La photographie française
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- 10e Année.
- N° 10.
- Novembre 1898.
- LA
- Photographie Française
- Revue Mensuelle Illustrée
- des Applications de la Photographie à la Science, à l'Art et à l'Industrie
- Organe officiel de la Chambre syndicale des fabricants et négociants en Appareils et produits photographiques et de le
- Chambre syndicale des Opticiens
- Directeur : Louis GASTINE
- SOMMAIRE :
- Notre Concours......................... 181
- La Photographie dans ses applications à l’étude de la surface lunaire, d’après MM. Loevy, de l’Institut, et PuisEüx,par
- Bonaventure........................ 183
- Action des métaux et des corps organiques sur les plaques photographiques, d’après
- M. W. Russell, par B. M............. 135
- Echos , 187
- Romanichels et Gitanas, pr Détective (Suite) 189 Une nouvelle source de l’Histoire...... 193
- Impression en couleurs par imbibition, ... 194 Reproduction sur verre de clichés photographiques et autres..................... 195
- Une Traversée, par E. Gallois (Suite). . . 196
- Pueblos.................................. 198
- Recettes et procédés..................... 199
- Les Clichés photographiques et la Poste. . 201
- Bibliographie............................ 201
- Chambre Syndicale.........................201
- Exposition de Rochefort-sur-Mer. Récompenses ................................. 202
- flotte Concours
- L'importance du Grand Concours de photographies instantanées, organisé par la Chambre Syndicale des Fabricants et Négociants en produits et fournitures photographiques, avec notre intermédiaire, a été appréciée, car il a déjà obtenu une grande partie du succès qu’il mérite quant au nombre des participations qu’on peut dès à présent prévoir d’après les envois, les lettres de demandes de renseignements et de programmes qui nous sont parvenus.
- On a compris que les hautes récompenses offertes par M. le Ministre de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts et par la Chambre Syndicale, par le Conseil Général pour le Département de la Seine et par le Conseil Municipal pour la Ville de Paris, par des journaux comme l’Eclair, l’Illustration, la Nature, le Vélo, par des associations puissantes comme Le Touring-Club de France, Le Cercle de la Voile de Paris, l’Association Nationale des Photographes Amateurs et des personnalités comme M. le Colonel Laussedat etc., etc. faisaient de cette épreuve nouvelle une tentative sans précédent et dont l’ampleur appelait l’attention de tous les amateurs français.
- Présidé par M. le Ministre de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts, par MM. Laussedat, Directeur du Conservatoire des Arts et Métiers et Marey, ex-Pré-sident de l Académie des Sciences, ce concours est assurément, en eflet, l’un des plus grands événements photographiques de l’année, sinon le principal.
- En dehors des grandes et très nombreuses récompenses qu’il comprend, en raison des diplômes de mérite qu’il prévoit et dont la quantité est indéterminée, ce concours s’adresse à l'universalité des personnes pratiquant la photographie instantanée. Et, comme d’autre part l’intérêt du sujet, dans cette épreuve spéciale, prime tout, ce ne sont plus seulement les dilettantes qui peuvent participer avec chance de succès, mais tout le monde puisque tout le monde est apte à faire avec un peu de goût et un peu d’intelligence une instantanée intéressante.
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- Loin de prétendre éliminer personne, notre Concours d'instantanées a si bien été institué pour tous, que toutes les dispositions accessoires de son programme sont conçues de façon à permette la participation et le succès dans la mesure la plus large possible.
- Ainsi : ce n’est pas, comme on nous l’a demandé, dans une seule mais dans toutes les catégories que les concurrents peuvent concourir à la fois.
- Dans chaque catégorie, ils peuvent envoyer autant de sujets différents qu'ils le jugent à propos pour multiplier, si bon leur semble, les chances de réussite. On ne leur demande que trois épreuves par sujet — dont une seule collée — aussi pareilles que possible parce qu’elles sont destinées à trois emplois différents : les deux épreuves non collées vont aux deux jurys : l’un pour le classement et l’admission et l’autre pour l’attribution de récompenses; tandis que la dernière épreuve collée est réservée pour l’exposition des œuvres admises à concourir et des œuvres primées.
- Les envois n’ont besoin d’être ni encadrés ni même mis sous verre pour les épreuves collées ; néanmoins, cette parure, si elle était donnée à divers envois, ne les ferait ni exclure, ni privilégier.
- Pendant que nous y sommes, nous répondrons encore ici à trois questions qui nous ont été posées à maintes reprises :
- 1° Comment une épreuve présente-t-elle un caractère évident d'instantanéité ?
- 2° Qu’entend-on par « caractère documentaire ? »
- 3° Qu’entend-on par Y intérêt du sujet?
- Nous ne pouvons mieux répondre à ces questions qu’en fournissant des exemples : dans ce numéro même, nous reproduisons, sur la couverture du journal et à Tintèrent’, page 1.84, une photo-instantanée d’enfants qui assistent à une représentation de Guignol en plein vent.
- Or, cette vue est intéressante par les expressions de joie enfantine variées qu’elle montre, et même par celles de la foule des grandes personnes debout à l’arrière-plan.
- Elle a un caractère évident d'instantanéité parce qu’il n'aurait pas été possible de faire poser cette foule de grandes personnes et surtout ce gentil petit monde d’enfants.
- Enfin, elle a un caractère documentaire parce qu’elle fixe un trait de nos mœurs contemporaines qui est à noter. Il est inconstable, en effet, que nous tiendrions pour un document du plus vif intérêt une peinture qui nous représenterait un public d’enfants grecs assistant à une petite pièce d’un auteur de la Grèce antique, peinture exécutée par un peintre grec de la même époque.
- Pour les mêmes raisons, ou pour des motifs analogues, la seconde illustration de notre nouvelle : Romanichels et Gitanas, qui représente un avaleur de sabres dans l’exercice de sa curieuse profession, est une photo qui réunit à Y intérêt du sujet, un caractère documentaire et un caractère évident d'instantanéité, tandis que la vue des Environs de VEscurial, reproduite à la page 195 et sur la couverture de ce numéro, n’est pas dans le même cas. C’est une fort jolie vue, dont le cliché, réellement admirable comme netteté, effet, mise en plaque, intensité, fini des détails, proportion des valeurs, etc., etc., fait le plus grand éloge du talent artistique et de l’habileté, comme amateur photographe, de son auteur, M. J. Demaria. Mais elle n’a aucune des caractéristiques principales précitées, puisque le cliché, fait par un jour sans vent, aurait fort bien pu être posé, et puisque les magnifiques arbres qu’il représente n’ont guère d’intérêt que par la beauté du cliché et n’offrent aucun caractère documentaire marqué.
- Si ces exemples ne suffisent pas pour fixer les doutes de nos lecteurs, nous restons d’ailleurs à leur entière disposition et prêt à leur fournir toutes les explications complémentaires qu’ils pourraient désirer.
- L. D.
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- Détacher cette planche hors texte, suivant le tracé du pointillé, pour conserver ta Vue stéréoscopique et la joindre à celles qui paraîtront dans les prochains numéros
- Epreuve positive Stéréoscopique n° 6. (Collection du journal La Photographie Française)
- Photogravure de M. J. Mauge.
- Intérieur de la ferme de Marivaux (Oise)
- Cliché de M. H. Collesolle fait avec un objectif Goerz
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- dans ses applications à F étude de la surface lunaire
- d’après MM. Lœvy, de l’Institut, et Puiseux
- Notre satellite, si souvent étudié, reste encore et restera longtemps entouré d’un mystère dont les profondeurs révèlent constamment quelques-uns de leurs secrets aux investigations de la science. La photographie, cet œil si puissant, si prompt et si fidèle des modernes chercheurs, devait ou confirmer ou modifier notablement des théories émises sur sa constitution physique et ses caractères physiologiques.
- Objet de problèmes hérissés de difficultés, la lune a toujours excité la curiosité populaire et inspiré aux savants des travaux dont la multiplicité, les résultats, souvent désespérants, n’ont jamais lassé la persévérance acharnée des intelligences vouées aux découvertes de l’Inconnu.
- N’est-ce pas elle qui, par la succession régulière de ses phases, a excité au plus haut degré l’imagination des masses, provoqué les études des savants, donné aux géologues les documents qui servent à expliquer, à approfondir une foule de questions se rattachant à la constitution intérieure de la terre?
- Plus facile à observer que Mars, Jupiter, Vénus, en raison de l’absence de vapeurs à sa surface, elle a passionné une foule d’astronomes et jeté ses attraits dans les débats philosophiques ayant trait à la possibilité d’une végétation, d’une vie particulière à sa nature.
- Bien que, depuis longtemps, des observateurs consciencieux se soient consacrés à en étudier la constitution, leurs travaux restaient nécessairement incomplets, lents, pleins d’hésitations, jusqu’au jour où la photographie vint leur apporter un moyen de contrôle sûr, constant et plein de surprises du plus haut intérêt.
- Cependant les difficultés ne manquèrent pas au début de cette application. Le défaut d’achromatisme complet dans les objectifs, le manque de concordance entre le déplacement de la lunette et le mouvement des astres, le peu de sensibilité des plaques photographiques étaient autant d’obstacles à la réussite des opérations astronomiques.
- Le premier des inconvénients disparaît devant la possibilité de faire converger les rayons chimiques de façon à donner une image plus riche de détails. Plus réfrangibles que les rayons lumineux, ces rayons correspondent à des longueurs d’onde plus petites et donnent par conséquent des résultats plus fins, plus détaillés.
- L’adjonction d’une lunette auxiliaire à l’objectif photographique, lunette permettant de suivre le mouvement des astres, de s’attacher pour ainsi dire à leur marche, était la solution à la seconde difficulté.
- La troisième enfin trouva elle-même sa solution dans l’application merveilleuse du gélatino-bromure d’argent à la photographie.
- Nous voilà donc en possession de moyens dont la supériorité, sur l’observation directe, n’échappe à personne.
- Il est vrai qu’une des conditions essentielles de réussite consiste dans les circonstances favorables que peuvent et doivent laisser les influences des ondulations atmosphériques. Ces influences réellement nuisibles ne laissent que peu de nuits capables de fournir un champ d’observation suffisamment utile; mais un cliché pris dans de bonnes circonstances gardera toujours, en sa couche impressionnée, une foule de documents qui échapperont à l’œil, ou du moins, ne pourront demeurer suffisamment longtemps pour que le dessinateur puisse en bénéficier dans le cours de ses reproductions graphiques.
- C’est à la photographie que nous devons de connaître une foule de changements opérés depuis nombre d’années dans l'étude lunaire. La découverte du cirque de Cassini que ne révèlent point les cartes d’Helvétius et de Riccioli, l’existence de l’Hélicon et du Verrier, deux cirques jumeaux confondus en un seul, dans ces cartes; les proportions immenses de Cichus pour lequel les dessins de Schrôter ne donnent que des dimensions moitié trop
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- petites, les différences, les dissemblances remarquées dans les cirques du Messier, sont autant de constatations dues à l'observation photographique.
- Cette observation, dans ses conclusions générales, confirme l’exactitude des travaux opérés depuis un demi-siècle, et l’on peut à bon droit en déduire ce fait que nul changement notable ne s’est eüeclué dans l’ensemble; quant aux modifications locales, elles permettent d’espérer que dans l’avenir les documents qui s’y rapportent seront autant de jalons appelés à guider l’observateur en le conduisant à la formule de conclusions que ne pouvaient donner les dessins datant de très loin.
- Toutefois, un des avantages précieux de la photographie, sera de fournir des indications propres à étudier la genèse du sol lunaire.
- Existe-t-il de l'eau et une atmosphère sur la lune?
- Voilà un problème qui conduit à cet autre si passionnant pour une foule d’esprits scientifiques : la lune est-elle habitée?
- Les conditions d’habitabilité reposent nécessairement sur la présence de l’air autour de notre satellite; dans les conditions actuelles de l’atmosphère lunaire, il semble impossible que nulle vie végétative ou animale ne puisse se manifester, la densité de cette atmosphère n’étant plus capable de maintenir à la surface de la lune une foule d’éléments indispensables à la vie.
- Cependant les recherches photographiques ont démontré, à l’examen des traces laissées par les tourmentes des éruptions volcaniques, que nul agent n’aurait pu produire des explosions, des soulèvements immenses en dehors de dégagement considérable de gaz et ces gaz devaient être, selon les observations faites sur des volcans en activité, la vapeur d’eau.
- Mais la faible densité de l’atmosphère lunaire était incapable de maintenir les corps gazeux qui se dégageaient de son sol; les corps liquides, selon les lois d’absorption constatées sur notre globe, ont dû, à l’instar de ce qui a lieu dans notre écorce terrestre, contribuer à la formation de certaines couches et disparaître de sa surface.
- Il peut être considéré comme établi maintenant que la lune ne possède ni atmosphère appréciable ni nappes liquides; si, au début, la vapeur d’eau a contribué à la formation du relief, nous ne saurions affirmer que, sous forme liquide, l’eau ait pu, avant d’être absorbée, se condenser à la surface sous forme de glace.
- Les documents photographiques ne permettent pas de donner de la valeur à cette hypothèse.
- La présence de la glace sur le globe lunaire donnerait lieu à des phénomènes que n’enregistrent nullement les observations photographiques : absence complète de la tache lumineuse dont le soleil sillonnerait cette surface réfléchissante, différence notable entre l’angle de polarisation de la lune et celle de la glace, et concordance de cet angle avec celui des roches volcaniques, telles sont les données qui conduisent à ne pas admettre la présence d’eau solidifiée à la surface de la lune.
- Serait-il admissible également que l’action prolongée du soleil sur ce revêtement, dégagée des influences refroidissantes des vents, n’arrivât pas à le mettre en fusion, et, par conséquent,
- à établir des courants d’eau et des nuages?
- Mais une question se pose ici : S’il n’est pas croyable que la glace recouvre entièrement la surface de notre satellite, peut-on du moins admettre qu’elle ait constitué à ses pôles comme deux calottes glaciaires?
- Les révélations photographiques résolvent la question de façon indiscutable. L’apparition de cavités immenses, d’entonnoirs aux profondeurs dépassant les limites de la visibilité, d’accidents nombreux, sont des témoins qui font rejeter la présence des glaces autour des pôles lunaires.
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- Il y aurait d’ailleurs une ligne de démarcation parfaitement établie entre les régions australes et les parties équatoriales; or, nulle différence notable ne se remarque sur les clichés photographiques.
- Tout au plus peut-on admettre qu’il y ait, au fond des cirques des pôles, des dépôts de glace que n’atteignent jamais les rayons solaires et qui échappent presque entièrement à notre vue.
- Ainsi étudiée, la lune semble s’être arrêtée dans son développement; s’il y a des similitudes entre sa formation primitive et celle de la terre, elles s’évanouissent au moment de la formation contemporaine. Les conditions nécessaires à la végétation, à l’apparition de la vie dans ces plaines au relief accusé, sont absentes avec l’humidité et les températures exigées pour le développement des organismes.
- Le rôle de la photographie sera donc d’étudier la lune dans ses développements physiques et chimiques; elle se fera ainsi l’auxiliaire de la science en ses conclusions philosophiques et lui promet dès maintenant une ample provision de précieux documents.
- BonAVENTURE.
- jîp
- Action nés jnétaux et nés Corps organiques sur tes Plaques ppolograpiilques
- D’après M. W.-J. Russell
- Les métaux et les corps organiques peuvent-ils impressionner une plaque au point de donner par développement une image analogue à celle qui donne une impression lumineuse?
- Les expériences consécutives à l’apparition fortuite d’un fait de ce genre, ne laissent plus de doute à ce sujet.
- Si l’on se sert d’une plaque de zinc perforée, en guise d’écran, on retrouvera sur le cliché non plus l’image des trous, mais la représentation de la plaque de zinc.
- Si l’on enduit de vernis copal la surface de cette plaque, l’image devient plus accentuée et accuse une activité plus grande de l’action photographique.
- Avant d’aborder les expériences basées sur l’influence des métaux dont l’étude est plus importante, il convenait d’opérer avec les corps organiques; leur activité étant plus grande que celle des métaux, c’était à elle qu’il fallait demander les premières recherches à ce sujet.
- L’encre d’imprimerie fournit un élément d’activité tel que, même à distance, on obtient des images d’une netteté précise et détaillée.
- L’huile qui rentre dans la composition semble être l’agent principal de cette activité, comme dans le vernis copal la térébenthine.
- Il est à remarquer, d’ailleurs, que ces matières dégagées des corps auxquels elles donnent leurs propriétés, jouissent d’une activité plus accusée.
- Le pouvoir réducteur qui semble lié à la faculté d’absorber de l’oxygène, se retrouve dans la plupart des huiles végétales, ou odorantes essentielles.
- Parmi ces huiles, la plus active, l’huile de lin, bien qu’employée très pure, ne donne pas les mêmes résultats avec des échantillons différents.
- Douée d’un pouvoir oxydant considérable, elle doit son influence photographique à ce pouvoir que nous ne retrouvons point dans l’huile d'olive, ce qui enlève à cette dernière l’activité remarquée dans ses congénères.
- L’alcool et des produits similaires sont, à l’état de pureté, entièrement privés de cette propriété ; c’est à ce caractère d’inactivité que l’on doit de pouvoir, en certaines circonstances, les analyser de façon à décéler chez eux la présence de certains corps étrangers.
- Si l’on place au-dessous d’une plaque photographique des échantillons commerciaux contenus dans un récipient, ces échantillons donneront une image; ils perdront de leur activité à mesure qu’ils seront dépouillés des impuretés qu’ils contiennent, et lorsque l’épuration sera complète, on ne remarquera plus trace d’image.
- Certains corps solides, tels que la gélatine, la gutta-percha, le papier à calquer, inter-
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- La. Mayor, Cathédrale de Marseille et les Quais des ports neufs.
- Cliché de la Compagnie Française de Photographie, 7, rue de Solférino, Paris
- Un Beau Coup de Reins Cliché instantané de M. Lansiàux.
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- posés entre les corps actifs et une surface sensible, laissent agir les vapeurs émises, alors que d’autres: le verre, le mica, la sélénite, la gomme arabique, la paraffine, empêchent toute action.
- Nous disons que cette action est due à l’émission de vapeurs et non à la fluorescence; à l’appui de cette assertion nous mentionnerons l’expérience suivante: une carte enduite de vernis copal et placée en dessous d’une plaque photographique, la face peinte en dessus, exercera sur la plaque une action dont les manifestations, en partant des arêtes de la plaque, gagnera lentement le centre; que l’on interpose entre la surface sensible et la carte ainsi enduite plusieurs feuilles de mica entre lesquelles pourront passer les vapeurs, et l’image se dessinera nettement.
- Si l’on élève la température, on augmentera la puissance d’action.
- Des résultats analogues ont été obtenus avec différents métaux, parmi lesquels le magnésium semble tenir le premier rang par son pouvoir réducteur.
- Après lui viendraient, dans l’ordre que leur donnent leur activité, le cadmium, le zinc, le nickel, l’aluminium, le plomb, le bismuth, le cobalt, l’étain, l’antimoine et d’autres corps agissant encore d’une façon très nette après une exposition prolongée.
- Les alliages dans lesquels le zinc entre pour une certaine proportion participent, en raison de la présence de ce pouvoir réducteur. C’est encore au zinc qu’il a été donné de constater ce pouvoir dans le mercure, quand celui-ci en contenait quelques traces; et cette propriété facilitera la recherche du zinc ou du plomb dans des échantillons de mercure soumis à l’analyse.
- Les mêmes expériences ont donné les mêmes conclusions relativement à la cause de cette activité quand les opérations se sont faites sur les corps organiques ou les métaux.
- Ce sont les vapeurs émises qui constituent le pouvoir actif de ces derniers; mais il faut avoir soin de les dégager de leur aspect terne par un polissage fait avec.du sable ou la poudre d’émeri.
- Les stries produites parle polissage seront imprimées nettement sur la surface sensible.
- On a pu obtenir, d’une façon intéressante, l’image de corps opaques placés entre la plaque et du zinc poli; c’est ainsi que se sont dessinées la structure de certains papiers, leurs marques, la forme du squelette des feuilles et une foule d’autres détails analogues.
- C’est encore à la présence du zinc dans certains liquides, qu’il a été donné de révéler leur activité photographique; filtrés ou distillés, ils conservent cette activité.
- Nous dirons, en terminant, que le nombre des corps organiques ou des métaux capables d’influencer une surface sensible doit être sans limite, il suffisait de mentionner les quelques notes qui précèdent pour conclure à la multiplicité des applications auxquelles elles pourront donner lieu.
- R. M.
- dC
- ÉCHOS
- Étude graphique des muscles pendant leur travail
- M. Marey a imaginé de photographier le squelette d’un cheval dont il avait une succession de photographies sur une bande pel-liculaire chronophotographique. Puis, il a superposé l’image des os des jambes sur celle des Jambes, et, considérant ensuite les positions relatives des points d’insertion des muscles, il en déduit les longueurs successives de ces muscles dans toutes les positions du membre de l’animal.
- Le Cours public de photographie, en vingt leçons, confié à M. Ernest Cousin, par la Société française de Photographie, se rouvrira pour la 4° année, le mercredi 16 novembre courant, à 9 heures du soir, pour être continué les mercredis suivants à la même heure, dans les locaux de la Société, 76, rue des Petits-Champs, à Paris. Les dames sont admises. *
- Lacarte photographique du ciel, commencée il y a dix ans par les frères Henry, sera bientôt terminée. Elle comprendra près de quatre-vingts millions d’étoiles.
- (La Nature
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- On va commencer l’aménagement du laboratoire municipal de photographie et de radiographie de la Salpêtrière. Le conseil municipal a inscrit, dans ce but, au budget de cette année, un crédit de 10.000 francs. Le laboratoire annexé à la clinique du D1* Raymond, successeur de Charcot, est dirigé par M. A. Londe. On a reconnu qu’il était nécessaire d’en compléter l’organisation, en raison des services rendus par la radiographie et la photographie des mouvements, qui deviennent les auxiliaires indispensables du traitement de plusieurs maladies, et en particulier des affections nerveuses.
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- La petite ville de Votis, en Hongrie, vient de créer sur son territoire une installation municipale d’éclairage à l’acétylène; les rues, les squares sont éclairés avec ce gaz, et déjà quelques maisons deviennent des clientes de la nouvelle usine municipale, notamment le photographe de la localité.
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- Voici un moyen très simple, découvert en Autriche, de reconnaître les faux billets de banque et, en général, les imitations de toutes vignettes gravées ou imprimées.
- Quand on regarde au stéréoscope deux vrais billets de banque, par exemple, les deux images se confondent, on n’en voit qu’une seule, dont toutes les parties sont dans un même plan.
- Si, par contre, on considère deux billets qui ne proviennent pas de la même planche, les deux images ne se recouvrent plus exactement, car, même dans le cas de l’imitation lapins parfaite, la forme et la position des caractères et autres détails présentent toujours quelques différences. Au stéréoscope, ces différences apparaissent distinctement, car les parties dissemblables ne se montrent plus dans le même plan, mais se détachent l’une de l’autre dans l’espace comme des marches d’escalier.
- Il s’ensuit que, pour vérifier l’authenticité d’un billet douteux, il suffit de le confronter, devant un stéréoscope de dimensions convenables, avec un billet véritable; le moindre dédoublement de détail dénonce immédiatement une contrefaçon.
- Le môme moyen servira à reconnaître les imitations de valeurs, d'imprimés anciens, etc.; il est infaillible.
- Bien plus, si ce procédé peut servir aux faussaires eux-mêmes pour leur faire reconnaître les défauts de leur imitation, il ne leur fournit point, dans la même mesure, les moyens de réaliser une reproduction parfaite.
- Même en se servant des nouveaux procédés graphiques mis à leur disposition par la photographie, les faussaires ne sauraient parvenir à imiter littéralement les vrais billets : les diverses surcharges de ceux-ci n’étant reproduites par les appareils les plus perfectionnés que d’une façon inexacte, grâce aux rétrécissement ou allongement des plaques.
- Cette méthode de contrôle, ne réclamant ni connaissances spéciales, ni manipulations chimiques et n’exposant les pièces examinées à aucune altération, n’exigeant, en outre, que quelques courts instants, n’est pas seulement intéressante au point de vue théorique, mais est applicable dans les bureaux mêmes des établissements financiers et autres, au cours des opérations journalières.
- A ce titre surtout, elle nous paraît mériter la plus large publicité,
- {Mémorial de la Librairie Française}.
- M. R,-AV. Bhufeklt publie dans Popular Science Monthly un très intéressant article sur les avantages qu'offre la photographie dans l’étude de la zoologie, et par quelques figures, d’après des clichés obtenus par lui, il n’a pas de peine à montrer combien les résultats sont bons. Assurément, il y a des animaux qui se prêtent plus que d’autres à l’opération, mais là où la photographie réussit, elle réussit admirablement. Nous avons eu du reste l’occasion de parler ici même des illustrations si belles obtenues par ce procédé par MAI. R. et A. Kearton dans leur livre With nature and a Caméra : M. Shufeldt n’a pas de peine à nous convaincre de l’utilité qu’il y aurait pour le zoologiste à se servir plus souvent de la photographie.
- (Revue Rose)
- Les officiers de la marine allemande viennent d’employer le cinématographe, ou plus exactement le biographe Alessler-Betz, à un usage tout nouveau : ils s’en sont servi comme d’un enregistreur, pour constater les différents mouvements de la coque d’un navire pendant son lancement. Gela permettra certainement des constatations fort intéressantes.
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- Romanichels
- et
- Gitanas
- par Détective
- {Suite) (1)
- Sapristi ! fit le détective, après quelques heures de recherches vaines, il est décidément moins facile de retrouver une danseuse foraine cpie des lutteurs... et cela se conçoit, du reste, puisque ces derniers restent toujours les mêmes, tandis que les demoiselles du corps de ballet de « la Banque » ont toutes les ressources du costume, de la coiffure et du maquillage pour se transformer suivant les rôles qu’on leur assigne !...
- Si j’avais la ressource de les voir le matin en leur tenue plus ou moins honnête?., mais, avant midi, elles ne sortent guère de leurs roulottes!,., la coquetterie les empêche d’étaler 1’insufiisance de leurs négligés.»
- En achevant à demi-voix ce monologue plaintif, Signoret arrivait auprès d’un emplacement découvert où le Roi des bonnisseurs avec son âne savant, émerveillait, suivant sa coutume, une foule ravie.
- En cette circonstance, Raullin, malgré son embonpoint, fut considéré tout à coup, par le pauvre inspecteur découragé, comme une planche de salut : Raullin, l'un des plus vieux banquistes de la Banque, devait connaître cette Paulina. Gomment n’avait-il pas songé d’abord à l’interroger tout simplement au lieu de perdre les trois quarts d’une après-midi à déambuler au hasard ? !...
- Justement la « séance » du forain s’achevait. Jouant des coudes avec le sans-gêne nécessaire, Signoret se glissa aussitôt jusqu’au premier rang des spectateurs et mit un gros sou dans le chapeau du posticheur (1) en disant : « Bonjour, papa Raullin! Comment va?...»
- — Tiens! C’est vous? Ça va pas mal, voyez ? Et vous... est-ce que vous avez enfin trouvé votre affaire?... Savez bien, le particulier que vous cherchiez?...
- (t) On appelle pasticheurs les forains qui n’ont point cle baraque et opèrent en plein vent.
- Cliché de M A, Ibel
- — Chut ! pas encore, mais je suis sur la voie. Je vous coûterai ça tout à l’heure si cela vous amuse.
- — Pas d’refus ! répondit le bonnisseur, auquel la physionomie de Signoret revenait et qui se sentait en effet disposé à s’intéresser à son enquête.
- La séance étant finie et le public dispersé, le posticheur et le détective se retrouvèrent à la devanture d’un liquoriste chez lequel ils trinquaient bientôt comme de vieux eopins.
- Raullin connaissait si bien toute la banque qu’il eut vite retrouvé dans ses souvenirs la danseuse foraine dont l’inspecteur lui parlait.
- — La petite Paulina? je n’connais qu’ça, seulement que le diable m’emporte si je sais où c’est qu’elle travaille à c’t’heure ! Voilà : la dernière fois que jlai vue, elle était avec Homéeourt : même que j’ai dit à la patronne (c’est d’ma femme que j’parle) : « Tiens, v’ià Paulinette avec le fleuriste; a s’est tout d’même faite gironde, c’te p’tiote, mais lui, ça déménage, au contraire : faut-il qu il en ait une santé ! — comme on dit à présent — pour s’offrir une jeunesse comme çà ! »
- Puis, en trinquant encore une fois, le posticheur ajouta :
- __ Vous le connaissez bien, Homéeourt?
- C’est l’avaleur de sabres qui fait aussi des poids et qui a un grand diable de vieux vélo avec une roue trop grande et une autre trop p’tite, comme on les f’sait au temps jadis !
- —- Oui, je crois bien l’avoir déjà vu; ilades cheveux bouclés et un peu longs.
- (1) Voir les numéros C, 7, 8 et 9 du 1°' juillet, l” août, W septembre et 1” octobre 1S98.
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- — Juste ! Et puis, y a pas d’erreur, n’en trouveriez pas un autre, avaleur de sabres, avec un vieux vélocipède pareil !
- Signoret eût tût fait de retrouver, sur le champ de foire, l’avaleur de sabres désigné.
- Juché sur la grande roue de son bicycle, llomécourt décrivait des cercles en frôlant les spectateurs rassemblés autour de lui pour élargir l’étendue de l’emplacement où ses exercices allaient commencer.
- Quand un posticheur a réussi à grouper autour de lui un public dont il est en droit d’attendre quelque profit, il serait au moins fort maladroit de l’interrompre dans le cours de ses opérations. L’inspecteur prit rang parmi les curieux et s’arma de patience.
- Jongler avec des poids, avec un boulet énorme et avec une petite pièce de canon en bronze, furent les tours de force et d’adresse qui servirent au posticheur à grossir et allumer ses admirateurs. Ensuite, voyant ceux-ci bien entraînés, illitunecourtepose en reve-
- nant au tapis sur lequel il avait étalé une collection de sabres, de coupe-choux et de baïonnettes parfaitement fourbis.
- En annonçant et en expliquant sommairement ce qu’il allait faire, le forain demandait avant de commencer, une petite somme encourageante et bien insignifiante d’ailleurs, pour une aussi nombreuse assemblée.
- Celte extraction exigea presque un bon quart d’heure, mais enfin quand elle fut complète, llomécourt s’exécuta sans tergiverser.
- Coup sur coup, il avala, les uns après les autres, une demi-douzaine de ses sabres. Puis, gardant un des plus longs enfoncé jusqu’à la garde dans son corps, il se mit à jongler avec un, et même avec plusieurs de ses gros poids.
- Suivant l’usage, il devait terminer sa séance par le plus remarquable de ses exercices : ayant toujours un sabre enfoncé jusqu’à la garde dans le corps, il devait soulever le plus gros de ses poids à bras tendu, puis le placer sur la garde du sabre et faire avec ce poids le tour du cercle, en recueillant la dernière récompense que les amateurs voudraient bien lui donner.
- Quand le posticheur passa devant lui, Si-gnoret laissa tomber dans son chapeau trois petites pièces de vingt centimes, une à une.
- llomécourt ne pouvait manquer de remarquer ces trois petites sonorités métalliques particulières et de retrouver ensuite dans sa quête les trois piécettes d’argent.
- Un moment après, débarrassé du poids et du sabre, le posticheur cherchait des yeux, dans la foule qui s’écoulait, le généreux donateur. Il vit l’inspecteur s’avancer vers lui en souriant, au lieu de s'éloigner comme tout le monde, et comprit.
- — Est-ce que vous n’êtes pas Burdin ? fit le détective feignant de reconnaître en lui un ancien camarade « Burdin, du train des équipages, nous étions en garnison à...
- — Non, répondit le posticheur en secouant la tête, mais sans refuser la main que lui tendait Signoret. Non, moi, j’ai fait mon temps dans les zouaves, en Algérie ; vous faites erreur.
- — Sapristi ! Alors, vous lui ressemblez rudement, et c’est dommage ! Nous avons été si bons camarades au régiment, Burdin et moi... j’aurais été content de le retrouver!...
- Par ce banal simulacre de confusion, la conversation étant engagée, le détective ne tarda pas à gagner la confiance de l’avaleur de sabres en lui contant, sous couleur de confidences, de prétendues aventures de régiment dont l’ami Burdin, le camarade imaginaire, était le héros.
- llomécourt crut devoir faire confidence
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- pour confidence. Il était de la catégorie de ces bonnes natures plébéiennes qui, n’ayant rien à se reprocher, ne craignent point de conter leur existence et se complaisent même à en faire le récit nu premier venant.
- Le forain accepta, sans se faire prier, de dîner aux abords du champ de foire avec Signoret et, avant le dessert, celui-ci avait reçu la confession générale de Tavaleur de sabres.
- — Alors, ce n’est pas votre femme, cette foraine qui jouait de l’orgue de Barbarie pendant que vous faisiez vos exercices ?
- — Non, puisque j’suis toujours célibataire ; du reste, j’espère bien que si j’étais marié, ça ne serait pas à un vieux trumeau comme ça!
- — Le fait est que pour tourner la manivelle vous n’avez pas besoin d’une beauté.
- Homécourt, sans défiance, donna aussitôt dans le panneau que le détective entrouvrait :
- — Bien sûr que ça n'est pas indispensable, mais tout d’même, ça vaudrait mieux, rapport au rassemblement qui s’fait plus facilement avec une jolie fille qu’avec une vieille peau. Y a pas si longtemps que j’en avais encore la preuve avec La Pauiina, une petite gonzesse de la Banque que j’ai gardée deux mois. J’faisais l’cercle bien plus vite qu’avec celle d’à-présent.Sans compter que j’pouvais lui faire faire la collecte parce qu’on lui donnait toujours plus qu’à moi, tandis que mon vieux trumeau, y a pas mèche, rien qu’en la voyant arriver on a envie d’fiche le camp !
- — Pauiina? disiez-vous.
- Oui, Pauiina, une petite brune claire, ou châtain foncé, est-ce que vous la connaissez?
- — Non, pas moi, mais un de mes amis, si c’est la même Pauiina, toutefois ! Je vous conterai cela. Mais la vôtre, pourquoi l’avez-vous donc quittée,si elle faisait votre affaire?
- — Je n’I’ai pas renvoyée; c’est elle qui s’en est allée quand elle a trouvé à refaire un engagement, parce qu’il faut vous dire qu’elle était danseuse.
- — Ah! bien alors, c’est tout à fait celle que connaissait mon ami, car elle était danseuse aussi... et savez-vous ce qu’elle est devenue ?
- — Ma foi non, parce que je crois bien
- qu’elle s’est mariée très peu de temps après.
- — Mariée ! c’était donc...
- — Pauiina ? mais sans doute ! Faut pas
- vous imaginer comme çà que toutes les ban-quistes sont des je n’saisquoi! Ah! mais non! La Pauiina est la fille d’un des plus braves compagnons de la Banque-, même que c’est rapporta son mariage qu’elle s’était brouillée un moment avec son papa.
- « Elle s’était toquée du fils d’un gros serrurier de Versailles; un gamin que son père poussait pour en faire un avocat ou un médecin. II était bachelier, pourtant, mais, depuis qu’il s’était accordé avec la Pauline, il n’vou-ait plus rien savoir !
- « Un beau jour, ils ont dit comme çà chacun de leur côté à leurs papas qu’ils voulaient se marier. Ah! mince de pétard! là d’sus, v’ià l’serrurier qui flanque son p’tit dehors, et l’père de Pauline qui lui colle des gifles.
- « On n’aime pas chez nous les mariages qui s’font en dehors des forains, et puis, l’fin mot surtout, c’est que l’père à Pauline croyait que l’fils du serrurier n'avait pas vraiment l’intention d’épouser sa fille.
- « Mais quand il a vu que le p’tit tenait bon ; qu’il ne r’tournait pas chez son père et même qu’il se lançait dans l’métier d’forain en entrant comme bonisseur chez Cocherie, alors il. s’est radouci.
- « Pendant c’temps-là, Pauline, qui s’était donné de l’air le lendemain de sa correction, débutait chez Delille et puis faisait ensuite cinq ou six autres baraques où elle gagnait très sagement sa vie. Un moment seulement, étant sans place, elle s’est trouvée dans
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- la dèche. C’est quand jTai prise pour tourner la manivelle afin d’iui rendre service. Mais au bout de deux mois, elle retrouvait un engagement et ensuite elle se rabbibochait avec son père qui la reprenait chez lui. »
- — De telle sorte qu’à présent, c’est chez son père qu’elle se trouve ?
- — Non. Je n’dis pas ça. Je dis que depuis qu’elle s’est réconciliée avec son paternel, je n’I’ai plus revue.
- « Faut vous dire qu’il a l’sac, l’père à la Pauline, sans en avoir l’air... Pourrait bien s’faire qu’il lui aye payé une baraque pour faire la province, j’ai entendu dire quelque chose dans c’goût-là... Pas ordinaire, le bonhomme, il n’a jamais d’idée comme les autres ! et quelle tête ! Pas méchant pourtant, au contraire, mais un original, quoi !
- « A propos, si vous voulez l’voir, son père
- Cliché de II. A. Jbels.
- à la Pauline, tenez : il a justement sa baraque en face; Y cnire-sort ousqu’y a l'affiche de IŸAKA-0-LI-KA,la baraque de l homme-singe.
- — Si nous allions le voir, en fumant un cigare, proposa Signoret.
- — 'Mande pas mieux !
- Or, tandis qu’ils traversaient le champ de foire et se rapprochaient de la baraque où s étalait en grosses lettres le mot magique: ATTRACTIONS, l’inspecteur armait son ap-
- pareil pour faire vivement un instantané de l'établissement.
- A l’arrivée du posticheur et de son compagnon, qui braquait déjà son objectif sur la baraque, quelques spectateurs se retournèrent. Mais un adolescent, occupé à battre du tambour pour attirer la foule, fit un mouvement fort imprévu : lâchant ses baguettes, il s’élança vers le détective et lui dit :
- — Oh! Monsieur, puisque vous êtes photographe, vous seriez bien bon si vous vouliez tirer le portrait de mon singe... un beau singe, allez !
- Et comme l’inspecteur, surpris, lui paraissait hésitant, il ajouta :
- — Je vous payerai ce qu’il faudra... mais je voudrais que vous le fassiez tout de suite, parce qu’il va mourir ! Et je tiendrais tanta avoir sa ressemblance !...
- En achevant ces mots, le jeune forain se détourna pour essuyer des larmes involontaires qui venaient à ses yeux.
- — C’est Y frangin d’Paulina, dit Ilomécourt tout bas, en poussant le coude du détective.
- Cependant, sansattendre cet avis, Signoret, un peu touché, esquissait un geste de consentement.
- Un instant après, à l’abri de la curiosité de la foule derrière les palissades de son établissement, le jeune homme se posait assis avec son singe sur ses genoux, devant l’appareil de l’inspecteur en s’efforçant de retenir les grosses larmes roulant dans ses yeux.
- A vrai dire, rien n’était pitoyable à voir comme le malheureux petit être lamentablement amaigri, minable, mourant, qu’il soutenait parce que sa faiblesse ne lui permettait déjà plus de se tenir accroupi. Comme la plupart de ses congénères, ce malheureux quadrumane mourait de la phtisie pulmonaire qui les décime sous nos climats. Mais, à tort ou à raison, le frère de la Paulina disait qu’il mourait d’un refroidissement contracté par dévouement pour son maître.
- L’histoire en était effectivement touchante : Quelques années auparavant, Robert, le frère de Paulina faisait déjà sa principale distraction de ce jeune singe, fort bien dressé et très affectueux pour son jeune maître, quand une nuit d’hiver, à Rouen, le feu prit à la baraque dans laquelle il dormaient tous en des voitures séparées.
- (A Suivre)
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- Une nouvelle Soaree de l’Histoire
- Sous ce titre, nous avons reçu de M. Boleslas Matuszewski une courte étude dans lacjuelle il s’applique à faire ressortir les avantages immenses que l’Histoire retirerait de la création d’un musée cinématographique.
- Nous avons, ici même, dans plusieurs articles, appelé l’attention des pouvoirs publics, sollicité leur concours pour que la photographie, cet art si riche en ses applications, reçut en quelque sorte une consécration officielle par l’établissement de cours destinés à en propager l’étude.
- Nous applaudissons donc bien volontiers à l’idée que nous communique le photographe de l’Empereur de Bussie, en le félicitant du succès, ou plutôt du commencement de succès que cette idée a obtenu près de ceux que leurs fonctions élevées rendent plus aptes à faciliter une issue favorable à des projets dont la valeur ne saurait être discutée.
- Que de fois les chercheurs de vérité se sont écriés devant l’erreur involontaire, souvent intéressée de documents qu’ils avaient analysés, étudiés et mis au point: « C’est ainsi que l’on écrit l’Histoire ! ». Evidemment, sous cette forme un peu voisine de l’ironie et du dépit, se révélait un amour de la Vérité.
- Laissant de côté les intentions ou puériles ou malhonnêtes de ceux qui faussent l’Histoire, en connaissance de cause, il est nécessaire de reconnaître que souvent les erreurs historiques sont la conséquence de recherches incomplètes ou de l’utilisation de documents assez mal définis, d’accessoires qui donnent à des faits importants une physionomie fausse, fardée ou amoindrie.
- Lorsque pour éclairer un récit, le narrateur utilisera le document pris sur le vif, fourni par la photographie pour laquelle dans la fixation de la vérité, le soleil aura donné son rayon comme un complice lumineux dans la recherche de la lumière historique, le doute n’embarrassera plus l’esprit inquiet de l’historien, il coordonera sans fatigue les accessoires appelés, à contribuer à la mise en relief d’un fait de valeur.
- L’Etat conserve dans ses archives, dans ses bibliothèques, ses musées, tout ce qui sert à l’historien, à l’homme de science, à l’artiste pour guider leurs recherches et orienter leurs conclusions dans le sens de la vérité historique.
- Les actes publics, les tableaux, les estampes, les gravures et tous ces souvenirs catalogués avec soin qui sont une grande partie de notre fortune nationale, ont dès longtemps conquis leur droit de cité dans les dépôts officiels qui les conservent. Seule la photographie réclame encore sa part dans ce respect du passé. Qu’elle entre, elle aussi, comme un témoin irrécusable, qu’elle apporte librement sa parole, son morceau de vérité, sa tranche de vie, ainsi que le dit M. Boleslas Matuszewski, dans l’édification de ce monument destiné à vivre autant que le monde : l’Histoire. Toute œuvre de durée a parfois de petits débuts. La collection cinématographique, prenant vie avec des scènes d’un caractère purement récréatif, se compléterait par celles qui, laissant de côté tout ce qui serait l’amusement, la caricature peut-être, s’attacheraient à reproduire les gestes grandioses, les attitudes mouvementées d’un peuple.
- Il y aura nécessairement, nous le savons, des lacunes ressortant de l’impossibilité d’enregistrer photographiquement un fait imprévu ; l’instantanéité de l’objectif sera un retard sur l’heure où sera produit l’événement important qui aura sa part dans l’histoire.
- Mais, les faits s’enchaînent, se préparent, se complètent, et telles causes demeurées ignorées seront mises au jour grâce à la révélation de leurs effets naturels.
- Le photographe chercheur de vérité, sera toujours à l’affût; son étude patiente, ininterrompue, le familiarisera avec l’imprévu des circonstances et il saura sinon toujours, du moins très souvent deviner, chasser heureusement le fait et le surprendre à temps.
- Rien ne l’arrêtera ; il emploiera ses forces, son temps, son énergie, son mépris du danger, pour une cause vraiment grande et utile. Que ce soit une émeute, une bataille, un mouvement populaire dont l’inlluence sur la vie publique et sociale se sera affirmée, il sera toujours là saisissant à propos la tranche de vie pour l’enregistrer dans les mille clichés où cette vie gardera ses émotions, ses troubles et ses enthousiasmes.
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- Et lorsque l’Histoire exhumera de l’oubli une portion de son ensemble, il ne sera pas besoin d’un génie pour faire réapparaître vivants et animés tels faits, tels gestes apportant leur autorité documentaire à l’étude de la Vérité : un simple cinématographe, un peu de lumière traversant une lentille et la vie, le fait, les gestes s’agiteront à nouveau.
- Voici sur quelles bases notre correspondant établirait la constitution du Dépôt de cinématographie historique:
- Après avoir obtenu le concours officiel nécessaire, il subirait d’assigner aux épreuves cinématographiques destinées à l’histoire, une section de Musée, un rayon de bibliothèque, une armoire d’archives.
- « Le dépôt olliciel en serait installé soit à la Bibliothèque nationale, ou celle de l’Institut, « sous la garde d’une des Académies qui s’occupent d’IIistoire, ou aux Archives, ou encore « au Musée de Versailles. »
- « Un comité compétent recevrait ou écarterait les documents proposés, après avoir « apprécié leur valeur historique. Les rouleaux négatifs qu’il aurait acceptés seraient scellés « dans des étuis, étiquetés, catalogués ; seraient les types auxquels on ne toucherait pas. Le « môme comité déciderait des conditions dans lesquelles les positifs seraient communiqués, « et mettrait en réserve, ceux qui, pour des raisons de convenance particulière, ne pourraient « ôtre livrés au public qu’après un certain nombre d’années écoulées. »
- Tels seraient les caractères constitutifs du Dépôt de cinématographie historique.
- Notre correspondant déjà en possession de documents historiques produits par lui en diverses circonstances, conservant devers soi quelques épreuves d’un caractère vraiment utilitaire se propose d’enrichir sa collection, de la poursuivre avec le zèle et l’acharnement que doivent lui inspirer ses espérances dans le succès d’une œuvre à laquelle nous accordons toutes nos sympathies tout en lui réservant le concours de la publicité de notre journal toutes les fois que les circonstances nous permettront de rendre ce concours efficace.
- Impression en (Couleurs par |mbibition
- Voici, d’après M. Léon Vidal (Bulletin du Photo-Club de Paris), une méthode à la portée de ceux qui ne disposent pas des moyens toujours compliqués en usage auprès des professionnels de l’impression polychrùmique.
- Le premier point à observer consiste dans le triage des couleurs fondamentales d’un original polychrome.
- Lorsque, ce Lriago fait, il a été tiré trois négatifs correspondant chacun à l’une des trois couleurs du spectre, le rouge, le vert, le violet, négatifs devant servir à l’impression positive qui, à l’état pigmentaire, sera soit rouge carmin, soit bleue, soit jaune, il sera procédé à la synthèse des couleurs.
- 11 faut, à cet effet, se procurer des pellicules sensibles, minces et à couche sensible sur une seule de leurs surfaces.
- Sans les débromurer, on les sensibilise pendant une ou deux minutes sur un bain de bichromate d’ammoniaque à 2 0/0; on égoutte et on fait sécher dans l’obscurité en piquant les coins sur une planchette. **
- La pellicule sèche est mise en contact avec un des trois négatifs, le côté de l’émulsion opposé à ce contact; c’est donc à travers la pellicule que la lumière doit arriver à la couche sensible.
- Le temps d’impression varie selon la valeur du négatif; un peu de pratique sera le meilleur guide en cette matière.
- On développe ensuite la pellicule dans un bain d’eau chaude à 25 ou 30°; dans ce bain, elle se débarrasse des parties de gélatine soluble, c’est-à-dire non impressionnées par la lumière. Lorsque le développement est terminé, on enlève le bromure d’argent par un passage à l’hyposullite et on laisse sécher.
- Voici maintenant la phase qui a pour objet l’imbibition.
- Les trois teintures à employer : le rouge formé d’une solution aqueuse d’érythrosine ; le bleu fourni par la solution aqueuse de bleu méthylène, le jaune : solution saturée d’acide picrique dans l’eau additionnée de quelques gouttes d’ammoniaque, ont leur intensité et leur saturation à point, si les tons sont à leur valeur normale.
- L’épreuve positive tirée sur le cliché des violets sera teinte en jaune; celle qui aura donné le cliché des verts, en rouge ; et la troisième en bleu.
- Ces épreuves portant des épaisseurs de gélatine variant avec le degré d’action lumineuse présenteront chacune une série de valeurs multiples et fourniront un monochrome satisfaisant.
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- Après lavage à l’eau distillée et dessication, on superpose exactement, au moyen d’un repérage rigoureusement établi, les trois épreuves qui dans cette superposition révéleront ou des dominantes ou des faiblesses et seront un guide, dans l'impression d’épreuves nouvelles avec une durée de pose plus ou moins grande, selon l’imperfeclion constatée. Il faut, avec soin, lorsqu’il y a lieu de tirer de nouvelles épreuves, noter le degré de pose reconnu nécessaire par chaque cliché; cela coûte des tâtonnements pénibles.
- Lorsque les trois pellicules sont superposées exactement, on colle leurs bords et le tout est placé entre deux verres minces bien propres.
- Cette opération ne doit se faire que pendant les jours où la température sera relativement peu élevée pour que soiL évitée l’insolubilisation spontanée de la gélatine bicbroinatée.
- (D’après M. Léon Vidal)
- ÇEPÇODOCTIOfi SUR .VEppE
- de Clichés pellicuiaires photographiques et autres
- M. Sékutowicz, directeur des fonderies de la Société du Familistère de Guise (Aisne), vient d’imaginer un procédé très ingénieux permettant la transformation directe d’un cliché photographique, calcograplvique, autographique, pelliculaire, en reliefs photoplastiques.
- Dans cette découverte, comme dans beaucoup d’autres, du reste, le hasard est intervenu d’une façon incontestable.
- M. Sékutowicz, renforçant dans une solution de bichlorure de mercure un cliché pelli-culaire manquant de vigueur, s’aperçut que les traits du cliché présentaient un relief plus accentué que d’habitude.
- Recherchant la cause de ce fait anormal, — et c’est dans la constatation de ce fait et dans l’explication à en déduire que réside le mérite de l’inventeur,— M. Sékutowicz s’aperçut que la solution de bichlorure était trop concentrée : il s’était trompé dans la pesée de ce corps.
- Répétant l’expérience, ce phénomène se reproduisit; en faisant varier la concentration de la liqueur, il obtint des reliefs en rapport avec le degré de concentration.
- Ces faits démontrés, il s’agissait d’en tirer des conséquences. L’épreuve renforcée, lavée encore humide, est portée sur un bloc de plâtre Fin, de surface plane, légèrement humectée. On évite avec soin l’interposition de l’air entre la pellicule et son support en plâtre.
- Au bout de quelques instants, l’excès d’eau est happé par le plâtre et la pellicule reste Fixée, plane, sur ce support, le côté en relief faisant face à l’opérateur.
- Cette pellicule est prête pour un surmoulage en plâtre formant ainsi un cliché qui, reproduit par la galvanoplastie (procédé Ringel d’Ilbzach, ou par un autre procédé de moulage), peut donner lieu à diverses applications industrielles, c’est-à-dire au moulage par
- Cliché de la collection de M. J. Dlmarià, constructeur, 2, rue du Canal-St-Martin, à Paris,
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- impression sur verre, à l’impression de gravures ou de photographies d’après nature à l’encre grasse, à l’impression sur porcelaine (litophanies), sur faïence, puis pour les niellés, etc.
- Nous avons eu sous les yeux les pellicules, leur reproduction sur plâtre, le cliché galva-noplastique, l’épreuve reproduite parce «galvano» et nous avons été frappé de la finesse des détails obtenus; nous pensons que cette découverte doit être signalée aux industries spéciales qui trouveront de nouvelles applications là où l’usage du report d’un cliché sur la pierre, sur les métaux, sur le verre, la porcelaine est pratiqué.
- (La Nature) JULES IIeMUYAUX.
- Üi)€ Traversée
- par E. GALLOIS
- (dessins et photographies do l’autour) (Suite) (1)
- *
- Les Lipari et la Sicile
- Quelques heures de navigation et les îles Lipari apparaissent au loin, surgissant de la mer; elles sont comme autant de petites soeurs groupées auprès de la vaste Sicile. Un rocher en vedette semble sortir de la mer, puis apparaît Filicuri sur la droite et, derrière, Alicuri ; à gauche, un groupe de rochers aux formes capricieuses, et Panaria avec son hardi profil de falaise, derrière laquelle se silhouette la Stromboli, pyramide volcanique de près d’un millier de mètres de haut, qui lance dans le ciel son panache de fumée, indice d’un incessant travail ; c’est une des bouches du foyer central terrestre, véritable soupape de sûreté. Voici qu’à droite se succèdent les grandes îles de Salina et Lipari, qui semblent accolées l’une à l’autre, avec leurs montagnes plus ou moins arides, au pied desquelles les maisons des villages mettent leurs peLites notes blanches dans la verdure qui tapisse le littoral. Des chaloupes aux voiles gonflées sont comme autant d’oiseaux semblant voleter à la surface de l’eau. Enfin à l’arrière plan, et généralement perdue dans les nuages, apparaît
- lablanchecimede l’imposant. Etna, dont la hauteur dépasse3.300mè-tres. Cette énorme montagne à large base mesure un développement de plus de 30 lieues et occupe une surface d’environ 1.200 kilomètres carrés ; ces chilfres suffisent pour donner une idée de son importance.
- C’estainsique l’on atteint la
- pointe du cap ^Faro avec sa haute tour, qui indique l’entrée du détroit. Scylla se dresse sur son rocher si redouté des anciens qui, en voulant l'éviter, retombaient dans les tourbillons de Charybde. Les montagnes de la Calabre fermant l’horizon semblent barrer la route, mais le navire vire sur tribord et double la bande de sable sur laquelle est construite la tour de Faro et bientôt Messine se démasque, dominée par les collines qui s’échafaudent der-
- Ii.es Lipari. — Paxaria et la Strimboi.i,
- (i) Voir le n° 9 du t«r octobre 1898.
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- rière. A la lorgnette on distingue les quais et les bateaux. Il faut « ouvrir l’œil » car on croise à chaque instant, vapeurs et voiliers, grands et petits, et jusqu’à des embarcations de pêcheurs, qui parfois lancent un salut au passage. A gauche, des villages se succèdent, parmi lesquels Reggio et des torrents à sec font comme de longues coulées sur le flanc des montagnes sauvages, qui vont se prolongeant jusqu’au cap Spartivento, l’extrême pointe de l’Halie.
- Pendant plusieurs heures, l’imposante masse de l’Etna occupe le fond du cadre, s’estompant de plus en plus pour se noyer dans les brumes du soir. Quand on a joui de ces beaux spectacles, on ne saurait les oublier : il faut avoir vu le disque d’or du soleil s’enfonçant dans la ligne de l’horizon humide et disparaissant comme derrière un rideau en lançant son rayon vert dans le ciel embrasé. La lune apparaît à son tour rougissante. Quelles délicieuses soirées on passe ainsi à rêvasser, en se promenant sur le poutou appuyé au bastingage et humant à pleins poumons une délicieuse et tiède fraîcheur. Parfois le son plus ou moins discordant du piano vient troubler votre mélancolique rêve- . rie ; mais il est des moments aussi où l’on écoute volontiers un peu de musique, surtout quand on a la bonne fortune de rencontrer des virtuoses parmi ses compagnons de route.
- Nous voilà par le travers de la mer Adriatique, passage justement redouté, car souvent lèvent souille de la région du nord, agitant plus ou moins fortementl’inconstante Méditerranée. Avec cette mer capricieuse on a, en effet, plus d’une surprise, et les marins les plus expérimentés se trompent dans leurs pronostics. Aussi la traversée de ce grand lac est-elle toujours à redouter pour les personnes qui craignent la mer. Il n'y a pas de saison qui tienne, car il y a de belles traversées comme de mauvaises à toute époque.
- L’Avant, vu dk lv Passerelle du Commandant.
- Sur le Pont
- Voilà trois jours que nous naviguons et nous avons fait là reconnaissance du bateau.
- Au gaillard d’avant est le poste de l’équipage où les hommes tendent la nuit leur hamac; c’est au-dessus que se font les manœuvres de l’ancre, qui ira crocher au fond dans les escales. C’est là aussi qu’il fait bon, quand le temps est beau, d’aller se faire fouetter le visage par la brise du large ; penché en avant, on peut voir l’étrave du navire fendant la surface de l’eau avec un crépitement d’étoffe que l’on déchire. Devant soi et tout à l’entour, le regard embrasse l’horizon uniforme du ciel et de la mer. Derrière soi, le pont du navire recouvert de ses toiles pour abriter du soleil, et desquelles émerge la passerelle où le timonier ne quitte pas la boussole des yeux, tandis que l’officier de quart se promène de long en large. Ah, il ne fait pas toujours bon de rester là, quand le bateau met « le nez dans la plume » plongeant dans la lame qui vient déferler et le couvre de ses embruns ; bien imprudent celui qui viendrait s’y risquer !
- C’est encore à l’avant que se trouve, ce qu’on pourrait appeler la ménagerie du bord ; bœufs et veaux pour la boucherie, attendant l’heure du sacrifice, et une quantité de volailles de toutes espèces entassées dans des cages au-dessus du parc à moutons.
- A côté, dans un coin est le lieu des exécutions capitales; c’est là que le boucher accomplit sa sanglante besogne suivant les besoins de la cuisine. Voici, à ce sujet, comment se règle la nourriture à bord : le cuisinier en chef (place qui rapporte plusieurs milliers de francs par
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- an et est recherchée), compose ses menus et commande ce dont il a besoin, ce qui lui est fourni par le commissaire chargé du ravitaillement ou plutôt par l’élève ou aide-commissaire qui tient la comptabilité comestible. Le menu est vu parle commissaire qui le fait approuver par le commandant hiérarchiquement. A l’avant, se tient encore le charpentier avec ses aides chinois, très adroits généralement, comme on sait, et le maître d’armes, qui popotent dans leur coin avec quelques autres. Le spectacle est encore plus curieux au retour de Chine, car le pont est encombré de cages pleines de ces jolis petits oiseaux, canaris et autres, sans parler des perruches ou perroquets aux vives couleurs. Tout ce petit monde caquette, chante et crie à qui mieux mieux, pendant que des singes grimaçants prennent leurs ébats ou accomplissent les tours de force que leur font exécuter les matelots. Ajoutez encore souvent des chiens ou autres animaux et vous aurez une idée de celte sorte d’arche de Noé.
- Poursuivant notre visite du bateau, voici la descente des troisièmes classes, puis le carré des officiers et l’escalier des secondes. Nous arrivons ainsi aux cuisines, puis au four à cuire le pain, où un pauvre Chinois surveille et entretient son feu sous la direction du boulanger... C’est qu’il en faut pour les quelques centaines de bouches à nourrir qui sont à bord! Derrière leur grillage, les cuisiniers s’agitent, vont, viennent, préparent leurs plats ; chacun a ses attributions. Ils sont aidés par des Chinois, c’est ainsi qu’un de ces derniers est préposé à la confection des pommes de terre, tandis qu’un autre s’occupe du café. Sur bâbord sont les offices où se font les préparations et où se tiennent les « plongeurs » c’est-à-dire les aides préposés au lavage, rinçage, etc...
- Au centre de la cuisine est le grand fourneau avec les gigantesques marmites et casseroles, et tout cela est bien tenu... la propreté est indispensable.
- Au milieu du bateau sont, comme chacun sait, les machines d’une puissance de plusieurs milliers de chevaux parfois, qui actionnent l’Hélice. Sous l’aimable direction d’un chef mécanicien, très heureux souvent de faire les honneurs de son antre infernal, on peut descendre à la machinerie par les échelles grasses et huilées, mais on n’y séjournera pas longtemps et encore moins aux chaudières, véritable enfer, où règne une effroyable température, à laquelle les indigènes seuls peuvent résister sous les chaudes latitudes. Dans cette fournaise, le thermomètre monte jusqu’à + 50° centigrades et même davantage. Le petit salon installé sur le pont est le fumoir, où se jouent d’interminables parties de cartes, vvisht ou autre. Le « pocher », ce jeu américain d’intimidation, réunit souvent des amateurs et plus d’un voit ainsi s'augmenter-les frais de la traversée dont un autre se récupère. A l’extérieur, une boîte en cuivre, à laquelle on vient souvent puiser, renferme l’allume-cigare, pipe ou cigarette ; c’est un bâton d’amadou à lente combustion dont l’entretien est confié à un matelot de pont. Les allumettes sont en effet interdites à bord et l’on ne saurait trop prendre de précautions contre les dangers d’incendie ; le feu est un des sinistres les plus à redouter en mer. Du reste tout le navire est éclairé à l’électricité.
- (A suivre.)
- Ah'
- Le mot pueblo vient du nom de tribus indiennes habitant la partie nord-est du territoire du Nouveau-Mexique aux Etats-Unis sur le haut Rio-Grande del Norte et ses affluents, et qui ont, parmi leurs voisins, diverses tribus, dont les plus connues sont les Apaches; ces pueblos n’étaient guère qu’une dizaine de mille, il y a quelques années. C’étaient des sédentaires, à l’encontre de leurs voisins nomades. Ils s’adonnaient à l’agriculture et à l’élevage des bestiaux, aussi construisaient-ils de véritables villages ; c’est à ces groupes d’habitations que les conquérants espagnols ont, par déduction, donné le nom des tribus elles-mêmes. Ces villages, dans leur aspect général, rappellent beaucoup certaines agglomérations arabes, comme les voyageurs qui ont parcouru notre belle colonie algérienne pourront en faire la constatation. Disséminés dans une contrée relativement peu accidentée, quoiqu’au nord on trouve les premiers contreforts des Montagnes Rocheuses, un certain
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- CLICHÉ HILLERS
- PUEBLO DE SANTA CLARA (NOUVEAU MEXIQUE)
- CLICHÉ HILLERS
- PUEBLO LAGUNA (NOUVEAU MEXIQUE)
- COMMUNIQUE PAR LA SOCIETE DE GEOGRAPHIE DE PARIS
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- CLICHÉ HILLERS
- PUEBLQ DE TAOS (NOUVEAU MEXIQUE)
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- PUEBLO DE SAN JUAN (NOUVEAU MEXIQUE)
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- nombre de ces villages paraît avoir été abandonné, tandis que d’autres sont occupés par des agriculteurs de race mexicaine. Un peu de verdure les entoure le plus généralement, mais l’aspect du pays, au premier abord, paraît plutôt désertique. Ces maisons ont parfois une certaine importance, comme on pourra s’en rendre compte par les quatre vues ci-jointes que nous devons de pouvoir présenter à nos lecteurs, à l'amabilité de la Société de Géographie qui a bien voulu nous les communiquer. Elles sont extraites d’une intéressante collection rapportée par M. Hillers, qui a parcouru, il y a quelques années, ces contrées peu connues et d’un accès difficile. Ces villages sont plutôt placés généralement sur des hauteurs, de façon à pouvoir se défendre des incursions des nomades pillards, tout comme dans le Sahara.
- Ces constructions présentent un nombre plus ou moins considérable de petites chambres et plusieurs pièces plus grandes que les autres ayant servi probablement de lieu de réunion, mais ces détails intéresseront peu nos lecteurs...
- Rappelons que près d’un demi-siècle s’est écoulé depuis que les Anglo-Américains ont annexé le Nouveau-Mexique à leur territoire, déjà si vaste ; mais le développement sur lequel on comptait paraît ne pas s’être produit, La population, d’origine espagnole, ayant succédé aux aborigènes ne s’est pas mélangée aux Américains ; elle a gardé sa langue et ses mœurs. Cette particularité a longtemps empêché le Nouveau-Mexique d’être reconnu comme Etat par le Grand Conseil de Washington.
- Le Nouveau-Mexique couvre cependant une immense surface de plus de 300.000 kilomètres carrés avec une population évaluée, il y a quelques années, à 150.000 habitants. On estimait environ à 200.000 hectares les terrains propres à la culture, sur lesquels à peine 40.000 étaient mis en valeur. D’après des traces archéologiques et débris de toutes sortes, le pays paraît avoir été assez peuplé. C’est particulièrement dans la vallée du Rio-Grande que s’est portée la population, aussi est-ce le long du cours du fleuve que se sont élevés les villes et villages. La vue de quelques-uns suffira à les faire connaître, comme le Pueblo-Laguna sur la rivière San Juan, un sous-affluent du Rio-Grande, le Pueblo Santa Clara, plus au nord, ainsi que le village suivant de San Juan et celui plus pittoresque de Taos, situés sur le fleuve lui-même.
- Les villes les plus importantes ne dépassent guère quelques milliers d’habitants ; l’avenir du pays, au résumé, est plutôt douteux sur ces vastes espaces dont on ne saurait actuellement tirer parti,
- Eugène Gallois.
- RECETTES & PROCÉDÉS
- Vues à projections bleues Pour projeter des effets de neige, les images sont surtout charmantes quand elles ont une teinte bleue. On peut y arriver en doublant l’épreuve d’un verre bleu. On peut aussi colorer l’épreuve en la plongeant dans un renforçateur à l’urane contenant du ferricyanure. Quand la teinte est devenue rouge, on lave jusqu’à disparition de toute trace graisseuse. Puis on place dans un bain de protosulfate de fer à 5 p. 100. On obtient ainsi une belle teinte bleue transparente.
- Tirage des négatifs faibles On arrive à obtenir une bonne épreuve malgré la faiblesse du négatif en plaçant un verre vert sur le châssis-presse, mais on a
- indiqué dernièrement un autre procédé qui modifie le cliché une fois pour toutes; il consiste à plonger la plaque pendant quelques instants dans une solution de bleu gris d’aniline, la couleur est absorbée en raison de la quantité d’argent réduit et les détails d’abord invisibles apparaissent et viennent au tirage sans empâtement.
- Procédé d’impression photographique sur papier au mercure La solution sensibilisatrice s’obtient de la manière suivante : une quantité quelconque de mercure pur est placée dans une cuvette et recouverte d’acide nitrique ordinaire. On laisse reposer pendant quelques jours à une température modérément faible. Il se forme
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- alors une épaisse croûte de cristaux, lesquels cristaux sont séparés du mercure non modifié et étendus sur du papier buvard où on les laisse sécher. Il serait inutile de rechercher une dessiccation complète, car il resterait toujours quelque peu d’acide nitrique dans les cristaux. Pour préparer le sensibilisateur, on fait dissoudre 15^r de cristaux séchés dans 150cc d’eau et l’on ajoute une quantité d’acide nitrique suffisante pour dissoudre le précipité qui peut s’être formé.
- Le papier ordinaire peut servir pour le tirage, mais il doit être recouvert d’une couche de colle d’amidon. Lorsque le papier est sec on le fait llotter sur la solution mercurique La sensibilisation s’opère dans le laboratoire mais la lumière rouge n’est pas rigoureusement nécessaire; deux ou trois minutes de séjour dans une pièce éclairée par une bougie ne peuvent altérer le papier. Ce dernier doit être séché rapidement, puis conservé en boîte bien close, garnie de chlorure de calcium, jusqu’au moment de l’emploi.
- La durée de l’exposition est courte. Sous un négatif ordinaire, de force moyenne, l'impression se fait en deux ou trois minutes. L’image est traitée ensuite par un révélateur. Le bain de développement se compose de :
- Sulfate de fer................... 58r
- Acide tartrique.................. 5§r
- Eau.............................. 300 co
- L’image apparaît très rapidement; elle est fixée dans une solution salée comprenant 6%* de sel de cuisine ordinaire pour 125cc d’eau. On obtient une image grisâtre qui, après avoir séjourné pendant cinq minutes dans la solution fixatrice, est virée dans un bain au pla-
- tine dont voici la formule :
- Ghloroplatinate de potasse. . . 0er,20
- Acide tartrique........ 4sr
- Eau.......................... 200 cc
- Finalement, elsiies opérations ontété bien conduites, on obtient une image permanente d’un ton noir très tin. E. C.
- (Bulletin de la Société Française de Photographie)
- *
- La photographie des couleurs Engineering News, du 12 mai, décrit un nouveau procédé imaginé, pour la photographie des couleurs, par M. John Joly, du Collège de la Trinité, à Dublin, et donnant, parait-il, de bons résultats.
- Dans ce procédé, la perception de la couleur est réalisée par une analyse photographique de la lumière correspondant à celle accomplie
- par l’œil et présentée de telle sorte que l’œil n’ait plus qu’à en effectuer la synthèse et à représenter à l’esprit l’impression qu’il éprouverait en présence de l’original. La lumière est filtrée à travers un écran transparent sur lequel sont tracées des bandes coloriées de 11/100 de millimètre de largeur, puis reçue par une plaque orthochromatique sensible à toutes les couleurs, ce qui donne un cliché dont on tire un positif. L’œil reçoit ensuite la lumière à travers ce positif et, par l’intermédiaire d’un second écran semblable au premier, reconstitue pour l'esprit l’original avec ses propres couleurs.
- (Revue Rose)
- *
- Outillage des ateliers. — Emploi du phonographe
- Or, écoutez bonne maman qui désirez si vivement posséder la portraicture du joli baby que vos yeux dévorent d’admiration et qui tremblez que sa vivacité, le mouvement si naturel à son âge inconscient, ne soient un obstacle à la réussite de l’opération photographique, oyez, pauvres professionnels dont la mine se souligne d’une grimace lorsque vous n’arrivez pas à trouver la seconde nécessaire à la pose du bébé récalcitrant, souvent grincheux, voici que le phonographe vient à votre secours, présenté de curieuse et intéressante façon par le succès d’un amateur enragé; oh! pardon de l’expression! attaché à la poursuite de la réussite.
- Le comte de W. désespéré de ne pouvoir photographier un de ses héritiers toujours récalcitrant, qui ne confiait à l’objectif que grimaces ou mouvements impossibles à lui faire une tête passable, lit confectionner une poupée.
- Elle avait sa taille, et lui ressemblait quelque peu.
- Mais il fallait bien qu’elle parlât, celte poupée, pour captiver le bébé et arrêter son attention le temps nécessaire à la pose ; un phonographe, dissimulé sous une table, se chargea de la fonction : il parla si bien, cria, piailla si bien, ce phonographe, que monsieur
- bébé voulut bien l’écouter; et.... le papa
- croqua le bébé devenu docile.
- Mais la réussite était trop complète; la mine était grincheuse, déconfite, pileuse, c’était un bébé pleurnicheur.
- Le comte W., enchanté de son premier succès, fit faire une seconde poupée à figure rieuse et lui prêta le concours d’un air phono-
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- graphie qui chanta sa gaité sur un mode d’hilarité excessive :
- Oyez, bonnes mamans et photographes
- agacés, le phonographe lit le miracle et le bébé fut ravissant.
- (Communiqué de VAutriche)
- Les clichés photographiques et la poste
- D'après une communication faite au Photo-club, par M. Libert
- Nous mettons, aujourd’hui, sous les yeux de nos lecteurs, un document qui intéresse la plupart des amateurs, fort embarrassés bien souvent, quand il leur faut s’adresser à la poste pour l’envoi de leurs clichés photographiques.
- Il arrive parfois que les employés des postes font des difficultés pour recevoir ces envois; c’est un abus conLre lequel il suffira d’invoquer la lettre suivante émanant du directeur de Meurthe-et-Moselle.
- Monsieur,
- Nancy, le 5 février 1898.
- En réponse à votre réclamation du 31 janvier dernier, relative à la taxe applicable aux clichés ou épreuves photographiques sur verre, j’ai l'honneur de vous informer que l'administration a décidé que ces objets peuvent être rangés dans la catégorie des épreuves d’imprimerie ou épreuves de dessins sur bois ou sur mèta', et qu’il y a lieu de les accepler dans le service, en paquets ou boîtes faciles à ouvrir, jusqu’au poids maximum de 3 kilos.
- Agréez, Monsieur, etc.
- Le Directeur des Postes et Télégraphes,
- Signé : Villemin
- La teneur de ce document est assez claire et explicite pour que les professionnels ou les amateurs sachent à quoi s’en tenir sur leurs expéditions de clichés par la poste.
- Bibliographie
- Photographie des effluves humains, historique, discussion, etc., par E.-N. Saktini. — Un volume in-8 de 130 pages avec un grand nombre de fac-similés et reproductions : 3 fr. 50,— Charles Mendel, éditeur, 118, rue d’Àssas, Paris.
- Ce livre se divise en deux parties : 1- La force psychique; 2° Photographie des effluves humains. Les travaux tendant à justifier la théorie de ces ellluves y tiennent la plus large place.
- CHAMBRE SYNDICALE
- des Fabricants et Négociants
- En Appareils, Produits et Fournitures photographiques
- Séance du 4 Octobre 1898
- La séance est ouverte sous la présidence de M. Dubouloz, assisté de MM. Mandois, vice-président ; Charles Mendel, secrétaire ; Degen, secrétaire-adjoint ; Mercier, trésorier ; Matlioli, archiviste.
- Sont présents :
- MM. Merville, Jarret, Echassoux, Marinier, Dumont, Korslen, Caillon, Lezy, Houdart, Otto Lund, Gaumont, Jumeau, Desbains et Chemin, Roussel, Faine, Reeb, Duplouich.
- Assistent d la séance :
- M. Véra, membre honoraire; M. Gasline, directeur de la Photographie Française.
- M. Dubouloz rappelle, en ouvrant la séance, que M. Collin-Delavaud est à la tète de l'Office national du Commerce extérieur, ce qui le met à même de rendre de nombreux services aux membres du syndicat, et on peut être certain d’ètre toujours bien accueilli à son bureau de la rue Feydeau. M. pipon, par une lettre adressée à notre Président, a donné sa démission de membre du Syndicat. M. Degen a fait auprès de lui, sans résultat, une démarche en vue de le faire revenir sur sa décision. Sur la prière de la Chambre, il renouvellera cette démarche et espère que les arguments qu’il doit présenter seront de nature à lui assurer un meilleur succès.
- M. Dubouloz donne connaissance à la Chambre d’une circulaire relative à l’Exposition de Rouen, circulaire dans laquelle il est cité comme faisant partie du Comité d’organisation. Bien qu’il soit très flatté de l’honneur qui lui est fait, en compagnie, d'ailleurs, de personnalités fort honorablement connues, M. Dubouloz croit devoir faire remarquer qu’il n’a pas élé consulté en cette circonstance, et qu’il n’est pour rien dans l’organisation de cette Exposition.
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- L’ordre du jour appelant la présentation de nouveaux membres :
- MM. Derepas et Dubouloz présentent M. de Jonckeere, 2, rue de la Grosse-IIorloge, à Iîouen, comme membre actif.
- MM. Mantois el Dumont, présentent M. Billanl, 3, passage du Moulin-des-Prés.
- Les associations Polytechnique et Philoteclmique ayant demandé que des professeurs de Photographie soient désignés, cette année, pour chacune de leurs sections, diverses nominations sont faites en séance.
- M. Dubouloz fait remarquer à ce propos que si les professeurs ont à verser une cotisation quelconque, il leur subira d’en réclamer le montant à notre trésorier pour en obtenir le remboursement intégral.
- Divers membres ayant fait remarquer qu’il serait intéressant à divers points de vue d’unifier le programme des cours professés par nos collègues, une commission est chargée d’élaborer un plan d’étndes, et de prendre toutes mesures destinées à faciliter la tâche aux nouveaux professeurs.
- M. GasLine expose les résultats obtenus quant à présent en ce qui concerne le Concours de Photographie, résultats qui font espérer un réel succès. Un nouvel appel aux concurrents est décidé el des ailiches et prospectus seront distribués dans le plus bref délai.
- M. Dubouloz rappelle qu'il serait utile de songer à noLre prochaine fête annuelle et de s'occuper dès maintenant des récompenses à distribuer aux anciens ouvriers et employés de la corporation. Il demande qu’on lui soumette le plus tôt possible la liste de personnes susceptibles de recevoir une médaille.
- Une commission composée de MM. Dubouloz, Mantois, Iloudart, Lézv, Jarret, Gaumont, Mattioli, Dumont, Duplouich et Charles Mendel, est chargée de s’occuper de celte question.
- La Chambre apprend avec satisfaction les succès obtenus par plusieurs de ses membres à l’Exposition de Rochcfort où elle a obtenu elle-même un Grand-Prix.
- Notre Président croit devoir engager nos membres à se faire inscrire dès maintenant pour l’Exposition de 1900 et rappelle à ce propos que les demandes d’admission faites actuellement n’engagent en rien et ne seront définitives qu’après fixation du prix du mèlre et constitution des Comités.
- Il est heureux, pour clore la séance, de faire part à la Chambre du dernier écho de l’opposition de Bruxelles et d’annoncer que MM. Geisler et Nadar viennent d’ôlre nommés Chevaliers de l’Ordre de Léopold.
- La séance est levée à 11 heures.
- Le Président : Dujsouloz. Le Secréaire : Charles Mendel.
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- EXPOSITION DE ROCHEFORT-SUR-MER Liste des Récompenses
- Membres du Jury, — MM. le docteur Thèze, président ; Jules Demaria, vice-président ; Mériot, secrétaire; J. Dubouloz; Dumont; Mackenslein ; Prioux ; Richard; Tessier, Zarski.
- Grands Prix, — Chambre Syndicale des Fabricants et Négociants en Appareils, Produits et Fournitures photographiques. — MM. Darlot-Turillon ; Français.
- Diplômes d’honneur. — MM. Ch. Eclmssoux ; Grémion.
- Médailles d’or.— MM. Carie de Mazibourg; P. Gliaux; Desfontaine; D. Flamme; Grégeois, Canny et Cio; P. Mercier; F. Miette; A.-F. Pipon ; H. Reeb ; Vavasseur.
- Médailles de vermeil. — MM. Léon Block ; O. Ludwick; Otto Lund ; Victor Yon.
- Médailles d’argent. — MM. Casse-grain; Garigue ; Ilensen ; llolman; Comte de Pradérc; Tajean ; Ubait.
- Médailles de bronze. — MM. L. Legendre; Legofï-Deltreil ; Mêlais et C‘° ; Parsonneau et Beaudet; Proust; Ricardat (photo-opéra); Schréder ; AVass le AVitch.
- Diplôme d’honneur. — Ch. Scrmaisse, organisateur de la Section de la Photographie.
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- Imprimerie A. Gautherin, 1:11, rue de Vaugirard, Paris
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