La photographie française
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- 13* ANNEE — NOUVELLE SÉRIE.
- N° 8 — NOVEMBRE 1901.
- ADMINISTRATION
- i 3, Rue Delarivière-Lefoullon
- PUTEAUX-SUR-SEINE
- DEPOT GENERAL POUR PARIS Vente au N° et Réassortiments LIBRAIRIE C. REINWALD SCHLEICHER FRÈRES, Éditeurs
- 15. Rue des Saints-Pères.
- Directeurs x
- LOUIS GAST1NE
- F. MONPILLARD
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- Secrétaire de la Rédaction :
- D' G. HODÉE
- Le Numéro : l franc net.
- Sommaire au verso.
- PRIEUR & DUBOIS & Cie Imprimeurs-Editeurs
- 26, Rue de la République, PUTEAUX-S-SEINE
- DEPOSE
- REDACTION
- t56, Avenue de Suffren (XVe)
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- REVUE MENSUELLE ILLUSTRÉE EN NOIR
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- N° 8 (Nouvelle sérié).
- NOVEMBRE 1901.
- SOJWJVIJIIHE
- L. Gastine. — La Protection des Sites artistiques.............................. 225
- A. et L. Lumière et M. Perrigot. — Sur la précision des images photographiques .... 236
- E. Bertin. — La Téléphotographie d’Àmateur........................................ 241
- Drieffield et Hurter. — Étude sur la Sensitométrie : Latitude dans la durée d’exposition et rapidité des plaques (Traduction de L.-P. Clerc)...................... 248
- ILLUSTRATIONS
- X... — La Duchesse de Berry (Reproduction photographique en trois couleurs. Clichés et
- impression de Prieur et Dubois et Cie, de Puteaux)............................................. Hors-texte
- L. Gastine. — Ploumanae’h (Suite d’illustrations).................................. 226-235
- Bellieni. — Statue du duc Antoine et Porte du Musée lorrain, à Nancy (Gravure et
- impression de Prieur et Dubois et Cie) ....................................................... . Hors-texte
- Bellieni. — La Téléphotographie d’Àmateur (Suite d’illustrations), ................................ 242-247
- Roussel. — Au bord de la Rivière, ier Prix du. Concours du Photo-Club Meulanais (Gravure
- et impression de Prieur et Dubois et Cie).....................................................Hors-texte
- VARIA S*
- Avis aux abonnés et conditions d’abonnement
- Nos Illustrations ..........................
- Echos ..... ................................
- Congrès, Expositions, Concours..............
- Nouveautés photographiques..................
- Formules, Recettes et Tours de main.........
- Bibliographie...............................
- Brevets d’invention.........................
- Occasion....................................
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- I, III, V, VII VII, IX, XI, XIII, XIV XIV, XV XVII
- XIX, XXI, XXIII, XXV, XXVII XXIX XXXI, XXXII XXXII
- Pour paraître dans les prochains numéros :
- Professeur Marey (de l’Institut). — L’Histoire de la Chronophotographie et du Cinématographe. Commandant Javary. — La Métrophotographie (Méthode et applications).
- L. Gastine. — La Photographie au Brésil.
- Jules Simonet. — Ce qu’on ne photographie pas.
- Paul Rouché. — La Photogravure (Le procédé).
- G. Morinaud. — Aérostation et Photographie.
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- Ce Numéro de la Revue est imprimé :
- Avec les caractères fondus spécialement par la Fonderie H.-W. Caslon. Sur le papier « Perfection » de la Maison J. Breton.
- Avec l’encre noire de la Maison Falck-Roussel,
- Avec les Ornements de la Fonderie H.-W. Caslon. — Déposés.
- La couverture sur le papier Simili-Japon de la Maison E. Dujardin.
- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE ” n’autorise la reproduction de ses articles qu’à la condition expresse de les signer du nom de leurs auteurs et d’indiquer qu’ils ont été extraits de “ La Photographie Française
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- Nos Lecteurs sont vivement engagés, DANS LEUR INTERET LE PLUS DIRECT, à mentionner “LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE en adressant leurs demandes aux Fabricants et Négociants dont les annonces figurent dans notre Revue.
- N° 8.
- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
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- MM. les Abonnes, dont l’abonnement expire avec le présent numéro, sont instamment priés, pour éviter toute interruption dans le service de la Revue, d’envoyer le montant de leur renouvellement en un mandat-poste ou chèque à vue, au nom de l’Administrateur : M. Henry Grand, 13, rue Delarivière-Lefoullon, Puteaux-sur-Seine.
- A défaut de réception de cet envoi dans les huit jours suivant celui du présent numéro, il leur sera présenté quittance par la poste, mais dans ce cas, le montant de l’abonnement sera augmenté de 0 fr. 60.
- CONDITIONS D’ABONNEMENT a»
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- Les abonnements sont d’une année, et partent du premier de chaque mois. Ils sont payables d’avance. Toute demande d’abonnement doit être accompagnée d’un mandat-poste ou chèque sur Paris, à l’ordre de l’administrateur M. H. Grand, 13, rue Delarivière-Lefoullon, Puteaux-sur-Seine.
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- Pour tout ce qui concerne la Rédaction, adresser les Communications, 156, Avenue de Suffrcn, Pans XVe.
- Pour ce qui concerne /'Administration : Abonnements, Échanges, Dépôts, Annonces, adresser la correspondance à l’Administrateur, ij, Rue Delarivière-LefouUon, Puleaux-sur-Seiue.
- Dans le dernier numéro de « la Photographie Française », nous avons omis de dire quelques mots au sujet de la planche en couleurs qui présente cependant un certain intérêt. Il s’agit d’une illustration destinée à un ouvrage scientifique.
- Zèc forgeron. — L’artiste a copié ce poisson d’après nature, en exécutant une excellente aquarelle rehaussée de quelques touches de gouache blanche.
- Avant l’introduction des procédés trichromes dans la pratique des impressions industrielles, la reproduction de cette aquarelle par la chromolithographie, aurait, pour obtenir un rendu aussi satisfaisant que possible, nécessité un tirage en douze ou quinze couleurs. De ce laborieux et coûteux travail, il serait probablement résulté une illustration ne rappelant qu’approximativement l’œuvre primitive de l’artiste.
- En associant les procédés photographiques aux procédés photomécaniques, MM. Prieur et Dubois ont réussi à exécuter cette planche en couleurs dont l’aspect nous donne nettement la sensation d’une reproduction parfaitement exacte de l’œuvre originale.
- Signalons en outre l’heureuse mise en pratique d’un petit artifice permettant de bien mettre le sujet en valeur.
- La surface du papier a été préalablement recouverte d’une teinte bistre générale, sur laquelle furent ménagées des réserves, celles-ci correspondant aux touches de gouache blanche existant sur l’original.
- L’impression trichrome du sujet en couleurs a été ensuite exécutée comme à l’ordinaire.
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- Duchesse de Berry. — La gracieuse composition « la duchesse de Berry », faisant aujourd’hui l’objet de notre hors texte en couleurs, est destinée à servir de décor à un menu.
- C’est également la reproduction d’une aquarelle, celle-ci traitée dans une toute autre note que la précédente, avec des teintes d’une extrême finesse et d’une grande transparence.
- Tous ceux qui ont quelque pratique des procédés trichromes industriels, savent combien la reproduction des sujets de cette nature présente de difficultés, pour rendre avec exactitude et dans toute leur vérité la légère gradation de certains coloris délicats.
- Dans le spécimen que nous mettons sous les yeux de nos lecteurs, nous croyons qu’il est difficile de rendre d’une façon plus satisfaisante les teintes si fines et si transparentes constituant la carnation du visage et surtout les touches légères
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- formant les modelés des plis de la jupe ainsi que les ornements de celle-ci ; enfin, le coloris des fleurs est reproduit dans tout son éclat.
- Quant à la fraîcheur des verts, elle résulte de l’addition d’une quatrième couleur dite « vert Véro-nèse », dont nos lecteurs pourront reconnaître la présence isolée dans les dernières touches au bas de la figurine.
- Cette teinte en effet, par une bizarrerie encore inexpliquée, est la seule qui, malgré l’habileté du photographe, celle du graveur et de l’imprimeur ne peut être exactement reproduite par les procédés tricliromes pigmentaires.
- Ce vert spécial qui ne se présente jamais à nos yeux dans la nature, les colorations vertes les plus fraîches étant toujours plus ou moins mélangées de rouge, ne se retrouve que dans certains minéraux.
- En peinture à l’huile, par la combinaison des bleus les plus francs et des jaunes les plus purs, l’artiste le plus habile ne saurait traduire cette teinte avec précision ; la seule ressource qui lui est offerte est d’en produire une sensation approchée par un effet de contraste résultant de deux tons judicieusement choisis et juxtaposés.
- Enfin, quel que soit le degré de sensibilité spécial communiqué à une plaque photographique pour les radiations vertes, après avoir reçu l’impression d’un spectre résultant de la décomposition par un prisme de la lumière blanche, cette plaque après développement et fixage présentera toujours une partie faible correspondant à une portion du spectre située dans la région verte.
- Seuls, les sujets présentant dans la composition de leur coloris cette teinte “vert Véronèse” nécessitent en photographie trichrome l’intervention d’une quatrième couleur lorsque l’on désire obtenir un rendu absolument parfait.
- Dernière particularité technique que nous croyons utile de signaler à nos lecteurs : la surface de l’image trichrome, après impression, a été grainée, à l’exception du visage, de la gorge et des mains de la figurine ; ce léger gaufrage, en donnant un certain grain au papier, contribue à adoucir l’effet général tout en donnant à cette reproduction un cachet réellement artistique.
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- Ploumanac’h. — Les illustrations qui accompagnent notre article sur la protection des sites pittoresques sont toutes des vues de Ploumanac’h, que leurs légendes expliquent suffisamment. Il convient de signaler pourtant les rapports de grandeur que portent quelques-unes de ces vues, car on se ferait difficilement, sans cela, une idée exacte de l’importance des masses rocheuses reproduites en ces vues si réduites.
- Dans la vue générale d’une des parties du Chaos, par exemple, les amoncellements prodigieux de
- rochers gigantesques représentés auraient besoin d’un terme de comparaison pour être appréciés, mais tous font défaut. Il n’y a là ni arbres, ni maisons et un personnage serait trop petit pour être vu. Faute de mieux, nous avons donné comme moyen d'appréciation, des vues moins lointaines de l’entrée d’une grotte naturelle qu’on voit au milieu de cette vue générale, à droite des blocs de rochers énormes les plus élevés.
- L’entrée de cette grotte, une des plus près (au sommet de la page suivante), montre déjà que ses dimensions ne sont pas faibles. Mais on les apprécie mieux par la deuxième vue prise à l’entrée même (vue du bas de la page). Cinquante personnes tiendraient à l’aise dans cette entrée qui n’est accessible qu’à marée basse, car les eaux l’envahissent à demi à marée haute.
- La Faille est un immense couloir de roches très différent des éboulis précédents, comme forme et comme caractère. Elle n’est également accessible qu’à marée basse. Par les mauvais temps, les vagues s’engouffrent dans ce couloir avec une furie indescriptible et rejaillissent à plus de 20 mètres au-dessus de ces deux murailles qui ont elles-mêmes plus de 45 mètres de hauteur. Rien ne saurait exprimer la beauté grandiose de ces jaillissements d’eau et d’écumes et le fracas des chocs de la mer dont toute la côte tremble sur une grande étendue.
- Première vallée des Troyeros (vallée des Lacustes). Toute parsemée de rochers de granit, gris, rose et rouge, comme la côte, l’entrée de la première vallée des Troyeros, dite vallée des Lacustes, à cause de son caractère préhistorique, est barrée par des blocs immenses comme ceux que représente notre première vue de cette vallée. Un homme sur ces blocs du premier plan aurait à peine dans la reproduction 3 millimètres de hauteur. Des mousses de toutes les couleurs, depuis le vert le plus cru jusqu’au jaune de cadmium le plus éclatant, en passant par toutes les teintes de rouge, garnissent ces roches, en outre en parties recouvertes de lierre, enfouis sous des fougères presque arborescentes et dans les ajoncs. La côte est d’une sauvagerie « effarante », les vallées sont, par contraste, tout ce qu’on peut imaginer de plus riant, de plus charmeur.
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- Télépholograplue d’amateur. — Les illustrations qui accompagnent l’article de notre collaborateur E. Bertin sur la « Téléphotographie d’amateur » montrent les résultats intéressants qu’il est possible d’obtenir avec une photo-jumelle dont l’objectif a été combiné à un système amplificateur en vue de constituer un télé-objectif.
- La fig. 1 représente une vue générale du massif du Mont-Blanc prise du Bel-Achat, avec une photojumelle 8x9 simplement armée de son objectif
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- de no ni/in de foyer. Le sommet sur lequel a été édifié l’observatoire Janssen se trouvait être à une distance de 12 à 14 kilomètres de l'opérateur.
- Or, sur l’épreuve originale qui a servi à exécuter cette simili, il serait totalement impossible de distinguer cet édicule, même avec une forte loupe.
- Du môme point, en combinant l’objectif avec un amplificateur grossissant 4 fois, il a été obtenu un négatif dont la fig. 2 nous donne une reproduction. Malgré la présence de la trame qui vient détruire en partie les plus grandes finesses de l’image, celle-ci est remarquablement riche en détails et en modelés. Enfin, l’observatoire Janssen apparaît au sommet du versant gauche du Mont-Blanc ; sur des agrandissements directs en 30x40 de ce même négatif, il est absolument visible.
- La fig. 3 représente la porterie du Musée Lorrain à Nancy, délicat bijou d’architecture Renaissance dont la construction remonte à 1511-1512.
- Au-dessus de la porte, la statue équestre du duc Antoine tel qu’il était lorsqu’il combattit à Agnadel sous Louis XII et aux côtés de Bayard.
- A droite et à gauche, deux fenêtres à balcon curieusement ornementé.
- Cet ensemble obtenu avec l’objectif de 130 »>jm monté sur une jumelle 9x12, bien que constituant par lui-même un intéressant souvenir, devient insuffisant si nous le considérons au point de vue purement artistique et documentaire.
- En raison de leur dimension trop réduite, les détails de sculpture dont quelques un sont si curieux, nous échappent totalement.
- Munissant ce même objectif d’un système divergent grossissant 4 fois, il a été facile d’obtenir du même point deux images, l’une de la fenêtre de droite, l’autre de la statue dans sa niche, images sur lesquelles, grâce à leur dimension, il est alors possible d’apprécier toute la beauté de ce travail dû au ciseau de ces artistes du seizième siècle qui nous ont laissé tant d’œuvres aussi fantaisistes qu’originales.
- Pour amener chacune de ces images au centre de la plaque, il a été nécessaire, surtout pour celle de la fenêtre, de pencher légèrement l’appareil. Comme il est dit dans le cours de l’article auquel se rapportent ces figures, ces déformations sont relativement négligeables ; en effet, telles qu’elles se présentent, ces reproductions n’en constituent pas moins d’excellents documents au point de vue artistique, étant donné surtout la parfaite définition de la combinaison optique constituant le téléobjectif.
- Cette définition est telle que ces images peuvent, sans inconvénient, subir des agrandissements notables ; nous en donnons un exemple avec la planche hors-texte représentant la statue du duc Antoine, réduction d’une épreuve 18 x 24 obtenue directement d’après le négatif original.
- Dans certains cas, l'agrandissement direct des
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- Les fig. 5 et 6 en sont un exemple.
- La première représente la vue d’une partie de la ville de Nancy prise de Malzeville avec une jumelle armée de son télé-objectif ; les toits pointus des deux tours se trouvaient à 2 kilomètres de l’opéra-teur. L’horizon est fermé par une colline sur laquelle s’étagent des villas.
- Sur l’image agrandie" (fig. 6) nous distinguons avec la plus grande facilité, les détails de l’une de ces habitations, bien que celle-ci soit distante de 4 kilomètres du point où était placé l’appareil.
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- IV. Les Régions boréales, par Etienne Richet ;
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- E. Reclus. Le monde oriental.
- A. De Pouvourville. La Chine des lettrés, etc.
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- Echos S
- Docteur E. Vogel.
- Le 28 août dernier, est mort, après une longue maladie, le docteur Ernst Vogel, le fils du célèbre professeur H. W. Vogel, qui, le premier, formula les lois de l’orthochromatisme. Ernst Vogel étudia la photographie à l’Ecole supérieure technique de Charlottenburg, près de Berlin, sous la direction de son père dont il devint le suppléant.
- Du vivant même de son père, il avait pris la rédaction en chef des Photographische Mittheilungen. On lui doit de nombreux mémoires sur la photographie, qui avaient fait connaître son nom à l’étranger. Il s’était fait une spécialité de l’étude des procédés photo-mécaniques, et son autorité était reconnue dans toutes les questions relatives à la photogravure et à la phototrichromie. 77.92
- La Photographie des chevaux.
- L’important, c’est la mise au point. Etes-vous trop loin : la tête et le cou seront trop petits par rapport à l’arrière-main. Etes-vous trop près : la tête et le cou seront trop gros par rapport au reste du corps. Placez le cheval à photographier sur un sol légèrement incliné, de façon que les pieds de devant soient un peu plus élevés que les pieds de
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- VIII
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- IX
- derrière. La tête se trouvera relevée d’autant. Faites claquer les doigts, le cheval dressera les oreilles : opérez vivement.
- Si le cheval est harnaché, il faudra le faire poser sur un sol plat. On prend un chapeau à la main, on l’élève rapidement pour fixer l’attention de l’animal : c’est au moment où il regarde qu’il faut le « prendre ».
- Pour photographier des chevaux en action, il faut placer la chambre aussi près du sol que possible. On est plus sûr ainsi d’ « attraper » les positions des pieds.
- On s’y prendra de la même manière pour photographier un cheval qui saute : il aura, par ce petit truc, l’air de sauter plus haut.
- Si l’on veut étonner les « honnêtes gens », un bon moyen, c’est d’établir la chambre noire au-dessous du niveau de l’obstacle que franchit le cheval : — dans un fossé, par exemple, — l’obstacle apparaîtra sur le cliché formidablement haut.
- Il y a peu de journaux photographiques où l’on n’ait vu l'image d’un cavalier sur son cheval dans une position presque verticale. C’est par le procédé que nous indiquons que ce cliché a été obtenu. (The Phot. News.)
- Les rayons X et les experts en tableaux.
- En étudiant les rayons X. on vient de constater que les diverses couleurs à l’huile sont plus ou moins pénétrables par eux. A la suite de cette constatation, on a institué des recherches pour déterminer, à l’aide des rayons X. de quelles substances étaient composées les couleurs des anciens tableaux.
- Au moyen des rayons X, il est possible, en présence de deux ou plusieurs couleurs qui ont le même aspect à l’œil, de préciser quels sont leurs éléments constitutifs, d’après leur plus ou moins de pénétrabilité à ces rayons.
- On voit l’utilité de ce nouveau moyen d’expertise. Voici un tableau; est-ce un vrai ou un faux Rembrandt ? A la vue, les experts les plus avertis hésitent. C’est le dessin, ce sont les tons, c’est la couleur de Rembrandt. Comment s’y reconnaître ? Comme il y a chance pour que les couleurs employées par Rembrandt |et par l’imitateur n’aient pas été de même nature, confiez-en le discernement aux rayons X.
- Ils vont de plus vous permettre de retrouver les éléments qui entraient dans la composition de ces peintures dont l’éclat, conservé à travers les siècles, fait l’étonnement et le désespoir des peintres d’aujourd’hui. Ils apprennent aux peintres quelles sont parmi les couleurs, celles qui durent et celles qui s’altèrent. Ils ont aidé déjà à retrouver les signatures de quelques chefs-d’œuvre perdus sous des couches de couleurs pénétrables à leur action.
- Si les milliardaires américains continuent à couvrir de dollars des Corrège fabriqués à l’aune dans les ateliers de rapins peu scrupuleux, c’est qu’ils le voudront bien.
- Il faudrait n’avoir pas à sa disposition le plus petit rayon X pour confondre désormais Trouille-bert et Corot ! 77.833
- tf *
- Cours de photographie.
- Le Cours public de Photographie, en vingt leçons, confié à M. Ernest Cousin par la Société française de photographie, se rouvrira, pour la 7e année, le mercredi 30 octobre, a g heures du soir, pour être continué les mercredis suivants, à la même heure, dans les locaux de la Société, 76, rue des Petits-Champs, à Paris. Les dames sont admises.
- M. L.-P. Clerc, préparateur à la Faculté des Sciences de Paris, rouvrira le samedi 19 octobre à 8 heures 1/2 du soir, le cours public et gratuit de photographie qu'il professe à l’Association Philotechnique (section Charlemagne, au Lycée, 14, rue Charlemagne, Paris-IVe) ; il serait reconnaissant à ceux de ses confrères qui le mettraient à même de compléter les collections de diapositives de projection utilisées à ce cours en lui confiant pour quelques jours des phototypes de documents photographiques : vues ou coupes d’instruments photographiques anciens ou modernes, résultats comparatifs d’expériences, applications diverses de la photographie, etc. 77.07
- Le plus gros appareil photographique du monde.
- Après la chambre la plus longue — dont nous avons donné les mesures dans notre dernier numéro, — le plus gros appareil photographique du monde. Ce sont encore les Américains qui ont construit ce colosse.
- En effet, grâce à cet appareil nouveau, ils peuvent tirer une photographie mesurant 37 pieds (11 mètres 24)! Cet appareil fut construit à Chicago, pour le compte d’une Compagnie de chemins de fer, qui désirait faire photographier des nouveaux trains pour une exposition. La photographie d’un train sur une plaque sensibilisée de grandeur ordinaire, n’est pas fameuse, à cause de la longueur du sujet et de l’échelle nécessairement petite à laquelle les wagons peuvent être reproduits. Mais, sur une échelle de 2 m. 432, les détails sont très nets. D’où la nécessité de fabriquer une chambre noire géante. On mit deux mois et demi à la construire ; ses dimensions sont telles qu’un truc spécial est indispensable pour la mettre sur voie ferrée, pendant qu’un fourgon immense est nécessaire pour la transporter.
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- Lorsqu’elle est déployée, la chambre noire a une longueur de 6 m. 08, une hauteur de 2 m. 735 et une largeur de 1 m. 814. Sa capacité intérieure pourrait facilement contenir 50 hommes ! La plaque de verre dont on se sert pour le négatif pèse plus de 200 livres et coûte 1.000 francs.
- Aussi, est-ce quelque peu coûteux, que de photographier sur une aussi vaste échelle, et l’on doit employer beaucoup d’hommes pour la manipuler. Dix hommes, forts et capables, sont utiles pour porter la chambre noire du fourgon aux forts tréteaux qui remplacent le trépied ordinaire. Huit à dix hommes s’unissent pour ouvrir le foyer et le soufflet de la chambre noire.
- Les choses rendues possibles par un tel appareil sont énormes. Une bonne photographie, dont on se servira comme cliché de lanterne et mesurant approximativement 10 pouces carrés, peut être agrandie au point de couvrir un écran de 40 pieds dans chaque dimension, sans en altérer la netteté. C’est alors une simple question de calcul pour voir qu’une photographie couvrant 11 mètres peut être agrandie jusqu’à n’importe quelle dimension, pratiquement maniable. Telle dimension d’une ville ou d’un paysage reproduira les plus petits détails sur une échelle considérable, tandis qu’un instantané d’une grande foule donnera, sur une dimension facilement reconnaissable, le portrait de chaque personne !
- Avec cet appareil gigantesque, on tira dernièrement la plus grande photographie d’intérieur. Le sujet en fut le bureau d’une maison de commerce à Chicago, renfermant plus de 1.000 employés et réputé le plus vaste du monde.
- On cherche, toutefois, par l’emploi de l’aluminium et d’autres matériaux, le moyen de réduire cet énorme appareil à un poids plus transportable.
- Il pourrait alors être facilement utilisé pour reproduire les grandes scènes historiques, telles que celles qui se sont déroulées il y a quelques jours... 77.126
- La Photographie des poissons vivants.
- A l’exemple de notre savant compatriote, M. Fabre-Domergue (1), un naturaliste américain, le Dr R. W. Shufeldt, a entrepris de photographier des poissons dans l’eau.
- L’opérateur a fait ses clichés à l’aquarium de la Société de pisciculture de l’Amérique du Nord, et il a pu ainsi réunir une collection remarquable de reproductions de poissons de mer et d’eau douce.
- Inutile de dire que ce n’a pas été mince besogne et qu’il a fallu plus d’un jour pour la mener à bien les poissons ne pèchent pas par l'immobilité. Il a donc fallu que l’opérateur mît sa chambre en place
- (1) Album sur les Aquariums, Carré et Naud, éditeurs.
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- XII
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- XIII
- et attendît que le sujet à photographier vint se placer dans le champ de l’objectif.
- L’auteur nous a fait connaître son manuel opératoire dans un ouvrage qu'il intitule : « Procédés pour photographier les poissons vivants. » C’est un homme qui s’est passionné pour son sujet, et, à l’entendre, il a obtenu des résultats admirables.
- On peut se demander à quoi sert de photographier des poissons dans l’eau. Il est bien plus commode de les photographier ou de les dessiner
- d’après nature... après les avoir pêchés. — Sans
- doute, et il y a beau temps qu’on procède ainsi. Mais il ne faut pas oublier qu’en fait de documentation scientifique nous devenons avec raison de plus en plus exigeants, et que les meilleures reproductions de poissons qu’on nous a données jusqu’à présent sont absolument inexactes.
- Le Dr Shufeldt écrit : « Quand on aura multiplié les photographies de poissons vivants, on se rendra compte que les dessins qu’on nous a donnés de ces animaux dans les meilleurs ouvrages sont souvent incorrects et ne peuvent nous fournir que des idées fausses. Il faut s'efforcer de reproduire le poisson dans son élément. » Exemple : le premier poisson qu’a photographié M. Shufeldt était un brochet ; et, précisément, ce premier sujet a montré combien les images que nous en présentent les traités spéciaux sont défectueuses.
- On nous fait voir le brochet avec les nageoires ventrales dans la direction du corps ou relevées ; on le reproduit avec la queue droite. Tout cela est assez exact quand ce poisson est hors de l’eau ; mais, dans l’eau, les nageoires ventrales sont dirigées de côté et la queue est fortement recourbée.
- A signaler parmi les photographies du Dr Shufeldt un cliché sur lequel il a pris à la fois environ 500 jeunes truites. (Apollo.)
- La photographie dans l'enseignement
- supérieur aux Etats-Unis,
- Il faut en convenir, les Américains ont toutes les initiatives intelligentes et pratiques.
- A l’Institut technologique du Massachusset, de Boston, il est fait chaque année un cours de photographie en trente leçons pour les étudiants de deuxième et de troisième année. Les laboratoires sont à la disposition de chacun ; on y fait tous les travaux pratiques de physique et de chimie photographiques.
- A Columbus, siège de l’Université de l’Etat d’Ohio, depuis 1890, les cours de photographie sont obligatoires pour les étudiants architectes, pour les élèves ingénieurs civils et ingénieurs des mines, et facultatifs dans toutes les autres branches scientifiques. L’enseignement, qui est à la fois théorique et pratique, porte sur la photographie du paysage, des inté-
- rieurs, instantanées, orthochromatique, sur la téléphotographie, la microphotographie, sur les divers procédés photo-mécaniques et sur les projections.
- A l’Université de Rochester, dans l’Etat de New-York, tous les deux ans, on professe un cours qui comprend trois exercices de deux heures chacun par semaine, sur l’optique et les principaux procédés photographiques.
- La photographie scientifique ‘(microphotographie etc.) est enseignée dans des cours obligatoires pour les étudiants en physique à l’Institut de physique de l’Université de Chicago.
- A l’Université de Californie, sont comprises parmi les travaux pratiques du laboratoire de physique, trois leçons de trois heures chacune sur la construction et l’emploi des chambres noires, sur la pose et le développement des clichés, sur les tirages au ferro-prussiate. Ces cours sont obligatoires pour tous les élèves ingénieurs.
- A l’Université Cornelle, de New-York, il y a également cours et exercices pratiques de photographie. Un cours spécial est fait sur l’emploi de la photographie dans les recherches scientifiques.
- En nul lieu du monde, on ne fait plus de photographie qu’à l’Ecole militaire de West Point. On y compte deux laboratoires merveilleusement installés. Les leçons des professeurs militaires sont illustrées de projections.
- En ce moment s’organise Y Illinois College of Pho-tography in Effingham, dont nous aurons occasion de reparler. (Pholo-Era.)
- 77-37-73
- Le Cinématographe policier.
- Le cinématographe, qui fut associé jusqu’ici à des expériences plutôt joyeuses, vient de faire ses débuts comme auxiliaire de l’Etat. Et c’est le service à la mode — celui des policiers — qui a la bonne fortune de le compter parmi ses collaborateurs.
- L’histoire nous vient d’Amérique, naturellement. A l’Exposition de Buffalo, où le malheureux Mac-Kinley trouva la mort, un amateur avait installé un appareil cinématographique, dans le but de reproduire, pour l’édification des badauds, les faits et gestes du Président pendant la cérémonie. Sur les pellicules, on reconnaît parfaitement Czolgosz ; on distingue les efforts qu’il fait à travers la foule afin de s’approcher de sa victime. Sa physionomie exprime la résolution et la tranquillité. Mais au cours de son évolution, on remarque que l’assassin, en jouant des coudes, semble chercher du regard parmi les assistants, un compère. Quel est cet inconnu ? Est-ce un chef dont le signal devait lui donner, si j’ose dire, le « bon à tirer ? ».
- Je lisais hier dans des journaux, qui ont sans doute l’information un peu hâtive, la nouvelle de l’arrestation d’un complice de Czolgosz. Convient-il
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- XIV
- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- de rapprocher ce fait de l’expérience que nous venons de rapporter ? Cette hypothèse, si flatteuse pour des imaginations de feuilletonnistes, sera-t-elle retenue par les historiens ? Elle est en tout cas curieuse et pleine de promesses pour les procédures de l’avenir. Le photographe avait déjà rajeuni, depuis quelques années, la comédie judiciaire, avec ses clichés d’adultère ; voilà, maintenant, le cinématographe qui concourt à l’éclat des drames criminels. Qui donc, dorénavant, oserait nier la marche incessante du Progrès ? 77.853
- **
- La Photographie aux hautes altitudes,
- M. C. S. Rolls est parti en ballon le 24 septembre du Crystal-Palace à Londres. Il était accompagné de deux amis et d’une dame. Les aéronautes se proposaient de voir ce que donne la photographie aux hautes altitudes. Le vent 11e leur a pas été très favorable, et ils ont atterri tout près de leur point de départ. Ils n’ont pas encore fait connaître les résultats de leur expérience. En tout cas, l’entreprise est intéressante, et il faut souhaiter qu’elle soit renouvelée dans de meilleures conditions. 77.03
- La grenouille lumineuse.
- M. J. Tarchanoff a fait des recherches sur des bactéries lumineuses que l’on trouve dans la mer Baltique. Quand les cultures de ces bactéries sont récentes et sans altérations, elles émettent une forte lumière qui, suivant les circonstances, dure de deux à trois semaines ou de deux à trois mois.
- Cette luminosité est en- relation directe avec la respiration des bactéries et la quantité d’oxygène absorbée.
- Quand les vases où sont recueillies les cultures sont immobiles, toute la lumière se manifeste' à la surface où il y a toujours courant d’air.
- Si l’on abaisse la température du bouillon de culture, l’effet lumineux subsiste, mais toute lumière s’éclipse si on élève cette température à 370 C. Elle reparaît après refroidissement.
- Les propriétés de ces bactéries ont suggéré l’idée d’une expérience originale. On a injecté dans les vaisseaux lymphatiques du dos d’une grenouille un peu de ces cultures. Dès que les bactéries injectées ont envahi tout le système lymphatique, la grenouille devient lumineuse.
- E11 posant une pareille grenouille sur un verre mince qui recouvre une plaque sensible, on a, après développement, une silhouette de l’animal.
- (Phot. Wochenbl.)
- 77-031
- 9>9>9>9>9>9>9>»9>9>»9>9>9>9>9>9>9>
- Contres, Expositions
- » Concours «
- Une exposition internationale de photographie artistique sera annexée à l’exposition des Arts décoratifs modernes qui aura lieu à Turin en 1902. Cette exposition ne sera ouverte qu’aux essais originaux, inspirés par un sentiment artistique, ou ayant un cachet artistique bien caractérisé.
- Une commission d’admission, composée de 7 membres choisis parmi les notabilités artistiques et photographiques, dont quatre nommés par le comité d’initiative de l’Exposition, sera appelée à examiner les œuvres des exposants et à éliminer
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- xv
- celles qui blesseraient la morale ou qui ne correspondraient pas au programme de l’Exposition. Les décisions de cette commission sont irrévocables. Les exposants pourront sur la proposition du comité d’initiative de l’exposition soumettre leurs œuvres à des commissions spéciales, organisées dans les principales villes. Ne pourront être exposés les objets qui ont été présentés aux expositions photographiques qui ont eu lieu à Turin en 1898 et 1900.
- Un jury spécial présidera à la distribution des distinctions, qui consisteront en diplômes, médailles d’or et d’argent, etc. Toute personne qui a l’intention de prendre part à l’exposition devra faire parvenir sa demande au Comité avant le 31 octobre 1901, et communiquer les objets qu’elle veut exposer, dans le courant de la prochaine quinzaine de mars 1902. 77.064.45
- ¥ ¥
- On annonce une exposition internationale de photographie scientifique, artistique et industrielle qui aura lieu l’année prochaine à Rome pendant les mois de mars, avril et mai.
- La photographie artistique comprendra 14 sections, la photographie scientifique 9 sections.
- Il y aura un Jury des récompenses pour chaque classe.
- Nous attendons le programme détaillé de cette Exposition. 77.064.45
- »»
- La Société de Phototypie d’Art et d’industrie Ch. Collas et Cie, à Cognac, ouvre, jusqu’au 31 décembre 1901, un concours à tous les photographes amis des enfants.
- Le sujet est une scène enfantine à un ou plusieurs personnages.
- Six prix d’une valeur de 750 francs.
- Pour les conditions du concours, s’adresser à M. Charles Collas et Cie, place de la Sous-Préfecture, Cognac (Charente). 77.079.44
- Par arrêté du gouverneur général de l’Indochine, la date d’ouverture de l’exposition d’Hanoi a été reportée du Ier novembre 1901 au 3 novembre 1903. La liste des admissions sera définitivement close en janvier 1902.
- La gravure, la lithographie, la typographie, la photographie et la librairie seront réunis groupe 1, classe 3. 77.064.59
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- La Chambre de Commerce italienne de Paris porte à la connaissance des artistes photographes et des amateurs qu’une ex position internationale de photographies artistiques sera ouverte à Turin (Italie) en 1902, du mois d’avril au mois de novembre, et sera annexée à la première exposition internationale des arts décoratifs modernes. 77.064.45
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
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- des Sites artistiques
- 5f I l'on peut dire que la protection des sites artistiques intéresse JÜ , tout le monde, on peut non moins justement dire qu’elle intéresse Il aussi particulièrement les artistes et les amateurs photographes, £4 à plus forte raison.
- Si les artistes sont nombreux dans la nation qui tiennent aux sites du pays, les amateurs photographes sont, en effet, bien plus nombreux encore.
- Les artistes vivent en partie de ces sites. De leur côté, les amateurs photographes en font vivre les fabricants de plaques, d’appareils, de produits, les commerçants de la photographie, les innombrables ouvriers et employés de ces industries et de ce commerce, les Compagnies de chemins de fer et de navigation, les hôtels, les voituriers, les industries et négoces sans nombre qui profitent des voyages et des voyageurs, depuis l’Agriculture jusqu’à l’État récoltant, sous forme d’impôts, une forte dîme sur l’immense activité photographique.
- La protection des sites artistiques est donc une œuvre éminemment nationale et particulièrement photographique.
- Mais qu’est-ce, au juste, que la protection des sites artistiques ?
- C’est le but poursuivi par les personnes, les sociétés, les associations, qui tentent de s’opposer à la destruction partielle ou totale et à la défiguration ou à l’accaparement de ces sites par des personnes ou des groupements de personnes qui en privent la nation, car, ces défigurations ou ces accaparements équivalent, comme résultat final, à la destruction visée en premier lieu.
- En dehors du temps et des forces de la nature qui détruisent ou défigurent naturellement les sites — actions auxquelles on peut apporter un retard, bien qu’elles soient moins choquantes que les autres par leur extrême lenteur et par leur caractère même, — les êtres et l’homme en particulier détruisent les sites par nécessité quelquefois, rarement d’ailleurs — et dans ce cas la destruction est excusable, — le plus souvent sans nécessité absolue et par ignorance, paresse, avidité
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- malsaine, ou même par obéissance à l’instinct de la perversité qui gît au tréfond des consciences par un atavisme mal refréné.
- L’enfant s’amuse à faire écrouler une masse branlante ou fragile, sans se soucier du rôle artistique qu’elle joue dans le paysage — ignorance.
- L’adulte fait sauter un bloc de rochers, voisin de son champ, pour en utiliser la pierre, sans souci de sa beauté et seulement pour s’épargner la peine d’extraire de sa propriété la roche à fleur de sol — ignorance et paresse.
- Le propriétaire vend, à qui le lui demande, un site dont il ne faisait rien et dont il ne soupçonnait point le mérite purement artistique, sans rechercher si l’acheteur va transformer ce site en usine ou en débris et parce qu’il calcule seulement que cette vente le dispensera de quelques efforts pour jouir davantage ou satisfaire plus aisément ses penchants — ignorance, paresse, avidité malsaine.
- L'homme défigure les sites quand, par sottise et vanité, il édifie des villas voyantes et mesquines, des caricatures de châteaux dans des lieux d’une beauté austère, qui ne comportent point ces étalages de luxe, d’industrie, de civilisation moderne, et, quand il vient ajouter au charme ou au caractère grandiose de lieux sauvages des cultures artificielles, des chemins réguliers, des “ praticables ” grotesques ou des inscriptions prétentieuses.
- L’homme accapare les sites quand il en gêne l’accès ou l’empêche totalement par des barrières, des murs ; quand il ne l’acquiert que pour en profiter seul ou avec les êtres de son choix.
- La plupart des hommes ont, en présence des sites, les idées suivantes : d’abord, ils les admirent, s’ils en sont capables ; puis, ils se réservent de les admirer encore plus tard, d’y revenir ; s’ils en ont les moyens, ils songent à se les approprier, non pour les préserver seulement de toute altération, mais pour en jouir seuls ou avec les leurs, et ce dernier sentiment égoïste affirme aussitôt sa laideur, en cas d’acquisition, par la clôture, ce veto jaloux, vaniteux et cruel, qui dit à tous : “ Sachez que ceci est à moi seul et que je vous défends d’en jouir, même s’il ne m’en coûte rien, même si cela ne peut nuire à ma propre jouissance, même si je n’en jouis pas. ”
- L’homme accapare les sites et les défigure quand, même sans les accaparer et les défigurer en entier, il y produit des altérations visibles de toutes parts et que l’œil ne peut éviter.
- Telle villa, tel simili - manoir campé sur un sommet, piqué dans un val, greffé sur une côte, tel déboisement de crête suffisent pour dépoétiser tout un lambeau de contrée.
- Un “ Calvaire” à Ploumanac’h entre les vallées des Troyeros.
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- Ces actes de vandalisme sont constants, journaliers, irréparables presque toujours. C’est pour les empêcher dans la mesure où cette restriction est possible qu’existe une tendance à protéger les sites chez une minorité d’individus.
- Mais, comment cette tendance se manifeste-t-elle ?
- Hélas ! il faut bien avouer que les exemples d’actions personnelles à cet égard sont rarissimes.
- Cette tendance ne se manifeste guère que par des actions collectives ; en revanche celles-ci commencent à se multiplier.
- Par ordre de “ caractère officiel”, citons les principales.
- MM. Dubuisson, Christophle, de Kerjégu, Villiers, Le Gonidec de Traissan, Guieysse, Dufour et Robert Surcouf, députés, sont les auteurs d’une proposition de loi tendant à faire classer et protéger par l’Etat les sites que des commissions administratives et artistiques spéciales, proposeraient de préserver.
- M. Beauquier est l’auteur d’un autre projet de loi dans le même but.
- M. Ballif, président du Touring Club de France, agissant au nom de cette Association, propose simplement des modifications de la loi du 30 mars 1887 ayant pour objet d’étendre aux sites les effets préservateurs de cette loi et fixant les conditions dans lesquelles les commissions chargées de déterminer les sites à classer, seraient formées et pourraient fonctionner.
- Nous reviendrons plus loin sur ce dernier projet de règlement légal qu’il suffira d’analyser, car, il résume mieux le “ système de la protection par l’Etat ” avec ses avantages et surtout ses inconvénients.
- Parmi les autres actions collectives, de province qui portent plutôt leur activité sur les monuments que sur les sites, il y avait encore celle d’un groupe à la tête duquel se trouvait M. Edmond Haraucourt. Mais l’initiative de ce groupe s’est fondue dans celle de la Société pour la protection des paysages de France qui subsiste seule désormais.
- Cette société, de par les buts énoncés dans ses statuts est plutôt une société de propagande en faveur de la protection des sites qu’une société de protection effective directe. Elle se borne à signaler les lieux menacés et ceux présentant un intérêt pittoresque, à étudier les lois vandales et les lois protectrices édictées ou projetées pour ou contre les sites et à vulgariser les sentiments qui l’animent généreusement.
- Son programme comprend, en outre, une visée particulièrement intéressante : réaliser une entente entre toutes
- en dehors de celles de quelques sociétés
- Ploumanac’h. — Les Rochers de la côte à l’Est du Phare.
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- les associations, tous les groupements que la protection des sites intéresse ou pourrait intéresser.
- L’utilité de cette société est incontestable ; son action sera précieuse et salutaire ; il faut l’encourager , la renforcer, l’aider. Elle a toutes nos sympathies ; elle peut être assurée de tout notre dévouement ; nous voudrions voir la presse
- photographique et les sociétés de photographie lui prêter assistance... mais nous
- sommes obligés de constater que sa précieuse action morale ne suffit pas dans l’état actuel des choses, c’est-à-dire en présence des actes de vandalisme partout commis chaque année, chaque mois, presque chaque jour.
- L’action de l’Etat serait peut-être plus rapide et plus effective, si les dispositions légales proposées pouvaient être votées et édictées à bref délai,
- Mais rien ne permet d’espérer que l’Etat fournira vite la protection coûteuse que ces projets de loi tendent à lui faire assumer, quand on voit qu’il ajourne depuis tant d’années des mesures légales réclamées avec force et persistance par la majorité du pays.
- Si nous constatons avec regret, tout en applaudissant à la création de la Société pour la protection des paysages de Trance, qu’elle n’a pas un but et des moyens d’action assez rapides, assez effectifs, nous avons donc le même regret à formuler, quant aux résultats pratiques des tentatives de protection par l’Etat.
- Mais, en outre, les tentatives de législations nouvelles nous paraissent entachées d’un vice rédhibitoire qui tient à leur essence même.
- Quand MM. Ballif, président du Touring-Club de France, ou MM. Beau-quier, Dubuisson, Christophle et autres députés demandent à l’Etat de protéger les sites de France, ils ne lui disent pas : “ La loi que nous vous demandons grèvera le budget de toutes les dépenses qu’il nous plaira de lui imposer, sans que vous ayez à protester. ”
- Ils se hâtent au contraire de dire : “ Ce que nous désirons est beau et bon, mais nous nous bornerons à signaler les sites à protéger.
- “ Bien mieux, nous ne les signalerons pas, sans la permission de votre Administration.
- “ Et s’il vous convient de ne tenir aucun compte des avis que nous vous donnerons, avec la permission des agents stylés par vous,.., nous nous inclinerons”.
- Nous admirons cette courtoisie “ régence ”, mais il nous est impossible de l’approuver en bonne et sérieuse pratique, car la loi demandée est nulle, c’est une simple “ fumisterie ”, si l’État est libre de n’en tenir aucun compte ou de
- Ploumanac’h. — Le Chaos.
- Au milieu du massif, l’entrée de la Grotte naturelle.
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- Ploumanac’h. — Le Chaos. Entrée de la Grotte naturelle.
- ne l’appliquer qu’à ses heures, ou d’en gouverner seul l’application. Or, c’est exactement tout ce que les auteurs des projets de loi ont prévu.
- Tous introduisent dans leurs lois un article ou plusieurs concernant la création de commissions départementales où la voix de l’État, par celle de l’Administration, est seule prépondérante.
- Ici, c’est le préfet, deux conseillers généraux, l’ingénieur des ponts et chaussées, l’ingénieur des mines, l’agent-voyer, l’architecte départemental, le maire et dix membres compétents choisis par le Ministre (projet Bal-lif).
- Là, c’est simplement le Préfet président, l’ingénieur en chef départemental, deux conseillers généraux et cinq membres compétents choisis (toujours) par le Préfet.
- De telle sorte qu’il faudrait que l’État fut d’une naïveté sans exemple, pour ne pas être sûr de rester maître des délibérations de ces commissions.
- Délibérations contre lesquelles il a toujours et par dessus tout la ressource du rejet pur et simple des propositions pour cause d’insuffisances budgétaires ou même sans motif déclaré, par ajournement ïndéfini.
- Nous reconnaissons d’ailleurs, sans difficulté, qu’aucun projet de loi ne serait présentable sous une autre forme, c’est-à-dire sans inscrire cette dépendance absolue... qui réduit à néant les effets de la loi.
- Mais, si cette condition est inéluctable, cela prouve jusqu’à l’évidence que le recours à l’État en pareille matière est un non sens ou une duperie et qu’il faut s’en garder comme de la pire mesure protectrice.
- Toute loi du reste, en l’espèce, ne serait pas seulement vaine par ces motifs, mais encore dangereuse, quant aux résultats de son application dans ces conditions, car, elle aurait immédiatement pour effet, dans la plupart des cas, de faire naître, comme à plaisir, les difficultés de classement et de protec-
- tjon, i§ m, de hauteur et iq m. de largeur,
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- Pour le mieux faire apprécier, supposons que la loi est votée, que les commissions sont formées et fonctionnent — sans nous occuper un moment de l’indépendance ou de la servilité qui leur est permise ou imposée.
- La commission réunie étudie la question de classement et de protection de tel ou tel site. Elle convoque les membres techniques dont l’avis lui est indispensable et qui n’ont pu venir à de précédentes séances (ingénieurs, architectes départementaux, etc.) Elle se transporte sur les lieux, contemple, mesure, examine, interroge, fait, en un mot, tout ce qu’il faut — forcément, — pour que nul
- n’ignore le but qu’elle poursuit.
- Rapports et contre-rapports sont discutés, rédigés, recopiés, enregistrés, envoyés...
- Puis, on attend.
- On attend que l’Etat ait le temps de prendre en considération les rapports envoyés. On attend qu’après examen et adoption les mesures de classement et de protection puissent être prises. On attend enfin le décret ministériel... et quand il est rendu on se trouve en présence d’une personne ou d’une société, peut-être même d'une commune qui prétend n’abandonner le site qu’en échange de sommes ou de compensations exhorbi-tantes. Faut-il s’en étonner? N’a-t-on pas fait tout ce qu’il fallait pour créer cet obstacle ou cette dépense ? Est-ce ainsi qu’on travaille le mieux à protéger le site ou à le livrer aux vandales ?
- Ploumanac’h. — La Faille.
- Autre type des rochers de la côte. Nous protestons donc contre
- les projets de loi visant la protection des sites, parce qu’ils ne peuvent être efficaces et retardent de la façon la plus fâcheuse l’action privée, seule pratique et rapide.
- La promulgation de telles lois a toutes chances d’être renvoyée aux calendes grecques et ce n’est pas l’an prochain, c’est demain, c’est aujourd’hui même qu’il faut agir.
- Si ces lois étaient votées, elles ne parviendraient à protéger que les sites qu’il plairait à l’Etat de classer, or, ces convenances gouvernementales ne suffisent pas pour nous satisfaire.
- Ces lois auraient pour résultat de faire naître des spéculations indignes sur les sites et nous condamnons ces immoralités.
- Elles grèveraient, avec une imprudence et dans des conditions réellement coupables, les finances de* notre pays qui ne peuvent déjà suffire aux charges bien autrement impérieuses de l’existence même de la nation.
- Enfin, elles concourraient à mettre une fois de plus en tutelle, pour cet objet, la personnalité nationale qui n’est que trop portée à tout attendre et tout
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- réclamer de l’Etat, sans souci de la domestication qui en résulte, au détriment du progrès et de la dignité humaine.
- Est-ce à dire que nous sacrifions les sites à ces deux derniers biens ? Non, certes, car il est d’autres moyens de les protéger.
- Ce que l’Etat ne saurait faire avec la générosité et la liberté d’esprit nécessaires, les intéressés peuvent commencer à l’accomplir sans délai, isolément, on l’a déjà fait, — ou par petits groupements, — on est en train de le faire, — par des actes à la portée de tous, ainsi que nous allons l’indiquer :
- Il y a trois ans, X..., (le nom du quidam n’importe point et je n’ai pas ici à lui faire de réclame) passait à Plou-manac’h (Côtes-du-Nord). Il y admirait les sites, uniques en "France, qu’offre ce coin de Bretagne et dans l’enthousiasme du premier moment achetait spontanément un large pan de la côte, caractéristique parmi les plus beaux.
- Pour diverses raisons, il n’avait ni l’intention de construire sur les terrains acquis, ni celle d’en empêcher le libre parcours. Il aurait surtout rougi de songer à déparer le lambeau de site acquis par la moindre clôture, la plus petite construction.
- Mais il voyait, auprès du bien qu’il avait acheté, se dresser une grande villa “ confortable ”, édifiée à grands frais par un magistrat. Là, de superbes blocs de roches étaient entourés d’allées sablées, grotesques, envahis par de ridicules échelles de fer incrustées dans leurs flancs, couronnés de rampes protectrices, rappelant les grands magasins de la Ménagère, entourés de clôtures de ronce artificielle ou de ces murs bas cimentés qui barrent le passage en laissant la vue des lieux emmurés comme pour mieux accuser l’égoïsme étroit et la vanité mesquine de celui qui les a fait construire..,, et il se disait qu’au moins son lambeau de côte, grâce à son achat, serait à l’abri de ces vilenies.
- Il voyait plus loin se silhouetter la haute masse de granit du château de l’ingénieur défunt, qui eut assez peu de goût pour faire dresser cette insanité prétentieuse sur le plus bel îlot de l’archipel en miniature de Ploumanac’h, — cette maison trop grande, ce château trop petit qui jure avec les roches grandioses dont il est environné et ne sert qu’à montrer combien il faut d’argent gaspillé pour dresser une mauvaise caricature féodale, déshonorant un admirable coin de nature naguère ignoré..., et il se disait qu’à l’abri des roches inviolées
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- dont son morceau de côte était rempli, l’oubli de ce vandalisme écœurant lui serait permis.
- Cette année, il revenait joyeux à Ploumanac’h d’où, deux ans durant, de lourds soucis l’avaient tenu éloigné, quand dès les premiers pas il se heurta aux murs que l’ingénieur (ou la famille du défunt) avaient fait construire pendant son absence pour défendre le passage dans un grand terrain où des allées sablées, des fleurs et des plantes de serre chaude, amenées à grands frais, dénaturaient l’aspect du lieu au point que, de loin, il a une autre couleur que celle des lieux voisins !
- Près de son morceau de côte un nouveau châlet se dressait, et, pour l’édifier, au lieu de prendre la roche dont sa terre était pleine, le nouveau propriétaire (un peintre !!) avait attaqué sans vergogne un admirable massif de granit dressé à faible distance dans un terrain qui n’est pas le sien !
- De-ci, de-là, plus loin, d’autres clôtures, des fondations d’autres maisons “ bourgeoises ” se dressaient !.... On lui cita un feuilletonniste parisien connu, — sous un nom qui n’est pas le sien, — comme acheteur éventuel d’un golfe superbe dans lequel il projetait de faire construire sous peu, quelque cottage anglais ou quelque villa romaine, naturellement enclos de murs infranchissables....
- Alors, un moment, il fut tenté de fuir ce pays envahi par les “ barbares ” et l’aurait quitté certainement si quelques artistes, quelques vrais amis de la nature ne s’étaient pas trouvés d’accord avec lui pour maudire l’inconscience qui pousse les plus honnêtes gens à commettre ces impardonnables vulgarisations.
- A ces êtres éclairés, il expliqua ce qu’il avait fait ; il exprima le regret de ne pas voir son exemple suivi et comme tous partageaient ses sentiments, il leur proposa enfin de se joindre à lui pour tenter d’arracher aux “ vandales ” les restes épars de Ploumanac’h.
- Tous adoptèrent avec joie les statuts sévères de l’association qu’il leur proposa.
- Le premier et le dernier article des Statuts de ce Syndicat résument complètement son esprit, son but et ses moyens ; il nous suffira de les citer, tous les autres articles ne concernant que des questions d’organisation pratique intérieure :
- Ploumanac’h. — Première vallée des Troyeros ou “ Vallée des Lacustes
- ARTICLE PREMIER. — Sous le titre de Syndicat artistique de protection des sites pittoresques de Ploumanac’h, il est fondé à la date du 20 août 1901, entre les signataires des présents Statuts et
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- Ploumanac’h. — Plateau de lande à l’ouest de la vallée des Lacustes. Au fond, dans le brouillard, le bourg de N.=D. de la Clarté.
- toutes les personnes qui voudront y adhérer par la suite et seront admises dans les conditions prévues aux articles V, VI, VII, VIII et IX suivants, une association syndicale dont le but est de préserver les sites pittoresques de Ploumanac’h de la destruction et de la vulgarisation qui les menace à bref délai, soit par l’éventualité de constructions ou clôtures privées comme celles qui ont été déjà effectuées à Trégastel, notamment, et même sur certains points de Ploumanac’h, soit par la démolition des rochers et terrains, baies, plages ou landes, soit par des exploitations quelconques des lieux, ayant pour conséquence d’en détruire l’aspect naturel.
- Comme conséquence de ce but, le Syndicat s’interdit naturellement à lui-même de faire aucune construction, clôture en maçonnerie ou barrière de bois ou fils de fer ou exploitation agricole ou industrielle sur les lieux et sites dont il s’agit qui soit de nature à modifier l’aspect qu’ils possèdent à la date de fondation du Syndicat.
- L’association acquiert peu à peu les sites et lieux précités avec les ressources constituées par les cotisations annuelles, les admissions nouvelles, les dons manuels qu’elle recueille et en général toutes les sommes qu’elle peut obtenir ou réaliser.
- Afin d’acquérir à meilleur compte les sites à préserver, le Syndicat en laisse au besoin la jouissance à leurs ex-propriétaires ploumanachains et même à leurs héritiers directs sous la condition que ceux-ci ne les modifieront en aucune manière; c’est-à-dire qu’ils ne changeront ni les délimitations et voies de communications actuelles (routes, chemins, sentiers), ni les cultures existantes, ni leurs constructions si les lieux acquis en contiennent (sauf les réfections d’entretien indispensables) et qu’ils n’enlèveront ou ne détruiront des dits lieux aucuns des rochers, terrains et végétations naturelles ou sauvages qui les ornent.
- Le Syndicat n’ayant d’autre but que de conserver au pays toute sa beauté sauvage, tout son caractère archaïque pittoresque, ne veut en effet, nullement écarter l’habitant ni le priver des moyens d’existence qu’il tire aujourd’hui du sol, soit par des cultures annuelles, soit par ses animaux domestiques.
- Il laisse donc très volontiers au propriétaire qui lui vendra des terrains, la jouissance de les cultiver comme avant cette vente, d’y habiter, si son habitation est comprise dans le terrain acquis et de faire parcourir ces terrains à ses animaux, le tout sans redevance aucune pour cette jouissance, pourvu que les prix de vente, en ce cas, soient aussi réduits que possible. Il étend même cette liberté de jouir aux héritiers directs du vendeur afin de bien marquer qu’il n’accapare pas et qu’il entend seulement préserver de la destruction et de la vulgarisation les lieux qu’il vise.
- Aussi bien à Ploumanac’h même qu’à Trégastel-Plage, toutes les personnes étrangères à la localité qui ont acquis des terrains et rochers se sont empressé de les enclore de murs en maçonnerie ou de barrières infranchissables et d’y construire des villas ou des châteaux qui ont enlevé tout leur caractère naturel aux lieux qu’ils occupent.
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- Les Ploumanachains sont les premiers à se plaindre de ces clôtures ; les constructions privées sus-dites en vulgarisant les sites en détourneront tous les touristes et ils y perdront une source de profits très considérables ; enfin l’Art et la France sont intéressés à la conservation dont il s’agit, car les sites de Ploumanac’h n’ont aucun équivalent dans le reste de notre pays. C’est donc faire une œuvre de bienfaisance locale et d’intérêt général aussi que de s’efforcer d’empêcher cette vulgarisation et elle ne peut exciter que la sympathie de tous.
- ART. XXII. — La dissolution du Syndicat ne peut être prononcée qu’en Assemblée générale et seulement au cas où l’Association n’aurait pu atteindre en aucune façon le but qu’elle poursuit.
- En cas de dissolution, l’Assemblée générale statue sur l’emploi des fonds que le Trésorier possède en caisse et sur le mode de donation de ses propriétés à l’Etat ou la commune, s’ils veulent bien accepter ses charges.
- Au cas où ni l’Etat ni la commune ne pourraient accepter cette donation dans les conditions qui sont celles de jouissance du Syndicat, l’Assemblée générale statuerait
- sur la façon la plus équitable de désintéresser les ex - propriétaires et de répartir ses propriétés entre ses membres principaux et titulaires les plus anciens ou de rendre ces propriétés aux anciens propriétaires survivants, contre remboursement des prix d’acquisition et des dépenses faites par le Syndicat au profit de ces terrains.
- C’est ainsi que l’association privée dont il
- s’agit fut créée en juillet dernier ; c’est ainsi qu’elle fonctionne, dès à présent et nous aimons à croire qu’elle sauvera, si la chose est possible, les restes de Ploumanac’h, avant qu’une loi de protection des sites soit votée et mise à exécution.
- Si tous les vrais amis de la nature voulaient bien, chacun dans les sites qui leur sont chers, se grouper ainsi et faire de même, ils atteindraient plus vite et plus sûrement leur but que par toute autre entreprise.
- Ces esprits désintéressés, dira-t-on, sont trop rares pour obtenir les résultats rêvés.
- Il est vrai que le désintéressement, même en matière d’Art, n’est plus chose courante, mais les fondateurs de la Société que je signale ne comptent pas que sur leurs seuls moyens. Aux hôteliers, restaurateurs, cafetiers, pharmaciens, voituriers, commerçants de toutes sortes des localités voisines, bourgs, villages, plages balnéaires, ils disent : “ Vous êtes tous intéressés à ce que Ploumanac’h reste ce qu’il est, pour vous amener les voyageurs dont vous tirez tant de bénéfices ; vous êtes tous intéressés à ce qu’on ne fonde à Ploumanac’h aucun com*
- Ploumanac’h. — Route rustique à travers la lande.
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- merce, aucune industrie faisant concurrence à vos commerces, à vos industries particulières. Aidez-nous donc à neutraliser ces lieux précieux à votre plus grand profit, au profit des habitants eux-mêmes, puisqu’en cédant leurs terres aux “ vandales ”, ils tuent leur “ poule aux œufs d’or
- Aux importateurs et aux exportateurs du pays, même aux chemins de fer ils tiennent ce langage simple et vrai, persuadés qu’il suffit pour convaincre parce qu’il est logique.
- La Compagnie de l’Ouest qui sait, par ses transports annuels de voyageurs pendant l’été, ce que valent les sites de son réseau pour la formation de ses dividendes, la Compagnie de l’Ouest loin d’être intéressée à les voir disparaître n’est intéressée qu’à les conserver et les multiplier.
- L’association dont il s’agit compte donc avec logique sur son appui et son concours dans l’œuvre qu’elle poursuit. En protégeant efficacement le site qu’elle vise, elle espère même l’appui des autres sociétés similaires à programme plus étendu, ainsi que les encouragements des pouvoirs publics et de l’État.
- Or, il nous paraît que ces encouragements, infiniment moins coûteux que les expropriations dont des lois de protection seraient la conséquence, ne peuvent lui être refusés ; ne serait-ce que parce qu’elle démontre en existant et agissant la vraie voie à suivre en matière de protection de sites.
- Cette initiative privée résoud singulièrement bien le problème que pose la protection des sites. Que partout où sont des sites à préserver pareille action s’exerce et la préservation sera vite acquise au profit général de tous et au profit de l’État en particulier.
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- Vue générale de l’archipel de Ploumanac’h prise du phare (Coucher de soleil.)
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- Sur la précision des images photographiques
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- JORSQU’ON examine au moyen d’un microscope, en prenant les précautions qui seront indiquées plus loin, l’image donnée par un bon objectif photographique, on constate que la précision de cette image est incomparablement plus grande que celle d’un négatif photographique obtenu, avec le même objectif, dans les conditions ordinaires d’opération. .
- La plaque photographique a enregistré une image qui, à l’œil, peut paraître nette, à priori, mais qui ne supporte pas l’agrandissement microscopique et dont la finesse est très inférieure à celle de l’image optique.
- Il était intéressant de préciser les causes de cette imperfection, commune à toutes les photographies actuelles, de déterminer la valeur relative de chacune d’elles et de tenter d’obtenir des négatifs présentant le maximum de netteté.
- Cette altération des images photographiques nous a paru devoir dépendre des causes principales suivantes :
- A. Diffusion dans la couche sensible.
- B. Erreur de mise au point provenant de la concordance incomplète du verre dépoli et de la plaque photographique.
- C. Aberration chromatique résiduelle.
- Pour déterminer l’importance de chacune de ces causes et l’influence qu’elles peuvent avoir sur la netteté des images, nous avons construit un appareil disposé dans un laboratoire obscur dont une des parois présente une ouverture destinée au seul passage du faisceau lumineux utile.
- Cet appareil représenté par la figure 1 se compose d’une chambre noire Jl solidement fixée au moyen d’un support S contre la paroi C d’un laboratoire obscur. L’objectif 0 est monté sur une platine de microscope Z), munie d’une vis
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- micrométrique V qui permet de faire varier la distance de l’objectif à la plaque sensible et d’effectuer la mise au point avec une grande précision.
- Une lame de glace, parfaitement plane et portant sur sa face antérieure de fines rayures est disposée en P, dans une feuillure ménagée dans la partie postérieure de la chambre noire.
- Cette glace peut être remplacée par une plaque sensible plane, qui prend exactement sa place au moment de l’exposition et qui est maintenue contre la feuillure au moyen d’un ressort fixé sur le fond B de l’appareil.
- Enfin un microscope M est disposé en arrière, confondant son axe avec l’axe principal de l’objectif. Fig. i
- La vis V’ permet
- d’observer sur la glace rayée l’image d’une mire située à quelques mètres de distance.
- Cette glace étant mise en place, on commence, en agissant sur la vis Vpar mettre au point, à l’aide du microscope M, les rayures tracées sur la face antérieure de cette glace.
- Sans modifier cette mise au point, on agit ensuite sur la vis V jusqu’à ce que, en observant toujours par l’oculaire 7Ç, on obtienne, dans le plan des rayures, une image aussi nette que possible de la mire.
- Après avoir fermé l’obturateur H, et sans rien déranger au système, on remplace la glace P par une plaque sensible, puis on ferme la chambre noire au moyen de la planchette B.
- La couche sensible se trouve alors exactement à la place qu’occupait la surface rayée avant cette substitution.
- Sans qu’il soit utile d’insister, on voit que ces dispositifs permettent de remplir les deux conditions suivantes qui ne sont jamais réalisées dans le mode opératoire photographique ordinaire :
- 1° Grâce au microscope M, qui amplifie fortement l’image, à la vis micrométrique V qui permet d’agir avec précision et insensiblement sur l’objectif 0, et à l’absence de grain de la glace placée dans le plan focal, on réalise la mise au point avec une exactitude aussi parfaite que possible.
- 2° L’absence de châssis et le remplacement direct de la glace par la plaque photo- g.
- graphique donnent l’assurance que la couche
- sensible se trouve très exactement dans le plan sur lequel on a effectué la mise au point.
- *7; 3 7-
- L’objectif utilisé dans nos essais était un Planar Zeiss-Krauss de 130 m/)n de foyer. Nous avons pris comme mire, la réglette proposée par le commandant Houdaille et représentée par la figure 2 ; cette mire était placée en plein soleil à 6 mètres de distance de l’objectif.
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- Les choses étant ainsi disposées, nous avons entrepris les expériences suivantes :
- A. — INFLUENCE DU GRAIN DE LA PRÉPARATION SENSIBLE
- On sait que le bromure d’argent qui constitue la substance sensible des plaques photographiques, se présente sous forme de grains dont les dimensions varient avec la sensibilité de l’émulsion.
- En prenant toutes les précautions indiquées plus haut, l’objectif fonctionnant à pleine ouverture, c’est-à-dire à nous avons successivement exposé des plaques photographiques préparées sur glaces planes à l’aide d’émulsions de sensibilités très différentes, depuis l’extrême rapidité correspondant à des grains de sel haloïde d’argent de dimension maximum, jusqu’à la lenteur limite que réalisent les émulsions spéciales utilisées dans la photographie des couleurs par le procédé Lippmann.
- Dans ces dernières préparations, dont nous avons indiqué antérieurement la formule (1), aucun grain n’est visible au microscope quel que soit le grossissement.
- Nous avons alors constaté que la granulation de la couche sensible est la cause principale du manque de précision des images. Les particules de bromure
- d’argent diffusent la lumière qui les frappe, étalent les images et diminuent ainsi la netteté dans des limites d’autant plus étendues que les grains de la préparation sont plus gros.
- Pour donner une idée de l’importance considérable de la diffusion dans une couche grenue, nous avons reproduit dans la figure 3, l’image grossie linéairement 75 fois au microscope, d’un négatif représentant une réglette de la mire Hou-daille, négatif obtenu avec les précautions que nous avons indiquées.
- La figure 4 montre la même mire, photographiée dans les mêmes conditions, mais avec les plaques sans grain employées dans la méthode interférentielle.
- Le négatif supporte parfaitement dans ce dernier cas le grossissement de 75 diamètres et la netteté est incomparablement plus grande.
- B. — INFLUENCE DES FAIBLES ERREURS DANS LA MISE AU POINT
- Dans les appareils photographiques ordinaires la mise au point n’est réalisée que d’une façon approximative, l’emploi d’une simple loupe, d’un verre dépoli ou douci toujours trop grossier, la non coïncidence parfaite du verre dépoli et de la plaque sensible, le défaut de planité de cette dernière, sont des causes qui contribuent à diminuer la précision de la mise au point.
- Il était intéressant de déterminer les limites de la tolérance et de fixer lçs
- (l) Bulletin (le la Société Française (le Photographie, 1893, p, 249,
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- écarts que l’on peut se permettre lorsque l’on veut obtenir des images d’une netteté donnée.
- En opérant toujours dans les conditions que nous avons décrites avec le même objectif de 130 111 jm de foyer et des plaques sans grain, pour éliminer toute autre cause d’imprécision, nous avons fait une série de négatifs, d’abord avec la mise au point très précise, puis, en agissant sur la vis micrométrique qui commande l’objectif, nous écarte la plaque sensible du plan focal en deçà et au-delà de ce plan. Nous avons alors constaté que pour i/i de tour de la vis micrométrique les images photographiques examinées avec le grossissement de 75 diamètres, commencent à perdre de leur netteté ; cette vis ayant un pas de 0 m/m 5, la tolérance totale de i/a tour, correspond donc 0 m/m 25.
- Nous donnons cette condition de tolérance à titre d’exemple, il est évident qu’elle n’est pas absolue et qu’elle dépend d’autres causes multiples, des constantes de l’objectif, de la correction de ses aberrations, de l’ouverture, etc.
- Nous avons voulu montrer seulement que dans les appareils ordinaires, la mise au point ne peut être réalisée avec une précision suffisante puisqu’il suffit de s’écarter de 0 m/m 125 du plan focal, soit en avant, soit en arrière pour que la netteté ne soit plus acceptable, dans le cas d’un grossissement secondaire de 75 diamètres.
- C. — INFLUENCE DE L’ABERRATION CHROMATIQUE RÉSIDUELLE
- Nous avons supposé à priori, que la correction incomplète de l’aberration chromatique pouvait être incriminée, et fausser la mise au point précise. C’est en effet ce qui a lieu avec un certain nombre d’objectifs et il conviendra de tenir compte de cette imperfection lorsqu’on voudra atteindre une grande précision des images.
- Cependant cette cause d’erreur n’est pas générale, et pour l’objectif Planar qui a servi à nos expériences, la correction de l’aberration chromatique a été suffisante pour que cette condition puisse être complètement négligée.
- D. — INFLUENCE DU DIAPHRAGME, ABERRATION PAR DIFFRACTION
- On sait que le pouvoir séparateur des objectifs dépend du rapport de l’ouverture au foyer, aussi tient-on le plus grand compte en astronomie et en microscopie de cette considération. Lorsqu’il s’agit d’étudier les détails les plus délicats des astres dans la lunette astronomique ou des infini-ments petits dans le microscope, on cherche toujours à augmenter l’ouverture des objectifs.
- On dit généralement, en photographie, que l’on augmente la précision des épreuves en diaphragmant l’objectif, ce principe n’est pas complètement exact.
- Le diaphragme augmente bien en effet la netteté générale de l’image, en corrigeant certaines aberrations et surtout en augmentant la profondeur du foyer.
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- Mais si l’on considère seulement la région centrale de l’image et en admettant, en outre, que la condition des aberrations de l’objectif soit insuffisante, on peut constater en agrandissant fortement - cette image, que sa précision est d’autant plus considérable que l’ouverture de l’objectif est elle-même plus grande.
- Nous reproduisons dans les figures 5 et 6 deux épreuves obtenues, l’une à pleine ouverture (figure 5) et l’autre en diaphragmant à ^ (figure 6), grossissement 75 diamètres.
- On voit que l’emploi du diaphragme a diminué notablement la définition de l’épreuve photographique.
- CONCLUSIONS
- Il résulte de ces expériences que, lorsqu’on voudra obtenir sur une plaque photographique l’image extrêmement précise, d’un objet situé dans un plan perpendiculaire à l’axe optique de l’objectif et dans le voisinage de cet axe, image susceptible d’être grossie fortement, il faudra réaliser les conditions suivantes :
- 1° Faire usage de plaques photographiques sans grain, analogues à celles que l’on emploie dans la méthode interférentielle.
- 2° Recourir à un dispositif spécial analogue à celui que nous avons décrit et permettant une mise au point aussi parfaite que possible.
- 3° S’assurer de la valeur de l’objectif principalement au point de vue de la correction des aberrations et modifier s’il y a lieu la mise au point dans le cas où cet objectif aurait un foyer chimique.
- 4° Si les aberrations de l’objectif sont suffisamment bien corrigées, opérer avec l’ouverture maximum.
- 77.02. A. & L. LUMIÈRE & M. PERRIGOT.
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- LA TÉLÉPHOTOQRAPHIE
- d’Amateur -m -h •.«
- ES récentes recherches de nos opticiens, notamment celles de M. Jarret dont nous avons entretenu nos lecteurs, avec exemples à l’appui, recherches ayant pour objet de donner aux combinaisons optiques un maximum de luminosité permettant de recourir à des poses très courtes et même d’opérer instantanément, contribueront certainement pour une bonne part à propager chez les amateurs l’emploi du téléobjectif.
- Cet instrument devrait toujours faire partie du bagage de celui qui ne craint pas de se munir, dans ses excursions, d’un matériel photographique un peu complet.
- Mais combien d’amateurs partant pour un voyage circulaire d’une durée de quelques semaines, s’astreignent aujourd’hui à se charger d’une chambre noire 13 x 18, de son pied, d’une trousse d’objectifs et de ses quelques accessoires indispensables ?
- Devons-nous les blâmer, ces “ excursionnistes ” qui sont légion aujourd’hui, s’ils accordent volontiers la préférence à ces instruments de format si réduit, qui, ne les quittant jamais, leur permettent, au moment opportun, de fixer sur la plaque fragile ou la légère pellicule le souvenir d’un site pittoresque, celui d’un effet de lumière étrange et fugitif, d’un type local d’une évidente originalité.
- Certains de nos habiles constructeurs ne se sont-ils pas ingéniés depuis quelques années à rendre ces petits intruments aussi “ universels ” que possible ; bien souvent, ce sont de véritables chefs-d’œuvre de mécanique qu’ils mettent aujourd’hui à notre disposition et grâce auxquels nous pouvons dans le cours d’un voyage rapide, recueillir une ample moisson de souvenirs, qui prennent bien vite un réel caractère artistique pour peu que nous sachions à propos choisir notre point de vue et l’éclairement le plus favorable de nos sujets.
- Parmi ces appareils perfectionnés, les uns, par des transformations rapides et d’une simplicité enfantine nous permettent d’exécuter des vues simples, stéréoscopiques ou panoramiques.
- Avec les autres, munis d’objectifs présentant chacun un foyer notablement
- m
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- différent, nous nous trouvons à même d’opérer quel que soit le recul dont nous disposons, ou d’enregistrer sur la couche sensible l’image de notre sujet sous l’angle qui nous paraît le plus convenable.
- Or, le touriste cherchant avant tout un appareil de volume très réduit, il en résulte que les images qu’il obtient sont elles-mêmes fort petites.
- Si notre instrument est armé d’objectifs de premier ordre, nous rapporterons de nos excursions une série de véritables miniatures admirablement fouillées et d’une définition parfaite.
- Or, il arrive bien souvent que dans ces images se trouvent des régions qu’il serait fort intéressant de voir reproduites à une plus grande échelle : détails d’architecture d’un monument, ruine pittoresque se détachant 'dans le lointain, etc. ; n’ayant pu nous en approcher suffisamment, nous nous sommes trouvés dans l’obligation de nous contenter d’une vue d’ensemble.
- Certes, de retour dans nos pénates, nous disposons de cette précieuse ressource de pouvoir recourir à l’agrandissement des régions de nos négatifs correspondant à ces points qui nous intéressent particulièrement par leur valeur artistique ou leur aspect original ; mais quelle que soit la perfection de notre négatif et malgré tous les soins que nous apporterons à cette opération, jamais l’épreuve résultant de cet agrandissement, surtout si celui-ci est quelque peu notable (4 à 5 fois), ne pourra avoir la valeur de celle qui aurait été obtenue d’emblée d’après un négatif résultant de l’emploi d’une combinaison optique appropriée donnant cette image à l’échelle voulue.
- Et puis, combien d’amateurs disposent du matériel et du temps nécessaires pour se livrer à ces travaux, quand la période des vacances se trouvant close, ils se voient dans l’obligation de reprendre leurs occupations habituelles.
- Cet exposé nous montre encore une fois l’utilité incontestable de l’emploi du télé-objectif,
- Fig. i Massif du Mont=BIanc prise du Bel-Achat.
- Pkot. Bellieni. Objectif f = 110 mm.
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- et la nécessité d'appliquer cet instrument aux appareils de volume réduit qui sont aujourd’hui si en faveur auprès des touristes.
- Étant donné les conditions spéciales dans lesquelles elle est appelée à être utilisée, la combinaison optique constituant le télé-objectif devra être d’un emploi facile, se substituant rapidement à l’objectif ou à l’un des objectifs de l’appareil dont nous disposons ; posséder un maximum de luminosité en vue de restreindre la durée de la pose ; enfin l’instrument devra être de dimension aussi réduite que possible.
- Nous savons que la plupart de ces conditions sont réalisées, dans les téléobjectifs à élément “ négatif ”, c’est-à-dire dans lesquels l’objectif proprement dit se trouve être associé à un système amplificateur divergent.
- En vue d’éviter aux amateurs l’emploi d’un appareil absolument spécial et de réduire à son minimum le bagage du touriste, M. Bellieni a eu l’idée ingénieuse d’utiliser l’objectif ou l’un des objectifs de ses photo-jumelles (suivant que celle-ci est simple ou stéréoscopique), comme premier élément du télé-objectif, le second élément, constituant le système amplificateur, étant monté sur un tube d’aluminium.
- Si dans le cours de l’une de nos excursions nous nous trouvons par exemple en présence d’un monument dans lequel se trouvent certains détails de sculpture dont nous désirons conserver le souvenir par la photographie, sans bouger de l’endroit même où nous avons exécuté notre cliché d’ensemble, il nous suffit de dévisser l’objectif de notre jumelle, monter en son lieu et place le tube portant l’amplificateur, visser notre objectif à l’autre extrémité de ce tube et le télé-objectif est ainsi constitué.
- M. Bellieni applique à ses instruments, deux systèmes optiques amplificateurs : l’un grossissant 4 fois, l’autre 6 fois, l’image originale donnée directement par l’objectif.
- Dans le cas particulier qui nous occupe, cette amplification est largement suffisante, en ce sens qu’elle correspond sensiblement à la moyenne des grossissements donnés par les jumelles de campagne dont le touriste se sert à tout moment pour percevoir avec facilité les détails que sa vue ne lui permet pas d’apprécier directement ; elle ne saurait être enfin de beaucoup dépassée sans nuire à la rapidité de la combinaison optique, sous peine de restreindre dans des proportions par trop considérables l’angle du champ, ainsi que la surface nettement couverte de celui-ci. (1)
- Avec le système amplificateur grossissant 6 fois, l’image donnée par l’objectif Zeiss de 110 ni/m de foyer F : 8, nous disposons d’un champ nettement
- (i) Sur demande spéciale, M. Bellieni construit un amplificateur grossissant plus de 6 fois avec un champ de 6°, mais la couverture est moindre, et le temps de pose sensiblement augmenté.
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- Fig. 4.
- Phototype BeJlieni. Tété 4 fois.
- couvert correspondant à un angle de 6° ; c’est la combinaison adoptée par M. Bellieni pour ses jumelles stéréoscopiques.
- Pour ses jumelles 9 x 12 qui sont munies d’objectifs de 130 «'/m de foyer, il préfère recourir à un amplificateur possédant seulement un pouvoir grossissant égal à 4 fois ; dans ces conditions, la combinaison optique qui en résulte nous permet de disposer d’un champ dont l’angle est de 10° de plus, les images qu’elle donne sont d’une netteté absolument parfaite.
- Bien que dans ce dernier cas, nous ayons recours à un système amplificateur dont le pouvoir grossissant est inférieur au précédent ; en raison de ce fait que pour un même recul, l’objectif de 130 ni/m nous donnera directement d’un même objet une image plus grande que il en résultera que l’image produite par a avec l’amplificateur grossissant 4 fois,
- celle obtenue avec l’objectif de 110 “i/m la combinaison de l’objectif de 130 m/ sera très notablement plus grande que celle obtenue avec l’autre combinaison, tout en étant plus nette et plus étendue.
- Enfin, si nous le désirons, nous pouvons combiner le système amplifiant 6 fois à cet objectif de 130 »»/iu de foyer, dans le cas par exemple où il nous semblerait utile de reproduire à la plus grande échelle possible un motif de sculpture, ou un détail intéressant d’un paysage se trouvant situé à une distance un peu considérable.
- L’exemple ci-dessous montre d’une façon particulièrement frappante les résultats qu’il est possible d’obtenir en ayant recours à l’une ou à l’autre de ces deux combinaisons, ainsi que les avantages que nous pouvons en tirer au point de vue pratique.
- Dans l’image donnée directement par l’objectif, le texte de cette affiche est presque complètement illisible ; bien que la définition en soit
- F. 136 mm.
- Tété 4 fois
- Télé 6 fois
- Distance de l’affiche à l’appareil : 25 mètres,
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE N1'5 Série N° 8
- impression de * « «
- Porte du Musee Lorrain.
- Prieur $ Dubois $ Cie * Puteaux-sur-$eine «
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- parfaite, ce serait certainement folie que de prétendre pouvoir, en agrandissant directement 4 ou 6 fois le négatif, obtenir des images aussi complètes que résultant de la combinaison de ce même objectif avec chaque système amplificateur.
- Dans celle, en effet, résultant de l’emploi de l’amplificateur grossissant 4 fois, les caractères de dimension moyenne se lisent déjà avec facilité ; enfin sur l’épreuve obtenue avec la combinaison grossissant 6 fois, les caractères les plus fins peuvent être déchiffrés aisément à l’œil nu ou à l’aide d’une faible loupe (1).
- Les autres spécimens qui accompagnent le texte de cet article, et, au sujet desquels nos lecteurs trouveront les explications qui s’y rapportent sous la rubrique “ Nos Illustrations ”, sont également des exemples qui nous paraissent démontrer l’opportunité de l’emploi de la téléphotographie et la façon particulièrement heureuse avec laquelle M. Bellieni a su l’appliquer aux petits appareils à main.
- Nous avons vu que, de la combinaison d’un système amplificateur et d’un objectif il résulte que l’angle du champ de celui-ci se trouve être considérablement réduit. Or, étant donné que, par suite de la présence du système divergent, ce faisceau lumineux se trouve réparti sur une surface sensiblement égale à celle qu’illumine l’objectif lorsque celui-ci travaille seul, il en résulte que la luminosité de la combinaison se trouve être notablement réduite par rapport à celle de l’objectif lui-même, et, qu’à diaphragme égal, la durée de temps de pose devra être sensiblement augmentée.
- Pour fixer les idées, nous dirons que cette augmentation doit correspondre à 7 à 8 fois la durée de la pose normale, ce qui nous montre que : Etant donné l’extrême luminosité de l’objectif, il nous sera parfaitement possible, dans de bonnes conditions d’opérer instantanément. A l’ombre, pour des distances de 50 mètres par exemple, nous pourrons obtenir de bons négatifs avec 7-2 seconde de pose.
- Si nous jugeons utile de diaphragmer, nous saurons nous rappeler qu’à pleine ouverture, notre télé-objectif travaille à fjm, et que, sous peine de nuire à la netteté des images par suite de bandes de diffraction qui se produiraient sur les contours de celles-ci, nous ne devrons pas diaphragmer à plus de f/ls, ce qui, pour la combinaison, correspond à //100.
- Ces télé-objectifs ainsi constitués donnent des images nettes pour des sujets situés à une distance de l’appareil supérieure à 50 mètres ; pour les objets plus rapprochés, il devient nécessaire de faire varier la position de l’objectif par rapport à celle du système amplificateur. A cet effet, le tube d’aluminium sur lequel se monte l’objectif porte une fenêtre dans laquelle apparaît un repère ; au moyen d’une bague, nous pouvons le déplacer devant des divisions gravées sur le tube ; en amenant cet index devant le repère portant le signe oo, la combinaison est réglée pour l’infini ; les autres divisions correspondent aux différentes distances auxquelles l’opérateur peut être amené à opérer entre 50 mètres et 5 mètres ; cette distance étant quelquefois assez difficile à apprécier avec une précision suffisante il est alors utile, en vue d’assurer la parfaite netteté des images, de diaphragmer légèrement, quitte à poser un peu plus.
- Bien que l’emploi de ces combinaisons à faibles grossissements ne nécessite pas de précautions aussi grandes que celles que nous avons signalées lorsqu’il
- (i) Ce que nous disons s’applique à l’examen des épreuves obtenues directement d’après les négatifs ; la présence du point de simili est venue détruire en grande partie les portions les plus fines de ces images.
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- s’agit d’utiliser des instruments donnant des amplifications de 40 et 50 fois par exemple, il est cependant toujours nécessaire de disposer la jumelle munie de son télé-objectif sur un pied offrant une stabilité suffisante, et d’éviter pendant la pose des ébranlements résultant du vent ou de toute autre cause.
- Si nous désirons reproduire une région d’un paysage situé à une très grande distance de l’appareil, assurons nous toujours par un examen de ce point à la jumelle si l’atmosphère est suffisamment calme pour nous permettre d’en obtenir une image parfaitement nette ; en vue de corriger les effets résultant de la perspective aérienne, il sera, dans ce cas, souvent utile de recourir à l’emploi d’un écran jaune assez intense et d’une plaque sensible au jaune et au vert.
- Ajoutons enfin que les lentilles de notre objectif et celle constituant le système divergent devront être entretenues dans un parfait état de propreté,
- c’est une condition essentielle de réussite.
- Remarque qui présente son intérêt pour le touriste : l’angle de l’objectif se trouvant être considérablement réduit, c’est le faisceau lumineux passant par les portions voisines de l’axe de celui-ci qui se trouve utilisé par la lentille négative ; il en résulte que, si nous nous trouvons en présence d’un monument dans lequel un détail de sculpture qu’il s’agit de reproduire est situé à un niveau très notablement supérieur à celui de l’appareil, nous pouvons, si notre photo-jumelle est munie de son télé-objectif, l’incliner de façon à amener le point intéressant sur la plaque sensible ; dans ces conditions, l’image obtenue est évidemment déformée, mais ces déformations sont assez peu considérables pour que l’épreuve qui en résultera puisse constituer encore un excellent document artistique.
- La différence considérable existant entre le champ embrassé par un objectif employé seul, ou combiné à un système amplificateur, fait que dans ce dernier cas le viseur ordinaire qui se trouve monté sur les photo-jumelles ne saurait convenir, l’œil de l’observateur ne pouvant voir les objets avec tous leurs détails tels qu’ils apparaîtront lors du développement du négatif.
- Il devenait donc nécessaire pour les besoins de la téléphotographie, de créer un viseur spécial donnant une image agrandie dans des proportions sensiblement égales à celles résultant de l’emploi de la combinaison constituant le téléobjectif.
- Le problème était, du reste, facile à résoudre, il suffisait de substituer au viseur ordinaire une petite lunette de Galilée ; c’est ce qu’a réalisé M. Bellieni.
- Employé à la main, ce petit accessoire permet de chercher l’endroit le plus convenable et de voir si le sujet se présente dans des conditions satisfaisantes.
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- Fig. 6. Agrandissement 2 fois lj2.
- Fixé sur la jumelle au lieu et place du viseur ordinaire, il permet de centrer l’image avec la plus parfaite exactitude.
- La téléphotographie semble devoir entrer dans une voie nouvelle.
- En effet, en rendant si simple et si facile l’adaptation à une jumelle photographique d’un système divergent permettant de transformer rapidement l’objectif ordinaire en télé-objectif, M. Bellieni a su résoudre un problème des plus intéressants ; il l’a résolu enfin d’une façon trop heureuse pour que d’autres constructeurs ne soient pas tentés de suivre bientôt son exemple.
- Dès lors, le télé-objectif devenant en quelque sorte partie intégrante de l’appareil à main, si recherché par le touriste photographe, il est à présumer que, dans un avenir très prochain, la téléphotographie, considérée jusqu’ici par la grande masse des amateurs comme n’étant susceptible que de quelques applications un peu spéciales, deviendra pour eux une opération courante qui leur permettra d’augmenter dans une large mesure, et d’une façon fort intéressante, ces souvenirs de voyage auxquels, à juste titre, nous attachons tous tant de prix.
- 77.832
- E. BERTIN.
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- LATITUDE DANS LA DUREE D’EXPOSITION ET RAPIDITE DES PLAQUES
- BL est généralement admis, et nos recherches nous ont amenés à l’affirmer, que la durée d’insolation (temps de pose) est en photographie le facteur principal, il ne saurait en être de même pour le développement, bien que la production d’épreuves semblables, d’après une série de négatifs ayant reçu des insolations notablement différentes et soumis à des développements très différents, paraisse tout d’abord renverser la totalité de nos conclusions.
- Notre attention fut de temps en temps attirée sur des séries de négatifs ainsi obtenus et dans tous les cas qui furent portés à notre connaissance, nous n’avons jamais éprouvé la moindre difficulté pour classer ces négatifs dans l’ordre croissant de leurs durées d’exposition.
- Ce fut également avec la plus grande facilité que nous avons pu, à la suite d’un simple examen, classer dans le même ordre les phototypes positifs qui en résultaient.
- Si sur les négatifs l’on procède à des mesures en vue de déterminer la progression de leurs densités, le classement de ces clichés d’après la durée de l’exposition s’effectue très aisément et sans la moindre possibilité d’erreur.
- A titre d’exemple de mesures de ce genre, nous croyons utile de donner les résultats obtenus sur quatre phototypes qui nous furent envoyés par un amateur Irlandais.
- Le sujet était le même pour ces quatre plaques : Une prairie bordée d’arbres, à mi-distance, une maison grise dont l’un des côtés était éclairé par la lumière diffuse des nuages, l’autre directement par le soleil.
- Les mesures des densités furent effectuées : sur le ciel, les deux côtés de la maison, les ombres les plus transparentes des arbres et une tache dans l’herbe.
- En vue de bien assurer exactement l’étude des mêmes points dans les quatre négatifs, des caches à ouvertures circulaires furent appliquées sur chacun d’eux, de telle sorte que les cercles coïncidaient quand les sujets eux-mêmes coïncidaient.
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- Les quatre plaques avaient reçu des durées d’insolation respectives de 1, 10, 30 et 60 secondés, et les négatifs qui en résultaient fournissaient des épreuves de qualités si voisines, qu’il semblait bien qu’elles eussent complètement renversé nos conclusions.
- La table suivante donne le résultat des mesures.
- DENSITÉS
- EXPOSITIONS ls 10* 30* 60*
- Ombres les plus opaques dans les
- arbres 0.378 0.553 0.973 1.028
- Maison, côté à l’ombre 0.833 0.750 1.371 1.315
- Gazon 0.930 1.005 1.706 1.581
- Maison, côté au soleil 1.721 1.571 2.121 1.921
- Ciel 2.598 2.236 2.578 2.308
- Un coup d’œil sur les valeurs de ces densités, particulièrement sur celles indiquées aux extrêmes limites (ombres maxima et ciel) montre combien ces négatifs différaient d’allure, bien que le simple examen à l’œil de ces mêmes négatifs révélât d’une façon surprenante l’impossibilité d’apprécier ces différences par un simple examen de visu. 1
- Dans ces mêmes conditions, nous nous trouvons encore bien moins capables d’apprécier les différences entre les valeurs relatives de ces densités, que nous donnons dans la table suivante :
- VALEURS RELATIVES
- Ombres maxima 1 » 1 » 1 » 1 »
- Maison, côté de l’ombre 2.2 1.35 1.40 1.28
- Gazon 2.46 1.81 1.75 1.53
- Maison, côté au soleil 4.55 2.84 2.17 1.86
- Ciel 6.87 4.04 2.65 2.24
- Les différences relatives décroissent quand l’exposition augmente, ce qui est en parfait accord avec toutes nos expériences.
- A ce point de vue, ces négatifs sont très différents, et confirment notre énoncé : que les valeurs relatives des densités sont une fonction du temps de pose et non le résultat des modifications apportées au développement.
- Nous n’hésitons pas à proclamer à nouveau que de tels négatifs peuvent toujours être classés dans l’ordre de leur durée d’insolation par toute personne familiarisée avec ce genre d’examens.
- Au point de vue de leurs qualités en ce qui concerne le tirage, et, surtout en ce qui concerne la durée d’impression, ces négatifs diffèrent également d’une façon considérable.
- Il ressort de toute évidence que ces négatifs ne sauraient nullement démontrer cette grande latitude permise dans l’appréciation de la durée de la pose.
- En revanche, ils prouvent combien l’œil est incapable d’apprécier des diffé-
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- rences, même énormes, dans les valeurs numériques des densités, et par suite la latitude qui existe dans la qualité des épreuves qui, bien que très différentes, deviennent pour nous très acceptables.
- C’est dans ce défaut des facultés de perception de la grande majorité des yeux, que réside pour une bonne part la latitude dans la durée d’exposition.
- Plusieurs auteurs donnent, pour cette latitude d’insolation, des limites très différentes.
- Le professeur Burton estime qu’elle peut varier de 1 à 30, mais constate qu’avec certaines plaques, il a obtenu des résultats satisfaisants avec des insolations variant de 1 à 80.
- Nous avons constaté nous-mêmes que deux plaques, parmi celles utilisées dans nos expériences, auraient donné de bonnes images de sujets dans lesquels les contrastes variaient de 1 à 80, bien que les expositions aient varié de 1 à 2 ; ces plaques étaient ainsi capables de reproduire exactement des contrastes variant de 1 à 160.
- La latitude de l’exposition dépend :
- 1° Des propriétés de la plaque sensible ;
- 2° De l’échelle des contrastes du sujet reproduit ;
- 3° Du degré d’exactitude avec laquelle les valeurs relatives de ces contrastes doivent être conservées dans l’épreuve positive.
- Des propriétés de la plaque sensible. — Les qualités de la plaque sensible constituent la partie essentielle de cette question.
- Certaines plaques ne peuvent supporter le moindre écart de pose, et, quelquefois même, sont, en quelque sorte, incapables de rendre avec un certain degré de vérité les valeurs relatives d’une échelle de teintes quelle que soit d’ailleurs la durée d’insolation.
- D’autres plaques, au contraire, donnent un rendu très correct d’une échelle de teintes, même très étendue, avec des poses variant de 1 à 5 ou de 1 à 6, et, si l’exactitude rigoureuse de tous les tons intermédiaires n’est pas nécessaire, de telles plaques peuvent fournir des négatifs utilisables avec des expositions variant de 1 à 20 ou de 1 à 30.
- La meilleure manière de représenter les différentes qualités des plaques
- photographiques consiste à recourir au tracé graphique de la courbe que nous avons appelé la courbe caractéristique de chaque plaque.
- Le diagramme n° 1 représente deux courbes caractéristiques de plaques
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- bien connues que nous appellerons A et B ; il nous montre d’un coup d’œil la différence entre ces deux plaques.
- Tandis que la courbe correspondant à la plaque A est à peu près droite entre les expositions 0.625 b. m. s. (1) et 80 b. m. s., la plaque B fournit une courbe sur laquelle on ne trouve que difficilement une partie droite.
- Or, nous avons montré qu’une plaque ne peut représenter correctement les valeurs des contrastes du sujet que si, dans la région correspondante à ces valeurs, la courbe caractéristique est une droite.
- Par conséquent, plus la région rectiligne est étendue, plus est grande la latitude permise dans le temps de pose.
- Avec un haut degré d’exactitude, la plaque A représenterait les contrastes variant de 1 à 20 dans un sujet donné, bien que les durées d’exposition varient de 0.625 à 4, c’est-à-dire de 1 à 6.
- Si, sur plusieurs plaques, nOils faisions plusieurs expositions avec des temps de pose variant entre 1 et 6, ces plaques fourniraient des clichés d’aspect très différent) mais donnant cependant des épreuves identiques, quand bien même les négatifs auraient été développés en même temps dans un même bain, et pendant des temps égaux.
- Mais, bien que tous ces négatifs fournissent des épreuves identiques, le photographe professionnel les rejettera tous, sauf un qui, pour lui, constituera le seul cliché réellement bon.
- 7/ n’y a qu'une seule durée d’exposition qui fournisse une représentation exacte, avec la densité générale minima, nécessitant par suite le temps minimum pour l’impression des épreuves.
- D’autre part, la plaque B ne fournirait jamais la représentation correcte d’aucun sujet.
- De telles plaques ne pourraient se vendre, car on ne voudrait plus les employer si l’œil était capable de discerner sur les épreuves l’inexactitude de telles photographies, laquelle se trouve révélée par l’examen de la courbe caractéristique. L’aspect de cette courbe nous démontre également l’impossibilité de faire varier la durée de la pose, si ce n’est que dans de très étroites limites si l’on désire obtenir des clichés satisfaisants.
- De l’échelle des contrastes du sujet reproduit. — Après l’étude des propriétés de la plaque employée, il est de première importance de prendre en considération l’étendue de l’échelle des intensités lumineuses du sujet que l’on se propose de reproduire correctement.
- La plaque A est capable de représenter les intensités lumineuses variant de 1 à 70. Si les intensités lumineuses du sujet à reproduire embrassent des limites plus étendues, il ne sera possible d’en obtenir une reproduction qu’en sacrifiant l’exactitude.
- Dans le cas de la plaque B, les limites sont comprises au contraire entre 1 et 2.
- La question qui se pose est alors celle-ci : Quelle est l’étendue des gammes d’intensités lumineuses que l’on a à considérer dans la pratique photographique?
- Beaucoup de photographes professent sur ce sujet des idées notablement exagérées.
- (x) B, m. s. : abréviation de bougie mètre .seconde,
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- Nous ne connaissons pas exactement l’opinion du professeur Burton, mais il semblerait d’après ces remarques, que la faculté de modifier les rapports des densités par les variations du développement ne peut s’exercer que dans le cas de plaques ayant reçu des intensités lumineuses variant de 1 à 700 au moins.
- Or, il est assez facile de fixer entre quelles limites ont varié les intensités lumineuses aux divers points d’un sujet donné, et, ce qui suit, est le résumé de la méthode que nous avons suivie pour ce genre de recherches.
- Nous coupons en deux une plaque sensible ; sur l’un des fragments nous faisons une série de poses en ayant recours à une source lumineuse étalonnée, comme pour l’établissement de la courbe caractéristique : l’autre fragment de la même plaque est employé à photographier l’objet étudié, en donnant une exposition telle qu’on obtienne un bon négatif, sans que d’ailleurs il y ait lieu de déterminer avec précision quel doit être le temps de pose.
- Les deux moitiés de la plaque ainsi insolées sont développées simultanément, pendant le même temps, avec un même révélateur.
- Après achèvement, on mesure d’une part les densités extrêmes du phototype négatif du sujet étudié, ainsi que toutes densités intermédiaires que l’on juge intéressant de connaître, et, d'autre part, on mesure les densités produites par les luminations devant la source étalon.
- Il est évident que la plaque ainsi étalonnée par expositions connues à une source lumineuse constante, pourra, par comparaison, servir à mesurer quelles étaient les intensités lumineuses qui ont effectivement agi dans l’appareil photographique et provoqué ainsi les différentes densités du négatif à étudier.
- Pour de telles expériences il est donc avantageux de choisir des sujets où se présentent des plages uniformes d’une certaine étendue.
- Un écran pliant ordinaire (un paravent) sur chacune des deux feuilles duquel on aura collé une feuille de papier blanc et une feuille de papier aiguille mat, constitue un excellent sujet pour des expériences de cette nature.
- L’écran est placé de telle sorte que l’une des feuilles soit directement
- éclairée par le soleil, l’autre seulement par la lumière diffuse du ciel, celui-ci étant lui-même visible dans le champ de l’appareil.
- Ce sujet nous fournit dans ces conditions cinq intensités bien différentes : 1° Ciel ; 2° Blanc au soleil ; 3° Blanc à l’ombre ; 4° Noir au soleil ; 5° Noir à l’ombre.
- Le tableau suivant nous donne les résultats d’une telle expérience, tandis
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE N11' Série N" 8
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- Prieur a Dubois # £'
- « Puteaux-sur-$eine «
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- que nous voyons graphiquement sur le diagramme n° 2, la méthode de comparaison qui fixe ces intensités en bougies mètre seconde.
- Une plaque fut coupée en quatre fragments dont trois furent exposés consécutivement dans l’appareil photographique avec des poses de 8; 10e, 4 et 24 secondes, et la quatrième exposée à l’étalon, les luminations allant de 0.312 b. m. s. à 160 b. m. s.
- Les densités trouvées furent :
- DENSITÉS DES NÉGATIFS
- EXPOSITIONS 8/10 de sec. 4 sec. 24 sec.
- Ciel 0.940 1.695 2.260
- Blanc au soleil. 0.940 1.735 2.280
- Blanc à l’ombre 0.620 1.360 2.080
- Noir au soleil 0.120 0.530 1.290
- Noir à l’ombre 0.060 0.320 1.025
- Densités de la plaque graduée.
- EXPOSITIONS b. m. s. 0.312 0.625 1.25 2.5 5 10 20 40 80 160
- Densités . . . 0.150 0.275 0.440 0.700 1.040 1.360 1.665 1.935 2.160 2.295'
- On construisit la courbe représentative des densités obtenues par ces dix luminations, en prenant comme abcisses les logarithmes de l’exposition, et les densités comme ordonnées.
- Des parallèles correspondant aux densités des 3 négatifs furent menées, et par leurs intersections avec la caractéristique, les perpendiculaires furent élevées, indiquant les luminations équivalentes (en b. m. s.) à celles qui avaient produit les densités considérées.
- Dans le diagramme II, on a ainsi utilisé les densités du négatif exposé 4 secondes, et on voit que les luminations respectivement équivalentes sont en b. m. s.
- CIEL BLANC (soleil) BLANC (ombre) NOIR (soleil) NOIR (ombre)
- Négatif exposé 4 sec . . 20.80 22.50 10.20 1.62 0.77
- L’on voit ainsi que le rapport entre l’intensité lumineuse d’un papier noir mat à l’ombre et celle d’un papier blanc en plein soleil est de 0.77 : 22.5 soit 1 : 29.
- Des résultats analogues furent obtenus avec les 2 autres négatifs ; la table suivante indique les valeurs relatives, la plus forte lumière étant prise égale à 30.
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- INTENSITES lumineuses relatives du CALCU1 des 8/10e (les. 1ÉES AU négatifs ex] 4S MOYEN josés 24s MOYENNES
- Ciel 30 27.7 29 28.9
- i au soleil. . . . Blanc. 30 30 30 30
- ' a 1 ombre . . . 15 13.6 13 13.8
- i au soleil. . . . Noir . . . 1.83 2.1 1.78 1.90
- 1 a l’ombre . . . 1.16 1.02 1.01 1.06
- Cette expérience nous apprend qu’un objet en plein soleil est à peu près deux fois plus lumineux que le même objet à l’ombre, et que l’échelle totale des tons entre le noir mat à l’ombre et le ciel brillamment éclairé, est d’environ 1:30.
- Les expositions données dans l’appareil photographique ont donc varié de 1 à 30 comme l’indiquent les négatifs obtenus avec courte pose aussi bien que ceux à longue pose.
- SUR LE DEGRÉ D’EXACTITUDE DANS LE RENDU DES VALEURS RELATIVES DES INTENSITES LUMINEUSES
- Deux négatifs sont semblables au point de vue de leurs qualités d’impression quand les différences de densités sont les mêmes, quel que puisse être d’ailleurs le rapport de ces densités.
- Deux clichés peuvent avoir des densités relatives très différentes, et rester cependant également conformes à la vérité, fournissant des épreuves identiques, avec n’importe quel procédé de tirage pourvu, bien entendu, que le même soit employé dans les deux cas.
- Ainsi donc, tant que les intensités lumineuses d’un sujet donné se maintiendront dans les limites d’une certaine échelle d’intensités, et si le temps de pose est tel que les densités produites tombent sur la partie rectiligne de la courbe caractéristique, les différences de densité, pour un même sujet, seront indépendantes du temps de pose, et, de plus, seront égales.
- Supposons que la partie rectiligne de la caractéristique corresponde, pour une certaine plaque, à une échelle d’expositions allant de 1 à E, et que les intensités lumineuses extrêmes du sujet à représenter soient entre elles 1 et I, la durée de pose pourra varier sans inconvénient dans le rapport de 1 à -y-, et entre ces deux limites, n’importe quel temps de pose donnera des négatifs qui, après développement, dans un même révélateur, pendant le même temps, fourniront par la suite des photogrammes identiques.
- Prenons par exemple le cas de la plaque A.
- La portion rectiligne de la caractéristique peut être considérée comme s’étendant entre deux limites dont le rapport est 1 : 80. Si le sujet à photographier n’est éclairé que par la lumière diffuse, les intensités lumineuses allant du noir mat au blanc et même bien au delà, seront au maximum de 1 à 20.
- Des temps de pose variant dans le rapport de 1 à 4 fourniraient dès lors
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- des négatifs qui, développés dans des conditions identiques, seront eux-mêmes de qualités identiques au point de vue de l’impression, si l’on ne tient pas compte de l’inégale durée du temps du tirage des épreuves sous ces clichés.
- Si la vérité dans le rendu peut-être légèrement altérée, et que l’on considère comme suffisamment satisfaisante la portion de caractéristique comprise entre 0.312 et 160, soit un rapport de 1:512 pour les limites extrêmes, la latitude d’exposition pour le même sujet sera de 1 : soit 1 :25, et il n’y aura que très
- peu de différence entre les épreuves tirées de ces divers négatifs, surtout si l’on a tant soit peu prolongé le développement de ceux plus faiblement exposés.
- Dans la même hypothèse, mais avec un sujet éclairé de plein soleil, la latitude serait 1 : soit 1:17.
- 30
- L’expérience que nous avons décrite a été faite sur une plaque dont la portion rectiligne de la caractéristique s’étendait d’une exposition de 1 b. m. s. 5 à une de 50 b. m. s.
- Pour un paysage ensoleillé ordinaire, la latitude dans l’exposition eut par conséquent été petite, soit ^ - = 1.1, soit donc seulement 1/10 de sa valeur
- correcte en supposant que l’on eût désiré un rendu scrupuleusement exact.
- La plaque insolée pendant 4 secondes était la plus exactement posée des trois ; celle n’ayant reçu que -L de cette pose rend bien correctement la gradation des parties les plus claires, mais non celle des ombres ; celle ayant reçu un temps de pose 6 fois trop long rend correctement les ombres et demi-teintes jusqu’au blanc à l’ombre, mais non les lumières les plus vives.
- Le tableau suivant montre les différences respectives de densité entre les diverses régions pour chacune de ces plaques ; ces différences seraient identiques d’une plaque à l’autre, si les épreuves que l’on en peut tirer étaient identiques.
- 1 TEMPS DE POSE 0S 8 4S 24s 0* 8 Développement prolongé
- DENSITÉ LA PLUS FAIBLE 0.060 0.320 1.025 0.100
- cn Du noir à l’ombre au noir au soleil. H U i Du noir au soleil au blanc à l’ombre. 0.060 0.210 0.265 0.100
- 0.500 0.830 0.790 0.830
- W * Du blanc à l’ombre au blanc au soleil. -WJ h f DIFFERENCES EXTREMES Wh 0.320 0.375 0.200 0.530
- O Du noir à l’ombre au blanc au soleil. 0.880 1.415 1.225 1.460
- Il est bon de remarquer qu’au point de vue de la pratique courante, la plaque posée 24 s. au lieu de la pose correcte de 4 s. donne des différences de densités bien suffisamment exactes si ce n’est peut-être pour les plus vives lumières.
- Les épreuves que l’on peut tirer sont identiques, sauf pour les luminosités comprises entre le blanc à l’ombre et le blanc au soleil, cependant, la pose pour l’un des négatifs a été six fois plus considérable que pour l’autre.
- De même, la plaque sous-exposée traduit les lumières, ainsi que toutes les zones claires avec une égale vérité ; si cependant ce négatif avait été développé
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- plus longtemps que les deux autres, les gradations se seraient notablement améliorées, c’est ce qu’indique la dernière colonne de droite du tableau précédent.
- La différence existant entre les épreuves positives aurait été beaucoup moins considérable, les plus grandes devenant :
- 0 s. 8 4 s. 24 s.
- Noir à l’ombre et blanc à l’ombre 0.93Ô 1.040 1.055
- différences beaucoup trop voisines pour être distinguées à l’œil.
- Ces trois négatifs diffèrent cependant beaucoup par la durée du tirage des épreuves si, pour chacune d’elles l’on désire obtenir une égale profondeur dans les ombres.
- PLAQUES EXPOSÉES 0S 8 4S 24s
- Durée du tirage 1 5/3 6
- De ces expériences, il résulte clairement que la latitude dans le temps de pose n’est pas inhérente au mode de développement, mais à la plaque elle-même, ainsi qu’au peu d’étendue de l’échelle des luminosités que l’on a ordinairement à y enregistrer, toutes causes auxquelles vient s’ajouter l’incapacité de l’œil à juger le plus ou moins d’exactitude du rendu d’une échelle de teintes.
- F. HURTER ET V.-C. DRIEFFIELD.
- British Journal of Photograpby, 21 juillet 1893, p. 456.
- Traduit de l’anglais par L.-P. CLERC.
- PRIEUR ET DUBOIS & Cie, PUTEAUX
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- XVII
- NOUVEAUTES
- photographiques (I)
- ¥
- Mesure de la durée des éclairs magné-siques. — Pour mesurer la durée de combustion des éclairs magnésiques, M. A. Londe a imaginé un appareil, qu’il a fait construire par M. Jules Richard, et, qui donne la durée cherchée, en millièmes de secondes.
- Cet appareil consiste essentiellement en une boîte contenant une petite dynamo qui porte une plaque sensible et la fait tourner plus ou moins vite, devant une fente pratiquée sur l’un des côtés de la boite. Devant cette fente, un diapason électrique porte un écran, percé d’un trou, qui s’agite suivant les vibrations du diapason devant la fente de la boîte.
- La poudre éclair dont on veut mesurer la durée de combustion est placée devant le diapason et l’écran de celui-ci, à courte distance, et allumée électriquement après la mise en marche de la dynamo et l’excitation du diapason ; de telle sorte que la lumière produite est traduite sur la plaque sensible en mouvement, par une ligne sinusoïdale, dans laquelle les ondulations correspondant aux vibrations du diapason représentent les millièmes de seconde. Il suffit donc de compter combien il y a d’ondulations dans le sinusoïde pour savoir pendant combien de millièmes de seconde la poudre éclair à brûlé.
- M. A. Londe annonce une étude comparative des poudres éclair, faite avec cet appareil et déclare qu’il a déjà constaté des différences considérables entre les rapidités annoncées pour un grand nombre de poudres et leur durée d’ignition réelle. 77-144
- Pellicules positives et négatives. — La
- Société des produits photographiques M. J. lance de nouvelles pellicules sensibles sur papier qui peuvent, dit-elle, se détacher de leur support après développement et fixage. Elles ont l’avantage de ne renfermer ni collodion, ni celluloïd ; elles ne sont donc ni inflammables, ni altérables comme les autres pellicules ; elles se développent et sèchent sans s’enrouler, leur prix de revient est inférieur à celui des autres pellicules et même à celui des plaques, et, elles ne sont pas sujettes au halo tout en ayant plus de rapidité que les pellicules sur celluloïd.
- Si la Société dont il s’agit nous donne à l’essai de ces nouvelles pellicules, nous les expérimenterons volontiers et nous rendrons compte de ces essais. 77-153
- Photographie à la lampe à incandescence.
- — Une très intéressante expérience vient d’être faite à New-York, dit le Journal des Inventeurs, chez un des principaux photographes de cette ville, sur un
- nouveau moyen d’éclairage, permettant toutes reproductions à la lumière électrique, soit la nuit, soit lorsque, par un temps couvert, le jour est insuffisant.
- On sait qu’en général, soit qu’on opère avec la lumière du magnésium ou bien avec une lampe à arc, on se trouve toujours forcé de disposer l’éclairage de façon que, malgré tout, le sujet reçoit la lumière dans les yeux ce qui souvent lui fait faire la grimace, et est peu favorable à une parfaite ressemblance ; d’un autre côté, cette lumière est généralement trop blafarde avec le magnésium, ou trop heurtée avec la lampe à arc, même en employant des réflecteurs.
- La nouvelle méthode d’opérer, afin d’avoir une lumière parfaite est celle-ci : on dispose sur un appareil en forme de parapluie, et placé au dessus du sujet, une série de lampes à incandescence. Par exemple, 22 lampes, dont 21 sont de 120 bougies et la 22e au centre de 150 bougies, L’appareil est tendu de soie blanche, ce qui produit une radiation diffuse de la lumière. On ne se sert que de quelques-unes des lampes pour la mise au point, et, lorsque tout est prêt, on les allume toutes : le voltage employé doit être double de celui pour lequel les lampes sont réglées ; dans ces circonstances, les lampes donnent une lumière éclatante, qui produit une lumière très pure, très blanche et très douce, correspondant à l’effet de 5.000 bougies pour l’ensemble de l’appareil. Il a été pris ainsi des photographies avec des poses de deux ou trois secondes, tout à fait parfaites, donnant des détails plus que suffisants et un éclairage doux et diffus, ce qui est recherché dans les portraits photographiques. 77.144.7
- Appareil de projection l’Epidiascope. —
- Sous le nom d’Epidiascope, la maison Zeiss, lance un nouvel appareil de projection assez compliqué et très perfectionné qui permet aussi bien la projection des images opaques que celle des préparations transparentes. 77.821
- Photographie sous-marine. — M. Tessipoff, officier naval au service de la flotte baltique, a inventé un appareil à l’aide duquel on pourrait, dans un bateau sous-marin, prendre des photographies des couches sous-marines et explorer l’espace.
- L’invention n’a pas seulement un intérêt scientifique, elle peut servir aussi dans les manœuvres navales. 77-8 3
- Nouveau papier sensible. — Les Américains viennent de mettre, dans le commerce un papier au platine qui se développe à la vapeur d’eau. Après l’insolation, on place le papier, l’image vers le bas, au dessus d’une cuvette contenant de l’eau chaude. En une ou deux minutes, le développement est achevé. Après quoi, on plonge le papier pendant quelques secondes dans cette eau chaude et l’on fixe par les procédés ordinaires, f Photography).
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- XVIII
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- XIX
- FORMULES, RECETTES
- et TOURS de MAIN
- A propos de l’affaiblissement au persulfate d’ammonium
- A la suite de l’étude que nous avons publiée dans le numéro de septembre de La Photographie Française et où nous critiquions quelques conclusions d’une récente communication de MM- Lumière et Seyewetz, M. Seye-vvetz a bien voulu nous écrire une lettre dont nous extrayons ce qui suit:
- L.-P. C.
- « Le chlorure d’argent qui se produit, comme vous l’indiquez, par l’emploi de l’eau ordinaire pour la dissolution du persulfate d’ammoniaque ne se forme qu’en faible quantité ; il ne prend naissance que dans le liquide qui baigne l’image et non sur celle-ci, de sorte que si un très faible dépôt d’argent peut se former, il est très superficiel et un simple lavage à l’eau peut suffire à l’éliminer mécaniquement. Enfin, en admettant que l’élimination ne se produise pas dans ces conditions, le bisulfite de soude commercial dissolvant le chrorure d’argent à raison de 0.5 °/0, c’est-à-dire deux fois moins seulement que le sulfite de soude anhydre en solution à 10 °/0, cette solubilité est encore suffisamment grande pour dissoudre les traces de chlorure d’argent formé. » 77.023.6
- **
- Retouched’épreuves sur papier à la ceüoidine
- Impossible de retoucher avec des couleurs à l’eau des épreuves sur papier brillant sans lui avoir fait subir une préparation préalable. Etendez sur l’image quelques gouttes d’essence de térébenthine et faites-en évaporer l’excès à une douce chaleur.
- Pour que votre couleur en séchant ne devienne pas terne, mais conserve son brillant, mélangez-y quelques gouttes d’une solution de gomme arabique ou d’albumine.
- Pour préparer la solution d’albumine, verser un blanc d’œuf dans un flacon de 100 cm3 de capacité, ajouter 1 à 2 cm3 d’ammoniaque liquide, remplir d’eau le flacon et agiter. 77.024.1
- Cartes postales et papiers
- à lettres sensibilisés
- Faire dissoudre de l’amidon dans de l’eau et faire chauffer de manière à obtenir une colle très légère. Ajouter du carmin en poudre et remuer vivement le liquide, afin d’obtenir un mélange parfait, que l’on passe à travers une mousseline.
- Ce mélange est étendu à l’aide d’un blaireau sur la carte que l’on veut sensibiliser. Une fois sec, on pose ensuite légèrement ce papier pendant cinq minutes sur la solution suivante, de manière à ne pas en mouiller le verso.
- 30 grammes de bichromate de potasse dans 520 centimètres cubes d’eau.
- Après avoir fait sécher le papier dans l’obscurité, on le met dans un châssis-presse sous négatif et on l’expose au grand jour pendant cinq à six minutes ou une heure à l’ombre.
- On lave ensuite à grande eau comme pour le papier au ferro-prussiate. 77.319
- »»
- Révélateur au glycin et à l’hydroquinone.
- The American Amatem Pholograph recommande, comme de tout premier ordre et de conservation facile, le révélateur suivant :
- A. Glycin...............12 gr.
- Hydroquinone.......... 4 —
- Carbonate de potasse ... 12 —
- Sulfite de soude......45 —
- Eau chaude............300 cmc.
- B. Carbonate de potasse ... 30 gr.
- Eau...................300 cmc.
- Mélanger 1 partie de la solution A avec 2 parties de la solution B. Il n’est pas nécessaire d’ajouter du bromure de potassium : le négatif reste clair sans cela.
- Le révélateur peut resservir sans qu’il y ait rien à redouter pour les clichés. 77-154
- ê* j*
- Procédé pratique d’agrandissement.
- On peut, sans y trouver de réponse immédiate, se poser cette question : qu’advient-il des innombrables plaques et des non moins innombrables pellicules que, chaque jour, fournissent les détectives et les appareils instantanés ? Ce qu’il faut dire, c’est qu’il y a peu d’amateurs qui se contentent des images timbres-poste ou des clichés à petits formats que fournissent ces chambres noires lilliputiennes, surtout quand l’objet photographié est une œuvre d’art et quand il présente quelque intérêt.
- Les agrandissements au bromure d’argent, qui commencent à se répandre, ne donnent, dans la plupart des cas, qu’une misérable traduction des négatifs les plus réussis. Les moindres difficultés qu’on y rencontre sont le vilain ton de l’image, et les mille dangers d’un développement exagéré ou insuffisant, etc.
- Si, au lieu de s’attaquer d’emblée à l’agrandissement sur papier au bromure d’argent, on commençait par agrandir le négatif, il y aurait des chances pour qu’on obtint avec plus de facilité des épreuves supérieures.
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- XX
- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- XXI
- Ajoutez qu’on peut aisément retoucher un négatif agrandi, qu’on peut masquer les parties sans intérêt, renforcer certaines autres, et dans bien des cas, obtenir un cliché bien meilleur que l’original ne permettait de l’espérer.
- Premier point : faire un positif sur verre, et, bien entendu, le faire à la grandeur où l’on désire l’image, et par contact, tirer de ce positif un négatif. On a ainsi, comme sur papier au bromure d’argent, toutes les oppositions, tous les contrastes, toutes les valeurs que peut donner le négatif original et on évite l’agrandissement des défauts qu’on n’aurait pas manqué d’avoir en agrandissant sur petit positif.
- Rien de facile à retoucher comme un diapositif dans ces conditions. On voit très exactement ce que l’on a à faire et ce que l’on fait, puisque les lumières et les ombres sont conformes aux lumières et aux ombres de la nature, à l’encontre du négatif qui les donne retournées et inversées.
- Une partie de la retouche peut être faite au dos de la plaque : le vernis mat, un grattoir, un crayon, une estompe et de la sanguine y suffisent.
- Le grand positif peut faire une belle décoration de fenêtre ; on en peut obtenir de remarquables réductions.
- Le temps de pose du positif doit être suffisant, de façon qu’on obtienne le plus de détails possible dans les lumières. Eviter surtout les parties transparentes dans le cliché. Préparer le révélateur de telle sorte qu’on obtienne un négatif brillant. Le négatif primitif était-il faible ? pousser un peu au développement le positif, et, s’il en est besoin, le second négatif. Ces améliorations successives et répétées finissent par donner un cliché parfait, très harmonieux, tandis qu’un agrandissement direct sur papier au bromure n’eût donné en pareil cas qu’une épreuve faible, grise, heurtée, crayeuse.
- Cette méthode qui consiste à faire un agrandissement positif sur verre d’après un petit négatif, et à obtenir, par contact, de ce positif agrandi un négatif de même format dont on peut tirer toutes les épreuves qu’on désire, donne dans la pratique de très beaux résultats.
- Les planches du Jardin zoologique de Londres, éditées par Dixon and Son, ont été obtenues de cette manière, et elles sont remarquables.
- (British Journal of Phot.)
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- XXIII
- Photoxylographie
- Par le mélange des trois solutions ci-après, on obtient une poudre sensible à la lumière, que l’on peut frotter contre un bloc de bois et imprimer de
- la façon habituelle.
- 1 Résine........................ 15 gr.
- Alcool........................ 100 c. c.
- Erythrosine.................... 1 gr.
- 2 Bichromate d’ammoniaque . . 10 c. c.
- Ammoniaque................... 100 gr.
- 3 Nitrate d’argent............... 1 gr.
- Ammoniaque.................... 20 c. c,
- Mélanger 50 c. c. du n° 1 avec 10 c. c. du n° 2, et de 6 à 10 c. c. du n° 3 ; filtrer et sécher la poudre ainsi obtenue ; 011 peut en frotter aussitôt le bloc de bois enduit préalablement de vernis au celluloïd. (Bristish Journal of Phot.)
- 7749
- » »
- L’emploi de l’aluminium pour la gravure.
- On a souvent parlé de l’emploi de l’aluminium dans la gravure. La difficulté a toujours été de trouver un « mordant » approprié à ce métal.
- De nombreuses formules ont déjà été proposées qui, jusqu'à présent, n’ont pas donné de résultats appréciables.
- En voici une nouvelle que l’on donne comme excellente et que les curieux pourront expérimenter :
- Acide chlorydrique.......................31 gr. 103
- Acide nitrique...........................31 — 103
- Sel (solution à saturation)..............62 — 206
- Gomme arabique (solution épaisse). 62 — 206
- Acide sulfurique....................... 31 — 103
- Immerger la plaque pendant trois minutes, laver, sécher, encrer et la replonger dans un second bain :
- Perchlorure de fer (350 Beaumé) . . 310 gr. » Gomme arabique (solution épaisse) . 31 — 103
- 77.69
- Photographie en similigravure par voie télégraphique.
- Bien des essais ont déjà été faits pour transmettre des illustrations télégraphiquement ; et jusqu’ici les inventeurs n’avaient guère réussi. Cependant, nous dit le Procédé, un appareil, récemment construit par MM. H. R. Palmer et T. Mills, a permis d’obtenir des résultats satisfaisants.
- Le succès tient à l’application d’un cliché simili sur le cylindre de transmission de la machine.
- Au moment du départ du président Mac-Kinley pour son voyage présidentiel dans les Etats-Unis, on a, au moyen de cet appareil, télégraphié, pendant le service de nuit, le portrait du président Mac-Kinley; il fut expédié des bureaux de Washington aux bureaux du journal la Tribune, de New-York, et cette photographie fut imprimée dans le journal la nuit même.
- Le cliché simili qui a servi à la transmission télégraphique a été produit avec une trame quadrillée ayant approximativement une ligne au millimètre. Le cliché, gravé sur du zinc tel qu’on l’emploie ordinairement pour la photogravure, a été, après la morsure, chauffé et garni de cire à cacheter qui, en fondant, est venue emplir tous les creux de la morsure ; après quoi la surface de la planche a été repolie jusqu’à ce que les parties cire et les parties métal offrent une surface lisse et bien franchement découverte.
- Le cliché a été ensuite appliqué autour du cylindre de la machine du bureau de Washington, reliée à une machine similaire fonctionnant dans les bureaux du journal la Tribune, à New-York.
- La valeur de la simili pour un tel appareil est celle-ci : qu’un portrait ou tous autres sujets peuvent être reproduits tout en conservant la ressemblance parfaite de l’original.
- Pour transmettre le sujet, le cylindre portant la simili tourne et une aiguille passe sur la plaque, décrivant un mouvement en spirale ouvrant ou fermant le circuit électrique, suivant que, par son passage, elle se trouve sur le point simili zinc, qui est
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- un conducteur, ou sur la partie cire qui est un isolateur.
- L’appareil de réception est en tous points conforme à l’appareil de transmission, sauf que, pour le cylindre de réception, le cliché simili est remplacé par une feuille de papier et qu’une plume fontaine remplace l’aiguille du cylindre de transmission. (Le Procédé.)
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- Papier filtre.
- Pour filtrer les bains d’argent et toutes les autres solutions en usage dans la pratique photographique, il est préférable d’employer des filtres ayant déjà servi.
- Quand on vient de les utiliser, les passer à l’eau chaude et ils sont prêts à un nouvel usage. On conserve au papier sa consistance en l’acidifiant légèrement dans une solution concentrée d’acide nitrique du poids spécifique de 1,423. Le papier filtre reste quelques instants dans ce bain ; puis, il est passé à l’eau froide et séché.
- (Deutsche Phot. Zeit.)
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- Bromure d’ammonium . . 15 gr.
- Ammoniaque (0.88) ... 5 cm3.
- Mélangez :
- Solution A.................20 cm3.
- Solution B.................20 —
- Eau........................40 —
- Le développement met un certain temps à commencer, puis il marche ensuite régulièrement. Ce révélateur reste limpide et peut resservir. Si Ton veut « corser » les effets et obtenir des tons plus chauds, augmenter la proportion de la solution B.
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- Nouveau faiblisseur de E. Schlemmer.
- Une solution légère de bichromate d’ammoniaque (de couleur jaune pâle) additionnée de quelques gouttes d’acide sulfurique, constitue un bon faiblisseur pour négatifs.
- Un voile accentué disparaît en quelques secondes.
- Si la solution agit trop lentement, ajouter quel-
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- XXVI LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- XXVII
- ques gouttes d’acide sulfurique ou un peu de bichromate.
- Le résultat est d’autant meilleur que l’action est plus rapide.
- Il semble que l’action de ce faiblisseur s’explique par la présence de traces de chlorure de sodium dans l’eau qui sert à faire la solution et qui convertit en chlorure d’argent une partie de l’argent de l’image.
- Il est possible que la substitution de l’acide chlo-rydrique à l’acide sulfurique donnerait de meilleurs résultats. En tout cas on recommande, de faire passer le négatif, après faiblissement, dans un bain fixateur. (Phot. Rundschau.)
- 77.023.6
- Cartouches de magnésium pour une pose de quelque durée
- Dans un tube cylindrique en celluloïd, introduire le mélange suivant qui brûle doucement, sans danger d’explosion, pendant 10 à 20 secondes
- Aluminium en poudre.........12 parties
- Magnésium en poudre......... 13.5 ” ”
- Phosphore rouge . . . • . . . 1.5 ” ” Azotate de potasse en poudre . . 73 ” ”
- Allumer.
- (Phot. Rundschau.)
- 77.144.8
- Pour rendre à l’alcool son degré primitif.
- L’alcool employé dans le traitement des négatifs et des épreuves pour en accélérer le séchage devient bientôt inutilisable à cause de la quantité d’eau qu’il leur emprunte.
- Pour lui rendre son degré primitif, introduire dans la bouteille une petite quantité de carbonate de potasse qui absorbe rapidement l’eau, et se dépose en fins granules au fond du vase.
- Il est facile de décanter. (Photography.)
- Images métalliques par saupoudrage
- On peut produire des images or ou bronze sur fond noir ou de couleur, analogues aux Jaques décorées du Japon, et d’un effet très décoratif, par le procédé suivant. Les artistes Japonais utilisent à cet effet des planchettes de bois dur laqué que l’on ne se procurerait que difficilement en nos régions ; on utilise donc, soit une plaque de verre qui sera ultérieurement recouverte au dos d’un vernis approprié, soit des tôles destinées à la ferrotypie, soit de tout autre support convenable ; après un nettoyage soigné, polissage au talc et lavage à l’alcool, on couvre du mélange sensibilisateur. Pour préparer celui-ci, dissoudre dans 180 cc. d’eau 10 grammes
- de sucre blanc et 10 grammes de dextrine ; ajouter 3 grammes de bichromate de potassium que l’on a fait dissoudre à chaud dans 30 cc. d’eau ; ajouter enfin de 10 à 30 gouttes de glycérine, suivant que l’atmosphère est humide ou sèche. Après que l’on a étalé ce liquide uniformément à la surface de la plaque, on sèche rapidement en portant sur une brique ou une bouillotte chauffée à 6o° ; la sensibilisation peut à la rigueur s’effectuer en pleine lumière, mais pour le séchage, on ne doit s’éclairer que de la lumière d’une bougie ; avant que la plaque ne soit refroidie, on met en châssis et l’on expose à la lumière sous négatif ; l’insolation dure de 90 secondes au soleil, à 8 ou 10 minutes à l’ombre ; rentrant dans le laboratoire faiblement éclairé, comme pour le séchage, on promène en tous sens sur l’image un pinceau doux chargé d’une poudre métallique très fine (bronzes en poudre pour dorures poudre d’aluminium), avec une durée correcte d’exposition à la lumière, l’image apparaît en dix minutes environ ; si l’image apparaît instantanément et se couvre d’un voile, l’insolation a été trop courte ou l’on a trop ajouté de glycérine au sensibilisateur ; si l’image n’apparaît que très faiblement, et seulement à la longue, l’insolation a été trop prolongée. Dès que l’on estime l’image à point, épousseter rapidement l’excès de la poudre, et fixer en portant quelques instants en pleine lumière. On peut, soit vernir immédiatement avec un vernis blanc, soit collodionner et laver ensuite l’image pour en éliminer les sels solubles. Si l’on a ainsi procédé sur verre blanc, on doit étendre au dos un vernis de couleur foncée, par exemple un vernis au bitume. La finesse de la poudre métallique joue un grand rôle ; une poudre à trop gros grain donne une image dure, sans détails ; les images les mieux modelées s’obtiennent avec les poudres les plus fines.
- Ce mode d’impression repose comme on le sait, sur la propriété des bichromates, de faire perdre aux diverses substances colloïdes, ainsi qu’aux gommes dextrines et sucres, leurs propriétés agglutinantes ; après séjour de quelques instants à l’air, au sortir du châssis-presse, l’humidité atmosphérique ne rend gluantes que celles des régions de la plaque protégée de l’action de la lumière par un noir du négatif ; ces régions retiendront donc seules les particules métalliques qui formeront ainsi une image positive en or ou blanc sur fond sombre.
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
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- 307162. — 16 janvier 1901. Laroche. Appareil perfectionné pour la prise et la projection des vues animées.
- 307760. — 18 janvier 1901. Pautasso. Appareil photographique à filins.
- 30741 x. — 24 janvier 1901. Palmer. Perfectionnements aux appareils cinématographiques.
- 307442. — 24 janvier 1901. Société L. Gaumont et Cie. Appareil pour la photographie trichrome.
- 307449. — 25 janvier 1901. Adler. Chambre photographique avec changements de plaques s’opérant à l’intérieur du soufflet.
- 307948..— 26 janvier 1901. Joux et Auguix. Obturateur à rideaux dit « Focal-plane ».
- 307526. — 26 janvier 1901. Société L. Gaumont et Cie. Système de rideau flexible d’une seule pièce pour châssis photographiques.
- 307589. — 9 janvier 1901. Le Moussu. Nouveau procédé de photographie inaltérable et industrielle.
- (i) Communication de MM. Marillier et Robelet. Office international pour l’obtention des brevets d’invention en France et à l’Etranger, 42, boulevard Bonne-Nouvelle, Paris.
- 307697. — 31 janvier 1901. Blaxchet. Canne pouvant servir de pied pour appareils photographiques, pupitres à musique, instruments d’optique, de géodésie ou autres appareils.
- 307886. — 6 février 1901. Dremont. Le détective Minimus, appareil photographique à magasin télescopique.
- 307948. — 7 février 1901. Meek. Perfectionnements dans un appareil pour développer les pellicules photographiques.
- 307956. — 8 février 1901. — Merle. — Appareil photographique automatique et à main pour l’obtention et la projection des clichés cinématographiques et autres.
- 308035. — 11 février 1901. Société Prieur et Dubois. Procédé et châssis perfectionnés pour l’obtention, dans les chambres à magasin, de clichés pour la photographie indirecte dite des trois couleurs.
- 308053. — 12 février 1901. Bay. Appareil optique pour l’observation des photographies et autres images dit Magnoscope.
- 308174. — 16 février 1901. Gerlach. Appareil à copier ou à reproduire.
- 308208. — 18 février 1901. Binkowski. Projecteur de lumière artificielle pour la photographie, à allumage électrique.
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- XXXII
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- 308396. — 23 février 1901. Gauthier. Obturateur d’appareil photographique permettant d’opérer instantanément ou avec temps de pose.
- 308400. — 23 février 1901. Echassoux et Ducom. Dispositif d’escamotage pour appareils photographiques.
- 308406. — 23 février 1901. Von Langlois. Perfectionnements aux chambres photographiques.
- 308426. — 25 février 1901. Halden. Nouveau dispositif propre à fixer les tabliers en toile ou matière analogue employés dans certaines classes d’appareils phototypiques.
- 308456. — 25 février 1901. Société Thill et Kull. Nouveau dispositif de support d’appareils photographiques optiques ou autres dans l’embrasure d’une fenêtre.
- 308517. — 27 février 1901. Courrier. Le « Modern-photo » pour tous appareils démontables et portatifs pour la photographie à la lumière artificielle.
- 308684. — 4 mars 1901. Cornu. Système perfectionné d’appareil photographique.
- 308848. — 9 mars 1901. Becker. Système de viseurs pour la mise en plaque et la mise au point.
- 308853. —9 mars 1901. Auguin et Joux. Obturateur à rideau.
- 308900. — 12 mars 1901. Van Hooorn. Ustensile perfectionné pour le lavage des épreuves photographiques.
- 308992. — 15 mars 1901. Société Actien Gesell-schaft fur Anilin fabrikation. Procédé de production de révélateurs photographiques stables à l’état solide.
- 308997. — 15 mars 1901. Société Demaria frères. Dispositif perfectionné d’appareil photographique.
- 309186. — 20 mars 1901. Société Derepas frères. Nouveau papier photographique adhésif à sec.
- 309223, — 21 mars 1901. Thierry. Perfectionnements aux magasins à plaques pour appareils photographiques.
- 309245. — 19 mars 1901. MM. Lumière. Mode d’emmagasinage des plaques photographiques.
- 309286. — 22 mars 1901. Papigny. Perfectionnements aux châssis-presse photographiques.
- 309310. — 23 mars 1901. Tourte. Procédé de l’émaillage des papiers photographiques à base de gélatine et au citrate d’argent.
- 309311. — 23 mars 1901. Hatton. Perfectionnements aux appareils pour prendre et projeter des
- vues animées.
- 309353. — 25 mars 1901. Bagrachow. Appareil pour la prise et la projection des vues animées.
- 309425. — 27 mars 1901. Dugardin. Appareil avec dispositif pour écrans indépendants pour la photographie des trois couleurs.
- 309490. — 29 mars 1901. Becker. Système mécanique de manœuvre à distance des organes de
- déclanchement et autres, particulièrement applicable pour provoquer le déclanchement des obturateurs photographiques.
- 309532. — 30 mars 1901. Debrenne. Système d'appareil automatique pour le balancement des cuvettes photographiques.
- 309695. — 2 avril 1901. Morin. Perfectionnements dans l’obtention des clichés photographiques. 309758. — 6 avril 1901. Turillon. Nouvel obturateur photographique à temps d’exposition variable pour une vitesse initiale déterminée et elle-même réglable, des lames ou volets d’obturation. 309823. — 10 avril 1901. Lize. Appareil dit le « Pulsor » destiné à remplacer les poires en caoutchouc.
- 309882. — 12 avril 1901. Thiery. Nouveau procédé pour l’emballage des plaques photographiques.
- 309914. — 13 avril 1901. Rosenberg. Perfectionnements apportés aux cinématographes.
- 310028. — 16 avril 1901. Underwood. Perfectionnements dans les stéréoscopes.
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