La photographie française
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- Chronique : Autour de l’Exposition, G. H. . 71
- Echos.................................... 75
- Le Congrès International de Photographie
- de 1900, par L. Gastine................. 7G
- Les récentes applications de la Photographie à l’Astronomie....................... 78
- Physique du Développement, par M. R. En. Ltesegang................................. 79
- Recettes et procédés, par G. Hodée........ 84
- Réglementation de la Photographie dans
- l’enceinte de l’Exposition............... 87
- Les Nouveautés photographiques............. 87
- Bibliographie.............................. 89
- Chambre syndicale (Séance du G Mars . 1900)...................................... 90
- CHRONIQUE
- Autour
- de l’Exposition
- Au moment où ces lignes paraîtront, nous ne serons plus qu’à quinze jours de la date fixée pour l’ouverture de l’Exposition.
- On dit qu’elle ne sera pas prête pour cette époque si rapprochée et l’on se trompe très probablement puisque l’Administration, mieux informée que « quiconque » maintient son affirmation. Mais ces craintes du public sont amplement expliquées par l’état apparent des travaux.
- Rien n’est encore fini; toutes les constructions se montrent encore plus ou moins garnies d’échafaudages, partout il reste des revêtements, des peintures, des parties extérieures à terminer et comme on ne voit pas ce qui se passe à l’intérieur on est porté à croire que, les murs n’étant pas finis, les garnitures intérieures ne doivent pas être près de s’achever.
- Une véritable ville s’est pourtant dressée depuis quelques mois entre la place de la Concorde et le Trocadéro, une ville uniquement composée de palais
- I. PALAIS ETRANGERS, RIVE GAUCHE DE LA SEINE
- Entre le pont de l’Alma et le pont Alexandre III
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
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- somptueux et rien ne pourrait faire soupçonner Paris au plus parisien des parisiens, si après une année d’absence, il se trouvait brusquement amené-là les yeux bandés et sans explication préalable.
- Ainsi que nous l'avions annoncé, nous avons refait le mois dernier, c’est-
- à-dire au commencement de Mars, de nouvelles vues de l’état des travaux et l’on pourra juger d’après ces quelques photographies, déjà vieilles pourtant d’un mois, des modifications si profondes dont nous parlons.
- Aujourd’hui, les aspects qu’elles montrent ne sont déjà plus vrais, car l’activité des travailleurs, sans cesse croissante, accomplit de véritables prodiges à quarante-huit heures d’intervalle.
- Nos quatre premières vues font voir les physionomies des palais étrangers en bordure de la Seine, entre le pont de l’Alma et le pont Alexandre, dans l’ordre où ils se suivent en remontant le cours du fleuve du
- En
- face de cette merveilleuse bordure de palais, sur la rive droite, après le Palais des Congrès qui se dresse sur la place de l’Alma, se succéderont les jardins et les serres monumentales reproduites dans notre vue stéréoscopique n° 1.
- La seconde vue stéréoscopique reproduite montre le Palais de la Ville de Paris qui succède aux jardins et aux serres, en remontant toujours le cours du fleuve (vue stéréoscopique n° 2).
- L’extérieur de ce batiment est presque achevé, surtout en bordure de la Seine; il à été pris du « boulevard » des palais étrangers dont la balustrade n’était pas encore dressée au commencement de Mars.
- Le Pont Alexandre avec ses pylônes couronnés de Pégases ailés qui se détachent sur la grande masse de l’un des Palais des Beaux-Arts forme le sujet de notre cinquième vue simple, prise de la rive gauche de la Seine (page 77).
- Quand, étant sur cette rive, à l’entrée dupont dont il s’agit, on se tourne vers les Invalides, on voit se déployer l’hémicycle dont notre sixième vue ne montre guère que la moitié et la rue centrale des palais de l’Esplanade encore obstruée de hangars qui en masquent la perspective (page 79).
- Au-delà du Pont Alexandre III, la dernière construction qui se dresse encore, est la Porte monumentale située place de la Concorde, que noire septième vue montre à l’envers, c’est-à-dire prise « de dos » (page 79).
- Notre photographie stéréoscopique n° 3 est une vue du Trocadéro prise au milieu du Pont d’Iéna, dans l’état où l’avait mis le travail d’élargissement considérable dont il était encore l’objet au commencement de Mars (n° 3).
- On retrouve encore là quelques souvenirs de ce morceau de Paris dans le palaisdefeu Garnier et les socles monumentaux du pont,garnis deleurs groupes,
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- Cet atlaihlisseuf est une seule solution qui se conserve sans altération. On l’utilise pour diminuer l’intensité et augmenter les contrastes des clichés surexposés et trop développés.
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- (I) LE PALAIS DES CONGRÈS ET LES SERRES MONUMENTALES DE L'EXPOSITION DE 1900 (Rive droite de la Seine, entre le Pont de l’Alma et le Pont Alexandre III.)
- Ces trois vues stéréoscopiques ont été obtenues au commencement de mars 1900, avec l’appareil stéréo-pochette de la maison L. Joux, entre 4 heures et 5 heures du soir.
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- n
- mais le Palais de l’Algérie, que dominent dans le fond les colonies russes et les constructions, encore en simples charpentes au bord du fleuve ne laissent plus rien subsister des jardins.
- Sans la silhouette colossale de la base de la Tour Eiffel qui se dresse sur la droite de notre huitième vue, rien ne pourrait faire soupçonner qu’elle a éic prise derrière l’un des groupes de palais tunisiens édifiés sur l’emplacement de ces jardins du Trocadéro (vue VIII, p. 81).
- Enfin, dans notre neuvième vue, bien que l’espace embrassé par l’objectif soit évidemment très grand, il n’y a plus de vestige du lieu de Paris où il a été prb et il faut dire que c’est encore une vue de la section coloniale du Trocadéro pour qu’on le sache (page 81).
- Nous ne montrerons plus désormais les progrès des travaux, par la raison
- péremptoire qu’ils seront certainement terminés quand notre prochain numéro paraîtra, mais nous continuerons à faire défiler des séries de reproductions des points les plus intéressants de la grande manifestation de 1900, avec le dévoué concours de nos lecteurs et de nos abonnés, qui sauront assurément, infiniment mieux que nous, faire des moissons d’instantanées du plus vif intérêt.
- m. PALAIS ETRANGERS, RIVE GAUCHE DE LA SEINE
- Entre le pont de l’Alma et le pont Alexandre III
- Cliché obtenu à 5 h. 30 dn soir, au commencement de mars 1900 avec la stéréo-pochette L. Joux.
- IV. PALAIS ÉTRANGERS, RIVE GAUCHE 1)E LA SEINE
- Entre le pont do l'Alma et le pont Alexandre III
- Cliché obtenu à 5 h. 30 du soir, au commencement de mars 1900, avec la stéréo-pochette L. Joux.
- ECHOS
- Le Photo-Club Meulanais a ouvert un con* cours auquel sont invités à prendre part, sans aucun droit d’entrée, les membres amateurs des sociétés photographiques de Seine-et-Oise, de l’Eure et de la Loire-Inférieure. Les derniers envois devront être rendus le 8 juillet à Meulan, au bureau du P. C. M., 30, rue Gambetta, où l’on peut s’adresser pour avoir communication du programme détaillé de ce concours, dont le jury sera présidé par notre ancien Président, M. J. Dubouloz, juge suppléant au Tribunal de Commerce.
- *
- Une nouvelle société photographique vient de se constituer à Constantine, en Algérie,
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- sous le titre Société constantinoise de photographie. Son siège est rue de France, no 6.
- Nous adressons nos vœux les plus sincères à cette nouvelle société pour le succès de son entreprise.
- Forme et hauteur des nuages
- MM. Antoniadi et Mathieu publient dans Knowledge un article abondamment illustré sur les nuages. L’application de la photographie à l’étude des phénomènes météorologiques leur a permis d’étudier la forme et la hauteur des divers nuages, l’apparition des arcs-en-ciel, des halos et autres phénomènes similaires, ainsi que les sinuosités fugitives de la foudre.
- Une photographie d’arc-en-ciel, prise le 2 juin 1898, montre que la partie intérieure de l’arc est beaucoup plus brillante que la I
- partie extérieure, différence qui n’est pas toujours appréciable à l’œil nu. Cette différence est due à l’existence d’arcs-en-ciel secondaires inexpliqués par Descartes et Newton, mais auxquels Yung sut appliquer sa théorie de l’interférence de la lumière. La condition nécessaire pour l’apparition de ces arcs secondaires, c’est que les gouttes soient de dimensions à peu prés égales, autrement il y a superposition confuse des diverses couleurs qui se triuvent noyées dans la lumière blanche.
- [Revue scientifique),
- sV
- Le président de la Société des amateurs photographes de New-York, M. Walter-Pierson, échangerait des vues de New-York contre des vues de Paris et des scènes de la rue. Il suffit de lui écrire.
- Le Congrès international de Photographie de 1900
- 4 plusieurs reprises, quand il s’est manifesté officiellement, nous avons parlé du Congrès photographique de 1900, soit pour reproduire son règlement, soit d’abord pour faire connaître les noms de ses organisateurs, car à l’égard même de cette première indication nous avons formulé des réserves quant à la composition du comité d’organisation qui ne nous paraissait pas comprendre des éléments garantissant comme nous l’aurions souhaité l’intérêt de ce Congrès.
- Or, ce que nous pouvions craindre à cet égard se trouve malheureusement très accusé parle programme des questions inscrites, programme élaboré par les organisateurs dont l’insuffisance nous avait frappé.
- Voici du reste en quels termes cette nouvelle manifestation se produit officiellement :
- Le comité d'organisation du Congrès international de photographie de 1900 a approuvé, dans sa séance du 2i janvier, les diverses propositions qui lui ont été proposées par les quaire commissions, chargées par lui d’élaborer le programme des questions à soumettre au Congrès qui doit se tenir à Paris du 23 au 28 juillet prochain, ce programme se trouve donc établi de la manière suivante :
- lro Question. Définition et mesuré de la sensibilité des plaques dans leurs conditions d’emploi.
- 2° Question. Photomélrie. — Son étude pratique au point de vue photographique.—Recherche d’étalons de lumières colorées et de méthodes de comparaison. — Etalonnage des écrans colorés et des couleurs pigmentaires.
- 3° Question. Caractéristiques et classification des verres d’optique.
- 4° Question. Caractéristiques des objectifs; numérotage pratique des diaphragmes.
- 5° Question. Etude et caractéristiques des obturateurs de plaques.
- 6° Question. Classification précise au point de vue de l’épaisseur des plaques de verre employées eh photographia.
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
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- 7“ Question. Dimensions des bandes cinématographiques. — Ecartement, pas et forme des perforations. — Pas et largeurs des images.
- 8° Question. Expressions des formules et dénominations photographiques : révision de la rédaction adoptée en 1889 et en 1891.
- 9° Question. Projet d’adhésion à la classification décimale pour la bibliographie photographique.
- 10° Question. Protection de la propriété des œuvres photographiques : assimilation complète des œuvres photographiques aux œuvres graphiques et artistiques.
- 11e Question. Distinction des droits de propriété et des droits d’emploi.
- 12° Question. Vœu à émettre pour qu’il soit créé dans les différents pays, et à côté des archives composées de documents écrits, des dépôts d’archives photographiques documentaires comprenant tout ce qui peut être relevé d’intéressant, par la photographie, pour l’histoire d’une région.
- Après avoir lu attentivement ce programme, il suffit de savoir quel est le groupe spécial photographique, —la chapelle, — qui conduit l’organisation de ce Congres pour reconnaître son œuvre personnelle dans cette élaboration et pour se l’expliquer.
- On y voit figurer, en effet, toutes les questions connues de ce groupe, celles pour lesquelles il a, ou se croit une certaine importance, celles qu’il traite couramment et dont il se préoccupe exclusivement. Des autres questions...pas plus de traces que si elles n’existaient pas.
- Hors de l’Église point de salut 1
- Du rôle de la photographie dans l’instruction, il n’est pas question.
- Du rôle de la photographie dans l’éducation sociale, il n’est pas question.
- Du rôle de la photographie dans l’industrie et le commerce, il n’est pas question.
- I)u rôle que la photographie est appelée à jouer par de nouvelles applications aux sciences IL n’est pas question.
- Tout ce qui touche, en somme, aux grands progrès photographiques, à l’avenir le plus élevé, de cette science nouvelle, tout ce qui concerne son influence, pourtant si manifeste dans le domaine social ou philosophique... est négligé ou systématiquement écarté. Quelles étranges réflexions ce programme n’amène-t-il pas à faire et quel jugement sévère n’cntraîne-t-il pas à porter sur ceux qui l’ont dicté, inspiré on gouverné? !
- Numéroter des diaphragmes, réglementer l’épaisseur des plaques photographiques, les dimensions des bandes de cinématographe, v. la terminologie, etc. C’est fort intéressant, mais cela passe après une infinité d’autres questions autrement élevées et primordiales.
- Est-il vraiment permis, par exemple, dans un Congrès de ce genre, de passer purement et simplement sous silence l’énorme place prise depuis dix ans par l’image photographique, soit sous forme de projections lumineuses, soit sous toute autre forme, dans renseignement en général depuis les cours les plus supérieurs jusqu à 1 école primaire et particulièrement même dans les conférences populaires?
- Il nous serait trop aisé de formuler une longue série de questions analogues... Mieux vaut ne pas insister !
- IÆ PONT ALEXANDRE III VU DE LA RIVE GAUCHE DE LA SEINE ET LES PALAIS DES BEAUX-ARTS
- Vue obtenue ù 4 h. 30 du soir, au commencement de mars 1900, avec la stéréo-pochette L. Joux.
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- 78 LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- Si ces questions dominantes avaient leur place au Congrès, nous y verrions figurer aussi avec plaisir les soucis de détails dont il s’agit. Mais nous ne pouvons être flatté de voir ceux-ci dominer exclusivement les inspirateurs ou directeurs du Congrès qui ont la prétention de représenter le progrès phôtographique français vis-à-vis de l’élranger.
- Sans doute, ces inspirateurs fâcheux se retrancheront, pour s’excuser de leur nullité, derrière les personnalités véritablement éminentes qui font partie des commissions du Congrès et même de son bureau, mais ces sommités doivent être mises hors de cause, car on sait qu’elles ne s’occupent jamais de la cuisine de ces organisations-là.
- Elles n’ont que le tort de ne pas protester contre l’abus qu’on fait de l’autorité de leur nom en ne se retirant pas, quand si misérable besogne est faite sous l’égide de leur crédit, car elle les amoindrira singulièrement.
- Pour préciser, nous pourrions citer les noms de ceux qui sont coupables et de ceux qui sont trop indulgents, mais nous ne voulons pas le faire, parce que les questions de personnes ne nous préoccupent nullement dans cette circonslance. Notre seule préoccupation est la honte qui résulte pour la photographie française de l’incapacité encombrante des organisateurs actifs du Congrès.
- L’Europe et le Nouveau-Monde auront matière à glose sur notre compte parce que quelques nullités vaniteuses ont pris d’autorité une initiative au-dessus de leurs moyens et que leurs patrons éminents les ont laissé faire cette œuvre mesquine, indigne de notre pays, sous le couvert de leur haute réputation; c’est chose déplorable et navrante.
- La camaraderie, les complaisances, les influences de groupe, de coterie, les préoccupations d’ambition^ de profit personnel dominent tellement toutes les considérations plus élevées, qu’elles nous feront choir dans la déconfiture et le déshonneur si l’on ne s’insurge pas, si l’on ne tente pas de réagir contre ces insanités et cette veulerie.
- Aujourd’hui, l’actualité nous amène à parler du Congrès, mais la mesquinerie de cette œuvre n’est pas la seule faute commise par cette « camarilla » qui prétend diriger la photographie en France.
- Nous aurons le regret de signaler au fur et à mesure qu’il le faudra le mal que va faire à notre réputation européenne cette coterie, car pour l’avenir de notre spécialité, il faut qu’on sache quelle responsabilité lui incombe, puisqu’elle a voulu représenter seule le mouvement du progrès français et qu’elle le personnifie si mal!
- L. Gastine.
- Les récentes applications de la Photographie à l’Astronomie
- En ce qui concerne l’œuvre de la Carte photographique du ciel, dit M. Lœvy, dans son rapport annuel sur l’état de l’Observatoire de Paris, nous sommes arrivés à l’époque où une partie essentielle du programme tracé se trouve réalisée. L’exploration photographique des zones de l’espace confiée à l'Observatoire, et relative à la construction d’un catalogue qui renfermera les positions précises d’environ trois millions d’étoiles, doit être considérée comme achevée; il ne reste à combler que quelques rares lacunes correspondant aux plus mauvaises saisons de l’année.
- Désormais, l’objet principal du travail photographique aura pour but de nous procurer les cartes renfermant les images des astres jusqu’à la 14e grandeur. Toutes les difficultés relatives à la reproduction des clichés ayant été heureusement surmontées pendant l’année qui vient de s’écouler, le devoir incombe maintenant à l’Observatoire de publier les résultats nombreux et importants obtenus grâce aux efforts si féconds de MM. Henry depuis une douzaine d’années (1).
- 1. Les mesures de coordonnées des étoiles des clichés sont faites par M,les Klumpke, Coniel, Lampdon. Bréard, Masson, Visage,
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- L’atlas photographique de la Lune n’a pas cessé d’être l’objet de tous les soins de MM. Lœvy et Puiseux, qui ont mis à profit toutes circonstances favorables pour augmenter le nombre des clichés susceptibles d’entrer dans sa composition. Le troisième fascicule de l’ouvrage, paru et distribué dans le courant de l’année 1898, comprend comme le précédent six planches de grand format et une épreuve non agrandie. Le mémoire qui l’accompagne serait devenu beaucoup plus volumineux si l’on avait voulu entrer dans une discussion topographique minutieuse et rectifier toutes les fois que l’occasion s’en présentait les cartes et les dessins antérieurement publiés. Les auteurs se sont surtout attachés à étudier avec la plus grande attention certains traits généraux qu’une inspection, même sommaire, fait reconnaître sur notre satellite, et dont une interprétation judicieuse offrait un très grand intérêt.
- On trouvera dans ce rapport l’héliogravure d’un cliché très difficile à obtenir dans des conditions satisfaisantes : il est relatif à l’une des phases de notre satellite dont la photographie ne peut être exécutée qu’aux heures avancées de la nuit, moments où les diverses couches de niveau de l’atmosphère ne possèdent qu’exceptionnellement un degré de stabilité suffisant.
- Physique du Développement
- Par M. R.-Ed. Liesegang
- Les plaques que nous utilisons pour nos phototypes négatifs dans la chambre noire sont couvertes d’une couche de gélatine contenant du bromure d’argent finement divisé.
- Cette couche a une certaine épaisseur, fait que nous retenons pour l’explication ultérieure de certains phénomènes.
- Si la lumière agit sur une plaque au bromure d’argent, elle impressionnera principalement la surface de la couche de gélatinobromure; l’intensité lumineuse décroîtra au fur et à mesure que la lumière pénètre dans l’épaisseur opaque de la couche. On sait que, toutes choses égales d’ailleurs, une sous-exposition donne une image dure, c’est-à-dire une image dans laquelle les détails manquent dans les ombres. Plus l’action lumineuse se prolonge, plus l’image devient harmonieuse, plus aussi les détails apparaîtront dans les ombres. Il résulte donc de ces deux faits que, pour une exposition normale, l’image doit être plus harmonieuse à la surface que dans la profondeur de la couche.
- On aura donc à considérer, tant au développement qu’à d’autres opérations, telles que le renforcement, que le bromure ne se trouve pas dans un plan unique de la couche gélatineuse, mais que cette couche a une certaine profondeur. Le contact du révélateur avec toutes
- VII. LA. PORTE MONUMENTALE DE L’EXPOSITION DE 1900 Sur la place de la Concorde, vue de la rive gauche en arrière.
- Vue faite au commencement de mars 1900, à 4 h. 30 du soir, avec l’appareil stéréo-pochette L. Joux.
- vi. l’hémicycle de l’esplanade des invalides PARTIE GAUCHE
- Vue faite au commencement de mars 1900, à 4 h. 30 du soir, avec l’appareil stéréo-pochette L. Joux.
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- les particules du bromure d’argent ne sera donc pas immédiat, mais il mettra un certain temps pour pénétrer dans les couches plus profondes.
- Pour obtenir une densité suffisante, il est nécessaire que le révélateur pénètre assez profondément dans la gélatine. Afin de bien saisir le rôle important que joue la profondeur de la couche de gélatino-bromure d’argent dans le développement, nous nous servirons d’un exemple pratique. Lorsqu'une plaque a été trop longtemps exposée, et qu’on développe avec un révélateur énergique, un voile se produira presqu’aussitôt sur toute la surface. On est obligé d’interrompre le développement afin que ce voile général ne gagne pas en intensité. Mais, pendant ce temps assez court, le bain n’a pu pénétrer assez, et l’image manquera d’intensité dans les lumières.
- Le phototype achevé est constitué par de l'argent finement divisé, incorporé dans la couche gélatineuse. Il va sans dire que les parties les plus intenses renferment plus d'argent que les parties les plus transparentes de l’image.
- Quant à la manière dont l’argent est réparti dans la couche gélatineuse, nous aurons
- deux possibilités à envisager :
- La couche renferme des particules de bromure d’argent ne possédant pas toutes la même grosseur; on dit que les grains les plus gros sont plus sensibles à la lumière que les grains fins. Il se peut donc que les demi-teintes du négatif soient constituées exclusivement par les grains gros. D’après cela, les parties les plus opaques du négatif seraient donc formées par un grand nombre de grains d’argent gros et fins; les parties plus transparentes, par contre, rien que par quelques grains gros.
- Mais l’examen d'un phototype achevé montre que la répartition de l’argent est autre dans l’image photographique : si l’on traite une plaque par une solution faiblement acide de per-sulfate d’ammonium, l’argent métallique se dissout. En même temps, la gélatine qui entoure l’argent devient plus soluble dans beau chaude que les autres parties de la couche gélatineuse. On peut donc de cette façon obtenir un relief. Dans les parties les plus opaques, on peut enlever la plus grande partie de gélatine, même entièrement si les circonstances sont favorables. Dans les parties moins denses, on ne peut enlever que la couche supérieure de gélatine. Ce phénomène permet de conclure qu’il est probale que l'image argentique dans la couche gélatineuse forme relief, tout comme, par exemple, la gélatine bichromatée d'une impression au charbon non encore développée.
- Ce qui rend cette théorie admissible, c’est qu’on peut encore d’une autre façon obtenir le relief d’une image au gélatinobromure d’argent : si l’on développe une plaque exposée au moyen d’un mélange de pyrogallol et de carbonate de soude sans addition de sulfite, on remarque que là où l’argent est réduit, il se forme aussi un dépôt d’un produit d’oxydation du pyrogallol. Ce dernier tanne la gélatine, et lorsque, après fixage, on traite la plaque à l’eau chaude, on obtient un relief semblable à celui des impressions au charbon.
- Cette argumentation, d’ordre plutôt chimique, pourrait être mise en doute. C’est pourquoi nous avons cherché d’autres modes d’explication : la microscopie d’une coupe transversale à travers la couche gélatineuse d’un phototype achevé.
- Dans ce but, nous avons fait usage de plaques enduites d’une couche deux fois et demie plus épaisse que d’ordinaire. Un certain nombre de ces plaques ont été exposées plus ou
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- moins longtemps, puis développées au moyen de divers révélateurs et fixées comme d’habitude. Ensuite, on a pratiqué des coupes transversales à travers la couche gonflée et on les a soumises au microscope. On a pu ainsi constater que, souvent, l'argent noir réduit ne
- se trouvait qu a la surlace de la couche, et étaient exemptes. Dans certains cas (exposition prolongée du côté du dos de la plaque), toute la profondeur de la couche était noircie. Ce qui frappe dans ce genre d’expériences, c’est la limitation rigoureuse entre les parties les plus opaques et les parties transparentes, ce qui prouve le peu de déviation que le rayon a subi par les particules du bromure d'argent.
- Nous avons abandonné les recherches de ce genre, ayant trouvé un moyen plus simple d’expérimenter les plaques à couche normale, et même à couche extra-mince : ce moyen, c'est grattage successif de la couche argentique.
- Les phototypes ont été séchés, et, au moyen d’une lame tranchante, on a raclé la surface de l’image, de manière à obtenir une pellicule mince. A d’autres endroits, on a répété plusieurs foiscette opération, jusqu'à ce qu'il ne reslât plus qu’une couche de gélatine extrêmement mince sur le support de verre.
- Parmi le grand nombre d’expériences ains téristiques :
- que les couches de gélatine inferieures en
- VUI. L ENVERS DES PALAIS' ALGÉRIENS AU TROCADÉRO
- Cliché obtenu avec la stéréo-pochette de L. Joux, au commencement de mars 1900, à 4 heures du soir.
- i faites, nous communiquerons les plus carac-
- Essai I. — Une plaque à couche deux fois et demie plus épaisse que d'ordinaire (plaque n° 1) et une autre plaque à couche plus mince que d’ordinaire (plaque n° 2) ont été exposées
- normalement pendant quinze secondes'à l’atelier et développées à l’hydroquinone. L’imagé de la plaque à couche épaisse n’a pas été plus dense que celle de la plaque à couche mince. Pour cette dernière, l’argent réduit pénétrait à travers toute la profondeur de la couche, tandis qu’il ne pénétrait que jusqu'à mi-profondeur dans la plaque à couche épaisse.
- Une couche épaisse ne sert donc à rien lorsque l’exposition a été normale et que,le développement a été fait au moyen d’hydro-quinone.
- Essai II. — Une plaque à couche épaisse én° 3) et une autre à couche mince (n° 4) ont été exposées pendant quinze secondes du côté du dos, et développées dans le même bain d’hydroquinone.
- Afin d'obtenir la même densité, le temps de développement de la plaque à couche épaisse a dû être prolongé le double du temps nécessaire au développement de la plaque à couche mince, ce qui prouve que le bain a pénétré moins vite dans la couche épaisse. Nous y reviendrons. Dans les deux plaques, l’argent réduit pénétrait à travers toute la couche de gélatine. La surface de la plaque à couche épaisse était légèrement voilée par tuite de la durée plus longue du développement. 1 à.
- IX. LENVERS DES PALAIS ALGERIENS AU TROCADERO
- Cliché obtenu avec la stéréo-pochette L. Joux, au commencement de mars 1900, il 4 heures du soir.
- Essai III.— Les essais avec les plaques 1 et 3 démontrent que l’intensité de la lumière,
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- en traversant la couche opaque, s’affaiblit de plus en plus. Par conséquent, dans une plaque normalement exposée, l’image en profondeur doit être moins dense, mais plus riche en contrastes. C’est ce que les essais au grattage ont confirmé.
- Lorsqu’on surexpose une plaque à couche épaisse du côté du dos, on pourra, par des moyens purement mécaniques, compenser l’effet de la surexposition. On pourra se dispenser des plaques à couches multiples, de différentes sensibilités (plaques Sandel).
- Afin de nous en convaicre, on a exposé du côté du dos une plaque à couche épaisse pendant sept minutes et demie (n° 5), ce qui équivaut à une surexposition de trente fois. Développée à (l’hydroquinone pendant quatre minutes, le caractère de l’image a été semblable à celui qu’a donné la plaque n° 1. Après fixage, la couche voisine du verre a été trouvée exempte d’argent.
- Comme il fallait s’y attendre, la pénétration du développement est un pur phénomène de diffusion, qui n’est pas rriodifié par l’état des couches plus profondes.
- Essai IV. — Une plaque exposée dans les mêmes conditions du côté du dos (plaque n° 6) a été laissée dans un bain d’hydroquinone pendant dix minntes. L’image obtenue était extrêmement vigoureuse; la réduction de l’argent s’est propagée jusqu’au support de verre.
- Cet essai, exposition prolongée du côté du dos et développement à l’hydroquinone (ce dont il faut tenir compte), démontre que l’on peut utiliser la totalité de la teneur en bromure d’argent contenu dans la couche épaisse.
- Essai V. — Il n’en est pas de même lorsqu’on surexpose fortement une plaque du côté de la gélatine; le phototype devient de plus en plus gris, et la réduction pénètre de moins en moins dans la couche (plaque n° 7).
- Il y a donc là un obstacle qui s’oppose à la pénétration dti développateur, et l’on peut émettre l’hypothèse que la plaque surexposée se couvre à sa surface d’une mince pellicule d’argent qui empêche ia pénétration du bain révélateur, c’est-à-dire de l’agent actif qu’il renferme.
- Car, pour expliquer ce phénomème, il ne suffit pas d’admettre que le bain révélateur au contact d’une plaque surexposée s’épuise trop fortement; s’il en était ainsi, il suffirait de verser du bain neuf sur la plaque pour contrebalancer la surexposition. Bien au contraire, il faut avoir recours à des bains dont le pouvoir réducteur a été diminué par addition de bromure de potassium.
- Essai VI. — La présence d’une pellicule d’argent se manifeste avec des plaques sola-risées. Une plaque à couche épaisse (no 8) et une plaque à couche mince (n° 9) ont été exjm-sées jusqu’à solarisation; et déjà, au premier coup de grattoir, les plaques sont devenues transparentes. La réduction n’a donc eu lieu qu’à travers une couche très mince. Il est probable que, dans ce cas, le révélateur pénètre davantage aux endroits peu exposés, et moins aux endroits surexposés, ce qui expliquerait le renversement de l’image.
- Ainsi la théorie de la solarisation, généralement admise, suivant laquelle la lumière réduit d’abord le bromure d’argent et réoxyde ensuite le sous-bromure hypothétique, ne peut-elle suffire pour expliquer le manque de pénétration de l’image.
- Les conclusions que nous pouvons tirer de ces essais sont donc les suivantes :
- a. Pour une exposition courte, l’image n’est que superficielle, ne possédant plus l’intensité nécessaire pour les couches inférieures.
- Pour une exposition normale, et dans les parties qui correspondent aux plus fortes lumières, la réduction peut pénétrer jusqu’au support de verre.
- En cas d’une forte surexposition, l’image n’est que superficielle.
- b. Le caractère de l’image varie avec la profondeur. Dans un négatif normal, les images situées dans les plans plus profonds sont plus riches en contrastes que celles de la superficie.
- c. De deux plaques couvertes delà même émulsion, l’une à couche d’épaisseur normale, l’autre à couche mince, la première donnera une image plus vigoureuse. Pour une couche d’émulsion extra-épaisse, la profondeur de l’image n’augmentera pas de beaucoup lorsque la pose a été normale.
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- d. Des couches extra-épaisses n’ont d’avantage que lorsqu’il s’agit de photographier des objets à grands contrastes, de même que dans le cas où on expose la plaque du côté du dos.
- e. Dans ce dernier cas, l’effet obtenu ressemble à celui des plaques Sandel. Le révélateur entre d’abord en contact avec les parties les moins impressionnées. Il peut pénétrer profondément sans produire un voile superficiel, et il rencontre même dans les couches les plus profondes, des parties fortement exposées. Nous croyons que la méthode d’exposition du côté du dos de la plaque (surtout pour l'emploi des films) acquerra un jour une certaine importance. En employant des plaques orthochromatiques, la matière colorante produira aussi son effet optique.
- f. La théorie du relief exige que les plaques, exposées du côté de la gélatine, soient couvertes d’une couche d’autant plus mince
- quelasensibilitédel’émulsion est plusgrande.
- Moins grande est la sensibilité, plus le relief est prononcé. Des émulsions imparfaitement mûries donnent des images plus riches en constrastes que des émulsions complètement mûries. Des plaques extra-rapides ne peuvent rester longtemps dans le bain révélateur, sans se couvrir d’un voile général.
- Et comme le révélateur ne pénètre que très lentement, les couches inférieures d’une plaque extra-rapide enduite d’une émulsion très épaisse resteraient complètement inutilisées.
- g. Le fait que l’on peut obtenir avec des plaques à couche mince des images vigoureuses, en développant au pyrogallol, sans addition de sulfite, s’explique par la formation d’une image colorée superposée à l’image argentique et produite par l’oxydation du pyrogallol.
- Quelques exemples démontreront l’importance en pratique de la connaissance de la structure du phototype négatif :
- Prenons deux négatifs, l’un surexposé et, par conséquent, gris; l’autre sous-exposé et, par conséquent, manquant de détails dans les ombres. Tous deux exigent un renforcement.
- La plupart des amateurs photographes soumettront les deux négatifs au même procédé de renforcement, c’est-à-dire au bain de chlorure mercurique, suivi dJun bain à l’ammoniaque. Quel sera le résultat? Le négatif surexposé deviendra probablement un négatif normal après le renforcement, du moins dans le cas où la surexposition n’a pas été trop exagérée. Mais si le négatif sous-exposé est soumis au même procédé de renforcement, l’effet de la sous-exposition sera encore accru; les détails dans les ombres seront à peine plus vigoureux, tandis que les lumières auront gagné en intensité. Et, à moins de chercher des effets de clair de lune, le résultat final sera déplorable.
- Il faut donc que les négatifs surexposés et sous-exposés soient soumis à des traitements différents; pour les derniers, il s’agit d’augmenter l’intensité des détails dans les ombres, sans augmenter beaucoup l’intensité des lumières, et nous procéderons par conséquent comme suit :
- On remarquera qu’en plongeant le phototype achevé dans le bain de bichlorure de mercure, les couches supérieures commencent à blanchir, et qu’il faut un certain temps avant que le blanchiment ait pénétré jusqu’au dos de la plaque. Si l’on retire la plaque à temps du bain, on voit, en l’examinant du côté du dos, que les grandes lumières sont encore noires tandis que les demi-teintes paraissent blanches. Si, après un lavage à fond, on verse sur la
- UNE OULED-NAÏL DE BISKRA
- Cliché de M. Luc de Dobrozansky.
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- plaque de l’ammoniaque, on remarquera que les demi-teintes seules ont gagné en intensité, et cela relativement beaucoup plus que les grandes lumières. Et c’est ce qu’il faut aux phototypes sous-exposés pour leur donner le caraclère d’un phototype normalement exposé.
- Pour bien être à même de saisir le moment exact où il faut interrompre le blanchiment dans le bain au bichlorure, il est bon de bien se pénétrer des phénomènes auxquels nous avons affaire ici.
- En plongeant le phototype dans le bain mercurique, l’argent métallique noir se transforme en chlorure d’argent et le chlorure mercurique est réduit en chorure mercureux. Le chlorure mercureux et le chlorure d’argent, sels insolubles tous les deux, se portent partout où se trouvent de l’argent métallique. L’ammoniaque transforme les deux chlorures en argent et en mercure métalliques.
- Mais les parties les plus opaques de l’image blanchissent plus lentement, car il faut un certain temps avant que le sel mercurique ait pénétré jusqu’aux profondeurs de l’image; c’est ce qui ressort à l’évidence lorsqu’on renforce les phototypes impressionnés du côté du dos. Dans ce cas, ce sont les parties les plus opaques qui commencent à blanchir d’abord, parce que là, le précipité d'argent réduit a pénétré jusqu’à la surface. Le blanchiment des demi-teintes aura lieu seulement lorsque le chlorure mercurique aura pénétré à travers toute la profondeur de la couche gélatineuse.
- Jusqu’à présent, on entendait par renforcement, une augmentation des contrastes de toute l’image ; mais, d’après ce qui précède, le renforcement n’aura pas toujours pour effet une augmentation, mais une diminution des constrastes lorsqu’il s’agit de phototypes sous-exposés traités par le bichlorure et l’ammoniaque. Nous avons vu aussi que, dans certaines circonstances, le renforçateur peut amener un faiblissement de l’image. Et inversement, il est tout à fait possible qu’un faiblisseur agisse comme renforçateur en augmentant les contrastes de l’image.
- Les négatifs fortement surexposés possédant tous les détails dans les ombres, on fera bien, pour augmenter les détails dans les lumières, de les soumettre d’abord à un affaiblissement, puis/au renforcement au Jnchlorure jusqu'à blanchiment complet de la couche. Le faiblisseur (réducteur) usuel (hyposulfîte de soude et ferricyanure de potassium) ne dissout d’abord que les particules d’argent qui se trouvent à la surface de la couche.
- (Traduit par V. H.vssreidter, pour le Bulletin de l’Association belge de Photographie).
- RECETTES & PROCÉDÉS
- Correction de l’excès de pose.
- Tout cliché pris dans des conditions exceptionnelles, quant à l’appréciation du temps de pose exact, pêchera ou par manque ou par excès de pose. Dans les deux cas, le cliché sera mauvais ; mais tandis que dans le premier, il est presque toujours perdu ; dans le second, on peut, à l’aide de certains procédés, en faire un négatif utilisable.
- Nous ne nous occuperons ici que du cliché obtenu avec excès de pose, et non sciemment de la part de l’opérateur qui, alors, peut y rémédier par divers procédés connus (addi-
- tion de bromure au bain, développement lent en cuvette verticale, traitement par le procédé Mercier, à l’émétique, à l’amidol, etc.) ; mais avec la certitude qu’il aune pose à peu près correcte.
- La question traitée par M. H. Schmidt, dans une conférence faite à la Société photographique de Berlin a été ainsi résolue :
- Une plaque impressionnée avec excès de pose et soumise au développement établi pour pose correcte, prend rapidement une teinte grise et uniforme pour disparaître bientôt sous un voile gris et général. Il faut la sortir le plus vite possible du bain et la laver à grande eau et longuement; on place
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- alors le négatif ainsi lavé dans un bain de :
- Nitrate d’argent............ 5 gr.
- Eau distillée............... 100 cc.
- La gélatine bien imbibée de nitrate d’argent, la plaque, tenue comme si on voulait lacollodionner, par un de ses angles, on la recouvre lentement. En agissant ainsi, aucune partie de nitrate n’est perdue. L’image parait graduellement: et le cliché jugé assez vigoureux est porté sous le robi-binet où on le lave. Ou fixe ensuite comme d’habitude.
- Le temps de pose a pu, parfois avoir été largement dépassé et l’image ne donne plus d’oppositions suffisantes. Il faut alors renforcer le cliché comme on renforce une plaque au collodion humide. Les procédés (mercure, plomb, cuivre, etc.), laissés de côtés ; le conférencier recommande le mode suivant d’opérer, qu’on appliquera avant de fixer la plaque.
- Bien lavée, égouttée et tenue bien horizontalement, elle est recouverte de la solution suivante, en deux flacons, bien également répartie sur toute sa surface:
- 1. Acide pyrogallique............ 10 gr.
- Alcool à 96 %................ 100 cc.
- 2. Nitrate d’argent............... 4 gr.
- Acide citrique................. 6 gr.
- Eau distillée................ 200 cc.
- Pour l’usage, comme proportions ; suivant grandeur du cliché, prendre du n° 1, 4 cent, cubes dans 100 cent. c. d’eau distillée ou bouillie et ajouter volume égal du n° 2.
- Suffisamment renforcée, la plaque lavée sommairement est fixée, puis lavée largement comme d’habitude.
- On est sûr d’obtenir d’excellents résultats, d’après M. Schmidt, avec des plaques ayant subi un temps de pose de 6 à 10 fois plus long que le temps de pose normal.
- (Nord photographe.)
- *
- La préparation d’une solution de mercure et son emploi.
- Le chlorure de sodium, comme le chlorure d’ammonium, forme des sels doubles avec le
- bichlorure de mercure, et ces sels doubles possèdent une plus grande solubilité que le bichlorure de mercure seul. Le chlorure double de mercure et de sodium est très soluble dans l’eau et de cette manière on peut facilement préparer une solution assez concentrée de bichlorure de mercure.
- Mais examinons maintenant s’il est vraiment avantageux d’employer une solution dune forte concentration. Par l’action du bichlorure de mercure, l’argent formant l’image est transformé en chlorure d’argent et, en même temps, le bichlorure mercurique subit une réduction en chlorure mercureux. Quand on emploie une solution bien concentrée cette réaction se fait assez rapidement, elle est même tellement rapide, qu’il est difficile de saisir le moment où le négatif a acquis la densité désirée. Il n’en est pas ainsi si on travaille avec une solution plus diluée. Dans ce cas, la réaction marche plus lentement et on peut très bien surveiller le cliché et le i etirer du bain au moment convenable. Si on fait réagir la solution diluée plus longtemps, on arrive à obtenir la même intensité qu’avec la solution concentrée.
- Généralement les clichés qu’on désire renforcer, ont manqué de pose et deviennent par un renforcement énergique très durs et il ne vaut souvent pas la peine de les renforcer. J'estime alors qu’on fera mieux d’utiliser une solution plus diluée, qui permet de régler le renforcement et de retirer le cliché de temps en temps pour le suivre par transparence.
- Pour la formation du sel double solique, la théorie demande pour une molécule de bichlorure de mercure deux molécules de chlo-lure de sodium.
- IlgCli + 2NaCl - IIgCL2NaCl.
- Or, le poids moléculaire du chlorure mercurique étant 271 et celui du chlorure de sodium 58,5, on devait prendre sur 10 gr. de IlgCL 4,31 gr. de NaCl, en chiffre arrondi 4,5 gr.
- La formule pour une solution concentrée serait alors :
- 10 gr. de chlorure mercurique 4,5 gr. de chlorure de sodium 100 gr. d’eau.
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- On obtient de cette manière une solution à 10 pour 100 de bichlorure qui peut servir directement dans certains cas, lorsqu’il s’agit d’un fort renforcement. Mais pour l’usage ordinaire, on fera bien de diluer 20 cm3 de cette solution concentrée avec 80 cm3 d’eau pour obtenir une solution de 2 pour 100, qui permet un travail régulier et facile à surveiller.
- Pour finir, encore un mot sur le noircissement du cliché blanchi par l’action de la solution du bichlorure mercurique. Le procédé le plus en usage est de traiter la plaque par l’ammoniaque. On obtient un ton d’un beau noir, mais malheureusement cette combinaison du mercure avec l’ammoniaque n’est pas d une grande stabilité. Par l’action de la lumière, on peut bientôt observer un affaiblissement et le cliché perdra de sa valeur.
- Pour produire le noircissement, nous avons à notre disposition un bon réactif, connu déjà depuis longtemps, c’est le sulfite de soude. C’est le même sel qui entre dans la composition de beaucoup de révélateurs. Pour préparer Iq solution, on dissout une partie du sel hydraté (ou 1/2 partie de sel anhydre, comme on le trouve dans le‘commerce) dans 6 à 8 parties d’eau. On peut aussi préparer une solution saturée à froid, et la diluer pour l’usage dans son volume d’eau. Dans ce bain, le cliché prend un ton noir grisâtre qui est inaltérable à la lumière.
- Le sulfite de soude offre encore cet avantage sur l’ammoniaque, qu’il n’est pas nécessaire de laver aussi rigoureusement la plaque après le bain de mercure.
- Après ce dernier bain, il faut naturellement rincer et laver la plaque à fond, comme ordinairement.
- Dr Rlst.
- {Photo-Revue suisse).
- 'P
- Amélioration des négatifs
- Nous ne reproduisons que sous toutes réserves le moyen d’améliorer avec des poudres les négatifs, d’après The Amateur Photographie.
- Le côté verre du cliché ayant été bien nettoyé, on le polit avec une peau de chamois trempée dans l’alcool. On verse au dos de la plaque comme un vernis la solution de gélatine bichromatée dont voici la formule :
- A. Dextrine...................... 8 gr.
- Sucre candi................... 8 »
- Eau chaude filtrée.......... 110 »
- B. Bichromate d’ammonium . . 4 «
- Eau......................... 110 »
- Filtrez et mêlez.
- La [plaque est mise à sécher dans une chambre noire.
- Lorsque la gélatine est durcie on met le négatif sur un morceau de drap noir, face en dessus et ongl’expose pendant deux minutes à la lumière. Disposer ensuite le négatif sur un pupitre à retouche et étendre sur la surface bichromatée de la plombagine à l’aide d’un pinceau doux. La plombagine s’attachera en raison directe de l’action de la lumière. On obtient ainsi un nouveau négatif au dos du premier, plus ou moins intense suivant la quantité de plombagine qui y adhère. On expose ensuite le cliché en plein soleil jusqu’à durcissement complet de la pellicule.
- On corrige ainsi aisément les défauts des négatifs qui contiennent des ombres trop claires.
- (Photo-Revue suisse).
- Ce cliché ayant été, dans notre dernier nia'ro, attribué par erreur à .M. Chaignon, rions le reproduisons ici encore une fois pour le restituer à son véritable auteur, M. Maurice Bonnetaud, prix d’honneur de la 4‘ catégorie de notre concours d’instantanés (1898-1899;.
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- Réglementation de la Photographie dans l’eneeinte de l’Exposition
- Un arrêté du ministre du commerce réglemente la photographie dans l’enceinte de l’Exposition. L'usage des appareils à main sera libre pendant toute la durée d’ouverture. L’usage des appareils à pied ne sera autorisé que jusqu’à une heure de l’après-midi et sera assujetti à une redevance: soit 25 francs par appareil pour une séance, et 1,000 francs par abonnement. En outre, les opérateurs et aides devront se munir de tickets d’entrée pour être admis dans l’enceinte.
- Aucun objet exposé ne pourra, enfin, être photographié sans l’autorisation écrite de l’exposant, et la reproduction des palais et des pavillons sera subordonnée à l’autorisation des commissaires généraux ou des concessionnaires.
- On demande ce qu’il reste permis de photographier sans autorisation spéciale.
- Châssis le « GÉNIE
- de M. Duchesne, constructeur, pour les projections photographiques
- On sait qu’il existe plusieurs modèles de châssis, avec lesquels on fait passer par un mouvement de va-et-vient, les vues de projections devant le condensateur de la lanterne de projection. Il suffit d’introduire au préalable, la vue à projeter dans l’un des cadres de ces châssis, puis de pousser ce cadre ou de le tirer pour qu’il se place devant le condensateur, tandis que l’autre cadre libre peut recevoir une nouvelle vue en échange de celle qu’il a déjà servi à projeter.
- Pour la projection de chaque vue, il y a donc à placer la vue dans ce cadre, puis à la sortir du cadre et la remplacer par une autre vue. Quand on n’a que cette préoccupation, il est facile de bien exécuter les projections, mais quand il faut, en outre, fournir au public des explications sur les vues projetées, ce petit travail mécanique devient un gêne très marquée, parce qu’il exige à lui seul une préoccupation soutenue et très méthodique, fort peu conciliable avec la fantaisie de l’improvisation conférencière.
- M. Duchesne a voulu épargner celte gène très marquée aux personnes qui, n’ayant pas des aides pour faire les projections tandis qu’elles ont à discourir, sont dans l’obligation de passer en même temps les vues dans le châssis de la lanterne.
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- A cet effet, il imagina un châssis va-et-vient solidaire de deux boîtes-magasins RR, qui servent, l'une,pour la projection des vues à projeter, et l’autre pour recevoir et emmagasiner les vues projetées.
- Les ressorts dont ces boîtes sont munies placent automatiquement les vues dans les cadres des châssis et il suffit de tirer et de pousser alternativement l’extrémité du châssis pour que le passage des vues s’effectue de lui-même.
- Cinquante vues peuvent être ainsi projetées successivement sans rechargement ni déchargement des boîtes.
- On conçoit combien ce dispositif nouveau est précieux et sûr et l’on ne peut que rendre hommage à l’ingénuosité de M. Duchesne, qui a su résoudre si bien ce problème de la simplification du travail du conférencier projectant des clichés.
- *
- Instrument transformant la loupe simple en loupe binoculaire et stéréoscopique
- du Dr Emile Berger
- Divers instruments d’optique (télescope, lorgnons de théâtre, loupes composées, microscopes) ont subi deux perfectionnements successifs. On les a transformés d’abord en instruments binoculaires ; ensuite en appareils stéréoscopiques. Cependant la loupe simple, outil de travail dans certaines sciences, dans certains arts et dans quelques industries, est demeurée ce qu’elle était il y a des siècles.
- Le Dr Emile Berger a réussi à résoudre le problème de la construction d’une loupe simple binoculaire et stéréoscopique et il a exposé la théorie de ce nouvel appareil à l’Académie des Sciences de Paris (20 novembre 1899) dans une note qui fut présentée à cette docte
- I assemblée par M. le professeur
- r 1 Lippmann.
- Grâce à une action prismatique très forte, deux lentilles convexes, inclinées l’une par rapport à l’autre, donnent, d’un objet rapproché, deux images très différentes, l’une pour l’œil droit, l’autre pour l’œil gauche. Ces deux images viennent se déformer aux deux points identiques des deux rétines, et par suite le cerveau les perçoit comme émanant d’un seul objet. La différence des deux images, aussi grande qu’elle serait, si l’écartement pupillaire était élargi, est cause de l’effet stéréoscopique marqué que produit la loupe (1).
- L’appréciation du relief ne s’obtient toutefois qu’après un certain entraînement; en général, elle atteint assez rapidement une étonnante finesse. C’est ainsi qu’après avoir examiné toute une série d’objets (ouate effilée, diverses sortes de papier, cendres d’un cigare, etc ), on parvient à distinguer, sur des cartes géographiques, le relief du tracé, l’épaisseur des lignes et des lettres, c’est-à-dire à accuser une différence de niveau de 1 /50e à l/100e de millimètre. Les yeux ont, pendant l’examen avec cette loupe, une position telle qu’ils se rapprochent du parallélisme, ce qui permet un travail prolongé avec cette loupe, sans fatigue.
- II est facile de comprendre qu’on puisse remplacer par cette loupe binoculaire la loupe monoculaire, actuellement en usage dans certaines professions (horlogerie, gravure, bijouterie, etc.) et que les mêmes verres, en monture de petites lunettes (2) soient applicables aux
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- professions qui exigent tantôt l’emploi de loupes tantôt l’examen à l’œil nu (retouchages de photographie, mise au point exacte des objectifs de photographie, etc.).
- En appliquant le même système aux verres concaves, on procure aux myopes ce double avantage que nous avons signalé : diminution de la convergence, effet stéréoscopique très marqué.
- En résumé, la nouvelle loupe binoculaire remplace la loupe monoculaire actuellement en usage. Elle en conserve le foyer et le grossissement, elle rend la vision binoculaire aux artistes, savants et ouvriers obligés d’être borgnes pendant leur travail. Elle produit un effet stéréoscopique très marqué, elfet si nécessaire aux travaux qui nécessitent une grande finesse d’observation d’exécution. En outre, elle agrandit le champ visuel, supprime le surmenage de l’œil qui travaillait seul et la fatigue de l’articulaire des paupières de l’autre œil qui restait fermé. Elle permet l’observation de l’objet avec une très légère convergence.
- np
- Bibliographie
- Chez Ernest Flammarion, Editeur, 26, rue Racine, à Paris.
- Nadar vient de publier, chez Flammarion, un très intéressant livre qu’il a intitulé : Quand j’étais Photographe! Comme s’il ne l’était plus et si, malgré ses 80 ans, il n’était pas toujours le premier dans ses ateliers!
- C’est dans son cœur et dans sa prodigieuse mémoire que Nadar a puisé les éléments de ce nouveau livre qu’il a réunis comme une gerbe de fleurs.
- Dans une familière et piquante causerie, il a trouvé le moyen d’intéresser le lecteur à tout notre siècle, évoqué dans son activité féconde et dans ses intimités, avec une humeur souriante, et dont aucune allusion n’a vaincu l’optimisme.
- Ce volume, écrit après neuf autres, sans compter les plaquettes et les articles, est présenté au public par Léon Daudet. Le public y fera certainement le meilleur accueil.
- Librairie Gautiiier-Villars, 55, Quai des Grands-Augustins, à Paris.
- Villard (P.), docteur ès-Sciences. — Le rôle des diverses radiations en Photographie, in-8,
- avec 8 figures ; 1900.
- L’Auteur consacre la première partie de sa conférence aux propriétés générales des radiations qui intéressent la Photographie et il insiste particulièrement sur les phénomènes de fluorescence pour démontrer qu’il existe un parallélisme remarquable entre l’activité chimique d’une radiation et son aptitude à produire ou à faire cesser la phosphorescence. Puis il reproduit devant l’auditoire toute une série d’expériences qui démontrent qu’on aurait le plus grand tort de ne considérer la Photographie qu’au point de vue exclusivement pratique et de se désintéresser de l’étude physique des diverses radiations. Gomme toutes les communications du môme auteur, cette conférence est du plus vif intérêt et sa grande portée frappera certainement tous ceux qui sont aptes à raisonner scientifiquement ce qu’ils font en Photographie.
- *
- Monpillard (F.). — La Microphotographie, in-8 avec 3 planches dont une en couleurs; 1900.
- Dans sa conférence, M. Monpillard expose le but de la Microphotographie, puis en fait l’historique. Il passe ensuite en revue les perfectionnements apportés tant dans les procédés que dans les appareils mêmes (foyer chimique, orthochromatisme, écran jaune, objectifs, oculaires, source de lumière, condensateurs, écrans colorés, appareils). Enfin il fait l’exposé des applications de cette science et des services qu’elle peut rendre soit à l’enseignement par le livre, soit à l’enseignement par la projection.
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- CHAMBRE SYNDICALE
- des fabricants et Jlégoeiants de la Photographie
- Procès-verbal de la séance du 6 mars 1900.
- La séance est ouverte à 8 h. 45, sous la présidence de M. Jules Demaria, président, assisté de MM. Fleury-Hermagis, Molteni, présidents d’honneur; Gaumont, 1er vice-président; Mendel, 2° vice-président; Jarret, secrétaire général, Grieshaber, secrétaire; Mercier, trésorier; Delbosque, archiviste ; Gadot, délégué à la caisse.
- Présents : MM. Dubouloz, Balbreck, Biard, P. Chaux, Courrier, Delmais, Degen, Derepas frères, Donny Paul, Duchenne, L. Gastine, Houdard, E. Lacour, Lezy, Ogonowski, Perron, Stias-siné, Turillon.
- Après lecture, le procès-verbal de la dernière séance est adopté.
- On passe ensuite à la lecture de la correspondance.
- 1° Une lettre de M. Duchenne, professeur de photographie, section de la banlieue, demandant à la Chambre de lui accorder une récompense pour le ou les élèves les plus méritants. La Chambre, consultée, est d’avis de lui accorder une médaille que M. le secrétaire général sera chargé de lui faire remettre.
- 2° Une lettre de M. Ch. Bellet, au sujet du relèvement des prix.
- 3° Une lettre de M. O’ Ludwick, disant qu’il a fait une démarche près de M. Deschamps, pour l’engager à retirer sa démission, et qu’il a été assez heureux pour le faire revenir sur sa détermination.
- 4° Une lettre de M. Bouillaud, réclamant contre l’erreur qui a été commise, le classant parmi les marchands, bien qu’il soit constructeur.
- Bonne note a été prise et la rectification opérée.
- 5° Une circulaire de l’Exposition (Palais de l’optique) engageant les exposants à faire choix des emplacements pour la vente des appareils d’optique et de photographie.
- 6° Une circulaire de la maison Le Cœur et G‘°, 141, rue Broca, faisant des offres pour l’installation des vitrines, à l’Exposition.
- 7° Une circulaire de l’Office du commerce extérieur, relative aux informations, renseignements.
- 8° Une circulaire de l’Association française pour la propriété industrielle, siège social, 19, rue Blanche.
- 9° Une pétition pour la Ligue des contribuables.
- 10° Une circulaire du Guide Rose, pour l’Exposition de 1900.
- 11° Une circulaire relative à un concours d’objectifs pour la photographie en ballon. (Concours ouvert par le Ministère de la Guerre. — Aérostation militaire.)
- Puis il est procédé au vote sur l’admission des membres présentés à la dernière séance : MM. Hingue, Marret et Bourrin, et M. Borniche sont admis l’unanimité comme membres actifs, après vole au bulletin secret.
- M.M. Emile Pathé et Charles Pathé, directeurs de la Compagnie générale des cinématographes, phonographes et pellicules, 98, rue Richelieu, présentés par MM. Demaria et Gaumont; et M. Henri üeloval, fournisseur photographique, 11, rue Morand, présenté par MM. Demaria et Gaumont, demandent à faire partie de la Chanbre syndicale ; il sera, suivant l’usage, procédé à leur admission à la prochaine séance.
- M. Dubouloz demande que la Chambre, après avoir pris communication de la protestation qui lui a été adressée relativement aux actes du Comité d’installation de la classe 12, déclare qu’elle refuse d’y prendre part en tant que corporation. Cette question, votée au bulletin secret, est adoptée à la majorité.
- M. P. Chaux donne lecture d’un projet de bulletin mensuel. Une Commission composée de sept membres est nommée pour étudier ce projet: MM. Jules Demaria, Chaux, Gastine, Reeb, Mendel, Bellet et Mercier ; cette Commission devra se réunir très prochainement chez son président.
- Au sujet de l’organisation à l’Exposition des cours de l’Association polytechnique, les professeurs voudront bien réunir les épreuves (sur papier) des élèves qu’ils désirent exposer, et les faire parvenir à M. Demaria avant le 25 mars, dernier délai.
- Compte-rendu par M. Degen, sur la Commission d’Etudes et de Contentieux, relative à la loi sur les accidents de travail^
- La Commission s’est réunie lundi 19 février à cinq heures, au Cercle de la librairie. Etaient présents : MM. Payeri, président, Vial, Molteni, Itadiguet, Derepas et Degen.
- M. Degen lit une note qu’il a reçue de M. Goulet, empêché d’assister à la séance, dans laquelle
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- il nous rappelle que les feuilles de contributions sont envoyées en ce moment aux contribuables pour le paiement des 4 centimes additionnels destinés à former le fonds de garantie, et que, par conséquent, le moment est venu pour ceux qui peuvent ne pas tomber sous le coup de la nouvelle loi, de faire leur réclamation. Faute par eux de réclamer, ils ne pourraient plus, dans le cas d’un accident survenant à un de leurs ouvriers, soutenir qu’ils ne tombent pas sous le coup de la loi, on leur opposerait qu’ils ont payé sans protester la taxe de garantie.
- Il a été convenu qu’une circulaire serait adressée aux membres des deux syndicats représentés pour prier ceux qui n’emploient pas de moteur, d’adresser à M. Payen, une note faisant connaître s’ils ont reçu l'avertissement relatif aux 4 centimes addilonnels; s’ils jugent que leur industrie ne doit pas être assujettie à cette taxe, et quels seraient, le cas échéant, les motifs qu’ils pourraient faire valoir pour réclamer décharge de cette imposition.
- La Commission n’ayant pas d’autre question à examiner, lève la séance à 6 h. 1/2. (Signé : E. Degen).
- Dans le cas où un contribuable se refuserait de payer la taxe, M. Molteni demande, pour être bien fixé à cet égard, de consulter une Chambre syndicale ayant déjà eu l’occasion de s'occuper de ce cas particulier.
- En somme, il s’agit de savoir si lorsque l’on accepte de payer cette nouvelle taxe, on tombe sous le coup de la loi ?
- M. Degen insiste sur ce fait que le litre de « manufacture » fait fatalement tomber le contribuable sous le coup de la loi.
- M. le président demande que la question de l’avilissement des prix reçoive une sanction immédiate.
- La Chambre, à l’unanimité, décide que la note suivante sera adressée à tous les fabricants d’appareils photographiques :
- « La Chambre syndicale invite les fabricants de tous articles, désireux de participer au relèvement ou au maintien des prix, à dresser une liste de ces articles avec l’indication de leur prix fixe de vente au détail. La Chambre syndicale fera connaître cette liste à tous ses membres. »
- Pour répondre à un vœu de la Chambre, nous rappelons que M. Dubouloz, président sortant, s’occupera des relations extérieures et des questions ayant rapport à l’Exposition.
- L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à minuit 15.
- Le Secrétaire Général, Jarret.
- Le Président, Jules Demaria.
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- PRAIRIES SUR LES BORDS DE LA MARNE, près Ghenneviéres, par M. J. Soulan.
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