Revue des sciences photographiques
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- REVUE
- DES SCIENCES
- Photographiques
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- PHOTOCHIMIE, PHOTOPHYSIQUE Applications Scientifiques de la Photographie
- G.-H. NIEWENGLOWSKI
- Principaux Collaborateurs :
- P. Clerc; — E. COLARDRAU; — D’A.Grennano; — Colonel Lausse Commandant Legros ; — Léopold Lnr.; — 1)e Stéphane Leduc ;
- A. et L. Lumière; — L. Math et; — A. Le MÉs;
- C.-L.-K. MEES; — F. MONPILLARD ; — G.-II. NIEWENGLOwSKI ;
- J. Olive ; — E. QULNISSRT ; — A. Seyewetz ; — S.-E. SIPPAnD.
- TOME PREMIER
- (Avec 21 planches hors texte).
- PARIS CHARLES MENDEL, ÉDITEUR
- LIS, rue d’Assas, HS bis
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- AVIS AU LECTEUR
- Les publications photographiques actuelles, créées loutes en vue de répondre aux besoins du plus grand nombre des amateurs et des professionnels, sont fréquemment obligées de rejeter des communications, recherches, mé-moires qui, bien qu’intéressants, ne sauraient, en raison de leur caractére trop abstrait, retenir l’attention du grand public.
- La Reeue des Scieiices PJioh)yraphd[)i.es a pris pour tâche de recueillir ces travaux, de les provoquer au besoin, de les publier et de tenir, tant par des traductions que par des résumés consciencieux, ses lecteurs au courant du mouvement scientifique à l'Etranger, dans ses rapports avec la photographie.
- L’est assez dire que cette publication, d’un caractère tout spécial, ne fera concurrence à personne. Bien (pie son programme soit très large, sa circulation sera forcément, restreinte, et (die ne peut espérer ni gros tirages, ni beaux bénélices. — Elle estimera son but largement atteint si elle parvient à grouper autour d'elle un public d'élite, si elle peut de temps à autre sauver de l’oubli quelque étude (pii, sans (die, n’aurait jamais dépassé les limites du laboratoire ou du cabinet de travail, — ouvrir ses colonnes au travailleur obscur qui n’a ni h' temps, ni souvent les moyens de donner à ses recherches une publicité utile, —contribuer en un mot à diffuser et à augmenter, dans la mesure du possible, la somme des connaissances scientifiques actuelles en matière de photographie, en offrant au savant, au chercheur, à l’homme de science, une tribune digue de lui, un cadre digne de ses travaux.
- 1.1 Dmcmiox
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- LA
- E PIIOTOGRAMMÉTRIQUE
- PREMIÈRE PARTIE. - OPTIQUE PHOTOGRAPHIQUE
- ISTRODUCTION
- L’APPAREIL PIIOTOGROSDMIÉTRIQUE COMME FOCLMÈTRE PHO TOGRAMIMETRIQUE
- Bien que les photographes théoriciens elles constructeurs d’appareils photographiques n'aienl que l’embarras du choix entre les instruments et les procédés spécialement destinés à la détermination des constantes optiques de leurs objectifs, il peut encore y avoir quelque intérêt pratique à constater que toutes les propriétés essentielles de ces instruments se retrouvent à un degré qui n’est point à dédaigner dans des appareils établis en vue d’une toute autre affectation.
- La facilité avec laquelle un appareil photogrammétrique constitué dans les conditions que nous avons définies ( Descripliun el u*mje d'un apinircil élémenlaire de mélrie, Paris, 1893) se prète à la détermination de la longueur focale de son propre objectif nous avait dès l’origine conduit à penser que cette application pourrait avec avantage être généralisée: et que cet appareil lui-même, et même des formes très simplifiées de cet appareil, pourraient rendre de réels services dans l'étude systématique des constantes optiques des objectifs ; du moins dans la mesure des exigences de la pratique. Des expériences variées entreprises en ce sens ont pleinement confirmé cette manière de voir.
- Il est bien entendu que notre but, très différent de celui que poursuit le commandant HOUDAT.LE dans son excellente Méthode d'essai des ubjeclil's pha/opraphiques n’est pas la détermination de l’outillage et du mode d’agencement les plus satisfaisants et les plus complets d'un laboratoire spécial d’essai d’objectifs photographiques. Nous nous proposons simplement de faire ressortir l’étendue et la valeur des ressources que présente pour ce même objet un instrument bien défini, conçu en vue d’une touteautre destination et dont le type commence à se répandre de plus en plus largement parmi les topographes du monde entier, sous la haute influence de l’impulsion toujours inlassable et de l’ardeur toujours junévile du colonel LAUSSEDAT, son créateur.
- Ajoutons que l’emploi de l’appareil photogrammétrique offre, sous le rapport de la commodité et de la précision, l’avantage, si apprécié des géodésiens, de la substitution des mesures d’angles aux mesures de longueurs ; les longueurs n’intervenant que par la considération de la coïncidence des traits de repère invariables des extrémités.
- CIIPITRE 1
- PRINCIPES DE LA MÉTHODE
- S L - LA RIGIDITÉ DES INSTRUMENTS EN PilOTOCDAMMÉTRIE
- Des critiques, d’ailleurs très bienveillants, ont parfois reproché à « l’appareil du commandant V. LEanos » de manquer de rigidité, par suite de l’emploi d’une chambre noire à soiifllel: ce reproche implique une équivoque et une confusion.
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- REVUE ms sCIENeTs PIIOTOGRAPIIGUES
- La confusion esl surtont fréquente de la part des géodésiens qui abordent pour la première fois la photogranmétrie. Elle a pour origine une identification, (pie la réalité ne justifie que dans une mesure très restreinte, entre les conditions dans lesquelles s’exécutent respectivement les opérations de la géodésie et celles de la photogrammét rie.
- Elopération la plus rudimentaire de la géodésie: la mesure d’un angle, implique formellement au moins deux visées distinetes ; sans compter toute une série de visées préliminaires, indispensables pour le réglage et la mise en station de l'instrument. S’il n'est pas possible de garantir (pie dans toute la succession de ces marneux res l’inst ruinent est resté constamment identique à lui-mème, si sa rifjidilc peut en si faible mesure que ce soit être suspectée, tout le travail a été exécuté en pure perte, et le résultat n’est qu’une déception.
- Il en va tout autrement en photogrammétrie. Là, une visée unique fournit une infinité d’angles, dans la détermination desquels les conditions générales d’établissement de l'a ppareil sont rejetées au second plan et exelusivement dominées par les seules considérations de la perfection de l’objeetif et de la précision de la mise au point.
- Les mots: rigidité, collimation, angle au centre, perdent à peu près complètement ici la signification qu’on leur attache en géodésie. L’est en toute rigueur à la seule rigidité des rayons lumineux eux-mêmes qu’est subordonnée l’exactitude des résultats. Le mode particulier dagencement de lappareil a bien moins pour conséquence la précision de ces résultats, que la commodité du travail à l'aide duquel cette précision est réalisée.
- E’établissement des épreuves photographiques sur la minute ne présente aucune difficulté particuliére, quels que soient les rapports de situation du centre de la station avec le centre optique de la perspective ; pourvu (pie ces rapports aient été dûment constatés; eI la simplicité de la construction n'est aucunement modifiée, qu’il y ait ou non coïncidence entre les deux centres. Chaque épreuve unique porte généralement en elle même les éléments de toutes les vérifications (pie sa mise en omvre peut nécessiter ; et deux épreuves contiguës doivent toujours comporter un système de repérage suffisant pour assurer la correction irréprochable de leur raccordement.
- Le colonel Lai SsEDsr. qjui n‘a jamais cédé à aucun l’honneur de le devancer dans le développement de tous les détails de la science qu’il a créée, a donné une solution très élégante du problème de l'établissement d'un plan lopographique à l'aide de photographies prises d’un ballon dont on ignoren chaque instant la situation et l’orientation dans l’espace. il a encore pu reconstituer les plans élévation et coupe géométriques d’un édifice à l’aide de photographies achetées dans le commerce tout à fait au hasard, sans aucune indication relative à la nature de l’appareil et de l’objectif à l’aide desquels ces photographies avaient été obtenues, non plus qu’au x stations d'où elles as aient été prises. Le professeur FunpRiI SrEINEn a également donné des exemples aussi intéressants que variés de ce genre de restitutions au moyen de perspertives photographiques dont on ne connaît pas l'origine.
- Il va d'autre part équi 1 oqueà vouloirvoirdans « l'a ppareil du commandant V. Liamos » un appareil essentiellement à soufflet. Les seules particularités réellement caractéristiques de l’appareil connu sous notre nom consistent en deux organes extrêmement simples, que le premier constructeur venu peut adapter avec la plus grande facilité à n’importe quel appareil photogrammétrique, rigide ou à soufflet : une glace dépolie portant, nu quadrillage de (à une plate-formearticulée, commandée par une vis de rappel,
- qui permet d'ameneresactement à la verticale l’un des systèmesdedroites du quadrillage, indépendamment des mouvements ordinaires de réglage du cercle.
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- 1 §
- I r i I s -
- La particularité réside d’ailleurs bien moins encore dans la présence même de ces deux organes, qu'on pourrait retrouver plus ou moins complètement dans des appareils antérieurs, que dans la méthode (pii permet de déduire, de l’emploi systématique de ces deux, seuls organes la totalité des données de la mise en station. Lotte méthode permet ainsi la suppression de tous les organes géodésiques accessoires infiniment plus compli-qués dont les appareils similaires sont généralement surchargés, qui, dans la technique de ces appareils, sont de toute nécessité pour la détermination de ces données. En même temps, sous le rapport de la précision, elle garantit, toutes choses égales, la supériorité qui résulte pour les observations scientifiques de l’emploi d’un instrument unique, au lieu de la combinaison et de la complexité d’un plus ou moins grand nombre d’instruments.
- C’est en efTet l’un des principes les plus élémentaires de la théorie de la combinaison des erreurs accidentelles, (pie l’erreur provenant, pour une meme observation, de l’intervention de plusieurs instruments est la résultante géométrique des erreurs inhérentes à chacun de ces instruments. Toute adjonction d'un instrument accessoire emporte donc une aggravation de l’erreur première ; et toute la perfection de ce dernier ne peut avoir pour effet (pie de réduire au minimum cette aggravation ; mais ne peut faire que ce ne soit pas une aggravation. Et, puisqu’il est entendu que le résultat que nous poursuivons immédiatement doit être essentiellement le produit de l’appareil photographique, il ne peut y avoir (pie bénéfice à ne pas surcharger les erreurs de cet appareil d’une. quote-part, si minime soit-elle, afférente à un théodolite.
- S’il se trouve (pie les appareils établis sous notre inspiration direete pourlapplication de ces idées par notre excellent ami le constructeur bien connu FLEURY-IIEnyIsont été invariablement jusqu’ici des appareils à soufflet, cela n'a dépendu que de considérations purement économiques. Lotte disposition a eu simplement pour objet de permettre à des explorateurs ne disposant (pie d’un budget extrêmement restreint, et d’un volume de bagages tout aussi rigoureusement limité, comme c'est le cas pour les officiers en expédition, de trouver à la fois dans un instrument unique toutes les ressources d'un appareil photogrammétrique et d’un appareil photographique ordinaire. Elle permet, également une économie parfois importante sur le nombre des plaques dépensées, en donnant le moyen de ne relever qu’avec un objectif de longueur focale plus réduite les portions les moins intéressantes d’un tour d’horizon ; tout en évitant toute solution de continuité dans les résultats. Enfin, ce (pii nous intéresse plus particulièrement au point de vue de la présente étude, c’est précisément à ce mode de construction que l’appareil est redevable des propriétés dont nous nous proposons de nous occuper, propriétés (pii permettent de lui attribuer accessoirement la dénomination de FOCmIETRE PHOrOGRAN-MÉTRIQUE POUR L’oPrtoUE PHIOTOGRAPHQUE.
- s 2. - ESQUISSE DUN FOCDMIETRE PIIOTOGRASDMIETRIOUE pot n LOPTIQUE PIIOTOGRLAPTIIQTE
- Pour les détails de la description complète et du réglage de notre appareil photogram-métrique nous ne pouvons (pic renvoyer à notre étude antérieure précitée. Disons (pie. tant comme construction que comme réglage, tous ces détails ne sont pas également indispensables, pour les besoins de la focimétrie photogrammétrique ; <4 qu’au point de vue de l’emploi systématique dans un atelier d’optique photographique, l’appareil ne ferait que gagner à être simplifié.
- Si nous avions à établir un modèle expressément en vue de cette destination, nous
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- constituerions la chambre noire en lui donnant pour base le chariot ordinaire en deux parties coulissant l'une sur l’autre : la partie fixe portant une graduation en millimètres ; et la partie mobile, un vernier, qui se déplacerait en regard de cette graduation. A l'extrémité de l’une des par lies s’élèverait le cadre de la glace quadrillée ; à l’extrémité de l’autre, le dispositif de support de la planchette porte-objectif.
- Comme une glace quadrillée de précision de dimensions notables est une pièce dispendieuse, et qu’elle est fragile dans la proportion même de ces dimensions, on en réduirait la grandeur en donnant à la planchette porte-objectif un double mouvement de décentrement dont l’amplitude p t s’élever en tous sens jusqju’à la presque totalité de l’étendue de la glace dépolie, avec divisions métriques et verniers pour mesurer le décentrement.
- Le tout pivoterait sur l’axe du cerele divisé, en entraînant dans son mouvement le vernier de ce cercle, invariablement assujetti à la partie fixe du chariot.
- Au moment de l’emploi on compléterait la chambre noire en jetant sur l’ensemble des deux cadres un voile, de. velours noir qu’on enlèverait, une fois la mise au point effectuée, pour la commodité des manmuvres que nous allons décrire dans un instant.
- On assurerait, dans une mesure' suffisante, la verticalité de l’un des systèmes de droites du quadrillage de la glace dépolie, soit en faisant usage de deux fils à plomb, soit en dirigeant l’appareil sur un ensemble quelconque d’édifices à arêtes verticales ; de telle façon que l’image du deux de ces verticales se projetât dans le voisinage de deux verticales de la glace dépolie les plus rapprochées possible des bords opposés de l’encadrement.
- La connaissance de la ligne d’horizon de l’image n’a pas ici d’importance bien essentielle ; cependant on pourra utilement faire appel à la propriété à laquelle nous avons recours en photogrammétrie pour sa détermination; à l’efet de vérifier la direction générale des horizontales, surtout dans h'cas où les repères verticaux feraient défaut. On vérifiera en outre ainsi la correction du mousement de rotation.
- La propriété dont il s’agit consiste en ce qjue, dans la rotation de l’appareil autour d'un axe vertical, l’image de tout point extérieur non situé dans le plan d’horizon de l’image fournie par l'objectif, décrit une branche d'une hyperbole dont l’axe transverse est la verticale principale, et l’axe non transverse, la ligne d’horizon. Cette courbe tourne «loue en tous cas sa convexité vers la ligne d’horizon. et est parfaitement symétrique par rapport à la verticale priucipale. Il résulte de là qjue, dans le fonctionnement correct de l’appareil, les écarts entre les positions successis es d’une telle image et l’une quel-conque des horizontales de. la glace dpolie doivent se reproduire. identiquement les mêmes pour des points symétriquement situés de paît et d’autre de la verticale centrale du quadrillage.
- § 3. — DH QFADRILLNGE DE LA GLACE DÉPOLIE
- Nous avons dit que le quadrillage de la glace dépolie doit être un quadrillage de prc-cision. C’est en effet de la précision et de la finesse des traits du quadrillage que dépend avant tout la précision des résultats que nous poursuivons.
- Il n’est. aucnnement nécessaire pour la pratigue courante de la foci mét rie que les traits du quadrillage soient ext reniement resserrés. Il est cependant indispensable qu'ils soient assez nombreux pour fournir une sullis ision comvenable des régions du champ des dillérents objectifs sur lesquels on se propose de faire porter ses observations. Un
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- quadrillage au centimètre paraît pleinement suffisant pour répondre à toutes les exigences de l’optique photographique.
- 4. — DÉTERMINATION DE LA L.ONGUEUR FOCALE DE L/OBJECTII
- La détermination fondamentale, celle de la longueur focale, s'effectue comme nous l’avons indiqué dans notre notice. On met l’appareil au point sur un repère très nettement défini et assez éloigné pour réaliser autant que possible les conditions de la mise au point à l’infini. Ce repère doit être situé de telle façon que son image puisse, être amenée exactement au centre de la glace dépolie; et c’est après avoir réalisé cette coïncidence que l’on met au point. Cela fait, sans plus modifier désormais en rien la mise au point ainsi effectuée, à l’aide du mouvement de rotation autour de l’axe du cercle divisé on amène cette même image à tomber successivement sur deux verticales symétriques par rapport à la verticale centrale, et aussi rapprochées que possible des bords de la glace dépolie; sans cependant dépasser les limites du champ que l’objectif couvre correctement.
- Il est expressément entendu que, dans ces nouvelles observations, la mise au point initiale est rigoureusement maintenue ; même quand elle se trouverait ne plus répondre, pour ces régions excentriques aux conditions de la méthode parallactique que nous exposerons dans un instant.
- Pour chacune des positions extrêmes on fait la lecture du cercle, soit 2x l’angle relevé par la différence de ces lectures; 2/ l’intervalle horizontal intercepté sur la glace dépolie entre les deux verticales extrêmes. Sous certaines réserves que nousaurons à discuter, l est la longueur de la tangente de l’angle « dans le cercle dont le rayon est précisément la longueur focal»; /'cherchée on a donc :
- 1 /o«
- On déduit de là :
- 1 =|-
- II
- 3 a
- La dernière transformation de la formule semble sans intérêt au point de vue mathématique abstrait. Au point de vue pratique elle, offre l’avantage très appréciable de substituer à une division par un nombre de cine ou six chiffres une multiplication dont un des facteurs n’aura généralement qu’un seul chiffre, et qui, en conséquence, pourra s’effectuer à vue. En effet, dans l'intérêt de la facilité et de la sûreté même des observations, on sera tout naturellement porté à arrêter la lecture à un nombre rond de centimètres, de décimètres même, pour les objectifs dont le champ a une étendue supérieure à quarante centimètres ; de sorte que 1 sera d'ordinaire exprimé par un nombre d’un seul chiffre. Si donc on dispose d'une table des colangentes naturelles telle que celles qui figurent dans les recueils de GOssART ou de CLAUDEL, l’opération se ramènera tout entière à multiplier le nombre correspondant dans cette table à l’angle x par celui qui exprime la valeur de 1.
- Remarquons toutefois que, telle que nous venons de la décrire, cette opération comporte comme préliminaires le calcul de la différence des deux lectures relevées sur le cercle, et celui de la moitié de cette différence : l'évaluation de la moitié de 2/ ne pouvant d'ailleurs s’appeler un calcul. Sans empiéter sur la discussion détaillée, à
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- laquelle nous allons procéder, des erreurs qjue comporte la méthode, nous dirons immédiatement que, si nous sommes parti de la mesure de 2 et de 2/, c’est (pie l’erreur relative de leur détermination est à peu près inversement proportionnelle aux valeurs absolues sur lesi md les elle porte, les erreurs « d extrémités » en constituant la plus forte part. Dans la pratique courante de l'atelier, ou du laboratoire de vérifications, quand on aura à effectuer une nombreuse série, ile semblables mesures sans viser expressément au plus haut degré de précision réalisable, on se contentera d'opérer pour les valeurs simples z et /. C’est-à-dire qu’on fera la lecture du cercle pour la verticale centrale et pour l'une quelcongjue seulement des verticales extrêmes. Si, en même temps, en faisant fonctionner le double mouvement dont sont ordinairement pourvus les cercles divisés, on a le soin de toujours faire partir les lectures du zéro du cercle, ou d’un nombre rond de dizaines de degrés, la nécessité de la soustraction, avec la double transcription de chiffres qu’elle exige, sera évitée. On transportera immédiatement dans la table des colangentes le nombre unique relevé sur le cercle ; et, de cette façon, en définitive, on n’aura plus absolument à prendre la plume ou le crayon que pour inscrire le résultat cherché.
- s s. _ LONGIUEIR FOCAI.E OPTIQLT ET DISTANCE PRINGIPALE PERSPECTIVE
- Nous n’avons assurément pas la prétention de présenter comme une nouveauté le procédé de détermination par la cotangente des dlistances principales des perspectives photographiques. Ce procédé a été appliqué parla plupart des observateurs qui nous ont précédé, et, avant tout, par le colonel ISSEDNT lui-même dès les débuts de la méthode. Il existe toutefois, entre la détermination de la distance principale perspective et celle de la longueur focale optique, une distinction essentielle, que va nous rendre, manifesta* la discussion des erreurs de la focimétrie photogrammétrique.
- CHAPITRE 11
- ERREURS DE LA MÉTHODE
- s I. - ERREUN DE MISE AC POINT St R LE REPERE: MISE Al POINT PARMLLNCTOUE
- La première de ces erreurs est l’erreur de mise au point sur h* repère extérieur : le plan de, la glace dépolie n’a pas été ajusté par rapport à l’objectif exactement à la distance déterminée par la longueur focale conjuguée à la distance réelle, du repère ; (pie cette distance puisse ... non considérée comme correspondant à la mise au point à l’infini .
- Les objectifs dont on fait usage, en photogrammétrie, généralement d’une construction très soignée, et constamment employés avec les plus petits diaphragmes, ont dans ces conditions une profondeur focale assez notable ; et ('elle profondeur jette sur la mise au point une incertitude qui est loin d’être négligeable. In objectif de 1 5 centimétres de foyer, par exemple, donnera encore ainsi une image ne laissant (pie très peu à désirer, même quand on l’observera à la loupe, avec une erreur de mise au point d’un, de deux, voire de cinq millimét res. La distance principale de la perspeetive figurée sur la glace dépolie ou sur la plaque photographique pourra alors varier (h* 15 à 1 55 millimètres, qu’aceusera la méthode de la cotangente telle que mais l'avons définie jusqu’ici. Et, si l’on a effectivement l’attention de la déterminer à chaque opération, et de ne pas s en rapporter aveuglément à la longueur focale théorique de l’objeet if, cette indication sera
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- irréprochable au point de vue de l’tablissement de la minute 1 opou rapligjue. Cela n’empeche pas qu’elle serait tout simplement déplorable en tant que détermination focimétrique.
- Cette erreur est encore fréquemment aggravée dans la mise au point à la loupe parle fait que ce que l'on perçoit dans ces conditions c’est bien moins la coïncidence du plan de l'image focale de l'objectif avec le plan de la glace dépolie, qu’un cerlain compromis entre ce dernier plan et les plans focaux de la loupe et de l'objeetif. On voit alors l’image du repère tomber sur la croisée centrale des droites du quadrillage non par suite d’identité réelle de situation dans l’espace; mais par simple superposition de direction des rayons visuels (pii y aboutissent dans l'intervalle de tolérance des deux systèmes optiques opposés.
- On sait que cette cause d’erreurs est un des écueils les plus communs et les plus perfides des mises au point photographiques ; même alors (pie l’on fait usage de glaces dépolies assez opaques pour apporter une gêne marquée dans les opérations. Nous avons dit dans notre notice que le moyen le plus pratique de surmonter cette difficulté est le procédé de mise au point préconisé par M. CARENCE E. Woopx sous le nom de Mise au point parai tactique.
- Ce procédé est on ne peut plus simple, dès que l’on dispose d’une elace dépolie qua-drillée ou même simplement pourvue de qurlques traits de repérage quels qu'ils soient. Dans notre cas, l’image du repère extérieur est amenée à la loupe en coïncidence aussi rigoureuse que possible avec la croisée centrale des traits du quadrillage. Cela fait, on déplace légèrement l'œil et la loupe à mettre au point. Si le plan de l'image focale donnée par l’objectif se confondait réellement avec celui de la glace dépolie, la coïncidence précédemment constatée ne sera point altérée. Les deux images d'abord réunies sous la loupe se trouveront au contraire dissociées, si leur coïncidence n'était qu’imne illusion résultant, au cours de la première observation, de la rencontre fortuite de ces deux images sur le prolongement d’un même rayon visuel.
- Lu avantage capital de la mise au point parallact ique est qu’elle rend la sûreté de la mise au point complètement indépendante des inexactitudes de réglage de la loupe, à la charge desquelles doit être imputée la perte de tant de, clichés. Avee la mise au point parallactique, un réglage défectueux de la loupe peut incommoder l'opérateur; mais il ne peut l’induire en erreur. Elle fournit d’ailleurs le meilleur moyen de rectifier ce réglage. Aussi, même en vue de la pratique la plus banale de la photographie, aucun possesseur d’appareil photographique ne doit-il hésiter à s’en assurer les bénéfices. Il n‘y a pour cet objet, à défaut d'un quadrillage établi dans toutes les regles de l’art, qu’à tracer légèrement et finement au diamant sur la partie centrale de la glace dépolie un simple paraphe présentant un certain nombre de points d’entrecroisements de lignes : ces points seront pleinement suffisants pour assurer le repérage.
- s 2. - ERREL R PROPRE DE LA MISE AE POINT PARALLNCTI HE
- La théorie indique que, dans le déplacement de la loupe, les conditions les plus favorables à la constatation de l'erreur se produiront quand l'écart des deux images pourra ‘dre observé sous l’angle de 15". A ce moment la limite d'erreur absolue rendue sensible sur la longueur focale sera précisément la même (pie celle des erreurs latérales que 1“ loupe rend appréciables sur la glace dépolie. En réalité la réflexion totale qui se produit à la face extérieure de la glace dépolie ne permet pas d'atteindre jusqu à l angle
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- de 15° ; mais elle permet d’en approcher dans une mesure suffisante pour que cette Évaluation approximative puisse et re conservée.
- Cette question de la précision de la mise au point des systèmes optigues se présente dans l’emploi d’ur grand nombre d’instruments de physique ; et l’attention de l’Aea-demie des Sciences a été dans ces dernières années à plusieurs reprises appelée sur des procédés proposs pour y satisfaire. Bien qjue ces proc‘dés soient en général de beaucoup plus compliqués tpie celui de M. CARNeE B. Woop\v, ammu ne nous semble lui être supérieur pour l’objet particulier qui nous occupe. La précision de celui-ci n’a en réalité d’autres limites que celles de la finesse et de la netloté des traits qu’il est possible de tracer sur la qlace. et de la puissance. des grossissements sous lesquels ces traits sont observés. En focimétrie mieroscopique elle peut sans difficulté être portée au delà du milliemedemillimnétre; e( on peut dire qu’elle ne s’arrête qu’aux limites extrêmes (pie les phénomén ‘s de difu-ion et de diffraction imposent jusqu’ici au pouvoir de délinition de tous les instruments doptigue.
- Pour les objeel ifs à grande ouverture et à profondeur focale ext remement restreinte, que l’on n’arrive déjà à mettre au point [uà l’aide des ttonnements les plus minutieux, la mise au point parallactique est à peu près dénuée d’intérêt. Elle des ient au contraire essentielle pour les objectifs fortement diaph ragmés et à grande profondeur focale.
- Il va de soi qjue la précision de la mesure de la longueur focale est avant tout limitée par la précision avec laquelle cette longueur a été assurée dans la construction par le moyende la correction des difFrentes aberrations. Là où (-elle correction laisse à désirer, il ne peut plus étre question de plan focal, mais seulement d’une, profondeur focale plus ou moins nettement définie. Il ne saurait en efTet dépend re d’aucune met hode de mesure d’introduire dans la position du foyer une précision qui lui fait défaut.
- Les considérations qui précèdent font ressortir quelle différence il peut y avoir dans les exigences de la méthode photogrammétrique selon qu’il s’agit de topographie, ou de focimétrie. Elles font également comprendre qu’un appareil photogrammétrique com-plètement rigide non seulement est impropre à l’étude systématique d’une série d’objectifs de longueurs focales variées ; mais encore qju’il ne serait même pas susceptible de garantir la longneurforalecorreete de l’objectif unique en vue duquel il est expressément établi. Il ne peut d’ailleurs davantage se préter aux rectifications que les incidents d’une campagne tant soit peu laborieuse et prolongée, el l’influence des climats extrêmes pourraient rendre désirables. Si, cependant, il ne cesse pas de fonctionner d’une façon très acceptable, c’est que, comme il a été dit plus haut, son usage dansée genre d’applications comporte une assez lare toléranee. Mais s’il peut ainsi continuer à rendre de bons services, il faut bien que l’on sache que ce n’est pas à raison de sa rigidité ; mais bien, tout au contraire, en dépit de sa rigidité.
- - ERREUN PAR INSUFFISANGE DE hlSTANCK 1)1' REPENE
- Une deuxième cause d’erreur tient à ce que le repère sur lequel on met au point n’est pas réellement à l’intini. Cett" erreur afecte la longueur focale cherchée dans une proportion en général sensiblement exprimée par le rapport de cette longueur focale à la distance du repère.
- En effet, si l’on désigne par DcMic dernière distance, par / et /′ les deux longueurs focales principales du système optique soumis aux essais, par : l’erreur résultant sur
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- l’évaluation delà longueur focale de l'insuffisance de la distance du repère; la formule classique de l'équation des foyers conjugués devient :
- A_LCEI
- f-s 1 D
- On en déduit :
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- Si l’on exprime la distance D en longueurs de p (longueur du foyer tourné vers l’extérieur), en posant par exemple D = kp, il viendra :
- S’il est évident qu’en pratique la distance D ne peut être infinie, il sera à peu près constamment possible delà prendre extrêmement grande par rapport à ; k sera par conséquent en général un nombre très grand, vis-à-vis duquel l’unité en surplus au dénominateur deviendra négligeable. On pourra donc d'ordinaire s’en tenir pour l'évaluation de l’erreur à l’expression :
- Quand le système optique que l’on étudie est tout entier plongé dans le même fluide, comme c'est le cas général pour l’objectif photographique, les deux longueurs focales sont identiques, et l’expression qui précède représente en même temps la valeur de l’erreur relative par rapport aux deux faces de l’objectif. Pour les objectifs à immersion de la microscopie, pour les appareils photographiques destinés à opérer sous l'eau, comme pour les systèmes réfringents qui constituent l’œil, il n’en est plus de même ; et cette expression doit, selon le cas, être encore divisée ou multipliée par le rapport des indices de réfraction des milieux en contact avec les lentilles extrêmes.
- Si nous avons qualifié d’erreur la valeur ainsi exprimée c’est en considérant une observation unique faite sur un terrain inconnu. Quand, dans un atelier de construction ou dans un laboratoire de recherches, on se sera proposé de poursuivre systématique-ment la détermination des longueurs focales parla méthode photogrammétrique, on ne manquera pas de relever soigneusement la distance des dilférents repères dont on aura l’intention de faire usage. L’expression dont nous nous occupons ne sera plus alors à proprement parler l’expression d’une erreur; mais bien celle d'une correction parfaitement exempte de toute incertitude, qu’il y aura lieu de faire subir à toutes les déterminations ainsi ellectuées.
- En général il y aura tout intérêt à faire choix de repéres situés à telle distance que cette correction soit pratiquement négligeable. On aura dû autant que possible s’assurer la disposition d’une série de tels repères situés dans des orientations assez variées pour qu’il s’en présente toujours quelqu’u dans de bonnes conditions d’éclairement à toutes les heures de la journée ; et il y aurait lieu de considérer comme peu appropriée à l’installation d’un laboratoire d’études de cette nature un local qui ne posséderait pas des vues assez étendues pour permettre de faire abstraction des erreurs provenant de cette origine. Toutefois, il se peut que l’on n’ait pas le choix; et là même où l’horizon peut être regardé comme pratiquement illimité, on se trouvera parfois contraint à operer à
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- fies heures ou dans des conditions atmosphérigues qui rendent impossibles les visées à longue portée. Il sera donc indispensable de, prévoir l’emploi d'une autre série de repères situés à des distances plus modestes et mesurées davance, en rapport avec des conditions d’éelairement plus ou moins favorables. La mise en auvre de tels repères conduira encore à des résultats irréprochahles, à condition qne l’on applique aux chiffres bruts immédiatement déduis de l’observation les formules de correction qu’ils comportent.
- En tout cas, il convient de remarquer gue, méme quand elle n’a pas été déterminée et qu’elle est restée à l’état d’erreur, la valeur dont il s’agit n’est pas du tout de l’ordre des erreurs classées dans la lechnigne générale des seienees d’observation sous le titre d'erreurs aeeidentelles. ( lest alors une erreur sush^uul/iiue, invariable de sensel de gran-deur pour toute série d’observations effectuées d’une même station sur un même repère avee le même objectif ou des objectifs identiques. Le caractère d'erreurs accidentelles n’appa rl ient qu’aus divergences (pie peuvent présenter autour de leur movenne les déterminations de semblables séries.
- Que l’on ait pris ou non la peine de la déterminer, on voit que la correction ou l’erreur dont il s’agit sera rendue complètement négligeable au point de vue de la pratique si l’on dispose, d'un repére suffisamment éloigné. Ainsi, pour un objectif de vingt centimètres de longueur focale, l’emploi comme repére d’un clocher situé à un kilomètre de distance en t raine une erreur d’un cinq millième de cet te longueur focale, ou en d’autres termes, d'un vingl-cinguième de millimétre.
- s , EN PAI DEFAIT DI CINTRAI DANS LE PIAN DE SYMÉTRIE
- Une troisième cause d’erreur peut être la conséquence de ce que. les éléments cardinaux du système optigjue ne sont pas convenablement situés par rapport à l’axe de rotation de l’appareil; et d’abord nous considérerons le cas d’un écart maintenu dans h1 plan vertical de symétrie qui renferme l’axe de rotation.
- Nous avons probablement étélun des premiers, dans nos Éléments de pholofiram-mélrie, Paris, 1891, à signaler que, dans les appareils pivotants de cet te nature, tandis que c’est du point noilal d'arrière de l’objectif que s’irradie l'image; photographique, et que c’est à partir de ce point que doit être mesurée' la longueur focale; c’est autour du point nodal d'avant que doit s’elfeet aer la rotation, pour la continuité optique rigoureuse des images <pii se suecèdent sur la glace dépolie. Le défaut de centrage se mesure' donc par l'écart qui existe en projection sur le plan horizontal entre l'axe de rotation et le point nodal d’avant de l’objeetif; cet écart étant pour k moment supposé limité à l’intérieur du plan vertical de' symétrie de l’ensemble du système.
- Dans un appareil expressément construit en vue de ces déterminations, et tel que celui dont nous avons essaye' de' donner une idée sommaire', le coulissage de la base; devrait dom; eln; agencé de manière' à permettre «amener autant qjue possible à l’aplomb de' l’axe; de rotation le point nodal d’avant de l’objectif soumis aux essais; sauf à faire; équilibre, par unsystéme de contre-poids approprié, à l’équipagede la glace dépolie. Toutefois il ne faut pas oublie']- que, la position exacte de notre; point nodal étant précisément l’une des ineonnnes que l'on se propose de; déterminer, même avec l’appareil h' mieux compris ('t le plus spécialement organisé, ce n’est ésidemment tpu; par approximation que ce point pourrait être établi à priori surl’ase de, rotation.
- (A suivre).
- Commandant Lsanos.
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- SUR LA PHOTOCHIMIE DE L’IODURE D’ARGENT
- Par LÜPPO-CRAMER, à Francfort-sur-Mein
- (Communication du lahordloirc de recherche de la l'uln-igue de phujum sèches lr’ C. SCHLETSS.XE/t
- La substitution des plaques sèches aux plaques humides dans le procédé négatif amena avec elle non seulement le remplacement du collodion par la gélatine comme véhicule (agglutinant) mais aussi la substitution de liodure par le bromure d’argent. De même le développement physique fut remplacé par le développement chimique. A côté du gélatino-bromure d'argent, h' gélatino-chlorure, dont les propriétés ont été étudiées par Eder et PizzmLLi en 1881, joue un rôle important dans les procédés positifs par développement. Le gélatino-chloro-bromure d’argent, mélangé, est également beaucoup usité.
- On sait que Viodure d'argent n’est employé dans les émulsions à la gélatine que comme addition au gélatino-bromure. La teneur en iodure atteint au plus quelques unités pour cent. L'iodure d'argent seul ne peut pas fonctionner comme producteur d'image et c’est, pourquoi il n’a jamais été étudié à fond (1). Cependant un raisonnement simple me fit douter de l’exactitude des propriétés attribuées jusqu’ici à l'iodure d’argent émulsionné et c’est pourquoi j’ai pensé qu'une étude plus approfondie sur ce sujet ne serait pas superfine.
- Si l’on compare entre eux les différents composés halogénés de l’argent au point de vue photochimique, on trouve d’abord que la sensibilité du bromure d'argent dépasse à tous les points de vue celle du chlorure d'argent.
- On trouve d’autre part que la redueliou du chlorure d'argent se fait plus facilement que celle du bromure d’argent. Tandis que des révélateurs très faibles (2) suffisent déjà pour le développement du chlorure d’argent et l’emploi des révélateurs rapides donne, naissance à du voile, par contre l’émulsion au gélatino-bromure supporte des révélateurs beaucoup plus énergiques et elle est presque insensible à l'action des révélateurs faibles qui développent suffisamment le chlorure d’argent.
- Dans la daguerréotypie ainsi que dans les procédés humides, c’est Viadurc qui est le plus sensible des halogénés d’argent. Dans ces deux vieux procédés le développement est physique- car il consiste en une attraction du mercure finement divisé ou de largent naissant par l’image latente. Aucune redueliou de l'iodure d'argent n'a lieu.
- La résistance des halogénés d'argent envers les réducteurs augmente en allant du chlorure au bromure et ensuite à l’iodure. d’argent. Ce fait peut être constaté par la façon dont ces composés se comportent quand ils sont précipités au sein d’une solution aqueuse, dé plus il est confirmé par des raisonnements purement chimiques.
- Le système périodique des éléments dit que les propriétés des éléments et celles de leurs composés sont une fonction de leur poids atomique. Suivant ce principe bmles les
- U) Vovez Eders Ausflrl. I landb. <1. Pliot., vol. Ht, se êL, p. 29 11902).
- (2) Cl, LIISAAzaN in Edern Jahebuch f.l’hol., p. 1902,p. 372 et 57: et Kônig. Phot.Corres, 1903, p. 14.
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- propriétés devraient augmenter dans le même sens en allant du chlorure au bromure et à l’iodure d’argent. Ceci ayant lieu en effet pour leur sensibilité à la lumière dans les procédés humides et si l’on considère l'indure dargent avec développement physique on serait tenté de croire que dans le cas du développement chimique c’est aussi l’iodure qui est le plus sensible des trois halogénés d’argent. S'il n’en est pas ainsi en réalité, c’est probablement parce qu’on a employé jusqu’à présent des réducteurs ou des solu-lions révélatrices dont l’énergie était insuffisante.
- Pour approfonir celle question j’ai éf udié de près l’émulsionnage de l’iodure d’argent dans la qélatine ef en tirant profit de l’expérience quej’ai acquise dans la fabrication des plaques sèches je suis arrivé à préparer des plaques au gélatino-iodure d’argent, pouvant acquérir une très grande opacité au développement et ayant en même temps un grain très fin et homogène. La sensibilité de ces plaques, avec un développement ultérieur dans un révélateur normal, est très faible ; elle est à peu près égale à celle d’une émulsion au rilhirure d’argent préparée selon les indications d’EDER (1). En soumettant ces plaques à l’action d’un révélateur à l’oxalate de fer, pendant un temps égal à celui nécessaire pour le développement d’une plaque au bromure, il n’apparaît rien, mais si l’on prolonge longtemps l’action on finit par obtenir une image distincte. Au contraire si l’on emploie l’amidol en solution alcaline suivant la formule : 100 cc. eau, 20 gr. sulfite anhydre, 2 gr. amidol--un volume égal de solution de carbonate de potasse à 10 0/0, l’image apparaît très vivement, même avec une pose plus courte. Les parties non exposées delà plaque restent absolument transparentes tandis que le même révélateur employé avec les plaques au qélatino-brmmure produit un voile, total. J'ai donc essayé des substances révélatrices encore plus énergiques, c'est-à-dire des corps qui ne peuvent plus être employés avec le gélatino-bromare d'argent à cause de leur trop grande énergie et qui semblaient précisément répondre au but que je cherchais.
- M. le I) ANDRESEN, le savant qui possède peut-ètre le plus d’expérience sur le terrain de la chimie du développement, a eu l’extrême obligeance de mettre à ma disposition, à cet effet, une série de substances, lesquelles employées en solution alcaline produisent un voile complet avec, le bromure d’argent. Ces corps sont: le t riamidophénol, le dia-midorésoreine et le triamidorésoreine. Je les ai employés suivant la formule que j’ai donnée plus haut pour l’amidol. Parmi ces l’» corps les deux derniers développent l’iodure d’argent encore plus rapidement el avec plus d’intensité qne l’amidol-carbonate de potasse., mais ils donnent au bout de très peu de temps des solutions très foncées, qui colorent très fortement la gélatine. Il faut pourtant remarquer que même en employant la triamidorésoreine, qui est la plus énergique, en solution alcaline, il faut une très longue exposition et que même après un développement très prolongé (2) on n’obtient qu’une image très faible.
- Le gélatino-iodure d’argent ne pouvant pas être fixé à l’hyposulfite, il faut avoir recours au cipiniire fie potassium. Pour éviter dans ce cas la dissolution de l’image il faut ajouter du sulfite pour empêcher l'oxydation de l’argent. J’ai employé : 10 gr. eyanure de potassium, 20 gr. sullite anhydre, [200 cc. d'eau. Dans ce bain la dissolution de l'indure d’argent se fait très bien, — elle est terminée au bout de 5-10 minutes —
- (I) Voyez Eorns Ausfülrl. I la ndb. .1. ph.m, vol. 10, 3 éd., p. 727 (1902).
- (2) Celte action des rés élateurs, rapide au commnencement, mais se, ralentissant bientt, pourrait être expliqute parla présence des produits d’ovydation imidés, ilécou verts par Lumiereet St'i/pirelc, se produisant au fur et à mesure du développement, mais ayant. une action inverse à celle du rêve-
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- sans que limage soit attaquée, comme le montre un essai parallèle avec un négatif ordinaire. Même avec un développement très prolongé l’image sur Fiodure d'argent reste tellement faible, qu’il est impossible d’obtenir un négatif avant une intensité sul-lisante pour le tirage.
- Il semble donc résulter de ces expériences, qu’en effet le mualmo lodure ‘Iargent n’est pas utilisable en pratique. Mais au point de vue théorique il ma semble intéressant d’apporter encore d'autres preuves, pour montrer que liodure d argent est non seulement difficilement réductible mais qu’il possède en eflet une sensibilité minime à l’état émulsionné.
- Pour cela j’ai essayé d'abord une émulsion au cullodio-iodure d argent que i ai préparé en transformant une émulsion au collodio-byinnnre d'argent en iodure, par digestion avec une solution d’iodure de potassium. J’ai pris 200 cc. d’émulsion iY Albert a laquelle j’ai ajouté une dissolution de 45 gr. d’iodure de potassium dans nO ce. d eau + 50 cc. d’alcool. Après quelque temps l'émulsion a été précipitée avec de l’eau, lavée et redissoute dans l’alcool-éther.
- Comme la précédente, cette émulsion est également peu sensible relativement au gélatino-bromure, même en développant à l’amidol- carbonate de potasse.
- Pour obtenir encore d’autres indications j’ai traité Vimaf/a latente sur gélatino-bromure avec de liodure de potassium. Vue image latente sur plaque ordinaire a été trempée pendant 2 minutes dans une solution d’iodure de potassium à 5 0 0 et après avoir été lavée à fond elle a été développée à l’amidol-carbonate de potasse ; il résulta une image latente exempte de voile mais très faible et paraissant très sous-exposée ; la longue durée du fixage à l’hyposulfite prouve que la transformation en iodure d’argent a eu réellement lieu.
- On sait que l’image latente sur collodio-bromure d’argent soumise à l'action d'une solution de bromure de potassium est fortement affaiblie, mais elle reste inaltérée en présence d’alcali (1). J’ai pensé que cette réaction pourrait avoir lieu avec l'induré de potassium + gélatino-bromured’argent et pour cela j'ai répété la dernière expérience mais en présence de carbonate de soude. J’ai fait en même temps un essai de contrôle avec le bain alcalin d’iodure de potassium avant l’exposition. J’ai trouvé qu’en transformant le bromure d argent en iodure avant 1 exposition on oublient aucune trace d’image mais en traitant limage latente sur gélatino-bromure dargent on obtient tout de même une image, quoique plus faible que sur la plaque de contrôle. Ceci prouve irré-futablement que cette façon de se comporter de l’iodure d’argent à l'état émulsionné provien’ de la sensibilité et non pas de la faible disposition qu’il a pour le développe-ment. Celait a encore été confirmé en traitant d’une façon analogue des plaques au collo-dio bromure d argent avec une solution alcaline d’iodure de potassium e en les sou-incitant ensuite a un developpement pfujsique : la transformation du bromure en iodure d argent empeche totalement la lormation d’une image mais en opérant cette transformation après l’exposition on obtient avec l’argent naissant une image, qnoiqne plus faible et paraissant plus sous-exposée que sur l’émulsion au gélatino-bromure.
- Lomme la différence de sensibilité entre le bromure et l'iodure d’argent reste la même, quel que soit le véhicnle ou le mode de développement, on pourrait supposer que c’est 1 exres de nitrate d’argent qui augmente la sensibilité dans les procédés humides. Mais une expérience me montra que le bromure d’argent émulsionné dans le collodion pos-
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- sède toujours à peu près la même sensibilité, un peu supérieure (avec développement physique, à celle de l’iodure d'argent soumis à un traitement analogue.
- Les espriences citées paraissent établir en effet qjue l'iodure d’argent émulsionné occupe une. situation exceptionnelle, qui ne peut pas étre mise d’accord avec nos connaissances théoriques actuelles. D'autres causes paraissent contribuer à la formation d’une image développable sur l’iodure d’argen I et pour lesquelles on ne peut donner jus-qu’ici une (explication chimique,
- Le regretté LucIs 11 , malheureusement mort de trop bonne heure, a émis à ce sujet quelques hypothèses qqui sont en relation avee ses recherches sur la formation d’images photo-électriques et qui méritent d’être citées. Ce savant arrive, Inc. cil., p. 159, au résultat suivant : « Cette propriété caractéristique de l’iodure d'argent de nécessiter des sensibilisateurs plus énergiques qjue le bromure el le chlorure d’argent, peut être expli-quée par la façon part ieulière dont il se comporte au point de vue photo-électrique »
- Le passage suivant, p, 161, mérite aussi d’être cité: « La sensibilité extraordinaire de l’iodure d'argent, dans le cas de dth'eloppenicn l phiixbpie, qui dépasse de beaucoup celle du chlorure et du bromure d'argent, n’est pas une preuve contre, la nature chi-mique de l’image latente. Le développement physique se produit à cause d’une Hiodi(i-enliundnns le punroir d'ad.!i!:s ion du sel sensibie ; c’esl justement dans ces forces que des circonstances indiridncllcs jouent un très grand rôle et il n’est nullement invraisem-blable que b iodure d’argent, subisse, par des petites quantités de photo-sous- iodure, une plus grande modification que le bromure et le chlorure dargent par les quantités cor-respondantes de leurs photo-sels. »
- Un travail très important sur l’iodure d’argent, tel qu’il est employé en daguerréo-t y pie, a été fait par Schoel 121 au cours de ses recherches très approfondies, publiées sous le titre : « Sur les modifications de l’iodure d’argent à la lumière et le procédé de l)n-(pierre ». Sclndl rappelle le fait, déjà cité par Seh ni h-Sel Ineli, que l’iodure d’argent se trouble à la lumiére. Par une série d’essais de controle, il démontre que le trouble ne peut pas provenir de la mise en liberté d’iode. Suivant Scholl il ne peut pas non plus y avoir une fixation d’oxygen et cette nimliticat ion ne peut être que de nature pliphipie. Ce savant dit qjue l'iodure d’argent, ayant la propriété d'être dimorphe, passe à haute température du système hesagonal au système cubique et qjue cet le modification est accompagnée d'un changement de couleur : l'iodure prend une couleur jaune plus vive. De tous ces essais, Scholl tire la conelu-ion que la couche trouble est formée par de l’iodure d'argent finement di visé d’une façon meeanigue ef (pie l’oxygène ne joue que le rôle d’un calalysaleur, en et- sens qu'il aide à la formation dl’un état intermédiaire. « L’iodure d’argent impressionné par la lumière csi, suivant .1 re h " n i N s, di-socié et la stabilité de la combinaison est par conséquent dissociée. Pour qjue la décomposition soit complète, il faut la présence d’un corps (pii puisse s'unir ou à l'iode au n rurpeul. »
- Pour ce qui concerne les autres propriétés du qilat ino-iolure d’argent, je vais d’abord parler de sensibilité spcclmle. Mes plaques montrent un maximum remarguablement net en G mais qui dé-croît brusquement des 2 côtés. Une. grande sensibilité pour les ravons les plus réfringents, indiquée par V. ScIlUDiann (3), n’a pu être retrouvée avec mon émulsion. La sensibilisation optique à l'éryi hrosine ne réussit pas avec l'iodure
- (1) Eumns Jahrb. !’. Plot. IH9S, p. Iat-17 1.
- (2) Afchir. f. iriafooirluil’l. l'Iml. 1. p. 212.
- (a) tAho^ Jahrb. f. Phot. 137. p.357.
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- d’argent mieux qu’avec riodure mercurique (I) ; comme je l’ai déjà fait remarquer au cours de mes recherches sur le procédé de photographie des couleurs de l.ippman 1, l’iodure d’argent, même celui « sans grain », ne peut pas être sensibilisé optiquement.
- La couleur du gélatino-iodure d’argent est blanche, légèrement verdâtre, et ne différant pas plus du blanc que la plupart des plaques au bromure du commerce. En se basant sur la croyance, généralement admise, que l’iodure d’argent est jaune on ne supposerait jamais dans ces plaques la présence de ce composé.
- L’exposition à la lumière ne colore que très peu l’iodure d’argent. Même après une exposition de plusieurs heures au soleil, on ne constate qu’une faible modification desa nuance et après fixage les plaques sont encore complètement transparentes.
- En faisant un essai de so/arisaiioH, j’ai constaté un fait très curieux. En exposant une plaque sous un négatif on obtient avec une pose de 3 secondes une image complète. Si l’on expose, sous le même négatif, une plaque pendant G heures et l’on soumet les 2 plaques à l’action d’un révélateur à l'amidol-carbonate de potasse, on remarque qu’au moment où la plaque peu posée est complètement développée avec tous ses détails, l’autre n’a même pas commencé à se réduire. Mais au bout de quelque temps on remarque que la plaque surexposée a donné naissance aussi à une image, mais cette image ne se trouve que dans les parties profondes de la couche, à l’état de dispositif normal, il est vrai, c’est-à-dire pas encore solarisée. Pour apercevoir quelque chose par réflexion, il faut un développement très long. Au fixage on voit très bien que dans la couche supérieure de la plaque posée longtemps il n’y a aucune image car, après un court séjour dans le bain de fixage, l’image devient plus intense aussi par réflexion, probablement parce que l’iodure d’argent non réduit de la couche supérieure disparait.
- (Traduit par Léopold Lobel).
- (I) Voyez LUrpo CRAsEn, dans un prochain numéro de la présente revue.
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- SUR LA REPRODUCTION DES OBJETS DIFFICILES
- PAR LA PHOTOMICROGRAPHIE
- Si peu qjue l’on s'adonne à la photomicrographie, on ne tarde pas à constater qu'en suivant les règles qu'on trouve exposées dans les traités qui traitent de cette application de la photographie, on rencontre beaucoup d'objets ou de préparations qui ne présentent pas de sérieuses difficultés pour en obtenir une image précise, où tout est bien détaillé et bien à sa valeur, mais que, par contre, il en est beaucoup d’autres après lesquels on s'essaye à peu près en vain. Pour ceux-ci les épreuves laissent toujours beaucoup à désirer : tantôt, en eHcl, ce sont les lins détails qui manquent, tantt, à coté dle parties nettement surexposées, il s’en trouve d’autres pour lesquelles l’exposition n'a pas été suffisante.
- Pour vaincre ces difficultés, ou tout au moins arriver à les surmonter d’une façon assez complète, il faut posséder «l'abord une connaissance approfondie des systèmes optiques «pii composent le microscope, être i ni I ié à certains tours de main, avoir acquis une somme d’expérience qui ne s’obtient qu’au bout d'un temps fort long et à la suite de nombreux essais plus ou moins infructueux. (est pour éviter une foule d’insuccès à mes confrères en photomicrographie, pour ceux au moins qui en sont encore à leurs débuts, que je me propose d’exposer. dans une série d’articles (pii paraîtront successivement dans ce journal, la meilleure marche à suivre lorsqu’on a à traiter quelqu’un de ces objets (pie l’on a qualifiés du nom de difficiles, espérant que ces indications, quem’a suggéré l’expérience personnelle, ou (pii m’ont été fournies par des praticiens émérites, pourront leur rendre quelques services.
- Les objets difficiles sont de plusieurs «oies, par conséquent les moyens à employer pour les reproduire convenablement sont eux-mêmes fort différents. L’est ainsi que quelqjues uns le sont simplement à cause de la finesse de leurs détails, < est le cas de bon nombn de diatomées, des cils dont sont munis plusieurs microbes ; tels autres présentent de la difficulté parce que certains de leurs éléments sont colorés en une teinte très actiniqu: et d’autres possedent une teinte peu actinique, cas fréquent chez les insectes et à un moindre degré dans certaines préparations. D’autres objets sont tellement transparents qu'ils se confondent presque avec le foml ; d'autres enfin, pour clore ces géneralités, sont d’une épaisseur trop considérable pour qu'il soit possible d’avoir en meme temps tous leurs plans nettement définis: la difficulté s'accroît encore lorsque la finesse de leurs détails exige (pie l’on ait recours à un objectif puissant et à une amplification con-sidérabile.
- Dans les lignes (pii précèdent je viens d’indiquer les grandes divisions (pii serviront à mettre un peu d’ordre dans notre travail. Cest ainsi, en efet, (pic je passerai suc cessivement en revue les procédés qju’il faut appliquer à chaque nature de sujets et celi parla raison bien simple que chaque groupe exige une technique spéciale.
- Le premier article, comme d’ailleurs celui qque le suivra, sera exelusis ement consaer aux objets que j’ai classés dans la première catégorie, c’est-à-dire ceux dont la finesse
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- extrême des détails constitue la vraie et principale difficulté. Je tiens à dire, dores et déjà, que, pour ceux-ci, comme du reste pour ceux des autres catégories, ce seront seulement des indications assez générales que je pourrai fournir; d'une part, parce que je crois qu'il est inutile et même impossible de prévoir tous les cas et, de l’autre, la connaissance de quelques prineipes suffit pour en faire l'application, plus ou moins modifiée, lorsque le sujet le comporte. J'ajoute enfin que je supposerai connus les principes élémentaires d'observation microscopique et de photomicrographie ; dans le cas contraire il serait absolument nécessaire d'avoir recours à un ouvrage dans lequel ils se trouvent exposés en détail; c’est ce que j'ai eu soin de faire dans mon Traité pratique de pliotomicrofjrapllie, édité par les soins de M. Ch. Mendel.
- 1° Reproduction des objets à structure l'ine. — C’est toujours un travail délicat que de reproduire avec précision et nettement déliais les détails de bon nombre de diatomées, de celles que l’on a, par exemple, admises comme lests, de plusieurs écailles de papillons ou d’autres animaux (podurelles, polyxnes, etc...) c’est, qu'en effet, le nombre de stries ou de perles dont sont ornées certaines frustules atteint et même dépasse quelquefois 4000 par millimètre. On comprendra peut-être mieux leur délicatesse en disant que la distance qui les sépare n'est égale qu’à l'épaisseur du filament que l'on obtiendrait en divisant longitudinalement un cheveu en 400 parties égales!
- Pour que de si minimes détails puissent être reproduits il faut, on le comprend, employer des objectifs parfaitement corrigés des aberrations et possédant une ouverture numérique suffisante pour les séparer, ou les résoudre, comme on dit le plus souvent ; il faut ensuite les faire travailler dans les meilleures conditions, sans cela les meilleurs objectifs ne conduiraient à rien delion et, enfin, on peut ajouter qu’il fautavoir recours à tous les artifices connus pour mieux les faire ressortir. C'est, en somme, une véritable science qu’il faut acquérir pour aborder ces sujets avec quelque chance de succès relatif et pour les mener à bien il faut, disent Dallinger, Van Heurck et le D)r Spitta, qui font tous autorité en ces matières, être doué de beaucoup de patience tout en étant un microscopiste distingué.
- Si l’on consulte les catalogues des opticiens, on voit qu’ils livrent des objectifs de foyer décroissant et d’ouverture numérique croissante, que certains, de même foyer, ont la même ouverture numérique, qu il y a des objeetifs dits achromatiques et d’autres apochromatiques. Si l’on consulte enfin les tableaux de grossissement des objectifs une fois combinés avec les oculaires, il est facile de. constater qu’un grossissement donné peut être obtenu par plusieurs combinaisons d'oculaires et d'objectifs différents. Si le grossissement seul constituait tout, il serait indifférent de choisir l'une ou l’autre de ces combinaisons, mais il est loin d’en être ainsi.
- Pour qu’un détail ténu soit rendu visible il faut que l'objectif possède une ouverture numérique en rapport avec la finesse de la structure qu’il s’agit de résoudre et, en second lieu, il faut, qu’associé à l’oculaire (que l’on prendra le plus faible possible dans la majorité des cas), il donne un grossissement suffisant. Ce sont là deux conditions indispensables; la seconde, toutefois, si (die est limitée quant au minimum, offre beaucoup de latitude pour le surplus. Or le pouvoir résolvant est lié à l’ouverture numérique par la formule suivante :
- dans laquelle ; représente la plus petite distance que peut séparer un objectif, ) la longueur d’onde du rayon éclairant et a l'ouverture numérique de l'ohjeetif. Enlappliquant
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- à un objectif de 1.00 () N, et en supposant que les rayons que nous utilisons soient conquis entre 1) et E du spectre frayons jaunes et jaunes verts dont 'en movenne = un
- demi-microm), nous aurons pour valeur de e :
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- cest--dire, sensiblement I i de mieroni; cet objectif est donc capable de résoudre des détails, des perles ou des lignes au nombre de 4 par mierom ou 1000 par millimètre.
- Nous verrions, en appliquant la formule à un objectif à immersion homogène de 1.40 O.N, (pie s- 0196, soit un peu moins de 1/. de microm, par conséquent avec cet objectif nous pourrons résoudre plus de 5000 lignes au millimètre.
- Toutefois, par le fait qu’on ne peut jamais utiliser en pratique l’entière ouverture de l’objectifet qu’on est obligé, pourvoir acquérir auximages toute leur netteté et qu’elles ne soient pas noyées dans un excès de lumière, de rétrécir le cône. éclairant, jusqu a ce qu’il n’embrasse plus au maximum que les 3 4 de l’ouverture totale de l’objectif, le pouvoir résolvant se trouve réduit en pratique aux 3 4 de la valeur de déduite delà formule ci-dessus.
- C’est ainsi que si l’objectif O.N 1.00 peut théoriquement résoudre Vaniphiplrura pel-llicida, dont les stries sont au nombre de 4000 environ par millimètre, il est facile de s’assurer par l’expérience (pie bon ne peut avec un tel système, soit à l’observation directe, soit par la photographie, obtenir une image montrant ces fins détails, on est en effet obligé de s’adresser à un objectif homogène de 1,20 à 1,25 au minimum pour bien les percevoir. On me pardonnera de m'étre appesanti un peu longuement sur ces considérations théoriques, si bien établies par Abbe, mais c'est afin de montrer que, pour la résolution des fines structures, c’est l'ouverture numérique qju'il faut tout d’abord prendre en considération, le grossissement n'étant qu'assez secondaire.
- Voici en effet reproduites Hig. 1 et 2) les écailles bien connues d’un papillon (Phip-ptirehia. jimini); ces deux reproductions sont, à très peu de chose près, à la même amplification, la mise au pointa été aussi soignée pour l’une (pu; pour l’autre, (-(‘pendant dans la première seule h-s stries curvilignes qjui joignent les grandes stries longitudinales sont reproduites. C’est (pie le n" I a été photographié avec, un objectif dont l’ouverture numérique était suffisante pour résoudre ces détails, au nombre de 1000 à 1100 par millimètre (objectif de i mm. O. N 0,R0), tandis (pie le n" 2 a été obtenu au moyen d’un objectif à pouvoir résolvant trop faible (objectif mm. O. X. 0.33). Ces denx épreuves nous démontrent donc bien que l’amplification est une chose secondaire, contrairement à ce que supposent les personnes peu au courant de la micrographie.
- En disant que le pouvoir grossissant n’est que secondaire je n’ai, tontefois, que relativement raison ; je vais démontrer, en effet, qu’à un pouvoir résolvant donné ou doit associer un grossissement bien déterminé, du moins quant à sa moindre valeur. Cette règle est fondée sur ce que notre cril ne pouvant distinguer (sans le secours d’une loupe) au plus que 10 lignes par millimètre, il est nécessaire (pie l’objectif, combiné à l’oculaire, grossisse les détails qu’il a séparés jusqu’au point où ils soient au moins dis-lants de 110 de millimètre, sans cela ils resteront confondus ; en un mot nous ne profiterons pas de la résolution. Si nous nousen tenions même à ce grossissement minimum, l’observation directe serait très fatigante el il est fort à craindre qu’en photogra-
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- phie le grain delà plaque ne permette pas toujours d'enregistrer les détails ou que le peu de finesse des impressions positives ne les lasse disparaître.
- Il est facile de calculer ce grossissement minimum, que la règle ci-dessus nous oblige au moins d’atteindre, mais que,dans la plupart des cas, on fera bien d’assez largement dépasser, comme nous le verrons un peu plus bas. Prenons encore Vampkipleuva pedhicidu pour exemple; ses stries sont au nombre de 4000 par millimètre, pour les rendre visibles il faut les rendre distantes de 1/10 de millimètre; l’amplification minimum devra donc être de 400, puisque 400 X 10 — 4000. En la poussant à 600 ou 800 nous obtiendrons une image bien lisible sur le négatif mais qui se trouvera, à la limite de ce que la phototypie peut reproduire. C’est ainsi (grossissement 750) (pie la figure 3 a été obtenue; bien qu’au moment où j’écris ces lignes l’épreuve phototypique ne m’ait pas été soumise, j’estime que le grossissement adopté sera suffisant pour (pie les stries se trouvent suffisamment reproduites par le mode d’impression adopté. Cette fig. 3 est donc destinée à servir d’exemple qu’en choisissant un grossissement il faudra le rendre plus ou moins considérable suivant la méthode d’impression des positives auquel le négatif doit servir (1).
- La figure! représente le Hdvicula hjra ; dans cette diatoméeles perles sont au nombre de 900 à 920 par millimètre, ce qui nous indique qu’il faut adopter un objectif ayant au moins 0.32 à 0.35 O. N pour les résoudre et un grossissement de 90 au minimum poulies rendre bien visibles, or pour obtenir cette photographie je me suis servi d'un objectif de 5 mm. de foyer et de 0.65 O. N ; constantes plus que suffisantes elle grossissement a été poussé à 450 pour avoir ces détails largement espacés; aussi je ne doute pas que la phototypie ne puisse donner une fort bonne épreuve de ce négatif qui, soit dit en passant, fournit des épreuves superbes sur papier au chlorure comme en fournit, du reste, le négatif de la figure 3 sur ce même papier. Ces mêmes explications pourraient s’appliquer à la fig. 5 représentant 3 navicules (splendida, pundura et crabo} qui a été obtenu avec les mêmes combinaisons optiques que le n" 4.
- J’ai déjà dit que l’on ne pouvait utiliser l’ouverture entière d’un objectif, et qu’il fallait réduire le cône éclairant aux 3 4, et quelquefois aux 2 3, de son ouverture propre afin d’obtenir une image aux contours bien nets. On peut, et on le fait en effet assez souvent, réduire encore l’angle du cône éclairant pour augmenter la planité du champ et le pouvoir de pénétration, mais il est bon de savoir qu’en agissant ainsi il arrive bientôt une limite après laquelle on tombe dans un autre défaut; les fins détails disparaissent ou sont entourés de cercles brillants, il se produit alors des images de diffraction. Je crois devoir signaler ce phénomène parce que c’est dans ce défaut (pie tombent le plus souvent les commençants qui, ne sachant pas encore ce que peut donner et seulement donner l’objectif dont ils se servent, rétrécissent le diaphragme outre mesure, espérant de la sorte avoir à la fois d’un objet relativement épais tous h-s plans nettement définis et les fins détails.
- il faut toujours se souvenir, aussi bien pour la photographie que pour l’observation directe, (pie le pouvoir pénétrant et la résolution sont deux qualités qu’on ne peut concilier dans le même objectif et que si ceux à très grande ouverture sont tout indiqués
- (1) Les illustrations qui accompagnent cet article viennent corroborer l'opinion émise que le grossissement adopté doit être d'autant plus considérable que le procédé de reproduction présente moins de finesse. La fig. l ne permet pas en effet de distinguer les stries curvilignes bien visibles sur le négatif'. La fig. 3 exige l’emploi d’une loupe pour distinguer les stries de l’amphipleura , details bien apparents lorsqu'on imprime ces négatifs sur papier au chlorure.
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- et indispensables pour la résolution des tests les plus difficiles, ils conviennent beaucoup moins bien aux coupes histologiques un peu épaisses (1) qu’un autre objectif d’ouverture plus réduite. A titre d’exemple de ce que je viens de dire reportons-nous à la figure 6, qui représente le bacille dit charbon dans une coupe du rein, photographié d’après une préparation faite à dessein un peu épaisse et, avec un objectif homogène de 1.30 D. N. Quelques rares bâtonnets sont seuls nettement reproduits et encore pas dans toute leur profondeur, la plupart des autres, étant hors du plan mis au foyer, sont indistincts.
- L’épaisseur de la coupe n’était cependant que de 1 150 de millimètre, mais elle était encore trop forte pour le pouvoir pénétrant de l'objectif 1.30 D. N qui n’est que de Omni. 003 (2); il aurait fallu, parconséqgjuent, s’adresser à une coupe n’ayant (pie 1/300 de millimètre pour avoir une nefteté suflisante à tous les plans ou choisir, si nous n’avons qu'une seule préparation épaisse de 1 I 30 de millimètre, un objectif de plus faible ouverture. En effet, la même coupe qui a fourni la figure 3, reproduite avec un objectif homogène de Beck, O. N 1,00, spécial pourl’histologie, m’a fourni un négatif infiniment supérieur comme vue d’ensemble. S'il est possible dans h* cas des coupes d’obtenirdes préparations plus ou moins minces, il n’en est plus de même, lorsq u’il s'agit de diatomées et d’autres objets qui doivent être reproduits entiers ; dans ces derniers cas il faut avoir recours à des moyens détournés, mais comme ces sortes de sujets font partie d’une catégoriespéciale, nous ne nous en occuperons que dans l’ordre que nous avons tracé au début. Dans le prochain article nous continuerons à envisager les meilleures conditions dans lesquelles nous devons faire travailler l'objectif et les petits artifices à mettre en œuvre pour donner plus de relief aux struetures fines.
- (4 suivre)
- (1) Je ferai remarquer que, lorsqu'il agit d’un objeetit puissant, un objet est déjà épais bien que ses tranches ne soient distantes que de. 1, 1 OU de millimétre seulement.
- (2) On trouvera la valeur du pou voir pénétrant pour des objectifs d’ouvertures numériques diverses à la page 72 du traité de Photomierographie par I.. M.m, Ch. Mendel, éditeur.
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- PHOTOGRAPHIES DE LA COMETE BORRELLY 1903 III
- Le 21 juin 1903, M. BORRELLY, astronome à l’observatoire de Marseille, découvrait une comète par 21 h. 33 m. d’ascension droite, et 98" 10 de distance polaire. M. Bor-rellv a d’ailleurs trouvé plusieurs comètes, entre autres les comètes 1873 IV, 1874 V et 1877 III.
- Au moment de sa découverte la comète 1903 III avait un éclat égal à celui d’une étoile de 8,8 grandeur, mais les observations faites les jours suivants montrèrent que cet astre s’approchait assez vile de la terre et que son éclat allait donc augmenter considérablement en peu de temps.
- Elle s’est présentée dans les meilleures conditions pour l’observation, puisque dans le courant du mois de juillet elle est passée vers le zénith de Paris au milieu de la nuit.
- A notre observatoire de Nanterre nous en avons pris de nombreux phototypes chaque fois (pie l’état de l’atmosphère l’a permis.
- Pour photographier les comètes moyennement lumineuses on ne peut employer les grands instruments ordinaires des observatoires. L’image qu’ils donnent à leur foyer n’est pas assez lumineuse. On a recours aux objectifs photographiques à grande ouverture et à courte distance focale. Les objectifs à portraits sont donc tout indiqués pour ces travaux et ils rendent maintenant de grands services dans les observatoires d'astro-nomie physique. Les nouveaux objectifs à portraits anastigmal iques tels que F lié liai' de Voigtlænder, le Planar de Zeiss, etc., sont particulièrement excellents pour la photographie astrale (1).
- On place donc ces objectifs, munis d’une chambre noire, sur un équatorial entraîné par un mouvement d’horlogerie. On a soin de mettre la comète à l'intersection des fils du réticule de l’oculaire de la lunette et, comme la comète a un mouvement propre différent du mouvement diurne des étoiles, pour en avoir une image nette, on règle le mouvement d’horlogerie sur le déplacement de la comète ou bien on maintient conti-nuellementcelle-ci au centre du réticule en agissant sur les manettes de rappel de l’équatorial. On s’explique donc maintenant facilement pourquoi les étoiles laissent des traînées sur la plaqque sensible. Le sens et la longueur de ces traînées donnent exactement le sens et la valeur du déplacement de la comète pendant toute la durée de la pose.
- Les phototypes pris le 14 juillet, de 21 h. 43 m. à 22 h. 13 m et de 22 h. 30 m, à 22 h. 32 m. ont été combinés de façon à fournir une image stéréoscopique. Si l’on examine ces deux épreuves dans un stéréoscope on voit la comète bien détachée des étoiles environnantes et paraissant comme suspendue librement dans l’espace. C’est là assurément une vision des plus frappantes et qui est appelée surtout à donner des renseignements intéressants dans le cas de comètes à queues irrégulières et (pii peut fournir des indications utiles sur le mouvement de rotation de ces astres. De semblables photographies ont déjà été obtenues par M. Max Wolf, le savant directeur de l’observatoire de Heidelberg, pour la comète Perrine (1902 II) et par nous-même pour la comète Swift (1899 I).
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- Les phototypes du 11 juillet montrent une chevelure de 11' de diamètre ( I) et une qjueue de 4 au moins de longueur (car elle atteint le bord de la plaque). A l’cil nu, la comte était parfaitement bien visible comme une étoile de 1" grandeur. Une jumelle faisait voir une qjunue de l' de longueur environ.
- Le 15 juillet une photographie prise de 22 h. 17 m. à 22 h. 17 m. accuse une queue plus fine, moins longue et en courbure sensible vers le sud.
- Le phototype des 18 19 juillet a reçu une ex posi t ion de 1 h. G m. (de 23 h. 41 m. à 0 11.30 mI.). Il correspond à pm près au maximum d'éclat calculé de la comète. La chevelure a un diamètre de 17' (9 la queue s’étend sur une longueur d’au moins 6". Celle ci, très lmminense dans le voisinage de la chevelure, donne à cette dernière un aspect nettement piriforme. Du reste, il est à remarquer que dans toutes les photogra-phies de comètes la chevelure paraît s'Atenire dayantage du e té de la queue, c'est à-dire à l’opposé du Soleil. Le LS juillet, la comète observée à T’il nu était aussi lumineuse que l’étoile r Dragon, soit de 2.8 grandleur. Uno queue de l environ de longueur se distinguait même à l’eril nu. A l’équa I < ria I on observait au centre de la chevelure un noyau vaguement défini.
- Lue photographie prise le 21 juillet, de 2 1 h. 30 m. à 22 h, 31 m. montre une queue plus faillir et irréguliére.
- Le phototype obtenu le 21-25 juillet, de 23 h. 9 m. à 0 h. 9 m. est des plus intéressants car il montre dans la quene de la comète (les irrégularités très remarquables. Il y a cinq queues. La plus lmnineuse présente une brisure exceptionnelle. Le diamètre de la chevelure atteint 10' et la qjueue principale a me longueur d’au moins 7" 30'.
- J’ai songé- à obtenir le maximum de longueur de la queu" en employant un objectif ultra-lumineuvetj’attirelattentionsurles résultats qui m’ont été fournis par un condensateur de lanterne de projection. Cest un tel objectif qui m’a donné déjà de bons résultats pour la lumière zodiacale, le gegenschein, etc., et je le recommande pour la photographie des étoiles filantes. Or, le 23 juillet, ce condensateur (malgré ses aberrations considérables) m’a donné un phototype su r leqjuel on mesure facilement une queue de 16 fliUpc.'i de HT ! Kl elle paraît même s’étendre encore de 2 à 4" plus loin.
- La lune et le mamsais temps ne m’ont pas permis de photographier la cométe Bor-relly du 20 juillet au 11 août. Mais le 15 août, eu profitant d’une éclaircie, nous avons pu exposer une plaque de 21 h. 16 m. à 21 h. 18 m. Le phototype montre les particularités suivantes: La chevelure mesure 1, perpendiculaire à la direction de la queue principale. 1 ne première qjueue, la plus importante, s’étend juseu’au bord du phototspe, ce qui lui donne une longueur d’au moins 7"33'. Cette queue est divergente, un peu irréguliére et on remargue sur le bord boréal, de 1"35 à 236’ de la chevelure, une fine aigrette plus lumineuse. On soupçonne un léger centre de condensation à 332 de la chevelure. Cetle queue principale a comme angle de position 43" env iron.
- Eufin on remargur une ilenvieme qqueue de 28'de longueur sur le phototype (-1 faisant un angle de 28" avec la précédente. Elle a comme angle de position 73" environ.
- La comète Borre ly est passée au périhélie le 28 août et, étant plongée dans l’illumi-nal ion solaire, est restée inobservable. Puis elle s’est enfoncée dans les profondeurs de l’espace en s’éloignant sans cesse de nous. Elle ne reviendra peut-ètre jamais.
- K. QlÉNIssET
- (Olserratoing fistro i.hotoiirnphbiiic de Vm /erre).
- (1) Cest-à-dire un peu moins que la moitié du diamétre apparent de moyeune.
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- DE L’INFLUENCE DE L’ÉTAT HYGROMÉTRIQUE DE L’ATMOSPHÈRE
- Dans la fabrication des papiers photographiques
- (Communication faite au Conyrés de chimie appliquée de Berlin (190:3), par le liï Leo. Bakelaud
- Dès le début de l'industrie de la fabrication des papiers photographiques, on s est aperçu que la température n’était pas sans jouer un grand rôle pour l’obtention de résultats réguliers.
- Cette remarque s’impose tout particulicrement dans la fabrication des papiers à la gélatine, à cause de la difficulté de la gélatine à faire prise dès que la température dépasse un certain point. Mais même dans la fabrication des papiers au collodion, cette action de la température s’accuse manifestement aussitôt que la température s’élève au-dessus de la normale.
- En nous bornant à l’étude des papiers à la gélatine, nous pouvons tout d’abord affirmer qu’à la température de 250, les accidents commencent à se produire. La gélatine se fige difficilement et même parfois elle ne fait plus prise du tout, mais commence au contraire a couler au dehors de la bande de papier à émulsionner, donnant ainsi une couche très inégale.
- C est dans ces conditions que se produisent également lors du séchage une foule ‘ accidents trop bien connus des émulsionnenrs pour que j’aie besoin de m’étendre sur ce sujet. Je dois ajouter cependant que, si en Europe les chaleurs de l'été gênent parfois considérablement les fabricants de papiers, les conditions sont beaucoup plus mauvaises encore aux Etats-Unis, durant les chalenrsétoufTantes de l’été. Néanmoins, nos instal-Etions nous permettent de tourner facilement cette difficulté, produite par l’élévation anormale de la température, et nos moyens nous permettent de fabriquer aussi bien en P ane canicule que durant les mois d’hiver.
- 31 la température doit être considérée comme un facteur important dans la fabrica-ondes papiers photographiques, les conditions hygrométriques de l’atmosphère ont une plus grande importance encore et du jour où ces deux facteurs se mettent en meme cmps de la partie, c’est alors que commencent réellement les difficultés. Or, c est pre-sSement à cette combinaison des deux éléments de troubles qu’ont à faire face les fia-niants de plaques et papiers des Etats-Unis et meme d’Europe.
- Voyons maintenant en quoi l'humidité peut avoir de l’influ ence dans la fabrication des Pnes et papiers photographiques. Son premier effet est naturellement de retarder le NG,ase et cet effet est plus ou moins marqué suivant la nature du papier fabriqué.
- 1e our les papiers au gélatino-bromure et au chlorure, papiers qui sont connus sous J.nom générique de papiers à développement et qui contiennent dans leur émulsion 2 sels d’argent insolubles, le retard dans le séchage modifie la sensibilité de r’émulsion. d 5 papiers à développement qui ont séché lentement sont beaucoup plus rapides et prentdes images moins vigoureuses.
- po or les papiers à noircissement direct, la différence est beaucoup plus accentuée. 0U1 les papiers qui contiennent dans leur émulsion des sels d'argent solubles,
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- d’autres sels également solubles et des acides libres, un séchage rapide du papier couché est une des meilleures garanties de succès.
- Un papier à noircissement direct qui sèche lentement, dans un milieu dont la température est très élevée et l’air saturé d'humidité, un tel papier donnera des images rou-geâtres et difficiles à virer. Ce papier ne se. conservera pas, il ne tardera pas à prendre cetaspect jaune grisâtre. des papiers de fabrication ancienne. La même émulsion appli-quée sur un papier séché rapidement et à basse température, donne des résultats tout différents. Il donne des épreuves vigoureuses d'un ton bleu pourpre; il vire. facilement et. rapidement à l’or et se conserve beaucoup plus longtemps.
- La différence est tellement grande qu’elle déconcerte parfois les personnes qui ne seraient pas parfaitement au courant de ces détails. Ces faits simples en eux-mèmes ne sont pas suffisamment connus <4 on a souvent attrihué, bien à tort, à certaines émulsions, des mérites ou des défauts imputables uniquement à la température et à l’état hygrométrique de l'atmosphère.
- Ll’influence de la durée du séchage est plus ou moins marquée suivant la composition des émulsions; on peut affirmer cependant (pie les papiers au collodion y sont égale-ment soumis.
- Indépendamment de son action durant le séchage du papier, l’humidité de l’atmosphère influe aussi sur l’opération du couchage de l’émulsion : pour les papiers à la gélatine, elle. retarde la prise de l’émulsion .
- Si la gélatine fait prise sur le papier, cela est du en effet à un abaissement de la tem-pérature de l’émulsion étendue sur le papier. Aussitôt (pie l’émulsion, distribuée par la machine à émulsionner, vient en contact avec l’atmosphère qui a une température plus basse, elle tend à se figer. Mais l’évaporation joue un grand rôle dans cette modification de l’état de l’émulsion. L’émulsion eneflet étendue sur une large surface possède une densité spécilique en vapeurs (4, elle abandonne au contact de l’air une certaine quantité de vapeur d’eau : cette évaporation est plus ou moins rapide suivant la condition hygro-métrique de l’air. Si l’air est relativement sec, cette évaporation se fait rapidement. Si au contraire, l’émulsion arrive au contact d’une atmosphère déjà surchargée d'humidité, l’évaporation sera beaucoup plus lente. Or nul n'ignore que l'évaporation rapide, a pour effet de provoquer un abaissement de température du liquide qui s'évapore, et ce liquide ne tarde pas à être à une température. beaucoup plus basse (pie l’atmosphère ambiante. Lest précisément ce qui se produit ici.
- Mais ce phénomène très simple par lui-même est compliqué bien souvent par l’inter-ventiondu phénomène de capillarité, grâce anquel une partie de l’émulsion pénètre dans l’épaisseur du papier au lieu de rester simplement à la surface.
- Le phénomène se produit surtout lorsqu’on emploie des papiers (pii pour une raison ou une autre ont absorbé une. certaine quantité d'humidité. Pour les papiers collo-dionnés, si on procède au couchage dans des salles humides, la qualité du papier s'en ressent beaucoup.
- L’éther, l'alcool et autres dissolvants organiques, en s'évaporant rapidement, peuvent en effet amener la température du papier au-dessous du point de condensation de la vapeur d’eau ; cette particularité a pour résultat immédiat de provoquer la condensation de toute l’humidité contenue dans la pièce sur la bande de papier collodionné et de nuire ainsi à sa qualité.
- Hâtons-nous d’ajouter cependant que, pour les émulsions au collodion, il suffit d’élever la température des salles où s’opère le couchage du papier pour n’avoir pas à craindre cet accident.
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- Comme je l’ai dit plus haut, les conditions hygrométriques de l'atmosphère ne vont pas à l’extrême en Europe comme aux Etats-Unis. A New-York, par exemple, l’été est très défavorable à la fabrication des papiers et plaques photographiques. En Juin, Juillet, Août et Septembre les températures de 37” centigrades ne sont pas rares. L'hygromètre marque alors le point de rosée, à 24“ et au-dessus, en d’autres termes tout objet dont la température est inférieure à 24° se couvre instantanément d’une buée formée parla vapeur d’eau en suspens dans l'atmosphère. Le papier manipulé à cette température s’imprègne donc d’humidité au lieu de sécher.
- Je donne ci-dessous un tableau de quelques températures relevées par le bureau météorologique de New-York. Ce tableau fera mieux comprendre combien les points de rosée vont à l’extrême. Le tableau donne comme maxima les points de roséeà 24°; je puis affirmer cependant, en me basant sur nu-s expériences personnelles et sur des observations faites dans une manufacture, qu’il est très fréquent au contraire de rencontrer le point de rosée à 2 et 25 0.
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- 25
- . 24
- 32
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- 31
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- e * = 2 r = s 5 zi 55
- r.n yuede parer à ces conditions désavantageuses, on a tenté depuis quelques années ployer des machines à congeler afin d’abaisser la température des salles d’émul-
- s 088e. Ce moyen facilite certainement la prise de l’émulsion mais il ne supprime pas " Rk"es inconvénients résultant de la lenteur du séchage, au contraire ; il a pour effet sëe accentner en amenant la température à un degré plus voisin du point de En 189)3, j’ai essayé de résou ire le problème en employant les machines à congeler,
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- non plus en vue de produire un abaissement de température, mais en yue de sécher l’air des salles d'émulsionnage. La vapeur d’eau était congelée au passage sur les radiateurs. L’air pénétrait ainsi absolument sec dans les salles d'émulsionnage et comme au passage il était de nouveau chaullé en passant entre les ailettes de radiateurs à vapeur, la salle d'émulsionnage se trouvait dans les conditions requises de température et de sécheresse.
- Mon premier essai fut assez concluant pour justifier une installation complète, de ce genre et nombre de fabricants des Etats-Unis ont après moi adopté ce procédé.
- Le système que je décris en principe peut être appliqné de diverses façons. Le réfrigérant peut être formé par des radiateurs à circulation de saumure ou d'ammoniaque. L’air, avant de pénétrer dansles salles d’émulsionnage, vient passer entre les ailettesdes radiateurs et y dépose toute, son humidité sous forme de glace. Après le passage dans le réfrigérant l’air est chauffé de nouveau avant de pénétrer dans les salles.
- Dans les grandes villes, et dans Unis les endroits où l’on aurait à craindre les poussières entraînées par les courants d'air, l’air au sortir des salles d’émulsionnage passe de nouveau dans le réfrigérant et forme ainsi un cercle continu.
- Tm; installation de ce genre, bien comprise, met le fabricant à l’abri de toutes les conditions atmosphériques.
- .Mais l’humidité n’est pas seule cause d’ennuis et nous avons à étudier un autre élé-ment avec lequel le fabricant se trouve assez fréquemment aux prises.
- Si l’humidité constitue un obstacle à la bonne fabrication, une trop grande sécheresse entraîne avec, elle une série d’autres ennuis. Durant les mois d'hiver le point de rosée s’abaisse considérablement : l'atmosphère ne contient plus qu’une quantité insignifiante de vapeur d’eau et il en résulte le développement d’une grande quantité d’électricité statique au moindre frottement. Mes compatriotes et tous ceux qui ont voyagé aux Etats-Unis durant l’hiver ont tous remargué ce curieux phénomène: se promenant dans le hall d'un hôtel, leur clé à la main, ils ont certainement comme moi vu jaillir de vives étincelles au moment où leur clé a touché le trou de la serrure.
- Il arrive fréquemment qu’une feuille de papier reste attachée à la main parla seule force de deux électricités de nom contraire, développées dès qu’on la froisse. On ne s’étonnera plus dans ces conditions si les courroies de transmission des usines provoqueut des étincelles de 30 cm. et plus. Ce phénomène. est particulièrement remarquable au calandrage ou lors de la mise en rouleaux des papiers manufacturés : on entend le crépitement continu des étincelles électriques.
- Le papier chargé d’électricité statique attire toutes les particules en suspens dans l’aii et il est indispensable de remédier,à cet inconvénient . Dans les ateliers de barytage on peut supprimer cet inconvénient de différentes façons, soit en mouillantle sol plusieurs fois par jour, soit en saturant l’air d’humidité au moyen d’un jet de vapeur ou d’eai froide vaporisée. Un autre moyen consiste également à eréer une ligne, de terre par oi s’écoule l’électricité statique et qui consiste en une chaîne en argent reliée au sol et au bâti de la machine. Au lien de chaîne, on peut employer un peigne métallique dont les dents viennent environ à un centimétre du papier. (les précautions toutefois n’ont dt raison d’être que dans les moments de erande sécheresse.
- Pour les papiers à noircissement direet la présence (h; l’éleetrici té statique n’offr d’inconvénients qu’au point de vue de la fabrication, le coupage des feuilles en particulier est plus difficile à cause de l’adhérence des feuilles entre elles.
- Cet ennui n’est pas à regretter, car la qualité du papier fabriqué dans ces conditions est beaucoup supérieure.
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- II en est tout autrement pour les papiers dits à développement. Les papiers manufacturés par les temps très secs laissent voir au développement une foule de traits étrangers à la formation de l’image. Il est difficile de dire si ces marques, que tout le monde connaît, sont produites par l’électricité statique. Ces marques se manifestent dans toutes les parties où s’est produit un frottement quelconque et elles restent à la surface de la couche émulsionnée, ce qui explique pourquoi on peut les faire disparaître en frottant l’image avec une tourte de coton.
- Il est bien difficile de définir la cause de ces marques : tout le monde sait que le bromure d’argent est modifié par la pression comme par l’action de la lumière; tout le monde sait aussi que les bandes de papier manipulées rapidement dégagent des étincelles dues à la présence d'électricité statique, Je ne puis dire jusqu’à quel point chacune de ces deux causes contribue à la formation des marques noires, mais ce que je puis dire C est qu’on les évitera à coup sûr en entretenant une légère humidité dans les salles ou s'opère le séchage du papier émulsionné.
- Pour conclure, je dirai que (Lins une bonne fabrique de papiers l'hygromètre et l’élec-tromètre doivent être consultés au même titre et aussi souvent (pie le thermomètre.
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- SOCIÉTÉS SAVANTES
- Action des rayons cathodiques sur les plaques sensibles :
- M. L. ZEUNDER reçoit sur une plaque photographique au gélatinobromure un faisceau cathodique surle trajet duquel a été interposé un écran; après une certaine exposition, il soumet à la lumière la surface totale de la plaque et la développe ; les régions qui ont subi préalablement l’action du faisceau cathodique sont plus claires. Il y a là un phénomène analogue à celui que M. Viano a observé avec Les rayons X.
- M. ZEnNDER a aussi constaté que le flux cathodique noircit. Les papiers sensibles à imago apparente (papier à la colloïdine .
- Société allemande de phi/xit/He, séance du 9 janvier 1903.
- Etude des diaphragmes :
- M. A. Gn.KIEN a étudié la théorie des diaphragmes dans les systèmes optiques centrés, à ouverture finie. Les déplacements du centre du diaphragme ne sont représentes par une. expression mathématique, simple que dans les cas aussi simples que celui des lentilles plan-convexes Pour les systèmes composés d’un grand nombre de lentillestels que la plupart de nos objectifs photographiques, l'auteur se borne à indiquer le centre du diaphragme « naturel », c’est-à-dire le point de rencontre des rasons à petite inclinaison.
- Socirlêalb’Himide de physique, spanee du 9 mai 1903, in Necue (jènêmle des Sciences, XIV, p. 739, 15 juillet 1903.
- Inversion de r image sous-posée par sur-développement lent :
- L'inversion de l’image par surexposition, en développement normal est bien connue. Le D* ADRIEN GUEMIARD vient d'observer l’inversion delimage sous-posée par sur-développement lent. Il a soumis ce fait curieux à une première expérimentation sommaire :
- « Des plaques LS X 21, émulsion lente dtiquette orange), de Jongla, furent exposéns pal fractions de surface, et temps de pose échelonnés, avec l'ouverture /G, en face d'une affiche à caractères noirs sur blanc et sujets en couleur, placée obliquement en retrait à 2 d’une fenêtre fermée, rideaux de guipure baissés, le pâle soleil d’hiver étant soit disparu, soitcom-plétement voilé par les nuages. Les temps de pose ont varié, pour la bande inférieure, de ! à 43 minutes, et, pour la bande la moins exposée, de 10 secondes à { minutes. Chaque plaque, divisée dans le sens de sa longueur en deux ou trois, et chaque fraction quelquefois en deux par le. milieu pour pouvoir utiliser des cuves moindres, fut soumise tantôt à un même bain pendant des durées différentes, variant de H) heures à 1 heures, tantôt à des bains différents, variant du tiers au triple de l'intensité d u bain pyrogallique normal :
- Sulfite de soule anhy dre Acide pyrogallique . .
- 1000 «r.
- La lempérature extérienne était, an plus, de 81, ce qui explique labsence de décollements, sans précautions aucunes.
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- Les images obtenues montrent : 10 sur la moitié retirée après développement normal (c’est-à-dire, pour ces sous-poses, après 10 heures au moins), l’effet remarquable, mais bien connu, d’adaptation aux pires écarts de pose du développement lent ; 2° sur la moitié sur-poussée (minimum 21 heures), la marche des effets d’inversion, au sujet desquels l’auteur a formulé, à litre préliminaire, les observations suivantes :
- A. L’inversion commence toujours parla partie la moins impressionnée du cliché.
- B. Elle procède assez souvent (dans le bain pyrogallique) par rougissement des blancs. Mais, s’il y a connexité des deux phénomènes, il n'y a pas dépendance, et si le rougissement aboutit à l’inversion, il semble bien que celle-ci, notamment sur pellicules ou sur papiers, puisse aboutir sans rougissement.
- C. De deux clichés posés le double l’un de l’autre, mais en dessous de la normale, c’est le moins posé qui s’inverse le plus vite.
- D. Il semble donc qu’il doive être possible de tirer de là un moyen de correction de la dureté des clichés sous-posés. En prolongeant le développement jusqu'au moment où les blancs commencent à foncer et les noirs à baisser, on pourra peut-ètre suffisaniment atténuer les contrastes pour avoir un cliché passable.
- S. Au bain normal, un cliché qui, après 2 heures, donnait un négatif à point, était, après 6 heures, à demi inversé, sous voile opaque. Il sera donc nécessaire de reprendre, en tenant compte. du bain, soit comme durée, soit comme composition, les anciennes expériences sur l’inversion deM.Janssen (I) et de MM. Lumière 12), et la courbe d'intensités donnée par ceux-ci devra, sans doute, être modifiée au voisinage de zéro, pour les valeurs d’impression encore plus faibles que celles qu'ils ontexpé-
- F. La surpose, tant qu'elle n'a pas atteint le degré de l’inversion ordinaire, semble plutôt un obstacle, qu’un adjuvant au nouveau mode d’inversion, que je me réserve d’étudier plus à fond dès que me le permettront d’autres travaux plus urgents, si toutefois, d’ici là. quelqu’un de mes confrères, que j’y convie, ne m’a pas devancé dans la voie que je m’estimerai toujours heureux d’avoir ouverte.
- Société française de photographie, séance du 4 décembre 1903.
- (I) Bulletin de la Saeièfè française de Photographie, p. 219, 188.
- (2) La .Nature, 1. XXXII, p. 58, 22 décembre 1S8S.
- (3) Bitllefin delà Suciêlè française de Photoiiraphie, p. 52, 1887.
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- LA PHOTOGRAPHIE ET SES APPLICATIONS SCIENTIFIQUES
- dans les périodiques scientifiques en 1903
- Pecue generale dex Seiencex, XIV, p. 889, 15 septembre 1903, Observation au moyen de piles photo-électriques d’une éclipse presque totale de la lune.
- Astronomixehe Sarhrichten de Kiel, 7 janvier 1903. J. Tennerr, A. AnerrI, A. NYLAND, M. Wolf : Recherches photographiques de petites planètes, — n. 3876 (3 juin 1903). M. Wolf: Recherches photo-graphiques d'astéroïdes, —n. 3881 (19 juin 1903). M. Worr : Recherches photographiques de petites planètes, — n. 3882 (3 juillet 1903, E. Piennixe : Une carte photographique du ciel.
- tographique d’un réflecteur de. 20 pouces de foyer.
- The journal of Iha Ihilixh Axlronomical Axxoeialion, 23 décembre 1902. Miss EVERErT : recherches photographiques.
- The Axtrophgxieal Journal (octobre 1903). E. BnsanD : Observations photographiques de la comète Borrelly et explication des phénomènes observés sur cet astre le 24 juillet 1903.
- Memoirs and Proeeedingx ofthe Manehexter Ulterarg and Philoxophical Society (Manchester), t. XI.VII, n. 3 (23 avril 1903). C. E. Snmwsen : Déterminations de parallaxes parla photographie.
- Annalen der Phgxik (Leipzig), 4e série, t. X1, n. 3 (i juin 1903). A. Prnuden : le pouvoir absorbant de quelques verres dans la part ie photograph iquement acti ve d u spectre, 4e série, t. XI, n 5 (7 juillet), (i. Olinckh : importance de la tension superficielle pour la photographie au gélatinobromure et
- Phihixophical Magazine and Journal of Seienee (Londres), Ge série, f. VI, n. 35 (novembre 1903) R. W. Wood : Renversements photographiques dans les photographies de spectres.
- Le Directeur-Gérant : Chaules MENDEI..
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- IA FOCIMÉTRIE PIIOTOGRAMMÉTRIQUE
- PREMIÈRE PARTIE. - OPTIQUE PHOTOGRAPHIQUE
- (Suite)
- Pour faire plus facilement comprentre le procédé d’évaluation de lerreur com-mise sur l’angle o par suite du fait que la rotation s'effectue autour d’un point qjuel-couque 0) situé sur la trace du plan vertical de symétrie, alors qu'elle devrait se produire autour de la projection du point nodal d’avant N, nous supposerons une glace transparente (ou si l’on veut, une gaze transparente, afin de ne pas soulever la dilliculté de l'influence perturbatrice de la réfraction; portant un quailrillage iden-tique a celui de la glace dépolie, interposée perpendiculairement à l'axe optique entre "" point nodal d'avant et les objets extérieurs dans une position rigoureusement Symétrique par rappport à ce dernier point de celle qjue la glace dépolie occupe efleetivement par rapport au point nodal d’arrière. Tout ce qui pourra, s'observer sur la glace dépolie ne sera que la reproduction symétrique de l’image que verrait se dessiner sur cette glace ou cette gaze théorique un iril établi au point nodal d’avant de l’objectif.
- Soit A.’ ( fig. 1 ) la trace du plan de la glace ainsi transposée sur le plan d'horizon ;
- et A lis traces des verticales entre lesquelles est intereepté l’angle 2x. A, A’ et N, points définis par la nature de l’objeetif et par la façon dont il est, ainsi (pie la glace; quadrillée, assujetti sur l’appareil, peuvent èl re considérés comme des points ma-leriels invariablement reliés alensemble du système, et, en particulier, à l'axe de rolation projeté en 0; et comme interceptant un angle également invariable 24.
- . Dire que l’on amène l’image du point extérieur pris pour repère, projeté en D et itui à la distance 1 ), à coïneid r avec A par une rotation autour de N, qai donnerait lieu à relever un angle ,, c’est dire que, par cette rotation, on a amené le point A sur la direction ND.
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- Dire que l’on produit celle même coïncidence par une rotation autour du point O, c’est dire qjue l'on arrête cette même, rotation au moment où le côté NA prolonge de l’angle ANA' vient à passer par le point D en prenant la direction N|AjD.
- Si, pour fixer les idées, nous supposons le point D extérieur à N, nous voyons qjue l’amplitude de la rotation nécessaire pour obtenir ce dernier résultat ne sera plus tout à fait de l'angle x; car ('cl angle amènerait NA à devenir paralléle à 01). Elle ne sera plus que d’un angle /1, moindre (pie. 3 de l’angle NJ)D que nous désignerons par û et qui se trouvera défini par les relations :
- et, dans le triangle OND :
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- II
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- En raison de sa petitesse, l’angle 6 pout être négligé vis-a-vis de . DN, ne différe également de D que d’une quantité pratiquement négligeable. Si nous désignons par 8 l’intery ale ON, égal à ON, l’expresssion précédente deviendra :
- Le sinus de l’angle qui représente l'erreur commise sur l'angle a par le fait de, la cause (pie nous considéronsactuellen eut est donc au sinus de l'angle 7 dans le rapport de l’intervalle ê à la distance D du repère. Autrement dit ce sinus est mesuré par le produit de ce dernier rapport par sin z cest-à-lire, par une quantité qui ne peut dépasser l‘u ni f é et qui, dans la pratigue, lui est toujours notablement inférieure. Par suite, la valeur^ peut en tout cas Mtre retenue commnie une limite du coeflicieni d’erreur.
- Dans la limite des angles qui interviennent en focimét rie, on peut admettre que l’erreur commise sur h1 sinus se reporte proportionnellement sur l'arc et sur la tan-gente; et, négativement, sur la cotangente, et, par suite, sur la longueur locale qui s'en déduit. Supposons par exemple un intervalle à de vingt centimètres, au-dessous duquel il est assurément facile de se tenir ayee l’objert if considéré précédemment , il correspondrait d’une facon grossiérement approximative à rajustement de l’axe de rotation dans le plan même de la glace dépolie). Lu conservant toujours la distance D du repère extérieur égale à un kilométre, l’erreur relative à craindre de ce nouveau chef serait la même que la première; c’est-à-dire, inférieure à. - de la longueur 0000
- focale à déterminer, ou à un \ingt-cinquième de millimètre.
- La qualification d’erreur attribuée à cette valeur donne lieu aux mêmes réserves que plus haut. Elle se transforme en une correction définie à eflectuer, quand la distance du repère est elle-même connue. De même qjue la précédente, l’erreur ainsi exprimée présente ce caraetére qu’elle devient négligeable [mur une distance, du repère manifestement assez grande ; que cette distance soit ou non comme. La formule rappelle en outre, ce qui nesl qu’ume expression meme.de la définition, que la valeur qu’elle représente peutètre rendue nulle par la réduction à zéro de l’intervalle . En
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- d’autres termes, elle s’annule si l'on a lattention de faire passer l’axe de rotation par le point nodal d’avant lorsque l’appareil permet un tel ajustement C est une remarque sur laquelle nous aurons à revenir.
- Si l’atelier ou le laboratoire d'études est assez favorisé pour offrir par ses ouvertures naturelles des horizons suffisamment étendus, il n‘y aura aucune objection a ce que l’appareil focimétrique soit normalement installé sur la table de travail. I ou-tefois il faudra se garder de laisser des vitrages interposés sur le trajet des rayons lumineux émanant des repères à l'aide desquels on a l’intention de relever des mesures angulaires. Dans les études de focimétrie microscopique dont il sera question dans la suite de ce travail, il nous avait d'abord paru indillérent de procéder aux visées sur les repères extérieurs à travers les carreaux de vitres. Les observations effectuées dans de telles conditions accusèrent des contradictions très marquées, qui disparurent dès le moment où cette influence perturbatrice eut été éliminée.
- § 5. — DÉTERMINATION RATIONNELLE DE L'AXE DE ROTATION DANS LES APPAREILS PIVOTANTS
- Des différentes considérations sur lesquelles nous venons de nous étendre il semblerait résulter que la détermination rigoureuse de la situation rationnelle de l’axe de rotation des appareils photographiques pivotants est d’un intérêt plus théorique que pratique. Cependant des erreurs en cette matière ont eu, même au point de vue purement pratique, des conséquences assez graves en ce qui concerne particulièrement la focimétrie, pour qui1 nous soyons porté à penser qu’il ne sera point superflu de reproduire ici en substance notre démonstration de 1891. Dette démonstration, matérialisée sous une forme toute mécanique, a le double avantage d’être accessible, aux praticiens les moins versés dans les mystères de l’optique géométrique, et de se fixer définitivement dans leur esprit, alors que des spéculations [dus ambitieuses ne pourraient que les égarer comme elles ont égaré plus d’un théoricien.
- Les traités de physique les plus élémentaires, en abordant l’étude des lentilles d’optique, ont le soin d’avertir leurs lecteurs que leurs démonstrations ne seraient valables en toute rigueur que pour des lentilles sans épaisseur, s’il était possible d’en construire de telles. Les auteurs qui, sans vouloir cesser d’être élémentaires, sont, par la nature de leur objet spécial, tenus d’aboutir à des conclusions pratiques, mentionnent, sans entrer dans les détails de la démonstration, que les propriétés établies pour les lentilles sans épaisseur peuvent, par un artifice assez simple, être étendues à peu près intégralement non seulement aux lentilles épaisses de, la réalité, mais encore aux systèmes optiques les plus compliqués constituésde lentilles centrées.
- Cet artilice se ramène à dédoubler en quelque sorte le « centre optique » unique de la lentille sans épaisseur en deux points appelés « points nodaux » situés sur l’axe de la lentille ou du système optique, et à transporter parallélement en chacun de ces points la partie des constructions géométriques qui, dans le cas fictif du point central unique, devraient être rapportées à ce seul point du même côté de ce point. L’intervalle compris entre lesdeux points nodaux est dénommé « interstice des meuds ».
- Ces notions sont tout ce qui nous est nécessaire pour l’objet que nous avons actuellement en vue. Il en résulte immédiatement que les rayons lumineux que. dans l’exposition élémentaire, on représentait comme se rassemblant au centre unique du
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- système pour en diverger au delà suivant leurs prolongements respectifs, devront maintenant étre considérés comme se réunissant au point nodal d’avant et comme divergeanl ensuite parallèlement à eux-mêmes du point nodal d’arrière : présentant ainsi vers l'intérieur de la chambre noire une disposition rigoureusemenl symétrique de celle qu’ils alfectaient dans l’espace extérieur; aussi bien qjue si le croisement s’tait effectué en un point unique. La marche des rayons lumineux extrêmes de limage ad sera donc ainsi représentée par ANN’a, ANN‘a‘ (fig. 2).
- En photographie courante, c’est surtout le point nodal d’arrière que l’on a coutume de considérer. C’est en effet le point dont divergent les rayons qui viennent former l’image photographique ; c'est à partir de ce point que se mesure la longueur focale. Mais, quand il s’agit d'imprimer à l’appareil un mouvement de rotation afin d’arriver à embrasser Fimage complète d'un tour d’horizon, la continuité géométrique rigou-reuse ne peut s'obtenir qu’autant que c’est autour du point nodal d’avant que s’ellectue la révolution.
- Considérons en effet la section parle plan d’horizon passant par l'axe optique de l'objectif, de l'ensemble d'uu double faisceau d'admission et dl’émersion de rayons lumineux qui y pénètrent AXXM, ANNi; X et N étant les deux points nodaux de l’objectif et ad la figne d’horizon’de l’image formée sur la glace dépolie, a via seront eux-mêmes les points d’interseetion de cette ligne avec les verticales extrêmes tracées sur cette glace.
- Pour suivre facilement ce qui adviendra de ce faisceau, nous découperons dans un carton mime' le contour ANXM'. Ce contour pourra nous servir comme un gabarit pour tracer une moitié de notre, ligure; en le retournant ensuite il permettra d'en tracer l’autre. moitié. C'est d’ailleurs de cette façon que les différentes parties successives de mitre fleure ont été tracées. On pourrait aussi, après avoir tracé par les moyens ordinaires la partie de la fieure relative, à la position initiale, la reproduire, sur du papier à calquer.
- On voit tout d’abord qjue le point nodal antérieur X est bien effectivement le som-
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- met de l’angle formé par les rayons lumineux émanant des objets extérieurs, qui pénètrent dans l’objectif. C'est avec la valeur précise avec laquelle les angles s’y trouvent recueillis qu'ils seraient relevés par un cercle géodésique ayant son centre en ce même point. Au contraire, les angles émis du point N vers la plaque photo-graphique ne sont plus rigoureusement ceux qu'aceuserai t ce même cercle quand on viendrait à transporter son centre en N' ; puisqu’ils sont identiques à ceux qu’il donnait quand son centre était en X. Si, dans la pratique photographique, la dilférence est généralement tout à fait négligeable, on conçoit qu’il peut en être tout autrement qnand on en vient aappliquer l’appareil photographique à des mesures de précision.
- C’est particulièrement quand il s’agit de rapprocher l’une de l’autre pour en constituer un tour d’horizon plusieurs vues consécutives prises autour d’un même point que l'incorrection de rajustement du pivot de l’instrument peut se manifester par des incohérences appréciables dans la constitution des lignes de raccordement des clichés.
- Supposons qu'à la suite de la vue comprise dans l’angle AXA' nous voulions en prendre une seconde, en faisant tourner l’appareil dans le sens de gauche à droite autour d’un axe vertical; et considérons le. cas où l’axe de rotation passe le point nodal d’avant X'. Suivons le mouvement en faisant pivoter sur notre épure notre gabarit de carton, ou notre calque, autour du point X' jusqu’à ce (pie le cté XA de la ligure mobile vienne s’appliquer sur le côté XA' du tracé fixe. L’angle optique AXA aura pris la nouvelle position A'XA'f.
- Les choses de ce, côté ne souffrent aucune difficulté. Il y aura parfaite continuité entre les deux champs successivement embrassés par l’appareil. Il y aura du moins continuité le long de la ligne de raccordement ; nous n’avons pas, pour notre objet actuel, à considérer le fait q[ue les parallèles de front du premier cliché seront devenues des lignes fuyantes du second.
- Du côté du point nodal d’arrière, il semblerait d’abord qu’il en va différemment. Ce point a marché de X' en N.; et entre ces deux positions existe une solution de continuité que l’on serait porté, à juger alarmante; il est aisé de se rendre comple que la chose est absolument indifférente. Ce qui nous intéresse de ce côté, ce n’est pas la disposition matérielle extérieure de l’appareil dans l’espace ; mais uniquement la vue qu’il enregistre dans cette disposition. Or, cette vue ne dépend que du champ embrassé par l’angle (Nja‘, ; celui-ci n’est (pie la reproduction symétriquement identique du champ A'XA'; et puisque nous venons de reconnaitre (pie tout était correct dans ce dernier champ tout se trouvera également correct dans le champ correspondant du côté de la glace dépolie.
- Voyons maintenant ci* qui adviendra si, au lieu de passer parle pointN, l’axe de rotation de l’appareil passe par le point nodal d’arrière X'. La première apparence est en faveur de cette solution. On peut ainsi en effet amener la verticale a de la glace dépolie à se superposer dans la seconde position a‘a‘ de la ligne d’horizon, à la verticale d de la position initiale. Un peu d’attention permet toutefois de reconnaître que cette superposition est illusoire. Si nous suivons encore le mouvement avec notre gabarit ou notre calque, pivotant cette fois autour du point X', nous voyons que le côté NaAade la seconde position AN.’, de langle optique n’est pas venu s’appliquer sur le côté NA'de la première position de cet angle: il lui est devenu parallle. Entre ces deux côtés existe une bande. du tour d’horizon qui ne sera embrassée dans aucun
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- champ optique, (pii ne sera représentée sur ammne des épreuves. Lorsqu'on tentera d'accoler celles-ci il ne sera plus possible de trouver un rapport rigoureux entre les bords voisins des épreuves contiguës que l’on aura à rapprocher l'une de l’autre; les objets figurant le long de l’un de ces bords n’étant plus identiqnement les mêmes que ceux qui se trouvent figurés le long de l’autre.
- En principe cette manière d’opérer souléverait en outre une difficulté d’orientation qui ne peut se résoudre que par l’intervention de la graduation de la platine divisée. Dans la pratique, ce n’est point ainsi que l’on procède habituellement. On recherche sur la glace dépolie, sur le bord extrême de la vue correspondant à la première position, un point de repére bien caractérisé i le plus éloigné possible, el c’est, su r ce repère que l’on oriente suivanl Ni la seconde direction du côté interne de l’angle optique. I/inconvénient qui vient d’el re signalé se présenfera alors sous une forme un peu différente. La portion des premiers plans comprise dans le quadrilatére /NN‘N, ne sera figurée sur aucune épreuve ; la portion de l’arrière-plan embrassée dans l’angle opposé par le sommet à N/N. sera figurée en discordance stéréoscopique sur deux épreuves consécutives.
- En un mot on doit considérer comme entaché d’une erreur de collimation l’appareil disposé pour la rotation autour d'un axe passant par le point nodal d’arrière, et, généralement, par tout point de l’axe optique autre que le point nodal d’avant. C’est donc exclusivement la rotation autour d’un axe passant parce point que l’on devrait s’efforeer de réaliser dans tout appareil a vec lequel on se proposera d’atteindre aux limites extrémes de la précision. L’une des questions traitées dans la présente étude est justement l’évaluation de. l’influence de toute dérogation à cette sujétion; en vue de déterminer dans quels cas et dans qquelle mesure il peut être plus ou moins permis de s’en affranchir.
- Certains types d’objectifs, et non des moins complexes, comportent la coïncidence, des deux points nodaux en un seul, et présentent par suite sous ce rapport les pro-priétés caractéristiques essentielles des lentilles sans épaisseur. Il va de soi (pie, dans ces types, la difficulté dont nous nous occupons est éliminée. Toutefois il reste en tout casa vérifier que la coïncidence prévu»' dans les formules théoriques de construction a bien été réalisée dans l'eséculion.
- Le professeur DRGEss, ayant été amené à déterminer l'interstice des meuds dans des objectifs de divers types dans l'établissement desquels on ne vise pas spéciale-ment à réaliser la coïncidence des points nodaux, trouva pour valeur de cet interstice 0 mm. 6 pour- un pantoscope de 172 mm. de distance focale ; 10 mm. pour un euryscope de 220 mm. et 2 mm. pour un aplanat de 233 mm. On voit que ce n’est que dans des circonstances tout à fait exceptionnelles qu'il pourrait devenir néces-saire de tenir compte de tels interstices; mais des combinaisons du genre des téléobjectifs peuvent présenter des valeurs d'interstices qu’il ne serait pas permis de négliger dans les applications scieutifiques.
- S G. EREIN PAR DÉEAI T DI CENTHAE EN DEnORS II NI\N DE SYMÉTNII
- Une quatrième cause d’errenr peut résulter du fait qjue l’axe optique de l’objectif dont on détermine les constantes ne serait pas exactement situé dans le plan vertical qui renferme l’axe de rofation ; mais qju'il existerait une distance dans l'espace (mire
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- les deux axes. Le maximum de l’erreur pouvant provenir de cette origine correspondrait au cas où deux visées seraient faites dans deux positions successives dans lesquelles la plus courte' distance de ces axes serait amenée à être perpendiculaire au plan vertical de symétrie du système de part et d’autre de ce' même plan. Cette hypothèse est tout à fait irréalisable dans les applications que nous considérons en ce moment; puisqu’elle impliquerait que l’une des deux visées serait efTectuée dans une. direction diamétralement opposée à celle du repère. Elle se réalise dans l’emploi des lunettes dont sont latéralement flanqués la plupart des appareils photogram-métriques, quand, dans certaines manœuvres de réglage, on vient à retourner ces lunettes sur leurs supports. Quoi qu’il en soit, l’erreur qui y correspondrait sur l’angle a serait alors représentée par un angle ayant pour tangente la plus courte distance des deux axes, dans le cercle dont le rayon serait la distance de notre repère.
- A une époque où nous nous occupions de télémétrie, nous avions l'avantage d’être en relations avec l’éminent astronome et constructeur PRAOWskT. Notre savant conseiller ne manquait jamais d’entamer toute discussion sur cet ordre de questions en disant : « un pied représente une minute à mille mètres. » Nul ne l'a jamais dépassé dans l’art de manier quand besoin en était le centième de seconde et le millième, de millimètre. Si, pour les circonstances courantes, il estimait que l’on peut se contenter d’une formule aussi rustique, c’est (pie cette formule vaut la peine d'être retenue. Si nous l’appliquons ici, elle nous montre qu'en conservant toujours notre repère situé à un kilomètre, un écart de centrage d'un centimétre, écart inadmissible dans un appareil tant soit peu décemment établi, correspondrait sur l'évaluation de l’angle » à une erreur d’un trentième de minute, tout à fait inférieure aux grandeurs dont nous pouvons songer à tenir compte.
- § 7. — ERREURS DE GRADUATION ET DE LECTURE
- En résumé les erreurs que nous avons considérées jusqu’ici peuvent être rendues négligeables à la discrétion de l’opérateur. Pour les trois dernières à la fois cet te condition se trouve réalisée par le seul choix d’un repère suffisamment éloigné. Il n’en est plus de même des erreurs qui nous restent à examiner, qui sont essentiellement inhérentes aux conditions de construction des instruments dont il nous est permis de disposer. Ce sont les erreurs de graduation et de lecture: 1 1 du quadril-lage ; 2° du cercle. Nous allons voir toutefois qu’en focimétrie photographique, ces erreurs peuvent être tenues très au-dessous des limites hors desquelles leur influence deviendrait préjudiciable à la correction pratique des observations.
- 1° Erreur a/Jerenle au (piadrillayc.
- Le quadrillage des glaces dépolies des appareils destinés à l’application de notre, méthode est établi à la machine à diviser avec une précision du dixième de milli-mètre pour l'ensemble du quadrillage. Pour des recherches systématiques de focimétrie, la perfection de l’outillage scientifique moderne permettrait de doubler les verticales, dans le voisinage de leur intersection avec F’horizontale médiane, d'éléments de traits de repère réglés avec une approximation du centième de millimètre pour des quadrillages d’un à trois décimètres de coté ; et il n’y a aucune difficulté à observer ces traits sous des grossissements qui mettent à même d’utiliser celle approximation.
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- En tout cas, il convient de remarguer que, pour retirer de mesures de et4 geure toute la précision qu’elles peuvent comporter, il est indispensable de sastreindre à toujours amener un méme bord du repère. en contact avec le bord du méme coté des deux' traits du quadrillagequi doivent intervenir dans l’observation. On fausserait sensiblement les indications de l’instrument en amenant par exemple successivement l’uu puis lautre bord de l’image d’un poteau télégraghique en contact. respectivement avec les deux bords intérieurs un les dens bords extérieurs des deux traits opposés. L'observation centre sur centre, toujours plus ou moins masquée par les réflexions i r régi d irres des rugosités du liait lui-méme, laisse d’ailleurs constamment à désirer.
- Quand on a apporté dans la double ohservation ainsi efTectuée tous ies soins qu'elle réclame, on peut admettre que la limi le d'erreu r absolue linéaire sur lappré-ciation d'ensemble des deux extrémités de la base sera représentée par la limite de précision de la gradualion. Pour une base de quadrillage de dix centimètres, avee une précision de graduation du dixième de millimètre, la limite d’erreur relative sera du millième; elle deviendrait du deux-millième avee un quadrillage de vingt centimètres de hase ; et du vingt-milliéme si l’on avait recours à des traits de repére auxiliaires, à la précision du centième de millimètre.
- C’est parce que l’erreur absolut1 d’observation des (extrémités de la base reste eéné-râlement. la même, qjue cet le base soit grande ou petite, qu’il est avantageux, dans l'intérét de l’atténuation de l'erreur relative, de relever la plus grande longueur possible de base. C'est pour cet te raison (pie, dans 1 étahlissemen t théorique de la formule fondamentale, nous avons pris pour point de départ le relevé dles valeurs 2et 2 / au lieu de celui des valeurs simples 3 et /, dont l’emploi immédiat rend pratiquement les opérations beaucoup plus espédit is es.
- Quelle que soit la valeur de l’erreur relative ainsi commise sur la détermination de la base, elle se reporte identiquement la meme sur l’évaluation de la longueur focale. Par exemple, une erreur du milliéme dans l’appréciation de l’intervalle des deux positions de l’image du repére sur la glace dépolie entraîne la méme erreur, et dans le même sens, d’un millième de la longueur focale à déterminer.
- 2" Erreur aUcrcule au cercle.
- La limite de l’erreur de leeturedescereles habituellement employés dans la pra-tique peut de mémeétre évaluée à une minute pour l’ensemble des deux visées. Pour des valeurs de l’angle a s’abaissant juMpic dans le voisinage de 3", valeurs qui se rencontrent en focimé t rie microscopigue, l’erreur relative résultante sur la valeur de la colansente, et, conséculivemenL sur celle de la longueur focale, est d’environ 506 Pour l'angle de 45", que donnent les objectifs grands angulaires de la photographie, cette même erreur relative se | roux e réduite. à 116, On ^‘d d'ailleurs q’iu point de vue purement géométrique, c’est pour celle dernière grandeur d'angle (pie l’erreur provenant de celle cause atteint sa valeur minimum. Elle recommenee à croître quand on la dépasse; ce que permet l raient à la rigneur les objectifs à angles extrêmes.
- On sait de plus qu’au point de vue optiguee méme avec des objeet ifs qui compor-tent de telles ouvertures, la précision de l'observation devient plus que précaire à ces limites, à raison des phénomènes de diffusion et de réflexion totale (pii se produisent
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- alors sur les deux faces de la glace dépolie; et qu’il y a de ce chef tout avantage à se maintenir sensiblement en deçà. .Nous ne désespérons pas d’arriver à éliminer ces dernières influences perturbatrices au moyen de loupes établies sur le principe des objectifs microscopiques à immersion, (pii sont actuellement à l'étude en vue de faciliter l’observation plus complète des parties marginales du champ des objectifs grands angulaires. Toutefois, en ce qui concerne le problème particulier de la précision de la détermination de la longueur focale, les considérations géométriques rappelées précédemment n’en conserveront pas moins toute leur valeur. Aussi n’y aurait-il aucun avantage à étendre au delà de 45° la reproduction des tables numé-riquesqui seraient spécialement destinées à cet objet.
- Pour des valeurs de a de 20" à 30", que donnent la plupart des objectifs photogra-phiques qui valent la peine d'être soumis à des essais de précision, la limite de l’erreur relative qW'entraine l’erreur de lecture du cercle varie de —— à —-......... pour la
- 1 10.000 10.000 1
- valeur de la cotangente et, par suite, pour celle de la longueur focale.
- Les valeurs des erreurs de lecture et de graduation ne sont pas, dans la même mesure que les précédentes, sous la dépendanee de l’opérateur. Elles sont la consé-quence fatale des conditions de construction de l'outillage courant des ateliers et des laboratoires scientifiques modernes, ainsi que de l’éducation technique du personnel (pii en fait usage. On conçoit que ces erreurs pourraient être notablement abaissées par un étalonnage plus rigoureux du quadrillage; par l'emploi de cereles donnant une précision de 10", et même de 1 ; ainsi que par l’application des méthodes de répétition et de réitération familières aux astronomes et aux géodésiens. Toutefois ce sont là des expédients dont la mise en (ouvre complique singulièrement les opérations, et requiert une spécialité d’éducation et une intensité d’a lient ion peu compatibles avec les exigences d’une production tant soit peu active et avec la routine du travail journalier. A défaut de ces conditions, ils ne feraient qu'introduire dans les résultats des illusions plus dangereuses que les incertitudes nettement définies inhérentes à un matériel et à des procédés d’un caractère moins exceptionnel.
- (.1 suivre).
- Commandant LEGROS.
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- SUR L’ALTERATION A LAIR
- DU SULFITE DE SOUDE ANHYDRE
- Par MM. A. el L. Lokne et SEYEWETZ
- Le sullite de soude est, comme on le sait, habituellement employé pour empécher l’ovydation à l'air dles solutions révélatrices, grce à sa propriété de se transformer facilement en sulfate. Il absorbe, en effet, rapidement l’oxygenede l’airqui pourrait agir sur le développateur. On sait que cette oxydation peut se produire spontané-ment avant que le sullite ait été employé dans la préparation des révélateurs, soit pendant sa fabrication, soit dans les vases où on le transporte, soit en solution, lorsqu’on prépare celle-ci à l’avance. Par suite de cette osydabilité, le sullite de soude est donc susceptible d’altération, ce qui rend son action incertaine et empêche d'obtenir dans la préparation des révélateurs des résultats constants.
- Tout récemment, Namias (I) a montré, par l'analyse de divers échantillons de su J li Lus anhydres et cristallisés commerciaux, que ces produits ont une teneur variable en sulfite pur, pouvant dans certains cas s’abaisser jusqu’ù 11,2 () (I, mais ne s’éle-vaut pas au-dessus de 90) () 0. Il a reconnu, en outre, (pie l’altération à l’air est plus rapide avec le sullite de soude anhydre, qu’avee le produit cristallisé. Il a enfin confirmé les expériences d’Ellis et de divers auteurs (21 sur l’oxydation rapide des solutions aqueuses de sullite de soude commercial dans une bouteille à moitié pleine. Cette altération aurait lieu même en opérant à l’abri de l’air.
- En raison de l’altérabilité du sullite de soude, Namias conseille de renoncer à
- remploi de ce corps et de le remplacer par le métabisulfite de potasse 3 D so- ‘ O N corps très peu altérable. Malheureusement, ce corps a une réaction acide et refarde notablement le développement, aussi pour l’utiliser, dans les mêmes conditions qjue h1 sullite de soude, il est nécessaire d’additionner ses solutions de quantités ronve-nables de potasse1 ou de soude1 caustique 13 gr. : de soude1 ou : gr. de1 potasse pour 10 gr. de métabisulfite, d’après Namias.
- Nous avons pensé1 qu'il ('lait préférable avant de condamner l’emploi si pratique du sullite de soude en photographie et son remplacement par un corps acide qui doit être neutralisé au moment de1 son emploi, d’étudier quelles sont les conditions d’altération du sulfite. Il sera alors possible d’indiquer les movens à employer pour empécher ou réduire à son minimum cetle altération.
- Nous nous sommes proposés de déterminer les causes qui favorisent l’oxydation à l’air non seulement du sul/ile de soude uuhridee et du sul/ile de soude enshillisé, mais aussi du melabisidjiIe. de potasse et du bisuljile de soude, c’est A-dire tous les dérivés de l’acide sulfureux les plus couramment employés en photographie.
- Dans l’étude suivante nous nous bornerons à exposer les premiers résultats de nos travaux : ils sont relatifs seulement à l’altération à l’air du sullite de soude anhydre.
- |I) <h‘ ht Sociéle sui.^e de pludoiiniploe, p. 13 (INI).
- (2) Ihiuberrisser dus ahdiee des jdodufjrtiidieii, 1903, p. 129.
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- •Lo ALTERATION DU SULFITE DE SOUDE ANIIYDRI A L’ÉTAT SOLIDE
- Nous avons d’abord recherché si le sulfite de soude anhydre s’oxyde à l’air lorsqu’on l'expose en couche mince à la température ordinaire, soit dans l’air relativement sec, soit dans l’air très humide, ainsi qu'aux températures de 50° et de 100°. Pour suivre l'altération du sulfite, nous y avons dosé l'acide sulfureux au moven d’une liqueur d’iode demi-décime normale, qu’on ajoute dans 10" de liqueur d’iode demi-décime normale, qu’on ajoute dans 10e de liqueur de sulfite ramenée par dilution dans tous les cas à une teneur de J 0/0(1). Ces lO*'’de liqueur placés dans un verre et étendus de leur volume d’eau sont additionnés de quelques gouttes d’empois d’amidon. On introduit peu à peu dans ce mélange la liqueur d’iode titrée jusqn’à coloration bleue persistante.
- Voici les résultats des titrages effectués sur un sulfite anhydre :
- DATE AIR RELATIVEMENT so; tempér 13. AIR rns IUNIE tempér. 15". SULFITE MAINTE* a 50". SULFITE A 100".
- 3 décembre. 8 — 12 — 16 — 21 30 ~ 29 liqv d'iode. 29, 1 29 28,8 — 29 28,3 — 28,5 — 29,v liqr triode. 28,7 26 — 23,5 - 24,1 - 24 — 21 — 290 liqr d'iode. 29 — 29 - 28,9 — 28,7 — 28,5 — 28,7 - 29e liqt d'iode. 29 — 29,1 — 29,2 29,1 — 29 — 29
- Les résultats précédents montrent donc que le sulfite de soude anhydre à l’état
- rature de 100°. L’altération a lieu, mais lentement, lorsque ce produit est exposé à l’air très humide. Dans tous les cas, du reste, on s’est placé dans les conditions les plus favorables à l’oxydation, le sulfite ayant été placé à l’air en couche très mince.
- 2'» AL/TÉRATTON DES SOLUTIONS DE SULFITE DE SOUDE AXIIYDRE
- Divers auteurs ont signalé l’altération (pie subissent les solutions de sulfite de soude, mais aucune observation précise n’a été faitejusqu’ici sur la rapidité de cette altération pour une concentration déterminée ainsi que sur l’influence de la température et de la concentration sur la vitesse de l’oxydation.
- A. Influence de la concentration pour une même lempêralure.
- On a fait avec un même échantillon de sulfite de sonde anhydre deux litres de solutions à 1 0 0, 3 0 0, : 0,0, 10 0/0, 20 0/0. Chacune de ces solutions a été divisée en deux parties égales et chaque portion, soit un litre, a été mise dans deux flacons de 2 litres dont l’un a été bouché et l’autre est resté débouché, afin d’étudier l’influence du bouchage dans un flacon à moitié plein. Chaque solution a été titrée journellement.
- (1) Ce sulfite anhydre. dans 10e de solution à 100 0 exigent 29 de liqueur 1/2 décime normal (h sr. 33 par litre) renferme d'après le calcul 91 «r. 35 0,0) pur so"Na.
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- Pour ce titrage, toutes les liqueurs ont ét convenablement diluées de façon à ne renfermer (jne 1 0 0) de sulfite. On a employé 10e de liqueur en opérant evactement comme nous l’avons indiqué plus haut.
- Les résultats trouvés dans ces titrages ne sont pas absolus, leur comparaison seule est intéressante. Les nombres obtenus sarient, en effet, suivant la dimension des flacons, la quantité de liquide qu'ils renferment, la surface de contact, du liquide avec l’air, la température extérieure.
- En outre, pour une même solution un nombre n’est pas tout à fait, comparable aux suivants ef cela d’autant moins que la quantité de liquide contenu dans le flacon devient plus faible au furet à mesure des titrages quotidiens.
- La surface d’absorption de l’oxygène reste, en effet, toujours la même quelle que soit la quantité de liquide.
- Aussi remarque-I-on que dans les solutions sovydant le moins rapidement, solutions qui sont celles où l’on a fait un très grand nombre des titrages, la vitesse d’oxydation s’accroît au fur et à mesure que le nombre de lit rages augmente'.
- Dans le tableau suivant, nous iniquons les résultats de nos opérations :
- TENEIN pn i \ soi.ri tox DUREE ne CONTACT AVEC i.'un POIs DE SITTTE oxydé pour 100 gr. esultitetutalemployé. pois DE SLNIIE oxyitc pour 1(11) ce, de solution a près 7 jours
- Soin!ion ii 1 0/0. Flacon à moitié plein Flacon à moitié pleiu ethouché . . . . Après 7 jours, ovs la- Après "li joins, aNy-dation tutale . .. 10/0.0. . . . . . 73 0,0 100 0 0 1 -r. 0 «r. 73
- Solution ;i 3 0,0. Flacon à moitié plein Elacon à moitié plein et bouche . . . . Après 7 jours. . . . Après 12 jours, oxydla- Après 7 jours . . . Après 1 mois, . . . ot 0 0...... 100 0 0. 20 72 0 0 1 «r. sa 0 «r 0
- ^tJnlifdi ti " 0-0 Flacon à mnoitié plein Flacon à moitie plein et bouchi . . . . Après 7 jours . . . près IN jours, oxyda-iimi totale . . . . \près7jmirs. . . . Après 1 mois. . . , 27 0,0 100 10 (H) 1 ev. 3.3 0 gr. 3
- Soluliou * 10 (10. Flacon à moitié plein ouvert ... Flacon à moitié plein el fermé. . . . . Après 7 jours . , , Après 1 mois. . . . Après 7 jours. . . . Après 1 mois . . . . 10 0,0 980/. . . . . . 32 00 1 gr. 0 gr. 3
- Mollit uni :'i 20 0,0. Flacon ;i moitié plein Flacon à moitié plein et fermé Après 7 joui s. . . , Après 1 mois. . . . Après 7 jours . . . Après 1 mois. . . . 2,00 . . . . . 14 0 0. . . . . . 0.3 0.3 0 0. 0 gr. is 0 gr. 1
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- Le tableau précédent montre que le rapport entre le poids de sullite oxde au bout du même temps, dans des solutions de concentration variable et le poids lota de sulfite que renferme un même volume de solution est d'autant plus laible que la concentration est plus grande.
- Ainsi on voit qu’après 7 jours la totalité du sulfite soit 100 0/0 est oxyder dans la solution à 1 0 0, tandis qu’au bout du même temps il n’y a que 2, 4 00 de la totalité du sulfite qui a disparu dans une solution à 20 0,0 (1).
- Si l’on calcule la quantité de sulfite oxydée dans 100" de solution, on voit que c’est avec la solution à 20 0/0 que cette quantité est la plus faible. Ainsi au lieu de 1s" environ de sulfite oxydé après 7 jours pour 100" de. liquid- dans la solution a 1 0/0 on trouve seulement 0 g. 48 avec la solution à 20 0 0.
- On peut donc considérer l’altération des solutions de sulfite anhvdre à 20 0/0 comme notablement plus faible (pie celle des solutions de concentration moindre.
- B. Influence de la température pour une même concentration.
- Nous avons répété des expériences semblables aux précédentes, en opérant avec des solutions de sulfite de soude anhydre à 1 0 0 que l’on a maintenues respectivement aux températures de 15, 25, 35 et 45". Chaque essai avait lieu sur un litre de liquide placé dans un flacon de deux litres et comportait pour une même tempéra-turc un flacon ouvert et un flacon bouché.
- Pour les flacons ouverts on a obtenu l’oxydation totale :
- Après 6 jours, à 15°;
- Après 4 jours, à 25" ;
- Après 3 jours, à 35” ;
- Après 2 jours 1/2, à 15.
- Dans les flacons fermés l’altération a été complète :
- Après 14 jours, à 15’ ;
- Après 12 jours, à 25° ;
- Après 11 jours, à 45".
- Ll’oxydation paraît donc d’autant plus rapide que la température est plus élevée surtout si l’on opère en flacon ouvert.
- C. Alteration des solutions à leur température d'ebutlitiun.
- Nous avons recherché avec quelle rapidité s’oxydent les solutions de sulfite de soude anhydre à divers états de concentration quand on les fait bouillir en présence de l air. On a opéré sur des solutions à 1 (1 0, 3 0 0, 3 0 0, 10 0 0 et 2b 0 0. Chaque solution était titrée avant chaulfage puis portée et maintenue à l’ébullition dans des capsules de deux litres en prenant la précaution de compenser la perte d’eau au fur etl à mesure de l’évaporation. On arrêtait chaque opération au bout du temps convenable et on procédait au titrage. Dans tous ces titrages la solution a été ramenée
- (1, Comme nous l'avons fait remarquer plus haut, les Rlacous de 2 litres qui renferment 1 litre de liquide sont à moitie pleins au début des essais, mais lorsque les expériences ont été répétées pendant 1 mois il reste finalement environ SOe de liqueur dans le flacon de deux litres.
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- 7 6. w 1 I I g I = g
- Nous indiquons dans le tableau suivant les résultats obtenus dans le titrage des solutions de sulfite anhydre de diverses concentrations après ébullitic n pendant des temps variables.
- TENEU DI l.\ ola HOX DURÉE DE 111% POI DS DE SULFITE oxydé pour 100 «r. de sulfite total employé. POrs DE SLNITE oxydé pour 100 ce. de solution après 2 heures d’ébullition.
- Solution à i 0, () 2 heures . . . 2 heures 1,‘2 . , 97 0/0 .... 109 00 . . . . 0 -r. 97
- Solution à 3 0/0 2 heures . . . 4 heures . . . 19 0/0 . . . . 44 0/0 .... t) «r 37
- Solution à 3 0,0 2 heures . . . 5 heures . . . 13,6 0/0 .. . 27,50,0 . . . 0 «r. Gs
- Solution à 10 0/0 2 heures . . . 40 heures . . . 2,70/0 .... 1,100: . . . (1 gr. 27
- Solution à 200 0 2 heures . . . 12 heures . . . 0300 . . . . 4,5 0/0 . . . . 0 .r. 10
- El’examen des chiffres du tableau précédent montre gu’à leurtempérafuredl’ébul-lition, les solutions étendues sont beaucoup plus oxydables (pu; les solutions concentrées. Ce résultat peut se déduire non seulement de l'examen comparatif des poids de sulfite oxydé, par rapport à 100 gr. de sulfite employé, mais aussi par rapport à
- un mémevolumme de solution.
- Si l’on compare, par exemple, les solutions à 1 0 0 et à 2b 0/0) on voit qu’aprés 2 heures d’ébullition il y a eu dans la I1' 97 I) 0 de la totalité du sulfite (pli s’est oxydée et 0,8 <1 0, dans la 2" soit 0,97 de substance pour 100" " de solution à 1 0,0 et (I gr. I (i pour le même volume de solution à 20 0 t).
- CAUSE DE L/ONYDNTION DES SOLUTIONS DE SULFITE DE SOUDE
- Nous avons recherche à quelle cause on peut attribuer l’oxydation des solutions de sulfite de soude. L’oxygène primitivement dissous dans l'eau ne nous a pas paru influer seusiblement sur cette altération, car on n'observe pas de différence appréciable dans la vitesse d’oxydation en employant des solutions préparées avec de l’eau bouillie, ou non bouillie et conservées dans des flacons hermétiquement bouchés.
- Dans tous les cas, les solutions de sulfite de soude anhydre ne subissent pas d’altération appréciable quelle que soit leur concentration, même au bout d’un temps très long, si on les conserve en flacon plein et bouché hiermétiquement, qjuelle que soit la température extérieure.
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- L’oxygéne de l’eau ne paraît, donc nullement intervenir dans le phénomène et l oxygène de l’air semble être l’agent de la réaction. C’est sans doute en se dissolvant dans le liquide au fur et à mesure de sa fixation que l'oxydation peut se poursuivre. Ny a-l-il pas lieu de, déduire, d'après cela, que si les solutions étendues s oxydent plus facilement que les solutions concentrées c’est peut-être parce que l oxygène est moins soluble dans ces dernières que dans les premières.
- CONGLUSIONS
- On peut tirer des expériences précédentes une série de conclusions pratiqjues :
- 1 Ce sulfite de soude, anhydre exposé même en couche mince à l air, a la tempé-rature ordinaire, ou à température élevée ne subit pas d’altération appréciable sauf ogsguAl se trouve dans une atmosphère très humide.
- 2 Ces solutions de sulfite de soude anhydre de faible teneur s’oxydent tresrapide-pent a 1 air a la température ordinaire. Dans des solutions déconcentrations diverses, ‘ lapport entre la quantité de sulfite oxydé au bout du même temps et la qnantite totale de sulfite dissous est d’autant plus faible que la solution est plus concentrée.
- 3 Ces solutions concentrées, à partir de la teneur de 20 0 0, sont très peu oxy-pales, même si elles sont conservées dans un flacon débouché et présentant avec "ir une très grande surface de contact. Il y/ a donc avanlafie^ si l'on veut conserver c snl/itii en solution, à employer des solutions concentrées.
- * A leur température d’ébullition les solutions de sulfite de soude anhydre s oxydent ‘ autant plus rapidement qu’elles sont plus diluées. A partir de la teneur de 20 0 0 oI peut maintenir à l’ébullition à l’air ces solutions sans qu’elles s’altèrent sen-siblement.
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- SUR LA REPRODUCTION DES OBJETS DIFFICILES
- PAR LA PHOTOMICROGRAPHIE
- Dans le précédent artiole nous nous sommes occupés des conditions essentielles auxquelles devaient satisfaire les objectifs pour être susceptibles de reproduire les fines structures. Comme premier point nous avons établi que l’ouverture numérigue doit elfe en rapport avec la ténuité des délails qu’il slagit de résoudre et que l’image projetée soit assez fortement amplifiée pour que l’eril puisse les résoudre à son tour, DU que le procédé dl’impression puisse les reproduire avec assez de netteté.
- Mais ces deux conditions ne seraient pas suffisantes si ces objectifs, convenable-ment choisis, ne sont pas emplovés dans des conditions bien déterminées et indis-pensables, car on ne peut s’en érartersans comprometire plus on moins ia perfection de l’image. C’est, en somme, l’exposé de nouvelles règles (pie nous a vous maintenant, à aborder; à la suite nous envisagerons les divers moyens que l’on peut mettre en cuvre soit pour donner plus de relief on de contrastes aux lins détails et faciliter ainsi leur reproduction, soit pour faire travailler l’objectif dans les meilleures conditions possibles.
- Avant d’étudier ces divers côtés de la qjuestion, il ne serait pas inutile d’étudier plus à fond les qualités des objectifs, de montrer toute l’importance que présente la parfaite correction des aberrations ; ce qui nous conduirait sans le moindre doute à adopter de préférence les objectifs a puchi rom a l iqu es, dans lesquels elle, est à peu près complétement réalisée, mais dont le prix très élevé vient souvent constituer un obstaele ; je remets toutefois cette partie du sujet à un peu plus tard, qui vu son importance et son intérêt, mérite, je crois, d’être traitée en détail. .le supposerai donc, dans ce (pii va suivre, qjue nous opérons avec des objectifs (tch roma l hjHCs, aussi bien corrigés (pie le permet leur construction, tels, en un mot, que les four-Hissent actuellement les bons constructeurs (1).
- achromatiques dlaus lesquels Ie coproctionschromatigue et sphérique sont poussées à un point
- objeetifs de construction réeente sont, en efTet, bien corrigés acl romat iquement pour la partie la plus claire du speetre, eutre la ligne D (dans le jaune et la ligne I (dans le. bleui, tandis que dans les anciens elle était seulement réalisée pour les rayous intermédiaires entre le jaune, et le vert. La correction comprend donc, dans les nouveans systèmes, les rayons utiliss dans les observ alious oculaires et, en majeure partie, ceux qui a-issent sur la plaque photographique I aussi les objeetifs spcialement construits pour 1 observation coin ien neut-i I s pa rfa i temen t à la photographie, tandis q n'a n 1 refi s il fallait, pour obtenir des résultats parfaits, posséder deux séries, l’une pour l’observation, l’autre pour le travail photoyvaplique.
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- Je serai parfois obligé d’énoncer, ou tout au moins rappeler, quelques considera-lions un peu Irop théoriques peut-être, mais j’ajoute que je uv aurai recours que tout autant qu’el les me paraîtront indispensables pourgu’on s esplique bien les raisons qui ont fait adopter comme règle des prescriptions qui pourraient paraître sans cela inutiles ou sans grande importance.
- Puisque, pour reproduire des objets à strueture line, nous devons generalement adopter un grossissement considérable, il est évident que la lumière renvoyée à travers l’objet par le, simple miroir plan ou concave serait bien insulfisante pour obtenir une image assez éclairée pour en effectuer la mise au point, ou bien cela pourrait-il se faire, la pose devrait être fort longue. Ce manque de lumière, toute-fois, s’il est pratiquement de premier ordre, n’est que secondaire a un autre point de vue, car, nous allons le voir, nous sommes obligés de faire usage d un systeme de lentilles destiné à éclairer l'objet qu'on doit observer ou photographier ; le condensateur en effet a pour fonction de fournir un cône de rayons éclairants dont 1 ouverture doit ètre un peu inférieure seulement à celle de l'objectit quand il s’agit d’objets incolores (diatomées) et être, à peu de chose, près, d’égale valeur quand on veut observer ou phiolozraphiier des objets colorés (bactéries) (I).
- Le condensateur pour fournir un large cône fait donc converger sur l’objet une somme considérable de rayons lumineux et augmente, par conséquent, énormément 1 intensité de l'éclairage rendant la mise au point facile et abrégeant la pose.
- Pour retirer d’un condensateur tout le bénéfice qu'il est susceptible de fournir, on doit observer certaines règles, et je viens tout à l’heure de signaler la première rela-tive a la proportionnalité de son ouverture et de celle de l'objectif la seconde c’est que son foyer coïncide avec le plan de l’objet, de telle sorte que celui-ci soit compris entre le foyer du condensateur, d’une part, et celui de l'objectit de l’autre. On réalise wmsi ce que les auteurs anglais désignent sous le nom de crilicul liylli ; la consé-quenceen est, en premier lieu, que l'éclairage atteint alors son maximum d'intensité Lb en second lieu, que l'objet se trouvant confondu avec l’image de la flamme (de la source de lumière) semble ètre lumineux par lui-mèmeel ne joue pas le rôle d’écran, par suite ses contours donnent une image plus nette, n’étant pas entourés de franges de diffraction.
- Je m étendrai un peu longuement sur les qualités que doivent posséder les con-‘ snsa leurs et sur leur mode d’emploi, parce que cette question me semble trop ’Hghgeecn F'rance de la part de bon nombre d’opérateurs, el aussi de la part de MA2.["stru teurs, qui paraissent si; résoudre, avec peine à nous fournir des systèmes <au âge répondant aux conditions auxquelles ils doivent satisfaire pour réaliser "" sondensateur à peu prés parfait.
- ans un tel système nous avons à considérer :
- ) elle obligation d’avoir recours à des cônes éclairants de large ouverture et en rapport a été le du 1 obsjectit découle de ce (pie la formule = . qui détermine le pouvoir résolvant
- 2 culte pour un cnc éclairant égal à l’O N. Avec un éclairage central ce pou voir devient les fin.' G dne deux lois plus petit. Cette diminution du pouvoir résolvan provient de ce que nombre tlails ne sont rendus visibles que par les faisceaux dilractés ou secondaires, dont le émis Pie 15 ' cnt avec 1 obliquité des rayons éclairants c’est-à-dire avec l’ouverture du cône
- 51 Pal le condensateur.
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- REVI 1 DLS SCINers Pno 1 OGRAPIIOUES
- 1° Son foyer;
- 2° Son ouverture numérique ;
- 3° La valeur du cône lumineux réellement aplanétique qu’il fournit ;
- 4° Et, comme dernière qualité, son pouvoir définissant.
- Les condensaleurs de grande ouverture numérique ne possèdent, comme les objectifs similaires, qu’une distance focale el un champ forcément restreints ; il s’ensuit autant pour cette raison, (pie. pour celle (pie nous connaissons déjà (que leur ouver-turesoit en rapport avec celle des objectifs auxquels on les associe;, qu’il faudrait posséder autant de condensateurs que l'on a d'objectifs de pouvoirs diffrents, soit comme ouvertlire, numérique, soit comme foyer. Toutefois, grâce an diaphragme iris qui raccompagne, un même condensateur peut donner un cone éclairant de valeur très variable ; il en résulte qu'un seul système peut s’associer à plusieurs objectifs d’ouverture différente; on n’est, en somme, limité (pie parce fait qu'il devient inutilisable lorsque le champ éclairé qu’il fournit esI de dimensions inférieures à celles du champ embrassé par l'objectif; limite bientot atteinte, il est vrai, lorsqu’il s’agit de condensateurs à grande ouverture.
- Cette considération nous porte donc à avoir à notre disposition un condensateur spécialement destiné à servir avee les objectifs puissants, avec. cette considération qu’en dévissant sa lentille frontale ou diminue son ouverture numérique, on en agrandit le champ en allongeant son foyer ; de la sorti* il devient applicable aux objectifs movens. Toutefois, ce n’est la qju’un pis aller, car le, système n’étant plus complet, les aberrations des lentilles (pie l’ou conserve se trouvent mal et incomplètement corrigées. En définitive, lorsqu'on vise les meilleurs résultats il reste, acquis qu'il est indispensable de posséder des condensateurs qui, dans leur entier, soient appropriés aux objectifs gju'on doit leur associer.
- Eulin, pour ne considérer que les condensateurs à grande ouverture, puisqjue cet te remarque leur est uniquement applicable, leur foyer, ou mieux leur distance frontale, doit ètre, vu leur mode d'emploi, légèrement supérieure à l’ép isseur ordinaire, des porte-objets (soit environ 1i"s à 1 7 ) (1) sans quoi il serait impossible, de faire coïncider l’image de la source éclairante avec le plan de l’objel. En outre, ils doivent être à immersion, si leur ouverture numérique est supérieure à l’unité, et cela pour les mémes raisons, bien connues des micrographes, qui ont fait adopter l’immersion quand il s’agit des objectifs (2).
- Comme conclusion on peut poser qu’on doit avoir à sa disposition au moins deux condensateurs, l’un à immersion et dont l’ouverture numérique se rapproche, de 1.30 et l’autre à sec, de 0.60 ( .N environ.
- porte objets particulièrement minces puisgue leur épaisseur ne doit pas dépasser ("7.
- (2) ntait pas utile jue dans certaius cas (examen des bactéries colorées, emploi de la lumière obliquc) on fasse nsage d’un cone éclairant, d’ouverture, supérieure aux 2,/3 de celle de l'objectif, on ne serait pas obligé d’avoir recours à des condensateurs d’une ouverture numé-rique dépassant on atteignant, même l'unité et devant, par couséquent , pour l’utiliser tout entière, être employés avee un liquide dlimmersion. Si nous considérons, en effet , un objeetit de 1 10 0 N, qui est la plus grande réalisée dans le- objectits (à une exception près;, les 2 3 de 1.40. 0.92. 1 n condensateur de 0.92 à 0.9a, c'est-à-dire pouvant être employé à sec, suffirait
- toutes les fois qu’il s’agirait de dliatomees ou autres objet- incolores et qu’on ne ferait pas usage
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- Si l’ouverture totale d’un condensateur est, comme je l’ai fait voir, d’une grande importance, il est tout aussi important (pic l’ouverture du cône aplanélitpie qu'il émet soit très élevée, égale, à peu de chose près, à l’ouverture du cône total, car c’est la valeur seule du cône aplanétique qu’il faut prendre en considération pour estimer les qualités de ces systèmes optiques, puisque c’est le cône aplanétique qui doit être uniquement utilisé lorsqu'il s’agit de fines résolutions.
- Si nous considérons le condensateur de Abbe, de 1.40 O N, dont sont ordinaire-ment munis les microscopes, nous le trouvons bien suffisant comme ouverture totale mais, par contre, il ne doit être considéré (pie comme un instrument très inférieur en envisageant la valeur du cône aplanétique qu'il fournit, puisqu'elle égale à peine 0.50. Un tel système ne peut donc suffire lorsqu'on vise les meilleurs résultats. Il n’en est plus de même de plusieurs condensateurs, établis par un certain nombre d’opticiens, malheureusement tous étrangers, dont les corrections chromatique et sphérique sont poussées à un haut degré. Pour ne citer qu'un exemple, je dirai que je possède un condensateur huluscopique de la maison Watson et Sons, de Londres, dont l'ouverture totale égale 1.35el dont le cône aplanétique dépasse légèrement 1.25.
- Il serait à désirer que nos opticiens français, maintenant que l’on vise de plus en plus à la perfection des épreuves photomicrographiques, ne restent pas en retard sur leurs concurrents anglais ou allemands.
- Je viens de citer plusieurs fois l’expression de cône aplanél upie, il ne sera pas, je crois, inutile de dire ce que l’on entend par le mot aplanétique. D’après son étymologie il signifie « exempt d’aberrations » ou, en d’autres termes, que tous les rayons émanant, autant des parties centrales que des parties marginales d’un système de lentilles parfaitement aplanétique, se concentrent en un même point de l’axe principal. Un tel système n'existe pas, tous sont allectés, à un degré plus ou moins élevé, de ce que l’on nomme l’aberration chromatiqueet de l'aberration sphérique. Pour ne considérer que cette dernière, nous dirons que les rayons marginaux forment ordi-nairement leur foyer en un point de l’axe plus rapproché des lentilles que les ravons centraux; un tel système est dit corrigé par déjaul.
- L’opticien, au moyen de verres de propriétés différentes, cherche à rapprocher d’un point unique ces foyers secondaires dispersés sur l’axe; le système ainsi combiné peut même arrivera être corrigé par excès ; possédant, par conséquent, le délaut contraire à celui du système (pic nous envisagions tout à l'heure; il sera enfin d’autant plus parfait qu'une plus grande somme de rayons seront amenés à former un foyer unique, c'est-à-dire (pie son ouverture aplanétique sera une fraction plus grande du cône total.
- On reconnaîtra qu’un condensateur est bien corrigé à ce (pie, lorsqu’il est bien cen-tré ( I) et mis au foyer dans le plan de l’objet, doit laisser voir, lorsq’on met l’eil a 1 oculaire, l’objectif donnant lui-mème une image nette de e l objet, une image très brillante de la flamme, tandis que le reste du champ est comparativement obscur et sans teinte dégradée (2).
- (1) Nous verrons plus tard comment un effectue ce centrage et comment on reconnait qu'il est rigoureusement fait.
- (2) Ceci suppose que nous faisons usage pour cet essai d'un objeetif dont le champ e un peu supérieur à celui du condensateur on que la source se trouve assez dloignee poue ne fournir
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- REVUE DEs SCIENCES PIIOTOGRAAPIIQI ES
- Pourgnoi faut-il si' sersir de condensateurs parfaitement corrigés, c’est-à-dlire pos-sédant une grande ouverture aplanétique par rapport à leur ouverture tolale ?
- Bien que j’aie déjà dit quelqjues mots sur ce sujet, j’y reviens maintenant que nous connaissons mieux ce qui constitue les défauts de correction. La raison d’être des condensateurs consiste à concentrer la plus grande somme possible de rayons lumineux dans le plan de l'objet et rien que dans ce plan. Si, en effet, par suite de cor-rections imparfaites, certains de ces ravons se concentrent en avant ou en arrière, il en résulte d’abord une perle de lumière et, surtout, sa dispersion dans le champ. De plus, lorsque nous emploierons une source de peu d'étendue (lumiére oxhydrique, flamme vue par la tranche), nous n'obtiendrons qu’un champ inégalement éclairé; défaut qui est immédiatement visible et dont on ne peut s'affranchir. Enfin nous ne pourrons jamais obtenir une image neftte de la flanme dans toutes ses parties, puisque, par suite des fortes aberrations, la netteté se perd au centre quand on met au point sur les bords ef rice rersi. Or, comme la meilleure image, ou la meilleure délinition se. produit seulement aux points où l'objet est à la fois au foyer exact du condensateur et de l'ohjeetif, il est évident qu'avec un condensateur très imparfai-tement corrigé, l’image ne saurait être, également parfaite dans toute son étendue et «l’égale intensité dans toutes les parties du champ.
- Comme dernière qualité des condensateurs je citais leur définition, au sujet de laquelle il est bon de faire celle remarque qu'il n'est pas utile qu’ils la possèdent au même degré de perfection que les objeeti fs, ce qui les rendrait trop coûteux et serait sans avantage, bien qu'elle doive être néanmoins assez bonne pour qu’on puisse obtenir une image précise de la flamme, sans cela il serait impossible d’obtenir la parfaite coïncidence de celle image cl du plan de l’objet.
- Nous avons donc établi jusques ici que pour les travaux délicats, pour la reproduc-lion des structures fines, il est quatre règles auxquelles il faut strictement se conformer et j’ai fait la remargue que la discussion de la seconde ferait l’objet d’un travail ultérieur, je rappelle ici ces quatre règles:
- 1° Employer des objeetifs d’ouverture numérique appropriée à la ténuité des détails qu’il s’agit de reproduire ;
- 2° S’adresser aux objectifs dont les aberrations sphériques et de réfrangibilité sont corrigées au plus haut degré;
- 3“ Associer à ces objectifs des condensateurs d’ouverture numérique à peu près égale dans certains cas, ou IégéremenI inférieure dans la plupart des autres et dont les aberrations également soient bien corrigées.
- 1" Fai re coïncider l’objet, d’une part, avee l’image. de la llamme, c’est-à-dire avec le plan focal du condensateur, et, de l'autre, avec le plan focal de l’objectif.
- Dans le prochain article nous passerons en revue d’autres préceptes plus secondaires, mais dont la valeur ou le profit qju’ils apportent sont loin d’être négligeables, puisqu’ils moifient singuliérement les résultats on rendent le travail relativement facile dans beaucoup de cas où l’on n’obtiendrait qu’une, épreuve à peu près inacceptable.
- Domine les matières que nous avons traitées dans ce présent numéro ne comportent pas d’exemple de reproductions venant à l’appui du texte, les deux ligures qjui l’accompagnent serviront a démontrer ce que je disais dans le précédent à savoir : que l’on avait souvent avantage à adopter une forte amplification pour que les détails ténus prennent assez d’importance pour cire certain que le procédé d’impression
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- REVUE DES SCTENCNS PHOTOGRAPIIIQUES
- soit capable de les reproduire nettement. Les deux figures intercalées ne sont en effet que des agrandissements des planches 1 et 3 du précédent artiele, dans les-quelles les détails étaient peu visibles, tandis qu’ils sont nettement reproduits sur les épreuves agrandies ; cependant, comme je le disais, ce sont les mêmes négatifs (pii ont servi à obtenir les unes et les autres ; il est bon de plus de remarquer que l’on perd toujours quelques détails dans la suite des opérations nécessaires pour passer d’un premier négatif à un second, surtout quand celui-ci doit étre agrandi.
- (4 suivre).
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- REVUE DES SCIENCES PHIOTOGRAPIIOUES
- SUR LA SPECTROPIIOTOMÉTRIE PHOTOGRAPHIQUE
- a) Hoin lé des plaques photographiques du commerce.
- Jl’ai étudié cette qjuestion sur un très grand nombre de plaques au gélatinobromure d’argent. Le dispositif employé est le suivant ; il a été indiqué pour la première fois par M. Boiasse, dans son mémoire sur les actions photographiques (Annales de la Laeulledes Sciences de Toulouse, 1894):
- Une source de lumière (lampe de Nernst) maintenue constante, éclaire la fente d’un speetroscope à trois prismes de flint. La radiation étudiée est isolée au moyen d’une lente de R mm. > 1 mm. 5 percée dans un écran métallique mince. Derrière* cet le fente se trouve la plaque photo- raphique, placée sur un chariot micrométrique. Sur cette plaque je fais une série d'impi essions, dont lescentres sont séparés par 2 mm. La durée* de pose est maintenue invariable*.
- La plaque photographique développée, fixée et séchée est replacée sur le même chariot mieromélrique ; lentille convergente formeau centre* d’une impression photo-graphique une image réelle fi mm, 3X5 mm.) du filament rectiligne d’une lampe de Nernst. I ne deuxième* lentille forme sur une pile thermoélectrique linéaire* une image réelle de f. La pile thermoéleetrique est reliée à un gal vanomtre. En tournant la vis micrométrique, j’étudie la transparence* des impressions photog raphiques pour des points rigoureusement homologues, ce qui est essentiel, étant donné la variation de la sensibilité du gélatinobromure avee la longueur d’onde de la radia-(ion qui l’impressionne.
- En éliminant avee soin toutes les causes d’erreur, sur lesquelles il serait trop long dl’insister, j’ai trouvé que les plaques photographiques du commeree possident, en général, une homogénéité remarquable ; par exemple, pour les plaques Lmiere, marque bleue, en désignant par a et ‘ les impulsions valvanomét riques qui mesu rent les transparences de deux photographies séparées par une distance comprise entre 0 et 3 cm., je trous e :
- É
- pour 90 pour 100 des plaques étudiées.
- b) Le produit de l'intensité I de la lumière par le temps de pose l est
- l’ai vérifié que, dans ces conditions, l’impression photographique diminue quand le temps de pose augmente.
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- REVIE DES SCIENCES PROTOGRAPIIQUES
- Voici quelques nombres :
- 66,15
- 71,8
- 80,2
- 90,7
- Les méthodes photométriques qui supposent l'impression photographique constante quand on maintient It invariable sont donc complètement inexactes.
- c) Méthode speelropholomélrique.
- Pour comparer les intensités I et P de deux radiations de même longueur d’onde, j’emploie la méthode suivante (1) :
- Sur une même plaque photographique jefais, à des époques régulièrement espacées, une série d’impressions photographiques correspondant toutes à la méme durée de pose et à des intensités
- I, K,l‘, I, K,’, I r>i I>K,>K,SK,
- Le cliché développé est étudié à la pile thermoéleetrique. Soient z, 72, o... les impulsions du galvanomètre, qui mesurent la transparence des diverses impressions
- photographiques. Je construis deux courbes ayant pour abscisses l’une et l’autre les diverses positions de la plaque photographique et, comme ordonnées, l’une les dé-viations correspondant aux déviations impaires, l’autre les déviations correspondant aux impressions paires. La première de ces courbes permet de se rendre compte des déviations de la lampe et des défauts d’homogénéité de la plaque. Les deux courbes
- se coupent en un point A, correspondant à une certaine position p de la plaque photographique. Soit :
- =
- la fonction qui représente la variation de la transparence des impressions photogra-phiqjues avec l’intensité I de la radiation et la position p de la plaque. Pour le point A :
- = f (hf, P)
- Le qui donne :
- Les variables h et p sont d’ailleurs reliées par une relation simple, linéaire en général, et que l’expérimentateur choisit arbitrairement.
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- REVUE DES SCIENCES pnOTOG RA PI I IDC ES
- d) Dit dleyré de précision de la ntrUiode précédente.
- Pour déterminer les conditions les meilleures de l’expérience, j’étudie la courbe : a=()
- la pose étant invariable ; la plaque choisie est homogéne. Cette courbe présente un point d’inflexion qui correspond à l’intensité dontles variationss'apprécient lemieus.
- Voici un exemple :
- ) = "0,589 ; pose : 2 minutes; plaque Lumière, marque bleue.
- ilés a rbit rirs. gahy ;i nont riqju
- 300. 16
- 275 ......... 20
- 250 ......... 26
- 225 ....... 34
- 220...... . 48
- 475 ...... . 71
- 150 ...... . 108,5
- 4 25 ....... 130,5
- 100 . ..... 204
- 75 ........ 268
- 50 ......... 320
- 25......... . 38
- 0 ...... . 360
- Les nombres précédents indiquent que dans la région du point d’inflexion.
- =-
- 3
- 1
- -= g-
- c'est-à-dire qu’une variation de.jjade la radiation se traduit par un changement dans la déviation galvanométrique de 1 division H).
- La précision des mesures est limitée seulement par les rarialions d'intensité des sources de lumière à comparer. — Si l’intensité des radiations étudiées est trop faible, pour que les mesures correspondent à la région du point d’inflesion, il faudra voiler préalablement la plaque (2). (
- (Note de M. C. Cavickt., présentée par )L J. Vielle à la séance du 20 juillet 1903 de l'Académie des Sciences}.
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- REVUE DES SCIENCES PRIOTOGRAPIIQUES
- S
- SOCIÉTÉS SAVANTES
- De remploi du stéréoscope en topographie et en astronomie :
- Le colonel LAUSsEDATqui a déjà eu souvent l’occasion d’entretenir l’Académie des travaux topographiques entrepris aujourd’hui dans la plupart des pays civilisés à l’aide de la pho-tographie, montre plusieurs feuilles de la carte au 1/200.000 de l’empire autrichien que M. le colonel baron von Hübl, chef du groupe technique de l’Institut militaire de Vienne, lui a adressées; limite sur la carte du glacier de Karbseisfelder, dans le Salzkammergnt, dessinée à l’échelle de 1 /10.000 avec des courbes de niveau de 25 m. en 25 m., accompagnée, à titre de spécimen, de trois des douze photographies qui ont suffi à sa construction ; il fait voir que la précision absolue d’un tel travail ne saurait être mise en doute.
- De tels travaux permettent d’apprécier le degré de perfectionnement auquel on est déjà parvenu avec la méthode ordinaire qui suppose des stations suffisamment éloignées les unes des autres pour que les lignes de visée, projetées sur le plan, se rencontrent sous des angles convenables. Mais celte condition n'est plus aussi indispensable à remplir dansions les cas, grâce, d’une part à la perfection et à la finesse des images photographiques, et de l’autre aux propriétés de la stéréoscopie.
- On a développé et mis à profit l’idée très simple qui avait conduit Hklmuoltz au léleslé-réoscope qui a donné naissance à divers autres instruments ; tel est le télémètre stéréoscopique du DrPorFnren ; 1c dirigeant sur un objet du paysagcet amenant l’échelle surl’image de cet objet, on lit immédiatement la distance.
- Si on photographie le paysage de deux stations situées à plusieurs mètres (pouvant dépasser 100) de distance, les deux photographies rapprochées l’une de l’autre et placées dans un stéréoscope donnent aussitôt une sensation de relief du terrain et de tout ce qui le recouvre, tel qu’il est permis d’en comparer l’effet à celui que produirait la vue d’un modèle solide exécuté à une petite échelle dont le rapport est celui de l’écartement des yeux à la distance des deux stations, c’est-à-dire à la longueur de la base artificielle.
- (les sortes de modèles en relief ont suggéré à plusieurs personnes l’idée de les employer à la construction immédiate des plans topographiques et à celle des courbes de niveau. Le IVStolze et NAcu y avaient songé il y a plusieurs années; M. CazEs, répétiteur général au lycee Saint-Louis, à Paris; le IP Prirnicn à léna ; M. FOrnCADE du service forestier au cap de Bonne Espérance, et l’arpenteur général du Canada M. E. Deville ont donné de cet intéressant problème, et indépendamment les unes des autres, plusieurs solutions ingénieuses que le colonel Laussedat passe en revue.
- Le colonel Laussedat montre ensuite divers stéréogrammes concernant l’astronomie : deux images de la Lune, à peu près à la même phase ; deux épreuves photographiques négatives de la région celeste qu’occupait Saturne en juin 1899, lesquelles placées dans le stéréoscope montrent nettement cette planète et deux de ses satellites en avant du fond du tableau forme par les étoiles. Dans ce cas, la base, correspondant au déplacement de la terre dans son orbite, n’est pas de moins de 2.500.000 km. (l’est sur ces épreuves que le Dr Pulfrich a découvert avec son stéréocomparateur une très petite étoile dont l'éclat correspondait à celui d une étoile de 12e, 13e grandeur et avait échappé à l'examen monoculaire.
- De colonel Laussedat termine sa communication à l’Académie en disant qu'il ne veut pas suivre M. le D)r Pulfrich dans ses prévisions tendant à la détermination des parallaxes des étoiles les plus voisines par la photographie, en employant, non seulement, la base de près
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- REVUE DES SCIENCES PIIOTOGRAAPILQUES
- d'un million de kilomètres, formée parle diamètre. de notre orbite, mais en recourant au temps, par dizaines d'années ou même par siècles pour mettre à prolit le déplacement de notre système dans l’espace.
- (Académie des sciences, 5 janvier 1903).
- Action des corps radioactifs sur la conductibilité électrique du sélénium : Note de M. Edmond Vax AlUEL, dont nous extrayons les passages principaux :
- « E. HIMSIEDT (I) et ErGÈNK Bloch (2; ont montré que les rayons du radium agissent sur la conductibilité du radium : la diminution de résistance observée est du même ordre de grandeur que les modifications produites par la lumière et parles rayons de Rutgen, mais elle se manifeste plus lentement. D’autre part, W. «I. Rissel (3) a réalisé plusieurs expé-riencesqui établissent que leperosyde d’hydrogène agit d'une manière intense sur la plaque photographique et S. SPERHER (1) a étudié l'action photochimique de l’essence de térébenthine. L.GRAETZ (3) a prouvé que les phénomènes produits par le peroxyde d’hydrogène sont, en plusieurs points, analogues à ceux que donnent les rayons cathodiques et ceux de Becquerel, mais l'énorme influence de la température sur l’action photographique est une propriété caractéristique de ces nouvelles radiations.
- Il m’a paru intéressant de rechercher comment le sélénium se comporte vis-à-vis de ces nouveaux corps radioactifs (eau oxygénée, essence de térébenthine).
- hui
- Ces résultats montrent que ces corps radioaetits agissent surlesélénium comme lalumière ou les radiations de Rntgen. mais que l’influence se fait sentir beaucoup plus lentement : ils me paraissent établir aussi que le peroxyde T’hydrogéne et l’essence de térébenthine émettent des rayons. »
- | I 1 1
- Observation photographique de l’éclipse de lune du 11 avril 1903, à l’Observatoire de Toulouse :
- M. MONTANeERAND a pu obtenir onze clichés. pendant la durée du phénomène, sur des plaques Lumière, bleue, violette et panchromatique, enduites au dos de vernis antihalo. Sur ces clichés, en raison de la longueur des poses, l’image du bord non éclipsé est naturelle-ment surexposée et le halo s’est produit malgré le vernis ; autour du croissant éclairé, on constate la présence d’une plage impressionnée de forme elliptique, ayant son centre sur le contour lunaire, et produite par l’illumination de la lune. Contre le bord éclairé, on distingue très nettement une sorte de bourrelet assez intense, résultat du phénomène connu sous le nom d’irradiatios.
- g & g * :
- I
- Sur la réduction par l’hydrogène de quelques halogènes métalliques : (Chlorure, bromure et induré d'argent; chlorure, bromure et induré de plomb). Note de M. A. Jm niai'x présentée à l'Académie des Srienees. le 27 avril 1903).
- (1) Annalen dep PhysUe, 1901.
- (2) Comptes rendus, 1. CXXXII. 1901 , p. 911.
- (3) l'roeeedings of the llmjfil Societn,\û\, LXIV, 1899, p.4U2 On trouvera un résumé des travaux de Ri ssmdans l’ouvrage Le radium parti. IL NIEWI.NGLOWSKI La Rerue générale des Sciences a publié dans son numéro du la septembre 1898, p. 604, un résumé très détaillé de la communication de RrssKI.. à la Société royale de Londres.
- (4) HeitdaUer tu deu Annalen der PhysiL', vol. XXIII, 1899, p. 127.
- (5) PhysiLalisehe Zeilselirift, année, 1902 et 1903, p. 160 et 271.
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- Nouveau procédé pour mettre en évidence les objets ultramicroscopiques :
- Les objets étudiés jusqu’ici par les micrographes ont des dimensions qui restent toujours supérieures à une limite, qui est de l’ordre de un quart de longueur d’onde. limite qui s’explique par la théorie de la diffraction. MM. A. Cotton et TL Mouton, s’appuyant sur ce que cette théorie montre aussi qu’on pourrait constater l’existence de ces objets s’ils émettaient assez de lumière par eux-mêmes, ont réalisé un dispositif, d'une installation commode, permettant d'éclairer très vivement les objets. Ils ont pu avec ce dispositif cons-tater l’existence d’un très grand nombre de petites particules dans l’émulsion qui sert à la photographie des couleurs par la méthode de M. LIPPMANN.
- La même méthode peut être utilisée à l’étude des surfaces des verres et des cristaux, des altérations qu’elles subissent et des dépôts qui peuvent s’y produire.
- (Académie des Sciences, 29 juin 1903).
- De l’effluviographie ou l’obtention de l’image par les effluves,
- par M. D. TOMMAsI :
- A propos de ces divers rayons (rayons X, rayons N, rayons fluorescents, etc.. etc.') dont on parle tant aujourd’hui, D. Tommasi nous adresse une note dans laquelle il rappelle qu’en 1884, c’est-à-dire 10ans avant la belle découverte de Roentgen sur les rayons X, il était parvenu à impressionner une plaque photographique sans le concours de la lumière et par la seule action des efffuves obscurs.
- Nous donnons ci-dessous la note présentée par D. Tommasi à V Académie des sciences de Paris le 22 mars 1886.
- « Jai l'honneur de soumettre au jugement de l’Académie les premiers résultats de mes recherches sur le moyen d'obtenir, par la seule action de l’effluve électrique (décharge obscure) les effets que l’on réalise par l’emploi de la lumière en photographie.
- « Pour photographier les objets sans le concours delà lumière, ou plus exactement pour 1er ejfhiviographier, voici le dispositif que j’ai employé provisoirement :
- « Deux brosses métalliquesdisposées parallèlement, en regard l’une de l’autre, sont reliées chacune à un pôle d’une machine de Iloltz. lTne plaque au gélatino-bromure sensiblement de même hauteur, est placée perpendiculairement aux brosses, de telle, sorte que le plan de la face sensibilisée contienne les bords de ces brosses ou en soit très voisin dans les deux sens; le courant établi, une pose de quelques minutes est suffisante.
- « Je n ai pas besoin de rappeler que cette opération doit s’effectuer dans l'obscurité la plus complète. Il ne reste plus alors qu'à développer et à fixer, par les procédés ordinaires, l image obtenue. Cette expérience tend à prouver que l’effluve produit les mêmes effets que les raxons ultra-violets, etque, par conséquent, il doit exister une liaison entre les deux parties extrêmes du spectre, et que cette liaison est constituée parce que j’appellerai provisoire-ment rayons électriques ». (Comptes-rendus de l'Académie des Sciences du 22 mars 1880).
- Pour m’assurer que la décharge électrique contient d’autres rayons que les rayons acti-niques, voici l’expérience que j’ai faite :
- " "al posé sur une plaque au gélatino-bromure un morceau de papier imprimé en guise de eliché, puis j’ai placé l’ensemble dans un châssis. Celui-ci a été enveloppé de telle sorte M’ie, après un certain temps d’exposition à la lumière, aucune altération n’avait pu se pro-‘ uire i j étais dès lors certain que l’enveloppe était complètement opaque, c'est-à-dire que la motection contre les rayons lumineux était absolue
- n" AV-dessusdu châssis ainsi enveloppé, j’ai produit une série d’effluves électriquesdont la "miere, pas plus que celle du jour, ne pouvait influencer la plaque sensible. Cependant une "on se produisit, et l'image obtenue, développée et fixée, était identique à celle qu'aurait ‘ onnse, action des rayons lumineux.
- aut donc en conclure que la lumière électrique contient, en dehors des rayons acti-
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- niques, ce genre particulier de ravons que j'ai dénommés rayons électriques, et dont j’ai démontré directement, l’existence en me servant des e/’/luves obscurs, c'est-à-dire dénués de rayons lumineux. »
- Action du rayonnement du radium sur la plaque photographique :
- M. S. SCHINNER a constaté que l’intensité de l’image développée augmente rapidement, jusqu’ un maximum avec l’augmentation de la durée d'exposition; puis elle diminue, d’abord rapidement, jusqu’ un stade où il ne se forme pratiquement aucune image par dévelorpement. Les images latentes d'étincelles électriques peuvent être annulées, puis ren-versées par l’action prolongée du rayonnement du radinm.
- (Société de physique de Londres, 22 janvier 1904).
- Photographie par catalyse ou catatypie :
- M. Victor HENn signale à la Société française de physique les expériences de MM. OsT-WALo et Gnos. L’argent, le platine, le manganèse accélèrent nombre de réactions utilisées en photographie, l’accélération étant proportionnelle à la quantité de catalyseur. Ils ont appliqué ce phénomène au tirage d’épreuves sans lumière.
- Dans les procédés par catalyse directe le métal constituant les noirs «l’une image photo-graphique sert de catalyseur à une réaction colorée ; une feuille de papier humectée d’une solution de bromate de potassium et de pyrogallol étant appliquée de 5 à 10 minutes sur un photogramme au platine on obtient de celui-ci une copie en rouge.
- Dans les procédés par catalyse indirecte, on utilise un corps intermédiaire : l’eau oxygénée. Une épreuve au platine est humectée d’eau oxygénée dissoute dans l’éther ; celui-ci évaporé, on applique une feuille de papier gélatiné qui fixe l’eau oxygénée qui n'a pas été décomposée par le platine. Après quelques secondes de contact, on plonge la feuille gélatinée dans une solution «le sel de fer ou de manganèse : on obtient ainsi une imagedont les noirs sont formés de sel ferrique ou de bioxyde de manganèse dont on peut utiliser les propriétés oxydantes, vis-à-vis des couleurs d'aniline pour obtenir une image colorée.
- (Société p-tuicaise de physique, i décembre 1993).
- Radiation actinique solaire :
- M. PAcINI, à la suite de nombreuses expériences faites avec l’actinométre photoéleetrique de MM. Ebsler et Geitel, a trouvé que le coefficient de transparence relatif à la radiation calorifique. est. deus fois et demi environ plus grand que celui de, la radiation actinique.
- (Académie royale des Lincei, novembre 1903).
- Sur une particularité nouvelle de l'inversion de l’image sous-posée par sur-développement lent :
- Dans ma note du décembre 1903 h, j’indiquais qque le phénomène de l’inversion de l'image sous-posée en développement lent m’avait paru souvent concomitant à ses débuts, quoique point dépendant, de celui du raugissement des blanes ; et cela pouvait sembler établir une relation avec le voile dichroïque, qui commence aussi par les parties les moins exposées de la plaque, ainsi que viennent de le noter encore, après tous les observateurs, MM. Lumière et Seyewelz.
- Il se peut qu'il y ait au fond certaines analogies de processus chimique, qu’il sera intéressant de rechercher lorsque l'autre aura été lui-même mieux précisé. Mais, d'une part,
- (f) Voir Rerur des Sciences jdintogrnidiiyiies, n" 1, p. 30. Nous publierons sous peu un artiele du I» Grenni sur ce sujet. M, Snans a signalé en novembre 1903 un phénoméne analogue.
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- lerougissement préliminairedel’inversion est complètement indépendant des causes spéciales attribuées au voile dichroïque par les chimistes lyonnais; et, d’autre part, ce n’est, qu’une phase transitoire, et pas toujours nécessaire, de l’inversion finale. Celle-ci, en effet, se montre d'emblée en noir sur les pellicules Lumière ou Eastmann (1) et toujours sur les parties les moins impressionnées du cliché, d’une surface éclairée, par exemple, à la lumière artificielle, en raison inverse du carré de la distance.
- Par contre, sur papier Lamy, et même en remplaçant le bain pyrogallique par le dliami-dophénol, également au 1/10 (eau, 1000 gr. ; sulfite de soude, 5 gr., chlorhydrate de diami-dophénol, Ogr., 5; acide citrique au 1/10, 10 gouttes). la coloration deshilancs est toujours la première phase observable, et d’une durée telle qu’elle arriverait, pour un peu, à masquer l’autre.
- l’assaut du jaune citron à l’orangé, mais par saturation de teinte, sans mélange de rouge, elle arrive à l’ocre foncé et au brun chocolat, sans cesser de donner l’impression d’un négatif. Mais qu’on regarde les dernières teintes par transparence, et c’est un positif que l'on voit, d’autant plus tranché qu’il est plus éloigné du début; preuve que dest par mélange de noir qjue s’est fait le foncement noir qui semblerait emprunté aux plages voisines, baissées au point de paraître plus translucides que les anciens blancs, restés plus clairs par réflesion.
- D’ailleurs, en persévérant, la transposition s’accentue. le jaune on disparaît, ou se noie insensiblement dans le noir, et il reste finalement un franc positif en grisaille. mm métallisé, sans blancs, il est vrai, ni noirs purs, mais reproduisant toutes les nuances, simplement atténuées, du cliché.
- Il y faut le temps, par exemple. Des six morceaux 4 X 18 d’une feuille 18 X 21 n" V) exposée 5 secondes à Ie d’une bougie de la forme courte, dite des à la livre, sous une cache mixte, à jour, de bandelettes noires obliques et de bandes blanches longitudinales en trois épaisseurs, avec fenêtre losangique dans la moyenne, les quatre premiers morceaux, laissés respectivement au bain 12, 23, 33 et «heures, ne montrent encore que la progression du jaunissement, sans apparence d’inversion, même par transparence. El pourtant les deux dernières bandes, abandonnées ensuite au bain pendant une absence de i jours et demi en ont été retirées, après une immersion totale de six fois et demie 24 heures, sous forme de Positils caractérisés, avec inversion complète et disparition de la teinte jaune. Le bain lui-meme était encore très clair, à peine teinté d’une couleur citrine légère; mais il était totalement inactif, et des papiers normalement impressionnés y restèrent plus de 21 heures, sans subir aucune espèce de modification.
- Lcs moniaux de la lenille A III, exposée seulement 3 secondes dans les mêmes conditions, montu.nl une maiche beaucoup plus rapide vers l’inversion, qui. nettement atteinte par mispaiencc ‘ ‘ s a tioisieme bande, après 12 heures 40 minutes de bain, ne l’était cependant Pcno1G Par ‘eflexion, sur la cinquième, qui, après (il heures de bain, montre bien la 5 i C."Uaion.1 nun ct du II011'’ mais pais encore la complète inversion, laquelle, après expérience (9111 1 "9101) 11 est Pis même atteinte par la dernière bande, encore en
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- Congrès des Sociétés savantes de Paris et des départements à la Sorbonne (avril 1904). -Sous-section de photographie :
- La sous-section de photographie n’a tenu qu’une séance, présidée par le général SÉRERT,
- La parole est donnée à M. MONPILLARD qui fait une communication sur VEcrun jaune et les plaques orthochromatiques.
- Il rend compte au congrès des résultats de ses recherches en vue del’étalonnage deys écrans colorés. Elles l’ont conduit à admettre que le coeflicient par lequel on doit multiplier la valeur du temps de pose normal lorsque l'on fait usage d'un écran et d’une plaque ortho-chromatique est le produit de deux principaux facteurs, l'un appartenant à l’écran, l'autre à la plaqjue.
- AL MONPILAND a tout d’abord procédé à l'étude systématique des différents éléments dont est formé l’éeran jaune, en cherchant à déterminer Finfluence que peut exercer : ln la simple présence de la glace même constituant l'éeran, relle-ci considérée comme éfaid incolore; 2" la nature et l'intensité de la coloration, au point de vue de l'augmentation de la durée du temps de pose et du rendu des valeurs des diverses colorations.
- Il propose et décrit une méthode sensitométrigne qu'il a expérimentée. permettant, au moyen d’un appareil spécial, de déterminer ce qu'il propose d'appeler le coefficient de transparence chromatique de l’écran, soit pour le jaune, soit pour le vert du spectre.
- Il indiqne les résultats qui lui ont été fournis par une méthode basée sur l’emploi d'un speetrographe à chassis multiplicateur, en vue d’arriver à la détermination de ce qu'il propose de désigner sous le nom de coeflicient de sensibilité chromatique d’une plaque pour tel ou tel groupe de radiations du spectre.
- Il termine enfin en faisant remarguer que, dans ces détermiuatious du coefficient dl'aug-mentation de la durée normale du temps de pose, lorsque l’on a recours à l’emploi combiné des plaques orthochromatiques et de l'écran jaune, il est nécessaire de faire entrer en ligne de compte les valeurs correspondant aux différentes luminosités qjue les diverses colorations possèdent pour notre mil, et ceci, en vue d'éviter certaines erreurs et d’arriver à une interprétation aussi exacte que possible, des colorations diverses des sujets que nous désirons reproduire.
- M. MoNPILAND fait projeter ensuite quelques diapositives à l’appui de sa communicalion.
- AL le secrétaire donne, en l’absence de AL NonoN, communication delà note suivante sur les Méthodes micrographiques et stéréoscopiques :
- Méthodes mlcrogruphiqaes. — Les microscopes doivent être doués d’une grande stabilité.
- Les principaux modèles employés sont ceux dudocteur Vaut Hleurck, Backer-Zeiss, Leitz, Waston et Sonat, Bezu et I lauser, Walsmesley.
- Les objectifs les plus parfaits sont ceuv de Powel ef Lealand. de Zeiss, de Spencer et Smith, et de Rteichert. On peut utiliser le microscope composé ordinaire pour l’obtent ion d’images mierographiques.
- La puissance réelle du microscope est inverse de la longueur d'onde et proportionnelle à l’indicede réfraction du médium interposé entre l’objectif et l'objet. En pratique on prendA - 0,33 pet l'indice de réfraction du médium égal à 1,60.
- On peut utiliser comme source d’éclairage, celle du soleil. iles nuages, des lampes à ineandeseence et de l’acétylne. On obtient de la lumière monochromatique à l’aide de l’arc à mercure ou de milieux colorés. On colore diverses préparations micrographiques pour en faire apparaître les détails.
- La micrographie est utilisée pour l’étude hactériologigue, pour l’analyse « himigne des surfaces métalliques polies, pour la conservation d’épreuves très réduites de pièces documentaires, et eulin pour obtenir des elichés pellieulaires extrémement réduits et transportables de dépêches en temps de guerre.
- Méthodes stéréoscopiques. — On ntilise de prefërence des objectifs anastigmats. périgra-
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- phiques et rectilinéaires. On emploie avec avantage une trousse de trois lentillespour obtenir des images d’objets situés à diverses distances.
- Les deux objectifs stéréoscopiques doivent être rigoureusement semblables.
- La distance des objectifs varie entre 7 et 9 centimètres. Si l'écartement est trop grand, le relief des premiers plans est trop prononcé.
- Pour des objets très rapprochés et de petites dimensions, M. COLARDEAU a démontré expérimentalement que la distance des objectifs doit être de 6 centimètres environ.
- Les chambres stéréoscopiques peuvent être réversibles telles que celles de Richard dites verascopes. Elles peuvent, au contraire, être distinctes. La dimension de la chambre destinée à obtenir les clichés est très variable. Le congrès de Bruxelles a fixé les dimensions des épreuves stéréoscopiques à Gt X 70 mm. Les stéréoscopes permettent «l’obtenir l’impression du relief à l’aide de prismes lenticulaires à distance focale variable à volonté. Le stéréoscope Cazis permet d’examiner de grandes épreuves à l’aide de quatre miroirs.
- Le tirage des photocopies est obtenu le plus souvent à l’aide de châssis spéciaux permet-tant d’effectuer facilement le retournement des épreuves. On peut obtenir l’effet stéréoscopique par projection sur un écran à l’aide de prismes fixés dans des hésicles, ou par un mode de projections à éclipses. Nous avons utilisé, dans le même but, une projection des deux images dans un milieu trouble limité par deux surfaces transparentes.
- Des anaglyphes permettent d’obtenir l’impression du relief à l’aide d’images colorées et superposées que l'on examine à l'aide de deux verres colorés. Ducos du Hauron a obtenu une impression stéréoscopique polychrome à l’aide de trois images colorées différemment, imprimées ensemble et examinées au travers de deux écrans colorés distincts.
- Nous avons également obtenu l’impression stéréoscopique polychrome à l’aide de deux épreuves photographiques ordinaires, obtenues à l’aide d’une nouvelle méthode désignée sous le nom de méthode chromostéréoscopique. Le principe de cette méthode consiste à diviser le spectre lumineux suivant deux régions différentes dont chacune d'elles donne une couleur composée qui est complémentaire de l'autre. Si les couleurs ont une intensité relative égale, la couleur résultant de leur mélange est du blanc pur. Si l'on fait varier progressivement 1 intensité relative de ces deux couleurs, on obtient toutes les teintes du spectre mélangées à du blanc, sauf cependant les deux régions extrêmes du spectre.
- La photographie des objets peut être effectuée à l’aide des chambres stéréoscopiques ordi-nmiresdontles objectifs sont munis d’écrans colorés. [.es couleurs de ces écrans sont complémentaires et elles correspondent aux couleurs dominantes des objets à photographier.
- Les clichés sont développés comme d’habitude et les photographies sont tirées en noir et blanc suivant les procédés ordinaires. Les photocopies sont colorées respectivement avec les couleurs dominantes correspondantes, ou bien elles sont examinées au travers d’écrans colorés.
- L examen slereoscopique des épreuves chromostrGoscopiqnes donne à la fois l’impression du relief et delà couleur.
- "suiet M. MonPnIanD fait observer qu’en dehors des maisons étrangeies signalées pai . 09 il existe en Erancedeseonstrueteurs parmi lesquels les maisons Nachet et Jils . "I1, Stiassnie Suer, conviennent d’être signalées. leurs instruments étant justement aPPeue> et mis en usage dans un grand nombre d'établissements scientiliques français etetiangers. ®
- La séance est levée à quatre heures.
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- Sur les propriétés photo-électriques du sélénium :
- Dans cet article M. A. Ben rn . après un historique de la qjuestion, envisage successivement : l<> la conductibilité du sélénium, sa sensibilité, la cause de sa sensibilité ; 2" la mesure de. la sensibilité ; 3 l'influence, du temps sur la seusibilité ; " la force electromot rice des éléments au sélénium ; 5o l’influence de la chaleur sur la sensibilité. On sait que l'on a proposéde nombreu-es applications de ces propriétés : la photométrie électrique (mesure directe de l’intensité de. la lumière), la radiophonie et la photophonie (téléphonie optique, transmission de la parole, à distance, sans lil) la téléphotographie et la téleet roscopie (transmission des phiotographies à distance; vision à distance à l’aide d'un lil): photophonographie (enregistrement photographique de la parole, la photographie électrique de la lumière), et que, dans la pratique, on s’est heurté à de nombreuses difficultés. Les recherches récentes, que résume M, Berthier dans son article, ut; larderont pas à expliquer ces difficultés et, par suite, permettront de les surmonter.
- (L'Eclairuiji' rh‘dri<(ur. f. X\XVIII, p, is, 19 mars 11).
- La solarisation est-elle un phénomène dû au développement ?
- Le Dr J. M. Eoen dans cet intéressant artiele rappelle ce qu’est la solarisation et qu’on peut l’empècher par une conduite convenable du développement : emploi d’un révélateurdilué; addition de substances modératrices telles que le bromure de potassium ... diminution de la quantité d’alcali.
- Quand on développe une plaque surexposée, au début apparaît un négatif normal et ce n'es t qu’en prolongeant le développement qu'on obtient un positif. On espliquecefait en disant que la lumière a produit deux images differentes superpostesde telle sorte qu’un révélateur approprié; peut faire apparaître plus rapidement, l'une ou l’autre de ces images; de sorte que. dans certaines limites, on pourrait, par un développement judicieux. favoriser ou retarder la solarisation.
- P'nuonr soutient qu’il faut regarder la solarisation comme. étant exclusivement un phénomène de développement, n’ayant pas de rapport direct avec les mod ilications photochimiques du bromure d’argent. Le Docteur Even a montré que l’expérience ne vérifiait pas cette théorie (1). On sait, par exemple qu'en traitant la plaque solarisée par certains réactifs avant le développement, celui-ci ne fait apparaître qu'une image. normale : l'eflet de la surexposition a été détruit.
- LtPPo CRawen a, le premier, observé que l’eau de brome abaissait la limite de solarisation d'une plaque sèche surexposée ; il en est de même du persulfatedammonium. L0 DEoen a montré qu’une solution d’acidechromique (1 gramme de bichromate de potassium et 3 grammes d’acide sulfurique pour 100 ce. d’eau agissait mieux.
- En plongeant la plaque surespusée de 1/4 à 1 I d’heure dans une solution azotique de bichromate : 2 grammes de bichromate, G centimètres cubes d'acide azotique pour 100 ce. d’eau, on abaisse énormément la limite de solarisation.
- (Jahrbuch fur Phohujruyhie uml /{eproducdoiix trchnili fur du* Juhr 1902, p. 20).
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- Le birecieiir-aêiwil : Cuauns MENoEI.
- DION, MPIINAnI DARNIInE
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- PHOTOGRAPHIE DE LA RÉTINE
- Appareil dli D" w. Thorner
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- LA PHOTOGRAPHIE DE LA RÉTINE
- Il est un fait reconnu depuis longtemps que les yeux de certains animaux, ceux du chat en particulier et du chien, émettent pendant la nuit des radiations lumineuses. Ces radiations sont dues à certaine propriété de la membrane postérieure du globe de l’œil, la rétine; cette membrane, chez beaucoup d’animaux, est recouverte d’un pigment doué d’un pouvoir réfléchissant considérable, ce qui permet à toute cette catégorie d'individus d’y voir parfaitement dans l'obscurité, alors que l'cil humain normal est incapable d’y rien distinguer. Celte « phosphorescence » des yeux des animaux a été remarquée depuis de longs siècles et nous trouvons au moyen âge nombre de tableaux qui représentent des monstres dont les yeux lancent des éclairs. De ce nombre est une gravure datant de 1674 et représentant le cardinal Cres-centius : à ses côtés on remarque une sorte d’apparition, dont la tête est semblable à celle d’un chien et dont les yeux brillent. Mais à la façon dont sont rendus d’une part la clarté de la bougie qui éclaire le cardinal et la lueur émise par les yeux de l’animal on reconnaît chez l’artiste une observation exacte, une connaissance parfaite de la nature. Nous sommes donc autorisés à croire que déjà à cette époque on avait essayé d’étudier la constitution de la rétine. Pendant des siècles néanmoins, les choses en restèrent à ce point et peu d’esprits se sont préoccupés de l’étude de ce problème.
- Le premier qui ait étudié réellement la constitution de la membrane qui tapisse la chambre postérieure de l’œil est le français Méry qui, en 1704, en maintenant un chat sous l’eau, parvint à étudier la rétine de cet animal. Méry toutefois, qui fit à l’Académie des Sciences de Paris une communication sur ses observations, ne put s’expliquer lui-même le principe sur lequel reposaient les faits qu’il avait pu remarquer. Ce fut la I lire qui en 1709 put le premier donner sur ce point quelques éclaircissements : il démontre à ce sujet que par suite de la réfraction de l'eau, le rôle de la cornée transparente se trouve modifié et les rayons lumineux réfléchis par la rétine, au lieu de sortir dans une direction parallèle à l’œil, sont au contraire déviés et sortent dans une direction divergente.
- Quelque cent ans plus tard, en 1810, Prévost observa de plus près le phénomène de la phosphorescence des yeux des animaux et il découvrit la présence d’un pigment spécial qui réfléchit la lumière pénétrant à l'intérieur du globe oculaire. Les résultats de ses observations ont été parla suite poussés avant par divers savants et ces études ont grandement contribué à l’avancement de nos connaissances sur l’anatomie de Vieil humain.
- Les différentes observations faites sur la rétine demeurèrent cependant toujours incomplètes et il fallut la découverte de l’ophtalmoscope par Hlelmholtz pour mettre enfin ces études dans une voie scientifique. Le miroir de HIelmholtz non seulement peut servir pour l’examen de la rétine, mais il permet de prendre des dessins de Vieil,
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- de la rétine et des vaisseaux qui la sillonnent. Les raisons qui rendaient l’ophtal-moscope indispensable sont inhérentes à la constitution de l’oril lui-même.
- La pupille de l’eril, à quelque moment qu’on l’observe, paraît toujours noire; on en a tiré cette conclusion, assez logique du reste, qu’elle devait absorber toutes les radiations lumineuses sans en réfléchir aucune. De fait rien n'est plus inexact : si la pupille absorbe les radiations, elle en réfléchit toutefois une partie; mais il était impossible à l’observateur de se rendre compte de ce fait. Lril humain est en elTet constitué de telle façon qque les rayons réfléchis par la rétine sont renvoyés droit à la source lumineuse qui les émet. Or pour l'observateur il y a nécessité de se placer entre la source lumineuse et la pupille : il fait ainsi obstacle à la marche des rayons lumineux venant de l'extérieur et il devient impossible de rien distinguer de la pupille qui apparaît absolument noire.
- Dans l'ophtalmoscope, les rayons lumineux sont envoyés à l'intérieur du globe oculaire parmi miroir concave et renvoyés par l'oil vers h1 miroir. Une très petite ouverture aménagée au centre de ce miroir permet à l'observateur de concentrer les rayons lumineux dans Fail du sujet tout en l’observant.
- Comme nous l’avons dit, grâce à l’ophtalmoscope, il est possible de dessiner l’aspect et la constitution de l'ril. C'est là toutefois une tche laborieuse pour l’opérateur el aussi une source de souffrance pour le patient. Le sujet s’énerve facilement durant une séance qui est fornément prolongée et d’autre part la lumière intense concentrée dans l'œil fatigue énormément la vue. De plus, l’opérateur doit modifier constamment la position de l’ophtalmoscope pour éclairer successivement chacune des parties de l'œil qu’il veut dessiner ; et finalement il n’obtient qu’une image bien imparfaite.
- Il ne faut donc pas s’étonner si, pour supprimer tous les inconvénients inhérents à l’emploi de cet instrument, immédiatement après la découverte de l’ophtalmoscope, a germé l’idée d’un instrument qui permit <le photographier la rétine.
- Les premiers essais tentés dans cette direction datent de 1862 et demeurèrent infructueux. En 1864, Rosebrugh construisit un appareil qui devait rendre possible la photographie de la paroi de la chambre postérieure de l’enil. Cet appareil était construit d'après un excellent principe, mais il ne permit d’obtenir aucun résultat appréciable ; l'éclairage était fourni par la lumière solaire-, mais la réflexion sur la cornée transparente empéchait l’obtention d’aucune image. Depuis cette époque les recherches n’ont pas été abandonnées et des essais continuels ont été faits en vue de l’obtention par voie photographiique de l'image1 de la paroi intérieure, de l’oil, mais le succès ne répondit pas aux efforts (entés par un grand nombre de chereheui s. De1 ce nombre était avec tant d’autres le célébre oculiste professenr I) Hermann Colin, qui, en 1888, déclarait au congrès international d’lleidelberg que depuis vinet-trois ans il s’adonnait à la recherehe de cette solution sans pouvoir arriver à un résultat satisfaisant.
- Il y a en efTet, pour arriver à photographier la rétine, de grosses difficultés à surmonter. Il est d’abord indispensable que l’oil soit parfaitement immobile pendant la durée de l’exposition ; cela ne s’obtient pas sans une grande. fatigue pour le sujet: ceci dit pour le cas où on voudrait faire un instantané, ce qui semble plus rationnel : il faut un appareil très rapide et eusuite un éclairage très puissant, deux choses qui ne sont pas très faciles à réaliser de façon satisfaisante.
- Tout récemnent cependant cette question qui avait arrêté tant de chercheurs a été
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- résolue ; il y a environ un an, après de longneset laborieuses recherches,le I)1' Walter Torner,deerlin,apu obtenir d’excellentes photographies de la rétine d’un chat. Depuis ces premiers résultats, il a grandement amélioré sa méthode qui lui permet, à Eheure actuelle, de fixer sur la plaque sensible la rétine humaine.
- Si les recherches ont porté d’abord sur Vieil du chat, cela tient tout simplement à ce que Vieil de cet animal renvoie de 40 à 50 fois autant de lumière que l’œil humain. Il se trouve, notamment, derrière la rétine du chat, un pigment qui réfléchit fortement la lumière, pigment ou membrane qui permet à cet animal de distinguer les obstacles dans la plus profonde obscurité ; les radiations lumineuses sont en effet renvoyées par l’œil sur les objets et réfléchis une seconde fois par ceux-ci vers la rétine. La plupart des animaux domestiques et des oiseaux de proie sont doués également de cette membrane spéciale.
- Le dispositif, tel qu’il était conçu pour la photographie de la rétine du chat, suffisait amplement pour ce but spécial. Appliqué a la photographie de la rétine humaine, il avait cependant besoin de quelques perfectionnements.
- L’appareil que le D1 Torner emploie pour photographier la rétine, appareil que représente notre gravure, est composé comme suit :
- A droite se trouve un appui pour le menton du sujet ; cet appui lui permet, de rester immobile, sans aucune fatigue, durant les préparatifs ; à la hauteur de Viril, se trouve un tube se terminant par une partie analogue à celle qui constitue l’ophtalmnoscope : sur le côté du tube se trouve un chercheur destiné à assurer une bonne mise en plaque. Une lampe à pétrole permet d'envoyer à l’intérieur de Vieil une lumière douce, suffisante toutefois pour permettre une mise au point exacte sans fatiguer la vue du patient. Au tube d’observation se trouve fixée la chambre noire composée d’un tube très court de la dimension de celui que nous venons de mentionner. Attenant à la petite boule qui sert à mettre en place le tube d’observation, se trouve un petit levier qui permet d’ouvrir et de fermer rapidement, la chambre noire avant et après l’exposition. Une disposition nouvelle de l’appareil permet doux rir et de fermer l’obturateur par le même contact électrique qui enllamme une petite charge de poudre de magnésium. A l’extrémité de la chambre noire se trouve un verre dépoli, sur lequel est montée une loupe télescopique pour la mise au point. A gauche on remarque un accumulateur qui donne l’étincelle électrique necessaire pour l’inflammation de la poudre de magnésium elle fonctionnement de l’obturateur. Un corps et un couvercle en tôle abritent le sujet et l’opérateur, contre toute projection de particules enflammées de poudre éclair.
- Voici maintenant la façon d’opérer: Ou commence par dilater au moyen de l’ho-matropine, l’œil du sujet, on lui fait placer le menton sur le support et fixer une lampe. Ensuite, déplaçant le miroir par rapport à Vieil elle tirage de la chambre noire par rapport au verre dépoli on fait en sorte qu’on ait sur le verre dépoli une image très nette. Le patient peut dès lors se retirer et se reposer pendant qu’on fait les derniers préparatifs, mise en place du châssis, de la charge de poudre éclair, etc. Le sujet place ensuite de nouveau le menton sur l’appui et fixe le même point que précédemment. On ouvre alors l’obturateur en même temps qu’on enflamme la charge de magnésium, et l’opération est terminée.
- La composition de la poudre éclair est une question importante, et ce n’est qu’au bout d’une longue série d’expériences que sa composition a pu être déterminée déti-iitivement. Il a fallu eu outre construire un dispositif spécial qui permit à Vieil de
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- supporter sans fatigue l’éclair rapide, mais vif que produit la combustion delà poudre éclair; car il est à considérer qu’on a fréquemment à soumettre des yeux malades à cette épreuve.
- Enfin la nature des plaques à employer n'était pas moins importante. La paroi intérieure de la chambre postérieure de l'œil est de teinte rouge ou rougeâtre. C'est par conséquent une teinte qui se prête mal aux reproductions photographiques. Après avoir tenté l’emploi des plaques sensibles aux radiations rouges, on dut les abandonner et on s’est depuis arrêté aux plaques extra rapides de la Maison Lumière, (pii sont constamment usitées et. dont la rapidité est triple de celle des antres marques.
- La photographie de la rétine humaine est pratiquée depuis trop peu de temps pour qu'on puisse dès aujourd’hui donner toutes les conséquences et les résultats qui découlent des observations ainsi faites. Nous pouvons toutefois signaler quelques remarques générales (pii ont été faites :
- Autant qu’on peut en juger par les résultats acquis à ce jour, l'eil des personnes jeunes donne des images meilleures (pic l'eril des personnes âgées. Ce fait est dû, ceci n’est qu'une hypothèse, à ce que l’humeur vitreuse est beaucoup plus transparente chez les jeunes et qu'elle s’obscurcit avec l’âge jusqu'au point de devenir presque opaque. Aussitôt qu'il se forme un noyau dans l’humeur vitreuse, les rayons chimiques actifs ne sont plus absorbés, mais réfléchis et dilfusés.
- Les photographies obtenues sont fortement sous-exposées: c'est (pie malgré tous
- les efforts il est impossible de concentrer dans l’oil une quantité suffisante de rayons lumineux pour que ces rayons réfléchis par la rétine donnent une image vigoureuse. Par suite de. cette sous-exposition le développement doit durer jusqu’à un quart
- d’heure. Malgré ces inconvénients on obtient des images (pie l’on pourrait considérer comme tout à fait satisfaisantes, n’était le défaut qu’elles présentent de ne reproduire
- qu’une partie de roui. Il est en effet impossible de photographier en une seule fois toute la surface de la rétine. Pouravoir cette photographie complète, il faut prendre une série de vues. Il est toutefois facile d’amener au centre de l’image la partie que
- l’on désire plus particulierement examiner, et d’en obtenir une photographie très nette
- et très détaillée. Enfin il esta considérer que chaque photographie présente un noyau
- beet nu noyau s’éloigne de ce
- lumineux et brillant et que l'éclairage va diminuant à mesure qu’on s’
- noyau, dans cette partie de la photographie on peut distinguer tous les détails et il y a
- lieu d’en tenir compte pour obtenir uneimage nette de la partieque l'on veut étudier.
- Cette invention constitue un progrès immense même au point de vue phiotogra-phique, car s’il était difficile d’obtenir la photographie de la rétine d’un chat, les difficultés à surmonter étaient bien plus grandes encore du moment où il s’agissait de la rétine humaine (pii réfléchit beaucoup moins de lumière. Malgré cela, les images obtenues sont parfaitement nettes et donnent tant de détails qu’il est possible de distinguer à première vue un il sain d’un cil malade. Ces résultats merveilleux sont dus principalement aux perfectionnements apportés à l’appareil, perfectionne-mentsqui ont permis de diminuer encore le temps de pose sans modifier en rien l’éclairage. L’intensité lumineuse est toujours rigoureusement la même et c’est aussi grâce à cela qu’il sera possible de trouver la solution de bien des énigmes au point de vue ophtalmique.
- Notre figure montre la photographie de l’il d'un chat noir. On peut parfaite-ment distinguer les vaisseaux sanguins qui s’entrecroisent. Au centre un point noir indique la papille du nerf optique. La papille paraît assez surélevée et on voit les
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- REVEE DES SCIENCES PIIOTOGRAPHIQUES
- vaisseaux sanguins courir tout autour et s’effacer. De ce centre partent trois vaisseaux principaux allant l’un vers le haut, l’autre cubas et l'autre vers le nez. Une bande au-dessous de la papille se dirige de la partie claire vers la partie obscure du pigment. Parmi les vaisseaux les plus gros indiquent les veines, les autres les artères.
- Dire maintenant quelles seront toutes les applications delà découverte du D‘Torner nous semble prématuré. Il semble que bien des horizons nouveaux sont ouverts et pour la science médicale et pour la science photographique. Il sera possible de suivre l’évolution des maladies de Fodl, d’en constater les progrès, de suivre l’effet des méthodes thérapeutiques. Peut-être aura-t-on quelques révélations en ce qui concerne la vision des couleurs en combinant la photographie avec le spectroscope. Peut-être aussi aurons-nous le dernier mot sur la vision stéréoscopique.
- Ces problèmes en renferment encore quantité d’autres et il faut espérer (pie la photographie de la rétine nous en donnera la solution.
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- REVIE DES SCIENCES PHOTOGRAPIIOITES
- SUR L’ALTÉRATION A L’AIR
- DU SULFITE DE SOUDE CRISTALLISÉ
- Par MM. A. el L. Lumière et SEYEWETz
- En se basant d’une part sur l’effloreseence rapide qui se produit dans certaines conditions quand on expose à l’air le sulfite de soude cristallisé et, d’autre part, sur l’augmentation de la teneur de ce produit en sulfate, un grand nombre d’auteurs ont conclu à son oxydation rapide à l’air.
- NAnIAs f I) a signalé le peu de constance de la composition du sulfite de soude cristallisé résultant de sa tendance à perdre à l’air un peu d’eau de cristallisation, ce (pii le rend plus riche en sulfite proprement dit.
- Il a indiquéaussi qu’en déshydratant le sulfite cristallisé par chanffage, on le transforme en sulfite anhydre, mais que cette opération, faite au contact de l’air, transforme une partie du sulfite en sulfate. Le même auteur a montré récemment que le sulfite cristallisé conservé en flacons bouché- ne s’altére pas sensiblement surtout si on remplace l’air du flacon par du gaz d’édai rage (2).
- Devant cette diversité d’opinions, nous avons cherché à déterminer d’une façon précise, les causes qui favorisent l’oxydation du sulfite de soude cristallisé afin d’établir les précautions à prendre pour empêcher cette oxydation. Nos expériences ont été faites dans des conditions comparables à celles que nous avons décrites dans notre précédente étude sur l’altération à l’air du sullite de soude anhydre. Nous avons examiné, d’une part, l’altération du produit à l’état solide et d’autre part celle de ses solutions aqueuses.
- SULFITE DE SOUDE CRISTALLISÉ A LÉTAT SOLIDE
- i
- :
- Nousavonsexposé à l'air en couche minee. dans des conditions variables, diverses portions d'un même échantillon de sulfite de soude cristallisé. L’une des portions était abandonnée dans de l’air relativement sec à la température de 15", l’autre dans une atmosphère très humide également à 15", une 3"" portion était maintenue à la température de 45° et, une 1 1e à 100". Au début de ces essais chaque portion était titrée au moyen de la liqueur d’iode comme nous l'avons indiqué pour le sulfite an-hvdre (3) puis Ions les jours, un nouveau titrage indiquait la quantité de sulfite restant dans la solution. Dans le tableau suivant nous avons indiqué les résultats de ces titrages exprimés en centimètres cubes de liqueur d’iode demi-dlécime normale correspondant à III'1’ de liqneur de sulfite cristallisée à 2"‘0.
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- REVUE DES SCIENCES PHIOTOGRAPTIIDUES
- DATE SULPITE CRISTALLISÉ exposé dans l’air RKLATIVENENT SEC tempér. 150. SULETTE . CRISTALLISE exposé dans l'air tempér. 150. SULFITE CRISTALLISÉ MUNIEN A 45. SULFITE CRISTALLISÉ MUXTESV A 100.
- 21 décembre. (Titrage initial). 21 décembre. 27 — 30 — 3 janvier. Ii’ - 9 - 12 — -15 — 18 - 21 24 — 27 — 26,4e 1 iq" d’iode. 28,2 29,3 30 39,1 30,3 30,4 — 30,9 31,0 31 — 36,3 - 39,5 — 41,4 - 26,1 liq" d'hode. 28,4 28,4 — 28,8 - 28,8 — 28,7 — 28,7 28,7 - 28,7 — 28,5 - 28,7 - 28,7 - 28,8 - 26,4cC liqr d’iode. 58,2 - 58,2 — 58,2 — 58,1 — 58,1 — 26,4CC liqr d’iode. 57,4 58,1 — 58,1 — 58,1 — 58,1 -
- Les chiffre sprécédents semblent donc montrer que le sulfite de soude cristallisé expose a 1 air sec s’au h y i Irifie peu à peu sans qu'il paraisse s’oxyder sensiblement (sou aspect cristallin disparaît peu à peu et après s'ëtre effleuri à la surface, il tombe en poudre). Il est impossibie, d’après le titrage de l'acide sulfureux, de déduire la teneur en acide sulfurique, mais un dosage d’acide sulfurique elTectué sur le produit initial et sur le même produit, après 37 jours d’exposition dans l’air sec (du 21 décembre au 27 janvier, donne des poids de sulfate de baryte qui sont sensiblement entre eux comme les nombres trouvés dans les titrages 26,1 etiLk La quantité d’acide sulfurique trouvée dans le sulfate initial correspond à 1 0,. deSO, II, pour 100 gr. de sullite cristallisé.
- Dans 1 air très humide, il y a eu au début un très faible enrichissement puis la teneur en acide sullureux est restée, sensiblement constante. On peut supposer dans ce cas que la déshydratation se produit lentement, mais étant accompagnée d’une oxydation, le titre en acide sulfureux n’augmente pas notablement. Quoique l’aspect des cristaux, à peine effleuris, paraisse plutôt indiquer que la déshydratation se produit d’une façon peu appréciable et qu’il n’y a pas lieu de faire l’hypothèse d’une oxydation pour expliquer la constance du titre en acide, sulfureux, nous avons, par un dosage d’acide sulfurique, vérifié cette hypothèse. Les poids de sulfate de baryte obtenus avec le sulfite cristallisé initial et ce même sulfite à la fin de l’expérience apres son exposition dans l’air très humide sont sensiblement entre eux comme les nombres 26,1 et 28,8 trouvés dans les dosages avec la liqueur d’iode, ce qui prouve qu il n’y a pas eu d’oxydation. Enfin le sulfite de soude cristallisé exposé soit à 1", soit à 100", s’enrichit très rapidement en acide sulfureux en s’anhydrifiant. Le chiffre final trouvé est supérieur au double du chiffre initial, ce qui semble prouver que le sulfite cristallisé renfermait une certaine quantité d’eau d’interposition indépendante de l’eau de cristallisation (1).
- (1) Le rapport entre les poids d’acide sulfurique trouvés dans le sullite initial et le sulfite main-fenu 3 jours à 100 est sensiblemeut le méme que celui des nombres 26,4 et 58,2 obtenus par le titrage avec la liqueur d’iode.
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- a) INFTENCE DE LALCALINITÉ OL DE L’ACIDITÉ DE SULFITE CRISTALLISÉ SIR SON ALTÉRABILITÉ A L’AIE
- Comme les sulfites de soude cristallisés commerciaux ont une réaction alcaline plus ou moins marquée, suivant qu’ils ont été cristallisés en présence d’un petit excès de bisulfite ou d’un excès de carbonate alcalin, nous avons examiné l’in-fluence de celle plus ou moins grande alcalinité sur l’altérabilité à l’air du sulfite eristallisé. Dans ce but, nous avons préparé deux échantillons distincts, l’un cris-tallisé au sein d’une liqueur à réaction très alcaline et l’autre dans une solution for-tement acidulée par le bisulfite de soude. La première solution renfermait 2 kilogs de sulfite cristallisé, 2 litres d’eau et 100 grammes de carbonate de soude Solvay, dans la deuxième, on avait remplacé le carbonate de soude par 200e de bisulfite de soude commercial. Bien (pie cristallisant dans une liqueur fortement acide à la phé-nolphtaleïne, ce dernier sulfite présentait, après avoir été essoré, une réaction faible-ment alcaline à ce mème réactif, ce qui prouve bien (pie l’alcalinité du sulfite est sa réaction propre et non celle de l’excès d’alcali dont il peut être souillé.
- L’échantillon cristallisé en présence de l’excès de carbonate, de soude colon* la phtaleïne en un rouge beaucoup plus intense que celui obtenu en liqueur acide. Quatre échantillons de chacun de ces sulfites ont été étalés à l’air dans les mêmes conditions que celles indiquées plus haut pour le sulfite cristallisé normal. Les résultats des titrages exprimant le nombre de col de liqueur d’iode 1 2 décime nor-male correspondant dans chaque cas, à 10" de solution de sulfite à 20/0 sont consignés dans les tableaux suivants:
- SULFITE DE SOLDE CRISTAILIS en solution alcaline. SILITTE DE SOLDE CRISTALISE en solation acide
- DATE du TITRAGE Tr Fatentl humde, Temp. 17" Mamtenu à 1 Maintenu à 100° Evjosé à ! air see Temp. 1.2 KKÏnt humide ïnmp. 15" Mainiteii à 45» Maintenu à 100"
- 30 décembre. 21.4 26,1 26,1 26,1 27.5 27,5 27,5 27,3
- (Titragze initial) 31 décembre. 20 1 26.1 34,4 36.2 28,4 29.3 27 6 56 36.1
- 3 janvier. 27,3 26.3 31.3 36.2 27,9 56.1 56.4
- 28,2 27.2 56 36 1 30 28 56.1 56.4
- 9 - 29,3 27.3 56 36 1 30,9 28,1 56 36.1
- 12 — 31.3 27,4 ») 32.1 28.1
- 13 — 33.7 27.3 33,6 28,1 28.3 »
- 48 ~ 33,9 27.1 33.1 1)
- 21 — 39 27.3 16,4 28.3
- 24 - 43,4 27.3 37.7 28,4 28.6 >i
- 27 - 46.5 27.1 37.3
- 6 février. 50,6 27,6 34,8 28,2
- Les chiffres précédents ont été, dans chaque cas, complétés parmi dosage d’acide sulfurique fait au début sur le sulfite initial et à la fin de chaque essai sur l’échantil-Ion correspondant. Dans tous ces dosages, sauf dans le cas de sulfite cristallisé en solution acide exposé à l’air sec, la quantité d’acide sulfurique trouvée est toujours sensiblement proportionnelle à la teneur eI sulfite, ce qui fend à prouver que, dans
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- les autres cas, aucune oxydation appréciable n’a accompagné la déshydratation, même dans le cas de l’exposition à l’air très humide. Les résultats ainsi obtenus montrent donc que dans la majorité ces cas, h'seul phénomène qui semble se produire est une déshydratation. La perte d’eau est insignifiante quand on opère dans l’air très humide à la température ordinaire, mais elle devient importante quand le sulfite est exposé dans l’air sec, surtout si ce sulfite provient d’une cristallisation en présence d’un excès de carbonate de soude.
- L'anhydrification est très rapide vers 45" et 50" et encore plus rapide à 100", mais à partir de 50“ le sulfite commence à fondre dans son eau de cristallisation avant de se déshydrater.
- 20 ALTÉRATION DES SOLITTONS AOLEESES DE STLPITE DE SOLDE CRISTALLISÉ
- Ces essais ont été faits dans les mêmes conditions que ceux déjà décrits dans notre précédente étude (1) en exposant dans des flacons, de deux litres à moitié pleins, 1 litre de solutions de titres variés : 2 0 0, 60 0), H) 0 (), 200 0, 100 0. Ces teneurs sont le double de celles que nous avions employées dans le cas du sulfite anhvdre, elles correspondent donc au même poids de SO"Na2.
- Pour chaque dilution on avait 2 flacons, l’un bouché et l’autre ouvert, mais tous deux à moitié pleins.
- Nous avons répété ces expériences sur'le sulfite cristallisé, bien (pu; les ayant déjà faites avec le sulfite anhydre, parce que l’on remarque que ce dernier ne parait se combiner que lentement à l’eau pour se transformer en sulfite hydraté. On constate, enelfet, qu’à la température ordinaire, l'eau dissout sensiblement les mêmes poids de sulfite anhydre et de sulfite cristallisé malgré que le premier renferme à poids égal deux fois plus de SONa2 que h* second.
- Nous ne nous sommes pas bornés à étudier l’oxydation à l’air des solutions de sul-fite cristallisé normal, mais nous avons recherché l'influence qu'exerce sur cette oxydation la présence dans la solution d’un excès de bisulfite ou de carbonate de soude. On a jugé inutile de. répéter ces derniers essais aveu- tous lesdegrés de dilution, mais on a opéré seulement sur la solution à 2 () 0.
- Une partie de cette dernière a été additionnée de 5 cc. d’acide chlorhydrique par litre pour la rendre. acide, on a ajouté à l’autre portion 2 gr. de carbonate de soude anhydre par litre pour lui donner une forte réaction alcaline. Les solutions ont été réparties comme les précédentes dans des flacons de deux litres à moitié pleins en observant les phénomènes produits en flacon ouvert et en flacon bouché.
- Les titrages journaliers des liqueurs ayant donné des résultats comparables àceux que nous avons indiqués à propos du sulfite de soude anhydre, nous jugeons inutile de les donner de nouveau ici.
- Nous indiquerons seulement les résultats comparatifs obtenus dans le titrage d’une solution à 2 0/0 préparée d’une part avec le sulfite cristallisé normalement, d’autre part, avec ce même sulfite, dont la solution a été additionnée d’acide ou d’alcali dans les conditions indiquées plus haut.
- (1) heeue des seieuees lihotofjraphiqiies^ no 2.
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- Voiei les résultats comparatifs obtenus dans ces titrages :
- NATURE et TENEI R DE LA SOLUTION DURÉE DU COM ACT \Id 1. HH POIDS DE SLNTTE oxydé pour 100 gr. desulfite total employé. POIDS DE SI El TTE oxydé pour 100 cc. de solution après 6 jours
- Solution ;'i 2 0/0. de Sulfite cristallisé normalement Flacon à moitié plein Flacon à moitié- plein et bouché .... Après (i jours. . . . Apres K jours, oxydation totale Après (i jours. . . . Après 1 mois, oxy-dation totale 910. .... 36 0/0. . . . . . 1 «r ss 0 -r. 72
- Sol ut mu ii 2 0,0. de. Sulfite cristallisé en liqucur acide Flacon à moitié plein Flacon à moitié plein et bouche . . . . Après (i jours . . . Après 1 mois, . . . Après G jours. . . . Après 1 mois . . . . 23 0 0 66 0 0 10 0 0 33 0 0 () -r. 16 0 «r ax
- Solution ù 2 0′1 de Sulfite cristallisé en liqueur alcaline. Flacon à moitié plein Flacun à moitié plein Après (i jours. . . . Après 12 jours, oxyda-lion tolale Après (i jours , . . Après 21) jours oxydation totale xe 0 0 an0. ..... 1 gr. 64 1 gr. 10
- Les chiffres du tablean précédent n’ont rien d’absolu, leur comparaison seule est intéressante, car ilsont élé obtenus dans des conditions identiques avee les six so-lutions mentionnées. Ces nombres varient, en elTet, suivant la dimension des flacons, la quantité de liquide qu’ils renferment, la surface de contaet du liquide avec l'air, la température extérieure, la fréquence des titrages, etc. Il ressort des chiffres précé-dénis, qjue la solution de sulfite eristallisé à 2 " ,, additionnée d’une petite quantité d’acide chlorhydrique (c’est-à-dire renfermant un peu de bisulfite de soude) s'altère beaucoup moins à l’air que cette même solution non additionnel* d’acide ou renfermant une petite quautité de carbonate de simdeflj. ces deux dernières paraissent s’altérer sensiblement de la même façon en flacon ouvert, les différences entre les chiffres des titrages sont peu importantes. En flacon bouché la solution alcaline paraît pourtant plus altérable que l’autre.
- (1) Nous avons vu plus haut qu’à l’état solide, c'est au cou traire le sulfite de soude cristallisé en solution acide qui paraît s'altérer le plus facilement à l’air.
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- CONCLUSIONS
- [o Le sulfite de soude cristallisé à l’état solide s’altère facilement à l’air et cela d'autant plus rapidement que la température extérieure est plus élevée et l’atmosphére moins humide.
- 2. altération n’est pas dans la majorité des cas une oxydation, mais une simple déshydratation et il est possible en exposant le sulfite cristallisé dans l’air sec pendant un temps suffisant la température ordinaire de le déshydrater complète-ment sans qu’il se produise (contrairement à ce qu’on a supposé jusqu’ici) une quantité notable de sulfate.
- 3° Les solutions aqueuses de sulfite cristallisé se comportent à l’air comme les solutions correspondantes de sulfite anhydre : en solution diluée elles absorbent très rapidement l’oxygène de l'air tandis qu’en solution concentrée cette absorption est très lente.
- Les solutions diluées préparées avec du sulfite de soude cristallisé en liqueur acide sont beaucoup moins altérables à l’air (pie les solutions de même concentration préparées avec du sulfite cristallisé en liqueur neutre ou alcaline.
- Au point de vue pratique cette étude démontre donc l’avantage qu’il y a à se servir pour la préparation des révélateurs du sullite anhydre plutôt (pie du sulfite cristallisé.
- Le sulfite cristallisé en effet, bien (pie ne s’oxydant pas sensiblement à l’air, se déshydrate constamment dans l’air sec, sa composition n’est pas constante.
- En outre les solutions de sulfite qui doivent être conservées seront préparées à un état de concentration d’autant plus grand quel’on voudra mieux éviter leur altération.
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- SUR LALTÉRATION A L/’AIR
- DU MÉTABISCLFITE DE POTASSE ET DU BISULFITE DE SOUDE
- Par MM. A. et L. LUMIÈRE et A. SEYEWETZ
- Nous avons montré dans nos précédentes études (1) comment se comportent les sulfites de soude cristallisé et anhydre, lorsqa’ils sont abandonnés à l'air dans des conditions variables.
- Dans le présent travail, nous avons étudié l’action deTairsur les deux autres dérivés de l’acide sulfureux employés en photographie : le métabisulfite de potasse et le, bisulfite de soude.
- Namias 12) a signalé récemment qjue le métabisulfite de potasse K-S-D\ qui eri.^ Ifillise nidiiidre. se conserve à l’air sans altération appréciable à l'état cristallisé. La faible diminution de la teneur en acide sulfureux que l’on peut constater au bout d’un temps assez long, ne correspond pas, d’après Namias, à une oxydation, mais à une perte d’acide sulfureux. Il a indiqué, par contre, que les solutions de métabi-sulfite s’allèrent assez vite, mais moins rapidement pourtant que les solutions de sulfite de soude. Enfin, d'a près le même, auteur, h* bisulfite de soude est beaucoup plus instable à l’air que le métabisulfite de potasse.
- Dans l'élude suivante, nous ayons recherché l’action de l’air sur le métabisulfite de potasse et sur le bisullite de soude, non seulement à l’état solide, mais aussi en solution, dans des conditions variables.
- J. Alleniliou du mdlabisul/ile de potasse
- P METABISULFTTE DE POTASSE A L'ETAT SOUDE
- Nous axons exposé à l’air en couche mince, dans des conditions différentes, plusieurs portions d’un même échantillon de métabisulfite de. potasse cristallisé. L’une des portions était exposée dans de l’air relativement sec à la température de 1.", l’autre dans une atmosphère très humide également à 17", une troisième portion était maintenue à la température de 1 5 et une quatrième à 100°. Chaque portion était titrée par la liqjueur d’iode l’abord a début des essais, puis tous les trois jours en opinant comme nous rayons indiqué à propos du titrage des sulfites. Dans tous les cas, nous avons obtenu des résultats qui confirment l’opinion émise par Namias : le métabisulfite à l'état solide n’a pas paru subir d’altération appréciable.
- ( I ) Rerue des xrif/iccs plmlfiyriiithiiftifK. n" 2.
- 12) Bulletin d/e la SneuUé xuis'H' de phaha/., 1903, p. 5 16 et 518,
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- REVUN DES SCIENCES PIIOTOGRAPIIIOUES
- 2, MIETABISULFITE DE POTASSE EN SOLUTION
- Nos essais ont porté sur des solutions à 1 " i 2 "o, G " 100 o et 20 % contenues dans des flacons de 2 litres à moitié pleins. Pour chaque dilution on avait
- flacon bouché et un flacon non bouché.
- un
- Les solutions étaient titrées au début des expériences, puis de 3 jours en 3 jours
- en opérant comme nous l'avons indiqué pour les solutions de sulfite de soude.
- Dans le tableau ci-dessous, nous indiquons la quantité de métabisulfite qui s’est
- lion.
- Nature et teneur de la solution Métabisulfite de potasse. Durée du contact. Poids de Produit oxydé pour 100 gr. de Produit total employé. Poids de Produit ow dé da ns 100 ce. de solution, en tla-con débouché, après 6 semaines.
- Flacon débouché Flacon bouché-
- Solution à 1 0/0 . Après 3 semaines. Après G semaines. 220/0.. 56,66 %/o. 11,66 0/0 . . . 28 •/o .... 0 gr. 56.
- Solution à 2 "jo . Après 3 semaines. Après G semaines. 19,66 0/0 49 °/o .... 8.5 0/0 . . . 20 0/0 . . . 0 gr. SIS.
- Solution à ti u . Après 3 semaines. Après 6 semaines. 19 0/. . . . . 45 "/o . . . . 3.3-;,. . . 2 gr. 70.
- Solution à 10 ojo . Après 3 semaines. Après 6 semaines. 16.66 -, 41.66 "/o . . . 2,66 0/0 . . 4 -, o . . . 4 gr. 16.
- Solution à 20 "/ n . Après 3 semaines. Après 6 semaines. 12.66 0/o . . . 32.66 0,3 1/0 . . . 1 "/ . • . 6 gr. 5 N/o
- Si l’on compare ces résultats avec ceux obtenus avec des solutions de même teneur en sulfite de soude anhydre (1) on constate de notables différences.
- Ainsi la solution de sulfite anhydre à 19, conservée en flacon ouvert dans les niâmes conditions que celle de métabisulfite également à 1 " o est totalement oxydée après une semaine, tandis qu’il n’y a environ que 22 "/. du poids de métabisulfite employé qui soit oxydé après un temps 3 fois plus long. Avec la solution à 10 "a, les dillérences quoique beaucoup moins accentuées qu'avec la solution à 1” w, sont encore notablement en faveur du métabisulfite. Après un mois il y a 98 " , environ du sulfite (pii sontoxydés, tandis (pie dans les mêmes conditions après six semaines il n’y a que 41,66"/0 de métabisulfite (pii ont disparu. Avec la solution à 20 11 » c’est
- (1) C’est au sulfite anhydre qu'il convient de comparer ces résultats plutôt. qu'au sulfite cristallisé, car le métabisulfite de potasse, bien que cristallisé, est un sel anhydre.
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- sulfite de potasse est beaucoup moins importante que dans le cas du sulfite de soude.
- B. Altération du bisulfite de soude
- P BISULFITE de SOtDE CRISTALLIsÉ
- On a préparé du bisulfite de soude cristallisé en concentrant, par évaporation la
- humide. On a fait tous les 3 jours des titrages sur ces produits avec la solution d’iode I 2 décime normale en opérant sur 100 ce, de solution à 10 gr. par litre.
- Voici les résultats des titrages exprimés en code liqueur d'iode demi-décime normale.
- Dl RÉE D1 CONTACT AVEC EAIR Esposé dans l'air relativement see Exposé dans l'air très liumide
- à 1." à I"
- Titrage initial . . S ce. 48 cc. 1
- Après 3 jours . . . 21 16,2
- u jours . 27,2 13,3
- — 7 semaines 16,2 16,7
- Ces titrages montrent que le. bisulfite de soude cristallisé s’enrichit d'abord en
- acide sulfureux. C’est probablement en perdant de l’eau de cristallisation, car à cet
- plus. Le produit perd ensuite de l’acide sulfureux, son odeur sulfureuse disparaît, il se transforme probablement en sulfite anhydre d’après l’équation:
- g
- & &
- II
- [
- 2
- On voit, en outre, que dans l'air très humide l’altération est notablement plus rapide que dans l’air sec.
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- REvur DES SCIENCES MIOTOGRAPHTOUES
- liisul/ile de soude en solution
- On a expérimenté sur iles solutions renfermant respectivement dans 100 ce., 1 gr., 2 gr., G gr., 10 yr., 20 gr., 40 gr., 100 gr. de la solution commerciale de bisulfite de soude, ainsi (pie sur la solution commerciale elle-mème non diluée, en employant dans chaque cas 1 litre de solution contenue dans un flacon de 2 litres et en opérant pour chaque dilution en flacon bouché et en flacon débouché.
- Des titrages journaliers exécutés comme dans les essais avec le métabisulfite de potasse ont donné des résultats tout à fait comparables à ceux obtenus avec ce composé.
- Les solutions de bisulfite paraissent néanmoins un peu plus oxydables (pie celles de métabisulfite de potasse. Ainsi, la quantité de bisulfite oxydé après trois semaines en opérant en flacon ouvert est de 37 gr. pour 100 gr. de bisulfite commercial dans 1 00 ce.
- Dans le cas du métabisulfite, ces mêmes nombres étaient de :
- Avec la solution à 2 %, la quantité de sulfite oxvdé est de 34 gr. environ - 6%, ~ V 32 — 40 %, — — 29 _ — 20%, — — • 23 — 40 0/0 - - II — - 100%, ~ — 3
- 23 gr. p. C, de métabisulfite dans la solution à I o , 19gr.G6p.% - - 2%,
- 19.. "a - — 0%
- G«r. 06"/ - 109/0
- 12 gr. 00%, - — 20%
- Les nombres obtenus avee lebisulfite de soude sont donc notablement plus élevés (pie ceux obtenus avec le métabisulfite, de potasse, mais on remarquera qque la solution de bisulfite du commerce ne renferme, en réalité, que 40 "/o de NallSO". Si on ramène les solutions à des teneurs comparables en composé sultit ique, on trouve des nombres assez comparables entre eux, mais néanmoins plus faibles pour le métabisul-10e de potasse que pour le bisulfite de soude.
- U.
- K 2 3 8
- Letude précédente permet de tirer les conclusions suivantes :
- 1) Le métabisullite de potasse cristallisé ne s’altère pas sensiblement dans l’air sec ou humide.
- 2; Les solutions de, métabisulfite de potasse conservées au contact de l'air s’altèrent. Cette altération est. notablement plus faible que celle des solutions correspon-liantes de sulfite de soude pour les solutions diluées. L’altération est au contraire
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- plus grande pour le métabisulfite de pofasse que pour le sulfite de soude lorsque la concentration atteint 20 "/ .
- 3) Einfluence de la concentration des solutions sur leur oxydabilité à l'air est beaucoup moins importante avec le métabisulfite de potasse et le bisulfite de soude qu’avee le sullite de soude.
- 1) Le bisulfite de soude cristallisé est très altérable à l’air, mais ses solutions se comportent à peu près comme celles du métabisulfite de potasse.
- Au point de vue pratique il résulte de notre étude sur l’altération à l’air des di-vers dérivés de l’acide sulfureux emplovés en photographie, que pour la préparation des révélateurs, le sulfite de soude anhydre nous parait devoir rire préféré aux autres dérivés de l’acide sulfureus.
- Les solutions aqueuses étendues de métabisulfite de potasse, bien qu’un peu moins altérables à l’air que celles de sulfite de soude anhydre, présentent le grave inconvénient de nécessiter au momen du développement une addition supplémentaire d’alcali (en quantité exactement calculée. ce qui, à notre avis, doit faire rejeter au point de vue pratique l’emploi du métabisulfite de potasse comme succédané du sullite de soude anhydre.
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- EXPRESSION DES FORMULES
- PRÉPARATION D’ÉCRANS COLORÉS
- Rapport préseuté à la Commission permanente
- Dans sa séance du 27 juillet 1900, le Congrès international de Photographie, réuni a Paris, a donné mission à sa Commission permanente de rechercher un mode d’éla-onnatie des écrans colorés cl des couleurs piefuienhtires.
- Considérant que les études faites sur un écran déterminé ne seront pratiquement "lilisables que s’il est possible d’établir avec certitude des écrans identiques à celui "lutie, la première sous-commission, plus spécialement chargée des questions sensi-omelriques et photométriques, a accueilli favorablement une proposition de MM. F. "*"ILanD et L.-P. Cknc, tendant à ce que soient tout d’abord adoptées des ceAles uniformes pour l’énoncé des formules de préparation de ces écrans.
- L.es écrans colorés ordinairement employés se rattachent à trois types : l'Cuves à faces parallèles transparentes, remplies de liquides colorés;
- 2 Glaces incolores couvertes d’une pellicule colorée ;
- "0 (laces colorées dans leur masse.
- Les écrans de cette dernière catégorie ne sont établis qu'industriellement, et leurs formules de préparation ne sont pas généralement connues; ils ne semblent d'ail-leurs pas présenter les mêmes latitudes que ceux des deux premiers types énumérés: la sous-commission a donc, provisoirement réservé, après une démarche sans résul-tat auprès de M. J. lUmm et, toutes questions relatives à la définition de ces écrans.
- Lu écran coloré liquide sera suffisamment défini si l’on connaît l’épaisseur interne, de la cuve et la composition du liquide coloré y contenu ; l'enquéte faite par la sous-"ommission montre que le plus grand nombre des auteurs et des constructeurs ont adopte pour leurs cuves une épaisseur de 1 cm. ; la sous-commission exprime donc " veu que cette mesure soit généralisée. Les liquides destinés à être employés dans cs cuives seront parfaitement définis, si leurs formules sont rédigées conformément "Ix règles préconisées pour l'e.vpression des /'onuiilcs pholoffru ph iques.
- Les écrans formés d’une glace incolore converti; d’une pellicule colorée peuvent "tre préparés de deux façons très dillérentes :
- 10 On coule sur glace une solution de gélatine ; la pellicule incolore ainsi obtenue esL teinte dans un bain approprié.
- 21 On coule sur glace soit une solution colorée de gélatine, soit un collodion coloré.
- La première de ces méthodes, bien (pie fournissant en certains cas des résultats satisfaisants, ne semble pas se prêter aussi bien (pie la seconde à l’exécution d'é-crans identiques entre eux ; les expériences, effectuées par M. MOxPILARD sur la de-
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- mande de la sous-commission, oui montré que des écrans préparés par imbibition à diverses époques, en prenant toutes précautions utiles pour que les conditions opératoires fussent exactement les mêmes, ne présentaient pas les mêmes intensités; on a donné comme argument en faveur de ce mode opératoire le fait qu’en opérant ainsi, la teinture de la conclu1 de gélatine était exclusivement superficielle, ce qui permettrait l’obtention d’un écran d'intensité uniforme en tous ses points, au cas même où la couche de gélatine serait d’épaisseur variable. Pour vérifier l’exaetitude de ces assertions, des glacesontété couvertes de solutions de qélatine formant, après séchage, des couches dont l’épaisseur variait de 27/ à Gitr. Plongées en même temps dans divers bains colorants et l’immersion étant. dans chacun de ces bains, prolongée pendant le temps indiqué par les auteu rs des formules essayées, ces couches colorées ont été pelliculées, desséchées, enrobées de paraffine et coupées au mierotome ; les coupes, présentées au microscope par M. Moxeu Iann, montrent qjue la teinture a chaque fois pénétré dans toute leur épaisseur les diverses couches de gélatine espé-rimentées. L’avantage attribué à ce mode opératoire est donc illusoire dans les con-ditions où s’effectuent ces imbibitions ; en revanche, les désavantages sont nombreux, toutes variations dans les propriétés de la gélatine, dansla proportion de substances éI rangéres, dans la température du bain de teinture, ete., modifiant l’intensité et, en certaius cas, même la nuanee des écrans ainsi préparés.
- La sous-commission est donc d'avis de déconseiller la méthoded’imbibition comme moyen de confections d’écrans colorés, si l’on veut assurer la parfaite identité des éerans préparés par divers opérateurs et à diverses époques suivant une même for-mule.
- Le second moyen qu'emploient couramment déjà d’assez nombreux opérateurs, se. préte au contraire excellemment à la confection d’écrans colorés identiques entre eux, si les colorants utilisés sont suffisamment définis. Si l’on constitue une solution titrée des colorants dans une gelée gélatineuse ou dans un collodion, il sera facile de verser, sur une glace de surface connue, une quantité déterminée de la solution colorée, en prenant toutes précautions nécessaires pour* assurer l’uniformité d’épaisseur de la couche ; en versant charpie fois sur la même surface le même poids des mêmes colorants, on est assuré d’une parfaite identité ; aussi est-ce ce dernier mode de préparation que la sous-commission croit pouvoir recommander*.
- Tenant compte de ces diverses considérations, la premiére sous-commission propose à la Commission permanente l'adoption du projet de résolution ainsi conçu :
- PROJET DE RÉSOLITION
- 1. Pour faciliter la confection d'écrans colorés pelliculaires identiques entre eux, la Commission permanente du Cong rès international de Photographie recommande de préparer ces écrans en coulant sur une surface d’aire connue un volume déterminé d’umne solution titrée du ou des colorants dans une solution gélatineuse ou dans un collodion, toutes précautions étant prises pour* assurer à la pellicule une épaisseur uniforme ; la Commission considère qu'il parait, impossible deeréer des écrans pelliculaires exactement délinis par la teinture d'une pellicule de gélatine dans un bain colorant, l'intensité et la nuance delà couche teinte variant sous de nombrenses influences.
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- Dans les formules de préparation de ces écrans, on spécifiera le poids de chacun des colorants à distribuer par chaque centimèt re carré de la surface de l'écran.
- 11. Les écrans colorés liquides seront employés dans des cuves à faces parallèles ayant une épaisseur intérieure uniforme de 1 cm. (ou formées de compartiments ayant chacun 1 cm. d’épaisseur) ; les formules de préparation des liquides colorés à utiliser dans ces cuves seront exprimées conformément aux règles établies par le Congrès international de Photographie pour l’expression des formules de bains et solutions (1).
- La comparaison de ces écrans avec ceux du premier type considéré est facilitée parle fait que, dans ces conditions, le poids en milligrammes des colorants rencontrés par un faisceau lumineux normal aux parois et avant 1 cm- de section est représenté parle même nombre qui indique le poids en grammes de, ces colorants à dis-soudre parlitre de la solution colorée (2).
- 111. La Commission croit devoir rappeler aux auteurs qu'un grand nombre de matières colorantes artificielles sont sujettes à variations, même quand elles sont livrées sous dénominations et marques identiques ; il est donc désirable que, dans les formules d’écrans colorés, ne figurent autant (pie possible (pie des substances de constitution chimique rigoureusement définie et invariable. Pour les colorants organiques, on joindra au nom du produit considéré l’indication de son fabricant et la reproduction textuelle des noms, marques et numéros portés au catalogue de, celui-ci.
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- LA
- PIIOTOGRAMMÉTRIQUE
- PREMIÈRE PARTIE. - OPTIQUE PHOTOGRAPHIQUE
- (Suite)
- g 8. — FORMULE INCORRECTE OCCASIONNELLEMENT PLUS PRECISE QUE 1. FORMULI EXACTE
- Nous avons dil que le mode d’opérer qui conduit aus résultats les plus précis consiste à relever le plus grand angle (pie peut embrasser le champ de l'objectif, ainsi (pic, l’étendue de la graduation que cet angle intercepte sur l'horizontale médiane de la glace dépolie ; et à prendre la moitié de ces deux valeurs. Nous avons ajouté que, pour la pratique courante, il est plus simple et généralement suflisant de se borner à relever directement ces deux moitiés dans l’observation. On évite ainsi la complication d'une transcription de chiffres dont on doit prendre la moitié. En présence d’angles d’une exiguïlé qui en rend l'évaluation suspecte, comme il s'en rencontre en focimétrie mieroscopique, les opérateurs se trouvent naturellement enelins à établir entre les deux manières défaire une fusion ou une confusion. Ils relèvent l’angle et la longueur doubles ; ('I ils effectuent immédiatement sur ces valeurs le calcul dont la formule n'est rigoureusement applicable qul’à leur moitié. Cela revient à substituer à un triangle rectangle h' triangle isocèle qui en est h' double, et à traiter encore ci'dernier comme rectangle.
- Il semblerait superflu de dire qu’une telle substitution, effectuée d’une façon géné-rale et sans aucun discernement, peut conduire aux résultats les plus extravagants; mais il n’est pas sans intérêt de faire remarquer qu’entre certaines limites elle peut rire tolérée, ('I qu’il est des cas extrêmes dans lesquels elle devient avantageuse.
- C’est un fait qui ressort de la construction géométrique la plus rudimentaire (pie l’angle à la base d’un triangle isocèle lies aigu diffëre ext remement peu d'un angle droit. Il est donc immédiatement présumable qu’en assimilant un tel triangle à un triangle rectangle, on ne commettra qu’une erreur de peu d’importance. Ce n’est qu’à la faveur de la faculté de pouvoir néeliger celle erreur entre certaines limites qu’ont pu s’introd nire dans la pratique militaire les télémètres à angle variable, destinés à apprécier les distances dans h' tir de combat.
- Pour nous former une idée, plus précise de l’influence (pic peut exercer une telle erreur sur les déterminations (pie nous avons en vue, revenons à notre formule fon-damentale du point de départ :
- T
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- L’irrégularité dont nous nous occupons revient à conserver cette formule, tout en y substituant 2/al et 2 a à « ; soit à prendre
- =2lcol2o
- L’erreur e qui, au point de vue mathématique abstrait résulte de cette substitution, se trouve donc représentée par la différence de ces deux valeurs de / On a donc :
- c=lcot a---- 2lcot?a
- En développant, puis effectuant les réductions, cette expression se ramène à:
- forme: l==l' tgz, nous voyons que la valeur de e peut encore s’écrire :
- ce qu en langage mathématique on appelle un infiniment petit du second ordre. On
- trique, il y avait lieu de considérer une minute comme la limite des erreurs commises
- cotansente, et, par suite, sur celle de la longueur focale, des écarts d’autant plus considérables, que l’angle sur lequel elle porte est lui-mème pins petit. Par conséquent
- Dans le premier cas, le coefficient de l’écart est donné par l’expression :
- eut (2 +1)1
- Dans le second par :
- cola — cot (a-1)
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- Pour les angles inférieurs à 45", les seuls que nous ayons à considérer, cette seconde valeur est toujours supérieure à la première. Toutefois, nous savons qu’en ce qui concerne nos recherches, la seconde répond à une formule exacte au point de vue théorique ; et la première, à une formule erronée. Nous venons en outre de voir (pie l’erreur dont celle-ci est entachée a pour mesure l\^.
- L'écart correspondant à l’emploi de la première expression du coefficient d’erreur devra donc ètre représenté par une certaine combinaison de cette expression avec /tgz, Quelle sera cette combinaison ? Ici, comme dans divers ('as signalés antérieure-ment, il est à remarquer (pic ltez ne constitue pas du tout une erreur de l'ordre des erreurs accidentelles, qui se combinent entre elles par voie de l’établissement de la résultante géométrique. C’est une erreursystématique, parfaitement défi n i e e t constante pour chaque valeur de a, etnou- avons même, dans ce (pii précède, relevé tous les éléments nécessaires pour en effectuer le calcul si nous le jugions à propos. Elle se combinera donc purement et simplement par voie d’addition, toujours prise posi-tivement, avec la partie du coefficient de limite d’erreur résultant de l’incertit ude d’une minute admise pour l'observation angulaire. Cette dernière partie pourra être positive ou négative ; la limite définitive de ce coefficient résultera du cas où ces deux valeurs s’additionneront. Elle sera donc représentée par :
- 2 col 2 a — col (2 a+l H lga
- Le coefficient de limite d’erreur inhérente de ce chef à l’emploi de laformule exacte est de son côté représenté par :
- col a—cot (2-1’)
- Au point de vue de la pratique, la formule inexacte ou la formule exacte pourra donc se trouver la plus avantageuse selon (pie l’une d(* ces valeurs l’emportera sur l’autre.
- Pour une valeur de « égale à I", valeur (pie nous avons rencontrée en focimétrie mieroscopique en opérant dans de mauvaises conditions : (microemétre trop court et grossissement d’observation trop fort eu égard au système optique soumis aux essais), un avantage décisif se manifeste en faveur delà formule fausse.
- Pour une valeur de l’angle «égale à 3", valeur qui commence à rentrer dans celles que l’on rencontre normalement en focimétrie microscopique, l’avantage se trouve exactement balancé, à moins d’une fraction de minute près. L’erreur résultante est
- alors d’environ 1190 pour l’une comme pour l’autre formule. Pour
- on
- 2 8", limite de la tolérance admise dans les télémètres militaires, l’avantage est dé-finitivement passé à laformule exacte. Le coefficient de limite d’erreur afférente à cette dernière n’est plus que de 1 240, tandis qu’il est devenu 1/140 pour laformule fausse.
- A partir de là, l’influence de l’incorrection de cette dernière formule va en croissant indéfiniment. Pour 12°, le plus grand angle que nous ayons relevé en foci-métrie microscopique, l’incertitude d’une minute sur la lecture du cercle se traduit, avec elle par une erreur approximative de 122 de la longueur focale à mesurer, tandis qu’elle se réduit à 1 700 avec la formule exacte et à 1/1300, si l’on part de la lecture (h‘l’angle double et (pie l'on en prend la moitié.
- Poura.45o ou 2* 90°, angle d’ouverture des objectifs grands-angulaires de la
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- photographie, l’erreur résultant de l’emploi delà formule fausse serait précisément, égale à la longueur focale elle-même ; d’ailleurs, comme précédemment, toujours négative. C’est-à-dire que comme longueur focale on trouverait invariablement zéro, quellequ’en pût être la véritable valeur. Enfin, pour une ouverture d’angle de 1803, s’il était jamais possible d’avoir affaire à semblable ouverture, l’erreur de la formule fausse deviendrait infinie, en ne cessant pas d’être négative.
- Le point précis où l’avantage commence à appartenir à la formule exacte est déterminé par la valeur de a qui satisfait à l’équation :
- Cota—cot (a+1‘)= 2 cot 2— col (2u++1") +Igo.
- Nous venons de dire que cette valeur de « est précisément de 3" à une fraction de minute près: ou 2 =6". C’est-à-dire que pour des valeurs de l’angle 2% inférieure à 6°, il n’ya, dans l’application delà formule, aucun bénéfice à prendre la moitié, et que, pour des valeurs sensiblement inférieures, celle pratique, en dépit de sa correction théorique rigoureuse, devient même positivement désavantageuse. La conclusion logique n’est pas, tant s’en faut, qu'il y a bénéfice à opérer sur des angles aussi faibles, pour simplifier les opérations ; mais, bien au contraire, que l’on doit, dans la limite du pssible, éviter l’emploi de tels angles qui, avec la formule la plus exacte, ne peuvent donner que des résultats précaires et défectueux.
- § 9. - DE LA DISTORSION
- Il serait assez difficile de donner de la distorsion une définition générale susceptible de rallier les suffrages de tous les théoriciens et de tous les praticiens. En définitive, c’est le défaut qui a pour efTet d’incurver les lignes droites du plan, soit vers le centre de l'image (distorsion en barillet), soit vers l’extérieur ( distorsion en crois-sant : en « pelote à épingles », disent les Anglais). la1, commandant I IoUDULLE la déli-nit et la mesure par la variation de la réduction de l’unité de longueur dans les parties de l’image d’un plan perpendiculaire à la direction de l’axe optique plus ou moins distantes du centre du champ optique. Retenons ce résultat de ses laborieuses recher-elles que, pour un même objectif, cette variation peut en général être considérée comme sensiblement proportionnelle à la distance de la longueur sur laquelle elle porte au centre de ce champ.
- Des différents aspects sous lesquels la distorsion peut être envisagée, nous avons à rechercher ceux (pii se prêtent à nos moyens d’observation. Partant par exemple d’une longueur focale f déterminée par la formule : f / coH, nous calculerons d’avance à quel angle «, devrait correspondre une autre valeur I, de la base interceptée par une verticale de la glace dépolie différente de celle qui définit /. Cet angle se déduit toujours delà même formule devenue alors fl cola, en admettant que l’observation initiale correspondant à l’angle 3, et dont nous avons déduit f, a été faite dans les limites, quelles qu’elles puissent être, dans lesquelles il est permis de considérer la distorsion comme négligeable. En amenant l’image du repère extérieur en coïncidence avec cette nouvelle verticale, nous vérifierons si l’angle donné par le cer-de est bien a. S’il en est effectivement ainsi, il y a lieu (h; conclure que la distorsion est encore négligeable jusque-là, dans les limites du degré de précision de nos obser-valions. Dans le cascontraire, si le cercle accuse en second lieu un angle 02, la diffé-
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- rence a—7., prise avee son signe, pourra être regardée comme constituant un mode de mesure de la distorsion.
- Nous nous rapprocherions du mode d’évaluation adopté par le commandant Hor-DAILLE en prenant, pour mesure de la distorsion l'intervalle linéaire horizontal inter-ceplé sur la glace dépolie entre la derniére verticale considérée et la position que prend l'image du repère lorsque l’on amëne l'axe optique dans la direction correspondant à l'angle z1 donné par le calcul. Ce mode d’évaluation revient à la mesure de la flèche qjue présente l'image déformée d’une ligne droite marginale, et il n’est pas contestable que c’est le plus rationnel. Toutefois on voit qu'il exigerait l'évaluation de fractions des éléments linéaires de notre quadrillage, et l'instrument ne se prête pas d'une manière direete à la détermination de ces mesures avec une précision com-parable à celle qu'il assure pour les grandeurs angulaires. Il permet toutefois d'ob-tenir indireetement par le calcul cette valeur, qui est évidemment ftgaftg72, à con-dition qjue l’on fasse abstraction de l’écart infinitésimal résultant de coqueles angles « et 02, ne peuvent plus ni l'un ni l'autre être en toute rigueur considérés comme correspondant à une valeur abstraite invariable de la longueur focale.
- En focimétrie microscopique nous rencontrerons dans des conditions instrumentales plus satisfaisantes le procédé d’évaluation de la distorsion par la mesure de la fléche del’image des droites qu’elle déforme.
- Il est indéniable que la distorsion constitue la dernière pierre d’achoppement à laquelle viennent buter tous les efforts des constructeurs d’instruments d’optique. Encore ne faudrait-il pas se laisser absorber par une préoceupation trop exclusive et exagérée de son importance, au point d’oublier qu’il est des écueils plus dangereux et plus insurmontables que tous ceux (pie peut présenter la distorsion elle-même.
- Depuis la publication de mes premières «‘Indes sur le sujet de la focimétrie photo-grammétrique, notre attention a été appelée à l’Exposition Universelle de, 19(10 sur un focimétre pour objectifs photographiques essentiellement fondé sur h* même principe, qui figurait dans les vitrines du constructeur J. CARPENrn, et (pii aurait, été employé dans ses ateliers, mais n’aurait pas donné toute la satisfaction que l’on en avait espérée.
- I lappareil, tel que nous l’avons vu, explique à notre avis par lui-méme les mécomptes auxquels son fonctionnement a dû inévitablement donner lieu. Ces mé-comptes sont imputables avant tout au scrupule excessif à l'égard de la distorsion qui domine toute l’économie du système ; scrupule (pie l’on se serait attendu à rencon-lier plutôt chez un pur théoricien, que chez un praticien depuis longtemps reconnu comme maître incontesté dans l’art de se jouer des caprices les plus subtils de la matière.
- L’instrument fonctionne dans le sens vertical, et non dans le sens horizontal. Il se compose de deux règles métalliques plates, posées de champ l’une par-dessus l’autre, et reliées entre elles par une charnière. L’une, fixe et horizontale, constitue la base du système ; l’autre, articulée sur la charnière, se meut dans un plan vertical. Autant (pie nous avons pu en juger par une simple inspection, le système optique à essayer se fixe sur la règle mobile. L'image qu’il donne des objets extérieurs est mise au point sur un écran qui se déplace sur cette même règle. Un intervalle vertical invariable est intercepté entre deux traits horizontaux tracés sur l’écran.
- Un repère éloigné et nettement défini, choisi parmi les objets projetés sur cet écran, est amené successivement en coïncidence avee les deux traits : avec, le premier, dans
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- la position initiale du contact des deux régles; puis ensuite, axée h' second, par une rotation de la règle mobile autour de sa charnière.
- L’angle des deux règles à partir du contact commun n est pas mesure par un air de cercle. Il est accusé par le déplacement d'un pilier de hauteur invariable porte par un curseur glissant le long de la règle fixe, sur lequel vient buter la réglé mobile. Sans que nous ayons à entrer dans les détails du calcul de la formule applicable a cette combinaison de mouvements, on se rend compte qu à chaque longueur locale de système optique correspond une position unique nettemeut déterminée du curseur qui porte le pilier. Aussi, au lieu d’établir sur la règle fixe en regard du curseur une graduation métrique mesurant la grandeur des déplacements de ce curseur, grandeur qu’il y aurait lieu de porter ensuite dans la formule pour en déduire par le calcul la longueur focale cherchée, y a-t-on immédiatement inscrit les résultats de ce calcul; c’est-à-dire la longueur focale elle-même. L'instrument ainsi gradué une fois pour toutes, cette longueur focale s'obtiendra donc désormais par une simple lecture.
- Dans un détail essentiel d’exécution le savant constructeur, inspiré sans doute par une méfiance assurément bien légitime, mais ici peut-être un peu exagérée à l égard des surprises auxquelles peuvent donner lieu les distorsions des systèmes optiques, semble avoir tout sacrifié à cette conception, que l'influence de ces distorsions sera d autant moindre, et que les déterminations seront d’autant plus précises que 1 on se sera plus rigoureusement astreint à ne faire porter l'observation que sur la portion la plus centrale du champ optique du sestome. Ainsi l’amplitude de l’intervalle des traits de l’écran devant correspondre aux deux positions extrêmes de l’image du repère extérieur ne nous a pas paru excéder un centimètre tout au plus, alors que les dimensions générales de l’appareil semblent établies en vue de l’essai d’objectifs pou-xant atteindre jusqu’à cinquante centimètres au moins de longueur focale.
- "ous en passant que l’observation des grandeurs angulaires dans un plan ver-ted " nous paraît pas la plus favorable à la commodité non plus qu’à l’exactitude GroPperatons.ll est en efet beaucoup plus rare de rencontrer des repères se dé-aolant asecla netteté qu’exigent les visées de précision, en séries assez variées pour
- dPl(I a toutes les circonstances de la pratique pour un relevé d’angles dans le sens vertical, que pour le sens horizontal.
- nous aissons de côté ce détail de pratique pour revenir aux principes, nous onsremanguer que la conception de l’excellence des observations confinées à la p.ulte centrale la plus étroitement circonscrite du champ d’un système optique nous phic "."l particulièrement sujet le à caution quand il s’agit " bjevtif- photogra-
- Il » a quelque quinze ans, le célèbre constructeur du monumental télescope de o setvatoire de Lick, Alvax Ci,ARKE, assistant à un congrès de photographes amé-Namns, fut prie de donner à l’assemblée quelques éclaircissements sur certains points < c a théorie des objectifs photographiques. Il accéda courtoisement à celle invita-ton, mais axant d entrer en matière, il commença par déclarer qu’il éprouvait un canrasextreme a prendre la parole devant des photographes; attendu que la angue dont ils faisaient usage lui semblait différer du tout au tout de celle qui lui ctait familière. Il venait d’entendre parler couramment autour de lui d’ohjectifs cou-vant d une façon irréprochable un champ de. quarante degrés, de soixante degrés, tt au delà; or, lui-même n’était jamais parvenu à couvrir à son entière satisfaction
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- un champ de plus de cine degrés ; el aucun principe théorique dont il eût connaissance ne permettait l’espérance de jamais pouvoir aller plus loin.
- Il n'y a pas à douter qu’ALvAx CLARKI était dans le vrai. Les opticiens pour la photographie ne réalisent ces champs optiques démesurés qu’ils «dirent à leur clientèle qu’au prix d’accommodements plus ou moins nombreux avee cette rigueur scien-tifique sur laquelle Alvax CLARKN ne consentait à admettre aucune transaction ; jus-qu’au moment où, un peu plus tard, se lançant lui-même dans la construction des objectifs photographiques, il dut sans doute se résigner à son tour à « parler pho-tographe ».
- Or, le principal artifice auquel ils ont recours à cette intention consiste à concentrer tous leurs efforts non sur la correction idéale de la région axiale du champ optique, comme cela se pratique pour les lunettes destinées à l’astronomie et à la géodésie; mais bien sur celle d'une zone intermédiaire entre cette région et, la zone marginale. Delà résulte évidemment que, si l’on tient à assurer aux observations des garanties exceptionnelles de précision, ce n’est pas dans la région axiale qu’il faut les chercher.
- Ces considérations peuvent encore se rapprocher de cette notion de pratique courante, qu’en réduisant indéfiniment l’ouverture du diaphragme, bien loin de réaliser une définition de plus en plus rigoureuse du foyer. ainsi que cela a lieu pour l’image totale, on arrive à constituer un système qui cesse pratiquement d’avoir un foyer déterminé, et qui fonctionne comme un sténopé.
- S’il n’est (pie, trop vrai que toutes les applications de la photographie ont à compter avec la distorsion il faut cependant bien se garder de se laisser fasciner par elle au point d’en perdre de vue toutes les autres causes d’erreur dont l’influence peut se trouver au moins tout aussi préjudiciable à la précision des observations. En optique scientifique, quel «pie soit celui de ses aspects sous lequel on veuille la considérer, la distorsion se manifeste toujours en dernière analyse sous la forme de certaines grandeurs nettement délerminées, qui la caractérisent ; et il n’est pas im-possible de se rendre compte des limites auxquelles ces grandeurs se trouvent actuellement réduites par les efforts combinés des physiciens et des constructeurs modernes.
- Dans les grands institutscartographiques, nationaux ou particuliers, on fait usage, pour la reproduction des feuilles de cartes topographiques dont le type est à pen près la feuille de notre carte d’Etat-Major, de 0"30) • 0′8), dl’objectifs photographi-«pies grands-angulaires, dont la longueur forale est généralement dans le voisinage d’un mètre. Il n’y a pas le moindre doute qu’ancun de ces établissements n’accepte-rait un instrument suseeptibe de donner un écart d’un millimètre sur la demi-diagonale d’une telle feuille : soit, sur 17 centimétres. Autrement dit, jamais les procédés photographiques de reproduction n’auraient pu trouver accesdans ces établissements, s’ils n'avaient été à même de, garantir beaucoup au delà de ce degré de précision. Cela correspond sur cette diagonale à une erreur de, 1 170, (pii, dans l’application delà formule de la cotangente, se reporte proportionnellement en sens inverse sur l’évaluation du rayon. Si, comme nous avons tout lieu de le supposer, la limite de tolé-rance assignée à la méthode de reproduction photographique est la même que celle que l’on impose au dépôl de la guerre à tous les ordres de travaux graphiques, cest-i-dlire de deux dixiémes de millimètre, l’erreur relative devient uni1 fois moindre (pie nous venons de l’évaluer, et s’abaisse en conséquence au-dessous de 1 2000.
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- = S 5
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- Pour la longueur focale approximativement d’un mètre, cette même valeur Üm47 de la demi-diagonale de la carte représente la tangente de l'anele de 2a"10 ; et pour cet angle la limite d’erreur d’une minute correspond à une erreur relative de 1 30 sur la cotangente ou sur la longueur focale qui s’en déduit.
- Pour évaluer l’erreur limite résultante provenant de l'ensemble de ces deux ordres de mesure, on combinera les deux valeurs limites ainsi déterminées, d origine linéaire et d’origine angulaire, par le calcul de la diagonale du rectangle dont les côtés seraient proportionnels à ces deux valeurs. Selon que pour l’erreur linéaire on admettra 1/470 ou 1 2000, ce calcul donnera définitivement pour limite d erreur imputable au fait de la distorsion 1 360 ou 1/530de la longueur focale.
- Si, par crainte exagérée de la distorsion, nous nous astreignons à ne pas faire intervenir une grandeur linéaire supérieure au centimètre, cette grandeur, pour la même longueur focale approximative d’un mètre, conduira à relever un angle de 3.. A uneerreur limite d’une minute, sur l’observation d’un tel angle correspond pour la cotangente, et par suite, pour la distance focale, une erreur relative de 1 3. Si la limite d’erreur admise dans l'appréciation de la grandeur linéaire est d’un dixième' de millimètre —et l’instrument (pie. nous avons eu sous les yeux ne semblait certaine-ment pas établi en vue de la réalisation d’une précision supérieure à la minute et au dixième de millimètre — l'erreur relative correspondante sera de t 100, et la cou-lunaison de cette erreur avec la précédente donnera enfin une limite d’erreur relative résultante de 1/32. Cette limite est, on le voit, plus de dix fois supérieure à celle a laquelle conduit, même dans le cas de l’évaluation la plus défavorable, l’influence de la distorsion sous des angles plus ouverts.
- . Dans l optique microscopique, où l’on est loin de pousser aussi loin qu'en photo-Slaphe la préoccupation de la planéité de la totalité du champ visuel, l’influenee P." patrice de 1:1 distorsion sur la direction des rayons marginaux doit en consé-inte-e "renotablement plus sensible. Cependant, nous n’avons jamais hésité à faire IICONe) angle le plus grand que la monture des sx sternes permettait d’admettre, (lui ‘ e dIe que cet angle n’a jamais dépassé 2b’ comme valeur de 2%, chiffre
- admet 10P,n a pen pres aux limites jusqu’ausquelles le commandant IlovDau.t.t jon.lI". °n neut e1 focimétrie pratique faire abstraction de la distorsion. lou-rialle, uejuseul’à cette limite l’emploi de l'angle le plus ouvert nous a imva-
- 0sTTParu coustituer la condition la plus favorable à la précision des opérations.
- 5 sullisamment dire (pic, bien loin (pie l’on doive s’astreindre à prendre systé-on(l" ment SUl la glace dépolie la base, la plus exiguë qu’il sera possible, on a au vert 11 tout interet sinon à la prendre absolument aussi grandi' que le permet 1 ou-1. "Ie‘ ! systeme soumis aux essais, du moins, à l’étendre jusqu’à la zone moyenne ‘ " sm face que ce système permet découvrir. Il s’entend d’ailleurs que les rayons pus ou moins régulièrement divergents qui y aboutissent n’interviennent ici que P"I a détermination de la longueur focale suivant l'axe optiqur. Quant à la déter-ination de la longueur propre de ces rayons eux-mêmes, nous nous en occuperons " occasion de la courbure du champ.
- . resulle evidemment de ce qui précède que l’on ne doit pas s’en tenir à une Ion-" unique de la base pour l’étude d’objectifs des longueurs focales les plus LaYee5. Cette disposition ne serait admissible (pie dans un focimétre expressément ‘ .1 ‘ 1 en vue d un seul type et d’une longueur focale unique d’objectifs, comme " u peut avoir lieu dans la fabrication en grand d’un modèle déterminé de jumelle
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- REVIE DES SCIENGTS PHIOTOGRAPIOUES
- photographique ou d’appareil détective format unique. Il va de soi que des ateliers exclusivement montés en vue d’une telle fabrication n’ont à prévoir que la production d’objectifs aussi identiques que possible, surtout si l’on vise à réaliser des com-binaisons stéréoscopiques. Dès lors, la base déterminée expérimentalement pour l’un d’eux comme la plus favorable à la précision des déterminations forimét riques sera également applicable à tous.
- Si au contraire, on se propose d'établir un focimétre utilisable pour tous les types dl’object ifs qui se rencontrent dans la pratique courante, quelles qu’en soient l’ouver-tureet la longueur focale ; si l’on tient en outre à ce qu’il si* prête non seulement à la détermination dle la longueur focale, mais encore à l’étude de l’ensemble des constantes optiques de chacun des systémes quelon peut avoir à soumettre successivement à son contrôle, il est de toute nécessité que sa construction permette le choix d’une variété de bases susceptibles de s'adapter à toutes les valeurs que, peuvent présenter ces constantes. Par conséquent il faudra renoncer à la prétention de tirer de la simple lecture de la graduation d’une échelle unique la connaissance de toute la série des longueurs focales.
- Si, dans l’emploi d’une base de longueur notable, il est assurément indispensable de se tenir constamment en éveil à l’egard des surprises de la distorsion, on ne devra pas non plus oublier que nous venons de voir qu’en s’absorbant par trop exelusivement dans cette préoccupation on peut très facilement, s'exposer à des erreurs dix fois plus considérables qu’en en faisant à peu près abstract ion.
- Notons enfin que, quand des mesures réitérées, effectuées en variant la longueur de la base conduisent à des divergences appréciables dans la valeur de. la longueur focale, ce serait commettre une faute gravi' qjue se figurer améliorer les résultats en prenant une moyenne eutreces valeurs. En cas de telles divergences les seules observations (pii font foi sont sans aucun doute celles qui se rapportent à la région la plus rapprochée du centre. Les autres ne peuvent intervenir que pour fixer, par la régularité de leur marche, les hésitations que pourraient laisser subsister les déter-minations faites à l’aide de la base la plus exiguë. Elles seraient par exemple susceptibles d’être utilisées pour l’établissement d’un graphique figuratif des écarts à partir du centre, graphique qui, d’après les observations du commandant Hloi DAI.E, semble devoir se réduire sensiblement à une ligne droite.
- (.1 suii're).
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- SOCIÉTÉS SAVANTES
- Focimètre photogrammétrique pour l’optique microscopique (instrument vérificateur de microscopes).
- Monsieur V. LEanos, dans cette note, décrit l'instrument qu’il a combiné sur la demande et avec le concours du constructeur, M. STIASSNIE, destiné à transporter, dans la pratique courante de l'atelier de construction et des centres d’études microscopiques les résultats qui ont fait l’objet de sa communication à l’Académie du 29 janvier 1900.
- (Académie des Sciences, 3 août 1903).
- Changement de résistance électrique du sélénium sous l’influence de certaines substances.
- NA. P». Gnivirus a déterminé par la méthode de Wheastone la résistance électrique du holemiumeta reconnu qu’il est exposé aux solutions alcooliques de quelques pigments de plantes et dl’animans, pendant 13 minutes à la distance de b centimètres, sa résistance di-minue.
- Les recherches ont donné les résultats suivants :
- Rtésistanee du selenium
- Pigments
- (pétales). . i^UunUuis (pétales) . Géranium (pétales) lifielci iitm Allei.
- ^éniycliiru,^.
- g = g g g g ë ass885
- 290.000 ohm;
- 415000
- 320 000
- 370.000
- 330.000
- 410.000
- 360.000
- 000!". a Ium"r, les rasons du radium et les ravms île Rünteen réduisent la ré-rayons et ..Nlue du sléninm ; ’d se pourrait que les piements précédents émettent ces note de MNTYond agissenI peut-être sur les plaques photographiques (voir à ce sujet la paoVi' wpan "hr analysé, dans la Rerue des sciences phohxjcHph’niHrs. 1" 2, duisent ' .* ^D'SO.N a prouvé que la chilorupb 1e la curcumine et la dalurine pro-
- (Académie des Sciences, 27 octobre 1903.)
- M. Nuples premiers fascicules du Catalogue photographique du Ciel publiés par
- J laisint hoiiagea l’Académie, de la part de.M. TuÉim-m, des premiers fascicules du toile " P 1olosraphisur ‘du ciel pour la zone dont l’exploration est dévolue à F’observa-li'^?. r 801 M.luwY a fait remarquer que ces fascicules contenant les coordonnées reeti-.P leuyron 0.000 étoiles, une lelle récolte de positions précises ainsi obtenues mettait n umunea la fois la grande activité de l’observatoire d’Alger et l’efficarité de la méthode Photographique, b
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- REVUE DEs SCIENCES PIOTOGRAPIIIQUES
- M. LwY résume ensuite, dl’apres le très intéressant. mémoire, auvre personelle de M. Trépied, qjui sert de préface an catalogue, les méthodes qui ont été utilisées pour cons-trnire la première partie du phot utj m ph lff ur. d'Abjer, relatives aux coordonnées rectilignes des astres obtenues à l’aide des mesures effectuées sur leu rs i mages.
- « L'auteur, dit M. Lwy, commenee par établir les relations fondamentales qui existent entre les coordonntes célestes d'une étoile et les coordonnées de son image mesurées sur un cliché ; puis, au moyen d’une intégration géométrique de ces relations, il montre coin ment le méridien et le parallèle d’une étoile quelconque devraient, théoriquement, se projeter sur le plan du cliché. Il développe ensuite les formules des corrections qui doivent être appli-qutes aux coordonnées mesurées pour teni r compte d’une erreur d'orientation, d’une erreur de centrage et d’un défaut de perpendien larité de l’axe optique sur le plan dela plaque.
- Dans une deuxième section de son ouvrage, l’auteur s'est proposé de réunir en une même analyse le calcul des elfets produits sur les coordonnées rectilignes d’un astre par un phé-noméneguelcongue de nature à modifier les coordonnées équatoriales de cet astre, soit que le phénomène consiste en un mouvement des axes de référence (précision et nulat ion i, ou bien en un changement du lieu apparent de l’ast re par rapport, aux axes considérés comme fixes (aberrallun el re/ i'<(e.lio)i). Cette partie du mémoire est traitée avee beaucoup de rigueur et avec la plus grande généralité. Les variationsque les coordonnées apparentes d'une étoile sur le cliché doivent subir pour être affranchies de l’influence de l'un des quatre phénomènes précités sont dléveloppéesjusqu’au terme du second degré inclusivement par rapport aux coordonnées reetilignes de l’astre. Ces variations équivalent, suivant les cas, soità un changement de l'orientation delà plagjue, soit à un changement de l'échelle angulaire, soità des corrections simultanées de ces deux éléments.
- Viennent ensuite d'intéressants détails sur les dispositions adoptées pour lim pression du réseau et l’exécution des clichés, sur les méthodes de mesure, sur la conversion des résultats bruts de ces mesures en abscisses et en ordonnées, et, enfin, sur l’évaluation des grandeurs stellaires au point de vue photographique.
- La quatrième et derniére section est de beaucoup la plus étendue : elle a pour objet principal la détermination si importante des éléments d’un cliché’au moven des étoiles de repère. Ces éléments sont au nombre de quatre: orientation du cliché, valeur angulaire de l'échelle des distances, ascension droite et déclinaison du centre de la plaque. Le rôle qu’ils jouent dans la rédaction des mesures photographiques des étoiles est analogue à celui des constantes instrumentales par rapport aux procédés ordinaires de l’observation directe. Seulement, la recherche est ici plus laborieuse et plus difficile. L’auteur ne se borne pas à exposer la marche théorique des calculs ; il en donne aussi des exemples numériques très complets et des tables pour faciliter l'exécution des calculs. Cel ouvrage sera consulte avec grand fruit par les astronomes qui s’ocrupent de photographie céleste de haute précision.
- En ce qui concerne le degré d’exactitude des résultats que l’on tirera du catalogue photographique d’Alger, une discussion habilement conduite permet de l’évaluer. La conclu-sion est que, pour toute étoile com mime à deux clichés de la zone, la moyenne des positions fondées sur les mesures de ces deux clichés jouira d’une précision sensiblement égale à celle des coordonnées du centre d’uni' seule des deux plaques, et l’erreur probable de la moyenne en question difTëre peu de 0" 30. L’auteur fait remarquer la concordance de cette valeur de l'erreur probable avec celle q ne j’ai moi-même obtenue par des considérât ions trés différentes et publiée dans le mémoire servant de préambule au Catalogue photographique de Paris. »
- {Aeat/'-mie des Seieuces, 18 janvier 1904).
- Atlas de photographies solaires exécutées à F Observatoire de Meudon.
- M. .I. JANssEN, en présentant à l’Académie Latlas des photographies solaires obtenues sous sa direction, à l'Observatoire de Meudon, depuis sa fondation, en1876que-
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- i 1 06 clichés de l Obsersa-
- pour eonnpazer .... a a alotd MlheteieSësosqorta.. Lut. -hi annutr : loi.—x-mi.........yrtienvrézvaeceUeo"AAS0Toyew. arand r............ .. ' ...
- I., dispasitioncurere*Mlecentreetanslsords. 1 surface
- enfin les principaux types de a > • les prineipauxetals sous ! de
- Celte collection résume dorceel"cCcbte Lusétudos ayan pour obyjet solaire se présente à nous ; elle s " ! 'l AIet
- cette suvfaca depuis l’année 187U,unju en "ednire les couséquenres qu en N*. Lesasironomese les physiciens pourront "dVestral Vu„ sait que - notiow pour la comaissanee de la constntution "0 „eme solaire'1''1’ entier. „detif sont.empudnue sorte, la hase de nos "ee"U.Uiikvuite par feu PIANUNAAL Lad.sinë La lunette employé dans ce» tava ‘deravonslesplus actlr 1 ′ s nimitë devant donner des images fonmees avec un ′ • donnait un maximum
- que possible, a été construit avec un flut dont "" I edte y zion. ,
- dans la région violetie HIV : il était acbro.ua lise P formées de rad .
- Col objectif donnait des mmages tren sen*! ′ 1 piques sensibles. . -
- lions violettes qui impressionnent au uitau" 3 seconde. grace à un petit appa. . ,
- Le temps de pose était réduit à environe détails dans la notice qu 1 ! ' mant fente variable et mobile que M. Lusses a apeenvt des longiludes poul "
- sacrée à la photographie solaire dans 1 Annuam- ′ "
- 1879. . • a iorme de Fastre formée par ′"
- Une durée de pose si courte permettait d obtenu "enel? encore inconnue en photoald impression en quelque sorte unique et, des lois, i "" . Nses
- ' C’est l’ensemble de ces dispositions, tom* nael * "" AIent. à steulon de ING a collaborateurs M. AnENtz (à qui on doit les images so ai M1. ymimmm d obtenu ′ 6 1880), aM. Pasteek (qui a succédé an précédent :"""Xleos ailleurs, maigre les beaux images de notre astre central qui n'ont pas encore etc "
- travaux dont le soleil a été l’objet à l’étranger. solaire, l’opinion se prooe-
- Depuis que l’on est entré dans une nouvelle période ′ " | (sur les phénomènes at-
- cupe de plus en plus de, l’influence que les taches peuven ex . Lussi est-il à souhaiter que mosphériques et sur les mouvements du magnétisme terres 1 anatlas d’an format plus l’on donne llObservatoire de Meudon les moyens "Pains des physiciens et réduit et, partant, moins dispendieux, pouvant être ust" "
- des météorologistes.
- (-teadémiedes Scienrex-, Ier fvrier 1907.)
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- RtEVUE DES SCIENCES PIIOTOGRAPITIQUES
- REVUE DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- Influence de la lumière sur la rapidité de formation des plaques d’accumulateurs.
- M. 1). ToMMAsi a, tout récemment, attiré l’attention sur ce fait singulier que « dans un accu mulateur la plaque négative qui est exposée à la lumière se forme plus rapidement que celle qui se trouve placée à l'ombre (I) et que celle action réduetrice de la lumière se. manifeste toujours, quelles que soient d'ailleurs : la composition de la matière active contenue dans les plaques d’aceumulateurs, la densité de l’acide sulfurique qui sert d'électrolyte, et la température à laquelle on opère ».
- Pour établir d'une façon plus précise le rôle que joue l’énergie lumineuse dans la formation des accumulateurs, M. Tommasi a fait diverses expériences, dont il a tiré les conclusions suivantes : les négali pes d’un uceum uluteur se /'ormeid, toutes choses égales d'ailleurs, plus rapidement à la lumière que dans rohscucilé ; les posilires d'un accumulateur se forment, toutes choses égales d'ailleurs, plus rapidement dans l'obscurité qu’i la lumière.
- M. Georges RossET, dans un article qu’il publie dans l'Kelairage élect rigue, montre que ces deux lois peuvent être réunies en un seul énoncé : l'obscurité (arorise, l'oægdal ion du plomb, et, par conséguenl, lalitourre farorise la rédaction de / o.cgde de plomb, application du principe universel de l’Action et de la Héaclion.
- « (l’est ainsi, dit. M. RossEr, qu’une élévation de température, par exemple, amène le fonctionnement des réactions dans le sens endothermique (2). De même, la lumière, manifestation posilire de l'énergie, doit amener le déplacement dans le sens endothermique, c’est-à-dire favoriser, par conséquent, la rédaction iles sels dont la formation est exother-mique (le principe de la photographie repose sur ce faityet, ici en particulier, favoriser la réduction de l’osydede plomb, état dl’équilibre du plomb en présence de l’oxygéne ; et son absence, ou l’obscurité, faciliter au contraire le déplacement de l'équilibre dans le seus exothermique, c'est-à-dire, favoriser une o\\dation plus prononcée du plomb. »
- Une soule cause agit donc, pour donner des cfTots opposés sur les plaques positives et négatives Faction de la lumière sur l'état d’équilibre « oxyde de plomb ». (les faits se rattachent donc, au phénomène général de l'équilibre chimique.
- Sur un appareil transmetteur et un appareil récepteur destinés à la transmission à distance des photographies. Appareil récepteur pour télautopho-tographie et transmission des gravures en demi ton :
- Sous ces titres, V Keluiruge clcclr'npie du 18 juin 1904, publie la traduetion de deux intéressants artiolede M. A. Koitx parus dans les n"s du 15 février et du 10 mars 1905 du
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- " XEFUE DES SCIENCES ‘PHOTOGRAPHIQUES”
- INFLUENCE
- DE LA NATURE DES RÉVÉLATEURS
- la grosseur du grain de l’argent réduit
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- INFLUENCE DE LA NATURE DES RÉVÉLATEURS
- SUR LA GROSSEUR DU GRAIN DE L’ARGENT RÉDUIT
- Par MM. A. et L. LMÈRe et A. SEYEWEtz
- On a admis jusqju'ici à la suite de plusieurs travaux (1) que le grain de l'argent réduit par les divers révélateurs dans le développement des plaques au gélatino-bro-mure d'argent, possède une grosseur sensiblement uniforme, quel que soit le révélateur employé.
- Auxe (2) a trouvé pourtant que le. grain de l’argent provenant d’une plaque surexposée est plus fingquecelui decette même plaque posée normalement et qjue l’addition au révélateur de grandes quantités de bromure alcalin semble augmenter la grosseur de ci4 grain.
- Ayant obtenu avec certaines substances révélatrices peu énergiques des images très transparentes d’une couleur notablement différente de celle des images habituelles, nous avons pensé qu’il pouvait y avoir une relation entre la grosseur du grain de l’argent réduit et la couleur de l’image.
- Mlin de vérifier l’exactit ude de cette hypothèse. nous avons comparé la grosseur ilu grain de l’argent réduit par les principaux révélateurs connus, non seulement en les utilisant avee leur composition normale, mais aussi en étudiant pour un même révélateur l’influence de son degré de dilution, de la durci4 de son action, de sa température et de, son alcalinité. Nous avons enfin examiné les modifications que déter-minent les variations du temps de pose, ainsi que les résultats obtenus suivant qu’on développe très faiblement ou très fortement l'image.
- A. In/hience de la, nature dit cévélaleae.
- On a préparé des bains révélateurs ayant la composition la plus habituellement adoptée dans la pratique et avecles substances développatrices suivantes :
- Hildraqiiinane, Acide pijcegalIique, Dianiidophénol, Métal, llydruquinoiie, Méloqui-None, IcoHoqèac, Paramidnphéntd, Glycine, Kdinol, Adnroï, Ortol, Ilydramine, Piiruca léchi ne.
- Indépendamment des composés précédents qui comprennent à peu près toutes les sulistances révélatrices utilisées dans la pratique, nous en avons expérimenté d'autres ‘ui n’ont pas reçu jusqu’ici d’utilisation courante à cause de Finsuffisance de leur énergie révélatrice. Ces substances nous ont paru particulièrement intéressantes en naison de la couleur spéciale que présente l’argent des images qu’elles permettent de laire apparaître.
- Ce sont la paraphénylène diaininé elVorllKHUiiidoidiéaul employés en présence du
- (I) Eder's ahrbuch, 189, p. 117, Bulletin ossaciation bnhje df phtthujraphit’, 1833, uo 11, (2) EdersJahrbuch, 1803, p. 417.
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- REVIE DES SCIENCES PIIOTOGRAPIIQUES
- sulfite de soude seul. Ces substances révélatrices donnent naissance à de l’argent d’une grande transparence dont la couleur est bruntre à la lumière transmise et grise par réflexion, et qui présente un aspect tout à fait analogue à l'argent des images obtenues dans le développement des émulsions au collodion.
- Voici la composition des différents révélateurs que nous avons employés :
- RÉVELATEUR
- Sulfite de soude anhydre .
- 25
- L’uYDROq INONE
- X" II. A) Ilydroquinone . .
- Sulfite anhydre . .
- 1
- REVELATEEN À 1.‘acoi PYNOdALLIoE
- 1. A) Eau ....
- Sulfite anhydre
- 300
- 50
- 500
- 50
- P’hosphate tribasi-
- 1000
- 100
- 90
- 10
- Ac, pyrogalliq.
- 1000
- 100
- 10
- Employer 75 ec. eau, 2 ce.
- RÉVÉLATEIR A
- Sulfite anhydre. . . Carbonate de potasse
- 1
- RÉviLvrErn AC MTon
- 888
- Sulfite anhydre
- §
- B) Eau...........................
- Carbonate soude anhydre . . . .
- Employer .'iO ce. sol. A, 25 ce. sol. B.
- §*
- n É V i I .A T EU K AL' MiToL-TYDROQUINONI:
- A) Eau distillée......................
- Métol .............................
- Sulfite anhydre....................
- ...................................
- B) Eau distillée..........................
- Carbonate de potasse...............
- Employer 50 cc. A, 5 ce. B.
- §
- E
- g
- RÉVÉLATEIN AC PARAMIDOPIIÉNOL
- Eau.................................
- Sulfite anhydre.....................
- Lithine caustique...................
- Paramidophéuol (base libre). . . .
- I
- 10
- RÉVÉLATEUR A L.’NYARAMINE
- Eau . . ...........................
- Hlydramine .........
- Sulfite anhydre....................
- 1
- nÉvÉLATern A l’ÉI.îNol
- Edinol...........................
- Su Bile anhydre..................
- Phosphate tribasique de soude . .
- Eau..............................
- R
- 1
- RÉVÉLATEUR A LA PYROGATLINE
- A) Eau ..................
- Pyrocatéchine.
- s ï
- Cari...air de potasse . .
- 500
- 10
- nÉvénArkon A LA GLYINE
- A) Eau .............................
- Sulfite anhydre..................
- Glyeine..........................
- B) Eau..............................
- Carbonate de potasse.............
- Employer 100 ce. sul. A. 2 cc. sol. B.
- 1000
- 13
- -10
- NN0
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-
- ES SCIENCES
- X" 1. Eau...........
- Sulfite de soude Métoquinone
- !
- 5
- RÉVÉLATEUR
- Sulfite anbydre
- 8 §
- Sulfite anhydre.
- Acétone . . .
- LA PARAPIINYLNE-DIAMINE 1
- ..................1000
- iamine.............. 10
- .................... 60 1
- 1000 No 3. Eau............
- 60 Sulfite anhydre.
- 30 Métoquinone .
- 1000
- 00
- Orthoamidophénol . .
- Sullite anhydre . . .
- S S 8
- Avec toutes ces solutions révélatrices on a développé des plaques au gélatino-bro-nnuire Lumière, étiquette bleue, provenant d'une même émulsion et possédant par couséquent la même grosseur de grain quant au bromure d’argent initial. Toutes «‘es plaques impressionnées dans des conditions rigoureusement identiques ont été développées dans les dilférentes solutions révélatrices précédentes maintenues à la même température (20°) en réglant convenablement la durée du développement pour que toutes les images soient comparables entre elles.
- Toutes ces plaques, après avoir été lavées complètement, ont été traitées sur une petite portion de leur surface (en choisissant une partie opaque contenant par con-séquent beaucoup d’argent réduit) par un peu d’eau chaude de façon à dissoudre la Rélatine (1). La solution gélatineuse bien agitée et renfermant ainsi en suspension 1 argent réduit a été utilisée pour faire une préparation microscopique. On a opéré ainsi avec toute la série des clichés précédents correspondant aux divers révéla-teurs, puis on a photographié les images microscopiques de ces préparations en em-ployant, dans tous les cas, le même grossissement.
- Les épreuves ainsi obtenues ont été comparées entre elles et ont fourni les résul-t:»ts suivants :
- 1" La grosseur du grain d’argent réduit par les divers révélateurs utilisés dans pratique, nous a paru sensiblement la même pour tous ces agents de réduction.
- 21 Les révélateurs à base de parapliényléne diamine ou dl’orthoamidophénol et de sulfite alcalin donnent naissance à de l’argent réduit très transparent et de couleur | caractéristique dont le grain est beaucoup plus fin que celui engendré par les autres "vélateurs.
- In/lHence du dlegréi
- du révélateur cl de la durée de sou aeliou.
- Pour étudier l’influenee de la dilution du révélateur, on a employé le révélateur normal à l’hydroquinone et au carbonate de soude et celui au diamidophénol. Cha-
- (1) Ea couche des plaqaes développées à l'acide pyrogallique étant insoluble nu a dû désorga-Tser la gélatine insolubilisée par chautlage avec une solution d'alcali caustique pour obtenir " P^paraiion mieroscopique.
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- REVIE DES SCIENCES PROTOGRAPILQUES
- cun d’eux a été étendu d’une fois son volume d’eau dans un premier essai et d’un volume d’eau dix fois plus grand dans un deusiéme essai. Dans les deux cas on a développé pendant un temps convenable pour amener l’image à la même intensité.
- On a également développé des clichés en cuvette verticale en réglant à une heure environ la durée du développement rien utilisant d’uni1 part la métoguinone, d’aut re
- suivanfes :
- part le diamidophénol avec les formules
- DÜVELOPPEMENT LEN r A LA MEroouINoNI
- Eau ........... 4 litres.
- Sulfite anhydre....................
- Bromure de potassium à 10 0,0 .
- DLVELOPPDMENT L.ENT au DIAMIDOPIIÉNOI.
- Ean................................. 2 litrei
- Diamidophénol.........................3 «r.
- Sullite de soude anhydre .
- S
- Enfin on a développé dans un même bain à T’hydroquinone (formule normale avec carbonate de sonde) deux clichés dont l'un a été retiré du bain de développement et fixé des que l’imageest nettement parue, l’autreaété développé longuement, de façon à obtenir une image très intense. On a recommencé ('es mêmes essais en employant le révélateur normal au diamidophénol.
- Les clichés obtenus ainsi ont été* lavés complètement, puis chacun d'eux a été traité par l’eau chaude comme précédemment pour faire une préparation microsco-pique qui a été photographiée.
- L’examen des micrographies obtenues montre que la grosseur des grains d’ar-gent est sensiblement la même dans tous ces essais, sauf dans le cas du développement lent où le grain paraît légèrement moins gros que dans les autres essais.
- 0. — liipuem-e dle lu température el de rulcul utile du réiudaleur.
- On a fait uni1 série d’essais avec deux révélateurs : l’hydroquinone et le diamido-phénol, en opérant avec des solutions révélatrices maintenues à diverses températures : h", 15", 25 et 35", et amenant dans tous les cas l’image à peu près à la même intensité finale. On a examiné, d’autre part, pour une même température, l’in-fuence de la plus ou moins grande alcalinité du révélateur, en augmentant et en diminuant la quantité de carbonate alcalin dans une série d’essais et en ajoutant au révélateur au diamidophénol (formule normale/des proportions croissantes de bisulfite de soude pour rendre le bain acide de façon à augmenter beaucoup la durée normale de développement.
- Les clichés obtenus dans ces divers essais ont été traités en vue de l'obtention de préparations mieroscopiques qui ont été photographiées. Dans aucun cas, on n’a trouvé de différence appréciable entre la grosseur des grains d’argent réduit.
- On a essayé également d'ajouter dans le révélateur à la paraphénylène diamine et au sulfite de soude des quantités croissantes de carbonate alcalin. On a constaté (pie cette addition, en augmentant T'énergie du révélateur, tend à ramener la couleur de l’argent réduit à celle obtenue avec les autres dés eloppateurs. L’examen mieropho-tographiique des images ainsi développées montre que la grosseur du grain s’accroît à mesure (pie l’on augmente la quantité de carbonate alcalin jusqu'à ce que l’on ait atteint la teneur normale. La couleur de l’image devient en même temps de plus en plus noire et finit par être comparable à celle (pie donnent les révélateurs usuels.
- On a cherché enfin, si, en supprimant l'alcali dans certains révélateurs tels (pie le
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- paramidophénol, l’hydramine et en développant ainsi lentement en présence du sul-fite de soude seul, on n’obtiendrait pas une réduction comparable à celles que donnent le paraphényléne diamine ou l'orthoamidophénol. Les résultats n’ont pas été plus modifiés qu'en ralentissant le développement normal au diamidophénol par l’addition de bisulfite de soude. Du reste la couleur de l'argent réduit n’a pas changé.
- D. — Influence de la durée de la pose et action des bromures alcalins.
- On a développé avec deux révélateurs normaux, l’un à l'h ydroquinone carbonate de soude, l’autre au diamidophénol une série de clichés les uns très peu posés, d’autres posés normalement, et d’autres encore surexposés avec des durées de surexposition de plus en plus grandes.
- Les images ont été amenées à des degrés d'intensité comparables puis ont été traitées comme dans les essais précédents pour obtenir des préparations microsco-piques (pie nous avons photographiées.
- L’examen des photogrammes parait montrer, comme l’a indiqué Abney, que dans un cliché surexposé le grain de l’argent réduit est très légèrement plus petit que celui d’un cliché normalement posé*.
- D’autre part, on a développé des plaques exposées dans les mêmes conditions, dans deux révélateurs très sensibles à l’action des bromures alcalins, l’hydroquinone (avec carbonate de soude) et la métoquinone (avec sulfite de soude et acétone) (1). des révélateurs ont élé additionnés de quantités croissantes d’une solution de bromure de potassium à 10 0/0 variant de 2 à 1. ce. 0 0 de révélateur. Les images amenées à des degrés d’intensité comparables ont été traitées comme précédemment pour obtenir des préparations microscopiques. L’examen des images microgra-phiques que donnent ces préparations paraît montrer une très faible augmentation de la grosseur du grain d'argent réduit lorsque h'révélateur renferme des quantités notables de bromure alcalin.
- CONCLUSIONS
- On peut tirer des expériences précédentes les conclusions suivantes :
- 1" La grosseur du grain d'argent réduit par les révélateurs à composition normale utilisés dans la pratique est sensiblement constante.
- 2" La température des révélateurs, leur concentration, la durée de leur action, ne paraissent pas avoir d'influenee sur la grosseur du grain de l’argent réduit.
- 1" L’excès d’alcali ou de bromure alcalin semble provoquer un accroissement très laible de la grosseur du grain.
- 1" La surexposition paraît être un des facteurs de la diminution de grosseur du grain d'argent réduit sous l'influence du révélateur.
- 5° Deux substances révélatrices non utilisées dans la pratique, la paraphénplène diamine etl‘orthoamidophinol, employéesen présence de sullite de soude seul donnent de l’argent réduit d’une couleur comparable à celle obtenue dans les émulsions au
- (I ) Cu n'a pas choisi le révélateur à l'acide pyrogallique à cause de la difliculté que présente, dans ce cas, Fobtention des mierographies par suite de l'insolubilisation de la gélatine produite prce révélateur.
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- collodion et dont le grain est beaucoup plus fin que celui fourni par les autres substances révélatrices (1).
- 6° La couleur de l'argent réduit semble être en relation avec la grosseur du grain. Le grain le plus lin correspondant à une couleur gris violacé analogue à celle que présente l’argent réduit dans les émulsions au collodion.
- On peut classer comme suit les divers révélateurs par ordre de grosseur croissante des particules d’argent réduit auxquels ils donnent naissance, en les rapportant à quatre types de grosseurs représentés par les planches ci-jointes. Ces planches mon-trent que le premier type présente avec les trois autres des différences importantes, tandis que ces derniers m; montrent entre eux que. de faibles différences.
- 1er hipe. — Paraphényléne diamine ou orthoamidophénol en présence; de; sulfite de soude seul.
- J" type. — Paraphényléne diamine ou orthoamidophénol additionnés de suHîte de soude et d’une petite quantité d’alcali carbonaté.
- 3e type. — Paramidophénol et sulfite de soude seul.
- Métoquinone et sulfite de soude seul ou additionné d’acétone.
- Paraphényléne diamine additionnée de sulfite de soude et d’une quantité normale de carbonate eh; soude.
- Révélateurs normaux aumétol, à l’iconogéne ou à l’ortol (formules indiquées plus haut).
- 4e type. — Révélateurs normaux à l’hydroquinone-métol, à l’hydramine, au paramidophénol, à l’hydroquinone (formules n" l el n‘2), à l’acide pyrogallique, à l’édi-nol, au diamidophénol (même en présence de bisulfite de soude) ou à la métoquinone en présence; de; lithine caustique (formules indiquées plus haut).
- (I) Nous avons constaté que la paraphényléne diamine et l’orthoamidophénol ne sont pas les seules substances révélatrices pouvant donner naissance à des images présentant, cet aspect spécial et formées par des grains d’argent très fins. Nous avons pu obtenir, en effet, un résultat analogue quoique moins parfait qulavee la paraphénylëne diamine. et l’orthoamidophénol, en utilisant dans certaines conditions la plupart des substances révélatrices.
- Nous cherchons actuellement à préciser et à généraliser les conditions deformation de ces images d’aspect spécial, dans le but d’essayer d’élucider la théorie de ce phénoméne.
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- PIIOTOGRAMMÉTRIQUE
- PREMIERE PARTIE. - OPTIQUE PHOTOGRAPHIQUE
- (Suite)
- CHAPITRE III
- DETERMINATION DES POINTS NODAUX
- S 1. - DÉTERMINATION A L'AIDE D’UN FOCIMETRE PIIOTOGRAMIMIÉTRIQCE SPÉCIAL
- Nous avons dit que le centre à partir duquel s’irradie l’image recueillie sur la glace dépolie est le point nodal d'arrière de l’objectif photographique ; et on sait que c’est à partir de ce point que doit se compter la longueur focale. Puisque les opérations qui précèdent nous ont donné la longueur focale, il nous suffira de porter celte lon-queur, à partir du plan de la glace dépolie, sur la direction de l'axe optique, pour déterminer sur cet axe la position de ce point nodal.
- Le plus ordinairement, ce point est situé à l'intérieur de l'objectif. La distance à laquelle. il se, trouve du sommet de la lentille terminale la plus rapprochée de la glace, dépolie s’obtient en prenant l’intervalle qui existe entre ce sommet et le centre île la glace dépolie, intervalle que les constructeurs anglais désignent sous le nom de baeb-focus, et en soustrayant cet intervalle de la longueur focale précédemment trouvée.
- Cette détermination a pour conclusion pratique l’établissement sur la monture de l'objectif d’un repère définissant la position du plan perpendiculaire à l’axe optique dont l'intersection avec cet axe est le point nodal. Ce repére peut consister en un simple point marqué par un coup de pointeau ou par deux traits en croix gravés sur la monture, ou bien être constitué par un cercle entier faisant le tour de celte moulure.
- C’est surtout pour les manipulations que ces mesures rendent nécessaires qu'il est avantageux de disposer [tour ses opérai ions d'un agencement moins hermétique-mnent clos que la chambre noire ordinaire de l’appareil photographique. Avec l’appa-reil simplifié et complètement ouvert que nous avons déerit, on peut à très peu de irais constituer toute une série de jauges dont la simplicité et la commodité ne lais-sent rien à désirer. Il suffit de prendre quelques-unes de ces tringles à rallonge pour petits rideaux que l’on trouve à un prix insignifiant chez tous les quincailliers, qui consistent en une tringle de fer coulissant à frottement dans une gaine de laiton exactement moulée sur elle. On en découpera une série de fragments de longueur quelque peu inférieure à celle de chacun des bach'-l'jcus correspondant aux diffé-renles longueurs focales que l'on peut avoir à déterminer. Pour la commodité de la
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- maneuvre on aura soin de tenir la tringle intérieure un peu plus longue que son fourreau.
- Pour faire usage du système, on le portera dans l’intervalle qni sépare de la glace dépolie l’objectif soigneusement mis au point. En faisant coulisser les deux parties l’une sur l’autre, on amènera les deux extrémités en contact respectivement avec le sommet de la lentille tournée vers la glace dépolie, et avec le centre de la glace elle-même. Il ne restera plus, pour avoir la valeur du bit ch-fod il s, qu’à mesurer la longueur ainsi acquise par la tringle, avee tous les soins que l’on pourra avoir intérêt à apporter dans cette détermination.
- §2.— DETERMINATION A LAII E DE L APPAREIL PIIOTOGRAMMETRIQUE A SOFFFLET
- L’obtention de ces mêmes mesures à l'aide d’un appareil comportant comme une de ses parties la chambre noire classique présente assurément un peu plus de diffi-cultes, mais n’est point irréalisable. Pour i fTeetuer ces mesures, la longueur focale ayant été déterminée par la méthode parallactique. on maintiendra aveole plus grand soin le tirage de la chambre qui s correspond. On ouvrira la glace dépolie, et, sur la feuillure sur laquelle le cadre de cette glace vient s’appliquer dans sa position de mise au point , on appliquera une régle plate à biseau à base soigneusement dressée et à arête tranchante, de telle façon que cette arête passe exactement par le centre. Au besoin un vieux cliché, coupe diagonalement pour donner la longueur nécessaire, pourrait remplir le même office.
- On introduira dans la chambre une régle métrique à bout, dont on amènera l’ex-trémité en contaet avee le sommet de la lentille tournée vers l’opérateur : laréte qui porte la graduation s’appuyant sur celle de la régle à biseau au point de cette dernière qui correspond au centre de la qlace dépolie. Les jauges précédemment décrites pourront d’ailleurs parfaitement trouver encore ici leur emploi. Par l’un ou l’autre de ces moyens on aura ainsi obtenu la longueur de la portion du biidi-foeusqui est comprise entre le plan de l’ardte de la règle et le sommet de la lentille.
- Pour avoir la longueur de l'autre portion, de celle qui est interceptée entre la même arête de la règle pluie et le centre de la glace dépolie, on refermera la glace, on fermera complétement la chambre, et on enlèvera la planchette porte-objectif. Par l’ouverture ainsi produite à l’avant de la chambre on introduira de nouveau la règle à biseau dans la feuillure, ef on l’assujettira danscette feuillure avec des cales, dans la même position que précédemment, en faisant toujours passer l’aréte par le centre de l’encadrement. Avec le métre à bout on mesurera alors l’intervalle qui existe entre l’arétedela règle et le centre de la glace dépolie.
- Cette derniére partie de l’opération est un peu délicate et un peu fastidieuse ; mais comme elle sera faite une fois pour toutes, et qu elle n’aura pas à être repris!' pour chaque objectif nouseau soumis aux essais, on aura tout loisir d’y apporter tous lo soins désirables, et on passera facilement par dessus ce que les détails peuvent. avoir d’un peu minutieux. E’inten valle ainsi mesuré reste en effet invariable pour toutes les déterminations que l’on pourra avoir à effectuer avec le menu'appareil. Il subira donc désormais, pour reconstituer la longueur du buch-furtix d’un objectif quel qu’il soit, de l’additionner avec la portion variable de cette même lon-vueurgue l’on vient d’apprendre à determiner.
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- Les opérations qui précèdent nous ont donné la position du point nodal d’arrière. La position du point nodal d’avant s’obtiendra exactement de la même façon si l'appareil est disposé (comme cela a lieu dans celui qui nous appartient en propre) de manière à permettre à volonté de visser l’objectif à l'intérieur comme à l'extérieur de la chambre noire.
- Nous ne prétendons aucunement que tout objectif ainsi transposé donnera en gé-néral dans les deux sens des images également irréprochables ; et cette question est tout à fait en dehors de notre sujet actuel. Tout cequinous importe en ce moment, c’est qu'il donnera dans les deux positions une image quelconque, de laquelle pourront se déduire toutes les conclusions que la position normale nous a déjà fournies. La disposition dont il s'agit peut donc être considérée comme indispensable pour tout appareil (pie l’on prévoit avoir l’occasion d'appliquer à l’étude systématique des séries d’objectifs photographiques. A plus forte raison est-elle essentielle dans un appareil spécialement construit en vue de ces essais.
- Ainsi que nous l'avons rappelé précédemment, tout système optique fonctionnant dans l’air présente par ses deux extrémités des longueurs focales égales. La constatation de cette égalité peut donc être considérée comme une vérification de l’exactitude delà première opération.Il s’en faut au contraire, avec des objectifs non symétriques, (pie la position de chacun des points nodaux par rapport aux sommets correspondants des faces terminales des lentilles extrêmes doive constamment être identique. La détermination de ces deux points représente en conséquence deux opérations indépendantes.
- 3. - RECTIFICATION EXPÉRIMENTALE DE LERREIR PAR DÉFAIT DE CENTRALE
- Nous avons montré (pie l’erreur commise par suite de la façon arbitraire dont est tout d’abord établi le point nodal d’avant par rapport à l’axede rotation a un retentissement. sur la détermination de la longueur focale. Nous faisions d'ailleurs ressor-tir que l’incertitude ainsi introduite peut, et, autant que possible. doit être rendue, négligeable par le choix du repère*. Si cependant on juge qu’il peut y avoir intérêt à en tenir compte, la reetiticalion peut être faite par la voie du calcul, d’après la formule développée plus haut une fois que la position du point nodal a été déterminée.
- On peut encore arriver au même but par voie d’expérimentation directe, en ne considérant tous les résultats obtenus jusqu’ici (pie comme une première approxi-«nation. On procède à un ajustement plus correct, sur l’axe de rotation du point nodal dont la situation vient d’ètre ainsi définie ; et on reprend, sur ces nouvelles données, toute la série des opérations. b’ailleurs l’influence de cette erreur sur les premières déterminai ions était déjà à peine appréciable dans la plupart des cas ; l’in-Aliéner de la portion de cet te erreur (pii peut encore subsister, ici devient absolu-ment infinitésinale; et il n’y a pas à prévoir l’opportunité d’avoir jamais à pousser plus loin le resserrement de l’approximation.
- 4. - IMPORTANCE DE LA ( ONN NISS\NGE DES POINTS NODAAUX DANS LES TR A VA I N DE REPRODI CTION
- La connaissance de la position des points nodaux a une importance capitale dans lous les travaux de reproduction qui exigent un certain degré de précision. Les Irai-
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- tés de photographie, mème les plus élémentaires, ne manquent pas d’olfrir à leurs lecteurs foison de tables d’agrandissement et de réduction, avec, à l’appui, des for-mules dont il semblerait que F'intelligence doive poser en autorité dans son atelier l’opérateur capable d’en effectueret d’en appliquer les caleuls. Nombre des auteurs de ces traités, non plus que de ces opérateurs n’ont, l'air de se douter que ces formules ne sont purement et simplement qu’un leurre, si l’on n’a pas l’attention de mesurer toutes les distances en avant de l’objectif, à partir du point nodal d’avant ; et les distances en arrière, à partir du point nodal d’arrière. A défaut de cette attention, tables et formules sont tout juste bonnes pour faire connaître à l’avance, d’une façon grossièrement approchée, si un certain appareil dispose d’un tirage suffisant pour unagrandissement donné. L’opérateur qui, en pareil cas, ne, procède (pie, par tâton-nements, par « coups de pouce », agit en réalité d’une façon plus correcte et plus incontestablement scientili que que celui qui s’en rapport!' aveuglément à ses tables et à ses calculs.
- Dans les reproductions de portraits, cette considération n’offre qu’un intérêt assez accessoire. Personne n'a jamais pu savoir ce qu’i l faut entendre par « pu trait en grandeur mit u relie » ; ni, par suite, portrait à moitié ou au quart de cette grandeur. ( lest en effet une notion banale «pie toutes les dimensions sont réduites par la perspective. Le bonhomme qui sur la toile présente effectivement les mémes dimensions mé-triques que l’indisidu dont il prétend être la représentation est donc en réalité le portrait d’un colosse. S’il s'agit d'un portrait de face, l’échelle de réduction de la verticale (pii passe par la pointe du pied le plus avancé n’est même pas la même que celle (pii correspond à l’aplomb du sommet de l'occiput. Dans de. telles conditions il est donc assez indifférent quun centimétreou deux si* trouvent perdus dans une reproduction.
- Il en va tout autrement quand il s’agit de reproduire des cartes géographiques, qui doivent parfois ètre constituées par l’assemblage de plusieurs centaines de feuilles obtenues par autant dl’opérations complétement indépendantes. On conçoit combien des écarts meme bien moindres qu’un centimètre deviendraient désastreux pour le raccordement. Et cependant de tels écarts seraient inévitables si un certain nombre d’opérateurs sans relations les uns avec les autres, et travaillant avec des objectifs de types sensiblement différents, s’attelaient à la besogne en prétendant marcher uni-quement sur la foi de la formule, sans se préoccuper de la position des points nodaux.
- Pourtant jusqju’a une date très récente fions n’asons jamais oui dire que la théorie des points nodaux fit extrêmement répandue dans les ateliers de reproduction ; et un article d’une des dernières années du Uritish Journal Ph 010g r‘I ph le Ahuaimc est la première, étude réellement à l’adresse des opérateurs industriels (pie nousayvons jamais rencontrée où cette théorie soit pris-- en considération.
- Depuis l’époque où nous avons démontré que, dans les appareils pivotants, le centre rationnel de rotation n’est pas en général identique avec le point de vue de l'image photographigue, la plupart des construeteurs de ces appareils ont pris le parti de s’affranchir du dilemme «pii leur opposait ainsi l’antagonisme des deux points nodaux, en imposant aux opticiens la condition de ne plus leur livrer (pie des objectifs dans lesquels ces deux points se. confondraient en un seul. Cette condition n’est pas irréa-lisableavee certains types d’objectifs ; et, au point de vue théorique, elle constitue une excellente solution de la qjuestion en litige. Mais c’est une difficulté nouvelle ajoutée à toutes celles que les opticiens ont déjà à résoudre, et dont chacune cou-
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- tribue à rendre plus précaire la chance d’arriver à constituer des instruments complètement irréprochables.
- Ce n’est pas tout que de créer par le calcul un Lype d'objectif dans lequel l’inters-fice des neuds se trouve annulé. Il faut encore compter pour sa réalisation avec les irrégularités de la matière, première et delà main-d’œuvre. De ces irrégularités résulte que l’artiste chargé de « marier » les lentilles d’une même fourniture arrive à cons-tituer les systèmes les plus brillants par l’accouplement de verres sensiblement dif-férents de ceux dont l’association aurait paru répondre le plus rigoureusement aux prévisions du calcul. Il est ainsi notoire que ce n’est que tout à fait exceptionnel-lement que les deux lentilles opposées des objectifs dits « symétriques » se trouvent être effectivement identiques. Kt ce sont ces combinaisons particulièrement heu-reuses, ainsi mises au jour par voie, de tâtonnements, que le constructeur praticien conserve précieusement par devers lui comme étalons, et cherche ensuite à reproduire dans ses travaux ultérieurs. Mais toute dérogation aux prévisions initiales entraîne la présomption qu’un interstice aura pu faire son apparition la où il n'eut point di en exister d’après la formule.
- L’objectif ainsi dévié de son type se trouvera donc exclu de la composition des appareils pivotants, à raison du principe fondamental de leur construction. Nous soutenons néanmoins qu’il n y a aucun motif sérien v pour ne pas le rechercher pour l’usage de l’atelier de reproduction, s’il présente à un degré supérieur toutes les qualités requises pour le travail qui s’y poursuit. Ce qu’exige la reproduction, et surtout la reproduction scientifique, c’est, aveela rigoureuse correction des lignes droites, la finesse la plus exquise qu’il soit possible de réaliser dans la définition. L’objeetif qui lui offre au plus haut degré ces précieuses qualités est, sans discussion, celui sur lequel elle doit porter son choix. L’existence d'un interstice des neuds n'est qu’un détail tout à fait accessoire pour elle. Il est toutefois de toute nécessité (pie l’opéra-leur ait la connaissance la plus nette de sa présence et de sa grandeur, qu’il sache en tenir compte, et qju’il ne manque jamais d’effectuer, par calcul direct ou par tton-nements, toutes les corrections que cette particularité peut rendre indispensables.
- CHAPITRE IV
- COURBURE DI CHAMP
- Nous avons dit que, dans les déplacements de l'appareil autour de son axe de rotation pour la détermiination de la longueur focale, la mise au point initiale devait •dre rigoureusement maintenue. Pour l’appréciation de la courbure du champ, cette position initiale de mise au point est prise pour point de départ et soigneusement repérée sur la graduation delà base de la chambre noire, que l’on fasse usage de l’appareil photogrammétrique ordinaire ou du focimétre photogrammétrique spécial.
- On amène alors l'image du repére successivement en coïncidence avec un plus ou moins grand nombre de croisées des traits du quadrillage convenablement réparties Sur la superficie de la glace dépolie, mais en efTectuant cette fois pour chacune de ces nouvelles positions la mise au point parallactique. L’écart en plus ou en moins a partir delà mise au point axiale est relevé sur la graduation du chariot. Sa valeur Constitue une cote que l’on peut inscrire au point correspondant sur une feuille de
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- papier portant un quadrillage identique à celui de la glace dépolie, qui peut d’ailleurs être à une échelle diflérente. Quand ces déterminations ont été effectuées pour un nombre suffisant de points embrassant toute l'étendue du quadrillage, la réunion des points de même côté* donne, dans h; système de figuration des surfaces par lignes de niveau usité en topographie, la représentation exacte, de la surface focale, ainsi que des accidents que cette surface peutprésenter pour chacune des régions du champ de l'objectif essayé.
- CHIAPITRE V
- ASTIGM A TISM E
- Pour l'étude de l'astigmatisme au moyen de l’appareil photogrammétrique, il est nécessaire de disposer d'une surface plane verticale dans de bonnes conditions d’éclairement présentant sur toute son étendue un grand nombre de droites horizontales et verticales, qui soit de dimensions suffisantes pour remplir la plus grande partie du champ de l'objeetif avec un recul correspondant à une mise au point, aussi voisine que possible de la mise au point à l'infini. Notons cependant qu'il pourra suffire que l’image de l’écran ainsi constitue recouvre un peu plus du quart du champ de l'objectif, s’il est possible d’établir l'appareil en face de l’un des coins de la paroi, (les conditions se (ruineront le plus fréquemment réalisées par des façades dedifrers à destination utilitaire, dont les lignes n’ont pas été trop tourmentées par des prétentions architecturales, L’idéal serait assurément d’avoir la faculté de disposer d’une grande muraille blanche, et de la faire recouvrir d’un immense quadrillage qu’il serait avantageux de couper par des séries de diagonales.
- La première opération à effectuer consiste à établir l’appareil de telle façon que la glace dépolie se trouve parallèle à la paroi qui porte le réseau des droites de repère. On réalise cette condition en amenant la glace dépolie à une position telle que les images de lieux verticales et de deux horizontales se produisant aussi près que possible des bords opposés du champ soient à la fois parallèles aux traits du qua-drillage dont elles se rapprochent le plus. Il est essentiel de noter que le parallé-lisme établi pour une seule horizontale el une seule verticale ne prouve absolument rien. La vérification offre d'ailleurs d'autant plus de précision qjue les couples de parallèles sur lesquels elle porte embrassent une portion plus étendue du champ de l’instrument.
- Cela fait, on assure parallactiqjuement la mise au point d’abord sur un repère correspondant au centre de la glace dépolie ; puis, de même qjue dans le cas de l’étude de la surface focale, sur une série de repères présentant des croisements d’horizontales et de verticales en correspondance avee les différentes régions du quadril-lage de la glace dépolie. Toujours, comme dans le cas précédent, on relève sur la graduation du chariot chacune des positions de mise au point, mais ce n’est plus là qqu’un préliminaire des déterminations aduellement poursuivies.
- Pour les systèmes de droites en croix qui forment leur image dans la région avoisinant le centre du champ, la mise au point ne présente aucune particularité : la position de mise au point de la branche verticale et de la branche horizontale de la croix se trouve identique. Il n’en est plus de même pour les systèmes dont l’image se forme dans des régions du champ plus ou moins excentrigue, à moins <pie l’on
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- n’ait affaire à un objectif parfaitement. corrigé au point de vue de l'astigmatisme. Avec les objectifs auxquels manque ce genre de correction, on constate que l'hori-zontaleetla verticale concourant à la production d’une même voix ne peuvent être amenées en même temps à satisfaire aux conditions d’une mise au point rigoureuse. Si donc on s’attache à réaliser successivement cette mise au point pour chacune de ces branches, la graduation du chariot assurera un certain intervalle entre les deux positions de mise au point.
- C'est précisément à et'. défaut des objectifs non spécialement corrigés que correspond la définition la plus élémentaire de l’astigmatisme. L'intervalle ainsi constaté en est, également sous la forme la plus élémentaire, la caractéristique et la mesure. Le relevé de la valeur de cet intervalle pour chacune des régions du quadrillage de la glace dépolie, donne les éléments de la représentation d’une double surface formée de deux nappes analogues à la nappe unique de la surface focale, et dont l’inter-valle délinit pour chaque point du champ optique la valeur en ce point de l’astigma-tisme.
- CHAPITRE VI
- ETlDE DES ANOMALIES DE LN LONGUEIR FOCALE
- Toutes les opérations qui précèdent ont dû être effectuées en principe en laissant à l’objectif la plus grandeouverture compatible avec sa construction. Différents types d’objectifs accusent des longueurs focales sensiblement différentes selon qu’on les emploie à toute ouverture ou avec un diaphragme. Pour cette raison on est sou-vent exposé à des mécomptes en photographie pratique, quand, sans s’être livré à une étude préalable de ces anomalies pour chacun des objectifs dont on fait usage, on met au point avec un diaphragme sensiblement différent de celui avec lequel on se propose d’opérer. L’est ce qui arrive assez fréquemment, en particulier quand la lumière ambiante n’est pas suffisante pour permettre une mise au point facile avec les plus petits diaphragmes. Il va donc lieu de procéder à l’étude générale des modifications (pie l’introduction d’un diaphragme peut apporter dans toute la série des résultats précédemment observés.
- L’analyse la plus complète de ces anomalies comportera la mis»; au point à toute ouverture ; la mise au point avec les différents diaphragmes du type normal qui accompagnent l’objectif, et enfin, la mise au point à toute ouverture, mais avee des diaphragmes centraux complémentaires des précédents, marqueront précisément la portion centrale des lentilles que ceux-là laissaient à découvert.
- On pourra au besoin improviser des diaphragmes de ce genre avec du papier noir mal ou avec du bristol enfumé. On en confectionnera des cereles ayant pour diamètre le diamètre intérieur de. la monture. On entaillera ces cercles en forme de roue, en laissant subsister au centre une partie pleine du diamètre de Fouverture des differents diaphragmes normaux, maintenue en place par un certain nombre de hayons ou rais juste, suffisante pour assurer la cohésion du tout; tandis que tout autour on ménagera une bordure représentant la jante, qui viendra s’appliquer sur le diaphragme fixe de l’objectif.
- En pratique, la longueur focal»; sera déterminée par la méthode photogranimé-trique pour la mise au point à toute ouverture. On se contentera de relever sur la
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- REVII DIS SGIENeEs PHOTOGRAPIIOULs
- graduation du chariot les variations résultant de l’introduction des différents diaphragmes : la mise au point s’effectuant en tous les cas parallactiquement.
- g
- 2
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- = 5
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- L’étude de la définition, ainsi que celle de la profondeur focale et du volume focal, qui en est le corollaire, impliquant l’intervention d'un élément conventionnel, dont l’appréciation ne dilférera pas dans la méthode photogrammétrique de ce qu’elle peut M re dans toute autre méthode de détermination expérimentale des propriétés des systèmes optiqjues. On pent en dire autant de l'étude de la luminosité.
- L’appréciation de la délinition est généralement fondée sur la détermination des limites jusqu’ausquelles il est possible de distinguer l’un delautre deux points, ou deux traits parallèles, très rapprochés, noirs sur fond blanc, ou blancs sur fond noir, lecarleinrntde ces points ou de ces traits étant fixé par une convention. Le voyant du commandant I loi DAILUn semble répondre à tous les désidérata ; et il serait à souhaiter (pie l’emploi en lui généralisé. Le voyant, à fond noir, a pour élément essen-tiel un cerele constitué par six points blancs, d’un demi-millimètre de diamètre, séparés l’un de l’autre par des intervalles également d’un demi-millimètre. Ce cercle entoure, à une distance d’un demi-millimëtre, un point central encore d’un demi-millimètre de diamètre. Chaque groupe de sept points ainsi constitué occupe le centre d’un rectangle délimité par un encadrement de deux traits parallèles, chacun d’eux d’un demi-millimètre d'épaisseur, séparés l’un de l'autre par un intervalle d’un demi-millimétre : le tout toujours en blanc se détachant sur l(* fond noir. Cm* surface de la dimension d’une plaque pholog raphique est entièrement recouverte d'un tracé continu de semblables éléments.
- Tout opérateur peut sans difficulté préparer lui-mnéme pour son usage un tel voyant avec tout»* la précision désirable, en commençant par l'établir à une échelle assez grande pour que h* rapport des épaisseurs, des points, des traits et des intervalles puisse Atre correctement assuré à l’aide d’une habileté tout à fait ordinaire dans le maniement de la règle et du tire-ligne. Le tracé est alors ramené rigoureuse-ment aux dimensions voulues par une réduction photographique. Ce tracé, noir sur fond blanc, donne ainsi un premier cliché à traits blancs sur fond noir. En en faisant le tirage sur une plaque sensible on obtient comme résultat un contre-type à traits noirs sur fond blanc, qui peut servir comme négatif pour obtenir sur papier le voyant à traits blancs sur fond noir.
- Si, dans l’appareil photographique pourvu de l’objectif soumis aux essais, on observe l’image douma* par et* voyant dans des conditions telles qu’il se produise par exemple au cinquième de sa vraie grandeur, le diamètre des points, les épaisseurs des traits et les intervalles se trouveront alors uniformément réduits au dixième de millimètre. I in objectif à peu près satisfaisant donnera dans ces conditions, au moins dans h* voisinage (h* la région axiale, une image sensiblement correcte : c’est-à-dire une image dans laquelle, en s'aidant de la loupe, on pourra encore distinguer l’un de l’autre les sept points et leurs intervalles. Le Commandant HouDann appelle netteté du dixième celle qui permet tout juste de distinguer encore les sept points et
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- leurs intervalles lorsqu’ils sont perçus sous cette dimension réduite du dixième de millimétre; el il désigne d'après le même principe les autres degrés de netteté.
- Si maintenant on vient à éloigner de plus en plus le voyant, de manière à avoir une image de plus en plus réduite, il arrive un moment où l'on cesse de percevoir autre chose qu’une tache grise, dans laquelle aucune loupe ne peut plus permettre de distinguer l’un de l’autre les points qui la composent. C’est que la confusion qui s’est produite ne tient pas à l’insuffisance du grossissement sous lequel s’effectue l’observation; mais au fait que l’on a dépassé la limite du pouvoir séparateur de l’objeet if. Du simple calcul de proportions, basé sur la mesure de la distance à la-quelle se trouve alors le voyant, donne les dimensions exactes sous lesquelles l’image se trouve alors réduite : dimensions dont la mesure directe serait à peu près illusoire. Le coefficient de la netteté s'en déduit immédiatement, comme il vient d'être dit. Pour le même objectif et la même distance du voyant, cet te netteté varie selon la région du champ visuel sur laquelle on fait porter les observations.
- Nous avons dit que l’établissement d'un pareil voyant est un travail à la portée de tous les opérateurs ; toutefois ce travail ne laisse pas d’ètre passablement minutieux et fastidieux. D’autre part il ne nous semble pas douteux que le degré d’intensité des noirs et de pureté des blancs ne doit pas être sans exercer quelque influenee sur les résultats. Si donc un tel type de venant devait être généralement admis, il serait nécessaire, pour rendre les observations comparables d’un laboratoire à un autre, qu’il en fut établi un ('‘talon irréprochable, et que celui-ci lut tiré à l’encre à imprimer avec tous les soins acquis pour assurer l’identité des reproductions. Des épreuves pourraient être, remises par exemple à la Commission permanente des Congrès internationaux, auprès de laquelle les intéressés pourraient se les procurer.
- Le point de départ de toutes les déterminations sera toujours la mise au point paral-lactique avee l’objectif à toute ouverture. On passera de là à l’examen de la mesure dans laquelle les conditions conventionnelles se maintiennent quand on fait varier le diaphragme et la mise au point. A mesure (pie l’on fera intervenir un diaphragme de plus en plus petit, on constatera (pie la condition de définition, qui n'était d’abord satisfaite (pie pour la mise au point la plus rigoureuse, se trouve encore vérifiée avec des écarts sensibles de cette mise au point. Pour chaque ouverture, de diaphragme, on déterminera, pour chaque point repéré du champ optique, la valeur de l'écart qu’il est loisible défaire subir à la mise au point, en plus et en moins, à partir de la mise au point exacte, sans que les images d’abord distinctes viennentse confondre.
- De même (pie dans les observations précédentes, la grandeur de ces écarts sera relevée sur la graduation du chariot. Chacune des valeurs ainsi relevées exprimera, pour le, point particulier du champ optique auquel (die se rapporte et pour F’ouver-Dire de diaphragme employée, la Pru/ondeur focale en ce point. D'ensemble de ces valeurs pour l’ensemble du champ optique conduira comme précédemment à la re-présentation d’une surface à deux nappes situées de part et d’autre du plan de la Inise au point normal. De volume intercepté entre ces deux nappes à l'intérieur du ^one dhadairement fourni par l’objectif est le Volante focal pour le diaphragme con-sidéré. Il est d’ailleurs évident que les deux nappes se réuniraient par leurs bords en une surface unique enveloppant entièrement le volume focal, si ce cône d éclaire-Inent n’était pas d'ordinaire limité par les parties fixes de la monture à la portion à laquelle s étendent les corrections qui la rendent complètement utilisable.
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- La Pro/omleur focale. pratique. pour ce méme diaphragme est représentée par l’in-tervalle dans lequel une plaque photographique de la dimension dont on se propose de faire usage peut se déplacer parallèlement à elle-méme à l’intérieur du volume focal, sans se trouver entamée en aucun de ses points par l’une ou l’aut i " des deux nappes de la surface qui le limite. Il est à noter que l’on doit s’abstenir d’attribuer à cet te surface la dénomination de « surface focale » : ce mot avant déjà ne autre affectation.
- Au cours de toutes ces observations on coustatera que la plus petite ouverture de diaphragme donne constamment pour le champ le plus étendu le. maximum de définit ion, de profondeur focale ef de volume focal. avee le minimum de luminosité. Disons toutefois qu'il a été observé que le plus haut degré de délinition qju'il soit possible d'atteindre dans la portion centrale du champ ne peut être réalisé qu'avee un diaphragme d'ouverture notable, à la condition (pie l'objeetif soit parfai-tement corrigé pour la totalité de cette ouverture.
- ( IIAPITRE VIII
- Fo) ER cm Mine E
- Au milieu de toutes ces déterminations on n'aura garde d’oublier (pie l’objeetif photographique est destiné à la photographie. Toutes les observations efTectuées jusqu’ici et toutes les propriétés visuelles constatées à l’aide des procédés décrits dans la présente étude seraient donc vides de sens si l’action des rayons lumineus sur lesquels elles portent devait ètre tenue pour autre chose que pour l’indication d’une action parfaitement concordante des rayons art i nie urs, auxquels la phologra-phie doit son existence. « Mes instruments sont faits pour (pic l’on regarde dedans, et non pour qu’on les regarde », répondait, d’après la tradition, l’illustre construc-tour et physicien FRArNnorER à des critiques qui reprochaient à ses lentilles quelques défectuosités préjudiciables peut-ptre à leur apparence extérieure, mais sans influence sur leurs propriétés optiques. C’est probablement en rééditant à peu près cette fiere réponse que VOrTLANDEn cherchait vainement à se débattre contre 1rs exigences des premiers de ses clients qui avaient eu connaissance du fait qu’l IEns Mars était parvenu à réaliser la correction du foyer chimique. Malheureusement la réponse portait ici complétement à faux : la destination essentielle de lappareil photographique n’est pas en effet d’offrir des images visuelles d’un aspect flatteur à l’eril, mais bien de fournir des épreuves photographigues irréprochables. VorAvoIn dut enfin se résigner à en convenir ; et il se lança dès lors d’une si belle ardeur dans la voie (pii venait d’être ouverte, que beancoup ont oublié qu’il avait eu un devancier.
- Le témoignage de la vue ne doit donc ètre considéré (pu* comme une simple indi-cation, qui n’aura de valeur qu’autant (pu* l'on pourra compter qu'elle sera confir-mée en toutes circonstances par les résultats obtenus sur la plaque photographique ; et cette confirmation devra s'appliquer à chacune des propriétés (pu* nous venons d'étudier. Après charpie observation effeetuée sur la glace dépolie, une plaque sen-sible devra donc étre substituée à celle-ci, et on s'assurera que la perfection de l’image optique n’est pas une pure illusion qur viendrait démentir la faiblesse du cliché photographique.
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- II est à remarquer (pie le cliché porte avec lui notablement plus (pie la simple con-firmation des constatations relevées par un observateur quelconque sur l’image visuelle. Ces coustatations sont toujours plus ou moins allectées par la personnalité del'ohservateur, plus ou moins subordonnées à la finesse de ses perceptions et à la qjualité de son éducation technique, tandis que le cliché est absolument indépendant de ces circonstances subjectives. On peut objeeter, il est vrai, que la délica-tesse des indications du cliché est encore subordonnée à la finesse du grain de la couche sensible, finesse très variable d'un type d’émulsion à un autre. D'abord, pour des observations purement scientifiques, il est toujours facile de faire choix d’émulsions dont la finesse dépasse toutes les exigences des vérifications courantes, mais surtout, une fois connues les caractéristiques de l’émulsion quelle qu'elle soit, elle emporte toujours le même témoignage identique et immuable pour tous les observateurs sous les yeux desquels le cliché pourra passer, et c'est là le point essentiel pour la concordance des démonstrations.
- S’il ne peut, pas y avoir d’hésitation sur le fait (pu1 la perfection de l’image pho-tographique doit dans un objectif photographique primer toute considération d’ap-parences visuelles, la coïneidence du foyer optique eI du foyer chimique n’est pas d'une nécessité aussi universelle et aussi absolue. On ne la recherche pas eu général dans les grands instruments astronomiques destinés aux recherches scientifiques les plus délicates, dans la construction desquels une telle exigence introduirait des difficultés insurmontables. Du peut même y laisser complétement de coté la consi-dération du foyer optique. D’est ce (pii a lieu pour le grand télescope d‘A\IAN CLAnKE ; et à des photographes (pii lui demandaient quelle impression produit à la vue l’image fournie. par un tel instrument, l'habile émule des FRAlNIOrER et des VOITLENoEN faisait cette réponse d’une aussi belle allure scientifique (pu1 celle de son glorieux prédécesseur : « qu’il ne lui était jamais venu à l’esprit de mettre heil à un instrument qui n’était pas fait pour regarder dedans. »
- UJne indépendance aussi complète du foyer optique et du foyer chimique est sans doute admissible dans les instruments astronomiques, (pii sont exclusivement destinés à fonctionner dans des conditions tellement voisines de la mise au point à l’in-fini, (pie «‘est à peu près la démonstration la plus saisissante de leur puissance et de leur perfection qqu’il puisse et re nécessaire de procéder à un nouvel ajustement quand on veut passer de l’observation de la lune à celle des nébuleuses. Dette indépendance serait tout à fait intolérable dans les objectifs photographiques usuels, actuelle-ment appelés à satisfaire à des exigences qui s'étendent d’un paysage ou d’une marine à un agrandissement. En fait dès les origines de la photographie, il a tou jours été invariablement posé en prineipe que la mise au point devait avoir pour point de départ une image visuelle tout aussi irréprochable que l’image photographique, quelle tpie put ètre d’ailleurs la connexion de ces deux images ; et les premiers objectifs de VOIGTLANDER ne laissaient rien à désirer sous ce double rapport. Depuis [U’FTERNAGts a passé par là, c’était devenu un principe à peu près aussi constant que dans les objectifs destinés à la photographie ordinaire, il devait y avoir coïnci-dence entre le foyer optique et le foyer chimique.
- Actuellement encore, si on fait abstraction des objectifs destinés aux appareils à vil prix, dont la mise au point ne peut s’effectuer qu’à l’aide d’une graduation ou pas du tout, (pii n’ont pour ainsi dire pas d'existence indépendante de celle de l'ap-Pareil dont ils font immuablement partie, et pour lesquels toute prétention de véri-
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- fication scientifique serait une pure dérision : si l’on fait abstraction, disons-nous, de ces objectifs, on serait en droit de considérer comme une véritable fraude commer-ciale la mise en vente sans avertissement spécial d’objectifs dans lesquels la coïncidence des deux foyers ne serait pas suffisamment réalisée. Toutefois dans ces dernières années, en présence des exigences constamment croissantes de la technique photographique, de la complication extrême des artifices à l'aide desquels on parvient à satisfaire à ces exigences, et de l’exagération des prix de revient qu entraînent iné-vitablement ces complications, qjuelques construeteurs du meilleuraloi en sont reve-mis au principe primitif de la séparation des fovers optique et chimique. Cela leur permet de mettre à des prix plus abordables, de la façon la plus loyale et sans aucune dissimulation, les qualités les plus exquises réalisées par les dernier s progrès de l’optique photographique à la portée des praticiens médiocrement favorisés de la fortune, pour lesquels il est, plus facile de paver ces qualités au prix d’un redoublement. de travail et d’attention que par un déboursé supplémentaire d’espèces sonnantes et trébuchantes. La mise au point s’amorce alors encore au moven de l'image visuelle, qui doit toujours être irréprochable. au moins pour une portion de son champ, puis l'opérateur y apporte, au moven de la graduation du tirage, les corrections (pie l’expérience a déterminées.
- Au temps des débuts de VorENoEn, avec des objectifs qui n'étaient guère destinés qu'au portrait, la chose était relativement simple. Le photographe connaissait exactement, les dimensions de son atelier et les distances auxquelles il pouvait placer ses sujets ; rien n’était plus facile que de déterminer d’avance, une fois pour toutes, à l’aide du focimètre spécial en usage chez tous les constructeurs, les deux ou trois valeurs des corrections dont il pouvait avoir besoin. Il n'en est plus de même avec nos appareils d’amateurs, appelés à passer incessamment du plein air à l'agrandisse-ment. D’est alors une échelle complète de corrections qui desient indispensable.
- Ouest naturellement en droit d’exiger que le constructeur qui introduit sur le marché un objectif de ce caractère à prétentions scientifiques tant soit peu sérieuses assume pour lui-même le labeur et la responsabilité de l'établissement de cette échelle pour chacun des instruments qu'il produit ; mais tout opérateur scrupuleux tiendra à contrôler l'exactitude de ses indications. L'un comme l’autre devra procéder pour cet objet suivant la méthode en usage dans l’essai des instruments astronomiques ; en apportant toutefois à cette méthode les modifications (pie comportent l’influence infiniment plus variée des distances sur lesquelles doit porter l’observation, l’étendue de l'échelle qui correspond à cette influence, ainsi que les ressourees qui résultent des détails de construction généralement plus maniables des appareils destinés
- à la pratique ordinaire lie la photographie.
- Nous avons dit (pic pour toute opération le repère initial sera toujours fourni par la mise au point visuelle. Si l’on ne possède pas déjà d’échelle de correction antérieurement établie, celle mise au point représentera en même temps la première approximation. Dans le ras contraire on appliquera d’abord la correction indiquée pour cette mise au point ; et c’est la position ainsi corrigée qui constituera la première approximation.
- Si l'on voulait s’astreindre à copier la méthode astronomique, après avoir ainsi mis au point sur un objet bien éclairé, riche en détails délirais, s’étendant parallèlement au plan de la glace dépolie et situé à distance connue, on prendrait un premier cliché. A partir de là on prendrait une succession d’autres clichés en modiliant
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- pour chacun la mise au point, en plus et en moins, de quantités relevées sur la gra-dluation de l’appareil. Le plus irréprochable des clichés ainsi obtenus indiquerait la valeur exacte de la correction correspondant à la mise au point visuelle qui a servi de point de départ. Au besoin. on préciserait, encore cette indication par l'intercalation d’une nouvelle série, de clichés plus resserrés dans lintervalle des deux qui ont donné les résultats les [dus avantageux.
- On voit que des tâtonnements ainsi conduits, qu’il y aurait à reprendre pour chacune des valeurs du tirage de la chambre correspondant à la mise au point vi-suelle aux différentes distances, entraineraient une dépense considérable de temps et de plaqjues sensibles. Les ressources de l’appareil photographique usuel permel-lent de réduire cette dépense dans une mesure notable avec un bénéfice indiscutable [tour la supériorité des résultats.
- Nous admettons que l’on fait usage d’un châssis à rideau du modèle ordinaire, et quelappareil est disposé pour que ce rideau fonctionne horizontalement. On aura préparé d’avance une série d’écrans rectangulaires en carton noir mima*, avant tous la hauteur du châssis, avec des largeurs croissant de, l’un à l’aut re, de telle façon que quand on vient à les appliquer sur le châssis de manière qu’ils en affleurent la base, h*, premier empiète de deux centimètres par exemple sur le logement de la plaque sensible ; le deuxième de quatre centimètres ; le suivant de deux centimètres de plus encore ; et ainsi de suite jusqu’au dernier qui devra laisser à découvert les deux derniers centimètres de la plaque sensible quand le rideau estcomplitement tiré. Ces écrans ne seront pas coupés au ras de la base du châssis, mais auront un prolonge-mentquise replie autour de cette base, de manière que l’écran se trouve entraîné par le châssis quand on introduit celui-ci dans sa rainure, et que sa position soit ainsi invariablement assurée dans la chambre noire. On aura en même temps marqué au crayon sur le bord du rideau les tirages successifs de deux en deux ceuti-mèt res.
- On fera choix d’une vue représentant sur un front étroit, répartis sur une grande profondeur, une variété d’objets d’une identification facile, et dont il soit facile de mesurer la distance ; telle que celle que peut offrir mie roule bordée d’arbres et de constructions. On encadrera sur les deux premiers centimètres de la glace dépolie l’enfilade de la route ; on mettra soigneusement au point le repére de cette enfilade le plus rapproché de l’observateur. Sans se préoccuper aucunement de la correction relative au foyer chimique, on introduira le chssis, on ouvrira le rideau de deux centimètres, ct on procédera à l’exposition des deux centimètres de plaque ainsi découverts. On notera le temps de pose, et on relèvera l’indication accusée par la gra-duation du chariot.
- On retirera le châssis; on amènera la route à se dessiner sur les vieux centimètres suivants de la glace, dépolie ; on mettra au point sur un repére un peu plus éloigné ‘pu*, h*, premier, et on notera de nouveau la graduation correspondante du chariot. On glissera alors le châssis dans la coulisse, mais celle fois en lui faisant entraîner l’écrin qui masque les deux premiers centimètres de la plaque sensible. On ouvrira le rideau de quatre centimètres et on exposera exactement le même temps que précé-demment [tour remire les résultats aussi comparables que possible. On continuera de mnème en introduisant à chaque nouvelle opération un écran de deux centimètres plus long, et en découvrant, par le rideau deux nouveaux centimètres de la plaque sensible. Pour chacune de ces expositions on aura préalablement réglé la mise au
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- point visuel sur un repère de plus en plus éloigné, en relevant toujours scrupuleusement l’indication correspondante de la graduation du chariot.
- Quand on aura ainsi exposé par tranches successives la totalité de la plaque sensible, on passera au développement et à toutes les opérations que comporte l’achèvement du cliché. S'il existe un foyer chimique, on constatera alors que celui des repères du terrain qui vient le plus nettement au point sur chaque tranche n’est pas du tout celui pour lequel avait été effectuée la mise au point visuelle de cette tranche ; mais que pour voir celui-ci ressortir avec la plus grande netteté, il faut le rechercher sur une autre tranche. Si l’on rapproche cette constatation, d’une part, du relevé des lectures de la graduation; de l’autre, des distances connues des repères, on a tous les éléments de rétablissement de deux échelles, que, l'on représentera avanta-geusement par deux courbes, qui donneront la valeur de la correction du foyer chimique de l'objectif soumis aux essais, soit pour toute distance de l'objet à photographier, soit pour toute longueur du tirage de la chambre. Et tous ces résultats n’auront coûté qju'une seule plaque sensible et une opération qui s'exécute beaucoup plus rapidement qu'elle ne se décrit.
- La détermination du fover chimique ou la constatation de son absence n’est d'ail-leurs évidemment que la première phase de l’étude des propriétés ad i n iq lies de l'oh-jectif. La correction correspondant!* une fois efTectuée quand il y a lieu, d’après les données qui viennent d’être déterminées, il reste encore. à s’assurer que toutes les propriétés que nous avons passées en revue dans l’examen détaillé de l’image, visuelle se trouvent dans leur ensemble confirmées en dernier ressort parla sanction suprême des résultats obtenus sur la plaque photographique.
- (A suivre.)
- Commandant LEanos.
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- SUR U REPRODUCTION DES OBJETS
- PAR LA PHOTOMICROGRAPHIE
- Dans les deux précédents articles nous nous sommes occupés des règles essentielles et indispensables pour aborder, avec quelques chances de succès, la reproduction des objets à structure fine ; des qualités que devaient posséder les combinaisons optiques et des conditions dans lesquelles il fallait les faire travailler. Il nous reste à énumérer quelques autres règles de moindre importance, sans doute, mais qui sont loin d’être négligeables.
- Dans la formule £ = 9, déterminantle pouvoir résolvant d'unobjectif d’une ouver-ture numérique donnée, la longueur d’onde ) des rayons éclairants entre comme un facteur que nous pouvons faire varier, non pas à notre grc, mais du moins dans une certaine limite. Nous pouvons donc. arriver, avec un même objectif, à résoudre des détails plus ténus si, au lieu de rayons d’une longueur d’onde moyenne op 550 nous utilisons seulement des rayons violets dont z— op 420. Toutefois, en pratique, nous nous heurtons alors à deux difficultés, l’une consistant en ce que les rayons violets influençant très peu notre rétine, il est presque impossible. d'effectuer une mise au point précise, l’autre réside en ce que les objectifs, simplement achroma-tiques, n’étant pas corrigés pour cette couleur, ils travailleraient dans de mauvaises conditions. L’éclairage monochromatique violet exigerait que l’on fasse usage d'oh-jectifs apochromatiques, dont la correction est à peu près parfaite pour toute l’étendue du spectre visible.
- Avee les objectifs achromatiques de nouvelle construction, il est fort possible, comme l’expérience le démontre, de se servir avantageusement d'un éclairage mo-nochromatique vert ; l’augmentation du pouvoir résolvant est sans doute moindre qu’avec, les rayons violets mais elle est encore sensible.
- Dautre part, de l’emploi de cet éclairage monochromatique (et ceci s’a pplique, augmentation de pouvoir résolvant laissé de cote, à tout éclairage monochromatique compris dans la région pour laquelle l’objectif est corrige) ressort cet autre avan-tage, qu’une seule nature de rayons concourant à former l’image, on arrive à presque supprimer les spectres secondaires, c’est-a-dire à une délinéation [dus franche et plus préeise des détails, ce qui facilite la mise au point exacte et, puisque l'image est plus nette sur le verre dépoli, il ne pourra en être que de même sur la plaque pho-tographique qui l’enregistrera.
- La lumière verte, ou parfois la lumière jauni1, seront donc les radiations que nous adopterons avec les objectifs achromatiques et pour que la pose ne soit pas de ce fait trop allongée, l’emploi simultané de plaques isochromatiques sensibles au jaune el au vert s’impose de lui-même. Comme bénéfice accessoire, je ne fais que. signa-ler pour le moment (pie cet éclairage monochromatique donnera [dus d'oppositions entre le sujet et le fond, si le premier est coloré en bleu ou en violet, comme se pré-
- (I) Jletue des Sciences pholoyraphifjues, nus 1 et 2.
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- sentent les bactéries traitées par la thionine, le krystal violet, le bleu de méthy-lène, etc... Comme nous devons plus tard revenir sur la reproduction des objets colorés, je ne fais pour h* moment que signaler le fait.
- Je disais un peu plus haut que nous adopterons l’éclairage monochromatique vert, ceci ne doit pas être pris dans l’acception striete, car, parles moyens simples que nous allons employer pour l’obtenir, il restera toujours associé quelques traces d’autres radiations aux radiations vertes ; pour les avoir parfaitement isolées il faudrait avoir recours à un prisme de forte dispersion, dans le spectre duquel nous ne prendrions que les seuls rayons verts. Moyen trop compliqué et qui ne nous fournirait qu'une très faible lumière avec nos sources courantes d'éclairage, et auquel il n’est pas, d’ailleurs, nécessaire de s’adresser, puisque des écrans colorés, ou mieux encore des liquides colorés, renfermés dans des cuves à faces parallèles nous donnent un faisceau lumineux duquel se trouveront suffisamment éliminées les radiations étrangères, ou bien le peu de celles-ci qui subsistera en sera assez voisin pour ne pas présenter d’effet nuisible, puisque, nous l’avons fait remarquer, les nouveaux objectits possèdent une correction chromatique assez étendue (de I) dans le jaune à F dans le bleu).
- Le liquide de Zettnow, au sulfate de cuivre et au bichromate de potasse, était autrefois assez employé comme éeran vert; de nos jours on lui substitue des solutions de couleurs d’aniline (pii éteignent moins de radiations de la nature de celles que l’on veut conserver et exigent, par conséquent, une pose moins longue pour obtenir le même effet sur la plaque. Le liquide que j’emploie le plus ordinairement est connu sous le nom d’écran Gifford : on le prépare en ajoutant à de la glycérine à 28° assez de solution alcoolique de vert malachite et quelques gouttes d'une autre solution d’acide picrique pour (pie le liquide, examiné au spectroscope sous une épaisseur de 1 ('eut., ne laisse passer (pie les rayons voisins de la raie F. (1 ).
- Si je dis (pie j'emploie ordinairement cet écran vert, j’entends quand il s’agit de diatomées ou autres objets incolores, car pour les objets colorés s’il peut avoir, comme nous le verrons, parfois son application indiquée, il est d’autres cas où il vaut mieux choisir un écran soit d’une autre couleur, soit plus foncé ou plus clair.
- Les diatomées peuvent étre montées de plusieurs façons, par exemple à sec, on bien incluses dans un médium. Y a-t-il avantage à choisir l’im ou l’autre mode de montage et, si on adopte un médium, quel est celui auquel on donnera la préférence?
- J’ai déjà envisagé la première quest ion en traitant du pouvoir séparateur des oh-jectifset de la relation quidoit exister entre leur ouverture numérique et celle du cône éelairant qu’il faut leur associer. Comme une préparation à sec ne saurait admettre un cône éclairant meme égal à l’unité, et à plus forte raison supérieur à ce chiffre, on ne pourra l’utiliser, en conservant à l’objectif tout le bénéfice de son ouverture utilisable en pratique, si cette ou verture atteint ou dépasse 1,30. Si, d’un autre côté, l’objectif peut travailler avec une onverture numérique supérieure à 1,00 il est necessaire que les frustiiles soient adhérentes à la lamelle, en parfait contact avec, sa face
- (1) A vrai dire, les radiations vertes et vert bleu ainsi isolées laissent encore apercevoir un peu de rouse, que l’on peut élimineren placant dans la cuve une lame de verre minee, dite reri shinal. Ajoutons que cette solution doit être conservée à l’obscurité, l’influence prolongée de la
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- inférieure, sans interposition de la moindre lame d’air ; condition impossible à réaliser.
- Donc il faut réserver le montage à sec aux diatomées qui n'exigent pas, pour leur résolution, un objectif dont l'ouverture pratiquement utilisable égale ou surpasse 1,00. A part cette restriction ce mode de montage, quoique fragile, est, comme nous allons le voir, assez recommandable.
- Reste le montage dans un milieu que nous avons, nous pouvons le dire de suite, intérêt à choisir très réfringent ou, si l’on aime mieux, doué d’un haut indice de réfraction.
- Eu effet, un corps plongé dans un milieu est d’autant mieux visible qu'il y a plus de différence entre leurs indices de réfraction respectifs. L’indice de la silice, qui forme la carapace des diatomées, est d'environ 1,13, celui de l’eau est 1,33; ladif-férence des deux indices est 0,10. Si nous admettons le nombre JO comme degré de visibilité des diatomées plongées dans l’eau, 1 I exprimera leur degré de visibilité lorsqu'elles sont montées dans le baume du Canada, puisque l’indice de ce dernier est 1,5 ; dans le styrax il est plus élevé, l'indice de celte résine étant 1,60, le degré de visibilité y atteint donc 17; il devient 22 dans le monobromure de naphtaline (indice, 1,66); 31 dans l’iodure de méthyle (indice 1,743) et enfin 103 dans le médium arsenical (indice 2,40).
- Dans l’air, dont l’indice est pris pour unité, le degré de visibilité est 43, on voit donc que le montage à see est bien supérieur, sous ce rapport, au montage dans le baume et même dans les médiums courants; il y a donc lieu de l’adopter toutes les lois (pie la finesse des détails n’exige pas l’emploi d’une ouverture numérique élevée ou qu’il n’est pas utile de faire intervenir un éclairage à forte obliquité.
- Les remarques ci-dessus ne s’appliquent point aux préparations de bactéries colo-rées ; ces dernières demandent, autant pour leur examen que pour les reproduire, une grande ouverture numérique et un éclairage également très ouvert, mais le montage dans le baume est bien suffisant, car c’est par leur coloration qu‘ elles sont rendues facilement visibles et non par la différence d’indice de réfraction de leur substance et celle du milieu dans lequel elles sont incluses.
- Examinons maintenant les méthodes pratiques qui facilitent la reproduction des objets à structure fine et spécialement des diatomées, puisque c’est parmi celles-ci qu’on les rencontre le plus souvent.
- Les stries ou les perles, souvent invisibles en lumière centrale, le deviennent en lumière oblique qui accentue ces détails ou les fait mieux ressortir; toutefois il ne laut pas abuser de ce moyen, car un éclairage oblique très accentué donne souvent lieu à des images totalement fausses; il fait, par exemple, apparaître des perles ou des stries en dehors de l’image elle-même de la frustule, c’est-à-dire ne correspondant nulle,ment à des détails réels de l’objet.
- L’opérateur doit être assez familiarisé avec la vraie structure des diatomées pour que, en leur appliquant la lumière oblique, l’image obtenue ne montre que ce qui pourrait être vu sans cet artifice.
- Comme l’éclairage oblique ne produit son maximum d’elTet, ou même un effet utile, ‘ue sous un certain azimuth, par exemple lorsque la direction des rayons est perpen-dieulaire à la direction des stries, il est nécessaire (pie l’on puisse orienter cette obli-ité soit en faisant tourner le diaphragme à fente autour de l’axe optique, ou mieux encore en orientant la diatomée au moyen de la platine tournante du microscope.
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- Il est enfin évident que lorsqu’on fait usage de la lumiére oblique sous une forte incidence, le condensateur doit posséder une grande ouverture numérique et, par suite, être à immersion; ceci ressort des explications fournies dans les articles précédents.
- L’emploi de la lumière oblique enléve, cela se comprend, beaucoup de lumière, ce <pii force à prolonger énormément la pose, mais on peut de beaucoup remédier à cet inconvénient en employant la méthode suivante, indiquée par le I)r Spitta : donner au condensateur (au moyen du diaphragme iris) la meilleure ouverture, celle (pii dé-limite le mieux les détails de l'objet, mais sans faire usage de diaphragmes en croissant ou à fente, puis décentrer légèrement le condensateur et rétablir l’égalité d’éclairage en déplaçant le condensateur auxiliaire (ou paralléliseur) d’un côté ou delautre, en haut ou en bas, on en lui donnant une direction légèrement oblique. Par ce moyen l’éclairage oblique est obtenu en n’utilisant que les rayons émis par un seul côté du condensateur, c’est-à-dire qui parviennent obliquement sur l’objet..l’ai souvent mis ce moyen ea pratiqueet j’ai toujours reconnu qu’il fournit des images plus fines que celles obtenues par le décentrement de l’iris ou l’emploi de diaphragmesà fente. Cest en agissant comme le conseille le l)r Spitta qu'a été obtenue l'épreuve de V Amphipleura figurant dans le numéro précédent .
- Une condition importante dans la reproduction des objets à structure fine consiste, ainsi (pie j’ai eu l’occasion de le dire, qu'ils soient placés, à la fois, au foyer du condensateur et de l'objectif, c'est-à-di re qu'ils soient reproduits dans l’image de la source d’éclairage fournie par le condensateur. Cette nécessité proscrit l’emploi des becs à manchons incandeseents, car la trame de ces manchons se trouverait reproduite en même temps que l’objet ; ce qui n’est pas admissible. Le sont donc ou des chalumeaux oxyhydriques, ou des flammes libres qu'exigent ces reproductions, et ces dernières seront d’autant meilleures qa'elles seront de plus petite surface et d’intensité lumineuse plus élevée. Sans parler de la hi mi ère solaire, trop incertaine, sous nos climats, nous devons placer au premier rang des sources d’éclairage l’arc électrique, la lumière Drummont ; la première manque (h; fixité, quoique de grands progrès aient été réalisés dans la construction des lampes à arc; le chalumeau oxy-hydrique donne, au contraire, une lumière parfaitement fixe et c’est bien certaine-ment le mode d’éclairage qu'il faut préférer quand on ne recule pas devant la dépense et la complication qu'il entraîne, puis viennent l'acétylene et le pétrole. Le dernier ne procure qu'une assez faible lumiere, c'est-à-dire exige des poses fort longues quand on travaille sous de fortes amplifications et, inconvénient plus sérieux, les négatifs obtenus avec un si faible éclairage manquent toujours de vigueur ; le sujet ne s'enlve jamais franchement sur le fond. Avee l'acétylène les résultats sont déjà bien meilleurs, c’est une source d’éclairage bien suffisante, ne laissant même guère à désirer pour toute espèce de reproductions photomicrographiques.
- Le plan de la flamme, comme du reste celui de la lampe à pétrole, (pii doit être à mèche plate, est orienté dans le sens de l’axe optique de l’appareil ; l’intensité lumineuse étant ainsi bien plus considérable, ce n’est qu’avec les objectifs faibles qu’on dispose le plan de la flamme perpendiculairement à l’axe.
- Puisque j’ai déjà dit (pic nous faisions usage d’éerans colorés, il s’ensuit (pie l’on adoptera les plaques or hochrematiques (l'une façon générale, en choisissant des plaques sensibles au jaune et au verl et il y a tout avantage à ce qu’elles soient anti-halo ; une seule expérience comparative démontrera, quoi qu’on en ait dit, qjue celles-
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- ci fournissent des négatifs plus transparents dans les parties qui doivent rester claires et pins intenses dans les fonds.
- Comme révélateurs, on choisira ceux (pii donnent des négatifs vigoureux et poulie cas qui nous occupe (reproduction de diatomées et autres objets incolores) ceux qui tendent à augmenter les contrastes, l’hydroquinene par exemple, en notant, toutefois, que les formules où il entre des alcalis caustiques donnent rarement de bons résultats avec les plaques isochromatiques, elles les voilent. Je conseillerai done plutôt le révélateur à l’acide pyrogallique à tous ceux qui savent manier ce réducteur, ou celui à la métoquinone et formolsulfite (formule Lumière pour clichés posés) qui, plus facilement, donne des négatifs très clairs et très vigoureux.
- Avant d’aborder les moyens à mettre en cuvre pour reproduire les objets colorés et spécialement ceux qui présentent des difficultés à cause de la grande différence d’actinisme de leurs parties, je vais donner quelques explications relativement aux planches qui accompagnent cet article.
- Les figures 9 et 10 représentent la même diatomée, lesurirella gemma; la première, à moindre amplification que la seconde, alin de montrer que, dans la plupart des cas, lorsqu'on fait usage d'objectifs simplement achromatiques (c’est avec un objectif à immersion 1 12 de Reichert qu'ont été obtenus ces deux négatifs), il y a à ne pas dépasser une certaine amplification, au delà de laquelle l’image est moins bonne (I). Ce maximum se trouve aux environs de six fois le grossissement initial de l'objectif. Je m'explique : le grossissement d’un objectif de 1/12 étant 125, ce nombre multiplié par 0 = 750, c’est là l'amplification qu'on fera bien de ne pas dé-passer. La figure 10, faite avec le même objectif et à l'amplification 11 00, nous montre, en effet, quoique ce soit la même frustule qui ait été reproduite que dans le n° 9, que les perles sont moins bien définies, que la netteté générale est loin de comprendre une aussi grande partie de. la valve. Il n'en est plus de même avec les apochroma-tiques qui peuvent, on lésait, supporter de très forts oculaires sans que l’image cesse d’ètre parfaite, tandis que les achromatiques faiblissent dès que l’oculaire qu’on leur applique a un grossissement supérieur à 10, et encore est-il mieux de ne pas arri-ver tout à fait à ce chiffre.
- Le surirella reproduit est monté dans le réalgar et l’éclairage était très légèrement oblique [jour le n" 9, un [jeu [dus oblique pour le n° 10. Ecran au vert malachite, con-densateur à immersion.
- La figure 11 représente les marques secondaires du coseinodisciis asterompha lus. ta diatomée est montée dans la quinidine, objectif à immersion homogène 1 12; Condensateur Conradyde 1,35 (). N. Eelairage très légèrement oblique. Je ferai re-mnarquer que ces marques secondaires constituent un sujet assez difficile pour obte-mir les perles bien nettes.
- Les figures 12 et 13 représentent des bactéries, l’une (12) le bacille de Koch, tel qu’il se présente dans les crachats de phtisiques et l’autre (13), le pneumocoque de Tala-mon et Franckel recueilli dans l’expectoration d’un malade atteint de pneumonie.
- Les deux négatifs ont été obtenus avec un objectif à immersion de 2 mm., 2 de
- (1) Mais il est évident que le négatif parfaitement ne! obtenu à cette amplification quelque peu "eduite, peut facilement Cournir à lappareildagrandissement ordinaire des épreuves dans les-"uelle» les détails seront parfaitement lisibles sans le secours d'une. loupe. Celle épreuve ainsi "grandie sera bien supérieure à une épreuve directe de mêmes dimensions.
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- distance focale et 1,25 0. N.; le condensateur de 1,35 O. N. était employé aux 2 3 environ de son ouverture totale.
- La figure 14 représentant un araclinoïdiseus Ehrembergil a été obtenue avec un objectif assez faible (objectif de 12 mm. O. N. 0,45) ; malgré que les difficultés qu’il y a à produire une bonne épreuve de cette diatomée soient relativement réduites, je la donne comme exemple de la marche à suivre lorsque les détails ne sont pas d’une ténuité extrême : elle consiste à choisir l’objectif de la plus grande distance focale qui permet de les résoudre; on a ainsi une netteté suffisante sur toute l’étendue de la valve et ses divers plans se trouvent nettement définis.
- (A suivre.)
- L. Math et.
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- SOCIÉTÉS SAVANTES
- Production, à froid, des sulfures de phosphore. Observations relatives à l'action de la chaleur et de la lumière sur les mélanges de sesquisulfure de phosphore et de soufre en dissolution dans le sulfure de carbone.
- La plupart des sulfures de phosphore peuvent s'obtenir par l’action directe, à chaud. du soufre sur le phosphore ; la réaction est très violente. M. Lemoine obtient des sulfures plus riehes que PS par l’union, à température élevée, de ce dernier corps avec le soufre.
- Quant aux tentatives de préparation, à basse température, de composés du soufre et du phosphore, à partir des éléments, elles n'ont abouti qu’à la production de composés dont M. Bortorena précédemment précisé la nature (Comptes-rendus de V Académie des sciences, 21 juillet 1902).
- En étudiant l’action de la lumière sur un mélange de sulfure PS et de soufre, en solution sulfo-carbonique, N.DERVIN a obtenu, au bout d’un à deux mois, des aiguilles de bisulfure PSe, un magma cristallin ayant à peu près la même composition et des grains cristallins jaunâtres de formule PSIt; cette méthode très lente fournit d'après BOrLove des produits complexes et ne peut être considérée comme un procédé de préparation.
- M. Bot Loren obtient des résultats très nets au bout d’un temps assez court, en ajoutant a la solution sulfo-carbonique de soufre et de PiS quelques paillettes d’iode ; la coloration Violette disparaît. rapidement, surtout à une vive lumière et, au bout d’un à deux jours, on voit les parois du flacon insolé se tapisser d’une multitude de petits cristaux fort nets qui se groupent en masses légèrement adhérentes au verre.
- Les plus beaux cristaux sont obtenus en dissolvant 22 grammes de 14S3 et 7 grammes ou un léger excès de soufre dans 200 centimètres cubes de sulfure de carbone et 22 grammes ou un léger excès de PS pour 5 grammes de soufre dans 200 centimètres cubes de sul-Lire de carbone ; dans le premier cas (excès de soufre), on est averti de la fin de la réaction pr la réapparition de la couleur de l'iode. La composition des cristaux a toujours été con-forme à la formule Piss.
- Pour réaliser, à froid, l’union directe du soufre et du phosphore, M. BorLorau a exposé longtemps au soleil des mixtes I iq aides de ces deux corps, mis en tubes scellés; après l’in-solation, les tubes contenaient un mélange de phosphore ordinaire, de phosphore rouge, de soufre et de sulfure de phosphore difficile à isoler et surtout à cristalliser.
- bautre part, M. BorLonen a constaté que le phosphore et le soufre, en solution sulfo-Curbonique, ne réagissent pas sensiblement, même à la lumière directe du soleil ; mais que ‘ addition de quelques paillettes d’iode faisait apparaftre, au bout d’un jour ou deux, si le soufre était en excès, une abondante cristallisation sur les parois du flacon exposé à la lumière.
- Les cristaux, formés d’aiguilles jaune très clair correspondent au sulfure de Seiler et RAMMr, [NIS6.
- M. Bovionen a pu obtenir aussi PS.
- Pour lui, l’action catalytique de l’iode se rattache au déplacement de l’iode. par le soufre "aus les iodures et les iodosulfures de phosphore ; il a constaté aisément ce déplacement.
- A l’occasion de la communication de M. Boulough, M. E. DERVIN rappelle qu’il a publié "ne série d'expériences relatives à l’action de la chaleur et de la lumière sur les mélanges "e soufre et de sesquisulfure de phosphore en solution dans le sulfure de carbone (1). Il a
- (1) Hullelin (le ht Société chiméiue, t. XL!, 1883, p. 433.
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- trouvé que ces deux agents physiques agissaient de la même façon et donnaient naissance aux mêmes produits.
- Ainsi, la chaleur ou la lumière agissant sur une solution contenant une molécule de PiS: et une demi-molécule de soufre donne à la fois des aiguilles transparentes légèrement jaunâtres de PS* (sulfure obtenu par SEn.En et RAMME qui d’après la densité de vapeur, correspond à PS) et des cristauxréunis en masses sphériques plus ou moins volumineuses, rappelant une des formes delà pyrite de fer et répondant à la formule PsSn ou mieux P4S3 2 P2St.
- M. Bororeu obtient un nouveau sulfure PiSi en ajoutant à des solutions de soufre et de PS dans le sulfure de. carbone des traces d'iode et en s’aidant de la lumière. Malgré la ressemblance physique qui existerait entre P‘S* et PSI les analyses de M. DERVIN el ses expériences l’obligent à les considérer comme des sulfures dlifférents.
- Il a fait en outre quelques observations supplémentaires inédites.
- Avec, des solutions renfermant 110 gr. de PS: et de 16 à 32 gr. de soufre, dissous dans 400 centimtres cubes de sulfure de carbone, on obtient un mélange de PS* et de PsS1. Quand la proportion de soufre augmente, on n'obtient [dus P*S*, mais seulement PS*.
- La lumière solaire exige un mois ou deux pour que la réaction soit complète tandis qu’une température de 210° produit le même effet en 2 heures.
- La chaleur produit nettement PS" en très belles aiguilles et PNS‘ en grosses masses sphé-riques parfaitement isolées.
- La lumière donne des produits bien moins cristallisés : on observe quelques houppes de belles aiguilles de P2>‘, ainsi que de petites masses cristallines de PS1 ; le reste du dépôt, et c’est la partie la plus abondante, est un magma cristallin qui, purifié à basse lempéra-l lire, correspond à P-SL
- i. I rdim ie des Srieiim, K fvrier 1901.)
- Enregistrement au moyen de la photographie, de l’action produite par les rayons N sur une petite étincelle électrigue.
- Si les rayons X ne produisent pas par eux-mêmes d’action photographique, il est néanmoins possible d’utiliser la photographie pour déceler leur présence et pour étudier leurs actions. On y parvient, comme l’auteur de cette note, M. B. Bloxih.ot l’a indiqué dès le 4 mai 1903, en faisant agir pendant un temps déterminé une petite source, lumineuse sur une plaque sensible, tandis que cette source est soumise à l'action des rayons X, puis répétant l’expérience pendant le même temps et dans des conditions identiques, à cela près que les rayons X sont supprimés: l’impression produite est notablement [dus intense dans le premier cas « ne dans le second (1 1.
- M. IL Bi.oxm.oT a, depuis, étendu cesespériences l’enregistrement des actions produites par des ravous X d'origines diverses et l'a perfectionné, comme il l’indique dans la présente
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- Essai de représentation de la loi du développement photographigue en fonction de sa durée.
- Nous avons déjà publié les notes présenties à ce sujet par le I >r Adrien Gktan à la Société française de photographie (Revue des Scienecs pholofp'ftphigttcs, ne I, page 30, u" 2, page 60). Nous publierons sous peu un arti le d u I )r GrEnano qui contiendra in-extenso celle communication.
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- Application de l'étincelle électrique à la chronopliotographie des mouvements rapides.
- La chronophotographie de mouvements de très courte durée, tels quele battement de l’aile chez l'insecte, exige que l'intervalle de temps qui sépare les prises d’images successives soit exti 0 mement réduit. Les appareils actuels, où le déplacement de la surface sensible est discontinu comme dans les chronophotographes ou cinématographes à pellicule, ne se prêtent guère à ces études ; les arrêts auxquels la pellicule est soumise limitent la vitesse de translation qu’on peut lui imprimer et, par conséquent, la réduction de l’intervalle de temps qui sépare les images. Les arrêts sont nécessités par la durée du temps de pose, un déplacement de la surface sensible pendant cette période donnerait du flou ; nous pouvons donc remplacer ce mouvement intermittent par un mouvement continu à condition de réduire le temps de pose à un degré tel que ce déplacement soit assez faible pour ne pas affecter la netteté de l’image.
- L’emploi du fond lumineux, tel que nous le fournit la concentration des rayons solaires par un condensateur, permet d’abréger considérablement le temps de pose. M. Marev, en coupant le faisceau lumineux par un disque obturateur percé de lentes étroites et animé d’une grande vitesse de rotation, a obtenu des photographies d’insectes au vol dans 1/23000 de seconde (1).
- Lendenfeld (2) a réduit, la pose, par le même procédé, à 1 12000 de seconde, ce qui lui a permis, le premier, d’employer un mouvement continu pour la dissociation des images et d’atteindre ainsi de grandes fréquences : au moyen de l’oscillation rapide d’un tiroir. il a dissocié sur une plaque fixe des images séparées par des intervalles de 1 2150 de seconde.
- Les séries d’images obtenues par cette méthode ingénieuse sont assez courtes et ne se pretentpas à la synthèse ; elles présentent en outre un certain degré de flou, dù encore à la trop grande durée de la période d’éclairement par rapporta la vitesse de déplacement de l’image.
- L’étincelle électrique employée comme source lumineuse permet, en raison de sa faible durée, de réaliser les dissociations les plus rapides, en conservant la parfaite netteté des
- HUages, ALu:h (3), Boys (4) et d’autres expérimentateurs, ont obtenu, avec l’étincelle Droduite par la décharge de condensateurs, des photographies isolées de projectiles animés 1 une vitesse de plusieurs centaines de mètres à la seconde.
- U nous a suffi, pour obtenir des séries d’images équidistantes, condition nécessaire
- ( ) Marey, le. Maniement, p. 250.
- 02 Lendenfeld, Beitcay. :um Studinm des Fi liges der /iisecten mil llilfe der Momeiitphotograiihie I Centralblatt, 1903, Band XXIII).
- 03) MachetSaleher. Photographische Fexerang derduch Projectile in der Luf eigelecteten
- "sange ISitcanyesberichte der Baies. Acad. der Wissensch. Wien. 1887, Band XCV).
- () Boys, les prajectiles pris au vol {Hecue générale des sciences, 4892, n" 19).
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- pour pouvoir opérer la synthèse d ii mouvement analysé, de provoquer les étincelles à des intervalles de temps correspondant à des déplacements égaux d'une pellicule. .
- La figure montre, d’une façon schématique, le dispositif que nous employons pour assurer ce synchronisme et pour attendre des fréquences considérables.
- Dans une boîte A se trouve un cylindre B monté sur un axe horizontal. Sur ce même axe, mais extérieurement à la boîte, est monté un interrupteur rotatif destiné à rompre un certain nombre de fois pendant un tour le circuit primaire d'une bobine d’induction !).
- Sur le trajet du courant induit est, placé, en dérivation, un condensateur I", et les étincelles en E, entre deux électrodes de magnésium derrière la lentille G : celle-ci concentre les rayons lumineux dans l’objectif (), au foyer duquel tourne le cylindre.
- Ce cylindre est entouré d'une pellicule sensible et est animé d'un mouvement de rotation rapide. A chaque tour jaillit en E un nombre, d étincelles correspondant à celui des contacts sur l'interrupteur : il suffit alors de démasquer l’objectif pendant la durée d'un tour, pour obtenir mm série d'images régulièrement espacées d’un objet placé mitre la lentille G et l'objectif. A cet elfet, est disposé derrière ce dernier un obturateur à double, Volet qui, au moment voulu, est ouvert par le passage d'un taquet dont est muni le bord du cylindre : la fermeture s’effectue automatiquement au loursuivant, au moyen du même taquet.
- Aveecechronophotographe électrique et les courants dont nous disposons à l’Institut Marey, nous avons obtenu des fréquences de 1300 images par seconde.
- Lucien BULL,
- Académie des sciences. 2 I mars 1906.
- Sur quelques corps impressionnant la plaque photographique :
- M. Edmond van ArnL dépose sur une plaque de verre. de la colophane cassée en petits morceaux et au-dessus une large bande de cuivre rouge mince. Le tout est recouvert d'une plaque photographique enveloppée de papier noir, le côté sensible regardant la colophane.
- Le tout est placé dans une boite en zinc dont la fermeture hermétique empêche complètement l’entrée des rayons lumineux extérieurs. La boite en zinc est elle-même mise dans une autre boîte étanche à la lumière, par surcroît de précautions.
- L’auteur a constaté que, dans ces conditions, deux jours de pose sufiisent pour impressionner la plaque ; les résultats obtenus sont identiques à ceux qu’on obtiendrait avec, des radiations ; ces radiations traversent le papier noir mais sont arretées par la lame de cuivre.
- On obtient les mêmes résultats, mais à des degrés différents avec, l'acide abcétique, la résine copal, la résine mastic.
- M. Van Arma, fait remarquer la parenté des substances étudiées jusqu’ici avec les terpénes ( I ).
- L'auteur se propose d’examiner si ces substances modifient la conductibilité éleetrique du sélénium (voir sa note à l'Académie des sciences du 14 avril 1903 analysée dans la [{crue des Sciences photi,graphiques, n" 2, page 58).
- M. Van AUBEI. a aussi réalisé l'expérience suivante :
- « Dans une petite cuvette en porcelaine, on verse une solution presque saturée de phénol dans l’alcool absolu et à une distance de 1 cm, environ du niveau du liquide, on place une croix formée de deux bandes de cuivre rouge disposées dans un plan parallèle à celui de la surface liquide. Sur cette croix repose une plaque photographique bien enveloppée dans du
- (1) Voir : Bkistex. Handbueh der omjatiisehen, Chemie, 3e édition, 1897, vol. III, p. 554, 10 et 362 et w. J. RessI.I., dans Pmeeediitijs uf the Unijal Societi/, Lundon, vol. LXIV, 1899, p. 412. Ce dernier travail est analysé dans l’ouvrage ; G. H. NI.WENGLOWSKI, Le Radium.
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- papier noir, avec la couche sensible tournée vers la cuvette. Tout le système est placé dans la plus grande obscurité, à l'intérieur d’une caisse convenable. Au bout de vingt-quatre heures, on constate que la plaque photographique est impressionnée et que les bandes de cuivre se sont comportées comme un corps opaque pour les radiations émises par la solution phéniquée. Il convient de faire remarquer que le phénol agité avec de l’eau en présence de l’air, peut donner de l’eau oxygénée sous l’influence de la lumière solaire (1). »
- Ces expériences ont des analogies avec les expériences faites par RUssET. sur l’eau oxygénée et l’essence de térébenthine.
- (Académie des Sciences, séance du 14 avril 1904.)
- Sur la parallaxe du soleil :
- Dans cette communication, M. BouQrET DE la GRYE indique les méthodes qu’il a employées pour tirer parti des données recueillies par les membres des missions françaises, du passage de Vénus de 1882, et en particulier pour mesurer les clichés obtenus dans diverses stations.
- (Académie des Sciences. G juin 1904.)
- Sur la photographie des diverses couches superposées, qui composent l’atmosphère solaire :
- En temps ordinaire, l’atmosphère solaire est invisible avec l’oil ou la simple lunette. Grâce à de récentes découvertes, on a pu dévoiler peu à peu la portion de l’atmosphère qui est pour nous extérieure au bord solaire, la portion plus étendue qui se projette à Tinté-Feur du disque, et, aussi les couches distinctes superposées qui la composent, à partir de la surface, à savoir : la couche renversante, productrice des raies noires du spectre, très dince et brillante ; la chromosphère rouge, plus épaisse, plus riche en gaz légers, et enfin la couronne, très élevée, et constituée surtout par des particules.
- C’est en 1892 que la photographie permit d'aborder l’étude de l’atmosphère entière, out récemment un progrès sérieux a été réalisé par HALE etTILLERMAN, qui ont appliqué à ces recherches la grande lunette de l’observatoire d’Yerhes (Chicago), la plus grande actuellement en service (1 mètre 05 d'ouverture).
- M. II. DKSLANDRES, dans sa communication présente quelques remarques sur les travaux des astronomes américains qui ont publié de fort belles reproductions des images obtenues el donne son opinion sur les recherches nouvelles à poursuivre.
- (Académie des Sciences, (i juin 1904.)
- Méthode pour l’enregistrement continu de l’état d’ionisation des gaz. lono-graphe.
- M. Ch. Nonnwsxn décrit une méthode qui réalise, en quelque sorte, automatiquement es mesures, et se prèle à la fois à l’enregistrement photographique et continu, et à des eetures directes et immédiates, à un moment quelconque, et sans l’intervention d'aucun mode opératoire, l'appareil une fois réglé, pour lequel il propose le nom d'itmographe.
- (Academie des Sciences, 6 juin 1904.)
- q(l)lt. Moissav, Traité de chimie minérale, tome 1. 1901, p. 200. Wentz (Dictionnaire de chimie, suPplément, page 1467), article Phénol : « Le phénol s’oxyde lentement à l’air, il paraît alors
- ‘ oFnerde la phénoquinone. •
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- REVUE DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- Stabilité des sulfites et bisulfites alcalins :
- M. K. NAMtas n’a pu trouver dans le commeree de sullites pratiquement purs. Il a employé la méthode iodométrique pour titrer divers sulfites commereiaux de provenances diflérentes. L’i m pu relé la plus fréquemment trouvée a été le sulfate. Parfois il a constaté la présence d’un peu de carbonate, surtout dans les sulfites préparés en saturant le carbonate par un courant de gaz sulfureux.
- Les échantillons les plus purs qulil ait rencontrés titraient 90 0 0; mais la plupari ne titraient que 60 à 70 0 0; quelques-uns, rares il est vrai, n’étaient qu'à 30 ou 10 0. 0.
- Il résulterait de ses expériences que le sulfite cristallisé se conserve mieux à l'air que le sulfite anhydre; la conservation serait meilleure en chassant l'air des bocaux contenant le sullite pour le remplacer par du gaz d'éclairage.
- Ayant constaté que le métabisulfite de potassium se conserve beau co u p mieux (il a pu en garder deux ans, sans constater d’altération appréciable) il conseille de substituer ce corps au sulfite neutre : on remplace I gr. de sulfite cristallisé par 0 gr. 1 de métabisulfite de potassium cristallisé qu’on neutralise pour le ramener à l'état de sulfite neutre ; pour cela, on ajoute environ 3 gr. 5 de soude ou .7 gr. de potasse pour 10 gr. de mélabisulfite.
- Nous avons publié i Krinte sciences photogecjkigues, n" 2, page 12 et n"3, page 70 et page 7(i) les études, sur le même sujet île MIM. A. et L. Lrmikn et. A. SEYEwITz dont, les conclusions sont différentes de celles de M. Namias.
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- Le nii'ecIcHi'-déranl : Cnans MxnEL.
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- P1IOTOI IYDROGR API 11E Ae
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- APPLICATION DE LA PHOTOGRUMMÉTRIE A L‘IIYDROGRA\PHIE
- Le, premier numéro de la Revue des Sciences
- a débuté par un
- article du commandant LEGRos sur l’utilisation de l'appareil photogrammétrique comme instrument focimétrique. J’y veux voir la preuve que la photogrammétrie, l’art de prendre des mesures à l’aide de la photographie, est considérée comme l’une des applications les plus belles et les plus utiles parmi les innombrables auxquelles l’invention de Niepce et de Daguerre a donné le jour.
- Qu’il s’agisse de mesures relatives à des monuments, à des travaux d’art, à des fortifications, à des levés topographiques, la photographie présente sur les diverses méthodes encore en usage d’incontestables avantages. Les avantages résident dans ^(‘nreqislremimL automatique des mesures-, d’où suppression des erreurs de visée ou de lecture dues à l'observateur. Si dans la suite il se glisse une erreur dans les cons-tructions ou les calculs exécutés sur les épreuves photographiques, il suffira de se reporter à ces épreuves pour retrouver l’erreur.
- Tous ces avantages ont été appréciés à leur juste valeur dans différents pays, notamment en Allemagne, en Autriche, au Canada; en France les essais ont été plus blindes et plus isolés.
- J’ai tenté l’application de la méthode photographique à riiydroqraphie ou 1ère des e^etes marines, et dès le début j’ai été frappé des avantages nouveaux qui se ren-contrent dans h; tracé des côtes et des iles, avantages qu’on ne retrouve pas dans la topographie à l’intérieur des terres. J’ai essayé de préciser ces avantages et les simplifications qui en résultent dans le matériel et les opérations à terre dans deux communications faites à la Société frangaise de photographie, l’une à sa séance du 6 février 11103 (I), l’autre, le 3 juin 1904.
- . La Marine et l’Hydrographie auraient tort de dédaigner un procédé dont la prio-rité leurrevient en partie. Car le colonel Laisscdat lui-méme, le créateur de la mé-trophotographie, attribue au célébre ingénieur hydrographe BEAtTENs-BEArvnÉ l’idée première de l’usage des perspectives (2).
- Avant d’aller plus loin, déclarons une fois pour toutes que l’appareil photogra-Phique ne saurait être un instrument universel pour effectuer toutes les opérations ydrographiques. Il est de toute. évidence qu’il ne peut servir aux sondages. De Prus, sauf dans le cas des levés expéditifs, la triangulation prineipale devra être e ablie avec le plus grand soin à l’aide du théodolite. Le n’est qu’une fois la triangu-
- (!) V. lft Bulletin de la Société française de photographie du 15 avril J 903, ou PhotoBevue du 24 121.1903 et Bulletin de la Société française de photoijraphie du Ie août 1904.
- , 12) ColonelIssIDar : Becherches sur les inslrumeufs, les méthodes et le dessin topayraphii/liesA. IL ’ 1 et suivantes.
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- lation achevée qu’on exécutera le levé du terrain compris entre les stations et le. tracé de la ligne de côté au moven de la photographie. Pour toute cette seconde partie du travail, Kappa reil photographique se substituera aux procédés usuels avec les mèmes avaalages qu’il réalise dans la topographie ordinaire et, ainsi que nous l’avons dit plus haut, son emploi en hydrographie entraîne des simplifications nou-velles que nous allons exposer.
- !" Emploi possible d'appareils à main dlrleclires, foldinps, jumelles, etc.) parce que rimape de l'hori\on de la mer /ipiire le plus sutirmil dans les eliehes. Dans la photo-topographie, il est nécessaire d amener l’axe optique de l'objectif à être rigoureuse-ment horizontal. Cette condition a pour but de déterminer sur les photographies la ligne d'horizon à laqjuelleon rapporte les mesures. Mais dans les travaux hydrogra-phiques, la ligne d’horizon ('‘tant toute travée sur les clichés par l'image de l'horizon de la mer, il n'est plus nécessaire que lappareil soit tenu horizontal et l’on peut se servir d'une chambre à main. Cette question des appareils à main est fort attrayante; on transforme ainsi le levé topographique d’une côte on une simple excursion photo-graphique. Nous la laisserons de côté pour le moment., avec l'intention d'y revenir et de la développer dans un article ultérieur.
- 2 l ue seule plndopraphic prise d'au point clerc sHfpl pour tracer le contour de la cote embrassde dans la mie. On sait en eTet qu’il est facile d’après une seule perspective de reconstituer les positions de tous les points situés dans le péomtdral ou plan de terre.Or rc qéométral n’eviste que dans les vues de monuments, d’éd i fices régu-liers, où il est constitué par h* sol même du bâtiment qui est un plan horizontal. En topographie on ne le rencontre gu’en pays de plaines, où l’appareil photographique perd une grande partie de sa valeur par suite de la diffieulté de se placer en un lieu élevé d’où l'on puisse embrasser une grande étend.........le terrain et un nombre con-sidérable de points ne se masquant pas les uns les autres. Dans les terrains accidentés, ce qui est le cas le plus général, il disparait. Dans lhydrographie, au contraire, on retrouve dans la surface méme de la mer un remarjuable plan de terre, el il est aisé de reconstituer le plan d'un littoral, les contours il iles, les positions de récifs, de rochers qui émergent, les limites de bancs de sable, ete., à l’aide d’une seule perspective photographique.
- M. le I)1' Gustave Ln Bos a indiqué il y a longtemps (I) le procédé des mires ou des mètres placés verticalement dans le paysage, leur base touchant le plan de terre.
- Une seule mire posée en un point uelcongue suffit pour reconstituer le plan de tous les points du qéométral à l’échelle choisie LD(. Im Box, quand il lit connaît re cette solution ingénieuse, avait surtout en vue la reproduction de monuments, où tous les objets s» trouvent dans < les plans ile front rapprochés. L’application à la topographie conduirait à des mires de hauteur invraisemblable pour les plans éloignés. L’erreur probable sur la distance caleulée est en effet proportionnelle au carré de la distance et inversement propori ionnelle à la hauteur de la mire.
- Mais, si au lieu de placer une base verticale du coté des objets photographiés, on la choisit à l’endroit meme où repose l’appareil, les formules restent identiques e1 lapproximat ion demeure la même pour une même hanteurde base. Orsi l’on suppose l’observateur sur un lieu élevé, on peut prendre comme base verticale la hanteur de
- (!) Dr Gustave ta: Blos : Les ferrrs e! la lihohujHtiJiie en 1/ag", 2 vol. dauthier-
- Villare, élit.. 1889,
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- l’objectif au-dessus du niveau de la mer, hauteur qui peut être de plusieurs centaines de métres, d’une grandeur autrement considérable que toutes les mires (pie l’on pourrait fabriquer.
- L’est là en somme une adaptation photographique de la méthode des dépressions de l’Amiral Morcmz et c’est pourguoi je lui ai donné le nom de Méthode photographique des dépressions.
- Méthode photographique des dépressions.— L’opérateur monté sur une hauteur, a 1 élévation II au-dessus du niveau de la mer, a photographié une portion du littoral ou un groupement d'ilots, etc.
- Je suppose (pie l'appareil était rigou-reusemeut horizontal, la glace dépolie étant dans un plan vertical perpendi-culaire à l’axe optique de l’objectif. Sur la photographie on trace la ligne
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- d horizon IIII, on marque la projection O’du ceutre optique ou point principal et l’on mène la ligne principale perpendiculaire à HH dig. 1).
- L’image de l’horizon de la mer hh est au-dessous de la ligne IIII et l'é-cart entre ces deux lignes est d’autant plus fort qjue la station est plus élevée au-dessusde la mer. On passe aisément de la première à la seconde, ainsi qu'on le verra plus loin.
- On peut restituer le contour de la baie représentée dans la figure, marquer les positions des rochers qui
- émer-
- SeNt, ete., par la solution graphique indiquée par le colonel Lai ssedat (1). Jestime le caleul préférable; il donne beaucoup plus de précision, tout en n'itant pas sen-silylement plus long- que la construction graphiqjue.
- On prend comme axes de coordonnées rectangulaires la ligne d'horizon 1111 et la igneprineipale OY, le point < y étant lorigine. Tout point a de la phiotogi aphie est rapporté à ces axes et défini par ses coordonnées et //.Ces deux éléments mesurés avec soin sur la photographie suflisent pour résoudre tous les problèmes de métro-plotographie, en y adjoignant bien entendu les conslantes de l’a ppa rei 1 et du eliché. Il en est dle même dans le cas des appareils à main inclinés, qjuoique les formules soient un peu plus compliquées ; nous le verrons dans une étude subséguente.
- Soit donc A un point du trait de cote avant pour image a (r, y}. Pour placer ce point sur la carte, voici la dernière méthode à laqjueile je me suis arrêté. Sur la carte on trace la direction 00 de l'axe optique ( l'orientation de cet axe s’obtient en rele-vant sur le terrain l’angle (pie fait un point quelcongue figurant sur la photographie avee un signal ou un point déjà placé). Le point A est à son tour défini sur le plan Par ses deux coordonnées X et Y, l’axe des Y étant 00 et l’axe des X une perpen-‘ iculaire à 00 menée par o (lig. 2).
- U) Colonel Lu SSCHAI, ouvrage cité, p. GG et suiv. ; Des cs ou l'on peut recourir à îles vues isolées.
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- Ceci posé, on voit aisément que l’observateur étant à la hauteur II au-dessus du niveau de la mer, son plan d’horizon dont la Irace sur la photographie est IIII (fig. 1) est à la même hauteur et au !/ est la réduction, à la
- 0* distance inconnue Y où se trouve le point A, de la hau-teur II sur la photographie. On a donc :
- yenf
- — Ax,x) 3
- / // étant la distance focale principale.
- ! /Dautre part la figure 2 montre que l’on a : y// % «
- j / d’où, en remplaçant Y par la valeur trouvée plus haut :
- \ / X nE
- f et l’on a allaire aux formules excessivement simples :
- d4lo x 1#0
- v=nja
- U'ne régle ou un cerele à calcul résolvent immédiatement ces proportions. Le point A est alors porté sur la carte au moyen de X eide Y pris à l’échelle, En relevant sur la photographie un nombre suflisant de points du littoral et en joignant par un trait continu ('es points reportés sur le plan, on a h* tracé du contour de la baie sur la carte.
- Il sera préférable de prendre deux phiotographies au moment des étales de Ilot et de jusant et autant que possible aux marées de syzvgies pour avoir la laisse de pleine mer el la laisse de basse mer.
- Je donne ci-contre, à titre d'exemple, une photographie. représentant une partie de la baie des Cocotiers, au cap Saint-Jacques (Cochinchine) ; j’ai exécuté le tracé de la ligne de séparation de la mer et de la plage à l'échelle de 51060 (voir la plan-che).
- Cette photographie fait partie de la série qui m’a servi à exécuter le plan de mouillage, de la haie des Cocotiers, en avril 19(13, avee l'aide des officiers du « BEN-GAul », au moven de la métrophotographie. La triangle unique a été établi avec grand soin à l'aide du théodolite et rattaché à une base, mesurée. sur la plage. Des trois sommets du triangle on a pris des photographies qui ont servi tantôt par la méthode des intersections du colonel Lai SSEDNT, tantôt par le procédé que je viens dl'indiquer, à tracer entièrement le plan à l échelle 16606"
- Stations à la nier. — On peut appliquer du bord la méthode des intersections graphiques du colonel Lai ssEDAT, grâce à la photographie instantanée. On prend
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- deux clichés de la même portion de la côte en deux positions successives du bâti-ment séparées par une distance convenable.
- On enregistre ainsi un nombre considérable d’angles ayant pour origine le même point mathématique, à savoir la position du point nodal d'incidence de l’objectif, et il est inutile de stopper le navire. Avantage précieux de la méthode photogra-phique; quand on relève, les angles au sextant ou au cercle hydrographique, il est nécessaire non seulement de stopper, mais de mouiller et même d’affourcher le bâti-ment, à moins qu’on ne se borne à une approximation grossière.
- Si dans chaque cliché figurent au moins 3 points connus déjà placés et suffisamment espacés comme écart angulaire, on mesure sur la photographie les angles qu’ils sous-tendent deux à deux et l’on place la station sur la carte au moyen de segments capables.
- Si ('es points font défaut sur la partie photographiée, deux observateurs prendront au cercle, ou au sextant les angles entre les trois points placés au moment où l’on déclenche l’obturateur.
- La photographie a surtout le mérite, de fournir presque autant de détails topo-graphiques que l’on en désire. On devra toujours l’utiliser pour des levés détaillés; c’est gâter le procédé de s’en servir pour exécuter uniquement des cartes à très petite échelle.
- Ouand une cote est longue, régulière, uniforme, sans détails topographiques remarquables à l’intérieur, il est inutile d’avoir recours à la photographie. Sur la cted\nnam j’avais pris en deux stations (i clichés de la grande plage uniforme de Djiaï, au sud de Nha-Trang (non appareil n’avait qu’un champ de 42). Ces photographies ne m'ont été d’aucune utilité. Quelques angles au cerele ont suffi pour le Iracé de cette plage uniforme, au contour régulier.
- Les stations à la mer devront être faites autant que possible par temps calme et l’on pourra monter l’appareil sur pied, quoique cela ne soit pas nécessaire. Il faudra munir la chambre noire d’un excellent viseur, car le niveau ne donnera plus que des indications aléatoires ; on déclenche l’obturateur au moment où le centre du viseur, — qui devra correspondre exactement au centre du verni dépoli (1), — passe approximativement par l’horizon de la mer ou parle pied de la côte. De cette façon on pourra considérer les photographies comme des perspectives sur un tableau vertical et les traiter comme telles.
- Dans les débuts on pourra avoir quelques difficultés à identifier sur deux photo-graphies certains points comme arètes de rochers, sommets d’arbres, etc., lorsqu’il )’ a un grand nombre d'images pareilles. Il sera bon d’employer une loupe grossis-sante qui donnera en même temps une sensation de relief permettant de mieux dégager les points les uns des autres et de les reconnaître d'après leurs positions "elatives. Le DrG. Il ai (K a imaginé une méthode de vérification des points identifiés sur deux photographies, qu’on pourra consulter dans l’ouvrage du colonel LAUS-^edat (2). Je l’ai utilisée pour tracer sur une photographie un lieu géométrique où dloit se trouver l’homologue d’un point relevé sur la photographie prise à l’autre Cxtrémité de la base.
- (1) Sur le chois et le réglage des viseurs consulter les artieles que j’ai publiés dans la Photo-et 14 octobre 1900, 3 et 10 février 1901. 19 avril et 3 mai 12033).
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- Pour les stations à la mer il y aura intérêt à se servir d’appareils panoramiques, embrassant un champ horizontal tres étendu, pour n’avoir à prendre qu'une seule photographie chaque station et éviter le stoppage du batiment. Quand le champ angulaire dépasse 90°, il devient impossible de recevoir l'image sur une surface plane. Les chambres panoramiques qui arrivent à embrasser un angle de 10 ont leur surface sensible formée d'une pellieule enroulée suivant un cylindre. Le rayon de ce cylindre est égal à la distanee focale. L’inconvénient de ce système, est de ne pas se préter à F'application directe de la méthode graphique des intersections. Il faut calculer les angles azimutaux pour tracer les directions qui par leur intersection donnent la position des points sur le plan. Les angles sont donnés (tu minutes de degré par la formule
- 0' af est la distance d’un point a' de la ligne d'horizon pris pour origine à la pro-jection de l’image sur cette ligne d’horizon ; o' a' est mesuré sur la photographie développée sur un plan.
- E E
- Enseigne de vaisseau.
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- SUR LA CONSTITUTION DES SUBSTANCES RÉDUCTRICES
- Susceptibles de développer l’image latente sans être additionnées d’alcali
- Par MAI. A. el L. lavine el A. SEYEWETZ
- La propriété que possèdent certaines substances réductrices de permettre le déve-loppement de l'image latente en l'absence d'alcali, simplement en présence de sultit e de soude, n’a encore été observée que dans un petit nombre de cas; aussi la relation existant entre cette propriété et la constitution des corps qui la possèdent, n'a-t-elle pu èt re exprimée jusqu'ici d’une façon suffisamment précise.
- Dans une première étude (D, publiée il y a environ dix ans, nous avions cru pri-mnitivement pouvoir conelure qjue les seuls corps susceptibles de révéler sans alcali riaient ceux renfermant deux fois la fonction révélatrice. Nous avons reconnu depuis que certaines substances ne renfermant qu'une fois cette fonction peuvent jouir éga-lement de la même propriété. Dans la présente étude, nous nous sommes proposés de compléter nos premiers résultats en recherchant d'une part quelles sont les subs-tances pouvant, développer en simple solution dans h* sulfite de soude, et en exami-nant d'autre part les conditions (pie remplit dans ce cas la fonction développatrice.
- Nous avons d’abord expérimenté les substances ne renfermant qu'une seule. fois la fonction développatrice. On sait qjue cette fonction dépend de la présence dans un mnéme novau aromatique de deux groupes oxhydriles deux groupes amidogénes ou un groupe oshydrile et un amidogéne), substitués soit, en para, soit en ortho (2).
- Lorsqjue la fonction développatrice ne renferme (pu'des oxhydriles, le réducteur ne parait pouvoir fonctionner qu'en présence des alcalis. Tel est le cas de T'hydro-(uinoneetdelapyrocatéekine. Il n’en est pas de même des corps dont la fonction développatrice renferme un seul ou deux groupes amidogénes.
- Ainsi h' parainidophniol,
- Vorlhoamidophraal,
- la paraphé)!iflène diamine,
- Vorlhophéniilèac iliamini1,
- Variai aliène, diamiac^
- peuvent développer l’image latente, s’ils sont dissous dans l’eau additionnée de sul-fite de soude.
- Si le ou les groupes amidogénes sont substitués par des résidus alkylés, la pro-Priété parait subsister.
- (1) A. et L. Li viin., Ihdletia de la Sneieté feanniise de photourfildiie, 1803.
- (2) A. Lr*ink, Ihdletin de la Société feaneaise de phohajraphie, 1892; — AxamesEN, Photoijea-Cortespaadea:, 183)2.
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- Ainsi le mithylparamidophirinol (mAlol ), la dimélhi/lparaphény/lcHediainine peuvent développer sans addition d’alcali.
- Par contre, l'énorgie révélatrice est considérablement atténuée, si le groupe ami-dogéne est substitué par un résidu acide comme dans la fjhfcine (oxyphénylgl veine).
- /.1, On
- " " < AzII-C112-C ) I
- et que celte fonction est formée exclusivement par des oxhydriles phénoliques, on
- loppement puisse être utilisé pratiquement ,
- Tel est le cas de l'acide pyjrogallique et de Vdj idujdroqiiijione. Ces substances en solution dans le sulfite de soude ont un pouvoir révélateur beaucoup plus faible que
- les composés renfermant une seule fois la fonction déyeloppatrice, mais avec un
- les oxhydriles dans un composé* réducteur possédant deux fois la fonction révélatrice, la propriété de développer apparaît avec une activité notablement plus grande
- A cette (‘lasse de corps appartiennent :
- Le diamidorésoreine
- (ortho-para)
- Le diamidophénol
- (ortho-para)
- Le triamidophénol
- (provenant de la réduction de l'acide pierique)
- OH
- X
- Les composés sont utilisés à l’état de chlorhydrates, mais dès qu’ils sont en présence du sulfite de soude, la base est mise en liberté avec formation de chlorure et de bisulfite de sodium. L’est dont' bien la base qui agit, comme dans h* cas des révélateurs ne renfermant qu’smne fois la fonction déyeloppatrice. Leur pouvoir réducteur est suffisamment énergique pourqu’ils puissent étre utilisés pratiquement en solution dans l’eau additionne»* de sulfite, alcalin. L’augmentation du nombre de groupes
- amidogènes dans un même novau paraît exalter la propriété de développer sans alcali. Ainsi le triamidophénol provenant de la réduction de l’acide picrique) a un pouvoir réducteur plus énergique que le diamidophénol. Ses propriétés développa-trices ne peuvent pourtant pas être utilisées pratiquement, parce que le produit
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- d’oxydation qui prend naissance pendant le développement tend à produire une réaction inverse de celle du développement.
- Nous avons trouvé que non seulement les substances renfermant deux fois la fonction développatrice avec des groupes amidogènes, mais encore d’autres composés peuvent être pratiquement utilisés pour développer l’image latente sans addition d’alcali.
- (a* sont les combinaisons des révélateurs à fonction acide avec les révélateurs à fonction basique, dont la mélmpiimme (combinaison de méthylparamidophénol et d’hydroquinone) est l’un des représentants.
- Nous avons recherché quelles conditions doivent remplir les deux termes de la combinaison pour que celle-ci possède la propriété de développer pratiquement sans alcali.
- Les divers cas qui peuvent se présenter sont les suivants :
- 10 Combinaison d’un révélateur à fonction phénolique avec une substance basique ou développatrice ;
- 2° Combinaison d'un révélateur à fonction amine avec une substance à fonction phénolique non développatrice ;
- 3" Combinaison d’un révélateur à fonction phénolique avec un révélateur à fonction amine.
- Dans la Ir classe de substances, nous avons expérimenté les combinaisons de l’hydroquinone avec diflérentes bases aromatiques, notamment l’aniline, la toluidine, la quinoléine, et constaté qu’aucune de ces combinaisons ne peut développer pratiquement sans alcali.
- Si on remplace dans ces combinaisons l’hydroquinone par d’autres révélateurs phénoliques tels que la pyrocatéchine, l’acide pyrogallique, renfermant une fois ou deux fois la fonction développatrice, les produits obtenus ne fonctionnent pas en simple solution dans le sulfite de soude.
- Dans la 2" classe de substances, nous avons examiné comment se comportent une série de combinaisons entre la paraphénylène diamincet divers composés phénoliques non développateurs tels que le phénol, la résorcine, F’oreine, combinaisons dont nous avons indiqué antérieurement la préparation (L).
- Toutes ces substances développent lentement l’image latente en l’absence d’alcali, mnais cetle propriété ne peut être utilisée pratiquement.
- taules les combinaisons de la 3 classe, c'est-à-dire celles d’un révélateur à fonction phénolique avec un révélateur à fonction amine, que nous avons expérimen-tées, fonctionnent sans alcali et lorsqu'elles sont suflisamment solubles dans les solutions de sulfite alcalin, elles peuvent étre ainsi utilisées pratiquement.
- Dans ce nombre sont toutes les combinaisons de la paraphénulème diamine avec l bpdroquiHonc (hiydramine) et avec la pprocaléeliine, mais leur faible solubilité dans les solutions de sulfite alcalin empêche leur utilisation pratique. On ne peut, en effet, préparer avec ces substances que des solutions très diluées d’un faible pouvoir déve-loppateur.
- La combinaison de melhylparamidophénol et d'hydroquinone (métoquinone), plus soluble (pie les précédentes, permet de constituer un révélateur d’un pouvoir réduc-leur énergique, par simple dissolution dans l’eau additionnée de sulfite alcalin.
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- Le pouvoir réducteur de ces révélateurs parait plus faible que celui des substances renfermant deux fois la fonction développat rice comme le diamidophénol. Par contre on peut augmenter leur énergie déseloppatrice par l’addition d'alcalis carbonatés, même caustiques, et utiliser pratiquement celle propriété, ce (pii n’est pas le ('as des révélateurs d’une constitution analogue à celle du diamidophénol.
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- L’étude précédente permet de tirer les conclusions suisantes :
- I" Pour qu’une substance puisse révéler l’image latente sans addition d’alcali en présence de sullite alcalin, il suffit qu’elle renferme une seul»; fonction développa-trice dont un des groupes soit un amidogéne. Celui-ci peut être substitué ou non pourvu (pie la substitution ne détruise pas le caractère1 basique de l’amidogéne.
- Il faut, en outre, que la subystance soit -uflisamment soluble dans le sulfite alcalin.
- 2" Si la substance ne renferme qu’une fois la fonction développatrice ou bien si elle renferme deux foiscelle fonction, mais sans zroupe amidogène, la propriété de révéler sans alcali est trop faible surtout dans ce dernier cas pour être utilisée prati-quemen t.
- 3° Le pouvoir réducteur se trouve, considérablement renforcé dans le cas où il y a deux fois la fonction développai rire si celle-ci renferme deux groupes amidogenes. Le révélateur peut alors être utilisé pratiquement sans alcali.
- 4° Le pouvoir réducteur se trouve également augmenté quoique plus faiblement que dans le cas précédent, si la ou les fonctions basiques du révélateur sont salifiées par les oxhydriles d’un composé phénolique possédant lui-même des propriétés déve-loppatrices. Le révélateur est alors également utilisable pratiquement sans addition d’alcali.
- 5 La salification des fonctions basiques d’un révélateur par les oxhydriles d’un com-pos phénolique ne possédant pas de propriétés déyeloppal rires, ou bien la salification des oxhydriles d’un révélateur à fonction phénolique par une amine aromatique ne renfermant pas de fonction révélatriee ne fournissent dans aucun cas des composés pouvant développer pratiquement sans addition d’alcali.
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- PIIOTOGRAMMÉTRIQUE
- DEUXIÈME PARTIE. — LA FOCIMÉTRIE PHOTOGRAMMÉTRIQUE EN OPTIQUE MICROSCOPIQUE
- CHAPITRE PREMIER
- LES RELATIONS DE LA MICROBIOLOGIE ET DE LA TECTINOLOGIE MILITAIRE
- Si lout le monde trouve aujourd’hui tout naturel qu'un troupier s’intéresse aux choses de la topographie, et, par suite, à la photogrammétrie avee toutes ses consé-quences et dépendances ; on est, beaucoup moins généralement porté à admettre qu'il puisse exister une connexion quelconque entre la technologie militaire et la microscopie : nous avions rêvé d’en établir une.
- Dans notre enfance, nous avions été vivement impressionné parle récit du désastre des colonnes décimées par h* choléra dans les maréeag.s de. la DOBRUTCNIA. Vers la même époque nous passaient sous les yeux des résumés plus ou moins fidèles des travaux de RASPAII, d’où il semblait résulter qjue toute maladie infectieuse a pour origine une. invasion d’êtres organisés visibles au microscope. Pour le choléra, la chose était bien simple: il s'agissait, selon toute apparence, d’un acarux. Il ne restait plus, pour dépister complètement l’animal, qu'à faire plus ample connaissance avec ses merurs et avee ses gites de prédilection. Drà-e à l’expérience acquise, on pouvait espérer que les recherches qu'il restait encore à effectuer seraient moins laborieuses et moins fécondes en déceptions que ne lavaient été ('elles dont venait ile se dégager définitivement t’histoire de l’acarus de la gale.
- Du rapprochement de ces idées à la conclusion (pie h* microscope devait désormais faire partie intégrante de l’outillage teehnique de l’officier d’état-major chargé d’éelai rer la marche des armées de l’asenir, il n‘y avait qu’un pas: nous lavions ranchi. Aussi nos premières économies de sous-lieutenant passérent-elles pour une bonne part dans l’acquisition non point du chteau de la Don: Blanchi:, mais d'un microscope. Cétait un instrument d’un modèle bien élémentaire, mais susceptible de recevoir petit à petit tous les développements désirables. Malheureusement, avant qu’il fut parvenu à son plein épanonissement, la. science avait marché dans un sens tel qu’il semblait acquis que la recherche des microorganismes causes des malaladies infectieuses constituait dans la généralité dles cas un genre d'investigations qu’il serait malaisé de poursuivre à cheval. La stratégie microbienne s’Était ainsi trouvée étouffée dans l’euf: et le microscope avait été à peu près délaissé.
- Il était (-(‘pendant prématuré de condamner par trop absolument la conception qui nous avait inspiré. Les études les plus récentes sur la Malaria nous ont révélé, pour 1 une au moins des affections infectieuses avee lesquelles ont eu maintes fois lourde-ment à compter les armées en campagne, une cause originelle microbienne, dont il n’est aucunement impossible ni indilfcrenl, même au point de vue de la pratique utilitaire la plus positive, de déceler la présence, eI. en nombre de cas, de combattre
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- l’action. Dores et déjà il serait permis de taxer de grossière impéritie le général qui aurait de ce chef encouru un désastre pour n'avoir pas su comprendre l’avertisse-mont résultant de la présence de différentes variétés de moustiques, et pour avoir négligé, le cas échéant, les mesures, parfois de la plus grande simplicité, à l’aide desquelles la menace peut être conjurée.
- Tout abominables que sont au point de vue de l'Humanité les expériences des médecins américains à Cuha, et si piétrement qu’elles aient pu être conduites sous le rapport de la technique scientifique, on ne peut leur dénier le mérite, d’avoir éveillé l’attention sur la possibilité de l’intervention dans la transmission de la Fièere Jaune de moustiques d'espèces très rapprochées de celles qui jouent le rôle le plus actif dans la diffusion de la Malaria. Que ces insectes soient encore ici des intermédiaires spécifiquement indispensables à l’accompl issement du cycle de l’évolution du germe infectieux, ou qu’ils n’en soient «pie le véhicule accidentel et banal, en concurrence avec un plus ou moins grand nombre d'autres, ce n'est assurément pas là question d’état-major. Nous n’avons pas à prendre position dans le débat engagé entre les médecins susmentionnés et le professeur Swahelei. II suffit qu'il y ait présomption grave que ces moustiques interviennent dans une proportion notable dans la propagation du Iléau, pour qu'il en résulte l'obligation de prendre contre leurs atteintes toutes les mesures défensives compatibles avec les circonstances, que la science pourra suggérer. L'analogie permet d'espérer que celles de ces mesures qui, sur certains points, se sont montrées radicales contre la Malaria ne se trouveront pas ici totalement dénuées d'efficacité.
- On conçoit d’après ces considérations que si les travaux du D) LAVERAN et de ses émules avaient été publiés il y a trente ans, nous n’aurions peut-être pas aussi facilement renoncé à notre rêve. Disons que, si peu encourageante qu'elle se manifestât à Fépoque pour nos aspirations originelles sous leur forme la plus ambitieuse, l’évolution de la science, en éclairant l'étiologie de nombreuses épidémies de camps et de casernes, montrait (pic la pratique militaire pouvait encore avoir à compter avec la microbiologie ailleurs que dans les opérations d’un théatre de guerre. Aussi ne nous étions-nous jamais complètement désintéressé de cet ordre d’études ; et de temps à autre cherchions-nous à prendre un aperçu au moins sommaire des derniers progrès réalisés dans leur domaine.
- Dans une de ces incursions, faite, tandis que nous nous l convions sous l'influence de nos études de photogrammét rie, nous avions été frappé de la pauvreté des moyensdont disposent les micrographes et les consi ructeurs de microscopes pour la détermination des constantes optiques de leurs instruments. Le (aeomèlre Sines ann et la méthode DAVANNE-MANTIN, d’ailleurs si élégante, ne sont pas d'une application pratique pour des lentilles dont le diamètre et la longueur focale peuvent s’abaisser au-dessous d’un millimètre, et dont la course totale est limitée à l’épaisseur d’une goutte d’huile à immersion. Avec ces mêmes lentilles, le lourniquel du colonel MoEssAnn n’aurait pas le jeu nécessaire pour son évolution ; et d’ailleurs dans cette évolution la lamelle de liquide d’immersion se, trouverait transformée en un prisme variable, dont il serait aussi inadmissible de négliger qu'impossible de calculer l'influenee.
- Le manuel de ZMERMANN, das Mikroskaj) l’un des ouvrages les mieux conçus que l'on puisse recommander à tout micrographe désireux de posséder une connaissance théorique complète du mieroscope et de ses accessoires sans se lancer dans les mystères les plus ardus de l’optique mathématique, ne donne sur ce point capital que des indi-
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- cations d’une valeur pratique des plus discutables. La variante de la méthode de CoRNu qui s'y trouve exposée n’est réellement à recommander que pour des objectifs d’une longueur focale notable. Ainsi, pour mesurer celle longueur le savant professeur se contente d’une simple graduation en millimètres située d’une façon aussi désavantageuse que possible pour une observation précise : la division du tube <le tirage du microscope. Or, il s’agit d’évaluer des longueurs (pii se chiffrent parfois en leur totalité par quelques dixièmes de millimètres.
- En définitive on peut dire que, dans la pratique, les constructeurs aussi bien que les micrographes en sont réduits à la méthode détournée du calcul des grossissements: méthode qui, outre qu'elle est assez laborieuse, est loin d'échapper à toute critique. Mentionnons seulement le fait qu'elle ne tient pas compte de l’interstice des nœuds; cependant avec des systèmes aussi complexes (pie les objectifs mo-dernes, il est quelque peu téméraire d’affirmer à priori que cette valeur sera constamment négligeable. Aussi d’aucuns agissent-i is peut -Atre tout aussi judicieusement en se bornant à confronter les lentilles de leur production courante avec une série d'objectifs dont les constantes ont été une fois pour toutes déterminées à loisir avec le plus grand soin, n'importe par quel procédé, et qu'à partir de là ils conservent précieusement à titre d'étalons.
- La facilité avec laquelle notre appareil phiotogrammétrique se prête à l’étude générale des propriétés des objectifs photographiques nous conduisit à supposer qu’il suffirait d’en réduire l’échelle pour le rendre applicable aux besoins de l’optique microsco-pique. Pour mettre cette idée à exécution, nous fîmes appel à l’expérience du constructeur M. SrIASSNIE, le sympathique chef actuel de la maison VERICK, dont l'habileté est justement appréciée de tous les mierographes. Les premiers essais tentés avec son concours réussirent au delà de toute espérance; et, dès le début ils montrèrent que, pour répondre à toutes les exigences de la pratique, la construction d’un instru-ment spécial n’est même pas indispensable fl L La méthode se trouve par suite immé-diatement à la portée de tout laboratoire scientifique disposant, en vue de quelque destination que ce soit, d’un cercle divisé horizontal donnant la minute. Cette con-sidération nous conduit à penser qu’une description détaillée de ces expériences pourra être de quelque intérêt pour le lecteur.
- CHAPITRE II
- FOCIMETRE MICROSCOPIQUE IMPROVISE
- s i. — ETLDE DE LONJECTIF. LONGUEIT FOCALE
- Tout le matériel requis pour cette improvisation se réduit à n’importe quel microscope inclinant, pourvu d’une vis micrométrique à téte divisée et de la sous-platine à crémaillère et pignon du condensateur Annr. Les seules pièces nouvelles nécessaires sont deux bonnettes du modèle des diaphragmes à tube qui accompa-gnent d’ordinaire le condensateur. L’une de ces bonnettes porte un pas de vis sur lequel peuvent se fixer les objectifs à essayer; l’autre est. disposée pour recevoir à frottement les oculaires.
- (1) C’amples rendus de l'Académie des Sciences, 29 janvier 1900,
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- On comprend par li que cesl sur la sous-plal ine qur se montent au moyen de ces bonnettes les systémes optiques à soumettre aux essais. Pour fixer les idées, supposons dl’abord qu’il s’agit il’un objectif. Le fube du microscope est armé d’un oculaire et d’un objectif faibles: l'objectif porté sur un revolver. Ll'ensemble doit donner un grossissement d’une dizainea une centaine de lois, selon la longueur focale du système même sur lequel doivent porter les investigations.
- Sur la platine est dispos un mierométre au centième ou au dixième de millimètre, ou même au millimètre; de même qjue pour le grossissement, selon la valeur approximative des longueurs focales à déterminer. La graduation est tournée. en-dessous, faisant face à la sous-platine.
- Il est à remarquer que toutes les déterminations de longueurs focales figurant dans les catalogues de const rudeurs de microscopes supposent l’emploi sur le micromètre de roux re-objet s d'une épaisseur déterminée, uniforme. pour tous les instrvments sortant d’un même atelier, mais qui n’est pas la même chez tous les constructeurs. L’observation systémal ique d’objets non recouverts exige un mode de correction spécial, et ne peut Mtreofectuée d’une façon complètement irréprochable avec des objectifs qui ont été réglés en vue de l’emploi d’un couvre-objel . Il est évident (pu* la focimétrie photogrammétrique s'adapte tout aussi bien à l’un des types d’objectifs qu’à l’autre ; mais, pour en tirer des résultats constamment concordants, il est indispensable de connaître* les conditions de réglage de chacun d’eux, et de s’astreindre à les observer. Cette considérai ion de l’épaisseur du coin re-objet n’a d’importance essentielle que pour les objeetits des plus courts foyer s ; et, les micromètres approchant de la longueur d'un centimètre, ou la dépassant, quand de telles longueurs doivent entrer en jeu, restent généralement à découvert ; les objectifs à immersion homogéne sont d'ailleurs complétement affranchis de celle influenee.
- Le microscope préparé comme il vient d’être dit est incliné jusqu’à l’horizontale, et calé sur la plate-forme supérieure du cercle de l’appareil photogrammétrique, ou de tout autre cercle dont on dispose, en face d’une fenétre ayant des vues sur des objets éloignés : la sous-platine tournée vers h* dehors. Le miroir est rejeté de côté de façon à dégager complètement le champ de l’inst rument , qui ne doit être éclairé que par la lumière directe de F’extérienr.
- Une des difficultés de Fopération est d’obtenir (pu* le micromètre se détache sur une surface suflisamment éclairée, qui n’est pas nécessairement la surface même dans laquelle sera situé le repère dont on fera choix. Au besoin on peut éclairer ci* micromètre par l’arrière, à l’aide de l’un qjuelcongue des réflecteurs usités en microscopie.
- Le mierométre est d’abord mis au point dans le microscope ordinaire, les (rails de la graduation orientés verticalement au moyen du mouvement de rotation de la platine. A l’aide de la crémaillère de la sous-plaline et du mouvement du cercle, l’image des objets extérieurs fournie par l’objeetif essayé est à son tour mise au point sur le même mieromt ra, de telle façon que l’image d’une verticale éloignée coïncide avec le trait central de la grluation. S'il s’agit d'un objectif à immersion, il esl dûment plongé dans le Iluide d'immersion pour lequel il est construit.
- Les conditions de la mise au point parallactique sont réalisées au moyen d’un déplacement imperceptible de F'objeetif du mieroscope d’observation sur son revol-ver. Ce déplacement fausse évidemment le centrage de l'instrument; mais cet inconvénient, dans la mesure extrêmement restreiute dans laquelle il se produit, est rom-
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- plétement négligeable en éeard à l’objet que nons avons en vne. Il entraîne en lous cas un déplacement simultané des deux images observées; mais si les conditions de la mise au point parallaet ique étaient effectivement réalisées dans l’observation faite avee la position normale de l’objectif, la coïneidence établie dans ces conditions ne cesse pas de subsister.
- Plus encore qu’en photographie, pour l'essai des objectifs à grands angles d’ou-verture et à profondeur focal»1 à peu près null ", avec lesquels la mise au point ordinaire, est déjà d’une extrême délicatesse, l’intervention de la méthode parallactique pour la constatation de la coïncidence des plans des images observées est à peu pres superflue. Elle devient essentielle pour les objeet ifs à erande profondeur focale. Il est toutefois à noter que l’illusion et les erreurs auxquelles cette méthode est destinée à parer sont peut-être {tins encore inhérentes à l’objectif du microscope d’observation qu’à celui qui est soumis à l’examen. Et le premier est à peu près invariablement un syslème à faible ouverture ef à grande profondeur focale, relevant par conséquent au premier chef de la méthode parallactique.
- Aussi bien qu’en focimétrie photographiique, dans un fonctionnement idéal du système, le point nodal de l’objectif essayé, celui qui fait face à l’extérieur, devrait alors se trouver situé sur l'axe de rotation. On se guidera approximativement sur relit1 considération dans l’installation du microscope sur sa plate-forme ; et, pour le principe au moins, cette position du pied du microscope sera repérée sur relit1 plate-forme, par un trait au cravon par exemple, en vue de réserver la faculté de rectifications ultérieures.
- A l’aide du mouvement du cercle, l’image d’un repère extérieur nettement défini préalablement choisi,de préférence une verticale, est alors amenée successivement en coïneidence avec deux traits de la graduation symétriques par rapport au trait cen-b'al, et aussi voisins que possible des bords opposés du champ du microscope. Note est prise de la longueur 2/ainsi interceptée. L'angle 2% qui y correspond est relevé par la lecture du cerele aux deux extrémités de l’arc parcouru : et nous retombons dès lors pour la détermination de la longueur forale/sur la formule précédemment trouvée :
- Toujours de même qu’en optique photographique, / esl donné par la formule en unités de même nature que celles dans lesquelles est exprimé I ; c'est -à-dire ici en centiemes ou en dixièmes de millimètres ou en millimètres.
- Si h1 repére choisi est une verticale, la verticalité de l’axe de rotation et des traits du mierométre se trouse contrôlée dans cette opération par h1 fait que l'image de cette verticale peut être amenée dans (ouït1 son étendue en coïncidence avec les traits observés aux deux extrémités opposées du micrométre,
- 0u peut st1 demander si les réfractions qjui se produisent dans l’épaisseur du Dorte-objet ne sont pas susceptibles d’exercer une influence perturbatrice sur les resulta ( s de l’observation. Un peu de réflexion sur l’organisation et le fonctionne-mnent du système suffit pour convaincre que ces réfractions n’inters iennent en aucune mesure dans les déterminations. Tout se passe et s’accomplit dans l’intervalle, qui separe de la surface (pii porte la graduation les lentilles de l'objectif soumis aux "ssais. Le microscope d'observation a seul à plonger à travers h1 porte-objet, et uni-quement pour constater une coïncidence. La seule influence perturbatrice réelle est
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- celle de la lamelle couvre-objet; mais nous venons de dire que son intervention est purement facultative et conventionnelle ; et qu’il ne tient qu a l'opérateur de s'en affranchir en faisant usage d’un micromètre non recouvert.
- 2. - DE LA DISTORSION
- La méthode de détermination de la distorsion précédemment décrite en traitant de l’objectif photographique est de (ont point applicable à l’object if microscopique. Après une première détermination de la longueur focale au moyen d’une base / à laquelle correspondait un angle z, on calculera l’angle 7,, (pii correspondrait à une autre base déterminée / si l’on n’avait point à compter avee la distorsion. Amenant alors l’image du repère sur le trait /, de la graduation, on relèvera l’angle effectivement accusé par le cercle. Si l’on trouve pour cet angle au lieu de la valeur ", une valeur 7, la différence 21—72, prise avec son signe, pourra être considérée comme une. mesure de la distorsion.
- Les ressources de l’instrumentation normale du laboratoire de micrographie donnent un moyen facile de réaliser cette même mesure par la détermination de la flèche de la courbure que présentent les images de lignes droites se produisant à des distances plus ou moins grandes du centre du champ optique.
- Il suffit pour cet objet de faire appel à la chambre claire qui fait partie essentielle de l’outillage de tout micrographe. Le microscope d’observation est pourvu d’un objectif assez faible pour embrasser sans distorsion marginale appréciable inhérente à lui-même toute l’étendue du champ de l’objectif soumis aux essais. La chambre claire est calée. sur le tube du microscope amené à l’horizontale dans une position telle (pie les ardtes du prisme soient verticales. L’instrument doit être dirigé de façon que son champ embrasse une. vue, comprenant un certain nombre de verti-cales. Les verticales donnent comme image, dans la chambre claire, des droites verticales; dans l object if à l’essai, une ligne ineurvée à corde verticale, dont la courbure est plus ou moins accentuée selon la nature de cet objectif et selon la distance au centre. A l’aide du mouvement de rotation du cercle l'une des images de la chambre claire, convenablement choisit*, eet amenée par tâtonnement à former la corde de l'une des images curvilignes sur la plus grande hauteur possible. Le mi-crométre, disposé horizontalement, donne alors immédiatement la longueur de la flèche, ainsi que la distance du sommet de la courbure au centre, distance à laquelle cette flèche doit ètre rapportée. Par la rotation de la platine, le micromètre est alors amené à la verticale, et donne la longueur de la corde par laquelle la courbe est sous-tendue. L’opération est répétée pour différentes régions du champ de l’objectif, dont le repérage est assuré, toujours de meme, à l’aide du micromètre.
- On voit que ce procédé de détermination ne reléve pas à proprement parler de la méthode photogrammétrique; mais les mouvements du cercle en facilitent beaucoup l'application.
- On abrège beaucoup les tatonnements si, se contentant d’emprunter aux objets étrangers une verticale unique, celle dont l’image est recueillie par l’objectif, on remplace par un fil à plomb porté par un pied mobile celle que l’on doit viser par la chambre claire. Comme, de ce côté, il n’est pas question de distance de mise au point, rien n’empêche de l'installer sur la table méme sur laquelle repose l’appareil.
- On réduira enfin ces tâtonnements à leur plus simpleexpression en faisant usage de
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- la chambre claire à angle variable du Dr MALASSEz, qui est tout particuliérement appro-priée à ces observations. On serait tenté de croire qu’une chambre, claire à long-bras et aussi à angle variable, telle que celle de REIEar, dont les visées suivant le prolongement de l’axe optique ne seraient pas masquées par la platine, pourrait apporter aux manœuvres une nouvelle simplification en permettant d'eflectuer l'opération complète par l’emploi de la double image d'une seule et même verticale; mais celte simplification apparente, d’ordre purement matériel, aurait en réalité pour effet de rendre les tâtonnements plus délicats et plus laborieux, surtout en ce qui concerne le réglage de l’éclairement.
- Il est également à remarquer que l’emploi d'un oculaire à réseau ne pourrait en aucune façon donner des résultats équivalents à ceux de la chambre claire. En ce cas en effet, l’image du réseau, fournie par la seule lentille de l’oril, est sujette à des distorsions encore plus déconcertantes que celles de l’objeetif soumis aux essais.
- Notons enfin que quand, du fait de ces distorsions, résultent des divergences appréciables entre les déterminations de longueurs focales ellectuées avec des valeurs diflérentes de la base, c’est, comme [jour l’objectif photographique, exclusivement aux valeurs relatives à la région la plus centrale que l'on doit s’en rapporter ; les autres ne servant qu’à fixer les hésitations.
- % 3. - DETERMINATION DES POINTS NODNUX
- La longueur focale que nous venons de déterminer est rapportée au point nodal dl’arrière, à celui qui regarde le micromètre. Pour déterminer la position de ce point pur rapport aux parties matérielles de la monture de l’objectif, ainsi que la « distance frontale », qui est d’un intérêt essentiel en microscopie pratique, on transpose l’objectif essayé sur le tube du microscope à la manière ordinaire, et on ramène en contact avec le micromètre, retourné lui-mème dans sa position normale sur la platine. On met alors au [joint, exclusivement à l'aide de la vis micrométrique: le dépla-cernent de cette vis, accusé par sa graduation, donne alors la distance frontale. La distance du [joint nodal à la lentille frontale se déduira en soustrayant cette distance frontale de la longueur focale.
- Il va de soi que, dans un instrument spécialement construit [jour ces détermina-tions, c’est l’équipage portant l’objectif à essayer qui sera conduit par la vis micro-métrique : ce qui rendra superflue la transposition dont, il vient d’être question.
- Pour déterminer h'. point. nodal d’avant, on retourne l’objectif sur son support, après avoir enlevé toutes les parties de la monture qu’il est possible d en détacher sans supprimer de lentille. Si la saillie des parties restant encore de la monture " empéche pas la mise au point, sur le micromètre ordinaire, de l’image du repère extérieur fournie par l’objectif ainsi retourné, on n’a qu’à reprendre dans ces nou-velles conditions exactementla série des opérations précédentes. On commencera par amener le rebord decette partiede la monture en contact avec le micromètre ; et c’est " partir de ce rebord que l’on mesurera la distance intérieure du second point nodal, de même que l'on mesurait celle du premier à partir de la face extérieure de la len-l*lle frontale.
- En pratique ce mode d’opérer ne sera possible qu’avec des objectifs à longueur OGale notable. Pour les objectifs à court foyer, la saillie de la monture, même réduite " »a plus simple expression, rend la mise au point sur les micromètres ordinaires
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- tout à fait irréalisable. On la rend possible en faisant usage d'un mieromt re de la grandeur d’une lentille ile microscope, serti au sommet d’un tronc de cène en métal qui peut s’engager jusqu’au contaet des lentilles de l’objectif dans la monture de celui-ci. Ce t roue de cone peut être fixé par sa grande base sur une lame de verre porte-objet, ou sur une lame de cuivre de mêmes dimensions qui sera alors percée en son centre.
- On peut encore tracer ce micromètre sur la petite base d’un tronc île cone en glace épaisse, de même forme extérieure (pie le précédent, collé par sa grande base sur un porte-objet. Ainsi qu’il a déj été dit, il n y a pas à se préoccuper, dans l’une ou l’autre combinaison, des réfractions qui se produisent à travers l’épaisseur du porte-objet ou du bloc de glace.
- Enfin il est des objectifs, généralement les plus forts, pour lesquels le foyer principal tourne du côté de l’oculaire, se rapportant aux rayons parallèles ou à la mise au point à l’infini, tombe à l’intérieur du sommet de la dernière lentille du même cté. Pour ces objectifs il n'y a dl’autre ressource qjue de procéder comme nous l’indiquerons en parlant de l’oculaire Ili GENs.
- On sait que, pour les objectifs à sec, on doit trouver pour les deux faces la même loi gueu r focale : la double détermination constituera donc sous ce rapport une véri-firation. Par contre, de meme qu’en photographie, la position du point nodal relativement au sommet extériour de la lentille extrême du même coté de l’objectif peut présenter des différences notables pour les deux extrémités.
- Nous avons dit (pie. ce second point nodal, qui se trouvait d'abord point nodal d’avant, est relui par lequel devait théoriquement passer l’axe de rotation dans notre première série d’opérations. C’est à cette première série (pie se réduira généralement dans la pratique la détermination courante de la longueur focale; mais la double détermination devient de rigueur quand il s’agit de constituer un type nouveau d'objectif. Elle donne une. base nette aux idées que l’on doit se faire sur la position de ce second point nodal, position qjue l’on pourra par la suite se borner à apprécier approximativement pour rajustement, par rapport à l'axe de rotation, de tous les objectifs construits sur le méme modéle.
- Ce second point nodal offre encore cet intérét essentiel (pu* c’est à partir de ce point que doit se mesurer la longneur théorique effeetive du tihe du microscope, longueur qui intervient d'une façon pssentielle dans le calcul ù priori du grossissement de 1 instrument. Le catalogue de Ziass, citant DIPPEI, désigne comme représentant cette longueur, qu'il appelle longuaroptiqu du tuba, l’intervalle qui existe entre le foyer inférieur de l'oeulaire et le Ibijer supérieur de l’objectif : c’est manifestement là un lapsus. Il est d’abord de toute évidenee qul'il ne saurait tre qjuestion ici du foyer principal supérieur, qui n’a rien à voir en cet endroit. Le seul foyer supérieur qu'il pourrait y avoir à considérer ici est le foyer conjugué à la position de l'objet soumis à lobsery at ion. Dr, ce fox er conjugue est précisément celui que le jeu de la mise au point amëne à se fusionner axer le foyer inférieur ie l'oculaire. La « longueur optique » définie par ces deux points se trouverait donc, pour tous les cas et pour tous les instruments, réduite à zéro.
- Le point d’où émerge l'image reeueillie dans le plan focal inférieur de l’oculaire est le point nodal supérieur de F'objectif et c’est lui seul ipù peut intervenir avec unc signification quelcongue dans la délinition de la longueur optique.
- La méthode qui vient délie exposée s'applique de point en point aux objectifs a
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- immersion, la lentille frontale plongeant dans le fluide d'immersion pour lequel elle est construite ; seulement en ce cas on ne trouve plus pour les deux extrémités la même longueur focale; mais deux longueurs focales diffrentes, dont les rapports varient avec l’indice de. réfraction du liquide emplové.On arriverait d’ailleurs au mème résultat si l’on cherchait à efTeetuer également la détermination du (‘ôté de, la lentille frontale en la laissant à sec. On sait qu’il ressort même de là une méthode, elassique pour déterminer les indices de réfraction des liquides (méthode du Duc de LlYNEs).
- {. — DÉTERMINATION DE LANGLE IOUVERTIRE ET DE L'orVERTERE NUMÉRIQUI
- L’agencement que nous venons de déerire constitue l’appareil le plus élémentaire, le plus ancien, et toujours le plus sr, pour la mesure de langle d’ouverture des objectifs microscopiques. Il est supertlu de rappeler de qjuelle importance est le rôle de cel angle dans la microscopie moderne. (est à Andhew Ross qu’est dû l’appareil dont les propriétés se retrouvent dans notre système. Les instruments d’un usage plus délicat qui y ont été substitués, surtout pur raison d’économie en ce qui concerne les faibles ouvertures, perdent en grande partie leur raison d’rire du moment où le cercle peut revendiquer au nom de serviees plus généraux et plus ('tendus sa place dans l'atelier du constructeur et le laboratoire du mierographe.
- Pour cet ordre de, déterminations, l'objectif à essayer est fixé sur le tube du microscope d'observation, muni de son oculaire; et cette fois dest le point focal d’avant de l'objeetif (pii est amené sur l'ase de rolation du cercle. Le champ de vision est complétement débarrassé de tous 1rs accessoires de la sous- pial ine et du miroir. Pour les angles d'ouverture d'une certaine amplitude, le tube du microscopie est même suflisamment enfoncé pour engager l'objectif juseju'au delà de l’épaisseur de la platine, de façon (pie les bords de Fouverture ne puissent en am um* mesure limiter le champ optique. On dirige le microscope vers la flamme d’une lampe placée à deux ou trois mètres; on fait fonetionner le mousement de rotation de façon à atteindre les deux extrémités du champ horizontal éelairé par la Gamme, eI on lit l'angle accusé par le cercle pour ce parcours ; c'est l’angle douverture (Docteur Au n ( v A-LrER, P Etudiant niicrof/rdplK’).
- On passe de la connaissance d(* l’angle d’ouverture à la notation de l’ourertre Rlnérique (Aperhir) introduite par h' professeur \mm et aujourd'hui universelle-muent admise, spécialement pour caractériser les objectifs à immersion, à l’aide de lu formule :
- dans laquelle il représente la moitié de l’angle d’ouverture déterminé comme il vient d’etre dit, et », l’indice de réfraction du milieu interposé entre la len ille et la lamelle Couvre-objet . Pour les objectifs à sec, ce milieu n'esl autre qjue l’air, dont l'indice de réfraction est l'unité. L'expression de louvert ure numérique se réduit donc, alors a sin u; cest-a-direquecette ouverture a pour mesure le sinus de la moitié de l'angle d’ouverture.
- Pour les objectifs à immersion à cau, l'indice de réfraction n devient 1 .3 L II alteint 1,52 pour l’essence de cèdre des objectifs à immersion homogène; el s’élève Jusqju’à 1,G6 dans le cas de l’immersion au monobromure de naphtaline.
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- s s. - ÉTUDE DES oc LAIDES
- L’oculaire de RASDEN, ainsi que quelques-uns des types de la série de construction récente des oculaires dits « compensateurs », sont essentiellement des loupes, auxquelles la méthode s'applique sans aucune modification. Toutefois, les montures de quelques-uns des oculaires compensateurs présentent des prolongements incommodes pour l’observation. Il sera avantageux de s’en débarrasser en faisant usage pour les essais d'une monture provisoire.
- Les oculaires d'HYGExs, qui sont les plus généralement employés en microscopie, ne donnent pas d'image extérieure du côté de, la lentille collective ; et cependant, c’est de et' côté que la connaissance des éléments cardinaux du système présenterait le plus d’interet, La méthode photogrammétrique donne encore le moyen de se, tirer de cette difficulté.
- Ces oculaires donnent une image du clé de la lentille de l'œil ; et comme on n’a point alfaire ici à des systèmes optiques plongeant par leurs deux extrémités dans des milieux à indices de réfraction différents, on sait que les deux longueurs locales sont égales. On sera donc fixé sur ce (pii concerne cette longueur focale unique, si l’on opère pour le côté de la lentille de l'œil comme il a été expliqué dans ce qui précède.
- Il reste à déterminer la position du plan focal du côté de la lentille collective. Pour cet objet, comme il ne s'agit plus de grandeurs à exprimer en centièmes de millimètres, nous pourrons suivre, en la modifiant légèrement, la méthode exposée par le professeur Z VMERMANN. Pour son application, le tube intérieur de tirage du microscope, tube qui est divisé en millimètres, porte à sa partie inférieure un pas de vis, sur lequel peuvent se visser les objectifs. On y adapte un objectif faibli' : quand le tube de tirage est rentré à fond, la lentille frontale de, cet objectif doit dépasser le tube extérieur, qui, pour ces déterminations, n’a pas lui-même à porter d’objectif.
- L’oculaire à soumettre aux essais est assujetti dans la bonnette de la sous-platine à ce destinée, la lentille collective tournée vers le microscope. On a préalablement tracé au centre de cetle lentille une petite croix noire, de préférence à l’enere de Chine, certaines encres chimiques pouvant détériorer le cristal.
- La sous-platine est alors montée de façon (pie l’oculaire vienne, à travers l’ouverture de la platine, si besoin en est, se placer à bonne portée de l’objectif du mieros-cope auxiliaire constitué comme il vient d’ètre dit. Celui-ci est alors mis au point, en faisant e.rrhisivement. usuyt’ du mourement de tirage du hibr divine, successive-ment sur la croix noire; puis, surlimage, fournit' par l'oculaire, d’un objet extérieur très éloigné.
- L’intervalle, entre les deux positions du tube de tirage, relevé sur son échelle mil-limétrique, donne la distance du plan focal au sommet de la lentille collective; et c’est au plan ainsi déterminé que la distance focale doit à son tour être rapportée.
- Dans cette détermination, l'image du repëre extérieur peut, comme dans l’essai de l’objectif, être observée; par visée directe' dans la position horizontale; du microscope ; mais on peut aussi effectuer l’observation dans la position verticale, en faisant réflé-chir cette image par le miroir plan. Il faut se garder de recourir pour cet objet au miroir concave ou au condensaleur, (pii donnent déjà par eux mêmes une image rapprochée.
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- Nous avons dit que c’est à partir du second point nodal de l’objectif que se mesure la longueur théorique du tube du microscope, qui intervient comme l’une des don-nées essentielles dans le calcul des grossissements. L’autre extrémité de cette même longucur est marquée par le plan focal dont nous venons d’apprendre à déterminer la position.
- so, - ERREURS DE LA MÉTTIODE PIIOTOGRAMMIÉTRIOUE EN EOCIMÉTRIE MIGROSCOPIQUE
- Au point de, vue théorique, les erreurs de la méthode photogrammétrique en focimétrie microscopique sont identiquement les mêmes qu'en focimétrie photogra-phique ; et il n’y a rien à modifier aux procédés par lesquels elles se calculent ni aux formules qui les expriment. Toutefois l'extrème différence des conditions matérielles auxquelles ces formules s'appliquent de part et d'autre entraîne quelques conclusions pratiques spéciales à l’optique microscopique.
- On a pu remarquer que les différentes causes d’erreurs que nous avons analysées fendent en optique photographique à influencer dans une mesure presque équivalente pour chacune d’elles l'exactitude des résultats; en même temps que leur nature par trop disparate, rendrait complètement aléatoire et illusoire toute tentative d’évaluation des effets présumables de leur combinaison.
- Il n'en est pas de même en optique microscopique. Tandis que les erreurs relatives liées à l’éloignement du repère n’ont aucune tendance nécessaire à sortir des limites restreintes que nous leur avons précédemment assignées, celles (pii se rapportent à la lecture des graduations circulaire et linéaire croissent dans une proportion consi-dérable, et deviennent tellement prépondérantes (pie l’on peut dire que pratiquement elles entrent seules en compte dans les résultats définitifs.
- Le mieroscopiste, s’il s’attache dans son installation à s'assurer la jouissance d’une vue du ciel bien dégagée d’obstacles, ne recherche pas d'ordinaire ces horizons étendus indispensables pour certaines parties de l’étude desobjectifs photographiques. Toutefois il y a lieu de remarquer qu’une simple bougie placée à deux mètres de distance représente déjà un repére situé à mille fois la distance focale quand il s’agit d’un objectif mieroscopique de deux millimètres de foyer. On ne peut donc pas dire, que sous ce rapport la situation soit trop à son désavantage.
- La proportion ne se soutient plus en ancune mesure en ce (pii est du fait des erreurs de graduation. Nous avons dit (pie, si le photographe expérimentateur ne se Contente pas de la précision du dixième de millimètre pour le quadrillage de sa glace divisée, il n’éprouvera aucune difficulté technique à s’assurer la disposition de quelques repères établis avec la précision du centième de millimètre ; ou du moins, de repères établis avec une exactitude plus ou moins grande, mais vérifiés avec ce degré de précision. En cas extrême, il ne lui serait même pas absolument impossible ‘l’obtenir des vérifications poussées jusqu’au millième de millimètre. Les grossisse-ments nécessaires pour utiliser pleinement dans l’observai ion ces limites de précision sont encore parfaitement maniables. Or, c. 11 e précision du millième de millimètre est également tout ce que peut se flatter de réaliser la pratique réellement courante de la focimétrie microscopique dans les conditions que nous avons définies: nous voulons dire par l'emploi d’un micromètre au centième de millimétre et par l’obser-vation des coïneidenees sous un grossissement d’une centaine de fois.
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- Mais cetle erreur absolue qui, en photographie, portait sur une hase de dix centimètres au moins, ne sabaissant qu’exceptionnellement au-dessous de ci nq centimètres, s’applique ici à des longnenrs qui peuvent se réduire en totalité à deux disièmes de millimètre; et cela précisément dans le ras le plus intéressant: celui des objectifs de la plus grande puissance. Tandis ( ne du rapprochement de ces chiffres résulte de ce chef pour la focimétrie photographieue une erreur relative du cinq millième de la longueur focale, en comptant sur la précision du centième de millimètre de la hast1, celle qui affeete la focimétrie mieroscopique s’élève jusqu’au deux-centième en tablant sur le millième de millimètre dans l’observation des coïncidences.
- Avee des < bject i fs de moindre puissance sur lesquels ont également porté nos premières déterminations, la base mierométrique atteignait 1 mm. ; de sorte que cette même erreur absolut' n’en constituait plus que lequatorze-centième. Disons d’ailleurs (pie ces dernières mesures avaient été ofTeetuées dans de mauvaises conditions : avec un micromètre, trop court et un grossissement d’observal ion t rop fort eu égard à la faible puissance desobjectifs soumis aux essais. Les résultats indiqués ont été depuis très améliorés par l’emploi d’aceessoires mieux appropriés à leur destination. Et, à priori on ne concevrait pas que les objeetifs microscopiques de grande longueur focale, qui ne different essentiellement en lien des objectifs photographiques, fussent moins favorablement traités par la focimétrie photogrammétrique, qui opère au contraire dans leur cas avec une instrumentation plus avantageuse.
- L’erreur afférente à la mesure angulaire acquiert une importance à peu près de même ordre à raison de l’exiguïté des angles sur lesquels elle porte, exiguïté résultant elle-même de la faible étendue du champ des objectifs microscopiques. Nos premières séries d’observations nous ont ainsi donné des valeurs de 2 a variant de 14" à G"; auxquelles correspondent, pour une erreur d’une minute, des écarts variant du quatre-centième au dens-centieme sur la valeur de cot z.
- Comme il a été dit, ces deux erreurs se reportent proportionnellement sur la lon-gueur focale, l’une, positivement, l'autre, négativement : la plus forte erreur linéaire correspondant à la plus faible erreur angulaire. On reconnait également combien elles l’emportent sur toutes les erreurs d’autres provenances, qui, toutes, peuvent sans difficulté être abaissées très au-dessous du millième. On peut donc, obtenir une évaluation assez satisfaisante de l’erreur totale présumable en focimétrie microscopique en ne tenant compte que de leur influence. D'ailleurs, ces erreurs élémentaires sont indépendantes lune de l’autre; on peut donc appliquer à leur combinaison le principe delà méthode des moindres carrés. On arrive ainsi pour cette évaluation de
- l’erreur résultante aux limites de _ à de la longueur focale cherchée.
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- Les essais primit ifs qui aboutirent à cos chiffres avaient été effectués en employant l’objectif complet tel qu’il est livré par l’opticien. Dans des essais ultérieurs, les liantes d’erreurs ont pu dtre sensiblement amendées par la suppression pour ces recher-elles de toutes les parties de la monture dle l’objectif qjui ne contribuent pas immé-diatement au soutien et à la liaison des lentilles. Ce sont ces parties, (‘t spécialement le diaphragme qu’elles comprennent, (pii limitent l’amplitude du faisceau des rayons traversant l’objectif. Leur suppression entraîne l'admission d’un cône lumineux notablement plus ouvert, et, partant, un accroissement, proportionné de l’étendue linéaire et angulaire duchamp de l’objectif. Il est superflu de faire observer (pic, les minutieuses corrections qjui assureni la perfection des objectifs modernes d’ordre
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- supérieur ne s’étendent pas à ces rayons extra-marginaux ; et que l’intervention de ces rayons ne pourrait être que préjudiciable à l'exquise finesse des images micros-copiques les plus délicates. Mais sous les faibles grossissements employés pour les observations focimétriques, ce défaut ne s’est pas manifesté dans une mesure appréciable; et les avantages de cette disposition ont paru supérieurs aux inconvénients. En définitive, les déterminations faites dans de semblables conditions sur des objectifs de un à trois millimèt res de foyer en prenant successivement pour le même ob-jeetif plusieurs valeurs dilférentes de I et de a n’ont pas donné d’écarts supérieurs à un centième de mi 11 i m I re, en dépit de la rusticité de notre installation improvisée (1).
- Comme erreur relative c’est évidemment beaucoup moins satisfaisant que et qu'avee des formules identiquement les mêmes donne pour l'objectif photographique la focimétrie photogrammétrique. Ainsi qu’il résulte d’explications déjà données, cela provient de ce qu’en photographie on opère sur des valeurs absolues beaucoup plus élevées ; alors que rien n’empêche de maintenir les erreurs absolues à. peu près entre les mêmes limites. En d’autres termes cest la conséquence falale du fait que les grandeurs auxquelles s’adresse la mieroscopie sont déjà en leur totalité du même ordre que les erreurs que les autres branchies de la technique scientilique ont la latitude de tenir pour négligeables.
- Il est évident qu’ainsi que cela a lieu pour l’objectif photographique, par la simple substitution d’un quadrillage au micromètre linéaire le même dispositif peut se prêtera l’étude complète et détaillée de l’ensemble du champ de l’objectif microscopique. Toutefois pour étendre aussi loin l'application de la méthode, il serait indispensable de substituer en même temps à la vis micrométrique usuelle, (pii donne le centième ou le deux-centième du millimètre, une vis accusant au moins le millième de millimètre.
- (1 suivre.)
- Commandant Legros.
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- SUR UNE NOUVELLE MÉTHODE D'OBTENTION DES PHOTOGRAPHIES EN COULEURS
- La méthode qui fait l’objet de la présente communication est basée sur l'emploi de particules colorées déposées en couche unique sur une lame de verre, puis recouvertes d'un vernis convenable et enfin d’une couche d’émulsion sensible. On expose par le dos la plaque ainsi préparée, on développe et l’on inverse l’image qui présente alors, par transparence, les couleurs de l’original photographié.
- Les difficultés (pie nous avons rencontrées dans l’étude de cette méthode sont nombreuses, mais les résultats qui accompagnent cette note prouvent qu’elles ne sont pas insurmontables.
- Les détails de la préparation sont les suivants : on sépare de la fécule de pomme de terre les particules ayant de quinze à vingt millièmes de millimètre, puis on forme trois lots de ces particules qjue l’on teint respectivement en rouge orange, vert et violet. Les poudres colorées ainsi obtenues sont mélangées après dessiccation complète, en proportions convenables, puis on étale ce mélange, à l’aide d’un blaireau, sur une lame de verre, préalablement recouverte d’un enduit poisseux. En opérant avec soin, on arrive à constituer une surface très uniforme ne présentant qu’une seule couche de grains se touchant tous sans aucune superposition. On obture ensuite, par le même procédé de saupoudrage, les interstices qui laisseraient passer de la lumière blanchi1, à l’aide d’une poudre noire très fine, du charbon de bois pulvérisé, par exemple.
- On a ainsi constitué un écran coloré dans lequel chaque millimètre carré de surface représente deux à trois mille, petits écrans élémentaires orangés, verts et violets. On recouvre la surface ainsi obtenue d’une couche d’un vernis aussi mince et aussi imperméable (pie possible et possédant, en outre, un indice de réfraction voisin de celui des grains de fécule, puis on coule finalement sur ce vernis une couche mince d’émulsion sensible panchromatique au gelai inobromure d’argent.
- On expose la plaque, à la manière ordinaire, dans un appareil photographique, en primant toutefois la précaution de la retourner de façon que les faisceaux lumineux venant de l’objectif traversent les particules colorées avant d’atteindre la couche sensible.
- Le développement s’elfectue comme s’il s’agissait d’un phototype ordinaire, mais si l’on se contente de fixer la plaque à l’hyposulfite de soude, on obtient un négatif présentant, par Iransparene:, les couleurs complémentaires de celles de l’objet photographié. Pour rétablir l’ordre des couleurs, il suffit, après développement, d’inverser l’image en dissolvant l’argent réduit par cette opération, puis, sans fixer, (h1 développer ensuite le bromure d’argent non influencé par la lumière lors de l’exposition dans la chambre noire.
- On obtient ainsi, par des manipulations à peine plus compliquées que les manipulations usuelles, des représentations colorées des sujets photographiés, et l’examen direct aussi bien (pie mieroscopique des images qui accompagnent cette note. montre, croyons-nous, que cette méthode peut conduire, par la suite, à des résultats pratiques.
- Argusre et Lotis Lcmièhe
- Comnoorietion à rAeudémte des Sciences.
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- SUR LES SENSIBILISATEURS
- IL W. Vogel a trouvé que les inconvénients dus à l’emploi de la cyanine pour la préparation des plaques sensibles au rouge, peuvent être corrigés si au lieu de cyanine seule, on emploie un mélange de cyanine et de rouge de quinoléine. Ce qu'il appelle l'azaline n’est qu'un mélange de ces deux produits.
- Si nous examinons au spectroscope les plaques préparées avec une solution ammoniacale de cyanine (1 partie cyanine, G.000 parties d'eau, 4.000 p. d’alcool, 10 p. d’ammoniaque) et que nous les comparons aux plaques préparées à l’azaline (I p. cyanine, 10 p. rouge de quinoléine, 10.000 p. d’eau et alcool, 10 p. ammoniaque), nous trouvons dans ces dernières plaques, indépendamment des caractéristiques de la cyanine, une bande de sensibilisation dans le vert, due au rouge de quinoléine, et un accroissement notable de la rapidité avec une tendance beaucoup moins prononcée aux taches que s’il est fait emploi de la cyanine seule. L'éosine en présence de la cyanine agit de même.
- Plus tard, j’ai démontre que l’écran formé par la grande quantité de rouge de quinoléine peut être atténué si on emploie un sensibilisateur moins coloré que l’on obtient en précipitant la majeure partie du rouge de quinoléine primitif par le rouge de glycin. Les plaques préparées de cette façon sont beaucoup plus claires que les plaques à l'azaline et elles se conservent beaucoup mieux, car elles ne retiennent après lavage qu'une très petite quantité de colorant. Le même résultat peut être obtenu en réduisant la quanti té de rouge de quinoléine.
- Des observations plus récentes m’ont démontré que les éosines et le rouge de qui-holéine, ainsi qu’un petit nombre de colorants, qui par eux-mêmes n’ont aucune propriété sensibilisatrice, ont également une grande valeur comme colorants supplé-mentaires avec les isoeyanines. Par exemple, l’action du rouge de quinoléine avec le nitrate de rouge de méthyl (nitrate d'isoeyanine par l'iodo-méthyl-quinaldine et l'iodo-méthyl-quinoléine) est tout à fait, remarquable. Si on baigne une plaque dans une solution de nitrate de rouge de méthyle (à 1 50.000), malgré le soin que l’on peut avoir delà sécher rapidement, celte plaqne aura une tendance au voile. Mais si le bain sensibilisateur est additionné de rouge de quinoléine, ou simplement d’éry-throsine(I partie de nitrate de rouge méthyle, 4 parties rouge de quinoléine, 400 parties alcool, 50.000 p. d’eau), la plaque après lavage ne manifestera aucune tendance à se voiler; sa conservation sera excellente, même si le séchage se fait lente-ment. La courbe de sensibilité n’en est, nullement altérée, du moins en ce qui concerne la hauteur absolue des maxima. Toutefois la courbe est moins élevée et les maxima moins proéminents. En substituant l'éry throsine au rouge de quinoléine on remarque la même suppression du voile, mais la bande spectrale est moins continue.
- Avec le nitrate de rouge d’éthyle (nitrate de l'isocyanine par l'iodo-éthylate de quinoléine et riodo-elhylale de (pdnaldine) on observe même fait et les plaques sont exemptes de voile même si on les sëche lentement et irrégulièrement. Le rouge
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- de quinoléine agit également bien avec le pinachrom et l’orthochrom. Ces sensibi-lisateurs qui, avec la plupart des plaques, montrent une tendance au voile, sont
- rendu possible pour sensibiliser les plaques pour le rouge si on les additionne de rouge de quinoléine. Par exemple, le nitrate d’éthyl-cyanine (quinoline-lepidine-
- éthyl-cyanine) donne une bonne sensibilité au rouge jusque 670 mais avec une grande lacune vers 535 pet les plaques sont voilées, tachées, striées. En utilisant le rouge de quinoléine, on obtient d’excellentes plaques panchromatiques, exemptes de voile et donnant de bons résultats. Voici une bonne formule :
- Nitrate d'éthyl-cyanine (1 : 1.000 eau et alcool).............................10 cc.
- Rouge de quinoléine fl : 1.000 eau et alcool)............................... 50 CC.
- Eau................................................................... . 500 cc.
- La sensibilité est très régulière et s’étend jusque 670 p. — Tous les sensibilisateurs
- rouge de quinoléine et il y aurait de ce fait possibilité d'introduire de nouveaux sensibilisateurs optiques de cette série.
- I)’ A. Mi ET UE.
- (Laboratoire photorhimiqHe <le l'Ecole technique de Berlin).
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- SOCIÉTÉS SAVANTES
- Polaristobométrographe ou polarimètre enregistreur faisant périodiquement le point par un mouvement alternatif de l’analyseur.
- .Des études sur l’apparition de quelques précipités ( 1 ) et leur temps de formation m'ont conduit à chercher une méthode précise pour la mesure du temps des réactions en général.
- Les variations qu’éprouvent dans ces conditions certaines propriétés optiques m’ont paru pouvoir être utilisées de préférence à toute autre. Déjà M. HURION (2) a suivi les modifications de l'intensité delà lumière transmise à travers un liquide, dans lequel se forme un précipité. Mais les appareils ne m’ont pas semblé pouvoir se prêter aisément à l'enregistre-ment. L’étude des modifications du pouvoir rotatoire m’a paru plus commode à observer, sans impliquer d’ailleurs que ces modifications correspondent directement à des variations corrélatives de l’état chimique.
- Pour enregistrer ces modifications, j’ai imaginé un dispositif qui utilise un cinématographe GAUMONT et un polarimètre Laurent à pénombre convenablement modifiés.
- L’appareil cinématographique et le polarimétre sont placés sur un même banc et reliés par un soufflet. L’oculaire du polarimètre été supprimé. L’objectif du cinématographe est placé après cedernier et la lame demi-onde immédiatement avant l'analyseur, d’une manière analogue à celle adoptée par M. DONGIn (3) dans son analyseur à pénombre. Cette disposition permet, avec un objectif à très court foyer, d’avoir une image plus grande avec un recul moindre, ce qui est commode pour les transmissions mécaniques, utilisées dans ce dispositif et permet de réduire les dimensions de l’appareil. Ayant besoin d'avoir un assez grand nombre d’images, dans des temps relativement courts, j'ai dû, d’après les résultats obtenus par MM. Chauvin et Ch. FABRE (4) dans l’application qu’ils ont faite de la photographie au polarimètre à pénombre, avoir recours à une lumière monochromatique autre que la lumière jaune, et plus actinique : j'ai choisi la lumière violette et M. JOnIN m’a cons-truit une lame demi-onde pour les rayons violets. La lumière violette pourrait être empruntée t un spectre dont on isolerait la région convenable, mais j’ai trouvé plus simple d’utiliser une source puissante, telle que l’arc électrique ou une lampe Nernst de 3 ampères, dont je filtrais la lumière à travers un écran coloré constitué par des solutions combinées de violet de gentiane ou de méthyle et d’indigo carmin.
- Le mouvement de l’appareil cinématographique, qui est actionné par une dynamo, est transmis par une vis tangente à un arbre longeant parallèlement le polarimètre. Sur cet arbre est montée une came dont la rotation imprime un mouvement alternatif à un équipage qui entraîne à la fois l’analyseur et la lame demi-onde, si bien que l’égalité de teinte des deux plages se trouve automatiquement faite à des intervalles réguliers, mais pour «les angles différents, si cependant le pouvoir rotatoire de la substance a changé. On peut faire varier l‘a mplitnde du mouvement avec l’exeentricité de la came, sa période avec le pas de la vis, f9. la région du déplacement avec la longueur de la tige qui transmet le mouvement de la came à l’équipage. Le déplacement du demi-disque de quartz, par rapporté un fil azimutal.
- (1) Swiêlê pauieaise de Pholnyrajdûe, 1e avril 1901.
- (2) Cnmufes-i'emhi't, 22 juin 1891, p. 1431.
- (3) Annales de Physique et de Chimie, 7 série, t. XIV, p. 48.
- (i) Coiniifes-teiulus^ 16 nov. 1891, p. 691,
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- donne sur chaque image la variation de l’angle dont l’analyseura tourné pour faire l'égalité de teinte des deux plages.
- On peut ainsi obtenir de 5 à 10 images et, comme sur ces séries suecessi vos d’un même nombre d’images on peut lire, en même temps que la valeur de l’angle pour laquelle a lieu l’égalité de teinte, le retard ou l’avance de ce point à des intervalles qu’on est libre de choisir, il est ensuite aisé de relever les variations ainsi enregistrées.
- Sans doute le procédé est limité aux substances (pii agissent sur la lumière polarisée, mais il offre l’avantage d'enregistrer avec précision les modifications que ces substances subissent dans toutes les conditions qui modifient leurs pouvoirs rotatoires.
- Gaston Gaillard
- •Aendénde des Scienees^ 22 fviier 1901.)
- Sur l’emploi d’images stéréoscopiques dans la construction des plans topographiques. Note de M. Lassi.dar.
- Le procédé graphique habituellement emplosé pour construire h? plan d'un terrain représenté par des vues photographié "s est dérivé de colui qui est si connu des topo-graphes, sous le nom de méthode des iHlerscclimis. Les vues que l’on combine deux à deux doivent être prises alors de stations suffisamment espacées pour que les rayons visuels, aboutissant aux images d’un même point et projetés sur le plan, se coupent sous des angles qjui ne soient pas trop aigus.
- On a objecté que les vues prises ainsi de stations éloignées les unes des autres, modiliant sensiblement l’aspect du paysage, il devient difficile d’identifier les deux images d’un même point, et qu’il peut eu résulter des incertitudes et même des erreurs. On a ré pondu à cette objection en indiquant un moven rigoureux de vérification. Mais les opérateurs exercés, ayant l’aptitude néressaire, en ont rarement besoin.
- Toutefois, les formes plastiques du terrain se trouvant pour ainsi dire écrasées sur cha-curie des vues isolées et différentes en apparence, quand on passe de l’une à l’autre, on avait songé, depuis assez longtemps, a recourir à la stéréoscopie pour tracer plus sûrement les courbes de niveau qui représentent ces formes.
- A la vérité, il fallait, pour cela s’assujettir à doubler le nombre des vues à prendre, et ce n’est que très exceptionnellement qu’on s'y était décidé.
- Aujourd’hui, la stéréoscopie tend à s'introduire sérieusement dans la photographie, en substituant une nouvelle méthode, colle des parai lu.ces, à la méthode des ndrrsrcHoHfi^ Seulement ce n’est plus, à proprement parler, la stéréoscopie ordinaire que l’on emploie, mais une stéréoscopie oagjdrér qui donne au paysage un relief saisissant se prêtant à des mesures de distances et de bailleurs, éléments de const ruetion des plans.
- Pour obtenir l’effet habituellement recherché de l’illusion physiologique de la vision binoculaire, les deux vues doivent être prises de points écartés l'un de l’autre comme les deux yeux, mais en rapprochant ensuite les deux images obtenues, dans un stéréoscope, l’illusion du paysage naturel est remplacée par une autre que l’on peut comparera la vue d’un modèle en relief, analogue à ceux des places fortes ou des ports de mer qui se trouvent aux Invalides et au Musée naval.
- On démontre aisément que ce phni-ndic/ ri ri md est une réduction du relief naturel dans le rapport de l’intervalle des eux à F’éea rtement des deux stations. Ainsi deux vues prises de stations espacées de 6 m .10 ou de cent fois l’intervalle moyen des deux yeus, juxtaposées dans une stéréoscope, donnent la seusation d’un modèle en relief à F’éehelle de 4/100.
- Je mets sous les yeux de l’Académie deux spécimens de ces couples dit vues, l’un correspondant à une base de 19 .20. et l’autre à une base de 58 m .00. La première donne Ie
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- modèle en relief du village de Rovat, à l’échelle de 1/300, et la seconde un modèle d’une région des Alpes dolomitiques d'Aatriche, à l'échelle de 1/900 environ.
- La profondeur à laquelle on peut encore appliquer au paysage l'expression de modèle en relief est d’autant plus grande que l'échelle est plus petite. Dans la pralique, dont il va s’agir, on se tient d'ailleurs nécessairement dans des limites beaucoup plus étroites.
- Avant d’aller plus loin, je crois devoir rappeler que les premiers essais de stéréoscopie exagérée ont été faits en Suisse, autour de la Jungfrau, dès 1858, par BRstN, de Dornach, et que les résultats obtenus par cet habile et ingénieux photographe avaient beaucoup frappé HEiMnourz qui, de son coté, avait cherché à en obtenir d'analogues, à l'aide de son tèdesléréoscope qu’il dirigeait immédiatement sur le paysage, et dont la base était néces-sa ire ment assez petite.
- On s’est avisé, dans ces derniers temps seulement, d’utiliser les ellets de cette stéréoscopie exagérée pour la construction des cartes topographiques. En recourant, par exemple, à l’instrument de haute précision du I) PrLrRien, d'Iéna, désigné sons le nom de stéréoeom-parateur, dont j'ai déjà eu l’occasion d'entretenir l’Académie à propos doses applications à l’Astronomie, on parvient, par la méthode des parallaxes, à rapporter, sur un plan et à une échelle déterminée, les positions relatives d’au ta ut de points que l'on peut en avoir besoin pour tracer la projection horizontale des divisions du terrain et des courbes de niveau des parties du paysage qui eonsereenl un relief suffisant.
- Le principe des opérations à effectuer par la méthodeen question est d’ailleurs on ne peut plus simple, quel que soit l’appareil de mesure que l'on emploie.
- Pour abréger les explications, nous supposerons que les deux stations sont au même niveau. et il doit être entendu d'ailleurs, que, dans tous les cas, les images sont situées dans un même plan vertical passant par ces deux stations. Celles-ci ayant été mises en place sur le papier, ainsi que la direction, c'est-à-dire l'orientation de l'axe optique de l'objectif de l’appareil pour l'une des stations, et d'un autre côté tous les points de chacune des images pouvant être rapportés à la ligne principale, et à la ligne d'horizon comme axes coordonnés, la différence des abscisses d’un même point mesure la parallaxe du point correspondant de l’espace dans le plan horizontal et l’on voit facilement que. la distance focale de l’objectif et l‘écartement des deux stations étant connus, la projection horizontale de la distance du point considéré en résulte ainsi que sa direction rapportée à celle de l’axe optique de l'objectif tracée sur le papier. Les différences de niveau se déterminent d'ailleurs comme dans la méthode ordinaire.
- Le stéréocomparaleur dont j’ai fait exposer un dessin sert d'abord à voir stéréoscopique-ment l'ensemble des deux vues à l'aide de lentilles offrant un champ suffisant, puis, quand on a remplacé ces lentilles parle système de mieroseope représenté sur la ligure.à mesurer mécaniquement les abscisses el les ordonnées des différents points considérés. L’est à l’ex-Wme précision des vis mierométriques de cet appareil qui donnent le centième de millimètre uestdue l’exactitude des résultats que j’ai cru devoir signaler à l’Académie. Quant à la marche systématique à adopter pour relever rapidement les détails du plan ou les points des difTérentes courbes de niveau, je ne saurais les indiquer ici, pas plus que les procédés Sraphiques expéditifs destinés à simplifier les constructions.
- Il me suffira de donner un aperçu de l’expérience faite dans le courant de l'été dernier, "us environs d’Iéna, sous les auspices du général major SanrLzI, chef de la section topo-graphique, par M. Paul SEuKk. topographe royal. avec la coopération du Dr PuL.FRICI.
- Ou voit sur le plan exposé ( qui est à une échelle triple de l’original), les différentes parties de la montagne du Kernberge, étagées les durs derrière les autres comme sur les photo-Eraphies, jusqu’à une distance de 3000 m ; l’échelle du plan original était de 1 10000, ce qui permettait d'évaluer sur ce plan les distances à 1 ni près, et ce degré de précision est. "ussi celui sur lequel on peut compter jusqu’à cette limite de 2500 m à 3000 m avec. la base de 100 m.
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- Avec une base plus grande ou plus petite, celle limite varie naturellement et la question de l’échelle que l'on emploie doit être également prise en considération pour la fixer ; mais je ne veux pas entrer dans cette discussion. Ce qui me semble surtout digne de la plus grande attention, c'est (pie l’undes expérimentateurs, très familier avec la méthode du lever à la planchette, laquelle se pratique nécessairement et toujours péniblement sur le terrain, et qui l'a comparée avec celle de la stéréométrophotographie laquelle, une fois les photographies obtenues, s’emploie par tous les temps dans le cabinet, a déclaré qu’elles conduisaient aux mêmes résultats.
- Le stéréocomparateur du l)1’ PULFRIcII, dont on peut voir un modèle au Conservatoire des Arts et Métiers, est un appareil admirablement construit, mais d’un prix élevé et d'un maniement délicat.
- Un autre inventeur, M. FOURGADE, attaché au service forestier au Cap de Bonne-Espérance, en a imaginé indépendamment un tout à fait analogue avec lequel il semblerait que les mesures facilitées par l’emploi d'un reseau de Gautier seraient exécutées plus rapidement. M. FOURGADE doit avoir entrepris, de son côté, des expériences dont nous ne connaissons pas encore les résultats,
- il convient de faire remarquer, avant de terminer, qu’avec l’un comme l’autre de ces instruments, ce n'est que par voie indirecte, et non par la vue simultanée de l’ensemble des couples d’images, que l’on met à profit leurs propriétés.
- Mais on a aussi cherché à utiliser celles de la stéréoscopie proprement dite, ce qui constitue une troisième méthode distinete de celle des intersections et de celle des parallaxes, en opérant directement sur les modèles en relief virtuels. Je ne désespère pas de pouvoir faire connaître assez prochainement à l’Académie les résultats d’essais poursuivis en Allemagne et chez nous, pour réaliser la conception due au savant arpenteur général du Canada, M. E. DEVILLE, d’un instrument déjà désigné par anticipation sous le nom de sléréoplani-graphe, dont je dois me contenter aujourd’hui de montrer l'organe principal. Cet organe, comme on le verra en s’en approchant, permet de disposer le modèle en relief du passage de manière à en pouvoir suivre les accidents avec un point de mire mobile, porté par une armature dont les mouvements sont communiqués à un crayon qui en laisse la trace sur le
- Mais comme l’chelle du modèle en relief est généralement très grande et que le point de mire et son armature seraient entraînés trop loin de l’opéraleur, il a fallu chercher des moyens optiques ou mécaniques de réduire les figures déduites du modèle et c’est cette seconde partie du stéréoplanigraphe qui est encore à l’étude.
- Colonel LAUSSEDAT.
- [Acntlémie des Scii-iicex, 30 mti 1901.)
- Enregistrement photographique de l’apparition de certains précipités.
- M. Caston GAul.AnD, au cours de recherches failcs à un point de vue plus général, a étudié, par la photographiie, les conditions dont dépend le temps que mettent à apparaître certains précipités, ainsi que la durée de leur formation.
- Les premières recherches ont porté sur quelques hyposullites et notamment sur T’hypo-sulfite de sodium.
- L’auteur se contentait d'abord de compter au moyen d’un chronomètre le temps (pii s'écoule avant l’apparition du trouble opalescent qui se produit, lors de la précipitation de ces sels par les divers réactifs qui ta déterminent.
- Mais il est assez difficile de saisir exactement avec F'iil et dénoter, même pour les préci-pilés qui sont les plus lents à se former et, surtout, pour ceux qui se forment encore daus les solutions très étend urs, le moment précis de leur apparition ou bien les changements
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- de coloration par lesquels ils peuvent ensuite passer ; aussi M. GAILLARD a-t-il essayé de les fixer par la chronophotographie qui permet de grouper toute une série de tubes à essais remplis de solutions de concentrations différentes et dans lesquels on verse le même réactif; ou de même concentration, et dans lesquels on verse alors des réactifs différents, afin d’obtenir, sur une même pellicule, ces phénomènes successifs dans toutes leurs phases et avec leurs relations réciproques. Les tubes sont placés devant une chambre obscure constituée, par exemple, par une caisse noircie intérieurement et formant fond noir, la disposition par transparence ayant semblé moins avantageuse à l’auteur.
- Les résultats obtenus sont traduits sous forme de courbes qui sont plus expressives que les chiffres servant à les construire, en portant en abscisses l’intervalle de temps qui s’écoule entre l'instant où l’on verse le réactif et celui de l’apparition du trouble et en portant en ordonnées les valeurs de la concentration ; chaque courbe a été obtenue en maintenant constant le volume du réactif et en faisant varier la concentration d’un même volume de solution.
- M. Gaston GAILLAnD a pu, par celte méthode, mettre en évidence les faits suivants :
- 1° En faisant varier uniquement la concentration de la solution du sel et en lui donnant des valeurs de plus en plus faibles, on obtient une courbe qui, dans les cas étudiés, présente l’allure d'une logarithmique descendante dont l’asymptote est, parallèle à l’axe des temps et semble assez voisine de lui ;
- 2" Pour la solution du même sel, en faisant varier soit la nature du réactif, soit sa dilution, on obtient des courbes différentes;
- 3” Quand on fait réagir les composés que donne un même corps ou des corps de propriétés voisines on peut dire, d'une façon générale, qu'on obtient des courbes se superposant les unes aux autres d’une façon régulière ;
- 4" En opérant avec un même acide, l’acide chlorhydrique pur à 22° par exemple, sur des solutions différentes telles que les hyposulfites d’ammonium, de sodium, de strontium, les courbes se superposent encore dans l’ordre des poids atomiques des métaux, la plus basse correspondant à l’hyposulfite d’ammonium.
- L’auteur se propose de continuer ces intéressantes études.
- (Société française de pkotograpide, 14 avril 1904.)
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- TAP dont le coté AP est précisément la longucur l, l’angle TAI sera égal à ANI ou à a-
- Le nireeleHi'-Gêeaul : Chaules MENDEL.
- Duov, MVPRIInI. DAMIEnI
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- PIIOTOGRAMMETRIQUE
- DEUXIÈME PARTIE. - LA FOC EN OPTIQUE
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- CHAPITRE III
- FOCIMETRE PHOTOGRAMIMETRIQUE POUR OPTIQUE MICROSCOPIQUE
- g 1. — DESCRIPTION DE L'INSTRUMENT
- En appliquant au contrôle du travail courant de ses ateliers l’agencement dont nous venons d’exposer le fonctionnement, le constructeur M. STIASNIE en a jugé les résultats assez satisfaisants pour le déterminer à nous prier de l’aider à fixer cet agencement en un inst rumeut spécial, dont on put avec toute facilité et sans prépa-ration aucune, mettre à tout instant les services à contribution. La genèse de cet instrument, découlant naturellement de tout ce qui précède, justifie suffisamment le nom que nous lui avons donné.
- Il va de soi que la direction de nos efforts communs a tendu à apporter dans la construction toutes les améliorations qui peuvent distinguer d’un assemblage plus ou moins incohérent de pièces dont le rapprochement n’avait jamais été prévu, un instrument expressément établi en vue d’un but parfaitement déterminé. Différentes observations déjà relevées au cours de cette étude ont pu faire pressentir sur quels points il avait été jugé particulierement désirable de porter ces améliorations.
- Le focimétre photogrammétrique pour optique microscopique (fig. 4) a pour base un cercle diviséC monté sur vis calantes. Ce cercle pourrait d’ailleurs à peu près aussi bien, sans grand inconvénient, avoir son pied encastré dans une plate-forme horizontale, massive en bois, solidement assise sur la table de travail (I) : les raffinements du réglage en verticale n’ayant ici qu’un intérêt secondaire, de beaucoup primé par la considération d’une parfaite stabilité. Au centre de l’alidade, faisant corps avec elle, et ayant pour axe l’axe de rotation, s'élève une colonne verticale qui supporte l’ensemble du système optique. Le cercle et son alidade possèdent des mouvements de rotation indépendants l’un de l’autre et commandés par des vis de rappel ; ce qui permet de faire partir toutes les observations du zéro de la graduation ou d’une MTande division bien définie et choisie d’avance de cette graduation. On obtient ainsi directemeni les angles " par une lecture unique du cercle, sans qu’il soit besoin de Tecourir aune soustraction.
- A son sommet la colonne porte, formant le T, un fort coulant horizontal T à see-bon triangulaire, dans lequel glisse à frottement sous l ad ion d’une crémaillère et
- (1) On trouvera particuliérement commode de le monter sur un pied photographique d’atelier " "lévation, pourvu de la. vis de serrage des pieds géodésiques.
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- (l’un pignon p une forte tringle métallique de même section, sur laquelle courent les différentes pièces de la partie optique.
- Le glissement de la tringle a pour objet de permettre d'amener sur la direction de l’axe de rotation le point nodal d'avant des systèmes optiques essayés : soit dès le début, au jugé(fig. 4); soit, après une première détermination approximative, avec une plus grande précision. Pour la facilité des rectifications de cet ajustement, quand on apprécie qu’il peut être utile d’en effectuer, l’une des faces de la tringle est divisée en millimètres; et le coulant porte en regard de celle division un vernier.
- Le support de la partie optique rappelle dans ses traits généraux la charpente d’un microscope amené à la position horizontale. Le plan vertical de symétrie de cette charpente est le plan vertical qui renferme l’axe de rotation ainsi que l’axe de
- = a = :
- la Iringle horizontale. Celle partie optique se décompose en deux équipages distincts possédant des mouvements indépendants l’un de l’autre: l’un A qui correspondrait au microscope ordinaire avec sa platine, faisant ici fonction de microscope d’observation; l’autre B qui représenterait la sous-platine. Chacun de ces équipages csl porté par un coulant ajuste sur la tringle horizontale, et se déplaçant le long de celle tringle à l’aide de pignons p\ p, qui engrènent sur la crémaillère.
- Ces deux coulants sont fortement échanerés dans le sens de leur longueur de manière à pouvoir l’un et l'autre chevaucher sur le coulant central. Celte disposition a pour objet de permettre damener à volonté au-dessus de Faxe de rotation soit l'objectif du microscope, soit le système optique porté par la sous-platine, en engageant au besoin l’un ou lautre jusqu'a travers l’ouverture de la platine.
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- Le microscope d’observation est un microscope d’un modèle léger, qui, pour l'étude des systèmes optiques des pins grandes longueurs focales, peut ètre remplacé par une simple loupe. Lue vis de rappel peul lui imprimer, dans un sens perpendiculaire a son axe, un mouvement de translation qui permet, d'abord par un déplacement imperceptible, de réaliser les conditions de la mise au point parai lact ique ; puis, par un déplacement de plus grande amplitude, de procéder à l’étude méthodique compléte de toute l’étendue du champ des systèmes optiques.
- La platine P est du modèle ordinaire, pourvue des mouvements de rotation et de translation que l’on trouve aujourd’hui dans tous les microscopes bien montés. La face de travail est tournée du coté de la sous-platine, et c’est de ce même coté que sont fixés les valets. L’ouverture centrale est de dimensions suffisantes —cinq à six centimètres — pour rendre possible dans de bonnes conditions l’étude des objectifs microscopiques du plus long foyer, celle des oculaires, et même celle des plus faibles objectifs pholographiques ; objectifs de photo-i umelles, de petits détectives, etc.
- La sous-platine a une ouverture variable, et réglable par des vis de serrage, dans laquelle s’ajustent, directement ou par l’intermédiaire de bonnettes appropriées, les systèmes optiques à soumettre aux vérifications. Pour le centrage de ces sys-lèmes, elle est pourvue des mêmes mouvements de rotation et de translation dans son plan que la platine elle-même. Dans le sens de la marche des rayons lumineux, le déplacement de l’équipage qu’elle constitue est commandé, comme il vient d'être dit, par un pignon // engrenant sur la crémaillère de la tringle principale: c’est là le mouvement rapide, dont l’amplitude est mesurée par un vernier. Mais elle pos-séde en outre un mouvement lent, qui lui est imprimé par une vis micrométrique à tête divisée V accusant le centième de millimètre, du modèle en usage dans les mi-croscopes de la construction la plus soignée.
- Pour l’essai des objectifs les plus puissants, le mouvement rapide a simplement pour rôle de permettre d’amener la lentille frontale en contact avec le micromètre, la vis micrométrique étant au zéro de sa graduation. La mise au point s’effectue en-suite exelusivement à l’aide de la vis micrométrique; l'intervalle parcouru, relevé sur la tête de ceite vis, est alors la distance frontale de l’objectif. Pour les systèmes optiques à plus long foyer, dont la mise au point par la vis serait par trop fasti-dieuse, et pour lesquels la même précision n’est pas indispensable, le mouvement rapide est seul employé ; et la vis n’a pas à intervenir.
- Notons «pie ceserait aller à l’encontre de toutes les règles des méthodes de pré-Cision des siences d'observation que prétendre effectuer une telle détermination en partie à l’aide de la graduation du mouvement rapide, pour la compléter à l’aide de celle du mouvement lent. Les deux ordres de mesure n’ont pas une base commune 111 une précision comparable; leurs résultats ne peuvent s’additionner. La faute serait particulièrement grave dans le cas des objectifs puissants, qui réclament Eigoureusement le plus haut degré de précision (pic l’appareil permette de réaliser, et dont les données se trouveraient complètement faussées.
- Les différents coulants ont une course suffisante pour se prêtera l'étude d’ocu-lires dont la longueur focale s'élève jusqu’à 125 mm., et, par suite, à celle des ohjeet ifs photographiques de meme foyer.
- On remarquera que, dans h* modèle représenté par la figure, modèle de la cons-truction originale établi par tâtonnements successifs, la tige sur laquelle coulissent es dilTérentes parties du système est cy 1 i nd rit] uc ; le tube du microscope d’observa-
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- tion ne possède que les mouvements usuels de translation suivant l’axe; et le dé-placement latéral nécessaire à la vérification de la mise au point parallactique se réduit à la mancuvre d’un élément de revolver commandé par une vis de rappel : reproduction sensiblement améliorée du dispositif de l'agencement improvisé.
- On remarquera également <pie, encore comme dans le cas de l'agencement improvisé, le micromètre a été figuré fixé sur la face de la platine qui regarde le microscope d’observation. L’instrument peut évidemment fonctionner ainsi, le seul point essentiel étant que le micromètre soit tourné du côté du système optique soumis aux essais. Mais, bien (pie les deux faces de la platine aient été établies de façon à pou-voir recevoir les valets et les préparations, c’est la face opposée qui doit être considérée comme face de travail normale: elle est seule utilisable pour la mesure de l’angle d’ouverture.
- §2. EMPLOI DE E/TNSTRUMENT. OBJECTTS
- L’emploi de l’instrument ressort surabondamment des explications sur lesquelles nous nous sommes étendu à l'occasion du matériel improvisé. Quelques détails succincts seront suffisants pour le préciser.
- L’instrument, le microscope tourné vers l’observateur, est établi d’aplomb en face du repère. Disons (pie, pour ce repère, le constructeur M.STIASSNI:, après essais comparatifs, est arrivé à faire choix de préférence d’un fil à plomb suspendu devanl une fendtre et observé d’une extrémité à l’autre de son atelier. Les conclusions établies dans ce qui précède au sujet de l’objectif photographique montrent que la distance (pic peut donner une semblable disposition est pleinement suffisante quand il s’agi* de longueurs focales réellement microscopiques.
- Le système optique O que l'on se propose «l’étudier est fixé dans l’ouverture de la sous-platine à ce destinée, par l’intermédiaire d’une bonnette appropriée s’il y a lieu. Le micromètre est mis en place sur la platine, le dessus tourné vers le système optique.
- Pour une première opération, au movendesmouvementsde translation et de rotation de la platine et de la sous-platine, on ajuste le cent rage de l’instrument de telle façon que le micromètre et l’image fournie par le système optique se détachent correctement au centre du champ du microscope d’observation. La verticalité des traits du micromètre ainsi que l’aplomb de l’ensemble de l’appareil se vérifient en même temps, avec toute l’exactitude désirable en cet te circonstance, parla constatation de la coïncidence de l’image du repère verl ical avec les traits du micromètre les plus rapprochés des deux extrémités horizontales du champ optique, pour une rotation de l’étendue de ce champ.
- Cela fait, pour procéder aux mesures proprement dites, s’il s’agit d’un oh jeet i f à court foyer, on commence par amener la tête de la vis micrométrique au zéro (h* sa graduation, en ménageant à cette vis une marge suffisante pour que la mise au point complété puisse s’efTectuer en la dévissant. Faisant alors exclusivement usage du mouvement rapide par la crémaillère, on améne la lentille frontale de l’objeetif essayé en contact avec la lamelle (pii recouvre le micromètre, lamelle dont l’épaisseur sera conforme aux conventions établies.
- On assure la correction de la mise au point du microscope. d'observation sur le
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- micrométre, qui doit être convenablement éclairé* par l’avant ou parTarrière. L'image fournie par le système optique est à son tour mise au point sur le micromètre; mais cette fois en faisant exclusivement usage delà vis micrométrique. Un déplacement latéral imperceptible du microscope d'observation établit les conditions de la mise au point parallactique.
- Un mouvement de translation de totalité de la tringle horizontale, effectué au moyen du pignon central ) amène alors la position approximative du point nodal d'avant du système optique sur la direction de l’axe de rotation. D’après les considérations précédemment exposées, on peut se rendre compte que, même pour les recherches de précision poursuivies après une première approximation, l’observation d’un fil aplomb, (ui se détache sur l’axe de rotation et sur un repère quelconque tracé extérieurement sur la monture de l’objectif à hauteur du point nodal d’avant, suffit amplement pour assurer cet ajustement dans la mesure utile pour l’exactitude des déterminations définitives.
- La distance focale se détermine alors par l’application normale de la méthode photogrammétrique. Le parcours accusé par la graduation delà vis micrométrique donne immédiatement la distance frontale correspondant à l’épaisseur de la lamelle couvre-objet dont on a fait usage.
- S’il s’agit de systèmes optiques de moins grande puissance, le contact de la lentille frontale avec le micromètre, aussi bien que la mise au point ultérieure du système, s’effeetuent exclusivement à l’aide du mouvement rapide. La distance frontale est accusée par la différence des lectures relevées au vernier aux deux extrémités de son pa rcours.
- On ne doit pas perdre de vue, au cours de ces opérations la remarque faite précé-demment au sujet de l’inconvénient qu’il y aurait à vouloir combiner des mesures relevées partie au vernier, partie à la vis micrométrique; et bien se rappeler que l’on ne peut ainsi qu’abaisser le degré de précision du vernier lui-même. Toutefois, comme *• résulte parfois d'une telle maneuvre quelque bénéfice au point de vue de la com-lnodi té et delà rapidité des recherches, il n’y a pas grand inconvénient à y avoir recours dans les observations courantes pour lesquelles la précision du vernier a pu êtrejugée surabondante. Elle est formellement proscrite dans les cas où le résultat doit être exprimé en divisions de la vis micrométrique. Le vernier ne peut alors être consulté du’à titre de simple renseignement : uniquement pour prévenir des erreurs d’un tour entier de vis micrométrique.
- La distorsion se mesure, exactement comme dans le cas de l’agencement improvisé, " l’aide de la chambre claire MAnAssEz à angle variable M montée sur le tube du ‘Microscope d’observation.
- | 3. - NESURE DE LANGLE D’OUVERTURE
- En étudiant la mesure de l’angle d’ouverture à l’aide du focimètre microscopique nprovisé, nous avons dit (pie, pour cette, détermination, c’est le foyer d’avant de lbjeetif soumis aux essais qui devait être amené sur l’axe de rotation. Il faut con-venrgue ragencement improvisé ne se prèle pas aussi avantageusement qu'on pour-tait le souhaiter à la vérification rigoureuse de cette condition, vérification (pii est, au contraire des plus faciles avec l’instrument spécial. L’étude effectuée par le
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- moyen de ce dernier instrument nous montrera heureusement que la plus simple approximation qu’est à même de réaliser avec l’appareil improvisé tout observateur tant soit peu soigneux est pleinement suffisante pour répondre aux exigences de la pratique; elle lui suggérera en même temps les points sur lesquels il devra plus particulièrement porter son attention pour arriver à améliorer cette approximation.
- Pour cette détermination, avec l'instrument spécial comme avec Fagencement im-provisé, l'objectif à essayer est transporté sur le microscope d'observation. Le micromètre est comme toujours établi sur la face de travail, face extérieure, de la platine ; mais cette fois la graduation tournée vers le microscope. Le coulant qui porte le microscope, de même (pie la tringle sur laquelle court ce coulant, sont l'un et l’autre pourvus d'un trait de repère; et la coïncidence de ces deux traits correspond à la position dans laquelle la face de travail de la platine passe par l’axe de rotation du cercle.
- On a préalablement enlevé tout l’équipage de la sous-platine. La graduation du micromètre est mise au point dans le microscope ; le foyer de l’objectif se trouve dès lors dans le plan de la face de travail de la platine, et, du méme coup, sur l’axer de rotation. Le micromètre est alors enlevé ; et il ne reste plus qu’à procéder à la mesure de l’angle comme dans le cas de l’agencement improvisé.
- Nous avons vu que le principe de la méthode est d ANDREw Ross; ce détail de mise au point se ral tacherait plutôt au procédé de M. GI.LETT cité par JIAuz i Imm, The Microscope, qui mettait au point sur une aiguille montée, sur le prolongement de l’axe de rotation.
- Le dispositif de M. GnETT, tel que le décrit h* L" JAnE/ Hlocc, est notablement plus compliqué; mais nous ne sommes pas du tout consaincu de l’utilité de sa com-plication, au moins pour l'objet que nous avons actuellement en vue. En regard du microscope mobile qui porte l’objeetif soumis à l’examen est installé un second mi-croscope qui reste fixe, et dont l’axe si; confond avee le prolongement de l’axe du microscopemobile quand celui-ci est dans la position centrale de son parcours. On commence par mettre 1c microscope fixe au point également sur l'aiguille axiale. On en enlève alors l’oculaire, que l’on remplace par un couverele métallique percé en son centre d'une très petite ouverture, et devant cette ouverture on dispose une source lumineuse. Les rayons lumineux émis par cette source suivent évidemment en sens inverse la même marche que ceux qui émanaient de l’aiguille dans la mise au point. Ils donnent par conséquent dans le microscope* mobile l'image nette d’un point lumineux, qui reste perçu comme tel dans une certaine partie de l'tendue de la course de ce microscope autour de l'axe de rotation. Cette disposition, d’après le DMabkz Hogg donnerait une grand»; précision à la mesure de l’angle donverture ; mais cette appréciation nous paraît reposer sur une équivoque. Le secteur dans l’étendue du-quel l’iril perçoit dans le microscope mobile une image net te du point lumineux ne correspond pas du tout à l’ouverture de l’objectif, mais bien à celle de l’oculaire, qui n’a rien de commun avee la première. L'ouverture de l’objectif est mesurée par l’amplitude du seeteur pour lequel l’intérieur du tube reste illuminé ; et il est probablement plus préjudiciable qu’avantageux pour la précision de l’observation de s’exposer à faire naître des réflexions irréguliéresde lumière cuire les parties bril-huiles des deux objectifs nécessairement très rapproches.
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- Commandant Rnnos.
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- PIIOTOIIYDROGRPIIIE
- APPLICATION DE LA PIIOTOGRANIMETRIE A L’HYDROGRAPHIE (I) (suite)
- Inslrinncnls à — Un grand nombre d'instruments ont été proposés sous lesnomsdephotothiéodolites, phologrammèlres, phototachéomètres, etc. Ce sont pour la plupart des théodolites dans lesquels on a encastré une chambre noire. Ces appa-reils répondent parfaitement à leur destination et donnent toute la précision dé-sirable. Mais on peut utiliser une chambre noire ordinaire, bien construite, en lui faisant subir les transformations simples et peu coûteuses que je vais énoncer.
- Il faut d’abord munir la chambre d'un niveau sphérique encastré dans l’épaisseur de la planchette derriére la glace dépolie ou de deux niveaux cylindriques à bulle d’air calés suivant des directions rectangulaires. Ces niveaux ont pour but de mettre la planchette qui supporte la chambre parfaitement horizontale. C'est là une condition essentielle quand on ne veut pas s’astreindre à choisir les stations de façon à laire figurer une portion de l’horizon de la mer dans les clichés.
- On se procure en outre une tête de pied spé-ciale permettant de faire tourner la chambre sur son axe sans qu’elle cesse de rester horizontale.
- •l’ai fait choix de la tète de pied « Guros ». La figure ci-jointe (fig. 3) dispense d’une lon-mie description. Le plateau inférieur B est mumni d’un niveau E et de trois vis calantes h' qui permettent de rendre l’axe de rotation de la partie supérieure A vertical. Quand la chambre a été amenée horizontale à l’aide de son propre niyeau, elle conserve donc son horizontalité Muand on la fait tourner de 0" à 300". L’instru
- ment est muni d’une double graduation servant à contrôler grossièrement les dépla-cements horizontaux ou verticaux qui lui sont imprimés.
- ll’objeet if devra donner des images complètement exemptes de déformations et il est de toute nécessité d'employer un reetilinéaire. Elobligation d’embrasser un champ aussi vaste (pie possible dans les opérations topographiques, pour réduire h' Nombre de stations et de clichés, conduirait à adopter des objectifs grands angu-laires. Mais il faut avoir soin de garder à l’objectif une distance focale suffisante. En eflet, la chambre noire agit comme instrument de mesure en construisant des triangles semblables ; le IriangleIracé dans l’appareil a pour hauteur la distance focale. Pour obtenir des mesures précises, il faudra donc (pie celle distance locale ne descende pas au-dessous il’umne certaine valeur. On sera dans de bonnes conditions
- (1) Nerue (les sciences pholographinjues, no d’aoùt 1906.
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- REv K DES SCIENeEs MITOTOGRPIGUEs
- •J ajourerai la suivante, qui semble la plus commode pour l'hydrographe.
- avec, un objectif de 020 à 030 de Toyer. Les formats 13X18 et 1821 semblent les plus convenables. Si l’on emploie des formats plus petits et des objectifs à court foyer, pour obtenir la même précision il faudra avoir recours à l’agrandissement .
- Détermination des constantes de l'instrument. — Les diverses façons de déterminer la distance focale se trouvent dans tous les traités de photogrammétrie.
- Fig.
- Considérons sur une photographie deux points bien reconnaissables A et B dont les images sont(,01!/1) et b (fig. 4). Si l’on suppose le plan d'horizon rabattu sur le plan de la photographie en le faisant tourner autour de 11 II comme char-nière, le centre optique vient en () tel que 00’ -{. Si % el désignent les angles azimutaux que font les directions de A et B avec Taxe optique, on voit que l’on a:
- cl to:
- :
- I!
- B
- A
- o
- II J
- 2 s ? E T
- Cette équation du second degré en / permet de caleuler la distance focale, après avoir mesuré r .r, sur la photographie, si l’on a eu soin sur le terrain de mesurer la différence d’azimut «—3 entre les points Art B en montant le théodolite à la même place que l’appareil photographique ou plus simplement au moyen du cercle ou du sextant si les points sont sensiblement au meme niveau que l’observateur. L’équation (4) fournit deux racines ; il est évidemment facile de reconnaître celle qui convient. L’équation est générale, qjuelles «pie soient les positions relatives des points A et B pourvu qu’on ait soin de considérer les angles et les a; comme positifs à droite de // et négatifs à gauche de ce point.
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- JI sera préférable de relever une série de points bien visibles combinés deux à deux et de prendre ensuite la moyenne des valeurs obtenues pour /'.
- J’indiquerai maintenant les méthodes que j’ai imaginées pour repérer la ligne d’horizon et le point, principal, basées sur l’emploi de l’horizon de la mer. J’ai tout d’abord gradué — ceci n’a rien de nouveau — les deux planchettes d’objectif de la façon suivante. Sur chaque planchette on a vissé un fragment d’un double déci-mètre en buis gradué en demi-millimètres. Vis-à-vis de chaque graduation,on a fixé un index métallique Fis. h).
- Ces échelles permettent de mesurer les déplacements verticaux et latéraux imprimés à l’objectif.
- Pour avoir la ligne d’horizon automatiquement tracée sur les phototypes, la plupart des constructeurs placent à toucher la surface sensible deux aiguilles horizon-tales de part et d’autre du cliché; ces aiguilles laissent leur image sur la photogra-phie et il suffit de joindre les extrémités de ces images pour avoir, sauf correction ultérieure, la ligne d’horizon. D’autres ont imaginé de tendre deux fils en croix qui impriment leur image et conduisent au même résultat.
- Ces procédés, surtout le dernier, ont l’inconvénient de gter des clichés (pii, in-dépendamment des mesures qu’ils sont destinés à fournir, peuvent offrir un intérêt documentaire et même pittoresque.
- J’ai adopté la méthode suivante. J’ai fait construire un cadre1 en cuivre noirci dont l’intérieur affecte exactement la forme d’un rectangle ; ce cadre est assujetti sans ballottements possibles à l’arrière de la chambre noire, à toucher le volet du châssis. Cest par le centre de figure de ce cadre, sur lequel vient s’appliquer tantôt la mon-turc du verre dépoli, tantôt les châssis, que l’on fait passer l’axe optique de l’objec-tif. L’ouverture intérieure de ce cadre est calculée de façon à être légèrement plus petite que le format des plaques sensibles, de sorte (pu* chaque cliché présenti' sur son pourtour une bordure transparente A B B I), A' B' ( I)‘ qui s’imprime en noir sur les photocopies.
- Si le réglage a été fait — et si l’objeetif n’a pas été décentré — le centre ( du rectangle A BC I) représente le point principal (lig. 6.
- La distance entre le cadre de la chambre et la surface sensible ne dépassant généralement pas 1 2 centimètre, les bords de ce cadre, s’im-priment d’une façon assez nette sur le cliché, sans pénombre appréciable. La netteté sera
- d’autant plus grande que le diaphragme sera plus petit, mais ('11e sera dans tous les cas suflisante.
- Sur le cadre en question on colle provisoirement une. feuille de papier dioptrique sur laquelle on a tracé préalablement un rectangle de dimensions égales à A BC 1) —t qu'on fait coïncider avee lui — ainsi qu'un réseau de lignes perpendiculaires respeetivement parallèles aux côtés AB et BC du rectangle, à l'écart d’un millimètre Cuviron entre elles. ( le quadrillage serv ira dans le repérage de la ligne d'horizon e du point principal. On a marqué aussi soigneusement le centre O' du rectangle Sur le papier dioptrique.
- Erécutim du réglage par rhoriwii de la mer. — Par temps calme on dresse
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- l’appareil sur une plage, aussi près (pie possible de la mer, de façon à ce que l’élé-vation de l'objectif au-dessus de l’eau soit au plus dedeux ou trois mètres. On braque l’appareil vers h; large et on assure l’horizontalité à l’aide du niveau du pied et de celui de la chambre noire (fiy. 7). En regardant sous le, voile noir le papier dioptrique — qui joue le rôle de verre dépoli — on met au point d’abord et l’on déplace en hauteur l’objectif jusqju’à ce que l’image de l’horizon de la mer passe parle point O' marqué sur le papier dioptrique.
- Du note alors avec soin la division marquée par l’index sur l’échelle E (fig. 5).
- On renversera ensuite l'appareil sur le côté en le faisant basculer de 90° (lig. 8) jusqu'à ce que l’image de l’horizon de la mer devienne parallèle aux lignes horizontales du réseau quadrillé. On déplace encore en hauteur l'objectif (ce qui se fait cette, fois par la planchette latérale) jusqu'à ce, que l'horizon de la mer passe à nouveau par le point O'.
- Par la première opération nous avons amené l’axe optique à être contenu dans le plan perpendiculaireau cadre passant par la grande médiane du rectangle. La deuxième opération a conduit l’axe optique à passer par h; plan perpendiculaire au cadre mené par la petite médiane. L’axe optique se confond donc désormais avec l’intersection de ces deux plans, c’est-à-dire qu’il perce le cadre au centre du rectangle.
- On note alors la division marquée par l’index sur l’échelle F.
- On a représenté dans la ligure la chambre noire placée dans le sens de la largeur ; on répétera l'opération pour la position en hauteur.
- Cas da dêcenlreiiienl. — J’ai supposé jusqu’ici quelon faisait passer l’axe optique par le centre du cadre. Mais lorsqu'on photographie d’un point élevé, si l'on veut que les premiers plans figurent sur le cliché, il est nécessaire d’abaisser l’objectif de plusieurs centimètres, de manière à reporter l'horizon tout en haut de la photographie.
- Dans le cas où l’objectif est bien au centre du cadre, autrement dit que les index occupent sur leurs graduations respectives les positions notées par le réglage décrit plus haut, on a sur chaque photographie le [Joint principal en prenant le centre du cadre dont les bords sont imprimés en noir sur l’épreu ve. La ligne d’horizon est In parallèle aux côtés horizontaux du rectangle menée parce point.
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- Si l’on a abaisfié l'objectif de n millimètres au-dessous de sa position moyenne, ce qu'on lit sur la division delà planchette E, on aura abaisséle point principal de// mil-limètres sur le cliché renversé, c’est-à-dire qu'on aura élevé ce point de n millimètres sur la photographie redressée.
- Mème chose pour les déplacements latéraux, en remarquant qu'un écart de l'objectif à droite (pour un observateur placé sur l’avant de l’objectif et regardant ce dernier) se traduit par un écart du point principal à droite sur la photo-copie. On aura d’ailleurs rarement besoin de recourir aux déplacements laté-eaux.
- La chose est un peu plus complexe qu’elle ne parait à première vue, par ce fait quele cadre arrière de la cham-bre est à une distance, appréciable de la surface sensible. Supposons qu’on abaisse l’objeetif d'une quantité 00[ = u millimétres ; soient AB l’ouverture du cadre (fig. 9), SS' la surface sensible, e l’écart entre ces deux plans. Lorsque le centre optique es I en ( ), A B se projette suivant A' B', le centre C du cadre se projette en 0'. (Nous négligeons l’ouver-tnre du diaphragme que nous supposons réduite à un point). Quand le centre optique vient en (1, AB se projette en Ah B’, 0 enC,. Il s’agit déplacer sur la photographie le point O', qui est le principal.
- Remarquons que, puisqueA\C -= CB, on a aussi Aq 0'. — B', et le point C, étant encore le centre de ligure de la projection du cadre, on le place aisément sur la photographie.
- + o Ù
- II o O +
- II O
- i o O u b
- E
- §
- i
- Ê 3
- © 2
- ir
- en posant : A—„(I
- A est un coeflicient calcule'' une fois pour toutes ; si e est très petit vis-à-vis de f, il sera très voisin de l’unité.
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- I
- L’image de l’horizon de la mer sur la photographie n'est pas rigoureusement une
- droite; elle en dévie d’autant plus que la station d’où la photographie a été prise. est
- cône mené par le centre optique tangentiellement à la surface du globe. ( lomme la surface
- qu’elle se confond très sensiblement avec la tangente en son milieu sur la photographie. Soit O la station, à l’élévation OA - II au-dessus du niveau de la mer; Il II (‘tant
- la ligne d'horizon vraie, h, hi l’image de l’horizon de la mer relevé en II, par suite de la réfraction, o la dépression apparente II () IL, e l’écart entre les deux lignes li II et I,I, (lig. 10 et II), on a :
- li ?
- La dépression apparente o est donnée par la table XVde Caillet en fonction de II (1).
- On tracera sur la photographie redressée, itu-dessus de l’image de l’horizon de la mer, une ligne parallèle à la première et à une distance égale à Cette, ligne sera la ligne d’horizon vraie et on y rapportera toutes les mesures.
- Si au lieu de l’horizon de la mer, on a sur le cliché le pied d’une côte X (lig. 10) sensiblement perpendiculaire à l'axe optique, située en deç de l'horizon visuel (2), on peut encore passer de l’image du pied de la côte à la ligne d'horizon vraie. Il suf-lit de prendre, au lieu de la dépression apparente de l'horizon, la dépression appa-rente HtoN du pied de la cte. Si q désigne cet angle (t. XIV de Caillet) en fonc-
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- lion de la distance de la côte et de l’élévation de l’observateur), la correction : à faire est
- 1
- S
- Tracer par conséquent sur la photographie la ligne h h à la distance : au-dessus de l'image du pied de la cote.
- Stéréoscopie. — La méthode des intersections du colonel LAUSSEDAT, la première en date, suppose les deux stations assez éloignées l’une de l’autre pour que les lignes de construction ne se rencontrent pas sous des angles trop aigus. Dans ces derniers temps on a tenté de résoudre le problème de la métrophotographie en procédant dans un ordre d'idées tout différent et en s’appuyant sur les propriétés de la stéréoscopie. Les deux objectifs sont braqués parallèlement, mais leur distance mutuelle est de quelques dizaines de mètres, au lieu de 7 cm à 8 cm seulement (écart des yeux) comme dans la stéréoscopie ordinaire. Ces bases sont donc notablement inférieures à celles que requiert la méthode des intersections où les objectifs sont, braqués obliquement et dans des directions autant que possible. rectangulaires.
- M. le colonel LAUSSEDAT a fait à ce sujet une communication à l'Académie des scjences.
- " Les deux photographies rapprochées l'une de l’autre, dit-il, et placées dans un stéréoscope, donnent aussitôt une sensation de relief du terrain et de tout ce qui le recouvre tel qu’il est permis d’en comparer l’efTet à celui que produirait la vue d’un modèle solide exécuté à une petite échelle dont le rapport est celui de l’écartement des yeux à la distance des deux stations, c'est-à-dire à la longueur de la base arti-ficielle (1). »
- Plusieurs inventeurs, le Dr Pi LFRCN, M. IL Deville, M. FOtRCArD, M . CASEs, sont partis de. là pour établir d’ingénieux appareils. L'un d’eux, le sléréoplanigraplie, per-met de construire directement par le (race sur le relief virtuel dupapsat/e vu dans le stéréoscope le plan topographique et les courbes de niveau.
- En parlant de ces appareils, M. le colonel LAUSSEDAT dit dans sa communica-lion :
- « Je crois devoir les signaler particuliérenent à l’attention des explorateurs, des géologues, des aéronautes, des topographes et même à celle des hydrographes, la longueur des bâtiments devenant plus (pie suffisante pour permettre d'y installer deux appareils identiques qui fonctionneraient instantanément et simultanément à * aide d’un déclenchement électrique.
- « Je ne crois pas me tromperen supposant qu’un système deee genre serait appelé a rendre les plus grands services dans la reconnaissance des côtes et je crois savoir ‘u‘on s’en préoccupe dans d’autres marines. »
- Sans aller jusqu’à l’emploi des instruments cités plus haut, dont quelques-uns ne sont pas encore au point, la stéréoscopie ainsi comprise est destinée à rendre les plus grands services en hydrographie, en ce qui concerne le nivellement. En effet le ni-vellement exact n’est pas nécessaire à des cartes marines, il suffit de déterminer avec précision les sommets. Le relief peut être ensuite indiqué d’une façon approchée en supposant de préférence le plan éclairé obliquement.
- 'L D remphudu sfêrèoxeope en et en nxtrf
- rendus, t. GxXXVI, p. 22, séance du 5 janvier 1903).
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- REI bEs SCAeEs PROtOGRAPIIOUES
- Les stéréoscopies obtenues dans les conditions indiquées, avec des bases variant de : à 100 mètres, suffiront la plupart élu temps. en les examinant élans un stéréoscope ordinaire', à montrer aux yeux de' quelle façon les hachures doivent être'orientées et espacées. Prendre ces photographies de. préférence d’un point (''levé'. Lu les examinant élans le stéréoscope'. on a l’illusion d’apercevoir la carte' en relief de la contrée'; les iles, les montagnes sa séparent, les contours s’arrondissent, tandis qu’à l’œil nu ou sur une photographie ordinaire les divers plans se' confondent en un
- Les premiers essais que j’ai tentés dans cette voie m'ont donné les résultats les plus satisfaisants. J’ai reconnu qu’une légère convergence des objectifs n’avait pas d’in-fluence sur le résultat final.
- Pholofjraphie en ballon, en eerl'-rolanl. — La prise des vues soit, en ballon, soit en cerf-volant, exige un matériel spécial codteux et encombrant. Mais, étant donnée en métrophotographie la supériorité de vues obtenues de cette façon, je me permettrai d’en toucher quelques mots. L’emploi des ballons en hydrographie est un peu à l’ordre du jour; M. l’Ingénieur hydrographe RENAUD les a proposés récemment pour la découverte des roches sous-marines. Les avantages des vues aériennes prises soit en ballon, soit à l’aide d’un cerf-volant, sur des tableaux inclinés ou horizon-taux, sont de tout premier ordre :
- I" Dr» peut atteindre parce procédé des stations ('levées, embrasser une plus grande étendue, découvrir mieux et plus complètement les contours des îles et de la côte, atteindre enfin une plus grande précision.
- 29 Quand l’axe optique a été dirigé suivant la verticale, c’est-à-dire l’épreuve prise sur un tableau horizontal, l’image n’est autre chose qjue la carte à une échelle, qui est donnée par le rapport delà distance focale de l’objectifà la hauteur de l’appa-reil au-dessus du sol. M. le colonel IUSSEDNT a imaginé un appareil consistant en une sorte' de chambre d’ag randissement munie d'un sténopé dont le but esl de transformer automatiquement une vue prise sous une certaine inclinaison en une vue horizontale.
- Si les ballons sont d'un emploi bien difficile à bord des navires, les cerfs-volants ne participent pas au même degré à ces inconvénients. Des cerfs-volants de petites dimensions suffiront en photographie; il ne leur faudra qn’une force ascensionnelle réduite pour emporter dans les airs l’appareil photographique à une hauteur pouvant atteindre 1000 mètres; une vitesse de 1 me,mis suflit pour maintenir en l’air le cerf-volant. Un mécanisme de déclenchement, facile à organiser et qu’on manie d’en bas, permet d’impressionner la plaque sensible. quand le système; a la hauteur voulue. (1 ).
- Dans des parages comme la baie d’Ibdong au Tonkin, formée' de multiples îles rocheuses se' masquant les unes les autres et aux sommets presque toujours inacces-sibles, on conçoit epie cerfs-volants ou ballons seraient d’un grand secours.
- Manipulations. — Le* traitement des plaqgues et papiers en métrophotographie n’olfre lien de particulier. On peut toutefois observer que l'hydrographe' aura souvent à opérer dans la zone' tropicale et qu’il devra prendre des précautions spéciales pour éviter les accidents qiloecasionne une' température élevée, tels que décolle-
- (I) Consulter le livre de M. .1. consi : Am Ger/s-Volanis, 1902, Librairie Nony.
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- k EVI K DEs SCI.NcEs PIOTOGRAPMIQI ks
- mnent ou soulévement de la gélatine, phénomène de la réticulation, etc. J’ai exposé dans un livre spécial les précautions dont on doit, s’entourer (1).
- Je traiterai de l'emploi des appareils à main, si utiles dans les levés expéditifs, flans un prochain article. Pour le. moment je terminerai cet apergu rapide sur les services qjue la photogrammétrie est appelée à rendre en hydrographie parcelle conclusion.
- Le bâtiment (pii s’organisera pour recourir à la méthode photographique toutes les fois que son emploi sera indiqué gagnera un temps considérable dans l’exécution d’une hydrographie détaillée. Avec un laboratoire bien outillé, suffisamment vaste et aéré, des manipulateurs bien dressés les uns au développement des clichés, les autres au tirage des épreuves, le travail de la minute ne sera pas plus long qu'avec les procédés usuels et comme à terre le temps gagné est très considérable, l'avan-tage restera à la photographie.
- A. L. MEE,
- (h A. Le. MEE, La Pliotoyruiihip (/aux ta aari/jalion et au.r. ealoniex, 1 vol., 1902, Ch. Mendel,
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- PAR LA PHOTOMICROGRAPHIE
- Avant de poursuivre notre sujet, je tiens à reetifier une petite erreur qui s'est glissée dans le premier renvoi d. la page 50 ( n" 2 de la présente revue). Au lieu de : « le condensateur à grande ouverture n‘ 31 de la maison Leitz », il faut lire a le condensateur à grande ouverture n" 31 de la maison Zeiss ».
- Cette rectification faite, il convient de compléter ce qqui a trait à la reproduction des objets à structure line en insistant sur ce que j’avais omis de faire remarquer que les objectifs puissants, comme le recommandent, dl’ailleurs, tous les constructeurs, doivent être emplovés avec une. longueur de tube bien déterminée, qui est de 160 mm. pour les objectifs construits sur le continent, et de 233 mm. pour les objectifs anglais, et aussi avee une épaisseur bien déterminée des couvre-objel, qui doit être en movenne de 0 mm. 1 3 à 0 mm. 17.
- Ces deux obligations, que l’on ne fait guère que mentionner dans les traités, sans en donner la raison, méritent cependant quelques lignes de développement, ne serait-ce que pour se rendre bien compte des considérations théoriques qui les motivent. En ce qui concerne la première, on sait que les oculaires ne sont, en général, composés que de simples verres convergents, c'est-à-dire assez fortement entachés d'aberrations, que l’on compense par une aberration de signe contraire laissée à dessein aux objectifs. En d’autres termes, au lieu de réaliser dans ces derniers un système lenticulaire «pii dévie les rayons périphériques plus fortement que les rayons centraux, comme le fait une lentille simple convergente, ou même de réunir en un même point de l’axe, tous les rayons réfractes, on les construit de telle sorte que les rayons marginaux soient un peu moins déviés que ceux du centre; ils sont, en un mot, achro-matisés ou compensés par excès. Cet excès est facilement reconnaissable à ce que le foyer le plus rapproché est bordé d’un liseré bleu, tandis que dans une lentille simple convergente (corrigée par défaut), ce liseré est rouge. E’opticien combine les cour-bures de l’objectif, de manière (pie l’excès de correction compense exactement le défaut d’achromatisme de l’oculaire considéré dans son entier.
- Or, ce n’est qu’entre des limites assez rapprochées de distance de l’objectif à l’oculaire que l’achromatisme de l’ensemble est réalisé avec le plus de rigueur, puisque en éloignant de plus en plus l’oculaire de l’objectif, la lentille de champ, conservant un diamètre fi xe, n’embrasse guéri' que les rayons ce, ntraus qui ne sont pas affectés d’excès de corrections ; pour que l’achromatisme soit aussi parfait que possible, cette lentille de champ doit, à la fois, recueillir et les rayons du centre et ceux de la périphérie.
- Le raisonnement contraire nous indiquerait comment un objectif corrigé pour
- (I) Voir Heiw des Schnices lihobxji'iiphiijiu's, 10 |, 2 ef L
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- Pétiole de léuille de laiiiier-eerise.
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- mie longueur de tube de 25 cent, travaille dans de mauvaises conditions lorsqu'on l’emploie avec une moindre longueur, par exemple sur le tube continental de 160 mm.
- L’objectif est d’autant plus sensible aux variations de longueur de tube qu'il pos-sède une plus grande ouverture, parce que les rayons centraux et marginaux extrêmes concourent alors sous un plus grand angle; comme conséquence l'espace de corrections se trouve d’autant plus réduit.
- Examinons la seconde condition, celle de faire usage de couvre-objet d’épaisseur uniforme, du moins quand le grossissement est considérable, c’est-à-dire que l’objectif est de foyer ré-duit et à grande ouverture. La lamelle re-présente une lame à faces parallèles et dé-vle, en conséquence, les rayons lumineux qui en rencontrent
- Fig.
- obliquement la surface. Il eu résulte que les rayons émanant d’un mème point P (fig. 1) de l'objet prennent, après avoir traversé cette lamelle AB, des directions RT, LE telles "‘ils semblent issus de deux points diflé-
- vents lP, situés l’un au-dessus de l'autre; c’est-à-dire qu’après cette réfraction ils ne semblent plus homocentriques et cette différence d’homocentricité est variable avec l’épaisseur de la lamelle. L’objectif doit donc être construit de façon (pie, pour une épaisseur donnée de AB, les rayons qui émergent de la face supérieure de la lamelle aillent se réunir sur l’axe optique en une série de points situés l’un au-dessus de l’autre, mais disposés en un ordre inverse des points P, !, P.
- Si cette condition n’est pas remplie, si la lamelle est, en d’autres termes, plus épaisse ou plus mince que celle qui répond à la correction de l’objectif, ces points seront dédoublés; l’image obtenue sera donc confuse.
- On peut, il est vrai, détruire en partit* ce défaut d’homocentricité, c'est-à-dire cor-riger l’influence de la trop grande ou de la trop faible épaisseur de la lamelle, en allongeant légérement le tube dans le premier cas et en le raccourcissant dans le second, mais le résultat est meilleur si l’on fait varier la distance relative des lentilles de l’objectif, ainsi que cela a lieu dans les objectifs dits à correction. Plus la lamelle est épaisse, plus il faut rapprocher les lentilles les unes des autres; toutefois, dans la pratique on rend la lentille frontale seule mobile, ce qui suffit pour corriger les variations d’épaisseur des lamelles courantes.
- Longueur du tube et épaisseur des lamelles sont deux facteurs dont il faut tenir COomptepour tirer le meilleur parti possible d’un objectif ; le second perd, toutefois, de son importance lorsqu’il s’agit d’objectifs à immersion homogène, sujet sur
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- lequel je. ne crois pas utile de m’étendre, puisque au début de ces articles j'ai supposé (pie le lecteur était au courant des observations microscopiques et avait une parfaite connaissance des systèmes optiques qu’il emploie.
- Nous allons maintenant examiner successivement d’autres classes de sujets difficiles à reproduire et, pour suivre l’ordre, que nous nous sommes tracé au début, nous allons nous occuper tout d'abord des objets colorés.
- La difficulté que l’on rencontre; pour reproduire des préparations colorées peut provenir de la nature1 menu; de1 l'objet ou de la façon dont il a été1 coloré. En elfet, plusieurs procédés de coloration, parfaits ou très démonstratifs pour l'examen oculaire, conviennent peu à la reproduction photographique ou du moins celle-ci ne répond pas à ce que l'iril permettait d’apprécier. Cela peut provenir de ce que l'assoriation des couleurs utilisées s'y oppose1, soit que l’inten-sité de la coloration ait été1 poussée à l'excès ou, qu’au contraire, elle soit insuffisante.
- D'une façon généraleet au point de vue de leur aptitude à être reproduites par la photographie, les préparations mieroscopiques peuvent être rangées en trois catégories.
- 1 Celles dont les éléments, tout en présentant une bonne élection, sont sans contrastes trop accusés et possèdent 11m1 coloration d’intensité convenable ;
- 2° Celles qui comprennent des objets incolores ou dont la coloration est insuflisante ou passée et dont les contrastes sont peu marqués ;
- 3" Celles dont certains éléments sont presque opaques ou actiniquement opaques, tranchant ainsi violemment sur le fond ou sur les autres parties de la préparation qui sont beaucoup plus claires.
- Les préparations qui peuvent être rangées dans la première catégorie constituent reque l’on peut dénommer des préparations parfaites ou bien réussies; leur repro-duction n'olfre pas de difficultés réelles, quelles que soient, d’ailleurs, les matières colorantes dont on ait fait usage. Elles ne nous retiendront donc pas longtemps, je n’aurai qu’à indiquer la marche à suivre pour que, dans la reproduction, les éléments soient représentés, non seulement dans leurs détails, mais encore avec la valeur relative de ton qui permet de les bien différencier à l'observation directe.
- Puisque nous avons à reproduire des objets colorés avec leur valeur de teinte relative, il est évident que nous emploierons des plaques orthochromatiques, dont nous compléterons la sélection au moyen d'écrans de teinte appropriée.
- Pour fixer les idées, nous supposerons que l'on adopte les plaques orthochro-matiques de la Maison Lumière, dont il existe, comme l’on sait, trois séries : la série A, comprenant des glaces sensibles au jaune et au vert ; la série B, des glaces sensibles au jaune et an rouge ; celles delà série C, étant dites panchromatiques, parce «pie leur sensibilité s’étend à tous les rayons visibles du spectre.
- Comme écrans, nous aurons encore recours aux solutions de matières colorantes dans la glycérine ; on préparera à diverses concentrations pour avoir, dans chaque teinte, des écrans de force gradué»1. U‘n petit spectroscope de poche m’a semblé toujours à peu près indispensable pour l’essai de ces solutions et les amener simplement au point où, examinées à travers la cuve à faces parallèles de 1 cent, d'épaisseur, (‘Iles éteignent suffisamment les radiations étrangères.
- Les solutions jaunes seront obtenues avee le jaune naphtol ou la tartrazine, ou encore avee l'acide pieriqjue.
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- Les solutions jaune-orangé seront composées avec l’orangé (. de Grubler, additionné d'une trace d'écarlate de Biebrich.
- Pour le rouge j'ai adopté le picro-carmin d'Orth, plus ou moins allongé de glycérine.
- Jai eu déjà l’occasion de mentionner la composition de la solution verte, c’est l’écran de Gifford au vert de méthyl avec une trace d’acide picrique.
- Si je donne la préférence aux écrans liquides, c'est, d’abord, à cause de la facilité que l’on a d’en varier l'intensité, d’en préparer de toutes les teintes possibles et cela pour un prix insignifiant, la seule dépense réside dans l'achat fait, une fois pour toutes, de la cuve à faces parallèles ; enfin on peut ajouter (pie ces solutions jouent aussi le rôle d'écran athermane.
- Supposons d'abord que l’on ait à reproduire un objet n’ayant subi que la simple coloration, que nous pourrions, par conséquent, appeler monochrome ; que cette coloration ait été obtenue au moyen du carmin, de Thématoxyline, de la safranine, du vert d’iode, du bleu méthylène, etc....
- Pour reproduire une telle préparation, nous emploierons. si la coloration est bleue ou violet foncé, des plaques série A et un écran jaune clair; si la coloration est bleue ou violet clairs, des plaques de la série A et un écran jaune foncé.
- Si la préparation est colorée en rouge* foncé, orangé ou rouge orangé, prendre une plaque de la série B et un écran orangé ou un écran jaune suivi de l’écran rouge.
- Si on emploie les deux écrans mentionnés en dernier lieu, ce qui est préférable à 1 écran orangé seul, on effectuera une partie de la pose avec l’écran jaune, soit la moitié de celle reconnue nécessaire avec ce seul écran, puis on lui substitue l’écran rouge clair et, avee celui-ci, on donne une nouvelle exposition dont la durée est le double de celle de la première et quelquefois même le triple, si l’objet est, par exemple, rouge foncé. L’impression avee deux écrans n’est toutefois utile que si la Préparation renferme des détails différenciés par une gradation d’intensité de la coloration monochrome, tandis que l’écran orangé seul suffit si la teinte est uni-lorme, s'il s’agit, par exemple, d’un frottis contenant des bactéries colorées au rouge de Zielh. Je ferai remarquer que pour des préparations de même nature, mais dont les bactéries sont colorées en bleu ou violet clairs, l’écran vert et une plaque série A sera la combinaison qui donnera les meilleurs résultats.
- Les préparations que l’on a le plus souvent à reproduire sont à double ou à triple coloration ; pour en obtenir une épreuve dans laquelle tous les détails soient bien lisibles et à peu de chose près à leur valeur relative, nous nous conformerons à la régle suivante :
- Naire usage d'une plaque présentant le maximum de sensibilité possible pour les elemenls les moins aeliniques, et choisir un écran qui éteigne plus ou moins forle-^lent les rayons de même (einte que les éléments dont la coloration a le plus d’acti-vllc chimique.
- S il s’agit, par exemple, d’une coloration coloré»* au picro-carmin, c’est-à-dire dont certains éléments sont colorés en jaune et d’autres en rouge, nous emploierons une plaque de la série B et un écran rouge clair ou jaune orangé.
- H y a souvent avantage avec de telles préparations à faire successivement usage de deux écrans ; c’est ainsi que nous agirons si nous voulons reproduire une coupe dout les tissus sont colorés en rouge au milieu desquels on rencontre des microbes Colorés en bleu assez clair (disons en passant que parmi les préparations courantes,
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- celles dont je viens de citer l’association de teintes présentent toujours de sérieuses difficultés) ; nous arriverons probablement au meilleur résultat en nous servant d’une plaque série B et effectuant une partie de la pose avec un écran orangé qui sera ensuite remplacé par un écran rouge. J’ai réuni dans la planche qui accompagne cet article des reproductions de sujets divers mais qui peuvent tous être rangés dans la première catégorie. La figure 1. représente une coupe transversale du pétiole de feuille de laurier cerise, colorée à l'hématosyle et au vert d'iode. La coupe de moelle épinière (n° 1 6) constitue un sujet monochrome, en ce sensqu'elle a été sim-plement colorée au carmin ammoniacal. Les trois autres ligures, représentant le fry-gidium de puce, la partie terminale du proboscis du niusett vomiloriil et la langue de l’abeille ouvrière, sont également la reproduction d’objets monochromes, puisque les préparations ont été faites en conservant à ces objets leur couleur naturelle jaune ou gris clairs; toutefois la langue d’abeille a été partiellement décolorée à l’eau oxygénée pour la rendre plus transparente..
- Enfin la ligure 20), corpuscule de Cirandry pris dans le bourrelet marginal du bec supérieur du canard, a été photographiée d’après une coupe colorée au picro-car-min.
- L. M ATH ET
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- ÉTUDES SPECTROGRAPHIQUES
- appliquées AU PERFECTIONNEMENT DU PROCÉDÉ TRICIIRONE
- Par le Docteur J.-M. EDER
- Ce Iravail, présenté parlauteuren 1902 à l’Académie Impériale des Sciences de Vienne, a été rrim primé depuis sous le titre de Speelrahmahjtisehe Slud/en ïibep photoorfiphiaehen Dreifarhea-
- Au point de vue industriel, les procédés trichromes les plus importants étant les impres-Sious typographiques et phototypiques, c’est de cette application que nous nous occuperons plus particulièrement ; les encres employées généralement sontlejaune île chrome, la laque
- Le spectre solaire est partagé au moyen d’écrans colorés en trois zones, savoir : l’une de 1 extrême rouge jusqu'au voisinage de la raie D pour l’écran orangé, entre les raies D et F pour l’écran vert et de voisinage de F jusqu’à l’extrême violet ; tantôt ces zones empiètent un peu l’une sur l’autre, tantôt elles laissent entre elles des intervalles correspondant à des Tadiations arrêtées par les trois écrans, tantôt enfin elles se rejoignent exactement sans in-tervalles ni empiètement. Les théoriciens qui, jusqu’à présent, ont recommandé l’un ou 1 autre de ces trois modes de réglage, n'ont généralement pas établi pratiquement l’exacti-tude de leurs déductions en présentant des travaux industriels basés sur les principes qu'ils préconisaient ; comme, d’autre part, les industriels se gardent bien de faire connaître la nalure ou les formules des écrans qu'ils utilisent, il était indispensable d’entreprendre parallélement une étude méthodique de divers types d'écrans et l’essai pratique dans un alelier de reproductions industrielles ; c’est ce qui a été entrepris dans les laboratoires et ateliers de l’École impériale et Royale des Arts graphiiques à Vienne.
- Si l’on pouvait préparer une plaque idéalement panchromatique, c’est-à-dire également sensible à toutes les couleurs spectrales, le problme se simplifierait considérablement, car on n’aurait à se préoccuper que de la détermination d'un jeu d’écrans corrects ; mais mal-heureusement une telle plaque n’existe encore pas; toutes celles que l’on peut actuellement soit se procurer, soit préparer soi-même, présentent non seulement des maxima et des mi-nima de sensibilité, mais aussi des lacunes. Lors même que l'on utilise des plaques dis-tinctes pour chacun des trois groupes de radiations, on constate dans la zone pour laquelle chacune d'elles est utilisée des variations considérables ; ainsi beaucoup de plaques ortho-chromatiques sensibles au jaune et au vert, sont de beaucoup plus sensibles au jaune qu’au vert, tandis que l’on devrait avoir une même sensibilité pour le jaune, le vert et le bleu ver-dAtre.
- Remarquons avant d’aller plus loin que le problème se complique encore par le fait qn’il n. a pas proportionnalité entre la luminosité de diverses radiations dans le spectre et celle de la lumière réfléchie par des pigments de même nuance. Ainsi, suivant les auteurs, on admet que le jaune spectral, pris au voisinage de la raie D, est de 10 à 30 fois plus lumi-neux que le bleu spectral pris à F 2 3 G (à une distance de E égale aux 2/3 de l’intervalle ruitre E et G) et de 20 à 90 fois plus lumineux que le bleu extrême pris en G. tandis que le jaune pigmentaire n’est que 0 à 1 fois plus lumineux que le bleu pigmentaire ; le jaune spectral en D est considéré comme de 20 à 10 fois plus lumineux que lerouge à mi-distance entre B et C, tandis que le jaune pigmentaire n’est que 3 à 7 fois plus lumineux que le rouge
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- pigmentaire : remarguons d’ailleursqueléelat respectif dles diverses régions n’est pas le même en passant d’un spectre de réseau à un spectre de prisme ou même d'un spectre de prisme à un autre. Enfin, un écran coloré déterminé n’absorbe pas complètement cortaines radiations pour se laisser traverser complètement, par d’autres ; avec de faibles éelaire-ments et des durées de poses restreintes, on constate qu’un groupe très étroit de radiations parvient seul à s’inscrire sur la plaque pholographique, mais au fur et à mesure qjue l’éelairement ou la durée de pose croissent, la bande photographiée s’étend de plusen plus; il ne suffit donc pas d’indiquer qu’un écran se laisse traverser par telle région du spectre puisque l’Atendue de la région admise varie avec la quantité de lumière et la durée d’action de cette lumière.
- Si l’on admet que dans un bon négatif les régions les plus opaques ne doivent pas avoir une densité (logarithme de l’opacité) supérieure à 2.5, on devra régler la quantité de lumière, le temps de pose et le mode du développement de telle sorte (pie la densité de la région la plus active du spectre photographié ait pour densité 2,5 et rechercher dans ces conditions quelle est l'action photographique des couleurs les moins actives admises par l’écran. Si cette méthode ne peut encore, donner de résultats absolus, étant donné (pie la latitude dans la durée de pose et dans le développement, influence la gradation du négatif, elle semble être celle des méthodes susceptibles de fournir les résultats les plus directement utilisables.
- De multiples expériences ont montré qu’avec de courtes durées de pose, les radiations dont l’intensité est réduite par l’écran à 30 ou 40 ü o n’ont plus aucune action; avec les poses moyennes, on fait intervenir jusqu’aus radiations réduites à 10” o de leur intensité primitive; enfin avec les longues poses avoisinant la surexposition, les radiations dont l’intensité a été réd u ite à moins de 5 "/o de leur valeur primitive dorment encore une teinte dont la densité va de 0,4 à 0,5 quand la densité des parties les plus opaques est 2,3. Ceci suppose évidemment que les plaques emplovées ne présentent pas elles-mêmes un minimum de sensibilité pour les régions les plus assombries par l’écran.
- Pratiquement, on n’aura d’image vigoureuse qu’a ver celles des radiations transmises par l’écran avec une intensité au moins égale à 20 0 o de l’intensité de la radiation la moins absorbée et l’on n’aura de demi-teintes réellement utilisables dans une région donnée que si l’intensité des radiations transmises dans cette région est au moins (‘gale à 109/ del’in-tensité des radiations les moins absorbées; au-dessous de ces valeurs, les demi-teintes obtenues sont si faibles qu’il n'y a plus lieu d’en faire état pour la reproduction trichrome.
- La nature des écrans à utiliser étant intimement liée à celle des encres utilisées, il est indispensable de connaître les radiations transmises et celles absorbées par les trois eneres fondamentales; c’est ce qu’indiquent les trois graphiques ci-contre.
- Le jaune de chrome a un pouvoir couvrant considérable; il réfléchit totalement le ronee, l’orangé, le jaune et le jaune verdâtre jusque vers b’ : l’absorption s’accuse dans le vert à partir de la longueur d'onde 512 pp pour devenir presque complète entre500 180 ; le Idem le violet et l’ultra violet sont complètement absorbés.
- La laque de garance est parfaitement transparente pour le rouge; l’absorption commencé vers la longueur d’onde 002, est complète de 302 à 300, devient très faible vers 180 et s’an-nule à 170 pp pour laisser passer intégralement le bleu, le violet et l’ultra violet.
- Le bleu milori absorbe la totalité du rouge et de l'orangé; en couche mince, il transmet complètement h' vert, mais en couche épaissi', il absorbe tout le vert comme le montre la courbe en trait discontinu delà ligure IL
- Les couleurs pigmentaires appliquéessoitpar peinture, soit par impression, réfléchissent toujours un mélange de radiations, et notamment des radiations situées de part et d’autre de la région dont la nance se rapproche le plus de celle du pigment considéré ; c’est ainsi que nous venons de voir que, le jaune de chrome réfléchit, outre le jaune, le rouge oranse et le vert; les pigments verts réfléchissent en outre du vert spectral, du jaune et du blet.
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- eI souvent même aussi une, bande étroite de l’ext rême rouge: les pigments violets relé-chissent une proportion notable de bleu et de ronge, (.elle propriété des couleurs pigmen-bures explique le lait, expérnmenté que des écrans présentant des lacunes permettent cepen-dant à toutes les couleurs d’une peinture d'agir plus ou moins.
- Le cliché devant fournir le monochrome jaune, doit être produit parles radiations bleu violacé, efle vert ne doit pas agir plus sur cette plaque que le rouge ou le jaune. On peut ‘loue utiliser pour l’impression de ce cliché soit le collodion humide ou de l’émulsion au collodion a base de bromo-iodure d argent, soit des plaques au gélatino-bromure ou au gélatinochlorure d'argent, toutes préparations dont la sensibilité est maxima pour le bleu
- et le violet. La plaque au collodion humide, développée en bain acide donne avec un temps déposé normal une image complète des violets et des bleus jusqu'à la longueur d’onde 437 pu; le bleu brillant et le bleu verdâtre ne peuvent s'y inscrire, même par surexposition, non plus que le vert, le jaune, l'orangé, ni le rouge; si l'image n’était pas troublée par l'ultra violet on pourrait donc exécuter au collodion humide sans écran le négatif du jaune. Le gélatino-chlorure d’argent, bien que possédant un maximum de sensibilité dans le violet, ne peut être avantageusement utilisé en trichromie par suite desa trop faible sensibilité au bleu brillant ; la sensibilité à cette couleur apparaît par surexposition mais trop faiblement pour être pratiquement utilisable ; l'émulsion au collodion à base de bromure et d’iodure •l’argent peut être employée. Avec une durée de pose suflisante, le gélatino-bromure d’ar-gent est très sensible au violet et jusqu’au bleu brillant; il est faiblement sensible au bleu verdtre et, avec de très longues poses, il peut donner une image jusque vers la raie D, •nais la sensibilité pour ces régions est trop minime pour être utilisable. La pratique a montré que le bleu verdâtre réfléchi par lec couleurs pigmentaires agissait trop énergique-ment sur les préparalions au gélatino-bromure, d’où la nécessité d’employer un écran violet ; les écrans bleus, tels que, ceux fournis parla solution ammoniacale d’un sel cuivrique, don-nent de, moins bons résultats.
- Lu point important à considérer est que dans l’impression en plusieurs couleurs, chaque négatif doit présenter la même gradation des demi-teintes; des mesures d’opacités effectuées sur des échelles de teintes obtenues dans le sensitomètre Scheiner montrèrent que la Fradation n’est pas altérée par l’interposition d’une cuve renfermant u ne solution de violet ile méthyle au 1/10.000" ou de violet acide au 1/2000.
- Il n’est pas facile de préparer des plaques répondant à toutes les conditions désirables de Nensibilité pour l’exécution du négatif du rouge; la sensibilité doit s’étendre depuis la raie 1 jusq’a la raie F, soit dans le jaune depuis la limite de l’orangé jusqu’au vert, à la limite
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- du bleu, y compris même le bleu verdâtre. La plaque sensibilisée'à l’érythrosine 1 | ) est la plus communément employée; elle fournit d’assez bons résultats tuais n’est pas suffisamment sensible au bleu verdâtre, pour lequel elle présente précisément un minimum, et est en revanche trop sensible au jaune. ; il serait donc maladroit. d’employer, comme on l’a quelquefois toléré, un écran jaune aux lieu et place de l’écran vert qui doit au contraire laisser passer intégralement le vert bleuâtre et atténuer un peu le jaune pur. La plupart des plaques orthochromatiques du commerce sont d’ailleurs sensibilisées à l’érythrosine. F’éo-sine et les autres colorants du même groupe donnent une sensibilité plus grande dans le vert pur, mais la sensibilité générale et la sensibilité au bleu verdâtre étant moindre que dans le cas de l’érythrosine, on se trouverait amené à l’emploi de poses plus longues. L’émulsion au collod io-bromure sensibilisécanséosinates d’argent, soit à partir de la tétra-bromofluorescéine (sel de sodium), soit avec l’éthy léosi ne. la phloxine. etc., convient mieux' que le gélatino-bromure traité à l’éosine; la fluorescéine donne une très grande sensibilité au vert, mais est moins sensible pour le jaune-verdâtre ; à tous ces colorants, on doit préférer dans l’émulsion au collodion l’emploi delà monobromofluoreseéine (2) qui donne dans h' vert sombre une sensi hil ité égale à celle donnée par la fluorescéine, mais agit moins vigoureusement que l'éosine dans le jaune verdâtre, ce qui précisément est à désirer. À 100 cc. d’une ('mulsion telle que le collodion du I)1 Albert, on ajoute 10 cc. d’une solution alcoolique à 2 p. 1000 de monobromoflaoreseéine, additionnée facultativement, dans certains cas, d’un peu d‘éthyléosine. Toutes les plaques ainsi traitées ayant une sensibilité considérable pour le bleu et le violet, sensi I > i l i I é propre au bromure d’argent, on doit en tous les cas employer un écran vert.
- Le cliché du bleu est exécuté sous écran orangé sur une plaque sensible au jaune et au rouge, depuis la raie D et le plus loin possible dans le rouge mais au moins jusqu’au delà de C. Suivant l’auteur, le noir de laine et la nigrosine donneraient de bons résultats, et pourraient même reproduire le spectre jusqu en A avec des poses assez longues, mais res colorants n’ont plus en quelque sorte q u un intérêt historique, maintenant que le Pinachrome peut donner à la plaque au gélatino-bromure une sensibilité pour le rouge qu’aucun opérateur n’eut osé rêver. Dans le cas de l’émulsion au collodion, on donnera la sensibilité nécessaire en ajoutant à chaque 100 ce. d’émulsion commerciale 5 cc. d’une solution alcoo-lique à 2 p. 1000 de monobromofluoreseéineet 5 cc. d’une solution alcoolique à 2 pour 1000 de violet à l'éthyle. puis plongeant la plaque après étendage de l’émulsion dans une solution à 2 p. 1000 de nitrate d’argent mm acid ulé et exposant à l’état humide. On ajoute la mono-bromofluorescéine pour aceroître la sensibilité générale et donner des images plus pures. Les émulsions récemment sensibilisées avec ce mélange peuvent quelqueois voiler; elles travaillent sans voile après une ou deux semaines de repos ou même dès leur sensibilisation, si on plonge les plaquos sitôt après la pose dans une solution très étendue d’acide acétique.
- En ce qui coneerne la natme des écrans colorés, l’auteur fait tout d’abord remarquer qu’un écran n’est nullement déterminépar 1 tendue de ses bandes d'absorption ni parla position de ses minimum, car nombre décolorants absorbent encore beaucoup de lumière même dans la zone où ils sont le plus transparents. Ainsi par exemple le violet acide 4 B de Bayer, tout à fait comparable d’aspect au violet de méthyle mais plus stable à la lumière donne, en solution, cine fois plus concentrée que celle du violet de méthyle, un très bon écran violet, mais il exige une pose beaucoup plus longue par suite d’une absorption assez notable du bleu et du violet que l’oil, même armé du spect roscope, est impuissant à cons-
- (1) Les travaux de Virs, de lüis et de Kesi ont d’ailleurs amené à divers procédés de sensibilisation beaucoup plus parfaits.
- (2) Jusqju’a ces derniers temps, ce colorant ne pouvait être obtenu régulièrement dans le com-mcree ; il est maintenant préparé à l’état chimiquement pur aux usines de HoechsI.
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- tater mais que révèle nettement la plaqjue photographique, surtout par essais spectrogra-phiques.
- Les écrans colorés employés par Tailleur sont des solutions colorées renfermées dans des cuves à faces parallèles de 10 mm, d’épaissen r inférieure ; il insiste sur l’absolue nécessité de désigner explicitement les marques, numéros et nom du fabricant de chacune des matières colorantes indiquées, le même nom désignant quelquefois chez divers fabricants des produits très différents. En outre des essais spectrographiques, il indique dans son mémoire les coefficients d'absorption de divers colorants pour toutes les longueurs d’onde, de 10 en 10 PI ; nous ne pouvons évidemment reproduire ici ces précieuses indications de
- Mlagne à FErythrosine Eeen Auramine "1 Vert Janus G
- caractére trop essentiellement théorique, mais nous tenons cependant à eu montrer l'intérêt par un exemple : un écran au violet de méthyle à 1/10.000", lorsqu’il est récemment préparé d une transparence variant de 0.88 0.18 ( I représenterait la transparence absolue) de la lon-gueur d’onde G ppa 620 pAU. ; après quelques semaines d’exposition à la lumière il a acquis une transparence absolue dans cette région ; en revanche, la transparence va de 0,13 à 0.03 entre les longueurs d’onde 018 et 183 tandis que sur la solution neuve cette région était complétement absorbée; enfin la transparence complète ne commence qu’à la longueur d’onde 4G5 tandis qu’elle commençait à la longueur d’onde 440 sur la solution neuve. (les variations montrent à l’évidence la nécessité de tenir ces solutions à l'obscurité dans l’intervalle des emplois et de les renouveler fréquemment. Les plaques sensibilisées au bain <l ‘érythrosine exigent, comme nous l’avons vu, un écran vert atténuant une notable proportion du jaune et laissant passera sa pleine intensité le bleu verdâtre : un écran à hast'de vert .Janus (I Luans MEsTEn et d'auramine OBAYER; les deus graphiques (fig. 4) montrent que le maximum de transparence de cet écran correspond précisément au minimum de sen-sihil ilé de ces plaques.
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- Pour cuves de 19 millim. la composition du liquide à employer est :
- 100 cc.
- 10 cc.
- 10 cc.
- Cette formule d'écran présente cependant l'inconvénient de déposer à la longue, aussi bien à l'obseurité qu'a la lumière, un précipité jaune cristallin dû à une altération progres-sive de l'auramine, et d’autre part son manque de transparence allonge notablement la pose; aussi l’auteur lui préfère- t-i I un écran à base de bleu nouveau breveté 4 B de Bayer et de picrate d’ammonium, formule 1 ci-dessous, tandis que pour les plaques orthochroma-tiques Lumière, série A, on préférerait la formule 11 et pour des plaques au collodion sensibilisées à la monobromofluoreseéine on se tiendrait à la formule III dans laquelle le jaune domine (encore fan t-il quelquefois diluer le liquide dans ce dernier cas).
- Solution à 3 "o de picrate d'ammonium .... 30 cc.
- Solution à 1 "00 de bleu nouveau breveté 4 B Bayer . 13 CC.
- III
- 30 cc.
- 5 cc.
- 30 cc.
- 10 cc.
- Le graphique ci-contre (lig. 6) montre l'effet de ces trois proportions de colorants.
- La formule d’écran vert de Hübl au vert acide et au bichromate de potassium dont I ab-sorption est figurée ci-contre (hg. 5) est très lumineuse et donne des résultats satisfaisants, lorsqu'il n’est pas nécessaire d’atténuer surtout le jaune, mais il n’est pas utilisable avec les plaques sensibilisées à l'érythrosine, l’absorption commençant beaucoup trop tôt dans le vert bleuâtre.
- L’auteur étudie ensuite l’absorption de divers colorants tels que bichromates de potassium et d’ammonium, orangé 2, auramine <4 rouge Tolan ; en ce qui concerne ce dernier colorant, souvent indiqué dans la préparation des écrans rouges, il devrait être réservé, à dose suflisamment élevée pour la confection des verres d’éclairage pour laboratoires, car il ne laisse* passer absolument que le rouge extrme, mais donne des résultats incorrects coin me écran pour la sélection.
- Nous résumons ci-dessous les données pratiques employées aux ateliers de l’Ecole lmpé-riale et Rovale des Arts Graphiques de Vienne pour l’exécution de clichés sélectionnés et tramés directement, l’original étant éclairé en bonne lumière éleetrique.
- CLICHÉ DC JNE
- Ecran : Eau pure.
- Surface sensible : Collodion humide bromo-ioduré.
- Pose préalable sur papier blanc ; Diaphragme rond 1,50, 10 secondes.
- Pose sur le sujet : Diaphragme rond F/25 ou F/18 ! I ), 2 à 3 minutes.
- — Diaphragme carré à dia- | .
- ‘ . > environ 1 /12, 40 secondes.
- gonales prolongées .) '
- (I) Ce nouveau colorant est la briqué dans la qualité ordinaire par la Badlisehe Anilin et à l’état chimiquement pur par les Fahwerke de Hloechst.
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- CLICIIÉ 1)1 : ROUGE
- Ec.run: F'ormule i ci-dessus au bleu i B et au picrate.
- Surface sensible : Collodion Albert sensibilisé à la monobromofluorescéine.
- Pose préalable sur papier blanc : Diaphragme rond 10, 30 secondes.
- Pose sur le sujet : Diaphragme rond F,25, 2 minutes.
- Diaphragme carré, E/18 environ, 1 minute.
- CLICHÉ DU BLEU
- Kerau : Jaune naphtol à 2 °/o.
- Surface sensible : Collodion Albert sensibilisé au violet d’éthyleet à la monobromo-fluorescéine.
- Pose, préalable sur papier blanc : Diaphragme rond F/50, 30 secondes.
- Pose sur le sujet : Diaphragme rond F/25, de 1 1,2 à 2 minules.
- — Diaphragme carré F/18, 50 secondes.
- Les négatifs an collodion humide sont développés au sulfate de fer avec addition d’acide acétique ; les négatifs à l’émulsion sont développés a l'hydroquinone et fixés à l'hyposullite. Les renforcements se font comme à l’ordinaire.
- Traduction L.-P. Clerc pour le Procédé.
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- SOCIÉTÉs SAVANTES
- Effets chimiques de la lumière : Action de l’acide chlorhydrique sur le platine et sur l’or.
- Los métaux se partagent en deux classes fondamentales, suivant qu’ils sont attaqués par les acides dénués de propriétés oxydantes. tels q ne l'acide chlorhydrique, avec dégagement d'hydrogéne (métaux alcalins ou alcalino-terreux. fer, zinc, efc.), ou bien qu'ils résistent à ces acides (argent, mercure, or, platine, etc.). Les derniers métaux se distinguent à leur tour, lorsqn'on opère en présence de l'oxygène libre ; les uns absorbent lentement ce gaz, avec formation de sels (chlorure de cuivre, d'argent, etc.): d’autres demeurent inaltérables dans ces conditions (or, platine, etc.).
- J’ai reconnu que l’inaltérabilité de l’or et du platine par l’acide chlorhydrique cesse lorsqu’on opère en présence de la lumière et à la température ordinaire, surtout en ajoutant dans les liqueurs une trace d'un sel peroxydable à l'air, tel que le chlorure manga-neux. Il convient d’opérer avec l’acide fumant, cest-à-dire renfermant une certaine dose dl’hydracide libre, non combiné à l'eau, et possédant une tension de vapeur propre et notable.
- Ces réactions, d’ailleurs, n'ont pas lieu dans une obscurité complète.
- Voici les expériences qui ontdurédu lofévrier 194 au 265 mai 1904; cest-i-dire i mois:
- 1. Or pur, en lame brillante : 2 gr., 6591 ; 200 ec d’acide chlorhydrique fumant, d’une densité égale à 1,178 (36 pour 100). Le tout a été introduit dans un flacon de 2 L, rempli d’air, et le flacon a été conservé dans une obscurité complète. Au bout de ce temps, la lame d’or pesait 2 gr., 6597 ; elle était inaltérée. L'acide ne contenait aucune trace d’un métal précipitable par l’hydrogène sulfuré, dans une liqjueur acide ou alcaline.
- 2, Or pur, 0 gr.. 711 L — Mêmes épreuves, en ajoutant à la liqueur 1 gr. de chlorure manganeus pur. Ohseurité complète. Poids final : 0 gr., 7103.
- Les expériences confirment l'inaltérabilité de l’or pur par l'hydracide concentré, dans l’obscurité; même en présence de l’air et d’un chlorure peroxydable par l’oxygène libre, tel que le chlorure manganeux.
- 3. Or pur : 0 gr., 1233. Mêmes épreuves avec l’hydracide pur. Le flacon était placé à l’air libre, sur une terrasse exposéeà la lumière de tous côtés, pendant quatre mois.
- Poids final : 0,1103. Perle : 0,013.
- La liqueur renferme du chlorured'or, manifesté par l'hydrogène sulfuré en liqueur acide fournissant du pourpre de Cassius, etc.
- 4. Or pur : 0 «r., 7292. Mêmes épreuves, avec addition d’un gramme de chlorure man-ganeux. Le flacon exposé à la lumière pendant quatre mois, à côté du précédent.
- Poids final : 0,7132. Perte : 0,020.
- La lame d’or est dépolie à sa face supérieure. Sa face inférieure, déposée à plat sur le fond du flacon est restée en grande partie brillante. Celte perle est plus forte que la pré-cédente; mais le poids de l’or était plus considérable.
- Il résulte de ces expériences que, sous l’influence de la lumière et de l’oxygène, l’or est lentement attaqné par l’acide chlorhydrique fumant.
- Cette attaque a lieu aisément en présence du chlorure manganeux; ce qui s’esplique, d’après les expériences par lesquelles j’ai montré que la présence d’une traça* de chlorure manganeux, dans l’acide chlorhydrique fumant, détermine la formation d’une certaine
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- Platine en lame brillante :
- ique fumant, dans l’obseurité, avec ou sans sel manganeux.
- 7. Plat ine en lame : Ogr., 1803. Lumière.
- de chlorhy-
- Sur l'adaptation de la plante à l'intensité de la lumière.
- Chaque phénomène photochimique ou photomécanique considéré
- , ne se soi t accommodi
- dans sa communication.
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- 190 RIVUE DES SCILNCES PHOTOGRAPmTQUES
- Comparaison de courbes à diverses échelles.
- {Société royale de Londres, 10 mars 1904.)
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- 2
- 1 j s
- 1 9 I s =
- REVUE DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- Expériences sur l'orthochrome.
- ka transformation des préparations sensibles ordinairesen préparations panchromatiques N’effectuait, jusqu’a présen, au moyen de la cyanine. indiquée jadis par Vocel : l'emploi de ce colorant, par suite de la présence d'impuretés, dont on n’avait pu jusqu’ici le séparer, el, par1 suite aussi de son insolubilité dansleau, présentait d'assez nombreux inconvénients; la cyanine devait, (montre, être mélangée à d'autres colorants destinés à compléter son effet.
- Le l.)1 NNI, de la fabrique de colorants Lucius Meister et Bruning de Hloechst-sur-Mein, entreprit il y quelques années l’étude des dérivés de la cyanine et parvint à isoler à l’état de pureté absolue une série de nouveaux colorants, tous particulièrement intéressants au point de vue de l'orthochromatisme, et parmi lesquels il faut citer, en première ligne, l'orthochrome T et réUu/lci/aHine T.
- L orthochronie T, colorant rouge violacé, est de propriétés assez analogues à (‘elles du rouge éthyle, employé en ces dernières années par MirTue et Traître ; mais, d'une part, son prix est très inférieur et, d’antre p it, il donne aux plaques une sensibilité beaucoup plus étendue dans le rouge.
- Deux spectres ont été photographiés avec le spectrographe normal à réseau de diffraction moulé TALLENT, construit par Calmels, l'un sur plaqjue Lumière étiquette bleue, l'autre sur plaque de même émulsion traitée à l’orthochrome T (1 . M. F. MONPILLARD a mesuré à l’aide de son opaci mètre comparateur les opacités aux divers points des négatifs de ces spectres, ce qui lui a permis de dresser un graphique de comparaison, donnant la mesure du noircissement pour les diverses radiations ; la pose avait bien entendu été la même pour les deux plaques. On constate, sui ce graphique, l’existence de légers minima de sensibilité à la raie F (bleu verdâtre) et à mi-distance entre D et E (vert jaunâtre ; ces minima disparaissent d’ailleurs si la pose est quelque peu prolongée ; on constate enfin une diminution de la sensibilité pour le violet extrême, et cette particularité est le plus généra-lement avantageuse; avee les poses courtes, comme c’est le cas pour les spectres qui ont été comparés, la sensibilité se limite à mi-distance entre 0 et D (limite de l’orangé et du rouge) ; avec des poses plus longues et, surtout par l’emploi d'écrans jaunes convenables, la sensibilité s’étend dans le rouge jusq u à mi-distance entre les raies B et C. soit bien au delà de la limite de sensibilité du plus grand nombre des plaques orthochromatiques ou panchromatiques que l’on puisse actuellement se procurer. Enfin les spectres obtenus et le graphique de AL Moxpnano montrent que le traitement des plaques par l'orthochrome T n'abaisse pas leur sensibilité générale comme le faisait le traitement par la cyanine.
- L'élit yl cyanine T qu'on emploie de la même façon que l'orthochrome, orthochromatise pour le jaune et le rouge jusqu'en B.
- Il est bon de signaler ce fait, encore inexpliqué, que les propriétés de ces sensibilisateurs ne se manifestent pas indistinctement sur toutes les marques de plaques.
- (Le Procédé janvier 1904, p. ».)
- AL A. PaynI a fait de nombreuses expériences sur les propriétés de l'orthochrome; nous extrayons ile son travail, paru en anglais, les remarques suivantesdont nous empruntons la traduction à la revue Le Procétlé :
- Eau distillée....................................................
- Ammoniaqur pure..................................................
- Salation au - - - Torthoelirons T. 100e
- 200
- On rince deux à trois minutes en eau fréquemment renouvelée et on sèche. Les plaques ainsi titées seconder veut plusieurs mois sans rien perdre de leur sensibilité.
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- REVUE DES sciences PHOTOGRAPILIQUES
- L’auteur a eu surtout en vue l’influence de la sensibilisation de plaques commerciales au moyen de l’orthochromeT sur la sensibilité générale. En opérant tout, d’abord sur des plaques de sensibilité moyenne, il constata que la sensibilité1 générale était quadruplée, lorsque les essais étaient effectués à la lumière d'une bougie ; répétant l'expérience sur une plaque extra-rapide l'accroissement de sensibilité n’était pi us que de 3 à 5, mais,‘fait curieux à constater, la sensibilité générale ainsi acquise était exactement la même que celle obtenue sur la plaque lente après traitement à F’orthochrome. Il semblerait donc, que la sensibilité générale des plaques ainsi traitées soit, dans une certaine mesure, indépendante de la sen-sibilité primitive.
- L’accroissement de la sensibilité apparente est moins considérable lorsqu'on opère soit avec la lumière du jour, soit avec la lumière de l'arc, électrique, la lumière étant alors plus riche en radiations bleues et violettes qui agissent plus énergiquement sur la plaque ordinaire que. sur la plaque traitée à l’orthochrome. Il est facile avec un écran jaune pur ne multipliant que très faiblement la pose, d’obtenir sur les plaques baignées à l’orthochrome un rendu très correct des couleurs quand on opère en lumière naturelle ou à la lumière de l’arc; avec les sources de lumière plus jaunes, telles que bougies, lampes à pétrole, gaz ou incandescence électrique, l’emploi de tout écran est inutile et l’on peut obtenir directement un rendu parfait.
- La grande sensibilité de ces plaques pour le jaune les rend précieuses pour tous ceux qui ontà opérer en lumière plutôt jaune ; la pose est alors réduite de plus de moitié en même temps que le rendu se trouve amélioré. A titre d’exemple, l’article estaccompagné, en outre d’une série de clichés de, spectres exécutés avec le spectrographe Tallent, d’une photographie prise au théâtre avec l'éclairage normal de la scène, en une demi-seconde à l’ouverture de F/8; avec les objectifs très lumineux dont on dispose actuellement, il serait, donc possible, en certains cas, de faire presque de la photographie instantanée au théâtre, de sa place et sans autorisation d’aucune sorte.
- Des expériences spectrographiques de l’auteur, résulte que la plaque sensibilisée à l’or-thochrome donne une marge plus étendue vers le rouge qu’une plaque sensibilisée à la cyanine exposée pendant (rois fois plus de temps.
- {Pholoyeaphy, 28 mai 1904.)
- Sensibilisateurs.
- M. K. NAmias a étudié, au point de vue thermochimique les principales réactions pro-voquées par la lumière : les unes sont des réactions exothermiques, la lumière accomplit alors un véritable travail ; les autres sont endothermiques, la lumière agit comme excitateur. L’auteur insiste surtoutsur les phénomènes de sensibilisation et rappelle qu’il a décrit en particulier, dans le Jalirbiich fui1 Photographie l’action sensibilisante de F’oxalate d'ar-gent.
- Les sensibilisateurs chimiques que l'on mélange aux haloïdes d'argent sont ou ne sont pas sensibles à l'action de la lumière ; quand ils sont sensibles, leur sensibilité est inférieure à celle de T'haloïde : tel est le cas des citrate, (art rate, lactate. albuminate, oxalate l'argent.
- Il y a lieu de distinguer les sensibilisaterrs optiques dont l'effet est du simplement à une absorption de radiations elles sensibilisateurs chimiques pour lesquels l’absorption est accompagnée d'une transformation en énergie chimique.
- Insensibilité n augmente pas acee la quantité de sensibilisateur optique introduite-pour certaines radiations, une quantité infinitésinale suffit ; si on dépasse unecertaine limbe la sensibilité au lieu d’être augmentée est diminuée et peut parfois être annulée.
- L'étude des sensibilisateurs offre un vaste champ aux chercheurs ; en particulier elle e-entierement faire1 en ce qui concerne rertaines radiations telles yue les rayons X, b‘s rayons Becquerel, ('tc.
- (D’après Phnt. Coeri-siimuleii :
- Le Directcur-Lcraid : Gnauks MxoI.I..
- DUON, IMFAIMLAIL DARANIILNI.
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- STEREOSCOPIQUE A COURTE DISTANCE
- EFFETS DIVERS DE RELIEF STÉRÉOSCOPIQUE (I)
- Le charme tout spécial que revét l’image photographique quand elle est sous forme stéréoscopique, justifie la vogue dont jouissent actuellement les appareils qui, sous un format restreint, permettent de reproduire, avec leur relief et leur aspect vrai, les sites et les objets photographiés.
- Ces appareils sont construits généralement pour reproduire des sujets de grandes dimensions; ils se prêtent mal à la photographie de petits objets (pii exigeraient, pour figurer à une échelle convenable sur les épreuves, qu’on put opérer de très près.
- D’autre part, quand on exécute, à des distances de plus en plus faibles, la photo-graphie stéréoscopique d’un objet avec un appareil binoculaire 0,02, construit d’après les données courantes, c’est-à-dire avec, un appareil dont l’écart des objectifs est fixe, et égal à celui des veux (G3 millimètres environ), on ne tarde pas à rencontrer une difficulté. Les images AA, de la partie centrale A de l'objet visé (fig. 1, a) cessent dle tomber sur les centres Mb M., des parties de la plaque sensible où doivent s'imprimer les deux épreuves. Le point A, est décentré à gauche, tandis que A. l’est à droite. De sorte (pie l’une des épreuves contient surtout la moitié gauche du sujet, l’autre contenant surtout la moitié droite.
- La partie commune aux deux épreuves, la seule pour laquelle apparaît le relief, se réduit alors a une bande de plus en plus étroite à mesure que l’on opère de plus près. La largeur de cette bande peut même tomber à zéro, s< l’on opère à une distance sufli-Animent faible. On a alors une épreuve évidemment inutilisable au stéréoscope.
- La figure 2 donne l'aspect d’une pareille épreuve. C’est celle d’un mouvement de montre photographié à la distance de 15 centimtres à l’aide d'un vérascope.
- Même avant d’arriver à celte limite, on rencontre une autre difficulté. Dans le tirage de l’épreuve positive, qui nécessite, comme on sait, l'interversion des deux eli-
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- chés droit et gauche, le décentrement des points A,, A, subsiste, mais en sens contraire. La distance qui sépare les points A,, A, sur cette épreuve devient plus faible que celle des yeux. De sorte que, quand cette photographie est placée dans un stéréoscope à lentilles convergentes, de foyer équivalent à celui de l’appareil photogra-phique, les yeux doivent faire un effort de convergence d'autant plus grand que le décentrement est lui-mnème plusgrand. Il en résulte une difficulté croissante, et même bientôt l’impossibilité, d’obtenir la superposition stéréoscopique de la partie commune aux deux épreuves.
- On pourrait songer, pour éviter cet inconvénient, à écarter l’une de l’autre, en sens contraires, les deux épreuves positives, de manière à augmenter la distance des points
- correspondants A,Ayet, parsuite, a diminuer l’eflort de convergenee des yeux. Mais cette manière d’opérer, outre qu’elle ne remédierait en rien à la première difficulté signalée, entraînerait dans la forme apparent)' de l’objet reconstitué une altération mise en évidenee et étudiée en détail par M. Cazks (1). Cette altération consiste en une augmentation progressive de l’épaisseur apparente de l'objet, comparativement à ses dimensions transversales. Cetteaugmentation d'épaisseur s'exagérerait en même temps (pie les déplacements latéraux qu'on ferait subir aux images, et, par suite, à mesure que l’on opérerait de plus près. On arriverait alors bientôt à avoir, aux courtes distances, des objets reconstitués paraissant avoir une épaisseur deux ou trois fois plus grande' que leur épaisseur réelle, comparativement à leurs dimensions hauteur et largeur.
- En résumé, parcelle manière de faire, on aboutirait à un développement croissant du relief, qui deviendrait bientôt exagéré et inacceptable en pratique,
- .l’ai combiné un dispositif de banc optique qui, tout en corrigeant le. premier défaut, permet d’atténuer également le second d’une manière systématique, de façon adonner un relief pratiquement satisfaisant.
- L’appareil photographigne 0, . est placé sur une réglette OD, le, long de laquelle on peut le faire glisser, de manière à l’amener à telle distance que l’on veut du sujet Aà photographier. Cette réglette peut tourner autour de son extrémité O. Orientons-la de manière que le centre du sujet A se trouve sur la ligne de symétrie de l’appa-
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- reil (fig. 1, a), les images de A tomberont eu A,, A, ; nous aurons le décentrement desimages indiqué plus haut. C’est ce décentrement qu’il s'agit de corriger.
- Considérons, à droite et à gauche du point O, deux points B, IL, placés symétriquement et séparés par une distance égale à celle des objectifs 0b O. Tirons les lignes AB, et AIL, et faisons tourner tout le système autour de 0, de manière que l’objectif O,, vienne sur la ligne ABb Cette position de l’appareil est, représentée (fig. I, b), On voit (pie l'image de A tombe maintenant au milieu M, de bipartie Fauche de la plaque sensible. Le sujetse retrouve donc centré, et cela, quelle (pie soit la position de l’appareil le long de la réglette Ol), puisque, quand on le fait glisser sur toute cette longueur, l'objectif 0, reste sur la ligne AB,. On fera donc une pre-mière pose à l'aide de l'objectif Ob en ayant soin de masquer O.
- Faisons ensuite tourner à nouveau tout le système autour de O, de manière à ame-ner l’objectifO, sur la ligne AIL (lig. I, r). Nous aurons, de meme, l'image A2, de A, centrée au milieu M, de la plaque de droite. Nous ferons donc une seconde pose avec l’objectif O, en masquant O,. Les deux images droite et gauche ainsi centrées seront alors optiquement superposables dans toute leu r étendue, quand on les placera dans le stéréoscope. Cette superposition se fera facilement et sans efforts anormaux de convergence des yeux, puisque, grâce au déplacement de la plaque sensible d’une Pose à l’autre, la distance, des images correspondantes Ah A., sur celte, plaque, est devenue égale à la distance qui sépare les deux objeetifs, c’est-à-dire les deux yeux.
- Mais ce même déplacement entraînerait la déformation en profondeur de l’objet, Indiquée plus haut, si l’écart des objectifs au moment des deux poses était resté égal a celui des yeux, il suffit d’examiner la lig. 1 (u), pour voir qu’il n'en est pas ainsi. En effet, les deux objectifs O,, O, au moment où on les utilise pour les deux poses, se trouvent respectivement sur les deux lignes ABb AIL. 'fout se passe donc comme sils avaient présenté, au moment de ces deux poses, un écart fietif égal à celui inter-cepté entre les deux droites ABb AIL, par la ligne 0,02. Cet écart est inférieur à 0(02. Toutes les autres conditions restant les memes, ('et écart sera d'autant plus petit que le centre de rotation () de la réglette sera plus éloigné en arrière de l’appareil, puisque la longueur BJL est constante et égale à 0(0,.Si donc le point O est mobile le long de la réglette, on pourra, en déplaçant ce point, faire varier l’écart fietif des objectifs et, par suite, l’épaisseur apparente de l’objet reconstitué.
- Ll’expérience montre que, quand on opère à la distance de 20 centimètres, par exemple, de l’objet à reproduire, avec un appareil tel qju’un vérascope (foyer des objectifs, 5s millimètres), on obtient une épreuve donnant, au stéréoscope, la sen-sation de l’épaisseur vraie de l’objet en éloignant le centre de rotation () à une dis-tance considérable (1 à 2 mètres) en arrière de l’appareil. Si l'on donnait àla réglette OD cette même longueur, pour placer le centre de rotation () à son extrémité, on aurait un appareil très encombrant et difficile à manier. Grce au dispositif qui va ètre décrit, on peut, tout en ne donnant à la réglette qu’une faible longueur, la faire tourner autour d’un centre fietif placé à telle distance que l’on veut en arrière de 1 appareil et, par suite, obtenir, pour un objet donné et à une distance donnée, tous les degrés de relief (pic l’on désire.
- Poitou la réglette (lig. 3, ti), supposée débarrassée de l'appareil photographique, et O son centre de rotation. A l’extrémité opposée, elle porte une coulisse CC1, avec un buttoir intérieur B, qui permet de l’amener sans tâtonnements dans les positions Voulues pour effectuer les deux poses. Tu coup d’oil jeté sur la lig. I permet de
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- reconnaitre immédiatement que la longueur de celle coulisse doit Mtre pratiquement égale à la distance qui sépare les objeetifs, si l’on suppose que l’objet A à photogra-phier se trouve à l’extrémité même de la réglette. Admet tons que la longueur decette réglette soit jugée trop faible pour placer le point 0 à une distance sullisante, on remplacera ce point O par une deuxième coulisse C,, plus courte que la première (fig. 3, b) et munie elle-même d’un
- buttoir intérieur B'. Si, pour faire les deux poses nécessaires, on a soin de pousser à fond les coulisses contre les battoirs, alternativement à droite et à gauche, on voit (fig. 3, b) que tout se passera comme si la réglette avait tourné autour du point ()'. Ce point sera d’autant plus éloigné que la longueur de CJ?^ sera plus
- voisine de celle de CC4.
- S
- Pour une longueur égale des deux coulisses, le point () serait rejeté à l’infini. Le déplacement de
- l’appareil photographique, d’une pose à l’autre, deviendrait un simple déplacement transversal par translation, égal à la distance même des objectifs. Les deux épreuves droite e gauche seraient alors identiques et le relief nul.
- En pratique, on donnera à la coulisse Cj ", une longueur égale à celle de C,C,, mais on limitera la course de l’extrémité postérieure de cette réglette à telle. fraction que l’on voudra de cette longueur. J’ai adopté pour cela deux disqjues I)D' tournant autour des deux points excentriques E,E, et pouvant se fixer, à l’aide, de vis de pression, dans telle position que l’on veut autour de ces deux points. L’intervalle qu’ils laissent entre eux varie avec cette position des dlisques ; par suite, le déplacement de l'extrémité postérieure de la réglette si* trouve limité à (elle valeur que l’on désire.
- C’est donc par le déplacement de ces disques I), I (pie l’on obtiendra, pour l'objet photographié, tel degré de relief qur l’on jugera convenable. J’ai pris, de cette manière, une série de dix éprenves d’un même mouvement de montre, photographié à la distance de 13 centimétres avee des positions du point O variables depuis l’infini jusqu’à la ligne 0,0, elle-même, c’est-à-dire avec un écart des objectifs variable depuis zéro jusqu'a la distanee môme qui les sépare sur la chambre noire (63 milli-métres). Ces épreuves, examinses elaeune leur tour, donnent l’illusion d'une mon-tre qui, tout en conservant un dliamëtre constant, prendrait ime épaisseur variablede zéro à plusieurs centimétres. Parmi ces épreuves, l’une donne l'illusion correcte de l’épaisseur réelle de la montre: c’est celle (pii a été prise pour une position du centre, de rotation O placée à 1 ",50 en arrière de l’appareil. Cela correspond à un écart fictif des objectifs égal à b millimètres environ.
- Les ligures i et 4 bis donnent une vue d’ensemble de l'appareil, en perspective, et en projection horizontale.
- On voit en P I les deux disqjues excentriques maintenus en place par deux bou-
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- Si l’on se reporte à la fig. 1, on voit que, dans le déplacement qu'on donne à tout le systeme pour faire travailler, chacun à leur tour, les deux objectifs, la plaque sensible ne reste pas parallèle à elle-même : sa direction varie d’un angle égal à celui des deux droites (B,), (AB,). Quand on utilise les épreuves au stéréoscope, ‘‘Iles se retrouvent alors dans le méme plan. M. Cazes (I) a étudié en détail l’influence que peut avoir cette rotation du plan des épreuves autour d’un axe vertical; il a montré qu'elle doit nuire à la reconstitution stéréoscopique de l’objet. Mais, en fait, nos yeux possèdent à ce point de vue, comme à beaucoup d'autres, une assez large latitude de fonctionnement, grce à laquelle le défaut en question peut être considéré comme pratiquement nul entre certaines limites. Dans l’exemple cité plus haut, l’an-sle que font entre eux les plans des deux épreuves, cest-a-dire l’angle B,ABy, est de 4 à 5 seulement. Cet angle est bien au-dessous de la limite pour laquelle le défaut serait appréciable., dans les conditions où j’ai utilisé pratiquement le banc optique en question (faible épaisseur des objets photographiés, champ modéré, etc.), et on obtient
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- encore de bonnes images stéréoscopiques pour une valeur trois à quatre fois plus grande de cet angle.
- Au lieu de chercher à reproduire toujours, par voie stéréoscopique, la sensation de l’épaisseur vraie de l'objet, il peut y avoir intérêt, pour certains sujets, à diminuer ou à exagérer cette épaisseur. Par exemple, si l'on veut reproduire, par voie stéréos-copique, une médaille dont les reliefs sont peu accusés, on diminuera la distance des disques DD' et on aura une photographie qui donnera des reliefs et des creux plus accentués (pie ceux de la médaille elle-méme.
- De même, dans une pièce de mécanique de si rueture compliquée et délicate, comme un mouvement de montre, il pourra y avoir intérêt à exagérer l’épaisseur apparente, de. manière à mieux faire saisir à l'cil les positions des pièces d'assemblage du mécanisme, les unes derrière les autres.
- Nous venons de voir que l'appareil précédent est spécialement destiné à photo-graphier de petits objets à courte distance. Il est alors nécessaire de se préoccuper du déplacement des images fournies par les deux objectifs, ces images se formant d’autant plus loin en arrière des objectifs que l’on opère de plus près. Dans les appareils photographiques à soufflet, c’est par un tirage variable de ce soufflet qu'on amène les images à se former toujours sur la plaque sensible. Mais dans la plupart des appareils à main existant aujourd'hui dans le commerce, la plaque sensible est placée, une fois pour toutes, dans le plan focal des objectifs: l’appareil est réglé pour les grandes distances : pratiquement, il est au point pour tous les objets compris depuis l’infini jusqu’à une distança» de quelques mètres de l’appareil. Quand on veut prendre une photographie à une distance plus faible, on adapte aux objectifs des lentilles convergentes supplémentaires connues sous le nom de bonnettes.
- Le dispositif que j’emploie emprunte les deux combinaisons à la fois. J’annexe à l’appareil (vérascope) trois rallonges interchangeables (pii s’intercalent entre la chambre noire et le magasin à plaques sensibles. Ces rallonges ont des épaisseurs respectivement égales à 1,2et + centimètres, de sorte qu’en les employant séparément, ou deux par deux, on en les réunisssant toutes les trois, on a 7 longueurs différentes de foyers conjugués. Les ligures i et 3 montrent le vérascope muni de deux de ces rallonges R Ry.
- En outre, on peut munir les objeetifs de bonnettes L, 1/, soit convergentes, soit divergentes, dont chacune fournil, avec les rallonges, 7 nouvelles combinaisons de foyers. On a ainsi, avec 3 rallonges et quelques paires de bonnettes, un nombre de combinaisons permettant de reproduire, à une échelle convenahle, un sujet de grandeur quelconque.
- La possibilité d‘obten i r, à l’aide d’un appareil simple et facile à manœuvrer, des épreuves stéréoscopiques de petits objets, à courte distance, étend considérablement le. champ ouvert à celui (pii s’occupe de ce genre de photographie. Une simple fleur, un brin d’herhe, un bijou, un insecte, un échantillon minéralogique cristallisé, un médaillon, un bibelot quelconque sont autant de sujets qui abondent autour de l’ama-leur et (jui lui fourniront matière à épreuves intéressantes qu’il contemplera avec le plaisir tout particulier que produit toujours, mème chez ceux (pii en ont une grande habitude, le relief stéréoscopique.
- Nous donnons ici, à l itre d’exemples, la photographie d’un coquillage et d’un «'d humain fig. 7 et 8, planche 1 ).
- Ajoutons, pour ceux qui ne craie neut pas d’aborder la photographie des couleurs
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- (par la méthode trichrome, par exemple) que c’est précisément surtout dans les objets de petites dimensions (lleurs en particulier) qu’ils trouveront une foule de sujets. Il suffit d’annexer à l'appareil photographique employé, les trois écrans colorés, pour prendre à la suite les uns des autres les trois clichés nécessaires à l’obtention des trois négatifs colorés. J’ai obtenu très facilement, dans ces conditions, de bonnes épreuves qui joignent au charme du relief stéréoscopique, celui de la couleur.
- Enfin avec le banc qui vient d’être décrit, rien n’est plus facile (pie de reproduire, au format de l'appareil que l'on possède, une épreuve stéréoscopique de format quelconque. J’ai reproduit, de cette manière, au format vérascopique, une série d’épreuves du format commercial courant et même des épreuves 13 X 18 dont la plu-part étaient des radiographies obtenues à l’aide des rayons X.
- Il est non moins facile d’extraire d’une épreuve stéréoscopique un détail intéres-saut (tel (pie la tête d’un personnage dans un groupe) en l'amplifiant de manière à lui faire occuper toute l’étendue du champ. Il suffit, pour cela, d’employer toutes les rallonges et des bonnettes suffisamment puissantes pour pouvoir faire la copie du sujet à quelques centimètres de distance.
- Illusion cinématographique dérivée d'un effet de relief stéréoscopique variable. — Nous avons vu plus haut (pie, par la simple mancuvre des deux disques D, D, on peut obtenir une série de photographies d’un même objet présentant, au stéréoscope, une épaisseur apparente systématiquement croissante. Supposons qu’on examine toutes ces épreuves les unes après les autres, en les faisant défiler rapidement dans un cinématographe binoculaire : on devra avoir l’illusion de la déformation continue, et d’avant en arrière, de l’objet. J’ai construit un appareil cinématographique qui m’a permis de vérifier (pie le résultat est bien celui prévu. Remarquons que ce résultat très dilièrent de celui réalisé par les cinématographes ordinaires, puisqu’on a ici l’illusion du mouvement en profondeur, tandis que les cinématographes courants donnent seulement l'illusion de ce mouvement dans les directions transversales hauteur et largeur.
- Comparaison entre l'observation d'une épreuve photographique à l'œil nu et son observation par l'intermédiaire d'un stéréoscope. —Dans les expériences précédentes, j'ai eu souvent l’occasion de comparer, avec soin et en détail, l'effet produit par la contemplation de l'objet lui-mème à celui obtenu par l’observation de ses photogra-phies, soit à l'ril nu, soit à l’aide du stéréoscope. Cela m’a permis de relever fré-quemment une particularité que l’on a déjà signalée comme un défaut de la repré-sentation graphique d'un objet par la photographie simple. J’ai été alors amené à opérer dans des conditions donnant, d’une manière intense, le défaut en question.
- Supposons que l’on photographie simultanément plusieurs objets semblables géo-métriquement, mais de grandeurs différentes, en les plaçant à des distances de Fap-pareil qui soient entre elles comme les rapports de similitude de ces objets. Ils seront tous vus sous le même angle par l’objectif photographique. Ils se trouveront alors tous reproduits sur la plaque sensible avec des grandeurs identiques. Si l’on examine directement à l'cil nu cette épreuve plane et si l’on n’a pas de termes accessoires de comparaison, on jugera identiques en dimensions ces objets qui ne sont que semblables. L’aspect de l'épreuve sera absolument faux, comparativement à la réalité.
- Admettons maintenant (pie l'épreuve ait été prise en double avec un appareil sté-réoscopique, et que nous Lexa mi nions au stéréoscope. Grâce à la sensation de profondeur donnée par cet appareil et à la variation de l’angle de convergence des yeux
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- quand on passera «le l’examen de l'objet le plus rapproché A à celui du plus éloigné Z, on reconstituera la vérité. On continuera bien à voir Z sous le même angle (pie A; mais comme la vision stéréoscopique fera sentir que 7 est plus loin que A, on le jugera par là même de dimensions plus grandes. Cet effet se produit avec une telle intensité que, pour rendre l’impression éprouvée dans ce cas, on doit dire (pie le stéréoscope pül rellement voir Z plus pr/nid <pic- A, malgré l’identité de dimensions de ses images rétiniennes et de celles delohjet le plus proche.
- Lafig. 9 (planche II) représente t rois flacons photographiés dans ces conditions. Ils paraissent identiques et rangéscote. à côte, à la même distance de l’observateur, à tel point (pie, si l’on n’était pas prévenu, on ne songerait pas à mettre en doute la sincérité des trois étiquettes (pii attribuent aux trois flacons la même contenance, de 1 litre.
- Cependant leurs contenances réelles sont respectivement 2 litres, 1 litre et 580 cm1. ‘
- On peut observer cette photographie, sans la découper dans la page où (die ligure, en utilisant le système optique d’un stéréoscope quelconque qu’on enlève de l’appareil en dévissant une simple vis.
- Comme tout le monde peut ne pas avoir de stéréoscope pour faire cette expérience, j’ai adjoint à la fig. 9 la fig. 9 bis «pii montre. les mêmes objets photographiés, mais en les plaçant, cette fois, cote à côte à la même distance de l’appa nd 1 photographique. On les voit alors avec leurs rapports réels de grandeurs. L'examen stéréoscopique de la fig. 9 donne la sensation de ces rapports réels de grandeur d'une manière aussi parfaite que l’examen direct de la lig. 9 bis à l'oil nu, mais les trois flacons apparaissent alors, en perspeetive, à des distances différentes de l'observateur, ce (pie la fig. 9, examinée à l'cil nu, ne permet certainement pas de soupconner.
- La ligure 19 (planche II) montre, d’une maniere plus complète, l’inexactitude d’aspect d’une photographie faite dans desconditionsanalogues ; (die. contient deux types d'objets, flacons et verres de laboratoire. Surcette photographie, examinée à l'œil nu, on juge les trois flacons identiques en dimensions et les trois verres inégaux, alors que c'est précisément l’inverse qui est vrai. La ligure 19 bis correspondà 10 comme 9 bis correspondait à 9.
- Lafigure 11 (planche I1) exagère encorel’inexactitude d’aspect donnée par la photo-graphie plane en laissant croire la plus grosse celle des deux sphères (pii est à droite, alors qu’en réalité, (die a un diamètre trois fois plus petit que celle de gauche. On voit encore en 1 1 bis le rapport exacl de. ces dimensions. Mais l'examen de l'épreuve H au stéréoscope fait sentir que la plus grosse sphère est trois fois plus loin de l’observateur (pie la plus petite.
- Enfin la figure 12 planche II) montre, sur des objets d'un caractère plus familier, à quel point une photographie peut être trompeuse. Elle simule une garniture de cheminée dans laquelle les objets, placés à droiteet à gauche de la pendule paraissent parfaitement symétriques au point de vue de la grandeur et semblent rangés, bien en ligne, sur la tablette de la cheminée.
- L’examen stéréoscopique de l’épreuve mont re qu’il en est tout autrementet révèle immédiatement à l’observateurgue les dimensions en hauteuret en diamètre du chan-delier de droite sont une fois et demie plus grandesque celles du chandelier de gau-che taudis (pie le vase de droite n’est. en ce «pii coneerne ses dimensions, que les deux tiers de celui de gauche. On y reconnaît aussi, sans hésiter, que les deux vases sont
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- en carton découpé et que l’illusion de rotondité que semble en donner le dessin plan n’est qu'une apparence elle-même trompeuse.
- Enfin, au lieu d’être rangés sur une même ligne, ces objets sont placés à des distances très variables en profondeur et la tablette de cheminée aurait dû avoir, pour les contenir tous, dans la position où ils étaient placés pour la photographie, une largeur de plus de cinquante centimétres.
- La figure 12 (bis) montre les mêmes objets rangés, cette fois, en ligne, avec leurs rapports de grandeurs réelles.
- Homme conséquence de ces faits, ouest amené à mettre en doute, pour un certain nombre de cas, la légitimité d’une méthode adoptée généralement dans les cours de dessin, et qui consiste à prendre à bras tendu et avec une réglette graduée, les mesures des dimensions relatives des divers objets à faire figurer sur le dessin. Il est clair qu'un dessin fait dans ces conditions, bien (pie géométriquement exact au point de vue de la perspective, comme léserait une photographie, pourra présenter néanmoins un aspect faux par rapport à la réalité.
- Fig. 13 (bis).
- J’ai cherchéà vérifierespérimentalementeette conséquence, en faisant exécuter par deux dessinateurs non prévenus à l'avance des dessins d’objets empruntés à la fig. 10 (deux flacons inégaux et deux verres égaux). Après avoir installé le premier de ces dessinateurs à l’endroit même où était placé l'appareil photographique, jel‘ai priéde prendre, à bras tendu, les mesures des dimensions des objets placés devant lui, etde traduire le résultat aussi fidèlement que possible sur le papier. J'ai prié, au contraire le second (qui, naturellement, n’avait pas été prévenu de ce qa’avait fait le premier) de ne prendre aucune mesure, mais de chercher à bien se rendre compte de la forme et des dimensions des objets, par leur simple examen à distance, et de traduire le résultat sur le papier, de maniereque le dessin donne la meilleure traduction possible des objets véritables. Les fig. 13 et 13 bis montrent les deux dessins faits dans ces conditions. On voit que le résultat est bien le même que celui (pie donnent les photo-graphies Ht et 10 bis. Le dessin 13, exécuté d'après des mesures, est précisément celui (pii a un aspect faux par rapport à la réalité.
- La conclusion de ceci parait donc être (pie, lorsqu’on aura à dessiner, d’après uature, un sujet dans lequel la perspective jouera un rôle important, et dans lequel des objets figureront , les uns dans des premiers plans très rapprochés, les autres dans des arrière-plans très éloignés, il ne faudra pas croire qu’on obtiendra néces-
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- sainement le meilleur effet possible en (raduisant strictement les résultats donnés par les mesures. Il pourra y avoir intérêt à diminuer les résultats des mesures faites sur les premiers plans, et à forcer, au contraire, ceux des mesures faites sur les derniers plans. A cet égard, la photographie pourrait être très utile aux peintres et auxdessi-nateurs, dans les cas embarrassants, eu leur montrant immédiatement si l’épreuve photographique, prise du point de vue choisi, a un aspect assez peu correct pour qu'il y ait lieu d'appliquer des rectifications dans le sens qui vient d’être indiqué.
- Il n’est pas difficile, d’ailleurs, de s’assurer, sur des tableaux faits par des peintres de talent, que des rectifications decegenreont été faites, sciemment ou non, par eux, dans l’exécution de ces tableaux.
- Les contradictions et inexactitudes relevées sur les épreuves des fig. 9, 10, I et 12 mettent linalement en évidence, avec une grande intensité, ce fait déjà signalé bien souvent : Dans la photographie planté C i mptn'laitre des premiers plans, au point de vue delà dimension des objets qui ij fie/uren t, est fortement augmentée au détriment de celle des derniers plans, qui est fortement diminuée. La vision stéréoscopique rectifie eesdejauts et rend naturelle une image qui, examinée à l'mil nu, serait inacceptable.
- Dans une collection quelconque d'épreuves stéréoscopiques, on en trouve qui, vues à l’œil nu, montrent des objets peu intéressants du premier plan qui envahissent la moitié de la surface totale de l'image, tandis que les derniers plans, qui contiennent la partie intéressante du sujet, passent à peu pres inaperçus, à cause de la dimension trop restreinte de leur image. Avec le stéréoscope, l’aspect de ces épreuves est tout à fait transformé; spontanément, l'eril néglige lespremiers plans pour aller chercher, au fond de l’épreuve, les particularités intéressantes du dernier plan. Ce fait est bien connu de tous ceux qui s'occupent de stéréoscopie.
- La figure 14 (planche 111,en est un exemple bien net. Cette photographie, examinée à Viril nu, paraît se composer presque exclusivement de la vue, de dos, des deux personnes placées au premier plan. Les personnages de l'arrière-plan qui sont pourtant les plus importants dans ('elle circonstance, attirent à peine l'attention à cause des dimensions exiguës de leur image.
- Avec l’examen stéréoscopique, l’impression est tout autre. L’œil va d’instinct, à travers la foule, chercher les personnages du dernier plan etne porte pour ainsi dire plus son attention sur ceux du premier.
- Il est un autre genre d’inexactitude que le, stéréoscope peut corriger dans une épreuve photographique: cest celle qui est due à une inclinaison très prononcée de l’axe de l’appareil, soit vers le haul quand on prend une vue d’un monument élevé, soit vers le bas quand on prend une vue plongeante.
- Soit AB (fig. 15) le sujet à photographier, que nous supposons rectangulaire, et O l’objectif placé à un niveau peu élevé au-dessus de la base B du monument. Si l’axe de l’appareil photographique est orienté dans la direction horizontale, la plaque sensible sera verticale, c’est-à-dire, parallèle au monument AB. L’image de AB formée en AB, sera rectangulaire, comme le sujet lui-mème, ainsi qu’on le reconnaît immédiatement à la seule inspection de la fig. 15. Si l'on regarde l’épreuve de face, comme A'JVp on aura une impression correcte qui sera celle d’un monument rectan-gulaire vertical, semblable au sujet.
- Supposons, au contraire, qu'on dirige l’axe de l’appareil photographique vers le haut, comme on le fait souvent pour comprendre tout, le sujet dans le champ de la plaque sensible. Alors l'orientation de cette plaque, changera : elle cessera d'etre
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- verticale et, par suite parallèle au sujet AB. Elle se présentera dans une direction inclinée, telle que BA„. La fig. 15 montre que, sur cette plaque sensible, la dimension A, de l’image de A sera maintenant plus petite que celle de B,, image de B. L'image définitive du monument ne sera plus rectangulaire comme tout à l’heure; elle sera rétrécie vers le haut, et, vue de face, elle aura la forme du trapèze A‘B‘. Lorsqu’on regardera cette image, et qu'on l'interprétera en perspective comme un dessin quel-conque, on n’aura pas l'illusion d’un objet vertical de forme trapézoïdale, mais bien celle d’un objet rectangulaire se renversant en arrière, et paraissant couché sur un plan incliné. On trouve bien cet eflet sur la fig. 16 (planche III) dans laquelle, le sujet choisi se rapproche, autant que possible, de la forme théorique rectangulaire imaginée pour l’explication précédente. L'est précisément pour éviter ce défaut qu’on applique aux objectifs des appareils photographiques le dispositif bien connu sous le nom de décentrement, qui permet de faire entrer tout le sujet dans le champ de l’appareil, tout en laissant la plaque sensible verticale.
- D’autre part, lorsqu’on examine directement à l’œil nu un monument élevé, au pied duquel on se trouve placé, il est nécessaire de diriger vers le haut les axes des yeux pour le voir en entier. La direction de la rétine au fond de l’eril cesse alors d’être verticale et la forme de l’image rétinienne, au lieu d’être rectangulaire, devient
- pace, par rapport à la verticale, et la forme trapézoïdale plus ou moins
- accusée de l’image rétinienne.
- Quand les deux termes entre lesquels nous établissons celle corrélation par l'habitude et l’éducation se correspondent, nous avons la sensation correcte de la verticalité de l’objet. Si, au contraire, ces deux termes sont en discordance, l'objet paraît incliné sur la verticale.
- Si cette manière de voir est exacte, on devra, en plaçant la photographie trapézoï-dale de l’objet dans un stéréoscope, continuer à voir cet objet incliné en arrière, si l’on dirige horizontalement l’axe du stéréoscope. Mais, si on le dirige peu à peu vers le haut, de manière que la direction de la rétine suive le même mouvement, il arrivera un instant où la direction de cette rétine dans l’espace sera précisément celle qu’il aurait fallu lui donner pour obtenir, en regardant l’objet lui-même, les deux images rétiniennes que le stéréoscope en donne à ce moment. La corrélation entre les deux termes variables dont je viens de parler existera alors, et on devra retrouver la sensation de la verticalité de l’objet. Si l’on dépasse cette inclinaison, le sujet devra sembler se renverser en avant. L’expérience montre que c’est bien ainsi que
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- leschosesse passent. M. Richaud a fait remarguer depuis longtem ps que les épreuves obtenues dans les conditions qui viennent d’être expliquées, par un appareil stéréos-copique ( érascope, par exemple), ont un aspeet in vraisemblable et inacceptable quand ouïes regarde directement à l'iil nu. en les tenant verticalement. Leur observation dans un stéréoscope n'améliore pas leur aspect, si on laisse l’axe de l’instrument horizontal ; mais, si on le dirige peu à peu vers le haut, on voit l'objet se redresser pour devenir vertical quand on atteint h' deuré d'inclinaison voulu.
- Les figures 17 <4 18 (planche III) se rapportent à deux épreuves qui donnent d’une manière très nette le résultat qjue lon vient d’indiquer. La première représente les piliers métalliques qui supportent la « Grande Roue. de Paris a au Champ de Mars. Elle a été prise du pied méme de ces piliers, l’appareil étant dirigé vers h' haut dans une position peu éloignée de la verticale.
- La seconde, pour ainsi dire réciproque de, celle-là est, au contraire, une vue pion-(punie prise du sommet de la même Girande Roue sur l'extrémité de la « Galerie des Machines » et les constructions avoisinantes. Les objectifs de l'appareil étaient alors orientés vers le bas suivant une direction encore voisine de là verticale.
- Si T'on regarde ces épreuves au stéréoscope, en ayant soin d’orienter celui-ci comme l’était l’appareil photographique lui-mème au moment de la [irise des épreuves, les sujets reprennent leur aspect et leur position normale au lieu de présenter l'aspect étrange qu'ils ont lorsqu'on examine directement les épreuves à l'œil nu.
- J’ai fait de nombreuses expériences, dans des conditions variées et avec des angles d'inclinaison allant jusqu’à sur la verticale, pour m'assurer que c’est bien lorsque l’inclinaison du stéréoscope est identique à celle de l’appareil photographique qu’on retrouve la meilleure sensation de la verticalité de l’objet. J’ai adapté à l’appareil photographique, d’une part, étau stéréoscope, d’autre part, un cercle gradué qui per-met de mesurer leurs inclinaisons. En inclinant le stéréoscope sous le même angle que l’appareil photographique, on a l’objet reconstitué avec sa véritable position dans l’espace. Une inclinaison plus grande ou plus faible fait paraître, au contraire, l’objet reconstitué incliné en avant ou enarriére. On peut même, à l’aide de l’instrument muni de son cercle gradué, retrouver ainsi instinctivement, et avec une approximation de quelques degrés, l'angle sous lequel était incliné l'appareil photogra-phique, lorsqjue F'épreuve a été prise. La sensation de la verticalité de l’objet reconstitué pour une inclinaison convenable du stéréoscope est alors assez nette pour que l'expérience réussisse très bien, même quand elle est réalisée par une personne n’ayant jamais vu, dans la réalité, l'objet lui-même.
- E. COLARDEAI,
- Professour de Physique au Collège Rollin,
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- NOTICE SOMMAIRE SUR LA MÉTROPIIOTOGRAPIIIE
- DEPUIs SES DÉRUTS JUSQU'A SES PLUS RÉCENTS PROURES
- Les lecteurs de cette Revue connaissent sans doute, au moins de nom, la métroplioloyraphie, c’est-à-dire l’art (pii a pour objet de retrouver les vraies dimensions et les positions relatives des différents objets représentés sur des vues photographiées.
- En nous en tenant à ce qui intéresse les architectes et les topographes (les météorologistes, les géologues, les biologistes même y ont également recours) (1), les principes de cet art sont toujours d’une grande simplicité.
- Pour les édifices, dont les formes sont habituellement terminées par des lignes droites verticales ou horizontales ou par des courbes bien définies, on se trouve en présence du problème inverse de celui de la perspective monumentale dont la solution est pour ainsi dire la même et est enseignée partout.
- D’un autre côté, quand il s’agit d’étudier géométriquement les accidents de la surface et le relief, la plastique du terrain, d’après des paysages pris de points de vue différents, on n’a, par une analogie très naturelle, qu’à se reporter aux méthodes les plus usuelles de la topographie dans lesquelles la perspective joue implicitement un très grand rôle. Pour la construction du plan en particulier, c'est-à-dire de la projection horizontale de la surface' du sol, on est ainsi conduit à recourir à celle qui est si connue sous le nom de méthode des i n ! ersec t ions.
- Pour ce qui est de la détermination du relief, le procédé à suivre est le même que celui (pii sert couramment à déduire les différences de niveau de la station d’où l’on observe et des divers points plus ou moins éloignés dont on a déjà déterminé les distances à cette station. Cest un calcul facile, basé sur la connaissance de ces distances et sur celle de la hauteur ou de la dépression apparente du point correspondant par rapporté l'horizon du point de vue situé lui-même à une hauteur connue au-dessus du sol.
- Toute la théorie, de la reslilution des plans d’après des vues dé paysâmes dessinées ou photographiées, est à la rigueur contenue dansées quelques lignes. Aussi certains topographes professionnels, peu disposés à changer leurs habitudes, ne manguent-ils pas de dire que ce n’est pas la peine d'aller chercher la perspective ou même la photographie dont on s’est bien passé jusqu’à présent, cette dernière pouvant tout au plus être admise, à litre doeumenluire. D'ailleurs, ajoutent-ils, il n’y a vraiment là rien de nouveau et ce serait détourner le sens des mois (pie d’avoir la prétention d'y voir une méthode particulière, puisque c’est toujours la vieille méthode des intersections.
- Lutin, et cela ne manque pas d'une certaine gaîté, ils ont fini par découvrir (pie,
- lographie qui a transformé, pour eux, l’art d’observer.
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- pour conduire à des résultats possibles, il fallait à la photographie des terrains ptils exprès !
- Bien que ce curieux théorème ait servi de point de départ à d’autres arrêts des mêmes pontifes qui, malgré leurs dénégations embronillées, n’ont d’autre but que la proscription pure et simple de la photographie dans l’art de. lever les plans, je ne crois pas nécessaire de nous arrêter davantage à de, pareilles simplicités. Ce qui est beaucoup plus vrai, c’est qu’il y a effectivement de grandes étendues de terrains qui semblent avoir été faits exprès pour déjouer toute. tentative d’exploration sérieuse autrement qu'à l’aide de la photographie.
- Encore une fois, il serait bien inutile de relever ici des objections et des critiques qui datent de plus d’un demi-siècle et n’en sont pas devenues meilleures pour cela. La seide réponse à y faire, aujourd'hui — etc’est l’objet de celte notice,— est de fournir la preuve que si certains de nos compatriotes, appartenant pour la plupart aux services intéressés —ce (pii est très regrettable — s'obstinent encoreà ignorer, à nier le parti (pie l’on peut tirer de la photographie pour l’étude rapide du terrain et même pour la construction des cartes (il y a d’ailleurs déjà d’assez nombreuses exceptions en dehors du monde officiel et jusque dans son sein), l’art dont il s’agit est cultivé avec le plus grand succès dans plusieurs pays étrangers, sous les auspices de l’autorité compétente. Il est même en train d'y faire de tels progrès que les plus indifférents, les plus hostiles chez nous sont bien près de s’en émouvoir, comme nous le. verrons plus loin.
- J’arrive à l’historique des origines de la métrophotographie. Le lecteur voudra bien me pardonner de me mettre en scène dès le début, mon âge seul pouvant expliquer et justifier ce que je vais avancer.
- Mon attention, comme celle de mes contemporains, avait, en effet, été attirée sur le sujet dont nous nous occupons, dès 1839 (j’étais alors élève à l’École polytechnique) par le rapport d’Arago sur la découverte de Daguerre, qui en faisait déjà prévoir presque toutes les conséquences, in peu plus tard, en 1846, ayant été chargé de reconnaissances étendues sur la frontière des Pyrénées et d‘études topographiques rigoureuses (il est de mode aujourd’hui de dire inpomélriques) à Cambo, sur la Nive, la lecture d’un autre rapport de l’illustre secrétaire perpétuel de l’académie des sciences sur la mission de deux officiers français, Galinier et Ferret, en Abyssinie, me suggérait l’idée d’appliquer la méthode qui y était expressément recommandée par son éminent confrère et collègue, l’ingénieur-hydrographe Beautemps-Beaupré. Cette méthode consistait à recourir aux vues pittoresques pour contrôler ou même pour eflec-tuer des reconnaissances en voyage, et les résultats vraiment merveilleux ausquels était parvenu Beautemps-Beaupré lui-même, à la mer, en dessinant, d'une embarcation mobile et i main levée, des vues décotes qu’il reetifiait par des mesures d’angles exécutées rapidement à l’aide du cercle de réflexion de Borda (I) étaient bien faits pour inspirer confiance à ceux qui voudraient l’imiter à terre. Dans ce cas même, les stations étant fixes, on devait évidemment pouvoir opérer au moins aussi bien, et le colonel du génie Leblanc, très avisé et très habile dessinateur, se servit en effet avantageusement de cette méthode dans diverses circonstances où il lui eut été diffi-cile de s’y prendre autrement.
- (I) Voy. Méthode pour la levée et la construellon dea varies et des plans hydrographiques par Beau-temps-Beaupré, Paris, imprimerie impériale, 1811, déjà publié en 1808.
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- Je fis d’abord comme le colonel Leblanc, mais malgré le soin avec lequel je dessinais mes vues, ce qui me prenait beaucoup de temps, les résultats que j’obtenais étaient loin de me satisfaire, dès que les points considérés s'éloignaient un peu. La photo-graphie me revint alors en mémoire ; seulement, à cette époque, c’était encore un art difficile à pratiquer, et je prévoyais qu’il faudrait attendre assez longtemps avant d’en pouvoir faire un usage courant. .l’avais en heureusement l’occasion, quelque temps auparavant, de voir entre les mains d’un de mes amis, Auguste Bourgeois, élève et neveu du savant architecte Caristie, de beaux dessins de monuments faits par son oncle, en Grèce et en Italie, à l’aide d’une chambre claire de Wollaston, et nous avions fait ensemble quelques essais satisfaisants avec ce même instrument.
- De retour à Paris, à la fin de 1818, je me procurai une chambre claire et je re-commengai ces essais dans le but de les faire servir à des expériences de mesure sur des monuments et sur des paysages. Il se présenta tontefois une légère difficulté. Les images virtuelles que l’on voit dans la chambre elaire manquent de fixité ; elles se déplacent pour peu (pie l’on remue la téte; il y a une para l libre. Wollaston avait bien indiqué des moyens de la faire disparaît ri*. mais ils étaient encore insuffisants à certains égards et je dus m'attacher à les perfectionner.
- Après y être parvenu, avec le concours de l'excellent artiste (î. Froment que m’avait indiqué Arago, au cours d'une première conversation, je retournai à l’observatoire pour en entretenir de nouveau le grand physicien qui voulut bien m'encourager à remplir ainsi le prosranme qu’il avait tracé lui-même dans son rapport sur Da-guerre, en reconnaissant que la photographie n’était, en effet, pas encore en état de donner des images parfaitement géométriques, dans un champ aussi étendu (60° au moins) que celles (pie je lui soumettais et qu’il saisissait plutôt avec les yeux de l’esprit, car sa vue était déjà bien compromise.
- F était en 1830 et les résultats que j’avais montrés à Arago se rapportaient à deux reconnaissances d’une partie de la forteresse du mont Valérien et de l’un des fronts du fort de Vincennes que j’ai publiées à diverses reprises parce qu’elles précisent une date; car on n’avait en elTet jusqu’alors rien fait de pareil, je veux dire d’aussi rigou-reusement exact par la méthode des perspectives appliquée à la topographie. Encore une fois j’espëre (pie l’on me pardonnera ces détails «pii ont surtout, si je ne m’abuse, le mérite de renseigner nettement sur la genése, je ne dirai pas d'une découverte, mais tout au moins de l’une des applications les plus fécondes de la photographie.
- Les vues prises à la chambre claire étaient dessinées sur une planchette parl'aite-meut hDri^onlale et d’après les propriétés de l’appareil, quand il est bien construit, eiles étaient identiques avec celles qur l’on eit obtenues sur un tableau vcrtieal trans-parent placé au devant de l’eil de. l’observateur, à une distance égale à celle de l’irilleton de la chambre claire à la planchette, distance facile à mesurer et correspondant à celle, de la vision d i s l i nete, de 0",30 environ pour une vue ordinaire.
- En traçant sur la feuille de dessin, avee les précautions nécessaires (pie facilite la chambre claire munie d’organes de précision, la Ihjne (l'horizon et la U(jne priori-pale (le la perspectivequi se coupent au point principal, on a les axes coordonnés auxquels on peut rapporter les différents points du paysage pour en conclure la direction et la hauteur apparente positive ou négative de chacun d’eux.
- Nous donnons sur la figure 1 une vue de la chambre claire montée sur la plan-chette horizontale portée elle-même parmi pied à 3 branches. On voit sur la feuille de papier fixée sur la planchette la ligne d’horizon II II, la ligne principale V V
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- et le point principal P obtenus par une construction assez simple que nous ne pourrions pas indiquer ici faute de place.
- Voici maintenant quelques «explications théoriques complémentaires qui facilite-ront l’intelligence complète de la méthode.
- En jetant un coup d’eril sur le schéma suivant (fig. 3), on se rendra aisément compte de la manière dont on doit disposer les vues, d’abord pour construire le plan, puis pour déterminer les différences de niveau des points que l'on a besoin de considérer successivement dans le but de réunir les éléments nécessaires pour repré-senter le relief du terrain (conventionnellement, à l'aide de courbes fictives dites sections horizontales, comme nous l'expliquerons plus loin).
- Ainsi S, et S, étant deux stations dont la distance S, S, a été mesurée et réduite 11 l’échelle adoptée, et les angles P, S, S, et P, S, S, des azes des images avec la base S] S, étant également mesurés, ce qui permet de tracer les projections S, P, et S: l‘: de ces axes, aux points P et P, qui en sont les extrémités, ou même les perpenii-cultures II, II, et IL IL, projection des lignes d’horizon de chacune des vues «pie l'on
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- peut considérer aussi comme les traces des plans des deux tableaux TU, TU, rabattus
- même lettre. (l’est une notation de ce genre qui a été adoptée sur la figure 3 pour les images des [joints supposés de l'espace (m), (n\(r). En projetant les images de ces
- r‘2, sur la vue T, U., les intersections des lignes de jonction, aboutissant aux points de même désignation déterminent sur le plan les projections m, n, r, des points de l’espace.
- même et il est clair, en même temps, que les dislnnees en mètres des points ainsi
- projections S,m, S(n, S(r ou S,m, San, Sar, sur l'échelle du plan.
- projeté en m sur le plan. Sa hauteur apparente au-dessus de la ligne d'horizon H1qII, étant mam‘ on obtiendra simplement sa vraie hauteur (m) m (au-dessus du
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- plan d’horizonde la station S, leguel est de 1,25 à 1m,50 en général au-dessus du sol), à làrlielle du plan, par la proportion :
- (ni) in : m, m‘, - Spn : S,m‘, d’où (m) m — S, X "i,1.
- Spn 4
- m, m‘, et S, m‘ étant mesurés en mi lli mètres sur la ligure et leur rapport multiplié parla valeur de S, in exprimée en mèlres, (m) m se trouvera de même évaluée en mèlres.
- Nous ne faisons qju'indiquer ici le principe de cette, opération du nivellement qui, appliqué sur des ligures exécutées à des échelles convenables, s'effectue avec une grande rapidité (en employant la régle à calcul) et avec une exactitude dont le degré
- >, S:
- dépend des éléments nus en jeu : échelle du plan, grandeur de la base, distance du point de vue au tableau S Pi qui, lorsqu’on emploie la photographie, n’est autre que la distance focale de l'objectif. Dans tous les cas, pour chacun des points, on a toujours un moyen de vérifiration puisqu’on peut le rapporter successivement aux deux stations S, et S, dont on connaît la différence de niveau, mesurée par les méthodes ordinaires.
- Cet exposé rapide mais déjà assez complet a sans doute suffi pour convaincre le lecteur qui aura pris la peine de le suivre attentivement (pie la méthode, tout à
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- fait analogue à celle des intersections exécutée à l'aide de la planchette, ne présente aucune autre difficulté que celle de i'idenli/ienlion des images des mêmes points du paysage sur les deux tableaux, le changement des points de vue modifiant, comme on sait, plus ou moins sensiblement l’aspect de ce paysage. Il ne faudrait cependant pas, comme l’ont fait les gens mal disposés, s’exagérer cel te difficulté généralement plus apparente que réelle, car la preuve est faite depuis longtemps qu’avecun peu d’atten-lion et une certaine aptitude moins rare qu’on ne serait disposé à le supposer (1), et le nombre des points que l’on identifie ainsi sûrement est incomparablement supérieur à celui des points que l’on pourrait déterminer sur le terrain, en se servant de la planchette. Tandis en effet qu’avee ce dernier instrument on ne cherche et l’on ne peut obtenir que des repères assez peu nombreux auprès desquels on se transporte ensuite pour y rattacher les détails qui les avoisinent ; en combinant deux à deux les vues photographiées qui remettent simul lamhiien l sous les yeux de l’opérateur les mêmes objets dans leur ensemble, on parvient, avec un peu d’habitude, à en retrouver les divers éléments et à les reconstituer, souvent en entier avec deux vues et, au besoin, avec des vues complémentaires généralement destinées à aller plus loin, prises d’autres stations convenablement choisies.
- Peut-être reconnaîtra-t-on, après cela, que si le procédé dont il s’agit est en effet londé, comme celui de Beautemps-Beaupré, sur la méthode générale des intersections, on y a recours à des données et à des movens d’exécution qui le distinguent de tout autre, enfin qu’il jouit de propriétés qui lui méritent sans doute une qualification par-ticulière. Celle-ci s’est en effet imposée, pour le casgénéral, sous le nom tV Iconuinélrie (IUllhnesskinist des Allemands), et comme à présent c’est la photographie qui joue le plus grand rôle, sousceluide metropliohnirupliie {PiluhH/ra mnielrie des Allemands), ou sous celui de pliololopoprapliie (Fo totopu(/ra pu des Italiens et des Espagnols).
- Après d’assez nombreux tâtonnements commencés dès 1850, mais rendus pénibles par la lenteur et la complication des procédés techniques de la photographie, à cette
- époque, et par l’imperfection des objectifs, nous avions enfin pu remplacer la chambre aire par la chambre noire en 1839.
- Grâce aux expériences multipliées que nous avions faites dans l’intervalle, tant en France qu’à l’étranger, expériences dont les résultats avaient été, pour plusieurs d’entre elles, contrôlées par les soins du Comité des Fortifications, nous n'avions eu, «près avoir fait construire par l’excellent artiste Brunner, le premier phololhéodolile qualifié simplement de chumbre noire, lopopraphique, qu a suivre les mémeserrements.
- Cette même année 1839, une commission de l'Académie des Sciences composée de MM. Daussy et Laugier rapporteur, prenait la peine de venir assister à toutes les opérations, aux deux stations choisies par elle : Vune des fours Sainl-Sul piee et le petit observatoire de l'Ecole Polytechnique, dont la distance mesurée sur un plan à l’échelle de _ (de M. Emmery, ingénieur en chef des ponts et chaussées apporté 6667
- par l’un des commissaires), était de 1233 m.
- Les épreuves du format 18X24 prises avec un objectif dont la distance focale était
- (1) Tout le monde cependant n’a pas cette aptitude, méme parmi les topographes de profession. Mais cela ne prouve qu'une chose, c'est qu’il s'agit d’un art d’une certaine délicatesse et il ne faut pas s’attendre à le voir pratiqué par ceux qui sont privés du sens correspondant. Les sourds R'ont jamais fait de musique, ils sont même instinctivement ennemis de ceux qui en font.
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- de 0 m. 126 donnaient un champ utilisable de 30° à 35°; malgré un temps des plus défavorables, je ne voulus pas remettre l’expérience à un autre jouret je dus me servir d’épreuves assez mal venues. Les commissaires m’ayant désigné une douzaine de monuments plus ou moins éloignés parmi ceux que l’on découvrait des deux stations, j’opérai à l'échelle indiquée de -——, et après avoir tracé mes deux faisceaux de 066
- rayons visuels (se reporter aux fig. 2 et 3) sur un papier à calquer et marqué les points des monuments indiqués, je remis ce papier à MM. Daussy et Laugier. Ceux-ci le portèrent sur le plan de M. Emmery et constatèrent avec une grande satisfaction que les points obtenus y coïncidaient exactement avec leurs homologues (I ).
- Je compléterai ces renseignements officiels en transcrivant in extenso le passage suivant du rapport de M. Lnugier dans lequel on verra le genre de services que pou-vait et qjue pourrait encore rendre la chambre claire associée à la photographie.
- « Pour tpie les plans construits d’après la photographie, est-il dit dans ce Rapport, présentent toute lexaetitude dont la méthode est susceptible, il faut s’assurer (pie les images photographiées n'out éprouvé aucune déformation sensible ; voici le moyen dontM. Laussedat s’est servi pour cet examen.
- « Au point même d’où la vue pholog raphiée a été prise, on établit une planchette sur laquelle on fixe la photographie. Deux tiges articulées (pii supportent le prisme d’une chambre (Maire s’adaptent aux côtés de la planchette; en faisant varier la distance du prisme au plan et en réglant sa position, on arrive facilement à superposer l'image (virtuelle) de la chambre claire et celle de la photographie. La superposition ainsi établie pour les objets situés près du point principal delà perspective doit avoir lieu également pour les objets éloignés; et comme l’image fournie par la chambre claire dépasse de beaucoup celle de l’épreuve (il en était ainsi à cette époque), on a d’excellents repères dans les lignes qui sont sur les bords de celle-ci et (pii doivent se trouver dans le prolongement des mêmes lignes prises sur l’image de la chambre claire, si l’objectif ne donne lieu à aucune déformation. Dans cette position du prisme, sa dislama' au plan de la planchette est égale à la distance focale de l’objectif. »
- Il y aurait une légére modification à apporter à la fin de cette rédaction. Ainsi, l’image virtuelle donnée parla chambre claire que l’on superpose à celle del’épreuve photographique étant naturellement colorée produit l’illusion (pie l’autre. l’est auss • C’est cette expérience assez suggestive pour avoir beaucoup intéressé les commissaires qui fournit le meilleur moyen de circonscrire l’étendue du champ de l’épreuven’ayant subi aucune déformation.
- Les conclusions entierement favorables du rapport de M. Laugier ayant été adop-1res par l'Académie des seienees, il sérail sans doute inutile de midi i plier icilestémoi-gnages d’approbation et d’eucouragement donnés à la méthode par les plus hautes autorités, comme le comité des fortifications et le ministre de la guerre, et de faire connaitre la série des expérienees de plus en plus satisfaisantes poursuivies pendant dix ans, d’abord par une commission d’officiers de la division du génie de la garde impériale, en 1861 et 1862, puis par M. le capitaine du génie (depuis commandant) Javary depuis 1803 j usqu’en 187 I. Nous nous bornerons à constater que l’instrument dont nous faisions usage élail, en définitive, une chambre noire ordinaire simplement
- fir.. ilansles Gon/ b‘s rftuhta de / Aemlèmif des science
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- REYUE DES SCIENCES PIIOTOGRAPIIIQUES
- munie des organes de précision les plus indispensables (1), tandis que d'autres essais faits à diverses reprises avec des appareils plus ou moins ingénieux (pii fournissaient, des images cgliiidriques ou en perspective ragoananlc n’ont conduit qu’à des résul-tilts tout à fait insuffisants dans la pratique.
- Nous verrons bientôt que les innombrables applications de la photographie à l’art de lever les plans entreprises et poursuivies depuis prés de quarante ans en Prusse et depuis une vingtaine d’années dans la plupart des pays civilisés sont toutes fondées sur la méthode (pie nous avons proposée et (pii avait en effet surtout le mérite d’être à la fois simple et rigoureuse,
- 2*
- Colonel A. Laussedat.
- (I) Nous aurons l’occasion de donner plus loin divers dessins de ces jihotothè.oflolHas, commeon
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- REVIE DES SCIENCES PHTOTOGRAPHITQUES
- SUR LE DÉVELOPPEMENT
- EN SOLUTION ALCALINE AVEC LES RÉVÉLATEURS
- FONCTIONNANT NaNITUIILEMENT EN SOLUTION SULFYTIQUE
- On sait que les révélateurs photographiques peuvent être divisés en deux catégories: la première comprend les substancesqui ne peuvent développer pratiquement qu’en solution alcaline; dans la seconde rentrent les substances qjui acquièrent leur pleine fonction révélatrice par la seule addition d’un sulfite alcalin. Dans la pre-mière catégorie nous possédons des substances qui peuvent être employées indiffé-remment avee des alcalis caustiques ou carbonates, comme l'hydroquinone, le paramidophénol, l'édinol, etc.; d'autres, comme le pyrogallol, employé habituellement en solution carbonal.eeou ammoniacale, ne peuvent fonctionner en solution caustique que sous certaines conditions. Si dans les révélateurs au pyrogallol les alcalis caustiques dépassent une certaine limite on obtient des liquides très oxydables (on sait que les solutions pyrogalliques additionnées de soude ou de potasse servent en analyse pour absorber l'oxygène), noircissant vite à l’air et produisant sur les plaques photographiques un double voile : photographique et coloré. C’est à VALENTA que revient l'honneur d’avoir établi le premier, d’une façon scientifique, la composition d’un révélateur au pyrogallol et aux alcalis caustiques, ne possédant pas les inconvénients signalés (1). Valenta a montré que, pour obtenir des révélateurs utilisables en pratique, il ne faut additionner la solution sulfitique de pyrogallol que de la quantité d’alcali caustique nécessaire pour salifier une fonction phénolique, c’est-à-dire pour transformer le pyrogallol en monophénate alcalin :
- y:
- Si au lieu d'employer, comme alcali, la soude ou la potasse, on emploie la lithium caustique, on peut meme salifier 2 groupes ( H1 :
- OLi
- Les révélateurs ainsi constitués donnent des liquides ne noircissant pas à l'r
- (1) Ellh, Jahrburh 1903 p. 106.
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- REVUE DES SCIENCES PIIOTOGRAPTIIOUES
- outre mesure et développant l’image photographique avec une très grande rapidité. Les recherches de VALENTA ont été confirmées récemment par Vaubel (I).
- M’inspirant des travaux de VAr.ENTA, j’ai institué des essais dans le but de déter-miner quelle est la quantité maxima d’alcali qu’on peut ajouter, sans obtenir de voile, à un révélateur fonctionnant habituellement en solution sulfitique, comme lamidol. On sait quel’amidol est le chlorhydrate du diamidophénol de la formule suivante :
- OIT
- / SxI.nG
- Nil2 HCI
- Si l’on additionne une molécule de cette substance de 3 molécules d’alcali caustique on met en liberté la base et on la transforme en phénate :
- MII*
- J'ai trouvé que dans ces conditions on peut développer l’image latente sur géla-lino-bromure sans produire plus de voile qu’avec un révélateur sans alcali. Les solutions ainsi préparées sont presque incolores et peuvent être laissées à l’air pendant quelques heures sans coloration appréciable. Elles développent environ 3 fois plus rapidement que le révélateur sans alcali, en donnant des négatifs à gradation moins brusque. Ce fait rend ce révélateur très précieux pour le développement des plaques sous-exposées, qui dans les conditions habituelles donnent des négatifs durs. L’addition d’alcali ne doit pas dépasser la limite indiquée plus haut, car si l’on en ajoute un excès on obtient un liquide à propriétés complètement différentes : il s'oxyde rapidement à l’air en se colorant en bleu et produisant au développement un voile très prononcé. La formule suivante, qui correspond aux conditions indiqjuées, donne de bons résultats en pratique :
- Eau .... .............................................
- Sullite de soude, anhydre.............................
- Amidol . .............................................
- Solution de soude caustique à ! 00 .
- Ceci constitue le révélateur normal qu’on peut encore diluer avec son volume d’eau dans le cas de sous-exposition très forte.
- .J’ai institué des essais analogues avec un révélateur qui se rapproche par ses pro-
- J
- *
- I I
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- REVUE DES SCIENCES PIOTOGRAPIIIQUES
- priétés de l’amidol. C’est le chlorhydrate de diamidorésoreine qui nécessite 4 molé-unies d’alcali caustique pour sa transformation complète en phénate :
- tique, car il voile même le gélatino-bromure non impressionné. J’ai alors diminué la quantité d’alcali caustique de. façon à neutraliser une seule des fonctions phénol, pour
- obtenir le composé :
- Ce révélateur, qjuoique un peu moins oxydable, ne peut encore être employé en
- diphénate.
- Mais si l’on diminue encore la quantité d’alcali, de façon à mettre seulement en
- liberté la base sans la salifier :
- on obtient un révélateur utilisable, qui développe sans voiler. Ce révélateur est même plus lent que le révélateur ordinaire, contenant du sullite seul, sans addition d'alcali. Ceci s’explique par la faible solubilité de la base diamidorésoreine, dont une
- part se précipite et devient ainsi inactive.
- En résumé nous pouvons dire que:
- 1) L’amidol semble pouvoir développer en solution alcaline si l’on ne dépasse pas la quantité d’alcali caustique néeessaire pour la transformation en phénate;
- 2) La diamidorésoreine ne semble pouvoir développer qu’en solution neutre, c’est-à-dire qju’on ne doit pas dépasser la quantit d’aleali nécessaire; pour la mise en liberté de la base.
- Léopold LnEL
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- REVUE DES SCIENCES PROrOdRAPIITOULS
- LA
- PHOTOGRAMMÉTRIQUE
- DEUXIÈME PARTIE.-LA FOCIMÉTRIE PHOTOGRAMMÉTRIQUE EN OPTIQUE MICROSCOPIQUE
- CHAPITRE III
- FOCIMETRE PHOTOcuAMMÉrmon-: POUR OPTIQUE microscopique
- II doit être bien entendu que nous n’avons nullement la prétention d’opposer le focimétre photogrammétrique à Vaperhiiiièlre d'Ame comme instrument spécialement
- toutefois remarquer qu'en ce quiconcerne la détermination de l'ouverture aplanétique des condensateurs, détermination dont nous allons nous occuper, le focimètre pré
- naissons d’ailleurs qu'avec l'un connue avecl'autre de ces instruments, la technique de cette détermination particulière laisse encore trop à désirer pour qu'on puisse la considérer comme fixée.
- §3 bis. — ERRETR SIR LA MESURE DE LANGLE D'OUVERTURE
- d’ouverture une incorrection dans lajustement du foyer de l'objectif sur l’axe de
- rotation, considérons ce qui se passe dans le plan horizontal passant par l'axe optique
- (fig. 5). Supposons que luxe de rotation, au lieu de passer par le foyer d'avant O de l’objectif, passe par un point O’ de l’axe optique distant de O d’une quan-tité 00' (pie nous appellerons . Soit L le point lumineux sur lequel s'effectue la visée, distant de l'axe de rotation d’une quantité O‘l qjue nous désignerons par I). Soient O' eI 0'1/ les directions extrêmes des
- Le triangle OLO' donne : *%: d’où : sin £ 2sin o. sm « D D
- 3 pouvant toujours être ramené à une valeur très faible par un ajustement tant
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- t oc
- REVUE DIS SCTENCES PIIOTOGRAPITIQUES
- soit peu soigneux, l’arc ou l'angle correspondant à : peuvent Atre considérés comme directement mesurés par leur sinus.
- On voit que celle erreur rentre encore dans la catégorie de celles qui sont directement proportionnelles à l’erreur d'ajustement dont elles sont la conséquence, et inver" sement proportionnelles à la distance sur laquelle elles portent : susceptibles d'être pratiquement annulées à la volonté de l'opérateur par l’emploi d’un repère suffisamment éloigné. Elle appartient également encore à la catégorie des erreurs systématiques, à valeur nettement déterminée, dont on est à meme d’effectuer la correction dès que l’on a la possibilité de mesurer les différents éléments en fonction desquels elles s’expriment.
- Au point de vue pratique il ressort encore de la formule (pie, même avec une valeur limitée de la distance 1), des erreurs minimes 3 de l'ajustement peuvent être considérées comme négligeables. Cest ainsi qu'il n’y a pas à se préoccuper des incertitudes de l’ajustement approximatif de lagencement improvisé. A plus forte raison n’y a-t-il pas à tenir compte d’un défaut de planéité du micromètre employé dans la mise au point, non plus (pic de la présence ou de l’absence sur ce. micromètre d’une lamelle couvre-objet. Il en résulte encore que dès que l’on aura une fois assuré dans toutes les règles rajustement d’un premier objectif pour l’observation, on pourra, pour tous les objectifs de la même. force et de la même construction, se contenter de les amener à vue d'eil à la même position.
- 14. -ÉTIDE DESOCILAIRES
- Pour déterminer la situation du plan focal d'un oculaire qui ne donne pas d’image extérieure du coté de sa lentille collective, on commence par déterminer sa longueur focale du coté de la lentille de l’eil. A cet elfe) cet oculaire est d’abord, à l’aide d’une bonnette appropriée, ajusté dans l’ouverture de la sous-platine, la lentille de l’œil tournée vers la platine, sur laquelle est fixé le micromètre; et on procède exactement comme pour un objectif.
- L’oculaire est alors retourné dans sa bonnette, la lentille collective tournée vers le microscope d’observation. Comme dans le cas de l’emploi du matériel improvisé, le sommet de cette lentille a été marqué d’une croix noire. Lemicrométre est supprimé.
- Par une manœuvre simultanée du microscope d’observation, du coulant de la sous-platine, et de l’oculaire lui-même dans sa bonnette, la croix noire est mise au point dans le microscope de telle façon que le zéro du vernier du coulant se trouve arrêté soit au zéro même de la graduation de la tringle, soit à un nombre rond de cette graduation. Un butoir convenablement disposé peut permettre de supprimer ces tâtonnements en rendant cette partie de l’opération automatique. La mancuvre en elle-même a pour but d’éviter les complications et les causes d’erreurs inhérentes à une double lecture des subdivisions du vernier. Le système tout entier est alors dirigé sur le repère éloigné.
- Sans plus toucher au microscope. et en faisant exclusivement usage du mouvement de la sous-platine, on met au point l’image du repère : lecture est faite de l’échelle à vernier. L étendue du parcours relevé à partir de la position initiale repré-sente la distance du plan focal au sommet de la lentille.
- (.1 suivre)
- Commandant LERos,
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- REVUE DES SCIENCES PHOTOGRAPHIQUES
- ACADÉMIES ET SOCIÉTÉS SAVANTES
- Etude photographique du spectre de la planète Jupiter.
- L’étude des spectres des planètes présente une importance considérable, parce qu’elle permet de connaître la composition de leurs atmosphères. Les bases de cette étude sont dues àM. JANSSEN (1862) qui a provoqué les recherches de M. MILLOGITAU qui a réussi à photographier plusieurs spectres de la planète Jupiter.
- Ces spectres, qui s’étendent de la raie E à la raie C, ont été obtenus en employant l’objectif visuel de la grande lunette de l'observatoire de Meudon (81 cm de diamètre et 16 cm de distance focale) et un spectrographe composé d'un collimateur à lentille achromatique (50 cm. de distance focale), d’un prisme taillé sous l’angle de 60° et d’une chambre noire photographique munie d’un objectif achromatique ayant comme distance focale 29 cm, 2.
- Des essais préalables ont conduit l'auteur de cette intéressante communication à employer des plaques panchromatiques de la maison Lumière, plaques qui lui ont donné des résultats bien supérieurs à ceux obtenus avec les autres plaques essayées.
- Le dispositif employé pour le spectrographe a permis d'employer une fente assez large (environ 0mm,075) permettant cependant d’obtenir, dans le spectre de Jupiter, les raies solaires relativement fines avec un temps de pose de 90 minutes.
- Par suite de l’état du ciel, M. MILLOCHAU n’a pu obtenir d’épreuves utilisables que le 29 décembre 1903, 2, 16, 26 et 29 janvier 1901. Il n’a pu faire qu’une épreuve de comparaison du spectre lunaire, le 26 janvier 1904.
- Le spectrographe employé était fixé à une monture permettant d’orienter la fente dans toutes les directions, notamment, dans trois positions:
- 1° Parallèlement à la ligne des pôles de Jupiter, afin de comparer le spectre des bandes à celui du reste du disque ;
- 2 Parallèlement à l'équateur de la planète afin de distinguer les raies planétaires des raies telluriques par l'inclinaison des premières par rapport aux secondes, en raison de la rotation de Jupiter ;
- 3° Suivant une direction faisant un angle de 45’ avec ces deux premières positions, afin de faire en même temps les deux comparaisons.
- Les épreuves obtenues ont été agrandies quatre fois par un procédé imaginé par M. Mi-LOCIAU, procédé qui permet, au moyen de reproductions successives, de faire varier l’intensité relative des diverses parties d’un cliché photographique et de mettre en relief des détails trop faibles pour être facilement visibles sur le négatif original.
- Les spectres obtenus montrent nettement cinq bandes d’absorption spéciales à l’atmo-sphère de Jupiter.
- Les résultats obtenus — pour le détail desquels nous renvoyons au texte même de la communication de M. Millochau — confirment par des documents photographiques les observations oculaires faites par les astronomes qui se sont occupés des spectres planétaires et les conclusions qui ont été déduites de ces observations.
- (Académie fies Sciences, 43 juin 1904).
- Essai d’une méthode photographique pour étudier l’action des rayons N sur la phosphorescence.
- Les changements d'éclat produits par les rayons N sur des écrans phosphorescents au
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- REVUE DEs SCIENGES PHIOTOGRAPIIIQUES
- sulfure de calcium n’étant pas perçus aussi facilement par tous les expérimentateurs, il est de plus en plus nécessaire d’obtenir des résultats objectifs dont on puisse tirer des conclusions en toute certitude.
- C’est dans ce but que M. K. Rorm a essayé d'appliquer au sulfure une méthode analogue à celle par laquelle M. BLoNDLoT a montré l’une façon indiseutable que les rayons N aug-mentent l’éclat d’une petite étincelle électrique. Le cas du sulfure est beaucoup plus compliqué parce que sa phosphorescence liminueavee le temps et la méthode des expériences croisées n’a pas fourni de résultats satisfaisants à M. Rorn.
- Aussi, renonçant à éliminer cette diminution d'éclat, il s’est au contraire attaché à étudier la décroissance de la phosphorese nce et à mettre en évidence, parmi artifice, les variations introduites par des causes extérieures. La méthode déerite par M. Rorn n’est pas encore susceptible d’une grande précision : mais elle semble être la seule pouvant actuellement donner des indications certaines sur l'effel des rayons N.
- Cette méthode consiste à placer à une faible distance d'une plaque phiotographique (mm. environ) un petit écran cireulaire de sulfure de calcium phosphorescent; après une pose de 5 secondes le négatif révèle une impression, tache circulaire très noire au centre, dégradée, accompagnée d’une pénombre. La phosphorescence diminue avec le temps et, après un intervalle de 20 secondes, par exemple, une deuxième impression donne une tache moins noire et moins large. En pr N lu isa n t ainsi des impressions correspondant à des poses égales, au bout d’intervalles de temps gaux, on obtient sur le négatif une série de taches noires dont le diamètre s’affaiblit à mesure que la phosphorescence, décroît. On représente graphiquement cette diminution d'éclat du sulfure en portant en abscisses les intervalles de temps qui séparent les poses successives et en ordonnées les diamètres des taches obtenues. Dans les cas les moins favorables, où la pénombre se détache mal sur le fond clair de la plaque, on peut encore mesurer le diamètre à Unim," près,
- Les courbes ainsi obtennes sont très régulières, sans discontinuité aucune. Mais si, au lieu de laisser la phosphoreseence décroître spontanément, on introduit périodiquement une cause quelconque de perturbations tendant à augmenter ou à diminuer l’éclat du sulfure (radiations calorifiques, rayons N, rayons N,, etc..), la courbe cesse d’être régulière et les perturbations sont accusées par des discontinuités.
- De l’ensemble des résultats obtenus par M. Rorn il résulte que les rayons N paraissent sinon augmenter l’éclat du sulfure, d u moins dliminuer la vitesse avec laquelle sa phosphorescence décroît.
- L'auteur espère rendre cette ingénieuse méthode plus sensible, diminuer le temps de pose et l’intervalle séparant deux expériences successives.
- (Académie des Sciences, 20 juin 1904).
- Perfectionnements apportés au procédé photographique pour enregistrer l’action des rayons N sur une petite étincelle électrique.
- M. R. Bi.oxm.oT indique quelques perfectionements à la méthode qu’il a précédemment décrite (1) : les rasons N sont concentrés sur l’étincelle à l’aide d’une lentille d'aluminium placée de manière à ce qu’elle forme sur l’étincelle un oser conjugué du filament de la lampe Nernst. Il est utile, tant pour la photographie que pour l'examen de l'étincelle, de couvrir le verre dépoli d’un papier noir percé seulement d’un trou de 18 mm. de diamètre vis-à-vis de l’étincelle : parce moyen, l'impression photographique est mieux limitée ef plus nette. Enfin M. Bi.oxm.oT emploie, pour le dléveloppement, un bain agissant 1 rés lentement.
- (Académie des Sciences, 27 juin 1904.)
- (1) GompitPs-pn/lus, t. GXXNVIII,p. 1227.
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- REVUE DES SCIENCES PHIOTOGRAPILIQUES
- Sur un nouveau procédé de photographie trichrome.
- L'analyse des couleurs de l'objeta reproduire se fait comme d'ordinaireen photographiant cet objet trois fois, à travers des verres de couleur. Les trois négatifs obtenus a, b, e servent à produire trois clichés positifs a', b', d. 11 reste à superposer ces positifs et à les colorer afin de refaire la synthése des couleurs. ( "est ici que ma méthode diffère de celle en usage.
- Pour superposer les trois positifs, je les copie à la chambre noire en projetant leurs images successivementsur une même plaque sensible D), en ayant soin que le repérage soit exact. La plaque sensible D est une lame de verre portant une mince couche de gélatine bichromatée. D'autre part, il faut avoir fabriqué d’avance trois réseaux de diffraction sur verre a, , y, convenablement ealeulés.Onapplique ces trois réseaux successivement contre la lame D pendant que l'on copie les trois positifs; ils s’impriment donc successivement sur la surface de 1), partout où les positifs a’, b', d présentent des parties transparentes.
- L’épreuve triple D étant développée à l’eau chaude puis séchée, il faut l’observer en lumière parallèle; car elle est invisible à la lumière dilfuse. On la regarde par transparence, dans une chambre obscure, en l’éclairant par un bec. de gaz éloigné ; en même temps on applique à sa surface une lentille cou vergente ; il faut avoir soin de mettre l’œil au foyer de cette lentille, marqué par un cilleton. On déplace peu à pmi lappareil jusqu’à ce qu’on observe les couleurs. Les trois réseaux z, 3. y ont été tracés de telle manière que le rouge, le vert et le bleu soient déviés dans la même direction par les Dois réseaux.
- L’avantage de ce procédé est qu’une fois le positif D obtenu on peut en obtenir aisément des reproductions en le copiant sur une couche de gélatine bichromatée.
- De la présence d’hydroquinone dans le poirier.
- MM. G. RivtkReet G. BAUIACNI ont démontré la présence d’hydroquinone dlans les bour-geons foliés du poirier qui en renferment de 3 à 5 grammes par kilogramme, d’extraction très facile. Le pommier ne renfermerait, pas d’hydroquinone qui y serait remplacé par la phlorizine.
- Sur différents résultats récemment obtenus par la métrophotographie :
- Le colonel LAUSSEDAT avait déjà le 30 mai dernier entretenu l’Lendémie des premiers essais faits avec le stéréocomparaleur du Dr PuLemc pour étudier le terrain par la stéréos-copie ou plus exactement par la méthode des parallaxes.
- ( les expériences, faites aux environs d’Iéna, dans un pays moyennement accidenté, avaient permis de démontrer qu'avec une base de 100 mètres on pouvait relever les détails et le relief du terrain représenté par des courbes de niveau j use n'a 2300 mètres et 3000 mètres de distance.
- De nouvelles expériences qui viennent d'être faites dans le sud du Tyrol, pays de hautes montagnes, sous la direction du savant colonel Baron von 11 i ut. ont donné des résultats encore plus coneluants : avec, une base de 21 mètres, deux photographies du format 18X24 que le colonel LAUSSEDAT montre a ltelémie, ont sufli pour permettre de construire la plus grande partie d’une carte à Nehelle de 1*00 également soumise à l’Académie, carte qui comprend des montagnes abruptes dont les sommets atteignent 3000 mètres de hauteur eI sont, éloignées de K kilométres de la base. Les cou rlms de ni veau. très étudiées, sont tracées sur cette carte à l’équidistance de 20 mètres.
- Dans une autre expérience communiquée parle colonel Von llün la base ayant été portée
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- 222 HEVIIE DEs SCIENCES PIIOTOGRAPIITQUES
- à 318 mètres on a pu atteindre la distance de 12 kilomètres et, avec les detac photographies de 18X24 seulement, on a relevé une super/icie de ?0 kilomètres carrés.
- Enfin le colonel LAUSSEDaT annonce la publication, sous la direction de M. E. Deville, de la carte des Selkirks, voisines des montagnes rocheuses, exécutée à l’échelle de co 005 avec, courbes de niveau de 30 mètres en 30 mètres. Les deux campagnes d'été de 1901 et 1902 ont sufli aux habiles opérateurs (MM. Arthur (. WarELEn; II.-G. WNEELEn et M.P. BRIDGLAND) pour étudier photographiquement, dans tous ses détails, une surface de 250 kilomètres carrés comprenant de nombreux glaciers, des rochers dont les sommets dépassent 3.000 mètres, de profonds ravins, des forêts d’une grande étendue et pour préparer un rapport sur cette région. La construction et la gravure, effectuées avec un grand soin, ont été eflectuées pendant trois hivers.
- Le colonel LAUSSEDAT conclut de ces diverses expériences que la méthode tics parallaxes réalise un progrès considérable et mérite la plus sérieuse attention de la part de plusieurs de nos services publics, peut-être jusqu’à ce jour un peu trop indifférents.
- (Académie des sciences, 8 août 1904.)
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- REVUE DES SCIENCES PIIOTOGRAPIITQUES
- BIBLIOGRAPHIE
- Spectres de flammes; variations spectrales d’ordre thermique. — Thèse pré-senlée à la Faculté des Sciences de l’Université de Paris par M. Charles de WATTEVILLE, licencié en droit. Evreux. imprimerie de Charles Herissey, I, rue de la Banque, 1904.
- « On peut ranger en deux catégories principales les spectres que nous savons obtenir : ceux qui sont produits par des sources thermiques : flammes, etc.) et ceux qui sont donnés parties sources électriques en même temps que thermiques comme l’arc et l'étincelle.
- « L’étude des premiers, seuls connus au début delà spectroscopie, a été,depuis, négligée comparativement à celle des seconds; elle laisse à désirer, en particulier, au point de vue des différences que présentent les speetres des parties constitutives de la flamme, qui se composent de deux régions principales ; le cne iiilèricur ou iionaa et la flamme propre-ment dite qui entoure le noyau. Or, en général, pour obtenir ces spectres, on se contente d’introduire la substance à examiner dans la flamme déjà ormée : c'est le procédé qui a été employé dès les commencements par BUNSEN, Boscoé, MirsenEnuren qui se servaient d’un fil de platine portant une trace du sel considéré. Il a été perfectionné par.MM. EDER et VALENTA qui, par un dispositif nouveau, ont permis le renouvellement continu et automatique dans la flamme de la substance essayée (1). De son côté, le professeur HantLEY s’est servi de la flamme du chalumeau oxhydrique dans laquelle il plaçait, à l’aide d’une lamelle de cyanite, la matière étudiée (2).
- « M. GoUY, au cours de recherches qu’il faisait sur la photométrie des flammes colorées par l’addition aux gaz combustibles de la poussière d’une dissolution saline, vit apparaître dans le spectre deces flammes une série d’autres raies dues au métal contenu dans la dissolution. Les raies, au lieu d’être produites par toute la flamme comme celles qu’on y connaissait déjà, étaient émises seulement au voisinage du cône bleu intérieur qui donne naissance au spectre de Swan. Les observations de .M. Gour s'étaient bornées à l’examen de quelques raies du spectre visible (3). »
- D’après les conseils de M. le professeur Senusrenet sous sa direction, M. de Watteville a repris, au moyen de la photographie, celle étude afin de l’étendre à la partie ultraviolette du spectre et de pouvoir découvrir les raies trop faibles pour être visibles à l’œil.
- Les résultats obtenus par ce physicien, touten confirmant ceux qui ont été obtenus avant lui par d’éminents expérimentateurs tels que MM. Emut et Valf.nta, et M. IlantLEY, les élendent très notablement puisque, d'après le mode même d’expérimentation de ces savants, leurs données ne s’appliquent qu a la partie externe de la flamme. En effet, un nombre con-sidérable de raies invisibles, même quand on se sert du chalumeau à oxygène et gaz d’éclairage, apparaissent par le simple emploi de l’air auquel le sel est préalablement mêlé.
- Le dispositifemployé par M. de WATTEVILLE pour la production des flammes est sensible-tuent celui qui a été imaginé par M. Gotv. Des modifications ont été apportées à l’appareil de ce physicien ; ces modifications, tout en étant légères, ont cependant. une certaine importance lorsqu'il s’agit d’obtenir un fonctionnement aussi automatique que possible pendant les huit heures souvent nécessaires à la prise des photographies.
- Dans ses recherches, l’auleur s’est servi de deux genres de spectrographes :
- 1" D'un spedrograplte à réseau concace construit pour M. SauUsrEn et d’après ses indi-cations par la Société d’instruments scientifiques de (iambridge.se composant d’une caisse en bois ayant sa plus grande dimension supérieure à un mètre, à l’une des extrémités de laquelle se trouve le réseau fixé verticalement sur une plateforme qui peut être déplacée latéralement et en hauteur, au moyen de trois vis calantes. A l’autre extrémité de la caisse se trouve le châssis photographique, sorte de châssis en bois à l’intérieur duquel on peut maintenir à l’aide de ressorts et déplacer le long de deux tringles en fer ayant la courbure
- (1) Wiener Penksc/tr.f (0, 1893.
- (3) Annales de Chimie eide Physique, 3e série, t. XVIII. 1871.
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- REveE DES sorNers PNOTOdRAPmIoUks
- voulue, F’oculaire qui sert à la mise au point et aux observations à l’aide de l’oil.C’est également contre ces tringles qu'on place la pellicule sensible appuyée fortement par une pièce de bois cintrée qui fermo lechssis. Le réseau est un beau réseau concave de Rowland comprenant 15.000 traits au ponce et ayant une longueur utile de trois pouces et demi. Son rayon est de un mèire et, sur les pellicules sensi bles enplosées, une longneur de un milli-mètre correspond à une différence de longeur d’onde d’environ 16,8 unités d'Angstrm. Le réglage effectué ( réglage que M . de Wa i'i I.VIL..0 décrit en détails dans son mémoire) on procède à la mise au point photographique, à l'aide des trois moyens dont on dispose : le rapprochement de la fente. ou son éloignement du réseau (ce qui modifie d'une façon égale la mise au point de toutes les radiations, le déplacement du réseau parallèlement à lui-
- ments qui, à l'inverse du précédent, modifient inégalement les distances des dlivers fovers à la pellicule sensible. On arrive ainsi à corriger les défauts de netteté de toute l’étendue du speetre ou seulement de l'une de ses ex t ré mi lés. L’emploi méthodique de ces déplacements permet d’atteindre un rglage parfait après un certain nombre de tâtonnements.
- 'foules les photographies de spectres de flammes ont été prises avec, un speetre de comparaison qui était celui de l'ét i neelle ou de l'arc du métal étudi. La durée de la pose de la flammne étant extrêmement longue, on avait soin de prendre le spectre de comparaison au milieu de cette pose afin d’établir une movennean cas où des variations de température de l’appareil seraient intervenues pour produire un élargissement des raies de la flamme.
- 2 0 Despectrographes pris mat ie nes dont l’un, destiné à la partie visible du spectre. est muni d’un prisme Rutherford de Steinheil. L'autre, qui répond aux indications du professeur EDER (I) se compose de deux lentilles et d'un excellent prisme de Cornu, en quartz, travaillés par M. WERLEIN, de Paris, et permet d'obtenir toute l'étendue du spectre sur la. même plaque photographique.
- Pour le réseau, M. de WarrEvulea employé des pellicules orthochromatiques d'Edwards, révélées au chlorhydrate dediamidophénol et sulfite de sodium el pour les appareils à prismes des plaques orthochromatiques Lu mière A sensibles au jaune étau vert, B sensibles au jaune et au rouge, développées an Cristallos.
- Toutes ces surfaces sensibles ont donné de bons résultats, à part leur manque connu de sensibilité pour la région verte du spectre, inconvénient que M. de WArTEvuE n’a pas pu atténuer à l’aide des sensibilisateurs qu’il a étudiés.
- Quant aux temps de pose, ils ont été en moyenne de huit heures pour le réseau, de trois à quatre heures pour le prisme de verre, de six heures pour celui de quartz. Il est évident, dit M. de WATIENLLE, (pic, ces durées gagneraient à cire, prolongées encore pour la partie ultra-violette du speetre où l’appareil en quartz augmente mm seulement l'intensité, mais encore le nombre des raies données par le réseau.
- Il n’appartient pas à celle revue, essentiellement photographique, dl’indiquer les procédés de mesure employés par l'auteur eI les résultats numériques qu’il a obtenus; nous renvoyons donc, à son mémoire pour les détails.
- Nous nous contenterons de reproduire les conclusions de son intéressant travail :
- « !" J’ai donné la description de spectres de flammes beaucoup plus riches en raies que ceux qu’on a étudiés jusqu'ici.
- « 2 démontré que ces spectres pouvaient .'.'étendre dans la partie ultraviolette plus loin qu’on ne l'admettait, puisque la raie 2199 dle l’étain y est encore visibile.
- « 3 J’ai établi la division de la flamme en régions qui, au point de vue spectral, se dlifé-rencient par la présence déterminée de raies.
- « 4" Enfin, une expérience, dont les détails feront l’objet d’une étude spéciale, m’a montré des variations du spectre ile l’arc allernatif accompagnant celles de la phase du courant. »
- (1) WVieneD)enksehr,57, INIX)
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- SUR QUELQUES APPAREILS NOUVEAUX
- DESTINÉS AUX ÉTUDES SENSITOMÉTRTQUES
- ET RÉSUNÉ HISTORIQUE DES MÉTHODES EMPLOYÉES ANTERIEURENENT
- Par c. L.-K. MEES et S.-E. SHEPPARD
- X"s i)
- Généralités. — On a imaginé depuis 1880 un grand nombre d’instruments en vue d’exprimer par un certain nombre de constantes expérimentales les propriétés caractéristiques des plaques photographiques et les divers phénomènes dont elles sont de siège. Le plus important des travaux entrepris dans cette voie fut celui de MM. DnEr-FErLbet Ilenrrn qui créèrent en 1890 une méthode entièrement nouvelle pour la détermination de la sensibilité des plaques photographiques, cependant leur méthode
- ne prévoit en aucune façon l’expression despropriétés que manifeste la plaque étudiée au cours de son développement. Nous avons montré dans The Pitoluf/raphir Journal de lévrier et de juillet 1903 que ces propriétés de la plaque photographique peuvent être complètement exprimées par un certain nombre de constantes numériques, et nous avons en même temps indiqué une méthode pour la détermination de ces constantes.
- Au cours de nos travaux, nous avons été amenés à modifier divers appareils et à en créer de nouveaux pour étudier l’ensemble des propriétés de la plaque photogra-phique et à traduire ces propriétés sous forme de constantes sensitométriques.
- ( les instruments comprennent : 1) un appareil destiné à donner à une plaque une série graduée de luminations très exactement connues; 2) un appareil pour déve-lopper les plaques à une température el pendant un temps bien déterminés; 3) un appareil pour la mesure précise des densités (logarithmes des opacités) obtenues sur la plaque après développement. A ces instruments, nous avons dû par la suite adjoindre un appareil pour couler sur plaques une couche parfaitement uniforme d’émulsion, ce qui est indispensable pour tout travail précis concernant la plaque
- photographique.
- Nous nous proposons aussi d’annexer à ce mémoire une discussion critique des divers appareils utilisables, et une bibliographie aussi complète que possible des méthodes sensitométriques et des questions connexes.
- Appareil pour le coula/fe de l'émulsion. — Nous avons constaté, dès nos premières recherches, que les inégalités d'épaisseur de la couche d’émulsion dans les plaques
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- sensibles du commerce constituaient une source d’erreurs considérables. IIRTER et DnIFIID, dans leurs expériences, avaient d’ailleurs souvent constaté des erreurs de 14 0/0, et même, dans un cas. une erreur de 30 0 0.
- Si cependant l'émulsion est coulée sur glace, on peut obtenir industriellement une couche assez uniforme, avec laquelle les erreurs n'excèdent pas 2 I) 0. Mais cette approximation est encore insuffisante pour la détermination des caractéristiques d’une plaque.
- Nous aurons donc à examiner séparément:
- (I) Le support sur lequel la plaqjue est disposée pour' le coulage;
- b') Happareil distributeur, servant à couler l’émulsion sur la plaque ;
- c) Les moyens à employer pour' le déplacement relatif de a et de b.
- 1. — Le
- chine à couler l’émulsion, la plaque soit fixe, et le distributeur mobile, mais indus-triellement cette disposition esI impraticable ; elle serait meme déjà très compliquée
- sur une petite échelle. Il semble donc pratiquement nécessaire que ce soit toujours
- difficile de maintenir' la plaque en situation rigoureusement horizontale pendant son déplacement.
- Pour nos expériences un très petit nombre de plaques était suflisant; il suffisait donc de faire glisser bien horizontalement un marbre, recevant les plaques à couler, sur un banc parfaitement dressé sous le distributeur'; il eût été possible d'établir ce banc en fer, et de monter le marbre sur galets, mais il eût été difficile dans ces con-ditionsde maintenir les plaques parfaitement de niveau pendant leur marche; on s’arrêta donc au dispositif suivant :
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- Quatre colonnes d’acier C de 5 cm. de diamétreet de 1 m. 20 de hauteur se ter-mineut à leur partie. supérieure par des vis calantes B sur chacune desquelles repose une des calottes de bronze À recevant le banc (fig. 1). Le diagramme (fig. 2' montre la disposition de ces quatre colonnes. Au moyen d’un niveau très précis placé au centre du banc, en B, on met de niveau par le réglage des trois vis calantes AAA, puis amenant le niveau vers C, on amène la vis calante B à l’affleurement du banc.
- Le banc représenté dans la lig. 2 est constitué par une dalle déglacé, épaisse, de 25 mm. mesurant 50 > 150 cm et dont le dos est douci. Le marbre portant les plaques à couvrir d’émulsion est disposé comme sui 1 : Les plaques sont formées de glaces minces de 25 X 105mm ou occasionnellement 36 X 105 mm ; ces plaques mit leurs bords dressés bien d’querre, de façon à ce que les diverses plaques amenées au contact forment une plaque homogène sans solution de continuité ; on emploie également un assez grand nombre de plaqjues, coupées dans la même feuille de glace, mais dont les bords ne sont pas nécessairement dressés avec la même pré-cision ; les plaques sont assemblées cote à cote sur une plaque de. glace choisie; les six plaques (pie l’on utilisera pour les mesures sont complètement entourées d’autres plaques dressées, et celles-ci sont à leur tour complètement entourées d'une seconde ceinture de plaques non dressées. La glace 25 X 35 em portant ces plaques est elle-mnémne posée sur une autre glace 22 X 33 cm qui forme le chariot proprement dit. Toutes ces glaces doivent être choisies aussi minces que possible, de façon à alléger le plus possible l’appareil.
- 2. — Le distributeur.
- <'uve est constitué par deux lames, représentées par la lig. 3, et laissant entre elles une fente A, guidée comme le sont les fentes de spect roscopes ; les faces en sont travaillées avec un soin extrême ; les deux lames sont mobiles isolé-
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- ment ; l’une «l’elles est commandée par les deux vis micrométriques à tête
- qu’au moment où l’on mancruvre le levier C qui fait alors appliquer la lame sur ses butées. Sous la cuve est un tablier C (lig. 4) le long duquel l’émulsion coule jusque sur
- la plaque, après qu'on l’a ajusté à l’un des bordsdela lente. Toutes ces pièces métal-liques doivent être faites du même métal platiné que la cuve à émulsion. Le distri-
- I
- plaque.
- La dalle de glace formant le chariot porte-plaques ci-dessus décrit est garnie
- banc; aux deux extrémités de ce chariot sont fixés des crochets auxquels est fixée
- une corde passant à l’arriéré du banc sur une poulie de renvoi et, à l’avant sur une poulie motrice, actionnée à vitesse uniforme par un petit moteur à air chaud.
- SENSITOMETRES
- Tout sensitométre comporte essentiellement deux parties distinctes que nous examinerons séparément, à savoir : a) une source de lumière d'intensité constante et b)
- un appareil permettant de fournir à la plaque des quantités de lumière connues, en progression déterminée.
- Source* de lumière. — La question des sources de lumière et des étalons est essentiellement une question photométrique que nous n'examinerons (pie sommairement; suivant l’usage, nous distinguerons les étalons primaires ou étalons proprement dits, et les étalons secondaires, ou dérivés, ces derniers étant d’ailleurs les plus importants au [joint de vue pratique.
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- Sur la question des étalons primaires, nous renvoyons le lecteur aux traités speciaux de photométrie et aux mémoires signalés ci-après dans l’appendice biblio-graphique ; notons seulement qu’un tel étalon doit, non seulement fournir une lumière constante, mais pouvoir être reproduit identique à lui-même de façon à constituer
- une unité de lumière. L’étalon VrorLE au platine incandescent est actuellement reconnu impraticable ; en dehors de la bougie ou du carcel, on utilise la lampe llefner-Altnek, à l'acétate d'amyle, et la lampe Vernon-HIarcourt, au pentane, ou encore une modification de cette dernière, due à Sommance; c’est cette dernière
- disposition que
- constante : de 1’
- nous avons adoptée pour la mesure de l’intensité de notre lumière
- constante ; de l’air passe sur un bain de pentane et; mélangé aux vapeurs, descend par son poids jusqu'au brûleur dont l’intensité sera constante et parfaitement définie les dimensions de l’appareil sont celles indiquées et que la flamme ait une hauteur
- déterminée.
- Les sources de lumière constante utilisables comme étalons secondaires sont beaucoup plus nombreuses. Hurter et Driei eield dans leurs recherches bien connues utilisèrent la bougie élalon ; sir W. de W. Abney employa la lampe à l’acétate d’amyle, et le l)r Eder, dans son important travail sur la sensitométrie (1), a préféré
- (1) DrJ. M. Sensitoinètrie ries phirpiestraduction E. Bel in, Paris, 1904.
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- REVIE DEs SCIENCES PIIOTOGRAPITOUES
- une lampe à benzine, tandis que Vouee avait conseillé jadis l’emploi d'un poids constant de maguésium brulé sous une longueur constante. On peut enfin considérer comme constante l'intensité d’une lampe électrique à incandescence, alimenter par une batterie d’accumulateurs et contrôlée par un voltmètre. Mais il est bon de remarquer que l’intensité proportionnelle à une puissance élevée du voltage, varie considérablement pour de très faibles variations de celui-ci.
- Dans nos essais, nous avons adopté’ une lampe à acétylène brûlant ce gaz pur sous pression constante; un diaphragme permettant de n'utiliser qu'une faible région delà flamme; les brûleurs du type « Naphey » assurent actuellement un mélange très satisfaisant de l’acétylène avec l’air; le gaz ('‘lait purifié par son passage dans deux éprouvettes renfermant l’une de la soude caustique et l'autre du chlorure de chaux; avant de se rendre au brileur il traversait un grand récipient muni d’un manomètre. Par la suite, nous avons eu connaissance, grâce à l’obligeance du 1)" Meyer Wildermann, d’un dispositif imaginé par lui pour ses études sur « la sta-tique et la dynamique chimiques sous l’influence de la lumière » (1 ) et l’avons adopté.
- Causes d'erreurs dans les /lamines d'ueeliilèue, onaulres. — La première condition à réaliser est la constance rigoureuse de la pression du gaz ; avec les appariais que nous utilisons, les variations restaient inférieures à 1 00 ; les erreurs de cet ordre n’affectent que peu une flamme diaphragmée comme le, mont re le tableau ci-dessous, dressé d’aprés nos expériences sur notre premier dispositif et où E désigne la lumination en bougies mètres secondes et 1 ) la densité, définie comme dans les travaux de Hurler et Drieffield, mesurée sur les plaques développées, le gaz étant, dans quatre séries d’expérience, débité respectivement sous les pressions de 3,4, 5 et G 1 2 cen-timètres.
- E. Lou. E. D, D, IL Dg-3
- 209 2.321 1.226 1.330 1.23: 1.16
- 106.4 2.026 1.037 1.103 1.018 1.010
- 13.2 1.725 8 973 896 830
- 27.9 !. i G 600 760 651 633
- 12.98 1 114 373 508 A 64 108
- 7.65 0.S84 298 288 293
- Construisant les courbes correspondantes, on en déduit pour la valeur le l’intensité :
- P 2 4em en 6.5em
- log i 0,71 0.19 0.49 0.19
- Soit donc une valeur constante pour les pressions comprises entre 4cm. et Gem,1.
- (1 suivre). (Traduction L. P. Cknc).
- (J) Philosophhaf- Trtinxarlious ofihi- Hnnal Soripty/ (Lnndres) et K pt fur l'hysil. CJu-mir.
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- SUR IA REPRODUCTION DES OBJETS
- PAR LA PHOTOMICROGRAPHIE
- (Suite eI fin)
- Les objets de la deuxième catégorie, c’est-à-dire ceux qui sont incolores et très transparents en même temps, ou dont la coloration est insuffisante, on enfin ceux ont les contrastes sont peu margjués sont toujours difficiles à reproduire, à tel point qu'il faut avec eux se contenter souvent d’un résultat assez médiocre.
- Les objets transparents sont surtout difficiles à reproduire lorsque leur substance possède un haut indice de réfraction et qu'il n’est pas possible de mettre les détails de leur structure en évidence au moyen delà lumière polarisée.
- J’ai pu cependant obtenir, la plupart du temps, avec ces corps à haut indice, des négatifs très acceptables, en les reproduisant sur fond partiellement noir ; résultat auquel on arrive en plaçant en avant du condensateur un disque qui intercepte seulement la partie centrale des rayons lumineux, de cette façon l’objet n’est éclairé uni-quement que par des rayons obliques. Dans tous les cas le diaphragme central doit être de diamètre moindre que celui qui produirait l’éclairage sur fond noir.
- Aux diaphragmes opaques je préfère de beaucoup les diaphragmes transparents colorés, tels que les a conseillés J. RIEINNERG ; je ne décrirai point ici cette méthode dénommée par son auteur: « Eelairaqe à colorations nntlliples », cela nous entraînerait trop loin, je renverrai ceux des lecteurs que la question pourrait intéresser au Journal de M. Tempèhe : Le Micronraphe préparateur, neI, année 1902, dans lequel j’en ai publié uni'description détaillée.
- Je puis certifier que, bien employé, ce procédé facilite singulièrement la repro-duction de beaucoup d’objets qui se confondraient sans cela avec le fond et dont il serait impossible d’obtenir une image un peu définie.
- Je ferai cette remarque que si pour l'examen oculaire on doit faire choix d’écrans lorés de telle sorte que l'objet assume une teinte impressionnant assez vivement la rétine et se détache sur un fond relativement obscur, on recherchera au contraire, pour la reproduction photographique, un fond de teinte très actiniqueet pour l’objet une teinte (pii le, soit assez faiblement ; à moinsqu’on ne vise une épreuve dans laquelle le sujet se détache en clair sur un fond sombre, ce qui peut être avantageux dans certains cas.
- Dans la deuxième catégorie d'objets nous avons range non seulement ceux (pii sont incolores et très transparents, mais aussi ceux dont la coloration est peu accusée ou insuftisante. ( le sont là encore, des sujets difficiles à reproduire et desquels il est impossible d’obtenir une bonne épreuve quand la matière colorante est de teinte très actinique. La règle à adopter en panai cas consiste à choisir des plaques don t la sensibilité soit lailde pour la teinte de l'objet et à leur associer un écran qui intercepte les rayons de celle même teinte.
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- Cl’est, on le. voit, une règle toute contraire à celle, qui concerne les préparations de la première catégorie ; un ou deux exemples vont nous faire mieux comprendre la façon de l’appliquer. Supposons qu’il s'agisse de reproduire une préparation faible-menl colorée en violet par l’hématosvline ou en bleu par le bleu méthylène : nous prendrons une plaqjue delà série A, sensible au jaune, mais un peu moins sensible qu’une plaque ordinaire aux radiations bleues et violettes et nous ferons usage d'un écran jaune foncé destiné à éteindre les radiations bleues et violettes.
- Si, au contraire, la coloration était jaune-clair ou rougi4 très clair, nous aurions employé une plaque ordinaire et un écran vert.
- Il nous reste, à considérer les préparations qui doivent être rangées dans la troisième classe : c’est une préparation naturellement très opaque ou trop colorée, et cela avec une matière colorante antiphotogénique, cas fréquent lorsqu’on veut photographier des insectes ou des préparations trop épaisses.
- En règle générale, il faudra lotijinti's aroir recours à une exposition prolongée,ériter tout écran qui intercepte les râpons de même nature que ceux de l’objet et eniploiier une plaquepossédant le maximum de sensibilité pour cette teinte.
- Supposons par exemple un insecte d'une forte couleur brun-rougeâtre, nous ferons usage d’une plaque delà série B et nous l’exposerons sans écran.
- La difficulté sera plus grande si l’oljet, à clé de parties presque opaques ou très peu photogéniques, en présente d’autres transparentes ou très photogéniques ; cas encore fréquent chez les insectes, dont le corps est brun, peu transparent, tandis (pie les pattes, les antennes et surtout les ailes sont très peu colorées et facilement tra-versées par les rayons lumineux. Avec de pareils sujets il sera souvent avantageuxde s’écarter de la règle ci-dessus et de faire usage d'un écran de même teinte que celle des objets peu colorés; mais on comprend que cette façon d’agir ne répond que partiellement au but, car l'écran, en diminuant l’actinisme des parties trop transpa- . rentes, diminue en même temps celui des parties trop denses parce (pie leur teinte est généralement de même nature que celle des premières ; aussi est-on obligé de se contenter, la plupart du temps, d’un négatif trop peu venu dans certaines parties et surexposé dans d’autres. On s’efforcera de, combattre ce défaut par une pose très largement calculer, en employant des plaques anti-halo et en conduisant le développement en conséquence, c’est-à-dire en se servant d’un révélateur très dilué et dont ragent actif donne peu de contrastes.
- ka planche XVII qui représente le Phora rupifer démontrera qu’en opérant ainsi que je viens de le dire, on parvient parfois à surmonter toutes ces difficultés. Dans cet exemple j’avais affaire à un moucheron dont le corps et surtout latrie sont forte-ment colorés en noir-brun, les pattes ont cette même teinte mais beaucoup plus faible, enfin les ailes sont à peu près incolores ; c’est donc un objet qui répond sufli-samment à ceux que l’on peut classer dans la troisième catégorie.
- Dans d’autres cas analogues j'ai pu obtenir des négatifs très passables, en dévelop-pant largement au moyen d’un révélateur de concentration normale et traitant la plaque, une fois fixée et lavée, par le persulfate d’ammoniaque.
- Pour ces sujets à grands contrastes les difficultés peuvent être si diverses, qu'il est impossible d’énoncer une, marche à suivre, bien déterminée ; l’initiative, beaucoup de raisonnement et de nombreux essais, sans jamais se contenter d’un à peu près, sont, je crois, la seule chose qu’<m puisse indiquer.
- On voudra bien remarquer que la division des préparations en trois classes aussi
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- distinctes que nous les avons admises ne doit pas être adoptée d’une façon absolue. En effet, si un pareil classement peut être fait pour un grand nombre, il en estbeau-coup d’autres pour lesquelles on pourra se trouver dans l’embarras. Néanmoins si l’on a bien saisi les explications qui précèdent on jugera bien vite quelle est la meilleure, marche à suivre pour obtenir une épreuve dans laquelle chaque élément soit reproduit dans ses détails et à sa valeur relative. Ici, comme en toute autre chose, les plus longues explications ne sauraient suppléer à la pratique.
- Nous arrivons maintenant à la dernière classe d'objets que j'indiquais au début de ces articles, c'est-à-dire à ceux qui étant relativement épais comprennent, par con-séquent, divers plans qu’il est impossible d’avoir à la fois nettement définis, surtout si ces objets, par la finesse de leurs détails, exigent des objectifs puissants pour en obtenir la résolu lion.
- On sait qu’en rétrécissant l’ouverture du cône éclairant, en ne faisant, en un mot, usage (pic des rayons centraux ou sensiblement centraux, on augmente le pouvoir pénétrant des objectifs. Toutes les fois donc qu’on voudra reproduire, un objet dit épais, on diminuera l’onverture de l’iris du condensateur ; par ce moyen on pourra souvent obtenir une netteté suffisante des divers plans mais il faudra éviter d’aller jusqu’au point où il se produit des phénomènes de diffraction.
- La réduction de l’ouverture de l’iris appliquée à un objectif à grande ouverture numérique, n’équivaut pas, toutefois, à l’emploi d’un objectif de même foyer mais de moindre ouverture. En effet, si les deux objectifs semblent devoir travailler dans les mêmes conditions lorsqu’on a réduit pour l’un et pour l’autre l’ouverture du cône éclairant à la même valeur, ce résultat cesse d’être vrai dès qu’une préparation est interposée sur le trajet des rayons, caries éléments de cette préparation réfractent ces rayons qui, ainsi déviés, atteignent l’objectif avec une direction angulaire plus ouverte que celle que leur avait imprimée le condensateur diaphragmé.
- U’n objectif à faible ouverture pourra ne pas admettre ces rayons réfractés qu’un objectif plus ouvert utilisera, il en résulte que l’image fournie par le premier sera plus nette en profondeur que celle que donnera le second, bien que, de prime abord, par l’ouverture du cône éclairant, qui est la même pour les deux, on puisse considérer leurs pouvoirs pénétrants comme rendus égaux.
- Les objets d’une épaisseur notable demandent donc à être reproduits avec des objectifs de faible ouverture numérique ; c’est la raison pour laquelle, lorsque la réso-lution pas le but principal et que l’amplification n’est pas considérable, il est antageux d’employer des objectifs du type Planar, ou analogues, que plusieurs structeurs font figurer sur leurs prix-courants.
- Mais en ne considérant que les objectifs ordinaires de microscope, nous pouvons, ar un moyen simple, réduire leur ouverture numérique et nous éviter ainsi de pos-eder pour chaque longueur focale un système à grande et un autre à faible ouver-ure. Le moyen consiste à munir le tube, du côté du pas universel, d’un adaptateur diaphragme iris dont l’ouverture complète soit d’assez grand diamètre pour ne pas itercepter les rayons lumineux émergeant des divers objectifs qu’il peut recevoir. En le fermant plus ou moins nous rétrécirons, au contraire, le cône émergent. Un en oculaire démontrera bien vite que cette mancuvre améliore le pouvoir de énétration, mais (pic, poussée à l’excès, il y a perte de netieté et d’étendue. Cest one par un examen préliminaire delà préparation qjue l’on déterminera, pour un ectif donné, l’ouverture de ce diaphragme qu’il y a lieu d’adopter.
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- REVIE DEs SCILNGES PIIOTOGRAPITIQUES
- Le moyen que je viens d’indiquer ne pourra guère être applicable, ou du moins ne répondra qu’imparfaitement an but de l’objet, tout en étant d’une certaine épaisseur, est en même temps d’une structure tellement fine qu'il faille, pour en obtenir la résolution, avoir recours à un objectif puissant, c'est le cas de bon nombre de diatomées parmi lesquelles nous pouvons citer les Triceraliiun, certains ^anipiilfHliseus ou Craspepadiseus. La seule méthode que l’on puisse alors employer est celle que l’on désigne, sous le nom de Méthode des poses siieeessives, qjue l’on trouve décrite dans la plupart des Traites de pholoniieruyraphie. Cette méthode ne fournira des résultats à peu près certains que si le mouvement micrométrique du microscope est irrépro-chable comme précision.
- Je donne fig. 22 et 23 la reproduction d’un Triecralium spinosum obtenue, la première, en une stade pose, eI la seconde, en trois poses successives. Dans cette derniére, l’ensemble de la valve est plus satisfaisant, les détails apparaissent à peu près à tous les plans, sans être nulle part aussi finement reproduits que dans le plan de netteté de la fig. 22.
- La reproduction des coupes bactériologiques, outre la difficulté souvent inhérente au mode de coloration adopté pour les tissus, d’une part, et pour les microbes de l’autre, en offre une seconde à cause de leur épaisseur. En eUet, aussi minces qu'elles soient, ces coupes doivent être, considérées comme épaisses, vu les grandes amplifications et les objectifs de faible distance focale qu’on doit employer. La nel-télé se limite presque à un plan mathématique et il ne faut pas songer à leur appli • quer la méthode des poses successives, un seul essai démontrerait le mauvais résultat qu'on obtiendrait. Pour reproduire de pareilles préparations, deux méthodes bien distinctes sont employées : les uns, suivant l’exemple de NEUAt ss, recommanent de rétrécir l’ouverture. du cône éclairant jusqu’à ce qu'il ne, soit plus que le tiers environ de l'ouverture de l'objectif ; on lâche ainsi de répartir la netteté dans les divers plans. D'autres, au contraire, sont d’avis qu'il faut laisser an cône écla i ra n l une ouverture égale à celle de l'objectif pour limiter la netteté à un seul plan, les détails des autres étant absolument confus et peu apparents, le suis d'avis qu'il ne faut pas être exclusif et qu’il y a lieu d’adopter tantot l’une, tantôt l’autreméthoie -si, par exemple, les bactéries sont de forme allongée, (bacilles), comme dans le champ il s’en rencontre qui sont parallèles aux surfaces de section et d’autres possédant toutesles obliquités possibles par rapport à ces mêmes plans, il me semble que l'épreuve la meilleure sera obtenue en réduisant l’ouverture du corn* éclairant; si les bactéries sont de forme ronde ou de 1res petites dimensions, l’emploi d’une gra ouverture donnera une image plus nette et mieux arrétée de ces organismes.
- L. MATIeT.
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- LA FOCIMÉTRIE PIIOTOGRAMMÉTRIQUE
- DEUXIÈME PARTIE.-LA FOCIMÉTRIE PHOTOGRAMMÉTRIQUE EN OPTIQUE MICROSCOPIQUE
- CHAPITRE ni
- FOGIMETRE PIIOTOGRUSDMETRIQUE POUR OPTIQUE MIICROSCOPIQUE
- s 5. - ETUDE DES CONDENS\TEURS
- Le condensateur est dans une certaine mesure complètement assimilable à un objectif. D’ailleurs on peut généralement obtenir d’excellents résultats en employant comme condensateurs des objectifs qui possèdent à la fois une ouverture numérique convenable et une distance frontale suffisante pour permettre la mise au point à travers une lame porte-objet. On ne considère généralement en France le condensa-teur que sous le rapport de son onverture numérique ; mais il est évident qu’il n’est pas moins susceptible d’ètre également caractérisé par sa longueur focale. Le foci-mètre photogrammétrique est tout aussi bien adapté à la mesure de l'une et de l'autre de ces deux grandeurs.
- Pour la détermination de sa longueur focale, et aussi, de sa distance frontale, qui n’est pas un trait moins essentiel de sa construction, le condensateur prend tout simplement dans la sous-platine la place normale d'un condensateur, et, à partir de là, on opère exactement comme pour un objectif.
- Pour la détermination de l’ouverture, on procède encore comme pour un objectif, en transportant le, condensateur sur le tube du microscope en guise d’objectif. Pour
- cet ohjet, on détache du tube du microscope le cône qui reçoit d’ordinaire les objec-
- tifs,e on y substitue une bague portant un diaphragma i ris, sur laqielle peuvent se lixer soit le condensateur, soit le cône porte-objectif lui-mèine armé de son objeetif.
- Il est de toute nécessité de s'assurer, en enlevant l’oculaire, qu’aueun diaphragme
- intérieur ni aucun rebord de tube de tirage n’empéche d’arriver jusqu’à l’oculaire les rayons lumineux qui peuvent traverser la zone marginale extrême de la grande lentille du condensateur. Il n’y a évidemment pas à attendre d'un condensateur ainsi transformé en objectif la finesse de définition d’un objectif de premier ordre: tout ce (pii nous importe c'est qu’il donne une image liés suffisamment nette pour nos déterminations. Il est bien clair d’ailleurs qu’un condensateur non corrigé des aberrations sphérique et chromatique peut et re pris comme le type d’un système optique à l’égard duquel toute tentative de mise au point parallactique serait chimé-
- rigue.
- L’ouverture déterminée comme il vient d’être dit est l’ouverture brute, la seule dont semblent se préoccuper les mierographes du Continent : il en va tout autrement
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- de la part des micrographes anglais. Tandis que les constructeurs et les micro-graphes du Continent, fascinés par les travaux mémorables d‘.\nun, semblaient s’être résignés à copier servilement et à employer passivement ses modèles, les construc-teurs et les micrographes anglais, (ont en ne tenant pas moins Abbe pour le roi incontesté* du microscope moderne, s’attachaient avant tout à se. pénétrer de ses prin-cipes et à en poursuivre les applications. Ils ne laissaient passer aucune doctrine d'ABin; sansse l'assimiler, aucun instrument de sa création sans en faire l’acquisi-tion et sans le soumettre aux essais et à la cri tique les plus minutieux ; et le résultat de leurs consciencieuses recherches est loin d’avoir été une quantité négligeable. Comme d’autre part les micrographes allemands ont ignoré à un degré invraisem-blable et ({ni pourrait presque passer pour de l’alfectation ce qui se faisait en Angle-qleterre (1 ), il se trouve qu’à l’heure actuelle l’outillage mieroscopique allemand doit être considéré comme sensiblement inférieur à l’outillage microscopique anglais. C’est ainsi que depuis de longues années on peut observer dans les modles de microscopes anglais, de troisième, et de quatrieme catégorie, spécialement établis à l’intention de la bourse des étudiants, des dispositifs qui ne se rencontrent que dans les plus récents, les plus exceptionnellement luxueux el les plus dispendieux des modèles de Zeiss, pris comme prototypes de tous les microscopes du continent.
- C’est surtout dans la question de la construction et de l’emploi du condensateur que les constructeurs et les micrographes allemands pourraient puiser quelques en-seignements utiles auprès de leurs collégues anglais. Il conviendrait cependant de dire que pas plus les uns que les autres ne semblent se douter que DUARDIN, réalisant une conception de BRwsren, avait il y a plus de soixante ans posé* de la façon la plus catégorique les principes qui paraissent constituer à l’heure actuelle le dernier mot de la technique microscopique anglaise en matiere de condensateur : à savoir que le condensateur doit nécessairement être achromatique, aplanétique, réglé pour l’épaisseur du porte-objet employé, et rigoureusement mis au point sur l’objet soumis à l'observation.
- Du principe que le condensateur doit être aplanétique, les micrographes anglais concluent qu'un condensateur n’est utilisable pour les observations de haute précision, pour les observations (TiUque (selon l'expression consacrée chez eux [mur désigner l’observation dont toutes les conditions ont été si serupuleusement ajustées que toute dérogation à cet ajustement, pour l’une quelconque d’entre elles, en quelqjue sens que ce. soit, a pour conséquence inévitable une diminution de la perfection de l’image observée) que dans les limites de la portion de son ouvert lire pour laquelle il est aplanétique. Par suite on doit tenir pour illusoires les ouvertures numériques fantastiques des comdensateurs non corrigés. C’est ainsi (pu; MM. Nelson et DAtxoEn réduisent à 0,50 O. N. l’ouverture numérique utile du condensateur Abbe mm achromatique de 1,10 0. N., auquel ils attribuent un écart d’un demi-
- (I) Bien ne saurait don ner n ne idlée plus nette de cette étrange inconscience que le lait, que ni les six grandes pages de bibliographie de l’ouv rage déjà citéde ZM*iMAN, ni les dix-huit. pages de bibliographie du Manuel de teeh N iqe mieiosroiH'iue de BoraI etOPrEn ne font, l’honneur d’une
- pendant à coup sur une ri-réhi tion pour la plupart de leurs lecteurs, peut-être, pour les auteurs eus-mémes. Disons que l'on peut, à moins de frais acquérir un excellent aperçu de l’état actuel de l’instrumentation microscopique. anglaise par la lecture de l’ouvrage beaucoup moins conteus: Modem Mieiwtmu de Ck0ss et Cm.r.
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- millimètre entre les longueurs focales des rayons centraux et des rayons marginaux. A leur compte, le premier condensateur Abbe de 1,20 O. N aurait donc constitué un recul non seulement sur le condensateur de PowELL et LEALAND de 1854, ainsi qu’ils le disent ; mais sur le condensateur de DrARDIN de 1838. Si l'on ne prend le soin de l’exclure par un diaphragme, le surplus de l’éclairement aplanétique, qui est seul utile, constitue simplement un nuage lumineux dilfus, qui ne fait que troubler l’observation. Un agencement savant de diaphragmes à ouvertures annulaires graduées permet toutefois de le répartir en une série de nappes lumineuses coniques strictement délimitées, de différents degrés d’obliquité, dont on peut tirer le plus heureux parti pour l’obtention d’ellets variés d’éclairage à fond noir.
- Le focimètre photogrammétrique permet de déterminer l’ouverture aplanitique d’un condensateur d'abord par l’application dans des conditions particulièrement favorables de la technique de MM. Nelson et DALLINGER. Pour c<* mode d’opérer il faut avoir à sa disposition un objectif d'ouverture numérique au moins égale à la plus forte ouverture aplanétique de condensateur que l’on présume pouvoir avoir à constater. Comme la plus forte ouverture aplanétique (pii ait été jusqu’ici réalisée dans un condensateur ne dépasse pas 1,300.N.,la condition sera remplie parmi objectif de 1,300.N., et mieux, par un objectif de 1,40 O. N., comme en possèdent tous les laboratoires d’études microscopiques dans lesquels peut avoir chance de pénétrer le focimètre photogrammétrique.
- Cet objectif est fixé sur le microscope d’observation après (pic l’on a interposé entre le tube et le cône porte-objectifla bague pourvue du diaphragme-iris. Le condensateur est fixé dans la platine mobile. Mieroscope et condensateur sont mis au point avec toute la précision possible, par exemple sur une diatomée montée dans le baume du Canada; puis on déplace légerement cette préparation de manière à dégager le champ optique de tout corps étranger, mais en laissant subsister la même épaisseur et les mêmes couches de milieus interposés. Si l’on opère sur des ouvertures numériques présumées supérieures à 1,000. N., il est absolument indispensable de réunir par une couche d’huile de cèdre non seulement l’objectifet la lamelle couvre-objet, mais le condensateur et la lame porte-objet.
- Les opérations préliminaires accomplies, on enlève l’oculaire. En regardant alors dans le tube du microscope on observe en général que la dernière lentille d’arrière de l’objectif présente une partie centrale plus ou moins étendue vivement éclairée,
- avec une, marge obscure sur les bords. Le cercle d’éclairement de cette lentille dé-limite la portion du cône d’ouvert un* de l’objectif (pii est équivalente à l’ouverture aplanétique du condensateur. Avec un condensateur non corrigé ce cercle d’éclaire-ment n’a qu’un diamètre relativement assez faible ; on peut l’accroltre par un léger
- déplacement du condensateur, mais alors la partie centrale du cerdle devient obscure. On n’a plus au foyer un cône d’éclairement massif; mais seulement un éclairement
- par nappes.
- Le cercle d’éclairement étant en son plein, ainsi qu’il vient d'être dit, on fait jouer le diaphragme-iris jusqu’à ce qu’il vienne aussi strictement (pie possible affleurer les Lords du cercle. Ll’objectif ainsi diaphragmé représente alors un objectif (pii aurait ur ouverture numérique propre l’ouverture aplanétique du condensateur : on détermine de la manière ordinaire l'ouverture de l’objectif ainsi diaphragmé.
- On concevrait théoriquement qu’a la condition de s'astreindre à associer toujours au diaphragme-iris le même objectif, on pourrait établir sur le collier de ce diaphragme
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- une graduation 1 u i rendrait cette dernière détermination superflue. ( Ici le sim pli li cal ion n’est malheureusement pas admissible dans la pratique, à cause des imperfections que présente la construction actuelle des diaphragmes-iris. Ainsi que le font observer MM. NISON et DArurNeEn les diaphragmes-iris, (pii donnent tant de précision aux opérations photographiques, sont, vis-à-vis des objectifs mieroscopiques d’uni! réelle infériorité. Ils n'y soûl applicables que sous les ouvertures 1rs plus exiguës ; (-1, alors, à un déplacement à peine appréciable du collier (pii les commande correspond une variation brusquée et relativement considérable, des ouvertures (pie ci* déplacement détermine.
- Lue autre méthode de mesure de l’ouverture aplanétique du condensateur consiste à effectuer une série de déterminai ions de longueurs focales eu appliquant successive-ment sur la grande lentille de ce condensateur unesériecorrespondante de diaphragmes présentant des ouvertures annulaires concentriques, de diamètres variant de millim-tre en millimètre à partir du cent ng jusqu’à la limite, des dimensions des plus grandes lentilles de condensateurs (pie l’on pourra avoir à essayer. On pourra considérer comme limite des zones appartenant encore à l’ouverture aplanétique du condensateur la zone annulaire extrême pour laquelle la longueur- focale ne dilférera pas de plus d’un centième de millimétre : de deux centièmes, si l'on veut ; de la longueur focale afférente à la partie centrale. On passera alors à la détermination de l’ouvert ure numérique, en appliquant sur la grande lentille du condensateur un diaphragme ordinaire de même diamètre que la zone extrême pour laquelle, lacondition si; trouve satisfaite.
- On vorlque la premièredeces méthodes est fortdétournée et compliquée, et sujette à de nombreuses causes d’erreurs fatalement inséparables d’une, telle complication : on peut juger que la seconde fait unetroplarge par t à la convention et à l’a rbil raire. Il est évident qu'elles n’ont pas épuisé entre elle,s deux les ressources du focimétre photogrammétrique; et il est permis d’espérer que des mains expérimentées sauront en tirer sous ce rapport des résultats qui ne laisseront plus rien à désirer.
- Nous ne quitterons pas cet ordre d'idées probablement assez nouveau pour la plupart des mierographes du Continent sans dire un mot des principes posés par les micro-graphes anglais, M. Nusoxentôte, pour l’emploi du condensateur, principes dont M. MAruET a déjà donné un aperçu aux lecteurs de cette Revue.
- Ils paraissent admet trequ’un objectif d’une perfection idéale, donnerait son maximum d’elfet utile par l emploi d’un condensateur d’une ouverture aplanét ique exactement égaleà la sienne propre. Il n’existe actuel lement au monde en réalité que deux objectifs qui puissent supporter un tel cone d’éclairement : ce sont les deux numéros les plus faibles des objectifs apochromatiques de ZEiss. In objectif excellent réclamera un cned’é-clairement des trois quarts de sa propre ouvert mu* ; un bon objectif admettra un cône d’éclairement des deux tiers; un objeetif médiocre ne supportera plus (pie, la moitié et même moins. Celle infériorité s’accompagne en outre de graves inconvénients. A partir du moment où le cône d'éclairement .s’abaisse au-dessous de la moitié de l’ouverture de l’objectif on voit apparaître toute une série de phénomènes de diffraction dérivant de ceux dont l’étude de la pl aque de di /par lion d’Amm a répandu la con-naissance parmi les mierographes. Les plus insidieusement fâcheux de ces phénomènes au point de vue de la pratique microscopique sont que, dans des condilions données, le nombre des traits de certaines structures fines apparait doublé, el qjue cmlains microorganismes se présentent comme encapsulés, alors qu’ils ne le sont point.
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- A joutons (pie AL Nelson produit à l'appui de ses thèses non une argumentation plus ou moins spécieuse et filandreuse, mais de magnifiques et irrécusables microphotographies, dont quelques-uns des meilleurs spécimens sont figurés dans l’ouvrage du I)r DArLINGER.
- Toujours d’après les micrographes anglais la résolution d’une structure d'une finesse donnée exige de la part du condensateur, aussi bien (pie de l’objectif, une ouverture numérique rigoureusement définie, que l’on peul déterminer par le calcul indépendamment de toute considération subjective de l’eil de l’observateur. S’il se trouve alors que. l’éclairement ainsi déterminé est fatigant pour l’organe visuel, il huit se garder de chercher à l’affaiblir par la réduction de l’ouverture du diaphragme du condensateur : ce serait disqualifiera la fois l’objectif et le condensateur lui-même. On doit atténuer cet excès d’éclairement uniquement par l’interposition d’écrans
- colorés, de préférence de verre
- vert signal ». Cette question d’atténuation d'éclaire-
- ment, d’ordre purement physiologique, CPoiggagigjt iln mnivrér dgovont nui' 1′3
- est totalement indépendante de celle de l’ac-
- croissement du pouvoir résolvant par l’intervention d’un éclairage monochromatique
- de longueur d’onde relativement faible, (pii a été traitée ici par Al. MarHEr.
- Enfin ils déclarent que si un condensateur non corrigé, qui éparpille ses rayons à tort et à travers dans toutes les directions, peut s'accommoder d’un ajustement et d'un maniement à la diable, un condensateur irréprochable ne peut donner de résultats que s’il est commandé par un système de centrage et de mise au point absolument irréprochable. Après avoir dit que c’est faire injure à un lion objectif à immersion, et surtout, à un objectif apochromatique, que l’employer avec un condensateur non achromatique, M. M. .1. Cnoss (Modem Microseopu) conclut dans les termes suivants “Ne cri tique comparative des techniques microscopiques anglaise et continentale : " L’observateur (pii examine une structure fine avec un bon objectif à immersion homogène 1/12 et un condensateur Abbe ordinaire ne peut acquérir (pie des connaissances bornées à un degré qui lui causerait la plus grande surprise le jour où il lui serait donné de. voir le même objet convenablement éclairé par un condensateur d’ouverture exactementappropriée cellede l'objectif, avec un ajustement entièrement correct de tous les organes du microscope. »
- KG,-COMPARNISON AVEC LA MÉTHODE DI BANC IOpTIQUH
- On voit que l’instrument peut en somme être considéré comme une reproduction en miniature du banc d’optique elassique des laboratoires de physique, avec un cerele pour base, et avec celte particularité dans le fonctionnement, (pie les déter-“dilations fondamentales s’efTectuent par la méthode photogrammétrique.
- La méthode de détermination emplovée avec le banc d’optique pour la détermina-tion des constantes des objectifs photographiques au moyen de la mise au point sur “ne succession de repères situés à des distances différentes et connues serait tout à lait inapplicable. à des objectifs microscopiques. L’amplitude de la marche des cur-seurs pour ces différentes mises au point, qui constitue la donnée essentielle des calculs ultérieurs, se mesurerait en elfet ici par un nombre infime de centièmes ou ““'nie de millièmes de millimètres, c’est-à-dire par une grandeur à peu près de ““'me ordre que les erreurs dont elle se trouverait entachée, et les erreurs de celle ““'sure se trouveraient encore amplifiées dans le résultat définitif.
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- CIIAPITRE IV
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- §4. - PASSAGE DU CROSSISSEMENT PROPRE DES SYSTEMES OPTIOUES ÉLÉMENTAIRES AU GROSSISSEMENT DU MICROSCOPE
- Une partie des micrographes qui ont le plus vivement approuvé l’initiative pris par le constructeur M. SIIASSNIE de donner un corps à notre conception fondet leur appréciation sur cette idée, qu'une fois en possession de la connaissance de longueurs focales authentiques, et, par suite, des grossissements propres de chacu des systèmes optiques distincts qui entrent dans la constitution de leurs instrument ils pourront passer par une simple multiplication à celle du grossissement de l'ei semble résultant de leur combinaison. Ce n'est là mallieureusement qu'une illusic (pie nous regrettons d’avoir à leur enlever, mais dont la moindre réflesion suffit établir l’inanité.
- Le grossissement propre des systèmes optiques entrant dans la composition de microscopes, aussi bien (pie celui du microscope lui-même est, par une définitic conventionnelle à peu près universellement admise, uniformément rapporté à distance de 25 centimètres. Il s’obtient en effectuant la division de cette longue de 25 centimètres parla longueur focale. C’est également à cette distance de 23 ce timétresque l’on place les règles métriques de comparaison sur lesquelles on effecti les déterminations à la chambre claire. Or, dans cette dernière opération, l'oculai fonctionne bien assez exactement dans les conditions de, grossissement propre <p lui attribue la convention; mais il n’en est point du tout de même de l'objectif.
- Pour que l'objeet if fonctionnàl effectivement avec son grossissement propre, faudrait (pie l'image qu'il fournit fût recueillie dans un plan perpendiculaire à l'a situé à une distance de 25 centimètres de son point nodal d’arrière. Il pourrait ‘ être approximativement ainsi avec les microscopes monumentaux des Anglais: n’est pas du tout le cas avec les instruments dle travail du Continent. Avec le mode le plus courant, aujourd’hui considéré comme normal : tube de 16 centimètre dans lequel l’oculaire s’engage plus ou moins profondément selon sa force, la distan du point nodal supérieur de l’objectif au foyer inférieur de l’oculaire dépasse à pein pour certains de ces oculaires, la moitié de la valeur conventionnelle type.; et grossissement correspondant se trouve réduit dans la mème proportion.
- Nous avons sous les yeux un objectif dont la longueur focale principale, détt minée au focimètre, est de 3 mm. U Son grossissement propre, conventionnel ser donc de G fois. Nous l’associons à un oculaire IlieEss de longueur foc 23 mm. 4, dont le grossissement propre conventionnel est par conséquent 10, Une impression irréfléchie porterait à croire que le grossissement de la combinais constituée par leur ensemble serait exprimé par le produit de 46 par 13,6; <P serait par conséquent de 488 fois.
- Si cependant, à l’aide, de notre focimètre, nous procédons à une étude plus intit de nos systèmes élémentaires, nous trouvons (pie le point nodal supérieur de nd objectif est situé à 8 mm., (1 au-dessous du sommet extérieur de sa lentille la pl rapprochée de l’oculaire. Nous constatons de plus (pie le rebord supérieur de
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- monture de cet objectif se trouve à 19mm. au-dessus du sommet de cette même lentille. Cela nous donne un total de 27 mm. G qui sera en tous les cas à ajouter à la longueur matérielle du tube pour avoir sa longueur théorique, ou, selon la dénomination de DIPEI, sa longueur optique.
- Nous reconnaissons d’autre part parla même méthode que le plan focal inférieur de l'oculaire est situé à 14 mm, 5 au-dessous du rebord supérieur du tube; c’est autant, qu’il y aura lieu de retrancher de la longueur brute de ce tube pour passer à sa longueur théorique.
- ( l’est en définitive la différence 13 mm, 1 de ces deux chiffres, qui se trouve ici positive, qu’il y aura lieu d’ajouter à la longueur matérielle du tube pour avoir sa longueur théorique ou optique. Pour que cette dernière atteignit 230 mm, à laquelle se rapporterait le grossissement total primitivement calculé, il faudrait donc que la longueur brute fut de 236 mm. : longueur qui ne se rencontre guère dans les instruments continentaux, même pourvus d’un tube de tirage.
- Si, au contraire1, nous adaptons notre objectif et notre oculaire au tube de lalon-gmmr type actuelle de 160 mm., la longueur optique du système1 se1 trouvera alors portée à -173 mm. 1 ; et on pourrait se croire1 désormais autorisé à dire1 que h1 gros-sissement résultant sera exprime’1 par le chiffre précédemment trouvé, réduit dans le •173,1
- rapport de 173, 1 à 250 : qu’il sera ainsi 50 X 488, ou 338.
- Les restrictions que la réalité apporte à la conception à priori du début ne s’arrêtent cependant pas là. Les longueurs focales que nous avons déterminées jusqu’ici sont les longueurs focales principales : les seules qui aient, pour un système optigne donné, une signification nettement définie. Mais, par le fait même que, dans l’observation microscopique, l’objectif entre en combinaison avec un oculaire, ce n’est plus par sa longueur focale prmcipale qu’il agit; mais bien par la longueur focale conjuguée à la distance d’autre part de sou point nodal supérieur au plan focal inférieur de l’oculaire : distance qui n’est autre que la longueur optique du tube.
- De ce chef résulte un allongement de la longueur focale efficiente de l’objectif, allongement auquel correspond une réduction proportionnelle de son grossissement, et, par suite, de celui de l’ensemble du système.
- Pour un objectif de 3 mm, 4 de longueur focale principale, travaillant avec une longueur optique de tube de 173 mm.,l, la longueur focale agissante devient 3 mm., 37 ; elle présente donc un accroissement de ü mm. 17 sur la longueur principale, soit, de — de cette longueur. De là résulte une réduction de — du grossissement, tant d1, ' 31,
- de l'objectif considéré comme élément de la combinaison, que de l’ensemble de cette combinaison. Pour cet ensemble cette réduction est de 1 I fois; de sorte que le grossissement total se trouve définitivement ramené à 327 fois.
- Il est à noter que cette cause de réduction du grossissement ne cesserait pas d’intervenir, bien que dans une mesure moindre, même avec la longueur optique de tube des 230 mm. conventionnels. Elle réduirait en ce cas de —le grossissement, tant de l'objectif en combinaison, que de la combinaison, dans laquelle il entrerait.
- Cette influence est proportionnellement d’autant moins sensible que l'objectif est plus fort, et qu'il fonctionne avec une longueur théorique de tube plus considérable. Ainsi pour un objectif de 2 mm, 3 de longueur focale principale, travaillant avec
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- une. longueur théorique de tube 250 mm., elle ne s’accuse plus que par une réduction de 400 du grossissement évalué ii priori : par contre, pour un objectif de 40 mm. de longueur focale principale, auquel correspond le grossissement conventionnel de 6,25, avec une longueur théorique de tube de 160 mm. le grossissement effectif aflé-renlà l’objectif se trouve ramené à 1,67 ; et subît par conséquent une réduction du quart de sa valeur primitive.
- On voit quel parcours reste encore inévitablement à franchir, quand on est arrivé à la connaissance des grossissements des systèmes optiques élémentaires, pour passer au grossissement résultant de leur combinaison. Un point à noter c’est qu’à travers toutes les /‘lapes de celle progression, c’est le. grossissement de l’oculaire qui se maintient à peu près constant. Il le serait même absolument si, au lieu de, le, déduire conventionnellenent de la longueur focale principale, on en effectuait la mesure à la chambre claire, là où le type de construction rend ce mode de mesure réalisable.
- Le catalogue de Zeiss, si insl ruetif à tant d’égards, a sous ce rapport introduit dans le numérotage de ses oculaires compensateurs un mode de notation de nature à créer une équivoque contre laquelle il conviendrait de mettre en garde plus expli-citement qu’il ne le fait l’espril des micrographes peu familiers avec la théorie scieu-tifique des instruments qu’ils emploient.
- D’après les bases posées par ce catalogue, le grossissement d’une combinaison quelconque dl’objeetif et doculaire, pour la longueur normale de tube s’obtient en multipliant par le numéro de Foculaire le grossissement propre attribué à l’objeet if. On voit que, pour arriver à ce résultat, on a dû procéder au numérotage des oculaires d’une façon arbitraire et empirique, en leur donnant pour numéro le quotient de la division du grossissement total de la combinaison parle grossissement propre al I ri-hué à l’objectif. Un profane ou un lecteur superficiel est d’après cela inévitablement tenté de se figurer que, dans h' fonctionnement de celle combinaison, c’est le grossissement propre de l’oculaire qui se trouve faussé, et celui de l’objectif qui agit dans sa plénitude. Or, nous venons de voir que c’est exactement le contraire.
- Considérons par exemple la combinaison : objectif apoch romat ique à immersion à eau de 2 mm., 5 de foyer, auquel est conventionnellement attribué le grossissement propre de 100, avec l’oculaire compensateur no 18, de 10mm. de foyer, dont le grossissement propre serait par suite conventionnellement de 25. Nous trouvons indiqué comme grossissement correspondant 4800, produit du grossissement nominal de l’objectif par le numéro de l’oculaire. Or, dans ce grossissement résultant, c’est en réalité l’oculaire qui agit sensiblement par son grossissement propre de 25 fois; tandis que la part de ce même grossissement légitimement afférente à l’objec-tif se trouve par conséquent réduite à la valeur du quotient de 1800 divisé par 25, ou à 72 fois au lieu de 100.
- On serait presque tente de se figurer qu’en intervertissant ainsi le rôle des influences perturbatrices qui modifient les propriétés individuelles abstraites des éléments constituants du microscope les rédacteurs de ce catalogue ont dans une certaine mesure cédé à un sentiment d'appréhension de jeter une sorte de dépréciation sur leurs objeetils en paraissant en aflaiblr le grossissement. Une telle préoccupation serait peu justifiée. La considération du grossissement d’un objectif s’efface tellement dans l’appréciation de sa valeur devant celle de son ouverture numérique, que les micrographes anglais accusent les constructeurs peu scrupuleux de leur pays d’avoir
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- tout au contraire une tendance dans les indications de leurs catalogues à réduire le grossissement réel de leurs objectifs, pour accroître le rapport apparent de l’ouverture au grossissement. Cl'est une accusation que l’on ne pourrait sans injustice faire peser sur nos propres constructeurs ; et il y a à cela cette raison, que nos micrographes sont extrémement timides dans l'emploi des grandes ouvertures, et se montrent plutôt embarrassés et alarmés quand on les leur fournit. Il est cependant essentiel que tous sachent au moins que l’ouverture est le véritable critérium de la valeur marchande d’un objectif ; et si, d’aventure, il en est qui l'ignorent, l’admirable équipe de savants qui dirige les travaux des établissements Zeiss a toute autorité pour le leur enseigner; et elle a comme conséquence les responsabilités morales inhérentes à cette autorité.
- | 2. — IMIPORTANCE DES MESURES FOCIMÉTRIQUES
- De nos efforts pour arriver à la constatation de la valeur exacte de la longueur focale des objectifs microscopiques il ne faudrait pas conclure que nous estimons que la considération de celle donnée doive primer toutes les autres. Notre opinion, con-forme à celle de tous les micrographes, est tout au contraire que cet élément constituant ne doit passer (pie notablement après ceux dont dépendent en dernière analyse la netteté et la clarté de l’image microscopique.
- Quand un constructeur d’élite met la dernière main à ses objectifs pour en assurer le réglage définitif, il met decôté toutes les considérations théoriques qui ont jusque-là présidé au calcul de ses formules et à l’établissement de ses matrices, pour ne plus se laisser guider que par ses perceptions supérieurement affinées par l'expérienee. Il n’est pas rare alors qu'il se trouve conduit à ramener à une longueur focale d’un quinzième, par exemple, un objectif dont les tables de construction correspondaient théoriquement à la prévision d’un seizième. Il se trouve ainsi avoir réduit le grossis-sement propre de l’objectif. Il n’y a pas le moindre doute cependant que ce n’est que par cette modification qu'il lui a fait acquérir toute la valeur dont il était sus-ceptible, et qu'il l’a rendu digne d’une signature hautement prisée dans le monde scientifique.
- La longueur focale des systèmes optiques n’en reste pas moins toutefois, dans leur construction aussi bien (pie dans leur emploi, une donnée assez essentielle pour que ce soit celle (pie l'on a, d’un sentiment unanime, choisie entre toutes les autres pour les caractériser. Sa connaissance est d’ailleurs le point de départ obligé de la plupart des autres déterminations. Ce sont des raisons suffisantes pour qu’on ne néglige aucun soin pour acquérir cette connaissance, avec toute la précision possible, et avec loute garantie scientifique de la mesure dans laquelle cette précision est réalisée.
- S 3. — ERREURS DE LINSTRVMENT
- Ainsi que nous l’avons dit dès le début de la description du focimètre photogram-Inétrique pour optique microscopique, l'établissement d'un instrument autonome a cu surtout pour objet de rendre plus expéditives les mancuvres nécessaires pour la détermination des constantes des systèmes optiques entrant dans la constitution du tnicroscope, par la suppression des tâtonnements et des pertes de temps qu'entraine
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- l’installation du matériel improvisé de nos premiers essais. Quant, à la précision des résultats, toutes les prévisions delà théorie avaient été si pleinement réalisées dès cette première improvisât ion qu’il n'y avait pas à s’attendre à voir cette précision dépassée dans une mesure appréciable par un agencement, pour permanent qu’il fût, dans lequel les organes essentiels dont dépend cette précision sont restés les mêmes. On peut donc dire que, comme précédemment, l’approximation des déterminations effectuées sera dans les cas les plus défavorables d’environ 306 des grandeurs à dé-terminer. Cest assurément très inférieurà ce que donne pour l’objectif photographique la focimétrie photogrammétrique. Disons encore une fois (pie cette infériorité apparente est avant tout la conséqjuence à peu près inévitable du fait (pie les constantes qu’il s’agit de déterminer sont déjà ici en leur totalité voisines des grandeurs des limites dl’erreurs pratiquement appréciables dans les conditions courantes de la tech-nique journalière ; et constatons que, telle qu’elleest, l’approximation réalisée, outre sa plus grande sûreté, est encore plus avantageuse que celle des procédés notablement plus détournés, plus laborieux et plus discutables dont a du se contenter jusqu’ici l’optie ue microscopigue.
- Commandant V. Lranos
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- SUR UN MOYEN RAPIDE
- D’OBTENIR LE PLAN D'UN TERRAIN EN PAYS DE PLAINES
- d’après UNE VUE PHOTOGRAPHIQUE PRISE EN BALLON
- Par le Colonel LAUSSEDAT
- On emploie, depuis assez longtemps, des photographies de paysages prises en ballon, ou même à l’aide de cerfs-volants, pour opérer la reconnaissance du terrain à distance; mais, pour reconstituer le plan d’après ces vues aériennes, il faut exécuter des constructions graphiques longues et laborieuses.
- Dans les pays de plaines ou peu accidentés, eu dirigeant verticalement l’axe optique de l’appareil, on a toutefois obtenu immédiatement le plan de la partie du terrain venue sur la plaque. Cette expérience a été faite à plusieurs reprises, et l’on peut citer comme l’une des plus remarquables celle qui a été effectuée, dès juin 1885, par MM. Caston TIssANDENeL Ducon, d’un ballon monté, à son passage au-dessus de la pointe de l’lle Saint-Louis, à 606 mètres de hauteur.
- Seulement, la surface ainsi relevée est toujours nécessairement d’assez médiocre étendue, à moins de donner au ballon une grande hauteur, ce qui finirait par trop réduire les détails de l'image.
- D’ailleurs, on n’est pas toujours en état d’amener le ballon exactement au-dessus de la région que l’on veut explorer. Il est donc indispensable, dans la plupart des cas, de recourir à des vues prises avec un appareil dont l’axe optique a été dirigé obliquement. Il est aisé de. voir que, pour la même hauteur du ballon, à mesure que l'obliquité augmente, la pyramide quadrangulaire, opposée par le sommet à celle qui est déterminée par le centre optique de l’objectif et les rayons lumineux aboutissant aux quatre angles de la plaque, découpe sur le terrain un trapèze qui s’élargit rapidement.
- Dans le cas où l’axe est vertical et où, par conséquent, les limites du terrain em
- brassé ont la même forme que la plaque, rectangulaire ou exceptionnellement carrée, l’échelle du plan obtenu sur la plaque se trouve immédiatement déterminée par le rapport de la distance focale de l’objectif à la hauteur du ballon. Il en pourra être de même dans le cas d’une vue oblique, après sa transformation en plan, comme nous allons le voir.
- Pour fixer les idées, nous prendrons un exemple. Supposons le ballon élevé à une hauteur de 366 mètres au-dessus du sol, la distance focale de l’objectif de O' 15, la plaque du format de 13X18 centimètres (ce qui donne un champ angulaire de 62” dans le sens de la largeur) et l'axe optique incliné de 36° au-dessous de l’horizon ou, si l’on veut, relevé de 66” par rapport à la direction verticale qui lui aurait été d’abord donnée.
- Dans ce premier cas, avec une plaque exceptionnellement carrée de 18X18 cen-
- timtres, l’échelle étant alors de Ij" 150/500 ou de 1/3333, la surface correspondante du terrain serait de 36 hectares.
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- Dans le second cas, le trapèze qui circonscrirait le terrain correspondrait à une
- En employant le procédé graphique de transformation, les constructions réus-sissent encore très bien en pareil cas: nous en avons fait l’expérience sur plusieurs
- vues photographiques prises de 100 à 660 mètres de hauteur avec un objectif d’une distance focale de 018 et une inclinaison de l’axe voisine de 36°; mais le moven optique immédiat (pie nous cherchons à lui substituer ne serait peut-être pas satisfaisant jusqu'à l'extrême limite de 3 kilomètres de distance.
- Nous sommes, au contraire, autorisé à croire qu’en inclinant l’axe de l’appareil à 33°, la transformation optique dont nous allons indiquer le principe s’opérerait bien, cest-à-dire donnerait les images net les d’un bout à l’autre; seulement, la distance des points relevés les plus éloignés serait réduite à 2 kilomètres 306, et la surface du terrain embrassée ne serait plus que 230 hectares environ.
- Pour faire d’un seul coup, d’une station aérienne, le panorama entier du terrain, on construit (en Russie notamment, des appareils destinés à être, suspendus au-dessous d’un ballon, qui se composent de six chambres noires réparties sur les mi-lieux des ctés d’un hexagone régulier en charpente, enfin, d’une septieme (pii occupe le centre de cet hexagone (‘I, dont l’axe est vertical (1).
- (!) Pour donner immédiatement le plan d’un espace non atteint par les secteurs trapézoïdaux (pl einbrassent les chambres à axes inclinés.
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- La station étant toujours supposée à la hauteur de 500 mètres, en inclinant les axes des six autres à 35", la surface totale embrassée serait encore, dans ce cas, de 1,500 kilomètres au moins.
- En faisant varier les données du problème, on trouverait des résultats entre lesquels on pourrait choisir, selon les circonstances. Celles que nous avons adoptées dans l’exemple précédent, et dont il conviendra généralement de ne pas trop s'écarter, répondent à des conditions qu’après comparaison de nombreuses épreuves, prises avec des objectifs dont la distance focale avait varié de 0"10 à 0336, à des hauteurs comprises entre 100 et 2,000 mètres, nous considérons comme les plus favorables pour atteindre le but proposé.
- Ce but, nous l’avons dit, est d’obtenir la transformation en plan d’une vue du terrain prise d’une station aérienne optiquement et sans opération graphique.
- La solution suivante est déduite du principe de la photographie sans objectif, dont la théorie a été si bien établie par M. le commandant Colson :
- Les figures 1 et 2 sont destinées à faciliter l’intelligence de cette solution.
- La première représente, le plan horizontal mené par le point P, situé sur l’axe optique de l’objectif () de la chambre noire dont on se sert pour prendre les vues, dirigé verticalement et tel que OP, OP distance focale de cet objectif, Oel P étant rabattus sur le plan horizontal.
- La chambre noire étant supposée conserver une orientation constant!', les inclinaisons successives de son axe optique de 30", 35" et Ci" au-dessous de l’horizon déterminent, sur la trace du plan vertical décrit par cet axe, les distances correspondantes de ses rencontres avec la station sur le plan horizontal.
- Si l’on considère les arètes de la pyramide quadrangulaire aboutissant aux angles de la plaque, pendant la rotation de la chambre noire autour- d’un axe horizontal que l'on peut toujours supposer passer par le centre optique de l’objectif, à cause de la grande hauteur de la station, on voit que les arêtes décriront un cône droit à deux nappes, dont l’axe se confondra avee l’axe de rotation, et qui sera coupé par le plan horizontal suivant les deux branches d’hyperbole tracées sur la figure. C’est à ces hyperboles que s’arrêteront, pour chaque position de l’axe optique, les traces des faces de la pyramide, qui correspondent à la largeur de la plaque.
- Les trapèzes résultant pour les inclinaisons de 30°, de X?1 et de 45 de l’axe op-tique sont indiqués sur la ligure, et, en tenant compte de l’échelle, qui est ici de 1. X 1., on V peut mesurer toutes les distances à la station P. et les surfaces 1.
- des différents trapèzes que l’on trouve être de 150 hectares, 230 hectares et enfin 100 hectares seulement pour l'inclinaison de 45°.
- Le trapèze correspondant à l’inclinaison de 35" est seul représenté en lignes pleines sur la figure. In autre trapèze CDEF, ayant pour bases la plus grande de celles qui correspondent à l’inclinaison de 30" EE et la plus petite de celles qui correspondent à l’inclinaison de 45" prolongée jusqu’aux bords latéraux de la plaque en C ('| en 1), s’appuie à ce qui reste de. cetle plaque (ABCD) et forme ainsi le fond \BCDEF de la boite destinée à servir de chambre noire sans objectif pour la trans-formation des épreuves obtenues en ballon avec la première.
- Cefte boite est représentée sur la figure 2; à sa partie supérieure, à gauche, et un peu au-dessous d'une échanerure pratiquée dans le couvercle, en O, est placée une lame métallique percée d’un très petit trou qui remplace l’objectif. dette échancrure
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- est bordée d’une, platine rectangulaire à laquelle est fixée l’une des extrémités d’un soulllet dont l’autre est à la petite base d’une seconde chambre mobile en forme de pyramide tronquée à la grande base de laquelle on peut disposer l’épreuve à transformer. Il va sans dire que le sommet de la pyramide doit se confondre rigoureuse-ment avec le centre du petit trou pratiqué dans la lame mince, dont la surface restera parallèle, aux bases de la pyramide, c’est-à-dire au plan de l’épreuve.
- Pour cela, cette lame mince suit les mouvements de la boite; pyramidale qui sont réglés par la rotation de deux armatures métalliques accrochées par l’une de leurs extrémités aux deux côtés opposés de la grande base, dans le sens de la largeur, et de l’autre, aux flancs de la boite fixe, où elles sont engagées sur deux pivots qui se prolongent à l'intérieur jusqu’à la rencontre de la lame mince qu’ils soutiennent, leur axe géométrique commun passant par le centre du petit trou pratiqué dans cette lame que M. le commandant Poison désigne sous le nom de stnopé.
- Ll’inclinaison du plan de l'épreuve, ou plutôt celle de l’axe optique qui a servi à l'obtenir, et qui doit passer par le centre du trou du sténopé, est mesurée sur l’arc d'un secteur divisé, fixé à la grande chambre, le long duquel se meut un vernier porté par rum* des armatures qui entraînent la petite, chambre pyramidale.
- Il ne sous semble pas nécessaire d’entrer ici dans d’autres détails.
- Il est aisé de voir, en effet, que, si l'on place sur le fond de la grande chambre une pellicule sensible (les dimensions du suppport à employer excluant en général l’emploi du verre), l'épreuve à reproduire ayant reçu l’inclinaison convenable et étant exposée à la lumière, on obtiendra sur la pellicule le plan cherché.
- Il y aurait peut-être, lieu d’examiner le cas où l’épreuve contiendra des images d’édifices plus ou moins nombreux, d’arbres et surtout de bois ou de forêts se pro-jetant obliquement, et dont la saillie n’est pas négligeable, mais l’expérience nous a appris qu’en exceptant les grandes agglomérations (villes ou villages étendus), les plans eonslririls d'après des vues aériennes prises en pays de plaines ou peu accidentés pouvaient être comparés aux meilleurs plans levés par les méthodes dites ré(/ulières et il en serait sûrement de même avec les plans ri'üUlHés imniédilllemenl par le pro-cédé qui vient d’être indiqué.
- Vvec les données que nous avons supposées, les dimensions de la grandi; chambre noire seraient extérieurement de 1 mètre environ, de 095 de largeur à l’une de ses extrémités et de 0"20 à l’autre extrémité. En supprimant l’inclinaison de l’axe optique de 030 et en partant de celle de 3.", pour la même distance focale de 015 et la même largeur de plaque de 0"18, la longueur de la boîte serait réduite à (n80 et sa grande largeur à", la petite restant de 020 et la hauteur étant, dans les deux cas, de 0)‘17 à o‘ I K.
- Il n’y a pas lieu, d’ailleurs, de trop se préoccuper des dimensions de celle sorte de caisse qui peu! cire improvisée partout. et la petite chambre noire destinée à recevoir l’épreuve à transformer, avec ses armatures, son cadran divisé et le sténopé approprié ont seuls besoin d’être 1res bien construits et adaptés avec soin à la grande. Au surplus, l’ex périence montrera le parti que l'on peut tirer de celle disposition et les modifications qu’il y aurait lieu d’y apporter dans la pratique.
- Colonel LAIISSEDAT.
- (Extrait «les Complet ,‘Pitlhlü de I‘ A cadé m ie desSeiences).
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- Sur la profondeur de champ et de foyer des objectifs photographiques.
- Dans les applications photographiques on calcule la profondeur de champ et de foyer en se basant, sur le fait que l’image d’un point a toujours des dimensions finies; généralement on admet, comme diamètre limite de cette image 1/10 de millimètre.
- Ce mode de calcul avantage les objectifs à courts foyers; on en conclut par exemple que les distances hyperfocales des objectifs, à ouvertures égales, varient comme les carrés de leurs longueurs focales. Les conclusions ne tiennent pas compte de la grandeur des images obtenues; il est certain cependant que les images de faibles dimensions sont destinées, soit à un agrandissement ultérieur, soit, à être examinées avec un système optique amplifiant ; en toute rigueur, les conditions d’emploi des divers objectifs devraient donc être comparées à dimensions égales de l'image.
- On arrive facilement à ce résultat en prenant, pour base du calcul de la profondeur de champ et de foyer, une limite de définition angulaire de l’image. Par exemple, laissant de cté certaines applications (microphotographie, reproductions, etc.), on peut dire que la photographie a pour but ordinaire de reproduire ce que l'œil voit ; il est donc normal que la limite de définition angulaire de l’image photographique soit égale à celle de l'image rétinienne; on doit, donc adopter, pour valeur de cet angle limite, la minute d’arc, à peu près égale numériquement à la fraction 1/3000.
- On dira donc que la profondeur de champ d’un objectif sera limitée par les distances entre lesquelles, pour un tirage donné, la plaque photographique conservera distinctes les images de deux points dont l’écart angulaire est de 1.3000. De même, la profondeur de foyer, lorsque la surface a été mise au point sur un objet déterminé, sera constituée par l’écart possible sur le tirage en conservant distinctes les images de deux points séparés par une distance angulaire de 1/3000.
- Convenant de compter les distances en prenant la longueur focale pour unité, on peut alors exprimer, par (les formules générales indépendantes de la longueur focale, la profondeur de foyer et la profondeur de champ. Désignant par D la distance de l’objet dont la mise
- aupointestesactesurlaplaquesensible,par— l’ouverture de l'objectif, par Hy la profon-
- •leur de foyer, et par D + 8 les limites correspondantes de la profondeur de champ, on a, avee une exactitude suffisante :
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- Q
- Par exemple, la distance hyperfocale (D infini) a pour valeur : limite (D -8) = -00.
- compténen prenani lalongucirfocal pour unité ; elle sera exprimée en mètres par ./
- si / désigne la longueur focale exprimée en mètres.
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- Nous ajouterons aussi les remarques suivantes, intéressantes, en tout cas, au point de vue de la définit ion angulaire des images photographiques.
- Les phénoménos de diffraction ne permettent pas d’obtenir une, définition optique égale à la minute d’arc, si l'ouverture objective a moins de 2 mm. de diamètre; l’emploi des plus petites ouvertures des objectifs photographiques, 1,60 environ, est donc. incompatible avec la définition angulaire proposée, pour les objectifs dont la longueur focale n'atteint pas 120 mm.
- De plus, l'examen des images obtenues sur les plaques au gélatino-bromure a montré qu’on obtient diflicilement des images linéaires dont l’épaisseur soit inférieure à 1/40 de millimètre ; de cette li mite imposée par le mode d'action même de la lumière sur la couche sensible, il résulte que la définition angulaire de la minute d'arc ne peut être effectivement oiiisée que par les objectifs dont la longueur focale atteint au moins 2 = 7 mm. Les objectifs de longueur focale tiès courte ne peuvent donc pas, dans l’usage courant. reproduire tout ce que l'on voit.
- (Communieation de M. J. THovin i, à C Academie des Sciences, 10 septembre 1904).
- Photographies en couleurs obtenues par la méthode interférentielle sans miroir de mercure :
- Lorsqu’on regarde par réflexion la photographie d'un spectre obtenue par la méthode de M. Lippmann, on constate (surtout si le cliché a été surexposé) que les deux faces de la plaque neprésentent pas les mêmes teintes. Du côté verre on voit lescouleurs du spectre fidéle-ment reproduites du côté gélatine des teintes très différentes, quelquefois à peu près complé-mentaires des premières.
- De plus, la face gélatine d'une photographie en couleurs, de pose insuffisante, présente, suivant la durée de la pose et l'épaisseur de la gélatine, des teintes variées. En frottant avec 1(5 doigt ou du coton, sous un jet d’eau, la gélatine d’une plaque présentant certaines teintes, on modifie assez sa surface pour que, aprés dessiccation, les teintes de la plaque aient totalement changé du côté gélatine.
- Il m’a semblé que les plans d’argent réduit les plus voisins de la gélatine, et la lame mince formée par la surface de la gélatine et le premier plan d’argent intervenaient pour une très large part dans la production des couleurs, lorsqu’on observe la face gélatine par réflesion.
- Or, il est logique d’admettrequ’entre la gélatine et le mercure tout l’airn’a pas été chassé. Il en subsiste une mince couche, qiesttrop mince pour que l’épaisseur traversée introduise une différence de marche appréciable, mais dont la présence peut causer une réflexion sur la surface de séparation gélat ine-ai r avec une différence de phase déterminée. Il y aurait alors, outre la réflexion sur le miroir de mercure, une réflexion sur l’air qui pourrait expliqner les teintes variées que j’ai observées dans les clichés insuffisamment posés.
- J’ai pensé que, s'il en était ainsi, je pourrais obtenir, pour des poses prolongées, des photographies en couleurs par réflexion ile la lumiége sur la surface gélatine-air seulement.
- L'espérience a confirmé ma prévision.
- Les photographies que j'ai l’honneur de communiquer à l’Académie. (speetres, perroquets, houx, oiseau, bouquets) ont été obtenues par la méthode interférentielle de M. Lippmann, avec cette seule différence que j'ai suppriméle miroirde mercure et utilisé seulement, conme surface réfléchissante, la surface de séparation gélatine-air.
- Il suffit de placer dans un appareil quelcongur, la face verre tournée vers l’objet, une plaque transparente au géla lino-bromure préparée d'après les indications de M. Lippmann (1).
- (1) La Science au x* siècle, 1rr année, n0 5, 13 juin 1903.
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- Comme pour les photographies interférentielles ordinaires, la pose est très variable suivant que l'objet est placé au soleil ou à l’ombre (30 minutes au soleil, 2 heures dans une salle de laboratoire). La photographie du spectre d'une lampe à arc exige 15 minutes. On peut réduire la pose à quelques minutes en traitant les plaques avant l'usage par une solution alcoolique d’azotate d’argent.
- L’acide pyrogallique (formule de MM. Lumière) m’a paru être le révélateur approprié. Il est bon, pourfaire apparaître les teintes sombres, de renforcer au bichlorure et à l’amidoL Mais cette dernière opération doit être conduite avec ménagement. pour ne pas modifier les couleu rs.
- Il est aisé de prévoir, d’après ma façon même dont ces photographies ont été obtenues, qu’elles offriront sans doute un éclat moins vif que les admirables épreuves deM. Lippmann. Les couleurs sont pourtant bien visibles et ces épreuves pourront, je croîs, être perfectionnées notablement entre les mains des praticiens el. en tous cas, elles présentent l'avantage de
- pouvoir être obtenues sans matériel spécial, dans un appareil quelconque ; elles sont déjà tout à fait suffisantes pour pouvoir servir à des démonstrations (variation des teintes avec la température, le degré d’humidité, etc.). Elles sont à la portée de tous les amateurs ; c’est à ce titre surtout qu’elles me paraissent offrir quelque intérêt.
- Toutes les teintes les plus diverses, depuis l’orangé jusqu’au violet, sont fidèlement reproduites. Il est plus difficile d’obtenir le rouge vif en vraie valeur. Il n’apparaît quelquefois, surtout après renforcement, qu’avec une teinte orangée. Je m’efforce de sensibiliser davantage pour le rouge, et de modifier la nature de la pellicule sensible, afin d’augmenter l’intensité du faisceau réfléchi.
- (Communication de M. E. Rorm à / Aradéinie des Sciences, 10 octobre 1901).
- Nous croyons rendre service à nos lecteurs en faisant suivre cette communication du mode de préparation des plaques indiqué par M. LEPPMANN.
- Dans 100 grammes de gélatine dure à 5 pour 100 faire dissoudre 0 er 53 de bromure de potassium. Porter à l’obscurité, puis,quami la températu re est au-dessous de 40", ajouter 0 gr. 75 de nitrate d’argent pulvérisé. On agite une ou deux minutes avec le thermométre pour faire dissoudre ce nitrate. On ajoute, pour l'isochromatisme, 30 d’une solution alcoo-1
- hqm; de cyanine à -00 et 1003 d’une solution alcoolique de rouge-glycin.
- On filtre l’émulsion sur coton de verre et on la coule sur des plaques de verre propres et lièdes.
- On coule l’émulsion comme du collodion. On met les plaques à plat sur un marbre horizontal, jusqu’à ce qu'elles soient bien prises. Puis on les lave une demi-heure et on les met au séchoir.
- Les plaques ainsi préparées se conservent pendant six semaines. On peut les employer telles quelles. Mais il vaut mieux, avant d’en faire usage, leur faire subir une seconde sensi-bilisation (LMikne). On verse sur leur surface de l’alcool contenant du nitrate d’argent :
- Alcool concentré
- 100
- Acide acétique
- Onsecoue la plaque, qui est sèche au bout de quelques minutes.
- En altendant quelques heures, la sensibilité augmente. Mais au bout de 12 à 15 heures, les plaques ainsi traitées commencent à se gâter. H ne faut donc passera l’aleool argentique que les plaques qu’on se propose d’employer le jour même (G. LIPMANN, L.a Science au xx" siècle, 15 juin 1903).
- M. <1. GovpÉ, le très habile opérateur dont les paysages et natures mortes exécutés en
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- seul qui n’agisse pas sur la gélatine ; de même je su is persuadé que l'on olitiendrait de meil-leurs résultats en noircissant à l’oxalate ferreux l’image préalablement blanchie au bichlo-rare, pour renforcer l’image : seuls le noircissement à l’oxalate, ferreux et le noircissement au chlorure stannens donnent en effet un dépôt métallique ; l’emploi d’un révélateur org-nique, quel qu’il soit, donne des produits plus ou moins complexes.
- Nous ajouterons qu’il est bon d’absorber, par un écran convenable, les radiations ultra-violettes et d’empêcher par un dispositif approprié toute lumière diffuse par les parois de la chambre. noire, de venir frapper la surface sensible.
- que l’on conserve en flacons bruns ef à l’abri de la lumière.
- Pour tous détails complémentaires sur la préparation et l’emploi île ces émulsions, nous renvoyons nos lectours au mode opératoire antérieurement indiqué par M. Gopn, qu on trouvera déerit en détails dans l’ouvrage de M. L. TRANen ANT, La jihie'des eouleurs
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- Action des bois sur les plaques photographiques.
- M. William .I. Kessel a constaté que la plupart des bois impressionnent la plaque photographique, dans l’obscurité, qu’on les mette en contact immédiat avec la surface sensible ou à une faible distance. La durée de pose varie d'une demi-heure à dix-huit heures. L’action est plus ou moins intense, selon l'espèce do bois : les bois les plus actifs sont ceux des conifères, le chêne, le hêtre, l’acacia. Lorsque le bois est coupé perpendiculairement à l’axe de la tige, l’image obtenue présente une série d’anneaux clairs et obscurs, correspondant aux couches concentriques du bois; les nœuds sontaussi indiqués ; ce sont les tissus formés au printemps et à l’automne qui donnent des anneaux obscurs qui sont, par conséquent, les plus actifs.
- La cause de celte action photographique est inconnue; les corps résineux du bois semblent jouer un rôle dans ces phénomènes ; cependant, diverses gommes et résines, essayées par l’auteur, n’ont produit aucune impression. La vapeur d’eau et l’ozone n’inter-viennent pas.
- Le bois, préalablement exposé à la lumière solaire, devient plus actif; les lumières arti-ficielles produisent le même phénomène. Ce sont les radiations bleues et, violettes qui produisent cet accroissement d’activité du bois, qui semble devoir être attribué à un emmaga-sinement de radiations analogue à celui des substances phosphorescentes.
- (Société royale de Londres, 10 juin 1904 )
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- REVIE des sciences PHIOTOGRAPITIQUES
- REVUE DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- Sur une cause systématique d'insuccès dans la pratique des sélections tri-chromes :
- ( Jn admet généralement qu’une même échelle de teintes, allant par exemple du blane pur au noir pur, peut être traduite en mêmes valeurs par la photographie, « uelle que soit la couleur de l'écran interposé. L’exactitude des sélections trichromes n’est d’ailleurs possible qu'à cette condition, toute difference dans la gradation des gris-neutres d'un original devant entraîner fatalement, sauf retouches ou emploi d’une quatrième impression, la
- | Il
- - ce-
- me HH
- - Ue
- | lo pratique.
- . ;Le schéma (hg. I) montre quelles
- Fig. furent les régions spectrales utilisées dans les quatre séries d’expériences, savoir : «) ultra-violet, h) vert, c; rouge etd) lumière blanche.
- Chaque plaque expérimentée était coupée en quatre fragments, dont chacun d’eux était soumis, par huitièmes, à l'une des lu mières ci-dessus délinies pendant diverses durées doubles les unes des autres et proportionnelles par conséqueni à 1, 2. 1, 8, 16, 32, (IL et 12S.
- Tous les fragments étaienl développés dans des couditions identiques, puis on procédait à la mesure des opacités. Pour permettre de comparer rapidement et commodément les ré
- sultats oblenus sur les diserses plaques en essai et avec les différentes lumières utilisées aux expérienees, on a traduit ces résultats sous forme de graphiques, établis de telle sorte que T’effet, sur chaque plae ne, de lune des lumières, le violet par exemple, étant figuré par
- Fig. 3 — Action de la lumëre blanche comparee à celle de l’ultra-violet,
- une ligne horizontale (tracée ('11 poin-tilléla courhe indique dans quel sens et de combien on eût du varier. avee une autre lumiére, le vert par exemple, la durée de pose en lumière violette.
- Si par exemple l’intensité de la lumière verte et de la lumière violette a été réglée, ainsi que la durée de développement, de facon à produire seusi-
- blement la même opacité dans les ré-gions qui ont reçu le lemps de pose 32 ‘fiz. 2), il aurait fallu, pour obtenir sur le cliché du vert la même opacité que sur le cliché du violet dans la région de cette dernière plaque exposée pendant le temps 2. poser seulement les G/10e de ce temps en lumière verle ; pour
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- produire au contraire la même opacité sur le cliché vert que sur le cliché violet dans la région de ce dernier exposée pendant le temps 64, il eut fallu poser en lumière verte les 13/10 de ce temps. (Les densités les plus faibles ainsi que les plus opaques produites par les temps de pose extrêmes se prêtant mal aux mesures, il n’en
- a pas été tenu compte dans l'expression des résultats définitifs.)
- Ces graphiques ci-après, tracés d’a-près les mêmes principes que la courbe type ci-dessus, résument les expérien-ces eflectuées sur diverses marques an-glaises de plaques.
- h ig. i — Action du vert comparée l’ultra-violet
- Plaque panchromatique Cadett Spectrum).
- Plaque orthochromatique (Thomas).
- Plaque ordinaire (Thomas).
- Plaque lente pour positifs.
- Plaque orthochromatique (Edwards).
- La ligure 3 montre à l’évidence que la lumière blanche donne, généralement, de plus grands contrastes que l’u l ira-violet ; il y a cependant des différences assez appréciables, même entre plaques de même marque, traitées dans des conditions identiques. La ligure 1, rappor-tant les résultats fournis par la lumière verte à ceux donnés par l’ultra-violet, montre queles contrastes sont nettement
- plus grands avec la moins réfrangible dores deux lumières. Enfin les résultats obtenus en lumière rouge sont comparés avec ceux fournis par l’ultraviolet (lig. 5) et par le vert (fig. 6).
- De ces expériences, on peut tirer les conclusions ci-lessous :
- 1. La gradation n'est pas la même pour les plaques exposées à des lumières de longueurs d’onde différentes.
- 2. Les constrastessont plus accentués avec la lumière de plus grande longueur d'onde et ne diminuent un peu que dans les régions les plus denses, la tendance au renversement semblant se manifester plus tôt avec les plus grandeslongueurs d’onde.
- 3. Ces anomalies ne sont pas dues
- aux colorants spéciaux employés à la préparation des plaques orthochromatiques ou pan-chromatiques, car ('lies se manifestent déjà pour les plaques ordinaires. La différence dans la gradation des demi-teintes est d'autant plus accentuée (jue les lumières utilisées Sont plus éloignées les unes des autres dans le spectre.
- Chapman Jones
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- BEVUE DES SCINeEs PIIOTOGRAPITTQUES
- Grosseur des grains de l’argent constituant les noirs de l’image photographique.
- Dans le numéro de septembre de VAstrophi/sical Journal, M. R.-J. Wallace expose le résultat doses recherches sur les circonstances qui modifient la grosseur des grains d’argent d’une plaque au gélatino-bi omure développée. De quatre plaques rapides, de fabrication américaine, la Seed 27, Gild Edge est celle qui donna les meilleurs résultats. Ce fut la plus uniforme et la plus constante, et celle qui présenta le moins de « voile chimique », les grains d’argent les plus petits et leur distribution la (dus régulière dans l’émulsion.
- Tandis que les grains d'argent, dans les plaques ordinaires, présentaient généralement la forme sphérique, ceux des plaques isochromatiques de différentes marques montrèrent cette particularité d’être presque exclusivement de forme allongée (l’auteur les appelle « spi-cular ») à la surface de l’émulsion, puis de céder petit à petit leur place, à mesure que l’on pénètre dans l’épaisseur de la couche à dits grains arrondis que l'on rencontre semis lorsque l’on arrive au verre du support. Le renforcement augmente la grosseur des grains, c’est une expérience courante; mais la démonstration de l’auteur offre un intérêt spécial, car il pratiqua le renforcement à l'aide d'un pinceau, par le chlorure mercuriqueet l’ammoniaque, sans changer la plaque de place, ce qui lui permit de photographier les mêmes grains avant et après le renforcement. L’anteur montre aussi la différence entre le développement rapide et lent. Dans le premier cas, il considère que la grosseur des grains d’argent se rapproche le plus de celle des grains du sel d’argent qui leur a donné naissance, tandis que, par un développement prolongé, la grosseur augmente par suite de la formation de « groupes de grains » [groupe particules) ainsi que par un accroissement des particules. L’auteur rejette le développement, lent comme produisant le grain le plus fin.
- Lu postscriptum est consacré à la conclusion que MM. Lvm:n et SEYEWETZ (I) ont tirée de leurs récentes expériences,c’est-à-dire que ni la température, ni la concentration du bain, ni la durée du développement n’influent pratiquement sur la grosseur du grain. L’auteur fait remarquer que ces chimistes ont négligé la formation des « groupes de grains » parce qu’ils dissolvaient la pellicule après développement et examinaient une nouvelle pellicule formée avec ce produit.
- ( Vaturp de Londres, vol. 70 n" 1823, 0 octobre 1904.)
- (1) Recue ih‘n sciences pliotofji'iipliiiiws, nn4, juillet 1904.
- Le Directeur-Gérant : Chaules MExDEL.
- DIJON, IVPNIMERIE DANANTIERE
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- SUR L’INVERSION PHOTOGRAPHIQUE
- Définition. — Alin d’éviter toute ambiguïté de langage, je définis inversion pho-tographique l'obtention d'un phototype où les actions de la lumière se manifestent en sens inverse de l'ordinaire; où, par exemple, s’il s’agit d’un sel d’argent, des blancs correspondent aux lumières du modèle et des noirs aux ombres, donnant un positi/' au lieu d’un négatif.
- Il va de soi que ce positif, qu’il ait été obtenu à la chambre noire, par impression directe, ou au chassis-presse, par contact, est aussi retourné ou renversé, comme on dit usuellement, c’est-à-dire ne représente le modèle que dans une position symétriqute, tel qu’on le verrait dans une glace, et non tel qu’il se montre en réalité. Inconvénient reproché au procédé de Daguerre; avantage recherché, sous le nom de Contretype, pour les procédés industriels de reproduction, qui doivent une seconde fois retourner, avec ou sans inversion de teintes, l’image première, pour la remettre en place véritable.
- Fausses inversions. — Nous ne comprendrons point sous le nom d’inversion les procédés dans lesquels l'elfet de posilil' n’est pas produit par la surface sensible elle-même, mais seulement par son contraste avec un fond obscur, comme dans les essais de Nicéphore Nikpon (I) sur métal bitumé, première manière du Daguerréo-type, le procédé A. MARTIN (2), et les nombreux procédés modernes de la ferrolypie, «impie application de cet effet pliysique, devenu d'observation courante avec l’emploi des clichés sur verre, que ceux-ci, lorsiu'ils sont faibles, se montrent facilement positifs, sur fond noir, sous certaines incidences.
- On ne saurait davantage comprendre dans cette étude les procédés chimiques qui, faisant intervenir, a posteriori, un bain nouveau, comme la solution argentique ammoniacale de Sawan/ (3) ont pour but d'inverser le phototype une fois terminé. Mais nous verrons comment se rattache au cadre de nos observations, par l’intervention du suruoilaye, toute la série des procédés qui, dès les temps contemporains de Dac ERRE, ont été trop exelusivement rapportés à une intervention chimique où à toute autre circonstance accessoire, au cours des manipulations.
- Inversion de surpose. — L’inversion de l’action des rayons lumineux, par le seul effet de sa prolongation fut observée dès les premiers essais de la photographie. « Tout le. monde sait, dit DaarKnRE(l), qu’au delà d’un certain degré d’espositio n, les grands clairs deviennent bleus, » DnaPEk 5), à la même époque, annonçait que,
- (I) Nous rétablissons l’orthographe originelle, abandonnée par Niepee de Saint-Victor, reprise par l’héri I ier actuel du nom, le Dr Niépee , d’Allevari (V. Inn. dr ta Sor. dis L., Se. et 1 . des A. M., XV , 289: 1897).
- (2) c. /. Je se , XXXV, 29, XXXVI, 703 ; 185)2-11.
- () Idioloijntiihisehe Aeehieen, net 1S6f), Hidl. w-'. Phot.. XII. 20 : 1867.
- J) P. P. le. Se., XII, 361 ; 1813.
- VO Philosopkiead Muga-ine, (3) XXII, 1a: 182.
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- même sur plaque. Daguerrienne, l’action des rayons lumineux de h'ili s(t i L ( 1 ) les effets des rayons ultra-violets; et IIERSCNEL (2), tout en contredisant DRaPER, s'exprimait presqjue de mème façon.
- On savait d'ailleurs (ce qui parait avoir été un peu oublié depuis) qu'il s’agit là d'une propriété inhérente à la lumière elle-même et mm dépendante de telle ou telle substance sensible, qui joue seulement le rôle rie réactif et de visible enregistreur. Ili NT (3) avait vu le chromate de cuivre donner l’inversion comme les sels d’argent. « Le gaïac en couches épaisses, disait Brui (), sous l’action prolongée de la lumière, passe du jaune au vert et au bleu, puis revient au jaune r4. repasse au vert, par des alternatives dépendantes de la radiation qu’on fait agir. » MosIR (5), dès 1812, crut reconnaitre une périodicité analogue sur ses Ihiuchb/hlcr (images de bure; (6).
- Bientôt on appela solnrisa lion les effets de la surpose, mais en les caractérisant de la manière la plus imprécise possible, par certains accidents de développement, que nous verrons attribuables plutôt à une cause tout opposée, le défaut d’esposit ion. De la BLAANOHRE (7), en 1863, disait encore : « La sohinsalion est une action lumineuse qui se manifeste, surtout par les temps chauds. par des tons rouges et trans-parents sur les négatifs (8) ». Les physiciens modernes semblent de plus en plus spécialiser ce mot au sens d’insolation exagérée, ou à l’état spécial de la plaque sèche produit par la surexposition. Eoen y inclut même l'état final de la plaque révélée, c’est-à-dire lephénoméne entier de Vinrersion, dont nous regardons seulement la solarisation comme l'une des causes les plus fréquentes, mais non la seule.
- Inversion par survoilage. — D’ailleurs ce mot de sohirisalion, que nous évite-rons.de prononcer dans tous les cas où il pourrait prêter à amphibologie, ne paraît pas avoir été formulé, ni son rôle prépondérant soupçonné, dans les expériences remontant aux premiers temps de la photographie, où un positif direct s’obtenait, sur une surface préalablement ou intereurremment exposée à la lumière dilfuse, par l’action de certains bains, auxquels fut longtemps attribué tout le mérite, de l’opé-ration, jusqu’à ce que la possibilité de leur totale suppression vint confirmer le caractère secondaire de leur intervention, qu’aurait dû faire. deviner et la variété de leur nature. (4. celle du moment d'application,
- La première manière, qui fut presque simultanément indiquée par FYFE, en Angleterre (10), par LAssAmNI (I1 VERexox (12jet BaYanD (13), en France, puis renouvelée
- (1) " Les images photographiques par nue esposition trop prolonger », dit A. de Missas 1C. H., N V 11, (2 ; 1843). Nous verrous ultérieurement lesefTets néfastes de celle maniere
- (2) Phtl. May., (3) XXII.120: 1843.
- (3) Athenu-um. 20 août 18(3; ihhl. unir, de Centre. XIVII, 38%, 1813.
- (4) C. H. te. Sc., V III, 411; 18,39). Nous verrons ultérieurement, à propos des expériences de M.Janssen, ce qu’il faul penser de ces alternatives,
- (3) Pogy). Ann.d. Ph^ L.VIII, 107; 1843.
- (G; C. It., XV, 8.; [8(2.
- (7) Hêpeetoire encurlopédiiiiic <h' ht Phttt(>;ir<tphi>\ II, 33; 183.
- (8) Cf. lanowu, Phoi. S!h London, juin INS,R. — Pull. Soc. fr. de Phot. (I ). IV. 231 ; 1838.
- (9) Ihindbuch der Phohnimijthh-, III, 419 ; 1890).
- (10) Kdinburtjlt Sêtr PhdoK. Jnurn., p. 111; 18:19.
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- surpapier par R. Iluxr (I) et GRovr (2), appliquée au collodion par Poitevin (3), rééditée par Sabatier (+) et encore plus tardivement par Bayard et FERRIR(), etc., consistait à baigner d’iodure depotassium la couche sensible, préalablement ou posté-rieurement insolée (à proprement parler sohinsc'd) à la lumière diffuse, puis, après une exposition ordinairement un peu plus prolongée que la normale, à faire précéder d’une renitratation le développement final.
- Quoique MI/roN SANDERS (6) eut annoncé, dès 1873, ce qu’eurent bientôt l’occasion de vérifier, au moins une fois par accident (7), tous les opérateurs au gélatino-bromure, à savoir qu'il suffit, en tout et pour tout, de laisser arriver de la lumière, même faiblement actinique, comme le jaune, sur une plaque en cours de développement pour la voir très vile, et sans aucune intervention chimique, tourner au positif, ce fut toujours à des complications de bains que les fervents de l’action chi-mique continuèrent à demander l’inversion.
- Les uns, relativement simplificateurs, supprimant l'iodure de potassium, firent agir l’acide nitrique directement sur la plaque normalement exposée et développée, jusqu'à effacement, au moins apparent (8), de l’image, puis reparaître celle-ci, en positif, par un nouveau développement. G. Warton Simpson (9), puis Th. Sur-Tox (10; ne parlent pas d’une intervention delà lumière, et il se pourrait fort bien que leur procédé, qui revient, en somme, à affaiblir à l’extrême le phototype pour le redé-velopper ensuite vigoureusement (1.1), se rattachât, plutôt qu’à la surexposition, au nouveau mode d’inversion dont nous aurons à parler, par .sur-développement des surfaces sous-exposées.
- Mais Grand (de Briançon) (12), qui signale le même procédé, fait intervenir posi-livement le voilage intermédiaire. Le rôle principal de celui-ci, quoique contesté
- (2) /iri/isk Axs. for Adr. of Se. II. 37; 1 S 1 ; liull. Soc. fr. de Phol. (1), VI, il : 18GO.
- (4) ht. | J), VIII. 175 ; 1802.
- (3) Id. (1), XVIII, 121 ; 1S73.
- (6) hl. (1), XVIII, 1(13 ; 1873.
- (7) id. (2), XI, 233 ; 18SI. Fi.l.tnY IIeMaIs présente de très bons contretypes obtenus au
- Pourrait les multiplier à l’inlini. II.CK à la Soc. phot. de Vienne, le 12 mai 1880, Iùiege, Vogel, IAANEEKEN, c urne, Pm mm, à l’Association pourlavancementdela photographie, à Berlin, le Muin 1880, montrèrent de tels positifs [Pull. Soc. fr. de Phot., XXVI, 175 ; 1880).
- (8) MoNeKHOvEN (Pidt. soc. fr. de Phot. (1). XIII, 248; 1867) fait justement remarquer qu’à un ; examen soigneux. l’image reste toujours perceptible. ROSSEL {Prit. Jouru. of Phot., 1863) avait note (pie. la plaque développée chiniP/ue.ineiil laissait un positif en creux après enlèvement de 1 argent,
- (9) Put/. Sor. fr. de Phot. (Il, XVII, 317; 1871.
- (10) id. (I), XX, 1 lü; 1874.
- (G) Dès 1867 (Pull. Soe.fr. de Phot. (1) XIII. 246; 1867) les Phot. Sers avaient publié de ""reuses expériences de F’oren.., Canuv LEa, Hi ghes, Pmsrox, etc., sur l’apparente destruc-Uon de l’image latente, par lixage avant développement, et sa reconstitution par simple restitution Cun sel d’argent au développemeut consécutif. YouNI et. Habiiwicii, Bvrino et DAVANNI avaient * 1 eJa opéré de même. Mais ce dernier avait fait remarquer que le développement était définitive-mient emipéché si on le faisait précéder d’un lavage à l’acide nitrique.
- (12) Poff. Suc. fr. de Phot. (1). XX, 30; 1871.
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- par Eoen el PrzztmeLII (I), est bien certain dans les procédés ultérieurs où, à F’exemple de Son LEGI (2), mais en supprimant l’inutile superfétation de bains com-pliqués, T. Bats (3). V.Rors 11). le cap. Bixy 13), A.m.nT (G), J.-T. MEaD (7), ONEANETTIR (8), substituent à l’acide nitrique l’acide chromique ou le bichromate de potasse, dont BAINy(9)), sans le vouloir, démontre bien le rôle accessoire, en constatant qu'on peut le faire intervenir aussi bien après qu'avan l’insolation. Rossiaxon cependant (10) venait de donner du phénomène, sans invoquer les propriétés spéciales de la nélatine bich romatée, une explication vraiment spécieuse: « Le premier développement réduit le sel argentique en quantités propor-tionnellesà l'elfet de la lumière. Si, par conséquent, nous parvenons à dissoudre cet argent, il restera sur la plaque du bromure d argent intact, en épaisseurs précisé-ment inverses (H) de la proportion réduite, c'est-à-dire correspondantes aux ombres du sujet. Soumettons de nouveau la plaque à l’action du révélateur (12), le bromure résiduel noircira et donnera une image positive. »
- Mais d’autres observateurs, comme BORDET (13) attribuent tout à l'insolubilisation de la gélatine; et la fascination de la chimie est telle qu’on voit encore surajouter à linutile bichromate lui-méme toutes sortes de complications non moins superflues : ainsi font Cousi (H), E. lh m.inD 115), IL NAMas (16), C. DnoumAnD (17), enfin Russ 118), qui remplace le bichromate de potasse par le bichlorure de mercure, sans qu’aucun de ces manipulateurs ingénieux ne semble avoir obtenu des résultats meilleurs qjue les opérateurs (pli se contentaient du seul voilage physique. Et fina-lement aucun de tous ces procédés ne parait avoir atteint jamais le degré de certi-tudeet de régularité nécessaire pour obtenir la consécration des applications industrielles.
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- Théories chimiques. — Toutes ces pratiques étant nées de spéculations chi-miques, c’est à la chimie qu'on devait demander leur explication.
- Eos. BECOUEREI lui-même, tout eu cherchant à réagir ( I ) contre la croyance, étayée sur certaines expressions dont il s'était servi, à une diversité de propriétés photochi-miques des diverses radiations élémentaires, divisées en erci lalrices, cunliniKi-tricru et deslnndrices, ne soupçonna pas la commune aptitude physique, qui ressortait implicitement de ses expériences, pour toutes ces radiations, de produire l’ineersion, faussement qualifiée dexh'Udioil. et attribua à la variété supposée des réactions chimiques des substances mêlées pour former la couche sensible, la variété des elfets chimiques, quoique précisément, dans les cas qu’il discutait (2 ), hiZEAC et FOUCAtLr (3) et CLAODET (il n’eussent mis en jeu qjue la simple plaque iodée, sans aucun mélange pouvant préter à son interprétation.
- Dans les procédés à l’iodure de potassium on ne voyait que la propriété de ce sel de donner, au contact d'un sel d'argent, un composé clair aux places insolées ; mais comment comprendre alors que l’insolation générale ne rendit pas tout blanc? D'ailleurs Poitevin (5) avait montré très anciennement qu'on pouvait remplacer l'iodure de potassium par toutes sortes de corps très dilférents, entre autres le bichromate de potasse. Mais cela ne l'avait pas amené à se demander si leur rôle, à tous, n’était pas également accessoire. Sabatier ((i), qjuelques années plus tard, préféra réinventer les formules de Poitevin, plutôt que de s’arrêter à ce fait simple, par lui-même constaté, qu'il surfit sans autre, que le jour intervienne un instant au cours du développement, pour inverser presque immédiatement tous les résultats. RLTERFORD et SEELY (7), qui avaient également vu la chose, n’en avaient pas davantage saisi la cause et c'est à eux qu’on doit l'explication, longtemps répétée à leur suite, d’une cuticule superficielle d'argent formée par le premier développement et agissant comme écran inégalement opaque dans la seconde impression qui. au travers, vient impressionner les couches profondes, encore inatteintes! Explication dont toute l’ingéniosité doit le céder à ce fait expérimental que le résultat demeure absolument le même si l'on fait agir le coup de lumière supplémentaire {ndhlf/e) soit avant le développement, soit même axant l’exposition normale, c’est-à-dire avant toute modification quelconque de la conclu' encore sèche.
- Du a bien essayé, plus récemment, d'adapter cet te explication au gélatino-bromure, en transférant à la gélatine elle-même cette sécession de propriétés des parties profondes à sensibilité résiduelle et d'une pellicule superficielle plus ou moins résistante ; niais l’objection demeure la même (8), et, d'ailleurs, alors même que Lürro-Cna-Mer (9) n’aurait pas démontré espérimentalement que la gélatine elle-méme ne subit, par la solarisation, aucune modification de propriétés physiques, il est clair que toutes les théories qui s’appuient sur la présence d'un substratm organique, comme
- (I) c. fl. te. Se., XXV. 514 : I SH.
- (2) fd., XXIII, son ; 1846.
- (3) ld., XXIII.679; 184t.
- (4) ld„\\X. 36.1847.
- (5) lluil. Soe.fr. de Phot. ( I), V, 30! ; 18:9).
- (fi) fd. (I) VIII. 175 ; 1812.
- (7) Amer. .hmm. ufPhol.. 11.252: 1SI0,
- (H) Menevron, Arrh. /. iiss. II, 33 ; 1902.
- (9) Wi^eimehal'tliehe Arbeilen auf dem (hddete der fhofixjraphie. in-S', I lalle-i -S.. 1902; ch. IV.
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- celles, renouvelées de BE.rTID-LErEvnr(l),ue défendent encore, entre autres, COLSON, en France (2) et, à la suite de J.-M. EDER (3), Luther (4), en Allemagne, tombent devant ce seul fait que les premières observations furent faites sur plaque daguerréotype, sur simple, métal iodé, avant l’emploi du bitume (5).
- ExenIseu et AnEoe (G), en discutant l'interprétation à donner à l'expérience de la reconstitution positive de l'image après destruction par l’acide nitrique, mon-tient bien à quelles logomachies on aboutit, quand on fait passer les à-coté com pliqués deschoses avant les causes primordiales simples. Enfin, c’est à celles-ci que s'attaque Lürro-CRAMER (7) en faisant l’analyse du bromure d’argent insolé soit à l’état naturel, soit en émulsion gélatineuse, et constatant, ce qui était à prévoir, une grande diminution, par rapport aux poses normales, de la proportion d’argent réduit par solarisation. Preuve nouvelle de l'importance de la modification physique imprimée aux sels d'argent par la seule variation de durée de l'action de la lumière.
- Théories physiques. — En fait de spéciosité, il faut citer certaine conception de De la Biaxenknn (8), qu’aurait certainement encouragée l’aspect pailleté des grains d’argent réduit de la lig. If du t. 11 du lift ttflbut'h der Phohitirdplue d’Eder (1881), mais que semblent démentir les récentes observations micrographiques de A. et L. Lominn El Seyevetz (9), hypothèse d’après laquelle l’inversion du négatif au positif serait due à un retournement réel, un pivotement matériel de90" (( lomment et pourquoi? c'est ce qqui n’est pas expliqué) des paillettes d’argent miroitantes, montrant dorénavant leurs tranches au lieu de leurs faces spéculaires.
- G. SLNac (10} pour interpréter la sorte de réaction, croissante avec le. temps, de la couche sensible contre l’action des rayons, l'attribue à la variabilité de l’appel par diflusion exercé par chaque élément insolé sur les voisins. Çuoique Golson (II) et nous-méme (12) avons démontré expérimentalement la réalité et l’importance de ces phénomènes de diffusion, dans les révélateurs liquides, et qu'il ne soit point invraisemblable de leur attribuer les cas d’inversion tels que ceux que nous allons avoir à
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- exposer, où la prépondérance de l'action du bain sur celle de la seule impression lumineuse se manifeste par une véritable compensation de la faiblesse de l'une par la durée de l’autre, on ne saurait vraiment y voir la cause des inversions (pii se pro-duisent à sec dans le daguerréotype, les images de MOsER, l'insolation du soufre, la phosphorescence, etc.
- Quant aux' auteurs qui, par une insuffisante interprétation des expériences de E. BECOrKREL sur la phosphoreseenee, et malgré les constantes protestations de cet auteur lui-meme en faveur de l’unité d'action de toutes les radiations spectrales, s’obstinent à attribuer aux rayons les moins réfrangibles seuls une propriété spéci-fique inversante ou « destructrice » et vont jusqu'à mettre au compte particulier de ces rayons les cas de renversement ou d' « effacement » observés à la lumière blanche (1), on se demande comment ils n’out pas été arrêtés, non seulement par la contradiction que leur opposaient souvent leurs propres expériences, d’actions évidemment coillinualriees desdits rayons, et celles d’autres observateurs, qui trou- • vaient les mêmes pouvoirs tantôt con Ihiiialeurs, tantôt (lesli'HCleurs, successivement à toutes les régions du spectre, mais surtout par cette observation topique que ce fut toujours avec la collaboration de ces radiations rouges, partie intégrante de la lumière blanche, que furent faites les poses continues les mieux réussies, puis à l’abri tutélaire de la seule lumière la plus réfrangible (pie se pratiquèrent soit les prépara-lions de plaques les plus sensibles, soit les développements les plus délicats, y compris le fameux « développement en plein jour », récemment lancé au point de vue industriel, et qu’il ne faudrait pourtant pas trop risquer en jour plein (2) pour voir, à travers le tamisage des écrans liquides, le cliché se retourner tout comme faisaient les anciens daguerréotypes sous verres rouges ou jaunes.
- Dernièrement DAVANNI (3) donnait un intéressant essai de théorie physique, mais purement abstrait, et (pii ne clora pas encore, sans doute, le champ des hypothèses. L’expérimentation devra de plus en plus servir de base, et il importe de rapporter ce qui a été fait jusqu’ici dans cette voie.
- IL BousiUrs ti) qui avait appliqué au papier argenté, puis iodé, la révélation aux vapeurs de mercure, avait bien remarqué qu’il dépendait du temps de pose qu’on obtînt un positif ou un négatif; mais il ne soupçonna même pas l'intervention très probable d’un voilage intermédiaire et demeura sur l’imprécision de ses premiers essais.
- CLAUDer (5) appliquant à sa plaque daguerréotype une méthode d'impression à laquelle devraient bien revenir les observateurs modernes qui s’imaginent pouvoir tirer quoi (pie ce soit d’exact de elichés quelcongjues ou de plus ou moins vagues paysages, exposait sa plaque par zones successives correspondant à des poses graduées, de façon à obtenir une série de bandes reproduisant deux fois l’échelle
- (I) 1 Lorsqu’une plaque sensible subit trop longtemps l'action de la lumière, le composé argentique perd la propriété de fiver les vapenrs de mercure ou de noircir dans les agents révélateurs; on attribue ce phénomène à l’action des rayons rouges qui détruisent l’effet des rayons
- (2) Cm Wasnnwi (AhI/idhi/'s phtd. Hull., cité dans Le .\afin-alinle (2). XV, 103 ; 1893' remarque, après bien d'autres.te brusque retournement d’un clichéqu’on laisse,?! travers le, bain de développement plus ou moins rougi, impressionner par la lumière difluse.
- (3) Essai de théorie sur le renversement des images photographiques par la surevposition à la lumière. Mull. Soc. /r. de Phol, 2), XIX, 321 ; 1902.
- (5) id.. XXV, $0; 1817.
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- colorée des anneaux de Newton. Puis, recouvrant une moitié pour la laisser en état, il faisait agir sur l’autre l’exposition nouvelle. Malheureusement, comme c’était sous des verres colorés qu'il faisait cette seconde impression, ce fut à la couleur meme qu'il rapporta, suivant la mode déjà souveraine, les résultats forcément contradictoires, « tantôt continuateurs, tantôt destructeurs » (1), que lui donnèrent des épreuves dans lesquelles il ne limait pas compte numériquement de la donnée principale, le temps de pose.
- Mais il faut noter de lui une autre expérience (2) intéressante, où, ayant exposé longuement sous verre jaune un daguerréotype préalablemenf impressionné, il obtint une image immédiatement visible avant toute action du mercure, grâce, dit-il, à une « cristallisation .spéciale » de l’iodure d’argent, qui lui donnait, aux places insolées, la même blancheur habituellement demandée aux vapeurs mercurielles. ypst-ce pas là un exemple intéressant — et à reprendre — des modifications physiques produites par une action prolongée de la lumière?
- Les astronomes, s’en prenant au soleil, durent être les premiers à étudier les accidents de la solarisation. Aussi lut ce JANSsEN, en France (3), puis Ahnev, en Angleterre (4), qui pu blieren t à ce sujet les premiers mémoires détaillés. A. et L. LMRE Ci) en reprirent les expériences d’une manière plus étendue, et en schématisèrent les résultats dans une courbe qui, d’abord montanteen ligne droite, bientôt concave vers l’axe (G), puis descendante à partir d'un certain maximum jusqu’à un certain minimum, et dès lors paralléle à une petite distance de l’axe, aurait pu représenter plus complétement que celle d’Abney la loi du noircissement du gélatino-bromure en fonction du temps d’impressionnemenf, si les auteurs n’avaient totalement négligé, dlans leur dessin, de tenir compte de l’unique donnée numérale fournie par leur travail, et n’avaient placé, par exemple, à peu près au milieu de l’arc convexe le maximum, alors qjue, d après leur propre indication, il devrait être G.000 fois plus éloigné du minimum qjue de l’origine.
- D’ailleurs, au voisinage de celle-ci, des expériences de IL Borassn (7) ont démontré que la loi de proportionnalité du noircissement aux temps de pose*, telle que l’avaient préalablement énoncée A. et L. I*rinE(8), n’était plus rigoureuse, pour les petites valeurs du temps d’impression, duquel devait se déduire une petite valeur de temps mort, nécessaire pour vaincre préliminairement l’inertie de la substance sensible.
- (2) « Le rouge, finit il par conelure, détruit l’action photographique du janne; le jaune détruit celle du rouge : et tous les deus détruisent l'action photographique de la lumière du jour. » (c. H. Je. Sc., XNXV, 1817). El il ne demande pas commeni, en celle bataille des radiations, le blane arrivait à remporter de si brillantes victoires.
- (3) Sur les elTets de renversement des images photographiques parla prolongation de l’action lumineuse, C. /.te Ne., XC, 11 17 ; 21 juin 1880. -Sur les transformations successives de l'image photographique parla prolongation de l’action I n m ineuse. /d., XCI, 199; 20 juillet 1880.
- (4) On the reversai of the developed phiotographic image. Phil. 1ng. (3). X, 201); sept. 1880.
- (3) HuH. Soe. /r. de Photogr. (2), IV, 209: août I%RS,
- (6) Cela ressortait déjà des recherches anciennes de FizEat et FordsnI {C. H. .1c. Ne., XVIII. 748; 1844 qui avaient établi que la proportionnalité du noircissement à la durée d’exposition cessait d'exister pour des valeurs croissantes de celle-ci.
- ("i Etude des actions photographiques, Fae. dex Sc. de Toulouse. Mil, P. 10: 1833. liulf. Soc. /r. de Pholorjr. (2). XL 300, 1 N‘*3.
- (8) iiull. Soc. fr. de Phof. (2), III. 32 ; , fvrier 1887.
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- surdéoeloppenieid, de six clichés identiques.
- E 2Q0 . 858 <gsis
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- A.MIETHE (1; avait déjà fait la même constatai ion. STOL./E (2 ), MICALKE (3) avaient étudié aussi les rapports de l'opacité du cliché avec les valeurs du temps et de l’intensité de l’excitation lumineuse. IIURTER et DRIFIELD (4) ont fait de la question une étude très détaillée. Mais, à l’exception de Bonasse, aucun de ces auteurs, pas mème ceux qui s’attachaient à étudier l’influence du bain, comme les derniers cités et comme TRER Evans (5) ne parait s'être suffisamment méfié de l’influence de la durée du bain.
- Sur les papiers à noircissement direct ce n'est que par transparence et non par réflexion que l’on peut obtenir des données sures. Bi NSEN et ROscor (G) et AnEr(7) ont fait à ce sujet de nombreuses mesures. Mais la plupart de ces auteurs se sont occupés plutôt de la partie ascendante de la courbe que de sa chute, correspondant à l’inversion.
- A ce point de vue spécial, 11. REEB, dans le but pratique de régulariser l’obtention des contretypes par surexposition (8), s’est livré à une longue série d’essais intéressants, mais rendus illusoires dans leur utilité finale par le fait qu'au lieu d'être basés sur l’emploi d’un étalon lumineux bien déterminé et facile à reproduire (9) fauteur s’en est rapporté, suivant ferrement commun, à cette chose vague et indéfinie (pie désigne le terme de « lumière diffuse ».
- Par contre, il a été bien près de reconnaître l’importance d’un facteur dont aucun des précédents expérimentateurs n’avait tenu compte, le bain. « Bien ne prouve, dit-il, que le révélateur ne joue pas un rôle important dans la question. » Il s’agit, bien entendu, du révélateur ordinaire, instrument courant de l’expérimentation, et non des bains extraordinaires aux vertus chimiques desquels nous avons vu (pie, par un excès contraire, on avait souvent attribué tout le mérite de l'inversion.
- chimique. DE LA BLANeRE (10), voyant demeurer stationnaire, après quelques secondes de bain pyrogallique, une plaque au collodion, déposé insuffisante, ajouta au bain une seule goutte de nitrate d’argent (H). « Immédiatement, comme un voile (pii se déploie, je vis l’image virer au positif. En un clin d’œil, le précipité (pii se
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- faisait sur les clairs sembla enlevé et porté sur les ombres : les premiers deviennent transparents, les secondes opaques, et cela d’un coup, sans hésitation, comme obéissant une afinité électrique ’I)... », puisl’image se laisse développer et continue comme un négatif ordinaire. La même chose se reproduisit avec un bain de protosulfate de fer. « JACssov, ajoute l’auteur, obtient le renversement en projetant une quantité, si minime qu’elle soit, d’hyposulfite dans le bain révélateur, » Corsox 12), qui ne donne pas davantage de références, attribue la même observation à Carev Lia et EDER. WATERROUSE (3) arrivait au même résultat par des traces île sulfo-carbamides.
- Il serait intéressant de savoir si l’inversion, alors, ne s’obtient pas par l’intermé-diaire du voile diehroïi/iie dont l’une des causes principales de production a été récemment attribuée par A. et L. Li mine (1) à la présence d‘hyposulfite dans le révélateur, sans que, d’ailleurs, ces observateurs paraissent l’avoir vu aboutir à l’inversion.
- inversion par sur-développement. — Sans doute y a I-il quelque lien, non seulement énergétique, mais encore de mécanisme chimique, entre les modes d'in-version que nous venons de citer et qui reviennent, en somme, à une adjonction d’activité chimique au développateur, et celui, tout nouveau et plutôt inattendu, qu'il nous a été donné de signaler (5) comme résultant du sur-développement lent, de l'image sous-posée, cest-à-dire uniquement de. la prolongation d’action et nullement du forgage d'intensité du bain dilué. En effet, si le voile dichroïque ne s’est pas montré constamment dans nos expériences, il y a paru souvent, et toutes les observations tendent à démontrer que, s'il n‘y a pas dépendance absolue entre les deux phénomènes, il y a presqjue certainement connexité (G).
- Influence de la sous-exposition. — L’un et l’autre, en elfet, commencent par les parties les moins exposées d'un cliché normal. Et ce n’est pas un mince étonne-ment, quand on soumet au bain lent une plaque, exposée par fractions, soit à la chambre noire, devant, par exemple, une affiche d’intérieur {pl. I), soit au chassis positif, sous une cache à transparences graduées et convenablement choisies, puis découverte par échelons, à la lumière artificielle, puis enfin découpée elle-même en
- (1) Cette idée d’une intervention de F’éleet ricité, que suggère reellement le mécanisme de la transposition des noirs et blancs photographiques, analogue aux échanges de depolarisation tir. certains dépôts galvaniques. est à rapprocher des théories émises par M.wus (C. //. dr, Se., IX. 513 ; 1839) ; par Ti sna.ix (Esnai de théorie sur hi formai ion des imftyes photoyrophiques rapportée « une couse èleetriyne. Ru. Gand . H. Hloste, 1800). qui émet des aperçus très ingénieux sur le rôle des polarisations moléculaires, ‘ ni attireraient sélect i veinent les particules en suspension dans le révélateur. de la même façon que sont attirées les vapeurs dans les expériences de. Muser et de Daguerre ; Trnny (J mer. Joum. of Phol. lhtU. Sue. fr. de Phot. (\), ; 187) sur « le développement considéré comme le résultat d’une action galvanique ».
- (2) 1.0 Plmiue idudmjraidii<iite, p. 29.
- (3) Photmjrophieol Veus, XXIV, 727 ; 189).).
- (4) Bull, soc.fr. de Phot. (21, XX, 31 ; I" janvier 1901.
- (3)) .Grknsno, Incerston de Idmaye suus-/ww por SMvderelopjmUienl hm!, Bull. Soc. Plud. (21, XIX, Gtti, 4 décembre llKKk
- (0) A. Cems, Sur une particularité de finrecsion de fimaye sousposée par suraléreloppcmeu! lent. Ibid. (2),XN, 189-190 : 3 février 1901.
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- bandes perpendiculaires à celles d’exposition et mises en développement toutes ensemble, que de constater que si l’on laisse au bain quelques-unes de ces bandes après qu'on en aura retiré une à point, ce sera dans les parties les plus transparentes que la suivante commencera à montrer une tendance à s’inverser, tandis que les autres parties, s’il n'y a pas eu surpose, continuent à monter, et, s’il y a eu surpose, se montrent inversées entre elles, il est vrai, mais point encore tombées en dessous des premières. Laisse-t-on la troisième bande encore plus longtemps? et l’on verra nettement, en contre-partie de la montée des blancs au noir, se dessiner, à l’autre bout du cliché, la chute des noirs au gris. Prolonge-t-on enfin suffisamment le bain ? et le chassécroisé se complétera, c'est un positif que l’on retirera. Mauvais positif, souvent engrisaillé, voilé, et habituellement sans franches transparences, ni sures opacités (1) ; mais positif complet, où la gamme des tonalités, pour être resserrée par ses extrémités et diminuée dans ses intervalles, n‘a fait que changer de sens sans perdre aucune de ses valeurs.
- Exemple. — Rien n’est plus frappant, quand on a pris pour modèle, ainsi que dans mes premiers essais, une affiche imprimée en noir sur blanc, c’est-à-dire ne mettant en présence que deux valeurs bien contrastées. Comme les différences de valeurs sur le cliché ne peuvent alors résulter que des différences de temps de pose, c’est le procédé indiqué pour fournir à l’étude expérimentale des données numériques. Mais, au point de vue synoptique, il était préférable de prendre un sujet renfermant en lui-même une grande gamme de tonalités. Précisément je venais d’avoir à photo-graphier un certain nombre de médailles d’argent (2) où les reflets métalliques fournissaient, à coté des ombres portées, de grandes lumières et par conséquent, une très grande échelle de valeurs. Afin de faciliter les choses (3), il fut fait d’abord, d’une partie du cliché (4), comprenant quatre médailles, un dispositif pelliculaire : celui-ci servit à obtenir, au châssis presse, à la lumière artificielle, autant de nouveaux négatifs qu’il fut nécessaire, correspondant à des poses soit égales, soit variées. Les six compartiments de la figure 2 (5), reproduisant des épreuves tirées sur des négatifs déposés sensiblement égales, mais inégalement développés (6), montrent, si on les examine dans le sens de la lecture d’un livre, les effets gradués du surdéveloppement depuis le cliché normal, simplement dur, du premier compartiment de gauche, jusqu’à l'inversion totale de l’angle droit inférieur, en débutant par l’éclaircissement des ombres les plus intenses, passant par des efTets locaux de grisaillement, et montrant surtout la résistance des grandes lumières, lentement inverties, jusqu’à complet éclaircissement du point le plus noir du cliché, qui correspond au retournement définitif.
- beaucoup d'ohservateues crurent avoir trouvé la solution du l re-1 i/pe nécessaire pour les opé-
- rations de la photocollographie.
- (2) Deniers romains d'un trésor de 101 piécesdécouvert aux environs de. Nice en 1901 . Kerue de iiumixmafique. (4) VI, 130 ; 11102. Ahh. Soc. L. Se. et .1. des.1. M., XIX ; 1904.
- (11) Expériences faites au Laboratoire de Physique médicale de la Faculté de médecine de Paris.
- (4) Quatre deniers d’Octave. Auguste et d’Antoine.
- (6) Il ne faut pas tenir compte de l'inégalité de valeur absolue des six épreuves ci seulement des phases successives du renversement des noirs au blane et vice rersd.
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- Influence de la surface sensible.— De nombreuses expériences ayant été faites avec des plaques de marques très diverses, puis, pour éviter les effets de huit) des longues poses (1), sur pellicules et papiers, lents ou rapides (2), il a paru que le phénomène devait être très vraisemblablement général, quoique peut-être un peu plus facile à produire avec les émulsions lentes : nouveau point commun avec le voile dichroique.
- Mais c’est sur pellicules instantanées que s’observe le plus nettement l’inversion de sous-exposition en l’absence de tout voile coloré. Dans une longue série d’expériences où j’utilisais un petit kodak panoramique n" 1 posé* verticalement pour faire défiler, derrière l'objeetifarrété horizontalement, des portions successives d’une mène* bande sensible posant des temps divers en face d’une affiche éclairée en raison inverse du carré des distances, par des bougies, ce fut toujours à l’extrême limite desdisques d’éclairement que parut l’inversion de surdéveloppement, alors même (pie se manifestait déjà, sur les parties les plus lumineuses des flammes comprises dans le champ, l’inversion de surpose qu'en vain je tentai d'inverser son tour, c’est-à-dire de ramener au négatif par surdéveloppement: premier indice qu’entre l’un et l’autre mode d’inversion n’existait ni l'antagonisme qu’on aurait pu croire, ni même l'indépendance que semblait indiquer leur origine, mais au contraire une conmunauté de loi, que nous verrons à établir tout à l’heure
- Sur le papier au gélat ino-bromure, ou sur les variétés nouvelles dans le nom desquelles figure plus ou moins véridiquement le mot Platine, il est rare qu’un voile jaune, puis brun n’envahisse pas l’épreuve dès les débuts, en commençant par les blancs. Mais ce n’est sûrement pas lui qui est le facteur (ou tout au moins le seul facteur) de l’inversion, car celle-ci se peut constater par transparence, bien avant d’être manifeste par réflexion, ou même alors qu'elle ne se manifestera jamais de cette façon-là.
- L'expérience suivante a été particulièrement curieuse. U’ne feuille 18 X 24 de vieux papier LAsY au gélatino-bromure avait été exposée 1 à ! m. d’une bougie de la forme courte, dite de 8 à la livre, sous une cache mixte formée de bandelettes noires obliques de papier aiguille et de handes blanches longitudinales en trois épaisseurs de papier écolier, avec fenêtre losangique dans la moyenne. Divisée en six morceaux i X18, ceux-ci furent laissés au bain dilué d’amidol pendant des durées respectives de 12, 23, 36, 48 heures pour les premiers, qui, tout en montrant la progression du jaune au brun, ne présentèrent encore aucune apparence d’inversion, même par transparence. Dr, les deux dernières bandes laissées au bain pendant une absence, et retirées après une durée totale d’immersion de six journées et demie (3) se montrèrent sous forme de positifs caractérisés, sans blancs, il est vrai, ni noirs purs,
- (1) A. Grkmt, "‘urtole photo y ni p li i 1 ne, Moniteur de hi Pholnfjrapliie. XXIX, Do; 1854.
- (2) Pour faire bénéficier les pellicules cl papiers des multiples avantages du développement lent (souvent le plus rapide, quand on a à opérer par quantités, et réalisant, avec un couvercle sur la cuvette verticale, le principal sinon le seul avantage du trop prôné tlèrclojipetnenl en plein jour), il suflit d’attacher avec d'étroits bracelets de caoutehioue, sur des glaces à la dimension de la cuvette, les pellicules convenahlement découpées et préalablement mouillées,
- (3) Desespériences tout aussi longues et même beaucoup plus, dépassant une semaine, furent faites sur plaques. Mais il faut dire qu’on était eu hiver et que jamais la température du labo raLoire ne dépassa 8". Aucun décollement ne se manifesta jamais sur plaques Jongla ou Griesha-ber, Les Lumière se montrèrent infiniment moins résistantes.
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- mais en franche grisaille normale, nullement métallisée et tolalement débarrassée de voile coloré.
- (le dernier détail, s’il se reproduisait couramment, mériterait à lui seul une étude spéciale. Et peut-être en sortirait-il une vérification de celte impression qu'eurent déjà d’autres observateurs, et que faisait pressentir l'emploi, par moi-même, du mot de chassé-croisé des noirs aux blancs, impliquant «pie ce serait (comme dans certains phénomènes de depolarisation observables sur les dépôts électro-chimiques dits uuneau.r. de Xobili) par une sorte d'échange métallique, de transport (peut-être dia-lytique, suivant les vues de M. SAcNAc), des filages de réduction vers les autres, que se ferait h* noircissement des blancs au détriment des noirs.
- (A suivre.)
- Adrien GUEIARD.
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- SUR QUELQUES APPAREILS NOUVEAUX
- DESTINES AIX ET! DES SENSITOMÉTRIOUES
- ET REsUME IISTORIQLE DES MÉTHODES EMPLOYÉES ANTERIEURENENT
- Par C. L. K. MEES et S. E SHEPPARD
- (Suite)
- Influence de la pression atmosphérique et de la composition de l'air
- carbonique de l’atmosphére environnant lebrileur (Eoun’s, J(ihrbucli /. Idiot., 1901. p. #82); ce fait fut confirmé par UENGNIIAL qui étendit la même remarque à la lampe au pentane, et signala aussi l’influence de la pression barométrique (Ztdl-selirift fur Instninietdeukutide, 13, p. 157); suivant cet auteur, les variations attein-liraient. S dans la lampe d’llefne el 20 ° dans la lampe au pentane; la formule
- suivante résume le résultat de ses mesures en ce qui concerne la lampe à l’acétate d’amyle.
- .Notons cependant que WIDIRNANN, qui utilisait une pile thermoélectrique de Rubens très sensible pour les mesures d’intensité1 de cette même lumière, la trouva constante à 1 % près, même sur de longues périodes et ne signale la nécessité de tenir compte des influences extérieures que lorsqu'une pression supérieure est exigée. On doit d’ailleurs remarquer que, dans le ras de brûleurs « enveloppés » comme l’étaient les nôtres, un équilibre s'établit presque aussitôt l'allumage dans l’air envi-ronnaul qui se sature très rapidement de gaz carbonique et d’eau vaporisée., l'intensité lumineuse restant dès lors constante ; enfin les variations de la pression atmosphérique n’ont qu’un effet négligeable dans le cas de flammes diaphragmées,
- Tem pendlire du brûleur. Une des principales causes d’erreur dans l’emploi d’une flamme d'acétylène est la formation dans le brûleur, sous l'influence de l'échaullement , de produits de polymérisation ; avee les petits brûleurs, il est essentiel de ne, jamais chercher à réduire la flamme par le robinet, mais de lui laisser prendre sa pleine intensité; pour les brüleurs à gros débit, on doit de plus refroidir le brleur par un courant d’eau.
- L'uppurcil d'(’,rp(isil(ou. — Les instruments permettant de faire agir sur diverses régions d'une plaque des quantités de lumière suivant une certaine progression peuvent être divisés en deux catégories, suivant qu’ils agissent sur l’un des deux fac-leurs, intensité ou temps, du produit I //considéré, laissant constant l’autre facteur. Dans les appareils donnant en un même temps des quantités de lumière différentes par
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- interposition d’opacités graduées, le plus connu est le, sensitomètre de WARNERGKE, consistant en un châssis presse dont la glace est recouverte de couches de gélatine pigmentée, et dont chaque case porte un chiffre opaque ; chaque case transmet seulement les 23 de la quantité de lumière transmise par la case précédente; un autre dispositif bien connu est celui de SpeneE ( Pltoloffruphit' Journal, 1881, p. 44; 1883, p. 139; 1887, p. 64; Prilish Jour. of Phol., 1881, p. 96 et 108) dans lequel la lumière est admise, par des ouverture,s croissantes dont les surfaces sont en progression géo-Inétrique de raison •/ ? ; un dispositif analogue fut employé par VOGEL {Phol. Millcil., 189.")) qui utilisa aussi des échelles d’opacité constituées par des épaisseurs croissantes de papier ; ce dernier dispositif ne. convient qu'à des mesures très appro-ximatives, car le papier est généralement altéré par la lumière et possède une absorption variable pour les diverses régions du spectre. Un autre dispositif employé par le D)r Li vin, le photomètre de Bonn (Zeits. für Phpxil;. CJieniie, 1899, 30, p. 028) comporte une série de tubes dont une extrémité est appliquée sur la plaque en essais et dont l'autre est fermée par une paroi mince, percée d’un nombre variable d'ouvertures identiques, cet ensemble étant exposé à la lumière diffuse ; le D'II.W. VoGkL utilisa de son côté un appareil analogue ( VogePs Haudbuell, t. 2, p. 51-3). Enfin on peut aisément produire une échelle d'opacités en donnant une série de luminations connues à une plaque déterminée, développant à point convenable et mesurant en-suite au photomètre la transparence des diverses régions ; si l'on a employé un révé-lateur donnant un dépôt non coloré et ne colorant pas la gélatine, on peut aisément déduire de ces mesures les quantités de lumière transmises.
- La principale objection à l’emploi des échelles d’opacités est l’inexactitude de, la loi de BrNsEx et Roscor suivant laquelle la lumination effective serait égale au pro-duit 1 X I, quelles (pie fussent les valeurs respectives des deux facteurs (Poggendorf Annalcn. 96, p. 9 et 373; 100, p. 13 et 481 ; 101, p. 233; 108, p. 193). Ahnlv (Proc, oflhe Ptoijdl Soc.. 1893, et Senwanzenn.d, Eder's Jahrbuch, 1899, p. 157 et plusieurs autres expérimentateurs ont signalé que cette loi n’était qu'approximative, aussi n’est-il pas indifférent, au point de vue des résultats, de faire varier l’intensité ou d(* faire varier le temps.
- Si l’on maintient constant!1 l’intensité de la lumière et (pie l’on agisse sur le facteur temps, on peut procéder par lumination continue ou intermittente ; si, comme nous h' verrons par la suite, la lumination continue est à préférer, en principe, les luminations intermittentes sont beaucoup plus faciles à réaliser avec précision. Pour la première, de ces dispositions, Cowax avait jadis proposé l'emploi d’un obturateur à guillotine masquant progressivement diverses régions d’une ouverture déterminée (Photographie Journal, 1887, p. 194 et 210). mais il introduit là une cause d'erreu difficile à compenser, due à l’accélération de la pesanteur ; la meilleure forme est celle proposée en 1900 par le général Sebeut au Congrès înlerHalional de photographie (session de Paris); dans cet appareil, la plaque, mue à vitesse constante par un mouvement dl'horlogerie, passe sous un certain nombre d’ouvertures de longueurs différentes.
- Pour les luminations intermittentes on emploie invariablement un disque tournant dans lequel ont été découpés des secteurs dl'ouvertures angulaires croissantes, tel (pic h' proposèrent CLAt DEr dès 1849 ('t W.-B. Boltox {Pliolopraphie Journal, 1889, p. 899 et 810) ; cette forme fut ensuite adoptée par IIDRTEn et DnIEFFIEID, au cours de leurs recherches déjà citées et, plus récemment, par SCnEINER, dans son sensito-
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- mètre. Dans le disque (I’Hirter et Driefi TEI D étaient pratiqués neuf secteurs dont l’ouverture angulaire allait en doublant, tandis que dans le sensitomètre de Scheiner, la raison de la progression est seulement 1,27, ce qui est commode pour la détermination des plus faibles luminations enregistrées, mais ne permet pas de donner une aussi grande. étendue de luminations à une même plaque.
- Les objections (pie l’on peut faire à la mél hode du disqjue tournant sont en nombre considérable ; en premier lieu la mesure précise des angles est très difficile surtout pour les petites ouvertures; en partieuhier les modes opératoires de Drieffield et Hurler ne peuvent rien donner de précis et il y a lieu, de toute façon, de calibrer les ouvertures après coup. Comme il ne nous semble pas (pu; l’on ait encore appelé Fattention sur cette cause d’erreur, nous croyons intéressant de donner quelques détails sur le, mode de calibrage de notre premier disque à secteurs.
- Le premier disque fut réalisé en divisant sa circonférence au moyen d’un micromètre et par la méthode des sinus, évidant ensuite avec soin suivant les angles tracés : les ouvertures furent ensuite vérifiées par mesures photométriques des différences consécutives, le disque étant actionné par un petit moteur électrique. Cette façon de procéder admet implicitement la loi de Talbot, suivant laquelle un éclairmmmt intermittent produirait le même. efTet sur l'mil qjue la même somme de lumière, reçue sans discontinuité, pendant le même temps total : h' tableau ci-dessous résume, ces vérifications, Indivision du degré étant faite en fractions décimales:
- !
- 1 g
- lomerture en fractiun
- 1 s
- 229528
- ssHO
- il6
- 20003
- 00877
- : a $ §§§8
- (.es trois dernières lignes montrent l’importance des erreurs que l’on peut com-mettre dans l'évaluation des faibles ouvertures angulaires. Notre second disque fut construit par MM. Ili.a avec tons les soins désirables, et les erreurs y furent trou-vées très inférieures à celles ci-dessus ; ce disque est représenté par la fig. 7. Une autre cause d’erreur résidedans le fait qjue l'efTetphotographiquedunelumination inter-mittente varieavee la durée elfeetive de chaque lumination élémentaire ; ou expéri-mente comme suit, entre certaines limites, l'effet de cette variation: quatre plaques furent exposées sous le disqjue tournant pendant la méme durée totale, mais à des vitesses de rotation échelonnées entre 37 et 330 révolutions par minute, puis déve-loppées simultanément et lixées; on ne put constater aucune différence (mire les densités correspondantes de chaque négatif il semble donc qu'entre ces limites les phiénomenes mesurés soient indépendants de la vitesse de rotation ; en fait, pour toutes les expériences ultérioures, on opéra à la vitesse constante de 220 tours par minute. Dans les travaux analogues entrepris précédemment, on a généralement exposé lechssis négatif, contenant la plaque en essais, derrière le disqjue à secteurs, dans le laboratoire obscur de photométrie, mais inévitahlement cette façon de pro-
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- ceder introduit des risques «l'insuccès ou d’erreurs dus notamment aux réllexions de la tumiere uans i intérieur du laboratoire; d'autre part, on est astreint à l’installa-11...•un laborstoire obscur ; nous avons en conséquence monté notre disque à sec-
- le châssis négatif; un engrenageà changement de vitesse permet d’actionner le disque
- deux, respeetivement pour plaques 25 X 105 et 36 X 105, ce dernier, muni de deux volets distincts, de façon à pouvoir enregistrer côte à côte, indépendamment l’une
- (oum:
- de l’autre, deux séries de luminations; la surface d '‘couverte dechaqu plaque était large seulement de 9 mm., les parties protégées servant à la mesure du voile. La caisse du photomètre était ajustée sur une chambre de 10 X 10 X 30 cm, munie d’un obturateur et dans laqjuelle des rainures permettaient l'introduction de cuves à liquides ne transmettant que de la lumière monoehromatique ; on pouvait aussi y installer une glace dépolie dont la surface, uniformément éclairée, pouvait être diminuée dans un rapport connu au moven de diaphragmes, de façon à varier de façon comme l'intensité de la lumière admise.
- $
- (Traduction L.-P. CLEnc).
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- NEs I 1 DLS SUIENGLS PNoroun VoUks
- SUR LES
- P R O P R I É T É S R É v É L A T R I c E S
- DE L’HYDRO SULFITE DE SOUDE
- Les propriétés révélatrices de l’acide hydrosulfureux ('1 des hiydrosulfites alcalins ont clé signalées pour la premiére ois en 1887 (1;. Pour révéler l’image latente avec ces substances, il fallait, en raison de leur grande instabilité, les former dans la cuvette un moment même du développement ; car elles perdent rapidement leurs propriétés révélatrices.
- L'acide hydrosulfureux était primitivement ohtenu en ajoutant de la grenaille de zine dans une solution d’acide sulfureux. Le liquide renfermait, outre l’acide hiydro-sulfureux, de T’hydrosulfite de zinc. Les images obtenues étaient peu intenses et très voilées.
- Ehydrosulfite de soude, préparé en ajoutant de la grenaille de zinc à du bisullite de soude, donne des résultats encore inférieurs à ceux fournis par la solution d’acide hydrosulfureux naissant.
- Depuis (pie les propriétés révélatrices de l’acide hydrosulfureux ont été signalées, aucun perfeetionnement pratique n’ayant été apporté dans la stabilisation et la puri-fication de cet acide ou de ses sels, les résultats obtenus avec ces corps dans le dé-vcloppeme.nl n'avaient pu être améliorés.
- Tout récemment la Badische Anilin et Soda Fabrik a pu obtenir l'hydrosulfite de soude pur et anhydre en faisant arriver de l'anhydride sulfureux sur du sodium en suspension dans de l'éther (2). Le produit ainsi obtenu a l'aspect d’une poudre blan-che.Jlest inaltérable dans l’air sec, très soluble dans l’eau. Ses solutions aqueuses ne se décomposent (pic lentement.
- Nous avons étuilié les propriétés révélatrices de celle substance et constaté qu’elles diffèrent notablement de celles du produit impur expérimenté autrefois.
- La solution aquense d'bydrosullile de soude pur se. comporte comme un révélateur énergique : l’image obtenue est très vigoureuse, mais un voile se forme au bout de quelques instants et il augmente beaucoup avec la durée du développement.
- En additi muant le révélateur d’une quantité suffisante de solution de bromure de potassium à 10 °, on peut éviter complètement le voile, si l’on emploie des solutions d’hydrosullite convenablement diluées et suflisamment acidulées par le bisul-fite de soude. Les proportions qui nous ont paru donner les meilleurs résultats sont les suivantes :
- Eau....................................................
- Ilydrosultite de soude . .
- Solution de bromure 10 u Bisulfite de soude commerei
- 1000 cc.
- 20 —
- 70 —
- 100 -
- (1) A. cl L. Iwk, Mulleii ht Su " /runçsr /, pAiotographie". 1887.
- (2) Nirevet ngajs1,962.
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- RAIE DES SCITAXCES Pno FOGRAPHIQUES
- Avec ce révélateur on peut développer en trois minutes environ une image norma-lement pose. L’excès du bisulfite de soude n’augmente pas sensiblement la durée du développement.
- Si l’on met en liberté l’acide hydrosulfureux en ajoutant un acide à la solution d’hydrosulfite, celle-ci se colore en brun et ses qjualités développatrices sont nota-blement atténuées, l’image obtenue est peu intense et beaucoup plus voilée qu’avec l’hydrosulfite de soude.
- Malgré son énergie révélatrice, l’hydrosulli te de soude ne peut être utilisé prati-quement à cause de l'odeur très piquante que dégagent ses solutions.
- 1 IVDROsULNTTES ORGANIQUEs. — L’étude des propriétés de l'h ydrosulfite nous a amenés à essayer de préparer des hydrosulfites de bases organiques douces elles-mêmes de propriétés révélatrices, de façon à obtenir des composés salins dont l’acide de nature minérale, et la base de nature organique, sont tous deux des substances développatrices. On ne connaissait jusqu’iei parmi les corps analogues que ceux for-més par la combinaison de deux composés organiques, l’un jouant le rôle d’acide, l'autre celui de base. De ce. nombre sont la mloquinone et Vllljdraniine.
- Nous avons réussi à obtenir divers hydrosulfites organiques (c’est du moins ce (pie l’étude des propriétés de ces corps permet de supposer, leur instabilité rendant toute analyse incertaine) : l’h ydrosulfite de diamidophénol, l’hydrosulfite de diamidorésor-cine, l’hydrosulfite de triamidophénol et d’autres hydrosulfites obtenus avec les mo-namines aromatiques.
- L‘ hijdrosul file de diumidopheiiül. En mélangeant des solutions aqueuses équimolé-culaires, même étendues de, chlorhydrate de diamidophénol et d hydrosulfite de soude, on obtient, au bout de quelques instants, un précipité cristallin formé de paillettes blanches. Si les solutions sont suffisamment concentrées, le mélange des liquides se prend au bout de quelque temps en une masse cristalline. Des solutions concentrées de sullite de soude, de bisultite de soude. ou d’hyposullite ne donnent aucun préci-pité cristallin analogue, avec, les solutions de chlorhydrate de diamidophénol, on peut donc admettre qu’il s’est formé un hyposullite de diamidophénol. Du reste, l’étude des propriétés du composé, purifié par lavage à l’eau, à l’alcool, puis à l'éther, confirme cette hypothèse. Ce composé possède, en effet, toutes les propriétés du dai-midophénol et celles d’un hydrosulfite. Si l'on essaie d'essorer sur brique poreuse la masse cristalline après qu’elle s’est précipitée au sein de la solution aqueuse, elle s’échaulfe subitement et un abondant dégagement d’acide sulfureux se produit en même temps que le composé charbon ne.
- Le dosage de l’acide sulfurique dans cette substance après avoir oxydé l’acide hydrosulfureux par l’eau de brome, donne des nombres voisins, quoique un peu plus faibles de ceux correspondant à la formule :
- 1 =5= -7
- 2
- &
- ce corps perdant constamment de l’acide sulfureux, son analyse ne. permet pas de tirer une conclusion certaine sur sa composition.
- Il est peu soluble dans l'eau froide (soluhilité 1 (00)") mais se dissout très facile-
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- RIVII 0Ls SINGEs PROTOGRAPII ES
- ment dans le sulfite de soude (solubilité 2 1 20, 0 dans une solution à 3 0 0 de sullite anhydre). Il est très peu soluble dans l’alcool, insoluble dans l’éther.
- 2” Hpdrosiil/i le de diamidorésoreine. — En mélangeant des solutions, même peu concentrées, de chlorhv drate de diamidorésoreine et d’hyposulfitede soude, on obtient un précipité cristallin qui si* forme dans des conditions analogues à celui obtenu avec le chlorydrate de diamidophénol ef qui, isolé et purifié comme ce dernier, possède également à la fois les propriétés de l’acide hydrosulfureux et celles de la diamidorésoreine. Sa solubilité dans l'eau et dans b-s solutions de sulfite de soude est comparable à celles du proluit obtenu a vee le diamidophénol. Son instabilité est aussi grand»; (pie celle de ce dernier et il se dégage constamment de l’acide sulfureux. Le dosage de l’acide su I fu r iq ic, après oxydation par l’eau de brome, conduit à une teneur voisine, quoique inférieure de celle qui correspond à la formule :
- /OH , 0cMA] soen
- \Az112
- 3° Ilydrosuljite de IritiHudopliéihd. — La chlorhydrate de triamidophénol (obtenu par rdluction de l’acioe pierique / réagit égal menl en solution aqueuse sur la solu-tion d’hydrosulfite de soude et donne un précipité cristallin. La formation de ce composé est plus lente que celle qui résulte de l emploi du diamiphénol et de la diami-dorésoreine. La solubilité dans 1 eau est plus grande et ses autres propriétés sont analogues à celles de ces deux substances.
- 4" Ilildro^dli I e de paru phénylène diamine. — Nous avons pu obtenir avec. le. chlo-rhydrate de paraphényléne diamine et l’hydrosulfite de soude, en opérant dans les mêmes conditions que précédemment, un composé cristallin peu stable possédant à la fois les propriétés de l’acide hydrosulfureux el de la paraphénylène diamine. Il se forme plus lentement et il est plus soluble dans l’eau que les composés obtenus avec les amidophénols.
- I IvpnOsIII TTLS OurENs AVEC Li,s MONAMINIS AnOMATLOIIES. — En opérant comme avec les amidophénols et les diamines nous avons pu préparer des composés cristal-lins instables, avec Flydrosulfite de soude et les chlorhydrates d’aniline, d’ortho et de paratoluidine et de sylidine commerciale, c'est-à-dire avec des bases non développa-trices. Par contre, les monamines-phénols simples et substituées, comme le parami-dophénol, le métol, ne nous ont pas donné de semblables composés.
- PROPLTÉs DIEIOPPAIRGES des IDROSIIFILS ORAMiIEs
- Nous avons expérimenté les propriétés révélatrices de ces nouveaux composés. La constitution de ceux fournis avec les bases dé veloppat rices, telles (pie. la diamidoré-soreine, h; diamidophénol, le triamidophénol, la paraphényléne diamine, pouvait faire prévoir pour ces subsla lires une très grande énergie révélatrice. Nous avons reconnu que tous ces corps paraissent s - comporter à peu près de la méme façon. En simple solution aqueuse, ils font apparaître très lentement eI très faiblement l’image latente, d’ailleurs ils sont à prine solubles dans T’ean, Par contre, si on les dissout dans une solution de sullite de soude on obtient des révélateurs énergiques.
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- REVIE DES semsers PIIOTOGR LPITTOUES
- mais donnant un voile intense en présence même de bremure alcalin et de bisulfite.
- Les composés ohtenus avec les hydrosulfites et les monamines ne nous ont pas paru posséder des propriétés révélatrices. En résumé l’hydrosulfite de soude pur, employé' dans les conditions que nous avons indiquées dans la présente étude, constitue un révélateur rapide et très énergique. Ce révélateur peut être utilisé additionne d’une grande quantité de bisulfite de sonde sans que la durée du développement soit sen-siblement augmentée; ce (pu, on le sait, n’est pas le cas avee les développateurs organiques.
- Par contre, les combinaisons instables de l'acide hydrosulfureux avec les bases organiques développât rires ne présentent aucun intérêt comme révélateurs et, ne confirment pas les prévisions qu'on peut faire en raison de leur constitution.
- A. et L. Lumière et SEYLwErz.
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- ÉTUDE SPECTRONÉTRIQUE DU inÉNOJIÈNE DE FLUORESCENCE
- 1 hstrait d uIn Memoire dle MIM. E.-L. Nicuors et Eusesr MEnnr, pubié dans la P’liyjsieal Rerio, juin 1504 .
- La loi exprimée par STOKEs dans son mémoire sur « Les eluniffemenh de régran-(libililé de ht lumière » et établissant que dans le phénomëne dénommé « Fluores-cence » la lumière fluoreseente possède toujours une longueur d'onde supérieure à la lumière (pii excite le phénomène a été mise en discussion par LOMMEI qui fit remar-quer (pie pour certaines substances il y a superposition évidente des régions spectrales occupées par la lumière excitante et la lumière fluoreseente qu’elle produit. LOMMEI. émit en outre cette assertion très important!' que pour ces mêmes substances le caractère et la composition du spectre de fluorescence sont absolument indépendants de la longueur d’ondeile la lumière excitante. Hagexhacu confirma les assertions de LOMMEI., du moins en ce qui concerne l’inexactitude de la loi de Stores. Quelques années plus tard, LTARseI publia une série de mensurations en confirmation de la loi de Stores. In mémoire postérieur de Lowmel, décrivant le phénomène de fluorescence des couleurs caméléon incita IInNnaen à de nouvelles expériences au (‘ours desquelles il découvrit ce (pi'il croyait être une source d’erreurs dans ses précédentes mensurations et il aflirma dle nouveau l’exaetitude de la loi de Stores. En 1877, Bnsi xEn obtint des résultats concordant avec l’opinion de LosMEI. En 1879, LUBARseu publie le résultat de nouvelles recherches sur la fluoreseence et il confirme, cette fois, l’opinion de Lommel. LAMANSkY, en 1879, publie lui aussi de nouvelles mensurations confirmant la loi de Stores. Plus tard, dans un autre mémoire, Il arvnsen premia nouveau la défense de la loi de Scores contre Lommel et contre LUnsaseu, qui entre temps avait publié différents articles dans lesquels il exposait ses objections el ses critiques contre la méthode de LA\NSKY.
- En 1885, WESENDOMK fit ses observations avec le spectre solaire, en utilisant deux miroirs concaves et un prisme : au cours de ses expériences il obtint cri te conclusion évidente que la fluoreseenee du rouge de naphtaline n'atteint pas la longueur d’onde de la lumière excitante. En 1886, Scexoeh reprit la question tout, au long. Il trouva (pie en employant la méthode de I Iacexnseu pour éclairer une surface libre, la mé-thode de Lommei. (incidence sur les parois d’un flacon) ou l'oculaire fluorescent, de IRRseu, les résultats concordaien 1 aver l'assertion de Lommel en ce qui concerne l'inexaet il ude de la loi de Sionesmais non en ce qui regarde l’indépendance absolue du spectre de fluoreseenee de la nature de la lumière excitante, il lit en outre quelques expériences en collaboration avec 11 uaxiiu.n qui délinitivement se rangea à son avis.
- Notre intention est de donner ici les résultats que nous avons obtenus en appli-quant h' speetrophotométre à la mensuration du spectre de fluoreseence des substances au sujet desquelles précisément s’est élevée cette longue discussion pour et contre la validité de la loi de Stores. Il semble que personne n’ait songé ou essaye d'employer le speetrophotométre pour l’étude de la fluoreseenee. Il est cependant bien plus fa-
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- REVUE DES SCIENOES PIIOTOGRAPITIOUES
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- cile de déterminer ainsi le masimum eI leslimites du champ illuminé, d’en tracer une courbe exacte que par la méthode emplovée jusqu’ici par fous les observateurs, cest-à-dlire l'emploi du réticule dans l’oculaire : il est bien difticile d'arréter les fils croisés exactement à l'endroit où l'illumination est la plus forte et surtont à lendroit exaet où celle illumination s'évanouit. Peut-ètre qjue la raison qui a empéché res obser-valeurs d'avoir recours au spectrophotométre est précisément le peu d’intensité du spectre de fluorescence. Il est vrai que pour certaines substances la lumière produite par fluorescence est tellement faible qu’il est inutile de songer à en mesurer le spectre. Mais nous l’avons constaté aussi, il est très souvent possible de prendre des points de repère dans les cas où le speetre est beaucoup trop faible pour produire la sensation de couleur et où l’illumination du champ ne devient perceptible qu’après un bon moment d’observation. Il ne saurait M re question de l’emploi du réticule dans <’•* cas, car le champ est beaucoup trop sombre pour que les fils deviennent visibles el si d’autre part on voulait essayer de les illuminer (h' coté, l’oculaire serait suffisamment éclairé pour que le spectre. de fuorescence disparaisse totalement à l’oil.
- Les substances désignées par LOMEI comme appartenant à cette première classe et dans lesquelles il est possible de provoquer la fluorescence au moyen de rayons lumineux possédant une longueur d’onde supérieure à une portion quelconque du spectre de fluorescence, et dans lesquelles l’intensité du spectre de fluorescenee est indépendante de la nature de la lumière excitante, sont le rouge de naphtaline, l’éosine, le chlorophylle, ansquels Stengerajouta la lliiorescinc. Cette dernière subs-tance, ('tant donnée safluoreseence intense et la situation de la bande de fluoreseence qui se trouve juste au milieu du spectre, dans la région la plus lumineuse, a été choisit* pour être soigneusement étudiée en vue du controle des assertions de LOMMEL et autres savants dont il a été question au commencement de cet article.
- La première série d’expériences a été faite en examinant le spectre de fluorescenee de la fluoreseine, h* phénomène étant provoqué par la lumière émanant de différentes régions du speetre. Or unesérie de trois expériencesnous a démontré tpre le speetre de fluoreseeneen’est en rien modifié si on change la longueur d’onde qqui le provoque; il y a de plus possibilité d’obtenir un spectre de fluorescence dont, le maximum pos-sèdeune longueur d’onde plus courte qjue la pluspetite longueur d’onde de la lumiére excitatrice. Quant à la position du maximum du spectre de fluorescenee, elle est la même que si on provoque le phénomène par la flamme d’un brleur à acélyléne sur une solution d(* méme composition.
- Il est donc démontré (pie la fuoreseence de ces substances, en ce qui concerne la position des maxima, est absolument indépendante de la longueur d’onde de la lumière exeit al rice. Il n’est pas moins intéressant de savoir si l'i n t eusi t é d'une longueur d'onde donnée du spectre de fluoreseence varie avec la longueur d’onde de la lumière excitatrice, dont l’intensité demeure elle conslante, ou si elle dépend unique-ment de l’intensité de la lumière excitatrice.
- Il est indispensable de déterminer au préalable l’intensité exacte de charpie région du spectre de la lumière exeitatrice : c’est là chose assez délicate pour les longueurs «l’onde les plus courtes du spectre. La courbe que nous avons pu établir démontre que le maximum du speetre de fluoreseenee de la Iluoreseine est en fonction de la longueur d’ondede la lumière excitat rice. La fluoreseence apparail vers la région de la longueur d’onde, où la solution devient transparente, le maximum comprend la bande d’absorption et s’éteint vers le rouge. Les rayons de plus grande longueur
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- d’onde, dans la bande d’absorption, sont les plus effectifs en raison de leur plus grande énergie.
- Les résultats ont été de tous points analogues pour la mesure des speetres de fluorescence de solutions d’éosine. et. de rouge de naphtaline. La position du maximum par rapport à la bande d’absorption paraît seule varier suivant les différents produits. Le maximum, pour l’éosine correspond à l'extrémité inférieure de la bande d'absorption; pour la fluoreseine elle se trouve au delà du violet (environ lia u); tandis qjue pour le rouge de naphtaline le maximum est déplacé beaucoup plus loin vers la région des longueurs d’ondes très réduites.
- L'assertion de LOMMEI., à savoir «pu1, le phénomène de fluorescence peut ètre pro-voqué sur l’éosine par la flamme sodique est pleinement conlirmée par notre expérience : nous avons pu arriver en effet à inscrire une courbe au moyen de rayons lumineux dont la longueur d’onde correspondait à la région des raies de sodium. Nous sommes plus tard arrivé à exciter la fluoreseence au moyen de rayons lumineux dont la longueur d’onde était supérieure au maximum de longueur d’onde existant dans le spectre de fluoreseence, et le phénomène était assez visible pour être mesuré à l’aide du spectophotométre, il est donc possible d’exciter une fluorescence observable en utilisant une source lumineuse de longueur d’onde beaucoup plus considérable (pie celle que nous avons employée.
- Ces expériences établissent un point longtemps discuté, tout au moins, en ce (pii regarde la fluoreseine, l’éosine et h* rouge de naphtol. Quant aux autres substances des expériences sont actuellement en cours pour la mensuration de leur speetre de fluorescence.
- Si des physiciens émérites ont émis des opinions aussi contradictoires, c’est qu’ils n’avaient pas pris suflisammeut de précautions pour s’affranchirdans leurs recherches delà lumière diffuse ou réfléchie.
- Longueurs d’onde maximum excitant la fluorescence dans :
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- SOCIÉTÉS SAVANTES
- Sur les quatre premiers fascicules du catalogue photographique du ciel, publiés par l’Observatoire de Toulouse.
- M. IaEwy présente à l’Académie, au nom de M. BILAUD. directeur de l’ohservatoire de Toulouse, ces quatre fascicules qui constituent les premiers quarts des volumes II, IV, VI, VII, selon la nomenelatu re prévue, et renferment les coordonnées reet ilignes de 32.275 étoiles. Toute celte riche récolte de résultats photographiques se trouve répartie sur 186 clichés exécutés dans les meilleures conditions par M.MOxTANGERAND: elle se rapporte aux six pre-mières heures d’ascension droite et embrasse la zone de Fespace comprise entre + 4" et +{10 de déclinaison.
- « Mais ces doeuments ne fournissent pas seulement les positions précises des astres jusqu’à la 12' grandeur, qui peuplent cette région du ciel ; ils renferment en outre plusieurs mémoires très instructifs.
- C’est ainsi qu'on trouve dans le tome 11 une introduction rédigée par M. BAILAUD, qui donne l’exposé complet de la marche suivie à Toulouse pour la mesure et, la réduction des clichés photographiques, ainsi que des méthodes spéciales qui ont été mises en jeu pour imprimer aux résultats la plus grande perfection, soit pour la mesure des coordonnées, -soit pour le calcul des constantes. M Banran» signale la part importante prise à lheuvre commune par sescollahorateurs, notamment parM. Bourget.
- Dans une autre élude, M. Bal uaï d fait connaître la méthode ingénieuse qu’il a imaginée pour la détermination de l'éclat relatif des astres photographiés, méthode basée sur remploi du photomètre à coin.
- Les premiéres pages du mémoire contiennent la description de l'instrument enregistreur utilisé, tel qu’il a été combiné à lOhservatoire de Toulouse et réalisé par M. Canninr, mécanicien de cel établissement. M. BALAVD fait ressortir ensuite les différences saillantes qui se manifestent dans l’application d u coin aux images observées directement et à celles obtenues par la photographie.
- La seconde section est consacrée à la formation d'une échelle de grandeur an moyen de 4 étoiles appartenant à deux clichés. En adoptant provisoirement le coefficient 2,5 pou r le rapport d’éclat entre deuximages photographiques d i lie ran t d'u ne grandeur, on a effectué sur ces 4 étoiles 21 poses, dont les durées se succédaient suivant la raison géométrique V2,5, la plus longue pose étant de 300 secondes. La mesure de l'échelle de grandeur a été exécutée avec beancou p d’habileté par Mile Madeleine BAnAUD en 19CO et 1902. En soumettant à une discussion approfondie les nombres ainsi obtenus. M. BAILAUD est parvenu à établir une formule exprimant le rapport entre les lectures du photométre et les durées des diverses poses.
- En comparant, d’autre part, les ex al mitions obtenues à l’aide du coin, de l’éclat relatif dles images stellaires d'un cliché des Pléiades, avec. les grandeurs connues de ces astres, données par LINDEMAvv. M. BanLAtD a déiluit, del’ensemble desespériences, la valeur défini-Live 3 pour le rapport des temps de pose correspondant à deux images photographiques différant d'une grandeur.
- Les grandeurs des astres publiées dans le Catalogue photographique de Toulouse ont été fondées sur les résultats des recherches précédentes. Pour les zones + 5" et + 7", elles ont été conclues directement à l'aide du photomètre à coin; et, pour les zones -9° et + 11", ‘lies ont été mesurées par la comparaison visuelle des images des clichés, en utilisant une échelle de grandeur construite avec le rapport 3, antérieurement défini; ce qui, d'ailleurs, est enharmonie complète avec les estimationsefTeetuées pour les deux autres zones.
- Après ces deux mémoires fondamentaux destinés à donner des assises solides et pratiques
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- REVIE DEs SCIENCES PIIOTOGRAPITIOUES
- à l’esploration photographique du cie en cours d’esécution h l’Ohservatoir de Toulouse, on trouve, dans un autre volume, une étude expéri mentale, due à M. MovraNennANo, sur les qualités de l’objectif photographigne de l’instrument emplové. Il est, en effet, essentiel de connaître de quelle manière s'exerce son action photogénique dans les diverses régions du champ.
- Les recherches stat istiques faites aux observatoires d’Oxford, de Toulouse et de, Postdam ont montré que la distribution moyenne des images dans les clichés du Catalogue et de la Carte du ciel n’est pas uniforme, ('I. prouvé par là que les surfaces focales respectives des six objectifs étudiés Alger, Oxford, Paris, Postdam, San Fernando, Toulouse) ont unecourbure appréciable.
- L’objet du mémoire de M. MosTASGERAND est la détermination de la surface passant par les divers points focaux, à toutes distances du centre.
- La meilleure, méthode de détermination de ces points est celle qui consiste à obtenir, à difffrentes lectures de la vis de tirage, des traînées successives d’une même étoile, et à dlis-tinguer, parmi ces traînées, celle qjui présente h1 maximum de netteté. 19 clichés, réalisés dans les meilleuresconditions et appartenant à la période d'emploi de l'insten ment, 1897-1903. ont été consacrés à cette étude. On a obtenu ainsi, en définitive, 6 valeurs. Pour son mettre ces données à l'analyse, on a considéré comme abscisses les distances au centre et, comme ordonnées, les différences entre les divers nombres focaux et celui qui correspond au centre du champ. One discussion approfondie a montré qu'umne surface paraholoïde représente de la manière la plus satisfaisante l'enveloppe qui compreni tous les points focaux.
- Entre autres résultats, M . MOxTNGERANo a constaté que la variation du point est fonction de la température. L ensem ble. tube-objeetif, c'est-à-dire la chambre photographique se comporte, à l’égard de la chaleur, comme une masse continue de zinc.
- Ces conclusions ont une très grande utilité pratique. On peut ainsi déterminer le poin.t du champ pour leguel la mise au fover serait la plus avantageuse pour réaliser à la fois, sur la plaque sensible, le plus grand nombre d’images stellaires et la meilleure uniformité dans leur netteté relative.
- Cet exposé, bien ipie très succinct, permettra de se convaincre de la féconde activité de F‘OhservatoiredeToulonse,dont les travaux réalisent les espérances fondées sur la haute portée scientilique de F’epuvre internationale de la Carte du Ciel . »
- {Acdflêmie des SeieiKm, 17 octobre 1904.)
- La stéréoscopie sans stéréoscope.
- M. ViornEa présenté à l’Académie des sciences des photographies, rapportées de l’Exposition de Saint-Louis, qui, sans stéréoscope, montrent un relief étonnant ( 1 / ; ces photog raphies sont dues à M. IVEs. Le procédé emplové pour les ohtenir est loin d’être nouveau: il y a seize ans que M. Ivcs a été conduit par ses études sur les écrans lignés employés en photogravure à son Parailier. Slercogram. C’est ainsi qu’il appelle l’image unique qui, tenue à une certaine distance des seuv, procure la sensation de relief, (die présente Faspeel d'une diapositive ordinaire, doublée d'un verre dépoli. Les images sont ainsi obtenues (2).
- Derriére l'objectif, avant au moins trois pouces et demi de diamètre, d’une chambre noire ordinaire du format quart de plaque, esl placé un écran opaque A dans lequel ont été pra-tiquées deux ouvertures ().On peut aussi utiliser unechambre noire munie de deux objeetils stéréoscopiques.
- En avant de la plaque sensible P, est interposé un réseau sur verre G, contenant à peu près quatre lignes verticales par millimètre, ces lignes étant un peu plus larges que les espaces (pii les séparent. Celte trame est placée à n ne d ista ner telle que chaque bande étroite
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- BEVUE DES SCIxers PITOTOGRAPITTOUES
- de parité, mais les laisse voir à l’autre et vice versa (fig.2.. Lu même cadre porte le positif sur verre et le réseau placé un peu au-dessus.
- Déjà dans le numéro du Cosmos du 23 mai 1896. M A. BERrmEn avait proposé une mé-thode analogue s'appliquant aux vues stéréoscopiques de tout format. Le principe était le même: « La méthode repose, disait M. BERTIIER, sur l’emploi d'un réseau ligné dont les traits sont destinés à marguer pour chacun des yeux l’image qui ne le concerne pas. On arrive ainsi à parlager une surface en deux pliages, chacune d'elles n'étant visible que pour l’un des deux yeux. » La méthode d'examendes photogrammes lignés est la même dans les deux procédés ; la seule divergence réside dans le mode opératoire suivi pour l’obtention des négatifs. Tandis que M. Yves les obtient en une seule pose et sur une même plaque, M. BERrmEn utilisait le dispositif ordinaire des appareils stéréoscopiques à deux objectifs, c’est-à-dire en une seule pose sur deux plaques.
- Les photographies stéréoscopiques peuvent être examinées sans stéréoscope aucun et sans aucun artifice tels que ceux de M. BENTIIER ou de M. Ives. Il suffit, comme l’indiqua jadis M. Abel Bucer dans Photo-Journal : I" de placer b' stéréogramme à une bonne distance, desant les yeux, 20 centimètres en moyenne ulistance variable avec les individus) ; 2" de rendre parallèles les axes des yeux. en fixant du regard un objet quelcongne, éloigné derriére l’image; 3 de ramener vivement h* regard surir stéréogramme et, faisant agir l'accommodation,de mettre au point pour l'image : celle-ci apparaît aussitôt en relief. On facilite l'apparition en clignant vivement des paupières deux ou trois fois. Si on rencontre quelques diflieultés à voir le relief, on pout s’aider d’un double diaphragme : on perce dans un carton noir deux ouvertures circulaires dont les centres sont distants de 70 millimètres et on h* place entre les yeux et le stéréogramme à examiner; on fait varier la distance du double diaphragme aux yeux jusqn’à ce que chaque wil ne voie qu 'une image. Quand il en est ainsi, on s’attache un instant à ne rien fixer; les images deviennent moins nettes; les deux trous à travers lesquels on regarde si' rapprochent l’un de l’autre et on finit par ne plus voirgu’un seul trou. A ce moment, dès le moindre effort d’accommodation pour mettre au
- (1) Académie dm Scieiirm. 28 novembre 1901.
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- point les images, on voit Fimage en relief par le trou unique. Si alors on enlve vivement le double diaphragme, Fimage est toujours vueen relief, mais plus complète et. à coté, de part et d'autre, on voit, les deux images parasites q ui apparaissent par le fait de l’augmentation du champ visuel.
- knlin nous rappellerons que | imnge projetée sur uni' surface sensible par l’objectit étant une représentation perspective exacte des objets photographiés, il suflit pour avoir une sensation de relief dexaminer l’image positive rer un seul wil, placé à une distance de cette image égale au tirage de la chambre lors de la pi ise du négatif; il est seulement indispensable que l’objectif ait une distance focale au moins égale à la distance minima de vision distincte ; sinon, avant d'etreainsi examinée, limage doit être agrandie ( I).
- Sur l’inscription des mouvements sismiques.
- « On sait, que dans les appareils inseripteurs en usage, les mouvements d’une pièce mobile pendule horizontal ou vertical) s'inscrivent sur une longue bande de papier qu'un mouvement d'horlogerie fait défiler avec une vitesse uniforme. L’inscription est le plus souvent photographique, paree que l'emploi de la lumière n’introduit, pas de frottements qui gêneraient les mouvements du pendule.
- La vitesse de déplacement du papier n'atteint en général que 12 cm. à l'heure, c'est-à-dire ----- de millimètre par seconde. Dette vitesse est vraiment bien faible pour enregistrer des mouvements rapides comme peuvent l’être ceus d'une secousse sismique. Mais on se contente de cette faible vitesse afin de diminuer la dépense annuelle de papier et de manipulation.
- Cette dépense, même dans les conditions adoptées, est encore notable.
- il semble qu’il serait plus avantageux d’opérer de la manière suivante :la bande de papier sensible est enfermée dans une boîte munie il’ue petite fenêtre par laquelle pénètre le faisceau lumineux qui impressionne le papier, Je propose de munir cette fenêtre d’un volet parfaitement étanche à la lumière. En temps ordinaire c’est-à-dire tant que le sol est immobile, la bande photographique demeure intacte : elle peut défiler avec telle vitesse que l'on voudra sans être impressionnée; on peut dès lors la fermer sur elle-même et en faire une bande sans lin qui repasse plusieurs fois par jour derriére la fe nêt re fermée. Une secousse vient-elle à se produire? In avertisseur éleetriqne fonctionne, fait tomber le volet, et l’inscription commence en même temps que le phénomène.
- On n’use donc de papier que pendant là du rée des secousses, et l'on peut donner à l’appareil une vitesse suffisante. »
- (Communieation de M.C. Liennxs à la séance du 14 novembre 1904
- Nouvelles expériences sur l’enregistrement photographique de l’action que les rayons N exercent sur une petite étincelle électrique.
- Dans cette communication, M. R. Bi.ovoruT répond à quelques objections qui ont été présentées à sa méthode; il inique les pré-cautions minai ieuses qu'il a prises pour éviter certaines causes d'erreurs et conclut en disant que les ci ichés photographiques sont ainsi les témoins irrécusables de l’action des rayons N sur l'étincelle électrique.
- (Académie des sciences, seanee du 1 i novembre 1901, tome CXXXIX des Comptes rendus, page 813..
- (I) G. II. NI.WEOwskI, Prinripes de l'ae! phofoqraphique.
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- REVTE DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- Oxydation de la quinine par l’acide chromique.
- - -s- oo C. • oo - oi — 00 c. S.
- I val. 0.03 cro norm.
- 1 vol. 1/2 0/0 Ch st ).
- I vol. I 1 IPSO' norm.
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- 0 10,7
- 1 7,3
- 2 4,9
- : 3,0
- Movenne.
- • - = = — • : p . * S S g 88 2565 :
- "/AGn ACn V ACo ACo
- 1,00 0,69 0,48 0,33
- L"s expérienens faites au moyen de couches liquides d'épaisseur coustante, centration variable, uni conduil aux memes résultats.
- d)A Diminutiou du titrage en acide chromique.
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- 0.0023
- ACu n V AC’W ACn
- Composition du mélange Filtre de luiniére ACo ACo ACo
- Conme ci-dessus. Eau 11,6 1,00 —. 4,00
- 0,0023 Gr n. . 8,5 0,73 0,73 0,73
- 0,083 Cr) n. . 0,0 0,32 0,72 0,31
- 0,01 crOa n . . 3,9 0,34 0,76 0,30
- Moyen ni 0,71
- 1 vol. 0,=5 n. M)’.
- 1 vol. 1,2 0/0 Chsos.
- I 0 J ,00 10,3 —
- + 3 - 0,;. 5.35 0,33
- + 3 — 0,23 2,7 0,90
- + 7 0,123 1,33 1,40
- h
- 0,0023 .... 0.123 . . . 0.0623, . . . 0,0023 ....
- 1,2 0,0 7.0
- 1/2 0/0 8.8
- 1/10/0 1,2
- 1/2 0/0 7,0
- AC, AG
- 1,20
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- §
- s S I
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- REVUE DES SoIENGES PHOrOGRaAPIIQUES
- g
- 0. L’influence de la température est toujours mise en parallèle avec l’influence de la lumière: toutes deux activent les réactions lentes. Toutefois leurs actions ne sont pas forcément égales. Ainsi, pour la décomposition de l'eau iodée. BODENSTEIN a trouvé :
- à la chaleur : 2 IIL.==12+-L3 à la lumière : 11L — II-HL
- Dans le premier cas, la réaction conduite dans l'obscurité et à une température de 98. a suivi le même ordre que la seconde faite à la lumière. Les produits de la réaction sont, cependant différents dans les deux cas. L’auteur en tire cette conclusion que c'est lvrai-semblablement le caractère propre de l’influence de la lumière sur les réactions en général.
- Cette circonstance vient à l'appui, à savoirque les réactifs plus concentrés que l’on a fait, gir à l’abri de la lumière ont un coefficient de température très faible entrant en ligne de compte pour la rapidlité de la réaction (obscurité =2 -il).
- k 4 10°
- Sulfate de quinine - acide chromique —1—=1,06 (L'auteur-.
- Acide oxalique + chlorure de fer Ml =1,07 (Lemoexe, Awn. 7,4..
- 1895).
- kt, 100
- Styrol — Metastyrol —1—=1,6 (Lemoine, Gonipte rendu, 129, 719).
- Aeide oxaligjue H- chlorure de mereure——- - 1,12 (EoEN, llandbuch, I. 2, 381).
- EMANIEL GOrDNERG
- {Zeilxehr. f. phi/s. Chem., H, 110 1902, résumé traduit de Zeitxehril'l fur irisxeiischaftliehe. Phol<i(/i ap/iie, Pholophnsil,- and Photnclu’mie).
- Appareil et méthode pour la mesure de l’action de la lumière sur les plaques photographiques.
- L'appareil employé par MM. F.-F. MARTENs et J. Micileli est un spectrophotomtre sem-idalde à celui de M. A. Rxt (I . I ’n disque de verre opalin éclairé par un bec Auer émet de la lumière vers deux prismes à réflexion totale qui renvoient vers la même lunette la lumière réfléchie ; on a ainsi deux faisceaux sépales. Sur le parcours de l'un d'eux. on interpose la substance absorbante. La compensation est obtenue par la rotation dans la lunette d'un prisme. biréfringent placé derrière un prisme de Wollaston supposé fixé.
- Si .1 est la qjuantité de lumière incidente, g/la quantité de lumière traversant avant le développement la gélatine, Jm/ la quantité de lumière qui traverse la gélatine contenant unecertaine quantité dlargent. l'expression
- •I'/
- représente par définition le noirri^t’incnl absolu.
- Si on remplace g par l'expression s, qui représente la quantité de lu mière traversant la gélatine non exposée à la lumière, mais avant été soumise au développement. l’expression
- 100 Js
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- 2
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- J) HW.
- g'
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- RENII DEs SCIENGEs PHOTOGRAPIQUES
- Les grandeurs appelées densité absolue :
- D, . - hig 1/ n Jag
- et densité relative :
- 2 - log 1100 — S/ )
- sonl déterminées pour une môme plaque pendant un même temps d’éelairement, mais pour diverses valeurs de l’éelairement.
- Combinaison de l'hydrogène et du chlore sous l’influence de la lumière.
- Au débu t. de l’action de la lumiére. il y a une augmentation de volume due, contrairement à l'opinion de PRDNesmw. nniquement à une élévation de température, comme le thermo-métre a permis de le constatei .
- La combinaison des deux gaz cesserait des qi’on supprime l'action de la lumière.
- La présence de vapeur d'eau accélére la combinaison et une exposition préalable du chlore à la lumiére diminue le temps d’insolation néressaire, tandis qu’une insolation de l’hydrogéne ne produit aucun effet de ce genre.
- L’au leur en conclut que le chlore et la vapeur d’eau subissent les premiers l'action de la lumière : on peut apercevoir la furmation d'un brouillard avant celle du gaz chlorhydrique.
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- Revue des
- SCIEN c es PHIOTOGRA PHIQ UES
- PAR LE DK S. LEDUC
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- ÉTUDE PHOTOGRAPHIQUE DE LA DÉCHARGE ÉLECTRIQUE
- Par le Docteur Stéphane LEDUC, de Nantes
- En elfectuant, dans la chambre noire, une décharge électrique sur la face sensible ‘l’une plaque photographique, on obtient, au développement, l'image de la décharge. Nous avons fait une première communication sur ce sujet, au Congrès de Nantes, en 1 898 ; depuis, nous en avons continué l’étude.
- IGTREs ORNEMENTALES
- On peut obtenir, par la décharge électrique, des motifs d'ornementation infini-ment variés susceptibles d’être utilisés par les arts décoratifs (lig. 1), pouvant rivaliser avec ceux fournis par le kaléidoscope ou empruntés aux formes de la nature. Opérant à la lumière rouge, on place, sur la face sensible d’une plaque photographique, un cachet découpé suivant le dessin que l'on veut reproduire ; à l’aide d’un fin tamis, on saupoudre une poudre line, fécule, amidon, oxyde métallique, etc. ; aprés l’enlevement du cache, la poudre dessine, sur la face sensible, le dessin des creux que l'on peut compliquer en dis posant régulièrement des conducteurs métalliques ; la plaque est placée sur une feuille métallique en rapport avec l’armature externe d’une des bouteilles de Leyde, d’une machine de Wimshurst ; une pointe, en communication avec l’armature externe de la seconde bouteille, est placée, perpendiculairement à la surface sensible au milieu du dessin; on fait éclater une. petite étincelle entre les deux pôles de la machine en rapport avec les armatures internes. La surface sensible doit être préservée par un éeran du voile que lui causeraitl’étin-celle de décharge— on développe et l’on voit apparaitre un dessin ornemental varié, suivant les conducteurs métalliques, l’ensemencement et la nature de la poudre, la leusion et la quantité d’électricité de la décharge, l'état hygrométrique et la tempé-rature de l’air, etc., etc.; l’imprévu du résultat ajoute au charme de cette opération. On peut donner aux dessins métalliques ou pulvérulents la forme de lettres et de mots, et obtenir des lettres ornementales pouvant rivaliser avec les créations des artistes.
- POTOGRAem E l>ES CMPs LLE(.TJUpi ES
- De nombreuses tentatives ont été faites pour obtenir des représentations concrètes des champs électriques. desspectres électriques analogues aux spectres magnétiques. Les résultatsobtenussont restés très imparfaits. La photographie donne au contraire la représentation très satisfaisante des champs éleetriques. On peut obtenir les images des speetres éoctriques par la photographie des décharges silencieuses; la pointe et la lame métalliques sont alors disposées par rapport à la plaque photographique Comme il est décrit dans le paragraphe précédent et mis directement en communi-cation avec les poles de la machine. Pour photographier les décharges explosives la pomfeet la plaque métalliques sont unies aux armatures externes des bouteilles de Leyde comme pour les décharges ornementales. Une pointe métallique, reposant
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- sur le milieu delà face sensible, donnera un spectre électrique monopolaire, positif ou négatif. Deux pointes, en rapport avec le même conducteur, donneront un spectre bi-polaire entre deux pôles de même nom positifs ou négatifs. Deux pointes en rap-port avec chacun des deux conducteurs de signes contraires donneront le spectre entre deux pôles de noms contraires. Cette dernière photographie est la plus difficile à obtenir, elle exige en particulier l’emploi de petites quantités d'électricité.
- En employant des pointes multiples, on obtiendra les photographies des champs électriques multipolaires.
- Il est inutile d’insister sur les avantages que présentent pour l’enseignement ces photographies des champs électriques que l’on pent projeter sur l’écran.
- L’emploi de la photographie nous a permisde découvrir une forme nouvelle de la décharge électrique: Vethieelle (ibibulaire ambulanle, décrite dans notre communication au congrès de T'AFAS, Boulogne-sur-Mer, 1899.
- La photographie de la décharge glissante, faite en appliquant une plaque photo-graphique contre la tige, montre que la décharge positive a une certaine épaisseur, l’image est formée de branches se détachant de la tige sur une certaine longueur, et se courbant pour rejoindre la surface sur laquelle s'efTeetuela décharge. La décharge négative voile la plaque, mais ne donne aucune image en hauteur.
- Si deux tiges à pointes, en rapport chacune avecl'une des armatures externes, sont appliquées en face l’une de l’autre, sur la face sensible d’une plaque bien iso-lée de tout conducteur, chaque pointe est entourée d'un gros globule lumineux dont on obtient l’image au développement. On peut approcher ces deux globules presque jusqu’au contact sans observer de décharge entre eux, mais dès que l’on place une lame conductrice sur la face non sensible, la décharge silencieuse entre les deux pointes se fait à une distance bien plus grande.
- Malgré que l’étincelle éleetrique soit un des phénomènes les plus anciennement connus et le plus étudié de F’éleet rici l é, nous sommes peu instruits sur ses caractères et sa constitution ; les particularités mêmes de ses traits nous échappent, l’étincelle est trop rapide et les détails de ses traits sont trop fins pour (pie notre cil puisse, les saisir ; la plaque photographigue avait, jusqu’à présent, été impuissante à nous révéler les fins détails de l’étincelle, qui élaient complètement effacés par le voile produit par la lumière des gros traits. Nous avons trouvé le moyen d'éviter ce voile, d'enregistrer les dessins les plus délicats jusqu’au contact des traits les plus lumineux, les photographies ainsi obtenues apportent des indications précises sur des questions depuis longtemps discutées. Pour empêcher le voile, il faut d’abord supprimer le halo, par 1 emploi de plaques antihalo ; cette précaution toutefois est in-suffisante, nous la complétons en noyant la plaque eI efTeetuant la décharge dans de l’oxyde rougi* de mercure comprimé. La figure J montre limage ainsi obtenue entre deux pointes perpendiculaires à la surface de la plaque ; c’est une ligure nouvelle de la décharge électrique, qu’elle montre formée de trois parties : autour de chaque pointe une auréole caraetéristique du signe positif ou négatif de la pointe, puis des traits allant d’une pointe à l’autre. Les particules qui tracent les auréoles se comportant différemment de celles qui Iracent les traits, ces particules sont nécessairement dans des états électriques différents. Les auréoles semblent formées par les molécules d’air attirées par chaque pointe ; ces auréoles sont rayonnées, elles arrivent au contact l’une de l’autre sans s’influeneer sensiblement : tandis que les traits ne dépendent que de la diffrenee de potentiel entre les deux pointes, les auréoles
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- dépendent de la différence entre le potentiel de la pointe et celui de l’air environnant ; si l’on effectue la décharge sous la même tension, une pointe étant mise à la terre, l’auréole de cette pointe est très réduite; l’autre auréole est augmentée dans les mêmes proportions. Les traits, allant d’une pointe à l’autre, sont évidemment
- tracés par les particules électrisées, par les ions, et, ainsi que nous le démontrerons plus loin, ces particules semble,ut former un double courant se comportant d’une façon bien différente de celle par laquelle nous nous représentons la marche des ions dans l'électrolyse. La figure 3 représente une étincelle en trait entre deux pointes placées vis-à-vis l’une de l’autre, cette étincelle est accompagnée de son auréole,
- dont, pour la première fois, se trouvent photographiés les caractères et les détails. L'auréole est différente dans chaque moitié de l’étincelle, différente par l’aspect et
- parla direction des traits, les lignes de l'auréole sont, de part et d'autre du trait, mnclinées de façon à représenter une pointe de fléche dirigée vers la tige d’où émane la décharge. Comment peut-on interpréter les caractères que présente la photographie de cette étincelle en trait avee son auréole ? Si l’on admet que le trait est tracé par les particules ayant pris, au contact de chaque pointe, des charges de même si-gne que cette pointe, étant par suite repoussées parcette [jointe et attirées par l’autre ; ces particules, ayant des charges électriques sur leur trajet, attirent à elles les molé-cules neutres qui, se dirigeant vers la [Jointe, tracent l’auréole du trait; si l'onre-margge qu'au milieu de l'étincelle, il y a une zone neutre, sans auréole, que d’autre part dans chaque moitié l'aspect et la direction des traits de l'auréole sont absolument différents, caractéristiques, du signe delà charge, il faut admettre qu’au milieu de l etincelle, les particules des deux moitiés du trait, lancées les unes contre les autres
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- REVIE DES SCIENCES PIIOTOGRAPIIIOUES
- avec des charges contraires, se neut ralisent. En constituant l’une des électrodes par une pointe, F’autre par une plaque, on peut obtenir la décharge faite exclusivement dans un sens, de la pointe vers la plaque, ainsi que le montre l’auréole du trait n’ayant dans toute la longueur que les caractères de la décharge positive (fig. 4), ou de la décharge négative ( fig. 5).
- Ainsi se trouvent élucidés, par la photographie, les phénomènes dynamiques et cinétiques de l'étincelle électrique, et l'interprétation à laquelle on se trouve conduit ale très grand avantag. d'étre en conformité parfaite av ec les lois générales de l'élec-tlicite.
- La production de ces décharges et l'obtention de ces photographies est subordonnée à la présence d’une feuille métallique sous la plaque photographique du coté non sensible. Il ne nous semble pas quelinfluence de cette feuille métallique trouve son esplication dans les faits connus de l'éleetrici té.
- L action du champ électrostatique de deux pôles de noms contraires, sur les corps légers et les moléeules d’air, est bien dilférente de l’action du champ magné-tique de deux pôles de noms contraires sur la limaille de fer, cette dernière n’est qu’une action d’orientation tandis que le champ électrostatique provoque des mouvements d’attraction et de répulsion. Cette différence est bien «exprimée dans la fig. 6 qui peut être comparée à celle de trois champs magnétiques superposés; l'auréole autour de chaque pointe est comparable à un champ magnétique monopo-laire exprimant l'attraction du pôle sur la limaille de fer, les traits unissant les deux pôles seraient l’analogue du champ magnétique bi-pulaire, entre deux pôles de noms contraires.
- Le champ électrostatique présente une bien plus grande analogie avec les champs de diffusion dans les liquides, «pie nous avons décrits au Congrès de Montauban, qu'avec les champs magnétiques. Dans les champs de diffusion liquides on observe, exactement les mêmes mouvements que dans les champs électriques et, il n’est pas une particularité dynamique, cinétique, ou graphique «les champs électriques, qjue nous ne puissions reproduize par la diffusion des liquides. LJ’existence d’une pareille similitude est impossible sans une analogie de nature, et l’étude des phénomènes de diffusion semblerait devoir nous éelairer sur la nature des phénoménes électriques et sur les produits deféther.
- (Communieation mi Cungres tenu à Grenoble (1906) par l’Associai ion frangaise pour l’avancement des Seienees).
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- Photographie d'une ilcchm-nc êh i-1ritjue complele, sans noite et sans halo : Ptincclle enire drn.v pointes perprndnnlaires à la sur/aee de la plaque, montrant l'ameole autour de chaque pointe, et les leails entre tes deua noinles.
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- SUR QUELQUES APPAREILS NOLVEAUX
- DESTINÉS AUX ÉTIDES SENsITONÉTRTQUnS
- ET Nsti IIISTORIQUE DES METHODES EMPLOYÉES ANTERIEUREMIENT
- Par C-L.-K. MEES et S.-E. SHEPPARD
- (Suite)
- Pour les essais commerciaux dela rapidité des plaques, la chambre noire était munie d’un écran compensateur bleu clair ramenant la composition spectrophotométrique de la flamme d’acétylène à celle de la lumière diurne diffuse ; de celle façon, lorsque l’on expérimente les plaques orthochromatiques, les résultats obtenus eu lumière artificielle sont directement applicables en pratiquecourante, la composition de la lumière étant alors la même que la lumière naturelle vers le milieu de la journée; faute de cette pré. caution, et par suite de l’excès de radiations jaunes dans la lumière des sources arti-ficielles généralement utilisées pour ces essais, on trouve pour les plaques orthochro. matiques des résultats erronés.
- Le brûleur à acétylène II, précédemment décrit, est monté sur un support à mouvement universel K, et estentouré d’un manchon étanche à la lumière, mais bien ventilés muni d’un capuchon I ; ce brûleur est monté à l’avant de la chambre.
- La source de lumière étant ainsi à courte distance de la plaque sensible, il est nécessaire d'effectuer une correction pour les variations de l’angle d’incidence du faisceau lumineux reçu en divers pointdela plaque, cette correction prend uneimpor-tance plus grandi' encore lorsque l’on introduit datas la chambre le verre dépoli diaphragmé; on détermine aisément le facteur de correction pour chaque point de la plaque en exposant une plaque d’essai dans l’appareil après enlèvement du disque à secteurs, et mesurant de façon précise des densités aux divers points de cet te plaque.
- Cuve pour le développement à température constante. — Il est essentiel, tant pour l’étude des phénomènes du développement que pour les essais sensitométriques, de maintenir à température constante le révélateur employé ; on pourrait immerger a cuve de développement dans un grand récipient rempli d’eau tiède, comme l’a proposé AL DRIEFFIELD,maisil est plus commode d’utiliser un thermostat; un thermostat est constitué par une assez grande masse d’eau, mise en circulation par un agitateur automatique et maintenue à température constante par une source de chaleur com-mandée par un régulateur automatique. Pour tirer tout le parti possible d’un tel dispositif, il est indispensable que le révélateur soit lui-même constamment en mouvement ; il serait peu commode d'utiliser dans ces conditions les cuvettes plates habituelles ; on adopta donc pour le développement un tube vertical, dans lequel la plaque tournait sur elle-même autour de l’axe. Nous rencontrâmes au début quelques difficultés à éviter la formation d’un voile ; nous croyons donc devoir indiquer quelques précautions essentielles,
- 1) Les gaz de la combustion, sortant du réchanffeur du thermostat, ne doivent pas pénétrer dans le laboratoire.
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- REVTE DES SCIENCES PHOTOGRAMTITOUES
- 2) La vapeur d’eau qui peut s'échapper du thermostat ne doit pas pouvoir atteindre la plaque en expérience.
- 3) Le thermostat ne doit comprendre aucune pièce de zinc ou de plomb ; la présence de plomb en minime quantité dans les soudures n’est cependant pas gênante.
- 4) Le tube renfermant le révélateur doit être en verre; il doit être protégé parmi couvercle étanche à la lumière.
- 5) Les griffes dans lesquelles la plaque est saisie doivent être? enébonite; on pourrait évidemment utiliser des supports de verre, d’argent ou de platine, maisl'ébonite est plus facile à travailler.
- 6) La vitesse* de rotation de la plaque dans le révélateur doit être assez lente, trente révolutions par minute suffisant amplement.
- Notre thermostat, imaginé sur nos indications par M. A. I). Cowper, satisfaisait à ces diverses conditions; il comportait (fig. 11) une cuve en cuivre, étamé
- intérieurement, contenant environ 13 litres d’eau ; cette cuve est montée sur une seconde caisse constituant l’appareil de chauffage, et qui est disposée de telle sorte (fig. 12) que les gaz chauds se dégageant des brûleurs passent d’abord sous le thermostat, puis sont conduits au dehors par le tube d’échappement C ; le brûleur est placé dans une pièce voisine, et communique avec la boîte de chauffe par un tube traversant la muraille, comme le tube d’échappement ; un régulateur de température, au mercure, est plongé dans le thermostat; le tube amenant le gaz au brûleur traverse ce régulateur avant de traverser la cloison pour se rendre au brûleur. La circulation de l’eau est assurée par un agitateur à quatre ailettes D (fig. 11) dont l’axe porte une poulie E reliée à un moteur, et diverses autres poulies pour la commande des porte-plaques rotatifs. Lu serpentin b’ (fig. 13) entoure complètement le thermostat et permet, si le besoin est, de refroidir le thermostat
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- 2
- 1 I : 1 :
- par un courant d’eau froide ; l’instrument comporte également un tube indicateur de niveau, des robinets de remplissage et de vidange et un thermomètre centigrade divisé en 1 /10n de degré :
- Dans la paroi supérieure, d’ailleurs étanche, du thermostat, s'ouvrent quatre
- les plaques 23 X 105mm et de 200 ce. pour les plaques 36 X 1O5™!". On ferme ces lobes au moyen de bouchons A en ébonite (fig. 13) au travers desquels les arbres B viennent actionner les porte-plaqjues E, formés d’une feuille mince d’ébonite dont les bords inférieurs et latéraux ont été pliés à l’eau chaude de façon à constituer
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- REvIE DES SCIENCES PIIOTOGRAPIITOUES
- fenillures ; ce dispositif de fixation des porte-plaques sur l’arbre de rotation permet à l'occasion d'adosser l’un à l'autre deux porte plaques. Le mouvement est communiqué de l'arbre central de l'agitateur à chacun des quatre porte-plaques au moven d’un bracelet de caoutchouc sans lin qui passe sur chacune des poulies, comme le montre la figure 13.
- Notre mode de développement est le suivant : un tube est rempli d’eau distillée et l’autre de révélateur normal 1); on les abandonne pendant une demi-heure dans le thermostat, pour assurer l'équilibre de température, nos essais étant effectués à la température constante de 20 C. La plaque, engagée dans son porte-plaque, est mise deux minutes dans le tube à eau distillée puis dans le révélateur pendant le temps convenable, et enfin une minute à nouveau dans l'eau distillée avant d’être fixée. Toutes les mesures de temps sont effeetuées an moyen d’un chronographe compteur, à arrêt et remise en marche facultatits; le laboratoire est éclairé, quand besoin est, par une très faible lumière rouge.
- (4 suivre).
- Traduction 1 -P. CLERe.
- -
- (1) Ce révélateur indiqué par un artiele précédemment puhlié par les auteurs (Photographic Journal, juillet 1203, page 1219) 0sI obtenu en mélangeant (8 grammes doxalate neutre de potassium dissous dans p00ee. d'eau, 0127 er. de sulfate ferreux cristallisé. dissous dans 100 ce. d eau renfermant 1 c d'aride sulfurique pur : après mnélange ou obtient, une solution déci-
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- REVUE DES SCIENCES PHOTOGRAPIIIQUES
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- SUR LA CONPOSITION DES IMAGES AIlGENTIQUES VIRÉES
- AVEC DIVERS SELS MÉTALLIQUES
- Par MM. A. et L. LOwrÈns et A. SEYEWKTZ
- Les images photographiques obtenues par développement sont susceptibles, comme on le sait, d'être virées en couleurs variées au moyen de divers sels métal-liques.
- Les seuls bains de virage de ce genre utilisés pratiquement sont obtenus avec les sels d'urane, de fer et de cuivre. Jusqu'ici la composition des images formées par virage avec les sels métalliques précités n’avait pas été déterminée. Nous avons pensé que cette question présentait un certain intérêt et nous nous sommes livrés à l’analyse des images virées avec les sels d’urane, de fer et de cuivre. Nous avons, d'autre part, comparé les résultats obtenus à ceux qui découlent des hypothèses les plus vraisem-blables qu’on peut faire sur ces réactions.
- Parmi les nombreuses formules de virage aux sels d’urane, de cuivre et de fer, qui ont été préconisées et qui pour un même sel métallique conduisent à des tonalités très voisines, nous avons choisi celles qui ont été adoptées dans les produits connus dans le commerce sous le nom de Cln'iWlOfjèlie'i Lumière. Ce sont des mélanges en poudre pouvant être conservés sans altération et qui renferment les divers réactifs susceptibles de produire le virage dans les meilleures conditions possibles.
- Méthode d’analyse.— Dans ces essais, on a soumis à l’action des virages 12 phototypes ordinaires 13 X 18 obtenus par développement de plaques Lumière (étiq. bleue) au gélatino-bromure d’argent. Ces phototypes ont été lavés complètement pour éliminer toute trace d'hyposulfite de soude, puis soumis pendant une heure et demie à l’action du bain de virage de façon à produire la transformation de l'argent de l’image d’une façon aussi complète que possible.
- Après virage, les plaques ont été lavées jusqu'à élimination complète de l’excès de réactif, c’est-à-dire jusqu'à décoloration complète des parties transparentes de la plaque.
- La couche a été ensuite détachée du verre, lavée de nouveau en pressant la gélatine dans un nouet jusqu'à éliminai ion de tout sel soluble, puis séchée et incinérée. Le résidu de l’incinération a été épuisé à l'eau chaude et on a dosé la potasse dans cette solution, à l’état de chloroplatinate. Le résidu, dissous dans l’acide nitrique bouil-huit, a permis de doser les éléments après les avoir séparés. On a analysé, d'autre part, le résidu insoluble dans l’acide nitrique (chlorure d’argent). Enfin on a vérifié l’exactitude de cette méthode en dosant les éléments du ferroeyanure pur.
- Certains résultats douteux ont été contrôlés par une nouvelle analyse faite soit sur des images virées comme ci-dessus, soit sur de l’argent précipité à l’état très divisé (réduit par la formaldéhyde) et mis en contact pendant plusieurs jours avec
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- 5
- : :
- 1
- les bains de virage, puis lavé complétement pour éliminer tout excès de bain de virage (1).
- Composition des chromogènes. — Les divers mélanges que nous avons dési-gnés sous le nom de Chromogénes renferment tous un composé commun ; le terri-cyanure de potassium, destiné à réagir sur l'argent en se transformant, en ferro-eyanure et un sel métallique (pti réagit à son tour sur ce ferrocyanure et duquel dépend la couleur de l’image virée. Ce sel est le citrate ferrique pour le virage au 1er, le nitrate d’urane pour le virage à l’urane et le chlorure de cuivre pour le virage au cuivre. Les deux derniers virages sont, en outre, additionnés d’un acide organique destiné à dissoudre le ferrieyanure d’argent formé par l’action du ferrieyanure de potassium en excès sur le sel d’argent soluble qui prend naissance pendant le virage. Si l’on ne dissolvait pas le précipité de ferrieyanure d’argent, il tacherait les blancs de l’image.
- Le virage au cuivre est additionné de citrate de potassium destiné à dissoudre le ferrieyanure de cuivre insoluble dans l’eau qui se forme par le mélange du sel de cuivre avec le ferrieyanure de potassium. La nécessité d’employer le citrate de potassium empêche d’ajouter à ce virage, comme aux précédents, un acide organique, carie ferrieyanure de cuivre ne se dissoudrait [tins dans le citrate de potassium. L’est pourquoi on emploie un sel de cuivre (chlorure) dont l’acide ne peut pas former de sel d’argent soluble, ni par suite, de ferrieyanure d’argent insoluble.
- Analyse des images virées. — Avant de procéder à l’analyse des images virées, nous avons déterminé la composition des images traitées par le ferrieyanure de potassium seul, afin de rechercher si dans cette opération, qui peut être considérée comme la premiére phase dans les trois espèces de virage, il se forme du ferroevanure d’argent pur ou un ferrocyanure double d’argent et de potassium.
- Voici les résultats obtenus :
- Résultats trouvés des métaux contenus dans le mélange Rés U liais calculés pour les formules suivantes :
- N® 1 N’ 2 Argen ........ 29,% 77,33 Fer 19,22 20,99 Potassium. ...... 1.38 1,63 KLuasc. Argent 38,1a Fer 49,93 Potassium . . 41,03 Ae‘E(CA,.Ke 88,#2 11,47
- Ces nombres paraissent indiquer que l’argent se substitue à la presque totalité du potassium et que l’image n’est pas formée par un composé défini, mais quelle résulte plutôt d'une réaction incomplète.
- \1) Les analyses faites sur de largent précipité traité par le ferrieyanure de potassium ainsi que par les divers chromogénes n’ont donné des résultats intéressants que dans le traitement avec le ferrieyanure de potassium seul. Dans tous les autres ras, la réaction a été très incomplète et on a retrouvé une notable quantité d’argent non transformé.
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- REVUE DES SCIENCES PHIOTOGRAPITIQUIES
- 299
- On a également analysé le produit de la réaction du ferricyanure de potassium sur de l’argent très divisé après avoir laissé ce dernier en contact, pendant deux jours avec la solution de ferricyanure. On a obtenu les résultats suivants :
- Argent....................... 88,66 0/0
- Fer.......................... 10,37 0/0
- Potassium..................... 0,70 0'0
- (les nombres sont très voisins de ceux calculés pour le ferrocyanure d’argent. La réaction a donc été plus complète dans ce cas qu’en présence de la gélatine qui sert de substratum à l’image. On peut donc admettre qu’il se forint1 du ferrocyanure d’argent.
- Voici les résultats trouvés pour l’analyse des images virées avec les trois espèces de virage. Les nombres obtenus ont été rapportés à 100 gr. des métaux contenus dans le mélange. Dans le virage au cuivre, on a obtenu, outre les métaux à l’état de ferrocyanure, un résidu important insoluble dans l’acide nitrique qui est constitué par du chlorure d’argent.
- VIRAGE VIRAGE VIRAGE Nota. — Dans l'image virée au cuivre, on a trouvé également du chlorure d'argent qui est rest inso-
- Fer Argent Potassium . Uranium . . . Cuivre . . . . 67,as 31.39 0,76 21,89 30 p 1,22 46,89 30,99 36,58 4,39 28,01 luble dans le traitement par l’acide nitrique. Le poids d'argent. contenu dans ce chlorure est un peu supérieur celui trousé à létal de ferroeyanure (120 gr. pour 100 gr.) On n’en a pas tenu compte dans le calcul centési-mal. <le la composition de l’image in-diquée ci-contre.
- 100 » 100 » 100 »
- Si l’on compare les nombres trouvés à ceux qui correspondent aux formules des corps pouvant normalement prendre naissance par l'action du ferrocyanure d’argent (formé dans la première phase du virage) sur les divers sels métalliques constituant les agents proprement dits du virage, on ne trouve aucune concordance avec les chiffres des analyses. Dans tous les cas les nombres trouvés paraissent intermé-diaires entre ceux correspondant à deux formules : l’une dans laquelle l’argent est substitué en partie par le métal produisant le virage, l’autre dans laquelle cette substitution est complète. La très faible teneur en potassium trouvée dans les trois espèces d’image étant de beaucoup inférieure à celle qui correspond aux for-mules renfermant la plus petite quantité possible de ce métal, on peut en conclure qu’on a affaire au résidu d’une transformation incomplète.
- Les images virées à l’urane renferment donc de l’uranium, du fer, de l’argent et une petite quantité de potassium. Leur composition paraît correspondre à une formule intermédiaire entre les deux suivantes :
- 83
- II
- I ?
- Il zs QEF ?‘5
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- 300 RENUE DES SCINGEs PIIOTOGRAPIIOUES
- Les éléments trouvés dans les images virées au 1er sont le fer, l’argent et une petite quantité de potassium. Leur composition paraît correspondre à une formule intermédiaire entre les deux suivantes :
- ({ 3-5
- — — — CCC wN Se -
- Enfin, dans les images virées au cuivre, on a trouvéducuivre, du fer, debargent, une pelite quantité de potassium, et enfin une notable proportion de chlorure d’argent libre.
- Les résultats de l’analyse permettent de supposer que l’image correspond, sans tenir compte du chlorure d’a ruent libre, à une formule intermédiaire entre les deux suivantes :
- Ae Aes
- Fe -z —Cu— (G.A)-=Fo \Cu Cu/
- t
- Jt
- g
- /
- 5 o
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- §
- I
- SUR UN NOUVEAU VIRAGE AU PLOMB ET AU COBALT
- Par MM. A et L. LUMIÈRE et A. SEYEWETZ
- « En étudiant l'action des solutions renfermant plusieurs sels métalliques sur l’image argentique, nous avons pu obtenir des épreuves colorées en vert, en les traitant successivement par un premier bain de ferricyanure de potassium additionné de nitrate de plomb, puis par une solution de chlorure de cobalt en liqueur fortement acidulée par l’acide chlorhydrique; l’épreuve n’est soumise à l’action du deuxième, bain qu’après avoir été lavée convenablement pour en éliminer toute trace de réactif provenant du premier.
- Voici la composition des solutions que nous avons employées :
- I) Eau
- 2) Eau
- Acide chlorhydrique .
- 1000
- 60
- 40
- 1000
- 100
- 300
- On laisse l’épreuve dans le premier bain jusqu’à ce qu’elle ait complétement blanchi (1), puis on la lave abondamment de façon à obtenir des blancs d’une. pureté parfaite. Si elle n’est pas lavée suffisamment après le premier bain, les blancs se colorent dans le deuxième. L’épreuve est plongée pendant une ou deux minutes dans la solution de chlorure de cobalt acide. Elle prend immédiatement un ton très brillant sans coloration des blancs. On la lave ensuite pour éliminer l’excès de réactif. »
- Si l’on examine les réactions susceptibles de se produire dans ces virages, on peut supposer (pic, dans la première phase il se forme un ferroeyanure double d’argent, et (h; plomb, dl'aprs l'équation suivante' :
- 55
- 1
- +
- 4
- li
- es +
- I
- Si la substitution du plomb est plus complète on peut avoir successivement les
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-
- ë
- REVUE DES SCIENGES PHIOTOGRAPIIQUES
- Dans la deuxième phase de la réaction, le ferrocyanure double de plomb et d’argent donne, avec le chlorure de cobalt, des chlorures d’argent et de plomb et le cobalt se substitue en partie au plomb et à l’argent. Ou a donc finalement une image qui renferme du plomb, de l’argent, du fer et du cobalt à l'état de ferrocyanure, ainsi que des chlorures d’argent et de plomb. On peut, par exemple, représenter la réaction par l’équation suivante.:
- (M*)«Nef *)4+ = #, zIeSCzy*+sA„a+PM
- La réaction se poursuivant, ou peul supposer que le cobalt tend à se substituer totalement à l’argent et au plomb pour donner finalement le composé suivant:
- # = «Nyso
- Pour vérifier ces hypothèses, on a fait l’analyse des images après le premier virage dans le ferricyanure de potassium additionné de nitrate de plomb.
- On a trouvé les résultats suivants :
- Résultats calculés pour 100 grammes des éléments
- Résultats calculés pour les formules suivantes
- Plomb. .
- Argent. .
- Fer. . .
- Potassium
- 131,04
- 0,000s
- 1,""Ickzju.}t“
- FeZ I| xPb Pb
- Plomb . . . 05,1
- Argent . . . 22,7
- Fer . . . . 11,8
- Potassium . .
- 52 2
- !
- zi
- -8
- 2 g
- Les résultats trouvés paraissent indiquer que l’image virée au ferricyanure de potassium (il au nitrate de plomb, a une composition voisine de la formule (2), mais renferme pourtant plus de plomb et moins d’argent. Cette composition serait donc intermédiaire entre celle correspondant à la formule (!) et celle de la formule (2) où il y aurait substitution totale du plomb à l’argent.
- ç 3
- ¥
- 2
- L'analyse des images virées d’abord au ferricyanure de potassium et au nitrate de plomb puis au chlorure de cobalt, a été faite dans les mêmes conditions que celles des autres images virées précédemment .
- On a obtenu une quantité importante de chlorure d’argent (plus du double de celle trouvée dans le dosage de l’argent du ferrocyanure) qui est restée insoluble dans
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- l’acide nitrique. Voici les nombres trouvés pour l'analyse des éléments solubles dans l’acide nitrique. L’argent a été dosé à l'état de chlorure, le plomb et le cobalt à l’état de sulfure, le fer à l’état d’oxyde.
- Résultats trouvés dans 100 gr. des éléments Résultats calculés pour les formules
- (C.AzyK\PRS(CAz). A*8A8.AA Co Fe Co Fe *=(CaLKGS:
- Cobalt 42,21 18,07 51,30
- Fer 23,29 17,15 48,68
- Plomb 17,34 31,69
- Argent Potassium 16,36 0,23 ! 33,07
- En comparant les résultats trouvés à ceux calculés, en supposant que le cobalt se soit substitué au plomb et à l’argent, on ne trouve, pas de formule vraisemblable concordant avec la composition centésimale trouvée.
- On peut supposer (pie les réactions sont partielles et (pie la composition trouvée correspond à une substitution incomplète des métaux. Néanmoins, ces résultats sont
- des images virées au plomb et au cobalt.
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- REvII DES SaIENGES PIIOTOGRAPIIQULS
- ACTION DE LA LUMIÈRE SUR LE
- D’ARGENT
- Ll'action de la lumière sur le chlorure d'argent a été fort étudiée, surtout dans res
- derniéres années; mais, jusqu'ici, le mécanisme de cotte transformation n'est pas connu. Dans l'étude que nous allons faire de celte question, nous ne citerons pas tous les auteurs ayant étudié l'action de la lumière sur le chlorure d’argent (cela nous entraînerait trop loin), nous ne ferons qu’indiquer les travaux les plus importants sur ce sujet.
- C’est à SeuEnI que nous devons la premiere observation ; cet illustre chimiste reconnut en 1877 que le chlorure d’argent blanc se colore à la lumière en violet foncé ; en 1781, SENNEUIEN montra que cette décomposition avait lieu à toutes les températures, dans le vide, de Torricelli, dans l'air sec comme dans l'air humide.
- En 181 L, FIseIKR reconnut que cet te action se produisait même à la température de 18° Réaumuren tube scellé, l’air étant humide ou parfaitement sec; puis les recherches des chimistes continuant, on remarqua qu’un grand nombre de substances, comme l'alcool, l'éther, etc., favorisaient l’action de la lumière; qu'un certain nom-bre d’autres, au contraire, diminuaient on méme arrêtaient cette action; parmi ces substances se trouvaient le hichlorure de mercure, l’acide chlorhydrique fumant, le perchlorure de fer, le bichlorure de cuivre, etc.
- Bixsex et Roscoë, dans leur beau travail sur l’activité chimique de la lumière, reconnurent qu'il n'y avait pas proportionnalité entre la coloration du chlorure d’argent et l’intensité lumineuse cinq lois plus grande, la coloration du chlorure n’est que, de 2.3 fois plus forte.
- Jusqu’ici, tous les observateurs sont sensiblement d’accord sur les phénomènes observés qui sont relativement simples; mais à mesure que les observations deviennent plus nombreuses, les expériences deviennent plus difficiles à reproduire, et souvent même, les résultats obtenus par deux observateurs dlifférents sont contra-dictoires.
- L’action de la lumière sur le chlorure d’argent a été considérée, par un certain nombre d’observateurs, comme étant un phénoméne de dissociation, la lumière remplaçant la chaleur; dans ces conditions, le chlore doit se dégager à l’état gazeux ou se dissoudre dans les liquides avec lesquels il est eu contact ; et h* poids de chlore éliminé devrait rire proportionnel à ladurre de F’acl ion lumineuse ; mais les différents observateurs ont toujours trouvé des pertes de (3 très faibles méme au bout d’un temps dl’exposition très long à la lumière. Ainsi Fisern avait trouvé une perte de
- 2 12 I
- 1000 et Vouee une perte de 1 006 de cilore. < nky Le 1 n’a trouvég": 100 de chlorure d’argent transformé en sous chlorure, ef cependant, d’après Townssi,le chlorure, coloré en violet par la lumiére esl de plusieurs centièmes plus pauvre en chlorure que le chlorure blanc.
- Biche, après une exposition du chlorure d’aruent pendant dix-huit mois au soleil, obtint un produit correspondant à peu près à la formule Ag"C12 et il conclut de celle
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- AEVLN DES SCIENCES PHIOTOGRAPIOt ES
- analyse que le produit d’altération du chlorure est Ag2CI qu'on admet ordinaire-ment, à cause de la simplicité de sa formule.
- D après FIsonEn, WET/Lan, VocEI., CREY LEs, BEcQi EREL, le produit d’altération du chlorure d'argent par la lumière est une combinaison moins chlorurée, et non pas un mélange d'argent et de chlorure, car l'acide nitrique étendu n'en extrait pas d argent ; cependant, ils admettent qu'il peut y avoir de l'argent métallique mélangé par une très longue exposition à la lumière au chlorure d'argent, ou par la présence du nitrate d’argent ou de matières organiques.
- D'autres chimistes, au contraire, comme de BIRRA, n’observant qu'une perte insensible de poids pour le chlorure exposé à la lumière, admettent que la coloration n’est due qu'à un changement moléculaire sans changement dans la composition ; d’autres enfin, comme Hrvr et SAULER, ayant cru observer que la coloration violette du chlorure d’argent à la lumièrese produisait plus facilement dans l'air (pie dans l'azote, admirent qu’il y avait formation d’oxychlorure d’argent dans cette circonstance.
- Enfin, M. Romym Helchock (American Chem. Journal, avril 1891 ), en exposant du chlorure d’argent en couche très mince au soleil, pendant 100 jours, a obtenu des pertes de chlore variables pour les dilférentes lames et oscillant entre 7 et 9 il admet 8 "/ en moyenne; ce qui correspond sensiblement à la formule Ag"C]2; il trouve, de plus, 28 % d’argent soluble dans l’acide nitrique étendu, ce qui lui fait écrire le composé obtenu Ag (s C1,2.
- RICARosox (Chemical Soeieli/, 7 mai 1891), en étudiant la décomposition du chlorure d’argenten présence de l'eau, montra qu’il y avait formation de chlore libre, et de plusqu’il n’y avait pas deformation d’oxychlorure d’argent; pour le prouver, il prit du chlorure d’argent ayant perdu 80 "/o de chlore par exposition à la lumière et il acheva la réduction à chaud par un courant d’hydrogène pur; il pesa l’eau formée en l’absorbant par de l’acidephosphorique anhydre; le poids d’eau obtenu fut toujours insignifiant. D’ailleurs, le noireissement du chlorure d’argent se fait aussi sous du tétrachlorure de carbone privé d'air par ébullition.
- Quel est le composé qui se forme dans l’action de la lumière sur le chlorure d’argent? D’est ce qui, jusqu’ici, n’avait pu être établi, car jusqu’ nos expériences sur ce, sujet, l’existence dessous sels d'argent était loin d’ètre établie; nous allons le montrer en rappelant brièvement les expériences contradictoires de leur préparation.
- WELZLAR a reproduit le premier une matière analogue au sous-chlorure d'argent violet, en versant du perchlornre de 1er ou du bichlorure de cuivre sur de l’argent en lames minces; l’argent se transforme de suite en petites paillettes noires violacées, (pie l’on lave aussitôt, car un contact trop prolongé donnerait naissance à du chlorure blanc. Becoeebel a analysé deux échantillons de ce produit préparés de la manière suivante : le bichlorure de cuivre a été formé par un mélange de chlorure de sodium et de sulfate, de cuivre, (*ton a projeté dans cette solution de l’argent récemment précipité par du zinc; il s’est forint'* aussitôt une poudre violette qui a été lavée dans 'eau bouillante; cette poudre, d’après les analyses de BEQERUI, a sensiblement pour composition Ag-td. Mais ce procédé de préparation est très inconstant dans les produits que l’on obtient. Ainsi CAREY LEs, dans un important mémoire sur les protochlorures d’argent, n'a pu obtenir ainsi un composé délini; le produit renfer-liait au [dus 80 de sous chlorure As3U1.
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- En répétant ces expériences, j’ai obtenu, dans l’attaque par le bichlorure de cuivre dune poudre très line d’argent provenant de la réduction du chlorure d’argent pur par le procédé Levai.. des produits d’une composition variable, ayant tous très sensiblement la meme couleur rouge violacé, et contenani de 01 24,7" de chlore, cest-à-dire que la composition varie avec la concentration du chlorure cuivrique et la durée de lattaque. Avec des liqueurs de bichlorure de cuivre étendues, il reste toujours de l’argent inatlaqué ; avec des solutions concentrées et un grand excès, on obtient en moins d’une minute des produits contenant plus de 50 " ,, de chlorure blanc d’argent. Il est très probable qu’on pourrait arriver à déterminer une concen-tration de chlorure cuivrique et des proportions telles qu’on obtiendrait rigoureu-sement 2 01. On peut éliminer le cuivre de ce composé par des lavages à l’acide
- chlorhydrique faible, sans altérer sensiblement le SOUS chlorure existant.
- WOrLEN, en chauffant à 100 un certain nombre de sels d’argent à acide organique, notamment le citrate et le. mellitate d’argent, obtint des sels qui, dissous dans l’eau.
- précipitaient en noir par la potasse, en rouge -brun par l’acide chlorhydrique, et (pii, d’après lui étaient des sels de sous-oxyde d'argent; mais ces expériences, reprises par de Bns, Pi ommriM, BAIEY, FRIEDUEI, et autres, amenèrent une conclusion tout à fait différente ; les sels obtenus par WornEn sont des mélanges de sels d’oxyde d’argent, et d’argent métallique.
- L’action de la lumière sur le chlorure, d’argent a été étudiée surtout dans ces der-nieres années; mais le méeanisme de cette transformation n'est pas connu. A mesure, que les observations deviennent plus nombreuses, les expériences deviennent plus difficiles à reproduire, et souvent même les résultats obtenus par deux observateurs différents sont contradictoires.
- A quoi peuvent tenir ces résultats contradictoires? Pour élucider celte question, il fallait d’abord s'assurer de l’existence des sels de sous-oxyde d’argent, ensuite étudier leurs propriétés. J’ai démontré l existence de ces sels en montrant que l’un d’eux, le sous-fluorure d’argent, s’obtient admirablement cristallisé et d’une compo-sition parfaitement constante. Ce sel s’obtient très facilement et en très grande quan-lité en chaulfant une solution saturée neutre de fluorure d’argent avee de l’argent en poudre fine. Il y a une combinaison moléculaire.
- Al-i*e-Au-I.
- La combinaison ne se produit pas au-dessous de40"; il est bon de, chauffer le mélange entre 60 et BU".
- Le fluorre est débarrassé de son eau-mère par compression entre1 des doubles de papier buvard, jusqu'à ce qu’il ne tache plus le papier, et conservé dans de l’air sec sur du papier. Il faut éviter avec soin l’action de l’eau, car il se décompose parleau en donnant de l’argent métallique et une solution de fluorure d’argent. Ce sous-fluo-rureil’argent, parfaitement défini et facile à préparer, peut servir à obtenir les autres sous-sels.
- ( thauffédans un courant d’acide chlorhydrique, le sous-fluorure d’argent est décom-posé, de l’acide fluorh vdrique se dégage et il se recouvre d’une couche de sous-chlorure d’argent «pii arrête la réaction ; en reprenant ce produit, le broyant pour renou-veler les surfaces, puis l’exposant de nouveau à l’action de l’acide chlorhydrique, et recommençant un certain nombre de fois cette double opération, on obtient le sous-
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- chlorure d’argent pur. Mais on arrive au même résultat en chauffant Ag- El avec du trichlorure de phosphore en excès en tube scellé; si le sous-fluorure d’argent est en poudre fine et le temps de chauffe suffisant, on obtient du premier coup le sous-chlorure pur.
- La préparation du sous-bromure d’argent, et surtout du sous-iodure, est beaucoup plus facile. L’action de l’acide iodhydrique ou de l’iodure d’éthyle se fait très rapide-ment et complètement, presque sans chauffe.
- Le sous-chlorure d’argent, ainsi préparé, est formé avec absorption de chaleur à partir du chlorure d’argent :
- 2gC1 solide = AgeC1 solide + Cl gaz — 28°7.
- Ce résultat ('.si très important, comme nous le verrons plus lard. Le sous-chlorure d’argent est une poudre rouge violacée, excessivement opaque, que l’acide nitrique n’attaque pas. On peut laisser pendant longtemps Ag- CI en contact avec de l’acide nitrique étendu dans l’obscurité, l’argent n’entre pas en dissolution ; si, au contraire, on laisse le flacon à la lumière, on constate qu’il se dissout de l’argent, et (pie la proportion dissoute augmente avec le temps jusqu’à une certaine limite. Cela tient à ce que le sous-chlorure d’argent se décompose lui-mème à la lumière en argent et chlore, l’argent entre en dissolution dans l’acide nitrique et le chlore précipite une partie du nitrate d’argent dissous, de sorte que, finalement, on a la réaction :
- 35
- +
- O S
- II
- 3
- +
- 19
- 39
- +
- i
- +
- 1
- +
- O
- I Lorsque tout le sous-chlorure d’argent est décomposé, la réaction s'arrête. Les
- I substances qui attaquent AgCl attaquent toutes le sous-chlorure; ainsi, le cyanure
- ! de potassium, l’ammoniaque, l’hy posul fite de soude, décomposent le sous-chlorure d’argent en dissolvant le chlorure et laissant l’argent métallique.
- L’acide nitrique concentré, les solutions de sodium et d’ammoniaque attaquent lentement le sous-chlorure. Dans toutes les réactions, en présence de l’eau, le sous-chlorure d’argent semble se comporter comme un mélange d’argent et de chlorure d’argent, l’eau semblant décomposer tous les sels de sous-oxyde en argent et en sel de protoxyde. Avec le sous-fluorure d’argent, cette réaction se vérifie très facile-ment; la décomposition par l'eau, même en petite quantité, est complète et rapide ; avee les sels à acide organique de WOEnILER, la décomposition est plus lente; c’est pourquoi l’expérience donne toujours, dans ce cas, un mélange d’argent, de sel de sous-oxydeet de sel de protoxyde. Lorsqu’on emploie un sel de sous-oxyde d’argent, dont le sel de protoxyde est insoluble, comme le sous-chlorure d’argent, la réaction décomposante de l’eau s’arrête presque aussitôt, d l'on ne peut constater l’altéra-don. Cette réaction explique la production des protochlorures. Dans toutes les cir-Constances où s’est placé Caney Lea, il se produit du sous-chlorure d’argent plus ou mnoins impur; par ébullition avec l’acide nitrique, une partie du sous-chlorure est décomposé (car l’acide nitrique, dans ces conditions, dissout du chlorure d’argent), et il ne reste plus qu’un grain de chlorure d’argent .ayant au centre une portion de sous-chlorure non altéré qui lui donne sa couleur. De cette manière, on s’explique ue Ion n’obtenne jamais deux fois de suite un produit de méme composition ou de mnème couleur, la composition et les couleurs dépendent du temps de l’action de
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- RENUI DEs SuENGEs PHOTOGRAPIIOUEs
- l’acide nitrique et des nombreuses circonstances qui peuvent influer sur' la erosseur des grains du chlorure d’argent formé. L’on n’a pas. comme le pensait Cn LEA, un probichlorure- d'iirf/inL ces(-à-dire une combinaison de sous-chlorure d’argent avee une proportion variable de chlorure d’argent. une espèce de laque colorée de chlorure d’argent, mais bien un simple mélange ; l’insolubilité du chlorure d'argent, qui sert de protection contre Faction ultérieure des réactifs, suffit pour expliquer les réactions div erses des protochlorures.
- Voyons maintenant comment ces résultats permettent d’expliquer l'action de la lumière.
- Lorseu'on expose du chlorure d a reent à la lumière. on constate que, s'il est étendu en couche mima' sur du verre. il ne se colore qjue très peu dans les premiers instants d 1 Faction lumineuse, mais (pie si on le place alors dans la solution d’un révélateur, par exemple le révélateur à l’oxalate de protosyde de fer de CRky Lea, dans les conditions où on l’emploie pour les plaques au gélatino-chlorure. le chlorure d’argent est réduit et il se forme de l'argent métallique, sans perte de chlore (puisque h* chlorure est resté blanci, susceptible détre réduite directement par le révélateur. Cette madification se produit probablement avee absorption de chaleur, etcest ce qui explique la réduction directe par le révélateur du chlorure d’argent avec insolation. Ces transformations isomériques ou plutot ces états différents du chlorure d’argent, formés avec des dégagements de chaleur iliffrents, ont déjà été observés par M. BEn-TaLLo1, qui les a obtenus en précipitant le (dilorure d’argent dans diverses conditions.
- J’ai produit d'ailleurs dirertement, en l'absence de la lumière, une modification du chlorure d'argent, réductible par une solution d'oxalate de protoxyde de fer dans l obyseu rité. Pour l'obtenir, j'ai fait bouillir au réfrigérant ascendant, quelques heures dans l'obsen ri l é, du chlorure d’argent bien lavé.
- Pour éviter toute action lumineuse, le ballon, complètement entouré de linge, était chauflé au bain de sable.
- Si on traite alors comparativement, dans les mêmes conditions, c’est-à-d i re si on place dans deux cuvettes identiques des volumes égaux d’une même solution d'oxa-laie ferrico potassique, puis qu'on verse dans chaque cuvette des poids égaux de chlo-rure d'argent en suspension dans le méme volume d’eau, l'un venant d’être précipité et lavé, l’autre ayant bouilli avee de l’eau, on constate qjue ce dernier est réduit très rapidement, tandis que le premier reste blanc. On vérifio ce résultat en lavant, au bout de qjuelques minutes, les deux chlorures, pour les débarrasser du révélateur, puis en les examinant hors de la chambre noire à la lumière diffuse ; dans ces conditions, le chlorure ayant bouilli avec l’eau est complètement transformé en argent métallique entièrement soluble dans l’acide nitrique, tandis que l’autre chlorure est resté complètement blanc et l’acide nitrique en extrait à peine une trace d'argent soluble. CARIN Lea a également signalé une modification grise du chlorure d'argent, obtenue en chauffant le chlorure dans l’obscurité, dans un courant de vapeur d'eau.
- Comment peut-on expliquer maintenant l'action d’un révélateur sur une plaque de chlorure d’argent isolé ?
- la* chlorure d’argent est formé, comme on h' sait, avec dégagement de chaleur à partir de ses éléments.
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- par conséquent, pour le décomposer en ses éléments, il faudrait lui fournir ces 292. Si l’on place du chlorure d'argent dans une solution d’une substance avide de chlore, deux cas pourront se présenter :
- 1° La substance, en se combinant avec le chlore, dégage une quantité de chaleur inférieure à 29" 2. Dans co cas, cette substance est sans action sur le chlorure d'argent, car sans cela on aurait une réaction se produisant avec absorption de chaleur, sous l'influenee d'une énergie étrangère, et cet te suhstance ne peut jouer le rôle de ré-vélateur ;
- 2" La substance, en se combinant avec le chlore, dégage une quantité de chaleur égale ou supérieure à 29'' 2.
- Dans ce cas, la réduction est possible, mais n'est pas nécessaire; aussi, parmi les substances qui, en se combinant avec le chlore, dégagent plus de 29' 2, les unes réduiront immédiatement h' chlorure d'argent non insolé, ces substances ne pourront évidemment pas servir comme révélateurs en photographie: les autres ne produiront pas directement la réduction, qui ne se produira (pie sous l'iufluence d'un travail pré-liminaire, variable en grandeur avee la nature du révélateur. On connaît quelques exemples, en chimie, où un simple changement dans des conditions physiques, chan-gement nécessitant un travail préliminaire très faible d’énergie, permet à des réactions chimiques dégageant de la chaleur de se produira'; l’oxvdation du phosphore dans l’oxygène en est un exemple frappant; on sait (pie placé dans l’oxygéne pur, à une basse température, 10 degrés par exemple, le phosphore n’est pas phosphorescent, c’est-à-dire ne se combine pas à l'oxygène malgré la grande quantité de chaleur qui se produit dans cette réaction : mais si on diminue la pression de Foxy-gëne jusqu’à 1 : d'atmosphère. l'oxydation a lieu avec facilité. L’hydrogène silicié pur, qui n’est pas spontanément inflammable à l’air, fournit un deuxième exemple ; si l’on diminue la pression de ce gaz en le diluant dans un gaz inerte, il devient spontanément inflammable, en se dégageant à l'air. Il a sufli, dans ces deux cas, du travail physique extrêmement faible de la dilatation du gaz pour permettre à la réaction de s’accomplir. L’action d'une substance, dite révélatriee, sur le chlorure d'argent doit être du même ordre. Elle n'est possible que dans des conditions phy-siques convenables du chlorure d’argent, et la lumière est capable de produire cette modification physique vu le peu d’énergie nécessaire à cette transformation. On comprend. en outre, (pie le chlorure d’argent étant transparent, cette transformation peut s* produire jusqu’à une certaine dislama' de la surface, distance fonction de léclairement.
- Cela explique aussi pourgjuoi le chlorure d'argent se réduit alors en proportions znégales, suivant l'intensité de la lumière, lorsqu’on le plonge dans un révélateur. Cest en phénomène qui permet la révélation de l’image latente. L'image latente des plaques photographiques est formée par une modification physique du chlorure dar-gent : il n'y a pas eu perte de chlore, et, par conséqjuent, formation soit du sous-chlo-rure d’argent, soit de protochlorure d'argent, comme l’admet CAnEY LEA. La chaleur absorbée par la formation du sous-chlorure d'argent et des protochlorures par con-séquent est bien trop considérable pour qu’on puisse admettre un seul instant la lormation de ces composés par l’énergie luminense, quoique la présence de matières organiques, dans les plaques, puisse diminuer F’énergie nécessaire à cette réaction.
- Les nombreux et intéressants résultats obtenus par CAnnY LEa (C.Ittwiical .\rirs, 1887 ) s’espliquent bien mieux par l'existence d'une modification physique du chio-
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- rure d’argent sur lequel peut alors ragir le révélateur, que par la formation d’un protochlorure auquel une faible trace de sous-chlorure communiquerait par entrai-nement la réduct ibilité de toute la masse du chlorure d'argent. L’action de l'lypo-phosphite de sonde sur le chlorure d'argent produit, comme la lumière, la modification du chlorure directemenl réductible par la lumière, sans qu'il soit nécessaire d’admettre la formation du sous-chlorure d'argent, la formation de cet te substance n'ayant évidemment pas lieu puisqjue la plaque est restée blanche.
- Quant à la remargjue de Vorr., qjue le chlorure d’argent est plus sensible à la lu-mière quand il renferme du nitrate d'argent que lorsqu'il est parfaitement pur, elle s'explique en remarguant que le chlorure dargent, partiellement transformé par la lumière, et réduit par le révélateur, donne un élément de pile avec. le chlorure d'ar-gent et, comme conséqjuenee de cette action électrochimique produite dans le bain, l'argent produit parla réflexion du nitrate d'argent par le révélateur va se fixer aux points frappés par la lumière où se trouve déjà une petite proportion d'argent mé-tallique, et va aussi renforcer l’action lumineuse ; c’est ce qui explique l'augmen-tation de sensibilité due au nitrate d'argent.
- Cette modification physique da chlorure d'argent explique aussi ce qui se passe dans la maturation des plaques photogranhiques.
- On sait (pie si l’on prend du chlorure ou du bromure d'argent fraichement précipite et lavé, ces substances incorporées à la «flatine sont assez peu sensibles ; il faudrait un temps d'exposition à la lumière assez long pour qu’on puisse révéler l'image la-tente; on a remarqué que si l’on chauffait un certain temps le mélange de gélatine et de chlorure l'argent, on obtient une plaque infiniment plus sensible. On a produit ainsi partiellement et en l’absence de la lumière, une partie du travail nécessaire à la lumière pour accomplir la transformation et qui, par conséquent, diminue l'é-nergie lumineuse à fournir et donue une plaque plus sensible.
- Si nous revenons à la comparaison faite plus haut pour l'oxydation du phosphore, nous pouvons assimiler la maturation à la diminution de la pression de l’oxygène jusqu'à la limite, cest-à-dire jusqu’au point où une. très faible variation de pression détermine la phosphoreseenee, c’est-à -dire l’oxydation.
- G’est ce qui explique pourguoi, lorsqu’on veut pousser trop loin la maturation pour obtenir des plaques très sensibles, les plaqjues se voilent dans le développateur en l’absence de toute lumière, c’est-à-dire que la maturation a produit une certaine quantité de la modification du chlorure d’argent directement réductible par le révélateur dans l'obscurité.
- De fait, lorsqu’on examine au microscope les grains de bromure d’argent d’une plaque au gélatino bromure, on constat!' que les grains grossissent pendant la maturation, ce (pii prouve l’esistence de la modification de leur état physique.
- La production de cet état dl’équilibre instable, dans lequel se trouvent le chlorure et le bromure d’argent dans les plaqjues soumises à la maturation, permet de concevoir comment, dans certains cas, l’effluse électrique des actions mécaniques comme la pression sur la plaque, des actions électrochimiques comme la présence de parcelles de fer ou d’argent à la surface des plaques au gélatino-chlorure, peuvent produire aux points touchés la réduction complète du chlorure d’argent par le révélateur.
- Nous venons de voir ce qui se passe dans les premiers instants de l’insolation du chlorure d’argent ; si nous laissons agir la lumière un certain temps sur le chlorure d’argent, on constate qu’il prend une teinte d'un violet rouge, en même temps qu’il
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- y a une perte «le chlore. J’ai constalé que cette coloration se produisait dans le vide, et en opérant dans l’air, j’ai pu constater et le dégagement du chlore et la perte de . poids du chlorure, qui est toujours très faible.
- Le dégagement de chlore se constate facilement eu prenant du chlorure d’argent en poudre, ou fondu, et en concentrant sur lui les rayons solaires au moyen d'une loupe. Le dégagement de chlore est très net, et peut être constaté soit à l’odorat, soit au papier à l’iodure de potassium.
- Il se forme alors du sous-chlorure d’argent de couleur rouge violacée, cette formation étant prouvée par lidentité de couleur et de propriété de cette, substanee avec le sous-chlorure d'argent, qu’on obtient par double décomposition avec h' sous-fluorure d’argent en l’absence de la lumière. En effet, si l’on traite ces produits par des solutions de eyanre de potassium, d’ammoniaque, T’hyposulfite de soude, du chlorure d’argent se dissout, et il reste de l'argent métallique ; de plus, l'acide nitrique n’enlève pas d’argent au produit d'altération du chlorure d’argent à la lumière, ni au sous-chlorure d’argent. Comment se fait-il que dans l’action de la lumière sur le chlorure d’argent la perte de chlore soit si faible? Cela tient à deux causes : 1° la décomposition de deux molécules de chlorure d’argent se transformant en sous-chlo
- rure et chlore absorbe 28′7.
- 2Agll= Aqa+c
- 1
- Cela montre que la lumière effectue un travail considérable en produisant la dé-composition du chlorure, et explique pourquoi l’action de la lumière est tant facilitée par l’addition de substances organiques ou minérales capables d’absorber le chlore avee dégagement de chaleur, et de fournira la lumière une partie de l’énergie nécessaire à la décomposition.
- La décomposition du chlorure d’argent se produisant avec une absorption de chaleur que fournit la lumière, sa décomposition devrait être proportionnelle à la quan-tité de lumière reçue : si l’on cherche à vérifier cette proportionnalité, on trouve qu’elle n’existe pas et que la quantité de chlorure d’argent diminue très rapidement avec le temps d’action de la lumière; et cela tient à la deuxième cause : 2° l’opacité extrême du sous-chlorure d’argent pour la lumière. Pour le prouver, prenons des couches de chlorure d’argent très minces, placées à la surface «l'une lame de verre,
- Pour obtenir ces couches, voici comment nous avons opéré. Au fond d’un cristal-lisoir d’un diamètre connu, on place la lame de verre qu’on veut recouvrir de chlorure d’argent, puis on y verse successivement une solution titrée de nitrate d’argent, puis une solution d’acide chlorhydrique en léger excès, puis on agite ; lorsque le chlorure d'argent est en proportion assez faible, il reste en suspension pendant un certain temps et, au bout d’un temps variable avec la dilution, tout se dépose uniformément. sur le fond avec une épaisseur facile à calculer, en supposant connue la densité du chlorure d'argent, que nous avons admise égale à 5.
- Supposons, par exemple, que la surface du cristallisoir soit de 200 cm. carrés, et que l’on y verse une solution contenant 0 gr. 5 de chlorure d’argent en suspension; l’épaisseur de la couche d’argent sera de :
- : %mo -anlis"ntinuatic millinsëtee
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- ;
- 1
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- La plaque retirée du cristall isoir, recouverte d'une couche adhérente de chlorure d’argent, est séchée à l’étuve à 1000, puis exposée à la lumière. On constate (pie cet te couche de faible épaisseur arrête les rayons solaires même concentrés par une forte lentille. Exposée pendant plusieurs jours aux rayons directs du soleil, elle devient de ce côté d’un gris légérement violacé, tandis que si l’on a eu soin de préserver l’autre côté de la lumière diffuse, on constate que ce dernier n'est pas sensiblement coloré. Ll’examen au microscope de la plaque confirme ce résultat ; ou peut évaluer l’épaisseur du produit altéré à 1/5 au plus de l’épaisseur totale, ce qui fait millimètre ' au plus comme pénétration de la lumière. En faisant celte expérience, on constate que la coloration du chlorure d'argent à la lumière passe du rouge violacé à un gris présentant à peine une teinte violacée; cela tient à ce que h* sous-chlorure d’argent. lui-même est décomposé par la lumiere en argent et en chlore.
- Pour le démontrer, il suffit d’exposer à la lumière le sous-chlorure d'argent produit par voie chimique; on constate que ce produit s'altère à la lumière en perdant du chlore, eLque si on le traite par de Facide nitrique étendu, de l’argent se dissout. Il y a donc eu formation d’argent, car le sous-chlorure d’argent n’est pas décomposé par l’acide nitrique. Cette propriété explique les résultats discordants obtenus par les auteurs dans l’étude de Faction de la lumière sur le, chlorure d’argent, les uns disant (pie le produit d’altérat ion du chlorure d’argent, à la lumière cède de l’argent à l’acide nitrique, les autres niant le fait. Cela provient de ceque, dans les premiers instants de faction de la lumniére, il n’y a (pie du souselilorure formé et, par conséquent, dans l’action de l’acide nitrique, il n'y a pas de dissolution d’argent. Au bout d’un temps suffisamment long, par suite de la décomposition du sous-chlorure d’argent, on obtient de l'argent soluble dans l’acide nitrigue, la couche altérée pouvant être considérée comme formée par trois couches superposées :
- La premiére d'argent métallique ;
- La deuxième de sous-chlorure d’argent ;
- La troisième de chlorure d’argent inaltéré.
- Dans le cas des expériences de Hitchcock, la formule Ag " C2 peut s’écrire :
- 5
- Q
- 2 2 £
- Ce qui peut donner une idée de l’épaisseur relative des trois couches.
- On peut se demander quel esl le mode d’action de la hniére. Peut-on comparer l'action de la lumière sur le chlorure d’argent à l’action de la chaleur sur un chlorure de la méme famille, le chlorure d’or ou de platine? Les mémorables expériences de Henri San t E- nAu-I ).VILt et de ses élèves, sur la dissociât ion, nous ont appris que
- lorsqu'on chauffe du tétrachlorure de platine à une température déterminge, 360 degrés par exemple, ce composé se décompose jasqu’à ce que la tension du chlorure, formé ait atteint une tension /; et cette tension reste constante quelque longtemps (pie l’on chaufle le tétrachlorure de platine à cette température de 360 degrés. Si la température s’élève, la tension / an-meute, elle diminue dans h1 cas contraire.
- Nous allons montrer (pie l'action de la lumière est, tout à fait semblable. Montrons d’abord que, par un éclaircissement déterminé et constant, il .......... tension de
- chlore qui empêche toute décomposition parla lumière du chlorure dargent, et* qui
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- correspond à l’existence de la tension fixe de dissociation du tétrachlornre de platine sous l’action de la chaleur.
- J’ai préparé pour cela une série de tubes en verre renfermant du chlorure d'argent bien pur, bien sec et parfaitement blanc, préparé et séché à 110 degrés dans l'obs-curité; je les ai ensuite remplis de chlore sec sous des pressions variables; j’ai préparé ainsi la série de tubes de chlore sous les tensions suivantex :
- 4 AE
- : = 27 8: 7 &
- R L" S 48 H = 2
- et I ai exposé ces tubes à la lumière diffuse des laboratoires.
- Rapidement, les tubes où il y a peu de chlore noircissent. et la coloration décroît, graduellement à mesure que la tension du chlore augmente. Il existe toujours, dans la série ascendante des tubes, deux tubes, dont l’un est légèrement coloré ; dans l'autre, le chlorure d’argent est resté* parfaitement, blanc. Cette limite s’est trouvée, un jour peu lumineux, à 250"".
- Dans h* tube contenant le. chlore à 250....... de pression, le chlorure d'argent avait noirci; il était resté inaltéré dans celui où la pression était égale à 300". La limite n’a pas changé* malgré une exposition de plus de deux heures à la lumière. Cette limite est variable tous les jours, suivant l’intensité lumineuse, mais reste sensiblement constante lorsque la luminosité reste constante. Si on porte toute la série de tubes dans l'obscurité, on constate qu’ils blanchissent tous, même celui qui ne ren-ferme pas de chlore. Il y a de nouveau formation de chlorure d’argent blanc.
- Lorsqu’on expose cette même série de tubes à une lumière solaire intense, on constate que tous les tuhes se colorent par suite de la formation de sous chlorure d’argent, même celui renfermant le chlore à la pression atmosphérique. Seulement, dans ce tube, la coloration est faible, et si on porte le tube dans un endroit peu éclairé il blanchit rapidement.
- L'est un fait assez remarquable de voir que la tension du chlore, dégagé du chlorure d’argent par l’action de la lumière, dépasse 76(nm de chlore.
- On peut se demander pourquoi l’on n’observe pas de limite fixe pour la tension du chlore déga gé dans un tube plein de chlorure d’argent et exposé à la lumière solaire.
- Cela tient à ce que, comme nous l’avons montré, l’épaisseur de la couche super-ficielle de chlorure d’argent décomposé est excessivement faible ; et, le chlore pouvant se diffuser dans un volume considérable, toute la substance susceptible d’être décomposée le sera, avant qjue la limite ne soit atteinte ; et dans ce cas, il n’existe pas de tension de dissociation. Du obtiendrait la vraie limite, la méme que dans nos expériences, si l’on pouvait pratiquement exposer une couche mince de chlorure dl’argent dans un espace suffisamment petit pour que la tension du chlore dégagé puisse atteindre 760mm. Dans ce cas, si la lumière n’était pas trop intense, il arrive-rail un moment où le chlore, sous une tension h. ferait équilihre à l’action décomposante de la lumière; à ce moment, une nouvelle portion de chlorure d’argent ne serait pas décomposée, puisqu’il y a équilibre, et en faisant abstraction du sous-chlorure d’argent déjà formé, on se trouve dans le cas que nous avons étudié, où le chlorure d’argent blanc n’est pas décomposé dans une atmosphère de chlore de tension h.
- Cette tension h est évidemment fonetion delà tempérât un*, car à de très basses,
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- températares, le chlorure d’argent ne se décompose pas à la lumière, et j’ai constaté que, chauffé, le chlorure d’argent se colorait plus rapidement qu’à froid.
- L’action de la lumière sur des couches infiniment minces de chlorure d'argent va nous permettre d’émettre une hypothèse sur la reproduction des spectres colorés de Becquerel.
- On sait que M. BEGOrEREI, par l'action d’un spectre solaire sur une couche infiniment mince de chlorure d’argent quelques dix-milliémes de millimètre au plus), obtint la reproduction colorée du spectre. Il esl impossible d’attribuer cette impres-sion colorée à un phénomène d'interférence, comme dans les ex périences de M. LIPp-NANV, car un spectre obtenu par M. BEcOUEREL, observé par.M. MASGART sous div erses incidences avec le plus grand soin, ne montre aucune variation de teinte, ce qui devrait avoir lieu, comme le montrent la théorie et l’expérienee, pour les spectres colorés formés par interférences.
- Il est possible que, grâce au mode particulier de préparai ion des plaques sensibles de Becquerel, l’action de la lumière, (pii donne de l’argent métallique, comme je l’ai montré, produise la modification allotropique de Fargent obtenu par CAnEY Lra, par voie chimique, modification qui, exposée à la lumière, prend une coloration semblable à celle de la lumière qui l'éclaire. Très certainement l’étude de l’action de la lumière sur l’argent colloïde de ( nev LEA, mélangé en couche extrémement mince avec du chlorure d'argent, donnerait des résultats très intéressants, qui pourraient peul-ètre ouvrir une voie nouvelle à la reproduction des objets colorés.
- En résumé, dans l’étude (pie nous avons faite de la lumière, sur le chlorure d’ar-gent, nous avons reconnu à ce composé quelques propriétés nouvelles (pii pourraient peut-être donner lieu à quelque application. Tout récemment, en effet, le I)' Eoccaut présentait à la Société Lorraine de Photographie un bromure d’argent pur rendu sensible par un procédé tenu secret jusqu’ici. Si nous ne connaissons pas le mode de sensibilisation adopté, nous pouvons cependant faire une hypothèse en signalant, une analogie. Nous avons vu, en effet, (pie le chlorure d’argent chaullé avec de l’eau à l’ébullition, subissait une modification le rendant réductible directement par le révélateur, comme s’il avait été fortement insolé auparavant. Il est probable que, dans ces conditions, il se passe un phénomène semblable au mûrissement du géla-tino-bromure, c’est-à-dire qjue la sensibilité augmente en fonction du temps, mais qu’une chauffe trop prolongée donne un voile, meme en l’absence delà lumière. En graduant à chaud sur AgCl, l’action de l’eau pure ou additionnée d’ammoniaque, on pourrait peut-être sensibiliser le chlorure d’aryenten l’absence de matière organique, et je crois que ces essais mériteraient d’être repris.
- A. Gtvrz,
- Professeur à la Faculté des Sciences de Nancy.
- Htflh'tht <h‘ la Société Larraine <h- l'hatagraphic].
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- REVUE DES SCIENCES PITOTOGR AP1 IIQUES
- SOCIÉTÉS SAVANTES
- Sur les actions chimiques de la lumière.
- M.Vitanda repris l’expérienee d’Ed. BECerEneLsur les rayons contimialcu? s eta reconnu : le que le phénomène est assez intense pour donner un effet très marqué sur un papier sen-sible (au chlorure et azotate d’argent) avant subi une exposition préalable d’un quart de seconde à la lumière du ciel, et qu'on peut ainsi développer un positif par la lumière jaune
- subordonné à la présence d’un composé soluble dl'argent (azotate d'argent dans le cas des papiers sensibles pour positifs par noircissement direct). Ce qui se produit est un véritable développement, comparable à l’ancien développement à l'acide gallique et azotate d'argent. (Toutefois l'acide gallique permet de révéler une image après fixage, ce que ne fait pas la lumière jaune). D’ailleurs, la lumière jaune accélère le développement à l’acide gallique et azotate d'argent, ou au chlorure d'or pur. (Ce dernier agirait, mais lentement, à l’obscurité).
- Une plaque au chlorure ou bromure d'argent impressionnée fortement, puis traitée par l’azotate d'argent et la lumière jaune. se développe aussi par effet continuateur, plus rapidement que les papiers, parce qu’on opère dans un liquide : mais l’image est peu intense et cette intensité paraît dépendre uniquement du grain de l’émulsion. Les meilleures plaques pour cette expérience sont les plaques presque transparentes dites pour tous chauds.
- L’effet continuateur est très intense dans le vert et le jaune mosen ; il cesse un peu au delà de 1) dans l’orangé. Dans le rouge apparaît un autre phénomène plus général, celui de la destruction de l’image, destruction entrevue par Ed. Becquerel (renversement de la raie A). Il résulte de laque, pour avoir un bon développement de positif par continuation, il faut emplover des verres jaunes et verts (le verre vert arrête, outre le rouge, la bande de violet que laissent souvent passer les verres jaunes). Si l’on essaie de faire la continuation sous des verres jaune et rouge clair, les demi-teintes de l’épreuve sont en partie détruites.
- Si l’on traite par un révélateur les papiers sensibles soumis à la continuation, on constate les effets suivants :
- l9 Avec des révélateurs physiques, tels que l’acide gallique et l’azotate d’argent, le révélateur a prise sur l’image de continuation (il aurait prise sur une image fixée) et celle-ci prend une avance considérable sur une image témoin non continuée. Cependant, cette dernière finit par la rattraper, l'image qui se forme fournissant autant de points d'attraction pour l'argent en voie de réduction dans le bain.
- 2» Avec les révélateurs sans argent :hydroquinone, pyrocatéchine, etc.), l'image non continuée se développe au moins aussi vite que l’autre, et cette dernière n'a d’autre avance que celle qui résulte delà présence d’une image inerte, autrement dit le révélateur n’a prise que sur l’image latente. Or, celle-ci a été en partie détruite parla lumière jaune ou orangée. On peut facilement obtenir que l'image continuée soit, après développement, plus faible que l'autre ; il suffit (pie la pose soit courte et la continuation par suite peu intense.
- Avec les plaques au qélatinobromure ou gélatinochlorure d’argent, l’elfet destructeur subsiste seul, et l’analogie avec ce qui se passe pour les rayons X est complète. Pour le chlorure d’argent, la destruction commence vers D et se prolonge bien au delà de A, jusque vers À = 900.
- Après destruction, la plaque a recouvre presque intégralement sa sensibilité.
- Dans le cas du bromure d’argent, la destruction, d’ailleurs assez rapide il à 2 heures de pose dans un spectroscope à 2 prismes ; fente de Ia"", 5; lampe Nernst de 00 bougies),
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- REVIE Dns SCINGEs PUOTOGRAPHTOUEs
- commence seulement vers A cl se prolonge dans l’infra vouge comme pour le e h h n re. La limite infra-rouge paraît être la même quo pour les plaques traitées par les rasons X.
- Le phénomène de la destruction de l'image se produit aussi avec les papiers pour noircissement direct 'chlorure et azotate d’argenf); il est assez intrus.' pour faire disparaitre une image visible ; ses limites sont les mémesque pour les plaquesau gélatinochlorure ; mais, si l'on fait agir u n mélange de rayons jaunes et orangés, on aura à la fois destruction de l’image latente et même disparition des demi-teintes d'une épreuve, et en même temps continuation des parties le plus impressionnées. La destruc lion de l'image latente peut alors se constater
- L'expression de ra ijons chiiHhiues ne devrait donc. pas être réservée aux seuls rayons bleus et violets : tous les rayons du spectre sont chimiques, révélateurs ou destructeurs; les rayons bleus cl. violets sont, au contraire, à peu près seuls capables de produire l’exeitation particulière qjui s’appelle l’imnage latente, cette derniére bien différente d’une image visible faible comme le montre l'action des divers révélateurs, comme le prouvent également d’autres expériences qui feront peut-être l’objet d’une communication ultérieure.
- M. A. Grenmanv, tout en rendant hommage au très grand intérêt des faits observés par M. ViLAnD, croit devoir s'élever contre l’appellation de rayons ronlin aatearx ou (lest rit cl eit 1s donnée à des rayons dont l’action, superposée à une autre antécédente, aboutit au même ofTet fatal de continuation et dlirersion qu’aurait produit, identique, la prolongation soit de l'action interrompue, soit de là leur propre. Toutes les radiations susceptibles d’impres-sionner une surface sensible, qju’il agissede lumière quelcongue Voma., 1878). ou dechaleur (IL sr, 1812 , ou de rayons X (Vuno, Svsc. 1899 . ou même d'émanations (Moskn, 1842 , agissent dans le. même sens, et peuvent. à C i h t t é. p substituer les unes aux autres, dans un ordre quelcongue, pour pousserait delà de son maximum, vers un minimum voisin de zéro, la courbe qui représente, en fonction du temps, pourchaque intensité d’action, la valeur de la réaction pholographigue, manifestée, sur les sels d’argent, par leur noircissement, AL Guébhard se propose de montrer, dans une prochaine communication, combien facilement se résolvent, par les graphiques syuthétiques de la fonction photographique, toutes les contradictions de langage et confusions d'idées auxquelles ont donné naissance
- AL Viauo pense qu’il n'est pas indiferent de substituer de l'infrarouge à du violet et que le terme, destruction paraît le seul indiqué pour désigner un phénoméne dans leq uel on ne constate jamais autre chose que l’effacement progressif de l’i m pression produite par du violet : si T’on traite par le rouge extrême ou l’infra-rouge une plaque légèrement voilée par du violet ou des rayons X, on ne voit nullement l’impression atteindre son maximum pour décroître ensuite, mais bien décroitre immédiatement, et revenir à zéro d’autant plus vile qu’elle était plus faible. Il ne peut d'ailleurs y avoir inversion, l’infra-rouge réagissant pas sur une plaque neuse, surtout au chlorure d’argent. En outre, la plaque ainsi traitée esl restaurée et recouvre sa seusibilité tandis que personne ne songerait à faire une photo-graphie avec une plaque exposée à la lumière blanche jusqju’ solarisation complète. Enfin, avec les papiers sensibles pour noireissement direct, l’erl rme roHfje peut effarer une i mnage risible d’autant [dus \ ite que cette image est plus faible. Si l’on faisait agir du violet le papier noircirait sans inversion jusqu’à épuisement du sel sensible.
- Résumé des communications faites à la séance du 2 décembre 1904 de la Société française de Physique.)
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- Nouveaux sensibilisateurs.
- Dans le numéro de septembre 190 i de la Recue des sciences phut o/f rtt }>h i g ues page 191) nous avons résumé les étudles sur l’orthochrome dues à M. MONPILLARD et à M . Ps YAE. Nous complétons ce résumé en reproduisant, d’aprés la Phohxjeaphie francaise, le résumé du brevel de la compagnie parisienne de couleurs d’anilines concernanl Forthochrome, le pinachrome et le pi naverdol et en donnani les résultats de l’étude sport rographique de ces
- Brevet français 328. 780 ; 1er mai 1903; i juillet 1901: Procédé pour la fabrication de nouvelles matières colorantes cyanines pour sensibiliser les plaques photoyruphiques.
- « On entend par eyunines les matières colorantes bleues obtenues en chauffant un mélange d’iodoaleov laies de la quinoléine et de. la lépidine avec un alcali caustique en solution alcoolique. Lorsque Spu.teu n.z a obtenu une matière colorante rouge fuschine de propriétés analogues, le nom de evanine lui fut aussi donné. Les cyanines rendent la plaque photographique sensible aux lumières jaun. et rouge et, dans le cas des lépidine-eyanines bleues, l’action sensibilisante s’étend au delà de la raie ( dans le rouge du spectre, landisque les quinaldine-cyanines violet l'ouïe ne sont sensibles que jusqu'à 1) 1/2 d dans l’orangé.
- Les quinaldlines-eyanines possèdent plusieurs avantages sur les lépidines-eyanines au point de vue photographique, mais comme une sensibilisitionjusqu’au rouge est fort
- désirée, nous avons cherché à produire des quinaldine-cy rendent la plaq ue photographique plus sensible au rouge.
- Le 1)' Rxi a donc essayé d'employer les quinoléines
- Ns dle nuance plus bleue qui
- substituées pour obtenir de nou-
- velles cyanines. Pourtant. tous les dérivés substitués de la quinoléine ne se prêtent pas à la fabrication de cyanines et on n’obtient pas de cyanines par le mélange d iodométhy laies de la quinaldine et de la quinoléine substituée dans la position ortho. Par contre les quino-léines, substituées dans la position méta ou para, se prétent à la fabrication de cyanines et celles olitenues de ces dérivés se distingnent des quinaldines cyanines déjà connues par une nuance plus bleue.
- Il a obtenu ainsi :
- 1. La quinaldine - m - toluquinoléine-aleoyl-esanine ;
- 2. La quinaldine - p - toluguinoléine alcovl-eyanine ;
- 3. La quinaldine - p - méthovy-quinoléine-alcovleyanine ;
- 1. La m - toluquinaldine-quinoléine-alcoyl-eyanine;
- 3. La m - toluquinaldine - m - toluquinoléine-aleoyl-eyanine ;
- (. La m - toluquinaldine - p - (oluquinoléine-aleoyl-eyanine :
- 7. La p - tolnquinaliline-quinoléine-aleoyl-eyanine ;
- 8. La p - toluquinaldine - m - toluquinaléine-alcoyl-eyanine ;
- 9. La p - toluquinaldine - p - toluquinoléine-alcoyl-eyanine ;
- 10. La p - toluquinaldine - p - méthosy-quinoléine-alcoyl-eyanine ;
- 11. La p - toluquinaldine - p - chloroquinoléine-aleoyl-eyanine ;
- 12. La p- foluquinaldine - p - brommpiinoléine-alcoyl-cyanine.
- Parmi ces nouvelles matiéres colorantes, la 7", la 9)", la 10", la I 1" et la 1 7" se distinguent par leur pouvoir de rendis' la plaque à [e'u près doux fois plus sensible au rouge que la quinaldine-quinoléine-esanine connue jusqu’ici.
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- REVUE DES SCIENGES PHOTOGRAPHIQUES
- Exemple 1, 31) gramnmes d’iodlométhylate de la p - toluqninaldine (i - de molécule)etS8g".
- diodlométhylate de la p - toluquinoléine (40. de molécule) sont dissous dans 800" d’alcool
- et la solution bouillante adlitionnén de 34,0 de potasse caustique (1 5 de molécule). La matière colorante se forme au bout de quelques minutes. La solution, rouge foncé, est additionnée d'éther et la matière colorante, précipitée, est purifiée par recristallisation d’eau et d’alcool. La matière colorante pure représente de brillantes aiguilles vert foncé, assez diflicilement solubles dans l'alcool absolu chaud, plus facilement solubles dans l’eau chaude en donnant une solution violette,
- ExEMPI.# IL 30 grammes d'iodoéthy late. de la métal ol u q u inald i ne sont dissous dans l’alcool avec. 50 grammes diodoéth date de métatoluq uinoléine, et la solution bouillante est additionnée des", de potasse caustiqne. La matière colorante obtenue se r ri s ta 11 i se à froid et se présente en beaux cristaux cuivrés, assez difficilement solubles daus l'alcool absolu rhaud, plus facilement solubles dans l’alcool chaud dilué en couleur violet rouge.
- .Nous crovons intéressant d’indiquer, à cette occasion, tout au moins, d’une faconsom-maire. le mode d’emploi des principaux de ces colorants actuellement préparés sous deux formes: solubles à l’eau pour plaques et émulsions au gélatinobromure, et solubles à l’alcool pour émulsions au colloiion.
- l^orUtochronic et le piintrerthd sensibilisent pour le vert, le jaune et l’orangé ; le /)hni-chrome, sensibilisant pour le rouge en même temps et pour les couleurs précédentes, constituent le sensibilisateur panchromatique idéal.
- Pour l’emploi, on prépare une solution de réserve à 1 pour 1000 du colorant, et au moment de sensibiliser une plaque, on mélange :
- Ean distillén
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- 8
- &
- §
- 1
- < '.es quantitéscorrespondantà deux plaques 13 X 18 parfaitement sensibilisées, les plaques, baignées quatre minutes et rincées deux minutes sous filet d'ean, sont mises à sécher aussi rapidement que possible, en évitant toute lumière.
- (L. P. Cuknc, Za P'hologrphiefrnçise, 16* année, nouvelle série, no 42, septembre 1904, p. 1.XIx.)
- SrgernouRAemE: NORN.I A RLSEAU de DIFFRACTION Mor TALLENT.
- Nous croyons être utile à nos lecteurs en décrivant le. spectrogriphe qui a servi à faire les études de ces divers colorants que nous résumons.
- Cet appareil, dont le prix atteint à peine le dixième de celui défont autre spectrographe, construit par la maison CLMELs, permet de photographier cote à rôle, sur une plaque sen-siblede format 9X 12 em., cing spectres normaux donnant une étendue de 8 centimètres à la partit' visible. Par son automatisme absolu, il supprime tout réglage et réduit par conséquent. au minimum la durée des opérations plusieurs établissements d'enseignement scientifique l’ont admis dans leurs laboratoires ; il est en servioe, pour le controle des préparations orthochromatiques, dans la plupart des usinesde plaques photographiques ; enfin le plus grand nombre des photograveurs sorcupant dle reproductions en trois couleurs en font un usage régulier pour l'essai des écrans colorés et des plaques sensibilisées aux couleurs.
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- Si l'on éclaire vivement une fente pratiquée dans un écran mince et opaque et qu’un système optique approprié forme l'image nette de cette fente sur un écran placé à quelque distance, l'introduction sur le trajet du faisceau lumineux d’un réseau de dilfraction, portant environ 1000 traits au centimètre, déterminera la formation, de part et d’autre de l image blanche centrale, d'une série de spectres présentant tons le violet du côléde l'image centrale et le rouge à l’opposé ; les premiers spectres projetés de part et d'autre du centre (spectres du premier ordre, sont très nets et très brillants. Le seul inconvénient pratique à l’emploi de spevtrographos basés sur ce principe, était le prix élevé des réseaux gravés; nous avons tourné cette difliculté en employant des moulages en celluloïd de réseaux préparés avec une grande perfection par M. Th. Tnowpn suivant les procédés qui lui sont personnels ; ces moulages de réseaux donnent un spectre dont la luminosité et la netteté sont de tout point comparables à celles du spectre' donné par un réseau gravé.
- Dese ri pilon de l'appareil. — Il est évidemment inutile de recueillir su la plaque sensible les deux spectres du premier ordre que fournit le réseau départ et d’autre de l'image blanche centrale de la fente ; pour réduire le volume de l’appareil et lui donner une forme maniable, le réseau est disposé sur la face hypothénuse du prisme F à angle très aigu de
- part et d’autre duquel les deux lentilles C et K, de distance focale convenable et réglées une fois pour toutes en position voulue, forment en R V, sur la paroi de fond, le. spectre net de la fente D ména-gée au centre de la paroi avant. Grce à cette disposition, l’image blanche de la lente est rejetée vers le bas en 11, la lumière diffusée par l’image blanche, ainsi
- ?
- que par les spectres projetés au delà de cette image, est empêchée d'arriver à la plaque sen-sible par l'écran opaque disposé obliquement en K ; enfin les spectres d'ordre supérieur au premier, projetés sur la paroi supérieure, sont absorbés par un carton ondulé. noirci mat, disposé sous le couvercle mobile. Toutes ces pièces ayant été réglées en construction, on évitera tout démontage ou déréglage ; n'ouvrir le couvercle que pour le nettoyage de 1 appareil et l'enlèvement des poussières.
- Malgré la réfraction subie à la traversée du prisme, le spectre obtenu se confond pratiquement. avec, un prisme normal.
- La largeur de la fente, dont dépendent, en sens contraire, la luminosité et la netteté des spectres photographiés est réglage par le mouvement d’une vis divisée à graduation
- Une queue à glissière, coulissant dans des rainures ménagées sous la ase de la chambre spectrographique, porte à son extrémité un condensateur formé d une lentille simple con-vergente pour la concentration delà lumière sur la fente. Sur cette queue à glissiére cou-lisse un cadre pouvant recevoir dans ses ressorts un écran coloré ou une cuve contenant le. liquide dont on veut étudier l'absorption.
- A l’arrière, glissent, dans des coulisses de cuivre, un cadre portant un verre dépoli pour l examen du spectre ou le contrôle de son égal éclairement. et un châssis négatif à volet pour plaques 9 X 12.
- Des dimensions d'encombrement de lappareil sont de 40 X 25 X 10 cm. ; le poids est
- Il est indispensable, une fois qju’uu spectre est euregistré, de reconnaître à quelles radia-bous correspond chaque partio de ce spectre. L'appareil permettant d’enregistrer cinq Speetres côte à côte donne la facilité d’obtenir sur chaque plaque un spectre, portant une, kaie caractéristique, par exemple la raie D dans h' jaune, obtenue en portant dans u ne flamme, sur un fil métallique ou un tampon d'amiante, une .solution de chlorure de sodium,
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- Le Di fcch’Hr-( iéra al : Cnams MENDsI.
- 11.0s, MVPRIVINII: RANIILRI,
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- REVUE des Sciences Photographiques
- FiG. 1. — Plaque Lumière, étiquette bleue, sans écran.
- Pose : l/M de seconde.
- Fig. 2. Plaque Lumière, éliquelle bleue, écran à l'es-culine. Pose : 1/20 de seconde.
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- L’ÉCRAN JAUNE (*l?)
- En découvrant que l’action de certaines matières colorantes sur le bromure d'ar-gent permettait à celui-ci de s’impressionner aux radiations peu réfrangibles du spectre, le 1)' VOGEL ouvrit en 1871 une voie nouvelle. à la photographie.
- A partir de cette époque en effet, la possibilité d’obtenir une interprétation des couleurs beaucoup plus correcte que celle qui avait été jusqu’alors réalisée devenait un problème dont la solution semblait pouvoir être bientôt atteinte.
- Les premiers essais dans cette voie, montrèrent que si le bromure d’argent pouvait être rendu sensible au jaune, au vert, voire même à l’orangé, sa sensibilité pour les radiations dites actiniques (bleu et violet) restait encore considérable ; dans ces conditions, pour obtenir une interprétation satisfaisante des diverses colorations d’un sujet polychrome, il était indispensable d’interposer sur le trajet des ravons lumineux un filtre coloré atténuant dans une proportion plus ou moins grande l’action des radiations les [dus réfrangibles du spectre, [mur laisser aux autres le temps d’impressionner la couche sensible. dette propriété du filtre, ou, pour employerdé-sonnais le terme consacré : de l'écran, d’atténuer dans une proportion plus ou moins considérable l’action des radiations ad iniques, lui est communiquée en lui donnant une coloration plus ou moins intense.
- Mais d'autre part, cette coloration devra être telle qu’elle ne puisse absorber les radiations les moins réfrangibles du spectre : le jaune, le vert, l’orangé et le rouge • c’est pour cette raison que l’écran jaune fut toujours préconisé.
- En raison de, ce fait que les plaques orthochromatiques préparées jusqu’en ces derniers temps présentent toujours pour une certaine région verte du spectre une sensibilité moindre que pour les autres radiations colorées, cette teinte jaune de l’écran devra être telle qu’elle puisse, autant que possible, laisser passer intégralement ces radiations vertes.
- La plupart des écrans jaunes utilisés jusqu’ici pour la photographie orthochroma-tique, sont constitués par des glaces à faces parallèles colorées dans la masse ; l’in-tensité plus ou moins grande de leur coloration devant correspondre à une absorp-lion plus ou moins complète des radiations bleues et violettes, et servir à réaliser ainsi des effets de compensation variés.
- Les écrans remplissent-ils les conditions que nous venons d’énumérer et dans quelles proportions leur action est-elle réellement efficace?
- Sans recourir à l’emploi d’aucun instrument, il nous est possible de nous rendre compte de visu des propriétés d'un écran jaune. Il suffit, en effet, de promener celui que nous désirons examiner, sur une gamme de teintes pigmentaires aussi pures que possible comprenant les principales couleurs du spectre et d’observer la nuance qui résulte de la superposition de cet écran à telle ou telle teinte de notre échelle colorée.
- Avec les écrans jaunes colorés dans la masse, nous pourrons ainsi constater que si les bleus et les violets sont plus ou moins éteints, il en est de même pour l’orangé, Je jaune, mais surtout [jour le vert qui nous apparaîtra le plus souvent sous 1 aspect
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- REVUE DES sciences PHOTOGRAPHIQUES
- d’une teinte grise, preuve évidente d'une absorption assez considérabile de ce groupe de radiations.
- Si maintenant, en nous aidant d’un spectrophotométre, nous procédons en quelque sorte à l'analyse de la coloration de ces écrans en déterminant le pouvoir absoibant de celle-ci pour les diverses régions du spectre, nous constatons :
- 1" One les écrans jaunes constitués par desglaces colorées dans la masse possèdent pour toutes les radiations du speetre un pouvoir absorbant d'aulaul plus cunsidi rable que l'écran étudié est de nuance plus intense.
- 2° Ces écrans, meme les plus foncés, laissent toujours passer une certaine pro-portion de radiations bleues et violettes.
- 3° Au fur et à mesure que le pouvoir absorbant aHpiueale pour ces dernières radiations, il au/pnenk également pour le proupe des nidialious vertes du spectre.
- Si par exemple, un écran absorbe 95 pour 1011 pour la région correspondant à la raie G du spectre, il éteint la région comprise entre D et E dans la proportion de (il) pour 100 et celle comprise entre E et Edans la proportion de SS pour 100 (liy. !).
- De ces faits nous en déduisons :
- I" Quede l’augmentation du temps de pose nécessitée par l’emploi d'écrans de plus en plus colorés, il n’en résulte pas nécessairement un elle! de compensation correspondant, puisqu’ une plus erande absorption des radiations dites actiniques correspond également une absorption assez considérable de celles que l’écran devrait laisser passer presque totalement.
- 1° Etant donné le pouvoir absorbant de ces écrans pour les radiations vertes, d’une part, et de l'autre la faible sensibilité des plaques orthochromatiques pour ce groupe de radiations, il doit en résulter dans la pratique un défaut dans le rendu, pour les régions d'un sujet présentant des colorations vertes, défau t d’aptant plus accentue (pie nous aurons dû recourir à un éeran de coloration plus intense.
- Lorsqjue, par des essais spectrographigues, nous cherchons à nous rendre compte de l’action de ces écrans colorés su r les diverses radiations du spectre, au point de vue exelusivement photographique, les résultats donnés par l‘expérience viennent en tous points confirmer nos prévisions.
- Disposons une plaque orthochromatique dans le châssis multiplicateur d’un spec-trographie, puis, après avoir exposé pendant un temps l une portion de cette
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- RENUE DES SCIENGES PROTOGRAPITQUES
- plaque, aux radiations directes du speetre, si nous interposons successivement sur le trajet du faisceau lumineux éclairant et devant la fente du collimateur, des écrans d’mtensités croissantes, en exposant as auties régions de notre plaque pendant des temps 1' I" I,'" etc., de façon à obtenir, lors du développement des images, des spectres dont les intensités pour une même région soient aisément comparables ;
- quand après avoir mesuré le noircissement correspondant aux différentes régions de nos spectres, nous en construisons les courbes. nous constatons que, pour un noir-cissement égal correspondant à la région du bleu par exemple, celui correspondant à la région du verl est plus /bible pour les spectres obtenus avec interposition des écrans que pour celui résultant de l’action directe, des radiations sur la couche sen-
- Eible, el celle /'aiblessc es! d'autant plus grande pur reeran colore était de teinte plus intense.
- Nous pourrons faire la même constatation si au lieu de comparer les courbes cor-
- paraison la région du jaune.
- En un mot, avee la plaque orthochromatique utilisée dans cette expérience, nous constatons que toute interposition d’écran jaune coloré dans la masse entraîne une Perle au point de vue du rendu dans les verts.
- Si à cette plaque orthochromatique nous en substituons une autre pour laquelle a sensibilité pour le jaune et le vert a étedavantage exaltée, cette perte ne se traduit plus alors que par une absence de pain pour la région verte du spectre, en un mot le résultat devient sensiblement le même qjue si la plaque était directement, et sans interposition d’écran, exposée à l’action des radiations colorées du spectre, en aug-Inentant convenablement la durée du temps de pose.
- Ajoutons que ces essais spectrographiques montrent avec évidence que les écrans jaunes colorés dans la masse, même ceux dont la nuance intense correspond à un Coefficient de pose relativement élevé, laissent passer une très notable quantilé des radiations bleues et violet tes.
- C’est à ces divers défauts (pii nous sont, si nettement révélés par l’observation di-
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- recte et confirmés par l’expérience qu'il faut, à notre avis, attribuer ce peu de con-fiance, en somme assez légitime, qu'un grand nombre d'amateurs accordent encore aujourd’hui à l'emploi combiné des plaques sensibles au jaune et au vert, et de l’écran jaune pour la photographie des paysages avec verdure.
- Les inconvénients résultant de l’emploi des écrans jaunes en glaces colorées dans la masse avaient frappé le Dr Vogel; en effet, dans son ouvrage sur la photographie des objets colorés, il déconseillait leur emploi et recommandait de les remplacer par des écrans constitués par un pellicule de collodion colorée à l’ Auranlia et emprisonnée, entre deux glaces à faces parallèles collées au baume de Canada.
- S’inspirant d’une idée de Ducos du llauron,M. FAnnE Domergue fit établir un écran jaune constitué par deux fortes glaces à faces parallèles serrées contre une bague en caoutchouc et entre lesquelles se trouve emprisonnée une couche d’un liquide coloré en jaune; l'ensemble formant le parasoleil de l'objectif.
- Cerlains opticiens étrangers, de même (pie certains fabricants de plaques ortho-chromatiques en Angleterre et en Allemagne, livrent des écrans jaunes formés par une couche mince: vernis, collodion ou gélatine, colorée en jaune et emprisonnée entre deux glaces à faces parallèles.
- L’étude que nous avons faite au spectrophotométre de plusieurs de ces écrans nous a démontré qu'ils constituent, sur les écrans jaunes colorés dans la masse, un progrés déjà considérable, en raison de leur extrême luminosité pour les radiations peu réfrangibles du speetre, tout en possédant un pouvoir absorbant considérable pour les bleus et les v iolets.
- Cet examen nous a démontré en outre que la coloration de certains de ces écrans ayant dû être déterminée d’une façon assez empirique, il en résultait, lors de leur emploi, une augmenta lion dans la durée du temps de pose, qu'il nous a semblé possible de réduire à son minimum, en cherchant sur quelles bases nous devons établir la préparation de nos écrans jaunes.
- Quelles sont les conditions que ceux-ci doivent remplir ?
- 1° Une absorption totale d’un groupe plus ou moins étendu des radiations bleues et violettes du spectre;
- 2° Quelle que soit l'importance de cette
- absorption, l’écran devra posséder une luminosité aussi considérable que possible pour les autres radiations ;
- 3" Chercher à faire en sorte que nos écrans transmettent la totalité ou la presque Iolalité des radiations vertes du speetre;
- 4" Les types d’écrans une fois établis, ceux que nous établirons par la suite devront toujours être comparables entre eux, au point de vue de leurs propriétés optiques.
- En pratique, ces conditions ne peuvent ètre réalisées que par le choix judicieux de la, ou des matières colorantes destinées à constituer l’écran; celles-ci ayant été choisies, pour obtenir un éeran d’une intensité donnée, faire en sorte qu'un même poids soit toujours réparti sur l'unité de surface.
- L'énoneéde ces conditions suffit pour nous montrer iu'il faut, du moins pour le moment, renoncer à l’emploi d’écrans colorés dans la masse et recourir, pour cons-
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- tituer nos écrans jaunes, au moyen préconisé par le D"VOGEL et qui consiste à emprisonner une pellicule colorée entre deux glaces à faces parallèles.
- Quelques essais préliminaires nous ont amené à donner la préférence à la gélatine pour constituer cette pellicule. Une solution aqueuse de gélatine à 5 pour 100 convient
- parfaitement ; à un volume V d’une pareille solution, il suffit d’ajouter un poids déterminé de la matière colorante choisie, ou un volume donné d'une solution titrée de
- celle-ci, pour obtenir un liquide tel que si nous étendons un nombre N de centimètres
- rante se trouve réparti par unité de surface.
- Si nous avons par avance déterminé la courbe d’absorption correspondante poulies diverses régions du spectre, les propriétés optiques de notre futur écran se trouvent
- Fig. 5.
- être, non seulement parfaitement établies, mais elles le sont également pour tous ceux que nous serons amenés à préparer dans des conditions identiques.
- Les deux points les plus importants, ceux sur lesquels nous devons porter toute notre attention dans la préparation des écrans jaunes sont : le choix de la matière
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- colorante et la détermination du poids de celle-ci qjue nous devons répartir par unité de surface pour réaliser tel ou tel effet au point de vue de la compensation.
- Pour obtenir ces renseignements avee tout le degré de précision possible en nous mettant à l’abri de toutes les causes d’erreurs autres que celles résultant de l'obser-valeur lui-méme, nous avons eu l'idée de recourir exelusivement à l'emploi du spectrophotométre.
- L'instrument dont nous nous sommes servi pour nos études était un spectropho-tométre d’Arsonval qui nous avait été prêté par son habile constructeur AL PELnrN que nous tenons à remere i e riei.
- Les observations furent faites sur des solutions titrées de matières colorantes placées dans des cuves faces pa ralléles dont l’ouverture intérieure était de 10 mm.; un méme faiseean lumineux éclairant les deux cuves, l’une contenant la solution coloria', l’autre de l’eau distillée. Eu opérant ainsi, connaissant la richesse en poids de chaque solution étudiée, nous pouvions aisément déterminer la courbe d’absorption correspondant à un poids donné de matière colorante réparti par centimètre carré de surface.
- En faisant varier dans des proportions parfaitement défi nies le degré de dilution de nos solutions colorées, il nous fut facile d’établir pour chacune d’elles la courbe d’absorption correspondant à un poids exactement connu.
- Ces observations conduites d'une façon méthodique, nous guident avec une surprenante précision au point de vue du choix de la matière colorante, celui-ci étant ensuite subordonnné à sa solubilité, solidité à la lumière, etc.
- C'est ainsi qjue l’examen des courbes d’absorption correspondant à des solutions d’n u ni )i I in de dilution exactement connue, nous montre que si cette matière colo-rante constitue un excellent extineteur pour les radiations aet iniques, elle présente par contre l’inconvénient d’absorber une forte proportion des radiations vertes.
- Le jaune naphtol étudié dans les mémes conditions nous montre qu’à la dose de 0 er. 00012. par centimétre carré de surface, bien qu’absorbant toutes les radiations bleues et violettes, cette matière colorante permet d’établir' un écran laissant passer les radiations vertes, jaunes, orangées et rouges.
- L'étude de ces courbes d’absorption nous fournil en outre de précieux rrnsei-gnements sur la manière dont telle ou (elle matière colorante se comporte au point, devucdes diverses radiations du spectre suivant le poids sous lequel elle se trouve répartie par unité de surface.
- Elle nous montre en particulier (pie, pour certaines matierescolorantes jaune pur, particulierement favorables à la préparation des écrans jaunes : tartrazine, acide pierique, jaune naphtol, etc., au furet à mesure (pie nous en augmentons le poids par unité de surface, nous perdons en luminosité pour le vert et le jaune sans gagner beaucoup au poiut de vue de l’étendue delà région absorbée dans le bleu. Nous en concluons qjue, dans la préparation d’un écran jaune, il existe, pour une matière colorante donnée, une i )i (ensilé liniih1 qu’il est inutile de dépasser, car, pour un résultat semblable au point de vue de la compensation, nous nous trouverons obligés, dans des conditions identiques, d’augmenter notablement la durée des temps de pose, et ceci en pure perte.
- Pour le jaune naphtol par exemple, cHte intensité limite serait obtenue avec 0 ur.Otm 125 par centimètre carré de surface.
- Par contre, au-dessous de cette proportion, an fur et à mesure que nous dlimi-
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- microns le poids de matière colorante, 1 absorption pour les bleus et les violets comprendra une région de moins en moins étendue, ce qui nous permettra de réaliser des efTets de compensation variés suivant la nature du sujet à reproduire, ou la sensibilité spéciale de la plaque utilisée.
- En nous basant sur des données tirées d’observations conduites comme nous venons de l'indiquer, nous avons pu nous-méme établir des écrans jaunes, opération relativement simple etqui ne demande (pie quelques soins.
- Chaque écran est constitué par deux elaces à faces parallèles. L'une d’elles dont la surface a été parfaitement nettoyée à l'alcool et époussetée, est disposée sur une dalle mise de niveau sur un pied à caler ; ayant préalablement déterminé par le calcul la surface de notre écran, nous y coulons avee une pipette graduée un volume déterminé d’une solution gélatineuse colorée, préparée suivant les indications données précédemment ; le tout est recouvert d’une cloche et, quand la gélatine a fait prise la glace est portée sous un dessiccateur et abandonnée au séchage.
- La conclu'étant parfaitement sèche, il ne reste plus qu’à la recouvrir par l’autre glace à faces parallèles eu les réunissant avec du baume de Canada.
- Lorsque nous comparons les courbes de noircissement obtenes au spectrographe avec «les temps de pose égaux, sur deux plaques sensibles au jaune et au vert de la même émulsion, l'une exposée derrière l'écran jaune coloré dans la masse, l’autre derrièrel’écran jaune pur, nous constatons immédiatement, qu’avecce dernier, nous obtenons un gain beaucoup [dus considérable dans les jaunes mais surtout dans les verts, pour une absorption totale dans une région étendue dans les bleus et les violets.
- Nous voici doncà même de préparer des écrans jaunes differant de ceux constitués par des glaces coloréesdans la masse par ('elle propriété capitale : une transparence complète pour les radiations du speetre peu réfrangibles notamment pour les verts et un pouvoir absorbant complet pour une ré-ion plus ou moins étendue dans les blens et les violets, suivant l'intensité de la coloration de l’éeran considéré.
- Dans ces conditions, quelle est l’augmentation de la durée du temps de pose normal, qu’entrainera l’emploi de l’un de ces écrans, quand nous serons amenés à
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- en faire usage en combinaison avec une plaque orthochromatique, pour obtenir l'in-terprétation correcte des colorations d’un sujet polychrome.
- Tout d'abord, je crois utile de définir en quoi doit consister cette interprétation correcte. A notre avis, l’image positive de notre sujet devra nous traduire en noir, gris et blanc les ombres, les lumières et les colorations diverses, tel (pie pourrait le
- En un mot, foule couleur résultant pour nous d’une sensation luminense devra toujours être traduite par une demi-teinte plus ou moins intense; jamais par du noir, puisqu'il résulte de l'ahsence de toute sensation lumineuse; jamais par du blanc pur puisqjue la présence d’une coloration quelconque si faible soit-elle résulté de ce qjue du faisceau de lumière blanchi* incidente, une portion plus ou moins
- 8. — Plaque ortho: i rem coloré dans la masse.
- faire un artiste doué d’une vue normale, quant à la perception des couleurs, et exécutant son travail à l'enere de Chine.
- -- Plagjue orthio : éeran color jaune.
- importante d’un groupe quelconque des radiations qui le composent se trouve être absorbé parla région considérée du sujet.
- Puisque cesi la plaque sensible (pii va enregistrer l'image de notre sujet, cherchons à nous rendre compte de qnelle manière elle nous permet d’en interpréter les diverses colorations, et ceci, sans interposition d’aucun écran.
- Si nous établissons les courbes de noircissements d’une plaque sensible au jaune et au vert de marque courante, pour les diverses radiations du spectre, et pour des darées d’exposition variant suivant une progression déterminée : 2, 4,8, 16s, etc., par exemple, nous constatons que, pour obtenir dans larégion du jaune un noircissement égal à celui obtenu dans la région du bleu avec la pose de 2% celle-ci devra être de 121, soit six fois celle correspondant à la région spectrale pour laquelle la plaque considérée présente son maximum de sensibilité.
- Or, puisgjue quand nous reproduisons un objet polychrome, l’impression phioto-graphique produite par les blancs du sujet résulte principalement de l'action des
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- radiations bleues et violettes, il semble tout indiqué d’admettre que, pour obtenir, avec cette plaque, de ce même sujet une image dans laquelle les jaunes soient par-faitement venus, il soit nécessaire de sextupler la durée de la pose normale.
- Ceci serait vrai si nous désirions procéder à une seleeliOH des couleurs ; mais il n’en est plus de même s’il s’agit d’interpréter en noir les valeurs relatives du jaune
- Fig. 10.
- pose devra être telle (pie, lors du tirage de l’épreuve positive, les jaunes purs se détachent en légère grisaille sur les parties blanches du modèle.
- En pratique j'ai constaté que ce coefficient 6 devait être par exemple abaissé à 4.
- Poursuivons l’examen des courbes de noircissement de notre plaque mise en expérience en cherchant à déterminer quel est le rapport existant entre les durées du
- Mais alors, dans ces conditions, si notre sujet présente à la fois des tonalités vertes
- et jaunes et si nous posons le temps nécessaire pour que les verts produisent sur la
- plaque une impression suffisante, nos jaunes seront surexposés, le coefficient de temps de pose pour ceux-ci n'étant que 4 ; réciproquement, si nous désirons éviter
- de surexposer les jaunes, les verts, lors du tirage despositifs, se trouveront traduits parties tonalités trop sombres.
- De ces considérations, il résulte déjà ce fait (pie, pour une même plaque du type de celle (pie nous venons d’étudier, la durée correspondant à rauf/menlation du temps de pose normal varie : I" Suivant la nature des colorations du sujet à reproduire.
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- 2” selon le résultat ne nous désirons atteindre, et ceci, abslraelion l'aile de tonie inter-renlion d'éerau jaune.
- Si nous procédons à des essais semblables sur un autre type de plaques sensibles au jaune et au vert, nous constatons (pie, pour obtenir une égale intensité de noircissement dans la région bleui1 du spectre pour laquelle cette plaque présente un
- mnaximum de sensibilité et dans les régions du jaune et du vert, il est nécessaire que la pose soit multipliée par 1 pour celle-là, par 12 pour cefle-ci: en d’autres termes, les rapports de sensihilité de la plaque examinée pour lejaune le vert, par rapport à celle qu’elle possède pour le bleu, se trouvent réduits dans une proportion notable.
- Si nous prenons en considération que l’emploi de nouveaux agents orthochro-matisants permet de réduire encore bien davantage co rapport de sensibilité de l’émulsion pour les radiations peu réfrangibles du spectre par rapport aux autres, et méme d’obtenir des plaqjues notablement plus sensibles au jaune qu’au bleu et au violet, nous constatons alors (pie cefte augmentation de la durée normale de temps de pose nécessaire pour obtenir sans ecrtnt la mise en valeur des colorations dites peu actiniques, diminue peu à peu suivant la nature de l’orthochromatisant employé, jusqu’à devenir même inférieur à l’unité.
- De ce qui précède, il résulte donc que cette augmentation de la durée du temps de pose peut varier dans des proportions même considérables suivant la nature de la plaque mise en usage : donc, quand nous associons l'emploi de celle-ci à celui d’un écran jaune nous nous t roux uns dans la nécessité d’augmenter dans une proportion donnée la valeur du temps de pose normal pour obtenir un résultat satisfaisant, il est uneerreurdattribueruniguement la valeur de cette augmentation à la présence de l’écran, cette augmentation étant surtout fonction de la sensibilité de retiHtlsîoH pour les eidora Huns que nous désirons rein'oduire.
- Si nous utilisons un écran jaune en combinaison avec une plaque orl hochroma-tique, ('est purement et simplement en vue de retarder la venue des colorations les plus actiniques du modèle et de laisser aux autres le temps d'agir sur l'émul-sion.
- Si notre écran est de nuance telle qu'il laisse intégralement passer tout le groupe spectral comprenant les nuances que nous voulons mettre en valeur, la durée du temps de pose ne sera quere plus augmentée que si une glace incolore avait été inter-posée.
- Ceci ne veut pas dire cependant gjue l'éeran ne contribue pas, pour une certaine part, à l'augmentation de la durée du temps de pose. En eUel, qu'il soit disposé devant ou derrière l’objectif, l’une de ses faces agit comme un miroir, réfléchissant
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- 8 p. " „ environ du faisceau lumineux devant former l'image ; les glaces dont il est constitué, sa coloration méme, bien que très ptire, absorbent toujours une certaine quantité de lumière.
- En un mot. un écran jaune, de par sa présence et par sa constitution même. constitue un facteur dont nous devons tenir compte dans la détermination de l’augmen-tation du temps de pose normale quand nous l'utilisons en combinaison avec une plaque orthochromatique, mais ce facteur est de faible imporlance comparé à celui (pie représente, du moins pour nombre d’émulsions orthochromatiques actuelles, le rapport de sensibilité pour le bleu et le violet par rapport à celui qu'elles possèdent pour le jaune et le vert.
- A notre avis, le eoeHicient pratique du temps de pose est le produit de ces deux facteurs : celui de l'écran qui est fixe, par celui de la plaque, ce dernier cniineni-ihchI variable avec la nature de l’émulsion orthochromatique mise en usage et même avec telle ou telle coloration du sujet qu’il s’agit de mettre plus particulièrement en valeur.
- En parlant des plaques orthochromatiques, nous avons fait observer que l’emploi de nouveaux orthochromatisants parmi lesquels nous citerons principalement : l’or-thochrome, le pinachrome, l’homocol, permettaient de réduire déplus en plus le rapport de sensibilité des émulsions pour le jaune et le vert vis-à-vis celle qu’elles conservent pour le bleu et le violet.
- Il en résulte (pie nous pouvons alors réduire de plus en plus la durée du temps de pose nécessaire pour (pu1 les radiations peu réfrangibles aient le temps d’agir; l’elTet retardateur (pi'il est nécessaire de réaliser pour les radiations les plus acti-niques, devra, lui aussi, être moins considérable pour obtenir un résultat équiva-lent au point de vue de la venue des colorations rouges, jaunes et vertes d’un sujet, nous serons amenés à utiliser des éerans jaunes de nuance de plus en plus claire.
- Cette considération est fort importante, car nous estimons que pour obtenir des diverses colorations d’un sujet polychrome une interprétation photographique satisfaisante. la suppression de tout écran jaune s’impose. Ce desiderata sera réalisable le jour où nous disposerons d’émulsions orthochromatiques possédant pour les cou-leurs simples du spectre la même sensibilité que la rétine humaine normale.
- Nous disons que, pour réaliser une reproduction correcte des diverses colorations d’un objet, la suppression de l'écran jaune s'impose; en effet, si un tel écran de nuance d'intensité donnée, retarde la venue des colorations actiniques bleues et violet tes, ce n’est pas parce (pi'il alfaiblit ces radiations dans une certaine proportion ; l’expérience montre que c’est parce (pi’il en absorbe un groupe plus ou moins considérable et que cette absorption est eplèle, même pour des durées de temps de pose variant dans des limites assez étendues.
- Si dans un sujet se trouvent des colorations pitres et salaires, c’est-à-dire absorbant du faisceau de lumière blanchi' (pii l’éclaire, la totalité des radiations colorées autres que celles comprises dans une région plus ou moins étendue mais parfaitement définie du spectre, et si la nuance jaune de notre écran absorbe précisément ce groupe de radiations, elles ne produiront aucune action sur la plaque sensible et ces colorations seront, lors du tirage de l'épreuve positive, traduites par du noir, résultat incorrect au point de vue orthochromatique, puisque toute sensation de couleur étant une sensation lumineuse doit être traduite par une demi-tente plus ou moins
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- Quand l’intensité d’un écran jaune est telle que celui-ci n’absorbe plus qu’une faible région dans le violet visible du spectre, laissant alors passer l’autre portion de violet et toutes les radiations bleues, un pareil écran semble alors présenter certaines pro-priétés qu'il est intéressant de signaler.
- Absorbant une partie seulement des radiations auxquelles nos plaques sont surtout sensibles, un écran de cette nature, placé sur le trajet des rayons lumineux, agit comme si la luminosité de l'objectif se trouvait réduite. dans une certaine proportion, les autres propriétés de celui-ci restant les mêmes.
- En d’autres termes, la présence de cet écran produit le même effet que si l'ob-jectif avait été diaphragmé dans une certaine proportion, mais la profondeur de champ de celui-ci restant la même, les effets de perspective' aérienne se trouveront être respectés.
- Nous nous sommes demandés s’il n'y aurait pas intérêt à aller plus loin encore dans cette voie en ne laissant agir sur la plaque (pie les radiations de la lumière blanche rpii impressionnent notre rétine et en éliminant les autres : les radiations ultra-violettes (pie nous ne percevons pas et dont l'action, pourtant fort énergique, vient s'ajouter à celle. du bleu et du violet :
- Parmi les substances possédant le pouvoir d’absorber l’ultra-violet il en est de fort connues : les sels d’urane, le sulfate acide de quinine, l’esculine, etc.
- En raison de sa solubilité dans l’eau et de ce qu’elle est incolore, l’esculine a particulièrement attiré notre attention.
- Des écrans ont été préparés de telle sorte que par centimètre carré de surface il était respectivement réparti un poids de 0 gr. 000013, tl gr. 000030, 0 gr. 000060 et ainsi de suite toujours en doublant jusqu’à 0,0005.
- Desécrans étaient successivement disposés devant la fente d’un grand spectros-cope à deux prismes, éclairée par un faisceau de lumière solaire réfléchi par le miroir d’un héliostat, les images spectrales enregistrées sur une plaque sensible disposée dans un châssis multiplicateur aux lieu et place de la lunette d’observation.
- De ces expériences, il résulte (pie l’esculine agit sur les radiations ultra-violettes, de la même façon qu’une matière colorante jaune agit sur les radiations visibles du spectre, c’est-à-dire en absorbant une région plus ou moins étendue de cesradiations ultra-violettes, suivant (pie le poids de substance réparti par unité de surface est plus ou moins considérable (fig. 13).
- Par l’étude des spectres obtenus et dans lesquels les raies de Fraunhofer, parfaitement visibles peuvent utilement nous servir de points de repére, il nous est facile de déterminer à l’avance la composition d’un écran présentant des propriétés parfaitement connues.
- Etant donné que ces écrans sont, pour ainsi dire incolores, ils peuvent, nous nous en sommes assurés, travailler aisément aussi bien avec les plaques ordinaires qu’avec les plaques orthochromatiques.
- Éteignant une partie des radiations agissant énergiquement sur le bromure d’argent, tout en le laissant s’impressionner sous l’influence des radiations bleues et violettes, nous devrons pouvoir, tout en opérant en instantané, obtenir, pendant les heures du jour où la lumière possède son maximum d’actinisme des négatifs plus enveloppés, aux valeurs mieux rendues et dans lesquels, s’il s’agit de paysages, les horizons ne seront pas brûlés, ceux-ci conservant cependant ce léger lion auquel est di reliét de perspective aérienne.
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- Des essais effectués à la chambre noire en interposant sur le trajet des rayons lumineux un écran à l’esculine disposé dans le parasoleil de l’objectif, ont pleinement
- que, dans des conditions identiques, la plaque employée sans écran ne pouvait enre-gistrer leur image (pltiHeliehors le.vie).
- Dans la pratique de la photographie interférentielle, lorsqu'il s’agit surtout de reproduire des paysages par la méthode Lippmann, il est recommandé d’éliminer l’action des radiations ultra-violettes, en disposant sur le parasoleil de l’objectif une cuve à faces parallèles contenant en dissolution une substance présentant la propriété d’absorber ces radiations. Dans ce cas spécial l’emploi de ces écrans semble tout indiqué.
- Enfin, dans la reproduction des couleurs par les procédés indirects, l’image négative obtenue derrière l’écran bleu-violet manque souvent de vigueur, de définition, de piqué pour employer le terme consacré; cet accident s’observe surtout quand ce négatif a été exécuté en éclairant le modèle au moyen d’un ou plusieurs arcs électriques, émettant précisément une grande quantité de radiations ultra-violettes.
- Par suite de la grande réfrangibilité de celles-ci, leur image venant se former en avant du plan sur lequel se forme celle des radiations visibles que laisse passer l’écran , voile en partie celle-ci et nuit à la netteté de ses contours.
- Supprimons l’action de ces radiations ultra-violettes, peut-être réussirons-nous à éviter l’accident que je viens de signaler.
- Nespérience prouve tout d’abord qu’il est parfaitement possible de constituer un
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- écran bleu-violet contenant une quantité suflisante d’esculi ne pour absorber tout l’ultra-violet; la plaque n’est plus alors impressionnée que par une bande spectrale dont la raie (1 occupe à peu près le centre.
- Avec, un écran de celte nature, l’objeetif travaillant alors en quelque sorte dans une, lumiere presque monochromatigur, tout foyer chimique se trouve supprimé et les images négatives destinées à constituer le monochrome jaune devront notablement gagner à tous les points de vue.
- En résumé, si l’emploi des écrans jaune pur présente sur celui des anciens écrans jaunes colorés dans la masse, l'avantige considérable de nous permettre d'utiliser beaucoup mieux les propriétés orthochromliques des émulsions spéciales, il est possible que, dans un avenir peut être fort prochain, son rôle se trouve être consi-dérablement effacé par suite des progrès réalisés de jour en jour dans le domaine de la photochimie.
- En raison de ses propriétés toutes spéciales, l’écran absorbant ces radiations ultraviolettes que nous ne percevons pas et qui agissent si bien sur les émulsions, semble devoir présenter un certain intérêt, aussi bien pour l'amateur que pour le profes-sionnel, surtout enfin pour ceux qui pratiquent les méthodes de photographie directe et indirecte des couleurs.
- F. MoNPILARD.
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- SUR QUELQUES APPAREILS NOUVEAUX
- DESTINIs AUx ÉIDEs SINSITOMÉTRIQUES
- ET RESUNE IIISTORIQUE DES MÉTHODES EMPLOYÉES ANTERIEUREMENT (1)
- Par C. L.-K. MEES et s.E SHEPPARD
- (Suite et fin)
- PHOTOMÈTRES
- Les photomét res peuvent ètre divisés en dex classés suivant leur destination ;
- I" Les bancs photométriques pour la comparaison des intensités de deux sources lumineuses ; les dispositions de ces appareils ont été nolablement modifices au fur et à mesure des progrès de l’industrie de l'éclairage, l’examen de ces appareils sortirait du cadre de notre étude et nous renvoyons, pour ce qui les concerne, à tout traité récent de photométrie de précision.
- 2 Les photomètres destinés à mesurer l’absorption de la lumière par divers mi-lieux. En passant en revue cette classe d’appareils, il nous apparut que ceux généra-lement employés en Angleterre pour les mesures d'opacités n’étaient que des modifications insuftisantes des instrumuts de la première catégorie, et que les formes les plus pratiques étaient celles employées pour les recherches physiologiques et phy-sico-chimiques. Nous pouvons pour l’examen de ces appareils les ranger en quatre groupes :
- ti) Bancs photométriques ;
- b) Microphiotométres ;
- c) Spectrophotométres ;
- tl) Photomètres automatiques dans lesquels les variations à mesurer sont traduites par quelque instrument de grande sensibilité, tel que le bolomètre,
- a) Comme nous le mentionnons ci-dessus, ce sont ces appareils qui ont été le plus communément employés en Angleterre pour la mesure de la densité des plaques photographiques. Ainsi en 1877 le capitaine ADNIY employa un photomètre de Rumford, avec comme terme de comparaison un disque tournant à secteurs évidés; à plusieurs reprises il perfectionna cette méthode de mesure (2), et utilisa aussi un prisme en verre fumé pour obtenir une opacité variable. Une critique de cette mé-thode par DnrrLoet IlüRTEn s'en prend à la fois à l’emploi de l’écran de papier blane et à l'emploi du disque à secteurs (3). Par suite, Chapman Joxes fit conaitre sous le nom d’ « opacily balance » une modification de ce dispositif n’utilisant plus qu'une seule source de lumière (I). Le photomètre de Rumford peut être remplacé
- (1) Voir, /terne deA Science pho/oijl'aphi'iUim, nus S, 9 cl 10.
- (2) .Notes on Seusitometry » Jiritirh jouriial of Photo., 1882, p. 243; Phukiyruphie Journal, 1887, p. as, de.
- (I) .tmirnat of the SocieHj of vhemira! hidustry, 1%90, X. p. 725 et ISM, NI, p. 98,
- (i) Pholagraphie Journal, 1895 eI 189%.
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- §
- 1 5 g
- parle photomètre à tache, d’huile, de Bunsen, c’est ce photomètre qu'adoptérent DRIEFFIELD et HünrER, on peut objecter à ces divers appareils que leur précision est absolument insuflisante (erreurs de 3 à 7 0/0), aucun d’eux n’est d'ailleurs utilisé actuellement en photométrie de précision, d’autant plus que l’emploi de deux sources de lumière distinctes apporte inutilement un surcroît d’erreurs. Pour la discussion des principes de la photométrie, et notamment sur l’emploi des disques à secteurs consulter les articles classiques de LusEn et BRoDIN (1).
- On trouvera à la partie bibliographique les références relatives aux photomètres et spectrophotométres munis comme organe indicateur de la tête Lummer et Bro-dhun. Le nouveau photométre racillaul de SMANeE et ABDY constituerait peut-être le meilleur organe indicateur en photométrie, mais n’a pas encore été appliqué à hi mesure des opacités des plaques photographiques.
- b) Les photomètres utilisant un microscope. ont été employés, par le l)r Eder notamment, pour les mesures photographiques; on emploie alors deux objectifs de microscope dont les champs sont réunis par une trie de LwEn et BRomLN, dans le microphotométredIlAnTANN, employé par Emm (2), la partie centrait1, du champ était occupée par une densité connue, prise sur une échelle graduée de teintes, la partie extérieure du champ étant occupée par la densité à mesurer; toute erreur dans la constitution de l'échelle étalonnée se trouvera évidemment dans chaque me-sure et, d'autre part, l’échelle étant discontinue, il est nécessaire que l'échelle pré-seule un très grand nombre de teintes graduées convenablement échelonnées.
- J. RNIGsaEnGIN a imaginé un microphotomètre de disposition nouvelle (3), consistant en un microscope de polarisation devant lequel sont disposés une plaque de spath d’Islande et un double prisme de Thompson, de telle sorte que l’image extraordinaire de l'une des ouvertures se forme au contact de l'image ordinaire de l’autre; on égalise les contrastes au moyen des phénomènes d'interférence d'une plaque de Savart et on affaiblit l'intensité lumineuse au moyen d’un second prisme de Thompson. Une objection que l'on peut faire, aux microphotomètres pour les mesures photographique,s est l’ex igui lé de la surface dont on mesure l’opacité ; si cette circonstance pent quelquefois être un avantage, ce n'est pas à coup sûr en sensitométrie où de graves erreurs peuvent être causées par les inégalités locales desplaques.
- c. Speclrifpliulomèlres d i /FVren liel s. —Ce sont les types qui ont été le plus perfectionnés en vue des recherches physiologiques et physicochimiques. Les images de deux portions de la fente d’un spectroscope sont amenées en contact absolu, de façon à utiliser dans les meilleures conditions la faculté' que possède l'cril de percevoir des contrastes) au moyen d'un système de prismes approprié ; l’intensité de l’une des moitiés de la fente est affaiblie par interposition de l’opacité à mesurer, l'autre par un dispositif se prêtant à mie mesure de l’aflaiblissement produit comme parexemple un diaphragme à surface variable (VIRoRor) ou des prismes polariseurs (ZLLNEN, GLAN, Hüi.NhB, etc.j.
- Nous adoptâmes en définitive, après quelques modifications, le speetrophotométre d’llürsu-Annnneur (fig. 16). Un bec Auer A (lig. 17 et 18) envoie sa lumière au
- (l| Z fihfhri ft fiir htsIriiui’-ult’Hhiufb’, IRS?), IX, p. il cl 61 ; 182)0), X, p. 119, 1892. XII, p il et INMi, XVI, p. 209.
- (2) Sensilomtrieelaspaqjursp»holayjrpshiyyne"s, Traduction E. BulN, Paris, 1903.
- (3) Zeits. fur pH)|, XXI, p. 120 et 1902, XXII, p. 12!).
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- 2 1 5
- travers d'un prisme B d’Albrecht sur la fente du collimaleur d’un spectroscopedont la moitié supérieure peut être, absorbée par F’opacitéà mesurer, et la moitié inférieure, par un Nicol C, un prisme de verre fumé pouvant en sus se déplacer en I) devant la partie supérieure delà fente, defaçon à compenser l’absorption due au polariseur;
- des deux parties de, la fente. Pour effectuer une mesure, les niçois avant élé amenés
- rigoureusement au parallélisme, le cercle divisé de l’analyseur étant au zéro, on compense la faible absorption de lumière due aux deux niçois en déplaçant jusqu'à égalité d’éclairement des deux moitiés du champ le prisme de verre fumé. L'opacité à mesurer est alors amenée devant la partie supérieure de la fente et l'intensité de
- l’autre champ diminue par la manœuvre de l’analyseur jusqu'à égalité d'éclairement. Le, cas échéant, on peut suivant (pie les opacités à mesurer sont plus ou moins consi-dérables, ouvrir plus ou moins la feule du speetroscope, de façon à comparer deux intensités lumineuses ni trop considérables ni trop faibles.
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- Expression mumérique des résultait. — L’intensité de la lumière traversant l’en-semble. des deux niçois est proportionnelle au carré du cosinus de l’ang le qu’ils font entre eux
- ?
- -o 4
- 1 S J
- 2 s
- $ 8
- I II o •
- si l’on utilise les notations adoptées par Drieffreld et llurter.
- Il s’ensuit que l’erreur commise sur l'appréciation d'une densité déterminée d^ pour une cireur do commise sur la lecture de l’angle de. rotation est :
- I
- $
- S
- er o
- 1 ~
- II ele
- soit une erreur relative :
- dD 2 tang 0 dO
- B log cos-0
- Pratiquement, on construira une table des valeurs de 1) correspondant aux diverses valeurs de l’angle 0.
- Emploi de r<tpparcil eomme speelropholomèlre. — Quoiqueen général il soit inutile d’effectuer en lumière monochromatique les mesures de densités des plaques photo-graphiques, les mesures spectroscopiques sont si variées et si utiles en photographie scientifique que les dispositions speetroscopiques de l’appareil sont intéressantes à signaler ici. Nous décrirons donc les modifications que nous avons jugé devoir apporter au spectrophotométre d’Hüixnn, tel que l’ont construit pour nous MM. A. HILGER.
- La fente est du type habituellement adopté pour les spectroscopes de précision, sa largeur étant à tout instant indiquée par une vis micrométrique ; comme nous l’avons indiqué, cette faculté de modifier la largeur de la fente est indispensable pour la facilité des mesures.
- Dans la première disposition adoptée nous employons le jeu habituel de prisme au minimum de déviation, le déplacement dans le. speetre étant obtenu par rotation de la lunette autour de l’axedu prisme, la position du champ embrassé dans le spectre étant indiquée p r la rotation d’un index. Solidaire de la lunette, sur un cerele horizontal divisé. Par la suite nous adoptâmes un prisme d’IIGEn à déviation constante qui est tourné sur lui-même, la lunette étant maintenue fixe, à angle droit du collimateur; ce prisme peut être considéré comme constitué (fig. 19) par deux prismes de 30 réunis par un prisme reetangle à réllesion totale, bien qu’en fait ce prismne soit construit d’une seule pièce; la dispersion obtenue est égale à celle d’un prisme à 60" utilisé au minimum dedéviation pour la portion centrale du champ de la lunette, qjuelle (pie soit l'orientation du prisme et quelle que soit par conséquent la portion du speetre considérée, les lectures se font directement en longueurs d’onde sur le cercle divisé.
- AMfin d’isoler telle portion désirée dans le champ spectral, une fente est résonne
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- à l’avant de l’oculaire de la lunette, dont les bords sont incurvés de façon a épouser la forme d’une raie spectrale déformée par la distorsion prismatique ; la distance des deux lèvres de cette fente se mesure sur le tambour divisé K (fig. 18) et une table permet d’en déduire le nombre de longueurs d’onde embrassées. Pour les mesures d’absorption sur les liquides on emploie une petite cuvette de Schulze en verre optiquement plan dans laquelle on peut étudier une couche liquide de 1 mm ou de 10 mm. d’épaisseur.
- Les conditions essentielles pour la précision des mesures sont l’emploi d’un spectre pur et d’une fente oculaire aussi étroite que possible.
- Fig. 1!)
- Far" or Liar/o 43
- D'autresspectrophotométres basés sur des principes analogues ont été construits par GLAN, Gouv, KGxia, et autres. Une importanteaddition aux spectrophotométres a été proposée parle Dr II. Simon pour étendre à l'u 11 ra-violet l’utilisation de.ces Instruments: il consiste en l'adjonction d’une chambre photographique permettant la photographie d’une région du spectre et la mesure ultérieure des densités.
- c) Photomètres automatiques, — Un photomètre indépendant de la vision et par Conséquent des sources d’erreurs physiologiques et psychologiques serait naturel-Soient très appréciable pour des recherches de haute précision, mais rien n'aencore été proposé de satisfaisant dans cet ordre d'idées ; des deux récepteurs proposés : cellule de sélénium, pile thermoélectrique, ce dernier semble être, jusqu’à présent, le plus avantageux. Pour plus amples renseignements, consulter l’appendice bibliographique.
- Porte plaques pour le speelrophotomèlre. Le spectrophotométre d’IlurNrn n’ayant pas encore été utilisé pour les mesures de densités sur plaques, nous eûmes à faire construire un porte-plaques, se substituant au support de la cuve de Schulze, et permettant d’isoler dans la plaque en essais la région à mesurer ; nous nous arrétames à trois types de porte-plaques permettant respectivement de mesurer les densités des plaques sensitométriques, de comparer dans toute l’étendue du spectre les intensitésde deux sources lumineuses et de mesurer le pouvoir réfléchissant d’une surface pour les diverses radiations du spectre. Enfin pour la mesure des densités élevées, nous avons fait adjoindre à l’appareil deux prismes de 30" qui, accolés au prisme à dispersion constante, le transforment en un prisme à réflexion totale, et
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- REMUE DES SCIENCES PHOTOGRAPHIQUES
- permettent alors d’effectuer en lumière hétérogène les opérations de mesure ordinairement effectuées en lumière homogène.
- Dans le porte-plaques pourla mesure des densités (fig. 20 et 21), les plaques sont
- fcc 20.
- maintenues par de petits ressorts dans un chariot A qui coulisse dans un autre, muni d’un taquet d'arrêt B [minant buter dans 9 encoches ce espacées de 1 cm de façon à
- rience. Ce chariot est placé à l’avant d’une plaque munie. d'une ouverture rectangulaire dont la largeur peut être modifiée, par le déplacement des obturateurs DD
- commandés par les vis EE, et qui peut, d’autre part, être complètement obturée par la plaque coulissante b'. Il suffit de régler l’appareil pour que l'une des régions de la plaque présentant une opacité à mesurer soit en place, pour que toutes les autres régions viennent s’y substituer sans tâtonnements. Il est commode de ménager dans le chariot un espace d'un centimètre non recou vert par la plaque de façon à pouvoir régler le spectrophotométre, et effectuer la compensation parle prisme de verre fumé, sans avoir à enlever le porte-plaques. L’appareil doit pouvoir recevoir deux
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- chariots, correspondant aux deux dimensions de plaques employées comme on a souvent en sensitométrie à mesurer des densités assez élevées, et qu’il est à peu près impossible, dans un système de deux niçois, d’affaiblir l’intensité de la lumière à moins de 1olo de l’intensité du faisccau incident, nous dûmes, pour lesdensités supérieures à 3 ou même seulement voisines de 3, utiliser une opacité soigneusement étalonnée ; nous utilisâmes à cet effet une plaque, plane de verre fumé, de teinte parfaitement neutre, dont la densité, très soigneusement mesurée, était exactement égale à 2,000 ; avec cet accessoire, on pouvait étendre la mesure jusqu’à une densité voisine
- Pour la construction des courbes de densités, MM. DNIFFIELD et Ilünren mesuraient la densité d’une portion de la plaque conservée à l’abri de la lumière, et retranchaient cette valeur de chacune des densités mesurées ; le Dr EDER adopta la même méthode. Notre photomètre étant un photomètre différentiel, nous disposâmes nos châssis négatifs de façon à conserver, tout le long de l’échelle de teintes obtenue, une bande non exposée, celte bande se trouvant placée. dans le photomètre, vis-à-vis l'autre région de la fente, compensant ainsi automatiquement le voile latent, avec d’autant plus de sécurité (pie la bande témoin est prise sur une région de la plaque adjacente à la région mesurée.
- Toutes nos mesures de densités étaient ellectuées pour la région verte, la plus lumineuse du spectre.
- Sur les erreurs probables eommises dans remploi du speelrophotomèlre. La méthode suivante nous a été suggérée, par M. L.-N.-G. Filon.
- Chaque mesure étant répétée quatre fois, on prend les différences deux à deux et
- on prend la moyenne de ces différences ; cette moyenne, multipliée par sente l’erreur probable sur chaque lecture.
- Soient par exemple quatre angles lus.
- repré-
- 2
- 8
- donnant comme moyenne 84°3 et comme valeur correspondante de la densité : D = — log cos2 9 = 2,01
- Lesdensités, calculées respectivement pour chaque lecture donnent, 2,022 2,022 2,022 1,948
- les 0 différences de ces densités deux à deux sont :
- 0,074; 0,074; 0,074; 0; 0; 0;
- soit une différence moyenne de 0,037.
- L’erreur probable est alors 0,026, soit une erreur de 1,27 00.
- Nous obtînmes ainsi, pour diverses mesures, les erreurs probables ci-après:
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- Ces chiffres peuvent être considérés comme limites supérieures de l’erreur possible dans une seule lecture, mais l'erreur est fréquemment moindre, et si l’on fait
- Pour comparer les intensités lumineuses de deux sources différentes dans toute
- l’étendue du spectre, nous disposions à l’avant du photomètre deux prismes métal-liques BB (fig. 221) couverts sur une de leurs faces d’une couche de plâtre fin, ces faces faisant entre elles un angle de 90° à 15" avec l’axe de l'appareil ; ces prismes étaient séparés par une feuille mince C d’aluminium noirci. Les deux sources à
- comparer étaient alors placées sur une ligne perpendiculaire à l’axe, et à égale distance
- de cet axe, de façon que le prisme supérieur soit éclairé de gauche et le prisme inférieur de droite ; si les hauteurs sont correctement réglées, l’une des moitiés du champ
- sera éelsirée par l’une des sources, et l’autre moitié par l’autre pourront être amenés à l'égalité par la manœuvre des niçois.
- et les deux champs
- Pour la mesure des pouvoirs réfléchissants, le prisme supérieur est enlevé et remplacé par un autre prisme D pouvant recevoir dans des pinces à ressorts (fig. 28) toute surface à étudier, plaque photographique, papier,etc. Les deux prismes étant amenés alors à avoir leurs faces parallèles, et inclinées de 45" sur l’axe, une source de lumière placée à 99" de l'axe dans le sens convenable permettra de comparer, soit pour l’ensemble de la lumière blanche (par l’emploi des deux prismes à 30° auxiliaires) soit pour toute radiation du spectre, le pouvoir réfléchissant delà surface examinée à celui d’une conclu’de plâtre. Ayant ainsi décrit les appareils que nous avons adoptés tant pour l’étude de la théorie du développement et de la sensito-métrie que pour les mesures de sensitométrie pratique des plaques photographiques, il nous reste seulement à énumérer les constantes permettant d’exprimer numériquement les propriétés <l’une surface sensible. Ce, sont :
- 1" L'inertie, telle que définie par Drieflield et Hlürter, d’où peuvent être déduits les degréssensitométriques ordinairement fournis par les divers actinomètres courants.
- 2’ L’opacité O de la plaque non exposée pour les radiations bleues violettes le produit O X0,625 mesure la latitude de pose permise par la plaque en essais, c’est-à-dire le rapport des durées extrêmes de pose embrassant la période de représentation correcte, soit la portion droite de la courbe ; cette latitude est indépendante de l’inertie.
- 3" Le plus grand facteur de développement y x que puisse donner la plaque.
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- P La vitesse de développement de la plaque dans le révélateur décinormal à l’oxalate ferreux, à température de 25°.
- De ces deux derniers résultats peut être déduit le temps ty, nécessaire pour développer la plaque jusqu’à obtention du facteur de développement y = 1 (1).
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- (1) Nous publierons prochainement les résultats obtenus par MM. Mees et SuPPAnD avec les appareils décrits dans ce mémoire.
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- RENIE DEs SGIENGEs PIIOTOGRAPHQUES
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- REVUE DES SCINCES PIIOTOGRAPIIQUES
- SOCIÉTÉS SAVANTES
- Sur la télestéréoscopie.
- Cest en juillet 1902, au cours d'ascensions dans les Alpes du Dauphiné et de la Savoie, que nous avons eu l'idée d'appliquer aux vues lointaines prises au téléobjectif un relief
- Les vues téléobjeetives simples, par suite de leur faible champ, présentent un effel d’apla-tissement très nuisible à la compréhension des détails. Dans la montagne notamment, les différents plans s’écrasent les uns sur les autres et, s’il s’agit de chaînes un peu éloignées, celles-ci se profilent en silhouettes sans profondeur.
- Le principe que nous avons imaginé est le suivant : créer le relief tout en conservant le fort grossissement du téléobjectif par l’obtention de deux épreuves de la même région éloignée, la distance entre les deux stations de pose mesurée perpendieulairement à l’axe de visée étant régio par certaines lois ou règles données ci-dessous.
- Nous avons donné le nom de Ittestéréoscopie à cette nouvelle application dle la photographie et de lelesléreoseope à l'ensemble des deux négatifs.
- Le premier télestéréoscope qui ait été obtenu est une vue de l’Aiguille du Plan, prise de Chamonis, à 6 km. environ de distance. Plusieurs autres ont été pris cette même année.
- En 1903, au cours de notre première campagne géodésique alpine, nous avons poursuivi l'étude de la télestéréosropie. Passant des distances 6 km. aux éloignements considérables des panoramas pris de sommets élevés, nous avons réussi notamment un télestéréoscope sur la chaîne du Mont-Blanc, à plus de 100 km. de distance moyenne. Les deux téléphoto-graphies qui le composent ont été prises à 8 jours d’intervalle au sommet duPuy-Gris (2911 m.)etau sommet du Bocher-Blanc-des-Sepl-Laux <2930 m.), c'est-à-dire à environ 1350 m. d’écartement mesuré sur une perpendiculaire à l’axe médian de visée. L'appareil, une jumelle Bellieni stéréoscopique 8X9, munie d’un téléobjectif Zeiss, était placé sur le pied du théodolite dont la grande stabilité est un précieux avantage dans la prise des téléphiotographies. Ce télestéréoscope met en relief six plans différents dans la seule chaîne du Mont-Blanc. (Jette année encore, de nombreux télestéréoscopes ont été faits sur les stations élevées de notre triangulation.
- La télestéréoscopie, en donnant le relief artistique et en faisant réagir les plans les uns sur les autres, a une utilisation pratique immédiate : d’une part, pour les alpinistes recherchant dans les hautes régions rocheuses des passages nouveaux qu’ils peuvent étudier d’en bas et, d’autre pari, pour les officiers dans les reconnaissances militaires rapides sur un terrain inaccessible ou occupé par l'ennemi. Nous présentons à l’appui de cette utilisation, pai examen rapide, un positif du premier télestéréoscope en date. Les deux stations ont été faites à 22 m. d’écartement.
- Indépendamment de ce but pratique, nous avons recherché une relation mathématique entre deux points figurant sur les deux éprenves, de façon à déterminer la position de l’un connaissant celle de l'autre, par suite, à connaître la position planimétrique de tous les points visibles du terrain connaissant celle d’un seul.
- Si l'on appellep la distance du point cherche à l’appareil. D la distance du point connu, E la longueur focale du téléolijoctif, a la différence des distances entre les verticales des
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- REVTE DES SCIENCES PIIOTOGRAPTTTOTES
- deux points (cherché et connu)sur les deux images photographiques et E l'écartement des deux stations mesuré perpendiculairement à l’axe de visée, on trouve
- DEF
- On peut donc construire, en mesurant a au stéréo-comparateur avec une certaine pré-cision (a laquelle s'opposent toutefois, dans certains cas, les grains et la distension des couches sensibles), tous les points du terrain vus sur les clichés, par la méthode des coordonnées polaires ; en efTet, chaque point. aura sa direction azimutale donnée par sa place sur le cliché et sa distance déduite de la formule. La méthode diffre ainsi de celle des levés par perspeetive photographique, dans laquelle les points sont obtenus par intersections graphiques que permettent les écarts, d’une grandeur toute autre que ceux de la télestéréoscopie, entre les deux stations.
- Sans penser qu’une méthode nonvelle pratique de levés puisse en découler, à cause de la délicatesse des mesures, il sera toutefois commode, dans beaucoup de cas, d’évaluer ainsi une distance. pour un point du champ d’un télestéréoscope.
- Nous avons cherché à déterminer quelle devra être, en fonction de l’approximation que permettent les mesures mierométriques employées pour évaluer, la distance E à prendre entre les deux poses pour obtenir à une approximation donnée.
- Si À est cette approximation de l’appareil micrométrique dont on dispose, on trouve
- e:
- Les deux clichés, par le fait qu'ils sont centrés sur le même point, ne sont pas dans des plans parallèles. Ce défaut de parallélisme pourrait fausser les formules. Nous avons recherché dans quelles limites une correction était négligeable. Nous avons trouvé :
- r 2F
- pétant la longueur mesurée sur l’un ou l’autre des deux clichés entre les verticales du point de distance connue et du point de distance à déterminer.
- Nous présentons comme exemple de levé de plan où la recherche de la précision a été délaissée pour celle de la rapidité (les mesures de pétant relevées sans stéréo-comparateur) un secteur de terrain des environs de Nancy. Le télestéréoscope est formé de deux épreuves 18 X 24 prises avec un téléobjectif de Dallmneyer ; elles ont 2 m, 09 environ de longueur focale. L’écartemeni des deux stations est de 2 m. 50. Le plan a été dressé en 5 heures environ de travail de bureau.
- Enfin, dans nos travaux actuels de triangulation des hautes régions des Alpes françaises, la télestéréoscopie nous vient constamment en aide dans la vérification des points visés sur les crêtes se présentant perpendiculairement à leur direction générale ou pour débrouiller des parties très éloignées de grands panoramas dans la détermination exacte de détail des différentes cimes. Le télestéréoscope de la chaîne du Mont-Blanc, que nous présentons, rentre dans ce cas.
- [Communication de M. Paul IIEL.DnONNER à la séance du 5 décembre 1904 de V Academie des sciences )
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- REVUE DES SCIENCES PHOTOGRAPHIQUES
- REVUE DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- Nouveaux sensibilisateurs (suite).
- cun éeran coloré, avec notre spectrographe normal à réseau de diffraction (1), l’un sur plaque Lumière étiquette bleue, l’autre sur plaque de même émulsion à l'orthochrome T, montrent à première vue l'effet considérable du nouveau sensibilisateur.
- 2M. F. Monpillard a bien voulu mesurer, à l'aide de son opacimétre comparateur, les opacités aux dlivers points des négatifs de ces spectres et dresser à la suite de ces mesures legraphiquedecomparaison ci-contre donnant la mesure du noircissement pour les diverses
- radiations: la courbe pointillée correspond à la plaque non traitée, la courbe en trait plein à la plaque sensibiliséeà l’orthochrome T et exposée pendant le même temps ; on constate
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- REVIE DUS SCIENCES PIIOTOGRAPUIIQUES
- l’existence de légers minima de sensi hilité à la raie F (blene verdâtre), et à mi-dlistance entre Det E (vert jaunâtre) ; ces minima disparaissent d’ailleurs si la pose est quelque peu prolongée ; on constate enfin une diminution de sensibilité pour le violet extrême, et cette particularité est le plus généralement avantageuse ; avec les poses courtes, comme c'est le cas pour les spectres ci-dessus, la sensihilité se limite à mi distance entre Cet D (limite de l’orang et du rouge) ; avec, des poses plus longues et surtout par l’emploi d'écrans jaune pur, comme le sont nos nouveaux écrans II. ( lauwis (| j, la sensibilité s'étend danslo rouge jusqu'à mi-distance. entre les raies B et C, soit bien au delà de la limite de sensibilité du plus grand nombre des plaques orthochromatiques ou panchromatiques que l'on puisse actuellement se procurer. Enfin les spectres et le graphique qui en résulte. montrent que le traitement des plaques par l’orthochrome T n’abaisse pas leur sensibilité générale comme
- (Le Procédé, janvier 1904).
- PLAQUEs SENSIRILISÉEs MJ PNVACIIROME.
- Les lùibit'erke Lvas Metsrna, de Hlæchst, à qui nous sommes redevaliles de l’ortho-chrome, du pinachrome, et de nombreuses autres matières colorantes dont nous avons sucressivement indiqué, ici-même, l’emploi, viennent de mettre su r le marché des plaques au gélatinobromure, de leur fabrication, sensibilisées au vert, au jaune et au rouge, au moyen du pinachrome. Ces messieurs asant bien voulu nous faire parvenir l’une des premières boites sorties de leu r usine, nous nous sommes empressés de faire, sur elles quelques essais spectrographis nes. et de les coin parer aux meilleures marques actuellement connues de plaques panchromatiques, Lmkne MtOrro PenuTz. La planche ci-contre résume ces essais, en attendant que nous puissions les traduire sous forme de graphiques, toujours plus lisibles et surtout plus précis que ne peut l’être la meilleure reproduction en similigravure.
- Les clichés ont été exécutés conséeutivement dans des conditions identiques en exposant les plaques dans un speetrographe JL CALMersh réseau de diffraction, à la lumière d’un arc éleetrique, métallisé par du sel commun dont nous avions au préalable imprégné les charbons. Le développement a été poussé à fond, les plaques étant traitées simultanément et dans le même révélateur.
- On voit que tandis qu’avee des poses courtes, la plaque panchromatique UMnE, outre la sensibilité ordinaire du gélatinobromure de ( 100 à 500 pap environ), n'est sensible qu'à une bande étroite du spectre dans b* vert jaunâtre (de 550 à 575 up environ et, très faiblement, à une autre bande dans l'orangé-rongetre (de 625 à G an environ) visible sur les clichés originaux mais perdue dans la reproduction.
- Ces bandes s'accentueraient et s’étendraient en prolongeant notablement la durée de pose, mais pour rendre plus saisissantes les différences, nous avons préféré opérer, pour les trois plaques essayées, avec les temps de pose correspondant à l’en registre ment complet du bleu violet.
- La plaque perchromo d'Orro PrntTz, de sensibilité général* pent-Atre un peu moindre, présente une sensibilité plus uniforme, les mhùmfie.n F (bleu verdâtre) et D 1/2 E (jaune-verdâtre) étant moins prononcés, mais la sensibilité s’étend un peu moins loin dans l'orangé-rougeâtre, dès que l’on arrive aux durées de pose normales pour l’emploi d’un écran rouge.
- La plaque au pinachrome donne un spectre aussi étendu et aussi complet que ceux qque nous avions précédemment obtenus en sensibilisant des plaques ordinaires (LUMnE étiquette bleue), dans la solution di pinachrome. Les Hilnihm s’atténuent au point d'être à peine perceptibles, même aux courtes dlurées de pose, ('ides clichés exécutés sans écran, avee des poses telles que h* bleu et le violet ne manifestent aucune trace de surexposition, donnent une intensité utilisable jusqne en C; on dépasse notablement cette limite en pro-
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- longeant la pose, co qui est le cas en sélection trichrome dans l’exécution. sous l'écran orangé, du négatif des bleus (Il
- (Le. Procédé, septembre 1901
- secondes]
- lu serondes P’laquxesan Pinaclitome
- I
- 2
- L noMocol..
- Si les usines de matières colorantes ont pendant longtemps ignoré les besoins de la photographie pour se consacrer exelusivement à la décou verte et à la fabricalion de substances tinctoriales industrielles, il semble qu’un revirement se soit produit et que les usines les plus importantes luttent à l’envi pour les perfectionnements des procédés trichromes.
- Pendant de longues années l’Aetien Gessellschftfiyatnilin fubi'iLtaion monopolisa la préparation des colorants sensibilisateurs ; l'an dernier, les L'ablucrke Meistec Lucius et
- (1; On ohitient eucore aux longues poses une impression très distincte de la raie du lithium à mi-ilistanee entre net d (1170 /74).
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- divers de la photographie ; voici que la Snriéte des produits I. Bayer entre à son tour en
- l’homocol
- L’HlovocoL, de la Soeiéti' lïuycr. dont nous annoncerons ultérieurement la mise, dans le commeree, appartient à la familli de la cN au ine. Il est livré sous forme de fines aiguilles d'asperf métallique qjui, réd u iles en poudre, apparaissent bleu-rougeâtre avec reflet bronzé. E’Homocol esI très soluble dans l’eau ou Falanal chauds. 0n peut préparer à froid une solution aqueuse à 3 (I 0 rouge sang ou une solution alcooligue à 1 0 0 (rouge violacé). L’addition dl’unacide lesdécolore Les solutions alcooliques, conservées à l’abri de l’air et de la lumiére, sont très stables. IHlomocul est insoluble dans l’éther, mais on peut, à une solution alcoolique à 0,50/0. ajouter la moitié d<‘son vol nme d’éther sans que e colorant
- Pour sensibiliser des plaqjuesau gélating-bromure au moven de I’llomocol, choisir des plaques parfaitemeni exemptes de yoile et b-s plonger pendant deux minutes dans le mélange suivant, à raison de 30 ce. pour 100 cm- de surface :
- à ee.
- 5 cc.
- 100 ce.
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- lement passer le rouge extréme au delà de la raie B. La solution sensibilisatrice ne sert qu’une fois. La plaque teinte est rincée pendant trois minutes à l’eau courante, ou à défaut de canalisation d'eau dans le laboratoire, renouveler au moins cinq fois l’eau de la cuve à lavages. Sécher rapidement à température modérée et à l’abrides poussières, en emplovant, à défaut d’un laboratoire à doubles portes, l'étuve étanche IL CAn.MELs, à courant d'air filtré. L’emploi d'un ventilateur électrique est également très avantageux. A la rigneur on pourrait sécher les plaques à l'alcool. mais la sensibilisation panchromatique est alors moins complète. Bien noter qu’un séchage lent provoquerait la formation d’un voile. Les plaques ainsi sensibilisées se conservent aisément une quinzaine de jours sans altération. Le cliché ci-dessus, d’après speetres obtenus sur spectrographe TALLENT (IL CALMELS, con-cessionnaire) montre, avec différentes durées de pose, reflet de ce traitement sur plaques Lemkn étiquette bleue.
- (4e Procédé, octobre 1904).
- Sur la théorie de l’orthochromatisme ; mode d’action des sensibilisateurs.
- Sir W. Abney. rendant compte d'une conférence faite à la Royal Society de Londres, par AL TiuAzErr. professeur de botanique à l'Université de Moscou sur la « fonction casmiquede la feuille verte ». montre comment cet expérimentateur fut amené à étudier l'orthochromatisme : on projeta, durant cinq à six heures, un spectre très lumineux sur des feuilles vivantes, privées de leur amidon par maintien prolongé à l’obscurité ; l'image latente due à la formation d’amidon fut développée par une solution d’iode. L’espéri-mentateur constata un maximum très marqué entre les raies B et C, beaucoup plus intense que dans le bleu, correspondant à la bande d’absorption bien connue de la chlorophylle.
- Il supposa, à juste titre, que parallèlement à la formation d’amidon par action de la lumière sur la clorophylle, il y avait élimination de gaz carbonique plus considérable dans le bleu que dans le rouge, absorbant la majeure partie de l’énergie lumineuse, tandis que l’énergio absorbée par la chlorophylle devait pouvoir se manifester par l’accomplissemeni de quelque autre travail : c’est parla photographie que M. Timiriazeff a pu résoudre les diverses questions soulevées par cette première expérience.
- VouKI., en établissant le princpe de l'orthochromatisme, admit que le fait par un colorant d’absorber des radiations déterminées auxquelles un sel d’argent n'était pas sensible, suffisait pour qu’en mettant en contact ce colorant avec le sel d'argent considéré. ce dernier soit rendu sensible aux dites radiations. Ceci eût été aisément compris si on avait pu établir quelaction de la lumière sur le colorant lui donne une phosphorescence capable d’agir après coup sur le sel d'argent. Abxey s'inscrit en faux contre cette hypothése et, efTectivement, plusieurs expérimentateurs, parmi lesquels le D‘ AcwonrI, reconnurent depuis que le maximum d’action photographigue d'un colorant ne coïncidait plus avec les bandes d’absorption de ce colorant, mais se trouvait rejeté vers l’extrémité rouge du spectre. Pour vérifier ce fait, il suffit de sensibiliser une plaque avec un colorant déterminé, l’éosine par exemple, et de recevoir sur cette plaque le spectre d’un faisceau de lumière blanche après traversée d'une cuve renfermant une solution du même colorant; si le maximum d’action photographique roïncidait avec les bandes d’absorption du colorant, on ne constaterait aucun elTet ; or, on trouve un maximum d’action photographique très accentuée, plus près du rouge.
- Le principe de la conservation de l’énergie oblige à supposer que ce n’est pas l'éosinc elle-même qui est enjeu, mais un composé de ce colorant et du sel d'argent. Ce composé peut bien être sensible à de nouvelles régions du spectre et, notamment, aux régions avoisinant les bandes d'absorption de l’éosine, mais sans que ce phénomène ait rien à voir avec l’absorption propre de l’éosine.
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- On sait, il est vrai, que les limites d’absorption d’une solution colorte ne roïncideni pus nécessairement avee celles d’une pellicule sèche teinte par ce colorant : c’est notamment le cas pour l’éosine. dont l'absorption à l’étal sec s'étend davantage du côté du rouge; mais on ne peut admetlre cette explication dans tous les cas.
- Prenons par exemple la eyanine. Sir W. Abney a fait l’expérience suivante : une plaque de verre recouverte d’un collodion teint à la eyanine fut placée dans le spectre; une décoloration se manifesta rapidement dans le jaune et dans le rouge ; la plaque ainsi insolée fut recouverte d’une émulsion au col ludion qui s'incorpore à la première couche et améne ainsi le sel d'argent au contact du produit de la décoloration sans exposer à nouveau à la lumiére. Cette plaque fut soumise à l’action d'un révélateur et on constata la formation d’une image dans toutes les régions où la evanine avait été blanchie. cest-a-d ire dans les régions mêmes correspondant à l'absorption. ( lette expérience met en évidence le fait qu’il y a au moins deux modes d'action distincts dessensibilisateurs.
- Dans sa conférence, M. TimiriazelT dit qu’il constala également la coïncidence des bandes d’absorption et des maximums de seusi bilité dans le cas de la sensibilisation des plaques photographiques avec la chlorophylle, principe* colorant des parties vertes des végétaux. Ce sont probablement les colorants les moins stables qui donnent ces coïneidences, tandis que les colorants stables montreraient un décalage vers le rouge. Il serait intéressant de tenter, sur ces bases, une elassification des sensibilisateurs optiques actuellement employés.
- (L, Photographe d'après Pholog ruphg, 14 mai 1906.1
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- m.ms, imphimijoe DANANTILNL
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- SUR LA COMPOSITTON DE LA GÉLATINE INSOLUBILISÉE
- Par les sels de sesquioxyde de chrome et la théorie de l'action de la lumière sur la gélatine additionnée de chromâtes métalliques (1)
- Par MM. A. et L. LuknE et A. SEYEWKTz
- Première communication. — Composition de la gélatine insolnbilisée par les sels de sesquioxyde de chrome.
- L’alun de chrome ajouté à une solution aqueuse de gélatine détermine, comme on le sait, une modification profonde des propriétés de la gélatine. Avec des proportions convenables d’alun, la solution une fois prise en gelée ne peut plus être liqué-fiée lorsqu’on la chaufle avec de l’eau et la gélatine devient insoluble dans l’eau bouillante.
- On observe le meme phénomène d’insolubilisation avec des feuilles de gélatine sèches qui ont été immergées pendant un temps suffisant dans une solution d’alun de chrome. Cette propriété paraît présenter une grande analogie avec celle que pos-sède la peau de devenir imputrescible sous l influence de l’alun de chrome dans le procédé de tannage au chrome.
- Les travaux de PnocrenetGnmrtrus(1) et ceux de KAuTwic et 1 )alimier (2) ont permis de faire diverses hypothéses sur la composition de la peau tannée, mais jusqu’ici on ignorait à la suite de quelles réactions précises les sels de sesquioxyde de chrome peuvent rendre la gélatine insoluble.
- C’est la nature de ces réactions complexes que nous avons cherché à élucider dans la première partie de cette étude.
- Nous nous sommes proposés de résoudre les problèmes suivants :
- 19 Déterminer quels sont les composés du sesquioxyde de chrome pouvant inso-lubiliser la gélatine. Quelle est, pour un poids déterminé de gélatine, la quantité minimum de chrome aux divers états qui permet l insolubilisation et la quantité maximum qui peut ètre fixée ? Ces quantités dépendent-elles du degré de concentration de la solution de gélatine?
- 2" Rechercher à quel état le chrome se trouve associé à la gélatine et si l’acide du sel de chirome intervient dans l’insolubilisation. Fixer le rapport du poids de gélatine à celui du chrome dans la gélatine i nsol ubilisée dans des conditions variables ;
- 3 Etudier les propriétés de la gélatine chromée et en déduire les meilleures conditions de l’insolubilisation, ainsi que les hypothèses que l’on peut faire sur la constitution de la gélatine chromée.
- (1) Juitm. Soc. chon. !nd., 1900, p. 22.3.
- (2) Hcruc unirerxe/le des mines, de la mêtullurfjie, des Iravau.r publics, des sciences et des arts, 1899, 1. XI.VIII, p. 23. - Voyez aussi la Tannerie, par L. MKtNIEN et C. VNIY (Giauthiers-Villars, édi-leurs).
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- Nous examinerons successivement ces différentes subdivisions de notre étude.
- 1. —Nous avons d'abord expérimenté l’action des sels normaux : sulfate, sulfite, nitrate, chlorure, fluorure, acétate, formiate, citrate, fartrate, lactate, obtenus en dissolvant un poids connu de sesqniosyde de chrome précipité dans la quantité juste suffisante de l’acide. correspondant, en solution aqueuse à 10 " „ environ. Tous ces composés ont paru insolubiliser la gélatine comme l’alun de chrome. Le produit insolubilisé semble résister d’autant mieux aux traitements à l'eau bouillante que le
- sel est moins acide, cost-à-lire qu’il est nécessaire de lui ajouter une moins grande quantité d’alcali pour déterminer la formation d’un précipité permanent d’hydrate de sesquiosyde de chrome. NAns (I ) a montré que l’alun de chrome neutralisé par un alcali jusqu’à commencement de précipitation possède un pouvoir insolubilisa-teur pour la gélatine plus grand que l’alun non neutralisé. En confirmant ces résultats, nous avons indiqué les réactions auxquelles peut donner lieu l’alun de chrome par l’addition d’un alcali, et montré la possibilité de la formation d’un sel basique (2).
- Afin de confirmer les résultats favorables obtenus avec les sels basiques, nous avons expérimenté comparativement aux composés cités plus haut, l’action du sulfate basique de chrome. décomposé peut être préparé, d’après REcorRs, en précipitant parmi alcali l’alun vert obtenu en portant à l’ébullition une solution aqueuse d’alun violet, [mis en redissol vaut l'hydrate de sesquioxyde, de chrome ainsi obtenu (Cr203,21120) dans la quantité juste, suffisante d'acide sullurique. Le sulfate ainsi obtenu répond, d’après Recoura (1), à la formule Cr2(S( )4), sa solution est verte et conserve indéfiniment cette couleur sans rétrograder au violet comme celle de l’alun vert. La gélatine insolubilisée par ce composé résiste bien mieux aux lavages répétés à l’eau bouillante que celle qui a élé traitée par les sels normaux.
- Celle action favorable des sels basiques nous a fait étudier l’emploi de, la solution de sesquioxyde de chrome dans les alcalis, mais cette solution n'insolubilise pas la gélatine. C'est probablement parce que le dissolvant alcalin dissocie le composé de gélatine et de chrome qui se forme, dans le phénomène de l'insolubilisation, ainsi que nous le verrons [dus loin.
- Il n’en est pas de même, du sesqjuioxyde de chrome précipité à l’état naissant (pie l’on peut former en additionnant la gélatine d’un poids connu d’ammoniaque, puis de la quantité théorique d’alun de chrome. La gélatine ainsi insolubilisée, dont l'as-pect vert opaque indique (pie l'oxyde de chrome est bien précipité, résiste aussi com-plètementaux lavages à l’eau bouillante que celle traitée par le sulfate basique de chrome, à condition toutefois qu’il n’y ait pas d’excès d’ammoniaque. Avec une quan-tité relativement faible d’ammoniaque en excès, la gélatine redevient complétement soluble dans l’eau chaude (voir [dus loin i.
- Nous avons cherché à déterminer la quantité minimum de chrome nécessaire pour rendre la gélatine insoluble dans l’eau bouillante. Avant de comparer entre eux divers composés du chrome, nous avons opéré d’abord avec l’alun de chrome en employant un produit purifié par i cristallisations successives et en utilisant des solutions de gélatine de litre variant depuis 10 jusqu’à 2,5 " (ce titre est celui delà solution finale après addition de l’alun). Onu pris des solutions de gélati ne à 3 litres différents : 20, 10 et 3 " et on les a additionnées de quantités croissantes d’une
- (1) Phttloijrfiphisrhf aoùt 1902, p. 4 10.
- (2) Bull, de hl 1902.
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- solution d’alun de chrome titrée, en ramenant tous les essais au même volume par addition d'eau. On a eu ainsi des solutions renferment 10, 3 et 2,5 0 o de gélatine et des proportions d’alun de chrome variant depuis 0=, jusqu'à 10 gr. pour 100 gr. de gélatine. On a prélevé une portion de ces essais quelques heures après leur préparation et on les a soumis à l'action de l’eau bouillante.
- Avec la gélatine à 10
- renfermant 2gr. d’alun de chrome pour 100gr.
- de gélatine est celui (pii résiste le mieux à l’action de l’eau bouillante pour la plus petite quantité de chrome.
- Avec la gélatine à 5 °/0, cette quantité d’alun de chrome doit atteindre 3 gr. pour 100 gr. de gélatine, enfin aucun des mélanges renfermant 2,5 0, de gélatine n’est infusible dans l’eau bouillante. Si l’on recommence ces essais de fusibilité 12 heures après leur préparation, on trouve qu’avec la gélatine à 3 % l’essai renfermant 2 gr. d’alun pour 100gr. de gélatine est devenu insoluble. Avec la gélatine à 2,3 % les essais renfermant le plus d’alun de chrome fondent beaucoup moins facilement qu'au début, mais aucun ne résiste encore complètement à l’eau bouillante.
- Après 18 heures, on trouve1 que les essais renfermant au moins 5 0. d’alun de chrome sont insolubilisés, puis l’insolubilisation augmente avec le temps et finale-ment après 50 heures environ, l’essai ne renfermant (pie 2 gr. d’alun pour 100 gr. de gélatine résiste également à l’eau bouillante. Aucun changement nouveau dans l’in-solubilisation n’a été remarqué pour les essais faits avec la gélatine à 10 et à
- Lu quanliié minimum d'alun de chrome permettant à la. gélatine de résister à Vac-lion de l'eau bouillante est donc de ? gr. pour 100 gr. de gélatine. Cette quantité est la même quelle que soit la concentration de la solution de gélatine, mais à partir de la teneur de 5 % l’insolubilisation complète n’est obtenue qu’après un temps variable d’autant plus long que la dilution est plus faible. Ce temps paraît atteindre 50 heures environ avec la gélatine, à 2,5 "/u
- Après avoir déterminé la quantité minimum d’alun de chrome qui peut insolubi-liser 100 gr. de gélatine, nous avons recherché quelle est la quantité maximum d’alun de chrome que peut fixer ce même poids de gélatine en opérant comme précédemment avec des solutions à 10, à 5 et à 2,5 " o de gélatine (teneur après addition de l’alun de chrome). Trois séries d’essais faits comme plus haut en ajoutant à des solutions de gélatine (le titre variable des quantités croissantes d’alun de chrome, ont permis de constater (pie dès que la solution gélatinée renferme plus de 21 gr. d’alun de chrome pour 100 gr. de gélatine, la masse solidifiée abandonne du chrome par traitement à l’eau froide, quelle (pie soit la coucentration de la solution de gélatine.
- Pour saturer de chrome 100 gr. de gélatine, il faut donc une quantité d'alun environ 10 fois plus grande que la quantité minimum nécessaire pour insolubiliser ce même poids de gélatine.
- Nous avons examiné si l'acide combiné au chrome a une influence sur la quantité de chrome nécessaire à f insolubilisation. Pour obtenir des résultats comparables il n’était pas possible d’utiliser les sels chromiques cristallisés du commerce dont la composition est très variable au point de vue de la teneur en chrome et de l’acidité.
- Nous avons préparé de l'hydrate de sesquioxyde de chrome précipité pur à partir d’un poids connu d’alun de chrome pur. L’hydrate de sesquioxyde de chrome a été dissous dans la quantité correspondante d’acide titré et on a étendu les solutions
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- ainsi obtenues à un même volume de façon à avoir des quantités comparables de chrome dans toutes les solutions.
- Nous avons expérimenté le sulfate, le chlorure, le nitrate et l’acétate chromique préparés ainsi. il a fallu avee ces divers composés employer des quantités de sels correspondant sensiblement à 2 ar. d’alun de chrome pour insoluhiliser 100 gr. de gélatine. La nature de l’acide, combiné au chromeparait donc être sans influence sur la quantité minimum de chrome nécessaire pour insoluhiliser un poids déterminé de gélatine.
- IL — Ll'incinération de la gélatine insolubilisée par les sels de sesquioxyde de chrome donnant dans tous les cas le chrome à l’état de Cr203, on peut supposer, a priori, que c’est à l’état de composé chromique que le chrome se lixe sur la gélatine dans la réaction insolubilisante, La couleur violette ou verte delà gélatine insolu-bilisée, suivant qu'on emploie un sel vert ou violet, plaide encore en laveur de cette hypothèse. .Jusqu’ici on ignorait si le composé chromique se fixait à l'état d’oxyde, de sel basique ou sel neutre. On peut faire à ce sujet plusieurs hypothèses dont les plus vraisemblables sont les suivantes :
- 1" Ou bien le sel de chrome se fixe intégralement sur la gélatine comme dans la formation des sels doubles en donnant un produit d’addition;
- 2° Ou bien la gélatine jouant le rôle d’acide faible décompose le sel chromique en donnant un sel basique qqui se combine ou forme un produit d’addition avec, la gélatine;
- 3° Ou bien la gélatine jouant le rôle d’un acide fort se combine à la totalité du sesquioxyde de chrome et libère tout l’acide combiné à ce dernier.
- Pour résoudre cette question nous avons d’abord examiné quelle variation on apporte dans le rapporl du chrome à l'acide sulfurique lorsqu'on plonge de la gélatine sèche ou goidlée par l’eau dans une solution «l’alun de chrome.
- On a dosé le chrome et l'acide sulfurique dans une solution d’alun de chrome pur avant et après y avoir immergé des plaqjues de gélatine pendant plusieurs jours. Qu’on opere en solution concentrée ou étendue, en employant même une quantité de gélatine suflisante pour produire la décoloration presque totale du liquide, on trouve sensiblement h' même rapport entre le chrome et l'acide sulfurique avant et après l'immersion.
- Les résultats tendent donc à prouver que l’alun de chrome se fixe à l’état d’alun sur la gélatine.
- Les mêmes résultats ont été obtenus avec le chlorure chromique. On pourrait donc supposer que l’alun de chrome ou le sel de chrome forme un véritable composé d’ad-dilion avec la gélatine. Pourtant, si l’on lave à l’eau de la gélatine insolubilisée par un sel chromique, on constate qju’elle abandonne des quantités importantes de l’acide du sel ayant produit l’insolubilisation, mais le titrage de l’acide éliminé dans les premiers lavages effectués même, à l'eau bouillante, montre que la quantité d'acide éliminée est notablement inférieure à celle qui correspond à la salification du chrome fixé. En multipliant le nombre des lavages, on constate, après chacun d’eux, l’élimination d’une petitequantité d’acide libre, mais il faut soumettre la gélatine, insolubilisée à un très grand nombre de traitements par l’eau bouillante pour obtenir l’élimination complète de toute trace d'acide (I). Après quelques lavages à l’eau bouillante, le
- (Il Un sassure que cette élimination est compléte, en faisant bouillir la gélatine chromée avec de l’aride nitrique pur pour dét ruire la matière organique et en s’assurant que la solution ne donne plus de précipité parle chlorure de baryum.
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- produit se gonfle et devient de plus en plus perméable à l’eau en même temps qu’une portion de la gélatine se dissout dans l'eau chaude et le, composé s'enrichit en chrome (1).
- On pourrait croire d’après cela que l’acide du sel de chrome entre dans la composition delà gélatine insolubilisée et que l’élimination progressive de cet acide détermine le gonflement et la dissolution partielle de la gélatine. Mais il n’en est rien, car il n'est pas possible de rendre à la gélatine son imperméabilité primitive en la faisant digérer à froid ou bouillir dans une solution aqueuse, acidulée par une quantité d’acide comparable à celle éliminée.
- En outre, nous avons montré [dus haut qu’il est possible d’obtenir l’insolubilisation par l’alun de chrome en ajoutant à la gélatine la quantité d’ammoniaque justecorres-pondante à l’acide du sel de chrome employé pour saturer la totalité de l’acide de ce sel. Nous avons même fait observer à ce sujet que l’aspect de la gélatine ainsi inso-lubilisée était opaque et que. la totalité de l’osyde de chrome paraissait précipitée au sein de la gélatine. La gélatine ainsi traitée peut être bouillie un très grand nombre de fois avec l’eau sans gonfler et sans abandonner de la gélatine comme dans le cas de l’insolubilisation par les sels normaux de chrome.
- La possibilité d’insolubiliser la gélatine par l’hydrate de sesquioxyde de chrome paraît donc prouver que l’acide du sel de chrome n’intervient pas dans le phénomène.
- On peut supposer que c’est la présence de cet acide retenu par la gélatine et s’éliminant peu à peu dans les traitements successifs par l’eau bouillante qui décompose lentement à chaud la gélatine insolubilisée.
- dette hypothèse est confirmée par le fait qu’on peut empêcher complètement le gonflement de la gélatine dans les traitements à l’eau bouillante, ainsi que la dissolution d’une partie de la gélatine en faisant subir à celle-ci des lavages à l’eau alcaline avant de la traiter par l’eau bouillante.
- Pour obtenir de bons résultats, il est indispensable d’utiliser des solutions suffisamment diluées sans excès notable d’alcali par rapport à l’acide du sel de chrome, sans quoi la gélatine chromée se décompose. Nous avons essayé de laver la gélatine insolubilisée par l’alun de chrome, comparativement avec de l’eau alcalinisée par de l’ammoniaque, [larde la soude caustique et par du carbonate de soude. On a déterminé la quantité maximum de chacun de ces alcalis employé pour ces lavages sans risquer de produire, avec l’excès d’alcali, un commencement de décomposition de la gélatine chromée.
- Dans ces essais, la gélatine a été insolubilisée par un excès d’alun de chrome puis lavée à l’eau froide jusqu’à élimination de toute trace de chrome.
- « Avec 10 fois la quantité théorique d’ammoniaque nécessaire pour saturer l’acide du sel de chrome employé en solution à 1 le gonflement de la gélatine se produit à nouveau dans les lavages ultérieurs à l’eau bouillante, cequi indique un commencement de décomposition de la gélatine chromée. On obtient le même résultat avec le carbonate de soude, mais on peut l’employer en solution à 3 %. Avec la soude caustique le gonflement de la gélatine ne se produit pas en employant juste la quantité théorique de soude en solution à 0 gr. 1•"/0, mais il a lieu dès que l’on double cette quantité dans le même volume d’eau. »
- (I) Cet enrichissementen chrome est très notable. On trouve en effet que tu gélatine ainsi traitée peut donner parincinération un résidu de 5,1 à 3.6 pour 100 «r. de gélatine, alors que la gélatine insolubiliséc complètement comme nous l'indiquons plus loin ne donne que 3,3 à 3,3 n u.
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- L’influence favorable des lavages alcalins parait bien prouver que c’est l’acide du sel de chrome libéré dans le phénoméne ile l’insolubilisation, qui réagit sur la gélatine chromée en présence de l’eau bouillante ef tend à la désorganiser. L’acide du sel de chrome est nuisible et non utile dans la réaction insolubilisante. Il est donc avantageux de l'éliminer, si l'on veut avoir une gélatine résistant complètement à l’action de l’eau bouillante.
- Nous avons reconnu que, pour obtenir ce résultat dans les meilleures conditions possibles, il faut d’abord laver à l’eau froide la gélatine insolubilisée pour éliminer le chrome qqui peut se trouver en excès. On traite alors la gélatine par une quantité d’eau ammoniacale renfermant environ 0 gr. 3 d’AzI I dans 100 cc. (soit 1 cc. 5 d’am-moniaque du commerce), employé en quantité à peu près double de la quantité t héoriqne nécessaire pour saturer l'acide du sel de. chrome. Si on remplace l’ammoniaque par du carbonate de soude, on pourra l’employer en quantité correspondante à l’am-moniaque, mais en solution à 1 0 q.
- Lorsqu’on insolubilise la gélatine par la plus petite quantité possible d’alun de chrome (soit 2 gr. pour 100 gr. de gélatine) on constate que si le produit résiste bien à un premier traitement à l’eau bouillante, il se gonfle, déjà après le deuxième lavage à l’eau bouillante, et ne résiste pas aux lavages suivants. Si on essaie d’augmenter l’insolubilisation comme précédemment par traitement à l’eau ammoniacale, on peut remarquer qu’en employant pour le lavage une quantité d’ammoniaque suf-fisamment faible à un degré* de dilution convenable (0,05 °/.) on arrive à retarder le gonflement de la gélatine, mais non à l’empécher. A mesure qu’on augmente le nombre des lavages, on dissout chaque fois une nouvelle quantité de gélatine et finalement on obtient la dissolution complète du produit, l’insolubilisation ainsi produite est donc très incompléte. On peut supposer que la gélatine ainsi insolubilisée est un mélange de substance fusible et de substance infusible et que c’est grâce à la présence d’une quantité suffisante de la portion infusible que la masse ne fond pas. Dès que cette masse a été désagrégée par plusieurs lavages à l’eau bouillante, on arrive à dissoudre la partie soluble.
- Les lavages à l’eau alcaline de la gélatine insolubilisée par un excès d’alun de chrome nous ont permis de faire subir* à cette gélatine un nombre suffisant de lavages à l’eau bouillante pour éliminer toute trace de produits solubles, sans risquer de dissoudre une certaine quantité de gélatine. Il nous a donc été possible de dé-terminer avec certitude le rapport de la gélatine, au chrome, ce qui ne pouvait avoir lieu avant les traitements alcalins puisque de la gélatine se dissolvait pendant ces lavages, des déterminations ont été faites avec, une solution de gélatine à 20 0/0 dont 50 cc. ont été additionnés de la quantité maximum d'alun de chrome qu’elle peut absorber, avec un léger excès pour être bien sûr de ne pas être au-dessous du maximum. Après solidification, la gélatine a été divisée en petits fragments, puis lavée à l’eau froide jusqu’à élimination de toute trace. de chrome en excès. On a fait ensuite deux lavages à l’eau ammoniacale (chacun avec 100 cc. d’eau renfermant 1 co. 5 d’ammo-niaque ordinaire) puis deux lavages à l’eau froide pour éliminer l’ammoniaque. Enfin toute trace de sels solubles a été éliminée par de nombreux lavages à l’eau bouillante (25 lavages avec 150 cc. d’eau chacun) puis la gélatine a été séchée à l'étuve vers 80° jusqu’à poids constant ( 1 ).
- (I) Après chaque lavage, la qélatine étant fortement pressée dans un nouet de toile pour bien
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- Les mêmes essais ont été faits en remplaçant l’alun de chrome par le chlorure chromique qui a été utilisé dans des conditions tout à fait comparables. Après dessiccation, la gélatine a été pesée, puis incinérée. On a obtenu ainsi le sesquioxyde de chrome retenu par la gélatine, mélangé à la petite quantité de substances minérales contenues dans la gélatine, qui sont insolubles dans l’eau bouillante (phosphates).
- Dans une série d’essais faits d'une part avec une même quantité d’alun de chrome en excès, et d’autre part avec des quantités croissantes d’alun de chrome, on a trouvé des poidsde cendres sensiblement concordants. Avec le chlorure chromique 1c nombre obtenu est également très voisin de ceux qu’a donnés l'alun. Ils varient entre 3 gr. 8 et 4 gr. de cendres pour 100 de gélatine (dix essais). Si l’on déduit de ce poids celui correspondant aux phosphiates, le poids de. Cr203 fixé par 100 gr. de gélatine devient entre 3 gr., 3 et 3 gr., 3 (1).
- III. — La gélatine insolubilisée par l’alun de chrome se présente avant traitement par l’eau alcaline, et avant dessiccation, sous forme d’une masse transparente élastique colorée en violet rougeâtre avec un dichroïsme verdâtre, ou en vert suivant qu’elle a été insolubilisée avec un sel normal ou un sel basique de chrome. Cette couleur est très voisine de celle du composé chromique qui a servi à l’insolubilisation. Les lavages de la gélatine par l’eau alcaline faible comme ceux que nous avons indi-qués pour obtenir l’insolubilisation complète, font perdreà la gélatine sa transparence, elle devient translucide. En augmentant la quantité d’alcali elle devient tout à fait opaque probablement à cause de l'oxyde de chrome qui se précipite dans la masse. On observe, du reste, un aspect analogue lorsqu’on produit l’insolubilisation au moyen de l’oxyde de chrome en ajoutant l’alun de chrome à la gélatine additionnée de la quantité théorique d’ammoniaque pour décomposer l’alun.
- Lue fois desséchée, la gélatine insolubilisée est brillante, sa couleur est vert foncé, elle est cassante, très dure, se laisse facilement réduire en poudre en donnant une poudre verte. Par incinération elle laisse Cr20 pur, mélangé aux substances que l’on trouve dans les cendres de la gélatine et qui ne se dissolvent pas dans l’eau chaude. Lorsque le.s lavages ont été faits comme nous l’avons indiqué, on ne retrouve pas trace de l’acide employé1 (2), sauf pourtant dans l’insolubilisation par le chlorure chromique où malgré les lavages répétés à l’eau chaude, nous avons toujours retrouvé de petites quantités de chlore.
- Les acides ainsi que les alcalis employés en quantité relativement faible rendent de nouveau la gélatine soluble dans l’eau bouillante. Les acides agissent à dose très faible. Ainsi, si l’on traite 10 gr. de gélatine insolubilisée au maximum à l’état de solution à 10 " 0 (solution finale) et non desséchée par 1 litre d’eau sulfurique à 1 1000’, la gélatine se gonfle très rapidement si on porte la liqueur à l’ébullition, et elle finit par se dissoudre complétement en prolongeant quelque temps l’ébullition.
- Dans cette réaction, la solution se colore en vert, le chrome donne le sel de chrome correspondant à l'acide et la solution se prend en gelée par refroidissement. Dans le cas du traitement par les alcalis, il parait y avoir simplement désorganisation de la
- l’acide nitrique pur pour détruire la matière organique ne donne pas de précipité par le chlorure de baryum.
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- | f : 1 $
- I
- gélatine par l’ébullition avec l’eau alcaline après (pu*. la gélatine s’est gonflée par absorption d’eau et le sesquioxyde de, chrome se sépare peu à peu.
- Lorsqu’on additionne la gélatine de quantités croissantes d’alun de chrome, on pourrait croire que les divers drg rés d’insolubilisation de la gélatine se traduisent par des points de fusion différents et qu’avant d’arriver à l’infusibilité complète de la gélatine ou a des produits ayant des points de fusion de plus en plus élevés, au fur et à mesure qu’on se rapproche de la quantité d’alun produisant l’infusibilité complète.
- Nous avons reconnu l’inexactitude de cette hypothèse, en ajoutant à un même volume d’une solution de gélatine à 7 0 (1 dans une, série de 10 essais, des quantités croissantes d’une solution d’alun et en atteignant dans le 10' essai la quantité la plus faible d’alun nécessaire pour produire l’insolubilisation. Les diverses gélatines se solidifient à des températures un peu différentes. Ainsi le point de. solidification de celle ne renfermant pas d’alun se trouve entre 20 et 26"5, tandis que celui de la gélatine renfermant la quantité d’alun la plus faible pour produire l’insolubilisation est de 30"5. Mais les points de fusion des gélatines pouvant fondre sont sensiblement les mêmes qu’elles soient ou non additionnées d’alun de chrome.
- Il n’y a donc pas, comme on pourrait le croire, des mélanges d’alun de chrome et de gélatine dont le point de fusion est supérieur à celui de la gélatine.
- Conclusions.— De l’étude précédente on peut tirer les conclusions suivantes :
- 1° Dans h* traitement par les sels de chrome, la gélatine semble bien fixer directement du chrome puisque ses propriétés subissent des modifications profondes et que le chrome ne peut être éliminé par de nombreux lavages à l’eau bouillante;
- 2° L’acide du sel de chrome, bien que retenu avec, énergie par la gélatine, ne semble nullement intervenir dans le, phénomène de l’insolubilisation, puisqu’on peut l’éliminer sans modifier les propriétés de la gélatine insolubilisée (1);
- 3° Un poids déterminé de gélatine fixe une quantité maximum constante de ses-quioxyde de chrome comprise entre 3 ",2 et 3*r,5 pour 100 gr. de gélatine quelle que soit la nature du sel chromique employé pour l’insolubilisation, ce qui semble indi-quer que l’on a affaire à un composé parfaitement défini ;
- 4° En raison de sa facile dissociabilité, la gélatine insolubilisée est plutôt un composé d’addition qu’une véritable combinaison;
- 5" La dissociation de la gélatine, chromée par traitements répétés à l’eau bouillante peut être empéchée, soit en lavant dans des conditions convenables à l’eau ammoniacale la gélatine additionnée du composé- chromé, soit en ajoutant dans la gélatine avant l’addition du sel de chrome, la quantité théorique d’ammoniaque, pour saturer l’acide de, ce sel.
- Nous compléterons celle intéressaite etnnmunicaHon en commençant dans le prochain
- (1) On peut supposer que c'est gràce au « fonctions i la fui, basiques et aride que la gélatine cette substance relient à la lois l’ovyde de chrome et l’acide qu i lui est combiné.
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- AGRANDISSEMENT
- PHOTOTYPES A PERSPECTIVE ANORMALE
- Les photgographes, qui ne sont pas munis d’un matériel spécial, sont fréquemment obligés de renoncer à prendre certaines vues parce que la mise en plaque ne peut être faite en maintenant l’appareil horizontal (voir remarque à la fin du mémoire).
- Certains ne se tiennent pas pour battus et braquent résolument leur objectif sur le sujet, sanséprouver le moindre remords pour une pareille dérogation aux conventions de la perspective.
- Dans le cliché obtenu, les lignes verticales, au lieu d rire parallèles, convergent en un point de fuite ", que détermine surla plaque P la verticale ov, suivant laquelle se coupent tous les plans déterminés par le centre optique () et les dilférentes verticales du paysage.
- On peut, il est vrai, corriger cette convergence au moyen d’une chambre à double corps, munie de châssis à bascule.
- Mais ce procédé, qui est employé habituellement pour corriger des déformations qui ne dépassent pas le taux des erreurs accidentelles, peut-il être appliqué dans le cas envisagé plus haut ?
- C’est à cette question que nous nous proposons de répondre, en rappelant auparavant les conditions géométriques que nécessite le redressement des verticales.
- Conditions de redressement de l'image. — Chacun des deux châssis P et 0 doit basculer autour de son axe de symétrie horizontal, de manière à satisfaire aux con
- ditions suivantes fig. 2) :
- 19 Pour (pie la mise au point soit complète pour tous les points de la plaque, il faut que les plans des deux châssis coupent l’axe principal de l’objectif o' en deux
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- points conjugués u, a' et se coupent entre eux suivant une ligne b située dans le plan de l’objectif o' (voir note 1).
- 2" Pour (pie le parallélisme des verticales soit rétabli sur le châssis positif Q, il faut que ce châssis soit parallèle à l’axe secondaire o‘v du point de fuite des verticales dans le cliché (voir note 2).
- Si l’on désigne par
- /) le foyer de l’objectif a de la chambre,
- a) l’inclinaison de l’axe optique de cet objectif pendant la mise en plaque,
- 1 le foyer de l’objectif d’agrandissement o‘,
- Gle grossissement réalisé dans l’agrandissement,
- p. |‘ les distances des points a el (‘ au point 0‘,
- p l'angle que fait le plan P avec h' plan (/,
- y l’angle que fait le plan Q avec le plan 0‘, les conditions géométriques précédentes peuvent se traduire par les formules:
- Conditions de mise au point (1) p t p F
- ( (2) Iry=Gt=3
- Conditions de parallélisme des verticales (3) sin 3 - 5%
- Si l’angle 3 est assez petit pour que l’on puisse confondre sin^avec ig 3, on peut déduire de ces formules
- te =I-
- II
- 5
- Celte formule approchée montre (pie l’angle y est sensiblement indépendant du grossissement. il ne dépend que de la seule, variable a. Comme dans la pratique ou ne mesure pas l'angle a et que d’autre part l’opération du redressement de l’image donne y par la position du châssis O, nous emploierons cet angle y pour caractériser la déformation du cliché.
- L’angle P qui dépend de ( serait plus incommode.
- de rimage rctlresscr. — Si les conditions précédentes sont remplies, le parallélisme des verticales sera rétabli. Mais il ne faut pas croire pour cela que toute déformation aura disparu dans l’image obtenue.
- Le parallélisme des verticales n'implique pas en elTet la restitution exacte de la forme des objets et, si les déformations qu'il laisse subsister peuvent être négligées lorsqu'elles proviennent d’une déelivité accidentelle de la chambre, il n’en est plus de même dans le cas qui nous intéresse.
- On se rend compte de ces déformations (voir note 3) en les appliquant à un quadrillage o.rif formé su r une horizontale o,r et une verticale oy divisées en parties égales. La diagonale OR de ce quadrillage fait avec oy un angle Q- 45".
- On trouve que, si les conditions de redressement de l'image sont remplies, ce quadrillage sera figuré dans l’image agrandie par un quadrillage formé par des rectangles égaux dont les dimensions horizontales et verticales sont dans le rapport
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- REVUE DES SCIENCES PHOTOGRAPHIQUES
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- Si 0u<o‘v, K est plus petit que 1 et il y a allongement de l’image dans le sens vertical.
- Si ov>dv, K est plus grand que 1 et il y a tassement de l’image en hauteur.
- Comme le point v se trouve, dans la pratique, en dehors de la plaque, les distances ou et o'v sont difficiles à déterminer et il est plus commode d’exprimer la constante de déformation K en fonction de l’angle y par la formule
- (5) *=V*t
- dans laquelle m représente le rapport (4)
- Cette formule a permis d’établir les tableaux B et C qui donnent successivement les valeurs de
- *=*+* "*K
- Condition de eonseeuation des angles.- D'après ce qui précède, cette condition peut s’exprimer par l'égalité
- ov = o'v
- Mais pour les raisons données plus haut, il vaut mieux se servir delà relation (5) d’après laquelle on a
- K=1 mr($) U+=1
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- (Si on met de côté la solution tg y = 0 qui est relative à un cliché normal).
- dette condition est vérifiée par les valeurs de (1 et de m qui se correspondent sur le trait rouge du tableau B.
- Conclusion.— Si l’on veut faire disparaître toutes les déformations dues à une déclivité de l’axe optique, il faut combiner le foyer de l'objectif employé avec le taux de l’agrandissement de manière que les valeurs de
- se correspondent sur la ligne rouge du tableau B.
- Si on est obligé de s'écarter de cette. ligne, on aura des déformations plus ou moins sensibles. Pour se rendre compte de leur importance, on effectuera la mise au point et le redressement de l’image. La position du châssis positif permettra d’évaluer l’angle y et par suite les déformations d’angle en consultant successivement les tableaux B et C.
- Si, par exception, on avait mesuré a (comme on peut le faire avec certains pieds d’appareils munis d’une tête mobile graduée), il serait inutile de mesurer y. On obtiendrait directement les déformations d’angle en fonction de a en consultant successivement. les tableaux D et E, établis d’après la formule
- _/ I--teda_. [
- V 1+m. (—L)
- Remarque. — Il ne s’agit pas ici bien entendu du cas où le champ de l’objectif serait
- insuffisant, car rien ne peut suppléer à ci; défaut. On considère seulement le cas où le décentrage est insuffisant par suite d’une différence de niveau entre l’appareil o et le centre L du sujet AB que l’on peut caractériser par l’angle de site a.
- Il ne faut pas oublier en outre que le décentrage est lui-même limité par la surface que peut couvrir l'objectif.
- .1. Olive
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- NOTES EXPLICATIVES
- A L’APPUI DU MÉMOIRE PRÉCÉDENT
- NOTE 1
- Plans conjugués obliques.
- Considérons un plan P oblique sur l’axe x'x d’une lentille l ayant son centre optique en 0.
- Si nous prenons pour plan de la fig. le plan passant par l’axe de la lentille qui
- est perpendiculaire sur le plan P, ce dernier plan et la lentille seront représentés par deux droites P et L, faisant entre elles l'angle qui mesure l'obliquité du plan P. Cherchons d’abord le lieu des points conjugués m des points m de la droite P qui ne sont pas trop éloignés de l’axe X'X.
- A cet elfet, prenons pour axe polaire la demi-droite ox} dirigée suivant l’axe de la lentille dans le sens de la marche des rayons lumineux et désignons par
- p et w les coordonnées du point m, p‘eto‘ celles du point m'
- Comme les points 111,0^ sont en ligne droite
- (1) •‘=o—t
- Les points m et mr étant de plus conjugués
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- Enfin le point m est sur la droite qui réunit les points
- = 3 g :9
- et ses coordonnées satisfont à l’équation
- 1 ---Clos M -- 03
- (3) —----------------—
- P p
- En comparant les relations (2) et (3), on trouve
- Comme nous avons supposé le point ni assez rapproché de l’axe «est voisin de • et cos o de 1 ; ce qui permet d’écrire
- et en substituant w‘ à w d'après la relation (1)
- La 2e propriété est exprimée par la relation
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- La 3e donne successivement
- 3
- Les relations (5) et (6) sont les conditions de mise au point dans l’emploi de la bascule.
- NOTE 2
- Condition de parallélisme des verticales.
- Reportons-nous aux figures (1) et (2) du mémoire ci-joint. Pour que sur le plan O les verticales soient parallèles, il faut que l'image du point de fuite v deces verticales dans le cliché soit rejetéeà 1’ 30 ; ce qui exige que l'axe secondaire o'v soit parallèle au plan Q.
- Si cette condition est remplie, les triangles (k/u, aa^b sont semblables et l’on a
- av _ a0' P _ 1
- ab aa' p+p+G
- D’autre part le triangle aa'b donne
- _ ao‘ _ P
- 1 ‘ sin ’ sins
- et d’après la fig. 1 : " " = — = IL
- Par-su ie: ( L ) !
- / M) 1=d \ sin /
- F (G+1)
- f_ P _ G F tga - 1-0 - 1-G 7 G
- . A F
- (7) sin G/ tga
- Telle est la relation qui exprime la condition de parallélisme des verticales dans l’agrandissement d’un cliché à lignes verticales convergentes.
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- NOTE 3
- Déformations des images rectifiées.
- Réunissons les figures 1 et 2 du mémoire ci-joint en une seule en supposant la plaque fixe et prenant pour plan de la figure celui des deux plans de symétrie de la plaque qui est vertical. Ce plan renferme les axes optiques 03, o’s’et est aussi un plan de symétrie pour le châssis Q.
- Si parle point 0, nous menons une verticale, nous obtenons en v le point de fuite des verticales dans le cliché et en vertu de la condition de parallélisme des verticales o’v est parallèle au plan Q.
- Coupons le champ de l’objectif a par un plan vertical V.
- Les rayons lumineux qui viennent des différents points de ce champ et (pii passent par 0 forment sur le plan V une perspective normale du paysage, sur le plan P la perspective déformée du cliché.
- Les rayons lumineux qui viennent des différents points du cliché et qui passent par o‘ forment sur le plan Q la perspective rectifiée du paysage.
- Ainsi la dernière image se déduit de la première par deux perspectives successives données par les deux points de vue o et Comme la première présente une perspective normale, nous nous rendrons compte des déformations de la dernière en
- (1) Le point m. de cette figure ne doit pas nécessairement se trouver sur la droite am,: il y a là une coïncidence accidentelle: nous prions le lecteur de vouloir bien rectifier lui-même cette petite erreur de dessin (.Vote de la rè(laclioit).
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- étudiant les transformations qui permettent de passer de l’une à l’autre. Celte étude repose sur les transformations élémentaires suivantes:
- 'rraiis/'orHittlion d’ime direeliou. — Si nous menons par 0 et o des plans respec-tivement parallèles aux plans 2 et o, ces plans auront pour traces ou, o'v et se couperont suivant une ligne debout projetée en v qui se rabat.
- Suivant v/q autour de ou
- - ch, - P
- Considérons dans le plan V une direction AM définie par l'angle 0, qu’elle fait avec la trace de ce plan et représentée dans un rabattement, par AM.
- Si par le point o nous menons une parallèle à AM, cette droite se trouve dans le plan ou parallèle au plan V et perce le plan P en un point m de vh, qui se rabat.
- en m sur en m. sur en m3 sur
- La perspective de AM sur le plan P est la droite am qui se rabbat en ama, autour de P. Comme l'angle uom a ses côtés parallèles à ceux de l'angle VAM, on a
- El par suite :
- Comme d’autre part :
- On a en définitive :
- § S s St = : = Sf Il II II II 883°
- Pour passer de la 2e image à la3", il faut effectuer une transformation inverse de la précédente en remplaçant le point u par le point o'. On a donc par analogie avec la relation précédente:
- vm, = o'v x tg 0'
- En comparant ces deux dernières relations, on trouve
- (8) ge= 00-0
- Cette relation justifie la règle suivante:
- Ilèfjle It". — Si l’on trace dans le plan Vun faisceau de parallèles à une direction définie par l’angle O qu’ellefait avec la ( race de ce plan, ces droites sont représentées sur le plan O par un faisceau de parallèles dont la direction fait avec la trace de ce plan un angle 0' défini par la formule 8.
- Teaiislormalion des divisions égales. — Considérons dans le plan V deux segments égaux AB -= CD portés sur une droite quelconqgue.
- Prenons dans ce meme plan un vecteur CH égal et parallèle à ces segments.
- Ces 3 segments déterminent deux parallélogrammes ABGII,, qui setrans-
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- REVUE DES SCIENGES PIIOTOGRAPIITQUES
- forment dans la fig. O en deux autres parallélogrammes a'b'g'li', c'd'{fh'f puisque le parallélisme se conserve.
- Par suite :
- a‘b‘= g'h'
- Donc :
- Heple IL — Des divisions égales portées sur une droite quelconque sont représentées par des divisions égales de la perspeetive de cette droite.
- TriuifiloriHalion d'un quadrillage. — \ppliquons les résultats précédents à un quadrillage o;rij obtenu en portant des divisions égales sur une horizontale ox et sur une verticale oy(voir fig. 3 du mémoire).
- 3
- Considérons la diagonale OR et appliquons la I"e règle aux trois lignes maîtresses OX, OY, OR.
- Pour la 2" 0=0
- ?
- 8
- R , ,
- il lî *8 3s
- § 5
- H II II
- s = "
- Les trois lignes correspondantes o.1", oif, ov' sont ainsi déterminées.
- En faisant ensuite intervenir la 2" régle, on voit que dans le quadrillage transformé les carrés égaux sont remplacés par des rectangles égaux dont les dimensions horizontales et verticales sont dans le rapport
- 818
- II
- M
- E f
- &
- R
- ' g*
- (pie I routine. — Ce cas se ramène à celui d’un qua-
- drillage divisions infiniment petites et les conclusions précédentes peuvent encore s'appliquer.
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- REVUE DES SCIENCES PIIOTOGRAPIIIQUES
- 371
- Condition de conservation des angles. — D’après la relation de transformation 140= 0v g0
- la condition de conservation des angles est
- Formules pratiques. — Pour des raisons déjà données, il y a lieu d’exprimer la constante de déformation
- en fonction de l'angle y.
- D'après la figure 1 :
- i
- 8-
- Mais y et a sont reliés par les conditions de mise au point et de redressement de l’image (voir notes 1 et 2).
- (HD
- (H)
- 6 s ç a|e = .=
- Exprimons sin y et sin o en fonction de tg y en tenant compte des conditions précédentes.
- II
- z. =. =. 3
- 2 I faye r 7e
- noo Co‘
- 11
- +
- 4 Ra% T S
- lG
- € -q- R 3- *
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- 372 REVUE DES SCIENCES PIOTOGRAPTIIQUES
- Portons ces valeurs dans l’expression (9)
- 1 shdy. 1+13 (u .1 )
- 2 sin2x 1-tg2y
- J4-iey (4+.1a)
- (12) H. V
- Celte relation exprime les déformations en fonction des trois variables m (I lg y
- Pour la mettre sous forme de tableaux, nous remarquerons que les 2 premières variables ne rentrent que dans la somme
- # G 1 m*
- Dès lors, on formera
- Un ter tableau B donnant a en fonction de G et de m.
- Un 2e tableau C donnant K en fonction de p et de tgy.
- Cas particuliers. —Si on connaissait a, on calculerait Ken fonction de a comme il suit 1
- *&
- T
- II
- f
- :
- *!
- 1 s
- (x • =
- 7
- H
- o~l‘, 1[
- II
- [
- I
- T f 2-
- _ - : - ] s! - ; HJ
- - 11
- A 7 5.5 -!,
- -
- D’après celle formule on a établi les tableaux D et B qui donnent successivement
- 2 ( 1— 7) en fonction de ni cl G
- K v «
- J. OLIVE
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- REVUE DES SCIENCES PHOTOGRAPHIQUES
- 373
- TABLEAUX DES DÉFORMATIONS D’ANGLES (en fonction de y)
- TABLEAU B
- DONNANT LES VALEURS DE *=**+ ..
- Valeurs de m
- 1.0 IV 1.4 1.6 1.8 | 2.0 | 2.2 2.4 2.6 2.8 3.0
- 1.0 2.00 1.70 1.51 1.39 1.31 1.25 1.21 1.17 1.15 1.13 1.11
- 1.2 1.70 1.40 1.21 1.09 1.01 0.95 0.91 0.87 0.85 0.83 0.81
- 1.4 1.51 1.21 1.02 0.90 0.82 0.76 0.72 0.68 0.66 0.64 0.62
- 1.6 1.30 1.09 0.90 0 78 0.70 0.64 0 60 0.56 0.54 0.52 0.50
- 1.8 1.31 1.01 0.82 0.70 0.62 0.56 0 52 0.48 0.46 0.44 0.42
- 2.0 1.25 0.95 0.76 0.61 0.56 0.50 0.46 0.42 0.40 0.38 0.36
- 2.2 1.21 0.91 0.72 0.60 0.52 0.46 0.42 0.38 0.36 0.34 0.32
- 2.4 1.17 0.87 0.68 0.56 0.48 0.12 0.38 0.34 0.32 0.30 0.28
- 2.6 1.13 0.85 0.66 0.54 0.46 0.40 0.36 0.32 0.30 0.28 0.26
- 2.8 1.13 0.83 0.61 0.52 0.11 0.38 0.31 0.30 0.28 0.27 0.25
- 3.0 1.11 0.81 0.62 0.50 0.42 0.36 0.32 0 28 0.26 0.25 0.22
- 3.2 1.10 0.80 0.61 0 49 0.41 0.35 0.31 0.27 0.25 0.23 0.21
- 3.4 1.09 0.79 0.60 0.18 0.40 0.34 0.30 0.26 0.24 0.22 0.20
- 3.6 , 1.08 0.78 0 59 0.17 0 39 0 33 0.29 0.25 0.23 0 21 0.19
- 3.8 ! 1.07 0 77 0.58 0.46 0.38 0.32 0.28 0.24 0.22 0.20 0.18
- 4.0 1.06 0.76 0.57 0.15 0.37 0.31 0.27 0.23 0.21 0.19 0.17
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- REVUE DES SCIENCES PHIOTOGRA PITIQUES
- TABLEAU C
- DONNANT LES VALEURS DE K
- 1
- II
- Valeurs de tgy
- 0.0 0 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 | 0.7 0.8 0.9 1.0
- 0.0 1.00 0.99 0.98 0.96 0.93 0.90 0.86 0.82 0.78 0.74 0.70
- _—_ — —— - — - — .—_
- 0.2 1.00 0.99 0.98 0.97 0.91 0.91 0.89 0.86 0.82 0.80 0.71
- 0.4 1.00 0.99 0.99 0.97 0.93 0.91 0.92 0.90 0.87 0.85 0.83
- 0.6 1.00 1.00 0.99 0,98 0.97 0.96 0.95 0.93 0.91 0.90 0.89
- 0.8 1.00 1.00 0.99 0.98 0.98 0.98 0.97 0.97 0.90 0.95 0.93
- 9 —
- g 1.0 1.00 1.00 1.00 1.00 1.00 1.00 1.00 1.00 1.00 1.00 1.00
- à
- > 1.2 1.00 1.00 1.00 1.01 1.01 1.02 1.03 1.03 1.04 1.05 1.05
- 1.4 1.00 1.00 1.01 1.02 1.03 1.04 1.06 1.06 1.08 1.09 1.10
- 1.6 1.00 1.00 1.01 1.02 1.01 1.06 1.08 1.10 1.12 1.11 1,13
- 1.8 1.00 1.00 1.01 1.03 1.05 1 08 1.11 1.13 1.15 1.18 1.20
- 2.0 ' 1.00 1.00 1.02 1.01 1.07 1.10 1.13 1.16 1.18 1.20 1.25
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- REVUE DES SCIENCES PIIOTOGRAPIITQUES
- TABLEAUX DES DÉFORMATIONS D’ANGLES (en fonction de a)
- TABLEAU D
- DONNANT LES VALEURS DE v=m*
- Valeurs de m
- LO L2 1.4 /*8 L8 120 | 2.2 88 2.6 2.8 3.0
- LO 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
- 1.2 0.3 0.4 0.6 0,8 r 1.2 1.4 1.7 2.p 2.3 2.7 '
- 1.4 0.5 0.7 LO 1.3 2.0 2.4 2.8 3.3 3.8 4.4
- 1.6 0.6 0.9 1.2 1.6 2.0 2.4 2.9 3.5 4.1 4.8 5.3
- L8 0.7 LO 1.3 1.8 2.2 2.8 3.3 4.0 4 (i 5.4 6.2
- 2.0 0.7 L1 1.5 1.9 2.4 3.0 3.6 4.3 5.1 5.9 6.7
- 2.2 0.8 LI 1.5 2.0 2.6 3.2 3.8 4.6 5.3 6.2 7.1
- 2.4 0.8 1.2 1.6 2.1 2.7 3.3 4.0 4.8 5.6 6.5 7.4
- 2.6 0.8 L2 1.7 2.2 2.7 3.4 4.1 4.9 5.7 6.6 7.6
- 2.8 0.9 1.3 1.7 2.2 2,8 3.3 4.2 5.0 5.9 6.8 7.8
- 3.0 0.9 1.3 1.7 2.3 2.9 3.6 4.3 5.1 6.0 6.9 8.0
- 3.2 ' 0.9 1.3 1.8 2.3 2.9 3.6 4.4 5.2 6.1 7.1 8.2
- 3.4 0.9 1.3 1.8 2.3 2.9 3.6 4.4 5.2 6.1 7.1 8.2
- 3.6 0.9 1.3 1.8 2.3 3.0 3.7 4.4 5.3 6.2 7.2 8.3 :
- 3 8 0.9 1.3 1.8 2.4 3.0 3.7 4.5 5 3 6.3 7.3 8.4
- 4 0 0.9 1.1 1.8 2. i 3.0 3.8 4.5 5.4 6.3 7.4 8.4 1
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- REVUE DES SCIENCES PHOTOGRAPHIQUES
- TABLEAU E
- DONNANT LES VALEURS DE K;
- Valeurs de lga
- 0.00 /o03 0.10 0.15 0.20 0.23 0.30 0.35 0,40 0,45 0.30
- 0 1.00 1.00 1.00 i. 1.02 1.03 1.04 1.06 1.08 1.11 1.12
- 1 1.00 1.00 1.00 .n 1.00 1.00 1.00 1.00 1.00 1.00 1.00
- 2 1.00 1.00 1.00 0.99 0.98 0.97 0.96 0.93 0 91 0.92 0.91
- 3 1,00 1.00 0.99 0.98 0.96 0.95 0 93 0.91 0.88 0.85 0.84
- 4 1.00 1.00 0.98 0 97 0.93 0.92 0.89 0.87 0.8 4 0.80 0.79
- 5 1.00 1.00 0.97 0.96 0.93 0.90 0.86 0.84 0.81 0.73 0.75
- 6 1.00 1.00 0.97 0.93 0.92 0.88 0.8 i- 0.81 0.77 0.72 0.71
- 7 1.00 1.00 0 97 0.93 0.90 0.87 0 82 0.78 0.71 0.68 0.67
- 8 1.00 0.99 0 96 0.94 0.89 0.83 0.79 0.75 0.71 0.63 0.63
- 9 1.00 0 99 0.96 0,93 0.88 0.83 0.77 0.73 0.68 0.63 0.62
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- SOCIÉTÉS SAVANTES
- Expériences permettant de déceler les rayons N.
- Parmi les procédés permet tant de déceler l’existence des rayons de Blondlot celui qui consiste à regarder directement un écran au sulfure de calcium légèrement insolé, et près duquel on approche une source de rayons N, est d’une observation tellement délicate qu’un grand nombre d’expérimentateurs n’ont pu parvenir à saisir une augmentation d’éclat de l’écran. On sait que cette difliculté d’observation a fait émettre à certains physiciens des doutes sur l’existence des rayons N.
- Les expériences que je vais indiquer constituent un moyen objectif où la suggestion dans un sens ou dans l’autre n’a aucun rôle à jouer. C’est encore au sulfure de calcium que j’ai eu recours, mais au lieu d’employer la rétine comme réactif des variations instantanées de l’éclat de ce sulfure, j’ai confié à la plaque sensible le soin de révéler ces variations par une pose prolongée.
- 1° Sur une feuille de papier épais, on laisse tomber des gouttes de collodion tenant en suspension un peu de sulfure, comme l’a indiqué M. Blondlot, en ayant soin de disposer les gouttes en deux groupes, par exemple, quatre gouttes à droite et quatre gouttes à gauche de la feuille. Ces gouttes, une fois bien sèches, sont laissées dans l’obscurité pendant une nuit.
- Le papier qui les porte est alors exposé à la lumière du jour pendant 5 à 10 minutes (le temps étant très sombre) ; on le place ensuite, les gouttes en dessous sur une plaque photographique enveloppée dans du papier écolier et l’on dispose sur l’un des groupes une source de rayons N, par exemple une lime en acier trempé ; sur l’autre groupe, on met un morceau de plomb ayant exactement le même poids que la lime et à peu près la même forme.
- Après 24 heures de séjour dans l’obscurité, la plaque est développée ; on constate alors sur le cliché la formation de taches très noires entourées chacune d’une auréole allant en se dégradant vers la périphérie, mais les auréoles qui entourent les taches correspondant à la lime sont nettement plus étendues que celles correspondant au plomb.
- 2° Sûr une feuille de papier on a disposé 16 gouttes de collodion au sulfure d’un côté, et 16 gouttes de l'autre ; le lendemain, la feuille fut placée sur une plaque sensible entourée de papier écolier : sur l’un des groupes, on plaça une boîte en carton contenant des billes d’acier trempé et, sur l’autre groupe, une boîte identique contenant le même poids de gros grains de plomb. près 21 heures, la plaque fut développée, le côté correspondant à l'acier trempé ayant été marqué par un trait. La plaque fut alors confiée au directeur du service photographique de l’Université de Lyon, Al. Louis, avec prière de mesurer le diamètre de chacune des taches noires et celui de l’auréole correspondante celui-ci ignorant tout à fait ce que l’on recherchait.
- Voici la moyenne des nombres trouvés :
- [
- Côté marqué .
- Côté non marqué
- des taches
- des auréoles
- g
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- Ainsi les taches du côté marqué, quoique ayant en moyenne un diamètre plus petit, sont entourées d'aureoles plus granités que celles correspondant aux grains de plomb, résultat qui met nettement en évidence l’action des rayons N.
- 3 Enfin, l’expérience suivante est encore plus démonstrative : dans un tube effilé, on place un peu de collodion sulfuré et l’on trace une raie sur du papier épais avec la pointe du tube. Le collodion, en s’étendant, produit une bande ayant environ 3 mm de largeur. Le papier est laissé dans l’obscurité jusqu’au lendemain ; on insole alors le sulfure à l'aide de la lumière du jour pendant 7 minutes, puis on coupe le papier perpendiculairement à la bande phosphorescente en deux parties. Chaque moitié1 est placée sur une plaque photo-graphique enveloppée de papier écolier et, sur chaque portion de bande, sont posés la lime d’un côté et le morceau de plomb de l’autre, lime et plomb ayant le même poids.
- En développant la plaque après 18 heures, on constate la production de deux bandes noires, mais celle correspondant à la source de rayons N est accompagnée sur ses deux bords d’auréoles beaucoup plus larges que celles de l’autre bande. En outre, pendant le développement de la plaque, on voit apparaître la bande correspondant à la lime plus tôt que l’autre.
- Toutes ces expériences montrent bien que l’acier trempé a émis des rayons N (pii ont agi sur le sulfure de cale,in m en augmentant le degré et probablementaussi la durée de sa phosphorescence et cetteangmentation, (pie l’ail décèle difficilement, a été enregistrée lentement par la plaque sensible. Il paraît donc exister pour les rayons N (ce qui est bien connu poulies rayons X) la même différence entre l’observation directe et l’enregistrement photogra-phique qu’entre la Radioscopie et la Radiographie.
- (Communication de M. II. Bonotn, à la séance. du 3 décembre 1904 de. V Academie des Sciences).
- Sur renregistrement des rayons N par la photographie.
- Les objections qui ont été faites aux diverses expériences photographiques instituées pour établir l’existence des rayons N ont porté sur les diflicultés qu’il y a à maintenir identiques les conditions dans lesquelles se font les expériences comparatives, avec les rayons N et sans eux, tant au point de vue de la durée de pose que de l'intensité de la source lumineuse et de son uniformité. Il faut aussi éviter de placer au voisinage des plaques sensibles des objets tels que des morceaux d’acier, qui peuvent donner lieu à des réflexions simulant une émission de rayons N,
- On peut éliminer ces causes d'incertitude en exécutant simultanément les expériences comparatives, avec et sansrayons N. Divers procédés peuvent être employés dans ce but. Celui qui nous a paru le plus simple et le plus démonstratif est basé sur une expérience de M. Blondlot, communiquée à l'Académie le 2 novembre 1903 et où ce physicien annonce que toute surface faiblement éclairée, augmente d’éelal quand elle reçoit des rayons N.
- Le dispositif que nous avons adopté: consiste à former sur la plaque d'un appareil photographique l'image dilfuse d’une feuille de carton blanc éclairée uniformément. La mise au point n'était pas établie rigoureusement pour éviter sur l’épreuve le grain du carton. Derrière la plaque photographique se trouvait, séparé d’elle par une feuille de papier noir, un écran en plomb, d’environ un demi-centimètre d’épaisseur, et percé de deux ouvertures carrées. Des ouvertures avaient 3 cm de cote chacune, et étaient séparées par un intervalle de 15 mm. La feuille de papier noir, interposée entre la plaque sensible et la lame de plomb, avait pour but do garantir la plaque contre la lumière extérieure et de lui former un fond uniforme.
- Derrière l'appareil photographique se trouvait la lampe Nernst, destinée à produire les rayons N. Cette lampe était enfermée dans une caisse munie, du côté de l'appareil photo-graphique, d'une grande ouverture rectangulaire couverte d’un papier noir. La distance de
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- la lampe était de 50 cm. La surface sensible était tournée vers l’arrière de façon à recevoir directement les rayons N ne traversant ainsi que quelques épaisseurs de papier noir.
- Dans ces conditions, on commençait par allumer la lampe Nernst, puis on ouvrait l’obturateur. La surface entière de la plaque recevait la lumière du carton également répartie sur cette plaque, mais les rayons N n’y arrivaient que par les deux ouvertures carrées. Si donc ces rayons N renforçaient l’éclairement sur les surfaces correspondant à ces deux ouvertures, on devait au développement voir apparaître deux carres plus foncés comprenant entre eux une bande plus claire.
- Nous avons répété cette expérience un grand nombre de fois, variant la nature des plaques, la durée de pose et l'intensité d’éclairage. La pose la plus courte fut de 20 secondes, la plus longue de 5 minutes. On poussait le développement jusqu’à une teinte claire, que l’expérience montre comme la plus propre à faire ressortir les différences d’impression lumineuse.
- Dans aucun cas, nous n’avons pu obtenir de résultat positif. Toujours la plaque était uni for m é ment i m press i on née.
- 12 décembre 1904 de l’Académie des Sciences).
- A propos d'une prétendue démonstration de l’existence des rayons N par la photographie d’écrans au sulfure de calcium insolé.
- AL Bonvn (I) croit pouvoir démontrer l’existence des rayons N par l’expérience suivante :
- Sur une plaque sensible, recouverte de papier blanc, il place un ou des écrans insolés formés de gouttes ou de bandes étroites d’un mélange de collodion et de sulfure de calcium.
- Une masse d’acier trempé (lime ou billes) recouvre un certain nombre de ces gouttes ou bandes. Du poids égal de plomb est déposé sur d’autres gouttes ou bandes de sulfure.
- La pose est de 48 heures.
- Après développement de la plaque, on constate que chaque placard de sulfure a donné une impression photographique complexe: une zone noire centrale, une auréole grise dégradée périphérique. Dans ses expériences, AL BORDIER observe que les auréoles sont plus larges sous la lime que sous le plomb. Il admet que la plus grande largeur de l’auréole est due à l’action de la lime, ou plutt aux rayons N qu’elle émet. Il en conclut que c’est là une preuve objective de l’existence des rayons N.
- N’avant jamais, dans de nombreuses expériences antérieures, constaté de différences appréciables dans la trace photographique d’écrans au sulfure insolé soumis ou non au rayonnement N d’un bec Auer, nous avons tenu à répéter les essais de M. BOnDIEn et à étudier les conditions de formation de l’auréole à laquelle cet auteur attache une si grosse importance.
- Nous résumons ici ce que nous avons constaté d’essentiel dans nos recherches faites avec des écrans sulfurés; au collodion, à la gomme arabique et à matière poisseuse spéciale.
- 1" Il n’est pas nécessaire, pour constater les auréoles, de faire des poses de 24 ou 48 heures. Il suffit d’un temps très court (des secondes) pour les observer nettement quand elles doivent se produire.
- 2 Pour des écrans ne différant que par l’épaisseur de la couche de sulfure, la largeur de l’auréole dépend de l’épaisseur de cette couche.
- Un écran à couche mince de sulfure obtenu par tamisation ne donne pas d’auréole appréciable, s’il est placé rapidement au contact du papier blanc, recouvrant exactement la plaque sensible. Un écran épais, formé par écoulement d’un tube de mélange de sulfure et de matière adhérente, donne dans les mêmes conditions une large auréole.
- (1) Comptes rendus, décembre 1901, Herue des sciences photographiques, page 377.
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- 3° Pour un écran donné, la largeur de l'auréole dépend de la distance de cet écran à la plaque sensible.
- L’auréole est minima si l’écran est muni d'une masse pesante plane, qui l’applique aussi exactement que possible contre la plaque photographique, dans de certaines limites, l’auréole augmente par éloignement de la plaque sensible, que cet éloignement se produise par l’existence d'un pli du papier blanc, d’une incurvation de l’écran, ou de toute autre cause.
- 4° Si deux écrans identiques, adaptés préalablement sous des masses pesantes égales, planes, sont au même instant placés sur la plaque sensible, les auréoles sont les mêmes, quelle que soit la nature do chacune des masses pesantes.
- Une différence de quelques degrés centigrades dans la température de ces masses pesantes n’influe pas pratiquement sur la grandeur des auréoles.
- 5" Soient deux écans insolés identiques. L'écran n" I est placé sur le papier recouvrant la plaque sensible ; on dépose ensuite sur la même plaque le n" 2 adapté préalablement sous sa masse pesante; finalement, cest -à -1 i re lü à 20 secondes après le début de l’expérience, on recouvre le n" 1 d’une charge égale.
- Le cliché obtenu dans de telles conditions montre les résultats suivants :
- a. Si les écrans emplovés sont à couche mince de sulfure, l’écran no 1 possède une auréole pour le n* 2.
- b. Si les écrans sont à couche épaisse, l’auréole est plus large pour le n° 1 que pour
- Les résultats sont vrais, quelle que soit la masse pesante plane recouvrant chacun des écrans.
- En résumé, deux masses égales de plomb et d’acier trempé, placées identiquement par une face plane sur des écrans comparables comme épaisseur et insolation, ne donnent jamais d’auréoles différentes, quelle que soit la durée de la pose.
- Si, dans des essais pratiqués avec des écrans identiques, on observe des auréoles inégales, il faut rechercher la raison de cette différence non pas dans la nature des masses posantes utilisées, mais dans la manière dont s’est établi dans le temps et l’espace le contact des écrans isolés avec la plaque photographique.
- (Communieation de MM. Csxoz et M. Pennmor à la séance du 9 janvier 1903
- Sur la fonction photographique dans ses rapports avec les phénomènes d'inversion, par le D)r GUrRuARD.
- Quand on passe en revue, depuis DAERnr, les nombreux cas observés d’inversion des actions radiographiques, en prenant ce dernier terme dans son sens le plus étendu (lumière, chaleur, émanations, rayons X, etc.), l’on est frappé de la multiplicité des interprétations contradictoires qui en ont été données. Or il suffit, en photographie, de mettre en compte, comme variable principale, une valeur toujours tacitement traitée. comme constante indif-férente, celle (h* la suresposition (voilage) mise en jeu, pour voir rentrer immédiatement tous les cas dans la loi commune (pii lie à l’énergie de l’excitation les manifestations de la sensibilité physique de surface, comme celles de la sensibilité physiologique : loi de fatigue, qui montre la réponse au stimulus, un instant attardée au voisinage du zéro, bientôt monter suivant une formule de proportionnalité, puis se ralentir aux approches d’un maximum relatif plus ou moins étalé, et, de là, retomber vers un zéro, assez lointain pour (pie ses au delà n’aient pu encore être sûrement précisés.
- Or, quelle que soit encore (aprés les observations de JA NSSEN, AnNEY, A. et L. IMnE, SToLzE, MicaLKE, IliRTEH. et DNIFIID, Boitasse, etc.) l'i neerti t u te expérimentale sur la forme précise de la courbe des impressions en fonction soit des énergies excitatrices, soit
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- 1 o § 2 B
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- de leurs modalités, le fait seul de l'existence d’un maximum entre les zéros de départ et d’aboutissementexplique comment toutes les expériences faites au voisinage de ce maximum (ainsi que c’est toujours le cas, en photographie, lorsque intervient un voilage de la surface sensible) peuvent donner tantôt des apparences de continuation, si, restant en deçà du maximum, elles poussent les ordonnées à s'en approcher, tantôl des effets d'étut neutre (voile noir) lorsqu'on arrive au plateau, ou d’inversion lorsqu’on le dépasse, et, enfin, de pseudo- destruction dans l'approche finale du zéro. Toute intervention d'énergie addition-mdle peut, suivant l'instant relatif de son application, et de son aboutissement, avant ou après le changement de signe de la dérivée, jouer successivement le rôle excitateur, continuateur ou soi-disant destructeur. Mais la possibilité, expérimentalement établie, de substitutions mutuelles et d'interversions d’ordre, prouve qu’il n’y a jamais d’action négative et que, d’un bout à l’autre du spectre, entre autres, ainsi que le proclamait avec insistance Edm. BECOUEREr., il n’y a ni spécialisations, ni surtout antagonismes d’actions, mais de simples variations de coefficients d’intensité.
- Or, les données expérimentales actuellement acquises montrent que si l’on réunit en tableau les courbes représentatives des intensités d’impression en fonction du temps, pour des excitations diverses, chaque courbe, après être montée, et puis retombée, d’autant plus vite qu’elle correspond à une intensité plus grande, recoupe aussi, d’autant plus près sa voisine, en donnant ainsi, à tout instant, l’image des progrès de l’inversion avec le temps, suivant le groupe de courbes en jeu. Du comprend tout de suite, par exemple, comment les impressions de spectres sur plaques voilées donnent, à la place exacte du seul maximum vrai, un faux minimum dû à l’inversion de l'action du violet, tandis que, de part et d’autre, les radiations extrêmes, lentement agissantes par superposition de leur faibleénergie à celle du voilage de renfort, font naître la fausse apparence de deux maximasans fixité. Il n’est pas un des nombreux faits cités depuis l’origine de la photographic, semblables à ceux qu’a rapportés M. VILLARD qui ne s'explique immédiatement de la même façon, sans recours à d'autres circonstances, purement accessoires. La seule condition, pour cela, est de ne rien négliger dans l’estimation de la somme des énergies utilisées, et particulièrement (quand on n’a pas eu soin d’en faire une constante d’expérience, ainsi que cela est rendu facile par la pratique du développement lent portant simultanément sur plusieurs plaques impressionnées en échelons) l'énergie chimique surnuméraire empruntécaux bains liquides, et surtout au développateur, qui peut, à lui seul, d'après les dernières recherches de M. GUÉnATD, compenser par son activité ou sa durée le défaut d’intensité ou de durée de l’excitation lumineuse. Mais, d’expériences où l'aléa de l’emploi de clichés quelconques, exposés de manière quelconque à une quelconque lumière diffuse, se double de temps de bain quelconques, quelles conclusions, autres que quelconques, est-il possible de tirer ? Ce n’est qju'en rendant rigoureusement comparables et répétables toutes les conditions expé-rimentales, pour ne laisser varier systématiquement que les seules grandeurs à étudier, qi'on arrivera à préciser davantage des données générales encore purement schématiques, mais déjà suffisamment sûres pour servir de guide à un plan de recherches, applicable, avec au moins autant d’utilité, à une révision des actions phosphoroscopiques que des actions photographiques delà lumière.
- AL P. VInLARD pense que les très intéressants résultats exposés par M. GUÉBHARn rendent bien compte de ce qui se passe ( développement alcalin compris) quand on emploie des radiations lumineuses dont chacune peut, à elle seule, impressionner la surface sensible, mais que l’extension aux phénomènes de continuation et de destruction ne paraît pas justifiée. Dans ces deux cas, on fait intervenir, en elfet, des radiations qui, en dehors de toute impression préalable, seraient rigoureusement inactives pendant la durée de l'expérience (infra-rouge, par exemple)). Il n’est pas indifférent ici de remplacer une radiation par une
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- autre, comme dans les expériences de M. GuENsRn, ou de changer l’ordre dans lequel on les fait agir.
- Voici quelques exemples :
- 1oOn prend du papier sensible ordinaire pour noircissement direct (papier salé passé à l’azotate d'argent) : ce papier peut être exposé 10 ou 12 heures au soleil sous de bons verres jaunes ou rouges sans donner d’impression décelable, même pour un révélateur.
- On impressionne très légèrement ce papier par la lumière du ciel pendant un temps très court (un quart de seconde suffit sous un cliché parfaitement limpide ; en papier noir découpé, par exemple).
- On fait agir ensuite la lumière jaune bien pure. Les parties impressionnées noircissent (seules, bien entendu). Cest l’evpérience célèbre d’Ed. BECQUrREL. En réalité, la lumière jaune a simplement développé limage avec l’aide de l’azotate d’argent ; on aurait pu remplacer cette lumière par del’acide ga 11 iq ne, et la suppression de l'azotate d’argent supprime la continuation. Mais les rayons jaunes n’ont pas produit d’impression véritable, car un révélateur alcalin est absolument indifférent au renforcement produit par la lumière jaune et développe aussi vite une image témoin non continuée.
- Il est évident quesi l’on renversait l’ordre de l’expérience, ce serait comme si l’on voulait développer un papier avant de l’avoir impressionné.
- Si l’on remplace le jaune par du rouge ou de l’infra-rouge, l'image disparaît au lieu de se renforcer, et le papier traité par un révélateur quelconque, acide gallique, révélateur alcalin, ou lumière jaune, ne donne plus rien. L’action destructive du rouge extrême est d'ailleurs telle qu’il efface directement une image visible (20 à .30 secondes d'impression préalable sous un cliché).
- Si au lieu des rayons jaunes ou rouges on avait pris des rayons bleus, on aurait simplement noirci le papier et le quart de seconde d’avance donné à l'image préalable passerait inaperçu. Il va sans dire que la lumière bleue ne ramènera pas le papier au blanc. (Pour le noircissement d i reri il n’y a jamais solarisation et une plaque au gélatinobromure d’argent, exposée au soleil, continue à noircir de plus en plus, alors que pour le révélateur elle est déjà solarisée.)
- 2° Une plaque au gélatinochlorure «l’argent «‘si faiblement impressionnée en lumière blanche ou violette ( sous-exposition ). Eu l’absence d'azotate d’argent on ne peut constater aucun effet continuateur par la lumière jaune, mais le rouge el l’infra-rouge détruisent l’image comme pour le papier. Dans le même temps ces radiations ne donneraient rien sur une plaque non impressionnée.
- De plus, la sensibilité est si exactement restaurée, qu’une comparaison très précise est nécessaire pour trouver une différence.
- 4° Une plaque au bromure d’argent donne le même résultat, mais il faut employer le rouge extrême et l’infra-rouge (A solaire et au delà). Les verres rouges sont insuffisants.
- • 5o Une plaque au bromure d'argent est voilée, sur une moitié, par les rayons X. On l’en-veloppe dans quatre feuilles de papier noir épais et on l’expose ainsi à la lumière d’un bec. Auer derrière un cliché découpé dans une feuille métallique. Au bout de 5 à 0 heures il y aune image par destruction sur la moitié! voilée et absolument rien sur l’autre moitié. L’action de l’infra-rouge est encore destructive et, comme plus haut, rigoureusement subordonnée alevistence d'une impression préalable. En opérant en ordre inverse, on aurait simplement le voile ordinaire dû aux rayons X.
- li1’ Un écran au platinoeyanure de baryum qui est absolument insensible à la lumière devient au contraire sensible si on le soumet d’abord aux rayons X. Les derniers transforment le sel en un composé brun que la lumière ramène à l’état de platinoeyanure or-dinaire (I;, détruisant ainsi l'impression produite parles rayons X. Ici l’antagonisme est
- (1) On peut recommencer l’espérience autaul de fois qju’on veut avec le méme écran.
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- REVUE DES SCIENCES PHOTOGRAPHIQUES
- tout à fait frappant. Il convient aussi de remarquer que les rayons X ne pourraient être remplacés ici par la lumière.
- Dans toutes ces expériences les rayons qu’on fait agir en second lieu seraient à eux seuls incapables d’impressionner la substance sensible (c’est indiscutable pour la dernière expérience); ils ne peuvent donc ajouter simplement une impression qu’ils seraient inaptes à produire. Les résultats sont en outre entièrement différents suivant la radiation choisie et l’ordre dans lequel on fait succéder les deux actions. Rien dans tout cela ne ressemble aux phénomènes d’inversion ou de solarisation.
- Sans vouloir le moins du monde critiquer les travaux de M. GUÉnAnD et les conclusions si claires qui s'en dégagent, l’Auteur considère donc que ces conclusions sont étrangères aux effets de continuation (ou mieux de développement) et au phénomène visiblement général de la destruction d’une image par une radiation convenablement choisie.
- M. GEÉBaRD, regrettant de voir maintenir, et même aggraver, par M. VILLARD une logomachie contre l’abus de laquelle ne cessa de protester celui qu’on en rend souvent responsable, Edm. Becquerel, maintient formellement que tous les cas de continuation ou destruction cités par M. Villard sont, à son avis, également justiciables de la formule générale ci-dessus rappelée, et point de telle ou telle circonstance purement secondaire.
- Dans tous se constate la superposition d’une forme d’énergie à une autre, et rien ne démontre qu'à équivalence de sommes d’énergie, le même effet n’eût pu s’obtenir avec d’autres radiations, qu'il importerait cependant beancoup plus de convenablement doser que de « convenablement choisir », étant loisible de s'adresser à n’importe laquelle, fût-ce à la continuation de la première enjeu. Il est vrai que l’appréciation de ces équivalences, déjà difficile en l'état de la Science, est rendue impossible dans des expériences où se mêlent, sans mesures, tant de variables qu’il semble au moins téméraire d’attribuer à l’une, plutôt, qu’à l’autre, des résultats forcément communs. Les interventions chimiques ne peuvent que masquer l'action propre des radiations, quoique leu r rôle relativement secondaire et la possibilité de leur interversion (ne peut-on, sur une plaque mise au bain sans impression, produire! le noireissement, d’abord, puis le retour au blanc, par une action a posteriori de la lumière, füt-re à travers le carreau jaune ou l'écran presque monochromatique du bain rougi ?) soient démontrés par la multiplicité des procédés, n’ayant de commun que le voilage, usités depuis Bayard pour les posilires directes sur papier.
- En thèse générale, de deux impressions d’apparence également faible, celle-là seule peut, sans croître d’abord, être détruite par une excitation nouvelle, d’espèce quelconque, qui, par elle-même, était déjà en voie de déclin, ayant outrepassé son maximum ; l’autre, réellement faible, pourra bien être détruite aussi, mais seulement après une période de croissance, qui peut échapper à l’observation, comme échappe couramment, dans le bain développateur, le foncoment qui précède le retour au blanc, des plages directement noircies par solarisation ; c’est, d’ailleurs, cette période qu’utilisaient les contemporains de DAGUERRE pour demander aux verres rouges les eflets doucement continuateurs que M. VILLARD attribue aux jaunes, d'autres aux bleus, et Ed. Becquerel, très justement, à toutes les radiations, en notant que, même en phosphoreseence, l’extinction par le rouge est presque toujours précédée de surexcitation. Becquerel aussi insiste sur ce que l’infra-rouge dont il a observé directement des impressions spectrales, possède, à l’intensité près, la même faculté d’excitation que le violet. Comment concilier d’ailleurs les propriétés destructives qu'on attribue au rouge, avec le rôle tutélaire qu’on lui demande dans toutes les opérations du laboratoire en bravant souvent inconsidérément la loi du carré des distances, et l’action directe des radiations obscures? Et enfin, si ces mêmes rayons rouges, dans la lumière blanche, agissaient en vrais antagonistes des autres, n’aurait-on pas, depuis longtemps,
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- trouvé, dans leur élimination, une facile solution du double problème de l’achromatisme et de la vitesse de pose ?
- De très petites doses de blanc opèrent les mêmes effets continuai cui-s que de grandes de jaunes ou de très grandes de rouges ; et les uns et les autres sont si peu absolument subordonnés à la présence d'azotate d'argent, que la première observation en fut faite sur plaque daguerréotype, simplement iodée. S'il est connu que le blanc, avec ou sans jaune, se continue lui-même, il est non moins certain que, par cette seule continuation, avec ou sans rouge, il arrive à se détruire. Inc exposition de quelques secondes au grand soleil est de pratique courante, pour produire, si absurde que cela paraisse à M. VILLAnD, le môme effacement que réalisent péniblement de longues heures de rouge plus ou moins vrai.
- La plaque, après celte opération, reprend-elle bien, sans repos, la même sensibilité qu’auparavant? Ou bien change-t-elle, ainsi que la plaque daguerrienne où l’on aurait, à la place du premier brun des anneaux de NEWToN, employé colui du second ordre, — sans qu’il puisse entrer, il est vrai, dans l'esprit de personne que ce retour à la coloration pri-mitiveait été di à la destruction des phases intermédiaires. La courbe, en un mot, au lieu de tendre asymptotiquement versle zéro, rebondit-elle après l’avoir touché, pour prendre une forme rigoureusement périodique ou à ondulations sucessivement décroissantes ? Il reste là un problème d’autant plus délicat à étudier, qu’une expérience de Louasse, contraire à d’autres de A. et L. Lumière, tendrait à confirmer l’existence de ressauts ondulatoires de la courbe, même avant sa chute au zéro, comme ont voulu l’inférer certains commentateurs des expériences anciennes de JaxsseN, alors que tout cela pourrait bien Retenir qu’à de simples détails non remarqués du développement.
- M. P. VILL.ARD pense que tout ce débat repose sur des confusions. Ainsi il n’a jamais été question de continuation pour le gélatinobromure d’argent (sauf si, au lieu d'un révélateur alcalin, on prend une solution d’argent, avec. plaques à grain très fin}. Pour ces préparations il y a en effet lieu de détruire la légende créée autour de l'expérience d'Ed. BEcotenEI, et d'après laquelle une plaque légèrement voilée serait [dus sensible parce que le voile permettrait l’action des rayons continuateurs. Or il n’y a pas continuation, et, s’il y en avait une, elle exigerait des heures pour se manifester, enfin elle ne donnerait pas prise au révélateur. Il n’y a ici que les effets décrits par M. (Lébuard.
- Quant aux papiers, il serait invraisemblable que l’addition d’une impression blanche invisible et d'une impression jaune également invisible donnât l’image intense qu’on obtient par continuation. Si les épreuves présentées à la Société ne paraissent pas suflisamment probantes à M. GuÉnsno, il suffira à cet Auteur de répéter 1 ex pé rience pourse convaincre que le jaune, le rouge, et le blanc ne sont pas interchangeables. Il est d’ailleurs évident a priori qu’une exposition de 15 secondes par exemple en lumière blanche, suivie d’une deuxième exposition de là secondes également, sans cliché cette fois, ne donnera pas l’image assez forte que done la continuation, car il faudrait au moins 30 minutes de lumière blanche pour l’obtenir, et les blancs de l’épreuve seraient singulièrement voilés. M. GUÉBHAND pourra également vérifier qu’en lumière romje pure il n’y a jamais continuation, et que l’azotate d’argent est bien nécessaire. L’argument tire de la propriété des plaques daguerriennes simplement iodées (1) est précisément d’accord avec le fait en question, car la suppression de la couche d’argent sous-jacente supprime la continuation, et il y a là un phénomène dont l’intérêt n’échappera à personne.
- Il sera également facile à M. GCEanako de s’assurer qu'il est extrêmement difficile de
- (1) Avec les plaques daguerriennes ordinaires, Claudel a toujours obtenu la destruction avec restauration de la sensibilité premiére, D ailleurs une comparaison ne saurait prévaloir contre un fait palpable.
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- faire une photographie avec une plaque non voilée, enveloppée de deux ou trois feuilles de fort papier noir qui laisse cependant passer l’infra-rouge destructeur (voir plus haut, Bayons X).
- Quant, au rôle tutélaire des lanternes de laboratoire, il n’est pas menacé. Les verres rouges ayant leur maximum de transparence situé entre les raies D et C, ce qu’ils laissent passer fait partie des radiations qui impressionnent et voilent les plaques au gélatinobromure, comme tout le monde lésait. Il n’y aurait destruction qu’avec le gélatinochlorure; mais, comme il faudrait alors 5 ou G heures au moins de plein soleil sous un bon verre rouge pour détruire une image, on voit ce que pourra faire en 15 minutes une bougie placée derrière le même verre rouge.
- (Résumé des communications faites à la séance du 16 décembre 1904 de la Société française de physique).
- Sur les photographies en couleurs obtenues parla méthode interférentielle sans miroir de mercure.
- A propos de la présentation des pholographies interférentielles obtenues par M. Ror, sans miroir de mercure, M. LIPPMANN dit que l'explication donnée par M. Ror de son expérience (I) peut être vérifiée de la manière suivante : derrière la couche sensible on met un verre noir, et l’on interpose une couche de benzine entre la gélatine et le verre noir. On supprime ainsi toute réflexion, et les couleurs disparaissent du même coup. Si, entre. la gélatine et le verre noir, on laisse au lieu de benzine une couche d'air, les couleurs du spectre sont de nouveau reproduites ; et on aperçoit en outre, su r le cliché, la trace noire des anneaux de Newton qui s’étaient formés entre les deux surfaces.
- Même résultat si l’on remplace le verre noir par une glace argentée sur sa face la plus voisine de la gélatine.
- En remplaçant la glace argentée par du mira argenté, qui est plus flevi ble, et en exerçant nue pression appropriée, on réalise à peu près les conditions de bon contact que donne une couche de mercure. Les couleurs sont .alors très brillantes; mais seulement là où le contact a été suffisant ; dans la plaque, au contraire, où il est resté une couche d'air d’épaisseu r appréciable, les couleurs redeviennent faibles. Le mica argenté ne remplace donc pas pra-tiquement la couche de mercure.
- ( n peut encore séparer la surface sensible du miroir de mercure par un vernis trans-parent, formé d’une couche de gélatine pure et insensible étendue sur la gélatine sensible, puis séchée. Dans ce cas, les couleurs sont très brillantes encore ; elles perdent en éclat si l’épaisseur du vernis augmente. Ces résultats montrent que, pour obtenir les couleurs les plus brillantes et les plus justes, il faut le contact parfait quelon n'obtient qu’avec la lame de mercure coulée derrière la gélatine.
- (Résumé des communications faites à la séance du 16 décembre 1904 de la Société française de physique).
- (I) llecue des Sciences pholoijrapItKjuc^ 1. p. 250, n" 8, novembre 1901.
- Le Direcleur-Gériml : Chaules MENDEL.
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- TABLE DES MATIÈRES
- CONTENUES
- DANS LE TOME 1 DE LA REVUE DES SCIENCES PHOTOGRAPHIQUES
- (AVRIL 1901 — MARS 4903)
- 1. — ARTICLES ORIGINAUX
- La focimétrie photogrammétrique (comdt Legros)
- te
- Sur la photochimie de l’iodure d’argent (LUPpo Cramer). . .
- Sur la reproduction des objets difficiles par la microphotographie (L. ................................................
- Avril
- Mai
- Juin Juillet
- Août Septembre Octobre Novembre
- 2882
- a 88
- Photographie de la Cométe Borrelly (F. QuÉxissET) . . . . Influence de l'état hygrométrique de l’atmosphère dans lafabri-cation des papiers photographiques (I)1' L. Bakeland) . . .
- Sur l’altération à l’air du sullite de sodium anhydre (A. et L. Lumière et A. .............................................
- La photographie delà rétine (Docteur A. N.)....................
- Sur l’altération à l’air du sulfite île sodium cristallisé (A. et L. L u MIÈ r e e t A. S e ve w ETZ)...........................
- Sur l’altération à l’air du métabisulfite de potasse et du bisul-fite de soude (A. et L. Lumière et A. ........................
- Expression des formules de préparation d’écrans colorés (L. P.
- Cenc:)......................................................
- Influence de la nature des révélateurs sur la grosseur du grain de l’argent réduit (A, et I.. Lumière et A. SEYEWETZ). . . .
- Photohvdrographie : application de la photogrammétrie à l'hv-drographie (A. Le Mèe).........................................
- Sur la constitution des substances réductrices susceptibles de développer l’image latente sans être additionnées d‘alcalis(A. et L. Lumière et A. Seyewetz).................................
- Sur une nouvelle méthode d’obtention des photographies en couleurs (A. et L. Lumière)...................................
- Avril Mai juillet Septembre Novembre
- Mai
- Juin
- Juin
- Juillet
- Août
- Août
- Août
- 18
- 48
- Es
- 70
- 76
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- §
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- REVIE DEs SCIENGES PTIOTOGRAPHIQUES
- Photographie stéréoscopique à courte distance; effets divers
- du relief stéréoscopique ( K. COLARDEA).....................
- Mois Pages
- Août 153
- Septembre 181
- Octobre 293
- Octobre 20">
- Octobre 214
- Sur l'inversion photographique (I)r A. GrENIIARD) . . . . . Sur les propriétés révélatrices de F’hydrosulfite de soude (A. et
- .......................................................
- Eludes photographiques de la décharge électrique (Dr Stéphane
- Leduc).................................................
- Janvier
- Février
- Novembre Décembre
- Décembre
- Décembre
- Janvier
- Janvier
- Janvier
- Février
- Agrandissement des phototypes à perspective anormale (J.
- Olive) ................................................ 12
- 5 5
- JL — SOCIÉTÉS SAVANTES
- (Zi:n\m.H).....................................
- Etude des diaphragmes (GLENEN) . .................. .
- 225
- 270
- 193
- 333
- 245
- 257
- 274
- 178
- 289
- 297
- 301
- 304 321
- 354
- 361
- 30
- 30
- .sélénium. ....................................................
- Avril Avril
- Avril 30
- Mai 5
- Mai 58
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- REVUE DBS SCIENCES PROTOGRAPHIQUES
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- Observalion photographique de l'éclipse de lune du 11 avril 1903 à l’observatoire de Toulouse (MONTANGERAND). ..... Nos 2 Mai Pages 58
- Nouveau procédé pour mettre en évidence les objets ultrami-croscopie ues (COTToN et Mouton) 2 Mai 59
- De l’effluviographie (TOMMASI) ........... 2 Mai 59
- Action du ravonnement du radium sur la plaque photographique (SHINNEN) .2 Mai 60
- Photographie par catalyse (V. Heniu) 2 Mai 60
- Radiation act inique solaire (PACINI). ......... 2 Mai 60
- Sur une particularité nouvelle de l’inversion de l'image sous-posée par surdéveloppement lent. (Dr 2 Mai 60
- Congrès des sociétés savantes. 2 Mai 62
- Focimétre photogrammétrique (commd’ Legros) 3 J u i n 93
- Changement de résistance électrique du sélénium sous l’in-fluence de certaines substances (GRIFI •rnis) 3 Juin 93
- Sur les premiers fascicules du catalogue photographique du ciel publiés par M. TRÉPIED 3 Juin 93
- Atlas de photographies solaires exécutées à l’Observatoire de Me udon 3 Juin 94
- Production à froid des sulfures de phosphore. Observations relatives à l’action de, la chaleur et de la lumière sur les mélanges de sesquisulfure de phosphore et de soufre en dissolution dans le sulfure de carbone (BorLoUCII, DEnvx). . . . Juillet 123
- Enregistrement, au moyen de la photographie, de l’action produite par les rayons N sur une petite étincelle électrique (R. 4 Juillet 121
- Essai de représentation de la loi du développement photogra-phique en fonction de sa durée (Dr Juillet 124
- Application de l’étincelle électriqueà la chronophotographie des mouvements rapides (Lucien Bule) 4 Juillet 125
- Sur quelques corps impressionnant la plaque photographique (Van Aubel) 4 Juillet 126
- Sur la parallaxe du soleil (Bouquet de la GnyE). ..... 4 Juillet 127
- Sur la photographie des diverses couches superposées qui composent l’atmosphère solaire (II. Juillet 127
- Enregistrement continu de l’é1al d'ionisation desgaz (Nordmann). 4 Juillet 127
- Polaristobométrographe, (Gaston Sur l’emploi d’images stéréoscopiques dans la construction des plans topographiques (colonel o Août 155
- 5 Août 156
- Enregistrement photographique de l’apparition de certains pré-cipités (Gaston GAnLARD) 5 Août 158
- Effets chimiques de la lumière': action de l’acide chlorhydrique sur le platine et sur l'or 6 Septembre 188
- Sur l’adaptation de la plante à l’intensité de la lumière (Wiesner). 6 Septembre 189
- Action de la lumière sur l’anthracène (Luther et Wergert) . . 6 Septembre 190
- Comparaison de courbes à diverses échelles (G. J. BUncu) . . 6 Septembre 190
- Étude photographique du speetre de la planète de Jupiter (MIL-Locnau) 7 Octobre 219
- Essai d’une méthode pholograghique pour étudier l'action des rayons N sur la phosphorescence (Bothé) 7 Octobre 219
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- REVUE DES SCIENCES PIIOTOGRAPIQUES
- Perfectionnements apportés au procédé photographique pour enregistrer laction des rayons X sur une petite étincelle élec-trique (B. ..................................................
- Présenced’hydroquinone dans le poirier (Rivngel Borun AcrE). Sur différents résultats récemment obtenus par la métrophoto-graphie (colonel LATSsEDA i) ...........
- Sur la profondeur de champ et de foyer des ohjeetifs photogra-ph iq lies :.L Tuoyin .......................................
- Photographies en couleurs obtenu "s parla méthode interféren-tielle sans miroir de mercure ' Roru) ........
- Action des bois sur les plaques photographigjues(R.vEI1.) . .
- Sur les quatre premiers fascicules du catalogue photographique
- du ciel publiés par l’observatoire de Toulouse .....
- La stéréoscopie sans stéréoscope............................. Inscription des mouvements sismiques (LIPPMANs). .... Nouvelles expériences sur lenregistrement photographiqne de
- F’action des rayons X sur une pptite étincelle électrique (R. BLONDLOT) ...............................................
- Sur les actions chimiques de la lumiére (VILLARD, 1)" GCEBUARD ) Sur la télestéréoscopie (Paul ...................................
- Expériences permettant de déceler les rayons X (H. Bonvrn) .
- Sur l’enregistrementdes rayons X par la photographie ( G. Weiss
- Octobre 220
- Octobre 221
- Octobre 221
- Novembre 210
- Novembre 250
- Novembre 253
- Décembre 281
- Décembre 282
- Décembre 281
- A propos d’une prétendue démonstration de l’existenee des rayons X par la photographie d’éerans au sulfure de caleium ensolé ICHANoz cl .................................... . ... .
- Sur la fonction photographique dans ses rapports avec lesphé-noménes d’ins ersion (A. Gi ENIAND). .........................
- Sur les photographies en couleurs obtenues par la méthode interférentielle suis miroir de mereure (G. LIPMANN) . . .
- Décembre 281
- Janvier 31.
- Février 34
- Mars .*{77
- Mars 378
- Mars 3711
- Mars 380
- Mars 385
- UI. — REVUE DES PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
- La photographie etses applications dans les périodiques scienti-
- Avril 32
- Sur les propriétés phot o-élec! riques du sélénium (A. BERrEEN i. 2 Mai 6
- La solarisation est elle due au développement (1) EDEn) . . . Influenee de la lumière sur la rapidité de formation des plaques 2 Mai (il
- d’accumulateurs (Tomm\sj, RosseI Sur un appareil transmettenr et un appareil récepteur destinés 3 Juin 00
- à la transmission à distance des photographies 3 Juin 00
- Stabilité des sullilos et bixulfites alcalins ; R. X\mias). . . . 4 Juillet 128
- Expériences sur l’orthochrome MoxrAno, PAYRE, .... 6 Septembre 101
- Sensibilisateurs . Sur une cause systématiqueerreurs dans la pratique des sélec- (5 Septembre 102
- lions trichromes (Chapman Grosseur des grains de l’argent constituant les noirs de l’image 8 Novembre 251
- photographigue 8 Novembre 250
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- REYUE DES SCIENCES PIIOTOGRAPITIOUES 191
- O)xydalion de la quinine par l’acide chromique *" Mois Décembre Pages 285
- Appareil et méthode pour la mesure de l’action de la lumière sur les plaques photographiques 9 Décembre 287
- Combinaison du chlore et de l'hydrogène sous l'influence de la lumière 9 Décembre 288
- Nouveaux sensibilisateurs; spectrographe 10 Janvier 317
- — — orthochrome, pinachrome, homocol. 41 Février 367
- Sur la théorie de l’orthochromatisme (Abney) ...... 11 Février 358
- PLANCHES HORS TEXTE
- L Microphotographies (L. Mathet) Avril 16
- 2. Photographies de la comète Borelly (F. QrENISsET) . . . Avril 24
- 3. Microphotographies (L. Matiiet) 2 Mai 41
- 4. Photographies de la rétine (l)r 3 J ii in 64
- S. Grosseur du grain d’argent réduit 4 Juillet 96
- (i. Microphotographies (L. Matiiet) . 4 Juillet 120
- 7. Photohydrographie (A. Le Mée) ......... 0 Août 132
- 8. Microphotographies(L. Mathet) • . 6 Seplemlre 170
- 9. Microphotographies(L. Mathet) 6 Septembre 176
- 40. Microphotographies (L. Mathet) 6 Septembre
- 41. Stéréophotugraphics (E. Coi.Aiini'.Au) . 7 ( etobre 192
- 12. Stéréophotographies (IL ( elobre 196
- 13. Stéréophotographies (E. Octobre 202
- 14. Microphotographie (L. .Mathet) 8 Novembre 224
- 15. Microphotographies (L. Mathet) 8 Novembre 232
- 16. Inversion photographique (A. Grrmsw) 9 Dcembre 206
- 47. Inversion par surdéveloppement (A. Gvu xm>) . . . . 9 1 écembre 207
- 18. Etincelle ornementale ( 1 ) Leduc i 10 Janvioz 288
- 49. Champ électrique (l)r Leduc) . . . . 10 .Lui vier 290
- 20. Elincelles électriques (D) Leduc) 10 anvier 292
- 21. Photographies de nuages (Monpillard- ....... 11 Février 320
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