuellement plus de six millions de kilogrammes de chocolat.
- Mais peu de substances sont aussi souvent falsifiées, et la fraude porte communément sur chacun de ses éléments constitutifs. Heureusement que la plupart de ces fraudes, ainsi que nous allons le voir, sont faciles à l'econnaitre.
- Souvent on se sert, dans la fabrication du chocolal, de cacao dont on a extrait la madère grasse ou beurre de cacao, sauf à remplacer cette substance par du beurre naturel °u quelque autre substance grasse.
- Le cacao pur renferme de 45 à 55 0/0 de beurre de cacao. Voici d’ailleurs la composition du cacao des Indes occidentales, d’après Lampadius :
- Matière grasse...................... 53,10
- Matière albumineuse contenant la
- substance aromatique.............. 16,70
- Amidon . . . ....................... 10,91
- Matière gommeuse....................... 7,75
- Fibres végétales....................... 0,90
- Matière colorante...................... 2,01
- Eau ... 8,63
- 100,00
- 10
- E°ur constater cette fraude, on prend , êd'ammes du cacao à essayer et on le fait secher dans un four jusqu’à ce que deux Pesée8 faites à une heure d’intervalle donnent
- le même poids, et on les introduit dans un petit entonnoir en verre contenant un petit tampon de coton dans la partie rétrécie. On verse sur la poudre de l’éther ou de la benzine, jusqu’à ce qu’une goutte du liquide qui s’écoule ne laisse plus de tache persistante sur une feuille de papier à cigarette. On fait alors évaporer la poudre de cacao dans un four ou une étuve et on pèse; la différence de poids donne la teneur en matière grasse. Avec du-cacao pur, on doit recueillir 4,50 à 5, 50 de beurre.
- Quelquefois aussi on se sert de cacaos avariés par l’eau de mer; cette fraude est facile à mettre en évidence par la dégustation, le chocolat présente alors une saveur marinée caractéristique.
- Quelques fabricants vont encore plus loin et font du chocolat sans cacao, en remplaçant celui-ci par de la fécule de pomme de terre ou de la farine, puis en ajoutant de l’ocre rouge pour donner la coloration.
- M. Briois a indiqué un procédé assez simple pour reconnaître la présence de la fécule. Il pulvérise une petite quantité de chocolat, et verse dessus 2 ou 3 gouttes d’une solution de potasse caustique ; si la fécule existe, la poudre se prend en masse comme de l’empois, ce qui n’arrive pas lorsque le chocolat est pur.
- Enfin, pour reconnaître si on n’a pas ajouté au chocolat des matières inertes pour augmenter le poids, soit de l’ocre, soit même de la terre, on traite un poids donné par de l’éther qui enlève la matière grasse, puis par de l’eau tiède qui dissout le sucre, la gomme et la dextrine, on évapore jusqu’à consistance sirupeuse, puis on reprend après refroidissement, parde l’alcool à 80°, on dissout ainsi le sucre seulement. En incinérant le résidu on peut, reconnaître par le poids des cendres s’il y a eu addition frauduleuse de produits minéraux; en effet, le chocolat pur donne seulement 25 0/0 de résidu minéral à la calcination. A Larbalétrier,
- Professeur de chimie agricole et industrielle.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- PHOTOGRAPHIE PRATIQUE
- RENFORÇAGE ET AFFAIBLISSEMENT DES CLICHÉS.
- ®n des plus beaux résultats photographiques serait d’obtenir toujours des clichés irréprochables, ni trop ni trop peu développés, ni trop durs ou opaques, ni trop faibles non plus. Mais que voulez-vous ? Le meilleur praticien peut avoir des déceptions et des insuccès, parmi lesquels il faut compter des négatifs heurtés sans traces de demi-tons, à côté d’autres qui, au contraire, ne possèdent aucune vigueur et sont également pauvres en détails. Les uns demandent à être affaiblis, les autres veulent être renforcés. — On sait que l’affaiblissement d’un cliché consiste à réduire l’excès d’argent qui y est contenu et cela peut se faire de différentes manières, soit par le bichlorure de mercure, soit encore par le perchlorure de fer, soit enfin par un bain dont je rappellerai plus loin la composition. Les procédés au bichlorure de mercure et au fer sont trop connus pour qu’il soit nécessaire de les rappeler ici. Qu’arrive-t-il cependant dans la plupart des cas et malgré les plus grandes précautions? Les beaux demi-tons qui peuvent encore exister disparaissent dans le bain réducteur et il en résulte un cliché moins opaque, il est vrai, mais peut-être plus heurté qu’au-paravant.
- 11 n’y a pas longtemps que M. le Dr Eder, de Vienne, a recommandé l’emploi d’un excellent procédé qui vaut la peine d’être rappelé ici : Le négatif fixé et bien lavé est plongé dans une solution de :
- Acide chlorhydrique . . 3 parties
- Bichromate de potasse. . 1 —
- Alun................... 15 —
- Eau..................150 —
- jusqu’à ce qu’il soit devenu laiteux par suite de la formation du chlorure d’argent. On retire alors le cliché et on le lave à grande eau pour le plonger dans un bain faible d’hy-droquinone ou, mieux encore, dans un bain développateur au citrate de fer qui n’agit que lentement et contribue à l’obtention d’un très bon cliché avec toutes ses demi-teintes. M. P. G. Duchoclmis publie dans le Pliot. Times un moyen d’affuiblir les clichés sans détruire les demi-tons. Ce procédé consiste à ne pas-
- réduire l’argent, mais à communiquer au cliché une teinte plus actinique ou bien encore à rendre le cliché très transparent, de sorte qu’on obtiendrait non seulement le degré d’affaiblissement voulu, mais en cas de trop grand affaiblissement on peut toujours renforcer le cliché.
- Le négatif est d’abord plongé dans l’eau pour ramollir la gélatine, puis on l’immerge dans un bain très affaibli d’eau régale, où l’image semble se renforcer quand on l’examine par transparence, parce qu’il se forme du chlorure d’argent. Si cependant on l’expose un certain temps aux rayons du soleil, le cliché devient transparent par suite d’une réduction de sel d’argent et il prend une teinte bleuâtre ou d’un noir violacé, plus actinique que la teinte primitive.
- L’opération doit se faire à la lumière diffuse et le négatif retiré à temps de l’eau régale est mis à sécher avant d’être exposé en plein soleil, sans quoi la réduction serait irrégulière, parce que les endroits les plus secs seraient aussi les plus transparents. La réduction est plus complète et le cliché devient plus foncé, ce qui peut être un avantage, si l’on expose le négatif sous l’eau ou, mieux encore, en présence d’un corps absorbant le chlore. Le degré d’affaiblissement est en rapport avec le plus ou moins de transformation d’argent métallique en chlorure d’argent, et c’est en cela que consiste la difficulté du procédé. Il faut une certaine expérience pour pouvoir réussir, quoiqu’en somme il n y ait rien à risquer pour le cliché; car s’il devient trop faible, on le renforce dans un faible bain révélateur ou bien on le renforce comme d’habitude. Inutile de le fixer encore une fois ; des lavages répétés suffisent.
- On voit par ce qui précède que les manipulations sont assez délicates et qu’il s’agit avant tout de bien surveiller son cliché. Mais lors même qu’on le surveille bien, on Peut facilement dépasser le but et être obligé de renforcer un cliché trop affaibli.
- Voici, pour affaiblir des clichés trop PeU transparents, la formule la plus pratique, ne nécessitant aucune manipulation longue e
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- ennuyeuse et donnant toujours les plus sûrs résultats :
- Solution I
- Fericyanure de potassium . 10 grammes.
- Eau distillée............. 20 cmc.
- Solution II
- Hyposulfite de soude. . . 5 grammes.
- Eau ordinaire.............100 cmc.
- On verse l’hyposulâte de soude dans une cuvette et l’on y ajoute 5 à 10 gouttes de la solution de fericyanure de potassium. Il est facile de suivre l’affaiblissement et, quand il est jugé suffisant, le négatif est lavé à grande eau, puis plongé dans un bain d’alun 5 0/0, contenant une trace d’acide citrique pour enlever toute teinte jaune.
- Jusque là et aussi longtemps qu’il s’agit d’affaiblir ou de renforcer le cliché, il y a facilement moyen de se tirer d’affaire. Qu’on nous permette cependant, pour terminer, de citer un cas des plus intéressants. En traversant cet été la forêt, nous sommes arrivés à un endroit charmant. La hache du bûcheron avait pratiqué là une petite éclaircie qui permettait aux touristes d’entrevoir une ruine pittoresque située à plus de 600 mètres vers
- la plaine et gracieusemet encadrée au premier plan d’un fouillis de sombre verdure. On ne résiste pas à la tentation de prendre une vue semblable et pourtant on sait d’avance ce qui va arriver. A notre retour, nous avons développé un cliché qui présenta des contrastes tels qu’il fallut renoncer au tirage ; la belle ruine avait presque disparu, le premier plan ne présentait que de maigres détails. Que faire ? Il nous vint à l’idée d’essayer successivement un renforçage et un affaiblissement partiels.
- C’est par le renforçage que nous avons commencé. A cet effet, nous avons couvert exactement la ruine et le reste du dernier plan avec un mélange de cire blanche et de térébenthine, de sorte que ce n’est que le feuillage du premier plan et le ciel qni ont été renforcés. Le jour suivant, et après avoir enlevé la couche de cire de l’arrière-plan, c’est le premier plan et le ciel qui. ont été couverts très soigneusement d’une couche de cire semblable. L’arrière-plan, ainsi découvert, a pu être traité par le bain affaiblissant, ce qui a parfaitement réussi.
- Cercle d’amateurs (Strasbourg).
- REVUE DES LIVRES
- Manuel pratique de pliototypie, par J. Voirin, i volume broché avec 40 gravures et deux planches phototypiques. — Charles Mendel, éditeur, 118, rue d’Assas, Paris,— 1892.— Ifr. 25.
- Ce volume, le cinquième de la bibliothèque Photographique de la Science en famille, décrit toiites les opérations phototypiques d’une façon claire, précise, facilement compréhensible et avec toute l’autorité d’un auteur auquel tous les t'ucs, toutes les ficelles de ce genre de travail s°nt familiers.
- U s’est proposé surtout de montrer à l’ama-teur, au photographe et à l’imprimeur que l’im-Pression de la photographie aux encres grasses un procédé simple, pratique et à la portée e tous, — Il y a pleinement réussi, et son 0l'vrage contribuera certainement à propager en France ce merveilleux procédé dont l’Alle-lllage a eu pendant jjloqgtemps le monopole à Peu près exclusif.
- Nous signalons à nos lecteurs un intéressant ouvrage sur les Chemins de fer, publié dans la Biblothèque Utile de l’éditeur Félix Alcan, par M. G. Mayer, chef de division au Ministère des Travaux publics. L’auteur a voulu, dans un langage accessible à tous, c’est-à-dire en s’abstenant de définitions techniques, raconter comment on construit un chemin de fer et comment on l’exploite.
- Il a cherché à faire comprendre en quoi consistent les travaux qu’exige l’établissement d’une ligne, prise depuis le moment où l’ingénieur en étudie le tracé jusqu’au jour où on la livre au public. Il donne ensuite un aperçu général des opérations multiples de l’exploitation, et explique la nature et le fonctionnement des nombreux engins et appareils auxquels elle a recours (composition et marche des trains, mesures de sécurité, etc.). Enfin, un abrégé historique expose rapidement les différentes phases par lesquelles a passé la constitution du
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- réseau français (i vol. 111-32, br. 60 c. ; cart. à l’anglaise, 1 fr.)
- ***
- Almanach-annuaire de VElectricité et de VElectro-chimie pour i892 (8e année), publié par M. Firmin Leclerc, officier d'académie, directeur du journal des Applications électriques. — Paris, rue Louis Blanc, 72. Tous les praticiens connaissent cet ouvrage : ils y trouveront cette année, comme les années précédentes, un grand nombre de précieux renseignements, et c’est à ce titre que nous leur rappelons et que nous leur recommandons cette utile publication.
- *
- * *
- Vient de paraître : Le Bulletin vèlocipèdique parisien. Journal mensuel des occasions de Vélos. Paris: 31, boulevard Montmorency.— Abonnements : 1 fr. par an.
- Dans le Bulletin des Sommaires, publication très originale qui donne hebdomadairement l’analyse de tout ce qui est dit d’important dans la presse générale ou spéciale, notre confrère M. Ch.-M. Limousin publie, chaque semaine, de très originales causeries.
- Un spécimen : 15 c. Paris, rue Beaunier, 44.
- Cours de dessin, à l’usage des écoles primaires et des cours d’adultes, par E. Fontaine et E. Colmont, 175 pages, 500 gravures. Prix: 3 5°-
- « La pensée qui nous a constamment guidés en écrivant ce livre se résume dans ces simples mots : être utiles », disent les auteurs dans leur avant-propos.
- Nous sommes persuadés qu’ils n’ont pas manqué leur but, et que cet ouvrage rendra de grands services à la cause de l’enseignement du dessin. D’ailleurs, il arrive à son heure pour être remarqué et utilisé, c’est-à-dire au moment où l’on s’apprête à réformer, dans les écoles publiques, la direction de cet enseignement.
- Le cours de dessin de MM. Fontaine et Col-mont s’adresse à tous les âges ; il débute par quelques modèles très simples à l’usage des classes enfantines, pour s’étendre en dernier lieu sur le Dessin académique, la Perspective théorique, les Ombres, etc., et partout on retrouve la même clarté de méthode, la même sûreté dans l’art de professer.
- Quelques termes impropres à relever, néanmoins, dans le tableau des muscles. Cette critique de détail n’enlève rien d’ailleurs à la valeur de l’ouvrage, qui est réelle à tous les points de vue.
- LA SCIENCE
- Moyen de cuire les œufs à la coque. —
- Voici un moyen de cuire les œufs à la coque, inliqué par le professeur de chimie Balard : 11 faut verser dans une casserole autant de verres d’eau qu’il y a d’œufs à cuire. On porte l’eau à l’ébullition. Quand l’eau bout, on met les œufs dans la casserole, en les retirant du feu. On laisse refroidir à l’air libre, sans mettre de.couvercle. On peut laisser les œufs dans cette eau indéfiniment, ils cuiront, mais ils ne durciront pas. Il est évident que si l’eau se refroidit complètement les œufs deviendront froids, maison peut calculer le moment où on doit les faire cuire pour les servir encore suffisamment chauds.
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- * *
- Table d’intérêts composés. — Le Scien-tific americcin donne le tableau suivant, dû à M. Frédéric R. Honey l’Yale University), qui permet de trouver facilement le nombre
- PRATIQUE
- d’années au bout duquel une somme quelconque, placée à intérêts composés, se trouve doublée, triplée, quintuplée, sextuplée :
- Table d’intérêts composés CONSTRUITE par Frédéric E. Honey (PM. Bach.), Yale Univers^
- Double. Tiiple. Quintuple Sextuple-
- Taux 0/0 69.3197 109.8692 160.9554 194.6051 9632
- De 1 à 10 3431 5438 7967
- 11 — 20 3382 5360 7853 9494 9364 9241 9126, 9020, 8920, 8826, 87371 8654
- 21 — 30 3316 5286 7745
- 31 — 40 3292 5217 7643
- 4L - 50 3251 5153 7548
- 51 — 60 3213 5092 7460
- 61 — 70 3177 5036 7377
- 71 — 80 3144 4983 7300
- 81 — 90 3112 4933 7227 7158
- 91 — 100 3083 4886
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- L’exemple suivant fera comprendre le mode d’emploi de cette table. Au bout de combien de temps une somme quelconque, placée à intérêts composés à 15 0/0, se trouve-t-elle triplée? Descendre la colonne verticale des taux jusqu’à ce que l’on arrive à la ligne où se trouve la dizaine 11 — 20, comprenant le tauxl50/0; suivre horizontalement cette ligne jusqu’à ce que l’on arrive dans la colonne verticale intitulée triple qui donne le nombre 5360; multiplier 5360 par 15 (le taux 0/0), ce qui donne le produit 8,04 ; ajouter ce nombre à celui qui est en tête de la colonne 109,8692; diviser la somme 117,9092 par 15; le quotient 7,86 donne le nombre d’années cherché. La même table permet de trouver le temps nécessaire pour qu’une somme soitquadruplée, en doublant le nombre d’années après lequel elle se trouve doublée ; sextuplée, en ajoutant le nombre d’années au bout duquel elle est triplée à celui après lequel elle est doublée; octuplée, en quadruplant le nombre d’années nécessaires pour qu’elle soit doublée, etc. Tout ceci suppose que les intérêts sont payables annuellement. Si les paiements sont faits semestriellement, on fera le calcul pour la moitié du taux 0/0, et la réponse sera donnée, en 1/2 années ; autrement dit, il faudra diviser la réponse par deux pour avoir le nombre d’années. De même, si les paiements sont faits trimestriellement, on devra faire le calcul pour le quart du taux 0/0 et diviser le résultat par 4 pour obtenir le vrai résultat. * * * Moyen de couper le caoutchouc. — On sait qu’il est assez difficile de couper un morceau de caoutchouc, pour peu qu’il ait une certaine épaisseur. Ayez donc la précaution, avant d’opérer, de mouiller la lame du couteau ou du canif dont vous vous servez et vous serez étonné de la facilité avec laquelle se coupera votre caoutchouc.
- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
- Coloration artificielle des fleurs. — Il y a une quinzaine d’années, M. Filhol trouva le procédé suivant à l’aide duquel il colorait les fleurs en vert. Il laissait séjourner ces fleurs flans de l’éther sulfurique additionné d’un peu d’ammoniaque et elles prenaient aussitôt une couleur vert-foncé ; mais ces fleurs ue pouvaient se mettre en bouquet et se fanaient aussitôt. Une ouvrière de fleurs artificielles a trouvé mieux dernièrement et cela dans les circonstances les moins attendues : ayant laissé tomber par mégarde quelques parcelles de Vert d’aniline dont elle se servait pour son ouvrage, dans l’eau d’un vase où baignaient fluelques œillets blancs, elle ne fut pas peu 8urprise, le lendemain, d’apercevoir des taches vertes, sur ces mêmes œillets. Quelques jours après, on voyait des fleurs ^eites à la devanture de tous les marchands e fleurs naturelles parisiens. U suffit donc, pour s’en procurer de sem-J aides, de laisser tomber quelques pincées 6 "vert malachite dans l’eau où l’on mettra leinper les tiges des fleurs dont on veut transformer la .couleur, en ayant soin de leur faire quelques incisions destinées à faciliter la pénétration du liquide. Au bout d’une demi-journée, les pétales présenteront quelques taches vertes, si même il s’agit de lilas blanc, il suffira d’une nuit pour que la fleur devienne complètement verte. L’expérience est récréative, mais elle est surtout intéressante, car elle démontre de façon absolue l’ascension de la sève dans la tige et dans la corolle par la capillarité des vaisseaux. D’ailleurs il ne s’agit pas seulement de fleurs vertes, et avec des couleurs appropriées on peut donner aux lilas, jonquilles, jacinthes, œillets, etc., d’autres teintes que celles qu’ils ont dans la nature. Le lilas surtout, paraît-il, se prête admirablement à ce caméléonisme et c’est ainsi que vous obtiendrez un charmant bouquet tricolore, en prenant trois branches de lilas blanc, et en en laissant séjourner deux,l’une dans une dissolution aqueuse de bleu de méthylène, et l’autre dans une dissolution aqueuse d’éosine.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Liqueurs de fantaisie. — Les « liqueurs de fantaisie » dont nous voulons parler ne sont pas de ces liqueurs plus ou moins digestives, plus ou moins toniques, etc., renfermées dans des récipients aux formes bizarres et aux étiquettes bariolées et multicolores qui ornent la devanture des épiciers-liquoristes; non, elles sont plus « de fantaisie» que tous ces produits fabriqués et vendus par les distillateurs : ce n’est pas peu dire, n’est-il pas vrai ? mais vous allez en juger.
- Prenez deux flacons de grandeur ordinaire et emplissez-les, l’un d’une so- p lution ammoniacale (alcali volatil) ; l’autre, d’acide acétique étendu d’eau, mais d’eau distillée, autant que possible.
- Prenez-en deux autres, et mettez dans le premier une petite pincée de phénolphta-léïne; dans le second, une très petite paillette de fuschine, et ajoutez à chacun d’eux de l’alcool en quantité suffisante pour que la dissolution soit complète, en opérant avec précaution, pour ne pas mettre d’alcool en excès ; complétez avec de l’eau distillée, en quantité à peu près égale dans les deux flacons, et jusqu’à ce que la solution de fuschine ait pris la teinte de la liqueur dont vous voulez lui donner le nom (cerisette, guignolet, grenadine, etc.).
- Supposons un instant que nous baptisions cette dernière solution du nom de grenadine ; la solution de phénolphtaléïne, qui est incolore, nous donnera de la menthe, et quant aux deux premiers flacons, l’ammoniaque pourra jouer le rôle de kirsch vieux, et le vinaigre sera du pseudo-kirschenwasser.
- Votre petite mystification est prête. Un camarade vient vous voir, et d’après les lois d’une cordiale hospitalité, vous l’engagez vivement à accepter un petit verre.
- La « cave » est sur la table : Grenadine ou menthe ?
- Votre ami préfère la grenadine : soit ; vous la lui servez et vous vous réservez, à vous, un verre de menthe.
- Reste à ajouter le kirsch : les petits détails que vous inventez, tout en versant, sur la provenance de cette liqueur, le temps qu’elle est restée dans votre cave, etc,, attirent l’attention de votre visiteur ; et vous pouvez ainsi jouir de son ébahissement lorsqu’il voit les deux liquides changer réciproquement de couleur.
- Après avoir attribué ce changement à la mauvaise qualité du kirsch que vous venez d’employer, par exemple, vous prenez le flacon voisin, vous versez dans les deux
- verres et chaque liqueur reprend sa couleur primitive.
- Il est inutile d’ajouter que ces liqueurs ainsi préparées ne doivent pas être absorbées.
- Quant aux solutions séparées, on peut les conserver indéfiniment, et votre cave à liqueurs peut être garnie pour longtemps avec quelques sous.
- Terminons en disant que les réactions s’opèrent plus rapi-_________________ dement, et, par conséquent,
- d’une façon plus frappante.
- si l’ammoniaque et l’acide acétique sont plus concentrés.
- Fig. 53. Illusion
- Fig. 54. d’optique.
- Illusion d’optique. — Tracez sur un papier rectangulaire, comme celui de la figure 54, des arcs ABC, appartenant à des cercles avant le même centre O. Ces arcs de cercle ne semblent pas parallèles, et l’illusion provient uniquement de l’inégalité des angles interceptés, car si, au moyen de deux morceaux de papier, placés suivant les rayons, on limite les angles à la même valeur, oU bien encore si l’on trace, comme figure 53, les arcs sur un papier triangulaire, ils parais sent ce qu’ils sont en réalité, c’est à-dne parallèles.
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, ii8, rue d’Assas.
- La Fère. — Imprimerie Bayen, rue Neigre.
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- BÊTES ET PLANTES CURIEUSES
- LES TOUCANS
- ans les forêts vierges de l’Amérique du Sud, vit une espèce d’oiseaux, remarquables par la forme de leur bec d’une longueur et d’un volume extraordinaires, et dont l’énormité leur a valu le nom de Ramphastos (Linn.) du grec ramphos (bec d’oiseau).
- Les Toucans appartiennent à l’ordre des grimpeur s, et se divisent eux-mêmes en deux sous-genres qui renferment plusieurs variétés, se distinguant les unes des autres par la taille, la couleur du plumage, mais ayanttoutes, les mêmes mœurs et les mêmes habitudes.
- On pourrait supposer que ce bec gigantesque fût de nature à gêner l’oiseau dans ses mouvements et surtout dans son vol, il n’en est rien. D’ailleurs, ce bec aussi long que le corps, arqué vers le bout, et irrégulièrement dentelé vers le bord, n’est pas robuste : sa structure légère et celluleuse fait que son poids est pour ainsi dire nul, et l’oiseau vole très haut sans difficulté et sans grands efforts, le cou et Ie bec tendus verticalement : néammoins, ce V°1 est quelque peu saccadé quand l’espace a franchir est considérable.
- Oe bec étrange renferme une langue non m°ins extraordinaire: cette langue est longue ^ garnie de soies longues et étroites qui la 0nt ressembler à une plume.
- Les pieds sont courts, les ailes peu étendues, la queue assez longue.
- Le plumage varie avec les espèces : cependant on peut dire qu’en général, ce plumage est magnifique, aux couleurs éclatantes ; il pousse très vite, à l’encontre du du bec qui met trois ans à arriver à sa complète formation.
- Les Toucans se montrent rarement dans les endroits habités ; ils vivent par couples isolés ou plus sou vent en petites troupes, et on a r emarqué que leur timidité, et leur méfiance étaient beaucoup moindres dans ce dernier cas llssenour-rissent de fruits, d’insectes, et ils passent aussi pour se nourrir d’oiseaux de taille plus petite que la leur et pour dévorer la ponte des nids qu’ils découvrent.
- C’est donc un point de commun qu’ils ont avec le coucou, ce grimpeur de nos climats; et comme les pics, des grimpeurs également, ils font leur nid dans le creux des arbres ; ils déposent dans ce nid deux œufs à coquille blanche.
- La flexibilité de leur bec contraint ces oiseaux à avaler leur nourriture sans la mâcher, et à lancer leur proie en l’air, comme le cormoran le fait du poisson, pour qu’elle retombe dans leur bec, de façon à pouvoir être avalée sans difficulté. De plus, lorsque ces oiseaux s’apprêtent à boire, ils enfoncent leur bec dans l’eau, aspirent le liquide et relèvent la tête en la balançant à droite et à et gauche ; c’est cette particularité curieuse
- PM.
- Le Toucan du nrésil ou Toucan de Tumminck
- Fig. 55.
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- qui a fait dire aux premiers voyageurs qui les ont découverts que les Toucans faisaient le signe de la croix au moment de Loire.
- Dans les forêts de l’Amérique du Sud où ils vivent, les Toucans, quand ils ne sont pas en quête de leur nourriture, se tiennent sur les extrémités des branches les plus élevées, où ils se plaisent à essuyer, nettoyer, lisser leur beau plumage. Parfois aussi, ils se réunissent sur un ou plusieurs arbres, et là, ils organisent des sortes de concerts dans lesquels on a remarqué qu’ils poussaient à tour de rôle, sous la présidence de l’un d’entre eux, leur cri grondeur et monotone qui rappelle d’ailleurs le mot toucan.
- L’espèce représentée par notre gravure est le Toucan du Brésil, qu’on appelle encore le Toucan de Tumminck, du nom du naturaliste qui Ta fait connaître, et que Ton rencontre dans les forêts des côtes brésiliennes.
- Les parties supérieures du cou et de la tête sont d’un noir de velours; la gorge, le haut du cou, la poitrine sont d’un bel orangé, et celle-ci est traversée en haut par une bande d’un rouge très vif; le tour de l’œil est rouge et la paupière est bleue. La longueur du bec est de 12 cm., et, de la pointe du bec à l’extrémité de la queue, il mesure environ 50 cm. ; ce bec est noir, avec la base sillonnée d’une bande jaune clair.
- Parmi les autres espèces les plus remarquables il faut citer encore : le Toucan de Cayenne, ou Toucan Toco, noir avec des plaques blanches sur la gorge et le cou, le Toucan du Para, au plumage noir, avec le devant du cou orangé vif, la poitrine et le ventre rouge ; le premier vit dans les solitudes des Guyanes et du Paraguay; le second, au Para et au Brésil.
- On chasse les Toucans autant pour leur chair qui est très délicate, que pour leurs plumes qui sont fort recherchées et avec
- lesquelles les indigènes du Brésil et des rives de l’Amazone se confectionnent des manteaux et des coiffures.
- Cette chasse se fait au fusil et à la sarbacane, en juin et en juillet, époque à laquelle ces oiseaux sont plus gros, se réunissent en bandes, et sont, comme nous le disions plus haut, moins craintifs, plus faciles à approcher.
- Les indigènes emploient la sarbacane lorsqu’ils les chassent plus spécialement pour la plume. Ils se servent alors de flèches à très petite pointe, et enduite d’une substance propre à endormir l’oiseau. Pendant que celui-ci gît, étourdi, on le dépouille de ses plumes, qne Ton se procure ainsi belles et sans tache.
- En dehors de cette période, les Toucans sont difficiles à atteindre ; ils fuient de très loin à l’approche de l’homme, se maintiennent toujours hors de sa portée, et dans les endroits très feuillus où il leur est très facile de se dissimuler.
- Par contre, devant un ennemi autre que l’homme, ies Toucans font preuve d’un grand courage ; ils se réunissent tous contre l’oiseau de proie, et cèdent rarement avant de l’avoir repoussé.
- Pris jeunes, ces oiseaux s’apprivoisent facilement, et ils deviennent alors très familiers; ils reconnaissent les personnes qui les soignent; ils sont vifs, éveillés, amusants, d’une grande propreté et presque aussi intelligents que les perroquets.
- Cepëndant, leur humeur sauvage et batailleuse reprend toujours le dessus. Dans la volière ou la basse-cour, où ils sont enfermés, ils ne tardent pas à devenir de véritables tyrans devant lesquels tous les autres oiseaux doivent céder ; s’attaquant aux coqs, aux dindons, et se défendant même contre des animaux bien plus forts que lui, contre le chien, par exemple.
- Ch. Fleury.
- HYGIENE
- L’EAU DISTILLÉE
- Sous ce titre, notre distingué collègue,
- M. Caries, professeur à la Faculté de médecine de Bordeaux, vient de publier, dans le numéro de janvier du
- INDUSTRIELLE
- Répertoire de Pharmacie, une étude f01^ intéressante sur la préparation et l’utilisation industrielle de l’Eau distillée.
- Pendant des siècles, la préparation de l’eau
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- distillée a été une opération exclusivement chimico-pharmaceutique ; mais, depuis quarante ans environ, l’industrie chimique de la photographie, de la galvanoplastie et les autres arts industriels qui font usage de so-lutions métalliques ont développé considérablement son usage et donné naissance à de véritables distilleries d’eau industrielles.
- Il est facile de comprendre, en effet, quand on considère la différence de composition chimique qui existe entre une eau ordinaire même potable, et l’eau distillée que, quelle que soit la faiblesse pondérale de cette différence, la présence de carbonates de chaux et de magnésie, de chlorure et de sulfates alcalins et alcalins terreux, d’éléments azotés et d’éléments organisés, rende nécessaire l’emploi de l’eau distillée dans un grand nombre de cas.
- On ne saurait faire, par exemple, comme cela se pratique chaque jour en photographie, des solutions de nitrate d’argent dans une eau chlorurée, ou une solution de sels d’or dans une eau renfermant des matières organiques.
- Mais ce n’est pas à l’industrie, ou aux arts chimiques proprement dits, que s’applique la nécessité d’emploi de l’eau distillée.
- L’expérience a démontré qu’elle était indispensable pour couper les alcools, les eaux-de-vie, et toutes les liqueurs spiritueuses, ïue troublerait l’addition d’eau ordinaire dont les sels dissous ne sont pas solubles dans une eau alcoolisée.
- Il en est de môme si l’on veut obtenir une saveur franche et délicate, une résistance plus grande aux agents d’altération, une j couleur plus naturelle et plus stable, dans le Mouillage de certains vins et boissons fermentés, de sirops d’agrément, de fruits au Jus, de liqueurs végétales à faible degré alcoolique spécialisées par la confiserie.
- Il en est de même enfin, pour certaines Préparations pharmaceutiques, surtout celles (lUl obtiennent du tanin (quinquina et ra-lanhia, par exemple), pour lesquelles on ne saurait employer d’eaux calcaires.
- Eu effet, les carbonates terreux, à réaction
- . lement mais constamment alcaline, réa-§lssent toujours sur les acides organiques
- es sucs, qu’ils neutralisent et affadissent; SUl les couleurs végétales qu’ils ternissent et
- font même virer parfois ; sur les glucoses et essences aldéhydiques qu’ils prédisposent aux transformations ulmiques ; sur les tanins qu’ils précipitent ou dont ils facilitent l’oxydation.
- Les sulfates terreux de l’eau précipitent et insolubilisent les matières albuminoïdes, et sont souvent transformés, eux-mêmes, en produits sulfurés par les microbes anaérobies que ces eaux peuvent contenir.
- On comprend maintenant pourquoi la consommation de l’eau distillée grandit chaque jour, et comment, dans les villes où abondent les négociants en spiritueux, les confiseurs et les liquoristes, on a été amené à industrialiser sa préparation.
- Mais ces eaux industrielles constituent-elles de l’eau réellement pure et conviennent-elles à tous les usages ?
- Cette question, M. Caries se l’est posée, et l’a résolue par l’analyse d’un grand nombre d’échantillons de ces eaux.
- Toutes étaient exemptes de sels minéraux, chlorures et sulfates, chaux et magnésie. Dans la plupart d’entre elles, l’analyse décelait seulement des traces d’ammoniaque, inférieures à la quantité contenue dans les eaux originaires. Le dosage des matières organiques fournit aussi des résultats faibles mais irréguliers, parfois supérieurs à la proportion trouvée dans l’eau qui lui a donné naissance. Nous en aurons l’explication dansun moment.
- Ces impuretés rendent l’eau distillée impropre à la préparation des solutions titrées pour analyses délicates; mais, elles sont par-i failement aptes à l’obtention des solutions pharmaceutiques, même des solutions de sublimé pourtant si sensibles à l’action de l’ammoniaque, et qui sont employées à profusion en clinique, surtout dans les services hospitaliers de chirurgie et d’accouchement. D’autre part, tout le monde sait que la présence de traces de sels ammoniacaux bonifie, vieilli£ les coupages d’alcool et d’eau-de-vie alimentaire. Ces eaux distillées industrielles sont donc très heureusement employées pour un pareil usage.
- Il semblerait, à première vue, que l’eau distillée pure, qu’un liquide minéral aussi simple, ne puisse s’altérer ; c’est l’explication de ce phénomène qui constitue la partie la
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- plus intéressante et la plus originale du travail de notre collègue.
- Si l’eau, au sortir de l’alambic, est enfermée dans un récipient de verre ou de métal, et soigneusement privée de matières organiques, elle se conservera inaltérée ; mais, si on l’enferme dans des tonneaux en bois, comme on est obligé de le faire industriellement, et surtout si la température ambiante est élevée, les matières organiques et minérales du récipient se diffusent dans l’eau et, en dépit de leur minuscule proportion, suffisent à l’alimentation de parasites microscopiques ; à ce point parfois, qu’au moment des grandes chaleurs, et mieux encore au printemps, l’eau se remplit de mucédinées et d’algues microscopiques dont l’évolution et l’accroissement sont tellement rapides qu’elles rendent le produit invendable du jour au lendemain, et paraissent même épidémiques dans les caves atteintes.
- Cette altération se manifeste sous la forme d’une viscosité d’abord légère, mais pouvant atteindre rapidement un degré tel que l’eau file comme de l’huile et ne filtre plus. Au
- microscope on ne distingue rien, mais si l’on évapore quelques gouttes de cette eau, qu’on colore le résidu avec du violet de méthyle ou du rouge d’aniline, et qu’on lave à l’alcool à 90°, on distingue alors des myriades de micrococcus parsemés de bacilles et même de moisissures. Ce sont tous des anaérobies. Pour guérir une pareille eau, il faut l’agiter vigoureusement au contact de l’air (1), puis avec un peu de bouillie de nitrate de bismuth, ou quelque peu de noir animal, et enfin filtrer.
- Étant donné le prix modique de la matière altérée, il s’agit moins de guérir le mal. que de le prévenir. M. Caries recommande les précautions suivantes : Passer souvent les tonneaux à la vapeur pour stériliser les spores et les germes qu’abrite le bois, et enlever le plus possible les matières organiques adhérentes à ce bois; les bien rincer; bien refroidir l’eau avant l’entonnage, et la préserver avec soin des matières organiques, qui pullulent et voltigent toujours dans un atelier condamné à rester constamment humide et attiédi. J. Bruhat.
- FALSIFICATIONS DES DENRÉES ALIMENTAIRES
- MOYENS SIMPLES ET FACILES POUR LES METTRE SOI-MÊME EN ÉVIDENCE (suite)
- V. — Falsifications du thé.
- n France, on consomme, année moyenne, 300,000 kilogrammes de thé ; c’est peu, lorsqu’on compare cette quantité à celle qui est consommée en Angleterre et qui atteint 25,000,000 de kilogrammes.
- On divise les diverses sortes de thés du commerce en deux groupes : 1° les thés verts, 2° les thés noirs. On a cru pendant longtemps que ces deux variétés provenaient de deux espèces distinctes de Thea chinensis, mais on sait aujourd’hui que cette coloration n’est due qu’à un mode spécial de préparation des feuilles.
- Les thés verts ont une saveur astringente et piquante, une odeur forte ; fils sont très excitants et causent des insomnies.
- Les thés noirs ont moins de force, ils sont moins aromatiques. Le plus souvent l’in"
- (i) M. Caries apporte ainsi un argument confirmatif de plus à la communication faite à la Société française d'Hygiène, par notre collègue, M. Ferdinand Jean, sur l’influence des agents mécaniques sur l’épuration de l’eau par la destruction des microbes.
- M. Caries ajoute même cette note fort intéressante pour la question de purification par le fer, qui est a l'ordre du jour de notre Société.
- « La conservation de l’eau serait plus assurée dans les récipients enfer galvanisé, car l’oxyde métalbque qui se forme lentement, et se précipite, entraîne tou les micro-organismes ».
- Seulement, M. Caries fait remarquer que l'eau is tillée contenant ainsi en dissolution des tracesd’oxyu de fer (qui restent en dissolution parce que l’eau tillée n’est pas aérée) deviendrait nuisible pour certa,” usages industriels, mouillage des rhums, eaux-vie, etc,, qui bruniraient pour cette cause.
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- fusion se prépare avec des mélanges en différentes proportions de ces deux sortes.
- C’est principalement de la Chine et du Japon que nous arrive le thé, et comme ce produit se vend à un prix très élevé, quipour quelques sortes dépasse cent francs lekilogr., on comprend sans peine que ce produit ait tenté la cupidité des falsificateurs.
- D’une manière générale, les thés verts sont plus fraudés que les noirs. Les falsifications les plus communes peuvent être rangées en trois groupes :
- 1° Substitution d’une sorte à une autre ; on comprend que cette fraude est très difficile à découvrir, elle demande une grande expérience et ne peut être menée à bien que par des spécialistes ;
- 2° Adjonction au thé de substances étrangères. Celles-ci peuvent être des feuilles ou fragments de feuilles de végétaux autres que le théa ; cette fraude ne peut être décelée que par l’examen au microscope, encore nécessite-t-il des connaissances assez étendues en botanique (1).
- D’autres substances sont ajoutées dans le but de donner du poids ou une coloration factices ; ce sont surtout, la craie ou carbonate de chaux, le plâtre, l’indigo, le bleu de Prusse, le sulfate de fer, le chromate de plomb, etc., etc.
- On reconnaîtra la présence de la craie, du gypse, du carbonate de magnésie, etc., en incinérant au rouge vif un poids donné de feuilles de thé ; si le poids de cendre laissé est supérieur à 6 p. 100, il y a des probabilités nombreuses pour soupçonner la fraude.
- Pour trouver les matières colorantes, on agite le thé assez longuement, mais légèrement,dans un nouet de mousseline très clair, in poudre qui s’en détache est additionnée deau de pluie, s’il y a des colorants, elle Prendra une teinte plus ou moins foncée et lise formera un dépôt. C’est dans ce dépôt gu on pourra rechercher l’indigo, le bleu de russe, le graphite, etc., mais peu importe a nature exacte du produit. Ce qui est cer-aini c’est qu’il y a falsification ; d’ailleurs, Ces substances sont difficiles à caractériser ;
- j1) Les feuilles qu’on ajoute le plus souvent sont ,es fraisier, églantier, peuplier, olivier, frêne, Saule> épilobe, etc.
- il en est une,cependant, qu’on pourra rechercher, c’est le chromate de plomb, essentiellement nuisible à la santé, même à petite dose. Voici alors la manière de s’y prendre : Le dépôt dont il a été parlé plus haut, décanté de l’eau qui le recouvre, on le laisse sécher à une très douce température, après refroidissement complet on y verse quelques gouttes d’acide nitrique (eau forte) pur, et autant d’eau distillée, on laisse ainsi en contact pendant trois ou quatre heures ; on évapore ensuite jusqu’à siccité complète, sur un bain de sable, de préférence (fig. 56), puis on reprend le dépôt par un peu d’eau distillée. On laisse refroidir cette solulion ; celle-ci, traitée par quelques gouttes d’iodure de potassium, donnera un précipité jaune, ce précipité disparaîtra en ajoutant un excès d’iodure de potassium.
- 3° Addition de thé épuisé ayant déjà servi. Cette falsification est assez fréquente, elle est même souvent pratiquée par les Chinois eux-mêmes pour les thés d’exportation ; le thé déjà épuisé est coloré artificiellement, puis trempé dans une dissolution de gomme pour lui faire reprendre la forme roulée.
- Dans un thé ainsi falsifié, la proportion de ligneux est bien plus forte que dans le thé frais, par contre, la théine (principe actif) et le tanin y sont beaucoup plus faibles, comme le montrent les chiffres suivants :
- Thé frais Thé épuisé Humidité .... 9,2 11,1
- Ligneux......... 58,7 87,5
- Gomme........... 10,5 8,8
- Tanin........... 15,2 3,5
- Etant donné ces chiffres, on pourra reconr naître la fraude soit en dosant le tanin, soit celui du ligneux.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Pour doser le tanin, M. J. Gloüet indique la méthode suivante : on prend 1 gramme de thé, et on le fait bouillir pendant une demi-heure dans 120 grammes d’eau distillée, puis une seconde fois avec 60 grammes. On réunit les liqueurs, on les mesure, et on en prend 1/10 pour les précipiter par une solution de gélatine alunée (1). On fait un premier essai pour se renseigner sur la quantité de réactif nécessaire pour précipiter tout le tanin, puis on obtient un résultat précis avec upe nouvelle opération, en ayant soin de doser auparavant le volume de liqueur nécessaire pour précipiter un poids donné de tanin pur (0 gr. 25 de tanin dissout dans 180 gr.
- d’eau, par exemple). D’après M. Allen, on peut considérer comme normale, la proportion de 12,5 0/0 de tanin dans le thé noir, de 19 0/0 dans le thé vert. Il faut, en faisant cet essai, s’assurer que le thé n’a pas été frelaté par d’autres matières astringentes. Le dosage du ligneux est néanmoins beaucoup plus simple. Il consiste à épuiser les feuilles par l’eau bouillante, puis à les dessécher et à les peser exactement. Si le poids est supérieur à 62 p. 100, il y a bien des chances pour que le mélange soit additionné de thé épuisé.
- Albert Larbalétrier,
- Professeur de chimie agricole et industrielle.
- RÉSISTANCE ET CONSTITUTION DU PAPIER
- «unv e papier prête à de nombreuses fraudes Wf qu’il est intéressant de pouvoir dé-couvrir; il faut bien évidemment être "T- en mesure d’apprécier sa principale qualité, la résistance au déchirement, et il existe certains procédés très simples pour s’assurer de ces diverses conditions. Mais il est des détails spéciaux que peu de gens connaissent. Et d’abord, il n’en est pas du tout de même du papier fabriqué à la machine comme du papier fabriqué à la main, qu’on nomme aussi à la forme.
- Dans le papier à la machine, la résistance au déchirement et la faculté d’extension varient suivant que la force s’exerce dans le sens de la longueur ou dans celui de la largeur. La différence est dans la proportion de deux à trois, suivant la direction de cette force ; en ce qui concerne la résistance, celle-ci est plus grande dans le sens de la longueur ; c’est tout le contraire pour la faculté d’allongement qui est bien plus grande dans le sens de la largeur.
- Gela s’explique du reste par le mode de fabrication du papier à la machine: les veines fluides qui s’échappent du réservoir s’étalent sur les toiles métalliques sans tendance vé-
- (i) Eau distillée............ 5°°
- Gélatine................. 2
- Alun..................... o,7S
- rilable à s’associer intimement avec chacune des veines voisines, tandis que le courant même allonge les fibres et le feutre dans le sens de l’allongement.
- Dans la fabrication à la main, le papier est vraiment homogène, aussi résistant dans un sens que dans l’autre : cela démontre d’abord la supériorité de la fabrication à la main, et prouve aussi ce que nous avancions tout à l’heure : il n’y a pas d’étirage et de feutrage dans un sens à l’exclusion de l’autre, il y a un feutrage également réparti sur toute
- la surface.
- Ajoutons d’ailleurs que l’allongement ne peut guère se faire dans la longueur des papiers à la machine, puisque la fabrication même a dû allonger les fibres presque jus* qu’à la limite de l’extension possible.
- Pour vérifier la résistance du papier aux agents mécaniques ordinaires de destruction, le plus simple est de le froisser violemment entre les mains; après ce traitement,le mauvais papier est plein de cassures et de trous, le papier fort, au contraire, se contente
- prendre l’apparence du cuir ; cet essai
- donne
- aussi quelques renseignements sur la comp0' sition du papier : si ce froissement produit beaucoup de poussière blanche, c’est que Ie produit contient des impuretés terreuses, s’il y a des cassures, cela indique un ldan' chiment exagéré.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- Quant à l’épaisseur, on peut s’en assurer en mesurant celle d’un certain nombre de feuilles les unes sur les autres, ou même en opérant sur une simple feuille placée entre deux règles dont une mobile, ou micromètre, permettant d’apprécier l’augmentation d’épaisseur du total, quand on insère la feuille de papier dans le système.
- Si l’on brûle le papier qu’on veut étudier, on examine les cendres : quand il y en a plus de 3 pour 100, c’est qu’il y avait dans la pâte
- de l’argile, du kaolin, du spath, du gypse.
- Enfin, on peut s’aider de recherches microscopiques pour déterminer la nature du papier : un grossissement de 150 à 300 diamètres suffit aisément. On colore le papier avec une solution d’iode : si la couleur passe au jaune, cela indique la+résence de fibres de bois; y a-t-il une teinte brune, nous avons affaire à du linge, du coton, du lin ; enfin, s’il n’y a aucune coloration, c’est du papier de cellulose.
- MATHEMATIQUES
- LES NOMBRES CURIEUX. — LES NOMBRES 2,519 + 2,520 fl, ETC., ETC.
- ouvent, dans les journaux ou revues on voit figurer des problèmes dans le FnVA genre de ceux-ci :
- Quel est le plus petit nombre divisible exactement par les 10 premiers nombres ou par les 20 premiers, etc., etc. ?
- Ou bien :
- Quel est le plus petit nombre qui, divisé par 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3 et 2 donne respectivement comme restes 9, 8, 7, 6, 5, 4,3, 2 et 1 ?
- Ou bien encore, comme nous le voyons dans un vieil ouvrage :
- « Trouver un nombre qui estant divisé par « 2, il reste 1, estant divisé par 3 reste aussi « 1 e.t semblablement estant divisé par 4 ou " par 5 ou par 6 il reste toujours 1, mais « estant divisé par 7 il ne reste rien. » etc.
- Tous ces problèmes, qui appartiennent au même type, sont faciles à résoudre et il y a évidemment plusieurs manières de trouver leurs solutions.
- Pour le lecteur qui ne mord pas aux mathé-mathiques, nous allons analyser Je deuxième problème, par exemple: « Quel est le plus « petit nombre qui, divisé par 10, 9, 8, 7, 6, “ 5, 4, 3 et 2, donne respectivement comme restes 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2 et 1 ? »
- Aux lecteurs mathématiciens nous nous contenterons de signaler le résultat des opérations, c’est-à-dire les nombres curieux.
- Analyse. — fre condition. —• Pour qu’un nombre divisé par 10 donne un reste de 9, il faut que ce nombre soit lui-même 9 ou un nombre terminé par 9. Conséquemment 9,19, 29,39, 49, etc., etc., sont des nombres répon-
- dant à la première condition du problème et, par suite, tous les autres nombres sont éliminés.
- 2e condition. — Si maintenant nous prenons les nombres 9, 19, 29, 39, etc... et que nous les divisions par 9 nous voyons que
- 9 : 9 donne un reste de 0
- 19 : : 9 — — 0 + 1 = - 1
- 29 : 9 — — 1 + 1 = - 2
- 39 : : 9 — — 2 + 1 - = 3
- 49 : 9 — — 3 1 - = 4
- 59 : : 9 — — 4 + 1 - = 5
- 69 : : 9 — — 5 + 1 = = 6
- 79 : : 9 — — 6 + 1 = = 7
- 89 : : 9 — — 7 1 = = 8 reste cherché.
- 89 est donc le plus petit nombre répondant aux deux premières conditions du problème, et, en raisonnant comme ci-dessus, on voit que pour obtenir d’autres nombres répondant à ces deux premières conditions il faut ajouter 1, 2, 3, . . . n fois 90 au nombre 89.
- 89 — 179 — 269 — 359 etc., etc., sont donc des nombres répondant aux deux premières conditions du problème, tous les autres nombres sont éliminés.
- 3e condition. — Nous devons diviser 89 — 179 — 269 etc. par 8 et avoir un reste de 7.
- 89 8 donne un reste de 1
- 179 8 — — r+ 2 = 3
- 269 8 — - 3 + 2 — 5
- 359 8 — — 5 + 2 = 7 reste cherché.
- 359 est donc le plus petit nombre répondant aux trois premières conditions du problème, et pour trouver le deuxième répondant à ces trois premières conditions nous voyons qu’il
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- La science en pamiLlë
- y a lieu d’ajouter 4 X 90 = 360 au nombre 359.
- 359 — 719 — 1079, etc., sont des nombres répondant aux trois premières conditions du problème, tous les autres sont éliminés.
- 4e condition. — Nous devons diviser 359 — 719 — 1079 etc. par 7 et avoir un reste de 6.
- 859 : 7 donne un reste de 2
- 719 : 7 — — 2 + 3 = 5
- 1079 : 7 donnera un reste de 5 + 8 = 8 — 7 = 1
- 1489:7 — — 1 + 3 = 4
- 1799 : 7 — — 4 + 3 = 7 — 7 = 0
- 2159 : 7 — — 0 + 3 = 3
- 2519 :7 — — 3 + 3 = 6 reste cherché
- des nombres répondant au conditions du problème proposé.
- Par la formule suivante on trouve plus rapidement ces nombres :
- (1 X X 32 x 5 X 7)'- 1 = x ou (1 X 8 X 9 X .5 X 7) — 1 = 2519
- On voit que les nombres premiers de 1 jusqu’à n sont seuls pris et leur exposant est tel que chaque nombre doit- être immédiatement inférieur à n.
- Ainsi le plus petit nombre qui, divisé par
- 20, 19, 18......4, 3 et 2, donne des restes
- de 19, 18, 17......3, 2 et 1 — serait
- (1X2*X32X5X7X11X13X17X19)- 1 = 232.792.559.
- 2519 est donc le plus petit nombre répondant aux quatre premières conditions du problème, tous les autres sont éliminés.
- 5e condition. — 2519 : 6 donne un reste de 5, conséquemment il répond aux cinq premières conditions du problème et même aux quatre autres, car il est évident que :
- Tout nombre qui divisé par 10 donne un reste de 0, donnera un reste de 4 quand on le divisera par 5 (5e condition).
- Tout nombre qui divisé par 8 donne un reste de 7, donnera un reste de 3 quand on le divisera par 4 (7e condition).
- Tout nombre qui divisé par 6 donne un reste de 5, donnera un reste de 2 quand on le divisera par 3 (8e condition).
- Tout nombre qui divisé par 4 donne un reste de 3, donnera un reste de T quand on le divisera par 2 (9e condition).
- 2519 est donc le nombre cherché, c’est-à-dire le nombre qui divisé par 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3 et 2 donne respectivement comme reste 9, 8, 7,6, 5, 4,3, 2 et 1, et pour en trouver d’autres il suffit d’ajouter à ce nombre 2520 n (n étant un nombre entier quelconque;.
- 2519 — 5039 — 7559 —10079, etc., etc., sont
- Si rc = 80 on aura . . . 2.329.089.562.799.
- Si w = 50 on aura 3.099.044.504.245.996.706.399. et enfin si n = 100, c’est-à-dire quand on cherche quel est le plus petit nombre qui divisé par
- 100.99.98 .... 3.2.1
- donne comme restes 99.98.97 . . . . 4.3.2
- on trouve :
- 69.720.375.229.712.477.164.533.808.935.312.303.556.799 soit un petit nombre de 41 chiffres.
- En ajoutant une unité aux nombres ci-dessus, on obtient les nombres qui répondent aux conditions du premier problème c’est-à-dire qui sont exactement divisibles par les 10 premiers, par les 20 premiers, par les 30 premiers nombres, etc., etc.
- Exemple : 2.520
- 232.792.560 2.329.089.562.800 etc., etc,
- et enfin 301 est le nombre qui répond au troisième problème. Dans ce dernier cas il faut ajouter à 301, 420 n (n étant un nombre entier quelconque; pour en trouver d’autres.
- Exemple : 301 — 721 — 1141 — 1561, etc. Pour tous ces problèmes le raisonnement est le même. A. Huber.
- LES TRANSATLANTIQUES A DOS DE BALEINE
- ’idée de donner à la coque d’un bateau la forme d’un gros poisson semble naturelle ; aussi n’est-elle pas nouvelle, et y a-t-il longtemps que les Norvégiens, par exemple, l’appliquèrent à certaines de leurs embarcations.
- Cela se passait bien avant les succès de la navigation à vapeur et il n’est pas étonnant
- que depuis, on ait tenté d’appliquer cette idée à des bateaux d’une plus grande importance.
- L’honneur en revient aux Etats-Unis qui, tout récemment, en ont fait le premier essai véritablement sérieux.
- Une compagnie américaine de chalands en acier s’était formée pour l’exploitation des
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- Transatlantique à dos de baleine
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- brevets du capitaine Mac Pougall, l’inventeur d’un navire de ce genre.
- Elle construisit en premier lieu un bateau jaugeant 437 tonneaux et en portant 1400. L'avant de cette embarcation, rappelant par sa forme celle du groin d’un porc dont les narines étaient représentées par deux écu-biens, fut accueillie du public par toutes sortes de moqueries, et on le surnomma the pig, « le porc » : cette dénomination, en se généralisant, fut appliquée désormais à toutes les embarcations faites sur ce type.
- Cependant le « pig » ne fut pas longtemps sans conquérir l’estime des Américains. Surtout dès qu’ils eurent appris que ce bateau, dont le prix de revient était de 225,000 fr. en avait rapporté 350,000 en deux saisons. La compagnie construisit immédiatement plusieurs chalands de la même espèce ; sa flottille comprend déjà 11 navires; d’autres sont en chantier et les constructeurs espèrent pouvoir en livrer un par semaine.
- La réussite de ces premiers essais a fait concevoir à un ingénieur américain, M. Harold Avery, une application originale de la forme dite « à dos de baleine » aux grands steamers transatlantiques.
- Nous empruntons au Scientific American, le dessin du paquebot transatlantique que représente notre gravure, ainsi que les détails qui l’accompagnent.
- L’auteur, M. Harold Avery, pense, au moyen de cette forme de navire, arriver à réduire à cinq jours la traversée entre New-York et Queenstown. La coque en acier, presque submergée, supporte une colonne solidement construite, élevant la superstructure à une hauteur qui la met hors des atteintes de la mer la plus houleuse. Deux cloisons longitudinales divisent cette coque en trois compartiments subdivisés eux-mêmes par des cloisons transversales en vingt et une chambres étanches dépourvues de portes au-dessous de la ligne de flottaison.
- Le dos arrondi n’offre aucune prise aux vagues, la mer ne rencontrant plus d’obstacle, glisse par le pont arrondi et passe ainsi librement entre la coque immergée et la superstructure où se trouvent les passagers ; enfin un double fond met le navire à
- l’abri des dangers qui pourraient menacer sa coque. Les machines destinées à imprimer à ce navire une vitesse de 24 nœuds à l’heure sont d’une force nominale de 19,500 chevaux. Elles sont au nombre de trois et du système à triple expansion ; elles font 120 tours par minute et commandent des hélices d’un pas de 7m38 pour un diamètre de3m60. Ces machines sont alimentées de vapeur à la pression de 8 kilogr. par centimètre carré, par des chaudières multitubulaires. De nombreuses machines auxiliaires sont destinées à fournir l’éclairage électrique, la ventilation, le chauffage et à faire fonctionner les élévateurs et ascenseurs.
- La superstructure est supportée par cinq colonnes de 3m60 de diamètre et par des mâts creux en acier servant également à la ventilation. En outre, sur tout son pourtour elle est supportée par descolonnettes creuses de 0m25 de diamètre en acier de 0m025 d’épaisseur. Ces colonnes ont une longueur de 9m60 et pèsent ensemble 1,325 kilogr.; à leur partie supérieure, elles sont reliées entre elles par un cadre continu formé de poutres en treillis. Le tout forme une charpente légère et cependant d’une solidité qui lui permet de résister à tous les efforts auxquels elle peut se trouver exposée.
- La superstructure forme deux étages : celui du bas est consacré entièrement aux grands salons éclairés le soir par des lampes à incandescence.
- A l’étage supérieur, il y a des salons de conversation, une grande salle à manger, une salle de billard, des bains, une blanchisserie, un bureau de poste et enfin les cabines. Le navire peut recevoir 720 voyageurs de lre classe.
- L’accès de la coque à la superstructure s’obtient au moyen d’ascenseurs mus Par l’électricité et logés dans le pilier central et dans les piliers extrêmes.
- Enfin un espace delm de large est ménage sur tout le pourtour du navire, à chaque étage pour servir de promenoir. Le toit du deuxième étage est également destiné au même objet.
- Tout a donc été prévu en vue d’offrir au voyageur tout l’agrément et le confort qu1 peut souhaiter.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- PHOTOGRAPHIE PRATIQUE
- LES CIELS FACTICES
- œN se plaint généralement du manque d’intensité que présente souvent le ciel d’un cliché de paysage, ce qui met l’opérateur dans l’alternative, lors du tirage de l’image positive, d’y imprimer un ciel uniformément gris, rarement pur et exempt d’inégalités, ou de noircir cette partie correspondante du négatif en suivant, opération délicate, les contours de l’horizon et des objets qui le dépassent, afin d’y substituer soit un ciel invraisemblable, dégradé de haut en bas, soit un de ces ciels dont on achète les clichés tout faits et qui, d’ordinaire, se raccordent si mal avec le sujet du paysage qu’ils sont destinés à compléter.
- Loin de regretter ce prétendu contre-temps, lorsqu’il se produit, nous, au contraire, nous nous en félicitons ; et même, si au développement le ciel d’un négatif a atteint une opacité complète, nous y ramenons de la transparence (à moins que le prolongement dans ce ciel du faîte de certains détails du paysage ne s’y oppose), en plongeant l’épreuve, ciel en bas, dans une cuvette inclinée contenant du bain d’affaiblissement au prus-siate de potasse et hyposulfite en quantité suffisante pour affleurer l’horizon.
- Cette demi-transparence nous permet de peindre sur chaque cliché, à son envers, un ciel spécial comportant des nuages dont l’éclairage, la forme et les proportions s’accordent avec les éléments du site photographié.
- Voici notre mode de procéder:
- L’envers du cliché étant bien nettoyé, la plaque est mise, couche en-dessous, sur le pupitre. Avant de commencer l’application des nuages sur le verre il convient, tant qu’on n’est pas encore familiarisé avec ce genre de travail, do jeter à grands traits sur une feuille de papier de la dimension du cliché une esquisse, devant servir de modèle, dans laquelle on déterminera la position que les nuages doivent occuper dans le ciel de ce cliché, leur forme et leurs dimensions par rapport à celles des objets du paysage.
- Pour la clarté de la démonstration qui va
- suivre nous supposerons que l’on a adopté*, une suite de cumulus,, ces beaux nuages d’un effet si pittoresque qui s’élèvent au-dessus de l’horizon en formes arrondies s’accumulant les unes sur les autres et dont les bords nettement dessinés se découpent en vive lumière sur l’azur du ciel.
- L’esquisse préalable étant bien arrêtée, on délaie dans un godet ou dans une soucoupe une couleur noire d’une assez faible intensité fournie par une pastille ou par une tablette, mais non par l’encre de Chine dont la solution une fois sèche n’est pas assez rêche et est susceptible de se détacher par écailles du verre. On imbibe de cette couleur un fort pinceau mou avec lequel on étend dans toute la longueur de la plaque, un peu au-dessus de l’horizon, une assez large bande qui servira de base à la série de cumulus ; le bord inférieur en est fondu comme cela se pratique dans le lavis. Prenant alors un pinceau brosse, carré du bout, légèrement mouillé, on l’imprègne sur la tablette même d’une forte dose de couleur et, en imitant aussi exactement que possible l’esquisse modèle, on peint à partir de leur base les différents cumulus dont on a tracé les croquis sur le papier. Ce travail doit être fait rapidement, sans interruption et en barbouillant en rond afin de reproduire les contours de ces nuages. En cet état, ce barbouillage est grossier, trop vigoureux et plein de raies et d’inégalités de couleur. On laisse sécher. Après dessiccation, projetant de très [près et aussi longuement qu’il conviendra, l’haleine sur cette couleur, de manière à y ramener et y maintenir une franche humidité, on tamponne les nuages avec le bout du doigt meclius. Sous ce tamponnement les teintes s’égalisent, les rayures disparaissent et comme on a soin d’essuyer souvent son doigt trop chargé de couleur, la masse des nuages finit par se réduire à une teinte uniformément vaporeuse qui, vue par transparence, ne doit que peu différer d’intensité avec le surplus de la couche représentant l’azur du ciel. Par le fait de la peinture
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- rapidement exécutée et du tamponnement par le doigt, la forme des nuages et la pureté de leurs bords ont pu être altérées. Au moyen du doigt propre promené sur ces bords on enlève les bavochures et on donne à leurs contours leur forme définitive. On a ainsi la silhouette cumulus, et il ne s’agit plus que d’y accuser les lumières, ce qui se fait avec un crayon tendre qui mord très facilement sur la teinte noire de cette silhouette. Dans le centre du nuage, l’empreinte du crayon est adoucie et fondue par l’estompe et l’on réserve les touches vives et spirituelles, sans toutefois les prodiguer, pour les bords et la crête du cumulus. Quelques traits plus ou moins allongés et amortis par l’estompe seront également tirés dans la base des nuages pour l’éclairer et en éviter la lourdeur, et si après la confection de cette masse principale de nuages il reste un certain espace d'azur libre on y jettera, mais avec discrétion, quelques trainées déliées de cirrus semblables à des écharpes de gaze flottantes.
- Il va sans dire que l’éclairage des détails d’un ciel doit toujours avoir la même direction que celle du paysage que ce ciel surmonte.
- Rappelons, en outre, que pour éviter la dureté des contours, le tirage d’un cliché comportant un ciel peint à son envers ne peut se faire qu’à la lumière diffuse ou, si c’est au soleil, qu’à travers un verre dépoli placé sur le châssis-presse qu’on changera fréquemment d’inclinaison. On ne perdra pas de vue, du reste, dans ce tirage, l’harmonie à établir dans l’ensemble de l’image,
- c’est-à-dire que, selon le degré de transparence ou d’intensité du ciel, on modérera ou on en poussera l’impressionnement jusqu’à corrélation parfaite de vigueur entre toutes les parties de l’épreuve. L’emploi de caches mobiles donnera ce résultat.
- Pour faciliter la démonstration de notre mode de peinture des ciels factices nous avons pris pour exemple un ciel chargé de cumulus; mais il est évident qu’un tel ciel, à part l’uniformité à éviter, ne saurait s’appliquer à tous les sujets photographiés. Un cliehé en hauteur ayant pour objet un monument élancé dont le faîte approche du bord supérieur, s’accommoderait mal d’une série de nuages horizontaux qui se trouverait partagée en deux par ce monument. Dans ce cas, des cirrus (écharpes de gaze allongées) traversant diagonalement le ciel se marieraient mieux avec la légèreté de l’édifice.
- Le ciel d’une marine n’est pas le même que celui d’un paysage ; de même que celui d’une région montagneuse diffère du ciel d’un pays de plaines.
- C’est à l’amateur qui voudra créer lui-même cette partie de ses clichés d’observer dans le cours de ses excursions l’espace céleste et d’y puiser des sujets de croquis ou de photographies instantanées, pour les utiliser avec discernement dans la composition de ses ciels factices ; et là il trouvera marge grande, car, parmi les choses de la nature, ce sont celles qui se montrent dans la voûte céleste qui présentent le plus de variété sous le rapport de leur configuration et de leur éclairage. E. Guillaume. (!)•
- ÉPHÉMÉRIDES ASTRONOMIQUES
- AVRIL 1892
- SOLEIL. — Suivre les taches. Entrée dans le taureau le 19 à 3 h. 18 s. Le jour augmente de 1 h. 38 m. pendant ce mois. — Temps moyen à midi vrai 0 h. 0 m. 7 s. le 14,104e jour de l’année.
- LUNE. — P.Q. le 4 à 6 h. 31 m. M. ; le 12, à 6 h. 35 m. M. ; D.Q. le 20, à 6 h. 10 m. M. ; N.L. le 26, à 9 h. 56 m. S. — Pâques se trouve le 17 du mois : c’est le dimanche qui suit la pleine Lune après l’équinoxe du printemps.
- Aucune occultation à signaler.
- ECLIPSE. — Les 26 et 27 avril, éclipse totale de soleil invisible à Paris. Elle commence à 7 h. 56 m. 1 s. pour durer jusqu’à 0 h. 13 m. 6 s. M. ; elle sera visible dans l’Océan Pacifique et dans la région O. de l’Amérique Sud.
- PLANÈTES — Mercure visible le s. au couchant au commencement du mois. — Vénus très belle le soir. — Mars, visible dans la seconde moitié de la
- (1) Amateur photographe.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- nuit. — Jupiter, se lève de grand matin, entre 4 et 5 heures. — Saturne passe au méridien à 11 h. 5 m. du soir, le 1er et à 9 h. 41 m. le 21. Excellent pour l’observation des anneaux.
- CONSTELLATIONS. — Les circumpolaires. — A l’Est : Dragon, Chevelure, Bouvier, Balance, Vierge. — Au Sud : Corbeau, Hydre, Procyon, Licorne. — A l’Ouest : Gémeaux, Taureau, Pléiades, Orion.
- (Voir, la Science en Famille du 1er avril 1888.
- ETOILES FILANTES. — Le 9, point d’émanation près de n:, Hercule. Du 16 au 80,, deux points d’émanation principaux : t\, Bouvier, ei 104, Hercule. Du 29 avril au 2 mai, point d’émanation près d’oc, Verseau.
- Nouvelles de la Science. — M. Wolli, membre de l’Institut, publie dans VAstronomie, une étude très intéressante sur le « Temps local et l’heure universelle ». M. Flammarion, s’occupe de la « variation des rivages » principalement
- dans la région méditerranéenne d’Aigues-Mortcs. M. Gaudibert, le sténographe bien connu, poursuit ses études lunaires en nous promenant dans les cirques de Capella et d'Isidore, deux bien curieuses circonvallations dont le diamètre est sensiblement le même et atteint 59 kilomètres environ. Les murailles du lor cirque (capella) s’élèvent de 1777 m. au-dessus du fond, et le 1308 m. au-dessus du sol lunaire externe. Nous savons en effet, (voir nos causeries sur la Lune) que le fond des cratères est le plus souvent plus bas que les plaines environnantes de notre satellite. Le mur occidental d’Isidore s’élève à 2818 m. au-dessus de l’intérieur. — Le Journal du Ciel continue la publication d’un long exposé sur les méthodes nouvelles en astronomie. Nous y renvoyons nos lecteurs, nous réservant un jour, de leur présenter un résumé des travaux effectués dans cette branche de la science.
- G. Vallet.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- Les peuples qui vivent vieux. — Quels sont les peuples qui vivent le plus vieux ?
- Il semble que ce soient les Norvégiens qui ont la plus longue existence. Nous l’apprenons par une statistique que publie le bureau officiel norvégien de statistique.
- La durée moyenne de la vie en Norvège est de 48 ans 33, pour les hommes, de 51 ans 30, pour les femmes et de 49 ans 77, pour les enfants des deux sexes. Le directeur du bureau constate aussi que, depuis ces dernières années, la longévité s’est beaucoup accrue. Et il conclut :
- (( Si la mortalité est de 17 pour cent moins gi'ande que dans le Centre et l’Ouest de 1 Europe, cela est dû à ce qu’il meurt beaucoup moins d’enfants en bas âge que dans les autres pays. »
- ***
- Curieuse découverte. — Une découverte unique en son genre vient d’être faite à Montcombroux, canton de Donjon (Allier). Un atelier pour la fabrication de bracelets en schiste vient d’être trouvé. Cet atelier est Situé sur un point culminant et près de trois sources, et à proximité d’un affleurement de schiste noir qui recouvre les mines de char-h°n de Bert.
- Llus de trois mille débris de ces bracelets °nt été trouvés, ils sont à tous les états,
- depuis l’ébauche jusqu’au bracelet prêt à être poli, les noyaux provenant de l’évidement des bracelets sont en quantité prodigieuse. A l’époque gallo-romaine ces noyaux ont été polis, percés d’un trou de suspension et portés en amulettes avec légendes tracées en graffite.
- Ces bracelets ont été fabriqués à l’aide du silex, dont on a retrouvé des éclats et des grattoirs mélangés aux bracelets, ils mesurent de 50 mm. à 200 mm., il y en avait donc pour les enfants et même pour les cuisses des adultes.
- Après le taillage, ces bracelets étaient polis sur un polisseur en grès d’Etampes, ayant cinq rainures longitudinales, l’intérieur était usé à l’aide de petits fragments du même grés, dont on a retrouvé une certaine quantité de spécimens.
- Des fragments de poteries mates, séchées au soleil et faites à la main ont été trouvés parmi les bracelets.
- Plusieurs musées possèdent de ces ornements terminés polis.
- ***
- Insectes lumineux.— Il existe à Cienfuegoz, à la Havane et à Vera-Gruz, des insectes dont le thorax produit une lumière remarquable. Ce sont des coléoptères de 3 à 5 cent, de long, connus sous le nom de Pyrophores
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Elater. Leur activité lumineuse commence au coucher du soleil, et alors, pendant trois heures, ils luisent avec une telle intensité qu’on peut lire à la lumière qu’ils produisent, dès que l’animal se met à manger, la lumière qu’il règle à volonté devient plus faible. Les Mexicaines s’en parent comme d’un bijou et les dames de New-York commencent à les imiter. Elles payent de 50 à 100 fr. une de ces petites bêtes aux matelots qui les ont achetées 5 fr. à la Havane. On les transporte facilement à l’état vivant et M. Piehl, de Prague, est arrivé à les élever sur des brins de canne à sucre secs, en les nourrissant de vin, de figues et de biscuits. 11 a observé que le cycle de leur développement est de deux ans et que la vie de l’adulte ne dure que quatre mois.
- *
- * *
- Comparaison de différents modes de pavage. — En Amérique, M. G. P. Chase, après un très grand nombre d’expériences sur les différents systèmes de pavage, a dressé le tableau suivant qui en indique la valeur comparative.
- POINTS DE VUE
- — 1 2 3 4 5
- Durée............... Granit Briques Asphalte Grès Bois.
- Economie d’établissement................ Briques Bois Grès Asphalte Granit.
- Résistance à l’action
- des éléments..... Briques Granit Gréé' Asphalte Bois.
- Absence de bruit et
- de poussière..... Asphalte Briques Bois Granit Grès.
- Eeononne d’entretien Briques Granit Grès Asphalte Bois. Résistance en rampes Granit Briques Grès Bois Asphalte. Salubrité........... Asphalte Granit Briques Grès Bois.
- (iChronique industrielle.)
- La statistique des journaux. — Le plus grand journal du monde se publie à Boston, c’est The Evening Gazette ; le plus petit paraît à Mexico, c’est le Télescope. Dans notre pays c’est la Gazette de France qui est le plus ancien journal. La Gazette de Suède n’a que treize ans de moins qu’elle; viennent ensuite la Gazette de Leipsich, qui date de 1660, et celle de Londres, qui a été fondée en 1665. En Belgique, le Journal de Liège a cent trente ans. En Angleterre, le Times pourra fêter son centenaire l’année piochaine. On croit communément que le plus grand nombre de feuilles périodiques est publié en Français. C’est une erreur. La France n’occupe que le
- troisième rang, avec 12 pour 100 de la totalité. En tête est la Grande-Bretagne qui, avec ses colonies et l’Amérique du Nord, possèle 18,700 publications en langue anglaise, soit 49 pour 100 de la totalité. L’Allemagne est la seconde avec 24 pour 100 ; l’Italie, 1a. dernière avec seulement 2 pour 100. Les journaux les plus chers sont en Angleterre ; les feuilles le meilleur marché se trouvent en France.
- Mesures de capacité en nickel. — Par
- décret en date du 30 janvier 1892, l’emploi du nickel pur est autorisé pour la construction des mesures de capacité destinées au mesurage des liquides. Trois mois à partir de la promulgation de ce décret, les mesures en étain présentées à la vérification ne pourront être fabriquées avec un alliage renfermant plus de 100 o/° de plomb ou des autres métaux qui se trouvent ordinairement alliés à l’étain du commerce. Il n’est pas dérogé aux prescriptions de l’ordonnance du 16 juin 1839 en ce qui concerne la forme, les dimensions et les autres garanties que doivent présenter les mesures de capacité.
- *
- * *
- Collision entre un bateau à vapeur et une baleine. — Il y a quelques temps, le steamer Elhiopia rencontra une baleine de grande taille, à 800 milles Est de Sandy Hook. Le capitaine et le second étaient sur le pont; la baleine remonte tout d’un coup à la surface, et si soudainement qu’ils ne purent l’éviter. La vitesse était d’environ 23 kilomètres à l’heure. Le choc fut assez fort pour donner quelques craintes aux passagers. La proue fit une incision dans l’animal, qui disparut presque immédiatement en laissant une trace rouge. Peu après, la baleine morte remonta à la surface.
- ** *
- Transfert de l’écriture sur la fonte. — Un
- fondeur de Boston avait remarqué qn un ticket, tombé dans un moule, avait laissé son empreinte sur la pièce coulée. Il écrivit a l’envers sur un papier blanc avec une ençie résistant à la chaleur, introduisit ce papiei dans un moule, et trouva l’écriture nettement marquée sur le fer, le papier lui-même ayan été entièrement carbonisé.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- LA SCIENCE
- Moyen d’avoir des foulards toujours neufs. — Le lavage des foulards exige des soins spéciaux, sinon leur tissu perd bientôt son éclat, son moelleux, sa souplesse.
- Il est cependant facile de leur conserver presque indéfiniment leur fraîcheur.
- Tant que les foulards sont en bon état, on les nettoie en les passant d’abord à un savonnage froid plus ou moins fort, suivant qu’il est nécesssire, on les rince et les essuie convenablement.
- Puis on fait bouillir du son dans de l’eau, il faut une poignée de son par foulard. Cette décoction est filtrée au travers d’un linge ; leau est recueillie dans un récipient : les foulards savonnés y sont mis à tremper ; on les presse avec les mains, on les suspend pour les faire sécher et on les repasse légèrement encore un peu humides.
- Avec la précaution de les saturer d’eau à chaque savonnage, les foulards restent toujours doux au toucher et brillants comme quand ils sont neufs.
- ***
- Eau dentifrice, dite de Botot. — L’eau dite de Botot se compose de :
- Girofle .... 50 gr
- Cannelle .... 50 »
- Badiane .... 50 »
- Cochenille' . . . 25 »
- Crème de tartre . 25 »
- Essence de menthe
- anglaise . . 25 »
- Ou concasse les aromates, c’est-à-dire, le ljuofle, la cannelle, la badiane, on les met ans l’alcool, ainsi que l’essence de menthe; c autre part, on triture la cochenille avec la ciènre de tartre à l’aide d’un peu d’eau, on ajoute ce mélange au premier, on laisse en contact dix jours, en ayant soin de le remuer au moins une fois par jour; on filtre et on conserve dans des flacons bien bouchés.
- ***
- Pour revernir les tables des machines à coudre. — n arrive souvent que les tables s uiachines à coudre, après un usage plus u moins long, présentent des raies, des Allures, etc.
- Pour les faire disparaître, et leur donner un 6au Poli, il suffit de faire dissoudre un peu
- PRATIQUE
- de cire minérale, de la paraffine ou de l’ozo-cérite, dans quatre fois son volume de pétrole. On chauffe au bain-marie jusqu’à la disparition de la cire et on fait refroidir. Il faut avoir soin de ne pas chauffer trop, car le pétrole pourrait s’enflammer. On frotte le meuble avec cette composition, et une demi-heure après, aussitôt que le pétrole est bien sec, on frotte à nouveau avec un morceau de flanelle. On obtient ainsi un poli superbe et de première qualité.
- ** *
- Essai de la cire. — La cire est parfois additionnée, sans scrupule, d’acide stéarique. Pour reconnaître cette fraude, on peut employer le moyen suivant, indiqué par le Bol-letino fdrmaceutico :
- On fait chauffer pendant quelques minutes 1 gr. de la cire suspecte avec 10 (cm.)3 d’alcool à 80° dans un tube d’essai. Quand le mélange est refroidi à 18°, on filtre, puis on ajoute de l’eau et on agite fortement.
- La production de flocons blancs surnageant le liquide indique la présence d’acide stéarique.
- *
- * *
- Encre à tampon pour timbrer. — Pour composer une couleur qui ne crasse pas trop le timbre marqueur, et qui sèche en même temps rapidement, tout en donnant une
- empreinte indélébile, on mélange à chaud :
- Eau............ 75 parties en poids.
- Glycérine............. 7 —
- Sirop de sucre.... 3 —
- Couleur d’aniline. 15 —
- On ajoute la couleur d’aniline seulement lorsque l’eau, mélangée à la glycérine et au sirop est en ébullition ; cela empêchera l’aniline de se précipiter au fond du vase, et fera dissoudre parfaitement.
- ***
- Empreintes des plantes. — M. Silhol, instituteur à Canet, par Clermont-l’Hérault, communique à la Nature un procédé très simple et donnant les meilleurs résultats, pour prendre l’empreinte des plantes, broderies, etc.
- On prend un tampon à main formé de quelques morceaux de flanelle noués en
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- la science en famille
- forme de sachet; on l’imbibe légèrement avec de l’encre à tampon (sans huile, de préférence). Il faut attendre, la première fois, que l’huile ait bien pénétré le tissu. Ensuite on tamponne une feuille d’arbre, par exemple, du côté des nervures que l’on veut reproduire, puis on la renverse sur le papier et on met le tout sous une presse à copier, pendant une minute environ, en donnant un bon coup de manivelle. Il faut avoir soin de
- mettre sur le fond de la presse un coussinet formé de plusieurs pièces de drap. A défaut de presse, on peut se contenter de la pression de la main, en appuyant fortement et à plusieurs reprises. Par ce procédé, on obtient rapidementl’empreinte ineffaçable de plantes, broderies, canevas, médailles, etc. Il est préférable d’employer les plantes à l’état frais, après les avoir aplaties légèrement par une faible pression.
- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
- Etincelle électrique obtenue avec une feuille de papier. — Cette expérience se réussit avec toutes les sortes de papier : papier à lettre, papier gris, papier buvard, papier de journal, etc. Cependant on obtient un meilleur résultat en employant du papier écolier, glacé et sans plis.
- Après avoir exposé cette feuille de papier à la chaleur d’un foyer (cheminée, poêle, fourneau) successivement sur les deux faces on la pose très chaude sur une table de bois, dans l’obscurité.
- On la frotte ensuite de la paume de la main ou du poing, toujours dans le même sens, une vingtaine de fois, en ayant soin toutefois que la main soit bien sèche.
- On soulève la feuille, et si on en approche un doigt, l’index replié, par exemple, on en voit jaillir une petite étincelle électrique qui peut atteindre parfois jusqu’à un demi-centimètre.
- ***
- Dilatation des gaz. — Procurez-vous d’abord, pour faire cette petite expérience, une de ces petites musiques, miniatures de binious, composées d’un petit ballon de caoutchouc, et que vous paierez dix centimes dans n’importe quel bazar.
- Après avoir enlevé le tuyau de bois, gonflez légèrement le petit ballon, et attachez solidement l’ouverture avec un fil fort, dont les
- Fig. 58.
- bouts pendants serviront à fixer à cet endroit un poids de 100 grammes par exemple, ou une pierre.
- Placez ensuite le ballon ainsi lesté dans un bocal aux 3/4 plein d’eau ; entraîné par la pesanteur du corps lourd placé à sa partie inférieure, il ira au fond. (Fig. 58.)
- Mais si vous transportez le bocal dans une casserole pleine d’eau bouillante ; l’eau qu’il renferme en s’échauffant, échauffe l’air du ballon.. Cet air se dilatera ; vous verrez le ballon augmenter de volume, monter lentement jusqu à la surface du liquide (fig. 59). F. B. ***
- A propos du nom' bre 100. — Voici, d a-près le Scientific American, divers tableaux des 10 chiffres, tels que leur somme soit égale à 100.
- o + i + 4- + -|- + 4 + 5 + 87=:100
- 10 H—^—j—^—}_ 4 5 _j_ 78 = 100
- Z t)
- 0 + 1 + 34 4- 5 + 62 -f- 7 + 8 + 9 = 100
- 1 4_ 3 4_42 4- 50 4- 64- 7 4- 8 4- 9 = 100
- 5 4-10 4- 36 4- 47 = 98 4-2 = 100
- 0 4- 97 4-1 -j- -A- -f- — 4- -y- —100
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d’Assas.
- La Fère. — Imprimerie Bayen, rue Neigre.
- Fig. 59.
- La dilatation des gaz.
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- LE BILLARD
- N trouve dans Y Encyclopédie, au mot Billard, la définition suivante : « C’est aussi la masse ou bâton recourbé avec lequel on pousse les billes'. Il est ordinairement de bois de gayac ou de cormier... On tient cet instrument par le petit bout, et l’on pousse la bille avec l’autre bout. >>
- Du Cange, Ménage ont affirmé la même chose; il est donc certain qu’avant de s’appliquer au meuble lui-même sur lequel roulent les billes, le mot billard désignale bâton alors recourbé avec lequel on les poussait, bâton qui, en devenant droit, a conservé le même usage, et que de nos jours °n appelle queue.
- D’ailleurs, l’origine de ce mot n’est pas discutée, mais, en revanche,on est bien moins d’ac-cord sur la date qu’il faut attri huer à l’inven-tion de ce meuble.
- Un passage de la Vie des Dames illustres, nb dans lequel Brantôme écrit,en 1587, «que Ie corps de Marie Stuart fut porté dans une chambre contiguë à celle de ses serviteurs, qui la voyaient par un trou, au travers, à demy couverte d’un morceau de drap de bure quon avait arraché de la table du jeu de son ûlllard », a fait supposer que le commencement du xvie siècle avait vu naître l’inven-ti(m de ce jeu.
- Uans tous les cas, il était à cette époque
- Fig. 60. —Une^partie de billard|enr1781.
- fort
- du
- Peu répandu et ce n’est qu’à la fin
- xvne siècle qu’il devint populaire
- U était alors de petites dimensions, et
- c’est seulement sous Louis XIV qu’il est devenu ce qu’il est aujourd’hui.
- Les médecins ordonnèrent d’usage du billard, chaque soir, au roi Soleil, afin de faciliter sa digestion, et Louis XIV tint ce jeu en grande considération durant toute sa vie, ce qui contribua sans doute à le propager, mais il n’est pas juste de dire qu’il inventa, ni même qu’il introduisit le jeu de billard dans nos usages.
- En 1666, il y avait à Paris 57 paumiers
- tenant des jeux de billard, et, dans le Journal d’IIéroard (1), médecin et p ré-cepteur de LouisXIII,nous lisons que son royal élève était très amateur de ce divertissement et qu’il éprouvait à son endroit une véritable passion.
- Louis XIV eut donc,de ce côté, les mêmes goûts que son père, mais, comme on le voit, ce n’est pas à lui qu’il faut rapporter l’honneur d’avoir introduit ce jeu à la cour.
- A propos du billard à la cour, Saint-Simon nous raconte dans ses Mémoires (2), une anecdote bien amusante. M. de Langres, qui était premier aumônier de la reine, jouait, dit-il, « à toutes sortes de jeux et le « plus gros jeu du monde. M. de Vendôme, « M. Le Grand et quelques autres de cette « volée lui attrapèrent gros deux ou trois « fois au billard. Il ne dit mot et s’en alla à « Langres, un évêché, où il se mit à étudier
- (1) T. n, p. 99, 165, 226.
- (2) T. 1, P. 314.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- « les adresses du billard, et s’enfermait bien « pour cela do peur qu’on le sût. De retour « à Paris, voici ces messieurs à le presser « de jouer au billard, et lui à s’en défendre, « comme un homme déjà battu, et qui, de-« puis six mois de séjour à Langres, n’a vu « que des chanoines et des curés. Quand il « se fut bien fait importuner, il céda enfin. « Il joua d’abord médiocrement, puis mieux, « et fit grossir la partie ; enfin il les gagna « tous de suite, puis se moqua d’eux après « avoir regagné beaucoup plus qu’il n’avait « perdu. ».
- Une autre preuve de l’estime que Louis XIV avait pour le jeu de billard, c’est l’anecdote historique le représentant aux prises avec Chamillard, qui, en sachant perdre à propos, à la suite d’une partie engagée contre son royal adversaire, sut [se faire nommer ministre des finances, en 1699, et charger du département de la guerre en 1701. Son incapacité comme homme d’Etat contribua certainement aux revers de la fin du règne de Louis XIV, et c’est pourquoi tout le monde sut et répéta après sa mort :
- Ci-gît le fameux Chamillard,
- De son roi le protonotaire,
- Qui fut un héros au billard Un zéro dans le ministère.
- Louis XV cultiva également cette distraction qui put seule le consoler du départ de sa gouvernante, Mme de Ventadour, si nous en croyons le Mercure de février 1717.
- Les dames de la cour y jouèrent aussi, et Mmo de Campan veut bien nous apprendre dans ses Mémoires que Marie-Antoinette possédait une queue « d’ivoire, et faite d’une seule dent d’éléphant. La crosse en était d’or travaillé avec infiniment de goût. »
- C’était un véritable bijou, enfermé dans un écrin dont la reine portait continuellement la clé sur elle, et que M. de Vaudreuil, dans un moment de colère, brisa un jour en deux morceaux.
- Marie Antoinette en ressentit un tel dépit
- qu’elle s’opposa à la nomination du maladroit au poste de gouverneur du dauphin, auquel il aspirait, en disant : « Jugez si, avec cette ambition, l’emportement est un défaut qu’on doive laisser éclater. »
- Vers 1789, on inventa le procédé qui permit aux joueurs d’effectuer des effets réputés jusqu’alors impraticables, et qui amena la disparition des blouses garnissant les angles du billard, et de tout l’attirail qui en surmontait la table, comme la passe, le petit cercle en fer, les sonnettes, etc.
- De nos jours mêmes, le billard a reçu de grands perfectionnements : la substitution des tables d’ardoise aux tables de bois, la garniture des bandes à ressorts recouverts de lisières, au lieu de bandes garnies seulement de lisières, etc., et il s’est répandu au point que, pour la France entière, d’après une statistique récente, on compte environ 100,000 billards.
- Certaines parties de billard se jouent avec des billes de différentes couleurs, d’autres ’ avec des billes blanches seulement ; toutes ces parties peuvent varier et subir les modifications conventionnelles que veulent y introduire les joueurs ; nous n’insisterons pas sur ce côté de la question, mais nous reviendrons quelque jour sur la confection d’une partie du matériel de ce jeu, celle des billes.
- Le jeu de billard est à la fois un jeu d’adresse, de calcul et de combinaison, et au point de vue hygiénique, une distraction salutaire à l’esprit en même temps qu’un excellent exercice de gymnastique, développant le sens de la vue, celui du toucher, et, contraignant le joueur à la marche. On 1 a déjà dit avec raison, un homme peu marcheur, qui se résignerait difficilement à faire une promenade à pied de deux ou trois kilomètres, en parcourra aisément cinq ou six dans sa soirée autour d’un billard, et cela sans se fatiguer, sans même s’en apercevoir, aussi a-t-on toujours recommandé ce jeu aux personnes qui ont des tendances à l’obésité-
- C. Chaplot.
- LE TÉLÉGRAPHE ET LE PHONOGRAPHE AU XVIIe SIÈCLE
- a plupart des inventions qui font la gloire de notre temps avaient été pressenties par certains rêveurs dans
- l’imagination desquels elles avaient reçu une sorte d’existence virtuelle et qui en avaien conçu l’idée bien avant qu’elle fût réalisable-
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- Dans une vingtaine de vers de ses Prohi-siones académicæ, publiées à Rome en 1617, Strada donne une façou de télégraphie électrique, impraticable telle qu’il la décrit, mais qui nous indique d’une façon certaine qu’au xviie siècle, l’idée de la télégraphie électromagnétique était venue à l’esprit de quelqu’un.
- A cette époque cette description fut reproduite par tous les savants, et voici comment en parle un jésuite lorrain, le Père Leurechon, dans un ouvrage imprimé en 1624:
- « Quelques-uns ont voulu dire que par le moyen d’un aymant ou une pierre semblable, les personnes absentes se pourraient entre-parler. Par exemple, Claude estant à Paris et Jean à Rome, si l’un et l’autre avoient une aiguille frottée à quelque pierre dont la vertu fust telle qu’à mesure qu’une aiguille se mouverait à Paris l’autre se remuast. tout de môme à Rome, il se pourroit faire que Claude et Jean eussent chacun un mesme alphabet, et qu’ils eussent convenu de se parler de loin tous les jours à six heures du soir, l’aiguille ayant fait trois tours et demi, pour signal que c’est Claude et non autre qui veut parler à Jean. Alors Claude lui voulant dire que le Roy est à Paris, il ferait mouvoir et arrêter son aiguille sur L, puis E, puis R O Y, et ainsi des autres. Or, en même temps, l’aiguille de Jean, s’accordant avec celle de Claude, iroit se remuant et arrestant sur les mêmes lettres, et, partant, il pourroit facilement escrire ou entendre ce que l’autre veut lui signifier.
- « L’invention est belle, ajoute le P. Leure-ehon, qui pensait à cet égard comme Strada, mais je n'estime pas qu’il se trouve au monde un aymant qui ayt telle vertu. »
- Quant au phonographe, il est ainsi décrit dans le numéro d’avril 1632, d’un petit journal mensuel, le Courrier véritable, qui s’amusait souvent à enregistrer des nouvelles fantaisistes :
- « Le capitaine Vosterloch est de retour de son voyage des terres australes qu’il avait entrepris pour le commandement des Etats (de Hollande) il y a deux ans et demi. Il nous rapporte, entre autres choses, qu’ayant passé par un détroit au-dessous de celui de Magellan, il a pris terre en un pays où la nature a fourni aux hommes de certaines
- éponges qui retiennent le son de la voix articulée. De sorte que, lorsqu’ils se veulent demander quelque chose de loin, ils parlent seulement de près à quelques-unes de ces éponges, puis les envoyent à leurs amis, qui, les ayant reçues, les prenant tout doucement, en font sortir tout ce qu'il y avait dedans de paroles, et sçavent par cet admirable moyen tout ce que leurs amis désirent. »
- Mais l’idée du phonographe est émise en termes plus clairs dans le document suivant, tiré de la Magie mathématique de l’évêque John Wilkins, publié en 1648.
- « Walchius prétend qu’il est possible de » conserver entièrement les sons vocaux, » c’est-à-dire toute parole articulée par la » voix, soit dans une caisse, soit dans un » tube,et que ce tube, ou cette caisse, ouverts » ensuite, les mots en sortiraient sûrement, » dans l’ordre même où ils auraient été » prononcés; en quelque manière, comme on » dit que, dans certaines contrées glaciales, » les paroles proférées par les gens gèlent en » sortant de leur bouche, et ne peuvent être » entendues avant l’été prochain, sauf l’éven-» tualité d’un grand dégel.
- d Mais, conclut le savant prélat,cette con-» jecture peut se passer de réfutation. »
- Cette description n’est-elle pas complète ? il n’y manque rien, pas même les moqueries de l’auteur, lui, le savant officiel, membre de l’Académie royale, à l’adresse de cet « idiot » de Walchius.
- Ce qu’il y a de plus piquant encore, c’est que ce même John Wilkins, incrédule à l’endroit d’un instrument emmagasinant la parole, était partisan convaincu de la possibilité pour l’homme de voler dans l’espace, puisqu’il avait coutume de dire qu’un jour viendrait où l’on ne mettrait pas plus les pieds dehors sans s’être muni de ses ailes qu’on ne le fait aujourd’hui sans avoir mis ses bottes !
- On trouvera peut-être un jour le moyen de voler dans l’espace, mais l’homme n’y est pas encore arrivé, tandis qu’en revanche, il sait mettre en réserve les sons de la voix dans une caisse pour les faire sortir ensuite dans « l’ordre même où ils ont été émis ».
- Nous avons rapproché ces différents documents à titre de curiosité, et non pour disputer la gloire de ces découvertes aux
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- grands inventeurs qui les ont fait entrer dans la pratique ! Il peut y avoir un grand mérite à concevoir la première idée d’une inven-
- tion, mais nous devons surtout notre reconnaissance à ceux qui font passer cette invention du rêve à la réalité.
- LE CELLULOÏD
- SA FABRICATION, SES PROPRIÉTÉS, SES APPLICATIONS
- e celluloïd a été découvert en 1869 par les frères Hyatt, des Américains, et, pendant quelques années, son industrie resta exclusivement cantonnée dans l’état de New-Jersey, à New-Ark; delà, elle passa en France, puis en Allemagne.
- Ce produit s’obtient en mélangeant intimement du camphre et de la pyroxyline : à la température ordinaire, ce mélange devient dur, très élastique, peu fragile, transparent et susceptible de recevoir un beau poli.
- Si maintenant on y ajoute des matières pulvérulentes diversement colorées, on peut obtenir un produit opaque qui prendra l’aspect de l'ébène, du corail, de l’ivoire, etc.
- Voici, d’après M. E. Vincelet, la fabrication du celluloïd, telle qu’elle se pratique actuellement dans l’usine de la Compagnie française établie à Stains, près Paris.
- Cette fabrication est longue et minutieuse et elle réclame de très grands soins.
- Voyons d’abord la préparation de la pyroxyline : (coton-poudre, ou cellulose-nitrique), etc.
- La pyroxyline ou nitro-cellulose est obtenue par le traitement d’un papier à cigarettes préparé tout exprès. Ce papier est reçu en rouleaux de 34 centimètres de largeur pesant 15 ou 25 kilos, il est déroulé d’une façon régulière pour permettre son mouillage parfait, puis son immersion rapide dans un mélange d’acide sulfuriqne très concentré et d’acide azotique à 40° Baume. Le papier est brassé dans le mélange acide pour prendre l’action aussi uniforme que possible. Après quelques minutes d’immersion, la cellulose est transformée en nitro-cellulose ; on l’enlève alors rapidement à l’aide d’une sorte de râteau, on en exprime l’acide, on le jette dans l’eau, où il reste quelques heures.
- Après un premier lavage, la matière qui se présente sous la forme de grands lambeaux
- jaunâtres est portée dans une pile à papier, où elle est triturée pendant deux ou trois heures avec de l’eau, de façon à être réduite en pâte homogène formée de filaments de 2 à 3 milimètres environ de côté. La pyroxyline est alors blanchie au permanganate dans une grande cuve en bois, munie d’un agitateur mécanique. Quand le contact a été suffisamment prolongé on fait écouler la liqueur, qu’on remplace par de l’eau froide, puis on additionne d’une solution faible d’acide sulfureux qui dissout l’oxyde de manganèse fixé sur la matière. Oh termine ensuite par plusieurs lavages à grande eau. La pyroxyline blanchie est égouttée,puis passée à l’essoreuse, après quoi elle retient 40 0/0 d’eau environ et se trouve dans l’état convenable pour servir à la préparation du celluloïd.
- Il s’agit maintenant de procéder à la composition du mélange de pyroxyline et de camphre. La pyroxyline est passée dans un moulin à meules métalliques ; après un ou deux broyages successifs, on y ajoute la quantité convenable de camphre préalablement laminé, et de matières colorantes si on se pi’opose de faire du celluloïd opaque, puis on repasse plusieurs fois le mélange au moulin afin de le rendre homogène. Le produit ainsi obtenu est moulé à la presse hydraulique dans un châssis métallique entre deux toiles, de façon à produire des toiles rectangulaires de 8 à 19 millimètres d’épaisseur. Ces toiles, avec celles qui les enveloppent, disposées chacune entre des feuilles de gros papier buvard sont superposées, au nombre d’une vingtaine, et soumises une seconde fois à une forte pression. Après un quart, d’heure on retire la pile de la presse, on la sectionne pour changer les papiers qui ont absorbé une partie de l’eau de la pyroxyline et on remet sous presse. On renouvelle douze ou quinze fois l’opération pour enlever la
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- majeure partie de l’eau. Les plaques n’ont plus, après ce traitement, que 3 milimètres d’épaisseur et présentent la consistance d’un fort carton. On les passe ensuite entre les cylindres en bronze (concasseur dit à pointe de diamant), qui les réduisent en morceaux de dimensions sensiblement égales, que l’on met à macérer pendant une douzaine d’heures avec 20 ou 40 centimètres de leur poids d’alcool. C’est à ce moment que l’on incorpore les matières colorantes solubles dans l’alcool, si on se propose d’obtenir du celluloïd coloré.
- Après macération, ce mélange est repris et passé au laminoir, dont les cylindres sont chauffés à 80° environ. On lamine 25 kilogrammes de matières en une seule opération de 40 minutes; elle est terminée quand le mélange est devenu complètement homogène, ce qui est facile à reconnaître, surtout si on a additionné des matières colorantes. Les feuilles ainsi obtenues ont de 10 à 12 millimètres d’épaisseur ; on les coupe en plaques rectangulaires qui servent à faire des blocs, des feuilles, des baguettes ou des tubes.
- Avec ces feuilles on fabrique des blocs en les empilant sur le plateau de la presse hydraulique dans une boîte métallique à double paroi permettant une circulation d’eau chaude.
- L’eau circule pendant toute la durée de la compression, vingt-quatre heures environ. Pour démouler on fait circuler l’eau froide dans l’enveloppe et on diminue peu à peu la pression.
- On obtient ainsi, au démoulage, des blocs de 15 centimètres de hauteur. Les baguettes et les tubes s’obtiennent à la presse hydraulique par un moulage à chaud analogue.
- Les blocs sont ensuite tranchés. L’épaisseur des feuilles obtenues varie de 20 à 30 millimètres.
- Le séchage se fait dans des étuves chauffées à la vapeur de 60 à 70°.
- Cette opération est longue ; sa durée est Proportionnelle à l’épaisseur de la matière.
- Le celluloïd est alors propre à la fabrication d’objets divers. Comme nous le disions au début, ce produit est dur à la température ordinaire, peu fragile et élastique ; il peut alors servir à faire des billes de billard. Sa
- densité est de 1,30 à 1,49 suivant la compression qu’il a subie pendant la préparation et le travail. Nous avons vu qu’on pouvait * l’obtenir transparent ou opaque, et dans ce dernier cas de couleur prévue, il imite alors l’ébène, l’ivoire, le corail, etc. Vers 80 ou 90° il éprouve un ramollissement qui permet de lui faire prendre toutes les formes par un moulage à la presse ; on peut alors l’estomper, le souder à lui-même sans intermédiaire. Vers 130° il éprouve une perte de vapeur intense ; la décomposition est très nette à 140°; à 200° destruction rapide et complète. Donc, dans son emmagasinage, conserver ce produit à l’abri d’une élévation notable de température.
- Approché de la flamme d’une bougie, le celluloïd s’enflamme et brûle avec une vive lumière. Le contact avec un corps incandescent détermine de même l’inflammation. Lors de la combustion, si l’accès de l’air n’est pas suffisant, le camphre distille avec de grandes quantités de noir de fumée. Un rapide courant d’air dirigé sur le celluloïd en ignition éteint la flamme, mais la matière fuse encore pendant un certain temps.
- Le celluloïd transparent laisse de 1,5 à 2 0/0 de cendres.
- A 180o,- le celluloïd peut détoner sous le choc du marteau, l’amorce du fulminate de mercure n’a jamais produit la détonation, mais seulement l’inflammation et la combustion incomplète aux dépens de l’oxygène de la nitro-cellulose.
- Pour souder le celluloïd à lui-même, on emploie sa solution dans l’alcool et l’éther.
- Les acides minéraux attaquent peu le celluloïd à froid ; à chaud, l’action est au contraire très rapide. L’éther pur dissout tout le camphre, laissant la pyroxyline et les matières minérales. Il est donc possible île faire le dosage des divers éléments de ce produit.
- Dès son apparition, le celluloïd a été utilisé dans la fabrication de l’article de Paris, boîtes diverses, porte-monnaie, porte-cigares et bijoux imitant les matières précieuses. *Sa légèreté et sa résistance le rendent propre à la fabrication des dentiers. On l’a aussi employé' pour la confection des clichés d’imprimerie en remplacement de l’alliage fusible. On moule le cliché ordinaire à l’aide d’un mélange spécial ; on a ainsi un négatif
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- qui sert, par compression avec le celluloïd chauffé, adonner un positif d’une très grande finesse et d’une dureté supérieure à l’alliage ordinaire.
- On a fabriqué avec le celluloïd les rapporteurs des topographes ; la corne servant jusqu’ici à faire ces instruments étant hygros-copique et fibreuse, l’allongement n’est pas le même dans tous les sens, les angles tracées sont erronés de quantités allant jusqu’à un demi-degré.
- Le celluloïd souple sert aussi à faire des imitations de lingerie simulant la toile, qui
- sont d’un nettoyage simple et très rapide. Ces objets sont obtenus en comprimant une toile entre deux feuilles très minces de celluloïd blanc rendu opaque par l’oxyde de zinc. Le grain de la toile apparaît ainsi sous la couche de matière et présente l’aspect d’une étoffe.
- Les feuilles de celluloïd, diversement coloriées, entrent enfin dans la fabrication des fleurs artificielles. On en fait ainsi des fleurs inaltérables à la pluie et qu’on utilise surtout dans la confection des couronnes funéraires.
- L’ÉCLAIRAGE SOUS LES EAUX ET LA NAVIGATION SOUS-MARINE (Causerie)
- e permettrez-vous aujourd’hui, chers lecteurs, de vous parler d’un sujet assez actuel, mais qui n’intéresse qu’indirectement la muse Uranie ? J’espère que vous y verrez d’autant moins d’inconvénients que d’abord le sujet en question se rattache à la physique générale du globe, qui est bien un peu, elle aussi, de notre domaine, et ensuite qu’il est assez utile de le connaître au moins dans ses grandes lignes, à raison de son importance.
- Un savant écrivain, M. Fol, a tout récemment publié faneY Astronomie une étude sur l’éclairage au fond de la mer. Voici la conclusion de l’auteur : à quelques mètres au-dessous de la surface des mers, l’éclairage est déjà très réduit. Le scaphandrier est placé au sommet d’un cône de lumière diffuse dont la base est à la surface des flots et dont l’angle d’ouverture est d’environ 62° (1) ; par la lumière solaire la plus intense, le rayon maximum de la vision, à 30 mètres de profondeur, ne dépasse pas 20 ou 25 mètres ; ce chiffre est même beaucoup trop fort si l’objet visé n’est pas très brillant ; par suite, dit M. Fol, la navigation sous-marine se trouve resserrée dans d’étroites limites.
- Ces conclusions nous paraissent au moins
- (1) Dans la Méditerranée, un disque blanc est visible jusqu’à 43 mètres de profondeur. Les plaques photographiques sont impressionnées jusqu’à 500 m. (Voyage de la Pola).
- prématurées, et de nature à décourager les chercheurs. Or, la solution du problème de la navigation sous-marine intéresse à un titre trop considérable toutes les nations pour que l’on ne doive pas consacrer tous ses efforts à la découvrir. Nos lecteurs savent en effet que, depuis quelques années, on cherche un peu partout à réaliser l’idéal rêvé parM. J-Verne dans l’un de ses plus jolis ouvrages: « vingt mille lieues sous les mers. » La gloire du capitaine Nemo a tenté plus d’un penseur. Songez donc ! glisser sous les eaux en se riant des tempêtes ; passer inaperçu des regards indiscrets de l’ennemi ; pouvoir, à son gré, placer tels ou tels engins destructeurs sous les navires d’autrui et les couler à son aise; ne plus se préoccuper ni des vents contraires ni de l’état du ciel, quelle merveilleuse conquête sur l’implacable nature I L’électricité déjà employée dans le Nciuti-lus du romain, a été mise à contribution dans les bateaux-plongeurs de la réalité. Cette force dont l’essence est inconnue parait être l’idéal en ce qui concerne la navigation sous-marine aussi bien que la navigation aérienne ; petit volume, facilité de transport, maniement commode, elle a pi'eS' que toutes les qualités. Elle en aura bien plus encore lorsqu’on sera parvenu à construire des accumulateurs de haute tension et de tenue constante. Tels quels, on en a installé à bord de quelques plongeurs qui se sont assez bien comportés tant dans la marine
- m«sa
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- russe que dans la marine française. Sans doute le bateau sous-marin n’est encore qu’à l’état d’ébauche, mais c’est le cas où jamais de se rappeler les vers du poète :
- Petit poisson deviendra grand Pour peu que Dieu lui prête vie...
- Car ce sont bien poissons, en effet, que ces fuseaux automobiles portant évents et nageoires, sous forme de hublots et de plans inclinés.
- Revenons aux affirmations de M. Fol. Dans un milieu liquide quelconque, quelque dense et quelque absorbant qu’il soit, l’éclairage diffère essentiellement,suivant qu’il vient d’un point extérieur à la masse liquide ou d’un foyer lui-même immergé. C’est une vérité de M. de la Palisse, que le moindre élève de quatrième ne songera pas à contester. Or, en admettant que la lumière solaire, à 30 mètres de fond, soit insuffisante pour éclairer la
- marche de notre monstre sous-marin, on s’en passera, voilà tout. Le plongeur emportera avec lui son fanal électrique qui sera certainement assez puissant pour ouvrir une traînée lumineuse, devant lui, dans le sein d’Amphitrite. Là n’est pas, à vrai dire, la difficulté. Elle réside beaucoup plus dans la construction du propulseur. Quant aux scaphandriers, l’emploi d’une lampe électrique, même peu puissante, suffira toujours, étant donné la lenteur de leurs déplacements sous l’eau.
- Si, de longtemps encore, les bateaux plongeurs sont condamnés à ne pas se mouvoir avec une vitesse sensiblement égale à celle des navires ordinaires, leur utilité n’en sera pas moins incontestable (1). Nul ne saurait d’ailleurs prévoir l’avenir de la Science ; son histoire tout entière infligerait aux pessimistes le plus éclatant démenti.
- G. Vallet.
- BÊTES ET PLANTES CURIEUSES
- LE BAOBAB
- âcôté de la modeste guimauve, du co- j tonnier et du cacaoyer, si utiles, se place, d’après ses caractères botaniques, le majestueux Baobab, ce géant de la création, qui, en effet, appartient à la famille des Malvacées.
- Le Baobab, de bahobab, nom que cet arbre porte en Egypte, a reçu de Linnée le nom scientifique d’A clans onia, en l’honneur du grand naturaliste français Michel Adanson, qui passa plusieurs années de son existence à étudier la flore du Sénégal et qui, le premier, donna sur ce colosse de la végétation des notions précises.
- Notre gravure représente le Baobab digite (Adansonia digitata, Lin.), qu’on appelle encore Pain de singe, parce que la capsule de son fruit renferme une substance farineuse très recherchée de certains singes.
- Cet arbre, un des plus gros végétaux que l’on connaisse, est très commun sur la côte occidentale de l’Afrique, au nord de l’Equateur, et il se plaît surtout dans les terres
- sablonneuses : on l’a acclimaté en Amérique, il s’y est parfaitement développé, et à Saint-Domingue, à la Martinique, on en signale de très gros individus.
- 11 atteint une hauteur de 30 mètres environ, mais son tronc rugueux en a 4 au plus, et la circonférence de celui-ci acquiert jusqu’à 25 à 30 mètres; on dirait une tour surmontée d’un feuillage épais. Les branches,' extrêmement volumineuses, s’étendent horizontalement, et même, entraînées par leur poids, il arrive parfois qu’elles reviennent toucher le sol, donnant ainsi à l’arbre une configuration sphérique du plus singulier effet.
- (1) On pourra consulter avec truit sur la question des bateaux sous-marins ou torpilleurs immergés, les relations des expériences de MM. Nordevfeld, Gou-bet et Zédè que l’on trouvera dans « la Nature » de
- 1885, U, p. 290 ; 1886, 1 p. 174, 257, 273, 303, 353,
- 1886, 11 p. 38. La vitesse moyenne du torpilleur immergé ne dépasse pas 3 ou 4 nœuds ; lorqu’il est à fleur d’eau elle atteint de 5 à 9 nœuds.
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- teÿ*5 %
- v«4.
- Les feuilles sont composées de folioles inégales, ovales et aiguës. Les fleurs sont très grandes: elles sont solitaires, axillaires et pendantes : leur diamètre est de 0m20; chacune se compose de cinq sépales charnus en forme de coupe, d’où sortent cinq pétales blancs recourbés en dessous. Au milieu s’élève une colonne du centre de laquelle sort un pistil de 4 à 5 cm. de long entouré
- luisantes, uniformes, et ayant à peu près la forme d’une petite fève.
- Ce fruit est encore appelé pain de singe, parce que, comme nous le disions en commençant, ces animaux s’en nourrissent ; mais il n’y a pas que les singes qui aient recours aux fruits du baobab pour assurer leur subsistance, et c’est un curieux spectacle que de voir, à la nuit tombante, accourir de
- Fig. 61. — Le Baobab.
- d’étamines blanches, munies d’un pistil jaunâtre.
- Le fruit (fig. 62) en capsule ovale, et composé d’une matière ligneuse, accuse la forme d’une gourde de 30 à40 centim. de longueur: il est couvert d’un duvet épais et verdâtre, et renferme dix à quatorze loges dans lesquelles se trouvent disséminées, au milieu d’une chair spongieuse et comestible, une soixantaine de graines osseuses, noirâtres,
- tous les points de l’horizon, des nuées d’oiseaux venant s’abattre sur le baobab et lui demander le gîte et le couvert.
- L’accroissement du baobab, très rapide dans le jeune âge, se ralentit à l’âge adulte, et Adanson a dressé le tableau suivant, relatant les étapes successives de cet accroissement :
- A 1 an, 0m 03 à 0m 04 de diamètre au plus ;
- A 20 ans, 0“ 30 — —
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- A 30 ans, 0m 60 de diamètre au plus ;
- A 100 ans, lm 30 — —
- A 1000 ans, 5,n — —
- A 2400 ans, 6 -à 7m — —
- A 5150 ans, 10m — —
- « Il est vraisemblable, dit le savant natu-« raliste, dans son magnifique mémoire prête senté à l’Académie des Sciences (l),que son « accroissement, qui est très lent, relative-« ment à sa monstrueuse grosseur, doit « durer plusieurs milliers d’années, et peut « remonter jusqu’au déluge, fait assez singu-« lier pour faire croire « que le baobab serait « le plus ancien des « monuments vivants « que puisse fournir « l'histoire du globe « terrestre. »
- Le Baobab vit donc fort longtemps ; c’est ainsi qu’Adanson a observé aux îles du Cap-Vert un de ces géants, ayant 20 mètres de circonférence, et auquel il n’a pas attribué moins de 5,150 ans d’existence. Voici comment il fut amené à déduire l’âge de ce patriarche végétal.
- Sur l’écorce, des v°yageurs anglais avaient gravé des let-L'es, trois cents ans auparavant; en entaillant le tronc, il retrouva ces mêmes inscriptions trois cents couches ligneuses au-dessous, et c’est ainsi qu’il put se rendre compte de l’accroissement du végétal.
- Cependant quelques données d’autres naturalistes ne sont pas absolument d’accord, à
- propos de l’accroissement du Baobab, avec le tableau qu’en a dressé Adanson.
- Poiteau avait planté, enl820, dans le jardin botanique de Cayenne, deux baobabs provenant d’un semis de deux ans ; en 1814, Perot-tet, voyageur-naturaliste, les mesura et leur trouva une hauteur de 10 mètres et une circonférence de 5 m. 70.
- Cet arbre présente des propriétés émollientes et mucilagineuses analogues à celle des mauves.
- Les feuilles, quand elles sont séchées et pulvérisées, constituent le lalo que les nègres mêlent à leur aliment, surtout au couscous, pour arrêter l'excès de la transpiration ; la tisane faite avec ces feuilles est calmante, et Adanson l’a employée avec succès contre les fièvres ardentes du Sénégal.
- Les indigènes font une sorte de savon avec l’écorce du fruit et les dimensions prodigieuses de l’arbre leur permettent parfois de trouver dans l’intérieur une habitation plus solide que leurs cases de bambou. Il arrive souvent que les nègres viennent pendre dans ces véritables cavernes, les cadavres de ceux qu’ils jugent indignes de sépulture, et il paraît que, disposés dans ces cavités, et sans avoir subi aucune préparation, les cadavres se dessèchent et se conservent parfaitement.
- Ch. Fleury.
- Fig. 62. — Le fruit du Baobab.
- Ü(S»Ü
- PHOTOGRAPHIE
- dégradés directs à la chambre noire. —
- peut obtenir directement des dégradés à a chambre noire et d’une façon fort simple.
- PRATIQUE
- On se sert d’écrans en carton ayant une
- (i) Mémoires de l’Académie des Sciences de Paris, 1761, pag. 2x8.
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- ouverture centrale, de la forme du dégradé que l’on veut obtenir ; on fixe ces écrans devant l’objectif. Un châssis spécial, dans lequel on les place, permet de faire ouvrir la distance de l’écran à l’objectif (fig. 63).
- Fig. 63.
- L’ouverture de l’écran, quoique limitée nettement, se reproduit sur la glace dépolie, d’une façon très flou, à cause de la faible distance de l’objectif, tandis qu’on a mis le modèle au point.
- On fait varier la teinte du dégradé, suivant qu’on emploie des écrans plus ou moins sombres.
- ***
- Virage au noir des épreuves au ferro-prussiate. — Après le lavage final, passer l’épreuve encore bleue dans de l’eau acidulée à l’acide nitrique, puis dans le bain suivant :
- Carbonate de soude. . . 20 grammes
- L’image s’efface, puis reparaît orangée ; on la met alors dans le bain suivant :
- Acide gallique......... 20 grammes
- Eau.................... 500 —
- L’image devient noire ; on la lave pendant quelques minutes puis on l’immerge de nouveau dans de l’eau acidulée à 1 acide chlorhydrique. Après un lavage complet, l’image est mise à sécher dans un cahier de papiei buvard.
- Reproduction des photographies par le dessin. — On peut employer plusieurs moyens ; mais l’habitude du dessin est toujours indispensable, si l’on veut arriver à un résultat satisfaisant.
- La méthode classique la plus connue (et elle l’est depuis des siècles), la plus simple, celle qui est en usage parmi les artistes pour
- l’agrandissement de leurs dessins, consiste dans la mise au carreau. Pour user de ce procédé, on commence par tracer sur le modèle à agrandir, des carrés de 5 à 10 millimètres (les carrés doivent être d’autant plus petits que le modèle est de plus petite dimension).
- On trace ensuite, sur la feuille où l’on veut dessiner, des carrés en nombre égal à ceux du modèle, en ayant soin de les agrandir dans la proportion de l’agrandissement que l’on désire.
- Les choses étant ainsi préparées, on conçoit qu’en dessinant carré par carré les fragments de lignes qui se voient sur les carrés correspondants de l’original, on puisse obtenir sans la moindre difficulté une reproduction très exacte, du moins dans ses lignes principales, du dessin original.
- Il est évident, toutefois, que pour les tout petits détails, rien ne peut remplacer le talent d’un dessinateur.
- Ajoutez que si l’on désire conserver intact un dessin ou une photographie, on trace les carrés soit sur une lame de verre, soit sur une feuille de papier dioptrique bien transparent, que l’on applique simplement sur l’original. — Quant il s’agit d’une photographie, les carrés doivent être très petits, les traits bien fins et bien également espacés.
- Stabilité des épreuves photographiques
- — Malgré leur caractère éphémère, les épreuves à l’argent sont encore celles qui jouissen aujourd’hui de la plus grande vogue. Tout e monde, cependant, est convaincu qu’elles ne gardent leur couleur que pendant quelques mois, bien qu’il existe des épreuves qui tent de trente et quarante ans, et qui mon trent très peu de changement. Les épreuves argentiques sont très sensibles et leur ina e rabilité ne peut être garantie. n
- Il y a trois opérations dans la produc i° de ces épreuves qui demandent une atten i° et des soins tout spéciaux, savoir : le le lavage et le montage de celles-ci ; P10 blement le lavage est la moins importante.^ Nous avons vu employer des appareils compliqués pour faire le lavage continu^ systématique, pendant qu’on fixait les ep ves en bloc dans un vieux bain d’hypo-
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- cun lavage n’enlèvera des sels insolubles, et il est établi qu’une épreuve mal fixée contient des sels insolubles d'argent.
- Un lavage prolongé ne peut donc remplacer un fixage imparfait. Pour bien fixer, il faut plonger une à une les épreuves dans un bain d’hypo neuf, les tenir en mouvement et séparées entre elles, et puis les passer dans un bain tout neuf d’hypo, les y laisser quelques minutes et puis laver. Le deuxième bain de fixage est surtout nécessaire lorsqu’on a une grande quantité d’épreuves à traiter.
- 11 est important que l’eau de lavage soit
- plutôt chaude que froide, la chaleur facilitant la solution des sels.
- Ensuite, à quoi sert un fixage complet et un lavage minutieux si on monte l’épreuve sur un carton contaminé avec une colle pernicieuse ?
- 11 faut une colle à l’amidon toute fraîche tous les jours.
- Examinez surtout le carton sur lequel on monte les épreuves.
- Bannissez irrévocablement celui qui contient de l’hypo et aussi, avant tout, les impressions dorées !
- MATHÉMATIQUES
- CURIOSITÉS
- Un chiffre quelconque étant pris, en le répétant une fois, deux fois, trois fois, etc., etc., on obtient d’autres nombres, lesquels ne sont que le premier multiplié par 11, 111, 1,111, etc.
- Exemples :
- 9 x 11 = 99 6 X 111 = 666 4 X HH = 411 etc., etc.
- Si l’on prend un nombre quelconque de deux chiffres, en agissant comme ci-dessus on le multiplie par 101,10101, etc.
- Exemples :
- 36 X 101 = 3636 29 X 10101 = 292929 etc., etc.
- Si l’on prend un nombre de trois chiffres, en agissant toujours de môme, on le multiplie par 1,001, 1,001,001, etc., etc.
- Exemples :
- 615 X 1001 = 615615 312 X 1001001 = 312312312, etc, etc.
- En somme, on peut prendre des nombres de 1, 2, 3, 4,... n chiffres et répéter chaque nombre 1, 2, 3, 4... n fois, le résultat sera une multiplication du nombre primitif, par 11 ou 101 ou 1,001 ou 10,001, etc., ou par 111 ou 10,101 ou 10,010,001, etc., ou par 1,111 ou 1,010,101, etc., etc.,
- Selon que le nombre primitif aura 1,2,3... n chiffres ou qu’on le répétera 1, 2, 3... n fois. La loi est facile à suivre.
- Les différentes remarques étant faites, il
- est très facile de composer quelques tours qui étonneront ceux qui n’ont pas connaissance de la loi ci-dessus.
- Ainsi : on dit à une personne d’écrire un nombre quelconque, de 4 chiffres, par exemple, puis de le répéter pour en faire un nombre de 8 chiffres.
- Ceci fait, on dit à une deuxième personne de diviser par 137 le nombre de 8 chiffres écrit par la première.
- Exemple : supposons que la première personne ait pris le nombre 4,528, en le répétant elle obtiendra le nombre de 8 chiffres 45,284,528.
- En divisant 45,284,528 par 137 la deuxième personne trouvera au quotient 330,544.
- En divisant 330,544 par 73 la troisième personne trouvera au quotient 4,528, c’est-à-dire le nombre pris au hasard par la première.
- L’explication de ce tour est simple. Ainsi que nous l’avons vu plus haut, en répétant un nombre de 3 chiffres on le multiplie par 10,001.
- En divisant le nombre de 8 chiffres par 137 puis par 73 on le divise également par 10,001, puisque 137 X 73 = 10,001.
- Conséquemment on devait retrouver le premier nombre écrit, car la division est le contraire de la multiplicalion.
- 4528 X 10001 = 4528 4528 4528 4528 : 10001 = 4528
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- La science en famille
- Voici les facteurs premiers de :
- 11 = 11 111 = 3 X 37 1111 = 11 X 101 101 = 101
- 10101 = 3 X 7 X 13 X 37 ou 7 X 39 X 37, etc.
- 1001 = 7 X 11 X 13 ou 13 X 77, etc. 1001001 = 3 X 333667
- 10001 = 78 X 137 100001 == 11 X 9091
- etc., etc.
- Ces facteurs premiers permettront à nos lecteurs d’opérer sur les nombres de 1, 2, 3, 4 ou 5 chiffres et de les faire répéter une ou plusieurs fois.
- Pour bien nous faire comprendre, nous allons donner un autre exemple : .
- Supposons que la première personne ait pris un nombre de 2 chiffres, 54 par exemple,
- et qu’elle l’ait répété deux autres fois, elle aura obtenu le nombre de 6 chiffres 545,454.
- Puisque répéter trois fois un nombre de deux chiffres c’est multiplier le nombre par 10,101, il nous faudra donc nous servir des facteurs premiers de 10,101.
- Les facteurs premiers de 10,101 sont :
- 3, 7, 13, 37
- ou, pour simplifier et ne faire faire que deux divisions,
- 3 X 13 = 39 et 7 X 37 = 259 ou autrement si on le veut.
- En divisant 545,454 par 259, la deuxième personne trouvera au quotient 2,106.
- En divisant 2,106 par 39 la troisième personne trouvera au quotient 54.
- G. Q. F. D.
- A. IPuber.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- Un chapeau de Napoléon Ier. — Un négociant lyonnais, M. Ponard, demeurant, 29, rue Saint-Pierre, à Lyon, vient de se rendre acquéreur, avec document à l’appui, d’un chapeau ayant appartenu à Napoléon 1er et d’une feuille de saule cueillie, en 1827, sur le tombeau de Sainte-Hélène par un lieutenant de vaisseau, Emmanuel de Saint-James.
- M. Ponard a acheté ce chapeau à Cousances (Jura), à un certain M. Lefebvre qui le tenait de son frère. Celui-ci, Louis-Edouard Lefebvre, pharmacien à Versailles, 8, rue Royale, l’avait reçu le 13 octobre 1838, de M. Ludovic-Jean-Baptiste-Zéphir Dubois, officier de cavalerie en retraite, percepteur des contributions directes à Saint-Cyr-l’Ecole, demeurant à Versailles, rue de l’Orangerie, 64.
- Le père de cet officier l’avait acheté son pesant d’argent (soit 55 francs) à Chardon, chapelier de la garde impériale, en 1812.
- Les pigeons voyageurs de Paris. — Le
- recensement des pigeons voyageurs, à Paris, a donné un total de 12,277 pigeons, sur lesquels 6,619 ont été soumis à l’entraînement.
- Le chiffre des propriétaires (608) s’est accru de 89, depuis l’année dernière.
- Les dix-sept Sociétés, composant la Fédération de la Seine, sont loin de compter, dans leur sein, tous les propriétaires de pigeons.
- On peut évaluer à 300 le nombre des colombophiles militants, c’est-à-dire prenant part aux entraînements et concours, et, pour cela faisant partie d’une Société.
- Compliments à nos excellents confrères de la France Aérienne, MM. Deneuve et Sé-billot, auxquels revient, certainement, une part de ces succès.
- ***
- Le commerce des noisettes à Trébizonde.
- — Dans tout le district de Trébizonde, où l’on fait une récolte considérable de noisettes, on peut évaluer le poids de cette récolte, pour 1891, au chiffre énorme de 17.472.000 k. •
- Les principaux centres sont Trébizonde, fournissant 2.800.000 kilog., Kerassonde, 10.080.000, Lazision 1.680.000, Elegusl.120.000, enfin, Tirebolé 13.792.000.
- Les noisettes récoltées sont classées en trois catégories : les rondes, les oblongues et celles qui ont la forme d’amandes et qui sont très rares : ce sont- les plus chères. Afin de réduire le plus possible le poids des charge-, ments, on n’exporte guère les noisettes que cassées et écorcées. Ces deux opérations en-
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- traînent un déchet de 38 à 40 % sur le poids. Les noisettes sont colorées artificiellement, et par cette préparation, on leur donne une belle couleur claire, sans laquelle on ne les accepterait nulle part en Europe. Le courant principal d’exportation va vers Marseille, Trieste et l’Italie.
- ***
- Concours de chant de coqs. — Un sport nouveau commence à prendre une grande extension en Belgique, dans les environs de Liège principalement, et permet aux paysans de s’adonner au jeu. Il s’agit des concours de ,chant de coqs. r
- Voici comment les choses se passent : Dans un jardin se trouve placée une rangée de cages renfermant chacune un coq ; devant une cage, à environ un mètre, se trouve un marqueur qui note les cocoricos que fait entendre le sujet ; le concours dure une heure, et c’est le coq qui a donné le plus grand nombre de coups de gosier qui l’emporte.
- Au dernier concours tenu à Poulseur, un coq huten a chanté 134 fois.
- C’étaient jadis les combats de coqs qui avaient la vogue ; mais une chasse sévère fut faite aux organisateurs de ces sanglantes réunions.
- C’est alors que l’on inventa les concours de chant de coqs qui sont maintenant tout à fait à la mode. '
- Composition par téléphone. — Le Times a trouvé un moyen ingénieux pour arriver à donner plus vite à ses lecteurs le compte rendu des séances du Parlement. La salle des reporters, au Parlement, est reliée par téléphone à l’imprimerie, de sorte que les sténographes peuvent dicter directement aux compositeurs. Comme on emploie des machines
- a composer, et que la vitesse de chacum d elles atteint cinq à six colonnes par nuit le sténographe trouve, de son côté, avantage à employer le téléphone, qui lui évite Pennu: de recopier ses notes.
- ***
- Un baromètre peu connu. — La délicatesse des œufs de vanneau est connue, mais Ce qu’on ne sait sans doute pas, c’est que les nids de ces oiseaux peuvent servir d’indication barométrique.
- Un récolteur de ces œufs chers aux gour-
- mets, qui habite les environs d’Arnheim (Hollande), a remarqué que les vanneaux, qui d’ordinaire font leur nid en terrain plat, ont recherché cette année, pour y pondre, les petits monticules se dressant aux alentours des marais. Cette pratique, connue seulement des vieux chasseurs, annoncerait un été fort pluvieux, les vanneaux faisant toujours leur nid, lorsque cette saison doit être sèche, dans des dépressions de terrain.
- *
- * *
- La limite de perception des saveurs. —
- Le identifie American donne, d’après M. Venable, le tableau ci-joint qui indique les quantités de certaines substances, qui, placées sur la langue, permettent encore d’en distinguer le goût propre.
- Sucre................
- Sel..................
- Acide tannique . . .
- Acide chlorhydrique .
- Saccharine...........
- Strychnine ....
- *
- * *
- Baleine échouée à Madère. — On écrit au Cosmos : Dans la nuit du 21 au 22 de ce mois, une petite baleine de trois à quatre mètres de longueur, à ce qu’il paraît toute jeune, a été jetée par la mer sur la plage de Seixal, au nord-ouest de Madère. Elle est presque toute blanche. Quelques jours avant, elle avait été vue jouant, en compagnie d’une autre baleine très grande, dans le voisinage de l’île.
- C’est la troisième fois au moins depuis dix ans que les baleines vivantes ont été observées dans nos parages, probablement leur habitat le plus méridional.
- ***
- Le ferrage des chevaux sans clous. —
- Un grand progrès va, paraît-il, être réalisé dans le ferrage des chevaux.
- Il s’agit d’un fer en acier Bessemer, qui se fixe à froid en quelques minutes sans un seul clou. La semelle est semblable à celle des fers ordinaires ; mais elle possède à l’avant un levier coudé, qui s’applique jusqu’à mi-hauteur de la muraille antérieure du sabot, sans le comprimer en aucune façon.
- Une bride du même acier Bessemer, llexi-ble, vient ensuite entourer le sabot en par-
- 0 gr. 0028.
- 0 0009.
- 0 00008.
- 0 00009.
- 0 0000048.
- 0 00000048.
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- tant des deux talons du fer, pour s’appuyer sur le haut dudit levier, lequel la supporte entièrement et l’empêche, par conséquent, de comprimer aucune des deux parties de la muraille du sabot.
- Le fer est muni de trois petits crampons intérieurs qui pénètrent dans la corde du sabot et empêchent le fer de se déplacer sans que la bride ait été préalablement enlevée.
- (.Moniteur industriel).
- *
- * *
- La population du globe. — D’après les dernières statistiques, on pourrait établir la population du globe comme il suit :
- Europe............... 357,379,000 habitants.
- Asie................. 825,954,000 —
- Afrique.............. 163,953,000 —
- Amérique .... 121,713,000 —
- Australie .... 3,230,000 —
- Iles du Pacifique. . 7,420,000 —
- Régions polaires. . 80,000 —
- Soit 1 milliard 480 millions en chiffres ronds.
- Quant à la densité de la population, celle de l’Europe est double de celle de l’Asie, laquelle est triple de celle de l’Afrique. En Europe, la Belgique est au premier rang ; puis viennent la Hollande, l’Angleterre, l’Ecosse et la France.
- *
- * *
- Caverne colossale dans l’Orégon. — On
- a découvert dans le comté de Joséphine (Etat de l’Orégon), environ à 12 milles au nord de la ligne de chemin de fer de Californie et à 40 mètres de la côte duPacifique, uneimmense caverne.
- Plusieurs entrées conduisent à l’intérieur; les voûtes sont faites de cristaux transparents soutenus par des piliers qui ont la blancheur du lait. Par-ci par-là, on rencontre de petits étangs et des ruisseaux de l’eau la plus claire. Les explorateurs ont passé une semaine à la visiter ; ils ont trouvé à l’intérieur une multitude de passages et de chambres ; à plusieurs milles de l’entrée, un petit étang et une chute d’eau de 30 pieds de hauteur. Ils ont vu des milliers de dessins plus ou moins grotesques, dont ils ont pris la photographie à la lumière électrique. La seule trace de vie animale qu’ils aient observée, c’est à l’entrée quelques os d’ours ; ce qui fait supposer que ces ani-piaux mettaient leurs petits à l’alpri dans cet
- endroit. La caverne, prise de la montagne, a une longueur de 1,500 pieds environ ; mais l’intérieur est au moins aussi vaste que la fameuse caverne du Mammouth, qui existe
- dans le Kentucky.
- (Revue française de l’étranger et des colonies).
- *
- * *
- Le cèdre à crayons. — Le commerce du bois de cèdre à crayons s’est développé rapidement et s’est étendu hors de la Floride qui était naguère le territoire qui fournissait presque entièrement la demande. Depuis peu, de très grands achats de cèdre ont été faits dans l’Amérique du Sud et la qualité du bois a été trouvée absolument satisfaisante par les consommateurs.
- D’ailleurs, les industries qui fabriquent les crayons sont aujourd’hui beaucoup plus nombreuses qu’autrefois. Un journal de Chicago constate que l’Allemagne et l’Autriche fabriquent par an 200 millions de crayons de cèdre. La France possède quatre manufactures, l’Angleterre quatre, la Russie deux.
- Ces trois pays produisent annuellement environ 150 millions de crayons. L’Europe produit donc 350 millions de crayons par an.
- Ces chiffres n’ont rien d’exagéré et paraissent cependant surprenants à cause du petit nombre de fabriques. Il n’en existe guère que vingt à vingt-cinq dans le monde entier.
- D’ailleurs, dans ce nombre de crayons, on ne compte pas ceux qui sont faits de bois blancs à bon marché et qu’emploient les charpentiers. les menuisiers, etc., etc.
- En Amérique, on prépare actuellement les bois et on les expédie aux fabricants.
- Le cèdre est coupé en tronçons de la longueur des crayons sur cinq millimètres de largeur et cinq millimètres d’épaisseur. Ces petits bois sont emballés dans des caisses aux Etats-Unis par les producteurs et envoyés aux grandes manufactures étrangères.
- (L’Echo forestier).
- ** * à
- Le cinquième centenaire des cartes
- jouer. — Un Viennois, le docteur Rodolphe Lothar, vient de prendre l’initiative dun jubilé, à l’occasion du cinquième centenan de l’invention des cartes à jouer, qui remon tent à l’an 1392. Des conférences sur es origines de ce jeu et des matchs importan sont déjà inscrits au programme des fête-qui doivent avoir lieu.
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- LA SCIENCE
- Nettoyage des éponges. — Par un usage prolongé, les éponges absorbent peu à peu les corps gras et deviennent gluantes. Quand elles le sont trop, il est difficile de les nettoyer, il vaut donc mieux, sans attendre trop longtemps, le faire de loin en loin, à intervalles réguliers. On y arrive en dissolvant la substance grasse dans une solution faible (1 à 2 0/0) de carbonate de sodium, à la température d’environ 50° centig. L’emploi de solutions concentrées ou bouillantes n’est pas à recommander, par ce qu’elles désagrègent les éponges ; il vaut mieux, dans les cas difficiles, ajouter quelques gouttes d’ammoniaque. Le dégraissage opéré, on procède au blanchiment en les trempant plus ou moins longtemps dans un bain d’acide oxalique à 2 0/0.
- ***
- Procédé pour écrire sur le verre avec de l’encre ordinaire ou de l’encre de Chine. — On fait légèrement chauffer le verre à 50° ou 60°, jusqu’à ce que la vapeur d’eau cesse de s’y déposer. Puis on y verse un vernis particulier en agissant comme avec le collodion dans les opérations photographiques. Ce vernis est formé de 80 gr. d alcool à 95°, 5 grammes de mastic en larmes et 8 grammes de sandaraque. On ob-Hent la dissolution des résines en chauffant au bain-marie le tout dans un flacon bouché et ficelé ; on filtre ensuite.
- Ce vernis est très dur et devient brillant °t complètement transparent. Si on le verse ®ur le verre chaud, il reste opaque et prend eucre. On peut donc dessiner sur le verre ainsi préparé avec de l’encre ordinaire ou de
- PRATIQUE
- l’encre de Chine. Ensuite on passe au-dessus une légère couche de gomme.
- Ce procédé serait avantageusement employé pour remplacer les étiquettes que l’on met sur les flacons dans les laboratoires ; pour faire sur verre des figures pour les projections; enfin pour calquer les dessins que l’on reproduirait ensuite par la photographie.
- *
- * *
- Vernis pour conserver les Fleurs.
- Éther............. 500
- Copal clair.... 20
- Sable............... 20
- On trempe les fleurs dans ce vernis pendant une ou deux minutes; on les laisse sécher dix'minutes et on recommence ce môme traitement cinq ou six fois.
- (Revue de chimie industrielle).
- ***
- Ciment pour tubes de verre et de cuivre.
- — Vous prenez du plâtre en poudre impalpable que vous délayez dans de l’huile bien fine (huile à machine) ; lorsque la pâte est bien lavée et qu’elle commence à devenir assez épaisse, vous y ajoutez du blanc d’œuf dans la proportion de 100 grammes de blanc d’œuf pour 50 grammes d’huile à peu près, et vous faites ce mélange dans un mortier avec pilon pour éviter la mousse ou neige que produirait le blanc d’œuf battu. Cette pâte doit être employée aussitôt après, car elle durcit assez vite. Le tube une fois scellé dans la douille, il faut attendre quelques heures pour pouvoir se servir de l’objet. Ce ciment acquiert à l’air et à la chaleur surtout une dureté telle que, pour enlever le verre, il faudrait le briser.
- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
- Petites expériences d’électricité. —
- y°ici d’abord une expérience qui fait suite a °Glle dont nous donnions la description ^ans notre dernier numéro et qui, comme e^e) demande à être exécutée dans l’obscu-rdé. Il s’agit d’éclairs produits au moyen
- d’une pièce de monnaie, par exemple, et d’une feuille de papier.
- Préparons donc notre feuille de papier comme il a été indiqué, en la chauffant bien et en la frottant fortement, toujours dans le même sens, avec la paume de la main ;
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- déposons-y ensuite une pièce de monnaie quelconque.
- Comme il ne serait pas facile de soulever la feuille de papier d’une seule main, on prie l’une des personnes de soulever la feuille, et, à ce moment, si on approche le doigt de la pièce de monnaie, on aperçoit autour de celle-ci une vive lumière qui dure quelques instants.
- La même feuille de papier, c’est-à-dire une feuille de papier toujours préparée de même façon, pourra nous servir à effectuer de petites expériences d’attraction fort amusantes.
- C’est ainsi que les barbes de plumes, la sciure de liège, seront attirées par elle, et que, si on la présente au-dessus de la tète d’une personne ayant les cheveux assez longs, ces cheveux se dresseront.
- L’action obtenue à l’aide do cette feuille de papier sera d’autant plus énergique que la dessiccation aura été plus complète et que le frottement aura été plus fort.
- Les corps légers peuvent être ainsi attirés à une distance de 5 à 6 centimètres, et c’est alors le moment de rééditer la danse connue des petits pantins.
- Des silhouettes découpées dans du papier léger gisent sur la table : promenons notre bande de papier électrisée à la distance indiquée, et nous verrons les silhouettes se dresser soudainement et s’y accrocher. L’expérience sera plus amusante si on leur a attaché au pied un fil muni d’un petit corps lourd, car les efforts qu’elles sembleront faire pour se lancer contre la fouille de papier seront vains, elles retomberont toujours sur la table, après avoir pris les poses les plus
- amusantes et accompli toutes sortes de mouvements bizarres.
- Expérience de capillarité. — Voici une expérience bien simple destinée à démontrer la capillarité : Elle consiste à prendre un tire-lignes, à le mettre dans un liquide coloré, de l’encre rouge par exemple, et à le fermer comme pour tracer une ligne. On remarque d’abord que, malgré la pesanteur, le liquide se tient entre les deux lames, et on peut observer à la partie supérieure un ménisque concave bien accentué. Si on vient à écarter doucement les deux lames, le ménisque supérieur s’aplatit, et il s’en forme un second à la partie inférieure. L’écartement des lames augmentant encore, la gorge se creuse peu à peu jusqu’au moment de la rupture. ** *
- Curieuse application du levier. — Cette expérience surprendra toujours les personnes non prévenues devant lesquelles elle sera effectuée.
- Un balai étant placé sur une table, vous proposez d’y accrocher un seau plein d’eau : a première vue, la chose semble impossible,
- à moins d’utiliser quelque subterfuge de mise
- en la circonstance.
- Cependant, rien n’est plus simple, si on a soin de placer le balai comme l’indique la figure 64, c’est-à-dire de façon que le bout du manche ne dépasse le bord de la table que d’une faible longueur: on passe l’anse du seau plein d’eau dans cette partie du manche et le récipient s’y tient suspendu, au grand étonnement des spectateurs.
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, il8, rue d’Assas.
- La Fère. — Imprimerie Bayen, rue Neigre.
- Fig. G4. — Un seau plein d’eau au bout d’un manche à balai,
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- FALSIFICATIONS DES DENRÉES ALIMENTAIRES
- MOYENS SIMPLES ET FACILES POUR LES METTRE SOI-MEME EN ÉVIDENCE (suite)
- VI. Falsifications du café.
- as plus que le chocolat et le thé, le café n’est à l’abri des falsifications, bien au contraire.
- On a été, dans ces derniers temps, jusqu’à imiter les grains de café avec de l’argile teinte en verdâtre, ou avec des pâtes féculentes coulées dans des moules spéciaux et colorées en vert. Ces fraudes grossières sont faciles à reconnaître ; en effet, de tels produits, mis à macérer dans l’eau, se désagrègent très rapidement. Cependant ces fal-
- Fig. 65. — Café pur vu au microscope.
- s'fications ne sont pas de beaucoup les plus connnunes ; les plus fréquentes sont celles gui s’exercent sur le café torréfié en grains, café torréfié et moulu et le café liquide. Café cru en grains. — Ces falsifications sont moins nombreuses qu’on a bien voulu edire; cependant, il y a eu, en 1850, un revet de pris à Liverpool pour une machine a mouler le café avec des argiles ou des Pâtes colorées en vert. Il est d’ailleurs facile ^reconnaître une falsification aussi gros-Slere : les grains, mis dans l’eau, se désa-Sregent complètement au bout de quelques eures s’ils sont factices, tandis que le café naturel se gonfle tout simplement.
- Café torréfié en grains. — Les cafés de qualité inférieure sont parfois enrobés avec des sirops de glucose, mélasse, etc. ; cette pratique en augmente en outre le poids de 5 à 10 p. 100. Cette falsification est également très facile à reconnaître : on laissera un certain nombre de grains, une cinquantaine environ, macérer dans l’eau froide; s’ils sont enrobés, l’eau sera rapidement colorée en brun, tandis que les grains véritables restent résistants et ne colorent l’eau qu’avec une extrême lenteur, encore la teinte est-elle toujours très claire.
- Fig. 66. — Café falsifié.
- a Fécule de glands de chêne.— j Fragments de chicorée.
- Café torréfié et moulu. — C’est sur ce produit que les falsifications sont les plus fréquentes. En raison même de sa forme pulvérulente, ce produit est souvent additionné de farines diverses grossièrement moulues, voire même de sciure de bois, d’ocre rouge, etc. Une des fraudes les plus usuelles est le mélange avec du marc épuisé, elle est d’autant plus fréquente qu’elle est difficile à reconnaître par un examen superficiel. Néanmoins, on pourra avoir une indication en mettant la poudre dans l’eau froide, le marc donnera une légère coloration, le café moulu n’en donnera pas.
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- Mais la falsification de beaucoup la plus commune est l’adjonction au café en poudre d’une proportion plus ou moins grande de chicorée, dont le prix est environ six ou sept fois moins élevé. Heureusement, ici nous avons de nombreux moyens à notre disposition pour démasquer les trompeurs. Voici le plus simple : *
- Prendre un verre à pied, le remplir aux trois quarts d’eau pure, puis verser la poudre suspecte à la surface du liquide. Si le café est pur, cette poudre surnage et absorbe l’eau très lentement. Si, au contraire, elle contient de la chicorée, cette dernière absorbe l’eau immédiatement et tombe au fond du verre en communiquant à l’eau une coloration jaune brunâtre.
- Quelquefois même, la chicorée est remplacée par de la racine de pissenlit torréfiée : Pour reconnaître cette [substance, on arrose 2 ou 3 grammes du café à examiner avec 20 c. c. d’eau distillée froide et on agite plusieurs fois ; au bout de cinq minutes, on verse l’extrait aqueux sur un filtre en papier. On ajoute au liquide quelques gouttes d’une solution étendue de sulfate de cuivre et l’on chauffe à l’ébullition. Le tanin se trouve précipité, on l’élimine en filtrant, et au liquide on ajoute une certaine quantité d’une dissolution de soude, jusqu’à ce que tout trouble ait disparu, puis on fait bouillir. Si
- le café est falsifié avec le pissenlit, le liquide prend une coloration brune, et, après le refroidissement, il se dépose un précipité de protoxyde de cuivre rouge. Si le café n’est pas falsifié, le liquide reste vert et ne laisse déposer que quelques flocons isolés incolores.
- On a parfois mélangé le café moulu avec du blé, de l’orge ou de l’avoine, des glands de chêne concassés et torréfiés. Pour reconnaître cette fraude on fait une infusion que l’on décolore en l’agitant quelque temps avec du noir animal, puis on filtre. Le liquide qui passe devra être à peu près incolore, sinon on filtrera de nouveau. Etendant ensuite une couche d’environ un demi-centimètre de ce liquide sur une assiette et en y laissant tomber goutte à goutte de la teinture d’iode additionnée de trois fois son volume d’eau, on aura une coloration bleue s’il y a eu adjonction de céréales, cotte teinte ne sera pas obtenue si le café est exempt de ces substances.
- Pour toutes les autres falsifications du café, les réactions chimiques sont ou trop compliquées ou trop incertaines pour être exposées ici ; on y a d’ailleurs rarement recours et on préfère l’examen microscopique, qui, poxir les personnes exercées, est d’un puissant secours {Fig. 65 et 66).
- (A suivre). Albert Larbalétrier.
- HYGIÈNE
- CARACTÈRES DES VIANDES DE BOUCHERIE SUIVANT LEUR QUALITÉ
- »l n’est certainement pas sans intérêt de reconnaître une viande bonne d’une viande mauvaise ou médiocre. Cependant peu de personnes parviennent à se rendre compte des différences physiques que présentent les viandes, suivant leurs qualités nutritives. Ces qualités de la viande de boucherie dépendent de sa couleur, de sa consistance, de son odeur, de la finesse de son grain, de la présence ou de l’absence du marbré ou persillé, de la couleur, la consistance ou l’épaisseur de la croûte en graisse de couverture comme de la graisse intérieure, etc. Partant de ces bases, la bou-
- cherie admet des viandes de première, deuxième et troisième qualité.
- Les caractères de la viande de bœuf de première qualité sont les suivants :
- Sur un fond rouge, vif, vermeil, se dessinent de nombreuses lignes ou pointillés de graisse ; encore faut-il observer que tous les muscles du bœuf ne partagent pas à un éga degré cette faculté de pénétration ; le moi' ceau sur lequel il est le plus facile de s en rendre compte est la noix des côtes, portion du muscle ilio-spinal comprise entre la sixième et la septième côte. La coupe trans versale de cette portion de muscle donne
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- une surface ovalaire. Sur cette surface, à fond rouge, se dessine, chez le bœuf gras, une arborisation blanche, sorte de réseau à mailles plus ou moins rapprochées ou de pointillé plus ou moins serré auquel la boucherie donne les noms, employés plus haut, de marbré ou de persillé.
- L’absence du marbré donne à la coupe de la viande un aspect rouge uniforme. Le degré de marbré ou de persillé étant tout naturellement en rapport avec le degré d’engraissement de l’animal, on s’accorde à dire que le persil lé ne peut appartenir qu’aux viandes faites ou mûres, et qu’il manque absolument dans les viandes vertes, c’est-à-dire dans les viandes jeunes.
- Le tissu de la viande de bœuf de première qualité est à la fois ferme et élastique.
- Cette viande, comme disent les bouchers, se coupe bien, et sur sa section apparaît un grain fin et serré. La coupe, fraîchement laite, est légèrement humide et répand une odeur douce et fraîche,.
- Abandonnée pendant quelque temps dans une assiette, cette viande y laisse couler un jus rouge de sang vermeil, légèrement acide et relativement abondant.
- Crise dans une des régions extérieures superficielles de l’animal, elle se montre couverte d’une couche de graisse, d’une croûte, comme on dit dans la boucherie, de 1 à 2 centimètres d’épaisseur, blanche ou jaune beurre frais.
- A ces caractères, on peut ajouter que, cuite à point, elle se coupe facilement et ‘lue le bouillon qu’elle donne est d’un par-[um exquis, et garni d’œils larges et nombreux.
- Lotie, cette viande est tendre à la dent et Son jus comme parfumé.
- LUe est la plus facile à digérer et la plus nourrissante de toutes les diverses qualités de viande de bœuf. La proportion d’eau qui entre dans sa constitution est plus faible que dans les autres qualités..
- Elle est fournie par les bœufs français de quatre à huit ans, mûrs, et par les bonnes yactles de quatre à six ans n’ayant pas porté °u n ayant eu que deux ou trois veaux au Plus.
- Le veau élevé à la mamelle fournit seul la Première qualité de cette viande. Chez le
- mouton, la première qualité s’annonce surtout par la fermeté de la viande, sa densité, sa couleur rouge vif, son odeur fraîche et la couleur blanche très prononcée de son suif. Le lard de première qualité est blanc, légèrement rosé, d’un grain fin ; de plus, il est ferme et se coupe facilement.
- Passons aux viandes de qualités inférieures :
- La viande de deuxième qualité a encore la couleur rouge. Sur sa coupe se dessinent, particulièrement chez le bœuf, des lignes blanchâtres de graisse, véritablement marbré plutôt que persillé. Sa fermeté, son élasticité sont moindres que dans la classe précédente, son grain est aussi moins fin. Sa couverture est moins épaisse et moins fine ; la graisse intérieure est également moins abondante et moins mûre.
- Bouillie, cette viande donne un consommé clair et pauvre en arôme.
- Rôtie, elle n’est pas tendre, au moins dans la plupart de ses morceaux, et ne produit plus cette sensation fine et délicate sur le sens du goût.
- La viande de deuxième qualité est particulièrement fournie par les bœufs de huit à dix ans, à forte charpente osseuse, durs à l’engraissement ou insuffisamment mûrs; par les vaches pleines de cinq à sept mois, par les veaux de trois à cinq mois élevés à l’herbe ou privés jeunes du lait de leur mère; par les moutons engraissés à la longue; par les porcs trop jeunes ou castrés tardivement.
- Dans le commerce de la boucherie, on caractérise assez généralement les viandes appartenant à cette classe par le nom de viandes de fournitures, parce qu’elles sont habituellement destinées aux hôpitaux, aux casernes, aux lycées et aux restaurants de second ordre.
- La viande de troisième qualité a une couleur pouvant varier du rouge pâle au rouge le plus foncé. On rencontre, en effet, dans cette classe, la viande des animaux très jeunes aussi bien que celle des sujets trop âgés, celle des veaux et génisses de six à dix mois ou un an, comme celle des vaches de dix à quinze ans et plus, et des taureaux de trois à cinq ans.
- Quoique jouissant encore d’une certaine
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- résistance dénotant l’état sain de l’animal qui l’a fournie, la viande de troisième qualité n’a plus cette fermeté et cette élasticité qui appartiennent, à un degré différent, il est vrai, aux deux qualités précédentes.
- A la coupe, elle est humide et cède plus ou moins sous la pression du doigt ; son grain est grossier et non serré ; on n’y voit plus trace de marbré ou de persillé.
- Dans les régions où abonde le tissu cellulaire, celui-ci est lâche, mou, caractères dont il est d’autant plus facile de s’apercevoir, que les animaux qui fournissent cette viande ont toujours été soufflés après l’abatage.
- Absence complète ou à peu près complète de cette couverture. Abandonnée à l’air pen-
- dant quelques heures, cette [viande se dessèche, se retire, devient noire pendant que son tissu cellulaire devient jaunâtre. Elle perd beaucoup et comme aspect et comme poids, par suite de l’évaporation d’une notable partie de l’eau qui entre dans sa composition, ce qui ne doit pas étonner, du reste, lorsque l’on songe que chez un bœuf d’un embonpoint médiocre, l’eau forme environ les deux tiers du poids de la viande, tandis que chez un bœuf gras, ce rapport se réduit à moitié moins.
- Conclusion : autant pour l’hygiène physique qu’au point de vue de l’économie domestique, la viande de première qualité sera toujours la plus saine et en même temps la plus économique.
- BÊTES ET PLANTES CURIEUSES
- LES PLANTES QUI MARCHENT
- Arnold Boscowitz, dans son beau livre « L’âme de la plante », cite plusieurs exemples de végétaux qui se meuvent, et, d’après le savant naturaliste, certaines plantes semblent posséder une sorte d’instinct qui les guide au sein du sol pour reconnaître la terre qui leur convient le mieux, et vers laquelle ils poussent leurs racines obéissantes.
- C’est ainsi que lord Kainer raconte le fait suivant :
- « Au milieu des ruines de New-Abbey, dans le comté de Galloway, s’élève un érable qui croissait anciennement sur l’un des murs. Soit qu’il s’y trouvât à l’étroit, soit qu’il manquât de nourriture, cet érable fit descendre le long de la muraille une forte racine qu’il fixa solidement dans la terre au-dessous. Lorsque cette racine eut pris de la consistance, l’arbre, pour s’y asseoir, détacha petit à petit ses autres racines du mur où il avait vécu jusqu’alors, et s’en sépara entièrement pour vivre désormais dans le sol où il s’était transporté par ses propres et miraculeux efforts. »
- Un naturaliste non moins éminent, Murray, a confirmé le fait que nous venons de raconter et il en cite quelques autres qu’il a observés lui-même.
- « Un groseillier qui se trouvait dans un endroit stérile, incapable de le nourrir, inclina une de ses branches vers une terre plus fertile. Cette branche prit racine et commença elle-même à se transformer en arbuste, tandis que la tige primitive disparaissait complètement du sol où elle s’était élevée. Ainsi cet être, après avoir atteint la bonne terre vers laquelle il s’était porté, s’y installait définitivement et cessait de demander sa nourriture au sol ingrat qu’il abandonnait. »
- Il fut encore témoin d’un autre fait aussi extraordinaire à Saint-Thomas, une petite île des Antilles.
- « Sur un rocher de 4 à 5 pieds de haut, avait germé une plante, un grenadier. Il s y était élevé, à quelque distance du bord, tout près du mur d’une citerne établie sur le rocher. Pendant les premières années de son existence, la plante grandissait à vue d’œil-On eût dit qu’elle avait hâte de s’élever au-dessus du mur qui lui interceptait les rayons du soleil. Quelque temps après, c’était un être mince, élancé, ayant la forme et l’aspect d’un peuplier. Ses racines avaient étreint le rocher et pénétré dans les moindres interstices. Son attitude était penchée; tout en hu décelait un état de souffrance et de langueui-C’est à cette époque, où il semblait devoir
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- mourir, qu’il fit descendre le long du rocher une forle et puissante racine qui, atteignant la terre fertile, y pénétra bientôt en se frayant un passage à travers les petites plantes qui encombraient la plate-bande. Cette racine vagabonde prit une étonnante vigueur, tandis que les anciennes, qui étreignaient le rocher, s’en détachèrent et commencèrent à dépérir. L’arbuste changeait visiblement de point d’appui. Il finit bientôt par abandonner entièrement le roc où il était né pour prospérer dans la terre vers laquelle il avait dirigé se3 racines et s’était transporté tout entier. »
- Les plantes ne restent donc pas rivées à l’endroit où elles sont nées, par des attaches immuables, et il peut arriver que les racines de ces plantes, en quête d’une nourriture plus abondante, entraînent vers un endroit plus favorable la tige qui languissait sur une terre aride.
- Une plante bizarre de nos contrées, le Sceau de Salomon nous fournit encore un exemple d’un fait déjà constaté par plusieurs botanistes. Chacun connaît cette îleur de nos bois, très commune aux environs de Paris, et dont les fleurs en petites clochettes blanches ressemblent un peu à celles du muguet, d’où son surnom de Muguet anguleux.
- Les savants la rangent dans la grande famille des Liliacées, et la nomment Conval-
- laria polygonatum (polygonatum, plusieurs genoux, en raison des nœuds qui agrémentent le rhizome), mais elle est plus connue sous, le nom de Sceau de Salomon parce que les rhizomes coupés transversalement présentent quelques linéaments informes que les mystiques ont comparés à l’empreinte du prétendu sceau de Salomon.
- « Cette racine originale, d’où s’élance une tige unique parée de feuilles et de fleurs en grelots blanchâtres, s’avance chaque année de la longueur de l’un de ces nœuds où la tige, en se desséchant, laisse un creux à son point d’attache. On s’explique aisément que cette plante, tout en restant la même, opère, chaque année un déplacement de sa tige. On peut déterrer de ces racines portant quinze ou vingt nœuds espacés en moyenne de deux centimètres.. La plante, par conséquent, date de quinze ou vingt années, et sa dernière tige annuelle est sortie de terre à 30 ou 40 centimètres de la place occupée par la première. Ne souriez pas. Ce trajet misérable de paralytique, appuyé sur des béquilles mystérieuses au sein de la terre, est tout bonnement prodigieux. Qu’importe la durée du voyage et la longueur du chemin ; c’est une plante qui marche ! Et, dans le monde végétal, cet avancement infime est plus admirable encore que la course de l’antilope ou que le vol de la frégate. « C. F.
- CALCUL RAPIDE
- MOYEN DE CALCULER DE TÊTE LA DATE DE PAQUES
- Concile œcuménique de Nicée, tenu en 325, a décidé, conformément au décret de saint Victor, que la fête es aurait toujours.lieu le dimanche après la pleine lune qui suit l’équinoxe du Printemps. L’équinoxe de printemps étant invariablement fixé au 21 mars :
- Pâques est donc le dimanche qui suit la pleine lune qui vient après le 21 mars.
- D’après ce qui précède, on voit que pour calculer la date de Pâques il faut savoir :
- 1° A quelle date il y a pleine lune en mars °u avril d’une année quelconque.
- 2° Et quel jour de la semaine tombe cette pleine lune.
- Si nous connaissions l’âge de la lune au 1er janvier d’une année quelconque, ce que l’on appelle l’tpacte, il est évident que nous trouverions ensuite facilement à quelle date a lieu la pleine lune de mars ou d’avril.
- Cherchons donc d’abord l’âge do la lune ou épacte au 1er janvier d’une année quelconque.
- On sait, d’une part, que le cycle lunaire, est de 19 ans, c’est-à-dire qu’après-une période de 19 ans les phases de la lune se reproduisent régulièrement à des dates qui sont exactement celles de la période précédente ;
- D’autre part, on sait également que, un an avant l’ère chrétienne1, il y a eu le commencement d’un cycle lunaire.
- de Pâqu
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- Conséquemment, en ajoutant 1£ au millésime d’une année quelconque et en divisant cette somme par 19, on obtiendra au quotient le nombre de cycles lunaires qui ont eu lieu depuis le commencement de l’ère chrétienne, et le reste de la division nous indiquera le rang de l’année dans le cycle lunaire. Ce rang est ce que l’on appelle le nombre d'or.
- Ainsi, si nous voulons savoir le nombre d’or de 1892, c’est-à-dire quel rang 1892 occupe dans un cycle lunaire, nous ajouterons 1 à 1892 ce qui nous donnera 1893 et le reste de la division de 1893 par 19, soit 12, nous indiquera que le nombre d’or est 12, que 1892 est la douxième année d’un cycle lunaire.
- Au début d’un cycle lunaire, la nouvelle lune doit commencer avec l’année, et comme 13 lunaisons l'ont 354 jours environ, et que notre année est de 365 jours, on peut admettre, bien que cela ne soit pas tout à fait exact, qu’au commencement de la deuxième année d’un cycle lunaire, la lune a 365 — 354 = 11 jours de date.
- Au commencement de la troisième année la lune a 11 + 11 = 22 jours de date.
- Et au commencement de la quatrième année elle a 22-+ 11 = 33 jours de date.
- On peut aussi, pour ces calculs qui n’ont pas besoin d’être rigoureusement justes et dont les données quoique inexactes se compensent presque, admettre que la durée de la lunaison est toujours de 30 jours.
- La 4° année d’un cycle lunaire, l’âge de la lune ou cpacte sera donc au 1er janvier de
- 88 — 80 = 3
- 5e » 3 + 11 = 14
- 6e » 14 + 11 = 25
- 7e )) 25 + 11 — 33 — 30 — 6
- 8e » 6 + 11 = 17
- 9e )) 17 + 11 = 28
- 10° )) 28 + 11 = 39 — 30 = 9
- 11° )) 9 + 11 = 20
- 12° » 20 + 11 = 31 — 30 = 1
- 13e )) 1 + 11 = 12
- 14° » 12 + 11 = 23
- 15° )) 23 + 11 = 34 — 30 = 4
- 16e » 4 + 11 = 15
- 17° )) 15 + 11 = 26
- 18e » 26 + 11 = 37 - 30 = 7
- 19e )) 7 + 11 = 18
- lr° )) 18 + 11 = 29 on ajoute 1 - i 03 O II O
- 2e )> 0 + 11 = 11
- r3° » 11 + 11 = 22,
- Pour trouver l’épacte, il suffit donc de diviser le millésime de l’année par 19 puis de multiplier le reste de la division par 11.
- Ou bien de diminuer le nombre d’or de 1 et de multiplier le reste par 11, ce qui revient à la même chose.
- Ainsi 1892 ; 19 donne un reste de 11.
- 1892 a comme nombre d’or 12 moins 1 = 11:
- L’épacte de 1892 est donc 11 X H — 121 moins autant de fois 30 que nous le pourrons.
- 4 X 30 = 120. 121 — 120 = 1
- 1 est l’épacte de l’année 1892 ou de la douzième année d’un cycle lunaire.
- En 1892 la lune avait un jour lorsque l’année a commencé ou par extension avait un jour le 1er janvier.
- Ceci dit, quelques exemples d’application vont prouver que, de tête, un calculateur un peu entraîné peut facilement trouver la date de Pâques.
- Exemple : En 1892, à quelle date a eu lieu Pâques ?
- 1892 : 19 donne un reste de 11.
- 11 X11 = 121 — 120 = 1 l’épacte est 1.
- Pleine lune 15 — 1 = 14 janvier.
- 1892 étant bissextile : pleine lune 13 mars et pleine lune 12 avril.
- La pleine lune qui a suivi le 21 mars a eu lieu le 12 avril. Pâques a donc eu lieu le dimanche qui a suivi le 12 avril.
- Dans le numéro 128 de la Science en Famille, page 117, nous avons donné le moyen de trouver de tête quel jour de la semaine tombe le 1er mars d’une année quelconque (de 1800 à 1899) ; donnons-le à nouveau :
- On prend les deux derniers chiffres du millésime.
- On y ajoute le quart entier du nombre qu’ils forment et on divise la somme par 7.
- Le reste de la division indique quel jour était le 1er mars.
- Ainsi : 1892 donne 92
- plus le quart entier 23
- Total 115
- 115 : 7 donne un reste de 3
- Le 1er mars 1892 était le 3e jour, de la semaine (un mardi), mars ayant 31 jours Ie 1er avril a été 3 + 3 = 6 (un vendredi) et les 3, 10, 17 avril sont des dimanches.
- Le dimanche 17 avril suivant immédiatement la pleine lune qui a eu lieu le 12 :
- En 1892, Pâques a eu lieu le 17 avril.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- 167
- Autre exemple : En 1891 à quelle date a eu lieu Pâques ?
- 1891 : 19 donne un reste de 10.
- 10X11 = HO moins 90 = 20, épacte 20.
- En 1891, nouvelle lune 30 — 20 = 10 janvier.
- pleine lune 10 + 15 = 25 janvier, et pleine lune le 25 mars.
- 01 + quart entier 22 = 113.
- 113 : 7 donne un reste de 1.
- Le 1er mars 1891 était un dimanche; 1, 8, 15, 22, 29 mars étaient des dimanches et comme la pleine lune avait eu lieu le 25 mars, le dimanche qui la suivait était le 29. #
- En 1891, Pâques a eu lieu le 29 mars.
- Autre exemple : En 1818 à quelle date a eu lieu Pâques.
- 1818 : 19 donne un reste de 13.
- 13 x 11 = 143 — 120 = 23. Epacte 23. Donc en 1818 — Nouvelle lune 30 — 28 = 7 janvier.
- Pleine lune 7 + 15 = 22 janvier, et Pleine lune le 22 mars.
- 18 plus le quart entier 4 = 22 22 : 7 donne un reste de 1.
- Le 1er mars 1818 était un dimanche; 1, 8, 15, 22 mars, dimanches.
- Pâques en 1818 a eu lieu le 22 mars.
- Pour terminer, cherchons de tête à quelle date aura lieu Pâques, en 1893.
- 1893 : 19 donne un reste de 12.
- 12 X 11 = 132 — 120 = 12, épacte 12.
- En 1893, pleine lune 15 — 12 = 3 janvier, pleine lune — 3 mars,
- pleine lune — 2 avril.
- 93 plus quart entier 23 = 116 116 : 7 donne un reste de 4.
- Le 1« mars 1893 sera donc le 4e jour (un jeudi).
- Le 1er avrü 4 4- 3 = 7e jour (un samedi), et le 2 avril sera un dimanche.
- En 1893, Pâques aura lieu le 2 avril.
- Cette méthode est, croyons-nous, plus simple que la formule de Gauss et elle est généralement suffisante pour calculer la date de Pâques ; mais, comme dans divers cas le calculateur peut être embarrassé, nous donnons ci-après la formule de Gauss, qui permet de contrôler le moyen que nous avons donné.
- Formule de Gauss.
- M = Millésime x = 23 ) pour les années
- y = 4 ) de 1800 à 1899
- M : 4 = b M : 7 = c 2b + 4c + 6d + y
- M : 19 = a J^a -J- x
- • = d
- 30
- a; b, c, d, e sont les restes des divisions 22 + d -f- e = Pâques en mars ou avril lorsque 22 + d -f e est plus grand que 31 ou d + e — 9 = Pâques en avril.
- Ainsi, si nous faisons M = 1893, nous aurons : 1893 : 19 donne un reste de 12 a = 12
- 1893 : 4 — — 1 b == 1
- 1893 : 7 — - 3 c = 3
- (19 X 12) + 23 ,
- ---donne un reste de 11 d = 11
- 30
- (2XD + (4X3)+(6Xll)+4
- donne un reste de 0 e
- d -f- e — 9
- ou 11 + 0 — 9 = 2 avril.
- 22 + d -f- e
- ou 22 -f-11 -f 0 = 33 — 31 = 2 avril. En 1893, Pâques aura lieu le 2 avril.
- La formule de Gauss semble donner raison à ceux qui prétendent que le XIXe siècle finit le 31 décembre 1899.
- En effet, dans la formule de Gauss :
- de 1583 à 1699 x = 22 y = 2
- de. 1700 à 1799 x = 23 y = 3
- de 1800 à 1899 x = 23 y = 4
- de 1900 à 1999 cv II x y = 5
- Le changement de valeur de x et de y ayant lieu après 99 et non après 100, il semble résulter de cela que, tout au moins mathématiquement parlant, le XIXe siècle finit le 31 décembre 1899 et non le 31 décembre 1900.
- Bien entendu si l’on admet que l’ère chrétienne date de la naissance de Jésus-Christ et si Jésus-Christ est véritablement né à l’époque indiquée par le commencement de l’ère chrétienne, car, au point de vue astronomique on sait que Jésus-Christ a dû naître 4 ans avant l’ère chrétienne.
- J.-C. a dû naître vers la fin de l’année 749 de la fondation de Rome, et les calculs du moine Denys, surnommé le Petit, qui vivait à Rome vers l’an 580, font remonter l’ère chrétienne à l’an 753 de la fondation de Rome.
- A. I-Iuber.
- ERRATUM.
- Dans notre dernier article, page 155, après : « Ceci fait, on dit à une deuxième personne de diviser par 137 le nombre de 8 chiffres écrit par la première », il faut lire :
- « Enfin, on dit à une troisième personne de diviser par 73 le quotient de la première division ; on lui demande le quotient de cette dernière division, et on s’aperçoit qu’il est justement le nombre écrit par la première personne ».
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- LA FABRICATION DES ALLUMETTES CHIMIQUES
- l.||||!li|||'»ii',i
- îEÜnmr? îmuuiûmm/ iiiimiùnnm=
- ;
- |mnniniiimimii
- e bois dont l’essence a été reconnue la meilleure pour la fabrication des allumettes est le tremble de Riga, et comme cet arbre n’acquiert dans notre pays que de faibles dimensions,et que, pour cette raison, l’administration des forêts tend plutôt à le supprimer qu’à le développer, plusieurs usines reçoivent de Russie le tremble tout débité en allumettes blanches.
- On utilise aussi la variété de peuplier dite « peuplier suisse », exploitée en France, mais ce bois est plus cassant et moins flambant que le tremble de Riga.
- Quand on utilise le « peuplier suisse », le débitage a lieu à l’usine , et la machine que représente la fig. 67 est la principale de celles qu’on emploie à cet effet.
- Après avoir passé à une série de scies ordinaires, les
- billes en grume sont amenées à l’état de blocs plats carrés, d’une épaisseur égale à la longueur de l’allumette. On les assemble
- Fig. 67. — Machine à débiter les allumettes
- Fig. 68. — Machine à mettre les allumettes en presse.
- les uns contre les autres, au nombre de quatorze, et on les maintient ainsi solidement sur la machine à l’aide de griffes. Les blocs ainsi fixés, voyons comment
- fonctionne la machine. Elle effectue un double mouvement: va-et- vient d u chariot porte - couteaux, placé à l’extrémité de la bielle; poussée des blocs en sens perpendiculaire au chariot.
- Quand celui-ci est au bout de sa course
- les griffes qui tiennent les blocs avancent ensemble d’une quantité égale à une épaisseur d’allumette.
- Le chariot se compose lui-même, d’abord d’une batterie de 44 lancettes superposées, équidistantes d’une épaisseur d’allumette, et, d’autre part, d’une double lame de couteau , disposée en guillotine et un peu en ar-rière.
- Quand le chariot est tiré par la bielle, les lancettes rencontrent d’abord les blocs, les entaillent et les lames les tranchent ensuite de la quantité dont ils viennent d’avancer.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- De cette façon, d’abord coupé en longueur, ce qui est représenté par l’épaisseur des blocs ; puis entaillé par les lancettes et finalement tranché en une sorte de feuille par les lames, le bois tombe en s’éparpillant : d’un seul coup de la machine se trouvent découpées 600 allumettes et la machine donne 36 coups par minute.
- Les ouvriers s’emparent de ces milliers de brindilles et ils doivent les séparer et les maintenir encore séparées et bien parallèles les unes aux autres, dans des châs sis nommés presses, où elles sont réunies au nombre de 2,250
- Hommes et femmes s’occupent de la mise en presses.
- La machine reconnue la meilleure pour cette opération est la machine Sebold, du nom de son inventeur, fig. 68.
- Couchés les uns sur les autres, horizontalement, les morceaux de bois sont d’abord bien égalisés au moyen de secousses ; puis
- rabattus de façon à venir poser verticalement sur une plaque tubulaire, percée de trous qui s’ouvrent et se ferment à volonté, grâce à un système de contre-plaque également trouée et glissant sous la plaque tubulaire.
- Chaque trou laisse donc passer un seul morceau de bois, et c’est ainsi 2,250 allumettes qui tombent entre deux rangées Perpendiculaires de lames rangées de champ; ces lames les isolent dans une sorte de maillage.
- L’extrémité des allumettes est arrêtée dans la descente par une surface plane. Le grillage décrit plus haut se trouve serré par une Pression et l’on peut enlever tous les bouts de bois droits, parallèles et séparés avec ledit grillage qui constitue la presse.
- Un seul ouvrier fait mouvoir cette ma-
- Fig. 69.
- chine placée devant lui, et dans un seul atelier, il y a une quarantaine de ces machines, toutes actionnées avec la plus grande rapidité, car c’est du nombre de châssis remplis que dépend le succès lucratif de la journée.
- Il s’agit maintenant de procéder au soufrage de tous ces petits bouts de bois, serrés dans les presses tout en restant séparés les uns des autres d’une distance d’environ un demi-centimètre.
- L’ouvrier s’empare d'un châssis et trempe l’extrémité des allumettes dans un bain de soufre fondu, d’une profondeur de deux centimètres environ ; et pour qu’elles n’enfoncent pas trop, l’ouvrier est guidé dans son opération par une espèce de rebord: l’allumette est soufrée sur une hauteur de 8 à 10 millimètres.
- Le soufre est bientôt refroidi; on procède maintenant à l’opération suivante, le chimicage, qui consiste dans l’application d’un bouton de pâte phosphorée sur l’extrémité de la partie qui vient d’être soufrée.
- Cette pâte que l’on apporte toute préparée se compose d’environ 20 pour 100 de phosphore et le reste de poudre de verre, colle, oxyde de zinc, et d’une matièrp colorante, de la fuchsine, par exemple.
- Elle se prépare tout à fait mécaniquement et un seul ouvrier peut arriver à en produire 1,000 kilog. en dix heures de travail.
- Le chimicage a lieu tantôt à la main, dans l’atelier où se pratique également le soufrage, tantôt à l’aide d’une petite machine très simple que nous décrirons tout à l’heure.
- La pâte phosphorée est maintenue en fu-
- II
- wnp
- Machine servant à enduire l’extrémitc des allumettes d’un bouton de phosphore.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- sion sur un bain-marie ; l’ouvrier a devant lui une plaque en fonte chauffée, et, à l’aide d’une cuillère, il prend de la pâte dans le récipient voisin pour l’étaler sur cette plaque au fur et à mesure de ses besoins.
- Les allumettes sont appliquées sur cette plaque par leur côté soufré et un guide permet de n’appliquer à leur extrémité qu’un bouton phosplioré d’une épaisseur constante de 2 millimètres.
- Le chimicage se fait aussi d’une façon moins primitive à l’aide d’un appareil assez simple.
- Cet appareil se compose d’un rouleau cylindrique à axe horizontal, placé au-dessus d’une cuvette contenant de la pâte phospho-rée et de telle sorte qu’en tournant, sa surface s’enduise de cette pâte ; deux glissières fixes sont disposées au-dessus du tout, et quand les presses sont appuyées dessus, l'extrémité des allumettes arrive presque au contact du dessus du cylindre, c’est-à-dire trempe dans la couche de pâte qui enduit celui-ci. Quant au cylindre que l’on voit au-dessus de l’appareil, il ne sert que de régulateur.
- Après avoir posé la presse sur les glissières, on la pousse et on la retire, et le cylindre qui tourne d’un double mouvement de va-et-vient concordant, dépose la pâte dont il est recouvert sur les extrémités inférieures des allumettes. De cette façon, le bouton de phosphore épais de deux millimètres est toujours très régulier.
- On calcule qu’il faut en moyenne 22 à 25 kilog. de soufre et 12 kilog. de pâte phos-phorée pour fabriquer un million d’allumettes.
- Dans toutes les parties de l’usine où ont lieu les opérations que nous avons décrites jusqu’à présent, l’aération est constante et
- très vive : c’est nécessaire pour que l’atmo' sphère où travaillent les ouvriers soit débarrassée autant que possible des vapeurs pernicieuses. De plus, de nombreux vases en terre ou en fer-blanc, renfermant de l’essence de térébenthine, sont disposés un peu partout, sur les tables de travail, ou sur des supports en fil de fer ; et cette essence est renouvelée au moins une fois par semaine. C’est une opinion contredite par certains savants, et maintenue par d’autres (l),que la térébenthine neutralise les vapeurs phos-phorées; en attendant que le monde scientifique se soit mis d’accord sur cette question, l’usage en est général.
- D’ailleurs, afin de réduire au minimum les chances d’intoxication par le phosphore, un roulement est établi dans l’usine, et par ce roulement chaque ouvrier passe dans tous les ateliers successifs, depuis celui de la mise en presse, jusqu’à celui du chimicage, dont nous venons de parler, et à celui du séchage, dont nous parlerons dans un prochain article, pour retourner à celui de la mise en presse, ou à toute autre besogne dont sont exclues les vapeurs du phosphore.
- Il est vrai que ce roulement ne s’effectue pas toujours sans difficulté et la raison en est qu’un metteur en presse gagne de 6 à 7 francs par jour, tandis qu’un ouvrier travaillant au soufrage ou au chimicage peut gagner jusqu’à 12 francs.
- Deux ou trois pâtissiers — c’est ainsi qu’on nomme ceux qui préparent la pâte phosphorée — peuvent fournir de la besogne à 500 travailleurs, hommes et femmes, et l’atelier où s’opèrent le soufrage et le chimicage n’occupe également que trois ou quatre ouvriers.
- (A suivre.)
- PHOTOGRAPHIE PRATIQUE
- LA MISE AU POINT AVEC LES APPAREILS DE CAMPAGNE
- es constructeurs de chambres noires photographiques s’appliquent à fabriquer des appareils aussi légers que possible; grâce aux perfectionnements successifs apportés dans les formes, et à l’emploi de matériaux légers, on arrive à
- fabriquer maintenant des chambres 13/18; d’une solidité très satisfaisante, pesant moins d’un kilogramme.
- (i) MM. Vauquelin, Bouchardat, Letheby et Au-dant sont de cet avis.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- L’emploi des appareils légers s’impose évidemment pour le voyage. Mais il ne faut pas croire cependant que l’extrême légèreté soit atteinte sans nuire quelque peu à diverses autres qualités de l’appareil. Pour n’en citer qu’un exemple, nous dirons que dans la plupart des appareils de campagne, la basede la chambre est d’une rigidité insuffisante, et que le guidage du cadre porte-châssis laisse
- Fig. 70.
- généralement à désirer. Il s’ensuit que, dans le cas de longs tirages, où le soufflet tendu exerce une traction assez forte, la partie supérieure de la glace dépolie est plus près de l’objectif que la partie inférieure. Autrement dit, la partie postérieure de la chambre prend là position indiquée sur la fig. 70. La différence entre B B’ et H H’ atteint souvent Plusieurs millimètres. Dans les appareils mal construits, elle est quelquefois d’un centimètre. On remarquera d’ailleurs que le iïrême jeu dans l’accrochement du cadre tend encore à accentuer ce défaut.
- Est-ce à dire qu’il faille en revenir aux Meubles lourds et encombrants dont se seraient les photographes d’il y a vingt-cinq
- ans ? Non certes ; mais, si l’on n’y prend garde, ce défaut rend certains travaux à peu près impossibles. Lorsqu’il s’agit d’un paysage ou d’un portrait, il est rare que la mise au point en souffre beaucoup, car elle ne nécessite qu’une précision relative ; mais dans le cas d’une reproduction, il est nécessaire de maintenir le parallélisme de la glace et du sujet à reproduire, d’autant plus que, dans ce cas, le défaut est très accentué, le tirage étant généralement très grand.
- Il suffit d’ailleurs que nous ayons signalé ce défaut pour que nos lecteurs trouvent d’eux-mêmes le moyen d’y porter remède : il suffit d’introduire un arc-boutant de longueur convenable en H H’.
- Fig. 71.
- La üg. 71 montre une sorte de calibre à coulisse que chacun peut construire facilement, et qui convient très bien pour former cet arc-boutanl.
- T et t sont deux tubes de laiton d’égale longueur, rentrant à frottement doux l’un dans l’autre. B est un collier muni d’un bouton de serrage &, qui permet de le fixer à un endroit quelconque du tube t.
- La mise au point ayant été faite sur le milieu de la glace dépolie, on introduit le calibre en M M’, et on fixe le collier B de façon à maintenir l’ensemble à la longueur MM'. On place ensuite le collier en B B’, et on avance la glace dépolie jusqu’à arriver à la même distance M M’. Enfin on porte le calibre en H II’, où il sert d’arc-boutant jusqu’à la fin de la pose. Une encoche faite à l’extrémité de chacun des tubes T t lui permet de s’appuyer sur la chambre noire, où il est d’ailleurs retenu par simple pression.
- F. D.
- ÉPHÉMÉRIDES ASTRONOMIQUES
- MAI 1892
- SüLEil. — Suivre les taches. — Entrée dans les ùmeaux, le 20 à 3 h. 9 soir. Les jours augmen-nt de IL. 15 m> pendant ce mois. — Temps m°ycn à midi vrai, le 15,11 h. 56 m. 10.
- LUNE. —P. Q. le 3, à7 h. 21 m. soir; P.L.jle 11, à 11 h. 8 m. soir ; D. Q. le 19, à 3 h. 2 m. soir ; N. L. le 26, à 5 h. 58 m. matin.
- Occultations. Le 4, t;, Lion à 6 h. 39 m. soir ;
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- le 9, 0, Vierge àO h. 6m. matin; le 13, 19, Scorpion à 3 h. 36 m. 9 matin ; le 16, x, Sagittaire à 4 h. 8 m. 2 matin.
- Eclipses. Les 11-12 mai, éclipse partielle de lune visible à Paris. Entrée dans la pénombre le 11 à 8 h. 5 m., 4 soir ; sortie de la pénombre le 12 à 2 h. 0, 3 matin. — Grandeur : 0,953 du diamètre lunaire. — La lune se lève à Paris le 11 mai à 7 h. 19 m. soir. — On voit, par ce qui précède, que l’éclipse sera presque totale : avis aux amateurs qui feront bien d’en noter les moindres circonstances. On sait que ces observations offrent, indépendamment de l’intérêt de simple curiosité, une grande utilité au point de vue de l’astronomie physique. Les moindres remarques doivent être consignées sur le « registre d’observations » que tout amateur d’astronomie doit tenir, et qu’on voudra bien transmettre soit à M. Flammarion (12, rue Serpente), soit à M. Vinot (130, boulevard St-Germain), soit à nous-même (Bureaux de la Science en famille).
- PLANÈTES. — Mercure, visible avant le lever du soleil. — Vénus, étoile du soir ; elle se couche vers 11 heures et demie. — Mars, visible le matin, dans la deuxième moitié de la nuit. — Jupiter, visible à partir du 21, vers 3 heures moins un quart du matin. — Saturne, passe au méridien vers le moment du coucher du soleil. — Excellent toute la soirée.
- CONSTELLATIONS. — Voir la Science en Famille du 1er mai 1888.
- Au Nord, les circumpolaires ;
- A l’Est, : Scorpion, Balance, Hercule, Serpent, Couronne, Lyre, Bouvier.
- Au Sud : Vierge, Corbeau, Hydre.
- A l’Ouest : Cancer, Lion, Gémeaux, Cocher.
- ÉTOILES FILANTES. — Le 22, essaims, vers la région a, Couronne.
- Nouvelles de la Science. — La visite faite le
- 21 janvier 1892 à l’observatoire provisoire du Mont Blanc semble appuyer les prévisions de M. Janssen. On n’a constaté aucun changement dans la position de la cabane construite dans la neige. Cette stabilité semble démontrer la possibilité d’une installation plus solide. — On confirme la découverte d’une étoile nouvelle dans la constellation du Cocher. Elle se trouve sur la ligne 0 Cocher. — p Taureau, aux 4/5 de cette ligne à partir de 0. — M. Denning, de Bristol, a découvert une comète, le 18 mars, par
- 22 h. 44 m. d’AR et -f-59° de décl. — C’est la comète de Wimecke qui reparaît. — Le 7 mars M. Swift signalait une autre comète par 18h. 59m. d’AR et — 31°20’ de D. ; la chercher, avec un instrument, vers 2 h. 1/2 du matin dans la région du Verseau.
- G. Vallet.
- ÉLECTRICITÉ PRATIQUE
- EXTINCTION AUTOMATIQUE D’UNE LAMPE LAISSÉE ALLUMÉE PAR OUBLI
- Beaucoup d’amateurs ont installé chez eux un petit éclairage électrique ; les piles au sel (Leclanché grand débit, Goodwin, etc.), grâce au peu d’entretien qu’elles demandent sont généralement choisies.
- Malheureusement il arrive souvent qu’on oublie de rompre le circuit et la lampe reste allumée pendant un temps parfois très long ; lorsqu’on s’aperçoit de l’oubli, les piles sont complètement polarisées, la charge est usée, le zinc couvert de cristallisations, ce qui demande un nettoyage fort désagréable. Voici un dispositif très simple que j’ai adopté pour éviter cet inconvénient (fig. 72).
- A est un électro-aimant à faible résistance; lorsqu’on veut allumer la lampe, on presse sur le bouton D, le courant passe dans l’é— lectro qui attire le morceau de fer doux B et fait toucher les deux ressorts de cuivre e g ;
- ce qui réunit électriquement les bornes d & te même lorsqu’on cesse de presser sur Ie bouton X\ la lampe reste donc allumée. Pour
- Fig. 72.
- PILES
- EMBRANCHEMENT
- LAMPE
- eoufo^lp
- F ER OÇit/X
- ^ 1
- ==0
- ~D
- l’éteindre il suffit de presser sur le bouton X, le courant passe par le bouton au lieU de passer par l’électro, le fer doux retombe, le contact e g est rompu et la lampe s’éteint.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- Si, par oubli, on laisse la lampe allumée, les piles se polarisant, l’électro n’a plus la force de soutenir le barreau, il retombe, le contact e g est rompu, la lampe s’éteint et tout dégât est évité. Il va sans dire que cette instal-
- lation ne s’applique qu’aux piles au sel ammoniac où la polarisation est relativement prompte (10 minutes à 25 minutes, selon le modèle).
- René Michel.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- Les plus longs fleuves du monde. —
- Voici comment doivent être classés, d’après la distance de leur parcours, les plus longs fleuves du monde.
- Le Mississipi (à partir de la source du Missouri)
- L’Amazone...............................
- L’Yénisséï..............................
- Le Yang-tse-kiang.......................
- L’Obi...................................
- L’Amour.................................
- La Léna.................................
- Le Hoang-Ho.............................
- Le Volga................................
- Le Parana...............................
- Le Niger ...............................
- Le Song- koï............................
- La Mackenzie............................
- Le Congo..........................
- Le Zambèze..............................
- Le San-Francisco........................
- Le Danube...............................
- L’Euphrate..............................
- Le Gange ......................
- Le Murray.........................
- L’Orégon................................
- L’oural
- La Dwina..............
- Le Dnieper..............................
- Le Don
- Le Rhin. ....
- L’Uruguay...............................
- Le Saint-Laurent.....................
- La Duna.
- L’Elbe La Loire .
- L’Oder Le Dniester Le Douro
- Le Rhône .....
- La Meuse .
- L° O uad ian a La Seine
- 7.200
- 6.400
- 5.500 5.000
- 4.800
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- 4.200 4.000
- 3.800
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- 3.500 3.150 3.000 3.000 2.900
- 2.800 2.770
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- Cordes flottantes. — On fabrique aux ats-Unis un genre spécial de cordes, en
- vue principalement des opérations de sauvetage maritime, pour la confection des lignes, l’armement des canots, etc., où l’insubmersi-bilité est une qualité précieuse.
- Ces cordes sont en coton, avec âme en liège. L’âme est formée de petits tronçons de liège cylindriques, mis bout à bout, elle est entourée d’une gaine ou réseau en lil ou cordonnet de coton, puis d’une couche épaisse de tressés de ül de coton. Une telle corde de 25 millimètres de diamètre a une résistance de 460 kilogr. environ ; les tronçons de liège ont 18 à 19 millimètres de longueur.
- Il résulte de cette fabrication que ces cordes sont très flexibles et très souples ; après avoir été nouées, même en nœuds compliqués et serrés, elles reprennent leur apparence primitive.
- (Moniteur industriel).
- ***
- Trésor découvert. — A Aurillac, on a mis à jour, en faisant des fouilles dans les fondations de la maison portant le no 14 de la rue du Prince et appartenant à M. Poignet, conseiller municipal, une urne remplie de pièces d’or des quinzième et seizième siècles. Une partie de ces pièces sont d’origine espagnole ou italienne ; les autres, aux effigies de Charles IX et de Henri III semblent comme neuves. M. Poignet estime ce trésor à plus de 100,000 fr. On suppose qu’il aura été caché là pendant les guerres de religion.
- ***
- Le mercure en Russie. — D’après le Journal de Saint-Pétersbourg, il existe dans le district de Bakhmout (province de Cather-moslaw) de riches dépôts de minerais de mercure. Les usines établies en ce point sont arrivées à produire annuellement 32,000 kgr. de mercure. D’autres dépôts auraient été découverts dans le Caucase et dans la province de Daghestan.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- On saitquele mercure est très rare et qu’on ne le trouve guère en quantités plus ou moins considérables qu’en Espagne, en Autriche, aux Etats-Unis et en Italie.
- *
- * *
- La plus grande planche du monde. —
- Notre confrère New Leimherman donne, avec une photographie à l’appui, la description curieuse d’une planche vraiment monumentale de bois rouge de l’Amérique du Nord. Cette planche est large de 16 pieds 5 pouces, longue de 12 pieds 9 pouces, et épaisse de 5 pouces.
- Elle a été prise dans un arbre de 35 pieds de diamètre et de 300 pieds de haut qui poussait sur les terres de 1’ « Elk river mille and Lumber company », dans le comté de Humboldt, en Californie. D’après les cercles concentriques, on estime que cet arbre avait plus de 1500 ans. Il a été coupé à 28 pieds de terre, et la planche tirée du tronçon représente une section prise des environs du cœur de l’écorce. Il fallut une machine à vapeur et des poulies pour la manœuvrer. Pour la débiter, on dut employer deux hommes pendant un mois entier; elle fut ensuite transportée par eau à San-Francisco : on
- estime qu’elle a coûté 3,000 dollars. Exposée d’abord un certain temps à San-Francisco, elle fut transportée par chemin de fer à Chicago. Pour cela, on dut couper la planche d’un truc, où on l’encastra pour la retenir par des sortes d’étriers. Cette merveille qui appartient à MM. Harpsfer d’Euréca et Noyés, de San-Francisco, est exposée en ce moment à Détroit ; elle prendra tout naturellement place en 1892, à la foire du monde de Chicago.
- ***
- Les loups en Russie et en Norvège. —
- Les loups causent de véritables ravages dans les troupeaux de ces contrées. En Russie, pour le seul gouvernement de Novgorod, on évalue à 3,480 moutons et à 17.000 plus petits animaux domestiques, le butin que les loups ont enlevé en une année, et dont la perte est estimée à 137.000 roubles. Pour le gouvernement de Somarsk, elle atteint 300.000 roubles. Au nord de la Norvège, les dégâts ont été aussi importants. Récemment, quinze porcs de la ferme de Norbatten ont été dévorés par les loups, et dans d’autres fermes, un grand nombre de ces animaux ont disparu.
- REVUE DES LIVRES
- La Science pratique appliquée aux arts industriels. par Ch. Tranchât, Secrétaire de la Rédaction de la Revue Métallurgique, Librairie de la Science en Famille, 118, rue d’Assas, Paris, 1892.
- L’auteur de ce petit volume a voulu faire œuvre d’utilité générale, en y réunissant toutes les formules, recettes et procédés recueillis dans des publications industrielles ou scientifiques. Il s’est placé surtout au point de vue des questions métallurgiques et de leurs dérivés ; néanmoins tout le monde peut puiser dans ce travail une foule de renseignements qu’on peut avoir à utiliser chaque jour.
- La deuxième partie du volume comprend la Photocopie industrielle, et nous pouvons dire en toute assurance que cet exposé est le plus complet qui ait paru jusqu’à ce jour.
- En résumé, cet ouvrage atteint bien le but que s’est proposé son auteur ; il est d’utilité générale, mais nous le recommandons spéciale-
- ment aux Ingénieurs, Constructeurs, Dessinateurs, Contremaîtres, qui trouveront là, nous en sommes certain, un nouvel et précieux élément de développement de leurs connaissances
- pratiques. T .
- Nous recommandons d’une manière toute particulière à nos lecteurs l’excellent Guidt, des Postes, Télégraphes et Téléphones que vient de publier M. Paul Artigues, ancien receveur des Postes et des Télégraphes. On trouve dans ce charmant opuscule (in-t8 de 250 pages), très complet dans sa brièveté et plus élégant de format et d’impression que leS indicateurs analogues, une foule de renseigne ments pratiques dont on ne se doutait gut rC’ dont on avait besoin sans le savoir, qu°n utilise aussitôt qu’on le sait. Tout cela très ban groupé réduit à sa plus simple expression. Q111 que vous soyez, qui avez une correspondant administrative ou privée, épistolaire ou e c
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- graphique, ou qui avez à faire à Paris, achetez ce Manuel, nous vous assurons qu’il vous manque.
- Pour recevoir franco le Guide des Postes et
- des Télégraphes, envoyez un mandat de i franc à M. Paul Artigues, 27, rue Jean-Jacques Rousseau, à Paris, et vous recevrez ce guide par retour du courrier.
- LA SCIENCE
- Moyen d’augmenter la durée des sacs, des toiles et des filets. — Le procédé suivant réussit très bien pour rendre plus durables les sacs à grains et à farine. On verse 51 litres d’eau bouillante sur 1 kg. d’écorce de chêne (des tanneurs) ; on y trempe la toile et on laisse 24 heures. Quand on la retire, on lave à l’eau et on fait sécher. On compte en moyenne 1 kg. d’écorce pour 8 mètres de toile. Le tannin pénètre dans les fibres du chanvre ou du lin et les rend non seulement imputrescibles, mais aussi plus dures et plus résistantes. On pourrait facilement teindre ces sacs en noir solide en les trempant, au sortir du bain, dans une solution étendue de sulfate de fer. Ces deux opérations sont, du teste, extrêmement peu coûteuses.
- ***
- Gravure économique sur cuivre. —
- Préparez dans un flacon noir, ou couvert de papier noir, une solution de :
- 100 grammes d’eau
- 10 — de gomme arabique
- 2 — bichromate de potasse
- 5 — bleu d’aniline
- A. la lumière d’une veilleuse, imbibez de cette solution un morceau de drap et humectez avec ce drap un timbre en caoutchouc en l’appuyant plusieurs fois sur le drap. Après quoi vous le décalquez sur votre plaque de cuivre.
- Pour que le décalque se fasse bien, il faut au préalable frotter la plaque avec un linge tuouillé d’un peu de salive.
- Exposez ensuite pendant une heure la Plaque au grand jour. La gomme sera devenue insoluble, elle gardera donc la couleur, la plaque pourra même être lavée, sans perdre son aspect. F. B.
- *
- * *
- Papier transparent. — L’huile de ricin est Une huile des plus siccatives ; elle est, de plus, s'duble en toutes proportions dans l’alcool Absolu, et presque incolore quand elle a été briquée à froid. Ces trois propriétés ont été
- PRATIQUE
- mises à profit pour la fabrication des papiers transparents.
- D’après le Moniteur industriel, voici le procédé à employer :
- Suivant la force, ou plutôt l’épaisseur du papier à diaphaniser, on dilue une partie en volume d’huile de ricin dans deux ou trois parties d’alcool ; on en imprègne le papier et on le suspend à l’air. L’alcool se vaporise promptement et l’huile, disséminée dans la pâte, ne tarde pas a sécher. Le papier est d’autant plus transparent que sa pâte est moins chargée.
- *
- * *
- Gomment on peut fendre une feuille de papier. — Nous avons déjà indiqué dans la Science en Famille un moyen de séparer en deux une feuille de papier, mais deux sûretés valent mieux qu’une, dit le proverbe, et nous reproduisons d’après la Nature la communication suivante que fait à cette revue un de ses correspondants, M. L. Marissiaux :
- Beaucoup de nos lecteurs, dit celui-ci, à la vue de ce singulier titre, se demandent sûrement ce que cela peut bien signifier. Je vais les satisfaire ; mais quelques mots de préambule sont nécessaires. Vous est-il jamais arrivé de découper dans un journal un article, parfois assez long, que vous désirez conserver ? Avez-vous quelquefois souhaité pouvoir le garder dans sa forme originale, c’est-à-dire imprimé ? L’entrefilet en question s’est-il quelquefois aussi trouvé partie derrière une portion peu intéressante du journal et qu’on pouvait sacrifier, et partie derrière un autre article qu’on désire également conserver ? La réponse est affirmative pour tous ces points d’interrogation. C’est en réponse à la dernière question que vous voudrez fendre le papier en deux, dans le sens de l’épaisseur, bien entendu, afin de pouvoir coller sur votre album les deux parties, et peut-être les réunir. Voici comment il faut s’y prendre : collez avec de la colle forte bien liquide et de bonne qualité
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- un côté de papier à fendre sur un morceau de calicot et l’autre côté sur un autre morceau de calicot, de sorte que le papier se trouvera emprisonné entre les deux étoffes. Laissez sécher complètement et séparez les deux morceaux de calicot en tirant dessus comme pour dédoubler une vieille carte à jouer, un côté de papier restera sur l’un et le second sur l’autre. Le papier aura donc bel et bien été fendu en deux. L’opération faite avec soin réussit avec les papiers les plus minces.
- dont le diamètre est un peu plus faible que celui de la première, permet de varier le développement et de passer de 4“., 44 à 3in. 90 par coup de pédale. La possibilité d’obtenir à volonté une vitesse plus faible que la vitesse normale avec un effort supérieur présente un certain avantage lorsque la machine est appelée à servir dans des pays accidentés; pour franchir de longues rampes, par exemple, le cycliste peut en quelques instants transformer sa machine et à cet effet il lui
- Fig. 73. — Bicyclette à deux vitesses.
- Faites tremper dans l’eau tiède les deux morceaux d’étoffe, le papier se détachera de lui-même ; séchez-le entre deux feuilles de papier buvard et collez-le à l’endroit voulu dans votre album.
- ***
- Bicyclette à deux vitesses. — La figure ci-dessus représente une bicyclette à deux vitesses mise en vente par la maison Pattey, Lee et Cie. Cette machine ne diffère du type ordinaire à cadre de la même maison que par l’adjonction d’une seconde roue dentée sur l’axe des manivelles. Cette roue dentée,
- suffit de détendre la chaîne et delà faire passer sur la seconde roue. L’axe de la roue motrice est monté sur un système tendeur a excentrique qui permet d’exécuter cette manœuvre avec rapidité.
- Cette disposition très simple a l’avantage de n’introduire aucun frottement supplémen' taire dans la machine et permet d’établir ce type de bicyclette à un prix qui diffère peU de celui des machines ordinaires.
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d’Assas^ La Fère. — Imprimerie Bayen, rue Neigre.
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- QUEL EST L’INVENTEUR DU VÉLOCIPÈDE ?
- LE CYCLE EN 1693.
- es deux articles, fort intéressants, cle Victor Duruy et de Léon Bienvenu, publiés dans un des derniers numéros du Vèloce-Sport, auquel nous empruntons cet article (texte et clichés), remettent à l’ordre du jour une question bien souvent posée, mais qui n’est point encore résolue à l’heure actuelle :
- Quel est l’inventeur du vélocipède?
- A quelle date remonte l’heureuse découverte de cet instrument, qui a maintenant acquis
- Fig. 74.
- semble, une chose digne d’intérêt, et dont la connaissance est indispensable — pour ainsi dire — à tout véritable veloceman.
- On sait — et M. L. Baudry de Saunier nous l’a conté à nouveau fort agréablement dans son Histoire générale de la Vé-locipëdie — que le vélocipède proprement dit a été précédé du célérifère, de la draisienne, du hobby-horse et du barotrope. Toutefois, il ne faudrait pas confondre et réunir dans un seul et même type
- son droit de cité, et sur qui devons-nous en reporter l’honneur ? Cest ce que je me suis demandé maintes fois — en vélocipédiste que je suis — et c’est à quoi certainement ont aussi Pensé d’autres nombreux adeptes de la pédale. Supposez un peu — et cette époque n’est Pas très éloignée
- — qu’on veuille élever une statue
- — pourquoi pas ?
- ~~ à celui qui a si bien mérité des jeunes gé néra-tions, qui est la cause première des tours de force accomplis par Mills ou Jiel-Laval, sur qui va-t-on arrêter son choix? Cette question, effleurée à diverses reprises, n’a pas encore reçu de solution définitive. C’est cependant, il me
- m
- — comme on n’est que trop tenté de le faire — ces divers appareils. Le hobby-liorse (en français, cheval de bois, dada, si vous voulez) n’est autre chose que le célérifère, ' tandis que le barotrope, tenant en même temps de ce dernier et de la draisienne, se rapproche davantage, par la théorie, du vélo-cipède actuel. Voilà un fait bien établi. Et, si l’on en croit M. Baudry de Saunier, de 1790, Pigê 75 époque de l’inven-
- tion du célérifère, à 1855, pas de progrès sensible, des idées, plus ou moins bizarres, peu praticables, et c’est tout... puis un beau jour de l’année 1855, un serrurier, nommé Michaux, en réparant une draisienne à moitié brisée, ima-
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- gine enfin l’adaptation de la manivelle au vélocipède... A partir de ce jour, la révolution sérieuse commençait.
- Or, voici que dans un de ses ouvrages: les Exercices du corps, M. Gaston Bonnefont, bien connu des lecteurs de la Science illustrée pour ses intelligentes biographies, parle du vélocipède, qui, d’abord vélocifère, fut inventé par l’aéronaute Blanchard, et a été décrit dans le Journal de .Paris du 27 juillet 1779. Ce vélocifère, semblable en tout point au célérifère ou hobby-horse, n’a guère de supériorité sur celui-ci que sa plus grande ancienneté. Et, bien que fort primitif, il fit cependant les délices des Incroyables du Directoire, comme on peut s’en convaincre par une estampe conservée à la Bibliothèque nationale.
- « Cependant, dit-il, un semblable appareil ne pouvait pas gagner la faveur publique ; aussi, pendant longtemps, il n’en fut plus question. Mais en 1849, un pari dont les journaux parlèrent rappela l’attention sur le vélocipède. Un sportsman, habitant Laca-pelle-Biron, petite ville du département de Lot-et-Garonne, M. Austruy, s’était engagé à parcourir 50 kil. en quatre heures, monté sur une machine de sa fabrication, qui n’était autre qu’un vélocipède. L’appareil avait des roues de même diamètre, et la transmission du mouvement s’effectuait de la même manière que dans les machines actuellement en usage. M. Austruy gagna son pari, et son pari fut bientôt cité dans tout son département et dans les départements limitrophes comme une [nouvelle merveille. C’est donc à M. Austruy que le monde du sport est redevable, sinon de l’invention, du moins de la résurrection du vélocipède et des premiers perfectionnements qui le rendirent pratique. Le procès-verbal du pari existe encore; il est conservé à la bibliothèque d’Agen, où l’on a pour lui le respect dû aux documents originaux de l’histoire. »
- Tout cela, certes, ne touche pas rigoureusement à l’inventeur du premier vélocipède. Mais qu’on me permette cette petite digression. Je trouve si étrange que M. Baudry de Saunier reporte tout le mérite de l’application de la manivelle sur le serrurier Michaux, que je n’ai pu résister au désir de rendre hommage à M. Austruy, — un de nos com-
- patriotes gascons, — et d’essayer de le remettre à la place qu’il doit occuper parmi nous. M. Baudry de Saunier n’aurait-il pas eu connaissance de ce pari, qui fit tant de bruit en 1849, ou bien en aurait-il suspecté l’authenticité ? Les assertions de M. Gaston Bonnefont, cependant, me paraissent empreintes de la plus exacte et de la plus scrupuleuse vérité et puisées à la meilleure source.
- Où je ne suis plus d’accord avec mon aimable confrère, c’est lorsqu’il dit que « le vélocipède a été inventé au siècle dernier ». C’est là une opinion généralement admise, mais qui n’en est pas moins erronée. Aussi, vaut-elle bien la peine d’être réfutée.
- On n’ignore pas que « la draisienne est une petite voiture composée de trois roues. Les deux dernières sont liées entre elles par un essieu en fer sur lequel repose une boîte garnie d’un siège. Elle renferme un mécanisme particulier qui, au moyen de deux leviers mus par les mains de l’homme placé sur le siège, fait tourner les roues et la voiture. Son mouvement de translation est assuré par une troisième roue placée sur le devant et plus petite que celles de derrière. »
- Eh bien ! un mécanisme analogue était déjà connu à la fin du xvne siècle, et on en trouve la description — accompagnée d’une figure qui ne laisse aucun doute à cet égard — dès 1693, dans les Récréations mathématiques et physiques, d’Ozanam. Etrange, n’est-ce pas? Mais... tournez la page, — et chose plus surprenante encore, — apparaît à vos yeux un nouveau système, dont le mouvement assez compliqué, si on le compare à celui d’aujourd’hui, se fait néanmoins à l’aide de pédales représentées par deux planches de bois. D’ailleurs, je laisse la parole à l’auteur lui-même :
- « On voit à Paris, depuis quelques années, un carrosse ou chaise qui a une forme à peu près semblable à celle de la figure 74. Un laquais, monté derrière, le fait marcher en appuyant alternativement les deux pieds sur deux pièces de bois, qui communiquent a deux petites roues cachées dans une caisse posée entre les roues de derrière AB, attachées à l’essieu du carrosse, comme vous le voyez dans la figure 74. J’en donnerai l’ex-
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- plication dans les mêmes termes que je l’ai reçue de M. Richard, médecin à La Rochelle.
- » A, A est un rouleau (fig. 75) attaché par les deux bouts à la caisse qui est derrière la chaise. Au rouleau est fixée une poulie sur laquelle roule la corde qui lie le bout des planchettes C,D, suriesquellesles laquais mettent les pieds. B est une pièce de bois qui tient à la caisse, et retient les deux planchettes par l’autre bout, leur permettant de hausser et de baisser par le moyen de deux cordes AC, AD. qui sont attachées à leurs extrémités. F, P sont deux petites plaques de fer, qui servent à faire tourner les roues II, H, qui sont fixes à leur essieu, lequel est aussi fixe aux deux grandes roues I, I.
- » Je crois qu’à présent on n’aura pas de peine à concevoir que le laquais mettant alternativement les pieds sur C et sur D, une des plaques fera tourner une des roues à dents ; si, par exemple, il appuie sur la planche C, comme la figure le représente, elle doit descendre et faire monter la planche D, qui ne peut monter, sans que la Plaque de fer qui entre dans les dents de la roue, ne la fasse tourner avec l’essieu et les deux grandes roues. Ensuite, appuyant sur la planche D, la pesanteur du corps la fera descendre et fera monter l’autre planche C, ^ui fera encore tourner la roue. Ainsi, ce mouvement se continuera, en faisant tou-J°urs la même manœuvre.
- “ 11 est facile (fig. 74) de s’imagnier que
- les deux roues de derrière avançant, il faut que les deux petites de devant avancent aussi, lesquelles iront toujours droit, si la personne qui est dans la chaise ne les fait tourner avec les rênes qui sont attachées à une flèche sur le devant. »
- Ainsi, comme il est facile de le remarquer, cette machine était beaucoup plus pratique que celle du baron de Drais ; quant au barotrope de M. de Salicis, il en est, à peu de chose près, une simple copie.
- Maintenant, deux mots avant de terminer. Qu’est-ce donc que ce Richard, dont Ozanam nous dit tenir cette relation si curieuse ? A-t-il laissé en tant que médecin des livres estimés ? Je ne sais. En tous les cas, il mérite d’être un peu mieux connu du monde cycliste qu’il ne l’a été jusqu’à présent. C’est à lui que notre sport doit son existence, c’est grâce à lui que nous pouvons goûter l’ineffable plaisir de pédaler par monts et par vaux ; grâce à lui, enfin, qu’ont pu avoir lieu des courses qui dépassent l’imagination humaine !
- Aussi, je pense avoir intéressé ceux qui ont bien voulu lire ces quelques notes, et j’espère que personne ne m’en voudra si j’ai tenté— aujourd’hui que la vélocipédie prend des proportions de plus en plus considérables — de faire revivre la mémoire de personnages quasi oubliés, mais pour lesquels cependant nous devons tous avoir une éternelle reconnaissance.
- René Decambes.
- CHRONIQUE INDUSTRIELLE
- Extraction électrolytique du cuivre. — La préservation du fer
- ET DE I
- L’aluminium et quelques-
- es demandes de cuivre pur, obtenu par §T électrolyse, sont de plus en plus con-UMt sidérables, aussi de nombreuses tentatives ont été laites, malheureusement Sans succès, par le traitement direct des mi-nerais par l’électricité.
- Le D1’ Hopfner a proposé dernièrement le Recédé suivant : On soumet à l’électrolyse Ur*e solution de protochlorure de cuivre addi-
- .’ACIER.
- UNES DE SES APPLICATIONS.
- tionnée de chlorure de calcium ou de chlorure de sodium, mélange qui a des propriétés dissolvantes sur les minerais de cuivre. Des diaphragmes partagent les bains en deux compartiments : dans l’un, on utilise des plaques de charbon comme anodes, et dans l’autre des plaques de cuivre comme cathodes. L’appareil est disposé de manière à assurer la parfaite circulation de l’électrolyte qui va
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- se régénérer au contact du minerai dans un appareil spécial de lavage. Le liquide, toujours saturé, renferme donc la quantité de cuivre nécessaire pour obtenir un travail électrolytique régulier. Il y a production de chlorure alcalino-cuivreux suivie d’une décomposition avec dépôt de cuivre. Les résultats prévus sont de 44 kilogr. de cuivre chimiquement pur par cheval et par 24 heures. Il s’agirait maintenant de savoir si vraiment ce procédé est économique et peut donner des résultats concluants.
- ***
- La « London Metallurgical Company » remplace actuellement le zingage par fusion par le zingage par précipitation. On obtient ainsi une couche de zinc beaucoup plus uniforme, plus mince et plus durable à l’usure. La résistance des fils et plaques de fer ainsi protégés n’est aucunement diminuée, car il ne se forme plus, comme par l’ancien procédé de fusion, un alliage de fer et de zinc qui rendait le métal trop cassant. De nombreux essais ont montré que des barres de fer qui pourraient supporter des charges de 26 tonnes par pouce carré, rompaient avec des charges de 24 tonnes, après avoir passé par un bain de zinc fondu.
- ***
- Un système nouveau de protection du fer, qui aura dans une certaine limite des avantages sérieux sur l’ancien procédé de galvanisation, a été mis à l’essai et est employé actuellement. Le métal à protéger est simplement recouvert d’une couche de plomb par un procédé des plus faciles à exécuter. Les pièces sont trempées dans un bain de plomb fondu, après avoir été décapées et avoir subi les préparations suivantes : passages dans trois bains chauffés à 50° centigrades et composés, le premier d’une solution renfermant 10 0/0 d’acide chlorhydrique et des traces d’acide fluorhydrique, le second d’un simple lait de chaux, et le dernier d’un mélange de chlorure d’étain et de chlorure de zinc. Les avantages de ce procédé sont, paraît-il, l’économie, la malléabilité et la durée du produit obtenu. En effet, le plomb est moitié moins cher que le zinc et la couche peut en être plus mince tout en donnant le même résultat. On a surtout obtenu des résultats sérieux pour les fils de fer que l’on peut ployer, cin-
- trer, etc., sans les rompre et sans en détacher la couche protectrice, le plomb étant beaucoup plus malléable que le zinc. On éviterait aussi par ce procédé la formation nuisible d’un alliage de fer et de zinc.
- ***
- L’industrie de l’aluminium, le métal de l’avenir, prend de jour en jour une extension plus considérable, grâce à ses qualités : sa légèreté, sa sonorité, sa résistance aux agents chimiques. C’est en effet, après l’or et le platine, un des métaux les plus inaltérables. En dissolution dans les métaux, il en modifie énormément les qualités. Les alliages utilisés sont déjà nombreux : les bronzes d’aluminium occupent le premier rang pour leurs qualités remarquables. Ces alliages, deux fois et demie plus légers que le bronze ordinaire possèdent un allongement triple de l’acier et peuvent être vendus à des prix modestes. Le ferro-aluminium a été essayé en Amérique pour la fabrication des canons, l’aluminium peut être ajouté à l’état de ferro-aluminium dans la fabrication des aciers par le procédé Bessmer. — La « PittsburgRéduc. lion Company » fabrique actuellement un nouvel alliage d’aluminium et de titane. Ce produit possède, paraît-il, une dureté considérable et une élasticité qui permettront de l’utiliser dans bien des cas. Sa dureté est plus accentuée dans les produits laminés que dans les produits obtenus par fusion. On peut en fabriquer des instruments aussi tranchants que ceux en acier. La quantité de titane est très minime, car on ne peut dépasser 10 0/0 sans rendre l’alliage trop cassant.
- L’aluminium pur, obtenu par l’électricite, se vend 15 et 20 fr. le kilogr. et nous le verrons, il est fort probable, bientôt à 10 francs et au-dessous.
- Après une série de recherches, Lubbert et Roscher ont reconnu l’aluminium trop attaquable par les aliments, les boissons et les antiseptiques variés utilisés en chirurgie,
- pour servir à la fabrication de boîtes à conserves, services de table, instruments de chirurgie, etc. G. Lunge et E. Schmid ont fai de nouvelles expériences et contredisent ces conclusions. Des lames d’aluminium exposées par eux pendant six jours, au contact de vin rouge, de vin blanc, de café, de thé, de b/eie de brandy, d’alcool à 1 et 5 0/0, de solutions
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- LA SCIENCE ËN FAMILLE
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- d’acide acétique, citrique, tartrique, phénique à 3 0/0, de solutions d’acide butyrique à 5 0/0, d’acide lactique à 4 0/0, d’acide borique et d’acide salicylique à 1 pour 400, ont perdu des quantités d’aluminium à peine appréciables. Les résultats ont été obtenus, soit par les pertes de poids des plaques d’aluminium, soit par les dosages de l’aluminium entré en dissolution. G. Lunge et E. Schmid estiment donc, d’après leurs expériences, que l’on peut employer sans crainte l’aluminium dans la fabrication des boîtes à conserves, couverts, instruments de chirurgie, etc., les
- quantités de composés aluminiques introduites dans l’organisme étant trop faibles pour être nuisibles. — Cette divergence de résultats ne peut provenir que de l’emploi d’aluminium plus ou moins pur.
- Pour terminer ces quelques mots sur ce métal, notons en passant un nouveau procédé de soudage au chlorure d’argent. Les pièces d’aluminium à souder sont réunies, couvertes de chlorure d’argent en poudre et chauffées au chalumeau comme pour une soudure ordinaire.
- H. Becker.
- PHOTOGRAPHIE PRATIQUE
- SUR UN NOUVEAU PROCÉDÉ DE PLATINOTYTIE
- âPRÈs de nombreuses recherches sur la préparation d’un bon papier au platine, je me suis arrêté à la formule suivante, qui donne d’excellents résultats.
- On commence d’abord par préparer la solution sensibilisatrice.
- A cet effet, on dissout dans :
- Eau distillée..................... 1000
- Perchlorure de fer sec .... 125
- La solution une fois opérée est filtrée, puis on y verse par petites quantités à la fois, de l’ammoniaque liquide, jusqu’à cessation de précipité.
- Il se forme de l’hydrate de peroxyde de fer’ sous forme de bouillie rouge terne qu’on jette sur un filtre, et qu’on lave, jusqu’à ce que l’eau qui s’écoule n’ait plus aucun goût salé.
- D’autre part, on prépare la solution suivante :
- Acide oxalique................. 50
- Eau............................ 150
- qu’on porte à l'ébullition. '
- On y ajoute alors peu à peu l’hydrate de Peroxyde de fer, précédemment obtenu, et encore humide, qui s’y dissout.
- Il convient que la solution soit saturée et qu’elle ne soit point acide. Il est donc prudent, pour assurer sa neutralité, de laisser Une petite quantité de peroxyde non dissoute.
- On filtre, puis on ajoute encore 2,50 de chloroplatinite de soude, puis on porte le volume de la solution à 250 centimètres cubes, avec de l’eau distillée.
- Si, par suite du mélange, la solution s’était de nouveau troublée, on la filtrerait encore.
- En cet état, elle est prête à servir, et elle se conserve indéfiniment à l’abri de la lumière.
- Pour s’en servir, on enduit avec un pinceau, un papier mat, encollé à l’arrow-root, ou à la gélatine.
- Il importe que la solution ne pénètre pas dans la trame du papier, et qu’elle reste à la surface, sans quoi l’image manquerait le relief.
- La sensibilisation doit se faire dans le laboratoire, seulement éclairé à la lumière jaune, une bougie, ou une lampe à gaz, par exemple.
- Après avoir passé sur le papier une couche bien égale de la solution, on le suspend par un coin, et on le met à sécher dans l’obscurité.
- Il est alors prêt à servir.
- Pour l’usage, on l’insole sous un négatif, et l’on suit la venue de l’image, comme à l’ordinaire.
- L’image est vite venue, mais il faut attendre que tous les détails soient bien apparus, et qu’elle soit même un peu grisée.
- L’épreuve est alors sortie du châssis, et
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- portée dans le laboratoire, on, sans la laver, on la plonge dans la solution suivante :
- Acide oxalique...............25
- Chloroplatinite.............. 2,50
- Eau..........................250
- L’image prend de l’intensité, monte graduellement en vigueur, et perd la teinte jaune rougeâtre due à l’oxalate de fer qu'elle avait en sortant du châssis.
- La présence du chloroplatinite de soude est ici utile, car elle fournit le platine nécessaire à la formation de l’image, la quantité contenue dans le papier n’étant point suffisante.
- Sitôt que l’image est complète, et avant qu’elle devienne grise, on la retire du bain, et on la lave abondamment. L’épreuve est alors mise à sécher, et est complètement inaltérable. •
- Le développement ne doit pas être poussé trop loin, comme avec les procédés à l’argent, car l’épreuve ne perd pas de son intensité, par les lavages subséquents.
- — Ce procédé extrêmement simple et peu
- coûteux, permet à l’amateur d’obtenir des résultats très artistiques, et des épreuves inaltérables.
- Il offre comme avantages sur les procédés ordinaires de donner une grande finesse à l’image, et de ne point exagérer les contrastes comme la plupart des papiers de commerce.
- En outre, grâce à l’emploi du chloroplatinite de soude, le papier ne craint plus ^humidité, comme auparavant, ce qui est un point capital, et on peut le conserver dans un étui, comme le papier albuminé.
- Enfin, malgré le prix toujours croissant des sels de platine, le procédé est encore économique, vu la quantité minime de sel entrant dans sa préparation, si bien qu’une épreuve terminée revient à peine au quart du prix d’une même épreuve à l’argent, et elle possède sur cette dernière l’avantage d’être plus modelée, d’avoir plus de relief, et d’être inaltérable !
- Paul Ganichot,
- Chimiste.
- FALSIFICATIONS DES DENRÉES ALIMENTAIRES
- MOYENS SIMPLES ET FACILES POUR LES METTRE SOI-MÊME EN ÉVIDENCE (suite)
- VII. — Falsifications des huiles.
- On peut dire avec raison que les matières grasses en général et les huiles en particulier constituent le désespoir des chimistes. Rien de plus difficile, en effet, que de déterminer exactement la nature d’une huile et à plus forte raison les falsifications dont elle a pu être l’objet. C’est ce que les fraudeurs savent fort bien, aussi ne se font-ils pas faute de sophistiquer ces produits.
- Nous n’examinerons ici que les huiles comestibles, l’examen des huiles servant à l’éclairage nous entraînerait trop loin et sortirait d’ailleurs du cadre de cette étude.
- Tout d’abord, il faut se méfier des huiles rances, c’est-à-dire acides; ce sont des huiles vieilles ou mal conservées, très malsaines. Cette altération se reconnaît immédiatement, à l’odeur, sans qu’il soit besoin de faire intervenir aucun réactif. Cependant il est bon de
- faire un essai avec le papier de tournesol qui restera bleu dans une huile naturelle et fraîche (1), il deviendra rouge dans une huile quelque peu rance ou dans le cas où l’huile auraitété falsifiée par addition d’acide oléique du commerce.
- Nous ferons remarquer en passant qu’on peut éviter le rancissement de l’huile en conservant ce liquide dans l’obscurité, dans des vases pleins et bien bouchés. Il est bon aussi d’ajouter une petite quantité d’alcool, qui forme à la surface de l’huile une couche d’environ 5 centimètres d’épaisseur et le préserve ainsi du contact de l’air qui détermine 1® rancissement.
- On a proposé divers procédés pour enlevei à l’huile le goût et l’odeur de rance ; le pin® simple et l’un des plus efficaces consiste a mêler 25 parties d’huile rance avec 40 parues
- (i) Toutes les huiles sont neutres, sauf toutefois l’huile de ricin et l'huile de foie de morue.
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- d’eau à 30°, on agite le mélange pendant un quart d’heure ; on laisse reposer et on soutire l’eau. Celle opération est répétée cinq ou six fois. Les effets de ce lavage sont plus prononcés encore si l’on a eu soin d’employer de l’eau contenant en dissolution 10 0/0 de sel marin.
- Mais le rancissement n’est pas à vrai dire une falsification ; il n’en est pas de même du mélange des huiles avec d’autres huiles de moindre valeur.
- Nous ne parlerons ici que de l’huile d’œillette .et de l’huile d’olive qui sont les plus employées dans l’alimentation.
- Huile d’œillette. — L’huile d’œillette est tirée des graines de pavot noir (Papaver ni-grum). Pressées à froid, ces graines fournissent 23 0/0 d’huile comestible appelée « huile blanche ». Par l’expression à chaud on obtient 50 0/0 d’huile colorée en brun dite « huile rousse » ou « huile de fabrique », non comestible.
- Les caractères de l’huile d’œillette blanche pure sont les suivants : couleur claire jaunâtre ; densité : 0,925 à 15° ; point de congélation : — 18p.
- Cette huile se conserve longtemps sans rancir.
- Elle est très souvent falsifiée par les huiles de faine et de sésame ; dans ce cas, la densité et le point de congélation changent, puisque ces deux huiles nous donnent :
- Densité à 15° Point de congélation Huile de Faines. . . 0,922 — 17°
- Huile de sésame. . . 0,923 — 5°
- Pour déterminer le point de congélation, on peut s’y prendre de la manière suivante : Dans un vase plutôt' profond que large on fait un mélange réfrigérant en mettant 8 parties de sulfate de soude et 5 parties d’acide chlorhydrique du commerce ; on agite le mélange avec un thermomètre, lorsqu’on est parvenu à la température de — 18° on plonge dans le vase un petit tube à essai en verre mince renfermant l’huile à essayer.
- La densité d’une huile se prend soit avec l’oléomètre à froid de Lefebvre (1), soit plus simplement au moyen de l’alcoomètre centésimal de Gay-Lussac dont le prix est de 5 francs. En se servant des tables dres-
- sées par M. Eug. Marchand, on obtient sans aucun calcul la densité correspondant au degré marqué. Nous donnons ci-dessous un extrait de ces tables pour les densités comprises entre 0,912 et 0,926, qui seules nous intéressent ici.
- Degrés de l’alcoomètre Densité
- de Gay-Lussac correspondante
- 60° 5. . . . . . 0,9129
- 60,'. . . . . . 0,9141
- 59 5. . . . . . 0,9152
- 59 ... . . . 0.9163
- 58 5. . . . . . 0,9174
- 58 ... . . . 0,9185
- 57 5. . . . . . 0,9195
- 57 ... . . 0,9206
- 56 5. . . . 0,9216
- 56 ... . . . 0,9226
- 55 5. . . . . . 0,9236
- 55 ... . . . 0,9246
- 54 5. . . . . . 0.9257
- 54 ... . . 0,9269
- 53 5. . . . . . 0,9279
- L’oléomètre de Lefebvre marque 25° dans l’huile d’œillette.
- Huile d’olive. — L’huile d’olive est de beaucoup la plus importante par ses précieuses qualités ; elle est aussi, en raison de sa valeur, la plus fréquemment falsifiée.
- L huile d’olive est très fluide, transparente, légèrement jaune ou verdâtre; sa densité est égale à 0,918 ; elle commence à se congéler à 20° et la solidification est complète à 0°. C’est le plus souvent avec l’huile d’arachide, de sésame, de colza, de navette, et surtout d’œillette, qu’on falsifie l’huile d’olive.
- La prise de densité et le point de congélation donneront de précieuses indications dans les recherches ; nous répétons ici ces divers chiffres.
- Huile d’olive.......
- id. d’œillette.... id. de sésame...
- id. de colza......
- id. d’arachide...
- Densité à 15° Point de congélation
- 0,918 ..... —2°
- 0,925 ..... — 18e
- 0,923 ..... - 5°
- 0.913 ..... — 6»
- 0,920 ..... — 7°
- Dans ces dernières années, divers chimistes ont cherché à déterminer la pureté de l’huile d’olive au moyen de réactifs; quelques-uns donnent de bons résultats, néanmoins s’ils indiquent assez sûrement que l’huile d’olive est pure ou falsifiée, ils restent muets en géné-
- (0 Dont le prix est de io francs.
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- rai sur la nature de l’huile ajoutée et ses proportions; nous allons en faire connaître quelques-uns parmi les plus simples, que nous avons eu l’occasion de vérifier nous même.
- Le procédé Lailler, consiste à mettre en contact 8 grammes d’huile d’olive (non rance) avec 2 grammes d’un mélange de deux parties d’acide chromique au huitième et 1 partie d’acide azotique à 40° B. Si l’huile est pure, elle commence à se concréter, après quarante-huit heures; cette concrétion se termine en quelques jours et l’huile prend une coloration bleue; ce caractère, que ne présentent pas les autres huiles grasses, ne se montre jamais dans l’huile d’olive sophistiquée.
- M. J. Bellier, directeur du laboratoire municipal de Lyon, emploie le procédé suivant : il prépare une solution aqueuse d’azolite de soude (1) à 20 0/0 qui peut être conservée indéfiniment sans altération. Il en prend Occ’5, y ajoute 1 c. c. d’acide azotique du commerce et 50 grammes de l’huile à essayer, le tout dans un ballon à fond plat qui est agité à plusieurs reprises. En opérant dans une
- LES «
- ës Singes sont, de tous les animaux, ceux qui se rapprochent le plus de l’homme par la forme comme par la taille ; mais ils en diffèrent essentiellement, si on les considère au point de vue purement anatomique.
- Les Singes ont le museau médiocrement prolongé, le nez peu saillant, le corps ordinairement trapu, mais les membres habituellement grêles. La face, presque toujours nue, est parfois d’un fond noir et rouge, ou marqué de taches blanches, rouges ou bleues. Le poil dont presque tout le corps est recouvert est tantôt de couleur sombre et uniforme, tantôt d’une couleur vive et brillante, mais qui s’éteint avec l’âge. Leur crâne est presque toujours arrondi ; leur angle facial assez développé chez les jeunes, va se rétrécissant chez les adultes et les vieux. Ils ont quatre mains, mais leurs mains antérieures ne sauraient rivaliser d’habileté avec celles
- (i) Dont le prix à l'état de pureté absolu, tel qu’il faut l’employer, est de 6 francs le kilogramme.
- chambre dont la température est de -f- 16° il a obtenu les consistances et les colorations qui suivent, elles sont très caractéristiques :
- HUILES Consistance COLORATION
- après 24 heures après une 1/2 heure.
- Olive pure. Très dure. Blanc légèrement jaunâtre
- — avec 20 0/0 d’huile d’œillette. Comme du miel. Jaune un peu plus foncé.
- Olive avec 20 0/0 d’huile de sésame. Consistance du suif. Jaune orangé assez foncé.
- Olive avec 20 0/0 d’huile d’arachide. Consistance dure. Jaune orangé.
- Olive avec 20 0/0 d’huile de colza. Consistance du beurre fondu. Jaune orangé peu foncé.
- En mélangeant 8 grammes d’huile d’olive avec 2 grammes d’acide chlorhydrique au huitième, on obtient un liquide opaque, au bout de vingt-quatre heures, si l’huile est falsifiée.
- Albert Larbalétrier,
- Professeur de chimie agricole et industrielle.
- de l’homme; et, comme leurs mains postérieures sont disposées de telle sorte qu’elles ne touchent le sol que par le ^ord extérieur, ils ne peuvent garder longtemps la station verticale. Ils sont admirablement organisés, au contraire, pour grimper, grâce à la flexibilité de leurs membres et à leurs mains, propres les unes et les autres à la préhension.
- Les Singes habitent les forêts, où ils vivent ordinairement en troupes et se tiennent presque toujours sur les arbres. Us sont essentiellement frugivores, bien que leur appareil dentaire se compose, comme chez l’homme, d’incisives, de canines et de molaires.
- 11 n’est pas d’animal chez lequel l’intelligence soit plus développée que chez le Singe; mais cette intelligence varie beaucoup chez les individus de même genre, de même espèce et d’un âge à l’autre. Ainsi dans le jeune âge, la plupart des Singes sont doux, intelligents, enclins à la sociabilité ; niais
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- Fig. 76. — Les Singes (Cercopithèques).
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- = 186
- ces qualités natives, au lieu de se perfectionner avec l’âge, comme chez l’homme, dégénèrent et ne tardent pas à disparaître pour faire place à des attitudes violentés et mêmes dangereuses.
- A la tête des Singes les plus intelligents viennent se placer quatre genres évidemment supérieurs à tous les autres, et qui, sous quelques rapports, se rapprochent tellement de l’espèce humaine, que plusieurs auteurs en ont fait une famille distincte sous le nom de Singes anthropomorphes : ce sont 1 ’Orang, le Chimpanzé, le Gorille et le Gibbon.
- Après cette série des anthropomorphes vient un nombre considérable de Singes marchant à quatre pattes, à museau plus ou moins court, à queue plus ou moins longue, que les naturalistes divisent en quatre groupes : les Semnopithèques, les Cercopithèques, les Macaques et les Cynocéphales.
- Les Semnopithèques, comme leur nom l’indique, sont d’un naturel froid, calme, sans pétulance ; leurs formes sont élancées et sveltes, et leur queue très longue, habituellement relevée sur le dos, constitue un ornement gracieux. Ils habitent l’Asie orientale et les îles avoisinantes ; l’Inde, pour sa part, en nourrit quatre ou cinq espèces, dont les plus remarquables sont YEntelle, le Nasique et le Doue.
- Les Cercopithèques, que représente notre gravure, les Guenons de Buffon, ont également les formes grêles, la queue et les membres longs, mais chez eux, les pouces sont plus développés que chez les précédents, surtout aux membres postérieurs. Ils ont la face aplatie, un nez court et un front nul dans l’état adulte; le museau, peu proéminent, varie néanmoins de longueur avec les espèces.
- Ce sont des Singes sauteurs, grimpeurs et grimaciers, d’un naturel querelleur et turbulent ; quoiqu’ils soient doux lorsqu’ils sont jeunes, ils deviennent souvent méchants et intraitables, et comme ils sont armés de canines longues et tranchantes, il ne faut ni les caresser, ni les irriter. Ils vivent en troupes dans les forêts, et à l’état de liberté, les mœurs de ces Singes sont peu connues ; on sait cependant qu’ils vivent dans les forêts, d’où, réunis par bandes, ils s’en
- vont faire la maraude avec une tactique remarquable. Pendant que des sentinelles placées sur des arbres élevés font le guet, les individus de la bande se ruent sur les plantations, les dévastent, mangent, remplissent leurs vastes abajoues èt, continuant leur pillage et leur dévastation, se passent le butin de main en main. Survient-il un ennemi quelconque, les sentinelles donnent l’alarme et la bande se retire en ordre et prestement.
- Les Cercopithèques habitent exclusivement l’Afrique et la partie de l’Asie voisine de cette péninsule. Parmi les espèces les plus remarquables, citons le Talapoin, d’un caractère très doux et qui vit au Gabon; la Mone d’un caractère gai et facile, le Moustac, plein de gentillesse, le Malbrouc, défiant, irritable, difficile à apprivoiser et le plus agile de to.us les Singes, le Datas que l’on rencontre au Sénégal, et qui vit difficilement en Europe.
- Les Macaques semblent établir le passage des Cercopithèques aux Cynocéphales. Ils ont le museau plus saillant que les premiers, mais moins que les seconds, le corps plus trapu que celui des guenons, des membres plus gros et plus courts. Leur queue, qui varie de longueur, est toujours pendante et ne se relève jamais sur le dos. Dociles dans leur jeune âge, ils restent toujours fins, rusés, intelligents, mais ils deviennent intraitables en vieillissant. Ils habitent l’Afrique, l’Asie et l’Archipel indien.
- Les Cynocéphales ont en général la taille d’un grand chien, et leur museau allongé (angle facial 30° à 35°), comme tronqué à l’extrémité où sont percées les narines, rappelle celui de cet animal, et leur a valu le nom générique sous lequel on les désigne. Les uns habitent les forêts, les autres les montagnes et les coteaux parsemés de rochers. Chaque espèce paraît circonscrite dans des régions distinctes. Ils vivent en troupes assez nombreuses qui défendent avec opiniâtreté, même contre les hommes, l’accès des cantons où ils ont fixé leur résidence. Comme les Cercopithèques, ils sont un véritable fléau pour les vergers et les jardins près desquels ils habitent. Enfin, autant qu’on peut du moins en juger par les individus en captivité, leur caractère es
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- assez docile jusqu’à l’âge de la puberté ; mais à partir de cet âge, ils deviennent d’une extrême méchanceté que les mauvais traitements sont impuissants à réprimer.
- Ces Singes étaient très connus des anciens et déjà désignés par eux sous le nom de
- TÉLÉGRAPHIE SANS
- amsoN vient de breveter un nouveau moyen de communiquer sans fils conducteurs, au moyen d’appareils électromagnétiques, et cela de la façon suivante (fig. 77).
- Une plaque métallique C est élevée à une hauteur suffisante pour que la terre n’ait plus qu’une faible action inductive sur elle. Cette plaque est reliée à la terre T, par un fil dans lequel est intercalé le fil fin d’une bobine d’induction B. Le gros fil de la même bobine est relié à une pile P, par l’intermédiaire d’un interrupteur I. Sur cet interrupteur est branchée, en dérivation, une clef M, qui sert à la manipulation. Lorsque cette clef est dans la position de la figure, il passe un courant continu dans la bobine B, et il n’y a pas de courant induit. Lorsqu’on appuie la clef M, le courant est coupé périodiquement par l’interrupteur I, et il se produit des charges périodiques de la plaque G, qui forme l’armature d’un condensateur, dont l’autre armature est une plaque semblable, au poste récepteur ; l’air joue le rôle de diélectrique. Un sounder ou un électro-motographe intercalé en E sert à la réception des signaux.
- L’inventeur dit qu’en élevant les plaques G à une hauteur de 100 pieds, il peut déjà communiquer à de grandes distances, et il se
- Cynocéphales: dans les "sculptures; symboliques dos Egyptiens, le Cynocéphale représente Tôt ou Mercure. Le Papion, de Guinée, le Charma, du Cap, le Tartarin, le Babouin sont, dans ces genres, les espèces les plus remarquables.
- FILS CONDUCTEURS
- propose d’employer l’appareil pour éviter les collisions en mer, en se servant des mâts des navires pour y fixer les plaques. Il propose également d’élever ces plaques sur des ballons captifs, ou de couvrir les ballons eux-mêmes de feuilles métalliques minces. Le
- Fig. 77.
- système pourrait remplacer les câbles sous-marins ;il serait nécessaire de multiplier les postes pour tenir compte de la rotondité de la terre.
- REVUE DES
- Manuel pratique des projections lumineuses | [Le livre de la lanterne de Projections), avec des indications précises et complètes pour obtenir et colorier les tableaux transparents pour la lanterne, et soixante-quinze illustrations, par T.-C. Herworth, traduit de l’édition anglaise par C. Klary. Prix. 5 fr.
- LIVRES
- é
- Il y a un grand nombre de branches de la science pour lesquelles la lanterne de projections est très utile pour l’usage des démonstrations ; c’est un fait absolument connu. Mais, depuis quelques années, le nombre des personnes qui s’intéressent aux applications de la lanterne de projections s’est considéra-*
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- La SCIENCE EN FAMILLE
- blement accru par l’étude de la photographie.
- Un guide complet pour faire usage de cet instrument, expliquant la préparation des dessins et tableaux à projeter, leur coloris, la reproduction micrographique, enfin tout ce qui est du ressort général de la lanterne, doit remplir une place vacante dans la littérature technique.
- En dehors de quelques manuels très peu importants et très incomplets qui ont paru, il n’y a pas d’ouvrage dans ce genre qu’on puisse se procurer ; et, dans l’étendue de ces manuels, il est clair que les sujets variés dont nous venons de parler ne sont pas traités avec les soins qu’ils méritent.
- Cet ouvrage a obtenu le plus grand succès en Angleterre et en Amérique ; deux éditions successives ont paru pendant l’année 1891. L’auteur est un photographe distingué et, de plus, un lanterniste de premier ordre, deux qualités essentielles pour écrire avec autorité sur ce sujet.
- ***
- La Photographié devant ta loi et la jurisprudence, par A. Bigeon, lauréat de la Faculté de Droit de Paris, membre de la Société des jeunes amateurs photographes. Un vol. broché 2 fr. 50. Société d’éditions scientifiques, 4, rue Antoine-Dubois, Paris. 1892.
- Il vient enfin de paraître un livre de Droit concernant spécialement la photographie. C’est une nouveauté qui était d’ailleurs impatiemment attendue. M. Armand Bigeon s’est empressé avec raison de combler cette lacune dont les inconvénients se faisaient sentir chaque jour. « Son but, dit-il dans la préface, a été de faire une œuvre d’utilité pratique, un livre où tous les photographes, amateurs aussi bien que professionnels, puissent trouver quelques conseils juridiques, relativement à leur art et à leur industrie ». C’est pourquoi l’auteur s’est efforcé de mettre les arguments de Droit à la portée de tous les lecteurs, et d’être aussi précis et aussi clair que possible dans les diverses questions qu’il a traitées. Après avoir parlé de la législation française actuelle et des réformes à y apporter, il envisage la question capitale de la photographie : Est-elle un art ou une industrie ? l’avis de la jurisprudence, la contrefaçon, la propriété du prototype négatif, le droit de photographier et ses conséquences. Après quelques mots sur les photographies obscènes et une longue étude sur les formalités et autorisations
- nécessaires pour photographier et vendre, le livre se termine par un aperçu sur la protection des œuvres photographiques dans -les divers pays et un appendice au texte.
- ***
- Annuaire de la Photographie pour 1892, par Abel Buguet, avec trois portraits dont deux phototypographies hors texte, 1 vol. 1892. — Société d'éditions scientifiques, 4, rue Antoine-Dubois, Paris. . Prix. 2 fr. 50. Le monde de la photographie est si considérable aujourd’hui que les relations entre les intéressés devenaient difficiles.
- Amateurs, photographes, fabricants, fournisseurs, éditeurs et imprimeurs ont constamment besoin les uns des autres et s’ignorent trop souvent.
- L'Annuaire de la Photographie sera le lien qui manquait ; il contribuera à rendre les rapports plus faciles, plus fréquents et plus fructueux pour tous.
- La liste déjà si longue des Sociétés photographiques fait prévoir pour les années qui suivront une augmentation rapide de la partie consacrée aux Amateurs, en même temps que les industries photographiques prennent plus d’importance et trouvent chaque jour de nouveaux débouchés.
- **.
- Sous ce titre : Traité pratique de Chimie photographique, ou description raisonnée des diverses opération photographiques, M. Gani-chot, chimiste, vient de faire paraître à notre librairie, un volume du prix de un franc, qui sera certainement accueilli avec satisfaction par tous les amateurs de photographie. — Un ouvrage de ce genre décrivant le développement, le virage, le fixage, et montrant à chacun, même aux moins initiés, ce qui se passe au cours de ces diverses opérations, manquait absolument jusqu’aujourd’hui et, grâce à M. Ganichot, on n’opérera plus en aveugle lorsqu’on demandera à la plaque sensible un portrait ou un paysage.
- L’ouvrage forme un volume de 120 pages que nous enverrons franco contre mandat-poste de 1 franc.
- ** *
- Hygiène de Voreille, soins préventifs contre les affections auriculaires, avec 5 figures dans le texte, par le D*' Mounier.
- Ce petit traité, essentiellement pratique, se recommande par son côté scientifique et sa
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- clarté, aussi bien au corps médical qu’aupublic.
- On y trouvera exposés, avec la plus grande simplicité, l’examen de l’acuité auditive, toutes les causes des affections auriculaires ainsi que leurs symptômes, leurs conséquences et surtout leur traitement préventif ; enfin, pour les différents âges de la vie, des conseils d’hygiène
- dont l’observation est si importante pour la conservation de l’ouïe.
- En résumé, cet ouvrage donne à tous les moyens d’éviter, dans la mesure du possible, le développement des affections de l’oreille, ou de les arrêter dans leur évolution ; c’est dire combien il est indispensable.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- La force des faibles. —11 est presque vrai de dire que les animaux les plus forts sont ceux qui ont la réputation d'ètre les plus faibles. Ainsi, pour indiquer un homme très faible, on dit qu’il est fort comme une puce; or, une puce est plus forte qu’uri éléphant, toute proportion gardée, s’entend. En effet, on peut établir qu’en moyenne la puce peut soutenir mille neuf cents fois son poids. L’eflort nécessaire pour ouvrir une huître égale celui qu’il faudrait faire pour équilibrer mille trois cent dix-neuf huîtres du même poids. Il va sans dire qu’il ne s’agit que du poids de l’animal et non de celui de ses coquilles. La puissance de traction de la Venus verrucosa de la Méditerranée atteint deux mille soixante et onze fois le poids de son corps.
- Enfin, le journal anglais Nature vient de nous faire connaître le résultat d’expériences du même genre entreprises sur le lépas (pa-tella vulgata). On a fait un petit trou à la coquille du mollusque pendant qu’il était attaché à un rocher ; ce petit trou a permis d’accrocher à la coquille un dynamomètre à ressort, avec lequel on a tiré l’animal dans une direction normale à son pied, en augmentant graduellement la traction, jusqu’à ce qu’il se détache du rocher. De la sorte on a pu s’assurer que, dans l’air, il peut soute-uir un effort égal à celui de mille neuf cent quatre-vingt-quatre fois son poids; plongé dans l’eau, il montre une force presque double.
- ** *
- La force des mains chez les nouveaux-ués. — On sait qu’un des caractères les plus Marqués chez les singes de toutes espèces, c est l’aptitude de se tenir suspendus par les Mains, aptitude qui joue un rôle important ^ans leur mode d’existence, et qui développe
- leur poigne à ce point qu’on a pu comparer la main des anthropoïdes à un véritable grappin. Cette faculté n’existe d’ailleurs pas seulement chez les singes adultes, les nou-veaux-nés la possèdent également : quand une guenon s’enfuit, sautant de branche en branche, elle ne s’occupe pas de son petit, qui sait s’accrocher à la fourrure de sa mère, et ne reste jamais en route.
- M. Louis Robinson a eu la curiosité de rechercher si, dans l'espèce humaine, les nou-veaux-nés présentaient une aptitude analogue. Il a examiné à ce point de vue une soixantaine de bébés de moins d’un mois, la plupart dès les premières heures après la naissance, et dans tous les cas, sauf deux, il a constaté que l’enfant pouvait se tenir suspendu par les mains, soit aux doigts de l’observateur soit à une baguette de même diamètre, pendant dix secondes au moins. Dans douze cas, chez des nouveaux-nés d’une heure, la suspension dura une demi-minute, et dans trois cas, près d’une minute. Vers le quinzième jour, la durée de la suspension varia de une minute et demie à deux minutes trente-cinq secondes. Dans un cas, même, l’observateur vit un enfant lâcher prise de la main droite au bout de dix secondes, et se tenir suspendu par la main gauche encore pendant cinq secondes.
- Ce sont là des observations dont les résultats sont assez imprévus, et qui ont leur importance au point de vue de la théorie darwinienne de la descendance de l’homme.
- {La Médecine).
- . ***
- La longévité des oiseaux. — Les ornithologistes n’ont pas encore résolu la question de savoir si les oiseaux ne sont pas, de tous les animaux, ceux qui ont l’existence la plus longue. Voici cependant quelques exemples de la longévité des oiseaux, que nous em-
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- pruntons à la Revue de Vart vétérinaire publiée en Russie.
- Il est établi que les cygnes vivent jusqu’à 300 ans. Knauer, dans son ouvrage Nalurhis-toriocer, prétend avoir vu un grand nombre de faucons ayant l’âge de 150 ans. Les aigles etles milans vivent également très longtemps ; le même Knauer raconte la mort, en 1819 à Berlin, d’un aigle pris en 1715, c’est-à-dire 104 ans auparavant et âgé déjà alors de quelques années. Un milan à tête blanche, pris en Autriche en 1705, mourut à la basse-cour du palais de Schœnbrunn, près de Vienne en 1824, après avoir passé 118 ans en captivité.
- Les oiseaux de basse-cour et de marais survivent à plusieurs générations humaines. Les canards et les coucous sont également très durables. On prétend que les corbeaux atteignent souvent cent ans. Les pies qui vivent en liberté jusqu’à un âge très avancé, ne dépassent cependant pas vingt à vingt-cinq ans de cage. Il n’est pas rare de voir des coqs domestiques de quinze ans ; avec des soins ils vont jusqu’à 20 ans.
- La limite d’existence des pigeons est de dix ans. Les plus petites espèces vivent de huit à dix-huit ans. Les rossignols ne supportent pas plus de dix ans de captivité ; élevés en cage, les canaris peuvent aller jusqu’à douze et quinze ans, et, dans leurs îles natales, on en voit qui sont vieux de plusieurs dizaines d’années.
- (Revue des Sciences naturelles).
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- Fabrication des cigarettes. — L’Etat emploie actuellement environ 856,000 kilogr. de tabac à la confection des cigarettes. La progression suivie par cette fabrication est des plus significatives. En 1843, on y employait seulement 1,100 kgs. ; en 1872, 11,200: L’année suivante, 262,000 kgs. de tabac se transformaient en cigarettes sous les doigts agiles des cigarières, et depuis, le chiffre n’a fait qu’augmenter.
- Un kilogramme de tabac représente 1000 cigarettes.
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- La vie moyenne en France. — La
- moyenne de la durée de la vie a augmenté d?une notable façon depuis deux siècles. En
- effet, sous Louis XIV, la mortalité était de 1 sur 28 habitants ; en 1830, elle atteint la proportion de 1 sur 36 ; en 1851, 1 sur 37 ; actuellement elle est de 1 sur 41 habitants.
- Les départements qui se distinguent par la durée de la vie sont :
- Le Calvados, l’Eure-et-Loir, l’Orne, la Sarthe, l’Eure, le Lot, le Lot-et-Garonne, Deux-Sèvres, Indre-et-Loire, Basses-Pyrénées, Maine-et-Loire, Ardennes, Gers, Aube, Hautes-Pyrénées, Loiret.
- C’est dans la Seine, les Landes, le Finistère, le Rhône et les Bouches-du-Rhône que l’on vit le moins longtemps.
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- Un pont de 8,500 mètres. — Le pont le plus long qui existe sur le globe est vraisemblablement le pont des Lions, près de San-gang, en Chine. Il a près de huit kilomètres et demi.
- Il est jeté au travers d’une baie de la mer Jaune sur trois cents grandes arches en maçonnerie, la voie passe à 70 pieds au-dessus de l’eau.
- D’énormes lions en marbre reposent au haut de chaque pilier. Ce pont fut construit sur l’ordre de l’empereur Kiling-Long, qui régnait en Chine vers la fin du siècle dernier.
- ** *
- Une perce-neige de Californie.— M. Ta-
- ber, de San-Francisco, a pu dernièrement prendre une photographie d’une curieuse plante de Californie, une perce-neige, le Sar-cocles sanguinea.
- Ce végétal, qui émet de dessous la neige une tige longue de neuf à dix pouces, fleurit à une époque où l’on ne voit encore aucune autre végétation. Le Sarcocles sanguinea appartient à la famille des éricacées ; ses fleurs sont grandes, pourvues d’un style allongé et ses graines sont munies d’une aile membraneuse destinée à favoriser leur dissémination.
- Le Sarcocles sanguinea est une plante herbacée et qui se développe en parasite aux dépens d’autres espèces végétales. Ses feuilles sont charnues et imbriquées et ses fleurs sont disposées en une longue grappe.
- La plante entière est d’une teinte rouge sang.
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- LA SCIENCE
- Vernis rouge pour les meubles. — Mélangez 600 grammes d’essence de térébenthine, 300 grammes de vernis du Japon, 250 gr. de rouge de Venise et 80 grammes de terre d’ombre brûlée, préalablement broyée avec un peu d’huile ; appliquez avec un pinceau et enlevez l’excédent avec un linge, puis passez une couche de vernis.
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- La propreté des pots à fleurs. — Les pots à fleurs placés soit dans les serres, soit en pleine terre, se recouvrent fréquemment de | végétations cryptogamiques qui deviennent le refuge d’insectes, de germes de maladies. L’horticulteur qui soutient une lutte constante contre nombre do parasites a grand intérêt à ce que les pots à fleurs ne servent pas de substratum à une foule d’algues. Depuis quelque temps on essaie de sulfater les pots à fleurs et cette opération paraît avoir donné d’excellents résultats. La pratique consiste à immerger, une fois par an, les pots à üeurs dans une solution de sulfate de cuivre au 1/500e.
- Il a été fait usage de pareils pots pour le rempotage des fleurs et l’essai a donné les Meilleurs résultats, les pots restent complètement indemnes de végétations. On sait d’ail-leurs que le sulfate de cuivre est le plus grand destructeur des micro-organismes.
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- Lotion antipelliculaire et conservatrice Aes cheveux. — Voici une eau de lotion pour ia tète dont on garantit les bons effets.
- Vin blanc vieux......... 400 gr.
- Rhum ou bonne eau-de-vie . 100
- Décoction d’orge (1/2 poignée dans un verre d’eau) . . 100
- Mélangez exactement. Filtrez sur un linge 8eri’é. Enfiolez.
- (Cosmos).
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- Raisins rouges et blancs. — Un horticul-^eur émérite affirme qu’on peut obtenir des raisins blancs et des raisins noirs sur le Même cep par le procédé suivant :
- Prenez deux sarments, l’un donnant du laisin blanc, l’autre, du raisin noir, écrasez-
- PRATIQUE
- en ensemble les deux bouts, et avant de les mettre en terre, réunissez-les par une légère ligature.
- Quand on opère avec beaucoup de soins, l’expérience réussit toujours, et rien n’est plus curieux que le résultat obtenu ; on a des ceps qui portent à la fois des raisins noirs, des raisins blancs, et même des raisins moitié noirs et moitié blancs, dont la qualité ne le cède en rien à ceux des ceps ordinaires.
- ***
- Note sur les piles Leclanchè. — On
- augmente beaucoup la constance des piles au sel ammoniac en employant au lieu de la solution ordinaire, un liquide composé de la
- façon suivante :
- Sel ammoniac........ 60 gr.
- Bichromate de soude... 60 à 80 gr. Eau................. 1000 gr.
- Il faut employer du bichromate de soude et non de potasse, ce dernier sel n’ayant pas donné de bons résultats à cause de son peu de solubilité dans l’eau non acidulée.
- R. M.
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- Gravure économique sur zinc. — Nettoyez bien la plaque de zinc avec du poli-cuivre et un chiffon de toile.
- Procurez-vous chez un pharmacien pour
- 10 centimes de Beurre d’Antimoine. Prenez-en un morceau entre le pouce et
- l’index et gardez-le ainsi quelques instants,
- 11 déposera sur vos doigts une couche grasse, passez alors vos doigts sur les lettres d’un timbre en caoutchouc et appuyez-le sur la plaque de zinc.
- Il se formera, par suite d’une réaction chimique, un sel noir adhérent au zinc.
- Les personnes qui ont un jeu de lettres en caoutchouc pourront ainsi graver économiquement de nombreuses plaques.
- Cette gravure résiste à l’humidité et ne craint pas le lavage. F. B.
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- Gravure ineffaçable sur bois. — Il suffit d’avoir à sa disposition un jeu de lettres à jour en métal, cuivre ou zinc, et une loupe.
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- On maintient avec la main la lettre à reproduire sur le bois et avec la loupe on converge les rayons solaires sur les jours de la lettre. En quelques instants il se forme sur le bois une empreinte noire. En suivant les jours au fur et à mesure, la lettre se trouve
- complètement reproduite, on passe à la suivante.
- Ce procédé est très bon pour mettre des adresses sur des caisses, des initiales sur une canne, des noms sur des liches en bois pour pépiniéristes, horticulteurs, etc. F. B.
- RECREATIONS SCIENTIFIQUES
- La mer dans une assiette. — Voici, cVaprès la Nature, la description d’une expérience amusante que lui signale un lecteur de Lorient, et que l’on pourrait intituler procédé simple de se procurer l’illusion des côtes de la mer vues du large : Sur la tablette de l’embrasure d’une fenêtre d’une habitation bien dégagée, mais à un niveau plus bas que les côtes qui masquent l’horizon en face, on dispose horizontalement une assiette creuse sur des livres, par exemple, assez haut pour que l’assiette dépasse la barre d’appui de la croisée. On remplit d’eau l’assiette à pleins bords, le niveau de l’eau, à cause de la capillarité, sera plus élevé que les bords de l’assiette, formant ménisque sur tout le contour. En se baissant et en regardant les côtes d’en face, le rayon visuel étant tangent à la surface libre du liquide, on s’imaginera apercevoir du large d’une mer tranquille les côtes de cette mer, basses ou escarpées selon le site qu’on aura devant soi. Si l’habitation était plus élevée que les côtes voisines, on aurait l’horizon sans limites. Bien entendu, il faut que la vue soit bien dégagée.
- ** *
- Mettre une pièce de 5 francs dans un mouchoir, la jeter dans l’eau, elle remonte en ballon. — Jetez dans un mouchoir, sans que l’on s’en aperçoive, une dose de poudre pour l’eau gazeuse, bicarbonate de soude et acide tartrique, qui se vend 10 cent, chez les pharmaciens.
- Mettez alors la pièce de b francs, ficelez le mouchoir comme l’indique la fig. 78 et jetez le tout dans un baquet d’eau ou dans une
- pièce d’eau, si vous êtes à la campagne. L’appareil tombe au fond. Mais l’eau pénètre dans le mouchoir, l’acide tartrique agit sur le bicarbonate et produit un dégagement d’acide carbonique.
- Le mouchoir qui était perméable à l’eau ne l’est pas au gaz, celui-ci gonfle le mou
- 79)
- choir comme un ballon (fig la surface.
- Feuille de papier électrique.
- en Famille publiait dans son 1er avril physique
- et monte àr-F. B.
- - La Science numéro du une expérience de récréative sur les
- Fig. 78.
- étincelles obtenues au moyen d’une simple feuille de papier électrisée.
- ' A ce propos, voici un procédé qui permet d’augmenter de beaucoup l’intensité des effets obtenus :
- Au lieu d’une feuille de papier ordinaire on emploie une feuille de papier buvard blanc que l’on a plongée pendant quelques minutes dans un bain composé de :
- 1 partie \
- 1 partie ( en volume
- 2 parties )
- Ceci complique malheureusement un peu l’expérience, mais les personnes qui voudront bien l’entreprendre seront étonnées des résultats. En frottant le papier bien chaud avec une brosse également chaude on obtient, en approchant le doigt, des étincelles d’un centimètre de longueur en même temps qu 011 éprouve une sensation de piqûre à peine supportable.
- René Michel.
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, n8, rue d’Assas^ La Fèrfi. — Imnrimerie Haven, rue Neigre.
- Fig. 79.
- Acide sulfurique Acide azotique .
- Eau . . . .
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- LES FEMMES A BARBE
- a gravure ci-contre, extraite du jour-
- fepî.. nal Le Naturaliste, représente une espagnole de la Catalogne, âgée de trente-huit ans: c’est un exemple remarquable d'une femme à barbe, et les sept enfants qu’elle a eus, sont également bien disposés, si nous en croyons le correspondant du journal cité, à avoir large duvet au menton. Ces curiosités de barbe chez les personnes du sexe féminin, dit la Nature, sous la signature du Dr A. Cartaz, ne sont pas extrêmement rares ; de temps à autre, les fêtes foraines en donnent des exhibitions.
- On peut remonter loin dans l’histoire et l’on trouve que ces bizarres anomalies ont été signalées par les auteurs les plus anciens. Hippocrate raconte en effet que Phaétuse, femme de Py-théas,etNamisica, femme de Gorgippus, avaient une barbe fort respectable. Riolan, un des premiers anatomistes, dit avoir vu à Paris une jeune allemande de quatre ans et demi qui avait de la barbe et qui, de plus, était couverte de poils par tout le corps.
- Pans son Traité de Van-thropographie, il mentionne le fait d’une des dames de la cour de l’archiduchesse d’Autriche, Antonia Hé-iéna, qui, dès son bas âge, avait de ia moustache et de la barbe complète.
- Charles XII avait dans son armée un soldat femme qui fut pris à la bataille de Pultawa, emmené en Russie et montré au tzar ; d’après les chroniqueurs de l’époque, ia barbe de cette femme avait plus d’une aune et demie de longueur. Le cabinet de curiosités de Stuttgart a possédé longtemps,
- peut-être le possède-t-il encore, le portrait d’une femme nommée Bartel Graetjc, dont le menton était orné d’une volumineuse barbe ; le portrait avait été fait à l’âge de 25 ans. Dans ce même cabinet se trouve un portrait de cette femme avec sa longue barbe.
- En fouillant dans les chroniques on pourrait certainement retrouver une assez longue liste de femmes à barbe. Ce que je veux en retenir, c’est que le fait n’est pas d’une rareté exceptionnelle et qu’il a attiré l’attention. Les Grecs avaient représenté la Vénus de Cypris avec une épaisse barbe.
- Alexandre d’Alexandrie raconte que lorsqu’il devait arriver quelque grand malheur à Amphi-tis, localité dans le voisinage d’IIalicarnasse, une longue barbe poussait soudain à la prêtresse et avertissait le peuple de prendre des précautions. La barbe était, cela va sans dire, une barbe postiche ; mais cette idée de transformation avait probablement été suggérée à la prêtresse par la vue de quelque anomalie do ce genre.
- La légende s’est emparée de la chose et un auteur du moyen âge raconte que sainte Paule, vierge d’Avila, en Espagne, en butte à la poursuite d’un jeune seigneur, se précipita dans une église et implora le Seigneur en sa faveur en lui demandant de lui changer le visage. Aussitôt une barbe énorme lui pousse au menton et le jeune poursuivant passe auprès d’elle sans l’apercevoir.
- Les femmes à barbe de nos jours ou vivent tranquillement chez elles, comme l’Espagnole de notre gravure, ou viennent faire les
- ÜÉIj
- «
- Fig. 80. — Une femme à barbe, Espagnole de la Catalogne, âgée de 38 ans
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- affaires de quelque Barnum de foire. Elles ont eu dans ces dernières années une rude concurrence à soutenir contre les hommes velus, Phomme-chien. Les uns et les autres ne sont cependant que des spécimens de bizarrrries de la nature dont on a vainement recherché une explication plausible. Pour les femmes à barbe, il est un fait, c’est qu’arrivées à un certain âge, dit critique, les poils ont une tendance à devenir plus marqués au visage.
- La chose est loin d’être constante et générale, sans cela toutes nos grand’mères porteraient moustache, mais l’observation attentive démontre l’exactitude de cette croissance du poil au menton.
- Un médecin de New-York a publié un fait
- assez étrange d’une mère de famille jeune et jolie qui avait eu trois enfants. Au cours des trois grossesses on voyait le menton se couvrir de poils soyeux, plus fins que les .cheveux, d’un gris doré et atteignant une longueur d’un pouce et demi. La grossesse terminée, les poils tombaient rapidement et la peau reprenait son aspect primitif. Il y aurait donc une certaine corrélation, rare dans ses manifestations, entre d es troubles physiologiques spéciaux à la femme et la croissance de l’élément pileux.
- L’explication de ces anomalies est difficile à trouver: question d’hérédité, troubles trophiques; autant dire que nous ne savons rien à cet égard.
- G. 0.
- CHRONIQUE SCIENTIFIQUE ET INDUSTRIELLE
- CURIEUX PROCÉDÉ D’ANALYSE. — APPLICATION DU FROID. — PORCELAINE
- d’amiante.
- FABRICATION DU CHLORE ET DE LA SOUDE. — ANTIPYRINE.
- n curieux procédé d’analyse des liquides a été décrit par M. E. Gos-eart (1). Nos lecteurs auront sans doute remarqué que des gouttes d’eau qu’on laisse tomber sur une surface métallique chauffée conservent leur forme sphé-roïdale, vont et viennent, roulant constamment, puis s’étalent et se volatilisent. Cet état sphéroïdal provient de la mince couche de vapeur qui enveloppe la goutte de liquide, la maintient en mouvement, et, par conséquent, l’empêche de toucher au métal, ce que l’on peut aisément observer en mettant l’œil au niveau de la plaque. Le même phénomène se présente à peu près tel quel avec les liquides. Si on laisse tomber d’un millimètre de hauteur, près des bords d’un vase, c’est-à-dire au haut du ménisque qui grimpe le long des parois, une goutte d’un liquide sur une portion de ce même liquide, on verra la goutte parcourir, en roulant, la pente du ménisque. Si l’on refait cette expérience avec deux liquides différents quantitativement,
- (i) Voir la description complète dans la Revue Scientifique du 23 avril 1892.
- mais qualitativement les mêmes, ils rouleront l’un sur l’autre, s’ils se rapprochent de la même composition, et feront le plongeon l’un dans l’autre s’ils s’en éloignent. Des alternatives de roulements et de plongeons traceront une limite bien nette, qui pourra être utilisée pour l’essai d’un liquide par un autre. Si maintenant, on essaye une goutte d’un liquide sur un autre complètement différent, la goutte fera immédiatement le plongeon, formant, en s’unissant avec l’autre liquide, des stries nuageuses faciles à distinguer par transparence. Il est aisé de voir par cet énoncé que l’on pourra, au moyen de l’homéotropie, (nom donné à ce procédé par M. E. Gossart, et qui signifie roulement d’un semblable sur un semblable) reconnaître des traces d'impuretés dans les liquides. Les expériences ont porté principalement sur les alcools, mais ce procédé pourra même s’appliquer à l’analyse de tous les liquides en général, et aussi bien à l’éther et au chloroforme qu’aux essences végétales souvent falsifiées, vu le prix élevé de quelques-unes. — Cette méthode sera surtout avantageuse
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- lorsqu’on n’aura à sa disposition qu’une quantité minime du produit à essayer.
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- * *
- La facilité d’obtenir le froid au moyen des machines frigorifiques, qui s’améliorent de jour en jour, en permet l’application dans l’industrie chimique. Les recherches dans cette voie sont nombreuses et nous permettent d’espérer encore d’aussi brillants succès que ceux que nous allons passer en revue. — Grâce à M. Raoul Pictet, on dispose depuis peu de chloroforme pur et inoffensif, obtenu en refroidissant le chloroforme jusqu’à son point de congélation. Les impuretés qui rendaient le chloroforme dangereux restent liquides et peuvent être éliminées par essorage. Ce procédé s’applique aussi à l’acide phénique, la benzine et aux autres produits, que l’on purifiait précédemment par une série de distillations. — En soumettant au froid de l’acide sulfurique ordinaire, l’eau se congèlera et abandonnera par compression l’acide sulfurique. Cette méthode de concentration de l’acide sulfurique est,paraît-il, déjà utilisée en Russie. La fabrication du chlorate de potasse a aussi bénéficié de ces progrès. Il était extrêmement difficile dans le cours de la fabrication de ce produit si utile, delà séparer du chlorure de calcium par les anciens procédés.
- Maintenant, on abaisse la température du mélange de chlorate de potasse et de chlorure de calcium, la solubilité du premier diminue plus rapidement que celle du second, et on obtient une cristallisation parfaite dans un liquide bien moins concentré qu’il n’était nécessaire auparavant. Les cristallisations des sels de soude, de l’acide borique, du nitrate d’ammoniaque sont activées de même. — L’application la plus utile est certainement celle imaginée par M. Barbier, pour retirer, du bisulfate de soude, ce résidu de fabrication, l’acide sulfurique qu’il renferme. En effet, soumis à un froid assez bas, le bisulfate de soude se dédouble en sulfate neutre de soude qui cristallise et en acide 8olfurique. — En soumettant au froid le gaz d’éclairage avant son arrivée aux conduits de distribution, on le débarrasse de la vapeur deau, de la naphtaline et autres produits in’il renferme. Pour terminer ce sujet, citons encore l’emploi du froid dans la stéarinerie :
- pour débarrasser l’acide oléïque, sortant des presses à chaud, de corps gras concrets utilisables, qu’il entraîne avec lui ; dans la raffinerie du pétrole, pour débarrasser les huiles de schiste de la paraffine, tout en donnant un produit meilleur et un second produit utilisable.
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- M. Garros a présenté dernièrement à la Société d’encouragement pour l’industrie nationale sa nouvelle porcelaine d’amiante. Ce minéral, qui n’est autre qu’un silicate de chaux et de magnésie, se présent ) sous une forme fibreuse. On réduit le minerai en poudre impalpable au moyen des appareils ordinaires, puis on fait avec de l’eau une pâte qui se moule ou se coule aisément. Cuite en cazette à 1700 degrés, cette porcelaine devient translucide. Exposée à 1200 degrés pendant une vingtaine d’heures, on obtient une porcelaine poreuse très propre au filtrage des eaux et à d’autres usages. Les pores sont tellement fins, mais si nombreux, que cette porcelaine absorbe 43 0/0 d’eau, tandis que la porcelaine ne peut en absorber que 20 à 22 0/0. Grâce à sa porosité et à son pouvoir isolant trois fois plus grand que celui que possède la porcelaine généralement employée, elle pourra servir aussi pour les piles électriques.
- « La Caustic soda and chlorine Syndicate Limited » a fait breveter dernièrement un nouveau procédé de fabrication du chlore et de la soude par décomposition électrolytique du chlorure de sodium (sel ordinaire) en chlore et soude. Le sel marin en solution est amené dans un bac en fer doublé de charbon et muni de cloisons poreuses. La couche de chai’bon du bac servira de cathode, l’anode sera un cylindre de charbon couvert d’un dépôt galvanique de cuivre. Si l’on soumet ce bain au courant d'une dynamo, on aura un dégagement gazeux de chlore qui s’échappe par des tuyaux appropriés à cet effet, dont sera muni le couvercle du bac. En évaporant à siccité la solution on obtiendra de la soude caustique dont le prix est assez élevé. L’idée en elle-même de ce procédé n’est pas nouvelle, car on a essayé, il y a déjà quelques années, de blanchir les étoffes en les faisant passer entre deux rouleaux baignés dans une solution de sel marin et réunis aux deux
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- pôles d’une machine électrique. Les étoffes étaient blanchis par le dégagement de chlore qui se produisait au rouleau réuni avec le pôle positif.
- ***
- M. A. Yianna a lu à la Société de Biologie un mémoire du plus grand intérêt. Il résulte d’expériences entreprises par lui que l’antipyrine tue le bacille de la diphtérie. Cette maladie qui fait chaque année tant de victimes. Une solution à 2,50 0/0 rend stériles les cultures du bacille diphtéritique. Un séjour de vingt-quatre heures dans un bouillon renfermant 5 0/0 d’antipyrine tue le bacille. Une culture filtrée du bacille, qui
- tue les cobayes, devient inofifensive, additionnée d’antipyrine. L’antipyrine est donc antitoxique. Par conséquent, M. Vianna propose l’essai de l’antipyrine administrée en prises stomacales, en injections sous cutanées, en attouchements avec la poudre, en vaporisations et en gargarismes d’une solution au 30 ou 40 0/0. L’antipyrine peut être prise à l’intérieur à la dose de 6 grammes par jour et par fractions de 0 gr. 50. — Puissent les expériences si intéressantes et si utiles de M. A. Vianna ne pas rester à l’état d’essais de laboratoire, mais passer avec succès au traitement de la diphtérie.
- Becker.
- LES BOIS INDUSTRIELS
- LE BUIS
- e Buis commun (B.sempervirens, Lin.) est un arbrisseau de 4 ou 5 mètres, au tronc tortueux, à rameaux opposés, au feuillage vert foncé exhalant une odeur assez désagréable.
- Il a été cultivé, de temps immémorial, pour l’ornementation des jardins, et l’on sait que, dans l’ancien système de décoration horticole, on lui faisait prendre sous le ciseau, les formes les plus bizarres et les plus extravagantes : on le taillait en boules, en pyramides, en vases, etc. On lui donnait même la figure d’hommes et d’animaux. Martial et Pline le Jeune nous apprennent que cet usage était déjà très répandu à Rome : de nos jours, on l’a quelque peu abandonné.
- Le buis possède un bois d’un grain fin et serré, qui le rend précieux pour la tabletterie et la fabrication d’une foule d’objets demandant de la solidité et du poli, mais 6’est surtout dans la gravure qu’il acquiert sa plus grande valeur, et c’est au buis que la gravure sur bois doit la perfection qu’elle a atteinte de nos jours.
- Depuis quelques années, les approvisionnements de ce bois si utile sont en rapide décroissance et les prix sont naturellement en hausse. Les plus grandes parties de buis nous arrivent du Caucase, de l’Arménie, des côtes de la mer Caspienne et de la Perse ; mais la meilleure qualité provient des forêts qui bordent la mer Noire et elle nous est princi-
- palement expédiée par le port de Poti, situé à l’embouchure du Rioni (ancien Phase). Les produits des forêts entourant la mer Caspienne, commercialement connus sous le nom de « Buis de Perse », étaient, il y a quelques années encore, généralement expédiés par la mer Noire, par le port de Tan-garog. Les transports par terre, en traversant la chaîne du Caucase, étaient lents et excessivement coûteux. Aussi, dans ces derniers temps, une grande partie des bois de cette provenance sont-ils expédiés par le Volga, qui les fait aboutir à Saint-Pétersbourg.
- Le buis des côtes de la Caspienne est plus tendre et par conséquent inférieur en qualité à celui des bords de la mer Noire.
- La rareté et le prix de ce bois ont fait faire beaucoup d’essais d’autres essences, dans l’espoir de pouvoir arriver à le remplacer. De grandes filatures de Liverpool ont cherché a utiliser le cornouiller du sud des Etats-Unis (Cornus florida) et il paraît qu’elles ont assez bien réussi à employer ce bois à la fabrication des navettes pour laquelle on n’employait jusqu’alors que le buis. Les mêmes tentatives ont été faites en France et en Belgique, mais nous ne croyons pas qu’elles aient été bien satisfaisantes, car le buis continue à être plus recherché que jamais.
- En présence de la diminution de plus en plus accentuée des arrivages, les Anglais ont jeté les yeux sur l’Himalaya qui produit des
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- quantités considérables de buis. Nous ne connaissons pas encore exactement la qualité des bois de cette provenance nouvelle, mais, d’après M. Godfrey Saunders, la traversée de ces hautes montagnes présente des difficultés jusqu’ici insurmontables et l’on n’est pas encore parvenu à obtenir ces bois au bord de la mer à des prix acceptables pour le commerce. En outre, il paraît que, dans ces contrées, l’exploitation du buis est presque
- impossible à cause de l’escarpement des montagnes.
- On a encore dernièrement, en Angleterre, produit des blocs pour la gravure en bois d’épine noire. Le promoteur de cette qualité affirmait que cette essence était, certes, la meilleure après le buis, mais il ne paraît pas que le résultat des expériences ait eu le succès qu’en attendait leur auteur.
- Ch. Fleury.
- ALLUMEUR A ÉTINCELLE DE RUPTURE
- s’allumant a distance
- es allumeurs à étincelle de rupture tendent peu à peu à remplacer les al-lumeurs à fil de platine beaucoup trop délicats ; malheureusement ils ont le désavantage de ne pouvoir s’allumer à distance, ce qui en proscrit l’usage dans un grand nombre de cas.
- H suffit d’un peu de patience pour construire le modèle suivant [figure 81) où ce défaut est supprimé.
- A- est un gros électro ayant à Peu près 40 mè-
- O'es de fil de 6/10 à 8/10 de millimètre ; il sei't à la. fois à produire l’étincelle par l’induction du courant sur lui-même et à com-niander le mouvement du levier B.
- Fig. 81.
- B est un gros fil de cuivrejterminé d’un côté par un ressort à boudin et de l’autre par un balai de minces fils de cuivre; au milieu est soudée une petite barre de fer E : les
- arrêts (c) et (D) limitent la course de cette pièce.
- Au repos le balai appuie sur la lampe. Lorsqu’on presse sur le bouton l’électro soulève le petit levier, le courant est rompu au moment où le balai cesse de toucher la lampe, il se produit un rapide va-et-vient Comme dans le trembleur des bobines d’induction, et les étincelles qui éclatent entre le balai et la lampe allument celle-ci.
- René Michel.
- ÉPHÉMÉRIDES ASTRONOMIQUES
- JUIN 1892
- SOLEIL. — Entrée le 20 dans le Cancer, à *1 h. 32 m. soir< Q’est l’instant précis du commencement de l’été, la plus longue de nos saisons 'yd j. 14 h.). La déclinaison positive du Soleil est a'0rs maxima. C’est l’époque du Solstice, ainsi n°mmée parce que l’astre du jour paraît stationne pendant quelque temps. Le 20 juin, le Soleil Se lève à 3 h. 58 m. du matin et se couche à
- 8 h. 5 m. soir. Le temps moyen à midi vrai est ce jour-là : 0 h. 1 m. 24 s.
- LUNE. — P. Q. le 2, à 10 h. 1 m. matin. —P. L. le’ 10, à 1 h. 42 m. soir. — D. Q. le 17, à 9 h. 10 m. soir. — N. L. le 24, à 2 h. 16 m. soir. Apogée : le 5 juin ; périgée le 21.
- OCCULTATIONS. — Le 6, \ Vierge, à 7 h. 52 m .5 soir ; le 9, 3, Scorpion à 0 h. 26 m. matin.
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- PLANÈTES. — Mercure, étoile du matin ; Vénus, excellente le soir ; en profiter pour l’observation : les phases sont visibles dans les plus petits instruments pourvu que le pouvoir définissant soit bon. — Mars, visible toute la nuit ; il passe au méridien entre 4 h. 16 et 3 h. 20 du matin. — Jupiter, visible dans la 2e moitié de la nuit. — Saturne, excellent le soir ; il se couche entre 1 h. 25 m. matin, le 1er juin, et 0 h. 7 m. le 21.
- CONSTELLATIONS. — A l’Est, (1) : Ophiucus, Couronne, Hercule, Lyre, Aigle, Scorpion, Sagittaire, Cygne, Capella.
- Au Sud : Corbeau, Balance, Arcturus, Vierge.
- A l’O. : Lion, Cancer, Gémeaux.
- ÉTOILES FILANTES. — Aucun point radiant à signaler spécialement.
- NOUVELLES DE LA SCIENCE. — Le journal « VAstronomie » publié sous la haute direction de M. C. Flammarion, l’astronome bien connu, vient, dans ses dernières livraisons, d’inaugurer entre ses lecteurs des concours d’astronomie, en proposant un certain nombre de problèmes à résou-
- dre dans un temps donné. Il y a là une tentative heureuse à laquelle tous ceux qui s’intéressent à la science ne sauraient trop applaudir. Le proverbe « c’est en forgeant qu’on devient forgeron» sera éternellement vrai, et rien ne vaut un exercice pratique pour s’initier rapidement aux méthodes. Des prix consistant en instruments et ouvrages sont distribués aux concurrents. Que ceux de nos lecteurs qui réunissent les conditions voulues n’hésitent donc pas à entrer en lice.
- La nébuleuse annulaire de la Lyre a été photographiée à l’observatoire du Vatican sous l’habile direction de M. Denza. L’examen au microscope des clichés obtenus donne des résultats qu’aucune autre méthode n’aurait pu fournir.
- L’éclipse du 11 mai 1892 que nous avons annoncée en temps utile a pu être utilement observée, car le temps a été fort beau sur bien des points. De nombreux astronomes ont remarqué sur la portion éclipsée de notre satellite la coloration rouge sombre signalée bien des fois dans les éclipses antérieures. (Voir nos Ephéméridcs passim, et notre causerie sur les éclipses, 1889 p. 53).
- G. Vallet.
- LES PETITS TRAVAUX D’AMATEUR
- UN CADRE ARTISTIQUE '— OUVRAGES EN TIMBRES-POSTE DÉCORATION DES BOUGIES
- tL arrive souvent que des amateurs ont beaucoup de peine à trouver des cadres répondant à leurs goûts artistiques et dont le prix ne soit pas trop élevé. Nous allons leur indiquer le moyen de se fabriquer eux-mêmes des cadres charmants, qu’il leur sera loisible d’ornementer à leur gré, selon leur goût et leur fantaisie.
- Il faut d’abord quatre planches ordinaires, en bois blanc, non raboté, que l’on fait clouer ensemble après avoir eu soin de faire pratiquer intérieurement les coupures ou feuillures nécessaires pour pouvoir y emboîter la toile que l’on veut encadrer.
- Puis, l’on prend des branches de fleurs ou de feuilles naturelles que l’on fait passer dans un bain de plâtre fin très étendu d’eau, de façon à ce que les moulures des plantes ne puissent disparaître dans la couche de plâtre.
- (i) Au N. nous ne répéterons plus que les étoiles comprises dans le cercle de perpétuelle apparition sont toujours visibles.
- Une fois bien séchées, l’on cloue avec précaution ces branches sur les planches, du côté non raboté, en leur donnant le mouvement que l’on juge le plus gracieux.
- Puis l’on dore soi-même à l’or adhésif.
- Il est très facile de varier les différents tons d’or et d’obtenir ainsi des effets ravissants.
- ***
- On peut faire des ouvrages bien amusants avec de vieux timbres ayant servi. Certaines personnes en ont tapissé leur chambre, en faisant de véritables mosaïques. On fait aussi des plateaux de table en découpant, à l’aide de vieux timbres-poste, des fleurs, des feuilles, etc., et en les collant sous un verre, puis on remplit les intervalles par une couche de peinture à l’huile d’une couleur choisie, de manière à former une agréable opposition au coloris du sujet. Aujourd’hui nous allons vous donner la possibilité de faire un job vide-poches décoré en timbres-poste.
- Prenez un verre bombé semblable à ceux
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- que les horlogers emploient pour les cadrans de petites pendules. Collez sur la partie convexe des timbres de couleurs variées, la colle doit être posée sur la face du timbre, de manière à ce qu’elle apparaisse du côté concave. Vous faites un dessin symétrique ou un fouillis de couleur à votre goût.
- Le verre entièrement couvert et les timbres dépassant même les bords du verre, vous ébarbez tout ce qui excède, en vous servant d’une lame de couteau ou de canif, en tenant le verre de la main gauche et le canif de l’autre main et en rasant les bords par un mouvement de bas en haut. Tout ce qui dépasse tombera en laissant, une coupe bien nette. Lorsque la colle sera bien sèche, vous enduirez le desssus du vide-poches, c’est-à-dire l’envers des timbres d’une couche de laque brune ou noire, en ayant soin de la conduire avec soin sur les bords du verre de manière à cacher la coupe du verre. Vous
- pourriez aussi employer le vernis japon coloré avec une couleur en poudre, le rouge, par exemple. Le vide-poches sera dès lors terminé.
- ** *
- Décoration des bougies. — Découpez dans un journal illustré de petits sujets, trem-pez-les dans l’esprit de vin (au fond d’une assiette), placez-les sur la bougie en les faisant adhérer par une pression des doigts.
- Enflammez l’esprit de vin avec une allumette, celui-ci brûle sans brûler le papier, attendez une minute et enlevez le papier, la gravure se trouve reproduite sur la bougie.
- Avec le Supplément illustré en couleurs du Petit Journal vous pourrez reproduire des dessins en couleurs du plus joli effet.
- Le journal Y Illustration a déjà publié un procédé pour cette manière de décorer les bougies, mais il est loin de donner d’aussi bons résultats que celui-ci. F. B.
- LES OBJECTIFS A GRAND ANGLE
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- 'I:fe t.S*
- Fig. 82.
- anglais, que l’objectif grand angulaire donne une perspective fausse, et qu’il ne doit être
- l y a quelque temps, un écrivain qui fait autorité en matière de photographie, écrivait, dans un journal
- employé que dans les cas d’absolue nécessité, où on a besoin d’un champ très étendu; et, même dans ce cas, ajoute l’auteur en
- Fig/83.
- question, on ne doit pas compter obtenir un résultat qui mérite le nom'd’image.
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- Un collaborateur des Photographie Scraps s’élève contre cette assertion qu’il cherche à réfuter en avançant quelques preuves à l’appui. 11 montre d’abord que, si la position est fausse, on obtient toujours une image fausse, que l’on prenne un objectif à court ou à long foyer.
- Les deux premières fi-g u r e s le montrent nettement ; elles sont prises toutes deux do la même distance, la première avec un objectif à grand angle, la seconde avec un objectif ordinaire, d’une longueur focale double de celle du premier. Dans les deux cas, les pieds de la personne étaient à 45 centimètres de l’objectif.
- Les deux figures suivantes montrent lequel des deux objectifs donne un résultat qui mérite le mieux le nom d ’ i -
- mage. La première a été faite avec un objectif de 15 centimètres de foyer, la seconde avec un objectif de 30 centimètres. Il est
- bien évident que c’est la première qui donne le meilleur effet, c’est-à-dire celle qui a été obtenue avec le grand angulaire. On peut
- objecter que la seconde est plus vraie, mais il est d’usage de sacrifier quelque peu la vérité pour arriver à l’effet artistique que on désire avant tout.
- L'auteur montre encore par deux exe inities, le rap-
- Fig. 84. port qui doit
- exister entre la lon-
- i gueur focale et le champ embrassé. [Lors-I qu’on emploie des plaques de même format,
- 11 est évident que l’angle est d’autant plus étroit que la longueur focale est plus grande, et inversement ; et il s’ensuit que, plus cette longueur fo-c a 1 e est grande, plus l’image de chaque ob-j e t est grande, et plus les objets éloignés s e nfib lent
- rapprochés.
- La figure 86 a été prise sur une plaque 13 X 18 avec un objectif de 12 centimètres 5
- Fig. 85.
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- de longueur focale. Le cadre tracé à l’intérieur montre la partie de l'image qui aurait été embrassée par un objectif de 22 centimètres 5, avec la même grandeur de plaque et à la même distance. La même vue, prise avec un objectif de 27 centimètres h de longueur focale, se préson t e r a i t comme le montre la ügure 87.
- On voit donc que, iiitell i gein -mont employé, l’objectif à grand angle peut rendre i de grands services. Si l’on veut atténuer la I Perspective dans les cas 0,1 ü tend ià ^exagérer, il s 11 f fi t de
- n’utiliser
- fiu'une par-t i c cl u champ, et de faire, par
- exemple,
- des clichés
- X 18 avec ^objectif qui couvre nor-m a 1 e m e n I 'dX M. Dans tous les cas,
- 11 faut tenir
- rcnce à l’objectif à long foyer ; au contraire, pour des édifices, des groupes, etc., l’objectif à grand angle conviendra beaucoup
- mieux. Lorsqu’on doit prévoir les deux cas, il est difficile qu’un seul objectif donne satisfaction ; il faut en avoir a u moins tiois, defo-yers différents, afin de pouvoir opérer de divers points. F. D.
- Nouvelle méthode pour photographier les fleurs. — Prenez un vieux trépied, faites faire un triangle en bois aux
- angles duquel vous attachez les trois pieds ; faites au milieu du tri-an g 1 e un trou assez grand pour laisser passer l’objectif ; sur le sol, vous placez un morceau de papier coloré qui servira de fond, puis à 30 ou 40«n.
- CoinPte des
- circonstan- Fl=
- Ces pour
- taire choix d’un objectif. Dans les cas où le Paysage comporte des vues éloignées, des Montagnes, etc., on doit donner la préfé-
- plus haut, placez une glace sur
- laquelle vous arrangez à votre goût, sans les attacher, les fleurs à photographier, et vous leur donnez toutes les formes désirables :
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- mettez au point du haut, employez des posez largement et développez avec goût et glaces orthochromatiques et un écran jaune ; art. (Photographie News).
- CHOSES VULGAIRES QUE L’ON IGNORE
- LES USTENSILES DE TABLE
- ombien de personnes, en se mettant à table, ignorent ou ne savent que très vaguement que la manière de prendre les repas n’a pas toujours été celle du temps actuel, et que les ustensiles de table sont, pour le plus grand nombre, d’usage assez récent. Nous allons donc traiter brièvement ce sujet en parlant successivement de tous les objets qui constituent de nos jours, le confort d’une table bien servie.
- Parlons d’abord de la table. Tout le monde sait que les Romains prenaient leurs repas, couchés sur des lits très bas qui rappelaient un peu ce que nous nommons un sopha.
- Quand nous disons qu’ils étaient couchés, le mot n’est pas très juste, car des coussins leur permettaient de changer fréquemment de position ; et cela se comprend, car il eût été bien difficile de se livrer aux plaisirs de la table, en occupant constamment la position horizontale.
- Lorsque la Gaule fut conquise par les Romains, leurs habitudes s’introduisirent dans les provinces occupées par eux, et ce ne fut que vers le temps de Charlemagne que l’on vit les convives s’asseoir sur des coussins autour d’escabeaux pour prendre leurs repas. Ces coussins et ces escabeaux étaient,chez les grands, d’une recherche relative de décoration.
- La table n’apparait que plus tard, en plein moyen âge, accompagnée de bancs à dossiers que l’on dressait tout autour. Nous ne voyons pas que dans le principe la table ait été recouverte d’une nappe, les serviettes étaient également inconnues.
- Les premières dont il est fait mention furent fabriquées à Reims, et. offertes à Charles VII au moment où il s’y fit sacrer, grâce à Jeanne d’Arc. Elles ne devinrent assez communes que sous Charles Quint et François 1er.
- Les Grecs et les Romains connaissaient les assiettes, ou plutôt une sorte d’écuelle;et cependant, durant une partie du Moyen âge, on se servait surtout de tranches de pain coupées en rond qui en tenaient lieu. On
- parle encore de cette pratique dans le cérémonial du sacre de Louis XII, au commencement du XVIe siècle. Après le repas on donnait ce pain au pauvres.
- La cuiller ou cuillère doit remonter à une époque très ancienne, car s’il est toujours possible de manger un aliment solide avec les doigts, ce qui était de très ancienne et très naturelle pratique, il n’en est pas de même d’un aliment liquide, ou en partie solide ; et il n’est pas probable que le fameux brouet lacédémonien était consommé autrement qu’avec une façon de cuiller. Du reste, on en a trouvé à Pompéï et dans plusieurs fouilles, notamment dans le fameux trésor d’Hildesheim. Dans une antiquité beaucoup plus reculée, l’Egypte, au XVIIe siècle avant l’ère chrétienne, employait des cuillers pour délayer certaines poudres dans les breuvages. Ces cuillers, dont il existe un assez grand nombre, sont remarquables par une ornementation généralement très fine et très riche. Notre Musée du Louvre en possède plusieurs.
- En France, l’usage des cuillers ne fut généralement adopté que vers la fin du XIVe siècle, mais, il en est question dans le testament de Saint-Remi, archevêque de Reims, qui baptisa Clovis, en 496.
- L’usage du couteau est fort ancien et les premiers que l’on connaisse étaient en pierre dure. Hérodote rapporte que les couteaux dont se servaient les chirurgiens égyptiens étaient également en pierre. Cependant l’emploi du couteau, comme ustensile de table, ne remonte pas chez nous à une époque fort ancienne. Rien qu’il y eut, au Xe siècle, à Beauvais, une coutellerie renommée, il ne parait pas que le couteau fut beaucoup employé sur les tables.
- A cette époque, et pendant bien longtemps» la lame était fixe et enfermée dans une gaine. Il n’y a pas deux siècles que les couteaux fermants sont devenus d’un usage courant, les tables n’en étaient pas munies et chacun apportait le sien. Cette habitude a même été conservée, de nos jours, dans quelques p10'
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- LA SCIENCE EN FAWILLE
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- vinces recalées, par des vieillards, qui, lorsqu’ils vont diner hors de chez eux, tirent leur couteau de leur poche, et s’en servent bravement pendant tout le cours du repas. Ce sont évidemment des exceptions qui tendent tous
- les jours à disparaître, cependant elles sont un indice de la rareté du couteau, il n’y a pas longtemps encore, sur les tables des personnes appartenant aux classes inférieures.
- (A suivre.) A. G.
- MATHÉMATIQUES
- LES NOMBRES CURIEUX — LES FRACTIONS 1/7, 1/17, ETC., ETC.
- wà
- si l’on divise l’unité par sept, on obtient au quotient une fraction périodique simple :
- 1/7 = 0,142857.142857,142857.... à l’infini.
- Si nous appelons n le dénominateur de la fraction, nous dirons que la période est composé de n — 1 chiffres.
- Dans le cas ci-dessus, la période est de 7 — 1 = 6 chiffres.
- Toutes les fractions périodiques simples, dont la période est composée de w — 1 chiffres, sont curieuses.
- 1
- En multipliant la fraction— par 1.2.3...
- n — 1, on obtient toujours des produits composés des mêmes chiffres.
- Ainsi :
- 1/7 0,142 857..
- 2/7 0,285 714 ...
- 3/7 0,428 571...
- 4/7 0,571 428..
- 5/7 0,714 285...
- 6/7 0,857 142...
- En examinant les six fractions ci-dessus,
- on remarque :
- Que la deuxième commence par le troisième chiffre de la première, mais les six chiffres sont les mêmes ;
- Que la troisième commence par le deuxième chiffre de la première, mais les six chiffres sont les mêmes.
- Etc., etc., etc.
- Si nous placions les six chiffres ci-dessus sur la circonférence d’un cercle, nous représenterions d’un seul coup les fractions 1/7 2/7 3/7 4/7 5/7 et 6/7 Il suffit de lire
- 1
- 7
- 5
- 8
- 4
- 2
- 1/7 en commençant par 1
- 2/7 — 2
- 3/7 - 4
- 4/7 — 5
- 5/7 - 7
- 6/7 — 8
- Tordre est croissant, ce qui s’explique d’ailleurs naturellement.
- Cette propriété des fractions périodiques simples, dont la période est composée de n — 1 chiffres, permet d’exécuter différents petits tours :
- On donne le nombre 428571, par exemple (3/7), et Ton dit à une personne d’y ajouter ou. de retrancher le nombre qui lui plaira, mais à la condition pourtant que le nombre ajouté ou retranché sera positif et que le résultat des. opérations (la somme et la différence) donnera deux nombres composés des six mêmes chiffres que le nombre donné.
- Pour ceux qui ne sont pas prévenus, la chose est assez difficile, mais quand on connaît les propriétés du nombre 0,428571 (3/7), on voit qu’en retranchant ou en ajoutant un ou deux septièmes, on obtient le résultat demandé.
- En effet :
- 428 571 428 571
- plus 142 857 ou plus 285 714
- Somme 571 428 Somme 714 285 428 571 428 571
- moins 142 857 moins 285 714
- Différence 285 714 Différence 142 857
- Les sommes et différences sont bien com-
- posées des mêmes chiffres que le nombre donné.
- Parmi les 100 premiers nombres, il n’y a que les neuf nombres premiers suivants :
- 7, 17, 19, 23. 29, 47, 59, 61 et 97 qui donnent la période complète, c’est-à-dire une période composée de n — 1 chiffres, on peut donc, pour faire le petit tour indiqué ci-dessus, se servir indistinctement de la fraction décimale obtenue en divisant 1.2.3...
- n — 1 par l’un de ces neuf nombres, mais il n’y a guère que le premier qui soit pratique, car le deuxième est déjà composé de n — 1
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- ou 17 — 1 16 chiffres, ce qui complique
- trop la récréation :
- 1/17 0,058.823.529.411.764.7 période de 16 chiffres
- 2/17 0,117.647.058.823.529.4 —
- 1/19 0,052.631.578.947.368.421 période de 18chiffres
- 2/19 0,105.263.157.894.736.842 -
- Etc., etc.
- A. Huber.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- Calcul amusant. — Il y a en moyenne sur notre globe 36 millions de naissances par an, soit à peu près une par seconde! Si l’on plaçait tous les berceaux bout à bout, on arriverait à une longueur égale au tour de la terre ; et si l’on faisait défiler toutes les mamans avec leurs bambins, à raison de 20 par minutes, les derniers enfants qui passeraient auraient plus do 4 ans.
- *
- * *
- Ballon captif. — Les ateliers aéronautiques de M. Lachambre, à Vaugirard, vont être prochainement en pleine activité pour la construction d’un aérostat captif destiné à l’exposition de Chicago. Nos usines parisiennes conservent le monopole de la confection des ballons. Des expériences intéressantes ont eu lieu récemment dans les terrains annexes des ateliers de M. Lachambre. M. Armand Lecompagnon a fait fonctionner un modèle de ballon dirigeable genre ortho-ptère, qu’il a actionné à l’état actif, le moteur électrique restant à terre et animant le propulseur fixé à l’aérostat.
- On a pu faire un certain nombre d’observations intéressantes.
- ** *
- L’eau plus chère que le combustible. —
- A Balakany, près de Bakou, centre de l’industrie du pétrole en Russie, on observe actuellement ce fait anormal en apparence, que l’eau employée dans les chaudières de certains établissements industriels est payée à un prix plus élevé que le combustible servant à sa vaporisation.
- En principe, l’eau est détestable et coûte un prix excessif, plus de deux francs le mètre cube, tandis qu’une tonne d'aslatki, résidu de la distillation du pétrole brut, qui constitue naturellement le seul combustible employé dans le pays, se vend à un prix correspondant à moins de un franc la tonne de charbon.
- Les plus grands navires du monde. —
- Il existe en ce moment, dans les diverses marines du monde, 35 vapeurs jaugeant de 3000 à 3500 tonneaux, brut ; 189 de 3500 à 4000 ; et enfin 236 jaugeant plus de 4000 tonneaux.
- Parmi ces derniers, on en compte 15 de 6000 à 7000 tonneaux ; 8 de 7000 à 8000 ; 6 de 8000 à 9000 ; 2 de 9000 à 10000 et 2 de 10000 à 11000 tonneaux.
- Ces quatre derniers grands bateaux, les plus grands du monde sont anglais : ce sont le City of Paris et le City of New-York, jaugeant tous les deux 10499 tonneaux, et les steamers Majestie et Teutonie qui mesurent respectivement 9861 et 9686 tonneaux. Viennent ensuite un paquebot allemand, le Fürst Bismarck avec 8874 tonneaux, un vaisseau français, la Touraine qui jauge 8863 tonneaux, et enfin les steamers Nor-mannia, City of Rome, Umbria, Etruria, Augusta Victoria, Colombia, la Bourgogne, la Gascogne, etc., qui naviguent sous pavillons français, allemands ou anglais.
- Le plus grand navire à voiles du monde est le cinq mâts-barque France qui jauge 3,445 tonnes nettes et porte 6,100 tonnes en lourd. Il appartient à la maison Ant. Dotn. Bordes et fils, de Paris, maison qui possède les plus grands voiliers français.
- ***
- Application de l’électricité à l’Art céramique. — L’électricité, venant au secours de la céramique, a permis de retrouver le secret de ces belles et vibrantes colorations rouge cuivre enflammé, dont l’art ancien des Chinois revêtait les élégants produits de leur fabrique de porcelaine. Jusqu’à la découverte du nouveau procédé, les prix des objets atteignaient des hauteurs inaccescibles aux amateurs qui ne connaissent les millions que par ouï dire.
- Les vases sont peints avant la cuissson, et
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- LA SCIENCE ÈN FAMILLE
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- ensuite portés dans un poêle à vapeur, où s’accomplit l’oxydation, qui fournit à cette porcelaine son ton de flamme particulier. Sur la décoration est ensuite déposée une couche d’argent par voie galvanique, et l’objet est soumis à une chaleur convenable pour acquérir la dureté, le brillant et la vivacité résultant du jeu des couleurs. Le ciseleur et le graveur achèvent l’œuvre. Dans ce nouveau genre de poterie, il y a union intime entre l’argent et la porcelaine.
- Les applications électriques).
- ***
- Vitesse vertigineuse en Amérique. — Un
- journal de New-York raconte qu’une compagnie de chemins de fer vient de se signaler tout récemment par un considérable effort de vitesse. Elle a mis en route en effet, il y a seulement quelques jours, un train composé d’une machine pesant 100 tonnes et de trois wagons réservés pesant 130 tonnes, dans lesquels se trouvaient M. Wibb, vice-président de la Compagnie, él ses invités.
- Le train a accompli le trajet de New-York à Est-Buffalo, qui est de sept cent trois kilomètres, en quatre cent quarante minutes, y compris trois arrêts, représentant un total de quinze minutes.
- Sept cent trois kilomètres en quatre cent quarante minutes, cela fait bien près de cent kilomètres à l’heure.
- #**
- Une machine à vapeur en miniature. —
- M. Thos. Ticknor, de Parkhill, Ont., a réussi, après cinq années de travail, à fabriquer une machine à vapeur tellement petite qu’on peut la couvrir avec la douille d’une cartouche. Elle est, paraît-il, munie de tous les détails, et fonctionne avec la perfection d’une grande machine.
- En voici les principales dimensions :
- Diamètre du cylindre. 1/2 millimètre.
- Course du piston . . 0 ra/m, 8.
- Nombre de tours par minute......... 1760.
- Puissance .... 1/1290 de cheval.
- Poids......0 gr., 03.
- (Invention).
- ***
- Forge électrique. — Nous reproduisons, d’après le Mechanical World, l’ensemble des dispositions adoptées par l’Electrical
- Forging Company, de Boston. Le procédé de forgeage exploité par cette compagnie a été imaginé par M. G. D. Burton. Le générateur d’électricité est une machine à courants alternatifs,qui, de même que son excitatrice, est mise en mouvement par un moteur électrique branché sur le réseau de l’Edison Illumi-nating Company. La machine développe 24 ampères et 1,500 volts, et le courant est envoyé dans un transformateur qui fournit 5 à 8000 ampères et 5 volts. Ce courant énorme est envoyé par trois jeux de forts conducteurs, à des électrodes munies d’emboîtements spéciaux, ajustables automatiquement, et entre lesquels réchauffement se produit. Ces électrodes sont placées dans le voisinage des machines à forger, où la pièce est portée aussitôt qu’elle est chaude. On peut, avec ce transformateur, travailler des pièces d’acier de 30 m/m. rondes ou carrées, et quatre barres de cette dimension peuvent être chauffées en même temps.
- Un second transformateur, pour de plus gros travaux, fournit 2, 5 volts et 8 à 12,000 ampères. Il suffit pour chauffer à la température de forge une barre carrée de 37m/ni de côté de 50 cm. de long, en 5 minutes, avec une puissance de 42 chevaux.
- ** *
- La production vinicole. — D’après le bilan qui vient d’être dressé par le Ministre de l’agriculture, sur la production vinicole en France et à l’étranger, il résulte que l’Italie, la Hongrie, le Portugal, l’Espagne voient d’année en année diminuer leur production de vins, tandis que la France est revenue à une période d’augmentation de ces produits.
- La France consomme annuellement 50 millions d’hectolitres de vin : elle tient la tète des pays de production avec 30 millions d’hectolitres ; mais si elle suit la même progression, d’ici quelques années, sa production dépassera ses besoins.
- Voici la production annuelle des principaux pays exprimée en millions d’hectolitres : France, 30; Algérie, 3; Italie, 25; Espagne, 20; Portugal, 3; Hongrie, 6 ; Allemagne, 3,Russie, 3; Turquie et Chypre, 2,5; Serbie,â;Grèce 1, 5;Roumanie, 1, 5; Chili,1; Cap de Bonne-Espérance, 1 dixième ; Australie, 1 dixième; Açores, Canaries, Madère, 1 sixième.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- La France compte environ 2 millions d’hectares plantés en vignes ; en Algérie, il y en a 100,000 hectares.
- Nous disions en commençant que notre pays était en voie de progression dans la production du vin ; les départements qui viennent au premier rang dans cette oeuvre de reconstitution de nos vignobles sont : l’Hérault, l’Aude, le Gard, la Gironde, les Pyrénées Orientales et le Var.
- ***
- L© wagon-salon d’un rajah indien. —
- Une maison anglaise est en train de construire un véritable palais sur roues, composé de trois wagons et destiné à un souverain indien.
- On va dépenser mille francs par voiture, exclusivement pour le bois, qui sera du bois de teck, le seul qui résiste aux ravages des insectes. L’ensemble du palais doit contenir des appartements de jour et de nuit pour le rajah et les personnes de sa suite : il y a en outre un quartier séparé pour la cuisine, où l’on peut emporter deux tonnes d’eau et deux tonnes de glace. Les décorations des voitures sont magnifiques, avec panneaux garnis de glaces, dont l’une notamment coûte mille francs ; le prix de chaque wagon sera d’environ soixante-quinze mille francs. L’éclai-
- LA SCIENCE
- Le sable comme extincteur. — On sait que le sable sec est une des meilleures substances que l’on puisse employer pour éteindre un commencement d’incendie de pétrole ou d’essence, et, dans diverses usines où ces combustibles sont employés, on a disposé à plusieurs endroits des seaux remplis de sable. Dans les maisons d’habitation, on pourrait avec avantage remplir de sable les vases employés pour l’ornementation. On les aurait toujours sous la main, en cas de besoin. Un autre avantage résulterait de ce que le sable lesterait ces vases, et les rendrait moins faciles à renverser et, par suite, à casser.
- (Invenùon).
- ** *
- Gravure économique sur acier. — Tout
- rage sera complètement assuré par l’électricité au moyen de batteries d’accumulateurs chargés avant le départ du train.
- ***
- La puissance do l’annonce. — Scholl, dans les Annales politiques, raconte une histoire qui prouve quelle est l’influence des annonces sur le public.
- — Je connais, dit-il, un monsieur qui est abonné à un journal quotidien. Vous me demanderez quelle est son idée... Je n’en sais rien !
- Un matin, en ouvrant son journal, la première chose qui lui tomba sous les yeux fut l’annonce suivante :
- « A Vendre un cheval borgne, s’attelant difficilement, mais impossible à la selle.
- « S’adresser rue..., n°... »
- — Sont-ils bêtes 1 s’écria-t-il, qui est-ce qui va lui acheter cela !
- Le lendemain, il retrouva les quatre lignes à leur place : »
- « A Vendre un cheval borgne, etc. »
- Le troisième jour il se dit en déchirant la bande : Voyons si le cheval est vendu.
- L’annonce persistait.
- — Dieu ! que cet animal me crispe, s’écria-t-il, il faut que j’aille le voir !
- Et il Tacheta.
- PRATIQUE
- le monde possède aujourd’hui des timbres en caoutchouc : voici le moyen de s’en servir pour graver des plaques.
- Achetez pour 10 ou 15 centimes, chez un quincaillier, une bande d’acier pour ressort, de la largeur que vous voulez pour votre plaque. Ces ressorts sont bleu foncé.
- Imbibez un chiffon de drap dans une solution de 1/10 d’acide sulfurique et 9/10 d’eau.
- Appuyez votre timbre caoutchouc sur ce drap, puis sur la plaque d’acier.
- Chauffez de suite la plaque devant un feu ou sur une bougie pour évaporer la solution acide, afin qu’il ne se produise pas d’écartement des lettres.
- Les lettres se détacheront blanches sur fond bleu et elles se conservent indéfiniment ; si elles devaient être exposées àThU-
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- midité, il faudrait y passer une couche de vernis copal. F. B.
- ** *
- L’odeur des cages d’oiseaux. — Pour faire disparaître cette odeur souvent désagréable, on répand sur le fond de la cage, principalement aux endroits occupés par la fontaine et par la baignoire une couche de sulfate de chaux. On recouvre celle-ci d’un peu de sable. Ce procédé, appliqué aux poulaillers et aux colombiers, a d’autant plus d’intérêt qu’il augmente la valeur fertilisante des fumiers que l’on retire. On remarquera aussi que c’est l’application en petit du procédé recommandé aux cultivateurs pour les fumiers de ferme, afin d’empêcher la déperdition dans l’atmosphère, sous forme de gaz, des éléments fertilisants.
- (Nature).
- ** *
- Pour aiguiser les lames de couteau. —
- On les place une demi-heure dans de l’eau à laquelle on a ajouté une poignée ou deux de sel de cuisine ; puis on les effile sur la pierre ou l’acier. Ce traitement améliore les mauvaises lames et n’a jamais nui aux bonnes.
- Dans certaines contrées de France, les faucheurs trempent de la sorte leur faulx dans de l’eau salée pendant leur repas de midi.
- ** *
- Ciment des bijoutiers. — Faites dissoudre à l’aide d’une douce chaleur, dans la plus petite quantité d’alcool possible, de la bonne colle de poisson préalablement ramollie par l’eau. Prenez 60 grammes de la dissolution et ajoutez-y d’abord 5 décigrammes de gomme ammoniaque, puis 2 grammes de résine-mastic dissoute dans 13 grammes d’alcool fort. Mêlez et conservez bien bouché. Ce ciment porte également les noms de ciment arménien, ciment chinois, ciment turc, tinent diamant. Les joailliers orientaux s’en ®ervent pour fixer les pierres fines sur les
- RÉCRÉATIONS
- Effet rétrograde. — Il vous est certainement arrivé de voir faire ou de faire vous-même la petite expérience suivante.
- vases et autres objets du môme genre. On en fait aussi usage pour coller la porcelaine, le verre, etc. Quand on veut l’employer, il faut le ramollir au bain-marie.
- (Cosmos),
- ** *
- Un dissolvant de la rouille. — Il est souvent très difficile, et parfois impossible, d’enlever la rouille qui recouvre certains objets de fer. Le nettoyage des pièces les plus chargées s’obtient avec facilité par leur immersion dans une solution à peu près saturée de chlorure d’étain ; la durée de leur séjour dans le bain est en raison de l’épaisseur de la couche d’oxyde ; en général, il suffit de 12 à 24 heures. La solution ne doit pas contenir un grand excès d’acide, sinon le fer lui-même est attaqué.
- Au sortir du bain, les objets sont rincés à l’eau d’abord, puis à l’ammoniaque, et rapidement séchés. Les pièces ainsi traitées ont l’apparence de l’argent mat ; un simple polissage leur rend l’aspect normal.
- ***
- Poudre pour nettoyer l’argenterie.
- Alun ...... 1 partie.
- Crème de tartre . . 2 —
- Blanc d’Espagne. . 2 —
- Ces substances doivent être parfaitement
- pulvérisées et bien mélangées. — On conserve dans une boîte bien fermée.
- Pour employer cette poudre, on la délaie dans très peu d’eau ; on frotte l’argenterie avec un linge fin. Les couverts sont ensuite lavés à l’eau pure et essuyés avec soin.
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- Colle de Brumata.
- Poix blanche .. 500 parties.
- Huile de navette .... .. 320 -
- Graisse de porc ... 350 —
- Miel purifié .. 50 —
- Dans une poêle en fer, sur un feu clair, on fond la poix avec la graisse de porc en remuant toujours, ensuite on ajoute l’huile de navette et, pour finir, le miel.
- SCIENTIFIQUES
- Si vous placez une bille sur le tapis d’un billard et que vous la frappiez sur le côté et avec le tranchant de la main d’un coup per-
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- pendiculaire à la table de billard, vous voyez cette bille avancer quelques centimètres du côté où doit la porter le coup, puis rétrograder soudain, comme si elle venait de rencontrer quelque obstacle, et rouler dans la direction opposée.
- Cet effet n’est point contraire au principe de mécanisme si connu, savoir, qu’un corps, mis une fois en mouvement dans une direction, continue de s’y mouvoir tant qu’aucune cause étrangère ne l’en détourne; car, dans le cas proposé, voici comment se passent les choses.
- Le coup imprimé, comme on vient de le dire, à la bille, lui . ^
- donne deux mou- Z’i..qfwx,
- vements : un de ro-talion autour de son centre et un Fig. 88.
- autre direct, — Le jeu. de la pêche
- Il reste à confectionner les lignes : c’est bien simple, etde minces baguettes, des porte-plumes au besoin,portant à leur extrémité
- un fil auquel est
- par
- lequel son centre se meut parallèlement au tapis, dans la direction du coup. Ce dernier
- attaché un bout d’aiguille cassée et aimantée à l’aide d’un petit aimant, feront suffisam-mentl’affaire.
- Vous placez les poissons dans une assiette, au milieu d’une table, et chaque joueur, ar-mé.jde sa ligne, se dispose à engager la partie (fig. 8'J).
- Il s’agit, comme on l’a déjà compris, de lever chacun des poissons au moyen de l’aiguille aimantée, se fixant au fil de 1er
- Fig. 89.
- de la tête, et le « pêcheur » qui en a © pris le plus est le gagnant de la partie. \ Ce jeu est très amusant et exige i une certaine dextérité. F. B.
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- Les aiguilles magiques. — Prenez cinq aiguilles à coudre dans le chas desquelles vous enfilez cinq fils très
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, n8, rue d’Assas. La Fère. — Imprimerie Bayen, rue Neigre.
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- LES ANIMAUX DISPARUS
- LE DRONTE OU DODO
- e Dronte constitue une des plus singulières productions de la nature; malheureusement, on n’en connaît plus aucun représentant sur toute la surface du globe. Le passage du Dronte sur
- où les matelots de passage se faisaient un plaisir de le détruire, même à coups de bâton, tellement ses formes lourdes le rendaient impuissant à se défendre par la fuite. Le dessinateur a cherché à rendre sur notre
- LA SCIENCE EN FAMILLE
- la terre n’a pour ainsi dire été qu’entrevu ; Peu d’années après sa découverte, il a complètement disparu et les très rares fragments que nous avons conservés de cet animal remontent à deux siècles et demi.
- Cet oiseau étrange et disgracieux fut observé vers la fin du xvie siècle à l’île Maurice, ^ la Itéunion et dans les terres avoisinantes
- gravure (fig. 91J, l’aspect général du Dronte aussi exactement qu’il est possible de le faire, étant donnée l’incertitude des renseignements relatifs à la constitution de cet étrange animal.
- Si les naturalistes ne s’accordent pas sur la place qui doit lui être assignée dans la classification, tous s’entendent néanmoins à
- Fig. 91. — Le Dronte ou Dodo (Didus ineptus).
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- en faire une description peu avantageuse, et à le donner comme un oiseau bizarre, aux formes lourdes et disgracieuses.
- Voici ce qu’en a écrit Buffon :
- « On regarde communément la légèreté comme un attribut propre aux oiseaux ; mais si on voulait en faire un caractère essentiel, le Dronte n’aurait aucun titre pour y être admis, car loin d’annoncer la légèreté par ses proportions ou par ses mouvements, il paraît fait exprès pour nous donner l’idée du plus lourd des êtres organisés. La grosseur, qui dans les animaux suppose la force, ne produit ici que la pesanteur. L’autruche et le casoar ne sont pas plus en état de voler que le Dronte ; mais, du moins, ils sont très vites à la course, au lieu que le Dronte parait accablé de son propre poids et avoir à peine la force de se traîner; il est dans les oiseaux ce que le paresseux est dans les quadrupèdes. On dirait que le Dronte est composé d’une matière brute, - inactive, où les molécules vivantes ont été épargnées. Il a des ailes, mais ces ailes sont trop faibles ou trop courtes pour l’élever dans les airs. Il a une queue, mais cette queue est disproportionnée et hors de place. On le prendrait pour une tortue qui se serait affublée de la dépouille d’un oiseau, et la nature, en lui accordant ces ornements inutiles, semble avoir voulu ajouter l’embarras à la pesanteur, la gaucherie des mouvements à l’inertie de la masse, et rendre sa lourde épaisseur encore plus choquante, en faisant souvenir qu’il est oiseau. »
- Les ailes du Dronte étaient représentées par deux touffes de plumes jaunâtres, tandis que cinq plumes à barbes désunies et crépues, tirant également sur le jaune, tenaient lieu de queue. Son gros corps tout rond, recouvert de plumes grises et molles, était soutenu par deux pieds longs d’une dizaine de centimètres et si massifs qu’on aurait dit deux gros piliers. Les quatre doigts, dont trois en avant et un en arrière, étaient tous séparés. Le'Dronte adulte devait peser de 20 à 30 kilos. Son cou large et court supportait une tête armée d’un bec monumental. Cette tête était couverte en partie d’une peau blanchâtre, en partie d’un bourrelet de plumes noires formant une sorte de capuchon. C’est ce bourrelet qui a fait donner à
- l’oiseau par quelques naturalistes le nom de cygne à capuchon. Le bec était muni de deux mandibules concaves renflées à leur bout et ressemblant à deux cuillers s’appliquant l’une sur l’autre. L’ouverture de ce bec, de couleur blanc-bleuâtre, se prolongeait bien au delà des yeux, deux gros yeux noirs entourés d’un cercle blanc. Les narines s’ouvraient vers le milieu du bec et depuis là jusqu’à la pointe, le bec avait une teinte jaune-verdâtre et noirâtre en dessous. On pense que le Dronte était granivoire. Il ressemble aux vautours par le sternum et le bassin, mais sous d’autres rapports et surtout sous celui des pattes, il se rapproche beaucoup des colombides. M. Owen l’a considéré comme un pigeon marcheur. D’après M. Radau, il faudrait ranger le Dronte à côté des colombides, mais dans une division particulière de la même valeur.
- Nous avons dit plus haut que les Drontes avaient disparu peu d’années après leur découverte. En 1598, les marins hollandais qui se trouvaient sous les ordres de l’amiral Wybrand de Warwich ayant été jetés sur la côte de l’île Maurice trouvèrent dans l’intérieur un très grand nombre de ces oiseaux et se virent dans la nécessité de les tuer pour les manger, bien que leur chair exhalât une odeur peu agréable et eût un très mauvais goût. Ces oiseaux ne pouvant voler et marchant péniblement, se laissèrent massacrer sans résistance. Il paraît que ce massacre fut funeste à l’espèce, car quelques années après on constatait que le nombre des Drontes dans l’île avait diminué considérablement; enfin c’est en 1681 qu’on mentionne pour la dernière fois leur existence. Au siècle dernier, les habitants de l’île ne conservaient déjà plus aucune tradition relative à cet oiseau. Si peu armé pour la lutte pour l’existence, le Dronte a péri jusqu’au dernier individu, à moins qu’il n’en existe encore peut-être dans quelques îles peu connues où il aurait trouvé des conditions d’existence plus propices et où l’homme n’aurait pu réussir à le découvrir jusqu’ici-
- Le Dronte avait reçu des Hollandais les noms de dodaerts et de toalg-vogel (oiseau de dégoût) ; les Portugais l’ont appelé dodo.
- Pour le moment, les restes que nous en
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- avons se bornent à une tête et deux pattes conservées dans une collection d'Oxford et au British Muséum de Londres, à un bec qui se voit au musée de Prague et à quelques ossements dont un certain nombre ont été rapportés de l’île de la Réunion, il y a quelques
- années, par M. Ch. Coquerel. Les fragments conservés en Angleterre proviennent, à ce qu’il paraît, d’un Dronte qu’on montrait vivant à Londres en 1638. Quelques musées possèdent aussi de vieilles peintures de Dronte exécutées par des artistes hollandais.
- LES FALSIFICATIONS DES DENRÉES ALIMENTAIRES
- MOYENS SIMPLES ET FACILES POUR LES METTRE SOI-MÊME EN ÉVIDENCE (suite)
- VIII. — Falsifications du vinaigre et des conserves.
- inaigre. — Pas plus que l’huile, le vinaigre n’a échappé à la sagacité des falsificateurs.
- La fraude la plus commune consiste sans aucun doute à livrer au consommateur sous le nom de vinaigre de vin, du vinaigre obtenu par la distillation du bois.
- Un essai très simple permettra de reconnaître ces derniers : ils exhalent une forte odeur goudronneuse lorsqu’on en verse un peu dans le creux de la main et qu’on frotte avec la paume de l’autre main.
- Le bon vinaigre de vin demande 7 grammes de carbonate de soude pour 100 grammes de liquide, pour être saturé, c’est à dire pour perdre son odeur d’acide acétique. Ainsi saturé, il conserve une odeur particulière qui rappelle un tant soit peu son origine vineuse. D’après cela, il va sans dire que si le .vinaigre est falsifié par addition d’eau, ce qui arrive assez fréquemment, il faudra moins de 7 grammes de carbonate de soude pour le saturer.
- Cependant pour que ce dernier essai ait une réelle valeur, il faut s’assurer au préalable que le vinaigre n’a pas été falsifié par l’adjonction d’autres acides pour en remonter la force. Le moyen le plus simple pour reconnaître cette fraude consiste à délayer 0 gr. 50 d’amidon dans le vinaigre, puis à faire bouillir pendant vingt minutes. Après refroidissement, on ajoute une goutte de teinture d’iode. Si le liquide présente une teinte bleue, c’est qu’il ne renferme pas d’acides minéraux étrangers ; si, au contraire, il ne bleuit pas, on pourra être assuré que le vinai-
- gre a été additionné d’acide sulfurique, azotique ou chlorhydrique.
- Veut-on maintenant être fixé sur la nature exacte de l’acide minéral qui a servi à la falsification ? Voici la manière de procéder.
- Soupçonne-t-on l’acide azotique ou nitrique : on chauffe un peu de vinaigre avec un égal volume d’acide sulfurique en mettant dans la capsule un fragment de tournure de cuivre. S’il y a dégagement de vapeurs nitreuses rouges et odorantes, c’est que le vinaigre contient de l’acide azotique.
- Pour reconnaître l’addition d’acide suf-furique ou huile de vitriol, falsification dangereuse, mais assez commune, on pourra avoir recours au procédé suivant qui est très sensible et indique la présence certaine, ne fût-ce que de 1/100, de cet acide :
- Dans un tube à essai, on verse le vinaigre suspecté, puis on y ajoute une dissolution aussi concentrée que possible de chlorure de calcium, et l’on chauffe à l’ébullition. Si après le refroidissement la liqueur se trouble, ou s’il se forme un précipité de sulfate de chaux, c’est que le vinaigre essayé renferme de l’acide sulfurique libre.
- L’acide chlorhydrique est un peu plus difficile à déceler, non pas que les manipulations soient plus délicates, mais parce qu’il faut distiller le liquide ; il suffit d’employer dans ce but une simple cornue en verre dont le col plonge dans un ballon immergé dans l’eau froide, soit encore un petit alambic de Salleron ou de tout autre constructeur. On distille donc 100 cc. de vinaigre et dans le liquide condensé on verse de l’azotate d’argent. L’apparition d’un précipité blanc ne disparaissant pas lorsqu’on ajoute de l’eau révèle la présence de cet acide.
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- La recherche de ces trois acides minéraux s’applique tout aussi bien au vinaigre de bois qu’au vinaigre de vin.
- L’acide tartrique libre sert aussi quelquefois à falsifier le vinaigre. Bien que pour le vinaigre de vin il puisse provenir du vin qui a servi à le préparer, si ce liquide renferme une quantité inaccoutumée d’acide tartrique, cela indique cependant que celui-ci a été introduit frauduleusement dans le vinaigre. Pour découvrir cette falsification, le vinaigre évaporé aux trois quarts dans une capsule en porcelaine, puis refroidi, est versé dans une solution concentrée de chlorure de potassium ; il laisse déposer des cristaux de bitartrate de potasse ou crème de tartre s’il y a fraude. Le dépôt se fait plus facilement si on a soin d’agiter le liquide.
- La question de savoir si un vinaigre a été fabriqué avec de l’eau alcoolisée, de la bière, du cidre, du poiré etc., peut être le plus souvent résolue par l’essai du résidu provenant de l’évaporation du liquide examiné. Le vinaigre de vin donne un extrait qui contient du bitartrate de potasse et qui possède une saveur un peu astringente.
- Le vinaigre de poiré laisse un extrait d’un goût franchement amer et sans bitartrate de potasse.
- Le vinaigre de cidre fournit un extrait qui, dissous dans l’eau, donne un précipité vert jaune avec l’acétate de plomb basique, tandis que l’extrait de vinaigre de vin donne un précipité blanchâtre.
- Conserves. — Les conserves au vinaigre occupent une place très importante dans l’alimentation. Presque tous les légumes peuvent être employés à ces préparations, cependant ce sont les légumes verts, haricots et cornichons qu’on consomme le plus généralement sous cet état.
- Mais cette conservation antiseptique fait perdre aux légumes leur couleur verte et les fabricants ont toujours cherché à remédier à cet inconvénient, qui nuit à l’aspect du produit.
- Le plus souvent ils ajoutent du sulfate de cuivre quoique les arrêtés administratifs proscrivent absolument l’emploi de ce sel vénéneux.
- Si les sels de cuivre sont en assez grande quantité, il suffit d’enfoncer une aiguille dans le cornichon ou le légume et la laisser ainsi vingt-quatre heures ; au bout ce ce temps elle sera recouverte d’une couche de cuivre métallique.
- Si le cuivre a été ajouté en très minimes proportions ce procédé est insuffisant. Il faut alors incinérer une certaine quantité de légumes suspects, puis traiter les cendres par de l’acide azotique étendu, après quoi on évapore à sec dans une capsule en porcelaine.
- Le résidu est traité par un peu d’eau distillée, si on y ajoute alors de l’ammoniaque, on obtient une coloration bleu foncé.
- (A suivre.) Albert LarbaléTrier,
- Professeur de chimie agricole et industrielle.
- FABRICATION DES TONNEAUX EN PAPIER
- ette industrie intéressante, inventée par M. J.-R. Thame, est pratiquée par l’Universal Barrel Company, de Londres, dont les ateliers sont à Boxmoor, Herts.
- Le procédé employé repose sur l’utilisation des déchets, caries matériaux employés sont des déchets de papier, de coton, de cuir, et en général, de n’importe quelle substance fibreuse. Ces matières sont d’abord triées, puis placées dans une machine formée d’un batteur qui tourne dans un réservoir d’eau. Elles sont ainsi réduites en une fine pulpe,
- qui se rend dans un réservoir où se trouve l’appareil qui forme le corps des tonneaux.
- Cet appareil ramasse d’abord la pulpe par un transporteur sans fin, qui laisse échapper l’eau. A la partie supérieure de ce transporteur, et en contact avec lui, sont placés, a une certaine distance l’un de l’autre, les cylindres sur lesquels se forme le corps des tonneaux. Sur ces cylindres sont placées des formes en feuilles métalliques, qui peuvent être agrandies ou rétrécies, et c’est sur ces formes que le transporteur dépose la pulpe-Sous le transporteur, et en regard de chacun
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- des cylindres, se trouve un cylindre presseur qui a pour fonction de comprimer la pulpe au fur et à mesure qu’elle se dépose sur le cylindre supérieur.
- Lorsqu’une épaisseur suffisante de pulpe est déposée sur la forme (ce qui demande en moyenne quatre minutes) on enlève cette forme avec le tonneau, et on les porte au séchage. Cette méthode pour former le corps des tonneaux a été imaginée d’abord en Amérique, où elle a été abandonnée à cause des difficultés qu’on éprouvait pour séparer de la forme, le tonneau nouvellement fabriqué. M. Thame a surmonté cette difficulté en imaginant ses formes contractiles. Le séchoir est chauffé à l’air chaud, qu’un ventilateur fait circuler. Les tonneaux y restent un jour ; après quoi ils sont parfaitement secs et passent à l’atelier de rectification, où les deux bouts sont dressés à la scie, puis finis à la main avec du papier de verre. On les rend alors imperméables en les remplissant d’un mélange chaud de résine et d’huile de résine. On les cerclé ensuite, et ils sont prêts à recevoir les fonds.
- Les fonds sont fabriqués de deux façons différentes. On peut les former d’une feuille de carton obtenue sur un rouleau de bois, de la même façon que le tonneau lui même, le cylindre en papier étant ensuite coupé suivant une génératrice, déroulé à plat puis séché, et découpé finalement en disques circulaires. On peut aussi comprimer la pulpe dans une presse hydraulique, sous une pression de 50 atmosphères, et finir les fonds ainsi obtenus, de la même façon que le reste
- du tonneau. Pour monter les fonds, on commence par fixer dans le tonneau un cercle en bois, à une petite distance du bord, puis le fond est entré et tenu en place par un second cercle placé au-dessus. Les tonneaux sont alors peints et livrés au commerce.
- Les tonneaux dont il vient d’être question sont cylindriques ; mais le procédé permet aussi d’obtenir des tonneaux bombés : c’est pour ces derniers qu’on emploie les fonds comprimés. Pour bomber ces tonneaux, on place le cylindre dans un moule ouvert à sa partie supérieure, et à l’intérieur du cylindre en papier, on introduit un sac en caoutchouc dans lequel on comprime de l’eau. La pression est maintenue jusqu’à ce que le corps du tonneau ait pris la forme du moule ; on le porte ensuite au séchage.
- L’installation actuelle de l’usine est d’une importance relativement faible, puisqu’il n’y a qu’une machine pour former le corps des tonneaux. Elle correspond pourtant à une production de 300 tonneaux par jour. La même usine fabrique en outre du papier comprimé pour divers usages. Cette fabrication est excessivement économique, par le fait qu’il n’y a pas la moindre perte. Tous les déchets sont utilisés à nouveau.
- Les tonneaux ainsi obtenus sont solides, durables, peu coûteux; toutes les parties sont interchangeables; ils peuvent être faits de toute dimension et de tout poids. Cette industrie n’est pas seulement intéressante en tant que procédé de fabrication ; mais encore au point de vue commercial, elle semble appelée à un grand succès. (Iron).
- CHRONIQUE SCIENTIFIQUE ET INDUSTRIELLE
- LE PLATINE ET L’ACIDE SULFURIQUE — SUPPRESSION DE LA FUMÉE
- L’OZONE INDUSTRIEL
- ARGENTURE ET DORURE DE L’ALUMINIUM.
- âPRÈs une hausse considérable, le platine est retombé à un niveau raisonnable quoique supérieur encore à ce qu’il était auparavant. Il y a une trentaine d’années, ce métal servait parfois de plomb de chasse aux nombreux chercheurs û’or qui en trouvaient des grains, en faisant
- le lavage des sables aurifères où on le rencontre généralement. N’étant pas encore demandé sur le marché, il n’avait alors aucun prix. Il doit sa valeur aux nombreuses demandes faites par l’industrie chimique et l’industrie électrique. Actuellement on emploie environ 3,300 kilogrammes de platine
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- par an. Son inattaquabilité par agents chimiques, son point de fusion élevé, sa conductibilité électrique, etc., l’ont rendu utile pour de nombreux emplois. Dans l’industrie chimique, il faut mettre au premier rang son utilisation pour la concentration de l’acide sulfurique. La concentration de cet acide dans des cornues en platine est assez coûteuse, non seulement à cause du prix excessif des appareils de distillation, mais aussi, et surtout, en raison de l’usure de ces derniers. En effet, il se dissout environ 1/2 gramme de platine par tonne d’acide produit. On a cherché à remplacer le platine pur par du platine renfermant 10 % d’iridium, mais cet alliage, très cassant, rendait les appareils trop fragiles et l’on a dû abandonner cette idée.
- M. W. Heracus, à Hanau, après une série d’essais, a revêtu intérieurement ses alambics en platine d’une couche d’or, métal que l’acide sulfurique concentré et bouillant n’attaque pas.
- En représentant par 100 l’attaque du platine pur par l’acide sulfurique, celle du platine iridié ne sera que de 63 et celle de l’or seulement de 13, ce qui est à peine appréciable. Cet habile constructeur avait essayé tout d’abord de revêtir son platine d’une couche d’or déposée électrolytiquement, mais contre toute attente, les résultats ont été négatifs, à cause sans doute de la porosité de la couche d’or. Il a donc recouru au procédé suivant : il verse sur les lingots de platine chauffés à une température supérieure à celle de l’or, l’or, préalablement fondu, en quantité nécessaire à l’épaisseur du revêtement. Au contact des deux métaux, il se forme un alliage qui les soude intimement; et on obtient ensuite par le laminage des plaques ayant un revêtement variant du 1/8 au 1/4 de l’épaisseur totale. Plusieurs appareils construits d’après ce procédé et utilisés pendant un certain laps de temps ont donné des résultats très satisfaisants.
- La couche d’or, après une concentration de 1000 à 2000 tonnes d’acide sulfurique à 93 et 96 %, était encore aussi nette que le jour de la mise en marche et portait encore toutes les marques du martelage. L’augmentation assez forte des frais de premier établissement des alambics en platine-or est largement compensée par la conservation du platine.
- M. le professeur Lunge qui a visité plusieurs appareils en fonction a été satisfait des résultats obtenus; c’est donc un fait acquis.
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- La suppression de la fumée, cette question déjà traitée si souvent et qui intéresse à un si haut degré l’hygiène et la salubrité des grandes villes serait sur le point d’être résolue d’après une communication faite par M. Richardson, président de l’institution des ingénieurs de Newcastle. Ce procédé, imaginé par M. Mond et expérimenté dans les usines de la maison Brunner, Mond et Cie, est le suivant. Le charbon est d’abord brûlé par un courant d’air créé artificiellement, la fumée et les gaz de la combustion, entraînés dans une chambre spéciale sont lavés par de l’eau pulvérisée qui abat les particules voltigeantes de charbon et condense les vapeurs ammoniacales et sulfureuses, grâce à leur grande solubilité dans l’eau. La dépense en charbon, plus élevée pour une même quantité de vapeur fournie, car elle est de 125 tonnes au lieu de 100 tonnes, est largement compensée par l’obtention de 4 tonnes de sulfate d’ammoniaque à 300 francs la tonne. Ce résultat, le plus économique, obtenu jusqu’à ce jour, permet d'espérer de voir disparaître, petit à petit, de l’atmosphère, la fumée qu’y déversent nos cheminées d’usines.
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- Nos lecteurs ont sans doute tous remarque l’odeur particulière que répand une machine électrique en activité. Cette odeur caractéristique provient d’un corps formé par l’oxygène de l’air soumis à la décharge électrique, qui est l’ozone, et que j’appellerai si je puis m’expliquer ainsi de l’oxygène condensé.
- L’ozone est un oxydant énergique, car il oxyde même des corps ayant une faible affinité pour l’oxygène; c’est à cette qualité qu’est dû son emploi dans l’industrie ; on l’obtient actuellement en grand par des de-charges électriques répétées sur de l’oxygene pur. La maison Siemens et Halske utilise le procédé suivant pour la production industrielle de ce produit : L’appareil se compose d’un tube en métal constamment refroidi Pal une circulation d’eau et entouré d’un tube en ctlluloïde ou en èbonite. Un courant continu d’oxygène circule entre les tubes, et la de-
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- charge électrique est produite par un transformateur excité par des accumulateurs, ceux-ci actionnent en outre un moteur commandant l’interrupteur du circuit primaire. Les interruptions sont de 600 par seconde. La production de l’ozone augmente avec les variations dans le circuit secondaire, et avec la vitesse d’écoulement de l’oxygène dans les tubes, mais cependant jusqu’à une certaine vitesse.
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- Comme on le sait, il est difficile d’obtenir une dorure et argenture directe de l’aluminium et surtout avec toute la solidité désirable. Il a fallu renoncer aux procédés ordinaires par les cyanures d’or et d’argent. Des essais nombreux de bains ayant pour base des sulfites d’or et d’argent avec un excès d’acide sulfureux, n’ont donné qu’un résultat médiocre. En un mot, ce problème est toujours à l’étude et la solution serait pourtant d’une assez grande importance, car l’aluminium ordinaire ne conserve pas son poli au contact de l’eau comme l’aluminium pur;
- dans une foule d'applications il importe que l’aluminium reste blanc si l’on veut arriver à son adoption.
- Dans le cas où on ne pourrait l’obtenir pur il faudrait donc l’argenter. Mais actuellement, pour arriver à ce résultat, il faut tout d’abord recouvrir le métal d'une mince pellicule de cuivre qui pourra être dorée ou argentée ultérieurement. On frotte les pièces d’aluminium à l’émeri et on les décape dans une solution de soude caustique, jusqu’à ce que l’hydrogène se dégage sur toute la surface des pièces, puis on les traite par l’acide nitrique concentré et on les passe au bain de cuivrage composé d’une solution de sulfate de cuivre additionné d’acide nitrique. La cathode et l’anode doivent être éloignées de 6 centimètres l’une de l’autre. La couche de cuivre aussi faible que possible sera dorée ou argentée par les procélés connus. On comprendra l’avantage que procurerait la suppression du cuivrage si l’on trouvait un procédé commode et direct.
- H. Becker.
- CHOSES VULGAIRES
- LES USTENSILES
- a fourchette était absolument inconnue des Grecs et des Romains qui se servaient, pour prendre leurs aliments solides, de leurs doigts qu’ils lavaient dans des bassins ci laver. Les viandes étaient offertes coupées en morceaux plus ou moins gros, et chacun divisait, comme il pouvait, avec les doigts, le morceau qu’il avait devant lui.
- Au moyen âge, la fourchette n’apparaît que comme une curiosité, et encore son usage n’était-il pas celui auquel il est affecté maintenant; elle servait à manger les fruits, ou des tranches de pain au fromage.
- Dans le trésor de Jean II, duc de Bourgogne, on voit figurer quelques fourchettes, et Galveston, favori de Edouard II d’Angleterre, possédait, dit un historien du temps, soixante-neuf cuillers d’argent et trois fourchettes menger poires. On trouverait encore au moyen âge, d’assez nombreuses traces de l’existence des fourchettes, mais elles p’é-
- QUE L’ON IGNORE
- DE TABLE (suite)
- taient jamais employées pour manger la viande. A cette époque-là, elles avaient deux dents seulement, et c’est de là que leur est venu leur nom, fourchette, petite fourche.
- Henri III est le premier qui ait employé les fourchettes sur la table ; il en fit faire un certain nombre en argent et l’usage s’en répandit très vite à la cour. Il faut ajouter que cet usage était trouvé assez ridicule par le public, ainsi qu’il résulte du passage suivant d’une satire sur la cour de Henri III :.« Premièrement, ils ne touchoiept jamais la viande avec les mains, mais avec des fourchettes, ils la portoient jusque sur leur bouche, en allongeant le col et le corps sur leur assiette.
- « Ils prenoient la salade avec des fourchet-' tes, car il est défendu, en ce pays-là, de toucher la viande avec les mains, quelque difficile à prendre qu’elle soit, et aymaient mieux que ce petit instrument fourchu touche à leur bouche que leurs doigts. »
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- Malgré l’opinion du critique morose que nous venons de citer, l’usage de la fourchette se répandit rapidement : et nous devons reconnaître que ce ne fut pas sans de bonnes raisons.
- Dès la plushaute antiquité, les coupes ont été employées dans les festins, pour les boissons qu’on y buvait. Elles étaient en métal plus ou moins précieux, suivant la richesse de l’amphitryon.
- Au moyen âge, les verres et coupes à boire, en verre, étaient très rares ; on les montait généralement sur pied, en or et argent, enrichis de pierres précieuses. Ce fut seulement au xve siècle, époque à laquelle Venise commença à répandre ses produits, que l’usage des verres se généralisa ; cependant, dans la vie usuelle, on continua longtemps à se servir des vases à boire et de gobelets d’étain qui souvent étaient d’un beau travail, et figuraient avec d’autres ustensiles également d’étain sur les dressoirs ou buffets des seigneurs.
- L’usage de placer plusieurs verres devant chaque personne, pour les différents vins que l’on a à servir, appartient au xixe siècle. Au xvme, on trempait son verre, à chaque nouveau vin, dans de petits vases en faïence, remplis d’eau, qui se trouvaient sur la table à portée des convives.
- La sa'ière remonte très haut et cela est naturel, car l’usage du sel se perd dans la nuit des temps; Homère le qualifie de
- divin.
- Chez les Grecs et les Romains, la salière occupait la place d’honneur dans les festins ; elle était en argent ou en or chez les gens riches et se transmettait de père en fils. Ben-venuto Cellini en a ciselé pour François Ier qui sont du travail le plus exquis. Il y en a eu également de fort belles en faïence, et l’on peut admirer au Louvre celles qui ont été faites à Oiron pour le célèbre service, appelé service de Diane de Poitiers, ou de Henri II.
- Bien que l’on fit également des salières en faïence très commune, Olivier de la Marche nous apprend que, dans les repas ordinaires, la salière était souvent un morceau de pain découpé et creusé pour recevoir le sel, et que l’on plaçait près de chaque convive.
- Quant à l’huilier qui était inconnu des anciens, il nous a été impossible de trouver à quelle époque il remonte ; il est probable cependant qu’il n’est pas antérieur au xvie siècle.
- Telles sont les origines des ustensiles qui se voient actuellement sur les tables les pins modestes, et l’on conviendra que de notables progrès ont été accomplis dans la manière de prendre journellement la nourriture. A. G-
- UNE APPLICATION INTÉRESSANTE DE LA PHOTOGRAPHIE
- EMPLOI DES GLACES AYANT YU LE JOUR
- m=»wgaN de nos plus sympathiques corres-Hl Mr Plants, M. Eugène L’Enfant, im-(AJÆ primeur à Condé-sur-Noireau, nous adresse la communication suivante qui intéressera certainement tous nos lecteurs :
- Autrefois, paraît-il, le grand paysagiste Daubigny, qui était en même temps, comme vous savez, un aquafortiste fort distingué, avait eu l’idée de dessiner quelques compositions sur des glaces enduites d’encre d’imprimerie, puis recouvertes de blanc de céruse en poudre impalpable. Il plaçait ensuite ses dessins dans un châssis [positif ordinaire et en obtenait des épreuves sur papier sensible.
- Mon ami, M. Th. Lemarchand, qui avait eu connaissance de ces essais anciens, voulut, ces derniers temps, en tâter à son tour. Il m’apporta donc des verres ordinaires et me pria de les lui préparer d’après la méthode de Daubigny. — Etendre l’encre d’imprimerie sur une glace, rien de plus simple : il suffit d’en promener la surface sur un rouleau en cours de tirage; mais metttre ensuite sur ce noir une couche régulière de blanc de céruse, c’est une autre affaire et après une tentative infructueuse je dus y renoncer. C’est alors que je proposai a M. Lemarchand, au lieu de glaces enduites d’encre et de blanc de céruse, de simples
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- Fig. 92. — Emploi des glaces ayant vu le jour,
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- glaces au gélatino-bromure ayant vu le 1 jour, et qui me semblaient tout indiquées pour ce genre de travail : Le résultat a dépassé toutes nos espérances.
- Quelques mots à présent sur la façon dont on opère ; elle est d’ailleurs si simple que chacun la trouverait sans grand effort d’imagination :
- On dessine d’abord au crayon, sur la gélatine, le dessin qu’on veut graver, — ou bien l’on grave de chic si l’on est un artiste comme mon ami M. Lemarchand. — On se sert, pour entamer la matière dure qui recouvre la glace, soit d’un burin, soit d’une pointe quelconque. Cette matière offre une certaine résistance, mais il y a là plutôt un avantage qu’un inconvénient. Le dessinateur-graveur se rend parfaitement compte de la marche de son travail en plaçant sous la glace un morceau de drap noir. Le dessin terminé, on promène un blaireau ou une brosse quelconque sur la glace pour enlever les parcelles de gélatine qui, bien que détachées, resteraient entre les traits fins de la gravure.
- Le tirage de ces glaces se fait au châssis-presse, exactement comme celui des clichés ordinaires. Les corrections avant tirage, s’il en était besoin, se feraient facilement avec de la gomme légère plus ou moins teintée. Les ciels, par exemple, qui sont trop vigoureux sur les épreuves que je vous envoie, auraient pu être facilement affaiblis par ce moyen. Il va de soi que, dans ce cas, il faudrait attendre que la gomme fût entièrement séchée avant de commencer le tirage.
- Les glaces ayant vu le jour seront sans
- doute fort appréciées des dessinateurs qui pourront ainsi multiplier leurs oeuvres sans grands frais, mais elles peuvent être employées également pour d’autres travaux, et je compte précisément m’en servir pour l’impression économique d’un opuscule sur l’écriture musicale dont j’ai à tirer une cinquantaine d’exemplaires seulement. A la notice, qui sera imprimée par les procédés ordinaires de la typographie, doivent être annexées deux pages de musique, l’une conformément à la notation usuelle, l’autre en notation différente. Or, la gravure de ces deux pages, même .par les procédés chimiques, représente une dépense bien grosse pour un tirage aussi restreint. J’aurai bientôt fait de graver ces pages, sur deux plaques ayant vu le jour et d’imprimer économiquement ensuite cinquante exemplaires de chacune par je procédé au ferro-prussiate. Il m’aura fallu, bien entendu, graver la musique à rebours, mais cela ne présente aucune difficulté, et si les amateurs photographes veulent se rendre compte de la facilité que présente le tracé des portées musicales sur la gélatine, ils n’ont qu’à en graver quelques-unes eux-mêmes à l’aide d’une lame de canif sur la première glace de rebut qui leur tombera sous la main.
- Un chef d’orchestre qui aurait besoin d’une douzaine de copies de chacune des parties d’un morceau, trouverait certainement avantage à employer ce moyen fort simple et fort économique par surcroît, puisqu’il porte sur des glaces considérées jusqu’ici par tous les photographes comme n’ayant aucune valeur.
- MANUEL DU COLLECTIONNEUR DE TIMBRES-POSTE
- e monde est divisé, philatélique-ment(l) parlant, en deux catégories inégales : les amateurs de timbres et les indifférents ou profanes. — La première catégorie comprend des rentiers, des avocats, des juges, des officiers de toutes les armes, des négociants, des curés, des ingénieurs, des médecins, des notaires, des banquiers, des pharmaciens, des dames, des demoiselles et... des collégiens. — La deu-(i) Philatélie, science du timbre.
- xième catégorie, de beaucoup la plus nombreuse, comprend la majeure partie Jes professions que nous venons d’énumérer et, de plus, le reste de l’humanité.
- Les amateurs de timbres sont donc, nous sommes forcés de le reconnaître, une infime minorité, mais une minorité qui prend e plus en plus consistance et qui, à l’étranger du moins, commence à se créer une place au soleil.
- En France, la philatélie n’a pu encore Par"
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- venir à vaincre les préjugés puérils qui s’attachent à son nom et nous connaissons beaucoup de personnes sérieuses qui n’osent s’occuper ostensiblement de leur collection de timbres et qui le font en cachette. Nous en connaissons même qui ont tellement peur de voir découvrir leur passion qu’elles se font adresser leurs lettres chez des amis.
- Et pourtant !... Mais n’anticipons pas : cette question fera l’objet d’un chapitre spécial.
- Dans la suite d’articles que nous nous proposons d’écrire sur ce sujet, notre but est non seulement de donner aux amateurs des conseils dont une longue expérience nous a permis d’apprécier l’efficacité, mais encore de faire ressortir que la philatélie n'est pas, comme beaucoup le pensent, un amusement d’enfant, mais une véritable science.
- Nous étudierons, à cet effet, la collection de timbres dans son ensemble et dans ses principaux détails, nous rechercherons les qualités que doivent posséder l’album et le catalogue de nos rêves, nous initierons le collectionneur aux principales connaissances qu’il doit posséder, nous le mettrons en garde contre les falsifications qui éclosent chaque jour, non seulement à l’étranger, mais au cœur même de la France.
- Pour arriver à publier un manuel qui soit intéressant non seulement pour les amateurs, mais même pour les profanes, nous éviterons la sécheresse d’un traité scientifique et ferons tout notre possible — en l’émaillant d’anecdotes amusantes — pour que la lecture n’en soit fastidieuse pour personne et pour obtenir de nouveaux adeptes parmi les personnes qui, jusqu’à présent, se sont le plus moquées des collections et des collectionneurs. Notre programme est un peu présomptueux : l’avenir nous démontrera si nous avons réussi.
- LE TIMBRE
- Etymologie et origine.— Le mot Timbre vient du latin tympanum, tambour, qui, en bas latin, a fait tymbris, tambour, casque.
- Pans le principe, le timbre était une sorte fle blason que les seigneurs faisaient imprimer sur leur papier armorié et qui représentait généralement un casque ou un autre ornement analogue.
- Ce n’est qu’en 1834 que le timbre mobile et adhésif & été inventé par un anglais, James Chalmero, libraire à Dundee.
- Cette question de l’invention du timbre a donné lieu à de vives polémiques entre James Chalmero et un autre anglais, sir Rowland Ilill, qui se prétendait le promoteur de cette découverte.
- La France a assisté impassible à ce tournoi, alors qu’elle aurait pu revendiquer hautement le principe, sinon l’application d’une invention qui, en quelques années, a produit des résultats si merveilleux.
- En effet, en 1653, le maître des requêtes à Paris, M. de Vélayer, imagina des billets de port payé qui consistaient en une bande timbrée, du prix de un sol, servant à envelopper et à affranchir les lettres.
- Le principe de l’affranchissement par les expéditeurs eux-mêmes était donc trouvé. Il ne restait qu’à l’approfondir et à le rendre pratique. C’est ce que les Français n’ont pas su faire. A ce propos, l’histoire de Christophe Colomb cassant l’extrémité d’un œuf pour le faire tenir droit nous revient à la mémoire : il n’était pas plus difficile de trouver le timbre-poste, étant donné le billet de port payé, que de découvrir l’Amérique ; le tout était d’y penser. La France, naturellement, n’y a pas pensé et elle a même été très rebelle à cette innovation. Les premiers timbres français datent en effet seulement de 1849, alors que l’Angleterre les employait depuis 1840.
- Un peu de statistique. — Ici quelques chiffres ne seront pas inutiles pour donner une idée de l’importance qui a été atteinte par la fabrication des timbres-poste.
- En France il se consomme annuellement pour le gommage des timbres, 40,000 kilogrammes de gomme du Sénégal.
- La fabrication des timbres-poste n’a pas cessé, depuis son origine, de suivre une progression très marquée.
- La première année (en 1849), elle fut de 21 millions et en 1853 elle s’élevait déjà à .31 millions. En 1854, 83 millions. En 1858, la fabrication atteignait 200 millions et, en 1870, elle s’élevait à 550 millions.
- Aujourd’hui, il se consomme annuellement en France :
- Un milliard de timbres-poste ;
- Quarante-deux millions de cartes postales ;
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- Quinze millions d’enveloppes timbrées ;
- Vingt millions de bandes timbrées.
- La consommation annuelle dans l’univers entier est d’environ vingt-un milliards de timbres-poste. Un féroce statisticien a calculé que la salive employée au mouillage de ces timbres représente le modeste poids de cent vingt-cinq mille kilos.
- Les journaux d’outre-mer nous ont signalé dernièrement une jeune américaine à laquelle le statisticien en question aurait bien dû consacrer quelques chiffres, au moins un souvenir.
- Miss Ada Crawford est contre-maîtresse dans une agence de publicité de Philadelphie
- et c’est elle qui expédie par quantités les lettres et imprimés des principaux négociants.
- Lorsqu’elle a commencé à timbrer des enveloppes, elle collait quinze cents timbres à l’heure ; aujourd’hui, elle en colle trois mille et peut continuer ainsi pendant plusieurs jours consécutifs.
- N.-B.— Miss Crawford ne s’est jamais servie d’une éponge pour son travail.
- On la dit de plus fort jolie.
- Qui se met sur les rangs pour la dégommer ?
- (A suivre). S. Bossakiewicz.
- UN TÉLÉPHONE FACILE A CONSTRUIRE SOI-MÊME
- jsl cire,
- renez une boîte en fer-blanc mince (fig. 94), assez basse, et munie de son couvercle en fer-blanc également. Coupez, d’autre part, des fils de fer d’une longueur à peu près égale à la hauteur de la boîte, et formez-en un faisceau qui sera le noyau magnétique de l’appareil. Vous maintiendrez ensemble ces fils de fer
- à l’aide de ou bien avec une ligature , ou mieux encore, vous les entrerez
- dans un tube de papier que vous aurez préalablement fabriqué en enroulant une bande de papier autour d’un crayon.
- Garnissez ce faisceau F d’un enroulement en fil de cuivre très fin f, isolé au coton ou à la soie. Faites passer les deux bouts P de ce fil à travers deux trous t percés dans la boîte, et dans lesquels ils seront maintenus à l’aide de cire à cacheter. Enfin, fixez la bobine elle-même au centre de la boîte, en coulant au fond e celle-ci une couche de cire à cacheter M. Placez enfin le couvercle C, qui devra entrer à frottement dur (fig. 93).
- Le téléphone ainsi construit pourra servir de récepteur. On pourra également l’employer comme transmetteur, en intercalant dans le circuit une pile de quelques éléments
- Leclanché. Pour obtenir le meilleur effet possible, il faut varier la distance du couvercle, qui forme la membrane vibrante, au faisceau magnétique. La distance la plus favo r a b 1 e est ordinaire me nt une fraction de millimètre. Ce réglage ne demande d’ailleurs que quelques minutes.
- Quand il sera terminé, on fera bien de fixer le couvercle par quelques gouttes de cire ou trois grains de soudure.
- Nous donnerons, à titre de renseignement, les dimensions d’un téléphone que nous avons fabriqué ainsi, et qui nous a donné de bons résultats.
- Diamètre de la boîte..........60m/m
- Hauteur.......................22
- Épaisseur du fer-blanc .... 0, 2
- Diamètre du faisceau de fil de fer . 10 Ce faisceau était formé de fil de lra/m de diamètre. Il portait 15 grammes de fil de cuivre de 35/100es de millimètre isolés au coton. Axel,
- Fig. 94.
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- A TRAVERS LA SCIENCE
- Une pluie de boue. — Le 4 avril dernier, une pluie de boue est tombée à Onago, le long de l’Union Pacific Railway. La pluie commença de bonne heure, et bientôt les côtés sud et est de toutes les maisons furent couverts de terre jaune. Les fenêtres furent couvertes d’une couche assez épaisse pour arrêter la lumière du jour.
- Un train qui passa à travers cette ondée eut toutes ses fenêtres couvertes de boue, et la lanterne de front fut si bien enduite, que le train avança dans l’obscurité jusqu’à la prochaine station, Rossville, où l’on opéra le nettoyage. L’orage dura jusque dans la nuit. Vers t’est, jusqu’à Topeka, on voyait sur les fenêtres qu’il s’était étendu jusque-là. Il fut encore plus violent à 80 kilomètres environ au nord-ouest.
- (Scicntific american).
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- Billets de banque en aluminium. — On
- se propose en Angleterre, d’émettre bientôt des billets de banque de petite valeur (1 livre = 25 fr.).
- M. Bessemer, rappelant combien les petites coupures et les papiers-monnaies, qui passent par toutes les mains, devienmnt odieusement sales et vraiment empoisonnés après quelques jours de circulation, propose de faire ces nouveaux billets en aluminium ; si faible que soit la densité de ce métal, la légèreté, l’un des principaux buts poursuivis dans l’usage des billets de banque, nous paraît singulièrement compromise. L’emploi de l’aluminium n’empêchera pas les falsifications, et enfin ces valeurs coûteront certainement beaucoup plus cher à établir que les billets en papier. Ce sont des considérations qui, sans doute, ne décideront pas facilement la Banque royale d’Angleterre à accueillir favorablement l’idée du grand métallurgiste.
- (Cosmos).
- * *
- Un chien minuscule. — Le pius petit chien de la dernière exposition canine de New-Yorck est un chien japonais, élevé dans les chenils de Mikado, et répondant au nom de SuJtoski. On appelle cette espèce de chien Utl inu, et à New-York, toute jeune tille qui
- possède un inu authentique est considérée comme la plus heureuse des créatures. Su-koski pèse 3 livres et mesure 15 pouces de long. Son poil bouclé est doux comme la soie : on estime cette petite bête 1,500 dollars (7,500 fr.).
- ** *
- Pavage en liège. — Un nouveau pavage est sur le point d’être essayé à Londres. Il se compose de briques formées d’un mélange de bitume et de liège en morceaux ; le principal avantage de cette matière est son élasticité. Elle amortit complètement les chocs, supprime tout bruit, et produit sous le pied l'illusion d’un tapis. Il paraît que des essais déjà faits en Australie ont donné d’excellents résultats ; il reste à voir comment le pavage résistera, à un trafic aussi mouvementé que celui de Londres.
- Les yachts en aluminium. — Il résulte
- d’une étude parue dans le Yacht que l’emploi de l’aluminium dans la construction des yacths à voiles présente de grands avantages sur le bois et sur le fer.
- Le yacht en aluminium possède une stabilité notablement supérieure, surtout pour les bateaux de formes fines et de faible tirant d’eau, et il peut réaliser de plus grandes vitesses.
- L’auteur de cette étude estime que le coût d’un yacht de 10 tonneaux en bois ou en fer, étant de 10,000 francs, celui du même yacht construit en aluminium s’élèverait à 25,000 fr., mais la coque de ce dernier bateau conserve encore sa valeur première au bout de 10 ans, tandis que les matériaux constitutifs du précédent sont tout à fait dépréciés.
- Il faut remarquer en outre que le prix actuel de l’aluminium (15 francs le kilog) est destiné à s’abaisser progressivement, ce qui permettra des usages de plus en plus répandus et variés de cet utile métal.
- ** *
- La crémation électrique. — La crémation électrique ! Voilà encore un nouveau mode d’incinération, qui va dépasser de beaucoup en rapidité et en netteté celui que l’on pratique déjà couramment en Italie, et qui vient d’èlre
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- découvert et employé, dit-on, aux environs de Philadelphie. Voici en quoi consiste cet étrange procédé funéraire perfectionné :
- Le corps, enroulé dans un suaire d’amiante, est placé sur une table en briques réfractaires.
- A la tête et aux pieds, on dispose deux plaques de cuivre, qui constituent les deux pôles électriques d’une puissante dynamo.
- On fait circuler alors le courant au travers du corps, qui joue, en quelque sorte, un
- LA SCIENCE
- Papier d’emballage imperméable.— Pour avoir un papier d’emballage imperméable à l’humidité, on fait dissoudre d’une part 680 g. 40 de savon blanc dans un litre d’eau; on fait dissoudre, d’autre part, dans un litre d’eau, 56 g. 70 de gomme arabique avec 170 g. de colle.
- On mélange les deux solutions, on fait chauffer le mélange, on trempe le papier dans le liquide, puis on le passe entre deux rouleaux et on le fait sécher : à défaut de rouleaux, on suspend le papier pour l’égoutter, ou bien on le passe entre deux feuilles de papier sec, puis on le fait sécher à une douce température.
- Attaque du zinc par les briques. — Il a
- été constaté que les feuilles de zinc se corrodaient à l’endroit où elles reposaient sur les murs en briques. Par l’analyse, on a découvert que ces briques contenaient 1,14 pour 100 de sels solubles dout l’humidité à aussi accru l’effet destructeur sur le métal. La proportion des sels varie avec les diverses espèces de briques. 11 est donc prudent d’interposer entre les maçonneries en briques et les parties en zinc des édifices une couche de feutre ou de toute autre matière qui prévienne l’attaque du métal.
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- Le coupage du lait pour les petits enfants. — Le Journal d’accouchements, de Liège, publie sur ce sujet des renseignements intéressants. Le coupage du lait varie naturellement avec l’âge de l’enfant.
- Le D1' Uffelman a adopté une méthode
- rôle similaire à celui du charbon incandescent dans une lampe électrique.
- En un clin d’œil, la carbonisation est opérée, et cette espèce de volatilisation instantanée se produit d’autant plus facilement que l’air ambiant qui baigne librement le cadavre favorise le phénomène de la combustion.
- Gomme on le voit, c’est là le derniet mot de l’art crématoire, et les Américains ont encore, dans cette circonstance, appliqué et justifié leur célèbre devise : go ahead!
- PRATIQUE
- dont il sê déclare pleinement satisfait. Le premier et le deuxième jour : 3 parties d’eau et 1 partie de lait ; un peu plus tard, moitié eau, moitié lait. Au commencement du troisième mois, il ne faut plus ajouter que 75 parties d’eau, 100 parties de lait et même simplement 60 pour 100 de lait. La dose d’eau est graduellement diminuée et à neuf mois, le lait doit être donné pur. Le sucrage du lait de vache peut être fait indifféremment avec du sucre de lait, du sucre de canne ou du sucre de betterave. Pour assurer au lait une plus parfaite digestibilité et une assimilation plus complète, on a vanté le mélange avec des liquides mucilagineux (décoctés d’orge, de gruau, d’avoine, bouillon de veau).
- Les mucilages [d’orge ont l’avantage d’introduire dans le lait un peu de potasse ; ceux d’avoine de rafraîchir, comme on dit, les enfants, et de faciliter les garde-robes ; mais ces mucilages doivent être préparés dans des vases très propres et ne doivent être mélangés au lait qu’au moment de les administrer. Le coupage avec le bouillon de veau serait favorable aux enfants atteints de rachitisme.
- ***
- Moyen de faire de l’encre. — M. le D1
- Lorin, de Versailles, a adressé à la Nature un moyen d’utiliser les développateurs pi10" tograpliiques hors d’usage, en les employa11 à fabriquer de l’encre. Les formules qu’ü a adoptées sont les suivantes : — Aciae pyr0" gallique. Solution I: sulfite de soude, 130, acide pyrogallique, 12; eau, 1000. Solution II-
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- carbonate de potasse, 130; eau, 1000. Ces deux solutions sont employées par parties égales : 40 centimètres cubes pour une plaque 13 X 18. — Fer. Solution I : sulfate de 1er, 300; eau, 1000. Solution II : oxalate de potasse, 300; eau, 1000. On mélange un quart de la solution I et trois quarts de la solution II. Après usage, on recueille les quantités de l’un et de l’autre de ces développa-teurs, on les mélange par parties égales, et mieux en mettant 2 parties de fer et 1 cl'a-cide pyrogallique, et on obtient une bonne encre qui ne laisse pas de dépôt dans l’encrier. Il convient de ne pas prendre d’eau calcaire, mais de l’eau distillée de préférence. Il faut également avoir la précaution d’essuyer la plume quand on ne s’en sert plus. Cette encre a la propriété d’être communicative.
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- Parfum d’héliotrope. — Voici le moyen d’obtenir un excellent spécimen de parfum d’héliotrope :
- Essence de bergamote : 50 gr. ; vaniline : 0,50 cent. ; teinture de benjoin: 10 gr.; alcool rectifié: 1,800 gr.
- Laissez déposer et filtrez.
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- Procédé pour donner au linge du lustre et du poli. — Lorsque l’empois destiné à amidonner le linge est encore bouillant, on y ajoute un morceau de bougie stéarique de
- première qualité et ne contenant pas de suif-Il faut 20 grammes de bougie par litre d’empois, ce qui représente à peu près une longueur de 6 à 7 centimètres. Le linge est repassé à la manière ordinaire. Il acquiert un éclat et un poli remarquables ; les poussières n’y adhèrent pas, et il est ferme sans être cassant. On peut remplacer l’acide stéarique par le blanc de baleine.
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- Nettoyage des taches d’encre sur les étoffes blanches. — Que les tissus soient de lin ou de coton, on peut se servir indifféremment, ou d’acide oxalique, ou d’une solution d’acide oxalique et d’acide tartrique, ou de sel d’oseille en poudre avec du chlorure d’étain, ou tout simplement de sel d’oseille sans mélange. Cette dernière substance est la plus employée. On opère ainsi : Les taches d’encre sont-elles anciennes et ont-elles résisté à dés essais antérieurs ? On les mouille avec de l’eau et l’on étend sur une lame de verre la pièce tachée. On la saupoudre de sel d’oseille pulvérisé et l’on y verse un peu d’eau bouillante. Après quelques instants, on frotte doucement et l’on passe ensuite à l’eau chaude.
- Dans les cas les plus difficiles le sel d’oseille ne réussit pas toujours du premier coup; on recommence alors l’opération en lui substituant l’acide oxalique ou l’un des mélanges plus haut indiqués.
- RÉCRÉATIONS
- La coloration artificielle des fleurs. —'
- La Science en Famille a donné à ses lecteurs (1) la description de cette nouvelle industrie des fleurs artificiellement colorées et la façon d’obtenir des fleurs d’une couleur désirée.
- Ace propos, Y Intermédiaire des Chasseurs des Curieux a donné récemment une Notice extraite d’un ouvrage paru en 1724, a Amsterdam, qui montre que, décidément, d devient fort malaisé de trouver du nouveau.
- L’ouvrage est intitulé : Nouveau recueil àfsecrets... donnés au 'public par les soins
- U) Numéro 128, page 127.
- SCIENTIFIQUES
- du sieur d’Emery, et, dans le chapitre : Secrets du jardinage, du t. ni, p. 296, voici ce que l’on trouve :
- Pour faire venir des roses, œillets et autres (leurs de telle couleur qu’on veut. — Ayez de la terre grasse autant qu’il vous plaira, et la faites si bien sécher au soleil qu’elle se mette en poudre bien déliée ; puis la mettez dans la caisse ou pot où vous voulez planter les violettes ou autres fleurs blanches que vous désirez rendre d’autre couleur. Ces plantes que vous y mettrez ne recevront le secours d’aucune autre humidité que des eaux ci-dessous, dont il faudra arroser cette terre ; c’est-à-dire que si vous
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- voulez que ces plantes portent des fleurs rouges, il faut prendre de l’eau dans laquelle on fera bouillir du bois de Brésil coupé bien menu, tant qu’elle soit décrue du tiers ou du quart ; et cette eau étant refroidie, on en arrosera, soir et matin, la terre des caisses ou pots où sont les plantes, jusqu’à ce qu’elles soient bien reprises et qu’on juge qu’elles sont bien empreintes de cette couleur par le suc qu’elles auront attiré.
- Pour en faire des vertes, prenez de petites pommes de nerprun qui soient bien mûres; si vous voulez qu’elles soient jaunes, prenez de celles qui ne sont pas mûres ; puis, les ayant rom pues et concassées, fai-tes-les pareille m e n t bouillir dans de l’eau dont vous arrose-rez votre terre ; et les fleurs deviendront de la couleur de l'une ou de l’autre de ces teintes.
- Si on les veut noires, il faut faire l’eau avec des noix de
- galle et du vitriol, comme on fait l’encre ; et arrosant de cette eau la terre comme dessus, la fleur blanche deviendra noire. Il faut seulement ne pas laisser vos plantes la nuit au grand air, à cause de la rosée qui pourrait nuire à ce que vous souhaitez.
- Il est même vrai que toute la fleur ne deviendra pas de la couleur que vous aurez employée en teinture, mais seulement en partie ; en sorte qu’elle sera comme marbrée et nuancée de deux couleurs. Que si on voulait qu’elle le fût de trois couleurs, arrosez-la au matin d’une teinture par un côté, et le soir, par l’autre côté, d’une autre couleur; et continuant ainsi alternativement de jour en jour, c’est-à-dire changeant de couleur et de côté, de fois à autre, le soir et le matin, vous ver-
- Fig. 95. — La composition d’an bouquet mis en vase.
- rez avec plaisir que vos plantes vous donneront des fleurs de trois couleurs.
- Pour avoir des roses vertes. — Si l’on ente du rosier sur un trognon de chou ou sur du pommier, il produira des roses vertes, au lieu qu’il en aurait pu donner de blanches, ou de rouges et incarnates ; mais elles seront sans odeur, ce qui est une perte assez considérable, dont la simple curiosité peut faire faire peu de cas.
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- Comment on peut faire un beau bouquet avec peu de fleurs. — Dans un carton un peu fort, découpons d’abord un cercle d’un
- diamètre lé-gè rement supérieur à celui de l’ouverture du vase dans le-q u e 1 v o u s avez l’intention de déposer vos heurs. Tracez au compas des circonférences concentriques sur votre disque de carton, et, à l’aide d’un poinçon, percez des trous qui suivront les circonférences tracées, comme cela se voit sur le dessin.
- Vous placez ensuite votre rond de carton sur le bord supérieur du vase, lequel est rempli d’eau, au préalable, et vous enfilez une à une les tiges de vos fleurs dans les trous du disque.
- On obtient ainsi, avec relativement peu de fleurs, un bouquet du plus gracieux aspect, et qui, en outre, a l’avantage de durer plus longtemps que les bouquets ordinaires, étant donné que dans ceux-ci, les fleurs, généralement trop serrées, se gênent mutuellement. F. B-
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d'Assas^ La Fère. — Imprimerie Bayen, rue Neigre,
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- IX SCIENCE ÉN FAMILLE
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- ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE DES LABORATOIRES
- DE PHOTOGRAPHIE
- * a lampe à incandescence est la source de lumière idéale pour l’éclairage du laboratoire de photographie. Nulle autre source lumineuse ne lui est comparable, tant au point de vue de la propreté qu’à celui de la commodité des manipulations.
- Pourtant, nous l’avons rarement vue ap-
- installation de ce genre toute la satisfaction qu’on peut en attendre, il faut que la lumière ne soit employée que d’une façon très intermittente. C’est du reste presque toujours le cas pour l’amateur, qui, en général, ne fait dans son année que quelques douzaines de clichés. S’il s’agissait de travailler toute la journée au laboratoire, et d’avoir
- Fis-, 96
- Fig. 93.
- Fig. 97.
- Fig. 99.
- Pliquée, si ce n’est dans quelques grands ateliers où la lumière électrique étant d’un emploi général, on n’a point voulu faire exception pour la lanterne du laboratoire.
- Est-ce à dire que ce mode d’éclairage ne s°it point à la portée de l’amateur ? Amateur nous-même, nous pouvons affirmer le c°ntraire, et ajouter que nous n’avons point ta moindre intention de revenir au pétrole 0u à la bougie, si ce n’est pour le voyage. Mais nous trouvons que pour avoir d’une
- une installation électrique spéciale pour ce travail, nous serions moins affirmatif ; c’est l’éternelle question de l’éclairage domestique ; une installation par piles peut donner satisfaction lorsqu’on y met tout le soin nécessaire, mais il est rare pourtant qu’on persiste à l’employer pour un éclairage continu.
- Lorsqu’il s’agit de lumière intermittente, c’est tout autre chose, car on possède maintenant des éléments au sel ammoniac, du
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- genre Leclanché, mais à grande surface, qui peuvent débiter une fraction d’ampère pendant près d’une heure, et par conséquent alimenter une lampe le même temps, sans que la force électromotrice tombe d’une quantité appréciable. Ces éléments peuvent rester montés pendant des années, le zinc ne s’usant pas à circuit ouvert; la seule précaution à prendre est de remplacer de temps à autre l’eau qui s’est évaporée. Il est bon d’enfermer ces éléments dans une boîte de bois, qui les protège de la poussière en môme temps qu’elle réduit l’évaporation. On peut les monter hors du laboratoire; si la distance n’excède pas 10 ou 15 mètres, un fil de lmrn de diamètre suffit pour amener le courant. Une batterie de cinq ou six éléments en tension peut alimenter une lampe d’une bougie, très suffisante pour toutes les opérations.
- On peut employer une lampe à globe rouge, ce qui dispense de toute lanterne; on trouve également, dans le commerce, des lampes vertes, jaunes, etc.; mais les lampes colorées étant un peu plus coûteuses que celles en verre blanc, on emploiera fort bien ces dernières en les enfermant dans une lanterne qui peut être très rudimentaire, car il n’est pas besoin d’y ménager une entrée et une sortie pour les gaz chauds. Si l’on dispose cette lanterne de façon à ce qu’on puisse l’ouvrir, on se réserve en même temps la facilité d’éclairer le laboratoire à la lumière blanche.
- Voici quelques modèles de lanternes que l’on peut facilement construire soi-même. Celle que représente la fig. 96 est fabriquée avec une boîte en carton ayant contenu des glaces 13/18. Dans le couvercle B de cette boîte est percée une ouverture rectangulaire sur laquelle on colle, au moyen d’étiquettes gommées, soit un verre rouge V, soit une feuille de gélatine ou même de papier, de même couleur. Sur le fond de la boîte A est disposée une lampe L, retenue en place par deux gouttes de cire à cacheter, qu’on laisse tomber sur les deux fils de communication, conve'nablement recourbés. Ces deux fils réunis sortent en C, en traversant un trou percé dans le carton, trou que l’on bouche ensuite avec une goutte do cire g'. La boîte est refermée et maintenue par un ]
- bracelet de caoutchouc. A l’intérieur, il suffit de coller du papier blanc ou du papier d’étain.
- La fig. 97 représente une deuxième forme de lanterne, que l’on peut suspendre au plafond pour éclairer en dessous, de façon à ce que l’opérateur ne voie pas la lampe. Celle-ci est enfermée dans une boîte D, dont le couvercle à gorge E est percé d’une ouverture recouverte du verre rouge. On peut faire passer le cordon conducteur sur une poulie qui permette d’abaisser ou d’élever la lanterne.
- I La fig. 99 montre une autre forme d’appareil, un peu moins rudimentaire ; I est une lampe rouge, munie d’une douille à vis. Cette lampe est montée à, l’extrémité d’un manche isolant F, analogue aux porte-cautères, et muni comme ces derniers, d’un interrupteur S. On voit en G les conducteurs. H est un'anneau qui permet de poser l’appareil sur une table sans que la lampe la touche. Cet appareil peut facilement être pris à la main, placé au-dessus de la plaque pour l’examiner à son aise pendant le développement, déplacé dans le laboratoire, pour chercher quelque chose sur une étagère, etc. Il sera bon d’argenter une moitié de la lampe, afin de n’être pas gêné par son éclat.
- Dans tous les cas, il est nécessaire d’intercaler dans le circuit un interrupteur placé à portée de la main. En effet, lorsque la plaque est plongée dans la cuvette pour le développement, il ne peut être que nuisible de l’exposer à la lumière ; on éteint donc celle-ci, et de temps en temps on donne un éclair pour voir si le développement commence, ou à quelle période il en est. Cette façon de procéder a un autre avantage. C’est que l’œil de l’opérateur devient beaucoup plus sensible, car il reste presque toujours dans l’obscurité absolue. Lorsqu’on emploie la lanterne de la fig. 96, on peut coucher la boîte horizontalement, et poser dessus une cuvette de verre, qui permet de suivre le développement par transparence sans sortir la glace du bain.
- La fig. 98 montre l’interrupteur J fiue nous employons habituellement pour commander une lampe rouge R et une lampe blanche N. L et K sont les deux touches utiles. Si elles étaient près l’une de l'autre,
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- il arriverait fréquemment que la manette, en quittant la touche^L, irait au contact de la touche K, risquant ainsi de voiler le cliché. La touche intermédiaire M prévient cet accident. On peut brancher sur cette touche M une lampe vert foncé, le développement pouvant, sans inconvénient, être conduit en lumière verte ; mais nous n’avons guère trouvé d’avantage à cette façon de procéder, a a’ sont les vis qui fixent l’interrupteur sur la table. P est la pile.
- Cet arrangement est encore d’une grande
- commodité pour, le tirageuldéfi* contact, au gélatino-broftnihèfiPkpèâ^fifVè^fi mis en place le papier donne la pose avec l’autFéP'lafrfpeabNtlüS commandons spécialemeff-t^pçMfc>(-bélP ûlsdgep les lampes à faible volta^^clé^t-'àPtlirèià'fîiîaa ment court, parce quehftetfi fdÿerblum5MbU&> est de très petite dimehkiohoièf/o^oftiïéptpfip suite des ombres très n^tfiebVÏP s’iéhÊÜi1^ même en cas de contacteoiM'paPtetï êni$@(b&t papier et le cliché, il ft^iÿeïQt yiavèd>r>tldoflau> sur l’épreuve. .oaélmul ni /• fîii©§io'iioti
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- les Falsifications des denrées alimentaires"*0'1'1
- ’npaioJ .oilnJI Lia iuoiim
- MOYENS SIMPLES ET FACILES POUR LES METTRËllfe&ï4ÉÊkg,lio« msluoo
- isno ni Je t9Ti9V nb 9inraoo iièlIobB feo Jinboiq 90 fii9V } J89 9TU88B0 fil J9 OïJAegDOT
- EN ÉVIDENCE (suite).
- IX. — Falsifications des Sucres, Miels, Bonbons, Confitures.
- ucre et cassonade. — Le sucre en pain est rarement falsifié, mais il n’en est pas de même du sucre en poudre et surtout de la cassonade.
- On sait que la cassonade est du sucre cristallisé de deuxième et de troisième jet, provenant du turbinage des mélasses dans les sucreries, et qui n’a pas été soumis au raffinage. Par sa forme pulvérulente et sa coloration brune plus ou moins foncée, la cassonade se prête à merveille à bon nombre de sophistications.
- Sans nous étendre ici sur les matières terreuses ou sablonneuses qu’on peut y ajouter et dont il sera toujours facile de déceler la présence par leur insolubilité dans l’eau, nous dirons que la cassonade est souvent additionnée de glucose, d’un prix moindre, mais d’une saveur sucrée plus faible ; on reconnaîtra cette fraude en chauffant un peu de cassonade en dissolution dans deux fois son poids d’eau, et en ajoutant quelques gouttes de potasse ou de soude caustique, la présence du glucose donnera alors une coloration brune.
- Quelquefois on ajoute au sucre en poudre, du plâtre, de la craie ou de l’amidon. Le plâtre et la craie n’étant pas solubles dans
- l’eau, rien de plus'éini^iê^fiér^iie l'fe§yMê(Ü-vrir. Quant à l’a m idèti ;J ;/j ué lVju ! Lr dUt t e%a teinture d’iode, ajbfitê^ suffiront pour dofM'érü!biiy fë,èld¥^(tffêh,î'felteffil que le sucre pur iffëip^èé^]îté!jSrihâïè1.U3'Ia(^U8 £1 Miel. - Le mîé,a’P!Miff SMîfeS,0
- est un mélange érfil ^fb'p^là'ÿffé8 glucose, de lévulo^^l s'ütôretfôèP mannite; il conti^nP%b'1ètuf]le,û4d.t^dhé pVffid3 cipes aromatiqu,é>s.8ül(î tioa en üb9'1 enp 9o Il arrive asse^S&üvfifift ‘êftib é^t ïâf?-£
- sifié avec de IWidorf/eThi M1 !gollifiih}JdéW1 farine, etc., qiiLtiÔî^d%(ihl!:éMfdéKlat^isfc!é§îté?l Pour reconnaîtras okilMàWeëP, iî IsiPPfiHfièël chauffer le miel; s’il-mllàfsidéjWW^s^ et se durcit, ihsédiqlilfi'é aifidontrairé^WiL’Kfet pur. Il n’est ph^'^âfiè âjoWél
- au miel du
- sirop de deA4'ihé'.'J‘Pdfifi{ Léhi‘fifi'i4èt#islè?#l traite le miePéViëjpfct'kp&Tl-igë chaud. Le miellée dî^dat^fes ftftffiéPëMi'à’À-gères restenP&fiMfèft&^MiëeÇ fcèniJeeb t9flbfd L’adjonctfiM^d^q^ofiitîl^e jiêÜFfftifil^ne-fois être r e cfo nhfiêTéïbfjfik>n8'^léWMÉfi<JleaMïë¥t à l’action c<^àMir?d|fai4’oâèlufiëMyÿ^
- reumatique particffêlfeffe* :‘fylïPfifebd$éL>'IJ<5MFî tefois, c’estfiMiWfligta;Wië inMflî&ihV» 6i/o8 D ’ a p r ê s !Gt ott 4 i eîf] 4élrfi leelMsTOii pidf-h découvrir mlpé&eMèô
- pose sur'!te'"lgt,dfidéIqÿéhè&g#8d^èêlfe-ëbhftd matières minérales, et sur la quantité impto-8
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- LA SCIENCE EN FAMILLÉ
- tante de sel marin que renferme la cendre. On pèse quelques grammes de miel en question, on l’introduit par petites portions dans une capsule de porcelaine en chauffant jusqu’à la carbonisation, le résidu charbonneux est traité par de l’acide azotique étendu d’eau, on filti-e et on ajoute à la solution filtrée quelques gouttes de nitrate d’argent : si le miel est pur, c’est à peine s’il se produit un trouble ; mais, s’il est additionné de mélasse, on obtient un précipité floconneux blanc, noircissant à la lumière.
- Suc de réglisse. — Le suc de réglisse du commerce, d’un usage si répandu comme adoucissant dans les rhumes, provient de la racine de Glycyrrhiza glabra. On le prépare surtout en Italie. Lorsqu’il est pur, il a une couleur noire, belle et brillante, il est cassant comme du verre, et la cassure est nette. Souvent ce produit est adultéré; alors il est mou, rougeâtre et la cassure est graveleuse.
- D’après M. Chevallier, un bon suc de réglisse ne doit pas laisser plus de 15 0/0 de résidu insoluble dans l’eau froide, ce dont on peut s’assurer en dissolvant 10 grammes de la substance dans 500 grammes d’eau froide ; on laisse déposer plusieurs heures, on décante le liquide qui surnage sur le dépôt ; on ajoute de nouvelle eau, on laisse déposer, on décante, on répète la même opération jusqu’à ce que l’eau ne soit plus colorée. On met alors le résidu sur un morceau de papier buvard dont on a pris le poids, on fait sécher le tout, et on pèse; la différence de poids indique la quantité de matières insolubles que contenait la réglisse.
- Bonbons. — Les bonbons si divers que livre le commerce de la confiserie sont souvent, lorsqu’ils sont, vendus très bon marché, falsifiés de diverses manières. Nous pouvons distinguer deux sortes de falsifications :
- 1° Adjonction de plâtre, de gélatine, de farine, destinés à augmenter le poids.
- 2° Coloration des bonbons avec des substances colorantes dangereuses, dans le but d’attirer les clients et de donner une belle apparence à la marchandise.
- Sous ce rapport, une ordonnance de police du 15 juin 1862 a déterminé les substances colorantes qui peuvent être employées sans danger pour la santé publique. Ces substances sont :
- Pour le rouge : la cochenille, le carmin, la garance, le suc de cerises et de betterave rouge ;
- Pour le jaune : le safran et le curcuma ;
- Pour le bleu : la laque et l’indigo ;
- Pour le vert : le suc d’épinard et le mélange de bleu et de jaune;
- Toutes ces substances sont solubles.
- Voici maintenant une méthode préconisée récemment par M. Astu, qui permet de reconnaître les deux fraudes précédemment énoncées.
- Les bonbons, pralines ou dragées sont placés au nombre de trois ou six, selon leur grosseur, dans un nouet de linge fin et on suspend celui-ci dans un verre d’eau froide, de manière à ce que la partie du linge contenant les bonbons soit seule immergée. Après quelques heures, le nouet ne contiendra plus que les substances insolubles normales (noisettes, amandes, pistaches, etc.) et l’eau, colorée ou non, aura conservé sa limpidité, si le produit essayé n’était pas falsifié.
- Si les bonbons ont été colorés par des substances non autorisées, c’est-à-dire insolubles, on les retrouvera dans le nouet. On retrouvera également sur le nouet le plâtre, la farine, la fécule, etc.
- Si l’on veut déterminer la nature exacte du colorant nuisible, on s’y prend de la manière suivante :
- Une quinzaine de bonbons (1) seront placés dans une capsule en porcelaine avec environ 40 ou 50 grammes d’eau distillée froide; lorsque toute la matière sucrée sera dissoute, ce qu’pn peut hâter en agitant le mélange, on laisse reposer quelques instants et on filtre sur un petit filtre en papier sans plis ; toutes les substances insolubles se déposeront sur le filtre, on enlèvera les matières inertes, s’il y a lieu (amande, plâtre, etc.), on laissera sécher le filtre et avec un grattoir on enlèvera le colorant qu’on obtiendra alors sous forme d’une poudre impalpable. C’est sur celle-ci qu’on opérera. Si la substance est rouge, on pourra soupçonner le vermillon ou sulfure de mercure. Pour le caractériser, la poudre introduite dans un petit tube à essai sera additionnée d'eau régale (1 partie acide azotique et3 parties d’acide chlorhydrique) on obtiendra ainsi une dissolution qui deviendra noire par
- (1) D'une même couleur.
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- l’addition de quelques gouttes de sulfhydrate d’ammoniaque, ou bien jaune si on ajoute de la potasse. Si le colorant est jaune, on peut soupçonner la gomme-gutte; elle donnera une coloration rouge par l’addition d’un peu d’ammoniaque.
- Si le colorant est vert, on peut craindre les sels d’arsenic : il suffira alors de mettre la poudre dans un tube étroit avec un volume égal de charbon de bois en poudre, et de chauffer. On obtiendra dans le tube un anneau brillant d’arsenic métallique.
- Confitures. — Les confitures et gelées sont constituées par des fruits ou des sucs de fruits plus ou moins cuits, en présence d’une quantité de sucre suffisante pour assurer la conservation du produit pendant un temps assez long. Ces produits sont très souvent falsifiés et c’est là une fraude d’autant plus blâmable que les confitures et gelées constituent pour les enfants, les malades et les convalescents, de véritables aliments. En effet,
- CHOSES VULGAIRES
- POURQUOI CERTAINES EAUX CI MOYENS D’
- ®n sait déjà que l’un des caractères auxquels on reconnaît qu’une eau n’est pas potable, est de ne pas cuire les légumes, ou du moins de ne les cuire qu'im parfaitement.
- En effet, les eaux de certains puits, certaines eaux de source renferment en dissolution une quantité plus ou moins grande de sels de chaux.
- Si dans le cours d’une de ces fontaines, qu’on a surnommées fontaines pétrifiantes ou incrustantes, on place des objets de petites dimensions, fleurs, fruits, nids d’oiseaux, quand on les retire, quatre ou cinq jours après, ils sont recouverts d’une couche de sels calcaires ; ce sont ces objets recouverts de calcaire que l’on a qualifiés improprement de pétrifications. •
- Eh bien ! supposons qu’au lieu de fleurs, fruits, nids d’oiseaux, nous mettions dans Une eau semblable, des haricots, des lentilles,
- dans bon nombre de confitures, le sucre est remplacé par du glucose, et les fruits par de la gélatine ; quelques gouttes d’une essence aromatique de framboise, de groseille, d’abricot ou autre achèvent l’illusion.
- Pour reconnaître le glucose on délaye la confiture ou la gelée dans trois fois son poids d’eau chaude, on filtre sur un linge sur lequel on a mis du noir animal en poudre. Le liquide filtré est porté à l’ébullition et filtré de nouveau sur du papier. Dans le liquide clair on reconnaît le glucose en ajoutant un peu de potasse caustique et on chauffe à l’ébullition. On obtiendra une coloration brune que le sucre ne donne pas. Le même mode opératoire peut être appliqué aux sirops. La gélatine est mise en évidence en faisant brûler une cuillerée de confiture sur un fer rouge, on a alors une odeur de corne brûlée très caractéristique que ne dégage pas le suc de fruits.
- (A suivre). Albert Larbalétrier.
- Professeur de chimie agricole et industrielle.
- QUE L’ON IGNORE
- SENT-ELLES MAL LES LÉGUMES ? REMÉDIER.
- ou tout autre légume que nous voulions faire cuire : examinons ce qui va se passer.
- A mesure qu’elle s’échauffera, l’eau s’évaporera et les gaz retenant par leur excès la chaux en suspension, laisseront cette dernière se précipiter sur les légumes, qui se retrouveront ainsi recouverts d’une cuirasse d’autant plus épaisse que l’eau aura été chauffée davantage.
- C’est la raison pour laquelle les légumes ne pourront cuire qu’imparfaitement.
- Voici maintenant le moyen à employer pour remédier à cet inconvénient.
- Après que les légumes secs ont suffisamment trempé, on les met dans un vase rempli d’eau froide (les légumes verts doivent être jetés dans l’eau bouillante) et suivant leur quantité on ajoute à l’eau destinée à la cuisson gros comme un pois ou gros comme une petite noisette de carbonate de soude, sel employé sous le nom de cristaux pour blanchir
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- l^ip^gPiqjmieux encore une ou deux cuille-bicarbonate de soude. Les deux propriété de dissoudre le prêci-Pl4ârÀni#§pre qu’il se produit. Par ce pro-
- cédé très inoffensif et à la portée de tout le . monde, on obtiendra des légumes" bien cuits, d’un goût agréable et d’une facile diges-> tion.
- ÉLECTRICITÉ PRATIQUE
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- ^^vonstruction d’une pile secondaire à Hp* 'longue décharge.— On réunit quatre ^feS'^iftiques de charbon par des an-jns*Éw£^kaux de caoutchouc de façon à en foi,Jnièr4,omme un tube carré dont on ferme fêPffât^'avec un morceau de drap, puis on milieu de cette sorte de boîte une $llqii$( de plomb très rugueuse en achevant dÎPreÀVplir avec du minium.
- <9Mffit maintenant de faire agir le cou-rdb't^our réduire l’oxyde plombique et le $4informer en plomb métallique. A mesure que cette transformation se fait, on voit les pla-ques de charbon s’écarter et quand on enlève celles-ci,une fois l’opération terminée, la plaque de plomb centrale se trouve solidement enchâssée dans un bloc de plomb réduit.
- Cet accumulateur d’un débit peu considérable a une durée de décharge fort longue et conserve très longtemps la charge.
- ,1;Pour qu’au premier chargement, la réduction se fasse d’une façon régulière, il faut
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- Nouvelle pile
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- Hlfï& tsHtyabnoa et eienodieo ot eitesion eJüeg
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- débit et à sa constance, serait une pile parfaite si elle ne s’usait pas à circuit ouvert.
- Avec la pile à deux liquides, l’usure est moins grande pendant les premiers jours qui suivent le montage, mais bientôt les liquides se mélangent par suite de la différence de densité et le zinc et le liquide commencent à s’user en pure perte en circuit ouvert.
- Pour éviter le désagrément de baisser les zincs au moment de s’en servir et de les relever après, on peut construire les piles du modèle ci-contre :
- A B est une forte tige de fer courbée,comme le montre la figure, les zincs sont suspendus, par une corde graissée, aux points e, e, e. Les contre-poids l et m ont pour but d’équilibrer le système.
- I est une petite plaque fixée per-pendicula i r e-ment à la pile et qui, en venant buter contre le morceau de fer doux Y, empêche que le contre-poids H ne fasse tourner l’arbre. Si l’on presse pendant un temps très court (1) sur le bouton, le fer doux Y est soulevé par l’électro, le contre-poids H fait tourner latige $§^£?m$iale levier Y retombant aussitôt, la 4 à'èftfc éb§9Mfft8 rencontrer, ce
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- CONSTRUCTION D’UNE TROMPE SOUFFLANTE
- N peut facilement construire soi-même une trompe soufflante, de la façon suivante :
- Prenez un tube de verre, et tirez-le à la lampe, de façon à en faire deux tubes effilés. Vous couperez les deux pointes à des longueurs telles, que l’une ait à peu près trois fois le diamètre de l’autre. Gela fait, vous recourbez àl’ext ré mité opposée, le tube t qui a l’ouverture la plus grande, de façon à lui donner la forme indiquée sur la figure 101.Vous monterez ensuite ces deux tubes t l’ sur une planchette P, en les ligaturant sur cette planchette au moyen de simples ficelles f/’. Mettez alors autour du tube t une bague en caoutchouc h d’épaisseur telle que vous puissiez l’entrer dans le bec d’un robinet ordinaire P, où il tienne solidement. Faites plonger
- Fig. 101.
- dans un vase V l’extrémité recourbée du tube t’ et coiffez-la d’un entonnoir E, que vous fixerez convenablement de façon à ce qu’il ne s’élève pas quand il sera plein d’air ; mettez enfin sur le bec de cet entonnoir un tube de Caoutchouc C qui servira à conduire l’air fourni par la trompe.
- Gela fait, ouvrez avec précaution le robinet R ; le jet d’eau, sortant par la pointe p’, entraîne l’air sur son passage, et ce mélange d’air et d’eau entre par la pointe p’, dans le tube £. L’air s’accumule dans l’entonnoir, et l’eau déborde autour du vase, qu’on place sur un évier.
- Il faut avoir soin de placer les tubes 11’ bien en regard l’un de l’autre ; de même, on trouvera une distance des pointes pour laquelle l’effet produit est le meilleur.
- Si le dégagement d’air dépasse la consommation, l’air s’échappe simplement par les bords de l’entonnoir.
- Il faut quelquefois tâtonner un peu avant d’obtenir un résultat convenable : varier la distance des tubes, ouvrir plus ou moins le robinet R, etc., on doit toujours régler l’appareil en plongeant le tube t’ dans le vase V rempli d’eau, car le fonctionnement est différent suivant la différence de niveau entre la pointe et l’échappement.
- F. D.
- ÉPHÉMÉRIDES ASTRONOMIQUES
- DE JUILLET 1892.
- SOLEIL. — Entrée dans le Lion, le 22 à 10 h. 29 m. du matin. Les jours décroissent de 57 m. pendant ce mois.
- Temps moyen à midi vrai, le 10 : 0 h. 5 m. 10 s.
- LUNE. — P. Q. le 2, à 2 h. 22 m. matin; P. L. le 10, à 1 h. 53 m. matin ; D. Q. le 17, à 1 h. 57 m. matin ; N. L. le 23, à 11 h. 40 m. soir ; P. Q le 31, a 7 h. 54 m. soir. — La Lune se trouve à l’apogée les 3 et 31 juillet ; au périgée, le 18.
- OCCULTATIONS. — Le 3, Uranus, à 9 h. 24’ 6” s<>ir ; le 20, u1 Taureau, à 0 h. 17’ 7” matin.
- PLANÈTES. — Mercure est étoile du soir et se couche entre 9 h. 2 m. le 1er et 8 h. 56 m. le
- I
- 21 juillet, alors que le coucher du Soleil est poulies mômes dates : 8 h. 4 m. et 7 h. 50 m.— Vénus est aussi étoile du soir, mais se perd presque dans les rayons du Soleil ; le 21, elle est étoile du matin et se lève à 3 h. 27 m., tandis que le Soleil ne se lève qu’à 4 h. 21 m. — Mars passe au méridien entre 2 h. 46 m. et 1 h. 24 m. du matin.— Jupiter se lève vers le milieu de la nuit. — Saturne n’èsf visible que le soir après le soir après le coucher du Soleil.
- CONSTELLATIONS. — Zénith: Bouvier, Hercule, Dragon.
- Est: Dauphin, Aigle, Cygne, Lyre, Sagittaire, Capricorne.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- f Ouest : Chevelure, Lion, Vierge, Cœur de Charles.
- Sud : Couronne, Serpent et Ophincus, Scorpion, Balance.
- ÉTOILES FILANTES. — Du 23 au 31 juillet, sept centres d’émanation à surveiller: jl,Persée; i, Pégase; 8, Poisson austral; 8, Andromède ; S, Verseau ; J3, Triangle; a, Cygne. G. Vallet.
- LES ROSES & LES ROSIERS
- AUCUNE
- fleur n’a été plus anciennement recherchée et n’a plus généralement excité l’admiration que la Rose. Elle a été considérée de tout temps et chez tous les peuples comme la Reine des fleurs. Citée dans plusieurs passages de la Bible, comme le type de la grâce et de la beauté, vantée par les auteurs grecs et latins, elle a été célébrée par les poètes dans toutes les langues. La mythologie grecque l’avait consacrée à Vénus. Selon la fable, elle était blanche d’abord, et elle fut colorée par le sang d’Adonis, ou par celui de Cupidon ou de Vénus même, qu’une épine avait blessée.
- Une légende raconte qu’un rossignol chantait au commencement du monde. EL pendant qu’il lançait ses merveilleux accents, partout s’épanouissait le gazon, et la violette, et la marguerite. Il se donna un coup de bec dans la poitrine, le sang coula, et, de son sang, sortit un beau rosier.
- Les Romains de la décadence, que le beau tableau- de Th. Couture a immortalisés, faisaient nager les pétales de cette fleur dans le Falerne qu’ils buvaient. On ornait de roses les statues de Vénus et de Flore ; on se couronnait de roses dans les festins de l’antiquité.
- La rose est en général le symbole de la beauté, de la grâce, de la fraicheur et de la tendresse. La rose blanche est l’emblème de l’innocence ; la rose rouge, celui de la ten-
- dresse ; la rose des quatre-saisons, de la beauté toujours nouvelle ; la rose mousseuse, de la prétention; la rose à cent feuilles est symbole des grâces.
- La rose est le triomphe du peintre de fleurs : on admire toujours les roses de Redouté, si merveilleusement peintes.
- Le Rosier (1) a été cultivé dès la plus haute antiquité. Les espèces de ce genre sont toutes originaires de l’hémisphère boréal, qu’elles occupent depuisle Kamtchatka et le Japon, jusqu’aux côtes occidentales de l’Europe. On en trouve aussi quelques-unes dans l’Amérique du nord. Aucune ne descend au midi jusqu’à l’Equateur ; il en est même très peu qui, dans cette direction, dépassent le 25e degré. Toutes sont rustiques dans le midi de l’Europe.
- La rose à cent feuilles, la plus parfaite des roses, dont l'origine se perd dans la nuit des temps, est due évidemment à la culture. La plupart des espèces sauvages, successivement améliorées, ont donné peu à peu un grand nombre de variétés qui, sans offrir la régularité et la perfection de la rose à cent feuilles, sont loin d’être des fleurs médiocres. Après le perfectionnement des espèces, sous le rapportée la forme et de la couleur, une importante amélioration restait à obtenir, c’était de prolonger la durée de ces belles fleurs, dont on jouissait autrefois à peine quelques semaines, un soleil trop ardent et des pluies abondantes concourant également à abréger le temps delà floraison.
- Déjà, par la découverte ou par l’introduction de plusieurs variétés du rosier de l’Inde (Rosa Indica, Sindley), des rosiers Noisette (Rosa Noisettiana, Hort.), Thé (fragrans Hort.) et du Bengale (Bengalensis, Hort.),
- (i) Les rosiers étaient autrefois et sont encore si répandus dans l’île de Rhodes que son nom vient du mot grec pôSov (rodott) rose, dont on a fait Pô8°-> CRhodes).
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- La rose Madame Georges Bruant.
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- LA science en famille
- on avait obtenu des plantes dont la floraison se prolongeait pendant toute la belle saison.
- Le but que l’on se proposait a été atteint de la manière la plus complète par l’acquisition de nouvelles races, celles des rosiers Portland et Hybrides. Les fleurs de ces derniers, souvent aussi pleines et aussi entières que les cent-feuilles, se montrent dans la saison ordinaire, c’est-à-dire en juin, et remontent après la première floraison, pour se succéder presque sans interruption pendant toute l’année.
- On cultive les rosiers francs de pied ou greffés sur églantier. On obtient facilement par bouture des individus francs de toutes les variétés à bois tendre, comme les Thés, les Noisettes, les Bengales et les Ile-Bourbon) mais pour les variétés remontantes à bois dur, telles que les Hybrides, les Portland et ceux des Ile Bourbon, ce procédé réussit moins bien, et il n’a presque aucune chance de succès pour les cent-feuilles, les Provins et en général tous les rosiers non remontants. On parvient cependant à affranchir ces variétés qu’on ne peut obtenir franches de pied par boutures, en les greffant rez-terre et en enterrant la greffe. Du reste, toutes les variétés auxquelles la nature a refusé ce moyen de propagation, peuvent se multiplier par la séparation des drageons qu’elles émettent naturellement.
- Les rosiers non remontants et les rosiers remontants de la section des Portland, des Ile-Bourbon et des Hybrides sont très rustiques et résistent aux hivers les plus rigou-reùx de France. Il n’en est pas de même des rosiers Noisette, Bengale et Thé, qui sont très sensibles au froid et périssent souvent, sous le climat de Paris, dans les hivers rigoureux.
- Dans le midi de la France on fait des haies superbes et durables avec les rosiers du Bengale, qui fleurissent toute l’année.
- Les rosiers se multiplient de beaucoup de manières, par graines, par drageons, par marcottes, en éclatant les vieux pieds et surtout par greffes sur églantier. Il n’y a que par les semis qu’on peut obtenir des variétés nouvelles, mais par ce dernier moyen, la floraison se fait beaucoup attendre, car elle n’a lieu généralement qu’au bout de six à sept ans. Pour les rosiers francs de pied, en
- les multipliant par rejetons, au commencement de l’hiver, on obtient des sujets bien portants et donnant des fleurs beaucoup plus rapidement. Les boutures se font au printemps, en plein air, à une exposition chaude et ombragée, et, en toute saison, sur couches et sous châssis et aussi sous cloches.
- La meilleure espèce d’églantier pour être greffée est le rosier des chiens (Rosa Canina, Lin.), parce qu’il est très vigoureux et forme une belle tête. Pour les rosiers mousseux, on emploie de préférence le rosier rouillé (Rosa rubriginosa, Lin.), qui est plus délicat, mais qui convient parfaitement au rosier mousseux.
- De ces deux espèces indigènes qui se trouvent répandues dans toutes les haies bordant les champs et la lisière des bois, on doit choisir les jeunes pousses droites et sans branches, et on les plante un an d’avance en pépinière. Alors on peut les greffer en écusson, ce qu’on fait le plus souvent à œil poussant ou à œil dormant, selon qu’on opère au printemps ou au milieu de l’été. La plupart des rosiers de choix se multiplient par la greffe en écusson, mais les espèces rustiques se propagent par la séparation des pieds. Les rosiers de la Chine, du Bengale et les Thés se reproduisent facilement de boutures.
- Ceux de ces trois dernières séries viennent mieux dans un mélange de terreau, de terre légère de jardin et de terre de bruyère. Ce sont ceux de tous les rosiers qui se prêtent le plus facilement à la culture forcée, parce qu’il sont tout à fait remontants, et que dans leur pays natal ils fleurissent sans interruption.
- Les innombrables variétés de roses ont des origines diverses : les unes ont été introduites telles que nous les cultivons encore aujourd’hui. Les semis directs des graines de ces espèces ont produit d’autres formes constituant les variétés; toutes les variétés issues d’une même espèce, ou du croisement de ces variétés, constituent une race; c’est ainsi qu’on les désigne sous les noms de Thés, Noisettes, Bengales, etc. On est même allé plus loin ; on a croisé entre eux les Thés, les Noisettes, les Bengales et presque toutes les espèces et variétés dans tous les sens, c’est ainsi qu’on est arrivé à posséder des
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- variétés que l’on ne sait plus guère comment classer d’une manière sûre, tant leur parenté est embrouillée.
- La rose Madame Georges Bruant (flg. 102) est le produit d’un croisement des plus heureux entre une espèce japonaise, la Rosa rugosa, à fleurs rouges (1) et une variété de Rosier thé, à fleurs doubles blanches, appelée Sombreuil.
- Ce croisement est heureux à divers points de vue ; d’abord parce que la rusticité du Rosa rugosa peut faire espérer qu’il communiquera ce caractère aux Thés, et si on peut arriver alors à la perfection dans la forme, avec ces hybrides japonais, comme on la possède dans les Thés, elles deviendront l’idéal des roses pour le nord de la France où les Thés ont souvent à souffrir des rigueurs de l’hiver, ou tout au moins demandent des soins de protection dont on se dispenserait volontiers.
- L’arbuste est d’une vigueur extraordinaire, toujours en végétation et toujours couvert
- de fleurs, jusqu’à ce que les gelées viennent les détruire : c’est la première rose épanouie, c’est la dernière à disparaître.
- Les roses réunies en corymbes ds 6 à 12, sont larges, très ouvertes, demi-pleines et d’une éclatante blancheur; elles exhalent un parfum délicieux, très doux et pénétrant. Le feuillage rappelle celui du Rugosa, mais il a été néanmoins modifié par l’influence de la plante pollinifère, il est toujours d’un beau vert sur les rameaux adultes, tandis que les jeunes pousses sont de couleur pourprée.
- Les tiges d’églantiers sur lesquelles on greffe cette variété prennent en peu de temps un accroissement considérable ; en taillant long, ce qui est utile à cause de la vigueur, on obtient, dès la deuxième année, des têtes d’une dimension peu commune. Les boutures reprennent avec la plus grande facilité, et les plantes, greffées ou franches de pied, se forment admirablement en serre froide. Marguerite Beleze.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- Forêts vierges d’arbres à caoutchouc. —
- L’Elëclrical Fnginneer de New-York nous apprend qu’on vient de découvrir, dans la vallée du haut Orénoque (Amérique du Sud) d’immenses forêts vierges d’arbres à caoutchouc qui fournissent un produit supérieur à celui du Para. Parmi les diverses variétés d’arbres à caoutchouc trouvés par les explorateurs dans le cours supérieur du fleuve, il y en aurait quelques-unes qui paraissent identiques à celles de l’archipel Malais.
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- Un nouveau verre. — Une usine de Dresde fabrique actuellement une espèce de verre qui semble devoir être un progrès marqué en ce genre d’industrie. Le procédé de fabrication, d’après l'Écho des mines, consiste à iucfuster'àank le verre chaud et encore mou
- un tissu au treillis métallique flexible ; celui-
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- veau verre, qui a été breveté en tous pays, possède, dit-on, des propriétés précieuses ; ainsi il est plus résistant que le verre ordinaire et serait indifférent aux changements brusques de température.
- Pour prouver sa grande résistance, on le chauffe au rouge, puis on projette dessus de l’eau froide sans qu’il subisse de dommage. Il s’applique parfaitement à la construction de châssis vitrés, car sa grande résistance permet de se dispenser d’une partie des ferrures du soutien et du treillis protecteur que l’on place quelquefois au-dessus de ce châssis. Comme il n’est pas possible de couper ce verre au moyen de diamant sans employer une force considérable et qu’on ne peut le briser sans produire un bruit énorme, il s’applique parfaitement comme moyen de protection contre les voleurs.
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- L’inventeur des chemins de fer. — A peu
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- logue à celle de Trevitbick et Vivian, mais aussi — d’après un journal américain — conçut un projet complet de chemin de fer. Il eut d’abord l’intention d’utiliser sa locomotive sur les routes ordinaires ; mais, se rendant compte des difficultés insurmontables inhérentes à ce mode de locomotion, proposa en 1791 son projet de chemin de fer.
- Les rails devaient être en fonte de fer et parfaitement unis, et afin de prévenir les déraillements, les roues étaient munies de boudins. Prévoyant que le frottement de la roue sur le rail serait insuffisant pour la remorque des trains lourds, il proposa d’employer une roue dentée agissant sur une crémaillère percée entre les deux rails. On sait que, depuis, cette disposition a été fréquemment adoptée sur les profils accidentés.
- Le projet deHogstrom fut présenté à divers savants, qui furent unanimes à le considérer comme une folie, déclarant qu’il était absurde de croire qu’une voiture serait jamais traînée par la vapeur seule. Le projet fut entièrement abandonné, et on ne sait rien de plus d’Hogs-trom, si ce n’est qu’il partit pour l’étranger. *
- * *
- Une explosion de benzine. — Il y a quelque temps, une explosion de vapeur de benzine s’est produite aux Bajdroin. Locomotive Works, tuant deux hommes et en blessant sérieusement un troisième. Le dôme d’une chaudière avait été enlevé et juste avant l’heure du déjeuner, on avait versé à l’intérieur de la chaudière une assez grande quantité de benzine sur les têtes de rivets et de boulons, pour amollir les incrustations et la rouille. En reprenant le travail, un des ouvriers entra dans la chaudière, et on lui descendit une lampe. Il est probable qu’une grande quantité de vapeur de benzine mélangée à de l’air s’était accumulée dans la chaudière, car une explosion se produisit, et le corps de l’homme qui était dans la chaudière fut lancé en l’air comme un projectile par l’ouverture du dôme, et envoyé jusqu’au toit, d’où on fut obligé de l’aller retirer en s’aidant du pont roulant. Malgré de fortes brûlures et des blessures sérieuses, il vécut plusieurs heures après l’accident. L’ouvrier qui descendit la lampe dans la chaudière et qui se trouvait directement au-dessus de l’ouverture du dôme, est supposé avoir été frappé
- par le corps du premier. Il fut aussi projeté, frappa une des solives du toit, et retomba sur des plaques de fer. Il mourut en quelques minutes. Le troisième ouvrier, qui se trouvait sur la chaudière, fut renversé, se fit plusieurs blessures et fut brûlé sérieusement.
- Invention.
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- Le plus ancien journal du monde. — La
- Chine, à laquelle nous devons, dit-on, la poudre à canon, la boussole, la première notion des microbes, est aussi le pays qui a vu naître le premier journal.
- Le Cing-Pan, journal de l’empire du Milieu y a été fondé en 911. Dans les débuts, il paraissait irrégulièrement ; mais depuis 1631, il fut publié régulièrement chaque semaine. En 1804, il est devenu quotidien et il en paraît maintenant trois éditions par jour à un sou chacune.
- L’édition du matin, imprimée sur papier jaune, est consacrée aux questions commerciales ; on la tire à 8,000 exemplaires.
- L’édition de midi donne les documents officiels et les nouvelles d’intérêt général, tandis que l’édition du soir, imprimée sur papier rouge, donne les dernières nouvelles avec les extraits des deux premières éditions. Il est dirigé par six lettrés nommés par le gouvernement. M.
- (Cosmos).
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- Une écrevisse antédiluvienne pétrifiée-
- — On a trouvé dans une mine à chaux, a quinze mètres au-dessous du sol, une écrevisse pétrifiée qui, d’après l’avis des savants, doit dater de plusieurs milliers d’années.
- L’écrevisse ressemble exactement à celles des rivières des vallées de la Suisse; on dirait qu’elle est vivante, tellement son corps est resté bien conservé.
- La tête, le dos, la queue, les pattes et jusqu’aux antennes, tout est resté intact.
- Cette trouvaille est exposée dans un hôtel à Rheinfelden. ,
- (Etangs et rivières).
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- Les arbres à Paris. — Les plantations d’arbres à Paris ont pris une importance considérable. La métropole compte actuellement 88,564 arbres plantés sur ses boulevards et dans ses parcs et ses squares. Passy a le P^us
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- LÀ SCIENCE EN FAMILLE
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- d’arbres : 10,638 ; le 2e arrondissement est le moins bien partagé : 739. Parmi les quartiers favorisés, il faut citer les Champs-Elysées, Grenelle, Montmartre, les Ternes et la Maison-Blanche. Nos parcs et jardins parisiens renferment 299,294 arbustes et 20,038 arbres; les Buttes-Chaumont à elles seules, 11,400 arbres et 125,000 arbustes ; Montsouris, 40,000 arbustes et 1,400 arbres. Le Parc Monceau est à peu près également partagé. Les Champs-Elysées ont2,000 arbustes. Les cimetières sont eux-mêmes richement nantis sous le rapport de la végétation ; ils renferment, sans compter le cimetière de Pantin, 20,000 arbres ou arbustes.
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- Une curieuse collection. — Notre confrère Invention rapporte qu’un canadien a collectionné tous les modèles de boutons des divers régiments de l’armée anglaise. Pour ce faire, il a cherché pendant 9 ans et écrit 584 lettres dans les diverses parties du globe. Sa collection comprend 148 boutons. Les boutons d’infanterie sont ceux qui étaient en usage lors du système numérique de désigna-I tion des régiments. Comme depuis 11 ans il a été remplacé par le système territorial, la collection a déjà un intérêt historique. Outre les boutons, elle comprend d’ailleurs divers objets, tels que plaques de casque et de shako, insignes, etc.
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- Conservation des dents. — On a signalé l’avantage du pain noir, au point de vue de la conservation des dents ; l’observation suivante vient à l’appui de cette théorie.
- Dans la Sibérie du Nord, les vieillards de soixante et soixante-dix ans possèdent des râteliers de dents blanches, petites, perlées, et très saines. La carie et les douleurs de dents sont là tout à fait inconnues. Un médecin de Yakustk a attribué cette conservation des dents aux habitudes, au genre de nourriture (le pain noir surtout), et à certains soins de la bouche pris dès l’enfance. Avant tout, les naturels ne touchent jamais au sucre, sous aucune de ses formes, par la raison très 1 simple qu’ils n’ont jamais occasion d’en acheter. En second lieu, ils boivent chaque jour de grandes quantités de lait aigre fermenté, boisson antiscorbutique et très antiseptique ; enûn, après chaque repas, ils mâchent une
- préparation de résine de sapin ayant le goût du goudron, dans le but de débarrasser les dents et les gencives des restes de toute nourriture. Cette gomme ou résine, préparée ou vendue par les pharmaciens de Sibérie, est très employée par les dames russes.
- ***
- Un curieux emploi du miel. — L’agate, cette jolie pierre avec laquelle les anciens faisaient de si beaux camées et qui est, de nos jours, fréquemment employée, n’offre le plus souvent, à l’état naturel, que des teintes assez sombres. Pour les aviver, l’art emploie encore aujourd’hui un procédé déjà connu des Romains.
- On plonge les agates dans un vase rempli d’une solution de miel et d’eau. La pierre qui paraît si compacte se laisse pourtant pénétrer par le liquide sacré, qui imprègne plus fortement certaines veines que d’autres moins poreuses. Quand l’imbibition est suffisante, on met l’agate dans l’acide sulfurique, qui va, jusqu’au fond delà pierre, brûler le sucre du miel qu’elle transforme en caramel ou en charbon, et cette teinte qui vient s’ajouter à celle de l’agate, lui donne beaucoup plus de richesse. •
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- La Platyloma falcata. — Cette fougère japonaise est cultivée aujourd’hui sur une grande échelle, iion seulement dans la banlieue de Londres, mais encore par tous les horticulteurs des grandes villes d’Angleterre. Elle n’a pas de rivale pour la décoration des appartements. Très robuste, elle ne souffre ni du froid, ni de l’atmosphère impure des appartements. Elle réussit aussi bien dans un appartement froid que dans un appartement très chauffé. 11 est assez curieux qu’une plante douée de pareilles qualités ait été si longtemps ignorée ou tenue à l’écart.
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- La multiplication des... mouches. — Une
- mouche peut produire par an six pontes d’une moyenne de 80 œufs. Si on admet que la moitié de chaque ponte donne naissance à des sujets femelles, on trouve que ces 40 femelles, dès la première couvée, donnent naissance à 3,200 mouches dont 1,600 femelles, et en continuant le calcul, on arrive à cette conclusion que, d’une année à l’autre, un. seul de ces insectes a une descendance de 8 milliards 112 millions de mouches !
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- LA SCIENCE
- Moyen d’empêcher le bois de jouer. —
- En Sardaigne, on imprègne le bois à ouvrer avec du sel marin et on empêche ainsi tout mouvement du bois travaillé. On met, par exemple, les pièces de bois uni devant servir pour la fabrication des roues, pendant huit jours, dans une solution saturée de sel, et ces bois résistent ensuite à tous les changements de température.
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- Procédé pour donner au plâtre blanc l’aspect de la terre cuite. — Prenez blanc de céruse ou blanc à l’huile ordinaire, étendez avec un peu d’essence de térébenthine et ajoutez de l’ocre rouge en poudre jusqu’à ce que vous ayez obtenu le ton exact de la terre cuite. Vous appliquez ce mélange sur l’objet avec un pinceau-brosse en procédant par petits coups avec la pointe du pinceau. On a souvent chez soi des statuettes de plâtre blanc jaunies ou malpropres, voilà un excellent moyen de les restaurer.
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- Collage des étiquettes sur fer. — Pour coller des étiquettes sur fer, fer-blanc ou étain, frottez d’abord la place avec un oignon ou du jus d’oignon. Ce suc adhère au métal avec une telle force que lorsqu’on colle par dessus une étiquette avec de la gomme ou de l’amidon, il n’est plus possible de l’enlever sans gratter.
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- Moyen pour enlever les taches de couleurs d’aniline. — M. Unno conseille, pour enlever les taches des couleurs d’aniline, de laver d’abord avec une solution d’acide chlorhydrique à 5 0/0, ensuite avec de l’eau oxygénée et enfin avec de l’alcool.
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- Manière de nettoyer les monnaies et les médailles. — Pour les pièces d’argent, on prépare un bain composé de neuf parties d’eau de pluie et d’une partie d’acide sulfurique. On dépose dans ce bain les pièces d’argent le temps voulu pour que le sulfure qui les a noircies se dissolve. Cinq à dix minutes suffisent d’ordinaire. Les ayant retirées, on les plonge dans l’eau pure, puis on les savonne avec une brosse (mieux vaut celle des
- PRATIQUE
- bijoutiers), une brosse' du plus fin numéro. Lorsqu’elles sont devenues claires, on les agite de nouveau dans l’eau, on les sèche dans un linge doux et, finalement, on leur donne le dernier coup, sans trop frotter, avec une peau de chamois neuve qu’on réserve pour cet usage.
- Pour les pièces de cuivre, si elles n’ont pas de platine, on peut suivre à leur égard le procédé indiqué pour l’argent, mais si elles sont bronzées, c’est une tout autre affaire. Le moindre contact avec de l’acide enlève aussitôt le bronze. Il est même à remarquer que si modérément qu’on les frotte avec une étoffe, le cuivre se met à nu sur les reliefs.
- Il faut, si la médaille bronzée est encrassée, la mettre dans un bain de benzine, puis la savonner avec la brosse douce et faire ensuite comme pour la monnaie d’argent. Mais si elle n’est salie que par des attouchements maladroits (il conviendrait de ne jamais prendre en main les médailles que par la tranche), le mieux est de la nettoyer avec la peau de chamois, qu’on tient sur le bout d’un doigt. Si du cuivre se met à nu, comme c’est le plus souvent le cas, on prend une brosse un peu dure, on en passe la soie sur un morceau de cire jaune, puis on la plonge dans un mélange de poudre impalpable d’ocre rouge et plombagine, avec laquelle on brosse la médaille, qui ne tardera pas à se rebronzer suffisamment.
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- Réparation des pendules de marbre. —
- S’agit-il de remplacer un coin ou un morceau quelconque brisé et disparu, la composition suivante est employée avec succès : Faites une pâte épaisse de neuf onces de résine pulvérisée et d’huile de lin, liquéfiez au feu, laissez refroidir un peu et versez dans une dissolution chaude d’une livre de colle forte fondue avec très peu d’eau. Agitez le mélange, puis ajoutez du blanc d’Espagne tamisé, en manipulant le tout jusqu’à ce que vous obteniez une pâte bien ferme comme du levain. Mettez en pains et laissez refroidir. Au moment de l’emploi, faites chauffer cette composition suffisamment pour ramollir? e appliquez comme du mastic en donnant a
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- forme voulue. Une fois refroidie, adoucissez les surfaces en les grattant avec un morceau de verre. Il ne reste plus qu’à donner la nuance ou la couleur du marbre réparé. Cette préparation ne s’altère pas.
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- Cordes métalliques. — Pour préserver les cordes ou fils métalliques placées sous la terre ou sous l’eau on les enduit d’un mélange bouillant de 35 parties de chaux et de 65 de goudron. Celles qui sont exposées à l’action de l’air sont recouvertes d’un mélange de graphite et de suif ou bien d’huile de lin et de goudron.
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- Moyen de reconnaître le papier à la forme. — Il n’est pas ordinairement facile de reconnaître le papier à la forme, dit papier à la main, du papier à la machine, parce qu’il y a des machines qui fournissent aussi des feuilles à bords rugueux. La Papier Zei-tung donne un moyen bien simple : on découpe une rondelle de 6 à 10 cm. de diamètre qu’on place avec précaution sur l’eau de manière que le dessus reste sec. Dans le papier à la machine, deux côtés de la rondelle se relèvent bientôt et s’enroulent dans la direction du milieu. Mais, dans le papier à la main, tout le bord se relève tout autour de la rondelle et forme une espèce d’assiette. Gela provient de ce que les fibres du papier à la main sont presque également disposées dans le sens de la longueur et de la largeur, tandis qu’elles sont exclusivement disposées dans le sens de la longueur dans le papier à la machine.
- Cônes odoriférants. — On connaît les
- pastilles du sérail que l’on brûle dans les appartements pour parfumer l’air et chasser les mauvaises odeurs ; voici une recette pour fabriquer des cônes qui ont la même propriété.
- On prend :
- Benjoin..................... 5 parties.
- Baume de Tolu.................2 —
- Santal citrus.................2 —
- Charbon de bois léger . . 60 —
- Nitre.........................5 —
- Mucilage de gomme adragante, quantité suff.
- On réduit toutes ces substances en poudre
- et l’on en fait une pâte à l’aide de mucilage de gomme adragante, puis on en forme de petits cônes plus ou moins gros, selon qu’ils doivent durer plus ou moins. Le mucilage de gomme adragante s’obtient en faisant dissoudre une partie de gomme dans neuf parties d’eau. Cette opération demande vingt-quatre heures ; puis on bat dans un mortier le liquide visqueux afin de le rendre bien homogène.
- Lorsque les cône3 sont bien secs, on en allume le sommet avec un charbon ardent, et ils brûlent sans discontinuité.
- ***
- Fabrication du vin de coca. — Pour fabriquer du vin de coca, on fait infuser
- 100 parties de feuilles de coca dans :
- Cognac............50 parties
- Xérès............ 800 —
- Vin hongrois doux . 200 —
- L’infusion achevée, on presse les feuilles et on ajoute :
- Acide citrique. . . 0,5 parties.
- On laisse reposer quelques jours, puis on filtre.
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- Dégraissage des rubans et tulles noirs.
- — Avez-vous des rubans noirs ou des tulles de même couleur altérés ou défraîchis par l’usage et que vous désireriez faire durer plus longtemps ?
- Le café vous en fournira le moyen. Après avoir fait votre infusion comme d’habitude
- — mais plus épaisse, — laissez-la refroidir et versez-la filtrée dans un vase de capacité suffisante. Plongez-y votre ruban, votre tulle à plusieurs reprises et rincez-l’y avec précaution en évitant de le trop froisser.
- Pour les rubans, frottez-les doucement, s’il en est besoin, avec un chiffon de laine, de soie ou de linge imbibé de café, après les avoir tendus sur un linge blanc.
- Le lavage opéré, étendez chaque pièce entre les doubles d’un linge bien propre et laissez-l’y sécher à moitié, terminez par un léger repassage à l’envers en interposant entre le fer et l’étoffe un linge fin ou du papier.
- Non seulement le tissu sera nettoyé, mais l'infusion de café lui aura donné l’apprêt convenable.
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- LA SCIENCE EN FAMÏLLÉ
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- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
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- Mil»
- Tableaux étincelants. — On obtient de forts beaux tableaux étincelants en prenant comme fond une feuille de papier d’émeri, sur lequel on trace, en frottant avec l’extrémité d’une tige de cuivre, les divers dessins que l’on veut faire suivre par l’étincelle.
- Un premier essai rendra compte de la quantité de cuivre qu’il faut laisser sur le papier ; si on en laisse trop, il se forme un conducteur continu ; si, au contraire, la couche est trop faible , le chemin offert à l’étincelle est trop résistant.
- On peut varier les efforts en employant des papiers _ de diverses grosseurs,
- ou en traçant les dessins avec plusieurs métaux, qui donnent dans l’étincelle des colorations différentes. F. D.
- ***
- Expérience sur la pesanteur de l’air.
- — Il existe un grand nombre d’expériences destinées à démontrer la pesanteur de l’air: en voici une qui peut compter parmi les plus jolies, et qui, sans être nouvelle, n’est pas cependant des plus connues :
- Prendre deux verres d’ouvertures bien égales et s’ajustant parfaitement. Poser sur le premier une feuille de papier mouillée, percée d’un trou assez grand. Placer ensuite dans le verre un peu de papier sec que l’on enflamme avec une allumette et recouvrir immédiatement le premier verre par le second renversé. Le papier continuera à brûler entre les deux verres, jusqu’à ce que l’oxygène de l’air emprisonné ait disparu. A ce moment, la pression exercée à l’inté*
- Fig. 103. — Une petite expérience d’équilibre.
- rieur sera devenue plus faible qu’à l’extérieur, de sorte que les deux verres se trouveront pressés l’un contre l’autre par le poids de l’atmosphère. Aussi, devient-il possible alors de manier les deux verres comme s’ils ne formaient qu’un vase unique.
- Si l’expérience a convenablement réussi, il faudra un effort assez énergique pour séparer
- les deux verres.
- C. F.
- **#
- Petite ex-périence d’équilibre.
- — Dans le trou d’une bobine de fil à coudre, on enfonce un crayon dont la pointe sera tournée vers le haut, et on place le tout sur la table. Il s’agit maintenant de faire
- tenir une allumette verticalement sur l’extrémité supérieure du crayon (fig. 103).
- L’allumette étant parallélipipédique, nous allons piquer sur chacune de ses quatre faces une plume à écrire, comme c’est indique sur la droite de la figure, où deux plumes sont déjà fixées à l’allumette, ainsi qu’il vient d’être dit.
- Ainsi lestée, l’allumette se tiendra sur le crayon en équilibre. Pour agrémenter l’expérience, avec un peu de précaution, on fera tenir à chacune des plumes fixes une autre plume aimantée, et la pesanteur de ces plu" mes aidant, l’édifice n’en sera que plus con* solidé dès qu’on aura réussi.
- Cette expérience est d’un fort joli effet ; avec un peu d’ingéniosité, on pourra en faire d’autres, en se servant des mêmes accessoires. F. B. ___
- ' Ch. MENDEL Directeur-Gérant, ii 8. rue J^Assas^
- La Fère. — Imprimerie Bayen, rue Neigre.
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- L’AMIRAL MOUCHEZ
- 'amiral Mouchez, directeur de l’Observatoire de Paris, membre de l’Académie des Sciences et du Bureau des Longitudes, vient de mourir presque subitement dans sa propriété de Wissons (Seine-et-Oise), le 25 juin dernier.
- Ernest-Amédée -Barthélemy Mouchez naquit à Madrid, où ses parents a-vaient dû s’établir momenta-nément, le 24 août 1821. Il commença ses études au collège Louis-le-Grand, à Paris, entra à seize ans à l’école navale, conquit rapi-dement s!es grades au sortir de
- l’école, et en 1867, était nommé capitaine de vaisseau.
- En 1870, chargé de défendre le Havre, il fit exécuter, à la tête d’un millier de matelots débarqués comme lui de l’escadre du Nord, des ouvrages considérables qui mettaient Le Havre à l’abri d’un coup de main du côté de la terre ; aussi les Allemands,
- Fig. 104.
- après la prise de Rouen, renoncèrent-ils à s’emparer du Havre de vive force.
- Remarqué, dès l’école navale, pour son goût pour les calculs astronomiques et la géodésie, il avait débuté dans la carrière na*
- vale et scientifique par des travaux hy-drogra-phiques importants sur les côtes de l’Amérique du Sud, et après la guerre il fut chargé de la mission de relever les côtes de l’Algérie, mission dans laquelle il continua à se révéler marin habile et distingué et savant éminent. En 1874, le capitaine de
- vaisseau Mouchez fut chargé de conduire l’une des cinq expéditions'envoyées parle gouvernement français sur cinq points différents du globe, à l’effet d’observer le passage de Vénus, et il dut se rendre à l’île St-Paul, dans l’océan indien.
- Après des difficultés de toutes sortes qu’il fallut surmonter pour aborder cette île, dont
- PIlot. PlROU.
- M. le contre-amiral Ë.-A.-B. MOUCHEZ, né le 24 août 1821 mort le 25 juin 1892.
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- le ciel brumeux promettait bien peu de réussite à ce genre d’observation, il atteignit enfin son poste et eut le bonheur, l’instant arrivé, d’être favorisé par un temps tout à fait exceptionnel, d’autant mieux que la veille il pleuvait à torrent.
- L’expédition composée d’astronomes, de physiciens, de naturalistes, rapporta sur l’atmosphère de Vénus, sur l’île St-Paul et sa voisine, l’île d’Amsterdam, des documents nouveaux de la plus haute importance.
- En 1873, il avait été nommé membre du Bureau des Longitudes, il fut promu commandeur de la Légion d’honneur dès son retour en P’rance, en même temps qu’il était désigné par l’Académie des sciences pour succéder à l’astronome Mathieu.
- Il reprit ensuite ses travaux hydrographiques dans la Méditerranée, et quand Le Verrier mourut, le 23 septembre 1877, il fut jugé digne de succéder à ce grand astronome, dans la direction de l’Observatoire de Paris, et il fut élevé à cette haute charge par décret du 26 juin 1878.
- C’est d’ailleurs à cette époque qu’il reçut le grade de contre-amiral ; il fut mis à la retraite en 1880.
- Parmi les notables améliorations que l’amiral Mouchez apporta dans son administration ferme et active de l’Observatoire, il faut citer : la création d’une école pratique d’astronomie, celle d’un musée astronomique où furent
- réunis, d’une façon méthodique, nombre de pièces historiques qui jusqu’alors s’étaient trouvées disséminées un peu partout : instruments anciens, gravures, dessins, médailles, vieilles boussoles, anciens astrolabes, photographies, etc.
- Il encouragea les frères Henry dans leurs magnifiques expériences relatives à la photographie des étoiles, et enfin c’est à lui que l’on doit l’idée de la carte du Ciel, dont les travaux s’exécutent a l’heure qu’il est dans tous les pays civilisés du monde, et qui restera comme une des œuvres les plus importantes et les plus mémorables du xixe siècle.
- Et maintenant, nous ne saurions mieux terminer cette rapide et trop incomplète notice qu’en citant les dernières lignes de celle que consacre à ce savant regretté, M. Gaston Tissandier, dans la Nature :
- « L’amiral Mouchez était un grand travailleur qui, pendant sa longue et belle carrière, ne connut jamais le repos. Nature d’élite, son âme loyale se passionnait pour tout ce qui pouvait profiter au progrès de la science et au bien de son pays. C’était un ami sûr et dévoué ; la franchise et la loyauté formaient le fond de son caractère. Il était simple et modeste dans ses goûts, d’une grande droiture dans tous ses actes. Sa vie entière n’aura été qu’une série de services rendus et de beaux travaux réalisés. »
- Ch. Demauny.
- CHRONIQUE SCIENTIFIQUE ET INDUSTRIELLE
- L’AMMONIAQUE ET L’ACIDE SULFUREUX COMME FORCE MOTRICE — COMBUSTION SPONTANÉE DES CHARBONS — LA PILE MALIGNANI.
- e gaz ammoniac que tous nos lecteurs connaissent est d’une odeur forte, piquante, et qui provoque le larmoiement. Ce gaz n’est pas permanent. Il a été liquéfié par un froid de —40°, à la pression ordinaire, par M. Bussy, mais il peut aussi se condenser à +21°, sous une pression de 10 à 13 R° par centimètre carré. Le gaz ammoniac est très soluble dans l’eau qui peut en dissoudre 1000 fois son volume à 0° et 740 fois à+15°. La propriété que possède une solution saturée d’ammoniaque, de
- perdre son gaz, lorsqu’on la chauffe, et la facile régénération de ce dernier avaient déjà été utilisées par M. Carré pour ses appareils à glace. Un moteur basé sur la volatilisation de l’ammoniaque liquide a été expérimenté a Chicago par M. Mac-Mahon, son inventeur, et fonctionne sur une ligne de tramways de l’exposition de Chicago. Le générateur se compose d’un fort cylindre en fer traverse par de nombreux tubes, comme une chaudière tubulaire ordinaire. Ce cylindre, rempli aux 2/3 d’ammoniaque liquide, est enfermé tout
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- entier dans un autre cylindre beaucoup plus grand rempli d’eau qui circule librement entre les deux cylindres et dans les tubes. Si on élève la température à + 27°, la vaporisation de l’ammoniaque se produit et donne une pression de 10 R° 5 par centimètre carré sur le piston. Comme l’on ne peut naturellement laisser s’échapper le gaz ammoniac du piston, vu son odeur et sa valeur, il est recueilli au moyen du dispositif suivant : Le cylindre de ce piston est muni d’une double enveloppe en commun avec le grand cylindre du générateur et remplie d’eau comme lui, c’est dans cette eau que se fait l’échappement du gaz ammoniac qui, par la raison citée plus haut, est rapidement absorbé par l’eau. Ce phénomène de dissolution de l’ammoniaque dans l’eau amène naturellement un échaufïcment qui se transmet au cylindre renfermant l’ammoniaque et active encore la vaporisation. La pression, qui au départ est de 9R°13, s’élève en marche à 11 R°5. Après un certain temps de travail, on est obligé de mettre une nouvelle charge d’ammoniaque et de remplacer l’eau saturée d’ammoniaque par de l’eau pure. Cette eau ammoniacale est distillée et l’ammoniaque condensée est prête à servir à nouveau. Ces dépenses de régénération ne sont pas élevées, car un kilogramme de charbon produit à la distillation 81. 35 d’ammoniaque et les pertes sont insignifiantes.
- Le « Journal des Inventeurs » décrit un moteur à vapeur d’acide sulfureux qui offre bien des analogies avec le système à l’ammoniaque. D’abord quelques mots de ce composé du soufre : le gaz sulfureux est incolore, d’une odeur piquante et suffocante. Il se condense à la température ordinaire sous une pression d’environ deux atmosphères. Il bout à — 10° et produit un grand froid en se vaporisant ; il est du reste la base essentielle des machines frigorifiques de M.Raoul Pictet. Ce moteur se compose d’un générateur spécial chauffé par l’intermédiaire d’un bain-marie métallique d’étain qui permet d’obtenir une température constante et préserve le générateur du contact du charbon, et d’un piston à double effet muni d’un dispositif spécial empêchant toute déperdition d’acide sulfureux. L’acide sulfureux, au sortir du cylindre est amené dans un réfrigérant condenseur, il est refroidi par un courant d’eau,
- se liquéfie sous sa propre pression et est repris par la pompe alimentaire pour être injecté dans le générateur de vapeur. La vaporisation totale de l’acide sulfureux arrivant vers 150 ou 160°, sa force élastique s’accroît très rapidement et permet d’atteindre des pressions assez élevées avec des températures relativement faibles. Vu sa facile volatilisation, la dépense en combustible est légère. ***
- La combustion spontanée de cargaisons de charbon a été souvent imputée à la forte pression exercée par la masse, car c’est généralement à la partie inférieure du chargement que se déclare le feu. M. Vivian B. Lewes réfute cet argument. Pour lui, la pression n’y est pour rien. En effet, la pression d’une cargaison compacte de charbon de dix mètres de hauteur sera de moins del R° 4 par centimètre carré ; or, en soumettant à une pression dix fois plus considérable un échantillon d’un charbon propre à la combustion spontanée, on n’obtiendra qu’une augmentation de chaleur trop faible pour être constatée. Si l’on réduit ce charbon en poussière et qu’on l’étale sur une plaque placée sur un fourneau de façon à avoir pendant quelques heures une chaleur d’un peu plus de 100°, on verra le charbon prendre feu et cela sans être cependant soumis à aucune pression. D’après M. Lewes, le pouvoir absorbant du carbone, qui constitue l’élément principal du charbon, peut en retenant et condensant l’oxygène de l’air qui réagit sur les hydrocarbures du minéral, amener une augmentation de température suffisante pour déterminer l’ignition. Au-dessous de 38° C, la hauteur avec laquelle a lieu l’absorption de l’oxygène peut écarter toute crainte d’incendie, mais il n’en est plus de même si la température, initiale dépasse ce point, l’expérience ayant prouvé que l’ignition n’est plus qu’une question de temps. Lorsque, après les premières phases de réchauffement produit par l’absorption de l’oxygène, la température est redescendue à son premier point, le danger est écarté. On devrait donc, dans les magasins à charbon, éliminer tout accroissement accidentel de température en évitant le contact contre les parois, soit d’un tuyau de vapeur, soit d’une chaudière. En conservant le charbon fraîchement abattu, pendant un mois, en tas
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- de petite dimension et en évitant tout bris au moment de la mise en magasin, on n’entendrait plus guère parler de combustion spontanée.
- M. B. Lewes recommande, à bord des navires, de disposer dans la masse de charbon un certain nombre de tubes à acide carbonique liquide, scellés par un alliage fusible à 100» dont le dégagement amènerait une basse température et empêcherait toute combustion. Les frais d’achat de ces tubes, assez élevés, seront naturellement largement compensés, car on évitera ainsi bien des catastrophes et pertes considérables.
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- M. Malignani vient de créer une nouvelle pile destinée à la traction des voitures électriques. L’électrode négative est en zinc. L’électrode positive se compose d’un certain nombre de baguettes de charbon de lampes à arc dont une extrémité reste libre. L’autre extrémité est enveloppée d’une feuille d’or sur laquelle on enroule une bande de cuivre. Ces morceaux de cuivre sont soudés à l’étain. La feuille d’or interposée entre le charbon et le cuivre a pour objet d'éviter les incrustations entre le charbon et la soudure et d’assurer toujours un bon contact. Pour la cons-
- titution du vase poreux, d’un dispositif fort original, l’inventeur prend un tissu de coton très épais dont il fait un vase suffisamment grand pour contenir l’électrode positive, puis il le plonge dans un mélange d’acide sulfurique et d’acide nitrique qui transforme le coton en fulmi-coton.
- On élimine l’excès d’acide par un lavage à l’eau pure, puis on immerge le vase dans un mélange d’alcool et d’éther pour transformer en partie le fulmi-coton en collodion. On obtient de cette façon un vase poreux, très léger, inattaquable par les acides dilués, offrant une faible résistance et s’opposant suffisamment à l’endosmose. On emploie pour ces piles deux liquides : Une solution de nitrate de potasse dans l’acide sulfurique ou de l’eau acidulée par un tiers d’acide nitrique comme dépolarisant et une solution d’acide sulfurique au 1/15 dans laquelle baignera le zinc. Le poids d’un élément ainsi constitué sera de 5R°5, y compris les liquides. A circuit fermé cette pile donne un débit de 25 ampères avec une différence de potentiel de 1,55 volt pendant environ une heure. La force électromotrice baisse assez lentement pour que l’élément donne encore 21 ampères sous 1,85 volt après cinq heures de marche. H. Becker.
- LA PHOTOGRAPHIE PRATIQUE
- FABRICATION DES SOUFFLETS DE CHAMBRE NOIRE
- l peut quelquefois être utile à un amateur de savoir construire lui-même un soufflet de chambre noire. Ce travail, qui semble des plus difficiles, ne demande en réalité qu’un peu de soin et de patience ; aussi pensons-nous être agréable à un grand nombre de nos lecteurs en leur indiquant la manière de procéder.
- Les soufflets peuvent affecter deux formes différentes ; ils sont rectangulaires, carrés ou oblongs, c’est-à-dire de même ouverture à l’avant qu’à l’arrière, ou coniques, c’est-à-dire d’ouverture plus petite à l’avant qu’à l’arrière, selon le modèle de chambre auquel ils sont destinés. Mais, quelle que soit leur forme, il est essentiel qu’ils soient absolument imperméables à la lumière et construits de telle
- façon qu’ils ne présentent qu’un volume restreint tout en ayant un tirage suffisant ; en outre, ils ne doivent pas se déformer par l’usage, car alors il pourrait se produire des fissures donnant accès à la lumière.
- Pour réunir ces différentes qualités, le soufflet devra se composer de trois parties : la doublure qui sera en toile noire et exempte de reflets, un papier -mince et résistant pour donner de la consistance, et enfin la couverture extérieure qui sera en toile ou de préférence en peau. Ces trois matières, collees ensemble et pliées de la manière que nous allons indiquer, formeront un soufflet remplissant toutes les conditions de légèreté et de solidité désirables.
- Soufflets carrés ou oblongs. — On détei-
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- minera tout d’abord la dimension du soufflet ; elle devra être calculée de telle sorte qu’une fois replié, le soufflet vienne affleurer les bords du cadre de la chambre noire destinée à le recevoir. On prendra donc la mesure intérieure de ce cadre que nous supposerons être 18 x 18 pour un appareil 13 X 18 carré, puis la mesure extérieure, soit 20 x 20, et enfin la longueur totale du soufflet qui devra être d'un tiers environ supérieure au tirage maximum qu’il sera destiné à recevoir. On exécute alors le tracé du soufflet sur la feuille de papier qui sera collée ultérieurement entre la doublure et la couverture. On choisira un papier très mince, mais offrant un peu de consistance, de façon que les brisures qui indiqueront les plis ne disparaissent pas sous l’action de la colle au moment de placer la couverture avant le pliage définitif.
- On fixe la feuille à l’aide de punaises sur une planche à dessin, et, avec l’aide d’une règle à T, on trace les lignes AB ou lignes d’angles rigoureusement parallèles entre elles. L’intervalle entre chacune de ces lignes devra être de la largeur intérieure du soufflet augmentée de la largeur des plis, soit 0m22 (18 -)- 2 -f- 2 = 22), car ces derniers viendront se former à l’intérieur des lignes d’angles. Un des côtés sera divisé en deux comme l’indiquent les lignes MN, OP, pour permettre de fermer le soufflet.
- Les parallèles CD seront ensuite tracées pour indiquer les brisures des plis, les lignes grasses indiquant les plis en saillie et les lignes brisées les plis en creux ; puis, à l’aide d’une équerre on tracera les angles droits IFG-indiquant les coins qui devront être con-
- Fig. 105.
- trariés pour égaliser l’épaisseur du soufflet.
- C’est de la précision avec laquelle sera fait ce dessin que dépendra en grande partie la bonne exécution du soufflet.
- On coupe alors la feuille à environ 0m,015 de la ligne PO, puis on la tourne face en dessous et on colle la doublure. On choisira de la toile très fine à tissu serré et d’un noir mat ; avec un large pinceau on étend de la colle de pâte ordinaire sur le papier et on place la toile, en ayant soin de chasser les bulles d’air et d’assurer une adhérence uniforme en frottant en tous sens avec un tampon de laine. Lorsque la colle est bien prise
- et, avant son séchage complet, on indique tous les plis en brisant, à l’aide d’un plioir en os et d’une règle plate, toutes les lignes CD où les plis devront être formés, et les coins IFG, puis les lignes AB. On aura soin de passer le plioir rapidement pour ne pas faire de trous. Après avoir plié en AB les lignes d’angles, le papier se trouvant à l’extérieur, on coupe le tout selon les lignes MO, MN, NP et la toile seulement à 0ra,020 de la ligne PO; on passe de la colle forte légère et très chaude sur la languette formée en PO et on fait coïncider en fermant le soufflet les lignes PO et MN : cette dernière opération devra être faite avec le plus grand soin pour amener l’adhérence complète de la languette, on passera pour cela le plioir à l’intérieur et à l’extérieur du soufflet en donnant un rapide mouvement de va-et-vient.
- Lorsque le joint du soufflet est complètement sec, on procède au pliage. C’est l’opération la plus délicate, mais qui n’offrira aucune difficulté si tous les plis ont été indiqués par
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- une brisure bien faite. Pour former les plis, on se sert du plioir que l’on tient de la main droite en le passant dans tous les plis creux, en commençant par un coin, tandis que la main gauche placée à l’intérieur du soufflet brise le pli complètement. Les coins se formeront d’eux- mêmes à angle droit et le soufflet sera parfaitement d’équerre si le tracé a été exécuté avec précision.
- Une fois tous les plis formés, on aplatit le soufflet progressivement en appuyant avec la main gauche, tandis que la main droite passe le plioir dans les plis et les coins. On peut, pour assurer la brisure, se servir d’une pince de relieur à mâchoires polies.
- Quand tous les plis auront été suffisamment brisés pour conser-ve r leur forme dans l’opération suivante, on procède à la couverture du soufflet.
- On e m -ploiera, pour cela, de la peau quel’on choisira très mince et exempte de pi-qûres. On trouve chez tous les peaussiers pour maroquinerie du mouton j scié et quadrillé qui est excellent pour cet usage.
- Le soufflet est étendu à plat et on le recouvre de la peau qu’on a eu soin d’enduire de colle de pâte après l’avoir coupée aux dimensions convenables et parée sur les bords pour éviter une épaisseur à l’endroit de la fermeture. Il est préférable de placer le joint de la peau sur la face opposée à celle où se trouve celui de la toile et du papier. On frotte vivement en tous sens avec un tampon de laine pour assurer une adhérence parfaite et on procède, le soufflet étant encore humide, au pliage définitif qui sera très rapidement fait, tous les plis étant indiqués et déjà formés. On passe avec soin le plioir dans tous
- les plis creux et on brise avec la main, ou mieux, avec une pince les plis en saillie ; on laisse sécher ensuite sous une forte pression.
- Soufflets coniques. — Les manipulations générales sont les mêmes que celles que nous venons d’indiquer ; la différence dans la construction de ce soufflet consiste dans le mode d’effectuer le tracé et dans la disposition à donner aux plis.
- Supposons nos dimensions de 18 X 18 à l’arrière et 7 X 7 à l’avant du soufflet. Sur une feuille de carton mince on trace une droite AB d’une longueur égale au côté du soufflet augmenté de la largeur des plis, soit 0m,22 ; au centre G de cette ligne on élève la perpendiculaire CD de la longueur totale du
- soufflet, on trace en D la parallèle EF ayant 7 + 4 — 11 c. et on coupe la feuille de bristol selon ABEF ; on obtient ainsi u n calibre représentant exactement
- chaque face du soufflet. Dans le cas où on devrait avoir un soufflet ob-long de 13 X 18 c. par exemple, on procédera de même pour l’obtention du calibre du petit côté.
- Sur la feuille de papier destinée à former le soufflet, on trace un droite MN avec laquelle on fait coïncider le côté AB du calibre et on trace ABEF ; on fait ensuite coïncider le côté AE du calibre avec la ligne BF et du tracé BFIK, on fait de même pour obtenir AEGH ; il ne reste plus qu’à tracer, de chaque côté des lignes IK et GH, moitié du côté où se trouvera le joint du soufflet.
- Les lignes des plis et des angles se tracent comme nous l’avons déjà indiqué. Toutefois, on ne devra pas donner la même largeur a tous les plis comme dans le soufflet rectangulaire ; en faisant sur le côté 2 des plis d’en-
- Fig. 106.
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- viron un demi-centimètre plus étroits que sur le côté 1, le soufflet se repliera complètement à plat, ce qui assurera sa conservation, les plis ne subissant aucune déformation par l'usage comme cela arrive fréquemment. On pourra aussi augmenter d’un centimètre les plis du centre, on aura ainsi un tirage plus considérable avec un volume moindre.
- On procède au collage et au pliage comme nous l’avons indiqué plus haut.
- Un soufflet exécuté d’après n*s indications, ayant 0m,55 de tirage, n’aura que 0m,013 d’épaisseur.
- D’autres procédés ont été indiqués et sont encore journellement employés pour l’obtention de cette partie de la chambre noire ; le plus connu est celui qui consiste à entourer
- un cône en bois ou en carton de la dimension du soufflet avec les matières servant à sa confection, et à faire le pliage ensuite.
- Le procédé que nous venons de décrire nous parait beaucoup plus simple pour un amateur, puisqu’il n’exige aucun appareil, et il est en même temps bien supérieur par les résultats qu’il donne en solidité, en élégance et en volume ; et ce dernier point est important, car il ne faut pas l’oublier, si bien des modèles de chambre sont volumineux et encombrants, cela vient souvent du soufflet qui, étant hors de proportion avec son tirage, nécessite un logement considérable qui augmente d’autant le poids de la chambre.
- Pierre Yeuilly (1).
- UNE PIERRE DE LA BASTILLE
- P U I S
- cle et demi qu’avait été construite l’énceinte de Philippe-Auguste, Paris s’était considérablement agrandi, surtout sur sa rive droite : dans cette direction s’étendaient de vastes faubourgs qui n’auraient pu être protégés en cas d’attaque ; aussi Etienne Marcel, prévôt des marchands, résolut-il de les renfermer dans la ville.
- Il commença donc une nouvelle enceinte qui débutait à peu près à l’endroit où se trouve actuellement le Carrousel, traversait cette place, coupait le jardin du Palais-Royal, la place des Victoires et allait atteindre par la rue d’Aboukir, la ligne des grands boulevards, puis, se dirigeant de l’ouest à l’est, parallèlement aux boulevards du Temple, des Filles-du-Calvaire et Beaumarchais, elle coupait la place de la Bastille, et par le boulevard Contrescarpe et le canal St-Martin rejoignait la Seine.
- Il va sans dire que ces noms de rues et de places ne sont pas ceux du xivc siècle, et
- pour ne prendre qu’un exemple, il nous suffira de dire que nos boulevards, depuis la porte St-Denis jusqu’à la place de la Bastille, n’étaient à cette époque qu’un chemin de ronde des murailles : de là, d’ailleurs, leur nom de boulevard, qui signifie fortification.
- Quant à la rive gauche, elle s’était moins étendue, et, de ce côté, l’on se contenta de creuser des fossés en avant de la muraille du xme siècle.
- Cette enceinte fut continuée par Charles V, qui compléta la fortification nouvelle, entreprise par Etienne Marcel, et dans ces grands travaux de défense, l’œuvre la plus considérable fut sans contredit la construction de la Bastille.
- A l’origine, chacune des portes de Paris s’apelait une bastille ou bastide, et à ce mot de bastide, on ajoutait le nom du faubourg auquel elle donnait accès. C’est ainsi qu’on connaissait la bastide du Temple, la bastide Saint-Denis, la bastide Saint-Antoine, où Jean Maillard tua Etienne Marcel, etc. ; mais, sans doute à cause de l’importance de la situation de cette dernière qui commandait l’entrée de la Seine dans Paris, Charles V la transforma en forteresse ; elle devint dès
- (i) Bulletin du Photo-Club.
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- lors la Bastille par excellence et l’édifice qui allait y être élevé conserva son nom.
- Hugues Aubriot, prévôt de Paris, prit une grande part à la direction de ses travaux, après en avoir posé la première pierre le 22 avril 1370 ; mais la tradition qui le représente inaugurant lui-même, comme prisonnier, les cachots de la Bastille, est erronée ; à la suite de démêlés qu’il eut avec le recteur de l’Université de Paris, homme d’église,
- et Charles VI en ajouta quatre nouvelles, ce qui porta leur nombre à huit, et acheva, en 1384, le parallélogramme complet d’un château-fort.
- Ces tours étaient reliées par des massifs aussi élevés qu’elles, ayant une hauteur de 73 pieds en dedans et de 96 pieds en dehors, avec une épaisseur de 9 pieds ; en somme, la Bastille atteignait donc à peine, au-dessus du sol, la hauteur du Louvre, et sa longueur
- M'ili
- t j'iï-C
- Fig. 107. — La Bastille.
- il fut cité devant l’évêque, et, déclaré coupable, condamné à une détention perpétuelle qu’il subit à For-l’Évêque, prison qui se trouvait située près de Saint-Germain-l’Au-xerrois.
- La Bastille ne fut d’abord qu’une porte fortifiée, composée de deux tours rondes à créneaux, comme on en faisait au moyen âge, et jointes par une arcade ; quelque temps après, deux autres furent élevées en arrière,
- de celle de la
- était inférieure à la moitié colonnade de ce palais.
- Des fossés très larges et marécageux, profonds de 23 pieds au-dessous du niveau] des cours intérieures, entouraient cette enceinte.
- Comme forteresse, la Bastille joua déjà un grand rôle pendant la guerre de Cent ans, et, en 1436, les Anglais, battus par Charles Vlh s’y réfugièrent.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- Bussy le Clerc y enferma le parlement en 1588 ; Henri IV y déposa son épargne et en confia le commandement à Sully, et pendant la guerre de la Fronde, lors du combat de la porte St-Antoine, le canon de la Bastille sauva seul les troupes de Condé ; mais c’est surtout comme prison d’Etat que cette forteresse est célèbre, et elle était déjà devenue une prison, un siècle après sa fondation.
- L’entrée était en face de la rue St-Antoine; il fallait franchir deux ponts-levis, et passer
- hiver, étouffantes en été, étaient les endroits les plus redoutés après les cachots.
- La liste en est longue des célébrités qui furent enfermées là, et parmi elles, il faut citer Jacques d’Armagnac, Chabot, Poyet, Anne Dubourg, Biron, Bassompierre, d’Ornano, Bussy-Rabutin, Lemaistre de Sacy, Fouquet, Pelisson, le personnage mystérieux du Masque de Fer, Voltaire, Marmontel, Latude, à qui il fallut une habileté incroyable, un véritable génie pour pouvoir s’en évader
- devant un nombre infini de sentinelles avant d’arriver au dernier pont-levis, qui, celui-là, ne s’abaissait jamais que pour laisser passer les prisonniers et leurs geôliers.
- Aucun étranger n’était admis dans cette enceinte, et bien des malheureux qui y gémissaient pour de légères peccadilles, n’en franchirent plus le seuil. Des cachots infects s’enfonçaient à 19 pieds sous terre, et au haut des tours, qui étaient elles-mêmes des Prisons à 5 étages, les calottes, glaciales en
- deux fois, La Bourdonnais, Linguet, La Cha-lotais, etc.
- Le 13 juillet 1789, la nouvelle du renvoi de Necker et l’arrivée aux environs de Paris de régiments étrangers que le roi avait fait appeler, furent la cause d’une effervescence générale dans la capitale ; toute la nuit se passa à faire des préparatifs de défense. On avait cru voir la veille s’avancer des troupes jusqu’au faubourg Saint-Antoine, on s’était montré la Bastille en disant : « Le danger
- Fig. ltR -
- Pierre provenant des murs de la Bastille, encastrée dans un mur à St-Julien-du-Sault (Yonne).
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- est là». Jamais Paris ne se serait cru en sûreté tant que la sombre forteresse serait restée aux mains du roi, dressée comme une menace, au sein de la ville même, et placée de façon à barrer le passage aux habitants, à l’ouvrir aux surveillants. Le pauvre peuple n’avait guère à craindre les chaînes de la Bastille, il craignait plutôt son canon, tant il est vrai qu’en s’acharnant à la prendre, il en voulait plus à la citadelle qu’à la prison : il y réussit le 14 juillet, et, dès le soir même, il en commença la démolition.
- Deux jours après, l’assemblée des électeurs décréta à l’unanimité qu’elle serait rasée jusque dans ses fondements.
- Un comité d’architecte s nommé par l’Hôtel de ville et composé de Jaillier de Sa-vault, Poyet et la Poize de Montizon délégua le patriote Palloy pour l’exécution des travaux; et il fut arrêté que les pierres de la fameuse prison seraient employées à la construction d’un pont, le pont de la Révolution — aujourd’hui pont de la Concorde — afin qu’elles fussent foulées par les pieds du peuple.
- 83 pierres prises dans ses murs servirent à confectionner autant de petites réductions
- de la Bastille, qui furent distribuées à chacun des 83 départements par des envoyés organisés en société, et auxquels Palloy avait donné le nom d'ap'Ures de la Liberté.
- Les fers, les plombs, le bois furent employés à la fabrication d’une multitude d’objets destinés à perpétuer le souvenir do cette grande victoire : médailles pour députés, épées, jouets de toutes sortes ; les pierres
- de la Bastille devinrent à la mode et les femmes en portaient de petits fragments sertis en bijoux dans leurs parures.
- Lors de la Restauration, la plupart de ces emblèmes furent chassés des archives départementales ; cependant quelques-uns de ces emblèmes ont survécu, et parmi ceux-ci il faut placer la pierre qu’on voit encore aujourd'hui encastrée dans la façade d’une maison de St-Julien-du-Sault (Yonne), et sur laquelle on peut lire l’inscription que nous donnons ci-dessus.
- Il en existe, paraît-il, une autre, dans le mur dépendant d’une propriété qui avoisine le cimetière de Tulle fCorrèze) ; mais celle-ci porte cette seule date : 1789.
- C. Chaplot.
- Bastilliœ fuit exteactus lapis iste euinis
- ET PATEIIS MAN1BUS MELIOREM ERECTUS IN USUM UT SCILICET LIBERTATIS COGNOMEN IIABERET H CEC PLATEA.
- Cette pierre a été tirée des ruines de la Bastille.
- LE PATRIOTISME l’a CONSACRÉE A UN MEILLEUR USAGE EN L’ÉLEVANT ICI POUR DONNER A CETTE PLACE LE DOUX NOM DE LA LIBERTÉ.
- L’an 2me de la liberté française.
- Fig. 109. — Inscription gravée dans la pierre de la figure précédente.
- HISTORIQUE et ORIGINE DE LA NOMENCLATURE CHIMIQUE
- endant des siècles, la chimie n’avait été qu’un recueil de recettes obscures, souvent mensongères, à l'usage des alchimistes et plus tard des iatrochimistes : Lavoisier la constitua et en lit, une science. Il fut le créateur de la vraie méthode en Chimie ; née de l’observation rigoureuse des phénomènes de combustion, sa théorie a pu s’étendre à
- aH
- •fûvL.
- tous les faits importants connus à cette époque. Elle avait en elle la justesse et la portée, elle est devenue un système. L’horizon élargi
- par l’illustre chimiste fit découvrir de nouveaux points de vue et les théories restreintes d’abord au domaine qui les avait fait naîtie, ont pris essor et embrassent aujourd hui le champ entier de la Sciehce. Lavoisier
- éta-
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- blit le premier la nature élémentaire des métaux et fixa, en général, la notion des corps simples ; il reconnut comme tels les corps dont on ne peut retirer qu’une seule espèce de matière et qui, soumis à l’épreuve de toutes les forces, se retrouvent toujours les mêmes, indestructives, indécomposables.
- Ayant imprimé à un grand nombre de substances primordiales le sceau d’une individualité propre, il réforma, d’une manière définitive, les idées anciennes sur la nature des éléments.
- Quel que soit le degré de complication d’un composé, on peut toujours y discerner les parties constituantes, dans toutes les combinaisons l’affinité s’exerce sur les éléments simples ou composés. Ceux-ci s’attirent et s’unissent entre eux en vertu d’une certaine opposition de propriétés qui est précisément neutralisée par le fait de leur union ; c’est le fond de la théorie et le principe de la langue. La langue chimique, admirable par sa précision, n’a pas peu contribué au triomphe des idées, à la fin du siècle dernier.
- Le premier qui se soit occupé de la nomenclature est Guyton de Morveau, avocat géné-l'al au parlement de Dijon, qui consacrait ses loisirs à l’étude de la chimie. Il avait*été frappé des inconvénients de la nomenclature, alors sans règle et sans clarté, et qui formait plutôt une collection de mots bizarres et de synonymes fatigants. En 1782, il proposa de nouvelles déterminations qui ne furent pas acceptées, mais portaient en elles le germe d’une vraie nomenclature. Son but était de désigner par le nom même la composition d’une substance : Guyton de Morveau trouva nn puissant adepte en Lavoisier et, en 1787, grâce au concours de Berthollet et de Four-croy, la nouvelle langue s’adapta à la nouille théorie.
- Le chimiste suédois Berzélius a rendu à sa théorie un service d’un autre genre, il est 1 auteur d’une notation propre à indiquer la composition atomique des corps.
- Les alchimistes, dans l’intention d’abréger °u d’obscurcir le langage, avaient coutume de substituer aux noms des signes dont on se Appelle la forme bizarre : c’étaient des symboles purement conventionnels qui ne rappelaient que des mots. Dalton avait fait autre chose; il proposa, pour l’usage, des signes représentant des atomes : c’étaient de petits
- cercles encadrant des marques caractéristiques pour chaque corps simple. Ceux de l’hydrogène encadraient un point au centre, ceux de l’azote une banne, ceux du soufre une croix, ceux de l’oxygène n’encadraient rien. Les atomes de carbone étaient noirs, comme de juste, ceux des métaux portaient au centre une lettre initiale du nom de chacun d’eux. C’était ingénieux et clair; pour prendre connaissance d’un corps il suffisait de compter les atomes qui s’étalaient les uns à côté des autres ; le seul inconvénient étaient l’étendue que cela prenait sur le papier dès que1 les corps se composaient. Berzélius évita cet écueil et eut l’idée de représenter les atomes par des lettres initiales des noms des éléments. O, signifie oxygène, H, hydrogène et ainsi de suite, mais où prendre les noms.
- On tira les uns de l’aspect des corps, de leurs couleurs, de leurs formes, de leurs propriétés; les autres out trait au pays de leur extraction, d’autres plus anciens encore se rattachent à l'époque où l’on considérait les métaux comme venant des astres et où on leur donnait des noms de divinités, etc. C’est en quelque sorte la revue de l’étymologie des noms des corps chimiques que nous allons passer en revue et nous nous efforcerons de le faire de la manière ra plus intéressante possible pour rendre le sujet moins aride et plus attrayant au lecteur.
- Chimie. — Le premier mot naturellement dont on ait à chercher l’étymologie est celui de chimie : il remonte aux époques les plus reculées. Les anciennes et saintes écritures disent que des anges furent chassés du ciel et vinrent sur la terre enseigner les arts, et le livre dans lequel ils enseignaient est appelé Chêma ; de là le nom de Chôma appliqué à l’art par excellence. Le nom du livre Chêma se retrouve en Egypte sous la forme Chémi, titre d’un traité cité dans un papyrus de la XIIe dynastie : l’auteur y est préoccupé des mystères des métaux, c’est-à-dire de l’alchimie et il s’occupe en même temps de l’art de la teinture, association qui forme la base des vieux traités d’alchimistes. La magie et l’astrologie, ainsi que la connaissance des remèdes, plantes et poisons sont confondus par Tertullien dans une même malédiction et cela a duré fort longtemps pendant tout le moyen âge.
- Le nom de chimie a été rattaché par plu-
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- sieurs, Champollion entre autres, au nom de l’Egypte, chemi, mot que les Hébreux ont traduit par terre de Gham. On rattache aussi l’étymologie au mot grec jxoç suc ou à fondre ; c’était l’art du fondeur de métaux.
- Nous ôtudiei’ons successivement, par ordre alphabétique, l’étymologie des métaux et des métalloïdes. Et pour commencer je viens d’employer un terme, métaux, dont l’origine est assez curieuse. Métal vient du verbe grec psxaXdw je change, j’échange et doit son origine au fait que les Grecs et les Romains échangeaient leurs deniers contre des minerais, du cuivre notamment. Des gisements d’or ayant été découverts, ce métal acquit rapidement une grande importance et devint la base du commerce. Ceci dit, j’aborde le sujet :
- Aluminium. — Jusqu’en 1827 on n’avait pu isoler les métaux des terres, parce que ces corps, irréductibles par le charbon, l’hydrogène et autres métaux, sont de plus dénués de tout pouvoir conducteur pour l’électricité ; aussi tous les efforts de Davy et Oerstedt pour décomposer l’alumine n’eurent-ils point de succès. Wœtler le premier parvint à l’isoler et plus tard Ste-Clair Deville l’obtint à l’état de pureté parfaite : aujourd’hui l’aluminium est préparé sur une grande échelle et tend de plus en plus, par sa légèreté et son inattaquabilité, à supplanter d’autres métaux employés jusqu’ici pour les besoins journaliers. Les auteurs le font dériver d’aluns qui sont des sulfates d’alumine doubles, mais cela n’expliquerait rien, je crois plutôt qu’il provient d’alumen, fourneau, et comme l’aluminium est la base des argiles, cela indiquerait que les anciens fabriquaient leurs fourneaux en terre réfractaire.
- Antimoine. — Métal décrit pour la première fois par Basile Valentin vers le milieu du XVe siècle, mais on connaissait depuis longtemps ses minerais et quelques-ups de ses composés, il est peu de corps qui aient donné lieu à autant d’investigations de la part des alchimistes et qui aient trouvé autant d’applications dans la médecine. Son emploi avait donné lieu à tant d’abus qu’en 1556 le parlement, sur une décision de la faculté de Paris, crut devoir en proscrire l’usage ; ce n’est que 100 ans plus tard qu’un nouvel arrêté mit fin à cette interdiction. On
- attribue son étymologie au fait que sa préparation avait coûté la vie à plusieurs moines, d’où anti-moine ; mais il se rattache plutôt à une forme arabe atmoud, d’où serait venu antimoine.
- Argent. — Tire son nom du grec : àpyoî, blanc, dû à sa couleur ; métal précieux et employé usuellement depuis une très haute antiquité. La couleur propre de l’argent est jaunâtre, mais par suite de son grand pouvoir réfléchissant, ce métal parait parfaitement blanc ; à l’état divisé, tel qu’on l’obtient par la réduction à froid du chlorure, il constitue une poudre d’un gris-claire.
- Arsenic. — Doit son étymologie au grec : àpocvaoç, qui veut dire mâle. Cet adjectif nous montre que l’emploi de l’arsenic comme médicament tonique remonte très haut. Car ce sens de « mâle » veut sans doute dire : qui rend des forces, de la vigueur, et nous savons en effet que l’arsenic est actuellement employé en médecine comme excitant et que dans le Tyrol, les femmes en mangent pour mieux pouvoir monter leurs fardeaux dans les montagnes en activant les phases de la respiration. L’arsenic se donne aussi aux chevaux et se manifeste par un surcroît de vig.ueur et un poil bien lustré. L’arsenic est déjà mentionné dans les ouvrages des premiers alchimistes, Géber, Albert le Grand ; ses sulfures étaient même connus des anciens, car Aristote et Dioscoride en parlent, mais il n’a été bien défini qu’en 1733 par Brandt.
- Azote. — De Çwt), vie, et de a, particule privative : qui empêche la respiration, qui n’entretient pas la vie : le nom a été donné par Lavoisier à la partie non respirable de 1 air atmosphérique, décrite simultanément par Rutheffad et par Scheele en 1772 sous le nom de moffette atmosphérique ou de aer mejphi-ticus. Ce gaz a été fréquemment désigné sous le nom de nitrogène (d’où il tire un de ses symboles N) parce qu’il constitue un des éléments du nitre. Fourcroy avait observé que la vessie natatoire des carpes renfermait du gaz azote pur.
- Baryum. —Du grec |3apo;, pesant, louid. Lors de ses recherches sur la magnesia nigia, en 1774, Scheele découvrit une terre nouvelle voisine de la chaux, dont il fît connaître les propriétés et qu’il nomma terre pesante (teiia penderosa) ; les nomenclateurs français chan
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- gèrent cette dénomination en barote, puis en baryte dont la signification est la même et que les chimistes ont conservée. Davy reconnut, en 1808, la véritable nature de la baryte et il montre que cette terre était une
- combinaison d’un métal auquel il appliqua le nom de Baryum.
- (A suivre).
- L. Wertheimer,
- Docteur ès sciences.
- CONSTRUCTION D’UN VOLTAMETRE D’AMATEUR
- Prenez un vase en verre V (fig. 110) ; un verre à pied cassé, pourra convenir; vous y percerez deux trous 11’ au moyen d’un grattoir triangulaire, bien pointu, dont vous vous servirez comme d’un foret, en le mouillant avec de l’essence de térébenthine. (Il faut à peu près une demi-heure pour percer chaque trou).
- ïTAVXlEf^
- Fig. 110.
- Passez dans ces trous deux fils de cuivre ce’, à l’extrémité desquels vous aurez fixé par une torsade deux fils de platine^pp’d’unl/âmil-limètre environ de diamètre.
- D’autre part, tournez un socle en bois B sur lequel vous monterez deux bornes &&’. Renversant ensuite le tout, vous fixerez sous les bornes les extrémités des fils cc’, et vous
- r
- Fig. 111.
- coulerez de la cire à cacheter dans le fond du socle, de façon à y fixer le verre. Lorsqu’elle sera refroidie, vous en coulerez également, à l’intérieur du verre à une hauteur suffisante pour que le platine seul en émerge. Vous prendrez comme éprouvettes deux tubes d’essai, et votre voltamètre sera complet.
- Voici une forme encore plus simple, qui sera appréciée des amateurs n’ayant à leur disposition qu’un outillage rudimentaire.
- Courbez deux tubes de verre
- TT’ comme le montre la fig. 111, et introduisez dans chacun de ces tubes un fil de cuivre C, à l’extrémité duquel vous aurez ligaturé un fil de platine p. Emplissez ensuite de cire les tubes T, Il vous suffira de plonger ces deux tubes dans un vase quelconque contenant l’eau acidulée, et de les coiffer de deux éprouvettes (fig. 112) pour avoir le voltamètre prêt à fonction-
- Fig. 112.
- On peut supprimer l’un des fils de platine, et employer l’un des fils de cuivre comme électrode, mais à la condition de la mettre toujours en communication avec le pôle négatif de la pile.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- Le pain de gland. — Le gland n’est pas, comme on semble le croire généralement, exclusivement utilisé comme nourriture pour
- les utiles animaux domestiques qu’a poétisés saint Antoine.
- De temps immémorial, il fit partie de l'ali—
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- mentation humaine. Les Romains routiniers, aussi bien que les Grecs amis de la novation, en firent un constant usage, et, dr nos jours encore, des tribus barbares et des peuplades civilisées le tiennent en grand honneur.
- La manière de préparer les glands pour la fabrication du pain est fort curieuse, si on doit s’en rapporter au récit du Chronicle de San-Franciscu.
- Les Indiens des Sierras ont, depuis longtemps, introduit le pain de gland dans leur alimentation quotidienne, et leur manière encore toute primitive de le préparer mérite une courte description. Après avoir récolté des glands en suffisante quantité, ils les versent dans des cuves de grande dimension et les broient préalablement. Au-dessus de ces cuves sont disposées des corbeilles en toile, remplies d’eau, dans lesquelles ils jettent des pierres brûlantes jusqu’à ce qu’elles aient une température jugée nécessaire.
- Pendant que ceux qui tiennent ces corbeilles laissent tomber goutte à goutte dans les cuves, d’autres tournent la pâte du gland au moyen de grands moulins en bois jusqu’à ce qu’elle ait la consistance d’une crème blanche solide. Les cuves étant percées de petits trous, les eaux s’écoulent graduellement emportant avec elles les substances impures. La pâte est ensuite travaillée pour la fabrication du pain suivant les procédés ordinaires dans le wighwam indien.
- Ce pain, d’un goût très agréable, est d’une couleur excessivement blanche et particuliè-ment propre à l’alimentation.
- J. de P. S.
- ** *
- Ruses de pêcheurs. — Dans son désir de rendre la pêche aussi fructueuse que possible, l’homme dépense une somme considérable d’ingéniosité ; il a recours à toutes espèces de ruses; mais nulle part peut-être, les procédés ne sont aussi variés qu’en Russie, ce pays des poissons.
- Voici, d’après la Revue des Sciences naturelles, et à titre d’exemple, les moyens pratiqués sur certains fleuves de la Russie.
- Sur le Don, on enduit de pâte, de mie de pain, les nasses pour y attirer les carpes. Les pêcheurs de Munitch atachent à leurs filets des bouteilles remplies de mercure ; le poisson est attiré par son miroitement.
- Sur le Kouban, où l’on pêche au moyen
- d’engins particuliers, on tend sur la surface de l’eau, un trait de halage qui, secoué par le vent, chasse les poissons vers l’endroit où se trouve le piège. Quelquefois, on attache à ce singulier appareil de vieux linges trempés dans le pétrole.
- Un autre procédé non moins original, employé pour tirer des fosses les poissons d’une certaine taille, est raconté par M. Poliakof.
- Il y a quelques années, des pêcheurs de Tambolf arrivèrent sur la Khopra et y prirent à ferme le droit de pêche au filet. Après avoir fixé leurs filets autour d’une des nombreuses fosses, ces pêcheurs se mirent à lancer dans l’eau des pierres, préalablement rougies sur le feu. Tous les poissons, même les plus gros, que l’on n’avait jamais réussi à pêcher auparavant, se jetèrent hors de l’eau et tombaient dans le filet.
- Mais lorsque les Cosaques, propriétaires de la pêche, apprirent un tel succès — une quantité de poissons parmi lesquels de fortes pièces dont ils ne soupçonnaient même pas l’existence dans ces eaux, — ils s’empressèrent de rembourser aux « tambovtzi » le fermage payé d’avance, et de les « chasser » du pays.
- Un coup de foudre. — Les orages signalés de toutes les parties de la France, et accompagnés de coups de foudre qui ont fait cette année de nombreuses victimes donnent un grand intérêt à la note suivante, publiée par M. Boëns dans le Bulletin de l’Académie de médecine de Belgique.
- Le 27 juillet 1891, dit l’auteur, deux jeunes villageoises étaient foudroyées dans la campagne àNalinnes (province de Namur), pendant un violent orage. Transportées chez la mère de l’une des victimes, elles y furent de sa part, ainsi que de celle du médecin de la commune, l’objet de soins .persévérants. Au bout de deux heures de ces soins, elles commencèrent à donner signe de vie, et le 28juillet, de minuit à trois heures du matin, elles reprirent connaissance. L’une de ces jeunes personnes se rétablit rapidement ; l’autre a conservé, depuis lors, une double sciatique excessivement douloureuse, qui s’est montrée rebelle à tous les traitements employés. Sa jaquette, son corset et une partie de la peau du dos, des reins et des membres inférieurs avaient été brûlés par la foudre. La langue
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- est restée cyanosée durant deux mois. La conclusion de M. Boëns est qu’après les coups de foudre, même lorsque les victimes semblent absolument privées de vie, il ne faut pas désespérer trop tôt de les ramener à l’existence et même à la santé. Ajoutons que, selon les observations les plus récentes, il conviendrait de traiter les foudroyés comme les noyés, c’est-à-dire de pratiquer la respiration artificielle. Il est bon d’en prendre note pour les cas d’accidents dans les applications électriques.
- *
- * *
- L’industrie des pâtes alimentaires de Marseille. — Grâce à leur bonne fabrication, les pâtes alimentaires de Marseille sont exportées à l’étranger dans des proportions qui deviennent d’année en année plus considérables.
- C’est ainsi que du chiffre de 3,559,200 kilog. signalé en 1887, il s’est élevé successivement à 4.214.172 en 1888, à 4,448,727 en 1889, à 4,976,640 en 1890, et enfin à 5,106,986 kilog. en 1891. Ce qui fait en cinq ans une augmentation de 1,547,986 kilog. dans le chiffre d’exportation.
- ** *
- Un chien géant. — Nous avons parlé dernièrement d’un chien minuscule qui venait d’être vendu en Amérique à un prix fort élevé, mais sait-on quel est actuellement le plus gros chien du monde ?
- C’est un St-Bernard qui mesure lm 10 de haut, aux épaules, et dont le poids est de 247 livres. Il répond au nom de lord Bute, et a déjà remporté 26 prix dans les différents concours auxquels il a été présenté, sans compter les coupes et les médailles. Un américain l’a acheté 19,000 dollars, c’est-à-dire 18,467 fr. 50.
- *
- * *
- La montre phonographe. — On signale une application ingénieuse du phonographe, M. Sivan, horloger à Genève, vient d’apprendre à la Société des arts de cette ville qu’il vient d’envoyer à Berne, en vue d’obtenir un brevet d’invention, un spécimen d’une inonde à répétition, parlant les heures et les quarts au lieu de les sonner.
- *-
- * *
- Mésaventure électrique. — The Electrical Revieiv enregistre une curieuse mésaventure due à l’électricité :
- Un coiffeur a fait disposer un moteur électrique actionnant une brosse mécanique et, pendant la nuit, la petite installation modèle est éclairée par une lampe à incandescence. Mais, à sa grande stupéfaction, le coiffeur observa que chaque fois qu’il brossait un client pendant la nuit, l’opération était interrompue par l’extinction systématique de la lampe.
- M. G. O. Grimshaw, qui a signalé ce fait au journal en question, en découvrit la cause après s’être aperçu que la lampe était placée dans le voisinage des poulies et des courroies en caoutchouc transmettant le mouvement à la brosse mécanique. Dans ces conditions, il se produisait des phénomènes assez intenses d’électrisation de la courroie en caoutchouc : le champ électrostatique créé par cette électrisation agissait sur le filament incandescent, le faisait fléchir et amenait son contact avec le verre, ce qui produisait infailliblement sa rupture. Une fois la cause du mal connue, le remède était facile à trouver ; aujourd’hui tout est rentré dans l’ordre à la grande satisfaction des clients, du coiffeur qui a su heureusement utiliser l’énergie électrique pendant le jour, et du directeur de la station centrale qui augmente ses recettes sans accroître ses dépeuses, dans la même proportion.
- ***
- La tour métallique de Fourvières à Lyon. — Sur la colline de Fourvières va s’élever bientôt une tour métallique de 80 mètres.
- La plate-forme sera environ à 200 mètres au-dessus du niveau de la ville et à 350 mètres au-dessus du niveau de la mer.
- On y jouirad’un panorama merveilleux sur l’ensemble de la ville, sur la plaine du Dauphiné,le Mont-Blanc, les Alpes, les Gévennes, les Monts d’Auvergne, etc.
- La base de la tour sera en pierre jusqu’à 10 mètres de haut et le reste en fer.
- Le rez-de-chaussée sera divisé en plusieurs salles : salle des machines, salle de réceptions, restaurant, etc.
- Un ascenseur hydraulique d’un nouveau système desservira la plate-forme supérieure.
- Une dynamo puissante fournira l’éclairage des différentes salles, ainsi que celle du phare placé au sommet de la tour, à l’instar de celui de la Tour Eiffel.
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- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
- Un paradoxe hydrostatique. — M. R. W.
- Wood décrit, dans le Scientific American, une intéressante expérience, facile à répéter et qui peut aussi servir de démonstration au principe des vases communiquants contenant des liquides différents.
- Remplissez un vase de verre V (fig. 113), d’environ 15 cm. de haut, avec de l’eau ordinaire; puis à l’aide d’un entonnoir E, qui doit avoir la même hauteur que le vase et toucher le fond, versez de l’acide sulfurique ordinaire, jusqu’à ce que l’eau atteigne les hords du vase.
- L’acide sulfurique, plus lourd, for. mera une couche sous l’eau. En agitant un peu la surface de l’acide, on déterminera un mélange parfait qui rendra invisible la ligne de séparation. Enlevez alors l’entonnoir. En plaçant le vase sous un certain jour, il est à peu près impossible de voir la couche plus dense au fond. Faites remarquer alors qu’il n’y a rien dans le bec de l’entonnoir qui puisse empêcher l’entrée de l’eau, et plongez-le dans le vase, où il flottera. Si on l’appuie légèrement, il remontera comme un morceau de liège. La raison est la suivante : la colonne d’eau intérieure ne pouvant faire équilibre qu’à une colonne d’acide plus basse, l’entonnoir ne se remplit que partiellement, et la couche d’acide qui se trouve dans le bec a pratiquement le même effet qu’un bouchon ; l’entonnoir étant en partie rempli d’air, flotte sur l’eau.
- Il est évident que dans un vase rempli d’acide seulement, l’entonnoir irait au fond, le verre étant plus lourd que l’acide.
- Il est probable que l’on peut employer, à la place de l’acide, une solution saturée d’hypo-sulflte de soude, qui offrirait plus de sécurité.
- Si, pendant que l’entonnoir flotte, on y verse lentement de l’acide sulfurique, il s’élève dans l’eau, car l’acide chasse l’eau qui s’était introduite dans l’entonnoir pendant l’immersion. Le contraire a lieu si on y verse de l’eau.
- Rafraîchir une bouteille de vin. — Tout le monde sait qu’en entourant la bouteille d’un morceau de flanelle mouillée et qu’en la plaçant au soleil, le liquide qu’elle contient se rafraîchit. Voici le moyen d’obtenir le même résultat, même quand il ne fait pas de soleil, ce qui arrive souvent pendant...
- l’été, et que le temps est à l’orage.
- La bouteille étant entourée de flanelle mouillée, on prend un soufflet comme ceux dont se servent les ménagères pour activer le feu, et on souffle énergiquement sur la bouteille.
- L’air favorisera l’évaporation de l’eau et il se produira un refroidissement de la bouteille qui vous permettra de boire frais son contenu.
- Fig. 113. En mouillant la flanelle avec de
- l’esprit de vin, l’action sera plus ra pide et le rafraîchissement plus grand. F. B.
- Les aiguilles magiques. — Vous profitez de la présence de quelques amis pour leur proposer de faire tenir sur une assiette, trois aiguilles en faisceau, les pointes en l’air comme le montre la flg. 114.
- Leurs essais seront vains et vous les aurez bien vite découragés, à moins que l’un d’eux ne découvre le petit artifice suivant, à l’aide duquel il réussira facilement.
- 11 suffit d’aimanter les pointes de deux des aiguilles avec le pôle N, par exemple, d’un petit aimant et la pointe de l’aiguille qui reste, avec le pôle S.
- Si, dès lors, tenant cette dernière debout, la pointe en l’air, sur l’assiette, on place les deux autres dans la même position, mais de manière quelles touchentl’aiguille de pôle S sans se toucher entre elles, on verra qu’avec un peu de patience et d’adresse l’expérience réussit très bien.
- F. B.
- Ch. MENDEL Directeur-Gérant, 118, rue d’Assas^
- Fig. 114
- La Fère. — Imprimerie Bayen, rue Neigre.
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- VÉLOCIPÉDIE
- LE (( BICYCLE RAILWAY ». — BICYCLETTE A TROIS PLACES.
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- e Street Railway Review nous donne iMsi la description d’un nouveau système Jllll de transport pour voyageurs, connu ^T**" sous le nom de « Hotchkiss Bicycle Railway System » ; l’idée de ce chemin de fer pour bicycle est originale et bien américaine.
- La force motrice est fournie par le voyageur lui-même, qui monte une sorte de bicycle d’une forme spéciale que montre la fig. 115; une roue motrice de 50 cent, de diamètre, placée à l’avant est commandée par les pédales ; le cadre est double et passe de chaque côté de la voie ; à l’arrière se trouve la seconde roue, plus petite que la première et à gorge comme elle. Ce bicycle est ainsi disposé pour rouler sur une voie formée d’un rail en T, monté sur des poteaux d’un mètre de hauteur qui reposent sur des traverses.
- Celles-ci, fixées au sol, sont écartées de lm 80. Le mécanisme du bicycle n’a rien de particulier ; l’ensemble est maintenu vertical par deux galets-guides placés à la Partie inférieure de la machine. L’appa-reil n’a pas besoin d’être dirigé, et ce n’est que pour la commodité du voyageur <lu’on a disposé un appui pour les mains.
- Ce système va, paraît-il, être installé entre
- Mt. Holly et Smithville (N. J. États-Unis); une double voie permettra les voyages dans les deux sens ; des voies latérales, placées à des intervalles convenables, recevront les machines en repos ; les voyageurs pourront s’y procurer des machines et les laisser ensuite à n’importe quelle station.
- Il n’est guère possible de prédire l’avenir commercial et pratique de ce système do locomotion ; quant aux précautions prises pour empêcher les voyageurs express de tamponner leurs confrères à petite vitesse, l'article du journal cité en commençant n’en fait pas mention, mais nous croyons que ce n’est là qu’une difficulté de détail, facile à surmonter par une règlementation
- convenable. ^
- * *
- Bicyclette à trois places. — La « Rudge Cycle Company » vient de créer un nouveau modèle de triplette, qui est représenté par la figure 116. La plupart des construc-teurs avaient, jusqu’ici, employé des dispositions spéciales pour les machines de ce genre, afin de réduire la longueur de l’ensemble. La bicyclette en question est au contraire construite sur le modèle des machines ordinaires, dites à cadre. Le bâti est entièrement tubu-
- Fig. 115. — Un chemin de fer pour bicycles.
- Fig. 116. — Une bicyclette à trois places.
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- La science en famille
- laire. Il se raccorde à la fourche de la roue directrice à l’aide d’une douille à billes.
- La direction est donnée à la fois par les trois cyclistes. A cet effet, une tige réunit tous les guidons.
- Le mouvementest transmis de la première
- paire de pédales à la seconde, et de celle-ci à la troisième par une chaîne placée de l’autre côté de la machine.
- Les roues ont 0™ 75 de diamètre. La machine pèse 40 kgr., soit un peu plus de 13 kgr. par cavalier.
- CHRONIQUE SCIENTIFIQUE ET INDUSTRIELLE
- LE MASRIUM — LE CARBORUNDUM — LE DAMASQUINAGE PAR L’ÉLECTROLYSE L’ÉTAIN SUR ÉTOFFE — LE BRONZE MANGANÈSE — LE LUFFA.
- n nouvel élément a été tiré d’un minéral découvert par Johnson Pacha dans le lit desséché d’une ancienne rivière d’Egypte sur le cours de laquelle on rencontre encore quelques petits lacs dont l’eau est réputée pour ses qualités thérapeutiques. En souvenir de son origine, cet élément a été appelé masrium du mot arabe qui signifie Egypte. Le minéral dont il a été extrait, et qui par analogie a été baptisé du nom de masrite, ne renferme qu’une très faible quantité de masrium : O, 2 0/0 à côté d’oxyde de fer, d’alumine, d’oxyde de manganèse et d’acide de cobalt. En faisant traverser une solution acétique de masrite par un courant d’hydrogène sulfuré on obtient un précipité blanc au lieu du précipité de cobalt attendu, et qui ne se formait qu’au bout d’un certain temps. Ce phénomène fit soupçonner la présence d’un nouveau corps. On arrêta l’opération au moment où commença la formation du précipité noir du sulfure de cobalt et, en décantant, on isola le précipité blanc obtenu qui n’était autre qu’un sulfure de masrium. Jusqu’à présent on ne connaît qu’un oxyde de masrium et quelques-uns de ses sels, le chlorure, le nitrate, le sulfate, etc. ; quant au métal lui-méme, il n’a pas encore été isolé, les essais faits dans ce but sont restés infructueux.
- ** *
- Le carborundum est un produit nouveau destiné à remplacer la poudre de diamant pour le polissage des pierres précieuses. Son inventeur, M. E. G. Acheson de Mononga-bela City, Pensylvanie, l’obtient sous deux formes différentes : en poudre et en cristaux. A l’œil nu les cristaux de carborundum parais-
- sent noirs ; examinés au microscope, ils sont, les uns opaques, les autres transparents et colorés et n’ont pas de forme définie. Ces cristaux extrêmement durs et résistant longtemps à l’action du chalumeau paraissent être un genre spécial de carbone mêlé à une certaine quantité d’impuretés. En effet, chauffés au chalumeau, ils s’agglomèrent, sans doute par la fusion des impuretés qu’ils renferment, et restent ainsi longtemps sans éprouver aucune nouvelle transformation. Il se produit cependant une lente désagrégation, une espèce de combustion et il ne reste enfin qu’une masse blanche vitreuse qui paraît être de l’alumine fondue. La poudre donnée par ces cristaux ressemble assez à la poudre de diamant, mais elle est beaucoup plus fine et constitue une excellente poudre à polir. Elle est du reste déjà utilisée avec succès.
- ** *
- D’après une communication faite â la Société Industrielle d’Aix-la-Chapelle, le procédé suivant de damasquinage par l’électro-lyse permet d’obtenir des produits damasquinés pareils à ceux obtenus à la main. On recouvre une plaque de cuivre, ou l’objet à damasquiner, d’une couche de matière isolante de peu d’épaisseur, cire, bitume de Judée, etc., et l’on grave à la pointe les figures que l’on veut obtenir. Cette plaque reliée au pôle positif d’une batterie est mise dans un bain de sulfate de cuivre, une autre plaque de même métal formant le pôle négatif. Le passage du courant produit des creux sur toute la surface non préservée de la plaque positive. En effet, le cuivre du sulfate de cuivre du bain se dépose sur la plaque négative tandis que l’acide se rendant au
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- positif dissout une quantité équivalente de cuivre. Lorsqu’on juge la gravure assez profonde, on retire la plaque du bain et on la lave avec une solution d’acide chlorhydrique pour éliminer toute trace d’oxvde de cuivre. La plaque bien lavée est placée dans un bain d’argent, de nickel ou d’or, reliée cette fois avec le pôle négatif, le pôle positif étant formé d’une plaque de platine ou d’une plaque de même métal que le bain. Au bout d’un certain temps, les creux sont remplis, on enlève la couche de cire ou de bitume de Judée, puis on polit. On obtient ainsi des dessins d’une netteté parfaite..
- * #
- Un nouveau procédé d’étamage sur étoffe, si je puis m’exprimer ainsi, est pratiqué depuis peu en Allemagne. On prépare une pâte claire avec de la poudre de zinc de commerce et des blancs d’œufs, puis cette pâte est appliquée au pinceau sur l’étoffe ou avec la machine à imprimer si l’on exécute des dessins. Après séchage, l’albumine est coagulée par un courant de vapeur surchauffée.
- Le tissu est ensuite plongé dans un bain de perchlorure d’étain, l’étain se précipite en parcelles infiniment petites sur le zinc ; on lave, on rince, on sèche à nouveau, puis l’on passe l’étoffe aux cylindres ou calandres qui donnent du brillant à l’étain précipité.
- *
- * *
- Jj American manufacturer ancl Iron World consacre au bronze manganèse de Harrington, un article dont je tais l’extrait suivant. Cet alliage se compose de manganèse, de cuivre, de zinc, d’étain et de fer en petite quantité. Sa composition exacte et son mode de fabrication sont tenus secrets. Cet alliage, inventé il y a déjà quelques années par Harrington était surtout recommandé pour sa grande résistance, mais on vient de lui découvrir des qualités auxquelles l’on était bien loin de s’attendre. Ce métal est, paraît-il, à peine attaquable par les acides.
- Une expérience exécutée chez MM. Mor-ganaus and G0 à New-York, a montré qu’un morceau d’alliage laissé pendant six semaines dans de l’alcool sulfurique bouillant n’avait subi qu’une perte de poids à peine appréciable. Cet essai exécuté à nouveau dans différentes usines a donné le môme résultat. Aussi croit-on pouvoir recommander cet alliage pour la construction de pompes à acide, réservoirs, etc. On parle même de le substituer au platine-or dans la concentration de l’acide sulfurique, le bénéfice à réaliser serait considérable.
- ***
- Terminons par quelques mots sur le torchon végétal, dont M. Jules Grisard a entretenu dernièrement la Société d’acclimatation. Le torchon végétal est une sorte d’éponge que l’on obtient avec une cucurbitacée d’Egypte ou du Japon. La préparation en est faite de la manière suivante : On enfouit les fruits mûrs dans des fosses maintenues constamment humides, une fois les fruits pourris on les lave énergiquement et il reste le torchon végétal.
- On peut aussi fendre ces fruits, et par un lavage soigné et des torsions répétées, préparer les éponges de Luffa, c’est le nom que l’on donne à ce produit.
- Le torchon végétal a déjà trouvé quelques applications dans l’industrie, il est utilisé dans la fabrication de couvertures pour chevaux et de dessous de selles qui absorbent facilement la sueur et qui diminuent la transpiration par suite de l’air qui circule librement entre les fibres.
- Le Luffa ou torchon végétal lavé se conserve facilement. Ce produit arrive directement du Japon, le seul pays où est cultivée sur une grande échelle,cette espèce de courge. On les expédie par caisses de 2 à 3,000 sous le nom de Koh-Luffa non blanchis. Pour faciliter l’emballage on les humecte avant de les comprimer. H. Becker.
- LA PLUIE ARTIFICIELLE
- «mmv a période de sécheresse exceptionnelle HT que nous venons de traverser a remis à l’ordre du jour une question, qui présente un intérêt assez puissant
- pour l’agriculture et qui est celle de la pluie artificielle. Il y a longtemps qu’on s’est occupé de rechercher les moyens pratiques d’arriver à faire tomber artificiellement l’eau
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- du ciel et on comprend facilement de quelle utilité pourrait être la solution pratique du problème si l’on réfléchit qu’une bonne petite pluie venant à point peut bien souvent sauver une récolte promise. Il est bien certain qu’à priori la chosè ne paraît pas bien facile et quand on parle de la pluie artificielle, instinctivement on se refuse malgré tout à croire qu’on puisse jamais arriver à faire obéir les nuages au caprice ou à la volonté de l’homme. Le résultat parait par trop merveilleux et bon à être raconté aux amateurs des légendes orientales ou aux lecteurs des Mille et Une Nuits. Aussi quand, vers 1854, un modeste pharmacien breton, Ch. Le Maout, lança le premier l’idée de la pluie artificielle, accueillit-on ses travaux avec ce dédain profond, qui, bien souvent, en notre beau pays de France, est l’apanage des novateurs, qui veulent s’affranchir de la routine séculaire ou faire entrer la science humaine dans des voies nouvelles. Aujourd’hui que nous voyons tous les prodiges réalisés par la science, en électricité par exemple, nous acceptons plus volontiers, sous bénéfice de l’expérience bien entendu, des faits qui, à première vue peuvent nous paraître assez risqués. Lorsque l’an dernier, la nouvelle nous est arrivée qu’en Amérique les cultivateurs du Texas s’étaient adressés au gouvernement des Etats-Unis, pour demander qu’on fit des expériences de pluie artificielle, nous n’avons pas été trop surpris de voir ce gouvernement consacrer un certain nombre de millions à ces essais et tenter s’il n’était pas possible en bombardant convenablement les nuages, d’arriver à faire tomber sur la terre quelques gouttes d’eau.
- C’est de là qu’est parti ce courant de l’opinion, qui prétendait que les Américains suivaient une voie nouvelle et que c’étaient eux qui, les premiers avaient eu l’idée de la pluie artificielle et employé des procédés découverts par eux. En réalité, il n’en est rien et on peut affirmer hautement qu’ils n’ont fait qu’appliquer les idées d’un Français, de ce météorologiste Ch. Le Maout, qui fait le sujet de cette étude. Nous trouvons en effet dans une lettre écrite par Le Maout lui-même le 3 février 1887, ce passage assez caractéristique : « Je lis dans le Petit Journal d’hier, au sujet des substances explosives qu’un
- Américain propose,à l’aide de l’explosion de la dynamite dans les couches élevées de l’atmosphère, de suppléer à l’incorrection des climats, en faisant tomber la pluie. Le novateur américain n’apprend rien de nouveau ; il ne fait qu’une application du principe découvert par autrui. Si je reviens après trente-deux ans sur cette découverte de la condensation des vapeurs aqueuses par les grandes explosions, c’est que je tiens essentiellement, tout en rendant justice à l’esprit d’initiative des Américains, à ce qu’elle reste française, exclusivement française. «
- Ce fut au moment de la guerre de Crimée que Ch. Le Maout constata le premier les effets que peuvent avoir les canonnades et, d’une façon plus générale, toutes les percussions sur notre atmosphère; par un grand nombre d’observations, il parvint à montrer ce fait, d’une vérité banale aujourd’hui, que les actions mécaniques, les chocs en particulier ou les vibrations sonores peuvent provoquer la condensation des vapeurs aqueuses. Si donc, à un moment donné, en un point il existe beaucoup de vapeur d’eau dans l’atmosphère, on pourra provoquer la condensation de cette vapeur et produire la chute de la pluie à l’aide de chocs convenables, d’une intensité suffisante. C’est précisément ce qu’ont vérifié les expériences d’Amérique.
- Le côté intéressant du problème de la pluie artificielle ne se trouve évidemment pas là : le résultat auquel il est utile d’arriver par la science humaine est de parvenir, à faire tomber la pluie en une région, dans l’atmosphère de laquelle ne se trouvent que des quantités insignifiantes de vapeur d’eau, comme cela arrive par les temps de sécheresse continue. Cette partie du problème, Le Maout l’a abordée et il a tracé d’une façon excessivement ingénieuse la voie que la science doit suivre pour arriver à ce résultat extraordinaire de la production artificielle de la pluie. Le procédé consiste en somme a transporter au moyen des vents les nuages pluvieux, qui existent toujours, chargés de grandes quantités de vapeur, au voisinage des grandes masses d’eau du globe. Comment peut s’effectuer ce transport ? D’une façon très simple, si l’on veut se rappeler que lorsque de la vapeur d’eau se dissout en liquide, elle subit une diminution de volume énorme :
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- 1800 litres de vapeur d’eau fournissent à peine un litre d’eau liquide. Dès lors, quand en une région la pluie tombe, par suite de la condensation, il y a un vide énorme produit ;. l’air environnant se précipite pour remplir ce vide. A une condensation en un point, correspondent des courants d’air dirigés vers ce point : ce sont ces courants d’air qui constituent les vents.
- Pour mieux comprendre avec ces données la possibilité de la pluie artificielle, prenons un exemple. Supposons qu’à Paris, à un moment donné, le temps soit, comme on dit, à la pluieetque cette pluie tombe naturellement ou artificiellement par des canonnades ou des explosions. La condensation de la vapeur d'eau est accompagnée de la production des vents, qui entraînent de toutes parts les nuages vers Paris ; si cette condensation est suffisamment intense, bientôt les nuages, qui se trouvent au-dessous delà Manche, vont être sollicités à se diriger sur Paris et viendront entretenir le foyer de la condensation, si rien ne les arrête sur leur passage. Mais si en Normandie, on vient à bombarder ces nuages, chargés de vapeur, d’après ce que nous savons, il y aura condensation de la vapeur et chute de la pluie. Ainsi par le seul fait qu’il se produit de la pluie à Paris, on pourra en faire tomber artificiellement en Normandie, c’est-à-dire là où se trouvent à passer les nuages chargés de vapeurs, qui viennent de l'Océan.
- Les conceptions de Le Maout sur la pluie artificielle sont donc excessivement simples; mais, s’il est injuste de méconnaître l’exactitude des vues scientifiques, sur lesquelles elles se trouvent basées, il serait téméraire
- d’affirmer qu’actuellement rien n’est plus facile que de faire tomber la pluie en un point quelconque du globe. Les développements précédents permettent précisément de comprendre de quelles difficultés le problème est hérissé, à cause du caractère particulièrement impressionnable de la masse atmosphérique, de sa mobilité extrême, des courants aériens, qui s’y trouvent et dont les lois sont loin d’être connues, précisément parce qu’elles se rattachent à des causes très complexes. Il n’y a donc à «espérer la solution définitive de la question de la pluie, artificielle :qu’en s’adressant à l’expérience. Les Américains ont eu l’honneur de commencer ces essais. Les gouvernements européens se décideront-ils à suivre cet exemple ? Ce sera de leur décision à ce sujet que sortira la solution plus ou moins rapide du problème, si intéressant et si utile pour l’agriculture.
- Quoi qu’il en soit, nous avons tenu à honneur dé mettre en évidence le nom de Le Maout et de rappeler que c’est à lui seul que doit revenir la gloire légitime d’avoir posé le premier les bases d’une grande théorie scientifique. Il a pressenti en quelque sorte l’application, qui, tôt ou tard, pourrait en être faite, quand, pour les besoins agricoles on chercherait à s’aider du concours delà science humaine, pour se mettre à l’abri des caprices et des variations de notre température terrestre. Quant à la réalisation pratique de pluie artificielle, c’est aux gouvernements de l’accomplir : eux seuls peuvent tenter les expériences nécessaires. La voie de ces expériences est toute tracée ; la théorie ne leur apprendra rien sur le sujet de plus que ce qu’indique Le Maout. Eugène Hoffmann.
- CHRONIQUE PHOTOGRAPHIQUE
- NOUVEAU RÉVÉLATEUR AU PARAMIDOPHÉNOL
- e paramidophénol, dont l’emploi comme révélateur a été vulgarisé dernièrement par MM. Auguste et Louis Lumière, se présente sous forme de lames minces, très peu solubles dans l’eau, à tel Point qu’un gramme de cette substance exige au moins 100 gr. d’eau pour se dissoudre.
- Mais cette petite quantité est suffisante
- pour obtenir un révélateur puissant, car ce produit est doué de propriétés énergiques.
- Primitivement, on employait la formule suivante, publiée par MM. Lumière :
- Paramidophénol 8
- Carbonate de potasse .... 40
- Sulfite de soude..............100
- Eau...........................800
- Gomme la quantité de paramidophénol
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- contenue dans ce bain est un peu faible, on a songé à remplacer ce dernier par son chlorhydrate, qui se présente sous forme de beaux cristaux blancs, beaucoup plus solubles.
- On a alors employé les deux solutions suivantes :
- N° 1.
- Chlorhydrate de paramidophénol. 1
- Sulfite de soude................ 4
- Eau............................200
- N° 2.
- Sulfite de soude............ 4
- Soude caustique................. 3
- Eau..........................200
- Pour les instantanés, on mélange parties égaies des numéros 1 et 2 ; pour les portraits posés, on étend le mélange de trois fois son volume d’eau.
- Une fois la plaque immergée dans ce révélateur, l’image se montre rapidement, après huit à dix secondes, et elle atteint promptement l’intensité nécessaire.
- Le cliché obtenu possède des blancs très purs, et une teinte noir bleu très favorable au tirage.
- Gomme avantage, ce révélateur laisse loin derrière lui tous ses devanciers.
- D’abord, il ne colore pas la gélatine comme l’hydroquinone ; il est beaucoup plus actif que ce dernier, et il développe beaucoup plus vite.
- Sous ce rapport, il pourrait être comparé à l’iconogène. Gomme avec ce dernier, l’image se révèle rapidement, trop peut-être, car souvent le cliché n’obtient pas l’intensité nécessaire.
- A la manière de l’iconogène, il donne une grande finesse à l’image.
- Un autre avantage de ce nouveau révé-
- lateur est de se conserver beaucoup plus longtemps que ses devanciers, et de s’épuiser très lentement, à tel point, que nous avons pu développer jusqu’à 25 plaques 9 X 12, dans 100 centimètres cubes de bain.
- A la dernière plaque, il en restait à peine de quoi la recouvrir, ce bain ayant été absorbé par la gélatine de chaque plaque.
- Un autre avantage incontestable est de donner plus de détails à l’image que l’hydro-quinone, et de ne point fournir, comme ce dernier, des clichés heurtés.
- Comme les blancs de l’épreuve se conservent mieux dans ce révélateur que dans les autres, et qu’il ne colore pas la couche, son emploi est tout indiqué dans le développement des papiers au gélatino-bromure, où il est sans rival.
- Pour cet usage, on compose le bain comme suit :
- Chlorhydrate de paramidophénol. 4
- Sulfite de soude................. 45
- Carbonate de soude............... 30
- Eau.............................1000
- Par ce moyen, l’on obtient des épreuves avec des blancs éclatants, et une teinte noir-bleu, superbe, dans les ombres.
- Aussi, ce résultat n’avait point encore été obtenu avec le papier au gélatino-bromure.
- Enfin, en Allemagne, où ce révélateur est actuellement très en vogue, il est vendu sous le nom de Rodinal, sous forme de solution concentrée, qu’on étend pour l’usage de trente fois son volume d’eau.
- Cette solution donne les mêmes résultats que la formule que nous avons donnée ci-dessus, et est plus facile à employer.
- . Paul Ganichot.
- CHRISTOPHE COLOMB
- LE LIEU DE SA NAISSANCE — SES TOMBEAUX — UN PORTRAIT INÉDIT DU GRAND NAVIGATEUR.
- e 3 août 1492, Christophe Colomb partait du port de Palos (Andalousie) pour atterrir, le 12 octobre suivant, à l’ile San Salvador, une des Lucayes. Afin de fêter le quatrième centenaire de cette dé-
- couverte du Nouveau-Monde, des expositions et des fêtes ont été ouvertes de divers côtés, notamment à Gênes, et à l’occasion de ces solennités, on a essayé plus que jamais de jeter un peu de lumière sur les différentes
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- phases de la vie de ce grand homme, sur sa fin et sur l’authenticité des souvenirs qui en ont été conservés.
- Le lieu de naissance et les tombeaux de Christophe Colomb, restés longtemps incertains, ont fourni matière à de nombreuses discussions; plusieurs villes se disputent l’honneur de l’avoir vu naître, et on ne compte pas moins de trois tombeaux du grand homme.
- Le Dr F. A. Junker von Longegg, dans le Zeit fur voissens géographie, et à la suite de plusieurs visites aux lieux mêmes, espère jeter un nouveau jour sur la question; nous reproduisons son article, d’après la traduction qu’en a faite notre confrère Cosmos. Le lieu de naissance présumé de Christophe Colomb, Cogoletto (appelé Cristobal Colon par les Espagnols), point de la côte de la rivière entre Gênes et Savone, porte l’inscription :
- Hospes, siste gradum. Fuit hic lux prima Colombo.
- Orbe viro majori heu nimis areta domus !
- Unus erat mundus. « Duo sunt ! » Ait ille. Fuere.
- Mais Colomb lui-même, dans son testament, indique Gênes comme étant sa patrie :
- Que seendo yo nacido in Genova, como natural d’alla, porque de ella sali'y en ella nasei.
- (Natif de Gênes, je suis là chez moi, car j’en étais venu et j’y étais né). Il est vraisemblable que Colomb a vu le jour à Gênes et que son père, le tisseur Dominique Colomb, transporta ses pénates à Cogoletto. De leur côté, les Espagnols, pour des raisons que l’on comprend, revendiquent également Colomb comme leur compatriote, et le font naître dans le Montserrat (Barcelone). Même désaccord règne sur l’année de sa naissance, pour laquelle on donnait les années 1437, 1445 et 1456.
- L’accord régnant sur l’époque de sa mort à Yalladolid, le 26 mai 1506, à l’âge de 70 ans, il faut en conclure que l’année 1437 est la véritable date de sa naissance.
- On a considéré longtemps comme le vrai lieu de repos de Colomb, chacun des trois tombeaux à Séville, la Havane et Saint-Domingue, qui portent des épitaphes presque identiques. Il est cependant établi maintenant que le premier renferme le corps de Fernand Colomb, second fils du grand argo-
- naute (né le 27 septembre 1488, mort sans postérité à Séville, à l’âge de 50 ans, le 12 juillet 1538), qui accompagna son père dans son quatrième voyage, et fonda la célèbre bibliothèque colombine de Séville. Le monument se trouve à l’extrémité ouest de la nef centrale de la cathédrale, face au maître-autel. On y remarque un bas-relief de la caravelle (navire gréé à voiles latines), dans laquelle Colomb fit ses voyages d’Amérique, portant l’inscription suivante :
- A Castillan y Léon Nuevo Mundo dio Colon.
- (Colomb donna le Nouveau-Monde à la Castille et au Léon).
- La question de savoir lequel des deux tombeaux de la Havane ou de Saint-Domingue renferme vraiment les restes mortels de Colomb a été, jusque dans ces derniers temps, l’objet de discussions passionnées, et, bien que l’Académie royale des sciences historiques de Madrid ait décidé en faveur delaHavane, Saint-Domingue ne paraît pas avoir renoncé à ses anciennes prétentions.
- Du côté gauche du chœur de la cathédrale de Saint-Domingue se trouve une plaque de marbre portant cette inscription : Reposaron en este sitio los restos de don Cristobal Colon, et cebre descubridor del Nuevo Mundo desde el ano de 1536, en quefueron transladados de Rspana, hast a el 10 décembre de 1877, en que se desenterraron para constatar su autenticidad ; y a la posteridad la dedica el presbitere Bellini.
- (Ici reposa la dépouille mortelle de Cris-tophe Colomb, le célèbre explorateur du Nouveau-Monde, depuis l’année 1536, où elle fut apportée d’Espagne, jusqu’au 10 décembre 1877, jour où elle fut exhumée pour en constater l’authenticité. Dédié à la postérité par l’abbé Bellini.
- Au-dessous, on lit :
- Por Castilla, por Leon Nuevo Mundo hallo Colon.
- (Colomb découvrit unNouveau-Monde pour la Castille, pour le Léon).
- Lors de mon séjour à Saint-Domingue, en 1891, l’abbé Bellini, qui avait présidé à l’exhumation, m’a certifié l’authenticité de la dépouille trouvée, qui a été placée dans un
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- nouveau cercueil et mise dans un caveau, au même endroit.
- Le tombeau de la cathédrale de la place d’armes de la Havane, que j’ai visité la même année, et qui m’avait déjà été signalé en 1862 comme le premier tombeau de Colomb, porte au-dessous de son portrait l’inscription :
- O reslos, y imagen del grande Colon !
- Mil siglos durad guadardos en la urna.
- Y en la remenbrana de nuestra nacion.
- (O cendres et image du grand Colomb, demeurez intactes pendant des milliers de siècles dans ce cercueil comme dans le souvenir de notre peuple).
- Et les mots :
- Por Castilla> y Leon,
- Nuevo Mundo hallo Colon.
- Après la mort de Colomb, qui s’éteignit à Valladolid, le 20 mai 1506, dans un complet dénûment et disgracié, les moines du couvent des Franciscains, ses amis, lui donnèrent une sépulture provisoire dans leur église, jusqu’au moment où son fils aîné, don Diego, put réaliser la dernière volonté du grand homme, en le faisant enterrer dans la cathédrale de la Conception, à Saint-Domingue. Pendant que l’on faisait les préparatifs nécessaires à cet effet, don Diego fit déposer le corps dans la crypte du couvent de Sta-Maria de las Cuevas, à Séville. En 1514, à la mort de don Bartolomeo Colomb, fondateur de la ville de Saint-Domingue et gouverneur d’Hispaniola (premier nom de St-Domingue) Don Diego, son neveu, lui succéda ; il mourut en 1523. Sa veuve, Marie de Toledo, nièce du célèbre duc d’Albe, qui avait le titre de vice-reine des Indes, fut nommée tutrice de son fils aîné Louis, héritier de tous ses titres et dignités, qui fut élevé au titre de duc de Véragua et marquis de la Jamaïque. Au nom de son fils, elle se fit un pieux devoir d’accomplir la dernière volonté de son grand-oncle, et, usant auprès de la Cour d’in-üuences de famille, elle obtint de Charles-Quint une ordonnance manuscrite, datée de Valladolid, 2 juin 1537, assignant comme lieu de sépulture de Colomb et de sa descendance le chœur de la cathédrale' de Saint-Domingue. Le chapitre de la cathédrale s’opposa à cette affectation, à cause du manque d’es-
- pace ; aussi, dans une autre ordonnance ma nuscrite datée de Madrid, le 22 août 1537, l’empereur ordonna-t-il la transformation et l’agrandissement du chœur. Une troisième ordonnance impériale, datée de Madrid, 5 mai 1540, assignant comme lieu de sépulture le côté gauche du chœur, fut rendue pour répondre à de nouvelles objections du chapitre.
- Un document, déposé aux archives du couvent de Santa-Maria de las Cuevas, et datant de l’année 1536, constate que le corps de Colomb a été remis à don Louis pour être transporté à Saint-Domingue, et don Alonso de Fuenmayor, premier archevêque de Saint-Domingue, constate la remise du cercueil par don Louis au chapitre de la cathédrale, en l’année 1549. Dans son histoire des Indes, Fray Bartolomeo de las Casas dit explicitement que la dépouille mortelle du grand amiral a été enterrée dans le chœur de la cathédrale. Lors de la transformation du chœur, en 1783, on trouva, dans le mur de gauche, un sépulcre en pierre contenant un cercueil en plomb, renfermant des ossements, en grande partie décomposés par les agents atmosphériques, et dans lesquels on voulut voir les restes du grand Colomb. Au cours des améliorations apportées quelques années auparavant à l’édifice, on avait déjà trouvé également du côté droit du chœur, un sépulcre en pierre avec des ossements de Bartolomeo, frère, ou de Diego, fils de Colomb.
- Après la paix de Bâle, signée le 5 avril 1795, quand l’Espagne dut céder à la France, par le traité de Saint-Ildefonse, du 22 juillet de la même année, la partie orientale de Haïti, Saint-Domingue, le duc de Veragua, descendant de Colomb par la branche féminine (la branche masculine était déjà éteinte avec Diego, neveu de don Louis), ne voulant pas laisser tomber aux mains de l’étranger les cendres du célèbre navigateur, décida de les transférer à la Havane, où Colomb avait le premier planté la croix.
- L’exhumation eut lieu, comme le constatent des documents officiels, en présence du duc, de l’archevêque et des membres du gouvernement. Après reconnaissance des restes, on les renferma dans un cercueil en plomb, qui fut lui-même placé dans un cercueil en bois richement décoré que l’on ferma et l’on
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- scella ; le double cercueil tut ensuite embarqué sur la Brigantine Descubridor, puis, sur le navire de guerre Sanlo-Lorenzo, qui le transporta à Cuba, où, après une nouvelle recon-
- mations architecturales que l’on faisait subir au chœur de la cathédrale de Saint-Domingue, on mit au jour un cercueil en plomb portant l’inscription : Illustre y eclareciclo Varon
- Fig. 117. — Un portrait authehtlqUe de Christophe Colomb.
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- naissance et la reihise de la clef du éerctleil au gouverneur, il fut enfermé, le 20 décembre 1795, dans le mur de droite du chœur. Lorsque, en juin 1877, au cours de transfor-
- Dbn GriUobat Gdt'oïl (illustre et très noble Chevalier Don C. C...) et un autre avec l’inscription : El almirante Don Luis Colon, ducque de Veragua, marquez de Jamaica,
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- l’évêque d’Orope, vicaire apostolique du diocèse de Saint-Domingue, publia une lettre pastorale dans laquelle il déclarait que le premier cercueil était celui du grand navigateur et l’autre celui de sen petit-fils, Don Luis, et ajoutait qu’en 1795 on avait rapporté à la Havane un cercueil qui n’était pas celui de Colomb. L’Académie des sciences historiques de Madrid s’émut à cette révélation et fit une enquête dont les résultats sont consignés dans un rapport spécial. (Los restos de Colon ; Real Académia de la historia, Madrid, 1877).
- D’après ce rapport, le premier cercueil renfermerait les restes de Don Cristobal, fils cadet de Don Diègue et de Dona Maria de Toledo, et le second, celui du fils aîné du même, Don Luis, mort à Oran en 1527, et dont le corps, déposé d’abord dans le char-trier du couvent Santa-Maria de las Guevas, à Séville, fut plus tard enfermé dans le caveau de la famille à Saint-Domingue. Ainsi que nous l’avons dit, Don Luis avait été fait duc de Veragua et marquis de la Jamaïque et, étant mort sans enfants, ses titres passèrent à son neveu Don Diego, fils unique de son frère Don Cristobal, mort avant lui à Saint-Domingue. Avec Don Diego finit la branche masculine de la famille.
- Le titre varon (baron) mentionné sur le premier cercueil, s’applique à ce petit-fils de Colomb et non au grand Colomb qui ne descendait pas de noblesse. Dans le cercueil de Cristobal se trouvait une balle qui contredit également la supposition de l’évêque d’Orope, car ni Colomb lui-même, ni ses fils ne parlent d’une blessure d’arme à feu ; tandis que le jeune Cristobal, qui avait été soldat et avait assisté à plusieurs engagements, aurait bien pu avoir reçu une blessure de ce genre. Le calibre de cette balle ne répond, d’ailleurs, à aucune des armes à feu en usage au temps de Colomb, mais correspond aux arquebuses introduites plus tard, au temps de son petit-fils. Les pièces justificatives de l’inhumation des deux frères Louis et Cristobal Colon ont été détruites lors de l’incendie des archives delà cathédrale; mais il existe à ce sujet un passage bien probant, dans les comptes rendus du synode diocésain, convoqué, en 1683, par l’archevêque. D’ailleurs, c’est une tradi-
- tion encore courante chez le peuple que le plus jeune Cristobal a été inhumé dans un cercueil en plomb, à la gauche du maître-autel, tandis que Don Luis et les autres membres de la famille reposent à la droite de l’autel.
- Au résumé, et d’après cette étude complète et documentée, Christophe Colomb est né à Gênes, vers l’an 1437 ; il mourut à Vallado-lid, le 20 mai 1506, et ses restes reposent aujourd’hui à la Havane, après avoir séjourné provisoirement à Séville, puis à Saint-Domingue pendant deux siècles et demi.
- Mais des discussions ont éclaté également à propos des portraits qu’on a conservés de lui ; nous avons pu nous procurer la reproduction de celui que l’on a découvert récemment en Italie et qui, s’il faut en croire les connaisseurs les plus érudits, serait absolument authentique.
- Ce portrait faisait partie de la galerie de Paul Giovio, natif de Corne, historien, médecin et évêque de Nicotera, mort en 1552, galerie qu’il avait installée dans sa villa le Musée, et qui renfermait toute une collection de portraits de grands hommes.
- Cette collection fut dispersée après la mort de l’évêque, mais un ouvrage intitulé Elogia
- Ijellica virorum illustrorum...... 1575, et
- dans lequel on lisait la description de ce musée, avait été conservé, et il se trouve que le portrait qu’on vient de retrouver concorde dans tous ses détails avec une gravure assez grossière de Christophe Colomb renfermée dans le volume que nous venons de citer.
- C’est un tableau à l’huile, bien conservé, remontant au commencement du XVIe siècle et mesurant 48 sur 40 centimètres.
- Si l’inscription qu’on lit à la partie supérieure du tableau est l’expression de la vérité, elle peut suffire à trancher le différend qui existe entre Gênes et la Corse, en allant a l’encontre des prétentions de celle-ci. Dans sa monographie intitulée Portraits of Colombie, l’anglais James Butler parle de ce portrait dont il connaissait l’existence par le volume de la galerie del Museo et il n’hésite pas à dire que parmi les portraits de ce grand homme, celui-ci prendrait la place que le Codex Vaticanus a parmi les manuscrits du Vatican.
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- MANUEL DU COLLECTIONNEUR DE TIMBRES-POSTE (suite)
- es différentes sortes de timbres. —
- Les timbres peuvent se diviser en dix catégories principales :
- 1° Les Timbres-poste, servant à l’affranchissement de lettres et imprimés.
- vDtEdd-SUAfiÜ
- Intimes j
- 5 P^pCEVOÜ
- REPUBLIQUE FRANÇAISE
- «
- Timbre-poste de Perak (colonie anglaise du détroit de Malacca — Asie)
- Timbre-taxe de Ûiego-Suarez (possession française Afrique).
- 2° Les Timbres-taxe, employés seulement par les administrations des postes pour les lettre non affranchies ou insuffisamment affranchies et servant à indiquer la taxe à percevoir.
- 3<J Les Timbres de retour, employés également par le service de la poste pour la réexpédition des correspondances dont le destinataire n’a pu être trouvé.
- ' ADMINISTR AGIO N
- LOCAL DE CORREOS
- KHI
- POR LA OFICINA
- Ce genre de timbre n’est en usage que dans peu de pays, l’Autriche, l’Allemagne, l’Espagne, etc., et diverses républiques de l’Amérique du Sud.
- En France, l’administration de la poste se contente de l’emploi d’une griffe « Retour à l’envoyeur ».
- 4° Les Timbres de journaux qui, dans certains pays, la Turquie, le Brésil, les États-Unis, par exemple, sont appliqués soit sur les publications périodiques elles-mêmes, soit sur un bordereau spécial mentionnant
- l’importance du tirage d’un numéro du journal. C’est ce qui explique les fortes valeurs représentées par quelques-uns de ces timbres, notamment aux États-Unis où il existe un timbre pour journaux de 60 dollars (300 fr.)
- La France a employé ces timbres de journaux de 1868 à 1874.
- 5° Les Timbres de service, en usage dans plusieurs pays étrangers pour les correspondances des fonctionnaires ayant droit à la franchise postale.
- A quelques exceptions près, ce sont les timbres-postes ordinaires qui sont employés comme timbres de service au moyen d’une surcharge quelconque, par exemple S. P. (service postal) comme dans le modèle ci-contre, ou bien V. A., ou I. R. (Angleterre), oficial en Amérique du Sud, O. S. dans certaines colonies anglaises, etc.
- Les États-Unis, la Suède, la Perse, etc., ont des timbres spéciaux.
- 6° Les Timbres provisoires sur lesquels la valeur primitive est remplacée, au moyen d’une surcharge ou d’une mutilation plus ou moins ingénieuse par une nouvelle valeur.
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- Ces timbres sont généralement fort rares et fort estimés des collectionneurs, surtout les exemplaires oblitérés, en raison de leur durée éphémère, mais on en a tellement abusé depuis quelque temps — et pour des motifs auxquels la spéculation était loin d’être étrangère — qu’ils commencent à être frappés d’un certain discrédit.
- Nous reviendrons d’ailleurs sur cette ques-
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- tion des timbres provisoires qui demande de bien plus longs développements.
- 7° Les Timbres de postes particulières employés dans quelques pays pour les correspondances de l’intérieur de certaines villes, ou, comme cela a lieu en Russie, pour les relations entre les diverses postes rurales.
- De même que pour les timbres provisoires, il y a eu abus dans l’emploi de ces timbres. Pour ne citer qu’un exemple, l’Allemagne n’a rien trouvé de mieux que de faire fabriquer, depuis 1886, dans chacune des villes de l’empire, des séries v complètes de timbres spéciaux, avec variétés, surcharges, émissions successives, bandes, enveloppes timbrées,etc., etc.
- Il y a ainsi plus d’un millier de types nouveaux auxquels les collectionneurs sérieux ont fermé l’accès de leurs albums.
- Il n’en est pas de même des timbres des postes rurales de Russie qui n’ont pas été créés dans le but de soulager les porte-monnaies des collectionneurs, mais en raison des difficultés des communications dans l’immense empire russe.
- 8° Les Timbres-télégraphes servant à l’affranchissement des dépêches.
- Dans certains pays, ce sont les mêmes timbres qui servent pour ^ les lettres et les télé- » grammes. !
- Dans d’autres, il y a ; des timbres spéciaux, | comme les deux modèles *, que nous représentons {
- (Colombie et Indes an- l glaises). Celui des Indes |
- anglaises a un emploi assez curieux : la partie inférieure du timbre est appliquée sur
- TELÉ6RAT0S
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- COVtofI N DÎÂ|
- C R/V
- lfll°anfllnii0a;
- Timbre-po>te inauguré en 1891, pour le service des courriers entre la ville de Mazagan et Tanger (capitale du Maroc).
- le télégramme, l’autre moitié sur le récépissé, de telle sorte que l’on ne peut avoir dans les collections que des moitiés de timbres, l’autre partie restant entre les mains de l’administration.
- Plusieurs pays, notamment la France, n’emploient pas de timbres télégraphes, ce qui pourtant simplifie considérablement l’envoi des dépêches et évite des stations trop prolongées devant le guichet d’un employé plus ou mois grincheux.
- 9° Les Timbres fiscaux servant pour les effets de commerce, déclarations de douane, récépissés, lettres de voiture des chemins de fer, affiches, impôts divers, etc., etc.
- Il y a relativement peu d’amateurs qui collectionnent ces timbres, dont plusieurs sont pourtant fort jolis, surtout dans les pays de l’Amérique du Nord et du Sud.
- 10° Les carles-postales, cartes-lettres, bandes et enveloppes timbrées, formant ce que l’on est convenu d’appeler les entiers (en allemand ganzsachen, choses entières).
- Bande timbrée. Enveloppe.
- ÜSÜi
- EQUATEUR (République de l'Amérique du Sud).
- Ce qui caractérise les entiers, c’est que le timbre au lieu d’être mobile est imprimé directement sur le papier ou le carton.
- Les cartes postales sont sensiblement du même format dans tous les pays. Nous devons cependant signaler la Roumanie qui en emploie de dimensions démesurées. Elles sont tantôt simples, tantôt doubles c’est-à-dire avec réponse payée.
- Les cartes-lettres dont l’usage commence à se généraliser dans les pays faisant partie de l’union postale universelle, ont la forme d’une carte postale double, mais les rebords extérieurs sont gommés pour permettre une adhérence parfaite, et dentelés de ma-
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- nière à pouvoir être déchirés quand il s’agit d’ouvrir la carte-lettre.
- Les bandes timbrées servent à l’affranchissement des journaux, imprimés, papiers d’affaires, etc. Dans beaucoup de pays, par exemple en Angleterre et dans les États-Unis, elles sont très larges et très résistantes. En France, au contraire, on dirait que l’administrrtion des Postes a pris à cœur de choisir le papier le plus mince et le plus étroit qu’elle ait pu trouver, de manière que le moindre frottement les déchire et que les
- imprimés et journaux, au lieu de parvenir à leurs destinataires, charment les loisirs des employés des postes qui les font ensuite disparaître dans leurs paniers à papiers.
- Les enveloppes timbrées sont, en France comme à l’étranger, de plusieurs formats. Malgré leur prix assez restreint, elles ne sont pas d’un emploi très fréquent, la plupart des commerçants préférant se servir d’enveloppes avec leur en-tête imprimé.
- [A suivre). S. Bossakiewicz.
- ÉPHÉMÉRIDES ASTRONOMIQUES
- d’aout 1892.
- SOLEIL. — Entrée dans la Vierge le 22 à
- 5 h. 11 m. S. Suivre les taches. Temps moyen à midi vrai : 0 h. 4 m. 11 s. le 15 ; 0 h. 0 m. 1 s. le 31. Les jours décroissent de 1 h. 36 m.
- LUNE. — P. L. le 8 à 0 h. 7 m. ; D.Q. le 15 à
- 6 h. 47 m. M ; N. L. le 22, à 11.h. 8 m. M. ; P. Q. le 30, à 1 h. 38 m. S. La Lune est au périgée le 12 et à l’apogée le 28.
- Occultations. — Le 9, x2 Verseau, à 11 h.5 m. S.
- PLANÈTES. - - Mercure, invisible. — Vénus, étoile du matin, passe au méridien entre 9 h. et 10 h. du M.
- Mars, excellent, visible toute la nuit : il passe au méridien à minuit 30 m. le l®r et à 10 h. 47 m. S. le 21. Le 3, il esten opposition, c.-a.-d. dans les meilleures conditions possibles pour l’observation ; on le trouvera par 24° env. de déclinaison australe. Ceux de nos lecteurs qui disposent d’un instrument ne manqueront pas d’examiner chaque soir cette curieuse planète dont les configurations et les mystérieuses lignes sombres (canaux ?) ont déjà soulevé tant de discussions et fait naître tant d’hypothèses.
- Jupiter se lève entre 9 et 10 h. du soir et passe au méridien entre 4 et 5 h. du M. Très bon.
- Saturne, visible le S. au couchant. Difficile.
- CONSTELLATIONS. — Au N. les circumpolaires. Wéga au Zénith. — A VE. Aigle, Cygne, Dauphin, Verseau, Poissons, Pégase. — Au S. Opphiucus, Scordion, Sagittaire. — A VO. Couronne, Chevelure, Bouvier.
- ETOILES FILANTES. — Du 7 au 11, 3 points d’émanation : /, Cygne, ô, Dragon, a, Cassiopée. — Du 9 au 16, 4 points d’émanation : -q, Persée, p, Baleine, 3084. Bradley, \x, Persée. — Du 20 au 30, 4 points d’émanation : y, Pégase, 0, Dragon, a, Lyre, q, Dragon.
- NOUVELLES DE LA SCIENCE. — On parle beaucoup dans la presse scientifique de la construction d’un télescope monstre qui serait le clou de l’exposition universelle projetée pour l’année 1900. On a même imprimé à cet égard plus d’une assertion au moins exagérée. Nous reviendrons sur cet intéressant sujet aussitôt que les données scientifiques seront mieux connues, mais, en tous cas, l’entreprise vaut par sa hardiesse, la peine d’être immédiatement signalée. Il ne s’agirait de rien moins que de fondre un miroir de 3 mètres de diamètre, ce qui permettrait d’obtenir des images infiniment plus grandes que celles que nous examinons aujourd’hui. La France pourrait s’enorgueillir d’avoir la première, par son industrie, réalisé une semblable entreprise qui serait grosse de révélations en astronomie physique et nous permettrait de faire d’intéressantes découvertes dans notre système planétaire.
- L'astronomie de. juillet renferme une curieuse étude de M. Flammarion, intitulée : hommes et femmes planétaires, une note sur la marche des cyclones, une communication de M. Dufour sur les marées et un compte rendu de la réunion des météorologistes français. G. Vallet.
- REVUE DES LIVRES
- 99 Manières pratiques d'utiliser le Bœuf bouilli, par Babet.
- Voici un petit livre très bien fait, réellement Pratique et qui évitera bien des moues désa-
- gréables les jours du pot-au-feu. Son titre suffit à indiquer son utilité.
- Il est accompagné d’une préface de Mme de Fontclose qui donne la recette exacte de la
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- poule au pot légendaire de Henri IV, et orné d'une charmante couverture dessinée par Paul Destez.
- Dans la même collection paraissent deux autres volumes, également très réussis et qui méritent d’être vivement recommandés. Ce sont : 99 entremets sucrés de Famille, avec les prix de revient en regard, et : 99 recettes pour accommoder le poisson et les plats maigres.
- Chacun de ces petits volumes renferme de plus des conseils, des renseignements, ' des indications, qui émanent certainement d’une ménagère très intelligente et très pratique.
- Prix de chaque volume o,6o cent, franco par la poste. Les trois ensemble i fr. 65.
- En vente à la Bibliothèque de la Vie de Famille, 40, rue Laffitte, Paris.
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- Il est bien difficile lorsqu’on fait un traité de photographie de ne pas tomber dans les lieux communs et de ne pas répéter ce que mille autres ont dit précédemment, car les procédés n’ont guère varié depuis quelques années et il a paru pendant ce temps des centaines, pour ne pas dire des milliers de guides de photographie.
- Nous devons pourtant une mention, spéciale aux notions élémentaires de photographie de M. Niewenglosky, car elles contiennent des renseignements qu’on ne trouve dans aucun autre traité du même genre. On y lira avec intérêt le chapitre intitulé varia et avec fruit, le formulaire dont l’auteur a cru devoir le faire suivre.
- Cet ouvrage broché, est en vente au prix de 1 fr. chez l’auteur, 66, Boulevard Saint-Germain et chez Michelet, 25, Quai des Augus-tins.
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- * *
- Le journal la «PHOTO-REVUE » met au concours les trois questions suivantes, d'intérêt général pour les amateurs de photographie et les professionnels :
- i° Quelle est la meilleure marque de pla-
- ques à employer, aussi bien pour la pose que pour Vinstantané ?
- 2° A quoi reconnaît-on qu'un cliché est suffisamment développé ?
- 30 Quel est le meilleur virage ?
- Le côté scientifique et utilitaire de ces concours n’échappera à personne, et nous engageons nos lecteurs à demander les conditions à l’administration du journal la « PHOTOREVUE », 118, rue d’Assas, à Paris, qui les leur enverra, sur simple demande.
- Des primes en espèces et en nature seront réservées aux lauréats dont les travaux seront publiés.
- ***
- La librairie Nony vient de faire paraître une nouvelle édition de son Annuaire delà Jeunesse, par M. Vuibert.
- Nous ne pouvons mieux faire pour donner une idée de ce qu’est ce volume que de citer les quelques lignes suivantes extraites d'un article que Francisque Sarcey lui consacrait dans les Annales politiques et littéraires.
- «... Et puisque le hasard m’a amené à parler de livres d’éducation, je crois vous rendre service en vous signalant un volume, extrêmement utile, et dont je me sers pour y trouver les renseignements qu’on me demande. C’est Y Annuaire de la Jeunesse, par M. H. Vuibert. C’est une façon de dictionnaire, tenu à jour d’édition en édition, où sont énumérés tous les établissements d’instruction, toutes les écoles du gouvernement, toutes les écoles libres, avec les diplômes, certificats et brevets qu’elles confèrent, avec les carrières dont elles ouvrent l’entrée et les concours où elles aboutissent.
- Je reçois toutes les semaines des lettres de pères de famille qui me disent : «Je voudrais pousser mon fils dans telle ou telle voie ; ou faut-il que je le mette ? quelles sont les démarches à faire ? quel prix la pension coûtera-t-elle ? quelle est la discipline ? Ce gros volume répondra à toutes ces questions et à bien d’autres. »
- Cet ouvrage forme un fort volume in-12 de 1000 pages que nous enverrons à nos lecteurs au prix de 3 fr. 50, franco.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- Un nouvel alliage. — L’Iron annonce que j tein produit un nouvel alliage de cuivre, racla maison allemande Abler, Haas et Angers- • kel et manganèse désigné sous le nom de
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- manganine et doué d’une grande résistance électrique. La résistance spécifique de la manganine serait, en effet, de 42 microhms-centimètres, c’est-à-dire supérieure même à celle de lanickeline. Cette résistance ne serait d’ailleurs que fort peu affectée par les hautes températures. La manganine semblerait donc tout indiquée pour la construction des instruments de mesure et des appareils électriques en général dont la résistance doit varier aussi peu que possible avec la température.
- ***
- Le plus grand verger du monde. — Le
- plus grand verger du monde est situé dans le Leavenworth Kansas (Etats-Unis). Il appartient à une société.
- Ce verger, exclusivement consacré à la culture du pommier, possède actuellement (1892) 40,000 arbres en plein rapport, sur une superficie de 176 hectares.
- Ces arbres mis en place en 1876. 1878 et 1879, étaient primitivement au nombre de 52,000.
- 334 hectares de plantations nouvelles ont été créés en 1889 et 1890.
- Les arbres de la première plantation étaient au nombre de 294 à l’hectare, mais les propriétaires ont reconnu cette disposition trop dense — quoique comportant un écartement de 8 m. 50 sur 5 mètres — et ils ont donné un plus fort écartement aux arbres plantés en 1889 et 1890.
- Ces vergers sont établis sur une prairie naturelle à sous-sol argilo-silicieux. On cultive du blé sur le terrain jusqu’à ce que les arbres commencent à rapporter, puis on les met en trèfle rouge, mais la récolte n’en est pas enr levée, on fauche le trèfle et on le laisse se consommer sur place, afin de constituer un humus analogue à celui des forêts.
- Une horloge fulgurante. — C’est par analogie que nous désignons ainsi une horloge placée en haut d’une tour et qui envoie vers le ciel des signaux lumineux semblables à des traits d’éclair.
- Un mouvement d’horlogerie ordinaire gouverne l’action d’un mécanisme supplémen-taire qui démasque une lentille projetant de puissants rayons de lumière vers les ouages d’où ils se réfléchissent et apparais-
- sent à l’œil comme un long et intense éclair qui indique les heures.
- Pour marquer les minutes on emploie une combinaison d’autres signaux lumineux.
- Si, par exemple, il est 3 h. 14 m. à l’horloge : le mécanisme optique se déclanche, trois longs éclairs jaillissent suivis de quatre moins longs — 3X4 minutes, — enfin, deux éclairs vifs plus courts complètent l’indication. L’heure est annoncée toutes les minutes; la durée du phénomène n’excède pas 11 secondes.
- L’horloge fulgurante convient parfaitement > pour les grandes cités, où la connaissance du système de signaux employés servira à la remise à l’heure de toutes les autres horloges. D.
- (Electricien).
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- * *
- Pont du Midi à Lyon. — Ce pont qui vient d’être achevé suivant les plans, et sous la direction de M. Clavenad, l’habile ingénieur de la voirie lyonnaise, est un des plus beaux de France. Il traverse le Rhône par trois travées métalliques de plus de 60 mètres de long chacune, reposant sur deux piles en pierre dont les fondations descendent à 15 mètres au-dessous du niveau du Rhône. La largeur du pont est de 20 mètres, sa longueur en a près de 200.
- Son architecture est très gracieuse.
- F. B.
- ** *
- Application de l’électricité à l’art vétérinaire. — L’électricité a été récemment appliquée pour reconnaître l’état du pied d’un cheval. En plaçant un fil en communication avec le milieu du sabot, l’autre avec le fer; si le cheval a été piqué par un clou, il sent le courant et est excité ; dans le cas contraire, le courant ne passe pas.
- (.Invention).
- ** *
- Un traîneau à vapeur. — M. Mubrey a imaginé un traineau-locomotive, qui a été essayé l’hiver dernier avec succès. Il est muni d’une petite chaudière et d’une machine à vapeur agissant sur deux roues dentées.
- *
- * *
- Une application de la lumière électrique.
- — Il y avait une fois un éléphant qui souf-
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- frait du mal de dents. On décida le plombage ou l’aurification, nous ne savons pas au juste. Le dentiste arriva — un dentiste américain, comme l’histoire, du reste — et chlo-roformisa son client. Deux bâtons de noyer en croix maintinrent ouverte la gueule dudit,
- et on y suspendit une lampe électrique, destinée à éclairer la partie malade. Grâce à l’intervention de cette lumière bienfaitrice, le dentiste put mener à bonne fin l’opération. Avis aux éléphants qui sont dans le même cas.
- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
- Résistance de l’air. — La Science en Famille a déjà mentionné (1) une expérience amusante sur la force du souffle ; en voici une autre qui peut être considérée comme une variante de celle que nous venons de rappeler à nos lecteurs.
- Déco u pez d’abord deux feuilles de papier à lettre, comme c’est indiqué au bas de la fig. 118.
- Au milieu de l’une des feuilles, on perce un trou de 1 centimètre carré environ que l’onrecouvie par un carré de papier, collé seulement de façon à pouvoir se rabattre sur le trou pour former soupape.
- On colle ensuite la première feuille sur la seconde, mais de façon à ne coller que les bords seulement et en ayant bien soin de ne laisser aucun vide.
- Lorsque le tout est bien sec, on souffle dans cette sorte de sac au moyen d’un gros fétu de paille, par exemple, qu’on enfile dans le trou.
- Le gonflement étant jugé suffisant, on enlève vivement la paille ; la soupape en se rabattant empêche le dégonflement et on peut alors faire supporter à l’appareil un poids de 2 kilog., ce qui montre bien la résistance de l’air à la compression. F. B.
- Photographie sympathique. — Recouvrez votre papier d’une solution de gélatine, d’eau et de quelques grammes de bichromate de potasse. Lorsque la couche est presque sèche, couchez le papier sur un bain de 9 parties
- d’e a u et 1 partie chlorure de cobalt, de manière à n’en mettre que sur le côté gélat.iné.
- Ces deux opérations doivent se faire dans la c h a m b r e noire,à lalu-mière d’une lanterne photographique. Une fois
- ce papier sec,
- on le place dans le châssis-presse, avec le cliché à reproduire, et après une exposition d’une demi-heure à la lumière, on le lave à l’eau tiède.
- Les parties qui ont reçu la lumière seront insolubles et retiendront le chlorure de cobalt; dans les autres il sera entraîné.
- Ou lave ensuite à grande eau et on sèche.
- L’épreuve terminée, on ne voit rien ; seulement si on chauffe légèrement le papier, devant une bougie, par exemple, on verra bientôt la photographie apparaître en bleu; elle disparaîtra de nouveau en peu de temps pour apparaître de nouveau en la chauffant. ___________________________________F. B.
- Ch. MENDEL Directeur-Gérant, 118, rue d'Assas.^
- Fig. 118. — Résistance de l’air.
- (i) Année 1891, page 368.
- La Fère. — Imprimerie Bayen, rue Neigre.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- LE MONT ETNA ET L’ÉRUPTION DU 8 JUILLET
- e Mont Etna, dont l’altitude est de 3,313m, est le volcan le plus élevé de l’Europe; les anciens, dans leur langage imagé, l’avaient surnommé le clou de la terre, le pilier du ciel ; son massif
- de neige est la bouche toujours fumante du cratère terminal. Plus de cent sommets différents, disséminés sur les flancs du mont principal, lui forment comme un grandiose cortège ; parmi ces sommets secondaires, il
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- Fig. 119. — L’éruption de l’Etna.
- isolé, d’environ 40 lieues de circuit à la base, s’étend sur la côte orientale de la Sicile, limité au nord par la vallée du Cantaro, à l’est par la mer Ionienne, à l’ouest et au sud par la vallée du Simeto qui s’est creusé des gorges pittoresques à travers les coulées de lave du volcan.
- L’Etna se trouve constitué par la réunion de montagnes superposées formant un immense cône obtus, dont le sommet couronné
- en est qui sont de formation moderne, témoin le mont Futura, plus connu sous le nom de Monto-Rosso (1), et qui date de l’éruption de 1669.
- Le massif de l’Etna est divisé en trois régions : la région méridionale, appelée aussi région cultivée, ou région verte ; la région
- (i) Ainsi nommé parce qu’il est recouvert en un grand nombre d’endroits d’une cendre rouge, comme lés terres vitrioliques calcinées,
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- boisée et la région blanche ou ignée, c’est la zone des neiges.
- La région verte s’étend à la partie inférieure du massif, jusqu’à une hauteur de 1,100 mètres ; au milieu des torrents de lave refroidie, dont la hauteur, en maints endroits, a atteint celle des maisons les plus élevées, se trouve un pays délicieusement cultivé, et d’une surprenante fertilité, due aux laves débitées et aux cendres qui recouvrent le sol. Les grains, la vigne, les orangers, figuiers, oliviers, les légumes y donnent des récoltes abondantes et des produits remarquables par leur volume et leur saveur. Soixante-dix ou quatre-vingts villes ou villages sont bâtis sur cette terre privilégiée et s’étagent sur les premiers renflements orientaux et méridionaux de la montagne : c’est la zone où s’élèvent Catane, qui compte environ 100,000 habitants, Aci-Réale, Siarre, Riposto, Nicolosi, Linguaglossa, Randazzo, Bronte, Aderno, Paterno, Belpasso, etc.
- Au-dessus, jusqu’à 1,800 mètres, s’étend la zone boisée, région sombre, couverte de magnifiques forêts de chênes verts, de châtaigniers, de pins, de bouleaux, si souvent incendiées par la lave du volcan, et où la hache du bûcheron pratique des trouées irréparables.
- Malgré le danger qu’elles offrent, ces deux régions sont très peuplées, et donnent asile à plus de 300,000 habitants.
- La partie supérieure est la région déserte, semée de nombreux cratères, privée de végétation, couverte de lave et de scories, et, sur les sommets les plus élevés, d’une neige grisâtre, mêlée de cendres.
- Lorsqu’on veut faire l’ascension de l’Etna, en partant de Catane, on s’avance par une belle route de voitures, jusqu’à Nicolosi, le Chamounix de l’Etna. Là, on trouve des guides et des mulets, et on quitte Nicolosi après avoir visité les cratères du Monto-Rosso, pour traverser la zone boisée jusqu’à la Casa del Bosco où commence la région déserte.
- Enfin, après une journée d’ascension depuis Catane, on arrive au Piano del Lago, plateau situé à 3,000 mètres d’altitude et à l’extrémité orientale duquel on va voir l’une des merveilles de l’Etna, le Val del Bove, gouffre énorme de mille mètres de profon-
- deur et que quelques géologues considèrent comme ayant dû être, à une époque reculée, l’emplacement d’un cratère principal.
- C’est sur ce plateau que se trouve la Casa degli Inglesi (maison des Anglais), restaurée par les soins du Club alpin italien, et qui est à la fois un observatoire pour les savants et un abri, un lieu de repos pour les touristes.
- Près de là, enfin, est la Terre de Filosofo, qui servit, dit-on, de demeure au philosophe Empédocle, lequel se précipita dans le cratère enflammé du volcan, afin de cacher sa mort et de passer pour un dieu.
- On laisse les mulets à la Casa degli Inglesi et on achève l’ascension à pied : elle est pénible, en ce que le terrain est semé de scories, mais elle est sans danger, et on arrive enfin au bord du cratère principal, vaste entonnoir échancré, d’un kilomètre de circuit.
- Les voyageurs ont célébré sur tous les tons l’admirable panorama qui se développe aux regards du sommet de l’Etna, d’où l’on découvre toute la Sicile avec ses trois caps, les trois mers d’Ionie, d’Afrique et de Sardaigne, aux flots, plus bleus que le ciel, le détroit de Messine, l’extrémité méridionale de la Calabre, et tout le groupe des îles La-pari, avec les volcans de Stromboli et de Vulcano.
- La région de l’Etna a été désolée, à des époques malheureusement trop rapprochées, par des cataclysmes effrayants, et les historiens de tous les âges ont noté,ses éruptions depuis l’année 225 : depuis la fin du xve siècle, on n’en compte pas moins de 55.
- Une des plus terribles fut celle de 1669, qui forma le Monto-Rosso, dessécha le port de Catane, et causa la mort de 30,000 personnes. Après celle-ci il faut signaler celles de 1702, 1766, 1781 ; celle de 1787 qui dura 22 jours ; celle de 1852, qui dura deux mois et demi et forma un fleuve de lave de trois kilomètres et demi d’étendue, et de plus de trois mètres de profondeur ; celle de 1865 qui, pendant 7 jours, donna une quantité de lave évaluée à 90 mètres cubes par seconde; celle de 1874 et enfin celle de 1886 qui forma onze petits cratères et dura une dizaine de jours.
- L’éruption actuelle a commencé derrière
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- Bl»UOTHigtie
- le Monte-Nero, situé au sud-est du cratère principal. Dans la soirée du 8 juillet on vit une immense colonne de fumée noire qui sortait du cratère principal ; cette manifestation fut accompagnée de nombreux éclairs et de violentes secousses de tremblement de terre.
- Le 9 juillet, à une heure de l’après-midi, une formidable détonation mit en émoi la population et fut le signal de l’éruption ; un cratère venait de s’ouvrir sur le Monte-Palombare, dans les vignobles du comte Selafani, sur le territoire de la commune de Scoverte.
- De nouveaux cratères, au nombre de dix-sept, et une énorme crevasse longue d’un kilomètre, se sont ouverts ensuite, lançant de la lave, des cendres, des fragments de roche, quelquefois des agglomérations de métaux en fusion, projetées à une hauteur de plusieurs centaines de mètres et éclatant dans l’air comme des bombes.
- Dès le commencement de l’éruption, un véritable torrent de lave, passant à droite et à gauche du Monte-Nero, a formé ainsi deux courants se dirigeant l’un vers l’est et menaçant Nicolosi, l’autre vers l’ouest, suivant la coulée de l’éruption de 1886 et menaçant Bo-rello et Belpasso.
- A l’approche de ce fleuve de feu, tous les végétaux se dessèchent, prennent feu et les arbres flambent comme des allumettes.
- Nous parlions en commençant de la fertilité étonnante des contrées ravagées par le fléau ; on s’en convaincra mieux quand on saura par exemple qu’un propriétaire possédant cinq cerisiers a une rente annuelle de 250 fr., et que dans les jardins de Renazzo, à l’heure qu’il est complètement détruits, on cite des arbres qui rapportaient jusqu’à 150 fr. par pied.
- Le bras occidental s’est avancé sur un front de 150 mètres, parcourant d’abord 15 mètres à l’heure; piais cette vitesse a pu atteindre 43 mètres, tandis que le bras oriental n’a pas dépassé, même les jours d’éruption, la vitesse de 25 mètres à l’heure.
- L’éruption a duré jusqu’au 24 juillet avec des périodes d’accalmie et de violence ; les points menacés ont été épargnés, et il n’y a eu aucune victime à déplorer, mais les cultures, les vignobles sont détruits sur une étendue considérable, et tant de ruines, accumulées en quelques jours, plongent dans la misère et la désolation toute une population si souvent éprouvée.
- Ch. Fleury.
- HYGIÈNE ; LES BAINS DE MER
- Ace moment de l’année où tant de personnes, grandes et petites, vont chercher le repos, les unes dans nos campagnes montagneuses, les autres sur les plages sablonneuses de l’Océan, quelques considérations générales nous paraissent utiles sur l’efficacité des bains de mer, le choix des plages, les conditions dans lesquelles on doit prendre ces bains, etc.
- A cet effet, nous extrayons ce qui suit d’un article de M. le Dr A. Cartaz, de la Nature, sur ce sujet. Il déclare envisager surtout les services que le médecin peut tirer du séjour de la mer, considéré comme un des plus puissants moyens thérapeutiques connus, dans le traitement de certaines affections déterminées.
- Il va sans dire que les conseils de votre médecin ne vous manqueront pas : aussi
- n’entends-je, dit-il, examiner la question qu’à un point de vue très général.
- A entendre certains auteurs, il ne faudrait jamais prendre de bains de mer que dans un climat doux et chaud ; d’après d’autres, au contraire, le bain ne vaut rien en dehors d’une région plus froide. Entre les nordistes et les sudistes, il y a moyen de prendre position ; leurs prétentions sont, départ et d’autre, inadmissibles.
- C’est, la plupart du temps, affaire de tempérament, et ce qui convient aux uns ne saurait toujours convenir à tous. Il faut, quand il s’agit de malades ou de convalescents, faire un choix judicieux. Pour le simple amateur, jouissant d’une bonne santé, à l’épreuve de toute maladie, qu’il choisisse à son gré, Nord, Ouest, Normandie, Bretagne ou Gascogne; il n’a qu’à consulter son goût.
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- S’il aime la solitude, s’il aime la mer pour la mer, il ne manquera pas dans le Finistère et sur les côtes de l’Océan, de coins perdus, ignorés, où il pourra à son gré chasser, pêcher, naviguer, vivre en vrai sauvage, sans crainte de voisins gênants, faisant provision, pendant ses trop courtes vacances, des avantages d’une vie sobre, frugale, d’un air salubre et d’exercices les plus hygiéniques. Pour le convalescent, pour l’enfant, c’est surtout à celui-là que je pense ; pour l’enfant débile, chétif, ayant donné, pendant l’hiver, mille soucis à ses parents, ou pour celui qui, sans être malade, ne profite pas, qui reste alangui, sans, forces, il faut être plus circonspect et ne pas partir à l’aventure, sur la foi d’une réclame ou sur la séduction d’un paysage enchanteur.
- Au point de vue climatérique spécial dont nous parlons, les côtes françaises peuvent être divisées en trois zones : Plages du Nord, de Dunkerque à l’estuaire de la Seine; plages de Normandie et de l’Ouest jusqu’à l’embouchure de la Loire ; enfin les plages de l’Ouest, sud de la Loire à la frontière espagnole. Je ne parle pas de la Méditerranée qui n’offre pas grand attrait dans ces mois de juillet et d’août, en raison de la température de ces régions méridionales et sur les bords de laquelle on ne se rend guère qu’à la saison hivernale. Pour ceux qui résident sur ces côtes ou dans le voisinage, il est incontestable que, réserve faite de l’ardeur torride du soleil et des précautions à prendre, la Méditerranée offre des avantages ; vous êtes à proximité, vous ne songerez pas à vous déplacer. Mais, d’une façon générale, la mer bleue, la côte d’azur ne sont visitées qu’en hiver et c’est alors un complément delà cure maritime des plus utiles.
- Eh bien, entre ces trois zones, il y a des choix à faire suivant l’état général de l’enfant. Un maître en pédiatrie repousse absolument le séjour à la mer pour l’enfant rhumatisant et nerveux ; je suis absolument de son avis et les parents qui en ont fait l’expérience sans y prendre garde, ne contrediront pas à cette assertion. Combien de mères vous disent que leur enfant est trop nerveux et ne supporte pas l’air de la mer ! Assurément il y a des degrés dans cet état de nervosisme, et tel qui ne supportera pas le séjour sur les
- plages du Nord, se trouvera bien de quelques semaines passées en Gascogne où l’air maritime se marie aux effluves des forêts de pins. Mais pour le petit lymphatique, pour le convalescent de maladies graves, quelle résurrection, quelle métamorphose opèrent l’air de la mer et le bain, quand il peut y être adjoint.
- Je n’aurais, si je voulais apporter des preuves documentaires, qu’à prendre les rapports si instructifs du D1' Bergeron sur les résultats obtenus à l’hôpital de Berck et ceux des médecins des stations de Pen Bron, Ba-gnuls, Arcachon, sans parler des hôpitaux maritimes de l’Italie et d’autres pays. L’assistance publique envoie chaque année dans son hôpital maritime des centaines d’enfants, qui doivent à ce séjour la guérison de lésions osseuses profondes, d’anémies graves, qui reprennent vie et santé dans ce transfert au bord de la Manche.
- Aussi, n’hésitez pas : si vous avez un enfant dont la croissance se fait mal ou trop vite, qui est anémié, fatigué, sans être à proprement parler malade, allez au nord ou sur les côtes de Bretagne, choisissez une plage ou vous puissiez faire en même temps quelques bonnes promenades. L’enfant est-il un peu délicat, descendez le long de la Normandie, installez-vous sur la plage abritée des vents froids du nord et nord-est : la saison est elle un peu avancée allez plus au sud, choisissez un coin de la côte de Gascogne où, à quelques pas de la plage, vous aurez pour activer la restauration de la santé, les effluves des forêts de sapins.
- Le bain de mer est le complément d’un traitement marin ; l’air peut suffire, mais l’action de ce bain froid salé est des plus * utiles en même temps que des plus agréables. C’est un bain salé ; l’eau de mer contient en effet de 35 à 38 pour 1000 de principes minéraux, dont le principal est le chlorure de sodium ; on y trouve des sulfates de magnésie, de chaux, de soude, des carbonates alcalins et des traces de brome et d’iode. La composition est, à quelques variantes près, la même sur toutes les côtes. Si j’ajoute que la température- de l’eau de mer oscille pendant les mois d’été entre 15 et 20 degrés, on voit que le bain doit être des plus hygiéniques.
- Le véritable bain de mer est le bain à lu
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- lame ; ce mouvement incessant de la vague provoque, par ses alternatives en sens inverse, une mise en jeu de l’élasticité des muscles qui constitue une gymnastique des plus simples et des mieux accusées. Le balancement produit, quand le corps est complètement immergé, un effet de détente sur tout l’organisme, et tout bon nageur vous affirmera que le bain de mer n’est absolument pas à comparer avec le bain d’eau douce, de rivière, et de plus, il est infiniment plus agréable, plus réconfortant quand la lame est un peu forte. Cela à noter pour ceux qui ne savent pas nager et qui sont privés, en dehors de tout autre avantage de la natation, de sensations extrêmement plus agréables qu’avec la trempée vulgaire, bonne pour les bébés.
- Comment doit-on prendre un bain de mer? Je n’insisterai guère là-dessus. L’heure doit être écartée de celle des repas, cela va sans dire ; le meilleur moment, quand il peut se concilier avec les variations de la marée, est la matinée de neuf heures à onze heures.
- C’est un véritable apéritif que l’on prend pour la journée. Quand la chaleur est très forte, le bain, l’après-midi, est également très bon. Il ne faut pas entrer à tâtons dans l’eau, je parle ici pour les enfants ; sans les surprendre et sans leur faire violence, il faut les porter assez avant dans la mer pour pouvoir les immerger d’un coup et qu’ils puissent ensuite rester plongés dans l’eau jusqu’à la ceinture. Ne les laissez pas tranquilles, faites-les jouer, s’agiter et ne prolongez pas le bain au delà de 5 minutes, les premiers jours ; de 8 à 10 minutes, les jours suivants. Faites, comme on dit, la réaction en sortant ; frictions sèches un peu vives, habillement rapide et marche de quelques minutes. Je passe, ce sont choses devenues de pratique courante.
- Ce qu’il faut retenir, c’est que les enfants, quand le bain est pris dans de bonnes con-
- ditions, le supportent peut-être mieux que les adultes, de même qu’ils tolèrent mieux et mettent plus à profit les climats un peu vifs du nord et du nord-ouest, s’il n’y a pas chez eux de tendances aux affections de l’appareil respiratoire. Ne mettez pas les trop jeunes enfants à l’apprentissage du bain ; trois à quatre ans me paraît une limite sage. L’air, les jeux sur la plage, les . pêches miraculeuses dans les flaques d’eau, la vie libre sur les sables fins et chauds viendront suffisamment réparer leurs forces et vous donner les résultats demandés, quand ils sont tout petits. Nos enfants des villes ont grand besoin de ces quelques jours passés au plein air ; voyez les enfants des pêcheurs de la côte, leur air de santé, leur vigueur ; leur nourriture n’est pas tous les jours des plus abondantes, des meilleures, et cependant la comparaison n’est pas à l’avantage des citadins.
- Les bains de mer sont, depuis quelques années, beaucoup plus suivis que jadis. Ce n’est pas affaire de mode, et puis, quand cela serait, soyez sûrs qu’au rebours des autres, elle ne changera pas. Les facilités plus grandes de communications, l’installation toujours croissante de petites, moyennes et grandes stations de bains, sont là pour attifer. Les résultats thérapeutiques obtenus depuis qu’on a considéré la mer comme une médication spéciale, ne peuvent qu’encourager à pousser à ces déplacements annuels. Cela est si vraj que les administrations hospitalières, Paris, Lyon, Bordeaux, pour ne citer que les principales, s’efforcent de faire profiter leurs petits malheureux des avantages de cette cure thermale et atmosphérique. Elles cherchent à avoir sur les côtes, séjour d’été et séjour d’hiver; elles veulent que les pauvres malades n’aient rien à envier aux privilégiés de la fortune.
- A. C.
- HISTORIQUE DE LA NOMENCLATURE CHIMIQUE (Suite)
- ismuth : de bis, deux fois, et de muto, je change; cela vient de ce que le bismuth était primitivement pris tantôt pour de l’étain, tantôt pour du plomb. La première mention du métal se trouve dans un
- traité d’Agricola, datant du commencement du xvie siècle (1529) : il fut regardé par quelques auteurs comme un argent imparfait, d’autres le considéraient comme une espèce de plomb. Les chimistes qui apportèrent leur contingent
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- dans l’histoire du bismuth, vers le milieu du siècle dernier, furent Neumann, Hellot et surtout Geoffroy le jeune.
- Bore. Le bore est retiré du borax qui veut dire soudure ou fondant vitreux qui existe dans certains lacs de la Chine, de la Perse, de l’Inde, et autrefois ce corps venait d’Asie ou d’Amérique, c’était le borax brut ou tinkal; une fois arrivé en Europe, on le raffinait pour le débarrasser de ses impuretés. Aujourd’hui on n’emploie plus que l’acide borique retiré des lacs de Toscane. Il était autrefois appelé tinkon.
- Brome a pour étymologie le mot grec Ppw[UK, fétide, à cause de son odeur suffocante, forte et irritante rappelant le chlore; saveur âcre. Il est très vénéneux; quelques gouttes introduites dans l’économie animale suffisent pour donner la mort. Découvert par Balard, le brome provient des eaux-mères des marais salants où il se trouve à l’état de combinaison avec des métaux et des cendres de varechs ; les eaux de la mer morte sont particulièrement riches en bromures.
- Cadmium vient de KaSpia dont on a appelé les minerais des Cadmies. En 1817, Strohmeyer, chargé de l’inspection des pharmacies du Hanovre, signala dans de l’oxyde de zinc l’existence d’un corps nouveau auquel il donna le nom de Cadmium. La nature et les propriétés de ce nouveau corps furent découvertes par Hermann qui préparait en grand de l’oxyde de zinc pour la médecine ; on venait de lui interdire la vente de ce produit parce qu’en inspection des pharmacies, on avait cru reconnaître les caractères de l’arsenic dans l’oxyde qui provenait de sa fabrication. Voulant se rendre compte des motifs de cette accusation, il fit l’analyse de son oxyde et parvint à en isoler un métal nouveau, il en envoya un échantillon à Strohmeyer et sut par lui que le métal qu’il venait d’obtenir présentait bien les mêmes caractères que le corps signalé quelques mois auparavant. Il en fit connaître de suite les principales propriétés.
- Calcium vient de caloites. Les kadmies et les calcites étaient des minerais de toutes sortes que l’on travaillait du temps des Grecs, puis on a spécialisé et les calcites ont désigné les pierres à chaux d’où calx, calcium, etc. Le calcium a été connu à l’état
- de pureté depuis 1808 et a été isolé par Davy au moyen du courant électrique ; le carbonate de calcium, qui forme une partie considérable de la croûte terrestre, sert à la préparation de la chaux ; de même le sulfate de chaux, le gypse ou pierre à plâtre forment des bancs immenses. Il n’est pas étonnant que des substances si répandues soient connues et utilisées depuis la plus haute antiquité.
- Carbone, de carbo (latin). Lavoisier, le premier, a admis que le carbone était un corps simple ; il se trouve en abondance dans la nature : à l’état cristallisé, sous forme de diamant et de graphite : en combinaison avec d’autres éléments; enfin l’écorce terrestre renferme d’épaisses couches de charbon provenant des êtres des époques généalogiques anciennes.
- Cérium, ainsi appelé en l’honneur de la planète Gérés.
- Césium, de coesius, bleu ; métal dont le spectre est caractérisé principalement par deux raies bleues. C’est le premier des métaux découvert par l’analyse spectrale.
- Chlore, de x^°P0^ jaune verdâtre, découvert par Scheele en 1774. Davy reconnut sa véritable nature et le rangea au nombre des éléments simples sous le nom de chlore qui rappelle sa couleur.
- Chrome, de xPc*!xa, couleur; était connu dans l’antiquité et on utilisait la coloration de ses oxydes pour faire des verres de couleur. Le métal n’est connu que depuis 1797, Vauquelin le découvrit dans un minerai de Sibérie connu sous le nom de « plomb rouge » qui était un chromate de plomb.
- Cobalt. De kobalt, nom donné par les mineurs allemands du moyen âge à un mauvais génie des mines. Pendant longtemps les minerais de cobalt sont restés sans emploi et comme ils accompagnent le plus souvent, en Saxe, des minerais dont ils rappellent un peu l’apparence et qui étaient alors plus utiles, les mineurs superstitieux croyaient qu’un mauvais génie, pour s’amuser à leurs dépens, leur faisait rencontrer sous leurs pioches ces matériaux improductifs. Un fabricant de verre, Schnerer, eut l’idée, en 1540, de mettre du minerai de cobalt dans son verre et obtint une magnifique coloration bleue. La nouvelle ne tarda pas à se répandre en Hollande, on y construisit des moulins à moudre
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- le verre bleu et les mines de cobalt furent fructueusement exploitées. Braud, en 1733,, isola le métal.
- Cuivre. Un des métaux les plus anciennement connus, ce qui s’explique par le fait qu’on le trouve dans certaines localités à l’état natif ou sous la forme de minerais facilement réductibles. Pur ou à l’état d’alliage, il servait sous le nom de x«7oco<;.ou de ocs à de nombreux usages où le fer l’a remplacé. Le soc des charrues et la lame des épées furent d’abord faits en cuivre. Son nom vient de cuprum et ce terme lui-mèmeindique le lieu d’origine dont les Romains tiraient leur cuivre : l’île de Chypre.
- Didyme vient de SiSugoi, jumeaux, parce qu’il accompagne le cérium et le lanthane dans tous les minerais cérifères, comme un frère jumeau.
- Erbium, nom tiré des quatre dernières lettres du mot Itterby, radical métallique d’un oxyde terreux appelé erbine ; n’a jamais été isolé.
- Etain, de stannum, appelé d’abord estain, .puis étain, un des métaux les plus anciennement connus.
- Fer, de ferrugo, rouille, qui est de l’oxyde de fer ; le plus important des métaux et le plus répandu. Presque aucun terrain n’en est exempt.
- Fluor, anc. phthore, tire son nom de fluere couler, parce qu’il sert comme fondant en métallurgie : pourrait aussi venir de
- LA FABRICATION DES ALLU
- âPRÈs que l’allumette a été enduite de soufre et d’un bouton de pâte phos-phorée, il faut la faire sécher. Le séchoir est la partie de l’usine où se répandent surtout les vapeurs de phosphore, aussi.est-ce dans cet atelier que les ouvriers séjournent le moins longtemps. Des appels d’air, installés au niveau du sol et distribués en un grand nombre d’endroits, aspirent les vapeurs pour les faire évacuer par une cheminée en briques, d’une hauteur de 20 mètres, et qui dessert la machine motrice de l’usine.
- Une armoire métallique tournante, à compartiments opposés et mobiles autour d’un
- fluorescence, parce que le spath fluor chauffé donne de jolies colorations.
- Glucinium ou glucium, vient de y7uxoç, doux; doit son nom à la saveur sucrée de ses sels.
- Hydrogène. Formé de deux mots : 68wp, eau, et yswaw, j’engendre, avait déjà été signalé par Paracelse au xvie siècle. Combiné avec l’oxygène, forme de l’eau, d’où son nom.
- Indium est le quatrième corps simple qu’on doive à la méthode spectrale de Kirchoff et Bunsen : le nom d’indium a été donné à ce métal à cause de son spectre, qui présento une raie indigo caractéristique qui l’a fait découvrir.
- Iode, de cwS-r^, violet, à cause de la vapeur violette qu’il émet déjà à la température ordinaire'; a été découvert par Courtois, sal-pétrier à Paris, dans les cendres de varechs, en 1812 ; depuis, on a démontré qu’il est très répandu dans la nature.
- Iridium, découvert parTennant avec l’Osmium. L’Iridium doit son nom aux couleurs variées de ses chlorures.
- Lanthane, de Xavôaveov, rester caché. Métal découvert en 1839 par Mosander et accompagnant le cérium, le didyme, etc. ; il avait fort longtemps échappé à la sagacité de Mosander qui avait prévu son existence dans le cérium, fait pour lequel il lui donna ce nom.
- (A suivre). L. Wertheimer,
- Dr ès sciences.
- LETTES CHIMIQUES (Suite) (i)
- axe, se trouve dans l’atelier de soufrage et de chimicage, permettant ainsi de faire passer dans le séchoir les presses fraîchement imprégnées de soufre et de pâte phosphorée.
- On dispose ces presses dans des casiers en maçonnerie où elles sont superposées, séparées les unes des autre par de petits intervalles.
- Le séchoir est chauffé par un calorifère activé de façon à donner une température constante de 25 à 30°; mais les allumettes sèchent d’autant plus vite que l’air extérieur est moins humide.
- (i) Voir page 168.
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- Du séchoir, les presses sont transportées dans l’atelier dit « de dégarnissage », où des ouvrières commencent d’abord par faire l’opération du « triage », opération qui consiste à enlever les allumettes défectueuses ou celles qui sont collées les unes aux autres.
- Cette opération se fait à la main ; si une allumette vient à s’enflammer, l’ouvrier la plonge aussitôt dans une caisse remplie de sciure de bois et qui se trouve à sa portée ; quelques poignées de cette sciure, jetées sur le cadre suffisent également pour déterminer l’extinction, lorsqu’un plus grand nombre d’allumettes ont pris feu.
- Le triage effectué, on procède au dégarnissage, et cette nouvelle opération s’effectue à l’aide d’une machine qu’un seul ouvrier met en mouvement et qui se trouve représentée par notre gravure (fig. 120).
- Les alilumettes sont toujours tenues fixes, parallèles, isolées ; il s’agit de défaire exactement ce qui a été fait lors de la mise en presses, c’est-à-dire d’enlever les 2,250 allumettes que l’on a pu, grâce à ce procédé, soufrer, chimiquer, sécher, dans les mêmes conditions que si on l’avait fait une par une.
- La machine à dégarnir se compose d’une espèce de cadre horizontal cloisonné, formant des alvéoles, et de deux fonds : le premier, mobile, est formé par une plaque en métal poli, glissant dans des rainures horizontales, et dont l’extrémité recourbée à angle droit forme un « poussoir » ; le second, fixe, est placé plus bas.
- Supposons une presse posée sur le cadre;
- on la desserre, et les allumettes tombent dans les alvéoles : une seconde, une troisième presse peuvent se succéder jusqu’à ce que les alvéoles soient pleines sans l’étre trop. Si, à ce moment, on tire le fond mobile, les allumettes vont tomber et s’arrêter contre le fond fixe, où elles sont maintenues verticales par le bord inférieur des cloisons qu’elles dépassent légèrement. Alors, on relève le cadre mobile autour d’un de ses côtés, en même temps qu’on repousse la plaque dont l’avant forme « poussoir ».
- Les allumettes sont saisies, avant d’avoir eu le temps de culbuter, puis entraînées et poussées vers le fond d’une caissette, dite bateau, préalablement disposée vide et qu’on enlève pleine.
- Les « bateaux » sont ensuite apportés dans un atelier spécial, et des ouvrières mettent les allumettes en paquets simplement enveloppés de papier, ou bien en boîtes dites
- « portefeuilles », lesquelles boîtes sont fabriquées mécaniquement,
- depuis l’instant où elles sont introduites dans une machine spéciale sous la forme de morceaux de carton découpés suivant la disposition voulue, jusqu’à celui elles en sortent pliées et collées. Il ny a plus qu’à les saisir une à une, à enduire de colle le fond pour le poser ensuite sur un mélange de verre pilé et de sable poui former le frottoir et à les débarrasser du « mandrin », morceau de bois qui a servi au pliage mécanique à l’intérieur de la machine.
- Des ouvrières procèdent à l’emboîtage, qui se fait aussi mécaniquement, à l’aide de nia-
- Fig. 120. — Machine à dégarnir.
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- chines poussant dans l’embouchure de la gaine le nombre d’allumettes voulu. Avec une machine bien conduite, et dans une journée de 10 heures de travail, trois ouvrières peuvent remplir 18,000 boites.
- Les allumettes dont nous venons d’expliquer à grands traits la fabrication, sont les allumettes en bois, au phosphore ordinaire, pouvant s’allumer par friction sur une surface quelconque et connues sous le nom d’allumettes « presse » : leur consommation actuelle représente 85 0/0 de la consommation totale, dont 50 0/0 pour celles vendues en « portefeuilles»; mais cette consommation totale comprend encore les allumettes de luxe, depuis l’allumette en cire au phosphore ordinaire, jusqu’aux allumettes paraffi-nées, en bois strié ou cannelé, dites viennoises, et aux allumettes à phosphore a-morphe, paraffinées, dites suédoises.
- L’allumette-bougie, qui ne représente que 3 0/0 de la production totale, est constituée par un fil de coton, dévidé, enduit de stéarine d’une manière méthodique, coupé à la longueur voulue, mis en presse et finalement chimiqué.
- Nous dirons peu de chose du tison, cette allumette qui brûle d’autant mieux qu’il fait plus de vent et que la pluie n’éteint pas, et de l’allumette viennoise, en bois strié, teinté de couleurs variées : leur production est très faible, et nous terminerons par quelques détails sur l’allumette au phosphore amorphe.
- Cette allumette enduite de gomme, de chlorate de potasse, de peroxyde de manganèse et de bichromate de potasse, ne peut prendre
- feu que sur une surface préparée généralement à l’aide de sulfure d’antimoine, de phosphore rouge, de colle et de gomme : ici donc le phosphore se trouve sur le frottoir.
- Deux sortes: l’allumette dite suédoise, paraffinée, renfermée dans une boîte en bois à tiroir glissant dans une coulisse, et portant deux frottoirs résistants ; l’allumette soufrée, contenue dans un portefeuille en carton, enduit au moyen d’une machine à gratiner (fig. 181).
- Cette machine se compose d’un bâti en
- fonte, fer ou bois, auquel sont fixés deux cadres : l’un supportant un arbre de commande et les divers renvois de mouvements nécessaires au fonctionnement de l’appareil ; l’autre placé à la partie supérieure, recevant les boîtes et supportant les divers organes qui constituent la machine; puis d’un récipient principal renfermant la pâte ou « gratin », et de deux autres récipients analogues munis d’agitateurs; enfin de deux molettes qui tournent en plongeant partiellement dans ces deux derniers récipients, où ils s’enduisent de gratin : grâce à un entraînement des portefeuilles:, et à leur passage devant ces molettes, le gratin se trouve appliqué sur une des deux faces étroites, car chacune des deux molettes gratine isolément une série différente de boîtes.
- Deux ouvriers employés à cette machine gratinent chacun 40,000 boîtes par jour et la vente de l’allumette amorphe représente 10 0/0 de la vente totale.
- Il est à présumer que sa consommation ne
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- Fig. 121.— Machine à gratiner les boîtes d’allumettes au phosphore amorphe.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- fera que s’accentuer, car si elle offre quelques petits inconvénients, entre autres celui de condamner la personne qui en fait usage d’avoir continuellement sur lui le frottoir sans lequel il ne peut l’enflammer, elle offre, en revanche, d’immenses avantages : elle
- écarte l’emploi du phosphore ordinaire, si malsain à tous ceux qui le manipulent, et elle supprime les nombreuses chances d’incendie, dues à l’inflammation spontanée, possible tant à la chaleur qu’au frottement.
- CHRONIQUE PHOTOGRAPHIQUE
- PROCÉDÉS PHOTOGRAPHIQUES UTILISÉS POUR LA DÉCORATION DES VITRAUX
- a mode, en ramenant le goût du vitrail dans les appartements, a permis aux artistes et industriels verriers d’utiliser les procédés photographiques pour la décoration des fenêtres.
- Nous eûmes l’occasion de visiter un des grands ateliers de Paris, dont les patrons, à la fois ingénieurs et artistes, emploient pour les beaux vitraux qu’ils exécutent tous les procédés qu’une longue pratique et une grande science ont pu suggérer à leur industrie.
- Nous indiquerons les trois procédés photographiques que MM. Lémal et Raquet préfèrent comme étant absolument stables et résistants aux nettoyages ordinaires.
- Avant de décrire ces procédés, il est nécessaire, croyons-nous, de rappeler quelques données élémentaires qu’il peut ne pas être indifférent de consigner ici. Les verres employés pour les vitraux sont de trois sortes : ceux teints et colorés dans la masse, ceux à deux couches ou doublés, enfin les verres blancs. Les premiers servent, pour ainsi parler, à la coloration mosaïque du sujet ; les seconds, qui s’obtiennent par l’opération du soufflage, en étendant sur un manchon de verre blanc une couche mince de verre coloré, servent à enlever, au moyen de la gravure à l’acide ou, comme autrefois, de la meule, les ornements sur les étoffes, les galons, les bordures, quelquefois même les clairs sur certaines parties des vêtements : leur utilité est d’éviter des plombs difficiles et des coupes trop exiguës. Tout le verre rouge préparé pour les vitraux se fait à deux couches, et non seulement pour l’emploi que nous venons d’expliquer, mais encore pour obtenir cette transparence et cette richesse de ton
- que le verre, dans la masse, ne présente jamais.
- Quant aux verres blancs, ils ne servent que de support soit aux colorations faites par le peintre, soit à l’image photographique déposée sur une des surfaces. ,
- Les verres sont colorés au moyen d’oxydes ou de sels métalliques : les sels de cuivre donnent un rouge employé pour les fenêtres de laboratoire ; les sels d’argent produisent un jaune ; on obtient un rose avec les sels d’or et un bleu avec les sels de platine ; ces quatre colorations ne se font qu’en verres doublés.
- Si on réunit les trois dernières nuances et si on les regarde par transparence, on obtient un gris plus ou moins foncé suivant la valeur de chaque nuance. C’est sur cette observation que MM. Maréchal et Tessiédu Motay ont proposé, en 1865, le procédé photographique suivant ;
- Une image positive au sel d’argent, obtenue par le procédé au collodion, est fixée, puis immergée, pendant un certain temps, dans une solution de chlorure d’or ; dans ce bain, une partie de l’argent métallique, qui constitue l’image, est remplacée par de l’or ; après lavage, on met l’image photographique dans une solution de chlorure ou de nitrate de platine dans laquelle une autre partie de l’argent est remplacée par du platine.
- La pellicule de collodion renferme donc une image qui, par suite des deux substitutions, est constituée par de l’argent, de l’or et du platine. On comprend que si l’on place le verre qui supporte cette image dans un four à moufle et que si l’on élève la température à un degré assez élevé (500 à 600°) I pour former des silicates d’argent, d’or et
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- de platine, on obtiendra une coloration grise, comme celle obtenue par la superposition des trois verres colorés, séparément, à l’aide des trois sels métalliques.
- Un portrait de femme présenté par nous à la Société Française donne le résultat aussi beau qu’on peut le désirer ; il provient des ateliers de MM. Lémal et Raquet.
- Le second procédé est basé sur la décomposition par les sels d'argent des sels de l’oxydule de cuivre.
- Si on dépose une image négative au collo-dion à la surface d’un de ces verres rouges employés pour les lanternes de laboratoire, surface qui n’est qu’une couverte formée d’un silicate d’oxydule de cuivre (Gu 20), il suffit, après sa dessiccation, de la recouvrir d’une légère couche de terre de pipe, puis de porter le verre dans un four à moufle, chauffé à 500°, pour obtenir la décompositton du sel de cuivre; l’image est négative par transparence, mais positive par réflexion.
- Le troisième procédé photographique utilisé par MM. Lémal et Raquet est surtout employé pour les reproductions, à un certain nombre d’exemplaires, de dessins ou de tableaux : il est connu depuis longtemps, sous le nom de procédé aux poudres ; les principes en ont été indiqués par Poitevin.
- On fait du sujet à reproduire un positif sur verre, il sert de cliché.
- On étend sur une feuille de verre blanc le
- mucilage suivant :
- Eau.......................100 gr.
- Sirop de sucre .... 2 cc.
- Miel....................... 0 gr. 5
- LA FRANCE DANS 1
- 'expansion de la France en Afrique est en bonne voie et notre empire colonial s’y développe sans cesse, promettant pour l’avenir une facile exploitation des grandes richesses naturelles du continent noir.
- Il est toutefois regrettable que le statu quo semble devoir persister au Dahomey, où le gouvernement ne paraît pas disposé à opérer avec 1,'énergie nécessaire pour faire à jamais respecter notre drapeau et permettre
- Glucose................ 8 gr.
- Gomme.................. 5 gr.
- Bichromate de potasse. . 2à3 gr.
- On fait sécher sur une lampe à l’abri de la lumière, puis on met le verre, encore tiède, dans un châssis positif et l’on place contre la couche le cliché positif.
- L’exposition à la lumière varie, suivant l’intensité lumineuse et l’opacité du cliché, de cinq à huit minutes.
- Sous l’influence de la lumière, le bichromate alcalin se réduit et modifie le mucilage qui perd ses propriétés adhésives, et cela proportionnellement à la durée ou à l’intensité de la lumière; les parties non modifiées resteront hygrométriques. 11 suffira de passer à la surface du mucilage, après l’insolation, un blaireau très doux chargé d’une poudre d’émail, appelée grisaille, pour obtenir une reproduction positive que l’on fera cuire ensuite dans Un four d’émailleur.
- Si sur cette grisaille on rapporte des émaux de couleur, on obtient des vitraux colorés dont les ombres sont modelées par la grisaille photographique.
- Enfin, nous avons vu dans le même atelier une belle épreuve positive au gélatino-bromure, sur glace doublée d’un verre dépoli, provenant de chez M. Nadar, enchâssée dans un vitrail. Ceci nous a rappelé que, par de belles verrières, cet artiste a montré dans son exposition de 1889 la décoration photographique appliquée aux vitraux, et il est intéressant de signaler que des industriels intelligents ont su profiter de cette indication (1).
- Ch. Gravier.
- ’AFRIQUE CENTRALE
- au commerce un progrès normal. Malheureusement il est à craindre que jusqu’à la création d’un ministère autonome des colonies, possédant une armée spéciale, l’indécision actuelle règne dand les sphères gouvernementales au point de vue de la politique d’expansion coloniale.
- L'intéressante question de la marche de nos explorateurs vers le lac Tchad vient de faire l’objet, à la Société scientifique Flam-(i) Bulletin du Photo-Club.
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- La science en famille
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- marion de Marseille, d’une brillante conférence de M. Alphonse Fondère, chef de station au Congo Français, dont le succès a été des plus vifs.
- Le vaillant explorateur de l’Afrique équatoriale envisage la marche vertigineuse des puissances européennes à la conquête de l’Afrique centrale. Devant cette poussée de nos rivaux, la France avait un devoir à remplir en Afrique. Derrière elle, elle avait son passé et ses traditions ; devant elle, par delà les rives du Haut-Niger, elle avait à prolonger sa colonie du Sénégal, jusqu’au Say et au Tchad par delà la frontière Nord de Sokota ; plus bas, sous l’Équateur, c’était sa colonie naissante du Congo français, qui, par une de ses grandes artères frontières, la rivière Oubanghi, devait tendre la main sur les rives du Tchad à ses possessions du Sénégal, du Soudan, de l’Algérie et du Sahara.
- Le conférencier examine l’effort fait dans ce but au Congo français, où il a 'été mêlé à nos récentes expéditions. Il fait l’historique du massacre de l’expédition Musy, tué chez les Salangas; il raconte sa propre expédition pour aller recouvrer les restes de son malheureux collègue et venger sa mort ; l’arrivée de Crampel à Bangui, où il eut le plaisir de lui offrir l’hospitalité. Ses voyages précédents vers le Nord et son expédition dans la rivière de M’Poko lui permirent de fournir à son ami Crampel des renseignements certains sur la présence, à quelque centaines de kilomètres de Bangui, de camps musulmans, où précisément l’infortuné voyageur devait périr.
- M. Fondère eut le triste honneur de ramener le cadavre du chef de l’arriere-garde de la mission Crampel, M. Orsy, mort à Dioukoua-Mossoua, le 28 janvier 1891. Parlant de la pénétration vers le Nord par la
- rivière Sangha, M. Fondère fait l’historique de la mission Fourneau, assaillie et massacrée en partie par les indigènes au-dessus du quatrième degré Nord. Il parle ensuite de la pénétration lente organisée actuellement par M. de Brazza sur la rivière Sangha, pénétration qui s’appuiera sur une ligne de postes en communication constante entre eux ; c’est également ce que fait M. Dybowski sur le Haut-Oubanghi.
- L’heureuse rencontre de MM. Mizon et de Brazza sur les bords de la Sangha a une importance énorme : l’Interland des Allemands de Cameroun ne peut plus se réaliser, le courageux lieutenant Mizon arrivant de la Bénoué. Aujourd’hui nous n’avons plus que les Anglais de la “ Royal Niger Company ” à redouter, mais les récentes nouvelles qui parviennent de Kano font espérer que Je brave commandant Monteil pourra arriver à Kouka et défendre auprès du Sultan du Bournou les intérêts français dans la région du Tchad.
- Notre pénétration par le Soudan et le Congo se trouve donc en bonne voie et la marche en avant s’accomplit aussi par le Sahara, grêce aux explorateurs Fourneau et Méry.
- L’orateur termine sa communication en parlant des richesses de notre colonie du Congo, pays qui a un immense avenir agricole et où le caoutchouc du Para, le cacaoyer et le caféier viennent à merveille. Il signale en outre les riches gisements de cuivre qui se trouvent dans les vallées du N’Gounié et du Niari-Quillou ; ces derniers vont, paraît-il, être exploités. Malheureusement, ce qui a empêché jusqu’ici l’exploitation des richesses naturelles de l’intérieur du Congo, c’est l’absence de communications dans ces vastes territoires encore à peine explorés.
- Jacques Léotard.
- ÉLECTRICITÉ PRATIQUE
- st-il préférable d’employer comme dépolarisant du bichromate de potasse ou de soude ? — Pour nous rendre compte des résultats obtenus avec chacun de ces deux sels, nous avons monté deux piles à deux liquides, identiquement
- pareilles, en chargeant l’une avec du NA" Ck2 O’ et l’autre avec du K2Cr207.
- La composition des liquides était de :
- PREMIER LIQUIDE
- Eau.......................... 900 gr.
- Acide sulfurique.............100 gr.
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- DEUXIÈME LIQUIDE DÉPOLARISANT
- Eau........................... 900 gr.
- Bichromate de potasse ou de
- soude.......................100 gr.
- Acide sulfurique...............130 gr.
- Nous avons employé chacun de ces éléments à faire marcher une petite bobine d’induction. La durée de la décharge a été:
- Avec le bichromate de soude, 17 heures.
- Avec le bichromate de potasse, 14 heures.
- Mais, pendant les premières heures de la décharge, la pile au sel de potasse avait un I débit un peu supérieur, ce quiprouve qu’à concentration égale, l’emploi du Na2 Or2 O7 augmente la durée de la décharge, mais diminue l’énergie du débit.
- Si l’on considère maintenant la question au point de vue du renouvellement plus ou moins fréquent des liquides, on trouve que 100 p. d’eau dissolvant 83 p. de bichromate de soude et 12 seulement de bichromate de potasse et que la quantité d’oxygène par rapport au poids moléculaire étant à peu près la même dans les duix sels, les deux solutions étant concentrées, celle de Na2Cr20 donnera plus d’oxygène dans le rapport de 7 à 1.
- Remplacement automatique d’une lampe brûlée. — La petite combinaison suivante a pour but d’éviter le désagrément de se trouver tout d’un coup dans l’obscurité par suite de la rupture du filament de la lampe qui vous éclaire.
- G est une languette de cuivre sous laquelle est soudée une petite barre de fer. Au repos cette languette est soulevée par le ressort à boudin D et vient toucher le contact A.
- Lorsqu’on ferme le circuit, le courant se divise, une partie passe par la lampe F et
- l’autre par l’électro et la lampe E. Mais alors l’électro attire le levier G, le contact A B est rompu et la lampe E reste seule allumée.
- Si elle vient à brûler, l’électro n’étant plus traversé par le courant, laissera remonter le levier, le contact A B sera de nouveau rétabli et la lampe F s’allumera instantanément.
- Cette combinaison est aussi très utile quand l'on a plusieurs lampes montées en tension, l’on évite ainsi une extinction totale.
- Le fil de l’électro étant gros et court, sa résistance est insignifiante.
- René Michel.
- 0 o-A
- Fig. 122.
- LE THÉODOLITE
- CAUSERIE D’ASTRONOMIE PRATIQUE
- upposons un cercle vertical (AB) mobile autour d’un axe (CD) passant au centre d’un autre cercle horizontal (EF) et divisé comme le premier, et nous aurons une idée sommaire du théodolite, instrument fondamental, qui peut, à la rigueur, remplacer tous les autres, et qui accompagne aussi bien l’astronome dans ses excursions célestes, que le géodésien dans ses triangulations,
- Complétons ces données en les précisant un peu.
- Le limbe (AB) (fig. 123) peut tourner comme nous l’avons dit, autour de l’axe vertical CD, mais à l’aide d’une vis et d’une pince, on peut le fixer dans une position quelconque. Ce cercle peut donc former tous les dièdres qui ont cet axe pour arête. De plus, une lunette (LL’) portée par un axe horizontal passant par le centre du limbe (AB), et tournant librement
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- autour de cet axe, décrit, dans ce mouvement de rotation, un plan parallèle à celui du limbe. Elle peut, elle aussi, à l’aide d’un mécanisme spécial, être fixée invariablement dans une position quelconque.
- Enfin, dans le plan horizontal, une alidade (HH’) fixée invariablement en D à l’axe vertical indique la trace géométrique du plan vertical sur le plarfho-rizontal et l’angle que cette trace fait avec une direction fixe repérée à l’aide d’une deuxième lunette horizontale et lue sur le cercle EF par les procédés ordinaires.
- Tel est, dans ses lignes essentielles, l’instrument dont nous parlons. Essayons maintenant de donner une idée de son fonctionnement.
- 1° Détermination de la hauteur d'une étoile au-dessus de l’horizon. — Distance zënitale d’un astre. — Nous savons que de l’une de ces données on peut déduire facilement la déclinaison en fonction de la latitude du lieu d’observation. (Voir nos précédentes causeries).
- Installons l’instrument à l’aide des vis calantes qui le supportent et du niveau à bulle d’air, placé sur l’axe du limbe vertical, de manière que le cercle vertical soit dans le plan méridien et que l’un de ses diamètres soit horizontal. Au moment où l’étoile sera à la croisée des fils de la lunette LL’, elle se trouvera par contre dans le plan méridien, c’est-à-dire à l’une de ses culminations : il suffira de lire alors l’angle formé par la lunette avec le diamètre horizontal pour en déduire la quantité cherchée.
- 2° Détermination d'un passage méridien. — Même position du limbe vertical que précédemment. Notez l’heure au moment du passage de l’astre à la croisée des fils.
- 3° Détermination de l'angle formé par deux plans verticaux (ou simplement par deux verticaux), contenant chacun un point déterminé.
- On sait que la mesure d’un angle dièdre
- Fig. 123.
- Fig. 124.
- est fournie par l’angle plan perpendiculaire à l’arête du dièdre.
- Il suffira donc, pour avoir la mesure cherchée (ab d’amener successivement les deux étoiles (EF’) (fig. 124) dans le plan vertical de l’instrument mobile au tour de la droite ZO et de lire sur le limbe horizontal la valeur de l’angle (a), qui n’est autre que la projection horizontale (réduction à l'horizon) de l’angle a’.
- 4° Détermination de l’angle formé par une droite fixe horizontale et une autre direction.
- Cette détermination n’est qu’un cas particulier du problème précédent ; on en conçoit trop aisément la solution pour que nous ayons à insister. Cette propriété rend le théodolite très précieux au point de vue des travaux géodésiques, et en fait l’instrument des levers de plans par excellence. La lunette horizontale, dont nous avons déjà parlé, permet de répérer, avec toute la précision désirable, une direction donnée, et assure la fixité de l’instrument pendant les opérations.
- Si maintenant le lecteur veut bien se reporter à l’une de nos toutes premières causeries (Science en Famille, 1887, p. 15 sq.), il y verra que, pour fixer la position d’un point dans le ciel, les astronomes rattachent ce point à l’un des deux systèmes suivants de coordonnées : Y Ascension droite et la Déclinaison — qui correspondent aux longitudes et latitudes géographiques et se comptent sur et à partir de l’équateur — ou la longitude et la latitude célestes, qui se comptent sur et à partir de l’écliptique.
- Remarquons immédiatement que le théodolite ne donne aucune de ces deux espèces de coordonnées, mais qu’il en fournit deux autres : la hauteur d’un point au-dessus de l'horizon, et l’angle fait par le plan vertical passant par ce point et un autre vertical quelconque choisi comme plan de comparaison ou comme plan d’origine. (Distance zénithale. — Azimut). Le cercle horizontal du théodolite prend, pour cette raison, fort souvent le nom de cercle azimutal,
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- La Trigonométrie sphérique permet de passer de l’un de ces systèmes de coordonnées dans tel autre, de sorte que le théodolite peut, à l’aide du calcul, fournir tous les éléments cherchés. Nous ne saurions ici exposer la théorie de la transformation des coordonnées sans sortir des limites de notre cadre
- très élémentaire. Le lecteur curieux pourra consulter avec fruit soit le traité d’astronomie pratique d’A. Souchon, soit celui de ?. Cas-pari, ouvrages excellents que nous prenons la liberté de signaler à son attention, et qui, tous deux, sont édités par la librairie Gau-thier-Villars. G. Vallet.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- Les sangliers du Comté de Sullivan. —
- On a dit souvent que le climat modifie les moeurs, les habitudes, le caractère et même l’aspect de certains animaux. En voici un exemple donné par la Revue des Sciences naturelles.
- .. .« Il y a quelques années, un propriétaire de New-York, un M. Otto Plock, importa d’Europe, de la Forêt-Noire, neuf sangliers de l’espèce la plus forte et la plus sauvage. Il les établit sur ses propriétés près des monts Shawangouk, qui séparent les comtés d’O-range et de Sullivan, comptant qu’ils détruiraient les serpents et les autres vermines qui infestaient cette région.
- « Or, .ces’animaux remplirent leur rôle et, en plus, il se multiplièrent considérablement. Mais quand ils eurent dévoré tous les reptiles de ce domaine, ils voulurent, mis en appétit, étendre leur champ de chasse. Ils creusèrent le sol sous les clôtures, s’échappèrent et s’établirent dans les retraites que leur offrait les montagnes voisines.
- « Aujourd’hui, leur nombre, leur taille et leur férocité constituent un véritable danger: les chasseurs les plus hardis hésitent à les attaquer. Chez ces animaux, la tête, les épaules sont énormes, l’arrière-train, au contraire semble applati ; ils possèdent des défenses formidables ».
- ** *
- Toiles d’araignée et tétanos. — On sait qu’il est de tradition, dans les campagnes, d’arrêter les hémorrhagies par l'application de toiles d’araignée, et, qu’en effet, celles-ci jouissent de propriétés hémostatiques incontestables. Mais, comme elles sont généralement couvertes de poussières, elles peuvent n’être pas toujours inoffensives.. Dans un cas rapporté par la Médecine moderne, l’application dp ce remède populaire, chez un jeune
- homme qui avait à la tête une blessure produite par un coup de gourdin, et d’où le sang sortait en abondance, aurait engendré une infection tétanique mortelle.
- *
- * *
- Coloration artificielle des oiseaux. —
- Le docteur Sanermann publie, dans la Gazette de Francfort, une série d’observations curieuses sur la coloration artificielle des oiseaux. 1
- On sait, dit-il, que les serins nourris avec du poivre de Cayenne changent peu à peu de couleur et passent du jaune au rouge. Le poivre de Cayenne contient une matière tinctoriale, un principe irritant et une huile. Quand on extrait les deux dernières substances, par macération dans l’alcool, le poivre perd ses propriétés colorantes ; mais une simple addition d’huile d’olive suffit pour les lui rendre. On conclut de ce fait que le principe huileux du poivre est le véhicule nécessaire de la couleur.
- Des expériences faites sur des poules blanches ont donné des résultats identiques. Ces poules, ont de plus, la propriété d’indiquer les changements de température par un changement notable de nuance. Le jaune de leurs œufs est rouge vif.
- On a également fait des expériences avec la racine d’orcanète, et l’on a obtenu un rouge violet.
- ***
- Ce que deviennent les affiches. — Sait-on ce que deviennent les affiches qui tapissent les murs ?
- Ces affiches, direz-vous, vont au ruisseau et de là à l’égout. Erreur, elles constituent la matière première d’une industrie spéciale.
- C’est avec ces affiches que Ton fabrique ces poupées hideuses en carton-pâte, que les bazars vendent pour 10 centimes ; on en fabrj-
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- que aussi des bourres de fusil, mais elles servent surtout à fabriquer les boutons des bottines que nos élégantes portent à leurs petits pieds. Les vieilles affiches sont transformées en feuilles de carton de l’épaisseur d’un bouton ; ces feuilles sont ensuite coupées en bandes, puis présentées à une machine qui découpe le bouton et fixe la tige
- qui formera queue. Les boutons sont durcis dans des étuves chauffées à 150 degrés, puis vernis et séchés. Une machine produit 76,000 boutons par jour, dont le prix de vente est de 1 fr. 50 la masse. Une masse contient douze grosses, c’est-à-dire 1,728 boutons. Certaines de ces usines fabriquent juqu’à cinq millions déboutons par jour.
- RÉCRÉATIONS
- L’APPAREIL PHOTOGRAPHIQUE... FIN DE SIÈCLE.
- {PlJgf
- ?ous devons dire tout d’abord que ce titre est insuffisant ; il faut ajouter : permettant d’opérer par tous les temps et à toutes les lumières, et, pour être tout à fait complet, mentionner: à surprise.
- Sans doute, le lecteur a déjà deviné qu’il s’agit ici, non pas d’un article sérieux, mais d’un simple jouet destiné à s’amuser en société et « mis au monde » pour la grande tribulation des gens graves et guindés:
- L’appareil
- est en métal et... apparemment pourvu de tout ce qui existe dans les appareils ordinaires : châssis, objectif, etc., de sorte qu’il peut très bien faire illusion à une personne non prévenue, surtout si cette personne connaît déjà l’un de ces petits appareils de fantaisie comme celui de l’épingle à cravate, par exemple.
- Muni de ce petit jouet, vous proposez donc de prendre l’instantané d’une des personnes de « l’honorable société » et, si vous savez mettre sur votre visage l’air sérieux et convaincu qui sied à tout photographe amateur, nul doute que vous ne réussissiez jusqu’au bout l’innocente mystification que vous préparez.
- Une pevsqnpe se entache, du groupe, vous
- Fig. 125. —L’appareil photographique... fin de siècle.
- vous placez en face d’elle, vous braquez votre objectif en recommandant l’immobilité, cela va sans dire, et au moment du * Ne bougeons plus, crac! psst... le « patient » reçoit, sur le
- nez ou sur les... ver res de son lorgnon, un jet d’eau parfumée, adroitement dirigée.
- Les rires homériques des voisins accueillent 'ce... résultat photogra-pbique d’un nouveau genre; vous remarquerez d’ailleurs, à ce moment, que tous déclarent s’étre doutés du n’avez plus qu’à
- tour par avance — et vous jouir de votre succès.
- Voici, en effet, ce qui s’est passé : à l’intérieur se trouve dissimulée une poire en caoutchouc que l’on emplit d’eau — d’eau parfumée, afin que tout ne soit pas dommage pour la victime choisie. — Cette poire a son ouverture dans le pseudo-objectif. A l’instant du « ne bougeons plus » après avoir levé le volet du châssis, on a enlevé le bouton de l’objectif, on a placé le pouce sur la poire en caoutchouc, qui s’est ainsi démasquée, et il a jailli un filet d’eau à l’endroit que l’on avait visé. _________________C. C-
- Ch. MENDEL Directeur-Gérant, il8, rue d’Assas.^ La Fère. — Imprimerie Bayen, rue Neigrç.
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- LES PLANTES DANGEREUSES
- L’ACONIT
- es Renonculacées constituent dans le monde des plantes une des familles les plus dangereuses : c’est à cette famille qu’est due l’origine de ce dicton:
- « Méfiez-vous des fleurs jaunes »; les renoncules, l’ellébore, la ficaire, toutes plantes redoutables, sont des renoncu-lacées à fleurs jaunes, et la chélidoine, une papa-véracée, lajusquiame, unesolanée, les molènes, des verbascées, non moins dangereuses, ont également des fleurs de cette couleur.
- Cependant, il est sage en cette occurrence, de ne pas s’en tenir au proverbe ; une fois de plus, la sagesse des nations pourrait induire l’imprudent en une fatale erreur; et la staphysaigre, la nigelle, la dauphinel-le, l’aconit surtout, re-nonculacées aux fleurs bleues, renferment de violents poisons.
- L’Aconit (Aconitum), du grec à*<5vrp pierre, car cette plante croit dans les endroits pierreux, compte de nombreuses espèces : Y Aconit ferox, plante très vénéneuse, qui croît dans l’Inde: c’estleèisMdes Indiens;
- YAconit ccimarum, l’A-conit anthora ou Aconit solitaire, YAconit lycoc-tonum,, ou tue-loup, à fleurs jaunes, et enfin l’Aconit napel, la plus commune et la plus importante.
- L’aconit Napel (fig. 126) A. Napellus. L.)
- est une belle plante de 50 centimètres à un mètre de haut,'présentant une racine renflée, en forme de navet, d’où son nom de napel, des tiges glabres et dressées, un peu rameuses ; ses feuilles sont nombreuses, palmati-séquées, dentées, d’un beau vert lustré. Les fleurs serrées les unes contre les autres forment une longue grappe terminale. A ces fleurs succèdent des fruits capsulaires; chaque fleur donne de trois à cinq capsules allongées, sèches et déhiscentes.
- La fleur d’Aconit est assez curieuse : le calice est irrégulier, a cinq sépales colorés, le supérieur recouvre les deux latéraux, il a la forme d’un casque et enveloppe en partie la corolle.
- La corolle présente huit pétales dissemblables.
- L’Aconit Napel fleurit en août et septembre; il est facile à reconnaître à ses fleurs d’un bleu violacé. On le trouve dans les lieux couverts, dans presque toutes les contrées froides et montagneuses de l’Europe. En France, il est commun sur les lieux élevés, dans les Alpes, les Cévennes, les Pyrénées. Peu difficile sur le choix du terrain, il est cultivé comme fleur d’ornement dans les jardins où il porte les noms vulgaires de casque, char de Yénus, capuchon, fève de loup, tue-chien etc.
- N (N
- Fig. 126. — L’Aconit Napel {A. Napellus Lin.)
- mm i
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- L’Aconit renferme, concentré dans les feuilles, les fleurs, mais surtout dans les racines, un principe vénéneux très actif ; aussi a-t-il une grande importance en pharmacie.
- Si vous avez l’intention de posséder cette plante dans votre jardin, par mesure de précaution, éloignez-la des allées ou de la bordure des plates-bandes, car le plus petit rameau détaché et mâchonné par un enfant pourrait être la cause d’un malheur irréparable.
- La fable raconte que Médée extrayait les plus terribles poisons de cette plante.
- Les Grecs et les Romains l’employaient concurremment avec la ciguë, etjplus tard, ce fut le poison tenu en honneur par les Borgia, celui qu’ils réservaient aux ennemis intimes.
- Au xvie siècle, Matthiole essaya l’action de l’Aconit sur deux condamnés à mort ; il obéissait en cela aux ordres du pape Clément VII, dans le but de vérifier la valeur d’un contre-poison.
- Toutefois, l’emploi de l’Aconit dans l’art de guérir ne date guère que de 1762, époque à laquelle Stoerk étudia cette plante. Enfin, en 1821, Reichenbacli, de Dresde, publia sur l’Aconit un travail d’une grande importance qui n’a pas encore été surpassé.
- L’alcool est le dissolvant de ce principe actif de l’Aconit qui porte le nom d’Aconitine. Pour les emplois pharmaceutiques, il faut rechercher la plante dans les montagnes élevées, un peu avant la floraison ou en octobre. 11 faut rejeter l’Aconit des jardins.
- La teinture d'Aconit est fréquemment employée, elle renferme 0,035 d’extrait par gramme d’alcool.
- L’Aconit agit comme médicament narcotique et antinévralgique. Sur la peau, la teinture d’Aconit produit des phlyctères. A l’intérieur, l’Aconit détermine la salivation et le vomissement, puis des convulsions, la stu péfaction et les accidents du coma.
- L’Aconit agissant surtout sur les nerfs périphériques et ayant une action spéciale sur le nerf trijumeau, on l’emploie surtout pour les névralgies faciales. 11 réussit quelquefois contre la migraine , en Angleterre, il est fréquemment employé dans ce cas. L’aconit, en modérant la température et l’action fébrile, exerce une action analogue à la quinine dans les inflammations pyrétiques, dans le rhumatisme aigu, par exemple.
- Le principe actif de l’Aconit ou Aconitine, soupçonné par Brandes, a été isolé par Hesse, en 1833. On croit pouvoir lui assigner la formule CC6° IR7 A2 O14. Cette substance forme des grains blanchâtres pulvérulents ou bien une masse vitreuse. Elle a une saveur âcre, amère et persistante, elle est inodore, presque insoluble dans l’eau froide, soluble dans cinquante parties d’eau bouillante et très soluble dans l’alcool. Sa réaction est alcaline, elle se décompose à 120°. Les sels d’Aconitine sont incristallisables.
- Dix kilogr. de racines fournissent de quatre à six grammes d’Aconitine.
- Le contre-poison le plus énergique, le véritable antagoniste de l’Aconitine est la strychnine. En cas d’accident grave, on fait prendre celle-ci de quart d’heure en quart d’heure par doses de de 1 à 5 milligrammes, selon l’âge et la résistance du sujet et jusqu’à effet obtenu. Ch. Fleuky.
- CHRONIQUE SCIENTIFIQUE ET INDUSTRIELLE
- LE FORMOL ET LA CONSERVATION DES VIANDES L’OXYGÈNE ET L’AIR LIQUIDES — LE BUTYROGÈNE — L’APYRITE L’ANALYSE MICROGRAPHIQUE DES ALLIAGES.
- platine chauffée, un courant d’air chargé de vapeurs d’alcool méthylique. Cette expérience de laboratoire a donné naissance à un appareil dont je ne donnerai pas la description ici, ne voulant parler que du formol lui-
- e formol ou aldéhyde formique qui vient d’être expérimenté par M. Tril-lat a donné d’excellents résultats comme antiseptique. Ce composé prend naissance lorsqu’on dirige sur une spirale de
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- même. Le formol obtenu au moyen de ce nouvel appareil demande une épuration complète, car il renferme, comme impuretés, de l’eau, de l’alcool méthylique, des traces d’acide acétique et d’acide formique. D’après des expériences faites sur des cultures de bacilles, il s’est montré meilleur antiseptique que le bichlorure de mercure. Nous ne parlerons ici que du formol pour la conservation des viandes, car les essais de M. Trillat ont porté plus spécialement vers ce but. En plongeant, pendant un certain temps, des quartiers de viande dans des solutions de formol, on a pu les conserver plus ou moins longtemps. Un kilogramme de viande qui a été 1 immergé pendant 60 minutes dans une solution de formol au 500e s’est conservé sans j altération aucune, pendant vingt-cinq jours et cela à l’air libre et à une température va-I riant de 22 à 30 degrés. Un kilogramme trempé pendant 5 minutes seulement, mais I dans une solution au 250°, s’est conservé ] intact pendant vingt jours. Les vapeurs qui I se dégagent d’une solution de formol à I 10 0/0 sont suffisantes pour conserver sous I cloche de la viande pendant plusieurs mois. I On peut aussi envelopper la viande dans un I linge fin préalablement trempé dans une so-v lution de formol et fortement essoré. 5 à I 10 kilogrammes de viande de veau se sont | conservés plusieurs jours en employant la f solution au 500e ; avec la solution au 250e,
- 1 la durée de conservation a été de plus de à 15 jours. Si l’on veut obtenir une dorée plus I longue, il suffit, au bout d’un certain temps, 1 de remplacer le linge sec par un nouveau J ünge imbibé de formol. Ges résultats étant
- I excellents et les analyses microscopiques et chimiques de suc de viande et de viande conservée au formol n’ayant rien décelé d’anormal, M. Trillat croit pouvoir exploiter indus-
- ! h'iellement sa découverte. Vu ses nombreuses | et concluantes expériences qu’il est impossible de relater ici, nous ne pouvons qu’approuver l’idée de notre éminent confrère et souhaiter de voir son produit bientôt utilisé.
- ***
- M. Dewar a fait dernièrement devant le
- II Royal Institution une conférence des plus mtéressantes sur l’oxygène et l’air liquéfiés,
- | obtenus en grande quantité sous l’action d’un | froid très intense et d’une compression exces-
- sive. L’oxygène liquéfié perd ses propriétés chimiques qui sont en quelque sorte annihilées par la trop basse température. Il perd ses qualités comburantes et peut demeurer passif à côté du phosphore sans se combiner avec lui, tandis que l’oxygène gazeux enflamme le phosphore. Par contre, il conserve ses propriétés magnétiques d’une façon remarquable. Une goutte d’oxygène liquide versée sur un pôle d’un électro-aimant y adhère fortement jusqu’à ce qu’elle soit volatilisée par la chaleur ambiante. D’après M. Dewar, il suffirait d’un froid de 200° pour transformer toute l’atmosphère en une couche liquide composée d’oxygène et d’azote. L’épaisseur de cette couche serait de 11 m. 50, mais pour qu’elle pût envelopper la masse gelée des terres et des mers il faudrait que la surface de notre globe fût lisse, sans aucune déclivité ni fissure où pourrait se réunir notre ancienne atmosphère passée à l’état liquide.
- On vendait depuis quelque temps déjà des cultures de ferments pour donner aux vins naturels le bouquet de certains clos recherchés, car chaque parfum provient d’un ferment spécial. Le succès obtenu par ces produits a sans doute décidé la manufacture de produits chimiques de Thann et de Mulhouse à lancer un produit nouveau : le Butyrogène qui est une culture du ferment lactique, destinée à aider le fabricant de beurre à donner à son beurre une odeur fine et agréable. Chose souvent difficile à obtenir, car à côté de la fermentation lactique, il. se développe la plupart du temps d’autres ferments Communiquant au beurre un goût et une odeur désagréables. Pour employer le Butyrogène, il faut par conséquent détruire tous les germes renfermés dans le lait en le pasteurisant, c’est-à-dire en l’élevant à une certaine température, puis l’ensemencer avec la culture lactique qui sera alors seule à se développer et communiquera au beurre son odeur véritable. Ce procédé, auquel on ne peut faire que bon accueil, car il oblige par la pasteurisation nécessaire à la fabrication, de détruire tous les germes nuisibles contenus dans le lait, permettra aux fabricants consciencieux de nous fournir des beurres meilleurs que ceux que nous consommons journellement.
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- UApyrite ou nouvelle poudre sans fumée, qui vient d’être essayée en Suède, possède des qualités précieuses pour les armes de petit calibre. Cette poudre qui est un nitrate de cellulose, ne craint ni l’humidité, ni la chaleur, brûle sans flamme et n’échauffe point la chambre des carabines. Expérimentée dernièrement à Stockholm avec la nouvelle carabine suédoise, à petit calibre, elle a donné des résultats des plus probants. Après vingt coups tirés avec l’apyrite, réchauffement était moindre qu’après quinze coups tirés avec la poudre ordinaire ou dix coups avec la poudre nitro-glycérine. Après un tir de 800 coups d’apyrite, une carabine laissée de côté pendant huit jours a été trouvée aussi nette et aussi propre qu’une arme préparée pour le tir. Avec 0 gr. 50 d’apyrite on obtient une vitesse initiale de 640 mètres et avec une pression de 2200. L’avantage le plus important de cette nouvelle poudre est qu’elle peut être maniée et transportée sans aucun danger ; elle peut de plus être préparée avec l’outillage ancien servant à la fabrication de la poudre ordinaire.
- ** *
- D’après une récente communication à l’Académie des Sciences, on peut connaître assez exactement la composition des alliages par l’analyse micrographique. En attaquant
- la surface polie d’un alliage, soit par de l’acide sulfurique au 1/10, soit par de l’acide nitrique dilué et en examinant ensuite au microscope la surface dérochée on obtiendra des images que l’on pourra fixer par la photographie et qui varieront suivant la composition de l’alliage, la température de la coulée et le travail auquel il a été soumis, tel que le laminage, l’étirage, l’estampage, etc., mais ces images seront toujours identiques pour un même produit déterminé. Les figures visibles au microscope se composent de sillons séparés par des saillies que l’acide n'a pas attaquées. Avec les bronzes phosphoreux on obtient l’image caractéristique de la branche de sapin ou de la feuille de fougère. Dans les bronzes d’aluminium, la figure observée affecte Ja forme de conglomérats ou de veines de marbre. Dans les lingots de cuivre on reconnaît facilement le degré d’afûnage. Dans les métaux blancs, pour antéfriction, on découvre de suite la présence du plomb, du zinc ou de l’étain. Gomme il en est ainsi de tous les alliages industriels, l’analyse micrographique permettra donc de déterminer sommairement et très rapidement la composition d’un alliage donné par l’inspection d’une surface polie, dérochée et de savoir s’il a été moulé ou forgé, estampé, étiré ou laminé. H. Becker.
- LA PHOTOGRAPHIE PRATIQUE
- OBSERVATIONS SUR L’EMPLOI DE L’HYDROQUINONE.
- I
- U cours des recherches nécessitées pour l’établissement de la formule du Fluoréal, j’ai été conduit à comparer l’action de bains semblables^ différant seulement entre eux par la proportion d’alcali qu’ils renferment. — Or, en essayant l’action des bains alcalinisés par la potasse, la soude ou la lithine, j’ai reconnu d’une façon absolue et très nette que, pour obtenir, avec chacun de ces corps et la même quantité d’un réducteur donné, une rapidité de développement déterminée, il faut prendre des quantités de l’un ou de l’autre exactement proportionnelles à leur point mo-
- léculaire. C’est ainsi que des révélateurs préparés avec
- Sulfite de soude. . . 100 gr.
- Hydroquinone . . . 10 gr.
- Eau................ 1 litre.
- agissent exactement avec la même rapidité lorsqu’on y ajoute
- soit 7 de potasse caustique, soit 5 de soude caustique, soit 3 de lithine caustique.
- Dans les trois cas, avec un cliché posé pal exemple, l’image se montre après 50 secondes d’immersion, et au bout de 4 minutes les images développées dans chaque bain ont exactement la même intensité. L’expérience
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- doit, comme toujours, être faite avec une même plaque que l’on coupe après exposition, en plusieurs fragments identiques : on laisse tomber au même moment un de ces fragments dans chaque bain, et on les retire en même temps pou*r les comparer avant ou après fixage. Ces résultats étaient du reste faciles à prévoir ; ils se retrouvent avec l’ico-nogène et le paramidophénol comme avec rhydroquinone. Mais, dans tous les cas, la rapidité du développement n’est pas exactement proportionnelle à la quantité d’alcali employée. La première parait augmenter à peu près en progression arithmétique lorsque la quantité d’alcali augmente en progression géométrique. Si l’on- double les chiffres de chaque alcali employé dans le bain ci-dessus, l’image du même cliché apparaît en 30 secondes, et le développement arrive à la même intensité en 2 minutes au lieu de 3. 11 y a là toute une série d’expériences très intéressantes à effectuer et sur lesquelles j’aurai probablement occasion de revenir plus tard.
- II
- Mon attention s’est portée sur le ferro-oyanure de potassium auquel on a semblé attribuer des propriétés mystérieuses, inexplicables.
- On sait que ce produit a été souvent conseillé pour les bains révélateurs depuis qu’il a été préconisé, en 1889, par M. Himly. Tantôt on a dit que ce produit augmentait l’énergie du bain, tantôt qu’il donnait de la douceur aux clichés. Je dois reconnaître que des expériences précises, exécutées de la façon indiquée ci-dessus, avec des fragments d’un même cliché plus ou moins posé, n’ont pas confirmé ces assertions.
- Sans m’étendre beaucoup à ce sujet, je rap-
- pellerai seulement que le ferro-cyanure présente une action très faiblement alcaline (le papier de tournesol rouge bleuit en une demi-heure dans une solution saturée de ce sel); aussi agit il comme un alcali très faible, et non autrement. Si l’on en ajoute une quantité considérable, 50 gr. par litre, à un révélateur quelconque, on reconnaît que la rapidité du développement est seulement un peu augmentée si celui-ci est faiblement alcalin (composé avec un carbonate) et que l’action du ferro-cyanure est à peu près nulle si le bain contient beaucoup d’alcali caustique: 50 gr. de cyanure jaune agissent alors simplement comme quelques gouttes de lessive
- de soude.
- III
- Je dois également signaler ici un phénomène curieux qui se manifeste lorsqu’on prépare un révélateur au moyen de Thydro-quinone et d’un alcali caustique, soude po-wGr tasse ou lithine. Je veux parler de Vaction retardatrice exercée par l'hydroquinone lorsqu’on l’emploie en trop grande proportion avec ce genre de bains, action qui ne se manifeste aucunement avec les révélateurs au carbonate de soude.
- Si Ton prend une quantité de sulfite de soude, 100 gr. par exemple, pour un litre de bain, ainsi qu’une quantité également constante de l’alcali choisi pour l’expérience, 10 gr. de potasse par exemple, et que Ton fasse varier progressivement la quantité d’hydroquinone ajoutée au bain, on constate que l’activité de celui-ci augmente d’abord très rapidement, arrive à un maximum où elle devient à peu près stationnaire, puis diminue avec régularité jusqu’au moment où le révélateur est saturé d’hydroquinone. Ce bain agit alors deux fois moins vite qu’à la période de maximum.
- Secondes 180 !
- g-150
- i~ 125
- Cl 100
- Quantités d’hydroquinone par litre de révélateur.
- Fig. 127.
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- C’est ainsi, par exemple, que si l’on prépare un révélateur avec :
- Sulfite de soude . . . 100 gr.
- Soude caustique ... 7 gr.
- Eau........................ 1 litre.
- et livdroquinone 1-2-3, 30-40 grammes (saturation), puis qu’on y plonge des fragments d’une même plaque, exposée derrière un cliché convenable, pendant 2 secondes, à 24 centimètres de la flamme d’une bougie, on peut constater que l’image apparaît en : 9 minutes avec le bain contenant 1 gramme d’hydro-quinone ; 3 minutes avec le bain contenant 2 grammes d’hydroquinone ; 2 minutes avec le bain contenant 3 grammes; 90 secondes avec le bain contenant 4 grammes d’hydroquinone; 65 secondes avec le bain contenant 5 grammes d’hydroquinone ; 55 à 58 secondes avec le bain contenant 6-7-8-9-10 grammes d’hydroquinone (maximum d’activité) ; 60 secondes avec le bain contenant 12 grammes d’hydroquinone; 70 secondes avec le bain contenant 16 grammes d’hydroquinone; 85 secondes avec le bain contenant 20 grammes d’hydroquinone; 95 secondes avec le bain contenant 24 grammes d’hydroquinone ; 2 minutes avec le bain contenant 30 gramme d’hydroquinone ; 2 minutes 1/2 avec le saturé d’hydroquinone.
- Je me suis assuré, du reste, que l’activité d’un révélateur, c’est-à-dire la rapidité avec laquelle il développe le plus possible une épreuve posée est exactement proportionnelle à la rapidité avec laquelle l’image apparaît.
- En prenant pour abcisses le temps nécessaire, en secondes, pour que l’image commence à se montrer, et pour ordonnées les quantités en grammes d’hydroquinone employé pour préparer le bain, les résultats précédents peuvent être représentés par la courbe ci-jointe, remarquable par sa forme et sa régularité (fig. 127).
- Si l’on répète cette expérience avec 100 grammes de sulfite et 100 grammes de carbonate de soude au lieu de la soude caustique, la rapidité du développement augmente de même, jusqu’à ce qu’on emploie 10 à 12 grammes d’hydroquinone par litre; mais à partir de ce moment, elle reste à peu près stationnaire, sans augmenter ni diminuer jusqu’à saturation du bain. On observe le môme résultat avec l’iconogène et les alcalis caustiques ou carbonatés.
- Enfin j’ajouterai que, malgré leur moindre activité, les révélateurs aux alcalis caustiques se montrent aussi énergiques lorsqu’ils contiennent 30 grammes d’hydroquinone par litre que lorsqu’ils n’en renferment que de 6 à 10 grammes : il suffit d’y laisser plus ou moins longtemps un cliché quelconque,même peu posé, pour l’amener exactement à la même densité dans les deux cas.
- Il faut donc bien se garder de confondre l’énergie d’un révélateur avec sa rapidité d’action. De même, les révélateurs au carbonate de soude pur, exempts de toute trace d’alcali, développent plus lentement, mais aussi vigoureusement que ceux aux alcalis caustiques. P. Mercier.
- LE MÉRIDIEN INITIAL UNIVERSEL
- out le monde reconnaît aujourd’hui l’utilité de l’emploi en France de l’heure nationale, celle du méridien de Paris, qui est devenue légale depuis le 10 mars 1891.
- C’est sur une réforme du même genre, mais plus générale et moins nécessaire, quoique vivement réclamée aussi par le monde savant, que nous désirons attirer l’attention de nos lecteurs.
- Il s’agit de l’adoption d’un méridien initial universel, qui aurait pour conséquence logi-
- que l’emploi d’une heure également internationale, surtout utile aux observations scientifiques, aux relations extérieures des peuples et à la télégraphie.
- Toute la difficulté de l’unification réside dans le choix de ce premier méridien. Au XVIIe siècle, le cardinal de Richelieu décida que le méridien initial serait celui de l’ile de Fer, la plus occidentale des Canaries. Malheureusement, la position de cette terre notait pas assez exactement connue. Le géogra-, phe Delisle simplifia le problème, au com-
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- mencement du siècle dernier, en admettant, sans données précises, que l’île de Fer est à 20° à l’ouest du méridien de Paris, ce qui équivalait à donner celui-ci comme point de départ des longitudes. Il en est résulté que, par amour-propre national, les grands peuples maritimes ont pris pour méridien initial celui de leur principal observatoire ; les Anglais, qui tiennent sans conteste le premier rang parmi les navigateurs, ont profité de cetle occasion pour répandre l’emploi du méridien de Greenwich.
- En 1885, une conférence internationale fut réunie à Washington, dans le but de trouver une solution anx vœux formulés dans de précédents congrès, relativement à l’emploi d’un premier méridien universel.
- Les délégués de vingt-deux Etats, sur vingt-cinq, touchèrent la question en adoptant pour méridien initial celui de Greenwich et pour origine du jour universel le minuit moyen de cet observatoire. G’est l’opposition de la France qui a fait demeurer sans résultat pratique la décision prise par le congrès de Washington, auquel l’illustre M. Janssen, délégué français, proposa de placer le premier méridien au détroit de Behring, aux Açores ou aux Canaries ; mais le choix de tout méridien océanique ayant été repoussé, cette motion resta sans succès.
- L’Académie des sciences de Bologne, voulant concourir efficacement à résoudre le desideratum, a délégué un de ses membres les plus distingués, le P. Cesare Tondini de Quarenghi, auprès des gouvernements et corps savants étrangers pour l’adoption d’une heure et d’un méridien universels.
- Avec un énergique dévouement et une connaissance profonde de la question, dont il s’est fait une sorte d’apostolat scientifique, le P. Tondini de Quarenghi s’est mis en campagne depuis plusieurs années pour amener une transaction qui pût satisfaire à la fois tous les intéressés.
- Afin de hâter la solution désirée, le savant missionnaire italien conseille de laisser dans le statu quo les marins, les cartographes et les astronomes. On ne choisirait une heure universelle, employée conjointement avec les heures nationales ou locales, que pour les autres usages scientifiques et inter-
- nationaux, particulièrement pour la poste, la télégraphie et la téléphonie.
- Dans ce but, le P. Tondini de Quarenghi propose de prendre, comme origine des longitudes, le méridien de Jérusalem, qui est absolument neutre au point de vue politique et dont la situation au centre de l’ancien continent présente quelques avantages. Le méridien de Jérusalem a été mis en avant pour la première fois par la Société de Géographie de Genève, en 1775. Ce méridien n’est en réalité que celui de Behring transporté un peu vers l’Est, pour lui faire traverser l’Alaska et une île de l’archipel français des Tuamotu, où des observatoires pourront être élevés. Il est à remarquer que le méridien de Behring lui-même ne serait que le prête-nom de son anti-méridien, qui passe par l’Allemagne et l’Italie.
- En août 1889, le Congrès international géographique de Paris fut saisi de la question par le P. Tondini de Quarenghi ; les votes se partagèrent exactement entre le méridien de Jérusalem et ses concurrents. En 1890, la conférence télégraphique internationale tenue à Paris, émit un vœu favorable à Jérusalem. Il y a là un abandon relatif de Greenwich qui est pour la France un progrès notable, dû, sans aucun doute, à l’active propagande du délégué de Bologne.
- La solution se trouve maintenant circonscrite entre Jérusalem et Greenwich. Toutefois, il est à craindre que, malgré sa valeur historique, l’idée religieuse qui semble avoir présidé au choix de la ville sainte des chrétiens ne constitue un empêchemeüt à son adoption. Un congrès est projeté à Rome pour l’étude définitive de cette question, mais il ne paraît pas près de se réunir. D’autre part, le récent congrès international géographique de Berne a émis le vœu qu’une conférence ait lieu prochainement, dans cette ville, pour déterminer le choix à faire.
- Si le méridien de Jérusalem n’arrivait pas à rallier, dans une brève échéance, les suffrages de l’Angleterre et des autres nations civilisées, il serait convenable que la France acceptât enfin, pour méridien initial universel le seul rival vraiment digne de celui de Paris, le méridien de Greenwich, lequel possède une clientèle beaucoup plus nombreuse
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- et qui s’accroît chaque jour. Nous aurions tort, en effet, de retarder, un peu par chauvinisme, l’avènement définitif de celte excel-
- L:EXPOSITION DE
- ’amérique s’apprête à fêter par une exposition grandiose, tenue à Chicago, le quatrième centenaire de sa découverte par Christophe Colomb ; les nombreux bâtiments destinés à abriter la «foire du monde» (World’s fair), comme l’ont déjà baptisée les Américains, se construisent avec une prodigieuse rapidité ; et tout permet d’espérer qu’ils seront prêts pour le 12 octobre, date fixée pour leur inauguration.
- Des fêtes merveilleuses, qui dureront du 11 au 13 et auxquelles assisteront le président des Etats-Unis avec les gouverneurs de tous les Etats et leur état-major, seront données en l’honneur de cette inauguration : le moment est donc venu de jeter un coup d’œil général sur cette immense entreprise, et d’en indiquer aujourd’hui les grandes lignes en attendant que nous ayons l’occasion, l’exposition ouverte, d’en faire passer les sujets les plus intéressants sous les yeux de nos lecteurs.
- Il y aura bientôt trois ans que les Etats-Unis projetèrent de fêter par une exposition universelle le quatrième centenaire de la découverte de l’Amérique, et de donner à cette grande manifestation pacifique le nom de World’s Columbian Exposition (Exposition Colombienne universelle.
- Ce vœu populaire fut ratifié par un décret du congrès, daté du 25 avril 1890, qu’approuva le président des Etats-Unis, mais qui devait avoir la sanction du congrès des Etats-Unis, et enfin il fut décidé que la commémoration des édifices de l’Exposition aurait lieu le 12 octobre 1892, l’ouverture le 1er mai 1893 et la fermeture le 30 octobre suivant.
- Cinq grandes villes : New-York, Philadelphie, Chicago, Boston et Saint-Louis se disputèrent l'honneur d’organiser dans leurs murs cette grande fête du travail et offrirent tous les moyens pour représenter dignement l’exposition Colombienne. Ce fut Chicago qui l’emporta.
- Chicago ne date que de 1835, mais sa popiu-
- lente modification, qui pourra servir elle-même d’origine à un calendrier universel.
- Jacques Léotard.
- CHICAGO EN i893
- lation s’est accrue rapidement, et elle compte aujourd’hui 1,250,000 habitants, ce qui en fait la seconde ville des Etats-Unis et la septième du monde entier par sa population.
- Elle s’étend sur un espace de 170 milles carrés (440 kilom. carrés): c’est le plus grand abattoir (13,000,000 de têtes de bétail en 1890), et le premier marché do l’univers pour les céréales (78,000,000 d’hectolitres même année).
- Chicago est le point extrême de 27 lignes de chemin de fer variant de 80 à 11,200 km. et venant de l’Atlantique, du Pacifique, du lac Supérieur, du golfe du Mexique et de tous les principaux centres des Etats-Unis, du Canada, et des frontières du Manitoba et du Mexique ; 902 trains de voyageurs arrivent et partent chaque jour, transportant en moyenne 175,000 personnes.
- On y compte 1,400 hôtels et plus de 5,000 pensions privées, ce qui permet d’héberger à la fois plus de 300,000 étrangers. Les édifices de Chicago sont d’anciennes constructions de 10, 12,16 et même 20 étages (1) : l’un d’eux renferme plus de 20,000 personnes.
- Le service de la police et des pompiers, les approvisionnements d’eau sont parfaitement assurés ; la presse y est représentée par 300 journaux ; on y compte 500 églises, 25 théâtres, 120 écoles publiques ; et l’état sanitaire y est excellent.
- Le premier coup de pioche de l’Exposition a été donné le 27 janvier 1891.
- Le Jackson Park et Midioay Plaisance., où elle aura lieu, sont situés dans la partie nord-ouest de Chicago, en bordure du lac Michigan et sur une étendue de 425 hectares, soit sept fois l’étendue de notre exposition de 1889.
- Midway Plaisance, large boulevard qui réunit le Jackson Park au Washington Park, sera spécialement réservé à des expositions privées, ayant surtout un caractère international, comme le « Bazar de toutes les Nations », la « Rue du Caire », la « Rue de
- (1) Voir Science en Famille, année 1890, page 177.
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- Constantinople », le « Palais Mauresque », le village Maori », etc., etc., auxquels il a été accordé des concessions, et qui auront à dépenser des milliers de dollars pour leur installation ; c’est en ce même endroit que se trouveront réunis les panoramas, les cvclo-rarnas, le chemin de fer glissant, etc.
- Un capital de garantie de 25 millions de francs a été souscrit par une société financière, mais les subventions des Etats et des villes sont venues s’ajouter à cette somme et actuellement les souscriptions s’élèvent à plus de cent millions de francs.
- Les produits exposés ont été divisés en 12 sections et 967 classes : on trouvera leur énumération dans les documents officiels publiés par le Ministre du commerce.
- Une loi du 12 avril 1892 a ouvert un crédit de 3,250,000 francs, qui a été réparti entre
- les ministères, relativement à la participation de la France à l’exposition de Chicago ; une commission, nommée par un décret du 19 avril, a été chargée d’organiser cette participation, et 39 comités institués par arrêté du 15 mai, sont chargés de statuer sur l’admission des exposants français, et sur l’installation de leurs produits dans les bâtiments de l'exposition.
- A l’heure actuelle, 20,000 mètres carrés environ sont retenus par l’exposition française, et nous ne saurions mieux terminer cet aperçu général qu’en souhaitant bonne chance à nos compatriotes et en faisant tous nos vœux pour que les produits répartis sur cette surface aillent soutenir par delà l’Atlantique, le bon renom et l’universelle réputation des industries de notre beau pays.
- C. Chaplot.
- MATHÉMATIQUES
- LES NOMBRES CURIEUX — LE NOMBRE 1089.
- 1089 = 83X38 ou 11X99 ou 9X121 ou 3X368, etc.
- 1089 est le seul nombre de quatre chiffres qui, additionné avec son contraire, se trouve décuplé.
- 1089 -f 98 d = 10890 ou 10 X 1089.
- *
- * *
- Le nombre 10S9 et ses 9 premiers multiples correspondent deux à deux. Chaque couple est composé des mêmes chiffres, mais l’ordre des chiffres est renversé.
- 1 X 1089 = 1089
- 2 X 1889 = 2178
- 3 X 1089 = 3267
- 4 X 1089 = 4356
- 5 X 1089 = 5445
- correspond à id. id. id. id.
- *
- * *
- 9 x 1089 = 9801 8 X 1089 = 8712 7 X 1089 = 7623 6X 1089 = 6534 5 X 1089 = 5445
- Si nous mettons un ou plusieurs 9 au milieu de 1089, nous obtiendrons d’autres nombres jouissant des mêmes propriétés.
- Les multiples des nouveaux nombres correspondent également deux à deux.
- 10989 -f 98901 = 109S90 ou 10 X 10989 109989 + 989901 = 1099890 ou 10 X 109989 Etc., etc.
- Ix 10989 = 10989 correspond à 9X 10989 = 9890
- 2x 109989 = 219978 id. 8X 109989 = 879912
- 3X 1099989 = 3299967 id. 7X 1099989 = 7699923
- 4X10999989 = 43999956 id. 6x10999989 = 65999934
- Etc., etc,
- Si nous accolons une ou plusieurs fois- le nombre 1089, ou ses 9 premiers multiples, ou les nombres obtenus en mettant un ou plusieurs 9 au milieu de 1089, etc., nous obtiendrons encore d’autres nombres jouissant des mêmes propriétés :
- 10.891.089 + 98.019.801 = 108.910.890
- 1.098.910.989 + 9,890.198.901 = 10.989.109.890 Etc.
- 217821782178 correspondra à 871287128712 Etc., etc.
- Le nombre 1089, ses 9 premiers multiples et tous les autres nombres obtenus comme nous l’avons dit ci-dessus, sont curieux; sous
- bien des ra pports :
- 1 X 1089 = 1089 c’est 10 + 89 = 99
- 2 X 1089 = 2178 id. 21 + 78 = 99
- 3 X 1089 = 3267 id. 32 + 67 = 99
- 4 X 1089 = 4356 id. 43 T 56 = 99
- . 5 X 1089 = 5445 id. 54 T 45 = 99, etc.
- 1089s = 1.185.921 c’est 1+18- f 59 + 21 = 99
- ou encore 118 + 5921 = 6039 60 + 39 = 99, etc.
- 10891 = 1 291.467.969
- c’est 12+91+46+79+69 = 297 ou 97+2 = 99 ou 12+9146+7969 = 17127 ou 1+71+27 = 99, etc.
- En résumé, le nombre 1089 et ses multiples, ainsi que les nombres obtenus en opérant
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- comme nous l’avons indiqué, sont la décomposition du nombre 9.
- 1089 = 9+0 et 2178 = 8+1 et 3267 = 7+2 et 4356 = 6+3 et 5445 = 5+4 et
- 8+1
- 7+2
- 6+3
- 5+4
- 4+5, etc.
- Mathématiquement, on peut assez facile-lement expliquer les causes qui produisent ces faits, mais cette explication est un peu trop abstraite pour que nous la donnions à nos lecteurs. Nous nous contentons de leur signaler le nombre 1089.
- A. Huber.
- ÉLECTRICITÉ PRATIQUE
- Petits moteurs. — Les petits moteurs pour tubes basés sur l’attraction de petits barreaux de fer par un électro aimanté et désaimanté tour à tour, donnent une force bien plus grande si l’on place en dérivation dans le circuit un petit accumulateur Planté.
- En effet, le principal défaut de ces moteurs est qu’une fois que le fer a dépassé l’électro, il continue à être attiré par celui-ci malgré que le courant ne passe plus, et cela par suite de l’aimantation du noyau ; cette attraction a enraye le mouvement de rotation et ne permet guère d’utiliser que la différence de force qui existe entre un aimant et un électro-ai- A mant.
- Si l’on place un petit accumulateur en dérivation de l’électroaimant il sera chargé, quand le contact sera établi, par une partie dérivée du courant et, quand le contact sera rompu, il se déchargera dans l’électro, dans le sens contraire à la charge, ce qui, en intervertissant les pôles, détruira le magnétisme.
- L’accumulateur doit être petit afin que la décharge en sens contraire soit juste assez forte pour contre-balancer et annuler le magnétisme resté dans le fer de l’électro.
- Les plaques de l’accumulateur n’ont nullement besoin d’être formées, vu le peu de durée de la charge. R. M.
- Substitution automatique des batteries de piles polarisées. — Sur un rouleau de bois (fig. 129) on fixe deux petites plaques de
- cuivre arrondies, la plaque a est reliée à la rondelles, la plaque c à la rondelle cl, le courant est amené aux rondelles et par conséquent aux plaques par deux balais e et f.
- Autour de l’axe du rouleau est enroulée une cordelette terminée par un petit plateau. Dans ce plateau on arrive par tâtonnement à placer un poids tel qu’il ne soit suffisant à arracher la barre h du sous l’électro B que lorsque celui-ci a perdu une partie de sa force par suite de la polarisation des piles.
- Ce contre-poids fait tourner le rouleau, mais dès que le balai g vient toucher la plaque a, le courant passe par l’électro ; celui-ci attire le barreau de fer h et empêche le rouleau de tourner davantage ; c’est alors la batterie n° 1 qui travaille. Quand le débit commence à diminuer, le contre-poids l’emporte sur l’attraction et le rouleau tourne. Mais après un demi-tour, le balai g vient tou cher la plaque c, et c’est le courant de la batterie n° 2 qui passe dans l’électro qui attire le fer i et arrête de nouveau le rouleau tant que le débit est assez intense ; et ainsi de suite, une batterie se dépolarisant pendant que l’autre travaille.
- Fig. 129. — Substitution automatique des batteries de piles polarisées.
- Fig. 130.
- a. Embranchement de 2 fils.
- b. Fils se croisant simplement.
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- 11 faut que l’électro soit à faible résistance et près des barreaux de fer sans cependant les toucher ; les plaques de cuivre doivent être assez rapprochées pour qu’il n’y ait pas d’extinction sensible pendant le changement de batterie.
- On pourrait en augmentant le nombre des barreaux de fer et des plaques de cuivre, construire cet appareil de façon à faire travailler alternativement un plus grand nombre de batteries.
- F. Bergmann et R. Michel.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- Le mercure en Russie. — Pendant la | dernière période décennale, une nouvelle I branche d’industrie a pris naissance en Russie ; c’est celle du mercure. Un gisement de ce métal rare se trouve dans le gouvernement d’Ekatérinoslav (district de Bakhmoutski), où l’on a fondé une fabrique qui n’a cessé de prospérer. D’autres gisements de mercure ont été découverts, l’année passée, dans la région du Caucase (district de Daghestan). A en juger par les nombreuses demandes d’exploitation, l’initiative privée ne tardera pas à en tirer un bon parti, car cette industrie est lucrative. En effet, le mercure est un métal assez peu répandu dans la nature; on ne le trouve en assez grande quantité qu’en Espagne, en Autriche, aux Etats-Unis et en Italie.
- La fabrique du gouvernement d’Ekatérinoslav extrait annuellement plus de 3.500.000 pouds (06 millions de kilogrammes) de sulfure de mercure dont on retire plus de 20.000 pouds (320.000 kg.) de mercure pur.
- L’exploitation se fait dans des conditions telles que la fabrique a pu vendre ses produits à des prix très bas; si bien que la concurrence a été rendue impossible au métal de provenance étrangère, et que la fabrique écoule facilement à l’étranger son surplus de 14.000 pouds (224.000 kg.).
- Un impôt d’un demi-rouble par poud (= 15 kg.) va être mis sur cet article, dont la production ne fait qu’augmenter.
- (.Moniteur industriel).
- ***
- Un nouvel alliage couleur d’or. — On
- annonce qu’on a trouvé le moyen de fabriquer un alliage qui a la même couleur que l’or et qui se compose de 100 parties de cuivre et de 6 parties d’antimoine. On commence par faire fondre le cuivre et on ajoute ensuite l’antimoine. Une fois les deux métaux en fusion et suffisamment mélangés, on ajoute .à
- la masse, dans le creuset, des cendres de bois, du magnésium et du carbonate de chaux, ce qui a pour effet d’augmenter la densité du métal. Cet alliage peut être laminé, forgé et soudé do la même manière que l’or auquel il ressemble beaucoup après qu’il a été poli. Il conserve sa couleur, même quand on l’expose à l’action de l’ammoniaque et des vapeurs nitreuses. Cet alliage, en lingot, revient à 2 fr. 75 le kilogramme.
- (.Journal de l'horlogerie).
- *
- * *
- La navigation sur le Rhin.—En vue d’améliorer l’accès du port de Strasbourg, l’embouchure du petit Rhin, qui a été récemment portée de 66 mètres à 70 mètres de largeur, en coupant la pointe de l’île des Épis, sera encore agrandie de 10 mètres.
- On élargira également de quelques mètres l’entrée du canal de jonction dans le canal de l’Ill au Rhin. On espère ainsi que les remorqueurs pourront naviguer dans le petit Rhin sans avaries : de là les bateaux de charge seront halés à Strasbourg.
- La commission de navigation du Rhin, réunie à Coblentz le 30 juin dernier, a discuté la question de l’établissement de port de refuge à Bacharah ou Oberwesel, celle do la rectification du fleuve au lieu dit Schottel en amont de Braubache, vers Newied entre Düsseldorf et Neuss. Une communication par bateaux à vapeur va être organisée ; à cet effet, un débarcadère sera établi dans le canal de l’Erft.
- Enfin le nouveau port de Worms, actuellement en achèvement, sera ouvert pendant l’automne de 1892.
- A ce sujet, il faut mentionner la requête adressée par la chambre de commerce de Worms au grand-duc de Liesse, en vue du rachat par l’Etat ( Verstaattichung) du chemin de fer hessois dit Ludwigsbahn, de la
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- construction des chemins de fer secondaires et de l’établissement d'un pont sur le Rhin à Worms.
- (Revue violette).
- ** *
- Omnibus éclairés à la lumière électrique.
- — La Lithanode and general Electric Light Company et MM. Villing viennent d’installer l’éclairage électrique dans toutes les voitures d’une compagnie d’omnibus à Londres, au moyen d’une batterie d’accumulateurs de 5 éléments dont le poids total est de 7 kilogrammes. Cette batterie peut se décharger au régime normal de 1 ampère, avec une différence de potentiel de 10 volts pendant quinze à vingt heures. La charge peut s’effectuer en six heures. Les pôles de la batterie sont reliés à deux contacts à ressort fixés sur les côtés de la boîte en bois renfermant les éléments. De cette façon, le chargement de la batterie peut se faire très rapidement et les contacts sont excellents. Après trois mois d’essais, le système d’éclairage vient d’être définitivement adopté.
- *
- * *
- Les grandes bibliothèques. — La plus grande bibliothèque du monde est à Paris ; elle contient plus de 2,000,000 de livres imprimés et environ 200,000 manuscrits. La différence entre la bibliothèque impériale de St-Pétersbourg et le British Muséum n’est que de 12,000 volumes.
- Dans le British Muséum, il y a 1,500,000 volumes. La bibliothèque royale de Munich contient maintenant quelque chose comme 900,000 volumes ; mais parmi ceux-ci il y a un grand nombre de petits pamphlets.
- La bibliothèque royale de Berlin contient 800,000 volumes, celle de Copenhague 510,,000, celle de Dresde 500,000, celle de l’Université de Gottingue (en Allemagne) 500,000.
- La bibliothèque royale de Vienne possède 400,000 volumes et celle de l’Université de la même ville 370,000 volumes.
- A Buda-Pesth, la bibliothèque de l'Université a 300,000 volumes, et la bibliothèque correspondante de Cracowie en a à peu près le même nombre.
- *
- * *
- Statistique postale. — De 1877 à 1889, la
- circulation des lettres affranchies a passé, en chiffres ronds, de 312 à 570 millions ; celle des lettres insuffisamment affranchies a diminué de plus de moitié, 2,867,273 en 1889 contre 5,824,727 en 1877. Les cartes postales ont augmenté de 30 à 41 millions, les journaux de 192 à ,390, les imprimés ordinaires de 132 à 343, les échantillons de 11 à 25 millions, etc. Cette circulation énorme ne nous place cependant pas au premier rang, puisqu’on compte en France 19 lettres par habitant, alors que le Grande-Bretagne en a 43, la Suisse et les Etats-Unis 30,l’Allemagne 22. C’est que la taxe d’affranchissement d’une lettre simple est de 10 centimes en Angleterre, en Suisse, aux Etats-Unis, en Belgique, etc., (10 centimes et demi en Allemagne), tandis qu’en France elle est encore de 15 centimes. Or, l’expérience a toujours montré que toute diminution de la taxe des lettres en. traîne bientôt un développement du trafic postal, et la diminution momentanée des recettes pourrait être supportée sans peine, puisque, l’an dernier, le bénéfice net sur les recettes postales et télégraphiques à été de 54 millions, et qu’un tel gain offre une belle marge aux réformes.
- ** *
- Une maladie des champignons. — Aux
- environs de Paris et Vernon,les champignonnistes souffrent des dégâts causés aux champignons par la molle.
- La molle est une maladie cryplogamique causée par le mycagone rusa. Les champignons sont plus ou moins déformés, et parfois l’on ne distingue plus ni pied, ni lames, ni chapeau, mais seulement une masse molle plus ou moins irrégulière.
- Cette maladie est due à un champignon parasite, et à une moisissure qui peut présenter deux formes fructifiées différentes; il n’y a pas là deux maladies. MM. Constantin, professeur à l’Ecole normale supérieure, et Dufour, directeur-adjoint du laboratoire de biologie végétale de Fontainebleau, ont démontré que ces deux dernières sortes de fructifications appartenaient à une espèce de champignon, et ils sont parvenus à les cultiver tous deux sur divers milieux. -La connaissance du mode de vie et du développement d’un parasite est un premier pas fait dans la voie des recherches que ces auteurs
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- LA SCIÈNCE EN FAMILLE
- ont entreprises pour combattre avec succès la maladie.
- On n’a pas encore constaté cette maladie sur les champignons poussant naturellement dans les bois et les champs.
- ***
- Fromage de pommes de terre. — En
- Thuringe et dans une partie de la Saxe, on fabrique des fromages de pommes de terre qui sont d’autant plus recherchés qu’ils ont l’avantage de se conserver frais pendant plusieurs années s’ils sont enfermés dans des vases bien clos et bien secs.
- Voici, d’après la Science pour tous, la manière de les préparer-
- On choisit des pommes de terre de bonne qualité, surtout les grosses blanches ; on les fait bouillir dans un chaudron, puis on les laisse refroidir ; on les pile ensuite pour les réduire en une pulpe bien égale et bien ho -mogène, dans un mortier ou avec une râpe. Après avoir ajouté 1 kg de lait aigri pour 5kg de cette pulpe, on pétrit le tout et on laisse reposer le mélange en le tenant couvert pendant quatre ou cinq jours. On pétrit de nouveau, et l’on place les fromages dans de petites corbeilles qui laissent échapper l’humidité superflue. Enfin, on les fait sécher à l’ombre, et on les dispose par lits dans de grands pots ou dans des tonneaux, où ils séjournent au moins quinze jours. Ils sont d’autant meilleurs qu’ils sont plus vieux.
- ***
- Les espadrilles dans l’armée. — En Espagne les soldats, pendant la belle saison, sont chaussés d’espadrilles, chaussure très légère, en toile, avec une semelle en corde, sans talons.
- Retenue à la jambe par des cordons, cette chaussure est surtout commode pour la marche dans les pays montagneux. L’autorité militaire va expérimenter l’emploi des espadrilles pendant les manoeuvres du 16e corps d’armée, qui auront lieu cette année dans l’arrondissement de Géret. Une maison du Roussillon vient d’ètre chargée, par le ministère de la guerre, de la fabrication d’un lot important d’espadrilles. Ajoutons que l’espadrille est déjà portée dans le département des Pyrénées-Orientales et par les troupes alpines.
- Nouveau procédé pour le soudage mécanique des boîtes. — Jusqu’à présent on soudait à la main, avec le fer à souder, la boite de conserves ou de.produits sujets à la décomposition. On employait ainsi un excès de soudure et l’on ne pouvait guère se servir d’étain pur ; il fallait prendre un al lin ge antihygiénique renfermant les deux tiers de plomb. La main-d’œuvre était de plus difficile et chère.
- Suivant Y Echo des mines et de la métallurgie,, MM. Asche frère ont imaginé le procédé suivant.
- Les bords de la boîte sont plongés dans un bain d’étain et prennent le métal nécessaire. On sertit le fond ou le couvercle de manière à ce que les bords s’emboîtent bien. On fixe la boîte dans un collier, on fait pression avec un tampon chaud, et l’on termine le sertissage en même temps que la soudure se fait, de sorte que l’on sertit et l’on soude tout à la fois et mécaniquement.
- *
- * *
- Le langage des bijoux. — D’après une croyance superstitieuse répandue parmi les classes peu éclairées des peuples du Nord, chaque mois aurait une influence occulte et inévitable sur la destinée des enfants qu’il voit naître ; une pierre précieuse est le symbole de cette influence ; aussi est-il d’usage entre amis de se faire, aux anniversaires de naissance, des cadeaux ornés de la pierre de bon augure.
- En janvier,on offre l’hyacinthe ouïe grenat, présage de constance ou de fidélité dans la route du bien.
- En février, c’est l'améthyste, préservatrice contre les passions violentes. Elle annonce la paix du cœur.
- En mars, on donne la sanguine: elle est naturellement la marque du courage, et elle indique aussi, comme contre-poids utile, la prudence dans les entreprises périlleuses.
- En avril, le présent est plus beau : c’est le saphir ou le diamant que l’on doit offrir, ces pierres précieuses étant, croit-on, une garantie d’innocence ou de repentir.
- En mai, c’est l’émeraude, qui indique les unions heureuses.
- En juin, c’est l’agate, annonçant de longs jours de santé.
- En juillet viennent le rubis ou la cornaline,
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- qui sont l’oubli des chagrins et la résignation dans l’adversité.
- En août, la sardoine ; c’est l’annonce de la félicité conjugale.
- En septembre, la chrysolithe qui préserve de la folie.
- En octobre, l’aigue-marine ou l’opale, signe de malheur passager et d’espérance pour l’avenir.
- En novembre, la topaze, qui promet la chose la plus rare, une amitié ' sincère et dévouée.
- Enfin, heureux ceux qui naissent en décembre, puisqu’ils ont droit à la turquoise
- et à la malachite, qui ne promettent que des succès et un bonheur inaltérable.
- * *
- L’éruption de Sangi. — Le volcan d’Abœ, dans l’île Sangi, est entré en éruption au commencement de juin, et les conséquences en ont été désastreuses pour la population parmi laquelle il y a eu de nombreuses victimes. Mais il ne s’agit que d’un phénomène trop fréquent dans ces parages et l’île n’a pas plus disparu de la carte que la Sicile, éprouvée récemment par la violente éruption de l’Etna.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- Nettoyage de la peau de chamois. —
- La peau de chamois, qui sert à nettoyer les objets métalliques et le verre, est d’un prix assez élevé et il est utile de savoir la nettoyer lorsqu’elle est salie.
- Ainsi, au lieu de la jeter, à l’avenir placez la peau à laver dans une solution faible de soude, dans de l’eau où vous aurez jeté du savon râpé. Laissez pendant deux heures, puis frottez jusqu’à nettoyage complet. Rincez ensuite dans de l’eau tiède savonneuse — pas de l’eau pure — car la peau se durcit en séchant. Le lavage terminé, tordez dans un linge et faites sécher rapidement. Vous pouvez encore la frotter à sec et la brossër jusqu'à ce que la peau ait repris sa douceur.
- *
- * *
- Amélioration des piles Leclanchê à grande surface. — Les installations d’éclairage électrique intermittent pour vestibule, chambre à coucher, etc., prennent chaque jour plus d’extension : il est si commode en effet d’obtenir de la lumière par ce procédé, un simple bouton à pousser et on a la lumière.
- Malheureusement les piles Leclanchê à grande surface que l’on emploie dans ces installations se polarisent très vite et on ne peut leur demander un éclairage de plus de 10 à 12 minutes.
- En ajoutant 50 grammes d’acide chromique par pile on pourra obtenir un éclairage d’une
- durée double, ce qui dans beaucoup de cas sera très agréable. F. B.
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- Nouvel usage de l’aluminium. — On obtient de nombreux avantages en plaçant une semelle d’aluminium entre les deux semelles de cuir d’une chaussure,
- La plaque doit être mince, 1 à 2 dixièmes de millimètre et recuite pour ne nuire en rien à la souplesse de la chaussure.
- On évitera ainsi l’humidité qui pénètre à travers le cuir lorsque l’on marche à la pluie, ou dans la neige, et on conservera bien plus facilement la chaleur des pieds parles temps froids, lors même que la semelle de cuir sera usée et même percée. F. B.
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- Ciment pour la fonte de fer. — Parties égales de soufre et de blanc de plomb sont mêlées intimement avec environ un sixième de borax. Avant de se servir de ce mélange, on i’humecte d’acide sulfurique concentré; on l’étend en couche mince entre les morceaux de fer qui doivent être réunis, puis on presse ceux-ci fortement il’un contre l’autre. Au bout de cinq jours, dit-on, la combinaison est si bien opérée que l’on ne voit plus trace de jointure et que les morceaux ont tout à fait l’air d’avoir été soudés.
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- Purification de l’eau potable. — On met
- baigner du papier à filtrer dans une solution de perchlorure de fer contenant 43 0[0 de
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- perchlorure et 57 0[0 d’eau. Une fois saturé, le papier est séché entre des papiers buvards.
- D’autre part, on fait subir une opération analogue à un second paquet de papier à filtrer que l’on trempe dans une solution de bicarbonate de soude.
- Si l’on jette une bande du premier papier
- dans de l’eau trouble et impure, elle se colore en jaune, il suffit alors de mettre dans le liquide une bande d’égale grandeur du second papier ; il se forme un carbonate de fer qui absorbe toutes les'impuretés. Pour filtrer l’eau, il suffit de le passer dans un entonnoir muni d’une éponge. De brun qu’il était, le liquide est devenu comme du cristal.
- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
- Tremper un papier blanc dans l’encre, sans le noircir. — Vous opérez avec un encrier de grandes dimensions et à large ouverture.
- Après avoir roulé une feuille de papier blanc en forme de cylindre, vous la plongez dans l’encrier et la retirez ensuite couverte d’encre. Vous posez sur une assiette le morcean ainsi taché, q u i prouve que l’encrier est bien plein d’encre noire. Pour remplacer l’encre enlevée par ce papier et remplir l’encrier de nouveau, vous prenez la bouteille d’encre qui est sur la table, et en versez le contenu dans votre encrier.
- Ils’agit maintenant de tremper dans l’encre une feuille de papier semblable à la précédente, mais de la retirer aussi blanche après l’expérience qu’elle l’était avant. Et, prenant la feuille, vous la plongez bravement dans l’encrier, d’où elle ressort immaculée, au grand ébahissement des spectateurs. U y a là, bien entendu, une petite supercherie que je vais vous dévoiler. L’encrier contient bien de l’encre, mais la bouteille n’en contient pas. C’est une ancienne bouteille d’encre, bien sèche à l’intérieur, dans laquelle vous avez introduit en secret de la colophane finement pulvérisée.
- En feignant de verser de l’encre dans l’en-
- Fig. 131. —Donner à l’eau l’apparence du lait.
- crier, vous saupoudrez de colophane la surface de l’encre, et dès lors vous pouvez y introduire sans crainte la feuille de papier, à laquelle la colophane forme un enduit protecteur, non mouillé par le noir liquide.
- En retirant le papier, donnez lui une petite secousse qui fera retomber la poudre dans l’en -crier, .et, si vous avez opéré habilement, personne ne soupçonnera la ruse que vous avez employée.
- Tom Titt.
- * *-
- Donner à l’eau l’apparence du lait. — Vous remplissez d’eau ordinaire, une bouteille, aux trois quarts environ, et et vous vous munissez d’un tube quelconque : tuyau de pipe, fétu de paille, ou même au besoin d’un petit rouleau de papier.
- Après avoir allumé votre cigarette et aspiré quelques bouffées de fumée, vous envoyez celle-ci, à l’aide du tube en question, dans la bouteille préparée.
- Cette fumée qui disparait si vite dans l’air en flocons et en spirales bleuâtres va séjourner dans l’eau, et lui donnera, à s y méprendre l’apparence du lait. F. B.
- Ch. MENDEL Directeur-Gérant, 118, rue d’Assas.
- La Fère. — Imprimerie Bayen, rue Neigre.
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- LA SCIENCE E'NÏFAMILLE
- LES MANUSCRITS ET L’ART DE LES ORNER
- Alphonse Labitte vient de faire paraître un ouvrage remarquable ^destiné à vulgariser la connaissance des manuscrits.
- « Nous n’avons qu’un désir, dit l’auteur dans sa préface : faire pénétrer un peu partout, d’une manière pratique, en même temps que profitable et instructive, le goût des admirables livres calligraphiés et enluminés de toutes les époques, toujours différents, toujours curieux, parfois même originaux dans leur modestie et leur naïveté, et qui renferment des milliers de documents importants au point de vue de l’histoire, de la religion et de l’art. »
- C’est une étude bien intéressante, en effet, que celle de ces chefs-d’œuvre de patience et d’exécu-
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- Fig. 132. — Scbiptoeiüm. — Miniature tirée d’un manuscrit du xive siècle, conservé à la bibliothèque de Cambrai.
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- tion, aux marges en-1 u m i n é e s , aux figurines naïves, dans lesquels on a puisé tant de renseignements précieux sur les connaissances artistiques et le goût décoratif de nos ancêtres ; voilà pour le côté artistique. Mais ne nous donnent-ils pas en même temps un enseignement philosophique nous montrant les tendances intellectuelles
- Fig. 133.
- morales et sociales d’époques lointaines qu’on ne saurait trouver ailleurs ? »
- « Dans le manuscrit le plus médiocre existe
- presque toujours, à un titre quelconque, un intérêt artistique. Quelques-uns, appartenant aux époques rapprochées de la nôtre, sont appré-ciés par leur beauté respective et au point de vue de l’esthétique pure; d’autres, qui parlent moins aux yeux du vulgaire, mais qui sont infiniment plus précieux, sont les seuls monuments qui nous donnent des spécimens de l’art, de la peinture et de l’ornementation des temps primitifs ou déjà éloignés, lesquels ne nous ont laissé aucun autre vestige que les décorations contenues dans les antiques papyrus décrits par Cham-po 11 ion, ou dans les évan giliai-res des premiers siècles de l’ère chrétienne ».
- M. Alphonse Labitte s’est livré, sur ce sujet, à de patientes et intelligentes investigations, et rien n’est mieux fait que son livre pour donner le goût de ces monuments primitifs ou faciliter à celui qui le possède
- e- Tctf cjutfUin hoc wttmato Uf LrLVerfîzctüft
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- Spécimen d'écriture minuscule Caroline tiré de la Bible de Charles le Chauve.*
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- déjà, les moyens de connaître et de discerner les époques de création des manuscrits, leur genre, leur style, les ornements, miniatures, lettrines et écritures qui les composent. Non seulement c’est un guide pour l’amateur, mais c’est encore une véritable source de renseignements utiles pour l’artiste, l’étudiant, le bibliophile.
- Le texte est accompagné de 300 gravures : genres d’écritures, initiales, ornements, miniatures, etc. Le tout imprimé et tiré avec un soin extrême par la maison Chamerot et Renouard : c’est plus qu’il n’en faut pour être en droit d’avancer que ce livre sera un véritable régal pour les érudits en même temps que pour les bibliophiles.
- Aussi avons-nous pensé que cet ouvrage méritait mieux pour être présenté à nos lecteurs qu’une notice bibliographique de quelques lignes et sommes-nous certains de les intéresser vivement en faisant passer sous leurs yeux quelques citations qui, accompagnées de gravures, leur donneront une idée suffisante de la haute valeur de ce travail.
- L’ouvrage est divisé en trois livres : Les manuscrits. — Description de divers manuscrits depuis le Y IIP siècle jusqu’au X VIP siècle. — L’enluminure moderne.
- Dans le livre premier, intitulé Les manuscrits, il nous donne l’aperçu général et succinct de la matière. Il explique ce que c’est que le parchemin, et il en cherche les origines, les divers moyens employés à le préparer, le prix qu’il atteignait, et les procédés économiques en usage, malheureusement, pour en moins user.
- « On distinguait, dit-il, trois couleurs diffé-
- rentes de parchemin : le blanc, le jaune et le pourpré, sur lequel on traçait des caractères d’or et d’argent pour lui donner plus de somptuosité ; quelquefois on n’appliquait des couleurs de pourpre ou d’azur que sur une large bordure ou sur des compartiments encadrés. Fabriqué premièrement pour les hauts personnages, le parchemin pourpré, dès les commencements du christianisme, fut réservé aux livres sacrés.
- « Jusqu’au treizième siècle, la fabrication du parchemin fut loin d’être parfaite. Celui
- des Romains péchait par une ténuité trop grande en certains endroits, où elle devenait de la transparence ; mais il était cependant mieux battu et d’une teinte plus unie que celui fabriqué au moyen âge, qui présentait souvent des imperfections, des déchirures ou des trous grossièrement réparés. Malgré ces défectuosités, ce dernier offrait plus d’épaisseur et de solidité que le parchemin antique ; mais, vers le treizième siècle,
- de grands progrès s’effectuèrent dans sa fabrication, qui acquit a-1 o r s une blancheur, une souplesse et un velouté inconnus jusqu’à cette époque.
- « Le prix du parchemin fut toujours très élevé ; malgré la facilité apparente de le façonner, il atteignait parfois une valeur si exorbitante, que l’emploi en devenait presque impossible ; c’est à cette cause qu’il faut attribuer l’idée des palimpsestes. On nomme ainsi les manuscrits dont on faisait disparaître le texte primitif, soit en le raclant ou en le frottant à l’aide de la pierre ponce, ou en effaçant l’écriture avec une éponge ; cette parcimonie déplorable a occasionné la perte
- I MCp » CoHCiljQor» TV llN H ni np trR'TRACTA:
- Fig. .134. — Spécimen d’écriture en onciale mérovingienne tiré d’un manuscrit provenant de l’abbave de St-Germain-des-Prés, du vic au vne siècle.
- Fig. 135. — Écriture provenant d’un testament sur papyrus fait par une certaine Ermanthrude, vers l'an 700, en faveur de ses parents et de diverses églises et abbayes.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- d’un grand nombre de précieux manuscrits, car la valeur des nouveaux écrits était souvent bien au-dessous de ceux qu’ils remplaçaient, comme l’ont prouvé certains savants qui, à force de travail et de patience, sont arrivés à reconstituer quelques-uns d’entre eux, d’après les vestiges de l’écriture primitive imparfaitement grattée. L’usage des palimpsestes ne date pas seulement du parchemin, comme on le croit en général : pareille opération avait été pratiquée sur des manuscrits sur papyrus au huitième siècle, alors que le papier d’Egypte devint si rare qu’il était presque impossible de s’en procurer.
- « Les monastères étaient, au moyen âge, les principaux, ou, pour mieux dire, les seuls centres de fabrication du parchemin ; cela était si réel, qu’une des charges les plus importantes dans un couvent, était celle du pergame-narius, qui était chargé de préparer le parchemin pour les écrivains copistes et enlumineurs.
- « Ce fut seulement lors de la fondation, par Charlemagne, de la première Université, au commencement du IXe siècle,qu’une concurrence sérieuse s’établit contre cette production monastique.
- « Cette Université, dès son origine, acquit une si grande célébrité, que de tous les pays même les plus éloignés, une affluence considérable d’écoliers et de professeurs s’y rendit, ce qui fit augmenter dans des proportions énormes la consommation du parchemin, et qu’il devint absolument nécessaire d’en fabriquer sur place.
- « Dès ce moment l’industrie et le commerce de laparcheminerie prirent une grande importance dans la capitale. Outre les boutiques ordinaires où l’on pouvait s’en procurer, il y eut des foires ou grands marchés où la
- vente de cet objet fut traitée en grand. La plus célèbre de toutes était celle du Lendit, où tous les ans, le lendemain de la Saint-Barnabé, étudiants, professeurs, procureurs, et marchands se rendaient avec grand cérémonial, en bandes interminables, pour s’approvisionner de cette précieuse et utile matière.
- « C’était une véritable fête, qui cependant, à plusieurs reprises, fut changée en scènes do désordre par la turbulence des écoliers et dont, malgré cela, l’usage se perpétua jusque sous le règne de Louis XIV, époque à laquelle elle tomba tout à fait en désuétude. »
- Puis il raconte la découverte du papier de chiffons, de chiffes, découverte qui n’en était pas une, « puisqu’au dire de quelques
- savants, les Orientaux et les Japo-n ai s, de temps immémorial, préparèrent avec certaines écorces, des gousses, des filasses, lesduvetsdes cot o n n i e r s et d’autres plantes, une sorte de bouillie, avec laquelle ils composaient des feuilles d’un papier propre à recevoir toute espèce d’empreintes ; cependant, malgré l’opinion de ces savants, dont l’un d’eux même ne craint pas d’assigner au papier une origine remontant à 1,700 ans, on ne peut affirmer son existence qu’à partir du Xe siècle. »
- Après avoir parlé de l’écriture, du cala-mus et autres instruments nécessaires pour écrire, il examine le choix de liquides colorés dont les scribes firent usage :
- « Les liqueurs servant pour l’écriture (les encres) étaient de différentes couleurs : la noire, composée premièrement de suie et de charbon pilé, puis de résine, de noir de fumée d’ivoire et d’os calciné dissous dans une infusion de noix de galle et de gomme ;
- DES cm CTVMfTKECOCNl TVM- EXTABVt/V AEN F/V QVAE'F IXA FSX- KO AME IN CAP (TOI 10 IN AB.A
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- Fig. 136. — Spécimen d’écriture en capitales.
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- LA. SCIENCE EN FAMILLE
- la rouge était faite avec le cinabre (carmin), la pourpre avec le buccin. On se servait également de couleurs bleues, jaunes et vertes, mais beaucoup plus rarement. L’or et l’argent, réduits en poudre sulfurée et soumis au feu, étaient aussi employés pour donner aux manuscrits plus de magnificence. Somme toute, les anciens semblent avoir connu aussi bien que les modernes la manière de fabriquer des encres de bonne qualité. L’encre de Chine elle-même, sorte de pâte solide composée de noir de fumée mêlée à de certains parfums, date des commencements de l’ère chrétienne. »
- Enfin, après avoir armé le scribe de tout son attirail, il passe en revue tous les genres d’écriture, fixant la date d’évolution de chacun pour l’étude qu il fait de ses modifications: nous donnons (fig. 133, 134, 135,136) quelques spécimens curieux de ces sortes d’écritures.
- Un peu plus loin, il nous intéresse à la description du Scriptorium, la salle spéciale où se réunissaient dans chaque couvent les moines copistes, et il nous indique comment ceux-ci se partageaient la besogne dès l’aube. Enfin, il nous rappelle les aphorismes que certains scribes notaient à la fin de leur travail.
- « Lorsque le manuscrit était terminé, le scribe écrivait : Explicit : C’est fini, ou Deo gratias ! Féliciter, amen !
- Quelquefois il signe en grec, il forme un distique, il ajoute quelques vers ou quelques signes particuliers, etc. Un moine do Corbie écrit à'ia fin de son travail de patience : « Ami lecteur, retiens tes doigts, prends garde d’altérer l’écriture de ces pages; car l’homme qui n’exerce pas la calligraphie ne soupçonne pas le mal que nous nous donnons. Autant le port est doux au navigateur, autant la dernière ligne est douce à l’écrivain. Trois de ses doigts tiennent le roseau, mais son corps tout entier peine et travaille. »
- Un scribe de l’abbaye de Saint-Aignan d’Orléans s’écrie : « Faites attention à vos doigts ! Ne les posez pas sur mon écriture. Vous ne savez pas ce que c’est que d'écrire. C’est une corvée écrasante : elle nous courbe le dos, nous obscurcit les yeux, nous brise l’estomac et les côtes. Prie donc, ô mon frère, toi qui lis ce livre,prie pour le pauvre Raoul, serviteur de Dieu, qui l’a transcrit tout entier de
- sa main dans le cloître de « Saint-Aignan. » Un autre écrivait : « Le courageux marinier échappé aux ondes cruelles apporte au port un cœur heureux ; de même le copiste harassé, déposant le calame quand sa tâche est terminée, doit avoir le cœur léger; il doit remercier Dieu, qui a protégé ses jours, qui l’a conduit au repos après un long labeur. Que le Chrit récompense à jamais celui qui a fait écrire ce livre ! »
- Quoi de plus touchant que ces prières naïves par lesquelles les pauvres scribes, leur travail terminé, demandaient soit aux saints, soit aux saintes dont ils venaient de retracer les belles actions, d’intercéder pour eux ; ou bien aux lecteurs qui se trouveraient en possession de leur manuscrit de dire à leur intention, quelques pieuses oraisons? Ils avaient néanmoins conscience de leur mérite, témoin cette légende de saint Kylian, qui est bien jolie, et que je vous demande la permission de vous citer en terminant cet aperçu rapide du livre premier, lequel finit par un exposé des plus célèbres manuscrits européens : Saint Kylian « le très célèbre calligraphe et miniaturiste de l’Eglise orthodoxe irlandaise qui, venant d’accomplir son chef-d’œuvre et sentant la mort arriver, pour ne pas se séparer de son manuscrit, le cacha sous son bras recouvert de la robe qui lui devait servir de linceul et le garda ainsi trois siècles dans son tombeau. Au bout de ce laps de temps, le tombeau ayant été ouvert, le saint apparut retenant obstinément son manuscrit, qu'il n’abandonna que vaincu par les prières et les supplications de ses frères d’Irlande, qui lui firent le serment de ne jamais vendre, jamais prêter, jamais engager son livre, qui est devenu la plus précieuse relique d’Irlande ». (1)
- (A suivre) C. Chaplot.
- (i) Les Manuscrits et l’art de les orner forment un magnifique volume sorti des presses de « Cha-merot et Renouard » et orné de 300 reproductions de miniatures, encadrements, bordures, initiales et écritures accompagnant le texte. Son prix broché est de 20 francs.
- Il a été tiré de cet ouvrage 15 exemplaires, numérotés à la presse, sur papier du Japon, et dont le prix est de 100 francs.
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- CHRONIQUE SCIENTIFIQUE ET INDUSTRIELLE
- FABRICATION DE L’OXYGÈNE PAR LE MANGANATE DE SOUDE LE MASTIC A LA GLYCÉRINE — SOIES NATURELLES ET SOIES ARTIFICIELLES.
- Avant d’entrer dans la description du procédé au manganate de soude, disons quelques mots sur la manière dont l’oxygène est actuellement extrait de l’air. L’oxygène s’obtient en peroxy-dant et désoxydant de la baryte. Lorsqu’on fait passer de l’air sur de la baryte chauffée au rouge sombre, cette dernière se transforme en bioxyde de baryum qui cède l’oxygène absorbé si l’on chauffe à une température supérieure. L’industrie de l’oxygène ne fut créée qu’après bien des efforts ; en effet, théoriquement, le procédé était excellent, la baryte semblait devoir servir éternellement, mais après une vingtaine d’opérations, elle était effritée et n’absorbait plus l’oxygène. Ce n’est que quelques années plus tard qu’on arriva à utiliser le vide pour libérer l’oxygène, à fabriquer une baryte poreuse que l’on plaçait immédiatement dans les cornues et à purifier l’air employé, en le faisant passer dans des cylindres renfermant de la soude et de la chaux qui absorbaient l’humidité et l’acide carbonique.
- M. le Dr Bowman a fait connaître, devant la Société de l’industrie chimique anglaise, le procédé Fanta, basé sur des principes émis il y a déjà une trentaine d’années par le chimiste français Tessié du Motay. La nouveauté de ce procédé consiste spécialement dans la fabrication de la matière première destinée à se péroxyderet se désoxyder, et qui est constituée par du manganate de soude mélangé avec 5 à 10 0/0 de soude. Le mélange est amené à l’état pâteux et chauffé lentement, on obtient de cette façon une masse granuleuse qui, dans les cornues, ne fond pas ou ne devient pas pâteuse sous l’action de la chaleur et de l’eau. Les réactions se poursuivent simplement. La vapeur d’eau ramène le manganate de soude à l’état de sesquioxyde de manganèse, un équivalent d’oxygène est mis en liberté, puis le courant est interrompu, l’air est introduit et l’oxygène de ce dernier transforme le sesquioxyde
- en manganate. La suite se comprend, l’opération suit un cycle régulier. Le mélange est introduit dans de longues et étroites cornues de fer, inclinées à 45° environ, et rangées sur trois rangs de 8 cornues et sur les deux côtés du four, soit en totalité 48 cornues. L’air et la vapeur d’eau pénètrent dans chaque cornue par un orifice ad hoc d’un très petit diamètre.
- Le grand avantage de ce dispositif consiste dans l’absence de robinets, de pompes et autres organes compliqués. L’air est refoulé au moyen d’un petit ventilateur, l’oxygène se rend naturellement dans un condenseur et de là au gazomètre.
- La vapeur, en passant au condenseur, agit sur un diaphragme qui ferme automatiquement la conduite de la chaudière au four, le vide partiel produit alors dans le condenseur fait agir un flotteur qui permet l’entrée de l’air.
- La température des réactions n’est pas excessive, elle varie de 333° à 444° c. Les prix de revient seraient minimes, car l’oxygène obtenu par ce procédé coûterait de 0 fr. 093 à 0 fr. 26 le mètre cube, suivant qu’on utiliserait pour la fabrication, des chaleurs perdues ou que l’oxygène serait livré à l’état gazeux ou comprimé dans des récipients.
- Il resterait à trouver pour l’oxygène un débouché plus considérable. Actuellement, il a déjà quelques emplois; à l’état gazeux, il est utilisé en assez grande quantité pour la médecine, les hôpitaux de Paris ont consommé 1,200 mètres cubes d’oxygène en 1891. Il sert dans un assez grand nombre d’ateliers pour souder, braser et fondre. La lumière oxyhydrique, pour certains travaux de nuit, projections, photographie, etc., en exige aussi une certaine quantité. On l’utilise en Angleterre pour la purification du gaz d’éclairage, en ajoutant 1 0/0 au gaz brut et en faisant passer le mélange sur de la chaux qui retient les gaz sulfurés oxydés par l’oxygène.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- De nombreux essais ont été faits pour son emploi dans les branches les plus diverses de l’industrie, entre autres : la fabrication de 1 acide sulfurique anhydre au moyen de l’oxygène et de l’acide sulfureux, le vieillissement des alcools, en pulvérisant ceux-ci avec de l’oxygène comprimé, la préparation d’eau saturée d’oxygène et livrée en siphons, la fabrication du gaz à l’eau, l’amélioration du gaz d’huile en le rendant plus éclairant, etc. Les emplois déjà variés et nombreux de l’oxygène tendront, il faut l’espérer, à s’accroître de jour en jour. La France ne possède actuellement qu’une usine, l’usine de Passy; en Angleterre, il existe des fabriques d’oxygène à Londres, Manchester, Birmingham, Glasgow, etc.
- *
- * *
- Parmi les nombreux industriels cherchant depuis quelques années à fabriquer par des procédés chimiques des textiles se rapprochant de la soie par la solidité, la finesse et le brillant, M. de Chardonnet et M. du Vivier sont seuls arrivés à un résultat approchant. C’est à la cellulose que ces deux chimistes se sont adressés pour la fabrication de leurs soies artificielles.
- La cellulose, combinée avec une certaine quantité d’azote, c’est-à-dire transformée en fulmi-coton est dissoute, soit dans l’acide acétique cristallisable, soit dans un mélange d’alcool et d'éther. La matière visqueuse ainsi obtenue est coagulable par l’eau, l’alcool, le chloroforme et plusieurs autres substances. La solution de fulmi-coton est renfermée dans un récipient dont le fond est muni de plusieurs filières très effilées ; en comprimant le liquide, il traverse facilement ces filières, de sorte que si l’on plonge le bas de l’appareil dans un liquide capable de coaguler la solution de cellulose, on obtient autant de fils que de filières et on peut les tirer,
- les sécher et les assembler pour en faire des fils d’un diamètre plus fort.
- Les procédés de coagulation de M. de Chardonnet et de M. du Vivier sont différents; le premier utilise de l’eau ou de l’eau acidulée par de l’acide nitrique, la composition du second est tenue secrète.
- Comme l’inflammabilité du produit obtenu est trop grande, on soumet le fil à l’action de divers agents pour le priver d’une partie de son azote. Il en reste malheureusement une quantité trop grande qui conserve à la soie ses tendances à s’enflammer.
- Les soies artificielles sont donc constituées par du fulmi-coton, dissous, coagulé, filé, dénitrifié et additionné de plusieurs substances accessoires.
- Les soies artificielles ont été comparées par M. Louis Blanc avec les soies naturelles, soies du Bombyx mori et du ver Pernyen (A. Pernyi.), et les essais ont donné des résultats importants d’où il résulte que la soie Chardonnet est plus fine et pins souple que la soie du Vivier. Par contre, cette dernière est plus résistante aux agents chimiques, particulièrement aux alcalis et brûle trois fois moins vite. La soie Chardonnet possède plusieurs qualités qui manquent à la soie du Vivier, mais, d’un autre côté, cette dernière résiste mieux aux agents chimiques et brûle moins vite.
- D’après l’étude des deux soies, M, Louis Blanc pense que le textile du Vivier peut être beaucoup amélioré sous le rapport de la finesse, de l’éclat et de la ténacité, car ces imperfections proviennent de ce que M. du Vivier a voulu reproduire trop fidèlement la soie naturelle et qu’il a dû, pour cela, recourir à divers artifices qui ont nui aux qualités de son produit, au lieu de l’améliorer.
- H. Becker.
- Chimiste.
- MANUEL DU COLLECTIONNEUR DE TIMBRES-POSTE (suite)
- la collection. — On aurait tort de igBfi ordre que les occupations d’un col-fsüfdlf lectionneur de timbres sont une sinécure. Elles suffisent largement à absorber ses journées s’il veut s’y adonner com-
- plètement, et, en tous cas, elles sont de nature à occuper tous ses moments de loisir.
- Il existe en effet, à ce jour, environ dix mille timbres-poste, télégraphes et entiers,
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- et vingt-trois mille fiscaux, soit en tout trente-trois mille timbres, non compris les nuances, erreurs de filigranes, etc.
- Il y a peu d’amateurs, il est vrai, qui cherchent à se composer une collection d’ensemble : le travail serait trop important et exigerait de trop fortes dépenses. La grande majorité des collectionneurs ne s’occupe que des timbres ayant, servi ou destinés à la poste et au télégraphe.
- Comme ces seuls timbres atteignent encore, ainsi que nous l’avons vu plus haut, le nombre respectable de dix mille, un certain nombre d’amateurs ont eu l’idée de spécialiser leur passion en spécialisant leur collection, c’est-à-dire en recherchant seulement les timbres de tels et tels pays.
- C’est ainsi qu’il y en a qui ne collectionnent que la France et ses colonies, d’autres les différents Etats de l’Amérique du Sud ou de l’Asie, d’autres les seuls États-Unis d’Amérique, etc., etc.
- C’est là, croyons-nous, une tendance qui ne tardera pas à se généraliser, en raison du grand nombre d’émissions nouvelles qui éclosent chaque mois.
- De 1885 à 1892, il n’a pas été émis moins de huit mille nouveaux timbres-poste et fiscaux, soit une moyenne de mille par année. Dans ces conditions il est évident qu’un amateur ne disposant pas d’une fortune considérable ne peut pas chercher à se procurer même la dixième partie de ces timbres. En se limitant à un seul pays ou à une seule série de pays dont les timbres lui plaisent plus particulièrement, il aura encore de quoi bien s’occuper et pourra largement y consacrer ses petites économies.
- Il y a un moyen mixte que nous recommandons à nos lecteurs et qui est notre propre ligne de conduite. Nous possédons deux albums, l’un qui comprend seulement les timbres-poste et télégraphes et embrasse tous les pays, l’autre ne renfermant que la France et ses colonies.
- Dans le premier nous plaçons tous les timbres que nous pouvons nous procurer, soit au moyen de nos relations personnelles, soit par des échanges, soit en achetant ceux dont le prix ne grève pas trop notre budget. Nous sommes arrivé de la sorte à avoir un bel ensemble de timbres de chaque pays et
- au moins un type de chaque sorte, ce qui nous satisfait parfaitement.
- Pour l’album n° 2, notre ambition est plus grande. Comme il s’agit de la France, c’est-à-dire de notre pays, du pays dans lequel nous avons de très-nombreuses relations, ce qui nous permet de faire fréquemment des recherches — toujours couronnées de succès — dans les paperasses de quelqu’un de nos amis, notre hut est d’arriver à obtenir une collection complète des timbres-postes, télégraphes, cartes, enveloppes, fiscaux, etc.
- Une pareille tâche est déjà considérable et onéreuse, car il existe, soit en France, soit dans nos colonies, un très grand nombre de variétés dont beaucoup atteignent des prix très élevés, mais elle est possible et cette considération nous donne une ardeur toujours nouvelle.
- Il en serait tout autrement si nous ne limitions pas notre ambition : certains timbres sont cotés, en effet, à des prix qui les éloigneront toujours — et pour cause — de notre collection.
- Nous citerons, entre autres, les suivants :
- Ile Maurice, émiss. 1847.1 penny orange.
- — — 2 pence bleu. .
- — émiss. 1862,1 shilling jaune. Russie, enveloppe timbrée de 1850 (spéciale à St-Pétersbourg), 5 kopecks rouge.
- Moldavie, émission 1858, 81 paras, neuf.
- — — oblit.
- — 27 paras, neuf.
- — — oblit.
- Ile de la Réunion,émiss. 1851,15 c. et30c.
- noir sur bleu, les deux..............
- Hawaï (îles Sandwich-Océanie) :
- Émission 1852, 2 c. bleu.............
- ' — 5 c. bleu.............
- — 13 c. bleu............
- Guyane anglaise, 1850, 2 c. rose . . .
- — 4 c. paille . .
- — 8 c. vert . . .
- — 12 c. bleu . . .
- — 1856, 4 c. rouge . .
- — 4 c. bleu . . .
- Naples, 1/2 tornèse bleu, émiss. 1860 . .
- Espagne, 2 réales orange, émiss. 1851 .
- Prusse, 1851,envel. timbrée,6sbg. rouge. Prusse, 1853, — 4sbg. brun .
- Suisse, 1843, Genève 5 -|- 5 c..........
- — Zurich, 4 rappen noir . .
- Toscane, 60 crazie, brun rouge. . . .
- Toscane, 3 lire jaune...................
- 5.000 fr. 3.000 fr. 1.500 fr.
- 1.500 fr. 1.000 fr.
- 600 fr. 500 fr. 300 fr.
- 2.700 fr.
- 2.500 fr.
- 1.500 fr. 1.000 fr.
- 2.500 fr. 650 fr. 750 fr. 250 fr. 250 fr.
- 1.200 fr. 350 fr. 350 fr. 300 fr. 300 fr. 500 fr. 250 fr. 150 fr. 300 fr.
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- Afghanistan, 1870, 1 rupee brun violet. 500 fr. i
- — 1/2 rupee brun violet. 400 fr.
- Sierra-Leone, 1860, 6 p. violet .... 250 fr.
- Buenos-Aires (Argentine) 1858 :
- 4 pesos, rouge neuf............... 500 fr.
- > — oblitéré.................. 200 fr.
- 5 pesos, orange neuf.............. 400 fr.
- — oblitéré.......... 200 fr.
- Canada, 1851,12 p. noir.............. 400 fr.
- Colombie (Amérique du Sud) 1862:
- 20 c. rose, neuf.................. 650 fr.
- — oblitéré.................... 200 fr.
- États-Unis, news-papers (timbres pour journaux), 12, 24, 36, 48 et 60 dollars, dont les prix varient, pour chaque
- pièce, de 100 à........................ 500 fr.
- La série complète de ces timbres, de 1 c. à 60 dollars représente une valeur nominale de...........................1210f 90
- Mexique 1867 (Chiapas) 1/2 real . . . 500 fr.
- — 1 real . . . 500 fr.
- — 8 real . . . 400 fr.
- etc., etc.
- Parmi les collections de timbres les plus remarquables, on cite :
- Celle de M. Ph. de Ferrari, à Paris, qui est estimée deux millions ;
- Celle de M. Tapling, membre du Parlement anglais, décédé en 1891, dont la valeur n’était pas inférieure à huit cent mille
- i francs. Cette collection a été léguée par son ' possesseur au British Muséum de Londres.
- Voici les noms de quelques autres grands collectionneurs :
- Un anglais, M. Caillevothe, qui a vendu sa collection lamodestesommede 200,000 francs.
- M. A. de Rothschild possède unecollection estimée 150,000 francs ;
- M. le Dr Legrand, de Neuilly, même valeur.
- M. J. Vickers-Painter passe pour avoir la plus belle collection des États-Unis.
- Le Directeur de la Cie espagnole « LaPro-videncia » a vendu sa collection 50,000 francs.
- Un autre espagnol M. Lopez, de Madrid, a vendu la sienne 50v000 francs à une marquise de la Havane ;
- Le duc d’Edimbourg, le czar de toutes les Russies, M. Gutierrez Hermanos de Santiago de Cuba, possèdent également de très belles collections.
- Nous croyons que cette petite énumération suffira pour bien convaincre nos lecteurs qu’ils n’ont ni à rougir ni à se cacher de leur passion pour les timbres. En compagnie de pareils personnages, on collectionnerait même des feuilles de papier à cigarettes, ce qui serait beaucoup moins intéressant !
- (A suivre), S. Bossakiewicz.
- LE MONDE DES INSECTES
- LES LONGICORNES
- 'ordre des coléoptères est certainement un des plus curieux de la grande classe des insectes; on y trouve les êtres les plus dissemblables en apparence, tant au point de vue de la taille que de la conformation, de la couleur, et surtout du rôle qui leur est dévolu dans la nature. Les uns sont phytophages et dévorent nos récoltes, les autres sont carnassiers et font une chasse acharnée aux espèces nuisibles; ceux-ci sont utilisés en médecine, ceux-là, en raison de la phosphorescence qu’ils répandent, sont employés pour l’éclairage, chez quelques peuplades américaines notamment, quelques-uns sont employés en bijouterie, d’autres sont comestibles. — Il en est qui ont pour mission d’enterrer les cadavres des animaux morts ; ,
- par contre, quelques-uns s’attaquent aux animaux vivants et constituent de véritables parasites. Enfin, nous n’en finirions pas.
- La famille des Cêrambyniens est une des plus intéressantes ; elle renferme un grand nombre d’insectes et porte encore, en raison de la grande dimension de leurs antennes, le nom de famille de longicornes, sous lequel on les désigne le plus souvent.
- Les longicornes ont le corps droit, allongé, déprimé en dessus, la tête est saillante; chez quelques espèces les antennes dépassent trois fois la longueur du corps. Ce sont, pour la plupart, de fort beaux insectes, ornés des plus vives couleurs et dont quelques espèces, telles que l’Aromia moschata, l’Ar. suaveolens et l’Ar. rosarum, répandent une odeur suave
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- Fig. 137. — Los Longicornes.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- qui, jusqu’à un certain point, peut être comparée au parfum de quelques fleurs.
- Par contre, les larves des longicornes font subir tous les ans aux agriculteurs et surtout aux forestiers, de terribles dommages.
- Celles-ci sont, les unes apodes, les autres munies de pattes souvent rudimentaires, d’autres fois assez développées; ces larves ont toujours la forme d’un prisme à six pans plus ou moins déprimé ; leur corps est mou, d’un blanc plus ou moins jaunâtre; la tête est écailleuse et armée de mandibules vigoureuses avec lesquelles elles attaquent les bois les plus durs et y creusent des galeries qui diminuent beaucoup leur valeur.
- Quelques longicornes sont nocturnes. Parmi les petites espèces, il en est qui vivent sur les lleurs, mais celles-ci sont en minorité, la plupart se tiennent sur le tronc des arbres dont elles habitent l’intérieur à l’état de l’ar-ves ; quelques-unes font entendre, lorsqu’on s’en empare, un petit cri plaintif et saccadé dû au frottement des parois intérieures du corselet contre le pédicule écailleux de la base de l’abdomen.
- Parmi les espèces les plus importantes, nous devons citer le grand capricorne, le capricorne musqué, la rosalie des Alpes, la taperde chagrinée, le charpentier, etc. Un mot seulement sur chacune d’elles.
- Le grand capricorne placé à gauche et en haut sur notre gravure, le cérambyx héros des entomologistes, long de 28 à 35 millimètres et quelquefois davantage, est d’un noir brillant, ses élytres brunes, un peu amincies en arrière présentent des rugosités, les jambes sont couvertes de poils soyeux.
- La larve, parvenue à toute sa croissance, mesure 6 centimètres de long sur 18 millimètres de large, elle est un peu plus amincie à la partie antérieure. Elle vit dans l’intérieur des vieux chênes; les galeries qu’elle y creuse sont très larges, plates, nombreuses et entremêlées sous l’écorce, dans la profondeur du bois, la plaie produite est d’une largeur prodigieuse.
- Les chênes séculaires, les géants des forêts, dit M. J. Kunckel d’Herculaïs, sont le point de mire des femelles pondeuses, aussi, les dégâts de ces larves colossales deviennent-ils incalculables, et, minés par un grand nombre d’entre elles, les plus beaux arbres finissent par succomber avec le temps.
- On peut admirer autour de la mare d’Au-teuil, au bois de Boulogne, un magnifique groupe de chênes antiques, taraudés en tous sens par ces énormes larves, et sur lesquels on pouvait voir encore, il y a quelques années, au crépuscule, les capricornes prendre leurs ébats ; aujourd’hui, l’installation d’un champ de courses a changé la physionomie du bois, et le naturaliste est privé de ses récréations favorites, les quelques arbres respectés étant enclavés dans une enceinte. Mais, à Fontainebleau, la nature a pu encore conserver ses droits, et quelques chênes vénérables, notamment dans les gorges d’Apremont, restent encore debout pour montrer la puissance de destruction des cérambyx.
- C’est en juin ou juillet que la larve se transforme en nymphe, elle se rapproche alors de l’orifice de son trou, il est donc facile de la détruire en introduisant un fil de fer dans la cavité.
- Le capricorne charpentier (cistynomus œdilis) a les antennes trois fois aussi larges que le corps chez la femelle, et cinq fois aussi longues chez le mâle ; sur notre gravure, il est placé au-dessous du précédent. La femelle dépose ses œufs sur le tronc des vieux pins morts ou. mourants et la larve qui en résulte se nourrit aux dépens de l’écorce qu’elle ronge sur de larges surfaces.
- Le capricorne chagriné, placé immédiatement au-dessous, est l’ennemi des peupliers et surtout du tremble auquel il cause beaucoup de tort. La larve est d’un blanc jaunâtre avec les anneaux bordés de poils et mamelonnés sur le dos.
- A droite et en haut sur notre figure est la rosalie des Alpes, le plus beau de nos cérambyx ; — l’insecte est d’un gris cendré bleuâtre, les élytres sont ornées de deux taches de velours noir; — elle mesure en moyenne 28 millimètres et se trouve dans la plupart des forêts sur les hêtres qui couvrent les flancs des montagnes, elle est très abondante dans les Pyrénées et surtout les Alpes.
- Le capricorne musqué ou anomia mos-chata est d’un vert bleuâtre, ses élytres finement chagrinées portent l’empreinte de deux lignes longitudinales. — Sa larve vit sur le sol au détriment des couches corticales.
- Cet insecte, à l’état parfait, exhale une forte odeur de rose, surtout au moment de l’accouplement. E. P.
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- LA PHOTOGRAPHIE PRATIQUE
- RECETTES ET CONSEILS INÉDITS A L’AMATEUR ET AU DÉBUTANT.
- Mes recettes et conseils qui suivent, ( sont dédiés à tous ceux qui s’occu- j pent de la photographie et des choses y ayant trait, mais plus particulièrement à l’amateur débutant, encore malhabile et inexpérimenté. Toutes sont le résultat d’une longue expérience et d’une constante observation. Aussi,espérons-nous vivement qu’elles porteront leur fruit.
- L’ordre que nous avons suivi, et qui nous a semblé préférable à tous les autres, est l’ordre naturel de la confection d’une photographie : pose, développement, fixage, séchage pour le cliché; emploi du papier, exposition, virage, fixage et collage pour les positives. De cette façon notre travail sera d’un emploi commode pour le lecteur, qui saura de suite à quel endroit chercher ce dont il a besoin.
- Puissions-nous être récompensé de notre peine par l’approbation et le nombre de nos lecteurs !
- ***
- Développement.
- Ce que nous allons dire, touchant le développement des clichés est entièrement relatif au développement à l’hydroquinone, qui est aujourd’hui à peu près universellement employé. Nous ne garantissons pas nos recettes avec les autres révélateurs.
- *
- * #
- 1) Moyen économique de préparer « soi-mëme » des plaques orthochromatiques. — Voici une découverte des plus intéressantes, que nous pouvons présenter comme absolument inédite. — Pour préparer de telles plaques, il suffit de faire plonger des plaques au gélatino-bromure ordinaires, pendant deux minutes environ, dans une solution d’esculine, (qu’on peut se procurer aisément, en faisant infuser dans l’eau bouillante, des écorces de marrons d’Inde). L’opération peut se faire avant ou après la pose. Dans l’un et l’autre cas, il faut avoir soin de laver abon-
- damment la plaque avant le développement, sous peine de voir se décomposer le révélateur.
- Remarque I. — La solution d’esculine ne se conserve pas bien, et demande à être employée dans les deux jours qui suivent sa préparation, sous peine d’insuccès.
- Remarque IL — Avec cette préparation, les couleurs se peignent sur la couche sensible, non pas, il est vrai, avec leur intensité réelle, mais avec un degré qui s’en rapproche beaucoup.
- *
- * *
- 2) Quand doit-on arrêter le développement' cV un cliché? — Diverses solutions ont été émises à ce sujet. Le développement est terminé, disent les uns, quand l’image commence à apparaître au dos de la couche sensible. Mais ce point de repère, parfaitement exact, quand il s’agit de plaques minces, telles que les as de trèfle, se trouve faire à peu près défaut dans des plaques plus épaisses (Lumière et Monchhoven, par exemple). D’autres vous diront que le développement est suffisant, lorsque les détails de l’image regardée par transparence, commenceront à devenir troubles. Mais c’est là une remarque toute relative et bien difficile à mettre en pratique : tel détail déjà trouble pour l’un sera encore parfaitement net pour l’autre et réciproquement. D’où, incertitude constante au sujet de la durée du développement d’un cliché. Nous nous basons personnellement sur la remarque suivante : le développement est achevé, quand la teinte opaline du dos du cliché commence à se voiler et à disparaître sur les bords. Ce moment est toujours parfaitement appréciable, et cela avec n’importe quelles plaques; nous nous sommes rarement trompés dans nos développements, depuis que nous appliquons cette méthode.
- 3) Il arrive assez fréquemment (surtout en hiver) que la gélatine d’un cliché, trop dur-
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- cie et trop desséchée, est réfractaire au liquide révélateur, et s’en recouvre imparfaitement. Cet accident a pour effet de produire sur le cliché, des taches plus ou moins apparentes, dues à un inégal développement. Il est facile de l’éviter, en condensant quelques instants, l’haleine de la bouche, sur le côté sensible de la plaque. La vapeur d’eau émise par ce moyen fait perdre à la gélatine sa sécheresse et la rend plus perméable au bain révélateur.
- ** *
- k) Moyen de rendre plus rapide le développement d’un cliché. — Avant l’introduction au châssis, de la plaque sensible, on l’a exposée une minute environ à la lumière rouge. Après la pose et avant de procéder au développement, on la plonge pendant quelques secondes dans un bain de vinaigre au 10e ou mieux dans une dissolution à 10 0/0 d’acide acétique cristallisable. On lave ensuite abondamment et l’on développe comme à l’ordinuire : la durée du développement est, par ce moyen, réduite de moitié.
- Remarque. — Bien avoir soin de laver abondamment avant de plonger dans le révélateur : la moindre parcelle d’acide acétique décomposerait le bain et le brunirait presque immédiatement.
- ** *
- Fixage.
- l) Choix du fixateur. — Si l’on ouvre un traité de chimie, on y trouvera que deux substances, Vhyposulfüe de soude et Vammoniaque dissolvent les sels d’argent non altérés par la lumière. D’où vient, dès lors, que l’on emploie exclusivement le premier de ces deux corps en photographie ? Pour deux raisons principales : 1° Il coûte moins cher, la dissolution d’ammoniaque étant très volatile et ne pouvant servir qu’une fois ; 2° l’ammoniaque, base énergique, attaque les sels réduits et les décompose en nitrate d’argent et acide bromhydrique, corps essentiellement instables ; de sorte qu’au bout d’un temps très court, les clichés jaunissent et s’effacent à peu près complètement. Si donc nous avons à donner un bon conseil à nos lecteurs, c’est de ne jamais employer l’ammoniaque comme
- fixateur de leurs clichés ou de leurs épreuves : ce serait courir à un insuccès certain.
- ***
- 2) Degré de concentration du fixateur.—
- Un grand nombre d’amateurs de notre connaissance emploient, pour fixer leurs clichés et leurs épreuves, un bain d’hyposulfite concentré, prétendant que « cela va plus vite ». C’est une grave erreur. Une proportion trop forte d’hyposulfite pique la gélatine en la pénétrant trop vivement et y occasionne des points blancs ou des mouchetures jaunâtres, défauts parfaitement apparents et du plus vilain effet sur les positives. Le bain fixateur ne doit pas dépasser 20 ou 25 0/0 pour les négatives, et 15 à 18 0/0 seulement pour les positives.
- « L’excès en tout est un défaut » dit le proverbe. Ceux qui d’un autre côté emploient un bain trop faible, sous prétexte d’économie, (bien mal entendue, à la vérité : l’hy-posulfite vaut de 40 à 45 centimes le kilogr.) ceux-là s’exposent à une perte de temps considérable, à un fixage insuffisant et à une teinte jaunâtre du cliché, teinte ineffaçable, due à son trop long séjour dans le fixateur. Il sera donc urgent de se tenir dans les limites indiquées plus haut, si l’on ne veut pas s’exposer à des accidents toujours regrettables.
- ***
- 3) Peut-on fixer à la lumière blanche? — Evidemment, une fois la plaque débarrassée du révélateur et plongée dans l’hyposulfite, l’action de la lumière est d’une importance toute secondaire : il n’y a plus que des sels d’argent en présence d’un dissolvant : toute la question est de savoir si la dissolution s’effectue plus facilement dans la nuit qu’à la lumière, et si l’influence de cette dernière contrarie ou non le fixage du cliché. Or, l’expérience montre que si l’on fixe une plaque dans l’obscurité et avec un bain d’intensité normale (voir, plus haut, les proportions indiquées), la durée de l’opération est à peu près trois fois moins longue que si elle avait été effectuée, avec le môme bain, à la lumière blanche. Donc, il y a déjà un avantage au fixage dans l’obscurité : un gain de temps, souvent précieux. D’autre part, on remarque que les clichés fixés en plein jour conservent
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- au dos une teinte grisâtre qui les fait paraître voilés. Cette teinte, en détruisant les détails les moins apparents du cliché, nuit à sa finesse et à son fouillé et occasionne des posi-
- tives défectueuses. Nous conseillerons donc toujours de fixer à l’obscurité ou, tout au moins, à la lumière rouge.
- (A suivre) Georges Jardin.
- ÉLECTRICITÉ PRATIQUE
- Enroulement du fil sur les bobines d’ê-lectro-aimants. — Nous croyons être utiles aux électriciens en leur indiquant comment on enroule le fil conducteur sur les bobines.
- Dans tous les cas, il est nécessaire d’avoir à sa disposition, soit un petit tour, soit un appareil quelconque ^ui permette d’imprimer à la bobine un mouvement de rotation plus ou moins rapide, suivant la grosseur du fil à enrouler.
- Fig. 139.
- On fait tourner la bobine B (fig. 140) dans le sens de la flèche, et on tient le fil dans la main droite, en la tendant légèrement de façon à ce qu’il s’applique bien sur la couche précédente. Le fil est pris sur une bobine F, montée de façon à pouvoir tourner librement.
- Lorsqu’il s’agit de fil très fin, il est inutile de le ranger ; on l’enroule rapidement en remplissant la bobine ; avant de terminer, on enroule une feuille de bristol sur le fil, et sur ce bristol on bobine une dernière couche très régulière, afin d’obtenir un meilleur aspect.
- Lorsque le fil est assez gros (à partir de lmm de diamètre, (par exemple) il est préférable de le ranger soigneusement à chaque couche.
- La fig. 139 représente un mandrin conique assez commode pour monter les bobines sur
- le tour, et qui peut servir pour un grand nombre de diamètres différents. M M’ sont deux cônes en bois ; la tige T est en acier et l’écrou Y qu’on serre simplement à la main, retient la bobine B entre les deux cônes. La bobine se centre d’elle-même.
- Fig. 140.
- Toutes les fois qu’on enroule du fil sur une bobine métallique, il est nécessaire de coller au préalable, sur le noyau et sur les joues du papier épais, afin d’être assuré de l’isolement. Quelquefois, on soude sur le noyau de la bobine Tune des extrémités du fil ; le fer de l’électro-aimant sert alors à réunir les deux bobines. Mais cette façon de procéder exige qu’on prenne de grandes précautions pour isoler le fil, car on n’a aucun moyen direct pour vérifier l’isolement.
- Lorsqu’on enroule des bobines en fil très fin, il est bon de souder à l’entrée et à la sortie un fil plus gros, plus facile à manipuler et à saisir et moins susceptible de se rompre.
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- A TRAVERS
- La longévité des arbres. — Le Weclüy
- Pr.un, journal des Etats-Unis, cite quelques cas intéressants sur la longévité des arbres :
- Un chêne du comté de Marion (Floride), dont le tronc mesure 9m 40 de tour et la ramure 42 métrés carrés de diamètre; un érable à sucre du comté de Bradford (Pen-sylvanie), ayant 4m80 de tour et une ramure de 24 mètres de diamètre; un orme haut de 33 mètres dans le comté de Lhinnston (Virginie), au tronc de 8m30 de tour, à la ramure de 37 mètres de diamètre ; un châtaignier du comté de Lancastre (Perisylvanie) de 7m75 de tour de tronc et 28 mètres de diamètre de ramure ; un sassafras de 14 mètres de haut,
- 4 mètres de tour de tronc et 11 mètres de diamètre de ramure à Johnsville; un sycomore de 8m50 de tour de tronc dans le comté de Wasbash (Illinois) ; un pommier, enfin, âgé de 112 ans, porte encore de nombreux fruits à Boothbay (dans le Maine).
- Le doyen des arbres de la partie orientale des Etats-Unis, le chêne de Woodbridge, a été abattu, il y a quelques semaines aux environs de Boston.
- ***
- Vitesse des chevaux et des chiens. — Un
- correspondant du FielcL avait prétendu qu’un cheval pouvait battre à la course, pendant un mille, le chien le plus vif. Or, la rapidité la plus grande chez un cheval n’a pas dépassé un mille en une minute quarante-deux secondes, et encore aucun cheval ne pourrait conserver une pareille allure pendant plus de deux milles, tandis que, il y a quelques années, la chienne foxhound Merkin parcourut quatre milles anglais en six minutes et une demi-seconde, ce qui fait un mille en une minute quarante-cinq secondes. On parle cependant d’un match couru à Windsor entre un chien et un cheval et dans lequel l’avantage est resté au cheval.
- ***
- La navigation de plaisance. — Voici, d’après une statistique récente, le nombre des yachts existant en France, lesquels se divisent en deux catégories.
- Les voiliers sont au nombre de 1,015, avec
- LA SCIENCE
- i un tonnage de 9991 tonneaux, et les vapeurs sont au nombre de 354, avec un tonnage de 13,356 tonneaux, soit pour le total général 1,369 yachts portant 23,347 tonneaux.
- En estimant chaque tonneau à 1,000 francs, ce qui est certainement au-dessous de la vérité, la flotte des yachts français aurait ainsi une valeur de 23 millions.
- Les bateaux les plus petits, soit à vapeur, soit voiliers, ont trois tonneaux. Notons six yachts dont les machines sont actionnées par le pétrole.
- *
- * *
- La production d’un grain de blé. — La
- Nature rapporte la petfte information suivante :
- Un grain de blé égaré au milieu d’une jeune luzernière avait, au printemps, produit une si belle touffe de chaume qu’un naturaliste, curieux de voir ce qui en sortirait, le fit entourer d’un filet pour le protéger contre la déprédation des moineaux. Il comprenait 56 tiges dont 4 stériles et produisit 1,551 grains. *
- * *
- Coup de fer électrique. — Cette nouvelle application de l’électricité nous vient d’Amérique. Un chapeau est monté horizontalement sur l’axe d’un moteur électrique, qui lui imprime une vitesse de rotation de 2,000 tours à la minute.
- On y applique alors une brosse humectée de benzine, puis on termine avec un chiffon de soie. La chaleur dégagée par frottement suffit pour donner le brillant nécessaire.
- Encore quelques années, et le fer des chapeliers n’aura plus qu’un intérêt historique.
- ***
- Chapeaux empoisonneurs. — Lorsque vous choisissez un chapeau, prenez-le, autant que possible, avec la bande intérieure, qui entoure la tête, brune ou blanche. La coloration des autres est, en effet, obtenue la plupart du temps, à l’aide de couleurs d'aniline qui sont absorbées par la peau du front, et dont le moindre inconvénient est d’occasionner de violentes migraines ou des boutons, des rougeurs d’une guérison difficile.
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- LA SCIENCE PRATIQUE
- Procédé pour donner du brillant aux épreuves. — Si l’on veut donner sur papier albuminé un brillant très vif, sans avoir recours au gélatinage, il suffit, disent les Photographisclie Archiv, de procéder ainsi : On mélange parties égales d’alcool et fiel de bœuf, et l’on conserve cette mixture pendant plusieurs jours, en ayant soin de l’agiter de temps à autre. On en recouvre alors uniformément une glace propre sur laquelle on applique l’épreuve au sortir de l’eau de lavage, et l’on prolonge le contact pendant une heure au moins sous une bonne pression. Quand elle est sèche, l’épreuve se sépare de la glace et conserve un brillant remarquable.
- ***
- Coloration du cuir. — On peut donner au cuir une belle couleur marron par le procédé suivant :
- On prend de l’écorce de sapin et d’aune, que l’on traite par l’eau de pluie, en prenant dix volumes d’eau pour un d’écorce. On continue ce lessivage jusqu’à extraction totale de la matière colorante.
- On plonge le cuir dans l’eau ainsi obtenue et on le laisse jusqu’à ce qu’il soit bien imprégné, après quoi on le suspend pour le faire sécher. En répétant trois ou quatre fois cette opération, on obtient la coloration voulue.
- *
- * *
- Manière de nettoyer la soie noire. —
- Une chose peu connue est la méthode « parisienne » de nettoyer la soie noire.
- La soie doit être préalablement brossée avec un drap.
- On la pose ensuite à plat sur une planche ou sur une table et on la mouille avec du café chaud.
- Ce café doit être d’abord filtré dans une mousseline afin qu’il ne contienne aucune; trace de marc.
- La soie est ainsi nettoyée à « l’endroit », sur le beau coté, mais on la repasse ensuite sur « l’envers » en la recouvrant d’un papier.
- Le café enlève toute trace de graisse et donne à la soie une apparence neuve.
- L’essai de ce procédé est facile puisqu’il peut se faire sur un ruban, sur une cravate, et que l’on emploie pour toute préparation une substance que l’on consomme chaque jour.
- Mastic à la glycérine. — Aujourd’hui, la glycérine est mise à contribution pour la préparation d’un mastic au plomb, plus dur et plus résistant, pour les scellements, que le ciment de Portland.
- On pulvérise de la litharge très finement de façon à obtenir une poudre impalpable; puis, on la dessèche complètement dans une étuve à haute température, on mélange alors cette poudre avec de la glycérine en quantité suffisante pour faire un mortier épais.
- Le mastic ainsi obtenu présente une série de propriétés utiles qu’il est bon de mettre en évidence. Il se solidifie rapidement et complètement, soit à l’air, soit par immersion dans les liquides ; son volume reste sensiblement invariable pendant la solidification ; il résiste sans modification à des températures approchant de 300°.
- Enfin, il adhère fortement aux corps avec lesquels on le met en contact. Ce mastic est donc l’idéal des mastics et une intéressante application nouvelle de la glycérine, qui se prête déjà à des usages industriels variés.
- RÉCRÉATIONS
- Plier une pièce de 0,10 centimes, dans un morceau de papier et la coller au plafond. — Dédié aux petits garçons pour grossir leur bourse. — Empruntez une pièce
- de 10 centimes à une personne, et un morceau de papier carré de 15 c/m de côté environ, et annoncez que vous allez coller le tout au plafond.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- MÉÜMiUÉliü
- Fig. 141. — Coller une pièce de 10 centimes au plafond.
- Vous avez mis d’avance dans votre poche des clous à tête plate (ces clous sont employés à clouer les adresses sur les caisses), vous en piquez un au milieu du carré de papier et le couvrez avec la pièce de 10 centimes, vous ramenez les 4 angles du papier que vous roulez en forme de quelle (figure 141).
- Prenez l’appareil do la main droite par la queue et lancez vivement au plafond, la queue maintient à l’appareil la direction verticale, de sorte que le clou va se piquer dans le plafond et tout l’appareil y reste collé.
- Si l’expérience est faite adroitement et que les specta-
- teurs n’aient pas vu mettre le clou, ils se figurent quec’estl’air comprimé, e t essayent mais en vain d’en faire autant.
- Demandez leur une nouvelle pièce de deux sous que vous collerez à côté de la première,, et si l’assistance est nombreuse vous économies au plafond.
- Fig. 142
- Faire pénétrer une allumette dans d’eau bouchée et cachetée.
- aurez de belles
- F. B.
- Faire pénétrer une allumette dans une bouteille pleine d’eau bouchée et cachetée.
- — Dans le fond d’une bouteille faites un trou juste assez gros pour le passage d’une allumette. Les raccommodeurs de porcelaine, de verre, se servent pour faire ces trous du
- manche d’une vieille lime taillé en pointe sur une pierre et c’est le meilleurpro-cédé.
- Ce trou fait remplissez la bouteille d’eau, bouchez, et ficelez fortement.
- Dans ces conditions l’air ne pouvant pas entrer par en haut, l’eau ne s’écoulera pas par en bas et vous pourrez présenter la bouteille tenant une allumette dans la main droite et une autre dissimulée dans la main gauche.
- Occupez le pub 1ic en parlant et en retournant la bouteille, et faites pénétrer l’allumette de la main gauche dans la bouteille par le trou du fond, tout en faisant disparaître celle de la main droite.
- Présentez
- alors la bouteille dans laquelle on voit l’allumette s’élever lentement. F. B.
- uue bouteille pleine
- Ch. MENDEL Directeur-Gérant, n8, rue d’Assas.
- La Fère. — Imprimerie Bayen, rue Neigre.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- LE CYCLONE
- NOUVEL APPAREIL D’ENTRAINEMENT VÉLOCIPÉDIQUE
- et appareil, imaginé par M. L. F. Guignard, est construit comme l’indique la figure ci-contre. Il se compose d’une plate-forme, sous laquelle sont montés trois rouleaux horizontaux mobiles autour de leur axe. Le vélocipède s’appuie sur les trois rouleaux, comme le montre le dessin. Le rouleau antérieur est relié à l’un
- piste qui fuit continuellement scus le vélo-cipédiste. A l’avant de la plate-forme est montée une colonne qui porte un tachymètre et un compteur. Le cycliste peut donc connaître à chaque instant la vitesse avec laquelle il marche, et le total du parcours effectué. Le compteur présente une disposition un peu spéciale, que préfèrent les cou-
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- Fig. 143 . — Le « cyclone » nouvel appareil d’entraînement vélocipédique.
- des deux autres, soit par chaîne, soit par engrenages, de façon à transmettre le mouvement à la roue directrice du vélocipède. La roue motrice s’appuie sur les deux rouleaux postérieurs. Le rouleau d’avant peut être déplacé parallèlement à son axe, pour recevoir des machines de diverses dimensions, car l’un des points caractéristiques de l’appareil de M. Guignard est qu’il permet au véloci-pédiste d’employer sa propre machine, le « cyclone » constituant pour ainsi dire une
- reurs, probablement à cause de son analogie avec la piste ordinaire. Les kilomètres y sont indiqués par un voyant, et les fractions par une aiguille qui se déplace sur un cadran ovale. Ce compteur est ordinairement gradué de 0 à 4 00 kilomètres.
- La vitesse qu’un vélocipédiste peut atteindre sur cet appareil est sensiblement supé rieure à celle dont il est susceptible sur piste. Cela semble étrange de prime abord, quisque le cycliste doit vaincre les frottements de
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- l’appareil en plus de ceux de sa machine ; mais il faut tenir compte de ce qu’il reste en repos dans l’atmosphère, et n’éprouve point la résistance de l’air. (Sur le « cyclone » le mille anglais a été parcouru en «3 minutes et 4/5 de seconde).
- ; L’appareil est muni d’un frein à serrage Variable qui permet d’obtenir une résistance (comme à la montée des rampes).
- • Cotte ingénieuse machine est intéressante à divers points de vue : laissons de côté l’application à l’entraînement proprement dit, qui n’intéresse qu’une certaine classe de vé-locemen et oublions pour un instant le vélo-cipédiste en chambre, qui pourra se livrer à son sport favori, les jours de pluie et de
- neige ; nous nous trouvons encore en présence d’un excellent appareil pour apprendre à monter en bicyclette, appareil d’autant plus parfait qu’il est un peu plus difficile de se tenir sur le « cyclone » que sur la route, et que les chutes sont moins dangereuses, le vélocipédiste étant en repos par rapport aux objets qui l’entourent.
- Enfin, la machine de M. Guignard apporte une preuve de l’exactitude de la théorie du vélocipède en montrant qu’un vélocipédiste, même au repos, se tient facilement en équilibre s’il a la possibilité de varier la base de sustentation de sa machine par rapport au centre de gravité de l’ensemble.
- F. D.
- MONOGRAPHIE -DU STÉRÉOSCOPE
- ien qu’il soit fécond en enseignements, et malgré la magie de ses tableaux, le stéréoscope fût demeuré, sans la découverte de la photographie, une curiosité scientifique bonne tout au plus à la démonstration de certaines lois optiques.
- En effet, la composition perspective de deux images binoculaires d’un objet présentant des reliefs et des creux — partant des lumières et des ombres — offre dans la pratique des difficultés autant dire insurmontables.
- Elle est d’ailleurs forcément limitée à la représentation des solides géométriques, des cristaux aux facettes multiples, que l’enchevêtrement des lignes indiquant leurs arêtes rend si difficiles à représenter dans l’espace, et qui se détaillent merveilleusement au stéréoscope, quand leur figuration a été exécutée d’après les lois qui régissent ce genre de projection.
- Encore les essais qu’on a faits en tentant d’ombrer ces sortes de dessins n’ont-ils donné jusqu’à présent aucun résultat satisfaisant, ù cause de la difficulté de rendre exactement les dégradations d’ombre et de lumière particulières à chacune des deux vues, e; (Seule, la photographie a le pouvoir de donner aux reproductions vues dans le stéréos-
- cope cette illusion de vérité, cette sensation de vie réelle, qui transporte le spectateur en face de la scène qui lui est exposée, et lui en fait sentir toutes les beautés, telles qu’elles sont offertes par la nature.
- L’invention de Wheatstone est tributaire de la découverte qui lie indissolublement les noms de Niepce et? de Daguerre, et ces deux prodigieuses conceptions, d’ailleurs contemporaines, se complètent l’une par l’autre.
- Cependant, hâtons-nous de le constater, de toutes les épreuves vendues sous le nom de stéréoscopiques, il en est bien peu qui méritent ce nom, et qui proviennent réellement de clichés jumeaux, pris d’après nature et de deux points de vue différents.
- Le plus souvent elles sont tirées d’un cliché unique, obtenu par la reproduction à l’atelier d’un tableau fait de chic au crayon et à l’estampe.
- Un artifice de découpage peut les faire paraître dissemblables à des yeux non exercés ; elles ne supportent pas un examen sérieux, et l’instrument pour lequel elles ont été créées trahit sans pitié leur fausseté flagrante. j
- C’est dans cet abus, croyons-nous, qu’il convient de chercher la cause de l’abandon relatif où restent confinés les procédés sté,r
- jLLaa.
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- réoscopiques, la légion toujours croissante des amateurs photographes n’étant pas mise à même de goûter les charmes éminemment séductifs des vérilables épreuves stéréoscopiques, telles qu’on s’attachait à les produire il y a trente ans.
- Aussi est-ce pour tenter de réhabiliter le stéréoscope, dont la notoriété a été ruinée par ces productions hétéroclites, que nous avons entrepris cette petite étude, dans laquelle nous essaierons de donner au jeune amateur qui voudra bien nous accepter pour conseil, les indications nécessaires à l’obtention facile et sans frais des épreuves stéréoscopiques.
- Quelqu’un a dit des préfaces qu’elles étaient faites pour ne pas être lues...
- Nous croyons sincèrement que ces quelques lignes d’introduction ne sont pas sans utilité: elles indiquent le but que vise notre travail en même temps qu’elles présentent notre
- excuse de l’avoir osé écrire.
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- Historique.
- Les impressions lumineuses perçues simultanément par chacun des deux yeux se superposent en une seule sensation physiologique.
- On peut s’en rendre compte par l'expérience suivante :
- On couvre l’œil gauche d’un verre violet, le droit avec un verre jaune d’une teinte complémentaire de la première. Si l’on tixe alors un objet blanc, on le verra jaune ou violet selon qu’on le regardera avec l’un ou l’autre œil; il restera incolore lorsqu’on le verra avec les deux yeux.
- Ce résultat est évidemment probant ; il ne saurait être expliqué par la simple éducation des yeux.
- Les physiologistes s’accordent à penser qu’il y aurait, dans les deux rétines, des parties conjuguées qui donneraient une môme sensation.
- Nous n’aborderons pas ici l’étude des sensations coloratives, qui ne sont pas de notre domaine : nous n’en retiendrons que celles qui sont inséparables des manifestations lumineuses, particulières au stéréoscope, à l’examen desquelles nous passons sans transition.
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- Quand on fixe un objet avec les deux yeux, leurs axes optiques sont dirigés sur lui : on dit que les lignes de vision convergent lorsque l’objet est rapproché ; on admet qu’elles sont parallèles s’il est à l’infini.
- Le relief résultant de ces deux visions simultanées est d’autant plus puissant que les lignes visuelles sont plus convergentes, qu’elles enveloppent davantage l’objet.
- Le stéréoscope (1) jouit des propriétés suivantes :
- Il fait coïncider les deux images obtenues d’un même objet, dessiné en le regardant alternativement de l’œil droit et de l’œil gauche ;
- Il donne par la superposition artificielle de ces deux images, dites binoculaires, la sensation des creux et des reliefs, offrant au sens de la vue l’illusion de cet objet vu en perspective ;
- Il détermine la distance respective de chacun des plans de cet objet, et leur placement normal ;
- Il donne enfin la notion corporelle de l’objet lui-même.
- (A suivre). René Délié.
- Electricité pratique
- ouveau voltmètre. — L’on peut construire très facilement un petit voltmètre basé sur un principe nouveau. Voici la manière d’opérer :
- L’aiguille AB est une aiguille à coudre ordinaire aussi longue et mince que possible, elle est enfilée avec un petit fil de soie ou mieux de platine qui, tendu entre les pinces C . et D, lui sert de pivot.
- Elle vient reposer sur un fil de platine EHG que traverse le courant ; plus le courant est intense et plus le fil de platine s’allonge en s’échauffant, ce qui laisse baisser l’aiguille ; si l’intensité diminue, en même temps qu’il se refroidit, le fil se raccourcit et soulève l’aiguille.
- (i) Du grec attpèoç, solide, et cxoïuéa), je vois.
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- Ce système, beaucoup plus facile à construire soi-même que le système ordinaire, a aussi l’avantage de supprimer l’aiguille aimantée qui perdait assez rapidement son magnétisme.
- Le fil de platine, quoique très fin, dure Irès longtemps et peut d’ailleurs se changer avec la plus grande facilité.
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- Note sur les piles au sulfate de cuivre.
- — Dans les piles Daniell, le sulfate de cuivre
- traverse quelquefois le vase poreux et, en se décomposant au contact du zinc, le recouvre d’une couche pulvérulente de cuivre réduit; il se forme alors des circuits locaux qui usent le zinc en pure perte.
- On peut remédier à cet inconvénient en remplaçant l’eau acidulée par un mélange de sel ammoniac et de carbonate de soude. Le sulfate de cuivre qui se mêle à cette solution est immédiatement précipité sous forme de carbonate de cuivre; le zinc est suspendu dans un petit sac de toile de façon à ne pas être en contact avec le précipité qui se ramasse au fond du vase.
- J’ai obtenu de bien meilleurs résultats en mettant deux vases poreux l’un dans l’autre et en remplissant l’entre-deux avec du sel ammoniac et du carbonate de soude, le zinc se trouve dans le vase central rempli d’une solution de sel ammoniac.
- La résistance est un peu plus grande, mais le zinc est bien mieux préservé que dans le modèle précédent.
- L’acide sulfurique libie qui traverserait le vase poreux serait neutralisé par le carbonate de soude. René Michel.
- LES FALSIFICATIONS DES DENRÉES ALIMENTAIRES
- MOYENS SIMPLES ET FACILES POUR LES METTRE SOI-MÊME EN ÉVIDENCE (suite).
- X. — Pâtes alimentaires.
- Ses pâtes alimentaires sont des préparations sèches ou molles, faites avec de la farine provenant de blés durs riches en gluten. Les plus connues sont le vermicelle, le macaroni, la semoule, les lasagnes, etc., on les désigne encore sous le nom de pâtes d'Italie, parce qu’elles ont été d’abord préparées dans ce pays. Mais les pâtes alimentaires fabriquées à Lyon et à Clermont avec les blés durs d’Algérie et d’Auvergne ne le cèdent en rien à celles provenant d’Italie.
- La préparation de ces produits, dont on fait une grande consommation, consiste à faire une pâte très ferme en pétrissant mécaniquement la farine avec un tiers de son poids
- d’eau bouillante, puis on procède au moulage.
- Pour cela, la pâte est placée dans un cylindre en bronze percé, à sa base inférieure, de trous dont la forme correspond à celle du produit à obtenir. Une forte pression est exercée sur la pâte, grâce à un pilon mû par une presse hydraulique ou par la vapeur. Tandis que le piston descend très lentement, la pâte moulée s’écoule par les ouvertures, près desquelles un ventilateur les dessèche superficiellement ahn qu’elles n’adhèrent pas les unes aux autres ; puis on les coupe, soit à l’aide de ciseaux, soit mécaniquement.
- Ces diverses pâtes, lorsqu’elles sont bien fabriquées avec des produits de choix, sont riches en gluten, elles renfermeront beaucoup plus de matières azotées qu’un poids égal de pain et sont, par cela même, très nutritives.
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- Voici d’ailleurs, d’après M. Boussingault, la composition chimique de quelques-unes de ces préparations comparées à celle du pain, des pommes de terre et des haricots :
- Gluten albumine on légumine Amidon et dextrine Matières grasses Phosphates et autres sels D w Azote p. 100
- Pain 7.0 55.3 0.2 1.0 36.5 1.12
- Haricots blancs 26.9 48.8 3.0 3.5 15.0 4.30
- Pommes de terre 2.8 23.2 0.2 0.8 73.0 0.45
- Macaroni 21.3 61.7 L0 0.8 12.2 3.41
- Vermicelle 9.6 76.4 0.3 1.3 12.5 1.52
- Petites pâtes 18.9 66.6 1.3 0.7 12.5 3.03
- Pour donner plus d’apparence à ces produits alimentaires on colore légèrement la pâte en jaune avec du curcuma en poudre ou avec du safran pour les pâtes les plus fines, mais ces adjonctions faites en petites quantités ne constituent pas des falsifications. 11 n’en est pas de même lorsqu’on les remplace par des couleurs minérales ; ces dernières peuvent être mises en évidence en épuisant la pâte avec de l’alcool qui enlève la substance colorante, celle-ci est alors caractérisée par les procédés indiqués à l’article bonbons et confiserie, auquel nous renvoyons nos lecteurs.
- Quelquefois la farine employée pour la confection de ces produits est de qualité inférieure, alors les pâtes contiennent un gluten qui se désagrège facilement. Pour reconnaître cette tromperie, il faut d’abord mettre à part le gluten ; pour cela, on pulvérise la pâte dans un mortier en porcelaine, on ajoute un peu d’orge germée ou malt et l’on maintient le tout à une température voisine de 50 à 60 degrés. L’amidon se saccharifiepeu à peu, il devient soluble, on peut donc le séparer par filtration. Sur le filtre reste le gluten qui sera recueilli et examiné, à la loupe de préférence.
- Il arrive aussi qu’à la farine de froment on substitue d’autres farines de moindre valeur ; le plus souvent on emploie frauduleusement la farine de maïs. Un essai très simple, mais qui nécessite l’emploi du microscope, mettra sur la voie. La pâte sera pulvérisée, on prélèvera .tin peu de poudre qu’on humectera d’une goutte d’eau et qu’on placera sur une lame de verre, celle-ci mise sur l’objectif du microscope fera voir, même à un faible grossissement la structure de la farine de blé et celle de la farine du maïs. La première se présente en morceaux lenticulaires ayant un diamètre de 0mm. 350 à 0miu. 200 ; la farine de maïs, au contraire,montre des grains polygonaux étoilés, leur diamètre varie entre 0mm. 0132 et 0mm. 0220.
- (A suivre). A. Larbalétrier.
- L’EXPOSITION CARTOGRAPHIQUE
- DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE
- ®n peut voir, en ce moment, à la Bibliothèque nationale, une fort belle exposition de cartes d’Amérique imprimées de la fin du xvie au commencement du xvn.e siècle : l’exposition, inaugurée le 13 Juillet, restera ouverte jusqu’en novembre.
- Les plus anciens de ces documents remontent à 1502. Deux portulans de cette date sont exposés. Les Antilles sont déjà entièrement connues ; Terre-Neuve, l’angle nord du Brésil, les côtes de la Caroline sont dessinés avec assez d’exactitude par Nicolas de Car-neiro et un autre cartographe resté anonyme.
- Un exemplaire du Ptolémée de Strasbourg,
- daté de 1513, nous montre les Grandes Antilles, sous leurs noms primitifs d’Hispaniola et d’isabella. Le Groenland est déjà connu, mais il est soudé à la terre d’Asie.
- En 1534, Gaspard Viega dresse son portulan. Pour la première fois, nous voyons apparaître la Plata, démesurément élargie, énorme estuaire semé d’îles multicolores, semblant couper en deux le continent. Une mappemonde de 1546 reproduit encore cette disposition. 1532 nous présente un globe de bois sur lequel le monde est conçu selon la cosmogonie de Colomb. Ses premières découvertes se soudent par des terres aux lointains pays de l’Asie,
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- Après ces documents primitifs, qui rappellent la conquête, viennent les cartes consacrées aux expéditions particulières, aux recherches que nous appellerions aujourd’hui scientifiques et coloniales. Ici c’est une révélation pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire des Amériques. C’est une véritable apothéose du génie colonial de la France.
- Avec les Français en Amérique, nous voyons la cartographie devenir enfin œuvre à la fois savante, précise et artistique. Le portulan gothique, où les noms sont écrits un peu dans tous les sens, disparaît pour faire place à des dessins nets et clairs. Dès 1566, Guillaume le Testu, du Haure, nous donne un atlas qui est une merveille.' On est encore un peu hanté par les souvenirs de l’ancien monde. C’est ainsi que le golfe de Californie s’appelle mer Rouge, faisant pendant à la vieille mer Rouge d’Éthiopie et d’Arabie. Mais à côté de cette part faite à l’imagination, on a l’impression d’un labeur énorme et d’une œuvre savante. La perle de l’exposition, l’œuvre qui fait le mieux prévoir nos cartes modernes, c’est une des cartes de Pierre Devaulx. Ici le goût français éclate. Netteté des contours, précision du trait et de la lettre, équilibre parfait distinguent ceste carte (qui) a este faiste au haure de Grâce, par Pierre Deuaulx, pilote géographe pour le Roy, lan 1613. Certes le dessinateur n’a pas rompu avec son temps : il a, lui aussi, peuplé la mer de tritons et de sirènes, de navires soulevant les flots et faisant feu de leurs caronades, de têtes joufflues soufflant pour soulever la vague; mais ses dessins ont une grâce qui tient à la fois du style mièvre du moyen âge et du goût nouveau de la Renaissance. Aux couleurs éclatantes, aux enluminures hiératiques des missels, il ajoute un sentiment profond de l’art nouveau et, en même temps, un réalisme inattendu dans les petites scènes humaines qu’il a disposées dans les vides de ses continents. Alors on voyait une France nouvelle vers le bassin de l’Amazone, Pierre Devaulx nous la montre sous le nom de France antarticgue. Là, souvenir de l’âge d’or, des Indiens vêtus d’un pagne dansent autour d’un arbre; un homme et une femme nus se promènent, celle-ci un perroquet sur la main ; un canibale passe avec un énorme bâton sur l’épaule.
- Cette France d’outre-mer, qui obsède les
- esprits, devient, en 1665, la France ëquinoc-tiale dans une carte du sieur Le Febure de la Barre, carte en cavalier présentant sous un séduisant aspect l’île de Cayenne, le Maroni et l’Approuague.
- Pierre Devaulx a des rivaux dans les deux auteurs du planisphère de Harmen et Martin Ianss, dressé en 1610. Ici les dessins ont franchement rompu avec tout souvenir du moyen âge. Le réalisme a disparu, nous sommes en pleine allégorie. C’est moins une carte qu’une vaste composition rappelant, pour le modelé des formes et le pittoresque du détail, certains tableaux de Rubens. Le trait géographique n’est ici qu’un prétexte à tableau, comme une arabesque d’encadrement. De cette vaste composition se détache surtout un groupe superbe : les Quatre Parties du monde.
- Cette Amérique du siècle dernier fait bien peu prévoir la grande Amérique de nos jours: New-York, que l’on appelait alors Manathus, ne comprenait qu’un fort, trois moulins et une vingtaine de maisons éparses dans l’ile et sur les bords de l’Hudson ; sur le plan qui nous la représente ainsi dans son origine, on lit les noms des premiers colons hollandais. D’autres plans de la même ville, à diverses époques, permettent de suivre le développement de la cité jusqu’à la fin du xvnr siècle. Ce qui a été fait pour New-York l’a également été pour Baston (Boston), Charleston, Pittsburg, Rio-Janeiro et nombre d’autres localités, que nous voyons aussi à l’époque où ces immenses cités n’étaient encore que de modestes bourgades.
- Malgré le contraste entre ces humbles débuts et l’opulence actuelle des grandes cités américaines qui semble solliciter l’attention, c’est toujours vers les itinéraires de nos voyageurs, vers le Canada, la Louisiane, la France équinoxiale que nous revenons. Dans cent ans, nos petits-neveux regarderont sans doute avec la même émotion patriotique les originaux de nos cartes de découvertes dans l’Indo-Ghine, le Soudan, le Sahara et le Congo. Puissent-ils ne pas connaître, pour ces colonies de la France du xix° siècle, dirons-nous avec un de nos confrères, l’amertume de nos regrets, quand nous voyons en d’autres mains les riches et florissantes contrées découvertes et peuplées par nos pères.
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- LES MANUSCRITS ET L’ART DE LES ORNER (Suite)
- l^y^PïANS le deuxième livre de son ouvrage, A-D^onse Labitte donne des des-cviptions des divers manuscrits datant du septième au dix-septième siècle, et il agrémente son texte de fac-similé et de spécimens de miniatures, personnages, lettrines, encadrements, etc., de ces différentes époques.
- Les lignes qui suivent et qui sont données sous forme de conclusion indiquent très bien l’objet et le plan de cet intéressant travail.
- « Nous ne nous sommes pas astreint à ne reproduire que les plus belles, mais aussi les plus rares ornementations artistiques ou calligraphiques contenues dans les manuscrits du moyen âge ; notre but n’aurait pas été atteint ; du reste, la presque totalité des œuvres de haute valeur ont déjà été reproduites et décrites par des mains plus expérimentées que la nôtre; nous avons simplement désiré aider tous ceux qui s'intéressent aux manuscrits, dans la connaissance de leurs différentes transformations opérées à travers les siècles, afin qu’ils soient à même de pouvoir les discerner par comparaison, en s’initiant à leur description ou à leur représentation.
- « Dans la réunion de ces documents, les artistes et les industriels d’art puiseront des renseignements profitables; les miniaturistes et les enlumineurs modernes, tous ceux et surtout toutes celles qui ont le désir d’entreprendre l’ornementation d’un livre, y rencontreront des modèles ou des inspirations qui leur faciliteront leur agréable et minutieux travail; enfin l’étudiant et même l’écolier pourront y trouver des éléments susceptibles d’augmenter leur bagage scientifique et artistique ».
- Il ne faudrait pas cependant conclure de ce qui précède que l’auteur eût tenu à ne rien dire des chefs-d’œuvre qui font la gloire des musées ou des riches collections ; non, mais ce qui caractérise essentiellement sa méthode, c’est qu’il n’a pas voulu s’en tenir seulement à l’examen de ces œuvres capitales, et que, se plaçant à un point de vue •plus pratique, il a voulu donner « plus de documents provenant de manuscrits d’une
- valeur moyenne qu’on rencontre assez fréquemment et qu’on peut acquérir dans des conditions abordables, en librairie ou dans les ventes publiques ».
- Ces manuscrits hors ligne, ces « œuvres de haute valeur» ont d’ailleurs été analysés dans des monographies remarquables signées Lecoy de la Marche, Robert de Lasteyrie, Léopold Delisle, Bordier, Pawlowski, Paul Durieu etc., et de quelques autres érudits des plus expérimentés : mais M. A. Labitte, en envisageant surtout les manuscrits de valeur moyenne, en multipliant les recherches, les observations personnelles, les descriptions, a pleinement réussi à faire de son ouvrage, le véritable guide indispensable de tous'ceux qui aspirent à connaître le manuscrit.
- Cette étude documentée, il la poursuit à travers les âges, et c’est ainsi que, de siècle en siècle, depuis le VIIe jusqu’au XVIIe, il a passé en revue tous les manuscrits susceptibles de donner par leur exécution ou leur ornementation, les renseignements nécessaires à la connaissance d’une époque.
- Les gravures, tirées avec le plus grand soin, font de l’ouvrage un véritable musée à travers lequel on ne se lasse pas de se promener. Que de curieuses descriptions depuis celle de la Bible de Charles le Chauve jusqu’à celle des Evangiliaires du IXe siècle, du livre d’Heures d’Anne de Bretagne, du livre d’Heures d’Henri II, jusqu’à célle de la Guirlande de Julie, en passant par les splendides miniatures de Jean Fouquet qui sont à cha-tilly, et par ce merveilleux Hortus Delicia-rum, du XIIe siècle, qui fut brûlé lors du bombardement de Strasbourg, le 23 août 1870.
- A ce sujet, l’auteur évoque ce souvenir du passé : « Pline rapporte que Jalius empêcha le roi Demetrius de prendre Rhodes, dans l'appréhension qu’il avait de brûler les tableaux renfermés dans le musée de cette cité. Ne pouvant pas mettre le feu dans la ville, il préféra épargner la peinture que, dp recevoir la victoire qui lui était offerte,».? q
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- barie et le vandalisme de nos vainqueurs j manuscrit, et des plus complètes au point de de 1870. 1 vue symbolique. Gomme dans la plupart des
- Fig. 145. — Réduction d une miniature tirée d’un Evangiliaire du ix° siècle. (Dimensions de l’original, 430 mm. de hauteur sur 310 mm. de hauteur).
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- autres peintures de 1 Hortus, de nombreuses légendes remplissaient tonies les portions du
- moderne et des moyens d arriver à lui donner une renaissance éclatante, en choisissant les
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- Fig. 146. — Réduction d’une miniature de l’üor^s Beliciarum, xnc siècle (Le Crucifiement) (Dimensions de l’original, 45 cm. sur£85 cm.)
- champ que les figures ne couvraient pas ». Enfin le livre III s’occupe de l’enluminure
- plus beaux exemples d’ouvrages mis en vente chez certains éditeurs contemporains, et en
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- indiquant les manières d’enluminer quelques pages tirées de ces ouvrages.
- L’enluminure est un art charmant qui a eu ses périodes de gloire et dont la décadence commença dès que l’imprimerie eut mis à la disposition de la pensée humaine des moyens d’illustration presque aussi ra-
- A TRAVERS
- Statistique d’arbres foudroyés.— D’après des recherches exécutées dans les forêts de la principauté de Lippe, entre le Hanovre et la Westphalie, on a remarqué que, sur 40 arbres frappés par la foudre, plus de 25 étaient des chênes et 2 seulement des hêtres. Tous les arbres étaient sains, sauf un seul. Pour 11 arbres, le fluide frappa sur le sommet, 14 furent atteints sur des branches sèches ; 11 reçurent la décharge sur le tronc et 4 sur des branches vertes. Dans 34 cas, l’éclair descendit le long du tronc; ce dernier fut fendu en deux dans 1 cas. Dans 3 cas, la foudre descendit le long de l’arbre sans l’endommager ; jamais elle ne passa d’un arbre à un autre. A part 6 arbres qui furent débités en esquilles, on put constater 31 fois que le fluide avait suivi les fibres longitudinales; dans 3 cas, la trace était plus ou moins spiralée. Relativement à leur situation, les arbres endommagés se répartissent comme suit : 5 isolés, 6 à la lisière, 8 dans les parties peu denses du bois et 21 dans les parties serrées. La plupart avaient plus de 10 mètres de hauteur ; deux fois seulement des arbres moins élevés furent atteints. Pendant la période 1874-1892, 570 arbres ont été foudroyés dans les forêts de la Principauté ; le maximum (81) tombe en 1884, le minimum (4) en 1883.
- (Revue scientifique.)
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- Les cataractes du Niagara. — Il résulte d’une lettre du professeur Forbes au Times, que l’utilisation d’une force de 100,000 chevaux, empruntée aux chutes du Niagara, est en voie de s’accomplir.
- A plus d’un mille au-dessus des chutes, on a creusé un canal de plus de 450 mètres de longueur, perpendiculaire à la rivière. Un puits vertical de 42 mètres de profondeur conduit à un tunnel de 8m40 sqr 5m40 de sec-
- pides qu’elle-même : elle revient néanmoins en vogue, et si cet art renaît tout à fait,, comme c’est bien à désirer, ses plus fervents adeptes devront beaucoup de reconnaissance à l’auteur et à l’éditeur du magnifique ouvrage que nous venons de présenter à nos lecteurs. G. Chaplot.
- LA SCIENCE
- lion et de 2 kilomètres environ de longueur, avec pente de 7/1000. Ce tunnel aboutit au-dessous des chutes, exactement sous le pont suspendu. Tous ces travaux sont presque achevés.
- De puissantes turbines seront actionnées par cette dérivation et fourniront la force à des usines que l’on est en train de construire.
- ***
- Un canon de 122 tonnes. — Si l’on en croit notre confrère Iron, M. Krupp a été invité par l’empereur d’Allemagne, à envoyer à Chicago un canon monstre de 122 tonnes. C’est là une dépense excessive imposée au constructeur allemand, dépense qui, dans l’espèce, résulte de difficultés techniques considérables au point de vue du transport, difficultés telles que Ton se demande avec anxiété si le formidable engin retournera jamais sur les terres qui l’ont vu et fait naître.
- Deux ingénieurs ont été envoyés en Amérique pour prendre les mesures nécessaires en vue de ce transport, tant au point de vue de la solidité de la voie qu’à celui du transbordement; il n’existe pas, en effet, en Amérique, de grue assez puissante pour effectuer
- ce transbordement. (La Nature.)
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- La population israélite. — Au moment où se produit, dans certains États de l’Europe, un courant d’émigration de la population israélite, il n’est pas sans intérêt de connaître le chiffre total des israélites dans le monde entier et de quelle façon cette population se répartit : l’Europe en comprendrait 8,174,000; l’Asie, 300,000; l’Afrique, 225,000 ; l’Amérique, 250,000 ; l’Océanie, 12,000. Le total général des israélites dans le monde entier est donc d’environ 9 millions,
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- groupés de la façon suivante : en Allemagne, 3,400,000; en Rassie, 2,552,000; Autriche-Hongrie,'1,644,000 ; France, 180,000; Turquie, 104,000 ; Roumanie, 265,000 ; Bulgarie, 10,000; Suisse, 7,000; Danemark, 4,000; Serbie, 3,500 ; Belgique, Grèce et Suède, 3,000 ; Espagne, 1,000 ; Gibraltar, 1,000; Turquie d’Asie, 195,000; Russsie d’Asie, 47,000; Perse, 18,000 ; Asie centrale, 14,000 ; Inde, 19,000 ; Chine, 1,000; Abyssinie, 200,000; Maroc, 6,000 ; Egypte, 8,000; Tripolitaine, 6,000; Tunisie, 5.000. Enfin, sur les 250.000 Israélites que compte l’Amérique, 230.000 résident aux États-Unis.
- # *
- La pêche à la vapeur. — Si nous en croyons notre confrère des Étangs et Rivières, les Américains ne sont pas près de perdre leur renom d’hommes pratiques; leur dernière découverte en fait foi. C’est tout simplement la pèche à la vapeur.
- On commence à établir ces pêcheries à la vapeur dans les îles de l’Amérique et surtout près de l’embouchure des fleuves. Un petit navire à vapeur mène les filets à un mille de distance, et les deux bouts en sont ramenés le lendemain, grâce à des machines autour desquelles s’enroulent les câbles tenant les filets.
- On fait ainsi des pêches miraculeuses. On cite une récolte de 300,000 poissons en un seul jour.
- Pour être précis disons, en terminant, que la plus importante de ces pêcheries est située à l’embouchure de la Susquehannah, à l’entrée de la baie de Chesapeak.
- Cette pêche nous semble un crime par la grandeur de ses moyens de destruction, un crime de lèse-nature, et le Congrès de la pêche de l’Exposition de Chicago réprouvera, nous l’espérons, cette pratique, et demandera des défenses sévères.
- MANUEL DU COLLECTIONNEUR DE TIMBRES-POSTE (suite)
- éhabilitation du Timbre. — Nous craignons pourtant que cette considération ne réussisse pas à vaincre complètement les préjugés qui s’attachent à la collection des timbres. Soyez numismate, collectionneur de vieilles armes, de vieux meubles, naturaliste, botaniste, bouquineur, personne ne trouvera rien à y redire, mais si vous avouez votre faible pour les timbres, vous apercevrez chez vos amis et même vos parents un léger sourire moqueur dont ne triompheront pas les plus beaux raisonnements du monde ; en essayant d’expliquer votre passion, vous aurez l’air de vous en excuser et il ne faudra pas être trop surpris si vous entendez un jour dire de vous : « Ce pauvre X*** faut-il qu’il ait baissé. Imaginez-vous qu’il fait une collection de timbres ! » Nous avons donc à entreprendre une véritable réhabilitation du timbre.
- Nous avons déjà montré qu’il existe des monnaies très-rares, des armes de valeur, d’anciens livres très recherchés, il y a aussi des timbres d’un prix très élevé dont la possession doit être tout aussi intéressante.
- Nous avons indiqué de très hauts personnages qui ne dédaignent pas ce passe-temps ; nous devons ajouter à cette liste la jeune reine Wilholmine des Pays-Bas dont nous reproduisons le gracieux portrait et à laquelle sa mère, la reine Emma, fait faire une collection de timbres, estimant que ce sera pour elle le meilleur moyen de se familiariser, tout en s’amusant, avec les principales notions de l’histoire et de la géographie des différents peuples.
- Pour bien faire comprendre l’importance des timbres, nous devons donner quelques détails sur l'Union postale universelle, c’est-à-dire la convention internationale qui permet entre autres facilités d’expédier une lettre dans les contrées les plus lointaines moyennant 25 centimes. Fondée à Berne, en 1874, l’union postale universelle comprenait seulement une superficie de 40 millions de kilomètres carrés et 350 millions d’habitants.
- Aujourd’hui, depuis le dernier congrès postal de Vienne, où 130 états étaient représentés, elle s’étend à 96 millions de kilomètres carrés et 946 millions d’habitants.
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- Tous les pays en font partie, excepté le Gap, l’Etat d’Orange, la Chine et quelques états minuscules de l’Afrique et de l’Asie.
- Cette convention internationale peut être considérée comme un des évènements les plus importants du dix-neuvième siècle.
- Les relations avec l’étranger, avec les contrées les plus éloignées, se sont accrues dans d’énormes proportions et rien n’est joli comme le courrier que le facteur apporte chaque jour à un collectionneur ou à un marchand de timbres. Les couleurs les plus vives, les profils les plus extravagants comme les plus .gracieux, les grands comme les plus petits formats, les oblitérations les plus bizarres, tout se trouve sur ces simples vignettes qui font la joie des amateurs.
- Pas de fausse honte, collectionneurs mes frères, détachez avec soin les timbres que vous recevez, prenez bien garde d’endommager leur dentelure et amusez-vous à les coller sur vos albums.
- Pour vous donner du courage, voyez un peu ce qui s’est passé dernièrement dans l’état de Johore, en plein Hindoustan. Cet état vient de faire paraître une première émission de timbres-poste, au grand ébahissement des indigènes qui se demanderont encore pendant de longs mois à quoi peuvent bien servir ces petites vignettes gommées représentant les traits augustes de leur plus ou moins gracieux souverain.
- A cette occasion le Sultan de Johore à donné de grandes fêtes dont les journaux de Singapore ont publié tous les détails. Rien n’y a manqué: discours, banquets, courses en sacs, chevaux de bois, illuminations, concerts militaires... S’il y avait eu seulement un tout petit couronnement de rosière on se serait cru dans la banlieue de Paris ou dans une petite ville de province. Décidément le souverain de cet heureux pays doit être tout à fait un sultan fin de siècle. Voici du reste, le programme complet de cette fête donnée le 16 novembre 1891, en l’honneur de notre fétiche le timbre-poste :
- Discours d’ouverture par l’honorable Dato
- Dalam, le directeur général des Postes, M. Howard E. Bentley et le non moins honorable Dato Sri Amar d’Raja.
- Réponse du Sultan, lequel avait revêtu son costume le plus chamarré.
- Divertissements divers. Le soir, dîner de gala offert aux souverains et aux notabilités du pays par M. et Mme Iloward Bentley.
- Le Bungalow avait été magnifiquement illuminé et des flammes de ben gale multicolores ne cessaient d’embraser les abords du Palais.
- Pour que notre compte rendu soit complet, nous devons donner le programme des morceaux exécutés par la musique militaire :
- Schnell-marche............Hewitt.
- La Couronne d’or, ouverture Herman.
- Les Gondoliers, valse . . . Bucatossi.
- Dolorès, fantaisie espagnole . Métra.
- Estudiantina, valse. . . . Waldteufel.
- Les Cladoches, polka . . . Ileymans.
- Johore, hymne.............XXX.
- Voilà un pays au moins où un collectionneur de timbres ne risquerait pas d’être bafoué comme en France. Qui sait même si les indigènes ne le considéreraient pas à l’égal d’un dieu ou au moins d’un demi-dieu 1 Ils seraient capables de l’adorer et nous ne saurions trop conseiller à ceux de nos lecteurs qui ont la passion des grandeurs de s’embarquer pour Johore, munis de leur précieuse collection. Il n’y aurait qu’un revers à la médaille ; le sultan pourrait être jaloux de la popularité et, comme dans un pays, les moyens ne manquent pas pour se débarrasser d’un gêneur, il y aurait certaines précautions à prendre pour éviter une fin tragique.
- Somme toute, il est encore préférable de de rester en France où les mœurs sont moins rudimentaires et où l’on met du moins quelques formes pour faire disparaître même un criminel.
- Mais il nous semble que le sultan de Johore nous a entraîné un peu loin de notre sujet. Ce que nous voulons plaider, c’est non pas la barbarie plus ou moins raffinée de tel ou tel pays, mais la réhabilitation du timbre.
- Nous avons fait dans ce but de valeureux efforts. Avons-nous réussi à lever quelques scrupules ? Pas encore 1
- Eh bien, continuons en citant quelques exemples, quelques anecdotes dont nous
- Fig. 147.
- Timbre-poste de l’Etat de Johore (Hindoustan).
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- garantissons l’authenticité et qui prouveront jusqu’où peut pousser la passion des timbres-poste.
- Voici le moyen ingénieux trouvé par un négociant anglais pour se procurer des timbres de tous pays.
- Il fit insérer dans un journal phi-la t é 1 i q u e américain l'annonce suivante :
- Mariage.
- — Une jeune fille cle 20 ans, jolie et possédant t ouïes sortes de qualités, ayant une fortune de 800,000 dollars , voudrait épouser un jeune hom me, de préférence èlran g er, sans fortune. Adresser toutes communications au bureau du journal, sous les initiales J.C.L.
- Les lettres ne tardèrent pas a affluer au bureau du journal et il ne se présenta pas moins de 25,000 demandes, de sorte qu*en classant ces 25,000 lettres, le négociant anglais put recueillir un joli stock de timbres de l’univers entier.
- Pendant l’exposition de Paris, en 1889, une dame fut moins heureuse que le négociant en question. Elle se trouvait à l’Eden-Théâtre,
- dans une loge, en compagnie de son mari, un bon bureaucrate bien tranquille, bien bourgeois, et de trois petits enfants. Dans une loge voisine, elle aperçoit deux Indiens Sioux. A partir de ce moment, elle ne tient plus en place : on comprend qu’un projet
- extraordinaire germe dans sa cervelle. Elle est inquiète, ne répond pas ou répond de travers à son mari, n ’ é -coûte pas ses enfants qui se plaignent d’avoir faim. Son mari se fi g u r e qu’elle a ou* b 1 ié son mouchoir de poche et charitablement lui fait passer le sien en dissimulant sa manœuvre aussi adroitement que possible, Mais elle no voit rien; elle est rouge et agitée comme si elle méditait une mauvaise action. Enfin, prenant son courage à deux mains, elle se penche en dehors de sa loge, frappe discrètement sur l’épaule d’un des Indiens Sioux et lui dit, d’une voix tremblante, à peine perceptible : « Seriez-vous assez bon pour me donner un timbre de votre pays ! 1 »
- Nous citerons aussi quelques annonces
- Fig. 148. — La reine Wihelmine des Pays-Bas.
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- bizarres extraites de journaux timbrologiques.
- D’abord celle qui, dernièrement a été reproduite par tous les journaux mondains :
- « Un collectionneur de timbres-poste, possédant 12,544 pièces épouserait demoiselle collectionnant aussi, qui aurait le 2 pences bleu de Maurice 1847. *
- Puis d’autres moins connues :
- « Pour un 90 c. 1869 des États-Unis, f offre 4 anciens pots indiens et un œil-de-chat [pierre précieuse). »
- « Pour la série complète des timbres Neios-Papers d’Amérique, je donne en échange : 2 revolvers, 3 montres, 4 têtes d’antilope, 2 têtes de cayote, une lanterne magique et un ballon captif! »
- « Trois lapins belges et une biche très-bien apprivoisée et grasse (!) sont offerts en échange d’une grande collection. Le directeur du journal, voulant se défaire de sa collection,informe qu’il cherche, en échange de timbres rares : des poulets de race, un lapin bélier, des lapins géants belges, des canards, des dindons et des faisans. »
- Et la plus extraordinaire de toutes :
- « Crânes humains »
- « On désire acheter 2, 3 pièces. — On les échange également contre des timbres rares ! » etc. etc.
- - Nons en passons et des plus curieuses, mais ces quelques citations doivent suffire à prouver l’importance de l’agio qui se fait au
- moyen des timbres-poste. On les échange contre toutes sortes d’objets précieux et rares, on s’en sert même pour prendre femme ; c’est, dans un certain milieu, une monnaie courante avec laquelle on peut tout se procurer. Ouvrez n’importe quel journal philatélique de Paris ou de province, vous verrez que l’on vous offre, en échange de timbres-poste usés, des bicyclettes, des ouvrages de librairie, des ustensiles de ménage, des invitations de chasse, etc. etc.
- Il y a donc tout intérêt à se mettre ardemment à la recherche d’un nombre suffisant de timbres variés de tous pays pour constituer une jolie collection, à amasser un certain nombre de doubles dont on se défait en les échangeant soit contre d’autres timbres que l’on ne possède pas, soit contre des objets de valeur.
- Le commerce des timbres a pris ces dernières années, une extension considérable. Au lieu de diminuer, le nombre des amateurs augmente chaque jour et cette passion du timbre est tellement captivante que l’on ne voit jamais un collectionneur dédaigner ni reléguer son album. Il y consacre le temps dont il dispose, peu ou beaucoup, suivant ses occupations et trouve dans sa collection une distraction saine, intéressante et instructive. Nous consacrerons, à la fin de ce manuel, un article spécial aux connaissances en histoire et en géographie que l’on peut acquérir par le seul moyen d’une collection de timbres.
- [A suivre) S. Bossakiewicz.
- LA SCIENCE PRATIQUE
- Préparation d’un ciment blanc. — M. O.
- Fahnejelm indique le procédé suivant pour préparer un ciment blanc, trouvant son emploi dans l’ornementation architecturale, et plus résistant que le plâtre : on calcine au rouge vif 75 parties de craie pure bien dé-bourbée avec 25 parties de kaolin et on passe au moulin. On obtient une poudre d’un blanc de neige qui, si la calcination a été trop forte, présente souvent une pointe de bleu. Ce ciment, seul ou additionné de quelques centièmes de plâtre, constitue un
- excellent mortier hydraulique faisant prise sous l’eau et présentant déjà une résistance de 10 kg. par centimètre carré, sept jours après sa préparation. En trois mois, elle s’élève à 25,5 kg. par centimètre carré. Ce ciment ne se coule pas comme le plâtre, mais se travaille comme le ciment de Portland.
- (Moniteur industriel).
- ***
- Procédé pour le nettoyage des cuivres.
- — L’eau de cuivre nettoie fort bien les cuivres ; mais, elle offre l’inconvénient de tacher
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- LA science en famille
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- soit les étoffes, soit les parquets sur lesquels on vient à en répandre, sans compter les risques d’empoisonnement.
- Voici, d’après la Question, la recette d’une composition tout à fait inoffensive et dont l’effet est soi-disant merveilleux.
- Avec de la pierre ponce en poudre et de l’huile d’olive on fait une bouillie dans laquelle on trempe le linge destiné au nettoyage des cuivres, et on essuie avec un linge sec.
- ***
- Manière très simple de savoir la taille qu’aura un cheval, à l’âge adulte. — La
- croissance des chevaux, en ce qui concerne la hauteur de la taille, s’arrête généralement entre 4 et 5 ans. Après 3 ans accomplis, il est rare que les membres s’allongent encore, mais la carcasse augmente en profondeur, entre le garrot et la partie de la poitrine située exactement au-dessous.
- La mesure du membre antérieur d’un poulain ou pouliche de 3 ans, depuis le centre de l’articulation du coude jusqu’au centre de l’articulation du boulet est également la mesure de la profondeur de poitrine de l’animal adulte, du centre de l’articulation du coude à la pointe du garrot.
- Aussi si l’on désire savoir quel accroissement de taille un cheval de 3 ans peut atteindre quand il sera arrivé à l’âge adulte, il faut s’assurer de combien la distance entre les articulations du paturon et du coude est supérieure à celle qui sépare ce dernier point du sommet du garrot. La différence entre les deux donnera exactement la mesure de l’accroissement de taille que le sujet peut encore subir. Cette règle est à peu près infaillible.
- ** *
- • Décoration d’une boîte en bois par le décalque d’une gravure d’un journal illustré. — Lavez la gravure dans de l’eau très légèrement acidulée avec l’acide oxalique, séchez entre deux feuilles de papier buvard.
- Passez sur le bois une couche de vernis copal à l’alcool et appliquez immédiatement la.gravure dessus.
- . Passez une brosse par dessus pour bien faire adhérer partout. Le lendemain, trempez une éponge dans votre eau acidulée et frottez sur le papier jusqu’à ce qu’il soit complètement parti, la gravure sera reproduite très nette sur le bois, il ne restera plus qu’à la
- laisser sécher de nouveau et y passer une seconde couche de vernis pour la fixer définitivement. F. B.
- ** *
- Moyen d’obtenir des vers de farine pour les oiseaux. — Voici un procédé aussi simple qu’économique, de se procurer un grand nombre de vers de farine, nourriture indispensable, comme chacun le sait, à l’élève des oiseaux de chant :
- On dépose, dans un verre d’une capacité d’un litre, un peu de levain, qu’on recouvre d’une couche de farine mélangée de quelques morceaux de papier bleu ensuite on y ajoute un chiffon, usé et hors d’usage. Puis on met une douzaine de vers de farine à l’intérieur du verre, on ferme celui-ci à l’aide de papier troué et on le place dans un endroit fort chaud. Un mois environ après l’opération, la bouteille sera pleine de vers de farine, et on aura ainsi, sans aucun frais, une abondante nourriture pour ses oiseaux chanteurs.
- ** *
- La guérison des ongles incarnés. — Un
- de nos correspondants nous adresse le procédé suivant destiné à guérir cette infirmité, qui peut, à un moment donné, réduire à l’immobilité le marcheur le plus intrépide.
- Avec une lime fine, on lime tout le dessus de l’ongle à partir de sa racine jusqu’à son extrémité et en n’approchant des côtés qu’autant que le permettent les deux bourrelets de chair. On continue ainsi jusqu’à ce que l’ongle soit suffisamment aminci pour céder sous la pression de l’ongle de la main, tout en se gardant bien surtout de ne le point percer : il vaut mieux ne point l’amincir assez que de dépasser la mesure.
- « Le soulagement est instantané, ajoute notre correspondant et la guérison est certaine ».
- ** *
- Nettoyage des gants. — Râpez menu 125 grammes de savon de Marseille ordinaire, que vous pétrissez dans un vase quelconque avec la quantité d’eau nécessaire pour en faire une pâte de la consistance d’un onguent très épais, ajoutez 50 grammes d’eau de javelle, 5 ou 6 grammes d’ammoniaque liquide. Imprégnez de ce mélange un tampon de flanelle avec lequel vous frottez doucement en tous sens : toutes les souillures dis*
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- paraîtront sans qu’il y ait altération de la peau. Essuyez avec un linge mou, et laissez évaporer le peu d’odeur qu’aura donnée la mixtion. {Cosmos).
- ** *
- Flacon pour encre de Chine.
- — Nous croyons être agréable à ceux de nos lecteurs qui s’occupent de dessin linéaire en leur indiquant un dispositif assez commode pour l’emploi de l’encre de Chine liquide (fig. 149).
- On met l’encre dans un flacon F ; au lieu de le fermer par un bouchon ordinaire, on y pose simplement une petite poire de caoutchouc P, qui se prolonge par un tube de verre effilé t. Il suffit de presser sur la poire P et de la soulever avec son tube, pour avoir
- pour remplir le tire-lignes. On l’introduit dans celui-ci en donnant une nouvelle pression sur la poire. Si on juge qu’on en a trop mis, il est facile d’aspirer l’excès avec la même poire, et de le remettre dans le flacon. On remarquera que, lorsqu’on presse la poire P avant de la soulever, l’air qui s’échappe parle tube t détermine une agitation du liquide, qui suffit pour empêcher les dépôts de se former au fond du flacon.
- * *
- Papier à transport. — On prépare soi-mème un excellent papier à transport en choisissant un bon papier de poste mince et solide et en frottant la surface avec de la plombagine, du vermillon et de la craie rouge. On enlève l’excédent
- dans celui-ci une quantité suffisante d’encre | avec un chiffon propre et le papier est prêt
- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
- Attirer un corps léger nageant sur l’eau.
- .— Une bouteille ou un tube électrisé ayant la vertu d’attirer les corps légers qu’on lui présente : ayez un flacon de cinq à six pouces de long ; garnissez-en l’extérieur jusqu’à un pouce de son ouverture, avec de l’étain en feuilles ; fermez-le avec un bouchon de métal où soit ajusté un petit fil de laiton qui plonge dans l’eau dont vous devez emplir aux trois quarts ce flacon, mettez ce flacon dans un étui, do manière que son couvercle ne touche pas et n’approche pas même trop près du bouchon ; électrisez cet étui en présentant son bouchon au conducteur de la machine électrique.
- Si, ayant jeté sur un bassin ou sur un plat rempli d’eau un corps léger quelconque qui puisse y nager, vous en approchez à une petite distance le bouchon de ce flacon, vous attirerez ce corps et le conduirez sur la surface de l’eau, avec la même facilité que vous attireriez une aiguille avec un aimant, ce qui paraîtra fort extraordinaire à ceux qui n’imagineront pas que ce flacon que vous tirez de votre poche a été électrisé.
- Nota. — Il faut électriser ce flacon très peu de temps avant d’en faire usage, attendu qu’il ne peut conserver longtemps sa vertu électrique, à cause de son peu de volume.
- ***
- Petite expérience sur la force
- centrifuge. — Remplissez une bouteille d’eau et fermez-la à l’aide d’un bouchon dans lequel vous avez au préalable enfoncé un morceau de tuyau de pipe (fig. 150). Ainsi bouchée, si vous tenez cette bouteille renversée,. grâce à la capillarité et à la pression atmosphérique, aucune goutte d’eau ne s’en échappera.
- Cependant, si vous prenez la bouteille par le bas et que vous fassiez décrire des cercles rapides avec le bras, la force centrifuge aura raison de la résistance présentée par les phénomènes cités plus haut, et un mince filet d’eau s’échappera alors par le tuyau de pipe.
- F. B.
- Ch. MENDEL Directeur-Gérant, 118, rue d’Assas.
- Fig. 150.
- La Fère. — Imprimerie Baye», rue Neigre.
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- LES EMPOISONNEMENTS PAR LES CHAMPIGNONS
- ’automne est la saison où les champi- ( gnons croissent en abondance, et aucune année ne se passe sans que les journaux ne signalent des empoisonnements (1). Quelle est la cause principale de tels mal-
- faillibles de reconnaître les espèces comestibles et les espèces vénéneuses. Elles emploient ces moyens, et... s’empoisonnent. On ne meurt pas toujours, mais l’on est dangereusement malade et l’on paie cher sa crédulité.
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- , .vtiulV*
- Fig. 151. - LES CHAMPIGNONS.
- 1. Agaric comestible.— 2. Amanite bulbeuse (vénéneux).— 3. Amanite oronge (comestible).— 4 Amanite citrine (vénéneux). — 5. Bolet comestible. — 6. Bolet pernicieux. — 10. Morille comestible. — 11. Clavaire coralloïde (Barbe de bouc, Pied de coq, Tripette, Mainotte). — 12. Chanterelle comestible (Girolle).
- heurs ? C’est que beaucoup de personnes ont entendu raconter qu’il existe des moyens in-
- (i) Le jour même oü nous écrivons cette phrase, nous apprenons par les journaux qu’une famille de cinq personnes vient de s’empoisonner dans les envi-
- I)isons-le donc, et répétons-le bien haut : il
- rons d’Angoulême. Trois personnes sont déjà mortes et deux sont dans un état inquiétant. Tous les ans c’est la région du sud-ouest qui fournit le plus de décès de cette nature.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- n'est aucun moyen facile cle distinguer les bonnes espèces des mauvaises. C’est regrettable assurément, mais il faut en prendre son parti.
- Ce n’est pas que plusieurs procédés n’aient été souvent indiqués ; mais ils ne valent rien, ni les uns ni les autres ; on ne doit se fier à aucun.
- Les champignons qui verdissent à l’air, dit-on, sont vénéneux. En général, cela est exact, et il est prudent de s’abstenir des espèces qui présentent cette particularité ; mais il y a des exceptions.
- Il suffit de toucher aux lames du Lactaire délicieux pour que de suite elles prennent une couleur verte ; son nom cependant indique ses précieuces qualités culinaires.
- On raconte aussi que quand une espèce est mangée par des insectes, des escargots, etc., c’est qu’elle est comestible. Sur quoi repose une telle opinion? Est-ce qu’un même objet ne peut pas être excellent pour certains animaux et vénéneux pour l’homme, et inversement? N’insistons pas sur ce caractère.
- On en invoque d’autres. Une pièce d’argent, dit-on, mise dans l’eau où cuisent des champignons noircit s’ils sont mauvais, reste blanche s’ils sont bons. Erreur complète. L’argent noircit en présence du soufre. Si un champignon noircit une pièce de vingt sous, c’est qu’il contient du soufre; est-il mauvais pour cela ? en aucune façon ; si la pièce reste blanche le champignon ne contient pas de soufre ; est-ce une preuve qu’il est bon ? Rien n’est moins démontré.
- Renonçons donc à toutes ces pratiques surannées. Employons le seul moyen qui nous reste, apprenons à bien distinguer les unes des autres les principales espèces comestibles et vénéneuses.
- Il y a plus de mille espèces de ces champignons ; faudra-t-il donc s’astreindre à les connaître toutes ? Nullement. La plupart n’ont aucune valeur culinaire. Il n’y a qu’un petit nombre d’espèces communes sur lesquelles l’attention doit être attirée pour les faire admettre aux honneurs de la cuisine ou repousser impitoyablement. Quand on connaît bien une vingtaine d’espèces comestibles et autant de vénéneuses, on peut aller à la cueillette des champignons sans rien avoir à craindre. On pourra se procurer quelques mets des plus savoureux.
- Néanmoins on peut commettre une erreur, admettre par mégarde un faux frère, et certaines espèces sont si vénéneuses qu’un seul échantillon peut causer la mort. Gomment reconnaîtra-t-on l’empoisonnement, et quels sont les moyens à employer de suite pour le combattre ?
- Les premiers symptômes d’un empoisonnement par les champignons sont gastro-intestinaux ou nerveux. Dans un premier cas il se produit d’abord des vomissements, puis, souvent de la diarrhée, de violentes douleurs intestinales ; surviennent ensuite des phénomènes nerveux, des convulsions de plus en plus rapprochées et violentes, puis un affaissement complet, et enfin la mort. Dans un second cas apparaissent d’abord des tremblements, des vertiges, et après seulement des vomissements et des troubles intestinaux.
- Pour donner une idée précise des phénomènes qui se produisent et des médications à employer, citons un fait qui s’est passé à Nantes, l’automne dernier (1). Nous utilisons ici les renseignements fournis par les médecins.
- Un boulanger achète des champignons à un marchand ambulant qui en faisait habituellement le commerce. On les fait d’abord cuire à l’eau bouillante ; cette eau est jetée, puis les champignons sont préparés et servis. Deux personnes en font leur repas vers 8 heures du matin.
- L’une d’elles, environ douze heures après, est prise de violentes douleurs d’entrailles accompagnées de vomissements abondants. La souffrance est extrême ; le front congestionné par les efforts du vomissement est brûlant, partout ailleurs la peau est moite et froide, les extrémités sont glacées.
- Le médecin appelé ordonne une potion de Rivière à alterner avec une potion au chloroforme et à la liqueur d’Hoffmann ; comme boisson du grog glacé ; en outre, sinapisation générale au moyen du papier moutarde et enveloppement dans une couverture de laine chauffée.
- Dans la nuit, les vomissements continuent, la diarrhée se déclare. Le lendemain matin, purgation à l’eau d’Hunyadi-Janos ; toujours potion chloroformée, puis lait et grog glacés, champagne frappé.
- (t) Voir Ménier ; Bulletin de la Société mycologi-que de France, 1892.
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- L’état général paraît s’améliorer, mais la diarrhée persiste, et vers deux heures de l’après-midi, survient une grave complication, des convulsions apparaissent ; en deux heures, six convulsions durant chacune de cinq à six minutes. La peau est violacée, le malade est en sueur, et quand les convulsions cessent, il tombe dans une sorte de coma ; il perd complètement connaissance vers six heures du soir, et succombe à huit heures.
- Pour la seconde personne, les caractères de la maladie ont été très différents. Dans l’après-midi le malade éprouve un malaise qui va en s’accentuant, et le soir il a des vertiges, il titube comme un homme ivre, puis surviennent des vomissements.
- Le médecin appelé fait boire de l’huile, puis un éméto-cathartique, ce qui amène des vomissements abondants et des évacuations alvinés.
- Le lendemain, crampes dans ^tous les membres, froid glacial. On fait au malade force frictions à sec, on le réchauffe avec des boules d’eau chaude, on lui administre à doses faibles mais répétées de la caféine, de la strychnine ; la chaleur revient ; deuxième éméto-catharti-que, toujours frictions énergiques, huile d’olive, caféine.
- Le malade reprend le dessus ; les crampes diminuent progressivement et finissent par disparaître au bout de six jours. Le malade reste encore très faible pendant plus d’une semaine, mais il guérit.
- Les détails un peu longs dans lesquels nous venons d’entrer nous apprennent quels sont les premiers soins à donner en attendant l’arrivée du médecin.
- Il faut, surtout si l’ingestion des champignons date de peu d’heures, administrer des vomitifs : par exemple de l’émétique (10 à 15 centigrammes dans un verre d’eau), ou bien de l’ipécacuanha. Si l’on n’a pas ces substances sous la main, on doit employer tous les moyens possibles pour provoquer des vomissements, faire boire de l’eau tiède, de l’huile, etc.
- Quand il y a déjà longtemps que les champignons ont été mangés, on se servira de purgatifs, huile de ricin, sulfate de magnésie, etc.
- On réchauffera le patient par tous les procédés habituels : boules d’eau chaude, couvertures chauffées, frictions énergiques par tout le
- corps. S’il y a de la somnolence on la combattra par des stimulants, tels que le café, ou même la caféine.
- Il est indispensable d’appeler le médecin le plus tôt possible, car des médications plus énergiques peuvent être nécessaires, et lui seul a qualité pour les appliquer.
- Dans le cas d’empoisonnement que nous avons raconté, quel a été le champignon coupable ? Parmi les champignons qui avaient servi à constituter le plat, les personnes chargées de les préparer ont reconnu qu’il existait trois ou quatre échantillons semblables à ceux d’une espèce qui leur a été montrée quelques jours après et qui est très vénéneuse, Y Amanite bulbeuse (Amanita phalloïdes).
- Un très petit nombre d’échantillons mauvais dans un plat entier ont donc suffi pour faire une victime. Et remarquons qu’avant d’être préparés, les champignons avaient été cuits dans une première eau qui avait enlevé la plus grande 'partie des principes vénéneux. On voit par là combien certains de ces végétaux sont redoutables. On voit quelles précautions sont nécessaires, et à quel point il est utile de bien connaître les espèces les plus dangereuses. L’Amanite bulbeuse compte parmi les plus perfides.
- Une espèce voisine, Y Amanite citrine (Ama-nila citrina) est aussi très vénéneuse et cause fort souvent des empoisonnements (1). Qu’on nous permette, en terminant, de décrire ces deux espèces. Elles sont faciles à reconnaître, et avec un peu d’attention en peut éviter de graves malheurs.
- Amanite bulbeuse. — Ce champignon se présente sous les dehors les plus engageants. Son chapeau, parfois presque blanc, a le plus souvent une belle nuance jaune verdâtre, plus foncée au sommet ; il est luisant, brillant, toujours lisse sur le bord, et dépourvu d'é<-cailles ; presque sphérique quand il est jeune, il s’étale à mesure qu’il gaandit ; son diamètre est de 8 à 12 centimètres. Son pied blanc, gracieusement élancé, présente à sa partie supérieure un anneau blanc ou légèrement verdâtre, et à sa base une sorte d’étui provenant des restes d’une membrane qui enveloppe le cham-
- (i) Au mois de novembre 1890, à St-Jean-du-Gard, six personnes d’une même famille ont mangé cette Amanite ; cinq d’entre elles ont été empoisonnées et quatre ont succombé.
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- pignon tout entier quand il est jeune. Les lames et la chair sont blanches. Assurément c’est un fort joli champignon, et l’on peut presque dire qu’il possède toutes les particularités qui, d’après les procédés fallacieux signalés au début de cet article, servent à caractériser les bons champignons. N’avions-nous pas raison de mettre le lecteur en défiance contre ces racontars perfides ?
- A la vérité il a une odeur vireuse et désagréable, et sa chair est amère si l’on en met un petit morceau sur la langue. Mais une personne qui cueille des champignons pour les vendre, en ramasse le plus possible et ne s’arrête pas à les sentir ou les goûter. Malgré les plus brillantes apparences, l’Amanite bulbeuse est à rejeter sans pitié.
- Amanite citrine. — Ce champignon est le digne frère de l’Amanite bulbeuse. Comme le
- précédent, il présente les plus beaux dehors e renferme un poison des plus redoutables. Son chapeau a la même taille que celui de l’espèce précédente et à peu près la même couleur jaune verdâtre, mais il est couvert d’écailler blanches, jaune verdâtre ou brunes. Le pied renflé à la base est blanc où légèrement jaunâtre ; l’anneau est blanc, les lames sont blanches, la chair est blanche, un peu jaunâtre sous l’épiderme du chapeau ; ici encore, le champignon a une sorte d’odeur vireuse et un goût amer.
- Les deux espèces que nous venons de décrire causent, à elles seules, plus de la moitié des empoisonnements. 11 est donc très utile de les bien connaître. Nous serons heureux si nous avons attiré sur elles l’attention du lecteur et si ce modeste article peut servir à éviter quelque malheur. Docteur Leiiuof.
- HISTORIQUE DE LA NOMENCLATURE CHIMIQUE (Fin)
- «wçA itliium. — En 1817, Arfwedson faisait, dans Ie laboratoire de Berzélius, l’ana-Æ&ll lyse du pétalite, minéral provenant de WmM mjne (jjg fer d’Uto ; il y constata la présence d’un nouvel oxyde alcalin auquel Berzélius donna le nom de « lithion », pour rappeler qu’il a été extrait du règne minéral, tandis que les deux autres sont extraits du règne végétal.
- Magnésium, de Magnésie, province de Thes-salie, d’où on l’a extrait pour la première fois ; le minerai se trouve dans les terrains secondaires et tertiaires. Synonyme : écume de mer.
- Manganèse. — C’est en 1774 que Scheele démontra que le minerai désigné alors sous le nom de magnésie noire et qui était utilisé dans la verrerie, renferme un métal particulier auquel il donna le nom de « magnésium », nom qui, plus tard, fut transformé en manganésium pour éviter les confusions.
- Mercure. — Métal liquide, désigné sous le nom de vif-argent (quecksilber) à cause de son éclat et de sa grande mobilité ; était connu des Grecs et des Romains qui le tiraient d’Espagne. Il servait, dans l’antiquité, pour dorer l’argent et le cuivre ; il joue un grand rôle dans les conceptions des alchimistes, il constitue, pour eux, l’un des éléments des métaux et un
- principe de tous les êtres ; de là, le mercure des philosophes, qui était un être abstrait que les alchimistes distinguent du mercure commun. Il ne faut pas s’étonner si on s’est emparé de ce métal pour l’appliquer comme médicament sous toutes ses formes. Le nom scientifique est « Hydrargirum », de ûowp, eau, et dcpyupoç, argent ; argent liquide, vif-argent. Le mercure est désigné dans les hiéroglyphes par le signe d’Hermès, qui est le môme que celui de la planète Mercure actuelle, et a été tour à tour appliqué, dans la lecture de ces hiéroglyphes, à l’étain et au mercure.
- Molybdène. go)o>68<nva, nom sous lequel le graphite était connu des anciens ; son sulfure est tellement ressemblant au graphite par ses propriétés extérieures, qu’il a été confondu avec jusqu’en 1778 où Scheele en retira un oxyde 'métallique volatil : l’acide molybdique.
- ' Nickel. — Découvert en 1751 par Cronsted, a la même étymologie que le cobalt ; les nickels sont des génies noirs malicieux et regardés comme hostiles aux mineurs.
- Niobium. — H. Rose reconnut deux acides différents dans la columbite d’Amérique et admit dans ces deux acides deux métaux nouveaux, le niobium et le pélopium, des mots grecs : vio6rt et
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- Or. — L’étymologie de « aurum » a fait et fait encore le tourment de tous les linguistes ; celle qui est généralement adoptée est sanscrite « ush » 'qui signifie briller, brûler,' d’où swç, urere, aurore, etc. (IV et l’s alternant volontiers).
- Osmium., de odeur, à cause de l’odeur très prononcée de l’acide osmique.
- O cygène, vient de ô£oç, acide, et de ysvvaw, j’engendre. Lavoisier surtout l’étudia au point de vue plus élevé de la philosophie naturelle et détermina son rôle acidifiant ; il lui donna ce nom, propre à rappeler cette propriété caractéristique. Il supposa même que tous les acides contenaient de l’oxygène et il est allé au delà de la vérité expérimentale.
- Ozone. Se rattache à l’oxygène; de ôÇw, je sens, parce qu’il se signale par une odeur très forte, celle que produit une machine électrique en activité.
- Phosphore, littéralement ©wç ©epw, je porte la lumière; fut pendant un siècle retiré de l’urine.
- Platine, vient du mot espagnol « platina », petit argent.
- Plomb. Connu des temps historiques ; les Romains le tiraient de la Gaule et n’ignoraient pas qu’il renferme en général de l’argent. Chez les alchimistes, il portait le nom de Saturne, en raison de son avidité pour les autres métaux : le nom est resté pour l’extrait de Saturne.
- Potassium, vient de l’allemand pot et aschen, cendres ; les végétaux terrestres contiennent dans leurs tiges et leurs racines de la potasse unie à des acides organiques. Aussi dans les cendres du bois trouve-t-on du carbonate de potasse résultant de la décomposition du sel par la chaleur.
- ltubidium, de rubidus, rouge, à cause des raies rouges qu’il forme dans le spectre.
- Sélénium, de azkryr\, lune ; on a prouvé l’existence du sélénium dans la lune par les raies d’absorption.
- Silicium, de « silex », cristal de roche connu du temps des Romains, très répandu dans la nature, toujours combiné avec l’oxygène ; forme un grand nombre de roches de quartz.
- Sodium ou Natrium. En Égypte se trouvent des lacs natronifères, dont les bords sont recouverts, à la fin de l’été, d’une croûte saline sotlanée qui est recueillie et constitue le na-tron d’Egypte ; il est souvent désigné sous le nom de trôna. On retire le sodium des plantes
- marines, surtout de celles qui croissent sur les rivages : le chenapodium, le salsola, le soda (d’ou le nom), le kali, tragus, etc.
- Soufre. Se trouve en beaucoup de points du globe, mais nulle part en aussi grande abondance qu’en Sicile. On le trouve comme dépôts superficiels provenant d’émanations volcaniques : ce sont les « solfatares », d’où le nom ; ensuite, dans des gisements profonds où le soufre est associé à des roches sédimentaires des terrains tertiaires : ce sont les solfares.
- Strontium. Découvert par Crawfad, en 4790, dans un minéral provenant de la mine de plomb de Strontian, dans l’Argylshire (Écosse) et nommé strontianite.
- Tellure de tellus, terre, se trouve en Hongrie, Transylvanie, etc.
- Thallium de eaAAoç, rameau vert à cause de sa raie verte dans le spectre.
- Thorium de Thor, dieu du tonnerre en Scandinavie ; Berzélius trouva, en 1848, un corps qu’il supposait contenir l’oxyde d’un métal encore inconnu, auquel il donna le nom de Thorium.
- Titane, se trouve surtout dans les roches volcaniques ou montagnes des Titans.
- Tungstène, vient de tungsten, pierre pesante. Scheele, en l’analysant, le trouva composé de chaux et d’un acide qu’il appela acid® du tungsten. Les frères d’Elhuyart, chimistes espagnols, isolèrent le tungstène.
- IJrane, vient de uranium, métal isolé par Péligot ; tire son nom d’Uranie.
- Vanadium. En 1830, Selfstroem trouva' un métal nouveau dans un fer d’une ductilité remarquable, provenant des mines de Taberg, près Joenkœping, en Suède ; il lui donna le nom de Vanadium, dérivé de Vanadis, déesse Scandinave.
- Yttrium de Ytterby, nom d’une carrière de feldspath, près de Stockholm.
- Zinc, peu connu des anciens, quoique ceux-ci aient employé la calamine pour la fabrication de l’airain. C’est Paracelse qui en fait mention pour la première fois au xvie siècle, sous le nom de zincum ; on l’importait alors d’Orient.
- Zirconium, se rencontre dans quelques minéraux rares sous forme de silicates, dont le principal est le zircon, isolé par Berzélius.
- L. Wertheimer, Docteur ès-sciences.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- ÉLECTRICITÉ PRATIQUE
- NOUVEAU RHÉOSTAT
- AB est un fiF.de cuivre terminé d’un côté par un ressort à boudin 1res souple (fig. 482).
- Fig. 152.
- A la pince est fixé un mince fil de platine dont l’autre extrémité va s’enrouler autour
- d’une petite poulie de cuivre C. Cette bobine est reliée au courant par son axe également en cuivre, celui-ci est à frottement dur, afin que l’action du ressort, d’ailleurs très faible, ne déroule pas le fil de platine.
- Si, au moyen de la manivelle e, on tourne le tambour dans le sens de la flèche c’, l’on enroule dessus une partie du fil (le levier AB étant très mobile, cède facilement), et la longueur AF diminuant, la résistance à franchir par le courant est moindre.
- Le contraire se produit si l’on tourne la poulie dans le sens opposé.
- L’on pourrait aussi amener le courant par un petit balai frottant sur la poulie de cuivre.
- René Michel.
- LA PHOTOGRAPHIE PRATIQUE
- LAVAGE ET SÉCHAGE
- I. — Quel est le meilleur mode de lavage des clichés 1 Pendant combien de temps dûit-on laver un clichél — Le lavage des clichés, effectué après le fixage, a pour but d’éliminer les parcelles d’hyposulfite restantes, qui, pénétrant la gélatine, cristalliseraient en séchant et altéreraient le cliché d’une façon irrémédiable : c’est donc là une opération très importante de la photographie, opération capitale, sans laquelle aucune œuvre durable n’est possible. Il est donc bon d’en dire deux mots.
- Les traités de photographie recommandent généralement « un lavage de 8 à 12 heures » dans de l’eau « fréquemment renouvelée ». Mais, selon nous, un vigoureux lavage de deux heures, à l’eau courante, est amplement suffisant. Nous en avons souvent fait l’expérience, et les résultats sont là qui nous donnent raison. Bien au contraire de l’effet attendu, un lavage prolongé ne pourrait que nuire au bon état du cliché, en occasionnant des ampoules et des soulèvements de la gélatine. Cet accident arrivera maintes fois (principalement en été), à
- l’amateur trop consciencieux, qui, se basant sur ce que dit son traité, estime que 12 heures sont nécessaires au lavage de ses plaques. Puissions-nous, par nos conseils, le délivrer de cet ennui et de cette cause d’accident !
- La plupart des photographes et des amateurs qui ont à laver des clichés, les placent dans une cuvette, gélatine en dessus, et font tomber sur eux un filet d’eau continu, estimant que le trop-plein établi, renouvelle activement l’eau de la cuvette ? C’est là une grave erreur : c’est qu’en effet, les couches supérieures de cette eau sont les seules qui soient renouvelées ; les couches inférieures (justement celles qui sont chargées d’hyposulfite) étant les plus denses, ne peuvent être renouvelées que peu ou point, de sorte qu’un tel lavage, serait-il même prolongé pendant 12 heures, est parfaitement insuffisant.
- Le meilleur et le plus simple mode de lavage à employer est, à notre avis, le suivant : on prend une vieille cuvette, en carton durci, et on la perce, juste au milieu de son fond, d’un
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- LA SGIENGE EN FAMILLE
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- trou assez fort (un centimètre de diamètre environ). Pour le lavage, on a soin d’exhausser le : fond de la cuvette, de façon à ce que l’orifice, se trouve libre : on conçoit dès lors que, l’eau s’écoulant par le fond du récipient, ce sont les couches inférieures qui sont le plus souvent renouvelées. On obtient ainsi, en moins cle deux heures, un parfait lavage.
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- IL — Du sèyhage. — Le'séchage d’un cliché demande en moyenne, de 4 à 6 heures. On reconnaît qu’il est accompli, quand la gélatine présente un aspect uni et mat, qu’elle n’avait pas au sortir de la cuvette. Le séchage doit être effectué dans un endroit bien sec, mais pas à la chaleur : on fondrait ainsi la gélatine et l’on n’obtiendrait rien de bon. Il faut éviter aussi de sécher au grand air, car des grains de poussière tombant sur la gélatine encore humide, s’y incrusteraient, et occasionneraient des piqûres après séchage.
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- III. — Du séchage artificiel. — Un certain nombre d’amateurs, gênés de l’obligation d’attendre pendant plusieurs heures que leurs clichés soient secs, emploient un mode de séchage plus rapide, qui est fondé sur la rapide évaporation à l’air de l’alcool. Au sortir de la cuvette de lavage, le cliché est plongé dans de l’alcool du commerce (alcool mauvais goût) pendant S à 6 minutes. Puis on le retire, et on le place dans un vif courant d’air : l’alcool (qui a absorbé l’eau imprégnant la gélatine) s’évapore rapidement : en vingt minutes, quelquefois moins, la plaque est absolument sèche.
- Le séchage à l’alcool présente deux inconvénients : 1° il est assez coûteux ; 2° il dénature le cliché, en le renforçant. Car l’alcool est un
- L’HISTOIRE DE I
- E combat corps à corps est pour ainsi dire disparu de la guerre moderne, et l’emploi de l’arme blanche est devenu une exception. Compagne inséparable des héros légendaires, elle sera bientôt tombée complètement dans l’oubli : l’art de se tuer connaît maintenant des moyens plus perfectionnés et surtout plus expéditifs.
- renforçateur, peu énergique il est vrai, mais suffisant pour changer un bon cliché en un autre plus heurté et d’un effet moins artistique. Aussi, préférons-nous à ce mode de séchage, cet autre que nous allons décrire. On prend une boîte en carton, une ancienne boîte de plaques par exemple, au fond de laquelle on place une couche de chlorure de calcium, qu’on recouvre d’une feuille de carton, percée de trous. C’est sur cette feuille qu’on place le cliché à sécher, après l’avoir bien égoutté. On referme ensuite la boîte et on la laisse en repos. Au bout d’une heure environ, le chlorure de calcium a absorbé ce qui restait d’eau dans la gélatine, et le cliché est desséché.
- Remarque : Comme le chlorure de calcium est assez coûteux, on peut le remplacer par de la potasse ou de la soude caustique.
- ***
- Conservation des clichés. — Pour assurer la bonne conservation des clichés, nous conseillons à nos lecteurs les précautions suivantes : On réunira les clichés par groupes de douze et on les placera dans des boîtes de plaques vides, en les séparant par des feuilles de papier de soie ou de papier buvard, et en ayant soin que tous soient tournés du même côté. On rangera ces boites dans un endroit bien sec, une armoire ou une caisse, par exemple. On pourra d’ailleurs en assurer la parfaite siccité, en plaçant dans cet endroit un godet contenant de l’acide sulfurique concentré, ou encore de la pierre ponce imbibée d’acide sulfurique.
- En fin de compte, toujours bien se souvenir qu’en photographie, l’humidité est aussi redoutable que la lumière : ce sont là les deux grands ennemis, qu’il faut toujours combattre et toujours éviter.
- (A suivre.) Georges Jardin.
- ’ARME BLANCHE
- Il n’est pas sans intérêt, pourtant, de revenir un instant sur son histoire. 11 y a tant de formes de poignards, d’épées, de sabres, de yatagans, de cimeterres, de dagues, d’espadons, qu’il est souvent difficile de les différencier; quelques formes sont néanmoins caractérisées assez nettement. Le glaive antique était une arme à deux tranchants, à lame longue et droite, pour
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- Fig. 153.— HISTOIRE DE L’ARME BLANCHE.
- 1. 2. 3. 4. Glaives de l’âge de bronze (1-4 xiphos des Grecs, -f 5. Glaive à lame de bronze et à poignée de fer (époque de transition). — 6. 7. 8. Armes de l’âge de fer (100 à 800). —r 9. 10. 11. Armes de l'époque carlovingienne (800— 1100). — 12. 13. 14. Épées du xiv° siècle.
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- Fig. 154. — HISTOIRE DE L’ARME BLANCHE.
- 15. 16.17. 18. 19. 20. Armes orientales (15,épée de Grenade ; 19,cimeterre turc).— 2L. Épée Renaissance.— 22. Épée xvi° siècle. 23. Petite épée de vassal. — 24. Épée xvri° siècle. — 25. Arme d’escrime. — 26. 27. Ancienne épée et sabre actuel de l’officier allemand. — 28. Sabre moderne de cavalerie.
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- frapper et percer. Le poignard est une arme courte et effilée, pour percer seulement. Le sabre est formé d’une lame recourbée, et employé uniquement pour frapper ; l’épée, d’une lame droite, longue et fine, destinée surtout à percer.
- Le glaive fait son apparition dès l'âge de pierre. A l’aide de morceaux de silex encastrés dans du bois, les hommes primitifs fabriquèrent d’abord des couteaux, des haches et des lances; le glaive apparut dès qu’ils surent fixer à un bâton une série de pierres tranchantes. Les peuplades mexicaines se servaient d’armes de ce genre, et les ont conservées jusqu’au xvie siècle. Les Indiens de la Virginie avaient des glaives en bois, et, de nos jours, les peuples sauvages s’en servent encore.
- Mais le véritable glaive ne se trouve qu’à l’époque des métaux. Les armes que représentent les numéros 1, 2, 3, 4, de la figure 153, datent de l’âge de bronze (de 2000 à 100 avant J.-G.). A cette époque reculée, elles étaient employées dans toute l’Europe, l’Asie occidentale et le nord de l’Afrique. Elles étaient fondues en bronze, alliage de cuivre et d’étain ou de zinc, quelquefois avec un peu de plomb. On les durcissait par le martelage, et elles portaient de riches ciselures. En Suisse, dans les habitations lacustres, on a trouvé des glaives semblables à ceux des numéros 2 et 3, mais ces armes sont rares. La lame est à double tranchant. La longueur varie entre 43 et 46 centimètres. Elle est fondue d’une seule pièce et fixée à l’aide de rivets à la poignée, qui présente des formes très variées. 11 semble qu’à cette lointaine époque, le glaive était plutôt une arme de luxe. Cependant, on en a retrouvé des tronçons usés, qui donnent à penser qu’ils étaient aussi employés dans des combats sérieux.
- Romère ne parle déjà plus que de glaives en
- Fig. 155.
- bronze à deux tranchants. Le xiphos des Grecs, numéros 1 et 4, pesait 4 kilog. Il pendait à gauche ou à droite du guerrier, dans une gaine retenue par un baudrier jeté pardessus l’épaule. Ces glaives de bronze étaient courts, et faits plutôt pour percer que pour frapper.
- Le glaive du type 5 appartient à l’époque de transition de l’âge du bronze à l’âge du fer (de 100 avant J.-C. à 100 après J.-C.), c’est une arme de fer, à poignée dorée, qui a été trouvée en Souabe. On a aussi trouvé des armes de ce genre à lame de fer et poignée de bronze, ce qui montre bien qu’elles proviennent d’une période de transition.
- Les numéros 6, 7 et 8 reproduisent des armes de l’âge de fer (de 100 à 800), celles qu’employaient les Alamans, les Francs, et diverses autres tribus barbares. Une arme d’une forme particulière (6 — figure 153) est ce glaive court à un seul tranchant, ressemblant à un couteau, avec des cannelures pour le sang. Il rappelle un peu le machère des Spartiates.
- Les modèles 7 et 8 représentent des épées de l’époque du roi Arthur et de Roland, dont les légendes et les chants de l’époque nous ont apporté les noms. Cette forme d’épée était employée dans toute l’Europe occidentale, les Romains l’avaient adoptée, et c’est avec ces armes qu’ils conquirent presque tout le monde alors connu. Auparavant, ils employaient des glaives à un tranchant, sans pointe. Ils les abandonnèrent après la bataille de Cannes pour l’arme espagnole, qui pouvait aussi bien servir pour percer que pour frapper. Les boxeurs et les officiers romains portaient une épée courte, ressemblant à un poignard.
- Les grandes expéditions changèrent les armes et les façons de combattre, aussi bien que les rapports des peuples. La cavalerie fut appelée à jouer le rôle principal ; à la place du légion-
- Glaives et épées de l’époque des croisades.
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- naire romain apparut le chevalier revêtu de | son armure.
- Nous arrivons ainsi en plein moyen âge. Les j armes représentées par les numéros 9,10 et 11 (800 —1100) appartiennent encore à l’époque carlovingienne. 11 est à remarquer que ces épées n’ont pas de pointe ; les fourreaux sont généralement en bois recouvert de cuir, avec toutes sortes d’ornements.
- A l’époque des croisades (1100 à 1300) les formes de glaive et d’épée deviennent très variées (fig. 135). On ajoute à la poignée une garde recourbée vers l’extrémité, qu’on effile. Toute l’arme est forte et lourde. Si l’on en croit les historiens byzantins, les guerriers armés de ces épées portaient de terribles coups. C’est ainsi que Richard Cœur de Lion aurait, d’un seul coup, abattu la tête et le bras d’un émir ; de même, un soldat de l’armée de Bar-berousse aurait, toujours d’un seul coup, fendu un Sarrasin en deux, jusqu’à la selle de son cheval.
- L’épée était l’arme d’honneur du chevalier. En temps de paix, il la portait accrochée à sa ceinture et ne s’en séparait que rarement. Les épées dont la poignée était incrustée de reliques étaient particulièrement précieuses. On s’occupa aussi, à cette époque, de la décoration de la gaine et du baudrier ; on commença à graver sur la lame des incriptions et des marques de fabrique.
- Le xive siècle amène de grands changements dans tout ce qui a rapport à la guerre. Les épées deviennent plus fines, les gardes s’allongent et forment, la plupart du temps, une croix avec la poignée (12, 13, 14). L’époque florissante de la chevalerie est passée, la féodalité disparaît, la découverte de la poudre tranforme la lutte rapprochée en lutte à distance, et le combat corps à corps en combat en masse. L’infanterie en arrive à jouer le rôle principal et décisif.
- Nous arrivons maintenant à diverses formes d’épées orientales (numéros 15 à 20, fig. 154). Elles ont eu une influence sensible sur les armes européennes, surtout en ce qui touche la fonte des lames et l’ornementation. C’est à l’époque des croisades que cette influence se fait sentir et provoque dans l’Occident un développement considérable dans l’art de l’armurerie,
- • Les épées de Damas, bien connues, aux lames artistement ouvragées, étaient fabriquées par des armuriers arabes ; les armuriers maures s’étaient acquis en Espagne une renommée non moins fameuse, particulièrement à Tolède. Le modèle 15 montre une épée de Grenade, et, de 16 à 20, ce sont des armes turques et orientales. La figure 19 représente un sabre turc ou cimeterre.
- La Renaissance ne pouvait rester sans influence sur la forme des armes. C’est surtout dans la décoration des épées, dans l’ornementation de la poignée et de la gaine, qu’on remarque des changements. L’épée à deux mains (fig. 156) est une arme immense, une arme de parade, dont la poignée, richement ornée, est surmontée d’une couronne. Le modèle 23 représente une petite épée de vassal avec une garde en forme de nœud ; celui qui précède est une épée de la fin du xvi° siècle.
- Le xviie siècle n’apporte aucune modification sensible.
- La garde s’agrandit et la lame s’allonge (numéro 24).
- Nos derniers dessins montrent les diverses formes d’épées employées depuis le xvme siècle jusqu’à notre époque. Les armes à feu ont joué un rôle de plus en plus Fig. 156. important, et si l’on fait excep- Épée à deux mains tion pour l’arme d’escrime, (époque de la telle que celle que représente eu*us.ante). la figure 25, et pour les armes de cavalerie, on peut dire que le sabre n’est plus qu’un ornement. Le numéro 26 figure l’épée qu’avaient autrefois les officiers allemands ; en 27 on voit le sabre que portent actuellement les officiers d’infanterie. Enfin, le numéro 28 montre un sabre de cavalerie. C’est une arme moderne, mais dont la forme est loin d’être nouvelle ; elle a été introduite en Europe par les Huns. .
- [Adapté de l’allemand par C. M.).
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- CURIOSITÉS MATHÉMATIQUES
- vec les neuf premières boules d’un jeu de loto ou avec les neuf premiers cubes d’un jeu de taquin, ou plus simplement avec neuf petits morceaux de papier ou de carton, sur lesquels on aura écrit nos neuf premiers chiffres (de 1 à 9) ;
- En somme, avec nos neuf premiers chiffres employés chacun une seule fois, on se propose de faire 100 par addition de nombres entiers obtenus en prenant tous les chiffres, soit isolément, soit accouplés.
- Exemple : 59+14+6+2+7+8+3 = 99
- Mais c’est 100 qu’il faut obtenir.
- Comment doit-on faire ?
- Ne cherchez pas, lecteurs, car ce problème est impossible et l’impossiblité est facile à démontrer.
- En effet : la somme de nos neuf premiers chiffres égale 45 qui est un multiple de 9, car 5x9 = 45.
- Si nous plaçons le 1 en dizaine, il deviendra
- 10 ; mais comme il ne comptera plus aux unités,
- 11 aura augmenté l’ensemble des 9 chiffres de :
- 10 — 1= 9 ou 1X9
- 2 en dizaine donnera en plus 20 — 2 = 18 ou 2 X 9
- 3 » » 30 — 3 = 27 o u 3 X 9
- 4 » » 40 — 4 = 36 ou 4 X 9
- Etc., etc.
- La somme des 9 chiffres étant multiple de 9 et les augmentations que nous pouvons faire à cette somme ne pouvant être que multiples de 9, il en résulte que la somme obtenue sera toujours un multiple de 9.
- Comme 100 n’est pas divisible par 9, nous ne pourrons jamais obtenir 100 en opérant comme il est dit ci-dessus.
- * *
- Si l’on peut employer des nombres fractionnaires, alors le problèmes devient soluble et les solutions, quoique assez difficiles à trouver, sont néanmoins nombreuses.
- En plaçant les neuf chiffres sous la forme :
- 93 + + 4 ou 94 + 3
- . x x
- Q /v» 0 'Y' A QQ
- ou 91 + —— ou 94 + — ou 96 -\----------------
- X x X
- etc., etc.,
- on obtient bien un total de 100.
- Exemples :
- 93-
- 94
- 528
- TtgT
- 528
- TtcT
- + 4 = 100
- + 3
- 100
- 91
- 94
- 96
- 7524
- 836
- 1578
- 263
- 1428
- 100
- 100
- 357
- 100, etc., etc.
- Ou 72 + 16 + 5 +
- 9 + 8 + 4
- 3
- = 100
- ou 71 + 25 +
- 3 + 4 + 8 + 9
- = 100
- ou 85 +
- ou 86 +
- 9+7+6+4+3+1 2
- 9 + 7 5+3+2
- 100
- 4 ' 1
- Etc., etc., et il y en a bien d’autres.
- 100
- *
- * *.
- Avec nos neuf chiffres employés chacun une seule fois, on peut aussi se proposer de faire trois nombres, tels que la somme des deux premiers égale le troisième.
- Exemples :
- 183 + 276 = 459 minimum.
- 654 + 327 = 981 maximum, ou 746 + 235 = 981 »
- On peut obtenir 31 totaux différents compris entre 459 et 981, et chaque solution en donne plusieurs autres.
- *
- * *
- On peut aussi opérer par soustraction et se proposer de faire quatre nombres tels, par exemple, que la différence de deux d’entre eux sera égale à la différence des deux autres.
- Ainsi, si nous prenons 27, comme différence nous aurons :
- 31 - 4 = 725 — 698 Différence 27 ou 35 — 8 = 721 — 694 ou 123 — 96 = 75 — 48
- Le minimun de différence sera, croyons-nous, 16, et le maximum, 873.
- 23 - 7 = 614 — 598 Différence 16 ou 24 — 8 = 613 — 197 » etc.
- 874 - 1 = 926 - 53 Différence 873 ou 875 — 2 = 916 — 43 » etc.
- Les neuf chiffres sont toujours employés et une seule fois chacun.
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- LA. SCIENCE EN FAMILLE
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- On peut encore se proposer d’opérer par multiplication ou par division.
- Ainsi :
- 1963 X 4 = 7852 ou 7852 : 4 = 1963
- 1738 X 4 = 6952 ou 6952 : 1738 = 4
- ou en employant nos dix. chiffres (le 0 en plus)
- 3907 Xi = 15628 ou 15528 : 3907 = 4 7039 X 4 = 28156 28156 : 4 = 7039
- 9127 Xi = 36508
- 5694 X 3 = 17082 6819 X 3 = 20547 6918 X 3 = 20754 8169 X 3 = 24507 9168 X 3 = 27504, etc., etc.
- L’analyse de ces différents problèmes nous entraînerait trop loin ; nous nons contentons de les signaler à nos lecteurs, amateurs de casse-tête mathématiques. À. Huber.
- REVUE DES LIVRES
- Par ces temps d’épidémie, il importe de pouvoir mettre entre les mains de tous des conseils hygiéniques sagement élaborés et faciles à observer. Le petit livre du Docteur Monin, intitulé : Les Maladies épidémiques, Hygiène et prévention, et publié dans la Bibliothèque utile, de l’éditeur Félix Alcan, atteint ce but.
- Outre un chapitre important consacré au Choléra, il traite des autres maladies épidémiques, Fièvre typhoïde, Dysenterie, Rougeole, Coqueluche, Grippe, etc., et a sa place marquée dans les bibliothèques, même les plus modestes, de toutes les familles, (i vol. in-32 de 192 pages, broché 60 cent., cartonné à l’anglaise 1 fr., chez tous les libraires.)
- *
- *• *
- C’est à l’étude pratique de la lanterne de projection que M. Fourtier a consacré un petit volume [La pratique des projections. — Les Appareils. — Paris, Gauthier-Villars et fils; 2 fr. 75) exposant aux lecteurs, en même temps que tous ces tours de main, dont la connaissance est indispensable pour préparer et mener à bien une séance de projections, les différentes formes des appareils et les diverses sources lumineuses employées.
- ***
- • Le Traité de M. Mercier, Virages et Fixages, intéresse tous ceux qui, de près ou de loin, s'occupent de Photographie. En effet, dans ce petit livre, édité chez MM. Gauthier-Villars et fils (Paris, 55, quai des Grands-Augustins), le chimiste trouvera l’action exercée sur le virage à l’or par plusieurs composés non encore étudiés à ce point de vue, le photographe expérimenté rencontrera, condensée en un seul tableau, une classification des sels employés dans les bains de virage ; enfin le débutant
- pourra le consulter comme un guide sûr indiquant judicieusement le choix à faire parmi tant de formules. (Prix : 2 fr. 75).
- *
- * *
- Traité élémentaire du Blason, par Alphonse Labitte, 1 volume, 280 pages, 562 gravures.— Paris, 1892, 3 fr. 50.
- Le Blason, écrivait M. Granier de Cassa-gnac, dans la Revue de Paris, en 1838, est la langue la plus étendue, la plus riche, la plus difficile de toutes ; une langue rigoureuse et magnifique, ayant sa syntaxe, sa grammaire, son orthographe.
- Vulgariser cette belle langue, apprendre à la lire et à l’écrire facilement et correctement, tel est le but que s’est proposé l’auteur de ce traité dans la succession des chapitres suivants : origine des Armoiries — des Emaux — des principales pièces d’Armoiries — des Écus — des Charges — des pièces honorables ordinaires — des pièces honorables sous-ordinaires— Généralité des Figures — des meubles d’Armoiries — de la place des meubles — des Figures— des Astres — des Quadrupèdes — des Oiseaux —-des Insectes — des Poissons — des Reptiles — des Montagnes — des Fleurs, Arbres, Fruits, etc. — des Figures artificielles — des Figures chimériques ou de fantaisie — Différents termes employés dans le Blason — des Timbres — Casques — des Pavillons — des tenants et supports — des Devises et cris de guerre — Dictionnaire abrégé des termes employés dans le Blason — quelques Armoiries avec leur lecture — comment doivent se faire les Empereurs, Rois, Ducs, Marquis, Comtes, etc,
- C’est là un ouvrage complet, un véritable livre d’enseignement d’une méthode claire et facile, que son prix modique met à la portée de
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- toutes les bourses, et qui rendra de grands services à tous ceux qui veulent acquérir en peu de temps toutes les connaissances concernant le Blason.
- La Photograghie des couleurs, état actuel de la question, suivi des reproductions photographiques en couleurs, par Ch. Brandt, professeur à l’Union française de la jeunesse. — Paris, 1892. 1 fr.
- Depuis les savantes communications de M. Lippmann, à l’Institut, les articles les plus contradictoires ont été écrits, soit dans les revues spéciales, soit dans les journaux quotidiens, sur la question intéressante de la Photographie des couleurs. de sorte qu’à l’heure qu’il est, nombre de personnes s’occupant de photographie, après les efforts les plus méritoires pour se tenir au courant de la question, sont tout à fait déroutées et ne savent plus à quel point exact elle est arrivée.
- Ce petit livre a pour but de mettre « au point » l’état actuel de cette question. Toutes les personnes qu’elle intéresse trouveront, dans cette brochure, un exposé clair et précis des relations et théories la concernant : c’est un résumé complet, bien écrit pour être compris de tout le monde, et dans lequel les amateurs trouveront, sur cette importante question de la Photographie des couleurs, tous les renseignements désirables.
- La Photographie en 1892, par MM. Gaston-Henri Niewenglowski et Albert Reyner. — Paris, 1892. 1 fr.
- Dans cette petite brochure, les auteurs nous promènent à travers les salles de l’Exposition de Photographie, ouverte à Paris cette année, et ils en profitent pour faire une revue complète quoique rapide, de l’état actuel de cetre science délicate, qui est en même temps un art charmant.
- Le succès de cette exposition, dont tous les envois sont analysés avec le plus grand soin dans ce petit livre, et la création toute récente de l’Union nationale des Sociétés photographiques de France, prouvent l’importance qu’acquiert chaque jour la Photographie et la nécessité de la création d’une école où elle soit spécialement enseignée ; c’est là une idée sur laquelle on ne saurait trop insister et que verront aboutir avec la plus grande satisfaction tous ceux qui ont conscience des services que la Photographie est appelée à rendre à toutes les sciences, à tous les arts, et, en général, à toutes les industries.
- ***
- Ces trois ouvrages viennent de paraître et sont en vente à la librairie de la Science en Famille, qui rappelle à tous ceux qui écrivent ou qui désirent écrire, qu’elle se charge d’éditer, soit pour son compte, soit pour celui de MM. les Auteurs, tous ouvrages scientifiques ou photographiques.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- Un ancien émule de Succi. — Un amateur de vieux parchemins vient de découvrir dans la bibliothèque du Vatican un document qui prouve que, bien longtemps avant Succi, un Français avait exercé l’art de jeûner avec un succès qu’aucun des jeûneurs 11’a pu atteindre jusqu’ici.
- Sous le règne du pape Clément V, en 1306, un Français qui était au service pontifical fit un pèlerinage à Jérusalem. A son retour de la Terre sainte, il cessa de manger. Du moins personne ne le vit prendre de nourriture. Ce jeûneur, qui prétendait s’être passé de toute nourriture pendant deux ans, fut considéré comme un saint. Plus tard, par un brusque revirement, on le soupçonna de sor-
- cellerie et de magie; il fut fouetté en place publique et exilé de Rome.
- *%
- Accidents de dentition.— M. Gibert(du Havre) a fait une enquête sur 1,000 enfants nourris au biberon et 500 nourris au sein. Sur les 500 enfants nourris au sein, deux seulement ont eu des accidents de dentition. Sur les 1,000 enfants nourris au biberon, il a observé 58 cas de stomatites simples, 113 stomatites ulcéro-membraneuses, 28 cas de convulsions.
- 11 résulte de cette statistique que l’élevage au sein préserve l’enfant, d’une façon presque absolue, des affections de dentition. Pour M. Gibert, la dentition ne se fait bien qu’avec
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- LA SCIENCE E'N FAMILLE
- la succion du sein de la mère qui favorise l’usure normale physiologique de la gencive.
- ***
- Piqûres d’abeilles. — Le Chasseur illustré rapporte un bien curieux fait relatif à des animaux tués par des abeilles. Dans l’après-midi du 22 août, un jeune homme de dix-sept ans, Lucien Petit, se rendait dans son champ, près de Mantes, avec une voiture attelée d’un cheval et d’un âne. Dans un jardin attenant à ce champ, se trouvaient une quarantaine de ruches d’abeilles. A peine l’attelage fut-il arrivé, que les insectes surexcités par la chaleur sortirent de leurs ruches en bourdonnant. Lucien Petit les vit s’approcher et, très effrayé, prit la fuite, se jetant, pour être mieux à l’abri des piqûres, dans un fossé plein d’eau. Pendant ce temps, les abeilles formaient autour de l’âne et du cheval un véritable nuage doré, et les pauvres animaux, bondissant sous la douleur, cherchaient vainement à se débarrasser de leurs ennemis. Ils les suivaient par milliers dans leur course folle à travers la campagne. Mais un moment arriva où l’âne s’arrêta, épuisé, puis tomba pour ne plus se relever. Ce fut ensuite le tour du cheval. Quand les deux pauvres bêtes furent bien mortes, les abeilles s’envolèrent dans la direction de leurs ruches, laissant la place aux grosses mouches. Alors seulement Lucien Pelit, qui avait assisté tremblant à l’horrible scène, sortit du fossé où il s’était réfugié et retourna seul à Mantes.
- ***
- Un caoutchouc minéral. — IC Engineering and Mining Journal annonce qu’on vient de trouver un succédané, jusqu’à présent inutilisé, du caoutchouc. Cette question est d’autant plus importante que les usages du caoutchouc se multiplient chaque jour, en même temps que cette substance devient de plus en plus rare, par suite de l’épuisement et du non-remplacement des forêts d’arbres à caoutchouc. Ce succédané minéral s’obtient comme résidu de l’épuration du goudron par l’acide sulfurique ; il se présente Sous la forme d’une matière noire, semblable au bitume et possédant l’élasticité du caoutchouc. Si on fait chauffer cette masse pâteuse jusqu’à réduction de 60 p. c. de son volume primitif, on obtient une matière analogue à l’ébonite. Sa solution dans le naphte constitue un excellent isolant ; en dissolution alcoolique, il donne un vernis imperméable. 11
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- paraît que des essais du nouveau produit ont été tentés avec succès en Angleterre.
- * *
- Singuliers puits. — Dans la petite île de Duwa, située entre la mer et une lagune, en face de Negombo, à 40 kilomètres au nord de Colombo (Ceylan), les habitants ont une façon curieuse de se procurer l’eau douce qui manque absolument à la surface du sol.
- Ils font à la main, dans le sable, au bord de la mer, un trou qui se remplit immédiatement d’eau douce et que l’on recueille avec une calebasse.
- Le lendemain, il faut refaire un autre trou, car le précédent, quand il ne s’est pas rebouché, ne contient plus que de l’eau saumâtre.
- Le sol entier de l’île est de sable, on n’y cultive que le cocotier, et les puits creusés à l’intérieur ne donnent que de l’eau salée. Toute la population (1300 habitants environ) n’a donc pas d’autre boisson que l’eau qu’elle va puiser au bord de la mer.
- ***
- Le pont sur l’Ohio, à Cairo (États-
- Unis). — Le chemin de l’Illinois central traverse le fleuve Ohio près de la ville de Cairo. Le pont sur le fleuve a été commencé en 1887 et livré à l’exploitation le 29 octobre 1889. Ce pont est probablement le plus long pont métallique du monde (il a 10 mètres de plus que le pont de la Tay), la longueur de la partie métallique étant de 3,220 mètres, et la longueur totale, comprenant les viaducs d’approche en bois, est de 6,240 mètres. Les fondations des piles reposent sur des caissons foncés à la profondeur maxirna de 38 mètres au-dessous du niveau des hautes eaux. Le caisson le plus grand a les dimensions suivantes :
- 9,15 X 21,35 X 4,88 mètres.
- Le métal est de l’acier. Quant aux travées dont se compose le pont, il en existe deux de 158m 140, sept de 122 mètres et trois de 75m 940. Le viaduc sur la rive de l’état de Kentucky est constitué de vingt et une travées de 45m 750 chacune et d’une travée de 32m 40 ; il ne diffère du viaduc d’approche sur la rive de l’Illinois qu’en ce que celui-ci est constitué de dix-sept travées au lieu de vingt et une. Les treillis en bois ont la longueur totale de 3,020 mètres. La dépense totale de l’ouvrage a attteint 13,380,000 francs.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- LA SCIENCE PRATIQUE
- Dépôt de manganèse pour empêcher l’oxydation du fer. — Les pièces en fer bien décapées sont déposées dans un bain électrolytique et reliées au pôle négatif, on place au positif une plaque de charbon. Le bain se com-
- pose de :
- Eau.................................10 lit.
- Chlorure ou sulfure de manganèse. 50 gr. Azotate d’ammoniaque............... 200 gr.
- 11 se dépose sur le fer du bioxyde de manganèse qui forme sur le fer une couche inoxydable dont on peut régler l’épaisseur par l’intensité du courant eL la durée d’immersion.
- *
- # *
- Pour marquer les bouteilles. — Délayer un peu de céruse dans de l’essence de térébenthine. On obtient ainsi une espèce de peinture blanche très siccative avec laquelle on peut
- écrire sur le verre des bouteilles que l’on a l’intention de conserver longtemps en cave.
- *
- * *
- Emploi de la mercuriale annuelle. —
- La Mercuriale ou vulgairement Foirolle est une plante qui croît spontanément dans les jardins et fait le désespoir des jardiniers.
- Si au lieu de la jeter au fumier, comme on le fait ordinairement, on la recueillait et'on la faisait sécher pour s’en servir à l’occasion, on aurait un précieux remède contre les constipations opiniâtres.
- On en faiL bouillir une petite poignée dans un litre d’eau, on y ajoute une bonne cuillerée de miel, on la prend en lavement et on est de suite soulagé. Ce remède était très en usage dans les temps anciens.
- RÉCRÉATIONS
- Un torpilleur en liège. — Prenez trois bouchons que vous taillez comme l’indique la figure 157, de façon qu’ils s’emboîtent l’un dans l’autre et simulent la forme ex-térieure d’un torpilleur.
- Une galerie G formée de six épingles et d’un fil,une cheminée C, surmontée de flocons de ouate, ht un petit drapeau, compléteront l’apparence extérieure. Le bouchon du milieu est percé d’une cavité S dans laquelle on a préalablement introduit du bicarbonate de soude et de l’acide tartrique, en morceaux un peu gros.
- Le bouchon postérieur est percé d’un trou dans lequel on introduit un bout de plume
- SCIENTIFIQUES
- I d’oie, qui met ainsi la cavité centrale en com-| munication avec l’extérieur.
- Une petite lame de fer-blanc K, qui sert en même temps de lest, réunit les trois bouchons avec l’aide de deux ligatures.
- Lorsque ce torpilleur en miniature sera placé sur l’eau, celle-ci, s’introduisant dans la cavité centrale, déterminera un dégagement
- d’acide carbonique, qui, chassant le liquide intérieur par le tube, fera avancer l’ensemble comme le montre la figure 158. F. D.
- Ch. MENDEL Directeur-Gérant, 118, rue d’Assas.
- Fig. 157
- Fig. 158.
- La Fère. — Imprimerie Bayen, rue Neigre.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
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- L’AMITIE CHEZ LES ANIMAUX
- il;
- Si II
- 5, es animaux sentent ; ils aiment et ils souffrent à leur façon : nous leur devons donc pitié et justice, et, comme le dit quelque part, M. Gratiolet, c’est une gloire pour notre époque d’avoir enfin écouté cette voix qui plaide au fond dej nos cœurs pour ces créatures sensibles de Dieu, et fait des lois pour pro-téger les animaux.
- Ainsi qu’il résulte des observations les plus variées et les plus dignes de foi, la plupart sont capables d’un profond attachement. Le chien en fournit les exemples les plus touchants ; le bœuf, la vache, marquent par des beuglements plaintifs et prolongés le chagrin que leur cause le départ d’un compagnon d’étable.
- Deux chevaux faisaient ensem-
- Fig. 159. —- Curieux mélange de convives.
- ble la campagne d’Espagne de 1808 ; depuis longtemps déjà ils traînaient de pair les pièces de canon sur les champs de bataille lorsque l’un d’eux fut tué. A partir de ce jour, son compagnon se montra triste et chagrin ; on le vit impatient, tournant de tous côtés la tête, comme pour chercher partout l’ami qu’il venait de perdre. On le plaça à côté d’autres chevaux sans qu’il parût aucunement s’occuper d’eux : son œil resta morne ; il refusa toute nourriture, et mourut de faim quelques jours après.
- 11 n’est pas jusqu’au chat, dont on a fait le type parfait de l’égoïste, qui n’ait donné plus d’une fois les exemples d’une bienveillance tout à fait affectueuse envers ses semblables.
- Plusieurs fois, dit M. Jumelin, en parlant d’un magnifique angora « je l’ai vu revenir escorté par un malheureux chat affamé, comme s’il savait que, chez lui, le pauvre hère trouverait à se rassasier. La dernière fois qu’il a témoigné ces intentions charitables, la scène a été des
- plus nettes et des plus curieuses. Il était très agité, et lui qui ne miaule jamais, miaulait et sautait partout dans la cuisine, comme en quête de quelque chose qu’il ne trouvait pas. Devinant son intention, je donnai à manger à son protégé qui criait la faim ; il cessa de fureter et, tout le temps que dura le repas de son ami, il resta gravement assis tout auprès, le regardant avaler viande et lait ; mais aussitôt l’écuelle vide, il le mena vers la porte, que j’ouvris, le congédia prestement en lui donnant quelques coups de patte, très doux, mais très vifs, et l’accompagna jusqu’au bas de l’escalier, en exécutant de petites roulades à mi-voix, non de colère, mais comme pour lui dire : « Maintenant que tu as ce que tu veux, tu es content ; va-t’en ; à une autre fois. »
- Depuis ce temps, son invité, revient souvent, et mon chat, bien qu’il n’aille plus le chercher, lui fait très bon accueil.
- Cependant, ce serait une grande erreur de croire que les animaux ne puissent s’attacher qu’à des êtres de leur espèce ; on possède les exemples les plus singuliers et les plus curieux du contraire.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- D’abord, trop de personnes savent combien est faux en beaucoup de cas le proverbe « ennemis comme chien et chat » pour que nous insistions sur ce sujet : les exemples abondent qui présentent ces deux amis de notre foyer comme faisant bon ménage ensemble.
- A propos du chat, M. Bouant a raconté également, dans la Revue Scientifique, le joli trait suivant : « C’était en 4874 ; j’habitais alors Périgueux. Un matin, mon chat fit une irruption dans ma chambre à coucher, tenant dans sa gueule un moineau happé dans le voisinage. A peine entré, il lâche le pauvre oiseau dans l’intention bien évidente de s’en amuser, suivant que les chats en usent d’ordinaire avec les souris, avant de les croquer. Le moineau, qui avait une aile coupée, ne pouvait songer à fuir; il tient bravement tête à l’ennemi et le frappe à grands coups de bec sur le nez. Tout aussitôt, le chat vit à qui il avait à faire et battit en retraite.
- Depuis ce moment, les deux bêtes, ne songeant plus à leurs instincts respectifs, vécurent en bonne intelligence. Ce fut bientôt une amitié fraternelle. Ils mangeaient, dormaient, se promenaient côte à côte. Fréquemment, ils parcouraient la maison, le moineau juché sur le dos du chat, ou bien encore le chat, tenant le moineau dans sa gueule et le lâchant à la première réquisition. Est-il besoin de le dire, le tyran était le plus faible. Le chat ne pouvait toucher à la soupe avant que l’oiseau eût prélevé sa portion. »
- Un de nos amis, qui habite un gros bourg du Bocage normand, possède un chat qui a pour son maître le plus vif attachement, qui le suit partout comme le ferait un petit chien, lui emboîtant le pas, ou trottinant à ses côtés, soit par les rues du village, soit par les chemins de la campagne. Deux gentilles tourterelles blanches à collier font également partie de la maison ; très bien apprivoisées, quoique gardant leur liberté, elles entrent, elles sortent, vont, viennent, et chaque été établissent leur nid de brindilles dans une suspension en terre cuite de la salle à manger : jamais le chat n’a tenté de leur faire aucun mal, et rien n’est plus drôle que de les voir tous trois — un félin flan-
- qué de deux colombes —- déjeuner dans la môme écuelle.
- « 11 y a quelques années, dit M. Gherville, on montrait à Londres une immense cage dans laquelle divers animaux, carnassiers et rongeurs, oiseaux de proie, espèces inoffensives, vivaient en communauté et en parfaite intelligence.
- « Nous avons sous les yeux, ajoute-t-il plus loin, dans une cour, une assez jolie réunion d’animaux et d’oiseaux qui, dans la barbarie de la vie naturelle, vivraient sans scrupule aux dépens les uns des autres.
- Le groupe se compose de trois chiens, de quatre chats, de pigeons, de deux corbeaux, d’une demi-douzaine de coqs et poules nègres ; pendant l’été, on y adjoint plusieurs couvées de poussins qui font dans cette cour leur stage du premier âge. Non seulement, nous n’avons jamais surpris, même chez les plus forts, les mieux armés, amateurs de chair fraîche au moins par atavisme, la moindre velléité répréhensible, mais ceux-là témoignent d’une tolérance méritoire vis-à-vis des plus faibles. Lorsque les chiens ont écrémé leur potage, ils souffrent parfaitement que les volailles, qu’elles soient adultes ou au sevrage, viennent picorer leurs reliefs : c’est tout au plus si une vieille chienne, que l’âge a rendue atrabilaire, fait entendre un aboi de mécontentement lorsqu’un coq audacieux vient glaner les miettes ou fouiller les épis de la paille de sa niche ».
- On a vu des lions se prendre de réelle affection pour les chiens qu’on leur avait donnnés pour commensaux. Mais l’exemple devient tout à fait original lorsqu’il s’agit, comme dans notre gravure, d’animaux ayant des habitudes, un instinct, des goûts tout à fait différents. Dans un-relais du Mecklembourg, on voyait, vers 1820, un dogue, un angora, un corbeau et un rat d’une extraordinaire grosseur, prendre tous les jours leur repas en commun dans le même plat ; vers la même époque, un vieil invalide était arrivé à faire ce tour de force, faire manger ensemble, sans dispute ni le moindre désaccord, cinq animaux hostiles les uns aux autres : un chien, un porc, un chat, un rat et un corbeau (fig. 159).
- (A suivre)
- C. Chaplot.
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- La science en famille
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- MANUEL DU COLLECTIONNEUR DE TIMBRES-POSTE (suite)
- onseils pratiques. — Il est temps, croyons-nous, de laisser de côté les monarques plus ou moins exotiques dont nous avons été amené à parler et de quitter les hauteurs où nous a entraîné la défense du timbre pour aborder un sujet plus terre-à-terre, mais non moins intéressant.
- Un collectionneur novice a besoin de quelques conseils sur la meilleure manière de se confectionner un album convenable.
- Supposons qu’il ait recueilli 400 à 500 timbres de côté et d’autre. Son premier soin sera de se procurer un bon catalogue et un album imprimé sur lequel les cases de timbres sont toutes prêtes dans l’ordre des différentes émissions.
- Il devra ensuite décoller avec soin les papiers et morceaux d’enveloppe qui seront restés adhérents à quelques-uns de ses timbres. Pour cela il n’aura qu’à faire tremper un moment ces timbres dans une cuvette contenant de l’eau tiède. Au bout de quelques minutes les papiers se détacheront d’eux-mêmes ou par un simple effort et il n’y aura plus qu’à sécher les timbres entre deux feuilles de papier buvard, blanc autant que possible.
- La plupart des timbres peuvent être immergés complètement sans que leur couleur s’altère. 11 y en a cependant pour lesquels il faut user des plus grandes précautions ; ceux de Russie, par exemple, et, en général tous ceux d’une couleur délicate, jaune clair, bleu outremer, lilas, etc., se décomposent légèrement sous l’action de l’eau et il sera prudent, si l’on veut avoir de beaux exemplaires, de ne mouiller que le verso du timbre et pendant le moins de temps possible.
- Quand les timbres ont été séchés sommairement de manière à bien enlever surtout la colle qui a pu rester adhérente, il faut les placer les uns à côté des autres dans un carnet composé de feuillets blancs et les y laisser jusqu’à ce que le séchage soit complet.
- A ce moment préparer de petites bandelettes de papier gommé que l’on peut obtenir en découpant des morceaux de ces marges qui sont réservées dans toutes les feuilles de
- timbres vendues dans les bureaux de tabac. Ces petites bandelettes doivent avoir environ 12 millimètres de haut par 8 millimètres de large.
- Le collectionneur prend alors un à un les timbres qu’il a placés entre des feuilles d’un carnet ; s’il en trouve qui se soient collés contre une feuille, il lui suffira d’une légère pression pour les détacher. Il applique vers le milieu du timbre, de bas en haut, la bandelette gommée dont il mouille la moitié inférieure, puis il rabat la partie supérieure qui doit être parfaitement sèche et aplatit avec l’ongle la charnière improvisée qu’il a ainsi constituée.
- Quand tous les timbres ont subi ces diverses préparations, ils sont prêts à entrer dans l’album.
- Pour cela il faut commencer, soit au moyen des connaissances que l’on possède déjà, soit à l’aide du catalogue, par classer les timbres par pays et, dans chaque pays, par dates d’émission. C’est là une opération assez délicate et dont la pratique ne s'acquiert qu’à la longue : certains timbres de pays différents ont, en effet, entre eux de grandes analogies qui trompent les débutants, et, d’autre part, les distinctions entre telle et telle émission d’un même pays sont quelquefois très difficiles à reconnaître. Mais, nous le répétons, avec une certaine pratique on arrive à se tirer très bien d’affaire et à obtenir rapidement un excellent classement.
- Voici néanmoins quelques indications qui permettront au débutant d’éviter les principales erreurs.
- A nciens Etats de VA llemagne (timbres portant l’inscription Thurn und Taxis). — Bien faire attention à la différence qui existe entre les timbres des Etats du Nord et ceux des Etats du Sud. Les premiers ont les inscriptions du haut, du bas et des deux côtés sur lignes droites, tandis que dans les seconds les inscriptions sont en lignes cintrées.
- Allemagne du Nord (Confédération). — Timbres télégraphiques. Ces timbres sont absolument semblables à ceux de l’Empire d’Allemagne. Pour éviter toute confusion, bien lire l’inscription qui se trouve à l’in*
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- LÀ SCÏENGÉ
- térieur du timbre. Dans ceux de la Confédération de l’Allemagne du Nord « Norddeutsche Bundes Télégraphié » et dans ceux de l’Empire d’Allemagne « Télégraphié des deutschen Reiches ».
- Allemagne et Bureaux Allemands du Levant. — Angleterre et Bureaux anglais du Levant. — France et Bureaux français du Levant. — Italie et Bureaux italiens du Levant. — Pour chacun de ces pays, les timbres de la métropole et ceux des bureaux qu’elle possède au Levant (Constantinople, Smyrne, Asie Mineure etc.,) sont semblables entre eux, avec cette différence que ceux du Levant ont, soit la surcharge « Estero » imprimée en noir, soit la valeur en monnaie turque imprimée en surcharge noire ou rouge (10 paras, 1 piastre etc.).
- Autriche et Bureaux autrichiens du Levant'. — La différence entre ces timbres est moins apparente, du moins pour les premières émissions, attendu qu’elle consiste non en une émission toujours très visible, mais simplement dans le changement de l’unité monétaire. Les timbres autrichiens ont la valeur ainsi libellée : 2, 3, 5 etc., Kr.
- (Kreuzer) et ceux du Levant portent l’indication Sld. (Soldi) au lieu de Kr.
- Depuis 1888, les timbres autrichiens du Levant sont les mêmes que ceux d’Autriche avec la surcharge en monnaie turque.
- Autriche et Lombardo- Vénétie. — Beaucoup de débutants confondent les timbres de Lombardo-Vénétie avec ceux d’Autriche ou des bureaux autrichiens du Levant.
- Appartiennent à la Lombardo-Vénétie : 1° tous les timbres non dentelés, avec armoiries d’Autriche ayant la valeur en Cenles, au lieu de Kr. ;
- 2° Tous les timbres ayant une petite effigie en relief de François Joseph Ier, tournée soit à droite, soit à gauche ;
- 3° Les timbres de l’émission 1863 (aigle en relief dans un double ovale) ayant l’inscription « Soldi » au lieu de Kreuzer.
- Angleterre et colonies anglaises. — Nous recommandons aux jeunes amateurs de ne pas classer avec l’Angleterre les timbres des diverses colonies anglaises qui portent, comme ceux de la métropole, l’effigie toujours jeune de la Reine Victoria. Ils ont un moyen infaillible d’éviter toute erreur : c’est I
- EN FAMILLE
- de bien lire les inscriptions de chaque timbre. Ceux d’Angleterre ne comportent absolument que les mots « postage » ou « postage et revenue » et la valeur. Ceux des différentes colonies ont tous dans le haut du timbre le nom de la colonie (Antigua, Bahamas, Bar-bados, Geylon, Jamaica, Mauritius, St-Vin-cent, Victoria, etc., etc.)
- Espagne, Antilles espagnoles et Philippines. Les timbres des Antilles espagnoles et des Philippines se distinguent de ceux d’Espagne par les inscriptions « Cuba », « Puerto-Rico » ou « Filipinas ».
- Ceux des anciennes émissions sont plus difficiles à reconnaître.
- Appartiennent aux Antilles;
- 1° Les timbres à l’effigie de la Reine Isabelle II ayant la valeur en B.1 Plata F (au lieu de cuartos) ;
- 2° Ceux, même effigie, ayant les millésimes 1866 et 1867 et la valeur en Cmos (centimos) au lieu de Ctos (cuartos);
- 3° Ceux à l’effigie de la République, (grosse tête de 3/4 à gauche) ayant dans le haut « cor-reos » au lieu de « comunicaciones ». ( D’une manière générale, tous les timbres ayant le mot « comunicaciones » appartiennent à l’Es-pagne) ;
- 4° Tous les timbres aux mêmes effigies que ceux d’Espagne ayant dans le haut le mot « Ultramar ».
- Appartiennent aux Philippines :
- 1° Tous les timbres à l’effigie de la Reine Isabelle II avec la mention * Correos Interior » ;
- 2° Tous ceux ayant l’indication de la valeur suivie des lettres Po Fe ;
- 3° Ceux au millésime de 1854 ayant ce millésime suivi de la lettre Y ;
- 4° Ceux à l’effigie de la République (de 3/4 à gauche) ayant la valeur en Cs de Eo (centimos de escompto).
- Argentine. — Pour les différentes émissions, bien faire attention aux timbres gravés en taille douce et à ceux lithographiés. Ces derniers se distinguent facilement par leur mauvaise impression, manquant de la netteté et du fini qui caractérisent la gravure.
- Bhore, Bihamir, Bhopal, Faridkot, Jum-mo-Ilaschmir, Soruth — etc. Pour tous ces Etats Indiens, dont les timbres — tout-à-fait primitifs — ressemblent passablement à des vignettes de marchands de rubans et ne corn
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- tiennent aucun caractère européen, il sera indispensable que le collectionneur novice suive avec soin les indications de son catalogue et de son album pour éviter toute erreur.
- Brême, Cap de Bonne-Espérance (triangulaires), Espagne {effigie de Bon Carlos), Buenos-Ayres, Lubeck, Nouvelle Galles du Sud (vues de Sydney), lîomagne, Etats-Unis (grands timbres News Papers), Samoa
- [Exprès], Suisse, (Zurich, Bâle et Genève).— Nous recommandons tout spécialement aux amateurs de se méfier des exemplaires de ces timbres qu’ils pourront rencontrer: sur 100 il y en aura 99 au moins de faux. Nous consacrerons d’ailleurs un article spécial aux principales falsifications que nous avons pu étudier.
- (A suivre), S. Bossakiewicz.
- MONOGRAPHIE DU STÉRÉOSCOPE (Suite)
- «m» 'idée d’attribuer à la dissemblance des Wf deux visions, droite et gauche, la per-gyU ception du relief des objets, n’est pas neuve : nous la trouvons en germe dans les écrits du géomètre -Euclide, lequel vivait quelque trois cents ans avant Jésus-Christ.
- Après lui, des savants, des artistes, des physiologistes — Galien, Léonard de Vinci, Porta, Elliot, pour ne citer que ceux-là — pressentirent la possibilité de créer un instrument qui pût faire naître dans l’esprit de l’observateur le sentiment des creux et des reliefs.
- Mais c’est à Wheatstone que revient l’honneur d’avoir, le premier, justifié la théorie par l’expérience, en construisant son stéréoscope à miroirs.
- L’instrument que le célèbre physicien anglais soumit, en 1838, à Y Association britannique pour Vavancement des sciences, présentait la disposition reproduite en plan par la fig. 160.
- Fig. 160.
- Deux miroirs verticaux m et né, ouverts à 90°, réfléchissaient des images binoculaires placées en N et N’, dont la superposition pour les
- yeux G et B qui recevaient ces images réfléchies, paraissait se produire en O.
- L’instrument de Wheatstone était volumineux et embarrassant ; le réglage du parallélisme des miroirs et de la symétrie des images n’était pas sans difficulté ; de plus, celles-ci devaient être dessinées à rebours pour se présenter, après leur réflexion, dans leur véritable sens (voir fig. 160).
- C’est en 184V qu’un autre savant anglais, sir David Brewster, imagina de remplacer les miroirs de Wheatstone par deux prismes à travers lesquels s’opère la réfraction des rayons lumineux.
- Cette déviation des rayons lumineux APC et
- Fig. 161.
- BP'B (fig. 161) semble les faire partir de leur point de convergence O, de telle sorte que si l’angle des prismes, leur inclinaison et leur distance des images A et B sont convenablement réglés, ces deux images se superposent et leurjfusion provoque le relief.
- Actuellement et bien qu’on ait conservé au stéréoscope la formé" adoptée par Brewster
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- (fig. 162), les prismes sont avantageusement remplacés par les deux moitiés d’une lentille bi-con-vexe coupée en deux, et faisant fonction de
- Fig. 16 b
- piiiimiiiiifilj
- prismes, la partie gauche L (fig. 163) placée à droite, et la partie droite V placée à gauche.
- La forme lenticulaire de ces sections grossit les images et les rapproche de l’œil sans les rendre confuses.
- Fig. 163.
- Leur action prismatique a pour effet de déplacer les images latéralement, de sorte qu’elles viennent coïncider dans le champ de la vision. Nous devons faire remarquer que la distance
- des épreuves au système optique étant réglée pour une vue normale, le même appareil ne conviendrait pas également à un myope ou à un presbyte.
- Fig. 164. — Stéréoscope à crémaillère.
- L’opticien Duboscq a remédié à cet inconvénient en disposant en avant des prismes réfringents une sorte de jumelle convergente que chaque observateur peut régler à sa vue au moyen d’une molette.
- Cette disposition offre, de plus, l’avantage de grossir considérablement les objets et de rendre distincts leurs plus petits détails.
- Qu’on nous permette maintenant quelques mots de démonstration exposant le plus succinctement possible la théorie du stéréoscope.
- (ià suivre). René Délié.
- ÉLECTRICITÉ PRATIQUE
- ï'.léctro. jfj
- Bouton.-
- Allumage d’une lampe pendant un temps déterminé. — L’on prend deux petits flacons que l’on réunit par un tube de verre fort étroit traversant les deux bouchons.
- Ces bouchons sont en outre traversés chacun par deux fils de cuivre (a, b. a’, b’) soudés
- comme le montre la figure 165, à deux petites rondelles de
- cuivre A et B. Pi g
- Deux petits balais
- frottant sur ces rondelles amènent le courant.
- L’un des deux flacons est à moitié rempli de mercure et tout le système est fixé sur une tringle de fer qui sert d’axe.
- Dans la position où l’appareil est représenté sur la figure, le courant est interrompu, mais si 1 on presse sur le bouton, l’on déclanchera
- le taquet A', le système, entraîné par un contrepoids, fera un demi-tour, le mercure viendra remplir le col du flacon supérieur et réunira ainsi électriquement les deux fils (a) (b) jusqu’à ce qu’il se soit écoulé -16.1. ’• dans celui de des-
- sous. La lampe restera donc allumée un temps plus ou moins long, selon la plus ou moins grande largeur du tube ou la quantité du mercure.
- René Michel.
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- LEUR ORIGINE
- LES ARMOIRIES
- DES ÉMAUX — DÉFINITION DES PIÈCES PRINCIPALES
- Onsidérèes comme des signes guerriers servant à reconnaître au milieu des combats, une nation, une tribu ou un chef, les armoiries remontent à la plus haute antiquité. A une époque où les uniformes étaient inconnus, où souvent l’armure cachait corps et visage, il était nécessaire que les chefs pussent se faire reconnaître, par quelques marques distinctives, à leurs soldats. Aux temps les plus reculés, on trouve de nombreux exemples de ces images allégoriques.
- Homère, Virgile, Euripide, Valérius, etc., nous représentaient leurs héros portant sur leurs boucliers et sur leurs casques divers emblèmes ; les Romains, après eux, font un usage multiple de ces figures, symboles ou enseignes ; les Egyptiens, les Assyriens, les Mèdes, les Hébreux, les Carthaginois s’en servaient également. Il ne faudrait cependant pas en conclure que les hommes de ces temps héroïques et fabuleux aient conçu l’usage des armoiries comme institutions de noblesse et qu’elles fussent pour eux un héritage conservé de père en fils, d’honneur, de courage ou de vertu. Elles ne furent, selon nous, que des marques militaires et des signaux employés à se reconnaître dans les combats. C’est à l’époque des Croisades qu’il faut faire remonter l’origine des armoiries se transmettant par hérédité.
- Au moyen âge, le droit de porter des armoiries n’était pas réservé exclusivement à la no. blesse; sans parler des villes, des églises et des diverses corporations, beaucoup de familles bourgeoises partageaient cette distinction : les artistes et les ouvriers avaient leurs monogrammes ou quelque marque particulière qui ser-
- Fig. 163.— Les principales pièces des armoiries.
- vait à les distinguer, ainsi qu’en témoignent les nombreux exemples qu’on trouve sur les monuments sépulcraux du moyen âge.
- Les signes employés pour rappeler et perpétuer les actions les plus mémorables des guerriers, images et symboles qui caractérisent l’imagination à la fois hardie et naïve de la noblesse féodale, par leur diversité et leur nombre, créèrent cette langue particulière qui eut besoin, pour être bien comprise et correctement interprétée, de hérauts spécialement chargés d’en maintenir les règles établies.
- Voici, d’après Lacé-pède, dans son Histoire de l’Europe, quelques-uns de ces signes hiéroglyphiques. La croix simple ou double bordée, dentelée, crénelée, ouvrée, pâtée, fleurdelisée, paraissait sous différentes formes et retraçait les combats livrés pour conquérir la cité sainte.
- Un palmier rappelait l’Idumée ; une arche, un pont attaqué ou défendu avec valeur ; une tour, un château pris de force ; un casque, une armure enlevée à un ennemi redoutable ; une étoile, une attaque de nuit ; un glaive, un combat singulier ; un croissant, la délaite d’un musulman terrible ; un pal, une bande, une barre, un chevron, des palissades, des barrières renversées ou détruites ; un lion, un tigre, le courage indomptable ; un aigle, la bravoure sublime.
- Voilà l’origine de tout le système des armoiries.
- Quant au mot Blason, on l’a fait dériver de l’allemand blasen qui signifie tonner du cor, parce que le héraut d’armes sonnait du cor
- (i) Extraits (texte et gravures) du Traité élémentaire du Blason, par A. Labitte. i vol., 280 p., 562 grav. ; librairie de la Science en Famille, Paris ; 1893, 3 fr. 50.
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- Fig. 167. - LE BLASON — DES ÉMAUX.
- 1. Or. — 2. Argent. — 3. Azur. — 4. Gueules. — 5. Sinople. — 6. Sable. 10; Contre-Hermine. — 11. Gontre-Vair. — 12. Vairé, Contre-Vairé d’or.
- 7. Pourpre. — 8. Hermine. — 9. Vair
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- Fig. 168. - LE BLASON - LES COURONNES ET LES CHAPEAUX.
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- 1. Couronne impériale. — 2. Royale. — \ Turban. — 4. Couronne du Dauphin. — 5. des Enfants de France. — 6. de Duc. — 7. de Marquis. — 8. — de Comte. — 9. de Vicomte. — 10. Couronne de Baron ou tortil. — il- Couronne de Vidame, —» 12. Tiare. — 13. Mitre — 14. — Cardinal. — 15. Archevêque. — 16. Évêque,
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- pour annoncer l’entrée d’un chevalier dans l’enceinte d’un tournoi et proclamait la forme et la qualité de ses armoiries.
- Les figures employées sur les armes ou armoiries se composaient de signes se rapportant à quelque action éclatante de celui qui les portait, ou elles étaient simplement composées de sujets pris dans la nature ou purement imaginaires ou de convention.
- Elles étaient représentées généralement par des métaux et des couleurs, et comme ces dernières n’auraient pu résister aux injures du temps, on les émaillait pour leur donner plus de durée, ce qui leur a fait donner le nom d'émaux.
- Il y a dans la composition du blason métaux, cinq émaux et deux fourrures.
- Les métaux sont : l’or (jaune), l'argent (blanc) ;
- Les couleurs sont : l'azur (bleu), le gueules (rouge), le sinople (vert), le sable (noir), le pourpre (violet) ;
- Les fourrures sont : le vair et l'hermine.
- Outre ces désignations, il y a la couleur de carnation pour les figures, le corps humain, etc. ; la couleur naturelle pour la terre, les animaux, les plantes, etc.
- Enfin, de l’hermine, on forme la contre - hermine , et du vair, le contre-vair, et avec l’or,
- H
- Fig. 168. — G-rimaldi, prince de Monaco, a pour tenants 2 moines de .Saint-Augustin.
- deux
- Fig. 169.
- Gelas de Lautrec, supports d’ours muselés, accolés.
- on a fait le vairë, contre-vairé d’or.
- En gravure, on est convenu de représenter les émaux comme nous l’indiquons dans la figure 167.
- Enfin, pour le blason étranger, il convient
- d’ajouter d’autres couleurs : l'orangé, réprésenté par des lignes diagonales tirées du chef gauche à la base droite de l’écu et croisées par des lignes horizontales ; la sanguine (rose), par des lignes qui se croisent diagonalement du chef gauche de l’écu à sa base de droite et du chef de droite à sa base de gauche.
- La pièce principale des armoiries est Vécu (bouclier), puis viennent le timbre, le pavillon, les tenants et les supports, les devises, les cris de guerre et les banderol-les (fig. 166).
- La pièce principale était l’écu (1) dont il existe plusieurs formes et qui porte un nom particulier selon la façon dont il est divisé.
- Tout ce qui peut être placé dans le champ d’un écu, soit qu’il le couvre entièrement, soit partiellement, se nomme charge.
- Les pièces honorables ordinaires, sous-ordinaires, diminuées, sont les marques qui résultent de la distribution inégale des émaux sur l’écu.
- Les pièces honorables, ainsi que le champ de l’écu, peuvent être chargées d’autrespièces qu’on appelle meubles d’armoiries ; tels sont : les astres, les animaux de toute espèce, les arbres, fleurs et fruits, les tours, les clefs, les figures chimériques, etc.
- On entend par timbre tout ce qui se met au-dessus de l’écu, pour dis-
- (i) Les quelques lignes suivantes, relatives à 1 écu et aux pièces secondaires, ne constituent qu'un résumé tout à fait succinct des principales définitions données dans l’ouvrage qui comporte sur ces différents sujets plus de 500 figures,
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- tinguer les degrés de noblesse ou de dignité, soit séculière, soit ecclésiastique comme la tiare papale, le chapeau des cardinaux et des évêques, les croix, les mitres, les couronnes, les bonnets et les casques ou heaumes (fig. 166).
- Les pavillons sont des couvertures en forme de tente qui revêtent et enveloppent les armes de quelques souverains ; ils se composent du comble qui en est le chapeau, et de la courtine qui en fait le manteau. Les tenants et les supports sont des figures peintes à côté de l’écu et qui semblent le supporter. Ces figures représentent des anges, des sauvages, des animaux. On dit tenants (fig. 168), lorsque ce sont des figures humaines, et supports (fig. 169), lorsque ce sont des animaux.
- Les devises sont des inscriptions héraldiques qui se trouvent sur des banderoles — appelées aussi phylactères — pratiquées soit au-dessus, soit au-dessous des armes de quelques souverains.
- La maison de Bourbon avait pour devise : Espérance ; les rois d’Angleterre : Dieu et mon Droit, etc.
- Enfin, les cris de guerre, au moyen âge, ressemblent à nos cris : France, en avant, jetés dans les mêlées modernes par nos officiers français. Le cri de guerre se transformait souvent en devise, et il faisait partie de l’héritage sans conteste de l’aîné des familles.
- Voici quelques exemples :
- Les anciens rois de France avaient pour cri de guerre : Mont-Joye-Sainct-Denis.
- Les ducs de Bourgogne : Mont-Joye-Sainct-A ndrè.
- Les ducs de Normandie : Diex-Aye-Dame (Dieu aide Monseigneur).
- Les comtes de Champagne : Passavant, passavant li meillor (que le plus brave s’avance contre nous.
- HYGIÈNE
- LA STÉRILISATION DE L’EAU
- MM. A. et V. Babès viennent de faire, à l’Académie de médecine de Paris, une importante communication, toute d’actualité, sur différents procédés pour obtenir de l’eau privée de germes vivants. Ce résultat est, en effet, comme on le sait, très difficile à obtenir, en dehors de l’ébullition qui donne à l’eau un goût fade et la prive de ses gaz. Les différents : filtres qui peuvent réussir à donner de l’eau pure lorsqu’on s’entoure de toutes les précautions, dans un laboratoire, sont loin d’offrir toutes les garanties désirables lorsqu’ils sont employés dans les ménages où leur soin est confié aux cuisinières. En effet, d’après ces expérimentateurs, les filtres, quelle que soit leur composition, en porcelaine, en amiante, charbon, etc., lorsqu’ils ne sont pas tenus proprement, arrivent à donner une eau contenant autant et plus de microbes que l’eau non filtrée.
- Après une étude scientifique des divers procédés connus de stérilisation de l’eau par des , réactions chimiques, MM. Babès ont donc appli- | qué au problème de l’épuration de l’eau de j boisson le principe de la précipitation des élé-
- ments corpusculaires en suspension dans l’eau.
- Tout d’abord, le procédé le plus répandu, surtout en Orient, est le suivant :
- Après avoir agité de l’eau avec une certaine quantité de poudre d’alun, on la laisse reposer vingt-quatre heures ; l’eau est parfaitement claire, et, de plus, elle se trouve stérilisée : d’une façon presque complèle.
- La craie et l’acide sulfurique, l’oxyde de fer hydraté, le sulfate de fer, donnent des résultats plus ou moins complets au point de vue de la stérilisation.
- .La craie en poudre, transformée en sulfate de chaux par une quantité suffisante d’acide sulfurique, donne de bons résultats lorsqu’on l’agite avec l’eau à purifier. La dose est, pour un litre d’eau, de 1 gramme de craie et de 0,75 d’acide sulfurique.
- De 15 à 25 centigrammes d’alun, mélangés à un litre d’eau, la stérilisent pour deux ou trois jours d’une façon complète ; 25 centigrammes , d’alun agités avec un litre d’eau filtrée la ren-| dent absolument pure. Ce procédé permet d’ob-! tenir une eau très suffisamment stérilisée pour les usages alimentaires. Le mécanisme de cette
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- action est encore assez obscur ; les microbes sont précipités et englobés dans le sédiment de sulfate de chaux qui s’est produit avec dégagement d’acide carbonique, par suite de l’action de l’alun sur les carbonates terreux de l’eau.
- Si on fait passer de l’eau lentement sur une certaine épaisseur de limaille de fer, l’eau sort presque complètement purifiée et, pourvu qu’on la laisse reposer un jour environ, elle est tout à fait stérilisée.
- Le résultat est encore meilleur si l’on fait passer l’eau sur la limaille de fer mélangée d’air injecté en assez grande quantité. Mais il est important de laisser fonctionner le filtre pendant deux «à trois jours avant de s’en servir, car il ne filtre bien qu’après ce temps. L’eau, qui contient avant son passage 1,200 à 1,300 germes par centimètre cube, n’en renferme plus, après repos au sortir du filtre, que 0 à 20 par centimètre cube.
- Pour les besoins des ménages, il suffit, d’après ces procédés, d’un appareil très simple
- MOYEN D’UTILISER LES DE
- SepüiS quelques années, le linge en celluloïd, ou plus vulgairement « linge américain », a pris une telle extension que bien rares sont les personnes qui n’ont pas chez elles, dans le coin d’un tiroir, une paire de manchettes, mise au rebut. Elles sont, faute d’emploi, destinées à être jetées au feu ou à la rue.
- Je vais, en quelques lignes, essayer d’indiquer à nos lecteurs le moyen de tirer partie de ces feuilles de celluloïd et de faire avec peu, beaucoup, ou plus modestement quelque chose d’utile.
- Redresser les manchettes de façon à obtenir un plan parfait, telle sera notre première opération. Pour ce, mettons-les ramollir quelques minutes dans de l’eau presque bouillante et laissons-les sécher entre deux feuilles de papier buvard blanc, placées sous un poids ou un gros livre. Ceci fait, en deux coups de ciseaux, nous obtiendrons dans chacune des manchettes une plaque rectangulaire d’environ 0m 10/0“ lü qui, placée sur un bureau, remplacera parfaitement le « mémorandum » de porcelaine, si fragile et
- et à bon marché pour obtenir une eau stérilisée et absolument claire.
- Un vase en zinc ou verre de 10 à 40 litres, ayant la forme d’un ballon d’Erlenmeyer posé sur un piédestal en bois, est percé à sa base d’un orifice fermé par un robinet. Le vase est rempli d’eau. On y ajoute 1 gr.50 d’alun par 10 litres ; on agite fortement l’eau par un mouvement rotatoire ou au moyen d’une planche percée de trous, puis on laisse reposer dix à quinze heures le vase recouvert d’un couvercle en fer-blanc. Après dix-huit à vingt heures de repos, on peut soutirer l’eau. 11 sera bon de laisser perdre le premier demi-litre.
- Pour vider le vase, on agite l’appareil, puis on laisse échapper l’eau résiduelle souillée par le précipité et on rince à l’eau stérilisée ; puis on remplit de nouveau l’appareil.
- L’eau peut être clarifiée et stérilisée de la même manière par le sulfate de fer et la craie en poudre.
- [Revue Scientifique).
- *RIS DE LINGE AMÉRICAIN
- si coûteux. Un linge légèrement mouillé enlèvera l’écriture tracée par un crayon un peu gras.
- Ecrivons à l’encre, en tête de l’autre plaquette, le mot « MENU » et nous aurons un objet plus utile encore. Reprenons notre ciseau et varions-en la forme : en rond, en ovale, en demi-lune, en fer à cheval... enfin en forme de « palette ». Une branche de feuillage, quelques fruits, un sujet quelconque dessinés à la plume, enjoliveront notre menu qui reposera si l’on veut sur un petit pinceau introduit dans le trou destiné habituellement à tenir la palette. Trois ou quatre de ces objets peu coûteux rempliront sur une table leur but d’utilité et permettront d’apprécier le talent de l’amphitryon, si celui-ci les a décorés ou peints lui-même. Ajoutons que l’encre ou la couleur prennent plus facilement en humectant légèrement de salive le celluloïd.
- Les déchets provenant de chaque manchette nous serviront aussi. Découpons-les en quatre morceaux d’environ 0“ 06/0m 09 que nous placerons l’un sur l’autre, Deux « faveurs »
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- Là science en LamilLe
- Là science en PamilLe S60
- de la couleur préférée les réuniront par des nœuds élégants en A et B. Un cordonnet en soie, attaché d’un bout au dernier feuillet de celluloïd et recevant de l’autre un minuscule crayon, viendra compléter cet élégant « carnet 'le bai » ou, selon l’emploi, ce plus utile « me-menta » de poche. Carolus Karl.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- La longévité selon nos ancêtres. — On imagina, parfois, au moyen âge, de faire des calculs passablement hypothétiques sur la longévité de certains êtres de la création. En voici un exemple original que nous fournit un manuscrit du quatorzième siècle, conservé à la bibliothèque de la ville d’Epinal : Un chien dure neuf ans. Un cheval dure trois chiens : vingt-sept ans. Un homme dure trois chevaux, soit quatre-vingt-un ans. Un corbeau dure trois hommes : deux cent quarante-trois ans. Un cerf dure trois corbeaux : quatre cent vingt-neuf ans. Un chêne dure trois cerfs : douze cent quatre-vingt-sept ans. Une note manuscrite, dont l’écriture est du commencement du dix-septième siècle, renvoie, pour des calculs analogues, à Hésiode (cité par Pline, livre VII, ch. VLVin), et par Plutarque : Des Oracles, ch. vlviii), ainsi qu’à Aldovrandi : Ornithologia, lib. XII, c. i : De corvo. *** L’électricité au Parlement anglais. — Il n’y a pas beaucoup d’électriciens à la Chambre des Communes ; en revanche, il y en a une belle phalange à la Chambre des Lords. Lord Salisbury n’est pas seulement un chimiste distingué, c’est un électricien accompli ; son château d’Hasfield où l’électricité est appliquée partout, renferme un splendide laboratoire d’électricité. Le duc de Malborough n’est pas un amateur mais un véritable électricien ; Lord Russell est l’associé d’une maison de constructeurs de Fed-dington ; j’ai à peine besoin de citer Lord Rayleigh, et vous ne trouverez pas une seule compagnie d’électricité dont le conseil d’administration ne compte pas un ou deux lords qui, par leur influence et le capital qu’ils appor- tent, contribuent au développement de l’électricité. A la Chambre des Communes, on compte, comme chez nous, beaucoup d’avocats, plus encore de sollicitors, c’est-à-dire d’avoués. Les médecins sont moins nombreux qu’à la Chambre des Députés ; les brasseurs et les distillateurs le sont davantage. Toutes les grandes industries et l’agriculture y sont largement représentées ; dans le nombre certainement, il y a des électriciens, mais il n’en n’est réellement qu’un qui soit connu comme tel, en dehors de sir John Pender qui a créé toutes les compagnies de télégraphie sous-inarine, c’est Bernard Molloy, et, chose curieuse, dans le relevé de la liste des membres de la Chambre des Communes, Bernard Molloy ne figure pas comme exerçant la profession d’électricien, mais celle de Camérier de S. S. Léon XIII. Détail intéressant, mais qui ne touche pas à l’électricité, le député de Great Grimsby, M. Henri Josse, est français ; il est né à Caen en 1822, a été exilé après le coup d’état en 18à2 et s’est fait naturaliser en Angleterre où il a fait une immense fortune dans le commerce des charbons. (.Journal des Applications électriques.) * * * Les poupées de la reine Victoria. — Il y a quelque temps, on trouvait dans un réduit de Buckingham-palace une collection de poupées, que la reine Victoria, lorsqu’elle était petite fille, avait costumées de ses propres mains. La nouvelle de cette découverte causa une douce émotion à la souveraine, qui se trouvait alors à Osborne, et elle exprima le désir de revoir immédiatement les compagnes de son enfance. On ne la fit pas attendre et, après un bout de toilette, toutes les poupées furent embarquées pour Osborne, où elles reçurent le meilleur accueil. La reine eut même la fantaisie originale de réunir tout ce petit monde autour
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- EGIENGE EN
- FAMILLE
- d’une table garnie d’un minuscule service à thé et de faire photographier le groupe.
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- Ce que contient le nid d’un aigle. — Un
- chasseur suisse s’est récemment emparé, dans les Alpes, du nid d’un aigle, après avoir tué les parents qui le défendaient. Le nid était construit avec des branches épaisses, réliées par de la paille et du gravois. Le chasseur y trouva, outre un jeune aiglon, de la viande fraîche, 1 lièvre récemment tué, 27 pieds de chamois, 4 pattes de pigeons, 30 pattes de faisans, 3 pattes de poulets, 11 têtes de poulets, 18 têtes de grouses, sans compter des restes de serpents, d’écureils, de lapins, de marmottes et d’autres menus animaux.
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- L’Eléphant facétieux. — On signale, dans les journaux de Droit, dit la Nature, un singulier procès qui va se plaider en Angleterre. Le mois dernier, une dame qui se promenait au Jardin zoologique, à Londres, s’assit sur un banc pour se reposer. En même temps que son mouchoir, elle tira de sa poche son porte-monnaie qui contenait six guinées en or et qu’elle laissa sur ses genoux. Quelques instants après, vint à passer l’éléphant en liberté sur lequel on hisse des enfants pour la promenade. L’éléphant a saisi le porte-monnaie avec sa trompe, l’a avalé. On a cherché, au moyen de l’émétique, à le lui faire rendre. 11 l’a rendu déchiqueté, et seulement avec deux ou trois pièces de monnaie. D’où procès de la dame pour se faire rendre son bien.
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- Cheval et bicyclette. — Dans la grande course à cheval, organisée récemment de Vienne à Berlin et réciproquement, entre des officiers de cavalerie allemands et autrichiens, c’est un autrichien, le lieutenant de Stahremberg qui est sorti vainqueur. Il a effectué les 700 kilomètres à parcourir en 71 heures 23 minutes, c’est-à-dire en autant de temps qu’en a mis M. Ter-ront pour couvrir 1200 kilomètres en bicyclette : la comparaison était intéressante à établir.
- ***
- Destruction des insectes par l’électricité.
- — Cet appareil tout nouveau, dit La lumière électrique, vient d’être breveté en Allemagne et se compose d’une lampe à arc entourée d’un réseau de fil fin de platine. Le courant traverse ces fils de platine, qui servent ainsi de rhéos-
- tat, et les porte à une haute température sans cependant les rendre incandescents. Les insectes, attirés par la lumière et ne voyant pas les fils, viennent s’y brûler infailliblement. Le tout est entouré d’un filet à grandes mailles pour éviter l’approche des oiseaux.
- Dans des expérience faites avec cet appareil, on a pu détruire en peu de temps un grand nombre de papillons de nuit, hannetons, etc. Nul doute que cet appareil ne puisse rendre des services dans certains cas.
- ** *
- Un cheval glabre. — Nous trouvons dans le Scientifie American la description d’un cheval qui est absolument dépourvu de système pileux.
- Non seulement le cou et la queue de cet animal sont privés de poil, mais le corps lui-même n’en porte aucune trace. La peau, presque entièrement noire, est brillante et lisse.
- On constate, chez ce cheval, un phénomène assez curieux : quelle que soit la fatigue à laquelle il est soumis, il ne transpire jamais. A la modification anatomique de sa peau, s’est ajouté un changement dans les fonctions physiologiques de cet organe. La perte de vapeur d’eau, et, par suite de chaleur produite par la transpiration habituellement, et qui est la condition de la continuité d’une dépense de force active, doit avoir lieu chez ce cheval, comme chez le chien, par la surface pulmonaire.
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- La plus petite commune de France. —
- La commune de Morteau, dans le département de la Haute-Marne, qui, lors du recensement, de 1886, était la moins peuplée de France, ne vient plus, d’après le dernier recensement, qu’en cinquième ligne : sa population est passée de douze habitants à vingt-deux.
- C’est maintenant presque aux portes de Paris que se trouve la plus petite commune : le Tartre-Gaudran, qui fait partie du canton de Houdan et de l’arrondissement de Mantes, dans le département de Seine-et-Oise ; elle possède dix-sept habitants, dont onze seulement au chef-lieu. Viennent ensuite Blanche-fontaine, dans le Doubs, avec dix-sept habitants également ; la Genevroye, peuplée de dix-neuf habitants, dans la Haute-Marne; la Villedieu, qui possède vingt et un habitants dans la Haute-Saône et enfin Morteau. •
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- LA SCIENCE PRATIQUE
- Un simple baromètre. — Prenez une fiole ronde de pharmacie et coupez-en une partie du cou avec le goulot. On peut faire cela, soit avec une lime, soit en chauffant le col à la place voulue avec une ficelle et en trempant dans l’eau froide. On remplit ensuite presque complètement la fiole d’eau, puis, mettant le doigt sur la bouteille, on la renverse, on ôte son doigt et on suspend la fiole dans cette posilion. Par un temps sec, la surface inférieure de l’eau sera de niveau avec la bouteille ou même légèrement concave ; par un temps humide au contraire, une goutte sortira du col et tombera pour être suivie par une autre.
- (La Science pratique).
- pour vernir les meubles. — Chauffez à petit feu, en remuant constamment,8 parties de cire blanche, deux parties de résine et une demi-partie de térébenthine de Venise. Mélangez dans un pot de grès verni, ajoutez, pendant que la mixture est encore chaude, 3,5 parties d’huile rectifiée de térébenthine. Après avoir reposé 24 heures, 1-a masse forme une substance molle et butyreuse : on peut alors s’en servir. Les meubles ou objets qu’on veut vernir doivent être lavés soigneusement avec de l’eau et du savon et séchés avant qu’on applique le vernis.
- Conservation de la viande. — M. J. Ma-
- riosa, San-Paolo (Brésil), a fait breveter, en Amérique, un procédé de conservation de la viande qui consiste à recouvrir les morceaux d’une pâte à l’eau formée de 40 parties de bicarbonate de soude et de 60 parties de sucre, de façon à ce que le mélange pénètre dans la partie superficielle, puis à exposer à un courant d’air jusqu’à ce que l’enduit et la surface soient complètement desséchés.
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- Affûtage des outils par les acides. — On
- sait depuis longtemps que les outils, tels que les couteaux, les ciseaux, les faux et les limes, peuvent s’affûter par les acides.
- On peut prendre un mélange de 10 parties d’acide sulfurique hydraté et de 100 parties d’eau. L’action est plus rapide si l'ori remplace une partie -de l’acide sulfurique par l’acide nitrique.
- Un mélange avantageux est le suivant : 1 litre d’eau, 500 grammes de salpêtre du Chili, 60 centimètres cubes d’acide sulfurique concentré.
- (Chronique industrielle).
- Moyen de faire des écrans qui se colorent à la chaleur. — Les dames, qui savent suffisamment dessiner et peindre à l’aquarelle, peuvent s’amuser à faire de ces écrans, qui causent des surprises aux personnes qui s’en servent pour se garantir du feu d’une cheminée.
- On exécute, par exemple, à l’encre de Chine un paysage d’hiver où tout est censé de neige, ou bien on se borne à dessiner le site au trait. On passe ensuite sur les . diverses parties que l’on veut voir verdir une solution de chlorure de cobalt; pour les jaunes on emploie du chlorure de cuivre, et pour les bleus du ciel ou de l’eau, de l’acétate de cobalt. On laissera sécher naturellement cette peinture, où ces diverses teintes ne deviendront sensibles qu’autant qu’on approchera la feuille du feu. Les couleurs disparaissent par le refroidissement et reparaissent autant de fois que l’on veut.
- Nettoyage des pièces mécaniqnes. —
- D’après M. Stockmeier, le mélange suivant conviendrait très bien pour nettoyer et faire briller les pièces mécaniques des machines :
- 6 0/0 d’huile de térébenthine ;
- 26 0/0 d’huile de stéarine ;
- 26 0/0 de tripoli fin ;
- 46 0/0 de noir animal très fin.
- On ajoute de l’alcool au mélange que l’on étend, au moyen d’un pinceau, sur les pièces à nettoyer.
- Après évaporation de l’alcool, on frotte l’enduit en se servant, comme adjuvant, d’un mélange sec de 16 parties de noir animal et de 26 parties de tripoli. Les parties ainsi nettoyées reluisent et prennent un brillant éclatant.
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- LA SCIENCE EN CAMILLE
- Ciment pour l’ambre. — Dissolvez du copal dur dans de l’éther jusqu’à consistance huileuse et enduisez de cette solution les parties d’ambre à coller après les avoir préalablement bien nettoyées. Assurez l’adhésion en enroulant l’objet d’un fil et laissez durcir pendant plusieurs jours. Cette opération doit être faite très vite à cause de l’évaporation rapide de l’éther. S’il s’agit d’un tuyau de pipe, avoir le soin d’enlever, avec une plume, les bavures du ciment qui auraient pu pénétrer à l’intérieur.
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- * *
- Limonade sèche. — Il est facile, quand on
- ne sort pas de chez soi, de se faire de la limonade avec du sucre et du citron, mais les gens qui voyagent n’ont point cette facilité. Aussi, c’est surtout pour eux que la limonade sèche a été inventée, et que les droguistes la vendent par petits paquets.
- Avec 500 grammes de sucre et 16 grammes d’acide citrique que l’on mêle bien ensemble, au moyen du mortier et du pilon, on obtient la limonade sèche, qu’on peut renfermer dans une boîte et porter sur soi pendant les journées chaudes.
- Une cuillerée à café de cette poudre dans un verre d’eau vous donne une boisson agréable.
- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
- Un volcan dans un bol. — Préparez au fond d’un bol une solution un peu concentrée d’eau de savon ; colorez avec un peu d’aniline.
- Munissez-vous d’un fétu de paille ou d’un tuyau de pipe et fumez une bonne cigarette dont vous enverrez la fumée par le jmoyen du fétu de paille dans l’eau de savon. 11 se formera de nombreuses bulles de savon, qui ne tarderont pas à remplir tout le bol.
- Placez alors le bol au milieu de la table et vous assisterez à une véritable éruption volcanique en miniature.
- Les bulles crevant les unes après les autres, il se forme, à droite et à gauche, de petites colonnes de fumée qui montent, s’épanouissent et étalent aux environs leur petit panache bleu.
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- * *
- Les bulles de savon. — L’usage des petites lampes de quatre à cinq volts est aujourd’hui très répandu, et nous sommes persuadé que beaucoup de lecteurs qui les emploient pourront répéter la jolie expérience suivante :
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- Fig. 170. — Les bulles de savon.
- Dans un verre nous avons de l’eau savonneuse additionnée de glycérine. Deux piles, montées en tension, éclaireront notre petite lampe dont le support est placé au centre d’un coquetier ; celui-ci repose sur deux livres, pour
- permettre l’arrivée. des fils par-dessous.
- Mouillons les bords du coque-lier avec fie liquide glycériné et gonflons la bulle dont la lampe occupera le centre.
- Cela fait, éclairons la lampe, et nous jouirons alors d’un magnifique spectacle par suite de la polarisation de la lumière au travers de la bulle. Mais ce n’est pas tout : la chaleur de la lampe, quoique faible, sera cependant suffisante pour dilater l’air, et nous verrons la bulle grossir progressivement pour diminuer à nouveau si nous éteignons la lampe. F. B.
- Ch. MENDEL Directeur-Gérant, il8, rue d’Assas.
- La Fère. — Imprimerie liayin, rue Neigre.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- LES APPLICATIONS DE LA PHOTOGRAPHIE
- PHOTO-DÉTECTIVE ÉLECTRIQUE
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- e Scientific American signale une assez curieuse application de la photographie, dont la police pourrait user à l’occasion.
- Un négociant de Toledo (Ohio), M. Triquet, s’apercevait depuis long- eT g ~ temps qu'on ^
- lui volait des cigares dans une vitrine ; mais les voleurs s’y prenaient si habilement que , malgré une surveillance active, il était impossible de les prendre e n flagrant délit.
- M. Triquet s’adressa alors à M. W.
- H. Ilarbec.k, inventeur d’un appareil pour la photographie automatique, espérant pouvoir, à l’aide de cet appareil, prendre une épreuve instantanée
- a
- Fig. 171.
- Reproduction d’une épreuve obtenue avec l’appareil photo-détcétive.
- qui permettrait ensuite de les découvrir.
- L’opération réussit à merveille, et la fig. 171 est une reproduction exacte de l’épreuve obtenue.
- L’appareil est représentée fig. 172, la face et le côté de la boîte ayant été enlevés pour montrer le mécanisme.
- L’appareil se compose d’une chambre noire
- avec obturateur électrique, surmontée d’un appareil pour produire l’éclair magnétique, fermer un circuit dans lequel sont compris les deux électro-aimants de l’appareil et une pile, cet appareil étant aussi déclanché électriquement.
- L’ouverture de la vitrine a pour effet de fermer un circuit dans lequel sont compris 1 e s deux électro aimants de l’appareil et une pile. Au moment où le courant passe, l’élec-tro-aimant qu’on voit à gauche de la figure, ouvre l’obturateur. Au même instant, l’électro-aimant supérieur dégage un disque rugueux qui, sollicité par Lun ressort en spirale, frotte une allumette pressée de bas en haut. Le disque, continuant sa rotation, laisse passer l’allumette par un trou. Elle vient ainsi allumer la photopoudre. Celle-ci, en môme temps qu’elle éclaire, brûle un fil qui fait partie du circuit, ce qui a pour effet de fermer l’obturateur. Le tout se passe dans une fraction de seconde. L’efficacité de l’appareil est suffisamment montrée par l’épreuve ci-des-
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- ï.-'.tfvïW
- Fig. 172. — Photo-détective électrique.
- sus. L’ensemble du mécanisme est conçu d’une i repos et peut rester armé pendant un temps façon simple et pratique. 11 ne dépense rien au ! quelconque. F. D.
- NOTRE MÉTAL NATIONAL
- L’ALUMINIUM
- 'aluminium a été, dans ces dernières années, l’objet de travaux industriels con-sidérables ; sa production en France a pris des développements imprévus, et grâce aux méthodes électriques aujourd’hui employées en grand pour sa préparation, le prix de l’aluminium a pu être abaissé jusqu’à 15 francs le kilog. qui est sa valeur actuelle. Le développement de cette industrie métallurgique de l’aluminium tient aux propriétés ex-
- ceptionnelles, presque merveilleuses de ce métal. Sa densité est très faible, 2,6 : il a la légèreté du verre ou de la porcelaine, sans en avoir la fragilité, car il est aussi dur que le fer ; de plus, il est absolument inaltérable à l’air, sec ou humide à toute température. C’est donc un corps absolument précieux pour toutes les applications usuelles, où la légèreté est un facteur qui doit entrer en considération. C’est ainsi que si l’on met à part la question de
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- l’avoir éteint, on s’en va, l’on comprend qu’il ne faut pas qu’au moment où l’on referme la porte il se produise un contact qui remettrait le feu à la lampe.
- La forme un peu compliquée de ces appareils en rend la fabrication difficile pour la plupart des amateurs. On peut les remplacer par un petit dispositif qui rend les mômes services.
- Deux languettes de cuivre minces et très
- souples sont vissées par une extrémité comme le montre la fig. 174, l’une à la porte, l’autre au dessus ; ces deux ressorts se rencontrent pendant l’ouverture et la fermeture de la porte, mais une bande de parchemin étant collée du côté A de la plaque CD et du coté B de la plaque EF, il n’y a contact électrique qu’à l’ouverture ; pendant la fermeture, les languettes sont isolées par le parchemin. René Michel.
- LA MARCHE DES ÉPIDÉMIES CHOLÉRIQUES
- e choléra est originaire de l’Inde ; il parait même y être endémique depuis l’antiquité la plus reculée. Les fragments des Yajur-Védas, qui contiennent des renseignements sur les connaissances médicales des Indous, ne mentionnent pas cette maladie; mais Wise a trouvé dans les traductions tamoules les traits principaux de l’affection. Telles les lèvres, les dents, les ongles noirâtres, l’insensibilité et les vomissements fréquents, les yeux enfoncés, la voix faible. Le pronostic d’un pareil mal était parfaitement connu. Quand le malade est en pareil état, dit la sentence, on peut l’emporter au bûcher; il ne guérira pas.
- Ce passage, rapporté par Laveran (1) dans sa monographie du choléra, est attribué à Susruta, dont le nom se trouve dans les légendes arabes du vne siècle, et qu’une traduction toute mythologique donne comme l’élève de Kasiraja, lequel aurait appris la médecine de Deventary, personnage divin comme VEsculape des Grecs.
- Des documents plus positifs et plus circonstanciés nous sont fournis par les auteurs du xvie, du xviie et du xvme siècles ; on en trouve l’indication dans le travail'cité plus haut.
- L’Inde est le foyer originel du choléra ; il règne constamment sur quelques points de son territoire, attaquant principalement les populations pauvres dans les localités basses et humides.
- A des époques plus ou moins éloignées, coïncidant en général avec des intempéries
- (i) Dictionnaire encyclopédique des Sciences médicales. Paris, I877,
- atmosphériques, de grandes calamités publiques, des guerres, de grands pèlerinages, les foyers locaux se confondent, l’épidémie se répand sur des régions plus ou moins étendues; puis, suivant les grandes voies de communications, les mouvements des troupes, les foules de pèlerins, elle envahit de proche en proche, crée de nouveaux foyers de rayonnement qui font irruption sur le pays tout entier. Les dates les plus mémorables des épidémies régionales sont : 1656 à 1657, Arcot, présidence de Madras; 1761, Haut Hindous-tan ; 1769, province de Madras ; 1774, côte de Coromandel ; 1768 à 1771, Pondichéry ; 1781 à 1782, Bengale, province de Madras ; 1783, Ilurdwar ; 1787, Arcot ; 1790, cicars du Nord; 1793, Arcot ; 1814, provinces du Centre ; 1817, 1818, 1819 jusqu’en 1849, 1851, 1860, 1867.
- D’après Annesley, il y a eu, de 1817 à 1840, 443 invasions épidémiques qui ont fait périr près de 18 millions d’individus. A Calcutta, de 18,18 à 1853, il y a eu 18,111 décès par choléra dans les hôpitaux civils. La mortalité moyenne annuelle est, d’après Morehead, $e 35 à 40 sur cent décès dans les hôpitaux militaires ; de 50 à 55 dans les hôpitaux civils ; de 50 à 65 dans les hôpitaux indigènes. (Laveran.)
- La première épidémie générale de choléra date de 1818. La maladie envahitl’île de Gey-lan, puis Singapore et Siam en 1819, le Ton-kin, la Cochinchine et Bornéo, en 1820, et atteignit la Chine et Pékin en 1821. En même temps, en 1819, le fléau était transporté par une frégate anglaise de Calcutta à Maurice, et rayonnait de ce nouveau pays jusqu’à l’île Bourbon. D’autre part, en 1821, il ga-
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- gnait l’Asie Occidentale par le golfe Persique et la mer Rouge, et gagnait Bagdad, la Perse, puis s’étendait sur toutes les côtes de la Syrie et s’arrêta aux pieds de l’Europe, à Astrakan.
- C’est en 1830 qu’il pénétra en Europe, venant d’Astrakan où avait eu lieu une seconde éclosion épidémique, importée par la route de la^ Caspienne et la Perse. Il envahit d’abord la Crimée, la Pologne, l’Allemagne ; de Hambourg il gagna l’Angleterre, et nous arriva de Londres par Calais.
- La seconde épidémie européenne dato de 1848. Elle vient de faire l’objet d’une communication présentée à l’Académie des sciences par le Dr Tholozan. Cette note du savant médecin, qui a longtemps séjourné en Perse, contient des considérations intéressantes sur lesquelles il y a lieu d’insister. Quelles sont les causes et par où débuta cette pandémie, qui, après avoir traversé la Perse, envahit l’Europe et l’Amérique en 1847,1848 et 1849?
- A la fin de l’été 1844, les pays situés au nord de l’Hindoukoh furent dévastés par le choléra. Bokhara et Balkli perdirent environ 25,000 habitants. Samarcande et Koundouz souffrirent aussi beaucoup. En s’avançant au Sud-Est, la maladie atteignit Bamian au commencement d’octobre, et Kaboul vers le 15 de ce mois. Le 8 novembre, l’épidémie s’était étendue à Djellalabad, et à la fin de novembre à Peshawer. En mars et avril 1845, le choléra était à Jhelun où, dans un seul régiment anglais, il y eut 500 décès. En mai, Lahore, 22,000 décès. En juin, Amritsir, puis Firouzepour et Loudiana, dans la direction de l’Inde centrale. Sukkur, vers le Sud, fut atteint le 15 juin. Hyderabad le 15 juillet, puis Tatta et Kurrachi.
- Il ne peut pas être question ici d’une provenance de l’Inde, puisque le choléra a marché du Turkestan sur l’Inde et a progressé dans cet empire de l’Ouest à l’Est, contrairement à la direction des épidémies qui partent dans l’Inde de l’aire endémique et se dirigent du Sud-Est au Nord-Ouest.
- M. Tholozan a observé, en 1807, étape par étape, un cas remarquable d’une marche récurrente du choléra, sur la route de Téhéran à Hérat. C’était le grand choléra de La Mecque en 1865 qui, après avoir envahi la Mésopotamie et la Transcaucasie, vint à Tauris,
- puis à Téhéran et, de là, suivit de l’Ouest à l’Est, la route du Korassan. Mais le cas sur lequel il insiste (épidémie de 1844-1849) est plus frappant, et il est peut-être unique dans la science. Il nous montre le transport du fléau d’un point de l’Asie centrale dans sa mère-patrie, et jusque sur les confins de l’aire endémique.
- Le foyer originel du choléra est dans l’Inde, le fait est hors de doute ; de là, il rayonne dans d’autres pays; mais les nouveaux foyers sont des centres d’où il peut rayonner également, et le fait intéressant que met encore en évidence M. Tholozan, c’est la réviviscence du germe reprenant une nouvelle puissance d’expansion. C’est cela qui constitue l’épidémie envahissante ou la pandémie. Cette réviviscence équivaut à une nouvelle éclosion.
- Ces faits méritent d’être rappelés à l’occasion de l’épidémie signalée cette année : elle paraît née sur place aux environs de Paris et est probablement la réviviscence d’une épidémie antérieure. De ce foyer, (le fléau est arrivé au Havre où il paraît devoir s’éteindre. Mais c’est toujours l’homme qui est l’agent de la propagation, soit par lui-même, soit par des linges souillés.
- La création de foyers successifs n’a jamais été mieux suivie que dans la relation de l’épidémie du village de Saint-Poix, par le Dr Benoît.
- Le 13 août 1854, le premier cas s’est présenté chez une mendiante vagabonde venant de Belfort oùrégnait l’épidémie;elle demande l’hospitalité chez un maréchal du village, y tombe malade et y meurt. Le maréchal est frappé à son tour et guérit ; le 18, une femme, qui a prié près du cadavre de la première victime, est atteinte et meurt le 22. Le mari de cette femme meurt du choléra. Un voisin succombe le 25, un autre voisin renvoie des ouvriers qui habitaient chez lui : deux d’entre eux vont loger chez un nommé Collin, à l’extrémité du village. L’un d’eux tombe malade le 29, et veut rentrer dans son village natal qui est à deux lieues ; ne pouvant continuer sa route, il est recueilli à moitié chemin dans le village de Chaux, par Serre, chez lequel il reste quelques heures, puis il est transporté chez lui enveloppé de couvertures appartenant à Serre. Le 30, Muller,
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- autre ouvrier logé chez Collin, a le choléra et meurt le 31. Le 1er septembre, c’est l'enfant de Collin, le logeur. Le 2, un pensionnaire et la servante. La femme et les enfants de Collin sont renvoyés par ordre du médecin, qui prescrit la désinfection et la fermeture i de la maison. Le mari seul résiste et se couche dans le lit où son enfant est mort ; il est frappé et meurt lui-même dans la nuit du 4 au 5 septembre.
- Sa femme, rentrée depuis la maladie de son mari, est atteinte le 6 et guérit.
- Le 29, une femme meurt dans le voisinage de la première maison atteinte.
- Puis trois personnes voisines de la maison Collin.
- La femme de Serre, qui avait recueilli un malade et prêté sa couverture, va le 29 août la chercher dans un village voisin, la rapporte à la maison ; elle est atteinte du cho-
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- léra le 2 septembre, et succombe ; c’est le premier cas du village de Chaux où les faits vont se succéder dans le même ordre. (Cité par Laveran.)
- D’anciennes épidémies peuvent renaître. Il y a une brèche ouverte en Europe au choléra. Il semble résulter des derniers faits observés, que la maladie peut se réveiller en certains points sans nouvelle importation. Mais de ce qu’il existe une porte étroite, il ne résulte pas qu’on doive renverser toutes les barrières. L’Europe doit toujours être armée pour empêcher l’apport de nouveaux germes de l'Inde. Quant aux épidémies partielles qui peuvent se rallumer dans des foyers qui n'étaient éteints qu’en apparence, la pratique de l’isolement, de la désinfection, l’application rigoureuse des lois de l’hygiène les éteindront assez vite. L’exemple de ce qui s’est passé au Havre nous en est un sûr garant (1). L. M
- L’AMITIÉ CHEZ LES ANIMAUX (suite)
- i&S§m
- Fig. 175. — Renard et levrier.
- a figure 175 a pour sujet l’amitié d’un levrier pour un renard ; ce fait bizarre a été observé en Angleterre.
- Ce renard pris au piège, après avoir
- (i) Extraits d’un article du Cosmos.
- commis toutes sortes de méfaits, se laissa apprivoiser et resta pendant quatre ans le camarade et l’auxiliaire des chiens, ses commensaux : habitant sous leur toit, mangeant avec eux et les imitant de son mieux dans les chasses et les battues.
- Un certain monsieur Huddy, de Lis-more, en Angleterre, avait une chouette très bien apprivoisée et qui fit, pendant longtemps, bon ménage avec un cochon, un blaireau, deux chats, un renard et une oie, et rien n’était plus curieux les jours de sortie de leur maître, de les voir accompagner la voiture pendant quelquefois plusieurs lieues.
- Un ingénieur américain possédait un alligator qui avait pour le chat du logis une véritable amitié, recherchant sa compagnie et s’endormant à côté de lui ; par exemple, dès que le chat était absent, l’alligator donnait les signes de l’inquiétude la plus manifeste, inquiétude à laquelle succédaient des marques évidentes de plaisir aussitôt que le chat avait reparu.
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- LA SCIENCE EN FAMILLÈ
- Vers 1822, un monsieur de Thann reçut deux jeunes grues qui s’apprivoisèrent très vite, apprirent bientôt à répondre à l’appel de leur nom et à prendre, dans la main du premier venu, les aliments qui leur étaient offerts. Elles se promenaient dans le village et man-géaient dans un grand plat avec les chiens de la maison. A quelque temps de là, le mâle eut l’aile écrasée ; la femelle resta constamment à
- temps lui rendit quelque gaîté, et ce fut ensuite le bœuf qu’il choisit comme camarade, l’accompagnant au pâturage et lui rendant de nombreuses visites à l’écurie. Ce fut bientôt une amitié réciproque : l’oiseau frottait son corps aux jambes du bœuf ; celui-ci baissait la tête inclinait sa lourde encolure comme pour mieux reconnaître son compagnon et déplaçait ses pieds, avec plus de précaution, pour ne pas l’écraser.
- Fig 170. — L’amitic chez les animaux : La grue et le bœuf.
- côté de lui, repoussant tous ceux qui voulaient l’approcher pendant les quelques jours qu’il resta malade. Quelques mois plus tard, la femelle, à son tour, tomba malade, et le mâle lui rendit en sollicitude les’soins qu’il en avait reçus. Enfin, la malade mourut ; on vit alors le mâle chercher à lever avec son bec le corps de sa compagne et pousser des cris extraordinaires. On dut l’enfermer pour pouvoir enlever l’oiseau mort. Après quoi, il le chercha partout et, de guerre lasse, alla se blottir dans un coin de son étable ; tout l’hiver, il fut triste et ne quitta guère son logis pendant ces trois mois. Toutefois, le prin-
- Mais l’exemple peut-être le plus curieux, et en tous cas, le plus original et le plus bizarre est celui que représente notre dernière gravure (fig. 177) : il s’agit de l’amitié d’un éléphant et d’un hippopotame : l’éléphant et l’hippopotame du Jardin des Plantes de Paris.
- Voici comment M. Milne-Edwards a raconté lui-même les principaux détails de cette curieuse sympathie, dans une lettre publiée par M. de Cherville.
- « L’éléphant, une femelle (qui est morte d’une maladie des gencives, à la suite de laquelle ses dents étaient tombées), avait une
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- LA SCIËNCÉ EN FAMILLE
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- véritable passion pour l’hippopotame (une femelle aussi) et elle n’avait de cesse qu’elle n’eût pénétré dans son parc et ne lui eût fait de douces caresses avec sa trompe. L’attitude de l’hippopotame était toute passive, l’animale laissait faire, mais ne se dépensait pas en témoignages d’affection'; il restait impassible, tandis que l’éléphant déployait toutes ses
- J probablement variables et complexes. Les ! haines héréditaires survivent cependant dans certaines espèces à la captivité, car au commencement de sa lettre, M. Milne-Edwards établit que nulle amitié n’est possible entre l’éléphant et le rhinocéros, qu’il a même soin de ne jamais les laisser parquer dans des enclos trop rapprochés, parce qu’ils pourraient
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- Fig. 177. — L’amitié chez les animaux : l’éléphant et l’hippopotame.
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- grâces ou montrait une véritable inquiétude lorsque son amie, en plongeant dans le bassin, disparaissait à ses yeux. La mort de l’éléphant n’a certes pas laissé un vide dans le cœur de l’hippopotame, tandis qu’il en eût été autrement si le premier eût survécu au second ».
- Nous serions fort embarrassé, ajoute M. Cherville, si l’on nous demandait de préciser les causes déterminant le rapprochement interne d’êtres aussi dissemblables. Elles sont
- fort bien « ne pas respecter le mur mitoyen ».
- « L’ennui, l’horreur de l’isolement, doivent être pour quelque chose dans ces sortes d’attachement. 11 n’est pas impossible que les êtres qui vivent en société dans l’état de nature, comme les éléphants, les chevaux, les chiens, et tant d’autres, possèdent un germe de la faculté d’aimer et que, privés de leurs semblables, ils lui donnent satisfaction sans regarder à qui elle s’adresse ». C. Chaplot.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- LES FALSIFICATIONS DES DENRÉES ALIMENTAIRES
- MOYENS SIMPLES ET FACILES POUR LES METTRE SOI-MÊME EN ÉVIDENCE (suite).
- X. — Pâtes alimentaires (suite).
- Tapioca. — Le tapioca est un produit alimentaire voisin des précédents ; il est obtenu en faisant subir à la fécule contenue dans la racine du manioc (manihot utilissima) plante de la famille des euphorbiacées, une série de manipulations spéciales.
- Le tapioca est employé pour faire des bouillies et surtout des potages,
- Pour obtenir le tapioca, dit Voinesson de Lavelines, on débarrasse la racine de manioc de son écorce, puis on la râpe; cette râpure, placée dans des tissus en palmier, est soumise à l'action de fortes presses ; le suc qui en découle entraîne avec lui la fécule qui est lavée ensuite avec soin, puis desséchée sur des tôles très chaudes, où elle s’agglomère par l’action de la chaleur en grumeaux mamelonnés, durs, irréguliers, un peu élastiques, blancs, quelquefois jaunâtres, qui prennent le nom de moussache ou de tapioca brut ; c’est dans cet état que le tapioca est expédié en Europe à des fabricants spéciaux qui le livrent à la consommation après lui avoir fait subir une série d’opérations minutieuses, afin de le rendre propre à l’usage ordinaire.
- Le tapioca le plus renommé vient de Piio-de-Janeiro ; il se présente en grumeaux très durs et contient de l’amidon non altéré, car gonflé dans l’eau, il bleuit fortement par l’eau iodée. Ces grains gonflés, examinés au microscope, présentent des globules sphériques de très petite dimension (0 mm. 01 à 0 mm. 04) et non altérés; ils sont convexes et arrondis d’un côté, avec une ou plusieurs facettes de l’autre.
- Le tapioca ne se dissout pas totalement dans l’eau, il y forme à chaud, un empois transparent et visqueux ; mais porté à l’ébullition dans une grande quantité d’eau, il laisse déposer une partie insoluble qui, au microscope, se présente sous la forme de flocons muqueux.
- Le prix du tapioca fait qu’il a été l’objet
- de falsifications nombreuses; souvent il est additionné de fécule de pommes de terre ; parfois même, on fabrique du tapioca factice de toutes pièces avec de la fécule de pommes de terre et de l’amidon que l’on humecte de manière à former une pâte épaisse qui est ensuite séchée sur des plaques de cuivre chauffées à 100°.
- Ce tapioca peut être reconnu facilement : il est moins irrégulier, moins opaque, moins résistant sous la dent. Sa saveur est fade. Au microscope on reconnaîtra aisément la fécule de pomme de terre, qui est une des mieux caractérisées.
- Mais pour déceler cette fraude, M. Payen a indiqué un procédé précieux à cause de sa grande simplicité : On fait bouillir le tapioca pendant cinq minutes jusqu’à ce qu’on obtienne une bouillie claire; on cesse alors de chauffer et l’on ajoute au liquide quatre ou cinq gouttes d’acide sulfurique assez concentré ; on agite : s’il se développe une odeur de colle aigrie, c’est que l’on est en présence d’une falsification, et la quantité de fécule ajoutée est d’autant plus considérable que l’odeur est plus prononcée.
- D’ailleurs le tapioca factice donne un potage ayant l’aspect et la consistance de la colle, ne laissant pas déposer le tapioca, comme cela se produit lorsqu’on emploie le produit naturel pur.
- EnLn, ce tapioca artificiel étant desséché sur des plaques en cuivre peut entraîner une certaine quantité de ce métal et déterminer ainsi des troubles digestifs sérieux voisins d’un empoisonnement. Pour reconnaître le cuivre, il suffit de faire une bouillie claire de tapioca, d’y ajouter un peu de vinaigre et de plonger dans le mélange une lame de fer bien décapée ; la lame de fer se recouvre d’une couche de cuivre métallique bien caractéristique.
- Il arrive encore assez souvent que le tapioca est mélangé de sagou ; on reconnaîtra facilement celui-ci au microscope, car ses grains sont ovoïdes, allongés, souvent rétrécis
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- à une des extrémités ; d’un diamètre de 0 mm. 03 à0 mm. 08, ils offrent une ou deux facettes à chaque extrémité, dont la plus large est marquée d’une ligne ou d’une étoile. Cette adjonction de sagou n’est pas une véritable falsification, le sagou étant lui-même une matière alimentaire, mais c’est en tout cas une tromperie sur la nature de la marchandise vendue.
- Sagou. — Le sagou ou arrow-rolt est une matière féculente extraite du tronc de divers palmiers de l’Asie et de l’Océanie, notamment des metroxylons.
- La matière amylacée extraite de la partie où se développent les feuilles, est mélangée, dit M. Cloüet, avec moitié de son poids d’eau, puis la masse qui en résulte est pressée sur les mailles d’un tamis en toile métallique. Les filaments qui en résultent peuvent alors prendre deux formes bien différentes. Lorsqu’on les introduit dans un appareil pourvu d’un mouvement de rotation, on les transforme en grains plus ou moins gros qui, desséchés à une basse température, sont de coloration plus ou moins rousse : c’est le sagou en granules. Il se gonfle dans l’eau, mais ne cède pas à celle-ci de matière amy-
- lacée, puisque l’eau ne se colore pas en bleu par l’iode.
- Une seconde forme sous laquelle le sagou nous arrive est celle de petites masses arrondies ou irrégulières ; elles se gonflent bien dans l’eau, et les grains de fécule qui les constituent ont évidemment été portés à une température de 60 à 90°, contrairement aux précédents dont les granules n’ont pas été altérés par la chaleur; ils cèdent à l’eau une partie de leur matière amylacée, car l’iode y forme une coloration bleue. C’est le sagou-tapioca. Il sera donc facile, à l’aide de l’eau iodée, c’est-à-dire de teinture d’iode étendue de quatre fois son volume d’eau, de caractériser ces deux produits. i
- Les palmiers à sagou donnent environ 20,000 tonneaux de produit, annuellement. C’est un aliment de digestion facile, mais qui est quelquefois falsifié avec de la fécule de pomme de terre agglomérée, roulée et légèrement torréfiée. Cette fraude se reconnaît facilement par l’action de l’eau qui désagrège les grains sans les gonfler.
- Alb. Larbalétiuer.
- Professeur de chimie agricole et industrielle.
- (A suivre.)
- LA PHOTOGRAPHIE PRATIQUE
- Fabrication d’un dégradateur photographique.
- N prend un cliché de rebut, dont on enlève la couche gélatinée en la lavant avec un peu d’eau tiède, puis on colle sur la glace une feuille de fort papier percée
- d’une ouverture de la forme et de la grandeur dont on veut obtenir le dégradé (fig. 178).
- Après avoir enduit ce papier avec une solu-
- Fig. 178.
- Fig. 179.
- tion assez épaisse de gomme arabique, il ne reste plus qu’à mettre sur les bords intérieurs une couche de coton cardé dépassant en moyenne d’un centimètre l’ouverture de la feuille de papier (fig. 179).
- Cette couche doit autant que possible être d’une épaisseur inégale et doit former une ligne sinueuse en dépassant plus ou moins les bords de l’ouverture.
- L’on obtient ainsi des dégradés nuageux d’un aspect spécial du plus bel effet.
- Ce dégradateur se place à une distance de 1/4 ou 1/2 centimètre, selon que l’on veut les bords de l’image plus ou moins fondus.
- Il est possible par le môme procédé d’obtenir des contre-dégradateurs.
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- Verres rouges pour laboratoires.
- Voici un procédé pour donner aux vitres ordinaires une teinte rouge anti-actinique.
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- On fait dissoudre à chaud de la gélatine dans de l’eau de façon à en former un liquide visqueux, puis dans une demi-obscurité on ajoute 30 à 40 grammes de bichromate de soude par litre de liquide.
- Après avoir bien frotté] la [vitre avec un linge imbibé d’alcool, on étend ce vernis légèrement chaud, en ayant soin de se tenir autant que possible loin de toute lumière actinique.
- La couche gélatinée est d’abord d’un rouge pâle, mais si on l’expose quelques instants à la lumière du soleil, elle devient rapidement d’un rouge rubis, en même temps qu’elle devient complètement insoluble.
- Si l’on désire une teinte plus foncée, l’on passe une deuxième couche en agissant comme pour la première, moins le lavage à l’alcool.
- *
- * *
- Construction facile d’un panier laveur.
- Dans une feuille mince de zinc on découpe 3 bandes de 2 à 3 centimètres de large sur une longueur de 30 à 40 centimètres. Au moyen d’une pince plate on la plie en zig zag en laissant les deux extrémités unies et repliées à angle droit, comme le montre la fig. 180 cette opération est rendue très facile par le peu d’épaisseur de la feuille de métal.
- Une fois les trois bandes ainsi tordues, il ne
- reste plus qu’à les réunir par deux pinces de cuivre pareilles à celles employées en électrici-
- Fig. 180. Fig. 181.
- té. Deux bandes placées horizontalement forment les côtés du panier, et la troisième, perpendiculaire aux deux autres, en forme le fond (fig. 182).
- Fig. 182.
- Si l’on veut laver dans ce panier des clichés plus petits, il suffira de desserrer les deux vis et de ramener les côtés B et C à la distance convenable (fig. 181). René Michel.
- A TRAVERS LA SCIENCE
- Rochers aux formes animées. — On sait que certains rochers portant des entailles naturelles ressemblant à des objets animés ou inanimés ont donné lieu à des légendes : tels sont le pic d’Adam à Ceylan, le rocher de Saint-Maudez à l’ile de Bréhat, la pierre qui couvre la Fontaine de Sainte-Radegonde, près de Soissons. Les lecteurs de la « Science en Famille» qui connaissent de pareils rochers sont priés de vouloir bien les signaler à M. l’Esprit, 30 Avenue d’Orléans, à Paris} qui prépare un ouvrage sur ce sujet.
- ***
- Empoisonnement par les pommes de terre germées. — Les pommes de terre, vers la fin de l’hiver, sont en voie de germination. Or, la pousse ou le germe qui se développe
- renferme une substance vénéneuse très active, la solanine, qui en diverses occasions déjà, a causé de graves empoisonnements. On a vu plusieurs fois, à cette saison, des porcs, des volailles, vaguant dans les cours et dans les champs, empoisonnés de cette manière. Heureusement ces animaux ne succombent pas toujours ; mais ils maigrissent, s’affaiblissent, végètent pendant un certain temps, et il y a toujours un certain préjudice pour l’éleveur.
- Le « Bulletin de la Société agronomique de la Somme » rapporte que, dans ce département, un grand nombre de porcs ont été victimes de cet aliment vénéneux.
- Or, il y a un moyen très simple de prévenir ces accidents, c’est d’enlever soigneuse-
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- 1
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- temps rapidement, tout en donnant une empreinte indélébile, on mélange à chaud :
- Eau................ 75 parties en poids.
- Glycérine.... 7 —
- Sirop de sucre. . 3 —
- Couleur d’aniline . 15 —
- On ajoute la couleur d’aniline seulement lorsque l’eau, mélangée à la glycérine et au sirop, est en ébullition ; cela empêchera l’aniline de se précipiter au fond du vase, et fera dissoudre parfaitement.
- ***
- Préservation des murs contre l’humidité. — On enduit les murs avec :
- Eau.......................... 11.
- Gélatine..................... 500 g.
- Bichromate de potasse .... 50 —
- En somme, c’est un badigeonnage à la colle forte, dans laquelle on a dissous 3 0/0 de bichromate de potasse. Ce procédé étant basé sur ce fait que la gélatine qui contient du bichromate de potasse devient insoluble dans l’eau quand elle a été exposée à la lumière, on ne l’appliquera utilement que dans les lieux éclairés par la lumière du jour; dans une cave, il serait absolument inefficace.
- (Moniteur Industriel).
- ***
- Pâte pour les mains gercées.— Mélangez 100 gr. de graisse de porc non salée et bien lavée d’abord dans de l’eau ordinaire, puis dans de l’eau de roses, avec deux jaunes d’œufs frais et une cuillerée à bouche de miel.
- Battez le tout et mettez-y assez de farine de seigle ou d’amande pour faire une pâte épaisse dont vous vous enduisez les mains le soir en vous couchant.
- (Scienee pratique).
- *
- * *
- Procédé pour enlever les vieilles peintures à l’huile et les enduits de laque. —
- D’après le Cosmos, M. Stockmeier recom-
- mande, pour enlever les vieilles peintures à l’huile et les enduits de laque, un mélange de 2 parties d’ammoniaque à 10 p. c. et de 1 partie d’huile de térébenthine. On agite jusqu’à ce que l’émulsion se soit produite et on applique ensuite sur l’enduit. Au bout de quelques minutes, on peut l’enlever complètement en le frottant avec des étoupesou autrement.
- *
- * *
- Argenture directe du fer et de l’acier.
- — Jusqu’ici on argentait difficilement le fer et l’acier d’une manière directe. La Lumière électrique décrit le procédé suivant :
- « L’objet est d’abord décapé dans l’acide azotique dilué et chaud, puis porté dans un bain d’azotate de mercure où il sert de cathode. Il s’y recouvre d’une couche mince de mercure et, dans cet état, il peut être argenté de la manière ordinaire. En l’exposant pendant quelque temps à une température d’environ 300°c, on fait évaporer le mercure et il reste une couche d’argent bien plus adhérente que celle qu’on obtient au moyen d’une couche intermédiaire de cuivre. »
- *
- * *
- Pour conserver longtemps la bière. —
- Quand vous mettez en cave plusieurs tonneaux de bière à la fois pour faire votre provision, il faut, principalement en été, jeter dans les tonneaux, que vous laissez séjourner le plus longtemps, une certaine quantité de houblon cru, proportionnant la dose d’après le plus ou moins de temps que vous voulez garder la bière ; on prend en moyenne une demi-livre par tonneau. Par cette addition de boublon cru, la bière se conserve mieux et acquiert une odeur et un goût agréables. Il n’est pas nécessaire de lier le houblon en touffe, car il ne touche pas le robinet, et rarement il s’en échappe une feuille avec la bière.
- RÉCRÉATIONS SCIENTIFIQUES
- Nouvelle pile la plus légère qui existe.
- — Sur un plateau P, percé de quatre trous vous fixez quatres tiges de verre tf L” t’”, vous mettez à chaque tige une forte rondelle de caoutchouc qui force pour pouvoir s’y maintenir fortement.
- Préparez ensuite 100 plaques de cuivre argenté de dix centimètres carré, et 100 plaques de magnésium de mêmes dimensions : toutes ces plaques sont percées de quatre trous correspondant aux quatre tiges de verre.
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- LA SCIENCE EN FAMILLE
- A%p|
- On place d’abord une plaque de cuivre, puis une plaque de magnésium, 4 rondelles de caoutchouc épaisses d’un millimètre, puis une plaque de cuivre, une de magnésium et ainsi de suite. Après la dernière, on met de nouveau quatre fortes rondelles de caoutchouc destinées à mainteuir l’assemblage.
- La première plaque de cuivre sera le positif de la pile, la dernière de magnésium le négatif.
- Pour faire fonctionner cette pile il faut la tenir suspendue au-dessus d’un vase d’eau bouillante. La vapeur passe dans l’espace libre entre les plaques, et se trouve décomposée par le magnésium.
- Une pile semblable pèse 8 kilos et donne un courant de près de 80 volts.
- Il est évident que le prix de cette pile est très élevé, mais dans certains cas, une pile aussi légère et aussi puissante peut rendre des services.
- *
- ♦ *
- Pèse-lettres de bureau. —
- A l’extrémité d’une règle ordi-naire parallèli-pédique, vous fixez un petit piton recourbé qui va vous servi r à suspendre un petit plateau de balance. Confectionnons donc ce petit plateau : c’est, bien simple et bien facile : un morceau de carton, une vieille carte à jouer, par exemple, repliée aux extrémités, quatre petits trous où passent deux bouts de ficelle et c’est tout.
- Maintenant réglons l’appareil.
- Sur le bord d’une table ou de votre bureau, placez la règle munie de son plateau, et avan-cez-la en dehors insensiblement, jusqu’à ce que la partie qui dépasse tende à soulever, sans l’entraîner tout à fait, celle qui reste appliquée sur la table : à ce moment vous marquerez
- d’un trait l’endroit de la règle coïncidant avec l’arête de la table; c’est le commencem e n t delà graduation. Mettez ensuite b centimes dans le plateau : établi ssez l’équilibre, marquez un second trait Fig. i83. qui indiquera par
- conséquent le poids de 5 grammes, et continuez ainsi en ajoutant un sou chaque fois jusqu’à neuf, soit 45 grammes. Ceci terminé, vous disposerez là d’un pèse-lettres que vous aurez toujours sous
- la main : il suf-fira de placer une lettre dans le plateau et d’amener l’équilibre pour avoir une indication suffisante de son poids.
- Par le même procédé en se servant d’un manche à balai et d’un couvercle en fer battu comme plateau, on peut se confec-tionner une balance de mé-un jusqu’à dix
- Fig. 18L — Un pèse-lettres de bureau.
- nage pouvant kilogrammes.
- peser depuis
- Ch. MENDEL, Directeur-Gérant, 118, rue d’Assas.
- La Fère. — Imprimerie Bayen, rue Neigre.
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- TABLE DES
- MATIÈRES
- Du 6e Volume 1892.
- A
- Abeilles (nouvelles espèces d’)................63
- Abeilles (piqûres d’)....................... 351
- Abréviations des unités électriques (les; . . 45
- Aconit (!’)...................................289
- Affiches (ce que deviennent les). . . . . 287
- Affûtage des outils par les acides .... 367
- Aiguilles (les) magiques......................208
- Aiguilles (les) magiques......................256
- Aiguiser (pour) les lames de couteau . . . 207
- Alliage adhérent au verre......................79
- Alliage (un nouvel)...........................270
- Alliage (un nouvel) couleur d’or..............300
- Allumage d’une lampe pendant un temps déterminé .....................................358
- Allumettes chimiques (la fabrication des) 168 279 Allumeur à étincelle de rupture s’allumant à
- distance...................................197
- Aluminium (1’) . . . •...................369
- Aluminium (1’) et ses applications .... 179
- Aluminium (nouvel emploi de)..................303
- Amiante (porcelaine d’).......................194
- Amitié (F) chez les animaux .... 353 375
- Ammoniaque (F) et l’acide sulfureux comme
- force motrice..............................242
- Analyse (F) micrographique des alliages . . 290
- Animaux (les) lumineux......................• 89
- Annonce (la puissance de F)...................206
- Antipyrine (F). 194
- Appareil photographique fin de siècle . . . 288
- Appel pneumatique. 13
- Application (curieuse) du levier..............160
- Application de l’électricité à l’art céramique . 205 Application de l’électricité à l’art vétérinaire. 271 Application (une) de la lumière électrique . 271
- Apyrite (F)...................................290
- Arbres (les) à Paris..........................236
- Argentuie du fer.......................... . 14
- Argenture et dorure de l’aluminium . . . 213
- Argenture directe du fer et de l’acier . . . 383
- Arme blanche (histoire de F)..................343
- Armoiries (les)...............................359
- Attirer un corps léger nageant sur l’eau . . 336
- Avertisseur (un) d’effraction..................64
- Avertisseur électrique de l’arrivée des trains. 109
- B
- Bains (les) de mer............................285
- Baleine (une) échouée à Madère................157
- Ballon captif............................... 204
- Baobab (le) ..................................151
- Baromètre (un) peu connu......................157
- Baromètre (un) simple.........................867
- Bateau électrique..............................12
- Bateau (un) d’une seule pièce.................110
- Benzine (une explosion de)....................236
- Beurre (falsification du)..................21 67
- Bibliothèques (les grandes) ...... 301
- Bichromate de potasse ou de soude comme
- dépolarisant...............................284
- Bicycle railway (le) .........................257
- Bicyclette à deux vitesses....................176
- Bicyclette à trois places.....................257
- Billard (le)..................................145
- Billet de banque (le) ... .... 53
- Billet de banque (le) en aluminium . . . 221
- Bitume artificiel..............................46
- Boas constrictor (les).........................24
- Bouquet (comment on peut faire un beau) avec peu de fleurs, ....................... 224
- Bourdon (le) de la basilique de Montmartre . 43
- Bousier sacré (le)...........................65
- Bronze (le) manganèse.......................258
- Buis (le)...................................195
- Bulles de savon (les).......................358
- Bulles de savon (les) persistantes .... 64
- Butyrogène (le).............................290
- Buvard chimique..............................63
- G
- Cadre (un) artistique.......................198
- Café (falsifications du)....................161
- Calcul amusant..............................204
- Canon (un) de 122 tonnes....................330
- Caoutchouc (moyen de couper le) ... 127 '
- Caoutchouc (un) minéral.....................351
- Caoutchouc (découverte de)..................7*7
- Catacombes (les) de Rome.......................120
- Cataractes (les) du Niagara . . . ‘ . 330
- Caverne colossale dans l’Orégon ..... 158
- Cèdre'(le) à crayons...........................158
- Celluloïd fie)............................. . 148
- Centenaire des cartes à jouer (le cinquième). 158
- Champignons (une maladie des)..................301
- Champignons (les empoisonnements par les). 337
- Chapeaux empoisonneurs.........................318
- Charbon de bois (le)............................55
- Chatte à deux pattes (une)......................28
- Chausse-debout (le) . . 112
- Chemins de fer (l’inventeur des)...............235
- Chemin de fer alpin.............................76
- Cheval et bicyclette...........................366
- Cheval glabre (un).............................366
- Chevaux-mitrailleuses..........................109
- Chien minuscule................................221
- Chien géant (un)...............................255
- Chlore (fabrication du) et de la soude . . . 194
- Chocolat (le)..................................101
- Chocolat (falsifications du)...................123
- Christophe Colomb..............................262
- Chrysanthèmes (les nouvelles variétés de). . 104
- Ciels (les) factices (photographie pratique) . 139
- Cigarettes (fabrication des)...................190
- Ciment pour tubes de verre et de cuivre . . 136
- Ciment des bijoutiers..........................207
- Ciment pour la fonte de fer....................303
- Ciment pour l’ambre............................357
- Ciment blanc (préparation d’un)................234
- Clichés (renforçage et affaiblissement des) . 124
- Coiffure (Fart de la) et l’ornement de la tête chez les femmes de l’antiquité . . 1, 17 40
- Collage des étiquettes sur le fer..............238
- Colle de Brumata...............................207
- Colle pour faire adhérer au verre le papier ou
- le coton......................................64
- Colle forte résistant à l’eau. .................79
- Collection (une curieuse)......................237
- Collision entre un bateau à vapeur et une
- baleine......................................142
- Coloration artificielle des fleurs.............127
- Coloration artificielle des fleurs .... 223 Coloration artificielle des oiseaux .... 287
- Coloration du cuir.............................319
- Coloris (le) des fleurs à volonté ...... 34
- Coloris (le) et le parfum des fleurs .... 110
- Combustion spontanée des charbons . . . 241
- Commerce (le) des noisettes à Trébizonde. . 156 Commune (la plus petite) de France . . . 366
- Comparaison de différents modes de pavage. 142 Composition pour téléphone . , . . . . 157
- p.385 - vue 385/391
-
-
-
- 386
- TABLE DES MATIURES
- Composition pour la reteinte des effets d’habillement .....................................11
- Concours international pour une nouvelle
- pile électrique...........................92
- Concours de chants de coqs ..................157
- Cônes odoriférants...........................239
- Conseils pour le photographe débutant. 315 342
- Coqueluche (contre la).......................94
- Cordes flottantes............................173
- Cordes métalliques ..........................239
- Coton-poudre (à propos du) ..................28
- Coup de fer électrique.......................318
- Coupage du lait pour les petits enfants . . 222
- Couper les tubes de verre (procédé pour). . 14
- Crachats des phtisiques......................10
- Crayon dè couleur pour écrire sur le verre . 114
- Crayon lumineux..............................122
- Crémation (la) électrique....................21
- Cuivrage des objets en plâtre................63
- Curiosité mathématique . . ..... 79
- «Cyclone» (le) nouvel appareil d’entraîne-, ment vélocipédique...........................321
- D
- Dalles de verre..............................28
- Damasquinage (le) par l’électrolyse. . . . 258
- Décoration d’une boîte en bois par le décalque
- d’une gravure de journal....................335
- Décoration des bougies.........................198
- Découvertes maritimes (les plus grandes). . 36
- Découverte curieuse..........................141
- Dégradés directs à la chambre noire . . . 153
- Dégraissage des rubans et tulles noirs. . . 229
- Dents (conservation des).....................237
- Dentition-(accidents de). ....... 350
- Dépôts de manganèse pour empêcher l’oxydation du fer . ...................... . 352
- Destruction des insectes par l'électricité . . 366
- Développement des clichés en pleine lumière. 45
- Diable (le-) au champagne.......................31
- Diapason électrique.............................45
- Dilatation des gaz . . . -..................144
- Disparition d’un fleuve. . . . . . . . 110
- Dissolvant (un) de la rouille..................207
- Donner à l’eau l’apparence du lait .... 304 Dronte (le) ou dodo. . . 209
- E
- Eau (1’) dans le paysage . 113
- Eau (P) distillée industrielle.................130
- Eau dentifrice de Botot........................143
- Eau (P) plus chère que le combustible. . . 204
- Eau (la stérilisation de P) ...................363
- Eaux qui cuisent mal les légumes .... 229
- Ebullition tumultueuse des liquides (moyen d’empêcher P) . . . . ' . . . . . 47
- Eclairage électrique des laboratoires de photographie ................................... 225
- Eclairage (P) sous les eaux et la navigation
- sous-marine. ...............................150
- Eclairs à l’aluminium...........................44
- Eclipse (P) de lune.............................10
- Ecorce (P) du mimosa magnosa....................93
- Ecrans qüi se colorent à la chaleur (moyen
- de faire dès)............................. 367
- Ecrevisse (une) antédiluvienne pétrifiée . . 236
- Ecume de mer (production annuelle de P) . 11
- Effet d’optique.................................80
- Effet rétrograde...............................207
- Eglise (une) sur roues..........................77
- Electricité (P) au parlement anglais. . . . 365
- Electricité (ôurîeux effet d’)..................27
- Eléphânt'(l’) facétieux........................366
- Elevage d’éléphants.............................93
- Emballage des fruits............................94
- Empoisonnements par les pommes de terre
- germées.....................................380
- Empreintes des plantes.........................143
- Emulé (un ancien) dé Succi ...... 350
- I Encre noire se copiant sans presse. . . .
- Encre fixe inaltérable......................
- Encre à tampon pour timbrer.................
- Ennemis (les) de l’homme....................
- Enroulement du fil sur les bobines d’électroaimant .....................................
- Éphémérides astronomiques 7, 71, 108, 140,
- 171, 197, 231,
- Epidémies cholériques (marche des) . . .
- Eruption (P) de Sanghi......................
- Espadrilles (les) dans l’armée..............
- Esturgeon (P)...............................
- Etain (P) sur étoffe........................
- Etincelle électrique obtenue avec une feuille
- de papier ................................
- Etna île mont) et l’éruption du 8 juillet . .
- Expériences (petites) d’électricité ....
- Expérience de capillarité . ............
- Expérience d’équilibre......................
- | Exposition (P) de Chicago en 1898 .... Exposition (P) cartographique de la bibliothèque nationale..................................
- Extinction automatique d’une lampe laissée
- allumée par oubli.........................
- Extraction électrolytique du cuivre. . . .
- 14
- 79
- 148
- 76
- 317
- 269
- 373
- 303
- 302
- 61
- 258
- 144
- 278
- 160
- 160
- 240
- 280
- 325
- 172
- 179
- F
- Faire pénétrer une allumette dans un bouteille pleine d’eau bouchée et cachetée . . 320
- Falsifications des denrées alimentaires (moyens simples et faciles de les mettre soi-même en évidence 20, 67, 123, 132, 161, 182, 211, 227,
- 324, 373
- Farines (falsification des) et du pain ... 68
- Femmes à barbe (les).........................193
- Fendre en deux une feuille de papier ... 2
- Ferme (la plus grande; du monde .... 45
- Ferrage des chevaux sans clous...............157
- Feuille de papier électrique.................192
- Figues..................................... 382
- Février n’a que 28 jours (pourquoi). ... 78
- Flacon pour encre de Chine...................336
- Fleuves (les plus longs) du monde .... 173
- Fontaines lumineuses Trouvé...................81
- Force (la) des faibles.......................189
- Force (la) des mains chez les nouveaux-nés . 189
- Force centrifuge (petite expérience sur la) . 336 Forêts vierges d’arbres à caoutchouc . . . 235
- Forge électrique.............................205
- Formol (le) et la conservation des viandes . 290
- Foudre (un coup de)..........................254
- France (la) dans l’Afrique centrale .... 288
- Froid (application du)........................194
- Fromage de pommes de terre....................30^
- Fuchsine (recherche de la) dans les vins . . 31
- G
- Glaçage des épreuves sur albumine ... 44
- Glaces (emploi des) ayant vu le jour ... 216
- Gravure sur verre ............................47
- — économique sur cuivre .... 175
- Gravure économique sur zinc..................191
- — — acier...........206
- — ineffaçable sur bois...............191
- H
- Horloge (une) fulgurante.....................271
- Huiles (falsification des) . 182
- Hydroquinone (emploi de P)....................292
- I
- Idée (P) de l’univers chez les anciens Egyptiens .....................................49
- Illusion d’optique. . . ..............128
- Immeuble monstre (un) ........................381
- Imperméabilité des bouchons de liège... 64
- Inaudi (le calculateur) ......................111
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-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES
- 387
- Inaudi et le calcul rapide.....................117
- Insectes lumineux..............................141
- Intérêts composés (table d’)...................126
- J
- Jeu (le) de la pêche......................208
- Jeûne (le) et les jeûneurs . ............18
- Jeux (les) en plein air : chevaux fondus . . 48
- Journal (le plus ancien) du monde .... 236
- L
- Lait (falsification du)........................20
- Langage (le) des bijoux.......................302
- Lecture (la) des angles........................22
- Limite (la) de perception des saveurs . . .157
- Limonade sèche................................357
- Linge américain (moyen d’utiliser les débris) 364 Liqueurs de fantaisie ....... 128
- Livres (revue des) 12, 29, 75, 125, 174, 187,
- 279, 349,
- Longévité (la) des oiseaux....................11
- —- — arbres............................318
- — selon nos ancêtres......................365
- Longicornes (lesj.............................312
- Lotion antipelliculaire et conservatrice des
- cheveux................................ . 191
- Loufah (le) ou gourde-serviette................70
- Loufah (le). ................................258
- Loups (les) en Russie et en Norvège . . . 174
- M
- Machine à vapeur (une) en miniature . . . 205
- Manuscrits (les) et l’art de les orner 305, 327,
- Marquer les bouteilles (pour)..............352
- Masrium (le)...............................258
- Mastic à la glycérine......................309
- Matelas de mousse..........................13
- Mer (la) dans une assiette.................192
- Mercure (le) en Russie.....................300
- Mercuriale annuelle (emploi de la) . . . . 852
- Méridien (le) initial universel. .... 294
- Mésaventure électrique.....................255
- Mesures de capacité en nickel..............142
- Mettre une pièce de cinq francs dans un mouchoir, la jeter dans l’eau, elle remonte
- en ballon................................... 192
- Miel (emploi curieux du)...................237
- Milliard (un) ..................................10
- Mines de plomb en Alsace (nouvelles ... 381
- Mise (la) au point des appareils de campagne 170
- Montre phonographe.........................255
- Moteur Keely...............................27
- Moteurs légers (les)................ 50, 70, 82
- Moteurs (petits). . . . ......................299
- Mouches (multiplication ides)..............237
- Mouchez (l’amiral) ............................241
- Moyen de distinguer la fonte du fer martelé. 112
- — d’avoir des foulards toujours neufs . 143 Moyen de calculer de tète la date de Pâques. 165
- — d’augmenter la durée des sacs, toiles,
- filets.....................................175
- Moyen de faire de l’encre....................222
- — d’empêcher le bois de jouer .... 238
- — d’enlever les taches d’aniline. . . . 238
- — de reconnaître le papier à la forme . 239
- — de faire cuire les œufs à la coque . . 126
- N
- Navigation (la) sur le Rhin ...... 300
- Navigation de plaisance (la) ...............318
- Navires (les plus grands) du monde. . . . 204
- Nettoyage des éponges........................47
- Nettoyage des taches d’encre sur les étoffes
- blanches. . 223
- Nettoyage de la peau de chamois .... 303 Nettoyage des cuivres (procédé pour le) . . 334
- Nettoyage des gants..........................335
- Nettoyage des pièces mécaniques .... 367 Nettoyer les monnaies et les médailles . . . 238
- Nid d’un aigle (ce que contient le) . . . . 366
- Nombres curieux (les) 91, 103, 135, 155, 283,
- 218, 348
- Nombre cent (à propos du)................144
- Nomenclature chimique (historique et origine
- O
- Objectifs à grand angle..................179
- Obturateurs photographiques (les nouveaux). 12
- Odeur (1’) des cages d’oiseaux...........207
- Œufs (conservation des) . . .... 95
- Oiseaux-chirurgiens (les).................78
- Omnibus vélocipédique à quatre places . . 88
- Omnibus éclairés à lumière électrique . . . 301
- Ongles incarnés (la guérison des) .... 335
- Ouvrages en timbres-poste................198
- Oxygène (l’i et l’air liquide............290
- Oxygène (fabrication de 1’) par le manganate
- de potasse..............................309
- Ozone (1’) industriel...........* 213
- P
- Pain de glands...............................
- Papier à transport...........................
- Papier transparent ..........................
- Papier (le) et ses applications. . . . . .
- Papier d’emballage imperméable...............
- Papillons (les) de la sériciculture nouvelle .
- Parachute électrique. . . »...............
- Paradoxe hydrostatique (un)..................
- Parfum d’héliotrope..........................
- Pâtes alimentaires de Marseille (l’industrie des) Pâtes alimentaires (falsifications des) .
- Pavage en liège..............................
- Peaux de lapin (ce que deviennent les). . .
- Pêche miraculeuse............................
- Pèche (drôle de).............................
- Pèche à la vapeur (la).......................
- Peintures anciennes (moyen d’enlever les) Peintures lumineuses de divers couleurs . .
- Perce-neige (un) de Californie...............
- Pesanteur de l’air (expérience sur la) . . .
- Pèse-lettres de bureau ................... .
- Peuples (les) qui vivent vieux...............
- Photo-détective électrique...................
- Photographie pratique 26, 43, 87, 106,124,139, 153, 160, 181, 216, 244,292,
- — (l’histoire de la)..............
- — sur soie.......................
- — (la) des couleurs..............
- — des cavités internes des corps
- humains (la)...............................
- Photographie sympathique.....................
- Physique sans appareils .......
- Pierre de la Bastille........................
- Pigeons voyageurs en mer.....................
- Pile Malignani...............................
- Piles Leclanché (note sur les). .... Pile (nouvelle) dont on peut baisser et relever
- le zinc à distance.........................
- Pile secondaire (construction d’une) à longue
- décharge. .................................
- Pile (nouvelle) la plus légàre qui existe. . .
- Piles Leclanché à grande surface (amélioration des)..................................
- Pistolet de Vol ta. . ...................
- Planche (la plus grande) du monde. . . .
- Plantes (les) qui marchent...................
- Platine (le) et l’acide sulfurique...........
- Platinotypie (procédé nouveau de) ... .
- Platyloma falcata. . ...................
- Plier une pièce de 10 centimes dans un morceau de papier et la coller au plafond . .
- Pluie de boue (une)..........................
- Pluie artificielle (la)......................
- Pluie à volonté (la).........................
- Polytechnicien (le,) géométrique.............
- Pont (un) de 8,500 mètres....................
- 254 «36 175
- 37
- 222
- 4
- 12
- . 256 223
- 255 324 111
- 85
- 45
- 27 331
- 13
- 100
- 190 240 384 141 369
- 379
- 28 44 52
- 77
- 272
- 15
- 247
- 111
- 242
- 191
- 230
- 230
- 383
- 303
- 15
- 174
- 164
- 213
- 181
- 237
- 319
- 221
- 259
- 98
- 96
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-
-
-
- 388
- TABLE DES MATIÈRES
- Pont du midi à Lyon...................
- Pont (le) sur l’Ohio, à Cairo ....
- Population (la) israélite.............
- Porte-bagages pour guidon de vélocipèdes
- Portelectric System (le)..............
- Poudre pour nettoyer l'argenterie . .
- Poupées (les) de la" reine Victoria . Préservation du bois contre le ,
- — du fer et de l’acier. . .
- Préserver les chaussures de l’humidité .
- Presse à copier très simple .... Procédé positif (nouveau).............
- — pour colorer le fer .
- — pour écrire sur le verre avec de l’encre ordinaire ou de l’encre de Chine
- Procédé (curieux) d’analyse..............
- — pour donner au linge du lustre Procédé pour donner au plâtre blanc l’aspect
- de la terre cuite......................
- Procédé pour donner du brillant aux étoffes Procédés photographiques pour la décoration
- des vitraux.........................
- Procédé ponr enlever les vieilles peintures à l’huile et les enduits de laque . . .
- Production (la) vinicole..............
- — (la) d’un grain de blé . .
- — (la) d’une tonne de houille. Projections (les) lumineuses des objets opa
- ques................................
- Propreté (la) des pots de fleurs . . .
- Pour conserver longtemps la bière . .
- Puitç (un) de 1,500 mètres............
- Puits d’un kilomètre..................
- Puits (singuliers)....................
- Purification de l’eau potable ....
- R
- Rafraîchir une bouteille de vin.............
- Raisins rouges ou blancs....................
- Rats (les) et les groseilles................
- Récréations scientifiques 30. 80, 127, 144, 159, 192, 207 , 223, 240, 256, 272, 288, 804, 319,
- 336, 352, 358,
- Réflecteurs sonores................ .
- Remplacement automatique d’une lampe
- brûlée..............................
- Renforçage des négatifs, (mode de) . .
- Réparation des pendules de marbre. . Reproduction des photographies par le dessin Résistance et constitution du papier .
- Résistance de l’air...................
- Révélateur (nouveau) au paramidophénol Révélateurs (conservation des) . . .
- Révivification des couleurs passées . .
- Rhéostat (nouveau)....................
- Roses (les) et les rosiers............
- Ruche (la plus grande) du monde . .
- Ruses de pêcheurs . ...............
- 271
- 351
- 330
- 93 97
- 207
- 365
- 94 179
- 95 95 44
- 112
- 159
- 194
- 223
- 288
- 319
- 282
- 383
- 205
- 318
- 63
- 33
- 191
- 3^3
- 10
- 109
- 351
- 303
- 256
- 191
- 381
- 809
- Sable (le) comme extincteur .
- Sangliers (les) du comté de Sullican
- Serpents (morsures de).............
- Siccatif brillant pour parquet. . •
- Sieste après le repas..............
- Simulateurs (les)...................59, 74
- Singes (les).......................
- Soies naturelles et soies artificielles.
- Sonneries électriques..............
- Soudage mécanique des boîtes .
- Soudage (le) des. métaux sur verre .
- Soufflets de chambre noire (fabrication Source (une) de feu à Vérone. . .
- Stabilité des épreuves photographiques Statistique des journaux . . . .
- — pigeons voyageurs .
- — postale.............
- — d’arbres foudroyés . .
- Stéréoscope (monographie du) . . 322, 357
- ^Substitution automatique des batteries de
- 383
- 46
- 285
- 87
- 238
- 154
- 134
- 272
- 361
- 106
- 47 342 233
- 28
- 244
- 206
- 287
- 11
- 95
- 11
- 84
- 184
- 75
- 302
- 13
- 244
- 20
- 154
- 142
- .154
- 801
- 330
- piles polarisées..........................
- Sucres, miels, bonbons, confitures (falsifications des) .................................
- Suppression de la fumée.....................
- Système métrique (le) en Finlande ....
- T
- Tableaux étincelants........................
- Taches de rouille sur le linge (procédé pour
- enlever les)..............................
- Taches sur les verres de lampe (pour enlever
- les)....................................
- Taille d’un cheval à l’âge adulte (pour savoir la)
- Tapioca (falsification du)..................
- Teinture des bois en noir...................
- Télégraphe (le) et le phonographe au XVII0
- siècle....................................
- Télégraphie sans fils conducteurs ....
- Téléphone cosmique (le).....................
- Téléphone (un) facile à construire soi-même.
- Tempéraments (hygiène des)..................
- Thé (falsification du).............' . .
- Théodolite (le).............................
- Thermomètre (le) de la vie..................
- Timbres-poste (Manuel du collectionneur de) 219, 267, 310, 331,
- Toile d’araignée et tétanos .... Tonneaux en papier (fabrication des) .
- Torpilleur (un) en liège..............
- Tortue du désert......................
- Toucans (les).........................
- Tour ou trou ?........................
- Tour de Lyon (la).....................
- Tour métallique de Fourvières à Lyon (la)
- Traitement original...................
- Transatlantiques (les) à dos de baleine. Transfert de l’écriture sur la fonte . .
- Travail des colonnes de granit . . .
- Tremblements de terre (les) et l’électricité Tremper un papier blanc dans l’encre sans
- le noircir..........................
- Tricycle (un) amphibie................
- Trompe soufflante (construction d’une)
- Ustensiles (les) de table.
- U
- V
- Vélocipède (quel est l’inventeur du) Vélocipède et contrebande . . .
- Verger (le plus grand) du monde . Vernissage des marbres .... Vernis rouge pour les meubles.
- Vernis pour conserver les fleurs. . Vernir ses meubles (pour). . .
- Verre (un nouveau)................
- Vers de terre (pour prendre les). .
- Vers de farine pour les oiseaux (moyens
- tenir des).........................
- Viandes de boucherie (caractères des). Viande (conservation de la) ...
- Vie moyenne (la) en France .... Vin de coco (fabrication du) .... Vinaigres et conserves (falsification des) Virage au noir des épreuves au ferro-p
- siate............ .................
- Vitesse des chevaux et des chiens . .
- Vitesse vertigineuse des chemins de fei
- Amérique...........................
- Vitres (la rupture des)..............
- Volcan (un) dans un bol..............
- Voltamètre 'nouveau) d’amateur.
- w
- Wagon-salon (le) d’un rajah indien .
- Yachts (les) en aluminium. .
- Z
- Zinc (attaque du) par les briques
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