La photographie française
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- 10a Année.
- N° 4.
- 25 Avril au 25 Mai 1898.
- LA
- Photographie Française
- Revue Mensuelle Illustrée
- des Applications de la Photographie à la Science, à l'Art et à l’Industrie
- W*'
- Organe officiel de la Chambre syndicale des fabricants et négociants en Appareils et produits photographiques et de la
- Chambre syndicale des Opticiens .P;
- Directeur-Propriétaire : Louis GASTINE
- SOMMAIRE :
- Notre Concours........................... 55
- L’Acétylène en photographie, par M.G. Gas-
- tine....................................... 58
- A travers l’Oranais (notes instantanées) . . 61
- Echos........................................ 65
- Exposition Universelle de 1900............ 67
- Ixoïnétric, par M. Abel Buguet............... 68
- Recettes et procédés......................... 69
- Expositions et Concours..................... 70
- Extrait du procès-verbal de la Chambre syndicale des fournitures photographiques......................................... 71
- I]VlPOHTA]S[T
- Tous les changements apportés aux annonces doivent être envoyés à la Direction du Journal un mois d’avance, et parvenir avant le 15 du mois, dernier délai.
- J^otPe Concours
- Nous avons la grande satisfaction d'annoncer à nos lecteurs que la Chambre syndicale des fabricants et négociants en appareils et produits photographiques a eu la généreuse pensée de s'intéresser au concours que son organe officiel organisait, et, qu'en conséquence, ce Concours entre désormais dans une nouvelle phase.
- Non seulement la Chambre Syndicale a voulu s'intéresser à notre appel, mais encore elle nous a offert de le patronner en sa dernière séance du 8 mars dernier, et l’on conçoit que nous avons accepté avec empressement cette offre qui donne à notre épreuve une envergure et une portée réellement considérables.
- Institué par cette Chambre syndicale française, au moyen de notre entremise et de notre organisation, cette épreuve n’intéresse plus seulement en effet nos lecteurs, mais tous les amateurs français de photographie, attendu qu’ils comprendront combien il sera justement flatteur pour eux d'avoir été admis à ce concours par les fabricants et négociants de leur pays, les plus éminents et les plus renommés dans la spécialité qui leur est chère.
- A cet effet, la Chambre syndicale a décidé,d’accord avec nous,que le concours comprendrait avant tout une première épreuve éliminatoire ayant pour objet d'écarter tous les envois qui ne seraient pas dignes cl'y figurer et aussi de décerner, sous la forme d'un diplôme d’admission, un souvenir et une
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- distinction réellement honorifique à tous ceux, qui, eu très grand nombre, pourront assurément être admis.
- En conséquence, notre concours prend désormais le titre de :
- Concours de Photographie instantanée
- institué par la Chambre syndicale française des Fabricants et Négociants en appareils et produits photographiques
- par
- l’entremise et sous l'organisation de son bulletin oilieiel, la Revue LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- et ce concours n'est plus ouvert seulement aux lecteurs de ce journal, mais encore à tous les amateurs français : dames, hommes et jeunes gens qui voudront bien y prendre part.
- Parce qu'il est exclusivement réservé à la photographie instantanée, il se trouve tout naturellement mis à la. portée de tous les amateurs.
- Les concours de belles épreuves ou épreuves artistiques sont presque toujours les seuls concours organisés en photographie ; or, ils ont le grave inconvénient d'être, ci peu de chose près, fermés aux amateurs sans prétentions pareequè il faut être très exercé pour réussir, même après beaucoup cle tâtonnements, un beau cliché photographique ayant un caractère artistique marqué.
- D’accord en cela avec nous, la Chambre Syndicale a pensé, au contraire, que le plus modeste amateur photographe est capable de faire de son appareil un emploi curieux, intéressant, utile, nouveau, instructif, pratique ou spécial, emploi intelligent, en un mot, qu'il y a lieu cl'encourager, et que tout l’intérêt de la photographie ne réside pas exclusivement dans la beauté ou le caractère artistique du cliché et de ses épreuves.
- C'est donc dans cet esprit qu'en maintenant au concours la spécialité de /'instantané, la Chambre Syndicale l'a accentuée encore en votant en principe les récompenses suivantes qui particularisent bien le but et la portée de cette grande tentative progressiste.
- Rappelons d'abord que le concours étant limité a /'instantané, tous les sujets doivent comprendre des personnes, des animaux ou des objets en mouvement, attestant bien que la reproduction de la nature a été faite en une petite fraction de seconde de temps.
- Les deux premières récompenses (Médailles de vermeil grand module) seront décernées : l'une au sujet présentant le plus d’intérêt, pour bien marquer qu'en matière de photographie instantanée /'intérêt du sujet prime tout ; et la seconde au mérite artistique de ce sujet pour rappeler néanmoins que si ce sujet peut être, en même temps, bien choisi, bien pris, ce mérite ne doit pas être dédaigné.
- Les deux médailles dont il s'agit sont offertes, l’une par M. Dubouloz, Président, et l'autre par M. Maxtois, Vice-président du Syndical.
- Six médailles d’argent sont en second lieu offertes.
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- Par M. Dubouloz, Président du Syndicat, pour des photographies instantanées d'enfants.
- Par M. Turillon, Opticien, Membre du Syndicat, pour des photographies instantanées de Marines.
- Par M. Mercier, Trésorier du syndicat, pour des photographies instantanées de scènes cyclistes.
- Par lu Syndicat, pour des photographies instantanées de chevaux nus, montés ou attelés.
- Par lk Syndicat, pour des photographies instantanées d'exercices sportifs divers.
- Par le Journal la. Photographie Française, pour des scènes quelconques prises dans la rue, sur la voie publique ou sur les routes (accidents, arrestations, disputes, jeux, attroupements, etc.).
- Trois médailles de bronze sont offertes ;
- Par le Syndicat pour des instantanés de foules, cortèges, cérémonies et analogues.
- — - pour des instantanés d'artisans et ouvriers des villes
- ou de la campagne clans l'exercice mouvementé de leur art ou de leur profession.
- Par le journal la Photographie Française pour des instantanés de foires ou marchés.
- Enfin Une grande palme de vermeil (Prix d’Honneur), offerte parle Syndicat, sera décernée à la meilleure et la plus intéressante des photographies instantanées faite dans l'une quelconque des sections précitées, que la médaille attribuée dans cette section au lauréat, soit de vermeil, de bronze ou d'argent.
- Telles sont en résumé les grandes lignes du concours voté lors de sa dernière séance par le Syndicat, mais, diverses récompenses et prix peuvent être encore ajoutés à ceux que nous venons de mentionner, et d'autre part un règlement complet des conditions du concours est en préparation1. Selon toutes les probabilités, notre prochain numéro publiera ce règlement définitif, ainsi que les noms des membres du Jury qui seront choisis parmi les personnes les plus éminentes de notre pays et les plus qualifiées pour trancher en matière de photographie.
- Nos précédentes indications en ce qui concerne l'époque et les autres détails du concours restent en principe telles que nous les avions fait connaître déjà, du moins dans ce quelles n'ont pas de contraire à ces dernières indications.
- La Direction.
- (1) Au moment de mettre ce numéro sous presse, il nous est annonce et nous pouvons dire déjà <juo diverses grandes associations françaises, parmi les plus considérables de notre pays, et divers des plus grands journaux de Paris s'associent à nous pour augmenter l’intérêt de ce concours par l’apport de nouveaux prix et récompenses <pie nous annoncerons dans notre prochain numéro.
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- lïReétylène en Photographie
- (suite)
- Les gazogènes pour mes grands appareils alfectent la forme de caisses parallélogrammiques, J allongées, dans lesquelles on peut disposer une longue file depaniers n’excédant pas les dimensions convenables pour l’attaque du carbure de calcium. Ces paniers sont recouverts
- Fig. 10 Fig. I l
- Fig. 12 Fig. 13
- par une cloche de forme allongée, munie à l’une de ses extrémités inférieures d’un ajutage ou bec de surverse gazeuse (.r) débouchant dans une chambre (X), C’est en avançant cette cloche, retenue par des verrous supérieurs, qu’on l’amène dans sa position de travail. Pour le reste de l’appareil, les dispositions sont identiques à celles déjà mentionnées.
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- Dans les bassins supérieurs R, B des gazogènes, un serpentin refroidissent* agit s’il est nécessaire, c’est-à-dire si le régime de l’appareil est très actif, La masse d’eau introduite dans les gazogènes suffit, en débit normal, pour empêcher une élévation de température nuisible.
- Fig. 14
- Fig. 15
- L’appareil, qui est figuré à une échelle très réduite, constitue une véritable usine d’acétylène, susceptible d’alimenter un éclairage considérable. Elle occupe une place infiniment réduite par rapport à une usine à gaz de la même puissance. Le coût d’établissement est en rapport avec ces énormes différences. Le fractionnement de la charge de carbure en multiples paniers maniables sans appareils de levage, permet à un seul ouvrier de surveiller, de charger etdécharger l’appareil sans peine. Les deux gazogènes fonctionnent alternative-
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- ment. On peut d’ailleurs sur un môme régulateur, grefferun plus grand nombre de ces gazogènes.
- La surverse gazeuse de mes appareils et son mode d’agencement permettant, par l'établissement d’un joint hydraulique unique, le chargement et le déchargement, le nettoyage du gazogène, d’une part; d’autre part, le régulateur en liaison constante avec la cloche du gazomètre et établi en balance, de manière à n’opposer aucune différence d’effort sur cette cloche, qui lui sert de moteur, et à n’apporter par suite aucune perturbation dans la pression du gaz à laquelle la cloche sert de régulateur; l’emploi de diaphragmes sous les paniers à carbure, réduisant l’attaque pendant les arrêts de fonctionnement, sont des dispositions très spéciales, caractéristiques de mes appareils.
- Je dois ajouter que mes systèmes d’appareils ont re<;u l’épreuve d'une large pratique. Je
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- Fig. 17
- m’en sers sans interruption depuis dix-sept mois. Plusieurs sont en service ailleurs que chez moi, depuis huit à dix mois, à Marseille, à Avignon, à Montpellier, à Lille, etc. L’un de mes premiers appareils fonctionne depuis juin(1897), passé pour l’éclairage de la villa de M. De-grully, directeur du Progrès agricole aux environs de Montpellier.
- Pour aucune des installations faites avec mes appareils, je n’ai consacré plus d'une heure d’explications aux personnes chargées de les faire fonctionner, et je n’ai jamais été obligé de compléter les indications fournies.
- Enfin je puis garantir ces appareils comme exempts de tous dangers, soit de déperdition de gaz, soit de création de mélanges détonants. Les proportions adoptées dans la construction assurent contre toute déperdition de gaz d’un éclairage à l’autre et même au delà. Je crois donc que ces appareils réalisent, avec un fonctionnement automatique qui exclut toute surveillance, l'immunité indispensable à l’emploi domestique de l’acétylène. Par rapport à l’emploi d'appareils non automatiques, ils réalisent une économie de place considérable et une économie correspondante de construction. Leur avantage encore, par comparaison avec ces derniers, est de ne comporter qu’une accumulation très minime de gaz.
- {La suite au prochain numéro) G. Gastine (chimiste)
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- N° 8 — Village de Beni-BadeS (frontière, marocaine)
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- R travers roranais'”
- Notes instantanées (Suite et fin)
- Au pays des Eeni-Badels, la vallée de la Tafna, quoique large de près de deux kilomètres, semble resserrée tant elle est profondément encaissée entre les puissantes masses rocheuses qui la dominent à droite et à gauche et se dressent au-dessus d’elle à 500 et parfois même à 600 mètres de hauteur.
- Les plus hautes cimes qui se découpent à l’ouest sur l’azur du ciel atteignent jusqu’à 1400 mètres d’altitude. Au-delà du village de la tribu kabyle qui a donné son nom à la région, les monts se resserrent encore dans le sud-ouest et leurs enchevêtrements, profondément accidentés, sont à la fin si rapprochés que les crêtes paraissent se rejoindre et former un cul-de-sac infranchissable.
- Aucune description ne saurait rendre l’impression majestueuse de ces hauteurs abruptes dont les aspects changent presque à chaque pas quon fait et que visitent seuls des vols de grands aigles, planant les ailes toutes grandes pendant des heures.
- Quand on est parvenu dans cette magnifique vallée, au point d’où la vue reproduite en phototypie dans notre précédent numéro a été prise, on se trouve, au bout d'un court sentier qui commence à droite du chemin, et après avoir, en suivant ce sentier, traversé un très faible renflement du terrain, on arrive au bord d’une sorte de petit plateau terminé par une coupure à pic, véritable ravin de cent quinze à cent vingt pieds de profondeur, large au plus d’une portée de pistolet, au fond duquel la Tafna, le grand fleuve oranais aux crues si terribles l’hiver, gazouille inolïensif, tout à fait réduit par les sécheresses de l’été, comme un innocent ruisseau.
- Par delà cette fissure gigantesque disant, — avec quelle éloquence! — quelle est chaque année, au moment des pluies, la fureur du torrent qui l’a creusée, — par delà, disons-nous, s’étendent des suites ininterrompues de jardins et de vergers : une véritable forêt d’oliviers,
- (1) Reproduction interdite sans autorisation spéciale (texte et illustrations).
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- d'orangers, de citronniers, d’amandiers, de caroubiers, de figuiers, de grenadiers et de bananiers qui file à perte de vue le long de la ravine, couvrant les premières pentes douces de la rive droite de l’ancien lit du ileuve sur une largeur de deux cent cinquante à trois cents mètres .
- De cette étroite mais interminable bande de sombres verdures, percée çà et là de petites clairières d’un vert plus éclatant, arrivent de capiteuses odeurs, portées par les brises à peine sensibles de l’ouest dont le régime faible mais régulier est presque constant.
- Plus loin, sans transition, les pentes de l’ancienne rive droite se relèvent fortement. Grises ou rousses, incultes, sèches, criblées de débris de roches de toutes dimensions, elles se relient à la base des murailles blanches, gigantesques, taillées à pic par les érosions du fleuve aux époques préhistoriques où ses flots devaient s’étendre sur une largeur d’au moins 1800 mètres pendant les crues.
- De vastes plateaux parsemés de broussailles et de quelques grands chênes-liège, couronnent ces antiques barrières, que surplombent encore, très loin, en arrière-plan, les crêtes violettes, arides, dentelées, irrégulières des derniers sommets de la vallée.
- A moins d’y être de très longue date accoutumé, on ne peut se défendre d’éprouver une véritable émotion devant la magnificence de ces oppositions si furieuses de tons, de formes, de température et d’émanations, car, même à une petite distance et sans les voir, on peut pressentir le bois et le fond du ravin actuel de la Tafna aussi frais que les déclivités pierreuses, les murailles blanches, les plateaux et les cimes antiques tout embrasées.
- Au bout du léger renflement de terrain que nous avons déjà signalé, le sentier disparaît au bord de la découpure vertigineuse du ravin.
- Dans l'obscure profondeur de cette tranchée naturelle, l’Oued Tafna ne se voit guère que grâce au reflet lumineux du ciel, mais on entend le murmure de ses eaux rapides montant avec une fraîcheur humide délicieuse et des senteurs de végétation tentantes.
- Un peu à gauche, on entrevoit une étroite dépression du sol et une piste de chèvre se dirigeant en biais vers le précipice. C’est la suite du sentier. Avec d’audacieux zig-zags, cette piste, à peine assez large pour qu'on y puisse poser à la fois les deux pieds, se précipite sur la paroi du gouffre.
- Il faut n’être point sujet au vertige et posséder une grande adresse physique pour descendre, à l’aide des buissons et des lianes qui s’enchevêtrent le long de ce casse-cou, jusqu’au fond du ravin.
- A l’extrémité de ce périlleux lacet, les eaux, très basses, de la rivière ruissellent en cascatelles pendant la période sèche, sur un mince barrage de roches formant gué.
- Quand on a franchi ce passage, on trouve sur l’autre côté du ravin un sentier moins dangereux permettant d’escalader la paroi droite du précipice.
- Sur l’autre bord du fleuve, la luxuriante végétation arbustive emplissant l’air du parfum de ses fleurs commence presque au bord de l’abîme et s’explique par la présence d’innombrables petits canaux d'irrigation entretenant sous les ombrages une fraîcheur et une tendre verdure tout à fait exquises.
- De nombreux chemins s’entre-croisent en tous sens pour desservir les vergers sans clôtures des familles de la tribu. Le principal et le mieux frayé remonte sous bois le long de la rivière pendant près d’un kilomètre avant de déboucher sur les fortes pentes pierreuses grises ou rousses dont nous avons déjà parlé.
- Hors du bois, la chaleur accablante, au milieu du jour, redouble avec la réverbération des prodigieuses murailles blanches que le soleil frappe en plein, mais après avoir dépassé une saillie assez accentuée de cette barrière, on se trouve brusquement saisi par un étrange et merveilleux spectacle.
- Du sommet d’un immense talus de roches grises et roses, — talus dont la pente est de près de 80° et qui mesure trois cents mètres d’élévation pour le moins, ruissellent des milliers de filets d’eau, rebondissant de saillie en saillie en léchant cette pente effrayante, — ou bien encore suintant à l’extrémité de stalactites énormes de concrétion en concrétion, jusqu’à la base du talus au inilieud’lierbes hautes d’ombellifères, de graminées, de cactus, de plantes bulbeuses, de roseaux, de fougères, de buissons, de lianes et même d’arbres et d’arbustes croissant sur toutes les anfractuosités où le moindre brin de terre végétale a pu se fixer.
- Comme autant de nids d’aigles, des centaines d’habitations se perchent, mi-partie ou
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- aux trois quarts creusées dans le roc, extérieurement soutenues par quelques pans de murs, à toutes les hauteurs et dans tous les creux de cette titanesque montagne presque à pic.
- Degrés, échelles, crampons, cordes, perches, tous les moyens d’escalade connus et d’autres inconnus sont employés par les habitants de ces maisons-cavernes pour accéder à leurs gourbis. Par d’invraisemblables réseaux, en d’inextricables lacets, souvent tout à fait suspendus sur le vide, ces chemins aériens, aux rampes farouches, aussi troublants que l’abîme dont ils font partie, forment le plus surprenant mélange avec les beautés naturelles de ce lieu si sauvage.
- Ils témoignent de l’âpre lutte humaine entreprise contre la férocité de cette sublime muraille; des combats dans lesquels, par sa ténacité, avec le seul aide de méchants outils, l’homme plus grand d’audace que la Nature elle-même, l’a su vaincre, fouler, tailler, asservir, si bien qu’il a enfin lieu d’être fier de pouvoir en quelque sorte se draper dans sa splendeur.
- Tant que le soleil darde ses rayons les plus brûlants, aucun être vivant ne se montre. Le lourd silence n’est troublé que par le bruit léger de l’incessant égouttis des eaux incrustantes qui se déversent sur toute l’étendue de la montagne. Mais dès que l’astre ardent est assez incliné sur l’horizon pour que ses rayons ne frappent plus directement sur le village, il paraît s’éveiller. De toutes parts, les Beni-Badels surgissent; la vie, le mouvement, avec d’intenses rumeurs, se manifestent.
- Aux portes, sur les terrasses, le long des sentiers, des escaliers, des échelles, sur les trop légers ponts de perches jetés d’abîme en abîme, un grouillement indescriptible de femmes, d’hommes et d’enfants donne à toute l’étendue du formidable pan de la montagne comme une vibration d’être animé fabuleux.
- Sur le moindre point où le regard se fixe, on découvre des mondes. Des familles occupées a étendre des linges rapportés par des laveuses du bas de la vallée; des groupes de filles et d’épouses environnées d’enfants presque nus pilant les grains, tamisant les farines pour le couscous, pelant des piments doux, des racines, écossant des fèves ou grillant des épis de maïs sur des braises ardentes.
- De ci, de là, des artisans, épars sur le seuil de leurs cavernes ou sur le bord sans parapet de leurs bouts de toits sortant de la roche creusée, forgent des armes, des outils, des pelles; taillent des meules, tressent des ruches, des paniers, des nattes ou de grands chapeaux de paille; découpent des cuirs, assemblent des bois de bâts, de selles; modèlent et peignent des poteries ou font marcher des dévidoirs et de rustiques métiers à tisser.
- Une infinité de filets de fumée bleuâtre montent droit le long de la pente, s’accrochant aux saillies de la végétation, aux stalactites moites produites par l'éternel ruissellement des eaux chargées de sels de chaux qui se déversent du sommet du plateau. Ils marquent les apprêts du repas du soir.
- Habitués depuis leur plus tendre enfance à vivre le long de ce précipice vertigineux, les Beni-Badels s’y déplacent avec une adresse et une agilité tout à fait simiesques ; les enfants surtout, à partir d’un certain âge, y accomplissent des acrobaties stupéfiantes. Avec les pieds autant qu’avec les mains, — voire avec les dents, — ils s’accrochent soit pour descendre, soit pour grimper dans des passages si peu accessibles qu’après les leur avoir vu franchir, on croit qu’on a rêvé. Là où des échelons, si fort étroits qu’ils fussent, n’auraient pu être taillés, ils se laissent glisser pour descendre, ou sautent comme des chèvres.
- Un seul exemple suffira pour faire juger de leur extraordinaire souplesse et de l’invraisemblable sûreté d’eux-mêmes qu’ils possèdent: une dizaine de ces bambins jouaient devant nous à se poursuivre à tour de rôle, car ce genre d’amusement est de toutes les races et de tous les pays. Leur troupe bruyante s'était engagée dans un passage où elle devait être fatalement rejointe par celui qui la poursuivait, parce que ce passage serpentant le long d’une des parties les plus verticales de la montagne, s’arrêtait enfin à un endroit où l’on avait renoncé à le prolonger faute de l’inclinaison minimum indispensable. La roche étant tout à fait à pic, il aurait fallu le transformer en tunnel.
- Dès que le poursuivant vit ses camarades engagés sur cette piste, il précipita sa course pour les rejoindre.
- Or, ce redoublement de vitesse nous paraissait fort inutile puisque la bande allait être forcée de s’arrêter et de se laisser prendre.
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- Nous n’eûmes pas le temps d’ébaucher le sourire que ce zèle intempestif faisait éclore sur nos lèvres, car nous comprîmes tout à coup la raison de cet empressement. Les neuf g'amins poursuivis s'étaient arrêtés à l’extrémité du sentier, là où l’étroit chemin taillé dans la partie la plus perpendiculaire de la muraille les obligeait à se tenir les uns derrière les autres, collés contre le mur de granit. Le plus grand se cala solidement des coudes et du dos contre le roc; un de ses camarades grimpa sur ses épaules et prit ensuite, sans tomber, la même position que lui contre la pierre; un troisième ht de même, un quatrième... le cinquième atteignait ainsi déjà un autre sentier supérieur, plus praticable, sur lequel il se hissa. Les quatre derniers prirent sans hésiter un instant le chemin de cette fragile échelle humaine et furent vite sur le chemin du haut, hors de la portée du petit chasseur.
- Cependant celui-ci était alors bien près d’atteindre au moins le plus grand de la bande supportant encore les quatre camarades juchés sur lui.
- « La manœuvre est habile autant que hardie, pensions-nous : le plus grand est assurément pris, mais il aura vite fait de rattraper un de ses camarades. »
- Nous nous trompions encore. Pendant que nous faisions ce calcul, trop simpliste, les cinq bambins arrivés au sentier supérieur s’étaient étroitement embrassés, accroupis au bord du sentier, « pour faire poids » et de leurs dix petites mains crispées commençaient à « soutenir » leur complaisante échelle.
- Un cri d’avertissement fut lancé; les mains qui soutenaient s'accrochèrent et « le grand » au lieu de supporter, se hissa comme un singe le long des jambes et du corps de celui qu’il avait encore une seconde auparavant directement sur les épaules. En moins de temps qu’il n’en faudrait pour le dire, il escalada ses camarades, se joignit au « tapon souteneur »... et quand le « chasseur » arriva enfin au but, ce fut en vain qu’il sauta en l’air pour tenter d’ehleurer au moins le pied du second « bambin-échelon » que ses petits amis enlevaient à la force de leurs poignets.
- C’est à peine si dans nos cirques on voit faire de pareils tours de force par des enfants, souvent moins jeunes qu’ils ne le paraissent, et que leurs parents acrobates assistent avec une sollicitude inquiète très naturelle!
- *
- Le village des Beni-Badels dont notre phototypie hors texte montre un des aspects, mériterait à lui seul une longue monographie, mais depuis si longtemps déjà nous entretenons nos lecteurs des curiosités de l’Oranais que nous craindrions de les lasser en insistant davantage.
- Ne faut-il pas laisser d’ailleurs, quelques surprises à ceux qui auraient le courage d’entreprendre une exploration photographique de ces beaux pays où le touriste ne se porte pas assez?
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- ÉCHOS
- Cinématographes. — Progrès dans la construction
- Le docteur Eder rend compte, dans le dernier numéro de la Photographische Corresponde?};., des perfectionnements récents apportés à l’appareil de MM. Lumière. Le savant directeur de notre Ecole explique que depuis le jour où le premier cinématographe construit par ces Messieurs fut présenté à l’Ecole, d’autres instruments analogues furent soumis à son examen, mais que aucun des appareils expérimentés n’égalait celui des frères Lumière. Cependant ces Messieurs ont continué de chercher à améliorer leur invention et ont tout récemment envoyé à l’École un de leurs nouveaux cinématographes. M. Eder décrit les perfectionnements, en constate l’importance et nous fait connaître que le condensateur, dont la fonction est de recueillir les rayons lumineux de l’arc électrique, se compose d’un flacon, à forme de mat ras rempli d’eau distillée bouillie. Grâce à ce condensateur, les rayons lumineux ne subissent aucune perte, tandis que les rayons caloriques sont absorbés en grande partie. Il en résulte que la pellicule, en se déroulant, est efficacement protégée contre tout danger d'inflammation. Le niatras est ouvert; le goulot donne passage à un fil de fer auquel est fixé un petit morceau de charbon de bois récemment calciné qui plonge dans le liquide. Ce dispositif empêche l’ébullition de l’eau quand le cinématographe fonctionne trop longtemps sans interruption. De plus, pour garantir encore davantage la pellicule, on abaisse avant la séance une sorte de vasistas en verre dépoli qui disperse les rayons caloriques et lumineux. Une glace, épaisse de cinq à six millimètres, contre laquelle le film est pressé durant son passage, absorbe de son coté une certaine quantité de chaleur, de sorte que le celluloïd ne peut s’échauffer au delà d’une limite déterminée.
- Le cinématographe ainsi disposé fonctionne parfaitement et en toute sécurité. Le scintillement est réduit à un minimum. Dans les autres appareils, de même qu’avec les pellicules ayant fait un long usage, le tremblement de l’image est beaucoup plus accusé
- qu’avec le dernier cinématographe de Lumière. La grille, présentée par M. Gaumonl, remédie au mal. Le docteur Eder donne, dans sa notice, un dessin de ce petitévenlaii.
- (Bulletin du Pholo-Cluh dr Paris.)
- Un amplificateur universel
- M. Mascart soumet à l’examen de l'Académie un dispositif imaginé par l’ingénieur Carpentier, et appelé par lui « amplificateur universel ».
- Cet appareil est destiné à faire des agrandissements photographiques à toute échelle et supprime radicalement l’opération de la mise au point toujours si délicate, même pour les opérateurs expérimentés.
- Le châssis porte-cliclié et le châssis portant la substance sensible sont liés ici par un mécanisme cinématique, réalisant d’une manière rigoureuse la relation, connue sous le nom de formule de Newton, existant entre les distances de deux foyers conjugués et les foyers principaux correspondanis.
- Le réglage de l’appareil consiste dans la détermination exacte et mathématique du foyer par les procédés précis de l’optique et dans l’ajustage de l’élément correspondant a ce foyer.
- *
- Nous rappelons à nos lecteurs, et particulièrement aux fabricants d’appareils et de produits photographiques, qu’un important Musée Commercial a été créé depuis peu à Rouen et qu’ils sont intéressés à y exposer toutes les choses qu’ils veulent faire connaître.
- Il y a là un moyen gratuit de répandre très avantageusement des choses intéressantes el if serait fâcheux de n’en pas profiter.
- Adresser toutes les demandes de renseignements au siège du Musée Commercial, rue Saint-Lô, à Rouen.
- *
- L’Automobile Club de France a accepté le patronage et la direction d’un concours de voitures de places automobiles qui aura lieu du 1er au 12 Juin 1898 et dont nous rendrons compte dans un article spécial accompagné de photographies instantanées.
- Les engagements pour ce concours seront
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- 66
- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- reçus jusqu’au 30 Avril au prix de 200 francs et au double de ce prix du 30 Avril au 20 Mai.
- Nous tenons à la disposition des concurrents tous les renseignements complémentaires qu’ils pourraient désirer, q/
- Le décret portant promulgation de l’acte additionnel et de la déclaration du 4 mai 1896, modifiant la Convention internationale de Berne du 9 septembre 1886. pour la protection de la propriété littéraire et artistique, contient le passage suivant :
- « Les œuvres photographiques et les œuvres obtenues par un procédé analogue sont admises au bénéfice des dispositions de ces actes autant que la législation intérieure permet de le faire, et dans ta mesure de la protection qu’elle accorde aux œuvres nationales similaires.
- « Il est entendu que la photographie autorisée d’une œuvre d’art projetée jouit, dans tous les pays de l’Union, de la protection légale, au sens de la Convention de Berne et du présent acte additionnel, aussi longtemps que dure le droit principal de reproduction de cette œuvre môme, et dans les limites des conventions privées entre les ayant-droit. »
- Une nouvelle société de Photographie vient de se former à Chartres, sous le titre de Photo-Club Chartrain.
- Les Membres du bureau sont :
- MM. Hurtault, président; Artus, secrétaire;
- Rocault, trésorier ; Courage, de Ste Beuve,
- Soulié, Tafloreau, Fenouillère, membres.
- Siège social, atelier et laboratoire, 45, rue du Soleil d’Or.
- *
- La Société Photographique du Centre (à Bourges) forme une collection de photographies documentaires concernant le centre de la France et particulièrement le Berry ;
- elle fait appel à tous les photographes amateurs ou professionnels qui voudraient bien lui fournir des documents, avec notice autant que possible,
- *
- M. J. Voieun (15 et 17, rue Mayet, Constructeur de machines à imprimer et pour la photocollographie) annonce qu’il s’est organisé de façon à donner des leçons démonstratives des procédés suivants:
- a. Photographie au collodion humide pour la reproduction ;
- b. Procédé de photogravure au bitume (photogravure au traitj ;
- c. Procédé à l’albumine bichromatée ;
- d. Procédé émail pour similigravure (phototypogravure) ;
- e. Procédé phototypique (photocollographie) à la gélatine bichromatée.
- Une exposition photographique organisée par la Société Lorraine de photographie, se tiendra à Nancy du 28 mai au 13 juin 1898 inclusivement,
- lp<! Section. — Œuvres photographiques, amateurs, — (Sont admis les amateurs de tous pays.)
- 2e Section. — Exposition rétrospective, comprenant tous les appareils anciens et les épreuves obtenues avec ces appareils depuis les premiers essais jusqu’à la mise en œuvre de la plaque au gélatino-bromure exclusivement.
- Dans cette section, les appareils,le matériel et les épreuves seront admis, quel que soit leur pays d’origine et la nationalité de leur détenteur actuel,
- 3U Section, — Œuvres photographiques de professionnels. — Ne seront admis à exposer dans l’une ou l’autre des quatre classes de cette 3,! section que les constructeurs, industriels, commerçants ou professionnels appartenant à la légion lorraine (Meurthe-et-Moselle, Meuse, Vosges, territoire de Belfort).
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- Participation de l’Autriche
- Pour le groupe III, qui comprend la photographie, le Ministre du Commerce de l’Autriche a nommé un comité dont font partie le professeur docteur von Lang, le conseiller Millier, directeur de la Monnaie, le conseiller Volkmer, le conseiller Wiesner, professeur à l'Université, et le conseiller docteur Eder, directeur de l’Ecole impériale graphique. La présidence de cette section est dévolue au docteur Eder.
- [Bulletin du Photo-Club de Paris.)
- *
- Pour corriger quelques erreurs de noms qui s’étaient produites dans notre information à ce sujet, nous répétons aujourd’hui l’écho suivant :
- Dans sa séance du 29 janvier, le Comité d’admission de la classe de photographie, pour l’Exposition de 1900, s’est divisé en cinq sections qui ont immédiatement procédé à la nomination de leurs présidents et secrétaires respectifs.
- ll'e section. Photographie scientifique. Président: M. Marey; secrétaire : M. Louis Gas-tine; membres : MM. le docteur Barthélemy, Berget, Lambert, le docteur Ogier.
- 2e section. Photographie d’amateurs. Président : M. Maurice Bucquet ; secrétaire : M. Londe; membres: MM. Audra, Balagny, Berget, Gers, Saint-Senoch.
- 3e section. Photographie professionnelle. Président: M. P. Nadar ; secrétaire; M. P. Boyer; membres: MM. Bellingard, Bratln, Cheron, M. Déroché, E. Levy, P. Petit, Pirou.
- 4e section. Fabricants. Président: M. AVal-lon ; secrétaire : M. Roux ; membres : MM. Dubouloz, Hermagis, Lumière, Molteni, Fusier.
- 5e section. Procédés photo-mécaniques. Président : M. L. Vidal ; vice-président : M. Neurdein ; secrétaire : M. Iluillard; membres : MM. Berthaud, Geissler, Quinet.
- 6e section. Histoire rétrospective de la photographie. MM. Davanne, Dillaye, Rich-teiuberger, Nadar, Passier. (Le bureau sera nommé dans une prochaine réunion.)
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- b 8
- ixotnéttûe
- (suite et fin)
- Méthode graphùjuc de mesure des tubes Rœntgen
- Le tube est installé à une distance mesurée / au-dessus d’une plaque photographique enveloppée de papier noir. Sur la plaque est posée une feuille de plomb de lmm d’épaisseur, perforée de trous disposés en damier. Des feuilles d’étain ont été appliquées sur ces trous, de telle sorte que, par exemple, les trous de chaque file allant de gauche à droite soient couverts de feuilles en nombre respectivement de
- 0, 1, 2, 3, 5, 7, 10, etc...
- Chaque file est recouverte enfin d’une bande de plomb que je puis enlever rapidement.
- A coté du damier, le long de la ligne des opacités O, une surface rectangulaire est complètement protégée par la feuille de plomb et ne sera jamais atteinte par les rayons X.
- Les choses étant ainsi disposées, je mets le tube en activité. J’enlève la R0 bande de plomb durant, par exemple, 17”, puis la 2ü bande, pendant 12”, puis la 3e bande, pendant 7”, la 4° bande, pendant 5”, la 5" bande, pendant 10”. Enfin, j’éteins le tube. Tous les trous ont posé :
- 17+12+7+5+10= 51” dans la 1™ lile 12+7+5+10= 34” — 2e —
- 7+5+10= 22” — 3e —
- 5 + 10=15” — 4(‘ —
- 10= 10” — 5“ —
- Je transporte alors la plaque photographique dans le laboratoire rouge. Je l’enveloppe d’un châssis portant des trous, 5 par exemple, le long du rectangle qui tout à l’heure a été complètement protégé contre les rayons X. Je couvre ces trous. Je dispose ma plaque à quelques mètres L, devant une bougie allumée et brûlant bien. Je démasque successivement les trous comme il a été fait sous le llux de rayons X. Sous ces trous, la plaque aura posé successivement 51, 34, 22, 15, 10 secondes. Je développe alors la plaque et après fixage, lavage, séchage, je la coupe en bandes quimepermettentdejuxtaposer étroitement 2 à 2 toutes les taches obtenues qui pourront avoir la forme de cercles de 5mm de diamètre. Nous avons tout ce qu’il faut pour ; 1° Mesurer en bougies décimales l’intensité du tube; 2° Mesurer la pénétrance du tube pour l’une quelconque des épaisseurs d’étain employées.
- 1» Puissance du tube, — Je suppose que la tache n» 3 donnée par la bougie soit de môme opacité que la tache n<> 4 donnée par les rayons X, au travers de l’épaisseur zéro d’étain.
- Appelons x l’intensité cherchée du tube et I celle de la bougie employée.
- L’éclairement produit par le tube à distance l est
- La lumination produite dans les 15” de pose est
- La lumination
- produite par la-bougie à distance L, en 22”,
- 22
- I
- U
- est
- Les deux taches ayant môme opacité doivent avoir reçu même lumination; donc x sera donné par l’équation
- 5Γ= 22jt
- d’où
- x
- 22 h 1 15 U
- D’autre part, on sait que la puissance graphique d'une bougie stéarique de « l’éloilp n de 0 au paquet, est de une demi-bougie décimale.
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-
- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- 69
- On en tire
- 122 P
- x= •——r="r-r bougies décimales ou pyrs.
- 2 15 Li~
- J’ai dit plus haut qu’on pouvait déterminer par l’ixomètre lluorescent, l’intensité d’un tube en bougies décimales. Il suffit pour cela qu’on ait noté la distance I) d’ou le mot lumineux cesse d’être lisible et d'avoir exécuté avec le même tube, dans les mêmes conditions, l’expérience de mesure graphique décrite ici même. On sait alors qu'un tube de x bougies décimales permet la lecture à distance D, Tout tube qui permet de lire à D aura donc une puissance de x bougies
- Celui qui ne permettra la lecture qu’à distance d aura pour intensité .£=—- bougies décimales.
- 2° Pénétrance du tube, — Je constate par exemple que la 2mc tache de la lru lile est égalé à la llu tache de la 4rc file. J’en conclus qu’une feuille d’étain a laissé passer du faisceau
- de rayons X incident une fraction égale à
- 51
- rapport des poses des 4e et l1,ü files.
- 15 3 )
- Il a donc passé , soit environ —• ou
- 51 10 o
- des rayons X incidents, au travers d’une
- 3
- leuille d’étain, est la pénétrance du tube pour l’étain sous l’épaisseur de la feuille employée.
- Conclusion, — Lorsque l’on connaîtra le rapport de l’opacité d’un sujet à radiographier à l’opacité de la feuille d’étain, il suffira que le constructeur ait fourni la puissance et la pénétrance du tube pour qu’on puisse calculer la pose.
- Les tubes d’ailleurs changeant beaucoup à l’usage, le radiographe devra de temps en temps déterminer les constantes de ses appareils.
- Quant a l’opacité relative du sujet, elle résultera d’expériences antérieures ou bien devra être déterminée spécialement.
- (Photo-Journal) Abel BUGUET.
- RECETTES & PROCÉDÉS
- Préparation à chaud des solutions photographiques
- Beaucoup de nos collègues se servent de casseroles émaillées pour préparer leurs bains de développement à l’hydroquinone et à l’iconogène. Je leur conseille d’abandonner cette manière de procéder et de se servir uniquement, pour ces préparations, de vases en porcelaine.
- 11 arrive en effet que l’émail contenant des sels de plomb se détériore et se décompose; les bains deviennent alors d’un aspect boueux; ils perdent leur énergie; les glaces qui y sont plongées prennent un aspect voilé et se couvrent de taches visqueuses qu’il est impossible de faire disparaître.
- Afin d’éviter tous ces inconvénients dont je puis certifier la réalité par une triste expérience, il est bon de faire les bains dans la
- capsule employée ordinairement pour les manipulations de chimie.
- (Société mennaise) H. M.
- Etiquettes sur objets en verre
- Pour faire bien adhérer les étiquettes aux flacons et aux lames de verre porte-objets du microscope, il est bon , d’ajouter une petite quantité de sulfate d'alumine à la colle de gomme ou de dexlrine. La préparation suivante est très convenable : on dissout 2 grammes de sulfate d’alumine dans 20 grammes d’eau, eton ajoute cette solutionà250 grammes de mucilage de gomme (gomme, 2; eau, 5).
- On peut encore écrire directement avec l’encre sur le verre ; après dessiccation, oq recouvre l’inscription avec une légère couche de baume du Canada dissous dans le benzo 1 ou Le chloroforme.
- (Kêpert. du pharmacie).
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- Bain de virage sans or
- Eau................................ 1000cc
- Carbonate de soude...................... 7
- Acétade de plomb ...................... 14 »
- llyposulfile de soude................. 170 »
- {Il Dilettante di polographia, Milano).
- *
- Durée de la pose
- Voici quelques indications qui peuvent être fort utiles à l’amateur commençant :
- Quand on développe une plaque, on reconnaît que le négatif est insufiisamment exposé :
- 1° Si l’image n’apparaît pas dans le temps normal que l’expérience a fait reconnaître nécessaire au développateur dont on se sert ;
- 2° Si, en apparaissant, les lumières viennent longtemps avant les demi-teintes;
- 3° S’il y a nécessité d’ajouter un peu d’accélérateur;
- 4° Et, quelquefois, si le négatif commence à se voiler avant que les détails aient apparu.
- Un négatif est surexposé :
- 1° S’il apparaît vivement avant le temps voulu ;
- 2° Si les lumières et demi-teintes apparaissent ensemble;
- 3° S’il y a lieu d’ajouter du bromure ou quelque autre modérateur.
- En examinant le négatif fini, on voit quJil a été trop peu exposé :
- 1° Si le négatif est dense, les contrastes trop grands et les ombres sans détails;
- 2» S’il est léger avec des contrastes proportionnellement trop forts ;
- 3o S’il est léger avec les degrés ordinaires de contrastes.
- Un négatif est surexposé également:
- 1° S’il est léger, sans force avec abondance de détails et tendant au voile et au brouillard;
- 2° S’il est dense et sans contrastes;
- Ces remarques s’appliquent aux dévelop-pateurs en général, et l’on ne doit pas oublier quels sont les degrés de contrastes existant dans le sujet photographié.
- Dans le développement au pyro, on peut user d’une certaine latitude dans la proportion de l’eau, puisque le plus ou moins de densité résulte de là.
- Une autre règle générale s’appliquant au développement au pyro est celle-ci :
- Si l’image ne se voit que par transparence au dos du négatif, il est surexposé; si on ne l’aperçoit que sur la face, il est insuffisamment exposé et si on le voit des doux côtés, l'exposition est correcte.
- Cette indication ne peut cependant pas s’appliquer à toutes les plaques.
- {Amateur photographe). A. IlANDS.
- ytr
- Expositions & Concours
- Concours artistiques et littéraires d’Annonay
- La troisième section de la partie artistique de ces concours sera réservée à la photographie et aux amateurs seulement. Les épreuves de portraits et paysages du format 9x12 et 13x18 seront seules admises à concourir. Les envois et adhésions doivent être adressés a MM. Antoine André, rue Badinaud et Joseph Décombe, place de la Liberté, secrétaires, pour le 30 avril 1898,
- Les organisateurs exigent un droit de concours de un franc par épreuve envoyée. Toute demande de renseignements devra être accompagnée d’un timbre de 15 centimes.
- *
- Société honfleuraise de Photographie
- A 1 occasion du congrès organisé à Honlleur par la Société d’Ethnographie nationale et d Arts populaires de Paris, la Société honfleuraise organise une Exposition de photographie qui aura lieu pendant le mois d’août prochain.
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
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- Des prix en objets d’art, médailles et diplômes sont mis à la disposition du Jury. Ce concours sera national et comprendra 3 sections : A. Concours entre Sociétés d'amateurs ; B. Concours individuel entre amateurs; C. Concours individuel entre professionnels. Toutes les photographies devront se rattacher à Part normand : sites, monuments, types, meubles, estampes, foires, etc., etc.
- Adresser les demandes de renseignements à M. E. Gollinet, secrétaire de la Société honfleuraise, rue Bucaille.
- Union nationale des Sociétés Photographiques de France
- A l’occasion de la 7e session de cette association, qui doit se tenir à Nancy du 27 au 31 mai, un certain nombre de concours sont ouverts entre les membres des Sociétés qui lui sont affiliées.
- Ces concours formeront six sections r
- lre section : Epreuves positives réparties en 4 groupes.
- Ie1', la note artistique; 2e, le procédé; 3e, la note scientifique; 4°, les applications industrielles.
- 2e section : Diapositives pour projections.
- 3e section r Epreuves stéréoscopiques sur verre et sur papier. Délai d’envoi pour ces 3 sections : 25 mai. Société Lorraine, 24, rue Sellier, Nancy.
- 4e section : Communications relatives à des procédés nouveaux ou à des procédés qui sans être absolument nouveaux, ont fait progresser la photographie ou sont appelés à la faire progresser. Délai d’envoi pour cette section : 9 mai. Société Française, 72, rue des Petits-Champs, Paris.
- 5e section : Nouveautés photographiques de fabrication française créées depuis la session de Reims. Délai d’envoi : 25 mai. Société Française, 72, rue des Petits-Champs, Paris.
- 6e section ; Concours d'épreuves dont les clichés auront été faits au cours de la session de Nancy, ou dans les excursions hors session.
- y*J
- CHAMBRE SYNDICALE
- des Fabricants et Négociants
- En Appareils, Produits et Fournitures photographiques
- Séance du 8 Mars i898
- La séance est ouverte à 9 heures, sous la Présidence de M. Dubouloz, assisté de MM. Molteni, président d’honneur ; Mantois, vice-président; Charles Mendel, secrétaire; Degen, secrétaire-adjoint; Mercier, trésorier.
- Membres présents :
- MM. Derepas, Demaria, Giroud, Mervilie, Delbosque, Vavasseur, d’Espagne, Duplouich et Henry Ecliassoux, Turillon, Jarret, Grieshaber, Faine, Reeb, Roussel, O’ Ludvick,
- Assistent à la séance : MM. Mendoza et Gasline.
- S'est faïtqixcttser: M. Bonnard.
- La Chambre adopte sans discussion le procès-verbal de la dernière séance.
- M. le Président félicite M. Molteni du récent mariage de Mu° Molteni et se fait l’interprète de a Chambre en lui renouvelant, à cette occasion, l’assurance de la profonde sympathie de tous ses collègues. Il regrette de ne pouvoir rester sur celte impression agréable et d’avoir à faire part de a perle cruelle que vient de faire M, Demaria en la personne de sa femme. La Chambre s’associe aux regrets de son Président, et décide qu’une adresse de condoléances sera envoyée officiellement à M. Demaria.
- M. Dubouloz annonce que le vœu formulé récemment par M. Paul Chaux, en ce qui concerne la diminution des taxes postales dans certains cas particuliers, a été transmis à M. le ministre du Commerce. Il donne ensuite lecture de la correspondance et dépose sur le bureau :
- Une lettre de notre collègue M. Véra, regrettant que son état de santé ne lui ail pas permis d’assister à notre banquet.
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- LA. PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- Lettre de M. le ministre du Commerce remerciant de l’envoi delà médaille commémorative qui lui a été remise.
- Lettre de M" Goulet remerciant la Chambre de l’invitation qui lui a été faite d’assister au banquet et la félicitant du succès obtenu par la fête du travail qui l’a suivi.
- Circulaire de la Société Lorraine de Photographie annonçant que les délais d’adhésion à l’Exposition de Nancy sont reportés au 30 Avril.
- Un numéro du Bulletin mensuel de la Chambre de Commerce française de Milan et une circulaire de cette même chambre appelant l’attention du Syndicat sur la possibilité de réduction des tarifs en vigueur dans les relations entre la France et les Etats-Unis.
- MM. Dubouloz et Turillon chargés de présenter àM. Chardon les vœux de laChambre en ce qui concerne le droit de photographier à l’Exposition de 1000, sont heureux d’annoncer que leur démarche a reçu le plus bienveillant accueil et que notre demande sera prise en sérieuse considération.
- L’ordre du jour appelant le vote sur l’admission do nouveaux membres, M. Planchon est admis à l’unanimité.
- Nous devons à notre collègue M. Derepas une douzaine de nouvelles adhésions de membres correspondants :
- MM. Paul Maitlan à Cannes, Nicolas à Annecy, Cayron à Chàteauroux, Le Moigne à Argentan, Degand à Nice, Halipré à Rouen, Taiîlofer à Pau, Dollé à Laon, Bertrand à Menton, Claudius Couton à Nice, Bouis à Montauban, Régnault à Toulouse; et à M. Reeb, celle de M. P. Sexez à Rennes.
- M. Guilleininot demande à faire partie de la Chambre. — M. Roux, de la même maison, appartenant déjà à notre syndical, cette démarche soulève une intéressante question et on doit se demander si deux ou plusieurs associés peuvent en faire partie, chacun pour son compte particulier. Cette question est résolue par la négative et tout le monde est d’accord sur ce point qu’une maison de commerce ne doit pouvoir donner qu’une voix et par suite ne doit être représentée dans la liste des membres que sous la raison sociale complète.
- M. Dubouloz adresse de nouveaux remerciements à M. Derepas qui veut bien s’occuper d'une façon si active et avec un tel succès des intérêts de la Chambre et fait remarquer que si chacun des membres voulait bien user de son influence auprès de ses correspondants, nous aurions bientôt un nombre d’adhérents suffisamment élevé pour que la Chambre puisse s’occuper utilement et avec chances de succès de la question du relèvement des prix. Il est décidé que, dans ce but, de nouvelles circulaires vont être imprimées et distribuées.
- La Chambre accepte l’offre do M. Dubouloz d’une palme destinée à être offerte en prix aux élèves des cours de photographie qu’elle a fondés. Elle prend note également de la proposition faite par M. Charles Mendel de disposer, dans le même but, d’un certain nombre d’exemplaires d’ouvrages de son Comptoir d’Editions « Les Lettres sur la Photographie » par E. Girard, ouvrage illustré et qui convient essentiellement pour cet usage. Il remettra un exemplaire pour chacun des cours. M. Mercier offre également des exemplaires de son ouvrage « Virage et Fixage » et M. Gastine des abonnements gratuites à « La Photographie Française ».
- Ces dons venant s’ajouter aux médailles offertes par le syndicat et éventuellement à celles que pourront offrir individuellement ses membres, constitueront un stock de récompenses de nature à encourager les élèves des cours du soir.
- L’ordre du jour appelant la discussion des conditions du Concours de photographie organisé par la Photographie Française, organe officiel du syndicat et la Chambre désirant s’associer à ce concours propose à M. Louis Gastine, Directeur et propriétaire du journal, qui l’accepte avec reconnaissance, de prendre ce concours sous son patronage. En conséquence, la Chambre Syndicale décide d’allouer aux lauréats un certain nombre de médailles à l’exclusion de toutes récompenses en nature et d’adresser, après une première sélection, un diplôme à toutes les personnes dont les épreuves seront acceptées en fous formats.
- L’organe du syndicat, la Photographie Française, publiera les détails du concours qui sera clos vers la fin de l’année,
- M. Molteni soumet à la Chambre les comptes du banquet et fait constater que les dépenses ont éLé légèrement supérieures aux recettes. La différence est de 70 francs auquels viendront s’ajouter bien entendu, les frais de location de la salle que M. Mercier n’a pas encore réglés. M. Dubouloz fait remarquer qu’il n’v a pas lieu de s’inquiéter à ce sujet pour les finances du syndicat, étant donné que nous allons rentrer, sous quelques jours, en possession du reliquat de l’Exposition de Bruxelles, reliquat dont le montant nous sera versé par M. Poulenc et dont l’importance est de 140 francs environ, c’est-à-dire à peu près égale au déficit que nous a donné la fête du 14 Mars.
- L’ordre du jour étant épuisé la séance est levée à 11 h. 1/2.
- Le Président : J. Dubouloz
- Le Secrétaire : Charles Mendel.
- Tous les changements apportés aux annonces doivent être envoyés à la Direction du Journal un mois d’avance, et parvenir avant le 15 du mois, dernier délai.
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