La photographie française
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- Î5e ANNÉE - NOUVELLE SÉRIE,
- Nc 22 — JANVIER J903.
- la Photographie
- ^ I Française
- REDACTION
- J 56, Avenue de Suffren (XVe)
- TÉLÉPHONE 709-84
- ADMINISTRATION Ï3, Rue Delarivière-Lefoullon PUTEAUX-SUR-SEINE
- DEPOT GENERAL POUR PARIS Vente au N° et Réassortiments LIBRAIRIE C. REINWALD SCHLEICHER FRERES, Editeurs
- 15, Rue des Saints-Pères.
- Le Numéro : 1 fr. SO.
- &
- REVUE MENSUELLE ILLUSTREE EN NOIR
- ET EN COULEURS
- Directeurs :
- Louis GAST1NE
- F. MONPILLARD
- * *
- Secrétaire de la Rédaction :
- L.-P. CLERC
- Sommaire au ‘verso.
- PRIEUR & DUBOIS & Oe Imprimeurs»Editeurs 26, Rue de la République, PUTEAUX-S-SEINE
- DÉPOSÉ
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- N° 22 (Nouvelle sérié). JANVIER 1903.
- SOMJVTAIHH
- F. Monpillard. — La Photographie dans les pays chauds et humides.......... i
- Paul Rouché. — L’Héliogravure..................................................... 12
- Louis Bordât, — Voir et savoir voir............................................... 17
- F. Hürter et C. Drieffield. — Action de la lumière sur les couches sensibles (Traduction L.-P. Clerc).............................................................................
- ILLUSTRATIONS
- Prieur et Dubois et Cie. — Portrait ( Reproduction photographique en trois couleurs
- d’après nature (Clichés et impression de Prieur et Dubois et Cie, de Puteaux). Hors-texte
- Docteur Lamy et Commandant Plé. — La Photographie dans les pays chauds et
- humides (Suite d’illustrations) . ............................................ 1-9
- Docteur Lamy. — Tam-tam à Cana (Reproduction photographique de Prieur et Dubois
- et Cie, Puteaux)............................................................... Hors-Texte
- Docteur Binot. — Une case à la Réunion ................................................ 7
- — Sur la route d’Hellebourg....................................... . 13
- — Eclipse du 18 mai 1901. — Les préparatifs..................... 18
- — La mare à la Poule d’eau............................................ 19
- — Le Bernica, près Saint-Paul.......................................... 20
- — Allées des Soupirs au Brûlé-Saint-Denis . . . . . .... . ... 21
- — Les trois Cascades, près d’Hellebourg ................................. 26
- Docteur Wolhtmann. — La troupe de police à la métairie de Misahohe (Togo allemand) . 10
- E. Crevaux. — Chemin perdu............................................ 15
- — A Gambaisenil ...................................................... 22
- — Bois d’Arey et les Javelles (Reproduction photographique de Prieur et
- Dubois et Cie, Puteaux)........................................................ Hors-texte
- Suran, — Black , ................................................................... 23
- H. Collesolles. — En Canot........................................... 29
- VARIA Jt jh
- Conditions d’abonnement............................................................. 1
- Nos Illustrations ....................................................................... 1
- Echos. . . ............................................................................ 3
- Nouveautés............................................................................... ç
- Nécrologie........................................................................ . 13
- Formules, Recettes et procédés.......................................................... 13
- Bibliographie..................................................................... . 15
- Brevets d’invention................................................................... 16
- Revue photographique des brevets et publications périodiques........................ I-VIII
- Pour paraître dans les prochains numéros:
- Commandant Javary, — La Métrophotographie (Méthode et applications),
- Jules Simonet. — Ce qu’on ne photographie pas.
- Paul Rouché. — La Photogravure (Le procédé).
- Ce Numéro de la Revue est imprimé :
- Avec les caractères de titres de la Fonderie Peignot.
- Sur le papier « Perfection » de la Maison I. Breton.
- Avec les Ornements et Vignettes des Fonderies Peignot et Caslon. — Déposés.
- La couverture sur le papier Simili-Japon de la Maison E. Dujardin.
- “ LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE ” n’autorise la reproduction de ses articles qu’à la condition expresse de les signer du nom de leurs auteurs et d’indiquer qu’ils ont été extraits de “ La Photographie Française ”,
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- Taravier 1903.
- REVUE PHOTOGRAPHIQUE
- DES BREVETS ET PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- BREVETS D’INVENTION FRANÇ
- 77.21.023.7
- Bains fixateurs (C. A. au B. F. 316.504 ; 22 mars IQ02 ; 25 novembre Sté proc. F. Bayer
- « Perfectionnement dans le développement photographique. »
- Les produits de combinaisons des cétones et des bisulfites alcalins, revendiques dans le brevet principal comme succédanés des sulfites alcalins dans les bains révélateurs, peuvent être avantageusement substitués aux bisulfites alcalins dans la préparation de bains fixateurs à réaction faiblement acide.
- 77.138.1
- Voile de mise au point (B. F. 318.337 ; 3 février 1902; 14 octobre 1902). Turillon ? « Voile à loupe pour la mise au point. »
- Ce dispositif, destiné à remplacer le voile noir courant dont on est obligé de s’envelopper la tête pour la mise au point, est représenté dans la position d’emploi sur la figure ci-contre ; c’est un perfectionnement de dispositifs analogues déjà connus. Le voile, en tissu mince et opaque, affecte la forme d’un bonnet a, dont l'ourlet froncé b renferme un caoutchouc c permettant une adaptation facile sur l’arrière d’une chambre photographique. Le voile, ainsi formé, est muni en son milieu d’une loupe d dont la monture e possède une poignée /, qui permet de la saisir et de diriger la loupe à volonté devant toutes les parties de l’écran dépoli. Pour empêcher que les plis de l’étoffe ne gênent l’observation des images, on dispose dans les coutures du voile des ressorts très flexibles qui tendent l’étoffe sans empêcher le déplacement de la loupe. Une fois enlevé de l’appareil, ce sac peut se replier sous un très petit volume et se mettre dans la poche.
- les appareils où l’escamotage nécessite une manœuvre particulière, équent soit d’omettre l’escamotage entre la prise de deux vues, soit
- Appareil à escamotage automatique (B. F. 318.493; 7 février 1902; 17 octobre 1902). E.-L. Castelin : « Appareil photographique, genre détective, à escamotage des plaques s’opérant automatiquement par le fonctionnement de l’obturateur. »
- Avec
- il est fréquent
- d’escamoter une plaque sans que celle-ci ait reçu d’impression ; l’auteur a, pour éviter ces fausses manœuvres, subordonné l’escamotage au fonctionnement de l’obturateur.
- Dès que l’obturateur est refermé après la prise d’une vue, la plaque ainsi impressionnée tombe au fond de l’appareil. Nous ne pouvons entrer ici dans la description des organes (fig. 1) et dispositions mécaniques adoptées, renvoyant pour cela à la spécification du brevet. Nous signalerons seulement une disposition complémentaire intéressante, permettant de sortir les plaques une par une du magasin, en commençant par la première impressionnée (fig. 2).
- L’appareil est muni en 64. d’un petit volet laissant une ouverture suffisante pour le passage d’une plaque, et dans la paroi inférieure se trouve agencée une tige 65 qu’un ressort 66 tend à éloigner du magasin 7. Lorsque l’on agit sur la poussette 67, logée dans une encoche sous l’appareil, on voit que l’on pousse dehors la plaque inférieure; abandonnée à elle-même, la tige 65 reprend sa place et peut opérer l’expulsion de la seconde plaque.
- 77.137.8
- Châssis à glace dépolie (B. F. 318.557 ; 10 février 1902;
- 18 octobre 1902) Hurst : « Glace dépolie automatique pour chambre photographique à main. »
- Ce dispositif est représenté (fig. 1) en vue perspective dans la position de mise au point et (fig. 2) en coupe horizontale dans la position de prise des vues ; le magasin de plaques a est lié a la chambre photographique m, détective, jumelle ou autre, par des charnières ; implanté à angle droit sur le cadre avant du magasin, un cadre b porte une glace dépolie c, de telle sorte que, lorsqu’on ouvre la chambre, la glace dépolie c vient occuper exactement la même position que la première plaque à impressionner, relativement à l'objectiLDeux joues j relient le cadre b au magasin a et
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- if
- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- Fig.
- arrêtent l’excès de lumière extérieure pour permettre l’examen de l’image sur le dépoli. Lorsque l’on rabat le magasin sur la chambre dans la position de prise des vues, le cadre b et la glace c se rabattent le long d’une des parois latérales. Des arcs-boutants d, glissant dans les coulisses à pivots e, viennent s’engager par leurs crochets g contre les pivots h lorsque l’on veut immobiliser la glace dépolie dans la position de mise au point.
- 77.132
- Châssis négatifs à demi-rideaux (B. F. 318.612; 12 février 1902 ;
- 21 octobre 1902). Sté Demaria frères : « Perfectionnements aux châssis
- négatifs. »
- Les inventeurs se sont proposé d’augmenter la solidité” en réduisant l’épaisseur des châssis doubles à volets tout en remédiant à divers inconvénients des modèles actuels : la languette centrale, comprise entre les deux volets (dont l’ouverture se fait dans le même sens), est nécessairement très étroite et ne peut recevoir de velours obturant suffisamment épais à ressorts efficaces ; les crochets de fermeture de chacun des deux volets n’ont pas l’emplacement nécessaire, et chacun d’eux accroche généralement l'autre volet au moment de son ouverture. Dans le châssis revendiqué par le présent brevet et que nos figures représentent en vue perspective et en coupe horizontale, les volets a et b s’ouvrent en sens inverse, ce qui permet d’établir un encadrement dans lequel les parties opposées c du cadre, situées du côté des ouvertures, restent pleines et présentent une épaisseur suffisante pour permettre l’établissement de feuillures profondes d, susceptibles de recevoir des velours obturants e épais, combinés avec des ressorts qui en assurent l’action parfaite. Les tirettes /, g des volets a et b sont recourbées et pénètrent, lorsque lesdits volets sont fermés, dans des entailles ménagées dans le cadre de manière à ne présenter aucune saillie. Une encoche h, venant en prise avec un erg°t fixé sur le cadre, assure la fermeture absolue de chaque volet. Le châssis étant en place sur la chambre noire, on ne peut ouvrir que celui des deux volets dont la tirette est en haut ; la plaque qui se présente à l’objectif pouvant donc seule être démasquée, toute fausse manœuvre est évitée. Ce dispositif a aussi l’avantage de supprimer toute saillie et de faciliter en conséquence le logement des châssis.
- 77-I42.S
- « Machine à faire
- Fig. 1
- Châssis-presse (B. F. 319.118; 27 février 1902 ; 5 novembre 1902). C. Spaulding les impressions héliographiques. »
- L’appareil, représenté par nos figures en coupe verticale perpendiculaire à l’axe, et en coupe horizontale
- suivant l’axe a du tambour cylindrique A,'‘comporte,\ comme organe essentiel, un tablier transparent ou translucide (toile à calquer, celluloïd...), qui se déroule de façon progressive du cylindre B sur le cylindre R en s’appuyant sur le cylindre A, qu’il entraîne avec lui et passant entre les rouleaux à friction E F destinés à régler la vitesse de son déroulement. Le dessin à reproduire, tracé comme à l’ordinaire sur papier ou toile dioptrique, et te tissu ou 1e papier sensibilisé, sont engagés, en même temps, entre 1e tablier et 1e tambour et entraînés par ceux-ci devant la lumière des arcs S, limitée par tes abat-jour S’ faisant fonctions de réflecteurs. La vitesse peut être modérée à volonté au moyen de freins et de contrôleurs de vitesse ; après passage devant la lumière, tes calques et tes épreuves, portées par 1e tablier mobile, viennent se déposer sur la tablette inclinée V.
- 77-133
- Fig. 1
- Châssis-magasin (B. F. 319.183 ; 28février 1902; 6 novembre 1902). Sté L. Gaumont et Cie : « Châssis-magasin simplifié pour appareil photographique. »
- La disposition adoptée rappelle, dans une certaine mesure, celte du châssis Gœrz récemment décrit ; la comparaison des dates de ces brevets montre d’ailleurs à l’évidence l’entière bonne foi des inventeurs. Nos figures montrent ce châssis en coupe avec un porte-plaques passé au-dessus du tiroir pour la prise d’une vue, et, d’autre part, la position que l’on donne au châssis, disposé derrière un appareil photographique, pour opérer la mise en place d’un porte-plaques au-dessus du tiroir.
- Fig. 1 Le châssis se compose d’une boîte A qui s’ajuste, comme d’ordinaire,
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
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- derrière l’appareil photographique B. Cette boîte est munie, sur sa face ouverte à l’avant, d’un cadre à coulisse C, pourvu d’une feuillure a destinée à recevoir, dans toute son épaisseur, un porte-plaques b qui se trouve ainsi dans la position de prise de vues. La boîte A renferme intérieurement un tiroir D muni d’une poignée E et dont le dessus est une plaque mince de métal F, à bord aminci en d. Ce tiroir renferme la pile de porte-plaques ; il est ouvert du côté opposé à la poignée E. Des ressorts c c, fixés en e au châssis, sont engagés sous la pile et tendent constamment à pousser les porte-plaques contré le dessus en métal F. Des ressorts latéraux maintiennent aussi les porte-plaques.
- Lorsqu’on incline l’appareil dans la position représentée sur notre figure 2 et que l’on tire le tiroir D vers le haut, toute la pile de porte-plaques reste en bas, et, à la fin de la course du tiroir, tous les porte-plaques s’inclinent vers le haut du côté du cadre, le porte-plaques situé en avant venant s’engager dans la feuillure a. Lorsque l’on repousse le tiroir, son dessus métallique F s’engage derrière ce premier porte-plaques, entre lui et celui qui le suit immédiatement, et pousse bien en place le premier porte-plaques. Pour l’escamoter après la prise de la vue, on tient l’appareil de façon que le tiroir soit en bas et bien horizontal ; en tirant le tiroir, il entraîne avec lui tous les porte-plaques situés au-dessus du volet F, tandis que celui situé au-dessus, n’étant plus soutenu, tombe au fond ; en repoussant le tiroir, toutes les plaques se trouvent à l’abri, derrière le volet.
- 77.844
- Stéréoscope (F. F. 319.219; /er mars 1902; 7 novembre 1902). Sté L. Gaumont et Cle : « Stéréoscope
- dit stéréoscope corollaire. »
- Ce stéréoscope est représenté ci-contre en coupe horizontale (fig. 1) et en coupe transversale (fig. 2 ) Les bonnettes des oculaires 0 0 sont adaptées sur la face antérieure B d’un coffre A qu’on peut avancer ou reculer dans l’intérieur de la boîte G de l’appareil. La monture des objectifs peut être disposée de manière à permettre de les écarter plus ou moins. Le coffre intérieur A porte deux tiges a a qui sont guidées dans deux tubes b b parallèles à l’axe longitudinal de l’instrument et assujettis à l’encadrement intérieur du stéréoscope où se placent les vues photographiques. Les tiges
- a a sont dentées d’un côté en crémaillère pour engrener avec des pignons c fixés sur une tige d qui peut être manœuvrée de l’extérieur au moyen du bouton moleté m.
- Il suffit d’agir sur ce bouton pour faire avancer ou reculer le coffre intérieur mobile avec les bonnettes des oculaires, sans couper le champ. Cette disposition est particulièrement utile pour les courts foyers.
- 77.864
- Chromographe (B. F. 319.498 ; n mars 1902 ; 13 novembre 1902). L. Davidson : « Châssis à plaques perfectionné pour la photographie en trois couleurs. »
- Ce châssis, représenté ci-contre en coupe fermé (fig. 1) et dans sa position de service (fig. 2) est destiné à permettre l’obtention simultanée dans une chambre photographique quelconque des trois négatifs nécessaires. Après introduction du châssis A dans les rainures qui lui sont ménagées à l’arrière de l’appareil, le volet antérieur se rabat en position horizontale entraînant avec lui les plaques sensibles Bx ; dans ce mouvement, un miroir transparent D vient se placer à 450, laissant parvenir à la plaque B une partie du faisceau transmis par l’objectif, tandis qu’il renvoie sur les plaques B, une autre partie de ce faisceau. Un écran coloré est placé devant la plaque B. Les deux plaques Bi ont leurs couches sensibles en regard avec interposition d’un écran coloré.
- Les difficultés, pour ne pas dire les impossibilités, auxquelles se sont heurtés des constructeurs réputés par leur habileté pour obtenir le repérage des images fournies par des chromographes à miroirs robustes et de plan mieux établi, nous font douter qu’un appareil aussi peu rigide fournisse des images utilisables.
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- Thioxydant Lumière (B. F. 319.341; 7 mars 1902; 10 novembre 1902). Sté An. A. Lumière et ses fils : « Emploi en photographie du persulfate d’ammoniaque à réaction neutre ou alcaline comme éliminateur de l’hyposulfite de soude. »
- Le persulfate d’ammoniaque, malgré sa propriété bien connue de détruire rapidement l’hyposulfite en l’oxydant, n’a pu jusqu’ici être utilisé pratiquement comme éliminateur de ce sel, car le persulfate
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- IV
- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- d’ammoniaque commercial, par les quantités plus ou moins grandes d’acide sulfurique qu’il renferme, exerce, même en solution étendue, une action manifeste sur les images argentiques, surtout les images sur papier, et, de plus, il détruit la nature colorante employée dans le couchage des papiers à images apparentes.
- En mélangeant le persulfate d’ammoniaque à des substances alcalines et employant de celles-ci une quantité suffisante pour que la réaction du mélange soit neutre ou légèrement alcaline. On obtient un éliminateur de l’hyposulfite n’agissant plus ni sur l’image, ni sur la matière colorante, on peut employer à cet effet les bicarbonates, phosphates, borates, acétates, citrates, tartrates, et tous sels à réaction alcaline dont l’acide est sans action sur le persulfate.
- 77-152
- Supports pelliculaires (B. F. 319.547 ; 13 mars iço2 ; 14 novembre IQ02). C.-L.-F. Freelandt : « Procède pour la fabrication de supports pelliculaires. » (1).
- On chauffe au bain marie vers 750 c. pendant environ 2 heures, 100 parties de gélatine avec 2 p. d’alun 5 p. 5 de formaline, 4 p. de glycérine et la quantité suffisante d’eau. Ce mélange, coulé sur glaces par les moyens connus forme des pellicules dont la consistance rappelle la corne ou le mica ; elles ne s’assouplissent que très peu dans les bains, sans se gonfler ni se déformer. Avant d’y couler l’émulsion sensible et pour protéger celle-ci de l’action des agents de durcissement, on la recouvre d’une couche mince de collodion glycériné, additionné de préférence d’un peu de celluloïd. De telles pellicules se comportent comme celles à support de celluloïd et ont sur celles-ci l’avantage d’être ininflammables.
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- Appareil automatique (B. F. 319.558 ; 13 mars 1902 ; 15 novembre 1902) de Hulster : « Appareil pour l’exécution automatique d’une épreuve photographique. »
- Spécialement destiné à la ferrotypie foraine cet appareil réalise avec une automaticité absolue le passage des plaques d’un magasin spécial à la chambre photographique pour les conduire de là successivement dans les diverses cuvettes renfermant le^révélateur, le fixage et les eaux de rinçage ; après ce montage de l’appareil, les seules manoeuvres à effectuer consistent à déclancher l’obturateur, puis à pousser un bouton qui met en marche le mécanisme. Les dispositions intérieures sont ingénieuses et en grande partie nouvelles, mais un tel appareil est d’un intérêt trop particulier pour que nous puissions ici le décrire en ses détails.
- 77-84-2-4
- Jumelle à transformations (B. F. 319.557 ; 13 mars 1902 ; 15 novembre 1902). Rancoule : « Jumelle photographique stéréoscopique dite Jumelle Stadette, transformable en jumelle de campagne. » L’appareil est constitué par une chambre noire a de forme convenable portant à ses deux extrémités
- ouvertes deux volets à charnières b et c; le volet b est muni de deux oculaires de jumelle g ; le volet c porte les deux objectifs 0 d'un appareil stéréoscopique ordinaire et un obturateur i ; une planchette p fixée rigidement à angle droit sur ce volet porte deux objectifs e de jumelle. Une cloison d, complétée par le secteur h qui consolide la planchette p sur le volet c, partage l’appareil en deux compartiments suivant sa longueur. L’appareil est représenté ci-contre fonctionnant (fig. 1) comme appareil photographique et (fig. 2) comme jumelle de campagne. Dans la première de ces positions, la cloison porteoculaires étant relevée, un viseur est constitue par l’un des dits oculaires et le guidon à charnière k ; le châssis négatif s’introduit dans les rainures /. Bien que cette application ne soit pas prévue au brevet, l’inventeur utilise aussi ces appareils comme stéréoscopes.
- 77.844
- Stéréoscope à colonne (B. F. 319.567 ; 13 mars 1902 ; 15 novembre 1902). J.-F. Bernoux : « Nouveau mécanisme pour le déplacement de vues photographiques ou autres dans un appareil à un ou plusieurs oculaires. »
- Le mécanisme représenté en vue latérale après enlèvement de la boîte qui le contient consiste essentiellement en une chaîne sans fin formée par la liaison de plaquettes métalliques a à l’aide d’anneaux b tendue verticalement entre deux arbres horizontaux dont le supérieur d est seul figuré. Sur chacun de ces arbres sont montées des poulies à profil carré sur chacun des plats desquelles viennent s’appliquer une des plaquettes a de la chaîne sans fin. Chacune des plaquettes est solidaire d’un cadre g en fil métallique recevant une photographie; le poids même de la chaîne et des images qui y sont liées oblige le porte-plaques supérieur à se tenir verticalement en regard de l’ouverture h où sont fixés les oculaires. La substitution d’une vue à l’autre peut être obtenue soit en tournant à la main l’axe d, soit par une poussée sur le bouton m commandant le piston à ressort k terminé par un cliquet qui agit sur un rochet solidaire de l’arbre d et fait tourner ce dernier d’un quart de tour.
- 77.023.2
- Révélateur (B. F. 319.680 ; 17 mars 1902 ; 20 novembre 1902). Damgaard : « Procédé de production d’un révélateur photographique dit Croma-sulfite. »
- (1) Voir aussi B. P. 5371, 1902, du même auteur.
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
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- Si nous avons bien compris ses spécifications, l’auteur revendique l’idée d’ajouter du bromure de potassium et de diminuer la dose d’alcali dans la préparation du révélateur lorsque l’on veut l’utiliser au développement de plaques sous-exposées.
- Le révélateur serait mis sous la forme d’un mélange pulvérulent dont le dosage, par litre de solution, serait 54 gr. de sulfate (sic) de soude, 9 gr. de bromure de potassium, 5 gr. 5 de méthol (sic) et 22 gr. 5 d’hydroquinone. Après dissolution, ce liquide serait additionné de volumes égaux au sien d’eau et d’une solution de potasse à 25 % pour la préparation du révélateur normal.
- 77-143
- Appareil de développement (B. F. 319.839; 22 mars 1902 ; 25 novembre 1902). S.-G.- Livett : « Perfectionnement aux appareils pour développer, laver et fixer les pellicules ou les plaques photographiques. »
- Ce dispositif n’est qu’une variante d’un dispositif déjà très connu consistant à fixer au moyen de pinces la pellicule à développer sur la périphérie d’un tambour rotatif partiellement immergé dans une cuvette où se versent successivement les divers bains. Nous ne voyons de nouveau dans ce brevet que la description d’un dispositif analogue applicable aux plaques, et sans trop nous rendre compte de l’avantage en ce cas d’un appareil aussi compliqué.
- 77-133
- Appareil « Sinnox » (B. F. 319.969; 26 mars 1902 ; 27 novembre 1902). Société Anonyme des plaques J. Jougla : « Système perfectionné d’appareil photographique à plaques se chargeant en pleine lumière. »
- Ce brevet est, en fait, un certificat d’addition au B. F. 282.642 déposé le 21 octobre 1898 par M. de Bercegol, brevet dont est propriétaire la Société demanderesse qui l’exploite depuis environ deux ans ; le nouveau brevet prévoit l’emploi de magasins chargés à douze plaques, tandis que le brevet primitif supposait seulement l’emploi de ses plaques. Enfin, divers dispositifs assurent la mise au point quel que soit le rang de la plaque exposée. Nous rappellerons seulement le principe de l’étui-magasin qui constitue la caractéristique de cet appareil, renvoyant au brevet pour tous détails de construction.
- Chaque plaque est portée dans un petit châssis formé par un cadre de carton garni d’un côté d’un papier noir ; chacun d'eux porte à l’une de ses extrémités des trous et incisions, représentées par nos croquis pour chacun des 12 châssis, et qui viennent coïncider avec des perforations de l’étui dans lequel les porte-plaques, garnis de leurs plaques, sont livrés au commerce. Les porte-plaques sont suspendus dans l’étui par leur échancrure supérieure engagée sur une traverse. En tirant d’abord le couvercle, on démasque la première plaque-; puis, pour chacune des poses suivantes, on engage dans l’étui une cheville successivement dans les perforations numérotées 1, 2, etc. A chaque fois, on tire, en même temps que le couverclede toutes les plaques précédemment exposées, jusqu’à ce que l’on découvre enfin la dernière.
- Des dispositifs spéciaux, prévus et décrits dans le brevet, assurent, pour chaque nouvelle pose, le recul de l’objectif, de façon que, malgré le recul de chaque nouvelle surface sensible, les images se forment toujours avec la même netteté.
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- Photoseulpture (B. P. 319.842; 22 mars 1902; 2s novembre 1902). Carlo Baese : « Procédé photographique pour la reproduction de sujets plastiques. »
- Les négatifs susceptibles de donner, sur gélatine bichromatée par exemple, les véritables valeurs du relief, sont très différents de ceux donnant les valeurs des lumières et des ombres; pour obtenir des clichés dont la transparence soit en rapport avec la hauteur du relief à reproduire, le modèle est placé au centre d’un cercle formé par un certain nombre de lampes à projection, et tirés tous dans un même plan perpendiculaire à l’axe de l’appareil, et qui l’illuminent de tous côtés. Toute autre lumière est soigneusement évitée et celle qui provient des projecteurs est dégradée d’intensité au fur et à mesure que l’on passe des parties saillantes aux parties en retrait du sujet à reproduire. Pour cela, les. projecteurs sont munis de cuvettes de verre à parois diagonales, figurées ci-contre, dont un compartiment est rempli d’un liquide coloré, l’autre d’un liquide incolore, de même indice, pour conserver le parallélisme des rayons; on peut aussi, au lieu de cette cuvette, utiliser un jeu de deux prismes collés, l’un de verre fumé, l’autre de verre blanc.
- La plaque photographique recevra ainsi plus de lumière des parties du modèle les plus rapprochées du modèle que des parties éloignées; mais deux autres facteurs interviennent pour troubler ces effets de lumière; les diverses surfaces du sujet reçoivent plus ou moins de lumière, suivant leur inclinaison plus ou moins grande sur le faisceau lumineux; d’autre part, les régions diversement colorées du modèle n’agissent pas également sur la plaque sensible.
- La plaque devant seulement traduire des reliefs est corrigée comme suit de ces deux causes d’erreur. En renversant dans chaque projection l’écran dégradateur, on intervertit la gradation de l’éclairage, les parties les plus saillantes recevant cette fois moins de lumière que les parties en retrait et vice versa. Soit A le premier cliché et B le second ainsi obteuu. Sur ce cliché, les deux causes d’erreur ont produit le même effet que sur A ; l’effet dû au relief est seul inversé.
- Supposons que l’on exécute une diapositive de A d’intensité telle que, repérée sur le négatif, l’ensemble soit d’un gris uniforme. Repérons cette diapositive sur le négatif B ; cette diapositive neutralisera sur B, comme elle le faisait sur A, les deux effets d’inclinaison et de couleur ; quant aux effets dûs au relief, ils
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- VI
- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- sont de même sens sur ces deux images en contact et, par conséquent, se trouvent amplifiés.
- Une couche de gélatine bichromatée, exposée à la lumière sous ce négatif composite, donnera après dépouillement un relief susceptible d’être modifié de format et d’épaisseur par l’emploi des bancs à réduire en usage dans les ateliers de médailleurs.
- Le brevet prévoit également un procédé applicable à l’exécution de la ronde-bosse ; il serait difficile de résumer cette description très étendue ; nous nous proposons d’ailleurs d’y revenir prochainement dans un article d’ensemble sur les divers procédés de photosculpture.
- BREVETS AMERICAINS
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- 16 avril 1902 ; 5 août
- Magasin à pellicules pour bobines de divers formats (U. S. P. 706.245
- 1902). W. Louden : « Roll-holding caméra. »
- Ce dispositif a le même but que celui décrit dans le brevet précédent ; les bobines D E sur lesquelles est entourée la pellicule sont faites d’un bois tendre dans lequel est ménagé suivant l’axe un canal cylindrique. Les arbres L M sur lesquels s’engagent ces bobines a l’intérieur de la chambre ont une forme prismatique ; leur section normale est un polygone régulier, triangle ou carré par exemple, inscrit dans un cercle de diamètre un peu supérieur à celui de la section du canal axial des bobines ; les arbres entrant à force dans le bois de la bobine permettent d’arrêter celles-ci à telle hauteur que l’on veut comme le montre la figure 1, vue d’arrière de l’appareil après enlèvement de la cloison postérieure. Le champ est limité à la longueur de bande prévue par les divisions de la pellicule du format employé au moyen d’une plaque intermédiaire P percée de l’ouverture 0 et munie des guides TT entre lesquels passe la pellicule K doublée de son papier protecteur 7. Le mode de fixation de cette plaque est suffisamment indiqué par la figure 3, coupe verticale de l’appareil suivant la ligne 3 3 de la figure 2 qui elle-même est une coupe horizontale médiane. On voit, logées contre la paroi postérieure F et maintenues par les ressorts S un certain nombre de plaques P de rechange pour l’utilisation de pellicules de divers formats.
- 77.135.1.0011
- Objectif grand angulaire (U. S. P. 706.650 ; 5 novembre 1900 ; 12 août 1902). C.-P. Gœrz : « Anas-tigmatically-corrected wide-angle objective. »
- L’objectif « Hypergone » nous est déjà connu par la publication du B. F. 302.655 du 31 juillet 1900 ;
- ce brevet étant antérieur à la publication de nos résumés, nous croyons intéressant de décrire ce curieux instrument.
- La correction des aberrations sphérique et chromatique est négligée d’une façon absolue, afin de pouvoir corriger l’astigmatisme et produire une image homogène d’une étendue presque illimitée. Il appartient au genre des objectifs sphériques ; les objectifs connus de ce type ne peuvent être utilisés pour des angles de champ supérieurs à 90° et si leurs montures admettaient des faisceaux plus obliques, l’accroissement considérable des différences astigmatiques s’opposerait à la formation d’une image par ces rayons. Des expériences récentes (1) ont montré que l’on pouvait, même avec des ménisques simples, réaliser une correction parfaite de l’astigmatisme des faisceaux lumineux étroits pour une direction quelconque ; pour les inclinaisons comprises entre l’axe et cette direction, l’astigmatisme passe par un certain maximum ; au-delà de l’inclinaison pour laquelle la correction a été réalisée, l’écart des surfaces focales croît rapidement.
- L’auteur a constaté que les écarts astigmatiques dans les faisceaux d’obliquité intermédiaire étaient en relation avec l’épaisseur du verre des ménisques employés, et diminuaient en même temps que celle-ci.
- C’est sur cette constatation qu’est basée la construction de ce nouvel objectif, représenté ci-contre en coupe suivant l’axe. Deux ménisques sont disposés symétriquement ; les courbures des deux surfaces.de chaque ménisque ne diffèrent que très peu et les épaisseurs sont extrêmement réduites. Pour un objectif d’une distance focale de 100 mm construit avec un verre dont l’indice est pour la raie G1 du spectre : nç,x = 1,52053.
- Les données numériques sont les suivantes :
- Rayons des surfaces extérieures = R4 = — R4 = 8mm 47132 Rayons des surfaces intérieures = R2 = — R3 = 8mm 51034 Epaisseur des ménisques mesurées sur l’axe = 2mm 206 Demi-distance des surfaces intérieures mesurée sur l’axe = 6mm 7961 Ces dimensions assurent la correction anastigmatique rigoureuse pour un faisceau de rayons incliné de
- (1) E. von Hcegh : Archiv fur wissenschaftliche Photographie, II, 4, 1900, p. S6.
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- VII
- 530 sur l’axe principal ; le plus grand écart des surfaces focales pour les obliquités comprises~entre'o0 et 53° est de o)nm 153 ; à 720 de l’axe cet écart n’est encore que de o cm. 0641, aussi peut-on utiliser cet objectif pour un angle de champ de 1350 (cent trente-cinq degrés).
- Les diaphragmes employés permettent une ouverture utile dont le diamètre employé va de //20 à //30 ; on rend négligeable l’aberration chromatique par une disposition spéciale non figurée qui permet le déplacement de l’objectif dans sa monture, suivant le diaphragme employé.
- La forme particulière de la monture permet l’admission des faisceaux de grande obliquité utilisés par l’objectif ; enfin un petit moulinet à air non représenté sur notre coupe permet de faire tourner rapidement devant l’objectif pendant la pose une étoile pleine découpée dans une feuille mince de métal qui, diminuant la quantité de lumière admise suivant l’axe, rend sensiblement uniforme l’éclairement de la surface couverte.
- BREVETS ANGLAIS
- 77-133
- « Improve-
- Bobines de pellicules (B. P. 13.554 1902 ; 14 juin 1Q02 ; 24 juillet 1Q02). G. Mitchell ments in, and relating to, rollable photographie films. »
- Lorsque l’on a impressionné une partie seulement d’une bande pelliculaire et que l’on veut procéder au développement de la partie exposée, conservant l’autre pour un usage ultérieur, on éprouve un certain
- nombre de difficultés pour le coupage exact et la fixation de la partie conservée au papier noir protecteur. On sait de plus qu’au développement les pellicules se roulent sur elles-mêmes rendant irrégulière l’action des bains. Ces divers inconvénients seraient évités avec la disposition de pellicules figurée ci-contre ; la limite de l’espace d réservé à chacune des images est marquée par une perforation g évitant l’emploi de ciseaux ; le bord libre de la pellicule est fixé au papier noir c par la pince a, représentée aussi à part,
- T1—~ TT e
- • — et- et 1
- fk= —L
- Fig. 3
- Fig.
- et dont les dents b penchent dans les encoches e puis sont rabattues au dos. Les encoches e se répètent après chaque perforation pour permettre de fixer la partie restante de la pellicule après que l’on a enlevé pour les développer isolément, un nombre quelconque de fragments déjà impressionnés. Enfin ces pinces peuvent encore être utilisées pour les diverses manipulations de la pellicule en retenant celle-ci tendue sur une vitre de dimensions appropriées, comme le montre le dernier des croquis ci-annexés.
- 77.131.6
- Appareil panoramique à main. (B. P. H.184 1901 ; 31 mai 1901 ; 8 mai 1902). W.-J. Lancaster : « Improvements in or relating to photographie caméras. »
- Laissant de côté la seconde partie de ce brevet consacrée à un châssis d’escamotage pour appareils ordinaires, nous exposerons seulement les caractéristiques de l’appareil panoramique « Panokam » décrit
- dans la première partie et représenté ci-contre en vue perspective (fig. 1) en’section horizontale médiane (fig. 2) et par une coupe verticale dans la paroi antérieure (fig. 3). Une boîte cylindrique /, percée suivant deux génératrices diamétralement opposées des deux fentes f, /2, renferme l’objectif de telle sorte que son axe optique soit perpendiculaire à l’axe géométrique du cylindre et que ce dernier contienne le point nodal d’émergence. Cette boîte cylindrique tourne à l’intérieur d’une garniture gg’ qui s’oppose à toute entrée de lumière dans la chambre autrement que par le système des fentes Z1/2- L’axe /3/| de la boîte porte objectif est lié à un mécanisme à Fig- 1 ressort h qui le sollicite à tourner toujours dans le même sens ; la boîte est
- calée par les saillies ix, P qui viennent buter sur l’arrêt j que permet de déclancher extérieurement le poussoir k ; chaque fois que l’on presse ce bouton, la boîte peut accomplir une demi-révolution, le
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- VIII
- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- faisceau lumineux plan limité par les fentes Z1 Z2 balayant la surface de la pellicule c tendue entre les bobines 61 62 sur les guides cylindriques 63. En position de repos, les fentes f1 f2 viennent se loger dans l’épaisseur de la paroi, interceptant toute lumière. Un régulateur permet d’opérer à différentes vitesses, suivant l’intensité de l’image.
- REVUE DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- OPÉRA T10NS P HO TOGRA PHIQ UES
- 77.023.4
- Sur l’élasticité de certains révélateurs. Luppo Cramer (Photographische Correspondais).
- L’auteur a cherché à déterminer le degré d’élasticité de certains révélateurs en vue de permettre le choix de celui auquel on devra donner la préférence pour obtenir un cliché normal avec une plaque sur ou sous-exposée.
- La comparaison entre le métol et la glycine par exemple l’a amené à reconnaître que le pouvoir réducteur du premier était de beaucoup supérieur à celui de la glycine, et ceci dans la proportion de 1 à 2,66 ; le métol agissant surtout en présence du carbonate de potasse et avec une trace de bromure permet en cas de sous-exposition, d’obtenir un négatif complet et bien fouillé.
- Par contre, des expériences comparatives faites avec les mêmes réducteurs sur des plaques pour lesquelles le temps d’exposition normale avait été décuplé, lui ont démontré que, pour une même quantité de bromure de potassium ajouté à un même volume de chaque bain révélateur, l’image développée au métol venait rapidement, se grisait, s’empâtait au point de devenir inutilisable alors que celle développée à la glycine montait lentement, les blancs restant purs et donnant en fin de compte un négatif assez peu différent de celui qui serait résulté d’une pose normale.
- L’étude de l’adurol montra à M. Luppo Cramer que ce réducteur possède les avantages du métol en ce sens qu’il développe rapidement, donnant des négatifs vigoureux, tout en présentant ceux de la glycine par suite de la facilité avec laquelle, grâce à une addition de bromure, il est possible d’obtenir un négatif très satisfaisant d’une plaque surexposée.
- Comme conclusion de ses essais, M. Luppo Cramer rejette l’emploi du développement lent en solutions très diluées pour les négatifs surexposés et donne la préférence à celui en solutions normales d’adurol ou de glycine fortement bromurées, la limite de surexposition ne devant pourtant pas dépasser 20 à 30 fois la pose normale, limite au delà de laquelle les effets résultant de la surexposition ne sauraient être corrigés d’une façon efficace. — F, M.
- 77.027
- Influence du bichlorure de mercure sur les papiers au gélatino-bromure avant le développement. Dr R. A. Reiss (Revue Suisse de Photographie, février 1902, p. 49-54).
- Nous avons résumé précédemment (1), un article du même auteur, paru en novembre 1901 dans la Revue Suisse de Photographie et consacré à l’action du bichlorure de mercure sur la plaque au gélatinobromure avant fixage ou avant développement. M. Reiss a poursuivi ses essais sur les papiers positifs au gélatino-bromure d’argent et est parvenu à quelques conséquences pratiques intéressantes. Nous résumons ci-dessous les conditions d’une série d’expériences ; plusieurs feuilles de papier sensibles (marque N. P. G.), ayant été exposées pendant deux secondes à la lumière naturelle diffuse sous des clichés de vigueur normale ont été coupées en deux; tandis que l’une des moitiés était développée séance tenante dans un révélateur à l’adurol fortement bromuré, et donnant une image présentant tous les caractères d’une surexposition considérable, l’autre moitié de chaque feuille était, à la lumière rouge du laboratoire, plongée pendant un temps plus ou moins long dans une solution à 2 % de bichlorure de mercure, lavée longuement, séchée à l’obscurité, et exposée de nouveau à la lumière diffuse, plus ou moins longtemps, sous un cliché négatif différent du premier, puis développée dans un révélateur à l’adurol non bromuré :
- A Durée d’immersion dans le bichlorure : 8 min. ; durée de la seconde exposition à la lumière : 1 min.
- B — — 15 — — — 10 —
- C — — 15— — 30
- La seconde moitié de la feuille A donne au développement une superposition des deux images, toutes deux très faiblement ; elles n’apparaissent qu’après 20 minutes de séjour dans un révélateur énergique et l’on ne peut les amener à une densité suffisante ; l’échantillon B laisse apparaître lentement l’image du second cliché ; même en prolongeant considérablement le développement on ne peut faire apparaître l’image du premier cliché, ni amener à une densité suffisante, l’image du second. Sur l’échantillon C la seconde image se développe régulièrement, avec des lumières très franches, sans trous de voile, et des ombres d’un noir superbe, sans aucune trace de la première image.
- Ces résultats une fois obtenus, l’auteur a examiné si l’on pouvait restaurer par le même procédé les papiers sensibles, voilés ou non, détériorés par le temps. Des fragments de papier Lumière achetés en 1894 furent coupés en deux, l’un des fragments fut, dans le laboratoire noir plongé dans le révélateur à l’adurol sans avoir été exposé à la lumière; en peu de temps, il se couvrait d’un voile uniforme ; la seconde moitié était plongée pendant 15 minutes dans la solution à 2 % de chlorure mercurique, lavée une demi-heure et séchée a l’obscurité. Après trente minutes d’exposition à la lumière du jour sous un cliché normal, le papier qui ne présente aucune trace d’image est développé et donne une image pure et vigoureuse difficilement réalisable sur papier au gélatino-bromure employé neuf dans les conditions ordinaires.
- (t) La Photographie Française, septembre 1902, p. LXIX.
- Résumés par L.-P. CLERC.
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- NUe Série N° 22
- PORTRAIT
- D’après nature, avec le Trichrom^Détective de Prieur et Dubois fS
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- La Photographie » » »
- dans les Pays chauds et humides »
- MI lecteur, dans le cours de vos voyages d’excursions, lorsque fuyant l’atmosphère viciée des grands centres, vous parcouriez d’un pas agile les sites si variés et si pittoresques de notre beau pays de France, vous n’avez pas été quelquefois sans éprouver par une de ces chaudes journées d’été, l’illusion d’être transporté au sein de ces contrées au soleil implacable dont les brûlants rayons semblent tomber d’un ciel de feu.
- En épongeant votre front ruisselant de sueur, vous n’aurez certes pas manqué de vous comparer un instant à ces vaillants et courageux explorateurs qui vont, par delà les mers consacrer une partie de leur existence, dont ils ont fait le sacrifice, à l’accroissement de notre domaine colonial et porter dans ces contrées lointaines les bienfaits de la civilisation.
- De cette impression, je crois pouvoir parler, l’ayant éprouvée, notamment un jour que, parti le matin à pied de Clermont-Ferrand, portant sur le dos mon sac chargé d’un appareil 13 x 18, de ses six châssis garnis de plaques, et enfin de son pied, après avoir fait par une journée radieuse du mois d’août l’ascension du Puy-de-Dôme, je déambulais entre une et deux heures sous un soleil dont l’ardeur ne laissait absolument rien à désirer sur le fauve tapis de scories volcaniques qui s’étend jusqu’aux flancs du Pariou que j’avais projeté de gravir avant de reprendre le chemin de la ville.
- Mais, qu’importent ces misères si au prix de quelques fatigues bien vite oubliées, nous pouvons, revenu à nos pénates, jouir du plaisir de voir se révéler de bonnes images qui nous procureront par la suite la joie de faire partager à ceux qui nous entourent l’enthousiasme que nous avons éprouvé nous-même à la vue de ces sites qui ont charmé nos regards au cours de nos pérégrinations.
- Parmi ceux qui lisent ces lignes, il en est peut-être pour lesquels l’illusion d’un instant est, par suite des circonstances de la vie, devenue une réalité.
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- Appelés à parcourir ces régions lointaines auxquelles je faisais allusion tout à l’heure, désireux d’en rapporter des souvenirs précis : confiants dans leur expérience et dans leur appareil, ils sont partis l’espoir au cœur, promettant à leurs parents, à leurs amis, de rapporter une collection importante de documents vécus, pris sur le vif et d’une incontestable originalité.
- Hélas le résultat ne fut-il pas bien souvent loin de répondre à leur attente ; l’appareil qui pendant de longues années avait fait ses preuves au point de vue du bon fonctionnement et de la solidité, ne tardait pas à se désarticuler de la plus lamentable façon au point de refuser tout service.
- L’appareil avait-il victorieusement résisté à l’inclémence du climat et à la température, notre voyageur, développant ses négatifs, constatait avec désespoir que cette ample moisson de documents acquis souvent au prix de tant de fatigues et sur laquelle il fondait tant de légitimes espérances, se réduisait à quelques clichés plutôt mal venus donnant des épreuves peu présentables.
- Il n’y a pas encore bien longtemps, il était facile de constater, en visitant les expositions coloniales ou autres, l’infériorité manifeste au point de vue photographique des documents rapportés par les explorateurs ; le public était indulgent, se doutant bien au prix de quelles peines, de quels efforts ces phototypes avaient du être obtenus.
- Ayant, depuis quelques années, été à même de pouvoir apprécier des séries de documents vraiment remarquables, tant au point de vue de leur exécution technique qu’à celui du caractère réellement artistique qui s’en dégageait, nous en avons conclu que cette question de la photographie dans les pays tropicaux avait du être étudiée avec soin et méthode par quelques disciples de Daguerre.
- Frappé tout particulièrement par les épreuves dues à M. Marcel Monier (Mission Binger), au commandant Houdaille, au commandant Plé, au Dr Lamy, j’ai demandé à ces Messieurs s’ils voudraient bien consentir à nous donner quelques renseignements pratiques résultant de leurs observations personnelles.
- Avec une bonne grâce et une amabilité dont je ne saurais trop les remercier, et auxquelles je suis heureux de pouvoir rendre ici un public hommage, ces Messieurs m’ont communiqué toute une série d’indications précieuses dont je me proposais de faire profiter les lecteurs de la Photographie Française lorsque dans les Archives de Photographie et Photo-Pevue Suisse fut publiée une série d’articles sur le même sujet et sous la signature de M. R. Rousseau (1).
- En vue d’éviter que deux études semblables soient faites à la même époque
- Doct. Lamy. Chefs dahoméens
- de la province d’Abomey.
- (1) Archives de Photographie et Photo-J{evue Suisse, 1902, janvier-juin.
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- dans deux revues similaires, j’ai pensé qu’il était préférable de reculer la publication de celle-ci et de profiter de la circonstance qui m’était offerte pour me documenter plus complètement encore, et surtout chercher à accompagner le texte de cet article d’illustrations inédites obtenues d’après les clichés originaux qui m’ont été très obligeamment confiés, notamment par M. le commandant Plé et par le Dr Lamy.
- Nos lecteurs pourront ainsi se convaincre qu’en s’entourant de certaines précautions, il est possible, avec les moyens dont nous disposons aujourd’hui et quand ceux-ci sont convenablement mis en oeuvre, de rapporter de ces pays tropicaux des documents dont la valeur au point de vue technique et documentaire n’en cède en rien à ceux que nous pouvons recueillir chaque jour sous nos latitudes tempérées.
- %
- Examinons tout d’abord les conditions particulières dans lesquelles l’explorateur photographe sera amené à opérer.
- Dans les régions tropicales, le régime climatérique peut être divisé en saison sèche et saison pluvieuse.
- Pendant la première période qui correspond à l’hiver de nos pays, une fine poussière fréquemment soulevée par des vents violents pénètre entre les lentilles de l’objectif, occasionnant la production de clichés gris aux détails noyés dans une sorte de brume semi-transparente ; cette maudite poussière poudre les plaques sensibles, produisant lors du développement ces innombrables points blancs dont la présence fait le désespoir de l’opérateur qui voit souvent, par eux, ses meilleurs clichés rendus inutilisables.
- Soulevée en légers tourbillons, cette poussière cache les horizons derrière un voile plus ou moins opaque rendant impossible tout lever topographique ou l’emploi du téléobjectif.
- Doct. Lamy.
- Halte dans la rivière Couffo (Dahomey).
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- Enfin, sous l’influence combinée de la chaleur et de la sécheresse de l’atmosphère, les appareils construits en bois n’ayant pas subi chez le constructeur l’épreuve du temps, ne tardent pas à craquer de toutes parts laissant de ci, de là, passer quelque sournois filet de lumière.
- Mais, la saison la plus funeste au photographe dans les pays équatoriaux est, de l’avis unanime, la saison pluvieuse ; c’est d’elle dont il faut principalement tenir compte dans l’organisation d’une campagne, tant pour le choix de l’appareil que pour les soins qui devront être apportés dans l’emballage des préparations sensibles, de leur manipulation, etc.
- Par suite de l’état de saturation humide de l’atmosphère, les propriétés photogéniques de la lumière se trouvent souvent totalement modifiées.
- Commandant Plé. Village de Pabolé (Dahomey).
- Comme dans nos climats, l’éclat de la lumière ne saurait nous servir d’indication suffisante pour la détermination approximative du temps de pose, à tel point que là où nous n’hésiterions pas à prendre une vue en instantané rapide, il nous faudra opérer avec une faible vitesse, un sujet pour lequel une courte pose nous paraît suffisante, nécessitera bien souvent plusieurs secondes pour obtenir un négatif complet.
- Ceci résulte de ce que l’explorateur n’a, dans la plupart des cas, recours qu’aux plaques ordinaires, particulièrement sensibles aux radiations bleues et violettes. Or, par suite de l’état d’humidité extrême de l’atmosphère, ces radiations se trouvent être en grande partie absorbées ; elles agissent alors avec moins d’énergie sur la couche sensible. Il en résulte qu’une pose notablement plus longue est nécessaire pour obtenir une impression suffisante capable de donner un négatif absolument satisfaisant.
- Ce fait se manifeste d’une façon toute particulière au bord immédiat de la mer, dans le fond des vallées, sous les ombrages de ces forêts tropicales à végé-
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- tion vigoureuse et luxuriante, dans tous les endroits enfin où l’humidité de l’atmosphère atteint son point de saturation.
- C’est ainsi que dans les régions comprises entre le 9° N et 9° S, les instantanés le long des côtes sont pour ainsi dire impossibles et les vues en forêt nécessitent des poses passablement longues.
- Par contre, le voyageur qui s’éloigne quelque peu de ces régions ou qui s’élève d’une façon notable au-dessus du niveau de la mer, se retrouve dans des conditions normales au point de vue des rapports de l’intensité apparente de la lumière et de son pouvoir photogénique.
- Détestable à Lagos et au Grand-Bassam, elle devient sensiblement normale à Dakar. A Quito, qui est sous la latitude 0°,13’ c’est-à-dire presque sous l’équateur même, mais dont l’altitude est de 2.908 mètres, M. Marcel Monnier a pu faire des clichés en “ instantané ” aussi aisément que dans nos régions tempérées, par une belle et franche lumière.
- Enfin, il est un facteur dont il est essentiel de tenir compte dans le cours d’une campagne photographique dans les pays tropicaux, je veux parler des innombrables insectes qui s’attaquent à tout ce qui peut servir d’aliment à leur effroyable voracité, et en particulier, à la gélatine des plaques fraîchement développées, mets particulièrement succulent pour cette légion d’affamés peu habitués à une semblable bonne chère.
- Étant donné les considérations que je viens d’esquisser à grands traits, le genre et la nature des documents qu’il s’agit de recueillir, enfin la situation même de celui qui est appelé à faire campagne, comment devons-nous constituer noire matériel photographique pour réduire à leur minimum les chances d’insuccès et de mécomptes ?
- Si le voyage doit s’effectuer rapidement, en touriste ou comme simple attaché à une mission d’exploration, nous réduirons notre matériel à sa plus simple expression en adoptant l’usage d’un appareil à main de construction simple, très robuste, autant que possible exempt de pièces en fer ou en acier susceptibles de se rouiller sous l’influence persistante de la saison des pluies. Enfin, cet appareil sortant de chez un fabricant consciencieux et de premier ordre peut vous garantir de la façon la plus absolue que le bois ayant servi à sa construction
- Doct. Lamy.
- Houlins à mais à Savé (Dahomey).
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- est non seu-lement rigoureusement sec, mais de plus hydrofugé par une imprégnation à l’huile, à la paraffine ou par un procédé quelconque mais parfaitement efficace.
- Mais, me direz - vous, la solution la plus simple et la plus
- pratique n’est-elle pas de recourir à l’emploi d’appareils entièrement métalliques ? C’est en effet la question que je posai moi-même un jour à M. le commandant Plé qui me répondit que ce serait certainement la meilleure solution si.
- sous l’équateur il existait par ci par là quelque centre où l’on puisse trouver un mécanicien de précision capable de remettre en état l’appareil qui, par un hasard malheureux, se serait trouvé faussé par suite d’une chute ou d’un accident quelconque.
- La civilisation n’ayant pas pénétré dans ces régions au point de pouvoir nous offrir un semblable secours, il est de beaucoup préférable de se munir d’un appareil construit en bois, qu’il est toujours possible de réparer soi-même tant bien que mal avec quelques vis de cuivre et quelques tubes de “ sec-cotine ”.
- Les soufflets des chambres folding offrant à la voracité des cancrelats et autre engeance rongeuse et perforante, l’occasion de se livrer à de désastreux ravages, nous accorderons la préférence aux appareils rigides types détectives ou jumelles.
- Pour la construction de ceux-ci, notre confrère des Archives de Photographie (1) va même jusqu’à recommander l’usage de bois choisis parmi les essences vivant sous les régions tropicales, ces bois possédant, paraît-il, la fort curieuse propriété de résister mieux que tous autres aux influences atmosphériques des régions où ils se sont développés ; il cite en particulier : le kakamut, le saut, l’imberba à larges feuilles et le cordia abyssinica que nous signalons aux constructeurs soucieux de mettre entre les mains des explorateurs des appareils absolument résistants.
- Enfin, considération importante, rompre avec toute coquetterie en supprimant radicalement le gainage de peau qui recouvre l’appareil ; non seulement
- Doct. Lamy. Sculptures du palais des rois
- à Abomey (Dahomey).
- (1) Archives de Photographie et Photo-J(evue Suisse, février 1902, page 36.
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- nous le mettons ainsi à l’abri de l’attaque des vermines, mais encore cette enveloppe, pendant la saison pluvieuse deviendrait une véritable éponge emmagasinant l’humidité et rendant presque impossible le séchage de l’instrument. Ce gainage protecteur, nous le remplacerons très avantageusement par une ou deux bonnes couches de peinture hydrofuge : le ripolin par exemple fait merveille.
- Pour les raisons que nous développerons tout à l’heure en parlant des préparations sensibles, supprimant radicalement l’emploi des châssis à rouleaux, nous devons choisir entre le châssis magasin et les châssis doubles en bois ou les châssis simples métalliques.
- Le châssis magasin le mieux construit vous joue quelquefois de bien vilains tours au moment le plus inopportun, et puis pendant la saison sèche, au milieu de cette fine poussière qui voltige et pénètre partout, à chaque manoeuvre du tiroir de notre châssis, nous remuerons celle qui se trouve contenue dans notre appareil et qui vient consciencieusement se déposer sur la surface de la plaque prête à subir l’impression lumineuse.
- Une exception doit cependant être faite en faveur d’un châssis magasin spécialement construit par MM. Gaumont et Cie, pour l’usage dans les pays chauds.
- Entièrement en aluminium, ce châssis est combiné de telle sorte que toutes les plaques contenues dans le magasin sont complètement isolées du reste de l’appareil par un volet qui, lorsqu’il est manœuvré, au moment ou l’on désire opérer, dégage une seule plaque, l’isolant des autres qui se trouvent être mises à l’abri de la poussière, une fois impressionnée, cette plaque, par la manœuvre ordinaire du magasin tombe au fond de celui-ci et une nouvelle manœuvre du volet sera nécessaire pour faire réapparaître la plaque suivante qui, comme la précédente, sera isolée des autres, et ainsi de suite.
- Pour tout appareil autre que détective, vélo-jumelle, etc. et nécessitant l’emploi de châssis, mieux vaut généralement le munir de châssis séparés ; les châssis doubles à rideau, sous l’influence de l’humidité fonctionnant avec difficulté, il semble préférable de se munir d’une collection de châssis simples métalliques bien construits ; dans ces conditions, chaque plaque est bien à l’abri de la poussière étant démasquée pendant la durée de temps strictement nécessaire. Légers et peu encombrants, ces châssis d’une construction fort simple ne risquent pas de se fausser.
- Comme objectif, en raison des conditions si variées et quelquefois si défavorables au point de vue photogénique dans lesquelles nous sommes appelés à
- Doct. J. Binot. Une case à la Réunion.
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- opérer, nous ne devrons pas hésiter à le choisir aussi lumineux que possible.
- Ici, une question se pose : doit on écarter les types d’objectifs à lentilles collées pour donner la préférence à ceux possédant des lentilles indépendantes, et ceci dans la crainte que le baume de Canada qui réunit les surfaces optiques des premières, ne venant à se ramollir sous l’influence de la température ambiante, les qualités de l’objectif ne se trouvent sérieusement compromises par suite d’un décentrage pouvant résulter du glissement des surfaces sous l’action d’une cause quelconque, un choc, par exemple ? Les explorateurs auxquels j’ai présenté cette observation ont été unanimes à reconnaître que les objectifs à lentilles collées dont sont munis leurs appareils et dont certains d’entre eux se servent continuellement depuis plusieurs années n’ont jamais présenté de semblable accident. D’autre part, un opticien que j’ai interrogé à ce sujet, m’a affirmé qu’en raison de la température à laquelle s’effectue le collage des lentilles et de la quantité presque infinitésimale de baume qui se trouve emprisonnée entre les surfaces de celles-ci, il n’y avait nullement à craindre l’emploi dans les pays chauds des objectifs à lentilles collées.
- L’appareil à main ainsi équipé peut-être considéré comme l’inséparable compagnon de l’explorateur, que celui-ci soit chef de mission, sous ordre ou simple touriste. C’est à lui que sera confié le soin de saisir au hasard de la route les scènes de mœurs, l’aspect des paysages parcourus. En des mains habiles il permettra, dans le cours d’un voyage, de recueillir une foule de documents intéressants. Pour qu’il soit aisément maniable, choisir le format 9x12 ou stéréoscopique 6 X 13.
- Mais là, ne doit pas se borner le but d’un chef de mission : les documents photographiques recueillis dans ces pays éloignés doivent non seulement nous en faire connaître le côté pittoresque, mais encore et surtout, contribuer à nombre d’études scientifiques. C’est ainsi que l’ethnographie, la zoologie, la
- Comrrandant Plé.
- Dahoméenne.
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE NUe Série N° 22
- T A M = T A M A CANA, DAHOMEY
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- botanique, la géologie, etc., puiseront de précieux renseignements sur ces images photographiques dont nul ne peut contester l’authenticité et qui, bien éxécuteés, se prêtent si aisément aux études de détails.
- Ce sont ces raisons qui m’amènent à recommander à ceux qui seraient appelés à diriger une expédition scientifique ou militaire dans les pays équatoriaux, de joindre à leur appareil à main une bonne et solide chambre noire format 13x18, permettant de faire de la photographie “ posée ”. Un appareil de cette nature nous donne en effet la faculté de pouvoir, une fois arrivé à l'étape, prendre des documents précieux au point de vue ethnographique et de reconstituer par la photogrammétrie la suite des constructions parfois si originales que l’on rencontre dans les lieux habités.
- Dans ce cas, le matériel, au point de vue optique sera constitué par un objectif donnant le tour d’horizon à l’aide de 6 plaques ; par un grand angle permettant d’opérer à des distances très rapprochées d’une construction masquée ; enfin ne pas omettre le téléobjectif qui, dans bien des cas, lorsque les circonstances le permettent, peut rendre de très grands services.
- Après avoir envisagé la question du matériel, je voudrais dire quelques mots des couches sensibles auxquelles on devra donner la préférence, ainsi que de leur mode d’emballage.
- Tout d’abord, supprimer radicalement l’emploi des pellicules ; séduisantes au possible par leur légèreté et la facilité de leur emploi, si elles peuvent être utilisées dans certains pays chauds et secs, tels que l’Egypte, la Syrie, la Palestine, etc., elles ne donneraient que des déboires dans les pays tropicaux. Par suite de la chaleur et de l’humidité, le support de celluloïd se décompose, dans l’épaisseur de la couche sensible se forment des produits argentifères qui, sous l’action des bains révélateurs, se réduisent spontanément produisant un voile intense rendant les négatifs absolument inutilisables.
- 1*
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- Pour les voyages d’exploration dans les pays équatoriaux, nous devrons donc donner la préférence aux préparations sensibles coulées sur plaques de verre, mince pour les petits formats jusque et y compris le 9 x 12, d’épaisseur normale pour le 13 x 18.
- Outre les plaques extra-rapides utilisables pour les portraits, j’estime que les explorateurs auraient grand avantage à utiliser les plaques sensibles au jaune et au vert. J’ai fait remarquer, en effet, combien, sous ces latitudes, l’actinisme de la lumière se trouvait réduit par suite de l’état de saturation humide de l’atmosphère, particulièrement aux bords de la mer, au centre des forêts tropicales. Or, si une partie des radiations violettes se trouve ainsi absorbée, n’aurions-nous pas tout avantage à utiliser les autres, par l’emploi de plaques pour lesquelles la sensibilité serait particulièrement exaltée ?
- De cette hypothèse que j’avais émise il y a quelque temps, j’ai trouvé
- Doct. F. Wohltmann. La troupe de police à la métairie
- de Misahôhe (Togo allemand).
- une première confirmation dans l’examen de photographies rapportées du Togo allemand (Lat. 6° N) par le professeur Dr F. Wohltmann. Ces épreuves, obtenues d’après des clichés exécutés sans écran jaune, avec plaques orthochromatiques Perutz sensibles au jaune et au vert, montrent des verdures et des horizons rendus d’une façon tout à fait remarquables (1).
- Les papiers au citrate, bromure, ferro-prussiate sont incapables de donner des épreuves au bout de quinze jours ; seul, le papier P. O. P. d’Ilford aurait, d’après M. R. Rousseau, parfaitement résisté pendant toute la durée d’une campagne d’exploration dans les régions équatoriales de l’Afrique.
- Enfin, M. le commandant Houdaille recommande de toujours se munir de deux ou trois douzaines de plaques positives sur verre douci ou opale, en vue de pouvoir distribuer des épreuves en cours de route aux chefs indigènes.
- Lors du départ, l’emballage des plaques et papiers nécessite quelques pré-
- (1) Rapport sur son voyage au Togo, par le professeur Dr F. Wohltmann, Berlin, 1900.
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- cautions qui peuvent se résumer comme suit : supprimer dans chaque boîte les bandes de papier gaufré qui séparent les plaques et disposer celles-ci les unes sur les autres, gélatine contre gélatine, en complétant chaque boîte de façon à ne former qu’un bloc ; recoller sur l’ouverture une bande de papier aiguille.
- Placer les 13x18 par douzaine, les 9x12 par 2 douzaines, les 6 1/2x9 par 4 douzaines dans des petites boîtes en fer blanc non soudées, mais simplement serties à l’aide de bandes de diachylum de 2 cm. de largeur. La bande est légèrement chauffée à la flamme d’une bougie, l’enduit devient gluant, très adhésif et ferme hermétiquement la boîte, mettant le contenu à l’abri de l’humidité. A-t-on besoin d’extraire les plaques, la bande est arrachée, puis remplacée par une autre quand on désire remettre en boîte les plaques posées.
- Les plaques, mises en boîte, sont transportées dans des caisses rectangulaires solides et cadenassées construites en peuplier, assemblées avec tenons et consolidées avec des cerclages de fer ; leur poids ne devra pas, une fois chargées, dépasser 27 à 28 kilos, afin qu’elles puissent aisément être portées à dos d’homme. Si l’on prend la précaution de les entourer d’une solide toile enduite de poix, leur transport pourra s’effectuer avec toutes les garanties possibles pour la conservation de leur contenu. C’est ainsi que M. Marcel Monnier put, dans le cours d’un voyage d’une durée d’un an, rapporter notamment de la côte d’ivoire 7 à 800 clichés qui, au retour, se développèrent admirablement bien, et ceci malgré les accidents les plus divers qui eurent plusieurs fois pour effet de précipiter dans les marigots les caisses contenant les plaques.
- Un dernier mot, enfin, sur une petite précaution à laquelle il est bon de songer lorsque, désirant développer les négatifs en cours de route, nous emportons les produits nécessaires. Ceux-ci devront être divisés le plus possible en petits flacons hermétiquement bouchés au liège (1). La paraffine qui présenterait le grave inconvénient de fondre sous l’influence de la température, devra être remplacée par de la cire à cacheter.
- Dans le prochain article, je me propose d’étudier les conditions les meilleures dans lesquelles l’opérateur devra se placer pour effectuer les diverses opérations photographiques dans le cours d’un voyage au sein des pays tropicaux.
- F. MONPILLARD.
- (1) Eviter le bouchage à l’émeri qui, en cas de rupture du flacon lors du débouchage, pourrait blesser l’opérateur. Or, le tétanos se développant avec une extrême rapidité dans les régions tropicales, la moindre blessure devient un danger sérieux.
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- L'Héliogravure
- ]E principe du procédé de reproduction photomécanique désigné par le nom d'héliogravure est très simple et peut s’énoncer de la façon suivante :
- “ On recouvre une plaque métallique, parfaitement plane et polie d’abord, puis grainée, d’une couche de gélatine bichromatée qu’on impressionne sous un cliché positif retourné. On soumet ensuite la plaque métallique ainsi préparée à la morsure d’un bain qui pénètre la gélatine bichromatée proportionnellement aux insolations qu’elle a subi sous le cliché positif et qui ronge le métal partout où il ne reste pas plus ou moins protégé par la couche de gélatine.
- “ Cette morsure forme dans le métal des creux grainés proportionnels aux noirs du positif photographique employé et à ses demi-teintes.
- “ La morsure achevée, on nettoie la plaque de métal, on l’encre, on l’essuie afin de ne laisser l’encre déposée que dans les creux et l’on obtient par une forte pression le dépôt de ce reste d’encre sur papier ”.
- Rien que par cet énoncé sommaire, on peut concevoir que l’héliogravure diffère profondément de la simili, autre procédé photomécanique auquel nous avons consacré précédemment une étude succinte mais assez complète. (Voir le numéro de mai-juin 1901, numéro 2-3 de la nouvelle série : Le positif photographique et sa reproduction par tes procédés photomécaniques en relief).
- Dans la simili, en effet, la planche métallique avec laquelle on effectue les tirages est en relief. Ce sont les reliefs qui s’encrent et qui déposent leur encre sur le papier.
- Dans l’héliogravure, au contraire, la planche de tirage est en creux. Ce sont les creux qui s’encrent et qui déposent leur encre sur le papier.
- En outre, tandis que dans la simili les reliefs constitués par des points situés tous au même niveau forment les demi-teintes et les grandes oppositions par leur grosseur ou leur finesse, leur rapprochement ou leur écartement en s’imprimant tous sur le papier, dans l’héliogravure, au contraire, les creux grenus de la planche sont de profondeurs diverses et tels que les plus grandes profondeurs
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- correspondent aux plus grands noirs du positif photographique. Enfin l’encre déposée uniformément sur la planche est ensuite enlevée en partie par essuyage avant l’impression et de telle sorte que les creux tout à fait imperceptibles ou négligeables peuvent être au besoin totalement débarrassés d’encre par l’essuyage pendant que dans les plus grands creux un excès d’encrage est laissé volontairement.
- Or, cette répartition inégale et voulue, déterminée, de l’encre a pour effet de produire des blancs purs là où l’encre a été totalement enlevée par l’essuyage et des noirs purs là où elle a été laissée en excès.
- Il en résulte que les tirages d’héliogravure bien faits atteignent, tout en gardant autant de finesse que les plus belles similis et même davantage, une puissance d’oppositions dont l’eau-forte présente seule l’exemple.
- Enfin, même retouchée, comme nous l’expliquerons plus loin, l’héliogravure garantit une fidélité de reproduction parfaite.
- L’héliogravure est bien plus à la portée de l’amateur que la simili. Néanmoins, elle exige encore un matériel spécial que nous allons passer en revue en décrivant par le menu les opérations qui constituent la planche d’impression et le tirage.
- La plaque métallique employée peut être en zinc, en laiton ou en acier, mais on emploie plutôt pour l’héliogravure des plaques en cuivre rouge très martelées (ce qui a rendu planées c’est-à-dire dont une face, polie, est absolument plate. L’industrie (planage des métaux) fournit ces plaques parfaitement dressées dans toutes les dimensions demandées. Mais comme le dernier polissage industriel est fait à l’huile, — ce qui a d’ailleurs l’heureux effet de protéger le poli de l’oxydation, — il convient avant d’employer la plaque de la nettoyer, c’est-à-dire de la dégraisser.
- Le dégraissage se fait avec une solution acqueu-se de potasse caustique et du blanc d’Espagne finement broyé et mouillé jusqu’à consistance sirupeuse. On trempe une brosse douce dans la solution de potasse puis dans le blanc d’Espagne et on promène la brosse sur la surface polie de la plaque préalablement déposée à plat sur une planche dans un évier.
- Après avoir frotté doucement quelque temps, on ouvre le robinet d’eau de l’évier sur la plaque. Si l’eau se répand en nappe uniforme sur toute l’étendue
- le métal plus compact, plus dense) et parfaitement
- Doct. J. Binot. Sur la route d’Hellebourg
- près Salazie (La Réunion).
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- de la plaque elle n’est plus graisseuse. Si non, il faut recommencer le nettoyage, puis refaire l’essai au robinet.
- Dès que la plaque est propre, on la sèche, on la met à l’abri des poussières et l’on s’occupe du grain qu’il faut lui donner.
- Le grain est fourni par une poussière de résine qu’on répand sur la plaque de la façon suivante :
- Dans une grande boîte carrée (de un mètre de côté environ) B (fig. 1),
- sur des pieds d d, on introduit par la porte p o une certaine quantité de résine en poudre très fine (résine copal ou, mieux encore, un mélange par parties égales de résine copal et de colophane ordinaire en poudre très fine), 500 à 1.000 grammes environ.
- En tournant ensuite, très vite, la manivelle M (après avoir refermé la porte p o), on dissémine la poudre de résine dans toute l’étendue intérieure de la boîte où elle forme bientôt un nuage.
- On arrête alors brusquement la rotation dans la position que montre la figure.
- Par son propre poids, la poussière de résine tombe au fond de la boîte, mais avec une vitesse proportionnelle à la finesse des particules de matières dont elle est formée. Les grains les moins fins, qui sont les plus lourds, tombent les premiers, puis les grains moyens et enfin les grains tout à fait fins, proportionnellement à leur finesse.
- Une à deux minutes après l’arrêt de la rotation tous les grains gros ou moyens sont tombés et même une partie des grains fins ; il ne reste plus en suspension dans la boîte que les poussières de résine imperceptibles.
- On ouvre alors la porte p o doucement, sans heurter la boîte, on glisse sur le fond un plateau S monté sur des petits pieds, qui porte la plaque à grainer P l et on referme la porte p o.
- Vingt à vingt-cinq minutes après son introduction dans la boîte, la plaque est en partie recouverte d’une fine poussière de résine également distribuée sur toute sa surface.
- Néanmoins, si on l’examine avec une forte loupe on voit que les grains de résine ne se touchent pas, mais sont séparés les uns des autres par des intervalles plus ou moins grands.
- Si ces intervalles sont trop considérables le grainage est insuffisant ; il faut le recommencer ; c’est-à-dire ajouter une seconde couche à la première. Mais il convient d’abord de fixer le premier dépôt.
- On obtient ce résultat en chauffant la plaque sur une flamme d’alcool ou de gaz avec précaution et très uniformément jusqu’au moment où la couche blanche de résine prend une couleur ambrée (éviter les courants d’air qui déplaceraient la poussière de résine pendant cette opération),
- Il faut arrêter le chauffage de la plaque juste au moment où la résine ramollie par la chaleur se colle à la plaque (ce que le changement de couleur précité indique) et ne pas chauffer au delà parce qu’en fondant tout à fait la résine se répandrait sur toute la surface du métal et y formerait un enduit continu inattaquable dans le bain de morsure (ne pas dépasser 80 à 90°). Cette cuisson faite,
- traversée par un axe A A', monté
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- on refroidit rapidement la plaque en la posant à plat sur une table de marbre ou de fonte froide épaisse et l’on peut procéder à un deuxième dépôt de poussière de résine pour obtenir une meilleure couverture de la surface métallique.
- L’examen à la loupe renseigne sur la nature du grainage, c’est-à-dire la grosseur du grain et son espacement. Pour former un bon grain d’héliogravure, en opérant comme nous venons de l’indiquer, il faut deux à quatre dépôts successifs de résine.
- Pendant toutes ces opérations, il importe naturellement d’éviter les chutes de poussières sur la plaque et de se garder de toucher la surface grainée.
- Le grain formé, il faut recouvrir la plaque grainée de la couche de gélatine bichromatée. Indiquons d’abord la préparation de celle-ci :
- On coupe en petits morceaux, avec des ciseaux, 50 gr. de gélatine Nelson qu’on met à tremper dans 500 cc. d’eau distillée pendant 25 à 30 minutes. Elle se gonfle et, à l’expiration de ce temps, on l’agite avec un agitateur en verre, puis on vide l’eau non absorbée dans une éprouvette graduée pour en mesurer la quantité. Cette eau non absorbée, qui contient toujours des impuretés, est ensuite jetée et remplacée dans le vase contenant la gélatine gonflée par une autre quantité égale d’eau distillée. Dix minutes plus tard, on recommence cette opération : malaxage, jeaugeage de l’eau non absorbée et rejet de cette eau qu’on remplace par une même quantité d’eau distillée.
- Ces manipulations ont pour effet de débarrasser la gélatine des poussières et autres particules étrangères qu’elle pourrait contenir, en lui permettant de se gonfler de la quantité de liquide qu’elle peut absorber, tout en ne changeant pas
- E. Crevaux.
- Chemin perdu.
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- les proportions d’eau et de gélatine indiquées à savoir 500 cc. d’eau distillée pour 50 gr. de gélatine sèche.
- On fait alors fondre la gélatine gonflée avec l’eau distillée qui reste dans le vase, en chauffant ce vase au bain-marie sans dépasser 40°, et quand elle est fondue, on y ajoute 10 gr. de bichromate de potasse en poudre fine qui fond à son tour dans la gélatine maintenue au bain-marie à la même température.
- En même temps, on porte, d’autre part, bien également, la plaque grainée à la température de 40 ou 45°, et il n’y a plus qu’à répandre la gélatine bichro-matée sur la plaque de façon à en couvrir d’un coup toute la surface.
- Pour répartir également la gélatine bichromatée sur la plaque grainée, il est nécessaire d’imprimer à cette plaque un mouvement de rotation d’abord lent, puis rapide. On produit cette rotation avec une tournette quelconque sur laquelle on fixe la plaque bien horizontalement.
- La rotation a, en outre, pour effet d’activer le séchage de la couche de gélatine bichromatée, et comme cette couche devient d’autant plus sensible qu’elle est plus sèche, il faut l’effectuer dans un lieu peu éclairé ou à une lumière artificielle jaune peu actinique.
- (A suivre ).
- PAUL ROUCHÉ.
- Doct. J. Binot.
- “ Les trois cascades ” près Hellebourg. (La Réunion).
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- VOIR ET SAVOIR VOIR *
- N peu de statistique met mieux au point les choses :
- L’an 1902, les deux Salons annuels d’art ont admis plus de 6.700 œuvres émanant de 3.300 artistes environ.
- Ce qui revient à dire qu’en 1902, les Jurys des deux Salons un réel mérite artistique à plus de 3.300 exposants.
- Le nombre des admissions aux Salons étant limité, il y a eu, en réalité, beaucoup plus d’œuvres considérées comme réellement artistiques par les Jurys et, d’autre part, les artistes n’exposant pas tous les ans invariablement, il est certain que Paris contient plus de cinq mille artistes de talent.
- Tous prétendent avoir un idéal artistique particulier, une manière personnelle de concevoir l’art et il ne s’en faut pas beaucoup que chacun d’eux, pris isolément, ne soit tenté de dénier le mérite artistique de tous les autres.
- Le peintre peut admirer l’œuvre d’un sculpteur, d’un graveur, d’un architecte..., il admire rarement celle d’un autre peintre, surtout sans de grosses restrictions ; le plus souvent, il est vivement choqué par toutes les manifestations artistiques qu’il ne conçoit pas et se fait violence en dissimulant, par sociabilité, la répulsion qu’elles lui causent.
- Or, si les artistes sont en tel désaccord à l'égard de leurs productions, comment les simples amateurs photographes doivent-ils considérer leurs œuvres ?
- Cette seule perspective décourage d’entreprendre à leur usage la rédaction d’un traité d’art photographique. On a eu pourtant cette intrépidité et M. A. Horsley-Hinton, chez nos voisins, par exemple, s’est fait presque une spécialité de cette hardiesse en publiant une série d’études sur les diverses formes de l’art dans la photographie.
- Il est vrai que l’Angleterre est un pays où l’on trouve encore le respect de certaines choses ; où l’on peut professer quelques doctrines sans choquer ses lecteurs ou ses auditeurs.
- Chez nous, en matière d’art, tout le monde se croit apte à juger, — et c’est même pour cela que la critique d’art, faite jadis avec tant de conscience par
- ont reconnu
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- quelques spécialistes réellement autorisés, n’existe plus et se trouve remplacée par des procès-verbaux de reporters intéressés à distribuer la louange ou le blâme comme les valets de chiens distribuent friandises et coups de fouet aux meutes dont ils sont chargés.
- L’amateur photographe, quand il demande un traité d’art photographique, est-il bien réellement décidé à étu-
- uoct. j. tsinot. tjcnpse au i» mai 1901. dier ce traité, s il lui est four-
- Les préparatifs (La Réunion). ni ? Cest fort douteux !
- Pourquoi se rabaisserait-
- il au rôle modeste de l’élève puisqu’il est juge déjà, comme tout le monde ?
- Il préfère telle de ses photographies, que l’on pourrait ne pas tenir pour artistique, aux plus belles photographies d’art qu’on signale à son admiration. Tentez donc de détruire chez lui ce sentiment pour le remplacer par un autre !
- Il y a pourtant une très simple expérience amusante à faire avec cet amateur, type du plus grand nombre, qui demande des leçons d’art photographique avec le parti pris conscient ou inconscient de juger, dès le début, et de condamner probablement le guide dont il sollicite les conseils avec plus de curiosité que de confiance.
- Montrez à cet amateur deux ou trois albums de collections de photographies d’amateurs comme lui et pendant qu’il les examine, observez ses impressions, demandez-lui, même, si ses traits restent impénétrables, ce qu’il pense de ces séries d’œuvres de divers auteurs. Vous constaterez qu’elles n’excitent aucun enthousiasme chez lui.
- Ses propres photocopies n’en exciteraient pas davantage auprès des amateurs dont les productions l’ont laissé froid.
- La raison de ces indifférences est toujours la même : l’amateur ne s’intéresse qu’à ses propres photographies et ses photographies n’intéressent que lui-même parce qu’elles n’ont pas plus de valeur artistique que celles de ses pareils.
- Ceci comporte naturellement des exceptions : quelques épreuves dans le nombre, peuvent s’imposer à l’admiration par la beauté intrinsèque du sujet ; mais l’ensemble ou la plupart des photocopies n’ayant pas d’attrait par elles-mêmes ne plaisent qu’à ceux qui les ont faites parce qu’elles leur rappellent les impressions agréables ou fortes qu’ils ont ressenties quand ils les ont “ prises ”.
- Le raisonnement du simple amateur qui “ prend ” une vue ou qui fait un portrait est peu compliqué ; on peut le formuler ainsi :
- « Le sujet me plaît ; je le reproduis parce qu’il me sera agréable de revoir ma reproduction, de garder un souvenir de l’impression que j’ai ressentie, et de la faire goûter à d’autres. »
- Jusqu’à la partie soulignée, ce raisonnement est juste, légitime ; les faits subséquents le corroborrent. Il est erroné de la façon la plus décevante, au contraire, dans sa conclusion soulignée.
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- L’amateur se flatte en vain de faire goûter à d’autres l’impression qu’il a pu ressentir parce qu’il ne peut placer ces “ autres ” dans les conditions physiques et morales où il se trouvait quand il a opéré ; parce que son tempérament, son cerveau, ses conditions particulières, personnelles, ne sont pas celles des admirateurs qu’il prévoit.
- Quand le peintre Géricault représente le radeau du Naufrage de la Méduse, il est sûr d’intéresser, au contraire, parce que sa composition force ceux qui l’observent à éprouver des sentiments de pitié bien déterminés. Elle évoque tout d’abord le souvenir d’un fait dramatique connu. Mais, en outre, même pour ceux qui peuvent ignorer ce fait, elle montre un ensemble de choses qui constituent un sujet impressionnant dans un sens particulier.
- La mer furieuse, le radeau disloqué, les naufragés épuisés dont les expressions tragiques ou désespérées sont éloquentes, tout concourt à obliger celui qui regarde ce tableau à frémir d’horreur et de compassion en songeant au spectacle peint. Il y a là œuvre d’art à tous les points de vue auxquels on peut se placer.
- L’énorme différence de mérite personnel qui distingue l’œuvre de Géricault de celle du simple amateur photographe non artiste démontre qu’il ne suffit pas d’être sensible aux manifestations artistiques pour les juger et surtout pour les produire.
- Le grand artiste peut créer des œuvres si puissantes qu’elles émeuvent les natures les moins affinées, les moins éduquées ; tout autre en est incapable.
- « Pourtant, dira-t-on, la Nature, elle aussi, présente des spectacles admirables, impressionnants au plus haut point et dont tout le monde s’émerveille.
- « La photographie, qui reproduit la Nature avec tant de perfection, peut donc, en présentant ces spectacles, impressionner aussi. Il suffit de savoir discerner entre les choses qu’elle offre celles qui sont capables de produire des sensations. »
- Si cette argumentation paraît logique, elle est fausse en réalité et tout à fait inapplicable au simple amateur photographe.
- Il est faux de dire que tout le monde s’émerveille des spectacles de la Nature. Les villes et les campagnes renfer- I ment une foule d’êtres qui n’ont jamais admiré un coucher de soleil, qui n’en sentent pas la beauté, pour lesquels les couleurs du ciel à l’aurore ou au couchant ne sont que des bizarreries et ces êtres ne remarquent les splendeurs du coloris céleste qu’autant qu’elles se montrent exceptionnelles par leur intensité ou l’écrasante
- Doct. J. Binot. La mare à la Poule d’eau
- dominante d’une COU- près Salazie (La Réunion).
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- leur sur toute les autres. Ces êtres voient un coucher de soleil tout rouge ou dans lequel tout l’espace est “ comme de l’or ” (comparaison mesquine donnant bien la mesure de la nullité artistique de ceux qui la formulent communément). — Sans parler des humains affectés de daltonisme et de ceux pour lesquels toutes les couleurs sont indifférentes.
- D’autre part, les personnes devant la Nature ne sont pas également impressionnées, mais émues seulement en raison de leur tempérament, de leurs facultés et de leur éducation.
- Amenée devant une cascade grandiose, telle petite citadine nerveuse aura pour impression dominante la frayeur du bruit de la chute d’eau ; ou bien le vertige l’empêchera d’admirer la beauté de cette cascade. Celui-ci n’en verra que la forme ; cet autre que la couleur ; le savant, sans éducation artistique,
- Doct. J. Binot. Le “ Bernica ” près Saint Paul.
- (La Réunion).
- considérera seulement le phénomène géographique ou géologique ou la puissance de la force motrice représentée par cette chute.
- Rares, excessivement rares, seront les êtres capables d'apprécier toutes les beautés artistiques de la grandiose cascade ; voilà ce qu’est en réalité l’admiration universelle des êtres à l’égard des beautés de la Nature.
- Il est également faux de dire que la photographie reproduit la nature avec perfection puisqu’elle ne peut donner (nous parlons ici d’une photographie ordinaire), ni la couleur, ni le mouvement, ni le bruit de la grandiose cascade. Elle en réduit tellement les proportions que les rapports de grandeur les plus éloquents suffisent à peine pour permettre d’en concevoir l’ampleur. On a beau multiplier les bateaux, les personnes, les constructions humaines dans les vues des chutes du Niagara, toutes ces vues photographiques réduisent à d’infimes dimensions les incomparables chutes pour ceux qui les ont admirées sur place.
- Enfin quand on ajoute : il suffit de savoir discerner dans les speclacles qu'offre la JSature ceux qui sont capables de produire des sensations, on est dans la plus profonde
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- erreur si l’on s’imagine que ce discernement est aisé : il est en raison directe de la valeur artistique des artistes ; tous les Salons annuels le prouvent parla quantité dominante de sujets mal choisis qu’ils renferment... et les jurys n’admettent que “ le dessus du panier ” des plus belles œuvres artistiques du monde !
- le choix du sujet implique une éducation artistique supérieure puisqu’on peut être peintre ou sculpteur de grand talent, avoir des qualités de métier incomparables et “ composer ” fort mal.
- L’amateur photographe a, comme l’artiste des arts du dessin, un métier à connaître avant toute autre chose. Il doit savoir faire ses clichés et ses épreuves comme l’artiste doit savoir dessiner, peindre ou manier l’ébauchoir et modeler, Mais en apprenant à dessiner, à peindre, à modeler, on fait une partie de son éducation artistique, tout naturellement, tandis qu’en développant des clichés et en tirant des épreuves, en préparant des bains de développement, de virage ou de fixage, on acquiert bien peu de discernement à l’égard des choses d’art !
- En dehors des connaissances techniques photographiques, l’amateur qui veut faire de l’art photographique doit donc acquérir, à part, une valeur artistique égale à celle des artistes des arts du dessin. Or, nous allons reconnaître bientôt que ceci ne l’oblige à rien moins qu’à dessiner, peindre et modeler ; à faire de la perspective, de l’anatomie, de la météorologie, de la géologie, de la botanique, de l’histoire naturelle et à bien connaître l’histoire de l’art, non seulement en France, mais encore dans tous les pays.
- Pour discerner en matière d’art, il faut d’abord savoir voir.
- La plupart des êtres ne savent pas voir au sens artistique qu’on doit attacher à ces mots. Tout le monde, évidemment, constate qu’un homme et un bec de gaz sont deux choses distinctes ; tout le monde discerne un chien d’un chat. Mais on
- constate vite que la masse ne sait pas bien voir quand on questionne celui qui n’a pas éduqué sa vision au point de vue artistique, pour lui faire décrire les caractères sur lesquels il fonde sa différenciation.
- — A quoi voyez-vous que Minet est un chat et que Tox est un épagneul ?
- L’homme du peuple, sans aucune éducation, reste bouche bée quand on lui pose cette question : elle lui paraît phénoménale ou plaisante. Et il rit. — Je le vois... parce que je le vois !
- Un individu, possédant une mentalité moins inférieure, dirait peut-être : Minet est plus petit que Fox, il a une tête de
- Doct. J. Binot.
- Allée des soupirs au Brulé= Saint=Denis (La Réunion).
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- E. Crevaux. A Gambaisenil.
- chat, tandis que Fox a une tête de chien. Minet a des griffes et Fox n’a que des ongles. Fox a de grandes oreilles qui retombent et Minet des petites oreilles droites... étourdi, il ajouterait peut-être Minet est noir et Fox est roux.
- L’artiste, lui, répond sans hésiter à cette question : Les formes anguleuses de Fox diffèrent absolument des formes arrondies de Minet. Il y a moins de disproportion entre les pattes de devant et les pattes de derrière de Fox qu’entre les pattes de devant et les pattes de derrière de Minet. Soit au repos, soit en mouvement, les attitudes des deux bêtes sont dissemblables. Minet a plutôt une face qu’un museau et Fox a plutôt un museau qu’une face.
- L’artiste a été frappé par les vrais caractères généraux qui distinguent le chat du chien parce qu’il sait voir. Le détail ne l’arrête point aux dépens de l’ensemble. Son jugement n’est pas le résultat d’impressions irraisonnées, mais la conséquence d’une analyse globale presqu’instantanée.
- De même, interrogé sur le coucher du soleil, le paysan dit : il est rouge. Tandis que le peintre réplique : Non pas ! Les tons rouges s’étendent, il est vrai, sur la majeure partie du ciel, en face, mais l’horizon est vert; à la gauche du firmament, les orangés et les violets dominent, etc., etc... Il ne voit pas, comme le paysan, une résultante vague ou une dominante exclusive ; il embrasse, en les analysant, tous les tons et tient compte de leurs proportions, de leurs mélanges, de leurs intensités : il sait voir, tandis que le paysan se contente en quelque sorte de n’être pas aveugle.
- Il n’y a pas là une faculté, un don ; le paysan, si ses organes visuels sont normaux voit aussi bien que le peintre toutes les couleurs mais il ne les discerne pas, parce qu’il ne s’est point appliqué à les discerner. En d’autres termes l’œil du peintre est devenu habile à distinguer les nuances tandis que le sien ne l’est point ; il y a en outre et surtout dans le cerveau du peintre, accoutumé à raisonner sur les couleurs, une aptitude à les analyser qui n’existe pas dans le cerveau
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- du paysan dont les réflexions à cet égard sont toujours restées rudimentaires.
- Apprenez à connaître et discerner les couleurs, sachez distinguer les plus faibles différences de teintes, appréciez leurs contrastes, leurs valeurs, les rapports qu’elles ont les unes avec les autres, leurs harmonies, ce qui les constitue et comment elles produisent les effets dont nous pouvons être frappés, etc., etc., alors vous serez coloriste.
- On apprend à voir les formes comme on apprend à voir les couleurs et c’est ici qu’interviennent la perspective, l’anatomie, la botanique, l’histoire naturelle, la géologie. Enfin la connaissance de l’histoire universelle de l’art, forme le goût, évite le retour aux erreurs et les inévitables recommencements de toutes choses que commettent les ignorants.
- Quand on veut se signaler à ses contemporains, il faut éviter que ce soit par la découverte de Marseille.
- Apprendre à voir est donc la première étude du photographe amateur qui veut faire de l’Art photographique.
- Mais pour bien voir, il faut qu’il possède toutes les connaissances permettant d’analyser ce que les yeux perçoivent.
- Il n’apprendra vite à voir, c’est-à-dire à discerner et analyser qu’au-tant que sa vision ne se heurtera pas à autant de mystères qu’il verra de choses.
- Au dix-huitiéme siècle, un cheval au galop se représentait les deux pieds de derrière touchant le sol, l’avant du corps redressé et les membres antérieurs étendus en avant. Une autre attitude, pour représenter cette allure aurait révolté tout le monde, parce que personne à cette époque n’avait su analyser les mouvements du cheval au galop. Les peintres eux-mêmes partageaient, à cet égard, l’ignorance générale ; ils ne savaient pas voir les mouvements comme on sait les voir aujourd’hui. Ils auraient été pourtant moins convaincus de l’excellence de leur fausse interprétation de ces mouvements s’ils avaient mieux connu les chefs-d’œuvre de l’antiquité dans le monde entier, car ils auraient su que les Chinois et les Grecs, par exemple, ont vu et représenté le cheval au galop dans des attitudes bien différentes de celle qui était classique au dix-huitième siècle.
- Suran. Black.
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- Ainsi la connaissance de l’histoire universelle de l’art les portant à douter de la vérité de l’attitude admise aurait eu probablement pour effet de les inciter à mieux observer ; une observation plus attentive les aurait sans doute conduit à reconnaître la justesse des attitudes rendues par les Grecs et les Chinois.... tandis qu’il a fallu les brutales démonstrations de la chronophotographie pour justifier les antiques chefs-d’œuvre pendant le siècle dernier.
- De même, pendant un espace de temps considérable, les peintres se sont obstinés à traduire les ombres par des couleurs rabattues de noir ou d’une invariable teinte jus de réglisse dont le bitume dit de Judée faisait presque tous les frais. Une palette n’aurait pas été complète sans noir d’ivoire, noir de pêche,
- bitume de Judée et quelques succédanés de ces horribles mixtures à peu près oubliées aujourd’hui.
- Les premiers coloristes qui osèrent peindre franchement violette l’ombre portée d’une roche sur un sable jaune firent hurler le public parce que celui-ci ne savait pas voir et ne connaissait point la théorie des complémentaires.
- Il ne suffit pas de
- Doct. J. Binot. Le “ Bernica ” près Saint Paul. regarder pour voir il
- (La Réunion). & F ’
- faut en regardant comprendre ce que l'on voit. Si l’on ne comprend pas, on doute de ses yeux et l’on n’ose pas prendre un parti pour exécuter, — à moins de supprimer systématiquement tout raisonnement comme certains peintres qui, suivant leur propre expression : « copient tout bêtement ce qu’ils voient » sans s’inquiéter du reste.
- Avec ce “ système ” on réussit parfois, talent aidant, des représentations exactes, mais on fait bien rarement des œuvres d’art élevées ; on risque sans cesse de commettre des fautes grotesques et le résultat se ressent toujours plus ou moins de la “ bêtise ” qui a présidé à sa production.
- Nous sommes amateur photographe, toutes les ficelles du métier nous sont connues. Mais il y a mieux ; ou plutôt il faut davantage : nous connaissons les causes physiques et chimiques des opérations photographiques. A la pratique nous avons joint la science et nous sommes réellement maître des résultats matériels que nous obtenons.
- Or, nous voulons ajouter à cette technique parfaite, — point de départ indispensable, — le mérite artistique, apprenons donc à voir et pour cela commençons par étudier ce qui permet de comprendre les choses visibles dont on peut former une photographie artistique.
- LOUIS BORDAT.
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE Nlle Série N° 22
- E. Crevaux.
- BOIS D’ARCY
- E. Crevaux.
- LES JAVELLES
- Prieur et Dubois et Cie.
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- Action de la lumière
- sur les couches sensibles
- SEflSITOmÉT^IE
- SA formule approximative donnée dans notre précédent article (1) est très suffisamment correcte pour toutes valeurs de la lumination comprises dans l’intervalle de représentation correcte et ^ fcj 1 4 présente en ce cas l’avantage de la plus grande simplicité ; voyons
- comment on peut l’utiliser à la détermination d’une caractéristique de la sensibilité.
- La formule complète, dont la complication s’oppose à l’emploi pratique, nous permet du moins de calculer entre quelles limites peut s’appliquer sans erreur manifeste, la formule approchée.
- On peut évidemment, dans la formule :
- D =
- loge JO -- (0-1) P
- remplacer l’expression (0-1) par 0 quand la valeur de ce nombre est grande, c’est-à-dire quand la plaque porte une abondante quantité de bromure d’argent. Si, d’autre part, nous tenons compte de ce que
- loge P = — o
- On voit que l’équation ci-dessus pourrait se ramener à
- D = v loge J
- et, sous cette forme, la relation s’applique à toute les valeurs de j comprises entre les valeurs 1 et 0 ; la comparaison de cette forme avec l’expression donnée de la formule approximative
- D = y(log If—C)
- montre que la constante C de cette formule n’est autre que le logarithme de l’expression i appelée par nous “ inertie ” de la préparation sensible.
- (1) La Photographie Trançaise, juin 1902, p. 190.
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- Considérons deux plaques à couches épaisses dont les inerties aient des valeurs différentes soient *0 et et proposons-nous en soumettant pendant des temps respectivement égaux à f0 et lv ces deux plaques à un même éclairement I d’obtenir sur les deux plaques des impressions de même densité ; les temps t0 et devront en ce cas satisfaire à la relation
- Si donc on connaît les valeurs de l’inertie i pour différentes plaques on pourra calculer a priori, avec une très grande approximation, les luminations
- qui, sur chacune WFm d’elles, donneront des résultats équivalents dès l’instant que la lumination sera connue pour l’une d’elles ; ceci montre toute l’importance pratique qui s’attache à la détermination du symbole i.
- La densité de l’image étant un nombre abstrait, le rapport j doit en être un aussi et par suite ses deux termes doivent mesurer des grandeurs de
- même nature ; l'inertie i est donc une lumination ; c’est pratiquement la plus petite des luminations comprises dans l’intervalle de représentation correcte ; or, plus est grande la quantité de lumière nécessaire pour amener une plaque au commencement de cet intervalle, plus nous devons considérer cette plaque comme lente ; nous pourrons donc mesurer la sensibilité de la plaque par l’inverse de son inertie
- S = 4-
- Doct. J. Binot.
- “ Les trois cascades, près Hellebourg (Réunion).
- Indiquons brièvement comment on peut, soit par le calcul, soit plus simplement par une méthode graphique, arriver à la mesure de i.
- La plaque ayant reçu au moins deux luminations comprises dans l’intervalle de représentation correcte on développe jusqu’à l’apparition des diverses teintes dont, après achèvement, on mesure les densités déduction faite du voile de fond, on possède alors des éléments nécessaires pour poser les deux équations
- 1 = v logo
- = Y loge
- D
- D,
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- entre lesquelles on peut éliminer soit y
- ! . _ P2 log iq - Dj log Iig
- soit i
- loge Ita — loge IL
- ? = ~ »,-D,
- La valeur de i est exprimée en bougies-mètre seconde ; l’expression qui fournit log i étant indépendante du système de logarithme choisi, on trouvera la valeur de i dans la table de logarithmes.
- Doct. J. Binot.
- Eclipse totale de soleil La (Réunion). 19 mai 1901, 7 h. 40 matin.
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- Pratiquement on utilise seulement la portion centrale de la plaque, car il y a toujours sur les marges des inégalités d’épaisseur qui troubleraient considérablement les mesures. Afin d’être assurés de donner à la plaque deux luminations satisfaisant à la condition indiquée on peut lui donner huit luminations en progression géométrique soit par exemple en bougies-mètre seconde :
- BMS = 2,5 5 10 20 40 80 160 320
- laissant une portion de la plaque à l’abri de la lumière pour y effectuer la mesure du voile. On développe à l’oxalate ferreux et pour éviter de trop grandes opacités on s’arrête lorsque l’on a obtenu un dépôt d’argent nettement indiqué même pour les plus faibles luminations, puis on fixe, lave et sèche. Après mesure de toutes les densités, on déduit de chacune d’elle la densité mesurée sur la bande non exposée à la lumière et, prenant les différences entre les densités consécutives, on admet que les densités donnant des différences très voisines correspondent à des luminations comprises dans l’intervalle de représentation correcte.
- Prenons comme exemple les résultats déjà donnés (p. 188) de l’expérience n° 21, portant sur une plaque lente de la marque “ Manchester ”.
- BMS 2.5 5 10 20 40 80 160 320 |
- Densités 0.085 0.175 0.250 0.460 0.755 1.010 1.270 1.555 |
- Différences 0.090 0.075 0.210 0.295 0.255 0.260 0.285
- Nous voyons que les luminations de 20 et de 160 BMS peuvent être considérées comme comprises dans l’intervalle de représentation correcte ; la formule ci-dessus donne
- I . ___ 1,270 log 20 — 0,460 log 160
- lOg l 1,270 — 0,460
- log i = 0,787 d’où i = 6 BMS 12
- Deux déterminations successives effectuées par cette méthode fournissent des résultats qui diffèrent toujours de moins de 10 % si l’on apporte aux mesures le soin nécessaire. Or une erreur de 10 % dans la détermination de l’inertie n’est pas d’une très grande importance pratique, car si même le temps de pose varie par exemple de 4 à 5 secondes dans un cas déterminé, les négatifs obtenus avec ces deux temps de pose sont pratiquement équivalents. Nos déterminations de l’inertie sont donc toujours suffisamment précises pour l’utilisation.
- Nous préférons d’ailleurs obtenir par une méthode graphique la valeur de l’inertie, ce qui dispense de tous calculs et évite tous recours à la table de logarithmes.
- Sur une ardoise, nous gravons une fois pour toutes la linéature du graphique n° 11 ci-après. L’échelle horizontale des inerties s’obtient en reportant sur l’ardoise la division logarithmique d’une règle à calculs ; par les points 2,5, 5, 10, 20, 40, 80, 160 et 320 de cette division, nous traçons des verticales sur lesquelles nous portons une même longueur arbitraire, divisée en 20 parties égales marquées de 0 à 2 par dixièmes, qui sert d’échelle des densités.
- Après mesure des densités sur la plaque en expérience, chaque mesure est,
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- après corrections d’usage, reportée sur l’ordonnée correspondant à sa lumination \ on mène alors une ligne droite par tous ceux de ces points qui se prêtent à un tel tracé ; on reconnaît aisément ces points en tendant entre les doigts un fil blanc et le présentant sur le graphique. Lorsque la droite est menée, cette droite, figurant les densités en fonction des luminations pour l’intervalle de représentation correcte, coupe l’axe d’abcisses en un point qui, sur la division logarithmique de cet axe, porte précisément le nombre représentant l’inertie de la plaque en essais.
- Le graphique ci-contre (n° 11) montre l’application de ces règles à deux plaques Wratten, l’une extra-rapide, l’autre lente. Dans la portion étudiée de leur courbe caractéristique, l’une de ces plaques montre une portion de l’intervalle de surexposition, l’autre une portion de l’intervalle de sous-exposition. On voit que l’inertie de l’une est 1,4, celle de l’autre étant 5,5 ; la première plaque est donc environ quatre fois plus rapide que la seconde.
- Ces résultats sont indépendants de la durée du développement dans un révélateur donné. Pour un développement écourté ou prolongé, la droite représentative s’abaisserait ou se relèverait en tournant autour du point de l’axe horizontal qui fixe précisément la valeur de l’inertie.
- Il est évidemment possible que la sensibilité d’une plaque, mesurée avec un révélateur donné, soit plus grande que si la sensibilité est mesurée avec un autre révélateur : quelques expériences nous ont même donné des résultats variant de plus du simple au double pour des mesures effectuées avec divers révélateurs, mais pour un révélateur déterminé, le nombre représentant l’inertie est indépendant des conditions du développement. On pourrait même, dans une certaine mesure, procéder à la détermination de l’inertie après renforcement de la plaque, du moins après renforcement suivant un mode opératoire qui n’altère pas la gradation des densités.
- Quand l’inertie de la plaque est connue et que, de plus, on a déterminé par un actinomètre la valeur de la lumière qui frappe le modèle à reproduire, on peut calculer le temps de pose à la chambre noire pour obtenir, sur la plaque développée, des densités qui soient presque exactement proportionnelles aux logarithmes des luminations qui les ont produites et produire, par conséquent, des négatifs se rapprochant beaucoup de la définition que nous avons donnée du négatif parfait.
- Il est bon cependant de ne pas perdre de vue qu’un tel négatif n’est pas nécessairement parfait pour l’impression sur un papier sensible déterminé. Si l’on veut produire un négatif conforme à la nature, on doit utiliser une plaque couverte d’une émulsion riche en sel d’argent, et le développement doit être poussé de telle sorte que la valeur du coefficient y, caractéristique du plus ou moins de durée du développement, prenne une valeur numérique très voisine de 1 ou, qu’au cas contraire, on l’amène à cette valeur par renforcements ou
- A. PLxju* U5sorcLnari/
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- affaiblissements appropriés. Certains papiers sensibles, pour la production d’effets artistiques, demandent même une image plus vigoureuse encore, correspondant à des valeurs de y supérieures à 1 et atteignant presque 2.
- La plupart des méthodes sensitométriques, antérieurement proposées, reposent sur la mesure de la lumination nécessaire pour produire sur la plaque en essais, après développement pendant un temps déterminé dans un révélateur de composition déterminée, soit la plus faible trace visible d’impression, soit une teinte d’opacité identique à celle d’une teinte arbitraire fixée une fois pour toutes.
- Or de ce que deux plaques, exposées en même temps à une même lumière, fournissent par développements identiques des opacités égales, on ne peut nullement conclure que ces plaques aient même sensibilité ; à plus forte raison, ne peut-on considérer les sensibilités comme inversement proportionnelles aux luminations nécessaires pour produire, dans des conditions identiques, une opacité déterminée.
- Pour mettre ce fait en évidence, nous donnons ci-dessous les résultats des mesures de densités effectuées sur deux plaques différentes, désignées seulement par les lettres de référence A et B après luminations identiques. On voit que pour une lumination de 2 BMS 5 les densités sont les mêmes, mais que les écarts vont en s’accentuant de part et d’autre.
- BMS. . . , 0.625 1.25 2.5 5 10 20 40 80
- Plaque A . . 0.130 0.330 0.600 0.940 1.190 1.395 1.520 1.605
- Plaque B . . 0.080 0.285 0.600 0.945 1.220 1.465 1.620 1.750
- Effectivement si l’on détermine respectivement les inerties de ces deux plaques soit par la construction graphique, soit par la formule donnée ci-dessous, on trouve
- »A = 9,06 iB = 8,34
- On voit ainsi que la comparaison d’une série d’opacités peut seule fournir un renseignement sur la sensibilité et que l’on peut alors trouver des nombres caractéristiques qui soient, dans une très large mesure, indépendants du révélateur et surtout du mode et de la durée du développement.
- D’ailleurs le coefficient y, relatif au développement, varie dans de telles proportions, d’une plaque à l’autre, lorsque les opérations sont conduites dans des conditions d’intensité les plus parfaites que l’on puisse réaliser, ou même pour les deux moitiés d’une plaque lorsque l’on fait varier, même de quantités très minimes, la dilution, la température ou la durée d’immersion que toute méthode sensitométrique, fondée sur un développement de durée invariable, se trouve viciée dès sa base.
- F. HÜRTER et V.-C. DRIEFFIELD.
- The Journal of the Society of Chemical Jndustry, 31 mai 1890, p. 455 et suivantes Traduction L.-P. C.
- PRIEUR ET DUBOIS 4 Cie, PUTEAUX.
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- les différents plans de l’objet à reproduire, considération qui a son importance quand celui-ci est rapproché.
- Les temps de pose ont été respectivement de 1/2 sec. pour le violet-bleu, 2 sec. pour le vert-jaune, 4 sec. pour le rouge-orangé, le 27 octobre, vers 9 heures du matin, par temps gris.
- ¥ ¥
- Que nos lecteurs nous pardonnent le « parfum d’exotisme » qui se dégage de la majeure partie des illustrations qui accompagnent le texte des articles du présent numéro. Ces épreuves ont le mérite de prouver que, même dans des conditions difficiles, un voyageur, s’il est habile praticien et opérateur soigneux, peut recueillir des documents photographiques fort intéressants tout en présentant un cachet artistique qui met en valeur les diverses particularités des régions explorées.
- Du Gabon, de la côte d’ivoire, du Dahomey, M. le commandant Plé ainsi que M. le Dr Lamy ont rapporté une série importante de clichés qui tous ont été développés sur place.
- Par la perfection des images positives données par ces négatifs, nos lecteurs pourront se rendre compte que si les indications, qui m’ont été fournies par ces Messieurs, sont ponctuellement suivies, il est parfaitement possible, malgré les conditions climatériques de ces régions tropicales si défavorables aux opérations photographiques, de rapporter cependant des documents précieux, tant au point de vue pittoresque qu’au point de vue scientifique.
- La Halte dans la rivière Coujfo nous fait faire connaissance avec cette végétation si spéciale et si luxuriante de ces pays, le Village de Pabolé nous montre à l’état de nature un des types de construction des peuplades qui y habitent. Enfin, ce merveilleux Tam-tam à Cana, si plein de vie, nous fait non seulement assister à une scène de mœurs locales des plus curieuses, mais nous donne une idée très nette des costumes des « dames du corps de ballet » au premier plan, de celui des « féticheurs » au second.
- Au point de vue ethnographique, ces Sculptures du palais des rois à Abomey, cette Dahoméenne avec ses tatouages, ces Moulins à mais à Savè qui nous renseignent sur les origines de la meunerie aux premiers âges de l’humanité, ne présentent-ils pas à des titres divers un intérêt tout particulier ?
- Les géologues, s’il s’en trouve parmi les lecteurs de la Photographie Française, ne manqueront certainement pas de porter leur attention sur cette vue de la Vallée des diamants près Loango dont la très curieuse configuration n’a pu être portée à notre connaissance que par l’emploi d’un téléobjectif dont M. le commandant Plé ne manque jamais de se munir.
- Renseignement qui peut être utile : M. le com-
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- 3 express sur La Haye et Amsterdam. Trajet : La Haye, S h. ; Amsterdam, g h.
- Dépatt de Paris-Nord s 8 h. 25 ni., midi 40 et 11 h. s.
- — Amsterdam s 8 h. 28 m., midi 42 et 6 h. 15 s.
- — La Haye : 9 h. 23 m., 1 h. 44 et 7 h. 24 s.
- 4 express sur Francfort-s.-Mein. Trajet : 12 h.
- Départ de Paris-Nord s 1 h. 50, 6 h. 20, 9 h. 25 (a) et 11 h. s.
- — Francfort s 8 h. 20 m., 5 h. 45, 11 h. 16 s., et minuit 36.
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- mandant Plé a obtenu ses négatifs avec une vélo-jumelle Hermagis 9x12 montée avec un apla-nastigmat et ceux de M. le D1' Lamy avec un stéro-spido 8 x 16 de la maison Gaumont et Cie.
- Plaques employées : Jougla par le commandant Plé, Lumière par le Dr Lamy. Ênfin nous adressons tous nos remerciements à M. le professeur Dr G. Wohltmann qui a bien voulu nous communiquer, avec autorisation de la reproduire, cette épreuve Troupe de police à la ferme de Misahôhe prouvant l’utilité de l’emploi des plaques orthochromatiques même employées sans écran jaune sûus ces latitudes.
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- En mai 1901 devait se produire une éclipse totale de soleil, M. le Dr J. Binot, chef de laboratoire à l’Institut Pasteur fut chargé par M. Janssen d’aller l’observer à la Réunion et d’en obtenir des photographies.
- La planche que nous publions prouve que la confiance de l’illustre astronome fut bien placée car le résultat obtenu fait grand honneur à l’habile et savant opérateur. Cette épreuve prise au moment de la totalité de l’éclipse le 18 mai à 7 h. 40 du matin montre avec une admirable évidence les flammes de la chromosphère solaire.
- Ne se contentant pas de remplir strictement sa mission scientifique, M. le D1' Binot profita de sa présence à la Réunion pour, son vérascope en mains, fixer sur la plaque sensible le souvenir de ce pays aux aspects souvent si pittoresques, de ces sites d’un caractère si original.
- Les quelques reproductions que nous donnons d’agrandissements directs d’après ses négatifs originaux montrent que si M. le Dr Binot est un habile praticien, il est également doué d’un tempérament artistique grâce auquel il sait à propos profiter de certains effets d’éclairage (Mare à la poule d’eau), et toujours se ménager dans ses vues un premier plan mettant bien en valeur le reste du paysage. Dans cet ordre d'idées les Trois Cascades, le Bernica, Sur la route d’Hellebomg sont de véritables petits tableaux.
- Enfin, la vue représentant les préparatifs pour la photographie de l’éclipse est une épreuve purement documentaire montrant le Dr Binot mettant la dernière main au réglage de ses instruments.
- SS SS
- Avec les vues de M. Crevaux, nous retrouvons l’aspect de nos régions tempérees, paysages simples et riants au ciel agrémenté de nuages.
- En canot, de M. Collesolles, est une intéressante étude. Black, de M. Suran, un brave représentant de la race canine au regard vaguement inquiet de ce que ce photographe peut bien lui vouloir ?
- Échos
- Une photographie télégraphiée.
- Nous complétons les renseignements donnés sur ce sujet dans un de nos précédents numéros :
- Plusieurs inventeurs, depuis une cinquantaine d’années, ont étudié des perfectionnements susceptibles de permettre aux appareils télégraphiques d’enregistrer et de transmettre les dessins et autres graphiques à travers l’espace. Mais leurs travaux n’avaient pas eu jusqu’ici de suites durables.
- Or, on annonce maintenant que la transmission des dessins par fil télégraphique est un fait accompli et que deux ingénieurs américains ont résolu ce problème : cela étonnera d’abord, mais après tout, y a-t-il là quelque chose de plus extraordinaire que dans la transmission de l’idée par le télégraphe ou de la parole par le téléphone. Ces découvertes semblèrent incroyables au premier moment : l’usage nous les fait trouver toutes simples.
- Il en sera ainsi de Y Electrographe : tel est le nom de l’appareil qui sert à transmettre par fil électrique des dessins ou des photographies. Et l’on peut voir immédiatement le parti prodigieux qu’on pourra tirer de cette invention : car elle ne servira pas qu’à l’illustration plus rapide des journaux hebdomadaires ou quotidiens. Qu’un criminel soit en fuite, immédiatement son signalement est non pas télégraphié, mais dessiné sur tous les points où le coupable a pu se réfugier, sa photographie est déjà dans les mains des agents avant qu'il ait débarqué du train.
- En guerre, un ballon peut prendre une photographie des positions ennemies qu’il transmet immédiatement à tous les corps de l’armée. Et ce n’est là qu’une partie des usages que l’on pourra faire de l’électrographe.
- Cette découverte est due à deux jeunes Américains, MM. H.-R. Palmer, un gradué de l’Université de Cornell, aujourd’hui ingénieur mécanicien à Cleveland (Ohio) et Thomas Mills, un habile ingénieur de la même ville. L’état actuel de leur invention représente cinq ans d’études patientes et d’expériences. Ils sont parvenus à transmettre des photographies à 1.000 milles, distance plus longue que celle qui sépare New-York de Chicago ; pour cela ils ont mis de six à quinze minutes, suivant la nature et la dimension du dessin.
- La méthode de transmission est extrêmement simple. Pour envoyer une photographie, il faut la faire reproduire sur une plaque par les procédés de similigravure ordinaires. Cette plaque est enroulée autour du cylindre de l’électrographe. Ce cylindre est réversible : il peut par le moyen d’un changement dans l’enregistrement devenir aussi bien récep-
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
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- teur que transmetteur. Une fois la photographie reproduite sur la plaque, on la plonge dans un bain de cire fondue, puis on la frotte de façon à rendre la surface très lisse.
- Les dépressions de la plaque sont alors aplanies par la cire qui en laisse le reste à nu. Tel est le mécanisme de l’appareil prêt à transmettre.
- Dans le récepteur, le cylindre est enveloppé de papier blanc. Lorsque le circuit est fermé, le cylindre se met en mouvement, un petit stylet d’acier décrit sur la plaque une spirale et le courant s’interrompt dans les endroits où la cire est mise. Ces interruptions de courant produisent dans l’appareil récepteur des sauts du stylet correspondant. Des électro-aimants spéciaux sont ainsi mis en contact avec le papier ou en restent éloignés. De là un point noir ou blanc.
- Il en résulte sur le papier récepteur un dessin exactement semblable à la photographie qu’il s’agissait de transmettre. La grande difficulté a consisté pour les inventeurs à un synchronisme parfait des deux appareils. (Petit Bteu.)
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- Le suaire de Turin.
- Dédié à M. P. Vignon.
- L’attention du public est ramenée périodiquement sur le suaire de Turin, à propos d’arguments prétendus nouveaux en faveur de son authenticité. Un événement sur lequel nous parviennent des renseignements sûrs est de nature à diminuer l’acuité de la controverse. En présence des discussions auxquelles cette relique donnait lieu, Léon XIII a ordonné à la congrégation des indulgences et reliques d’examiner cette question qui rentre dans sa compétence. Les consulteurs ont lu le pour et le contre, se sont même livrés, paraît-il, à des recherches plus approfondies, qui ont abouti à cette conclusion que la prétendue authenticité ne pouvait pas se soutenir. S’il n’y a pas de décret pour notifier cette décision urbi et orbi, il sera facile d’en trouver la cause dans les rapports toujours délicats entre le Vatican et le Quirinal, dont cette relique continue à être officiellement le palladium.
- (L’Art et l'Autel.)
- Taptsserie photographique.
- Le vice-roi du Cambodge, grand photographe devant Bouddha, a fait tapisser sa chambre à coucher avec les photographies de ses femmes. Ce souverain oriental n’en a pas moins de 8.000 — légitimes, — ce qui lui donne une certaine variété de sujets.
- Comme il continue la décoration de son palais, opérant lui-même, on comprend qu’il passe son
- existence son kodak à la main — ce dont ses sujets ne se plaignent pas — quand il n’est pas occupé aux tirages.
- Que d'épreuves pour un seul mari !
- (M011 Dimanche.)
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- Photographies indues.
- La 3e chambre civile est saisie d’un procès assez curieux. M. et M>e X..., dont les petites filles ont été photographiées dansant la pavane, se plaignent que le photographe, malgré un engagement formel, ait mis en vente des cartes postales illustrées où figurent ces enfants, et lui réclament 10.000 fr. de dommages-intérêts en même temps qu’ils demandent la destruction de toutes les épreuves illégalement tirées.
- Il avait été stipulé, en effet, qu’en dehors des épreuves fournies aux parents aucune autre ne serait tirée.
- Hier, le tribunal a rendu son jugement. Il déclare que si le cliché est la propriété du photographe, aucune épreuve ne peut être mise en vente ou cédée à titre gratuit sans l’autorisation de la personne photographiée, condamne le photographe à 300 fr. de dommages-intérêts et ordonne la destruction des épreuves tirées à tort.
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- Photographies municipales.
- Nous avons signalé en son temps l’initiative prise par la commission du Vieux-Paris, relativement à l’institution d’un concours annuel de photographies de sites choisis de Paris et de ses environs. L’idée a été approuvée par la 4e commission du Conseil municipal et le prétet de la Seine vient de signer un mémoire qu’il soumettra à cette assemblée pour l’organisation du premier concours photographique.
- Les photographes professionnels ou amateurs seraient invités à prendre les sujets suivants :
- Vues des berges de la Seine et des petits métiers qui s’y pratiquent; marchés aux fleurs de Paris, spécimens d’architecture, sculpture ou autres décorations de Paris antérieures au xvne siècle — églises, palais nationaux et musées exceptés.
- L’exposition publique des photographies se ferait du 25 octobre au 25 novembre 1903.
- Le jury, présidé par le préfet de la Seine, se composerait de trois conseillers municipaux, trois membres de la commission du Vieux-Paris, de trois photographes et de fonctionnaires, M. Ralph Brown, inspecteur des Beaux-Arts à la préfecture de la Seine ; G. Cain, conservateur du musée Carnavalet ; Lambert et Veyrat, secrétaires.
- Les photographies primées seraient placées à Carnavalet.
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- Le Salon de l'Automobile et du Cycle,
- Le cinquième Salon du Cycle et de l’Automobile comprend cette année une section photographique dans laquelle il n’y a malheureusement que peu d’exposants. Nous y avons vu les vitrines des maisons Joux, Gaumont, Mattioli, Mackenstein, Thibaud, etc., etc. Les projections cinématographiques de la maison Gaumont sont un des clous du Salon ; elles rendent un véritable service à la cause photographique par la vulgarisation qu’elles donnent.
- L'alcool solide,
- M. H. de Graffigny, dans le Journal des Inventeurs, donne le procédé suivant pour faire des blocs solides d’alcool, commodes à transporter en voyage pour former un combustible dont les amateurs photographes peuvent avoir souvent besoin :
- Prenez pour cela un litre d’alcool — l’alcool dénaturé est excellent et moins cher — chauffez au bain-marie vers 6o°. Alors jetez-y 50 grammes de savon de Venise bien râpé et tout à fait sec et 2 grammes seulement de gomme laque en écaille. On brasse, on fait dissoudre complètement ces deux ingrédients, et on verse dans des récipients en fer-blanc qu’on bouche tout de suite : par refroidissement, on obtient des blocs solides d’alcool qui brûleront parfaitement quand on y mettra l’allumette. Il est bon de se prémunir contre les dangers du feu en installant son laboratoire en plein air.
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- La photographie mercantile.
- L’amateur doit-il faire payer ses photographies ? Telle est la question que pose M. C. Janet dans la Revue les Archives de photographie et la Photo-Revue Suisse, en faisant allusion aux épreuves demandées par les amis des amateurs.
- Tout amateur est, en effet, l’objet des sollicitations intéressées de ses amis. On lui demande le portrait du dernier né, celui de la jeune femme, le sien... voir celui de sa belle-mère !... ou de son chien et c’est par douzaine pour le moins qu’on réclame les épreuves.
- Pour bien faire les choses l’amateur prend presque toujours son modèle sous plusieurs aspects différents ; il montre les épreuves pour faire choisir... et se voit demander 6 ou 12 reproductions des deux ou trois meilleurs clichés. En bonne arithmétique, cela fait 18 à 36 photographies au moins !
- Naturellement c’est gratis ! Oserait-on offrir un payement à un ami ou à un parent qui ne fait pas commerce de photographies ? Lui-même n’ose réclamer la valeur de ses plaques, de ses produits et celle du temps, sans compter l’amortissement de
- son matériel. Or, tout cela ne laisse pas que de représenter une valeur très appréciable.
- Quand le professionnel demande 50 francs pour 12 épreuves format album on sous entend qu’il fait un bénéfice et l’on imagine que le même travail exécuté par l’amateur vaut infiniment moins, quelques francs peut-être ?... Or, peut-on offrir 8 ou 10 francs à un ami pour un petit service rendu dans lequel son amour-propre trouve d’ailleurs satisfaction ?
- Une fois par hasard... passe encore ! mais l’amateur est trop souvent victime de ces sollicitations. En réalité, comme il n’est pas outillé et installé pour faire ces travaux, comme ils ne constituent pas pour lui un courant régulier, ils lui coûtent beaucoup plus de dépenses et de dérangement qu’au professionnel, et il serait juste de lui offrir la même somme.
- En résumé, M. C. Janet conseille implicitement aux amateurs de faire payer leurs épreuves... Je crois qu’il leur sera difficile de se décider à réclamer une indemnité, pourtant si légitime. Mais il conviendrait qu’ayant connaissance de la valeur du travail les solliciteurs fussent plus réservés.
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- Le record de l'intrépidité photographique,
- La plupart des explorateurs ou des chasseurs de fauves ont mis en circulation dans le public cet axiome que le lion n’attaquait pas l’homme. Bien mieux : ils prétendent, presque tous, que l’homme qui a la mauvaise fortune de se rencontrer face à face avec un lion, peut se tirer facilement de ce mauvais pas en gardant tout son sang-froid, et en dévisageant purement et simplement l’animal sans faire mine de le redouter le moins du monde.
- Une récente expérience semble leur donner raison ; et cette expérience est due à M. Geyser, explorateur, qui paraît, de ce chef, détenir le record de l’intrépidité photographique.
- En effet, les gravures étrangères ont déjà popularisé l’exploit de M. Geyser, et — il n’y a pas à le contester, quitte à rendre jaloux tous nos fervents de l’objectif — nous déclarons tout net que M. Geyser détient le record de l’intrépidité photographique. Il n’entre pas dans le cadre de ce récit succinct de rappeler les intéressants résultats obtenus par cet explorateur des régions africaines ; contentons-nous de narrer ici une des aventures les plus remarquables de ses voyages au Soudan.
- M. Geyser faisait route avec son escorte, par une belle journée remplie de soleil ; la brousse semblait calme ; rien à l’horizon n’apparaissait qui pût éveiller dans l’esprit un sujet quelconque d’inquiétude.
- L’explorateur et sa colonne cheminaient donc paisiblement dans une contrée légèrement vallonnée ; la sécurité semblait même si profonde, qu’on en oubliait presque les précautions les plus élémen-
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- taires de sauvegarde normale, et que les noirs, ainsi que l’explorateur lui-même, conservaient l’arme à la bretelle.
- Soudain, au détour d’un sentier montueux que domine de son feuillage vert sombre un vieil olivier, un spectacle imprévu vint arracher la troupe à sa quiétude outrancière : au pied du tronc noueux de l’olivier une superbe lionne est assise, dans l’attitude méditative et grave qu’affectent généralement les grands fauves au repos.
- Il est certain que cette brusque apparition amena un temps d’arrêt dans la marche, et que les Soudanais, qui composaient la troupe de M. Geyser, durent ressentir, tout au moins, un léger battement de cœur. Et qui donc saurait leur imputer à crime ce sentiment si naturel ?
- Un seul homme conserva tout son sang-froid : ce fut M. Geyser lui-même, et son attitude, en cette dramatique circonstance, fut d’un si beau flegme et d’une si belle bravoure, que ses hommes en furent remontés du coup.
- Tout en saisissant son appareil photographique, l’explorateur prescrivit à tout son monde d’armer les fusils, à toute échéance, mais de ne pas bouger ; lui-même, solidement campé sur les jarrets, prit sa ligne de visée, et braquant sur la lionne son objectif, il en prit un instantané.
- Le fauve, surpris d’abord par l’arrivée inopinée de la troupe, avait regardé tout ce monde d’un air plutôt sévère ; mais devant l’immobilité du groupe, la lionne reprit sa pose pensive et ne bougea plus.
- Tac !... tac !... Le cliché est pris. Sera-t-il bon ? Sera-t-il imparfait ? On l’ignore, et ce n’est certainement pas l’instant de le développer. Que faire, en effet ? Doit-on rebrousser chemin ?... Doit-on contourner l’olivier ?... On hésite.
- Mais, comme si elle eût été parfaitement satisfaite d’avoir été la première de sa race photographiée au désert, la lionne pousse un ronronnement de quasi-satisfaction, se dresse, s’ébroue et part au petit trot.
- Peu après, elle disparaissait au détour du sentier.
- Telle est, photographes, mes confrères, l’aventure vraiment extraordinaire qui arriva à M. Geyser, explorateur. Et nous sommes persuadés qu’il ne viendrait à l’esprit d’aucun d’entre vous de trouver outrancier le titre de cet article.
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- Le corps d’avant, plein, porte en son centre un objectif ; le corps d’arrière, évidé, reçoit un châssis à volet, tout en métal, contenant la plaque sensible.
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- La face extérieure du corps d’avant, qui porte l’objectif, est munie d’une platine, coulissant entre deux feuillures, percée d’un trou à l’une de ses
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- extrémités et supportant, à l’autre, une lentille rectangulaire striée de deux réticules médians et perpendiculaires. En tirant à soi cette platine, du même coup on découvre l’objectif, on arme l’obturateur, et l’on place extérieurement sur le côté la lentille réticulée. Sur le bord de la face de l’arrière-corps opposée à cette lentille on redresse une petite loupe, qui, conjointement avec la lentille, constitue le viseur.
- L’obturateur est à guillotine, à vitesses variables et réglées par un frein à air, de telle sorte que les numéros qui repèrent ces vitesses indiquent le coefficient du temps de pose i, 2, 4, 8, 16. Le n° 1 étant réglé à x /4e de seconde, par exemple, la plus grande vitesse serait i/Ô4e de seconde.
- « Block-Notes » ouvert, vu de côté.
- Sur le bord supérieur du corps d’avant, à côté du bouton de déclanchement, se trouve une petite plaque mobile qui, selon qu’on la pousse à droite ou à gauche, découvre la lettre I ou la lettre P indiquant la première l’instantané, la seconde le posé. Un pas de vis, entourant le bouton de déclanchement, permet dans le cas du posé l'emploi d'un petit piston pneumatique, muni d’une poire de caoutchouc. D’ailleurs, cette possibilité du posé, lorsqu’il s’agit du portrait ou des intérieurs, est encore facilitée par l’adjonction, si on le juge utile, d’une petite planchette spéciale, permettant de placer l’appareil sur toute surface plane, ou sur un pied photographique, attendu qu’elle est munie d’un écrou au pas du Congrès. Dans le cas très spécial du portrait, l’appareil est disposé de telle sorte qu’il peut recevoir des bonnettes d’approche, voir des écrans jaunes.
- Oxygénateui*. — La même maison a créé un peu avant, mais récemment encore, un appareil nommé oxygénaient, sorte de gazogène produisant Y oxygéné, qui, allié à un gaz combustible, gaz d’éclairage, vapeur d’éther ou d’alcool, fournit la lumière oxyhydrique, oxyéthérique ou oxycalcique, suivant le cas, cela par emploi d’un produit nouveau, Yoxylithe, inventé par M.-F. Jaubert.
- Ce produit a la propriété de dégager l’oxygène
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- par simple contact avec l’eau, de même que le carbure de calcium, mis en présence de ce liquide, donne naissance à de l’acétylène.
- L’oxylithe étant livré en boîtes parfaitement étanches, rien de plus facile que de se procurer une quantité quelconque de ce produit qui se conservera indéfiniment et ne dégagera de l’oxygène que quand il sera mis en contact avec l’eau.
- Etant donné qu’un kilogramme d’oxylithe produit 120 à 140 litres de gaz, on comprend que l’on pourra, sous un très petit volume, emporter une très gran-de quantité d’oxygène ; mais ici nous n’avons plus un gaz comprimé sous forte pression ; l’oxygène n’existe pour ainsi dire qu’à l’état latent et ne se produira qu’au moment voulu, par suite de la réaction de l’eau sur l’oxylithe.
- Le gaz provenant de la réaction contient 100 pour 100 d’oxygène.
- Enfin, il n’y a pas de précautions spéciales à prendre avec un appareil utilisant l’oxylithe, puisque l’oxygène est inoffensif et ne peut donner naissance lui-même à aucun mélange détonant.
- On vend l’oxylithe sous forme d’agglomérés paral-lélipipédiques de 4 centimètres environ d’épaisseur sur 24 de longueur, pesant chacun 50 grammes et fournissant par conséquent 6 à 7 litres d’oxygène.
- Les boîtes contiennent 10 pains chacune et se conservent indéfiniment sans altération du produit. Une boîte charge l’appareil pour une demi-heure de travail environ.
- Il suffit d’en avoir quelques-unes en réserve, comme on a des boîtes photographiques, pour pouvoir disposer à tout instant du volume d’oxygène dont on aura besoin.
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- NECROLOGIE
- » U
- M. DEROGY
- L’optique photographique française vient de perdre en M. Derogy l’un de ses premiers pionniers qui, en 1848, entreprit dans l’usine de Songeons, appartenant à son beau-père Wallet d’Ernemont, la construction industrielle des objectifs photographiques. Ayant pris, en 1854, la direction de l’entreprise, il créa, non loin de la première, une nouvelle usine à Sully (Oise). Parmi les innovations apportées par M. Derogy à cette branche de l’optique, citons Y objectif h foyers multiples (1858) d’où dérivent les objectifs aplanétiques modernes et le Triplet, communément attribué à Dallnxeyer. Il apporta dans ses usines de nombreux perfectionnements à l’outillage et, pour satisfaire aux demandes croissantes de sa clientèle, dut établir de nouvelles usines à Hémécourt et à Saint-Samsom. La direction de la maison passe aux mains de M. Houdart, gendre de M. Derogy et son collaborateur depuis de longues années. M. Derogy était maire de Sully et délégué cantonal.
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- et TOURS de MAIN
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- Sulfate de cuivre. ... 88 gr.
- Acide sulfurique. ... 15 gr.
- Eau.......... 500 à 1000 gr.
- ¥ ¥
- Révélateur au Pyrogallol.
- Le D1' Valenta, à la suite de quelques études nouvelles sur le révélateur à l’acide pyrogallique, a constaté que lorsque l’on mélange cet agent à un alcali dans les proportions correspondant exactement à la formation du monophénolate
- / OH G6 H 3 ] OH
- [ OK (ou ONa)
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- on obtient un révélateur incomparablement plus énergique que les révélateurs sur pyrogallol préparés suivant les anciennes formules ; la solution ne se colore presque pas et l’on peut développer successivement plusieurs plaques dans le même bain qui se rapproche dans son mode d’action des révélateurs les plus modernes.
- Pour l’usage, il suffit de mélanger volumes égaux des deux solutions A et B ci-dessous et d’eau :
- A. Eau..................Q. S. pour 1.000 cc.
- Sulfite de sodium cristallisé... 160 gr.
- Pyrogallol...................... 25 gr.
- B. Eau................. Q. S. pour
- Potasse caustique............
- Ou Soude caustique...........
- 1.000 cc.
- 11 gr- 5 8 gr.
- Pour le violet-pourpre : 3 parties de noir diamant ; 2 parties d’indigo ; 3 parties de laque de garance ; 2 parties de noir animal.
- Pour le gris : 9 parties de graphite en poudre ; 1 partie d’indigo.
- Pour le vert-olive : 4 parties de noir animal ; 4 parties de terre de Sienne; 2 parties de bleu de Paris.
- Préparation du papier salé.
- Eau.....................................550 cc.
- Chlorhydrate d’ammoniaque............... 16 gr.
- Acide citrique........................... 5 gr.
- Laisser baigner le papier ou étendre au pinceau cette solution et sécher vivement.
- Photographie sur soie.
- Préparation préalable de l’étoffe : la plonger dans la solution suivante :
- Alcool....................1 litre
- Benjoin...................8 gr.
- Mastic en larmes ... 5 gr.
- Bichlorure de cadmium. 30 gr.
- Laisser la soie une 1/2 minute ; la presser entre deux feuilles de buvard et la laisser sécher à l’air.
- Comme sensibilisateur :
- Nitrate d’argent ... 12 gr.
- Eau distillée .... 100 ccm.
- Plonger la soie une minute dans cette solution et la traiter comme il est dit plus haut.
- Pousser au tirage, laver cinq ou six fois, 5 minutes chaque fois, puis virer dans le bain suivant :
- Bicarbonate de soude. . . o gr. 6
- Eau......................300 ccm.
- Chlorure d’or (au 1/1000). . 6 —
- Introduire l’or dans le bain quand le bicarbonate est bien dissous. Après le virage, rincer et fixer dans un bain d’hyposulfite au i/ioe ; laver de nouveau et repasser avec un fer chaud entre deux buvards.
- * * *
- Mélange de colorants pour le procédé à la gomme bichromatée teintée.
- Pour le ton jaune-brun : 5 parties de brun Van Dyck ; 5 parties de noir animal.
- Pour le rouge-brun : 4 parties de brun Van Dyck ; 4 parties de noir d’ivoire ; une partie de rouge indien ; 1 partie de laque de garance foncée.
- Pour le brun-foncé : 5 parties de noir animal ; 2 parties de brun Van Dyck ; 3 parties de noir d’ivoire.
- Pour le bleu : 6 parties de noir diamant; 4 parties d’indigo ou de bleu de Paris.
- Pour la sanguine : 5 parties de sanguine ; 2 parties de noir animal ; 3 parties de terre de Sienne.
- Bain de virage pour papier salé.
- Chloroplatinate de potassium................ 1 gr.
- Eau distillée..............................600 cc.
- Acide phosphorique......................... 10 cc.
- Les épreuves bien lavées sont laissées dans le bain de virage jusqu’à ce que, en transparence, elles présentent le ton désiré.
- BlBUOG'RJKPTim
- Il sera rendu compte de tout ouvrage dont deux exemplaires parviendront à l’Administration de la Revue.
- % SS
- Le Matériel photographique, ses imperfections, comment les reconnaître, comment y remédier, par Georges Maurion, avec une préface de M. A. Soret. — Librairie Gauthier-Villars, Paris.
- Les Ouvrages qui traitent de cette question sont peu nombreux, ceux qui l’envisagent d’une façon élémentaire sont rares. C’est qu’en effet il est difficile d’exposer clairement, en quelques pages, les méthodes qui permettent de se rendre compte de la valeur d’un système optique. Il semble même impossible de résoudre ce problème sans entrer dans le calcul, à quelque simplicité qu’on le réduise ; et cependant la solution de cette question s’impose, si l’on veut que l’amateur prenne au moins la peine de lire un livre écrit sur ce sujet délicat, car les formules effrayent le plus grand nombre.
- M. Maurion semble avoir vaincu pleinement cette difficulté en écrivant cet opuscule, dans lequel il résume en quelques pages ce qxi’un amateur intelligent doit nécessairement connaître sur les moyens de juger rapidement de la valeur de l’objectif qu’il emploie.
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- LA PHOTOGRAPHIE FRANÇAISE
- En y joignant de brefs, mais substantiels conseils sur la chambre noire, sur l’obturateur, sur l’installation du laboratoire, l'auteur en a fait un vade-mecum indispensable à qui veut bien connaître son Matériel photographique.
- BREVETS D’INVENTION m
- 322328. — 17 mai 1902. Sommer. Obturateur électro-magnétique pour appareils photographiques.
- 322651. — 30 juin 1902. Abondance. Surveilleur automatique des tirages photographiques et de toutes impressions ou actions chimiques produites par la lumière.
- 322813. — 7 juillet 1902. Gerfaux. Nouveau système de cadre pour photographie, etc.
- 323023. — 15 juillet 1902. Gisevius. Procédé pour la préparation de planches d’imprimerie.
- 323103. — 19 juillet 1902. Schulze. Objectif photographique double.
- (1) Communication de MM. Marillier et Robelet. Office International pour l’obtention des brevets d’invention en France et à l’Etranger. — 42, Boulevard Bonne-Nouvelle, Paris
- 323149. — 16 juillet 1902. Eitner. Cuvette de développement avec fond pourvu de rainures.
- 323402. — 2 août 1902. Erme. Système de laboratoire de plein air pour opérations photographiques ou autres.
- 323592. — 9 juillet 1902. Schweitzer. Perfectionnements aux obturateurs photographiques.
- 323669. — 14 août 1902. Roland. Tête de pied pour appareils photographiques ou autres.
- 323719. — 22 juillet 1902. Raison sociale The American Automatic photograph C°. Perfectionnements aux dispositifs de chargement d’appareils photographiques.
- 323720. — 22 juillet 1902. Raison sociale The American Automatic photograph C°. Plaques photographiques.
- 323758. — 12 août 1902. Christen. Mécanisme applicable aux obturateurs d’appareils photographiques et permettant leur déclanchement automatique soit pour l’instantané, soit pour la pose.
- 323772. — 14 août 1902. Wettern. Chambre photographique à soufflet en forme de montre.
- 324094. — 28 août 1902. Leinert. Cuvette pour le lavage automatique des épreuves négatives, positives et autres analogues.
- L’Administrateur-Gérant : H. GRAND.
- REVUE SUISSE DE PjlOTOGRflPjlIE
- FONDÉE EN 1889
- PUBLICATION MENSUELLE ILLUSTRÉE
- Rédacteur en Cluef:
- Ûr R. Î*EISS, Privat-docent, Chef du laboratoire de ' de l’Université de Lausanne
- Principaux collaborateurs :
- Collaborateurs jrançais
- Collaborateurs allemands
- MM. Leon Vidal, Paris.
- Dr E. Trutat, Foix. Prof. E. Wallon, Paris. A. et E. Lumière, Lyon, etc., etc.
- MM. Dr J. Amann, Lausanne. D1' E. Demole, Genève. Dr Schmidt, Paris.
- H. Reeb, chim. à Paris. , etc., etc.
- MM. Dr O. Vogel, Zurich.
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