La photographie française
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- 12e ANNÉE.
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- Médaillés aux Expositions Universelles de Bruxelles 1897 et Paris 1900.
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- La Photographie Française sera éditée par les soins de M. Gastine, directeur de la Revue.
- Tous les services du Journal seront centralisés à son adresse.
- Les abonnements, renouvellements, commandes, réassortiments, ordres de publicité devront donc être adressés à
- M. Louis GASTINE
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- Photographie Française
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- Organe officiel de la Chambre syndicale des fabricants et négociants en Appareils et produits photographiques et de la
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- SOMMAIRE :
- Excelsior, par L. Gastine................. 251
- L’Art photographique à l’Exposition de 1900, par JV1. Louis Bordât (suite et fin). 253
- A travers les périodiques................. 259
- L'Éclairage du laboratoire, par M. Le-PRISME................................... 260
- Recettes et procédés..................... 265
- Les Nouveautés photographiques. — Le
- papier Pan............................ 266
- La Classe XII (Photographie) à l’Exposition de 1900 (suite et fin)............. 266
- Congrès des Sociétés savantes de 1901. . . 270
- E*eelsioi*
- La clôture de l’Exposition Universelle ne précède que de peu de semaines celle de 1900. Bientôt nous entrerons dans un siècle tout neuf, plus paisiblement que nos grands parents il y a cent ans mais avec moins d’héroïsme aussi, car le désintéressement ne fait pas prime par « le temps qui court » !
- A défaut d’élans généreux, on s’efforce d’avoir des idées nouvelles : Art nouveau, esprit nouveau, tout est à la nouveauté... une nouveauté fiévreuse et forcée, qui n’est pas toujours synonyme d’amélioration !...
- Nous ne péchons point par excès de tradi-tionisme, nos lecteurs le savent ; néanmoins, pour inaugurer le XXe siècle, nous ne changerons ni notre format, ni notre papier, ni rien de ce qui caractérise La Photographie Française. Le prix de l’abonnement ne sera même pas augmenté, — ce qui serait pourtant bien dans la donnée d’avidité « moderne » !
- Nous nous contenterons de faire progresser dans le sens le moins révolutionnaire mais le plus actif cette publication, heureuse de resserrer chaque jour davantage les liens de sympathie qui l’unissent à ses lecteurs.
- La Photographie Française doit à la plupart de ceux-ci et à ses abonnés en particulier, ses plus grandes améliorations ; aussi leur en est-elle reconnaissante en s’efforçant de toujours mieux faire et c’est ainsi qu’elle vient de
- PORTRAIT RE NIARINZHE la petite indigène M’Fan que l’explorateur Crampbel avait dû épouser dans son avant dernier voyage en Afrique et qui a été retrouvée par la mission Foureau-Lamy parmi les femmes captives de Kabah.
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- s’assurer le concours d’une précieuse série de collaborateurs dont on appréciera le mérite et le zèle.
- Il est parmi ces dévoués auxiliaires plus d’une haute personnalité qu’on verra trop modestement se dérober sous le voile du pseudonyme... et, bien qu’indiscret par devoir professionnel nous ne pourrons nous permettre de le soulever. Mais, à la valeur de leurs travaux les maîtres se feront connaître, comme dit le poète, et la qualité manifeste des concours dont il s’agit aura plus do portée pratique que le prestige du nom, car en matière de photographie le positif, le précis est la seule monnaie ayant cours.
- Grâce à ces concours, déclarés ou anonymes mais toujours dévoués, nous pourrons suivre mieux que jusqu’à ce jour des questions tendant à devenir sans cesse d’intérêt plus général comme celle de la photographie en couleurs par exemple, si travaillée depuis deux ou trois ans seulement !
- Aux illustrations de La Photographie Française, des soins correspondants vont nous permettre aussi d’apporter de grands progrès ; on pourra le constater, comme pour le texte, dès le présent numéro.
- Mais que nos lecteurs nous aident encore en nous faisant part de ce qui leur convient et de ce qui leur déplaît. Il n’y a pas de meilleur moyen de nous aider à les satisfaire.
- Qu’ils ne craignent point de nous écrire pour nous exprimer leur sentiment. Nous ne serons jamais en communication trop suivie avec eux ; ce que nous désirons surtout c’est que La Photographie Française soit leur organe dans la plus large acception de ce mot.
- L. Gastine.
- LE PLATRIER
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- N° 36. - Ier DÉCEMBRE I9OO.
- REPRODUCTION PHOTOGRAPHIQUE
- EN TROIS COULEURS
- PHOTOG., GRAV. ET IMP. PRIEUR ET DUBOIS, PUTEAUX-S/-SEINE.
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- La belle planche hors texte en couleurs qui orne ce numéro de La Photographie Française et que nous sommes heureux d'offrir en supplément à nos lecteurs est une reproduction photographique directe du COQ de Couturier, exécutée par le procédé des trois monochromes fondamentaux imaginé par Ducos du Hauron.
- Elle a été exécutée dans les ateliers de photogravure et d’impression de MM. PRIEUR & DUBOIS à Puteaux-sur-Seine, dont nous avons parlé récemment à propos de VExposition de 1900.
- La beauté exceptionnelle de ce tirage en trois couleurs fait trop hautement l’éloge de la maison PRIEUR & DUBOIS pour qu’il nous reste à dire quoi que ce soit en sa faveur.
- Il suffit, en effet, d'examiner consciencieusement l’exécution hors ligne de cette planche pour être obligé de reconnaître que rien de comparable n’est sorti d’aucun atelier similaire.
- h’M photographique à l’Exposition de 1900
- Messieurs les photographes professionnels forment une catégorie à part qu’il nous est impossible de bien juger parce que nous ne sommes pas du métier-, nous nous empressons de le déclarer.
- Il semble, de prime abord, que l’exécution industrielle du portrait photographique n’est qu’une question de ressemblance et d’art et que n’importe quel amateur est autorisé à s'ériger en juge du talent de tel ou tel professionnel... mais c’est là une profonde erreur.
- Il suffirait d’avoir lu les pittoresques confidences faites avec tant d’esprit par le roi des professionels : Nadar père « et d’y avoir réfléchi » pour comprendre que l’art et la sincérité sont deux choses que les exigences de la clientèle excluent dans la majeure partie des cas. Les galanteries de la retouche et les lois de la mode, deux considérations primordiales qu’on rencontre aussi bien chez l’homme que chez la femme, s’opposent absolument à la vérité et à l’art en matière de portraits faits sur commande et payés parle client.
- Nous savons cela... mais ce que nous ne savons pas assez c’est dans quelle mesure le professionnel peut s’évader de cette geôle formée parle goût (?!) du public. Nous prions donc ici MM. les professionnels de nous excuser si nous ne considérons pas leurs envois en nous plaçant à leur point de vue mais seulement au point de vue artistique, — lequel, répétons le encore une fois, n’est pas le vrai point de vue à choisir en pareille matière.
- Pour nous, amateur, artiste, ce sont par exemple les œuvres des professionnels comme Nadar père, Otto, Bellingard qui dominent de beaucoup celles de leurs confrères et les prouesses de retouche dont témoignent les envois de M. Stebbing ou d’exécution comme le fameux agrandissement de M. Zarski ne nous émeuvent assurément pas assez. Elles nous choqueraient plutôt au contraire.
- Du reste, entre le modèle et sa reproduction il y a, en matière de photographie professionnelle un tel abîme, — et c’est là Part tout spécial de ces spécialistes, — art ingrat s’il en fut! —qu’il serait difficile d’esquisser une opinion sans risquer de dire de grosses bêtises.
- Ne parlons donc ni de Boyer, ni de Gerschel, ni deLadrey, ni de Liébert, ni de Pierre Petit ; prions franchement les plus estimés de ces méritants, qu’ils se nomment Pirou, Val-lois, ou Desbois, d’excuser notre silence et disons seulement en passant qu’il nous faut faire une toute petite exception pour l’un d’entre eux.
- Celui-là nous montre, en effet, des personnalités dramatiques comme Mme Réjane dont nous connaissons trop la physionomie pour ne pas déplorer qu’elle ait perdu à la repro-
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- UN INCIDENT SENSATIONNEL (côté face)
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- duction la majeure partie de son caractère. De tels modèles méritaient mieux que l’uniformisation si banale convenant à la clientèle ordinaire; ils ne réclamaient assurément poin cette unification outrancière dans l’odieux « joli », si crispant, que nous leur retrouvons là e nous les plaignons de n’avoir pas fait le sacrifice d’une petite visite à l’atelier d’un illustre « ancêtre » qui ne les aurait pas vulgarisé comme cela.
- L’un des grands mérites d’0«o,que nous citions plus haut, est justement délaisser à sa belle clientèle, en dépit des retouches nécessaires, le caractère aristocratique qu’elle possède à si haut point.
- Ses portraits en pied sanguine et ses groupes d’enfants sont à cet égard des modèles d’exactitude et de bon goût. Tout en devenant à point jeune et charmante comme elle doit l’être, la grande dame reste sur ses épreuves « la grande dame » et ce n'est pas seulement une question de retouche et d’éclairage c’est aussi et surtout la conséquence de la pose, de l’arrangement en un mot de la « compréhension » du sujet, cette qualité maîtresse queNadar père a toujours eu si marquée.
- Adam Salomon, d’illustre mémoire, l’avait aussi... mais celui là ne ressemblait guère aux professionnels d’aujourd'hui.
- Il est vrai qu’il avait été sculpteur avant d’être photographe, comme Nadar, est artiste encore plus que professionnel et la valeur spéciale d’Otto lui vient assurément, de même, de ce qu’il est, lui encore, artiste au plus haut point.
- Ne faudrait-il pas faire, en effet, un petit stage aux Beaux-Arts avant d’aborder la chambre noire? Je dirais à cet égard des choses très révolutionnaires si je ne craignais pas d’indisposer inutilement les plus accrédités représentants de la photographie professionnelle.. Restons en donc là!
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- Dans un genre professionnel spécial, la photographie des groupes, les frères de Jongh se sont fait une place à part dont il faut les féliciter. Rien n’est plus pénible que ce genre de travail en fait de portraits : c’est comme le galère du métier et nous admirons vraiment la constance qu’il faut avoir pour se spécialiser avec éclat dans cette branche si décevante?
- Des splendides reproductions de Braün et de Neurdein il n’y a aucune analyse à faire, mais à côté de ces maisons maîtresses, quelques autres spécialistes analogues ont accompli le tour de force peu banal de se faire remarquer à leur avantage. Les envois de M. J. M. Ca-
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- nellas par exemple, et ceux de M. Leroy fils, successeur de Mieusement, sans parler des belles reproductions artistiques de M. Rothier de Reims forcent à l’attention... ce qui est tout dire!
- Dans un genre plus particulier encore, la maison Fernique et la maison Chevojon se font non moins remarquer et M. Henri Garnier avec ses reproductions en valeurs exactes de tableaux et de sculptures s’est fait attribuer d’emblée, pour son début, une médaille de bronze qui ne récompense pas assez ses efforts si triomphants.
- Bien que cela nous sorte un peu de la série des photographes professionnels, ne quittons pas le dépotoir où les brillants débuts de M. Henri Garnier nous ont arrêté sans dire quelques mots de la Société industrielle de Photographie que dirige avec tant de bonheur dans une voie toute nouvelle M. Chêne, l’ancien associé de la maison Chêne et Longuet.
- La Société industrielle de photographie est, croyons-nous, la première maison créée en France pour produire mécaniquement des épreuves photographiques réelles. Ses reproductions sur papier au gélatino-bromure sans fin sont de véritables merveilles, et si ce procédé n’est pas encore tout à fait vulgarisé, cela ne tient qu’au prix de revient relativement élevé de ces tirages spéciaux. Mais ils se répandent pourtant chaque jour davantage et nous avions à cœur de les mentionner parce qu’en outre de leur importance industrielle très considérable déjà ils contribueront puissamment, par leur perfection, à épurer le goût artistique du grand public.
- Les beaux envois de M. Moreau frères, qui ne sont pas assez remarqués, ceux de la la maison Giraudon et les beaux tirages au charbon des frères Harrisson méritent aussi une mention spéciale.
- Mais le « Salon » de la maison Rlock jure au milieu des belles expositions qui l’entourent par la nature de ce qu’il expose. Ses deux stéréoscopes automatiques, — qui rendent l’argent et font bien, car l’article après examen a certainement cessé de plaire, — sont indignes d’une exposition sérieuse.
- Au début de l’exposition, ce salon contenait des « légèretés » qui sont une des principales spécialités de la maison Block et se décorent à tort du titre de « nos monoaines ». Mieux inspirée ou peut-être avertie de la nécessité de les faire disparaître, cette maison les a retirées. C’est presque regrettable car elles faisaient un plaisant contraste avec divers autres sujets plutôt sévères et montraient jusqu’où peut aller le manque de tact et la maladresse humaine.
- Les vues sur verre qu’il a fallu placer dans la classe XII auprès des baies où elles étaient éclairées convenablement, mélangent les professionnels et les amateurs; nous établirons néanmoins une distinction entre eux.
- Dans un modeste cadre la maison Vitroy expose un ensemble de vues de projections très réussies
- mais l’immense T" —'
- vitrail de la mai- . g
- son Lévy et fils
- qui occupe toute une des vastes baies de la classe XII attire surtout l’attention « et la retient » dès qu’on prend la peine de l’examiner avec soin.
- Sicettemai-
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- son a fait grand, elle y était autorisée par la valeur réelle de ses productions, de telle sorte que si l’on est d’abord prévenu contre elle pour l’étendue de la surface occupée, quand on l’aborde avec un esprit de critique déterminé, il faut reconnaître qu’elle justifie pleinement cette grande surface par la qualité de ce qu’elle renferme. Mais si la maison Lévy fils a donné cette grande importance à sa manifestation, c’est aussi parce qu’elle le devait au beau passé qu’elle peut invoquer en sa faveur. C’est en effet une des plus anciennes maisons de photographie existant en France. Elle est médaillée depuis la première grande exposition universelle de Londres et celle de 1900 vient de lui attribuer une médaille d’or.
- A l’époque où M. Lévy père prit la direction de la maison, elle ne possédait guère que 3.500 à 4.000 clichés stéréoscopiques, tandis qu’elle compte aujourd’hui plus de 40.000 sujets dans tous les genres; ce qui donne la mesure de l’énorme effort de production réalisé par elle dans cette remarquable direction. Actuellement encore, des opérateurs constamment en voyage, récoltent d’un bout à l’autre du monde de nouvelles moissons de vues de toutes provenances pour enrichir son fonds, qui comprend, en outre, soit aux sels d’argent, soit au charbon une énorme collection de reproductions sur papier des principales œuvres des musées du monde entier.
- Près de cent ouvriers sont occupés sans relâche par cette grande industrie pour ses éditions nouvelles et le renouvellement du fond courant; ce chiffre seul suffirait pour indiquer l’importance de la maison et démontrer qu’en résumé sa surface n’a rien d’exagéré, au contraire.
- Dans la même application spéciale, en tête des expositions d’amateurs, brille l’admirable série envoyée par M. Boutique, de Douai, dont le panneau a été relégué bien à tort dans le dépotoir ou labyrinthe de petits couloirs formant l’angle de la classe XII.
- A ce panneau, le comité se devait de réserver une place d’honneur et l’on ne conçoit point comment il a négligé de faire ressortir, au plus grand profit de la classe, ce véritable clou de la section.
- Tous les genres, dans les formats possibles en vue sur verre, sont représentés dans ce cadre de M. Boutique par des positifs si remarquables qu’il est vraiment impossible d’en désigner quelques clichés de préférence à d’autres. C’est un ensemble sans aucune faiblesse et le « bloc » tout entier s’impose à l’admiration.
- Contre le panneau de M. Boutique, celui de M. Rouchonnat semble un défi tant il.se maintient bien à la hauteur d’un aussi redoutable voisinage. On va de l’un à l’autre... et si des préférences personnelles peuvent être indiquées au profit de celui-ci où de celui-là, aucune comparaison désavantageuse n’est formulable.
- Loin de ces deux Maîtres, dans toute la force du terme, le grand panneau où M. Henri Menier expose une collection non moins admirable de vues de projection, ne permet plus aussi facilement d’apporter un troisième facteur de comparaison dans la catégorie des vues sur verre d’amateur, et l’on en est presque heureux car on serait vraiment embarrassé d’avoir à décider si ce troisième exposant était aussi directement en parallèle avec les deux précédents.
- Là comme dans les panneaux de MM. Boutique et Rouchonnat tout est encore hors ligne; on ne voitpas la moindre critique à faire... si pourtant : un petit reproche concernant la modestie de l’exposant qui s’est contenté de placer au milieu du cadre un dépoli, de même dimension que toutes les vues, portant son nom inscrit en caractères de cartes de visites.
- C’est comme « le nez au milieu du visage » cela devrait frapper tout d’abord mais c’est aussi comme la « lettre volée » d’Edgar Poë qu’on ne trouvait point parce qu’elle était trop peu cachée, et nous avons passé plusieurs fois devant le cadre sans voir cette carte de visite sur verre, de telle sorte que si nous n’y avions pas mis une certaine persistance nous ignorerions encore quel est l’auteur de tant de vues si belles et si bien prises.
- *
- Parmi les amateurs pour les autres envois de toutes natures, la sélection du Photo-Club de Paris triomphe d’une façon éclatante et tout à fait magistrale pour bien des exposants.
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- LA SORTIE DE L’ÉCOLE
- Cliché de M. Mayet, lauréat du Concours d'instantanées de Lu Photographie Française.
- Nous n'avons plus ici malheureusement le loisir de consacrer à cette association le compte rendu critique qu’elle mérite, mais elle nous a bien démontré : que la photographie comprise ainsi appelle une étude raisonnée comme celles que nous avons consacrées autrefois aux salons de peinture et de sculpture annuels quand nous faisions de la critique d’art dans les grands quotidiens.
- En conséquence, puisque le directeur de La Photographie Française veut bien nous accorder la faveur de traiter les questions d’art photographique, nous
- consacrerons au prochain Salon du Photo-Club de Paris une étude tout à fait sérieuse comme celles que méritent si bien les œuvres de ses sociétaires.
- Pour cette fois, que ceux-ci veuillent bien nous excuser de mentionner, comme dans un vulgaire procès-verbal, les choses les plus remarquables à notre avis. Faute de pouvoir mieux faire nous nous bornerons adonner une courte nomenclature; mais c’est avec un sincère regret.
- M. Demachy, on l’a dit et c’est vrai, remporte le plus grand succès dans ce tournoi artistique avec ses épreuves sur gomme bichromatée qui sont de purs chefs-d’œuvre; plusieurs de ces gommes en ton sanguine et particulièrement une simple main qui n’est pas assez admirée, donnent tout à fait l’impression de ces incomparables dessins de maîtres que le Louvre conserve religieusement pour l’édification des artistes présents et futurs-. C’est de Yart et du grand art... et plaignons les entêtés qui ne le comprennent pas.
- A côté de M. Demachy, dans un tout autre genre M .Maurice Bucquet dérouterait en réussissant à forcer aussi à l’admiration si son exposition ne démontrait pas une fois de plus qu’elle est étroitement parente de celle de M. Demachy par la vérité.
- Sa terrasse de café à contre jour n'a certes aucun rapport avec l’étude de femme que M. Demachy a campé si magistralement sur un éventail, mais elle est aussi saisissante de vérité, de conscience artistique, de sentiment et c’est en cela que les deux sortes d’œuvres, quoique opposées presque, restent sœurs et captivent également.
- Il y a dans I’abbé assis sur un banc, dans le groupe de plébéiens également assis sur un banc et dans lequel un « vieux » regarde avec un peu d’humeur un grand gamin qui le gêne et dort... comme on dort à cet âge! il y a encore dans les deux vieilles commères d’une autre vue qui causent tandis qu’un enfant auprès d’elles s’impatiente de leurs cancans interminables, un naturaliste de bon ton, plein d’esprit et de philosophie qui produit une impression exquise d’intense vitalité.
- Faire une étude littéraire parisienne illustrée par Maurice Bucquet, quel rêve pour un écrivain !... mais quel Guy de Maupassant faudrait-il pour fournir le texte nécessaire?!
- Après ces deux maîtres-amateurs et sans prétendre aucunement le placer en troisième ligne, il faut citer l’œuvre du commandant Puyo qui est encore à juste titre un des fleurons de l’amateurisme français.
- Nous ne dissimulerons point que nous sommes plein de préventions contre M. Puyo, que nous n’avons pas l’honneur de connaître et qu’on nous a toujours donné comme un personnage fort peu liant.
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- Cela n’a rien à voir, assurément, avec ce qu’il produit, dira-t-on? peut-être, car il nous semble retrouver un peu de cette réputation de froideur ou de morgue, — je ne contredis point qu’elle ne soit légitime, — dans une nuance de guindé que je retrouve dans presque toutes les études de ce distingué virtuose de la chambre noire.
- Avec un peu plus d’abandon, de naturel, de vérité vraie, toutes les œuvres de M. Puyo seraient exquises... pourquoi donc faut-il que cette froideur me glace dans toutes ses productions?! Mais ceci est affaire de sentiment personnel et je me ferais scrupule d’insister davantage, attendu qu’en somme c’est là un tempérament comme un autre et dont la critique n’a point à prendre ombrage si le résultat reste œuvre d’art quand même, comme c’est le cas.
- En outre, par l’éclairage, l’œuvre du commandant Puyo a été progressiste et révélatrice au premier chef pour tout une pléiade d’imitateurs, trop inférieure hélas! mais on ne fait pas école sans créer des copistes confinant à la caricature : ceci attire cela.
- MM. Ae Bègue et Paul Bergon ont fait dans le nu et le drapé en plein air ou dans l’atelier des efforts très louables, mais le tempérament artistique leur fait encore trop défaut et la plupart de leurs tentatives avortent dans une nuance légère de manque de caractère suffisante pour les déprécier. Telle figure serait fort bien si sa pose, qui met en évidence de choquantes imperfections du modèle, n’était pas condamnable par cette faute même. Telle autre marque, non l’imperfection de la nature reproduite, mais Pinconscience de l’opérateur donnant à cette belle forme une posture défavorable ou même ridicule. Pour le plus grand nombre il n’y a aucun rapport de sentiment entre la figure et son milieu ou bien le sentiment est outré et jure avec le cadre qui l’environne.
- Ainsi la figure de M. Le Bègue drapée et couchée sur une sorte de grève, ferait fort bien... ailleurs. Pourquoi diable l’avoir placée sur cette grève?! Une figure de femme soufflant dans sa main sur une poussière est infiniment mieux, sans toutefois atteindre au mérite de la femme agenouillée dans une espèce de costume arabe qui, elle, est bien dans son milieu, possède un sentiment juste et forme un sujet bien composé à tous égards. Une autre figure à demi couchée et presque nue est encore fort bien. Là M. Le Bègue atteint un mérite artistique positif mais le reste laisse encore bien à désirer.
- Les mêmes observations s’appliquent dans une certaine mesure aux études fort intéressantes de M. Georges Grimpel avec cette différence pourtant que dans deux de ces études : une figure de femme avec un long voile rejeté en arrière et une rieuse fumant la cigarette. M. Grimpel se montre très supérieur à MM. Le Bègue ou Bergon.
- M. Maurice Brémard, dont nous avions déjà noté les très beaux envois aux salons annuels du Photo-club, a exposé une série de têtes de caractères extrêmement remarquables
- M. Boger Galichon est également l’auteur d’une excellente tête d’étude.
- Nous a,imons moins les reconstitutions, très méritoires pourtant, de M. le comte de Tyszkiewicz, car elles manquent du naturel qui est qualité capitale en art. M. de Tyszkiewicz fait du tableau de genre comme Herman Léon; c’est bien : mais c’est un art mièvre et maniéré forcément inférieur à l’art des J.-P. Laurens ou Paul Delaroche auquel cet amateur devrait pourtant prétendre puisque ce ne sont pas le métier et la nature qui lui font défaut.
- Si nous revenons à la nature même avec M. Georges Ferrand, surtout dans sa fontaine orientale, nous ne voyons qu’éloges à formuler.Le feu de bois de M. Emmanuel Mathieu est aussi une fort belle page auprès de laquelle nous admirons encore une superbe marine du même amateur.
- M. Louis Malatier expose une très bonne série de vues et un double portrait des deux héros deFachoda, Marchand et Baratier, qui serait excellent s’il comportait une pose moins théâtrale.
- Par une belle suite de reproductions insérées dans La Photographie française et par ses envois si goûtés au concours d’instantanées que le journal fit il y a deux ans, M. Henri Lemoine est un talent avec lequel nos lecteurs sont tous familiarisés.
- Son exposition de 1900 est considérable et renferme une grande majorité d’épreuves hors ligne.. Nous n’avons que de chaudes félicitations à lui adresser.
- Un caractère artistique réel, un sentiment tout à fait marqué, distingue encore les envois de M. L. Dardonville, Lehideux-Vèrnimmen, Albert Mortureux, Henri Guérin, O. de
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- Boulots, Boivin, André Toutain, Paul Naudot, Achille Darnis, Albert Gilibert dont les marines, surtout un effet de soleil couchant dans les nuages, sont superbes.
- M. René Ledard a exposé deux magnifiques vagues malheureusement trop haut placées. Il partage cette défaveur avec M. Paul Boisard qui n’est pas mieux placé pour des marines qu’on déplore de ne pas voir de plus près. M. Jules Mannheim est aussi trop haut perché et l’on peste de ne pouvoir apprécier comme il le faudrait son exposition.
- Les études de M. Ch. Jacquin ont, au point de vue de la lumière et des effets,une saveur toute particulière.
- Notons encore l’excellente série de vues de M. Paul Bourgeois, celle de M. Vacossin, les grandes vues de M. Henri Menier, celles de M. le Duc de Chartres, les jolis paysages de Mlle Claire Lehideux, les photographies si consciencieuses de M. Fabre', celles de M. Léon Lemuet et de notre grand lauréat d’il y a deux ans, M. Guitton de Genève.
- La précieuse série, si documentaire au point de vue de la nature, du Comte de Las-Cases, celles de MM. Huillard, Prin. d’Origny et de Mme la Duchesse d'TJzès, dans des genres différents et avec des qualités spéciales pour chacun, se recommandent également à l’attention de l’amateur consciencieux.
- Mme Binder-Mestro et Mme Huguet, dont nous remarquons surtout la femme assise sur un banc, démontrent qu’une école d’art photographique féminine, — qui s’annonce comme ayant déjà ses maîtres, — est en plein essor. Saluons son aurore et terminons cette trop rapide revue par l’éloge bien sincère des beaux envois de M. le Comte de Biencourt, l’un des plus distingués représentants de l’élite du Photo-Club de Paris. Dans les tentatives les plus variées, son talent délicat et souple s’affirme toujours supérieur, mais les études d’animaux qu’il expose réclament particulièrement une approbation sans réserve.
- Nous ne pouvions donc mieux que par son nom clore cette nomenclature accélérée, en disant que ce n’est pas à notre bienveillance mais au talent des exposants qu’il faut s’en prendre si elle paraît trop laudative.
- Là où il n’y a rien à reprendre, la critique perd forcément le plus spirituel (peut-être...' et le plus méchant (assurément!) de ses droits.
- Louis Bordât.
- A Travers les Périodiques
- Le Bulletin belge de photographie signale d’après British Pbotography un intéressant emploi des miroirs :
- En {beaucoup d’occasions, dit-il, l’usage d’un miroir en photographie est avantageux. Il permet, par exemple, de photographier des intérieurs dans lesquels le recul nécessaire fait défaut, sans nécessiter l’emploi des objectifs grands angulaires; tousles points reflétés étant au même plan, la photographie d’objets rapprochés en est facilitée : on cite notamment l’utilité du miroir pour la copie de bouquets de fleurs, pour le portrait, etc. Mais, lorsqu’il s’agit de travaux de précision, il faut un miroir sans défauts, à surface rigoureusement plane; et encore, il a l’inconvénient de donner des images doubles, le miroir argenté ayant deux surfaces réfléchissantes.
- Pour les travaux ordinaires, l’amateur peut
- éviter, sans grands frais, les inconvénients des miroirs argentés par devant qui sont délicats, et des miroirs argentés au dos qui donnent une double réflexion en employant le miroir à dos noirci :
- On choisit un ancien miroir bien uni, bien plan, sans bulles ni marques quelconques ; le miroir de surface absolument plane est un idéal rarement atteint et il n’est pas nécessaire pour les travaux ordinaires, tels que photographie des nuages, copie de fleurs, partout enfin où la finesse microscopique n’est pas recherchée; on enlève l’argenture du miroir à l’aide d’une solution diluée d’acide nitrique dont on imbibe un chiffon de coton. Lorsque toute l’argenture est enlevée, on recouvre le dos de la glace d’un vernis noir tel que le Bâtes’s black varnish ou le vernis de Brunswick de bonne qualité.
- Ce miroir à fond noir reflète l’image à la
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- surface seulement, les rayons qui traversent le verre étant absorbés. On évite ainsi les doubles réflexions. Par contre, le temps de pose est assez fortement augmenté lorsqu’il
- s’agit de photographier des objets sombres. Mais pour les nuages, notamment, la pose est encore rapide.
- M. Y.
- L'éclairage dk laboratoire
- Par M. LEPRISME (A-R)
- L’éclairage du laboratoire est un dispositif photographique auquel bien des amateurs n’apportent pas assez d’attention.
- Prévenu contre les dangers de la lumière, le débutant s’applique tout d’abord à l’éviter, puis divers incidents l’amènent à se relâcher dans cette application.
- Une boîte de plaques ouverte un jour, par mégarde, tandis que la porte du laboratoire n’était pas exactement fermée; une allumette enflammée par inadvertance, tandis qu’une plaque dans le développateur n’était pas encore entièrement révélée, ou tout autre accident analogue, plusieurs fois répété sans qu’aucun dommage très évident pour la surface sensible en soit résulté, sont des petits faits amenant peu à peu l’amateur au relâchement d’attention dont il s’agit. A plus forte raison, dans ces conditions, néglige-t-il d’exercer sur la lumière rouge qu’il emploie pour ses opérations, dans la chambre obscure, le contrôle d’actinisme nécessaire. Or, cette négligence n’a pour principe qu’une connaissance imparfaite de la sensibilité des plaques employées. Si l’amateur se rendait mieux compte de la nature des matériaux dont il fait usage, il serait plus circonspect et s’en trouverait mieux,
- Il prétend faire, avec un appareil à main, des vues instantanées au cinquantième de seconde, et ne se doute point des énormités contradictoires qu’il commet depuis le moment où il ouvre la boîte de plaques pour charger son détective ou sa jumelle, jusqu’au moment où il retire ses plaques développées du fixateur pour les examiner en plein jour.
- L’impression lumineuse est un phénomène dont il ne raisonne pas assez toutes les composantes, et souvent on l’étonnerait beaucoup en lui démontrant qu’avant de laver son cliché terminé, et fort heureusement passable, — par miracle, — il a failli, par une foule d’imprudences ou de négligences, détruire l’image instantanée faite au cinquantième de seconde par des minutes d’exposition à l’action d’autres radiations dangereuses dont il ne prenait pas souci. Pour développer rationnellement un cliché photographique, il faut partir de ce principe que toute action lumineuse autre que celle qui a pour but de former Vimage dans l’appareil par Vintermédiaire de l’objectif est une action nuisible et qu’il faut l’éviter dans toute l’étendue des limites imposées par la plus absolue nécessité.
- En d’autres termes la surface sensible ne devrait recevoir d'autre radiation que celles transmises par l’objectif et, par conséquent, elle devrait être logiquement retirée de son emballage, placée dans l’appareil, puis, après l’opération de la pose, retirée de l’appareil, développée et fixée dans la plus complète obscurité.
- Mais l’obligation de voir l’image se révéler pour modifier au besoin le développement et pour l’arrêter à temps, introduit dans la pratique une exigence contraire : celle d’éclairer le laboratoire obscur et l’on concilie, mal d’ailleurs, ces deux nécessités opposées, en tirant parti de deux faits très importants :
- 1° La différence de sensibilité que possèdent les surfaces sensibles par rapport aux diverses radiations du spectre solaire;
- 2° La différence de sensibilité de ces mêmes surfaces, suivant qu’elles sont intactes ou plus ou moins réduites par les réactions chimiques du développement.
- Examinons donc tour à tour ces deux facteurs de variations sur lesquels’reposent toutes les conditions de conservation de l’image latente formée dans la surface sensible.
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- Études d’arbres. — Envoi de M. : MIRAMAS
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- La physique nous apprend que toutes les lumières sont le résultat de vibrations prodigieusement rapides qu’on nomme radiations, pour les distinguer des vibrations sonores infiniment moins promptes.
- Ces radiations sont souvent nombreuses pour une même lumière et se caractérisent par leur fréquence, correspondant à des couleurs déterminées; fait qu’on met en évidence avec un prisme.
- Si l’on interpose, par exemple, dans le trajet d’un rayon solaire isolé (comme celui qu’on pourrait introduire dans une chambre obscure par un petit trou rond percé dans un volet) un prisme et si l’on place au-delà de ce prisme un écran clair, on voit le rayon lumineux projeté après déviation sur cet écran, mais il y est étalé; il n’a plus la forme d’un cercle lumineux : c’est une bande lumineuse, formée de teintes différentes qui se fondent les unes dans les autres depuis le rouge jusqu’au violet en passant par l’orangé, le jaune, le vert, le bleu et l’indigo.
- Cette bande ou spectre solaire, produit de la décomposition du rayon solaire par le prisme,
- 1. — Spectre solaire indiquant les différentes régions colorées du spectre par des lettres et par des accolades
- les couleurs qui leurcorrespondent.
- 2. — Le même spectre avec un diagramme M N montrant la sensibilité du gélatino-bromure d’argent mûri
- (plaques extra-rapides) pour les différentes radiations du spectre solaire.
- 3. — Le même spectre avec un diagramme m n montrant la sensibilité de l’œil humain pour les mêmes
- radiations.
- montre que la lumière blanche du jour est formée de radiations diverses correspondant à chacune des couleurs du spectre, et la physique apprend en outre qu’à chaque coloration ou radiation distincte correspond une fréquence de vibrations distincte.
- Ainsi le rouge correspond à près de 400 billions de vibrations à la seconde (395 à 437), tandis que le violet atteint 760 billions dans le même temps, et tandis que le vert jouit d’une fréquence intermédiaire, avec environ 569 billions de vibrations à la seconde.
- Pour achever de rappeler ces données physiques fondamentales, ajoutons qu’on nomme dispersion cet étalage des radiations par le prisme et que les radiations les plus écartées de la direction normale, comme le violet, sont dites plus réfringentes par rapport aux radiations moins écartées, comme le rouge, qu’on nomme, pour cette cause, radiations moins réfringentes.
- Pour l’œil humain, les radiations les plus actives, c’est-à-dire celles qui l’impressionnent le plus, ne sont pas les plus réfringentes ou les moins réfringentes. Ce sont des radiations intermédiaires, mais toutefois plus rapprochées du rouge que du violet, et comprenant surtout le vert, le jaune et l’orangé.
- Les surfaces photographiques sensibles n’ont pas la même sensibilité que l’œil humain. Pour elles, les radiations les plus actives du spectre solaire sont déplacées du côté du violet, de telle sorte que le maximum d’action exercé est produit par les raies comprises entre le violet et le vert, soit dans le bleu soit dans l’indigo.
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- AU BORD DE L’EAU
- Cliché de M. Ch. Petit' lauréat du Concours d’instantanées de La Photographie Française.
- Cette différence est la base de l’orthochromatisme, mais nous n’avons pas à considérer ici ce côté de la question des radiations.
- Les radiations violettes d’une part, et, d’autre part, les radiations vertes, jaunes, orangées, rouges, agissent moins que les radiations bleues et irtdigo, sur les surfaces sensibles, mais elles opèrent encore dans une proportion correspondante aux diagrammes reproduits ci-contre et l’on voit que si leur action diminue rapidement du maximum aux limites des couleurs visibles du spectre, elle s’étend jusqu’à ces limites.
- Ajoutons même qu’elle s’étend au-delà, car, d’une part, les rayons X, qu*i sont des radiations invisibles plus qu'ultra violettes à fréquence infiniment plus grande que celle des radiations violettes ont, comme l’on sait, une action puissante sur les plaques sensibles, tandis que les radiations caloriques, situées bien au-delà des radiations invisibles au-delà du rouge, dans l’infra-rouge, ont également une action marquée sur les composés halogènes de l’agent ainsi que des expériences tout à fait concluantes l’ont démontré.
- D’un bout à l’autre des couleurs visibles du spectre, et même au-delà de ces couleurs visibles de chaque côté, les radiations exercent donc une action sur les surfaces sensibles et c’est ce qui permet de dire que théoriquement, jusqu’à l’achèvement du fixage de l’image latente, la plaque sensible ne devrait recevoir d’autre impression lumineuse que celle qui lui est transmise par l’objectif pour la formation de cette image.
- Mais on profite, en pratique photographique, de la différence de sensibilité que possède la surface sensible à l’égard des diverses radiations du spectre, pour l’examiner pendant le développement de l’image latente à l’aide de celles de ces radiations qui l’influencent le moins, de telle sorte que le problème est résolu très imparfaitement par une question de quantité en plus ou en moins, mais toujours au détriment de l'intégrité de l'image latente.
- Si l’on développait, en effet, la plaque impressionnée par toutes les radiations du spectre solaire en un 1/50 de seconde dans un bain qui pourrait révéler l’image latente dans la même durée de temps, c’est-à-dire 1/50 de seconde (1), et si l’on s’éclairait par toutes les radia-
- (1) En admettant cette chose impossible que l’œil humain puisse suivre un développement aussi prompt!
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- tions du spectre solaire (1), on n’obtiendrait presqu’aucune image, puisque la lumière employée pendant ce 1/50 de seconde pour le développement aurait impressionné toute la surface sensible presqu’aussi fortement que la première impression lumineuse dans l’appareil photographique.
- Les effets de la première impression lumineuse s’ajoutant à ceux de la seconde, donneraient bien un total supérieur pour les parties de la plaque les plus fortement impressionnées d’abord. Mais les parties moins fortement impressionnées et les parties préservées de la lumière, dans le cas de la première impression pour la formation de l’image latente, seraient, en revanche, plus fortement impressionnées par la lumière employée au développement et les contrastes, détruits par cela même, produiraient l’effacement final, presque complet de l’image formée en premier lieu.
- Cet effacement ne se produira plus autant, au contraire, si, au lieu d’employer pour s’éclairer pendant le développement toutes les radiations du spectre solaire, on n’utilise qu'une seule de ces radiations et si l’on choisit à cet effet l’une de celles qui sont les moins actives sur les surfaces sensibles.
- Or c’est ce raisonnement logique qui a conduit à chercher la lumière monochrome du côté du rouge plutôt que du côté du violet, et qui a fait adopter pour les verres de lanternes de laboratoire un rouge spécial, le rouge rubis, lateinte se rapprochant le plus de l'infra-rouge dont l’action sur les plaques sensibles est très faible.
- Le verre rouge rubis ne laisse filtrer hors de la lanterne que les radiations rouges les moins voisines de l’orangé et grâce à cette sélection choisie, la plaque bien que n’ayant reçu l’impression lumineuse de toutes les radiations réunies que pendant 1/50 de seconde, peut supporter sans trop d’inconvénients pour son image latente, les effets de la seule radiation rouge à une intensité donnée pendant les quelques minutes de durée du développement.
- En résumé, dans ce cas, l’impression lumineuse ayant duré 1/50 de seconde dans l’appareil, peut être comparée à une force A qui serait égale à 100.000 unités, par exemple-tandis que la lumière rouge-rubis R avec son intensité déterminée ne serait égale qu’à 1, pour la même durée de temps.
- Si le développement exige par exemple cinq minutes, la lumière R devra exercer son action 15.000 fois plus longtemps que la lumière A. Or; si elle était égale à A elle détruirait 15.000 fois l’action de A; mais elle est, dans notre hypothèse, 100.000 fois moins active; en s’exerçant durant 5 minutes elle agit donc en totalité 85.000 fois moins que A et n’altère pas très sensiblement l’image latente.
- Tel est, aux chiffres près, ce qui se passe dans la pratique; les quantités respectives de A et de B n’étant données ici que pour aider à comprendre les actions relatives de A et de B et non pour représenter la valeur réelle des radiations rouges comparées à l’ensemble des radiations solaires.
- Mais on conçoit que si le développement exigeait une durée de temps de 15 minutes, l’action de B par rapport à l’action de A ne serait plus aussi faible et que l’intégrité de l’image latente s’en trouverait gravement altérée.
- Enfin si la même opération de développement devait exiger une durée de 45 minutes, l’image latente serait même détruite tout à fait par l’action de B, car si B durant 1/50 de seconde est égale à 1/100.000 de A pendant la même durée, en revanche B durant 45' c’est-à-dire : BX50X60X45 = 135.000.
- Ce qui revient à dire que si la lumière rouge n’exerce pas sur les surfaces sensibles une action comparable à celle de la lumière blanche composée de toutes les radiations du spectre solaire, il faut néanmoins tenir compte de cette action puisqu’elle peut nuire à l’intégrité de l’image latente et même arriver à la détruire plus ou moins si elle s’exerce trop longtemps.
- Il est donc indispensable de réduire au stricte minimum l’exposition des plaques à la lumière rouge du laboratoire, non seulement quand on développe, mais encore quand on charge et quand on décharge dans ce laboratoire des châssis négatifs.
- (1) En supposant aussi pour cet éclairage du développement une intensité lumineuse égale à celle em p lovée pour la formation de l’image latente.
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- Le mieux serait même de s’accoutumer à charger ses châssis à tâtons ou presque à tâtons en se plaçant très loin de la lanterne à verres rouges, ce qui est très facile.
- Mais si la lumière filtrée par le verre rouge rubis elle-même, agit sur les surfaces sensibles, à plus forte raison faut-il éviter l’emploi des verres jaunes ou verts dont ces lanternes sont souvent munies pour certains emplois déterminés et faut-il, à plus forte raison, encore éviter les plus faibles infiltrations de lumière artificielle directe, comme celles qu’une fissure accidentelle de la lanterne pourrait produire ou celles qui résulteraient d’un défaut d’étanchéïlé du laboratoire, des châssis négatifs, de la chambre noire de l’appareil, de la monture de l’objectif, de l’obturateur ou de l’emballage des plaques, toutes causes d’altérations auxquelles dans la pratique on ne songe jamais assez.
- Dans un prochain article nous examinerons ces causes accidentelles, puis nous parlerons de la lumière rouge pendant le développement avant de conclure par l’examen des dispositifs d’éclairage plus ou moins à recommander. Leprisme (A-R).
- (La suite au prochain numéro.)
- EN MER
- Cliché de M. de la Villestreux, lauréat du Concours d’instantanées de La Photographie Française.
- RECETTES & PROCÉDÉS
- Pelliculles en celluloïd
- Le répertoire des brevets donne sur les noms connus de Grade et Jougla la formule suivante pour fabriquer des pellicules en cel-
- luloïd simples.
- A. — Acétone............. 1000 cc.
- Camphre............. 175 gr.
- Coton-Poudre....... 200 gr.
- B. — Acide acétique .... 250 cc.
- Gélatine dure...... 110 gr.
- Mélanger les trois produits A en les triturant et laisser reposer deux ou trois jours.— Dissoudre la gélatine dans l’acide en chauffant à 50° ou 60° et verser dans A en remuant avec un agitateur.— Couler sur plaques polies et sécher à l’étuve pendant 48 heures.
- Développement lent.
- Pour développer lentement en cuvettes à rainures verticales, il faut un révélateur ne tendant pas à voiler les plaques et ne les ta-
- chant point. Aussi, l’ortol semble-t-il désigné tout particulièrement pour cet usage, d’après la Photo-Chronik qui recommande l’emploi
- de la formule suivante :
- Ortol.................................... 2 gr
- Métabisulfite de potasse................. 1 gr
- Sulfite de soude........................ 13 gr
- Carbonate de soude ..................... 13 gr
- Solut.de brom. de potassium (1 : 10). 3 gr
- Eau...............................• 1.500 cc
- Pour souder le celluloïd
- Il suffit de faire dissoudre dans l’acétone des rognures de celluloïd et d’enduire ensuite avec un pinceau les parties à souder de la dissolution obtenue, qui fait prise presque immédiatement et durcit complètement en moins d’un quart d’heure.
- Si le travail a été fait proprement et avec soin, la soudure est à peine visible, et l’objet restauré est aussi solide qu’avant l’accident.
- [Photo-Revue.) F. Crestin.
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- Les Nouveautés Photographiques
- Le Papier Pan
- M. Ed. Liesagang, de Dusseldorf!, vient de créer un nouveau papier extra sensible qu’il nomme papier Pan et qui obtient un assez grand succès.
- Le papier Pan s’imprime en quelques secondes à la lumière du jour et se développe comme une plaque ou du papier au gélatino-bromure. Il offrirait, paraît-il :
- 1° Le grand avantage de se laisser manipuler sans verre rouge, à la lumière du gaz ou du pétrole;
- 2° La possibilité d’obtenir une extraordinaire variété de tons (il existe mat ou brillant).
- L’exposition à la lumière du jour est d’environ 20 secondes pour un cliché moyen, et varie naturellement suivant la vigueur du phototype et l’intensité de la lumière.
- Développement recommandé :
- Eau (bouillie)..................... 1 litre
- Acétate de soude (crist.).......... 25 gr.
- Hydroquinone . . ................ . 3 gr.
- Carbone de soude (crist.)....... 50 gr.
- Bromure de potassium........... 2 gr.
- Lorsque l’épreuve est à point on la lave rapidement et on la fixe dans un bain acidulé.
- Le ton des épreuves varie suivant l’intensité du révélateur et le « temps d’exposition ». On peut obtenir à volonté les tons des papiers au charbon ou à la gomme (noir, vert, olive, brun, sépia, rouge sanguine, etc.) La tonalité photographique peut également être obtenue, en fixant l’épreuve après le développement dans un bain de virage pour papier Arislo ou Celloïdine. Il faut avoir soin (dans ce cas, de ne pas trop pousser le développement et de retirer l’épreuve du fixage dès qu’on a le ton désiré, parce que l’épreuve monte au séchage.
- (D’après le Bulletin du Photo-Çlub de Belgique.).
- lia Classe XII (Photographie)
- à l’Exposition Universelle de 1900
- (Suite et fin1)
- Il y a encore au Champ-de-Mars deux catégories d’exposants sur lesquels il nous est difficile d’entrer dans de longues considérations : les uns parce que nous ne connaissons pas assez leurs travaux, attendu qu’ils viennent de naître, les autres parce qu’ils sont au contraire trop connus, pour qu’il reste quelque chose de nouveau à en dire.
- Dans les premiers nous citerons par exemple l’exposition Guido Sigriste qui se trouve, nous ne savons trop pourquoi, dans la section scientifique et qui a été récompensée par une médaille d'or assez jalousée. On ne nie pas le mérite de l'appareil Sigriste,— et je le nierai moins que tout autre puisque je ne l’ai jamais eu encore entre les mains, — mais on dit avec quelque raison qu’il est un peu né coiffé puisqu’il bénéficie le jour même de sa naissance d’une distinction supérieure que l’expérience n’a pos encore légitimée.
- J’aime à croire qu’il justifiera cetle bienveillante confiance du jury qui, lui, du moins devait bien le connaître et l’avoir longuement pratiqué, puisqu’il lui a fait d’emblée cette faveur qui le signale d’une façon si avantageuse commercialement parlant.
- Les plaques Hanriau sont, de même, des produits nouveaux dont nous ne pouvons guère
- . (1) Voir les n«s 31, 32, 33 et 34 de la Photographie française (juillet, août, septembre et octobre 1900).
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- parler que de confiance jusqu’à présent, car nous n’avons pas encore eu le loisir de les expérimenter. Mais là du moins nous sommes sur un terrain moins inconnu : l’industrie de la fabrication des surfaces sensibles est arrivée aujourd’hui à de tels progrès que les plaques Hanriau ne sauraient guère être indignes d’une bonne réputation et qu’il y a bien des chances au contraire pour qu’elles soient excellentes. Un industriel qui débute dans une industrie qui n’est pas nouvelle a toujours en effet sur ses devanciers l’avantage du progrès accompli, en ce sens qu’il s’outille du premier coup aussi bien qu’eux puisqu’il peut adopter leurs procédés les plus perfectionnés. Mais il apporte en outre une ardeur toute fraîche dans son industrie, ardeur qui est une grosse promesse de nouveaux progrès et jusqu’à plus ample information nous aimons à croire que tel est le cas de la maison Hanriau.
- Nous nous proposons du reste, si cette maison veut bien s’y prêter, d’étudier de près sa fabrication et d’en entretenir nos lecteurs pour les édifier à ce sujet, d’ici quelque temps.
- Au contraire nombre de maisons comme celles de l’ingénieur Carpentier sont tellement connues par l’importance de leur fabrication et la qualité hors de pair de leurs produits qu’il n’y a plus rien à dire sur elles.
- Que dire par exemple des jumelles Carpentier que tout le monde ne sache? tout au plus peut-on rappeler en cette circonstance qu’on doit à ce constructeur si distingué la majeure part de la véritable révolution apportée dans l’industrie photographique par la création de ses jumelles qui ont fait pour la vulganisation de la photographie, en moins de dix ans, ce qui n’avait pas été fait depuis la découverte de cet art.
- Par un coup de maître comme ceux dont il est du reste coutumier, M. J. Carpentier en créant sa première petite jumelle 4X6— qui reste en dépit de tous les autres progrès réalisés depuis un instrument de premier ordre, — M. J. Carpentier, disons-nous, a ouvert une voie dont on apprécie aujourd’hui l’importance!
- Que dire, de même, de la maison Gilles, justement fière d’une tradition et d’une réputation que M. Gilles fils travaille si bien à perpétuer et grandir? C’est à quelques maisons de ce genre que nous devons cette année de rester en tête des industries photographiques universelles, car la perfection de la fabrication des appareils de ce constructeur ne paraît guère pouvoir être dépassée.
- Du reste le jury a rendu hommage à cette supériorité en prenant M. Gilles comme expert pour le guider dans son appréciation et l’on ne peut regretter qu’une chose, c’est qu’il n’ait pas davantage tenu compte des avis désintéressés de ce précieux auxiliaire.
- Dans certaines branches plus spéciales comme la fabrication des appareils de volume et de poids réduit, plusieurs fabricants comme M. L. Joux se sont fait en peu d’années un renom dont la promptitude ne s’explique que par la valeur incontestée des travaux produits. Si peu d’années se sont écoulées depuis que Joux débutait dans l’industrie photographique par sa remarquable jumelle, qu’il nous souvient encore nettement de notre impression à ce sujet : nous pensions qu’il aurait grand’peine à faire triompher ses modèles, encore qu’ils fussent dignes de réussir à tous égards parce qu’il avait à concurrencer d’autres appareils de petit format dont la vogue était déjà furieuse... les mérites particuliers de sa fabrication si soignée ont pourtant accompli cet invraisemblable résultat,— et non contente de ces succès, la maison Joux est une de celles qui ont créé les plus perfectionnés appareils réduits pendant ces dernières années!
- En matière de variété dans les combinaisons de constructions, nos industriels français sont d’ailleurs d’une fécondité qui fait un contraste tout à leur profit avec la rareté de cette qualité maîtresse chez les constructeurs étrangers. — Et à cet égard, entre autres, la maison Dumont est une de celles qui méritent une mention à part. — Sans préjudice de ses modèles de chambres d’amateur et de touriste, M. Dumont a créé, rien que depuis quelques années, en appareils réduits : détectives, jumelles, etc., plus de modèles qu’il n’en aurait fallu pour faire vivre une série de constructeurs ordinaires étrangers. Son outillage mécanique lui permettait il est vrai cette prouesse, mais cet outillage lui-même est un de ses mérites et ne diminue en rien celui d’avoir produit en si peu de temps un nombre si surprenant de dispositifs variés.
- La maison Radiguet Massiot, — qui succède à la maison Molteni, cette légende glorieuse
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- SUR LA. SARTHE
- Cliché de M. le I)' G. Hodée.
- dans son genre, de la fabrication française, — est peut-être une maison un peu nouvelle par le fait de cette succession, bien qu’elle existe de vieille date et soit depuis longtemps plus connue par d’autres spécialités voisines de la photographie. Sa fusion avec l’industrie spéciale de M. Molteni, s’est faite si récemment qu’elle n’a pas eu le temps de se manifester beaucoup dans ce sens particulier. Néanmoins elle présentait dans sa belle vitrine un appareil nouveau du
- plus vif intérêt* : Un microscope de projection avec système de polarisation qui est sans précédent et qui démontre qu’elle saura augmenter encore à très bref délai le renom pourtant déjà si grand des ateliers Molteni. Ici la place nous fait défaut pour parler de ce nouvel appareil et le décrire comme il convient. Du reste cette description doit être accompagnée d’une vue de l’appareil qui n’a pu nous être livrée à temps par notre photograveur et force nous est d’en renvoyer l’analyse au prochain numéro dans lequel elle paraîtra aux nouveautés photographiques.
- La maison Alexandre (Société des appareils photographiques « Papillon »), fondatrice de l’appareil genre Folding en aluminium dont la légèreté invraisemblable justifie le nom de « Papillon », est encore une des maisons récentes et pourtant déjà vieilles par la réputation dont il ne nous reste plus rien à dire qui n’ait été dit déjà.
- On est également fort embarrassé de parler delà maison L. Lesueur et Ducos du Ilauron, membre du jury, hors concours aux dernières expositions internationales de photographie, qui a recueilli toutes les récompenses les plus honorables et qui rappelle avec un juste orgueil qu’elle a la succession de l’ancienne maison H. Dorvval. Néanmoins la dernière création de M. Louis Ducos du Hauron. Le mélanochromoscope, est encore une nouveauté du grand inventeur dont nous espérons pouvoir entretenir nos lecteurs d’ici peu s’il nous est donné d’avoir entre les mains cet appareil si fort intéressant et qui nous est promis (pour examen) depuis sa création.
- La Société anonyme « Hélios », 32, rue de Bondy, à Paris, a exposé ses papiers « Résine Brillant » « Résine Mat » et Colloïd. Depuis longtemps, le besoin, pour le professionnel et même pour l’amateur, d’avoir un papier photographique donnant une plus grande finesse de tons, faisant ressortir les demi-teintes et possédant une plus grande vigueur que les papiers au citrate, se faisait sentir. Plusieurs fabriques ont alors commencé, en France, parallèlement avec les autres pays, à fabriquer le papier à base de celloïdine, qui possède sur le papier à base de gélatine, le grand avantage d’avoir une couche très dure, ne se ramol issant pas en été, ni sous l’influence de la chaleur ou de la haute température des bains et qui également donne ces épreuves plus fines, plus fouillées et plus vigoureuses, jusque-là difficiles à obtenir avec le papier au citrate.
- L’idée était excellente, mais malheureusement, en dehors des ennuis créés parles difficultés de dénaturation de l’alcool, cette nouvelle fabrication était à ses débuts, elle tâtonnait, et les résultats ne furent pas aussi excellents que ceux auxquels tout le monde s’attendait. Ce fut la cause d’un courant d’opinion contre le papier celloïdine, en faveur du papier gélatine.
- Les nouveaux papiers « Résine » de la Société Hélios possèdent toutes les qualités des papiers à la celloïdine, sans en avoir les inconvénients, et cela par suite des additions apportées à l’émulsion et qui ont justifié le nom qu’ils portent. Le papier Résine Brillant se traite très facilement, et présente justement, sur le papier au citrate, l’avantage de donner
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- des épreuves bien plus fines, montrant bien toutes les demi-teintes et possédant une grande vigueur. Le papier Résine Mat joint à une très grande facilité d’emploi, de multiples contrastes, donne des épreuves d’un beau velouté, montrant une belle gradation de teintes, et aussi ce qui n’est pas à dédaigner, imitant le papier Platine en coûtant moitié moins; il se vire même à un seul bain platine avec suppression du bain à l’or. Du reste, les épreuves de ces papiers ont été exposées et le Jury de la Classe XII les a appréciés en décernant à la Société Ilélios la médaille d’argent, qu’elle avait bien mérité comme prix de ses efforts.
- Les autres produits de la Société sont: 1° le papier « Colloïd » à base de gélatine, donnant des images bien plus douces que celles obtenues d’ordinaire sur les papiers similaires; 2° les plaques « Smart » se distinguant des autres par leur richesse en argent et la facilité avec laquelle elles donnent des négatifs fouillés, présentant une grande finesse et une grande variété de détails.
- Du reste, nous aurons encore l’occasion de revenir dansXa Photographie française sur les produits de cette intéressante maison, car elle trouvera certainement d’autres nouveautés que nous aurons plaisir à décrire dès leur apparition.
- Nous aurions voulu pouvoir rappeler ici les brillants succès delà vieille maison Derogy bien qu’ils soient de ceux que l’on n’oublie guère, et montrer comment elle reste vaillante sur la brèche, combattant sans bruit mais faisant force bon ouvrage, car elle ne cesse pas de créer et de perfectionner aussi bien en optique qu’en fabrication d’appareils. Mais nous n’avons pu obtenir malgré nos appels dans ce journal les notes indicatrices qu’il nous aurait fallu pour faire une analyse sommaire au moins complète des dernières créations de cette maison. Qu’il nous soit permis, au nom de notre profonde sympathie pour elle de lui reprocher cet excès de modestie, parce que nos lecteurs en souffrent attendu qu’ils ont besoin d’être informés. J’espère que ce rappel aura raison de cette obstinée réserve et qu’il nous vaudra les indications nécessaires pour consacrer bientôt à cette maison, dans la rubrique de nos nouveautés photographiques, les descriptions que ses dernières créations appellent et que nous devons à ceux qui nous lisent avec tant, de bienveillance.
- Nous avons le même reproche amical et désintéressé à faire à la maison Français et à la maison Balbreck. Par bonheur il nous reste aussi la ressource de les mentionner à part au fur et à mesure de leurs nouvelles productions. Nous ne nous en ferons pas faute, les guettant, puisqu’elles se dérobent à nos sympathiques encouragements pour les surprendre en flagrant mérite de nouveauté et divulguer les progrès qu’elles accomplissent encore.
- A l’égard de mon excellent confrère et ami M. J. Dubouloz, je suis plus embarrassé : il ne veut pas que je fasse son éloge ni celui de ses travaux, sous le prétexte fallacieux, — (qu’il me permette de le lui dire), qu’il était du jury! Il est vrai que son industrie spéciale (impression photo-mécanique aux encres grasses ; autocopistes) et sa personne se passent fort bien de toute appréciation nouvelle si fort élogieuse qu’elle puisse être... je le reconnais sans difficulté; mais si cette réserve amicalement imposée est une marque de modestie, elle est aussi quelque chose d'assez peu flatteur pour l’ami et l’organe qui en sont l’objet et nous prenons notre revanche, le journal et moi, en signalant la défense faite (ce qui démontre bien qu’on ne peut jamais empêcher ces diables de journalistes de parler!)
- Bien qu’il ait été secrétaire de la classe XII nous n’auions pas plus de retenue avec M. Michel Berthaud qui dirige avec son frère d’une façon si remarquable l’une de nos meilleures imprimeries photo-mécaniques. La réputation de la maison Berlhaud frères n’est plus à faire et c’est justement pour cette raison commerciale si péremptoire qu’elle n’en a que plus de mérite à rester, par la force du progrès, à la tête de l’impression photo-mécanique française.
- Au commencement des travaux du comité d’installation de la classe XII, alors que nous n’avions pas encore quitté ce comité pour garder notre indépendance et le pouvoir critiquer autant qu’il nous paraîtrait utile, nous avons été en relations très journalières avec M. Michel Berthaud que nous aidions dans sa tâche ingrate et absorbante.
- Il nous a fait alors amicalement visiter ses ateliers et nous avons pu apprécier de visu son installation qui est incontestablement de premier ordre. Tout le monde ne peut pas être appelé à jouir de la faveur d’examen dont nous avons bénéficié, mais tout le monde peut du moins constater que les phototypies de la maison Berthaud frères font honneur à l’industrie
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- française et regretter de ne pas voir encore M. Michel Berthaud, l’aîné des deux frères, revêtu de la distinction qui a été donnée à l’un de ses collègues du comité pour de moindres services rendus.
- Mais Paris n’est pas l’unique ville de France où les impressions photo-mécaniques brillent du plus vif éclat. A Châteaudun, M. Laussedat, comme M. Royer et comme M. Bergeret à Nancy, comme M. Giesler aux Chatelles, sans compter les autres maisons que nous connaissons moins bien, soutient dignement le renom français. Pour l’Exposition de 1900, M. Laussedat a surtout fait de remarquables séries de Cartes postales illustrées qui ont eu, en ce moment où ce genre de décoration spéciale jouit d’une grande vogue, un succès bien mérité. Mais en temps ordinaire il se consacre plus particulièrement à des oeuvres artistiques tout à fait supérieures et dans l’exécution desquelles il excelle.
- La place nous manque aujourd’hui pour faire ressortir comme il conviendrait ses beaux travaux, mais nous espérons que l’occasion d’y revenir nous si ra foui nie bientôt.
- L’édition photographique nous présente encore par la maison Gauthier-Villars un cas embarrassant, attendu qu’elle est trop connue, surtout du monde photographique, pour qu’il y ait encore quelque chose de bien à dire d’elle. Son grand prix lui-même n’a rien pu ajouter à sa juste réputation, mais nous ferons pourtant remarquer que comme son distingué confrère, M. Ch. Mendel, M. Gauthier-Villars marque un désintéressement qui fait son éloge en éditant fréquemment, presque par pur dévouement pour le progrès général de la photographie, des travaux précieux au plus haut point mais qui, par l’élévation même de leur valeur, ne sont pas destinés à la pluralité de lecteurs donnant seule les succès d’argent* Cette générosité, peu commune à présent dans les affaires, caractérise bien la maison Gauthier-Villars à laquelle la Photographie doit tant. Mais l’exposant qui nous met dans la plus grande gêne est assurément notre confrère M. Niewenglowski.
- Si nous voulions en effet critiquer son œuvre (ce qui n’est pas d’ailleurs notre intention) on ne manquerait pas de penser qu’un sentiment de rivalité professionnelle nous inspire et si nous voulions au contraire faire son éloge, d’autres peut-être s’imagineraient que nous avons pour lui une bienveillance confraternelle trop grande..., nous nous contenterons donc de la seule constatation bien indiscutable en disant qu’au point de vue de la vulgarisation, ses travaux ont une valeur qui méritait mieux que la trop modeste récompense dont on l’a gratifié.
- Congrès des Sociétés savantes de 1901
- Le Congrès des Sociétés savantes de 1901 se tiendra à Nancy et s’ouvrira le 9 août. Les mémoires doivent parvenir au Ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts avant le 20 janvier 1901. La photographie est appelée à fournir des documents à toutes les sections de ce Congrès. Les questions du programme qui la concernent plus particulièrement sont les suivantes :
- 13° Photographie des parties invisibles du spectre. Résultats obtenus et proposition de méthodes nouvelles.
- 14° De l’action des différents rayons du spectre sur les plaques photographiques sensibles.
- 15° Recherches relatives à l’optique photographique et aux obturateurs.
- 16« Recherches sur la préparation d’une surface photographique ayant la finesse du grain des anciennes préparations anciennes (coilodion ou albumine) et les qualités d’emploi des préparations actuelles au gélatino-bromure d’argent.
- 17° Etude des réactions chimiques etphysiques concernantl’impression,le développement, le virage ou le fixage des épreuves négatives et positives. Influence de la température sur la sensibilité des plaques photographiques, leur conservation et le développement de l’image.
- 18° Etudes astronomiques et météorologiques par la photographie.
- 19° Recherches sur les méthodes microphotographiques; applications, notamment aux études minéralogiques, histologiques et médicales.
- 20° Perfectionnements à apporter aux méthodes stéréoscopiques.
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- LES AMÉLIORATIONS DE 1901
- Pour répondre au vœu exprimé par la majorité de ses ABONNÉS-RÉDACTEURS (A-R), la Photographie française supprime, à dater de ce jour, les pages d’annonces imprimées sur papier mince qui servaient de garde aux gravures hors texte de la publication.
- En outre, elle reporte sur ces pages d’annonces, à la suite du texte et hors pagination, les rubriques n’ayant d’autre intérêt que celui de l’actualité afin de permettre de relier à part le texte de fond proprement dit.
- Elle étudie enfin avec un des meilleurs relieurs de Paris, M. Leclerc, relieur de l’Académie, un type de reliure élégant et économique afin d’en faire bénéficier ceux de ses abonnés qui tiendront à conserver la publication, et bientôt elle annoncera quelles conditions de vente cette étude lui permettra de réaliser pour ces reliures spéciales.
- LETTRES OUVERTES
- A MM. les rédacleurs-abonnés de La Photographie Française.
- Afin de gagner du temps en évitant ainsi l’envoi d’un trop grand nombre de lettres, La Photographie Française, tout en s’excusant de prendre la voie du journal pour cet avis, prie ses ABONNÉS-RÉDACTEURS (A-R) d’avoir l’extrême obligeance de lui renvoyer leurs cartes de presse provisoires qui doivent être annulées et seront immédiatement remplacées par d’élégants carnets identité de presse (en cuir) pour l’année 1901.
- Ces carnets possèdent à l’intérieur un emplacement de 3 cent. 1/2 de largeur sur 4 cent, de hauteur (comme le quadrilatère ci-contre) réservé à la photographie du titulaire.
- Comme il y a intérêt, pour donner un caractère plus personnel et par conséquent plus officiellement valable à ces cartes, à ce que le portrait soit revêtu en bordure du timbre du journal, nos distingués rédacteurs sont instamment priés de joindre au renvoi de leur carte provisoire leur photographie qui sera collée dans le carnet définitif et timbrée par la direction, avant légalisation du pouvoir conféré par la carte.
- Enfin en raison du caractère rigoureusement personnel des carnets presse-identité ils seront expédiés sous plis recommandés.
- C’est à l’extrême obligeance d’un des abonnés du journal, M. Girault, qui possède l’une des plus anciennes et l’une des plus renommées manufactures de maroquinerie parisiennes, que nous devons d’avoir pu établir le modèle de ces jolis carnets, car, en nous les livrant à prix coûtant, il nous permet de les offrir gratuitement à leurs titulaires.
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- M. Ch. Champeaux, Paris, — Reçu votre lettre et votre mandat de réabonnement, dont je vous remercie. N’avez-vous pas reçu ma lettre imprimée au sujet des correspondants? Je serais heureux d’avoir votre sentiment personnel à ce sujet. L. G.
- Docteur Bousquet (A-R), St-Mandé. — Reçu votre mandat de réabonnement, merci. L. G.
- jtee ConeotiFs de Photographies doeomentaires
- Nous n avons reçu pendant les quatre dernières semaines qu’un nombre assez restreint d’envois, et les 5/6 de ces envois ont eu la mauvaise fortune d'être écartés du concours, mais d autres envois nombreux nous sont encore annoncés, et parmi les concurrents admis se trouvent des amateurs dont les œuvres sont pleines d’intérêt :
- Les dernières devises reçues sont:
- Guingamp. 46.330 — L. B. G.
- Paris. . . . 19.129 — L. S. T. (nouvel envoi). Rio Hacha. 21.861 — R. G. D.
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- Ilammah., 11.222 — C. H. H. Maguelone. 42.419— C. T. L. Clermont. 43.920 — A. C. M Turin. . 23.232 — C. H. B. Varsovie. 18.069 — V. C. K.
- Rappelons à nos aimables concurrents que la série des vues de projections sera projetée sous les noms des concurrents en une ou plusieurs séances publiques et privées et qu'il y aurait avantage à donner, par de beaux et nombreux envois, un intérêt marqué à ces séances de projections.
- ÉCHOS
- Cours, Expositions, Concours, Nouvelles diverses
- La Société photographique de Saint-Pétersbourg ouvre un deuxième concours de dispositives artistiques pour la projection sur l'écran. — Envoi du 15 au 28 décembre 1900 au Secrétaire de la Société photographique de Saint-Pétersbourg. (YVassiliewsky Ostrow sixième ligne, n° 3, Saint-Pétersbourg).
- *
- M. E. Cousin, à la Société Française de Photographie (76, rue des Petits Champs, Paris), a repris pour la sixième année son cours élémentaire de Photographie en vingt leçons avec projections. (Le cours est public et les dames y sont admises).
- S’inscrire à l’adresse ci-dessus.
- *
- M. Edgard Moisson, d’autre part, reprend son cours spécial A'Optique géométrique et de photographie à I’Union Française de la
- jeunesse, où il aura lieu tous les lundis soir, à 9 heures.
- *
- La maison Paul Cornu, 2, rue Beaurepaire, à Paris, ouvre un Concours de photographie le 1er décembre 1900 ; il sera clos le 15 avril 1901.
- *
- L’Administration des Postes vient de compléter très heureusement la mesure prise il y a trois mois au sujet de l’indication des arrondissements de Paris sur les lettres et plis quelconques, en publiant trois types de répertoires au prix uniforme de 15 centimes, qu’on peut se procurer dans tous les bureaux de poste et qu’on peut aussi consulter gratuitement dans ces bureaux.
- Cette mesure nous paraît donner complète satisfaction aux justes observations formulées à propos de cette nouvelle prescription, et nous en félicitons M, le sous-secrétaire d’Etat.
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- Conservatoire national des Arts et fîétiers
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- Géométrie appliquée aux arts. Prof. A. Laussedat. — Géométrie descriptive. Prof. E. RouchÉ. —Mécanique appliquée aux arts. Prof. J. Hirsch. —Physique appliquée aux arts. Prof. J. ViOLLE. — Electricité industrielle. Prof. Marcel Depiîez. — Chimie séné-raie. Prof. E. Jungfleische. — Chimie industrielle. Prof. E. Fleurent. — Métallurgie et travaux des métaux. Prof. U. Le Verrier. — Droit commercial. Prof. E. Alglave.
- Nous ne rappelons ici que les cours qui ont un rapport plus ou moins direct avec la photographie, car on trouvera la liste complète avec les jours et heures des cours, si on le désire, au Conservatoire même.
- Notons en passant, une fois de plus, la lacune de cet enseignement populaire en ce qui concerne la photographie...
- L'époque tardive à laquelle a eu lieu ce mois la réunion mensuelle syndicale en a retardé le procès-verbal et nous oblige à en renvoyer l’insertion au prochain numéro.
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