La photographie française
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- N° 34.
- 1er Octobre 1900.
- LA
- Photographie Française
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- Organe officiel de la Chambre syndicale des fabricants et négociants en Appareils et produits photographiques et de la
- Chambre syndicale des Opticiens
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- SOMMAIRE :
- Notre Concours de photographies documentaires ............................. 201
- Un étrange et triste accident, par M. Charles Gravier............................ 202
- Echos.................................. . 203
- La Classe XII (Photographie) à l’Exposition de 1900 (suite)................... 205
- Variétés photographiques : Ploumana’ch,
- par M. Edouard Lagache................. 209
- Liste des récompenses de l’Exposition
- L ECOLE DES GABIERS
- Cliché de M. Henri Homa. Diplôme de mérite du Concours d'instantanées de la Photographie Française (1899).
- Universelle de 1900 (Classe XII)........ 214
- Sur le renforcement, par M. H. W.
- M. E. Lamy, par M. Charles Gravier . . Recettes et procédés, par le Dr G. IL . . . La Photographie dans le domaine judiciaire .................................
- Les Nouveautés photographiques. Le « XX0 Siècle » appareil Bouillaud ....
- Correspondance.........................
- Une nouvelle rubrique. Lettres ouvertes.
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- 221
- flotre Concours de Photographies documentaires
- mu
- Notre Concours cle photographies documentaires s'est encore enrichi pendant ces quatre dernières semaines d'une série d'envois très remarquables. Vabondance des matières de ce numéro, nous oblige à en renvoyer la mention au mois prochain. Nous publierons donc ci la fois la liste clés envois admis ce mois et celle des envois admis le mois prochain. Que nos concurrents veuillent bien se hâter de nous faire parvenir leurs photocopies ou leurs clichés afin cle nous permettre de les classer sans précipitation, avec tout le soin qui convient.
- Nous allons constituer clés la fin des vacances le jury clés récompenses clu Concours et réunir les prix dont la liste sera prochainement publiée ainsi que celle du jury.
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- Un étrange et truste aeeident.
- Notre confrère M. Ch. Gravier, que connaissent au moins de nom tous les amateurs photographes, car il a publié un nombre considérable d’articles dans presque toutes les revues de photographie, vient d’être victime d’un étrange accident qu’il signale dans les termes suivants pour mettre les amateurs en garde contre certains dangers de l’éclair magnésique.
- Ceux qui me lisent savent que j’ai été un des propagateurs de la photographie par l’éclair magnésique ; je viens signaler aujourd’hui un accident dont je suis la victime pour en éviter d’autres.
- Il existe dans les jardins de l’Exposition un appareil permettant de photographier une ou plusieurs personnes par l’introduction d’une pièce de monnaie comme dans les distributeurs dits automatiques.
- Malheureusement à l’Exposition, comme la disposition de l’appareil ne donne pas un éclairage suffisant, on emploie pour éclairer le sujet un éclair magnésique provoqué par une étincelle électrique.
- Il y a trois semaines j’eus la malencontreuse idée d’examiner cet appareil pour le décrire dans mes comptes-rendus sur l’Exposition, moyennant 1 franc remis à l’opérateur je me plaçai sur le siège placé devant l’appareil à environ 0 m. 60.
- L’opérateur versa dans un petit réservoir, suspendu près de l'objectif à la droite du sujet, une certaine quantité de poudre magnésique, appuya sur un bouton et me dit que je pouvais me lever, l’opération se terminant dans l’appareil.
- J’avais éprouvé à l’œil droit une vive douleur causée par l’éclair magnésique, la charge était trop forte et l’éclair trop près du sujet photographié.
- Je le dis à l’opérateur, il me répondit en me remettant ma photographie grise et surexposée qu’il n’était pas photographe.
- Je lui conseillai de diminuer de beaucoup la charge de poudre pour ne pas aveugler ses clients, ne pensant pas que je l’étais malgré l’engourdissement que j’éprouvais à l’œil droit.
- Mon œil gauche, très fatigué depuis longtemps, m’était presque inutile et c’était l’œil droit qui me servait pour tous les travaux auxquels je me livrais.
- Pendant trois jours la lecture me fut pénible, puis l’œil droit fut recouvert d’un voile jaune qui devint bleu foncé et rendit cet œil aveugle.
- Trois oculistes déclarèrent que j’avais un décollement partiel de la rétine, rarement guérissable.
- Actuellement la lumière du jour, regardée avec cet œil, apparaît comme à travers un verre dépoli sur lequel on aurait appliqué un nombre considérable de petites feuilles qui sont plus ou moins rapprochées les unes des autres.
- Les contours de ces feuilles sont noirs, le centre est rouge vu par transparence. Ce sont évidemment des déchirures de la rétine.
- Le Dr Laforest qui me soigne m’interdit tout travail et n’a pas autorisé de verre pour améliorer la vue de l’œil infirme qui me reste.
- Aussi est-ce dans le vague que je trace ces lignes mal coordonnées ; incapable de toute lecture, j’espère évitera mes confrères une imprudence que l’écrivain, plus que sexagénaire, paiera peut-être bien cher, par la privation de voir leurs travaux et leurs découvertes.
- Charles Gravier.
- M. Gravier n’explique pas dans cette curieuse note à quelle cause il faut exactement attribuer le cruel accident dont il est victime, et cela sans doute parce qu’il ne se l’explique pas lui-même. L’éclair magnésique employé a été trop fort et enflammé trop près de ses yeux : voilà ce qu’il a pu constater; mais il serait important de savoir avec précision
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- ÉTUDES DE VAGUES : LE PORT DONNANT PAR TEMPÊTE Cliché de M. E. Pressard. Diplôme de mérite du Concours de Photographie instantanée de La Photographie Française (1899)
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- comment le décollement partiel de la rétine, qui a été la conséquence de cette lumière trop vive et trop rapprochée, a pu se produire.
- Tous ceux qui font usage de la lumière artificielle du magnésium sont en effet exposés à employer de trop fortes charges et à les enflammer à trop courte distance; il importerait donc de savoir s'il y a un maximun d’éclat lumineux que l’œil humain ne peut subir brusquement sans danger.
- C’est aux oculistes qu’il appartient d’étudier ce problème pour nous en donner la solution. Espérons qu’ils voudront bien s’y appliquer et que nous n’aurons pas publié en vain cet article pour le leur signaler.
- ECHOS
- Le Congrès international des Associations d’inventeurs que nous avons annoncé dans un de nos précédents numéros, et auprès duquel notre directeur avait été délégué par la Chambre syndicale de l’industrie photographique, s’est terminé en donnant la satisfaction de voir sérieusement traitées toutes les questions inscrites à son vaste programme.
- Presque tous les états du monde étaient représentés par des délégués officiels et gouvernementaux à ce grand Congrès qu’un représentant officiel du gouvernement français a suivi également d’un bout à l’autre.
- Nous publierons prochainement les vœux qui ont été proposés et votés et que la commission permanente internationale va transformer désormais en projets de lois internationales.
- En attendant nous sommes heureux de signaler le succès de celui qui a été formulé par notre directeur, M. Gastine, au sujet de la propriété scientifique, car il a été voté à l’unanimité.
- Grâce à ce vœu, l’œuvre du savant, quelle qu’elle soit, sera sans doute mise prochainement à l’abri de tout détournement. Si le monde des hommes de science lui doit d’être ainsi prochainement préservé des spoliations dont il est journellement victime depuis tant de siècles, il pourra marquer ce Congrès comme une bien précieuse étape dans son histoire universelle.
- Notre sympathique confrère, M. Jules Philippe, directeur de la Photo-Revue suisse, reproduit dans son dernier numéro d’août notre
- article sur le banquet de la Chambre syndicale de l’industrie photographique, ainsi que les considérations qu’il contenait sur le discours du représentant de la Suisse, dans le Jury international de 1900.
- Nous comprenons à quel sentiment notre confrère a obéi en reproduisant notre article et en l’appuyant, car nous aurions fait de même en pareille circonstance, mais qu’il nous permette de lui dire que nous regrettons presque cette reproduction, dont nous le félicitons néanmoins de tout cœur.
- Nous savons, en effet, que M. Pricam ne voulait pas dire ce qu’il a dit. Ses paroles ont mal traduit sa pensée réelle et, tout en protestant contre son discours, nous étions désolé de faire cette protestation, indispensable, par devoir.
- Il appartenait à M. Davanne, président du Jury, de répondre à M. Pricam, sur l'heure. en rectifiant ses affirmations erronées. M. Pricam se serait empressé de ratifier cette rectification et nous n’aurions pas eu à protester.
- Mais M. Davanne avait, paraît-il, un autre souci que celui de remplir son rôle et de sauvegarder la dignité de son pays maladroitement froissée. Son silence nous a mis dans l’obligation de dire ce qu’il aurait dû dire. Nous regrettons de constater qu’une fois de plus, il a été piteusement au-dessous de la tâche que son ambition lui avait fait briguer.
- L’insertion de notre article par M. Jules Philippe, dans la Photo-Revue suisse, est un blâme sur son insuffisance, plus sévère que tout ce que nous pourrions dire et nous n’avons pas besoin d’insister.
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- Le 25e anniversaire de l’avènement au trône de S. M. I. le sultan Ghazi Abd-ul-Pamid Khan II, a été magnifiquement fêté sous la direction de notre sympathique confrère, M. N. Nicolaïdès, directeur de VOrient, le mois dernier. Nous avons eu le vif regret de n’y pouvoir assister, mais l’écho nous en est parvenu et nous sommes heureux de féliciter notre confrère du succès de cette fête si française, quoiqu’orientale par essence, et où tous les amis de l’orient aiment à se retrouver pour resserrer les liens de sympathie qui les unissent aux représentants delà Turquie.
- Nos sympathiques confrères, MM. Demaria frères, ont eu dans leurs ateliers, au commencement de septembre, une curieuse visite : celle de la mission laotienne. S. M. Tiao-Maha-Omparat et les ministres Tiao-Krom-matchoum et Tiao-Krommassang avec leur suite, ont été reçus dans la vaste usine du quai Valmy, qu’ils ont tenu à visiter complètement pendant plus de deux heures. Un lunch a terminé cette intéressante réception qui marque les intentions de progrès de S. M. l’Empereur de Laos et le souci qu’a ce souverain de tous les grands établissements de notre industrie.
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- Dans la chronique du n° 17 du Moniteur de la Photographie, M. Louis Vidal, directeur de ce journal, déclare que les documents qui lui ont été fournis par les exposants sur leurs expositions n’ont pas été remis par lui au Jury. Cet aveu est bon à retenir quoique M. L. Vidal ait soin d’ajouter que ces rapports lui sont parvenus après que l'œuvre du Jury était terminée.
- Cette manière d’excuse manque de la précision qui conviendrait en pareil cas. M. L. Vidal aurait dû dire : les opérations du Jury étaient terminées à telle date et les rapports ne me sont parvenus qu’après cette date ; cela aurait été précis, et contrôlable; tandis que la forme de son affirmation n’entraîne nullement la conviction puisqu’elle ne permet aucun contrôle.
- M. L. Vidal reconnaît d’ailleurs que ce défaut d’information a pu être préjudiciable aux exposants et qu’il faudrait à l’avenir l’éviter. Mais au lieu de constater aujourd’hui ce fait fâcheux avec des larmes de crocodile, que ne provoquait-il en temps opportun les informations nécessaires? il n’aurait à présenté souffrir de ce regret tardif!
- Cette édifiante chronique nous apprend en outre que le Jury «... a tenté de faire toujours pour le mieux en excluant des bases de décision toutes considérations étrangères au mérite intrinsèque des œuvres à récompenser. » Ce dernier aveu n’est pas moins à retenir que les autres, car il caractérise bien l’ignorance et le défaut de conscience de cer-tains juges : autant dire : « le Juryn’a jugé que d’après ce qu’il avait sous les yeux sans se douter qu’il devait tenir compte d’autres éléments d’appréciations dans une quantité de cas. » Mais à qui fera-t-on croire qu’il a été naïf à ce point et qu’il n’y avait pas un parti pris de « ne rien savoir » dans cette manière de procéder ?
- Monsieur Fleury Hermagis, opticien, président d’honneur de la Chambre syndicale des fournitures photographiques et M. Maurice Bucquet, président du Photo-Club de Paris, ont été nommés chevaliers de la Légion d’honneur. Nous leur adressons nos plus sincères félicitations.
- A l’occasion de l’Exposition Universelle, où il a joué le rôle important que l’on sait,M. le colonel Laussedat, membre de l’Institut et directeur du Conservatoire des Arts et Métiers, a été promu Grand officier de la Légion d'honneur. Nous nous réjouissons de cette haute distinction pour notre vénéré maître et ami, bien qu’elle ne soit qu’un faible hommage rendu à ses travaux de métrophoto-graphie si remarquable, si précieux et que l’administration civile et militaire de l’étranger semble seule apprécier à leur juste valeur !
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- I,A PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE 205
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- Nous disions dans noire dernier numéro que l’industrie photographique des plaques et papiers sensibles est une des plus importantes : il suffit pour s’en convaincre de visiter quelques usines de cette spécialité.
- En dehors de celles que nous avons déjà citées, il y en a plusieurs autour de Paris môme, sur lesquelles nous aurons beaucoup à dire à leur plus grand éloge. Commençons aujourd’hui par celle de MM. Grieshaber et Cie.
- 11 faut remonter à 1892, époque à laquelle M. J.-B. Grieshaber, qui vendait des plaques à la marque « As de Trèfle » depuis 1882, eut l’idée de les préparer lui-même. Aidé de ses fil-, dont l’un est chimiste, ancien élève de Frémy, il entreprit la création d’une usine et, à cet ellet, acheta les anciennes écoles de Saint-Maur (Seine).
- Les bâtiments furent soigneusement transformés et les recherches, les essais, qui devaient durer trois années, commencèrent. MM. Grieshaber, certains qu’une fabrication scientifiquement dirigée devait réussir, firent grand : ils n’eurent pas à le regretter et les ateliers qui jadis semblaient infiniment trop étendus, sont petits aujourd’hui ; depuis deux ans, il a fallu chaque année agrandir et construire de nouvelles salles.
- Les machines les plus perfectionnées sont installées et actionnées par une machine à vapeur. La salle d’étendage, les séchoirs réunissent tous les perfectionnements qu’une longue pratique a permis de réaliser.
- Ce qu'il y a de particulièrement remarquable dans l’usine de MM. E. Grieshaber et Cie ’— M. J.-B. Grieshaber a laissé à ses (ils le soin de continuer l’œuvre si bien commencée — e est que dans l’installation, faite pour bien et vile produire, on a cherché et trouvé le moyen d’assurer tout le bien-être désirable au personnel. Les ouvriers et ouvrières qui restent dix heures par jour à la lumière rouge ont besoin d’être confortablement installés, d’avoir leurs aises; les ateliers de MM. Grieshaber et Cie répondent à tous ces désidérata : c’est pourquoi ils ont pu réunir un personnel d'élite qui, dirigé par des collaborateurs de grande valeur, leur permet de livrer des produits de plus en plus appréciés.
- Lorsqu’on visite l’usine de Saint-Maur on a l’impression d’une grosse affaire ; en voyant les ateliers si bien aménagés, si propres, on comprend que cette affaire ait réussi et pris rapidement une des premières places dans l’industrie photographique. On en a la certitude en passant un moment à la maison de -rente que MM. Grieshaber possèdent depuis dix-huit ans, à Paris, 10, rue du Trésor ; les ordres reçus continuellement de toutes les maisons qui s’occupent de la photographie ou de ses applications, les envois faits dans tous les coins de la France et les expéditions dirigées chaque jour vers tous les pays du monde le prouvent suffisamment.
- Le succès qui a couronné les efforts de MM. Grieshaber est mérité, car ils ont apporté
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- à l’entrée d'un dolmen naturel qui recouvre tout le terrain du premier [ , (Voir l’article l’ioumaua’ch, p. 209)
- (I) Voir les n05 31, 32 et 33 de la Photographie française (juillet, août et septembre 1900).
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- et ils apportent dans la création et dans l’exploitation de leur importante affaire, tous les soins, toute la persévérance, toute la minutie qu’exige une fabrication aussi difficile et aussi délicate.
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- Non loin de la vitrine de MM. Grieshaber et Cie, M. Ed. Degen expose les produits de ses ateliers d’optique. Sa maison avait été fondée par son père en 1865, c’est donc une des plus anciennes, et depuis qu’il en a personnellement pris la direction, en 1888, elle n’a fait que progresser en perfectionnant sa production par les moyens de calculs rationnels qui doivent être désormais la base de toute maison d’optique sérieuse.
- La maison Degen est l’une de celles qui se sont mises résolument à la fabrication des types d’anastigmats, avec lesquels l’étranger faisait une concurrence active à nos produits français. Mais elle a créé en outre des appareils particuliers comme l’appareil de photomicrographie industriel, que nous avons décrit dans cette revue même, au moment de sa création et le microscope à éclairage vertical que nous avons également décrit.
- Comme nouveauté à l’Exposition, M. Ed. Degen présente un cône d’agrandissement d’un emploi tout particulièrement aisé, qui permet d’agrandir les clichés 4 1/2X6 à 9X12, en formats de 6 1/2X9 à 18X24, ce qui représente quatre échelles d’agrandissement : 1 1/2, 2, 3 et 4.
- M. Ed. Degen est aussi au nombre des opticiens qui ont fourni les premiers types de Télé-objectifs : c’est en résumé un de nos constructeurs les plus progressistes.
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- Puisque nous parlons d’optique et d’anciennes maisons françaises, on comprendra que nous soyons tout naturellement amenés à citer parmi ces dernières la maison Fleury-IIermagis.
- Cette maison (d’abord dénommée Valette et Hermagis, puis Derogy et Hermagis) est en effet, l’une des plus anciennes fabriques spéciales d’optique pour la photographie. C’est en 1855, qu’HERMAGis s’établit en son nom seul, rue de Rambuteau, 18, où nous retrouvons son successeur.
- Le premier, Hermagis s’appliqua à ne livrer que des objectifs parfaitement corrigés de toute aberration chromatique, c’est-à-dire de foyer chimique, comme disent les praticiens. Et il eut quelque mérite à persévérer dans cette voie, alors que Voigtlander, à qui Petzwall venait de confier la construction de son doublet, persistait à achromatiser ses objectifs comme ses longue-vues, prétendant que l'achromatisme qui détruit le foyer chimique, enlève de la luminosité. La chose est vraie si Ton se contente de comparera l’œil, un instrument achro-matisé comme pour la vue, avec un autre spécialement achromatisé pour former une image nette sur la plaque sensible. Ce dernier seul donne l’image nette là où elle paraît sur la glace dépolie, et avec le même temps de pose ; tandis que l’autre donne une image floue, la netteté ne s’obtenant qu’en avant ou en arrière du plan de mise au point, d’où des tâtonnements infinis pour la trouver exactement; aussi rejette-t-on et avec raison, aujourd’hui, tout objectif non spécialement corrigé d’aberration chromatique, comme il doit l’être.
- Hermagis est aussi l’inventeur du Stéréoscope à lentilles parallèles qui remplace de plus en plus le stéréoscope à prismes, et d’un mécanisme très en faveur avant le stéréoscope dit américain.
- On lui doit également la loupe combinée à vis d’Archimède pour la mise au point et un remarquable appareil d’agrandissement dit Méridien photographique.
- Son gendre et successeur, depuis 1868, M. Fleury-IIermagis, s’est appliqué à conserver ces bonnes traditions. Les divers objectifs de sa fabrication qui figurent dans sa vitrine à l’Exposition de 1900 : Doublets Extra-rapides de Petzwall (fj2,5, /"/3, etc.), Aplanétiques, Panoramiques, Anastigmates à 6 lentilles et symétriques, comme i’Aplanat (Aplanastigmats), ne redoutent aucune comparaison avec les types réputés et les plus coûteux., puisqu’ils sont de plus en plus adoptés dans tous les Ministères et grandes administrations après concours ou essais comparatifs, et offerts de même à l’essai, aux amateurs et professionnels.
- Le Vélocigraphe et la Vélo-Jumelle du même constructeur qui figurent également dans son exposition en 6 formats différents (simples ou stéréoscopiques) sont trop connus par l’excellence de leurs résultats, pour que nous insistions sur leurs mérites.
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- Un mot, pour finir, relativement à l’Appareil Photogrammètrique de M. le commandant Legros, exposé dans la même vitrine. Gomment une si belle application de la photographie n’est-elle pas plus encouragée? Qu’on nous permette de le dire : Ce serait l’honneur des sociétés d’amateurs de collaborer aux œuvres sérieuses, relatives à l’Archéologie, aux levés de terrains, aux travaux géodésiques; l’Appareil du commandant Legros n’exige pas de connaissances spéciales et peut servir à toutes les applications ordinaires pourvues, instantanées, portraits, groupes, reproductions. Ce système peut s’appliquer à d’anciennes chambres, à peu près à toutes. Rien n’est plus pratique.
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- Toujours en considérant les anciennes maisons qui sont l’honneur de l’optique française, il convient de mentionner tout particulièrement la maison Berthiot, que M. E. Lacour, neveu et successeur du fondateur, ne contribue pas peu à faire apprécier!
- L’histoire en est éloquente, résumons-là en quelques lignes :
- C. Berthiot, fonde sa maison d’optique en 1847 et, presque dès le début, il se spécialise dans l’optique photographique.
- En mai 1870, il crée et fait breveter la première Trousse d’objectif à plusieurs foyers.
- En juin 1875, il fait breveter l’emploi des écrans colorés à faces parallèles pour l’amélioration des phototypes. Jusqu’à cette époque ces écrans n’avaient été employés que dans quelques instrumements de physique dans lesquels ils n’avaient aucune influence sur une action chimique, comme c’est le cas dans la photographie orthochromatique.
- En 1881, il crée le premier objectif aplanétique à six lentilles; les verres existant à cette époque ne permettaient pas d’obtenir, même dans ce type d’objectif, une grande correction des aberrations, et la supériorité de cet instrument sur les aplanétiques à quatre lentilles n’était pas suffisante pour compenser l’augmentation de prix qu’exigeait ce travail plus compliqué, c’est pourquoi la construction de ce genre d’objectif ne fut pas continuée.
- En 1884, Berthiot s’adjoint son neveu, M. E. Lacour, chef actuel de la maison, et avec sa collaboration il réalise de nombreux perfectionnements dont voici la liste :
- En 1884, ils construisent la Trousse aplanétique rapide.
- En 1888, le périgraphe grand angulaire, objectif dépassant de beaucoup comme surface couverte ce qui avait été fait jusqu’alors, l’angle de netteté était de 105°.
- En 1889, un aplanétique extra-rapide d’ouverture //5,7 construit en verre à la baryte. Cet objectif obtenait, au concours de 1890, le prix olfert par le Ministère de l’Instruction publique pour le meilleur objectif construit en France.
- En 1890, continuant leurs recherches sur l’emploi des verres à la baryte, ils créent sous le nom de Périgraphe extra-rapide //10,un objectif anastigmatique dissymétrique à quatre verres.
- Cet objectif fut perfectionné en 1892 et mis dans le commerce sous le nom d’Eurygraphe anastigmatique extra-rapide f\l. C’est d’ailleurs sous le nom général (bien connu actuellement) d’Eurygraphes anastigmatiques que toutes les nouvelles créations de la maison ont été laissées depuis.
- A partir de 1892, les verres à la baryte étant fabriqués en France par Mantois, les recherches ont portées sur l’emploi de ces nouvelles matières et les perfectionnements accomplis dans les objectifs ont été en partie obtenus par l’emploi de ces verres.
- En 1894, M. E. Lacour reste seul à la tête de la maison Berthiot, il continue les recherches sur l’emploi des verres à la baryte et il apporte un perfectionnement aux pérygraphes grands angulaires pour lesquels il adopte la même formule de construction que celle indiquée pour les Eurygraphes précédents, de façon à obtenir une plus parfaite correction de l’astigmatisme.
- En 1896, il calcule, d’après la méthode de M. le professeur Wallon, un nouveau type de lentilles à trois verres collés. Ces lentilles corrigées séparément des diverses aberrations forment d’excellents objectifs simples, pouvant travailler avec une ouverture égale à //11,9 et donnant avec cette ouverture un champ de netteté de 53°, elles peuvent également se combiner pour former des objectifs doubles ou des Trousses. Ces Trousses anastigmatiques sont, croyons-nous, les seules fabriquées en France par un opticien français, et la g'rande variété de ces instruments que nous voyons figurer dans l’exposition de cette maison (elles vont du format 9X12 aux formats 30X40 et 40X50) prouve l’excellence des lentilles simples
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- dont elles sont formées, car nous ne voyons figurer dans aucun catalogue des opticiens étrangers, même les plus renommés, des Trousses anastigmatiques pouvant donner des épreuves d’aussi grandes dimensions.
- L’ouverture maxima de l’objectif symétrique composé avec ces lentilles est de /‘/6,8 le champ de netteté est de 75° à pleine ouverture et 80° avec le diaphragme fj 15. Ces objectifs ont d’ailleurs obtenu l'unique récompense accordée aux objectifs photographiques de France (Session de Reims, juin 1897).
- Les périgraphes grands angulaires que construit actuellement celte maison sont également établis d’après un nouveau principe et sont composés de lentilles à trois verres collés, ce qui permet d'obtenir une plus parfaite correction des aberrations, le champ d’éclairage et de netteté se trouve augmenté dans de grandes proportions, il atteint 115°. L’ouverture maxima est égale à /*/12,5.
- En 1898, par l’emploi de nouvelles matières, M. Lacour construit des lentilles anastigmatiques d’ouvertures /7lO,2, donnant avec cette ouverture une netteté parfaite sur un champ de 53°. Combinées deux à deux, ces lentilles forment des objectifs symétriques dont l’ouverture maxima est de //5,4 avec un champ de netteté de 75° à pleine ouverture et 80° avec le diaphragme fl 15. Elles peuvent également former des Trousses.
- Il n’existe peut-être actuellement aucun type d’objectif ayant à la fois une luminosité aussi grande et un angle d’action aussi étendu.
- Différents brevets étrangers plus ou moins valables, protégeant certaines formes de lentilles à trois verres collés et des entraves étant apportées dans la vente des objectifs français à l’étranger, M. Lacour a étudié, en 1899, trois nouveaux types de lentilles anastigmatiques à quatre verres. Comme les précédentes, ces lentilles sont corrigées séparément et peuvent s’employer seules, comme objectifs simples, avec une ouverture pouvant atteindre fl9,3 et elles donnent avec cette ouverture une netteté parfaite snr un champ de 53°. En accouplant ces lentilles on obtient soit des combinaisons symétriques d’ouverture fj5 ayant un champ de netteté de 75° à pleine ouverture et de 80° à /*/15, soit des Trousses répondant à tous les besoins de la photographie.
- Ces lentilles ont été présentées par M. le professeur Wallon, à la Société française de photographie, en décembre 1899, elles ont été laissées dans le domaine public et les détails de leur construction ont été publiés :
- 1° Afin d’empêcher qu’elles puissent être brevetées; 2° afin de faciliter aux opticiens français, par l’emploi de ces nouvelles formules, la vente de leurs objectifs à l'étranger et cela sans craindre aucune revendication.
- Tous ces nouveaux objectifs ont été, comme il est dit plus haut, calculés d’après la méthode indiquée par M. E. Wallon, ce qui les caractérise bien nettement.
- Enfin, pour ne pas quitter les vieilles maisons françaises d’optique, consacrées par une longue suite de succès, citons en dernier lieu, la plus ancienne peut-être : La maison Turillon.
- Celle-là fut fondée en 1822, par Janvier, dont le nom devait être vite égalé en réputation et même dépassé par celui de Darlot, le prédécesseur du titulaire actuel.
- Le nom de Darlot est si universellement connu, qu’on a pour ainsi dire plus rien à ajouter après l’avoir cité. Il nous dispensera, en effet, de longues explications. Disons pourtant qu’il suffit d’examiner la vitrine de M. Turillon, pour constater qu’il perpétue dignement cette longue série d’années d’eslime, pour sa fabrication si consciencieuse. Les objectifs à portraits qu’il expose méritent les plus grands éloges. Ceux qu’il construit spécialement pour les projections et qui sont employés par le plus grand nombre des fabricants de ces appareils spéciaux (les appareils de projection) n’ont été mieux faits par aucun constructeur. Mais en outre de ces deux vieilles spécialités de la maison Darlot, M. Turillon expose encore des Trousses universelles pour portrait et paysage, des hémisphériques rapides et rectilignes pour appareils à main, et tout une série d’anastigmates digne d’une étude spéciale.
- Diverses épreuves faites avec ces instruments si soignés, témoignent de leurs mérites pour les amateurs que des études techniques spéciales n’ont pas mis à même de juger directement de la valeur des combinaisons optiques.
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- IÆ VILLAGE ET L’ARCHIPEL DE PLOUMANA’CH, VUS DE NOTRE-DAME DE LA CLARTÉ
- Ploumana’eh
- (Texte et clichés de M. Édouard Lagache.)
- Ploumana’cu?... Si ce nom « ne vous dit rien », ne cherchez pas. Le Larousse lui-même ne le mentionne point, et vous pouvez ignorer sans rougir ce qu’il désigne. Réciproquement, vous pouvez être fier de votre érudition si vous savez que c’est l’appellation d’un petit hameau de pêcheurs bretons situé sur le rivage du département des Côtes-du-Nord, entre Paimpol et Roscofï.
- Sur le nombre des habitants de Ploumana’eh, les guides eux-mêmes sont muets. Il y a cinq ou six ans seulement, trouver à loger chez le natif du lieu n’était pas chose facile et c’est à peine si l’unique petit hôtel bâti aujourd’hui dans la localité peut abriter une douzaine de personnes, bien simplement!
- Ploumana’eh n’est donc pas une station balnéaire; il s’en faut! bien que ce lieu soit encadré par deux plagi-nettes rudimentaires : Tres-traou et Trégastel, fréquentées par les habitants de Lannion.
- Pour se rendre à Ploumana’eh, il faut quitter la ligne de Brest à Plouaret et prendre un embranchement conduisant à Lannion. Dans cette ville on trouve de mauvaises voitures, un ou deux antiques omnibus, qui font un service d’été peu régulier entre Lannion et le bas bourg de Perros (Saint-Quay) en deux ou trois heures, suivant l’état de la route. Enfin, à Perros, il faut encore prendre une carriole de louage et se faire cahoter pendant près de deux heures par des chemins rudimentaires pour arriver en vue de Ploumana’eh.
- Cette perspective de transbordements sans confortable et sans rapidité n’est pas pour séduire les « villégiaturistes » élégants ! Elle sufiit pour expliquer comment Ploumana’eh n’est pas même un « petit trou pas cher ».
- Et pourtant, dans cette terre de Bretagne où les sites merveilleux abondent au point de rendre singulièrement exigeants les touristes les moins difficiles, c’est peut-être le plus admirable morceau de Nature qu’il soit possible de contempler!
- On n’y va pas parce que les moyens de transport pratiques et agréables font défaut, mais il faut ajouter aussi que les beautés de Ploumana’eh ne sont pas de celles qui sédui-
- ROCHERS DE PLOUMANA’CH, PRÈS DU LITTORAL l.'n personnage anpris des rochers aurait h peine un millimètre de hantenr
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- sent le mieux la multitude. Il faut, pour les apprécier, une certaine culture, un esprit élevé, un sentiment de l’Art qui n’existe guère chez le vulgaire.
- A Ploumana’ch, le visiteur banal s’arrête stupéfait, renonce à comprendre, éprouve un malaise visible... et s’enfuit bientôt pour oublier sans retard les aspects trop déconcertants des lieux qui l’ont presque effrayé.
- *
- Quand on quitte le bas bourg de Perros pour se rendre à Ploumana’ch, le chemin à prendre de préférence n’est pas celui de la côte, mais celui qui après avoir monté au vieux bourg de Perros-Guirec, escalade les hauteurs du littoral et conduit en une heure et demie environ, à travers la campagne, au village de La Clarté.
- Qu’il me soit permis de ne parler ici ni de la chapelle du xive siècle de ce hameau, ni de son « Pardon » annuel, célèbre dans le département, pour ne pas sortir de l’unique sujet de ces courtes notes.
- Dès qu’on a dépassé la chapelle, en se dirigeant vers la mer, on aperçoit celle-ci, très loin, à l’horizon, au delà d’une vaste plaine à pente d’abord très accentuée, où de gigantesques atlleurements de rochers ne contribuent pas peu à rendre le chemin difficile.
- Dans un étrange chaos de rochers des formes les plus imprévues, se dressent là-bas, au bout de cette vaste plaine, les cinquante ou soixante maisonnettes dont se compose Ploumana’ch. Mais on les distingue mal au premier abord, dans le bouleversement inconcevable où elles sont construites comme au hasard, et, ce qui frappe le plus après l’ensemble de ce chaos de roches, c’est la façon dont la mer le pénètre.
- Elle le découpe en archipel, puis s’étale sur un point moins éloigné en formant comme un petit lac tranquille plein de barques quand la « flotte » des habitants n’est pas en expédition de pêche. C’est le port naturel du village.
- A mesure qu’on descend en avançant dans la plaine, le panorama qu’elle offrait du haut
- ux coin; de la cote de plodman'a’ch a droite Dj phare. (Un pardonna
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- de Notre-Dame de La Clarté s'évanouit; bientôt il disparaît, mais on distingue mieux en approchant d’eux les étranges amas de rochers dont le littoral est parsemé.
- Dans le village, beaucoup de maisons sont adossées et parfois comme encastrées dans ces blocs gigantesques , deux ou trois fois plus élevés que les toitures les plus hautes (1).
- Mais c’est au bord même de la mer qu’il faut voir s’étaler dans toute sa magnificence grandiose cet amoncellement chaotique sans égal, dont aucune description et même aucune photographie ne saurait rendre l’impression poignante.
- Faute de personnages, les deux vues panoramiques jointes à ces indications (qui ne montrent d'ailleurs qu’une bien petite portion de la côte de Ploumana’ch) ne permettent guère d’apprécier les dimensions des roches. On fera pourtant une sorte d’échelle comparative en traçant au tout vremier plan de chacune de ces vues deux petits traits verticaux, l’un de trois millimètres pour la vue supérieure et l’autre de quatre millimètres pour la vue inférieure. Ces deux traits donneront la hauteur d’un personnage de taille moyenne pour la réduction de chaque vue. Pour les rochers de la petite vue reproduite à la page précédente - la dimension proportionnelle d’un personnage ne serait donnée que par un trait de un millimètre de hauteur seulement.
- Rongées par les vagues, les embruns, la pluie et les vents, ces masses colossales, écroulées les unes sur les autres, affectent les dispositions les plus bizarres et les formes les plus surprenantes. Le beau porphyre qui les constitue varie de couleur, du rose pâle au rouge sombre, et prend aussi des teintes lilas que le varech rehausse de verts foncés ou éclatants. Avec la mer, bleue sur cette partie de la côte de Bretagne au point de rappeler la Méditerranée, avec les herbes et les fleurs de la lande, le prestige des silhouettes et des formes s’augmente le jour d’une fête de coloris incomparable.
- (1) Voir page 213 les maisons de la petite baie-plage de Saint-Guirec.
- au tout premier plan aurait à peina quatre millimètres de hauteur.)
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- Mais par une nuit claire de pleine lune, le spectacle du chaos de Ploumana’ch atteint une puissance d’effet que le mot sublime ne suffit pas à caractériser.
- Je ne me dissimule point qu’on aura peine à tenir pour juste cette appréciation laudative. Les termes en paraîtront excessifs, encore qu’ils restent piteusement au-dessous de la réalité. Mais si la stupéfaction et l’effroi du vulgaire sont déjà une indication très caractéristique des impressions surnaturelles que produisent les sites de Ploumana’ch jusque dans les esprits obtus, il y a, d’autre part, des enthousiasmes notables à citer parmi ceux qu’ils ont excité avant le mien.
- L’ingénieur bien connu Abdank, qui vient de mourir récemment, s’était épris à tel point de Ploumana’ch qu’il y revenait tous les ans, en dépit des travaux écrasants sous lesquels il a succombé.
- Dès le début, il y a quelques années, après une première visite, il se rendit acquéreur de nombreuses parties de terrain. 11 acheta d'abord l’une des plus grandes îles de cet archipel en miniature, sur laquelle il fit bâtir une maison. Puis il acquit d’autres rochers. Ici une baie, là un promontoire, plus loin une presqu’île... Tout ce qui était à vendre trouvait en lui acheteur.
- Les prix initiaux, très doux, oscillaient entre 25 et 30 centimes le mètre. Mais ils haussèrent vite! Après les premiers achats, ils avaient atteint 50 centimes. Ils s’élevèrent rapidement à 1 franc, 1 fr. 50... Enfin, il y a trois ans, on n en trouvait déjà plus à 2 francs le mètre!...
- Pour ne point accentuer cette hausse, l’ingénieur interrompit ses achats. Mais il ne projetait rien moins que l’acquisition totale de la localité, tout en faisant construire sur le point culminant de son île principale un petit château-fort de trois étages, quand la mort le surprit.
- Abdank rêvait de sauver Ploumana’ch du vandalisme qui le menace peut-être en précipitant les événements qu’il prévoyait et en les détournant. Il se dirait que tôt ou tard cette merveille serait mise à la portée des foules ineptes par quelque chemin de fer d’intérêt local et qu on verrait de ridicules villas, de grotesques chalets déshonorer ces sites. Il s’indignait à la pensée de voir débiter en pierres de taille ces blocs formidables, de voir ces landes exquises sillonnées de chemins sablés !...
- Pour l’éviter, il voulait tout acheter; mais son intention n’était pas d’en frustrer les véritables ’amants de la Nature; il voulait, au contraire, fonder une société pour exploiter cette merveille sans la détruire. Il projetait, la totalité du terrain étant acquise, de faire
- FORMES FANTASTIQUES DE ROCHERS A PLOUMANACH, A DROITE DU PHARE (Un homme sous le rocher du milieu n'aurait guère que 5 à 0 millimètres de hauteur)
- UN COIN DE i/aRCHIPEL .DE PLOUMANA’CH COMPRENANT L’iLE ET LE CHATEAU DE L’iNGFÎNIEUR ABDANK
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- construire à distance « respectable » un superbe hôtel, puis de créer les voies de communication qui font defaut. Cet exemple d’enthousiasme n’est pas mince!
- *
- Mais j’en puis citer un autre :
- Un de nos écrivains les plus distingués — on m’excusera de ne point le nommer | arce qu’il vit encore — non moins épris qu’Abdank de Ploumana’ch, rêvait, comme lui, d’acheter tout le hameau. Mais comme ses ressources personnelles étaient moins étendues, il se contenta, pour commencer, d’acquérir le morceau le plus admirable de la côte qui s’étend à la droite du phare et comprend, avec une baie, deux caps et plusieurs écroulements gigantesques formant dolmen, sous lesquels de nombreuses familles vivraient à l’aise.
- Cet autre enthousiasle-là ne projetait rien moins que de faire venir à Ploumana’ch la troupe de la Comédie-Française pour y interpréter une sorte de tétralogie de son crû dans la donnée préhistorique des évocations de Rosny. Quatre jours durant, il y aurait eu là, dans le chaos pour théâtre et pour cadre, la représentation mimée de drames des premiers âges du Monde, avec ours des cavernes, loups, aurochs (apprivoisés, s’entend! ), scènes de jour et de nuit au clair de lune, scènes de crépuscule, d’aurore, et costumes préhistoriques réels, la nudité vraie, mitigée de peaux de bêtes, étant seule possible dans ce cadre réel... Cela n’aurait pas manqué de grandeur et l’écrivain ne se trompait peut-être point en affir-mant qu’il aurait trouvé, rien qu’à Paris et à Londres, plus de deux mille souscripteurs à mille francs la place pour assister, voyage et séjour payés, à quatre journées et nuits de ce spectacle privé là.
- *
- Abdank est mort, et l’auteur dont il s’agit ne mettra peut-être jamais son projet imposant à exécution; mais on conviendra que de tels « emballements » sont des circonstances atténuantes pour le cas de dithyrambe que je présente.
- Je ne suis pas Breton; je ne possède pas un pouce de terre en Bretagne et je vous affirme qu’on ne m’a pas payé pour chanter les louanges de Ploumana’ch. Seulement j’y ai été, j'ai vu et j'ai été vaincu par la souveraine beauté que revêt là l’impérissable Nature dans un caractère d’archaïsme sans égal au Monde.
- J’ai beaucoup voyagé; j’ai vu toute l’Europe ainsi qu’une bonne partie du reste du globe... et j’ai constaté une fois de plus à Ploumana’ch qu’on va parfois chercher bien loin des impressions profondes tandis qu’on les trouverait aisément chez soi en sortant seulement des sentiers battus. •
- • E. Lxcaciie.
- I.A BAIE-PLAGE DE SAINT-OUIREC A PLOUMANA’CH (marée basse)
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- L’abondance des matières nous oblige à renvoyer au prochain numéro la fin de la Liste ci-dessous des récompenses et celle de notre compte rendu de l'Exposition photographique de 1900.
- EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1900
- Liste des Récompenses de la Glasse XII (photographie)
- ABRÉVIATIONS
- Fr : France. — Eq : Equateur. — Gr : Grèce. — Su : Suisse. — Ail : Allemagne. — G-B : Grande-Bretagne.
- — Aut : Autriche. — It : Italie. — E-U : Etats-Unis. — Ru : Russie. — Hon : Hongrie. — Bel : Belgique. — Dan : Danemarck. — Lux : Luxembourg. — Pér : Pérou. — Esp : Espagne. — Mex • Mexique. — Suède : Suède.
- — Ja : Japon. — Rou : Roumanie.— Guat : Guatémala. — Bul ; Bulgarie. — Maroc : Maroc. — Monaco : Monaco.
- — Chi : Chine.
- Exposants hors concours.
- Braun (Gaston), Fr. — Demaria frères, Fr. — Fleury-Hermagis (Jules), Fr. — Nadar (Paul), Fr. — Provost (Antonin), Fr. — Vidai (Léon), Fr. — Chambre syndicale des fabricants et négociants de la photographie, Fr. — Boyer (Paul), Fr. — Dubouloz (José). Fr. — Geisler Louis» Fr. — Mazibour (de), Gr. — Pricam (E.) et fils, Su. — Buthaud frères, Fr. — Carpentier (Jules), Fr. — Gilles (Émile) fils, Fr. —-Fumouse (Dr Armand), Su. — Institut polygraphique, Su. — Buxenstein (Georges) Ail. —BaysC. Ninat, G.-B.
- — Société des lunetiers, Fr. — Gachet, Fr.
- GRANDS PRIX
- Société Lumière-Despin, Fr. —École des arts graphiques de Vienne, Aut.— Observatoire royal de Greenwich, G.-B. —Alinari frères, It. — An-gerer et Gôschl, Aut. — Bellingard (G.), Fr. — Boissonnas (Fr.), Su. — Dujardin (Paul), Fr. — Exposition collective de photographies, G.-B. — Gauthier-Villard, Fr. — Lippmann, Fr. —Meisen-bach Riffarth et G°, Ail. — Zeiss (Cari), Ail. — Eastman Kodak Company, E-U.— Gaumont et Ce, Fr. — Lovy (J.), Aut. — Mathieu-Deroche, Fr.
- — Neurdein frères, Fr.— Poulenc frères, Fr.— Reymond et G°, Fr. — Société Impériale technique russe, Ru. — Photo-Club de Paris, Fr. — Société française de photographie, Fr. —Forcke-Calfy (Kosser), Hon. — Lipman, Fr.
- MÉDAILLES D’OR
- Association du musée des photographies documentaires, Fr. — Guilleminot Bœspflug etCc, Fr.
- — Jougla (Joseph), Fr. — Société lyonnaisepho-tochromo-gravure, Fr. — Actien-Gesellschaft fur Anilinfabrikation, Ail. — Art. Institut Orell Fussli, Su. — Bielleni et C°. Fr. — CautiniBerger, Fr. —Fréchom(E.), Fr. — Lacour (Eug.), Fr. — Lockyer, G.-B. — Londe (Albert), Fr...— Naya (Ch.), It. —^Richard (Jules), Fr. — Rhomaïdès
- (A.), Gr. — Smith (J.-H.) C°, Su. — Société anonyme des établissementsMalvaux,Bel. —Anderson (Dom,), It.— Autotype company, G.-B.— Bergeret etCe, Fr. —Chéri-Rousseau, Fr. — Dallmeyer (J.), limited, G.-B. — Damoiseau (J.-V.),Fr. —Duplesy Hincke, Fr. — Fabret (Ch.), Fr. — Falz et Wer-ner, Ail. —Français Simon, Fr. — Goerz (C.-P.), Ail. — Lacroix (Jean), Su. — Lévy et ses fils, Fr.
- — Lévy (Max),E.-U. — Wolf (Max), Ail. — Molteni Radiguet et Massiot,Fr. — Muller (Fritz), Ail. — Nadar père, Fr. —Obernetter (J-B), Ail.— Pan-tussen, Aut. — Perron, Fr. — Pietzner (Charles), Aut. — Pirou (Eug.), Fr.— Ross (W.), G.-B. — Rousset (H), Fr. — Skeen (W. L. II.) et C°, G.-B. — Steen, Dan. — Société anonyme des pellicules françaises, Fr. — Steinheil (fils), Ail. — Turrillon (L.), Fr.— Vallot (Joseph), Fr. — Vallot frères, Fr. — Voigttander fils, Ail. — Zarski, Fr.
- — Anschütz (G.), Ail. — Balbreck ainé et fils, Fr.
- — Balles (C.), E.-U.—Caméra Club, Aut. — Curtis et Cameron, E.-U. — Hills Captain E. H. (R. E.), G.-B. — Ilusnik et Hausler, Aut. — Jarret (François), Fr- — Mackenstein (II), Fr. — Otto, Fr. — Pazetti, Ru. — Perutz (Otto), Ail. — Van Monclchoven, Bel. — Watson and sons, G.-B. — Vilim (Jan), Aut. — Annan (T. et R.), G.-B. — Baker Art Jelieny, E.-U. — Bausch and Lomb Optical company, E.-U, — Bernhoeft (Ch), Lux. Bobone (Aug.), Port. — Brogi, It. — Chartier, Marteau frères et Boudin, Fr. — Chicago three colours company, E.-U. — Conservateurs des forêts des Indes, G.-B. — Courret et C°, Pér. — Dechavannes (R.), Fr. — Dimitrief, Ru. — Erdelyi (M.), Hon. — Fischer, Ru. —Franzen (Ch.), Esp.
- — Gomez-Gallardo, Mex. — Ilamndvist (II.), Suède — Hideux, Fr. — Lapres et Lavergne G.-B. — Larsson, Suède — Lemoine (H.), Fr. — Mai et C°, Hon. — Marion (Eug.), Fr. — Marion, Guibout et C°, Fr. — Martin-Sabon (Félix), Fr. — Mendel (Ch.), Fr.— Mercier, Fr. — Mertens etCe, Hon. — Mitsumura, Ja. — Mizuno, Ja. — Pen. rose et C°, G.-B.— Perez (Hernanf), Mexique —
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- un relais d’omnibus a paris (Cirque d’Hiver)
- Envoi de M. Pézénas — 47,320 — G. G. G. pour notre Concours de photographies' documentaires (série)
- Plate (A. W.), G.-B. — Por-tela y C°, Esp. — Rougeron, Vignerot, Demoulin et C°, Fr.
- — Rowlev (Ern.), G.-B. — Royal Alfred Observatorv, G.-B. — Sigriste Guido,Fr.
- — Johnstown (MUo),-E.-U. — Schaarwaechter (J. G.), Ail.
- — Société d’études photographiques, Fr. — Société photographique de Berlin, Ail. — Tochon-Lepage, Fr.
- — Valito, Mex. — Société d’excursions des amateurs de photographie, Fr. — Newman and Guardia, G.-B. — Murer Duroni, It.
- MÉDAILLES D’ARGENT
- Boutique (Aug.), Fr. —
- Chaubaud (Y.), Fr. — Ghe-yajon, Fr. —Clément et Gil-mer, Fr. — Club des photographes amateurs de Prague, Aut. — Derogy (Eug.), Fr. — Gaillard (Edm.), Ail. — Gendraud (Alt.), Fr. — Gouvernement Péruvien, Pér. — Gun-ther (O.), Ali.— Koppe (C.), Ail. — Langhans (J.-
- F. ), Aut. —Leroy (Lucien), Fr. —Langues (D. A.), Fr. — Mandy (Fr.), Rou. —Mareschal (Gabriel), Fr. — Norman (Alb.), G.-B. — Petersen (Peter), Dan. — Raupp (Erwin), Ail.— Rothier fr., Fr. — Société photographique russe, Ru. — Sziacins-ki, Norv. — Tabor photographie company, E.-U. — Bouillaud, Fr. — Brandseph (H.), Ail. — Budtz-Müller, Dan. — Castello Branco E. Ala-bern, Port. — Compagnie française de papiers photographiques « Tambour », Fr. — Detroit photographie company, E.-U. — Fabriques réunies de papiers photographiques, Ail. — Fernique fils, Fr. — Hauff (J.) et C°, Ail. — Klemming(G.), Suède. — Lachenal (Jean), Fr. — Lesueur et Du-cos du Hauron, Fr. — Soarez (Manuel), Guat. — Matuchuvski, Ru. —Petit (Pierre), Fr. —Pringle (A. W.), G.-B. — Saint-Clair (F.), Fr. — Société industrielle et commerciale, Kohler, Ru. — Spit-ta (E.-J.-H.), G.-B. — Stebbing (Ed.), Fr. — Ste-ckel, E.-U. — Topic, lion. — Viditz, Hon. — Widensohler, Ail.— Worm-Petersen, Norv. — American thre colours company, E.-U. — Bell,
- G. -B. — Bohringer, Gr. — Borlinetto, It. — Ca-macho, Port. — Carette (A.), Fr. — Gave, G.-B.
- — Celeslin (Théodore), Fr. — Cochran (Ch.-S), G.-B. — Commission de géographie, Mex. — Davidson, G.-B. — Duplouich, Fr. — Duvau (Raoul), Fr. — Geiser (Jean), Fr. — Giraudon Fr. — Glew (F.-H.), G.-B. —Gueste limited, Fr!
- — Ilallyer, G.-B.— Houdaille, Fr.— Itida (Stota), Jap. — Jafre (Dr), Mex. — Joux Lucien, Fr. — Laurberg (Julia), Dan. — Lemasson (Henri), G.-B. — Lutzel frères, Ail.— Meisenbach company
- limited, G.-B.—Pavie (Aug.), Fr.—Plé (C.), Fr., Requena, Mex. — Schlattmann, Mex. — Schumacher, E.-U. — Scolik (Charles), Aut. — Société anonyme Hélios, Fr. — Torres frères, Mex. — Union photographique française,(Fr. — Yoltz, Bulg. — Watts (W.W.), G.-B. — Vittborg, Ru.
- — Abbayeradjon (Indo-Chine), Fr. — Lamarti-nière (de la), Maroc. — Wœlfel, cap. et serg. Van Casset, Fr. — American Aristo company, E.-U. — Asanuma, Jap. — Autin (Raoul), Fr. — Brenner, E.-U. — Bustamante-Valdés, Mex. — Byrne (W. J.), G.-B.— Cadot (Aug.), Fr.— Car-valho (J.-A.-Pereira), Port. — Detschi, Ru. — Dumont (Aug.), Fr. — Fauvel (Aug.), Fr. — Gillon (Léon), Fr. — Goszleth, Hon. — Grainer, AU. — Grieshaber et Ce, Fr. — Guerry, Fr. — Hachée (Léon), Fr.— Institut royal de photogra-métrie, Ail. — Jaffé (Max), Aut. — Jongh (de) frères, Fr.— Khemelevski, Ru. — Knapp limited, Ail. Lange, Mex. — Larger limited, Fr.— La-vrence,E.-U. —Lefièvre-Coutou, Fr.— Lorillon (Ed), Fr. — Lupercio, Mex. — Marion Guibout, Fr. — Meheux, Fr.— Mendez (Hermann), Mex.
- — Menier (IL), Fr.— Mohr (J.), Dan. — Nepera Chemicot company, E.-U. — Ouvière, Fr. — Pascal et Isparabels, Fr. — Raew, Ru. — Recli (H.), Fr.— Rinehart, E.-U. — Schiras, E.-U. — Setta (V.), Ru. —Sibata (Ikki), Jap. — Société anonyme Ernemann, Ail. — Société du Nord de la Fr., Fr.— Stelisky, Hon. — Suck (Oscar), Ail.
- — Waterhouse manufacturing company, G.-B.— Ansel Seitz, Fr.— Bonassiès, Fr. — Bois (F.-W), G.-B.— Bûcher (ET.), Monaco.— Burthon photographie company, E.-U. — Byron (J.), E.-U. — Charrier, Fr. — Courrier (Albert), Fr.— Cercle luxembourgeois des amateurs photographes Lu.
- — Collectivité américaine néerlandaise,P.-B. —
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- Colombo apolliecariès company, G.-B. — Cora (Gui de), P.-B. — Compagnie française de Photographie, Fr.— David (Jules), Fr.— Defez (Eug.), Fr. — Degen (Edouard), Fr. — Delbosque (Ch.), Fr. — Downer (F.) and sons, G.-B. — Gentil (Ad.), Fr. — Gerschel, Fr. — Giorup (O.-C.), Dan. — Gouvernement de l’Australie occidentale.
- — G.-B. — Gouvernement de la Chine, Chi. — Guitton, Fr.— Halin (F.), Dan.— Harisson frères, Fr.— Hautecœur, Fr.— Hermann (M",e veuve), Fr.
- — Uostalier, Sénégal. — Huillard, Fr. — D’Illin et Jucom, Su. — Laussedat, Fr. — Lazarte, Eq. — Lund, Fr.— Marland, Fr. —Manley (T.), G.-B.— Maria, Fr. — Mateu (J.-M.),Esp. — Menendez y Jaramillo,Eq.— Miles, Cuba. — Moreau (Raph.l, In.-Chi. — Mrozawski (MUo Hélène), Ru. —Neu-haus (Mmo veuve), Ail. — Noal (Emile), Fr. —
- Noirot, Fr.— Norrie (W), G,-B.— Nouv. société phot. Berlin-Steglitz, Ail. — Société anonyme Ernemann, Ail. — Pathé, G° de cinématographe, Fr. — Personnaz (Ant.), Fr. — Poliakolf, Ru. — Prieur-Dubois, Fr. — Razaka, Fr. — Reis (Au-relio da Paz), Port. — Ronchonnai (H.), Fr. — Seccofilm (Société des),‘Ali.— Servier, géographe, Fr.— Société anonyme de photographie, Fr. — Société industrielle de Photographie, Fr. — Sreznevskv, Ru. — Stengel et C°, Bosnie. — Suarez, Cuba — Tackels et C°, Bel. — Vathis (L.) Solon, Fr.— Société anonyme des verreries de la Gare, Fr. — Werner et Sons, G.-B. — Wilz (Georges), Fr.— Wolfsgruberg, Su. — Zipser et Schmidt, Su. — Bloch (Ad.), Fr. —
- (Suite et fin au prochain numéro.)
- Sut* le renforcement
- L’avenir photographique du Pas-de-Calais signale un intéressant article publié par M. E. Vogel, sur le renforcement des plaques, dans le bulletin de l’association belge de photographie :
- L’opinion est généralement répandue que les plaques au gélatino-bromure doivent être lavées très à fond avant de pouvoir être renforcées, pour qu’elles ne jaunissent pas, et dans la plupart des traités, on recommande un lavage d’une demi-heure au moins. Le fait est qu’un lavage aussi prolongé n’est pas nécessaire, à condition que les plaques soient fixées tout à fait à fond et ce ne sont que celles fixées insuffisamment, c’est-à-dire pendant trop peu de temps, qui jaunissent au renforçage. Si l’on fixe dans une quantité suffisante de bain renouvelé fréquemment et qu’on laisse les plaques y séjourner quelques minutes, après qu’elles semblent complètement fixées, un lavage dans l’eau courante pendant cinq ou six minutes suffit amplement avant le renforçage. Ce n’est qu’avec des plaques à couche très épaisse qu’un lavage plus prolongé pourrait être nécessaire.
- Après le blanchiement par le bichlorure de mercure, un lavage de cinq à six minutes est également suffisant pour procéder au renforçage par l’ammoniaque, sans qu’il faille craindre des clichés jaunis. Si cet accident devait se produire quand même, la raison en serait dans le bain de fixage trop affaibli, ou dans un fixage insuffisant, mais nullement à cause du lavage. Si l’on noircit par le sulfite de soude, ce qui est à recommander à cause de la plus grande stabilité donnée à cette méthode, on peut se contenter de laver le cliché blanchi pendant une demi-minute dans de l’eau courante. Il est fort utile de préparer le bain de bichlorure de mercure, en y ajoutant du sel de cuisine. On prend une quantité de sel double de celle de bichlorure, par exemple :
- 20 gr. bichlorure de mercure ;
- 40 — sel de cuisine ;
- 1.000 ce. eau.
- Le sel de cuisine a un double but ; d’abord, il accélère considérablement la dissolution du bichlorure de mercure, qui seul se dissout difficilement dans l’eau froide, ensuite il facilite l’élimination par l’eau du bichlorure en excès, avant le noircissement.
- L’addition du sel de cuisine rend superflue celle du bromure qui a des effets analogues, mais qui est beaucoup plus cher.
- . Il est utile d’acidifier la solution de bichlorure de mercure par l’acide chlorhydrique.
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- On en ajoute goutte par goutte jusqu’à ce que le papier bleu de tournesol change nettement en rouge. Par l’acidification, la solution de bichlorure restera toujours claire, alors que les solutions non acides montrent bientôt un dépôt blanc. Ce dépôt est surtout causé par des vapeurs d’ammoniaque et peut produire des défauts en se fixant sur la couche de gélatine des plaques, d’où l’on ne peut l’enlever que très difficilement.
- De temps en temps, il faut examiner la solution par le papier de tournesol et ajouter, le cas échéant, quelques gouttes d’acide chlorhydrique. Un dépôt blanchâtre est toujours un signe que la solution est devenue alcaline.
- H. W.
- M. E. LAMY
- On annonce la mort de M. E. Lamy, dont le nom est intimement lié au développement de l’industrie des papiers mixtionnés au charbon, et des papiers et toiles sensibles au gélatino-bromure.
- M. Lamy était un travailleur consciencieux et persévérant, un commerçant d’une probité à toute épreuve, aussi la maison qu’il dirigeait jouissait-elle d’une estime générale. Il est à présumer, que sous la direction de M. Maurice Bry, neveu de M. Lamy et depuis dix années son collaborateur, elle continuera à justifier la bonne renommée qu’elle devait aux efforts persévérants de son fondateur.
- Nous sommes heureux de rendre hommage à la mémoire de E. Lamy en publiant les quelques lignes émues qui lui sont consacrées par un témoin de sa vie :
- Pierre-Eléonore-Ernest Lamy était né le 7 décembre 1820, à Triel (Seine-et-Oise). Dans sa jeunesse, le goût des voyages lui avait fait connaître une partie de l’Europe.
- Diverses tentatives commerciales ne lui furent pas favorables; son caractère, correct et conciliant, ne se prêtait pas aux habitudes spéculatives.
- Depuis longtemps il avait utilisé, pour son agrément, les procédés divers de l’invention de Niepce et de Daguerre, et son habileté, ses connaissances en chimie aidèrent ses tentatives.
- Un des premiers, il installa, à Paris, un atelier pour l’édition des photographies stéréoscopiques sur verre; mais, artiste consciencieux, il ne voulut pas faire des œuvres ordinaires et, devant la concurrence d’autres maisons, il préféra cesser cette fabrication.
- Il avait essayé, d’appliquer aux épreuves sur verre le procédé photoglyptique que venait d’imaginer, en 1867, Woodbury. Mais les droits de brevet et certaines autres difficultés lui avaient fait essayer le procédé au charbon, et il réussit le premier, en France, à fabriquer ce papier industriellement.
- Nous avons raconté souvent comment il eut l’idée d’entreprendre la fabrication du papier au gélatino-bromure.
- Un certain Christian Corbassière avait, un jour, en décembre 1879, convoqué les photographes à assister à l’essai d’un papier qu’il venait d’inventer et qui permettrait d’obtenir « même dans une cave », en une heure, cent épreuves positives avec un seul négatif.
- Lamy assista à ces expériences et, sans autre indication, il fabriqua et mit en vente du papier au gélatino-bromure excellent et très rapide.
- Il eut surtout des clients à l’étranger, et ce ne fut que plusieurs années après que d’autres maisons étrangères entreprirent cette fabrication.
- Successivement, il fabriqua tous les genres de papiers photographiques.
- Il publia des notices très complètes sur l’emploi de ces papiers.
- Très loyal et très scrupuleux, il n’hésitait pas à remplacer ce que ses clients ne trouvaient pas conforme à leurs capricieux désirs. Aussi, est-ce une réputation commerciale des plus honorables qu’il laisse, avec ses procédés, à son neveu, Maurice Bry, qui, depuis dix ans, est son dévoué collaborateur.
- Charles Gravier.
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- RECETTES & PROCÉDÉS
- Conservation des papiers
- M. E. Liesegang a démontré que le nitrate d’argent libre, qui se trouve dans les papiers préparés à l’argent, joue le rôle d’un sensibilisateur chimique destiné à absorber le chlore qui, à l’exposition, se dégage du chlorure d’argent; les endroits fortement impressionnés de l’image renferment moins de nitrate d’argent que les parties non impressionnées. Le papier sensible conservé pendant longtemps se colore en brun; cette coloration est due à une réaction qui se produit entre le nitrate d’argent libre contenu dans le papier et la matière organique du papier. Des photocopies non virées, conservées pendant longtemps, montrent que les endroits correspondant aux parties claires de l’image sont fortement colorés au dos du papier et forment un véritable négatif, parce que dans les parties fortement exposées il n’y a plus de nitrate d’argent libre et que la coloration au dos de l’épreuve ne peut se produire.
- S?
- Photocopies invisibles
- Fixer l’épreuve imprimée sur papier albuminé dans une solution d’hyposulfite de soude puis la plonger après lavage dans un
- bain de :
- Bichlorure de mercure ... 16 gr.
- Chlorure d’ammonium ... 2 gr. 5
- Eau...................... 600 cc.
- où elle disparait.
- Pour faire reparaître l’image, il suffit de plonger l’épreuve dans un nouveau bain d’hyposulfite de soude.
- (D’après Photo-Gazette.)
- ♦
- Repiquage des positifs sur papier à la gélatine
- On prend une mauvaise épreuve à la gélatine, et on la trempe dans l’eau pendant quelques minutes. On la place ensuite, sans l’égoutter, sur une plaque métallique chauffée à 60° environ, (par exemple sur le couvercle d’un vase contenant de l’eau chaude), de façon à ramollir la couche. On place sur la même plaque l’épreuve à retoucher mais sèche.
- Avec un pinceau fin, il suffira de prendre sur l’épreuve mouillée et dans un endroit convenablement choisi, la gélatine ramollie et contenant les particules d’argent en suspension, pour la reporter ensuite aux points à retoucher sur l’autre épreuve. Ce mode de retouche présente l’avantage que les points retouchés sont identiques au reste de l’épreuve et se conserveront par suite, delà même façon que le reste.
- On a proposé toutes sortes de moyens d’utiliser les clichés manqués, mais il est rarement question des épreuves qui sont dans le même cas : or voici un mode d’utilisation qui a certainement son intérêt.
- (Photo-Revue)
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- Pâte à dégrader
- M. A. Blanc signale les avantages d’une pâte photographique à dégrader, dont il indique la recette en disant qu’elle est formée d’un mélange de glycérine, d’ocre ou de terre de Sienne qui doit être malaxé avec la glycérine, de façon à former avec elle une crème très épaisse. En faisant dissoudre d’abord dans la glycérine un peu de fuschine, on donne à cette pâte une teinte acajou foncé encore préférable.
- Cette pâte s’étend sur le côté verre du cliché avec un pinceau un peu raide. (Bien lisser la couche). Avec une estompe, qu’on essuie à mesure qu’elle se salit, on délimite ensuite plus exactement les contours des parties protégées par la pâle.
- Appliquée sur la glace forte du châssis-presse, la pâte photographique de M. A. Blanc sert aussi à faire des réserves qu’on peut supprimer au cours du tirage quand l’effet cherché est obtenu.
- Ne séchant pas, la pâte s’enlève enfin avec la plus grande facilité avec un tampon de linge et n’altère point la glace qu’elle contribuerait plutôt au contraire à polir davantage. *
- La lumière rouge au point de vue de l’inactinisme
- Il arrive parfois, dit notre confrère Photo-Revue, d’après Photographisches Wochen-blatt, que la lumière rouge des lanternes de
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
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- laboratoire n’est pas complètement inacti-nique. Le speetroseope étant un appareil d’un prix relativement élevé, il est bon de pouvoir examiner la lumière rouge d’une manière plus simple et à la portée de toutes les bourses.
- On se sert pour arriver à ce but d’un verre teinté bleu sur lequel on coule une solution de gélatine colorée en bleu de Nil, par l’addition de 1 gr. de cette matière colorante pour 500 cc. de liquide.
- La couleur doit être d’un bleu très prononcé mais suffisamment transparente pour qu’à la lumière du jour on puisse, au travers, distinguer les objets.
- On colle alors sur le côté verre une feuille de papier à aiguilles sur laquelle on a piqué une lettre de l’alphabet ou tout autre signe,
- au moyen d’une aiguille de 1 millimètre de diamètre.
- En regardant la lumière rouge à travers l’écran ainsi obtenu, la lettre doit demeurer invisible, le verre bleu absorbant les rayons rouges, et le bleu de Nil les rayons jaunes et orange.
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- Lorsque ce vernis est préparé, on réchauffe sur une lampe à alcool le verre dépoli, de manière à faire fondre le vernis même, et on le frotte ensuite avec du drap.
- (Photo-Gazette).
- La PMraalie flans le domaine jilclalre
- Le journal La Loi publie une décision rendue par le Tribunal de Coulommiers qui intéresse la photographie, au point de vue du droit qu’on peut avoir de faire photographier des pièces déposées chez un notaire, afin d’en faire des pièces authentiques pour un procès. Comme en pareille matière la précision est très nécessaire pour la jurisprudence à invoquer, nous reproduisons in-cxienso les considérant du jugement dont il s’agit :
- « Le Tribunal,
- « Attendu que sur une demande formée par Griolteray contre la dame Lefèvre, en nullité d’un testament olographe, en date, à Faremoutiers, du 4 août 1888, portant la signature Lange, il est intervenu, le 21 avril 1899, un jugement du Tribunal de Coulommiers ordonnant que, par trois experts commis d’office, il serait procédé à l’examen de l’écriture et de la signature dudit testament;
- « Attendu que les experts ont déposé leur rapport au greffe du Tribunal, le 25 novembre 1899 ;
- « Attendu que la dame Lefèvre demande qu’il soit procédé à la reproduction photographique, tant du testament déposé au greffe du Tribunal, que des pièces de comparaison qui se trouvent au rang des minutes de Me Martine, notaire à Faremoutiers ;
- « Attendu que cette reproduction est de nature à faciliter l’examen du rapport, ainsique la discussion et le jugement de l’affaire;
- « Attendu que Griotleray objecte que les pièces de comparaison sont des actes notariés concernant des tiers étrangers aux débats, et que la mesure sollicitée aurait l’inconvénient de donner une certaine publicité aux conventions intervenues entre eux et la dame Lange;
- « Mais, attendu que la seule partie intéressante de ces actes étant celle qui contient la signature de la dame Lange, il suffira de reproduire uniquement celle portée et qu’ainsi les intérêts des tiers seront absolument sauvegardés;
- « Attendu que le nombre des vingt-cinq exemplaires de chaque épreuve est excessif et qu'il suffira pour les besoins de la cause qu’il en soil tiré douze.
- « Par ces motifs.
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- « Dit que par les soins des époux Lefèvre, il sera, par M. Pector, demeurant à Paris, rue Lincoln, 9, qui prêtera serment, pris photographie du testament de la veuve Lange et des pièces de comparaison versées aux débats et déposées aux minutes de Me Martine;
- « Dit, en ce qui concerne les pièces de comparaison, que le photographe devra prendre les mesures nécessaires pour que la signature seule de la dame Lange soit reproduite;
- « Dit que l’opération photographique aura lieu pour le testament, au greffe, en présence de M. le greffier en chef et pour les pièces de comparaison, en l’étude de Me Martine et en sa présence sans dessaisissement des minutes;
- « Dit qu’il sera tiré douze exemplaires de chaque épreuve, et qu’après ce tirage les clichés seront brisés par le photographe, que le greffier et le notaire apposeront leur signature sur les douze exemplaires pour certifier qu’ils sont le résultat de l’opération effectuée en leur présence. »
- es Nouveautés photographiques
- Parmi les nouveautés que renferme la classe XII à l’Exposition universelle, une des plus intéressantes assurément est celle qu’expose M. Bouillaud, son inventeur, sous le nom de xxe siècle, appareil à lumière artificielle, et avec lequel M. A. Courrier, son distingué représentant et seul concessionnaire à Paris, a exécuté les admirables portraits d’enfants, extraordinaires épreuves directes en 50X60, exposées malheureusement dans un tout petit coin où il faut savoir les découvrir pour les admirer comme elles le méritent. (Nous ne croyons pas pourtant que cet emplacement si défavorisé ait été laissé à M. A. Courrier à plus bas prix que les emplacements les meilleurs de la Classe?...)
- M. A. Bouillaud, de Mâcon, est un de nos meilleurs photographes de province, et son appareil d'éclairage témoigne de sa valeur personnelle de la façon la plus évidente, car les résultats « artistiques » et pratiques qu’il permet d’obtenir à coup sûr, marquent la persévérante et savante recherche à laquelle il a dû s’appliquer pour le réaliser.
- Si nous nous reportons en effet aux splendides épreuves que M. A. Courrier a pu faire avec le secours de cet appareil d’éclairage, et que nous signalons plus haut, nous constatons qu’il paraît, seul, avoir, aussi bien en France qu’à l’étranger, produit par l’éclairage aux lumières artificielles des portraits de pareille dimension, qui non seulement égalent mais encore surpassent de beaucoup sous tous les rapports ce qu’on aurait pu faire de mieux dans ce genre à la lumière du jour.
- Après cinq années d’études suivies, M. Bouillaud est arrivé à faire de son appareil un véritable instrument avec lequel il produit et distribue la lumière à son gré, comme s’il l’avait littéralement dans la main. Aussi les insuccès ne sont-ils plus possibles pour lui ainsi que pour tous ceux qui savent employer judicieusement et artistement le xxe siècle. — La netteté, la douceur, l’harmonie des éclairages fournis par ces appareils sont tout à fait captivantes, caron donne où l’on veut et sous tous les angles désirables les intensités lumineuses les plus graduées.
- Dès qu’on a fait quelques essais avec cet instrument et qu’on en a bien compris le jeu si simple et si varié, il n’y a plus de clichés trop ou trop peu posés à craindre. Une instantanéité absolue permet de supprimer l’appuie-tête, cet outil si déplorable, qui ne figurera plus sans doute à l’avenir que dans les collections des instruments de torture. A l’avenir on ne risquera plus d’aller étouffer dans une cage vitrée, sous les combles, en été, ni d’y geler en hiver pour avoir son portrait. Pour la même raison, les ateliers vitrés actuels, si peu élégants, sont de même appelés à disparaître, comme le collodion a disparu, délaissé pour le gélatinobromure.
- Vers la fin de 1899, au moment où tous les exposants se préoccupaient de figurer dignement dans le grand tournoi de 1900, MM. Bouillaud et Courrier firent une demande à l’Administration pour obtenir l’autorisation d’installer, dans la classe XII, un atelier XXe siècle
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- où ils auraient pu démontrer aux professionnels et aux amateurs comment cet appareil fonctionne et quels merveilleux avantages il présente, surtout avec les poudres éclairs Zirconia et le révélateur Crésophénol qui complètent l’appareil pour la façon dont ils ajoutent à ses résultats. Or, la réponse attendue de l’Administration à cette demande... est encore à parvenir. On n’a décidément rien négligé pour retirer tout espèce d’attrait par la démonstration à cette malheureuse Classe XII !
- Aussi ne peut-on être très surpris de voir cette belle nouveauté récompensée seulement par une médaille d’argent, lorsqu’elle méritait au moins une médaille d’or. Comment l’au-rait-on bien appréciée puisqu’on n’a pu la voir fonctionner? !
- Nous croyons devoir informer nos lecteurs que par suite de départ, de maladie ou occupations, certains professeurs des associations philotechniques et polytechniques ne pourront faire cette année les cours de Photographie qui ont lieu de 8 heures 1/2 à 10 heures du soir, de fin Octobre à Mars. Ces associations) surtout la première, accueilleront donc favorablement, jusqu’à concurrence des places disponibles, les demandes qui leur seront adressées.
- CoFFespotidanee
- Paris, le 2 septembre 1900.
- Monsieur le Directeur,
- Nous lisons dans le bulletin du 1er septembre de la Photographie française, que vous proposez d’insérer dans votre prochain numéro, un compte-rendu sur les expositions de divers exposants parmi lesquels nous voyons agréablement figurer notre nom.
- Nous craignons, cher Monsieur, que la tâche soit réellement trop difficile pour vous, en ce qui nous concerne, aussi nous permettons-nous de venir à votre secours. Depuis le 8 mai il existe, à la classe XII, une vitrine inachevée, vide, brisée en parties et dont le fronton a été enlevé et mis aux débarras, sur les ordres du Comité à seule fin qu’on ne puisse voir le nom qui y figurait; mais une simple carte de visite piquée par nos soins, dans l’intérieur de cette vitrine, peut seule vous indiquer que là, il s’agit de l’exposition de la Maison Derepas Frères. La cause de ce fait, la voici :
- Le 6 novembre 1899, le Comité d’organisation envoyait à chaque exposant un duplicata de demande d’exposer, en priant d’indiquer un minimum et un maximum d’emplacement; le dernier paragraphe de cette circulaire portait : Payable moitié 15 décembre et moitié 15 mars. — Nous remplissions cette demande en prenant le soin d’annuler le dernier paragraphe, pour mettre à la place : « Payable entièrement le jour où le Comité nous soumettra un emplacement. »
- Le 15 décembre, néanmoins, une banque présente en paiement, à notre caisse, une traite que nous refusons avec la mention : « Pas d’accord. »
- Le 15 février, le Comité veut bien nous honorer d’une réponse, nous disant que, si nous ne faisions pas face au paiement demandé, il disposerait de l’emplacement que nous demandions.
- Moralité. — « Payez d’abord, quant à ce que nous vous donnerons, ceci est le moindre de nos soucis. »
- Nous demandons alors à l’Administration quel était l’article du règlement qui donnait pouvoir, à un Comité d’organisation, d’exclure un exposant ; cette dernière voulut bien écouter nos doléances et le 25 février, elle mit le Comité en devoir de nous donner satisfaction. — Le 25 février, enfin la Commission permanente nous soumit un emplacement au point 3 du plan de la classe XII. « Plan définitif qui a été publié par divers organes », nous acceptons cet emplacement et payons le terrain nu, prix convenu 400 francs. — Quant à la disposition de notre exposition, le Comité nous informait d’avoir à nous mettre en rapport avec M. Godefroy, architecte de la classe, afin que la construction de notre meuble ait un caractère concordant avec la partie décorative de la Classe. — Cet architecte établit un plan et nous présenta un devis de 1800 francs, pour nous fournir ce meuble en location; devant
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- ses prétentions exorbitantes, nous lui demandions le prix du meuble pour nous en rendre propriétaires, ce à quoi il nous répondit : « Que l’entrepreneur louait, mais ne vendait pas. »
- Dans ces conditions, nous nous décidions à faire exécuter notre meuble par un ébéniste et nous demandions à l’architecte en question, ce que nous lui devions pour l’exécution de son plan. Réponse : « Absolument rien, M. Derepas; ce plan vous est imposé en quelque sorte par le Comité dont je suis l’exécutif en la matière et les frais incombent au Comité. » Remerciements.
- Nous faisons établir le meuble, pour lequel nous réclamons à notre ébéniste, tous les soins possibles, coût 1700 francs en propriété.
- Le 8 mai, l’ébéniste vient le mettre en place au point 3 indiqué et en présence précisément de deux membres du Comité, qui ne tarissaient pas d’éloges à notre égard, pour notre bon goût, etc., etc. L’installation n’ayant pas pu être terminée le même jour, les ouvriers revinrent le lendemain, mais quelle ne fût pas leur stupéfaction en ne voyant plus le meuble au point où ils l’avaient monté ; ils le cherchent et le trouvent transporté à l’autre bout de la Classe, et brisé en parties. «Voilà à quoi on s’expose en ne voulant pas louer un meuble 1800 francs, quand on peut le faire établir en propriété pour 1700 francs. »
- Nous adressons immédiatement, réclamations sur réclamations au Président, au Secrétaire du Comité, à l’Administration même, rien; la consigne est la même et est bien observée par tous : « Pas de réponse. »
- Le temps passe, les installations s’achèvent, le jury commence ses opérations, puis les terminent; la distribution des récompenses a lieu et notre meuble est toujours dans le même état depuis le 10 mai. — Enfin le 24 août, le Secrétaire du Comité prend la peine de nous écrire en nous offrant la somme de cent francs à titre de dédommagement pour le forfait qui avait été commis depuis plus de trois mois; sous condition que l’acceptation, sans réserves de notre part, mettra le Comité à l'abri de toutes réclamations ultérieures et de quelque nature que ce soit. »
- Ventre affamé n’a pas d’oreilles « dit le proverbe » nous le savons, mais en réalité, les membres du Comité ont eu la reconnaissance du ventre, car s’ils ont négligé de s’occuper de nos réclamations depuis le 10 mai jusqu’au 24 août, période pendant laquelle la soif des honneurs battait son plein et était chose beaucoup plus intéressante que de s’inquiéter des intérêts propres des exposants; il nous faut cependant reconnaître que, lorsque le calme a été rétabli et distribuée la « manne » promise, ils se sont souvenus qu’il existait un exposant attendant depuis trois mois une solution pour son installation, et alors ils se sont empressés, le 2k août, de nous olTrir cent francs de dédommagement.
- Ce Comité a cependant un peu droit aux remerciements de ses mandataires et nous devons constater qu’il est réellement passé maître en l’art de soutenirles intérêts qui lui ont été confiés, car en nous faisant la largesse de nous offrir cent francs, il trouvait en même temps le moyen très ingénieux mais peu scrupuleux de les faire rentrer dans la caisse par un autre côté et pour ce faire, le 26 août, deux jours après l’offre du Comité, l’Architecte nous adressait la note ci-dessous :
- Note des honoraires dus par MM. Derepas frères, à M. J. Godefroy, architecte, 22, rue de l’Odéon, Paris.
- travaux exécutés a l’exposition. — Classe XII
- Dessin d’un meuble en chêne de 1800 francs.
- A raison de 7 0/0.........Net. 100 francs. Cent francs.
- Paris le 1er septembre 1900.
- (Signature)
- Quoique ce même architecte ait déclaré, au mois de mars, que nous ne lui devions absolument rien pour le plan auquel nous astreignait le Comité, nous devons vous dire que nous nous sommes empressés de lui solder de suite les cent francs qu’il réclamait, mais quant à accepter l’aumône de ce Comité,... vous nous voyez sourire !
- Permeltez-nous, Monsieur le Directeur, de clore ici l’exposé absolument sincère et véridique de la situation qui nous a été faite à la Classe XII par ce Comité d’organisation, qui serait mieux dénommé de désorganisation, e,n vous priant instamment de l’insérer in-extenso dans le prochain numéro de la Photographie française.
- Recevez, etc.
- Derepas frères.
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- Une nouvelle Fabrique : IiettFes ouvertes
- Sous cette nouvelle rubrique nous insérerons désormais toutes les demandes et réponses sans caractère privé, toutes les lettres ou communications très résumées qui nous seront adressées et qui, n’ayant pas une extrême urgence, pourront subir sans inconvénient les retards de la périodicité de notre organe.
- Marcel Fellat, Limoges. — Envoyez votre article, nous ne pourrons vous dire s’il est insérable qu’après l’avoir examiné. (Direction.)
- E. Lagache, Lyon. — Votre article est trop lon^ d’une page. Nous n’avons pas voulu vous faire de coupures cette fois, mais veuillez faire un peu plus court à l’avenir.
- F. C. M., Orléans. — Demande si un amateur a fait une série de vues à peu près complètes des rives de la Seine, de Rouen au Havre et de Paris à Rouen.
- Louis XIV, Paris. — Demande quels ont été les Congrès photographiques de cette année et si les comptes-rendus de ces Congrès sont actuellement publiés.
- E. C., Morlaix. — J’ai commandé à Bruxelles des marchandises qu’on devait m’envoyer et qui ne me sont jamais parvenues. J’ai payé, par avance, 40 francs pour ces marchandises, et je ne puis obtenir ni l’objet de ma commande, ni le remboursement de mes 40 francs, malgré plusieurs lettres de réclamations. — Comment puis-je me faire rendre justice?
- L. L. B., Melun. — Merci de votre réponse cordiale. Le projet est décidément si bien accueilli que je le mets à exécution. L’article Ploumana’ch de ce numéro en esbla première manifestation. Faites-moi savoir si vous avez reçu votre carte envoyée hier. — L. G.
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