La photographie française
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- Revue Hensuelle
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- 13e ANNÉE. NOUVELLE SÉRIE.
- AOUT 1901.
- N° 5.
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- LOUIS GASTINE 6^^ F. MONPILLARD
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- Dr G. HODÉE
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- N° 5 (Nouvelle sérié).
- AOUT 1901.
- SOJVIMAIHE
- L. Gastine. — La Photographie à grande distance.......................... 129
- Georges Reydel. — Le Vade-Mecum du touriste.................‘............ 143
- R. Colson. — Daguerre ................................................... 153
- F. Monpillard. — Les Origines du Gélatino-bromure . . ............... 157
- ILLUSTRATIONS
- E. Dameron. — Château de Clisson (Reproduction photographique en trois couleurs). Clichés et impression de Prieur et Dubois, de Puteaux...................................... Hors-texte
- E. Wallon. — Le Labour au matin à Millau .(Aveyron). Gravure et impression de Prieur et
- Dubois...........\. ... ........................................................... Hors-texte
- Gabriel Léo. — Au jardin du Couvent (Gravure et impression de Prieur et Dubois) .... 147
- F. Monpillard. — Grotte de Port-Coton (Belle-Isle-en-Mer).............................. 150
- X... — Coucher de soleil................................................................ .152
- P.-C. Carpentier. — Portrait de Daguerrfe, d’après un portrait à la cire de Carpentier (Phototype de Braun, Clément et Cip, Gravure et impression de Prieur et Dubois)................ Hors-texte
- Balagny. — Porte de la maison de Daguerre........................... S.................. 154
- Grotte créée par Daguerre........................................... 155
- — Nef de l’église de Bry-sur-Marne.................................................. 156
- VARIA J. jt
- Avis aux abonnés.............................................
- Erratum......................................................
- Nos Illustrations............... . . ....................
- Echos............................ . . . ^....................L
- Congrès, Expositions, Concours...............................
- Nouveautés photographiques................... ...............
- Formules, Recettes et Tours de main...............f..........
- Bibliographie ...............................
- Brevets d’invention.......... ...............................
- I
- I
- I, III, V, VII, IX IX, XI, XIII, XV, XVIII XIX, XXI XXI, XXIII
- xxih, xxv
- XXVIII XXIX, XXXI. XXXI
- Pour paraître dans les prochains numéros :
- Professeur Marey (de l’Institut). — L’Histoire de la.Chronophotographie et du Cinématographe. Commandant Javary. — La Métrophotographie (^Méthode et applications).
- L. Gastine. — La Photographie au Brésil.
- L. Clerc. — Etude sur les faiblisseurs en photographie.
- F. Monpillard. — La Stéréophotographie à courte distance.
- Paul Rouché. — La Photogravure (Le procédé).
- Drieffield et Hurter. — Etude sur la Sensitométrie.
- Louis Bordât. — Le Nu en photographie.
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- Ce Numéro de la Revue est imprimé :
- Avec les caractères fondus spécialement par la Fonderie H.-W. Caslox.
- Sur le papier « Perfection » de la Maison J. Breton.
- Avec l'encre“ noire de la Maison Fai.ck-Roussel.
- Arec les Ornements de la Fonderie H.-W. Caslox. — Déposés.
- “ LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE ” n’autorise ïa reproduction de ses articles qu’à la condition expresse de les signer du nom de leurs auteurs et d’indiquer qu’ils ont été extraits de “ La Photographie Française
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- Nos Lecteurs sont vivement engagés, DANS LEUR INTERET LE PLUS DIRECT, à mentionner ‘‘LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE en adressant leurs demandes aux Fabricants et Négociants dont les annonces figurent dans notre Revue.
- N° 5-
- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- AOUT 1901.
- AVIS AUX ABONNES
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- MM. les Abonnés, dont T abonnement expire avec le présent numéro, sont instamment priés, pour éviter toute interruption dans le service de la Revue, d’envoyer le montant de leur renouvellement (1) eu un mandat-poste ou chèque à vue, au nom de VAdministrateur : M. Henry Grand, 13, rue Delarivière-Lefoullon, Puteaux-sur-Seinc.
- A défaut de réception de cet envoi dans les huit jours suivant celui du présent numéro, il leur sera présenté quittance par la poste, mais dans ce cas, le montant de l’abonnement sera augmenté de 0 fr. 60.
- ERRATUM
- Par suite d’une regrettable confusion, nous avons attribué à l’une des lauréates de notre dernier concours de photographie instantanée, un cliché Pécheurs en Seine, qui est d’un de nos abonnés-rédacteurs M. Limbo de Saint-Germain. Nous le prions d’agréer nos regrets pour cette confusion.
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- Quoi qu’en disent les esprits chagrins qui prétendent qu’en ce siècle tout est sacrifié à l’utile, les Compagnies de Chemin de fer français semblent vouloir prouver qu’elles tiennent à y joindre également l’agréable.
- La Compagnie d’Orléans, entre autres, n’a pas craint de faire appel à des artistes de talent pour décorer sa gare du quai d’Orsay, où la statuaire et la peinture française se trouvent dignement représentées.
- Les promeneurs pourront, par exemple, y admirer la belle série des médaillons qui égaient le péristyle donnant accès aux quais d’embarquement.
- Dans ce numéro, nous donnons la reproduction en couleurs de l’un de ces tableaux, le « Château de Clisson » dû au pinceau de E. Dameron.
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- On s'abonne et on se réabonne sans frais dans tous les bureaux de poste.
- En raison de la valeur même de ces œuvres, la Compagnie avait jugé prudent de les protéger par des glaces, mais, la présence de cette surface, à la fois transparente et réfléchissante, constituait une difficulté considérable au point de vue de la reproduction photographique.
- En effet, examinons l’un de ces médaillons, en nous plaçant à l’endroit même où nous disposerions notre appareil, que constatons-nous ? Les arbres de l’autre rive de la Seine, ainsi que la charpente en fer du péristyle se reflétant sur la surface extérieure de la glace qui protège la peinture, celle-ci disparaît alors presque complètement.
- Or, MM. Prieur et Dubois s’étaient chargés de la reproduction en couleurs de tous ces médaillons, alors que ceux-ci étaient déjà recouverts de leurs glaces, et il fallait absolument arriver à un résultat satisfaisant.
- Voici l'artifice qui fut employé : un vaste rideau noir fut placé derrière l’appareil photographique de façon à intercepter les faisceaux lumineux venant frapper normalement la glace ; la largeur de ce rideau était telle que seuls, les rayons pénétrant latéralement et obliquement à droite et à gauche servaient à éclairer le sujet ; dans ces conditions, il fut possible d’obtenir de chaque médaillon un trio de négatifs en tous points satisfaisants et remplissant toutes les conditions voulues pour réaliser directement et sans retouche la synthèse pigmentaire.
- Au point de vue de la pratique courante, nous avons pensé qu’il était intéressant de signaler ce petit artifice, la valeur du résultat obtenu en légitimant l’emploi d’une façon incontestable.
- A l’appui de l’article sur la téléphotographie, nous avons fait figurer un assez grand nombre d’illustrations pour la plupart desquelles les explications sont données dans le texte même.
- Grâce à l’extrême complaisance de M. Gauthier-Villars, nous pouvons mettre sous les yeux de nos lecteurs deux documents intéressants relatifs à l’histoire de la téléphotographie : le premier, une vue du Panthéon, prise en 1887, du haut de la tour de l’horloge du Ministère de la Guerre, distance d’environ 1.200 mètres ; la combinaison optique était constituée par un « premier objectif de Steinheil de om6o dont l’image était reprise par un objectif Dallmever de o'"076 environ de distance focale » (1).
- Le second document représente une vue téléphotographique de l’église de Saint-Cloud, prise en 1891, en instantané, de la hauteur de Bellevue, distance 2500 mètres.
- ^ x ) Conférence sur la photographie militaire par le colonel Fribourg. Conservatoire des Arts-et-Métiers 1891-92, Gauthier-Yillars, éditeur, p. 24.
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- Enfin, à titre documentaire également, nous donnons la reproduction d’une épreuve photographique obtenue par le commandant Allotte de la Füye et représentant un point stratégique situé à une distance de 16000 mètres du lieu où se trouvait placé l’opérateur ; l’objectif employé avait i mètre de foyer.
- Etant donné la nature du sujet et les conditions dans lesquelles le négatif a été exécuté, le résultat obtenu, malgré ses défauts n’en constitue pas moins un document de haute valeur. 77.832
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- Les épreuves que veut bien nous communiquer M. Wallon, le professeur si connu dans le monde photographique, présentent, en dehors de leur valeur intrinsèque, certaines particularités au point de vue de leur exécution, sur lesquelles nous appelons tout particulièrement l’attention de nos lecteurs.
- M. Wallon est un chaud partisan de la « mise au point localisée. »
- Nous avons déjà dit en quoi consiste cette manière d’opérer : la mise au foyer est faite sur le sujet principal que nous désirons bien mettre en valeur, puis nous diaphragmons notre objectif d’une quantité juste suffisante pour bien indiquer les arrière-plans, tout en laissant les détails de ceux-ci noyés dans un léger flou, suffisant pour donner une sensation de perspective aérienne.
- Dans notre hors texte : « Le labour », cet effet est absolument saisissant ; tout l’intérêt se trouve concentré sur le paysan et son rustique attelage : ce groupe se présentant avec une parfaite netteté se détache et s’enlève sur le reste du paysage qui fuit derrière lui dans une perspective bien ménagée et remarquablement rendue.
- Le phototype négatif a été obtenu sur une plaque Lumière ortho A non ocrce, avec un objectif plani-graphe symétrique Turillon, muni d'un parasoleil.
- Deux particularités méritent ici de fixer l’attention : l’emploi d’un parasoleil et l’absence d’antihalo au dos de la plaque.
- « On confond souvent sous le nom de « halo » photographique, dit M. Wallon, des choses très diverses résultant de phénomènes multiples ». En dehors du véritable halo par réflexion, dont nous avons donné un frappant exemple dans notre numéro d’avril, certains troubles des images résultent en effet de ce que de la lumière très oblique est admise dans l’objectif après s’être réfléchie sur les poussières des lentilles constituant la surface frontale de celui-ci.
- Nous aurons l’occasion de revenir sur cette question et de prouver avec exemples à l’appui le bien fondé de cette assertion.
- Selon M. Wallon, ces fâcheux effets pourront être évités en ayant recours aux anciens parasoleils
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- usités autrefois, ceux-ci présentant la forme d’un tronc de cône noirci à l’intérieur, s’adaptant à frottement sur la monture de l’objectif, dépassant celui-ci de 3 à 5^ l’angle que font entre elles les génératrices de ce tronc de cône étant réglé de telle sorte que l’objectif étant décentré au maximum, le champ reste entièrement libre, mais juste libre.
- C’est avec un dispositif de ce genre qu’a été obtenu le phototype négatif du « Labour. »
- D’autres clichés de M. Wallon, dont nous donnerons par la suite des reproductions, montreront que, même dans des cas difficiles, dans des effets violents de contre-jour, l’emploi de ces grands para-soleils présente de réels avantages et devrait être adopté par les amateurs et les praticiens. 77.056.72
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- Un de nos lecteurs, M. Gabriel Léo, nous ayant adressé une série d’épreuves fort intéressantes : vues d’intérieur et de plein air, nous avons choisi celle intitulée « Au Jardin du Couvent », en vue de montrer les ressources que présente cette méthode de développement à l’acide pyrogallique et à la soude caustique dont nous avons donné la formule et l’emploi dans notre numéro d’Avril.
- Dans cette épreuve, il existe une harmonie qui montre que dans le phototype original les valeurs relatives entre les ombres et les demi-teintes ont été admirablement ménagées, résultat uniquement dû à la façon judicieuse et rationnelle avec laquelle le développement de l’image latente a été effectué.
- En expérimentateur consciencieux, M. Gabriel Léo nous donne toutes les indications relatives aux conditions qui ont présidé à l’obtention de ce négatif. Ce sont là des données fort intéressantes et que nous nous faisons un plaisir de rappeler.
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- Voici la saison des bains de mer : aussi, croyons-nous être agréables à nos lecteurs en leur offrant quelques illustrations représentant quelques sites maritimes.
- L’intérieur de la grotte de Port-Coton, à Belle-Isle-en-Mer, nous montre un coin de ces côtes de Bretagne sur lesquelles la mer, poussée par le vent du « noroit », bondit souvent avec furie, dressant ses vagues monstrueuses couronnées par une crête d’écume, dont les embruns sont portés à plusieurs kilomètres, par le souffle puissant de la tempête.
- Contemporaines de ces âges primitifs, au cours desquels les premières parcelles de la croûte terrestre commencèrent à se solidifier, les vieilles falaises de l’Armorique ont eu à supporter bien des assauts.
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- Leurs points faibles durent céder bien souvent sous les coups incessants de ces grandes vagues du large ; sous cette action puissante et continue, certaines portions de ces falaises se sont alors trouvées creusées et, à marée basse, le touriste aperçoit de sombres ouvertures lui donnant accès dans des cavités quelquefois très profondes, aux parois présentant des colorations bizarres, au sol constitué par un sable fin pailleté 4e parcelles de mica, et sur lequel semblent se tordre, pareils à de grands serpents, des débris d’algues marines abandonnés par la marée.
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- « Coucher de soleil » est une charmante étude d’éclairage prise par temps calme.
- Caressées par une brise légère et vivifiante, les lames se déroulent mollement et viennent doucement mourir sur le sable en longs festons dont la surface miroite et palpite sous les derniers feux de l’astre du jour, délicatement voilés par une brume légère. 77.043.72
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- Nous devons remercier le Conseil d’Administration de la Société Française de Photographie, qui nous a autorisés à reproduire le portrait de Daguerre dont elle est possesseur; M. Balagny, l’auteur de la curieuse épreuve représentant la nef de l’église de Bry, ainsi que de celles représentant la grotte et l’entrée de la propriété de Daguerre. Les clichés en simili de ces deux dernières reproductions nous ont été obligeamment prêtés par M. Gauthier-Villars.
- Ces illustrations qui toutes présentent un intérêt documentaire, viennent heureusement compléter le texte de la notice historique que M. le commandant Colson, ainsi que son éditeur, M. Naud, nous ont autorisés à reproduire.
- Daguerre était un décorateur de premier ordre. C’est à Bry-sur-Marne que subsistent les derniers vestiges de son œuvre maîtresse.
- Dans l’église de Bry, le maître-autel se trouvait séparé du mur formant le fond de l’édifice par un espace vide de 2 mètres environ. En vue de donner plus de profondeur à l’ensemble, Daguerre eut l’idée de peindre sur ce mur un tableau représentant une nef d’église. C’est la reproduction photographique de ce tableau, due à l’habileté de M. Balagny, que nous offrons à nos lecteurs et dont voici la description, d’après M. Balagny lui-même :
- « Pour faire la jonction nécessaire entre l’église naturelle et l’église imaginaire, le premier plan du tableau de Daguerre représente deux piliers en pierre blanche qui s’élèvent à droite et à gauche de sa composition.
- « Sur ces deux piliers sont peints en grand relief des objets destinés à faire illusion.
- « Ce sont :
- « Un cadre doré sans peinture;
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- VIII
- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
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- « Tous ces objets sont peints de la main même de Daguerre, mais avec une telle réalité, que l’on croirait positivement que de pieux visiteurs sont venus les y accrocher. Le relief est si grand, que l’on croirait aussi que les piliers sont en pierre véritable (1). » 77.057
- La grotte est un embellissement créé par Daguerre, dans la propriété du baron Louis, à Bry. Construite dans une prairie avoisinant la Marne, cette grotte est baignée par un petit ruisseau sur lequel Daguerre fit jeter un pont que l’on aperçoit sur la droite.
- De la propriété habitée par lui et qui appartient aujourd’hui aux dames de Sainte-Clotilde, il ne reste plus que la porte d’entrée, la maison ayant été détruite de fond en comble en 1870.
- Enfin, la reproduction du portrait de Daguerre a été obtenue d’après une épreuve au charbon de la maison Braun Clément et Cie, copie d’un portrait à la cire, œuvre de Carpentier, et appartenant à la Société Française de Photographie. 77-72
- F. M.
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- Echos
- Nous avons déjà reçu quelques lettres à propos de l’article publié par notre Directeur sur le Centenaire International de la Photographie en France.
- Nous enregistrerons avec grand intérêt et sans prendre parti, les suggestions que cet article aura inspirées. Nous ne résistons pas au plaisir de publier, dès aujourd’hui, la lettre qui nous a été adressée, à la date du 11 juillet, d’Alger, par M. Besson-Perrault. Il ouvre une première vue intéressante, sur laquelle la discussion peut s’ouvrir utilement :
- Alger, le H juillet 1901.
- Monsieur L. Gastixe,
- Directeur de La Photographie Française, Paris.
- J’ai lu avec grand intérêt votre article sur « le Centenaire International delà Photographie en France».
- (1) Conférences sur la Photographie, 1891-92, Gauthier-Yillars, éditeur.
- Les procédés pelliculaires, par Balagny, p. 12.
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- Ses compatriotes lui ont élevé une statue et se sont groupés en fondant une Société d’Etudes photographiques sous le nom de : « La Nicéphore Niepce ».
- Nul doute qu’à votre appel la municipalité, qui subventionne cette association, ne fasse les démarches utiles auprès du Comité qui s’organisera en vue de cette manifestation scientifique qui réunira les savants du monde entier.
- Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l’assurance de mes meilleurs sentiments.
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- A l’Académie des Sciences, séance du 15 juillet, M. Mascart signale une photographie que lui a transmise M. Tesla, des Etats-Unis, et qui montre un torrent d’étincelles électriques d’une longueur de 22 mètres sur 800 mètres de largeur, ce qui représente une énergie électrique de plusieurs millions de chevaux empruntée aux chutes du Niagara.
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- La maison C.-P. Goerz, à Berlin-Friedenau, annonce qu’elle vient de terminer son ioo.ooome objectif, un double anastigmat Goerz, série III, n° 9, foyer 60cm. A cette occasion, une grande fête a été célébrée dans les ateliers de la maison. La vente de 100.000 objectifs dans l’espace de douze ans (depuis 1889) est assurément un record non atteint jusqu’à ce jour. 77.135.1.43
- L’un des rédacteurs les plus anciens et les plus actifs du British Journal of Photography, M. George Shadbolt vient de mourir. Il dirigea le journal tout le temps qu’il fut édité à Liverpool, c’est-à-dire de 1857 à 1864. Il s’occupait spécialement de l’optique photographique et de la microphotographie.
- (British Journal of Photography).
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- La bibliothèque photographique de M. C. W. Canfield, à New-York, était justement célèbre. Pour que les remarquables ouvrages qui la composaient et qui en faisaient un monument unique ne soient pas dispersés, M. Canfield, en mourant, l’a léguée à M. John Aspinwall, président du Camera-Club de New-York, lequel vient d’en faire don à sa
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- Les Electrophonographes. — U Industrie électrique désigne sous ce nom générique et général tous les appareils qui permettent d’enregistrer et de reproduire la voix en mettant en jeu des phénomènes électriques.
- La liste de ces appareils intéressants et curieux, en attendant qu’ils deviennent pratiques s’allonge tous les jours, et notre confrère en décrit un qui constitue une évolution nouvelle dans l’art de l’écriture électrique de la parole.
- « Un savant allemand, M. E. Ruhmer poursuit en ce moment des recherches du plus haut intérêt sur un appareil qu’il désigne sous le nom de Photo-graphophone avec lequel la parole est enregistrée et reproduite en mettant à contribution à la fois l’arc voltaïque et la photographie. Voici sur quel principe est fondé l’appareil. La flamme d’une lampe à arc, rendue vibrante par le son, est photographiée sur une bande cinématographique se déroulant devant l’arc d’un mouvement uniforme. La lumière de l’arc est concentrée sur la bande sensible à l’aide d’une lentille cylindrique, et y produit des zones alternativement claires et obscures.
- « Lorsque l’impression a été produite, la bande photographique est développée et fixée à la manière ordinaire. Pour utiliser la bande à la reproduction de la parole, ont la fait défiler devant une lampe électrique de projection ordinaire en disposant derrière elle une résistance en sélénium mise en circuit avec une pile sèche et des téléphones magnétiques. Les variations d’éclat de la lumière de l’arc
- traversant la bande sensible pour venir frapper le sélénium produisent dans le circuit des changements de résistance qui modifient l’intensité du courant et font parler les téléphones. La vitesse de la bande est de 2 à 3 mètres par seconde, mais on peut obtenir encore des phonophotogrammes satisfaisants avec une vitesse de om,2o par seconde seulement. Un seul négatif permet d’obtenir un nombre de positifs indéfinis, et la reproduction de la parole s’obtient indifféremment avec une bande négative ou positive. L’inventeur espère obtenir sur les mêmes bandes, simultanément et juxtaposées, des phonophotographies et des cinématographies qui permettraient de reproduire une scène d’une façon complète, optiquement et acoustiquement. Si la réalisation pratique des projets de M. Ruhmer nous paraît bien éloignée, on peut cependant affirmer que leur possibilité scientifique est dès à présent démontrée par les expériences dont nous venons de résumer les principaux résultats, et que les progrès parallèles des sciences physiques 11e pourront que hâter le jour où toutes les difficultés du problème auront complètement disparu. »
- Il reste bien quelques points obscurs dans cette description, mais il faut se rappeler qu’elle vient d’Allemagne. 77.03
- »9>
- Deux individus, ayant récemment pris, en rade, des photographies du sous-marin Sirène, le préfet maritime a pris un arrêté défendant absolument de photographier les sous-marins et édictant l’arrestation immédiate des délinquants, ainsi que la saisie de leurs appareils.
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- xv
- photographier les sous-marins, soit en rade, soit à l’extérieur des passes, sera considérée comme convaincue du crime d’espionnage, et tombera sous le coup de l’article 6 de la loi du 18 avril 1886.
- Le coupable sera conduit sans retard, avec les pièces saisies, devant le commissaire central de police, accompagné de deux témoins, gradés autant que possible, lesquels feront, sans désemparer, leur déposition devant ce magistrat et signeront le procès-verbal qui relatera les motifs et les circonstances de l’arrestation.
- Le même jour, un rapport de ces faits sera adressé au préfet maritime, au directeur des défenses sous-marines et aux commandants des sous-marins.
- Les clichés saisis seront mis sous pli cacheté et scellé, avec un procès-verbal de description; ces pièces ne devront être communiquées aux tiers intéressés, défenseur ou magistrats, qu’ avec la plus extrême circonspection.
- Indépendamment de la surveillance des bâtiments convoyeurs, des ordres sévères sont donnés, dans la même intention, aux vigies, forts et établissements sémaphoriques. 77.351
- L’électricité semble devoir provoquer une révolution complète dans l’imprimerie. Le journal l’Electricien annonce, en effet, qu’un photographe anglais,
- M. Green, vient de déclarer la guerre, non pas aux presses et aux caractères, mais bien à l’encre d’impression qu’il entend rendre absolument superflue et remplacer par le papier « électrographique », dont la composition, encore tenue secrète, diffère de celle du papier ordinaire. Ce nouveau papier, qui se décompose facilement sous l’action du courant électrique, ne reviendra pas, assure-t-on, à un prix plus élevé que le papier usuel ; en outre, il n’aura pas besoin de recevoir le glaçage aujourd’hui nécessaire pour fixer l’encre.
- M. Green prétend supprimer non seulement cette dernière opération, mais encore les cylindres ou les plaques que l’on emploie actuellement. Il relie le cylindre de la presse rotative ou la forme de la presse ordinaire au pôle positif d’un dynamo ou d’une batterie d’accumulateurs, en même temps qu’il fait communiquer le pôle négatif avec le cylindre ou la plate-forme qui porte le papier. Le circuit se trouve ainsi fermé, et cela au travers du papier et seulement aux endroits où les deux surfaces métalliques entrent en contact. Le papier électrique éprouve, par suite, une décomposition qui le noircit aux points où il touche les caractères d'impression en saillie. Cette transformation du papier et le changement de couleur qui en résulte constituent un phénomène chimique bien connu occasionné par l’électrolyse. Ce système d’impres-
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- A GRANDE DISTANCE
- "T?
- HOTOGRAPHIER de loin n’est pas une idée neuve ; a priori, elle devait naître tout d’abord dans l’esprit des astronomes, qui songèrent à utiliser les préparations sensibles à la lumière pour fixer l’image des astres.
- C’est, en effet, ce que nous confirme une étude très consciencieuse sur la “téléphotographie” que M. le commandant Fribourg fit en 1892, et dont il communiqua les résultats à la Société Française de Photographie (1).
- Des recherches de l’auteur de ce mémoire, il résulte qu’il faut, en quelque sorte, faire remonter à l’année 1860, l’origine de la photographie à grande distance par l’emploi d’une combinaison optique spéciale. A l’occasion de l’éclipse de soleil qui eut lieu le 18 juillet, M. le colonel Laussedat d’une part et M. Warren de la Rue de l’autre, eurent recours à une Fig. i.
- combinaison optique consistant, en un premier élément convergent formant une image réelle, qui se trouvait
- (i) Bulletin de la Société Française de Photographie, tome VIII, n° 6, 1892, p. 170.
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- être reprise et agrandie par un second élément également convergent, de foyer beaucoup plus court que le premier.
- Les passages de Vénus sur le Soleil en 1874 et 1882, furent enregistrés photographiquement par plusieurs missions, notamment par celle d’Haïti, en suivant une méthode identique à celle que nous venons de citer.
- En vue de mesurer la distorsion des objectifs et des combinaisons optiques destinées à la photographie astronomique, Warren de la Rue, dès 1874, recommandait de reproduire des mâts à signaux situés à des distances de 5 kilomètres du point d’observation ; nous pouvons donc faire remonter à cette époque, l’origine de la téléphotographie terrestre.
- La première tentative dans ce sens qui se traduisit par un résultat porté à la connaissance du grand public, fut signalée, en 1886, dans le journal La Nature (1).
- En disposant une longue-vue en avant d’un objectif ordinaire, M. Lacombe
- obtint des épreuves intéressantes mais qui, par suite du défaut d’achromatisme de la première combinaison, manquaient notablement de netteté.
- Reprenant ces essais en 1887 dans de meilleures conditions, le service géographique de l’armée, sous la direction de M. le général Perrier, obtint par la combinaison de deux excellents objectifs photographiques (F = 0™61 et F = 0n>076) non seulement des clichés d’une netteté satisfaisante, mais encore des instantanés, à des distances variant de 250 mètres à 3.200 mètres.
- Nous devons à la complaisance de M. Gauthier-Villars, communication de deux clichés (fig. 1, vue téléphotographique du Panthéon prise en 1887 à une distance d’environ 1.200 mètres et fig. 2, vue téléphotographique de l’église de Saint-Cloud, instantané pris en 1891 à une distance d’environ 2.500 mètres) qui servirent à illustrer le texte d’une conférence de M. le commandant Fribourg et qui constituent des documents fort curieux pour l’histoire de cette intéressante application de la photographie (2).
- En 1889, M. Guilleminot présentait à la Société Française de Photographie, un cliché obtenu dans des conditions analogues, en ayant recours à une chambre noire à 3 corps et à 2 objectifs (F = 0™40 à 0m45 et F = 0»‘04).
- Enfin, l’année suivante (7 octobre et 4 novembre 1890), M. Jarret présentait à la Société d’études photographiques, le premier appareil pouvant se fixer
- Fig. 2.
- (1) La Nature, n° 692, 4 septembre 1886.
- (2) Conservatoire National des Arts-et-Métiers : Conférences sur la Photographie, 1891-1892 ; la Photographie militaire, par le commandant Fribourg, p. 22 et 23.
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- Fig. 3 et 4.
- directement sur la chambre noire et muni des deux éléments nécessaires pour obtenir à grande échelle l’image d’objets éloignés. Il s’agissait bien là du premier télé-objectif.
- Nous n’avons pas connaissance d’instrument analogue créé antérieurement à l’étranger, et, jusqu’à plus ample information établissant une antériorité française ou étrangère bien démontrée, nous avons lieu de penser que le téléobjectif Jarret fut le premier système optique spécialement construit pour photographier à de grandes distances.
- Il se composait essentiellement :
- 1° D’un objectif photographique de 130 m/m de foyer ;
- 2° D’un tube à crémaillère pour la mise au point ;
- 3° D’un ^oculaire amplificateur comme celui des lunettes astronomiques, s’adaptant à l’extrémité postérieure du tube.
- Cet oculaire était formé d’une première lentille biconvexe et d’une seconde lentille concavo-convexe (convergente) qu’il était possible de rapprocher et d’éloigner de la première pour faire varier les grossissements.
- Ce télé-objectif composé en somme d’un objectif et d’un système optique amplificateur convergent, qui donne des images agrandies redressées, n’a pas été copié, croyons-nous, par d’autres opticiens, bien que ses grossissements soient très considérables, pour des raisons pratiques et commerciales qui se manifestèrent dès le début et ne se sont pas modifiées. Les mises au point avec ces grandes amplifications sont délicates, difficiles, longues ; les poses doivent être longues aussi ; le matériel employé réclame par suite une stabilité parfaite, et, l’on conçoit que toutes ces exigences sont peu conciliables avec celles des amateurs.
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- Par sa nature même, le télé-objectif Jarret, à système optique amplificateur convergent, n’eut donc pas des chances de vente dans le public assez grandes pour déterminer les opticiens à le construire.
- Cette considération fit que l’on chercha à résoudre le même problème par
- l’emploi d’une combinaison optique différente ; l’on songea alors à substituer au système convergent amplificateur, un système divergent.
- Dès 1845, Foucault, dans son appareil photomicrographique, avait eu l’idée, pour augmenter la divergence des faisceaux lumineux sortant de l’objectif et accroître le grossissement, d’interposer sur le trajet des rayons une petite lentille concave.
- C’était dans toute sa simplicité le principe de l’élément “ négatif ” des nouveaux télé-objectifs, qui furent portés à la connaissance du public photographique en octobre 1891 et dont Dallmeyer, de Londres et Miethe, de Postdam, se disputèrent la paternité.
- Mais la voie était indiquée et les savants, ainsi que les opticiens se mirent à l’œuvre.
- En 1893, à la suite d’une étude scientifique très consciencieuse, M. le commandant Houdaille, présente les résultats obtenus avec le télé-objectif panor-thoscopique, construit sur ses indications et d’après ses calculs par Clément et Gilmer (1).
- A la même époque, M. Jarret en construisait un autre, basé sur le même principe et se composant toujours d’un objectif et d’un tube à crémaillère pour la mise au point, et sans lequel l’oculaire amplificateur convergent de ses premiers instruments était remplacé par un système optique divergent.
- Ce second type donnait des amplifications infiniment moins grandes, mais il convenait mieux à l’amateur, parce qu’il permettait aisément la mise au point. Il n’entraînait pas de longues poses ; il s’adaptait donc au matériel léger, mais instable, des touristes.
- Beaucoup d’opticiens français et étrangers produisirent des imitations de ces instruments, parmi lesquelles on peut spécialement citer celles des maisons Derogy, Hermagis (1894).
- Tout dernièrement, enfin, M. Bellieni imagina une combinaison optique, basée sur le même principe, qui permet d’utiliser l’un des objectifs d’une stéréo-
- Fig- 5-
- (i) Société Française de Photographie, 7 juillet i8q3, tome IX, n° 15, p. 353.
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- jumelle ou l’objectif d’une jumelle ordinaire pour réaliser un télé-objectif donnant des images amplifiées. La perfection avec laquelle la combinaison du système négatif et de l’objectif est réalisée, permet d’agrandir ces images dans des proportions, même considérables, sans que pour cela, la netteté en soit sensiblement compromise. Nous nous proposons, du reste, de revenir sur ce petit instrument.
- En 1899, Dallmeyer brevetait comme “ perfectionnement aux objectifs photographiques ” une combinaison dans laquelle le système amplificateur divergent était placé non plus en arrière, mais en avant, de l’objectif.
- En principe, ce dispositif devait avoir le double avantage de fourn'r des images plus lumineuses, — ce qui aurait permis des poses moins longues et même des instantanés dans les faibles grossissements, — et de dispenser l’amateur d’employer une chambre noire à très long tirage. Mais, en réalité, ces avantages ne sont donnés par ce dispositif que pour des amplifications peu sensiblement différentes des amplifications moyennes obtenues avec les autres télé-objectifs.
- En outre, cette combinaison entraîne l’emploi d’un jeu de tubes à allongement télescopique dans lequel se loge le système amplificateur, et, par ce tube même, les images se trouvent limitées à une dimension assez réduite, — ce qui serait un inconvénient pour des grossissements importants, puisqu’on ne pourrait plus obtenir que des petits détails du sujet agrandi.
- Enfin, plus récemment encore, reprenant l’étude de son type à système optique amplificateur divergent, M. Jarret vient de réaliser un téléobjectif composé d’un objectif anastigmat et d’une lentille divergente double, système anormal qui forme un ensemble optique assez lumineux pour permettre l’instantané, même avec des grossissements de 8 à 15 diamètres.
- En résumé, les téléobjectifs à système optique amplificateur divergent sont des instruments peu lourds, peu volumineux, d’un emploi facile, rapide, et, qui n’exigent pas l’utilisation de chambres noires à très grand tirage. Ce sont donc des instruments dont l’emploi est à la portée de tout le monde.
- Néanmoins, l’usage en est encore peu répandu, peut-être parce qu’on ne se
- Fig. 6.
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- rend pas assez compte des nombreux cas où il y aurait avantage à les employer.
- Quand on a pratiqué, en effet, cet instrument, seulement pendant quelques jours en voyage, on le tient pour partie indispensable d’un matériel complet au même titre qu’un objectif grand-angulaire. Il est donc appelé à un écoulement commercial certain, surtout depuis qu’il peut être réduit, comme dans le dernier type à système optique divergent de M. Jarret, à un tube court et léger, portant le système amplificateur qu’on peut adapter à l’objectif anastigmat normal de l’appareil employé.
- Nous reproduisons plusieurs vues faites avec ces instruments, pour montrer l’intérêt des amplifications qu’ils donnent. Mais, bienqu’il soit d’un emploi difficile, le premier type de télé-objectif créé par M. Jarret est infiniment plus précieux pour une foule d’applications spéciales, et, c’est surtout sur lui que nous tenons à fixer l’attention des nombreux techniciens dont il est sans doute inconnu.
- Dès le début, le constructeur avait songé à l’utilisation du télé-objectif pour le service de la Défense nationale. Il l’avait communiqué d’abord, à cet effet, à des officiers supérieurs, et, ceux-ci en firent des essais fort intéressants.
- Nous citerons particulièrement, entre autres, ceux de M. le lieutenant-colonel Allotte de la Füye, qui portèrent sur des distances de 5 à 16 kilomètres et sur des grossissements de 40 à 140 diamètres.
- Mais, l’emploi pratique de ces énormes amplifications ne parut sans doute pas réalisable dans l’armée, du moins à cette époque, puisque ces premiers essais n’eurent point de suite.
- Il ne faut pas, en effet, confondre avec l’emploi des télé-objectifs convergents ou même divergents ce que, dans un concours institué en 1900 par le Ministère de la guerre français, une Commission technique du génie intitulait : Téléphotographie en ballon. L’emploi des télé-objectifs à système divergent serait peu réalisable utile-
- Fig. 8.
- Fig. 7-
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- ment en ballon pour les applications à l’art militaire, et, celui des télé-objectifs à système convergent tout à fait impossible.
- Le concours de Téléphotographie en ballon, institué en 1900, ne vise que l’utilisation d’objectifs à très long foyer, embrassant néanmoins, grâce à la distance, c’est-à-dire à l'élévation de l’aérostat, un très grand champ et permettant l’instantané.
- On conçoit aisément que si les images obtenues avec de tels objectifs ne sont pas trop réduites par la distance — d’où la nécessité de longueurs de foyer de 0m60 à lm, comme celles qu’indique le concours, — et que si ces images sont en outre très nettes, très fines, elles peuvent être plus tard agrandies par projection dans une proportion considérable, qui est un autre moyen d’arriver au même but : “ la photographie d’objets situés à de grandes distances. ”
- “ Photographier de loin ” est toujours, en effet, le but visé, mais le public trompé par des informations inexactes ou mal énoncées, confond souvent la portée du système optique photographique avec son pouvoir amplificateur, ce qui le fait s’émerveiller bénévolement à l’annonce de photographies effectuées à 90 kilomètres ou même à 200 kilomètres de distance, comme on l’annonçait encore, il y a quelques semaines, dans diverses revues.
- En réalité, la distance n’est pas un terme d’appréciation dans l’espèce, car,
- ce qui met une limite à la portée des télé-objectifs, ce n’est pas, en général, l’éloignement, c’est surtout la transparence de l’air.
- En Algérie, il y a une douzaine d’années, c’est-à-dire à une époque où l’optique ne possédait pas les objectifs photographiques perfectionnés qu’elle fournit aujourd’hui, nous avons obtenu, dans des conditions de pureté d’atmosphère qu’on observe d’ailleurs assez fréquemment là-bas, des lointains montagneux parfaitement Fig. io. nets et à oppositions bien
- ï
- Fig. o.
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- marquées pour des sommets situés à plus de cent kilomètres, et ceci, avec un objectif ordinaire achromatique.
- Dans ces mêmes conditions, un télé-objectif à système optique divergent nous aurait fourni une image beaucoup plus complète, et un télé-objectif à système convergent donnant, comme celui de M. Jarret, des grossissements de 140 diamètres, aurait assurément montré des détails nets tout à fait surprenants !
- La distance n’est donc pas un terme d’appréciation en matière de comparaison de télé-objectif ; le pouvoir amplificateur établit seul la relation de puissance entre ces instruments.
- Avec le télé-objectif Jarret à système optique amplificateur convergent, les grossissemen+s les plus grands ne s’obtiennent, naturellement, qu’aux dépens de la rapidité, puisqu’ils correspondent à une plus grande dispersion des rayons
- lumineux transmis. Cette dispersion, dès qu’on atteint 60 diamètres, est même telle, qu'on a peine à discerner sur le verre dépoli de la chambre noire l’image agrandie par l’oculaire astronomique.
- Aussi faut-il vérifier avec soin la parfaite étanchéité à la lumière de l’appareil employé, non seulement parce que la moindre infiltration lumineuse empêcherait d’apercevoir la faible image formée, mais encore parce que, lors de l’opération, cette infiltration suffirait pour voiler la plaque totalement.
- L’étanchéité de l’appareil étant certaine, il faut, pour la mise au point, se munir de voiles noirs très épais, en ajouter au besoin plusieurs les uns sur les autres et s’en envelopper complètement, puis attendre avec patience, longtemps, sous ces voiles, avant de tenter d’apercevoirune image quelconque sur le verre dépoli.
- C’est, en effet, seulement quand les yeux ont pu s’accoutumer à l’obscurité, après quinze, vingt ou même trente minutes d’attente, sans efforts, sans tentatives de vision prématurées, dont l’effet serait d’énerver inutilement, qu’on commence à discerner assez bien sur le verre dépoli pour effectuer une mise au point très approximative avec ces grandes amplifications.
- La mise au point faite, on ajoute au système optique un écran jaune indispensable surtout pour la reproduction des lointains, à cause de la couleur qui leur est propre, et, l’on opère avec des plaques isochromatiques instantanées en sacrifiant pour l’appréciation du temps de pose, une série de plaques “ d’essais ”.
- Avec les plus grandes amplifications données par le télé-objectif à oculaire astronomique, les temps de pose varient beaucoup suivant les saisons, l’heure du jour, la transparence de l’air et la distance du sujet visé. Ils peuvent aller de 5 secondes à plusieurs minutes. Aussi la stabilité parfaite de l’appareil est-elle
- Fig. n.
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- une condition absolue pour l’obtention de clichés non pas nets, mais seulement à images bien distinctes.
- Le moindre vent, la moindre trépidation suffisent avec ces longues poses et ces faibles éclairages pour rendre les images très floues et même indistinctes, si les amplitudes d’oscillation dépassent une certaine limite.
- La netteté des clichés obtenus avec ces amplifications considérables n’est donc ainsi jamais comparable à celle des clichés ordinaires.
- Dès que les amplifications dépassent 5 à 6 diamètres, la finesse des images décroît, du reste, sensiblement, et, même avec ces faibles amplifications, elle paraît souvent moins grande que celle des images directes.
- Quand on parle de la netteté des images fournies par les télé-objectifs, il faut se rappeler que cette netteté est relative. Aussi reviendrons-nous, en fournissant des exemples typiques, sur toutes les considérations dont il faut tenir compte, quand on veut apprécier les résultats donnés par ces instruments.
- Les figures 3 et 4 sont les deux parties d’une même vue panoramique instantanée prise, avec un objectif anastigmat Jarret, du sommet d’une maison située à l’extrémité de l’avenue de Suffren, à Paris.
- Nous allons prendre successivement dans ces deux vues, des détails que nous montrerons agrandis par des télé-objectifs divers et dans des conditions différentes.
- Tout d’abord notre fig. 5 montre ce que donne un télé-objectif ordinaire à système divergent pour un objet assez rapproché, comme la maison à façade très blanche qui est située tout à fait à gauche de la fig. 3. La distance réelle en ligne droite est là de 150 mètres.
- Si l’on examine l’image de cette maison (fig. 3) avec une bonne loupe, on constate que les détails sont flous, à peine distincts ; on ne voit ni les tuiles du toit, ni le dessin des rideaux des fenêtres.
- Dans la fig. 5, au contraire, les tuiles du toit sont parfaitement nettes (1) ; on distingue fort bien les dessins des rideaux des fenêtres, les persiennes, les découpures et les moulures extérieures ornant ces mêmes fenêtres.
- L’amplification dans cette fig. 5 est de 5 diamètres. Elle a été faite par un temps de pluie (et c’est ce qui rend si brillants les tuiles et les toits de zinc des maisons situées en arrière de la première à plus de 300 mètres) afin de montrer combien les lointains deviennent peu distincts, dès que l’atmosphère n’est plus très claire.
- Dans la fig. 6, nous
- (i) La reproduction en similigravure a naturellement réduit de beaucoup cette netteté. Voir, à ce sujet, l’article publié dans notre n° 2-3 de mai-juin : Le Positif photographique et sa reproduction par les procédés photomécaniques en relief par M. Paul Rouché. (Note de l’Editeur).
- Fig. 12
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- retrouvons le sommet de cette même maison à façade blanche, photographié par un temps plus clair et même très légèrement ensoleillé, avec le dernier téléobjectif à système divergent créé par M. Jarret (en juin 1901). Là, l’amplification est de 11 diamètres, mais la netteté est un peu moins grande que dans l’amplification précédente.
- La fig. 7 montre une partie de la Grande Roue de l’Exposition et l’une des grandes cheminées d’usine situées aux extrémités de la Galerie des Machines.
- La netteté de cette fig. 7 laisse à désirer, néanmoins, si on la compare à celle de la fig. 3, même avec une loupe, on constate qu’elle n’est pas moins grande pour l’amplification que pour la vue directe.
- Cette vue (fig. 7) faite avec un ancien télé-objectif Jarret à système ordinaire divergent, donne une amplification de 4 diamètres seulement. Elle a été exécutée par un temps clair un peu ensoleillé qui rend les contrastes plus accentués.
- Fig. 13-
- Or, on le remarquera, bien que cette amplification n’ait pas plus ni moins de netteté que la vue directe (fig. 3), elle permet de distinguer bien mieux la nature des lointains situés entre la cheminée et la Grande Roue. Ces dernières sont à une distance de 1.000 mètres environ, tandis que les lointains sont les maisons des hauteurs de Passy-Trocadéro, se dressant à plus de 2 kil. 500 de distance et déjà très voilées par le défaut de transparence de l’air.
- La fig. 8 montre d’une façon très caractéristique le progrès réalisé par M. Jarret dans la création de son dernier télé-objectif à système divergent, puisque nous retrouvons, dans cette figure, une fraction de la Grande Roue (1.000 mètres de distance) et de la maison située en avant de cette fraction (à 450 mètres), infiniment plus nettes que l’épreuve directe (fig. 3) et que l’amplification précédente (fig. 7) malgré une amplification de 14 à 15 diamètres environ.
- On distinguerait presque dans les wagons de la Grande Roue les personnes qui s’y trouveraient et si, dans la lucarne de la maison située à 450 mètres, une
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- tête quelconque s’était montrée, on aurait pu facilement voir si c’était celle d’un homme, d’une femme ou d’un enfant.
- A côté de cet exemple, il est intéressant de montrer ce que donnait, dès le début de la création des télé-objectifs, le système convergent du même constructeur, par les figures 9 (cheminée) et 10 (wagon de la Grande Roue), qui font voir ces deux objets avec des amplifications de 30 et de 40 diamètres pour les mêmes distances.
- Ces deux dernières images manquent tout à fait de netteté, mais on distinguerait encore fort bien pourtant une personne dans le wagon de la Grande Roue (40 diamètres).
- Elles ont été exécutées par un temps clair, mais sans soleil, avec un écran jaune et 30 secondes de pose ; mais la trépidation est pour beaucoup dans le défaut de netteté des images, et, c’est ce qui explique comment le wagon de la Grande Roue, quoique à la même distance que la cheminée, est beaucoup moins net. La construction si légère de cette roue est infiniment moins stable que celle de la cheminée. Aux vibrations de la maison d’où la photographie a été prise, s’ajoutaient celles, bien plus grandes, de la roue elle-même.
- La tour Eiffel subit encore plus de vibrations que la Grande Roue ; elle a même de véritables oscillations, si étendues, au sommet surtout, qu’il est impossible d’en obtenir une image passable au télé-objectif.
- Dans la partie de droite de la figure 4, au niveau de l’horizon, se trouve, sur une maison située à un peu plus d’un kilomètre, une très grande affiche dans laquelle on lit difficilement sur le cliché, avec une loupe, le nom Trablit. Toute l’étendue de la muraille portant cette affiche mesure, sur la vue directe (fig. 4), à peine 2 m/m de largeur.
- Dans la figure 11, reproduction d’une amplification obtenue avec le nouveau télé Jarret, à système divergent, par un temps très brumeux, cette même muraille atteint 23 m/m de largeur (soit près de 12 diam. d'amplification) et l’on peut lire non seulement toute l’affiche, mais encore une partie d’une autre affiche murale plus vaste, située à près de 1100 mètres en arrière de la première. On distingue même les pierres de la muraille de la maison voisine de celle qui porte cette dernière affiche.
- Avec plus de transparence d’air et moins de trépidations, on aurait eu certainement une image assez nette pour permettre de distinguer une personne placée à l’une des fenêtres de la maison qui porte l’affiche Trablit.
- Il est à noter que cette amplification de la figure 11 a été obtenue en instantané. Par temps clair, le système convergent du même constructeur donne cette affiche avec des lettres de plus de 5 cent. lj.2 pour 96 diamètres d’amplification seulement, mais, si ces lettres restent très lisibles avec ce grossissement, elles ne sont plus aussi nettement délimitées.
- Fig. 14.
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- En pratique courante et pour l’amateur en particulier, ces grandes amplifications, comme nous le disions au début, sont peu réalisables et d’un moindre intérêt que les faibles grossissements.
- Le type des amplifications normales est donné par les fig. 12 et 13, dans lesquelles on voit une vue directe de Saint-Cloud prise de la rive droite du fleuve, en biais, à une distance moyenne de 8 à 900 mètres pour la partie reproduite, avec une amplification de 6 diamètres seulement (dans la fig. 13). Dans la première de ces deux figures, l’affiche Exquis Guillout, qui couvre le mur d’un hôtel situé juste au-dessus de la dernière pile du pont, est absolument illisible, même pour les plus grandes lettres ; tandis que les plus réduites se lisent aisément dans
- Fig. 15-
- la vue amplifiée par le nouveau télé-objectif à système divergent de F. Jarret (instantané par temps clair).
- Comme type de grandes amplifications, nous donnerons, au contraire, les fig. 14 et 16, en passant par la fig. 15, afin de faire mieux apprécier l’énorme écart des grossissements.
- Dans la fig. 14, vue directe faite par un temps clair ordinaire, les seuls détails encore nets sont ceux de la chapelle du couvent des Carmélites, dont on voit bien la rosace et le clocher (distance 200 mètres environ). Le dôme des Invalides situé à 600 mètres n’est déjà plus très net. Quant aux derniers lointains, à droite du dôme, ils sont formés par les toitures et les cheminées de la rive gauche de Paris, dont l’éloignement ne dépasse guère 2.000 à 2.500 mètres. Même sur le cliché de cette vue, il est impossible de discerner au delà de ces lointains les hauteurs de Montmartre et la basilique du Sacré-Cœur qui les domine, bien que celle-ci soit visible à l’œil nu par les temps clairs, surtout quand le soleil
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- l'illumine et fait ressortir la blancheur de ses pierres neuves sur le bleu-gris du ciel.
- Dans la vue “ de transition ” n° 15, qui n’est qu’une faible amplification de quatre diamètres seulement, on commence à entrevoir vaguement ces hauteurs de Montmartre à droite du dôme, mais on n’y peut discerner aucune construction (télé-objectif Jarret, système divergent de 1893). Avec le système convergent créé dès l’origine, une amplification de quarante diamètres nous montre au-dessus des toits de la rive gauche de Paris, la basilique, très floue, mais dont tous les détails de construction sont parfaitement distincts (distance 6 kilomètres).
- Par cet exemple fort démonstratif, on voit qu’avec une atmosphère moins chargée de vapeurs et de fumées et sur un sol moins vibrant que celui de la rive
- Fig. 16.
- gauche de Paris (on sait que l’avenue de Suffren est bâtie en grande partie sur les catacombes) une image nette du Sacré-Cœur aurait pu être obtenue.
- Le même télé-objectif à système convergent nous a fourni des images de la basilique, encore bien distinctes, de 18 centimètres de hauteur et déplus de 24 centimètres de largeur, avec une amplification de 120 diamètres.
- Pour clore la série de ces exemples, nous reproduisons, à titre de document seulement, une photographie faite en 1889-1890, avec ce même télé-objectif Jarret à système amplificateur convergent par M. le colonel Allotte de la Füye, sur un point stratégique des Alpes distant de 16 kilomètres (grossissement de 60 diamètres). Cette dernière vue (fig. 17) est extrêmement floue, parce qu’elle a été faite par un grand vent, avec une chambre noire à long tirage (1 mètre), trop peu stable ; mais elle montre du moins que dès 1889, M, Jarret avait créé un dispo-
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- sitif optique fournissant réellement des images photographiques d’objets situés à de grandes distances, avec des amplifications directes considérables, et, qui n’ont été ni dépassées, ni même atteintes depuis cette époque.
- Le système optique divergent tout récemment réalisé, en dernier lieu, par ce même constructeur (1893), marque un important progrès dans la construction de ces instruments spéciaux, puisqu’il donne des amplifications de 8 à 15 diamètres encore si lumineuses qu’elles permettent l’instantané. Mais il ne bornera pas ses recherches dans cette voie à ce dernier effort ; il étudie actuellement un nouveau système optique convergent plus lumineux que l’ancien et capable de fournir des images plus nettes avec des grossissements de 20 ou de 40 à 100 diamètres.
- S’il parvient à l’établir, — et nous le souhaitons vivement, — nous ne manquerons pas d’en informer aussitôt nos lecteurs, en le leur décrivant, car nous serons, sans doute, l’un des premiers de ceux qui auront la satisfaction de l’essayer.
- 77.832. L. GASTINE.
- Epreuve obtenue par le Commandant Allotte de la Füye, à 16.000 mètres avec objectif de i mètre de foyer. JJ U i J
- Fig. 17.
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- LE VADE=MECUM DU TOURISTE
- ES touristes-photographes-amateurs, animés du désir de rapporter des souvenirs agréables de leurs pérégrinations, peuvent se diviser en deux classes bien distinctes. Il y a d’abord, ceux qui veulent I à tout prix n’être ni chargés, ni encombrés, et parmi ceux-ci, se
- rangent les cyclistes, tricyclistes, et motocyclistes ; les élégants, les mondains, les grincheux, les nerveux, les malades, tous ceux qui ne font, en somme, de la photographie dans leurs voyages, qu’un accessoire secondaire.
- Puis, il y a ceux chez lesquels domine au contraire l’intention de rapporter une moisson photographique intéressante.
- Selon leurs préférences personnelles, ou les conditions de déplacement dans lesquelles ils se trouvent, les premiers feront choix d’appareils plus ou moins réduits, mais ils éviteront naturellement tous les instruments lourds et volumineux, d’un emploi difficile ou délicat, et ne se chargeront d’aucun accessoire de manipulations de laboratoire.
- Les plus exigeants au point de vue du poids et du volume sont, avec raison, les cyclistes. La plupart d’entre eux se contenteront d’appareils très petits, dont les formats de plaques ne dépassent guère 6 1/2 x 9 centimètres.
- A ceux-là convient la grande série des jumelles simples, à magasins où à châssis métalliques indépendants.
- Ceux qui ne reculeront pas devant la complication des agrandissements à effectuer au retour, à loisir, pourront adopter les formats les plus exigus, tels que ceux des jumelles à plaques de 4x4 centimètres, et alors ils auront avantage à se munir, de préférence, d’appareils stéréoscopiques donnant, même dans ces très petits formats, des images dont la sensation d’amplitude est rendue très grande par le relief.
- Parmi ces instruments exigus, il y a lieu de recommander ceux dont la construction est entièrement métallique, ou dans lesquels le métal, en dominant, assure une rigidité et une solidité très grande à l’ensemble. Tels sont, par exemple : Le Physiographe de l’ingénienr Léon Bloch, le Vérascope de J. Richard, la Stéréo-spido 6 x 13 de Gaumont, les Jumelles stéréoscopiques de Cornu, de
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- Joux, de Caillon, de Millot, le Stéréocycle Leroy, et une foule d’autres jumelles analogues, parmi lesquelles le touriste n’a que l’embarras du choix.
- Les jumelles à magasin d’escamotage ont le précieux avantage d’être toujours vite armées et prêtes à opérer. Mais, les jumelles à châssis métalliques indépendants, permettent au touriste de ne se charger que du nombre de châssis qu’il juge nécessaire pour telle ou telle excursion. Ces dernières permettent, en outre, de distribuer les châssis dans plusieurs poches des vêtements et de réduire ainsi le volume de l’appareil seul au minimum,
- Au point de vue de la commodité et du poids, ainsi qu’au point de vue du volume, les différences sont, d’ailleurs, très faibles entre ces deux types de jumelles, et c’est plutôt au point de vue des travaux photographiques du touriste qu’elles se différencient. L’amateur à tempérament calme, celui qui n’aime pas saisir “ comme au vol ” une scène, un type, un animal, aimera peut-être mieux faire usage des châssis métalliques indépendants, tandis que le touriste prime-sautier, agile, ou celui qui s’intéresse surtout aux tranches de nature saisies l' sur le vif ”, préférera un instrument toujours prêt à fonctionner, sans chargement préalable, quelque soit le nombre de clichés à faire, jusqu’à concurrence de 12 ou 18, les jumelles contenant bien rarement plus que ce dernier nombre de plaques.
- Avec ces formats extrêmement réduits, des agrandissements étant presque absolument nécessaires pour les épreuves sur papier (il va de soi, que ces agrandissements ne sont au contraire pas nécessaires, pour des vues stéréoscopiques ou pour des vues de projection), il est tout à fait indispensable que les objectifs soient de premier ordre, afin de fournir des images d’une très grande finesse.
- Cette qualité des objectifs est, du reste, indispensable aussi au point de vue des opérations même du touriste exigeant que nous considérons en ce moment. N’ayant pas la photographie pour principal but en voyage, il ne saurait s’astreindre à séjourner dans un lieu quelconque pour attendre un jour, c’est-à-dire une lumière, un éclairage propice. Il faut donc que son appareil soit muni d’objectifs assez lumineux pour lui permettre ” d’opérer par tous les temps. Or, ces objectifs extra-lumineux n’existent, pour les petits appareils, qu’en anastigmats des premières marques.
- En raison de la nature du touriste amateur que nous considérons, nous n’avons rien à ajouter au bagage de son appareil, si ce n’est un pied canne ou un pied de poche métallique dont encore, il évitera le plus souvent de s’embarrasser, préférant s’alléger de ce poids, fut-ce à la condition de ne jamais exécuter que des instantanées faites à la main.
- Pour la même raison, il n’emportera qu’une très faible provision de plaques ; 2 ou 3 douzaines tout au plus ; comptant sur les grandes villes qu’il doit traverser pour renouveler ce petit approvisionnement. Cette exigence l’expose à se trouver en route, à court de plaques, car, les formats très petits sont d’un usage moins courant que les formats moyens. Cette considération est secondaire pour notre touriste photographe. Quand il n’aura pu renouveler sa provision, il ne photographiera pas, voilà tout !
- Naturellement, il n’aura comme accessoires qu’une lanterne rouge en papier, comme les lanternes Derepas, pour recharger le soir son appareil en comptant sur les ombres de la nuit pour transformer sa chambre d’hôtel en cabinet noir. Il ne développera aucune de ses plaques en voyage et se contentera de replacer les plaques impressionnées dans les boîtes vides, en les entourant de bandes de
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE NUc Série N° 5
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- papier noir gommé, dont il aura pris une petite provision au départ, pour les garantir de la lumière.
- Par petits paquets, pour ne pas se charger, il renverra ces plaques “ à développer ” à son domicile. Conseillons lui, à cet effet, de ne pas ouvrir les boîtes sans soin, pour les conserver en aussi bon état que possible, et recommandons lui de ne pas jeter les papiers noirs ou rouges enveloppant les plaques neuves, mais de les garder, au contraire, pour envelopper très étroitement les plaques impressionnées, en les replaçant dans les boîtes, afin d’éviter qu’elles ne se frottent entre elles pendant le transport, ce qui risquerait de les rayer irrémédiablement.
- Comme l’élégante mondaine d’abord considérée, ce touriste, se trouvera bien de noter toutes ses opérations photographiques, afin de se les rappeler et de reconnaître plus tard tous ses clichés. Ceci dit, passons à une autre catégorie d’amateurs, celle du photographe-amateur-touriste, qui ne place pas la photographie en arrière-plan dans ses préoccupations de voyage, mais la met sinon au-dessus de toutes les autres, du moins au même niveau.
- Cet amateur-touriste, qui n’est presque jamais un vélocipédiste, ni un mondain, ni un homme d’humeur difficile, saura s’astreindre à porter des appareils moins exigus que les précédents. Pour lui, s’offre toute la série considérable des jumelles, et celle non moins riche des appareils à main, détectives, foldings, etc., depuis les petits formats précités jusqu’au 13 x 18 centimètres.
- Cette classe d’amateurs-touristes, ne dépasse pourtant guère le format 9 x 12, et ne descend guère au-dessous du format 6 1/2 x 9 centimètres.
- Aux appareils des constructeurs plus haut cités, il faut ajouter à son usage ceux des Korsten, des Cadot, des Roussel, des Mattioli, des Demaria, des Mac-kenstein, des Dumont, des Bellieni, des Thornton-Pickard, des Degen, des Derogy, des Fleury-Hermagis, des Duchenne, et d’une foule d’autres excellents constructeurs français ou étrangers que nous ne saurions citer tous ici.
- A l’égard de tant d’appareils divers, nous ne pouvons donner autre chose que des appréciations générales aisément résumables en quelques mots : Tous ces appareils, destinés à opérer plus des trois quarts du temps pour des vues instantanées faites à la main, doivent être munis d’objectifs très lumineux et donnant d’autant plus de finesse que les formats seront moins grands. Leurs mises au point doivent être rigoureusement vérifiées, ainsi que la parfaite étanchéité de leurs magasins ou de leurs châssis
- Pour les pieds que ces appareils comportent, on donnera la préférence aux plus rigides, surtout pour les plus grands formats (9 x 12 ou 13 x 18), sans se préoccuper, au même titre, de leur poids et de leur volume.
- Autant que possible, et en particulier pour les grands formats, on tâchera d’avoir le décentrement dans les deux sens : hauteur et largeur (sauf pour les appareils stéréoscopiques dans lesquels le décentrement en hauteur suffit). Enfin on donnera la préférence aux instruments à mise au point variable, car ils permettent de prendre aussi bien des vues générales que des vues de détails.
- Le matériel de l’amateur-photographe-touriste comprend, en outre de l’appareil et des plaques, une petite lanterne à verre rouge, (où une lanterne en papier rouge) pour le rechargement des châssis ou des magasins de plaques, un voile
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- noir pour la mise au point, une loupe de mise au point et un jeu de plaques antihalo pour les contre-jours des vues d’intérieur principalement.
- Je suppose encore, bien entendu, pour cette classe de touristes, que les développements des plaques impressionnées seront faits au retour, ce qui supprime tout l’attirail du laboratoire.
- Le photographe amateur qui fait un voyage d’une certaine importance et qui tient à en rapporter des vues de toutes sortes, des documents, des souvenirs complets, doit avoir en effet un bien autre bagage !
- Il semble de prime abord qu’en voyage, il lui suffira de réduire son matériel
- à fort peu de chose ; le moins possible.c’est une profonde erreur. Par cela même
- qu’il voyage et qu’il est exposé à faire les travaux photographiques les plus variés, le photographe-amateur doit être outillé aussi complètement que possible. Certes, il ne peut songer à emporter ni des écrans, ni des appareils et pied d’atelier, ni tous les accessoires dont il dispose dans son laboratoire, mais il lui faut, néanmoins, pour parer à toutes les éventualités, avoir un matériel important et que nous allons passer consciencieusement en revue.
- Pour rapporter des vues artistiques vraiment intéressantes et des document s architecturaux utilisables, il lui faut être muni d’un appareil à plaques du format 13x18. Dans le type “ folding ”, on fait couramment aujourd’hui des chambres noires extra-légères et de volume très réduit, qui ne le chargeront guère, même avec trois ou six châssis doubles à rideau.
- Cet appareil, solide quoique léger, d’une rigidité et d’un ajustage bien vérifiés, devra comporter le double décentrement. Il sera muni d’un jeu de planchettes d’objectifs, en vue de l’utilisation de trois types optiques bien distincts : 1° Un objectif demi grand angle anastigmat de première marque, dont le dédoublement (utilisation d’un seul des éléments optiques) donnera l’objectif à long foyer ordinaire ; 2° d’un objectif grand angulaire, pour les reproductions de panoramas et de monuments trop rapprochés ; 3° un télé-objectif, donnant des amplifications de 8 à 15 diamètres ou de 4 à 8 diamètres pour le moins, avec assez de luminosité pour l’instantané.
- Un bon obturateur montable sur le parasoleil de l’objectif grand angulaire et du télé-objectif suffira pour ces deux types optiques. Pour l’anastigmat, au contraire, si l’obturation peut être réalisée par un type d’obturateur plus perfectionné, donnant jusqu’au 1/100' de seconde et placé de préférence entre les lentilles, ou tout au moins à l’arrière de l’objectif, cette disposition sera préférable.
- Enfin, la chambre noire sera munie d’un viseur clair à double effet, pour permettre les vues intantanées à main, au besoin.
- Cet appareil 13 x 18, complété si l’on veut par un jeu d’intermédiaires métalliques pour les plaques de format 9 x 12 et même 6 72x9, pourrait suffire à tous les besoins. Ce serait même un appareil presque universel, si l’on y ajoutait une quatrième planchette supplémentaire portant deux objectifs à obturateur unique, une cloison adventive de séparation pour le soufflet, dans le cas de cette utilisation, et si l’on ajoutait aux intermédiaires métalliques des châssis 9 x 12 et 6 V2 x9, une série d’intermédiaires pour plaques 8 x 16.
- Mais la pratique enseigne qu’il n’y a pas avantage à multiplier outre mesure les transformations possibles des appareils. Si l’amateur tient à rapporter, en
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- GABRIEL LEO
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- AU JARDIN DU COUVENT
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- outre de ses photographies artistiques et documentaires des vues stéréoscopiques, il fera mieux en se munissant d’un second appareil spécial à magasin ou à châssis métalliques isolés pour cette dernière application photographique.
- En réalité, il est très vrai de dire que tel sujet qui nous séduit par des qualités spéciales de relief ne peut être rendu que par une vue stéréoscopique. Je considère donc l’appareil stéréoscopique comme l’un des instruments indispensables au photograveur amateur, touriste, et j’hésite d’autant moins à recommander à celui-ci de l’ajouter à son bagage, qu’il peut être réduit à fort peu de chose comme poids et comme volume.
- Les jumelles stéréoscopiques 6 x 13 sont généralement suffisantes pour toutes les vues de relief qu’on peut avoir à faire ; mais si l’on tient à un format plus élevé, si, au lieu de se contenter d’un instrument stéréoscopique tout à fait exigu, on tient à ne pas descendre au-dessous du format 8 x 16, afin de faire du même coup des clichés utilisables en vues stéréoscopiques et en vues de projection, il devient alors nécessaire d’ajouter à cet appareil 8 x 16 et au 13 x 18, un troisième appareil tout à fait réduit, opérant de préférence de côté ou de dos (d’avant en arrière) afin de saisir sur le vif et de très près en n’éveillant pas Vatlention, des scènes, des types, qu’on tenterait vainement d’obtenir sans cet instrument spécial.
- Les physiographes de l’ingénieur Léon Bloch, répondent fort bien à ce besoin, en particulier, le format moyen et le petit format de cet appareil, et, quand le constructeur aura trouvé moyen d’assourdir le bruit du déclanchement de l’obturateur de cet instrument, il en aura fait un outil absolument idéal à ce point de vue (cette observation s’applique d’ailleurs à tous les obturateurs actuels).
- Muni d’objectifs de première marque, le physiographe permet des agrandissements très considérables et grâce à cet avantage, il dispense, à mon avis, de l’appareil 8 x 16, puisqu’il peut être stéréoscopique dans le format d’une petite jumelle de théâtre.
- Si je ne craignais pas d’être accusé d’exagération, j’ajouterais que le matériel de l’amateur photographe en voyage compte encore un dernier appareil : un cinématographe portatif, comme le " chrono de poche ” de L. Gaumont.
- Personnellement, je fais plus que de l’ajouter à mon bagage photographique, puisque celui-ci comporte encore un quatrième instrument : Le Chromographe, avec lequel je prends des vues en couleurs par la méthode de Ducos du Hauron. Mais, j’ai réellement un luxe d’outillage que je ne prétends pas imposer à mes confrères, bien qu’il me soit absolument indispensable pour ne rien laisser échapper des choses belles, curieuses ou utiles que je rencontre.
- Les petits objets accessoires que le matériel complet doit encore comprendre, sont : une loupe de mise au point, un bon voile noir épais ou double (deux voiles vaudraient mieux qu’un seul), un tournevis pour resserrer toutes les vis des appareils qui sont toujours exposées à se desserrer ; des verres doucis de rechange pour les mises au point des appareils ; des vis de diverses finesses et de diverses longueurs pour les petites réparations ou remplacements qui pourraient être nécessaires, car, en cours de route, on trouve très difficilement ces objets spéciaux ; enfin, une petite pince plate, un mètre de fil de fer doux et un peu de ficelle, ainsi que des bandes de papier noir gommé et un tube de secco-
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- tine ou de tout autre colle forte liquide analogue. Avec ces derniers objets, on répare bien des accidents dont il importe toujours de prévoir l’éventualité, quand on quitte les grandes villes.
- Mais pouvoir tout faire à son gré, n’être à la merci d’aucun accident léger, ne suffit encore pas. L’amateur photographe qui veut rapporter de son voyage des documents complets, est exposé à effectuer, nous l’avons déjà dit, les travaux les plus variés.
- Il passe du plein soleil et du contre-jour le plus heurté à la quasi - obscurité, quand il veut photographier au bord de la mer ou dans la montagne, une grotte par exemple. Il passe de la plaine aveuglante de clarté au sous-bois obscur ; de la grande place à l’intérieur d’église ; il lui faut donc des plaques anti-halo et
- même du magnésium dans son bagage........ et comme ces opérations extrêmes, qui
- vont de la plus rapide instantanéité aux plus longues poses, ne permettent guère
- des appréciations exactes dans les écarts de lumière rencontrés.... il n’a d’autre
- ressource que de développer, de temps en temps, les clichés au sujet desquels il est incertain.
- J’estime donc qu’il lui est indispensable d’emporter de quoi développer de temps à autre, exceptionnellement, un cliché douteux et même ce qu’il faut pour tirer de celui-ci une épreuve positive sur papier.
- Ceci n’implique pas, d’ailleurs, un supplément de bagage considérable, le matériel approprié ne comprenant, en outre de la lanterne de laboratoire qu’il faudrait emporter quand même pour recharger les appareils, que les seuls objets suivants :
- 3 cuvettes 13 x 18 en celluloïd,
- 1 panier laveur universel pour tous les formats depuis 4x4 jusqu’à 24 x 30.
- 1 égouttoir (on peut même à la rigueur se passer de celui-ci).
- 1 châssis-presse 13x18 à glace forte qui suffira pour tous les formats.
- Quelques pochettes de développateurs, fixateurs et fixo-vireurs choisis parmi les meilleurs.
- 1 ou 2 pochettes de papier sensible au citrate ou aristotypique.
- Tout cela n’est ni lourd, ni encombrant. Si l’on y ajoute encore un peu de cire rouge à modeler pour boucher les trous des appareils qu’on pourrait découvrir ; quelques bandes de velours noir mince et de peau noire mince pour réparer soit les joints à frottement des magasins et des châssis négatifs, soit les soufflets des appareils à soufflet, comme le folding 13x18 ; un décamètre mince, une bonne longue-vue, une boussole et une bonne montre à secondes (indépendantes de préférence), on est outillé d’une façon absolument complète et l’on peut voyager des mois durant, sans inquiétude autre que celle du renouvellement des provisions de plaques.
- Pour ce dernier détail, ce qui nous a le mieux servi, dans des voyages à itinéraires déterminés d’avance, comme la plupart de ceux qu’on entreprend, c’est l’expédition de petits lots de plaques qu’on s’envoie à soi-même, en gare des principales localités à traverser, ou qu’on se fait expédier à des dates à peu près fixées d’avance, mais qu’on a pris soin d'acquérir en bloc avant le départ dans une émulsion choisie après essais.
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- F. Monpillard
- On arrive assez vite, quand on est réellement touriste et photographe amateur, à savoir approximativement ce qu’on fait de plaques par jour en moyenne. Il est donc facile alors de déterminer combien on consommera de plaques pour un voyage d’une durée arrêtée à quelques jours près dès le départ.
- En résumé, le bagage le plus complet ne va pas au-delà de trois ou quatre appareils et d’un très petit lot d’accessoires, d’objets de laboratoire et de produits. Mais il faut aussi savoir se procurer en route dans les hôtels ou auberges dépourvus de laboratoires photographiques, les menus compléments d’installation nécessaires.
- On trouve partout des seaux, des baquets dans lesquels on peut faire baigner les plaques développées et les papiers fixés et virés ; partout, avec des couvertures épaisses empruntées à l’hôtelier et quelques clous on bouche une fenêtre, une porte, de façon à transformer sa chambre en laboratoire obscur ; partout, on trouve du papier fort et propre pour faire un entonnoir improvisé et de la ouate hydrophile pour filtrer une solution salie, mal dissoute, ou une eau sablonneuse. Là où l’eau du pays est trop calcaire, il suffit de la remplacer, pour la préparation des bains, par une bouteille d’eau dite minérale, à peu près neutre comme l’eau d’Évian, par exemple. Enfin, l’on trouve partout certains produits
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- souvent fort utiles et dont il serait puéril de s’encombrer comme le sel de cuisine pour arrêter l’action du virage fixage des épreuves, l’alcool pour sécher rapidement les clichés développés et lavés après fixage, etc., etc,
- Quant au paquetage de tout le matériel, la pratique m’a enseigné que le mieux est de ne pas emballer les appareils ; leurs sacs doivent suffire pour les protéger... et du reste il les faut garder sans cesse à sa disposition pour les employer suivant les circonstances.
- Les accessoires, produits, plaques, ustensiles divers peuvent, au contraire, se loger fort bien dans une caisse légère faite pour cela ou dans une petite valise, avec des vieux linges (non pelucheux de préférence) pour caler ; linges qui seront précieux pour s’essuyer aussi les doigts et ne pas tacher les serviettes des hôteliers en développant ou virant.
- Chacun selon sa nature et ses goûts s’organise, aussi bien en matière de bagage photographique, que dans l’existence. Je me garderais de recommander aux touristes qui n’ont pas réellement le goût de la photographie, d’emporter avec eux tout ce que j’indique en dernier lieu, mais, aux véritables amateurs de cet art, à ceux qui veulent rapporter de leurs voyages des souvenirs complets, je puis assurer qu’il n’y a rien de trop dans tout ce que j’ai prévu pour eux.
- Tout pays du monde renferme, là où la civilisation s’est développée, des monuments qu’il faut pouvoir reproduire de près comme de loin, de l’extérieur comme de l’intérieur ; des plantes et des objets qui méritent à eux seuls d’être pris dans leur milieu vrai ; des animaux, des types humains, des scènes qu’il convient de saisir au vol et à la dérobée, de très près, comme d’autres qu’il faut pouvoir photographier à de grandes distances, parce qu’on ne saurait en approcher sans les voir disparaître effarouchés, ou se modifier complètement à votre approche.
- J’ai pu reproduire en Orient, de très loin, des personnages et des scènes que je n'aurais jamais photographiés sans un télé-objectif. En Bretagne, en Provence, dans les Flandres, il m’a fallu des appareils invisibles ou dissimulés pour saisir “ comme à bout de bras ” des types, des expressions des actes locaux typiques, ou des animaux que d’autres appareils ne m’auraient jamais permis de reproduire.
- Si le voyageur intelligent doit tout voir, tout s’expliquer, tout observer dans les lieux qu’il traverse, le photographe touriste doit également tout reproduire. Un groupe d’Alligators en Amérique, n’est pas moins partie intégrante du pays, qu’un Pardon en Basse-Bretagne, une Procession en Espagne, un Championnat en Angleterre, une Chasse au loup en traîneau dans les steppes russes. Or, pour cela, il faut employer tantôt le 13 x 18, tantôt et subrepticement l’appareil de poche instantané et, tantôt même le chrono de poche pour cinématographier ce qui n’a d’intérêt que par les mouvements et la succession rapide de ceux-ci.
- La seule objection sérieuse qu’on pourrait faire contre l’embarras d’un outillage aussi complet, c’est qu’il est malaisé de l’employer en toutes circonstances avec la célérité qu’il faudrait... quand on est seul.
- Mais à cela, nous répondons par l’axiome arabe :
- “Si tu veux voyager, voir des pays curieux, et jouir de ce plaisir, cherche d’abord un compagnon sûr, ”
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- L’ami très sûr que le conseil arabe préconise, n’est certes pas toujours facile à découvrir... mais plus d’un touriste-amateur-photographe trouverait ce second si précieux dans sa compagne, en l’initiant quelque peu aux satisfactions photographiques, et en ne l’abandonnant pas au foyer pour courir seul à travers le monde. Cette association photographique familiale, toute indiquée, n’est-elle pas à l’honneur de notre sport artistique et documentaire ?
- Ainsi récoltée, la moisson de souvenirs reste doublement précieuse ; c’est avec une joie double, parce qu’elle est partagée pleinement, qu’on la retrouve plus tard, et qu’on constate avec une mélancolie, non sans charme, à des années de distance, combien les moments vécus étaient doux, combien exquises les chères heures d’autrefois qui ne sonneront plus !...
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- Coucher de soleil.
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- Daguerre
- ANNÉE 1901 ramène le cinquantième anniversaire de la mort de Jacques Daguerre (10 juillet 1851). C’est à Petit-Bry-sur-Marne que s’éteignit ce grand homme dont la découverte est une de celles qui ont le plus marqué dans le cours du xixe siècle. Le moment est propice pour rappeler l’attention sur l’inventeur de la Photographie, et, nous ne croyons pouvoir mieux faire que de reproduire la notice succincte, mais remarquable, dont M. le commandant Colson a enrichi son intéressant volume : Mémoires originaux des Créateurs de la Photographie (1) :
- Daguerre est né le 18 novembre 1787 à Cormeilles-en-Parisis (Seine-et-Oise). Son père, alors premier huissier audiencier du bailliage, quitta bientôt cette localité pour aller habiter Orléans comme employé au domaine de la couronne.
- A seize ans, le jeune Daguerre, qui montrait des aptitudes très prononcées pour le dessin, entra dans l’atelier du peintre décorateur Degotti ; doué d’une grande facilité d’exécution, d’une entente parfaite des effets de perspective et des ressources de l’éclairage, il ne tarda pas à devenir le collaborateur de Prévost pour l’exécution d’un grand nombre de panoramas, puis s’associa à Bouton en 1822 pour l’invention et la construction du Diorama.
- Ce spectacle qui a excité l’enthousiasme des contemporains, donnait l’illusion des scènes de la nature ; les premiers plans étaient formés par des objets réels, le fond par une peinture sur toile ; la transition a été si habilement ménagée, les jeux de lumière si judicieusement combinés, par une substitution progressive d’un éclairage par transparence à un premier éclairage direct, que l’illusion était complète.
- Est-il étonnant qu’un tel artiste, qui utilisait la chambre noire à des croquis d’après nature, ait été séduit par l’idée de fixer les fidèles et brillantes images créées par l’objectif ?
- L’année 1824 est indiquée par Daguerre, dans l’avertissement de son ouvrage
- (i) Paris, 1898, Georges Carré et C. Naud, éditeurs, 3, rue Racine, Paris.
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- sur le Daguerréotype, comme le point de départ “ de recherches dont le seul but était de fixer l’image de la chambre obscure Dès lors il y consacra tous ses efforts avec une véritable passion.
- Comme Wedgwood et Davy, comme Niepce, il ne manqua pas de débuter par un papier aux sels d’argent ; nous n’en connaissons la composition que par une communication faite plus tard, en 1839, à l’Académie des Sciences. Ce papier semble dater de 1826.
- Vers la même époque, Daguerre se livrait à des recherches sur des poudres phosphorescentes capables de restituer la couleur de la lumière qu’elles avaient reçues ; ces essais ne furent pas continués.
- Il en était là lorsqu’il apprit les résultats obtenus par Niepce et entra en relation avec lui. Après l’association de 1829, il entreprit d’abord de perfectionner le procédé que celui-ci lui apportait ; c’est ainsi qu’il substitua au bitume de Judée la dissolution dans l’alcool du résidu que laisse l’évaporation de l’huile de lavande, et, au dissolvant, la seule action de vapeurs d’huile de pétrole qui pénétraient le vernis dans les endroits non impressionnés par la lumière en les rendant clairs et transparents ; il mettait ensuite sous verre la plaque d’argent, dont l’enduit ne devait pas être très stable. Ces modifications n’eurent d’ailleurs aucune suite.
- En même temps, Daguerre engageait Niepce dans de nouvelles recherches sur l’iodure d’argent, mais sans succès, car il restait à surmonter les deux difficultés pour lesquelles Niepce avait autrefois renoncé à son papier sensible : image négative et absence de fixage.
- Telle était la situation après la mort de Niepce.
- “ Tout à coup, dit M. Charles Chevalier (1), Daguerre devint invisible ! Renfermé dans un laboratoire qu’il avait fait disposer dans les bâtiments du
- Phototype Balagny. Porte de la Maison de Daguerre
- à Bry=sur=riarne,
- (i) Souvenirs historiques.
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- Phototype Balagny. Grotte créée par Daguerre à Bry=sur=riarne.
- Diorama, où il résidait, il se mit à l’œuvre avec une ardeur nouvelle, étudia la chimie, et, pendant deux ans environ, vécut presque continuellement au milieu des livres, des matras, des cornues et des creusets. J’ai entrevu ce mystérieux laboratoire, mais il ne fut jamais permis ni à moi, ni à d’autres, d’y pénétrer... ” Mme Daguerre craignit même que son mari ne devînt fou.
- Mais l’obstacle fut vaincu. Le 9 mai 1835, un acte additionnel au traité de 1829 était signé entre Daguerre et M. Isidore Niepce ; on y lit, en particulier, que Daguerre, à la suite de nombreuses observations, “ a reconnu la possibilité d’obtenir un résultat plus avantageux sous le rapport de la promptitude, à l’aide d’un procédé qu’il a découvert ”, Ce procédé était complet à la date du 13 juin 1837, à laquelle fut signé le traité définitif, par lequel la découverte devait porter le seul nom de Daguerre. “ A mon arrivée à Paris, écrit M. Isidore Niepce à l’occasion de ce voyage, M. Daguerre me montra quelques épreuves qu’il avait obtenues par l’emploi de l’iode et du mercure. Elles excitèrent en moi la même admiration qu’ont partagée toutes les personnes qui les ont vues depuis ! ”
- Une tentative de souscription publique ayant échoué, des démarches furent faites auprès du gouvernement et auprès de François Arago, l’illustre physicien, auquel Daguerre confia son procédé ainsi que celui de Niepce. Arago comprit immédiatement l’importance énorme de la photographie, et fit à ce sujet, le 7 janvier 1839, à l’Académie une communication dans laquelle il donnait une idée générale des résultats obtenus par Daguerre, mais sans aucune indication sur la nature de la méthode.
- Les deux associés, mis en relation avec M. Tannegui Duchâtel, ministre de l’intérieur, s’engagèrent à céder leurs procédés à l’Etat, qui assurait une pension annuelle et viagère de 6.000 francs à Daguerre et de 4.000 francs au fils Niepce, le tout réversible sur les veuves.
- Le projet de loi fut présenté le 15 juin à la Chambre des Députés, et voté le
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- 3 juillet sur un rapport très favorable d’Arago ; puis, la Chambre des Pairs y donna son approbation le 30 juillet après un discours de Gay-Lussac. Enfin les détails du procédé furent divulgués par Arago à l’Académie dans la séance mémorable du 19 août.
- Daguerre a donné lui-même la description détaillée, et même minutieuse, des manipulations du daguerréotype. Il serait bien intéressant de suivre pas à pas les idées qui l’ont conduit à ce perfectionnement du procédé de Niepce sur plaque d’argent ; malheureusement il y a là une lacune qui n’est comblée qu’en parîie par les indications que Daguerre a données à Arago dans une lettre de septembre 1839 et par la relation du daguerréotype avec l’action, utilisée par Niepce, de l’iode sur le plaqué d’argent.
- Après 1839, Daguerre s’attacha à des perfectionnements de manipulation ; il annonça même qu’il était parvenu, en électrisant la plaque à lui donner une extrême sensibilité, mais il n’en résulta rien de certain.
- Retiré à Bry-sur-Marne, il y mourut le 10 juillet 1851 de la rupture d’un anévrisme, après avoir été témoin de l’enthousiasme soulevé par son procédé ; il était officier de la Légion d’honneur.
- Son tempérament d’artiste l’avait conduit à modifier la découverte de Niepce dans le sens d’une plus grande rapidité d’impression et d’un rendu plus fin et plus délicat. Parmi les travaux de son associé, il avait pris comme origine de ses propres recherches, après bien des tâtonnements, la sensibilité de la couche d’iodure formée par les vapeurs d’iode sur la plaque d’argent ; mais, au lieu de laisser cette couche noircir à la lumière, il sut découvrir l’image latente produite par un éclairage de plus courte durée, et la faire apparaître par l’action des vapeurs de mercure. Le daguerréotype devait bientôt céder la place à d’autres procédés plus pratiques, mais, il ne faut pas oublier que ces procédés en sont dérivés par le développement d’une image latente, sans lequel ils n’existeraient pas. Ce sera pour toujours le titre de gloire de Daguerre.
- 77.92.
- R. COLSON.
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- LES ORIGINES
- du Gélatino-Bromure
- 'APRÈS les documents dont M. le Dr Donnadieu cite quelques extraits dans son ouvrage sur le gélatino-bromure d’argent, dont nous avons donné un compte-rendu dans notre dernier numéro (1), l’idée première d’associer la gélatine à un sel d’argent susceptible de s’impressionner à la lumière, appartient réellement à Poitevin (1850).
- Comme le fait judicieusement observer l’auteur du livre que nous venons de citer, Poitevin, en préparant ses plaques, s’inspirait d’un procédé rappelant celui du daguerréotype ; en effet, la couche de gélatine chargée d’acétate d’argent était exposée aux vapeurs d’iode ; il se formait ainsi un iodure d’argent sensible à la lumière ; ce n’était pas encore là une véritable “ émulsion
- La première formule de collodion humide indiquée à cette même époque par Archer et Fry fit abandonner ces premiers essais de Poitevin, la nouvelle méthode répondant beaucoup mieux aux besoins de la pratique courante.
- Cependant, malgré tous ses avantages, l’emploi du collodion humide nécessitant que l’ensemble des opérations : étendage de la couche, sensibilisation, pose, développement et fixage, soit exécuté sans aucune interruption et dans un temps relativement court, il en résultait que le voyageur ou le touriste se trouvait obligé d’emporter avec lui un véritable laboratoire et un matériel réellement encombrant.
- C’est alors que l’idée vint à quelques praticiens de tenter d’utiliser le collodion étendu sur glaces, sous forme de couches sèches, de même que Niepce de Saint-Victor employait l’albumine.
- Dès 1853, Gaudin s’attacha tout particulièrement à résoudre ce problème et à “ composer un collodion contenant en lui-même tous les ingrédients nécessaires à l’impressionnement par la lumière, c’est-à-dire un iodure, un bromure ou un chlorure d’argent ” (2), il chercha, en un mot, à créer ce que nous appe-
- (1) Voir Bibliographie, p. XXIX-XXXI.
- (2) La Lumière, 20 août 1853.
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- Ions aujourd’hui un collodioiodure, un collodiobromure ou un collodiochlorure d’argent.
- S’inspirant des procédés au collodion, tels qu’ils étaient alors employés, Gaudin chercha tout d’abord à préparer une émulsion qui, une fois étendue sur la glace, puisse conserver une certaine humidité pendant un espace de temps relativement long.
- Il obtint alors un collodion paraissant “ devoir se conserver 12 heures après son application sur le verre, ne séchant jamais de lui-même et que l’application de la chaleur desséchait sans difficulté ”.
- Ce collodion, dit Gaudin “ ne donne que des noirs peu intenses ; il n’est encore applicable qu'à la formation des épreuves pour le tirage des négatifs ou des positifs directs, avec une longue exposition à la chambre obscure ”.
- En vue de chercher à gagner le plus possible en rapidité, Gaudin essaya d’employer divers sels haloïdes d’argent et, dans cette même note dont nous donnons quelques extraits, il dit : “ C’est avec le bromure d’argent que j’ai le mieux réussi ” ; enfin il ajoute “ aujourd’hui je cherche un nom qui puisse distinguer ce collodion du collodion inerte employé maintenant, un nom exprimant qu’il est toujours prêt à fonctionner sous l’influence de la lumière ; à défaut d’un nom plus expressif, je l’appellerai provisoirement : collodion argentifère ”.
- De ce qui précède, nous pouvons nettement conclure que ce “ collodion argentifère ” est bien véritablement le précurseur des émulsions au collodiobromure d’argent.
- Il devait être également celui des émulsions au gélatino-bromure car, toujours dans cette même note, nous trouvons ce passage : “ J’ai fait des essais analogues avec l’albumine et la gélatine ; M. Humber de Molard m’a dit avoir eu, de son côté, des résultats avec l’albumine, mais cela perd tout son intérêt avec des substances qu’il faut coaguler ”.
- Partant toujours de ce fait, qu’une couche de collodion sensibilisé et abandonné à la dessication ne peut, par la suite, subir l’action des agents révélateurs, Gaudin n’eut pas l’idée d’expérimenter ses émulsions à base de gélatine à l’état sec et étendues sur des plaques de verre ; pour lui “ tout l’avenir de la photographie semble résider dans un collodion argentifère, composant la matière impressionnable qu’on pourra mettre en bouteille, étendre sur verre, papier, toile cirée, etc., pour obtenir immédiatement ou le lendemain, des épreuves positives ou négatives à la chambre obscure, aussi bien que des épreuves positives par négatifs, ayant toute la perfection désirable ”.
- Deux ans plus tard (1855), l’abbé Desprats démontra qu’en additionnant le collodion d’une petite quantité de résine, il était possible de laisser sécher complètement la couche sensible, celle-ci conservant alors une porosité suffisante pour permettre aux réactifs de révéler l’image latente.
- A la même époque, Taupenot, par l’alliance des couches d’albumine et de collodion, créa une méthode excellente, permettant l’usage de plaques sèches conservant leur sensibilité et pouvant être utilisées pour des voyages ou des excursions lointaines.
- Enfin, en 1861, le major Russell fit connaître son procédé au collodion sec avec préservateur au tanin.
- Malgré les beaux résultats obtenus par des opérateurs de talent, en mettant en oeuvre ces différents procédés, ceux-ci ne pouvaient satisfaire entièrement le desideratum de Gaudin dont le but était principalement d’éviter l’emploi
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- de ce bain d’argent, source de tant de mécomptes et de si fâcheuses surprises.
- Aussi, continua-t-il ses recherches en vue de créer cette substance susceptible de pouvoir, après extension sur une surface quelconque et exposition au foyer de la chambre noire, faire apparaître l’image latente sous l’influence des révélateurs.
- Abandonnant momentanément le collodion, il cherche surtout à utiliser la gélatine comme véhicule des sels haloïdes d’argent ; enfin, dans le numéro du 30 mars 1861 du journal "La Lumière, il annonce la possibilité d’obtenir des “ épreuves à la gélatine sans mettre au bain d’argent ”.
- “ Cette méthode consiste à préparer un composé contenant à la fois l’iodure d’argent et le nitrate d’argent, pouvant se verser sur les glaces, s’impressionner et se développer sans que la couche sensible se détache.
- “ Avec la gélatine on peut obtenir des épreuves en procédant comme suit : après avoir dissous dans l’eau, à une douce chaleur, de la gélatine blanche, on y ajoute 1/20 de son poids de nitrate d’argent dissous à part, puis, on verse peu à peu dans l’obscurité une solution d’iodure d’ammonium, jusqu’à ce que tout ait pris une teinte jaune, en ayant soin que le nitrate d’argent se trouve en excès. Ce mélange, filtré encore chaud à travers un lit de coton peu serré, dégraissé par le passage d’un peu d’alcool et versé immédiatement sur des glaces, se prend bientôt en gelée, en donnant une couche opaline, comme le collodion sensibilisé.
- “ Une couche ainsi préparée est sensible à la lumière, et après l’impression-nement est tout à la fois coagulée, et développe une image très fine en la couvrant d’une dissolution de tanin additionnée d’acide gallique, et d’une faible proportion d’acétonitrate d’argent.
- “ D’après mes premiers essais, la sensibilité m’a paru très faible ; mais il me paraît probable qu’on pourra, par certains artifices, l’accroître beaucoup ; dans tous les cas, cette couche séchée spontanément, serait très propre à produire des positifs transparents en place d’albumine, qui offre tant de difficultés pour la pose, la dessiccation, la sensibilisation et le lavage. ”
- Toute équivoque devient ici impossible, nous sommes bien en présence d’une véritable émulsion sensible à la gélatine pouvant, une fois étendue sur glace, et séchée, servir à donner par développement, des images photographiques.
- Quinze jours après, Gaudin annonce son “ Photogène ” (La Lumière, 15 avril 1861) ; en voici la description :
- “ Je nomme “ Photogène ” un composé impressionnable à la lumière qui contient à la fois du nitrate d’argent en excès, et de l’iodure d’argent en suspension. La gélatine qui peut être mêlée au nitrate d’argent en toute proportion sans être modifiée est la substance la plus convenable pour produire un photogène.
- Après avoir décrit la manière de procéder pour préparer ce produit, Gaudin indique également la façon de préparer deux autres “ Photogènes ” ceux-ci à base de collodion, le premier à l’iodure, le second au chlorure d’argent.
- L’iodure très sensible peut, ajoute-t-il “ servir à fournir des négatifs sur papier à la chambre obscure, ou des positifs par agrandissement en un temps court, et sur de très grands écrans ”.
- “ Le photogène au chlorure d’argent pourra remplacer le papier positif ordinaire pour des petites épreuves, il sera d’un emploi très commode pour les amateurs ”.
- Gaudin continua ses essais pendant quelque temps encore ; mais les perfectionnements apportés chaque jour dans la pratique des procédés au collodion
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- sec et humide firent que ces premières tentatives ne furent reprises que bien des années plus tard.
- Après les travaux du Dr Maddox qui firent l’objet d’une première publication dans le British Journal of Photography (8 septembre 1871), ceux de King en 1873, de Bennett, etc., l’attention se porta de nouveau sur les émulsions à base de gélatine.
- Comme le rappelle très justement M. le Dr Donnadieu, Garcin, photographe à Lyon, étudia le procédé d’une façon toute particulière, et, le premier réussit à préparer des plaques sèches au gélatino-bromure d’argent, susceptibles de se conserver.
- Soumises à la commission d’essais de la Société Française de Photographie, M. Ferrier, le rapporteur disait, le 10 janvier 1879, en parlant de ces plaques : “ Nous faisons passer sous vos yeux quelques épreuves positives faites par contact, et une épreuve négative obtenue à la chambre noire ; leur inspection vous prouvera que ce procédé, bien employé, donne de très bons résultats, qu’il mérite de fixer l’attention de tous les amis de la Photographie et qu’il est appelé à rendre de véritables services à notre art
- L’élan définitif était donné ; grâce aux travaux des chimistes, des industriels, et, aux recherches des praticiens, le gélatino-bromure d’argent ne devait pas tarder à supplanter définitivement dans la majeure partie des cas, et quelquefois bien à tort, ces bons vieux procédés au collodion, lesquels possèdent cependant des qualités précieuses, que l’on chercherait en vain aujourd’hui dans la meilleure des plaques au gélatino.
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- Tout amateur photographe étant, par cela même touriste, voyageur, le mal de mer l’intéresse indirectement. C’est à ce titre qu’il nous paraît utile d’annoncer à nos lecteurs qu’une Exposition spéciale de tous les moyens de défense contre le mal de mer, et un Congrès contre ce mal, auront lieu cette année en août et septembre, à Ostende (Belgique), sous le patronage de l’Administration communale et la haute protection de S. M. le Roi des Belges.
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- tique, et à travers les trois écrans colorés, la mise au point restant la même, on peut reproduire trois fois un même dessin linéaire, sans qu’une des images se distingue de l’autre.
- Encor, que nous n’ayons pas eu ce nouvel objectif en mains, l’expérience personnelle que nous avons des objectifs de toutes sortes, et de la prise des clichés trichromes, ne nous permet d’accepter ces assurances que sous bénéfice d'inventaire. Il est peu démonstratif de nous affirmer que les trois images d’un dessin linéaire obtenues avec l’objectif apochro-matique sont exactement semblables. Il serait mieux de prouver que les trois clichés d’une aquarelle donnée, par exemple, seront, pris avec ce même objectif, et à travers trois écrans colorés, toujours de grandeurs rigoureusement égales.
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- Nature signale une nouvelle lampe étalon pour photomètre, décrite par M. Frank Clowes au Congrès de YIncorporated Gas Institute, le 12 juin dernier.
- La source de lumière de cette nouvelle lampe est la flamme produite par la combustion, dans des conditions convenables et nettement définies, d’un courant d’air carburé. Le liquide employé pour la carburation est le pétrole léger, connu sous le nom chimique de pentane ; ce liquide s’évapore rapidement à la température ordinaire et la vapeur qu’il produit est plus de deux fois et demie plus lourde que l’air. La flamme obtenue dans les conditions requises a un pouvoir éclairant constant et égal à celui de 10 bougies étalon. 77-137-6
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- et TOURS de MAIN
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- Pour rafraîchir le révélateur.
- En cette saison de fortes chaleurs que de clichés perdus au développement, parce que la couche de gélatine ramollie, quitte le verre ! La glace à rafraîchir, prévient bien des malheurs, mais on n’en a pas toujours sous la main. Voici un moyen d’y suppléer.
- Envelopper le flacon du révélateur d’une flanelle mouillée, le placer dans un panier entouré de paille humide et suspendu dans un courant d’air.
- Pour conserver au révélateur sa fraîcheur pendant
- le développement, verser de l’eau qu’on aura refroidie par le même procédé dans une grande cuvette oû l’on placera la cuvette à développement contenant le cliché et le révélateur également refroidi.
- (Photography).
- Empoisonnement par le chloroplatinite de potassium.
- L’emploi du platine et la pratique des procédés aux bichromates donnent souvent lieu à des ulcérations très douloureuses aux mains et aux articulations, pour la guérison rapide desquelles on recom-
- mande la formule suivante :
- Ichthyol..................1 partie.
- Eau......................30 parties.
- A appliquer deux ou trois fois. 77.23.61
- Emploi du nouveau révélateur le « Synthol ».
- Eau...........................100 cm3
- Sulfite de soude............... 5 gr.
- Synthol........................ 1 •—
- Le Synthol se présente sous l’aspect d’une fine poudre brune qui se dissout facilement dans la solution aqueuse de sulfite de soude. Le révélateur prend une teinte jaunâtre qui ne se communique pas au négatif.
- Comparé à l’acide pyrogallique, le Synthol, d’après nos expériences, agit plus énergiquement, mais aussi risque de donner des clichés plus durs.
- Le caractère du négatif ainsi développé est sensiblement le même que celui qu’aurait donné l’hy-droquinone.
- Les clichés développés au Synthol sont remarquablement propres et transparents. Pour accélérer, une légère addition de sulfite de soude ; pour retarder, une légère addition d’une solution de bromure de potassium à 10 0/0.
- Comparé à l’amidol, dont il se rapproche par sa composition, il ne paraît offrir aucun avantage ni pour le développement des négatifs, ni pour le développement des positifs. 77.023.4
- **
- Pour faire disparaître les taches d’argent sur les négatifs.
- Quand on emploie un papier albuminé un peu humide, il arrive que le négatif porte des taches de nitrate d’argent.
- Il est toujours périlleux d’essayer de faire disparaître ces taches, surtout lorsqu’elles sont un peu anciennes et qu’elles ont pénétré dans l’épaisseur de la couche de gélatine.
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- Il est également délivré dans les Agences de la Compagnie des Messageries Maritimes, des billets d’aller et retour valables 120 jours, pour se rendre via Marseille, de Paris à Alexandrie, Port-Saïd, Jaffa, Beyrouth.
- Ces billets donnent droit à une franchise de 30 kilog. de bagages par place sur le chemin de fer ; sur les paquebots cette franchise est de 100 kilogr. par place de ire classe et de 60 kilogr. par place de 2e classe.
- Pour plus amples renseignements, consulter le Livret-Guide P.-L.-M., mis en vente au prix de o fr. 50 dans les gares de la Compagnie.
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
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- A tous risques des expérimentateurs, voici une formule. Préparer deux solutions :
- A. Sulfocyanure d’ammonium. i partie.
- Eau........................15 —
- B. Acide azotique.............1 partie.
- Eau....................... 2 —
- Pour l’emploi, mélanger les deux solutions, et plonger dans le mélange le négatif jusqu’à disparition des taches. Bien laver et durcir dans un bain léger d’alun de chrome. 77.21
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- Photographie des animaux sauvages.
- Nous nous rappelons avoir vu à l’Exposition de 1900 des photographies de cerfs de Virginie, étonnantes de naturel. Intrigués, nous avons voulu savoir comment ces photographies avaient été obtenues. Elles ont été prises la nuit, au magnésium, de la façon suivante :
- Près de la remise, fréquentée par ces animaux, avaient été installés deux appareils photographiques dissimulés dans le feuillage. Ces appareils étaient rattachés à une lampe au magnésium au moyen d’un fil de batterie électrique.
- Au moment où un animal touchait le fil, le contact se produisait, le courant allumait la lampe et faisait jouer l’obturateur. 77.052
- Révélateur au borax.
- J. Waterhouse recommande un révélateur soit à l’hydroquinone, soit à l’iconogène, dans lequel il substitue à l’alcali ordinaire, le borax. Cette addition, paraît-il, conserve le révélateur, et sans recourir au bromure de potassium, on a de la transparence dans les noirs du négatif.
- Hydroquinone :
- Eau........................1.000 emc.
- Sulfite de soude............ 100 gr.
- Borax........................ 30 —
- Hydroquinone................. 10 —
- Iconogène :
- Eau . . . '..............1.000 cmc.
- Sulfite de soude............ 200 gr.
- Borax........................ 25 —
- Iconogène.................... 10 —
- (Photo Era, 1901, p. 1.)
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- XXVII
- Bibliographie
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- Les Agrandissements photographiques, par A. Cour-règes, — i volume in-18 jésus, de 143 pages, avec 12 figures, 1901.
- Table des Matières
- Lumières, demi-teintes, ombres. — ire Partie. Du cliché destiné à l’agrandissement. L’appareil à employer. Les Photo-Jumelles. Jumelle Mackenstein. Folding Caméra. Les Détectives. Du Cliché. Dimensions du cliché. Des qualités du cliché destiné à l’agrandissement. Développement du Cliché. Les Révélateurs. Développement à l’acide pyrogallique. Développement lent à l’hydroquinone et à l’iconogène. Les clichés d’agrandissement doivent-ils être retouchés ? — IIe Partie. De l’agrandissement. Les principes de l’agrandissement. Installation commune à tous les systèmes. Des objectifs destinés à l’agrandissement. Objectif simple ; double à portraits ; aplanétique ou rectiligne. Appareils et modes divers d’agrandissement. L’appareil solaire ; à lumière diffuse. La lanterne à projection. Des différents modes d’éclairage : le ’/étrole, le Gaz, l’Acétylène ; lumière électrique, oxydrique, oxy-éthérique. Le Magnésium. La chambre à trois corps. Agrandisseurs automatiques. Agrandisseurs Guillon. — IIIe Partie. Du papier au gélatino-bromure. Opération de l’agrandissement. Mise au point. Mise en place du papier sensible. De l’Impression, temps de pose. Développement de l’image. Eclairage du laboratoire. Révélateurs : au sulfate de fer ; au dia-midophénol ; à l’hydroquinone-métol ; Fixage. Virage des épreuves au gélatino. Formule du bain. Opération. Triage et Montage des épreuves. Choix des cartons. Collage sur marges. — IVe Partie. Agrandissements indirects. Petit positif. Négatif agrandi-Système Carrette : Positif agrandi au gélatino. Grand cliché au charbon. Sensibilisation du papier. Sé-
- chage. Impression. Développement de l’image. Application de l’image sur son support. Opération du développement. 77.813.01
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- La Photographie des couleurs par la méthode interfé-rentielle de M. Lippmann, par Alph. Berget, 2e édition, — Gauthier-Villars, éditeur.
- Nous devons avouer que la lecture de ce livre nous a causé une déception. Nous espérions, en effet, y trouver indiquées avec précision les méthodes les plus récentes élaborées dans le Laboratoire des recherches physiques de la Sorbonne, en vue de permettre aux amateurs de répéter avec toutes les chances de succès, la belle expérience de M. Lippmann.
- Nous n’y trouvons purement et simplement que la répétition de la formule, que MM. Lumière fils firent connaître dès 1893, et dans laquelle se trouve mentionnée ce sensibilisateur dans lequel la présence de l’acide acétique semblerait avoir plutôt pour effet de nuire à l’action orthochromatisante de la cyanine pour les radiations rouge et orangé.
- Autre remarque : le violet de méthyle est indiqué comme donnant d’excellents résultats ; des expériences récentes l’ont en effet prouvé, mais l’auteur du livre en question se contente de signaler vaguement ce produit, sans en préciser exactement la nature et la provenance, ni les proportions dans lesquelles il doit être ajouté à l’émulsion pour obtenir le maximum d’effet.
- Étant donné la valeur des publications étrangères sur cette même question, notamment celles relatant les travaux de Valenta et de Neuhauss, l’on ne peut que très vivement regretter cette insuffisance de renseignements pratiques dans l’ouvrage de M. Berget, renseignements que tous ceux qui s’intéressent à la photographie directe des couleurs auraient été heureux d’y trouver.
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- XXIX
- Brevets cT Invention{l)
- #
- 304227. — 4 octobre 1900. Société anonyme des plaques et papiers photographiques A. Lumière et ses fils. Mode de fermeture pour les boîtes de plaques photographiques.
- 304308.— 5 octobre 1900. Friese-Greene. Perfectionnements apportés aux appareils kinétosco -piques et cinématographiques.
- 304352. — 8 octobre 1900. Bissox. L’Eliochrome, nouveau liquide permettant l’impression de la photographie des couleurs aux encres grasses.
- 304406. — 10 octobre 1900. Lembacher. Procédé pour la fabrication d’images, etc., en relief.
- 304410.— 10 octobre 1900. Lauer. Dispositif d’exposition à la lumière pour papier sans fin.
- 304413. — 10 octobre 1900. Daubresse. Système d’appareil cinématographique.
- 3°4537- — J5 octobre 1900. Mattioli. Système perfectionné d’obturateur à double rideau ne démasquant pas l’objectif.
- ([) Communication de MM. Mariluer et Robelet. Office international pour l'obtention des brevets d’invention en France et à l’Etranger, 42, boulevard Bonne-Nouvelle. Paris.
- 304564. — 16 octobre 1900. Eggenweiler. — Lanterne de chambre obscure.
- 304567. — 16 octobre 1900. Gœrz. Boîte et châssis d’escarmotage pour changer les plaques au jour.
- 304715.— 20 octobre 1900. Burghardt, Warnecke et Heath. Perfectionnements dans les dispositifs pour exposer et changer les plaques et les pellicules dans les chambres photographiques.
- 304756. — 22 octobre 1900. iDupeyron. Nouveau pied photographique à branches extensibles sans ressorts.
- 304908. — 27 octobre 1900. Sanchez. Appareil photographique stéréoscopique avec dispositif de chargement et de déchargement des plaques en pleine lumière au moyen de boîtes-magasins mobiles.
- 305092. — 3 novembre 1900. Lumière. Appareil destiné à recevoir et à montrer des images stéréoscopiques d’objets en mouvement.
- 305105. — 6 novembre 1900. Chevallier et Le-court. Nouvel appareil permettant une mise au point très précise et dénommée Photostadia.
- 305156. — 31 octobre 1900. Bry. Véritable toile à peindre sensible aussi bien à la lumière du jour qu’à celles artificielles.
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- 305485.— 17 novembre 1900. De Woulff. Support pliant dit : Le Statif Woulfian pour appareils exigeant la visée.
- 305556.— 20 novembre 1900. Messter. Mécanisme d’entraînement pour cinématographes.
- 305576.— 20 novembre 1900. Société Carl Zeiss Obturateur à rideaux.
- 305582.— 21 novembre 1900. Schweitzer. Obturateur photographique.
- 305597. — 21 novembre 1900. Gaffney. Système
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- 305630.— 22 novembre 1900. Huet. Dispositif de commande pour appareils donnant des vies animées.
- 305647.— 22 novembre 1900. Société Zeiss. Dispositif combinant le mécanisme d’enroulement des pellicules et le mécanisme de remontage de l’obturateur à rideaux pour appareils photographiques.
- 305920.— 3 décembre 1900. Fiocchi-Poggi. Stéréoscope pliant et coulissant.
- 3°5939-— 4 décembre 1900. Bréard. Système de cinématographe à mouvement continu des images à projeter et à objectif fixe.
- 306060. — 7 décembre 1900. Hamilton. Perfectionnements apportés aux obturateurs pour appareils photographiques.
- 306108. — 8 décembre 1900. Carpentier. Amplificateur rectifieur.
- 306231. — 13 décembre 1900. Dawson. Perfectionnements dans les appareils pour déterminer la couleur et la densité des négatifs photographiques et autres corps.
- 306393. — 18 décembre 1900. Sauer. Système perfectionné pour le tirage d’épreuves photographiques.
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- 306626. — 27 décembre 1900. Société Bunt und Luxüspapier Fabrik Goldbach. Perfectionnements dans la préparation des pellicules pour usages photographiques.
- 306644. — 27 décembre 1900. BÉraud. Procédé de reproduction inaltérable en noir ou en couleur, de dessins industriels sur calque ou autre matière transparente dit : procédé emmonographique.
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- 306873. — 5 janvier 1901. Société anonyme des Produits photographiques. Procédé fie fabrication des pellicules photographiques-
- 306972. — 9 janvier 1901. Dremont. Le Dré-Cour, magasin télescopique pour photographie.
- 306996. — 10 janvier 1901. Gendraud. Nouveau procédé photographique d’épreuves photographiques indélébiles dénommé « Gendrographie » imitant la peinture à l’huile monochrome sur toile et pouvant être encadrées sous verre.
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