La photographie française
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- 12e Année.
- N° 33.
- 1er Septembre 1900.
- LA
- Photographie Française
- Revue Mensuelle Illustrée
- des Applications de la Photographie à la Science, à l’Art et à l’Industrie
- Organe officiel de la Chambre syndicale des fabricants et négociants en Appareils et produits photographiques et de la
- Chambre syndicale des Opticiens
- Directeur
- Louis GASTINE
- SOMMAIRE :
- Chronique : Besogne nécessaire,, par L.
- Gastine.................................. 179
- La Classe XTI à l’Exposition de 1900, par
- L. G..................................... 181
- Recettes et procédés, par le Dr G. II. . . . 187 Notre Concours de photographies documentaires, L. D............................, 188
- Echos.................................... 189
- Congrès des Sociétés savantes............ 190
- Correspondance.......................... 191
- A travers les périodiques................ 195
- Les Nouveautés photographiques........... 196
- L’appel des Postes au public..............199
- Bibliographie............................ 200
- CHRONIQUE
- BESOGNE NÉCESSAIRE
- Au moment où paraîtra cette courte chronique, les récompenses de l’Exposition universelle de 1900 auront clé décernées.
- Elles auront soulevé bien des récriminations parce qu’elles auront causé bien des désillusions. C’est là le résultat fatal des concours. Tous sont appelés à concourir et les concurrents espèrent plus ou moins décrocher telle ou telle timbale, car sans cela ils ne concourraient pas. Faute de pouvoir récompenser chacun, les jurys les plus équitables, les mieux informés, font des mécontents, mais dans cette œuvre ingrate il y a du mieux et du pire.
- Si le juge est forcé de déplaire, par cela même qu’il est juge, il peut du moins prononcer des jugements dont l’équité très évidente s’impose à la pluralité.
- Ce beau cas est-il celui du Jury de la classe XII? le seul que nous ayons ici à considérer... Nous sommes obligé de répondre avec regret : « Nous le croyons pas! »
- Cette question est le fait d’actualité le plus saillant car le monde photographique n’aura pas de longtemps une réunion d’œuvres d’amateurs, de professionnels et d’industriels de sa spécialité aussi vaste à considérer et l’opinion qu’il doit s’en faire ne peut manquer de le préoccuper.
- Que de fois nous avons entendu dire depuis plusieurs années : « Attendons l’Expo-
- la. “ couronne ”, bateau-écolo à Toulon Envoi de M, Toulon — 01.123 — C. L. T.
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- sition de 1900 pour lout voir à la fois et faire un choix bien motivé sur les choses photographiques, œuvres, appareils, inventions ou produits capables de nous intéresser; attendons les grandes assises de 1900 pour savoir qu’elles sont les meilleures maisons, les meilleurs artistes, les meilleurs commercants ou producteurs, non seulement d’après nos propres observations mais encore d’après les décisions suprêmes du Jury, car, assurément composé de l’élite des techniciens, il guidera sûrement notre jugement par ses attributions de récompenses. »
- Eh! bien l’Exposition est faite; les récompenses sont décernées... mais les résultats ne répondent pas à l’attente du monde photographique parce que l’organisation de la Classe XII a été aussi déplorable que la composition de son jury.
- Bien que ce sujet ne soit pas agréable à traiter, il nous faut donc lui consacrer la majeure partie du numéro de ce mois... ne serait-ce que pour nous en débarrasser.
- Pour beaucoup de nos lecteurs, il paraîtra peut-être fastidieux, mais si ces lecteurs veulent bien y réfléchir un moment, ils reconnaîtront qu'on ne saurait se désintéresser sans inconvénient des questions posées par l’Exposition universelle même quand on n’y est pas exposant et qu’on ne se soucie pas de ce qu’elle renferme.
- En effet, à tort ou à raison, les expositions en général et particulièrement les expositions universelles ont pour conséquence de porter les producteurs et leurs intermédiaires dans des voies déterminées où le consommateur est obligé de les suivre au moins pendant quelques années.
- Si ces voies sont les meilleures c’est parfait; mais si elles sont mauvaises, l’amateur commencera par en subir les inconvénients avant d’avoir pu réagir et amener les égarés à en sortir.
- On ne doit donc pas se désintéresser systématiquement de ces expositions mais les suivre au contraire, si l’on n’a pas voulu, ou si l’on n’a pûtes empêcher, et l’on doit réformer sans retard par son opinion, par son contrôle, par toutes les manifestations possibles ce qu’on tient pour injuste ou pour défectueux.
- De là, le rôle d’éclaireur et d’informateur, que nous prenons; de là l’ouverture de notre organe, eette tribune, à toutes les revendications ou rectifications intéressantes. Nous n’avons pas le droit de nous dérober à cette tâche, quelqu'ingrate qu’elle soit; nous avons même le devoir de faire naître les discussions, les incidents, les révélations propres à corriger et moraliser les actes de l’Exposition de 1900, pour la classe XII.
- C’est au profit direct du Progrès général et le monde photographique en profitera tout entier.
- Faisons donc d’abord la « besogne nécessaire »; après nous pourons nous distraire sans « arrière-pensée ».
- L. Gastine.
- L’abondance des matières nous oblige à renvoyer au prochain numéro une partie de notre compte rendu de l’Exposition de la Classe XII contenant entre autres analyses celles des expositions de MM. Delbosque, Derepas frères, Hanau, Turillon, Radiguet et Massiot, Perron, St-Clair, Longuet, Degen, Lacour, Courrier, Du-chenne, Fleury-Hermagis, Vavasseur, Cadot, Berthiot, Mackenstein, Derogy, Dubouloz, Decoudun, Dumont, Grieshaber, Caillon, Guille-minot, Joux, Merville, etc., etc.
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- Lia Classe XII (Photographie)
- à l’Exposition Universelle de 1900
- (Suite!)
- La maison Belliéni de Nancy, dont nous signalions la jumelle stéréoscopique dans notre précédent numéro, est une très ancienne maison, puisque sa fondation (à Metz) remonte à 1812, mais elle n’a commencé à fabriquer les appareils photographiques qu’en 1889.
- Sa première présentation d’appareils fut faite en 1893 à la Société française de photographie pour une chambre à main 13X18, dont le viseur et l’objectif avaient des décen-trements identiques.
- Sa jumelle stéréoscopique date de 1895 (format 8X9) et fut suivie de la création de la jumelle simple de même format (1897).
- En 1898, un jumelle pelliculaire stéréoscopique (100 négatifs) et en 1899 une jumelle 9X12 à décentrement identique du viseur et de l’objectif complétée par l’addition d’un second objectif grand oculaire achevaient la série de ses appareils avant 1900.
- Ses nouveautés pour l’Exposition universelle sont: la jumelle 8X9 à deux foyers différents, la jumelle grand angle stéoroscopique, et enfin la jumelle stéoroscopique à décentrement, à deux objectifs, et la jumelle stéréoscopique à décentrement et à quatre objectifs.
- *
- Le soin de toujours mieux faire, qui est si marqué dans la série des appareils de la maison Belliéni, est du reste une des qualités des constructeurs français que nous retrouverons plus d’une fois marquée dans la classe XII chez les exposants.
- Il nous frappe encore notamment dans les appareils de la vitrine de M. Fauvel.
- Il y a bon nombre d’années que nous connaissons, par exemple, le cylindrographe de cet habile constructeur et nous serions de prime abord portés à croire qu’il avait subi tous les perfectionnements réalisables... M. Fauvel n’a pas eu l’indulgence de se contenter si facilement. A l’Exposition il nous montre une série d’améliorations profondes; notons d’abord le remplacement des châssis en celluloïde de son appareil par des châssis en bois à rideau à double développement pour faciliter la mise au point.
- On sait que le cylindrographe est un appareil construit pour la prise de vues panoramiques sur une surface cylindrique correspondant au tour de l’horizon (exactement un demi tour). Or la construction d’un châssis à rideau en bois, de forme cylindrique était d’une difficulté presque insurmontable. M. Fauvel en a pourtant triomphé et de la façon la plus brillante.
- A ce premier perfectionnement il a joint celui de l’adjonction à l’appareil d’un obturateur de plaque à ouverture variable qui suit le mouvement de l’objectif dont la fermeture et l’ouverture sont automatiques.
- M. Fauvel expose, en outre, une jumelle munie d’un obturateur de plaques à fente variable qui mérite l’intérêt des amateurs par ses qualités toutes spéciales.
- *
- Les châssis et intermédiaires métalliques sont objets de fabrication spéciale dans laquelle la maison Albert Posso jouit à juste titre d’une estime exceptionnelle.
- Depuis quinze ans ce constructeur habile fabrique le châssis porte-glace, qu’il avait fait pour la première fois en 1885, pour feu Enjalbert, et, sauf erreur, nous croyons pouvoir dire qu’il est le créateur de l’industrie du châssis métallique.
- (1) Voir les n°s 31 et 32 de la Photographie française (juillet et août 1900).
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- Ses intermédiaires métalliques récemment lancés sont, comme travail de découpage et d’emboutissage, admirablement réussis et obtiennent du reste par un succès général la plus manifeste des consécrations.
- Enfin les derniers châssis métalliques à volets, créés par ce constructeur, 6ont aussi d’une perfection rare et montrent que, sans cesse préoccupé d’améliorer, il a en outre également le souci constant de créer des dispositfs nouveaux préférables aux dispositifs précédents. Par son passé comme par son présent, la maison Posso se caractérise donc de la façon la plus avantageuse pour son bon renom, et l’estime qu’on a pour elle à l’unanimité, le prouve surabondamment.
- *
- Dans un genre tout différent la maison Mattioli, elle aussi, s’est fait également une spécialité de la fabrication des obturateurs métalliques, des viseurs et des niveaux circulaires pour chambres de touristes, ou appareils à main.
- Depuis 1889 vingt-trois brevets successifs pris en France, en Angleterre, en Belgique, marquent successivement les étapes de production laborieuse de ce constructeur consciencieux et persévérant. Dans la classe XII, il expose ses obturateurs Excelsior (en aluminium), Central, Perpétuel, à rideau simple, à rideaux doubles et deux obturateurs de plaque à fente mécaniquement variable par un réglage extérieur et dont l’un des deux ne démasque pas en armant.
- Les premiers de ces instruments, vulgarisés par une vente considérable depuis nombre d’années, auraient suffi à l’ambition de bien des fabricants ; les dernières créations de celui-ci montrent en outre qu’il tient à honneur, lui aussi, de contribuer au progrès général photographique par des inventions ou des perfectionnements incessants au lieu de s’en tenir au produit rémunérateur des inventions antérieures.
- C’est dans le même ordre d’idées progressistes que M. Mattioli, toujours soucieux de mieux faire, a produit plus récemment les détectives et jumelles qu'il expose à côté de ses obturateurs et qui sont munis d’un nouveau système d’escamotage breveté dont tous les organes sont en acier. Le détective Supra de ce constructeur est peut-être le plus petit des appareils à main à 12 plaques en 9X12, car il ne mesure que 21 centimètres de longueur, 18 de hauteur et 11 de largeur.
- De 1891 à 1897 les nombreuses récompenses obtenues par la maison Mattioli aux expositions de France et de l’étranger n’ont été pour elle qu’autant d’encouragements dont l’efficacité s’est ainsi bien démontrée au plus grand profit de la photographie.
- ♦
- L’une des choses qui distinguent particulièrement les constructeurs français des constructeurs de beaucoup d’autres pays, c’est, du reste, l’ingéniosité, l’esprit inventif qu’ils déploient dans l’exercice de leur profession.
- On pourrait presque dire que dans tout constructeur français il y a le germe d’un inventeur, et cela est surtout vrai pour les constructeurs d’appareils photographiques quels qu’ils soient. Nous en connaissons de toutes les sortes : s’il y en a qui furent ingénieurs ou mécaniciens, avant d’entreprendre la fabrication des appareils ou des produits, d’autres exerçaient des professions absolument différentes, ou même d’une nature presque opposée, comme feu Mantois, qui avait été notaire avant de se faire maître verrier. Eh bien, chez presque tous l’esprit inventif se retrouve partout comme s’il était chose inhérente pour le Français à la profession de constructeur ou d’industriel. Et, dans bien des cas, cette qualité est si pré-pondérente que c’est elle qui domine, de telle sorte qu’il faudrait dire delà personne non pas c’est un constructeur inventif, mais bien c’est un inventeur qui construit.
- Tel est l’exemple fourni, entre autres, par notre compatriote L, Korsten. Son établissement ne date que de 1884, époque à laquelle il était fort modeste, et pourtant en moins de seize ans il a fourni une somme de créations dont bien des constructeurs étrangers, après trente ou quarante années d'exercice se tiendraient pour très honorés. L. Korsten a d’ailleurs débuté dans la construction photographique par un « coup de maître », et si ce début
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- ne lui a pas profité pécuniairement, il a du moins eu l’avantage de lui valoir l’estime de ses confrères.
- Un obturateur à guillotine toujours armé, lui profita plus matériellement et plus directement; il eut un assez grand succès, puis reparut en 1888 sur des chambres italiennes comme une nouveauté.
- Sans trop s’en émouvoir, M. L. Korsten le modifia en 1892 pour parer à cette nouvelle déception et c’est aujourd’hui à peu près le seul employé par tous les fabricants pour les détectives à objectifs simples. Il paraît d’ailleurs que plusieurs grandes maisons étrangères l’ont copié exactement.
- Vers la même époque (1892) il abordait en outre la construction des chambres à main, dont il se faisait aussi une spécialité puisqu’il aurait livré actuellement plus de 30,000 de ces appareils en divers modèles ; chiffre « rondelet ». Plus récemment, la vogue des jumelles a porté son ingéniosité dans cette voie nouvelle, où il a obtenu avec ses types originaux de réels succès.
- Enfin plus récemment encore, sans abandonner la fabrication des appareils photographiques, base de son industrie, il s’attachait d’une façon toute particulière à la construction d’une série d’appareils de laboratoire qu’on retrouve à l’Exposition dans plusieurs sections différentes, par exemple : dans la photographie scientifique (classe Nil) les appareils du professeur Binet, de la Sorbonne ; dans l’enseignement supérieur, Groupe des professeurs libres, les appareils de télégraphie sans fil de M. Branly ;
- — dans l’exposition de la Ville de Paris, le Campilogramme crânien des docteurs Blin et Simon... etc.
- Mais, pour ne pas sortir du cadre photographique, revenons à ses dernières créations en jumelles, et notons un dernier modèle spécialement construit pour les colonies en matières entièrement métalliques et inoxydables. Cette jumelle ne peut ni se rouiller ni jouer, elle n’a pas un bout de cuir exposé à moisir ou à se fendiller, à se racornir : c’est l’instrument par excellence de l’explorateur et nous lui souhaitons le succès qu’il mérite par delà les mers pour la bonne renommée de ^fabrication française. Le décrire ici nous entraînerait trop loin, mais nous en donnerons prochainement sous la rubrique des Nouveautés photographiques une analyse détaillée.
- UN SENTIER DANS LA CORDILLIÊRE DES ANDES (Amérique)
- Envoi de M. Quito— 16,333 — H. I. C., pour notre Concours de photographies documentaires (série)
- Dans un grand salon, faisant pendant à celui de la maison Lumière, la maison Gaumont expose la belle série de ses dernières créations: les Amplificateurs téléscopiques, le Kinorai les Spidos Gaumont, les Stéréospido 8XS et 8X.16 à décentrementet magasin fixe ou mobile et les Stéréospido Gaumont à décentrement et visée automatique*
- La parfaite exécution de tous ces appareils explique la grande vogue dont ils jouissent. Ce ne sont plus des nouveaux venus, bien qu’ils soient relativement très récents, tant ils sont déjà connus, et, faute de place nous ne leur consacrerons pas les éloges que nous voudrions en faire. Il faut, en effet, mentionner tout particulièrement dans cette belle exposition la dernière nouveauté de la maison. Le Chrono de poche qui est une petite merveille, et couronne dignement à l’Exposition universelle l’ensemble de cette grande maison.
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- Sous un volume bien réduit puisqu’il est, comme on l’a très ingénieusement dit, celui de deux boîtes de dominos accolées, le chrono de poche renferme tout ce qu’il faut pour prendre des vues cinématographiques, en faire des épreuves positives et servir à les projeter automatiquement.
- C’est la cinématographie portative, la cinématographie à main mise à la portée de tous, et cela non en joujou mais en appareil de haute précision donnant sur cinq mètres de bande 500 images successives prises pendant une durée de temps de plus de 30 secondes.
- La description technique du chrono de poche (dérivé des chronophotographes G. De-meny) tiendrait trop de place sous cette rubrique de l’Exposition de la Classe XII, force nous est de la renvoyer aux nouveautés photographiques où elle sera, du reste, mieux à sa place, avec les clichés explicatifs qu’elle comporte.
- Mais ce que nous tenons à dire ici, c’est que cet appareil si remarquble ne contribuera pas peu à rehausser la section française photographique à l’Exposition de 1900.
- L’amateur photographe, en obtenant avec des appareils de premier ordre des résultats naturellement meilleurs qu’avec des appareils moins soignés, croit souvent avoir largement payé cette supériorité par la différence de prix qui en est la conséquence forcée, il est satisfait et borne souvent à cette satisfaction, qui lui paraît très dûe, ses considérations sans se demander quelle somme de travail, de persévérance, d’argent et d’audace même il a fallu consacrer à la réalisation de l’appareil si parfait qu’il manie.
- Ce n’est pas, en effet, sans de longs et coûteux tâtonnements qu’on arrive en fabrication industrielle à l’exécution d’un instrument de haute précision, comme ceux de la maison Gaumont, et pour oser entreprendre celle d’un appareil comme le chrono de poche, pour la réussir en quelques mois, il faut réellement un effort considérable.
- En rendant hommage à tous ces mérites, si marqués dans la maison Gaumont, nous croyons donc ne remplir qu’un devoir surtout à cette heure où la concurrence étrangère aurait pu compromettre le renom de notre supériorité.
- Les fabricants et négociants qui, comme lui, ont sauvé en 1900 notre réputation industrielle photographique ont été plus qu’habiles et méritants : ils ont été bons patriotes, et nous les remercions profondément.
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- Cette dernière considération m’amène tout naturellement à parler des objectifs de la maison Roussel qui s’est efforcée, elle aussi, de soutenir la réputation photographique française en luttant contre la concurrence étrangère, si redoutable en optique, par des produits supérieurs à ceux qu’on livrait jadis dans cette spécialité.
- Cette lutte a été presque exclusivement depuis plusieurs années la préoccupation de M. H. Roussel, et les essais comparatifs qu’il, n’a pas craint de provoquer en France dès 1896, en Autriche en 1897 (certificat du docteur J.-M. Eder, de Vienne) et en Belgique, la même année, prouvent qu’il était déjà, fort avant l’Exposition universelle, bien armé pour ce bon combat.
- Ses objectifs anti-spectroscopiques formés d’une combinaison anastygmatique à lentilles symétriques, avaient obtenus dès 1897 à l’Exposition internationale de Bruxelles un diplôme d’honneur; une médaille d’or les consacre encore cette année au Champ-de-Mars. Ils sont entièrement constitues avec les matières françaises de la maison Mantois, qui sont tellement appréciées jusqu’en Allemagne, que ce pays en fait sa consommation principale pour les objectifs photographiques de qualité supérieure.
- En dehors de sa belle série d’objectifs anti-spectroscopiques, la maison Roussel n’expose dans la Classe XII qu’un seul type d’appareil : les Rex-Montis, à châssis, magasin escamoteur de 12 plaques 9 X 12, l’une de ses dernières créations.
- Elle a tenu, en effet, à laisser au premier plan et bien en évidence son œuvre nationale et capitale constituée par ses perfectionnements dans l’optique française. Les amateurs français sauront assurément se souvenir de cette attitude si digne pour en récompenser par leurs préférences celui qui l’a su prendre et garder.
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- Donnant sur le salon d’honneur, le grand salon de la maison Lumière, de Lyon, occupe un emplacement relativement étendu, mais encore exigü pour l’importance de cette usine, qui n’expose qu’un résumé très succinct de ses travaux et de ses produits.
- La maison Lumière a obtenu toutes les plus hautes récompenses aux grandes Expositions de France et de l’étranger, et notamment le Grand Prix à l’Exposition universelle de 1889. Ses deux chefs, les sympathiques frères Auguste et Louis Lumière, ont été décorés à juste titre pour leurs beaux travaux et l’on se demande comment ils n’ont pas fait l’un ou l’autre partie du jury puisqu’on ne pouvait leur donner que cette distinction suprême comme consécration de l’importance de leur industrie et de la longue suite de leurs recherches scientifiques avec M. Seye-wetz.
- Le fond du salon Lumière est réservé à une magnifique série d’épreuves sur ses papiers si connus au gélatino-bromure et au citrate. Notons parmi ces épreuves réellement splendides une scène préhistorique exécutée à Genève (bords du Lac) par M- Bois-sonnas, avec un talent et un art au-dessus de tous éloges les splendides vues de Nice exécutées par M.Giletta (papier au citrate). et les beaux portraits de M. Bellingard.
- Sur les côtés du salon, d’immenses photographies lunaires de MM. Lœvy et Puiseux (de l’Observatoire) font l’admiration de tous les visiteurs. Que de fois ces photographies ont été déjà demandées depuis
- que l’Exposition est ouverte! Nombre de savants et d’amateurs les auraient acquises à des prix excessifs au besoin... si elles avaient été à vendre, mais elles ne sont pas mises en vente et les vives convoitises, bien naturelles qu’elles excitaient, n’ont*pu être satisfaites!
- Au-dessous de ces photographies astronomiques uniques s’étalent sur l’un des côtés du salon les photographies en couleur qui sont l’une des plus belles productions de la maison Lumière, tandis que près d’elles le cinématographe, universellement réputé de cette maison, fait pendant à ses produits photographiques spéciaux exposés de l’autre côté du salon et non moins renommés.
- Tout cela ne présente qu’un trop rapide abrégé des productions si remarquables de la vaste usine lyonnaise, mais ce qu’en outre on ne voit pas et ce qu’il serait trop long de rappeler, c’est la série ininterrompue de travaux pour laquelle, depuis des années déjà, la maison Lumière se signale sans cesse aux amateurs.
- On la place en tête de toutes les industries similaires et nul ne songe à lui contester ce rang; aussi est-ce bien justement pour cela qu’au lieu de figurer parmi les exposants, elle aurait dû recevoir sous forme de participation au jury la dernière distinction par laquelle on pouvait reconnaître ses mérites.
- Rien ne peut faire préjuger la moindre diminution dans l’importance prépondérante de cette maison; dans dix ans, dans vingt ans, dans cinquante ans même tout porte à croire qu’elle sera plus que jamais la principale usine de France dans sa spécialité. Or, si le principe en vertu duquel on l’a fait concourir cette année comme en 1889 devait prévaloir, ce serait de nature à décourager trop gratuitement les industries concurrentes. La rivalité est l’essence même du progrès surtout en matière industrielle et surtout dans des industries scientifiques comme celle dont il s’agit. Rien ne doit donc entraver le libre exercice de cette rivalité quand elle s’exerce dans un cadre pacifique et loyal comme celui des Expositions.
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- Par cela même qu’elle tient la tête de sa spécialité, et par sa puissance commerciale et par le génie productif scientifique de ses chefs, la maison Lumière elle-même ne redoute assurément en aucune façon de voir les autres maisons analogues moins considérables aspirer aux mêmes distinctions qui lui furent si justement décernées.
- Il suffît, du reste, de généraliser l’application de ce mauvais principe pour en sentir toute l’absurdité ; si toutes les premières maisons dans leur genre devaient, en effet, tant qu’elles restent les premières, barrer la route des distinctions aux autres maisons moins primordiales, il n’y aurait plus d’Expositions possibles, parce que les exposants y feraient promptement défaut.
- Si nous croyons devoir insister sur ce point, c’est parce qu’il est, comme on le voit, fondamental en matière d’Exposition industrielle et commerciale. Peut-être ne ferons-nous plus d’Expositions universelles en France, — nous le souhaitons, du moins, sans hélas ! l’espérer, — mais il y en aura encore en tous cas plus d’une à l’étranger et en province ; or, c’est en ces circonstances futures qu’il faudra se rappeler la nouvelle école faite dans la Classe XII en 1900 pour éviter de la renouveler.
- *
- Cette question de principe se trouve justement résolue d’une façon naturelle très démonstrative par l’exemple du président de la Chambre Syndicale des Fabricants et Négociants de la Photographie, M. J. Demaria, dont la maison est aussi dans son genre une maison primordiale.
- Par son importance et ses qualités, la fabrication industrielle de la maison Demaria frère appelait une récompense qu’on n’aurait pu lui donner sans en priver, par contre coup, d’autres maisons similaires pourtant dignes des plus grands encouragements.
- Cette maison s’est organisée, en effet, depuis plus de dix ans avec une installation considérable pour fabriquer tout à fait en grand, d’une façon absolument industrielle dans l’acception la plus large du mot, avec un outillage énorme et des plus perfectionnés non seulement tous les types d’appareils photographiques usités mais encore la presque totalité des accessoires nécessaires aux photographes professionnels et amateurs.
- Cette organisation, si vaste, a eu surtout pour but de lutter contre la concurrence étrangère par la production économique et perfectionnée, en séries de centaines, des objets et instruments que l’étranger aurait pu entreprendre de fabriquer de même. A ce titre seul, elle méritait une place à part. Mais on peut, en outre, constater par les appareils exposés dans la vitrine des frères Demaria que les moyens d’action de ces constructeurs leur permettent aussi de réaliser à l’occasion la perfection dans l’exécution.
- Le chiffre d’affaires de la maison Demaria, l’importance de son personnel, son ancienneté, tout concourerait à la désigner aux suffrages des jurys pour les plus hautes récompenses à toutes les Expositions... s’il ne fallait pas admettre que l’ascension dans l’échelle des récompenses comporte un terme aussi bien pour la durée que pour la qualité de celles-ci.
- On acquiert en général progressivement et plus ou moins vite les divers succès auxquels on est autorisé à prétendre, puis on obtient la consécration suprême en jugeant ses confrères... et l’on reste sur ce titre, plus beau que les autres, qui suffit à la gloire légitime des industries les plus exigentes en pareille matière.
- SORTIE DE LA MESSE A. A.NTOFA.GASTA. (Chili)
- Envoi de M. Quito — 16,333 — H. I. C. pour notre Concours de photographies documentaires (série)
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- Membre du jury à l’Exposition universelle de 1900, la maison Demaria jouit en cette qualité de la récompense équitable de ses efforts, de ses mérites et laisse le champ libre aux maisons similaires au plus grand profit du progrès de l’industrie photographique, dont elle profitera du reste, elle-même, car le propre du progrès est de servir à tout le monde.
- Même au point de vue commercial, un pas fait en avant par tel ou tel est un pas fait en avant pour tous ceux qui savent suivre le mouvement.
- Il nous serait facile de citer à ce propos le cas d’un industriel français qui protestait, il y a quelques années, contre l’introduction en France d’un progrès industriel étranger lui paraissant directement préjudiciable.
- Ses protestations furent naturellement sans effet, car on triomphe rarement d’un progrès véritable par de mauvais discours.... et quand il eut bien crié haro contre ledit progrès, de guerre lasse, il se résigna enfin à l’adopter. Aussitôt, son chiffre d’affaires décupla et ce fut si rapide, si net, si probant qu’il dut in petto regretter le temps qu’il avait perdu à médire de cette introduction étrangère au lieu de l’adopter.
- Multiplier ces exemples serait un jeu trop facile ; nous nous bornerons à celui-là pour fixer dans la mémoire cette vérité trop oubliée : que l’obstructionnisme ne profite à personne, tandis que la marche en avant est, au contraire, le seul acte profitable à tous, c’est-à-dire aussi bien à ceux qui partent qu’à ceux qui arrivent et même à ceux qui sont arrivés.
- L. G.
- MM. les exposants de la Classe XII sont instamment priés de nous adresser le plus tôt possible les notes descriptives sur leurs expositions et des notes historiques sur leur maison pour nous permettre, grâce à ces documents, de ne rien oublier de ce qui peut faire ressortir leurs mérites dans notre revue de la Classe XII.
- RECETTES & PROCÉDÉS
- Méthodes simplifiées d’émaillage
- I. — J’ai, depuis longtemps, remplacé les divers produits commerciaux employés dans le glaçage des épreuves au citrate par le pétrole ordinaire qui se trouve dans tous les ménages.
- On frotte les plaques de verre ou de tôle avec un carré de flanelle imbibé de pétrole, puis on polit avec une flanelle sèche.
- Les épreuves se détachent sans difficulté et présentent un brillant parfait.
- Ce procédé présente l’avantage incontestable d’être extrêmement économique et de ne nécessiter aucun produit spécial pouvant faire défaut.
- Léon Maire.
- II. — Je commence par traiter mes glaces ou vieux clichés hors de service à la façon ordinaire, les nettoyant le mieux possible avec de la benzine ou de l’essence, après quoi, je talque avec un tampon de chiffon, et c’est là que diffère un peu ma méthode. Mes
- épreuves, bien lavées, sont passées dans l’alcool, jusqu’à ce que l’on note une légère teinte grise au dos de celle-ci, ce qui dénote qu’elles en sont bien imprégnées ; je les retire alors de ce bain et les couche, gélatine en-dessous, sur mes glaces, sans aucune précaution, j’y étends à ce moment une feuille de papier écolier imbibée d’eau, et je passe ma ràclette sur le tout pour essorer mes épreuves, après quoi, je mets mes glaces contre le mur et continue ainsi pour les autres, attendant que la teinte grise, dont j’ai parlé, ait fait place au blanc éclatant du papier, ce qui indique que l’alcool est évaporé. Je prends alors mes glaces et les porte simplement au soleil. Au bout de quelques minutes, il se produit, sous l’influence de la chaleur, un décollement graduel qui fait entendre un petit cri semblable à celui du soufre que l’on chauffe dans la main. Souvent, les épreuves se détachent d’elles-mêmes, mais si elles ne l’étaient pas entièrement il suffirait de les détacher avec une lame de canif. De cette
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- façon, on obtient un excellent émaillage permettant de livrer des épreuves finies et entièrement sèches, au bout de 10 minutes.
- S’il n’y avait pas de soleil, on pourrait le remplacer par une douce chaleur.
- A. de Letamendi.
- DILIGENCE DE COCHABAMBA (Bolivie)
- Envoi de M. Quito — 16.333 — H. I. C» pour notre Concours de photographies documentaires (série)
- Jlotre Concours de Photographies documentaires
- Les derniers envois admis a notre concours de photographies documentaires sont ceux qui portent les devises suivantes :
- Voulzie . . . 45.045. D. U. B.
- Meudon . . . 30.003. L. O. U.
- Cluny . . . 45.404. H. O. D.
- Paris . . . 19.129. L. S. T.
- Chciteaudun . . . 84.474. E. F. A.
- Moulins (Allier) . . . . . . 55.554. L. C. B.
- Porto . . . 19,668. J. F. M.
- Nous recommandons instamment à nos concurrents de vouloir bien ne pas oublier de nous envoyer Deux épreuves de chaque sujet dont une collée sur carton pour les vues sur papier, et une sur verre pour les vues stéréoscopiques et les vues de projection.
- Nous leur rappelons également qu'il importe de joindre à chacun de leurs envois une enveloppe FERMEE contenant leur nom et leur adresse ainsi que la devise choisie, et, sur cette enveloppe fermée, rien que la devise seulement. La devise doit être répétée en entier sur chaque épreuve, en marge, sur le bord ou au dos.
- La valeur de la moyenne des envois a été plus faible ce mois que le mois précédent ; aussi n’a-t-il été admis qu’une proportion moindre de concurrents. Mais parmi les admis la série Paris, 19.129. L. S. T, et les envois : Voulzie, 45.045, D. U. B. et Cluny, 40.404. H. O. D. ont été partie ulièrement admirés.
- Nous engageons encore vivement nos lecteurs à nous faire parvenir
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- sans retard et dès à présent même les sujets qu'ils pourront nous adresser pour ce concours afin d'éviter l’encombrement qui se produira fatalement quand on arrivera au moment de la limite des envois [vers la fin de Vannée). Quelque soit le zèle et la pa-1 tience du jury d'admission, il jugera, en effet, plus sévèrement au moment de cet encombrement final qu'à présent, par cela même que le nombre lui fournira plus de points de comparaison.
- POTOSI PLAYA PINCHINCHA
- Envoi de M, Quito — 10,333 — H. I. C. pour notre Concours de photographies documentaires (série)
- Sous la devise :
- Moulins {Allier') — 5o.oo4 — l. c. b. Un de nos lecteurs nous a fait parvenir une intéressante série de sujets pour notre Concours de photographies documentaires. Nous l’en remercions et nous lui conseillons, s'il le peut, de nous adresser des légendes explicatives qui ajouteraient beaucoup, à l'intérêt de son envoi. On pourrait assurément, sans trop de peine, deviner ce que représentent les scènes photographiées-, mais il serait préférable d’épargner cette facile énigme au jury en précisant par quelques mots le sujet de
- chaque scène. Cela augmenterait d'ailleurs
- RAVIN DANS LES ANDES
- Envoi de M. Quito — 15.333 — H. I. C. pour notre Concours de photographies documentaires (série)
- la valeur documentaire de l’envoi.
- ÉCHOS
- Le Dr Harding a signalé à la Société photographique de Vienne un nouvel alliage d’aluminium et de magnésium qui se travaillerait aisément et aurait la dureté du laiton.
- Il se compose de 100 parties d’aluminium et de 15 parties de magnésium ; on le nomme le magnalium. Peu sensiblement plus lourd que l’aluminium il a pour densité 2,2.
- *
- Le Photo-Midi organise avec le concours de la maison J. Richard et des maisons Lumière et Guilleminot un concours de photographie stéréoscopique qui sera clos le 1er octobre prochain. S’adresser pour le pro-
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- gramme de ce concours à M. Jouvin, 51, rue Paradis à Marseille.
- La société des Rosati picards ouvre un concours annuel de photographie qui sera clos le 30 octobre prochain. — S’adresser pour le programme au secrétaire des Rosati picards, 24, rue Pierre-l’Ermite à Amiens.
- *
- Le congrès des photographes professionnels, qui s’est tenu au mois de juin dernier, a émis, entre autres, deux vœux qui mériteraient certainement d’avoir une réalisation prochaine : la fondation d’une école d’enseignement professionnel ; la protection des œuvres photographiques.
- Il y a aussi un autre vœu tendant à la création d’un impôt frappant l’appareil, et cela dans le but de protéger les professionnels auxquels, paraît-il, l’amateur fait du tort en faisant des portraits. Pour celui-là nous pensons bien qu’il restera longtemps encore à l’état de vœu.
- Du reste, comme on a nommé des commissions, qui se diviseront sans doute en sous-commissions, nous avons le temps d’en parler d’ici au prochain congrès... vers 1911.
- ^Photo-Gazette).
- *
- Nous signalons à nos lecteurs le comptoir de vente de plaques et le laboratoire pour
- recharger les appareils installé par la maison Marco-Mendoza à côté de la Tour Eiffel sous le péristyle du Palais de l’Optique, à droite derrière l’orchestre. On y accède gratis. On peut en outre charger ses appareils dans les garages vélocipédiques de la place de la Concorde près de la porte monumentale et près de la gare du Champ de Mars : enfin dans la classe XII même; (s’adresser au gardien.)
- *
- Dans la grande salle des fêtes de l’Exposition, on peut voir gratuitement tous les soirs (le mardi excepté) les projections cinématographiques de grande dimension faites par MM. Lumière frères. L’écran a 300 mètres carrés. Prochainement, nous pourrons probablement assister à des projections plus considérables encore faites, avec le même appareil, sur un écran de 800 mètres carrés, fixé entre les piliers de la tour Eiffel (1).
- 1. Bien avant l’organisation de l’Exposition de 1900 M. Picard, commissaire général nous avait demandé notre avis sur le genre d’attraction que l’administration pourrait organiser pour en faire un des fameux « clous » de l’Exposition et nous avions indiqué des projections gigantesques faites entre les piliers de la tour Eiffel. Nous avions même offert d’étudier et de réaliser ce projet pour le compte de l’Administration. M. Picard nous recommanda de garder sur cette idée, qui lui plaisait, le secret le plus absolu... nous avons tenu parole jusqu’à ce jour et nous sommes heureux d’apprendre par notre confrère Photo-Gazette que si M. Picard nous a oublié, notre idée du moins n’a pas ôté perdue pour tout le monde.
- L. G.
- Congrès des Sociétés savantes
- Sous-section de Photographie
- La sous-section de Photographie de ce Congrès n’a reçu qu’une petite série de communications dont les plus importantes sont celles de MM. Lumière frères et Seyewetz Gaumont, Teisserenc de Bord et Houdaille.
- La communication de MM. Lumière et Seyewetz concernait leurs travaux déjà connus sur le persulfate d’ammoniaque et le sulfate cérique ; il n’y a donc qu’à les rappeler.
- M. Gaumont a présenté le remarquable série des appareils chronophotographiques qu’il a construit depuis 1894 en collaboration avec M. Demeny.
- M. Teisserenc de Bord a exposé la série de ses belles études sur l’exploration des hautes régions de l’atmosphère.
- Enfin, M. le commandant Houdaille a communiqué les conclusions d’un intéressant travail duquel il résulterait qu’il est possible d’établir entre la quantité de lumière, la durée de son action, la dimension des détails perceptibles et l’opacité des teintes des relations mathématiques suivantes :
- t” 9” log (Q X 6
- T” T”
- ----, O = w x Q X —
- N = 6 x Q X
- 6”
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- Connaissant la quantité de lumière reçue par l’émulsion, les relations permettraient de prévoir tous les phénomènes du développement.
- En outre, le commandant Houdaille a signalé la variation du rapport de la lumière transmise à la lumière reçue, quand l’intensité lumineuse augmente, en signalant que cette
- variation serait de---, * étant voisin du 15. Ainsi, le rapport de l’opacité varierait
- 1 ( T )
- de 1 à 2 passant de l’intensité 1 à l’intensité 40.000.
- Diverses autres communications moins importantes ont été faites, en outre, par M. De-brun sur des essais de photographie chromatique et sur la stéréoscopie ; par M. le docteur Marage, sur la photographie des flammes manométriques ; par M. Wallon, sur les obturateurs et la cinématographie appliquée à l’enseignement de la tactique, d’après un travail de M. Gaumont ; et par M. Dongier sur la mesure des courbures de lentilles au moyen d’un dispositif spécial.
- La question de l’enseignement photographique, toujours pendante, ayant fourni à M. Trutat l’oocasion de renouveler les appels, toujours infructueux, fait à l’État, M. Ter-quem a déclaré que la connaissance de la Photographie est exigée pour l’examen de capitaine de la marine marchande?... et l’on en reste là.
- Coppespondanee
- A la date du 13 août 1900, MM. R. Guilleminot, Bœspflug et Cie nous adressent la lettre suivante :
- Monsieur le Rédacteur,
- Dans un article paru dans le Bulletin du 1er août 1900, nous remarquons que vous avez accordé la priorité de l’industrie des plaques photographiques en France à une autre maison que la nôtre.
- C’est à M. Guilleminot père que revient cet honneur, car dès octobre 1880 il installait, rue Rodier, à Paris, sa première fabrique de plaques photographiques « La Parfaite ».
- Nous vous prions de bien vouloir insérer cette rectification dans le premier numéro à paraître de la Photographie Française, et nous vous présentons, Monsieur, nos sincères salutations.
- R. Guilleminot, Bœspflug et Cie.
- Nous insérons d’autant plus volontiers cette rectification que notre seul désir est de faire ressortir les véritables mérites de chaque exposant de la classe XII. C’est dans ce but que nous avons cru devoir les prier de nous faire connaître leurs mérites particuliers.
- En appelant les exposants à lui présenter leur exposition le Jury lui-même ne fait pas autre chose. Mais ayant, en outre, des récompenses à décerner, ayant à juger entre les mérites et les affirmations des exposants, le Jury a rigoureusement le devoir de contrôler l’exactitude de leurs déclarations. Or, la rectification ci-dessus montre justement combien ce con-rôle du Jury s’imposait puisqu’elle porte sur un point d’une importance très considérable-quant aux titres de l’exposant.
- Nous sommes absolument convaincu de la parfaite bonne foi avec laquelle la revendication d’antériorité industrielle a été faite par la maison contre laquelle MM. Guilleminot, Bœspflug et Cie, nous adressent leur rectification. Mais si les industriels, eux-mêmes, peuvent être indécis ou mal informés sur leur propre antériorité, quelle sera donc l’indécision ou l’ignorance du Jury, s’il ne prend pas la peine de s’enquérir exactement, pour contrôler et trancher.
- Notons, encore une fois, qu’il s’agit-là d’un point très important et d’une constatation relativement aisée, car une usine n’existe pas clandestinement quand elle fabrique des produits destinés à la vente publique, la plus étendue possible.
- L’introducteur de l’industrie des plaques photographiques en France, ne mérite peut-être pas une statue, comme Parmentier, l’introducteur de la pomme de terre, mais il a droit
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- tout au moins, dans une exposition universelle, à un témoignage de la reconnaissance de ses compatriotes.
- Or, voilà à côté de quel fait le Jury a passé, sans en prendre le moindre souci... il ignorait... les fabricants de plaques ne font pas partie de sa majorité... ils ne sont pas de sa coterie... et du reste ils n’avaient pas un représentant dans ce jury.
- Les fabricants de produits chimiques photographiques étaient également dans le même cas, et l’on se demande pourquoi la maison Poulenc ne faisait pas plus partie des jurés que la maison Lumière... serait-ce pour les mêmes raisons?
- Ces considérations, de tout premier ordre, nous amènent à reproduire encore sous cette rubrique, d’autres correspondances également intéressantes au plus haut point :
- Monsieur le Directeur,
- Je ne suis pas exposant dans la classe XII, ni dans aucune classe d’ailleurs, et vous me direz peut-être que je me mêle de choses qui ne me regardent pas? cependant, comme fraction du public, je suis touché dans mon opinion, par les récompenses qu'a distribué le Jury et je désirerais me reconnaître un peu dans le dédale des juridictions de l’Exposition de 1900.
- Il y a eu des jurys de classe qui se sont prononcés sur la valeur de chaque exposant. Bien, mais ensuite, qu’a fait le Jury de groupe?
- Et après lui, qu’a fait le Jury supérieur?
- Divers membres de ces deux jurys placés au-dessus du Jury de classe, me disent qu’ils n’ont eu absolument rien à juger... que les règlements ne leur permettaient pas de revenir sur les décisions du Jury de classe...
- Alors, quel était donc leur rôle. Les a-t-on nommés pour distribuer de vains titres; pour duper les exposants en ayant l’air de leur promettre des révisions qu’on ne leur donnait pas en réalité, ou pour enterrer des réclamations auxquelles on était d’avance décidé à ne pas faire droit?
- A. Michaud, Levallois-Perret.
- Monsieur le Rédacteur,
- Qui dit jury dit juges.
- 1 Quand des juges se prononcent, c’est après avoir entendu le réquisitoire et la défense de l’accusé.
- Ptmrriez-vous me faire savoir quels ont été les exposants autorisés à présenter leur défense auprès du Jury de classe qui les a condamnés à recevoir une récompense au-dessous de leurs mérites et par conséquent de nature à leur nuire auprès du public, de leurs amis, de leurs proches ou de leurs clients?
- Pourriez-vous me dire du moins, si l’exposant a été appelé à présenter sa défense auprès du Jury de groupe, cette sorte de cour d’appel... qui a pourtant fonctionné.
- Pourriez-vous me dire enfin, si ce même exposant lésé, a pu en appeler au Jury supérieur, cette manière de cour de cassation qui a également fonctionné.
- , Je crains fort que vous ne puissiez me répondre, puisque les débats ont eu lieu en dehors des intéressés et puisque les décisions des juges ne leur ont été signifiées que le jour de la distribution des récompenses ; c’est-à-dire quand il était trop tard pour protester.
- Il est vrai qu’on n’a pas attendu le « succès » de l’Exposition toute entière pour récompenser ses hauts organisateurs.
- Mais vous pourriez du moins contribuer à faire savoir que cet « esprit pratique », n’est pas savouré partout le monde, en insérant ces humbles réflexions dans votre estimable journal.
- f L. G. B.
- Route de Wimille à Boulogne (Pas-de-Calais.)
- Un de nos abonnés nous écrit pour nous signaler l’inexactitude frappante d’une affirmation publiée dans le Bulletin du Photo-Club de Paris, et protester contre cette affirmation. Dans l’article de tête du numéro de juillet de cette belle publication (page 211) on lit en effet ;
- « Ainsi quon peut le voir en examinant les noms des membres qui le composent, le jury renferme des personnalités de valeur et des spécialistes de mérite incontestable. Chacune
- !
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- des branches de la photographie s’y trouve représentée et c’est la meilleure garantie que VAdministration pouvait donner aux exposants. » ' ;
- La seconde et dernière phrase de ce paragraphe est celle qui motive la protestation de notre abonné. Or, il faut bien reconnaître que cette protestation estjustilîée par l’inexactitude de l’affirmation dont il s’agit.
- L’industrie de la fabrication des surfaces sensibles, — qui est la plus importante des industries photographiques, — n’est en effet nullement représentée dans le jury. Notre abonné dit :
- « Il n’y a pas un seul fabricant de ces surfaces sensibles dans ce tribunal, tandis qu’on y compte: 8 étrangers; 6 amateurs; 3 imprimeurs; 3 photographes professionnels; 2 savants; 1 opticien; 1 constructeur d’appareils.
- En outre le jury s’est adjoint comme experts un imprimeur et deux constructeurs, alors que ces branches techniques étaient déjà représentées dans le jury. »
- Les chiffres indiqués par notre correspondant sont encore, d’ailleurs, au-dessous de la vérité, car notre pointage, rigoureusement fait, accuse pour 24 membres ayant opéré :
- Amateurs et publicistes.............................. 11
- Professionnels....................................... 5
- Savants ou professeurs................................ 4
- Imprimeurs............................................ 2
- Opticien............................................. 1
- Constructeur d’appareils. ............................ 1
- "24
- Dans le Jury, l’élément industriel était donc représenté par une proportion de 4/24; c’est tout dire! Cette proportion seule, suffirait, en effet, pour expliquer les attributions déplorables de ce jury.
- A part ces erreurs dans l’analyse des membres du jury, nous ne pouvons que reconnaître la justesse de l’observation de notre abonné quant à l’absence des spécialistes qu’il signale, tout en lui faisant remarquer que cette lacune n’est malheureusement pas la seule.
- Il y en a bien d’autres qu’il faudrait relever, s’il n’était pas trop tard poulie faire utilement; quant à présent du moins.
- Il est incontestable que la maison Lumière, par exemple, qui a obtenu si justement, en 1889, un Grand Prix à l’Exposition universelle, aurait dû avoir l’un de ses chefs dans le Jury. Ce n’eut .été que juste et c’était même de toute nécessité, l’attribution qui lui a été faite d’un Grand Prix, encore cette année, suffit pour le démontrer par l’absurde de la façon la plus frappante.
- Pourquoi la maison Lumière n’a-t-elle pas été désignée par l’Administration pour faire partie du Jury?... Mystère et politique peut-être?... On l’affirme du moins.
- LE RETOUR DES CHAMPS
- Cliché de M"* de Sainte-Marie, 2’ prix (5” catégorie) de notre premier Concours de photographie instantanée
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- En tous cas, les résultats de cette injustice et de cette maladresse sont navrants ; voilà ce qu’il y a de bien certain !
- Une fois de plus, les exposants fondamentaux de la section photographique, c’est-à-dire les industriels, les commerçants, se sont laissés berner, jouer, duper, comme en 1889, par l’Administration et ses favoris, et cela avec d’autant moins d’excuse qu’étant cette fois une force ils n’avaient qu'à le vouloir pour imposer la reconnaissance de leurs mérites et de leurs droits.
- Un de nos lecteurs, qui n’a pas interprété notre dernier article Sur la classe XII à l’Exposition, dans le sens que nous avons voulu lui donner, nous écrit pour nous faire les observations reproduites plus loin.
- Nous sommes très surpris de son interprétation car elle se trouve absolument contraire au sentiment que nous avions cru pourtant exprimer assez clairement.
- Nous espérons que sa manière de voir fait exception et que tous nos lecteurs auront compris notre véritable pensée; néanmoins, comme son erreur pourrait être partagée, ne fut-ce que par une seule autre personne, nous tenons à revenir sur ce sujet pour préciser davantage.
- Notre correspondant nous écrit :
- « Vous dites que le chiffre d’affaires de la maison Jougla est presqu’aussi important que celui de la maison Lumière; or, c’est notoiremeni invraisemblable!... »
- Si nous avions réellement voulu dire pareille chose, cela ne serait pas seulement invraisemblable mais encore absurde, car, il est assez connu qu’aucune usine similaire ne peut comparer sa production à celle de l’usine Lumière. Nous avons dit seulement, — confiant dans les renseignements qui nous avaient été donnés à ce sujet, — que la maison Jougla atteignait déjà tout récemment le même chiffre d’affaires qui était atteint par la maison Lumière, pour ses plaques seulement, lorsqu’en 1889 le grand prix lui fut si justement
- ATTRIBUÉ (1).
- Il ne s’agit donc pas là d’une comparaison sur l’état actuel des deux maisons précitées et cette première observation de notre-lecteur s’élimine par cela même.
- En revanche, nous disions aussi que les plaques, papiers, produits photographiques et la cinématographie se partageaient à peu près également le chiffre global d’affaires de la maison Lumière, et, en cela nous faisions erreur, car, il résulte de renseignements plus récents et plus précis une autre proportion. Dans le chiffre annuel global (près de neuf millions) dont il s’agit, les produits photographiques et le cinématographe n’entreraient que pour un dixième seulement.
- En second lieu, notre lecteur nous écrit encore :
- « Le Jury aurait commis la plus grossière des injustices s’il n’avait pas attribué les plus hautes récompenses à la maison Lumière parce qu’aucune autre maison du même genre ne peut être mise en parallèle avec elle. »
- Ici encore notre correspondant se méprend sur notre pensée : Nous n’avons jamais eu l’idée de comparer les titres actuels d’aucune maison avec les titres actuels de la maison Lumière. Nous n’avons pas considéré sa récompense comme trop haute au contraire. Elle a obtenu le grand prix en 1889 c’est-à-dire il y a dix ans déjà et, depuis, elle a grandi encore en mérite et en importance dans des proportions telles qu’elle est aujourd’hui au dessus de toutes les récompenses. Elle se place absolument Hors-Concours« Et cette prépondérance est si manifeste qu’en la faisant concourir encore cette année, au lieu de l’introduire dans le Jury, l’Administration a commis une faufe colossale.
- Soucieux de son véritable rôle, le Jury aurait dû protester contre cette faute en récla-
- (1) Il est sous entendu, en effet, que nous n’inventions pas ces indications mais qu'elles nous étaient fournies et qu'il nous fallait les supposer exactes, car notre rôle n’était pas de les contrôler. Nous n’en pouvons donc pas garantir l’absolu justesse. Le Jury, lui, au contraire, avait le devoir de s’enquérir exactement et de contrôler môme au besoin l’etat des situations industrielles respectives des concurrents, comme cela se fait du reste dans bien des cas analogues, notamment dans les concours agricoles pour la Prime d’Monneur.
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- mant à l’unanimité de l’Administration qu’un des directeurs de cette maison lui soit adjoint. On aurait fait droit à cette requête; nous n’en doutons pas.
- Enfin, au cas presque inadmissible, où l’Administration n’aurait tenu aucun compte de cette réclamation, il serait resté au Jury la ressource de protester encore en refusant de décerner pour la seconde fois à cette maison un grand prix, titre désormais indigne de sa supériorité déjà reconnue. Il lui serait resté la ressource de la placer d'autorité, hors concours, en motivant cette décision par des considérants bien caractérisés.
- Ainsi aurait été donnée à l’Administration la sévère leçon qu’elle méritait en cette circonstance et d’autre part, l’hommage qui convenait aurait été rendu à la grande manufacture Lyonnaise.
- Enfin, en même temps, le grand prix restant disponible, aurait pu être décerné à la principale ou partagé entre les principales usines, — bien moins importantes, — qui se placent après la maison Lumière et auxquelles ce haut encouragement devait être donné.
- Un jury n’est pas obligé de suivre l’Administration qui l’a nommé jusque dans ses fautes les plus lourdes. Sa dignité lui permet de protester contre ces fautes et son devoir est de ne point se prêter aux injustices qu’on voudrait lui faire commettre sous le couvert de règlements aussi arbitraires qu’absurdes. Il est très regrettable que le jury de la classe XII n’ait pas contenu une majorité comprenant ainsi sa mission élevée et que ses attributions fâcheuses soient de nature à soulever des discussions sur des vérités aussi évidentes.
- A Travers les Périodiques
- Le Bulletin de la Société française de photographie publie une intéressante communication faite par M. Marion à la Société d'encouragement pour Vindustrie nationale sur les moyens d’utiliser les reliefs des clichés photographiques pour la décoration artistique. M. Marion dans cette communication rappelle succintement les premiers travaux faits sur ce sujet par Poitevin en 1854 et les principales recherches exécutées dans le même sens jusqu’à ce jour puis il indique la façon de procéder qui lui a donné à lui-même les meilleurs résultats avec la gélatine bichromatée. — C’est dans les applications à la bijouterie que ce procédé semble à priori appelé à rendre les meilleurs services mais il exige beaucoup de temps et de soins.
- Le journal britannique de photographie a récemment reproduit un très intéressant travail de M. Gaedicke duquel il résulte qu’on peut réduire de 25 °/0 l’exposition normale d’un cliché en l’impressionnant à l’envers et en réduisant la déperdition de lumière qui a lieu par transmission avec un réflecteur approprié. ;
- Toute la lumière reçue par la plaque sen-
- sible n’est pas utilisée à la production de l’image car une partie notable de cette lumière traversant la couche sensible se perd au delà d’elle comme on peut s’en assurer en impressionnant des plaques ou des pellicules, les unes derrière les autres.
- Si l’on met obstacle à cette transmission par l’application d’une surface réfléchissante contre les plaques on augmente donc l’impression lumineuse.
- L’expérience a démontré à M. Gaedicke que les meilleurs résultats dans ce sens sont donnés par l’application d’une feuille d’étain contre la gélatine même. La couche sensible s’impressionne donc ainsi à travers le verre et le développement doit être assez prolongé pour bien atteindre les couches les plus profondes qui sont les plus impressionnées.
- H'
- Le journal le Siècle ayant distribué un placard qui représentait la duchesse d’Uzès photographiée dans une attitude offensante pour sa dignité, celle-ci poursuivit M. Yves-Guyot, directeur du journal, en protestant contre le mensonge de cette photographie.
- Il fut reconnu que la photographie truquée était réellement mensongère et la première chambre du tribunal civil de la Seine con-
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- damna le journal à 5000 francs de dommages et intérêts mais en mettant M. Yves-Guyot hors de cause.
- Sur appel, la 5e chambre de la Cour, contrairement aux conclusions de M. l’avocat-
- général Roullet, vient de porter à 7.000 fr. le chiffre des dommages-intérêts accordés à la demanderesse, en spécifiant que M. Yves Guyot sera déclaré responsable 'jusqu’à concurrence de 5,000 fr.
- Les Chronos de poche
- Dérivés du modèle originel des chronophotographes fabriqués par la maison Gaumont, d’après les brevets de M. G. Demeny, les chronos de poche que cette même maison (Gaumont) vient de créer sont assurément l’une des plus brillantes productions de l’industrie française des appareils photographiques ; ce sont de véritables bijoux de précision dans la construction qui donnent cinq mètres de bande cinématographique portant cinq cents images et qui résolvent d’une façon tout à fait élégante le problème de la cinématographie à main, c’est-à-dire mise à la portée de tout le monde.
- Le Chrono de poche automatique se compose de deux parties, le chrono proprement dit et le moteur à mouvement d’horlogerie. Ces deux parties peuvent être séparées ou accouplées facilement. Pour ce faire, présenter la partie cylindrique du moteur, qui fait saillie, devant le logement de l’arbre de la manivelle. Si les deux pièces ne s’engagent pas facilement l’une dans l’autre, faire pivoter le chrono sur la saillie du moteur jusqu’à l’entrée parfaite; cette opération est très simple et se fait instantanément.
- Pour fixer le moteur au chrono, engager la manivelle dans le logement supérieur du moteur et tourner quelques tours, en poussant, pour forcer une vis intérieure à prendre dans l’écrou du chrono.
- Cette même manivelle sert aussi à remonter le moteur et à faire fonctionner le chrono seul dans le cas de la commande à la main.
- L’objectif est monté sur une planchette à encastrement. Pour retirer cette planchette, la glisser de droite à gauche et tirer à soi la partie qui vient d’être dégagée.
- La face opposée à l’objectif forme un panneau mobile sur charnières pouvant s’ouvrir en soulevant en même temps les deux ressorts, haut et bas,qui assurent une fermeture automatique.
- La porte ayant pivoté sur ses charnières on a devant soi les organes intérieurs de l’appareil. Ces organes peuvent se décomposer comme suit : Le couloir, le mécanisme d’entrainement de la pellicule, l’obturateur, les bobines.
- Le couloir. — Au-dessus de la broche supérieure destinée à recevoir la bobine portant labande sensible, se trouve le couloir dans lequel doit être engagée la pellicule. Un volet FV rappelé par un ressort, presse la pellicule dans ce couloir. Pour la commodité du chargement, on fait pivoter ce volet sur ses charnières pour amener son bec sous un petit ressort qui le maintient dans la position représentée par la figure 4.
- La platine du couloir et le volet FV sont percés d’une ouverture rectangulaire correspondant aux dimensions des images. Le couloir et le volet sont garnis de velours.
- Mécanisme d'entrainement. — Ce mécanisme se compose d’un cylindre denté dont les dents pénètrent dans la perforation de la pellicule. (Dans aucun cas il ne faut toucher à la vis placée à l’extrémité de l’axe de ce cylindre sous peine de dérégler l’appareil).
- Un compresseur C maintient en contact la pellicule sur le cylindre denté.
- Le cylindre denté tournant d’une façon continue, si la pellicule en sortant du couloir passait directement dessus, elle n’aurait pas, devant la fenêtre, le temps d’arrêt nécessaire pour la prise de vue ou pour la projection. Ce résultat est obtenu en faisant réfléchir la pel-
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- Fig. 2. — Emboîtage (lu moteur
- licule sortant du couloir sous la came Iv, excentrée et tournant à une vitesse d’un tour par image.
- Tenir cette pièce très propre.
- Cette came, dans son mouvement de rotation, augmente et diminue successivement la longueur du circuit de la pellicule comprise entre le couloir et le cylindre denté; sa forme
- et ses dimensions étant calculées de façon que la diminution de cette longueur corresponde à celle entraînée par le cylindre, il en résulte, dans le couloir, un temps d’arrêt d’une durée égale à celle de la diminution du circuit.
- La came a été construite de façon que le temps d’arrêt de la pellicule soit environ le double du temps de marche, et sa forme est telle que la traction qu’elle exerce sur toute la largeur de la pellicule soit progressive, afin d’éviter tout choc.
- Obturateur. — L’obturateur est constitué par un disque de carton noir présentant un secteur évidé.
- Ce disque, placé entre l’ob jectif et la fenêtre du couloir, tourne à raison d’un tour par image et il est calé de façon à présenter sa partie pleine entre Fig. 1. - Chrono simple de poche pobjeclif et ia fenêtre pendant
- le déplacement de la pellicule; le secteur évidé passant devant la pellicule au moment où elle est dans la période d’arrêt.
- Le Chrono est livré avec deux disques obturateurs l’un à petite ouverture pour la prise des vues, l’autre pour la projection. Pour changer un disque il suffit, après avoir enlevé la planchette de l’objectif, comme il a été dit plus haut, de retirer la rondelle en acier bleui qui maintient le disque en place.
- Fig. 3. — Visage du moteur
- Fig. 4. — Mécanisme du Chrono de poche
- r.....
- Fig. 5. — Disposition pour prise de vues
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- Pour dégager cette rondelle, maintenir le disque, et la tourner de gauche à droite pour échapper à la tête des vis.
- Le repérage absolu des disques est assuré par un ergot monté sur la platine de l’axe de l’obturateur.
- Les bobines. — Pour permettre le chargement en plein jour, la pellicule porte, à ses deux extrémités, une bande de papier noir également perforée.
- Chaque bande sensible de 5 mètres préparée est roulée sur une bobine à joues métalliques parfaitement dressées et parallèles (1). Pour éviter les infiltrations de lumière entre la joue et la tranche de la bande, un ruban de molleton fait un tour complet. Enfin, la bobine complète est livrée dans une boîte en carton. Nous recommandons de ne sortir la bobine de sa boîte qu’au moment de s'en servir et de l'abriter du soleil.
- Obtention des Négatifs
- Vérifier si le disque négatif est bien à sa place et fermer, si elles ne le sont déjà, les fentes placées à l’avant et sur le dessus du chrono.
- Mise au point de l’objectif. — L'appareil est livré avec un objectif double rectiligne d’environ 25 millimètres de foyer et servant également pour la prise des vues et pour la projection. (Sur demande, nous pouvons fournir des objectifs plus lumineux, marque Zeiss-Krauss par exemple).
- Pour la prise des vues, l’objectif doit être muni de son diaphragme.
- La mise au point sur l’infini, réglée à l’atelier, correspond à la position de l’objectif lorsqu’il est enfoncé à fond dans sa monture; néanmoins, on pourra vérifier cette mise au point en plaçant une bande de papier calque, bien tendue dans le couloir.
- Pour les distances rapprochées porter l’objectif en avant en le coulissant dans sa monture pour parfaire la mise au point.
- La distance hyperfocale, c’est-à-dire celle à partir de laquelle tous les sujets sont nets jusqu’à l’infini, commence à environ deux mètres avec l’objectif que nous livrons sur l’appareil.
- Chargement. — Au préalable, ouvrir la fenêtre FV du couloir el nettoyer les velours si besoin est. — Rabattre sur le côté le compresseur G et porter sur la droite les deux frotteurs T1 et T2. — Engager sur la broche supérieure BS la bobine chargée; l’extrémité de la bande venant du haut et tombant sur la gauche, c’est-à-dire du côté de l’objectif, comme l’indique le croquis ci-contre.
- Tirer à soi le bout de papier noir jusqu’à ce que molleton rouge apparaisse et a/]leure le haut du couloir. A ce moment faire passer le papier dans le couloir, sous la came K et fermer la fenêtre FV du couloir. Puis, engager la pellicule sur le cylindre denté CD, les dents rentrant dans la perforation.
- Rabattre le compresseur G. Amorcer l’extrémité du papier noir, deux à trois centimètres environ, dans la fente d’une bobine vide BI, plier la partie non amorcée au droit de la fente et enrouler fortement la partie libre du papier sur cette bobine dans le sens de la figure. Engager la bobine sur la broche inférieure en ayant soin de faire rentrer cette bobine à fond, en lui donnant au besoin un petit déplacement de gauche à droite et réciproquement, d’environ un quart de tour pour forcer l’ergot de la platine de l’axe à entrer dans un des quatre trous percés sur la joue de la bobine.
- L’amorçage de l’extrémité de la bande noire dans la fente de la bobine; l’enroulement serré de la partie libre de la bande sur cette bobine et l’entrée à fond de la bobine sur l’axe sont des points à surveiller tout particulièrement sous peine de voir la bobine réceptrice s’arrêter dès le début de la prise des vues et la pellicule défilée bloquer le mécanique.
- (1) Pour assurer un fonctionnement parfait avoir le plus grand soin des bobines et rejeter toutes celles ayant leurs joues faussées môme légèrement.
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- La bobine réceptrice BI étant ainsi parée et à ce moment seulement, enlever le molleton qui garnit la bobine supérieure en tirant à soi l’extrémité qui se présente sous la bobine (1) ; pousser les taquets T1, T2 et fermer aussitôt l’appareil.
- Mise en marche de l’appareil automatique. — Sur la face du moteur correspondant à celle de l’appareil portant l’objectif, on remarque en bas un bouton dans un évidement circulaire, et au-dessous un deuxième bouton qui peut se déplacer dans un évidement allongé. Lorsque ce deuxième bouton est ramené vers la partie inférieure marquée A, l’appareil est à l’arrêt, bloqué ; c'est ce que nous appellerons le cran desûreté. En poussant ce bouton au milieu de sa course en face,Y, il suffit d’appuyer sur le bouton inférieur pour mettre l’appareil en marche et l’action durera tant que la pression s’exercera sur le bouton inférieur. (Bien entendu, le moteur a été au préalable remonté à fond, étant au cran de sûreté, d’une façon régulière et sans être forcé) (2).
- Enfin, en poussant le bouton supérieur vers C, l’appareil marchera d’une façon continue et jusqu’à épuisement du moteur. Pour l’arrêter, ramener le bouton à la position correspondant à la marche à volonté V, ou à l’arrêt A.
- Le moteur assure non-seulement une marche plus régulière, mais il permet encore de tenir l’appareil des deux mains devant soi en surveillant la mise en plaque par le viseur encastré dans la partie supérieur du chrono. En plaçant l’appareil sur un socle quelconque, l’opérateur peut donc se cinématographier lui-même ou figurer dans la scène à prendre.
- Dès que le moteur est arrêté à la fin de la bande, prendre la précaution de le remonter de deux ou trois tours et faire marcher le chrono pour être certain que l’extrémité de la bande de papier noir est bien enroulée sur la bobine réceptrice.
- Mise en marche de l'appareil simple. — Dans le cas où le chrono est mis en marche à la main par la manivelle M, il est nécessaire de le fixer sur un pied : le dessous de l’appareil est muni, à cet effet, d’un écrou au pas du congrès. On peut à volonté arrêter ou mettre en marche ; tourner plus ou moins vite suivant l’éclairage du sujet, mais une bonne vitesse correspond à un tour par seconde. En comptant 60 tours de manivelle, la bande, y compris les bouts en papier noir, aura passé entièrement sur la bobine réceptrice.
- Déchargement. — En ouvrant l’appareil, tirer aussitôt sur le côté le taquet T2, enlever la bobine et recouvrir la bande immédiatement du molleton pour la protéger contre les infiltrations de lumière.
- L'abondance des matières nous empêche aujourd’hui de décrire comment on opère le développement, le tirage des positifs et les projections. Nous renvoyons ces explications com-plémentaires au prochain numéro.
- dé’
- L’appel des Postes au public
- En vue de simplifier le classement des correspondances à distribuer dans Paris et de hâter la sortie des facteurs, C Administration s’occupe de mettre en concordance les circonscriptions de distribution avec la division administrative par arrondissement. Cette mesure ne produira tous ses effets qu’autant que l'adresse des lettres et autres objets pour Paris sera complétée par l'indication de Varrondissement où réside le destinataire.
- L’Administration croit pouvoir compter sur le concours du public, pour la réalisation d’une amélioration qui l'intéresse directement.
- Elle fait dans ce but un appel pressant à tous ceux qui peuvent l’aider à porter cette mesure nouvelle à la connaissance générale.
- (1) . Conserver ce molleton pour recouvrir la bobine réceptrice à l’ouverture de l’appareil.
- (2) . Le moteur doit être remonté à chaque bande.
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- 200 I.A PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- Voici deux exemples d’adresses complètes, telles que l’administration les réclame :
- Monsieur Legrand, Monsieur Richard,
- rue du Charolais, n° 8, rue Lecourbe, n° 40,
- Paris, 12e. Paris, 15e.
- Nous ne pouvons que nous associer à la demande de l’Administration auprès de nos lecteurs, espérant qu’ils bénificieront, par cette complaisance, des rapidités promises dans le service.
- Ce qui rend malheureusement assez difficile la réalisation du vœu de l’Administration» c’est l’ignorance dans laquelle nous sommes, à peu près tous, des numéros d’ordre des arrondissements où se trouvent non seulement les rues, mais les portions de rues où nos lettres doivent parvenir,
- Ainsi : je réponds à un inconnu qui m'écrit et qui demeure rue de Vaugirard. Si j’habite à Belleville ou à Passy et surtout si j’ai eu rarement l’occasion d’aller rue de Vaugirard, je serai fort embarrassé de dire dans quel arrondissement se trouve cette rue ; il me faudra le rechercher dans un Guide ou sur un plan de Paris. Mais alors je constaterai que le plan n’indique pas les numéros et que la rue de Vaugirard s’étend sur plusieurs arrondissements; de telle sorte qu’il faudra savoir exactement à partir de quels numéros elle passe d’un arrondissement dans l’autre pour fournir l’indication demandée par l’Administration.
- Il n’est assurément pas impossible de trouver ces indications dans des guides spéciaux, mais encore faut-il les avoir ou se les procurer et prendre le temps de les consulter pour chaque lettre expédiée.
- Or, la grande masse du public n’achètera pas volontiers ces guides, et se donnera encore moins volontiers la peine d’y chercher l’indication voulue.
- L’Administration aurait dû, tout au moins joindre à sa demande le guide nécessaire pour y donner satisfaction.
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- Bibliographie
- L’Année photographique, par Albert Reyner. 1. vol. illustré. — Gii. Mendel, édit. 118, rue
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- Notre aimable confrère M. A. Reyner, vient de publier chez le sympathique éditeur, Ch. Mendel, un excellent résumé de l’année photographique écoulée, dans lequel il expose clairement et simplement, dans une forme accessible à tous, l’ensemble des travaux et des progrès accomplis en 1899.
- Cet excellent livre débute, — à tout seigneur tout honneur, — par la revue des applications scientifiques de la photographie : La photographie du son, la photographie automatique et la photographié médicale.
- Un deuxième chapitre traite de la photographie des couleurs, l’une des grandes préoccupations d’actualité.
- L’auteur parle ensuite des objectifs, des plaques et pellicules des appareils, des révélateurs, des papiers et des opérations de laboratoire. Enfin des applications diverses et des projections, ainsi que des agrandissements, ne laissant, en un mot, rien de ce qui s’est fait dans l’ombre; rien de ce qui peut intéresser les amateurs et le grand public.
- Son intéressant volume se termine par un chapitre spécial sur la photographie dans les sociétés scientifiques... et ce n’est pas le moins édifiant! Nous y reviendrons à l’occasion.
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