L'architecture militaire moderne, ou fortification
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- A Très - haut, Très -puijpmt & V'Morim
- PRINCE
- MONSEIGNEVR
- GUILLAUME,
- PRINCE D'ORANGE,
- CONTE DE NASSAU, &c
- General des Armées terreftres & navales, Gouverneur des Provinces Unies, &c.
- ONSEIGNEVR,
- J’aurois oublié le relpeCt que je dois à la glorieuze mémoire de S. A. Monfeigneur voftre Pb’re, autrefois le Souverain Maître de la profeflîon, qui eft le fujet, du livre que je me donne la hardiefïe de vous offrir: & trahirois indignement le foin que je dois avoir de ma propre réputation : fi je manquois de vous reprezanter ici, les dernières paroles, que j’ai precièuzement receuïllies de la bouche de ce grand homme, pour lesconfor-ver éternelles enmapenfee. Je lui avoisrandu les humbles devoirs de ma fervitude, & l’avois fiiplié d’avoir agréable, que ma Fortification Françoife, parût au jour fous la protection de fon Auguste
- * a nom.
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- nom. Il eût tant de bonté', que de me donner cette main tant de fois Viêtorieuze, & de me dire : Que ce feroit fon livre de campagne ; & qu’il me le randroit enrichi de fe s expédances, & amande de toutes les corrections û~ considérations, qu’il auroitjugénécejfaires pour le randre plus parfait & plus acom-pli. Et le landemain il étoit a cheval, pour la dernière de fes campagnes, au retour de laquelle, par la perte que nous fîmes de lui, fon décès nous aurait laide des regrets inconfolables ; fi partant d’avec nous, il n’étoit demeuré parmi nous, & ne s’étoit fiiccedé à lui même, en la perfonne de V. A. qui nous le confondant tout entier & très-parfaitement; ne nous laifle aucune faculté de le pleindre & de le dezirer.
- Vous fçavés, Monseigneur, (& cette co-noiflance née avec vous, & comme nourrie dans le même berceau, a été le premier divertiflement de vôtre enfance ; ) Que notre ^Architecture <S\4ilitaire, fo comprand toute entière ert deus parties principales : L’Hercotecionique, eft celle qui contient la méthode de bien munir les places, & les fortifier. L’autre porte le nom d’zJréoteBonique, & enfoigne à les pran-dre & à les deffandre. La première, doit fa perfection aus foins & à lafufizance incomparable de l’excellant Maurice, Oncle paternel de V.A. car c’efl lui foui, qui de toutes les provinces unies, a fait une foule Fortereffe invincible : en fortifiant chacune de leurs villes, à raizon de leurs fituations, avec une merveilleuze & nouvelle induftrie , une prudance finguliére,& un e extreme profondeur de jugement;
- dont
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- dont il a mérité le nom & le titre de Fere de la Fortification moderne:L’ornement & la gloire de la deuziême de ces parties, corne la plus efelatante & relevée de notre cÂrchiteclurc,étoit rezervée au grand F r e'd e'r i c, cét Illustre forceurde ailles,imprenables à tout autre qu a lui : Et à vous,Monseigneur, celle de réunir ces deus fufïizances enfamble, en vous feul : comme façonné dans les inventions ou experiances de Maurice; &: nourri fous le gouvernement & le commandement d’un Pe're, qui n’a jamais eu fon pareil en la partie de cette conoiflance qu’il a particulièrement exercée.
- C’eft un héritage qui ne vous fçauroit être ravi. Il eft de la fobftance, & du fens, & du propre fang de vos predécefleurs admirables. Sur les autres biens que vous pofledés, 1’inconfl.ancedes evenemens a quelque pouvoir; celui là foui exçede les limites de fon Empire. Et jamais ne fera , & ne fe peut plus faire, que Maurice n’ait été en fon tams, le premier & le plus excellent de tous les Bâtifleurs & fondateurs de villes & que Frédéric n’ait été fingulier & inimitable, en l’art de les prandre & de les conformer.
- Donques par droit de fang, aufli bien que par titre de fuccejfiori, vous eft aquize, tant la protection que la pojfejfion, de ma Fortification moderne : puilque le Sujét eft tout vôtre : & que l’œuvre que j’en ai compozé, dés l’inftant de fa première édition, avoit été voué à S. A. votre trés-glorieus predécefteur & P e' r e ; & même lui avoit été configné en partie, de fon vivant. Pourrait elle efpérer, moins de faveur &de
- * 3 bon
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- bon acceuil de lame genereuze du Fis, quelle le peut vanter d en avoir autrefois obtenu de la bonté du Pe’ re? Qui de grâce, ou par Jugement, (étant infaillible en cette conoiflance,) en avoit aggreéle prézant. C’eft le même que je rezigne entre les mains de V. A. comme un devoir compris entre les droits de là fucceflion. Avec l’honneur de vous apar-tenir , & couvert du rampar d’une prote&ion li puilfante, ce livre ne craint point les attaques des ignorans, ou malveillans : comme fon auteur invincible à toutes les atteintes de la calomnie, en l’appui de vôtre Grandeur,ne panfe plus dézormais qu’à la foule Gloire de fo faire conoître parfaitement
- Monseigneur
- De V. A.
- Le tres-humble, tm-obeijJant&' tres~affétHormé Serviteur
- M. D Ô G E N.
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- L’INTERPRETE
- A Ton Altesse MONSEIGNEUR
- FREDERIC H A N R 1
- PRINCE D'ORANGE, &c.
- Le Prince & le Père
- DE LA NOBLE ARCHITECTURE MILITAIRE.
- N F A N T de Mars ® de la Gloire,
- Egal en Magnanimité A us Héros que ïantiquité Rand fi célébrés en l'Hifloire ;
- Prince,/»? plus humain que voye le Soleil,
- Admirable en vertus, Guerrières S? Civiles,
- Sage, Viiïorieus, qui nas point tonpareil En l’art de conferver & de prandre les villes ,*
- Aimable nom, qui te fais voir Sur le portail de cêt ouvrage ;
- Puis je dijfimuler l'ardeur de mon courage,
- Et les rejfantimans de mm humble devoir ï
- En ce fuperbefrontisfpice,
- D'un livre, où tes nobles explois Sont relevés d'un artifice Qui ternit le luflre des Rois ;
- Au front, de ces travaus d'admirable JlruFlure,
- Où fe lizentpar tout en marbre & en œrïa,
- Le s lois que tuprefcris, en Prince Souverain,
- Ausfideües fujçts de ton Architecture;
- En tête de ces Batimans,
- Et de ces majfes étoffées Des glorieus fuccés de tes jufles Trofées ;
- Confidére ces Vers entre leurs ornemans.
- Puifque l'arrogance d’E stagne Commance de parler plus bas ;
- Puifque tes iïïuflres cornbas Ont affaijféxette Montaigne ;
- Abbaiffé cét orgeüil, qui pouffoit jufqu âus cieus L'audace & la fureur de [es vajles panfées ;
- Puifque le Grand dessein difparoit h ms y eus,
- Comme un Fantôme vain de cervelles blejfées ;
- Mon
- V auteur avait destiné la dedi-cationdu frétant livre, à feu fan Alttjfe, qui l’avait honoré de fort t fit me & probation.
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- MonPrince, il eft tams désormais De lien ajfurer nos conquêtes,
- Convertifiant cét Art né parmi les tampêtes,
- Afervir d'un lien de Justice & de P a i s.
- Ùnfcait ce que vaut la ParoUe De nouveaus & doutem amis,
- Et commant la race Efpagnotte Entretient ce quelle a promis ;
- Recevons leurs fermans, comme des pipperies Et des pièges tandus à la Simplicité,
- Pargensperfuadés que la divinité,
- Commune en intérêts, aide à leurs tromperies ;
- Que l'hiftoire de nos Ayeus Rande notre Siècle plus fage ;
- Et ne dédaignons pas le nêcefiaire uzage
- D'un Art fervant de bride aus cœurs Amlitiem.
- M unifions mm contre l'orage Au tams delà tranquillité,
- Prévenons, la nécefiitê De nom garantir du naufrage ;
- Tinons nom préparés a tout êvénemant ;
- Craignons les Grées trompeurs & leurs four de s malices ; S'ils ont juré la Pais, ne doutons nuUemant Que c eft le pim fultïl detom leurs artifices .*
- Ainfila feinte Gravité N'aluzerapoint Vlnnocance,
- Et ne ferviront pim leurs cas de confciancè A mafquer l'Impofture & l'Infidélité.
- Jefcai, la petite Importance D'un Empire fi divizé,
- Et qui de tom cotés fait pance,
- Comme un Palais mal compozé;
- Que fe$ loèttes n'ont plus cette drogue Indienne i Pefte de ms Étds, dont il a tant de fois Empoizonné les cœurs des peuples & des Rois,
- En cela conftftoit fa valeur ancienne ;
- Som un régné de Favoris,
- Sa Prudance tant eflimée Ne parût aujourdui qu'une obfcure fumée ;
- L'Europe eft un charnier de leurs hommes péris.
- Mais, comme une ma fie put fiant e Qu un impétuem mouvemant Arrache de fonfondemant,
- Tomle, d'une ruinepezante :
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- Et comme ces Gêans, infolans Rjodomorïs,
- Qui firent guerre au cièl, ans chams de Tnnacric, l vomiffent encore accalîés de leurs mon s,
- Lespüantes vapeurs de leur noire furie :
- Auffi, ce Monftre accravant ê,
- Et fes reliques peflilantes,
- Troubleront l'univers dalarmes violâmes, plusieurs fiécles après que nous l'aurons domtè.
- Toit G u E R RI E R, de qui Ylnduftrie Scàit prandre & garder les cités,
- A qui, l'Amour de ta Patrie Promit mille profpérités :
- Ne retournes au ciêl, o la gloire des Princes,
- Avant que ton courage ait de nous écarté,
- Ce cruél ennemi de notre liberté,
- Et fondé le repos de nos belles Provinces :
- Ainfit ton bras Viélorieus,
- Chajfera l'horreur de la Guerre,
- Affermira la Pais, & ni aurafur terre,
- Rien de si grand que toi, r ien de si glorieus.
- 'T'A N d i s que je tiens ce langage,
- ** Un malheur vient fondre fur nous ;
- Je fans les horreurs & les coûs Defon impitoyable orage ;
- Le ciêl crève de feus ;je voi de tous cotés,
- Mille maus, mille morts, mille pefles volantes,
- Mille étranges Démons, de qui les cruautés Menacent nos cités de ruines fanglantes :
- Que lEnfer en efi réjoui !
- Mais d'où procèdent ces alarmes ?
- Où eft notre Support ? Le remède a ms larmes ?
- Où efi notre Soleils il eft évanoui.
- Ainfi, fur les hors de ton onde,
- Tylre, le Noble Sang de Mars,
- Préparant l'Empire du monde A la fortune des Cézars ;
- A fis en fes E'tats, enchantoitpar ïoreille,
- Etformoit avéc art le peuple nouveau-né,
- A qui les fdtnts Arrêts avoientprédeftirié Unluftre en l'univers de gloire fans pareille :
- Quand un tourbillon furieus,
- Noir de ténèbres éfroyables,
- Mêlé de bruits, de feus, d'horreurs épouvantables,
- Enleva ce Héros, & le ravit aus cieus.
- Aprè$
- Sa mon Jurvenùe depuis & pandant Vimprefjion du livre,a fait adioâ-ter ce qui juit.
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- Après que l'horrible tampête Eût fait place à unjour nouveau,
- Le foleïl fe montra fi beau,
- Qu'ilfamblôit rire &faire fête ;
- Le peuple revenu de fon ètonnemant,
- Emporté de l'excès dune ardeur naturelle,
- Chercha lefeul appui de fon contantemant,
- Et ne le trouvant point fa douleur fut mortelle ?
- Jamais n'auroitpû s apaizer Le fantimant de ce dèzaflre,
- S'il n'eûtfcâ que le ciel en avoitfait un Afire,
- Pour avoir foin de lui, & le favorizer.
- Nôtre Fre'de'ric Invincible,
- Aimant l'État, £9 Bien-aimé,
- A fin de le randre pamble N'ajamais été dézarmé :
- Et, comme cét Efprit tout rampli de lumière,
- E'toit notre Lien & notre Sûreté,
- il nous famblôit aufii, quand il nom a quitté,
- Que nom étions venm à notre heure dernière .*
- Infinisferoient nos regréts,
- Et notre perte inconfolable,
- S'il n'étoit dans le cièl un Afire favorable,
- De qui les dom regars nom ajfûrent la Pais.
- En ce mot ^j'aï dit tom les charmes Qui méritent d'être prizés,
- Et qui peuvent être oppozès A la brutalité des armes :
- Et quand les Efpagnols en reprandront l'humeur,
- Comme nom le promit leur infolance extrême :
- Si Frédéric efl mort ; il a pour Succejfeur Quelque choze de pim qu'il n'étoit pas lui même .* Guillaume fufira tout feul,
- En fes florijfantes années,
- A nom reprezanter toutes les defiinées,
- Et du P e'r e, & de /Oncl e, & celles de l'A Y E u L.
- POIRIER.
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- L'INTERPRETE
- à fon Auteur. SONNET.
- ÔG e n, apres avoir avecfolidité,
- Ecrit, femè de fleurs, &• paré d’éloquance,
- Les cruels appareils de lhorrible Sciance,
- Qui n a rien de commun avec l’humanité'.
- Quelque triîle Qnjeurdontla fevérité, pourra demantirta rarefuffzance,
- Tour exercer unpeu fa noire médisance,
- Erandra loi de douter de fon utilité.
- zSAdais le but de l’auteur & celui de l’ouvrage,
- S\(e tandqu’àprézerver l’Innovant de /’outrage,
- Et châtier l’orgueil des Injuries guerriers :
- Q livre esl confierions légitimes Erinces ;
- Sur tous,'à ce He' r o s, dont les furies Lauriers>
- Et les fages C°nfds conjèrvent ces Erovinces.
- A LA VILLE D’AMSTERDAM.
- Amsterdam, Perle des cites, Embrajfe en tes prof évités Ce Sfoble efrit que tu poffede :
- Syracuze, te dira l’aide,
- Quelle eût enfes adverfîtes,
- Destravausdefon Arch i m e’de.
- POIRIER.
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- X p m p p p w >
- Zf aura foin de mettre ; Tant les Figures de? 4rt
- marqueèspar À. B. C. &c.
- pag. ii I. pag. 204 Q. Pa& 344 z. {% 484
- H K. 208 R. 348 A a 488
- 4° L. 220 S, 35x Bb 491
- 56 M. 240 T. 428 Ce 496
- 64 N. 260 V. 468 Dd 500
- 80 O. 276 X. 476. Ee 5°4
- 15* 196 P. 3*6 Y. 480 Ff 544.
- Que les Villes notalles en eét œuvre ; aux pages fuivantes.
- Hermanftein. pag. z Retrenchement de Maften
- Kuftrin A broeek. pag. 268
- Straelfundt 8 Goes 2 76
- Amfterdam 12 Manheim. 278
- Coevorden 28 Orange 280
- Palma ibid. Havre de Grâce 282
- Breda 88 SV'Malo 284
- Maftriche 92 Antwerpen 286
- Schenckenfchantz 104 Hamburgh 296
- Philipsburg ibid. Groeningen 298
- Rhees 170 Geneve 362
- Gulich 178 ’sHertogenbolch ou Bofled. 364
- Franckendai 216 Gertruydenbergh 3 66
- Bremen 224 Vliffingen 368
- Winfchoten 236 WolfFenbuttel 376
- Lieroort 244 Spandaw, 384
- Crevecœur 248 Ifendijck 386
- Zutphen 252 Grave 390
- Deventer 254 Bergen op Zoom 392
- Bommel 256 Oftende 394
- SwqI 268 Sas de Gand 530
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- L'architecture
- MILITAIRE
- D E
- MATTHIAS DOGE N.
- LIVRE PREMIER.
- DE LA FORTIFICATION moderne des Figures regulieres.
- CHAPITRE i.
- La Définition de ht Fortification, fia D'mijion, ja première origine tiré de la Jfiature: fion Hifioire.
- Yant à efcrire de l’Architedure militaire d’aujourdhuy ; la quelle prefque tous les peuples de l’Europe nomment Fortification, d’un mot qui luy eft devenu comme propre ; il me femble que je ne fe- jyefi»ition ray pas mal de commencer par la Définition delà chofe mefme. de 1* Aj%
- L’Architedure militaire donc eft l’art de bien Fortifier *& defendre quel- u“
- que place que ce foit contre l’attaque de l’ennemi. taire.'
- Or comme toute guerre eft offènfive,bu defenfive,& comme on ne peut sa Divi-attaquer, ny commodément defendre, fi on n’cft bien armé: en confidera- eJl™efe^ lion de cefte fin je pourray divifèr fort proprement, ce me femble, toute * l’Architeduremilitaire tnl'Herceteftomquequi travaille à la munition ; & en tAreoteftonique, (a) qui regarde ÆAttaque 8c Incombât ; 8c de laquelle je fais th», ài'At-deux efpeces, la Poliorcetique, 8crAntipoliorcetique,VOffenCïve,8c la Defenfive.
- Cefte cy enfeigne aux Afliegés de rendre inutiles les efforts des Aftie- l’Antipo-geans, foit en repouflant la force parla force mefme, foit en drefiant des llorcetI~ ouvrages défenfifs, qui empefehent les leurs,& ruinent tous leurs travaux. Tfeigne U L’Autre eft l’Architedure des Affiegeans : & nous donne les moyens de[e^ d’emporter unè place ennemie avec le moins de perte qu’il fe peut. îiorceti-
- Quant à îHercote Monique, elle s’occupe toute entière en la fortification que commode d’un lieu deleouvert, 8c mal afTeuré;par laquelle on puiflè eftre à %s”ueelat~ l’abri, non feulement des courfes, &des irruptions impreveües de l’enne- THerco-my ; mais aufli en eftat d’y demeurer fans crainte, en guerre ouverte, d’y teftoni-refifter courageufement, 8c fans danger de fe perdre. %îifie Us
- Mais dautant que l’homme doit avoir plus de foin de fe conferver, & ce /««*/«-qui luy appartient, que d’envahir le bien d’autruy; quand ce ne ferait que rendprt* pour cefte raifon, (afin que je m’abftienne de celles que je pourrais tirer de la facilité de la méthode, & des loix inviolables à ceux qui traident de quel-que art) je dois premièrement parler de cefte partie d’Architedure Mili-taire que la Grece à nommée HercoteAortique, 8c qui chez nous eft parti- wniie-culierement nommée Fortification. 7meBonl
- les Villes, fë» les chafteaux,font fortifiés par la Nature, ou par l'Art, ou par tous q»<-
- A les
- (a) Ou Fortification de Campagne.
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- Les places fontfortifiées par la
- Nature, par l’Art,
- ou par tous les deux.
- La Nature à la for tifi-tattondes lieux employé la Terre auffi bien que la Mer.
- Vn bel e-icemple en
- la Gilicie.
- % Livre Premier»
- les dcuX'i ce qui eft eflimé le meilleur & le plus âjfeuré. La Nature fortifie lès places [en leur donnant affûte advantageufefur quelque lieu eftevé & rompu, ou en re-fpandanttout h tentour, la mer, quelque marets, ou quelque riviere. L'Art creufe desfojfés, & haJHt des murailles. Aux achantagesde la Nature, il riy a qu'a les/t'avoir bien chefir. En une plate campagne l’mduftrie de celuy qui veut fy arrefler efl neceffaire ; & on ri a paslaijfé de voir jadis en des campagnes ouvertes de tous coftés des villes que Fart, malgré ïajfiete du lieu, avoit rendues imprenables. ( a )
- Lû Cilicie, qui eft vne contrée célébré en l’Afie Mineur* eft enfermée prefque de toutes parts d’vne montagne rude & difficile , qui s’efleve du bord de la mer, fe courbe en demi cercle, & revient y porter Ion autre pointe à quelque efpace de là où elle àvoit commencé. La croupe de cefte montagne femicirculaire eft comme taillée en trois endroits, & laifîè trois ouvertures, dont le paflàge eft fi efearpé, &fi eftroit, qu’à peine trois hommes armés y peuvent paflèr de front. Alexandre ayant conftderé attenti-
- vement la fituation de ce paffage,dit (au rapport de QXurfe) qu'il ri avoit jamais eu plus grand fubjeiï de recognoiflre le bon heur qui laccompagnott : car luy & fin armée eujfent peu eftre affimmês de la cheute des rochers, s il y eufi eüfeulement desperfonnes qui les roulajfentfur eux. (t>)
- En Suif- Les Sutffes>ce belliqueux peuple d’Allemagne,ne font pas tant feparés de fe. ces puifîàns voifins, qui les environnent, par la gloire de leur Nation, 8c par les preuves de leur valeur, que leurs ennemis ont fouvent efprouvée; que par la hauteur 8c la rudeflèdes montagnes qu’ils habitent.
- Exemple Nous voyons aufly divers autres moindres lieux, que la Nature fèmble é^dtZn. avoir fortifiés pour le fecours des miferables, 8c pour le refuge de ceux qui i7mt r ^ont Pre^s ^eurs cnnemis‘-
- fortifiées. Lors qu’Alexandre ravageoit avec le fer & le feu la Région des Mâza-i^Roche gares 9 ce pauvre peuple trouva un afyle affeuré contre les frayeurs de la ’ guerre dans la Roche d’Aorne-, laquelle ils faifirent; n’eiriportans que leurs armes de leurs villes abandonnées, 8c laquelle Alexandre auffi bien qu’ Hercule attaqua inutilement. (*) Il ne faut que j’oublie icyle chafteau de Mâche-runte,Auquel parle Iofephe,& qui eftoit autre fois apres Ierufàlem,lafeconde forterefiè deludée,ainfi que {f) Pline le raconte. («) Iofèphe s’eftudie à la de-Macherun- ferire fort à propos à noftre fubjeâ:. Baffus ayant en fuite ramafié toutes fis gnede*iu- forces fe refelut d'attaquer Macherunte avec la dixiefme Légion : carïlluyfembloit dêe. tresnecefsaire de rafer ce chafteau, quieftoït ajfezfort pour foliciter plufteursh quel-
- que révolté. Eneffeft lanature du lieupromettoitunefeure retraite à ceux qui s'y retirer oient , & elle ne pouvoit que donner de la crainte à quiconque entreprendrait de b attaquer. Vne haute roche luy fert de muraille, & la Nature comme prenant plaifir h la rendre inacceffible luy a creufé tout a lentourdes fojfés dont l'œil ne fiauroit me fit-rer la profondeur, ® qu'ilferoit impoffible de combler: car la vallée qui coupe du cofté d Orient s'eftend LX ftades jufques au bord du lac Afphaltite, é$fur cefte pointe ori voit le chafteau de Macherunte. Au Septentrion & au Midyily aune pareille vallée de pajfage auffi àfficile. Celle du cofté d'Occident n'a pas moins de cent coudees de pro-
- f. Voyez Vegetius liv, 4.ch. i. (t>) Q^Curfè liv. j.-voy le me fine auliv. j. cequilditde la?erfe. (c) Voyez Q. Cur-
- ie i. 3 & im la fin du 1.7. o» il parle auffi du Rocher de Sogdianc admirablement fort. [fy liv. j, (b, i6.(e)l,j, z%.
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- De la Fortification Reguliere. 3
- fondeur, & s'eflend jufques à une montagne vis à vis de Macherunte. Voila comment il en parle.
- Salufte parle de Capfa 8c de Th'ala, villes de Nümidie, comme de places Fort^câ tres-fortes, à caufe du defert 8c de la folitude ou elles font pôle es : qui eft tion natu-certes une eftrange 8c extraordinaire forte de fortification; dont je ne fçay fi elles ont tant de fubjed de remercier que de fe plaindre de la Na- i*[ohtude. ture.
- Mais à fin que je ne m’areftepas aux Anciens, non feulement en Afie & en Afrique ; mais en diverfes parties de noftre Europe, en Allemagne, en France> en Efpagne, en Italie, en Angleterre, 8c en d’autres.Provinces on voit encoresen grand nombre des chafteaux 8c des places imprenables par le feul foin de la Nature, qui les a libéralement revenues de fofies 8c de murailles, qu’il n’efl: pas poflible à la force humaine de penetrer* Les Italiens, Machiavel, O) Guicciardin,8c les autres,vous mettront en avant leür Morgues, 8c leur Samo Léo. Les Allemands vous parleront de leur Ehrenbreitfiein, ou de leur Brifac.Cmx des pays-bas vous allégueront leur chafieaude Namur (b) 8c ainfi des autres;qu’il y auroit trop de peine de mettre tous fur les rangs.
- Le foin 8c la prévoyance de la Nature n’ont pas efté moindres à fortifier Zlfomp) d’eau quelques places de la terre; à l’imitation de laquellelArt acreufécertains les fofies, qui fervent d’vn puiflant frein aux impetuofités ennemies .
- Je ne veux pas parler icy de l’Angleterre, que la Nature a feparée com- r^nfa me difoit un ancienne tout le relie du monde,ny des autres Ifles,ou la merj/^r fert de fofle quune armée de terre ne fcauroit pafler ; je ne produiray que *xe™Ple la Hollande la plus renommée province du monde, 8c qui n’a pas moins ef- qZbTe7u^ pandu le bruit de fes armes, que le trafic de fes marchandées, par toute la nceePque ’u terre. La Nature femble n’avoir rien oublié de fonindullriepour la fortifier Nature a par les eaux, comme elle a remparé les places precedentes par les rochers 8c par les montagnes. l’Océan arroufe 8c fert de defence à la plus grande eaux. partie de la Hollande ; il advance fes bras où il ne peut atteindre de tout le Hollan-corps ; 8c au defaut de la mer fuccedent divers fleuves célébrés ; là où de. ceux-cy ne peuvent aller, les lacs y font defence;& où tout cela manque,il y a des maraiz par où il fait dangereux à l’ennemy de hafarder le paflàge.
- De forte que ce n’efl: pas fans fubjeâ que le Cardinal Bentivoglio ( * ) met cela entre les merveilles de la Hollande : Onde fe pub flare in duhhio ,fe pih fia quello, che vïene occupato dalla terra , che daÏÏ acqua in Hollanda. E vten popolata ancora da figran numéro di vafcelli, de tutte le fiorti, che pur anche fit puo dubitare, fe vï fia maggior quantïta li d'habitatione mobili in acqua, b di café fi abiliin terra.
- Les evenemens ont bien monftréfouventesfois quel fecours les Hollan- teydedef. dois peuvent tirer de ces eaux, lors qu’en lafchans la bonde par leurs efclu- M egec‘ fes ils ont noyé les ennemis, qui eftoient au cœur du pays, comme il arriva au fiege de Leyde ; ou lors que fans autre defence ils les ont arreftés 8c re-poufles fur le point d’entrer; comme il n’y a pas long temps, lors que l’armée du Roy d’Elpagne 8c de l’Empereur fit une irruption dans la reloue, 8c
- A % prit
- (aj Liv.7. c.i. de F <Art de U guerre, (bj Don Jan d’Auftriche. Famian-Strada liv. ix.Decad.i. {c) Del Trattato délia Ttegua defiandia, liv.11. ^
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- 4 Livre Premier*
- prit Amersford : car ayant elîàyé de prendre le Goeyland, 8c furmonte" les rE^pem montagnes de fable, la cavallerie ennemie fe trouva arreftée des eaux & & 4aRoy des maraiz, fans qu’il luy fuft pofiible de paffèr plus outre. Les Hollandois ‘arreftîepar fe font tousjours deffendus de leurs ennemis, autant par les eaux que par lu veimT ^es armeS:j>en apporteray ailleurs des exemples de chezTacite.Jen’ay vou-’ lu parler icy que des modernes; & peut eftre avec quelque raifon;la defpen-ce, que fait aujourd’ huy la Hollande contre l’Océan, elgallant celle quelle fait contre les ennemis ; duquel elle peut neantmoins avoir le fecours, fi elle le trouve trop prefiee de ceux-cy. Ainfi nagueres, commej ay dit, rompant les digues elleoppolà la mer aux Croates, qui ravageoint là campagne, & fit un deluge,qui donna des bornes à l’Empire,en arreftantles troupes de l Em-pereur. Janus Doufa fitfurlefiege,& fur l’heureufe délivrance de Leyde, ces vers qui ne feront pas icy hors de leur place, & defquels je ne veux pas gafter la grâce par ma tradudion.’
- Lugdunum cingit Batavorum miles iberus :
- A Batavo contra cingitur iïle mari.
- Nonopus efl g\adiis,ferroque rigentilus armis:
- Solœpro Batavo belligerantur aquæ.
- Deferuëre agros Batavi & Najfovius héros ;
- Non tamenhisullos ahftulit hoflis agros.
- Invenit ratio fine fanguinepellere longe,
- Hofliîefque manm, Hefperiumquejugum.
- Toile me tus, Hifpanefuge, & ne refpice terras,
- Pro quihus Oceanuspugnat, & ipfe Deus.
- Lès ennemis mefme ont advoüé celle merveille, & on trouva au quartier du General François Valdez apres leur retraide, un plan de la circonvallation, en marge de laquelle il y avoit efcrit \{d) Adieu Ville! adieu redoutes, corps de garde, & forts ( car on en abandonnoit L X11. ) que nous quittons h caufe des eaux, & non pour la force des ennemis. Appelions pour troifiefme tef-moin un Hillorien, contre lequel il ny à point dexception.Z<? terroir de Leyde, dit il, & des environs, efl arroufé de rivières qui y font plufieurs contours. Le Rhin paffe a travers la Ville, l'ifel & la Meufe defcendent l'une à Roterdam,l'autre à Gou-de ; mais de là elle s viennent a Leyde auffipar des canaux qu'on a tirés. On a rehaujfé les chaufsées de ces canaux & de tous les autres, afin que lamerefmeuëne fe jette parla dans la campagne. Les Hollandois donc, apres avoir fait Ravoir leur defseinâ ceux de Leyde,par le moyen des colombes quilslafcherent, ouvrirent les digues qu'ils avoient tenues fermées fi long temps @ avec tant de defpence. L'ifel, la Meufe, & lOcéan inondèrent tout h coup la campagne, P§ couvrirent des vilages entiers, faifant un degàt de plus de deux cents quatre vingt mille efcusAe camp des Efpagnols fûtfui-mergé, & les navirespouvans voguer où nagueres on voyoit rouler les chariots, les Hollandon vindrent de quarante lieues apporter aux affegés fans danger fecours d'hommes & de vivres: les Efpagnols euffent peu prendre plaifir de voir, comme au-tresfoisaux fpellacles de Rome, une mer quinaifsoit parmi les arbres P§ les forets,
- s'ils
- (a) EmanueldeMeteren li.j. (b) Fam.Strada'liv.vm. deçade.r.
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- BelaFortificationReguliere. 5
- s'ils eurent veu cela hors de dànger, (ÿfile fecours quamenoit ce fl element conjuré ne les eufl attaqués, & ne leur eufl ojlé îefperance de prendre la ville. Ce n’eft pas certes fans raifon que Strada dit,que ceft Element confpiroit contre les afliegeans : car fi nous en croyons à Emanuel de Meteren, on peut ufurper en celle conjonélureà aufli bondroiél qu’ailleursces deux vers d’unPoëte;
- 0 nimiumdihüe Deo, cui militât æther‘
- Et conjurati veniunt adclafsica verni.
- Le deuxiefme d’Oélobre 1574 le vent de Nord-weft faifoit monter la marée avec d’autant plus d’impetuofité que c’eftoit alors la pleine Lune. A'ce vent fucceda le Zuyd-weft, qui pouffa heureufement la flotte du fecours vers celle*defolée ville, dont le fiege finit le troifieftne jour d’Oélobre. Le lendemain, comme fi faffaire eftant faite Æole 8c Neptune euflêntfonné la retraite, 8c rappellé leurs troupes, il fouffla un grand vent de Zuyd-Oofl,
- 8c puis il s’efleva une violente tempefte du Nord, qui repoufla dans la mer tout ce deluge.En forte qu’on marchoit à pied fec là où de grandes navires avoient paffé toutes chargeas le jour auparavant.
- Quant au paflàge de llfcl, 8c à l’irruption des Croates dans la reloue, il fuflira d’en adjoufter ce mot pour mon fubjeél :(-*) Par le commandement du General ( Monfeigneur le Prince d’Orange Frédéric Henri ) ceux de Muyde ouvrirent une efclufe, qui couvrit d'eau tout ce qui efl entre cefte ville & Utreft. Ce deluge n'enfla pas feulement le Vecht, qui defcend d'UtreftaMuyde ; & delàfe rend dans le Zuyder-zee : mais le refle auffl fufl inondé fi /alitement, que perfonne ri eufl fceu paffer entre le deflroit & Utreft, ny entre Utreft & la riviere de la Lecke, qui efl uniras du Rhin. Ainfi l’ouverture d’une feule efclufe fit depuis ce deflroit du Midy jufques au Rhin un grand fofle, qui feparoit cefte partie des provinces unies, dont l’ennemi fe rendit alors maiftre pour quelque temps, de tout le corps, qui demeuroit libre 8c viélorieux. Ainfion mit une barrière à l’ennemi, au de là de laquelle il luy eufl efté funefte de porter l’efperance defcs viéloires.
- Je vous ay monftré un pays entier fortifié parles eaux; je vous produi- villes que ray maintenant des villes. Je dois mettre au premier rang cefte agréable lersJffft Venife, que la mer rend imprenable fans quelle aye feefoin de fofles, de mu-fortes: railles, de tours, ou de ramparts ; de forte que pofée entre deux Empe-Vcn^* reurs, environnée de tant de Roys 8c de puiflàns Princes fes voifins, 8c fi fou vent attaquée 8c mal traiélée de tous ceux-la, elle fouftient 8c conferve encore à travers tant de fiecles fon ancienne majefté.
- Machiavel au lieu quej’ay allégué nous reprefente deux places en Italie, extrêmement fortes parlesmaraiz 8c les eaux qui les environnent, l’une cftFerrare, 8c l’autre Mantouë, qui atout à l’entour un maraiz de plus d’une Ferrare, portée de Canon. MattoUë
- Dordrecht, Capitale d’Hollande, en a efté feparée par la violence en Italie des marées, qui ont creufé tout à l’entour un fi large foffé, quefeptante deux villages, 8c plufieurs milliers de perfonnes y ont efté pitoyable- fJ^oUandt
- A 3 ment
- (a) Heinf. liv.a. du Siégé de Boifleduc.
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- Cttftrin en la Marche de Bran-denbourg.
- 6 Livre Premier,
- ment fubmergés. Si bien que depuis un fort long temps* 8c fur tout au commencement des guerres des Pays bas * celle ville a elle tenuë pour la Venife clés Hollandois \ 8c elle la feroit encore aujourdhuy, fi ce mefme élément ne luy avoit rendu la terre quelle luy avoit oftée, 8c adjoufté à Ton corps une iïle : mais qui n’elt pas fi grande qu’on ne la puiflè defFendre * & qui en unenecelïité ne puilïe eltre recouverte d’eau par la rupture des digues.
- Voire il n’y auroit pas befoin maintenant de les rompre ; des deux collés de la Ville,par où la Meufe 8c la Merwe ont leur large 8c rapide cours, ayant efté faites depuis peu, au dépends de la Ville 8c de tous les Ellats enfemble, deux prodigieufes efclufes, qui la rendent inaiïiegeable, 8c qui dans moins d’une heure noyeroient tous ceux qui penferoient fe retrancher.
- Cuflrin en mon pays efl une des auffi fortes places par art 8c par nature qu’on*en puifie remarquer en l’une 8c en l’autre Allemagne. Un large ma-raizcommence à codé de la riviere, qui y efl grofliëd’une autre quelle reçoit, 8c embrafle la Ville retournant à l’autre bord. Elle laide au milieu tin efpace plusfec 8c plus ferme, où il y a eu moyen de baflir 8c de drefièr des ramparts. On a rehaufie une digue à travers ce maraiz qui environne cette Forterefîe, avec un fi grand combat de l’art 8c de la nature qu’on feroit bien empefehé’ de dire lequel y furmonte. L’Art 8c la necefiité deman-doient une digue continue, 8c la nature a voulu quelle fufl deijointeen plus de cinquante endroits, obligeant à faire autant de ponts, qui font autant d’arrefts qu’on donne à l’ennemi ( pourveu qu’on retranche chaque pont d’une bonne barrière) 8c cependant la digue ne laide pas d’avoir de largeur pour trois chariots de front 8c davantage.
- Stralfund enPomeranie, célébré pour le fiege que l’Empereur y mit ces années paflees, n’eufl pas fouftenu fi vigoureufement l’impetuofité du Walflein, 8c les artifices d’Arnheim ; fi la force 8c l’induflrie pouvoient fur-monter ce que la Nature a entrepris de défendre. l’Océan bat le derrière de la Ville, 8c la rend hors d’attaque de ce codé là *, le refie efl environné de maraiz, par où il y a tjois avenues regardant la terre ferme d’Allemagne* qui font fi eflroidcs, qu’une ou deux compagnies font ballantes de les garder, ou du moins de les difputer jufques à lafièr l’ennemi, fi une plus grande 8c continuelle force les oblige de reculer peu à peu. De forte qu’on trou-vêroit à peine une autre Ville en Allemagne plus capable d’arrefler les victoires de l’Empereur, 8c qui l’eufl fait plus impunément; ( a) fil'expérience nefaifoit voir,- que c'efi aux fonds chofe plus douce & plus affeurée d'obéir aux fienst quaux Etrangers ; lien quon aye a craindre celuy qui a la force en main, nues que En fin il fe trouve des lieux à la force defquels la Nature employé tout
- u Nature c|’un temps l’eau & les montagnes. Pour abréger, je n’en remarqueray que plZfeaux trois de grand nom dans l’Antiquité. Le premier efl ce Mazagas que l’Hi-tagncT°n~ ft°rien d’Alexandre reprefente en fon beau flile fort accommodement à
- mon
- (a) Q. Curfeliv.fr
- Stralfund en Borne-rame.
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- De ia Fortification R eguiïere. j
- mon fubjeél. Cefle ville, dit 'A, que la Nature a admirablement fortifiée, efi ceinte deFOrient dune riviere rapide, dont la rive e/lfi efcarpée qiùl ri y a pas moyen d’appro* C^urfc? cherpar la. AÎOccident & au Mïdy il y a de hautes roches que la Nature,cefemble,à taillées {*) tout exprès.
- (b) Cæfar nous en fournit l’autre en lès commentaires. CeflBelànçon la Capitale de la Franche Comté, que la nature, du lieu rendoitfiforte, quelle donnoit une grande occafion de prolonger la guerre, (ce font les parolesde Cæfar) CæfîUr parce que le Doux environneprefque toute la ville. Ce que la riviere narroufepas, qui ri efi pas la largeur de plus defixcentspieds, efi occupé dune haute montagne dont la racine touche des deux coflés la riviere. Le troifidme eft chez Polybe, qui Polybe. • en parle avec fa gravité ordinaire ; Phofis efi une fort ancienne ville d'Arcade dans le rnilieu du Peloponefe &c. un rapide torrent rafe les mur aille s du cofié d Occident , qui ne pouvant eflre traverfé la plus grande partie de Fhyuer rend cefle face. inacceffible. A l'Orient coule FErimanthe avec beaucoup de pente & de profondeur, dont les Poètes & les Hifloiriens racontent diverfes chofes. Le torrent que je viens de dire fe jettant dans F Erimanthe defend le Midy de la ville, & au Septentrion il y a uncoflau fcabreux & difficile qui luy fert de citadelle. Ainfi de trois endroits F eau defend la ville, & de l'autre la montâgne. outre cela elle efl fermée de bonnes & for- . tes murailles. &ci A ces trois villes fi bien fortifiées, il me fera permis dejoin- Vjpes cheXi dre celle dufpes chez Tacite («) par forme de raillerie. Celle ville eftoit en Tacite fans unefituation ellevée, garnie de murailles & de f'oCCés;ilefl bien vray,dit il,quelle Unata-les murailles nefloient pas de pierre, mais de clayes ( noftre ufage empruntera cyre' âpres des Ufpiens ces murailles de clayes pour fermer le camp en une ne-ceffité, ou en autres occafions de fortifier une attaque ou une defence.) fichéesja moitié en terre & tropfoibles pourfouftenirun affaut. Ceflpourquoy auffi, elle eufi efléprife le mefme jour quellefufl attaquée, fi la nuift neuf! arreflé le combat. Ufpes donc n’eftoit gueres defendue de la Nature, n’y de l’art, ny de tous les deux. CHA-
- (a) Q^Çurfe iiv.8. (b) Liv. r. de la guerre des Gaules, (c) .Annal, liv- iz.^us avons ouy tahtbft te que ditVtgece de i' Arcbiteèïure Naturelle, joignons luy icy pour noftre plaifir Pline le leune , qui ne penfoit a, rien màins qu'ci noftre forte d’Ar-chiteüure. on dit que les Gaulois fepares de nous par les Alpes, montagnes prefques infurmontables, lé refpandirent en Italie à celle occafion.Un certain Suifle nommé Elico,ayanreftéartifanàRome, apporta des raifins,&.des figues feiches, avec quelque peu de l'huyle & de vin, à fon pays: Nous leur devons certes pardonner, s’ils en loiit venus chercher à la pointe de l’efpéej puisque nos membres, fié tout noftre corps, trouvent une fi bonne afiïftance en ces deux liqueurs. Vemoyje n’empefche pas que noftre fildatefque desbauchee ne combatte aufti bien que jadis pour de l’huyle <ùr du vin , mais en Architelie je remarque que Pline en parlant des .Alpes dit; qu’elles fervoient d’un rampart infurmontable entre la France iy l’Italie, fi ce malheureux defir d’avoir le bien d’autruy ne les euft percées (y aplanies. Mais qui ne s’eftonnera ( continue le mefme autheur) que pouravoir leplaifirde l’ombrage, nous foyons allés chercher des arbres en un autre monde! ceft le Plane, qui fuft tranfporté par la mer Jonique en l’Ifle de Diomede pour orner à fon tombeau ,8c de là paffa en Sicile, fit depuis fuft entre des premiers dont on fait cas eh Italie. Il yen a à l’heure prefentejufques fur les coftes de Flandre chezles peuples qui nous font tributaires, qui ne font pas difficulté d’acheter l’ombre de nous.Pline au liv.xn. defon Hift. Nat. chap. I. Mais, je vous prie, quel grand ombrage donne ceft dtbre ? il peut bien fotiftenir quelque pluye menue, mais non pas de grofies goûtes, ny un orage, ny point du tout les coups de lagrejîe : là où l'ombre d’une muraille bien faite preferve de la foudre du Canon ennemi. Ce n’eft donc pas de merveille, fi un peuple ne à la liberté, ne refitfe aucune furcharge d’impofts pour fe délivrer de la tyrannie, iy conferver joue l'ombre de fis ramparts cefle precieufe iy inefti-mabtefranchifi. Voyésaufti ce que dit de remarquable touchant ces Alpes Tite Live liv.xxi. l’Armee Carthaginoife craignoit les ennemis, fe refouvenant encore de la guerre pafféc: mais elle craignoit plus que cela la longueur du chemin 8c la dificulté des Alpes,que le bruit commun reprefentoit horrible à ceux qui ne le cognoifloient pas 8cc. Sur quoy Hannibal encourageant les ftens^ifiit, que le ciel ne couvrait aucune terre inacceffible à la valeur &c. Quil n’y avoit riert d’impenetrable 8c d’infurmon table,à un foldat qui ne porte que fes azmes(j’adjoufterois volontiers, ôcqui eft tranfporté d’un infatiable dejir décommander, iyderavir le bien d’autruy, qui font les deux plus puifiantes machines pour prendre les Vittesl iy ruiner les Efiats,ficc.Les foldats ennuyés de tant de fatigue,eurent une peur eftrange de la cheute des avalanches,ôc parmi la neige,du 'couchant des Pléiades. Pendant celle confternation l’armée marchant pelamment des la poinéle dtl jour tousjours ôc n’y ayant que l’image du defefpoir empreinte fur les vilàges j Hannibal s’avance à la telle, fie d’une pointe de rocher, d’ou la veuë s’eftenrioit fort avant, ayant fait arrefter les troupes, Il leur monftre de loili l’Italie, ÔC la campagne quelePoarroulèaudelïbusdes Alpes , leur difant, que les Alpes qu’ils avoient franchies eftoientles murailles de l’Italie, 8c mefme de Rome. Qu’ils n auroient plus de difficultés à furmonter, que dans une ou deux batailles l'affaire feroit faite , que la Capitale d’Italie feroiten leur puiftance ôcc. Et certes cela euft efiéfi Hannibal euft fuivi autant qu’il avoit loué le confiil de Jiiaharbal. Par ainfi Tite Liue nomme les Alpes les murailles de l’Italie iy de Rome.
- .On peut voir dans le mefme livre de ceft autheur par quel moyen Hannibal rompit 4? perça Ici Alpes,cefte muraille infurmontable.
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- 8 L I V R E Jf RE M I E R,
- CHAPITRE II.
- jHijloire de la Fortification Artificielle.
- I L faut paffer maintenant à l’Art ceft imitateur de la Nature, & voir combien heureufement il a emprunté d’elle fes Fefféi & fes Basions.
- Te» de La neceflîté & l’ufage, aufquels on doit l’invention de toutes chofes, a-*qlemaïl- voient enfeigné aux hommes, qu’un ennemi puifîànt avoit efté fouvent laf-fientfot' fe &repouf!e d’un moindre nombre de perfonnes de peu de defence, mais venta me qui fe fervoient de l’advantage du lieu. / /ri en faut pas chercher dexemple hors multitude, de Rome, (. <* ) qui fauva la vie a tous fes hahitans en défendant le Capitole (ou, com-lors que le me parle Tite Live, une pauvre petite coline ) afin quelle pojfedafl apres le plus vorift/*~ glorieux Empire du monde. Vefpace de fiptmois, (£) les Bàrbarês, les Gauloist ubokfe}m £hofe incroyable fi arreflerent contre une montagne, effayans nuifil & jour hla forcer. *ve en con- Mais lajeuneffe Romaine d'un lieu de defenceprotégeafes Dieux ( dit l’hiftorien ) ^Capitole* fis hommes, & le mm Romain, pour lequel une groffè armée, où eftoit toute la force de Rome, avoit combattu en vain en plate campagne près de la riviere Allia. D’ailleurs, dont il y a d’avantage à s’eilonner,il eft certain (fui-vant que Florus l’afîèure ) qu’il n’y avoir pas plus de mille hommes dans le Capitole ; ce qui n’eftoit qu’une poignée de gens en comparaifon de celle prodigieufe & aguerrie multitude qui l’afiiegeoit. • rftUNa na donc pas efté làns raifon que l'art par uneingenieufe imitation turéatrou- de lanature, a commencé de préparer en temps de paix ce qui tombe en 'mentUs u%>e l°rs $ue les affaires viennent à fe troubler : fe procurant des lieux de tojfés é, ies feureté, & propres à chafier, ou bien àharalîèr l’ennemi ; fe dreflàrtt en la Rampant. pja|ne fes m0ntagnes & des ballions derrière lefquels onfe mette à couvert , & fe creufant des vallées rompues, ou des folles remplis d’eau, qui ’VAvchite- arreftent tout à fait, ou du moins retardent le palîàge des ennemis. îairljbprô- Car ce fontÏCy ^es trois ^ns <lue & propofe lArchiteélure Militaire;Defub-pofe ces fins, fiflerfeurement en un lieu fortifiépar art contre les accidens impreveus de la guerre: fendre, & de pouvoir avecpçu de gens refifler impunément a degroffes troupes contraires, les d’ennemi combattre, retarder, ou repouffer avec une poignée dhdbitans, fans grand appa-
- avec peu de reih leur incurfionpreveuë, ou leur force ouverte & continue ; enfin d'affaillir nous mfrfpan~ mefme l'ennemi, quand nos affaires le permettent, nom vanger de luy le vain-
- Les plu* fa- çre avec le moindre danger de nos forces. Ceftoient les trois fins que fe propo-%l!fonteâ £bit Themifloclç, lors qu’il tafchoit fi fort de perfuader à fes concitoyens de fer-tousjours ce mer fe murailles Athènes & le Pyrée. (* ) Car il avoit projeêlé, que la hauteur Thcmi- & Margeur de la muraille, enfermant leport & la ville, fuffit à empefiherla courfe ftocle, *n fa ennemis avec peu de gens de defence ; que les meilleurs foldats montaffent fur
- ltiïnîk- les navires, fi fiant particulièrement auxforces navales, &jugeant que la puifsan-'du'pyrêt'ce de cepeuplefiroit à beaucoup augmentée s'ils'adonnoit d la marine.
- Les Ro- ies Romains zvoient ce mefme but mettans des Colonies en tous les lieux
- ccUede*1 commodes ; par le moyen defquellesl'Empirefifoufiint. (**) Tacite en parlant Crémone. çjg
- (a) Vegçcc en la Préface du liv.*: (b) Florus liv. t. cbap. ij. fc) Thucid. liv. x. (d) Livius liv. a/.
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- De l a Fortification RegulïejuL de celle de Crémone ( » )Ceft ïcy que finît Crémone Tan CCLXXXV1 de fafondation. Elle avait e'fté bafliefous le Confulat de Tit. Sempronius & de P. Cornélius. lors qu Hannibal defcenditen Italie, pour feruir de forterefse contre les Gaulois de l’autre cofté du Pé, &pour arrefler ce quifepourroit foufieverde Ta les Alpes.
- Voyés âuflï ce que dit Polybe au 3 liv. Narbonne efipareillement une fenti- DeNarbo*»-neüe du peuple Romain f§ une citadelle donnée aux Gaulou.f b)En cecy,comme aux autres parties de la Rep. nous avons à nous refouvenir de la diligence de nos ance-fins nom-ftress qui ont planté des Colonies aux lieux propres, contre lefoupcon de quelque dan- bn‘ ger\ en forte que ce n\eftoient pas tant des villes dItalie, que des forterejfes de T Empire. (c)
- Alexandre le grand tendoit à cela,baftifiânt à une fois fix vill es(l)pourfervir de Alexandre jrein aux nations quil avoit vaincues. Herodes ne s en efioignoit pas lors que happant la montagne dcMachére luy fembla plus digne d’eftre confèrvée que toutes ^Hvt^es autres ,adjouftat h ce difficile accez,quelle avoit naturellement, unpuifsant cbafleau, coup.
- & des ramp artsfuffifans a fortifier une plaine: Et tout cela a caufe du voifinage des Arabes. Cefle montagne eflantfort commodément ftuée fur leur frontière. Comme M*chére& rapporte Flave Iofephe. Le mefriie Hiftorien parle encore plus à propos, (*) aflèurant en termes formels, mais avec beaucoup d’eftendue de langage, que le chafteau de Mafsada avoit elle baffci dune force incroyable par Herode pour les mefmes fins que nous avons données à noftre Architecture, j’en recueille icy quelques paroles,que les. curieux pourront aller voir tout au long chez leur autheur. On dit qu Herode baftit ce chafteau pour luy fervir de refuge contre un double danger dont il eftoit menacé, le premier eftoït, que les Juifs ne le defeendiffent du throfne pour y eftever ceux qui eftoient de la maifon royalle^
- Voyés comment avec la force d’un petit chafteau il empefehe le torrent d’une rébellion , & comment avec fi peu d’effort il tient toute la Judée en bride. Il autre eftoit & plus grand, & plus preffant, du cofté de Cléopâtre, Roine d'Egypte qui ne fefeignoit point de demander fouvent h Antoine, quil fit mourir Herode, quilluy donnât le Royaume de Iudée. Remarqués comment la garnifon d’un feul chafteau fait tefte à Antoine fon ennemi efclave de Cléopâtre, 81 appuyé de toutes les forces de l’Empire Romain. Les g
- Les 'Grecs n’ont pas vifé ailleurs lors qu’ils fermèrent les Tbermopyles (/) ny fermons Afdrubal ce general Punique, lors qu’il baftit la nouvelle Carthage en lieu commode (g) pour les affaires d’Efpagne & d'Afrique; Ny le Capitaine Athé- Asdrubal nien Demofthene en fortifiant Pyle, d’ou enfin il incommoda grandement la cartîlgl -pui fiance de (h) Lacédémone; ny Aniîochus le grand, lors qu’il releva les ruines l*neufuè* . de Lyfimachic ( que le Roy Lyfimacbus avoit baflie eri Thrace apres Alexandre, com-^ftfant* me une fort ereffe contre les Barbares : & que lesTbraces avoient deftruite apres fa FIle'
- n r • ' ; . r _ ririf.ii Anttochtls
- mort) pour Jervir a la guerre qu il dejtmoit en Europe. Car ce ueu luy jembloit le plus le grand commode quifuft en toute la Thrace,pour fervir de rnagafm h tous fes préparatifs; (i) 001%^, ny A rfaces (h la mémoire duquel les Par thésfirent ceft honneur que de donne rie nom Arfaces dArfaces h tous leurs Rois fuivans) qui pour former, & bien eftablir le nouveau 7^2 Royaume des Parthes, leva des foldats, fortifia des places, repara' toutes autres vit*
- B les
- ra) Hift. Hv.3. (b^Cicéron.pour Fonteius. (c) Cic. contre Rullus. fdJCurfe liv.7. (e) Iofèph. de la gueitedes Juifs *
- 7. c.2j.,8c27. (C) HeiOd.l,7.fg)Polÿbe\.'i.(h) Thuc.l.4. (\) Appian delagucrre de Syrie. T. Liv.Lîî.Iuft. I.41.
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- lo Livre Premier
- les villes. II ne faut que celle de Clara, baftie fur la montagne de Thator-tene, pour vérifier avec quelle induftrie il en fçavoit choifir la firuation. On ne voyoit rien, dit Iüftin ( * ) défi fort, & défi agréable. Les rochers qui ïen~ ïiironnoient ne demandoient perfonne qui la défendit ; éS le terroird'alentour efloit afiez fertile pour la nourrir &c. On pourra obferver ces mefmes fins aux autres villes que des Architedes intelligents baftiflent chez les autres au-theurs. les curieux en trouveront par tout allez d’exemples. l'Archit*- comme les premiers fiécles eftoient exempts de fraude & de malice*
- Bure mih~f ils eftoient aulfi fort ignorants de cét art; que la necelfité ayant tiré de la ffondivtfi foiblefiè de fes comencements a conduit, ce femble, à fa perfedion, par fuivant les l'invention des armes modernes,& par la diverfe adreflè à attaquer & à dé-IZchines, fendre. Mais il nous importe de fçavoir en quelle façon cela eft arrivé. tes l'ajfie Aux premières années de l’enfance & de la foiblefiè de Bellone, rêvant gems, é» tuf âge du fer & des armes, quand eUe nefe defendoit que des pieds , des poings, des des ajjîegês. ^nJs ^ ^ ja faifte ? (ainfi que nous le perfuade Donat en la derivaifon du son z»fan- mot Pugnd) ou lors qu’un peu plus avancée en aage, mais mal inftruideen-ce' core, elle ne combattoit qu’à coups de ballons, de maflues, de Gæftes, s * puérilité cæfi^us & cû^ > commefirent premièrement {fi) les Africains contre les Egyptiensj ou quand plus aguerrie elle le fervoit de mafiues garnies de fer, de fondes, son adoief- ^ piCques, & d’elpées 5 il rieftoit pas mal aifé de ballir des murailles con-**C * tre de tel les armes.
- sttieunejje. Mais après que les elprits efchauffes à la guerre (voyés ce qu’en dit (c)
- Pline) eurent inventé pour la deftrudion & la ruine du genre humain ce fortes de machines, qu’ils nommoient alors Pluteos,fambucas, tefludines,faU ces, Arietes, Scorpiones, BaUifias, Helepoles, 8c pareilles maniérés d’inftruments avec lelquelles on pouvoit tuer de loin aufli bien que de prés les afire-MurAilles Bes ( vous en trouverés un illuftre exemple, mefme au jugement de Cæ-des Gaulois far en fes Commentaires liu. 7 de la guerre des Gaules) aveclefquellesil cbéz ufar. pas difficile d’esbranler & d’abatre les murailles ; on a commencé
- peu à peu de les baflir avec plus d’art & de foin, fuiuant l’induflrie & l’intelligence de chafque pays. I. Cæfar (d) defcritcurieulèmentl’ancienne forme des murailles des Gaulois, les, autres autheurs en donnent de difte^ rentes defcriptions des autres Nations.
- La première & la plus fimple flruâure d’une muraille nous peut eflre re-fïruBun prefentée par la première figure ; en laquelle on baftifioit en ligne droiéle des murait- une muraille de hauteur fuffilànte à empelcher l’efcalade ; 8c de telle efpaif-feur qu’il s’y peut tenir environ fix ou fept rangées d’hommes en armes. Ou, foivant l’architeâe (<?) Vitruve, la largeur efloit telle, que les foldats armés fe rencontrant pcujfent pajfer commodément. La muraille de (/*) Babylone avoit trente deux pieds d’efpais ; & ailleurs Cæfar (g ) fait mention d’une autre de quarante deux pieds.
- zeurd*- Mais l’ufage, qui eft le légitime Cenfèur en ces matières a defcouvert fous. bien toft deux fautes de l’art en celle ftru&ure.
- La
- (aj Liv.41. ('b)Plin. Iîv.7.ch.î7. fcîaulîcu allègue. (d)Iiy,7.de la guerre cUs Gaules, (c) chf.l,:. (f)Gurg £liy.;. (g) liv. 7. de la guerre des Gaules.
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- Delà Fortif ica t i on Rbgulî eue. ii
- La première eftoit, que les afliégés n’eftoient pas moins à ddcouvert Relies & expo/es aux coups que les afliégeans,mais la perre eftant plus notable en l**tfoieptlei un petit nombre, il ne fàlloit pas que les aflîégés , qui font d’ordinaire ccuvensï* moins, 8c qui ne peuvent pas remplacer ceux qui meurent, combatif-lent fans advantage les afliégeans * qui recouvrent aifément des recreuës,
- Oyons ce qu’en dit ( * ) Cælàr : Les Gaulois & les Hottandois ont unemefme forte . d'attaque. Ceux cy après avoir occupé une partie de leurs gens a • tirer des pierres remarqua-contre la muraiüe, & faire retirer ceux qui la défendent, à la faveur des man-bude u^r‘ telets s'approchent des portes, ® abattent le mur : ce qualors ils exécutoient aisément , la multitude de pierres & de flèches * qui font décochées,ne permettants point qu'aucun hommepuiffe paroiftre.
- l’Autre inconvénient eftoit; qu’en cefteftruéfure, les coftés eftans tous^ ^ droits8c fans finuofité, l’ennemi eftoit à couvert plus il s’approchoit de la muraille, jufques à ce qu’enfin les flèches ne luy pouvants plus nuire il eftoit fans danger à la fape. tnt qui eftoit,
- Soit GM N le premier rang des defendans, efloignés du bord dela^i^*-muraille B C, de la ligne G B d’un pied & demi, afin que le foldat ne foit pas en danger de cheoir, 8c qu eftant pafle par derrière il aye dequoy saduancer un peu 8c s’affermir. Soit la hauteur de la muraille B E celle deBabilonede 150 pieds, au rapport de Q^Curfe, Soit GL la hauteur d’un homme de fix pieds. Il y aura EH, ou ED, ou É O, & A F trente fèpt pieds 8c demi, dans lesquels l’ennemi eftoit à couvert des murailles de Babylone, 8c lors qu’ il n’en eftoit diftant que de 38 pieds, il eftoit hors de l’atteinte des flèches. Hérodote en fa Clio fait une autre fois aufli haute que Q^Curfe ces mefmes murailles. Diodore Sicilien s’accorde avec luy liv. ïi. &en eft difîèntant en ce mefme endroit , fouftrayant les trois quarts de la prémiére fomme.
- Ces fautes donc n’eftoient pas fupportables , & l’Art a tafçhé de les corriger en baftiflànt des murailles de cefte autre forte. On a pofè, comme Autre fim-une couronne,ainfi que ( b) Hirtius nomme le Parapet,tout à l’entour du ram-par. Le haut eftoit plain de créneaux, entre les efpaces defquels il y a voit pim par fai-moyen de tirer, 8c derrière lefquels, apres qu’on avoit fait lé coup, ôn fe Comment pouvoit cacher. Ainfi le citoyen combattoit avec quelque elpéce d’avan- l^f™ier tage, &il fembloit qu’on avoit remédié au premier defaut. Voyez la eftoit Jmr Fig II où le Parapet eft marqué A B C D ; les créneaux font O : & lés espaces entre deux,P. Au refte de peur que la hauteur néceflàire delà muraille ( car l’ennemi en euft peu fauter une plus baffe ) ne tint à couvert ceux qui s’en approcheroient pour venir au pied, on laiflbit les feneftres tout à l’entour , d’efpace en efpace, à la hauteur d un archer. Oyons ce qu’en dit Tite Live. (c) Enfin pour faire que fies gens tiraffent fur l'ennemi farts en eflre lie fiés, Archimede avoit depuis le haut iufques au las mis divers flancs d’me cou-dée d'ouverture, par où fans eflre veûs les uns dé échoient des flèches, les autres tafiha de harceloient l'ennemi avec de petits feorpions. Cæfar nomme aufli feneftres œ$rj™fndfrm
- B v flancs,
- (i) Liv. 11 de ia guerre des Gaules, (b) Liv. VIH de la guerre des Gaules (c) Liv. XXIV»
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- iz L I V « E P R E M I £R,
- flancs, & (a) fes foldats en certains endroits de quelque tour eu avoient laifsé par où ils pouvoient faire jouer leurs machines lors que bon leyrfem-bloit* Les flancs delà II Fig. font EF. Toutes fois par là on ne reraedi-oit pas tout à fait au deuxiefine inconvénient. Car en eefte figure, àcaule Ce qu’il ne de ^intervalle entre les deux créneaux R 8c M, le foldat afliégeant fe re-^àfait*t0Htt^r°it dans le triangle RMQ.& évitoit la flèche des afliegés, fappant cependant en là bafe de ce triangle 8c heurtant avec fes béliers : davantage les efpaces entre les créneaux ne faifoient pas que la vçuë fuft libre par tout, 8c l’ennemi eftoit çaché dans le triangle G H N.
- Troifie- -On a fait neantmoins par celle ftrudure que l’ennemi n’avoit pas tant maticm°r* ^'e^Pace continue, ny fi large 8c fi aflèurée pour l’ufage de fes machines i dcsmutaii- les afliegés aufli pouvoient plus impunément frapper l’ennemi, 8c par con-^towTquar- séq11™ un petit nombre , aidé de la commodité du lieu, combattre un rées, four plus grand avec plus d’égalité.
- Telfemi ^ falloit donc que l’art inventât encore une autre forte de muraille qui ne
- f «pocher laifèât à l’entour de foy aucun lieu aflèuré à l’ennemi. Il a femblé fort uti-ce qui pour- Ie à celà, de baftir des tours quarrées à un jed de pierre l’une de l’autre, Teüjjit fM Pour Refendre fa muraille A E O V delà Fig. VI. qui ellant percées 8c gar-ajfsz. . nies de pourmenoir, comme celles de la II Fig. çfloignoient l’ennemi de la ville d autant quelles sàdvancoient en dehors. Mais bien qu’il fuft par ce moyen empêche de joindre la muraille, s’il attaqupit par fes trenchées & galeries la tour qui l’incommodoit , les lignes des flèches, tirées des tours voifines contre les angles 8c les coftés de l’attaquée , failoient un triangle, dans lequel il pouvoit fàpper impunément, 8c par celle tour prife gaigner la ville, où du moins fe conlerver fur la muraille, voyésle triangle GH I en la Fig. VI.
- Mais fi la tour epfk de la Fig. VI euft efté conftruide en forte que fà ceuTm Diagonale p k a angles droids euft touché la muraille (8c non pas que deux coftés y aboutiflènt,comme il arrive aux tours C 8c D) les flèches dés afliegés tirées des deux tours prochaines aq 8c rq non feulement euflènt rasé la tour e pfk en fes coftés extérieurs epzqSc pfqs, 8c efoarté l’ennemi qui l’attaque ; mais aufli on euft peû flanquer la mefme tour des endroits de la muraille cl Sert. Dailleurs fi ce vuidc laifsé entre la muraille 8c la tour advancée eh kSe.fi k euft efté rempli 8c annexé à la muraille, non feulement la tour en euft efté plus capable de recevoir du monde, 8c de fon-ftenir l’effort des beliers ; mais elle euft plus commodément lié 8c défendu la mur aille, 8c l’art n’euft eu rien à adjoufter. Car il en euft reüfii cefte par. faide forme de tours que nous faifons aujourd’huy.
- On euft peu aufli joindre les tours aux murailles en telle forte qu’on a fait ailleurs, où la Diagonale ut tombe fur la ligne de la muraille, comme il fe voit en la tour u r t x de la Fig. VII; de la quelle figure fort propre à la défence on ufe maintenant en la fabrique des Redoutes où des petites tours de retraide, ainfi que nous le verrons en fon lieu.
- Mais il eft plus croyable que l’experience ayant defeouvert le defaut des
- (a ) Lir. II de la guerre Ciu* tOUtS
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- De 1a Fortification ReCuiiere. ij
- tours quarrées, on les changea en une Figure pentagone en celle maniéré: des angles des tours prochaines A & C de la Fig. VIII quelles forment fur la muraille ou fur tels autres poinds de la ligne iu, on rira deux lignes droites par les angles o 8c r, de la tour B qu’on vouloit reformer,qui concourent en e 8c font le triangle r o e, qui ne peut eftre atteint d aucun endroit de la muraille entre i 8c u, mais qui fera découvert 8c flanqué fort nemkre commodément des codes entiers um 8c in des tours C & A. Par ainfi perfection la tour à cinq angles treok de la Fig. VIII ed toute exposée aux traits tsdfeZi-des aflîegés 8c ne laide rien de couvert à l’effort de l’ennemi. “fi*
- Derechef l’ufàge mondra aux citoyens par leur propre dommage le vice decedeformequinquangulaire;c’edque les angles*?, où r 8c o faifanS poinde, le belier les ruinoit aisément. Voila pourquoy il falut renforcer VA f ^ l’angle e advancé par une autre figure afo. par la ronde, qui foule reffde l'vfae efgallement de tous codés à l’impulfion des ennemis, on trouve les traces dé ced arrondiflèment en paffànt le compas par les poinds r e o, commecordent iai en la tour A les lettres fd nie mondrent tout à fait. Ainfi les Ingénieurs,mm' qui travailloient pour la défonce des places , changèrent le quarré en un rond, 8c la muraille des villes fud badie comme vous voyés en la Fig. IX, avec un fuccez plus conforme au deffein ; car ce fàfcheux triangle, qu’on Mais u laifloit libre & couvert à l’ennemi, edoit fort diminué en cede dernière f?Mt zue ftrudure des tours, ou les triangles aei 8c uob ne cachent pas beaucoup^ “Jâ dèfpace aux traids 8c à la veue des aflîegés. n’finven'
- r Y r r te que pour
- Vitruve (a) ce grand Architecte rend des raifons fort évidentes de badir tufa*. les tours rondes ; de forte qu’il y a dequoy s’edonner que luy, 8c toute l'antiquité, foient maltraidés de quelques modernes Impertinents, par ce qu’il n'a pas accompli la drudure des murailles de fon flécie à la moderne.
- Il faut que je tire ce grand maidre de l’Art* des invedives de ces petits iri-folents ( defquels l’ambition ne s’amufe qu’à des louanges frivoles, igno- cenfearsdè rant la vraye 8c la légitimé gloire) 8c que je face voir, que ced arondiflè-Vttruve' ment des tours chez Vitruve ed fondé fur de tres-pertinentes raifons,eû ef-gard à la manière d’afliéger dont on fefervoit alors. Vitruve donc dit tres-bien ^qu il faut faire les tours rondes ou polygones ; (non à cinq angles feulement, ce qui fuffiroit à la perfedion de l’art; mais de plufleurS codés , afin de renforcer les coins contre le choq des beliers ) car les machines bouleverfent plus toft les quarrées, les beliers rompant» les angles. Là où eri la figuré ronde ils né petrvent pas offencer , 8c font comme des coings fichés vers le centre . En la tour kepf de la Fig. VI l’angle epf où zqf eûd peû aisément edre démis 8c diflipé par le coup du belier; pareillement aufîi u x i, l’angle de la Fig. VII ? au lieu que klm la tour de la Fig. IX reffde efgallement de tous codés à l’impulfion, 8c fbudient impunément les cornes du belier. Vitruve le mocquera hardiment de ce qu’on pourra objeder du triangle u b o en la mefme Fig. IX, exposé 8c favorable à l’ennemi. Car fi la tour / de la dite figure 8c les deux g, 8c / font badies fur une mefme ligne droide gf alors le triangle ubo fera nul; les flèches tirées de/ 8c de g toucheront 8c
- (a) Liy; i. «h, ÿ. B 3 13?*
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- 14 Livre Premier,
- raieront la muraille au poind o; par ce qu’une mefme ligne droifte,parallèle à la muraille, doit toucher toutes les tours, fi elles font de mefme gro£ feur. Mais fi la tour klmék posée fur un coin de la ville pour fa défènce ; alors le triangle u o b ne pourra pas véritablement etre touché exactement de nos flèches ; mais il fera fi petit, qu’il nefcauroit cacher les machines , 8c tant de perfonnes qu’il faut à les gouverner, fi nous fuppofbns l’ancienne façon de prendre les villes. Il appert doncques que les tours rondes ont été les plus propres à la défence contre les ordinaires maniérés d’attaquer des anciens.
- l’Art en étant venu jufques là s’eft long temps, arrêté pour fe repofer & la néceffité ne l’a pas beaucoup obligé à s’avancer ; les villes etans afsés puifTamment gardées contre la force externe par la commodité de ces dernieres tours rondes. Lymoges, ville de France ronde 8c circulaire, 8c célébré aux fiécles pafsés, montre les traces des trois dernieres trudures SS? °£S * ^es Fig.II, VI, IX ;) fi ce net que je me fois grandement abufe', comme je denne de n’etois pas bien curieux de ces chofes quand je paffay par là. Mais qu’eft ^LTuàces y debefoin que je vous face paffer la mer pour aller en France chercher des dediverfes exemples de ces murailles, puis qu’il s’en trouve encore afièzen Aile-figures. magne^ £s pays baS) & prefque par toute l’Europe.
- Hierufalem nous repréfente une forme de murailles toute differente des S'awf/”1 fus mentionées; laquelle fera bien au gré de quelques ingénieurs modernes, une.toute, au iivre (Vivant ; mais fans aucun fubjed valable, comme je le ferai voir *ar tf iere en ce lieu là. Oyons cë qu’en dit un Hitorien: («) Tite mefmefe remettoit de-vant les yeux la ville de Rome,les richeffes & les plaifirs ,dont la joüiffame luy efioit retardée ,ft lien tofl Hierufalem ri efioit défi mille.' mais outre que la fituation de la vide la rendoit de difficile accez,on l'avoit fortifiée avec de grands travaux que Von y avoit faits, & avec de hauts baflions capables mefme de rendre forte une placefi-tuée en rafe campagne {car ils avoyent enfermé deux collines extrêmement hautes d’une enceinte de murailles fi artificiellement bafiies quelles fe flanquoient &re~ connoiffoient de tous cofiés, & que les affaillants monfiroient le coflé tout à defcou-vert, & que l’on tiroit fur eux fort aifément•. Le bout du roc efioit efcarpé de forte quil efioit comme inacccjfible ; & aux lieux où la montagne favorifoit la ftruiïure, il y avoit des tours de LX pieds de hauteur, & celles qui efioient fur le panchant avoïent )ufques à CXX pieds. Elles efioient merveilleufement belles à voir, fembloient d'efgatte hauteur h ceux qui kjs regar dotent de loin. Au dedans il y avoit une autre enceinte de murailles h T entour du Palais Royal, & une tour qui fe fa'tfoit voir de bien loin , qu Herodes avoit nommée la tour Anthonienne en l'honneur de M. Anthoine. Le temple qui efioit fait en forme de chafieau avoit encor une enceinte particulière de murailles, bien mieux élabourées & plus fortes que toutes les autres. Mefme les porches, <yui efioient h l’entour de tout le Temple, luy fervoient d'une excellente fortification. il y avoit une fontaine d'eau viue, les montagnes efioient vvülitéé' toutes creufes parle deffous , & fi il y avoit des pifcines & des cifiernes pour con-foZTsAr-ferver les eaux de pluye. Ceux qui bafiirent cefie ville avoient bien préveu que le chiteBes peuple ayant des façons de vivre fi différentes de tous les autres, auroit fouvent des
- (a) Tacit. Hift.Iiv. f. ÿterTCS
- militaires.
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- De îa Mortification Reguiiêre.*
- guerres fur les iras. Si bien qu'il riy manquoit ehofe du monde de ce qui êjloit né-ceffaire pour foujlerïir un ftége, quand mefme il eujl ejlé dé longue durée. Et depuis qu'il euft ejlé pris par Pompée la peur P expérience leur avoieni aprïs •beaucoup de chofes. Et l'avarice du régné de Claudine leur ayant donné moyen d'achepter a beaux deniers contans la liberté de fortifier leur place, ils bajlirent durant la paix des murailles aujfi fortes , comme s'ils fè fujfentpréparés à la guerre &c. Tïte Cœfdr fe réfolut dattaquer cejle vidé & cejle nation pied h pied par tranchées, voyant que la fituation de la place nefoufroit pas qu'il là peut emporter d'emblée nypar ajjaut.
- Mais il y a une grande difpüte entre les mailtres de l’Art,( afin que je die i« m-en pafiant ce mat d’une ehofe qui n’ell pas eflôignée de mon fubjed ) tou- s*wufe chant la muraille d’Archimède ; fçavoir de quelle forme elloit celle deSyra- ont reçeit eufe lors quelle fuftafliégéeparMarcellus. Polybe&T. Live qui ont de-fiZt<ü ferit ce fiége * font fi exaâes Hiftoriens qu’ils îaifîènt une belle matière à divers tnàl ceux qui aiment la contrafte. Tite Live dit* comme nous voyions tantoll, quArchimede ouvrii la muraide depuis le bas jufques au haut de plujieurs fànejlres dune coudée, par ou on tiroit h couvert fur l'ennemi des flèches & des fcorpion$.
- Polybe en parle de celle forte. Apresqüe les navires furent aprochées de terre h un jeêl de pierre, ce mefme perforinage avoit drejfé un autre appareil contre ceux qui combatt oient des navires * ayant fait plujieurs niches dans la muraide de là hâu- ' teur d'un homme, & qüi parle dehors n'avoient pas plus d'une panime, au dedans fe tenoient des Archers, qui tiroient fur l'ennemi, rendoieni inutiles les foldats
- qui voüloient defeendre des navires domaines. D'ou il arrivoit que 1er ennemis, près eu loin qùils fujfent, ejioient empefehés d'agir, & ejloient tués en grand nombre. Ad tejle les domainspenfant drejfer leurs fambuques, Archmede avoit pofé tout à 1 en-tour des mur aides des machines , qui ne paroijfoient pas auparavant, mais qui s'ejlevoient au befoin du derrière, & portoient leur bec bien loin hors des tours. Voilà ce qu’il en dit. En celle diverfitè entre Polibe & T. Live d’une matière qui n’ell pas de grand poix, quelques Ingénieurs ballilîènt à loifir trois ou quatre fortes de murailles aux Syracufains.
- Car les uns ferment Syracufe d une muraille fimple, & telle que je l’ay La remii deferite en la Fig. VII. Ils alîeurent que la muraille d’Acradine , par ce te*/””” 5 qu’elle elloit batue de la mer, elloit fimple, & n’a voit autre dèfence que les créneaux marqués p p en la Fig? II avec fon pourmenoir BR T fort dirait (car en la Fig. VII on ne voit que l'extérieur de la muraille) qui elloit pourtant hors d’attaque, à caufe de la mer ; cell pourquoy on l’a fait folidc, & fans ellre flanquée comme aufli balîè & mince, telle que monlîre la mefme Figure VII. Mais y ayant bruiél de fiege, on dit qu’ils ouvraient la muraille en divers endroits, à la hauteur d’un archer depuis le raiz de chau(fée , marque en la Fig. II Q_, à R & à M, pratiquant des fèneftres de la haulteur d’un homme, EF & M L à la façon d’Archimede ; par laquelle invention on fe concilie Polybe. Et pour ne defobligerpas Tite Live ou ad-joufle à celle balîè rangée de flancs une plus haute, à autant qu’il en ell de befoin EF, &c. Ellimants que la muraille s’ouvre ainfi aifément depuis le bas jufques au plus haut. Et voila comment ils s’entendent à ballir.
- Les
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- i6 Livre Premier >
- Les autres, dautantque chés lesHiftoriens le Roy Uiêron ejifit tous les frais, & qu'Archimede y contribua toute fon invention 8c fon induftrie, condamnent une fi fimple ftru&ure, baftiffent des murailles de plus grand couft, 8c vrayement rovalles , telles qu’en, avoit alors la fuperbe Carthage, 8cquenoftre Fig. III les dépeint; car ils ofent affirmer que cefuftfur leur modelle qu Archimède les rebaftit aux dépends du Roy fans beaucoup de peine (a) Les murailles de Carthage avoient deux voûtes l'unefur Vautre. Sous la plus haffe voûte logeoient CCC Eléphants, & tout le fourrage qui leur eftoit né-superbes C€ffa*re ’ ^ haute il y avoit des efcuries pour quatre mille chevaux & pour
- murailles de leur provifion d’orge. il y avoit auffi pour loger vingt mille hommes de pied & qua~ Carthage. tr£ m^e Qavapers _ si grand appareil de guerre il y avoit d’ordinaire aux feuîes murailles delà ville ? Et pourquoy ne donnera ton pas fur le papier de fi pom-peufès murailles à Syracufe , puis qu’alors, 8c long temps devant, elle ne-ftoit en rien inférieure à Carthage ? ç’aefté donc entre ces voûtes, fur ces deux arcades, qu’Archiméde à ouvert des créneaux ; afin que fes gens peuflènt tirer làns danger fur les ennemis, qui avec leurs archers 8c leurs jetteurs de fondes ne laiflbient demeurer fur la muraille aucun Syracufain qu’ils n’atteigniflènt. Et ils difent cela non feulement du grand terre-plein u deuxtef- ^ ja muraj]qe ? majs aufli de fon faille, 8c du chemin des Rondes^ qui elloit le long des créneaux, marqué par les lettres B R T A, pafîànt de B 8c R en A tout à l’entour de la ville. Car il faut que vous fcachiés qu’en cefte II Fig. nous regardons la muraille par le dehors ; c’eft pourquoy les flancs E F paroiflènt fi eftroits , n’ayants qu’une paulme de ce cofte là, ail lieu qu’ils font d’une coudée par dedans * Mais les Figures III, ÏV 8c V nous repréfentent la forme intérieure de la muraille comme elle paroift à ta mijiep ceux qui y font en garde : d’ou vient que les flancs femblent plus grands, me’ 8c que l’œil defcouvre tout le pourmenoir AB de la Fig. IV. car ces arca-
- des n’eftoient faites au commencement que pour fouftenir le plus haut pourmenoir. Desquelles voûtes deftinées à ce feul ufage on voit quantité d’exemples aux Pays bas, en Allemagne, 8c ailleurs, ou il y a de villes anciennes.
- Mais une fi fuperbe ftru&ure des murailles, de Syracufe ne pîaift pas à quelques uns, bien que n eftant qu’en papier, elle foit de fort peu de frais 8c de travail ; fur quoy ils nous baftiffent à la hafte celle que vous voyés la quatri-en Fig-IV. 8c ayans ouvert du piéd jufques au fommét quelques rangs efme, de flancs P de la hauteur d1 un homme, ils y dreflènt je ne fcay quel efchafi fàudage EF , O V, fur lequel.les foldats montent par les efchelles OE.
- En fin les autres nous donnent la Fig. V, 8c ouvrent la muraille de Syracufe dés le piéd à la hauteur d’un homme , afin que les foldats Romains defcendus des navires,8c approchés de la muraille, peûflent eftre percés des coups des citoyens,* ce que les flancs E F de la Fig. II. nepermettoient pas aifément: car l’ennemi eftant fi proche, la petitefîedes flancs, ou leur hauteur , empefchoit la vifée de l’arc ; qui en ces dernières ouvertures demeu-roit toute libre,leur longueur ne nuifant point à ce que les habitans tiraflè'nt
- mefi
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- D£ la Fortification Reguliere. 17
- par defîîis la telle. Cecy foit dit en pafîànt de la prétendue forme des Murailles d’Archiméde.
- Mais depuis que noftre Barthoîde Schwartz, (a) ce Promethée Allemand, l'inventeur nous euft communiqué celle dernière machine de Guerre, qui vomit par-duCmon' mi la flamme 8c la fumée des boules de fer, avec un bruiél fi horrible quil fèmble furmonter celuy du tonnerre, 8c avec une fi prodigieufe force &>» in-quelle efgalle la foudre ; ce rapicçeage des anciens ne fuft plus de faifon, fZŸ.U ny ce tifïûde chables, que ( * ) Cæfar faifoit à preuve des traits 8c des machines de fon temps ; mefméles murailles de brique commencèrent à devenir fort inutiles ; Car, bien que fol ides 8c efpaifles, elles n’eft oient pas pour réfifter beaucoup, ny long temps, à la fureur du Canon. Il falloir luy oppofer des montagnes, 8c des murailles de terre, dont la ruine efl: plus mal aifée, en ce que cédant à celle foudre elle èn èfteint le coup , ou en afloiblit la violence. Ce full alors que la pareiïè dé l’art full excitée, 8c qu’il ne luy full plus permis de demeurer oifif ; car c’elloit à luy d’inventer les moyens que l’ennemi full tenu loin de la ville, & empeché de venir aux approches ; il luy falloit oller toute la commodité des lieux d’alentour, par Lesmjhü-où fes pionniers pouvoient ouvrir la tranchée, 8c enfin , avec leur fape 8c TéfïLffim leur mine, mettre les alîiégés en un extrême danger. Il y en eull qui ad- fui joullerent à la halle des tours rondes de gazon à leurs ramparts de terre.
- Mais leur defaut parut en fuite allez,quand on vint à s’en fervir, les afiîé-geansellans tousjours en quelque endroit à couvert des traiéls de l’ennemi. La feule donc , 8c parfaide réformation, qu’il y avoit à faire aux tours VAageviri rondes 8c quarrées, elloit celle de remplir ces triangles* que l’œil 8c la dei'Anbi-mire des alîiégés ne pouvoient pas defeouvrir ; en forte que recevants plus /jf de défendants, on peut aufii les joindre au corps de la forterelîè : d’ou enfin Prefii»f fa a elle produite la Forme qu’on nomme Baltion, 8c que vous voyés en la Fig. X marquée des lettres aie de.
- Mais icy aufli les Ingénieurs fe font fervis de differentes façons ; comme Pourquoy il appert aux Fig. X 8c XI. Les uns ont baltià grands frais des Cazemates, ÿfiZvées d’ou ils defendoient les Dallions 8c le Fosfé avec de grofies pièces : les autres , pour éviter ces defpences, ont creû que les moufquets efloient plus aflèurés. Et pour s’en fervir plus commodément ils ont tiré la ligne Flanc-quante, qui défend le Ballion , non de l’Angle où poind commun au Flancq 8c à la Courtine, mais d’un autre, avançant davantage dedans la Courtine : le me tiens à ces derniers, 8c quitte volontiers les autres : tant à caufc que les Cazemates 8c ce revellement de brique efl de plus de coufl ? que pour l’inconvénient que j’y trouve du canon, auquel la brique réfifté bien quelque temps par fa dureté, mais quand la muraille vient enfin à faire ruine la brèche en efl beaucoup plus grande 8c plus raifonnable pour un aflàut. Adjouftés à cela, que les batteries eftant fixes dans les Cazemates, il efl plus aifé 8c plus infa illible à l’ennemi de les ruiner, en y tirant incef-famment. Et que le foldat avec fes fréquentes décharges, 8c (à mire plus
- C exafle^
- (a) L’an 1380 les Vénitiens fe ferment les premiers des moufquets. Polyd. ( b ) Liv.II.de la gu. dy.
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- Beux ra fins d'inventer lu Baujfe-
- bretye.
- • ^ L i v r ï P r è m i è H |
- fcxâfte, âFfefte & etiipefche bien plus une attaque fubite, què la târdif-veté ordinaire des gros Canons * & l’incertitude de leur vifée, qui donnent de f aduantage à f ennemi. Car la fumée, dont la CaZemate fe remplit * aveugle & eftourdit le canonnier * qui ne fcauroit agir habillement que long temps apres le coup, lors quelle eft diflipée.
- On avoit donc ofté par ce moyen toute forte de cduvertùre àl’ennërrii au tour du rampart ; &il n’yauroitrieneû àdefirer, fi celte petite difficulté ne fe fuft rencontrée. Il eft vray qu on ne laifibit tout à l’en tour de la place aucun lieu qui ne peut eftre touché de divers endroits par les afliégés: mais il reftoit tousjours cecy, que chafque lieu particulier ne pouvoit pas eftre fi aifément ny fi heureufement deTendu de fa plus proche ftation , à caufe de la hauteur néceflàire du Rampart : ce que les défendants ont fou-vantefois expérimenté à leur dommage eftre d une bien grande importance en la Fortification. Pour éxemple, fuppofons que l’ennemi foit dans le Folle de la Fig. X en O, 8c ainfi plus proche de la face tr du Baftion trx» que de tout le Baftion g h k : il ne pourra eftre frappé que des baies tirées par les lignes ho, ko. Car en celte approche, fi les habitans ne fe hafar-dent de parbiftre par deflus le Parapét, à peine le fcauroit-on toucher de la Face t r, qui le coùvre de la hauteur & largeur de fo’n Rampart ; d’ailleurs les coups des fouftenans rangés, en h k où en h g, ne font pasfi fort à craindre, venans de haut en bas , & entrans tout aufii toft en terre, que s’ils pre-noient l’ennemi de cofté par une ligne parallèle à l’Horizon (vous n’avés qu’à regarder la Fig. XII fi je ne m’explique pas afiez) dont toute la force s’employeroit contre fes travaux. Or par toutes fortes deraifons on doit plus vigoureufementréfifter à l’ennemi plus proche il eft,& par confequent plus capable de nuire . Mais la prife de quantité de villes des Pays bas a ïùônftré fort évidemment, que l’ennemi, eflant une fois venu for le bord dut folle, les alfiégés eftans recoignés dans la ville, le palîbit aifément, 8c prefque fans danger, avec fes Galeries : car la garnifon ne pouvoit pas faire aucun effort 8c en venir aux mains avec les afliégeans, à caufe de l’eau qui efloit entre deux ; ny les percer de loin, parce qu’ils efloient intérieurs à la ligne vifuelle,8chors de la mire du fommet du Rampart; ou s’ils en citaient descouverts, ce n’efloit que de quelques endroits, & fi obliquement qu’au moins ils ne pouvoient eftre enfilés, ny expofés à la batterie d’aucun canon 8c rarement à l’effet des feux d’artifice.
- En effeâ ie fuppofe icy que le Fofie de la Fig. X eft plein d’eau, auquel parlesraifons préalleguées il a fallu pour fa défence une fauflè braye aupiéd delà muraille: carleFofîe fecn’apas befoin de toutes ces précautions, 8c ne demande point de fauflè braye, eftant esgallement aifé de combattre l’ennemi de prés 8c de loin.
- On remarque auflicefte incommodité, qui valoit bien, à leur dire,la peine qu’on y remédiât par un Auantmur : les pièces de batterie donnans au pied du Rampart y faifoient aifément brefche, qui, pour médiocre qu’elle fuft au commencement, laifibit csbouler tout à coup la terre du baftion qui eftoit
- au
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- De la Fortification Régulier e. *$>
- au deflus, d’où la ville eftoit ouverte, 8c le folle comblé. Car le fondement cftant une fois esbranlé & entamé , le bouleverfement du Rampart, quoy qu’entier, eftoit attiré par fa propre pefanteur;, ce qu’aucun nombre de boulets à canoueuft à peine feeû faire,fi le pied du baftion n’euft efté démoli; la terre, qu’il euft fallu abattre peu à peu ; roulant alors toute à la fois.
- Mais un prudent & expérimenté Ingénieur rië craindra guére9 ceft inconvénient * & daignera bien moins s’amufer à le prévenir par un Avantmur de grande defpence. Ce fuft donc pour l’une ou l’autre de ces raifons qu’on trouva bon de garnir de Parapét la faufîè braye qui eft au pied du Baftion en la Fig.XIII marqué des lettres A F G HIK L M N, qui flanque le Folle, bad’ennemi de tous côtés , &neluy permet pas d’endommager le pied du Rampart impunément. Mais afin d’efloigner tout à'fait- l’ennemi de la Tacfnirt ville i & de favorifer les forties, particuliérement quand le folié eftoit plein fear^ .
- . r > i i r i' T-* r' / "La Nature
- d’eau,on s’advifa aufli défaire leParapet de laContrelcarpe,au de la du Folse, « e»feignêà 8c de laiflèr entre deux un efpace, nommé le chemin Couvert,ou Gorridor^*’*^. ^ dont il fera parlé en fon lieu , comme aufli des autres ehofes que je né fais desFops que toucher en ceft endroid.
- Nous avons veû jufques icy comme T Art Militaire a emprunté de la Na- vr^Tles 4 titre fes Rampart s 8c fes Fojfés, qui font la défence 8c la principale force des places*
- Mais celle admirable forte de Fortification Naturelle, dontj’ay parlé au Admirable chapitre précédent, me tient encore à l’efprit, & me prefle en quelque/0»" defor~ façon de ne la pas fi fort négliger que l’Art n’en daigne faire un fubjcd de fon imitation. tirée
- le ne luy feaurois refufer de venir fur les rangs, 8c d’obtenir la confiée- la foîitiidSi ration qu’elle mérite * fachant bien certainement que la Nature ne fait 8c ne nous defeouvre jamais rien en vain.
- Oyons donc ce que dit Salufte. Apres cefte fuite Iugurta mit fes affaires au dcfefpoir,filien qu'il fe retira dans les montagnes , fuivi desfuitifs, Ç0 d'une par-tie de la cavalerie. Il s'en alla depuis a Thala, qui eft une grande ville & fort riche, ou eftoit la plus part de fes threfors, & les riches orne mens de fes enfans quony eflevoit. Meteîlusen efiant adverti, bien qu'il feeût qu'entre Thala & la prochaine rivière il y avoit 50 milles de chemin, & que le pays eftoit ftérile & de-fert, néanmoins fous l'efpoir de mettre fin à la guerre en prenant la ville , il entreprend de traverfer tout ce mauvais pays , & de vaincre la Nature, mefme en fur-montant de fi grandes difficultés.
- Oy es vous combien cefte ville eft fortifiée ? mais comment, je vous prie, fi ce n eft: par fa vaftefolitudey de forte que en l’opinion de Salufte, ce feroit vaincre la Nature mefme que de la prendre . Efcoutons derechef cet Hifto-ricn. Dans les de fert s de Numidie, qui font de large eftenduè, eftoit affife la gran- & cdtfa dé & pinfante ville de Capfa, que les Lyhiens tiénent avoir efté haftie par Hercule. de Ses habit an s francs de fubfides ne faifoient qùune légère recognoiffance h leur Roy, fi bien qu'on les en eftimoit dautant plus fidelles . ils avoient beau moyen de faire teft eh leurs ennemis, tant pour çftre bien favorifés de murailles, d'armes , &
- C 1 d'hom-
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- 20 Livre Premier,
- dhommes, que pour Vaffiéte de leur ville, qui efl en un pays prefque inacceffible * car toute cefle contrée, horfmis les lieux proches de là vite, efl défertc, inhabitée, fans eaux, & dangereufe à caufe des ferpens, dont la morfurrfe tourne en rage, comme celle des autres bejïes, lors quelle s ne trouvent aucun vïàndts : outre que les ferpens naturellement pernicieux, s'enveniment plus de foifque dautre chojè. Marins ne defiroit rien fi fort que de prendre cefle viUe {environnée de fables (a ) & deferpens D tant parce qu’elle luy fembloit du tout propre à /'ufage de la guerre, que pour l'importance d'une fi haute entreprife. D'ailleurs il s'yanimoit parle grand honneur qüavoit acquis Meteïïus en laprifede Thala, qui ne différait en rien de Cap-
- La Vortififo ^ f0rtlficat*0Yl & en affl^îe^
- caûonAni- l’Art n’a t’il rien trouvé icy à inventer, ou dequoy faire Ion profit \ cer-imitée !iy a tes la neceffité a bien obligé la fcience de la guerre de tenter toutes choies, long temps. & (je ne rien laiflèr qu’elle n’eiïayât: Aulïi il y a long temps qu elle s’eft fer-Ainfitesv,e ce^e ^orte de défence que les deferts donnent contre les ennemis. Memands Cæfar parlant de T Allemagne (j,) Les villes tiennent h grande loüange d'efire 'geoïemie ' a$fes €n un défert gaflant tout le terroir des environs ; Elles imputent à leur vertu pays^ pour qu'aucun n'ofes'approcher d'elles, qu'on en fuye le voifinage ; @penfent quelles en leurs villes, font plus h couvert dune invafionfoudaine,qui riefl pas h craindre par ce moyen. Et ailleurs/(c) 07z y tient communément a gloire, que les champs demeurent incultes lien loin au tour de leurs confins ; que cela fignifie que leur puiffance ne peut pas efire fupporté d'un grandnombre d’autres villes. Cefi pourquoy dun co/îéde la Suéve ‘ily a , comme on dit, environ fix cents milles pas de pays inculte.
- Uemnon, Quinte Curfe efl: excellent fur ce fubjed, comme par tout ailleurs. Ar-Mat&us * fam^s donc ( à )dit—il, qui eftoit Gouverneur de Cilicie, fie refouvenant du falutaire Lieutenant confeïlque Memnon avoit donné dés le commencement de la guerre, s aduifafur le piüans leurs ^nrd de le pratiquer*. il porte donc lefeu le fer par toute la Cihcie, afin que
- provinces. /’ennemi ne trouve que déflation : iîgafle tout ce qui pouvoitfervir, pour ne laiffer qu'une terre nue &flérile qu’on ne fcauroit garder. Tout le pays au de là de la rivière edoit enfeu, car Mazœus [e) (un des Capitaines de Darius) brufloit tout par où ilpaffoit, de titefme que s'il eufl efiéennemi. Puis il (/) adjoufte. Aléxandre ayant fceû cela, atteint avec quelques unes de fes troupes celles des Perfes qui fe re-onfe met tiroient vers leur gros ; il en tue une partie, il en prend l’autre, & envoyé de la pl/lZcll- Cavallerie, tant pour découvrir le pays, que pour efteinâre le feu que les Barbares dte & 1er a- avoient mis aux vidages* car enfuyant ils avoient h la hafle jette des tifions allumés ge' dans les granges, & fur les toifts des maifons dou te feu ri avoit pas eu encore loi-
- Alêxmdre fir de defcendre jufques en bas. Ayant donc efleint l’embrafement on trouva quanti-mé{mfi~ té de blé. il commença d’y avoir abondance aufii des autres chofes. Cela encoura-trouve en gea Jefildat a la pourfuite de l'ennemi ; car bruflant S? ravageant le pays il faUoit fe hafler d'efieindre, de peur que tout ne périt. (g) Oyons ce quë dit Aléxan-ravage que mefme là deflus, en ce propre endroit. A ces queflions,pleines deflonne-
- l ennemi *
- avoit fait, ment, que luy faifoit Parmenion, Aléxandre refpondit ; croyez vous que j aye peu dormir auant quej'euffe defchargémon efprit des. foucis qui l'empefchoient de repefer?
- certes
- ( a} Flor. Liv. III. Chap, i. (b) Liv. VI. de la Guerre des Gaules. ( c ) Le mefme au Liv. IV de la guerre de»
- Gaules. ^ (d) Li/.UI. (e) LeraefmeLiv.IV. (V Quinte Curfe Liv. IV. fg) Cutf. eiunefme livre.
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- De là Fortification Reguliere. zi
- certes je n'ëfioh pas à moy mefme lors que Darius hru/loit tout le pays, defiruifoit les villages, & gafloit les provifions. Et ce que confefient les Macédoniens : il y avait une grande trifieffe, & peu s en faut queje ne die un grand dueil dans le camp, cenefioit que larmes fè? que plaintes, &c. du dègafi queux mefme, ou les ennemis avoient fait, qu'en la fiolitkde de ccsdéferts la famine efioit feule capable de les vain -cre, fans quil fallut qu'aucunprifl la peine de les pourfuivre.
- Ainfi Philippe le pénultiefme Roy de Macédoine ayant perdu la bataille contre T. Quinrius Flaminîus rebrouffartt vifiement en Theffalie, ou le vainqueur
- Philijipë Roy de Macédoine,
- le pourfuivoit ', ne faifoit que paffer dans les villes qu'il rencontroït ; en etnmenoit tafche de
- -i - rl ii*-’ 7 • vaincre les
- tous ceux qui le pouvoient fmure, leur laijjott prendre ce qu ils pouvaient emporter Romains en de leurs biens, donnoit le refie en pillage aux foldats, & mettoit le feu aü furalon-dant. L'ennemi n'eufi feeû rien faire de plus cruel,que ce que faifoient alors lés allïês, propres vii-cela faifoit bien mal au cœur h Philippe : mais d'un pays que l'ennemi aîloit envahir es il en voulait du moins fauver les habitâns. De cefteforte il ruina les villes de Pha-cium, J réfie, Euthydrium, Erétrie, Palœphare. ( a) Et peu après. La Theffalie efl en mefme temps face âgée de trois armées, & ne feait laquelle elle doit nommer l'ennemie.
- Mais qu’eft il befoin que je m’arrefte aux vieux exemples. Confédérés la La perfidie, défoîation de h Allemagne, voyéslà icy fumante, & en d’autres endroits prefque toute confumée d’un feu qui n’eft pas encore efteint. L’ennemi /«*’, & i* pour ne rien laiftèr à Ion ennemi défole tout fans diftin&ion , pille les ^7^7 bourgs, rafe les chafteaux, brufle les villes, & on ne craint pas moins le thefs & dei partage des amis, que l’irruption des autres. Les villes d’autant plus elles cüZtif* font opulentes, dautant font elles eftimées plus capables d’accommoder afff™~AeU l’ennemi; ce qui fufit pour les métré en proye à ceux mefme de leur part iî neceffité dé & cela n’eft point encore fans quelque raifon prétendue; car l’ennemi s’en â^f k faififlànt fè rendroit plus puirtant de leurs richeiïès. ainfi la pauvre Allemagne dorefenavant n’a plus rien de nouveau à craindre de l’ennemi après ce qu’elle à fouftèrt de fes propres amis. Il n’y a point de doute pourtant que ceux cy ne mettent à regrét la main au pillage de leurs alliés : mais d’une province , ou des villes qui vont eftre à l’ennemi , ils tafehent au moins de fauver,pour eux, les biens de leurs amis, pour les tranfporter en lieux plus aflèurés, comme font ceux au de là les Alpes, ou les places d’outre mer ; & ainrt il fault qu’on dépouille l’Allemagne de fes richertes, qu’on coupe les nerfs de la guerre, & qu’on ofte la matière de lembrafement, & le motif de tant de troubles, afin que l’ennemi ne s’en accommode, & n’en face fon butin.
- Cela efl fafeheux ! je l’ad voiie ; mais ilfaut que le bien public l'emporte par def-fusle particulier. Vous diriés qu’il y a eu quelque Vercingentorix en Allemagne, pareil à ce Gaulois duquel nous parle Cæfar, ( b) quiaperfuadé à toute fa Nation cefte vafte & générale défoîation qui régné volontaire^ ment en toutes les Provinces, en toutes les villes, &jufques aux moindres f»fetdus^ villages d’Allemagne, qui n’ont, peû éviter le pillage & lembrafement. Wcw#*** Car ce n’a pas efté une feule province d’Allemagne qui a efté mife en proye
- (a) TiteLivcKv. XXXII. ( b) Llv.VII.de la guerre des Caules. C 3 â nOS
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- H Î-îvrè P ït é i
- a nos capitaines, comiiie Darius abandonna la Cilicie à fes lieutenants; il ii y a pas eü cinq villes feulement de pillées, comme en Theflàlie du temps de Philippe; on ne s’eft pas contenté de bruflér vingt villes ou villages, qui Fût èn fomme tout Tembrazement que Vercingentorix ( a ) alluma en Gaule : mais toute l’Allemagne entière, qui comprend tant de riches provinces , 8c dont quelques parties font des royaumes, a* efté faite un grand bufeher, tout y a efté rempli de voleries, de pillages, de meurtres 8c d’embrafements, fans qu’on fâche en quel rang tenir ceux (b) qui en font les autheurs. Ët à vrai dire il n’y a aucune defence contre 1 es ennemis qui foie aujourdhuy plus foigneufement recherchée par nos foîdats , dont la couflu-me ejl defaccager le pays, duquel ilsdeluroient empefeher le[ac cage ment ; afin que je me ferve des paroles que la colère exprime à Q. Curfe ( c) fur un aùr trç fubje#.
- soUttrde & *-a mc^mc feureté que cy deflus l’Allemagne a procurée par la défoîation
- feuretétirée à fes habitans de terre ferme ; (d) les Hollandois, qui font peuples mariti-« eaux. irics ^ g, vrayernent gens de marine,la recherchent & la trouvent en la mer,' en leurs marais,8c en leurs riviéres;car non feulement,en cas d'irruption de . l’ennemi, toute la Hollande fe peut enfermer dés eaux de la mer, comme, nous avons véyi au chapitre précédent ; mais prefque chafque ville rompant fes digues 8c ouvrant fes efelufes peut inonder ion terroir, 8c empe-feher l’ennemi d’approcher à pied fec. Amfterdam, cefte riche roine des villes de l’Europe, qui eft maintenant ma fécondé Patrie,8c à qui je dois prefque autant qu’à la prémiére, eft au fein de la Hollande ; 8c neantmoins fi oiï craignoit tout à coup une invafion, elle pourroit en peu d’heures devenir une Ifle, 8c fe féparer par le moyen de les efelufes du refte de l’Europe. Il y a en Hollande, 8c aux autres Provinces unies, plufieurs villes 8c forteref-fes, que ce deluge met hors de lurprife des ennemis*. On voit en quelques autres royaumes des pareils exemples de villes que la retenue des eaux pré-ferve; 8c certes on les retient bien plus aifément que le feu ( e) qui confume
- & re-
- ( a ) Ce bru fleur de villes Vercingentorix, avec ce petit nombre qu’il en deftruifit, femble trop modefte pour tant de de-fbrdi es que nous voyons. U fautpluftôt croire qu’aujourdhuy ce monftre, ce Démon perlècuteurde l’Allemagne, ce Thra-ce Maximin eft-forti de l’enfer, & qu’il a mene' un nombre infini de voleurs fes compagnons, qui avec cent telles &cenc mains chacun, font ce que raconte de luy Capitolinus , que l’efpace de quarante milles d‘ ^Allemagne il brufla tous les villa-• ges, emmena tout le beftail, ér remporta à Rome plus de butin de l'^Allemagne feule qu’ In’ euft ofé en efperer &c. à fin que vous ne penfie's pas que ce peuple jadis fi floriflànt ne puifle fe relever de lès pertes. {b ) Au refte on prétexté aujourdhuy sjuflî à la fureur des guerres ces.beaux noms de liberté & de Religion ; & il nya eu jamais aucun qui voulut empiéter ladomi-nation fur autruy qui ne fi fait fervi de ces mefines termes. Peu apres ; Vous feres réduits en un plus grand danger par le moyen devoftreor , & de vosrichejfes, qui font les principales occafions, de faire la guerre. Et plus haut} vos anceftres que les difcordestravailloient jusques à l extrémité, ayants appelle les étrangers, fe trouvèrent réduis avec Us ennemis en mefme Jirvitude &c. Il femble que Cerealis à voulu parler de noftre temps , pluftot que du lien s du quel voyés la Harangue malle & convenable à nos meurs chez Tacite Liv. IV des Hift. (c) Liv.j. ( d J Dedeux coftés de l .Allemagne à l’entrée
- de cefte vafte Province fe font formées deux Républiques formidables entre les autres puijfances delà CbrefHenté , ér pour la valeur de leurs peuples ,&• pour laforme de leur Jituatton, de forte qu'à bon droit} onlts pourroit appeller les deux bras d ^Allemagne, fe droitl eft la Suiffe; la gauche eft lefaysbas uni: l'un eft entre les rochers, & les précipices j l’autre eft entre les mers sfr les marahef un domine les lAlpcs, & l’autre lOcean. Le Naturel de l'un & de l'autre eft fi conforme à la nature du pan qu’ils habitent ,quc les Suijfes fimblent faits pour les montagnes, &- les montagnes pour les Suif es ; la mer pour les Hollandois, séries Hollandois pour la mer.En Suiffe chafque Canton } en Pays-bas chafque Province eft une République : les Suif es vendent la liberté de leurs ftp taux autres, & gardent pour eux celleduPays : Les Hollandois gardent leur liberté toute entière (icyce grand homme fait une befueuë ; car à qu i ne font cogneus les trophées que drefià nagueres en Italie Ioh. Emeft de N affûts condmfant le feconrs des Provinces unies à lu ferenijf. République de Ventfe , parmer & par terre nous combattons elgalle-ment pour la liberté d’autruy & pour la noftre. Un y a pas trois jours que nous çnvoyasmes une flotte aux Portugais nos alliés. Aujourdhuy nos vaiflèaux eftans à la folde des Suédois leur ont ouvert la mer , qui leur eftoit fermée) Ces deux puif-fancesne fe doibuentjamais defhnir entre elles, ny parjaloufit, ny par Religion. Ce fontles feules maladies qui leur peuvent caufirlamort. Henri Duc de Rohan au Difcours VI de lTntereft des Princes & Eftats delà Chrifticnré. (e) Dés qu’oit Jceût que Sapore Roy de Perfe , ayant à fa droiffe celuyd'^Albanie, & à fa gauche celuy des Chionites-, uvott pajfé le Tigre ,
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- Delà Fortification Regüxi.ere.
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- %'kn'v»yaieU Càviütrie pour mener lespayfans avec leurs familles & leurs beftiaûx en lieu plus dffeuré, & peur faire aban donner U ville de Carres qui neftait fermée que de mauvaifis murailles. On commanda, de brufler la campagne , afin qu’il ne fe trouvât point de fourrage. Ces ordres ayant efté incontinent exécutés, lefeu,qu’on mit auxguétets, s'alluma fifurieufemtnt aux blés à demi meurs, que dip uu le Tigre jufques au bord de CEuphrate il ne demeura rien de verd. Non feulement tout fherbage fufi brufié ; mais il y eusi bien des animaux rofiis} & particuliérement des Lions, dont on entendait le rugifiemenf, &c. Am-mian Marcellin Liy. 18.
- 8c réduit toutes chofes en cendres, dont ce n’eft pas fans caufe que la douceur Chreftienne en condamne l’ufage. il y eufl un autre EdiS! de Lïceftre ( a) dit Rheidanus fur ce fubjed) qui nefufl pas moins au dommage des Confédérés.
- En effet! ce fl un remède trop cruel, & qu'il faut employer contre le T\irc, ou contre des nations Barbares ,pluflôt que contre les membres iun mefme corps. C 'efloit qu'on mit lefeû en tous les lieux proches des villes ennemies, et ou il fe pouvoit tirer du blé, ou exiger contribution des habitans. Tout le Brabant efloit enveloppé dans ce fl cmbrafement, excepté un petit coin où efl Breda & Bergues op zoom : auffi le principalpays qui efloit au de là de l'Ifel, le Gueldres plus avancé, le pays de Dr cm f§ d'Ommeland, la Frife quipanahe vers St'eenmjck.
- On commericâ h brufler en Brabant ; mais ceux qui en avaient la Commiffion ne firent pas grand dommage, fe contentas de mettre le feu a un petit village (à fin de ne pas fembler défobeïr à ce chef brufieur de villes> pour faire peur aux autres, & tirer de l'argent des plus riches payfans. Guillaume de Naffau, ri exécuta rien en Frife,ny au pays de Drent & d'Ommelanff. Car il craignait de chaffer de leurs maifons plufieurs milliers de familles, qui euffent eflé réduites à la mendicité,
- & jettées, peut eflre, dans lé defefpoir&c.
- Maislaiflànt cela, retournons,à noftrefubjeâ* La FortificationArti-tifideiieefa ficielle ayant aujourdhuy atteint fa perfeâion, fedivife , fuivant les lieux Tefuifïfff à fortifier, en Régulière 8c en Irrégulière. La Fortification Régulière efl celle foi* Tipf qui fortifie les Figures régulières. Une Figure régulière efl: celle qui a tousfes 'Zffuir-coftés 8c tous fes angles efgaux. Par là on voit quelles font les Fortifica • resuliér« rions, 8c les Figures Irrégulières- Or le Régulier eftant tousjours de mefme vaille furies forte, 8c femblable àfoy mefme , efl àjufte tiltre la réglé de l’irrégulier; Trffffuérlff c’efl pourquoy en ce premier livre nous commencerons parla fortification fourquoy des Figures Régulières. Mais, avant que paflèr outre,il efl bon de mettre icy le termes de l’art, (ans la cognoifiànce defquels ce feroit en vain que nous parlerions de cefte forte d’Architcâure, " ^
- (a; Annal, liy. j,
- CHAPITRE III.
- Des Termes dont on fe ferten la Defcription de ïdÆrchiteBure <S\dfilitairc*
- Auparavant que d’entrer dans l’explication de l’Art, il faut traiter des ^ defini-termes qu’il employé; -8c ce n’eft pas fans de grandes raifôns que je xlrLsAr-commence par leurs définitions. v Car en toute difeipline, que l’on veut en- chitetiom-feigner méthodiquement, on doit faire marcher la définition la prémiére, ITdjfiTm, afin quon entende dequoy ceft qu’il efl queftion. Car quand on eferit de ï Architecture, ce ri efl pas comme fi on eferivoit une Hifloire, ou un Poème. L’Ili-
- \ foire ^
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- .Livré Premier*
- Différence foire, ou un Poème. l’Hiflo'tre ait dche le leéieur, par l'attente en la quelle il le tient IfirL hî- d’apprendre diverfes chofes nouv e lies. Le Poème en la cadence defes vers, en la fmiques & mefure de fes pieds, en l élégante dijpofition defes mots, en la prononciation diflinlte ^ceux de fes périodes, conforme alaperfonne quy efl introduite , chatouille agréable-BureChite‘ ment^oreille , & divertit le lefteur jufques au bout. Cela ne peut pas arriver aux traifîés d'Architecture-,parce que les mots , que la néceffitéa inventés eflans nouveaux & hors d’ufage, ont quelque chofe d'obfcur. La matière donc nëflant pas cog-neue d'éïïe mefme ; & les termes n eflans pas employés dans le difeours ordinaire ; d’ailleurs la longueur des préceptes, eflant ennuyeufe, trouble l’imagination du lecteur par la multitude des paroles, fi elle, nefl racourcie & ramaffée en de courtes maximes; ï expliqueray briefvement, pour le foulage ment de la mémoire, les termes difficiles & les dimenfions des parties des ouvrages militaires. A in fi la chofe fera plus aifée a comprendre, (a) Voicy donc
- Les 'Termes Iclmographiques des lignes Qjfrcbitecloniqucs. Fig. XIV.
- Ternes de F K. T' A Courtine. Ceft la plus longue ligne droi&e au contour des Rem--L/ parts tirée d’un Flancq à lautre.
- nés Archi- F E. Le Flanc q. C efl la ligne qui venant de la Face du Raftion tombe per-ustomqms. pendiculairement fur la Courtine.
- B E. La Face. Celle ligne avec l’autre de ce nom fait l’angle du Ballionle plus avancé.
- À F. La Gorge. C’ell la ligne qui avec l’autre de fa forte fait l’angle du Polygone ou de la ville à fortifier, & ell un prolongement de la Courtine*
- A B. La ligne Capitale. Celle ligne ell tirée d’un angle du Polygone à celuy duBallion.
- ** B K .La ligne de defence Fichante. Celle ligne ell tiree du poinél commun à la Courtine 8c au Flancq à l’angle du Ballion.
- BI. La Flancquante, ou la Rafante. C’ell un prolongement de la Face jufques à la Courtine.
- I K. Le fécond Flancq. C’ell celle partie de la Courtine qui ell depuis ou tombe la ligne Fichante jufques ou vient toucher la Flancquante.
- FI .Le complément de la Courtine. Le relie de la Courtine apres qu’on en a ollé fon flancq.
- El. La Face,]prolongée. Le relie de la ligne Flancquante apres qu’on en a ollé la Face. .
- ED. Le flancq prolongé. C’ell le prolongement du flancq jufques au collé du Polygone extérieur.
- B D. La Surface. Le double de celle ligne adjoulté à la Courtine donne la longueur d’un collé du Polygone extérieur.
- F D. La diflance des Polygones, Celle ligne eli compofée du Flancq & de lbn prolongement.
- UN. La
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- De la Fortification Reguliere. 2.5
- MN» La demie différence des Polygones. Le double de celte ligne eft la différence entre les codés des Polygones, Extérieur , & Intérieur.
- A L. Le Polygone Intérieur,le coftéde laville.Qlék la ligne qui eft entre deux angles du Polygone qu’il faut fortifier.
- BM. Le Polygone Extérieur, ou la diftance d’un Baftion à l’autre, & le cofté * du Polygone Extérieur. C’eft une ligne droide tirée d’un angle d’un Baftion, à l’angle de l’autre.
- R A. Le petit demiàamétre. Cefte ligne eft tirée du centre de la ville à la circonférence.
- RB, Legrand demidiamétre. C’eft une ligne compofée de la Capitale & du petit demidiamétre du Polygone.
- Les 'Termes Ichnogragbiques des eyfnglës Fig. XIV.
- IL n’y a perfonne qui aye tantfoit peu goufté de la Géométrie qui ne fçache. que l’angle eft tousjours fignifié par la deuxiefme lettre des trois quon nomme. Il y a donc
- A R L. L'angle du centre. Ceft angle eft formé au centre des deux demidia-métres tirés des d'eux plus proches angles du Polygone ou de la place à fortifier.
- O A L* l'Anode polygone, ou de la Circonférence. Il fe forme de deux co- r,Termei ftés de la place. fe,
- QJ3E. l'Angle flancqué, ïangle du Baftion. Il eft produid des deux Faces. -angles BI F. l'Angle flanquant intérieur. Il eft fait de la ligne Flancquante, & de la ^ ^ Courtine.
- F EI. l'Angle delà flancquante & duflaneq. Il eft à la rencontre du Flancq 8c de la Flancquante; le Complément de la Courtine eft fa bafe.
- B E F. Angle du Flancq & delà Face.
- BXM. l'Angle de tenaille, l'Angle flanequant extérieur. Il eft fait en la déeufià-tion de deux Flancquantes, là où el les s’entrecoupent.
- C L K. l'Angle Forme flancq.
- CHAPITRE IV.
- Des diverfes fortes de fortifications ‘^Régulières : de la définition des Figures régulières : de la mefure Rbyn^ landicjue qui efi fi célébré : ù~ de fin rapport à celles des autres éAQüionS.
- AYants donné les termes des Lignes 8c des Angles , il fuit que nous en T invention defeouvrions l’invention ; ce qui eft la principale pièce de l’Art, Et £ aux uns 8c autres il y a tant de contrariété dans les autheurs, qui s eftudient arch^
- . J • v x f teaomques
- chafcun d en eftablir qu’il ne faille plus changer, qu’a peine en trouveres efi hprind-vous un qui fe veuille tenir à ce qu’a inventé ou demonftré fon prédécef- \*^rfce d* feur. Comme s’il ny ayoit pas aultre moyen d’acquérir de la réputation,
- D G
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- *6 l ï V R S P ï î M I ï m.» • . ..
- fi on fte fejedolt les penfées d’autruy * 8c fi on n en appfôüVûît d’aütféâ qtiê les Tiennes propres qu’on veut fubroger à leur place: de là nous vient cefté fécondité de proportions. Quelque François defirera avec Speckle 8c certains autres » que l’angle du Baftion foit droid. Un Italien l’aimera mieux obtus.
- 1 Un Hollandais , que l’expérience d’une longue guerre, qui n’eft pas prefte à finir, rend plus fcavant que tous ceux là aux inventions modernes, vous afièurera qu’il a cfprouvé des Angles de foixante degrés fouftenir affés puifi famment la foudre des plus gros canons»
- Il n’y a pas moins d’opiniaftreté aux authéürs & de cônteftation poiii? 'tlTomïlftl déterminer-les lignes. * Speckle 8c fa fuite veillent que la Courtine garde in-des au. variablement à la Face la proportion fefquiquarte. Marolois, 8c les autres theurs e»- ja cjemanc]cnt feSquialtére. Metius-(a) en aime mieux une diverfe de celles là & indéterminée , qu’il a puifée des papiers de feu fonpére; En fin il ÿ a prefque autant de différentes opinions , qu’il y a eu d’efcrivains»
- I’eftime cela fi peu , quejeferois bien marri qu’il femblât que j’eii voü-lufie tirer de la gloire. le diray en un mot ; que la chofe eft plus obfcure *’*7*p#dans le raifonnément quelle n’eft difficile en l’expérience: -parce quelle maijire n’eft point fubjede aux reigles de Mathématique . Qu’eft-il befoin donc de chicaner, 8c de s’amufer à perdre le temps, puis qu’un autre ne me fçauroit perfuader les proportions qu’il a inventées * ny moy luy faire advoüer la vérité des miennes par des démonftrations géométriques 8c de neccflité inévitable ? Ne vaut-il pas mieux agir plus feurement 8c plus franchement , le quittant à l’expérience, 8c à l’ufage, qui eft le meilleur mai-ftre des chofes de cefte nature, 8c preftant mon confentement à ce que les n y «plus plus grands Ingénieurs ont appris dans la tranchée 8c parmi les dangers; foltjierà** ^ue vouloir faire lefubtil en unfematière fi peu importante, 8c me rom-t'experience pre la tefte à inventer une • nouvelle proportion des Angles, 8c des Lignes, euJJxer- que des perfonnes prudentes 8c fages n’aurôrit jamais expérimentées.
- Cfim qus*!f ^a*s avant (lue rec^erG^er la proportion des Lignes 8c des Angles que firmatiom j’ayàfuiure, 8c que je déclareray au chapitre fuivant, tirée des Axiomes télüillifs5 ^^ddibles des Architedes, 8c des principes de l’Art, je ne feray peut eftre pas mal pour la commodité des ingénieurs , moins verfés aux Mathématiques , de donner la méthode de defeirire dans un cercle les Figures régulières dont nous avons befoin. Faites en la Fig. XV du centre A, à telle diftance que vous voudrés AB, le cercle B C D E. Sur le Diamètre B D faites tomber à angles droids un autre diamètre E C, de B en G, tirés le rayon du cercle; la ligne droide B G feralecofté del’Exagone régulier, D G fera celuy du Triangle æquilatéral 8c æquiangle, deferit dans le cercle donné. Coupant en deux l’arc B G en M, la ligne droide B M, fera le codé du Dodécagone régulier . Derechef joignant les deux proches extrémités des diamètres, laioignante EB fera le cofté duquadrangle * régulier. l’Angle droid E A B eftant coupé en deux parties efgalles par AK produite à l’infini jufques à ce que le cercle foit coupé en K, lequel poind vous joindrés à B, par la ligne K B, qui fera un cofté de fOdagone.
- , . (a) Uv.IV. delà Pratique dekCeomecr. Le
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- De la Fortifïc Af ion RegulIere: /tf
- Lë quart de cercle D E eftant divisé enfept parties efgalles, D L fouften-due aux quatre pré miéres marquera le cofté de l’Eptagone. Refte celtiy dü Pentagone* pour lequel divifésle Rayon AD en deux ènl* coupés du Diamètre BD, commençant en I & tirant vers B, là ligne IH efgalle à ï E ; H joind à E donnera E H le cofté du Pentagone æquilateral &æqui-angle * qui fe doit defcrire dans le cercle B C D E : Eftendés E H de D en F & partagés l’arc F D en N : la ligne droide N D fera le cofté du Décagone régulier . Et fi la mefme F D eft prolongée de F en O, la ligne G O fera le cofté du Décapehtagone.
- Sur les lignes droites données on drefîè âinfi des figures régulières: Que deux Arcs deferits fur les poinds A & B à la longueur de la ligne droide DrejfürL * AB en là Fig. XVI s’èntrecoupent en C, lequel vous joindrés avec A&^“r" ré; B, d’oü rcüiïira le Triangle régulier AB C. Sur la ligne D E dè là Fig. XVII/Tm/Jr fut dlevés deux perpendiculaires aux extrémités E & D, afçavoir E F & D G JJ"*.#fndeon. efgalles à ED, joignant les poinds G 8c F vous aürés le Quarré de la ligne D E. P<5ür drefîèr fur HI le pentagone régulier, il faut coùper HI, de la Fig. XVIII, en Mavëc cefte proportion: Sur Hlëftevés au poind I perpendiculairement Kl, qui luy foit efgalle; coupés la par le milieu en L, joignés L & H. puis prolongeant K I oftés en depuis L vers I la ligne LN efgalle à L H ; faites IM efgalle à I N. Prenés maintenant H ï tranfpor-tée en la Fig. XIX. adjouftés y des deux bouts IQ&HP, efgalleà à MI fon plus grand fegriient : delà diftance HI 8c des centrés 18c O royés en Ql’interfedion des deux arcs, 8c en fin joignés Qï. pratiqués le mefme fur les poinds H 8c P, 8c vous trouverés R, l’autre poind de lïntêrfediori des arcs, d’où vous tirerés une ligne droide en H. Delà mefme façon, les cércles deferits de Q8c de R fe rencontrèrent en pareille diftance en S, qu’il faudra joindre à Q_8cR. 8c ainfi s’achèvera le Pentagone de la Fig. XIX HIQS R. Potir former un Exagone régulier fur la ligne A B delà Fig.XX vous y procéderés de cefte forte. Du demi diamètre A B foit décrit un cercle fur le centre G, par la circonférence foit porté le Rayon jufques à fix fois, vous aurés infailliblement la Figure que vôus cherchés. Ou bien de A & de B à la diftance AB, faites les arcs qui fe coupent en G , de G 8c de B gardant la mefme ouverture du compas, marqués l’interfedion C 8c tirés la ligné B C ; derechef de C 8c de G vous trouverés le poind D 8c lé cofté D C ; puis de G 8c de D en la mdme forte vous aurés le poind E 8c le cofté E D , continuant ainfi jufques à tant que la figure fe forme. Mais il y a bien plus de difficulté à defcrire un Eptagone régulier fur quelque ligne doïmée. Toutes les loix de la Géométrie ne l’ont peu encores enfeigner p'récifement, quelque trauail qu’y ayent apporté les plus' fubtils éfprits. Cefte opération fuivante peut paftèr dans la Méchàni-que. Soit donnée AB delà Fig. XXI fur laquelle on veut baftir un Eptagone régulier. prolongés la en forte que A D devienne elgalle à A B, dû centre A 8c du rayon A D faites le quart dè cercle A D K. Dïvifés ce quart de cercle avec le compas eh fept parties efgalles, marqués les' quatre pré-
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- •?i2 Livre P r e m. ï è r,
- miéres en C commençant à D, & joingnés C à A par la ligne A C. Partagés les deux lignes AB & AC en deux parties elgalles par les perpendiculaires IL & L M, qu’il faut prolonger jufques à ce quelles fe croifent en I. Du centre I & à la diflance IA vous defcrirésun cercle qui contiendra exactement l’Eptagone que vous vouliés faire fur AB. .s'il ne le contient,en réitérant l’opération vous corrigerés la faute du compas, Vn ôéta-gone eft excité fur O P de celle façon. Prenés R (^quelle ligne que ce foie de la Fig. XXII, drelîès luy à angles droiéts X Divifés en deux parties elgalles l’angle droit XQR par la ligneQT, faite efgalle à QJR, joignes R T. Continués R T en S jufquês à tant que R S foit elgalle à la donnée O P. du poind S tirés S V parallèle à T Qj jufques à ce quelle concoure avec R (^prolongée en V. Sur le centre V & a la diflance V S,ou V R, formés le cercle R S Z , auquel RS , qui eft la mefme que O P eflant huiét fois appliquée monflre l’odagone régulier que nous cherchions, le m’arrefle icy, & ce n’efl pas fins raifon que je n’enlèigne point à de-àfepïlngks ferire dans un cercle, ou fur une ligne donnée, des polygones au delà du d**sleJ^S ku^ielme angle. Car à quoy ferviroit il? puifque qu’à peine fè rencontre-il une place à fortifier de plus de huict angles, & rarement; én void-onde telles défia fortifiées.Car en tous les Pays las,qui font une illuftre efcole de cefl: art, la nécefîité n’a pas obligé de palier l’Eptagone en la fortification régu-s liére qui fe trouve à Coevorden; 8c la magnificence des Vénitiens en l’oftentation de leurs richefîès ne va pas au de là du neufuiefme angle en vm autre jeur pdlma-nova. le ne fâche point ailleurs de place fortifiée à plus de collés.
- a neuf an* . ' * . f , «
- gies chez, les Cy apres neantmoms les Tables contiendront les mefures des Décagones, vemtiens. ^es Ëndecagones , des Dodécagones, des figures à vingt angles , & de . divers autres polygones réguliers : non que jamais on aye befbin dans la pratique de Polygones réguliers à tant de coflés ; mais dautant que nous ne pourons pas nous en paflèr pour la llru&ure des figures multangulaires irrégulières : car un polygone irrégulier comme mefme un quadrangle,
- ( qui peut fepréfènter en tout temps 8e lieu à un Ingénieur pour eflre fortifié) peut avoir l’angle d’un Dodécagone, d’un Decapentagone, ou de quelque autre figure multangulaire : 8c alors les collés de cefl: angle garderont la proportion de la figure régulière, félon l’angle lequel ils contiennent, ce que les Tables monltreront aifement, ainfi que nous le verrons au livre deuxiefme.
- tnejÜrZ fi*- Au re^e *e prendray toutes mes mefures de la percheHollandoilè, qui réduiront à eft de douze piéds, qu’on nomme en terme du pays. Rhyn-lantfche Roede, RhinJlu? dire la perche Rhynlandique, dont on le fert le long du Rhin, elle efl: eft de dou^e d’ufage au camp, & en toutes les autres mefures publiques on s’en ferc *uds’ en tous les prix faits ; 8c il ne fe trouveroit point d’entrepreneur fi on la.
- il fer» changeoit. Ilsdivifent celte perche en douze piéds, 8c le piéden douze dhljiifpn Pou^ces- Vous voyés un demi-pied Rhynlandique en la Fig. XXIV. Mais dix a tin- nous rejetterons fou vent celte partition ennollre calcul, à caulè que ce ^ nombre de douze n’efl: pas fi commode, 8c nous prendrons celuy de dix *
- qui
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- De l A FORTIFICATION Ré GULIERE. 10
- quife peut aifément fousdivifer à l’infini; ainfila Perche Rhynlandique fera de dix piéds * le pied de dix poulces, 8c pareillement en fuite. Delà vous remarqués que la Figure XXIV (qui eft un demi piéd Rhynlandique dont XXIIII font précifément la perche Rhynlandique) ne peut pas eftre le demi-pied de la perche decempedale ( dont nous ne mettons que XX tant feulement à la perche Rhynlandique,quand on ne divife la perche qu’en dix piéds : ) mais bieii la vingt & quatrielmè partie de la perche Decempé-dale, donc le demi-pied fera repréfenté en la Fig. XXV. Or il ne fera pas ^ mal-aifé de réduire les pieds, ou les doigts de la diftribution dizenaire, des pieds dà aux piéds, aux doigts Rhynlandiques, 8c au contraire. Comme fi on deman-doit la largeur qu’a à fleur de terre un rempar d’une fortereflè EptagoneRé- ?erche^dix guliére, en pieds de la Verge de Rhynland, eftant donnée en pieds decem- a la mefme pédales fa largeur de 60 piéds : mefure.
- Nos piéds de dix efgaüent Je Donc nos efgaîlenï
- h la Verge ceux du Rhin piéds des piéds
- dont il y a doute de dix Rhynlandi-
- a la Verge h la Verge que s de dou-
- te h la verge
- io » -------— 12.--------------6o-----~ 72
- En fin je diray en deux mots, pour le foulagement des moins verfés, Comment on difcernera les fra&ions de ce nombre dizenaire foubfdivifé à Notes qui l’infini d’avec les entiers. Vn zéro enfermé dans deux parenthéfes à la fin du nombre lignifiera qu’il ne dénote que des Verges entières, comme icy 36 dtUvwgm. (o) cefte nulle fera valoir 36 verges le nombre qui précédé. l’Unité enfermée dans cefte parenthéfe au mefme endroit marquera les piéds, qui font la première divifion de la perche ; pour exemple 362 (1) qui font 362 piéds.
- A caufe de la divifion par dix, le nombre que la parenthéfe enferme, & qui eft icy l’unité, donne la valeur 8c lefpéce de celuy qui eft le dernier ; de forte que ce 2. s’entend de piéds, 8c 36'de verges entières ; parce quelles* marchent devant les piéds, 8c que ce doibvent eftre des entiers qui précédent la prémiére divifion. Je lis donc ce nombre avec plus de clarté, 36 verges, 2 pieds. Le binaire dénotera pareillement dans cefte parenthéfe les poulces, ceft à dire, les parties de la deuxiefme divifion (ainfi le ternaire la troifiefme, celuy de cinq la cinquiefme, 8c à l’infini ) comme 3624 (2) où à caufe de ce deux, le plus proche, ou le dernier nombre, afçavoir 4,Lignifiera des parties de la deuxiefme divifion de la Verge qui font des poulces 8c il faudra l’exprimer par 36 Verges, 2 pieds * 8c 4 poulces. Il en fera de mefme du refte.
- Mais il me femble que je ne feray pas peu, fi je mets icy les mefurcs des RaPPoi,t m autres nations avec leur rapport au pied Rhynlandique , afin que chacun Tatdfqla fâche réduire en tous lieux la perche Rhynlandique entière, ou partagéeceux des en fes douze, ou en fes dix pieds, aux mefurcs, ou verges plus ou moins aHtres^ayir grandes, fuivant l’ufage 8c la couftume de fon pays*
- D 3
- le
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- je t ï V R E P R E ÎI I ï RS
- Ie reduiraÿ a la mefure des pieds RhynlandiqUcs ceüe de tous les a litres «« tant anciens que modernes (ces paroles, & les {rivantes > font celles de WïHë-« ‘ hotdus Sneïïïus enfin Elratofltiénes Batau. Lib. I/. Cap. I. & {rivants ) j ay tiré “ la mefure du pied Rhynlandique en la Fig. XXVI, & du demi-pied en la * * Fig. X XIV, afin que chacun en puiffè cognoiftre à peu prés la longueur. “ le dis à peu prés, dautant quele papier* fur lequel on imprime,eft mou* “ illé & s’eftend fous la preffe au delà de fon ordinaire * d’où il arrive que fe feichant ilfe retire * & repréfente FimprefGon des lignes moindre qu’il “ nefaudroit. lay entendu des imprimeurs qu’il fe perd la foixantiefme ‘ ‘ partie des chara&éres & de la longueur des formes. Mais afin que cela ne “m’arrefte, & que chacun me puifiTe entendre î j’ay eftimé le mieux & le ** plus afîèuré, fij’exprimois en petites fraâions la raifon qu’a noftre pied à 4 4 celuy des autres peuples. Imaginons donc qué noftre pied Rhynlandique “ eft divifé en mille parties elgalles, & que la quantité des autres doit eftre ‘.‘définie fui vant cela . le vay donc mettre icy par ordre toutes les mefures “ de noftre temps autant que j’en ay peu ramaflèr, & dire franchement la “ certitude que j’ay de chacune,
- ïœpiéd de %’eyde ou Rhynlandi- ^ que divifé eit mille par- << fies eft comparé avec celuy a
- d'Amftcr-dam j “
- de Dor- {ï drechtj delaBrieJeS' “ de Middel- <( bourgj deTergou- “
- deZiricfcei d’Anvers j < «
- deLouvain* “ -deMalinesj “ deLondresj **
- 6t
- tt
- de Brème 5 **
- . ~ <« de Coppenhagen; a
- de Paris;
- <6
- Les oSALeJùres des pieds ont ce rapport entre elles.
- Des raille parties dont ëft compôfé k fiédde Leyà, dit communément
- Rhynlandique.
- Le Géodétique d’Amfterdam, qui eft gardé à l’hoftel de ville*en a neuf cents quatre. Il m’a efté envoyé d’Amfterdam.
- Celuy de Dordrecht en a mille cinquante. le lay mefiiré.
- Celuy de la Bride, à l’emboucheure delà Meufe,en a millefoixante.le l’ay efprouvé moy mefme.
- Celuy de Middelbourgen a neuf cents foixante. le l’ay mefuré.
- Celuy de Tergoufeen a neuf cents cinquante quatre. le lay inclure,
- Celuy de Ziricfée,qui eft aufli une ville de Zélande, en a neuf cents quatre vingts huiâv Ienay fait rexpérience.
- Celuy d’Anvers en a neuf cents & neuf, je l’ay efprouvé en un pied de fer qui eft à l’hoftel de ville.
- Celuy de Louvain en a neuf cents neuf le l’ay aufli eflàyé.
- Cel uy de Malines en a huid cents nonante. le l’ay mefuré.
- Celuy de Londres, dont on fefert par toute l’Angleterre , en a neuf cents foixante huid. Il m’a efté envoyé de Londres fur celuy qui eft en la cour qu’ils nomment Gmt Halle.
- Celuy de Brème en a neuf cents trente quatre.'
- Celuy de Coppenhagen en Danemarc en a autant. Ils mont efté envoyés de Brème, & de Coppenhagen.
- Celuy de Paris, dit pied de Roy en a 1055; Buteô Fa mefuré .* ileft vray que la délinéation,qu’en fait l’imprimé, ne contient que 1038: mais fi
- vous y
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- De ÎÂ fôRTlHé ATiON ft EGUtîEiiÉ, 3!
- Vous y adjouftés la foïxantiefme partie il en aura 105 5. le lattends 44
- encore. «
- Celuy de V enife eft tiré du livre de fortifications que Buonajuto Lori- 4 * de Venir* ni Florentin publia à-Venife l’an 1609, il en a mille cent & une; auf- 44 quelles adjouftant la foixantiefme le pied de Venife fera de mille 44 cent vingt parties. *«
- Celuy de Tolède en a hüiét cents foixante fept, félon que je le conje- “ de toidde, éture de certaines raifons. - “
- Celuy de Noremberg en a neuf cçnts fcptante quatre. ‘4 de Noren-
- Ccluy de Strasbourg en a huiét cents quatre vingts & unze. 44 bCdSe‘ straf.
- Celuy de Baviéres neuf cents vingt & quatre. ** deBaviénr
- I’ay eû ces trois mefures d’un curieux artifan d’Amfterdam*le n’ofe pas 44 !
- en juger; mais je ne penfe pourtant pas qu’elles s’efloignent beaucoup de 46 la vérité. Si je puis en faire faire l’eflày * & de toutes les autres qui me 44 manquent, par des perfonnes affidées, je les adjoufleray volontiers à 44 ce Catalogue. Et je prie tous les hônneftes gens, qui defiferont ôbli- 44 ger le public > de favorifer ma recherche, en m’aydant à trouver ce que * * je defim 44
- Le mefme Sneïïius àü mefme endroit afcavoirlib. II. e. 11. adjoufle,
- Des mille parties dont eft compofé le piéd Rhynlandique. 4f
- L’Ancien piéd Romain en a aufli mille.
- Le Grée ancien en a mille quarante deux. 44
- Le Babylonien en a mille cent feptante deux. 4 4
- L’Alexandrin en a mille deux cents. “
- Le Samien en a mille deux cents. 48
- L’Antiochien mille trois cents foixante.Maïs cefubtil homme ayant éri cê- 44 ry peut eflre contenté pleinement autruy, ri a peû fe fatisfaire hfoy mefme ; voi-44 Idpourqwy au chap.IV duliv.II.de fon Eratofthéne il pourfuit ainft : Bien 44 que j’aye conféré fort foigneufement noftre piéd Rhynlandique, duquel 44 je me fuis fervi, avec ceux des autres Nations, quejay peû recouvrer, 44 néantmoins pource qu’il y a encore plufieurs lieux de remarque dont je 44 n’ay feeu avoir la mefure, & aufquels je defire envoyer celle de noftre 44 piéd, afin que je fois utile à autant de perfonnes que jepourray ; j’ay 44 choifi une forte de mefure qui demeure par tout entière à la quelle je 44 compare noftre piéd. Or je n’en trouve point de plus commode que cei-44 le de laquelle on mefure le drap & la toile, lesquelles font gardées & con- 4 4 w,-
- fèrvées fôigneufément en public, et font de fer, afin que les marchands 44 fff ne les falfifient aux boutiques. Nousl^ nommons en Hollande & en Aile-44 de divers magne ein elle, en France Aulne, 8c en Italio Braccio. le vay vous expofer 4 4 **ys' la recherche que j’en ay faite, afin que vous; me corrigiez là ou je me 44 trompe; ce que je tafeheray aufli de faire de moy mefme, lors queje in’en 4 4 appercevray. ledivifedonc l’aulne en mefme parties qùe celles du piéd 44 Rhynlandique, & trouve que: 44
- Des mille parties du piéd Rhynlandique ; 44
- l’Aulne
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- y% Livre Premier,
- i l’Aulne d’Oudewater en a deux mille cent nonante. le l’ay mefurée moy 4< mefmc.
- t£ Celle de Leyde en a deux milles cent quatre vingts & fept. I’en ay fait 44 l’efiay..
- “ Celle d’Amfterdam en a deux mille cent nonante fix.' le l’ay mefurée.
- ‘ ‘ Celle d An vers en a deux mille deux cents dix. le l’ay mefurée.
- “ Celle de Londres eft le triple du pied de Roy, que je difois tantoft eftre 44 gardé en la Guit Halle, 8c qui m’a eftéenvoyé d’Angleterre, 8cpar-4 4 tant elle en a deux mille neuf cents quatre.
- 4 4 l’ay remarqué que celle que nous en avons icy à Leyde 8c à Amfterdam 44 eft un peu plus grande, afçavoir de deux mille neuf cents quarante neuf 44 parties : mais c’eft à caufe du poulce que les Anglois ont accoutumé de 44 mettre pour la bonne mefure du drap à chafque aulne.
- 44 L Aulne de Florence, tirée du livre de Buonajuto Lorini, gentil-hom-44 me Florentin, imprimé à Venife lan 1609. eft de mille huid cents qua-r 44 rantefix parties ; ausquelles adjouftant lelbixantiefme, quel’impreffion 44 àdefrobé, la vraye aulne fera de mille huid cents feptante fept parties. 44 Celle de Tolède en a deux mille fix cents, "dont le tiers eftlepiéd de 44 Tolède. Car là toutes les mefures, mefme les Géôdétiques,font tirées de “lAuine. '
- 4 4 le ne puis marquer la quantité certaine des autres aulnes que par celles 44 qu’en ont les marchands avec leurs marchandées qu’ils nous apportent de ‘4 divers pays. Car encore que la mefure ne foit pas fort exade en la pro-44 portion qu’ils en tirent, il ne peut pas néantmoins y avoir d’erreur bien 44 notable; veûqu’ils ny trouveroient pas leur compte. Vpi-cy donc le 44 rapport des aulnes qu’ils obfervent entre eux.
- 44 Vingt aubes dAnvers en valent vingt 8c une de Norenberg,de Magde-44 bourg, 8c deLipfic ; vingt 8c cinq dé Francfort fur le Mein, de Riga 4 4 & de Revel en Livonie ; vingt 8c quatre de Dantzic, de Lubec, de Ham-44 bourg.
- “ Six aulnes dAnvers en valent dix d’Erfort.
- 44 Et cent aulnes dAnvers valent quatre vingt 8c trois Varres de Lisbonne, 44 comme ils parlent.Ceft ce que j ’ay peu receuillir d’eux de certain 8c aflèu-4 4 té. Le rapport de ces mefures à noftre piéd Rhynlandique eft tel,
- “ Des mille parties du piéd Rhynlandique,
- 4 4 l’Aulne de Norenberg en a deux mille cent 8c cinq,
- 44 Celle de Magdebourgen a auffi deux mille cent 8c cinq, 8c celle de 44 Lipfic pareillement.
- 44 Celle de Francfort fur le Mein en a mille fept cents foixante huiéb 44 Celle de Riga en Livonie en a autant,
- 46 Celle de Rével en Livonie tout de mefme.
- 4 4 Cell e de Dantzic en a mille huiél cents quarante deux.
- 44 Celle de Hambourg tout de mefme.
- 44 Celle d’Erford en a mille trois cents vingt 8c fix.
- La
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- De la Fortification Reguliere. 33
- La Mefure du drap, que les Portugais nomment à Lisbonne la Varra,<c en a deux mille fix cents foixante deux. ‘‘
- En ces dernières je m’en rapporte à la foy des marchands, & ne vous fuis “ point garent s’ils me trompent. I’eftime néantmoins qu’il a éflé utile de les(t mettre ; afin qu’en tout pays on fcache à peu prés le contenu de noftre piéd “ Rbynlandique. ^ “
- Au refie, je prie tous les beaux efprits, qui eflendent leur penfée au delà de leur fiécle & de leur contrée, qui portent leurs foins par tout le monde , & regardent la poflérité avec un généreux defir de l’aider, mefmes aux moindres choies. le les prie, dis-je, qu’ils me communiquent la plus, exade mefure qu’ils pourront de leurs aulnes, afin que je l’adjoufte en une fécondé édition de ce livre. Bien que la chofe femble de petite confidéra-tion, elle apporterait néantmoins de merveilleufes utilités à lune & à l’autre Architedure ; Civile, & Militaire, à la détermination aflèurée de la mefure du globe terreftre, & à mille autres belles fpéculations, dont je fçay bien que les âmes baflès ne fe foucieront gueres, comme elles ne font pas capables de les comprendre.
- CHAPITRE V.
- Régies & cSMaximes pour la Fortification.
- Yltruve, que je nomme le père de l’Architedure, dit fort à propos, Parties de quelle efl faite de trois parties ; de l'Ordonnance que les Grecs nomment de la Difpofttton, que les mefmes difent ; & delà Difpenfation ou Diflribu-nér(tl-
- tion qu'ils appellent hw»pt*.
- IlOrdonnance efl une petite commodité qui fe trouve en chafque partie de l'ouvra- Définition gefeparément, & une difpofition du tout à ime jufle Symmétrie. Cefie-cy regarde la Ÿe tordon-grandeur , qui doit fe rencontrer en chafque membre proportionnée à celle de tout le corps. Comme au noflrc il faut que le piéd, la main, le bras, le doigt, obfervent en leur grandeur la proportion de leur tout. ( a ) le vay donc vous repréfenter en ce chapitre l’Ordonnance de toutes les parties de l’ouvrage fuivant. cefl à dire, je m’en vay tirer des Maximes d'Ar- ‘JouVail ditefture, qbeles plus excellens Ingénieurs ont trouvéesfouvent dansl’ex-aer-pe'rience conformes au raifonnement, & qu’ils nous ont laififées par eferit pour la perfedion de cefl: art, quelle efl: la Symmétrie , la mefure & le rapport que chalque membre doit avoir au corps de la Fortification.
- le mettray ces Maximes les plus courtes qu’il me fera poflible, afin de chafqueAri foulagerl’efprit & la mémoire ; & bien que d’elles mefmes elles foient dig-nés d’eflre receües, & qu’un artifàn doibue en eflre creû en ce qu’il dit de fon meftier ; je ne feray pas difficulté de les fortifier de raifons, pour fatis-^r' faire, fi je puis, aux dodes» &aux curieux. Voicy donc par ou je commence.
- I, Qu’il n’y àye aucun foinct en toute la* Fortifica-
- (a) Vitravelivr.i. Chap. ir. E T ION»
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- 34 L 1 V R E P R E M I E R ,
- T IO N} QUI NE PUISSE ESTRÊ VEÛ, ET PAR CONSEQUENT DEFENDU DES ASSI e'ge's DE P LtlS I EUR S . EN D RO I CT S DE LA
- Forteresse. C’eft d’autanr que l’enemi y eftant à couvert l’attaqueroit bien plus aflcurément en tel poind, 8c l’emporteroit avec.tant plus de facilité q Je moins il pourroit eftre fecourü de la place.
- Le but de £)e cefte maxime dépend l’exàde 8c la parfaide Hercotcftonique , dont
- aonique efi l’unique but eft la défence des villes fortifiées : auffi les mieux advifés Ingé-ldefviüe? n*eurs ont tousjours tafché prudemment d’éuiter, qu’en tous leurs ouvrages 8c baftiments il nÿ eûft aucun poind de cefte forte ; mais de plus ils fe font eftudiés défaire en forte que chafque partie de la Forterefie peût eftre défendue de plufiettrs 8c divers endroids ; afin que l’enemi peût eftre repoufle non feulement de front en une attaque ouverte , mais qu’il peût eftre pris aufiî de cofté, 8t chargé mefme en quelque forte par derrière d’une façon dangereufe.
- De là eft veniie cefte forte de Fortification dont nous nous fervons au-jourdhuy, en laquelle nous faifons avancer comme des bras & des cornes, afin qu’au milieu l’enemi foit englouti, repoufie diredement de front, bief-De cefte té en flanc, furpris 8c ofancéen queue. En efFed, comme nous avons mon-défmdt u cy defius , les murailles toutes droides ne défendoient que bien foible-teU Forti- ment une ville, ne prenans l’ennemi que par devant ; 8c il a efté nécefiaire ^dernenM°' ^es fen<^re obliques, pour le defcouvrir de cofté auiïi 8cle battre comme par derrière. Il n’eft pas jufques aux dehors, ny jufques aux plus avancés ouvrages, dont la forme ne doibue fu ivre cefte Maxime fondamentale. Dehors tous ces. travaux il faut qu’une partie fecoure l’autre pour la défence il nefuffit commune, de forte que l’une foit plus eflevée 8c domine plus loin, l’autre Ky^uïun ^ plus baflè 8c défende le plus prés, l’une regarde l’ennemi en face, l’au-poïxs en tre le préne de flancq, 8c qu’en fin en la neccflké d’une retraide on fe puifië * fortifie u- commodément retirer de l’une à l’autre.
- ûon qui, C’eft pourquoy il eft befbin que l’Ingénieur préne garde autant qu’il le ™uvïftf peut en donnant la forme à fes Baftions, que les lignes de défence 8c de mais ilfrut fecours pnfes féparément, ou joindes, foient tousjours plus longues que dcpiufieurs les lignes défendues 8c feeouriies, afin quil y aye d’avantage de fbldats %ttl7/eS a k défence de la ligne attaquée.
- iy oh vient La longueur des lignes eft ce qui feul les rend foibles ou fortes. Car plus lflrtifier mo- celle là que l’ennemi attaque eft longue, plus elle eft foible ; à caufe qu elle deme-qui reçoit l’eftbrt de pl us de perfonnes. Et plus courte eft la ligne défendante, ^aire tous- plus auJ® die eft foible ;y ayant moins de défendants qui y trouvent place. i°urs les lig- Afin donc que la défence ne foit infuffifante, 8c ridicule, (fi le plus foible Nantes plus debvroit prefter fecours au plus fort,) tenés pour une Maxime. ÇjJji e
- ferTOUTE LIGN* DEFENDANTE SOIT TOUSJOURS TLUS LONGUE
- dües. q_ue la DETENDUE, qui eft une fuite tres-necefîàire du précédent Axiome.
- II.UnE PLACE REGULIERE VAUT MIEUX Qju’UNE IRREGULIERE:
- parce que le régplier, eft elgallcment fortifié de.toutes parts, 8c ne fouftient
- pas
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- pas moins d’un collé que d’autre l'effort de l’ennemi , qui attaque fous-jours le plus foible ; qu’il eft par tout efgallement en bute à nos gens ; & que fans plus grands frais la ville en a plus d’elpace.
- III. Vne place re'gulie're est D’autant plus forte qu’elle a plus de b a s t i o N s. à caufe que les Angles des Battions en font plus forts; qu’on defcouvre 8c bat en mefme diftance l’ennemi de plus d’endroits,quelle en reçoit plus grand nombre de citoyens 8c foldatspour fa défence. Soit l’ennemi qui attaque la ville en A, à la portée du moufquét des Fig.XXVH 8c XXVIII. Il fera defcouvert d’une fois autant d’endroits de la place Multangulaire XXVIII; que delà quadrangulaire XXVII.
- IV. Que la Forteresse domine tous les lieux d’Alen-tou r. Afin que l’ennemi ne nous couvre fes defièins ; que fes approches in’en foient favorifées: 8c qu’il ne puiflè nous battre en ruine, &infefter ïe dedans de la ville.
- V. Que les parties de la forteresse les plus proches DE SON CENTRE SOIENT TOUSJOURS PLUS HAUTES QUE
- les plus esloignées. Pôurce qtf elles doibüènt fervir de retraite & de défence, lors que celles cy font perdues ; Èt non pas au rebours.
- VI. Que les ouvrages les plus esloigne's du centré
- SOIENT TOUSJOURS DESCOUVERTS AUX PLUS PROCHES. DepeUt
- qu’eftans faifis de l’ennemi, auquel ils font davantage expofés, il ne s’en couvre : d’ailleurs afin qu’on évite des dépenccs fuperflues, 8c mefme nuifi-bles quand l’ennemi les emporteroit.
- VIL Que la ligne Fichante N’excede güeRes lx Vergés. Lctt£ueup parce que le moufquét ne porte pas plus loin de but en blanc. Elle a efté £ lah^™ nommée ligne de Défence fichante, à caufe de fon office , qui eft de pou- Son No?fis voir percer de coups le Baftion oppofé , 8c fur tout la Face, empefehant l’ennemi de s’y couvrir, mieux que ne fait la Razanie qui ne la touche pas^*Nc^** fi à plein. D’ou il appert quelle ne doit pas eftre plus longue que la portée du moufquét, fi l’on veut qu’elle einpefehe la lape & la mine , dont on fe-roit fauter lerampart.
- C’eftla principale 8t là nlaiftrefte ligne de l’Ichnographie ; c’eft pour- fivigmà. quoy il eft befoin d’en côgnoiftre à fonds la nature. je la prendray d’un peu haut, 8c m’en expliqueray plus au long , pour favorifer ceux qui ufofmedL veulent apprendre. Ilavoit efté nécefiaire pour la défence des villes, d’a-vancerautour des murailles comme des bras 8c des cornes, dont l’expérience avoir monftré diverlès formes, fuivant les diverfes machines que l’ennemi employoitàfe couvrir 8c à attaquer; d’ou enfin les Ingénieurs nous ont inventé la figure Pentagone des Baftions que nous retenons jus- s^eBè pav. aues à préfent. Or comme les murailles d’une ville font gardées 8c defen- d’ms*-duësdes Baftions, ouvrages qui font le plus avancés ; âirifi il eft certain que les Faces des Baftions font les moins défendues de toutes les lignes, à dent Géne' caufe qu’elles font les plus efloignées de la ville ; d’ou vient aufiî qu’un judi- * *' , deux afliégeant s’attache tousjours à cefte partie, qui luy eft la plus com-
- E x mode
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- mode & la première qu’il rencontre. Pour exemple en la Fig. XIV le bon fens à trouvé pour la défence de la Face M C les deux fîancqs FI, celuy de la Courtine, 8c F E, celuy du baftion. or la ligne Fichante F M tirée du point M, commun à l’efpaule & à la Courtine, eft la plus longue de toutes celles qui pourraient eftre tirées du point M fur la ligne ï.a tigne vi- FI» ou fur FE. De forte que fi on a bien déterminé la ligne Fichante, chante de- ne ja prolongeant pas au de là de la portée du moufquét, toutes les au-toutes celles très tirées de M vers E, ou vers I,. y feront dautant plus fortes, pour de u defen défendre puiflàmment la Face qui a befoin d’eftre fecourüe. Et c’eft ce qu’il falloic demonftrer.
- VIII. Le Flanc,et la Gorge plus grandes elles sont, & p lu s elles sont fortes. La raifon eft , quelles en reçoivent plus de défendants; et qu’elles en font plus propres à faire les traverfes, 8c des retranchemens lors que l’ennemi a paflé le foftë Scfait jouer les mines ; comme auffi elles en font plus commodes pour les batteries. Toutesfois il faut prendre garde de ne faire jamais la Gorge moindre que le Flanc ; ny le Flanc moins du quart de la Face, ny guéres plus grand que la moitié.
- Le fécond. IX. UnLONG FlANCQ_DE LA COURTINE EST PREFERABLE ^Zlpai!* entoutes sortesaunmoindre. autant que le permettent les au-piéce d’me très pi us nobles 8c plus importantes parties du Baftion.' Et cela à caufe de certaines raifons des Axiomes I. VII. 8c VIII, que vous pouvés voir 8c u ne faut appliquer icyjudicieufement: mais particuliérement pour celles cy; que moins de fin la défonce tirée du Second-flancq eft la plus aflèurée, & la plus forte, com-Vgne'zt me plus proche 8c la plus oblique ; que ce Flancq de la Courtine
- chante & eft apres celuy du baftion la principale partie d’une place forte, & ce qu’eft îffirfc bras au corps de l’homme,qui eftrobufte fuivant qu’il eft long & nerveux: ce flancq aufli eft dautant plus fort que fa longueur fait place à plus de gens qui défendent la Face de divers endroits.
- le penfe que je ne feray pas mal fi je rends à ce Second-flancq, qui eft la principale partie de la Fortification, le mefme honneur que j’ay fait à la pré-'za défence mi ère maxime & à la principale ligne, dont j’ay difcouru plus amplement clue des autres. Ce nous eft chofe fort naturelle ; 8c qu’il ne faut pas qu’on f» prudent nous enfeigne , de proportionner noftre défence à l’attaque qui nous eft Attaquera ^te • Or parce que la Maxime VII vient de nous monftrer que l’ennemi toujours u n’attaquera point les Courtines,mais lesBaftions;& qu’én ceux cy il choifira FquetlUk0t pluftôt les Faces, que les Flancqs, qui font plus cachés, & moins propres fancq-voiu fQit à l’aflàut, foit aux rAines, ou à la furprife ; la Nature nous ordonne de biture * fortifier les Faces d’un foin tout particulier 8c par deflïis les autres parties modela place.
- Neuf Z la Mais ü n y a P°‘nt d’autre moyen de reparer la foibleflè des Faces qu’en
- défendons leur donnant d’afles puiflàntes lignes de défence, qui font celles là feule-jhncqs*. ment Prcmier & fécond Flancqs,d’ou l’ennemi peut eftre repoufle par la grefle de nos moufquetades.
- Ce
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- Ce qui Êiit voir combien & utiles 8c néceflaires font les Flancqs en la Fortification; puis que feuls ils défendent la ville ; car les Faces 8c les Courti- comparai^ nés ne fervent qu a l’enfermer 8c clorre;là ou les Flanqs combattent feuls 8c la contrcgardent, eftans comme les deux bras, dont E F en la Fig. XIV &des CoHr-repréfente le gauche, 8c FI la droide : par lesquels on réfifte, à l’ennemi qui cft cn O. Et celle confideration a bien mérité que les maiflres de l’Art leur xécejptf, donnaient leurs principaux foins 8c le plus fubtil de leur Induftric. &d(i
- Or dautant plus long que fera ( les autres chofes luy eftans proportion-nées) le flancqde la Courtine FI ; dautant plus de foldats il recevra pour tirer les aflàillans. C’eft pourquoy un long Second-flancq eft préférable à un moindre de cefte forte, 8c c’eft ce que j’avois à démonftrer.
- Il y auroit aufli diverfes autres chofes à dire, qu’il me fuffit de toucher En i*deter~ feulement. La plus notable eft, qu’en faifant le Second flancq il faut bien Tu fécond prendre garde à la prémiére Maxime, 8c à la ligne Fichante; de peur que voulans obferver celle là nous n’oublions les loix de celle cy, qui défendent prendregar-de 1 eftendre hors de la portée du moufquét, par où elle feroit renduë in-utile 8c de nulle défence. Il eft vray dans le prémier Axiome, qu’il n’y doit me avoir aucune ligne,en toute la Fortification, qui n’aye quelque bien affeu-rée 8c jufte defence, 8c que la ligne défendante doit eftre, autant qu’il fc peurdecho* peut, plus longue que la défendue : mais il n’eft pas moins véritable aufli, TuUutrl. que la ligne Fichante eft inutile, fi elle pafle la portée du moufquét, ainfi que i’enfeigne le VII Axiome. De forte qu’il ne faut point prolonger la Fichante fi loin , que l’ennemi, qui fappe l’angle du Baftion, ou y donne un aflaut, n’en puifle pas eftre blefle ; penfans gagner par là quelques verges pour leFlancq de la Courtine, afin qu’avéc celuy du Baftion il fnr-pafle la longueur de la Face qui doit eftre défendue. Ny aufli il ne faut pas, voulans retenir la jufte mefurede la Fichante, rongner trop le prémier FJancq, 8c eftreflir l’angle du Baftion j ce qui les rendroit moins propres aux fondions militaires qui les regardent. Il ne faut point, dis-je, que nous achetions fi cher quelque longueur du Second flancq.
- Les perfonnes clair voyantes defeouvriroient aflèz, quand mefmeje ne le dirois pas, que les plus parfaides fortifications font celles, dont les deux/*** for~ flancqs contigus furpaflènt en longueur la Face oppofée, 8c dont la Fichan- teretfes' te eft à la portée du moufquét ; que les moins parfaites font celles, dont les deux Flancqs font plus courts que la Face ; Et que les très imparfaides font celles qui n’ont point de fécond Flancq. *
- Cela regarde la conciliation de la I 8c de la VII Maxime : mais il refte encore un different à vuider eptre deux voifins, dont la haine a accouftumé Flancqs -, en d’eftre irréconciliable. Elle eft toutesfois icy digne d’exeufe , puis qu’on ingénieur trouve généreufe l’émulation de deux braves foldats, qui fupportent im- doit prendra patiemment la gloire 8c la recompenfe que le Capitaine veut donner à fon Zlfoant»-compagnon. Les Flancqs font en difpute de leur force 8c de leur eftenduë.
- C’eft donc à un prudent Architede de dilpofer en forte fon ouvrage, que Teleidutre la grandeur de l’un ne foit pas la diminution de l’autre, qui luy devient pref- £
- E 3 quem.
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- 38 Livre Premier#
- que infupportabie : car fouvent une verge de laquelle on aura gratifié le Flancq du Baftion , mutilera de trois ou quatre telles mefures celuy de la Courtine; en qnoy manifeflement il n’y a rien à gagner. finîe?Her principal & l’unique foin dun prudent Ingénieur, afin que je répété TotehoJ-' cecy qu’on ne peut trop bien fçavoir, doit eftre la garde & la défenee delà ù ville ; de laquelle il viendra à bout, s’il prend garde que tout ainfi qu’au u viiie. corps humain un membre ne doit pas donner de l’empèfchement à l’autre » en une Forterefle toutes les partiesfe doibuent entrefecourir ; en forte que les Flancqs défendent les Faces, & celles cy avec les Courtines leur rendent la pareille, que les Courtines foient protégées des Flancs, & que chafque partie fe puifle défendre foy mefme : d’ou reülîît la vraye & irrépréhenfible forme de l’Hercotedonique la plus capable de réfiftance, que vous voyés en la Fig. XXIX ; mais laquelle je vous prie de confidérer autant des yeux de l’efprit que de ceux de voftre corps. Au refte de ce que je viens de dire Maxime deon Peut rirer pour Corollaire ceft Axiome, QuE L A L1G.N E R azant e
- la Rayante. EST MEILLEURE, PLVS ELLE EST COVRTE.
- X. Ceste ouverture de l’Angle du Bastion est la PLUS COMMODE QUI DONNE AUX FLANCQS, A LA GORGE, ET AUX SECONDS FlANCQS, LES GRANDEURS NÉCESSAIRES. DaU-tant que par ces lignes feules les Faces & les Courtines de la forterefie font défendues, & que l’ennemi eftant proche on luy réfifte mieux, plus il y a de dations pour loger des foldats . En une trop grande ouverture de l’angle jamais la Face & la Courtine ne s’entredéfendent. Adjouftés à cela que les Afliégeans ne prétendent que de démonter les canons du Rampart, 8c non pas d’aplanir le Baftion ; ce qu’ils font à bien moins de frais, & plus afleurément, par les mines, lors qu’ils ont ruiné les bâteras, & qu’ils fe peuvent approcher impunément. Ce qui monftre le peu de néceflité qu’il y a d’ouvrir l’Angle jufques à en incommoder les Flancqs, la Gorge, 8c la Courtine, qui font les bras 8c les mains des Baftions, des quelles onsbfte le libre ufage, fi melmes on ne s’en prive entièrement.
- XI. Qüe l’Angle du Bastion ou Flancqué n’aye jamais moins de lx degrés. Parce qu’autrementil nepourroitpasfouftenir l'effort du Canon ennemi; et qu’il ne soit point aussi ouvert au de lade xc. Parce qu’on fait en l’Angle obtus une dépence fuper-flue, l’autre eftant afles baftant pour réfifter ; parce qu’il retranche autant du fécond Flancq, qui eft une pièce fort utile. Voyés auiïï l’Axiome XV.
- XII. Que l*AnglePolygone ne soit pas moindre qu’un d r o i c t. Parce que il faudra que le Flancqué en euft moins de LX. degrés
- XIII. Q«e l’Angle du Flancclet de la Face aye Pour lemoins ijo degres. C’eft pour les raifbns précédentes.
- ddaTMtZ L'^NGLE DU Flanchet de la Courtine soit
- ficatkn. tousjours droict, Dautant que par ce moyen tirant parallèlement des Flancqs on en pourra mieux défendre, mefme de nuid, les ponts &
- les
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- De L A FoRTI F I Ç ATION Re GULIER E. 39
- les portes qui font en la Courtine. En la Fig. XXX dans les plus profondes ténèbres» pourveu que les mousquetaires fe ferment contre le Parapet , & mettent leur moùfquét tout droid contre l’efpaule, ils ne manqueront pas, tirans tout le long du flancq, de défendre l’approche de la Courtine : là où vous voyés en la Fig. XXXI. qu’ils ne rafent pas toute la courtine, mais en touchent un feul poind, lequel ils endommagent enfemble fuppofé qu’ils tirent, du Parapet en la façon ordinaire. Et en la Fig. XXXII les habi’tans gardans la mefme pofture ne toucheront point la porte, qui eft au milieu de la Courtine, ny les endroids proches du Rampart, la baie s’efcartant de plus en plus de la ville. De forte quen ces Fig. XXXI &
- X^XII, lefoldat qui veut tirer droid pour garder la porte & le pont, doit mettre fon moufquét contre fon efpaule de telle façon,qu’il face fur le Flancq, où il eft, un mefme angle qu’ avec luy fait la Courtine; comme en la Fig. XXXI un aigu, & en la XXXII un obtus. Ce qui n’eftant pas à la vérité tant difficile à obferver ne laifîè pas neantmoins d’eftre plus incommode aux affiégés, que fi le Flancq eftoit tout droid. Adjouftés à cela que l’Angle aigu de la Fig. XXXI eflreffifîànt la Gorge, eftrangle le Ba-ftion, & le rend moins propre aux ufages de la guerre, rogne & eftro-pie le fécond Flanq, la proportion de la Courtine auBaflion demeurant entière. La Fig. XXXII n’eft point fubjede à tous ces inconvéniens, 8c eft accompagnée de fort belles qualités. Les Battions en font plus larges & plus libres ; Les flancqs en font auffi grands qu’ils le peuvent eftre : dans un efgal circuit elle en comprend plus de capacité ; 8c fi elle eft faite en forte , qu’avec la-Courtine fes Flanqs conftituent jufques au demi-cercle le complément de l’Angle de la Razante 8c de la Courtine, elle défendra la Face à angles droids ; enfin elle pofféde, voire pafie toutes les prérogatives qui font chérir aux Ingénieurs la Fig. XXX , 8c tel même feroit d’avis qu’elle pourroit lui difputer le rang.
- XV.I’Angle Flancquant extérieur est D’autant meilleur que plus il est aigu. D’autant qmon en peut mieux défendre les faces, qui en font plus defeouvertes au fécond flancq.
- •XVI. Que l’angle Flancqjant interievr aye au moins xv DEGRE's.. Pour les raifons que j’ay dites fur la Maxime XIIv
- XVII. Que la proportion sesqui altéré de là Courtine, LONGUE DE XXXVI V.ERGES R H Y N L A N DI QUES A LA Lafropor Face ; soit estime'e la plus commode. Parceque l’ufage 8c l’ex- aZ'fel“u périance des fiéges modernes favorifent céte proportion, ce qui eft un té-moignage indubitable de fon utilité. l’ai des raifons pour apuyer céte ma- u milieu-xime, & premièrement je dirai ; Que les Courtines doivent eftre plus Ion- re'Pourqu6i gués, que les Faces de la place à fortifier ; d’autantque comme les Courtines les Faces font plus éloignées de l’énemi, elles font auffi moins expofées ,à l’éfét de fes entreprifes, 8c partant leur longueur ne lui donne point d avantage. Quant couretesUs auxFaces il n’en eft pas de même,car d’autant plus elles ont de longuer elles Courtines, enfont auffi d’autant plus foibles8c plus favorables à l’énemi. C’eft donc avec
- raifon
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- 40 ' Livre Premier,
- raifon que Ton fait les Faces plus courtes, que les pourtines. Mêmes les Architectes, apres avoir arrêté une fois & préalablement à. toute autre; chante dé- partie de la fortification, la ligne fichante, contenant en fa longueur la ju-fa^upanéemefure qui ett requife afin quelle puitîè défandre, & déterminée tùi-du Mouf vant l’éfét & la portée du moufquét, qui font LX verges ou environ, ils courtine* ont en fuite aifément reconu, qu’il faloirdonner à la longueur de la Cour-peut ejire ti ne environ XXXVI de ces verges, pour conferveràla Fichante fa lé~
- longue de . . . . ° * fr
- xxxvi. gitime proportion. Ce qui les oblige d obferyer hardiment, conftamment Vafe'Ê^^ immuablement aux Courtines céte fusdite quantité. Laquelle pofée xxiv. fans comme nous avons dit, il en réüfsit une jufte & commode Symmétrie de î’Antite-6 toutes les lignes félon la diète proportion fesquialtére des Courtines aux sure, F aces. Qui ne font pas trop longues & deviénent plus fortes par ce moyen;
- , & dune autre part ont encore afiesde longueur, pour laitier au dedans
- des Baftiôns un lùfifànt efpace pour les ftations des foldats & leurs corps de garde, pour les bateriés & pour le maniment & la, commodité de ceux qui défandent la placé avec armes de trait & de jeCt ; mêmement pour fe retrancher aifément quand les mines ou les canons des énemis ont ruiné les devants. A toutes ces chofes enfamble & à chacune d’elles à part feront plus que fufifans les Battions, qui auront leurs Faces de la fusdite proportion. Relies in- Mais au contraire, fi on venoit à faire les Faces,. en proportion d’une in-rédjfroient, égalité quifût moindre, au regard de leurs Courtines, delà Quantité que *ies*ÙÏ!oit nouS avons P°^e 5 Aen arriveroit ; ou que les Angles des battions feraient de propor- trop obtus ; ou que les Courtines n auraient point de flanq ; ou que les "/:;GorSes Pero*ent petites & inutiles ; en fin les Battions en deviendraient plus grande que émbaratïes, inhabiles & moins propres à leur ufage. Que fi on vient à les eére,Ti’é- établir en une inégalitéplusgrandequedelaproportion fefquialtére, les Tu eu ^B^es s’avanceront en pointe excelsivement ; les Gorges feront par trop limes. °m~ grandes ; les Battions fe grotsiront en matTes d’une grandeur inutile & de-mefurée; au contraire il faudra que fans nécetsitéles Flanqs foient étrécis, comme qui voudrait atfortirune telle de Géant, au corps d’un homme de taille jufte, avec les mains 8c les bras d’un petit enfant. Monttres d*Architecture que l’on doit éviter en toute façon. Il faut donc s’en tenir à la proportion fubfefquialtére de la Face, au regard de la tiifmentioriée Quantité qu’on aura donnée à la Courtine, tant que la manière de faire la guerre qui eft en ufage ne fera point changée,& que les pièces & les machines qui fervent aux fiégesferont en l’état quelles font aujourdhui. Aux nouvelles tnvantions que peut ettre la poftérité aura trouvées de former fes attaques d’une autre façon, la nécefiité ne manquera pas d’opofer de nouvelles manières de fe défandre. A ce que deflùs, j’ajoûteray pour toute raifon laprefeription de l’ufage ; puitque la fuite de tant d'années,ni l'ex-periance de tant de guerres n’y a rien changé, mêmement en ce comble de perfection ou fe trouve aujourdhui l’HerçoteCtonique ; c’eft tans doute; comme j'ai dit, un infaillible témoignage de I* utilité de céte pratique .Si elle conteopit des erreurs, en céte lumière ou nous forâmes, l’adreiïè des affié-
- geans
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- oJn
- X
- TesRk enanus in^uoceâm^ujitos^iuifiis Pied de Rhynland
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- De la Fortification ReguIieré. qt
- gtaiis n’auroit pas manqué de les reconoiftre & de s’en prévaloir, & la prévoyance des afliégés de les corriger & de s en défandre.
- De céte maxime & des autres fuit néceftàirement ce Corollaire. Qu e
- LA FACE NE DOIT J AM AI S ESTRE PLUS LONGUE <^U E LA COURTINE? NI PLUS COURTE -QUE SA MOITIE'.
- XVIII. Il eft donc néceftàire qu'il i ait une amiable correfpondance 8c une convenable proportion entre Mngle du Bastion, les deux Flancs,la Face, e ^ la Gorge, 8c que toutes ces parties con-fpirent enfemble à la défance & à la confervation de la Place. Que l’une n’empêche pas lautre 8c ne lui porte aucun préjudice : Au contraire qu’elles doivent s’entrepréter leurs mutuels ofices & confpirer à la défance l’une de l’autre. Autrement il i a entre ces parties une efpéce d’envie & de jaloufie perpétuelle 8c une inimitié prefque naturelle. Si l’une s’ac-croit, c’eft avec le dommage de l’autre. Mais il eft du devoir de f Architecte de pourvoir éxaCtement 8c foigneufement que chacune d’elles en particulier 8c que toutes enfamble foient aiïbrties de ce qui convient à la perfection de fon ouvrage.
- le réfuterai maintenant en peu de mots , les argumens de ceux qui veulent établir une façon d’Architecture contraire à nos maximes. Qui fera curieux d’en feavoir davantage, pourra co’nfulter Lorinus ( <*) Caftriot,
- Maggius (è)ouStevin(c) &c. Les hommes ont naturellement céte ridicule inclination, qu’ils admirent exceffivement leurs propres invantions Laâemm-qu’ils fe flatent en leurs penfées, & qu’ils méprifent 8c rejétent celles des seaif°» d’autres , encoreque bien fouvent elles fe trouvent beaucoup meilleures. Ugne pin-De céte fourcc corrompue procède l’éfronterie que nous avons de préférer nos imaginations foibles 8c mal digérées, aux folides & judicieufes obferr de lamifié Varions des hommes fçavans ; 8c d’expofer confidamment à l’inexpériance des ignorans nos viles merceries, comme fi c eftoit une marchandée loyale 8c de grand pris. Mauvaife humeur qui s’envenime d’autant plus, quand elle fe rancontre dans un fujét infatué de la demangeaifbn d’écrire 8c d’un vain defir d’aquerir de la gloire. A ce propos nous nous fèrvirons de l’ex-ample de certains Artifans vulgaires, qui de leur propre fens nous produi-fent des fantaifies directement contraires aux principes de l’ArchiteCture, toujours finguliers en leurs avis, toujours contraires aux fentimens des autres , par un fot orgueil qui leur perfuade ; que confantir aux maximes des long temps receües, feroit un déchet à leur réputation. En faveur de ces gens j’avancerai les Maximes fuivantes, qui feront comme autant de cribles pour évanter la paille de leurs vanités.
- I. L’usage des Bastions separe's et d entache's de la courtine doit es trecondane'. C’eft ce que veulent per-fuader quelques uns (<*) de ces fubtils. Que la ville foit enfermée d’un
- F fimple
- (*) tir. III. Chap. III. rb) Llv.II.Chap.XXII. (c) Chap. V- _ fd) Ces
- fcbtils Architectes qui n’ont d’expe'riance & de fufifance que fur le papier ne laiflènt pas quelque fois de s’en faire croire dans l’aûion même, au grand préjudice de nos afaires. le me fers volontiers d’examples vivans encore que j’aye eu Otainde detçonftrations Géométriques & Politiques irréfragables, pour l’établilUmem & h confirmation de mes princi-
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- 4* Livre Premier,
- pes. Cela fait, ïéntmifit fet aproches contre U ville. Mais de l’attire côté devers l'Mxel & le fort de NaJfaW , tl ne fut fait aucun éfort. Cét endroit demeura tousjours libre jufques au dernier jour du fiége. Nouvelles troupes, nouveaux convois de cho-fes nccejfaires venaient en la ville par cét endroit, les malades & les bleffés en pouvaient librement fortir de ce côté là. D'ou fi concevait efperance que Hulft fe pou voit conferver. Encore que devers la terre il i avoit un certain détour de la muraille en forme circulaire ajfés mauvais , faible de ramp art & fins Bastions. On fe fiait aux forts baftïsfur la levée > & croyait on qu’ils fufifiient ajfés.pour empêcher que V énemi nepafsât le canal. N'efitmansfas que ce pajfage bien gardé „ la viüe eût befoin £efire fortifiée * ( bien àpropos !) queducôtéde l'eau. D’autres {plus fagement) avaient opinion , que toutela dépance. & toute la pêne employée à la conftruttion detant de forts autour de la ville , aurait efté plus utilement apliquée à la fortification de la ville meme. (Les Efpagnols inftruits & faits fages p ar nos d ifgraces , fe font depuis prévalus de ce fage confeil.) Farceque la ville bien fortifiéei elle & tout le terroir des environs eft à couvert. Car enfin, quand on pourrait réduire 1‘énemi en état de defejperer de'laprifeù de Hulft , il ne faut pas croire que pour efire maifire de la campagne d'alentour, il fe creûft efire bien payé de fa pêne : mais ce qui maintenant l'oblige de s'engager à céte entreprtfe, ce fl la fojblejfe de la ville. Rheidan s liv. XIII. de fes Annales. le conclus donc du fort au foible ; Si Hulft environné de tant de bons forts, s eft néanmoins trouvé foible & parla prévoyance des fages, & pari’ éxpériance de fols mefme; que fera ce dune ville, qui ne fera pas défonduc comme cftoit celle-ci de fortereflês t putes entières, mais de Baftions féparés, & partant de mauvaifedéfanïe î
- , (impie rampart, dénué de flanqs 8c de baftions. Et que les baftions foient de certaines allés détachés du rampart vers la campagne contre l’énemi.Leur raifon eft 5 ”ïr- £ue ftuan^ ces pièces feraient tombées au pouvoir de l’énemi, la ville; chiteüoni- néanmoins demeurerait entière , clofe de fes rampars 8c en état de lui don*
- 2Hes' eue
- ner encore de 1 exercice.
- jamais les Mais céte manière de détacher les baftions de la Courtine ne fe peut a* ’foinTfépa- prouver.Parce qu’ils ne peuvent pas,ni eftre flanqués fi à propos de la Cour-résduRam- tine, ni la flanquer fl bien, à caufe de céte diftance; d’ailleurs, la proximité pourquoi ? du baftion expofe ceux qui le défandent du rampart à un manifefte danger quand ils s’élèvent au deflus du parapét pour faire leur coup. D’avantage ceux qui font à la défance dii baftion font malaifément fecourus, fl le paflà-ge eft par un pont,qui peut eftre abatu par l’énemi.Que fl céte communication fe fait par le moyen d’une voûte foufterraine, l’aport des chofes nécef-faires pour le fecoürs, dans une ocaflon fubite, ne fe peut faire que lentement 8c avec peu de liberté 8c de comodiré. Ajoûtés à celà, qu’alors les baftions découverts de la ville font plus expofés aux entreprifes des énemis? Celà s’eft veû à un baftion pratiqué de céte façon à la défance dJune des portes de Maeftrekt , (* ) célèbre pour le fiége que le Duc de Parme (b) mit autre fois, 8c depuis peu (c) cétllluftre preneur de villes le Prince d’Orange. Car ceux qui fe trouvèrent à la défance de ce baftion ainfi détaché i Jaifîèrent la vie jufques au dernier;fans que la garnifon qui eftoit en la ville les peûft fe-courir;dautantquerénemi,qui étoit logé furie bord du fofle,ne leur permé-toit pas de faire fortie : ainflles contraignoit la néceflité d’abandoner leurs compagnons à la rigueur de l’énemi 8c à la fureur de fes armes, (d) l’ajouterai encore une raifon contre céte manière de fortification: c eft que leur défance a beaucoup moins de vigueur 8c de fermeté, 8c que l’énemi a bien moins de pêne à le maitrifer ; d’autant, que céte diftance rand la razure 8c la flanque bien moins habile 8c plus incomode, le defire qu’on me pardonne l’ufage de ces termes, pour exprimer hadion du trait, qui parti de la main, raze le long de nos ouvrages pour les nétayer 8c en dénicher l’é-nemi. Autrement quand il en eft fl proche il eft aifément à couvert, avec une tres-grande liberté de ramplir les fofles 8c de pouflèr fes galeries.
- II; Il NE FAUT POINT FAIRE DETAT NI DES FACES RONDES NI DE CELLES QUI SONT ENTRECOUPEES DE PLUSIÊURS
- A N-
- Hexham^^XXd’A Al'cxan^rc FafneYe. (c ) Friderich Henri* (A) Voyés le Iouinal de ce fiége,
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- De la Fortification Re gtftÎere. 4^
- angles, rimperfedion des premières a elle remarquée au fécond chapitre. ;
- Quant aux autres que vous verres en la Fig. XXXIII je ne les puis foufrir à caufe de la grande dépance qui ne réüflit qu a diminuer la force d 11 baftion ; Elles font plus foibles, moins propres à eftre défanduës, & fujé-tes à fe ruiner par ceux là même qui font établis pour lés défandre. Ceux qui fbuftiénent céte forte de fortification, entendent que les Flanqs, a b, e d, fervent à repoufièr plus aflurément 8c plus fortement, le mineur qui s*aprochedes Courtines, ad, 8c en. Mais quoi qu’en difentces Meilleurs , qui folement s’en font acroire à caufe de l’etrangeté de leurs imagi-nations, ils ne voyentpas, ni ne comprénent pas eux mêmes, ce qu’ils droites [ont propofent 8c veulent fouftenir. Voyés l’impertinance 8c la vanité de leur invantion. Le parapet du rampart comme font tous les autres, eft de deux diférantcs hauteurs. La plus haute regarde la ville, l’autre eft plus baffe emrZoZ 8c rampante devers le folle. Si bien que fi vous pofés le bafton à feu fur ce : &
- / ^ * * pourvu» S
- parapet,la bouche tournée vers la campagne,& le déchargés de céte façon, parle moyen de céte pante, la baie pouffee devers le fofle le percera en quelque endroit : mais fi au contraire le parapét eftoit par tout d’une hauteur égale, le moufquét en pareille pofition, poufferait fa baie en ligne parallèle de l’Horizon & né toucheroit point, ni la terre, ni l’énemi qui Ja couvriroit. Repréfantés vous maintenant un long ordre de telles machines que l’on décharge d’un même temps, elles bifferont toutes les marques de leurs coups en pareille diftance du pied du rampart, comme tout autant de points tracés fiir la terre, qui feront tous enfamble une ligne droite. Et céte ligne fera comme la borne & le dernier terme du dehors delà ville ou jios coups peuvent ateindre. Ainfi tout l’efpace qui eft en deçà vers LeUrmeAt la ville eft couvert, & ne peut eftre aperceû de nous fi nous métons l’oeil u <$. fur le réz du parapét, ni ofancé du coup de nôtre bafton pofé deftus. C’eft °£s a (Tés pour moriftrer l’inutilité du prétexte dont fe couvrent les partifans de traits en-céte opinion, quand ils difent que la défance en eft meilleure, plus aifée 3**/*U 8c plus affurée.
- III. J’improuve c.e't e structure de Courtine qjiel’on
- ENFONCE DANS LE MILIEU, POUR I PRATIQUER OU l’AnGL E INTERIEUR, hgi, ou I’e xt e r 1 eu r g h i. Parceque la moitié de , , la Courtine de l’angle intérieur g k i, ne peut pas eftre défandu de part „e enfoncée 8c d;autre, mais feulement d’un Flanq, encore bien malaifément. De plus tout cétefpace qui eft au pied de la Courtine 8c des Flanqs demeure fans rimrementt défance ; je veus dire tout ce qui eft à couvert au dedans de céte diftance ZeurïLnt qui régné tout autour du pied du rampart, à caufe que la portée du mouf neji pas *quét déchargé fur la crefte du parapét de la Courtine l’outrepaffe nécefîài- ^
- jrement : ce qui doneroit un grand avantage aux travaux 8c aux mines de l’énemi. Comme aufli pour faire les ramparts gh, 8c h i, les frais feraient •plus grands : dautantque de tout triangle les deux côtés en quelque choix qu’on les puiffe prendre, font plus que celui qui refte. Ajoutés que l’angle
- E a exté*
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- ** L I V * E P * ï M I E *,
- extérieur ofteroit à la ville beaucoup de place, & que l’on ne pourrait pa$ éviter tous les autres inconvenians que j’ai remarqués en la Maxime XIV. ù laquelle je vous renvoyé.
- IV. Ce s t e Nco re mal a propos, qu’àNarde, à Alcmar, à Amfter-au piques dam (d) & en autres lieux on a séparé les courtines en trois ZuZZi membres ou en plusieurs > dont celui du milieu s’enfonce i*n*‘*' ^ans *a vi^ePour ^a*re P^acea de nouveaux Flanqsqui feconftruifent à angles droits, comme il fe voit en la Fig. XXXV. Ce que nous avons à confide'rer. Car fi lun des Battions A, eft fufifamment défandu de l’autre B, que fervent les Flanqs ce , dn ? De céte inutile dépenfeil ne reûflit autre chofe fi non, que la ville en devient plus ferrée & plus foible ; à caufe delà forme des battions quil faudra faire plus pointus de néceflité.Car ils tirent la Razante p e du poind qui eft comun aux Flanqs & à la Courtine qui eft au milieu. Mais fi une diftance trop éloignée, empêche, que l’un des battions ne puifle eftre défandu par l’autre, (auquel cas ils font particuliérement état de céte ftrudure ; ) quand lenemi fe fera randu maiftre de l’un des principaux & ordinaires flanqs, par exemple de mo, la troifiême partie de la Courtine o d9 qui lui eft proche, & plus la Face p m9 ne fera dé-fandue d’aucun endroit de la Forterefle. La Courtine du milieu en, ne leur pourra fervir ; dautant que la difpofition de fon Flanq nd9 qui eft droit ne lui permet pas céte liberté. L’autre Flanq ah avancé lui promét encore moins d’afliftance , à caufe de fon éloignement à deflèin pratiqué.
- fi y en a d’autres de qui l’habileté mérite bien d’eftre confidérée; qui pour flanquer des nouveaux Flanqs hi9 kt9 de la Courtine i t qui eft au milieu les deux autres parties adjacentes i u9 h r9 ont mieux aimé pofer des vrais Flanqs fr, lu, fur les angles obtus des Courtines rÆ, ku, Voyésla Fig. XXXVI. Mais tandis qu’ils eflàyent d’éviter un mauvais chemin,leur aveuglement les emporte en un précipice.Ils pêchent contre la XIV Maxime, établiflent une ftrudure défedueufe à grands frais, ôtent à la ville plus de terrain que la Fig. précédante, & ne remédient à pas une de fes incomodités. Quelques autres plus entandus encore, feparent la Courtine en cinq parties, avec dautant plus d’impertinance, que de dotnage pour la ville qu’ils entreprénent de fortifier. le fuis d’avis de les laiflèr en la liberté de leurs folles panfées & de pourfuivre mon deflèin»
- CHAPITRE VI.
- tïZ’nl0" La fnaniére de trouver les tdngks Jrcbitétlonîques',
- qui eft lai* "
- \füehi dt  ^res <Iue nous avons traité de l’O r d o n a nc e , qui eft: la prémiéré partie de l’Architedure ; ilrefte de parler delà disposit ion# Difpofition, qUi eft là fécondé partie.
- }?conde.l* La Difpofition eft une aphation convenable de chaque chofe en fon vrai lieu & tion&jk~ ?a&rea^e des çompofitions de louvrage, fuivantfa qualité*
- Çivtfîm. ' • ‘A la porte d'Utrecht- IfS
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- Delà Fortification Régulière.- 45
- tes Grecs ont apelé idées les efpéces de la Difpofition, qui font s tlchnographie , lOrthographie & la Scénographie, '
- llchmgraphïe cefllufage de tracer des formes fur un fonds avec la régie & k ConfiflT°* compas. ( * ) Ainfi l’Ichnographie militaire n’cft autre chofe, qu’une repré- l^nogr^ fantation des traces que laifièroit de foi une fortereflè en l'Horizon ou en fon parallèle plain.
- Or eft il que toute defcription de fortereflè fur un plan ou fonds, com me auffi de tout autre édifice, fe fait par le moyen des lignes 8c. des angles. ver les An-Les angles mentent le premier foin de noftre recherche, dautantque parÿ^f”^' leur moyen on trouve les lignes» avant les
- Ilmefamble que céte divifion des angles ne fera point mal propre, fiânWo» nous difons ; Que les uns conviénent à la place à fortifier; les autres à la fortereflè même ; & qu’il y en a d’autres encore qui fervent à la fupputa-^i. don & au calcul»
- ufngles du Toligone à fortifier.
- I. Problème. Pour trouver ARL I’Ancle du centre, dechatme *«*"«* Polygone desFig. XXXVII. XXXVIIL XXXIX. XL XLI.&c, Le Cer-^ttl cledivifé par le nombre des côtés du Polygone donné, monftrera l’angle du lt?T*for' centre que l’on veut trouver. Par éxample le Cercle entier divîfé par qua-^’
- tre donnera au quarré l’angle du centre de 90. degrés en la Fig. XXXVlï. ainfi durefte, *
- IV. V. VI. VIL VIII. IX. X. Polygon. \
- __________Idngle du centre A R. l~ *‘° f £
- 90. 7z. 60. 51:15:43. 45. 40. 36. j QiarrCC'
- II. Problème. Pour trouver I’Amsie de la cîkconfe's^nce O AL.
- L'angle du centre ARL fouftrait du demi cercle, reliera l’angle delà Circonferance. Ainfi; l'angle du centre du Pentagone contient de 72 degrés, fi vous les fouftrayés du demi-cercle, refteront pour l’angle de 1» circonférànce du Pentagone, 108. degrés.
- IV. V. VI. VII. VIII. IX. X. Polygon.
- ' 1 —1 —........... mwii ji.j *
- îAngle de la Circonférànce O A L.
- 90. 108. uq. 12.8:34:16. 135. 140. 144. ' ^
- 180 I Le 72 >1*A r 1 1*A
- | Le demi Cercle.’ l’Angle du .centre;.
- ÎOJ { l'Angle de Ia cùèonf.
- y
- If. de fa Çirconfé7 runes.
- - ojfngles de la Forterejfe,
- III. Problème. Pour trouver rANGtE nu bastion QBE.
- La recherche du vray moyen d’établir cétAngle a excité entre les Archi- ?our trou, te&es opiniâtres divers partis dont la controverfe n’efl pas encore détermi- ^j"^ née. Il y en a , qui ajoûtans toujours 30. degrés au tiers de langlede
- <3 > Vmùy.Liv.t. Cfaap.n» JF J
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- Cefiàf, voir du Tüxfiion.
- 4$ Lihé Pu ri e
- circonferance, trouvent l’angle du Baftion ; quitte leur réuffit jamais droit: quelques autres le veulent toujours droit 8c n’improuvent pas celui qui eft obtus! Mais les Archite&es 8c les régies memes de l’art condânent l’opinion de ceux-cy i car le Quarré 8c le Pentagone n’admettënt jamais le droit : or quant à ce qui eft de luy donner le premier lieu dansl’Exagone, c’eft ce qui ne fe peut exécuter que difficilement 8c mal à propos. Quelques- uns adjoûtans toujours x5. degrés au demi Angle de ia Circonferance établif-fent par ce moyen l’Angle du Baftion, tant qu’il fe trouve droit : lequel ils retiennent aux fîiivans Polygones fans addition : Mais ce moyen les oblige de pratiquer plusieurs chofes qui font contraires à la X. Maxime. Quel-ques autres adjoûtënt toujours à la moitié du fufdit angle de la Circonférance 15^degrés; autres 2,ajufques à ce quil fe trouve droit,après quoi ils i* ne peuvent foufrir qu’on paflè plus outre. D’autres prénent deux tierces 1 de l’angle de la circonférance dont ilscompofent l’angle du Baftion, pour-veû que ces deux tierces ne paflènt point auffi le droit, qui félon leur avis doit cftre tenu comme une borne inviolable 8c ne foufrent jamais qmoa l’outrepaflè. Mais puis qu’il eft vrai que fans préjudice de la bonne ftru&u-re de la Fortification, l’angle du Baftion fe peut 8c fe doit étendre, à proportion que s’acroift l’angle delà Gà]conférance; il demeurera eii vôtre liberté de choifir celle de ces manières qui vous famblera la meilleure. En éfét, je ne m’arrefte point aux préceptes d’une,fpéculation qui n’eft foûte-nue«de fexpériance: mais on peut hardiment fe tenir, à l imitation de ceux de qui finduftrie s’eft plus éxercée à drêfïèr des Fortifications efe&ives,qu’à tracer des lignes fur le papier 8c dans le cabinet 5 C’eft à faire à l’ufage 8c à l’enemi qui affiége8c qui employé fes éforts contre une placé, de recon-noiftre, &de bien juger de la force 8c des avantages de fa fortification.
- Les plus aprouvées de toutes ces manières font,pour éxample, ces trois ci. . La première qui ajoûte xv. degrés à la moitié de langle de la circonférance, pour établir l’Angle du Baftion. La fécondé qui lecompofe de deux tierces parties dé l angle de la circonferance. Latroifiéme qui ajoûte toujours x x. degrés à la moitié de l’angle de la circonférance. Si tu le trouve bon, Le&eur, j’en ferai la fupputatibn pour ta commodité.
- Cherche donc ainfi l’angle du Baftion en la I. manière. Ajoûte 15. deg. à la moitié de l’angle, de la circonferance. Celà mis enfamble, s’il n’outre-pafté point le droit, ce fera l’angle du Baftion que iu defires. s’il excède r ou s’il eft égal, (comme il eft égal au Dodécagone 8c paffé celà il excède ) alors il faudra pf andré l’angle du Baftion dtoit ou bien de x c. degrés.
- En la première manière de fortifier.
- IV. V. VI. VII. VIII. IX. X. XL XII.
- ^ U..—... «- I .1 III . V
- L'Angle du Baftion QJB E,
- 144.. 1‘Angle de UCirconfcrmc4 "i... au x.
- 72, fa moitié.
- ’ 15. degrés.
- 60.69.75.79:17:$. Bz^o.85.87. 88:38;ii.90.
- «7. deg. l'Angle duBaflionau jl.
- En
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- DE IA FORTIF ICATÏON REGULIERE. 47
- En la fécondé manière les deux tierces parties de TAngle de la Circonfé-rance font célay du Baftion, quand elles font au defious du droiéh
- En la fécondé manière. "1 1*8:34:17- l’Angle de la Circon.
- IV. V. VI. VIL VIII. Polyg. 1 3
- v—------- ------- 1 * * IV. -- l 42. j 1.2 5. Son tiers.
- VAngle élu Bafiion QJ3 E f_______
- ------ ô j ! 85:42:50. l’Angle du Baftion au
- 60. 72. 80. 85:42:51. 90. degr. al infini, J vu.
- En la troifiéme manière on ajoûtera xx. deg. à la moitié de l’anglede la Circonférance.
- En la troifiéme manière. \ ***• l’Angle de la Circonférance.
- ÏV. V. VI. VII. VIII. IX. Polyg. ! 527~iamVok!cL L Angle du Bafiion QB E.
- r- o o o * 87:30. l’Angle du Baftion en l’O-
- 65. 74» 80. 84:17:9. 87:30. 90. J étang.
- IV. Problème. Pour trouver TAngle dv Flan<^ & de la Face
- BEF.
- Il faut ajoûter au quart du cercle la demie diférance des angles du Ba- îr. {lion & de la Circonférance, car l’extérieur BEF, que Ton defire, eft égal à EDB&DBE, intérieurs. t****
- En la première manière.
- IV. V. VI. VII. VIII. IX.
- VAngle de la Face & du Flanq F E B.
- 13 f. l’Angle de la Circonfér 82:30. l’Angle du Baftion. ,
- 52:30. la Diférance.
- 26:15. la Demie.
- 105.109:30.112:30.ll4:38:'34.n6:15,117:30.118:30. j
- 90.
- 116:15. en l’Oâang. fuivant la x. manière.
- En la fécondé manière.
- IV. V. VI. VII. VIII. IX.X.
- L3Angle de la Face & du Flanq F E B.
- r—— ' * ................*\
- 105. 108. IIO. 111:25:43. 112:30. II5. 117.
- En la troifiéme.
- IV. Vf VI. VII. VIII. IX. X.
- N*"~‘ I <11 I - I II- —.
- L'Angle de la Face & du Flanq F E B.
- t-----------------------------------------------V
- 102:30,107.110. 112:8:34.113:45. 115. 117.
- V. Problème. Pour trouver TAngle de la Capitale et de la Gorge BAF.
- Ceft le complément à deux angles droits, du Demi - angle de la Cir-conférance. 11 faut donc fouftraire la moitié de TAngle de la Circonférance, De la capi* du demi-cercle, & ce qui reftera fera pour BAF qui eft TAngle de la Ca- )aJejfrgf pitale & de la Gorge.
- En
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- 4S Livre Premiers
- En toute manière.
- IV. V. VI. VII. VIII. IX. X,
- £ Angle de la Capitale & de la Gorge B A F.
- 80. le Demi-cercle.
- 46.17.8. lamoitié de l’Angle de -------la Circonférance
- iv. Î35- 12-6. no. 115:41:52. 11 i:30. no. ÏO& j dans le vu.
- L’Angle Je la Courtine & du Flanq ejl toufjours droit, wianq. VI. Problème. Pour trouver l’Angle de la Flanquante et de Courtine.
- gUs nccef- La Demie-diférance des angles de la Circonférance & du Baftion, don-fuM ne l’angle de la Flanquante 8c de la Courtine. Ou ce qui eft le même : Toute la diférance, des angles du Baftion 8c de Circonférance, partie par moitié donne celuy que nous cherchons. Car f intérieur R A L, eft égal aux extérieurs A BI, & BIF : Ainfi quand le premier, 8c l’un ou l’autre de cès derniers font rancontrés, on ne peut pas ignorer le troifiême.
- En la première manière. \ I3J. Angle de la Circonférance.
- IV. V. VI. VII. VIII. IX. X. Baftion en roaang.
- 52:30. leur diférance.
- 26:15.l’Angle de la Courtine & la Flanquante en la i. manière.
- £ Angle de la Flanquante & de la Courtine BI F.
- 15. 19:30. 22:30. 24:387. 26:15.27^-. 28t. J L En la Seconde.
- v. vi. vi. vii. ix. x.
- de la Cour- '—.1— — -----------------—<----
- iine' L'Angle Flanquant intérieur B I F.
- 15. 18. 20. 21:15:43. 22:30. 25. 27.
- En la Troifiême.
- IV. V. VI. VII. VIII. IX. X.
- L'Angle Flanquant intérieur B I F.
- \ 60. delaCirconf. parties pif 1 40. du Baftion. > moitié dans
- V»--------------- ' l’Exag.
- . ! 20 l’Angle de la Flanquante & la 12:30. 17. 20. 22:8:34* 2,3:45. 25. 27. J Courw'ne en la 3. manière.
- VII. Problème. Pour trouver l’angle du Flanq & de la Flan-
- QVA N T E.
- Le complément à un droiâ, de l’Angle de la Courtine & de la Flanquante donne l’angle que nous cherchons : carie Triangle FEI, a un angle droiâ:. .
- En la première manière. 1
- ---- ----- ----- -- f 90.
- IV. V. VI. VII. VIII. IX. X.
- ........- .. ~
- L'Angle de la Flanquante & du Flanq FEI. , ^„s,c uc ia r
- '----------;-------;--------—;------—*—7*-^ I du Flanq en la
- 75. 70:30. 67:30. 65:21:26. 63:45. 6zt 61
- i 26:15. L’angle de la Flanquante; y . . ... & Courtine en l’O&ang.
- • 63:45. l’Angle de la Flanquante 3c
- II.
- X.
- En la fécondé.
- nu IV. V. VI. VII. VIII. IX.
- <$» de la v—............. .... *----—............— —;
- slanqnm- £ Angle de la Flanquante & du Flanq FEI.
- 75. 72. 70. 68:34:17. 67:30. 65. 63-deg.
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- 49
- De la Fortification RegulieRe.
- En laTmfiême. \
- IV. , V. VI. VII. VIII. IX. X. j 17. l’Angle de ia Flanquante,
- * ’ " *"" 1 -------- 1 ' [ ---Si de la Courtine au V.
- L'Angle de la Flanquante du Flanq F EI. Ç 73* l’Angle de laFlanquante & du
- .... - ~^ j FlanqauPentag.enla 3.ma-
- 77; 3°. 73. 70» 67:71:26. 65:15. 65. 63. deg. J niére.
- VIII. Prolléme. Pour trouver TA n g l e de Tenaille B XM. L’Angle de la Flanquante 8c du Flanq doublé efb égal à B X M; qui eft l’Angle de Tenaille que nous cherchons. Les Angles du Centre 8c du Ba-ftion le compofentaufli : car F EI, & G X B font égaux alternativement. Pareillement Intérieur G X B, eft égal aux intérieurs XRB, 8c RB X : 8c partant MXB tout entier eft égal à QB E & ARL tous entiers.
- En la première manière. \ 65.21:26.1* Angle éelaFlanquan-
- IV. V. VI. VII. VIII. IX: X.) 2 te Sc du Flanq.
- L'Angle de TenaiUe B X M. j-
- 150. 141. 135. 130:43:52. 127:30. 125. 123. J En la Seconde.
- IV. V. VI. VII. VIII. IX. X.
- -------------#---------:--------------'
- Il Angle Flanquant B X M.
- 130:4.3:52. l’Angle dcTenailleen l’Eptag, fuiyant la j. manière.
- IÏI.
- T Angle de Tenaille*
- I50. I44. I40. 137:8:34. I35. I30. 126. En la Troïfiême.
- iv. v: vi. vu. viii. ix. x.
- E Angle de TenaiUe B X M.
- 155. 146. 140. 135:42:52. 132:30. 130. 126.
- Il refte encore d’autres Angles en petit nombre, defquels 1 ’ufage eft né-ceflàire, mais ils ne font point diférans en quantité de ceux que nous avons trouvés; ce qu’un Géomètre expérimanté pourra connoître fans dificul-té, j’en donneray les éxamples fuivans en faveur de ceux-là, qui n’ont pas taAtcPexpériance.
- fB E Dy (F E II f vertical.
- l’Angle -x E B D^-eft égal à l’angle <j B I F comme alterne.
- IN L Mj 1.LRPJ Ipofé de même.
- Enfin, il eft néceflàire de remarquer, que l’Angle CLK, qui forme le Flanq, eft toujours de X L degrés en la première, 8c en la féconde manière de fortifier, nous en traiterons au foivant chapitre: mais en latroi-fiême manière, cét Angle éft du tout inutile 8c n a point de quantité qui foit allurée. Comme aufli ne font néceflàires pour le calcul, finon en ces deux feules premières maniérés, l’Angle de la Capitale 8c du Forme-Flanq M L C : 8c celui de la Face du Forme-Flanq LCM.
- IX: Prolléme. Pour trouver I’An g l e delà Capitale et du Forme-Flanq^CLM, dans le Triangle CML.
- Joignés à l’Angle Forme-Flanq, la moitié de l’Angle de la Cirçonferan-ce, ce qui reftera du demi-cercle, fera 1 Angle MLC, que vous defirés,
- G En
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- «50 Livre Premier,
- En l'une & en Vautre manière. y 40. Forme-Elanq
- ,IV. V. VI. VIL VIII. IX. X. j ÜL.ÎS3Èλ'
- poféàlaFa ?Ar%}e dc la Capitale & du Forme-FÎanq CLM. j i8o.’ demï-Ccrclc
- gi*UcML. 95- 86. 8a 75:42:51: 7^30. 70. 68. j TT^Eouricix.
- X. Problème. Pour trouver I’Angle de la Face et djlt For-me-Flanq_, MCL.
- Prenés la moitié de l’Angle du Baftion, & là joignés à l’angle de la Capitale 8c du Forme-FIanq: pour complément du démi-Cercle, vous trou" verés l’angle que vous cherchés a fçavoir celui de la Capitale & du Forme-FIanq.
- En la Prémiérè manière.
- PL VAngle -
- qui fou- IV. V. VI. VII. VIII. IX. X.
- filent la Ca- ^ . , , •. ._#
- mtme Tri- l'Angle qui cft compris entre la Face & le Forme-Flanq MCL.
- angle. ^--------------------—-----------------------;------------
- 55. 59^0. 62:30: 64:38:35* 66:15. 67:30. 68:30.^
- En la Seconde manière.
- s 72* 3o.l’Angleop-pofé à la Face. 41:15 Je demi-Angle duBaftion. > ——Pourviîi* f ii3:45-1 180.
- j 1*3:45»
- j 66:15. Enlai.ma-niérc.
- IV. V. VI. VII. VIII. IX. X.
- l'Angle de la Face & du Forme - Flanq M L C.
- 55. 58. 60. 61:25:43. 62:30. 65. 67.
- CHAPITRE VII.
- La manière de trouver les lignes Icbnographiques.
- Fig. XXXVII. XXXVIII. XXXDJ. XL. & XLI. 4 Apres que Ous avons dit au précédant chapitre, que toute I’Ichnographie, eft
- *3# IN compote d'Angles dont nous avons parlé : 8c de Lignes, qui eft ce fi font ém- qUi nQUS refte à traiter, 8c à examiner par le calcul. prjJdTL Or d’autant que la ligne n’eft autre chpfe quuiie longitude fans latitude, Vigne conu-e, ProPre de fa Nature à fe terminer en tout poind ; il nous faut ici fupofer de qui ait fa nécefîité une ligne qui ait fa quantité déterminée, de la quelle toutes les Terminée autres ayent leur fuite & leur dépandance, dont fepuiflê tirer par le mor pour en fai- yen du calcul unejufte & légitime proportion ; autrement, il eft vrav Que toutes les de la feule invantion des angles, on ne peut rien conduire, ni recueillir. , tr‘ûe ïai dit ci delfus 8c le répéterai encore, qu’un Général intelligent 8c ca~ l’on veut pable de prandre fes avantages au fiége d’une ville, ne sataquera point aux. chercher. £ourtjnes qUi £bnt plus reculées, mais plutôt fera fes éforts contre les Battions qui font plus avancés, & qui donnent plus de prife : ce qui nous oblige par conféquant, d’obferver en leur conftrudion une diftaneequifoir
- telle
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- De la Fortification Reguliere. 51
- telle, fi méfurée 8c fi proportionée au befoin de leur mutuelle défance, que l’un foit aisément 8c puifîàmment foûtenu de l’autre.
- Fai dit aufti que pour remédier à lafoibleflë des Faces, on a trouvé Les tours moyen de pratiquer les deux Flanqs forts, puiflâns 8c capables d’un grand ^Jrs%7nt éfétî entre lefquels eft la ligne Fichante affize comme arbitre 8c modérât ri- fixées en ce de toute défance 8c protedion, pour diftribuer à l’une 8c à l’autre fa jufte mefure 8c convenable proportion : Il eft donc bien aifé de juger que toute P»lfadé; raifon veut 8c ordone que ces Flanqs, ne doivent pas avoir en la ftrudure tre de fes & compofition de l’ouvrage,une diftance de ces Faces qui foit plus éloignéetraits-que la portée du moufquét ou de la machine ordonée pour fa défance;puif-que l’ofice de ces Flanqs eft de vaquer à la protedion & confervation de ces Faces. Toutfmtm
- Or eft il que nous ne reconoiftons aujourd’hui que deux efpéces de ma- {Zlfafre chines enl’ufàge des lièges, qui font les Moufquéts Biles Canons. Ainfi, de la ZluZjfre portée de ces deux Inftrumens de nos guerres, doit eftre prife toute me- prife, fmU fure d’Ichnographie militaire, toute diftance de travaux défendus 8c défan- ZïZfJée fifs, 8c tout intervalle de quelque dation que ce foit, loit protégeante ouCH dtt Cam protégée.
- La queftion eft importante : fçavoir, Ci une ville afïîége'e, eft plus feu- gue/i.onja: rement 8c mieux défandue, par le Canon, ou par le Moufquét ? vuelle ePu
- N . . r -1 meilleure
- Quant a moi, je donne 1 avantage au Moufquetades, pour les raifons défance, ou que je comprandrai au fuivant fyllogifme. Toute machine qui fait fon éfét, ^ufquét, c’eft à dire qui eft propre à repoufter 8c à refifter aux efforts de l’énemi, en m celle dtt tout temps; 8c tout lieu ; avec moins de dépanfe; avec plus d’adrefTe,8c de ZZZlllT certitude, 8c de facilité: celle-là, fans doute, mérite que nous lui don-eflamelure
- 1 / * * desouvra-
- nionsla preferance, 8c notre principal egard pour y aflujetir la ftrudure g" de ?Ar-que nous entreprenons pour nôtre défance 8c fortification. Donques pour tllfè. bien déterminer la plus importante ligne de l’Ichnographie militaire, pour v Avantage en tirer la jufte mefure qui eft nécefîàire pour ce defièin ; noftre principale 8c unique confédération doit eftre prife de la portée du moufquét, 8c non pas ^ de celle du canon. vantes.
- H me faut maintenant confirmer en detail chacune des parties qui font contenues en la propofition Mineure, amplement, 8c par la comparaifon des contraires, tirer un éclaircifièment qui reüflifle à l’avantage de la vérité. Et premièrement, que l’ufage du canon foit difficile 8c de grands frais Raifini. en poudre 8c en plomb, encore que la propofition en foit fi claire qu’élle n’a point befoin d’eftre prouvée ; je ne laifièray pas d’en produire le témoignage d’un Hiftorien, qui dit fort à propos : (a) Ainfi furent latus ceux deSteemuyk d'un orage de cinquante canons fans aucun fuccés, plus de cent mille florins i furent employés inutilement, ( dépanee qui fut faite en moins de deux jours ) la réputation de Maurice en demeura fort amoindrie, le cœur de fes éne-mis grandement élevé. De (lors les canons comancérent d’eftre en mépris & en moquerie , & fut reconu par expériance, que les Efpagnols ont raifon de les apeler, Epouvante-villains. Et certainement 9fià la défance des rampars & deshaflions
- (a) Kheidan : en l’onzième de fes Annale?. G % de
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- 52, Livre Premier,
- de terre fe rancontrent des foldats qui en reconnoijfent le droit ufage & les auantà-ges, & qui ayent la capacité de pourvoir h propos dans les occaftons, il faut avouer que le hoyaux a des refouHes, que l'on atandroit du canon inutilement. j t. Raifin. Mais je veux que Ion paflè légèrement l’importance d’une fi exceflïve dé-pance, &que les Généraux des armées s’en refervent à eux la confidération: pour m’arrêter à ce qui touche particuliérement le devoir 8c le foin d’un Archite&e*. le diray, que par l’ufage des moufquets, tant le lieu de dé-fance, que celui qui eft défendu, brillent 8c brûlent toujours, 8c verfent continuellement de nouveaux orages ; tandis que ceux du premier rang tirent 8c déchargent leur coup, ceux du fécond fe tenans prefts à leur fuc-céder , cependant que d’autres en queue fe préparent à faire leur charge, ceux-ci paroiflènt, d’autres en fuite, 8c toujours en laiflènt derrière qui font difpofés, ou qui attendent l’ordre 8c le tour de leur fonéh'on. Mais pour recharger le canon depuis qu’une fois il eft déchargé il faut un temps allés confidérable, caron ne peut pasaifément les mouvoir de leur afliéte, pour faire fuccéder en leur place d’autres qui foient chargés, mais il faut de né-ceflïté prandre le temps de les mettre en état de faire leur coup, dont l’éne-mi ne manque pas de ménager les avantages, loit qu’il agiflè encore feulement avec adrefièSc fubtilité, ou qu’on en foit venu à la force ouverte. m.Rùfo». Mais où-le temps fe perd bien plus mal à propos 8c avec plus notable
- préjudice, c’eft quand au plus Fort du danger noftre canon fe crève de lui même, ou fi 1 enemi le démonte, ou bien fi une roiie ou quelque autre pièce confidérable de fon afuft vient à manquer qui le rande inutile ; en telle feifonpeut arriver cét inconvéniant, qu’il feroit mal-aifé d’en eftimer le dommage 8c la conlequance. Car avant qu’on l’ait remonté, ou changé, 8ç qu’un autre foit mis en fa place, une heure fe paflè toute entière, 8c aùec elle toute l’occafion de s’en fervir. Mais la perte d’un moufquét eft moins que rien, celle d’un Moufqûetaire de fort petite confidération au prix de celle d’un Canonier; car en la place d’un Moufquetaire mort, un autre .& un troifiême fe préfentent d’un même temps. iv. Rnifon. Ajoûtés, que le fervice qui fe peut atandre du Canon fupofe toujours que le lieu de fon afliéte lui demeure entier 8c inviolable : s’il eft ébranlé par l’éfort de l’énetni ; ou s’il arrive que la pièce defon propre poids enfonce la place, îl nï a point de fecours à en efpérer. Mais ce qui eft préjudiciable au dernier poinél ; c’eft que fi vous entreprenés de défendre une ville par le canon, l’ordonancë de vôtre défance nefçauroit eftfe qu’imparfaite-8c défè-dueufe ; parce qu’on ne foauroit pointer le canon fur le flanq de laCourti-ne quemalaifément ; principalement fi pour évita: les moufquetades & les orages des coups dei’énemi, on eft contraint de les décharger par des ca-noniérés pratiquées par un long 8c oblique deftour dans fépaiflèur du parapet, 8c non pas fur le réz du parapet. Au contraire le moufquetaire fe range librement en tous les endroits de la place, 8c fe préfante où il eft commandé , 8c en retournera fi fon deftin le porte, 8c ne laiflèra pas de faire de puiflàns efforts, même au milieu des ruines, 8c dé faire rampart de fon
- corps
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- De la Fortification Reguliere. $$
- corps 8c de lardeur de fon courage, dans le defordre du fracas & du boule-verfcmént de fes murailles.
- Davantage, tout ainfi que les moufquetaires font propres à combatte & àrepoufîèr l’énemi qui eft éloigné ; ils font encore plus d’éfet quand i l eft proche. Mais les canons contre toute loi de bonne défance, font inutiles, y, quand l’énemi eft proche, 8c lors qu’on fe trouve réduit au fort de la be-longne ; car ils ne peuvent pas eftre acomodés à toute diftance de lès ata-ques, ni tirer contre bas pour plufieurs 8c dîverfes raifons; parceque leur liâ toujours eft égal, auquel en ce cas il faudrait doner trop de pante vers le dehors, pour faire quelque eféc au defavantage des troupes afiàillantes, quand elles s’avancent dans lesdiftances moins éloignées : Déplus, àcaufe /de la hauteur qui eft nécefiàire au parapét, ne pouvant eftre fait plus bas, que l’énemi n’en prift auantage *. D ailleurs la Nature du feu 8c de la poudre eft fi violente que toujours elle porte haut & jamais ne s’abaiffe. Enfin c>eft que la largeur tant du parapét, que du canon même, dérobe l’énemi à notre vifée 8c à nos coups. Que fi pour n’eftre point découvert jufques au nombril à ceux de l’énemi, nous defirons tirer quelque fer vice de nôtre canon, il faudrait l’enfouïr 8c l’abaifièr jufques à l’Horizon, 8c percer nous mêmes pour cét efét la clofture de noftre ville. Mais ce ferait une entrepri-fè bien dificile, 8c qui ne fert quelque fois qu’à perdre le temps 8c la pêne auec grands frais.
- Mais je veux qu’il i ait des exceptions 8c des fuites pour s’échaper de toutes ces objections, toujours ne fçauroit on nier, qu’avec cette machine il eft impoflible de prendre une mire allurée pour donner à un certain but, 8c que céte incertitude n’eft propre qu’à gâter tout, 8c à produire à nos ex-cufês une extrême confufion. Que l’on ne face point d’eftat des prodigieu-fes dépances qui font nécelTaires pour métré en ufage ces vaftes machines? Que l’on ne méte pas en confidération, qu’elles ne produifènt leur éfét que d’une fuite lente 8c entrecoupée, qui donne aux afliégeans des temps 8c des momens de conféquance, au lieu qu’il ferait à propos de les tenir toujours en allarme, de les harfêler de frayeurs continuelles, 8c de ne foufrir pas qu’ils èuflènt feulement la liberté de refpirer? Que l’on ne méte point en ligne de' conte leur pefanteur 8c leur parefte, puis qu'enfin après un grand renfort de patience,on envient à bout ? Encore quefouvent aux batailles préveuës, 8c qui fe donent à jour afligné, on ait éprouvé les incommodités de leur lourdes maffes 8c inhabiles, ce qui n éanmoins eft de leur nature, 8c fe doit fou-frir de néccftité. le fuis content de leur faire grâce de céte lenteur fi préjudiciable , 8c je veux bien recevoir pour bonnes les mauuaifes exeufes de leur tardiveté, c’eft à dire qu’une cheville fe peut perdre, qu un aiflieu peut eftre rompu, ou quelque autre famblable inconvéniant, qui ne font que trop ordinaires ? le m’abftiendray de leur faire procès touchant le lieu de leur af-fiétequi s’enfonce fou vent fi le terrain n’eft pasafles ferme : comme aufiî pour ce qui regarde leur liâ, qui de necelfité ne peut foufrir de pante, mais doit eftre égal 8c uni ? le ne veux pas encore les mal traiter, ce que néan-
- G 3 moins
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- 54 Livre Premier,
- moins je pourrois faire en bonne juftice, à caufe de leur trahifon manifefte, ne pouvant pas nier ni difîimuler leur intelligence & confpiration avecl’éne-mi, qu'ils épargnent^ n’ofancent jamais quand il eft fort proche. Je fou-friray qu’on leur pardonne ces crimes énormes & qu’on leur en permette l’impunité. Mais cependant je ne me fçaurois taire que ces machines randent fi peu d’obéyflànce à celui qui les a en gouvernement, que leurpefànteur & leur maflè les rande fi fort indociles & intraitables &fi dificiles à manier; 8c qu’enfin leur coup ne porte pas conformément à l’ordre & àl’intantion ducanonier, mais fuit lehazard, s’emporte à l’avanture & dépand bien fouvent de la rancontre d’une très - foible & très - légère circonftan-^on ce. Ces horribles nuages & ce tonnerres épouvantables de nos canons n’ont-ils point d’autre éfét, que de produire des fumées & faire du bruit-* Ou plutôt ce que nous délirons de faire avec tant d’atirail & dé dépanfo n’eft-cepas de ruiner & d’abatre certaines chofes que nous nous propofons comme un but 8c un terme où afpire noftre deflèin ? Or tant s’en faut que le fuccés correfponde à nos efpérances,que le foldat Hollandois en a fait un Proverbe, pour monftrer combien le canon eft inepte & mal propre à fui-vre la vifée & le deflèin du canonier : car ils difent que celui-là eft né fous un malheureux Aftre, qui meurt en guerre d’un coup de canon. Comme s’ils vouloient dire que ce n’eft pas la dextérité de celui qui décharge le coup, qui l’adrdfîè à la ruine de ce miférable, mais que c’eft le hazard & l’avanture qui préfident feuls à céterancontre, & que l’aveuglement du fort l’enve-lope dans ce malheur. C’eft donc une confiance bien téméraire, une efpé-rance bien mal fondée, une prévoyance bien vaine, de hazarder l’importance de nôtre falut &la confèrvation de nôtre ville, à lefét d’une machine indocile, intraitable, indontable, que nul foin, nul artifice humain ne peut aprivoifer, ni en corriger les défauts. Voyons maintenant quelle eftl’a-drefîè & l’habilité du moufquét. Si avec ce bafton un bon tireur eft aflîiré d’abatre un petit oifeau volant en l’air à tire d’æfle ; n’eft-ce pas une chofè bien plus aifée d’ateindre un foldat fur fon bacinet élevé, ou un cavalier monté à l’avantage fur un puifîànt cheval, armé de toutes pièces > Il i a de ces étourdis qui font gloire d’atandre les coups de canon, mêmes au dedans de l’efpace de leur portée, qui tournent bravement les talons aux moufquetades ; 8c de ceux-là mêmes qui difent merveilles de l’ordre infaillible des deftinées 8c de l’éfét inévitable qui procède de la fuite des caufès referrés dans les threfors de l'éternité.
- le me garderay bien de blâmer leur prévoyance, ni de les taxer d’impru-dance, ou d’impiété ; tant i a, que le canon, qui ne contient en fon ufage, rien de plus a fleuré que fon incertitude, rien de plus ordinaire que fa difficulté , 8c duquel on ne peut faire état pour ateindre à un but deftiné, fe con-dâne allés de lui même, pour n’être point admis en qualité de principale 8c plus necefiàire partie de nôtre défance. Si ce n’eft peut eftre que nous n’euffions autre deflèin que de fandre l’air avec tout ce grand apareil ; au lieu que nous devons panfer férieufement à trouver les moyens de ruiner 8c deranverfèr nos énemis, 8c à randre en toute façon leurs éfîbrts inutiles.
- le
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- De la Fortification Régulière. 55
- le ne youdrois pas néanmoins que mon dire fût interprété, comme fi je voulois’abfolument condâner l'ufàge du Canon. le fuis dacord qu’il eft utile, mêmement nécefïàire pour la défance des villes. Ileftvray pourtant qu’on ne peut pas en efpérer toujours une pareille commodité, en tout temps, en tous lieux, ni en toutes les occafions qui dépandent du hazard 8c de la Fortune. Je ne feray donc point difficulté d’atribuer le premier rang dans la défance d’une ville, au Moufquét, fans comparaifon plus adroit &
- Iplus habile. le donne en fuite quelque lieu au canon, 8c ne doute point que fon n’en tire quelque fecours, principalement à caufe de fon éfroyable tonnerre. M ais à mon avis il n’en faut pas efpérer davantage, que fuivant la manière de faire la guerre des anciens j on en pouvoit atandre de ces horribles éléphans (^ ) qui ne fuivoient que bien rarement le deflèin de leur gouverneur , pour fe porter dans les endrois où leur fervice eût efté nécefiài-re, mais fuivoient bien fou vent rimpétuofité de leur boutade 8c le hazard.
- La plus puifîante 8c la plus importante raifon, prife du faliit 8c de la feu- vu.àtjer. retéde la ville,que nous voulons garantir de l’outrage d’un fiége* 8c que i’ay^v* ***’ refervée pour métré à ce difeours une dernière main, cft celle-cy ; Il faut presque croire, que pour reüffir au deffein que nous avons de la conferver avec éfi-cace 8c heureux fuccés, il eft befoin, que toutes les forces 8c toutes les trou- fleures pesqui font ordonnées pour fa défance * confpirent 8c concourent enfem- "Toitîfill ble à la fecourir de toute forte d’armes 8c de'traits 8c d’artillerie tant grof- pnfi* 1» fe que menue 5 céqui ne peut jamais reüfli*, fi ce n’eft lors que la manié-re 8c la mefure de fa fortification, tire fa détermination de la portée du moufquét. Car fupofé que la ligne Fichante préne fon étanduë de la portée du moufquét, toute la garnifon peut aifément contribuer enfamble tout fon fecours à la défance de la ville : D’autant, que non feulement de la Face qui feroit ataquée on peut tirer des moufquefades fur les aproches de l’énemi; mais auffi des Flancs deftinés d’ofice à la protedion de la Face,nos moufquetaires combatront puiflàmment pour fa confervation, quand l’é-nemi fe trouve en ce lieu beaucoup au dedans de la portéede leursarmes:Et c’eft principalement de ces Flanqs que la groflè artillerie pointée à propos 8c favorifée d’une diftancejufte 8c raifonnable, produira de notables éféts*
- 8c que par l’éfort de fes boulets, ou même chargée de baies de moufquét, elle ranverfera 8c bouleverfèra comme un foudre les plus importans travaux de l’énemi qui fe préfanteront- au dedans de leur portée, à la ruine de i’afiaillant, quelque vaillant 8c courageux (b) qu’il foit. Si au contraire on afïùjétit les proportions de la Fortereflè à la mefure de la portée du canon,
- il
- ( a ) Plujîeurs Eléphans furent tués plutôt de leurs gouverneurs mime, que far l'énemi. Ces gouverneurs avaient en main un cizxau avec un marteau. Quand ils reconotjjoient que ces animaux eomenf oient de s‘éfaroucher & de s'emporter au dommage de leurs propres troupes, le maiftre enfonçait le ciz,eau entre lçs oreilles de fin Eléphant à 1‘endroit ou le lefie fi joint au col. & Ventamait de toute fa force. Ûn avait trouvé ce moyen de le faire mourir prontement , depttit qu’une fois en avait perdu l’ejpérance de le maitrifir. Tite Live, liv. ïxv. (b) Le trouble neftoit pas moindre
- dans la ville , qu’il avait efté en plain combat : La peur faifiit abandoner les corps de garde, chacun quitoii fin rang, les murailles étoient abandonées, tout fautaient & cherchaient le moyen de fi fauver au plut proche endroit qui fi préfantoit».
- £cipion conoiffant que les rampars étoient fansdéfanfi , fit donner le fignal d’un ajfaut général à toute fin armée , & commanda que les échèles fnffcnt pofées. Et lui mime couvert des pavois de trois vaiUans jeunes hommes qui marchoient devant lui ( car déjà les traits voloient de tous côtés des murailles de la vide) s’aprocha de la ville. Tic. Live , liv. xxvi.
- Il faut bien que les traits & que les machines des anciens fuflènt des jeux d’enfant : A fçavoir fi nos moufquetaires 3c canoniers d’aujourd’hui foufriroient que Scipion pût s’aprocher d’une rauraiUc.fous la feule défanle de fes trois boucliers.
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- $6 L ï V R E P R E MIE R,
- il s’enfui vra que par un grand efpacedu pourpris&du circuit de la ville l’ufage du moufquét ne fera ni utile, ni néceflàire ; & qu’il fera befôin de fe pourvoir d un plus grand nombre de canoniers, que de moufquetaires, ce qui feroit tout à fait ridicule. Et partant c’eft une erreur infuportable en bonne Architeâure, de régler la mefure d’une for ter elfe, fur la portée du canon.
- La portée' ' QPE L A POR.TE'EDU MGUSQUE't, SOIT DONC LÀ MESURE IM-du Molff-6 M U A B L E ET INVARIABLE DE LA CONSTRUCTION DE TOUTE FOR^
- LX fermes,TERESSE- Ce font LX vergesRhynlandiqucs, ou DCCXX piéds de cefont Dcci&hin^ ou bien DCpiéds, au conte deceuxquipartagentlavergeRhin-fow^Slandiqueenx piéds feulement : On tient vulgairement que le Moufquét xT' Peut porter à céte diftance, avec éfet & certitude. pieds: ou Mais fi pour la défance de la ville on fe vouloit fervir de ces grands mou-^deia verge fquéts qu’on apelle Harquebufes à croq, on pourrait étandre céte mefure fMxJéds * iues à L X X X verges.
- ***** *’ Quant à ceux qui fans avoir égard à nôtre opinion, fe voudront régler à la portée du canon, 8c métré en pratique céte ftrudure que nous con-dânons , fuivant la diférance des efpéces 8c les calibres dont ils defireront fe fervir, ils fe pourront étandre jufques à C ou CXX piéds au deçà, ou au delà du point défanfif le plus éloigné, fuivant ce qu’ils jugeront eftre plus à propos.
- tsivifim Ot toute Fonerejfe que l’ôn veut défandre par moufquetades, dont nous dejfF°fe~ avons a *‘eG^ierG^ef les lignes préfantement ; fuivant ht divifion que les In-•vant leurs génieurs prefcrivent, fë diftribue, en celle qui efl: Grande, ou Petite, ou Médiocre. La Grande efl; celle, de qui la ligne Fichante s’étand autant que la tente* portée du moufquét : La Petite efl: celle, dont les Baftions font posés en la-
- i&oyemes. ^ ^fiance: La Médiocre efl: métoyenne entre ces deux,& efl: celle dont la ligne Fichante ne s etand pasjufques à la mefure de la portée du Moufquét mais la furpaflè en la diftance de fes Baftions.
- Quant à moi je n’entreprens de calculer qu’une feule manière de Fortification : à fçavoir, celle dont la ligne Fichante feprand à peu prés de la por-verfurla' tée du moulquét : mais à proportion de celle-ci, s’il arrive qu’il en foit be-'dTxxfv ^oaî ’ d ne ^era Pas ma^ • aifé parvenir à la fupputation des autres.
- verges, la céte mefure donc préfupofée, 8c déterminée à peu prés, comme nous XXXVI-& avons dit, apres que nous auronsdone-XXÏ V verges Rhynlandiques à la ^Formfngle Fac€: XXXVI à la Courtine i & que nous aurons toujours retenu XL degrés nanq pris pour l'Angle Forme-flanq : 8c que nous aurons pris XAngle du Baftion, fuivant Atmus fef l°r<^re établi en la i.& en la%.manière de fortifier, (car l’une vaut l’autre,& mtres Hg- en toutes les deux on fe fert d’une même fupputation ) comme il fe voit au uknÿuef précédant chapitre : toutes ces chofes ainfi pofées, nous trouverons par le voUgonT m°yen de la Trigonométrie, toutes les autres lignes 8c tous les angles de fuivant la iM Fortereflè que nous defirons fuivant ces Problèmes, en céte façon.
- niéredefor- I* Problème. Pofee là Face et les Angles du triangle B E D tifier. des Fig. X XX V II. XXXVIII. 8c fuivantes : Pour trouver BD, la
- . Sur-
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- I. Table Ichnographi qji e
- Des Forter effet confirmées félon la première manière de fortifier.
- Pag.jtf.
- Polygones à fortifier. | IV. | V. | VI. | VII. |VIII.| IX. | X. | XI. j
- Les Angles des Fig. XXXVII. & fuivantes, & XLVIII. Si fuivantes.
- Ou Centre. ARL. 9° 72 60 5i.25.43 45 40 ! 3M3-38
- ' DçlaCirconf. O AL. 9 o 108 120 I28.34.i7 135 140 T44 1147.36.22
- DuBaftion. QJ3E. 6o 69 75 79.17. 8 82. 30 85 87 | 88.38.1j
- Flanquant inter. BIF. *5 19. 30 22*30 24.38.34 26. 15 27. 30 28. 30 ! Z9*I9* 5
- Soûten. la Capit. MCL. 55 59- 3° 6z. 30 64.38.35 66.*ij 67. 30 68. 30 | 69.19. 6
- SoûtenantlaFace CLM. 91 86 80 75.42.51 72. 30 70 68 I 66.21.49
- Le Forme Flanq. eu. 4° 4° 40 40 40 40 ! 4° ; 40. 0. 0
- Les lignes Ichnographiques des grandes fortereffes de la première manière.
- La Courtine. F K. 36. oo 3 6. 00 36. 00 36. 00 36. 00 36. 00 36. 00 36. 00
- La Face. B E. 24. oc 24. 00 24. 00 24. 00 24. 00 24. 00 24. 00 24. 00
- La Surface. B D. 25. iS 2 2. 6z 22. 17 21. 18 21. 52 21. 29 21. 09 20.95 |
- La Gorge. AF. 9• 10. 44 11. 36 12. 10 12. 73 13. 22 13.65 14. 02
- La Capitale. AB. *9- 71 20.73 21. 61 22. 38 23. 03 23. 60 24. 08 24. 50
- LeFlanq. £F. 7* 74 8.76 9- 54 10. 16 10. 66 ii. 09 ïi. 45 il. 76
- Le Second-Flanq 1 K. 7. 10 11. Z7 12. 98 13. 86 *4-37 14.69 14.90 15.05
- La Fichante. BK. 60. 80 60. 07 61. 11 61. 61. 33 61.43 61. 51 6l. 59
- La Razante. BI. 5 3* 9i 50. 24 48. C)2 48.35 48. 11 48. 02 48. 00 48. 02
- LePolyg. intéri. AL. 54-45 56.88 58-73 60. 21 61. 42 62.43 63. 30 64. 04
- LePolyg.extéri. BM. 8î. 36 81. 25 8°. 35 79-63 79- 05 78.58 78. 18 77.85
- Petit demi-diam. RA. VA» OO 48. 38 58.73 69.37 80. 25 91. 27 102. 42 113.63
- Difta. desPolyg. F D. *3- 95 16. 77 18. T. ( 2 0. l6 21. 28 22. 17 22. 90 23* 51 .
- Les lignes Ichnographiqnes des petites for ter effes de la première manière.
- La première manière a les fuivantes particularités. La Courtine de XXXVI Verges. La Face de XXIV Verges. l’Angle Formc-Flanq tous-jours de X L deg. Quant à l’angle du Baftion il elt com-pofé de la moitié de l’angle du Polygone a fortifier, l’ayant premièrement augmantéde XV degrés. FK. BE. BD. 26. 22 17.48 16. 88 26. 58 17. 72 16. 70 26. 88 17.92 16. 55 27. 12 18. 08 ï6-43 27. 32 18. 29 16. 33 27. 48 18. 32 16. 25 27. 62 18. 41 16. 18 2 7. 74 18. 49 16. 13
- AF. A B. EF. 6. 72 *4- 37 5.63 7.70 15. 30 6. 46 8. 48 16. 13 7. 12 9. II 16. 86 7.65 9. 64 17. 48 8. 09 10. 09 18. OJ 8.46 10. 47 18. 48 8. 78 10. 80 18. 88 9. 06
- IK. BK. BI. 5- *7 44.29 39. 27 8* 32 45* 02 37. 10 9.69 45-63 36.53 10.44 46.14 3*. 43 10. 90 46. 55 36. 52 11. 21 46.91 36. 67 n.43 47. 20 36. 84 11. 59 47- 47 37.01
- A L. BM. 39. 66 60. 00 42. 00 60. 00 43.85 60. 00 45. 36 60. 00 46. 61 60. 00 47. 66 60. 00 48. 58 60. 00 49- 55 60. 00
- RA. FD. 28. 04 10. 16 35-72 12. ?8 43.85 13.97 52. 26 15.19 60. 91 16. 15 69. 68 16. 92 78. 60 I7* 57 «7- 57 18. 11
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- La II. Table Ichnographi qji e
- Des Forterejfes conjîruites fuivant notre fécondé manière de fortifier.
- Polygones à fortifier. IV. 1 V. 1 VI. | VII. ! |vin • 1 ix. 1 x. | XI.
- Les Angles pour la fécondé manière.
- Du Centre. ARL. 9° 72 60 51.25.43 45 40. 32.43.38
- De laCirconfér. O AL. 90 108 120 128.34.17 135 140 *44 147.16.22
- Du Baftion. C^BE. 60 7* SO 85.42.51 . 9° 90 90 pO.àl'iaSn,
- Flanquant inter. B I F. M 18 20 ZI-25-43 22. 30 25 27 28.38.II
- Soûten.la Capit. MC L. 55 58 60 61.25.43 62. 30 65 67 68.38.II
- Soutenant la Face C LM. 95 86 80 75.42.51 72. 30 70 •68 j 66.2i.49
- Le Forme Fianq. CL K. 40 40 40 40 4° 40 1 ! 40 ! 1 • * 40.
- Les lignes Ichnographiques des grandès Forterejfes pour la féconde manière.
- La Courtine. F.K. 36. 00 36. 00 36. OO 36. 00 36. 00 36. 00 36. 00 36. OO
- La Face. B E. 24. oc 24. 00 24. OO 24. 00 24. 00 24. 00 24. 00 24. OO
- La Surface. B D. 2*. 18 22.82 22. 55 22. 34 22. j7 21.75 21. 38 21.06
- La Gorge. AF. 9. 2* 10. 83 12. OO j 2. 90 13. 63 ï3-83 14. 02 14. 19
- La Capitale. AB. 19. 75 20. 40 21. IO zi. 75 22. 32 23. 15 13.83 24. 40
- Le Fianq. EF. 7* 74 9. 09 IO. 07 10. 83 11. 44 11. 61 11. 76 11. 91
- Le Second-Flanq IK. 7. 10 8. 03 8. ,3 8. 41 8- 39 11. 10 12. 91 I4.‘ 19
- La Fichante. BK. 60. 80 61. 10 61. 34 <5i-54 61. 72 61. 71 61. 70 61. 68
- La Razante. BI. 53 53-4* 55-44 55-^5 53.89 5i-47 49.9i 48.85
- Le Polyg. intéri. AL. 54- 45 57. 66 60. OO 6l. 8l 63. 26 63. 67 64.04 64.38
- Le Polyg. extéri. BM. 82. 36 81. 65 81. IO 80. 68 80. 35 79. 5° 78.77 78.13
- Petit demi-diam. RA. 38. 50 49. 05 60. OO 70. 80 82. 66 93. 08 103. 62 114. 26
- Difta. des Polyg. FD. J3- 95 16. 51 l8. 28 19. 60 20. 62 2^75 22. 66 23.41
- Les lignes Ichnographiques, des petites Forterejfes, de la fécondé manière.
- FK. 26. 2 3 26. 45 26. 63 26.77 26.88 27. j7 ' 27. 42 27. 65
- BE. 17.48 17.64 17. 7 6 17-85 17. 92 18. 11 18. 28 18. 43
- B D. 17.93 ï6. 77 16. 68 16. 61 16. 56 16. 41 16. 29 16. 17
- En cete fécondé AF. 6. 72 | 7.96 8. 88 9- 59 10. 18 10. 44 10. 68 10. 90
- maniéré la Courtine eft de XXXVI A B. . .m- v\ H- 99 15.61 16. 18 16. 67 17. 47 18. 15 18. 74
- Verges. La Face de EF. 5-<4 6. 68 7- 45 8. 05 8. 32 8. 76 8. 96 9- 15
- XXIV. l’angle
- Forme Fianq tou- IK. 5. *7i 5*9P 6.16 6.25 6.27 8. 38 9- 83 10. 90
- jours de XL deg. BK. 44. 2944. 90 45. 38 45-77 46. 09 46.57 47. 00 47- 37
- l’Angle du Baftion égal à deux tierces BI. 39. 27 39. 25 39. 54 39. 88 40. 24 38.85 38. 02 37-51
- de celui de la Cir-
- conférance. A L. 39.67 42.37 44. 39 45-97 47.24 48.05 48.78 49. 44
- BM. 60. 00:60. 00 i- 60. 00 60. 00 60. 00 60. 00 60. 00 60. 00
- RA. 28. 05136. 04 44: 39 . 52.65 61. 72 70. 25 78- 95. 87.75
- F I). 10. 16 j 10. 25 13. 52 14.58'“ 15.40 16. 42* 17. 26 17.98
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- La I. ôc II. Table Ichkogràphi qji e
- Des FortereJJes conftruites fuivant la première feconâe manière.
- 1 |XII. | XIII. | XIV. XV. |XVI. 1 XVII. 1XVIII.I XIX. | XX. | Bafti. plats.
- Fig. XXXIX. XL. XLI. Item XLVIII. XLIX . L. LI. LII.
- ARL. 3° 27.41.32 25.42.53 24 22. 3c D 22.10.35 ; 20 18.56.4- 4. 18 0.0.0.
- O A L. 150 152.18.28 I54*17* 5 156 157. 3e 3 I58.49.25 ; 160 l6l. 3.1( 5 162 180
- QBE. 90 90 90 90 90 90 90 90 90 90
- BIF. 3° 31* 9**4 32. 8.34 33 33*45 ; 34.24.42 ‘ 35 5 36 45
- MCL. 70 71* 9.14 72. 8.34 73 7F 45 ; 74.24.42 : 75 75-JI-3Î l 76 85
- CLM. *5 63.50.46 62.51.26 62 61. 15 ; 60.38.1J ) 60 59.28.2: l 59 5o
- CLK. 40 40 40 40 4° 40 40 40 4° 40
- Des grandes Fort, de la I & 11. manière: à fçavoir de celles dont la ligne Fich.eft de LX Verg.
- FK. 36. 00 36. 00 36. 00 36. 00 36. 00 36. 00 36. 00 56. OO 36. oc 1 36. 00
- BE. 2,4. 00 24. 00 24. 00 24. 00 24. 00 24. 00 24. 00 24. OO 24. 00 ' 24. 00
- B D. 20. 78 20. 54 20.32 20. 13 19. 96 19.80 19. 66 !9- 53 19. 42 16. 97
- AF. 14. 54 14.48 14.61 ï4. 72 14.83 14.92 15.01 ï5* 09 15. 17 16. 97
- AB. 24. 88 25. 30 25.67 25.99 26. 28 26.54 26.77 26. 98 27. 17 31. 21
- EF. 12. 04 12. 15 12. 26 12. 35 12. 44 12.52 12. 60 12. 66 I2* 73 14. 24
- IK. I5* 15 15. 89 16.49 16. 98 17.38 17. 72 18. 01 18. 26 18. 48 21. 76
- BK. 61.66 61. (55 61.63 61. 62 61.62 61.61 61. 60 61. 59 61.57 61. 48
- BI. 48. 07 47*49 47*05 46. 68 46. 39 46.16 45.96 45-79 41-«5 44.14
- AL. 64, 69 64.9$ 65. 22 65.45 65. 66 65.85 66. 02 66.18 66. jj 69. 94
- BM. 77* 57 77.08 76.64 76. 26 75.91 75.6° 75* 32 75.06 74. 8j <%>• 94
- RA. 124. 97 I35* 74 ï46. 53 *57* 39 168.33 179. l8 190. 10 201. 05 2 n* 99, 00. 00
- F D. 24. 04 24. 57 25.03 25.43 25.78 2 6. 09 26. 36 26. 61 26.83I 31.21
- Des petites Fort.de la I. & II. maniérerdontlaDiftance des Baftions BM eft de IX Verg.
- FK. 27.84 28. 02 28. 18 28. 32 28. 45 28. 57 28. 68 28. 78 28. 86 30. 88
- BE. 18. 56 18. 68 18. 79 18.88 18.97 19. 05 19. 12 * 19. 18 19. 24 20. 59
- B D. 16. 07 Ï5-99 15. 91 15.84 15.78 15.71 15. 66 15.61 J5* 57 14. 56
- AF. 11. 09 11. 27 ii*44 11. 54 11. 72 11. 84 n.95 12. 06 12. 16 14. 56
- A B. 19. 24 19. 69 20. 10 20. 45 20. 77 zi. 06 21. 33 21. 57 21.79 : i6. 76
- E F. 9- 31 9. 46 9. 60 9. 72 9. 83 9. 94 10. 04 10. 12 10. 21 ] [2. 21
- IK. 11. 71 12. 37 12. 91 13. 36 I3* 74 14. 06 *4* 35 14. 60 14. 82 i -8. 66
- B K. 47. 69 47* 99 48.25 48. 48 48.71 48. 90 49. 07 49. 23 49* 37 5 2. 72
- B I a 37- 36.97 36.83 S6-73 36. 67 36. 63 36. 61 36. 60 36. 60 3 7. 86
- AL. 5°. 03 50. 56 51. 06 5T* 49 51.90 52. 26 52. 29 52. 90 53- 18 6 0. 00
- B M. 60. 00 60. 00 60. 00. 60. 00 60. 00 60. 00 60. 00 60. 00 60. 00 6 0. 00
- R A. 96.66 105. 66 114. 72 123. 83 ï33* 05 142.21 151.43 160.71 1 69. 98 à l’infini.
- F D. 18. 59 19. 13 19. 60 20. 01 20. 38 20. 71 21. 00 21. 27 21. 51 2 6. 76
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- IL eft à propos de faire précedér cét avis ? fur toutes les Tables Ichno-graphiques qui fuivent : que nous n’i comprenons que les lignes les plus nécefîaires des Forterefles, dont la conoiftance dépand de la feule Trigo-’nométrie: quant aux autres que nous avons omifes de fait davis, celui qui fera capable de bien fiiputer, les pourra fupléer aifément, par addition & fouftra&ion. Par example : Que le grand demi-diamétre d’un Quindecangle à fortifier foit de 138. 38 (2. à fçavoir étant compofé de la Capitale B A de 27. 99 (z &du petit Demi-diamétre R A de 177. 3 2 (2. du même Polygone. Pareillement,. le Prolongement du Flanq du Dodecangle fera de 12. Verges 5 car en fbuftrayant F E, le Flanq du même Polygone de 12*04 (2 de FD là diftance de fes Polygones de 24. 04 (2, reliera E D le prolongement du Flanq que l’on defire. On aura de céte façon le Complément de là Courtine, fi de toute la Courtine on retranche Ion Flanq : On aura de même la partie libre de la Razante, en ôtant la Face de la mêiiieRazaiite&o.
- Au relie nous avons cét avertiSèment à doner en ce qui eft de la 11 Table, dediée à notre leconde manière fie fortifier, que c’eft avéc rai-fon qu elle fe termine en 1*Undecangle* atandu, qu’en tous les autres Polygones qui le furpalTent,les Forterelfes de la fécondé maniéré,ont toutes les mêmes lignes Ichnographiques que celles de la prentîere manière • Dont la raifon eft évidante, entant que des mêmes fupofitions, fuivent nécelTai-rement les mêmes lignes. Car au Dodecangle de la première manière, l’angle du Baftion commance d’être droit,par hypothefe, tel & de la quantité qu'il eft en la leconde manière conftituée, & les autres quatre fupofitions ne font point diférantes : puis qu’en l’une & en l’autre les Faces & les Courtines font les mêmes en quantité, pareillement aulîï les Angle de la circonférance Dodécangle, & les Forme-Flanqs font les mêmes,*partant, toutes & chacunes les lignes que l’on devra chercher feront aulli Tes mêmes : Deforteque la même Tablepoféeenla 3. partie de ce feuillet, fervira feule pour le XII & pour tous les autres qui le furpalfènt, en toutes les deux manières de fortifiér.
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- Pag.*<?.
- Petites Tables Ichnographi qji e s Proportionnes pour la III manière de Fortifier.
- ' IV. | V. | VI. 1V11.1V111.11X. 1 x. | XI. | XII-
- Pofd le coté, extérieur BM de 70 Verges. -
- La Courtine, F K.. *0. 40 3°. 77 31» °7 31, 31 31* 51 31.70 31- 95 32. 22 32.48
- La Face. . BE. 20. 30 20. 51 20. 71. 20. 87 21. OJ 21. 13 21. 32 21. 50 21. 66
- La Surface, BD. ip. 78 19. 71 19. 46 i9* 33 19. 23 19. 14 18. 99 18. 8l j8. 78
- La Gorge. AF. 10. 3 6 10. 91 11. 38 11.7I 12. 10 12. 19 12. 39 12. 68 12. 89
- La Capitale. AB. *3- 37 14. 82 16. 16 17. 42 18.73 19. 87 21. 38 21.94 22.43
- LeFlanq. EF. 5- 07 5.5>» 6. p6 7. 82 8. 85 9. 61 jo. 65 10. 72 10. 82
- Le Second-Flanq. iK. 7. 50 11. 19 12. 10 12. 05 11. 62 10. 92 ij. 02 12. 56 13. 89
- Le coté intérieur. AL. 51. 10 52. 59 53- 8? 54.87 55-73 56. 25 5<S- 77 57.64 58. 42
- Le petit demie!. RA. 36. 12 44. 94 53-83 63. 22 72. 81 80. 78 90.85 102. 26 112. 59
- La Dift.des Polyg. FD. 9• 45 11. 84 iJ-99 I5* 71 17. 22 18.61 20. 31 21. 04 zi. 50
- Pofde la Dijîance des BaJUons BM de ;o Verges,.
- La Courtine, FK. 21. 71 21. 98 22. 19 22. 37 22. 51 22. 65 22. 85 23. 03 23. 20
- La Face. BE. I4. 50 14.65 14. 78 14. 91 15. 01 15. 09 15. 23 15. 36 15.47
- La Surface. BD. I4. IJ 14. 01 r3- 9° 13.81 x3- 74 1 >• 75 *3- 57 13.44 13. 34
- La Gorge. AF. ?. 40 7- 79 8. 12 8. 41 8.64 8. 70 8.85 9. 06 9. 21
- La Capitale. AB. 9- 55 10. 58 n. 54 12. 44 15.38 14. 19 15. 27 15.67 16. 02
- Le Flanq. ËF. 3. 62 .4. 27 4. 97 5.58 6. *5 6. 93 7. 6l 7. 66 7- 73
- Le Second-Flanq. IK. 5- 35 7- 95 8. 64 8. 61 8. 30 7. 80 •7.87 8. 97 9. 92
- Le coté inferieur. AL. 5° 37* 57 38. 45 39. 19 39. 81 4°. 17 4°- 55 41* 17 41- 73
- Le petit demid. RA. 25. 80 37- 95 38. 45 45..J6 52. 01 57. 70 65. 61 73.04 80. 43
- La Dift.des Polyg. FD. 6- 75 6. 46 9. pp 1.1. 22 12. 30 13. 29 14. 51 15. 03 15.36
- Pofee la Dijîance desBafiioîjs B M de 2y Verges.
- La Courtine. FK. 10. 85 10. pp 11. 10 11. 18. 11. 25 11.32 TJ. 42 11. 52 11. 60
- La Face. BE. 7.25 7. 32 7- 39 7- 45 ! 7. 50 7- 54 7. 62 7.68 7-73
- La Surface. BD. 7. 06 7. 00 6.95 6. 90 6. 87 6. 84 6. 78 6. 66 6. 67
- La Gorge. AF. 3.7° 3. 89 4. 06 4. 2°! 4. 32 •4- 35 4- 42 4-5 3 4. 60
- La Capitale. AB. 4- 77 5.29 5-77 6. 22 j 6.69 7- °9 7.64 7.85 8. oi
- LeFlanq. EF. j. 81 2. 13 2. 49 2. 79 ! 3.12 3- 47 3. 80 3.8? 3.86
- Le Second-Flanq. IK. 2. 66 3-99 4. 32 4. 30 ; 4* M 3. 90 4. 7 2 4.48 4. 96
- • Le coté intérieur. AL. 18. 25 18. 78 r9. 23 19- 59|I9* 90 20. 09 20. 27 Ô 00 20. 86
- Le petit demid. RA. 12. 90 15.98 19. 23 2 2. 58 ;26. OO 2$. 85 32. 80 43. 82 40. 22
- La Dift.des Polyg. FD. 3- 37 4.23 4- 99 5.61 i 6. 15 6. 64 7. 26 7.92 7. 68
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- La III. Table Ichnographiqjje Des Fortifications confirai tesfuivant nôtre troifiême maniért_, •
- Polygones à fortifier. | IV. | V. | VI. | VII. | VIII* | IX. | X. | XI.
- Les Angles des Figures XLII. XLIII. XLIV. XLV. XLVI.
- Du Centre. ARL. 90 72. 60 51.25.43 45 40 36 3M3-33
- De la Circonfér. O AL. 90 108 120 128.34.17 135 140 144 I47.l6.22
- Du Baftion. QBE. 74 80 84.17. 9 87-3° 90 90- J '90
- Flanquant inter. Bï F. 12. 30 17 20 22. 8.34 23.45 25 î7 ; 28.38.II
- De la Razante £c du Flanq. F E I. 77. 30 73 70 67.51.26 66.15 63 j 61.21.49
- 1 Les lignes Ichnographiques des grandes FortereJJès, de la troifiême manière.
- La Courtine. La Face. LarSurface. F K. B E. B D. 36. OO 24. OC 2$. 4* 36. 00 24. OO 22.95 36. 00 24. OO 22. 55 36. OO 24. OO 22. 23 36. 00 24. 00 21. 97 36. 00 24. 00 21.75, 36. 00 24. 00 21. 38 1 36. OO 24. OO 21. 01
- La Gorge. La Capitale. Le Flanq. AF. AB. EF. 12. 24 15. 8j 6. 00 12. 77 l7-33 7. 00 ÏJ. 19 ï8. 71 8. 00 13-53 2 0. 03 9. 00 13. 82 21. 29 10. 00 13.85 “• 57 11. 00 I3- 94 24. 07 12. 00 14. l6 24.49 12. OO
- Le Second-Flanq La Fichante. La Razante. IK. BK. BI. B. 94 60. 47 51.72 13. 10 60. 55 47- 94 14. 02 60. 66 47- 39 IJ. 89 60. 96 47.87 13.27 61. 20 48.83 12. 41 61.49 5°. 03 12- 41 61. 78 50.43 14. 02 61. 66 49. 04
- Le coté intérieur. Le côté extérieur AL. B M. 60. 47 82. 86 61. 54 81. 90 62. 39 81. 10 63. 07 80. 46 63. 64 79-93 63. 69 79.5° 63.89 78, 77 64.33 78.13
- Petit demi-diam. La Dift. des côtés R A. FD. 42. 76 ,iï. 19 j 52. 34 113. 86 62. J9 16. 21 72. 68 18. 05 83. x5 119- 67 91.76 21. 14 io5.38 22. 90 114. 14. 23. 50
- Les lignes Ichnographiques des petites Forterejjes, pour la troifiême manière.
- En céte troifiême roa-nie're de fortifier , la Courtine cftde XXXVI Verges : La Face de XXIV. Pour faire l’angle du Baftion,on ajoute toujours X X degrés au demi-angle de la Cir-conférance. Et de plus on fupofe toujours le Flanq au I V de 6 verges,au V- de 7, au VI. de g, au VII. de 9, en VIII. de 10. au IX de 11 > au X. de 12 Verges,laquelle dernière quantité' eft maintenue invariable en tous les autres Polygones, FK. B E. BD. 26. 06 126. 57 17. 38 17.58 16. 96 116. 81 26.. 63 17. 75 16. 68 26. 84 17. 89 16. 57 27. 02 18. Ol 16. 49 27.17 18. 11 16. 41 27. 42 18. 28 16. 28 27. 64 18. 43 16. 13
- AF. A B. EF. 8. 86 9. 35 11. 46,12. 69 4- 35 5- 31 9. 76 13.84 5-97 10. 09 14* 9 3 6. 71 TO. 37 i6, 06 7. 50 10. 45 17- °3 8. 32 '10. 62 18.33 9.14 10. 87 18. 80 9. 21
- IK. BK. BI. 6. 461 9. 59 43-78 44- *5 37- 45;35- 10. 37 44- 87 35- °5 10. 33 45-45 35-^9 9. 96 45-94 36. 65 9. 3 * 46. 40 37- 75 9- 45 47.05 38.41 10. 76 47- 3 5 37.66
- A L. BM. 4j.78j45.08 60. 00,60. 00 46. 15 60. OO 47. 03 60. 00 47- 77 60. 00 48. 21 60. 00 48. 66 60. 00 49.40 6q. 00
- R. A. FD. | 3°-97 58. n 8. 10] 10. 15 46.15 11.99 54. 19 13.46 62. 42 14.76 69. 25 T5- 95 78.74 17-4* 87.63 18. 04
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- L a III. Table Ichnographi q^u e
- Tour la III. manière de fortifier.
- |XII. XIII. 1 xiv. ! XV. I |xvr. | xvii. [xviii.| xix. | xx. | Baft. plats.
- Item LUI. LIV. LV. LVI. LVII. & autres.
- ARL. 3° 27.41.32 25.42.5i 24 22.30 21.10.35 20 18.56.5 I 18 O
- O AL. 150. 152.18.28 I54-I7- 9 156 157.30 158.49.25 160 161.39. 162 180
- QJ3E. 90 90 9°' 90 90 90 90 90 90 90
- BIF. 3° 3i- 5M4 32. 8.34 33 33-45 34.24.42 .35 3 5-3 T-3 5 37. 30 45
- F E I. 60 58.50.46 57.51.26 57 • 15 55.j5.18 55 54.28.25 52. 30 45
- Des Figures XL II. XLIII . XL IV. X L V. XLVI. & autres.
- FK. 3 6. 00 36. 00 3 6. 00 36. 00 36. 00 36. 00 36. oc • 36. 00 36. 00 36. 00
- BE. 24. .00 24. 00 24. 00 24. 00 24. 00 24. 00 24. 00 24. 00 24. 00 24. 00
- B D. 20. 78 20. 54 20. 32 20. 13 19.95 !9- 79 19. 66 *9- 53 19. 42 16.97
- AF. 14. 29 14.52 14.67 14. 80 14.92 15. 01 15. 12 15. 20 15. 28 ï6. 97
- AB. 24.85 25. 15 25.41 25.63 25. 83 26. 01 26. 16 26. 30 26. 43 28. 97
- EF. 12. 00 12. 00 12. 00 12. 00 12. 00 12. OI 12. 00 12. 00 ii. 00 12. 00
- IK. 15. 24 16. 15 16. 91 17.51 18. 04 18. 50 18. 86 19. 20 19. 48 24. 00
- B K. 61. 67 61. 59 61. 48 61.45 61.42 61.36 61.3 3 61. 29 61. 26 60. 37
- BI. 48. 00 47.20 46. 55 46. 03 45. 60 45-33 44.92 44. 62 44. 42 4°. 97
- AL. 64. 59 04 65.34 65. 60 65.93 66. 02 66. 23 66. 41 66. J 6 69. 94
- B M. 77-57 77.08 76.64 76. 26 75-91 75-58 75--31 75.06 74. 8 J 69. 97
- RA. 124. 77 145. 85 147. 56 157.63 168. 72 !79- 74 190. 70 201. 88 2^-75 00. 00
- F D. 24. 00 *4- 41 24. 77 25. 07 15* 53 25. 56 15-77 25.95 26. II 28. 97
- Des Figures LIII. LIV. LV. LVI. LVII. & antres.
- FK. z7. 84 28. 07 28. 18 28. 32 28. 45 28. 58 28. 68 28.77 28. 86 30. 87
- BE. 18.43 38.56 18. 78 18. 88 18.97 19- 05 19. 12 19. 17 19. 24 20. 58
- B D. 16. 01 15.99 15.91 15. 86 15. 77 15.71 I5- 65 15.60 15 • 5 5 J4- 5 5
- AF. IT. 05 11.30 11. 48 11. 64 11. 69 11. 91 12. 04 12. 14 12. 25 r4- 55
- AB. 19. 22 19.59 19. 89 20. 16 20. 41 20. 64 20. 84 21. 02 21. 19 24. 84
- E F. 9. 2 8 9- 34 9- 39 9-<44 9. 49 9- 5i 9. 56 9- 59 9. 62 10. 29
- I K. II. 90 12.57 13. 24 ij. 6j 14. 26 14. 68 15. 02 15- 34 15. 62 : 10. 58
- BK. 47. 70 47- 94 48. 13 48. 34 48. 54 48.71 48.85 48. 99 49.11 : 5i- 76
- BI. 37- T3 36. 74 36.44 36. 2 1, 36. 04 35.98 78 35.66 35.61 : ?5- 17
- AL. 50. 10 5 0. 6 2 51.14 51.62 52. 11 52.41 5.2. 76 53. 08 53.36* >0. 00
- BM. 60. 00 60. 00 £ 60. 00 60. OO 60'. ÔO 60. 00 60. OO 60. 00 60. 00 £ >0. 00
- R A. 9* 50 113-53 115. 52 I24. 02 ï33- 35 142. 68 151. 91 161. 77 170. 58 C 50. CO
- F D. 18.43, 19. 00 19. 14 19. 72 20. 02 20. 29 20. 5 I 20. 75 *0. 93(24. 84
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- CHacune des Tables précédantes nous reprefante feulement les lignes Ichnographiques, des grandes Forterejjes & des petites, parceque celles ci ont une quantité fimple & confiante: la ligne Fichante des premières à l’égal de la portée du Moufquét : Ôc quant aux autres leurs Battions êtans toujours en pareille diftance. Pour ce qui effc des Forterefies de moyenne Forme, elles font capables de quantités diverfes à l’infini, on les peut néanmoins calculer aifément, pour l’ufage. Par éxample fi on me donne dun Oétagone à fortifier, le côté extérieur de 70 Verges, duquel on defire les lignes Ichnographiques, fuivant les quantités déterminées pobr notre troijîéme manière, je dreflerai mon calcul en céte façon. Le coté extérieur de l’Oétangle en céte III manière BM de 79. 93 donne la Courtine F K de 36(0, la Face BE de 24(0, leFlanq EF de 10(0 &c. Partant le côté extérieur pofé de 70 Verges, donnera la Courtine F K de 31.71(2, la Face BE de 21.01(2, leFlanq EF de 8.87(2. en la même façon que la petite Table éxpofëe à la première page de ce feuillet reprélânte toutes les lignes. On employerala même méthode pour trouver les lignes, des moyennes Forterejjes fur les fupolitions des l & II manières - dont je n’ai propofé nul éxample: fu-fifant affés des les avoir feulement indiquées.
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- De la Fortification Re guliere; p
- Surface du Baflion ; E D , le Flanq Prolongé : B M r la diflance des Baftions, ou le coté du Polygone extérieur ; nous pofons nôtre calcul comme s’enfuit : tel que fe comporte le finus total, ôu le finus de l’angle B D E, au regard de B E ; tel êft le finus de l’angle B E D, au regard de la Surface BD; & de même le finus de l’angle E BD, au regard du Flanq prolongé ED. Ajoutés a la Courtine le double BD,' c’eft à dire B D 8c H M avec D H ou F K, pour avoir la ligne B M toute entière.
- II. Problème. Poféela Face et les angles du triangle MCL pour trouver la Capitale M L. Ainfi : comme le finus de l’Angle M L C, au regard de M C ; de même le finus de l’angle M C L eft au regard de la Capitale ML.
- III. Problème. PoféeLA Capitale LM et les angles dü triangle LNM pour trouver la défiance des polygones L N : la Demie- Diférance NM; de la quelle le côté du Polygone extérieur excède le côté de la Fortereffe : la Gorge KL: le Flanq FE : le coté de la Fortereffe A L : Faites, que tel queft le finus total, ou le finus de l’angle LNM, à l’égard de L M : le finus de l’angle N M L, foit de même à l’égard de la difiance des Polygones LN : de même encore le finus de l’Angle N LM à l’égard de N M. La trouvée M N foufiraite de la ci devant trouvée M H, refte la Gorge KL: foufirayés maintenant ED de LN reftera le Flanq EF. le Double de NM fouftrait de MB ci defius trouvé, laifièra AL* qui efi le côté de la Fortereffe que nous cherchons.
- I Problème. Pofèle Flanq^ et les angles du triangle EIF, pour trouver le Complément de la Courtine IF, la Partie libre de la Rayante , IE : la Razante même IB.* le Flanq de la Courtine I K. Pris le finus total F E, réuflira la tangente FI, 8c EI la fécante de l’Angle FE I de là Razante 8c du Flanq. A la trouvée IE, ajoûtés la Face E B, il en fortira la Razante BI ; IF foufiraite de F K laifièra IK le Flanq de la Courtine.
- V. Problème. Pofés les Angles du triangle ARP8c le Côte Pourvu». AP ( qui efi la moitié de AL déjà trouvé ) pour trouver le demi-diamètre 2sïnL de la Fortereffe A R, la perpendiculaire fur le coté de la Fortereffe R P : la diflan- eKJ* ce du baflion au centre de la Fortereffe B R : Pris le finiis total A P, fera la fé- defoniper. cante R A 8c R P la tangente de l’angle P A R ; Ajoûtés B A à R A c’efi la B R toute entière que nous cherchons.
- VI .Problème. Pofés lesCÔTE'BH8cKHduTRiANGLEBKH pour trouver la ligne de défance Fichante. Les Quarrés des côtés B H 8c KH peuvent autant que le Quarre de l’Hypothenufe. Ajoûtés donc les Quarrés B H 8c K H, la racine Quarrée du produit, donnera la ligne defirée dé-fandante Fichante B K.
- En faveur de celui qui eft moins capable de raifonement 8c de Géométrie, il ne fera peut - eftre pas mal à propos d’éxaminer par le calcul toutes les lignes de nôtre fortereffe, pour feruir à une plus claire 8c plus facile intelligence de nos Problèmes. Pour cét éfét nous nous propoferons de fupputer les nombres de ÏOrdonance dune Exagone 8c fe trouveront en la Fig.XXXIX.
- H Les
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- 58
- Livre Premier,
- Les Li GNES & l ES Angles préfupofés.
- QJ3 E du Bafiion 75 deg,
- O A L de la Circonférance 120 deg.
- verges, CLK Forme - flanq 40 deg.
- Ces angles pofés ceux qui fuivenc le font auffi par même moyen.
- ARL 60 degr. l'Angle du centre.
- / F E I ) f l’Angle de la Flanquante & du Flanq, qui font égaux
- B E D J ^ * 3° comme verticaux.
- E I F r l’Angle de la Flanquante & de la Courtine luy eftant égal
- DBE > "2î3° ^ comme Ion alterne.
- M L C 80 degr, l’Angle de la Capitale & du Forme - Flanq.
- MLC 62:30 l’Angle de la Face & du Forme-Flanq.
- za pratique La Pratique du I. Problème. Pour trouver BD, DE, BM, de la Figu-
- fpre'ce. fe XXXIX.
- dans Problèmes. Xel qu’eft le finus total BE —— au regard de B E----tel eft le finus
- de l’angle B E D de 67 •* 30 --au regard de B D.
- 100000-------24(0-----------------------------2217(2 BD.
- 2 doublée
- 4434 &
- 36 la Courtine donnent 80.34(2 M B
- Tel que le finus total B E eft à Fégard de—B E, le finus de l’angle DBE
- de 22: 30--------eft de même à l'égard de-----—DE
- IOOOOQ---------24------;-----3 8268 (5 > 918 (2.
- La Pratique du II. Problème. Pour trouver L M.
- Tel que le finus LMC de 80. deg. eft à l’égard de MC—le finus MCL
- de 62: 30.-----— eft de même à l’egard de----------— M L.
- 98480.—---------24------------88701(5-----------2161(2
- La Pratique du III. Problème. Pour trouver EF , KL, N L, A L, NM. Tel qu’eft le finus total L M — àl’égard de L M—le finus N M L de 60
- deg. eft de même —-------------------à l’égard de NL.
- 100000-----—2161(2--------------86602-----1872(2
- Tel qu’eft le finus total L M --àl’égard de L M-----le finus N L M
- de 30 deg. eft.de même à legard de «-----------------N M.
- IOOOOO. '— 2l6l2 —;--------- 50000 --10.82 (2
- F K la Courtine 36 J BE la Face 24 t
- MB 80.
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- De la Fortification Regüliere.
- MB. 80.34 NM 1081 (x H M ix 17.(i Doublée NM xi.6z z NM 1081
- AL58.7z(z zi6z KL 1136(1 laGorge.
- N L 1871 DE 918
- leFlanq. 954EF
- la Pratique du IV. Prollème. Pour trouver FI, EI, BI, KI+
- Ainfi qu’eft le finus total E F — à l'égard de E F -----la tangente
- FEI de 67: 30 eft de même---------------a l’égard de FI.
- IOOOOO----------- 954 (x* :—•---1414x1 (5 --------1303 (x.
- Comme le finus total E F eft à l’égard-------- de E F---de même
- la fécarite FEI de 67: 30----------eft à l’égard de EI.
- 100000---------954(2'*-----—— x61311(5-------------1491(1 El
- 36. F K 14 E*B
- 13.03 (1FI *------ -
- 12.97(11 K. 48.92(2 IB
- la Pratique du V. Problème. Pour trouver RP, A R, B R.
- Coriime lê finus total AP eft à l’égard---------de A P•— ------la tangente JP A R de 60 deg. èft de même-----------------------------—- à legard de P R.
- 100000---------1936 (1 —.------1732.05- (5 -:—5805.
- Comme le finus total A P eft au regard de •-------A P-----------la fe-
- cante de 60 dés. eft de même à l’ésard de —----------A R. 5827. a r
- & s, & 2161 BA
- IOOOOO---------1936 (l.........IOOOOO — 5871 8o3~7
- la Pratique du VI. Problème. Pour trouver B K.
- 8034 BM
- Ligne FD, ou K N 18.71^ B H 58. 17 (^ 1117 MH
- 18.7I (Z fà 17 —2--------
- ----------- ---------------------5817 EH
- Le. Quarré K N 35 00641 . B H 3383 7489. Quarré.
- K N 3500641 Quarré.
- B K 37(33181(30. Quarré.
- B K 6| i( i| o Ligne. *
- Avec même difpofition de Problèmes 8c fui vant le même ordre de fup-.^f * plZ putation, feront produites toutes les lignes, diférantes, furies fuppofi-Ç*™""^ tions qui font propres à la Seconde manière 8c diverfes de la Prémïere, pour contient . eftre reccuillies en Tables à l’ufage de chaque Polygone. Il faut ici brève-ment remarquer, que la diverfité du calcul procède de celle des Angles nograpb. du Baftion én l’une 8c en l’autre manière, mais d’autant qu’au Quarré 1 gle du Baftion eft de même en toutes les deux; cela fait que leurs lignes
- H 1 aufii manière,
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- 6çr Livre Premier,
- aufiife trouvent pareilles. De la même façon, parce qu’à l’Angle de la Circonférance du Dodécangle fe trouvent toujours 150 degrés, (duquel les deux tierces parties excédent le droit,en forte que langleduBaftion doit eftre pris droit en la fécondé manière, qui eft aufli fa même quantité au Dodécangle félon la prémiére manière) c’eft ce qui fait que non feulement toutes les lignes au dodécangle de lune 8c de l’autre manière font é-gales comme dépandantes de mêmes préfupofitions ; mais elles convié-nent aufli à tous les autres Polygones qui furpaffent le Dodécangle. De façon que la même Table que nous avons-dreflee pour la fécondé manière, fervira jufques à l’undécangle inclufivement : Quant aux autres , on pourra s’aider tant en l’une qu’en l’autre manière indiféremment de la Table af-fignéc à la prémiére. Mais pour celles qui font mitoyennes, àu dcfîbus du Dodécangle 8c defîùs du Quadrangle, entre les deux, fuivant la diverfité de leurs fupofitions, on fe fervira de diverfes 8c diférantês Tables. Or je croi, que ce que j’ai dit fufit affés pour l’inftruétion dune perfonne intelligente, fans qu’il foit davantage befbin de perdre le temps en d’autres fuputations, fur les pofitions de la fécondé manière: Celui.là fans doute feroit bien mal à droit quin’adroit pas la capacité del’entreprandre de lui même 8c d’i réüfïir, après avoir compris les chofès que j’ai dites, 8ç fur lexample de la prémiére manière qu’il a devant fes yeux comme un modèle.
- les prcfu- > Que fî nous prenons l’Angle du Baftion de la quantité afîignée en la troU fl*m manière, retenans la Face de z^ verges 8c la Courtine de^6j 8c dou-des angles, nans au Flanq , au
- V. VI. VII. VIII. IX. X.
- les lignes v— ' " ........ "**' "**
- Jchnogra- PohvpnC. '
- phiques fut- . .
- ' *vant la der- <— V ------ \
- nïere ma- 6. 7. 8. 9. io. 11. ii. verges à l’infini : tous les autres
- mendefir- angles, fuivant ce que nous les avons déterminés, ne laifîèront pas de con-ferver une convenable proportion , 8c produiront enfin la ligne de défançe Fichante de 60 verges, ou quelque peu plus grande : comme aufli toutes les autres lignes de la Fortification ne laifîèront pas de réüfïir aflès heureu-fement, fans que nous foyons obligés de faire préjudice, à nulle maxime d’Architecture, qui foit de confidération.
- Avh a ob- le donneray cétavis en paflànt, que pour trouuer en céte manière avec calcul les angles 8c les lignes des fortifications qui paflént le Dodécan-arrivebien^ gle, il ne faudra donner à leurs Flanqs que iz verges feulement, 8c pran-lîhTffi * dre garde que nul Flanq du Polygone ne furpafîè céte quantité ; autrement fortifie fai- jes autres parties de la Fortereflè en feroient incomodées^ au préjudice de nos Maximes. En faveur de ceux qui ont moins d’expériance je propoferai les Problèmes qui fuivent pour la facilité du calcul.
- I.Problème. Pofés Le flanqjet les angles du triangle FEI, des Figures X LII, XL III, XLIV, XL V, 8cXLVI. pourtrouver le Complément de la Courtine FI, le réfiâu de la Flanquante El, la Flanquants elle
- •vant la dernière manière.
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- De la Fortification Reguliere. Ci
- le même BI, U Flanq de la Courtine I K. Prenés pour le Sinus total E F, & reüffira la Tangente IF & EI la Sécante de l’angle de la Flanquante & du FlanqFEI. BE ajoûtée, à la trouvée El, compofeBI: FI fouflraitede F K laifîe IK.
- II. Probléme.VoÇéc. la face et les angles du triangle BED, pour trouver la Surface BD : le Prolongement dit Flanq ED: la diflance des Ba~ fiions B M: la diflance des Polygones D F. Faites, que le Sinus de l’angle BED, à l’égard de BD,Toit comme le Sinusde l’angle BDE,à 1 egard de BE:& que le Sinus de l’angle DBE à l’égard de DE fbit de même : B D double, ajouté à
- la Courtine F K donne B M: la trouvée E D avec le Flanq E F compofe FD, w /«%-qui eft la Diflance des Polygones. gZpbÿuë*
- III. Problème. Pofés'LES angles et le côte’ LN du, tr î A N- de U der-G l E L N M, pour trouver la Capitale L M ; la demie- diférance des Polygones MN; la Gorge KL \le coté de la Fortereffe A L ; Prenés pour le Sinus total
- L N, M N la Tangente en reüfïira ; & L M la Sécante de l’angle NLM, de qui la pofition eft pareille à celle de l’angle PRL: fôuflrayés la trouvée M N de HM, refie K L. Ajoutés maintenant le double de K L à la Courtine FK, il en fortira le côté de la Forterefîè LA.
- IV. Problème. Pofés les angles avec le côte' AP ( qui eft la moitié de A L ) d u triangle PAR, pour trouver le demi - diamètre de la Fortereffe A R : la Perpendiculaire fur le coté de la Fortereffe R P : la diflance du Baflion au centre de la Fortereffe B R. Le Sinus total’AP étant pofé, PR fera Tangente & AR Sécante de l’angle RAP: AB jointe à AR, fait BR, qui eft la diflance du Baflion, au centre de la Forterefîè.
- V. Problème. Pour trouver laligneïichanteKB.
- La racine quarrée, de la fomme des deux quarrés B H & H K. donnera la ligne Fichante B K, que vous defirés.
- La pratique des précédens Problèmes pour trouver les lignes de la Fortification féxangulaire , fuivant la mifiême manière , en la Fig. XLIV.
- Toutes les autres Forterefîès multangulairespeuvent eflre caculées furie modèle de celle - ci, en i obfervant les changemens qui font nécèfiaires.
- Les Lignes & LesAngles fuppofés.
- F K la Courtine 36 y 1 on- n
- r J 1 QBE du Baflion 8çn f
- J“F“, 1r"Se* OAL*k<W.»W
- Ces Angles fuppofés donent aifémènt le moyen de trouver les fui vans, qui font nécefïàires pour le calcul.
- F E I f 70. deg. l’Angle de là Flanquante & du Flanq.
- B E D t.
- E I F
- E B D f Son vertical;
- RL A e 6p. deg. leDemi-AngledelaCirconférance.
- LM N t Egal au précédent, comme pofé de même,
- H 3 30, deg.
- Le vertical du précédent.
- F r 20. deg. l’Angle de la Flanquante 8c de la Courtine. D t
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- & t i v n P k é ü t é é,
- P R L f 30. deg. le Demi-Angle du Centre, égaux cômme pofés 'de NLM 1 même.
- La Pratique du I. Problème. Pour trouver FI, El, BI, IK.
- Comme lefinustotalEF,--------à legard de EF-----de même la Tangente F EI de 70 deg. —----------------------------à legard de F L
- looooo-----8(o-------2.74747(5 --------il979(3 FI.
- Comme le Sinus total EF-------à l’égard de EF:-----de même la Sécante F EI de 70 deg.------------------------------à l’égard de EI.
- jooooo —— 8 (o —— 292380 (5 -—23. 39 (z E L
- BE. 24
- F K. 36 BI 47.39 (2
- FI. 21.979(3
- IKr 14.021 (3
- i^pratiqm Pratique du IL Problème. Pour trouver DE, BM, FD.
- des précé- Comme le Sinus total B E eft au regard-de B E---le Sinus B E D de
- tiïmsT 70 deg. eft de même au regard------de BD.
- 1O0000 —— 24---------—- 339^9 (5 —— 22.55 (2 B D
- 45.10
- FK 36_______
- BM 81,10
- Ainfî que le Sinus B D E eft au regard —— de B E —;— le Sinus D B E de
- 20 deg. eft de même •---au regard de DE.
- jooooo....24 - 1 34202 -........ 8.21 (2
- FE 8.
- FD16.21 (2 ouNL
- la Pratique du 1II. Problème. Pour trouver LM, MN, AF, AL, AP.
- Comme le Sinus total L N eft au regard-----de L N : —— la Tangente
- N L M de 30 deg. eft de même au regard----de M N.
- IOOOOO -r- 1620 (2- 5773 5(5 -------9.3 58843 5 (7
- Comme le Sinus total L N eft à l’égard —— de N L : — la Sécante
- N L M de 30 deg. eft de même à l’égard -de M L.
- 100000 —-1620 (2 —- 115470 •—* 18.7176870 (7
- AF 13.20(2
- HM 22.55(2. 2
- M N 9. 35 (2 —*—:-----------»
- 26.40 F K 36,
- A L 62.40 (2
- KLouAF 13.20(2
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- Delà Fortification Reguliere.
- La Pratique du IV. Problème. Pour trouver AR, R P, B R.
- Comme le fmus total APeftà 1 egard------de A P :-de même la Tangente R A P de 60. deg. efl: à l’egard-----------de R P.
- iooooo-----3i.x(i------173x05--------54°399^o
- Comme le fmus total A P efl: au regard---------de A P :-de même la Sécante R AP de 60. deg. efl: au regard ------de A R.
- 100000 —— 31.2(1 >. 200000---------- 62. 4(1
- BA 18. 7(1
- A R 81. 1(1
- La Pratique du V. Problème. Pour trouver B K.
- Ligne H K 1 6.21(2 BH58. 55(2 Ligne,
- 16.21(2 58.55(2
- HK 262. 7641 Quatre. BH 342 8.1 02 5 (4Quarré.
- HK 26 2.7641(4 Quarré.
- B K 3 6|9 o.|8 6J6 6. ( 4
- B K 6J o.| 7\ 5.(4 Ligne. t
- Il m’afamblé qu’il efloit à propos de repréfanter ce calcul de l’Héxago- Quatrième ne régulier, pour faire voir à l’œil, quelle diférance il i a entre celui - ci les autres'que i’ai ci deflus raportés : il vous fera facile de raporter les lignes fe's raifona-8c les angles de ces trois manières, les examinant fous la conduite de nos thllTpaf régies, pour en choifir celle qui fe trouvera la plus convenable à vôtre f*”*-intantion.
- 11 me famble que la plus propre manière de fortifier, 8c celle qui, peut eftre, mérite qu’on lui atribuë l’avantage fur toutes les autres, efl: celle - ci:
- Quand on retient la même Face, la même Courtine, 8c le même Angle forme - flanq aflignés à la première & à la fécondé manière ; 8c que l’on établit l’angle du Baftion conformément à la troifiême ; car c’eft une manière qui peut eftre tenue comme mitoyéne entre les deux premières. le n’ai ni le defir, ni la comodité d’en raporter ici la fupputation ; ayantdes afaires 8c des études plus importantes qui me divertiflènt à d’autres fujéts ; on fe doit contanter quejelesayedéfignés 8c montrés du doit. Et ne mefam-ble pas qu’on puifle dire que je doive ajouter d’autres manières à celles que j’ay ci deflus exprimées, qui fufifent afles. Il efl: digne du foin 8c de la pru- J dance du fondateur d’une nouvelle ville , de ne point épargner le papier , nouvelle qui nous permet la liberté de nous éxercer à fort peu de frais, 8c qui ne laif-^jJ?* fe pas de récompanfer bien fou vent nos Méditations de fuccés pleins de ment obfer-gloire 8c d’utilité: il fera dis - je très à propos de défigner 8c de tracer fur un papier ( afles ample pour contenir toutes les manières de fortifier, meme tichnop*-la quatrième par nous indiquée, ) le plan de la fortereflë que nous voulons^*’ conftruire, 8cd’i employer éxadement 8c férieüfement un éxamen de toutes
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- 64 L I V R E P R E M ï E ft 9
- tés les régies 8c obfervations de l’art : alignant à chacune des lignés fajufte mefure : afin que par cé moyen le deflèin de l’ouvrage entrepris foit expo-fé à la penfée & à l’œil, 8c puifle être, par manière de dire touché de la main. Car ainfi lesdefleins tracés de chaque forterefie, feront aifément comparés enfamble & révoqués à la cenfure fuivant les régies & les Maximes Architedoniques : Il peut être que fans celà nous ne laiderons pas de donner a noftre forterefie une forme qui fera utile 8c recevable : mais il arrivera toujours de céte méthode, qu’on n aura point fujét de fe repantir d’avoir manqué au chois d’une autre meilleure, quand le mal reconu fe-roit en état de ne plus foufrir de remède. Or celui qui prand fur foi la charge 8c le foin de faire chois & jugement des modèles Architedoniqucs , doit foigneufement praridre garde : Que la feule 8c unique forme qui mérite d’être confidérée 8c luivie en la conftrudion d’une forterefie , eft celle; qui non feulement eft capable de refifter ; mais qui efl encore plus puifiante 8c plus habile pour éloigner 8c pour repouflèr la violance de rénemi. Pour refifter; outre la force des rampars 8c des Parapets (dont le foin apartient à l’Orthographie) il faut que les angles des Battions, quife terminent en un poind, foient fermes 8c robuftes ; ce qui nous regarde en ce lieu ci, ce que c'eft comme eftant du propre fujét de Flchnographie. Pour repoufier une vio-mlim'é* ^ance’ Par une force qui foit encore plus puifiante 8c plus vigouréufe, il eft Us brm nécefiàire que les bras 8c les mains de la Forterefie, ayent 8c de l’adrefië 8c refe*Forte' k force. Les Fianqs, tant ceux des Battions, que ceux des Courtines, frsTüma^ ce^ Ce 4ue j’apcllcles Mains. Elles font tant plus fortes, que plus elles font chaque par A ongues, parcequ’elles reçoivent plus de foldas pour faire une imprett ^on Pfos puifiante contre l’énemi. Mais il faut prandre garde, que la Gor-vation du gc 8c que la Courtine demeurantes en même état , le defièin que nous m pourrions avoir detandre leFlanqdéla Courtine 8cle faire plus long, ne ThZëhwe nous de.former notre Battion trop en pointe 8c d’acourcir plus
- aucune pie- qu’il ne faudrait le Flanq principal. Comme aufii, devons nous avoir foin Zre fZdo- d’^iter, que l’angle du Battion, 8c la Gorge 8c le Flanq demeurans lés mage de mêmes, nous ne foyons contrains de prolonger la Courtine au de là de fà mZZhtou ufte, mefure, pour établir la conftrudion de fon Flanq: ce qui éloigne-doit être roit par trop les Battions voifins 8c les randroit plus foibles. Il eft bien vrai telle façon que le Flanq du Battion a d’autant plus de force, qu’il a plus de longueur. fZufàZ ^ ne ^aut Pas pourtant qu’il foit fi long ; que l’Angle du Battion en demeu-proteaion re ouvert exceflîvement; ou le Flanq de la Courtine randu défëdueux 8c & leZut troP c°urt. On ne doit pas aufii négliger les Gorges, qui fans dificulté, enfamble à font d’autant plus propres aux fondions militaires , que plus elles font lon-mune dé- gues;8cque l’angle en ayant plus de vigueur8c plus de force,aufii leBaftion fance. en rancja pius ferme & pius puifiànt : Elles ramparent un plus grand elpace au pourpris de la ville. Elles favorifent les retranchemcns 8c ouvrages défanfifs du dedans : Il eft vrai pourtant que fi on fait les Gorges trop longues, ou les Battions 8c leurs places de défance en reiifliront par trop éloignées 8c feparées les unes des autres outre mefure, ou bien les Fianqs
- de
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- De la Fortification Reguliere. * 65
- de là Courtine en foufriront de l’incomodité. Néanmoins toutes choies pareilles,une ou deux verges afiignées au Flanqueront plus utiles que trois ou quatre que l’on donnerait à la Gorge ; Mais celui qui fe voudra conduire avec jugement, prandra. fes mefures en telle façon, que pour fe garantir d’un mauvais chemin, il ne tombe pas dans un précipice.
- Jufques ici nous avons fupofé, que les côtés de la Figure ordonnée, rampliflènt feulement une Courtine avec deux Gorges : mais bien fouuent, mêmes en la Figure régulière les côtés font fi longs, que chacun d eux eft égal à plufieurs Courtines avec deux de leurs Gorges, ce qui nous oblige •de les couvrir# de les défandre par des Battions à côté ou plats.
- Or le Baftionplat eft celui, dont les deux Flanqs font pofés fur une même ^ ligne droite : Ou bien ; qui eft conftruit non pas fur les angles, mais fur pon les côtés du Polygone à fortifier. Car il arrive quelque fois que les côtés des villes qu’on defire fortifier, font fi longs, que lés Battions qui embraf- ^ font les extrémités de l’un des côtés, ne peuvent point efpérer de fecours l’un de l’autre ; de forte que fi l’un étoit batu de l’artillerie , ou miné, ou •
- aflàili de l’énemi, ce ferait la ruine infaillible de la ville afîiégée : dautant sanécefaê. que l’aflàillant aurait peu à foufrir du Baftion qu’il ataquerQit : & point du tout de l’autre Baftion voifin, pour eftre féparé de celui-ci, d’une dittan-ce trop éloignée. On remédie à cét inconyéniant par le moyen de Battions plats, qui fe eonftruifent fur le long du côté le plus étandu ; la ftruâure en eft bien aifée, fuivant la Première & la Seconde de nos manières de fortifier. En voici le calcul.
- Les lig n e s & % e s An g l e s fupofés en la Fig. XLVIL F K La Courtine 36 7 QJ3 E du Baftion 90 deg.
- B E La Face. 243 verSes E AF ^ Forme-Flanq 40 deg.
- La flruïïu-re du Baftion à côté, fuivant la 1. & la 2. manière de
- demême^"
- Ce angles fupofés, ceux quifüivent le font aufli par même moyen. F EI. 45. deg. l’angle de la Flanquante & du Forme-Flanq.
- EIF \45. deg. l’angle de la Flanquante & de la Courtine,
- B E Oilui eftant égal, comme poféde même.
- Soit donc.
- Comme le Sinus total B E, eft au regard ----- de B E
- le Sinus de 45 deg. O B E, eft au regard--de O E ; ou A F la Gorge.
- 100000---------24 (o--------70710---------1697 •-------------
- Derechef : comme le finus A E F de 50 deg. eft au regard --de AF - de même le finus E A F de 40 deg. eft au regard------‘ de E F le Flanq.
- 76604--------------16.97 (2------------6427S---------14.24. (2
- Au Flanq E F de 14.24(2 eft égal le Complément de la Courtine FI, à rai-fon de l’égalité des angles für la bafe EI. Ainfi la Gorge & lo Complément de la Courtine joints, égalent la Capitale B A de 31.21(2 pour les mêmes raifons. Le Complément de la Courtine fouftrait de la Courtine, reliera le Flanq de la Courtine IK de 21.76 (2. le deux Gôrges jointes à la Courtine feront le côté KL de 69.94(2 le Quarré de la Flanquante BI, eft
- I égal
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- 66 Livre Premier,
- égal au double Quarré de la Capitale : autrement vous chercherés la Flanquante fur les angles du triangle BAI fuppôfés 8c le côte B A, en cete façon : Comme le fmus total B A eft à l’égard de la Capitale B A de 31 ai (* la fecante.de l’angle BIA de 45. deg. eft de même au refpeâ de la ligne Flanquante BI de 44.14(2. En fin les Quarrés de la Capitale B A de 31 a 1(2, & de la ligne A K, compofée de la Gorge 8c de la Courtine, font égaux aux Quatre de la ligne Fichante : On la trouvera de céte façon : 61.48(2* Et de céte façon nous trouvons toutes les lignes du Baftion h coté, confirait fui vaut les préfupofitions de notre prémiére 8c fécondé manière de fortifier : & de la même forte que nous avons ci deflus trouvé par le calcul les Bafttons angulaires des fufdites manières, i obfèrvant les changemens qui font nécefîâires.
- Voiilt j-cm. Quelques délicats font naiftre un grand fcrapole d’une chofe qui d’elle nle de même eft très-légère 8c de nulle confédération, ne pouvans fbufrir que le ‘délicats rer Flancq que nous venons de trouver, furpafîè la moitié de la Face. C’eft leve\ à leur dire un grand péché & qui eft digne d’un févére & cruel châtiment » veu même qu’il eft contraire à la VIII Maxime; de là même ils prénent fu-jét de reprandre les deux prémiéres manières de fortifier, lors que fuivant les fuppofitions des fufdites deux manières, la Forterefîèqui eft à conftrui-re doit furpafïèr le Dodécangle : parce qu’il faudra que fon Flanq pafîè en longueur les X11 vérges. Ils condânent céte pratique d’utt grand défaut; c’eft pourtant une fuperftition de vieilles , ou plutôt une niaiferie de petits enfans ; puis qu’en ces Polygones la fufdite quantité du Flanq n’incommode aucune des parties de la forterefïè, 8c ri empêche pas que toutes enfamble elles ne perfévérent en une treâ-parfaite intelligence tant pour leur commune défiance que pour leur particulière confervation. Quant à ce qui fe dit touchant la VIII Maxime,il leur faudrait confidérer qu’elle ne regarde que les Forterefîès qui ont peu d’angles 8c de côtés; & c’eft fans doute, que celles là ne peuvent pas loufrir que le Flanq furpafîè la moitié de la Face , fans leur ruine manifefte 8c toute entière. Ces Meilleurs néanmoins pour éviter la contagion d’un fi grand crime ne laifîènt pas de condâner en la ftru&ure qui furpafîè le Dodécangle , l’Angle Forme-Flanq & la quantité excefîive qui en réfulte au Flanq , aimans mieux fè La façon du Fervir en f°n fieu > d’un Flanq qui ait fa quantité déterminée 8c qui foitpré-BçîZmh! cif'ement l°ng de XII verges. Ils veullent encore que l’on obferve parti-fupofitions culiérement la même chofe auxBaf ions à co/lé, fuivant des fuppofitions di-tttSe'férantes de celles que nous avons ci-defTus prifes,& convenablement àcel-de fortifier, les de la troiftême manière par nous ci-devant pratiquée. Car ils compofènt la Face d’un Baftion plat de la moitié 8c le Flanq d une troifiême partie de fa Courtine longue de X X X V I verges, comme nous l’avons premièrement pofé. Mais atandu que céte proportion aufli ne répugné à aucun principe Archite&onique, 8c que ceux qui ont l’expériance tant de l’ata-bcak^l ^ ^ance’ ^aJuBent afîes commode,je ne feray pas dificulté de
- Ces
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- De ia Fortification Reguliere. CesLignes & ces Angles pofés.
- CMH duBaftion 90 deg.
- FK. Lu Courtine 36 ) °NK \* * ****>*&* t*\
- -'J n \ Putirtin* î
- uc Si}*"*
- -urk,, „j NCI y [tmi 1 j
- K C M de la Face & du Fla-nq 135 deg.
- MC. Z<2 Face CK
- I.Problème. Pofée ia Face MC et les Angles du triangle M C P, pour trouver la Gorge KL \ la Capitale LM ; la Diflance des Baftions M B ; le Flanq de la Courtine N F. Comme le finus total efl: au regard de la Face : le finus de l’Angle C M P, efl de même au regard de la Gorge C P, ou K L : 8c de même encore le finus MCP, au regard du prolongement du Flanq PM. Ajoutées C K à PM,la Capitale M L en fera compofée. Souftrayés le Complément de la Courtine K N ( qui efl: égal au Flanq C K à raifon de l’égalité de leurs angles) de la Courtine K F, reliera NF le Flanq de la Courtine. Le Double KL avec la Courtine F K, donnera LA, ou B M, qui efl: la diflance des Baftions. La Pratique.
- Comme le finus total CM efl au regard—r-----de CM: — de mê-
- me le finus C M P de 45 deg. efl au regard — de C P.
- 100000--------14 (o «---70710----------1697 K L la Gorge.
- 16.97(1 CP ou PM 16.97(1 KL 36I K. il. 00(2 PL 16.97(2 F A 12 K N.
- -..... » . —-------- 36. 00(2 F K------------------
- 28.97 (2 M L la Capitale ————— 24 F N.le Flanq de la Court.
- 69.94(2 B M la diflance des Baftions.
- 11. Problème. Pofés le F L anq^CK, et les Angles du triangle CN K, pour trouver la partie libre delà Flanquante C N 5 8c la Flanquante même M N.
- Comme le finus total C K efl au regard----de C K----------de même
- la fécante de l’angle N C K de 45 deg. efl au regard — de C N.
- 100000 — 12 — 141421 — 16.97(2 la partie libre de la Flanquante. 24. C M la Face.
- M N. 40.97 (2 la Flanquante entière.
- III. Problème. Pour trouver la ligne F ichante MF. Ajoutés la Gorge K C à la Courtine K F, afin qu’il en réfulte la ligne L F. De là les quarrés des côtés M L 8c LF, deviendront égaux au Quarré de l’Hypothénufe : dont la racine donnera la ligne Fichante que vous cherchés.
- I 2 ML.
- • Les angles & les lignes du Baflion plat fupofés Suivant la dernière manière.
- Lel.Trollè-me pour trouver les lignes du
- Bafiton à coté.
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- Livre Premier,
- ML. 28.97.(2,
- F K. 36. ML.28.-97.
- KL. 16. 97. ----------
- —— ML Quarré 8392609.(4
- Lm F Quarré 2 8 o 5 8 2 0 .9 (4
- LF. 52. 97. LF. 52.97.
- MF Quarré 3 6)4 5)0 8)1 8/ (4
- Quarré 2805.8209. L F
- La Fichante
- 6| o| 3I 7) (2 M F
- Les b*- Quant aux Battions plats il eft certain, qu’ils ont plufieurs notables fïlTmlT ramages fur les autres que l’on conftruit fur les angles des Figures à for-hursenpiu- tifier; parce que l’angle du Baftion i réüffit toufiours extrêmement ro-foZSqw ~ies bu^e & droit : auiïi l’Angle du Flanq & de la Face i eft plus obtus que les andins, autres ; ce qui rand le Baftion plat plus puiffant 8c plus fort 8c plus capable de foûtenir l’effort du canon, que ne font pas les autres Battions angulaires. Pareillement fes Flanqs, fes Gorges , 8c fes Capitales i reufliffênt tres-grandes ; ce qui non feulement donne plus d’efpace au gens de défance, pour faire une plus vigoureufe impreflion contre les attaques de l’énemi; mais aufli favorife extrémêment les nouveaux retranchemens 8c fembla-bles travaux que l’on voudroit faire au dedans pour l’embaraflèr. Quant à la Courtine 8c aux Faces, il les a toutes pareilles que font celles des Ba-liions angulaires. Mais le Flanq de fa Courtine êft beaucoup plus grand ZiuZdlt ne font pas les autres : au contraire fes lignes de défanceà fçavoir la 'vent e/ire Flanquante 8c la Fichante, font moindres que celles que l’on donne aux: au-llufeïZjîn très Baftions angulaires. Mêmement fa diftance des Baftions comme elle que toute la cft très- petite, eft auffi très - habile 8c très - puiffante pour repouflèrla
- ftruétureen . rr v t » , n. i .
- ait plue de violance d un aflaut, ou d une attaque. Je ne mabltiendrai pas encore de force' remarquer: que dans un même pourpris de rampart ,s 8c fans qu’il foit be-foin d’i employer de plus grands frais, il met à couvert un plus grand efpa-ce 8c aire de la ville, & procure à l’habitation des citoyens plus d’étanduë & de commodité : d’autant qu’il occupe le côté le plus long de la Forte-reflè. D’où vient que plufieurs fur le piéd de ces raifbnemens, ont eflàyé de nous perfuader, que toute figure à fortifier doit eftre comprife 8c en-clofe dans un Quarré, ou un Quarré berlong : parce que un redangle eft tres-propre aux Baftions à cofté, 8c ne requiert feulement que quatre Ba-Bêfutation ftions angulaires.
- de l’opinion Néanmoins cét avis n’eft point recevable pour jufte raifon : qui eft, qu’il
- de ceux qui «> 1 . ,..Z. A
- dijent que arriveroit bien fouvent que d une tres-grande depance il ne reufliroit qu’une ^forüfaZ fortification inutile ; mêmement parce que, il feroit neceflàire de la faire doit eftre prefque toujours irrégulière, encore que d’ailleurs elle peut eftre régulié-'uTrlaZZ re & très-forte. Voyésla II & la III maxime de fortification. En fin on feroit toujours obligé de conftruire les quatre plus foibles Baftions fur les angles droits du Parallélogramme : encore qu’il foit vrai qu’ils pourroient
- eftre
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- De la Fortification Reguliere 69
- eftre bien plus forts fur leurspropres angles obtus. Mais fi lenemi fe rand maître de l’un de ces foibles Battions, que fervira la force des autres plats
- & robuftes > oS/s™-
- Il faut êtandre les lignes qui terminent le contour ou circuit extérieur'"* nécef~ du fofie (qui fe rancontreroient en r, fi on les tiroit parallèles au tour des fairekfop Battions angulaires) & céte extanfion fe fera en retranchant le triangle, rnt, & les féparant par la droite nt (c’eftle petit détour auquel le che-pL!™ min couvert qui embraflë les Battions à cofté , fe defunit de cét autre chemin qui environne les Angulaires, pour le refte ils marchent entre eux d’un même pas) & cela fe doit faire afin que la veüe & le profpeâ de ceux de la ville qui font en M C K ne reçoive de l’incomodité par l’oppofition du triangle nrt : ou que le folle vers le milieu de la Courtine n’en foit trop étréci. Voyés aufli en la Fig. LXXIII. les Battions N&Q.
- CHAPITRE VIII.
- ufu quel efl déclare le diférant ufage des précédantes fup-putations &• des Tables Icbnographiques.
- A Prés que nous avons aux précédans chapitres monftré la manière -£j-qu’il faut tenir à drefier les Tables & à les calculer, il fera maintenant à propos que nous ceuillions le fruit de nottre travail, par le moyen d’une fidèle déclaration que nous defirons faire de l’ufage des Tables & du calcul. Pour cét éfét, il me famble que ma pêne ne fera pas mal employée, fi j’aporte quelque peu de changement aux fupputations ci dettiis pratiquées : & ce par le moyen de quelques Problèmes faciles ( car les fcrupules^^^^ de l’Arithmétique 8c une curiofité de calcul fi exquilè n a point de lieu par- cul Archivai les armes ) mais ce que j’en ferai fera feulement pour éxercer & pour inftruire de plus en plus l’Architeâe peu expérimanté, qui d’ordinaire eft des moins . plus capable de manier le hoyau 8c la doîoire que la plume. ex* Us‘
- Ci defîùs pour trouver les lignes Ichnographiques des Forterefies, nous nous fommes toujours fervis de cinq chofes préfupofées; a fçavoir de l'efpéce cinq préfet-du Polygone à fortifier,ou quadrangulaire,ou quinquangulaire,&c. D’ou nous ifjféiZ™ avons tiré la notion de FAngle de la Circomférance : puis l'angle du Baftion dé-^«r le ca^ terminé à la quantité qui eft néceflàire à chacun Polygone 8c à chaque manière de fortification : en fuite l'angle Forme-Flanq, auquel en laprémiére & en la fécondé manière nous avons toujours afligné XL. degrés pour toute figure à fortifier : En fin nous avons établi les Courtines 8c les Faces d’une quantité déterminée. Les F aces de XXIV : les Courtines de XXXVI verges.
- Et en la troifiéme manière au lieu de l’Angle Forme-Flanq, la notion du Flanq même nous à fervi pour chaque Poligone à fortifier. De là même façon aux fuivans Problèmes nous aurons toujours cinq termes fuppofés, diftingués néanmoins en telle forte que l’un ne foit point dépandant de
- l’autre: autrement nous travaillerions comme qui pêcheroit en l’ær.
- I 3 A Pr°*
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- Livre Premier,
- Vrohléms
- ArchtteSio-
- niques.
- I. Problème.
- Polee l'efpece de Forterefîè quarrée, tangle du Baftion de 60. deg. l'Angle Forme-Flanq, de 40. deg. la Courtine de, 26. 22 (2: la*Face de 17.48 (2; vous trouverés tous les autres angles & lignes fi vous drefies votre calcul fur l’ordonancé de la première manière employée au précédant Chapitre, la Surface en réüffira de 16.88 {z, & les autres lignes à la même mefiire qui eft reprefantée au Quarré de la L Table des petites Fortifications.
- II. Problème.
- Pofé le Flanq. de la Fqrterefie Quarrée de 4.35 (z ; la Courtine de z6. 06. la Face de 17. 38. 8c l’Angle du Baftion de 93. deg. cherchés le refte; vous trouverés la Surface de 16.96(2, avec les autres lignes & angles, en la quantité qui leur eft aflignée en la III Table des petites Forterefiès au IV, en obfervant la même difpofition de calcul par nous pratiquée en la fufdi-te Table.
- III. Problème.
- Pofée de la Courtine au Flanq&à la Gorge à chacun la proportion quadruple ; l'efpéce de la Fortification entreprife, Quadrangulaire ; la ligne Flanquais te de 60 verges: pour chercher le Flanq de la Courtine : ici on le trouvera nul : parceque la Flanquante eft fortie de l’angle de la Courtine 8c du Flanq; comme celui qui en fera la recherche par le calcul 8c fur la defeription qui en procède, le pourra voir à l’œil.
- I V. Problème.
- Pofé au Pentagone, l'angle du Baftion de 69 degrés, l’angle Forme - Flanq de 40.- degrés. le coté extérieur ou la diftance des Battions de 60. verges, 8c la proportion fefquialtére de la Courtine a la Face : Pour trouver les lignes 8c . les angles inconus. Il faudra prandre pour fiïius total la ligne l e : ainfi b d aura 94264 parties, h m tout autant : 8c d h contient une fois 8c demie le finus total, donc b m toute entière fera conue en ces mefmes particules 338528 ; Or eft il que la même a efté fupofée de LX. verges par une autre mefuré*. Partant la Surface fera de 16. 70(2 : la Face dç.17.72 (2: la Courtine de 26.58 (2.
- V. Problème.
- Pofé en l’Héxagone, l'angle du Baftion de 80. deg. l'angle Forme-Flanq.dc 40. deg. La diftance des Baftions de L X verges ; & la proportion fubfefquialtére de la Fajce à la Courtine ; on trouvera le refte par une manière fiimblable à la précédante,
- V /. Problème.
- Pofé en l’Eptagone le Flanq de 6. 71. (2. la Diftance des Baftions de LX verges : la Faite & la Courtine en proportion fubfefquialtére : & bangle du
- Baftion
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- De la Fortification Reguliere. 71
- Baflion de 84 deg. 17* fcrup. on trouvera toutes les lignes 8c les angles que l’on defire, en la manière pratiquée aux deux Problèmes précédant
- VII, Problème,
- Poféen rOâogone la ligne Fichante de LX verges: l’angle du Baflion de Szl degrés : le coté extérieur foit comme yÀz.à la Sur face, & à la Diftame des cotés. d’autant qu’en la Fig. X LI. DF efl en la proportion 2 8c P M 5 : leurs proportionnelles quarrées 29, feront égales au F M quarré de 3600. verges quarrées. Partant de ces 29. des fufdits quarrés proportio-naux, fera équivalent, à de 124.37931(6: la racine de ce nombre tirée fera de 11.24(2; le double de celui ci fera F D, ou FD le feptuple BM ,8cc.
- VIII, Problème,
- Pofé èn ÏEnnéagone, la Flanquante de 50. verges, îAngle du Baflion de 90. degrés: le coté extérieur efl au regard de la fur face 8c de la [Diflance des côtés chacun en fon égard, comme 53 à 14 : Pour trouver le refie. Prenons la Fig. XLI. pour le Nonangîe, fera donnée la Flanquante MS, avec les angles du Triangle S MT, d’ou fortira ST, ou MU de 21.(0 la Face de 24 (o : &c.
- IX, Problème.
- Pofé au Décagone à fortifier, IcFlanqde 11.76(2: la Courtine de 36.(0; la Face de 24. (2 : Vangfe du Baflion foit au regard de l'angfe de la Flanquante & de la Courtine comme 10 à 3 : pour trouver le refie : Supofons encore pour nous éxercer, que la Fig. XLI. nous répréfante le Décangle que nous nous propofons d'examiner : l’Angle de la Circonférance fera de 144 degrés; fbndemiABD, fera de 72 deg. 8c ABE( la moitié du Baflion entier en ayant 10 ) fera de 5 parties : on a donné encore à ces mêmes parties l’angle EBD de 3. Partant, l’angle du Baflion QBD fera de 90: &celui dë Manquante 8c de la Courtine EIF de 27 degrés. Ce qui refie fe peut trouver avec bien peu de dificulté.
- * X. Problème t
- Pofé en VVndécagone à fortifier, le Fianq de 11.91(2 : la Courtine de 36. (o la Face de 24. (o Que la ligne Flanquante foit double à l’égard de la Capitale : pour trouver toutes les lignes 8c tous les angles. Prenons la Fig. XLI, comme fi elle étoit Undécagone : au triangle proportional AB I, les côtés AB, 8c BI, font conus, avec l’angle B AI, à raifon del’efpéce du Polygone fuppofé: Partant comme BI 2, efl au regard du finus de l’angle BAI de 95948: de même efl BAI au regard de BÏA, qui efl l’angle de la Flanquante 8c de la Courtine : ce qui refie,en fuite de céte fupofition,fè trouvera bien aifément.
- XI. Pro
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- Problèmes Icbnogret-p biques.
- ft L IV R E ir‘ R £ H- I F »
- XL Problème.
- Pofé en la Fortification du Dodécangîe le Flanq de n ( o ila F ace de 14 ( 0: la Courtine de 36. ( o : la Capitale à 1 egard dé la Gorge 8c du Complément de la Courtine pris enfamble, eft comme les 3 5 5 à*501 : pour trouver ce qui refte dès angles & des lignes : Que la Fig. XLI.'nous fèrvë éûcôte cômmë fi elle eftoït Dodécagone : on trouvera que tout 'ainfi que la femme des côtés B A & AI, qui enferment l’angle conu, eft au regard dè leur diférance : de même eft la Tângente de la moitié de la femme de deux angles oppofés à l’égard de iâ tangente de la diférance au deflusouaü deftous de la dite moitié. Ü Angle RAI eft de 75 degrés; la Tangente de fa moitié eft de 76733: c’eft pourquoy l’Angle A B I à peu prés fera de 45 & BIA de 30 degrés , dont eft queftion.
- X I I. Problème,
- La Fdcè en la Fortification du Quindécangle feit de 24(0: Ve Flariq de la Courtine de 16.98(1 : l'Angle du Baflion de 90 deg. 8c le F orme-Flanq de 40.. pour trouver les lignes inconuës.* Soit encore fait de nôtre XLI Figure un Quindécagone , tous les angles du triangle M C L feront conus avec la Face d’où reülîira la Capitale de 15. (o &c.
- XIII. Problème.
- Donnons au coté de la Figure vingtangulaire à fortifier 53.18 (i : à l'angle du Baflion 90 degrés : au Forme-Flanq 40 : Que la proportion de la Face à la Courtine foit fubfefquialtére : Il faut chercher le refte. Et faire que, comme le Sinus total eft au regard du Sinus de l’angle qui fôutiënt la Capitale, (ici de 76. deg.) de même le Sinus du demi-angle du centre, foit au règard du quart; davantage : Comme le Sinus de langle oppofé à la Face (ici 59. deg.) eft au regard du Sinus total: de même le quart fera au regard du quint. Enfinilréüfliraainfi : Que, comme le double Sinus de la Flanquante & du Flanq (ici de 54 deg.) avec le Demi-diamétre fefquialtére, eft au regard du Demi-diamétre, le double moins du quint ci deflus trouvé : De même foit le coté de la Fortereflè donné à l’égard de la face : là moitié de la Face triple donera la Courtine ; celle-ci fouftraite du côté, la moitié de ce qui reftera donnera la Gorge, En céte façon vous trouvées en fuite tout le refte félon vôtre défir. Celàfait, vous dreflèrés ainfi vôtre calcul ; fu-pofé toujours que nôtre figure XLI. ait une forme Vingtangulaîre.
- Comme le Sinus total eft au regard du Sinus de 76 deg. de même le finus dq demi angle de centre de 9 deg. eft au regard--- du Quart.
- IOOOOO —:----- 97030---------15643----------15178
- Comme le Sinus de 59 deg. eft au regard--du Sinus total —-- de
- même le quart eft au regard------du Quint.
- 8 5717------iooooo— 15178 ................17701
- 80901 de laFlanquante& du Flanq 17701
- 35401
- 80901
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- De la Fortification Reguliere.
- 80901 le Sinus de 54 deg.
- 80901 de la Flanquante & du Flanq.
- 150000 le Demi - Diamètre fefquialtére.
- 311802,
- 354oa
- 176400------; 5 3.18(2 — . . 100000-----19.24(2 la Face.
- 28.86 3
- 24.32 57.7a
- a—----------------- ------------------------------
- 12.16(2 la Gorge. 28.86)2 la Courtine.
- XIV. Prohléme.
- Prenés l'Angle du Baftion droit, en l’ordonance du Trigintangle à fortifier : l’angle Forme - Flanq de 40 degrés: la proportion fefquialtére de la Courtine à la Face : & que la Gorge 8c le Complément de la Courtine foient en-femble de 31.93(2 : cherchés le refte. Et faites que tout ainfi que Lt (qui eft la fbmme des Tangentes delanglede la Flanquante 8c du Flanq tCK, 8c K C L du complément de l’angle Forme-Flanq ; ) eft à l’égard de t L donnée : de même foit le Sinus total K C à l’égard du Flanq K C ligne inco-nuë : le Flanq trouvé, tout le refte fe peut rancontrer aifément. Que la Fig. X LI ferve encore à nous repréfanter une Fortification Trigintangu-laire, on dreflèra le calcul en céte façon.
- 119175
- 123489 -------L t ............CK.
- 242664---------31* 93(°---------100000----------13.16(2 le Flanq.
- Que fi au lieu de la Gorge & du Complément de la Courtine joints en-famble on avoit pris la ligne Flanquante M / de 44.91 (2 : Il en réiifliroit, comme le finus ? LM de 99452,, à l’égard de la Flanquante M t; de même le finus t ML de 45 deg. de 70710, à l’égard de / L de 31.93(2 &c.
- Il me famble que cela doit fufire, 8c que par le moyen de ce que j’ai dit, fi vous avés l’adrefTe de bien dreflèr votre calcul, vous n’aurés point de pêne de vous tirer de telles & famblables perpléxités des méchaniques. Il m’eûft cfté facile de brouiller davantage les lignes 8c de confondre les angles pour établir des Problèmes plus malaifés. Mais à quelle fin ? Je hai ces emprefles, qui font plutôt toute autreçhofe que d aller droit à lexécution de leur defièin. Il n’i a point faute d’auteurs qui écrivans de l’Architecture militaire entaflènt plus de fiipputations 8c d’éxamples de divifions 8c de multiplications, qu’il ne s en trouve dans les écris de ceux qui font état particulier d’expliquer le fonds de l’Arithmétique. Vous verres ces. Architectes empêchés à prefcrire laTrigonométrie;ils dévelopent la raifon des Sinus , 8c donent plus d’ataintes aux Elemens d’Euclide , que s’ils eftoient de vrais Géomètres. Il ne me famble pas quant à moi, que j’aye autre chofe
- K à fai-
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- 74 Livre Premier,
- à faire, que d’exécuter nétement & fimplement le deffein que j'ai entrepris; & pour cét éfét je pourfuis d’expofer l’ufage des Tables, par un ou deux éxamples, pour fatiffaire à ce que l’ordre d’une légitime méthode defire de moi.
- vufage des Nous avons doné aux lignes de défance Fichantes de toute fortereflè à lhiteLfi-r conduire » la mefure de L X verges ou environ ; Mais parceque les lieux ques mon- que l’on entreprand de fortifier ne s'accommodent que bien rarement à no* *fxamples. tfc calcul » 8c que par ce moyen il arrive fouvent qu’ils ne font point capables de recevoir la mefure que nos maximes 8c nos Tables prelcrivent : il faudra donc néceflairement afliijétir & aproprier fon calcul à la nature du lieu qu’on defire fortifier : ce qui fe pourra faire bien aifément en céte manière.
- Pofons un lieu, dont le circuit foit capable de recevoir fix Battions, pour ettre feparés commodément l’un de l’autre de la diftance de L X verges : qui eft la mefure que nous avons ci deflus afiignée aux moindres Forterefles, fuivants l’opinion des méchaniques. Il n’i a point de dificulté, que n étant pas une chofe qui foit raifonable de manquer à pourvoir à la* feureté d’une telle place, eftant néceflâire en toute façon de la randre puif-fante contre les ateintes de lenemi : il ne faille plutôt fe réfoudre à quelque dépance que requière la conftrudion de tous ces Battions, que de s’expo-fer volontairement au hazard des inconvénians qui peuvent naître de fa foibleflè & de fes defauts, pour avoir voulu pratiquer quelque épargne, en la fortifiant d’un moindre nombre de Battions * Il faudra donc chercher la quantité de toutes les lignes fuivant te. première manière par la régie de trois : en céte façon.
- Tour mu- la Diftance des Ba-\ Le Flanq de
- •ver un ^ . . *
- éxampie défiions en la Table
- u i. mamé. féxangulaire de la
- 9*54(2'* La Courtine de 36.00(1. La Face de 2,4.00(2.
- 11.36(2.
- re,en la petite Tonifie a- Grande Fortifica-iLa Gorge de
- tionfur les r..i_____ _ i î « J
- Tables eide-
- •vantpofées. manière de 80.3 5 (2 donne
- tion fur les tion fuivant ja lm La Capitale de 21.61(2.
- Le Polyg. intérieur de 58.73.(2
- En céte fa*- (Le Flanq de 7.12(2 çon la Di- La Court.de 28.88(2 fiance des La Face de 17.92(2 Baftions ^ La Gorge de 8.48(2 pofée de La Capit. de 16.14(2 600.00(2. Le Polyg. intérieur donera (de 43.85(2;.
- Par ce moyen vous poarrés aifément parvenir à reconoître la vérité de tous les autres Polygones, repréfantée en la Table des petites Forterefles fuivant la première manière. Pareillement les Tables des moindres Forts fuivant la II 8c la III manière de Fortifier font dreflees parla régie de trois; voici un example d’un Pentagone delà petite Fortification furies préceptes de la III manière.
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- De ia Fortification Reguliere.
- la Dïftance des Ba-\ La Courtine de 36.00(2
- fiions en la Table de la grande Fortifie. du Pentago- (Le Flanq de ne fuivant la 3. T ‘ ^ 1
- manière 81.90.(2 Donne
- La Face de 24.00(2 La Capitale de 17.33(2 7.00(2 La Gorge de 12.77(2 Le Polyg. intérieur de 61.540
- Ainfi la dïftance des Battions
- 75
- fLa Courtine de 1637. Fmrm„_ La Face de 1758/
- ver un ex-ample delà
- La Capitale de 1269» dernière ^Le Flanq de 531.^“ pofée de La Gorge de 945.Fortific*-
- 60.00(2 J Le Polyg. intérieur *~nfurles-donnera Ide
- Tables prt-
- 45.08(2 J»**#»-.
- Il faut faire le même jugement des autres Polygones qui font expofés en céte Table.
- Pour conftruire une Tortereffe moyenne, dont la ligne Fichante ne s’étan-de pas jufques à LX. verges : & que la Dïftance des Bafiions les furpaflè de quelque peu ; ou fi quelque autre ligne de céte même fortification moy- traire des enne? par éxample la Capitale, eftfuppofée, nous dreflèrons notre cal- J^mpiTd* cul, d’une manière peu diférante de la précédante : & i procéderons ainfi en la perquifition de la Figure feptangulaire.
- Pour ex-
- moyene.
- Au VIL des TabLÏ îa Fichante de 60.
- 69(2 ou la Dïftance du Baftïon de 80.46 (2 ou la Capit. de 'La Face 20:03 (2. fuivant la 3. Manière donne
- La Courtine de 38.00(2.
- 24.00(2,
- Le Polyg. intérieur de 63:07(2.
- r
- Ainfi la Fichante pofée de 52.
- 78(2.ou la diftance du Baftïon de^ La Face de 20.87(2 70.00(2 .ou la Capit. de I7-47- C2'
- Donnera \
- La Courtine de
- 3 ï.32(2.
- Le Polyg. intérieur de 54.86(2
- Celui qui en aura befoin, pourra de lui même, fi bon lui famble, en fui- Pour dreffet vant cét ordre, réduire en Tables fpéciales, les quantités des lignes qu’il aura trouvées, à l’ulàge de tels Poligones qu’il voudra conftruire, fur diverfes res, àïufa-mefures. le n’ai point, quant à moi, ni la volonté, ni le loifir d’employer X le temps en ces petites chofes, mais fi peu d’art & d’attantion qu’on i apor- Jer^fr^ te, il ne fera pas mal-aifé de réüttir en céte recherche. Il i en a qui n’ont de Voyénls pas l’efpritfi ouvert aux invantions des Mathématiques ; à ceux là je con-feille de s’aider du travail des autres *. 8c particuliérement de nôtre Freita-gius, qui nous promét encores plufieurs Tables Analytiques proportiona-les delà Fortification, outre celles que déjà il a publiées en très - grand nombre, pour la commodité de ceux qui font moins expérimantés.
- Je ne fçauroisici m’empêcher que je ne taxe l’opiniâtreté de quelques uns, qui feulement pour fatisfaire à leur fantaifie, ou, pour mieux dire, à leur de
- fuperftition, fans avantage à l’Architedure, pour ne fambler pas, n avoir pasafles proprement diftingué les Fortifications, foutiénent fermementlcilizne F*' que les Grandes Fortereffes doivent eftre conftruites en telle forte, que leur ‘prTJférlmt ligne Fichante foit toujours de LX» verges , exactement, à proportion de de LX vtr"
- K 2
- la*
- gts.
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- j6 Livre Premier,
- la portée du Moufquét, ne foufrans pas, ni qu’elle foit moindre, ni qu elle excède céte mefure de la largeur du doit. Mais ils s’engagent par ce moyen à produire toujours de nouvelles & diférantes quantités pour chaque Polygone à fortifier, tant aux Faces, comme aux Courtines : ce qui ne fe peut faire fans incommodité notable des ouvriers, à qui ces quantités confiantes, des Faces & des Courtines , font conues & familières 8c leur fervent de régie 8c d’adrefie en leurs travaux ; parceque réellement elles font en la Fortification 8c en font produites : Pour ce qui eft de céte autre ligne de défance Fichante, c eft une ligne purement Mathématique 8c invi-fible 8c qui n’avânce, ni n’adreflè, en quelque façon que ce foit, les travaux des ouvriers. Ils s’engagent de plus, à des fupputations bien plus longues 8c plus mal-aifées ; non feulement parce qu’il faut qu’ils réfolvent plus de triangles : mais aufli parce qu’ils font obligés de trouver toutes les lignes Ichnographiques dés petites Forterefies, avant que de pouvoir dreflèr leur calcul pour les grandes ; au contraire nous faifons l’un, ou l’autre, d’abord, l’entans parler des Fortifications de la 1.8c de la 11. manière :car ceux qui font état de la dernière, ne feront ici jamais fi fcrupuleux.
- Tour drcjfer Je dirai enfin, en faveur de ceux qui auront l’ambition de dreflèr Iks'peüm des Tables des petites Forterefies, fuivant l’une 8c l’autre manière, les Toneref tirans de leurs propres caules par le moyen de la Trigonométrie : par-^moyen leiace quïls dédaignent, comme l’œuvre d’un écolier, de les extraire des Ta-blés des grandes Fortifications par la régie de trois , 8c en foupçonent la f/cUfsde!6 méthode d’eftre fautive 8c incertaine, d’autant que l’erreur qui ne fçauroit Tablesdref- eftre que flmple en l’autre façon, fe multiplie en celle-ci. Que celui donc
- fees pour les . x \r . -, r , ..
- grands qui aura ce courage, apres avoir ou pofe, ou trouve les angles, comme il ’cinqchofes vo^ au précédant Chapitre, 8c pris la quantité déterminée de la diftan-àprê/upofèr. ce des Baftions, ou bien le côté du Polygone extérieur, de qui la longueur du Bafiion de L X verges, fuivant la mefure de la portée du moufquét : Il dref-
- 2. t'Angle fera lors ibn calcul, comme s’enfuit, 8c comme ci dèfiùs nous l’avons pra-rTanq tiqué au IV Problème.
- 3. l’Angh Ainfi que fe comporte la fomme produite du demi - diamètre fefquialtéte àTmffiZ & du double Sinus de la Flanquante 8c du Flanq, (il eft diférant fuivant la
- 4. ta pro- diverfité du Fort que l’on calcule ) au refpeâ du demi- diamètre : la portée' qZahéÏTde du moufquét, ou L X verges, eft de même au regard de la Face du Fort u courtine qU’on defire.
- alaTace. x
- 5. LePoiy- Depuis peu nous avons trouve les principales lignes des petites Forte-raréfiés féxangulaires de la première manière par la régie de trois : Trou-•verges. vons les maintenant par le fecours de la feule Trigonométrie 8c les tirons
- de leurs propres caufes.
- Comme la fomme du Sinushm de 92.387. de l’angle h c m de la Flanquante 8c du Flanq de 67^ deg. 8c du Sinus h J de 9x387. ( pour avoir double le Sinus dê l’angle hem de la Fig. L. ) 8c du demi-diamètre *//i pris une fois & demi de 150000. qui font enfamblc mh de 334774 : eft au regard du demi-diamètre me de 100000 : la portée du moufquét
- de
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- De ia Fortification Reguliere. de 60 verges, efl: de même au regard de la Face me de 17.92 (2.
- Voici h raifon de céte colle&ion en la Fig. L: la ligne Flanquante mt foit prolongée, jufques à ce que elle fe rancontre au point u, avec la ligne bu, tombant à plomb fur m b : 8c feront produits deux triangles équiangles, 8c proportionés me h 8c mu b. Ainfi, font données les mefures des lignes m g 8c mb. Car de celles des quelles me eft de 100000 la ligne m h aura de ces parties 92387, à raifon de l’angle me h ici pofé au féxangle de 67; deg. Or hdcontientmcxmefois8cdemi,8cb deftégaïe àmh. Donques la tou-tlTuUngt te entière fera conuë aux mêmes parties dont les 100000 cônftituent me. nieufe pour Car l’Hypothénufe m c prife au triangle redangle me h pour demi - diame'- p«-
- tre, de la fomiüe du double Sinus de la Flanquante 8c du Flanq 8c du demi-tites Forte-diamétre fefquialtére, fera compofée m h c’eft à dire de m h 8c de bd 8c de db qui efl: fefquialtére à l’égard de m c. Davantage mbek conuë en la mefu-re des verges Rhynlandiques : car on la fait égale à la portée du moufquét de L X verges. Donc à même raifon fe trouvera la defirée me en la mefu-re de ces mêmes verges : la Face me 8c fa moitié donera kf la Courtine de 26.88. La Courtine fouftraite de la portée du Moufquét, le demi du réfidu donera ^de 16. 56 (2, la furfàce; 8c de céte façon le Trigonométre expérimanté trouvera aifément toutes les autres lignes inconues. Pour fa-vorifer les eïïais de ceux qui n’ont pas tant d’expériance, je montrerai feulement du doit la Trigonométrie pour trouver les Triangles, mais d’une autre façon que je n ai pas fait au précédant chapitre. Apres avoir trouvé la face me, la Courtine kf, la furface bd, au triangle mgr tous les angles feront conus avec le côté mg, qui efl: de xxx verges. Partant feront donnés le grand demi - diamètre r m de L X verges ; la grande Perpendiculaire g r de 51.96 (2. Quant au Flanq prolongé h c,il deviendra conu, par le triangle mçhi de qui, outre tes angles, font conus les côtés me 8c m h-, il efl: de 6.85 (2. Pour ce qui efl: de la ligne hz, à raifon des côtés mg 8c mh 8c g r conus aux triangles mgr 8c mhz femblables 8c équiangles elle aufli ne demeurera pas inconuë, mais fe produira de 28. 68 (2. Quant à la diféran-ce des conuës, hc8chz donera la quantité de c z de 21.83. D’où réfuîte, que tout ainfî que la fomme des Tangentes des Angles clk 8 kîz efl: au refpeft du demi-diamétre : de même c z, qui vient d’eftre donnée,fera au regard de la Gorge kl de S. 49 (2 les deux Gorges avec la Courtine doneront la le côté du Polygone à fortifier de 43.86 (2. lp la demie de celle-ci au triangle Ipr à raifon de fes angles conus produira r l le petit demi-diamétre de laForterefïê de 43.86 (2, 8cpr la perpendiculaire de la Fortereflè de 37.
- 98 (2 ; la diférance de.l’uri 8c de l’autre demi - diamètre donnera là Capitale Im de 16.14(2. La diférance des Perpendiculaires donnerapgou kh la di-ftance des Polygones de 13.98 (2. ch fouftraite de khj laifle lé Flanq ck de 7. ï 2 (2. Le Flanq c fpris avec les angles du triangle e fi produit ci la partie libre de la Flanquante de 18.62(2 ; le Complément de là Courtine fi de 17.21 (2 $ ik le Flanq de la Courtine de 9. 67 (2, 8c toute la Flanquante de 36.54. Enfin l’angle dé la Courtine 8c delà Fichante bka fe trouvera
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- 78 Livre Premier,
- de 17 deg. 50 min. par le moyen des côtés donnés h k 8c h b. car k b h lui eft alterne,fans lequel angle,il n’eftpas poflible à ceux qui veulent que la ligne Fichante garde exactement la mefure de la portée du moufquét,;de com* mancer feulement le calcul des grandes Fortereflès.
- En ta faveur, mon Lecteur, j’ajoûterai ici les angles de la Fichante & de la Courtine de tous les Polygones : Au I V. il eft de 13 deg. 16 fcrup. Au V. de 15 deg. 58 fcrup. Au VI. de 17 deg. 50 fcrup. Au V11. de 19 deg. 14 fcrup. Au V111. de 20 deg. iS fcrup. Au IX. de zi~ deg. Au X.de zi deg. 51 fcrup. Enl’XI. zz deg. 57fcrup. Au XII; de zz deg. 58fcrup. Au baftion plat de 287 deg.
- Nous avons maintenant, apres le travail d’une fi longue fupputation, les Angles de tous les Polygones à fortifier que produifent les Courtines 8c les lignes Fichantes, il nous refte de voir comme ils procèdent : La même Figure L. nous réprélàntera la defcription d une grande fbrtereflè. A raifon des angles donnés du triangle re&angle bok 8c de l’Hypothénule lk de LX verges, nous aurons les côtés: La diftance des Polygones ho , ou bk, de 18. 37 (2 : La bafe de la Fichante 0 k de 57.11 (2 ; Par le moyen de la trouvée ho 8c des Angles conus du triangle h 0 i, reüfliront la Bafe de la Flanquante oi de 44.34(2 : la Flanquante même bi de 48(0 : la ligne oi fouf traite de ok, lai (Fera le Flanq de la Courtine ik de 12.77(2 : Derechef, par la ligne b 0 conue, 8c par les angles conus du triangle boa, feront trouvées; la Capitale ha de 21.21 (2, 8c oa de 1 o 6(1. Céte oa Ibuftraite de i 0 reftera la ligne ai ou / / de 33.74 (z, compoféede la Gorge 8c du Complément de la Courtine kt. D’où réfultera , atandu qu’au Triangle Ict outre les angles, eft donnée lt, la fomme des côtés kl8c kt : Que comme la fom-me des Tangentes des complémens de l’angle de la Flanquante 8c de la Courtine, 8c du forme - flanq eft au refped du demi - diamètre : lt foit de même au regard du Flanq de 9.35 (z. Le Flanq fouftrait âefdde 18. 37. (z, reftera le Flanq continué de 9.02 (z. Maintenant, prenant le Flanq conu avec les Angles du Trianglefei, fera trouvée la partie libre de la Flanquante ci de 24. -43 , le Complément de la Courtine//de 22. 57 (2: ei fouftraite de hï laiflèra la Face be de 23. 57 (z: tirés fi de la trouvée ci-defîiis oi reftera la Surface du Baftion hdde 21.77 (z. A celle- ci eft égale h m, laquelle fi vous ajoûtés à okoukbk, bm toute entière en fera com. pofée, qui eft le Polygone extérieur, ou la diftance des Baftions de 78.88(2. Or /^fouftraite de 0 k, laiflèra la Courtine/i de 3 5.34 (z (laquelle Courtine eftantfefquialtére à la Face, celle-ci devant donnée, Iautre pouvoir eftre conuë du même temps. En fuite, le double de la ligne oaci deflûs trouvée, fouftrait de m b trouvée, refte al le Polygone intérieur, ou le côté de la ville de 57.68. Enfin la Courtine fouftraite du côté de la ville, relieront les deux Gorges : l’une ou l’autre donc rf/fera de 1 r. 17 (2. Pour examiner 8c pour reconnoître la bonté des lignes trouvées de céte fcrupuleu-fe manière, fuivant les Tables des petites Fortifications de céte même ma-n iére ci deflus repr éfantees 8c par le moyen de la régie de trois ; on i procédera en céte façon: Ainfi
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- De LA FoRTI Fie AtlON REGULIERE
- 79
- ainfi que fc' comporte la ligne Fi-châte S exangulaire en la petite Fortification de 45. 63 (2.
- re-[
- gard dejde mê-
- la ligne Fichâte Séxâg. en la grande Fortif de 60. Verg.
- me en la petite For-tificat. Séxan-gul.
- la Face de 17.91(2 laCourt.de 26.88 leFlanqde 7.12 la Gorge de 8.48 la Capit.de 16.14 le Polyg. extérieur de 43.85.
- fe com
- porte
- en la
- grande
- Fortif
- Sexan-
- gulaire
- au re-
- gard
- f
- delaFacede 23.57 delaC0urt.de35.34 duFlanqde 9.35 7 de laGorge de 16.17 de laCapit.de 21.22 du Polyg. intérieur de 57.67.
- Proprement comme nous avons trouvé ci defius toutes les lignes par le moyen de la Trigonométrie.
- En la même façon & de ces mêmes Tables des petites Fortifications, celui qui aimera mieux s’en fervir en la conftru&ion de celles des grandes Fortifications , il en pourra drefler les Tables des grandes Fortifications de notre première manière, comme il s’enfuit.
- Ainfique fe’l
- au regard
- de laCourt. de la gran-
- comporte la Courtine féx-ang.de la peti- ^.de Fortifi te Fortificat.1 cation fui-fuivantlai. vant la manière, de 26.88 (2 j
- de même fe comportera du Sex-jang. de 1. jla petite manière delFortifica-36. (o Jtion.
- à la Face de 24 auFlanqde 9.54 à la Capit.de 21.61
- rrri'7 TTà la Gorge de 11.36 laGorge de 8.48^ aQ cju séxane.
- le coté de la ville de 43.85
- la Face de 17.92 leFlanqde 7.12 laCapit.de 16.14
- au côté du Séxang. de la grande ftru-âure. de 58.72
- D’ou il aparoît ; laquelle de ces deux efpéces de Fortification qui foit re-préfantée & donnée par le calcul, que l’autre par la régie de trois fe pour-ra aifément rancontrer, fuivant nos maximes, qui voulons pluftôt que Tmifica-les Faces & les Courtines foient dune quantité déterminée , que la lig-“In/dn/èr ne Fichante delà longueur immuable de LX verges: Mais au contraire ceux qui veulent, que la ligne Fichante foit toujours égale à la portée du même que Moulquét, ne peuvent réüfiîr en la recherche de quelqu’une des grandes^ Fortifications, que premièrement ils n’ayent trouvé l’angle de la Courti- en des ne & de la Fichante h k a ou khh. Et néanmoins , c’eft inutilement qu’ils Grfindes-le cherchent, fans avoir au paravant trouvé toutes les lignes de la petite Fortification. Davantage, il fe voit à l’oeil, parla comparaifon des lignes trouvées que toutes les lignes de notre grande Forterefie Séxangu-laire, font un peu plus grandes,que celles de l’autre : & cela fe fait à raifbn de notre ligne Fichante qui eft un peu plus longue que la portée du mouf-qnét : car elle eft au moins de 61 verges : mais la Fichante de l’autre n’en a que 60. qui eft la jufte mefure de la portée du moufquét. C’eft afles dit de l’ufage des Tables.
- Lebon ordre de la méthode nous obligeroit maintenant après que nous avons trouvé les lignes Ichnographiques primitives, de chercher aufli celle du circuit & de l’enceinte, c’eft à dire les lignes Ichnographiques de
- toutes
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- 80 Livre Premier,
- Lésions toutes les autres parties ; à fçavoir du Parapet de la Fauiïe braye, du Fof-Orthogr*du ^ » & du Parapet du chemin couvert : &c. Mais d’autant, que quelques parJpét d“ unes de ces lignes , (par éxample, le pourpris extérieur du parapet qui eft taye^du au *a du f°de) ne Peut trouver que préfupofée une hauteur du ram-Fop & du par qui foit a durée ; pour céte raifon nous ferons précéder l’Orthographie, Corridor je dont vous avés les termes au fuivant chapitre.
- trouveront ci apres y
- tmndvom CHAPITRE IX.
- aurons traité de l'Or-
- thWhu. De l’Orthographie ù~ des termes dont elle fe Jert.
- A Prés que frous nous fommes aquitésde l’explication de la première e£ péce de ÏOrâonance A rckte bionique qui efb llchnographie : l’Ortho-graphie vient en fuite : de la quelle premièrement & avant toutes choies, il nous faut conoiftre les termes.
- Les termes Orthographiques des Fig. XXIII. ou L VIII. & des fuivantes.
- A B. Le Piédou Bafe du Rampar.
- CD. EF. La Hauteur du Rampar.
- A D. Le Panchant, la montée intérieure du Rampar.
- B F. Le Panchant, la montée extérieure du Rampar.
- C A. Le Talu intérieur du Rampar.
- B E. Le Talu extérieur du Rampari
- D F. Le fommét du Rampart, fon êpeffeur au haut.
- ah. La Bafe du Parapét.
- hf Le Panchant extérieur du Parapét-
- h a. Le Panchant intérieur du Parapét*
- eh. Le Talu extérieur du Parapét.
- e a. Le Talu intérieur, du Parapét.
- fd. Le fommet du Parapét, fon êpeffeur en haut.
- a g. nk. Le Banquet.
- g D. Le Terre plein, le Plan du Rampar.
- bp. Le Chemin des Rondes.
- ortblgr*-* ? r 0 Le Ban(iu^t & Parapét des Rondes, ou de la Fauffe braye.
- phiques de q G. La lijtére, le, relcus, la berne.
- Z%Z GHIK- *•*&-
- ME H. La Profondeur dufoffé.
- GH. l'Efcarpe.
- KI. La Contrefcarpe.
- G M. Le Talu extérieur, du foffé.
- K L, U Talu intérieur du foffé.
- K N. Le.
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- Diaqrammata Mummentorum Ortfioqranhi
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- Si
- De la-Fortification Régulière:
- K N. Le Chemin couvert 9 le Corridor.
- NORPS- Le Banquet, & le Parapét du chemin couvert, l’Ffplahade* T S. Lèpiéd, la Bafe du Parapêt du chemin couvert.
- V P. La Hauteur du Paraît du Corridor.
- CHAPITRE X.
- La détermination des mejures Orthographiques de la Fortification.
- AYant décrit ci deiïûs la manière de trouver en une forterefle que Ton veut conflruireles lignes que Ton apelle Ichnographiques. (*) L’ordre maintenant nous oblige de confidérer celles qui apartienent àl'Orthographie.
- C'efî une image droite & élevée repréfantant la face de tout Je deffein , & une figure de l'œuvre entrepris, en abhregé nous contrefaïfant les mefuresqui lui conyiénent•
- C’eft ainfique vïtruve la définit. (b) l’Orthographie militaire n’eft donc au- ta défini. tre chofe, qu’une repréfantation élevée, des traces de largeur 8c hauteur Tonhlgra-que laiflêroit de foi une Fortereflè, lur fon plan perpendiculaire, duquel nous prefuppofons que fon Rampart, FofTé , & autres mambres foient militaire. coupés à angles droiS.
- Toute l’étandue des rampars en fa longueur, éft comprife dans ces trois vlchnogm lignes, de la F ace, du Flariq & de la Courtine que jufques ici nous avons phu me fure éflàyé de bien déterminer par l’Ichnographie. Mais parceque trois dimaii-iîons, concourent à la perfeâion de tout cors ; à fcavoir la longueur, la menfion de largeur 8c la hauteur : il relie de pourvoir auflï 8c de bien établir h largeur L'orfho-"' 8c la hauteur de nos Fortereffès ; ce qui proprement apartient à l’Ortho-^^*
- graphie. • geur & de
- U nia point dedifîcülté que le rampar ne doive avoir de la hauteurpourquoi n (c) afin quel’énemiafiaillant ne le puifiè furmonter qu’avec pêne8c difi-^^/ei çulté : ( d) qu’il nous ferve d’une retraite 8c feure défance pour nous métré fiiem haute
- L.
- a cou-
- frf) Je diraiune fois pour toutes, que céte première Figuré delà Dilpoficion & en laquelle nous traçons fur le papier avant toute choie, la conception du piédd’un ouvrage, foit de maifons, ou de villes, ou de rampars , d’ou. nous tirons la defeription des Formes lür le fons deftiné à l’édifice , s’apelle lchhographie. Quant à l’Orthographie t c’eft ce modelle de la Dilpofition qui en répréfame le front & la furface droite en Ton élévation. La Scénographie n’en expofepaslèulementknosyeux toutelaFace, ni l’alfiére & le pied, maislecorps tour entierde l’édifice élevé de terre, & du réduit de fes côtés. Quelques François l’apellent d’un lèul mot, Profil. Tasfin, an Hv. des Plans tjf Profils des villes conftdérables de France. Je leur Jaiffe le foin d’examiner fi ce terme eft bien propre à la chofé, qu’ils veulent exprimer. Quelques autres pourtant, fi je ne me trompe l’apélent diftinûement, la ProSpeUive. {b) del’Ar-chiteél. liv.i. chap.n. (c) Voyés nôtre n.Cliap. (d) Tite Live fait grand état de la hâuteur des
- murs de la nouvelle (a~thagc: 8c blâme au contraire ceux de Syracufi de leur baflefle. Répandant le Carthaginois avoit rampli fis rampars de Jbldâs , if fournijfoit de trais en abondance. Mais ni les hommes, ni les trait, ni aucune autre ejpécé de fecoftrs ne defandoit fis murailles, comme elles fi dêfandoient elles mêmes. fFeu d’échelles potivotent atéindre leUr hauteur, if tant plus on les avait hautes , elles étoient aufii d’autant plus fiibles. Dejhfon que nul des premiers if plus avancés ne pouvants s’avancer jufques au fimmét du rampar, if d’autres leur fuccédans toujours , elles fi retapaient fous leur charge, On ne voyait de tous côtés que faldas if échelles routier en terre ; ce qui enflait merveiUeufemeni le courage des afiiégés if redoubloit leur alegrejfe , if obligea de finner la retraite -, dont ils concourent espérance, que le repos leur efiait aquis, non feulement pour ce ÿui efioit de ce combat, mais encore pour Cavenir, if que par l’efialade if la couronne, leur ville ne pouvoir pas être pri\e ; if que les autres travaux étant difieiles, donneraient temps à leurs Généraux de les fecourir. AuLiv.XXVI. Pour le traité de la r an. .fon de Vamafippus fut chotfi un lieu métoyen if commode à l’un if a l’autre parti, joignant une tour qu’ils apeüenl Galeagra. Comme ils avaient occafion d’i aller fouventun Soldat Pomain, s’étant mis k confidérer de prés la muraille, contâtes pierres, if jugeant par le nombre de celles qui parasffoient défiant quelle pouvoit efire la hauteur du mur, conjeélura qu’il n’ avait pas tant de hauteur que l’on croyait, if qtt’il n’eftoit befoin que de médiocres échelles pour le furmonter 5 il fit fon raport à MarceStts de fa panjee. Qui en fit état ; mais la feure garde qui (i fai fit en cét endroit, en défandoit l’accès. On cherchait un moyen, qui ffit tnfeigné par Un de la vide qui s’était randti dans leur camp , & c. Tite Live auLiv. XXV.
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- g^ L r V R £ P ft £ tà î E £*
- à couvert de fes trais ; quefon éminance aflùjetiflànt à fo domination tous les lieux qui l'environent, nous donc l’avantage de pouvoir aifeftïCn't rer*-conoiîlre les aproches de l'énenai & de le batte r & dfe défertdrè ifos Dehors larges. Il faut aufli que le rampar foit large & efpais, pour rëfifter àTefïbrt du* canon, & qu’il ait un fufifant efpace, pour la feureté de ceux que l’on i é-tablit à la défance de la ville & pour la liberté de leurs fondions : Mais ce rieft pas afles que de lui même il foit impénétrable aux coups de canon, il faut encore qu’en la largeur de fon fommét il foit capable de foûtenir unPa-rapét, qui ait aufli la force d’ireTifter: en telle façon qu’apres que céte fu-filante largeur aura efté donnée au Parapet, le fommét du rampar ait encore derefte tout autant d’efpace qu’il en efl requis pour l’artillerie & fa fuite & pour la garde des foldas qui font neeeflaires pour fa défance. Èn fin, pour le randre ferme & puiflànt & capable de fiiporter là charge, mêmes apres que les coups l’auront ébranlé, il fera befoin de îui*donner une pàn-ihfi pks ftûî n€ foit Pas trop roide, mais qui s'élève doucement. Pour obferver propos dere- toutes ces chofes, il ni a point de doute, quonne foit obligé de lui don-“ouplïeVè- net une grande largeur. Ce fera toujours ma penféequ’il efl: plus à'propos nemi en des ft’èxpofer le bouclier aux coups de lenemi, que le bras nud : 8c ne mefcm-uZrtue* ble pas qu’on me doive blâmer, fi j’aime mieux que les trais en flammes, jiïmacs vi- <lue nous Porte la violance de l’ennemi s’amortiflè en des mafies de terre, vans de nos qu’aux vivanâ eftomacs de mes concitoyens.
- *vmhUèi Je c^°ifiscét endroit pour contredire la téméraire & enragée vanité Spartiates, des Spartiates, (*) qui plutôt que de faire la guerre avec adreffe & que d’i confondue. ernpjOy0r pefprit 8c le confeil, faifoient gloire de s’en démêler brutalement
- &par
- (a ) Le grand Roy .Agefilaus interrogéjufques où s’étandoient let limites delà Laconie i fit reponfi, en branlant fit lanceg \Aufii loin, dit-il, que peut ateindre celle-ci. Plutarque aux Apophtlieg. Lacon. Mais pour moi je ne doute poirtt que de puiiTantes forterefles ne les défendent beaucoup mieux. La pointe de la pique {è rebouche 8c fe brife au moindre hazard, ni ayant rien au monde qui foit plus incertain que le fort des armes ; Mais l’Archite&ure eff capable de confeil, de prévoyance & deraifonement. %A un autre qui avoir demandé pourquoy Sparte n'avait point de rampais ? Le même Agefilaus luimontrant les citoyens armés : Voilà, dit-il, lesmuraides de Sparte. Aujourd’hui- milles armes défan-fives ne font capables de foûtenir l’éfort des offanfives. Mais je ne veux point d’autre juge de céte témérité que le même Agefilaus, ayant eflayé par deux fois avec grand deshonneur & perte, le peu de fecours que donnent les corps feuls des citoyens à la défance d’une ville. Çàr il nefiufiait pas, dit Theopompus, que les Lacédémoniens s’expofajfent à un telorage: il abandonoit le circuit extérieur de la ville & les lieux de moindre importance à la difcretion des ennemis: mais renforçant de foldats le milieu de la ville fa les endroit’de plus de conféquanee : fuportoit 1‘infolance fa les bravades des ennemis > qui le défioient au combat l’ape/lans par fin nom , fa le conviaient à défandre lui- même fit terre natale , puis qu'il efioit la caufi de tout le mal, fa l'auteur de la guerre. Mais les défirdres de la vide , les clameurs fa l’importunité de ceux qui couraient deçà fa delà, ne lui donoient pas moins de pêne ; les vieiüars ennuyés de fi voir afiiégés, fa les femmes impat tantes comme furieufes fa portées dans le defefpoir entendant lescris fa voyant les feux que les ennemis fai filent de tous côtés'. Quant leurs troupes fi mirent à pajjir la rivière, pour attaquer la vide y ^Agefilaus abandonnant lé rêfie, fi réfilut dé tenirbon, feulement au milieu delà vide,fa aux autres endroit plus éminans fa plus avantageux. Alors il pouvoientbien juger ce que leur eûftfervi d’avoir fermé leur ville en temps de paix, contre les bazars de la guerre, dérampars& de bonnes tours. Le cours de la rivière d1 Eurotas efioit lors enflé parlesnéges, dont laroideurfa la violance ne donnait postant d'empêchement aux Thebains afiiégeans Sparte , que fa froideur. Et peu après. Pour céte caufeAgefilaus , reftife la pdix épile. les Thebains lui prefintérent, fafefaifhnt prier pour leur acorder de parodes , céte contrée qui efioit de fait en leur po'jfefilon , bien loin de la recouvrer, peu s’enfalut que fin opiniâtreté ne fut caufi, que les Thebains lui enlevàffent Sparte , pat leur dextérité, far Mantinée s'efiant une autrefois révoltée contre les Thebains, fa ayant apelê U fecours des Lacadémoniens, Epaminondds ayantdê-souvert qu' .Agefilaus s’idevoit randre avec fon armée , partit de nuit au de/çeu des Mantinêens de Tegêe , avec la fitnne, fa s’enfalut peu, que laiffant derrière fit uAgefilaus, il ne furprit la vide de Sparte toute dénuée. Défait non feulement elle eftoit vuide, mais aufli dépouillée de fes murailles qu’Agéfilaus avoit emmenées en fon camp, pourle fortifier. De quoi .Agefilaus ayant efié averti par Euthynous, (celui ci cil màintenantà Sparthe , pour la défandré feul comme un rampar d’œrin ) dépêcha un courrier en diligence pour en porter ies nouveUesà Sparte, fa lui même layant fùivii entra peu après. Prefque fur l’in fiant même que les Thebains pafierent P Eurotas fa furprirtnt la vide. Sri céte occafiin Agefilaus rancit pour la défance de fan pays , un plus alpre combat que ne portoit ni finage, ni fon humeur. Il ne s'amufa point à chercher des précautions , ni des fiuplejfes , mais reconoifiànt que le temps fa le lieu le requéraient ainfi, il fe précipita dans lame fiée aveuglément fa fans aucune confidération. Rien ne l’eûft obligé à céte témérité confeflee, fi Sparte euft efté fermée de bonnes murailles, lamaisen fa vie il ne s’efioit porté à ces extrémités , mais alors il fut necejfaire qui! e» üfat ainfi pour re-poujfir un danger fi prefant fa pour ravir des mains d’Epaminondas fon propre pays. Plutarquè en la vie d’Agefilaus. Après que céte invafîon eûft efté fi heureu(èment repo uflee, qui eûft interrogé Agefilaus, pourquoi Sparte n’efioit pas cfinte de mur aides ? Qu]eûft-il relpondu ? Que c’eftoitpour avoir occafîon dedefandrele milieu delà ville par un coup périlleux, & pou? faire monftre d’une audace extraordinaire 5 & cepandant abandonerle refte au ravagé & à lafu-rçur des ennemis. Bien à propos fàns doute J & neanmoins c’eftoit tout ce qu’il eûft pu dire.
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- De la Fortification Reguliere. 83
- 8c parla feule force du corps : étans d’opipion que l’énemi ne fedeût vaincre que par la pointe de la pique & par le tranchant de lepée, ils dé-daignoientl’ufage deladoloire &'du (*) hoyau: & trouvoient ridicule de fe falir de boüe au lieu de fe baigner dans le fang de fes énemis. Pour fa-tiffàire à céte humeur, ils établirent, l’unique 8c totale défance de leur cL té, non pas en des murailles inanimées, mais en la vivante valeur de leurs citoyens. Céte publique penfée'fut interprétée 8c fidèlement exécutée par le fait particulier de ce Lacédémonien (*) quand les Thebains entrèrent en armes en leur ville : qui fans armes & toutnud, le corps huilé, ayant feulement une épée dans une main & dans l'autre une javeline étant forti de fa maïfon en cét équipage, fe mêla hardiment dans la hataille des énemis, frapant & aha-tant tout ce qui lui vernit à la rancontre : lui fut la fortune fe favorable, qu'il
- n'enraporta pas une feule playe ; ou foit que Dieu voulutprandre le foin de protéger une vertu fi extraordinaire ; ou quelle imprimât au coeur des énemis une per-fuafion acompagnée de refpeél ; que tant de valeur ne pouvait procéder que d'un [ujét plus excellant que l'homme. On dit, qu à caufe de cét exploit ayant été couronné par les Ephores, il fut par eux mêmes aufiï condané à l’amande en public, efi de dix mille drachmes, pour s’eftre fans armes hazardé au combat * Avec plus dcjuftice onauroit condané à la mort ces juges févéres, de qui les or- ne un fait donances, qui dépouilloient la ville de Sparte de les murailles , expofoient PartiCUÎtefi quant 8c quant la liberté, la vie, les fortunes des citoyens à la merci des é-nemis, à leurs pillages, 8c à leurs brigandages, par une manifefte trahi-fon : car il eft tres-certain qu’en une ville, la moindre partie eft de ceux qui font capables de porter les armes pour la défance du pays 8c la leur propre; la plus grande partie eft de foibles femmes & de petits enfans : les malades & les vieillars infirmes en font une autre part : le falut 8c l’efperance de ceuxci, confifte prefque toute entière en la force de leurs rampars. Oter donques à Sparte fes murailles, pour obeyr à l’ordonance des Ephores, qu’eftee faire autre chofe que de ravir les armes à ceux qui font capables de s en fervir, 8c aux foibles la feuretéde leur retraite & de leur vie ? Mais laifibns là ces Spartiates en leur maladie d’efprit ( c ) que tout le Monde à condanée , jufques à ce quelage 8c l’ufàgeles ait guéris , quoi que trop tard. Pour ce qui nous regarde ^retournons à pourfuivre notre defièin.
- E tant donc en noftre liberté de randre commodes,ou incommodes les ou- „T,
- , Vlchnogm-
- vrages que nous etablilîons pour notre défance;avec jufte raifon nous nous phiedeno-fommes arrêtés à l’ufàge des armes à feu qui font les plus propres 8c les plus auantageufes pour cét effet : c’eft à fçavoir en féparant les ouvrages n0U5' défanfifs de ceux que nous voulons défandre d'une diftance qui foit telle, que ceux ci puifiènt cftre aifément protégés du fècours de ceux là, non feulement par le moyen de lagrofiè artillerie, mais encore par le fèrvice
- L x du
- (<t) Avec Dùmitim Qorbulo 8c tous autres prudens Généraux d’ariuée de toutés nations 8c de tous âges. (é) Ce
- fat ljàdasû\s del'hæbidas. Plutarque en la vie d'Agefilaus. ( c) Quoi que dife au contraire lufiin au liv. 14.
- ou il préféré fans propos & (ans raifon, les choies belles à raconter, à celles qui font vtiles Sc nécefiaires à faire, & ne fe fou vient pas cjue lui même a donné des louanges en autre endroit à Arfaces pont avoir été fondateur de Dara 1
- ville très forte, 5cà plufieurs autres en pareil fujét.Ci delTous au Chap. XIII nous le verrons traité comme il mérite par Ariftote, où les termes de P un Sc de l'autre dignes d’eftreleûs, le trouvent cités en nos Annotations. à qüoi le vous ranvoye.
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- 84 Livre Premier,
- du Moufquét : c’eft à dire que nous avons réglé & de-terminé toute lame-fure & toute la proportion à la portée du Moufquét : ce qui dépand de nous, comme j’ai dit ; puis qu’il n’i a rien qui nous puiflè empêcher, que les ffations de notre défancene foientprifes de nous, ou plus proches à la portée du Moufquét, ou plus éloignées, à celle du canon , ainfi qu’il nous fambîera plus à propos : & fuivant la réfolution que nous auronspri-fe, avant le hazard de la guerre ou du fiége, faire provifion d’armes ou de machines convenables à notre intantion.
- Quant à celles dont il fe faudra garantir, comme elles dépandent du choix de lafliégeant & de la liberté de fon éieéfion , ce qui nous regarde cefî: de pourvoir àlafeureté de notre défance, contre quelque machine que ce foit qu’il veüiile employer à notre ruine.
- 11 n’en efi Or tout ainfi que nous avons en l’Ichnographie militaire principalement pas demi- confidéré l’ufage du Moufquét, à caufe de fa facilité 8c commodité : Auf-
- mede l’Or. • i t i \
- tbographie: ü maintenant en l’Orthographie, ce dont nous avons a nous conlerver a fjr ce qu’il nous faut craindre, c’eft le Canon : de peur que dés aufli toft que l’énnemi comanceroit de batre nos murs, leur foiblefiè ne nous obligeât de lui ouvrir nos portes , 8c que par la force de fes machines il ne s’ouvre Le meiiieu- à lui même un pafiàge fur la ruine de nos ouvrages mal conftruis 8c inca-re pables deleur réfifter. Donques le vrai moyen de pourvoir à la feureté d’une firumon ville, fera de la fortifier 8c de l’armer de fi bons murs, qu’ils foient à l’é-pars^jTc'ei- Preuve des coups de canon 8c de leurs injures : après quoi il nous fera fa-ie là qui efi cile de nous garantir de l’outrage de la menue artillerie. lpaPbiTdTré- E*1 cet endroit 8c devant que nous pallions plus outre, il nous faut avoir fijier aux foin de bien choifir la plus propre 8c la plus convenable matière pour la coups deçà- confl-ru<c^ion 4e nos rampars ; en telle forte que nous les randions capables
- „ , 8c puiflàns à foutenir forage des batteries de l’énemi. Voyons donc férieu-
- Sera ce le x 0 , rr rrf .
- bois ? ou la fement qu elle peut eftre la meilleure étoffé pour cet effet ; ou le bois, ( a ) TriquelmL ou Pierre » (O ou la brique, (0 ou la terre ? lufage moderne s’eft ar-
- terre ? rêté
- ( a) Le général Sylla fit fajjer fin armée en la contrée des Hirpins, où il mit le fiége devant Squulan. Ceux de la ville qui atandoient le même jour un fecours des Lucains, demanderont terme d'avis : Sylla qui conoijfiit leur ru fi, leur accorda l’efface d’une heure: ér cepandant fit porter aux murailles des fagots de [arment: Ces murailles efioient faites de bois : l’heure pajfée il i mit le feu , la crainte de ce danger ré ayant pas e û moins de pouvoir qu’une ataque de vive force , la vide fi randit fo fut pillée. Appian au 1 livre de la guerre civ. Voyésaufli Iofephe de la guerre des luifs liv.7. ch.a8. en la prife AcMaJfada. & Thucid. livrer en la prife de Delium , &c. ( b ) Jamais rien ne m’a touché le cœur de tant d’admiration
- & d’étonement, que lors que jeme fuis mis à confidérer les monumens inimitables d’Architecture, tant de la civile que de la militaire, qu’a laine apres foi le Roy Herodes, véritablement grand & admirable encéte partie, &qui feul afurpalTétoiit ceux qui fe font jamais mêlés de baftir. Lefuperbe Palais del’Efcurial, édifié par le très-puiflant Philippe 1 T. Roy d’Efpagne, eu égard a la chétive magnifiçance de ces derniers temps, eft fans doute un ouvrage^» Royal & incomparable, (encore que le Roy i foitlogé en Moine, & les Moines comme des Roys :) céte entrepriit-» luicouftaénxxri ans xxx millions d’or, pour s’aquicerdu vœu qu’il avoir fait pour laviCtoire qu’il eniportaà la journéede St. Quantin, contre Henri 11. Et difoit lui-même, que la peur avoit efié bien grande, qui lui avait donne fisjet de faire untelveu. Mais qu’eft-ce que l’Efiurial comparé au Temple de Salomon, réparé par Herodes, ou plu-ftôt bâti de nouveau? Je ne puis paffer outre fans dire quelque chofe des Rampars & des Tours de pierre de Hic-rulàlcm, laiffant lerefte envelopé dans le filance, renvoyant le LeCtcur aux Livres delolèphe, ce qui fuit fufira pour nôtrefujet. Le troipime Mur eftant de tout point admirable, &c. la grandeur des pierres fieftoit aufii, on n’i avoit pas employé des pierres vulgaires, que le travail iy la main de l’homme peut transporter, dejloient des marbres blancs taiUès, chacun de vingt coudées de longueur , dix de largeur, & cinq de hauteur ; Elles efioient fi parfaitement jointes & Uêesenfam-ble, que chaque tour paroijfoit une feule pierre i ir l’art des ouvriers en avoit formé la fàce & les angles fi délicatement, que les jointures ne parotffiient en aucune façon , &c. Le troifiéme mur avoit X C. de ces tours ; & leurs effaces contenoient QÇ coudées. Le mur du milieu efloit divisé en XIV tours, & -d'ancien en LX: & toute l’enceinte efioit de XXXI11 fiades. Fia v. Iofeph.au vx chap. du vr liv. Pierre Sardi au rv livre de fa Couronne militairedone les louanges qui fuivent à nôtre Architecture moderne, à jufte titre. Di qui fi pub comprendere la Spefa, quanti era infuportabile, & la difefain fine quanta era debote’, & nondimeno per goderedi quelle deboli difeje non perdonarano à cofa nejfuna , ne kfiefi intollerabili, ne a fatichi indicibili ; è quanta mi fiamo pià aventurati , è quanto obligo doviama tenerea primi inventori di quefii noftri Waloardi : poiche ton mena fit fit di gran longa , è ton minori travagli, godiamo di difefi tanto perfette , tanto gagliarde,
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- De la Eortiïicàtion Régulier! 85
- i quafi inefpugnabiti dci baloardi moderni, l’oficio di quetli e di fiancheggiarfi è diffenderfi l’un Palm fiambeïvolmente, è tutu infiemc tutto il recinto del fortificato fito , per far configuire con più perfetto modo queUo, che prefuponeva Vegetio poter configuire da que lie fue forme di muragite , è terri antrche. Parce que celui (Vegece parle) qui voudrait attacher des échelles k un rampart conflruit fuivantune telle ordonnance, en même temps fe trouverait furpris, non feulement défont, mais encore des fianqs ir de la queué. (c) Le mur de Tabylon , fait de brique cimenté de bitume, contient une eipace de XXX II
- pieds en largeur ; deux chariots di peuvent rancontrer fans danger. Sa hauteur eft de L X coudées. Les tours ont dix piéds de hauteur plus que le mur. Toute l‘enceinte eft de CCCLXVlll ftades. Les édifices ne joignent pas le mur , mais en font éloignés d’un journal de terre. Q. Curt. au liv.v. Hérodote. Saby Ion eft afiixjt eh rax.e campagne, de forme quarrée ; de longueur de C X X ftades en chaque côté ; qui font en fomme en toute fin enceinte CCCC LXXX, ire. Il eft à propos que je réciteen quelle manière on tira la terre , ttT comment te mur fut édifié. mefure qu'on tirait la terre pour creufer le fofié, en en formait la brique, laquelle puis apres on fai fait cuire dans des fours, & puis on fe fervotten lieu de mortier d' ^Afbhalte bouillant, &c» En fa Clin.
- rêté à la dernière de ces matières en la conftrudion des rampars * & je pen-fe que c’cft pour les raifons qui fuivent.
- I. Parceque céte matière eft toujours à nos pieds 8c fe trouve partout, îu'on l*. 8c par ce moyen l’Archite&e qui a feulement un hoyau 8c une pelle pour la remuer, n’eft jamais en pène.
- II. Parcequelle eft plus promte à mètre en œvure & de moindres frais, Yareequ'eü* quand mêmes nos ouvrages fc devroient faire ou dans la foreft Hercynie,
- ou parmi les Alpes , oü bien en la contrée ou eft fituée la ville de Men- ” ef*° *' nis. (*)
- III. Parcequelle eft extrêmement propre à Tufage de la guerre. D’au- m piUs tant quelle ne fçauroit eftre endomagée par le feu, comme feroient lesc°f»mode. murs baftis de bois; (autrement le larixqüi réfifte au feu eft un arbre tresra-
- re 8c qui ne croift que fur le Pô (*) ou aux rivages de la mer Adriatique.D’a- en vantage, la terre en cédant auxbouléts du canon les engloutit 8c les étoufe demeurant ferme 8c vidoriéufe; il rien eft pas ainfi des rampars de pierre, que le canon ne rancontre jamais fans i faire dommage > mêmes bien fou-vent les parties pierreufes de telle fortification établie pour la défance de la ville avec grande dépance portées en l’ær parla violance de la machine dont elle eft batue, font converties en armes offanfives à la ruine de ceux la mêmes < à qui elles dévoient la confervation. ( e )
- IV. Enfin, ce qui doit tenir lieu de principale confi dération, les Ram- LapiusU-pars8c Parapétsde terre ébranlés parle'nnemi, mêmes rompus 8cran -pahle re‘ verfés, fe peuvent aifément relever; mêmement fe peuvent reparer
- nuit, 8c dans les plus preftântes néceftités d’un fiége, préparer pour le atfaftts-lendemain de nouvelles dificultés à l’affiégeant : 8c fur le point encore de la dernière extrémité , on en peut tirer ce notable fervice, qu’une partie de nos murs de terre que leffét d une mine , ou TéfFort du Canon auroit endomagée, fe peut retrancher, en confervant la partie qui eft entière 8c qui refte fur piéd : avantage duquel il eft impoflible de fe prévaloir aux rampars de pierre ou de brique, avec la même promtitude 8c facilité.
- C’eft à peu prés ce qui fe peut dire de la matière propre aux ouvrages qui
- L 3 dépandent
- ^4) ^Alexandre du quatrième jour arriva en la ville de Mennis. Où eft une fiurce qui jette le bitume en grande abondance , de forte que l'opinion eft confiante , que les murs de Babylon, en furent cimantés. Q^Curt. au ÜV.V. (b) voyés
- Vitruve qui dit merveilles del’arbre& château de Larix, au liv.i t. de l’Architeft. chap.ix. (e) La Laude
- eftoit harajfé de ce travail, ainfi que fi retirant au fiiren fin logis pour fe rafraîchir, un coup de Canon paffant par la brèche à travers de la ville lui emporte la tefte, duquel la perte fut autant regrettée qu'il eftoit vaillant ir praéliq au fait des armes. En contre-efehange, comme au même jour le Prince d‘ Orange, allait vifiter l’Empereur aux tranchées, un coupdeCoule-vrine donnant au haut d'icelle? fur unmonceau de pierres , élancea fis éclats contre lui, ir l'affinèrent de forte qu'il en mourut, au grand dèplaifir de l'Empereur érdes Impériaux. Et peuaprés , afin que je Unifie plus agréablement. Vn coup deca-nonempartamiraculeufiment l'elpèe que le Comte de Sancerre ternit au poin , fins l'ojfenfqr finon de quelques légères bleffùrcsau vifage. Iean de Serres en la .vie de François I. en l’année i î44«
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- 86 Livre Premier,
- demandent du foin de notre Orthographie militaire, l’occafion d’en traiter plus amplement fe pourra préfànter en la fuitte : il nous faut à preTant parler de fa Forme.
- po^ieRam Mais avant qu’établir les quantités déterminées de la hauteur 8c de la
- par & largeur du rampar ; il eft à propos que jéxpofe à l’entrée de notre Ortho-P°”hogra' graphie militaire, une Maxime qui eft fi néceffàire à ce fujét, que tout Entrepreneur qui ne l’aura pas obfervée, nefcauroit éviter de comettre beaucoup de fautes contre les régies de l’art, au grand préjudice de ceux qui fe fient à fa conduite. Et voici la Maxime.
- Rampars ÏL FAUT QUEN LA HAUTEUR ET QU’EN LA LARGEUR DUN RAM-fontpïéju- PAR SO*T OBSERVEE LA PROPORTION DUNE RAISON ABL E M E-
- didabiesà dxocrite'; parce qu’une hauteur exceflïve eft préjudiciable, 8c ne fert faplîjiHité qu’à l’augmantation de la dépance, fans utilité,
- de leur dé- raj veû en quelques unes de ces puiflantes villes d’Allemagne, des rampars de nouvelle conftrudion, qui ont une hauteur fi prodigieufe, que celui qui craindrait le vertige, ferait malavifé de baifler les yeux fur le précipice du Fofle qui eft au defious : 8c cepandant ces Maffès énormes ont tant coûté, que ces cités fi magnifiquement vêtues , ne fe peuvent jufques à préfant relever de la dépance qu’il i a fallu faire. Il m’importe fort peu fi les finances publiques font mal adminiftrées, puifque c’eft une erreur folen-nelle en toutes nations que nul ne s’intérefie particuliérement à leur confier vation : mais pour ce qui me touche, il ne m’eft pas permis de diffimu-ler ce crime irremiflible d’Architedure ; que d’autant plus que l’énemi eft proche de la ville 8c d’autant plus aufli, céte hauteur trop exceflive le mét à couvert, tellement qu’à la fin il fe voit en état de n’être plus ni reconu de notre veüe, ni atteint de nos coups. Ainfi, plus on éléve la hauteur d’un rampar, 8c plus aufli on rand la ville fioible 8c mal habile à fe dé-fandre; 8c plus encore on en facilite laprife à l’énemi. Raportés ici ce qui bî°sTÎT' a dit au 11. Chapitre , pour côndâner l’Architedure des rampars •ville & fa- trop élevés ; .8c ce que nous i avons ou démontré, ou pour le moins in-Ténemi “ touchant leur mauvaife défance. Et bien que les murs que nous ba-tifiôns aujourdhui ne portent pas jufques dans les nues, comme étoient ceux de Babylon : Néanmoins à caufe de l’épaifîèur plus grande qu’il nous faut doner à nos Parapéts,pour les randre capables de réfifter à l’effort du canon, il ne refte au piéd du rampart que trop d’efpace pour mettre l’ennemi à couvert de nos coups 8c de ncitre veüe.
- Tefenom Mais à fin qu’il ne nous foit pas reproché que nous ne combatons qu’en Breda. peinture, propofbns à nos éxercices un modelle de rampars, qui ait réalité 8c fubfiftance . Bréda, ville célébré de Brabant 8c riche patrimoine des Princes d’Orange, à été rétablie avec tant d’art 8c de dépance par le défunt Prince Maurice, quelle eft aujourdhui la mieux fortifiée 8c le patron d’Architedure militaire le plus acompli qu’il i ait en toute l’Europe, de telle façon que nulle autre ne lui peut être comparée. { a ) Et néanmoins
- il
- (a) voyes la magnifique defcription qu’en à tracée l’agteable plume du tres-poli Hermanus Hugo en fon lîv. du fiége de Breda au V. feuillet.
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- De la Fortification Réguliers.
- $ a pam parle forces du* dânier fiége * qurfa remifo entre les mains vi&o-*reufe$8c triomphantes- de neutre gmd & incomparable Prenait de villes k'PmeeJ'Granle combien mai à? propos-on s’elioit mis en pêne" de Tinveftir de ^prodigieux fampars. Leur hauteur qui menâfeoit les nues fut à réfrénai allégeant plutôt un fpedacle de divertilTerneiït 8c de plaifir, qu’un fujét de crainte; car elle favorifoit leurs àproehes, &dbnoit tant d’empêchement à féfet des machines defc aflîégés, qu’en fin il fe vit eu état dé ne pouvoir plus efire ofancé d aucune forte d’artillerie , 8c fallut que les aflSe'gés enflent récours à jetter despiérres, 8c autres telles foibles armes de jet, lancées de la main, tandis que lafiiégeant ne pou voit allés admirer fa bonne fortune. Car nui ne peut eftre fi alluré téfmoin, ni fi fidèle juge de tout ceci, quel’énemimême qui tient une ville alîîégéé; d’autant que la difpo-fitron deceux de la cité,fui tant ce qü’élie eft favorable ou defavantageufe, lui donne la vie des tiens, ou bien lui en coufte la mort.
- Les affiégés de Brédane furent pas fans reconoiftre céte dificulté 8c in- * commodité, 8c pour i aporter quelque remède, ils avoient déjà comnîan- pêchespur té en tous les endroits,d’où ils efpéroient de pouvoir incommoder lenemi, l^Zur7 de creufcr, de percer leur parquet, & d’abatre, & puis d’aplanir même le impars. rampat * pour faire place à de nouvelles Batteries plus baffes : pour re-pouflèr avec plus de feureté, de certitude 8c de commodité les ataqires des affiégeans,& renverfor leurs galeries. Mais ils deâjfent avoir tiré de la terre confeiidonê du plus bas endroit, &jufques au piéd du rdmpar (dit l’Hiftorien ( a ) de Breda} *ceux de. & tiré leur canon en de s ouvertures pratiquées exprès de jujîe grandeur, pour im^pripl* àbàre plus aîfêntent les Gâïlerïes. Ce qui avoit ejîé depuis peu prattiqué h Grolle fort heurétifemem.Ou les Gaîîeries de Pénemiprefqu acheveéspar le moyen du canon que ton tirôk droit fur elles pdr le moyen de telles ouvertures, furent ruinées & ranver-féès. Btéda tf avoit point d'homme qui fût Capable dentteprandte ou de conduite' un tel ouvrage , (c’a toujours e’fté, 8c c’éll encore l’irifamiede la milice Royaffe perpetuette dé faite moins d’état des archrîeétes que de tous autres officiers, au grand âvantage des Provinces tfUres ) Krnkt efloit décédé i Un coup de moufquét, pjpagnoie, comment ? avec fa mort d’un feül Architecte tous les ouvrages 8c travaux qui font nécelfees à ht défaffee d’une ville atfïégée, perdent leur vigueur ? En céte garnifon Royalle, je voi deux telles ; car fon Gouverneur pred* rû~ fut dm venant à décéder, Cantéîme lui èfl defliné pour facceflèur; mais el-le n’a nipréds, ni mains; puis qu’âpres Knokt,il ne fc trouva point en Prince doterait 1 â garnifon d’une telle Ville, qui fût capable de repouffer l’énemi avec 27xte%s, le fervice qui fc peut tirer de fa péile 8c du hoyau, ou mêmement apres ma” n’a ni qu’il en auroit maitrifé les défances, lui fermer encore le paffàge par un nouveau travail : Apres Cantelme 8c Fordin, fè fufiêrit trouvés, non pas un, mais deux, trois, quatre 8c davantage entre tant de Capitaines expé-rimantés 8c ficleles, qui eufTent eu la capacité de commander gloriéufe-rnent à la garnifon : Mais tous ces Capitaines en gros, 8c en detail avec toutes leurs troupes, n’ont peu fupléer au défaut du foui Architeiïe Knoftius, pour l’exécution des forvices qui apartiénent à fa fonction. Ce qui me fait
- (<*) Eoxhornius. dite
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- 88 L i y ft E Premier,.
- dire qu’un Architeéfe, vaut bien fouvent tout feul autant que mille : pui§ que mille ne peuvent pas faire la charge de lui feul : Afin que, je ne dirai pas feulement les Capitaines , mais que même les Colonels (<î)ne s’imaginent pas, qu’on les doive préférer à un Architecte prudant & expériman-té : & que ceux qui ont l’intandance des guerres, ne panfent pas eftre obligés de pourvoir avec un moindre foin de bons Architectes à une ville qui craint un fiége, que de valeureux chefs. ) knohius eftoit le premier homme de la garnifon en conoijfance & en expériance, pour lien entreprandre&fagement conduire des trauaux militaires• On reconut aujji que le Parapét de la Pauffe-lraye, i eût lienfervi. C'cjl un Parapét élevé tout autour furie piéddu Rampar, d 'où. îénemï qui en aproche peut efire puijfamment comlatu, quand on a perdu Pa-vantage de les repouffer du fommét. Bréda manquoit encore en céte partie, fi ce rîejl qu entre les quartiers du Prince d'Orange & du Comte GuiUàume, il i en avoit un. Ce qui étoit, arrivé en cét endroit, plutôt de hazard que de fait d'avis. Car - depuis peu d'années, après qu'on eût nétoyé le foffé en ce lieu là, afin que la . terre quon en avoit tirée fut employée à quelque ufage, les énemis trouvèrent h propos de la faire fervir à cét ouvrage, qui d'ailleurs ne flou pas jugé nêcejfaire, a caufe des marais épandus de fous côtés, qui randent l'accès dificile.
- Taujfe per- C’a été depuis quelques fiécles une commune erreur, que dautarit plus fuajîon tou- que les rampars avoient de hauteur 8c d’épaiffeür, on croyoit aufïi qu’iis Rampars étoient plus fermes & plus afiùrés : Etfil’ufage, cenfeur impitoyable dé °&pîur-: te^es &utes > n’en eût fait conoître l’abus, ou plutôt la fourbe des entre-fuit preneurs, & n’eût décrédité ces lourdes maflès, on eût eû de la pêne de l’emporter fur l’opiniâtreté des Ingénieurs, quoi que la raifon 8c que les principes de l’Architedure lui foient contraires, 8c qu’il en réüfliffe de notables incommodités. Carenéfét ils n’étoient pas opiniâtres fans fruit 8c Trapues ^ns Profit 5 Parceclue leur marché étant fait à la toife, ces vafles ouvrait ges leur raportoient bien d'avantage d’utilité. Cét abus découvert tout le preneurs, qU>jjs feavent, ou qu’ils veullent i aporter, ceft’de multiplier la
- dépance par de nouvelles conftru&ions:c’eft à dire que c efl: à refaire; car ils démoliffènt feulement ces rampars qui ont trop de hauteur pour en élever de nouveaux ouvrages : autrement, difènt ils, que deviendra la terre, que l’on a démolie avec tant de travail. Comment fera t on pour nous la rendre utile 8c pour faire en forte que l’énemi n’en tire un jour quelque avantage ? l’entrepreneur avare confeillera incontinent,fi vous luy voules croire de l’employer à couvrir le folle, encore qu’il foit fée, 8c que la ville n’ait aucun befoin de parapét autour du fofie, il ne laiffera pas de le faire fous prétexte de pratiquer ce nouvel embarafîèment à retarder les efforts de l’énemi, ou fi peut être il ne famble pas bienféant de diminuer la hauteur du rampar ,en ce cas, il obligera les villes à faire une Faufïèbraye avec une extrême dépance ; attandu qu’il arrive fouvent qu’il faur ramplir bonne partie du foffé, &ne laiflèra pas d’être de cét avis, encores que les marais
- épan-
- (â) Soliman ou Bajqzeth I. l’undesdeux, l’un & l’autre fçavant en l’art de la guerre, fouhaitoit de pouvoir râcheter là viejde fon Architefte de celles de deux de fas E achats . Baudigc quelque part en l’Inventaire de
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- De là Fortification Régulier ê. 8$
- épandus tout autour randent l’accès très - dificile : Ainfi on fe fer vira de ce Parapet pour repoufïèr l’énemi, tandis que le rampar ne fera que pour la montre. Car enfin, pour en parler le plus doucement qu’il le fçauroit faire , une ville qui efl fermée de murailles trop hautes, cHl comme un enfant qu’on auroit armé des armes d’un homme puifîànt, dont à caufè de fa foibleflè il ne pourroit pas fe fervir, ni pour porter un coup, ni pour le parer. Pour abréger donc ; le prudent & confoientieux Architede, évitera pjjfmtel fur tout de faire un rampar d une hauteur immodérée , qui toujours à c™*reJ*ndt conflruire efl: préjudiciable à la ville à câufe des frais ; 8c conftruite efl def- hauteur des avantageufe auxafliégés, 8c favorable à l’énemi ; quelle mét à couvert, Ramï(trs’ 8c découvre le citoyen, qui fè préfante pour faire fon coup t mais s’il arrive qu’il foit nécefîaire de diminuer céte hauteur; céte rancontre d’elle même efl fafeheufe ; mais elle le fera davantage s’il faut que la terre qu’on en tire, ne pouvant être ni rejetée fur la ville fans incommodité ; ni tranf-portée à la campagne, fans danger qu’un jour l’énenii n’en retire fes avantages, foit employée de neceflité à faire un Parapét du Corridor au delàdufofle. Et fi d’autre côté on ne fe peut réfoudre à rien diminuer de céte hauteur : il faudra faire un Avant - mur d’inévitable néceflité, fi on ne veut s’abandonner 8c s’expofer de gayeté de cœur à la merci de fes énemis.
- Car quant à ce que nous avons ci deïïîis veû, que quelques uns fe font d^J°fetl perfuadés , quon devoit avoir à Brêda tiré de la terre jufques aupiéddu rampar, de
- & pointé le canon en des ouuertures de jufle grandeur, pour endomager plus aifé- dûment les galleries, ce n’étoit pas le remède à la maladie; au contraire i\iué> efijci
- , A . . _ . 1 ,,/ / a / ^ • -«xamme.
- n eut de rien fervi : memement a 1 execution, il eut ete reconu impol-fible. Carie canon qu’ils veullent defçendre au piéd du rampar, (c’efl à dire celui qui décharge duFlanq opofé, protégeant le Baflion, que Ton attaque, contre la galerie que l’on avance, 8c qui ne la bat pas directement de front, mais feulement en flanq) ce canon di-je n’auroit pas fait plus d’éxecution au piéd du rampar, qu’au fommet. Caria baie qui porte de côté ne pouvoit abatre d’un coup que l’un des poteaux, peut être tous les deux, 8c ainfi au plus un rang de la gallerie feulement,8c ce en cas d’heureu-fe rancontre: autrement, fi elle s’adreflè aux efpaces qui font entre les co-lomnes il n efl queftion que d’un ais : leger domage, 8c qui efl bien aifé à reparer, comme pareillement l’efl auffi celui d'un rang, tout le refie demeurant ferme ; car un canon ne peut pas être pointé en lieu éflroit 8c enfermé avec tant d’adreffe que chacune des pièces en reçoive dommage.
- Mais en fin j’ai à dire pour toute raifon, Que les Galleries font, ou peuvent être fortifiées en leurs flanqs, à l’épreuve de toute violance.
- Quéfi pour faire place à deux ou trois pièces on eût voulu faire autant d’ouvertures au piéd du rampar, pour décharger d’un temps 8c de divers endrois fur plufieurs poteaux de la Gallerie, pour la jeter par terre fans doner le loifir aux affiégeans d’en reparer le bris : Il en fut arrivé que ce Flanq auquel confifle toute la force du Baflion qui foutient l’attaque, en auroit été afoibli 8c randu inutile. Car fi l’énemi eût batu la partie qui
- M reliait
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- 90 Livre Premier,'
- rcftoit entière, au Flanqoù. l’on auroit pratiqué les dites ouvertures, la terre qui auroit été fraîchement remuée, 8c tirée par les afïiégés auroit fa: vorifé l’entreprife des aftiégeans qui auroient voulu bouleverfer enfemble 8c les bateries 8c les Canons, 8c les Canoniers de la ville, 8c les enfevelir en elle même. Car ici il ni à ni moyen ni efpace pour apuyer 8c pour étayer un rampar de nouveau entamé comme il fe fait à la campagne en la ftru-duredes Cavaliers pour les batteries. L example deGrolle, eft entièrement diflàmblable 8c ne fait rien à ce propos : Car Groîle avoit une faufîè-braye puiftànte 8c forte, de laquelle (8c non pas du pied du rampar ouvert jufques à l’Horizon) de long, en ligne droite, du front à la queue, un feul bouîét choit capable d emporter fix 8c fept rangs de la Gaüerie 8c davantage , la ruinant toute entière en fort peu de temps, fans permétre ni moyen., ni relâche aux aftiégeans. de la relever.
- En céte manière il auroit donc falu ouvrir jufques à l’Horizon le Ba-ftion de Bréda, ataqué d’un 8c d’autre côté des Galeries des François 8c des Anglois, pour faire en forte que de l'artillerie de la ville dire&ement pointée contre ces Galleries, pût eftre battu non tant le front 8c l’efto-mac, que le ventre 8c les inteftins de ces chevaux de Troye ; car le feul . moyen de ranverfer 8c de ruiner les Galleries, c’eft de faire en forte que d’un feul coup on en puifte emporter plufieürs rangs, 8c qu’en fuite ceux qui les étançonnent 8c en reparent les ruines en foient écartés quand le dedans eh découvert 8c fujet à nos traits : qui eh celui qui nous pèrfuadera jamais avec raifon, quil avoit fallu creufer au piéd du Rampar dans lé Baftion même qui eftoit attaqué, folidê en cét endroit 8c fans Fauilè-braye, pour î pointer tartillerie en des ouvertures de jufte grandeur, d’où les Galeries pûffent efîrebatues avec plus davantage ? N’eft-ce pas dire qu’il faille faire brèche de nos mains, 8c ouvrir lés portes pour faire entrer l’énemi a fon aife.
- Paflons cela ; 8c parlons des autres infamies qui accompagnent céte COn-ww des ftru&ion de ram pars à qui on donne plus de hauteur, qu’il n’eft à propos ; $uZl7trop ne f°nt Pas ^ ProPres à évanter, ni à rompre les mines des énemis, de hauteur, 8c s’il arrive qu’elles fafîênt éfét, la ruine en eft beaucoup plus grande, 8c wtftfus kien fouvent le fofîe demeure comblé de leur débris, inconvéniant qui tou* mines éne- jours aporte avec foi un danger manifefte 8c inévitable à la ville afliégée. 7uiL “deJa ceci nous donne un éxample notable, Maeflricht affiégé 8c emporté cité. par l’incomparable preneur de villes le Prince dOrange. Céte ville avantagée
- de naturelle aflïéte, bien ramparée de tout ce qui dépand des invantions de l’art, munie d’armés 8c de braves guerriers, vaillans 8c vigilans , ne fambloit pas pouvoir eftre forcée de main 8c d’efprit : par fréquantes for-ties, rudes efcarmouches, ouvrages défanfifs 8c contremines, les aftiegés tenoient eux 8c leurs ennemis dans un continuel éxercice : ils ne manquèrent à nulle partie de bon courage, de diligence 8c de ferme réfolution,qui fc puiiïe efpérer de vaillans hommes : Ainfi la vertu ne fe montrant pas moindre de la part des affiégés que des affiégeans : il fut néceflâire de recourir au fccours de l’art 8c des invantions 8c des mines, pour réüftir au ' deftèin
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- De la Fortification Régulierê; deflein de fe randre maître d’une ville de telle importance. Ce fut la dernière réfolution du preneur de vides le Prince d’Orange. Certainement c’efl lart duquel il fe peut dire le fouverain maître, 8c quil ni a point en ce Cié-cle de Capitaine qui lui puifîê être' comparé, tant il a l’efprit naturellement promt 8c.facile, le jugement ferme * l’expériance 8c l’adrefîè admirables à bien confulter 8c mieux exécuter céte manière d’entreprîfes ; ces qualités accompagnées d’une confiante 8c perpétuelle félicité, qui relève la gloire de fes explois entre tous ceux qui ont été veûs en nôtre âge de céte nature, d’autant que la vive fplandeur du Soleil auteur 8c fource de la lumière, furpafîèla foible clarté de la Lune qui ne luit que de fa lumière empruntée. Le glorieux furnom de Poliorcétes ou preneur de villes lui fera donc atribué à jufle titre 8c par nous 8c par nôtre poflérité j jufques à ce qu’une longue fuite de fiécles ait produit au monde quelqu’un de fes pe-tis enfans , qui touché de l’émulation d’une pareille gloire, fe rande digne de la partager avec lui : mais avant qu’il s’élève à ce comble de réputation il faudra qu’il ait rancontré un énemi à combatre aufïï puifîànt qu’eft aujourd'hui ce grand Roi qui domine fur les Efpagnes 8c fur les Indes, 8c des villes à prandre aufli fortes que Bois-le-Duc, Maeflricht, Bréda, 8c plu-fieurs autres. Donques par le comandement du Prince d’Orange la mine ayant été ouverte 8c poufiee fous le fons du fofïe très - profond de Mae-ftricht, qui n’avoit point d’eau, s’avança jufques au dedans de la place , 7llfsTeg7 avec céte précaution , qu’elle étoit environ X L piéds de Rhein , plus baf-erre * »*-fe que le plan de la ville. Céte profondeur d’elle même exceflive, n’efloit^/^1 pas peu favorifée de l’excefîive hauteur des rampars ; mais quoi que l’entre-droit > * prifeen fut fort fecréte,néanmoins quelqu’un qui* du camp du Prince s’étoit mlnté^iT randudans le parti de ceux de la ville, leur ayant donécétavis, ils co mirent alors, le préjudice que leur aportoit la hauteur de lenrs rampars, plus heu-qui les empêchoit de pouvoir découurir la mine 8c les obligea de contre- r™*nd*les miner en quatre diférans endrois , avec grande précipitation, mais enco- ailles, & fe plus de frayeur 8c de travail, 8c fans fuccés, ni avantage, comme l’é-vénement l’a fufifamment déclaré. confirmé»
- Ce n’efl pas tout le mar, que céte hauteur de rampars aporte avec elle, mémorables que d’eflre favorable aux mines des afiâillans; il en arrive encore céte au-tredangereufe fuite, que tans ces rampars emportés 8c ruinés de l’éfét de la Tectlt 7» mine, ils comblent les foliés, & par ce moyen trahirent la ville,8c ouvrent un libre 8c facile pafîàge à l’énemi. A Maeflricht, le folle fut rampli juf- & giorieu-ques à quatre verges de largeur, en fuite de l’exécution de la mine, au ^Tinél!^ grand avantage des aflâillans : ce qui fe peut voir aujournal(*) de ce fiége; le plus mémorable qu’ayent veûces Provinces , 8c le mieux conteflé 8c par conféquant le plus digne d’étre tranfmis à la poflérité, comme un modèle d’expédition incomparable en toutes fes parties ; 8c fi pourtant il n’a point encore trouvé fon Hiflorien. Prandre Maeflricht efl ce donc un exploit de fi peu de confidération ? Le Capitaine qui l’a prife mérite t’il donc fi peu de louange de céte aâion ? c’efl peut être que maintenant rafafié de
- (a) Par Henri Hexham,' M 2 gloîtC
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- 9x Livre Premier,
- gloire 8c tout aiïuré de l’immortalité de fa renommée, il ne panfè plus’qu’à Maefificht fournir fes troupes de braves chefs, qui le fécondent en fes louables 8c b plus noble glorieux defleins, qui de leur propre poids 8c importance s’établiront fiégeTdes* allés en la mémoire de la poflériré. Et peut être qu’une fortune pareille à guerres sel. ceue (ju grancj Achille, dont il a toutes les vertus, lui prépare la trompéte à d’un autre Homère,qui fera dire un jour à quelque Alexandre 0) qu’il étoit befoln Pour fo comble 8c le dernier poinél de fa félicité, qu’il rancontrât un encore £- fi glorieux Paranymphe de fes louanges-, quand les noms de ceux qui Hijiorten. combatent auj0urdhui fous fes enfeignes 8c pour fa gloire, feront abolis 8c enfévelis dans le fïlance. C’eft ce quej’avois à dire contre ceux qui éié-vent les rampars en trop de. hauteur.
- Aux ram- Ceux qui les font trop bas ne font pas moins blâmables ; tant pareeque faZ ceux v^e ne ^es Peuvent défandre que céte baffeflè ne les expofe hauteur né- avec trop de danger aux coups des afîaillans : qu’aufîi, pareeque l’ênemi ‘lîfipréfu-a trop davantage pour batre la ville en ruine, élevant avec peu de dépance diàabie, & des Cavaliers pour i monter fon artillerie,à l’aide defquels il portera fes trais fatZaïfins funeftes jufques au fein 8c aux entrailles mêmes des affiégés. é'pur les La feiile Ojlehde nous fournit l’éxemple de l’un 8c de l’autre de ces deux examples. inconVç;nians L’afîàillant i avoit élevé un éfroyabie Cavalier, à l’égal d’une montagne, ou fon artillerie efloit pointée 8c batoit le dedans de la ville fi cruellement, qu’il n’i avoit endroit ou les foldas de la garnifon peûffent Joftende avcc Pureté, 8c depuis encore quand l’énemi fè fût randu maiftre de l’ancien rampar ; ceux de la ville peu allurés contre les attaques de l’énemi dans leurs nouveaux retranchements trop bas,furent contrains d’élever des traverfes 8c des terraflès par toutes les rues, ce qui ne pouvoit pas encore les garantir qu’à toute pêne. Cela fe voit en la Relation ou Journal du fié-ge d’Oftendéecrit par Fleming, au 6. d’Avril 1603.8c ailleurs. Avec toutes ces précautions ils étoient encore fi mal couvers , que le 4. jour dç Novembre i6ox. le canon de l’énemi en tua quarante ; une feule balle emporta les telles de trois Angloisfur le rampar : un autre coup d’un feu! boulét tua deux fantinelles, 8c un jeune garçon devant l’holtel du Gouverneur : un Maillre des œuvres fut tué dans fon liél d’un autre coup : le 25. de Juillet i6oz, la Rélation porte, que quinze foldas furent ateins d’une feule baie de canon, les dix en tombèrent mors fur la place, les cinq autres relièrent grièvement bleffés : l’accidant arrivé à Barthélemi Mat-thias citoyen d’Ollende, ell un éxample mémorable des jeux de la fortune 8c de la mifére des hommes ; vivant, une volée de canon , qui avoit déjà rompu la telle au fils d’un lien voifin , lui emporte la fienne ; mort fes biens lui furent piiiés 8c confifqués à la rapine des Anglois de la garnifon, &
- fans
- (a ) Ni Scipion l'africain, ni le grand Alexandre, ni le divin.Achille ne doivent pas la perpétuité de leur renommée à leurs Capitaines & Lieutenans, c’eft un Polybe, c’eft un £h^Curfi, c’eft un Homère, qui ont'confàcré par leurs admirables écris la mémoire de ces grans hommes à l’immortalité. Ainfi notre Stevin accompagna le grand Prince «Maurice en toute fes expéditions militaires. Et n’abandonne pas julques à maintenant cete ombre glorieufe, qui triomphe encore dans les cœurs & en lamémoire de rousles peuples & de tous les hommes du monde . Sa cour & fa milice font retenues au tombeau dcl’oubli & duiilancedes éxei citations Mathématiques du Mathemar.& Architecte Stevtn fuivent encore pas à pas toutes les traces & les veftiges de cét Illuftre nonS ; qui par céte fciance autre fois terribleà fes énemis terrafTés, aimable & admirable i ces provinces confervées, à préfant qu’il a dépouillé tout ce qu’ilavoit de mortel, pofi'éde une vie de gloire 8c de réputation immortelle.
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- MAE S TRI CH T.
- 'ÿtrjcc,
- UcteÂcn-.
- WIICK.
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- De LA FORTI F I C ATION Re GULIER E. 93
- feus refpeél des chefs qui en vain effiiyérent d’interpofer leur autorisé à ce defordrc, fa maifon même fut fouragée & mife par terre ; Ainfi l’énemi lui ôta la telle, fes compagnons lui voilèrent foirbien, & ne lui relia rien qu’un cerceuil, ou le tronc de fon corps privé de fa telle fut enlèveli : & fi la cruelle fortune ne peût encore s’empêcher de le troubler en céte dernière & miférable polîèlîion: un autre coup emporta le couvercle de çe fu-nelle meuble qui lui relloit, & peu $ en fil ut qu’il ne brisât encore ce mi-fèrable corps en mille pièces. Cét ëfroyable liège a lailîe à la pollerité un grand nombre de pareils examples: tant par ce que l’énemi avoit élevé fes bateries fur un Cavalier extrêmement haut ; que pour autant que le ram-par des nouveaux retranchemens que l’on avoit fait en la ville étoit trop bas. Il fera donc de la prudance de l’Architeéle inftruit par ces éxamples, de fe conduire avec une telle modération, que tandis qu’il eflayera d’éviter une hauteur trop excefïive, il ne tombe pas dans l’autre extrémité de larandre moindre qu’il ne faudrait. l’ajouterai le fort de S. André, con-lirait avec grans frais , mais plus encore d’efpérance du parti Royal, qui^« 4#-s’étoit promis que ce fort devoit être la ruine des E tas unis ; & néanmoins le 28. de Mars de l’année 1600. le Prince Maurice, avec 300. volées de canon le mit prefque par terre, parceque le rampar du collé de Brabant fe trouva trop bas. (* ) Maintenant quant à ce qui concerne la lar- ŸAnee^rge2 geur des ram pars * il faut encore i obferver une certaine médiocrité : trop immodérés de largeur n’elt bonne à rien qu’à faire des frais inutiles. En les faifant trop minces il ne font pas li propres à loger les bateries * 8c faudra de néeeliîté & éx*m-les faire de charpante avec grans frais 8c notable'incommodité : En fin cétef ' manière de rampars ell trop foible 8c ne refille pas fi bien aux canonades de l’énemi.
- On en a veû féxample de Flandres alïiégé par l’Archiduc Albert * mémorable fiége pour une infinité d’accidans qùi méritent d’être obfervés tant par les architectes que par le gens de guerre : Mais la plus part des Hillo-riens de ce temps, en la Rélation des fiéges, aiment mieux faire toute autre chofe, que d’en repréfanter les vrayes 8c naturelles circonflances, leur fuite, leur ordre 8c leur maniéfe, tant ils font peu foigneux de fatiffairç à leur obligation, & ceux là même commettent céte faute de qui tout le fu-jét n’elt autre chofe que la defcription d’un fiége. l’en excepteraile feu! Rheidanus, perfonage d’agréable efprit 8c de ferme jugement ; 8c par céte raifon il mérite que celui qui aime l’étude de l’Architeélure militaire en falîè état ; & lifefon beau livre du fiége de Hullt ( *) pour en faire une apli-
- M 3 cation
- fa) Borre au xxxvll, liv. de la guerre de Flandres , audit an. (b) Lefort deMoervaert peut efire de cinq
- eu de fix cens pàs éloigné de la ville, du côté du courant de l’Efcaut. T eu auparavant l’énemi, avec perte des fiens, avoit inutilement ejfayé de [è randre maître de céte levée quijoignait le fort h la ville. En fin ayant e/lé vertement ataquèe le ÿ. luitlïet elle fut emportées X. compagnies qui en avaient la garde , s'étant retirées une partie dans Moervaert, une autre partie en la ville, avec peu.d’honneur, ire. Le lendemain l’énemipréfantale canon devant Moervaert & l’emporta. Car quand ceux delà garnifon eurent veû que le rampar qui avoit été conftruit d’une terre marécageufe, étaient perces des haies du canon , iis demandèrent a parlementer, ir le foir même s'e fl ans randus fortirent DCCCC Hommes en feignes déployées, à condition, de ne point fecourir la vide de Hutft. Et peu après Le z6.de luiüétdés le poinft du jour, il commandèrent de batte la ville de force (mon, ir quandee fut vers le milieu du jour l'artillerie cejfant de tirer, les afsiégés s’aprétoient au combat ; mais furie meme in fiant une mine allumée emporta le devant d’un Ravelin ir XX. Soldas quiétoient deffus ; (ennemi i étant atouru endemeurale mai-flre , ir pourfui voit les nôtresfuy ans devers la brèche, (car les coups que (on avoit tirés contre le Ravelin Avaient aufsiefnpoT-té une partie du mur de la ville) mais on les repouf a. Reidanus au XIII. livre de fes Annales.
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- 94. Livre P r e m t é &»
- cation aux occafions, 8c c’ell le vrai moyen de fe faire fage atix dépans
- d'autrui. Retournons à notre propos.
- ce que c'eft L’Interfeiftion du rampar ; qui ell la mère de nôtre Orthographie ,nous quevinter, rcpréfante ici toutes les lignes à déterminer, tant en la hauteur, qu’en Rampa/* la largeur. Quant à nous qui voulons que le Fofle de la ville, foit tiré pa-o» onbo- raue'je feulement aux Faces des Battions 8c non pas aufli aux Courtines, g * q nous entandons que l’interfection du rampar fe face par le plan, infiftant perpendiculairement au plan de la ville,& de niveau à la Face de la Forteref-le 8c au relie des autres ouvrages qui vont en parallèle avec la Face, comme la Fauflebraye, le Fofle, leparapét du Corridor. Voyésles defcri-ptiôns Orthographiques des Fig. XXIII. LV. LIX. &c. En ce plan d’inter-fedion, certaines chofes font de quantité perpétuelle 8c immuable ; quelques autres font muables 8c incertaines. Les parties fuivantes font toujours de même.
- Certains h La hauteur intérieure des Parapéts. On donne toujours une demi-mambres verge, ou fix pîéds de Rhein pour céte hauteur, pour tenir à couvert un ^biques font Moufquetaire, qui fe trouve rarement excéder une telle mefure. d’une quan- jj La hauteur extérieure du parapét doit toujours être de IV. pieds. La
- ttte perpetu- , . f f r / , , v , r . ,
- elle é> ^ hauteur extérieure du parapet ne peut pas etre égalé a la hauteur mte-Zntr/'fnt r*eure : autrement ceux de la ville ne pourroient jamais fraper l’énemi au muables & dehors; ne pouvans pas mêmes l’apercevoir fans élever la telle au deflus i'han/er de Parapet : 8c encore dans une diftance fort éloignée, fuivant que le ti-quantité', reur jéte fa veüe ou pl us haut ou plus bas ; dautant que la baie du ballon dé* chargé, à caufede la largeur du Parapét, feroit portée en ligne parallé-le de l’Horizon.
- III .Le Panchant intérieur des Parapéts ell aufli toujours de même quanti* té, c’ell à fçavoir d’un piéd de Rhein : & n’a point befoin d’être plus apu-yé, n’étant pas expofé à l’énemi, pour en craindre la ruine 8c le débris, ni fujét d’être foullé aux pieds des citoyens ; 8c d’ailleurs eft toujours fou-tenu du banquét du Parapét, dont la largeur ell pareillement d’une quantité déterminée toujours conllante de IIL piéds 8c là hauteur toujours de demipiéd. Les autres chofes font muables & incertaines.
- Les Architectes conftruilènt le Rampar de hauteur diférante, ou folon la nature du terroir des environs ; ou luivant la diverfité de Poligones, & quelque fois encores eû égard à la fituation de la ville ; Car ainfi que le terroir des environs ell fujét ou contraire à la mine ; ou fuivant la quantité des Angles que l’on veut donner au Polygone à Fortifier ; eû égard aces diverfités, ils donnent aufli au rampar plus ou moins de hauteur. En telle façon neanmoins qu’ils ne foufrent jamais qu’on lui donne moins de hauteur que d’une verge : ni que céte proportion foit jamais furpaflee que d’une moitié davantage; ce qu’à la fin ils font contrains de reconoître ; tant ' i a, que l’experiance a obtenu, que les Architectes à préfent ne foufriront jamais, qu’on élève un rampar plus haut d’une verge fi ce n’ell d’une moitié davantage : 8c c’ell en cas que la fortereflë foit fituée en raze campag-
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- Dejla Fortification Régulierê. 95
- ne. Mais s’il arrive quelle foit environnée de petites collines, en ce cas là, à fin defe procurer l’avantage 8c le commandement'fur elles , ils aiment mieux, que fonfatte des Cavaliers fur les Battions ou lemblables échafaudages pour i placer les bateries , mêmes ils foufriront plutôt d’occuper les collines fufpedes par des Dehors 8c difent que ce fera moins de frais 8c moins de domage à la ville, que fi on changeoit en aucune façon, la hauteur déterminée du rampar. Quant à moi, je ne contredis pas, que tu ne diverfifies la hauteur du rampar , eu égard à la nature de ton terroir ou ài’efpéce de ton Polygone, pourveû feulement que tu demeures dans les termes ci deflus fupofés : Tu pourras attes à propos ajoûter aux lignes Icnographiques des Polygones trouvées par lesfuputa-tions précédantes, les fuivantes Orthographiques.
- IV. V. VI. VII. VIII. Polyg.
- La hauteur du Rampar.
- u. 14. 15. 16. 18. piéds de Rhein à l’infini.
- La hauteur du Rampar établie venons maintenant à confidérer 8c à déterminer [a largeur. Elle ett double : VHorizontale ou celle du piéd , 8c la
- 1verticale ou celle du lommét. Lakautw
- l’Horizontale , qui ett comme la plante , le piéd 8c le fondement du du Rampar Rampar, ett ordinairement de fix, ou de fept verges, c’eft à dire de 71, ou de 84 piéds de Rhein. le> ver-
- La raifon pourquoi on lui donne tant de largeur ett celleci. Le fommét \ueiu du Rampar doit premièrement avoir une largeur de 14. pieds pour fupor- raifon céte ter le Parapét. Car il faut que le Parapét aye céte épaifTeur pour réfifter aux coups de canon. Au piéd du Parapét doit être un banquet de 3. piéds*.née' puis après le Plan du Rampar, pour l’artillerie 8c fa fuite,8c pour ranger en ordre les. foldas de la garnifon. Car pour une feule grotte pièce d’artillerie , montée, il faut 18. piéds ou environ, 8c dix ou douze pour le recul: Deforteque fi vous prenés toute céte largeur au lommét il faudra que le piéd en ait à proportion tout autant qu’il fera néceflàire pour la loûtenir.
- Car un rampar de terre n’eft pas comme une muraille de pierre qui puifle eftre dreflçe à plomb. Voici donc une proportion de largeur ailes raifona-blc pour chaque Polygone.
- IV l V. VI. VII. VIII. IX.
- Largeur Horhuontale du Rampar.
- 54 60. 66. 72, 78. 84.' piéds a l’infini.
- Attandu que les Rampars de terre ne peuvent être droits, mais il finit que d’un piéd plus fpacieux ils viénent à s’élever en étrecrttànt peu à peu ; pour céte railon fa largeur en fon fommét fera du moins de trois verges, & l’autïe 8c tout au plus de cinq : autrement celle là feroit mal propre pour. les éxé- rX^
- curions
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- $$ 1* i v r . e Premier,
- cutions militaires ; ceîleci préjudiciable pour fa dépance fuperdue. On pourra la diverfifier fuivant la diverfité des elpéces des Polygones $ en céte façoa
- IV. V. VI. VII. VIII. IX. Polygones.
- La largeur du Rampar en fon fommét.
- 36. 39. 44. 48. 51, 57. pieds de Rhein à l’infini.
- iPanchant** Car la largeur du fommét du Rampar eft dautant moindre que celle du du Rampar. pied, que fa pante lui en fait perdre de chaque côté.
- DoublePan- * _ , r r r A •
- cham du On donne au rampar cete pante afin que 1 ouvrage le loutienne mieux ^intérieur ^ clue terre ne s'éboule pas : 8c fe fait double ; ïintérieure & Vextérieure'. & l’Exté- LePanchant intérieur fe fait toujours égal à la hauteur du Rampar; afin Différem-é. ^ue^e bourgeois 8c que le foidat dans les occafions fubitesait une montée pourquoi ? facile à fe préfanter fur le rampar pour la défance de la ville. Il ne faut pas que l'extérieur foit fi grand: au contraire on le fera de forte que l’énemi dans fes attaques en foit arrêté 8c empêché. Ainfi, dautant qu’il fera moindre, La perfidie ^ méritera d’être plus eftimé. Car cete pante droite & bien efcarpéeeft doul "Zte ^avorakle a l’affiégé 8c defavantageufe à celui qui attaque. L’heureux fuc* dTiiampa? ces > de la dernière furprife du*fort de Skenk, rancontra l’avantage de la d£rntérepri tV°^ ^ouce Pante de fon rampar. Ceux du fort ne furent point furpris: fedu fort dt l’alarme donnée avoit déjà bordé le rampar d’hommes 8c d’armes ; mais la skenk. fortune fe tourna du côté des plus fors; caries affaillans trouvèrent le rampar fi aifé qu’ils i combattoient à peu prés comme dans une plaine ; de* forteque cent ou fix vingts, qui étoit toute la garnifon du fort, n’avoicnt garde de réfifter à fix ou à fept cens. Or eft il que quant à ce qui eft delà Quantité du panchant extérieur elle ne fçauroit être déterminée, parce* que félon la nature 8c la qualité de la terre qui eft employée à la conflm* éliondu rampar 8c fuivant ce qu’elle eft ou plus graflè & unie, ou plus légère , 8c coulante elle reçoit aufii de la diverfité. Mais bn lui-donne le plus Ibuvent la moitié de la hauteur du rampar ; ou bien fi la terre eft par trop légère, alors elle en prand les deux tiers. Pour ce qui eft de notre opinion, comme ce calcul montrera, nous avons cideflus établi le Panchant extérieur égal à la moitié de la hauteur du rampar.
- Le Rampar drefle avec céte hauteur 8c céte largeur, reçoit encore en fon fommét, comme un autre petit rampar, qui eft fon parapét. lien faut auffi déterminer les mefiires, tant de hauteur, que de largeur. za défini ’ ^araPet du Rampar, eft un petit mur de terre, pofé tout autour de
- tien é' »ti- v^e fur Rarnpar ; en telle façon que le panchant extérieur de l’un& râpé*I* ^autre > compofent une même furfaçe continuée. Son office eft de Rampar, couvrir nos Moufquetaires 8c les machines deftinées pour la défance de la ville.
- Le Parapét a âuffi double hauteur, intérieure & extérieure ; celleci eft
- de
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- De ia Fortification- Regoiieke. 97
- de fîx pieds de Rhein ; celle là de quatre des mêmes pieds ; & gardent, comme nous avons dit, céte mefure confiante & perpétuelle. De même là largeur efl double, aufii bien que celle du rampar; celle dupiéd, ou Horizontale, & celle dû fommét cm verticale. Le piéd du Parapét n’efl pas voulu toujours de même quantité' : le plus grand n’excéde point deux verges; par- p7r*p7t du ceque la plus grojfe pièce, ne peut pas pénétrer en la terre médiocrement entajfée plus de XX. piéds de Rhein. Ici les ArchiteéleS fe donnent beau jeu, & fe- & Uxtéri-Ion la diverfité des Polygones, diverfifient aufli, l une & l’autre largeurêwe' du Parapet ; en céte façon.
- IV. V. VI. VII. VIII. IX. Polyg.
- *----.----------------------------------j
- La largeur du pi éd du Parapét du Rampar.
- 12. .14. ,15. 18. 20. 24. Pieds de Rhein à l’infini.
- Or efl il que la largeur verticale de ce Parapét efl toujours moindre de pour trot*-trois piéds que fon Horizontale ; autant que la pan te , ou en ajoute au bas, ou en retranche du fommét. du ‘
- Car le Panchant de ce Parapét efl pareillement double ; intérieur ® ex- ^IntVnlm teneur. l’Intérieur efl toujours d’un piéd : l’extérieur félon là hauteur efl*0»* toujours égal aupanchant du rampar même, avec lequel il fe raporte 8c fe rancontre dans un même alignement. Et dautant que nous avons ci delsus Sétabli celui là, de moitié de fa hauteur : nous ferons celui ci de deux piéds, à raifon des quatre piéds qui fe donent toujours à fa hauteur : foit donc, au
- IV. V. VI. VII. VIII. IX. Polyg.
- »--------- --------------------- ----__-/
- Le fommét du parapét du Rampar large de
- 9. 11. 12. 15. 17. 21. piéds de Rhein.
- Au Parapét du rampar, comme en tout autre Parapét, efl intérieu- VQ^cg dft rement contigu, le Banquét de terre, de qui l’ofice efl de recevoir & de Baguée du foûlevcr, les moufquetaires : nous avons déjà dit, quil doit avoir un Far^eK piéd 8c demi de hauteur, trois piéds de largeur, & un quart de piéd pour Tapante; Toutes ces largeurs du Parapét & du Banquét déduites, delà largeur du fommét du Rampar , refiera pour fon Terreplein.
- IV. V. VI. VII. VIII. IX. Polyg.
- t________________________________________t
- Le Plan du Rampar.
- r-------------------------------:---7--»
- 21. 22. 25t. 27. 28. 30. piéds de Rheia
- Le Terreplein ou Plan, c’efl céte partie du fommét du Rampar, qui te plan du refie après le Parapét, ou font rangées les troupes ordonées pour la dé-fance de la ville, avec l’artillerie 8c les officiers qui fervent au canon.
- N D’oü
- 'que laver* ticale.
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- 98 tivRE Premier*
- D’ou ilefi aifé déjuger, que le fage Architeâe, établifîant les prôpôiv tions de /’ Orthographie, aura particuliérement.^ principalement égard, à bien déterminer la largeur dufommét du rampar, plus que d’aucune autre partie de la For ter elfe: celleci une fois bien arrêtée, tout le refte reüffif-Notable Tant de foi même & fans dificulté. C’eft à dire qu’il doit prévoir, quel petit être l’effort, dont fa Fortcreffe peut être attaquée; s’il juge qu’elle ait à ré-vorthogm- fifter à une grande violance, il faudra de mêttie conftruire le paràpét épais SfeÿZi- & robufte. Il doit encore métré en cônfideratiott , toutl'atirail&réqüi. fement ob- page que feg citoyens veullent employer & faire fervir à leur défance : s’ils fruZmAr- font état d’une puiffante garnifon, s’ils fe veullent fervir de grofîès pièces cbitefa. d’artillerie, le Terre-plein fera laifîe plus étroit ou plus large, fuivant l’efpé-ce du canon que l’on veut employer: cela bien arrêté, tout le refie fuivra fans pêne.
- Examen de j’ai déjà dit, que les Archité&es défignent lOrthogràphie du râmpar divcr-ZefZTor- fe » fuivant la diverfité des Polygones : Mais j’ai à donner cét avis en pat thograpki- fanç f qUe ce n’efl pas pourtant, que la chofe en foi même le requière ainfi Tues paries & denéceffité: céte diverfîté n’eflant autre chofe qu’une fantaifie & un ufa-ouvriers. des ouvfjers. Et’ne manquent jamais, lors que l’on eft aux termes de fe
- préparer à faire la dépance d’une fortification, de pratiquer par leurs in-du^i0115? que lerarnpar fe face bien épais:Car en céte profufion de frais; & le qmedonne dautant plus on donne de largeur au rampar, & dautant mieux auffil’en* ^treprmeZ' trePreneur 1 trouve fon conte. Autrement je confefîe que je ne fçaurois deperjuader concevoir une autre raifon de céte pratique.
- de Margeur Par éxample : le rampar de notre Nônangle * conflruit fuivant leurs ré* immodérée: a\cs fera t’il capable de réfifler, ou non ? s’il ne l’efl pas ; pourquoi con-
- non pas la 1 * *
- bien /dance maire une fi mauvaife defance? fi u left au Nonàngle, pourquoi ne le grâce b°quî fefa f ^ P38 encore au Dodéc angle > Ils m’allegueront ici l'Eurythmie, c’efl à ne peut être dire la bonne grâce & la bien féance: dautant qu’une Forteredè de plufieurs nefaîllp™angles, doit auflî contenir beaucoup d’efpace & de terrain; maisàpro-(c»t point, portion de céte aire, le rampar qui fèroit fufîfant pour une Forterefîè de peu d’angles, feroit ici trop mince, & mal afîbrti. l'Eurythmie c'eft une bon-ne grâce qui réfulte d'une convenable correfpondance des parties dans un ouvrage; quandelles fe lient & fe raportent toutes enfambîe agréablement, fë» que tout corre-fpond & confpïre à la perfection d’une bonne &jujle fymmetrie, la hauteur étant bien compofée h la largeur & la largeur h la longueur. ( a )
- Mais à quel propos ? & pourquoi acheter & payer fi chèrement céte agréable proportion ? puifque la place ne peut être expofée à nos yeux en telle façon, que nous puiflions jamais comparer entre elles ces proportions > Celui qui regarde la ForterefTe par le dehors ne peut pas être juge dé céte bienféance, puifque de là ne peut être comprife l’épaiflèurdu dfuvOuefi rampar. Ni par lé dedans de la ville, foit que nous foyonsfur le rampar pouvlrate m®me ’ ou ailleurs, nous ne fçaurions en juger encore: dautant que les loidel’Ar- édifices empêchent la liberté du profpeél. Mais puis que la défance des vides tnlütaïïe* lapremière & la fuprémê loi qui s'obferve en l'Architecture militaire ; il faut
- (a) VitruveLiv. i. Chap. n. dlfC
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- De la Fortification Reôuliere. 99
- dire par confequant que la meilleureEurythmie &Symmétrie des parties de la Fortification , c’eft de randre une place bien capable de le défandre à peu de frais : à quoi nôtre Nonangle eft plus que fàfifant.
- Pafions à déterminer les autres parties de la Fortification. Labafe extérieure du Rampar eft ceinte tout au tour d’un Avant-mur, autrement dit le Parapet de la Fauffe-braye. Au IL Chap. nous en avons fait voir Ianécef-fité. C’eft unequeftionde grande controverfeentre les ouvriers, quellev0nhogr*. doit être la quantité 8c la qualité' de la ftrudure de ce Parapet : mais afin Phie^i'A-qu’il ne famble pas que la difpute en foit inutile 8c fans fondement ; on fait controverfe force fur notre V. Maxime Architedonique ; qui dit, quil faut toujours con- ef”frlsesoti~ flruire les parties de la.Fortereffe les plus proches du centre plus hautes que celles qui en font plus éloignées ; parceque celles ci atandent toute leur protedion 8c défancè de celles là. Sur ce fondement, oh donne toujours plus de hauteur à la conftrudion des Ravelins, Demi-lunes 8c autres pièces , que l’on af. fiéd dans le Fofie afin que de leurs rampars 8c batteries plus élevées le Pa- . rapét &le Corridor qui eft au de là du Folle puifiènt être foutenus 8cdéfan-dus, 8c pourquoi non par même raifon ne ferons nous pas l'Avant-mur, a-vec commandement 8c avantage de hauteur fur ces Ravelins, Demi- lunes & Corridor, puilque l’ordre de noftre conftrudion, qui le tient plus proche Raifim de du centre, femble le requérir ainfi ? Car ainfi lenémi aflàillant auroit plus à faire à fè défandre de nos Dehors, 8c en feroit batu 8c repoufie de plus d’endroits. Certainement ces chofes, qui ont en elles un éclat d aparante utilité, font foutenues par quelques uns avec autant d’opiniâtreté, que s’il i alloit de toute l’importance de l’Architefture.
- Mais ce n’eft enfin qu’une folle demangeaifon de contredire, qui les transporte de telle façon qu’ils ne fcavent pas eux mêmes, ni ce qu’ils en-treprenent d’impugner, ni ce qu’ils veulent foutenir. Ne feroit ce pas une extrême ignorance & impertinanee, de vouloir conftruire au piéd du.
- Rampar, un autre moindre Rampar pour la défance des Dehors & du Corridor•
- La principale force de la ville eft le Rampar : Il eft proprement pour la ville , mais le folle 8c les autres dehors font pour lui. Car encore que le Rampar éxerce fon commandement fur toute la campagne des environs ; 8c ne pcrméte pas à l’énemi de faire fe aproches : il eft vrai néanmoins qu’il arrive fouvént que fa hauteur 8c le trop de diftance font caufe que les trais qui en partent ne portent pas toujours afiurément : ce qui a donné fujet à l’induftrie des ouvriers de trouver d’autres ouvrages défanfifs, à repouilèr d’un lieu plus bas 8c plus proche les attaques de l’énemi 8c à l’écarter bien loin de la ville 8c du Rampar ; les conftruifans au dedans 8c au de là du Fof-fé,8c particuliérement s’il eft plein d’eau : puis que le Fofie,apres le Rampar eft la meilleure 8c la principale défance d’une ville. Mais pourquoi feroit-on ce Parapét de l’Avantmur d’une hauteur avantageufe fur les ouvrages du dehors? veû que céte pièce eft toujours atachée au piéd du Rampar. Or il eft bien vrai que le Rampar a la hauteur qui eft nécefiàire pour exécuter toutes ces fondions que l’on veut afligner à la Faufièbraye avec plus
- N z d’avan-
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- • 100 LlVRE PREMIER,
- davantage 8c de commodité'. Et quand même cet Avant-mur ainfi joint au Rampar aiiroit l’avantage de quelque hauteur fur les ouvrages du dehors;il ne pourroit pas néanmoins ni les commander , ni les défandre mieux que le Rampar même ;Et fans doute que le Rampar peut encore s’en aquiter avec d’autant plus d’affurance pour les dehors commis à fa protedion, qu’il a plus de hauteur 8c plus de largeur que f Avant-mur. Donques puis qu’il eft vrai que l’Avant-mur ne peut pas fervir, ni à repquffer l’énemi de loin, défandre les Dehors; il refte que nos Archjtedes opiniâtres trou-plein créa* vent une autre fin pour laquelle on hait invahté, 8c que le Rampar ne 'fiïedltî. puifie pas fervir à ce même ufage : qui n’eft autre, que la défance & la probant mur. teftion du fofféplein d'eau.
- Il n’i a pas long temps que l’Avant-mur eft en ufage ; l’Hiftorien du fiége de Grolle (a) entre les chofes mémorables de céte expédition, remarque cellcci, comme hune des plus confidérables, que notre grandforceur de 'viUep le Prince d'Orange, à été le premier de tous les Capitaines deçes guerres de Flandres , qui ait eu l’afîùrance d’attaquer une ville fortifiée d’un Avant-mur, 8c quant 8c quant la gloire de l’emporter : la Fortune comme à defîèin le voulant conduire par ces rudes aprantifîàges, au fommét de la gloire quelle lui deftinoit en la conquête de tant de villes inexpugna-blés. Mais, pour reprandremon difcours , tant i a que f ufage* maître des fots, avoit déjà fait voir en quelques fiéges, que depuis qu’une fois l’énemi avoiFpû fe loger au bord du foffé plein d’eau, avec peu de travail il pou-voit s’affurer de la viétoire , * 8c le paffer fans beaucoup de danger, à corn-paraifon des fatigues paffées: car céte forte de foftes n’a en foi que peu de réfiftancc, l’eau dont ils font pleins n’admétant pas des gens de défàncè ; 8c d’un autre côté la hauteur du rampar tenant l’énemi à couvert des coups de trait : car quant aux armes de jét 8c aux coups de pierres, il néft pas malaifé de s’en parer, ou de les efquiver. . * .
- Mais d’autant plus que l’énemi oft proche, le repouflêr d’autant plus foiblement ; abandoner la protection du fofle quand l’énemi paflè deflùs; foufrir impunément que la mine emporte le Rampar ; qu’eft ce tout cela, fi ce n’eft une trahifon manifefte ? Il a donc été néceflàire de faire un Avant-mur fur la lifîére de cét infidèle Fofle, pour en découvrir 8c flanquer 8c le fonds 8c les bors; fans doute que d’autant qu’on le fera plus bas, il en fera d’autant plus habile à la défance du foffé 8c participera moins des
- incom**
- (<*) Le Preneur de villes Frédéric Henri Prince t? Orange, entré victorieux dans Grolle , la même entreprifi deuxfoufaillie par fin frère, releva grandement la gloire de ce fuccés . Les experts remarquaient, que jufques l'a on n’avoit point encore par lamine, pris de ville qui eûf un vivant-mur ; étant cbofi incroyable quel avantage défi au Rampar d’etre pourvoi d’me telle défance-, Hugo Grotius, au fiége de Grolle. En ce même lieu il décrit ainfi. céte place, fortà propos de notre fujét. EUe eft afii^e en raze campagne ér dautant qu'elle efi frontière d'Allemagne, on commança de la fortifier dés le temps de V Empereur Charles V. &c. Mais l’expériance d'une longue guerre , qui avoit apris àfortifier avec plus de perfeUion, avait au fsi de beaucoup augmantéces ouvrages èr les avqit randus plut accomplis; PSfpagnol s'étant crû obligé, d’employerle temps des la trêve , a fortifier aufsi céte place apres Bois-le-duc, & Dam & Hulfi en Flandres. Tout autittr de la ville régné m Rampar de grande hauteur & largeur , armé de cinq B afiions avancés en forme de coin-, comme c'efi aujourdhui l'ufage , entre lefquels font autant d'intervalles joints auxdits fBafions par les Flanqs'a angles drois , en telle forte que de tout cités l’énemi affaillant puijfi être batu ..Tout autour du piéd du Rampar eft une levée de moindre hauteur. C’efi comme une ceinture qui l'environne-, (Enfrançois Avant-mur ou fauflc-braye) a l'aide de la qtieUe par le moyen de plufieurs ouvertures pratiquées tout d l'entour, il eft aifé de tirer droit i? de prés contre l’énemi , avec cét avantage d'être couvers. En fuite eft le foffé, rempli £ me partie des eaux de la rivière de Singue qui pajfi par la ville. ~4u de la eft le chemin couvert ir fortifié d’un parapet, panchant eit dehors irdevers la campagne , d'une douce pante j & de telle hauteur , que les moufquetados tirées du rampar puf fintaudelki & au contraire telles de l’énemi, ne peuvent fus ofenter le rampar, mais portent plus haut.
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- De LA FORTIE ICATION REGULIERE. loi
- incommodités qua le Rampar en çonféquance de fa hauteur ; mais pourtant il ne feauroit être plus bas que la hauteur d un homme, atandu qu’il doit couvrir les Moufquetaires. L’Avant-mur ne pariera donc point en hauteur la riature d’un homme..
- En fin en toutes autres chofes la ftrudure de ce Parapet de Fauflè-braye efhoute pareille à celle duParapét du Rampar,que nous avons décrit parti- La^termi. culierement 8c félon toutes fes parties. Car entre le Rampar de la ville 8c ZgZ°tZ ce Parapet de la Fauflè-braye, doit être laifle un efpace, ou chemin des Rondes, pour le canon 8c les foldas î Cét efpace fera pour le plus de deux ^lujfebr*-verges 8c d’une pour le moins : fi ce n’efl: qu'aux anciénes villes où le fofle efl: trop profond & trop proche on foit contraint de fe reftraindre à fe vou- eur é» hau-loir feulement fervir de moufquéts ou d’arquebuzes à croc, en ce cas on UMr' pourra fo contanter d’un efpace un peu moindre que d’une verge. En nos Polygones, pour de la groflè artillerie , encores que non pas pour la plus groflè, conviendra céte proportion.
- IV. V. VI. VII VIII. Polygones.
- y* - .
- Le chemin de la Fajfe-hraye avec fon Banquet
- —n Lu Déter-
- 15. 18. 20. 24. 24. pieds à rinfinL mination
- du chemin de la Eauf-
- Aprés qu’on aura obfervé ce chemin 8c ce Banquet, viendra en fuite 8c/«-fr*j«. contiguïté l’Avantmur, de hauteur 8c de largeur toute pareille à celle du Parapet du Rampar : Quant à la longueur elle fera telle , que fupofée la fufdite diftance pour le chemin des Rondes 8c pour le Banquet, le Rampar de la ville en foit par tout également environé fuivant tout à l’entour toutes les pièces, Courtines, Flanqs 8c Faces, en ligne parallèle.
- Aupiédde ce Parapet de la Fauflè-braye efl: le relais ou la lifiére qui touche le Fofle, à la quelle fe donne pour l’ordinaire une demi verge: 8c par ce moyen nous voilà parvenus au Fofle même.
- CHAPITRE XI.
- Tour déterminer la largeur & la profondeur du fojfé : & pour trouver fon enceinte tant l’intérieure que l’extérieu-. re j Jùr la largeurprefupofée. Fig. L X
- AI nfi que la N a t u r e n’a point fait de mont fans vallée ; Aufîi 1A R T Les levées ne fait point de Rampar fans fojfé. Or d’autant que l’art & quel’ufa-^fw gc ont jugé les Rampars nécefiàires ; afin que fous l’abri de leur défance, nous, nos corps, nos autels, nos familles, fe peuflént garantir des Inju- Boniques, tes del'enemi : Par même raifon le foigneux Architeae doit avoir égard faire le fofle fi à propos, que l’énemi en reçoive de 1 empeenement ? le ci- ie façon que toyen du fccours 8c de la défance. Us mems
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- iox Livre Premier»
- en reçoivent Ce que nous avons fait au précédant Chap. ça été de pous ramparer dé de l’empê- montagnes de tons côtés; à quoi nous avons employé tant d’art 8c d’indu-ttTylm’de* Me, que ces malles de terre ne font pas feulement fufifantes à nous cou-la protection yr jr. majs donnent à nos armes des avantages 8c des commodités pour re-t. ^urm' pouflèr notre énemi avec des troupes 8c des forces bien moindres que les Hennes.
- Or pour avoir des monts 8c des rampars,on eft bien obligé de creufer des .vallées 8c des folles ; mais d’autant qu’il eft aulïi nécelîàire que nos Ram-_ pars, loient des monts 8c des malles énormes pour réfifter à l’éfort du canon : 8c que ces monts fraîchemant entalîes à l’aide de l’art, ne peuvent pas être efcarpés drois 8c à plomb, comme rochers ou murailles de pierre, mais requièrent nécelfairement un panchant 8c une pante pour fubfifter ; or céte pante s’élevant doucement prélènteroit a 1 ’énemi une commodité pour monter ; il a donques falu creulèr un folle large 8c bien profond pour r-embarallcr, l’obligeant à fe jeter ou dans le précipice du folfé fée, ou dans le gouffre de celui qui eft plein d’eau, avant qu’il fe méte en état de panfer feulement à s’élever furie rampar, 8ctout cela avec beaucoup plus de danger 8c plus de pêne.
- pourquoi u Delà il eft bien aifé déjuger, que le Folfé n’eft pas une pièce des moins Tlne tes confidérables de la Fortification; entant, que non feulement il défand la vil-^iéclfteu k contre les furprifes; mais auflî quand elle eft afiaillie ouvertement donne Fonifica- beaucoup d’empêchement aux entreprifes del’énemi. On demande lequel Uoncéiébre lê meilleur 8c plus avantageux , ou celui qui eft fée, ou celui qui eft plein queftion, d’éait? fur céte queftion les avis des Ingénieurs fon partagés en des opinions utpin*-- fort diverfes. fi vous lifés ce qu’en ont écrit, Speckelius, Barleduc, 8c Lorinus vantageux vous trouverés que celui là préféré le fée ; que celui ci aime mieux celui qui guerre celui eft plein d’eau; 8c que l’autre ne fçait pas bonnement à quoi s’en tenir 8c ne J prononce rien d’afiuré. Stevin comme un Protée, veut que le folfé fe puilîè * ramplir 8c fécher, pour s’acorftoder au defir de l’un 8c de l’autre des con-tandans. Il i en a quelque autre qui en parle avec tant de confufion 8c de defordre, qu’aprés avoir dit que le meilleur folfé eft celui qui eft plein d’eau, 8c bien meilleur encore fi on le peut ramplir d’une eau tirée du courant de quelque rivière ; il ne lailfe pas cfajoûter, qu’il n’improuve pas l’opinion de ceux, qui l’aiment mieux fée en temps de guerre. Comme fi lu-fage du folfé fervoit à la paix 8c non pas à pourvoir aux inconvenians de la Le fojfé Suerre ? & comme fi celui qui eft bon pour la guerre, ne l’étoit pasaulîi plein d'eau pour le temps de paix ? puifque fon feul ofice n’eft enfin que pour les fon-frétons de la guerre.
- me Sefilm Q*uant a nous,après avoir exadement pefé 8c confidéré les avantages de
- plus mal l’un 8c de 1 autre 8c leur délàvantages, nous donnerons franchement nôtre IptTdeia fofrage au fofiè fée, particuliérement apuyés fur ces faifons. -guerre : de Que le folle plein d’eau n’eft nullement commode pour les fondions f?ai?7& militaires: que les frais en font bien plus grans que du fée: 8c qu’en fin, Pbieaiiiîik ^ ru*neilx a Ia vi^e ftu’il environne .il eft incommode & mal propre aux
- meme. fonfti-
- qui efi fée ou celui qui efipl d'eau.
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- De la Fox ti H cation Regulieré. 103
- fondions de la guerre ; étant comme un mambre malade 8c mal afFedé qui non feulement ne fe foûtient pas de hii même, mais empêche 8c oblige les autres mambrcs à fon fecours : & fa foibleflè paroît encore davantage en ce que, outre le Rampar qui le couvre & le touche de prés, il a encore né-cefiàirement befoin d’un Avant-mur pour fa défance, autrement la ville eft abandonée à un manifefte danger. Davantage les Ravelms 8c Demi-lunes 8c autres levées faites en forme d’Ifles, apofées autour des villes Bêlgiques, pour leur feureté, à caufe de l’afliéte humide & marécageufe de céte contrée ; font afles conoître que le folle plein d’eaû, n eft pas moins foible de lui même,que dangereux 8c de grands frais. Maisje veux que l’on pafiè ces inconvénians & que l’on en méprifelesconfeqüances;qui pourra fouftrirou excufer les embaraftèmens 8c incommodités qui en reviénent à ceux de la Ville quand il eft queftion de faire de püiflàntes fortiès pour repouflèr vivement les attaques de l’énemi? Céte glorieufo 8cfi renomée Vittoire de Pavie9 fi étroitement affiégée par le Roi de R rance François I. ne fut pas peu aidée Lemémor^ par cét exploit dAntoine de Léva (*) fon Gouverneur. Qui pour métré à la queue de l’armée Françoife preflee en front parles troupes de l’Empereur, * p««, au point de la bataille , les cinq mille'vaillans hommes qu’il avoit en fa gar-^f^ un nifon, ne fit point de dificulté de faire une telle brèche à fes propres murailles que cent cinquante Cavaliers en fortirent d’un rang; (b) encoreque en l’état ou il eftoit réduit 8c contre un énemi fi puiflànt, il ne fambloit pas qu’un triple Rampar fut afles fufifant pour tenir la ville bien afiurée ;
- 8c c’étoit pourtant ce que les chéfs de l’armée Françoife avoient le plus a-prehandé 8c la plus puifiante raifon qu’ils avoient employée pour induire le Roi, courant à fa perte, de lever le fiége. Autrement les François eûf-fent pu aifèment renfermer dedans la ville affiégée ces troupes tant formi- ^ Gmtÿer dables, fi la commodité d’un FofTé rampli d’eau les eût favorifés : car en neurdePa-céte rancontre, ou ils eûflènt abatu les ponts, comme font ordinairement les aflàillans pour leur feureté : ou par le moyen des ouvrages qu’ils eûf- coup à ru. fent élevés, eu fient empêché les ifïues des portes 8c des ponts : ou du moins v^roiïae ™e] Antoine de Léva n’eût pû fe prévaloir de toutes enfamble, pour exécuter fon exploit en un moment avec tant de gloire , d’avantage 8c de facilité, f0tu pour retourner de fon entreprife, couronné d’un fuccés de fortune 8c de valeur toute pareille à celle dü grand Jules Cœfar (/ ) fortant en campagne pour combatrefon énemi, furies ruines & par les brèches du Rampar de fon camp.
- Orilnefufitpasaux affiegés de pouvoir faire leurs forties commodément, fi encore elles ne peuvent pas être faites fecrétement. Mais ayans autour d eux un fofie rampli d’eau, pour faire fortie fans être veûs del’éne-mi : il fera néceflaire d’armer ce malheureux fofie, d’un Parapet de Corridor
- (a ) Guicciardin far la fin du XV. liv. des Guerres d’Italie. ( b ) Guicciard. au même lieu. ( c ) Sur
- faut, fi vousdefirés que je croyt, que fuivant vos promefiis, -vous êtes réfolus de mourir , ou de vaincre, avant que de fer-tir , je vêtu que vous abattis le rampar, (y que vous combltis le fofie : afin que la victoire foit toute l’efpérance qui nous refie, é" que P énemi fâche que rt ayant plus d» camp, nous nous fimmei réduis dans la nécefsité de loger dans le fien. ^Ayant ainfi parlée Une laiffapas d'en ordoner deux mille extrêmement vieux pour garder le bagage; les autres en firtant ranverfiient le Rampar élans le fofie en grand filance : Mais Pompée voyant cela , encore que plufieurs creûfiènt qu’ils fe préparoient à la fuite, en re-eonut l’audace irfepriten fit mime à foupirtr, de ce qu’il avoit a tombant contre des beftes. A pian a» liv. II, de la Guer-1e Civile.
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- 104 L I V fc E P R E M t E R,
- ridor quîfoit haut & puiffant & par conféquant de grande dépance, afin ,Le if que la veüe de l’énemi en foit empêchée, & que le citoyen joüifiè de la lh
- plein a eau tL /
- n’eft point berté de fortir feurement & fecretemcnt.
- fZTou Partantafin qu’on fe puiflè affurer de l’ufage d’un tel foffé pour le fer: pour repouf- vjce je guerre, il en faudra munir les deux lifiéres, celle du dedans dun, elle n’eft Avant-mur, celle du dehors d’une autre levee : autrement, ni 1 enemi ne mUmtâZ pourra eftre repoufie, ni l’habitant en aflurance fortir de la ville.
- ^Parapet du Mais quand l’énemi en fera venu julques là, qü apres avoir percé le Pa-rapét du chemin couvert, ilfe fera logé fur le bord extérieur du fofie plein d'un Avant cpeau : alors fe découvrira manifeftement le mauvais fecours qui fe peut 7derrière, efpérer de fa perfidie. l’énemi s’aprochant piéd à piéd, avançant fes gale-
- Etfinefufttf jes. pouflànt fes mines, ne laifferaau citoyen que lafoible défancedes Pd7cZCfa- coups dejed, le dépit & le defefpoir, Ce fofie qui les féparera, nefervi-fon- raque d’empêchement aie repouflèr&à fe prévaloir, ou des occafions que la négligence ou l’ignorance de l’énemi lui pourra préfanter, ou des avantages de fa propre valeur 8c fureur . Il ne pourra faire rampar de fon propre cors contre les efforts de la galerie, ni prêter fon fecours, de main, d’armes, de feux, à la ruine de céte machine fatale ; 8c quelque généreufè réfolution qu’il fante en fon courage d’employer fa vie pour la rançon de fa liberté, il fe verra privé du moyen de l’exécuter : 8c contraint de tandre la gorge à l’impitoyable fureur de fon énemi, comme une vidime foible, defarmée, 8c fans aucun pouvoir de fe revanger ; refiàn-cequiieji timeflt quiefi: aux grans courages, le dernier point de la mifére 8c du def-h°neur. Car en fin Grolle nous a randu un témoignage indubitable, ( *) & aiüelirs- que les trais qui de l’Avant-mur font portés contre la Galerie, ne font pas fans rémede.
- Contre ces incommodités en fi grand nombre 8c fi pernicieufes quia-compagnent le fofie rampli d’eau, on n’opofe que céte feule comodité ; à dite'des fof-fcsLYoir qu’il aflure la ville contre les furprifes tumultuaires 8c impréveües : ^d’elu'fi parceque l’énemi ne le fcauroit pafser qu’il ni employé 8c beaucoup de hautement temps 8c beaucoup de travail : atandu que celà ne fe peut faire fans ba-vZlftP- teaux, ou ponts volans. Mais ces confidérations font fi foibles qu’elles ne elle défand valent pas que l’on s’i arrête : car ce n’eft pas ni au foffé fée, ni au foffé tre les fur- plein d’eau que confifte la Seurete d’une ville, mais en la vigilance, pru-mm*/*l e ^ance ^ valeur des hommes qui font établis pour la conferver ; qui fai-fans leur devoir exadement 8c fidèlement, ni le fofie fée ne fera favorable aux furprifes, ni le foffé plein d’eau ne les empêchera pas davantage.
- Cetecom-r . , . .. 0
- modité fe tncoreque, pour en dire la vente, je ne voi pas comment la defance d’un uiftreï ™ P^c^n ^ eau » foit meilleure que d’un foffé fée pour fe garantir des fur-
- grande in^ prifès ingénieufes 8c bien concertées. A ce propos l’éxample de Bréda en ‘à^Bréda*6’vaut m^e » qui parle moyen defon fojfé 8c de la rivière qui coule entre fes
- mu*
- ( a ) Du quartier dlErnefl le Canon tiré contre la -ville, ruinoit de plufteurs coups le Parapet de l'vivant-mur j (y déjà i a* •voit fait brèche 3 mais étant large de 24. pieds ce qui fe perdait enface , était en mime temps réparé au dedans, par le travail infatigable du fildat a/siégé. Les GaUeries s’avançaient aufsi , en telle forte que les François iy les Anglais n’avaient pim qu une tierce partie du fojfé a ramplir, quand Ver reique ranforcaP vivant -mur de deux pièces d’artillerie iy rompant les ouvrages ,mit,le feu aux poteaux iy aux fafeines, qui en revêtaient puiffamment les deux côtés. Les ajfaillans , pour réfifitf aux coups qui leur étaient portés de P Avant-mur h la fin avec plus défit s’étant ranftrcét de canon en plus grand nombres’en randirent les maitres . H. Grotius, au fiége de Grolle*
- Examen de èéte coma-
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- Table Orthographi qji e
- Piéds Rhynlandiques de douze à la verge.
- Polygones. IV. V. VI. VII. VIII. IX.
- Figure LVIII. LIX. LX. L X1 • LXII.
- Largeur Horizontale du Rampar• 54 6o 66 . 72 78 84
- Talu extérieur du Rampar. 6 7 7 i 8 9 9
- Talu intérieur du Rampar. IZ J4 15 16 18 18
- Hauteur du Rampar. IZ ï4 15 16 18 18
- Largeur verticale du Rampar. 3* 39 4Jï 48 Ji 57
- Largeur Horizontale du Parapét. 12 14 15 18 20 24
- Talu extérieur du Parapét. 2 2 z 2 2
- T alu intérieur du Parapét. I 1 1 1 1 1
- Hauteur extérieure du Parapét. 4 4 4 4 4 4
- Hauteur intérieure du Parapét. 6 6 6 6 6 6
- Largeur verticale du Parapét. 9 11 IZ 15 *7 21
- Largeur du Banquét. 3 3 $ 3 * 3
- Hauteur du Banquét. n J| n *1 ij
- r~ ' Terre plein du-Rampar. 21 22 Mi z7 28 50
- Chemin des Rondes de la FaulTebraye. » 15 i5 . *7 21 21
- FaulTebraye avec fon Banquét..
- Relais de TAvantmur. 6 6 6 6 6 b
- Diftance du Rampar au FolTé. h 3? 1 39 . 44 50 5°
- Largeur des hors du FolTé. 7Z : 84 96 108 120 132
- Les deux Talus du Folïé. io 10 ~i !io 12 12 : 12
- Profondeur du FolTé. IO 10 IO 22 22 12
- Largeur du Folié en fonds. Sz <>4 76 84 S>6 108
- Chemin couvert. 22 15 15 *7 21 21
- Bafe du Parapét du chemin couvert. *9 69 <59 70 74 79
- Talu intérieur. i 1 I 2 2 1
- Hauteur du Parapét du chemin couvert. 6 6 6 6 6 <5
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- LA perche Géométrique fui vaut laquelle nous avons pris tontes nos mefures Architectoniques en notre Fortification, eft toujours égale & ifamblable à elle même •' & toutefois on l’apelle de divers noms, félon la diverfité des parties dont elle eft divifée diverfèment fuivant la différance ides coutumes. Si, par éxample, on la diftribue en X11 parties, ou pieds, onlapellera Duodecempédale, fi.en dix feulement, Decempédale. Or eft il, que la diférance de ces piéds fera grande, bien que les Verges mêmes en-< tre elles obfervent une égalité fort étroite : D’autant que les piéds de la Verge du Rhyn diftribuée feulement en dix piéds feront plus grands, que ïi on la partageroit en douze : Pareillement ces piéds Rhynlandiques delà verge duodecempédale , furpafferont encore, ceux de la Verge fédécem-pédalé ou de X VI piéds : à fçavoir fi céte même Verge du Rhyn par une; autre partitioft étoit diftribuée en autant de parties &c. Aux Tables ap-pofées, dans le commancement de ce feuillét nous comparons feulement, les pieds Décempedales, avéc les Rhynlandiques.
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- Lacomparaifonde la verge Déceœpedal ou de X pie'ds avec la Duodccempédale ou de XII pieds.
- Picds.Doits Grains Scrupules.
- Pag: 104,
- La comparaifon delà verge Duodeceœ pédale ou de XII pie'ds avec la Décemp.oude X pieds.
- Pieds Doirs.Grains.Scrup.
- Le pied. 1
- Le Doit.
- Le Grain.
- Le Setup,
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- — — — — 4 3 3 : 3 3
- 4 9 7 2
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- 7 2 4 10 6 5 0 0 0
- 8 — — 7 5 8 : 3 3
- 4 ? 7- 8 6 6 6 7
- 9 7 2 5 — — — —
- 10 9 7 2 9 ’ 7 5 0 0
- 12 0 0 0 10 8 3 3 3
- — — — — 11 9- 2 0 0
- 0 5 10 3 3 7 10 12 10 0 0 0
- 0 0 2 4 Le Doit. 1 1 6 3 9 9
- 0 5 9 2 3 2 0 8
- 0 7 2 5 4 2 ' 7 8
- 0 8 7 8 5 3 4- 7
- 0 LO 1 0 6 4 1 6
- 0 II 6 3 7 y 4 8 6
- 1 O 11 7 8 •a 5 5 5
- — 2 4 10 9 10 O N S O '(U "3- 6 6 2 9 5 4
- 1 9 11 TJ u 45 7 6 4
- 3 5 12 a G V 8 3 3
- - 5 6 2 11 Le Grain. 1 2 a vaut G 03 «a CS 1 6 1
- 8 10 i 4 3 4 5 G C‘ U <u 1 2 7 3
- — — — <u p£ — — —
- I 0 1 5 bC C 2 9
- I 1 30 6 5 rt 3 4
- I 3 6 7 jri (U 4 0
- I 5 3 8 S Q 4 6
- — Q — — —
- 9 5 2
- 2 10 5 8
- 4 11 6 3
- <5 12 6 9
- 8
- 10 Le Scrup. 1. 2
- i 1 2 3 4 1
- 1 3 2
- 1 4 — ~ — —
- 1 7 5
- 1 9 6 3
- — — — — 1 3î
- *T5 S: O O a c/> 0 8 4
- £ ET c -O P 9 4.t
- 10 5
- 11 5i
- 12 6
- Pieds Doits ^4 Scrup
- La conftru&ion de ces Tables fera déclarée en la fin de ce feuillet : A quoi je vous ranvoye.
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- Table Orthographi qji e.
- Piéds de dix à la verge
- IV. V. VI. VII. VIII. IX.
- Figure LXIII. LIX. LX. LXI. LXXII.
- AB. 45.00 50. OO 55.00 60. OO 65. OO 70. 00
- BE. 5. OO 5.83 6.25 6. 6 j 7. 50 7.50
- CA. IO. OO II. 67 12. 50 *3- 33 15. OO M O O 1
- CD. EF. IO. OO 11. 67 12. 50 *3- 33 M '-'l O I O J 15. OO
- DF. 30. OO 32.50 36. 24 40. 00 42. 5O 47.50
- a b. IO. OO 11. 67 12. 50 15. 00 l6. 67 20. OO
- ë b. I. 67 1. 67 1. 67 1. 67 I. 67 I. 67
- c a. 0. 83 0. 83 O» 83 0. 83 O. 83 O. 83
- ef. 3- 33 3* 33 3-33 3- 33 3- 33 3- 33
- ch. ' 5. OO 5. 00 5. 00 5. 00 5. 00 5. 00
- fd. 7.50 9. 17 10. 00 12.50 14. 17 17. 50
- ag. kn. 2.50 2. 50 2. 50 2.50 2. 50 2.50
- an. gk. 1.25 1.25 1.25 ï-M 1.25 1.25
- gD. 17.50 18.33 21. 25 22. 50 *3- 33 25. 00
- PB. IO 12. 50 12.50 !4. 17 17. 50 17. 50
- promfq.
- Gq. 5. OO 5. OO 5. 00 5. OO 5. 00 5. 00
- BG. 27.50 31.67 32. 50 36.67 41.67 41.67
- GK. 60. 00 70. OO 80.00 90. OO 100. 00 110. 00
- GM. KL. 8. 33 8.33 8- 33 IO. 00 10. 00 10. 00
- MH. LI. OO SA* SA* 8.33 8.33 10. 00 10. 00 10. 00
- IH. . 43- 33 53- 33 33 70. 00 80. 00 90. 00
- KN. 10 12. 50 12. 5^ 14.17 17.50 I7* 5o
- TS. 57- 5° 57- 5° 57-5° 58.3? 61. 67 65.83
- uT. O. 83 0. 83 o. 83 0. 83 0. 83 0. 83
- u P. 5. OO 5. OO 5. OO 5. 00 5. 00 5. 00
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- D E LA Fortification Reguiierè. 105
- murailles, reçeût le funefte bateau, gros de vaillans 8c de hardis entrepreneurs^ le porta jufques dans le fein defon château même : ce quun fofle fée n’eûft jamais fceû faire avec tant de fecrét 8c de commodité. le réferve à un autre lieu, le récit de l’hiftoire mémorable du foffé de Rheinberc 8c du kRhmhh traiflre fleuve de Ludt qui baignant fes murailles, porta un pont fatal jufques dans le coeur de la ville.
- Quelle forterefTe du monde fe peut vanter, d’un aufïi beau fofle qu’eft celui qui environne le fort de Skenk ? D’un côté le Rheïn, de l’autre le Vahal shJk *** venans àfe mêler dans un même lit, deux rivières aufïi célébrés qu’il i en ait en toute l’Europe, le femblent défandre de toute violance extérieure : & pourtant depuis peu leur défance parût infufifante , & ne fut pas capable de le garantir d’être pris par une furprife : pour montrer, que tout eft pé-nétrable 8c acceflible à la valeur ; 8c que l’impuiflance 8c la mauvaifè garde n’eftjamais afles aflùrée. Mais Philipslourg, qui eft la bride du Rhein, nous fera voir aufli, que toute efpéce de défance, non pas mêmes un triple Mur 8c un triple Foffé nefufifent pas à la poltronerie : convertiflant ces avantages dont elle joiiyt en été, par le moyen de ces Folles regorgeans d’eaux, en des étranges incommodités , quand la gelée vient à les endurcir 8c à les transformer en pont en faveur des deflëins de lenemi : de forte que les habitans pour fe garantir des furprifes, font contrains au coeur de l’hiver, faifon qui néanmoins eft fl mal propre aux expéditions de la guerre, de redoubler leurs gardes, de rompre les glaces de leurs fof-fés pétrifiés, 8c d’arroufer d’eau toute la furface de leurs Rampars vers la campagne, pour les revêtir d’une croufte 8c d’un verglas, qui les défande. * i&*ch-A ce propos je ferois confciance d’ométre le fuivant éxample. Aux pre-tendonc% mers jours de larmier , Louys de N affavv, furprit la ville de Wachtendonc. (a) La faifon fe monflroit peu favorable a cete entreprife, la Cavalerie s avançant h grand pêne a eaufe du verglas. N èanmoins, parceque le retardement ne pouvoit être que préjudiciable, ilfaloit effayer. Arrivés de nuit aux hors du foffé, cequiavoit donné plus de crainte, fût cequiaporta plus de commodité. Car ceux de la vide quife fantoient fi éloignés des garnifons des Etats unis, avoient négligé de rompre les glaces. Parla quelques foldas s eflans avancés, taidèrent en pièces les corps de garde ; & parce moyen rompans les portes par le dedans, douèrent libre entrée au refte de la troupe. Le même jeu „ à la feule diférance des perfonages, a lïfbmrg. eftéjoüé depuis peu [b ) à Philipsbourg, ci deflus allégué : les A&eurs furent la garnifon Francoife d’une part, 8c de l’autre côté les Ademans entrepreneurs : les François engourdis de ces froidures qu’ils n’avoient pas a-coutumées , avoient aifément négligé de rompre les glaces ; de forte que les Allemans, n’eûrent pas feulement la liberté de paflèr le fofle à piéd fée, mais aufli la commodité de tandre des cordes aux pieux de la palliflàde à travers du fofle, auxquelles ils avoient ataché leurs chevaux de 1 autre bout, 8ç par ce moyen ils arrachèrent 8c emportèrent tout d’un temps le feul obftacle qui les empéchoit de fe répandre dans la ville,8c s’en randirent maiftres facilement.
- O Au
- (a) Rheidao; au XVII.Îiv- de fes Annales. ( b; Le 24. de Ianvicr, 1S3S.
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- 106 LiV RE PrEMIER,
- ïiujîeurs Au contraire les avantages du Foffé fec, font tres-aiïurés & d’une com-t$ moc^ite perpétuelle. C’eft avoir tout dit, que d’avoir montré qu’il eft éxant four confir- àe tous ces préjudices qui acompagnent néceflàirement celui qui eft plein
- mer que le j>
- Foffé fec eJlQeaU-
- p Impropre De plus, il faut confidérer encore, que non feulement u eft en foi
- Ttufuer- fufilàmment pourveû de moyens & de forces pour chaflèr l’énemi de f\ Raifin toutes Pars » fens autre fecours, ni défance que de foi même : mais aufli Que le frfé qu’il peut tout feul tenir lieu de tous les Dehors & en faire tous lesoffî-ffuUeque ces * Le Conful Meteüus, en fit voir autre fois h Palerme une mémorable ex-peuvent fui. périance, tant il eft vrai qu’il n’i a rien aujourdhui fous le foleil qui foitnou-ZlhTrs!^ veau î vous trouverés dans Polybe au i. livre. 8c depuis peu Maflricht te-nant encore le parti Royal, (a) larmée des Etâs reconut par épreuve combien puiflànte eft la défance d’un fofle fée ; comme les Efpagnols ne l’a-voient pas moins reflànti à leur grand dommage devant Berghen op Zoom 8c ailleurs, les Provinces unies foûtenans le fiége.
- Mil!!!”* ^our ^reen f°rteque Iefofle féepuiflè commodément admétre le? prépare le Moufquetaires en la Figure LXII. fon panchant du côté de la campagne pfuripZcer & devers l’énemi peut être abaifle en manière de Parapéts, faiflànt h c de des gens de la hauteur d un Parapét, de de la largeur d’un Banquét ou davantage, en *mce' telle façon que le foldat i puiflè être commodément 8c feurement placé. Même fe peut encore pratiquer plus bas un autre Banquét, de, de la hauteur d’un pied , ou d’un piéd & demi, large de trofs, ef ou de quatre ou davantage ; ou puiflè être placé un fécond rang de foldas pour la défance, de manière que le fofle foit élevé fur le plan en al d’un piéd ou de deux.
- Awntlge C’eft encore une des ’comodités importantes du fofle fée, d’être favora-
- dk f°jfé fée rable aux fecrétes forties. Cét avantage des afliégés coûta beaucoup de &ng aux Anglois aflaillans au dernier fiége de Maftricht, trois jours de* *lBrave ex- vant *lue cete puiflànte ville fut contrainte de fefoûmétre à la valeur de pioit desaf- ceux qui l’avoient afliégée. ( b ) La chofe eft mémorable; La ville étoit à la Mafirku à ve^e de fa ruine toute afsurée : Elle cou voit déjà les mineurs énemis en u faveur fon fèin ; le fourneau de la mine étoit préft d’être chargé pour faire fauter deieurfoffe ieRampar. p0urtant en cet état de leurs affaires les aflîégés eûrent encore la liberté de faire une puiflànte 8c fecréte fortie à la faveur de leur fofle foc/certainement, s’il eûft efté plein d’eau , l’énemi étant fi proche, cét avantage ne leur eût pas été permis.
- Il fera aufli néceflaire de pratiquer un degré qui s’élève du fbns du fofl*£ doit être d’une pante douce 8c aifée jufques au bord, avec tant de largeur qu’il puif-feffé^pJtr admétre de front trois ou quatre gendarmes à cheval, afin que les for-faire les for-' ties de la Cavalière 8c fes retraites fe puiflènt faire avec une plus grande uLpTde ^eurete & comodité. Il n’eft pas malaifé de comprandre, comment ceux de &&e. la ville font leur forties par le moyen de portes foûterraines qui refpon-dentfur lefoflé.
- for-
- (.*) Enl’année itfja. (b) Le 17. d’Aôpfl; &lc 29. la ville ferandit. Vojrés leIoumal de ce fiége mis en lumière par Henri Hcxham.
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- De ia Fortification Reculîere. 107
- Que le folle fée non feulement donne de l’avantage pour lesforties, 3 mais aufli qu’il foit favorable aux retraites, bien mieux que ne font pas Le f°kf& tous les Dehors environés d’eaue les affiegés au mémorable fiége de Ma ftricht nous en montrent l’éxample. Ils étojent fortis pour ruiner les tra- feulemen* vaux des François, qui les repouflerent avec tant d ardeur * que les Efpag- \°Us, m»u nols oublièrent pour céte fois leur gravité, 8c d’une lamantabie voix implo-rans la miféricorde de leurs plus cruels énemis, fe contraignirent jufques là Divers & que d’exprimer en langage François le refiàntiment de leur crainte, réduis tfséxim. à telle extrémité que de tous côtés on les oyoit crier ; (*) Mejfieurs faîtes Ples, ces nous grâce : Mais leurs cris pitoyables 8c leur humilité,n’auroit point eu de-fét ; 8c n’en eûffent pas échapé, fi l’avantage du foffé fée ne les eût garan- ««**#*. tis. Eftant là défance fi afiurée, que les repoufiés déjà réduis au pouvoir ftrich*ceux de leurs énemis, dés l’inftant meme qu’ils i font parvenus, fondent devant leurs yeux en un moment 8c receûs en fon fein, font à couvert de leurs s’éckapnït ««rages.
- Telle ne fut pas depuis peu la fortune de ceux de Bréda, quand elle n étoit encore dans le parti Royal ; au contraire ces pauvres gens, après Bréda pé-* être échapés de la fureur de leurs énemis, fe venoient miférablement per- nffent mtfé~ dre dans les eaux de leur foffé.
- Après que les François de l’armée des Provinces Confédérées eûrent avec leurs mines fait brèche à l’ouvrage de Corne tirant vers le village de Ginek, quoi que ceux du lieu fe foutinflènt avéc beaucoup d’ardeur 8c de courage, néanmoins afiàillis par les Confédérés avec plus de valeur 8c de bonne fortune , enfin les Efpagnols contrains de céder à la force, lâchèrent le piéd 8c fe retirèrent en confufion en un Ravelin à main gauche, prochain du fufdit ouvrage de corne. Un pont de la largeur d’un piéd 8c demi atachoit ces deux pièces enfamble, autrement féparées parle fofie , comme il fe doit: lapreflè desfuyars fut fi grande force pont, fi' étroit, que la plus part chafles de l’énemi qu’ils avoient à dos, fe précipitèrent dans le fofie, ou lafies du combat 8c malhabiles à fe làuver pour la pefanteur de leurs armes, l’eau les engloutidoit miférablement. Déjà le pont ne fufifoit pas à leur fuite 8c même le fofie étoit prefque comblé de ceux que l’aveuglement de leur crainte i précipitoit : car depuis quune fois la frayeur s'efl emparée de ces e/pris lâches, ils ne craignent plus que la chofe dont ils ont reçu la première imprejfion. Peu demeurèrent fermes 8c le Capitaine Efpagnol de nation fut de ce nombre, qui choififlàns plutôt de mourir honorablement, que de recourir à une fuite fi dangereufe, ne voyans devant eux que l’abîme d’un précipice 8c Taffurance inévitable de fe voir ranver-fés dans le foffé ; méritèrent que l’énemi leur donnât la vie, pour s’être réfolus de la vandre 8c de la difputer. Si j’ai ci defsus intanté aâion de tra-hifon contre le fofsé plein d’eau, ce feul éxample n’efl: il pas fufifànt pour l’en convaincre?
- Ajoutons à cela que le Fofie fée a fes avantages bien plus affurés pour.
- O -a rui-
- (*) Le Iournal dufiégéde Mafttichtper Hexhamau xS. de Iuillet,
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- 108 L 1 V R E P R E M I E R;
- ruiner les travaux 8c approches des aflâillans, 8c pour métré en defordre $ Lefcjfjfa ranverfer leurs mines ou leurs galleries, ou découvertes ou foûterraines.Un méfreînù. Ingénieur François depuis peu écrivant en fa langue,s’eft étonné, quejuf-firdre les ques à préfant aucun riait éxaélement défini la manière de faire les Contre-iTnmTétmines. Et pour s’aproprier la louange d’une nouvelle Invantion, il preferit àrumer /es une forme fuivant laquelle il entand qu elles le fàcent. Ienempeche pas &*leries\ que cejui qUi éprouvera, ne l’éprouve : mais il me làmble à moi, que contreminer de céte façon 8c pêcher avec un hameçon d’or, foit une même choie. Car enfin quelle néceflité i ar’il de s’engager à une manière de fappe, fi fomptuéufe, fi ambitieufe 8c fi embrouillée, qu’eft celle que ce ceux qui L François propofe ? Ceux de Maflricht i procédèrent par un chemin bien mm àu plus court & plus afluré, tirans leurs Mines du fofle même , pour raii-uaifirkbt verfer les approches énem is avec tant de fuccés 8c tant d’adrefle, que pour en ont doné gagner une ligne de V verges ou environ, il êtoit néceflàire aux afiâil-beurZfi" lants d’i employer autant de femaines entières. Une autrefois nous en ment. parlerons davantage ; paflons outre à notre fujét.
- Mais avant que d aller outre, il eft à propos que nous repréfantions à notre mémoire les fuivantes Maximes : qui ne fe peuvent négliger fans la honte del’Architéâe , 8c le dommage de la ville que l’on veut conftrui-re.
- I. Qu e poürcreuser le F o $ s e, tel qu’il puiflè être ou fécou plein
- d’eau, ON NE T IRE DE TERRE NE PLUS NE MOINS Çü’lL EN ESÏ REQUIS TOUR LA CONSTRUCTION DES OUVRAGES MASSIFS.
- Parce qu’il faut, autant qu’il eft poflible éviter les frais inutiles : 8c qui mêmes peuvent tourner à grand préjudice, en cas qu’il faille tranfporter céte terre hors de la Fortereflè. Car foit, qu’on la répande également, ou qu’on l’entafse par monceaux ; ou ce feront autant de tertres qui (èr-viront à couvrir Ténemi, ou ce lui fera pour le moins tout autant de matière prête pour fes ouvrages 8c pour aider à combler le fofsé.
- Maximes Q?E L’ON DONNE AU FOSSE POUR LE MOINS AUTANT
- Archite&o- DE LARGEUR, QUELLE SURPASSE LA LARGEUR DES PLUS GRANS
- 2ZT ARBRES • Ce feroit autrement l’aifser à l’énemi pour fes entreprifes ou lè-Tofisdoi**cretes 9 ou découvertes, un facile pafsage,pour ataquer la forterefse, par <ve»t obfer- le moyen des ponts, ou de bois, ou de joncs 8c autres famblables invan-'foigneafe- t^ons • A ce propos eft mémorable la hardîefse des foldas de Ctefar, qui tra-menu verférent, non pas le fofèé d’une ville, mais une rivière pléne de gens armés , par le moyen d’un pont fait à la hâte. "Entre le camp du Roi dÆgypte & la route de l'armée Cefariéne, fe rancontroit un fleuve étroit de lit & treshaut de rive, &c. Quand le Roi feeût que Ctefar prenoit céte route, il i envoya toute fa Cavalerie & les meilleurs hommes de fon Infanterie pour lui fermer le pajfage de céte rivière : &c. Mais les Aïïemans s étans ch & là répandus cherchèrent les endroit guayailes & defeendus au fleuve par les plus laffes rives le p afférent a nage la plus grand part * Quant aux legionaires, ils ahhatirent de grans arhres qui de leur longueur s'appuyoient d'une & d'autre part fur les deux rivages, quils cou-
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- De la Fortification Régulière. 109
- prirent fur îïnjlant même & pajférent aïnfi. Hirtius delà guerre d’Alexand.
- Tout l’éfort du pont invanté par Pompée Juflïnïan (iesaffiégés d’Oftende 1 apelérent par raillerie militaire le ridicule chariot) pouvoir être aifément randu inutile à coups de canon par ceux de Hollande, qui étoient à la dé-fance de la demi-lune, apelée d’Ëfpagne par les affiégés ; &poféeaudelà de la Geule : les afliégeans non fans préfage, lui donérênt le nom * dç fort, de l’hofpital. (a) Lesafliégés pouvoient aufli par le moyen des poutres qu’ils avoient poféesfur le Parapet, recevoir ce pont, en eluder l’effet & le fufpandre en l’ær ; car le deflèin eftoit trop manifefte & trop préveu, pour réüfïir .• Mais s’il eût été plus fecrét, lefoffé de ce fort étoit ü é-troit que les afîiégés en eûfTent reçeû un notable domage.Voyés Flameng, en fon livre du fiége d’Oflende. ( b )
- III. Que le Fosse ait au moins autant'dé frofon-deur , qu’elle surpasse la stature de l’homme. D’au-tantque s’il eft moins profond, étant fée , il expofè l’afîiégé aux coups de l’énemi ; s’il eft plein d’eau, il peut être pafsé avec peu de pêne: Ainfi dune & d’autre façon, il feroit extremément fujét aux entreprifes éneriiies, foit fecrétes ou découvertes.
- Ces chofes fupofées, pour creufèr le Fofsé d’uné jufte proportion, il faudra prandre la mefure certaine & déterminée, defa largeur ou de fa Pro- Mterminéei fondeur* Prenons premièrement la largeur du Fofsé fupofée, qui peut être de VIII de X ou de XII verges, fufceptible de changement, félon le terroir & l’éfpéce du Polygone à fortifier, à la diferétion de l’Architeâe.
- Nous prandrons celleci, pour l’ufage de notre calcul.
- IV. V. VI. VII. VIII. IX. X. Polygones.
- La largeur du Fojfé.
- jz. 84. 96. 108. 120. 132. 144. piéds de Rhein.
- Céte largeur du fofsé préfupofée, il refte maintenant que nous cherchions fa profondeur; les Archite&es donnent vulgairement à ceux qui font pleins d’eau une hauteur de dix piéds : de crainte que les faifans moins bas l’éne-mi ne les pafse à gué ; il faut donc que l’eau foit à la hauteur de fix, ou de fept piéds. Les fofsés fées fe doivent toujours faire plus profons.
- Outre la largeur du fofle fupofée, doit être auffi conue la fomme de toutes les aires, fur lesquelles doivent être élevés les ouvrages mafïifs, de la terre que Ton tirera en creufant. Toutes les lignes qui contiénent ces aires feront repréfantées, par le plan étant perpendiculaire à l’Horizon de la Fortereffe , & touchant à angles droits fa Face, coupant la Forte, reffe même & tous fes Dehors, en la manière que nous avons ci defïus montrée, lors que nous avons parlé du Rampar. Il faut tirer céteinter-
- O 3 fedion
- (a) Voyes Flameng au fiége d’Oftende & remarqués l’admirable raifon dece nom, trouvé par la rancontre d’un ingénieux ftratagéme, par lequel les affiégés enfeveliffoient en ce lien leurs mors avec les énemis vivans. Au mois de Février del’aa 16^4. (bj Au moisde Ianvicrdel’an 1604.
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- îid Livre Premier,
- feéfion du Plan, par le Rampar & fon Parapet, par l’Avant-tnur & foa Parapet & par tous les Dehors s’il i en a aucuns, comme ilfe voit aux u moyen Defcriptions Orthographiques de la Figure LVIII. 8c des fuivantes : I ayant h profin- tir^e » ilcn reüflira le plan de la baze ; ou l’aire de chaque ouvrage. dent du fof.H eft donc nécefTaire de conoître premièrement la fomme de toutes ces ai-plpïféefZ tes. pour éviter l’importunité des redites, nous prandrons céte colle&ion *» contrai- (jc ce qui fera dit ci apres, (*) où nous en donnerons la raifon. Soit donc.
- 552 fDuRampar des Fig. LVIII. LX. ADFB.
- 56.5 lrAi^dprinfPrr^inJDuParaPet duRamPar gknhfh.
- <6< i A Ü lnterie<itlon1 De F Avant-mur promfq.
- jÇj yj jDu Parapét du Chemin couvert NORPS,
- 8x9. Sera la fomme de la Plaine baze de tous les ouvrages à conftruire.
- Il faut auffi prédéterminer une certaine pante qui fôit obfervée en creu-
- türU pante fant le • Dont les CÔtés ne folit PaS dr°itS en telle f°rte ^ ait ^
- du fojfi. fons la même étandue qui fe rancontre en la diftance de fes bors fupé-rieurs, mais il faut lui doner une efcarpe du haut en bas & que le fons foit beaucoup plus étroit : Aux fojfés qui fe ramplijfent d'eau, on peut feulement faire la pante égale à la hauteur, en telle façon qu’il i ait entre elles proportion d’égalité: fi ce n’eft que l’ufage& la nature du terroir oblige de faire la pante un peu moindre, ce qui fe peut : Je repréfenterai le cal-*cul de l’une & de l’autre de ces proportions, en faveur de ceux qui ont moins d’expériance. Mais quant aux folles fées la raifon eft toute évidante que leur pante doit être plus droite &plus efearpée, 8c principalement 1 intérieure 8c celle qui atouche la ville. En quoi le prudent Architecte fe conduira fuivant la nature de fon terroir.
- Ainfi pofée 1. la largeur du fofé de 80. pieds, de la verge decempédale, pour la facilité du calcul ; car de la verge Rhynlandique nous âgen trouverions 96. 2. l'Aire de ïlnterfettion Orthographique de tous les ouvrages à con-ftraire de la terre que l’on aura tirée de 829. pieds quarrés ; nous prandrons à la place, le nombre rond ; 8c toute cette aire doit comprandre la capacité du Folle KIH G en la Fig. L VIII: En fin pofée la quantitt déterminée dupanchant, laquelle ici foit égale à la profondeur du fbfle, fôit cherchée la profondeur que l’on defire. En la Fig. L VIII, feront conftitués deux triangles famblables a SG & MH G: ainfi comme GM eft au regard de fon égalé M H : de même fera a G, pareille à la moitié de lalar* geur du folle, au refpeft de fon égale a S de 40. piéds. De la baze doneé K G & de la perpandiculaire a S, réiilïira l’aire du triangle K S G de 1600 piéds quarrés. Souftrayés de céte aire, les aires des ouvrages que vous voulés conftruire ; c’eft à dire que vous retranchiés du triangle K S G, le folle KIH G, reftera l’aire du triangle IH S de 800. piéds. Au fur-plus comme : l’Aire K S G de 1600 piéds eft au regard du Quarré de
- (a) Au chap. du livre fuivant, oufeia traité delàdiftribution Architectonique. * fe
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- De la Fortification Reguliere* iii fa Perpandiculaire a S de 1600. piéds: faire du triangle famblable IH S Pow chtr. de 800. pieds, eft de même envers le quarré de fa perpendiculaire e S cherJ^^ cherchée de 800. piéds quarrés.
- La racine de ce nombre quarré étant extraite donnera la ligne e S de 28/^ pieds, & 3 doigts : Or en fouftrayant Se de la ligne S a, refterala profondeur du folle que Ion cherche ae de 1 il pieds, un peu plus.
- Comme faire K S G — eft au quarré a S—- faire IS H eft de même au quarré eS.
- 1600 1600 — ---------------- 800-------800.
- 8|oo du quarré e S
- 2|8 la racine ou la ligne eS.
- KG de 80 piéds -------------
- G a de 40. piéds multipliée par a S de 40. piéds donne--------—
- KSG 1600 l’Aire 40. Sa
- KIH G 800 faire fouftraite 28. 3 Se
- laiftê— n.jae
- IS H 800. l’aire du Triangle.
- Mais parceque le Rampar de la ville , f Avant-mur, &c. n’eft pas continu tout autour mais bien fouvent entrerompu de portes & de poternes, céte profondeur du foftè s en acroît un peu ; en telle façon que le moindre nombre rond de 10. piéds , fàtisfera pour 11^ delà profondeur MH que nous avons trouvée. Il faut remarquer que nous nemployons pas ici les pieds delà verge Rhynlandique de XII. piéds, mais de celle qui n eftcom-pofée que de X. piéds pour la facilité du calcul : on les peut aifément ré- Antre ex~ duire à la mefure des Rhynlandiques. *m?le de,
- J * trouver lu
- En retenant la même largeur KG de 80 piéds, & la même aire des ou-vragesqui doivent être tirés du fbiïe KÏHG en la Fig. L VIII. de 8oo# /autres piéds quarrés : mais en changeant fefcarpe deforteque (à deftèin nous ima-ginerons comme fi M G étoit moindre ) M G foit de trois telles parties, des quelles MH eft de cinq : Quant à la Contrefcarpe, nous la laiderons comme elle étoit auparavant, égale à la profondeur LI : nous procéderons de la forte : Ainfi que M G eft à l’égard de M H ; Aind à raifon de la fimilitude des triangles, fera Gtf de 3, à l’egard de dS de 5. mais K a fera égale à là même a S. Partant, puifque les fegments de la baze, font diftindement reconus en la proportion : 8c que toute la baze f eft audi en jufte meïïire de piéds : il en reüdira.
- Que comme K G toute la baze proportionée de 8 eft à fégard de K G de 80 piécls : de même tant G a le fegment de 3, que a K de 5, eft à fégard de G ^K de 30 & de a de 50 piéds: & partant à raifon de la proportion
- d’éga-
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- iiz Livre Premier,
- d égalité a S fera de 50 pieds,& l’Aire du triangle K S G fera de 2000 pieds quarrés. L’aire du fofte G H IK de 800 pieds quarrés étant fouftraite de ce triangle , lé triangle IS H reftant contiendra 1200 pieds. Derechef nous colligerons comme auparavant. L’Aire du triangle KSG de 2000 pieds donne 2.500 qui eft lequarré de là perpandiculaire a S; donc l’aire du triangle. ISH de 1200, donnera lequarré de la perpandiculaire e S de 1200 pieds : Dont là racine extraite donnera la Kgne e S de 39 pieds à peu prés : la même fouftraite de laligne a S,.relieront à la profondeur ae, que nous recherchons, 11 pieds quelque peu davantage : pour les quels 10 pieds de profondeur fufiront aflesî
- ïofie la pro- Mais quand pour chercher la Largeur on eft obligé d’arrêter la Profon-fondeur du c]eur ^ une certaine quantité déterminée, ( particuliérement aux lieux
- fojfé > com- , 1, /* -if • /* ' . r ^ 1
- mtnt on marécageux ou 1 on ne peut fouiller que julques a un certain elpace: ) alors TfaZT *^era n^ceftàire de renverfer l’ordre^de calculer que j’ai propofé,ce qui eft geuu fi aifé à comprandre, qu’il fofira d’en être averti. Partant, la profondeur des fofles peut être faite diférante, fuivaiit la diverfité des Polygones, de X de XII de XIV verges Rhynlandiques, plus ou moins.
- Mais en cas que vous eûftiés befoin de plus de matière pour élever d’au* très ouvrages, comme Demi-lunes 8c Ravelins, 8c que pour opofer dautant plus de dificultés aux aproches de l’énemi, il vous plaife de donner encore vdfjmte2e c^c éxercice à vos ouvriers ; vous pourrés creufèr un petit fofte dans le mi-fojféprati- lieu du fofte principal, e 0 large de 16, de 18,ou de 20 piéds. Poféefon Aire miifeTdu ^ Lar&eur vous trouverés fa profondeur ; ou au rebours ; en la même fà« grand. con que nous l’avons ci deflus pratiqué pour lé grand fofte. Et certes, avec jufte railôn Pierre Sardi Italien ( a ) approuve 8c eft d’avis que l’on creu-fe toujours un tel petit fofte aux lieux arides 8c fofles fées ; 8c veut encore qu’on le remplifle d’eaupour fe garantir des artifices foûterrains 8c de là trahifon des mines , pouflees fous le fons du fofte ,. ainfi que depuis peu a été pratiqué au fiége de Maftricht avec beaucoup d’adrefte 8c de fuccés.
- Apres avoir déterminé VOrthographie du Fofte, 8c que fa largeur a été donnée, & fa profondeur déclarée; il n’i aura pas maintenant beaucoup de pêne à l’Invantion de fon Ichnographk'. c’eft à fçavoir de fa double enceinte tant intérieure qu’extérieure, comme aufli pour ce qui concerne le fons „ Baies lors fuperieurs.
- E» autrt r
- lieu fera Mais je trouve à propos de remétre la déclaration de ces chofes au
- ^'invanüon Chap. de l’Oeconomic ; dautant que pour déterminer la capacité du Fofte deshgnes en cét endroit, nous ferons néceflàirement obligés de faire une' éxaâe pbïquïr'du recherche de toutes les lignes Iconographiques, pour les randre conues.
- fojfé.
- CHAPI T RE XII.
- Le moyen de bien ordoner le Larapet du chemin couvert.
- te rarapét “T e feul 8c unique deftèin. que nous nous fommes propofés, quand nous Tomen™ avons fi foigneufement déterminé au précédent chapitre, le fofte,
- (a/ Au livre IV. & VII. de fa Couxonjic Impériale, tant
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- De la Fortification Reguliere. nj
- tant en fa largeur, qu’en fa profondeur, a été d’interdire l’accès de no- , ; treville 8c de la tenir aflurée contre les violances 8c les entreprifes delene- lamé ‘pour mi. Mais d’autant, que quant à ce qui touche le foiïe plein d’eau, encore re™ééer
- \ r . /* //•/ . 1 auxtncom-
- quil foit propre a raire lonetet conformement a notre intantion en ce médités du qu’il nous tient à couvert contre les injures de l’énèmi; il ne laifîè pas de d°£lpkm nous interdire à nous mêmes la liberté du pafîage& de la fortie ,& de nous ravir en tout plein de rancontres inopinées de très belles occafions fi nhejfnê, de profiter des avantages que nous prélànte fon ignorance , ou fa négligence , ou quelque autre accident famblable. Ainfi nous échape fou vent le moyen de nous prévaloir de certaines conjonctures importantes 8c non préveües, qui adroitement 8c heureufement employées, par quelques villes afliégées, leur ont aquis le falut 8c la liberté. Car en fin le folle plein d eau environant la ville, bridé fes habitans & les tient a l’étroit en la clôture de fon rampar : 8c ne leur pern^t pas de pouvoir aifément produire de grans explois : ne leur reliant pour faire leurs forties que certaines ilîùes déterminées * par le moyen de quelques ponts, que lenemi peut facilement obferver, pour les empêcher ou les randre inutiles. Il a don-ques falu pourvoir, à ce que tandis que nous efiayons de nous défandre d’une violance étrangère, nous ne nous trouvions cepandant enferrés de nos propres armes 8c ruinés de l’éfét de nos In vantions.
- Car pour emibarafler notre énemi, ce feroit à nous une grande impru-dance, dé nous engager nous mêmes de telle façon, que toute liberté nous fût ôtée de refifter de fait 8c de force à fes violances. C ’elt ce qui a fait naître l’ingénieufe 8c très-utile invantion d’un Parapét devant le folle plein d’eau, pour fervir de remède aux incomodités notables qui l’acompagnenfc Ce Parapét qui foûtient fa foiblefiè de tous côtés, 1’alïure 8c lé tient engagé au parti de la ville,8c ne lui foufre pas d’ufer d’intelligence, ou de collu-fion avec lenemi ; Par le moyen de ce Parapét le citoyen palîè fon folle 8c
- * * * * ffOUŸ Ctsd*
- fort de fa ville habillement, feurement, 8c fecrétemcnt ; 8c fi la fortune lui vamages rit, alluré de céte protection il fera de gaillardes forties fur l’énemi pour cff£dêTa~ Mariner 8c le métré en defordre : mais fi au contraiÆ elle montre quelle veuille ufer de fa naturelle inconltance, c’ell une retraite pour fe fou-ftraire à fa fureur. En fin ce Parapét fépare lenemi de la ville 8c laifie néanmoins à fes habitans la liberté 8c la commodité de le joindre, toutes les fois que leur courage 8c que les atrais d’une belle ocafion leur en feront naître la volonté. ïlmefamble que je puis ici, utilement tranferire, cequ 'Eve-rardRheidanus {*) nous raconte bien à propos des avantages du Parapet de chemin couvert, en fon hiftoire du fiége de Steenvvyk.
- Coquélle Gouverneur de Stcenvvyk ajfiégé, des le comancement du fiége Jétoii ah-flenu défaire des forties avec prudance & bon fuccés. Il avdtt foin de conferver Ics.^J**^ fiens & craignoit iquétans fais prifoniers^ ilsnedécouvriffentla fituation de la ville & Rheidanus l'état de fes munitions. Avec bonne confidération&fagement: entant que laperte d'un mm C9U. feulfoldat, aporteplus d'incomodité hune ville affiegée, quelle ne reçoit davantage d'en avoir tué dix des ajfaillans: car ceux ci peuvent aifément reparer leurs dommà-
- ( *) Rheidan. au livre IX de fes Annales. P %fs
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- II4 Livre. Premier,
- ges de nouvelles recreües, mais cète liberté efl interdite aux ajjiégês. îl efl vrai pourtant, que quand il ni a point d'autre moyen de fe garantir, il efl plus h propos de bazarder quelques uns des fiens, qu'en les épargnant, engager le tout à une manifefte ruine,qui efl inévitable, quand les affiégeans pourfuiventleur pointe impunément.• Alors , Un efl plus temps défaire des[orties contre l'énemi, qui ne fe peuvent faire que lien malaifément après avoir perdu le chemin couvert ; duquel ce Gouverneur ne famlloit pas avoir lien entàndu ïufage , qui confifle principalement h randreks [orties plus prochaines & plus ajfurées : laijfant derrière tout ce grand efpace qui environe le fojfé, comme une porte large & ouverte pour l'ajfurance dune retraite , ofrant de foi même une leüe comodité de fe mètre h couvert, quand les rangs font troullés, fans qu'il i ait nécejjité de fe preffer & de fe fouïïerles uns les autres ; mêmement pour tourner vifage contre l'énemi, pour tirer ceux qui s'écartent chajfans dans la campagne avec moins de confidérationparticuliérement étans foûte-nus de ceux qui tirent du haut du Ramper. Les Architeftes du camp, ajfuroient, que fi les affiégés euffent ficeû fe pr évaloir des avantages qu'ils pouvoient prandre de leur chemin couvert, ils avoient moyen de contefler deux mois avant que les nôtres peûffent aborder, le fofié. Aïnfi la garnijon de Audenarde, parfréquantes [orties f favorifées de leur chemin couvert, avoient empêche unzefemaines toutes entières, que le Prince de Parme ne peut aprocherleur fojfé: & s'ilêtoit plus fort h garnifon plus foille quh Steenvvyk. Mêmes ceux de Steenvvyk en avoient quelquefois reconu l'utilité l'ayant éprouvée avec lonjuccés , d'ou ils pouvoient con-jefturcr le refle. Car un jour un de leurs foldas, qui en êtoit forti avec un crochet de fer en la main , parvint jufques a nos aproches, & en fut fi prés qu'il avança [on crochét pour atirer h foi la poignée dm etandart fichéfur le Parapet d'une Redoute , mais nipouvant ateindre, il emporta une partie de l'enfeigne ; quoi fait, s'étant retiré a îabri du chemin couvert, qui n'en étoit éloigné que de 300 piéds, il fe prit h lever en l'air fon crochét fon morceàu denfeigne, fe glorifiant davoir emporté ces dépouilles de l'énemi &c. Et peu apres. Ce fut tout le domage que receûrent les nôtres par le moyen du chemin couvert : l'énemi pouvoit lien pis faire , s'il eût ufé d'autant de prudance h fe prévaloir de cét avantage,. qu ilfaifdit paroitre de hardieffe eft[es autres expîois. l'ai trouvé h propos'de toucher ceci en pafi. fiant, me [ambiant que ce lieu m'i devoit olliger & la mention que j'di faite du chemin couvert, parceque fon ufiage efl fort ordinaire & què ceux qui en parlent[ont partagés en divers Jugemens . Quelques uns le prénent pour céte levée dont il efl couvert, maisalufivement.
- Ceft ainfi que parle Rheidan au lieu que j’ai cl deftus allégué. C’eft a (Tés dit de l’importante néceflité de ce Parapét, aux lieux marécageux ; qui ne peuvent avoir defoftës qui ne foient ramplis d’eau: .Parlons de fonAr-chitedure.
- zanêctfn ' Au ^ du Fo^ en ^c^ors une ^ation °n Pourmenoir que vulgai-
- ducbemln fement on apéle, le chemin couvert. D’autant que le Foflé (ce qui fe doit toujours entante de celui qui eft rampli d’eau, ) ayant befoin d’une pro-tedion ; il eft néceflàire de pratiquer entre lui & l’ouvrage que l’on établit pour fadéfance,. un efpace vuide, R N en la Fig.LVJII. & aux Vivantes,
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- De lA FortifiéATioâ Régüi’ïere! iï^
- tes, tant pour le canon, que pour les foldas & les autres chôfes qui fer- Sm ufa& Vent à réfifter aux entreprifes de l’énemi : On lui affignê deux Vergés pour le plus, 8c du moins une pour fâlargeur, & dordinâire on le fait égal au™ * chemin des rondes de lAvant-mur. Ce qiie plufieurs véullent eftre toujours obfervé; apuyésfurlexample deCovorde, quieftun modèle acomplide très-parfaite Architedure: quia toutes ces trois dations, àfcavoircelle du Rampar, ou le Terreplein, celle dé l'Avànt-mur, autrement lé chemin des Rondes, & le chemin couvert ou Corridor d’une même largeur, de 24 pieds.
- Et je ne trouve point de raifon qui répugne à cet avis: puifquë chacun de ces trois efpaces eft deftiné à même fin pour la défânce de la place : qui ri eft autre que de placer en chacune d'elles tant le canon, que les gens de guerre:
- 8c partant on ne fcâiiroit faillir de leur afligner pareille mefure. Et néanmoins ; parccque le rampar doit être garni de plus grand nombre de foldas & d’artillerie, fi quelqu’un fe vouloit Ôpiniâtrër, à lui donner quelque peu de largeur davantage, j’i cônfantirài librement.
- Quelques autres veùlént precifément, que chacune çjç ces dations ait Pour lajufte mefure , qui fe compofe du Rampar & de fon Parapet joins ërïfàm- &
- ble ; en telle forte qu’il i ait égalité entre ces quatre ? À fcavoir la hauteur mmeriQr-du Rampar & de fon Parapét : le Tirre-plein : Le chemin des Rondes : & le che- 1
- min couvert: A quoi fe peut ajoûter la Largeur Horizontale des Parapets, nique, ces1 tant de celui du Rampar, que de celui de l’Avant-mur, qui pareillement font égales avec les trois fufclites dations en la ftrudure de Covorde. Ces «pfc», lj chofes pofées, les quantités Orthographiques de î’Architedüre militaire, PoefJes & ne feront pas de fort dificilë difcuflion . Ce në fera donc pas fans jufte rai- 1r*
- fon j que nous nous propoferons Covorde , comme une régie bien afTü- être son-rée $ pour la détermination des mefures Orthographiques de nôtre Afchi ~^eesesJt‘e teélure. Ce qui fe verra clairement en nôtre Table Orthographique, qui elles, & a-repréfante bien une diverfe Orthographie, pour divers Polygones , enco- tettr Hori~ re que ce foit plûtôt pour fervir à la Variété, qu’à là nécefîité : mais je lai réglée de telle forte, qiie tous les autres Polygones tant lesmôin- & avec la dres que les plus grands, fè peuvent aifément 8c également taporter, à l’Heptagone de Covorde. le répéterai encore, quejè n’ai propofé céte Table enfambk la Orthographique que pour fer vir d’éxample 8c d’éxercice, 8c que je n’en- £ tenspas que les Forterefiès ayent un tel rampar & de la même quantités» paraît, que j’ai aflignée à chacun de ceuxci précifément ; mais feulement pour in-finuer une certaine manière, füïvant laquelle un prudent Architeâe puifie dreflèr des mefures Orthographiques.
- En telle rancontre ces fortes de mefures que j’ai préfcrites par mes Tables lé pourraient employer, fans qu’on fût obligé d’i aporter aucun changement : mais il arrivera rarement que celà fe puiflè faire : d’autant que le moindre changement arrivant, ou en la Largeur de rampar, ou en leurs panchans, ou hauteurs, ranverferoit toutes les fïiputations de nos Tables ; les quelles alors ne produiraient en aucune façon la même largeur du Parapet du Corridor i &c. Le premier foin qu’il nous faudrait avoir; en pofànt
- P 2 les
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- n6 Livre Prem i e r*
- les mefures d’une nouvelle ville 5 avant toutes choies, d’autant que lafitua-tion ett immuable, ceftdeprandre la hauteur du Rampar fi avantageufe, qu’elle défande puiflàmment toute la campagne des environs, & qu’on en puiflè feurement & fortement rèpoufler l’énemi : en fuite à railon de la terre que nous devons tirer, & fuivant fes diverfités, définir lespanchansdzs ouvragés , ou certainement, ou diverfement ; déterminer aulfi les épaiffeurs des Parapéts; faiiant les plus minces, d’une terre gratte & tenante 5 les plus maflifs d’une terre féche & légère : puis après ori ordoneroit à propos du Terreplein, diverfement, eu égard à la quantité des troupes & des forces deftinées à la défance de la ville : Én fin, apres avoir éxa&ement concerté & déterminé les mefures de tous & chacun ces ouvrages enfamble & particuliérement, on jugera de lavraye proportion du Fojfé, pour le faire > plus large, ou plus étroit, ou plus profond, la jufte raïfon de la défance & de la protedion de la ville toujours confidérée. Confultés ce qui a été dit furcefujét, ci defiïis au X. Chapitre.
- Pafibns outre à nôtre deflèin. Suivant la diférance des Polygones nous pourrons faire au
- IV. V. VI. VII. VIII. IX. Polygoa
- U,., , , , , ------- n — , .... . --1
- La Largeur du chemin couvert de
- f— —*' i,_i' v
- 12. 15. 15. 17, 11, 24. pieds de Rhein à l’infini.
- Zàqumt Immédiatement eu fuite du circuit extérieur de ce chemin couvert, fuc« d* cbemih cède le Banquet du Parapet extérieur, auquel on donera de hauteur & de eottvm. largeiH*, ainfi que nous l’avons déjà défini ci deflus, quand nous avons parlé des autres Parapéts, Vient en après le Parapét même du chemin couvertt dont les circuits tant l’intérieur, que l’extérieur, pour le mieux, doL vent être feulement parallèles aux Faces de la Forterefle, (non pas auf-fi aux Flanqs 8c aux Courtines,) jufques à ce que à l’endroit qui répond aux Commes du milieuils s’aflàmblent ett un mêmepoind î fi ce n’eft en cas que la Forterefîe ait des ouvrages 8c Ravelins 8c autres Dehors 5 car alors ces Circuits fe courbent à l’endroit 8c vis à vis de la Courtine en manière de bras, pour fuivre en ligne égale & parallèle les Faces des Ravelins. Il i en a pourtant qui trouvent à propos d’obferver au Parapét du chemin couvert ces courbeures,opofées a la Courtine, encore même que la Forterefle n’ait point de Ravelins*,& prétandent que ces courbures lui tiçnentlieu deFlanqs. Fome deMais 3e ne trouve pas qu’il i ait en cela, ni de raifon, ni de commodité : il 2»rapét de i a feulement plus de frais, fans aucun avantage. Car veû que tous les vmrejetée.P0*1^ du Parapet de Chemin couvert, en tout fbn efpace quiefto-pofé à deux Battions prochains, peuvent être veûs 8c flanqués de toutes les parties du chemin couvert, correfpondantes aux fufdits Battions ; je ne vbi pas quel befoin il i ait ici de nouveaux flanqs contre l’énemi pour flanquer une feule & même plaine furfaee de Parapét. Il n’en ett pas de même au Ramparde la ville, parceque fa hauteur ett entrecoupée, & qû’il ett obligé
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- De la Fortification Reguliere. 1x7 lige de flanquer des plans qui ont entre eux une grande divcrfité. Déplus, avec cês bras 8c ces Flanqs fi courts, lune des pointes du Parapet ne peut pas fe prométre alitant de fecours 8c de protedion de l’autre pointe;que ce-te longue tenaille, (ces Flanqs étants retranchés) ferand à elle même. &c.
- Parce qu en cét endroit je Remployé point de Figures qui éclairciflent la Peur être démonftration, je crains qu’on ne me trouve obfcur ; mais on en trouvera le remède en'la Fig.LXIII* 8c LXXVII. où mon intantion fe trouvera m™»tè * fi clairement couchée i quon la touchera de la main. PafioUs outre*. firviee'
- Et procédons enfin à décrire la ftrudure du Paràfét du chemin couvert en la Fig. LX: En fa face, depuis l’endroit qui lé joint avec fon Banquét,
- T N, élevé jufques à la hauteur u P, à la manière de tous les autres Parapets , il retourne peu à peu fur l’efplanâde de la campagne qui l’environe fur le poind S, en telle façon ; que lé plan dans lequel eft la ligne S P, couvrant la ligne S u, prolongé à l’infini, touche le haut fommét du Parapet du rampar au poind h, de telle manière, qu’ù* canon Amplement pofé fur le Parapet du chemin couvert, ayant la bouche tournée contre la ville,
- 8c gifânt ainfi en la furface S P, foit tiré par tout où Ion voudra, le coup de la balle, ne razera pas la fuperficie du Parapét du rampar fh, 8c moins encore la percera, mais en razera feulement le haut fommét, fur le poind h.
- Céte ftrudure a beaucoup de comodités : la plus confidérable eft celleci; ,
- Que l’çnemi ne peut être a couvert d’aucun endroit de toute î’efplanade du /iZalZ * Parapet; (laquelle efplanade éft produite de la ligné S P eftant efmeüe à co- Chemin té) au contraire eft également & très certainement découvert 8c afiujéti à couvert. îa veiie 8c aux moùfquetades, de ceux de la ville, tant du rampar g D, que de la ftation OR N K du chemin couvert ; Cè qui ne ferait pas fi le Parapét de P, aboutifibit en W, car alors l’énemi s étant plus aprôché én W, ne pourrait être découvert de h ; d’autant qüe le triangle tout entier S W P,
- Comme il n’eft point en veüe de la dite b, parceque P T n eft point tranfpa-rante ; aufiï eft il hors la portée du Moulquét qd'i en ferait tiré. v
- Or eft il que céte ftrudure, engagé l’énemi à céte néceflité, que de quelque endroit ou il fe puifiè mètre,foit de la campagne des environs, ou dudit Parapét entre S 8c P, s’il n’eft plus élevé que n eft le même Parapét u P, il ne fçauroit pas être en fon pouvoir dateindre de fes moufquetades le Rampar B fh, 8c que s’il fe met au deflus de la hauteur «P, ü fera expofé à la grêle 8c aux orages de l’artillerie, tant durampar, que du chemin couvert ; 8c ne s’en pourra garantir qu’il n’ait fappé 8c ranverfé, avec grands travaux, tout le Parapét dudit Gorridor, 8c qu’il ne le foit avance jufques au chemin même T K ; pouvant lors attaquer nos murailles B/,
- 'fans craindre davantage cét empêchement. De plus, d’autant que SP prolongée, ne touche le Parapét durampar , quau poind h tantfeule-•ment î 8c que la ligne fh eft de beaucoup inférieure à la ligne S h-, car ces deux lignes S h 8c hfi ne fe rapbrtent point entrc-elles, 8cme lé doivent pas aufli : de là s’enfuit , qu’une partie affés confidérable du Foffé, eft en-
- *p | core
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- *i8 Livre ? r e m ï e ft,
- core aflujetie aux moufquetades des afliégés tirans du rampar. Ce qui-cft afles important, pour obliger l’Archite&e à i prandre garde foigneufe-ment. Maintenant, il n’eftpasmalaife deprefcrire., quel poinâcouvre précifément le plan de la furface du Parapet h f prolongé jufqu’au fons du fofle: car telle qu’eft h d à l’égard de df\ H X èft de même à l’égard de peur mu- h &c • Au re^e Pour trouver la Largeur du Parapét du chemin couvert •ver la lar- T S en la Fig. LX. il faudra former deux triangles équianglesft L P & Æ rapït"!»' H S, ou PuS: car LHeft égal à Pu, ou ch partant c H&.L h font auffî chemmtou égaux. Maintenant fupofons L P ou Hu longue de 152 piéds de dix àla °m' verge. En reüflira ; que tout ainfi que L h de 12. pieds decempédaux (la hauteur du rampar CD, doit être d’autant en cet example) eft au regard de LP de 152 piéds: de même H h toute entière de 17 piéds {ch efté-gale à V. piéds de dix à la verge) eft à l’égard de H S toute entière de 215* piéds: De la quelle H u de 152 piéds étant fouftraite, reftera T S de 6}f pieds decemp. Ou de même P u, de 5. piéds de dix à la verge, eft à l’egard de uS de 63- piéds: ajoutant à «S, la ligne «T d’qnpiéd, toute la largeur T S que nous cherchons fera de 64,1 piéds. *
- Il i en a qui trouvent à propos, que l’on ajoûte à ce Parapét extérieur, à l’endroit ou s’achève fa plus grande largeur, & où elle fe joint au plan dç l’Horizon en S, un autre fofle contigu, large de 2.0 ou de 24 piéds : pareil à celui qui eft marqué en la Fig. XXIII par les létres S V X Z; & qui embraflê dedans fon foin la Fprtereflë avec tous fes Dehors : & veullent en? core que fon bord foit ferme tout autour d’une palliflàde de pieux bien armés , pour ôpofer toujours à l’énemi plus d’empêchement. I’avoïie quant à moi que je ne fçàurois pas deviner une feule raifon pertinante, qui oblige vnfijfê ne la dépance d’un foffé, dont le circuit feroit fi grand & fi prodi-
- fe peut pas gieux; & d’une palliflàde, dont on ne pourrait pas aifément aflàmbler ^dTparlpL toutes les pièces néceflaires, fans épuifer une grande foréft. Ces imagi-cwv&tjansnat,ons peuvent aifément décrire en papier & preferire dans un cabinét'; grans frais mais aufli l’ufage, plus puiflànt fans comparaifon, que ces préceptes , & paJJZm- ^ rai^on m^me ^es mépriferont aifément.
- f»a£e. Diront ils que ce foit pour fouiller davantage de terre dont onaitbe-foin, ou bien pour fe fortifier & pour empêcher d autant plus fon énemi qu’on doive faire ce fofle? Pour le premier : on ne me perfuadera jamais, qu’on n’en puifle tirer du fofle même de la ville & plus' à propos & tout autant qu’il fera néceflàire, en le creufant un peu davantage fi le fonds le permet ; ou lui donnant plus de largeur, dont la fortereflè en feroit plus acomodée & l’énemi plus incomodé. Quant au fécond prétexte de leur propofition : je voudrais bien fçavoir quel retardement ce fofle aporteroit à l’énemi, qui toujours le pourrait paflèr en biaifant, ou le remplir fans grande pêne étant fi étroit? Cepandant ce fofle nous engagerait à une tres-grande dépance & inutile, fens autre éfét que de nous réduire plus à l’étroit en randant nos forties plus malaifées & plus dangereufes : entant que Té-nemi pourrait mieux obferver nos iflues, quand nous ferions contrains de
- les
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- De la Fortification Reguliere; 119
- les avoir fiables 8c ordinaires : nous aurions peut être notre pafîàge par le moyen de ponts levis, ou portatifs ; mais arrivant que les nôtres feroient mis en route en leurs forties, enfin le retour à cespaffages ordinaires 8c qui ne fçauroient pas avoir beaucoup de largeur leur fera interdit :8c quelle aparance d’abandoner ainfi nos citoyens à la merci de l’énemi ? j’ajoûterai, fupofànt que ta ville foir pui (Tante, qu’il ne fera pas néceflàire que l’énemi employé une circonvallation intérieure pour s’opofer à tes forties, veû que 1’ufage de ce fofie ne fervira pas plus à te garantir de fes ataques , que lui même en fera confèrvé contre tes forties : Laifibns donc ce fofie qui efl fi fort à l’avantage de l’énemi, de grande dépance pour nous, 8c à notre do-mage. Ce qui a trompé les auteurs 8c aprobateurs decéte propofition, c’efl une certaine tres-belle fortereffe de ces Pays-unis, qui a un tel fofie autour du Parapet de fon chemin couvert. Mais encore que deux facent la même chofe, // arrivefouvent que ce riejl pas le même. L’afïiéte decéte for-terefie efl telle, qu’il n’efl pas poflible d’i creufcr bien avant : n’étant pas au refie feulement revêtue d’un puifïant rampar, mais encore couverte d’un bon Avant-mur, 8c de très-fermes Demi-lunes 8c Ravelins, 8c après .tout cela environée d’un ample Corridor, s’il avoit fallu, que le FofTé qui nepouvoit être guéres profond, eût fourni la terre qui étoit néceflàire à tous ces ouvrages, je vous laide à panfer quelle tandue de largeur il eût ocupé ! Et fi la proportion en eût été commode 8c convenable! Et partant la raifon de creufer ce fofie en dehors en céte fortereflè a été importante 8c nécedaire . Ainfi toutes les fois que fe préfantera une pareille né-cefîité , je n’empêche pas que l’on ufe de ce remède, mais au contraire je l’aprouve 8c en fuis d’avis.
- Enfin, céte manière de Fortifications régulières, que jufques ici j’ai repré- xêceflité fàntée, efl tres-aprouvée, 8c telle que les armées du Pays bas l’ont aprife à leur domage, de la nécefïité, delufage 8c quant 8c quant aufïi des apré-hanfions qui font nées d’une fi longue guerre. Ce n’efl pas néanmoins mon prétende intantion que Ion s’i atache avec tant de fuperflition, qu’un prudent Ar- ^ chiteéle ne fe puifie doner la liberté, de fe difpanfer plus ou moins de la non pas an rigueur de fes ordonances, dans les occafions; pour s’acomoder à la natu-contraireA ture des lieux qui fe préfanteront à fortifier : demeurant toujours à fa dif-crétion , d’i changer quelque chofe, fans préjudice de l’art; ce qui fera laifle à fon expériance : 8c me fufira de lui avoir feulement donné cét avis.
- Mais s’il étoit queflion de bâtir une nouvelle ville, 8c qu’il fut en notre Vn^ns^ liberté de l’établir fur un tel fonds que nous le voudrions choifir, fupofànt efl préféra-toutes les autres chofes pareilles des quelles nous nous remettons d’enfeig-ner le choix au chapitre antépénultième du Livre fuivant ; j’abandonerois récageux fans dificulté les lieux marécageux 8c uligineux comme font ceux qui fe voyent aux Parlas, en la tres-noble Comté de Hollande 8c autour d’elle,
- (qui efl néanmoins aujourdhui 8c depuis long temps le plus illuflre théâtre qui foit au monde pour céte forte d’Architeélure) 8c jéterois le fort de mon éledion fur un plan ferme 8c fée , 8c qui répondroit aifément à l’intantion
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- de rArchitecte,8c au travail du pionier: d’autant qu’une ville plantée en une tel fons , n’auroit befoin d’aucun autre ouvrage de défance, que d’un fort 8c rohufle rampar, & d’un fimple foffe fée , convenablement difpofé pour le combat. Car le foffe eft afles aflùré de fes propres forces & n’a point de néceffité ni d’être défandu par derrière d’un Avant-mur de grande dépance, ni d’un large Corridor qui le couvre par devant. Car ceux que le Foffe plein d'eau tient comme enchaînés dans le pourprisde leurs murailles * parle moyen du FoJJeféc, font randus libres, 8c capables de faire leurs courfes fur lenemi feûrement 8c fecrétement : 8c pour cét éfét n’ont point befoin de chemin couvert. Et au contraire, que le foffe plein d'eau, non feulement ne les défand pas, quand ils font repoufles par l’énemi, mais les engloutit en les gouffres, dans le defordre de leur fuite, s’ils ne fçavcnt nager, ou fi acablés fous la pefanteur de leurs armes, lefachansfaire, ils n’en ont pas la liberté: Mais le Foffé fée n’ufe point de ces perfidies, il reçoit tan-drement en fon fein fes citoyens, comme en un lieu de retraite affu-rée, ou il repare leurs efprits 8c leur infpire de nouvelles forces 8c un nouveau courage, pourfe revangérde leurs pertes au domage de leurs ériemis. Quant à ces Demi-lunes 8c Ravelins 8c famblables Dehors, que le Foffé plein d'eau eft contraint d’apelerau fecoursde fafoiblefiè, notre ville avec fon Foffe fée, les dédaigne hautement 8c glorieufement, & les condâne non feulement comme inutiles, mais aufli comme pernicieux.
- Mais enfin , qui voudra fçavoir de quels énormes frais s’afranchit une d’,'une*ville ville Peut défàndre fans ces Demi-lunes & ces Ravelins & autres dehors,
- qui eftajjî- & à quoi monte la dépanc c de la garnifon qui fe doit établir pour la garde martel™ de tant de cors ; il le peut aprandre de ceux, que la neceflîté oblige à s’en ïtrefutT k*™ en^eux marécageux, pour fe défendre d’un puiflànt énemi, entre nueles tant de hazars 8c de rancontres de toutes les fortes que la guerre produit. grande J- ^elà f* clair , que la preuve en feroit inutile 8c ridicule. C’eft affes dit famé, & touchant le fons, pour ce lieu ci ; en un autre il fera parlé de l’aflïéte. (*) PJunemp°uif Quant à l'Ichnographie qui eft la baze 8c le fondement de toute l’Archite-fantegarm- <ffare militaire, il m’a toujours famblé que les membres de la Fortification fe feifoient trop maflifs 8c trop ramaffës. Mêmement je me fuis avancé autrefois, à la Haye, en la préfancede trois des plus grands maîtres de cét art 8c qui pour leur fçavoir 8c e-xpériance méritoient qu’on les ape-lât les ( b ) Triumvirs de l’Architecture moderne ; j’ai dis-je blâmé devant eux, céte pareflèqui nous endort avec tant de nonchalance fur les opinions 8c fur les réglemens de nos prédéceflèurs, que nous ne panfons pas feulement à éxaminer, s’ils ont bien ou mal ordoné toutes chofes, comme , s’il ne nous étoit permis d’exciter notre invantion 8c de produire des effets d’une circonfpection judicieufe; 8c comme fi les régies de cét art avoient été conduites à un tel degré de perfection, que nous fuflions tenus de les refpecter comme des loix à tout jamais inviolables, n’ayans plus rien à.faire que de nous repofer entièrement fur les chofes déjà in vantées. Après
- r iî l f,iaP,antépénultîéme du livre fuivant. {b) Jaques Witz : Pierre Perceval: Ian van den Bos : defquels, kS noîns “e r°m_Pas julques à prêtant parvenus à tes oreilles, les hiftoires des fiéges de Bréda, de Boifle-auc& autres, te les feront Ravoir,Sc t’aprandront aufli leur valeur Scieurs qualités.
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- avoir baifé les armes je prandrai donc cére liberté comme de gayeté de coeur & par une manière d’eflài. Supofant la Face de XXIV verges Rhyn- usincomo-landiques, qui eft une longueur propre aux ufàges de la guerre, la coû- cZrüm tume veut que la Courtine foit de XXXVI verges: Jedifois hardiment q»**ft*r*p à ces Meilleurs, que celà ne me fambloit pas allés : puis qu’une petite i. Courtine reflàmble à un poignard & qu’une plus grande eft comme efpée : & qu’un puiflànt 8c vaillant Suiflfe ne laiflerôit pas à la vérité de le u pour «-faire craindre quand il n’auroit qu’un ftilét à la main ; mais qui doutera qu’il 1 *' ne fût fans comparaifon plus terrible étant armé d’une bonne efpée? Je leur reprélântois aulîi, que céte Maxime fondamentale de la Fortification, ml)acor~ Que la ligne defanâantc , doit toujours , s'ilfc peut, être plus longue , que la dé- de mal a-fandue; ne fe doit pas fi facilement négliger, 8c qu elle me fambloit digne ll^Anhi d’une plus foigneufe confideration.
- Jclaiflè à part, dilbis je, l’épargne qu’il i a en la Fortification des villes , quand de mêmes Baftions on fortifieroit une plus grande enceinte : 8c ne m’arrête qu’à ceci ; que l’alîàillant a fouvent foudroyé deux flancs d’une 11 j.
- feule baterie, ce qu’une plus longue Courtine ne lui eût pas permis fi fa-cilement ; outre quelle eût fourni davantage dé ftations, desquelles les bie&per* afliégés eûflènt pû tirer fur l’énemi. A celà on m’objeâoit ; que ces defauts ne font pas fi confidérables que pour les éviter il fallut tomber en de pires inconveniens. Que le premier deflèin qu’on avoit en la Fortification, étoit la défance de la place, qu’il ne faloit donc point étandre fi fort la ligne de défance, quelle en demeurât foible 8c fans vigueur ; que les baies perdues n’étonent guéres les gens dé cœur; qu’on vient à bout des énemis par la valeur 8c non pas par le nombré ; qu’on ne fe doit pas tant métré en pêne d’opofor quantité de ftations à l’énemi, que les avoir bonnes & fortes & qui foient capables d’un grand éfét. Je répondois ; que ces chbfes au (fi ne méritoient pas qu’on s’en étonnât davantage que de ces foudres, dont les éclairs frapent nos yeux, encore que le fon n’en parviéne qu’à toute pêne à nos oreilles : Mais il i a, difoisje, une certaine mefure en toutes cho-fes, il i a de certaines bornes, au deçà 8c au delà defquelles fe rancontre, ou l’excès, ou le defaut ; & à ce que je voi , toute notre difpute dépand de la force & de la portée du moufquét. Pour moi, qui n’ai jamais fuivi le métier de la guerre, je m’en raporte à ce qu’on en dit : Et c’eft à vous, Me£ fieurs, de vuider ce diférent, à vous, di-je, que la faveur & le bonheur des armes a placés en un rang fi honorable, qui avés fouvent perdu du fàng en l’exercice de vos pénibles charges, & qui avés efiïiyé tant de moufquè-tades, qui montres fur vous tant de belles 8c glorieufes cicatrices, que vous avés receües fi généreufement pour le bien de votre patrie. Il eft queftionde fçavoir, fi un habile Moufquét aire, peut vifer feurement & donner ^eüe eJê depoinft en blanc, au delà de LX verges Rbynlandiques. Je defirerois qu’on importée du me déterminât ce poinâ de la portée du Mouiquét, dans lequel on fe de- ffpoînam vroit tenir en l’Ichnographie militaire. Alors ces Mefïieurs raportérent di-blam' vers éxamples, dont le récit ne pouvoit être que tres-agréable, puifqué
- O, nous
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- lll L I V R 5 P R E M I E R,
- nous étions hors de crainte 8c à l’abri des coups, nous étions, difoieftt Us, hors la vifée de l’énemi, quand nous avons veu én même temps deux baies, dont l’une venant mourir à nos piéds, l'autre traverfoit à notre côté un foldat de part en part, lui pénétrant par le ventre jufques à l’épi-ne du dos : Et fe trouva qu’ils avoient ailes obfervé de telles avan-tures , en tant de mémorables lièges, de Grolle , de Bolleduc , de Les portées Rheinbergue, de Maftricht 8c de Bréda, ou ils avoient heureufemerit 8c dqt*?t°&d« glorieufement fervi. En céte incroyable diverfité d’accidens funeftes 8c fortinfeT favorables, je remarquois avec un grand foin, ces diférantes portées du uims. Moufquét : 8c comme je m’en étonnois & leur en faifois doucement confia dérer la merveille, ne voulans pas fe démantir ils effayoient de m’en allé'' suivantu Suer diverfes raifons. Tantôt ils l’atribuoient à lâfituation du Moufque. fixation taire plus balfe, ou plus élevée ; 8c me difoient fort bien, qu’une balle vè-ÏTffâdeU nant du haut dune tour, porte plus loin 8c s’emporte avec bien plus de Machine, violance en céte pante,que fi étant tirée de bas en haut,elle contrarie en ce mouvement fon inclination naturelle. Tantôt ils le raportoientàla poudre Suivant la qui n’eft pas toute d’égale bonté : Tantôt à la charge plus ou moins forte: h qu*iït? fi» * comme nous ne pouvions pas trouver le moyen de nous fatisfaire à
- d$ la peu- nous mêmes,j en accufois la conftitution de l’air; car ils me raportoient plu-dre' fieurs expériances, faites en divers temps d’une même ttation, avec une même charge de poudre, 8c qu’avec tout cela il i avôit eû de la diverfité suivant aux portées ; celà, difois-je, ne viendroit il point de l’état du ciel ? con-//wiwc^jeâurant que félon les pluyes, les brouillas, ou la férénité qui lacompag-°suivant la ne ^ Pourr°it être ttue ta baie en feroit plus ou moins retardée. Je lïmpü-forme & la tois auffi à la diverfe fabrique des armes, à leur forme 8c à leur matière, Moufquét ne doit p£s tans doute avoir peu de pouvoir à faire que la baie fôit emportée aveqplus ou moins de vitefie 8c d’impetuofité. Mais en fin aprôù-vans ces chofes, ou paflàns par deffus, ils tombèrent néanmoins d’acôrd avec moi, que rien n’empêchoit qu’on ne donnât à la Courtine un peu plus de longueur que ne porte pas la coutume reçeüe, conformément à mort supofé la °Pinion. Je ta demandois de XLII verges Rhynlandiques préciféitient, fi race de l’art 8c lufage 8c le bien public le pouvoit commodément permétre. La ^r^femifeendéliberation, ces grands Maîtres, après une confultation tinepeut è- férieufe, conclurent en faveur de mon avis 8c s’ofrirent d’eux mêmes, de &mcmt ’ faire confirmer céte conclufion ; en faveur de l’art par l’autorité de notre ^m^puif- tmomPara^ Poliorcète, que l’experiance de tant de fortes places, que fa va* que UMouf- lèur a emportées, a randu le premier Capitaine du monde 8c le fouverain VeptinSen D^atcur de notre fiécle en ces matières. Je voudrôis donc qu'en l’Ichno-Hanc, à la graphie, non tant à caulè de ces notables comodités que je viens de tou* Environ cher, que pour les raifons que je déduirai ci apres, on allongeât la Cour-L*vk vtr~ tine jufques à XLII verges; les autres lignes 8c les Angles des battions de-&Und.** meurans en leur entier , ainfi que les Tables de chacun les preferi vent.
- Or ces grands Archite&es arrêtèrent donc la plus jutte 8c plus grande mefure de ta Courtine, 8c qui nedevroit être ôutrepaflee, à XLII. verges
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- t> E LA' FôRTI FICATÏON REGUL IÏRË. Ïzj
- ges Rhynlandiques ; 8c me firent la grâce de me communiquer céte perri-nante raifon de leur ordonance, dont je veux bien vous faire part avec la même libéralité. Ilsdifoient, quil ne faut pas avoir moindre confidéra-tmenedoit tiondel’éfét du Moufquetaire même, que defon Moufquét : nife réglerJxLuSJerfel moins à ce que petit porter fa veüe pour découvrir 8c pour ateindre avec Rh»ipro»-certitude, qu’à la force du trait qui lui part de la main: Car en fin, de quoi nous fervira céte longue étandue de la portée de notre trait, fi la diftance eft fi éloignée, quelle ôte à notre veüe la faculté de difcerner 8c de nous propofer un but que nous puiflïons aflurément ateindre ? veû même que le moindre defaut de la mire, 8c qui n’auroit été dans fà naifiance que feulement de l’épaifièur d’un ongle, à mefure que le trait s’avance, en un fi long efpace, devient très-grand ; 8c plus il s’éloigne, plus il s’écarte aufii. Ils me perfuadoient enfin par un puiflànt éxample, que nos An* ceftres avoient eû raifon de déterminer toute mefure d’Architedure militaire, à céte fameufe longueur de LX verges Rhynlandiques. A la Haye le Con- ^
- te, les foldas de la garde * en de certains jours deftinés, tirent à un blanc, qui a VI piéds de diamètre, éloignés d’une diftance de 300 pas. Et néan- ZllZm-moins entre tant de tireurs, le plus fouvent cèft à toute pêne que fix ou fept donent dedans. Tout le monde fçait, qu’il n’i a point une meilleure école pour la guerre que la Hollande. Il ne me fàmble pas aufîî qu’il me foie malaifé deperfuader que la garde du plus fage 8c du plus Illuftre Capitaine du monde eft compofoe de braves hommes, adrois 8c expérimantés : 8c qu’elle puiflë être raifonablement comparée avec celle des plus grans Rois : Si, dis-je, ces loldas, qui font la flçur de tant de braves nations 8c de bonnes troupes, en un éxercice de paflètemps, libres de toute apréhan-fion , 8c n’ayans point de péril devant eux qui leur trouble la veüe 8c qui leur empêche le droit ufage de leur raifonnement mais au contraire, ,
- A y ans le grand Cœfar & fa pofleritè
- Pour glorieux témoins de leur dextérité,
- Ët tant d’autres graves 8c juftes Cenfeurs, de qui la préfance honorable les doit animer à bien faire, 8c cepandant peu réüflifient ? queffera-ce dé gensafliégés, mal-adrois , tramblansde peur 8c tirans à la hâte? qui né penfent qu’à faire leur coup pourfe retirer 8c fé métré à couvert ,feré-jouyflans en eux mêmes comme d’une bonne fortune de s'être aquités de leur fon&ion, fans avoir ni ateint ni veû l’énèmi, qui leur pût faire craindre le retour. Il ne faut pas douter, que quand ôn i eft tout de bon, il ne s exécute beaucoup de chôfes avec tramblement 8c précipitation, 8c peu* de confideration ; de qiiôi, un tres-habile Ingénieur m’a depuis peu apris un notable éxample. En la nuit même dèfaintjan, les aftiégeans de Ma-ftricht faifoient une grande entreprifè pour avancer leurs ouvragés d’atta- é» que , furie fofteféede la ville afliégée. Afin que leurdefîèin pût être éxécutéà la faveur d’une feule nüit, ils mirent en befogne mille bons pio-niers : (nombre éfroyable, veû le petit efpace, qui leur reftoit à ocuper )
- z foit
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- îi4 Livre Premier,
- foit que ceux de la ville veillâflènt la nuit à caufe de la fefle ; ou que par core, prudance ils jugeâflènt bien que leur énemi n ayant plus que céte ocafion à
- perdre, ne manquerait pas de s’en prévaloir, fe doutans aufli qu’il ni a-voit point d’autre lieu qu’ils peûflent ataquer plus favorablement, ils i firent pleuvoir un fi grand orage de moufquetades ; que les Ingénieurs mê-me (*) afTés acoûtumésà telles venues , en furent étonés ; jufques là, qu’ils jugèrent plus à propos de fe retirer, que de réfifler davantage à un danger fi manifefle. Mais voici la merveille : d’un fi grand nombre & fi extraordinaire de pioniers, il ne fe trouva qu’un feul blefTé, vrayement mi-férable, que la fortune l’eût choifi entre tant d’autres qu’elle avoit épargnés ; & parmi tant de Moufquetades qui fifloient en l’ær & qui perçoient & labouraient la terre de tous côtés au deçà &au delà de céte fi grande troupe de pioniers fans autre éfét. De cét éxample nous aprenons quel fe-cours il fe peut atandre de ces efcopéteries,ce qui nous oblige de leur procura ligne rer d’autant plus de certitude qu’il nous fera pofîible. Et telle confidération doiTs’arré a ^oïin^ ^ujet aux Ingénieurs de Hollande, d’arrêter dés le commancement, ter à lx. la .juftemefuredela ligne Fichante à LX verges Rhynlandiques : &de-verget. pujs s’étans aperceûs, de l’inexpériance, témérité & coüardife de la plus néanmoins Part ^es Moufquetaires, ils ont aifément confànti à pratiquer plufieurs à proportion Rations en la Fortification d’une placé ; ( atandu mêmes que le coup du Vnkslm Moufquét confèrve encore afTés de force au delà des LX. verges) afin que peut syttan- ç[e pius d endrois l’énemi pût être ofancé, quand ce ne devrait être que de feu davan- hazard; toujours feroitce avec d’autant plus découragé & d'impunité, cbiïrÀia (lu on en feroit plus éloigné, 8c que la proximité donne plus draccafion de plus impôt- craindre. Enfin toutfè réduifoit à ce poind : Que toute ligne Fichante ne élimés ^oit jamais paflèr la mefure de LX verges : parce qu’au delà nul ne peut Arehit. é* avec certitude donner de poind en blanc, quelque bon tireur qu’il puifîè mZ'erTu être : quoi qu’aux villes puifîàntes 8c tres-capables de foûtenir un fiége, Zrêr^uilfi on Pu^ prolonger la ligne Fichante de fix ou de fept verges davantage aujourdhui 8c cclà pour le plus : non feulement afin que les Flanqs défondans de la enufage. Courtine & du Baftion , joins enlàmble, foient randus égaux à la Face défondue * mais principalement afin que par le plus grand nombre des dations , on puifîè reparer le defaut, qui provient de la témérité ou poltro-nerie, des Moufquetaires mal-adrois. Car il eR croyable que d’un plus gand nombre de Rations, qui feront plus éloignées 8c par confequant aufli plus afîùrées, on blefîèra plus d’énemis, que d’un moindre nombre de Rations, qui ne pourraient pas avoir tant de liberté pour être trop voifines de leur but, & feraient bien plus hazardeufes êtans fi proches de l’énemi. En tous autres ouvrages militaires , qui n’ont pas un fi large fofle, ni un fi robufle rampar, ni une garnifon fipuifîànte, la défandante doit être plus courte & bien au deffous des LX verges ; en fuite des raifons 8c des éxam-ples ci defliis allégués, parceque, tout ainfi qu’ils font plus foibles, ils ont aufli befoin d’une protedion plus puiflànte 8c plus aflùrée, afin que l’énemi en foit repoufle.
- t<») Lesdeus Per fe vais, Père & fils.
- Il
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- De la Fortification Reguliere. 125
- Il me fambla que je devois aufli faire mention en ce même Sénat,des Café- o» a *â mates, que fArchitecture a de venté condanées avecjufte raifon ; mais en raifon de telle façon quon a été contraint de les racheter chèrement aux dépans de climat"* l’ambitieufe & fomptucufe ftruélure d’un Avant-mur : mêmement plusieurs ont commis une faute toute contraire, ayant négligé de leur fubftituer, un autre mambre de Fortification, qui les repréfantât avec plus davantage & de comodité. Je ne nie pas que les Cafe-mates ne fufîênt incomodes.
- 8c de grands frais : il eft vrai néanmoins qu’en leur donnant deux ou trois étages, tant le fonds du foffé, que fes bords, pourraient été flanqués 8c mis à couvert: ce que nous ne pouvons pas efpérer par tant déflations,
- (quoi que très propres en elles mêmes ) de notre Rampar , à caufe de la hauteur qui lui eft néceflàire . Ce defaut n’étant pas de fi peu de confidé- Maisffî-ration, qu’il ne (bit arrivé bien fbuvent que des afîiégés en ayent foufert n’a point de tres-grandes incomodités : jufques là que d’être réduis à la néceflité ^ZrreVio» d’enfbiiir leur canon jufques à l’Horizon, non feulement pour avoir plus *«</*/«»#. de ftations desquelles l’énemi pût être incomodé ; mais particulièrement & uniquement, pour décharger des coups, quiétans parallèles à l’Horizon , fuflênt plus propres à lui faire domage & plus habiles à ravager 8c à bouleverfer la campagne des environs. Un de ce Confeil, de qui je croi, que fi lame depuis quelle eft libre de la prifon du cors, conferve encore les mêmesafections qu’elle avoiten la vie, qu’il éxerce l’Architecture, ayant fous foi un grand peuple de pionierséxécutans fes ordres 8c fujéts à fon comandement : celui là dis-je, me demanda ce que j’en penfois ? afin de ne me montrer pas indigne de tant d’honneur quil me faifoit en m’interrogeant le premier 8c devant tous les autres, je commençai d’expliquer ma penfée, le plus nétement 8c le plus Amplement qu’il me fut poflible : touchant en premier lieu à la forme de nos foffés, que nous faiforis d’ordinaire plus larges , à l’endroit où ils font plus aflures: me famblantau Atl £rai3j contraire qu’il ferait plus à propos de leur donner plus de largeur devers préjudice de les Faces , parce que c’eft le lieu où l’énemi pouflè fes galeries, 8c celà, fu- ses, pofé que l’on eût befbin de plus de terre pour le Rampar. Mais fi on juge qu’il fufife au Fofle de céte largeur, 8c qu’il ne faille pas l’étandre d’avanta-ge, afin que la partie du Parapét du chemin couvert qui eft au devant des Baftions, ait aufli fa protection de la ville; je voudrais néanmoins , que de tous côtés il fut élargi, en telle forte, que céte pièce qui eft à l’endroit de la partie libre de deux Flanquantes voifines, fûteonfervée pour s’en fervir, en càs qu’il i falût conftruire quelques ouvrages s Et je voulois que céte pièce demeurât entière & fans être coupée, tout autant qu’il en ferait befbin,pour la faire fervir dune baterie, que l’on couvrirait d’un petit Parapét, de même hauteur que celui de la Fauflè-braye. Les avantages qui réüfliroient. de céte ftructure, font : Que par le moyen de notre Artillerie, nous pourrons razer le foffé enfesbors , tant inférieurs que fupérieurs; Que les galeries de l’énemi en feraient ofanceés avec plus de certitude 8c de vio-lance que d’aucune autre ftation, étant déchargée de cét endroit au parai-
- Q^3 . léle
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- ïz6 Livre Premier,
- léle de l’Horizon, avec bien plus defet : 8c de plus, il en reviéndroit, à la ville une place commode 8cconfidérable, d’où fe pourront à laide du ca-- non 8c des Moufquetaires qu’on i logera, repoudèr les attaques de lene-mi afiaillant le rampar àla brèche qu’il auroit faite. L’afaire fambla déplus de conféquance&plus nouvelle, qu’on la pût réfoudre fans avoir été meu. rement confidérée : Ce qui m’empêchera de la prefcrire étant tout feul de •mon avis : il me fufira donc de l’avoir indiquée.
- Tour bâtir Pour retourner à mon fujét, je dirai, que fi j’avois une ville à bâtir à Terftâio™ ma fantaifie, je ne voudrois l’acompagner que d’un fimple folle fée 8c d’un bon rampar.
- Mais pour lui donner davantage, toute la perfection que je panferois lui être nécelïàireje voudrois métré au devant du folie,des ouvrages de Corne, ouvrages à l’endroit des Courtines, (l’excellance, utilité 8c néceflïté de ces ouvrages de corm, fera déduite au Chap. XIV) 8c ne le ferais pas pour la défance du folie, qui iZdTfeûr s’en peut aifément palier : mais plutôt 8c principalement pour incommoder “/ejfitf*' n*~ ^énemi,pour éloigner fon camp, pour repouflèr puilïamment par le moyen de ces Hâtions plus avancées, fes ouvrages d’attaque : pour réfifter à fes a-Sta* proches avec plus de fuccés ; 8c pour tirer le fiége en plus de longueur. C’eft la à dire pour gaigner du temps, qui étant cher en toutes les afaires humai-gaerre du nes,eft précieux fur tout aux ocafiôns delà guerre.Car le moindre moment temps. a quelque fois ruiné de très grandes afaires, 8c defefperé les plus belles ef-
- pérances du monde ; jufques à retrancher tout moyen de rétablilièment & de relîburce. Voici des éxamples de quelques défanfeurs de villes qui ont malréülii en leurs confeils, pour avoir méprifé, ou ignoré notre Art ; qui fufiront allés, pour montrer, que la dignité de céte Architecture cil fi grande, fori utilité 8c fa nécelïité fi évidantes, que ce n’eft pas en vain, fi nous en avons ci delîùs prelcrit toutes les régies fi foigneufement. P^l'Arifiîo i^‘Pres ftue Avilie d'Athènes, fut réduite au pouvoir de Sylla ; le tyran tyran*a- Ariftio, s’étant retiré en la citadelle tresforte; i fut affiégépar Curio Lkitte-thenes. mm $yfia y 0y uf0ût'mt fe fogg ajfe's feng temps . tant quh la fin contraint par Ufoif, ilfût obligé de fe randre * En même temps fe montrèrent des fignes celefles, qui déclarèrent que des Dieux avoient agréable la ruine d*un fi méchant homme t Car au même jour, h l'heure même qu Ariftio remit la place entre les mains de
- Curio , encore que le ciel fût ferain, tant de nuées s'affamblérent en un infiant, répandirent une figrojfe pluye, 'que la citadelle fût toute pléne d'eau, (a) Ainfi A-riftio, pour n’avoir pû réfifter uneheùre contre la foif, avec la perte de céte place, en laquelle confiftoit toute l’importance de fes afaires 8c de fon falut, racheta fon impatiance aux dépans, de toute fa fortune 8c de là vie, Iallegue cét éxample pour faire voir qu’aux ocafions de la guerre, un feul & qui fi moment eft quelque fois de grande conféquance. THiftorien ( h) s’étand à mltafiürt décrire avec quelle facilité Ariftio pouvoit fauver fon honneur 8c là vie, & IZsrï'Ir tout ce clue ^es hommes ont de plus cher au monde pour une. heure de Varchi- foif, s'il eût été fage 8c homme d’honneur, afin, quelapoftéritéipréne teftarg. example, 8c que l’on lâche combien le temps doit être làgement 8c religieu-(*) Plutarque en la vie de Sylla. (b) Le même, au même lien. fcmellt
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- De LA FORTIFICATION REGULIERE. ÎX7
- fement ménage. Car ce tyran, étoit homme vilain cruel &c. Et cépandant que le boiffeaude lié froument valoit mille deniers, que les habit ans paiffoient Vherbe apelée Parthenio, quicroiffoit autour de la citaàde, & qüils mangeoient les outres & les cuirs bouillis : celui-ci sadonoità banquéts & à collations ; (que ce maraut fonge peu à céte petite heure de foif, qui va ruiner fa fortune & fa vie!) fe moquoit & bravoit fes énemis en danfant & faifantplufteurschofes ineptes & riâcules. courage !
- Après ce tyran, voyons Cléoménés Roi légitime des Spartiates .* & remar- trouvé par quons ce qoe Plutarque dit de lui, gravement & judicieufement. Autre-ment i l’état des afaires étoitence temps là favorable à Cléoménés s Pource que âeFlf°mjf les Barbares, ayansprisl’ocaftonde l'ahfancedAntigonus , couroient &piïïoient“spart*, toute la Macédoine, msmementles hauts Efclavons , qui lors i étoient descendus avéc groffe puijfance : h raifon de quoi les Macédoniens , fe trouvans pillés de tous cotés, envoyèrent en diligence rapeler Antigonus. Et fi les létres lui eûffent été a-portées un peu devant la bataille, comme elles furent après, il fe fût aufiitot retiré & eût dbandoné les Achaiens : Mais la fortune qui a coûtume de tourner les plus grandes af aires en un moment, montra lors un fi grandpoids & fi grande éfi-cace de l’ocafton, quincontinant après la bataille de Sèlafte, en laquelle Cléomé-nés , perditfon armée & fa ville, arrivèrent les meffagers qui rapeloient Antigo-nus : ce qui randit dautant plus pitoyable l'infortune de Cléoménés ; Car s’il eût reculé (falutaire avis pour les gens de guerre) à donner la bataille deux jours feulement, il n'eût point été obligé de combatre ,• mais eût peû s acorder avéc les Achaiens à toutes telles conditions qu'il eût voulu, quand les Macédoniens s'en fujfent allés. Ainfi parle Plutarque, en la vie de Cléoménés: On raconte de ce Cléoménés, (* ) qu apres avoir jeté les yeux fur certaine place bien fortifiée, il s’écria : O cachetés de femmes ! ce qu’il me fouvient néanmoins avoir leu de Agis, fils d’Archidamus, au livre de Plutarque des A-pophtegmes Laconiques, qui dit de lui ; que fepourmenant fur les murailles de Corinthe, voyant quelles étoient hautes & fortes & quelles embrajfoient un très grand efpace, demanda: font ce des femmes qui demeurent ici?
- Tant i a, que ce Cléoménés, qui faifoit fi fort le mauvais, & qui tenoit à udkm* peu de courage de vouloir vaincre avec l’aide & l’induflrie de la pelle &reux énemi
- * ° « ' • t /- it i « i. r / denotreAr-
- du hoyau, aimant mieux décider fes querelles au tranchant de 1 epee ; f biteUw* randit fes confeils remarquables, du mémorable & trifte fuccés de fa maü-mllîMxt' vaife conduite. Il porta la pêne de fon extravagante témérité, chaffé de fon pays, & privé de fa Courone, pour aller mourir en Aegypte d’une mort infâme, mais convenable à un fi farouche guerrier : Laiflànt un bel éxam-ple à la poftérité, que fans l’archite&ure militaire ; nul exploit de guerre nefçauroit être exécuté avec prudance & fureté : Quant à moi je dirai hardiment ; que les afaires de la guerre feront conduites par un bon ordre Tour fain & favoriféesde notables fuccés, lors que les vmUans Architectes commanderont qffslfe dans les armées, ou quand les Généraux darmées, s'employèrent h bon efeiant h guerre puif-ïArchitecture. C’efl fans doute que nous pouvons avéc jufte raifon cenfu-^,^! rer ce Cléoménés , pour avoir dédaigné le fecours de l’Archite&ure &
- (a) Bodin au chap. V- duLiv. V. de fa Repubh pOUt
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- îi8 Livre Prêmïe r,
- pour s’être laifie contraindre de donner la bataille à fon defavanfagé, tes fautes ri'ayant que XX mille hommes, contre XXX mille de fes énemis, pou-de cieom. yant aj£ment éviter le combat, s’il eût eu tant (bit peu d’adrefïè & d’ex-périance à fermer 8c à fortifier fon camp. N’eft ce pas en éfét une faute inexcufable de n’avoir pu remétre la bataille feulement à deux jours delà; terme bien court, 8c Plutarque dit qu’il n’en faloit pas d’avantage; (*) ayant “ été contraint de hazarder tout à la fois, toute la fortune de fon état à la “ difcrétion defon énemi; Au quel cas, on ne peut pas avoir, nipuifian-“ ce qui foit trop libre, ni prévoyance qui foit trop concertée, ni retardement qui foit ailes long. On dit qu’en ce combat demeurèrent grand nombre des foldas qui étoient à leurs gages, 8c qu’il ne refta que deux cens de fixmille Lacédémoniens. Sanglant éfét delà brutale 8c enragée cruauté de ces Capitaines impitoyables ! (c’eft pour répondre à la pareille, à l’exclamation de Cléoménés ci défias raportée .*) Dira t’on que jamais le hoiau de l’Archite&e ait autant fait mourir, je ne dirai pas de foldas, mais de goujâs 8c de pioniers ? Au contraire n’eft il pas vrai de dire que l'excellence de cét art a plus fauve de céte manière de gens, que l’ardeur furieufe de ce Cléoménés n’a fait périr de bons citoyens &de vaillans hommes ? Que fi céte paroi le a été juftement louée, comme digne d’avoir été produite en la panfée d’un vaillant Capitaine 8c d’un grand homme, qu’il eft plus glorieux de pourvoir à conferver la vie d’un citoyen, que de la ravir à mille de fes énemis , combien eût il faluque Cléoménés eût fait périt de millions d’énemis, pour expier la faute qu’il a voit commife , en expo-font ces fix mille Lacédémoniens à la boucherie, pour fatisfaire à fa brutalité? Omis a- Cepandant il les pouvoit fauver avéc foi même 8c fa couronne 8c fa patrie; ™Xefeô en retranchant 8c en fortifiant fon camp feulement pour foûtenir deux ciêom. s’il jours. Supofons même qu’on n’eût point rapelé Antigonus pour remédier *jkfifant& aux defordres de fon état : 8c qu’il eût pû conduire céte guerre Achaîque bs •volonté à fon aife 8c avéc liberté : n’eût il pas été bien plus à propos, après avoir J CAr^hZ diftribué céte puiflànte armée de XX mille hommes en garnifon par tou-teftoniyue. tes jes piaces de la Laconie, de ménager les rancontres de céte guerre 8c de la prolonger fi long temps, que l’inconftance ordinaire de la fortune, fe tournât à l’encontre d’Antigonus ; que de métré tout au hazard d’une bataille, dont la perte ne laiffoit point apres foi de remède ni de reflburee .* Qui doutera qu Antigonus n’eût eû plus de pêne d’arracher du fein de leur propre patrie ces généreux hommes armés 8c combatans pour la défance de leur état 8cde leur religion, en la préfance de leurs parens,de leurs femmes 8c de leurs enfans; que de les vaincre aflàmblés en raze campagne? C’eft une louange qui de tout temps a été finguliere aux crnyens de Lacédé-Genéreufemone * ^efcavoir bien 8c courageufement combatre pour leur patrie; en réfoiution voici un, * que je veux bien raporter iei, parce qu’il eft rare 8c mémorable. vhiiiars de Les Thélains commandés par Epaminondas, (qui valoit bien Antigonus) conçu-Sl*rtn “d*nnt l'efperance de fi randre les maîtres de la viüe, (de Sparte), ilsfi mirent donc leur viüe. en chemin fur le commancement de la mit en grandfilance^mais ils ne pûrent postés
- ” {*) Voies aufli Polybeat» it. Liv. de fes Hift, fur-
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- De la Fort i f ica T ion Regul iere. t2$
- urprandre. Lcsvieillars fuivis de ceux que l'âge ne famlle pas randre capables de grande refiflance, ayant préffanti céte irruption de leurs énemis, fe faijirent du détroit des portes ; & au nombre de cent,ou environne prêfantérerit au combat contre quinze mille hommes. Ce fl toute autre chofe d’avoir devant fesyeux fa patrie préjante, & d'avoir fa maifon a défandre h fon afpeêl, & devant elle même, pour en concevoir les infpirations dune force extraordinaire & d'un plus grand courage, a comparaïfon de ce qui fe fait pour s'en repréfanterfeulement la mémoire ; car ces vieidars ayansporté leur refléxionfur le lieu fur les perfonnes, qui avoient be-
- foin de leur protection, fe refolurent auffi têt de mourir , ou de vaincre. A in fi ce petit nombre (de vicillars,)^ trouva fufifant pour foûtenir ïefort de céte grande ar-*mée , a laquelle , jufques alors , toute la fleur de la jeunejfe de céte vide, n'avoii pû refifler. En ce combat moururent deux des chefs de l'armée ênemie . (a) Mais ce n’eft pas afies d’avoir blâmé la furieufe opiniâtreté de combatre de Cléoménés. Cléoménés ; il faut encore déteftcr lcxtréme lâcheté de fa fuite. C’eft cUomê»êi une chofe étrange que cét homme n’ait pas feulement effayé de foûtenir un ne fichant fiége f cfpace de trois jours, mais qu’il ait trahi fon état avec une fi extrême ITtreüfi infamie, que de perfuader lui même aux Lacédémoniens de fe randre. contraint
- ï > > r , , • 7 / • // 7 x . dabando-
- Quana Cleomenesfut arrive a Sparte , u conjeiüa lui meme aux citoyens qui le vin- ver spam rent voir, qu'ils fe randijfent volontairement au vainqueur Antigonus, que quant h lui, s il étoit en fon pouvoir de faire aucune chofe pour le bien honneur de UgencedeU
- Sparte, fût en vivant ou en mourant, qu'il le feroit. Mais quelle mort plus gloriéufe, ô Cléoménés-, que celle qu’un grand courage facrifie à la prote&ion de fon pays, & quelle vie eft plus heureufe que celle qui fur-vit àfadefance ? Employé donc à la confervation de céte Sparte quirefl: commife les invantions de l’efprit, avéc les exploits de la force, & fais marcher enfamble la doloire & le coutelas pour fa défance. Mais depuis quune fois la frayeur s’eft emparée des efpris lâches, ils ne craignent plus que le premier objet de leur crainte: & depuis qu’une fois céte froide 8c morne paflîon, a rebouché la pointe de leurs armes 8c engourdi leurs bras* le Salut même ne les fauveroit pas. Quant aux Architectes prudans & judicieux , ils ne manquent jamais d’induflrie 8c ont mille invantions pour fe garantir. Mais Cléoménés arrivé en Lacéàémone & en fa maifon, ne voulût boire, encore qu'il endurât une extrême Joïf, nife feàir, quoi qu'il fut tres-las : au contraire , tout armé qu'il étoit, il apuya fa main contre me colomne, & mît fa tellefurfon coude, & après s'être repofé unpeu de temps en cétefaçon, Ravoir difeourù èn foi même tous les partis qu'il pouvoit prandre, il s'en âda avec fes a-mis au port de Gythium, ou il s'embarqua fur des vaiffeaux qu'il avoit commandés expreffêment, & fit voile fur theure même. Mais jetons une main de fer pour arrêter la fuite de céte admirale, 8c la ramenons fur le bord qu’elle abandonne fi lâchement, pour lui reprocher avec force & grande contan-tion de voix : O cachetés de femmes ! O lâche combatant ! que la crainte de fon énemi chafiè de la Grèce & de toute [h terre, pour s expofer à la merci du plus perfide 8c du plus farouche de tous les Elemens. N’avoit ik pas moyen defoûtenir la ruine de Sparte, de demaintenir la dignité de (à
- (<<) Jfuftin Livre s, (A) Plu laïque en la vie de Cléom. R COU-
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- 130 Livre Premier,
- Couronne : ou du moins fe pou voit il refoudre à mourir d’une mort gfo. rieufe 8c digne d’un Roi? Déferteur de l’Europe,il aime mieux vivre efclave en Aegypte, 8c fe foûmétre aux vils miniftéres de la fuite des femmes da Roi. A quoi fè raporteront ces éféts fi étranges ? fans doute au mépris de notre Architedure militaire, 8c àfon ignorance fi groffiérement affedée, Tom le M- Car fifeulement il eûfi eu Tadreffe de retarder ( un prudent Architedé ni eûft for Are des pas manqué) pour foûtenir un fiége de trois jours, il fe randoït en fi peu de cî/om.Spto- temps viftoricux.de toute céte guerre. Car Ankgonus arrivé en la ville de Sparte, ‘mêrU^de * îra*ta humainement les citoyens & n outragea point orgueïïïeufement fin aneïè* VArchite- ne dignité ; mais leur ayant randu leurs loix & leur gouvernement, après avoir Slire' jacrifié aux Dieux, troisjours après i être entré il en partit. (*) D’où procédoit à votre avis céte clémance fi extraordinaire du Vidorieux? Qui le hâtoit fi fort? llavoit eu nouvelles quil lui étoït furvenu une groffe guerre en fin Royaume de Macédoine, & que les Barbares lui pilotent ÔT couroient tout fin pays. Déjà l'avoit fai fi la maladie dont il mourût enfin,laquelle fe termina en une font phtife, par un grand catherre. Maintenant pour montrer avéc quelle facilité $ar Ie un bon Architede peut détourner 8c retarder le* entreprifes de l’énemi, il VA^hte ne faut (lue fe fou venir du fiége de Hulfi en Flandres, (*) tenant pour les aJre ‘on Provinces confédérées, contre Albert d'Auflriche qui l’aftiégeoit. Un Rave. tfmZl & ^ue ^es affiéSés * e^cvcrent cn f°rt peu d’heures, que l'on nefiimoit pas en gaigne U pouvoir réfifier aux premières ataques, foûtint les aïïàus de XX jours con* temP- tinus, afin que ces trois jours dont nous avons parlé, 8c que ces cachetés de femmes, puiffent être par nous reprochées à ce Cléoménés à plus jufte titre. Mais il eft temps d’achever ce Tableau de l’infamie de 1 enemi de notre Architedure ; Thréicio l’un des compagnons de fa fuite, nous vangera du refte ; de qui j’aprouverois la réfolution, s’il eût porté fon Roi à des confeils plus honorables 8c plus néceflàires, 8c fi au lieu de fe donner à foi même le coup de la mort par un extrême defefpoir , il eût relevé fon courage à vouloir défandre fa Laconie, par le fecours qui fe peut tirer de nosinvantions. Sondifeoursvigoureux 8cmâle, feliten Plutarque, au lieu que nous avons fi fouvent allégué. I’ajoûterai : Que ce fût à Cléoménés l’éfét, d’une follie toute pareille, de s’étre écrié en voyant une ville bien fortifiée ; O cachétes de femmes ! 8c quand depuis, feulement acom-pagné de tréze des fiens, il efTaya de fe randre maître de la grande ville d'Aléxandrie, 8c de ravir le diadème à Ptolémée , pour aller honteufement mourir dans les embraflèmens de fon bardache.
- Tom les f&l bien voulu donner tous ces traits de pinceau à la cenfure de cet ignor«»s homme pour conferver à notre Architedure militaire fa réputation, & }ent Tir- afin que les hommes fages ne doutent plus, qu’aux exploits de la guerre il taxéfê»Z*a bi£n fouvent plus de fecours en la prudance des ingénieurs, qu’en la ferfonne de force 8c en la valeur téméraire des combatans.
- Cle°Autre Je produirai encore un autre éxample, d'Oftavian Frêgofe, Duc de Gêner, éxampie, mais je le traiterai plus civilement, dautant que fa faute, comme celle de
- Cleo-
- [a) Ilutatque au lieu fufdit. (*} Rhcidanu* auxm.liv, 4e fes Ann.
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- Delà Fortification Régulière. 131 Cléoménes, ne procéda pas d une opiniâtreté enragée 8c d’une haine aveu- n'o84: gle de notre art : mais par une foiblefîè d’efprit ; ou pour setrefié plus Fré-qu’il ne devoit à la faveur inconftante d’un peuple qui l’avoit élevé: ou£^t peut être aufli fe voulant conferver trop fuperftitieufement en l’eftime que l’on avoit conçeüe de la modération de fbn gouvernement : tant i a, qu’ilce àe nos fe defarmade lui même, 8c fe remit, volontairement deflitué de toutmvra&es' moyen de fe défandre, à la difcretion du hazard 8c de la Fortune, quand il abatit lespuijfantes citadelles de Genes, qui feules eûflent pû arrêter l’infta-bilité de fes changemens ordinaires, & brider la légèreté de ce peuple.
- Comme fi un patron de Navire, fe iaiffant flater aux atrais d’une bonace, abandonoit aux flots de ia mer, l’ancre facré de la dernière efperance dé fon vaifTeau, fous prétexte, que furvenant une tempête il en feroit chargé : ou bien pour faire preuve aux fiens, de la force de fon courage 8c d’unô extrême confiance de fon expériance 8c de fon art.
- En l'an MD VII Gènes rebelle, («) parla force des armes de Louys XII ?*»&*****
- 1 1 J , tmpofees a
- Roi de France ayant ete réduite Amplement a fa difcretion; ce Prince i étant 1* ville de entré en triomphe, armé de toutes pièces, l’efpée nue en main, fous un riche dais, reçût en grâce fes citoyens, fous de certaines conditions qu’il xu. viUo-leur impofa *• & celle ci fût des principales : Que les rebelles, pour fe re- ^Le'dejfem trancher à jamais tout moyen de révolte, bâtiroient à leurs propres dé-de la con-pans, un puiflànt château (è) en tel lieu, qu’il plairroit au Roi déchoi-fi^fi0* ** fir. 'Céte fortereffe fût conflruite fur le cap deGodéfa, commandant au port 8c à la plus grande part de la ville, pour tenir en bride fon infolance- y Depuis en Van MDXIII. après la célébré bataille des Suffis à Novarre (*) tous les François ayans été chafîes de l ’Italie, Gènes pareillement fût contrainte de recevoir d’autres maîtres que les François, 8c de reconoitre O&a-vian Frégofe, que le Marquis de Pefquaire, efcorté de trois mille Efpag-nols, mit enpoffcffion defa nouvelle dignité, fuivant l’ordre du Viceroi de Naples.
- Frégofe parvenu à ce comble d’honneur, pan fa fur toutes chofes à fe délivrer de tout foupçon de tyrannie, fe propofant, qu’il étoit plus féant à un Prince de s’iafîùrer plutôt fur fà propre vertu 8c fur la bienveillance de fes Dep»k citoyens ; que fur des forterefiès, qui ne font d’ordinaire que des entraves de liberté. H afsiége donc ce château, que les François tenoient encore, & démoli. qui furent à la fin contrains de fe randre après avoir foufert une famine de féze mois. (d) Le duc de Gènes l’ayant réduit en fa pu i (Tance le raza; fans panfer autrement à l’avenir. Quoi donc? réduire en cendres fi légèrement une fi bonne forterefîè, 8c qui avoit coûté tant de frais à conftruire;
- 8c depuis peu, tant d’or 8c tant defàng à recouvrer? C’efl juflement, 6
- R z Gé-
- (a) Guicciardin auIiv.Vlï. des-Guerres d’Italie.fe&ion V. & VI. de Serres en la viedeLouys XII. en ladite année.
- (b) C’eft la lanterne de Gènes , per le moyen de UqueUe, la -ville fe rectuvroit toutesles fou qu'elle étoit perdue : ditla Nove Commentateur de Guicciardin, furlaïindelaXllI feftion du livre XII. (c) Guicciardin au liv. XI. feft.
- XIV&XV.& I. de Serres en la vie de Louys XII. en l’an i5i3.eftimentlifortcéte bataille que les Smjfet gaignérent fous la conduite deMotin, qu’ils ne font point difficulté de la préférer, à toutes les Vidloires des anciens Grecs & Romains. (d) "Durant céte trefue la Lanterne de gènes réduite a toute extrémité de vivres & ne pouvant étrefecourue ,
- fe rendit aux Génois, qui l'égalèrent a rais de chauffée. ^Ainft voilà le 7loi, fevréde toutes fes conqueftes en Italie : Il ne faut .s'étonner fs tes peuples font un amas de pierres des châteaux do leurs villes , quand ils tombent en leur puijfance , ce font autant
- d entraves de leur liberté. Ian de Serres en la vie de Louys XI l, en l’an i i h-
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- 1)1 L I V R E P R E M I E R,
- Gènes, ce que demandent tes e'nemis. O témérité ! O crédulité ! vraye-ment indigne d’un Prince ; & fur tout d’un Prince Italien ! de s’abandonerà la difcrétion d’un peuple. Il ni a point de fimauvaife garde, pour faire qu’un Empire foit de longue durée, que la faveur d’une multitude, fi on ne lui impofe le frain d’une jufte crainte qui le retiéne. Un peuple ne fe contient jamais dans les hornes de la modération; s ils ne vous craignent dis vous étoneront vous mêmes ; mais fi unefois vous avés imprimé la frayeur en la iaffeffe de leurs courages, vous les mépriferés impunément. (*) Et que peuvent ils craindre, quand ils le verront rétablis en toute licence par le brifement de leurs chaînes & la ruine de leurs forterefles ? Puis que la populace efi de telle nature, que fi elle ne fert lâchement, eüe commande orgueiÜeufement. ils ne font point capables de la liberté, qui confifie en médiocrité; s 'ils la méprifent, ils le font par excès ; s'ils enufent, cefipareillement au delà de toutes les bornes de laraifon. (b) De plus, lArchitecte du monde, a joint ces deux chofes enfamble, h fcavoir, la Haine la Royauté * (c) & toujours le vulgaire efi enclin à nouveaux mouvemens., (d ) fa nature efi muable & inconfiante , féditieufe & difcordante, aimant les nouveauté’s & les changements y énemie de paix & de repos. (e) Mais fur tout en un nouvel Empire, ou régnent d’ordinaire lesfadions, labienveiUancepopiu taire , ne manque jamais de fe tourner au vent de la Fortune. A quoi panfes tu donc, Frégofe, d’engager ton état à la difcrétion de céte populace info-lante 8c légère ; 8c d’abatre ces Forterefles, qui font les digues qui arrêtent le cours des felditions, les fermes apuis qui aflùrent les nouveaux Empires , les paillantes étayes d’une autorité fouveraine, 8c l’unique moyen de contenir tes énemis en crainte,& tes citoyens en refped ? fi tu as un courage digne d’un Prince, 8c s’il eft vrai que tu fois orné de vertus Héroïques , fl tu exerces la juftice, la douceur & la munifiçance ; c’eft mal à pourquoi propos que tu crains d’ofancer le cœur de tes fujéts, 8c que leur confiance faporteref- & leur amour ne diminue, pour avoir confervé une forterefle fi néceflài-fes. re. Si tu te montres jufte Prince, c’eft une demeure féante 8c convenable à ton autorité, afin que la dignité d une habitation diférante, te facepa-roître élevé au deflus du peuple, comme tu les déjà par l’éminance de ta condition : ce fera une bride pour aflurer la foiblelîè de ton nouveau gouvernement , contre les entreprifes de tes citoyens encores partagés en fa-Macbia- ^ons contraires : ce fera un ferme rampar contre les attantats des énemis meiconjiii- découvers de l’état, 8c invincible ; étant foutenu de la valeur du Prince 8c imtrts-m- des forces de la Cité, jointes enfàmble.
- Mais je parie à un fourd : Frégofe deftiné à fa ruine, n’eft point capable de faire fon profit de ces remontrances. Partant je fuis d’avis que Machiavel qui méprifê fi hautement la conftrudion des Forterefles, & qui en con-feille fi témérairement la démolition, & qui particuliérement loue la ruine de celle-ci tref-mal à propos (/) les préne pour foi.
- Frégofe ayant donc ruiné ce Château, (que plutôt il devoit avoir confervé,
- («*) Taciteliv. I. de fes Annales. (i) Tit.Liv.liv.XVlII. (e) Sénecq. enîfaTheb. (d) Tacite au l. livre de fes Hift. (e) Salluft. en la guerre Juguith. (/) Scipion Amiratauiv. Difc. duXIX. liy. de
- fes Differtations Politiques.
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- forvé, pour être l’ornement de fa puiflânce en un temps favorable, 8c en difgraces une fure retraite contre fes énemis) comme s’il eût été libre de tout orage pour un jamais, il gouverna l’état de Gènes afles paifiblement durant l’efpace de quelques mois ; faifant aufîi peu de conte de la démolition de fa fortcrefTe, que fait un matelot de fon ancre, dans un beau temps.
- Mais il n’arrêta guéres que le ciel ne commanceât à fe troubler ; à grand pêne fix mois s’étoient écoulés en céte bonace, quand une nouvelle tam-pête commença de gronder du côté de la France, portant les nouvelles d’un grand apareil de guerre quefaifoitle Roy François 11 Au bruit de ce ^ tonnerre Gênes trambla, & fon Duc Frégofe qui ne voyoit autour de foi frégofe aucune retraite qui le pût garantir de cét orage, comme un petit poulét, podYm2°[on qui voit déjà les ferres du Vautour déployées pour le faifir - Ainfi Frégofe château. furpris de frayeur, ne trouva point de remède pour s’en délivrer, que d’entrer avéc les François en une alliance fecréte , mais tres-injufte ; n’ayant ftipulé à fon avantage que céte feule condition : A fçavoir, que le château qui avoit été démoli ne pourroit être rétabli : tant céte fortereffe faifoit peur aux habitans de Gènes. («) Je le croi bien. On avoit employé une grande dépanfe à la conftruire, mais fa démolition, à caufe du fiége qui avoit fi long temps duré , avoit encore été de plus grans frais. Tandis François pafTe les Alpes , & fait en Italie une fanglante guerre , dont les événe-mens furent divers l’efpace de fix ans ; pandant lesquels Frégofe, qui etoit à couvert fous la protection des François,qui portoient tout le fais de la guerre , n’eût rien que fa part de la crainte en leurs infortunes, fans s*en refian-tir autrement durant tout ce temps là. Mais depuis que fes protecteurs eûrent été une autre fois ranvoy és au delà des Alpes en l’année MDXXII. il étoit à propos que Frégofe foufrit la pêne de fa défcrtion. Ainfi Profper Colonne & le Marquis de Pefquairc , Généraux de l’armée Impériale, mirent le fiégc devant Gènes en Tintant même. Cét accident inopiné, étonna fi fort le pauvre Frégofe, qu’à la feule veüe de l’armée énemie, il envoya des Ambafiàdeurs pour demander la paix. Qu’ eût il fait autre chofe ? fon château démoli, il ne lui reftoit plus aucun refuge : Aufli peu le pouvoit il a-tandre à la défance de fes murailles ; n’ayant en tout que deux mille foldas pour les garder, nombre trop foible&quine pouvoit pas fufire. Quant aux bourgeois , il n’avoit point de lieu de s’i confier ni d’en atandre aucun fecours: D’autant que ce peuple, qui étoit divifé en factions, encores qu’il fe vit affiégé de tous côtés d’une puifiante armée, compofée de plu-fieurs langues, atandoit néanmoins le fuccés de ces chofes en grande nonchalance , s’étant perfuadé que le but de céte entreprife, ne regardoit que la feule perfonne du Duc. ( b ) Mais tandis que Ton traitoit encore des conditions de la paix, 8c comme on étoit fur le poinct de les conclurre, il arriva que quelques Efpagnols du quartier du Marquis de Pefquaire, ayant reconu fagement, que ceux de la ville, fur l’opinion du traité qui étoit com-mancé , faifoient une garde plus négligente, encore que l’on fût prefque
- R 3 d’açord,
- (*) Guicciardin enlàfe&ionXXI.duliv.Xrv.çnl’annéeMDXXlI. (£) Le même Guicciardin au même lieu.
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- Cènes ru-«ttagéecru-tüetnent, pour avoir été lâchement gardée.
- 134 Livre Premier,
- d’acord, méprifans néanmoins céte confidération, aflâillirent la ville de leur côté, qui ne s’atandoit à rien moins, & paflans fur le ventre des Bourgeois l’emportèrent & la pillèrent cruellement i & quoi que céte ar mée fut extrémêment afiàmée & miférable, il fe trouva pourtant de quoi rafTafier fon infatiable cupidité, parmi tant de richefîès dont étoit pléne céte puiïïante & opulante ville. Que fait Frégofe, en céte fi grande & fi inopinée converfion de fes afaires ? où le trouverons nous ? le pauvre hom-me étoit malade au lit, où les cris îamantables des femmes & des petits enfans, & le bruit des maifons, fràcaffées par le foldat exerçant fon pillage, venant à fraper fes oreilles, plein de frayeur ileommandoit quon fermât fon Palais, après avoir premièrement envoyé un Ambafîàdeur au Marquis de Pefquaire, pour fe randre fon prifonier & fe remétre entièrement à fa diferétion. (*) Etrange trahifonde la Fortune! Prodigieux & déplorable ranverfement des afaires humaines ! Voilà le Duc Fregofe prifonier de celui-là même, qui peu d’années auparavant l’avoit introduit de. dans Gènes en grand triomphe, & qui l’avoit mis en polieffion de céte belle principauté. Mais en celà lui fût encore la fortune a fiés favorable, que peu de jours apres avoir été privé de fa dignité, enquitant la vie, il fut libre de fa captivité.
- Ferons nous donc voir à Frégofe fon impertinance ? Lui reprocherons nous la démolition de fon château ? Il nï a point de doute, que fi lors il eût eû une fi bonne & fi feure retraite, il n auroit pas été contraint des’ex-, pofer à la merci d’un énemi,irrité contre lui à caufe de fa perfidie, 8c qu’il n eût pas été au pouvoir de la fortune de le traiter fi indignement comme elle fit: ce chateau étant de telle force & çonféquance qu’il pouvoit aifément lui donner le moyen de fauver le pillage de fa cité , 8c de faire une compofition avantageufe 8c honorable , tant pour foi même, que pour fon pays : ou plutôt en généreux Prince 8c en homme de cœur il eût efïàyé la Fortune, 8c fe fut mis en état de fe prévaloir des ocafîons que la fuite du temps lui pouvoit préfànter: (*) pouvant du moins avéc autant de courage que les François, i foûtenir un fiége de féze mois. Je me veux abftenir de charger, les Mânes infortunés du pauvre Frégofe de ces reproches : Ce feroit une trop grande cruauté d’afliger un pauvre prifonier , allés miférable de fa disgrâce : 8c trop d’inhumanité dè troubler le repos d’un mort : Il nous doit fufire que Frégofe, ait été châtié du péché qu’il avoit commis contre notre art, en perdant la vie, 8c, ce qui eft encore plus à plaindre,la liberté.
- En fin, après avoir produit fur notre fçéne le Roi Cléoménés injurieux à notre Architecture ; apres le Duc Frégofe, ignorant fon mérite 8c fon importance 8c démolifiânt nos travaux à fon grand préjudice ; faifons paroî-
- tre
- {a) Guiccittdm feftion XVI dulivreXlV. (b) Frégof. malade ferandit au MarquU de FefqUaire tu dans pus d, jours il mourut. C ^rchevefquede Salem*, frere d’Ottawa», &plufieurs Capitainesfi fauverentpar mer. Six mille hommes nouvellement envoyés par le Rot, joui la conduite dufeignéurde Larges pour le jècourtde Gènes , & l'armée de Claude d‘Or-leans Duc de Longueville pour U rejlauration des afaires de Lombardie laquelle était déjà fur (t territoire H ton retour. nérentfans rien faire. lande Serres en la viede fianeois I.cnl'an ijaa. J *
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- De la Fortification Réguliere. ijy
- trc le lâche Jovinian Empereur des Romains, qui les abandonne honteufe-ment.
- Celui ci ne fc contint pas dans le blâme & les feules parolles comme a-Voit fait Cléoménés, qui peut être faifoit moins d’état du fàng des liens, que de leur fiieur, qui particuliérement doit être employée àlaconftru-dion de nos ouvrages outre les autres frais. Il navoit pas la même raifon que Frégofc, qui craignoit peut être , qu’un énemi vidorieux, n’en abu-fât à l’établiflcment d’une domination injuflc : Mais celui ci fins aucun propos s’abandonant au defordre de fes intempéries, remit entre les mains des Parthcs énemisconjurés 8c irréconciliables du nom Romain, des villes invincibles 8c inexpugnables, tres-puilîàntcs 8c tres-fortes barrières de fon Empire: Mais avant ce poltron, de très-glorieux Empereurs , n’avoient point fait de dificulté d’employer leur fang 8c leur vie, pour conferver ces places, comme les plus fermes rampars de leur puiflànce. Sur ce fujét, écoutons les parolles mêmes de fHiftorien. ( * ) Cepandant le ravage des eaux nepermétantpas défaire des ponts, & tout ce qui pouvoit être mangé étant con-fomtné, deux jours s étoientpaffés en céte mifere quand le foldatprejfé d’une fi ex-tré/nc nécefjhé & prefque enragé de colère, cherchoit les moyens de périr plutôt glorkiifanent par le fer, que lâchement par la famine. Legrand Dieu néanmoins fe montroit favorable h notre parti : & les Per fes, contre toute efpérance, envoyé* rent ambajfadeurs Surénafâ un autre grand, pour d autant plus étraindre & mieux établir céte première paix qui déjà avoit été traitée, per dans courage & en toutes rançonnes inférieurs aux armes Romaines. Ils propofoient des conditions âificileS & embrouillées, & colorées dun fpecieux pretexte d'humanité, comme file Roy pour montrer un éfét de fa clémance, fe port oit h doneir paffage aux refies de nos troupes. Que lEmpereur avêc fonConfeil avifat à lui doner contantement. Pour traiter avec eux céte négociation , leur furent envoyés Arinthée & le Préfeft Salu-tïus , & fut confultê bien férieujement ce qui s'en devoit faire : pandant quoi quatrejours fepafférent-, dans les extrémités dune famine plus cruelle que tous les fuplices du monde. Que fi ce Prince eût eû î adreffe de prandre fon temps, avant que ceux-ci lui eûffent été renvoyés, & fe fût doucement retiré du pais énemi : il eût pû aifément rafraîchir fon armée en la Corduéne, pais fertile & fien, Çg qui nétoit éloigné du lieu où ceci fe paffoit, qu'a la centième pierre. Le Roi vouloit en toute façon quon lui délivrât ce qui h fon dire efioitfien, lui ayant été enlevé par Maximian, mais en êfét pour le payement de noflre rançon : ce fl h feavoir cinq régions au delà du fleuve Tigris, ï Arzanéniéne, la Moxoéniéne, la Zabdicéniéne, la Réhiméniéne, & la Corduéniéne, avec quinte châteaux, & Nifibis, & Singera, & le camp des Maures, forterejfe tres-avantageufe. Et quoi que par toute raifon, il auroit mieux valu donner dix batailles,^ dabandoner aucune de ces chofes, il fe trouva néanmoins des flateurs, qui le confeiüérent avec beaucoup d’inflance à ce pauvre Prince, le faifans trambler au féulnomde Pro~ cope, & lui répréfantans, que fi la mort de Iulian eflant divulguée il ne retour-mit ayant avec lui fes troupes entières , n ayant perfonne qui lui fît tefte , il ne manqueroit pas d'exciter de nouveaux troubles. L'importunité de ces gens eûft
- (a) Ammian Marcellin au xxv Livre.
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- Livre P r e m. i e r
- tant à pouvoir fur la foiblejfe de fin efprk, que fans autrement marchander il accorda tout ce qui lui avoit eflédemandé ; encore eujl - il bien de la pêne d'obtenir , que Nifibis & Singara fujfent reçus des Perfes fans les hab'ttans, & que les Ro. mains des forterejfes aliénées, euffent la liberté de fe retirer en nos garnifons, &C. On avifa pourtant que ceux qui feroiem envoyés pour l'éxécutton de ce traité, au-r oient commiffion d'en parler plus h notre avantage, & de femer en leur chemin de petits bruis, qui fiffent croire que céte expédition P aréique auroit eflé terminée dun bon fuccés, & continuans leur chemin jour & nuit faire entandre aux Gouverneurs des Provinces & aux principaux chefs de la milice, les intantions du nouveau Prince quils portoïent écrites, & apres s être enquis fécretement de leurs mois, de retourner prontement avec les réponfes, afin que rapportant enfemlle tout ce qui fe pajfoït aux lieux éloignés, meut moyen d'en former à ftgescon-feils, pour Taffermijfement de la Principauté. La renommée plus légère que ces courriers ,faifoit entandre parles Provinces ces trijles fuccés,& mit un grand trouble parmi ces peuples, & particuliérement ceux de Nifibis furent touchés dun tres -fanfible dêplaiftr, quand ils feeurent que leurV i l le avoit été randuë h àaporés ; ils craignirent les reffaniimens de fa fureur, & la revanche de tant de pertes qu'il avoit recettes ayant tant de fois entrepris de les réduire fousfa puijfan-ce avec dommage & confufion. Il n’i a point de doute que les Perses pouvoient aisément e'tandre leur Empire en tout l’Oriant, si ce'te Ville n’eût arrête le cours de LEURS CONQUETES P AR LES AVANTAGES DE SA SITUATION ET PAR.la force DE ses murailles. Mais encore que ces pauvres gens fujfent touchés dune extrême apprehanfion de ta mifére qui déjà prête de les accablerpandoit fur leur tefle ; néanmoins un petit rayon defpérance les confiloit encore, £9 leur fambloït que l'Empereur ou de fin propre mouvement, ou, peut-être, touché de leurs prières, panfemt aux moyens de fe conferver une V 1 lle qui ET OIT la forte barriere de l’Oriant. Tandis que de tous côtés il fe parle diverfement de l'état de ces afaires & comment eües s'étoient paffées ; en notre armée, ce peu de vivres que fai dit ci-deffus i avoir été amenés, ayans été tous confommés,Unenous refloit plus que de nous ent remanger les uns le s autres, fi la chair de nos chevaux rieûfldifèrê l'execution de céte cruauté pour un peu de temps. Ce qui nous contraignit d abandonner une partie de nos armes & de notre bagage. La famine que nous endurâmes fut fi efirange, que fi de hazardil fe rancontroit par mil nous un boijfeau de farine, ce qui étoit bien rare , il étoit van-du pour le moins dix pièces dor. Sortant de là, nous nous randimes en Thïfalpa-ta, ou Sébajlian & Procopius accompagnés des Colonels & Capitaines qui êtoient fous leur charge pour la garde de la Méfopotamie, fuivant leur devoir, mus vinrent au devant, & après qu'ils eurent été humainement receûs, fe mêlèrent en notre fuite. Après cela nous parvinmes hlaveuè de Nifibis que nous avions ardemment defirée ; où le Prince Je campa hors la Ville , quoy qu'un grand peuple le priât tnflammani d'y entrer & de prandre fin logis au Palais fuiyant la coutume , il i réfijla opiniatrément, de honte qu'il avoit de randre h un énemi irrité, une V ILLE inexpugnable, étant lui même dans l'enceinte de fe s murail-
- les.
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- cs. Ce fut en ce heu & en ce même temps, quun fotr ,Jovian qui ètoit leprémier cntre les Secrétaires, & de qui nous avons cï-deffm rapporté, qu'il s'étoit bazardé au fiége de Moozalmacba pourpajfer entre les premiers dans la ville forcée par une mine ; celui-là , di-je, étant affis a tallepour fouper ayant été enlevé & conduit en un lieu h l écart fut précipité en unpuu fée & accablé de plufieurs pierres : On atri-buoit la caufe de fa mort, à ce que, après le décés de Julian, ayant été nommé par quelques-uns comme digne de pojfêder l'Empire, depuis que Jovian eût été créé Une s'éteit pas comporté mode fie ment, mais fouvent on l’avoit oüi murmurer de quelque afaire , & de fois h autre convioit àfa table plufieurs officiers de l'armée. Le lande-main le Perfe Binejés , celui de qui nous avons dit, qu'il avoit le principal crédit dans les afaires, pour acomplir les ordres quil avoit de fon Roi, ufoit de grande diligence & foüicitoit avec beaucoup d'inflance l'exécution du traité. Ainft l’Empereur l'ayant mis en pojfeffion de la ville, il éleva au plus haut de la forterejfe l'enfeigne de Perfe, fignifiant aux citoyens la déplorable nêceffitè qui leur étoit impofée dabandoner leur douce patrie. Ce qu'ayant été mis h éxécution h l'heure même, ces pauvres gens tandans les mains, fuplioienu de n être pas réduis a céte pitoyable extrémité, que fans être affiflés ni de vivres, ni de garnifon aux dé pans du public, ils fe fantoient capables de fe défandre eux - mêmes & de leurs feules forces , s'ajfurans que la luflice ne leur manqueroit pas en fi bonne caufe que de combatte pour leur pays, comme plufieurs fois ils l’avoient recognu par expériance. C'étoïent en éfét les prières que faifoient tous enfamble & les Magiflràs & le /impie peuple. Mais ils parloient en l'air, car î Empereur diffi-muloit fes apréhanftons, fous le prétexte d'éviter l'infamie d avoir manqué de foi. Sabïnus, iîluflre en naijfance & en condition entre tous les Provinciaux, lui remont roït difertement, que Confiance qui s'étoit trouvé engagé en la nécejfi-tê d'une guerre tres-dangereufe , encore que les Perfes quelquefois l'eûffent latu, réduit enfin h chercher la retraite d'un lieu mal - affuré, où la néceffité le contraignit de dépandre de la compaffion d une pauvre vieille qui lui donna pour vivre un morceau de pain ; feeût néanmoins conduire fes afaires fi a propos, que jufques au dernier jour de fa vie il conferva tout & ne perdit rien. Au contraire de Jovian, qui dés l'entrée de fon Régné abandonoit le Rampar des Provinces, dont la défonce le s avoit jufques là & depuis longtemps confer-vées en leur intégrité. Tmdis que rien ne s'avançait par ces remontrances, le Prince demeurant ferme fur le prétexte de l'obligation de fon ferment, ayant quelque temps refufé une couronne qui lui étoit oferte, & puis ïayant rcceuë mal volontiers , un certain Avocat apelé Sylvanus, eût la hardieffe de s'écrier. Ain-fi puiffiés vous être couronné, 0 Empereur, par les autres cités qui vous refilent. Ce libre trait le pouffa en une fi grande colère, qu'il leur commanda de vuider 11 ville dedans le terme de trois jours ; ce qu'ils firent en déteflans le mif érable état de leur condition prefante. Ili eût des gens ordonnés pour les faire fiortir, qui exêcutoient rudement céte commiffion, menaçons de mort, ceux qui difé-voient d obéir : ainft toute la ville futrampliede pleurs & de gèmiffemens : dun coté fe voioit une femme de condition , fur le point d'être chajfée de fa maifon, s'arrachant les cheveux, prandre congé de ces lieux agréables qui l'avoiem
- S élevée
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- élevée & nourrie, de loutre une mere privée de fes en fans, ou une femme veuve, quitter h regret les monumens & les reliques de ce quils avoient plus chèrement aimé ; & partout des mïférables troupes de pauvres perfonnes qui embraffoient les poteaux de leurs douces demeures & les arroüfoïent de beaucoup de larmes. En après on vit les rues toutes plénes , chacun deux séchapant comme il pouvoit. Car en cété hâte plufieurs d'entreux dêroboient leurs propres moyens , fuivant ce quils croyoïent les pouvoir emporter, encore que déjà ils euffent mis ordre â ce qu ils avoient de plus précieux, ce que même une grande partie étoit contrainte Ammicm dabandoner, h faute de Sommiers. 0 fortune de lEmpire Romain, on te peut ™*rhcfn\juftement accufer en cèt endroit, de ce que la tempête ayant emporté le Gouvernail couvrir de la République, au lieu que tu devois avoir mis en confideration îexpêriance dun autre <2m étott bien capable de le tenir, le voulus mettre entre les mains de ce jeu-lovum d'n- ne homme, qui ri ayant point ctpris en fa vie ce quec'êtoit que de manier de telles. }e7xclfeU affaires,ne mérité pour ce fujét, ni loüange, ni blâme. Mais ce qui fut extrêmement rand encore facile aux gens , ce fut, que craignant m Riual de fon authoritê M
- pus mfu >arr£tam îouîepa,panfée fur les Gaules & fur la Sclavonie, &confidêran quen pareilles occafions plufieurs autres fois avoient conceû de hautes ‘entrepnfes pour fe hâter de prévenir le bruit de fon arrivée, il avoit fait une chofe tres-lâche tres-indigne de la Majesie' de l'Emÿike, fous couleur de vouloir maintenir fa paroïïe , abandonant Nisibis, qui depuis le régné de Mi-thridates avoit valeureufement empêché que les Per fes, ne fe randiffent Maifiresk ÎOriani. Car depuis la fondation de Rome, je ne crois pas que bon puiffe trouver dans les Annales , que jamais Empereur, ou Conful ait abandonné à l'enemi nuk partie de fon domaine : ni même décerné le triomphe pour avoir reconquis, ce qui en avoit efté enlevé; céte gloire n étant refervée que pour les nouvelles conquêtes. Ce fut pourquoi, ni P. Sctpio ne triompha point, pour avoir recouvré les Efpagnesx ni Eulvim pour avoir réduit la ville de Capouè après plufieurs combâs, ni Opimius pour avoir remis en obéiffance les FregèUans lors nos ênemis mortels; Aufft l'Hifioire nous apprend, que dans les plus grandes extrémités, les traités honteux accordés & confirmés par fermant folenneldes parties, ont été cajfés & la guerre recommancée, comme autre fois, après que les Légions eurent été mifes fous le joug aux Fourches Caudines au terroir des Samnites, & en la paix infâme que fit Albinus enla Numidie, & quand Mancinus qui avoit été auteur dm lâche traité , fut abandonné à la dferetion des Numantins.
- Ileftdonc manifefte, que'NOTRE Architecture militaire, qui n’eft autre chofe que l’Indufirie de fortifier les villes judicieufement, pour foûtenir une force énemie & pour la repoufièr vigoureufement, eft un don de Dieu tres-confidérable pour fon utilité 8c fa nécefîité; par lequel , non feulement nousafîiirons ( a) contre les injures de la Fortune
- ce
- plusdepompe* d'aparance quederaifon (&déjaci-deffiis nous 1 avons taxe de cet erreur au chap. x. ) Cajfander puu «prit yant conduit fin Armée en la Grèce, fit la ruerre '*
- . .---------------------eft pas de fon avis, car c’eft de c ère même Sbarte qu’il
- entand parler quand il dit : lit tua qut, imaginent qu'on ne doit point fermer de murailles les vides, qui font me Lafcpro-
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- fefiton de valeur & qui fubfiftent en la gloire des armes comme en leur propre iy particulière poffefilon-, mais cite fantaifie tfl furannée , iyc. Et certainement contre des énemis qui JIraient égaux en valeur iy en nombre, il ne firoit pas honorable d'a-tandre fin falut de la défance de fes rampars. Mais quand il arrive, comme il fi peut faire en éfét, que Vé.iemi eft fùperieur en nombre d'hommes iy en vertu, (atandu qu’il faut avoir égardk fi confèrver iy que mal h propos on s’expofiroit aux injures iy aux outrages de gayetéde coeur ) en tel cas, la meilleure iy la plus ajfurée fortification eft la plut propre (y la plus convenable kfufage de la guerre : principalement aujourd’hui, que l’on a invanté des trait iy des machines extrêmement avantageu-fis pour forcer le* vides. O pauvre bon homme! eft-il doncpoffible que les machines invanr .es pour la ruine des villes en tonfiécle , fe peûflent vanter d’une fi grande perfe&ion ? Que dirois-tu de nos invantions ? Mais qu’il pourfuive : car je fuis alluré que le tonnerre leul de nos canons i’auroir ràit trarnbler. Car, dit - il, tout ainfi que les affaillans doivent s’étudier k pratiquer leurs avantages en teUe fine qu'ils fi randent fuperieurs en tout ou en partie : aufii les afitégés, ont pour fi défandre leurs précautions déjà invantées, iy ne doivent point s'épargner à chercher encore de native Iles invantions pour ficonfervcr, Arift. Polit, vu. C’eft à quoiadéja fatisfait ci-defi'usnoftre Hercoteétonique moderne fuivant la manière d’aflkger qui eft en ufage en ce temps ; ci-aprés l'Aréotcfloiiique déterminera ce qui refte.
- ce que nous avons de plus cher en la vie, nous évitons les furprifes des ennemis (a) & diminuons leur audace ; mais particulièrement fommes ran-dus capables de réfifter à leurs entreprifes, foit irruptions, (b) ou fiégcs réglés, (c) avéc eét avantage que nous pouvons nous défandre à cou-
- S 2. vert
- ( ) far , comme les fortexeffis font neceffairet pour plufieurs raifint, elles le font particuliérement, en ce que . perfinne nataque , ceux que l’on fçait être bien préparés a fi défandre. Arift. au lieu fufdit. Faites montre de vouloir la guerre, voue aurés la pats : que l’on vous remarque bien difpofés kréfifter a la violante , an perdra l’envie de vaut en faire. Maniius Capitol, en fit. Liv C au Li V. VI. (/,) Ifannibal, par le territoire de la Campanie pa(fe vers la mer baffe, pour afsiéger 'Tfaples,
- pour avoir une ville maritime, iyc. La veut des murailles qui étoient telles qu’elles pouvaient long temps empêcher celui qui les eût afsiêgées, le détoutnerent de fin dejfein. Tit. Live au Hv.xxni. Cepandant Hannibai par FUmbrie alla droit à Spoléte. D’où après avoir fourragé la campagne il le mita aflîeger la ville ; mais en ayant été repouiiè avec grande perte des liens, confidérantpar les forces d’une feule Colonie qu’ilavoit elTayè avec un li mauvais fucces de quelle impoi tance devoit être l’enticprile de la ville de Rome, il fe détourna vers la Marque d’Ancone, Sec. Tit.Lï-ve au Liv. xxi j. (e) Dés la plus reculée antiquité, nous avons ici une grande abondance d’exemples à re-
- ceuilür. Un fiége de dix ans donna de 1 exercice aux Romains devant la ville de Vejcs. On peu: rectuiilir quelle étoit la pmffhnce des Vejens , de la longueur du fiége de leur ville, qui dura dix années. Ce fut la première fi- que l’armée paffa l’hiver fins les tantes , iy qu'on paya les garni fins durant cite faifin. Les foldas aufii de leur bon gré prêtèrent ferment de ne s’en retourner jamais que la ville ne fût prifi. Florus au Chap. xn du I ,-Jvre. Constantinople ve-fiftaviii ans aux forces du Turc-, julques àce que les Tartares fous la conduite de Tamerlan firent lever le fiege à Baja-X.et l. n’i a pas encore long temps que It Koi de Féx., fiûtint un fiege de y il ans contre l’armée du Foi de Maroc, iy vit périr devant fis yeux fes énemis , étant à couvert de leurs outrages ; iy peu de temps après ( Leon d’Afrique en l'an 1512 ) Mecna, ville d’Afrique , fur aufii afiugèe vi I ans , où les énemis moururent prefque tous iy furent contrains de lever le fiége avec honte iy perte des leurs. Bodm au Chap.v. du v Livre de fa Republique. Les Romains afiïégérent Cauiha-ce quatre ans durant. Florus au Chap.xv.du 11 Livre. Les Elpagnols employèrent trois ans pour avoir Ostendï. Rheidan, Emanuel de Metcrcn, Borriu* 3c autres. Alaric fut deux ans àprandre Rome. La Rochelle par un efpace de xix mois donna bien des afaites au Roy Loliys .XIII. 3e à foi même par une réfolution étrangement opiniâtre.- de forte que dans un même jour, qui fut le dernier du fiége ôc celui de la reddition de céte place, la. livre de pain i fut vanduii trente fie fix francs, & fur l’in fiant de fàréduâion fut donnée pour un fou, Le 30 d’Ofto-bre i<5i8. Voyés le Journal du fiege delà Rochelle publie en Flamand. A Numahce , ScipionALmilian^a/»-%e mou durant remua la terre pour épargner le fangdet fiens. Vellejus Livre II. Ce grand Roy d’Angleterre Edouard, qui d'une armée de lx mille François qu'il avoir entête à la bataille, de Crcfll, en avoitmispar terre xxx mille, fe trouva fi fort empêché durant onze mois au fiege de Calais, avec toutes fes troupes victorieufos fié formidables à la France, que Philippe de Valois eût alTés dcloifir pour remettre fesafair es en meilleur état. Edouard fit tout te qu'il peûr pour bien ménager fa viiloire iy F ’ ilippe pour empêcher le courant de céte ruine. Edouard donc fans laijjèr rien refroidir paffi outre, iy fins attaquer les grandes villes £ ^Amiens iy d’ .Abbeville , bien que plus prochaines, faijant fim-blantd’en valoir à .Montredil, iy Tolagne, le voila à Calais , ville d’opportune fituation pour le trajét £ ^Angleterre, iys. xAinfitlinveftit la ville de Calais , incontinent après fit viftoire de Crefit. Siège long, pénible iy de remarquable fticeés , iyc.
- ^Ainfi paffa l’hiver fins rien de mémorable ni de part, ni d’autre ; comme fisr le.. Printemps Philippe fè met en campagne avéc une grande armée iy s'aprochedt Calais pour atirer Edoiiard au combat. Mau pour néant. Car Edouard fè contentant de fa victoire iy ne voulant courir le hax.ardd’une fécondé bataille , fi contenoit dans fis tranchées , iy pour montrer à 'Philippe fie réfolution, il fit bâtir des maifins autour de Calais pour loger fin armée a couvert, iy i fit venir fi femme, publiant a dejfein par ferment publie iy filennel (quelle audace, comme fi le fort de la guerre etoit au pouvoir de qui que ce foit 3 J de ri en bouger fi.ns en voir une fin iy faire payer aux habitant la folle enchère de leur opiniâtre réfilution, iyc. rRe-folu tien pourtant qui fut bitn falut aire a la France. Et enfin la ville de Calais fi rend aEdoüardk diferétion , après une longue iy cruelle famine & le fiége d’un an quafi entier. ( far le fiége commanpa le 3 Septembre j 3 46. iy la ville fi rendit fur U fin du mots d’^Aoisft 1347, ) En la place des habitant originaires, Edouard i envoya une foionie £ ^Anglais, au fquek
- ' il diftribua tous les biens des vaincus , iy fortifia la vtUe principaUment dt&oté de la France ,. pour laijfer céte place héréditaire a fa pafterité. qui l’a tenue 210 ans , c’eft à dire depuis (an 1346. jufques kCan 1 s SS , iyc. Jean de Serres en la yic de Philippe de Valois L Roi de France. Breda jointe au parti des Provinces unies fit lôufrir d’incroyables travaux à Spinolal’elpace de dix mois; encore que depuis notre brave forceur de villes le Prince d'Oran-G e , n‘ait employé que cinq lèpmaines tout au plus à la reprandre furie parti Royal. Car il ni eût perfinne ,. non pac même des énemis, qm n admirât la manière du fiége, la force de la ville, (effet des travaux, le peu de temps que l’on i employa, iy de fildâs qui s'i perdirent, la gaillard)fe , tant du Général, que de fis troupes. En moins d’m mois tout fut fait, iy cinq fem Anes feulement fufirent à fa reduélion, outre les t,ois fimaines qui furent employées h la fortification du tamp iy a re, oujjir fénemi au dehors : environ huit cens i moururent, fijuant à la dépance, eût fut beaucoup moindre que celle qu autrefois les énemis i avaient faite t k raifinde (avantage des rtviéres parle moyen de [quelle s , on recevait ai-fémentdans le camp toute forte de commodités. C’eft adiré k comparatfon de ( entreprtfe de Spinola, comme les grandes chofis tnt de coutume , d’être jugées fur céte mefure. Car alors dix mois fe pafférent, la fleur de fin armée s’i eonfmma , enfin la dépance i fut toute autre , avant que Sréda fût remifi a fa difirétion, par la necefiité des vivres iy (extrémitéde la faim. Boxhornenfon Hiftoire de Bréda. Leméme Prince d’OR an ce en fix moislerandit maître de Eofleduc. Mae-ftricht lui coûta deux mois fie douze jours: mais quelle étoit alors là puiflànce, en hommes, en armes & en travaux j fit de combien éroit changée céte ville de ce Maeftricht, qui avoit rciïlté iv mois au Prince de Parme J Je «efçau rois pas m’empêchcr d’ajouter ici, puifque la vérité fie la vertu font aimables par tout, Famiau Strada, Hiftorien qui ne fera jamais eftimé le moindre entre fes compagnons. Il commence donc fon Hifloire de fort bon-negracepar une belle defeription , non d’une Icule ville, mais d’une région toute entière , fortifiée derouscô-tH fit qui eft aujourd’hui le plus fameux théâtre de la guerre, Se fi fertile en iîegcs, que peut être la pofterité, les
- S 2 croira
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- Ï40 Livre Premier,
- croira malaifément ; & dit ainfi : l’entreprens le récit dune guerre, ne /cachant pas de quel nom convenable je la doit appeler, ou Flamande, ou Efpagnole , ou de toute l'Europe. Tant de nations i conspirent & contribuent de leurs armes, dé leurs finances, ou du moins de leurs afeHions iy de leurs confeils, qu’il famble que le Pays-box fait le champ, où fi dispute la contro-verfe de C Empire de toute l'Europe. fe qui fera naître fans doute en Vejprit de plufteurs la curiofitéde ff avoir iy de lire, avec quel fuccés leurs compatriotes iy leurs parons, fi fint comportés en céte campagne de Mars. D'autres encore qui ont moins d’in-ttrtft en céte caufe ne lai fieront pas de vouloir aprandre, de quelle fiurce ces Provinces TSelgiques ont emprunté tant de confi-dance, & d’où ces forces leur fintnées qui les randent capables de me/urer leurs armes avec un fi grand Roy déjà dépuis X. XX ans, ‘en égalité de fuccés tant par mer que par terre. Il n’en eft pas quitte à fi bon marché. ^ Tar quels moyens il eft arrivé qu’une nouvelle République fi fuit formée tout à coup de quelques bateaux de pêcheurs en céte côte de Hollande ? qui rand de jour en jour fa puijfance fi confidérable par fis exploits , que maintenant elle tien veuille plus foùfrir fier terre aucune autre qui la jùrpajfe iy se fi mifi en état dette plus rien craindre fur mer: qui par fis admirables fiâtes, a tranjporté Jùr l’Océan fis colonies dans les terres les plus éloignées ? qui s’eft acquis iy ajfuré en l'Europe une nouvelle 'Principauté, iy ne fi recognoiffant en rien moindre que ne font les Rois , tient auprès d'eux fis ^dmba(fadeurs ordinaires , iy traite avec eux en égalité: (yc. On ne petit pas-dire qu’il iait rienences Provinces, quin’aitété a prefant effayé iy entrepris: Nous ni avons pas feulement conté-fié contre les grands fleuves au delà de tous les miracles que contiénent les fables : nous avons contraint Neptune même à noue obéir , iy ranverfans les bornes de t Océan nous [avons randu compagnon de nos entreprifis : nous avons affermi nos pas fur la mer comme fur la terre : nous avons répandu la mer fisr la terre iy [avons faite navigable ; nous avons combatu avec le ficours de tous les élémens ? Et certainement, (fi je ne m’abufi comme il arrive affés fouvent k un chacun en fin propre fait) il ne me famble pas que jamais une guerre ait été opiniâtrée avec plus de courage iy de plus grands dcjfiins: ni que jamais lapuif fiance des grandes villes ait eû plus à fiufrir de l'induftrie (y de l’ardeur des afiiégemens : nt qù en aucune guerre on ait plus expofé, ni plusépandude fangde part & d'autre iy dans une fi longue fuite de cruelles rançonnes , qu’en celle-ci: gue les rivières de Simoïs iy de Scamandreque les fables des grées ont randuês fi célébrés, ayent rouüé parmi leurs fies, les armes iy les cors de tant de vaillant hommes ; qu’il ne fiit que trop vrai que tviufide, l'^Allia, leTrébia fleuves renommés parlescala-mités Romaines l’ayent fait ; le nombre eft bien plus grand, la valeur iy les entreprifis bien plus confidérables de ceux que la Meufi, que le Rhyn, quelEfcaut iy que les autres rivières Flamandes ont engloutis, ayant veù fi fiuvent la couleur de leurs eaux changée iy rougie de fitng humain , iy leurs cour fis enflées du débris de tant de régimans iy des dépouilles de tant d’a-mes iüuftres. De combien de Provinces, celle-ci a épuifé les forces ? combien de flotes ont paru fur fies mers ? de combien de troupes fa terre a- telle été couverte ? La fureur delà guerre ni avait pas fi tôt moijfonvé ces grandes armées , que d'autres plus grandes qui fuccédoient de tous côtés , ramplijfiient fis campagnes comme a l'envi? Et pourtant, nitant de peuples ruinés , ni tant de finances Royales épuifées, ni toute [Europe puiffamment conjurée, jufques à prefant n ont peû empêchtr que céte T R. o y £ ne fubfifte, après une fi longue fitite de tant de dix années , tant de fois multipliées. Amurat I V fermera ce pafiage avec fon armée de huift cent mille hommes. Le grand Seigneur écrivit a la Sultane fàmére, qu’il ne partirait point de Tabylone, qu il n’en eût fait reparer les brèches , iy les ruines , par ce qui lui reftoitde pioniers, en ayant perdu bon nombre des ix mille qu’il aviit menés d céte expédition: en laquelle il perdit aufsi une grande partie de fin armée, étans mors devant céte place en ce feul efpace de xl jours que ce fiége dura, plus de deux cens mille hommes. Baudier au I x liv. de l’Inventaire de l’Hiftoire generale des Turcs.
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- vert& ( a) impunément, & avec bien peu de hazard8c de domage de nos citoyens j ( b) au contraire nous avons le moyen de (*) les repouffer ,(d) de les batre 5 («) ou mefmes s’il arrive que la fortune s’opiniâtre à
- nous
- fa) La fortification du camp parfaitement bien pratiquée, la hauteur du rampar, iy parle dehors du rampar, de» jointes fimées par un fingulier artifice, l’affuroient ajfés, encore qu’il n’eût pas été autrement défandu. Cælar de la guerre d’Afrique. La fortification d’une ville eft encore de plus forte confidération, car un camp ne fe fortifie que pour un temps & à la hâte ; mais en la fortification d’une ville on porte fes penfées plus loin & on s’i comporte avec plus de prudance & de loifir. ( b ) Il faudroit demander aux Turcs qui mirent le fiége devant Famagoufie. ce qùils en pan-
- fint ; où ils perdirent plus de milliers des leurs , que les ajsiégés de centaines, far au raport d\Adrian (en fin liv. x Xi ) x l milleTurcs i demeurèrent, le Conte "Biccar ( auchap.xxvii du i Livre ) en met l mille. “Des afîiégés qui eftoient quatre mille dans le comancement du fiége , en refia huit cens fans les bleffés. Que fi ces vaillans hommes n’eûffint point eû faute de vivres iy de poudres, iyqueta trop grande diftance des lieux, n eût point empefehé le ficours qui leur pouvait être envoyé 5 peut-être Famagoufie ferait- elle encore au pouvoirdes Vénitiens. Scipion Amirautau xii difcoursdu xix livre de les Diûert. Politiq. Encore que le Roi de Perfi Sdpor, montrât en apparence me grande alegreffeà voir la ruine de la ville, ( Amida ) il n avait pas pourtant l'efprit en repos, iy fe repréfantoit les notables pertes que fouvent il avoit fiufertes on afiiègeant, plus grand nombre des fiens i étans demeurés qu’il n avoit prude prtfiniers de notre parti, ni mêmes mis en route en divers comb as, ainfi que quelque fois il était arrivé a Nifibis iy a Singara. Comme aufsi en rxxrri jours qu’il afiiégea ^imida , il i perdit xxx mille hommes défis troupes.Ammian Marcellin au xi x livre. ( c ) 11 n’apartient qu’aux éféts de l’Architefture de
- produire la chofe du monde la plus precieufe & la plus importante dans les afaires,qui eft le temps,d’en retarder la courfe & de l'oûtenir les ruines de la Fortune par fes in vantions. Ces barbares ( qui le croira ? ) furent fix mois entiers ata-chés à l’entour d’une roche, fai fins jour iy nuit toute forte 4’éfors pour [emporter. Entre les autres nuis ilien eût une qutlem fut favorable , dont les tenebres leur douèrent oceafion démonter iy de furprandre la fortereffi ; mais Manlius éveillé par le cri des Oyes, les chajfide la cime de la montagne iy. pour leur ôter toute ejpérance de l’avoir par famine iy leur faire comprandre qu’il ne les craignait nullement, quoi qù il manquât de toutes fortes de provifions , il leur fit jetter des pains, comme s’il en eûjl eû abondance dans céteplace , iyc. Enfin les Earbam étans eux- mêmes ennuyés de la longueur du pége , confmtirent a un acori iy ofrirent d’eux mêmes de s en aller, pourveû qù on leur payât mille livres d'or. Mais quand ce vint à leur fournir le payement par une infùportable infilence, ils mirent leurs épées dans les balances, difans fuperbement, qù il ne refiait que douleur aux vaincus : Tandant cela Furiu* famillus , leur donne en croupe iy en fit un p grand carnage, qùü éfaça avec leur fang toutes les traces de [embrasement de la ville. Florus au ch.xi 11 du i livre. Voyés auffi Tit.Li ve au v liv. * (d) lit en avoit qui
- étaient d* avis, que fur l’inflant même il allât droit à fumes iy aftiégeât la ville. ^Annïbal en avoit ajfés bonne envie, deflrant au maint, qu'au défaut de Naples,qù en vain il avoit effayèe, ccteviÛe maritime de Cumes tombât entre fis mains : néanmoins dautant que les foldâsde fon armée , qu'il avoit fait partir en hâte, navoient rien aportéavec eux , iltrouva plus à propos de s'en retourner en fin camp au dejfus de Tifata: de la, forcé par les prières de ceux de Campanie, il s” avança le lendemain vers fumes avec tout [appareil nécejfaire à un fiége , iy après avoir fait le degap en toute la campagne des environs , il mit fon eamp a mille pas loin de la ville , iyç. Le Confùl Titus Sempronius Gracchus étoit en ce fiége ; déjà les travaux étans en étaton commençait de batre la ville. Pour fi dèfandre contre l’èfort d’une très- haute tour de bois que l’on aprochoit de la ville le Conful Romain en fit drefter une autre quelque peu plus hautefur le rampar ; parce que le rampar fiûtenu de poteaux ajfés fermes lui fervoit de plan : à la faveur de cete tour ceux de la garnifin fi mirent premièrement à dèfandre la ville, à coups de pierres iy de poutres iy d autres trait : mais quand par fis aproches la tour énemie fe fut jointe au mur, à force de torches ardantes iy de brandons ils i mirent le feu., Tandis que les fildas qui étoient dedans èfrayés de ce t embrasement, fi précipitoient pour s’éehaper de céte tutne,ceux delà Ville d un meme temps ayansfait deux firties de deux côtés, ranverférent les pofiesiy les cors de garde des ènemis, les mirent en route iy les chafiérent dans leur camp : de forte que le lartaginois fe trouva ce jour-la plutôt afsiégé,qù afiiègeant. K. t demeura M c C C C des fiens, iy quarante furent prifiniers. Çracchus fit fonner la retraite avant que l'ènemi fût revenu de fin épouvanté, iy eut tout loifir de métré les fiens a couvert dans l enceinte de fis murailles. (e) Tout cequexequeroit le
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- De la Fortification Reguliere. 141
- temporileur Fabius en un bon general d’armée, nefçauroit être bien exécuté que par celui qui fera excellant Ar-chiteéte. Ecoutés ce que dit ce Fabius, en là qualité de Lieutenant de Dictateur. Que fi toute l’importance des affaires étoit en fa puijfance ir fi elles ne dépandoient que de fin avis, il feroit en forte que l’on reconoitroit en peu de temps, qu’un bon Général ne doit postant à la Fortune , comme Ü on pan fi , encore même quelle fioit armée de piques ir de coutelas, mais que la prudante conduite & le raituonement, adjoûtons-ii’éfétde la doloire & du hoyau, peut tout en ta guerrej é-qu'il fi donnoit a foi même bien plus de gloire Savoir fieu conferver la vit ir l’honneur aux fildâs de fin armée, pondant un temps très - difficile , que s'il avait fait mourir plufieurs milliers des énemis. Mais quelle adreflè a t’il mis en uiâge pour ce deffein î en fe fortifiant & métant en pratique l’Aichite&ure militaire .* Car il conduifiit fis troupes par les lieux les plus élevés , peu éloignées de l'énemi -, ne voulant pas ni les abandonner ir les perdre de veué, nt les combatre , il retenoit fis troupes tousjours rejferrées en fin camp , fi lanéceflité ne Cobligeait a faire autrement. Tite Live au livre xxn. Mais nôtre Architecture, ne fe donne pas feulement la gloire de pouvoir conferver les citoyens, elle peut davantage, fournir les moyens de ranverfer &de ruiner les énemis fèuremcnt& impunément, dont leplus ample & Ieplus iiluftre témoignage quenousayons, eft celui du liège de Naples au fiécle précédant. L’Hiftoire enefttelle, quelle mérite, que tout chef de guerre en Içache, toutes les circonftances, jufques aux plus petites. On les peut voir, comme les reprelànte, & les cenfure judicieufemenc Guicciardin, aux livres xvxrr & xrx de la guerre d'Italie,
- Jean de Serres en la vie de François I. fur l’année i j z8, en parle ainfi. Cependant les armes de Lautrec projpérent au 'Royaume de Naples, avec telle inclination des peuples, foit pour affeftion au nom François , ou pour haine a l'Efpagnol ; pre(que toutes les villes envoyaient vinteinq ou trante milles au devant préfanter & leurs clefs ir leurs portes, ire. Capouè, Fiole , Mcerre, Mverfi, ir toutes les places des environs ayons par une volontaire ouverture de leur portes , facilité les progrès de Lautrec, le voici campé devant les murailles de Naples, fur la fin d’Mvril ; les Impériaux s'êtans referrés aux défiances feulement de Naples ir de Cajéte. C'était beaucoup avancé d’avoir chafié les forces énemies de la campagne, ir les tenir enfermés, dans la vide capitale. Mais, hélas ! que deviendra une fi grande multitude £ afiiégeans ? ( Guicciardin fur la fin du xviir livre dit, que l’on croyoit, que l’armée Françoife étoit compofée de xx mille chevaux & de rxxx mille hommes de pied: ) Il fallût que nos François aprijfent encor un coup à leurs dépans, que toutes leurs entreprifes étrangères ir lointaines, leur ont été autant de triftes cimetières. Qar de tant £ hommes d’armes rien refièrent pas cent, ir de tant de milliers de gens de pied, quatre mille échapérent a pêne, les rigueurs de la mort. Car les François abandenans Pou&Çole , jetteront la garnifin dedans Mverfe, lieu de fort grande importance pour le camp. Mais Capouë ir Noie perdues, a pêne pouvaient-sis recouvrer vivres, de forte que l'armée ne pouvant plus fubfifter, fe leva de nuit pour gaigner Mvcrfi. Les afiie-gês découvrent leur parlement, les fuivent, défont in chemin la bataille ir i arriére garde , prénent les chefs, ir tous les per-Jonnages de qualité ; afsiêgent le Marquis de SaluJJis dans Muer fe-, ( Lautrec étoit mort au camp devant Naples, de peftefiç d’ennui, à qui fuccéda au commandement de l’armée affiégeante,ce Marquis maintenant alfiégé -, & prifonier, pour voir bien tôt avec la fin de fa vie, celle dé fa captivité ) qui ri ayant pas moyen de fi dêfandre, envoya guy de "Rangon, parlementer avec le Prince d'Orange-, ir capitula ce qui s'enfuit : Qu’il laijferoit Mverfi avec le château, artillerie i-munitions , Que comme Lieutenant Général du Roy, il demeurerait prifinnier de guerre: Qu'il employeroit fin autorité, pour faire randretant par les François , que Vénitiens, al’Empereur tout le Royaume de Naples: que les gens de guerre lairroient leurs en feigne s , guidons, banderolles , armes, chevaux & bagage : que les étrangers ne firviront de fix mou contre C Empereur:
- Minfi toute l'armée demeura défaite : tous les Capitaines, que mors, que pris , ou par fuite, ou par cet accord -, Clôture ir fçeau des misères Françoifis au Royaume de Naples, ir letabliffemént de la grandeur EJpagnole en Italie. Quelle ter:aile s’eftopoféeà l’éfortde tant de milliers d’hommes en armes 5 ce petit Parapet de terre, qui étoit autour du mont faint Martin au Fauxbourg de Naples : Cela feul empêchoir que les afiiégeans n’aprochauent la ville ; comme nous, le verrons en autre lieu. Or maintenant je vous demande , quelles piques & quelles épées, euflent pu faite un tel cfét, que de conferver une poignée de pauvres fuyaxs eftropiés, à la veuë d’une armée inombrable, victorieufe & iniblante : fans doute que ces miférables dévoient leur falut au lècours du hoyau & de la doloire bien maniée : d’ou ce changement de fortune fi extraordinaire quiranverfaleurs énemis, au même état de tnilère & de captivité , autant les chefs, quelesfimples foldâs d’une fiéfroyable armée? la feule défance des murailles de Naples»
- & la difficulté de leur accès fit ce grand éfét: Joint à cela la furieufe obftiriation de ceux qui s’opiniâtrèrent Talfiéger, jufques h ce que la famine, la pefie, & pour comble de tout, la rage de leurs énemis, les eût tous confirmés.
- nous perfécuter, il eft tousjours en notre pouvoir de lafîèr 8c de tenir en haiéne notre énemi, ( * ) & cas arrivant que la néceffité nous i oblige, de le contraindre à nous (a) accorder une meilleure & plusavantageufe com-pofition.
- (a J Enfin , lanêcefsiti fèrandit fi extrême, qu’ils ejfayérentde fi nourrir dueuirde leurs courroyes, ir des peaux de leurs boucliers qu’ils arrâchoient ir faifoient tramper dedans l’eau pour les amollir : toute firte £ animaux ir mêmes les foutu furent employées pour contanter leur faim : ils fe firvoient au fit de toutes fortes £ herbes ir de racines qu'ils receuilloient au bas de leurs murailles: mêmes le s énemis ayant labeurê tout ce qu’ily avoit astdehors, ilsi fimérent de la graine de raves -, de forte qti Mnnibal fut contraint de s’écrier-, Qupy, dit-il, faudra-t’il que je demeure h Cafilin, jufques à tant que ces raves firtent de terre ? ir ri ayant jufques lit voulu entendre à aucune compofition , alors il trouva bon que l'on traitât de la rançon des hommes libres j on demeura d’accord de fept onces d’or pour chaque tefie, ire. Tite Live au xxm livre. (b) S ci-
- pion 'Æmilian , las de veiller ir de travailler , fut contraint de donner là vie fauve à t mille Carthaginois qui s’étaient retirés dans la citadelle. Appian fur la fin de fon liv. de la guerre Punique.
- CHAPITRE XIII.'
- Des Dehors en general : &• particuliérement de la JlruBure des cRavelms, û* des Demi - lunes*
- IUfques ici nous avons preferit la méthode qui doit être obfervée en la Le prudant ftrudure des plus nobles parties de la Fortereiïe ; & particuliérement de celle qui eft environnée d un Fofte plein d’eau : fans lefquelles parties ^ elle n’auroit pas fa perfeâion ; êtans telles quelles font néceffaires pour la les Courts-tenir clofe & bien armée de tous côtés pour fa défance. Il eft maintenant à
- S 3 propos
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- Livre Premier,
- eipM fim propos de traiter des pièces détachées du corps de la Forterefle, qui font deflinées à la prote&ion & tutéle de fes principales & plus nobles parties. Irmlrfa Ce font les Déhors. {*) Car tout ainfi que lefoldat qui expofe fa vie aux tlfiomnI°n bazars de la guerre, prand un bacinét fur fa tête, un plaftron fur fon efto-mac, & couvre encore l’un & lautre dune rondacKe: le pruclant ingénieur en ufe de même au regard de la ville dont il ménage la confervation, couvrant les Baftïons 8c les Courtines, qui font des membres aufli néccfiai-res, au cors de la Forterefle, que ces autres le font à la fubfiftance du cors humain ; apropriant des Demi-lunes 8c des Ravelins au devant de la ville, pour la métré en état de fe défandre.
- Car en éfét ces Dehors ne font autre chofe, que des petis Fors, feparés dé la ville même, mis au devant des membres de la Forterefle moins robu-fïes ; ou protégeans tous les autres endroits de la ville, qui pour la foibieflê de leur afliétte ont befoin de défance. Dont les uns compris en Fenceinte du Parapet du chemin couvert, couvrent les Battions, ou les Courtines ; 8c les autres plus éloignés au delà de ce Parapet extérieur, fe préfantent à la rancontre des incurfions des énemis, pour les arrêter & pour garantir les lieux voiflns de leurs outrages. Les ouvrages de Déhors qui font plus en ufage font ceux-ci : Ràvelins, Demi-lunes, Ouvrage a Corne ou cornus , Ouvrage s couronné s , Tenailles, Traverfes de toutes les fortes. Si je métois en queftion fçavoir fl un foldat fe doit armer la tête pour fe préfanter au combat , jeforois ridicule ; ne feroit - il de même, fi je difputois, fçavoir fi une ville doit être armée de Demi-lunes 8c de Ravelins ? Ifadas Lacédémonien, fut couronné par decrét public, pour avoir repoufle d’une valeur extraordinaire par l’opofition de fon cors, toute l’armée des Thé bains, qui déjà fe randoient maîtres de la ville : Mais il fût condâne à l'amande, pour avoir entrepris ce combat fans armes 8c tout nû ; ce qui fut jugé une témérité criminelle 8c qui rie devoit pas être éxante de châtiment* On demande , fi Ifadas pouvoit apeler de la pêne qui lui fut impofée, en cas qu’il eûft eu, la tête couverte débranchés d’arbres, 8c une cuirafle de même étoffe. Car il i en a qui avouent bien que ces Ravelins& ces Demi-lunes, peuvent être comparés à des habillemens de tefte & à des Rondaches, mais ils en font aufli peu d’état que fi elles étoient de paille ou de papier ; 8c n eftiment pas qu elles foient plus capables de réfifter aux coups. Quelques autres veulent bien faire tant d’honneur à ces Dehors, que de les comparer à une efpee ; mais ils difont que c’eft un for chaud, qui nous échaudé 8c qui nous brûle, a l’heure même que nous* l’employons contre ïiïmpM 1 énemi* Marloü nous perfuade leur ftruaure, mais fi froidement, qu’il ne
- fcmble
- (a) Ammian Marcellin au XXI liv. t Empereur Confiante, ne pouvant fe refondre nétoit pus fans foin, tandis que lefieu-nte 1 tgru arrêtait l armee de Sapores : dautant au apres avoir pajf'e tête riviéresilne trouveit aucune reûfiance, tien pouvait faire de meme de C Euphrate fans difficulté ; d‘ autre coté voulant tonfirver fin armée pour les guerres civiles , il apre-handottdel expo fir au hasard de fe perdre en constatant contre les Etrangers, ire. Toutefois four n’étre pat oifif & de pturaue fa nonchalance ne fut blamee , il envoya vigile & ^irbetio & les Officiers de la Cavalerie, avec de grandes troupes, non pour TnlZ UJnFer/eraU combat> ieuT f°rf>fier è-joindre par lesDehors, le dtfa des rivages du Tygrs, &c, Icmêmefera-
- «onte en plufiems autres lieux: Ainfi Virgile au ix de l‘Æneide.
- Pour refifter à la fureur de Mars ,,. , Métre au devant de folidc* rampars.
- (> ) Plutarque en la vie d’Agefilaus.
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- De ia Fortificaîion Régulière, 143
- fëmble pas en faire grand état ; à caufe de la grande dépance ; & que pour Déhors «h fatisfaire à les défandre les foldas de la garnifon en font extraordinaire-ment fatigués 8c féparés- Celà fut reconu manifestement âu dernier fiége «prouve de Bréda, dont les Déhors fer voient plus à loftantation qu’à la défancc def^£f la ville : 8c quoi que la garnifon fût puifiante, ellenefufîfoit pas néanmoins, pour une fi grande quantité d’ouvrages : de forte qu’il arrivoit fouvent que tmdent ces Déhors étoient deftitués de gens 'de défance : & faloit que les mêmes foldas continuaient les jours 8c les nuis, en mêmes portes, autant ceux Bréda *ïfé* qui étoient de garde, que ceux-là qui étoient deftinés à leur fuccéder ainfi, d’autres compagnons prenoient bien la place de ceux qui étoient k Prime las 8c fatigués ; mais la ville ne pouvoit pas les relever de leur fundion, ni leur en fubftituerde nouveaux qui fuient frais 8c repofés. Il i avoit même ^^ahîê desRavelins quieuient requis une compagnie toute entière, qui pandant pour le conque dura le fiége, n’avoient pour leur garde qu’une efcoüade, encore pêne étoit - elle complète. Ce petit nombre de foldas, mal-aifément pou-voient faire la fondion de fantinelles, tant s’en faut qu’ils peuflent fatisfaire à la défance qui étoit néceiàire : mêmes entant qu'étans fi peu, toute perte leur importoit beaucoup. Aurti ne les blâmoit - on pas ces taupes de s’être enterrés dans leurs rampars mêmes pour fe mettre à couvert contre les orages: puis que les plus puifiàns ouvrages de Corne faifoient bien peu de réfiftance. Enfin céte Bréda fi célèbre ne fit point d’exploit en ce fiége qui fût digne de fon anciéne réputation.
- Je ne feai pas pourtant, fi Marlois, obtiendra tout ce qu’il prétând, «»
- encore que tout celà foit très-véritable : Car en tout lieu qui peut impor-^J^ de> ter, il ne faut épargner ni les hommes, ni la dépance. Or eft-il qu’il ne^ ^ faut point douter que ces Dehors ne foient de grand fervice pour arrêter l’énemi & gaigner du temps ; étans bien pratiqués 8c bien gardés : particuliérement , fi lesFofies font ramplis d’eau : 8c n’i a point de difficulté qu’èn la guerre, le temps, ne foit plus précieux que l’or: dont les moindres momens, changent quelque fois toute la face des afaires. Il eft vrai, que pour la garde des Dehors on a befoin d’une plus forte garnifon : auffi obligent - elles, les troupes desartiégeans à fe des-unir, lefquellesètant ainfï diftraites 8c féparées, ne font pas fi capables, ni de fe garantir des furprifes, ni de réfifter aux entreprifes de force ouverte ; ainfi 1 enemi aura befoin d’un plus grand ranfort; principalement s’il a fur les bras quelque camp volant qui le menace. De telle forte qu’il fe peut dire, que mètre le fiége devant une ville bien fortifiée de ces Dehors,n’eft pas une entreprife que puif-fe faire tout Capitaine ; mais feulement le Général d’une puifiànte armée s & eft encore vrai, que les progrès en feront bien plus malaifés : en ce que ceux de la ville affiégée pourront offançer l’énemi de plus d’endrois, avec afiùrance 8c impunité : 8c plus commodément découvrir 8c réfifter à leurs aproches, ayans l’avantage ® plus de lieux propres à cét éfét. Enfin quand on aura perdu tous ces Dehors, la ville n’en fera pas plus foible, ou de bien peu, que celle qui n’auroit pas eûces mêmes défances. Mais afin que
- quelqu’un
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- quelqu’un du parti de Marlois ne triomphe pas de l’éxample de céte Bréda Efpagnole, j’en apelle à celle du Prince Maurice & Orangeoife. v éxœmbie Qi?e tari ait été en fon temps un très-grand Capitaine ; aujourd’hui
- de BrèL qu’il a fatisfait par fa mort aux reflàntimens de l’envie, il n’i a plus perfon-ne n’en tombe d’acord ; il eft aufli fans doute , qu’il avoit pourcom-lhrUecon PaSnons de ^esexplois des Officiers 8c des foldâs, dignes de lui; Que trover/e.- toute fon armée avoit randu de rares preuves de valeur 8c de fidélité 8c quellepouvoitêtre comparée auxanciénesen bonnedifcipline, ne fufi-fant pas feulement pour un fiége, mais pour en entreprandre plufieurs enfàmble 8c à la fois. Bréda n’étoit pas plus forte pour lui, que pour nous quand nous l’attaquâmes de force ; Pourtant il aima mieux prandre Bréda par patiance avec peu de réputation, que de s’expofer aux hazars de l’attaque. Et Spinola n avoit pas moins que nous , ni d’adreflè, ni de courage pour céte forte d’entreprifes. Ce prodige à’Oftande l’avoit afies in-ftruit, 8c céte ligne de ci r c o n va l l a t i o ni fi bien entanduë, qu’il avoit faite autour de Bréda, faifoit afies conoître qu’en la fciance d’afliéger, il ne devoit rien aux plus heureux Capitaines du monde : Néanmoins tant de Iras éS. tant de tefles, & tant de cornes qu avoit céte puiflante ville , d’ailleurs La formm Pourveu^ d’une garnifon de huit ou de neuf mille vaillans hommes, lui de spinola perfuadérent avecjufte railbn, qu’il ne devoit pas hazarder l’importance BréTJf&t d’une fi belle armée, au danger de fe ruiner en deux ou trois rancontres de tZÎhan* mauvais facrés- C’eft ce qui l’obligea, pour ne pas engager fà réputation, Ife *^me qui eft un des nerfs de la guerre, 8c pour ne rien perdre de la gravité Efpa-vtâotre. gnoie 9 d’employer à Facquifition de céte forte place, une dépance fi exceflive , que le threlbr d’Efpagne 8c les flotes des Indes en furent prefque tout épuifées ; de telle façon que depuis céte feule vi&oire, la guerre d’Allemagne ayant commencée en ce même temps, 8c continuée bien au delà de ce que l’on avoit efpéré, atirant à foi toutes les forces 8c tous les foins de céte Monarchie ; dés lors les affaires d’Efpagne commancérent à fe ruiner en Flandres, 8c depuis ont tousjours fuccédé de mal en pis. Pour eomprandre en peu de paroles, tout ce qui fe peut dire touchant ces Dé-hors de Bréda : En toutes les Provinces Belgiques, il n’i a point de place qui foit fi bien fortifiée que Bréda, à caufe de fes Dehors : Il n’i en à point qui coûte davantage aux Etâs unis pour la même raifon ; Nulle place n’eft aufli ataquée par le parti Royal avec plus de dommage, par le moyen de . ces mêmes Dehors défandus par une garnifon fufifante : Les Etâs unis, ne firent jamais d’entreprife plus favorable que d’attaquer ces mêmes Dehors dépourveûs de gens de défance : Le Roi d’Efpagne 8c tout le Brabant n’ont jamais foufFert une plus grande perte à moins de dépances de l’énemi.
- Néanmoins pour ne s’abufer pas en cedifcours que j’ai fait touchant les Dehors, il fera néceflàire d’i aporter le tampérament que j’ai ci-deflùs employé au précédant Chapitre ; afin que l’olPne creût pas, qu’en la que-ftion, entre le fofle fée 8c celui qui eft plein d’eau, je vouluflè être en même temps de tous les deux partis. Car enfin ce n’eft pas mon intantion de '
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- De la Mortification Régulière. 145
- blâmer les Dehors abfolument, puis qu’il eft vrai que les ouvrages Cornus &les Couronnés, tiénent leur rang entre les vrais mambres d’une jufte Fortification; propres’à doigner lesaproches delenemi. Car pourata-quer une ville fortifiée de puifiâns Dehors, il faut faire état d’une plus forte armée, d’un plus long temps, d’un plus grand apareil * & par confé-quantde multiplier la dépance. Que fi l’afiiégeant n’a cxaéïement préveû &pourveû à toutes ces choies d une confidération tant générale que particulière , il fera mal traité par les afliégés, 8c reconoîtra par expériance ; qu’il ne pourra fe démêler de fon entreprife. Parlons des Ravelins.
- On apéle des Ravelins, les parties de la Fortereflè qui s’avancent en forme de bras, pour parer aux coups qui font portés à l’endroit où elle fe courbe ; Ou bien nous dirons autrement ; Que ce font en la place, certains ouvrages détachés, ayans forme de Battions, oppofés au milieu de la Courtine au delà du Fofie : En voici les raifons 8c l’ufage.
- 1. Pourdéfandreles Portes8c les Pons, qui font conttruits ordinaire- La Défini ment au milieu de la Courtine : Voyésen la Fig. LX111. comment le Ra-velin A, couvre la porte de la ville 0, les pons e 0,8c les ifluës ri. leur ufage
- x. Pouraflifter de leurs fccours contre les aproches des galeries, lesBa-fiions I, K 8c L, 8c particuliérement les plus éloignés 18c Qj écartant l’éne-mi des Faces ah 8c desFofles C : D'où appert que l’ufage des Ravelins eft inutile aux Fottes fècs, à la faveur defquels on peut tirer de prés fur les galeries 8c les empêcher par autres moyens.
- 3. Pour foûtenir les Demi-lunes F. G. H, mifes au devant des Battions I. K.L.
- 4. Pour fortifier quelque endroit devant de la ville, foible d’ailleurs.
- Les Architectes confultés des avantages que l’on peut efpérerde l’ufage
- des Ravelins, ne font pas d’accord : 8c confirment leurs opinions deraifons tiwfti fi paillantes de part 8c d’autre, qu’il eft malaifé déjuger de quel côté pan-che la vérité : fi ce n’eft que ceux qui les condânent tout à fait * font plus uZ firu d’état des fottes fecs, 8c de là vient, à mon avis * qu’ils ont jufte raifon de aun-rejeter les Ravelins. D’autres produiront les éxamples de plufieurs villes * comme («) de FamagouftedeCypre, (*) d’AlbeRoyale (*) d’Agria de Hongrie^ de qui la ruine a procédé de leurs Ravelins; outre les fuivantes 8c autres raifons ( d ) qu’ils employeur en confirmation de leur avis; Que
- T le
- ( a ) Specle, fait de très-grandes plaintes du Bavelin de Famagoufte occupé par les Turcs & converti en un Cavalier à l’ufage d’une baterie: voyésaufli ce qu’en écrit Michel Baudùr au xiv livre de l’Inventaire de l’Hiftoire générale des Turcs. {b) Le 'Ravelin d'^Albe Royale yaillammentdéfandu, fut enfin emporté au quatrième afî'aùt par le
- Sultan Mahomet 111- avec grand perte de foldâs des deux côtés j le x vi i d’Aouft de l’an 16oz; Et ce qui fit encore cétaccidantplus domageableaux citoyens, il en fut fait un Cavalier, capable de loger ixx pièces de grofle artillerie , dont les orages produifirent de grandesruines ; parce qu’en ce temps-là on ne fçavoit pas encore bienla manière de fe garantir de 1*effort de telles machines. Borritu en la nr partie de la Chron. de Cation en l’Empire des TmcsiOrtelius en fa Chion.de Hong, part.iv. (c^Borrius & Ortelius cités ci-defius, blâment avec raifon leRave-lin d’Agria, qui fervoit à la ruine de fon château, ôtant aux habitans leur dernier refuge. Baudier en dit de même aulivrexvi. 11 importoit grandement, dit-il, pour l’honneur desBafias. que Mahomet le randit maître de cété place, puis que c’étoit la première fortieSc le premier fiége qu’il avoir fait depuis fon régné. Mahomet afïïégeoit Agria avec deux cens mille hommes , 8c aveit en fon camp par defliis tout le relie de fon appareil, ccc pièces de canon; par le moyen delquels , s’étans randus maîtres duRavelin en xnaftàns, donnés en deux jours, ils déchirèrent le château d’une fi horrible manière, que les moins hardis en moururent de peur ; 8c de leur nombre retrouvèrent deux cens cinquante traîtres, la plus part Italiens, qui abandonérent tout enfiimble 8c le Château 8c la Religion Chrétiéne. (d) Ma non vorrei già, ehé I’igegnero correjfe in un* altro gravtfsimo inconvénients,
- che per votere doppiamente fortificarla, doppiamente rendejfe la forteffè piu debole. Quel Ravelini, qttei Haloardi (laccati dalle Cortine in mez&o de due Baloardi, fono dtfefe doppie fecondo l’intentione di chi gli approva, isr artha la Forte&g>a in
- T apparenta.
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- apparent; ma, Intel veritate, non fono altro, che membri putridi feparatt dal ctrpo, dal quale devono ricevere tutta la virtù moi e loro vigore, cbt in vece di defendere offendono , e fi tendon0 in favor del nemico. Que fit ordinariamente fono dt forma pittiola, & non capaci di difefe reali, & ejfendo tali, il nemico facilmentegli batte , e gli rouina, e Je ne impa-dronifie , e con quali facilita , o difficulté, che fe ne impadroriito , fortificatofi qui ni. fi ferve per impadtonirfi di tutto il refiodélia forte f7a. Etau deflous: Lafcieremo adunque da parte v Raveltnt e i CBaloatdi fpiccati dal verocorpo , e recinto délia fortézAa, corne membri putridi, che altro non fanno, che far combattere a i defenfori con dubio cuore, ir e di pi» penfare alla ritirata. ( Ainli le mur comanceantà ceder aux coups du grand Belier des Romains, que le6 J uifs fur-nommoieht Nicon, dautant que rien n etoit capable de lui réfifter ; eux qui déjà étoient lalfes&de combatre & de veiller, comme ceux qui paiToient la nuit bien loin de la ville, uférent encore de négligence, ou par mauvais confeil, ou parce qu’ils croyoient que ce ràmpar leur étoit inutile, en ayans encore deux de refte, ce qui donna occafionà plufieurs qui étoient fatigués de le retirer. Jofepheau ch. vu du vr Livre de la Guerre Judaïque.,) Che ail' ofiinatadifefit , quali facilmente abandonnati , fcala libéra fanno a!lo ajfalitore di penetrare dentro le yifcere délia forte a , (Le27.de Juilletdegrandmatin les aflàillans commancérent de décharger les foudres dè leurs canohs, dont le tonnerre ayant cefle devant le midi, à l’heure que les affiégéss'étoient mis en ordre pour le combat, une mine allumée en un inftant emporta le devant du Ravelin &xxhommes qui étoientdeffus: enmême temps l’éne-mi courant à l’aflàutfe randit maître du Ravelin, &de là pour fui vans ceux de la ville qui s’enfuyoient vers une brèche de leur rampar, que les bouléts de l’artillerie qui avôient pafTé le Ravelin, avoient faite, furent néanmoins jepouffés. Rheidanau xm livre de fes Annales) e impadronirfene, edaremo a un tanto corpo i fuoi membri, i fuoi bracchi, che akro non fono, che i Baloardi, e fue pia^ze tutti uniti, e congiunti al vivo corpo, da cui'Jperino di ricevere il vigore, e che perfo tali braccia , in altre braccia non tenghin» Jperanz,a : e percio per confervar queili ogni arte ponghino i difenfori , e ogni vigore, rifoluti conofiinato animo militare, piu tofto morire , che di lafciar la piaz.z,a, e fue difefe. Pietro
- Sardi au 1 Traité du iv livre de fa Couronne Impériale del'Architeft. Milit.
- le petit efpace que contiénent les Ravelins * ne peut admétre que bien peu de foldâs pour leur défance : or eft-il, que peu, contre beaucoup, ne font pas grand éfét, foit pour ofancer, ou bien pour fe défandre d’une attaque: ïls infèrent donc, quaprés quelles ont été emportées avec bien peu de difficulté, il en réülïit un notable domage, étant au chois de l’énemi ou d’i loger des moufquetaires , ou mêmed’i porter fagroffe artillerie, comme en un lieu tres-avantageux à caufe de fa proximité ; ou du moins d’en tirer une matière propre à combler le foffé Les Rave- D’autres au contraire feront valoir les éxamples recens, de Berghen-op-Uns blâmés zoom, de Hulft, de Bofleduc, 8c d’autres villes, dont les unes fe font % e&™*r bien long temps confervées , 8c ont bien donné des afaires à leurs rai/ons. énemis : les autres ont randu leurs entreprifes, leurs travaux 8c leurs dé-
- pances du tout inutiles ; & ne me famble pas auffi que bon ait r econu, en-1 xampies tre tant de fiéges qui ont paru en ces Provinces de part 8c d’autre, que les Pfins fhur Rave^ns ^es v^es Prifes > ayent jamais été, la principale caufe de leur ruine, avantage. Je demeure d’accord, que c’eft la vérité, qu’on ni peut pas loger que peu de gens pour les défandre ; 8c que partant ils ne peuvent pas beaucoup Rt raifons contre de grofîès troupes ; néanmoins pouf montrer que la défan-
- pha puif ce en eft meilleure que peut être l’on ne pourroit pas fe l’imaginer ; nous fjZeSgt*nd en avons un bon témoignage en celui, de Bofleduc, mis au devant de la nombr,eéfét Porre Vucht, 8c un meilleur encore en celui que le citoyens de Hulft ee' différent à la hâte en un fiége qu’ils mavoient pas préveû ; mais le plus illuflre de tous eft de celui de Berghen-op-zoom, que nulle profufion du fang énemi ne peût arracher du pouvoir des affiégés. Quant à ce qui fe dit, que lors qu’ils font réduis en la puiffance des affiégeans, c’eft la ruine toute certaine delà ville; celà, ne fe prouvera point, ni par expériance, ni par raifon : veû que le grand efpace tout entier du folle rampli d'eau, fui-vant les lois de notre ftrudure,' les tient encore féparés du cors de la place. Pareillement à ce qui fe dit, qu’ils fournifîènt à l’énemi, un lieu propre à dreffer fes batteries, je répons que cela n’eft pas de telle conféquance qu’il famble : atandu que le chemin couvert ou fon Parapet lui peuvent donner ces mêmes avantages, 8c que de céte place il fe fert ordinairement à
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- D F. LA FôRTIFICÀTION^ReUUL I ERE. ï/fj
- cét tifage ; lui étant plus commode pour batre la ville que né feroit pas même le milieu du Ravelin : pour ce qui eft de la matière qu’il peut fournir toute préparée à combler le foffé, c’ett encore mal à propos, que l’on fe donne céte apréhanfion : n’étant pas une choie que l’afliégeant ait pêne de trouver, pourveu qu’il ait la diligence que fit paroître, Erriefl de Naf-
- fau a Bofleduc, en un terroir tout nu, & qu’il n’épargne pas la dépahce: qui fera tousjours moindre que celle dont les chefs fanguinaires ont acou-tumé de payer leurs aquifitions. Au relie les mêmes argumeris, qui ont été Examen & allégués ci-deflus au V Chapitre contre les Demi-lunes, font aufli en par-tie contre les Ravélins. Pourtant il n’i a point de doute, que fi on les mét l'on *u au devant d*une ville qui ait fon fbfie rampli d’eau, elle n’en retire ün très-grand fecours, avec empêchement & notable dommage de l’énemi : d’au-lmu tant que les Flanqs & lés Battions qui les regardent, les défandent allés à propos ; & quand mêmes ils feront tombés en la pofleflion de l’énemi, étans ouvers du côté de la ville, il i fera toujours découvert. Car fi l’énemi vient à poulfer fes galeries fur le Ravelin, il fera tres-aifé de le faire fauter par une Contre-mine, à la ruine des afiaillans: 8c pourra t’oncretifer là mine en telle façon, que le devant éboulé, ne ramplittc que le folle, par où déjà la Galerie fe fera avancée; lailîànt l’autre partie entière toute découverte 8c de toüs côtés expofée à l’injure des coups ; nous avons déjà dit, que celà même fut pratiqué à Hulft, mais particuliérement à Berghen- op - Zoom, avéc heureux fuccés & notable commodité des villes afliégées. Mêmement fi on dréfie des échafaudages de bois, ou de poutres pour pointer le canon, fur ces Ravelifis, en telle forte qüe hormis un petit Parapét pour la necelîité, on n’i fàfïè point d’autres ouvrages malïifs, les faifans les plus vuides qu’ils pourront être, après que la miné
- en aura jeté les rampars au vent, il rien reliera pas à 1 enemi beaucoup de terre qui lui puitte fervir a combler le folfé ; èn quoi confifte lé principale crainte de ceux qui rejétent les Ravelins : car quant à ce quieli des autres raifons par eux alléguées, elles n’importent pas beaucoup. Tandis U Comte de Solms fait dreffer à la hâte un Ravelin au devant de la vide,8cc. te Ravelin qui couvre laporte, quon apele, des BeghineS ,fut lepremier h foûtenir l'attaque des enemis. il étoit pointu en devant en forme de coin ; En cêt endroit Us effayé-rent par tout moyens dé le fapper. Mais parce què lè cation du rampâr de la vide eti défandoit les deux F aces & que les pioniers dêcouvers à nos coups, étoient aifêmeni dépêchés ; ilfit faire deux traverfes de chaque coté du Ravelin , par l'opofition des-quedes il ni avoit plus moyen de découvrir les Faces du Ravelin, cé qui faifoit que les pioniers avancoient leurs travaux avéc moins de hdzard. Le 23. lourde îuil-lét, fuivant le vieux flyle, on commanca l'ataque de ce Ravelin par une haterie, de Bonte lté quinze pièces de canon ; & fur le foir les ênemis préfantêrént l'ajfaut ; ayans les foldas de leurs premiers rangs armésjusques aux grèves , pour mieux réfifler aux confirait à coups de mousquét.. Les quatre jours fuirvans , fut continuée avec plus grand1* hate' effort la haterie du Ravelin, lequel ayant été plufteurs fois affaidi fans fuccés, il ne laiffapasd i demeurer affés hon nombre des foutenans, mais du côté des affaih
- T 2 Uns
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- *4$ Livre Premier,
- Uns la perte fut beaucoup plus grande. Des nôtres Piron, Lieutenant de Soîms & Balfour Capitaine, furent bleffés• Entre les énémis, le Colonel Barlot i perdit neufCapitaines de dix de fin règimant, duquel ne lui rejlèrent pas plus de deux cens hommes. Lui-même fort llejfê fut conduit à Anvers. Rofne Maifire de Camp qui avoit confiillé ce fiége, & peu auparavant celui de Calais, fut tué à un coup de moufquét, au grand damage de l'Archiduc, &c. On ne fiauroit croire combien Albert faifoit peu de conte de la vie de fis foldâs : il difoit ordinairement, que les âmes font a Dieu, & les cors au Roi. il efl certain, quil eût tant de hâte, qu'il ne fit pas les travaux nécefi'aires pour la feuretê des foldâs, mais je ne fiai quoi feulement pour l'aparance & pour tromper les nôtres : & céte précipitation lui coûta trois cens Oficiers demfon artillerie durant ce fiége. O que ce Cardinal refTambloit mal à ce grand homme qui faifoit plus d état d’avoir confervé un feul citoyen, que d’avoir fait mourir mille énemis ! La nuitfui-vante le Conte de Solms Gouverneur de Hulfi mit le feu à la mine quil avoit préparée pour alatre le Ravelin, en cas quil fut réduit â la nèceffité de ?abandoner ; par ce moyen aplanijfant tout ce quil i avoit d'élevé, laiffa la place vuide h l'énemi apres lavoir chèrement vanduë. Car l'ayant commune ê a lahâte, il avoit été fait fi étroit, que malaifément pouvoit-il contenir L x hommes de garde, & ri avoit pas été achevé : de telle forte que les afftégés nétoient pas fans crainte qu'on ne l'emportâtdupremier affaui, tant s'en faut qu'ils fi fuffent promis, qüon ideût employer tant de travaux, & de tranchées, de combâs & de coups de canon. Rei-dan au xiii livre de fes Annales en l’année 15*96.
- Mais avant que de paflèr plus outre, il faudra fe reflôuvenir des Vivantes Précautions, par le moyen defquelles la ftru&ure du Ravelin fera randuë tres-parfaite.
- M^imes La première, Que l’Ancle nu Ravelin, soit au moins de pour con- 60 de grès, au plus de 90. Pour les raifons fi fouvent alléguées. Si ce ft.es Rave- n’cft qu’il i ait quelque raifon puiflànte qui oblige d’en ufèr autrement. lins- z La deuxieme, LesmeilleursRavelins, toutes choies pareilles,
- SONT CEUX QUI ONT LEURS FACES FLANQUEES PAR LES EXTREMITES des courtines de la vi lle. Car elles font mieux protégées : ayans les Faces & les Flanqs tous entiers de la ville pour leur défonce. Mais il faut prandre garde foigneufement, que l’Angle ne reiilïilîè trop pointu ; & que Vétanduë du Ravelin ne foit étrecie en trop petit elpace.
- 3 Latroifiéme, Que la capitale du Ravel i n étant prolon-
- GE'E SEPARE EN DEUX PARTIES EGALES L A Co UR TI NE DE L A
- ville: Ainfi le Ravelin fera fortifié également ; fi ce n’efl: que s’ofrant quelque avantage de très-grande importance, on fût obligé d’en ufer autrement.
- Dherfes Iiia dife'rans préceptes de la ftrudure des Ravelins, fuivant ladiverfité
- “ftluL-cîes concePtions d’un chacun; & fuivant aufli la nature & la propriété du tes plur les lieu 8c de la fortereflè. Aux Fortereflès régulières, qui ont les Faces a b Raveims. cjGS Battions I & K de la Fig. LXIII. de la certaine 8c immuable quantité de XXIV. V erges : de t milieu de la Courtine ux, tirant la perpendiculaire
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- de la Fortification Reguliere. 149 culaire t 2, & la prolongeant outre le folle ,âe y en z, jusques à trois quartes de la Face a h, donnera y z Capitale du Ravelin B. ou de/en q continuée à deux tierces de la Face donne fq la Capitale du Ravelin D. ou en fin prolongée de pcnm, la demie de la Face a b, elle donnera p m, qui eft la moindre Capitale que l’on puiflè afîigner aux Ravelins. Je m’explique. y z, p m, f q, Capitales des Ravelins, peuvent avoir en leur longueur, les plus grandes, 16,18, ou 20, ou environ ; les plus petites 12, verges : Si de la Capitale des Ravelins pofée, on joint l'extrémité la plus éloignée de la Forterefiè, avéc les extrémités de la Courtine, ( telle quel! la ftrudure du Ravelin, B ) ou bien avec le milieu des Flanqs qui le regardent de part 8c d’autre, ( voyés le Ravelin D, ) ou bien à leurs extrémités à l’endroit qui les joint avéc les Faces ; comme au Ravelin C : ou enfin en cas d’inévitable nécefiité avec quelque poind de la Face, ( au quel cas on pourra foufrir quelle occupe une quatrième partie de la Face, laifiànt lès autres trois pour la défance comme au Ravelin E ) réiiffira la Face du Ravelin 2 0% que le Folle delà ville déterminera en, 0. Ilien a d’autres qui prénent la détermination du point/de la Capitale du Ravelin E, des poinds d 8c e fur la longueur de la Courtine d e. D’autres encore tirent un triangle æquiangle fur la Courtine, dont la partie qui fe trouve au delà du Folle compofè tout le Ravelin : A ceuxci l’angle du Ravelin eft feulement de 60. deg. Il i en a qui pour faire en forte que le fufdit angle s’ouvre tant foit peu, font paflèr du milieu de chacune des Gorges h 8c k par h les extrémités des Flanqs, les lignes b b 8c k b pour concourir en fn à la formation de l’angle, 8c conftituent par ce moyen le Ravelin C, autrement que nous ne lavons ci-deflus expofé. Il i a encores pîufieurs autres manières (*) de former les Ravelins.
- Le prudant Architede aura égard à la longueur de la Courtine, 8c à itp#»ué-la diftance des Battions 8c à* la largeur du fofle, pour choifir à propos la meilleure forme de Ravelin : 8c fur tout prandra garde foigneufement 9- comprimât& que fon angle foit afles puiflant pour réfifter aux coups de canon : le fai- *tn^' fant métoyèn entre les extrémités ci - deflus arrêtées en nos maximes;
- Il ne faudra pas néanmoins, que le foin qu’il aura de l’angle, lui face oublier de pourvoir auflî à la défance qui lui eft néceflâire. Ellefufira,
- ( ne pouvant mieux, ) s’il la reçoit des Faces entières de la ville. En fin, fi la Capitalen’eft bien déterminée 8c fi le Ravelin, n’a letandue qu’il doit avoir pour les fondions militaires, en vain penfera t’il aux autres chofes.
- Or eft il que l’on ajoute des Flanqs de 8. ou de 9. verges, au Ravelin A, Raveïm* deftiné à la protedion des portes 8c des ponts, afin de conferver à la ville ilmiuéSs fes entrées 8c fes forties dautant plus afiurées, que tout enlàmble elles font oblèrvées de ceux qui font en garde hors la ville, 8c flanquées
- T 3 des
- (<t) Ilien a tel j qui prolongeant les Flanqs & loutre le Fofle, 8c formant fur la droite b b qui lui eft de 48 verges, un triangle æquiangle, conftruit un Ravelin , excédant beaucoup le Ravelin B : rétabliflànt au deli de la portée du moufquét :8c de céte façon les Ravelins feroient bien plus amples, que les Baftions de la ville même; 8cpartant avec juftciail’onilsfontcondânés.
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- ïp Livre Premier*
- des Faces 8c des Flanqs 8c dune partie de la Courtine de la FortereOe: autrement ces Flanqs ne font point néceftàires aux Raveîins : Etdautant que comme vous voyés * ces Raveîins ont pris toute la forme des Baftions, la ligne m i qui tient la place des deux Gorges, fera faite de 14. ou de 18. Verges ou environ : à laquelle infiftans à angles droits, les Flanqs ri 8c ma de mefure conuë, les lignes tirées de r 8c a en n ;e n eftant longues de 18.20. a2.piéds, détermineront la Capitale e n',8c delaquelle aufti fe prandra la détermination des Faces rn 8c an.
- les Rave- En fin, parceque le Ravelin doit abfolument commander au chemin phïs baLs couvert: il fera néceflàirede lui donner un exaucement qui l'éléve au def-Taétàu' ^us P^an campagne par le moyen dun petit rampar, de 4 ou de 6 Themin * piéds de haut : le faifant aftes fort pour foûtenir les coups de canon: 8c YeurTant neanmoins de beaucoup plus mince que celui de la ville. Ce petit Ram-par doit par aura pareillement fon Parapet de hauteur convenable : 8c lui fera don-YZp pïm~nee autant de largeur que le Rampar qui le foûtient en pourra porter, 8c mïnco que qu’il devra fufire contre l’injure du canon. A in fi le Ravelin de toute la Ziüe. 6 * hauteur de fon Rampar excédera 8c commandera au chemin couvert 8c à fon Parapet. )
- v/age don- Soit aftes dit des Raveîins : parlons des Demi-lunes. Ce font de petis Yemi-lunes 0LlvraSesayans formes d’Ifie, détachés du cors de la ville, que l’on a &domma- mis en ufage pour tenir les Baftions couvers 8c les défandre. Ci deiïiis quefolMei~ au Chap. V. nous avons ailes amplement traité, des incommodités qui accompagnent ces pièces féparées ; ce qui fe peut raporter ici comme à fon propre lieu. 8c mêmement avec une raifon dautant plus forte, que-leur firu- tans ces Demi-lunes plus éloignées, elles font moins fujétes aux trais qui driYpwen- PartcnC de la ville & Par confequam peuvent être aufti plus malaifément treprendre fecourues 8c protégées contre les injures de l’enemi. Elles ont aufti moins propos?” ^ d’efpace pour les fondions militaires; n’adftiétent pas grand nombre de foldas pour leur defànce; 8c ne peuvent pas contenir un grand nombre des chofes néceftàires pour fe garantir 8c repoufter puiftàm ment une violance extraordinaire, 8c partant ne font point capables de foûtenir un grand effort.
- ia manière Ces raifons exigent un foin fort particuliers: que l’on fe comporte en fondYhur leur fttudure avec une tres-grande circonfpedion ; D’autant que bien fou-firuiïure. vent ( principalement lors qu’elles font feules au devant des places irrégulier es, où quelquefois les deux Baftions plus proches font plus féparés qu’il ne feroit pas à propos ) il eft, dis-je, fouvent arrivé qu’elles ont été plus domageables, que profitables à leurs villes; témoin Juliers(*)8c plu-fieurs autres ; & je douterais même fi on peut utilement les employer au devant des places régulières. Je le foufrirai néanmoins ; à condition que la demi-lune foit accompagnée d’un côté 8c d’autre de bons Raveîins qui l’épaulent : mais fur tout je l’aimerois mieux afiiftée d’un ouvrage de Corne : 8c
- (4) En l’année 1610. Emmanuel de Mcteren, enfonliv. xxxii. Bonius en la paît, v 1.
- qu’on
- Chronique de Car. livre x.
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- de la Fortification Reguliere. 15i qu’on la face toute vuide à l’exception du Parapet néceffaire de fon petit Rampar : quelle n’ait point de Flanqs revêtus de Rampar, mais quelle foit ouverte du côté de la ville ï quelle ait enfin des mines pratiquées & toutes prêtes à jouer au dommage de l’énemi, en une extrémité, je préfupôfe encore qu’il i ait ces raifons qui-obligent de la conftruire ; À fcavoir; que le Baftion de la ville au devant duquel fe devra métré la Demi-lune, foit extrêmement foible ayant fes angles par trop pointus ; & que l’on àitjufte fujét de craindre que l’endroit où on l’établira, iie favorife 1 es aproebes de l’éne-mi. Pour bien faire les Demi-lunes, il fera néceffaire que l’on obfervé les fui vantes précautions;
- La première Que L’angle De la Demi-luné soit pris Maximes ïNTRE 1E 60. E T 1E 90. D E G R E. p'allT
- La deuxième. Que la capitale delà demi-lune, soit com-** Inprise DANS LE PROLONGEMENT DE LA CAPITALE DU BASTION*"”"’
- qu’e l l e d et a n d , afin que par céte manière la Demi-lune s’étande également à la protedion des deux Faces du Baftion qui en eft couvert : & que d’un même temps elle foit défanduë également par les deux Ravelins qui lacompagnent de part & d’autre : en cas toutesfois que la fituation du lieu le puifie permétre.
- Latroifiême. Que les Demi-lunès, payent point D’autres
- LIGNES, OUTRE LES SEULES FACES.
- La quatrième. Que lès Demi-lunes soient assises beaucoup AU DEDANS DÉ LA PORTE'E DU MOUSQUET,' Confidérant, tant la défance qu’elle peut recevoir de la ville, que celle que lui doivent les autres Déhors qui lacompagnent; & davantage il eft néceffaire, qu’ex-térieuremerit & intérieurement, elle foit su jet e aux trais des h a b 1 ta N s, afin que par une commune confpiration de mutuels offices, autant que par fes propres forces, les approches de l’énemi tant les ouvertes, que les couvertes fe puiflènt repouflèr par un plus grand efïbrt.Lespra- Diver^ tiques de leur flrudure font diférantes, fuivant la diverfité des avis. Celle-ci manières font les plus aprouvées. La Capitaldu Baftion L, de la Fig. L X11 ï. au jtZirTfes devant duquel fera mile la Demi-lune H, prolongée de e en 0 au delà du ©«*»-&»-Foffé,aux deux tierces parties de la Face <2^, repréfante la Capitale eo de la ms% Demi-lune que l’on veut conftruire.En fuite,l’extrémité dé la Capitale de la Demi-lune 0, en droite ligne, jointe,ou avec les poinéis du milieu s 8c /des Gorges des Ravelins C 8c D, conftruis de part & d’autre : ou avec le poind du milieu des Flanqs de la ville oppofés, ( par ce moyen, la Face ou de la Demi-lune G, prolongée, tombera en r, qui eft le milieu du Flanq ôp-pofé) de là fortira la Face des Demi-lunes ; Ou bien : foient poür le moins laiflecsdeux tierces de la Face zu du procheRavelin B, pour ladéfûnce de la Demi-lune F, appofée au devant du Baftion I. La détermination des Faces, oè, ou, delà Demi-lune H, fe prandde rAvantmür qui eft au devant du Baftion L, les Faces ft & It prolongées en / & en u. Mais les Faces ou8cio de la Demi-luneG, font déterminées par les lignes fichantes ua
- 8c
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- ifz Livre Premier
- & a i du Baftion K prolongées en u 8c en i : en telle forte que u a u ai conftituent une ligne droite • 8c de céte dernière Façon les Faces des Demi-lunes , réüfliront un peu plus longues qu’en la première forte. Au refie, les Arcs m n, fe prénentde l’extrémité de T Avant mur des Baftions, en l’intervalle du Fofle.
- Les Demi- Que fi on acompagne la Demi - lune d’un ouvrage de Corne, alors s Meilleures aPr^s que F on aura déterminé la Capitale, à deux tierces, ou à trois étant ac- quartes de la Face de la Fortereflè; à feavoir en prenant la Capitale de la d’ZvlaZ* Demi - lune de 16 Verges, ou de 18 ou davantage; on aura la liberté Comus,ô d’ouvrir l'angle de ladite Demi-lune àdiferétion, pourtant fans s’émanciper au delà des termes prefcris : dautant que la Demi - lune reçoit afTés de défance de l’ouvrage de Corne, & ne fera point néceiïaire à fa feureté, de tirer fa Face d’aucun poind fixe,
- pognai- Quant aux Flanqs des Demi - lunes, i m, u n, il n’eft point à propos îlnTnî *es rev^r d’aueun Rampar ni Parapét, pareequ’ ils donneroient le doivent ja- moyen à nôtre énemi d’éviter nos coups 8c ferviroient à le tenir couvert. IMrlZqs ^ar ^ Flan<l u n, de la Demi-lune G, étoit armé de Rampar 8c de Le$ m»-Parapét , arrivant que nous eüfîions perdu céte Demi-lune, il ne fe-I7pétdes~x^ plus en notre pouvoir de l’ateindre au dedans, ni du RavelinC, ni Dehors è> de la plus grande partie de la Courtine qui lui eft oppofée ; la ran-
- autres me- , ir, x . 0 * r . „,
- [mes or- contre du Flanqs» parant a tous nos trais 8c tenant fous foi lenemi
- thograph. en toute feureté: au contraire fi nous failons ladite Demi-lune déferont prts
- aufuivantnuée de céte défance, il i aura moyen de la batre dedans 8c dehors, comuM tant du Baftion, que du Ravelin 8c de la Courtine de la Fortereflè. Au conformés refte la détermination Orthographique de tous les Dehors eft toute pareille, r Br)? [ j’entens parler de ceux que l’on fait à loifir 8c de confeil délibéré pour ^condition une défance perpétuelle, non pas de ceux que la rancontre fiibite d’une ou demi- ’ nécefiité fait faire à la hâte 8c pour un temps. Au fuivant Chap; où fera IM/lhét traùé des ouvrages de Corne, nous propoferons une Table, qui-contiendra particulièrement toutes les hauteurs & largeurs de toutes les parties aparte-nantes à ces Dehors, félon leurs deiies 8c convenables proportions, 8c fur les modèles des Dehors qui font autour de la belliqueufe Bréda : Permé-tant néanmoins céte liberté, que l’on retranche de céte Table, ou que l’on i ajoute, autant que la raifon du bon ufage le pourra requérir ; à la diferé-tion de T Archite&e de qui c eft l’ofice de juger des avantages ou incomo-dités qui peuvent revenir à fon ouvrage de la fituation du lieu 8c d’en examiner les circonftances.
- Le Parapét Le Parapet du chemin couvert, requiert de fa Nature, d’eftre conduit extérieur^ parallèle aux Faces, tant des Ravelins que des Demi - lunes , tant pour couvert fe- la défance , que pour le bon ordre 8c la proportion ; ce que la Fig. LXIII
- ru fait pa- p VQjr ^
- rallele aux ‘ • .
- paces des Il faut encore tirer un fofle à l’entour de tous les Dehors ; auquel on
- Demi- lu- c|onne p0ur pordinaire, la troifiême partie, ou la moitié de la largeur de Folle de la ville ; quant à la profondeur, on la fera toute pareille. Or
- dautant
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- De la Fort r f ic ATI on Reguliere. 153
- d’autant que ces Ravelins & Demi-lunes, fe font toujours en lieux humides $rh*uthm 8c arroufés d’eaux, ( car nous les condânons abfolument en ceux qui font * °^ercev arides ) c’eft le foin du maître des œuvres, de faire en forte que le plan jir*mo» foit bien aflùré fur dé fi fermes pilotis que la ftrudure qui lui fera puis des Dshors' apres impofée ne viéne point à s’aftaiftèr & à fe démantir. Et pour empêcher le dommage de l’eau qui pourroit pénétrer au dedans de ces ouvrages par le continuel battement de fes flôs, il faudra pourvoir que la terre foit bien liée, par le moyen de clayes, d’herbes vertes , 8c de fafei-nes, 8c la bien entaflèr de piéd en pied, ou de demi pied en demi piéd, à coups de batte. On laiflèra entre le piéd des ouvrages & le Folle, un relais, plus ou moins large, fuivant le befoin: que l’on relèvera, fi on veut, de la hauteur d’un piéd, ou de quelque peu davantage, au deflus du bord du fofle, comme par forme de degrés pour rompre le flot, jusqu’ au piéd des fufdis ouvrages. On pourra aulfl le revêtir de nates, tiflues de paille, pour emouflèr 8c pour rabatre la force du flot.
- Enfin les Ravelins 8c les Demi - lunes, du côté qui regarde la ville, fe cièturesé* doivent fermer 8c palilfer de pieux à quatre pointes, aiguifés parle bout & bien ferrés 8c armés de grans clous dont fe forment les dites pointes ; plantés en terre bien avant, avec une porte. Ces clôtures randent les Dehors bien plus aflurés contre les furprifes : Mêmement ceux qui font aux fbfles fecs ont principalement befoin de ces clôtures, comme il a bien paru en la ruine de Maeftricht, ci deflus mantionéc. Que fi le Fofle eft plein d’eau, il n’ eft pas malaifé de comprandre que pour i parvenir, il le faut faire ou par bateau, ou à l’aide d’un pont le vis qui foit bien léger 8c feulement de la largeur d’un ais.
- CH A P. XIV.
- T>es outrages de Qmie*
- ONapelle Ouvrages de Corne, certains Dehors, qui font compofésen Lavêfini-front d’une Courtine 8c de deux demi - baftions, 8c fermés à droit 8cüon des à gauche de deux grans côtés, de longueur égale à la portée du Mouf- TorLf* quét, (ce qui les diflingue d’avéc les Traverfes, ) en ligne droite, par le moyen defquels fe fait l’union 8c la conjoncture des Baftions avéc la ville ; pour embaraflèr d’autant plus l’énemi dans fes attaques, 8crandre la place mieux fortifiée.
- Il n’ i a point de dificulté que ces ouvrages de Corne, n5 ayent l’avantage Leur excei„ entre tous les Dehors, aufîi l’ufage les a mis en crédit, à caufe de leurlmct' bonté plufieurs fois éprouvée: étans d’eux mêmes d’autant plus propres àfatisfaire à toutes les commodités qui fe peuvent attandre des Ravelins 8c des Demi-lunes, qu’ils ont plus d’étandue 8c plus de force 8c s’avancent plus loin de la ville au devant de lenemi : Car en éfét, céte efpéce de Dehors n’eft pas feulement fufifante, mais elle l’eft encore de foi même: dautant quelle eft au devantpourveüe de juftes Flanqs, qui dans leur
- V étanduë
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- 154 Livre -Premier,
- étandue lui donne le moyen de ruiner & de perdre, tout ce qui i vient à fa rancontre : 8c encore de fes côtes défand plus fortement 8c avec plus grand nombre de moufquetaires 8c plus feurement, tant les proches Battions de la ville, que les Demi - lunes voifmes, comme aufli les ponts 8c les portes qui dépandent de fa protedion. Et d’autant plus elle s’avance loin de la principale fortereflè, d’autant plus aufli elle aporte d’empêchement aux aproches de l’énemi 8c les écarte davantage ; ajoutés que les trais qui en partent font extrémément vigoureux 8c formidables, d’autant que cét ouvrage qui eft bas, ravage fans pitié tout le plan de l’Horizon: Il i a plus ; c eft que par le moyen de ces Cornus, ceux de la ville ont la liberté de poufler des Contraproches, jusques au camp de l’énemi, le peuvent provoquer, le reculer 8c le retarder. L’ouvrage de Corne mérite donc toute la louange qui fçauroit être légitimement atribuée à une défance très jufte 8c tres-acomplie. Premièrement, il fefoutient foi même, 8c la ville 8c fes Dehors, contre les aflàus de lenemi. En fécond lieu, lorsque l’énemi fe préparé à nous attaquer par force ouverte, il donne l’avantage de commancer 8c de le provoquer, l’écarte, le fatigue, lui difpute le temps, 8c le fait confommer en dépance 8c en éfufion de fang. Qui en voudra croire quelqu’un qui en ait fait 1 expériance / il faudra le demander à Spïnola afliégeant Bergb-op-zoom ; où, pour mieux dire il i fut afliégé, maltraité, foudroyé des coups de nos tonneres, 8c enfin, après avoir fait perte de la plus grande part d’une très-bonne armée, honteufcment ran-voyé, pour fins de non recevoir. Il arrive fouvent aux lieux qui font un peu féparés de la ville, 8c foibles,par le commandement de quelques mon-tagnétes, ou pour autre raifon, que nulle autre elpéce de Dehors ne peut être employée plus à propos que celle-ci. Il fufira d’avoir dit ces chofes de leur ufage ; parlons de leur fabrique : Quelques ingénieurs font d’avis, qu’elle doit mieux réüflir, fi on obferve les fuivantes précautions.
- Trécau- La première. Que les côtes des ouvrages de corne
- ThÏftm- SOIENT tire's paralleles. D’autant, difcntles protecteurs decé-te opinion , que ne les faifànt point parallèles, en front, où font les cornes, ** ils réüfliront ou écartés, ou concurrans : fi concurrans, ( atandu que les Cornes fuivant qu’eft la longueur de la Courtine , ont leur diftance déterminée , ils feront de beaucoup moins propres pour la défance, 8c ne pourront pas êtrefoûtenus de toutes les Faces des Battions qui font autour, fur lefquclles ils tombent 8c en reçoivent en eux - mêmes une partie : Davantage , arrivant que l’ouvrage de Corne viéne à tomber au pouvoir de l’éne-mi, il trouVeroit préparé à chaque côté plus d’efpace couvert, lequel étant muni d’un petit Rampar parallèle contre la ville, il pourroit prandre l’avantage d’i aflèoir une plus forte garde, au grand dommage de la ville. Si au contraire les côtés s’écartent en devant, ils difent lors pour toute raifon, que la défance n’en fera pas fi bonne, que fi les côtés tomboient parallèles, fur les Flanqs avancés à la Courtine qui les foûtient.
- 2, La deuxième. Que les côte's des ouvrages de corne n’ex-
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- cedent point la porte'e du mousqjuet. D’autant que plus de longueur, en randroit la défance plus foible : qui les feroit pliis cours , la ftrudure n’en feroit pas beaucoup utile : mais tenant le milieu, ils feront plus propres à repoulTer lenemi de prés & de loin & 1 écarteront davantage.
- Latroifiême. Que la distance des Bastions du cornu 3, qui doit e'tre soutenu de la Forteresse me'me, n’exce-DE POINT LA COURTINE DE LA VILLE AU DEVANT DE LAQUELLE il est mis. Car fi le Cornu eft reçeû au dedans de la Courtine , il fera trop étroit : s’il tombe en dehors ( attandu que le parallélifme des côtés doit être, à leur avis, fcrupuleufement obfervé ) alors il empêchera de lui-même fa propre défance, qu’il pouvoit efperer de toutes les Faces des Battions de la Fortereflè. Quant aux ouvrages que le Parapét du chemin couvert doit défandre, leurs Battions peuvent être féparés davantage ( & le doivent être ; afin que l’ouvrage de Corne préne une forme plus capable de réfifter à un effort ) car en tel cas , encorcs que le Cornu foit un peu large, il reçoit tousjours afles de défance du chemin couvert qui eft fpacieux.
- La quatrième. Qjje l’on ne face les ouvrages de corne si- 4.
- NON AU DEVANT DES COURTINES DE LA FORTERESSE. Car ils di-
- fent que les Cornus que l’on mét au devant des Battions,font condânés avec jufte raifon : d’autant qu’étans par trop étrois ils ne font pas capables de contenir un grand nombre de moufquetaires pour leur garde. Or la raifon de céte étreciflùrc procède de ce qu’ils veulent abfolument que les côtés lbient parallèles & tirés des extrémités des Flanqs de la ville, comme étoient ceux de la citadelle de tuiliers (*) laquelle forme ett vicieufe 8c rejetable fans dificulté. Ils difent davantage, qu’autrement ils auraient befoin d’être foûtenus d’autres Dehors, entant que la Fortereflè principale, ne les peut pas flanquer bien à propos.
- J’ai propofé les fufditcs Maximes , non pas de mon opinion, mais fe-Leur trin~ Ion le fens de quelques Architcdes»; & pour en dire librement ce que j’en lîümge, panfe 5 ces maximes ne me famblent pas mériter beaucoup de confidéra- *** u tion* n’étans pas de la néceflité de l’art : Si ce n’cft que nous voulions les aumi-prandre pour loi toutes les fantaifies de certains Architcdes de cabinét ;Mm ou qu’un mauvais ufàge,fefoit aquis la prefeription de nous aflùjétir à fa tyrannie. Car quant à ce que Ces Ingénieurs nous prefcrivent ici du Parai Paraüéiifi
- A,.r ? > j 1, / _ . . , A me des cotes
- lehfme des Cotes de l ouvrage de Corne, je ne comprans pas pourquoi cete me- mpugné me régie n’ait point de lieu aux côtés des Couronnés ? attandu que la même?<ïrr*^w, raifon de foibleflè, ou de force, eft pareille de tous côtés. Les côtés des Couronnés que l’on met au devant des Courtines font tousjours écartés en devant. Pourquoi ont - ils fi grande peur qu’ils ne s’écartent aux Cornus ?
- V 2. Ce
- (4) La Fortif. de Marlois en la Fig. 165 8c 166. où il dit en l’éd. Franç. Que les Cornus de Juliers n’étoient point capables d’un grand effort, à caufe qu’ils étoient trop étrois, & n’avoient en dedans qu’un cfpace de xxrv verges.
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- i6o Livre Premier,
- Ce feroit un grand crime d’élever un ouvrage de Corne au devant des Basions; 8c pourtant on ne fait point de dificulté d’i métré un ouvrage Couronné ; bien qu’il foit vrai que la même force, ou la même foiblefïè foit aux côtés des uns 8c des autres : étans foibles tous deux fans propres Flanqs : 8c tous deux éloignés de pareille diftance de l’ouvrage qui les commande 8c duquel ils efpérent leur proteéfion.Si donc les uns fè peuvent écarter,pourquoi les autres ne le feront-ils pas?8c fi les uns mis au devant des Baftions rie donnent point d’avantage à l’énemi,pourquoi les autres le feront-ils?Et cer-g. tés il i a des éxamples, 8c l’ufage a fouvent enfeigné avec heureux fuccés 9 de conftruire ces ouvrages Cornus d’une autre forme 8c de les placer en une par éxam- diférante fituation : ce qui fe peut voir en Vefelde CÎeves, & en Breda de Bra-*lcs' lant, 8c en plufieurs autres villes très-bien fortifiées, où tant les Baftions, que les Courtines font protégées d’ouvrages de Corne, dont les côtés ne font pas feulement inégaux, mais aufli ne font pas parallèles. Ces éxamples nous difpanferont d’être fcrupuleux en ceci ; puifque toute forme §luttte doit d’ouvrages militaires, en quelque forte qu’on les veuille faire, fe rançon.
- tre par tout bien à propos, quand elle eft propre à tenir l’énemi éloigné, Zgréabl * 8c nous tient allurés d’une forte défance : afin qu’on ne m’objede pas que forme des j’allègue id des ouvrages deCorne irréguliers, appofésà des villes dont la tmütJires. %ure eft irrégulière : mais que les Fortereflès régulières, requièrent aufli que ces ouvrages foient conftruis régulièrement, ayans leurs côtés parallèles.
- A prés que j’ai détruit tant par raifons que par ëxamples, céte régie de parallélifme pour les côtés, la troifiême 8c la quatrième maxime tombent d’elles mêmes, puis quelles font appuyées8c foûtenues fur la prémiére.
- Parlons maintenant de la ftru&ure des ouvrages Cornus, fuivant la forme de les appofer au devant des Fortereflès régulières, qui eft en ufàge aujourdhui: Après que l’on aura prolongé en ligne droite autant qu’il fuf-fit, les flanqs a l, ib de la Courtine régulière aï, à fortifier par le moyen du Cornu X, on contera, depuis a 8c i, jusques à c 8c e pour la diftance de la portée du moufquét, L X verges : ainfi les termes de ce conte c 8c e donneront la détermination des côté$ de l’ouvrage Cornu, e nScco: qui rciiffiront parallèles, comme prolongés en droite ligne avec les Flanqs de. la ForterefTe, conftruis à plomb fur la Courtine. Il arrive fouvent que l’on mères établit le commanccment de ce conte du Parapêt du chemin couvert ; duquel ‘aurfpour 1 ouvrage cornu fe doit défandre par moufquetades, 8c alors le Cornu s’é-les cornus, loignant de la ville encore davantage 8c plus avancé contre l’énemi, peut être fait beaucoup plus ample 8c plus robufte, 8c ne requiert pas qu’on s’arrête fi fcrupuleufement à randre fes côtés parallèles. Doncques après la première quc l’on aura tiré de céte forte les côtés du Cornu X, fuivant la diftance fmpk & preferite ; il en faudra joindre les extrémités plus éloignées e Sec, en une a ’ droite lignes (qui eft égale à laCourtinc a i)de laquelle diviféeen trois par-
- ties égales, une tierce fera pour e r ou c u la Capitale de part 8c d’autre : on joindra derecheÇces termes de l’une 8c de lautre des Capitales plus proches
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- De la Fortification Reguliere; 161
- de la ville, 8c en la joignante ru on prandra pour chacune des Gorges r m, t u,xme tierce,8cpar ce moyen reliera aufïi une tierce pour la mêmeCourti-ne mt.Des perpendiculairesdrelîees fur les poinâs m8ct terminans laCour-tine contiendront les Flanqs de l’ouvrage de Corne, qui feront déterminés par réduction des lignes Fichantes et ou cm: les Faces d’elle mêmes reüf-fifîântes. Voyés le Cornu X de la Fig. L X111. En céte ftrudure de faci-cile defïèin, 8c fort ulitée parmi les Architcâes, la Face excède quelque peu la Courtine: parce quayant deuxfèmblables triangles, la Courtine loûtient l’angle aigu 8c la Face le droit. Ce qui déplaît extrêmement à quelques fcrupuleux. Ils n exigent pas toutefois que la Courtine foit ici fefquialtére à fa Face : d’autant que les Faces en reülîiroient trop étroites, 8c que l’ouvrage tout entier en deviendrait inhabile & çflropié: ils veulent pourtant que la Courtine foit pour le moins randuë égale aux.Faces, 8c ne foufrent pas quelles l’excéde: 8c s’imaginent avoir beaucoup fait, fipar le moyen de quelque autre flru&ure embarafîee, qui m fambt* requière le foin d’un Mathématicien 8c le fecours de fes inflrumens, ils peuvent ajoûter quelques piéds à leur Courtine, 8c condânercéte premié-re ; encore qu’il i ait bien peu de diférance entre l’une 8c l’autre : 8c que celle que nous propofons ait cét avantage, que dans l’ocafîon d’une néceffi-téprefîànte, elle puifîê être facilement 8c prontement conflruite, par le moindre ouvrier , mêmes par un foldat, fans le fecours d’aucuns in-ftrumens.
- Je veux pourtant propofer ici céte autre flruâure,8c faire voir par le cal-1* ficondê cul, en quoi elle diffère de la première. En la Fig. LXIV. fbient pofés les &j!Ttram Côtés de l’ouvrage de Corne al, de, dont les points h 8c c, font éloignés vail & fe des Flanqs delà ville où du chemin couvert de la diflance de l x. Verges : la ligne l e efl égale à la Courtine principale de la Forterefîè de 36 verges :
- (oient faits, par le moyen du cercle Géométrique les angles oc 18c kl c chacun de 25. deg. fur la ligne l c : foit partagé en deux l’angle oc b, par cf, où fe fait l’interfedion de la ligne l k, au point k: réuffira l k, la Face de l’ouvrage de Corne : ôtés à celleci, l’égal le c 0 qui efl l’autre Face, laites tomber la normale 0 n, de 0 fur l c, 8c la continuant lui faites couper la prolongée h m, au point h ; 8c par h, de la ligne l c, faites pafîèr paral-léle i e, h i 8cg e feront les Gorges; i c 8c e l les Capitales, g h la Courtine, égales à chacune des Faces : ce qui fera reconu par le calcul.
- Car le côté b c du triangle l c k 8c tous les angles font conus : dont le peut aifément trouver la Face b k ; par la Face c 0 qui efl conue, 8c par les angles conus du triangle no c, fera trouvée n c ou h i, la Gorge 8c la ligne no. Le double de h i fouflrait de la ligne e i, ou l c, laiffe la Courtine g h: La Giom^ Au refie pofés les Angles du triangle g 0 h, avec la Courtine, le Flanq b 0, fe découvrira ; 8c les lignes h 08c on ci deffus trouvée, étans ajoûtées, com- Slgraph. poferont h n, ou, i c, la Capitale. Partant toutes les lignes Ichnographiques de l’ouvrage de Corne fe pourront trouver en céte façon. de ftruêtHZ
- Comme le finus^ de iqodegr: 30 ferup.— efl au regard de lc—Ye'
- V 3 de
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- j6z Livre Premier,
- de même le finus bck 12 deg: 30----eft au regard de bk oude oc,
- 60876------3 6. verg.---2.1644--— 12/7994 (4-
- Comme le Sinus total co eft -au regard de co : --de meme
- les Sinus de 2 5 & de 65 deg. font au regard de 0 n 8c de c n.
- 100000—127994(4—- 42262 -— 54055.0/?.------116002.
- iooooo^----12.7994(4—90631— 116002. CTI,— 116002.
- 232004. hiScge.
- Comme le Sinus go h de 65 deg.---eft au regard degh----* de
- même le Sinus ogh de 25 deg, eft au regard •-de oh.
- 9063 j-----127994-------42262-------------- f964 (3
- et. 36 54°55 (4 on
- hihge. 232004 Æw ou d'113695 (4
- gh. 127996
- Tour cher. Cherchons maintenances lignes de la première ftruâure, afin que l’on cher les h- rec0noiffè en quoi elles font différantes l une de l’autre, ce de l’ouvrage de
- gnes Ickno- * . f .
- graph. des Corne X , eft de 36 verges : Donques er la Capitale, ou rm la Gorge , fa'i^on- ou mt la Courtine, fera de douze vergés & mq le Flanq fera de 6 verges: jiruEtion. car tout ainfi que fe comporte tr toute entière, au regard de re l’une des jambes toute entière: de même fe comporte tm la moitié de la baze t r, au regard de mg la moitié de ladite re : 8c les quarrés de la Courtine & du Flanq, donneront le quarré de la Face. Voici donc les lignes trouvées de l’une & de l’autre manière.
- comparé- Du i. ouvrage de Corne X en la Fig.LXIII. Du 2. en la Fig. LXIV.
- bk la Face 1279 (2 gh la Courtine 1279 (2 hi la Gorgé 1160(2 c ï la Capitale 1136(2 h oie Flanq 5-96 ( 2, Vousvoyéslepeude diférance &fila chofe vaut la pêne de préférer céte dernière Archite&ure fi embrouillée, à céte autre qui eft fi facile. Autre con- Il i en a qui après avoir feparé l’ouvrage de Corne en quatre parties, ^des cornu*.en a*%nent une Pour chaque Gorge & deux pour la Courtine : mais céte forme eft moins propre pour la défance, en cas qu’il attande fa prote-«ftion de la Fortereflè, & que fes côtés fe rancontrent en droite ligne avec les Flanqs de la ville : parce qu’ainfi les Baftions ne font plus capables d’exercer leur office. Mais alors que l’ouvrage Cornu eft tiré du chemin couvert, céte proportion fera bonne : car en ce cas il a la liberté d’étan-dre fes cornes plus amplement, fans aucun préjudice, par éxamplc, jus-ques à 48. Verges. La Courtine aura 24. Verges & chacune des Gorges en aura 12 les Flanqs la moitié de la quantité affignée aux Gorges dont les quatre parties compofent le tout ; enfin la Capitale fuivant la proportion néceflâire à l’angle du Baftion, fera de 12 verges ou environ : & par ainfi l’ouvrage en toutes fes parties fera bien aflorti. Quelques autres
- prouvent
- fon de ces deux ftm-Bures.
- e g la Face 1341(2 mt la Courtine 12(0 rm la Gorge 12 (o e r \a Capitale 12 (o m g le Flanq 6(0
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- de ia Fortification Regueiere. 163
- aprouvent davantage une ftructure plus bigearre 8c plus embrouillée, mais quoi que les peintres la puifïènt defïèigner fur le papier, toutefois la pratique n en ferajamais veuë ni aprouvée.
- Le Rampar des ouvrages de Corne fe doit régler diverfement, fuivant la niverfitê diverfité de leurs ufages, comme il fe fait des autres Dehors. Ceux que^/^T bon fait fiables 8c que l’on deflinc à la Fortification des villes, dont lufage commfui. efl pour un long temps 8c pour tousjours, il faut que le Rampar 8c le Pa- a/tr*»" rapét 8c le Foffé foient fermes pour correfpondre à ce deffein. Quant à u^es' ceux qui fe font à la hâte pour une occafion furvenante, de fiége ou d’in-vafion, la flrudure en efl plus légère, comme il fe verra en nôtre Arêo-tettonique.
- C’ efl donc avec jufle raifon, que nous avons en notre Orthographie diverfement armé 8c fortifié ces Dehors ( entre lefquels les ouvrages Cornus méritent l’avantage) fuivant l’ordre 8c la néceflîté d’un chacun. Car la Table qui porte en fon infeription la Fig. LX XILrepréfante les mefures Orthographiques des ouvrages Cornus de Bréda .* (il en fera parlé ci après plus amplement) ceux-là font tres-robufles 8c ne doivent pas fans raifon être augmantés en aucune flrudure : fi ce n’efl que peut être on acreût la Largeur verticale du Parapét, de trois, ou de quatre piéds davantage, à raifon de la terre, plus ou moins propre à foûtenir l’effort du Canon: acroifîànt la baze'a proportion, à la diferétion du prudant Architecte. La Table de la Fig.LXXIII.propofe en abrégé les mêmes mefures des Dehors ftahles conflruis avec deflèin de perpétuité, fufifàmmant robufles 8c toutefois moindres que ceux de Bréda. La Table lxxi v. régie les Ram-pars 8c les autres parties des moindres Dehors, Ravelins, Demi-lunes, Tenailles , 8c autres; pareillement des Cornus 8c des Couronnés; 8c s’en aquite aufii plus légèrement que ne fait pas la précédante Table : tant a fin d’épargner la pêne en des ouvrages deflinés à périr 8c de peu de durée ; ou mêmement encore qu’on les fit pour durer, n’ayans pas beaucoup à craindre lenemi à caufc de leur fituation, ou autre avantage ; en cas que l’on voulût épargner en cela le travail 8c la dépance.
- Talulce
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- LIvre Premier,
- 'Tables Orthographiques pour les Dehors.
- R a m p a r pour les Dehors.
- La largeur Horiz. du Rampar.
- Le talu extérieur du Rampar. j Le talu intérieur du Rampar.
- La hauteur du Rampar.
- La largeur du fommét du Rampar. La largeur du Parapét en fa baze. Le talu extérieur du Parapét.
- Le talu intérieur du Parapét.
- La hauteur extérieure du Parapét. La hauteur intérieure du Parapét. La largeur du fommét du Parapét. La largeur du Banquet.
- La hauteur du Banquét.
- Le Terreplein du Rampar.
- Le relais du Fofle.
- La largeur du FofTé.
- Le talu du Folle.
- La profondeur du Folle.
- Le fons du Fofle.
- Le chemin couvert. ( couvert. La largeur du Parapét du chemin
- des plus ftables. des ftables. des moins ftables. de ceux qui fe font pour un temps.
- Fig. LXX1I. Fig. LXXIII. Fig.LXXIV. Fig. L XXV.
- piéds. piéds. piéds. piéds de Rh.
- A B 44- 36. M- xo.
- B E 6. 3- X. Z.
- C A 8- 6. 4* ' 4-
- D C 8. 6. 4* 4*
- D F 3°. XJ. 18. 14.
- a F 16t. I3* 10. 8.
- F e 3i- X. X. z.
- a c 1. 1. 1. 1.
- e f 5- 4. 4- 4*
- c h 6. 6. 6. 6-
- f d IX. 10. 7. 5-
- a g 3- 3. 3. 3*
- g k ir- ib H- it
- O g 10 {• 11. 5- 3-
- B g 6. 3- 3- z.
- G K 42~ 3°. X4. 16.
- GM 7. 8. 6. 4.
- MH 7- 8. 6. 6.
- H I z8. 14. 11. 8.
- K N 18.
- T S 60. 1
- Le Panchant du Parapét du chemin couvert avec fa hauteur intérieure , 8c la ftrudure du Banquét eft la même que du Parapét, que nous avons un peu auparavant déterminé.
- Eft a remarquer en la Fig. LXXII. quelle reprélànte un modèle des ouvrages Cornus de Bréda, dont les Rampars font élevés bien à propos de viiï. piédsde hauteur, parce qu’ils s’avancent bien loin du pourpris de la ville , 8c qu’ils font deftinés pour commander 8c pour batre toute la campagne des environs; quand aux autres Ravelins 8c Demi-lunes, il fu-fira de 1 v pieds, ou pour le plus de vi pieds de hauteur, fi on les conftruit en lieu qui foit plain. Après céte prémiére 8c plus puiflante de la Fig L XXII. celle qui tient le fécond lieu d’honneur 8c de bonté eft en la Fig. LXXIII. 8c on la peut employer avec aflurance aux ouvrages ftables, que l’on conftruit avec le dcffein d’une durée perpétuelle : ce qui fe verra aifément par la conférancc qui fe pourra faire des deux enfamble : car nous nous arrêtons à céte régie, que le modèle du dernier point de mafïïveté 8c de force qui fe puiffe prefcrire aux Dehors, foit celui des Cornus de Bréda ; de forte que ceux-ci ayans tout l’avantage qui fe peut efpé-
- rer
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- DE LA Fô RT I f I CAT ION ReGULIÈRÏ. ié^
- rer en ce genre ; on donne puis apres le fécond lieu d’honneur à ceux qui enaprochent de plus prés : ainfi de fuite. En la Fig. LXXIV font pro-pofés des Dehors fiables feulement pour un temps, & quoi que la bonté de leurs dimanfions fe puiffe raporter a la Fig. LXXII; je vous ranvoyé néanmoins à la ftru&ure du fort ( * ) Hollandois que firent les aflîégeans devant Grolle, pour avancer la fin du fiége, qui avoit toutes les mefu-res contenues en nôtre Table LXXIV. Quant aux ouvrages qui fo font feulement pour un temps & à la hâte, vous en avés la defeription &la table Orthographique en la Fig. L X X V. Or ceux - ci font en mafiè 8c en force beaucoup moindres que les précédans : aufli, ne font-ils pas deflinés pour durer long temps, ni pour réfifter à un grand effort. Mais afin de nous afiurer davantage de la jufle proportion de ces mefures, repaf-fons par nôtre mémoire, le fufdit fiége de Grolle : (O auquel fut pratiqué de couvrir les redoutes de céte forte d’armes. J employé volontiers ces éxamples vivans : je ne veux pas pourtant qu’on s’i atache fuperflitieufe-ment, fans confidération du temps 8c du lieu : car il efl tres-certain que pofée la difîamblance de ces deux circonflances, il efl prefqueimpoflîble qu’une même forme d’Archite&ure réüfîiffo toute pareille fans une extraordinaire circonfpe&ion. Je prétans feulement que l’Architeéle enfoit plus inflruit 8c plus affuré ; lequel étant prudant, reconoîtra facilement le chemin qu’il lui faudra fuivre dans les occafions. C’efl donc allés dit, touchant l’Orthographie des Dehors ; J’ajoûterai pourtant, la mefure de la Fig* LXX VI, éxaminée par le calcul, d’autant quelle fort bien fouvent à la Fortification des Traverfes. Car il arrive quelquefois, qu’il efl befoin de boucher à la hâte &d’embarafîèr par l’opofition de quelques levées, certaines emboucheures, paffages, routes, ponts, non pas aux prémiéres nouvelles qu’on a de l’énemi, mais lors que déjà il commance de nous porter la main fur le collet. A Bréda, depuis peu, quand nôtre brave Prince d’Orange i mit le fiége ( c) ( parce que nous feavions que l’énemi étoit en colère, de ce que d’un côté nous faifiôns fonner nos tambours (d) aux frontières & fur les rives de Flandre non pour lajoyeufe arrivée de l’Infant d’Efpagne, mais pour l’i attirer & lui donner une fauce alarme ; cepandant ' que nous lui faifiôns bonne guerre de l’autre part, à fçavoir à Bréda ) il étoit donc queflion de doubler le pas : c’efl pourquoi tous les travaux d’attaque entre lcfquels étoient, les Ravelins, les Demi-lunes, les Tenailles, I les ouvrages de Corne 8c les Traverfes, étoient revêtus 8c couversà la hâte, d’unParapét, foûtenu de deux Banquéts ; dont celui qui étoit le plus bas, étoit haut de z piéds, large de 4 ; au defius étoit l’autre Banquét ? ayant 17 piéd de hauteur 8c quatre de largeur comme le premier : fur celui-ci étoit élevéle Parapét, fuivant la coûtume de pieds, de forte que
- toute fà hauteur intérieure au defîùs du plan étoit de 8 pieds, l’extérieure -depuis le fommétjufques au fonds, de yi pieds : le panchant extérieur de
- X 4 pieds,
- (a) Kugo Grotius au fiége de Grolle, au fueillét 10. (b) Le même au fueillét i J. (c) Boxhorn.cn
- ionHiftoirede Breda , fueillet ( d) Lcmêmefueilloc/M-,
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- j&reuve de la fidélité de nos Tables Qrtho-gruph. pour les Dehors, tirées fur le modèle Bréda.
- î66 Livre Premier
- 4 pieds, i’mte'rieure dun pied, à mefurer lune & l'autre en ligne Horizontale. Partant toute la largeur Horizontale du Parapet étoit de 8 pieds, fans i comprandre les Banquéts.On droit tout autour de ce Parapet un fof-fe, large de 12 pieds, profond de 7, i laifîànt entre deux un relais dun pied de large % la prévoyance de nôtre Général, avbit préparé ces rafrai chiffe-inens, pour modérer un peu les ardeurs violantes de l’énemi. v Mais à fin que perfonne ne fait en doute de la fidélité de céte Table, j’ajoûterai ici le contrad de loyer, qui en fut fait & pafie publiquement à Brida ; en l’année 1619 ; par lequel quatre ouvrage s de Corne qui dévoient être appofés à la ville ; font mis au rabais, à quiconque voudroit les entre-prandre aux conditions ci deflous propofées : Jl pourra fervir de mo-delle à ceux qui en voudront cbnftruir'e ; pour obliger les entrepreneurs aux conditions néceflàires, en i aportant les changemens requis : & par même moyen notre Table en deviendra plus recomandable. La deferi-ption Orthographique des ouvrages Cornus de Bréda, eft propofée en la Fig. lxx 11.
- Marché Les tres-Hâuts 8c très - fruiflàns Seigneurs, MefTeigneurs les Etâs Gé-
- ^cornmdè neraux ^es Provinces des pays bas unis, donneront le loyer au rabais à ce-Bréda en lui qui fera acceptant & ftipulant, en un tel jour, l’entreprife de Quatre ,sf* ouvrages de Corne pour appofèr au devant de la ville de Bréda ; dont le premier comprendra le Baftion affis devant la porte de Bofleduc; le fe^ cond couvrira le Baftion de feint Martin; le troifiême fera mis devant le Baftion de la porte de Ginnek : le quatrième au devant de celui de la porte d’Anvers : & ce aux fuivantes conditions.
- Il ne fera aucunement loifibîe à l’entrepreneur, de pafler ou de pervertir Uentupre- l’ordre des piquets fichés qui lui fera montré, mais fera obligé de lesfui-nJfujétit°lt vre éxa&ement en la ftru&ure du Rampar: comme étant la défignation aux pi. 8c indication de la ligne extérieure principale Ichnographique , de toutes thés! les parties du Rampar qui doit être élevé s c eft à feavoir des Faces > des FJanqs, des Courtines & des côtés.
- Leur ma- Que l’entrepreneur, conftruife le Rampar extérieurement, c’efî à dire du
- Manière S c°tè ^ camPagne & de l’énemi, de la meilleure terre qui fe pourra trouver; les lier, (a feavoir grajfe & tênace s afin que non feulement il foit capable de rèfifieraux ardeurs du foîeil, aux pluyes, aux vents & à toutes les injures de l'air, maïs auffi que la graine d’herbe verte qu’on i /entera i prêne racine & s’i ranforce, par le moyen de quoi ilfe puijfe aquerir en peu de temps, une propre & naturelle fer-Leur Ar- metê ) ou du moins, apres avoir prémiérement enduit & revêtu la c !te urt' furface extérieure du Rampar de bons gazons herbus 8c déliés, s’il s’en peut trouver, il fera obligé de l’éxaücer avec toute la maflè du rampar, Leur hau- à la hauteur de VI. piéds au deiîus du plan de fon terrain : (pour i commun-uur. fa. l'ouvrage de Corne ayant d’Empire tout autant qu’il a de hauteur. ) S’élevant de céte façon VIII piéds au deflùs du terme fiché, fur le plan Horizontal au pont de Ginnek : ( ou fans doute étoit marquée la plus baffe hauteur de Teau du fojfé de la vide au temps d'été) foit obfervé très - foigneufement en
- l’exauce-
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- Le panant inté-rieur extérieur du jRam-
- De la Fortification Reguliere. 167
- l’exaucement dudit Rampar, que devant & derrière foit également pratiquée la même hauteur, c’eft à dire que fon terreplein, où doit être affis le Parapet, foit exactement à niveau de tous côtés, étant par tout en fubfiftance égale & perpendiculaire.
- On prandra foigneufement garde, que le fufdit Rampar retiéne en fon panchant extérieur la proportion dodrantalc ( cefl h dire, que s'il efl haut d’un piéd, fon talu foit de trois quartes parties du même piéd.) Quant au panchant intérieur, il fera de même que la hauteur ; ( Si le Rampar h farm un piéd de hauteur, font alu fera auffi d'un piéd) recevant la pante que la terre épandue par le (Impie ranverfement des hôtes & paniers, aura librement occupée. En quoi l’entrepreneur ne devra prandre en cét endroit, Sa largeur autre foin que celui que nous venons de fpécifier ; jufques à ce que le *M mét Rampar entalfé par céte manière, ait au fommét une épaiflèur de XXX «» fa tax*; piéds:mais quant à l’extérieur,il fera puiflàmment entafle &foigneufement égalé avec la batte : ( fon pois ordinaire efl de 70, ou de 80 livres) celàfait quand il aura été trampé & que l’eau fera bien pénétrée, on le couvrira de graine d’herbe verte à chaque hauteur d’un quart de piéd, réitérant tout-jours alternativement ces couches de graine d’herle verte avec les majfes de l'ouvrage de trois doits dépaijfeur, jufques à ce qu’il foit parvenu à la hauteur déterminée , après qu’il fera avec la batte bien entafle, enfin avec un marteau plat on le drelfëra, en telle forte que nulle part il ne s’élève , ni ne s’enfonce contre l’ordre prefcrit au panchant qu’il doit avoir.
- Le Rampar achevé de céte façon, l’entrepreneur i conftruira leParapét, La hauteur de largeur en fa baze de 16* pieds: en fa hauteur extérieure de 5. piéds, ^JiTfxté-intérieurement de 6 pieds. On fe comportera avec le même foin en la <£*'»-ftrudure de ceParapét que l’on a fait pour le Rampar ; l’entaflànt 8c l’apla- Parapét de niflant vers le dehors avec la batte,le garniflant découches de graine d’her- 2*c«5w be verte, puisTuniflant & l’égalant fi bien, qu’il retiéne par tout en fon exaucement un panchant qui corrcfponde également en fa jufte mefure à celui du Rampar. A ce Parapet on appofera un Banquet en dedans, large de trois pieds, haut d’un pied & demi, en telle forte qu’au defius du Ban-La quét, en la hauteur de 4r pieds qui fera de relie, tout le Panchant dudit J£Z*b+ Parapét, foit feulement d’un pied ; fi bien qu’en fon fommét, il ait préci- Ie d* Fa~ fément la largeur de x 11 pieds.
- L’entrepreneur, ranforcera le milieu de ce Parapét de bons pieux de chêne, de vi 1 pieds de haut, de xv, xvi, 8c xvm doits de tour ; en tel or-dre que ces trois chbfes foient parfaitement obfervées ; qu’apres avoir été^^f£ liés & enfoncés dans le Parapét même jufques à la profondeur de 1 v pieds, manière de les trois qui relient fortent en dehors contre la montée ; Que tous enfam-ks ilmîeu ble & fcparément en toute l’enceinte de l’ouvrage Cornu,fe rancontrent de niveau, en même ligne parallèle avec le plan qui lefoûtient: enfin, que lefdits pieux foient efpacés entre eux en telle façon, que chaque verge de tout le contour du Parapét en contiéne quinze, ni plus, ni moins. La qMant^
- Seralaifleau devant du Rampar, un Relais, large de vi pieds, de pa-té dti Re~
- X 2 reille
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- 168 «Livre Premier,
- reille hauteur que le terme du plan Horizontal, déterminé & marqué fur La largeur le pont, dont ci-defTus a été faite mantion. A ce Relais fuccédera, le Fof-fesboffé- féde louvrage de Corne, ayant de largeur trois Verges & demie: pro-en fin fins, fond de vi i pieds au defîous dudit terme & plan Horizontal : Il environne-ffprT ra toute l’enceinte de l’ouvrage de Corne, étant tiré parallèle aux Faces, fondeur, laifTera-t’on aucuns angles ou aires qui nefoient creufées. En creu-
- fant le FofTé, on obfervera de donner aux côtés tant de panchant qu’il i ait égalité de proportion entre fon talu 8c la profondeur : A fça-voirquele fofïoyeur, donne à chaque pied de profondeur, un pied de pante: en telle façon que les hors du Fofîe ayentxiv pieds d’ouverture plus que le fons, auquel ne refieront par ce moyen que xxvi 11 pieds de largeur.
- L’entrepreneur au dedans de l’ouvrage, par tout fon circuit, dreflèra une planure égale ou pourpris, large, pour le moins de c pieds, non plus haut que le relais qui efl en dehors. ( Par ce moyen ce pourpris, avec le relaü pratiqué extérieurement autour du Rampar, feront enfoncés de deux pieds au def fous du plan du terrain ordinaire, pour conferver une hauteur pareille avec k fufdit terme du plan Horizontal : produifant ladite enfoncure de ce Pourpris tant intérieur qu extérieur, une hauteur de vi 11 pieds toute)ufle au Rampar, qui rien avoit que vi , en fon premier éxaucement, fë* partant fa largeur Horizontale croîtra de trois pieds & demi, revenant le tout enfamlle à x l i v pieds. )
- LuvhyT& Sera au delà du FofTé un chemin couvert de xvi 11 pieds de largeur, Zhsuteur, creuféde telle forte, qu’il fe rapporte avec le plan du Relais du Rampar: p^nchanf' ( & Par confêquant du pourpris intérieur de /’ouvrage ces deux enfamhle compris de fin Ta-de la pan fée joins & continués, confiaient le plan Horizontal de tout Vœuvre, @ r^et' par ce moyen le chemin couvert fera de hauteur toute pareille au terme du plan Horizontal marqué au pont pour fervir proprement h la ftrufture du Cornu, déjà tant de fois ci-deffus mantionné. On employer a la terre que Fon aura creufée pour faire le chemin couvert, à le couvrir lui-même, $pôur conflruire le Parapét extérieur vers la campagne. Ce Parapét,fera élevé au deffus du fonds du?chemin, haut de vi pieds, i obfèrvant les mêmes chofes, qui ont été prefcrites ci-de/Tus,pour la flruélure du Parapét du Rampar. {A fcavoir, quil ait un Banquét appofé, & au deffus un piédde panchant ; quil foit entaffé & applanide même,i ohfervant les mêmes régies pour la pante intérieure ; pareillement revêtu de graine d’herbe verte,jufques h ce quil foit élevé h la hauteur prefcri-te.)On obfervera de conduire le Panchant extérieur de ce Parapét û doucement; qu’il ait v verges de largeur, avant qu’il atteigne le plan de la campagne qui l’environne ; à conter 8c à mefurer fur le plan Horizontal ( commun au pourpris de l’ouvrage tant intérieur, qu extérieur, & hcc même chemin couvert, ) commançant à l’enceinte extérieure du Banquét. On aplanira la furface extérieure de ce Parapét fi également, qu’il n’i ait rien en toute fon étanduë r qui foit ni creux, ni avancé. S’il arrive que le chemin couvert ne puiflè pas fournir toute la terre qui fera nécefîàire pour le Parapét, on creufera le foffé au defîous de la profondeur qui a été déterminée, jufques
- 'ace
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- Delà Fortification Reguliere. 169
- à ce que l’on ait de la terre à fufifancc,ce qui en reliera fervira pour ramplir lesendrois les plus enfoncés. Quant aux matériaux («) & outils qui feront nécdTaires à toute la ftruâurc, l'entrepreneur les fournira tous fans exception : 8c fera tenu par le même marché de démolir tout autant du Parapet du chemin couvert de la ville, quul conviendra pour faire place à l’ouvrage de Corne ; 8c apres l’avoir démoli randra le tout égal au chemin couvert, afin que le tout fe raporte, avec le fol de l’œuvre 8c la planure du terrain environnant la ville.
- Aux extrémités de chaque Cornu, qui feront oppoféesaux portes de la ville, fera faite une montée, d’une pante facile, pour admétre commodément 8c faciliter le paflàge aux gens de pied & de cheval en l’ouvrage même, par le moyen de portes ouvrantes à deux guichets, compofées de bonnes 8c fortes poutres : les guichets des portes feront ranforcées de bonnes barres de bois de chêne ; aflbrties, de leurs clous, ferrures, clefs, gonds, verrous, 8c de tous autres ferremens néceflàires. Mais parce que, dans l’efpacc qui fe rancontre entre céte porte de kouvrage de Corne 8c le Fofle de la ville, on ne doit pas faire un autre fofle : que ce paflàge foit fermé de fortes barrières, embraflànt tout l’efpace de part 8c d'autre jufques au fofle. Ces barrières feront faites de bois de chêne ou de rouvre, de la longueur groflèur 8c force, pareilles aux pièces de bois, que nous avons expo-fées à la veuë d’un chacun, fur la terraffe, qui efl auprès de hèronière, pour fervir d’échantillon à les mefurer.
- Enfin , comme en ce marché on a entandu. dijïribuer & déterminer îe tout h la mefure de la verge Rhynlandique, diviféeen iz pieds, chaque pied fubdivifé en autant de doits , pour être ohfervée par les ouvriers : de même le prix fait, fera payé fur la mefure & félon le nombre des verges Rhynlandiques qui fe trouveront par le milieu du Parapét duRampar.
- Le payement fera fait en trois termes : le prémier auflï tôt que l’ouvrage fera demi-fait : le fécond, aufli tôt qu’il fera tout parfait & accepté : le troifiême après deux mois écheûs depuis le jour de l’acceptation. L’entrepreneur commancera de travailler devant le 1 jour de Mars : 8c le randra en trois femaines en état de défance, 8c l’aura tout entier achevé dans le 1 de May : fous la pêne de deux cens francs, qui lui feront rabatus fur la fomme qui fera ftipulée.
- Le même jour fut entrepris l’ouvrage pour la fomme de 28 francs reve-nans à 11} Reiks-thalers, pour chacune verge, mefurée comme il efl dit fur le milieu du Parapét.
- Or efl-il que céte Table LX X11 repréfànte les parties des plus pu if fans ouvrages de Corne qui fe puiflènt faire 5 mais s’il arrive, que foit pour ces mêmes ouvrages, ou bien pour les Ravelins, Demi-lunes, 8c autres
- X 3 Dehors,
- ( ) Ici l’entrepreneur n’a befoin d’autre matière que de pieux & de la femence de l’herbe de prez : la terre s’o-frant d’elle même gratuitement. En quoi paroît la dignité & l’évidante utilité de nôtre Fortification moderne. S’il avoit fallu de la brique, oudelapierreoudu bitume ou de la chaux pour ces ouvrages, il eûft fallu employer du temps & de la pêne à les chercher, & les entrepreneurs ne l’euflènt foeû faire à G peu de frais, ni randre li pron-tement l’ouvrage acompli à jourpréfix.
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- Dehors, une pareille force ne foit pas nécefiàire, on pourra prandre leurs mefures 8t leurs modèles en la Fig. L X X111ou L X XIV.
- On arme Quelquefois pour plus grande défance, on fortifie les Cornus, de Rave-queiquefois jj j n0us les avons éprouvés depuis peù afies dangereux devant
- les Cornus \ • 1 r r , . ° .
- de Rave- Breda: ayant bien long temps empeche les ap roches d'une gallerieque ample ^on pouflbitfur le fofle de l’ouvrage de Corne ; encore que fon Parapet fut ceux de fi bas, que mal-aifément pouvoit-il couvrir un foldat debout : 8c, fi je ne l^uvet^ me trompe, ce fut de ce Parapet, que fut tué Charnacê, par un foldat ti-»{»£•- rant à genous ; ce grand homme craignant moins la mort que la difgrace de fon maître, 8c l’inconftance de la Cour. Il n’étoit pas moins expéri-manté en la fciance de la guerre ; qu’au maniment des affaires d’Etat : 8c bienqueleRoiTres-Chrétien l’eût honoré de fon Ambaiïàde en ces Provinces; il ne fit point de difficulté d’exercer encore la charge de Colon-nel, 8c de prêter ferment à Meflieurs lesEtâs : peut être pour le confer-ver une reflourcc contre les accidans de l’inftabilité ordinaire de la Fortune de la Cour. Le regret de fa mort toucha fi fanfiblement les cœurs de fes compatriotes, qui l’acompagnoient en ce fiége, qu’ils en témoignèrent leur reflàntiment, par des cris pitoyables, 8c des lamantations publiques : les foldâs de la garnifon répétèrent ces doléances par moquerie durant hefpace de quelques jours ; mais les François moins patians d’une telle manière d’injure que de toute autre, animés à fe revanger de cét affront, les payèrent de leur imprudance ; de forte que ce feul 8c même Ravelin, qui jufques alors nous avoit tenus empêchés, nous fervit d’encouragement 8c nous fût comme une efpécede fecours pour avancer le fuccésde nôtre vidoire. Pafions outre. *
- La jiruiïu- Les Capitales de ces Ravélins ne paflènt point io ou i z verges : quand
- veii»s pour à leur ftru&ure elle efl: toute pareille à celle que nous avons décrite çi-def-les comm. fus des Ravelins appofés au devant des villes. On établit la Capitale du Ravelin , la tirant à plomb du milieu de la Courtine du Cornu continuant à l’infini au delà du Fofle : puis il faut joindre ion extrémité la plus éloignée, ou bien avec les extrémités de la Courtine du Cornu ; en cas q ue l’étanduë de fes Cornes ait afies de capacité pour bien comprandre le Ravelin; fi non Biverfe. avec le milieu de fes Flanqs : ou bien, ( comme àBréda ) avec une tierce partie des Faces de l’ouvrage de Corne: ainfi jointes de part 8c d’autre, en feront produites les faces du Ravelin, pour être terminées par le Fofle dudit Cornu, provenantes les Gorges d’elles-mêmes. Mais principalement fe pourra former ce Ravelin apartenant a ïouvrage de Corne, fi de u 8c r, qui font les points extrêmes des Capitales du Cornu, aufquels elles font jointes à leurs Gorges, font tirées les lignes droites, par une tierce des Faces dudit Cornu, prochaine de fès Flanqs : qui enfin concourront pour former l’angle du Ravelin : duquel angle formé, les côtés étans coupés par le Fofle du Cornu ( ayant trois verges de largeur, ou environ ) réüflïront les Faces du Ravelin que l’on defire.
- Céte dernière façon de conftruire le Ravelin pour le Cornu efl: toute la
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- meilleure, 8c doit être particuliérement employé à l’ufage de ceux qui ont xxxvi verges de largeur, ou environ ; ceux qui excédent céte largeur , feront mieux fervis, par le moyen des autres précédantes ftrudures : il faudra feulement prandre garde, que l'angle du Ravelin rie foit pas plus ouvert ou étréci, quil n’eft à propos.
- Ilfe trouve des villes tres-fortifiées, qui acompagnent leurs ouvrages On apfofê Cornus dç Demi-lunes, comme à Rhés en la Duché de Cléves, & autres.
- Mais il me famble qiie les Architedes qui eii ufent ainfi, font comme ces les cornes filles, qui relèvent la blancheur naturelle de leurs vifages avec des mou-ches 8c des aftaftinades de tafetas noir ; fi ce n’eft que ces Demi-lunes, eni- Dem-h-ployées en cét endroit, font au cors de nôtre Arçhitedure de véritables JJ*/ a p*-playes, dont les ulcéreS 8c la gangrène ; qûi rtieiiaflent tout le fujét d’une ^ ^ ruine évidante, doivent être arrêtées par le fecours du fer 8c du feu. Ils al- gies de bon-lèguent pour leur défance que lors que les villes font armées dejufl.es De-mi-lunes, on peut aufli en conftruire avec avantage, fur les Cornus, ap-pofés au devant des Courtines de la Fortereffe principale ; d’autant que celles-ci, recevront leur fecours 8c leur force des autres : mais ces gens-ci, à force d’être fins, ne le font pas à demi. Je pafiêrai fous filarice beaucoup dechofes 8c ne reprocherai pas à ces Demi-lunes de nouvelle impreflion,
- ( comme je pourrois faire avec plus de fujét ) tous les oprobres, dontjai chargé au précédant Chap, les principales Dèmi-lùnes : Mais, je vous prie, de quel endroit, feront protégées, en ces nouvelles Dèmi-lunes, les Faces extérieures qui çpuvrent les côtés de l’ouvrage Cornu ? Ils diront, que ce fera de la feule Demi-lune qui eft au devant de la ville : Mais à caufè des côtés du Cornu, qui font à la mefurede la portée du Moufquét : 8c à caufe du fofle large qui l’environne, céte dernière Demi-lune, à pêne fe-ra-t’elle dans ladite portée du Moufquét : Je dirai plus, que tôute défance , qui procède de quelque Demi-lune que ce foit, fi voifine quelle puif-fe être, d’autant quelle n’eft point capable de contenir, qu’un bien petit nombre defoûtenans, 8c pour autres empêchemens qui lui font propres,ne peut cônfcrvér elle même que bien malaifément, tant s’en faut quelle puiffe fecourir les autres. Pour ce qui eft de la ftruâure de ces Demi-lunes , des ouvrages Cornus, fi jè l’enfoigne ici, ce n’eft pas à deftèiri quelle foit pratiquée, mais feulement pour faire comprandre, comment ont été faites celles de Rhés : On les fait donc à peu prés fuivant la mariié- Laftr*a» rc qui a été décrite au précédant Chapitre : A fçavoir, que l’on prand à la diftance du Fofte du Cornu, cét arc qui a doriné le nom aux Demi-lu- P™r les nés ; puis en la ligne qui partage en deux l’angle du Baftiôn du Cornu, CornHi’ prolongée au delà du Fofte, jufques à x, x 1, ou xi 1 verges, fera confti-tuée la Capitale de la Demi-lune, tirant de fon terme plus éloigné de part 8c d’autre des lignes parallèles, tant avec la Face, qu’avec le côté du Cornu prochains , en réufliront les Faces défirées de la Demi-lune : quïferont. enfin ierminéespar les normales qui fortiront de l’angle du Baftion de l’ouvrage Cornu. Il n’eft point néceflàire d’en fortifier les Flanqs, ni de Ram-
- par,
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- i7& Livre P r e m i é r*
- us ouvra- par, ni de Parapet, comme il a été dit ci - devant : d’autant que les ou-ges Us pim vrages plus éloignés doivent tousjours être décôuvers 8c afiujétis aux ‘dolent commandemens, de ceux qui aprochent le plus de la ForterefTe principa-Ie ; Pour être Soutenus, 8c mêmement battus en cas de befoin. Pour ce qui à ceux qui eft du Rampar 8c du Parapét 8c du Folle dé ces Demi-lunes 8c des précé-dans Ravelins, qui fervent aux ouvrages de Corne, on les change fui-ïa Fortenf vant }es Tables de la page 164, & les Fig. LXXIV &LXX V, ainfi que u Rampar le Cornu eft fait plus mince & plus épais : afin que le bon ordre foit obfer-*//** &*" ye €n tout> & (lue Ton ne comméte pas céte abfurdité, d attacher à la tê-vemi lune te d’un petit veau, les cornes d’un taureau puiflant 8c vigoureux.
- duRa-
- h££" CHAPITRE X
- V.
- Des otfwages Courmn^-
- La façon *T TIénent en fuite, à examiner les ouvrages de Couronne ou Couron-ï cmrlZ nés, dont l’ufage eft nouveau, mais leur ftrudure eft tres-anciéne: «h. Car céte elpéce de Dehors, font ordinairement membres des Fortereflès régulières ; & quelque fois des irrégulières. Ils confiftent en deux demi-Baftions & un entier placé dans le milieu de deux Courtines, pour le moins, car cét entier fe peut multiplier, à proportion de la capacité du lieu que l’on veut défandre: On les joint à la ville , comme les Cornus, par le moyen de deux côtés, de longueur égale à la portée du Moufquér.
- On les fait fervir à l’ufage de conferver les endrois circonvoifins de la ville qui ont fur elle quelque forte de commandement : comme font quelquefois de petis tertres élevés trop voifins de la ville ; Car fi Fénemi vient Leurufage, à les ocuper, i conftruifant un Fort, (comme Slufe en Flandres la reflànti par le fort de faint Athanafe fon proche voifin ) il fera fes aproches plus af-furées 8c plus couvertes, 8c rangera la ville à fa difcrétion, épargnant de faire des terrafiès pour fes batteries 8cplufieurs autres chofes, qui lui coû-teroient autrement beaucoup de fang, 8c de temps, 8c de dépance. A cét inconvéniant ne pourroient pas remédier bien à propos, les ouvrages de Corne, pour n avoir pas afles de capacité : 8c que mêmement on feroit leur forme, quelquefois obligé d’en prolonger les côtés plus que de raifon, ce qui les randrôit de mauvaife défance.
- & On fait donc ces ouvrages Couronnés, ou [impies, ou multipliés. J’apei-lefimplcs, ceux qui ont feulement un Baftion entier, entre deux demi-Baftions. Les multipliés ont plufieurs Baftions entiers entre ces deux de-apiête. mi-Baftions. On fe fert des uns 8c des autres, pour métré au devant tant des Courtines , que des Baftions de la principale Forterefiè. Ils feront réguliers, s’ils font partie d’une ForterefTe régulière : Irréguliers, quand ils font membres de la Fortification irrégulière. Pour les faire bien à propos 8c à notre avantage 8c au dommage de nôtre énemi, il nous faudra métré en pratique les fuivantes précautions. #
- La première* Q^ue les côtes du couronne' n’exce'dent
- point
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- De la Fortification Reguliere; 173
- POINT LA PORTEE DU MOUSQJJET; CEST A DIRE LX VERGES DE "Précautions
- puis le point de sa d ef an ce , qui fera conté de la ville même ou de fon Parapet du Corridor, s’il i en a : la raifoii eft que l’énemi aflâillant couronnés. ou fappant ces côtés le feroit plus feurement, en cas qu’ils ne fufïent pas u défandus par de bons moufquetaires : car là tardiveté du canon en leur charge & en leur décharge, eft par trop favorable à l’énemi, poursatan-dre que ces côtés qui ont tant de longueur en puiflènt être bien défandus : c’eft pourquoi aufli nous en eondânons la défance comme foible 8c de peu defét,
- La deuxième. Que me'mement les BASTiONsi des Couron- 2.
- NES j NE SURPASSENT PAS DE BEAUCOUP LA PORTEE DU MOUS-
- qu et : afin que fe pouuant défandre les uns les autres, la défance en foit d’autant plus puiflânte. Car le Rampar du Couronné, netant pas affés fort pour être capable d’une bien grande réfiftance ; il fera nécefiaire d’en aprocher davantage les Baftions, afin que de forces unies ils puiflent mieux combatre l’énemi.
- Latroifiême. Que les angles des demi-Bastions, nexcê- s-
- DENT POINT LE DROIT ET NE SOIENT PAS AUSSI RANDUS MOINDRES de 60 degre's, pour les raifôns plufieurs fois alléguées.
- Or la ftruâure des fimples Couronnés réguliers fe fait ainfi. Premièrement, il faut-que'la Capitale a e du Baftion Q, qui doit être protégé du Cou-ronné S de la Fig. L X111, foit prolongée en g, à la longueur de 40 verges ou environ ; ou bien que la Courtine / 0, à laquelle doit fervir le Couronné W, foit.partagée en deux, par la perpendiculaire ng, à la longueur de 60,ou de 70 Verges, ou à peu prés : le terme de chacune des deux numérations* g, en la ftrudure de l’un 8c de l’autre dès Couronnés, détermine le pbinc angulaire du Baftion entier. Car d’autant que les plus prochains Baftions . L8c K, defquels eft défandu le Couronné W, s’avancent de xx verges ou à peu prés ; avec raifon ce Couronné fe pourra éloigner, depuis la Courtine jufques en fa dernière extrémité, de 60, ou de 70 vergés, pour être encore afles dans la portée du moufquét. Ce pointg déterminé > à la ligne fg au point g foit fait le demi-angle de circonférance de quelque Polygone: 8c Lajiruiï». fuivant cét angle de g on fera fortir la ligne gh, dont la moindre longueurre des,Cou-fera de 40 ou de 50, la plus grande de 60 verges : le terniei, joint kê>o qiii 'puT&Té-eftle Flanq du Baftion Q, donnera le côté du Couronné ht. J’entens par- zHUers' lerduFlanqde la Fortereftè ; 8c prenés garde, mon Leâeur, que vos yeux ne vous abufent en cét endroit ; croyés-en feulement le témoignage de vos oreilles : car le burin du graveur s’eft ici ûn peu trop écarté, ( erreur qui lui eft affés ordinaire, ) 8c fans jufte fiijét : 8c toutefois il fe pour-roitfaire,s’ilarrivôit que le côté de l’ouvrage Couronné, ht, joint au Flanq ho, vint à ouvrir outré le droit l’Angle du Demi-Bàftioii : De plus, fi toutes chofes pareilles 8c établies à demeurer ,*lé côté ht fe pou voit Van-contrer avec la tierce, où plus grande partie de là Face là, commandant de conter depuis le point angulaire h, de telle façon qu’au moins une tier.
- V ce
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- que
- 174 Livré Premier»
- ce partie de la Face fat laiflee pour la défance du côté ht; en ce cas, le Couronné en deviendroit plus fort ; tant à caufe de fes côtés qui feraient plus cours j que parce qu’il aurait de la Face une défance plus prochaine. Que ûht excède de beaucoup la portée du môufquét ; c eft un figne que l’on aura pris l’angle fgh, trop obtus 5 il faudra donc lui en fubftituer un autre qui foit plus en pointe : tant que le côté loit réduit à fa jufte Ion-gueur ; ou même * pour donner encore plus de force au Couronné, on pouroit acourcir la ligne g/, laquelle abrégée, le Couronné fera beaucoup dedans la portée du môufquét, 8c pourtant plus alluré. En l’au-««**”«/* tre partie de la ligne fg, foit repétée, céte même opération * 8c foit l’An-Von mét au gle/g/égal à celui fgh 8c la ligne g/, àg h : 8c le côté Im, à celui ht. Enfin, B*(tiomdeS ces lignes 8c ces Angles ainfi conftitués 8c déterminés, on tirera des Tables j chacune fuivant fa proportion, toutes les autres lignes du Couronné* pour la quantité tant de l’arigle/g/j, que des côtés g h 8c g/, en céte façon : foit l’Angle îgh du Couronnés de 78 degrés, aprochant duSeptan* gle de la première manière : les côtés g h 8c gl de 48 verges 8c de céte façon fuivant les préceptes du Chap. vin. foient trouvées les Surfaces g 0 8cho. de 0 faites tomber m 0 perpendiculaires égales, à la mefure de la diftance de l’un 8c de l’autre Polygone tant intérieur, qu’extérieur, fur la proportion des lignes 8c des angles préfupofée, de m 0 vous ôterés les Flanqs m i: i joins avec g 8c h produiront les Faces , 8c les Gorgés fe pré-fanteront d’elles mêmes. En répétant la même chofe 8c de la même forte en l’autre moitié du Couronné, en la ligneg/, réiiffira le Couronné S que Des Cour- fon defire. L’angle / g h du Couronné W, eft de 120. degres, précifément unes' égal à 1 angle de l’Héxagone; fes côtés g h 8cgl, ont en leur longueur 55 Verges: fuivant ces préfupofitions vous pourrés chercher toutes les lignes néceflaires 8c primitives, en les tirant des Tables, fuivant la 2. manière de fortifier : 8c les ayant trouvées, vous les apliquerés au Couronné, de même que nous avons fait ci defîus au Couronné S. Mais fi la ligne g l du Couronné W, étoit plus longue que la ligneg h : ou fi l’angle f g /, étoit plus grand que l’angle fg h : car il arrive quelquefois, qu’à raifon de quelque tertre ou petite colline qui donne du foupçon, 8c dont on ne veut pas que l’énemi préne fon avantage, on eft obligé d’alonger quelque peu la ligne g h ou de donner plus d’ouverture à l’angle fgh d’autant que le Baftion K (avec lequel, / fe doit conjoindre, pour faire le côté du Couronné) ou eft Plain, qui font ordinairement les plus élevés : ou de quelque façon que ce foit, a quelque éminance, ce qui donne la liberté de pouvoir avancer un plus le côté In : En ce cas, le Couronné ^cra vérité, mais irrégulier, 8c en fera la ftruâure diverfe, àrai-
- Couronnét fon 8c proportion de la diverfité, tant des lignes g h 8c de g l en leur gran-ÎÎJuïitrT ^eur » 4ue ôiférance qui fera entre lçs angles f gl 8c f g h: étant à
- propos d’avoir un égard très particulier à l’une 8c à l’autre de ces grandeurs , pour former les principales pièces du Couronné, fi la chofe en vaiitlapéne.
- Quant
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- DE LA FORTI F1CATI0N REGULIERE. 175
- Quant à la flruélure du Couronné multiplié elle n’eft pas bien tnaîaifée.
- Pour le Couronné R, apres que l’on en aura tiré les côtés, ou de la For- LufimSu-terefTc même, ou du Parapét de fon chemin couvert à la dite longueur Znnlmll qui fera dans la portée du Moufquét ; on en pourra prandre les angles des Bail ions auffi larges que l’on voudra, 8c avancer l’ouvrage tout auffi tiers loin qu’il fera nécefîàire ; car il a en devant là propre défance 8c ne l’emprunte point d’ailleurs ; Céte forte de Couronnés compofés ou multi- <*« «-pliés , ont leur conflrudion pareille aux autres forterefies tant régulières,xégulurs' qu’irrégulières : de celles là nous avons enfeigné la flruélure en ce préfant livre ; nous traiterons des autres ci après au fécond livre : A quoi je vous ranvoye.
- On a mis depuis peu en ufage une autre forte de Couronnés Informes, Nouvelle dont ceux de Bréda, quand Spinola les tenoit alîiégés , couvrirent leurs ZZcowon-Ouvrages de Corne. Or efl il que ces ouvrages Cornus de Bréda, avoient nés informes long temps au deyant d’eux des Ravelins 8c le Parapét d’un chemin 7/flZ7des couvert; Je préfume donc, ( car je n’en puis rien dire qui foit alluré, n’en Cornus‘ ayant veû aucune defeription éxaéle) je préfume, di-je, qu’on lesavoit or efl u fortifiés de Couronnés en céte façon. E F 8c ER, tirées de chaque côté ^uelef^m parallèles avec le contour extérieur du Parapét du chemin couvert du Cor- veut foni-nu embrallànt les Faces de fon Ravelin, fe raportoient en E: Ces lignes peuvent être diftantes à niveau dudiél Parapét du Ravelin, de 50 ou informe efl de 60 piéds , attandu que céte diftance doit comprandre la largeur Hori- ü? zontale du Rampar du Couronné 8c quant 8c quant le chemin couvert pratiqué entre le Rampar 8c le Parapét extérieur du Ravelin , 8c du Cornu : oft ne ^ l’une ou l’autre des deux lignes parallèles EF, partagée en trois, ou bien en deux , fuivant ce quelle a de longueur, efl: obligée de fournir en céte partie la Gorge G E, qui fufit ayant de longueur 8, ou 10, ou ix verges : Pareillement F G fera fufifante avec la même quantité , pour défan-dre FN : attandu que ladite F N , eft encore foûtcnuë de G M 8c d’une partie de M L : EF donques partagée en trois , on en donnoit une partie à la Gorge E G ; 8c les autres deux demeuroient pour la Courtine G F. Le Flanq G M pris fur le poinél G , fe faifoit prefque égal à la Gorge même :
- De plus , l’angle R E F partagé en deux, on retranchoit de la ligne partageante la Capitale EL, double delà Gorge, comme elle fe fait aucunefois: les poinéls L 8c M conjoins, reüffira la Face L M. Réi térant céte operation en l’autre partie, le Baftion entier, avec fes Courtines de part 8c d’autre fera parfait. Au refie, de F, on tiroit F N, moins vigoureufement parallèle avec le Fofîe, ou la Face du Cornu g e, mais en telle manière, que NBquidevoitêtre tirée, avec ladite F N conflituât un Angle de lx degrés , 8c conduite au côté du Cornu n e, d’où elle prenoit fà défance, s’accommodât raifonnablement ; étant céte F N, fefquialtére ou environ de Vanhite L M la Face du Couronné : tellement qu’afin que céte Face L M, pût Sure du être défandue fufifamment de la plus grande partie de F N, de N fe ZflZZau tiroit NB, à la longueur de L M, ou quelque peu plus. Or efl il que \u-Premier
- Y x dite""'
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- 176 Livre Premier,
- dite NB, ne fe conduifoit pas parallèle, avec le Côté du Cornu ne, " comme il i en a qui eflàyent de nous le faire croire mal à propos, mais
- su accomodoit doucement, entant que la défançe de ladite N B deyoit être prife nécdlairement dudit côté ne. Car l’énemi étant autour de N à couvert des coups & de toute injure du trait, excepté de ceux qui pouvoient partir de l’attaquée N B , auroit pu fans danger fe randre maître du Couronné , fi on avoit conduit NB parallèle avec le côté du Cornu. Enfin le Flanq B P du Couronné, fe joignoit avec te Parapét du chemin couvert de l'ouvrage de Corne -• par lequel Parapét à la faveur d’une voûte fous terré, étoit le pafiage pour entrer au Couronné. En nôtre Figure, le graveur a revêtu de Parapets lés côtés P Qj du Couronné ; contre mon intantion; Le&eur , je vous en avertis, afin que vous n>en foyés pas en pêne : car non feulement, ils feraient inutiles, mais pernicieux.
- La deferi• Si je ne m’explique pas afles, écoutés celui même (*) quia écrit le \ToZoâîde rïége de Bréda, il fe fera peut être entandre plusdifertement. : Alors les afi Bréda par fiégés avéc une incroyable diligence , dre fièrent au devant de chacune des Cornes 'hZgo™nus des Dehors ( il veut dire, à chaque Face des ouvrages de Corne) autant de Parapêts, & dans leur firiuofité ou front du milieu (c’efi: à dire autour de la Courtine) un Iras courbé en coude, ( il apelle ainfi le Baftion du milieu) en Hermanus firme de tridant, abaiffant le foffé tout alentour ; (Ledeur, vousavés donc fam”pïr la forme de ce nouvel ouvrage, apelés-le Tridant ou Couronné informe Ci « °des comme il vous Pourra : efiàyés maintenant de le mètre fur le papier fui-7r?da,xxx vant céte defeription, fi vous le pouvés faire, pour le réduire puis après, fotuxl*1 en Prati(lue dans la campagne ; & vous reconoîtrés par expériance, s'il pieds duRh. apartient à tout le monde d’entreprandred’écrire l’Hiftoire d’un fiége : ) Le ou bord de ce foffé ainfi abaijfé étoit revêtu tout autour d'un Parapét ou Contrefcarpe,
- giLd. chofe & dune épaijfe paliffade de pieux ; chaque pieu ayant fin bout armé de deux ™o!ppfan-a P°intes, afin que Ion ne pût pajfer par deffus. £ intervalle depuis le bord extérieur dre, ou les de s ouvrages Cornus , jufques aux trois bras appofés au devant de leurs Cornes, ^devaient étoit de cxi, pas : & pour i pajfer on avoit pratiqué une voûte fous terre dans les èm ceux çfoés du Cornu, qui oboutiffoit en Dehors. Il parle ainfi : 8c c’efi: bien à pro-%gmteTe pos qu’il a fait ici mantion du fofie du Couronné, de fon Parapét extérieur & de la paliflade de pieux armés de pointes de fer, &c. r Mais d’autant que cét Ecrivain, réduit en pas toutes les mefures dé ces ouvrages de Bréda ; puis qu’il donne au Fofie de l’ouvrage de Corne ( dont nous conoifions par ce qui précédé, la vraye mefurc fuivant la verge Rhynlandique ) une largeur de xxx pas : il ne fera pas malaifé, ayants en un endroit aiïigné à ce FofTé la mefure de xxx pas , O) & en un autre ( e ) de xli 1 piéds Rhynlandiques, de raporter le fufdit cfpace de cxl pas, à la mefure de la verge Rhynlandique confifiante en xn piéds : pour chercher enfin, apres avoir fouftrait de toute la fomme trouvée, tant la largeur du # chemin
- (d) Herm. Hugo fols, del’édition dont je me fers. (b) Hcrm. Hugofueilletp. («) auChap.
- précédant.
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- De ia Fortification Reguliere. 177
- chemin couvert du Cornu, que de fon Parapet, fuivant la détermination qui en a été faite au précédant Chap. pour chercher, dis-je la quantité de la Capitale du Couronné & de toutes les autres lignes en fuite.
- Mais fupofé que ce Cornu, que Ton défire fortifier d’un Couronné, n’ait point de Ravelin qui le défande : il fera mieux d 1 appofer une double yias propre Tenaille dont la defcription eft réfervée pour le fuivant Chapitre, en cas^^^f" que l’on n’ait pas le temps, ou que l’on faflè dificulté de faire la dépancefirm^pour d’un Couronné informe- On prandra dans les Tables Orthographiques des Cornas qui Dehors au précédant Chapitre , le Rampar , le Fofîe . & les autres quan-^j^ tirés Orthographiques, des ouvrages Couronnés (tables , tant /impies, l* quanti. que multipliés ; à quoi fe pourra ajoûter ou diminuer, à proportion de la puiflance de celui qui attaque, & fuivant lacomoditédu lieu que l’on veut ronnés fia: conferver. Par éxample le Couronné multiplié R, doit être capable de réfifter a tout effort, parce qu’étant la campagne des environs, aifee à remuer avec la pelle, lenemi de ce côté là ne trouvera pas de grandes di-ficultés à faire lès aproches : & pourtant, outre la force déterminée pour ces Dehors, il faudra faire les Rampars de cét ouvrage bien robuftes, les Foffes larges, 8c les Parapéts bien capables de foûtenir. Quant au Couronné S , à caufc des marais qui l’environnent, ou de fon terrain, fablo-neus, ou dur, il ne doit pas tant apréhander les attaques de l’énemi ; on fe d’Ankîte-contante pourtant en fa ftrudure de lui donner la force qui fe pratique or-dinairement en tous les Dehors (tables, ou moins (tables, 8c fe peuvent encore ceux-là diminuer.Enfin le Couronné informe,peut être armé fur les modéls définis en la Table des Fig. L X XIV ou L X X V : en forte néanmoins qu’on le puiffè étandre en largeur & le ranforccr davantage , à la difcrétion du prudant Ârchiteéte, à proportion des forces de lenemi & du temps que l’on a pour le conftruire. “ A condition toutefois que l’Archi- “ tede obfcrve toujours, que les ouvrages plus éloignés foient plus bas 8c “ fujéts aux plus proches , 8c découvers de tous côtés, devant & derrière, “ dedans& dehors: autrement, quand il arriverait que lenemi les aurait “ ocupés, il i foroit logé en afiurance , au grand dommage de la ville : il prandra garde aufli, de leur donner autant d’efpace qui fera néceflàire pour les fondions de la guerre-
- Je ne pafièrai pas fous filance que ceux de Bréda, en la conffrudion de ces Couronnés informes, ne mirent enconfidération que leur préfant ufa-ge pour le fiége, 8c ne les élevèrent qu’à temps 8c à la hâte, fans panfer à les établir pour une durée : Aufli, les Efpagnols devenus maîtres de la place, eûrent raifon , de les abatre, confidêrans le nombre de foldas qui êtoitnè-cejfairc pour les garder, en cas qu'ils s en fujfent fervis. Ils étoient en efét inutiles en une autre faifon, que celle d’un fiége. Et je ne voudrais pas aflù-rer, fi Spïnola, afliégeant autrement qu’il ne faifoit pas, c’eft à dire en vifouip-attaquant plutôt de vive force, que par céte manière languiflànte & pol-tion fur lts tronne qui ne hazardoit rien , ces ouvrages informes euflent toutefois informes dt aporté plus dommage aux énemis que de protedion à la ville. Je ne fai Bré*!a>jui
- Y 3 pointm am mt
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- 178 Livre Premier,
- pM awir point de difficulté qu’ils n’euflênt le pouvoir d’arrêter l’énemi & de l’écar-*ü ft ler » mais foi^ement pourtant, à comparaifon, de la propre & forte çlé-™erflJ,mais fznce que l’ouvrage Cornu a de foi-même avec une tres-grande liberté: fernkavoir d’autant que fuivant l’ordre, lcRampardu Couronné étoit & plus bas été mp & plus foible , que le Cornu plus élevt>& qui lui devoit commander ; 8c de *hw*cw- plus » Ie Couronné étant emporté, on n’ayoit pas la faculté d'arrêter l’é-nemi par de nouveaus retranchemens : & en fin , étant fi proche du Cornu , il auroit donné l’avantage à l’énemi, de ruiner mêmes les entrailles du Cornu, feule confidération fufifante pour obliger à l’abandonner, même fans combat ; par le moyen des Cavaliers qui fe pourroient dretter fur chaque battion du Couronné, en peu de.temps & avec fort peu de dépance, dont le Cornu qui en étoit fi proche, feroit aifément foudroyé' & mis hors de défance.
- font a loijlr fe doivent fah
- blés,
- e fia-
- C H A P. XVI.
- T)es 'Tenailles.
- Les ouvra- I • defitis nous avons traité & ordonné la conttrudion de ces Dehors, ges qui fe y^>qui fe font en leur faifon, avec tout l’avantage de la comodité & du loifir, &fans lempreffement que produit la crainte d’un puifîànt énemi qui s aproche : non pas à temps, mais pour le defîêin de les conferver devant la ville à perpétuité. Suivent maintenant les fortifications de Dehors, dont la ftrudure, ne requiert pas, ni tant de temps, ni une fi grande dépance ; comme font les Tenailles 8c les Traverfes de toutes les fortes ; & femblables ouvrages de moindre confidération ; qui peuvent retarder les aproches de l’énemi en quelque façon ; mais le temps ne permet pas qu’on 1- les établiflè fort robuftes. Nous commancerons par la description de celles, obU^deUs ttui retfàmblent quant à la forme à celles qui font fiables, mais ne font faire à la pas de même force à beaucoup prés : on les apeîle des Tenailles, parce que hpîus liére-kur figure eft comme celle d’une Tenaille ouverte. Leur ftrudure fe fait ment. à la légère, & dans la rancontre d’un fiége inopiné, on les employé à fer-
- Four faire mer les détrois, boucher les chemins creux, empêcher les trajéts, in-l“s 0™™e. commoder les partages, couvrir les ponts, & à fortifier tous autres lieux naille à la qui de leur nature font foibles & mal-arturés, avec bien moins de temps 8c ufage & r dépance que les Couronnés ou les Cornus. Les ingénieurs les diftinguent, tems dfé- en doubles 8c /impies. Les fimples font compofées feulement de deux lignes, courbes en dedans, en forme de bras qui ferrent l’énemi : les doubles en ontplufieurs. Les Architectes ne veulent pas que l’on s’enferve au devant des Battions, mais feulement qu’on les employé au devant des Courtines : !- attandu, que mêmes les Cornus n’i fufifent pas, témoin la citadelle de lu-liers, reconuë trop foible par l’expériance d’un fiége : d’autant, qu’étans mifes devant les Battions elles font beaucoup plus étroites, 8c ne continent que fort peu de gens de défance, 8c ne fçauroient être que malaifé-ment foûtenuës de la principale forterettè : étansencelieu là trop éloignées
- de
- Vhe crainte prenante
- Leur
- niére.
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- <k la ville, 8c mal fituées pour être bien à propos razées 8c flanquées, des coups de moufquét tirés de là pour là défance : il faudrait donc toujours les acompagner de quelque autre Dehors, qui eût foin de leur protedion, Foiblts fi ce n’étoitqu’pn ne fût pas en pêne de les abandonner aux premières apro-fi»* de ceux ches de lenemi. C’eft ainfique parlent avec beaucoup dè pompe 8c belle aparance, ceus qui foûtiénent opiniâtrement le parallelifme des cô- ldon ™e'te: tés des Cornus 8c des Tenailles ; mais ils fe donnent beaucoup dé pêne, us *ude-8c n’avancent rien. Ta/tùt*
- Céte Maxime quiafligne à chaque pièce dune Fortereflè, la tnefûre de l’étanduë 8c capacité qui lui eft convenable, eft fans doute tres-confidé- COmÛTcl»-rable ; car il eft treS-certain que fi elles font trop étroites pour contenir nombre d’hommes qui eft requis pour fa défance, pour les ranger bien de tir/! à propos, pour métré en ordre les fecoursnéceflàires, pour difpofer pro- ^ pretnent les machines, lés canons 8c tout l’apareil de la guerre, pour tenir couvers 8cbien afturés, les magazins 8c les autres fabriques, 8c pour fe fortifier encore de nouveaùs retranchemens dans le cas d’une extrême né-ceflité : Si elles viénent à manquer de l’avantage de toutes ces commodités bien pratiquées- * ce feront plutôt des taupetiéres, que des places defti-nées 8c préparées à l’ufage des hommes. C’cft ce qui faifoit que les ou-comut vrages Cornus de luüiers, ayans leurs côtés paraUéles diftans de xxiv luUiers. verges, étoient trop étrois, n’étants rien que des mafles informes (*)&*mH incommodes pour les ufages de la guerre. Que céte expériance donc nous Inftruife 8c nous rande capables de nous garantir enfin de céte füperftitiôii & foiblefle d’efprit, qui nous atache fi mal à propos à l’obfemtion du Pa-rallélifme des côtés des Dehors, 8c par ce moyen, nous les randrons bien plus propres à faire leur charge. Qui a-t’il à craindre ? Quelle défance plus .puifiante 8c plus allurée peut réüflir de ces parallèles ? pour moi je ne le .comprans pas : quelle eft donc la confidération qui vous arrête ? En cas que vous vouliés embraflèr mon avis, je me fais fort de vous affiirer de vos craintes, 8c je confantirai plutôt que Ion face à fleur d’eau 8c défi fous le plan horizontal des Fianqs légers, a c, au Couronné W, 8c aux tes cUs autres côtés de Dehors qui s’élargiflènt, pour les nétoyer les impotent fiur de* £ehors le coté h k ; qui auront aflfés de défance tant de la ville que de tout le côtémLZx *r-hki j’acorderai, di-je, plus volontiers céte pratique, que de foufrir, ™tnqsqué que ce parallélifme des côtés nous engage à faire tant de fautes contre les ?»• principes de l’art. ™ueies.
- Avant que je preferive l’Architedure des Tenailles, je ferai précéder les P,,w précautions qui fe devront obferver en leur ftrudure; ne défirant pas les tioe™^e°nu traiter en ceci moins favorablement que les autres Dehors. JîruSlure
- Première. Soit perpétuellement observe', que les RA„d“Tenail~ stions de ces tenailles (nous apélerons de ce nom les parties lés plus avancées de ces ouvrages, ) ne s’avancent pas jusq^ues a
- la
- (d) Marlois édition Françoifc, au fueillét 240 de la miéne , en la Fig. de la ville 5c citadelle de Julliera, nomb. i<4 & itf;.
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- 180 L î V R E P R E M I E R*
- la port E’E du Mousquè’t. dautant que n’ayant point de juftes Flanqs, ils ne fe défandent pas frbien que les Cornus, ou les Couronnés. Deuxieme. Que les côtes des tenailles, ne s’éloignent »• point du lieu de leur de'fance, plus que de LA PORTE'E
- DU MOUSQUET.
- Troifiême. Que les angles des Bastions nexcedent
- POINT LE DROIT, ET NE SOIENT PAS AUSSI MOI ND RES , QUE
- lx degres. Pour les raifons ci-deffus alléguées. iaftruBu- Voici la ftruâure des fimples Tenailles pour les Courtines. Au proîbn-
- « dT naît Sement des flanqs de la Fortereflè principale, on prandra, les côtés H A; ^ks^ourks & EB, de la Figi L X V, de telle façon que des points de leur défance(on courtines. jes prancj ou fa Ram par de la ville même, ou du Parapet du chemin eou-vert)léur diftance foit de x l , ou de l verges ; pour le plus : car les côtés de ces Tenailles ne doivent pas eftre égalés aux côtés des Cornus : n’étans pas fi capables de réfifter en front contre l’effort de l’énemi : Les côtés prolongés parallèles, feront joins parle moyen de la ligne AB, égale & parallèle à la Courtine de la ville- Une quatrième partie de céte ligne ABi du point du milieu D, tombe à plomb dans l’intérieur de la Tenaille même : ainfi tombée, foit D C : apres quoi joignant A & B avec C par les lignes A C, & B C; vous aurés la Tenaille T que vous défirés:à laquelle vous pourrés donner le Rampàr & les autres revétemens de la Fig. LXXIV,ouLXXIII.
- Mais en cas que vous la defiriés mieux fortifiée & que la négligence de f énemi vous en perméte lé loifir, vous lui pourrés donner le Rampar & les Parapéts des ouvrages de Corne. Autour de la Tenaille vous ferés courir un fofle parallèle, ayant au moins trois verges de largeur.
- Les Tenait- En cas que vous le trouviés à propos, il vous fera loifible d’acompagner les /epets- ja Tenaille d’une elpéce de Ravelin , en céte façon*. Vous couperés "compagner en deux les branches ou les Faces de la Tenaille T, de la Fig. L X111, en A & Bj une moitié BC, fera la Capitale DE du RaVelin que l’on veut Lafirua»- conftruire, la prenant au prolongement de FD; &puis A&B , feront 'laveünL joins avec E, & en réiifliront les Faces du Ravelin, EG , & EH. Le petit Rampar du Ravelin fervant à la Tenaille, fera le même que de ceux, que l’on appofe aux ouvrages devant les Cornus. A quoi je vous ranvoye.
- Je vous avife d’une chofe, qui eft, que la ftruâure des Tenailles n’eft pas des meilleures , en ce quelle choque le premier principe de notre Architecture militaire ; qui détermine conftammant, qu’il n’î ait en aucune fbrte-reffe conftruite, aucun endroit, qui ne foit découvert & foutenu d’un autre* Car tout ainfi que l’énemi eflàye d’éviter les coups il ne craint pas moins la lumière, & s’adreffe volontiers auxendrois, où il efpére qu’il ne ferani veû, ni atteint : Or eft-il qu’en toute Tenaille, vers F le milieu de l’angle de la Te-' LafiruBu- naille T, ou C, de la Fig. L X V, ou G, ou F, de la Fig. L X V1, fénemi
- rnls Tefi ne man^uc:a Pas de lieu <lui le couvre, & d’un efpace affés raifonable, où il mauvaife ne pourra etre ni aperceu ni atteint d’aucun endroit delà Tenaille.il ne fera fj°r Pas mal aifé de reconoître par le calcul, toute l’étanduë de ce lieu dangereux à la ville & avantageux à l’énemi. §UD_
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- Süppofons que la Tenaille T, loit revêtue du Rampar de l’ouvrage de Corne déterminé au précédant Chap. établifibns aufii le foûtenant, pour mieux découvrir & ateindre celui qui attaque, élevé fur le Banquét du Parapet , & prenant éxa&ement là mire pour ne point manquer à fon coup :
- La Tenaille aura 14 piéds de haut, depuis le piéd de fon Rampar jufques au fommét de fon Parapet : au defius defquels, attandu que le Moufque-taire, ne tire pas fon coup étant courbé, mais debout & droit, Ion moufquét a donc l’éminance du Banquét, qui eft d’un piéd 8c demi : ainfi toute la hauteur* du moufquét à la prandre depuis le piéd de la Tenaille, à x v piéds 8c demi de hauteur :*( j’entans de la partie poftérieure du moufquét à l’endroit qui le couche en joue ; afin que la balle rafe précifément la hauteur extérieure du Parapet pour atteindre l’énemi de plus prés.) D’où je collige:
- Que tout ainfi que la hauteur de z~ piéds (c’eft l’élévation du derrière pOUŸCono^ du moufquét au defius de la hauteur extérieure du Parapét) eft au regard**/*^*" de iz piéds ; (la largeur du fommét du Parapét ) toute la hauteur du lieu tou-moufquét de 15? piéds , eft de même au regard des 747 piéds : de ces 747 ^fe^e •pieds, ôtés-cn premièrement, 12, pour la largeur du fommét du Para- milles &, pét .• 8c puis 3+ piéds, pour le panchant extérieur du même Parapét ; en- ^ngkslxté-fin 6 piéds pour le panchant extérieurdu Rampar,relieront à peu prés 527: des
- dans lequel efpace, lenemi en toute la diftance du piéd du Rampar, auJmereffes-tour de l’angle F, de la Tenaille T, ne fera aucunement découvert. Par éxample, foit en la Tenaille T, céte diftance marquée parles lignes De &
- Do, à niveau de Cu 8c de u A: 8c qu’on les tire parallèles par le point D, àfeavoir G i à la ligne Cu: 8c H r à la ligne u A, ( puis que la Figure déterminée 8c circonfcrite par les lettres Drui en la Tenaille T, pour fi peti-teflè eft trop embrouillée je l’ai fait paroitre en plus grande forme : comme vous la voyés pofée à côté de la Fig. L X V11.
- Je di, que le citoyen qui fera en toute la ligne C u ne pourra découvrir,
- 8c moins fraper, de nulle part de céte ligne, l’énemi étant au deçà de la ligne G i : 8c que de même l’énemi qui eft au deçà de la ligne H r, n’eft point fujét ni à la veuë , ni aux coups du citoyen qui eft. en la ligne uA : Car le plan de la vifion, compris de lapanfée, depuis l’œil de celui qui regarde, élevé à plomb, ( fupofons ) de fix piéds au defius du Banquét, étant conduit ainfi tout à l’entour de la Tenaille, au rézdu plus haut point de la hauteur extérieure du Parapét, jufques à ce que proion-gé, il viéne à couper le plan horizontal de la ForterelTe même : ce plan, di-je, de la vifion, eft comme un Horizon , qui divife en la campagne des environs, entre ce qui eft découvert 8c ce qui eft couvert : en largeur égale 8c de niveau tout autour du piéd du Rampar environ de 527 piéds : partant tout ce qui fera au dedans de la ligne G D i ( où eft le plan commun, tant de l’Horizon, que de céte nôtre vifion ) en toute la campagne adja-çante, fera couvert à celui qui eft én fentinelle 8c qui jéte fa veuë de toute la ligne C#; en quelque lieu qu’il fc puiflè placer: mais audelàdela dite ligne tout fera découvert 8c aflujéti aux coups des habitans, qui fe-
- Z ront
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- l8z L I y R E P R E M I E R,
- ront en garde en la ligne Cil La même chofe fe doit entandre des lignes
- HDr & u h.
- Calculons maintenant. Si l’Angle de Tenaille rui étoit droit : Alors tout ce qui eft marqué par les létres Drui, préjudiciable à la ville & favorable àl’énemi, feroitun lieuquarré, ayant de longueur en chacun de lès côtés piéds Rhynland. & fon aire auroit plus de 19 verges en quarré : mais d’autant que cét angle que nous prenons ici eft obtus, à fçavoir de ix6 degrés 52 fcrupules, comme il fera montré ci-aprés ; pofé au triangle re&angle e D u, l’angle eu D, de 63. deg. 26. ferup. & le côté e d de Lacapacité’^i\ pieds, la baze eu ne fe trouvera pas mointfre de 26. piéds : Derechef ‘t'üerTa»-' dautant que l’angle rD u eft alterne à l’angle du i : en fera produit l’ari-ÙHf des gje Dr^de53-deg. 8. ferup. partant le complément au droit de ce-ow l’énemi tuici fe peut aifément rcconoître / dont au triangle r De rcétangle, ^jfuJVon- ^ c^te e ^ avec ^es anglcs conus, réüfîira la Bazc r e de 39. piéds 8c ne nos quelques doits, r u compofée des fegmens re & eu trouvés , foit multi-™°sufiueta~ pliée par la ligne e D ; le nombre pris, repréfantera l’aire du quadram gle D rui que l’on, cherche , de 2,3 Verges quarrées 8c plus. Efpace trop confidérable pour l’abandoner à l’énemi à fi bon marché : qui fu-firoit affés dans l’occafion d’une attaque fubite , pour ranger en bataille de juftes. troupes ; ou en cas qu’il veuille miner ,.une place fi ample^ lui donne le moyen, de loger tous fes pionniers 8c tout l’apareil con-Les Rave- yénàble fans hazard 8c fans pêne : partant les Ravelins font abfolument «/it«!»»nécefïàires au devant des Tenailles.- comme un Emplâtre qui remédie, Tmaïuef* a cet u^c^re notre Architedure. Mais combien s’étandra plus avant céte gangrène, fi on donnoit au Parapet une largeur de 24. piéds comme l’on fait aux villes : ou fi la poltronerie de l’habitant ne lui permét pas de lever la tefte, mais fe contante de tirer fon Moufquét librement pofé fur le Parapét, tandis qu>il fe cache derrière de peur des coups, au lieu de l’élever autant que nous lavons ci defïïis préfupofé.
- Il en arrivera; que comme un pied ( dont’la hauteur intérieure du Parapétpaffe l’extérieure) eft au regard de 12. piéds : ( largeur du fom-/es fiLom mét du même Parapét :) de même feront les 14. piéds (en quoi confifte fTclpZlté toute la hauteur du Rampar 8c du Parapét ) au regard de 168. piéds. des dlngeTeus ftue*s aPres avoir fouftrait ce qu’il en faut fouftrairc, refteront toujours deviendra à la fin 146 piéds, pour la longueur de la ligne De ou Do: & toute la pimgrm~ capàCîtédu Quadrangle Dru i fera de 83 Verges quarrées 8c d’avantage. Mais de crainte que cét efpace ne famble par trop exceflif, je le pour titre- veuxrandre de beaucoup plus étroit. Supofons quelque Rodomont, à cir’ qui une témérité enragée ait perfuadé qu’il foit de fer, impénétrable à' toute forte d’armes 8c invulnérable en toutes les parties de fon cors, fi-non en une feule : par éxample au gofier, ou aux tamples, ou au col; ou au genou droit, on au talon gauche , ou en telle autre part qu’il vous plairra , poufvcû que ce foit en celle là feule : Viéne donc en. avant ce fanfaron , inviolable de tous côtés fi ce n’eft en l’orteil, s’il
- avance
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- avance fon piéd, ou Ton orteil fujét à être bielle, au point D , il ni a point de dificulté quil ne. foit afïùré, en ce poinâ D, invilible & inviolable : i conftituant fon orteil fufceptible d’une bleffure : Mais fi ce même Capitaine Fracaflè, avoit des pieds de cuivre, des cuifles d acier, une poitrine & un gofier à l’épreuve de toute forte d’armes; craignant pourtant férieufement pour fes tampîes ou pour Ie fommét de fa telle, payant pas le teft ou crâne allés fufifamment armé contre les Moufqueta-des ; certainement s’il fuivoit mon confeil, il ne prandroit pas fon polie en D, mais en quelque poinâ * plus proche de la ville, qui le couvriroit tout s’ijfm entier depuis les pieds jusques à la telle, contre toute injure qu’il pour roit craindre de la part des habitans. Maintenant pour trouver ce poinél Piéds Édutaire, je drelfe mon calcul de céte façon; Comme 14, qui elt toute Vfil. *l* la hauteur de la Tenaille, depuis le piéd de fon Rampar, jufques au fommét de fon Parapét, ell au regard de e D, 16 8 piéds ci delfus trouvés; 6 piéds qui ell la llature du Rodomont, feront de même à l’égard de D n 72. piéds. Pofée D n Sa les angles du triangle Dm, réülïîra D t 80 piéds: en tout autant de piéds depuis D, vers le Rampar en la droite Da , notre. Capitan , fera pourjfuivi de l’apréhanfion de la mort & dès moufquetades des habitans. Soient conduites par t, te, 8c t g parallèles , aux D i Sa D r ; fera formé le Quarré teug, famblable au premier D r « ï • en cét efpace notre galant homme pourra exercer fes Rodomontades en toute liberté. Car c’eft en ce lieu là que l’on peut dire qu’il ell couvert d’un rampar d’ærin, impénétrable, invulnérable & tres-afîûré contre toute injure de l’énemi. Car le plan de la vifion ci delîùs Le P1™ expliqué, ayant double face lune fupérieure & ofanfive , 1 autre infe-fleure & dêfanftve ; qui fubfille fur celle là ou qui la regarde fous foi, eft fafiy** * fcjét aux coups; mais celui qui eft au deffous de céte dernière, &qui*L"«„t la voit au dellus de foi, eft à couvert fous le bouclier d’une invincible & inviolable affurance. Partant de ce plan falutaire, fafîâillant établi en t, eft tout entier à l’abri des coups de Moufquét, qui raferont tant feulement le plus haut fommét de fa telle fans l’offancer. De la même façon, fi vous calculés fur les hypothélès du premier Quadrangle, vous le trouvères , de la capacité de 23 verges, s’être réduit à celle de 5 yerges étroitement quarrées, qui de tous côtés couvrent l’énemi debout. Par un moyen prefque fcmblable, vous trouverés un polie entre DSat, auquel les alîàillans ou tapis contre terre , ouapuye's fur leur genous, peuvent être allurés. Il fufira pour l’heure, de cét avis.
- Si tôt apres avoirfait voir la foiblelfe de ces Tenailles, je fais dificulté de ummat lesapofer au devant des Baftions : je prandrai toutefois la hardielîè, defe joivent faire un ouvrage de Corne au devant d’un Baftion, afin d’enfeigner la ma- rlZts niére à ceux qui défirent appofer des Tenailles aux Baftions. Pofons i’An-au devant $zhgudu BaftionMen laFig.LXIII, auquel eft appoféle CornuZ de 83 degres, comme au Nonangle, que lès Faces h g Sa Kg ayent 24 verges de long : les Faces divifées en quatre parties, queg n d’un côté ,gm de
- Z 2» l’autre
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- Quand défi que la firu-£iure des Cornus pour les Ba-fiions efi
- ble.
- quand elle efi utile.
- 184 Livre Premier
- l’autre conftituent les trois quartes parties du tout ; ayant chacune 18 verges. Des côtés g n & g m conus, & de l’angle compris fera trouvée le côté n m de 24 verges, foient dreiïees fur n&m9 félon lefchellede la Figure Z, les perpendiculaires ndBamc, de lx verges ; àinfi ^joignant les égales parallèles, fera aiifli de 24 verges ; à.celle-ci conftrüifant le Cornu, fuivant les modèles répréfantés au Chap. des Cornus, la Face ât fera de 9 verges ou environ, le Flanq 10 de 4, la Courtine de 8, la Gorge d’autant & chaque Capitale de même. Or ce Cornu ndtolr cm n'aura point de largeur en dedans de 24 verges, qui eft l’efpace que Marlois affigne à ceux de iuÏÏiers ; atandu que le cors du rampar ocupera encore beaucoup de faire : d’autant que les Cornus de Julliers, couvroient mêmes toutes les Faces de leur Baftion, & leur côtés étoient tirés des points b & u : partant c d9 qui eft la diftance de leurs Battions, excédoit la nôtre d’autant, que le requeroit la maflè du Rampar ; en forte que ce qui reftoit de vuide pour faire du Cornu, étoit encore 24 verges, (en nôtre Baftion M, il pourroit être de 32) conformément au fidèle raport de Marlois. Mais nous avons exprefiement tiré les côtés de nôtre Cornu, des points n& m, afin que de côté & d’autre foit laiflee une quatrième partie de la Face pour la défance du côté conftruit : lequel nous fapofons, n’en recevoir de nulle autre part*, par ainfi, chaque màmbre de l’ouvrage Cornu, aura la quantité que nous leur avons définie. '
- Il ne faut pas être fort intelligent pour reconoître le mauvais fervî-ce que l’on doit efpérer de tels Cornus: Partant après avoir hardiment condané le pernicieux pafallélifme des côtés , tirons des mêmes points, ntkm, les na & m b s’élargifiàntès au devant en forte que ah toute entière foit de 50 Verges: & pourtant chacune des furfaces ad ou b c fera de 13 verges : & eftant dn ou 0 m ci - deflus donnée de 60 verges, aifément fera trouvé a n, ou bm le côté du Cornu de 61 verges 3 piéds : avec l’Angle nab de 77 deg. 46 ferup. duquel en ôtant nae l’angle du Baftion Cornu de 60 deg. à diferétion, e a^reftant, fera de 17 deg. 46 ferup. Les quelles chofes préfupofées , fera trouvée la Face ae de 13 Verges 6 piéds : ou le prolongement du Flanq de de 4 Verges, un peu plus : La Capitale a f prife à diferétion de 10 Verges , le Flanq e h en aura prefque fix : & le Flanq de la Courtine 6 un peu juftes. De céte façon toutes les lignes du Cornu ont une proportion convenable, & toutes fes principales & plus nobles parties, font miles en état d’ofiàncer lehemi & de fe défandre de lui. Quant aux côtés bmtkan, ils forment l’angle obtus avec les Faces du Baftion, beaucoup moindre, que ne font les côtés cm 8c d n: 8c parce moyen „ tirent plus fur le droit : de manière que umScbm peuvent paflèr comme de juftes Flanqs : fi bien que le Critique .n’a que mordre en ceci, fi ce n’eft qu’il s’attache, à la trop grande longueur des côrés du Cornu: car fupofé que les Courtines adjacentes ne fojent armées d’aucuns Dehors , d’ou prandra fa défance, céte grande longueur des côtés du Cornu?
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- DE LA FÔRTIFICA TION REGULIERE. l8f
- nu? Mais nos .côtés guis’élargiflent, ne furpaflènt cè‘s autres parallèles, que dune verge 8c de trois pieds: afin que les défanfeürs du parallélifme ne le prévalent point ici d’aucun avantage : mâis a fin de nous lesrandre plus favorables , nous les Hâterons de céte façon. Nous prandrons la ligne nd ou me feulement longue de 50 Verges, ou moindre encore fi Corn»>font vous le voulés, les autres lignes du Cornu, feront en même proportion de quantité:ad8chc de-13 Verges, le côté an ou b n de 51 Verges 8c 5cmru piéds: 8c l’angle n a b de 75 deg.* 26 fcrupules, langle du Baftion du Cornu de 60 deg. La Face a e de 13 £ piéds : le prolongement du Flanq e dde 3f piéds : La Capitale a /de 10 Verges : le Flanq è h de G Verges 4 piéds 8c davantage: la Courtine même de 24 Verges : le Flanq de la Courtine i x de 8 piéds feulement : céte ftru&ure fera infiniment meilleure que cét autre Cornu donrles côtés font fais parallèles. Si néanmoins il fe trouvé quelqu’un qui aime mieux s’arrêter à nôtre première architecture, qui eft fans doute très-puiflante, il fera bien de laifler au relais du fofle un peu plus de largeur, où fe puiflènt aifément 8c promptement ajouter des Flanqs en cas de befoin, ce qui fe pourra pratiquer aufli fur le relais, qui eft au delà du Fofle, comme nous avons fait au Couronné W, pour remédier aux ineonvénians des ataques, s’il i avoit à craindre pour lés côtés > comme nous le dirons ci-aprés.
- Quelque fois on double les Tenailles, comme il fe peut voir en la Te- fefesdfu-DaÜie V, 8c tient-on, que fi de céte forte elles font plusfbibles que les bles Te~ Cbrnüs , àiiïfi font-elles beaucoup meilleures què lés Amples Tenailles: parce quécéte multiplication de bras courbes donnent bien plus d’afaires à ï’énemi. Le Lcdeur jugera aifément par les chofes ci-deflus démontrées, qu’elle peut être la force de céte raifoh : On les cdnftruira de céte façon : la diftance des côtés A B de la Fig. L X VI étant coupée en deux, on fora tomber de D la perpendiculaire D C dans la figure, en égalité d’une quatrième de toute la ligne AB : apres on joindra B C 8c AC, lefquelles encore féparées en deux en F 8c G, on tirera droites G E, 8c F E. DE con-(tituant environ une huitième du total de A B ; ou d’une moitié de D C : ce fera là Tenaille double.
- On ne fe fervira de ces doubles Tenailles, fi ce n’eft que l’on veuille mul-tiplier les infamies 8c les défordres de l’Architedure : ou que l’on fe réfolve peu des d’i employer prefque tout autant de temps 8c de dépance qu’il en faudroit pour la conftru&ion dès Cornus, qui néanmoins lés furpaflènt de beaucoup en bonne défancè : ce qui fora mànifeftement reconu par ce calcul.
- Au Triangle B C D de la Fig. L.X VI pofé les côtés B D, la moitié 8c DC la quarte de la Courtine de la ville, enréüflirarHipothenufe C B 8c l'angle D C B : car
- Comme D C —— eft à l’égard de D B — de même le finus total D C Calcul des - eft à legard de la Tangente de l’angle D C B de 63 deg. 26 fcrup. de
- .18-
- • 100000 -
- « 200000.
- auquel eft égal l’alterne C BI que l’on cherche, à raifon de D C 8c BI
- Z 3 pa-
- l’autre Tenaillé.
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- i8 6
- Livre Premier,
- parallèles. Quant aux Quarrés des côtés conus, fi on les adjoûte enfèm-ble ils produiront le Quarré de l’Hypothenufe inconuë B C.
- DB 18 Ligne DC 9 Ligne
- 18 *9
- 324^ quarré D B. 81 quarré D C.
- 8r quarré DC.
- 4 J 05 | °° quarré B C.
- " i | o~j 1 ( 1 la ligne cherchée B C.
- Aufurplus, à raifon dé ces chofes trouvées au Triangle E CF de la Tenaille double de la Fig. LX VI, font donnés les côtés E C & C F, avec l’Angle E C F i compris, on trouvera le refte du côté EF en céte façon.
- La ligne B C 2012(2 de la ligne D C -— 9 CF 1006. (2
- Sa moitié CF 1006(2 & de fa moitié DE 4* EC 1340.(2
- eft compofée E C de 13*5(1 leur fomme 23.56. ( 2 180 moitié de la fomme 11.78. ( 2
- l’angle E C F 63*26 & diférance 1006____
- fon compl.au demi cerc. 116:34 avec l’un des deux côtes. 1.72 ( 2
- fa moitié. $8:17*
- Comme la moitié \ ( eft au regard de la diférance de l’un )
- de la fomme des J»de 11.78(25 des côtés avec la moitié de la fomme côtés donnés ) A defdits côtés. J
- de mêmela Tangente V r eft au regard de la Tangente 23879 de i’angle de
- ! * 3 deg. 26 ferup. dont l’angle opofe au moin-
- de la moitié de 1 angle j dre côté C F eft moindre de la moitié de l’angle
- du complément au de- f 161808 4 du complément au demi - cercle : l’autre opofe
- mi - cercle de <8. deg. 1 au plus Srand côté EF excédant de céte moitié;
- /. ^ ’ .P* I partant les parties de CEF font 44 ; «i. celles de
- 17. forup. j (EFC, 71: 43 ferup.
- De là
- Comme le Sinus CEF de 44 deg. 45 — eft au regard de CF — de mê-m combien me le Sinus ÉCF de 63 : 26-----eft au regard de E F.
- le,Cor nu ex- 7O4OI.......— IO06 ( 2--------— 8944I —------1279 ( 2*
- face la Ainfi la double Tenaille comprand en fes deux bras de chaque côté
- Te x L v verges & vî i pieds : Le Cornu ne pouvant pas excéder de beaucoup davantage : car en fes deux Faces & Flanqs & en fa Courtine il ne contient que l verges : il nï a donc point de raifon de s’imaginer plus de facili-S&eiie me- lité en céte ftruâure, ni de croire qu’il i ait lieu d’i épargner le temps ou la dépance, plus qu’au Cornu: fi ce rieft quelle fe pût palTerde Rampar& ldls Teflu moindres, 8c n a pas befoin d’être fi puiflàmment armée : lui fufi-
- iL *** fant de f être fur les modèles des Fig. lxxv ou lxi v. Et fi, de céte forte il ne fera pas encore fort à propos : Car fi la force de la Tenaille eft afiés puiflàntc pour réfifter à l’énemi avec un foible & mince Rampar pourquoi le Cornu avec les mêmes armes, ne pourra-t’il pas faire le même éfét, avec plus de force, de feureté & de commodité >
- CHAPI-
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- Dï la Fortification Reguliere. 187
- CHAPITRE XVII.
- T)es Traverfes.
- ON apéle Traverfes tous les Dehors 8c autres ouvrages, foit unifor- ^eîsOHm mes , ou multiformes, ou informes ; aufquels ni l’ufage, ni leur for- de me n’a point jùfques ici artigné de nom. Car nôtre invantion excitée de la Thitléfurd néceffité, va fi loin au delà des propriétés de la langue ; que nous avons *»***»• plus rancontré de chofes nouvelles, par la multiplication de nos travaus, 'TmJerfes. que nous n’en fçaurions exprimer proprement, defortequenousen fouîmes venus à manquer de termes qui foient capables de les bien diftinguer.
- Tant i a que tous ces petits Parapéts 8c moindres défances, que bon conftruitdefront ou de biais, pour fermer les chemins enfoncés à lenemi, ou pour opofer de l’empêchement à fes levées, ou pour lui ôter le moyen de fe prévaloir des fentiers qui fe rancontrent dans les marais - tous ces travaus que l’on employé pour boûcher les avenues à lenemi s’apélent Traverfes : d’autant qu’on les mét de travers aux chemins étrois, afin que lenemi ne puiffe pas fe randre maître des pafiàges fans dificulté.
- Ces Traverfes font de fort grand ufàge dans les furprifès, d’autant que Vuj-agt des par leur moyen, avec peu de travail 8c prontement 8c tres-utilement on Trtvtrfit. fe rampare, pour arrêter le cours 8c brider l’impétuofité des premières irruptions de l’énemi. Après avoir bouché avec ces Parapéts les portes de la ville, les ponts, les terraflês, les partages 8c les autres lieux qui étans fans défance pourroient aifément être ocupés par lenemi, il ne fera pas fi mal-aifé de fe réfoudre aux evénemens de la guerre, encore que d’ailleurs on ne feroit pas en trop bon état : quand ce ne feroit que pour diférer à fo randre : toujours on peut avec cét avantage réfifter pour un temps, retarder les defieins de l’énemi, attandre un fecours, ou la rancontré de quel- avwt u que accidant inefpéré, pour faire au moins une meilleure 8c plus a vanta- flége' geufc compofition. Certainement, en ce fiécle guerrier qui a tant invan-té de nouvelles machines à la ruine des hommes, 8c auquel s’ert encore ajoûté depuis peu, après l’ufage des armes à feu, céte foudroyante machine qu’on apéle Grenade pour fa rertàmblance , aufiî a-t’on commancé Dans le de métré en crédit de nouvelles façons de Traverfes. Les affiégés d’Ortan- flége‘ de pour fubfifter contre les orages du canon qpemi, 8c particuliérement a />/*«/»-pour fe mètre à couvert des tampêtes du grand Cavalier du Cardinal Al- Plf de eettx bert, (a) duquel a été fait mantion ci-deffus, firent des traverfes premièrement en la rue qqi regarde l’Oofl:, 8c puis en tous les endrois de leur ville, fur tout aux coins des rues 8c aux carrefours. A leur éxample, au fié-ge de Bofleduc, ceux qui défandoient le Fort Ülfabeïïe, élevèrent quantité &deBoft de traverfes, non pas pour fe défandre du canon, qui étoit trop bas pour *"e en^ui’
- endom-
- ,(a). Voyesle fiége d’Oftèndepar Flaming, au zj. d’Aouft igoj. où if parle de ce Cavalier, que les affiégés mirent èn feu à coups de canon, fi heureulèment, que l’embrazement de céte grande maffe dura l’efpace de trois jours & de trois nuis entières.
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- ï88 Livre Premier,
- endommager le dedans de leur place ; mais pour fe garantir des Grenades 8c autres feux d’artifice qui tomboient d’enhaut : car la Grenade qui dans facheute fe trouvoît engagée dans les Traverfes, fc confommoit inutilement , le foldat fc jetant de l’autre côté pour en éviter les atteintes.
- Je ferai voir en fuite divers remarquables ufages de ces Traverfes ; parlons maintenant de leur conftru&ion.
- struiïure La ftru&ure de ces Traverfes efl indéfinie & fe peut faire à diferétion. ^eT/sTra- Soit la Fig. L X V11 une levée, ( comme nous avons dit ailleurs de notre •verfes. Cuflrm, qui pourrait être ramparé en chacun de fes cinquante ponts d’autant de traverfes toutes diférantes ) au milieu d’un marais : 8c fupofons que nous voulions l’armer de Traverfes contre les aproches de 1 enemi.
- La, milieu* pour cét éfét feront employés bien à propos, les Dehors defquels nous avons donné ci deflus les deferiptions : Car nous pourrons boucher les 'iTftrm avenues »ou Par Ie moyen de Baftions plats, fi le fujét en vaut la pêne; dès Dehors, ou bien des Ra vélins, des ouvrages de Corne, 8c de Tenaille : ou même-ment d’autres ouvrages de traverfe informes, irréguliérs 8c fans nom. Le' jLïnfiieBa- Baftion plat A de la Fig.L XVII, tenant le milieu entre deux Courtines qui ’tèfirvira F acompagneront de part 8c d’autre, pourra être élevé fuivant la largeur deTraver- qu’aura la levée, fur la manière que prefcrit le virr Chap. du préfànt livre, d’où feront tirées les Gorges, la Capitale, 8c les Flanqs de la Courtine , auxquels doit s’apliquer notre principal foin, pour la protedion des Faces. En notre Figure, la largeur de la levée, admét la ftrudure d’un Baftion , en fon milieu, les deux autres parties réfervées d’un 8c d’autre côté pour les Courtines 8c leurs Flanqs: La Capitale, forçant du poind du milieu de la levée , fera de xx ou de xxiv Verges où environ: Chaque Gorge 8c chaque Flanq auront la moitié de la Capitale : Les Faces en réüfliflànt d’elles mêmes. Les Courtines de part 8c d’autre, à l’endroit où elles joignent les côtés , feront fermées par la droite e parallèle aux côtés, qui fera revêtue d’un parapét, en quelque diftance : a fin que le foldat, qui eft à la défance, ait l’eftomac 8c les côtés couvers : il faudra que la Traverfe foit en cét endroit allés puiflànte pour réfifter, que les travaux d’attaque ne la puiflè furprandre par derrière, 8c quelle foit hors le danger des ponts volans, de clayes ou de liège. Que les bors du fofTé ayent deux ou trois Verges d’ouverture , ou davantage; à proportion de l’ouvrage 8c du danger.
- ou leRa- Traverfe B, eft de teîle ftruâure : La largeur de la levée, que nous veiin. fupoferons ici de 51 Verges, étant partagée en trois égales parties; les deux parties extérieures auront été pour autant de Courtines , la troi-fiéme qui eft au milieu, mi - partie au niveau, à la hauteur de la quatrième partie de toute la levée; céte perpendiculaire jointe aux extrémités de la partie du milieu, c’eft la Traverfe en forme de Ravelin, que vous defirés.
- ou la Jîm- La Traverfe C en forme de Tenaille, fe fait ainfi : A chacune des extremi-pie Tenait- t^s fe ja Courtine / g ou t ion afligne la fixiême partie de la levée : fur
- chacune
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- De la Fortification Régulière. 189
- chacune des deux autres tierces parties reliantes on confirait les bras, en la même façon qu’en la Traverfe précédante : ôu, fi la largeur du paflà-ge, qu’on veut défendre s’i peut acommoder, on pourra foire une Traverfe en forme de Cornu : ou bien, une double Tenaille ; dont les flrudu-res feront prifes, chacune en fon propre lieu. Et feront ces Traverfes di-férantes des vrais Cornus, 8c Tenailles, feulement par les côtés ; qui feront fort cours aux Traverfes, comme nous l’avons enfèigné en la Traverfe A;
- A Bergh-dp-zom, lagarnifonde la ville empêcha l’approche de l’énemi t«Travtr-par des Ravelins opofés en forme de coin ; que l’on apela Traverfes forrnêes^p^mm" en Ravelin. Nous les avons apliquées à notre figure en céte façon î Que-f0^^ la largeur d’une vallée fufpe&e , ou d’un marais que nous voulons rampa-rer, ou d'une porte «que l’on veut défandre, ou dune terraflè de laquelle on fe veut garantir G H, foit de xlvi i i Verges ou environ : laquelle fé-parée en trois parties égales, aux deux extrêmes tierces parties, foient fais les Ravelins E & F dont les Capitales ayent de longueur dix ou douze Verges, ou bien ici, la fixiême partie de la levée : mais pour avoir le Ra-velin qui ocupc juftement le milieu , de a qui eft le point du milieu de la levée, forte la ligne a u , égale aux deux Capitales ; dont la moitié u é fera la Capitale du Ravelin au milieu, fortie de e au point u. Que les Faces du Ravelin félargiflent de telle façon * quelles conftituent un angle affés puiflant pour réfifter aux êfors de l’énemi : 8c encores, qu’il foit laifie a chacune des Faces qui acompagnent de part 8c d’autre le Ravelin, afîes d’efpace pour les fondions nécefîàires 8c requifes à le défandre des attaques.
- Aux Traverfes, fera pris le Rampar, le Parapét, le Fofle 8c le refie, vonU-comme cideflus. De ces démonflrations, dépand toute la conje&ure, raifon & jugement, qui fe peut foire de tous autres famblables ouvrages de Traverfe, fans nombre 8c fans nom; qui fe peuvent foire di verfes à l'infini fuivant le deffein & l’induflrie de l’Architede.
- Pour terminer enfin, & conclurre de bonne grâce, tout ce que nous avons dit des Dehors jufques à maintenant, j'i ajouterai encore ce qui fuit-, en peu de mots.
- I. Que Les Ravelins 8c moins encore les Demi-lunes, ne fe doivent §^ehDc-employer en toute ville qui a fon fofle fée : Quant à celles de qui le foffé eft rampli d’eau, jacorderai volontiers qu’on les fortifie de Ravelins;*"”’ ** mais je n’admétrai pas les Demi-lunes que malaifément, 8c plutôt pouryZmTfou fotfsfaire à l’importunité de ceux qui les défirent opiniâtrement. Pour*”^' les Cornus 8c les Couronnés, je les reçoi en l’un 8c en l’autre fofle fons aucune dificulté. C’efl ce qui fe peut dire de lufage certain, ou douteux, permis ou reprouvé, des Dehors.
- ÏI. Touchant leur forme ; il eft certain, que nous ne fçaurions em- céte forme ployer trop de foin à pourvoir, quelle foit telle 8c fi convenable, que la de ville qui en eft couverte, en foit puiflàment défandue 8c l’énemi forte " lettre, qui
- A a ment
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- 190 L rv i e Premier,
- u ment repoufte : autrement fi nous n’avons égard, premièrement à les bien *iville, & of- conftruire, ce feroit toute pêne & dépance perdues que nous emploierions ' {“énemi. à les fortifier, puis à les conferver entiers & en bon état, & à leur aiïigner us plus une gafcje fofifante 8c tout l’apareil nécefiaire pour les ^éfandre : car fi ’iïclmoditt nous venons à manquer à leur donner une forme bien afiurée & bien .des Dehors concert£e l’énemi s’en étant randu maître, en tireroit fes avantages,
- quant a la . . °
- flruBure, pour s’en couvrir & pour nous perdre. Ln toute cete grande depance 7Jnfirv*nous ^aut ^outen^r pour les conftruire, notre principal foin doit être non, défan- je leur donner une forme correfpondante 8c convenable aux fins que nous ‘entJqu’on nous propofons : qui font, ou d’imprimer au cœur de l’énemi une crainte les aye con- c|’0fcr entreprandre de ceindre d’une circonvallation notre ville fortifiée
- firuvs dune f ' . . . . > ,
- mauvaife de fi bons Dehors : ou pour le retarder, î ayant mis le fiege : n ayant pas f"fables feulement befoin d’une grande armée pour enfermer fous ces ouvrages • commodités mais à fe pourvoir contre tant d’inconveniens qui procèdent du hazard & bUntoZ* de la fortune ; à fe défandre de tant des forties, & à fe randre maître par firuk. tout & cje tous côtés , ayant fes forces féparées en tant de parties: c’eft enfin notre deftein de le fatiguer de telle forte par le moyen de nos Dehors induftrieufement conftruis, qu’il foit contraint de lever le fiége: ce qui arrivera, fi nos ouvrages, font capables de le tenir longtemps éloigné de nous, ne lui permétant pas de gaigner un pouce de terre dans fes aproches, fans une grande profufion de fon fang : ainfi fe rachète le temps, pandant . lequel fe ramaflènt nos forces (*), où propres, où auxiliaires de’ nos amis 0) d’où fe peut elpérer nôtre liberté.
- Partant
- (4) Nous dirons ailleurs , à Içavoiraû livre fuivant de la Fortification irrégulière: de quel admirable concert de foins, Se légéreté incroyable , de piéd, de cheval, 8c de navires, mêmes des lieux les plus éloignés de nôtre Etat, concoururent nos troupes, pour lever glorieufement le fiége mis devant nôtre Bergop^om, duquel le liège n’étoit bien prudement entrepris: Encore , peut être, ferons nous voir à l’oeil en nôtre Areoteélonique, comment les'Dehors de TSerghe, donnèrent aux nôtres le moyen 8: le étemps, de fecourir la ville; réduifans l’é-jiemi en des néceflhés extrêmes , 8c à de grans travaux, qui ne les avancèrent pas d’un pouce de terre.
- ( b) En Brabant, Spinola Gouverneur des Provinces qui font fujétes au Roi d’EfpagneSc General de lès armées aux lièges de ‘Bcrgopz.om 8c de Brida, attaqua celle là puilfamment làns la pouvoir prandre ; 8c fe randit maître de celle-ci, par compofition , fans l’avoir autrement attaquée que par une longue 8c lâche patiance, 8c ne laifl’apas de l’avoir achetée bien chèrement : de forte qu’on peut dire de lui en céte occafion, ce qu Ammian Marcellin raporté cl - ddliis en nos Annotations , difoit de Sapotes Roi de Perle, 8c des incroyables travaux qu’il fou- . frirenla prife de la ville d’^4w*rf4 , voyés-les, fur lexm Cfaap. feuill.126. Ajoutons pour montrer clairement, ce que peuvent les Dehors conftruis bien à propos, 8c courageulèment défandus, foit pour lafler un vaillant éne-mi, ou pour détourner de fon entreprife un alïïégeant craintif : en telle façon, que quelque fortune que l’aflié-geant veuille effacer, pour fe randre une yillefujéte, ou par force, ou par patiance , toujours il relie à la faveur “ de ces Dehors, allés de temps à l’afliégé, pour le ran voyer 8tfe garantir de fes injures. “ Le jx d’Aouft 1622, l’éne-mi nous donna le bon foir, avec unelàlvede toute forte d’artillerie qu’ils déchargèrent fur la ville de tous côtés: “ entreautres, fept coups de canon portèrent fur le Tamplequi leur donnoit de l’empêchement. Mais lurlemême “ inftanton nous apportoit des nouvelles d’Anvers, qui nous firent aifément oublier cét orage. C’étoient des let-très, qui nous affuroient, queleComtedeMansfeld8cleDucdeBrunfvvik,defcendusduPalatinat,avoitpalTé par €‘ le milieu des pays énemis tant de l’Empereur que du Roi d’Efpagne, fans trouver aucun ami en toute céte expédition là 8c qu’enfinilss’ètoientrandus dans Je Pays-bas, 8cc. Ce foir, ( zde Septembre) nous avons apperceu dansles ct quartiers des énemis des feux extraordinaires, 8c nous furent tirés environ 50 coups de canon , 8cc. La plus parc “ de ceux qui font pafles en nôtre parti, nous ont raporté , que c’étoientfeux dejoyepour la viftoirequeDom Gon-tc çales de Cordua avoit obtenue contre Mansfeld 8c Brunfvvik, ayant gaigné quelques enfeignes qui ont étéen-voyées à Bruxelles, 8c reprélàntées au lieu acoûtumé; mais ces marques de leur bonne fortune prçtanduë ne “ leur font pas moins funeftés que le cheval de bois le fut aux Troyens : 8c ne fut pas au moins leur réjoiiilTance de “ longue durée: ce fut à peu prés , comme de leurs triomphes, pour la ruine de nos troupes Ecofîoifes , ÔcZelan-“ doiles, peu avant la bataille de Nieuport. car fur l’heure même font arrivés des matelots venus de Bréda, qui “ nous ont confirmé l’arrivéedes fufdits Mansfeld 8c Brunfvvik 8c quedéja ilsétoientàBréda, 8c que tres-afluÆ-“ ment laviéioire leur êtoit demeurée. Le confeil deguerreà céte occafion a ordonné, que tout lecanon, tant “ dedans , que dehors la ville feroit tiré. L’énemi devenu plus froid, ne nous a répondu que de 8 ou de 10 petites ** pièces, qui n ont porte aucun dommage. Ceft ainfi que chacun a fon tour, nous avons aulfi fait nos feux de <£ joye de notre cote. Il n ia jamais eu de combat plus heureux que celui-ci, qui a donné matière de triompher , à' 1 une 8càl’autredes deux parties. ,, Chap.4j.44.8c 4J dufiégede Bergh-op-zoom, decritfur le lieu même par trois Miniftres. Le fiege de TSreda fut célébré pour plufieurs rancontrcs extraordinaires, qui ne fi trouvent point en la mémotre de toutes les précédantes guerres. Particulièrement les grans ficours que l’énemi avoit mandiis de fous cotes , comme s'il eût été quefiion, non ponde la poffefiion d une feule ville, mais de toute l'importance d’un grand empire, &c. Maie d'une autre cô-
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- De la Fortification Reguliere. lÿl
- te ne donnait pat peu d’étonnement à cite ville, qui eflfi forte de naturelle afiiête & d“ ouvrages de main , (rc. Voici un extrait des lettres de Maurice , écrites à Juftin Gouverneur de Bréda. gu il avoit aprü avec un extrême plaifir, ce que ion avoit reconu depuis peu, que les bourgeois étaient fournis d'une fi grande quantité de blc. gu il fallait fur tout prandre garde à te ménager fobrement, memes a l’augmanter, afin qu’il refit plus de temps pour attandre te ficours. quoi particulièrement, on travaille puijfamment en France, en ^Angleterre & dans les Etâs des Provinces unies, gue fuivant ce deffèin ,
- Mansfeld fi préfante déjà , pour joindre fis troupes, a ïéfét de divertir Spinola de fin entreprife. gu il firoit arrivé, fi les tampétes ne [avoient retardé, gue deux mille chevaux François , font tous préfis dans le Boulonou , & quelques autres compagnies levées au pays du Liège ér ailleurs, gue x 1 v mille piétons ^Anglois fint à Douvre atandans l’heure de s’embarquer, frc. Et quant a ce qui touche les Etâs des Provinces unies , qu’ils font réfilus de n’i épargner ni pêne, ni dépance , pour fa-•vorifir les deJfiins de Mansfeld & ficourir'Bréda, ayant déjà arrêté quatre mille chevaux extraordinaires, (y plus defixau fept mille d’infanterie : qui fe doivent lever en Angleterre & en France I ayant ejpérance, & ajfurance que par ce moyen , fur le commancement du Printemps , on pourra métré enfamble x L mille hommes de piéd, & fix mille chevaux , four employer tous les effort pofiibles a ficourir Bréda. Souhaitant , pour le bien de l’armée & de la ville, que fuivant, ce que le même luftin en avoit écrit, il i eût fufifance de vivres , depuis le lo.de lanvier courant, pour cent ir huit jours jufques au premier de May , dre. Ces ebofis entendues, nous eûmes conoiffance desdeffeins de Maurice, qui faifiit une fi grande provifion fie ficours étrangers; dont Spinola confidérant que tout.le fais delà guerre venait fondre fur lui, &• qu’il avait encores trou mois â demeurer au camp : ( atandu que .Maurice s’opiniâtroit aufsi fort a vouloir ficourir 'Bréda , que fi de céte fiule ville tutdépandu toute la confirvation de l’état) ileommança premièrement â ruiner les fors , que Maurice depuis peu avoit confirais à Méde ir abandonés, & par un travail incroyable , ferma fin camp tout à l’entour , d’un rampar de grandeur excefii-ve , aumilieu des plus afpres rigueurs de l’hiver, pour ôter à céte grande armée des énemis qu’il atandoit au commancement du *Trintemps , la faculté de le furprandrepar derrière , ainfi qu’ils avoient refolu, foc. Hermanus Hugo au liège de Bréda. Sans doute, que nulle autre conlxdération , que celle de la crainte des puidàns Dehors de Bréda, ne contraignirent Spinola à foufrir tant de faim & tant de froid en ce long & lâche liège; aimant mieux s’expolér à toute autre mifére, que d eflayer le hazard & la force, de tant d’ouvrages de Dehors, fi bien conftruis.
- Partant, afin que nos Dehors ayent leur forme convenable pour les fondions de la guerre, l’Architecte aura égard.
- 1. Qu’IL N’I AIT POINT DE TERTRE QUI LES COMMANDENT La forme D’O'U L’E'NEMI ST E'TANT LOGE' LES PUISS^BATRE AVEC FACILI- Dehors
- T e'. Car tous les Dehors fe doivent conftruire afles bas, pour mieux ra- fi zer & nétoyer la campagne des environs par nos moufquetades 8c en r^pltTtom-poufler l’énemi avec plus d avantage : en quoi le moindre tertre feraitmandés-préjudiciable;
- 2. Que l’on donne «a la structure de ces dehors, z.Ajfésfpa-
- TOUTE LA CAPACITE' QUI LEUR EST NECESSAIRE, SUIVANT leurs
- les usages ausquels ils sont destine's. Car céte forte de*^"* petis Fors, n’ayant pas tout l’elpace qui efl: requis, ne fervent à rien, qu’à perdre le temps 8c la pêne. En quoi, fuivant les rancontres & les oc-cafions, aufquelles ces Dehors doivent fervir, l’ingénieur le devra comporter avec beaucoup dediferétion 8c de prudance : par éxample ; fupo-fons deux Baftions , qui foient fi extrêmement éloignés l’un de l’autre, qu’ils ne puiflènt s’entrepréter que bien peu de fecours : en ce cas, ils auront befoin entre deux de laflîftance 8c protedion d’un Ravelin ; qui fe devra faire d’autant plus grand , qu’il faudra que tout fcul, il fatisface à la dé-fance de chacun de ces deux Baftions : mêmement atandu qu’il devra fervir à la proteâion des portes, des ponts, des paflages, 8c des autres if-fuës 8c avenues fujétes à l’énemi ; pour ces caufes il fera bon de le randre plus fort 8c plus robufte, afin que la garde, l’artillerie, 8c tout autre apa-reil néceflaire, î puiftè être logé à l’aife : il faudra donc que la mafle de ce Ravelin (bit obfervée, à proportion, de tous ces diférans ulàges. Il en faudra ufer de même en la ftrudure des autres Dehors, ayant égard à ces mêmes confidérations, 8c qui peut recevoir une infinité de formes diféran-tes, fuivant la diverfité des circonftances qui fe préfantent dans les ufages de la guerre.
- 3. On les construira de telle façon, qju’ils 3.
- SOIENT PROPRES A SOUFRIR EN DEDANS TANT LES R fa-
- bles ae refit. a 2
- T R AN
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- 192, Livre Premier,
- avoir enla^ RANCHEMENS, QUE LES MINES, EN LA NECESSITE' D*UN néceflitê s ! E'G E. De là réüfliront les avantages qui font les principales fins de
- d'un fiege -T . «
- les retran- notre Architecture : Nous gaignerons le temps, pour nous, 8c pour tesmhïef' ceux préparent à notre fecours : nous laiflèrons au mouvement de
- la fortune un efpace convenable à fe déclarer de notre parti : nous donnerons à notre énemi d’autant plus d exercice &de fatigue 8c le tiendrons toujours d’autant plus éloigné de notre fein : ne foufrans pas qu’il ait le moindre avantage fur nous, qu’il ne le paye de fonfang, & que d’ailleurs il n’i employé encore une dépance ineftimable de munitions 8c de vivres: chacune de ces particularités, ou toutes enfamble, ont bien fouvent bridé & domté l’infolance d’un énemi 8c ruiné toutes ces efpérances. Car il arrive afles fouvent aux événemens de la guerre, qu’il eft néceflâire de pratiquer des retranchemcns en nos Dehors, pour foûtenir de frequantes charges & renouveler un combat : mais il efi: quelque foisbefoin de les miner, afin que le fort des armes les ayant mis au pouvoir de notre énemi , nous les puiflions ranverfer 8c ruiner 8c leur en difputer encore la poflèflion. •
- Enfin pour comprandre tout en un mot, nous ferons ces Dehors de telle façon, que tout autant qu’il fera poflible.
- Qu'il neuf . Ils SOIENT CAPABLES DE NOUS TENIR EN SURETE
- favonfent v , .
- ^.portent NOUS ET NOS BIENS, ET DE PORTER DOMMAGE A LINE-
- damage à MI QUI NOUs assiege. Ce qui dépandra d’üne éxaâe obferva-
- notre en- , r
- nemi. tion de toutes les mefures, Ichnographiques 8c Orthographiques. mïZu™' Or tout a^n^i fe fait en la ville même, que les Faces des Baftions , Dehors me ne fe doivent point éloigner des Flanqs de leur défance, plus que de la portée du Moufquét : de même les Dehors ne s’écarteront point davan-%gJrdVpZ taëe Slue fe m^me portée, des ouvrages qui font deftinés à leur prote-ticuiier-, âion. C’eft à dire que l’on obfervera pour le plus , LX Verges de di-Longueur Æance > depuis les Dehors, jufques aux ouvrages qui ep font défandus, ou qui les défandent de part 8c d’autre. Davantage le même tir du Moufquét, fervira à bien déterminer les mefures Orthographiques : d’autant que l’énemi qui attaque, doit être chafle du front de nos ouvrages, aufli bien que de leurs côtés : c’eft pourquoi les deux points extrêmes de Largeur la ligne A S en la Fig. LVIII 8c fuivantes, qui mefure au plan horizontal , les diftances, tant de la ville même , que du Fofle, que des autres Dehors, doivent être compris 8c retenus aux termes de ladite portée du ^ moufquét. Quant à ce quieft de la largeur 8cépaifleur, on confidérera Hauteur, 1’éfét du coup de canon, pour faire en forte que le rampar de tous les ou-en teüe for- vrages foit capable de foûtenir lefort de la plus groflè artillerie. Enfin on foielt'de- gouvernera Pour fe hauteur , avec ce tamperament, que tout autant fandus qu’il fera poflible que leur hauteur foit proche de l’Horizon, afin que ceux
- mlîtîânt f°nt a fe défance des Dehors, puiflènt tirer leurs coups parallèles, à de uFor- fon plan, 8cque l’énemi en foit écarté avec plus de certitude 8c de puif-cipalt, que fance : 8c aufli que les premiers ouvrages foient couvers en telle manière
- de
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- De la Fortification Reguliere; 193
- de ceux qui les fui vent, que les derniers ne foient pas empêchés 8c incom- des ouvra-modes en la défonce qu’ils doivent randre à ceux qui font ail delà, en cas de befoin. Et fera lors, leur ftrudure & conformation tres-acomplie» leur propre quand non feulement de leur propre force & par elles mêmes elles feront v*tUHrm. capables de réfifter à l’énemi, mais auflï quand elles pourront recevoir aide & afiiftance, tant des ouvrages qui leur font proches, que de la ville même pour fe délivrer des .injures de l’énemi étant au Dehors : & mêmes alors que par force il aura gaigné le dedans, (atandu que les premiers ouvrages font toujours ouvers & fujéts à ceux qui les fuivent) ne pouvant pas i être à couvert, il fera expofé à nos coups.
- Nous ajoûterons de furcroît, pour établir une forme plus avantagea fe de Dehors, en ce qui concerne les côtés des Cornus & les Couronnés, dont les Architedes ont jufques à préfont ordoné le prolongement à la portée du Moufquet : Que ni la raifon, ni la bonne Architedure ne fou-frent pas, qu’en aucun ouvrage de Fortification, foit donné aucun point ; fanfible, (non pas une ligne de L X Verges ) qui foit deftitué de juftes 8c propres Flanqs qui le défondent. Maintenant je demande ; quels Flanqs font aflignés à la défonces des côtés du Couronné, avancé fur le Baftion d’une ville, qui n’a point de Parapêt de chemin couvert ï Certainement ils feront foibles 8c prefque nuis. Aufli l’énemi qui fe fçait conduire en un fiége, n’attaque jamais un Cornu par le front, dont il apréhande les Cornes, il le prand à la gorge 8c de côté, derrière les Cornes, pour en avoir une plus facile priiez comme nous le verrons en un autre lieu. Douterons nous donc, qu’il ?ne foit à propos d’ajoûter fur le champ au Couronné W delà Fig. LXIII, les Flanqs a e, pour dépêcher nôtre énemi creufont en h au deïïous, avec l’avantage d’un lieu plus puiflànt 8c plus proche? ou fi peut être le Flanq fiable m n de la Fig. LXVI fera mieux, en forte que nous ayons la ligne n 0 à la place de m k, afin que l’ouvrage foit fermé de tous côtés ? on pourra choifir l’un ou l’autre à difcrétion : atandant que quelque grand Maître d’Architedure , ait la defius prononcé fon oracle.
- C H A P. XVIII.
- La manière de faire fur le papier le premier deffein d’une Forterejfe régulière, Jufoant les ‘Tables Ichmgraphiques & Orthographiques ci dejfits propo fées, &-Jur une rnejure fupofèe, oh defirée.
- IUfques ici nous avons enfeigné la Théorie des produdions de notre Ar- ta pmi-chitedure; il nous en faut maintenant déclarer la Pratique, laquelle s exécute en deux façons* Premièrement en papier 8c fens pêne : 8c celleci Ut. ejfayée n’eft rien que l’ombre 8c que l’Idée, de ce qui fe doit foire réellement 8c furle^ier en éfét en la ftrufture même de la Forterejfe : Céte dernière enfeigne
- A a 1 manière cmée.
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- 194 Livre Premier,
- manière de l'édifier en la campagne avec beaucoup de travail & de depan-ce, non plus en peinture, mais en fubfiftance 8c réalité. Nous com-mancerons par cét éxercice qui fe fait en papier, dont la dépance 8c la pêne font fort aifées.
- Vutilité U eft pourtant de grande utilité 8c nécefïké : nous faifant voir à l’œil
- nêc$tédu€n fort petit efpace 8c avant la main toutes les traces 8c vertiges de l’œu-deIfei” uJé yre entrepris : d’où fe prénent les conjectures du*fuccés 8c de l’aflbrti-fier!* ** ment de toutes fes parties, 8c fe prand le moyen de corriger 8c d’achever ce qui manque à fa perfeâion 8c fert aurti de régie 8c de conduite pour convenir de prix avec les ouvriers, 8c pour éxécuter l’ouvrage avec fureté.
- Nous avons à prefcrire pour cét éfét, trois fortes de dejfein, qui font les meilleurs 8c les plus ufités, 8c que nous avons mêmes ci - dertus indiqués au Chap. VIII, par nos Problèmes Architectoniques. La première manière, fera celle qui montre la Face de la Fortereftc, que l’on defline, en fa quantité déterminée. Nous l’avons fait voir au Chap. VIII, Probl. I 8c 11, 8cc. La fécondé eft celle qui propofe, le Polygone extérieur de la figure que l’on defire fortifier, ou la diftance des Battions, aux Probl. IV, V, 8cc. La troifiême eft celle qui fait cognoître la ligne fichante, allés déclarée dans le même VIII Chapitre. En quoi l’on fupofe, outre la Face, ou le coté extérieur, ou la Fichante, aurti les autres quatre choies conuès préfupofées, defquelles la fupofition eft néceflàire pour trouver les lignes 8c les Angles Architeâoniques : ce quia été plainement démontré dans ledit V111 Chapitre. Par éxampîe : aux Probl. 18c 11, outre la Face acor-dée de X XIV verges, a été pareillement donnée la proportion fubfefqui-altére à la Courtine : comme aurti l’Angle du Baftion 8c le Forme - Flanq : 8c encore lefpéce Quarrée du Polygone à fortifier : ce font cinq chofes 8c prefupofitions , tout autant qu’il en eft requis aux deux autres 8c en toute manière de fortifier.
- Tres-par- Conftruifons maintenant des murs de papier, fùivant la première ma*
- &Jjf; niére tant de fortifier, que de dejfmer ; Du centre C par le demi-diamètre repour def- C À de la Fig. L X V111 tel quel vous voudrés foit fait le cercle E B A 8c f^ldeFel- Pu*s ^01t a plaifir tiré le diamètre E A : du point E foit apliqué au cercle, terejfes fm- EB le côté du Polyg. à fortifier, ( nous le fupoforons ici Héxagone ) l’an-'mmiére *’ gle CE B , fera la moitié Je l'Angle de la circonférance de la Fortereflè régu-,avéc u liére : auquel, fuivant la première manière de fortifier, fo devront ajoûter CiZêgiejknsXV deg. afin que l’Angle du Baftion en réüfliflè. Il faudra donc ficher l’une ^Tables*6* ^esjam^cs du compas en E, 8c de l’autre, décrire parle demi-diamétre EG, pris à nôtre choix, l’arc G D : qui coupera le côté E B, au point F : de F en D, par le demi-diamétre E G qui le foûtiendra, foit déterminé l’arc F D de l x degrés : celui-ci étant deux fois parti en deux, ou divifé en qua-vremiêreUQ Parties égales, feraFH, la première quatrième partie : ainfi com-mmiêre, prandra l’arc G H, décrit au centre E, la moitié de l’angle de l’Héxagone tpoûfdefli- à fortifier, plus de xv deg. quantité requife pour î Angle du Baftion tout
- entier,
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- de la Fortification Regültere. 195 entier, en notre première manière. Partant, de G & H, à toute ôuvertu- ner me re du compas, on coupera les arcs au point I » par lequel on fera pafierla droite EI, & C EI fera le demi-angle du Baftion» Prenés en la droite EI* fnion d'une la partie E K, de telle longueur qu’il vous plairra, ( neanmoins enfuivant ^ZwL'e* la forme 8c le deflèin de la fortereffe que l’on defire fortifier, plus gran- nôtrepre-de, ou plus petite, elle fera faite plus longue > ou moindre à proportion ; Z'Zl h* ' d’autant que céte ligne E K, eft la Face de la Fortereffe dont fe fait le deffein)f°rttfier » par le point K, conduifés la ligne K L parallèle à la ligne E B,. 8c en cétoine fefqui. parallèle, la Face E K trois fois pofèe, de K parviendra au point L : fera K L ligne triple à la Face E K : partant demi - coupée en M, fera KMfa/«-d de fefquialtére : 8c fe comportera la ligne MK j au regard de la ligne EK, comme la Courtine.h la Face. Soit MK derechef également partagée en iniques deux, tirant du point de la fedion, N, une perpendiculaire fur la ligne iZgh du K M, laquelle prolongée rancontrcra la ligne E A, au point O ; ce fera le » centre de la Forter^îè dont fe fait la defeription. Enfin, au centre K, par autant tel diamètre que l’on voudra K P, au deffus de la ligne K L, fbit fait l’arc P Qj auquel le demi-diamètre K P, foit deux fois tranfporté de P en Qj 8c * 1* moitié fera le contenu de l’arc tout entier P Q^, deux fois lx deg : celui-ci divi- J u^!~ fé en trois parties égales, par le terme R & le point K de la première troi- confér- & fiême partie, contenant x l deg. faites paflèr la droite R K, laquelle con - jours tel or* tinuée, rancontre la ligne E A au point S, duquel foit tirée la ligne S T, parai léle avec K M, ou E B : ainfi l’angle K S X, à raifon des parallèles S T & K M eft pofé de même à R K P, qui eft mefuré de l’arc R P, & fera de xl deg : qui eft la quantité requife pour le Forme-Flanq en notre première manière de fortifier. Tirant la parallèle S T, elle coupera la perpendiculaire N O, en V : de V en T foit mifela ligne SV : 8c puis enfin des points K &
- M tombent les perpendiculaires K X, & M Y : ce feront les Flanqs de nôtre Fortereflc. Ainfi vous avés avec le Compas 8c la Régie, toutes les lignes Ichnographiques 8c primitives, d’une Fortereffe Hêxagone,. fui vant la première manière de fortifier.
- Maintenant, pour décrire fur le papier une fortereffe féxangulaire,. il rratiqat faut prandre la ligne O S de la Fig. L X VI II, de laquelle comme d’un de- «* PaPier mi-diamétre foit fait le cercle de la Fig. LXXVII,ABCDST,&cnce {“t'T cercle la ligne S T de la Fig. LXVIIl, foit portée fix fois autour (en^f^ [’Héxagone, 8c dix fois au Décagone, 8cc.) alors, ou elle foûtiendra 8c partagera nettement la circonférance ; ou l’opération plus éxa&ement réitérée elle montrera le défaut du compas 8c de la réglé pour le corriger; 8c po-fera l’Hexagone à fortifier, A B C D S T. De chacun des côtés duquel C D,
- D S, S T 8cc. foient retranchées de part 8c d’autre CH, GD, DF, VS, chacune d’elles égale aux Gorges SX 8c TY, ci-defîus trouvées en la Fig. L X V111: 8c fur les points H, G, F, V, X, 8cc. de la Fig. L X X V11 foient dreffées des perpendiculaires, égales à l’un, ou à l’autre des Flanqs K X ou M Y de la Fig. L XVI11, ci-defïùs trouves. Au refte les demi-dia-métresOS8cOT, fe doivent prolonger en E & Z 8c randus égaux, SE
- 8c
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- Précautions aob-ferberà ceux qui *veulent décrire de céte façon les Porte-rejfes au de là du Dodécan-gle.
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- & T Z de la Fig. L X X V11 avec les fufdites SE & TZ de la Fig. LXVIÏÎ déjà trouvées î foient jointes EK & Z M, pour produire les Faces, & de céte même manière, toute la Fortereflè féxangulaire à conftruire fuivant la première manière, foit parfaite, comme ellefe voit en la Fig. LXXVII: mais ici, mon Ledeur, rien croyés pas fi fort le raport de vos yeux, fur la Figure, que celui de céte préfante déclaration ; car ie graveur a mal pris fes mefures & n’a rien fait en cét endroit qui correfponde à mon intantion. En la Fig. LXXVII il a fait les Capitales & les Faces bien moindres qu elles ne doivent être, & par ce moyen l’Angle du Baftion plus grand que de raifon. Quant à ce qui effc du Polyg. extérieur, des Gorges, des Courtines , avec le demi-diamétre de la Fortereflè, il a donné à toutes ces cho-fes, la jufte quantité qu’elles doivent avoir en cas que les Faces ayent les xxiv verges de l’efchelle A B , afligné àlaLXXVIII Figure * Pour la Fig. L X V111 je l’ai voulue expreflement conforme à la Fig. LXXVII: c'eft pourquoi j’ai employé en fa delcription la Face i?N, &pour ne m’être pas aperceû qu elle n’étoit pas afles longue, je l’ai tranfportée en la ligne EI de la Fig. LXVIII, de E en K: dont les Gorges, les Flanqs' & les Courtines, font forties plus courtes, ( comme il ne pouvoir être autrement ) que les Gorges, les Flanqs & les Cortines de la Fig. LXXVII: j’ai deû vous donner cét avis, a fin que celà ne vous arrête pas* Mais aux Fig. LXXXI&.L XXXII, tout i eft obfèrvé plus éxadement 8c de meilleure foi : vous les confulterésila Fig. L XIX eft un undecangle: mais afin d’appliquer dans le cercle le côté de l’undecangle, j’ai diftribué le quadrant EW, en onze parties égales, apliquant à chacune des quatre prochaines parties le côté EB, 8c fera E B, le côté de l’undécagone qui peut être décrit dedans le cercle W B E. E A le diamètre étant tiré, j’ay trouvé comme il a été dit ci-deflus, la ligne IE, en laquelle j’ai pris à difcre-tion la Face E K : 8c puis ayant éxécuté ce qui fe devoit faire, j’ai rancon-tré les principales lignes Ichnographiques, la Face EK, leFlanqKX, la Courtine X Y, le Polygone intérieur S T, la Gorge Y T, ou S X, le Polygone extérieur E Z, qui eft plus court que le côté E B du cercle E B W, d’où vient aufli que O, le centre de la Fortereflè E K X Y M Z, tombe entre les points E & C -9 qui tômboit dehors en la précédante Fig. à fcavoir entre C & A, &c.
- Il rieft pas malaifé de comprandre, que la fufdite manière de defliner les Fortereflès avec le compas, procède feurement jufques au Dodecan-gle, de qui le demi - angle de làCirconférance efl: de 75 deg. i en ajoutant 15 par l’arc F H, l’Angle du Baftion tout entier réüflira droit, c’eft à dire de 90 degrés : n’étant point permis de l’ouvrir au delà, comme déjà nous l’avons pluficurs fois montré, c’eft pourquoi, en tous les autres Polyg. qui furpaflènt le dodécangle , céte feule opération qui eft montrée en la Fig. L X X, étant quindécangulaire, eft diverfe ; ( car au cerclé E B eft appliqué le côté Quindécangle ) c’eft à dire que fans faire état de l’arc F H, qui maintenant ne fera plus établi comme ci devant la quatrième partie
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- De LA FoRTI MCATI0N- REGULIERE. ' ' tyj du-Quadrant F D, fur la ligne E C, on dreflèra la perpendiculaire E H, qui coupera Tare G D au point H, déterminé à lufage ci defïiis montré, ou bien, de la circonférance G D , ôté le quadrant du cercle de G en H, définira auflï le point H que l’on defire.
- En fin, pour trouver 8c déterminer par le même éxercice, toutes les .& pour les principales lignes du Baflion plat de la Fig. L X XI l’opération qui fe *àf/fns dt devra faire avec le compas & la régiene difére en rien de l’opération des Basions angulaires : fi ce n’efl en une chofe feulement : que la perpendiculaire E B eft dreflee fur la ligne E A : Du refie l’angle droit A E B, compris par les côtés E À & E B , fe partage en* deux par la ligne El: & de la bifécante derechef on retranche E R la Face, &c. quant au relie de l’opération , c’effc comme d defius.
- Il ne fera pas malaifé de changer céte précédante manière de defliner,en Dn changeant les fuppofuions de la Fortereflè à contraire. Par éxample: on “t artifice, demande la flru&ure d’une Fortereflè Décangulaire, dont la Courtine[oitgeant ie] fefquialtère à fa Face : l’Angle F or frie- Flanq foit de X L deg. 8c que l'Angle du Baftion, ou fùrpaflè de X X deg. la moitié de celui de la circonférance, refie à canon foit égal à deux de fes tierces parties. ftrmre.
- Au premier cas : après que l’on aura appliqué au cercle de la Fig. L X X comment le côté du Décangle E B, nous fuppoferons , que L’arc FD fouflendu 8c déterminé, de fon demi - diamètre E G, ou E F au lieu qu’il étoit ci guL m-devant féparé en quatre parties, foit maintenant divifé en trois feulement de F au point H, foit pofée la première tierce partie à l’éfét cideflus en- degrés le de-
- leigné. lacirconfé-
- En l’autre cas, auquel eft propofée notre fécondé manière de fortifier; rafce,’™(* que l’arc G F foit divifé en trois parties égales ; foit fait l’are F H, égal à deux*des lune de ces tierces : on aura derechéf le même point H que l’on defire.
- On prandra auffi aifément conjedurc de la manière de fe conduire en l’o-fi on chah* pération, des chofes devant dites, encoreque la proportion de la Cour- for^J^et fine à la Face, ou de la Gorge au Flanq, foit établie diférante des pré- ltznes-cédantes fupofitions ; ce qui fait que je paffe ces choies légèrement.
- Mais je dirai férieufement que céte méthode qui confifle en fi peu de lignes 8c d’angles, efl une régie ou. plutôt un Do&eur, non feulement pour les habiles Geômétres., mais auffi pour les plus greffiers 8c incapables. Ils ne feauroient être fi lourds, que fi feulement ils peuvent s’aider de l’échelle que nous décrirons ci après , prenans la ligne E K de la Fig.
- LXX afféslongue, ils ne puiflènt trouver 8c mefurer avec le compas toutes les lignes 8c dimanfions nécefiâires d’une Fortereflè ; pour les décrire fur le papier, ou mêmement pour les conflruire en la campagne, férieufement 8c aflurément, fans crainte de tomber en erreur qui foit confi-dérable : quoi que d’ailleurs ils foient tout à fait ignorants des lignes 8c des angles architeéloniques. C’efl donc une pièce de cabinét que je préfante aux efpris lâches, 8c qui ont en horreur les belles cognoiflànces, 8c s’ils m’en veulent croire ils en feront état, 8c la, conferveront chèrement.
- B b Enfin,
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- i§% Livré Premier,
- Tour décri. Enfin, tout ainfi que je me luis fervi de la liberté du compas, fans de-Zrejfe *»“ teriïiiner aucune mefure qui fut afiurée , en la délinéation des Fig. L XX. pap,eravec L XXI, &c. il ni aura pasauÏÏi grande difficulté de conftruire de pareil-l&°i*!kie, ^es Fortereflês, avec le compas & la régie., dont les Faces foient d’une M toi» quantité arrêtée. Exàmplë : Ort défire une Fôrtëreflè Undécangle, dont Te*fad. les Faces ayent leur quantité déterminée, égales à la ligne Z M de la Fig. déterminée, l x IX : on prandra lors feulement avéc le compas, la donnée Z M, pour la tranfporter, férieufement, ( ce que nous avons rancontré de hazard en cét endroit & fans autre deflêinque d’épargner là multiplication dès Figures , ) en la Fig. L XIX de E en K : ainfi, le refte cürieufement obfer-vé conformément à ce qui efl preferit, vous aurés la fortereffe défirée, ayant fes Faces de longueur convenable à votre intantion. seconde Nôtre fécondé manière de dejfmer, efl celle, comme je l’ai déjà dit ci - défi
- heifmer ** fus, qui prand conü le Polygone extérieur à fortifier, ou ta défiance des avéc le Battions t nouslavônsdéclaré aux Probl. IV, V , V I du Chap. VIII.
- compas & J ------
- la régie fur Nous prandrons la difiance des Baftions conuë ( en nombre 80. 35 (x) fur
- ces V ebo fes fuj>o-
- cesvcbo- ja qUantité delà ligne AO, dont laiongueur réglera la difiance des Ba-
- fées. fiions de la Forterefie féxangulaire que Ton veut décrire for le papier i Soit donc fait comme auparavant du centre C j par le demi-diamétre C A, jiïom : tel qü’dn voüdra, le cercle de la Fig. L X X XI, tirant le Diamètre E A à diferétion ; au point E foi t décrit dans ce cercle E B, le côté du Polygone c7unje- à fortifier, (nous le fuppbferons féxangulaire ) l’angle C E B, fera la moitié rangle du de l’angle de la Circonférance, auquel fuivant la première manière deforti-zfForme-fer,feront ajoûtés x v deg. Donques de E, par le demi-diamétre E G, de tel-tianp & ie quantité qu’il puifiè être, foit fait l’arc G D, coupant le côté E B en F: #timdiT' & dé F en D'par le demi-diairiétre E G, qui le foûtient, fera défini l’arc F D: ficJnoîtfin ^e<Iue^etant deux fois partagé en deux, la première quatrième partie de là angle de di vifion, fera F H : des points G & H, à toute ouverture du compas, foient etreonfer. faits jcs arcs & ie point i 9 & foit tirée EI : puis le côté E B foit prolongé en Z* defortequeEZ, foit faite égale à la mêmeAO preTupofee : & que l’angle B Z M, foit randu égal à l’angle F EI ; 8c foient mifes en la ligne EI de E en a 8c e deux parties égales, en quelque longueur que ce foit : & que trois des mêmes parties foient pofées du même point E fur la ligne E Z, en i, 0 & u : Le compas mis en e, & comprenant la longueur E u, foit fait un arc en L : derechef à la longueur E e, du point u, on entrecoupera le premier arc, pour avoir le point de leur interfeélion L ; duquel L E tirée au point E, déterminera en la ligne coupée Z N, la Face ZM: on retranchera fon égale E K, &c. cela fait, comme ci defiiis il a été montré toutes . les autres lignes feront trouvées. La Face EK, ainfi déterminée il fera bien aife' de receuillir la manière de l’opération que nous avons tenue en la détermination de la ligne E L : car fi on tire une ligne de K à M, en concevant delapenfée une parallèlefortie deM avec EK , nous aurons ua Rhomboïde Parallélogramme, ayant fon côté E K au côté K M, comme de deux à trois, ou bien, comme la Face à la Courtine : & nous verrons
- d’un
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- De la Fortification Régulière. 190
- d’an même temps que la Face ZMeft déterminée au point M de E M diagonale de ce parallélogramme. Mais parce que lajufte quantité de E K m’a étéinconuë, c’eft ce qui ma obligé de former un làmblable parallélogramme, Eu Le, au diamètre duquel EL, au point M, à fçavoir par tout ou il couperoit la ligne Z N, puiflë être déterminée la même Face Z M : que l’on cherphoit, &c.
- La troifiême manière de dejfmer une Forterefie fur le papier, que nous Tmjîèmt avons ci-deflus propofée ; eft celle qui nous donne conuë la ligne Fichante, defmer, outre la proportion fubfefquialtére de la Face à la Courtine, & l’angle du 2“**^ Baftion, &ie Forme-Flanq, 8c l’angle de la circonférance. Nous avons .gfo du inexpliqué fufifamment céte manière, par le calcul, au Chap. VIII, qu ^oiygXda vous confulterés : à prelànt, je vous le repréfante par forme d’éxercice, Forme-avec le compas 8c la régie. Nous prandrons en papier une Fortercfîè féx-^ç angulaire, dont la Fichante foit égale à la ligne E Y : en nombres, elle eft nues. l*Pr°-de 6r. 11 (2. Il faudra faire du centre C, le cercle EBAde la Figure Face & de L X XX11 de telle grandeur que l’on voudra, on tirera le diamètre E A,
- 8c on apliquerade E en B le demi-diamétre, ou coté de l’Héxagone, E B : Fichante, on trouvera, comme auparavant, la ligne EI, en laquelle, on détermine EÆ la lace ; ce qui fe doit faire, étant fait, vous trouverés, à proportion de* la Face E kleFlanqkx, la Courtine xy, l’autre Flanqjy m * pareillement la deuxième Face mz, 8c enfin, celle qui donne tout le fujét de céte recherche, la Fichante E y : Quand on aura trouvé céte Fichante, on la prolongera dé y en Y, de telle forte qu elle deviéne égale à la donnée E Y : du point de la Fichante Y, on tirera Y S, parallèle avec le côté E B, au point S on fera l’angle Forme-Flanq Y S K, 8c on tireraS K, laquelle en la ligne EI coupée, déterminera la Face E K, qui eft deue 8c lôrtable à la Fichante E Y : de K fur S Y tombera le Flanq K X, auquel on drefiëra Y M égal : 8c puis enfin on égalera M Z à K E: c’eft la ftrudure de la Forterefie Séxangulaire défirée, ayant la Fichante preferite.
- . A l’occafion de céte Fig. L X X X11, on peut voir par même moyen, §&**&»* la facilité qu’il i a de faire avéc le compas 8c la régie par une quatrième façon ’defZ^què de dejfmer, une Forterefie défirée, pofant fa Razarite E u ou E V : on pran- Sjjf dra le cercle E B A fi grand que l’on voudra, 8c tirant le diamètre E A, a tion de la diferétion, 8c le côté B E de la Fortereflè àconftruire, apliqué du point E* enfin en la trouvée EI, de E en u ou V, on métra la Razante donnée, la fai-fant égale à la ligne E «, ou E V,ouà telle autre que l’on voudra : au terme V ou a,on tirera V S, ou us parallèle avéc le côté EB ; 8c en S, ou s, on drefièra l’angle V S K,ou usk Forme-Flanq, 8c fera de céte façon déterminée la Face EK ou E k,8cc. Voyés le dernier Problème du Chapitre VIII/
- Avant que je me retire de céte matière, outre le furcroît de la quatrième manière de deftiner fur le papier que je viens d’enfeigner, j 1 en veux ajoûter une cinquième pour la bonne mefure. En ces quatre précédantes manières ; on préfupofe, ou la Face de la Forterefie ; ou la Diflance de fes Raflions j ou fa ligne Fichante ; ou . fa Razante : qui font toutes lignes con-
- * Bb 2. fidérableS
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- iod Livre Premier,.
- fidérables & principales de la Forterefîè : il ne relie plus que le feul Polygone intérieur, ou le Côté de; la ville ; qui fait aulïi une ligne importante & de tres-grandé confédération: en cas que céte ligne nous fût donnée,comment ferions-nous pour tirer en papier, avec le compas 8c la régie,le defïèin d une Forterefîè féxangulaire, qui devroit avoir fon côté intérieur égal à la ligne S T de la Fig. L X X X111 > Il faudra tirer l’indéterminée A B & de celle-ci retrancher la donnée S T : faire S T O la moitié de l’angle du Polyg. à fortifier, 8c avancer O T en H en telle diflance que l’on voudra; on fera maintenant concourir en L point à marquer , les lignes T M 8c S K forties des points extrêmes T&S pour établir les Angles Forme-Flanqs: au point S par le demi diamétre S a à difcrétion efl décrit l’arc ad b que j’ai déterminé en b par fon demi-diamétre deux fois pofé de a en Ç 8c de G en b j’ai parti l’arc a b tout entier aux points d 8c c en trois parties, S d tirée par la première tierce partie d, a été prolongée en L, pour faire l’angle For-cinquième me. Flanq L S T de 40 deg : de l'autre part l’angle M T S a été fait en la même manière & le point L défigné par la concurrance des lignes. Onfe-noijfanceda ra en aPrés au centre T, per le demi-diametre à difcrétion T B, l’arc B C, côté inté- qui fera déterminé de B en C par fon Demi - diamètre qui le foutient : cét Injkmbitdearc parti en quatre égales parties, la première quatrième partie foit B D, u propor. & on fera pafièr T D par D ., 8c que l’égale à ce demi - diamètre T D foit courtine & ôtée de la ligne T H, qui fera T n : des centres D 8c a, à quelque diflan-djJ*f*ce’ce que ce foit par les arcs concurrants foit déterminé le point F, 8c foit Angles du tirée la ligne F T. Enfin S T pofée partie en trois, en e 8c ï, deux de fes tier-F^me- & ces T i en la ligne T F a T foient mifes en N, N & L feront jointes pour $imq. couper T H en Z : au point Z forte Z M, parallèle à T N, qui coupera la ligne T L au point M ; & par même moyen déterminera la Face Z M, qui convient au côté donné S T : de M foit tirée avec S T , la parallèle M K inconüe, coupant L S en K , on fera tomber des points K 8c Mfur S T, M Y & K X perpendiculaires : 8c nous aurons la defcription de la For-terefïè féxangulaire que l’on defire. Ce defïèin achevé, vous en pourrés éxaminer la certitude par le moyen des Fig. L X X V111 & L X X V11 ; ayant exprefièment employé pour conues les mêmes lignes en quantité, pour me difpanfer de la pêne de drefîèr d’autres Figures, à quoi j’eufîè été obligé fi je ne me fufie fervi des mêmes lignes : céte même confide-ration m’ayant aufîi porté à choifir les Forterefies féxangulaires poûr les defliner, d’autant que celles ci entre toutes les autres efpéces de Polygones inferivent & appliquent plus aifément au cercle leur côté, toujours %égal au demi - diamètre &c.
- Tout défi- Pour tranfporter des Tables fur le papier, les Forterefies que l’on veut flnïT decrire » on * procédera de céte façon. Premièrement, il faudra curieu-Forterejfes fement établir la mefure avant toutes chofes. Or efl il qu’il fera en la liberté mondes de celui (lui fait Ic dcfiein, de choifir la mefure de la Forterefîè qui doit Tubles. être conflruite, ou ne le fera pas. Si la chofè efl en fon pouvoir; qu’il tire promtement la ligne A B de la Fig. L X X XIV : en céte ligne, de puis
- A jufques
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- de u Fortification Reguliere. zox A jufques en C, il marquera avec le compas, dix petites particules égales ; en pofant apres diverfes fois ces dites dix parties, prifes enfamble, en la fufdite A B, de C en H, I, K, L, 8tc. Et par ce moyen il aura un Rayon ou'Echelle indéterminée pour régler fesmefures. Supofons qu’on dcfire métré fur le papier une fortereffe Séxangulaire conftruite fuivant la première manière de fortifier. La Colomne fervant à l’Héxagone, qui fe voit en la Table de la première manière de conftruâion, donne à la ftru-èhire de céte Forterefïe, repréfantée en la Fig. L X X V11, le demi-diamètre O S de 58.73 (x. Il faudra donc prandre avec le compas, de l’Efchelle pofée A B de la Fig. L X X V111, fervant à mefurer la forterefïe que bon veut confiruire 58 Verges 7 piéds, 3 doits ; 8c à telle ouverture décrire le cercle S T À B C D : dont la circonférance compréne fix fois le demi-diamétre O S, il i aura place pour tout autant de côtés de la Forterefïe , $T,TA>AB,BC, CD, DS. Que l’on détermine en après du point S tant devers T, que devers D, par le même compas celles qui font égales à la longueur de la Gorge de 11.36 ( x : félon les Tables ; 8c qui feront S X 8c S V : des points X & V, fortent les normales X K & V N / chacune des quelles foit égalée au Flanq de la Table de 9.54 ( x. Le demi-diamètre O S prolongé en E, de forte que S E contiéne ai. 61 (2 parties de l’Echelle L X X V111 fervant à mefurer : c’efl la mefure affignée par les Tables à la Capitale féxangulaire. (ici le compas même vous fera conoî-tre la faute du graveur ci defïus remarquée )E avec N 8c Kjoins enfamble, réüffiront les Faces EK & E N de longueur chacune de X XIV. Verges , fi le compas ne fe abufe d’ailleurs » 8c de céte façon fera parfait 8c àcompli tout*le Baflion V N E K X. Par même moyen inflituant l’operation de T, A, B , C, D , qui font les extrémités de chacun des côtés, vous aurés enfin la defcription de la Forterefïe féxangulaire, toujours de-fignée par l’enceinte ou longueur extérieure 8c horizontale du Rampai*, par ces lignes Ichnographiques, PH,HG,GR,RI, IL, LF, F V,
- VN, NE, EK, KX, 8cc,
- S’il vous prand envie d’i ajoûter aufïi les autres lignes Ichnographiques, Ugnu du Rampar, du Fofïe, de l’Avantmur, du Chemin couvert 8c des autres par-ties de la Forterefïe , voici le moyen de vous fâtisfaire.
- La Table Orthographique, nous repréfante la largeur du Rampar, par vfa,*ve7 éxample ici en ce féxangulaire que nous préfupofons, de 66 piéds de Rhin, à l’intervalle defquels, mefuré au moyen de même Echelle A B, de la Fig- deUvon.h LXXVII, employé pour mefure aux deferiptions précédantes, à la longueur extérieure du Rampar, ILFVNEKXYMZ 8cc. fbit tirée faut dêcri-paralléle la longueur intérieure du même Rampar, par les lignes, aie d^Zhsî»' c fgh i k 18c les autres lignes qu’on defire. De la même façon le contour extérieur, mnopqrf tu u>x y z à fçavoir la diftancc qui eft entre le mgrapk. Rampar 8c le foffé, ici de 3b Verges, fe doit tirer en égale diflance, tout ZelfdT' autour, 8c nous reprefantera le bord du Foffé joignant la ville, 8cc. Le l'onbo. FofTé contigu à fa liziére, doit être mené félon fa jufle largeur, qui efl ici^
- B b 1 de
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- ici Livre Premier,
- de 96 pieds de Rhyn ou de 12 Verges, parallèle aux Faces de la ville: les lignes concourantes vis à vis du milieu de la Courtine. Le bord du Foflë joignant la campagne, 8c l’enceinte du chemin couvert, aufli du Parapet extérieur, font par tout tracés en égale ou parallèle diftance avec les Faces , comme il fe voit en la Fig. L X XV118c particuliérement en la Fig. CIX du X11 Chap : (fi je ne me trompe, ) du fuivant livre, où il fera traité de la Diftribution ou OEconomie de la Fortification. Or eft il que fi vous jetés feulement les yeux fur céte Figure qui eft très- éxaâe, il vous fera aifé de vous déveloper de vous mêmes, de toutes les autres délinéations Ichnographiques : defirant ici me délivrer du travail 8c de l’ennui qu’il me faudrait prandre, à vous les expliquer plus au long. Je vous donnerai feulement cét avis en un mot, que toutes les lignes de la Fig. LXXVII ou C I X peuvent être juftement apelées Ichnographiques j encore qu’il i en ait aucunes qu’on ne peut avoir au en fuite de l’Orthographie : puis qu’il efi: vrai que toutes font contenues, ou fur le plan même de l’Horizon , ou pour le moins aux plans qui lui font parallèles : c’eft pourquoi je fais peu d’etat, de ce que quelques uns difent au contraire.
- Supofons maintenant que la liberté de la mefure ne foit pas au pouvoir de celui qui fait le deffein de la forterejfe à conftruire; mais qu’il Joit obligé par éxam-ple,de s’aflujétir à la ligne A O de la Fig. L X X XI, longue de 8oVerges 5 8c d’i conftruire l’echelle déterminée fur laquelle doit être formé le deffein de la Fig. LXXVII. On fera donc ladite Echelle déterminée, comme s’enfuit : On rifcera infiniment A B de la Fig. L X X XIV, en laquelle o» prandra dix petites parties également, de A en C : puis après A C toute entière divcrfes fois pofée, de C foit avancée devers B : pais on prandra en la ligne A B LXX X parties C D, à fçavoir autant qu’en contient la donnée A O ( ce qui ne fera pas malaifé, attandu que la ligne A B en fuite de fes extrémités ou bouts à fcavoir en A C, eft divifée en unités 8c petites parties finguliéres au nombre de dix : 8c en l’autre , reftant de C en B, eft diftribuëe en parties continues denaires ) maintenant fur CD fera conftitué le triangle équiangle C D E. Puis on ôtera la donnée A O, commançant au point E,des côtés duTriangle par les lignes E F 8c E G,qui Comment lui font égales ; 8c par les points F 8c G on fera paflër la ligne G F, que des en drejfera flânes, tirées de chacun des points de la même AB jufques au point E, ou Echelle, couperont aufli tout ainfi que la dite A B («) a été coupée, tant en unités jkre l*for~ & Parties finguliéres, que dénaires: par ce moyen vous aurés l’Echelle de une hgne la Fig. L X X XI, que vous defirés.
- fûpofee. Ce pcra (jQnc en cctte Echelle F G, que fe prandra le Diamètre, les Cotés delà Forterejfe, 8c apres en celui ci les Gorges, les Tlanqs 8c les autres lignes de la Forterefle à conftruire , comme ci deflus, 8cc. Céte manière de def-finer fuivant les Tables à la mefure d’une Echelle déterminée, eft tres-aflu-rée^ 8c procède fuivant toutes les autres manières de deffiner ci-deflus expliquées :
- ( 4 ) Celui qui aura pêne de comprandrela démonftration dece Problème, «onfulte Clâvius, fur la 48 propo-ution du! livre des Elémens d’Euclide, & encore fur la proportion io du VI livre.
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- De LA FORTIFICATION-REGULIERE.' 203
- quées : car le diamètre de la Fortcrefle étant pris, fuivant fâ quantité déterminée en Téchelle ( à proportion de la longueur de lai ace, ou de la Fichante,vu. delà Razante,o\x des cotés extérieur ou intérieur fupofés) on fait un cercle, dans la circonferance duquel les côtés de la Fortereflè font rangés 8c diftribués en Gorges 8c en Courtines : comme il fe voit en là Fig,LXXVII,&c.
- Mais pour éxécuter ces chofes plusfeurement 8c plus exactement, il mé p0Urjrefer famble bien à propos d’appôfer ici la ftrudure dune échelle artificielle, dont*^*^‘& fufage fera tres-utileau méchanique par tout ailleurs,mais principalement encéteocafion. Elle fera de même, foit qu’on laconftruifefur unemefurer^ton^Ui~ certaine & définie, ou incertaine indéfinie; ainfi quand ori aura montré l’une des manières, on aura conoiflànce de l’autre.
- On prandra donc AB infinie en la Fig. L X X X V, laquelle on divifêra en dix parties égales 8c plus encore a difcrétion : céte partition dénaire nous fufit pour former les defleins de nos Fortereflès : d’autant que par ce moyen céte AB contiendra C verges, comme nous l’allons voir: il efb fans doute que d’autant que ces parties feront plus grandes, toutes chofes aufli en feront d’autant mieux 8c plus fanfiblement exprimées, les létres EFGHIKLMN marquent les points de la divifion. Puis à la ligne AB, fur les points A 8c B, on dreflèra égales 8c perpendiculaires A D 8c BC, de longueur à difcrétion ; on joindra les points D 8c C par D C parallèle 8c égale à ladite A B : puis les perpendiculaires A D 8c B C feront divifées en dix égales parties âbcdefghiSckî mrtopqrs : mais fi vous vous fervés de ix piéds,en ce cas il vous faudra féparer les perpendiculaires AD 8cB C en douze parties égales : fi elle excède encore céte mefure, vous ferés vôtre partition égaleile plus de parties à proportion. Enfin la ligné A E, 8c fon égale 8c paralléfb D O, feront divifées en dix égales parties, 8c les fegments des lignes A E8cD O,alternativement conjoins de telle forte,que le point O de la ligne D O foit jointavec le point! dé là ligne AE par la tranfverfe O i: quant à ce point ï , il fera joint au point 2 de la ligne D O, par la tranfverfe 1.2: 8c de céte façon on avancera, en ométant tousjours un point, 8cle laifiânt alternativement par les tranfverfes gifàntes entre les lignes A E 8c D O obliquement, 8c nullement au niveau.
- Par le moyen de céte échelle d’arpenteur, on pourra defîiner non feu- vufage âk lement les Verges, mais aufli les piéds, dontréüflira une grande perfe- ct'te:EcheUe'' dion à l’ouvrage : Par éxample : de telles verges dont F G conftituë dix, il en faudra comprandre de pareilles avec le compas, pour les apliquer en fufage à quelque ligne, 23 verges 8c 7 piéds. Onfichera l’une des jambes du compas fur le point G 8c fi de l’autre jambe il atteint fur le point F, réchelle & ilcomprandra dix verges : avancé fur E il contiendra x x verges : portéfur le0rJ^me* le point marqué 3 de la ligne AE, ce feront les xxi 11 verges entières défi- fifres des rces : & pour avoir les fept pie'ds qui font de refte : en paflànt du point j de lab'gneAE, la ligne tranfverfc3.4.jufquesau point?, auquel lafep _ vent tou-tiême parallèle cm , qui efl: la mefure dufèptiême piéd, coupe la tranfver-i^r^^ fe 3.4,8c puis fichant en t l’une des jambes du compas, de l’autre mobile *"""**•
- on
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- on comprendra en la même parallèle cm le point u déterminé par la perpendiculaire G S : ainfi le compas étandu en l’efpace de tu embraflèra éxa-dement z}. 7(1 telles que la ligne AE en contient dix, Sic,
- On comprend ailes, fans que je le dife, que le rayon ou l’échelle dont noüs prétendons de nous fervir doit toujours être de même quantité que l’échelle artificielle : foit que la grandeur de nôtre Fortereflè foit commandée 8c déterminée, foit qu’elle foit volontaire 8c librement préfupofée.
- Nous ferons le defièin de Xlnterfeftiiin ou la DefcripthnOrthographique des rafnpars de nôtre Fortereflè en la Fig. L X X X, en cétie maniéré.
- On tirera lïndefinie AZ, repréfantant le plan fur lequel nous voulons établir notre Fortereflè ; de A en I on contera la largeur Horizontale du ram-par, ici 5.5 piéds de dix à la verge : de A en K 12. piécte, 8c de I en L 6 piéds, détermineront lespanckans du* rampar, tant l'intérieur que îextérieur\ de K & de L on tirera les pcrpandiculaires KH & L Bé gales, chacune de la longueur de ix piéds, qui termineront la hauteur durampar-. H Sc B join-iour décri tes on aura la largeur du fomrnêt du rampttr. Au point B on ôtera de la ligne BH/d largeur du pied du Parapét B O de 14 piéds : puis du même point B, lento tm ^evers ^ » on ^ètra B M le panehant extérieur du Parapét de 1 pied y\ phL anhi- doits i Sc de O en N /on panehant intérieur d’un pied : fur les dis points N 8c teUon. m feront perpendiculairement drefles N D , la hauteur intérieure du Parapet de 5 piéds : 8c fa hauteur extérieure M C, de 3 piéds 5 doits : on joindra D C & D O : de O devers H en G on métra O G de xi piéds pour la la largeur du Banquét : qui a pour fa hauteur G F un piéd 8c z{ doits ; G H donnera le Plan du Rampar : en cela confifte la defeript k>n du Rampar 8c de fon Parapét •* Au refte,de la ligne I Z, de I on ôtera I G le chemin des rondes, embraflànt le Rampar tout autour , de largeur I G de 14 piéds : vous prandrés toutes les autres lignes de )a délinéation de /’Avant mur, enlar même manière que vous aürés ci deflus pratiquée pour le Parapét du Rampar : 8c fera marquée par les mê mes létres GFEONDCMB, de B pour la en P fera mife PB la liziére du Fojfé de 5 piéds : 8c puis en fuite de la lizié-Orthograp re k Folfé même P V large de 80 piéds : de P & V on métra les lignes P d'une For- 8c V T, la première de dix piéds, l’autre de fix : de Q^& de T tomberont Tonfrnte; perpendiculairement Q^ll & T S à la profondeur de 10 piéds chacun : on joindra P R, R S & S V. Apres le bord extérieur du Fofle fuit le chemin couuert large de 14 piéds, qui fera defigné depuis V jufques en W : puis le Banqêt du Parapét du chemin couvert, W a e X haut 8c large comme les autres : de X en Y un piéd pour le panehant^ intérieur du Parapét : Y i fera fa hauteur ordinaire. Puis de X en Z fe terminera la largeur du Parapét 64.3 (1 on joindra i 8c Z, 8c par ce moyen vous aurés toute la deferi-ption Orthographique d’une Fortereflè féxangulaire : ici nous avons pris les piéds de dix à la verge, 8c non pas ceux du Rhin. On fera le même jugement de toutes les autres Defcnptions Orthographiques famblables, de quelque Fortereflè que ce foit, marquées en la Fig. CIX qui fera propofée ( au Chap. XII de la Diflrihution Archite&onique, du livre fuivant par la
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- De la Fortification Reguliere. 2,05
- ligne fondamantale A S repréfantant le plan de la ville. Nous apelons ce-te ligne la principale & primitive de tOrthographe, de laquelle procèdent nvedeior» deux autres, dont la première fe reprèfante fur le plan de l’Horizon par la ^fZpré-ligneE4i delafufdite Figure CIX: on la mètprincipalement enufage^^">-quand on veutappofer des Demi-lunes, Couronnes &c. au devant des Ba " ftunt es me-ftions,pour tirer une plus parfaite 8c plus éxa&e conoiflànce de leur par tuation 8c de leurs mefures par le moyen de cète defcription. Par èxam scelles fin* pie :!e Panchant intérieur duRampar, qui a ète en la principale Figure du pro-lesrnoins fil ou defcription orthographique H h ou E/, eft E M en celleci : Le Pan*
- 'chant du Ram par E&c. La fécondé eft montrée en la même Figure CIX èt™chan‘
- par la ligne H 42, partageant en deux le milieu de la Courtine: on les qmfomdi-employc pourdeffiner exactement les Ravelins 8c les Cornus au devant des Courtines. Des chofes devant dites, on aprandra aifément la manière de les coucher fur le papier.
- Aux premiers temps de la renaiftance de TArchitedure /e Foffé & le suivant 1* chemin couvert 8c mêmement fon Parapét conftruis autour de la ville, em- qlîfïran-brafloient en une enceinte Parallèle tant les Baftions que les Courtines ,c°ntrejn
- tt une & en
- comme il fe voit autour aeqp on de la Fig. L X X V11 ; alors le plan per- t’***r**»-pendiculaire O P, tiré du centre de la ville O, par le milieu de la Courtine pZapt/ex-8c les autres ouvrages qui l’environnent, rcpréfantoit en jufte mefuretérieur & toutes les quantités Orthographiques du rampar, déterminées tant félon tavela la largeur, que félon la hauteur. Et d’autant que cète partie du cheminle dtferanc& couvert 8c de fon Parapét u y z xempêchoit le profpéd 8c l’éfét des traits pmdlll des citoyens, on tira en parallèle l’une 8c l’autre enceinte du chemin cou-JZjJeufdi-vert avec les Faces de la ville feulement, jufques à ce que du milieu de méfions la Courtine elles vinflént à concourir enfemble pour former l’angle 132 de la Fig. L X X V 11: 8t de cète façon la ligne 53 réüftit bien.plus courte que la ligne 43 : encoreque cète 53 parce quelle eft perpendiculaire, mefure feule la très-jufte largeur du chemin couvert 8c de fon Parapét, c’éft à dire la diftance des lignes 13 8c 45. D’ou il aparoît que le Plan qui nous reprèfante le Pourfil de la Forterefîè en l’ufage de l’Architedure moderne, fe rancontre përpandiculairement avec l’Horizon de la ville, pour en couper les Faces de niveau, comme nous l’avons enfcigné au Chap. X page 94 8c en l’XI pages 109 8c 110 : la ligne A S de la Fig. aflignée au Chap. de la diftribution , nous fait voir la trace de ce plan fur le fonds. Or Quelle eft nous avons apelé cète ligne la principale & primitive de l'Orthographie archi-tectonique, 8c l’avons par tout exprimée par la ligne A S de la Fig. L V111 *hogMV*r-8c des fui vantes. Dè cète ligne primitive A S en la Fig. CIX eft beaucoup "deme- & " diférante la ligne H 42, tirée par la Courtine du milieu : le chemin couvert ^mp'rZ-embrafîànt en parallèle les feules Faces de la ville : car alors A O eft partie apaies, de la ligne H 42: quant aux autres parties O S 8c O 42, elles font graü- ^uJJeil dement inégales : mais nous aurons befoin de conoître la ligne H 42 toute Coîirttns-. entière 8c toutes fes parties, quand nous voudrons mètre au devant d’une Courtine, un Ravelin, un Cornu, ou un Couronné. Le même fe doit di-
- C c re de
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- •2o6 Livre Premier,
- re de la ligne E 41 de la Fig. CIX, laquelle furpaflèra encore davantage > la principale ligne de linterfeftion A $ : & nous aurons pareillement befoin des mefures éxaâement déterminées de céte ligne E 41 quand nous voudrons vautre par conftruire des Demi-lunes ou des Couronnés au devant d’un Baftion, qui ll7jhondtt doivent recevoir leur défance du Rampar de la ville: afin de leur afligner la jufte diftancequi eft requife à leur protedion.
- vou naïf- On pourra donc diverfifier la Defcription du Pourfil d’une Fortereflè, ^unjbnls en fix ou fept manières, ou davantage : La première manière qui précède de Refera toutes les autres, s’exprime en l’Horizon par la ligne A S de la Fig. OEco-^tlTgrapb. nomique CIX : ou de la Fig. L V111 & des fuivantes. La fécondé ma-w * niere de diverfifier la Defcription Orthographique, fe repréfante par la ligne horizontale H 42 de l’interfedion du rampar de la Fig. OEconomi-que. La troifiême fe définit par la ligne E 41 de la même Figure : on fe fert de ces trois manières feulement alors que la ville ria point de Dehors. Autrement, quand elle eft fortifiée de ces ouvrages détachés, fuivant leur nombre & leur efpéce, il faudra pareillement diverfifier, les deferiptions Orthographiques, des fufdites fécondé & troifiême manière : le premier demeurant toujours entier & immuable. Car, autre fera la Defcription Orthographique de Hnterfe&ion du Rampar tirée par le milieu d’une Courtine armée d’un Ravelin : autre, fi d’un Cornu : & plus diverfe encore fi elle efl: fortifiée d’un Cornu & dunRavelin tout enfàmble. La ligne E41 qui repréfante îinterfeftion du Rampar par le milieu du Baftion eft aufii fujéte à céte même diverfité : alors que le Baftion, doit être protégé, ou d’une feule Demi- lune, ou d’un feul Couronné, ou des deux 8c de plufieurs en-famble: mais toutes ces diférantes deferiptions Orthographiques de l’Ar-chiteâure ne feront pas malaifées à celui,qui fe fera curieufèment éxercé à bien exprimer, les principales figures 8c modelles Orthographiques comme on les voit en la Fig. L V111 & fuivantes. C’eft pourquoi nous avons ici épargné la dépance 8c la pêne, nous fufifant que le difeours en déclare l’introdudion, fans i employer les figures.
- C H A P. X I X.
- Tour tracer une Fortereffe à la campagne.
- A Prés que nous avons couché le deflèin de notre oeuvre fur le papier :
- il refte maintenant de tracer à la campagne pour les ouvriers, la Fortereflè même. Il faudra donc que l’Architeâe aye par devers foi l’original dreffé fur les régies du précédant Chap. pour le repréfanter, & que toutes les lignes & angles i foient exa&ement compris : 8c qu’il ait en outre, un cercle géométrique, bien partagé en degrés 8c fcrupules, 8c me chaîne d'ar-MeuiiesAr-panteur, divifée en verges, pieds & doits. Ainfi meublé, de O qui eft le tkitetton. centre de la Fortereflè à conftruire préfupofé en la Fig. L X X V11 * il tirera
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- De LA FORTI FIC AT ION REGUL 1ERE. lOf
- fera devers E, ( où fë doit établir leBaftion, en cas que la nature del’affié-tc du lieu 8c que le deflèin de ringénieur le requière en cét endroit,) le rayon de la mire O E, marqué 8c randu vifible par les perches FS**, afin que la chaîne fe puifle étandre mieux 8c plus également entre les points extrêmes O 8c E de tous côtés : après qu’il aura mefuré de O en la ligne O E, devers E y 8 verges 7 piéds 8c 3 doits, le demi - diamètre de la Forte-refie tombera fur le point S,qui fera defigné par un piquétfiché en terre en cét endroit. De là l’inftrument Géométrique arrêté fur le centre O,on cour- Manière de nera fes deux pinnules immobiles vers le piquét S,jufques à ce qu’il trans-paroi fie au travers de toutes les deux : les curfoirs ou pinnules mobiles de ZTId’/tZ lïnftrument, fe doivent ici écarter de ces fixes, concourantes avec la li- jtationpour gne O S, de 60 deg. (qui eft l’angle du centre de toute figure qui fe doit tra-le cemre‘ cer)8c puis en droite ligne , ou bien par le rayon de la mire qui pafle par les pinulles mobiles, on plantera à discrétion le piquét u ou Z, 8c Soit dere-chéf mefuré en la ligne O Z, le demi - diamètre de la Fortereflè 58.73 ( z qui de O (e terminera au point T : fur lequel il faudra drefièr une perche pour le marquer : 8c par ce moyen vous aurés déjà un côté de la Fortereflè féxangulaire S T, éxaâement égal, en le mefurant à la Verge, à fon demi-diamétre O T, fi ce n’étoit que l’on eût mal à propos trop étandu l’angle S O T, à quoi il faudra prandre garde, ou le corriger : Les autres côtés T A, AB, B C, feront trouvés par famblable moyen* Au refie on atachera un cordeau fur les piquéts T 8c S 8c le tandant,on tracera le premier & principal rayon ou feiïïon de la Fortereflè, à la largeur d’un demi-piéd, • ou environ, defignant tout autour éxaâement les côtés de la ville. Mais s’il i avoit crainte que le cordeau T S, pour être trop long , ne fût çaufe de quelque erreur, ce fera le foin des pionniers d’obferver d’autres points dans le milieu de la ligne T S, i pofans pour marque les piquéts X 8c Y, d’e-fpacéen efpace àdiferétion, 8ctenans le cordeau bien tandu, premièrement il fera attaché au piquét X 8c de celui ci en Y, àinfi de fuite : afin que AvU *»* Ce premier rayon 8c feillon forme - ville réüffiflè bien droit, 8c ne gauchifle luvrZT point.
- Arrivant que nous n’eûflions pas d’inftrument Géométrique nous ne laiflèrons pas d’éxécuter notre deflèin en céte façon : ( en quoi néanmoins il nous faudra conduire avec une gtande circonfpeâion, céte manière étant fujéte à beaucoup d’erreurs, principalement aux grandes ftruâures) a*™cer nous prandrons deux cordeaux , dont l’un fera égal au. demi - diamètre, fmie
- l’autre au côté de la Forterejfe à conftruire : le cordeau du demi - diamètre, acta- ZZftmmZt ché par un bout au piquet du centre établi en O, lera tiré de l’autre vers le en fujét à point S , qui eft l’endroit deftiné pour le Baftion : un piquét planté en S , on i attachera/? cordeau de la mefure du côté de la Forterejfe ; l’un 8c l’autre l’omprocé-bien tandu ( à quoi devront prêter la main quelques aides * * dans les fia-tions du milieu du cordeau O S ) 8c les ayant traînés tout autour, il faudra faire en forte que les extrémités libres tant du demi - diamètre autour du centre O , que du côté, autour doJS, concourent en T -, là, on plantera
- Ce z un
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- un piquet : & ce fera le coté de la iMe S T, que l’on marquera d’une trace ou feillon de demi - pied de largeur. On attachera derechef le cordeau du coté, à T, 8c on le tandra, jufques à ce, qu’il fe ràncontre en A, avec le cordeau du demi-diamêtre O A : ainfi fera T A le fécond côté du defïèin de la Forte-reflè. La manière de trouver les autres côtés, jufques à ce que vous ayés acompli tout le cercle, eft tout d’une forte en tous les Polygones, employant feulement autant cordeaux qu’il en eft requis, fuivant la quantité de leur demi-diamétres 8cdes côtés qu’ils doivent avoir. comment il En cas qu’il arrivât.qu’on ne pût avoir aucune dation dans le centre de der quand la ville, a caufe de quelques bâtimens, ou d’autres empêchemens fambla-°de hieupour ^es 9 on 1 Procédera céte faÇon : de S , qui eft l’endroit defigné pour le le centre. Baftion, on tirera en T, qui eft à peu prés le lieu que doit couvrir un autre Baftion, le côté S T, de la longueur qui eft requife: on plantera un piquét en T pour le remarquer. Le cercle, géométrique fiché en S, on formera T angle de la Circonférance delà Forterefle ( ici de 120 deg.) ainfi comme les pinnules immobiles de rinftrument le piquét T; de meme les mobiles montreront la ligne S D, par le moyen de laquelle avéc T S , fera fait l'angle de la Circonférance T S D de 120 deg. En la ligne infinie S D fera mefuré le côté de la Forterefle qui fe terminera en D : 8c par céte même opération on trouvera le refte: la difquifition de l’un reflâmblant entièrement à l’autre.
- Les côtés TS,SD,DC,CB,8cBA, ayants été établis de la forte : . fi en fichant l’inftrument géométrique en A, on vient à former avec B A l’angle de 120 deg. ayant éxa&ement le picquét T, au rayon de la mire fortant de A, toutes chofes feront en bon état 8c tous les angles bien établis. que fi ledit rayon de la mire, fortant de A pour la conformation de îangje de là Circonférance, ne tombe pas fur le point T, mais défiés, ou défi fous icelui, alors, attandu que nous n’avons pas exactement rampli le cercle, il faudra tenir pour confiant, que nous aurons failli de quelque côté en la conformation des angles : ainfi en réitérant l’operation nous en corrigerons la faute : en quoi il fora très - à propos de bien arrêter les côtés de la Forterefiè, tous enfàmble, marqués par les piquéts, AB C D S T, avant que l’on commance feulement de creufer le feillon du premier.
- Nous avons donc les cotés de la ville, vifibles par le feillon ou rayon de campagne d’un demi - piéd de largeur ; maintenant, de chacun angle de Circonférance, par éxample de T en Y 8c Y, on contera les Gorges T Y: on fichera l’inftrument en Y de telle façon, que par fés pinnules immobiles de part 8c d’autre on aperçoive, d’un côté -le piquét T, de l’autre, le piquét tracer tes ^: & que ^es curfoirs 8c mobiles s’écartent des immobiles par le quadrant lignes pùn. du cercle : 8c en la ligne ou rayon de la mire que les pinnules , conftituées forment, on contera le Flanq Y M de jufte longueur : lui don-Fianqs, é» nant aufli une trace pour le féparer de l’autre fonds. On aura la Capitale en nés delà' ptolongeant le demi - diamètre de la ville, çe qui fe peut aifément faire, Forterejf*. fUp0fé le Centre : mais en cas que le centre ne foit pas donné, on pro-
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- de la Fortification Regultere. 209 longera le demi-diamètre par une ligne qui coupe en deux l’angle de la. Circonférance. L’Angle fera coupé en deux, ou par le moyen du cercle géométrique; ou en forte qui fuit : la Y Y tirée au defibus des deux Gorges, eft partagée en deux en n, puis on poufiê de niveau l’infinie de n par T, pour être contée & finie en Z, fuivant la quantité qui eft requife à la Capitale: Z le terme du conte, joint avec M, donne la lace, que l’on remarquera & difcernera de la campagne auflî par la foflêtte Z M : & par ce moyen feront repréfantées aux yeux des ouvriers, les traces de toutes les lignes Ichnographiques Z M Y X K E &c.
- Il fera aufij nécefiàire de tracer fur le plan du fonds de la ville, les con-tours horizontaux du Rampar & des autres ouvrages : c’eft à fcavoir, qu’au " duRam-trait principal ou fcillon forme - ville IL F V N E &c. qui marque le deflèin^r‘ de la Forterefiê, on doit ajoûter en parallèle l’autre abc de /&c. pour la largeur du Rampar F 0 ou 0 c tourné en dedans devers le centre de la ville, fi on veut faire les Baftions vuides : mais les faifant folides , alors, on tirera céte longueur intérieure du Rampar, feulement parallèle aux côtés de la Forterefiê, & les Baftions feront ramplis de terre.
- Par un moyen prefque famblable, on ajoûtera au ddl feiUon principal de t0*nes {“f* la Forterefiê, le chemin des rondes, qui doit être tiré parallèle à la Courti-p*r-pe, aux Flanqs & aux Faces de la ville: & fera marqué d’un rayon de cam- fZtïreffi. pagne de même largeur : En fuite du chemin eft l'Avant - mur : puis la li-ziére mno pqr &c. enfin le Fofie & les autres ouvrages, qui feront marqués chacun de fon trait, ( ainfi que la Figure CIX de Chap. de la Diftri-bution le montre à l’oeil, ) autrement il pourroit naître du préjudice, par l’ignorance des ouvriers.
- CHAPITRE XX.
- 'Tour dejïiner fur le papier me For-terejjè défia congruité.
- ON defîinera en papier une forterefiê conftruite, où pour reconoître Divers ufa.
- la bonne foi, ou les tromperies des ouvriers : ou pour juger de fa dé- fe-n^rfsfes fance , fi elle eft foible ou forte : ou même pour fervir au deffein d’une fam- F^erefès
- J * congruités,
- blable conftruction.
- A celà fufiroit affés ce que nous avons ci defius montré : car pour les reconoître conftruites, on ne fe fert pas d’autre moyen, que pour les def-finer à conftruire. Vous reçonoîtrés donc avec la chaîne d'arpanteurles quantités des principales lignes, de la Courtine, des Flanqs, & des Faces, fuivant que le feillon forme - ville, ou la longueur extérieure du Rampar les rc-préfante fur le fonds : L Angle du Baflion, fera reconu par le cercle Géométrique : cnfamble ïAngle de la Face & du Flanq : l’Angle du Flanq & de la Courtine eft toujours droit. Céte manière de reconoître les angles fê peut Manière de exécuter en plufieurs façons: ou au piéd de la baze extérieure du Rampar : M m*dHTe\ •
- C c 1 ou
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- Ou mêmes intérieurement lors que les Baftions font vuides: ou furie Rampar même : par éxample : on établira en la Face E K, les normales ie,ie, de fi peu de longueur que Ton voudra*, dërechéf en E N, les égales 8c normales à o, a o ; on plantera des piquéts en eeScoo : 8c puis, les lignes a a 8ciiprolongées jufques à la concurrance deE; l’inftrument fiché en E, On cherchera l’angle du Baftion i'Ea 8cc. Lesfufditeschofes trouvées, par le cordeau & le cerclegeodætique, il faudra établir quelque angle N E K de»la Fig. L X X V11, égal a l'angle du Baftion trouvé, par le moyen d’un cer-mftrtçlr ta*n Pet^r demi ‘ cerc^e transparant ( tranfporteur ) éxa&cm.ent divifé en upapier, degrés : ou par telle autre manière que ce foit, on égalera les côtés qui comprénent l’angle, aux Faces defirées, fur une certaine mefure plus grande ou plus petite, à proportion de.la.grandeur de la Fortereflè dont on veut prandre le defiein ; 8c puis fur les extrémités des Faces E N, E K, déjà déterminées, on formera T angle de la Face fe du Flanq E N V, de la quantité qu’on aura trouvée, par le même moyen du tranfporteur, 8c par le terme de l’angle on pou fiera une ligne égale au Flanq, auquel infiftera à angles droits la Courtine même que l’on defire : fur l'extrémité de celleci, on fera tomber de niveau un autre Flanq, enfin on éxécutera tout le .refie , par une famblable opération.
- Aux Forterejfes régulières il fufira d’avoir mefuré les lignes 8c les angles d’un Baftion avec une Courtine, d’autant que tout le refte fe refiâmble : mais aux Irrégulières on eft obligé, de reconoître tout particuliérement; parccqùe leur archite&ure n’eft jamais uniforme. comment La fuivante manière de mefurer là hauteur 8c la largeur du Rampar eft fort Tes^Zfmes en ufege. On dreflè l’inftrument géométrique fur le Ter replein du ram-°’une%T Par 9 en te^e %on » <lue Par fes Plûtes mifes en parallèle de l’horizon, foit terejfe con- razé par le rayon de la mire le fommét du Parapét du Rampar ( voyés D fitmte. en ja p-g l X X X ) puis au chemin couvert ( qui eft une partie , non touchée de la pelle du fofiôyeur , du fonds fur lequel eft conftruit le Rampar ) on dreflèra for les angles drois la perche c h de jufte longueur, en laquelle on attachera quelque fignal o qui foit remarquable, 8c fe puifiè tourner à diferétion; il i aura quelqu’un pour obforver les fignes que vous lui don-nerés, foit pour le bailler ou pour le hauflèr par le moyen d’une petite corde, jufques à ce qu’il fe rancontre droit avec la mire D o, razant le Parapét.
- La timon- La hauteur c o donne enfamble la hauteur du Parapét 8c du Rampar.
- ÎZteJr. fi vous en ôtés la hauteur d.u Parapét ND, ou ou ( qui' fe peut aifément mefurer féparée ) reftera la feule hauteur du Rampar c u ou B L, ou H K. Les portes de la ville qui coupent à angles drois, la Courtine 8c le Rampar, donneront la largeur du Rampar Horizontale : ‘autrement, au pied du Rampar, tant intérieur A, quextérieur I de la Fig. L X X X, vous drefiè-rés deux perches, A R 8c J V, (fi perpendiculairement aflïzesfur le plan f... de l’Horizon, que faifant tomber la ligne R V elle viéne à couper à angles drois le Rampar qui fera au defibus ) 8c que ces perches foient égales à la
- . hauteur
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- de u Fortification Réguliers. 2.11 hauteur trouvée du Rampar & du Parapet : en lune ou en l’autre par éxample en IV, on atachera en V, qui eft la hauteur du Rampar & de fon be Ur~ Parapet, le cordeau V D R A, qui de haut du Parapet D, tandu par R la^r‘ fourche de la perche fourchue A R préparée pour cét éfét, jufques à ce que étant conduit par la hauteur de la perche R A, il atteigne le fonds en A : ôtant du cordeau V R A, toute la hauteur du Rampar 8c du Parapét enlâmble A R, le refte du cordeau V R, contiendra la largeur horizontale du Rampar defirée AI : ou fi céte commodité ne vous eft pas permife, ou que d’ailleurs, elle ne vous famble pas à propos : Vous drefîèrés les perches A & I de la Fig. L X X V11, en telle façon, que la ligne droite IA, tirée du fommét de l’une à celui de l’autre, 8c tombée jufques fur le fonds, coupe le rampar à angles drois : on prandra en la même droite imaginée I A, fiirleTerreplein même du Rampar, le point S, fur lequel on drefièra la perpendiculaire d y, de longueur à diferétion, de v les angles * y A 8c $ v I avec le perpendiculaire $ y conu trouves par le moyen de l’inftrument géométrique , donneront les fegments de la baze, 8c mêmement toute la ba-ze que l’on cherche I A, 8cc.
- Vous chercherés aufli le panchant intérieur & extérieur du Rampar, avec Du rinftrument géométrique, comme il fe voit en H de la Fig. LXXX. ouf bien par le triangle g /»A,ouH A/, dont pn peut mefurer tous les côtés; alors on aura conoifiance de l’angle H A/, ou de fon alterne que l’on defire H A K. Vous trouverés la largeur du Fojfé ca Fig. L XXVII par la chaîne, ou par la Trigonométrie plus aifément, i procédant ainfi : prenés au bord intérieur parallèle avéc la Face, tel point que vous voudrés c, duquel tombe fur l’extérieur a h le perpendiculaire c a: 8c puis de a jufques en h, vous chercherés un lieu duquel l’angle aie foit à moitié du droit, lors a b mefurée, fera la largeur du fojfé c a defirée.
- Quant à la manière de mefurer le Parapét du chemin couvert X Z de îa Fig. L X X X, ce qui a été dit ci deiïùs la déclarant allés, il feroit inutile de la redire. Ainfi tourcs ces chofes ayant été curieufement mefurées ou reconues , il fera bien aifé de tirer fur le papier , le deflèin de la Forte-refie que l’on defire, 8c le bien exprimer, fur telle mefure que l’on voudra prandre, ou libre & volontaire, ou fujéte & déterminée.
- Fin du I. Livre.
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- aI3
- L' ARCHITECTURE
- MILITAIRE
- DE MATTHIAS DÔGEN
- LIVRE SECOND,
- De la Fortification Moderne des Figures Irrégulières.
- PREMIER CHAPITRE.
- De l’Ordonnance Irrégulière de I!ArcbiteBure ciMilitaire.
- O U
- Des Maximes de Fortification applicables h la confiruttion d'une Forterejfe Irrégulière.
- j Prés avoir au précédant Livre plénement & fufifamment contient les J expliqué, quel eft l’emploi & le bon ufage deT Archite&u- 2^“ f re militaire en la Fortification des Figures réglées & ordo- noble par-| nées : entantqu’elle entreprand 8c met au jour des Forteref- ’/nhhT* l/es régulières : l’ordre 8c la fuite de la méthode éxigent de ^uremiii^ moi, que je pourfuive l’autre partie de céte même Architecture; propo- Toir'deu tant la manière de fortifier les Figures Irrégulières. Céte partie de la Forti-fication eft fans dificulté la plus confidérable, &doit être conduite avec gmesirri-beaucoup de foin & d’attantion : d’autant, quà raifon de fon infinie diver- &ultéreSm fité , ne pouvant pas être comprife fous l’autorité de certaines régies ; un LaFortif. jugement ferme 8c confommé enl’expériance des chofes Hercotedoni-qu'es efi l’unique remède à ce defaut : afin que l’architede pourvoyant là- muante & gement a fe garantir de toutes les incommodités, n oublie rien de fes piWCom-avantages : 8c que le tout réufliflè fi parfaitement, que rien ne foit omis de ce qui peut fervir, rien ne foit employé qui puiflê nuire à la défance & & partant confervation de la place. Ajoutons que l’ufage de céte partie efi: bien plus fafe 7,‘u ordinaire & plus.fréquant; d’autant que les occafions de réduire des villes anciénes à l’olàge de la Fortification moderne font bien plus fréquantes menu que celles de la conftrudion de nouvelles places : or efi: il que les vieilles villes fe rancontrent prefque toujours de forme 8c de fituation irrégulières, comme ayant été prifes à l’a vanture, fans art & fans intelligence;
- 8c lors mêmes qu’on veut conflruire nouvelles Fortereffes; c’eft un ha-zard,' fi la fituation du lieu s’accommode aux préceptes de l’art, mais au contraire le plus fouvent elle i réfifte & oblige nécefiàirement à une manière de fortifier moins régulière,
- D d Mais
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- zï4 Lit kb Second,
- Mais avant que d’entrer plus avant en céte matière, je poferai, pour lui fervir de frontifpice, les fuivantes Maximes, particulières & propres à cè-te partie de notre Architecture.
- Les Maxi- Or eft il, que la plus grande part, des canons Architeiïoniques de la Font-Z'Ltiqtu fication régubén que nous avons prefcrits au précédant livre, font com-delà For- muns & requièrent aufii d’être obfervés ici: Il faudra donc que T Archi-tltyïuért. te&e en conferve une éxade mémoire : autrement il ne pourroit pas éviter de commettre des fautes lourdes & dangereufes par leur ignorance ail grand dommage du public. A quoi j’ajouterai les fuivantes Maximes, qui font propres & particulières à nôtre fujét : & voici Première La Ié.rc L A FORTERESSE ÏRRE'GUIIÜE, SERA D’AUTANT Maxime. MEILLEURE, QUE DE PLUS PRE's E L L E A P R O CH E R A DE LA
- forme de la regulie’re. Parceque celleci eft la régie de l’autre : Or eft il que l’unique perfeâion de la chofe qui eft fujéte à une régie, eft de s’i conformer tout autant qu’il fe peut faire. Et pourtant, il ne faudroit point épargner quelque dépance un peu plus grande, pour i procéder régulièrement : mais s’il étoit queftion de grans frais, il faudroit s’en abfte-nir abfolument : parce qu’il arrive fouvent qu’il fe préfante telle manière de fortifier irrégulière, bien moins fomptueufe, & pourtant, très propre à la défance ; en telle forte que fi en la même fituation, on vouloit randre la place régulière, on ne la randroit pas beaucoup meilleure & les frais en feroient exceflifs. Il ne faut donc pas fi fort admirer la régularité des places , que l’on n’admette quelquefois les irrégulières fans contredit.
- Seconde. 1 I- QjJ E LO N OBSERVE SOIGNEUSEMENT , & néanmoins autant que faire fe pourra,) de fortifier la place irre'gù-LIE'rE EGALEMENT EN TOUTES SES PARTIES: d’autant qUC
- de forces égales, font repouflees les attaques de l’énemi avec plus de facilité : mêmement un endroit plus foible attirant infailliblement les attaques de l’énemi auroit plus de pêne à les foûtenir. Il fera donc nécefiaire que ïart repare les defaus de la Nature : attandu que les placés irrégulières, ne peuvent pas de tous côtés obtenir naturellement une pareille fermeté : Et par ainfi, puis qu’il fe faut attandre, qu’en céte place que l’on defire fortifier , les attaques de l’énemi s’addreflèront plutôt d’un côté, que d’un autre : c’eft aufii la raifon que l’on rande par art, mieux armé & plus fortifié l’endroit qui de foi même a moins de force & de défance.
- Troijîe'me. III. On FERA PLUS D’ETAT d’üNE FORTERESSE PLU® AMPLE ET PLUS SPACIEUSE, EN L’ENCEINTE D’UN MEME RAM PAR, Q_U E D’UNE AUTRE QJJ I LE SERA MOINS. Etant
- l’une plus propre à l’ufage des fondions humaines que n’eft pas l’autre: plus de citoyens i peuvent Joger avec les foldâs de la garnifbn ; elle peut aufii fervir de retraite aux voifins afligés du malheur de la guerre : qui autrement exppfes au pillage de l’énemi, en accomoderoient les defieins & les entreprifes.
- Quatrième* I Y. O N EVITERA, par tOUS moyens pofllbles, QUE LA FORTERESSE
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- Delà Fortification Irreguliere. 215
- TERESSENE SE C O U R B E E N D E D A N S ET NESE REFLE'CHISSE
- devers son centre: car c’efl autant retrancher de la capacité de la place & augmanter les frais. Ceux là donc qui s’éforcent de perfuader ces inflexions 8c qui fe font acroire que la défance en eft plus commode, fe trompent lourdement. Car les baflions H & F de la Fig. LXXXVIII font à leur dire afies défandus de leurs deux Courtines H G & F G : & n ont point fcefoin d’aucuns Flanqs, ni qu’un troifiême Baftion foit conflruit en G. Mais ces gens ci, quittent le cors pour l’ombre, 8c ne s’avifent pas qu’ils ranverfont tous les fondemens de l’Architedure. Car les Baflions H & F en deviennent trop foibles 8c trop pointus : la dépance redouble, en la conflrudion fuperflue des rampars HG&GH; c eft aufli féparer davantage 8c fatiguer les foldâs de la garnifon fans utilité, entant que le Ram-par*F H plus court fufiroit affés : enfin l’aire H G F efl fouflraite à la ville : fans oublier que l’angle H G F efl expofé à Fénemi 8c mal alluré pour la ville ; fur quoi je vous ranvoye au Chap. des Tenailles de mon premier livre. •
- V. L’angle de la circonfe'rance des figures irre'gu
- LIE'RES A FORTIFIER, MOINDRE ^UE LE DROIT, EST MAL PROPRE. On en trouvera les raifons , aux Maximes XI. XII. XIII. du premier livre. On ne laifiè pas néanmoins quelquefois de fuporter en la Fortification des Fortereflès Irrégulières, que les angles de la Figure foient faits quelque peu moindres, que droits*. 8c que les angles des Baflions qui en naifîènt, demandent au deffous de 60 degrés : mais feulement alors, qu’ils ont pour les couvrir, des Baflions plats, d’un 8c d’autre côté. D’autant que la force de céte forte de Baflions efl telle, que ce qui en efl proche en tire un grand fecours 8c notable prote&ion de fa foibleflè : particuliérement fi on avance les Flanqs des fufdits Baflions plats, quelque peu plus que l’ordinaire, dont il puiflènt plus commodément razer les Baflions voifins qui ont befoin de leur afïiflance à raifon de leur propre infirmité : ou autrement , fi la rancontre de quelque naturel avantage du lieu, par éxam-ple d’une terre marécageufo & uligineufo, fe préfànte de foi même à for- * vir de remède au defaut des angles.
- VI. Sl LE COTE' DE LA FIGURE IRRE'GULIE'RE, QUE L’ON DE -Sixième. SIRE FORTIFIER, SE TROUVE MOINDRE, QUE CELUI D’UNE FIGURE QUARRE'E RE'GULIE'RE , IL N’E ST POINT CAPABLE DE FORTIFICATION, et ne scauroit etre employp. Car premièrement en celuici, deux Baflions peuvent être placés commodément : mais
- en ceux qui font moindres ce n’efl que temps 8c pêne perdue. En un mot il nous faut fouvenir, qu’au premier livre, fuivant l’avis des meilleurs maîtres , nous avons établi la moindre Forterejfe, celle de qui les Baflions font à la diflance de la portée du Moufquét, c’efl à dire de 60 Verges; 8c partant , en lune fiÿ en îautre façon de fortifier folon les deux premières manié-, res, le côté du Quarré régulier de la plus petite Forterefîè fera de 39.66 (2 8c en la troifiême manière de 43.78 ( 2. Il efl donc néceflàire que le côté ir-
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- Septième.
- Huitième
- aifi Li.vre Second,
- régulier que l’on defire fortifier, approche de céte quantité, à une Verge prés, ou deux, plus ou moins : en telle forte que en la première ou féconde manière, la ligne que l’on veut fortifier, ait au moins 36 Verges ; 8c 40 en la troifiême, celles qui font plus courtes feront rejettées comme inutiles, en raze campagne, abandonnée à la diferétion de l’énemi.
- 'VII. Si LE COTE’ DE LA FIGURE IR R E'G U LIE'RE A FORTIF IER , EST PLUS E'TANDU QJI’IL NE FAUT POUR ADMETRE DEUX BASTIONS, ET.NE L’EST PAS ASSE'S POUR EN RECEVOIR TROIS, IL EST PLUS A PROPOS .DE LE FORTIFIER, DE DEUX GRANS, QUE
- de trois petis. Etce d’autant que deuxBaftions peuvent être couvers, d’un Ravelin, d’une Tenaille, ou d’un Cornu, en cas de befoin : mais l’incommodité de trois Baftions entafîes les uns fur les autres., ne peut être guérie par aucun remède : car enfin la dépance 8c la pêne perdues ne fe peuvent plus racheter par aucun moyen.
- VIII. En UNE FORTERESSE IRRE'GULIE'RE, RIEN N’EMPE'CHE QUE L’ON NE FASSE LES BASTIONS D IS S A M BLA BLES : ET ENCORE QU’UN ME'ME BASTION, N’AYE EN SOI DES MEMBRES DIFFERANTS. Quant au premier, il eft certain, que fuppofé le changement de tangle de la Circonfêrance, il eft néceflaire que langle du Baftion change aufîi : 8c partant fi les Angles delà figure irrégulière font diflàmblables, il faudra de néccflité que les angles des Baftions qui en fortiront, tiennent aufîi de la même diverfité. Quant au fécond *. En cas que les côtés des angles à fortifier fe rancontrent fort inégaux ; il faudra fans doute à proportion fortifier chacun des côtés, pour ne rien faire qui foit au préjudice de l’art 8c de la raifon d’une bonne défance; ainfiune partie du Baftion ob-fervera la proportion de la moindre ligne ; l'autre partie fe réglera fur la plus grande.
- C’eft donc mal à propos, que certains craintifs 8c trop bons ménagers, prénent tant de pêne à nous vouloir perfuader, que les Baftions doivent être par tout 8c toujours obfervés en égalité de pareille ftruélure : de peur que s’il ia de plus foibles endrois, ils n’ayent tout i’efîort à foûtenir, l’éne-mi n’ayant garde de s’attaquer aux plus robuftes. D’autres encore tiénent pour maxime de ne foufrir jamais que l’onpaflè les 60 degrés en la ftru-«fture de l’angle du Baftion, étant céte mefure en réputation d’être jufte 8c convenablé à la raifon d’une afîès bonne défance; 8c preferivent, que toute figure irrégulière à fortifier foit comprifè en quelque redangle : parce-que, difent ils, la dépance feroit plus grande, fi on ouvroit davantage, les angles des Baftions. Mais ces gens ne confidérent pas, ou le difîimulent, que par ce moyen, nous ne faifons rien, qui foit à l’avantage de l’énemi : car notre intantion n’eft pas, que même le plus foible des Baftions n’ait afîes de force pour fe défandre, encore qu’il i en ait tel autre qui ait en foi plus de vigueur 8c de bonté: davantage, eux 8c nous entandons, que le Re-^ àangle embraflànt la figure irrégulière à fortifier, requière néceflaire-ment des Baftions plats, pour la feureté du milieu des côtés ; 8c de céte façon, je vous prie, comment feroit ilpofîïbledelesfaire égaux8cfam-
- blables
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- De ia Fortification IrreguIiere. %\j
- blableS, aux autres non plats, mais angulaires. Pour cç qui concerné les tais, ce nefl pas chofe qui mérite que l’on s’i arrête : attandu que plus un Baftion a de grandeur, il tient aufli plus de rampar fous le couvert de fà proteéh'on : & puis enfin, nous ne voulons pas faire des Battions de lourde maflè 8c qui n’ayent rien que l’inutile oftantation d’une vaine dépance ; il nous fufïra de les randre propres 8c convenables à leurs ufages. Quelques modernes font bien plus agréables, qui mettent en confidération la beauté des Fortereflès irrégulières : 8c qui difênt que pour les randre plus ornées 8c plus galantes à l’oeil, il eft néceflâire que toutes les Faces, fe préfantent par tout en la fymmétrie d’une pareille quantité. Il ni a rien, ce difent ils, qui ofïànce plus l’oeil, 8c qui face paroître les villes 8c les Battions plus difformes que l’inégalité des Faces. Il i a de quoi rire. Cela eft bon pour des villes peintes, que l’on confidére à loifir& plaifirdans un cabinét : mais qui a jamais veû que toutes les parties d’une Fortereflè tombent enfamble fous un feul afped, pour juger à l’oeil de leur bonne grâce & de leur ornement > Il faut tenir pour maxime confiante : Q^u e ia
- ABONNE DEFANCE EST Le PLUS NECESSAIRE ET LE PRINCIPAL ORNEMENT D’UNE FORTERESSE.
- . • Je ne veux pas faire le Didateur. Que I’ufage en foit confulté, Cenfeur incorruptible en telles matières î Que le grand M a u r i c e qui mérite d’être apelé le Père 8c le Prince de i’Hercotedonique moderne, incomparable fondateur de tant de fortes places, en foit le juge, avec tout le confeil de jfès excellens Architedes, qui l’ont acompagné, dont plufieurs lui ont fur-vécu jufques à nos jours : 8c que l’on confidére tant de villes bâties 8c fortifiées durant le temps de fon gouvernement, dont les Battions très - difformes , font néanmoins très-forts, 8c tels qu’ils dévoient être pour ré{ï-fter à céte vafte puiflànce Efpagnolc, qui les a tant de fois effayés. Ce feul livre en repréfante plus de trente Hollandoifes, fur le patron defquelles jaimerois beaucoup mieux conformer mon Hercotedonique irrégulière, après tant de notables expériances qui en ont confirmé le bon ufàge, que de me randre aux argumens de ces patrons de bonne grâce 8c de bienféan-ce, dont nulle épreuve n’a jufques ici découvert la jufte valeur. Enfin c’eft aufli la panfée univcrfelle de tous les fages architedes du monde, qu’en ces ouvrages d’Architedure militaire il fufit affés de les randre fermes 8c robuftes, 8l capables deréfifter. Voyés ïrankendal au Palatinat 8c fix cens autres.
- IX. La MOINDRE DISTANCE DES BASTIONS SOIT DE 60 Neu0mt, VERGES OU ENVIRON: ET Q_U E LA PLUS GRANDE N’EXCE'DE
- point les 8o. D’autant que céte diftance de 6o verges, fufit au foldat armé de fon Moufquét pour métré tout en aflurance, & pour faire dommage à 1 enemi : Il eft donc inutile d’approcher d’avantage les Battions ; mais lors que les extrémités de ceux qui s’avoifinent font feparéesjufques à la diftance de 8o verges; il eft certain que l’un des fufdis Baftions en fon extrémité, ne peut pas efpérer un grand fecours de l’angle 8c defextre-
- Dd 3 mite
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- Dixième.
- Maxime.
- ai8 Livre Second,
- mité de l’autre par l’entremife du Moufquét : neanmoins toute la mutuelle afliftance qu’ils fe peuvent randre, fe peut attandre de la plus grande partie des Faces, des Flanqs tous entiers 8c des Flanqs de la Courtine : 8c dans une prenante neceflité on empruntera aufli le fecours de la groflè artillerie. Que s’ils étoient encore féparés de plus longue diftance ; alors le Moufquét feroit tout à fait inutile, & ne fe pourroient entrefecourir que par le moyen du canon. Or nous avons au précédant livre déclaré les raifons qui en combattent 8c condânent l’ufage. En quoi je perfifte, con-fidéré particuliérement ici leur grande dépance. Car enfin, pourquoi con-ftruiroit on les Baftions fi éloignés les uns des autres, fi ce n’étoit pour épargner les frais qu’il conviendroit faire en les multipliant ? Cepandant vous ne prenés pas garde, que céte épargné impertinante, ne rand pas feulement votre ville plus foible 8c de plus mauvaife défance ; mais enco* re que tout au rebours de votre intantion, elle vous engage manifefte-ment en de plus grans frais. Car eneftet, dans la néccfîité d’un fiége, pour fe défendre des attaques de l’énemi, il faudra employer le canon : de qui l’ufage n’étant pas de peu de dépance, il aura confommé en peu de temps, toute l’épargne du Baftion que vous aurés voulu omettre par un mauvais ménage, 8c vous réduira à manquer de poudres : par le defaut defquelles plus de villes ont été emportées, que par la force 8c la valeur des aflié-geans. Ce fut aufli depuis peu, l’une des caufes de la prife de Boïjleduc, invincible jufques alors.
- X. Que l’angle de tenaille, compofé de la mutuelle inter-feâion des lignes Razantes , Tombe a peu pre's sur le milieu de la cou rtine, autant que les angles 8c les lignes à fortifier le pourront permettre, afin que la défance en foit randue égalle de tous côtés. D’autant que la Face de quelque Baftion que l’énemi pourrait attaquer, ne fçauroit être défendue paf ceux de la ville, que des Flanqs du Baftion & de la Courtine, voifins 8c oppofés à la fufdite Face attaquée : 8c par ainfi, d’autant plus ils feront longs , ils auront aufli d’autant plus de force 8c de moyen d’ofiàncer l’énemi *. i ayant plus de place 8c plus de feu par conféquant pour contrecarrer fes eflors 8c s’en garantir. On ne manque jamais aux Fortereflès régulières de pofer cét angle fur le milieu de la Courtine, 8c de céte façon, la défance eft randue égalle par tout : Il n’en eft pas de même aux Irrégulières, aux quelles, fi ce n’eft que par ha-zard deux angles voifins de la figure à fortifier foient égalés; ou fi le côté à fortifier qui fe rancontre dans l’efpace des angles inégaux n’eft changé (ou changement de lignes fe peut admettre) autrement ledit angle ne peut être pofé vis à vis du milieu de la Courtine : 8c partant à proportion la défance en deviendra plus ou moins inégalle : il faudra donc pran-dre garde foigneufement, à partager également les lieux de défance, entre chacuns des deux plus proches Baftions ; c’eft à dire, que tout autant que la Face de l’un des Baftions fera plus longue 8c plus robufte que celle de l’autre, ce defaut foit recompanfé 8c corrigé, par la longueur 8c par la
- force
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- De ia Fortification Irreguliere; 2,19 force du Flanq ou du fécond -Flanq d’autant plus grande de celui auquel fe trouvera le fufdit manquement : & au contraire : autrement ce feroit travailler à nous attirer fur les bras les efforts de notre e'nemi : qui étant adroit au métier de la guerre fçaura bien remarquer dou partent les coups & les éviter.
- XI. Il ne faudra pas opposer un bastion mais une courtine, fi faire fe peut, a l’encontre d’une colline proche DE LA VILLE, OU D’UNE RIVIE'RE PASSANTE AU TRAVERS
- pu fosse'. Parce qu’un Baftion eft toujours plus foible qu’une Courtine, qui de part & d’autre a deux Flanqs & deux Faces qui la défandent ; puis les côtés de la colline font fujéts aux coups qui font tirés de la Courtine, n’étant le Baftion capable de l’incommoder que de front, fes côtés demeu-rans couvers : plus, la Courtine affiliée de deux Baftions dont elle tienne le milieu, eft bien plus capable de défandre l’emboucheûre du port de la rivière*, enfin, le chemin couvert de la ville &fonParapét, feraient bien plus faibles, fi Tendrait ou le fleuve paflè dans le Fofle, avoir devant foi plutôt un Baftion, qu’une Courtine. Mais céte Maxime eft commune aufli bien à la Fortification régulière, qu’à l’irrégulière, mais parcèqu’a-lors il ne m’en eft pas fouvenu, je l’ai remife en ce lieu ci. On peut encore ajoûter la fuivante précaution utile &néceflàire. ON NE DOIT POINT FAIRE D’E'TAT DE QUELQUE PLACE QVE CE SOIT , ( QVOI QVE P A ILLEUR S, ELLE S A MB LE T RE S-AV ANTA GE US E , ) POUR LA FORTIFIER, SI CE N’EST QV’ELLE SOIT ASSE'S AMPLE ET CAPABLE POUR L’USAGE ET LES FONCTIONS MILITAIRES. Mais
- d’autant qu’ailleurs nous faifons màntion de céte Maxime, nous nous ab-ftiendrons d’en traiter ici, comme d’une répétition inutile. C’eft allés dit de L’O R d o n N AN CE irre'guli ere, quieftla prémiére partie de l’Archireéture : Il fera néanmoins néceflàire de ferepréfanter & de bien pe-fer, toutes les mêmes chofes que nous avons dites au V Chap. du premier livre, de l'Ordonnance Régulière de notre Architecture.
- C H A P, I I.
- La manière de recomiïtre à la campagne la ftuation des lieux que ton defirefortifier ; &• après l’avoir reconue d’en tirer le dejfein fur le papier. •
- CEs Maximes de fortification pofe'cs, il faut en fuitte reconoître ta /-tuation ichnographique, du lieu que Ton defire fortifier: laquelle n’étant pas exactement prife & bien exprimée, lerefte ne fçauroitfuccéderque mal à propos & avéc dommage : d’autant que la vraye & naturelle fitua-tion du lieu repréfante à l’oeil tout ce qu’il contient de commodités & d’incommodités, pour former un bon jugement, de ce qui doit être fage-
- ment
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- 2*0 LïVRE SECOND,
- ment évité ou employé, dont l’Architedure en deviene meilleure 8t plus fortableàfon ufage: c’eftaufîi le moyen de conoître, fi la Fortification, que requiert la nature du lieu, doit être régulière, ou irrégulière.
- La place* C’eft ici, où fe fera paroitre 1’induftrie de l’Architede, qui confifte à décrire foigneufement tout ce qui peut être de quelque importance, de-éxastement dans & dehors la Figure à fortifier. Pour fortifier une vieille ville, il faut ‘rTrchiteiïe comprendre bien à propos en la defcription du dedans, les ponts, les por-peuri *pro- tes ^ ics ^cju(ès, les chauflees qui contiénent le cours des rivières, les le-^convmabie vées, les tours 8c les autres particularités, à la mefure de la ville. Hors la tV»** figure, on décrira curieufement tout ce qui fe rancôntre aux environs, montagnesimminantes, collines, valées, chemins creux, rivières, fof-fés, aqueducs, marais, avenues, ifiucs, forêts, 8c toutes fortes de pareilles chofes : les quelles toutes enfamble 8c chacune d’elles à part éxade-ment confidérées, il faudra par art 8c par adreflè s acommoder de ce qui peut fervir, retrancher ou bien corriger ce qui peut nuire. ta prêpa- Pour reconoître cétefituation du lieu que Ion defire fortifier, on i pro-piac7po»!a cédera de la forte: Premièrement, on i employera les préparations né-procéder à cefiaires à le mefurer, marquant d’une perche chacun de fes angles 8c de la mefure. côt£s ; comme font en ja pjg. L X X X V11 les angles 8c les piquéts
- Le cercle rons, qui i font fichés, A B C DE FG: il faut auffi avoir en main le cercle Géométrique divifé en degrés 8c minutes avec la chaîne d'arpanteur. Le lieu chaîne dear- de la première dation pris à difcrétion en l’angle A, apres avoir fiché Fin-%7meT ftrument Géométrique fur le dit point A, on ajuftera fes pinnules immo-mmefu* ^es » en ^orte ^ tmyersd’icelles tranfparoiflè le piquet B : 8c fans re-reur. muer l’inftrument, on dreflèra fes pinnules mobiles de façon que l’on r7gl fe'iT voye à travers la perche C : & par ce moyen fera formé l'angle A de 114 puce à for- deg. 15 fcrup. fur lequel angle, linftrument levé, fera remife fa perche A, qui fera puis après derechéf employée à notre ufage. Avec la chaîne darpanteur, on mefurera le coté A B de 55 verges 2 piéds. Puis l’infirument fiché en B à travers fes pinnules immobiles on cherchera le piquét D, & par les mobiles le piquét A 8c fera trouvé l’angle B de 132, deg. 3 5. minutes , &la chaîne fera conoître la ligne B D, mefurée de 48 verges. Céte même opération réitérée, fera trouvé l’angle D, de 115 deg. 12 fcrup. G de 134 deg. 10 fcrup. F de 153 deg. 10 minutes, E de 135 deg. 10 fcrup. C de 105 deg. 30 min. Et par ce moyen la ligne D G efl trouvée avoir en fa longueur 40 verges ; G F 44 verges, 5 piéds; FE 38 verges; E C 45 verges ; 8c C A 68 verges, ou environ.
- La manière U faudra maintenant, à laide de quelque infiniment tranfparant, ou >rt^L^emi*cercle de cuivre ou cave 8c divifé en deg. 8c min. tracer furte papier, /«rir*mC' ^eS an^es trouves >en les formant par les côtés mefurés, fur une certaine mefure prïfe ou donnée, 8c par ce moyen la defcription de la Figure fe fera aifément8c juftement toute fàmblable à celle qui aura été mefurée.
- La Fig. LXXXVIII n’eft en rien diférante de la précédante, fi ce n’eft quant aux Angles extérieurs C8cG, en ce que les jambes de ces
- Angles,
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- DE LA Fort IF ICAt ION IRREGULIERE. lit Angles, le courbent vers le centre de la Figure : autrement on procède de même à la recherche des anges 8c des lignes : 8c fe trouvent, l’angle A de ixoi deg. B de 94 deg. 30 fcrup. C extérieur de 134 deg. 6 fcrup. D de 65 deg. f. E de 157 deg. 40 min. F de 86 deg. 15 min. G l’autre extérieur de 100 deg. 22 min. Enfin H de 70 deg. 28 min. Et la ligne AB de 66 verges 4 pieds ; B C de 42 verges 6 pieds ; C D de 44 verges ; D E de 5 5 verges, 8 piéds ; E F de 38 verges 2 piéds ; F G de 36 verges ; G H de 56 verges; H A de 38 verges ; Or eft il, que ces quantités tant de lignes que d’angles, en l’une & en l’autre figure, ne font pas fuivant la vérité, ni conformément aux loix inviolables de la Géométrie, mais ont été prifes à l’avanture & feulement pour fervir d’éxample , de quoi j’ai bien voulu vous avertir, afin qu’il vous en refouviéne.
- Le môyen de conoître, fi vous avés bien obfervé les angles eft celuici î Il faudra fouftraire le cercle entier, de tout autant de demi - cercles, que la figure a de côtés, & ainfi les degrés reftans, feront égaux à tous les angles que vous aurés trouvés par l’inftrument, fi chacun deux eft intérieur.
- Angles trou- A 124:15 vés par l’in- B 132:35 ftrumenten D 115:12 la Figure 0134:10 LXXXVII. F 153:8 E 135:10 C 105:30
- Car étant pris le centre de la Figure, fi on vient a le joindre avéc tous lès côtés, en réüffiront autant de triangles rampliflàns toute la Figure, que la dite Figure a de côtés : on aura donc tout autant de doubles angles drois, ou demi - cercles, qu’on aura de triangles, ou côtés de la Figure: or tous les angles autour du fommét, ou du centre, ou de tel autre poinét qu’on aura choifi, ramplifient un cercle : en le fouftrayant, on aura tous les autres angles de la figure, que l’on defire, compris par les côtés. Delà, on peut encore faire le même, fans la fouftraétion du cercle, parle moyen de la régie fuivante. Faites une fomme de tout autant de demi-cercles, qu’en la figure mefurée refieront de côtés, après en avoir ôté deux. Par Exemple, fi de la figure que nous venons de mefurer, ayant fept côtés, vous en ôtés deux, relieront cinq: or cinq fois cent & 80 degrés , feront la fomme de 900 degrés, qui eft celle que nous avons trouvée & recherchée.
- Mais en cas, que la Figure que l’on veut mefurer, contiéne quelques angles extérieurs ; vous receuillerés tous les intérieurs trouvés par le moyen de l’inftrument : à céte colledion vous ajouterés les complemens
- E e au
- Angles 180. deg. d’un demi - cercle trouvés 7. côtés de la Figure. des-Angles
- --- ----t inferieurs
- par lin- 1260. deg. mefurés,
- ftrument 360. le cercle entier à retran-
- éxaminés. -----------cher.
- 900. deg. autant que l’inftrument en donne à conoître.
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- 222 Livre Second*
- au demi-cercle de chacun des dids angles extérieurs. En cette dernière fomme, fi elle eft bonne, la fupputation repreTanteraune pareille, étant donné le nombre tant des côtés, que des angles extérieurs de la Figure , en céte façon. Soit ôté le nombre des angles extérieurs, au defius du binaire , de celui des côtés de la Figure ; puis on prandra les demi-cercles pareils au reftant, qui feront enfamble autant de degrés, que l’Fnftrument en a fait conoître.
- &
- des extérieurs.
- 180
- Angles inté- A no: 30 134:6. Comple-
- rieurstrou- B 94:30 ---------- ment de
- vés par l’in- D 65: 5 45:54. l’Exté-ftrument E 157:40 rieur C
- en la Fig. F 86; 15* audemi-
- LXXXVIIÏ. H 70:28 cercle.
- C 4<: 54 } Compléments desan-G 70* 18 fSlcsextérieurs au dc-/y. j mi_cercIc.
- 720: O.
- r8o
- 100: 22.Complem. de G
- —-------extérieur.au de-
- 79: 38. mi-cercle.
- 8. Sommme des Côtés. 4. Le binaire & les an-4 gles extérieur.
- 180
- ~ 720 Dcg. tels que l’in-ftrument les a fait conoître.
- txamen Car fi à chacun des angles extérieurs vous fuppofés feulement un côté tilflfles. foutendu., le refte de l’opération fe déclarera de foi même, par ce qui a été dit ci defius.
- C’eft ainfi que l’on éxamine les Angles. Mais fi en mefurant les lignes, vous vous êtes mépris par quelque négligence, la feule veüe de la figure le découvrira aifément, entant quelle fe trouvera du tout incapable d’être ramplie, fi ce n’eft que l’on face force aux angles trouvés 8c déterminés ; il fera donc befoin de procéder exactement 8c curieufement en céte recherche , fi vous ne voulés pas que ce foit à recommancer.
- Il arrive fouvent que le cercle géométrique, eft chargé en fon centre d’un cadran ou compas de mer ; par le moyen duquel on difeerne les vents, 8c fe reconoît l’habitude 8c la fituation du lieu, félon qu’il fe comporte & fe doit raporter, à toutes les parties du monde. Quelques uns trouvent bon, que l’on fe ferve de ce cadran pour mefurer les angles des Autre mu- Figures : par éxample, en la Fig. LXXXVIII après que l’inftrument prZJe'ies aura été arrêté en E, ils preferivent que l’on ajufte ledit compas en telle angles delà façon, que fon aiguille conftitue une ligne droite, avéc le diamètre du cer-& *7rie cle géométrique, d’où commance fa divifion en degrés 8c minutés : or cé-Vvgmt te aiSuille la marque perpétuelle, de l’aifïieu du monde 8c de fes pôles, de mer. fi ce n’eft, que du Pôle, vers le levant, ou le couchant, elle décline de quelques degrés, diverfement pourtant à raifon de la diverfité des lieux : il faudra donc que le mefureur, ait curieufement obfervé céte declinaifon, s’il defire trouver le vrai point du Septentrion, ou du Midi : 8c fera lors E K, la ligne méridiane, E montrant le Septentrion, K le Midi: Apres quoi
- par
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- De la Fortification Irreguliere. 223 par les pinnules mobiles on remarquera la perche D & déclinera la ligne E D, du midi au levant, 22 deg. 20 min. puis la ligne E D mefurée de 5 5 verges, 2 pieds & finftrument Géométrique arrêté en D ; (le point D de la ligne D L montre le couchant, & le levant eft defigné en L ) la ligne D C déclinera du levant au Septentrion 45 deg. 15 fcrupules ; 8c de céte façon avec les lignes on cherchera les autres angles.
- Mais l’opération qui fe fait par le moyen de ce compas eft de mauvais ufage: étant fautive, à raifon de l’aiguille tramblante 8c inconftante & fu-jéte à beaucoup d’erreurs; particuliérement fi elle eft petite & mal touchée de la pierre d aimant, ce qui rand fes indices variables 8c incertains : comme il arrive aufli, en cas que fa boüétte ne foit pas exactement pofée en parallelifme avéc l’Horizon. A tous ces inconvénians on peut ajoûter, touchant la préparation de l’aiguille, que non feulement elle requiert un ouvrier qui foit doué d’une fufifance extraordinaire ; mais au/fi que fa matière même eft fi rebelle 8c fi opiniâtre, que malaifément la peut on aflujé-tir aux régies de la Géométrie, par aucune induftrie humaine ; ce que fça~ ventafiës, ceux qui ont quelque conoifîance des Méchaniques.
- CHAPITRE III.
- De dfoerfes manières de Fortification Irrégulière : & comment fi confiruifent les 'Tables nécejfaires pour fortifier les Figures Irrégulières.
- A Prés avoir traité de L’o r d o n a n c e , de la Fortification Irrégulié. a„?
- re ; le bon ordre veut que l’on propofe en fuitte Sa Disposi -t 1 o n , 8c que l’on explique Son I c h n o g r a p h 1 e qui en eft la pre- irrégulière, miére partie : Elle nous fera voir les defcriptions &les quantités des formes fur le plan des aires ; & nous enfeignera la manière de les fortifier bien à propos.
- Mais avant que de nous avancer en la defcription de tlchnographie irrégulière , nous expliquerons, les diverfes manières que l’on obferve en la Fortification des Figures irrégulières, qui*font cinq principales. La première, La pre* & celle dont l’ufage eft le plus ordinaire, eft lors que l’on emprunte le fe-m%iu' cours des Tables, dreflees pour la conftrudion des Forterefies régulières,
- & fe fait ainfi; on confidére premièrement l'angle de la Figure irrégulière, que l’on defire fortifier d’un Baftion, & l’on obferve à quel angle de Polygone régulier il peut être abfolument égal, ou approchant, ne l’excédant que de bien peu. Paréxample, fi en la Figure irrégulière de laquelle on le propofe la Fortification, l’angle eft donné de 13 5 deg. entièrement conforme à l’angle du Polyg. Odangulaire : lors on employé les quantités de toutes les lignes que prefcrivent les Tables, pour l’Odogone régulier, les confervant inviolables, ou bien iaportant les changemens que requiert
- Ee 2 la
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- vanghpro- la régie d’une jufte proportion, fuivant la raifon des cotés qui forment *tlfisrcm *an$e a fortifier : Mais fi l’angle que l’on entreprand de fortifier, ne con-•vhnt éxa- vient pas éxadement avec aucun angle de Polyg. réguliers : nous le fup-awcquei- ppferons de 126. deg. furpaflànt l’Héxagone, moindre que l’Heptagone-qu un des en tel cas on prand .cét angle métoyen de 12,6 deg* pour être approchant Toiyg. re. de l’autre qu’il excède 8c qui efl moindre, n’étant que de 120 deg. 8c par-guüers: ou tant on foûtient que là fortification de cet angle de 126* deg. doit être prife de la Table de l’Héxagone, 8c non de l’Heptag. qui efl de 128 deg. nonobftant qu’il foit plus aprochant de celui ci.
- De même Après avoir ainfi choifi 8c déterminé cét angle régulier pour fèrvir de dite patron & de régie, on dcfcend à la confidération des cotés qui embraflènt irrég. à fir- l’angle à fortifier : fi êxaiïement, ou a peu prés de quelques piéds de plus tnenféxa- 011 de moins, on reconoît qu’ils foient égaux aux côtés du Polyg. régulier aement que pon s’eft propofé pour modèle : lors on emprunte de la Table, toutes “cités des ré- les autres lignes de la Fortereflè principale, les employant à la Fortifica-guüers, ou t|on de ces jambes, fans i rien changer, 8c par ce moyen fe conftruit, un nent pas. Baftion, tout égal à celui de la Table. Par éxample : nous fuppoferons les côtés de la Fig. irrégulière embrafiant l’angle ci deflùs dit de 135 deg. ayans en leur longueur 60.8 ( 1 ; La Table Odangulaire les détermine à éi. 42 (2, ainfi ladiférancequin’eft que defix piéds efl: de petiteconfé-quance , partant on ne fait point de dificulté, d’emprunter de la Table Odang. la Gorge de 12.71 ( 2, le Flanq de 10* 66 ( 2, la Capitale de 23.03 (2, La Face de 24.(0, pour édifier fur cét angle un Baftion, entièrement égal au Baftion de l’Odogone régulier. Mais s’il arrive que les côtés qui forment l’angle à fortifier foient extrêmement inégaux ^ 8c trop éloignés de la proportion qui efl requife à ceux de l’angle régulier fervant de modèle à la fortification de l’irrégulier; alors on ajufte les quantités des lignes néceflàires, à proportion. Par éxample: l’une des jambes de l’angle de 129 deg. ci deflus dit fera longue de 46 verges, l’autre de 54 : Or les Tables prefcrivent au côté de la Fortereflè féxangulaire régulière, la longueur de 58.73 ( 2 ce qui ne convient, ni à l’un ni à l’autre des deux côtés préfupofés, on trouve donc à proportion chacune des lignes, convenables à chacune des jambes féparément, en céte façon :
- Au côté de'! laForteref- ' fe féxang. régulière ayantde
- longueur 58.73(2 les Tables afli-gnentpourj,
- Le Flanq — 9.5-4 La Gorge - n. 36 La Court. - 3600 ^ La Face—2400
- Le Compl.de la Court. —12. 98 La Capital.-21.61(2
- fEt partant il faudra donner aux côtés J à fortifier à celui de 46 verges klpour
- Le Flanq - 748 à lui ce - 876 La Gorg.- 849 de—1043
- LaCour.-28i7 54-3307
- La Face -1878 verg. - 2205 Le Complem. pour le Court. -1016 — 1192' La Cap. -1691 (2 —1986 (2.
- C’eft
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- De LA FORTI F1CATÏ0N ÏRREGUL 1ERE. 2±f
- C’eft ainfi, que lors qu’il eft befoin, on les trouve facilement par la ré- ztc*kui gle de trois : Pour le foulagement de ceux qui n ont pas tant d’expérian* d‘“°„Tcon-ce, Freitagius a dreffé plufieurs Tables proportionales, à l’ufage de céte manière de fortifier régulière, que nous avons mife la troifiéme en ordre# Tables™ au précédant livre.
- Leur ftrudure, rieft en rien différante, du calcul que je viens de pofer,
- & que j*ai aufîi déclaré au Chap. VIII du premier livre : fi ce n’eft qui! raporte, les cotés extérieurs de tous les Polyg. du Quarré, Pentâg.
- Dccag. &c. déterminés aux Tables principales fuivant là mefure des grandes Forterejfes, & les confère tous & chacun d’eux, aux côtés de leur forte qui ont diverfe quantité, tirant ainfi par la régie de trois, toutes les autres lignes nécefiàires, en céte façon ; Le coté extérieur de l’Hêxagone, autrement , la diftance des Battions de la Fortereffe féxariguldire régulière de la TA^ëi plus grande Fortifie : de 8r. i ( i, a fa Face de 24 verges, fa Courtine de 36 *°r '°m # * (o, [on Polygon. intérieur de 62.39 (2 &c. Partant, le Polyg. extérieur d’un Hexagone, qui n’aura de longueur que 70 verges, ajura la Face de 20.71(2, la Courtine de 31.07 (2, /<? Polyg. intérieur, de 53.85 ( 2 &c. On fera le même jugement des autres Polyg. de diverfe quantité & qualité, trouvés par le calcul & repréfantés en la première page de la 111 Table du précédant livre, page j6. Et voici l’ufage de ces Tables proportionales :Lmr ^agt‘ Voulans fortifier fuivant céte troifiéme manière régulière le côté de l’angle ci deflus pofé, ayant en fa longueur 74 verges, j’éxamine les Tables des Forterelfes régulières, (nous avons dit que l’angle de 126 deg.fè prand pour Héxag. ) pour i trouver un côté de Fortereffe qui correfpon-de à peu prés, avec celui de 54 verges par nous fuppofé : En ces Tables féxangulaires ^je rancontre, que lors, que le Polyg. extérieur eft de 70 verges, l’intérieur eft de y3.85 ( 2, ce qui aproche de fort prés de celui que nous avons pofé: partant les autres lignes de céte Fortereffe féxangulaire, la Courtine de 31.07 ( 2, la Face de 24.71 ( 2, le Flanq de 6.
- 96 ( 2, &c. pourront être employées bien à propos, à la Fortification du nôtre.
- Mais d’autant qu’il arrive bien rarement, que les angles des Figures ir-Let P¥emjé-régulières à fortifier, fe raportent aux angles des Polygones réguliers, il 2fonifier n*i a point de dificulté , que céte manière de fortifier irrégulièrement n’eft trré&ullé' pas des meilleures : étantfujéteà plufieurs manifeftes erreurs : car céte " manière preferit les angles des Baftions au deffeus de leur jufte grandeur: elle apporte aufli de très - notables diminutions & changemens à la mefure des lignes. Par éxample : propofons nous à fortifier un angle irrégulier de 106 deg. céte manière i conftruira un Baftion ouvert de 60 deg. ( comme eft l’angle du Baftion pour le Quarré ) or eft il capable d’une ouverture de 68 deg. tous entiers ; d’ou s’enfuit, que tout ainfi, que Fangle du Baftion eft augmanté, ou diminué, les quantités des lignes trouvées fuivent le train de fa mefure, dont elles font juftement augmantées, ou bien,
- E e 3 mal
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- 226 Livre second,
- > mal à propos diminuées; ce .qu’un trigonométre n’aura point de pêne de concevoir.
- k Mais pour nous mettre en liberté de toute forte de dificultés, 8c pour
- randre notre Architecture la plus parfaite qu’il nous fera pofîible, laiflons à part céte première manière ; 8c en fuivons une autre meilleure: qui pour fortifier les angles de toutes figures, régulières, ou irrégulières, fur les mêmes fuppofitions qui fe prénent pour une Fortereffe régulière, trouve toutes les lignes de Fortification nécefiàires, en céte façon : Pofons pour éxample, en la Fig. X LI que l’angle, O A L foit irrégulier 8c qu’on le veuille fortifier, étant de 14a degrés.
- Angles Pose's. Lignes Pose'es.
- Vne meii- O A L l'Angle du Polyg. irrégulier, à K F la Courtine 36
- lpojh *r°~ fortifier, aura 142 deg. B E la Face 24 verges.
- E A F /’Angle Forme - Flanq 40 deg.
- Ces chofes fuppofées, on tirera par le calcul, toutes les lignes Architectoniques , fuivant laprêmiêre manière de lArchitecture régulière,
- L’Angle du Polyg. à fortifier, ne correfpond à aucune figure qui foit régulière, étant au deflous du décangle 8c au deflus du nonangle.
- Mais il faudra chercher les angles fur les préceptes du Chap. VI du I livre, 8c les lignes fuivant les Problèmes du Chap. V11 du même livre.
- A 71 qui eft la moitié de De l’Angle à fortifier qui contient
- 142 deg. que contient l’angle à fortifier faut L’Angle du Baftion fou- 14* <kg.
- ajouter ftrait 86
- ij deg. pour La moitié du reftant
- faire Donne BI F. 28
- 86 QJ3 E L'Angle de la Razante & delà Cour-
- L Angle du Baflion. une, fëV.
- Aurefte, on trouvera, faivant ce que prefcrit le fufdit Chap. VI du I livre, l'Angle de la Flanquante & du Flanq F EI de 62 degrés, l'Angle de Tenaille B X M de 124 deg. l'Angle de la Face & du Flanq FE B de 118 deg. l'Angle de la Capitale & du Forme - Flanq B A E de 69 deg. t Angle de b Face @ nîéreîe* F°rme 'Flan^ B E A > de 68 deg. F Angle de la Capitale & de la Gorge B A F Tonifie, dé 109 deg. Pofée la conoiflànce de tous les Angles, avéc le fecours des tnéguiiére. Problèmes du V11 Chap. du I. livre, on trouvera toutes les lignes: Au triangle B E D, fe rand conue la Face B E de 24 verges, 8c tous les angles: Ainfi, comme le demi-diamétre B E de 100000, eft au regard de la Face de 24 verges : de même eft le finus de l’angle B E D de 62 deg. 8829476, au regard de la Surface BD de 21.14 (2 8c de même le finus de l’angle D B E de 28 deg. de 46947 au regard du Flanq prolongé DE de 11.27 ( 2 8c fera le Polyg. extérieur, ou la Dïflance d'un Baflion à l’autre de 78.38 ( 2.
- Par
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- De la Fortification Irreguueaë. 227
- Par le moyen du deuxième Problème du même Chap. & livre, on trou- conjiru-Véra la Capitale M L de 23.84 ( 2. Par le 3 Problème on conoîtra L N la diftance des Polygones de 22. 54(2, N M la derme diférance des Polygones Veffétdeu-extêrieur & intérieur de 7. 76 ( 2, KL la Gorge de 17. 42 ( 2* F E /<? FlanaPréfantf,
- - -, . _ . 1 . , . t y _ , ° J T*'' v 2 touteslesli-
- de I ii 27 (2, A L le Polyg. meneur de 62.86 ( 2. Par le 4 Problème ongnesdèsFor-aura BI la Flanquante de 48 ( o, IK le Flanq de la Courtine de 14. 81 ( 2. En fin par le 6 Problème onreconoîtra la Fichante MF de 61.47(2. Par Ce chacun des moyen deviénent trouvées toutes les lignes, nécefiàires à la fortification^^,* dtm de chacun des angles de quelque Polygone que ce foit : depuis le moindre^ le Pre~ de tous les angles qui foit capable d’être fortifié qui eft celui de 90 degrés JpeüttJj!™ juiques au plus grand de 180 qui fe termine en une ligne droite: étans^.^^ dans les Tables les lignes trouvées pofées, foubs le nombre des degrés qui de 90deg : apartiénent à chaque angle du Polygone. Il faut, pour éxample, chercher^""JJ. aux Tables, l’angle de quelque Polyg. à fortifier de 142 'deg. on le rançon- &ce Titrera acompagné de toutes les lignes trouvées , & les fera conoître d’un Refilions (êul alped : on fera le même jugement de tous les autres. del?l-f
- On procédera de la même façon, à la compofition des Tables, qu’on ilérLregH' Voudra faire, fuivant les fuppofitions , de notre fécondé manière régulière, qui n’eft qu’en cela feulement différante de la prémiére finon entant qu elle compofe l’angle du Baftion, des deux tierces de l’Angle de fon Polygone, entant que les dites deux tierces parties ne paflènt point le droit ; mais fi elles l’excédent, ou fi elles l’égalent, il fufit que l’angle du Baftion fe préne droit, n’étant pas lors néceffaire d’employer ces parties, &c. foit pôle l’angle à Fortifier de 126 deg. enfuivant la fécondé manière de Fortification régulière , ayant pour fa Face, 24 verges de longueur, fon Angle Flanqué compofé de deux tierces de l’angle à fortifier ; en réüflira ledit Angle Flanqué de 80 deg. L'Angle de la Flanquante & de la Courtine de 21 deg. l'Angle de rordre det la Flanquante & du Flanq de 69 deg. l'Angle delà F ace & du Flanq de m éeg'TAngle de la Capitale & de la Gorge de 117 deg. Ces Angles conus, par fions de U le I Problème du V11 Chap. du I livre, on trouvera, Que, comme le de-mi-diamétre eft au regard de B E de 24 ( o : de même le finus B E D detiére•
- 69 deg. 93358o4auregard de la Surface B C de 22.41 (2 : & de même encore lé finus D B E de 21 deg. 3583679, au regard du Flanq prolongé de 8.60. (2. La Surface doublée, ajoûtée à la Courtine, compofe la diftance des Battions B M de 80. 82 (2. Par le 2 Problème : comme le finus M L C de 77 deg. 9743701, eft au regard de M C de 24 ( o : de même le finus de 61 deg. 8746197 eft au regard de la Capitale M L de 21. 54.(2. Par le 3 Problème ; comme le demi - diamètre eft au regard de la Capitale M L de 21. $4 ( 2 : de même le finus N M L de 63 deg. 8910065 , eft au regard de ia diftance des Polygones N L de 19.19 ( 2 ; & de même le finus de l’angle N L M de 27 deg. 4539905 eft au regard de N M de 9.78 (2: N M fou-ftraite de la Surface M H de 22.41 ( 2, donnera la Gorge K L de 12.63 ( 2:
- D E fouftraite de N L, reftera le Flanq E F de 10.59 (2 : le double N M fouftrait de M B, reftera le coté de la Forterejfe AL de 61.25(2. Par le 4
- Problé-
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- Probléme:Comme le demi-diamétre efl au regard du Flanq E F de 10.595(2, Example même efl la Tangente 8c la Sécante de 69 deg. 26050891 & 27904281, d’un Angle au regard du Complément de la Courtine FI de 27.6 ( 1 & de la Face pro-i(rjJr^l°ngée IE dé 29. 56 (2: celleci.étant ajoutée à la Face, compofe toute la Flanquante BI de 53.56(2 : 8c celui là retranché du refte de la Courtine, le Flanq de la Courtine fera, de 8.4 ( 1. Enfin, par le 6 Problème, on trouvera la ligne Fichante de 61.48 ( 2. 8c par ce moyen font trouvées toutes les lignes néceflàires à la Fortification de l’angle de I26deg.fuivantles fuppofitions de la féconde manière régulière.
- Apres que Ton aura trouvé en la même façon 8c mis en ordre pour l’ufa-ge, les lignes de tous 8c chacun des angles, depuis le moindre de 90 deg* jufques au plus grand de 180, on drefïèra les Tables de la fécondé manière de fortifier que l’on defire.
- Example En faveur de ceux qui ont moins d’expériance nous prandrons encore d“roîygle à Fortifier, l’angle de quelque Polygone, de qui les deux tierces parties dont les furpaflent le droit : Afin que d’un éxample, ils fè puifîènt inftruire à dref-flrpafintïe fer le calcul des autres de la même forte, nous poferons l’angle à fortifier dmt. je 149 deg. duquel les deux tierces parties, pour autant qu’elles paflènt le droit, font négligées, car elles condiment 99 deg. mais en leur place, on fera droit l’angle du Baflion ; ainfi, après que le droit aura été fouftrait>, de l’angle du Polygone propofé de 149 deg. la moitié de l’angle refiant, fera l’angle E B D de 29 deg. 30 ferup. fon famblable ou alterne efl El F l’angle de la Flanquante & de la Courtine: duquel le complem.au droit efl l’angle de la Flanquante 8c du Flanq F EI de 60I deg. le complem.de celuici au demi-cercle efl de 119 deg. 3o fcrup.làngle du Flanq & de la Face. En aprtfs* fouflrayant du demi-cercle, la moitié de langle du Polyg. propofé de74 deg. 30 ferup. 8c l’angle Forme-Flanq de 40 deg. l’angle refiant, compris entre la Capitale 8cla ligne du Forme-Flanq, fera de 65 deg. 30 ferup. 8cc. 8c decéte façon tous les angles feront conus. Derechéf, que la Fig. XLI foit prife pour nous repréfanter l’angle du Poly g. à Fortifier O A L de 149 deg. feulement pour nous fervir d example 8c pour épargner le temps & les frais de la multiplication des Figures: n’étant pas mon humeur de faire en celà comme plufieurs autres qui ramplifiènt leurs livres d’un grand nombre de figures frivoles 8c fuperflues, comme s’ils avoient entrepris d’amuferdes enfans: je les épargne autant qu’il m’efl poflible, pour l’amour de vous, mon leéleur, 8c je mafîure auffi que céte circonfpeélion vous doit être agréable. Les angles étans donquespofés en telle manière, par le 1 Problème du V11 Chap. du I livre: on trouve encore, la Surface du Baflion B D, le Flanq Prolongé E D, la Diflance des Battions B M : car tout ainfi que le demi-diamètre efl au regard de la Face B E: de même le finus de l’angle D B E de 29 deg. 30 min. 4924236 efl au regard du Flanq prolongé E D de 11. 82 ( 2 8c de même encore le finus de l’angle B E D de 6oî degr. à la Surface B D de 20.89 ( 2. La Surface doublée ajouftée à la Courtine compofe B M la diflance des Raflions de 77.78 (2. Par le fécond
- Problème:
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- Dk LÀ FORTIFICATÏOtf IRRE G U11 ER E. 229
- Problème comme le finus de l’angle ML C de 65 deg. 30 fcrup. 9099613 eft au regard dé la Face M C de 24 ( o ; de même le finus de l’angle MCL de 69 deg. 30 fcrup. 9366722 eft au regard de la Capitale M L de 24.7 ( 1.
- Par le 3 Problème: comme le demi-diamètre eft au regard de M L de 24,
- 7 (1 de même le finus de langle L M N de 74 deg. 30 fcrup. 9636305, eft au regard deNL/a aifiance des Polygones de 23.81 (2: & de même le finus du complément decét angle N L Mde 15 deg. 3olcrup. 2672384 au regard de M N de 6.6. ( 1. M N fouftraite de M H ci defius trouvée, reftera la Gorge KL de 14.29 (2: pareillement D E fouftraite de N L, reftera le Flanq F E de 11.99 ( 2 : or le double de M N faudrait de M B ; laifïe le coté de la Forterejfe A L de 64. 58(2.
- Par le 4 Problème : comme le demi - diamètre eft au regard cju Flanq E F de 11.99 ( 2 : de même la Tangente & Sécante de langle F E î de 60 deg. 30 fcrup. 17674940 & 20307720 eft au regard de FI Z? Complément de h Courtine de 21.19 ( 2,8c à la Face prolongée E I, de 24.34 ( 2 celui ci ajouté à la Face compofera toute la Flanquante BI de 48. 34 (2 : celui là ôté de la Courtine, reftera le fécond Flanq de 14.81 ( 2. Par le 6 Problème, fera extraite la ligne Fichante de 61.67 (2 : & par ce moyen, toutes les lignes architc&oniques font trouvées, néceftàires pour Fortifier l’angle du Po-lyg. de 149 deg.
- Ce n’eft pas fans railbn que nous terminerons en cet angle de 149 deg. pourquoi fi ces Tables conftruites fur les fupofitions de la fécondé manière régulière de ^frlbUs Fortifier : attandu que les lignes de l’angle de 150 deg. & de tous les au- df lafeco?* très qui le furpaflèiit, en céte fécondé manière, font toutes conformes à cel- à l'angle de les qui fervent à fortifier ledit angle de 150 deg. & des autres en fuitte,149 trouvées fur les fuppofitions de la première manière, d’autant que du depuis , les fuppofitions conviénent enfamble, car les Faces 8c les Courtines 8c les Angles Forme-Flanq, font égaux en l’une & en l’autre maniéré, & même-tnent enfin, les angles Flanqués qui avoient été jufques là diférans en tous les autres angles des Polygones, commancent premièrement d’être fam-blables en cet angle de Circonférance contenant 150 deg. Car pour la première manière, 15 degrés ajoûtés à la moitié de l’angle de 150 deg. qui eft de 75 deg. conftituent droit l’Angle du Baftion: & le même angle du Ba-ftion, eft auflï droit en la fécondé manière attandu que deux tierces parties de 150 deg. le randroient obtus, & partant on le laide droit : Puifque donc les fuppofitions de l’une & de l’autre manière font maintenant égales, il eft necefiàire que les chofes trouvées le foient aufli.
- Certains ineptes, qui fe vantent d'être Architectes, employent ces deux précédantes manières en telle façon , que faifans (ambiant de les Jarnffiê™& dédaigner, ils ne laiflènt pas en les corrompant de les contrefaire, aimant fortifier />-mieux les gâter & les altérer que de fuivre une ancienne invantion de bon ufage..
- Car la fuivante troifiéme manière de Fortifier une Figure irrégulière, eft approuvée de quelques uns. Ils amafient enfamble tous les côtés de la Fi-
- F f gure
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- 2,30 Livre Second,
- gure irrégulière à fortifier, & puis, par les Tables mêmes deftinées aux Fortifications régulières, compofent tout autant de côtés que les angles de la Figure que Ton defire fortifier en font conoître : doù ils infèrent : Comme la fomme des côtés, pris des Tables, eft au regard de la ligne * dé la Gorge, du Flanq, du Complément de la Courtine &c. déterminées par les Tables pour chacun angle : de même la circonférance de la figure à fortifier, eft au regard, de la même ligne, du Flanq, Gorge, Complément de la Courtine, &c. qui lui eft convenable à raifon du même angle propofé à fortifier, &c. Mais fi la Circonférance de la Figure, fe trouve égale, avec la fomme des côtés extraite des Tables, aufli, par la régle’de proportion, les Gorges, les Flanqs & les autres lignes principales^ là Fortification, devront être aflignées fans aucun changement, à la Figure à fortifier : fi elle excède, chacune des lignes de fortification feront augmantées ; & diminuées, fi elle defaut.
- (A B 64
- IBC62 IBX.
- Les côtés 1C D 5-6 Les Angles J C VI. ~ de la Figure^ D E 58 delà Figure^ D IX.
- LXXXIX. |E F 53 LXXXIX. IE VIII.
- IFG65 |F V. Irefpon-
- \GA65 \-------
- fA IV.ang.} Les côtés} 74 4?. Côté iv. «ce,
- Ides Forte- 6330. ! reflès foi- 58 73. fvâtlesTa- 62 44. 'blés, cor-^6142,
- 5688.
- G XXIV. j dans aux
- 423 verges
- Somme des côtés de la Fig.
- LXXXIX.
- Angles
- pofés.
- 66 83. ( 3
- 424.05 (x.
- Somme des côtés pris des Tables.
- premier circonferanc^ de la Figure LXXXIX eft de 423 verges; Or la fbm-
- cmtîon. me des côtés réguliers, receuillis des Tables de la I manière, fuivant les angles dé la même Figure eft de 424.02 { 2. C es deux enfamble, à peu prés fe rapportent : & partant, céte Figure, fe doit immédiatement fortifier fuivant les Tables : en prenant les lignes entières, félon qu elles font propres & aflignées à chacun angle; à condition néanmoins, de comman-cer par le moindre côté, autour d’A, le plus petit angle, qui eft droitier. Pratique Donques j prenant la Gorge en la Table Quadrang. de la 1. manière de de u t roi fié- fortifier de 9.23 ( 2, elle fera mife depuis A en e, au deflùs de e, on ti-de fortifier rera la normale e /, pour le Flanq de 7.74 ( 2 ; de e en u on métra la Cour^ mégui. tine de 3 6 ( o ; de u en 0 le Flanq de la Courtine ou de y verges 1 pied: enfin, de 0 par /, on pouffera 0 cInfinie : & nous aurons conftruite la moitié dtr Baftion A. Paflbns maintenant, à la ftru&ure du Baftion B ; lequel à raifon de la quantité de fon angle, fera fait, fuivant la colomne Décangulaire de la grande fortification 8c fur la 1 manière, comme j’ai dit, & premièrement ,’ en u, s’élèvera le Flanq décangulaire u a de 11.45(2; puis on pran-dra les deux Gorges décangul. toutes deux longues de 27.3 (i: on les mettra
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- LA première Table Ichnographi que de la 'Bonification irrégulière com-pofée pour chacun des angles de Circonfêrance des Polyg. à fortifier, & continuée depuis le plus petit angle qui eft de 90 degrés par où il com-mance d’être propre à la Fortification, jufques au plus grand qui eft de 180 degrés, finiflànt jufques en une ligne droite.
- Ici les prefupofitions font les mêmes que font celles de la première manière régulière de Fortifier, comme il s’enfuit :
- XV degrés toujours ajoutés au demi-angle de Circonfêrance du Polygone que Ion defire fortifier, compofent l’angle tôut entier duBaftion; jufques à ce qu’il reüftifte droit, au de là duquel il n*i ait plus moyen de paftèr plus avant.
- JJ angle Forme-Flanq eft toujours de 40 degrés.
- La Courtine de X X XVI ^
- &.
- La Face de
- XXIV
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- Angles de la Figure 90. 91. 91. 93- 94. 9Ï- 96. 97- 98. 99.
- La Surface. 23. 18 23. 15 25. 13 23. 10 23.07 23.O4 23. OJ 22. 98 22.95 22. 92
- La Gorge. 9. 23 9. 29 9- 35 9. 42 9- 48 9- 55 9. 6j 9. 68 9. 74 9. 81
- La Capitale. Ï9-73 19. 78 19. 83 19. 87 I9* 92 19. 97 20. 03 20. 08 20. 13 20. 19
- Le Flanq. 7- 74 7. 80 7.85 7-90 7. 96 8. 01 8. 07 8. 12 8. 18 8.23
- Le Second Flanq. 7. JO 7. 41 7. 70 7. 98 8. 25 8.52 8.77 9. 02 9. 26 9. 49
- Le Prolongement du Flanq, 6. zi 6. 31 6. 41 6. 52 6. 62 6. 72 6. 82 6. 92 7. 02 7.12
- La Razante. 5 3-9* 55.64 53* 37 53- 11 52. 86 52. 63 52.40 52.18 51- 97 51. 76
- La Fichante. 60. 8 j 60. 81 60. 82 60. 83 60. 84 60. 85 60. 86 60. 87 60. 88 60. 89
- Le Côté intérieur. 54- 45 54.58 54- 71 54.84 54. 96 55.09 55. 22 55- 3<5 5 5-49 55. 62
- Le Côté extérieur. 82- 37 82. 51 82. 25 82. 20; 82. 14 82. 08 82. 02 81. 96 81. 90 81. 84
- La Diftance des côtés. Ï3-95 14. 11 14. 26 I4. 42 x4* 57 14. 73 14. 88 15. 04 15. 19 I5- 35
- Gorge & Côpl. delà Court.' 38.13 37-89 37- 05 37; 44I37. 23 37.03 36. 84 36. 66 36. 49 36. 32
- F *
- Angles de la Figure IOO. ÎOI. 102. 10J. 104. 10$\ 106. 107. 108. 1CJL
- La Surface. 2z. 89 22. 86 22. 83 22. 79 22. 76 22.73 22. 69 22. 66 22. 62 22. 59
- La Gorge. 9. 88 9-95 10. 02 IO. 08 10. 15 10. 22 10. 30 10. 37 10. 44 10. 51
- La Capitale. 20. 24 20. 30 20. 36 2 0. 42 20. 48 20. 54 20. 60 20. 67 " °* 73 20. 80
- Le Flanq. 8. 29 • 8.35 8. 40 8. 46 8.52 8. 58 8. 64 8. 70 8. 76 8. 82
- Le Second Flanq. 9-71 9* 93 10. 14 10. 34 10.54 IO* 73 10. 91 11. 09 11. 27 11.43
- Le Prolongement du Flanq. 7. 22 7. 52 7. 42 7.52 7. 62 7. 72 7.81 7. 90 8. 02 8. 11
- La Razante. 51. 56 51.38 51* *9 51. 02 50. 85 50. 69 5°- 5 3 50. 38 5°. 24 50. 10
- La Fichante. 60. 90 60.91 66. 92 60. 93 60. 94 60. 94 60. 95 60. 97 60. 98 60. 99
- Le Côté intérieur. 55-76 55.89 56. 03 56. 17 56. 31 56. 45 56.59 56-73 56.88 57-02
- Le Côté, extérieur. 8l. 78 81. 72 81. 65 81. 59 81.52 81. 45 81. 39 8l. 32 81. 25 81. 18
- La Diftance des côtés. 15.51 15. 66 15. 82 15.98 16.14 16. 29 16. 45 l6. 6l 16.77 16. 93
- Gorge & Côpl. delà Court. 3^ 17 36. 02 35.88 35- 74 35-02 35- 5° 35- 38 35.28 35- 17 35.08
- Angles de la Figure 1 IO. ni. 112. uj. 114. 115-. 116. 117. ll8. 119.
- La Surface. 22. 55 22.52 22. 48 22. 44 22. 41 22.37 22. 3 3 22. 29 22. 25 22. 21
- La Gorge. 10. 59 10. 66 10. 74 10. 81 10. 89 ïo. 97 11. 04 II. 12 11. 20 iï. 28
- La Capitale. zo. 86 20.93 ,21. 00 21. 08 ,21. 15 21. 22 21. 30 21. 38 21. 46 21.54
- Le Flanq. 8.88 8.94 9. OI 9. 07 9.14 9. 20 9- 27 9- 33 9. 40 9- 47
- Le Second Flanq. 11. 60 ij. 76 II. 91 12. 06 12. 20 12. 34 12. 48 12. 61 12. 73 12. 86
- Le Prolongement du Flanq. 8. 21 8.51 8. 41 8. 50 8. 6c 8. 70 8. 80 8.89 8. 99 9. 09
- La Razante. 49- 97 49. 84 49. 72 49. 63 49. 49 49. 39 49.28 49. 19 49. 09 49. 00
- La Fichante. 61. 00 61. 01 61. 02 61. 03 61. 04 61. 05 61. 06 61. 07 61. 09 61. 10
- Le Côté intérieur. 57* *7 57- 32 57- 47 57. 62 57- 78 57-93 58.09 58. 25 5.8- 4° 58. 57 -
- Le Côté extérieur. 81. 11 81. 03 80. 96 80. 89 80. 8l 80.74 80. 66 80. 58 80. 51 80. 43
- La Diftance des côtés. 17. 09 17. 25 I7-4I 17.58 T7. 74 17. 90 18. 06 18. 23 18. 39 18. 56
- Gorge & Côpl . de la Court. 34- 99 34.91 34. 83 54.76 .34. 69 34.63 34- 57 34. 52 34- 47 34- 43
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- Angles de la Figure 120. 121. 122. 123. 124. 116. 127- 128. 129.
- La Surface. 22. 17 22. 13 22. OC) 22. 05 22. OI 21.97 2J- 93 21.88 21. 84 21. 80
- La Gorge. u. 37 11.45 11.53 11. 62 II. 70 11.79 u. 87 11. 96 12. 05 12. 14
- La Capitale. zi. 6z 21. 70 21. 78 21. 87 2 j. 9 6 22. 05 22. 14 22. 23 22. 33 22. 42
- Le Flanq. 9• 54 9. 61 9. 68 9- 75 9. 82 9. 89 9. 96 10. 04 10. 11 iô. 19
- Le Second Flanq. 12,. 98 13.05) 13. 2 j .3,3. 13. 42 13. 52 13. 62 13.72 13. 81 13. 90
- Le Prolongement du Flanq. 9. 19 9. 28 9. 38 9-47 9.57 .9.67 9.76 9. 86 9-95 10. 05
- La Razante. 48. 92 48. 84 48.76 48. 69 48. 62 48.56 48. 50 48. 44 48. j? 48.34
- La Fichante. 61. u 61. 12 61. 14 6l. 15 61.16 (Sj. 18 61. 19 61. 21 6l. 22 61. 24
- Le Côté intérieur. 5 8-73 58. 90 59. 06 59.23 59. 40 5 9- 58 59- 75 59--92 60. 10 60. 29
- Le Côté extérieur. 80. 35 80. 27 80. 18 80. 10 80. 02 79- 94 79.85 79. 76 79. 68 79- 59
- La Diftance des côtés. l8. 72 18. 89 19. 05 19. 22 19. 39 19. 5 6 *9- 73 19. 90 20. 07 20. 24
- Gorge &Côpl- de la Court. 54- 19 54- 35 ^4- 33 34- 3° 34. 28 34. 2(5 34.25 34.25 34-24 *4- 2 5
- Angles de la Figure 130. M1* 1132. jîî- 134. 136. 117- 138. 139.
- La Surface. 21.75 21. 71 21.6(5 21. 62 21.57 21. 53 21. 48 2I- 43 21* 38 21.34
- La Gorge. 11. 24 12. 33 12. 42 12. 52 12. 61 12. 7I 12. 8j 12. 91 13. 01 13. 11
- La Capitale. 22. 52 22. 62 22. 72 22.82 22.93 23.O3 23. 14 23.25 23- 37 23.48
- Le Flanq. 10. 27 10. 34 10. 42 10.50 10. 58 IO. 67 I0- 75 10. 83 10. 92 u. 00
- Le Second Flanq. 13.98 14. 07 H- 15 14. 23 ï4. 30 *4* 37 *4- 44 H- 5i T4- 57 14. 64
- Le Prolongement du Flanq. 10. 14 10. 24 10. 33 10.43 10. 52 10. 62 10, 71 10. 80 10. 90 10. 99
- La Razante. 48. 29 48.15 48. 21 48.17 48.14 48. 11 48. 09 48. 07 48.05 48.03
- La. Fichante. 61. 25 61. 27 61. 28 6l. 30 61. 32 61. 34 6r. 35 éi. 37 61.39 61. 41
- Le Côté intérieur. ,^o. 47 60. 66 60. 84 6l. 03 61. 23 61. 42 61. 62 <5i. 82 62. 02 62. 23
- Le Côté extérieur. 79.50 79.41 79. 32 79.23 79. 14 79-05 78.96 78. 86 78.77 78. 67
- La Diftance des côtés. 20. 41 20. 58 20. 75 2O.93 21. 10 21. 28 21. 46 2 j. (54 21. 81 2 ï.99
- Gorge & Côpl. de la Court. 34. 25 34. 26 34* 2 7 34.29 34- 31 34- 34 *4- 37 34. 40 34. 44 34. 48
- Angles de la Figure 140. H1- 14X. 143. 144. ‘45-- 146. f47. 148. M?.
- La Surface. 21. 29 21. 24 21. 19 21. 14 21. 09 21. 04 20. 99 20. 94 20. 89 20.84
- La Gorge. I3- 22 r3- 32 !3-43 r3- 54 13. 65 13.76 13. 87 *3- 99 14. 11 14.22
- La Capitale. 23. 60 23- 72 23.84 23. 96 24. 08 24. 21- 24. 34 24. 47 24. 61 24.74
- Le Flanq. u. 09 u. 18 11. 27 11. $6 u. 45 11.55 11. 64 11. 74 11. 84 11.94
- Le Second Flanq. H- 69 I4- 75 14.. 81 14. 86 14. 91 14.95 15. 00 *5- °4 15. 08 15.12
- Le Prolongement du Flanq. 11. 08 11. 18 11.27 11. 3^ 11. 45 n. 54 u. 64 u. 73 11. 82 11.91
- La Razante. 48. 02 48. 01 4». o° 0 0 48. 00 48. 00 48. OI 48. 01 48. 02 48. 04 48.05
- La Fichante. 61. 43 61. 45 6ï.47 61. 49 61. 5i <5i. 54 61. 56 61. 59 61. <5i 61. <54
- Le Côté intérieur. 62. 44 62. 65 <52. 86 63. 08 63. 30 <53. 52 *3-75 63. 98 64. 21 64.45
- Le Côté extérieur. 78. 58 78.48 78.38 78. 28 78. 18 78. 08 77.98 77- 88 77-78 77.67
- La Diftance des côtés. 17 22. 36 22. 54 22. ,72 22. 90 23.09 23. 28 23. 47 13.65 23.84
- Gorge Ite Côpl. de la Court. 34. 53 34. . 57 34. 63 34. .68 34- 75 34.81 34. 88 34. 95 35- °î 35. ii
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- Angles de la Figure IfO. >?*• 1^2. lf4- i^6. >37. 15-8. 139.
- La Surface. 20. 78 20. 68 20.57 20. 46 20. 35 20. 24 20.13 20. OI 19.90 î9. 78
- La Gorge. 14. 34 14. 40 r4. 47 *4- 5$ I4. 59 14. 66 14.72 !4. 79 14. 86 14. 94
- La Capitale. z 4. .88 25. 07 15. z5 25. 43 25. 62 25. 81 21-99 26. 19 26. 38 26. 57
- Le Flanq. 12. 04 12. 08 12. 14 12. 15) 12. 24 12. 30 12. 36 12. 41 12. 47 12.53
- Le Second Flanq» 15. 15 I5* 49 15. 80 16. 11 l6. 41 16. 70 16. 98 *7< 2 5 17.51 17. 76
- Le Prolongement du Flanq. 12. 00 12. 18 12. 56 12. 54 12. 72 12. 90 13.07 !3*25 13.42 *3- 59
- La Razante. 4s. 07 47. 8j 47*57 47* 33 47. IO 46. 89 46. 68 46.49 46.30 46. 13
- La Fichante. Si. 66 61. 66 61. 65 61. 64 6l. 63 61. 6$ 61, 62 61.61 61. 60 61. 60
- Le,Côté intérieur. Ô4. 6$ 64. 81 64.9* «5.05 65. l8 65.51 65.45 65.59 65.73 65.87
- Le Côté extérieur. 77• 57 77. 36 77* M 76.93 76. 7I 76. 48 76. 26 76. 03 75*79 75*56
- La Diftance des côtés. z4. 04, 24.27 24. 50 14.73 24. 96 25. 19 a5* 43 25. 66 25.89 26. 13
- Gorge & Côpl- de la Court. 35* *9 34* 92 34. 66 34* 42 H* ï8 33*96 13 J- 75 33- 55 33* *6 33* T7
- Angles de la Figure 160. l6l. j 162. 163. 164. i6y. 166. 167. Os 0° 169»
- La Surface., 19. 66 19. 54 19. 42 19. 29 19. 17 19.04 18. 91 18. 78 r8. 65 18. 52
- La Gorge. 15. 01 15. °9 15.17 15.25 i5. 33 15.4ï 15. 50 15. 59 15. 68 *5-77
- La Capitale. 16.77 26. 97 27.17 27.37 27.58 27. 78 27. 99 28. 20 28. 42 28. 63
- Le Flanq. 12. 60 12. 66 Ï2. 73 12.79 12. 86 12. 93 13. 01 13. 08 13. 16 13.24
- Le Second Flanq» 18. OJ 18. 25 l8. 48 18.71 18.93 19. 14 19* 35 19. 56 *9- 75 I9. 94
- Le Prolongement du Flanq. I3* 77 13.94 14. II 14. 28 14. 44 14.61 14. 78 J4* 94 15.10 15.27
- La Razante. 45.96 45.80 45.65 45. 51 45.37 45. 25 45. *3 45* ox 44.91 44.81
- La Fichante. 61. 59 61. 58 6l. 57 6l. 56 61. 56 61. 55 61. 54 6J. 53 61. 53 61. 52
- Le Côté intérieur. 66. 02 66. 18 66. 33 66. 49 66. 66 66.83 67. OO 67. 18 67. 36 67- 55
- Le Côté extérieur. 75. 32 75.08 74* 83 74* 59 74* 34 74* 08 73* 85 73* 57 73* 3° 73- 04
- La Diftance des cotes. 16. 36 16. 60 26. 83 27. 07 27. 31 27- 55 27.78 28. 02 28. 26 28. 5O
- Gorge & Côpl. de la Court. 33* °? 32. 84 32. 68 32. 54 32.40 32. 27 32.15 32. 04 31* 93 31. 83
- An g. delà Fig.. 170 171. 172. 173. i74> > 7f- 176. *77* 178. 179. l8ô.
- La Surface. 18. 39 18. 25 18. 11 17. 98 17.84 17. 69 17* 55 17.41 17. 26 17. 12 16. 97
- La Gorge. L5. 87 15 * 97 16. 07 16. 17 16.28 16. 39 16. 50 16. 61 ï6. 73 16. 85 16. 97
- i La Capitale. 28. 85 29. 08 29. 30 z9- 53 29. 76 29. 99 30.23 30.47 30.71 30. 96 31. 21
- Le Flanq. 13. 32 J3* 4° 13.48 *3* 57 13. 66 x3* 75 ij. 84 I3* 94 14.04 14. 14 14. 24
- Le Second Flanq» 20. 13 20. 51 20.49 20. 66 20. 83 21. 00 ü. 15 21. 31 21. 46 21» 61 21. 76
- Le Prolong, du Fia. *5*43 I5» 59 *5* 75 15. 90 16. 06 16. 21 16.37 16. 52 16. 67 16. 82 16.97
- La Razante. 44* T- 44.63 44*55 44.4s 44. 41 44*35 44* 3° 44.25 44.21 44* *7 44. 14
- La Fichante. 6t. 5 1 61. 51 61. 50 61. 50 61.49 61.49 61.49 6t. 48 61. 48 61. 48 61.48
- Le Côté intérieur. 67. 74 67. 94 68. 14 68. 35 68. 56 68. 77 69.* 00 69. 22 69. 46 69. 70 69. 94
- Le Côté extérieur. 72. 77 72.50 72.23 71* 95 71.67 71. 39 71. 11 70. 82 70. 53 70. 24 69. 94
- La Diftance descôt. 28. 74 28. 99 29.23 29. 47 29. 72 29. 96 30. 21 30. 46 30. 71 30. 96 31. 21
- Go. & Cô.de laCo. 3*- 74 31. 65 31. 58 31* 51 3*. 45 31* 39 31* 34 31. 30 31. 26 31. 2.3 31.21
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- Pag .03*
- LA II Table Ichnographique de la Fortification Irrégulière, compo-fée pour chacun des angles de Circonférance des Polygones félon la fécondé manière à fortifier, & continuée depuis le plus petit angle de po degrés, eftapt le prémier propre à la Fortification, jufques au 149 degré. * Car aux aultres degrés furmontants le 149, les lignes Ichno-graphiques déterminées en la I Table cÿ devant nous ferviront icy, & feront en tout égales à celles que nous prétendons inventer pour la 11 Table : puis qu’en l’une & l’autre manière à fortifier les prefupofitions font égalés.
- Icy les prefupofitions font les mêmes que font celles de la fécondé manière régulière de fortifier, comme il s’enfuit •
- Les deux tierces de l’angle de la Circonférence du Polygone à fortifier compofènt l'angle du Baftion : pourveu que ces deux tierces ne furpaf-fent l’angle droit.
- L’angle Forme-Flanq eft tousjours de 40 degrés.
- La Courtine de XXXVI\tr La Face de XXIV/Ver§es<
- Angles de la Figure 90. 91. 9*• 91- 4- Os 99- 96. 97 98. 99.
- La Surface. 23. 18 23. 16 23. 15 23. 13 23. 11 23. 09 23. 07 23.05 23.03 23. 01
- La Gorge. 9- 23 9. 31 9. 40 9.49 9. 57 9. 66 9- 75 9. 84 9. 9Z 10. 01
- La Capitale* *9- 73 19. 76 19. 79 19. 82 19.85. 19. 88 19.91 I9* 94 19. 98 20. 01
- Le Flanq. 7- 74 7. 82 7. 89 7- 96 8. 03 8. 11 8. 18 8. 25 8.33 8. 40
- Le Second Flanq. 7. 10 7. 17 7.23 7- 3° 7- 36 ' 7.42 7- 47 7-53 7.58 7. 63
- Le Prolongement du Flanq. 6. 21 6. 28 6. 35 6. 41 6. 48 6. 55 6. 62 6. 68 <5.75 6. 82
- La Rasante. 53* 9i îj- 87 53-83 53-79 53-75 53- 71 53. 68 53.64 53-61 53.58
- ' La Fichante. 60. 81 60. 82 60. 83 60. 85 60. 86 60.88 60. 89 60. 91 60. 93 60. 94
- Le Côté intérieur. 82.37 82.33 28. 29 82. 25 82. 22 82.18 82. 14 82. 10 82. 06 82. 02
- Le Côté extérieur. 54-45 54.63 54. 80 54- 97 55-15 55- 3* 55- 5o 55.67 55-85 56. 03
- La Diftance des côtés. 13.95 14. 09 14. 23 i4- 37 14.51 14.65 14. 80 14- 94 ij. 08 15. 22
- Gorge & Côpl. delà Court. 38. 13 38.14 38.17 38. 19 38. 22 38. 25 38. 28 38. 31 38. 34 38.38
- Angles de la Figure ICO. 101. 102. IOJ. 104. 10p 106. I07. 108. 10p.
- La Surface. 22.99 22.97 22.95 22.93 22. 91 22. 89 22. 87 22. 85 22. 83 22. 80
- La Gorge. 10. 10 jo. 39 10. 28 10. 37 10. 46 10. 56 10. 65 i°. 74 IO. 83 10. 93
- . La Capitale. 20. 05 20. 09 20. 13 20. 17 20. 22 20. 26 20. 31 20. 35 20. 40 20. 45
- Le Flanq. 8. 48 8.55 8. «3 8.70 8. 78 .8. 86 8. 93 9. 01 9, 09 9. 17
- Le Second Flanq. 7. <58 7-73 7.78 7. 82 7. 87 7. 91 7-95 7- 99 8. 02 8. 06
- Le Prolongement du Flanq. 6. 88 6*9 5 7. 02 7. 08 7- *5 7.22 7.‘28 7-35 7- 42 7. 48
- La Razante. 53-56 53-53 53- 51 53. 49 53-47 5 3* 45 55-44 53-43 53. 42 53*41
- La Fichante. 60. 96 60. 98 60. 99 61. 01 61. 03 61. 04 61. 06 61. 08 61. 10 61. 12
- Le Côté intérieur. 81. 98 81.94 8l. 90 81. 86 81. 82 81.78 81.74 81. 69 81. 65 81. 61
- Le Côté extérieur. 5 6. 20 56. 38 56. 56 5«- 75 56.93 57. 11 57- 29 57-48 57- 67 57-85
- La Dittance des côtés. ij. 36 15.50 15.64 >5-79 15-93 16. 07 16. 22 l6. 36 16. 51 16. 65
- Gorge & Côpl. de la Court. 78.42 38.46 38. 5° 58- 55 38. 60 38.65 38. 70 58- 75 38. 8j 3.8. 87
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-
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- Angles de la Figure 1 lO. III. 112. u j. 114. I l6. 117. us. 119.
- La Surface. 22. 7» 22. 16 2 74 22. 72 22 . 6^ 22. 67 22. ,65 22. 62 22. 60 22. 58
- La Gorge. II. 02 11. 12 11. 21 11. 33 11. 40 ii. 50 11. , 60 11. 70 11. 80 11. 90
- La Capitale. 20. 5° 20* 5 6 20. 61 20. ô7 zo.73 20. 79 2°. 85 20. 9i 20. 97 21. 04
- Le Flanq. 9- *5 9- 33 9. 41 9* 49 .9- 57 9- *5 9- 73 9- 82 9- 90 9. 98
- Le Second Flanq. 8. 09 8. 22 8. 15 8. 18 8. 21 8. 24 8. 26 8. 28 8. 30 8.32
- Le Prolongement du Flanq. 7- 55 7- 62 7- 68 7- 75 .7.81 7- 88 7- 95 8. OJ 8. 08 8. 14
- La Razante. 53* 40 53- 39 5 3- 39 53- 39 5 3- 39 5 3- 39 53. 40 53- 41 53. 42 53- 43
- La Fichante. 6 ï. 13 61. 15 61. 17 61. 19 61.#.1 61. 23 61. 25 61. 27 61. 30 61. 32
- Le Côté intérieur. 8i. 53 81. 52 81. 47 81. 43 81. 58 81. 34 81. 29 81. 25 81. 20 81. 15
- Le Côté extérieur. 53. 04 58. 23 58. 42 58. 61 58.81 59- 00 59- 20 59. 40 59- 60 59.8o
- La Diftance des côtés. 16. 80 16. 94 r7- 09 *7- 24 17.38 ‘7- 55 37- 68 r7- 83 *7- 98 18. 13
- Gorge &Côpl. delà Court. ?8. 93 [38. 99 39- 06 39. 12 39- 19 39• 27 39• 34 39• 42 39- 5° 39. 58
- j Angles de la Figure 120. 121. 122. 123. 124. IZf. 126. 127. 128. 12p.
- La Surface. 22-55 22* 5 3 22. 5 0 22. 48 22. 46 “•43 .22. 41 22. 38 22. 36 • 22- 33
- La Gorge. 12. 00 12. 10 12. 20 12. 31 12.41 12.52 12. 63 I2-73 12. 84 12.95
- ' La Capitale. 21. 13 21. 17 ai. 24 21. 32 21. 39 21.47 21.54 21. 62 2 1. 70 721.79
- Le Flanq. 10. 07 10.15 10. 24 10. 33 10.42 IO. 50 10. 59 10. 68 10. 78 10. 87
- Le Second Flanq. 8. 53 8.35 8. 36 8. 38 8. 39 8.39 8. 40 8. 41 8. 41 8. 41
- Le Prolongement du Flanq. 8. 21 8.27 8. 34 8. 40 8.47 8.54 8. 60 8. 67 8. 73 8.80
- La Razante. ? ?• 44 53-¥ 5 3. 47 53-49 5 3- 5i 53- 54 53- 5ô 5 3- 59 53*02 53- 05
- La Fichante. 61.34 61. 36 61. 38 61. 41 61.43 61.45 61. 48 61. 50 61. 53 61.56
- Le Côté intérieur. 81.11 81. 06 81. 01 80. 5;6 80. 91 80. 86 80. 81 80. 76 80. 71 80. 66
- Le Côté extérieur. ^ 60. 00 60. 20 60. 41 60. 62 60. 83 61. 04 61. 25 61. 47 61. 68 61. 90
- La Diftance des côtés. 18. 28 18.43 18. 58 18.73 18. 89 19- 04 19. 19 i9. 35 19. 5 2 19. 66
- Gorge & Côpl.de la Court. 39. 66 39- 75 39- 84 39-93 4°- °3 40. 12 40. 22 4°- 33 4°. 43 4°. 54
- '
- Angles de la Figure l3°- 131. iji. *33- «34- >3f- 136. 137- .38. >3 ?•
- La Surface. 22. 30 2 2. 28 22. 25 22. 2^ 22. 20 22. 17 22. 09 22. OI 2I- 93 21. 84
- La Gorge. 13. 06 13. 17 13. 29 I3.4O 13. 51 r3-6* 13.67 T3- 71 I3- 75 r3- 79
- La Capitale. 21. 87 21. 96 22. 04 22. 13 22. 23 22. 32 22. 48 22. 65 22. 8i 22. 98
- Le Flanq. IO. 96 II. 05 11. 15 II. 24 n. 34 11.44 n. 47 II. 50 n. 54 ii- 57
- Le Second Flanq. 8. 41 8. 41 8. 41 8. 40 8. 40 8- 39 8.98 9- 55 10. 09 10. 61
- Le Prolongement du Flanq. 8. 86 8.93 8. 99 9. 06 9. 12 9. 18 9. 58 9- 57 9.76 9- 95
- La Razante. 53. 69 53- 72 53- 7^ 53. 80 53.84 52* 89 53- 35 52* 85 52. 36 51. 91
- La Fichante. 61. 58 61.61 61. 64 61.66 61. 69 61. 72 61. 72 61. 72 61. 72 61. 71
- Lé Côté intérieur. 80. 61 80. 56 8ô. 50 80. 45 80.. 40 80. 35 80. 18 80. 02 79-85 79.68
- Le Côté extérieur. 62. 12 62* 35 6i. 57 62. 80 63- °3 63. 26 63. 34 63.42 63. 50 63.58
- La Diftance des côtés. 19. 82 19. 98 20. I4 20. 30 20. 46 20.62 20. 85 21. 07 21. 30 21. 52
- Gorge & Côp'l. de la Court. 40. 65 40. 76 40. 88 41. 00 41. 12 41.24 40. 69 40. 16 39. 66 59- ï8|
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- Angles de la Figure 140. 141. 142. i4j. 144. H?- 146. 147. 148. X49.
- La Surface. La Gorge. La Capitale* 21.75 15. 85 2^.15 21.-66 13. 88 z$. 32 21.57 ‘93 23.48 2 1. 48 lb 91 23. 66 21. 38 14. 02 83 21. 29 I4. 07 24. OÔ 21. 19 14* 12 14. 17 21. 09 14. 18 24435 20. 99 I4.23 24. 53 20. 89 14. 29 24. 70
- Le Flanq. Le Second Flanq. Le Prolongement du Flanq. il. 61 il. 11 10. 14 11. 65 Ti. 58 10.53 11. 68 12. 04 10. 52 11. 72 12. 48 10. 71 11.77 12. 91 10.90 II. 8l 13. 32 II. 08 11. 85 13. 71 11. 27 11. 90 14. 09 11.45 H.94 14*46 II. 64 11. 99 14. 81 11. 82
- La Razante. La Fichante. Le Côté intérieur. 5 t- 47 61. 71 79.50 51.05 61. 71 79* .32 5°. 65 61. 70 79. 14 50. 28 61. 70 78.96 49. 5>i 61. 70 78.77 49- 57 61. 69 78.58 49.24 61. 69 78. 38 48.93 61. 68 78. 18 4s. 63 6l. 67 77.98 48.34 614 67 77-78
- Le Côté extérieur. La Diftance des côtés. Gorge & Côpl. delà Court. 53.67 21.75 $8-75 63.76 21. 98 38.30 63.85 22. 21 37.88 63.94 22. 43 37- 49 64. 04 22. 66 37. 11 64.14 12.89 I36. 75 64. 25 23. 12 36.41 64. 3î 55 36. OS 64. 46 23.58 55-77 64.57 23.81 35*47
- IL y en a qui prenent en fort mauvaiJfè part que le Flanq du Baftion fur-pafîe la moitié de la Face • fi donc nous changions tant foit peu les pre-fuppofitions es anglesfuivants delà Circonferance des Poligones à fortifier, en prenant,au lieu de l'angle Forme-Flanq de XL degrés,le Flanq du Baftion même conu, & le façions d’une quantité immuable de XII Verges, les fuivantes Tables nous pourroyent fervir enfemble pour toutes les trois ma* niêres regulieres de fortifier, que nous avons enfeignées au premier livre.
- Car lesprefupofitions en toutes les trois manières feront alors les mêmes. I. Un même angle de la circonferance. 11. I Angle du Baftion droit partout. III, Le Flanq. IV. La Face. V. La Courtine de même quantité, &c„
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- Angles de la Figure xp ip • 174 • W . if6 • 1 $7 . 15-8 • '59 . i6o.
- La Surface. La Gorge. La Capitale. 20. 6i 14. 42 . 24..9$ 20. y 14. 5c 25. i] 7 20.41 3 *4- 5' 25. 2, 5 20. 34 7 14-4 25* 3: » 20. 2, » 14.7: 7 -5- 5< 4 20. I; L 14. 8< 3 25.6 3 20. O: D 14. 81 3 25. 7< [ 19.9c 3 14.9e 5 25.9c 3 19. 7! > 15. O4 3 26. O. 3 19.66 * 15.12 i 26.17
- Le Flanq. Le Second Flanq. Le Prolongement du Flanq. 12.oc I5-63 12. i£ 12. oc l6. 03 12. {t 12. o< 16. 4 12. y 0 12. OC 2 16. 8c 4 12. 72 3 12. OC 3 17. K l 12.9( 3 12. 0< ï j7.5: 3 13. O' D 12. OC i 17. s: 7 I3- 25 3 12. oc 7 l8. 2] r 13.42 3 12. OC C l8. J4 1b 55 ; 45.15 61.35 : 66. O" 3 12. 00 f 18. 86 ? 1.3. 77
- La Razante. La .Fichante. Le Côté intérieur. 47. 64 61. 62 64. & 47- 3c 6i- 55 6y oc 4<5. 9' 61. J-<55. 12 7 46- 65 7 61. 5^ 4- 65.25 ; 46.3: 1 6r- 53 > 65.44 5 46- o; c 6t. 4' \ (35.6c 5 45-76t. 44 365.75 I- 45- 4É 1- 61. 41 ; 65.91 > 44.91 761.33 7 66. 23
- Le Côté extérieur. La Diftance des côtés. • Gorge & Côpl. de la Court. 77-^ 24. 18 34- 753 77-14 24. j< 34-4" 76.9 24.5. 34-1: 3 76. 71 t 24- 72 i 33-83 [ 76. 4 1 24.9c 'J33- $ 76. 2( 3 25.0: î 53.2? > 76. 03 725.25 i 3/. 01 : 75-79 25.42 \?2-7S 1 75-56 25- 55 32. 5c : 75-32 ’ 2J- 77 > 32. 26
- Angles de la Figure l6l. l62. i6?. I64. 167. l66. 167. 168. 169» 170.
- La Surface. La Gorge. La Capitale. 19.54 15. 20 2 6. 30 19. 42 15. 28 26. 43 I9.29 *5-37 26.57 19. 17 15.45 26. 70 19. 04 *5- 54 26. 84 l8. 91 15.63 16.9 8 18. 78 r5- 71 27. 11 18.65 15. 80 27.25 18.52 15.89 27.39 18. 39 15.99 *7- 53
- Le Flanq. . Le Second Flanq. Le Prolongement duFlanq, 12. 00 19. 18 13.94 12. OO 19. 48 I4. II 12. 00 19.78 14. 28 12. OO 2 0. 07 I4. 44 12. OO 20. 36 14. 6l 12. OO 20. 64 *4- 78 12. 00 20. 91 14.94 12. 00 21. 18 15.10 12.00 21.44 15.27 12. 00 21. 70 *5-4*
- La Razante. La Fichante. Le Côté intérieur. 44. 67 61. 30 66. 40 44. 42 61. 2 6 66. 56 44. 17 61. 22 66.73 43-94 61. 18 66. 90 43-71 61. 14 67. 08 1 43-49 6l. O9 67.15 43. 28 61. 05 67.43 43-07 61. 00 67. 61 42,- 87 60. 96 67. 79 42. 67 60.91 67.97
- Le Côté extérieur. La Diftance des côtés. Gorge & Côpl. de la Court. 75. 98 25. 94 32. 02 74.8} 26. 11 31. 80 74-59 26. 28 31.58 74- 34 26. 44 3*. 38 74.08 2 6. 61 31.18 73-83 26. 78 30. 98 73.57 26.94 30. 80I 7b 3° 27. 10 30. 62 7?. 04 27. 27 30.45 72. 77 2 7-43 30. 29
- Angles de la Figure 171. 172. 173. 174* 17 f. 176. 177- 178. 17?. 180.
- La Surface. La Gorge. La Capitale. ^ 18. 25 16. 08 27.67 : 18; u 16. 17 27. 81 : 17.98 16. 27 17. 96 : 17.84 : t6, 36 : 28. 10 2 *7- 69 r6. 46 : ï.8. 24 ; *7- 55 ; 16. 56 : 28. 39 : 17.41 : f6. 66 ' -8-5 5 : 17. 26 i 16. 76 ] 28.68 2 [7. 12 [6. 87 ^8.82 : 16. 97 £6. 5>7 28. 97
- Le Flanq. Le Second Flanq. Le Prolongement du Flanq. 12. OO ii.95 : r5-5 9 12. 00 : 12. 20 : t5. 75 i 12. 00 : fc2- 44 : [5- 9° 12. 00 i 12. Ô7 ; 16. 06 ] [2. OO ] 22. 90 ; 16. 21 ] (2. OO 1 l3- *3 * [6. 37 ] [2. OO J -3- 36 ^ [6. 52 J r2. 00 ] 57 : (6. 67 i [2. 00 : *3- 79 : 16.82 12. 00 24.. 00 *6- 97
- La Razante. 4 La Fichante. ( Le Côté intérieur. < f2.48 2 5o. 86 ( 58. 16 e \2. 29 4 >0. 8l i >8'. 35 e \2. Il 4 >0. 76 ( >8. 54 e fi. 93 4 5o. 71 c !8. 73 ( 31.76. >0. 66 < >8. 92 6 \T. 60 4 >0. 60 ( >9. 12 £ |.i. 43 4 50.55 ( >9. n < fi. 28 4 5o. 49 e >9-5 3 6 fl. 12 2 50.43 < >9- 7$ < 1°- 97 5o. 38 59; 94
- Le Côté extérieur. ' La Diftance des côtés. 2 Gorge & Côpl. de la Court. J ; 7Z. 50 ' -7- 55> 2 îo. 13 2 72. 23 ' '7- 75 2 39. 98 2 73r- 95 : 17. 90 2 .9. 83 2 n-613 l8. 06 2 39. 69 2 7T. 39 ' .8. 21 2 ,9. 56 2 71. II ' Î.8. 37 2 -9- 43 2 70. 82 ' -8. 52 2 <9* $1 2 70.53 / ,8. 67 2 .9. 19 2 70. 24 < .8. 82 7 9. 08 : 59. 94 -,8. 97 18.97
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- de ia Fortification Irrêcüliere* tre, depuis u, par B en/; 8c de céte façon, # B remplira 18.78 (2. mais B/ feulement 8.52 ( 2 : derechef on fera forcir du poind/, ü? perpan-
- diculaire/g de 11.45 (2; de/en g fera mis /g, le Complément de la Courtine de 21.1 ( 1 : & fera mis le même complément de u en q, puis feront tirées les lignes q a 8c g d, lefquelles prolongées jufques à l’interfedion, concourront au point b, 8c fera formé le Baftion B tout entier. Derechef de/e n k foitpoféela Courtine de o8cfoit conftruit le Baftion C,fui-vant la Colomne Séxangulaire d’une manière toute famblable à celle que l’on aura tenue à la conftrudion du précédant. Ainfi de fuite les autres Battions feront élevés, chacun d’eux à raifon de fes angles, jufques à ce que toute la Figure foit fortifiée, 8c que vous foyés retourné au baftion A, par lequel vous aurés commancé/
- On remarquera néanmoins, qu’entre ces lignes propofées à eftremu- AutŸe Ca(ii nies nulle ne foit plus petite qu’une Courtine 8c une Gorge, ni plus grande qu’une Courtine avec trois Gorges : fi donqucsune Gorge vient à man-quer à quelque coté, il eft néceflaire qu’elle.fe trouve de plus, au plus pro- noît que la che, ou en la fuitte.Mais s’il arrive que l’un des cotés de la Figure à for tifier, fe rencontre égal à quelque nombre de côtés enfamble, en ce cas Aïeule & il devra être armé de Battions plats, 8c fur la fomme prife des Tables ci recev*-deflus, on ajoutera tout autant de paires de Gorges plates, 8c autant de Courtinesj qu’il i aura de Battions plats, &c.
- Mais céte manière n eft pas recevable, non feulement parcequ’elle conftruit des Battions extrêmement difformes (voyés le Baftion B, avec là Gorge u B deux fois plus grande que la Gorge B/) mais principalement à caufe des précautions ci dcffus touchées, fuivant lefquelles on prononcera quelque fois, qu’une Figure foit incapable de recevoir aucune bonne fortification, laquelle toutesfois en fera d’elle même affés capable : 8c d avantage , parceque fuivant céte manière de conftruire, il enréuflit des Battions, de mauvaife défance, mal propres, 8c de ftrudure tres-difficile; ce qui paroîtra clairement, formant une figure qui foit propre, pour en faire la demonftration. Par éxampledes deux Gorges £C8cCtfzdu Baftion féxangul. C, font 22.72( 2 : ajoûtés i la Courtine k/, avec la Gorge B/de 8.52 ( x, la fournie fera de 67.24(2: que fi vous pofés maintenant le coté B C n ayant de longueur que 67 verges 8c 3 piéds, le Flanq mp , ne tombera plus fur le coté C D, quoi que fon propre 8c feul office foit de le couvrir 8c de le défandre : mais il fera néceflaire de l’établir fur le coté B C, par une fotte architedure : ou fi retenant le coté B C de 62 verges, vous augmantés le coté A B de V verges , pour les fouftraire puis après aux côtés fui vans F G, G A, pour conferver votre aflâmblage de côtés en fa proportion deftinée , vous tomberés toujours en une abfurdité toute pareille.
- Certains autres aprouvent la fuivante manière 8c fe flattent fi mal à pro- g^atrnme pos en leur vaine panfée , que les moyens dont ils fe fervent pour l’autori- manière zer davantage, la rendent encore moins recevable. Voici donc les beaux ** *
- F f 2 orne-
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- ajfc Livre Second,' ,
- ornemens architedoniques, dont ils parent céte ridicule production de ms-difficik leur efprit, pour la mettre en confidération. Ils difent, que l’afliégeant qui fcaura Ton métier, ne manquera jamais de porter Tes attaques contre \t i,raye_ les endrois de la ville qu’il reconôîtra les plus foibles : & partant, que le plus ment tnex- afluré, fera de conftruire les Baftionsdéla Figure à fortifier dépareille medbk. ^orce & pUjffance ^ p0Ur retrancher à lenemi tout avantage qui le puifle favorifer. Et pour faire que les Battions foient en e'galité de valeur & de force, ils font d’avis, qu a tous enfamble & à chacun d’eux on donne les Faces de même longueur, en quoi ils trompent, ou eux mêmes font abu-fés. car pour éxample : le Baftion angle droit, ayant 18 verges en fes Faces, a de notables avantages que n’a pas celui de ix deg. avec les mêmes Faces ; celui là étant merveilleufement propre pour les fondions militaires, celui ci mal adroit & incommode : étant bien plus ayfé à lenemi de l’endommager, étroit comme il eft, d’enhaut par les feux d’artifice qu’on i peut jet-ter, en dehors par les ruines & les ravages de l’artillerie, 8c par les mines au detfous ; car tout ainfi que fon petit cfpace ne foufre pas, que l’on puifiè prattiquer en dedans de nouveaux retranchemens que l’on oppofe à la ruine des ouvrages plus avancés : il i a aufli ce defaut, qu’il eft moins capable de contenir le nombre d’hommes, & d’armes 8c d’équipage nécefTaire à une bonne défance. Davantage , de l’inégalité des côtés, qui ne fe peut pas bonnement éviter aux Figures irrégulières, il arrivera quelque fois, que le fécond Flanq pour l’une des Faces, fera juftement afibrti 8c de bonne force; l’autre demeurant foible 8c prefque nul ; or qui me pourra jamais foire croire, qu’il i ait égalité de force 8c de vigueur, entre une Face qui eft défandue d’unjufte Flanq 8c celle qui en eft deftituée 8c dépourveüe? Il faudra donc, que les protedeuts de céte quatrième manière de fortifier les Figures irrégulières, pour réduire en égalité toutes les Faces de chacun des Battions, dévorent les fuivantes dificultés, inextricables. Premièrement,ils ont recours à nosTables régulières,expofées au précédant livre,qui ont toutes leurs Faces de la longueur de 24 Verges, 8c par leur moyen,forment des Tables Particulières, pour avoir des Faces de diverfe quantité, en chacun des angles : Pour éxample : Si l’angle du Polyg. à fortifier eft de 154. deg. en ce cas, les Tables, pofant la Face immuable de 24 Verges, arrêtent la Surface de 20. 3 5 (2 : la Gorge de 14 ^9. (2 : la Capitale de 25.62 (2: le Flanq de 12.24 (2 ; la Flanquante de 47.10 (2 ; 8cc. Us demandent de quelle quantité pourroient être ces lignes, la Face pofée de 19 Verges feulement? Tout bien conté, la Surface fera de 16.11 (2: la Capitale de 20.28 (2: la Gorge de 1 ï. y 5 (2: 8cc. Ils trouvent aufli, en la même façon, pour la fortification dudit angle de 154. deg. les mêmes lignes architedoniques, pour quelque autre Face que ce foit ; Soit quelle ait de longueur 23 Verges , ou 22.21. 20. ou i?. 8c 9. ou 10 Verges : 8c ne trouvent point autrement les quantités des lignes architedoniques, en chacun de tous les autres angles de la Circonféirance, depuis le 90 degré, qui eft le premier angle capable de Fortification, jufques à celui de 180 deg. qui eft le plus grand, foit
- . qu’on
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- Delà FortificatïonIrreguliere. 133 qu’on pofe les Faces longues de 9.10.1 x. 12. &c. ou de 20.21.22.23. Verges &c. Il ne leur fufit pas d’être ëchapés du labyrinthe de ces fupputa-tions étranges, ils font encore provifion dune infinité de modèles à fortifia Grande cation, en céte manière: Sur un rayon ou echelle prife àdifcrétion,enfortes de
- cartes, quiiqient capables de refifter a toutes injures, & de conferver fidé- papier, né-lement les proportions des lignes, fans être froiflees, pour chacun des an-gles des Polyg. à raifon de toute quantité de Faces, ils décrivent, des modè- de che 4. les de fortification, compofés des lignes qu’ils ont trouvées au calcul précé- mmtér*‘ dant : à feavoir ; de la Capitale, des deux Flanquantes, des deux Faces, 8c deux Flanqs, Gorges & Compléments de Courtine, ainfî que la Fig.XC. le montre aux modèles A & B : dont le feul alped peut fuffire à l’explication de notre difeours. Quand donc on propofe à fortifier une Figure irrégulière, leur premier foin eft d’en former la defeription, fur la même mefure de laquelle on s’eft fervi à la conftrudion des fufdis modèles : Puis ils ouvrent le trefor de leurs cartes, d’où ils tirent les dites formes préparées, 8c en ajuftent tant.de fortes 8c tant de fois à la Figure à fortifier, jufques à ce que pour chacun des angles ils ayent trouvé des Battions qui ayent toutes leurs Faces de même quantité : par éxample : à l’angle de 90 deg. du Polyg. à fortifier , fes côtés premièrement mis en confidération, ils appliquent un de » leurs modèles ayant en fa Face 19 Verges; puis au fécond angle de 114 deg. ils ajuftent aufli le Baftion qui lui eft convenable, ayant pareillement dê longueur en fa Face 19 Verges, & ces côtés confidérés, ils voyent, que nul principe Architeâonique ri eft oftàncé, par céte pofition de proportion t*pmi-dés Faces & des autres lignes principales: attandu que les Flanqs des Cour- Zmiêledt tines reftent encore afles forts pour fe foûtenir, & que tout le refte eft aufli fortifie. en afles bon état pour fe garantir de l’injure : ils paflent donc au troifiême angle, qui pejut être de 15:0 deg. & lui aproprient leur modèle de fortifica-res-tion,conftruit fur le dit angle,ayant encore la longueur des Faces de 19 Ver-ges : c’eft ici que nos Architectes commancent de conoître, qu’en une telle proportion de Baftion, toute la Courtine eft engloutie par le feul Complément de la Courtine, ne reftant plus de lieu pour le Flanq de la Courtine, qui eft un mambre de la Forterefle fi noble 8c fi utile: d’où il eft aifé déjuger, qu’on a ci devant donné trop de longueur aux Faces & aux autres lignes que l’on a prifes : il faut donc renoncer à tous ces premiers modèles, 8c en chercher pour chacun des angles, qui foient de moindre proportion & qui ayent leurs Faces plus courtes &c. afin que par ce moyen, tous les Battions de chacun des angles à fortifier, rancontrent leurs Faces d’une même longueur. C’eft ainfi à recommancer, pour eflàyer comme auparavant, d’autres modèles, qui ayent 18, ou 17, ou 16 Verges&c.
- Rayons céte manière de notre Architeâure, comme fauflè 8c imperti-nante, attandu que la raifon même pour laquelle on la veut introduire, la déclare entièrement defe&ueufe, 8c par conféquant on devroit avoir honte de la produire feulement, car d’abord elle perfuadé' ce qui s’accorde jufte-ment avéc les defirs de l’énemi : à feavoir; que nous conftruifions chacun
- Ff 3 des
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- *34 L i vue Second*
- des Baftions de notre ForterefTe très foibles,(& en ces parties néanmoins,qui tîénent lieu dè bras, doit confifter leur principale force ) 8c par ce moyen l’énemi, tout d’un temps 8cavec peu de pêne trouvera toutes chofes favorables à fes attaques. Car enfin, quelle peut être la raifon de céte raifon > attandu que quelqu’un des côtés du Polygone à fortifier n’admettra pas une Face plus longue que de 12 Verges, ou de 16. &c. pourtant on ne donnera pas plus de longueur aux Faces de tous les autres Baftions, quoi qu’ôn le puiflè faire commodément ? On dira, que les afliégeans s’adref-feront principalement au Baftion qui aura été reconu le plus foible, làns toucher aux autres qui feront plus robuftes : il faudra donc, dirai-je moy, que nous laiflions les autres Baftions plus forts avéc moins de garde ; 8c nous oppoferons aufli de notre coté toutes nos forces pour foutenir 8c re-iuflement médier à la fbibleflè de ce Baftion : mais s’il i a plufieurs endrois expofés au mTlfée- hazard de leurs entreprifes, les eflâyant parlegéres attaques, ou feulement par menaflès 8c feintes, voila incontinant nos troupes feparées, 8c qui doutera quelles ne foient plus facilement opprimées, étant diftraites de céte façon ? Davantage, après que la garnifon fe fera courageufement aquitée de ion devoir à la défance de quelque foible Baftion,il fera aufli plus aifé dupliquer les remèdes de F Architecture à la confervation d’un feul, que de tous en-famble ou de plufieurs ; car il eft plus facile de vaquer à la défance 8c protection d’un mambre, que d’un côté entier, pareillement, un côté fe confèr-vera mieux 8c plus facilement que toute la ville. Confidérons en outre, de combien de travaux 8c de dificultéseft accompagnée céte manière: car ayant befoin de trouver par le calcul les quantités de douze lignes pour chacun des angles des Polyg. comme il fe voit par les Tables mêmes : le nombre de ces angles contés depuis 90 jufques à 80 au delà du centième étant de 91 : il eft certain que celui qui veut mettre ces chofes en exécution , doit pofer le calcul plus de dix mille fois, 8c le varier ; mais ce n’eft pas encore tout ; il faut qu’il aye plus de dix mille formes architeâoniques dreflees, réduites en ordre, chacune repofante en fa petite quaifle & préparée pour être produite dans Foccafion : 8c s’il arivoit de fortune qu’un tourbillon de vent, vint à lever 8c à confondre tous ces modèles de papier, quel temps faudroit il employer à la réparation de ce defordre : c’eft mon avis qu’on le doit ménager autrement, que de le perdre mal à propos en ces bagatelles. Mais il vaut mieux rebuter tout à fait céte impertinante manière * que de lui aquerir quelque autorité, en la réfutant avéc trop de foin. c'mquje- Nous ajouterons aux précédantes une cinquième, que 1 Architecture re-de Fortifie, conoîtra, comme une légitimé production de fes préceptes. D’entrée, j’ai rMeàtotune chofe à dire de toute l’Hercoteftonique : c’eft à feavoir, que toute or-tes les au- donance 8c compofition de parties en la ftruéture d’une Fortereflè, eft di-iresEn qftoi gne de loüange 8c de préférance, quiconferve 8c qui afluredavantage fes eonfi/icj habitans, qui repouflè 8c qui ofFance plus les énemis : l’Architede qui ce eXJie toutes rand fôn ouvrage capable de l’éxêcution de ces fins, eft celuy qui mérite le w%eftAr- Prix* ^ ne ^aut ^onc Point sarretcr fcrupuleufement à nulle des manières
- chiteclurc militaire* îff é-
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- De la Fôrtifixation Irrégulière; 23$-
- Irrégulières de fortifier, ci defius propofées : mais prenant à propos les oc-cafions, du temps, du fieu, deladépance, & des autres rancontres qui fe peuvent offrir ; on s’accommodera, on changera, on ranverfera tout s’il eft befoin : l’unique regard qu’on fe doit propofer, eft celui de notre «défonce & aflurance, du dommage & de la ruine de notre énemi. Oï toutainfi que toute la force de l’arc, eft en fo corde : & de l’épée, en fa force de •pointe ou taillant : aufli toute l’importance d’une Forterefièconfifte en ces ITefe*"' parties : c’eft à fcavoir aux Flanqs, tant de la Courtine que du Baftion, & aux Faces ,tout le relie eft foible& de peu de fervice. Il eft donc néceflàire de randre ces parties robuftes & fortes pour le combat : ce qui fe fera par aure milite moyen de la fécondé manière de fortification irrégulière qui eft la meil- parZeJpale jeure , avec céte condition : qu’il demeureen noftre liberté, d’introduire quelque changement aux lignes principales, que la Proportion aura ré- tre de r*n-glées:fuivant le befoin que requerra la force qui doit être affignée aux fuf- J cce,™rf dites parties. Il me famble donc à propos, de mettre en ufage les Tables de pointe de u la fécondé manière irrégulière : à ce que nous ayons tant les angles desBa-•fiions, que toutes les autres lignes principales, en la plus grande quan- te&y*pœ-tité : que l’on ne dédaigne point de prandre cete pêne, qui ne fera pas inu- granthff/t. liletnent employée, d’établir chaque Baftion, pour chacun des angles du Polyg. à fortifier, & de trouver chacune des autres lignes à part, à raifon des côtés qui comprénent l’angle. Iufques en cét endroit, la fécondé manière de fortification irrégulière nous prête fonfecours, enfui vant laquelle, céte cinquième manière, i ajoûterade furcroît, la liberté d’accommoder à un jneilleur ufage, tant les Angles des Baftions, que les Faces, les Flanqs,
- Jes féconds Ffonqs, par le moyen de quelque changement. Par éxample = Préfupofons qu’un Angle, fur lequel on ait à construire le plus grand Baftion de 90 deg. ait auprès de foi, un autre angle du Polÿg. fur lequel on yeuille édifier le moindre Baftion qui eft de 60 deg. attandu que de l’angle qui eft plus grand, auffi les lignes font plus grandes à raifon : je remarque que toute la Courtine eft poftedée par l’ombre de la Flanquante du grand Baftion, en forte qu’il ne refte aucû efpace pour le fécond Flanq: & partant, je ne ferai point de dificulté d’acourcir & fermer un peu l’angle du Baftion de.90deg.le réduifantà 85 ou 84 deg. demeurant encore à ce point afies capable de réfifter à toute injure: & de céte façonjegaignepour lediél grand Baftion un fécond Flanq afles robufte : Et d’avantage, pareeque l’angle du Baftion de 60 deg. eft par trop foible, je ne ferai point de dificulté d’en allonger fon Flanq quelque peu au delà de fo jufte proportion : en for-teque, l’angle du Baftion ait une force 8c ouverture de 74 ou 75 deg.
- & de céte façon, quoi que le fécond Flanq en foit racourci: néanmoins, attandu que le plus petit Baftion, reçoit un grand fecours du Flanq de l’autre plus grand qui lui eft proche, le dommage du racourcifièment de éefecond Flanq eft fort peu de chofe, à comparaifon de l’avantage qui féuffit de la plus grande ouverture du Baftion. En tout le refte j’en ufe de même, ne m’obligeant à la jufte proportion des angles & des lignes que
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- 2,36 Livre Seç.ônd,
- j ai trouvée par le calcul, que tout autant que la raifon du bon ufage me convie aies retenir, 8c la changeant auffi, quand je trouve que je le puis faire avec avantage. C’eft afïes dit pour les entandus : auffi bien la ftupidité des négligens 8c malhabiles ne fe pouvant pas amandcr par aucune quantité de difcours. Quant à ceux qui font dédaigneux, opiniâtres 8c arrogans, ce n eft pas pour eux que j’écris : car je n’ignore pas que l’adrefle 8c la clairvoyance de quelques uns, ne fe flatte merveilleufement en cét endroit : Qui pour former des Baftions de meilleure grâce comme ils fe l’imaginent mal à propos, ou de pareille force, ou qui foient revêtus d’une appârance qui repréfante les fortifications régulières , ne font aucune dificulté de renoncer aux loix du bon ufage, confirmé par les excéllâns archite&es, nôpas en fongè,ou en peinture, mais en agiflànt 8c en foüiflànt : 8c contreviennent hardiment, aux principes Architedoniques, pourveû feulement qu’il puif. font donner quelque couleur à leur nouvelle 8c inutile opinion. J’appelle de leurs folles imaginations à texpériance du bon ufage, 8c à l'autorité des gratis maîtres de l'art : qui ont formé 8c éxêcutê leurs defteins, tous làmblables à nos préceptes, 8c ontlaifie des villes, non feulement fortes par prefum-ptions, mais reconues telles, après avoir foutenu plufieursfiéges 8c ram-porté le témoignage d’une indubitable 8c tres-certaine expériance. Et partant tout ainfi que nous préfupofons, qu’il n’i a rien de beau, tii de bon en toute l’Hercotedonique fi non ce qui eft fort 8c vigoureux, 8c capable de réfifter 8c de faire dommage à l’énemi : auffi quelque précaution que l’oni aporte, nous n’eftimons pas que rien foit fort 8c vigoureux, s’il n’eft reconu 8c déclaré tel par le témoignage de l'expédance. Maisfi les chofes, que nous avons ci deflus preforites, méritent l’aprobation de quelqu’un, à celui la je donne la commiffiori de garantir riotre cinquième manière de fortifier les figures irrégulières de l’outrage des ignorans, 8c ne doute point, qu’il n’ait allés de conoiftànce 8c de courage, pour la déclarer préférable à toutes les autres.
- CHAPITRE IV.
- Tour fortifier les figures irrégulières capables de Fortification.
- IL eft temps maintenant de traiter, de la Fortification irreguliêre même;
- à quoi les chofes contenues au précédant Chap. donneront beaucoup de lumière.
- On appelle, Fortification irrégulière, celle qui s’occupe à fortifier les Figures irrégulières; La Figure irrégulière eft celle de qui ni les côtés, ni les angles ne correfpondent pas entre eux, en égalité. On diftingue céte Figure, en celle qui eft capable detre fortifiée, ou qui en ç$L ïncapable. La Figure irrégulière capable de Fortification, eftcellelà, qui a fos côtés 8c fes angles, de la quantité déterminée par les régies de l'ordonnance de lAr. cbiteflure irrégulière, ei deflus expliquées* Quant aux lignes ou côtés à
- fortifier;
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- D E L A FôRTftf ICAT1ÛN ÎRREÔUtlERÊ. 2,37
- fortifier; ou ils font convenables entre eux, ou différans; je les appelle différans, lorfque l’un d’eux furpafîê la longueur de l’autre de trois, de quatre, ou de cinq Verges : au deflous de céte différence, je les appelle convenables. Davantage*, tant les uns que les autres peuvent être plus régulier s,, ou moins réguliers; les plus'réguliers fe rapportent exactement & précifément aux côtés que les Tab. preferivent, comprenans avec eux le même angle: les autres s’en éloignent quelque peu plus. Je dirai maintenant en trois parolles tout le fecrét de la Fortification Irrégulière.
- Quelque Baftion que ce foit que l’on veuille conftruire tant fur les angles que fur les côtés de la Ville fera, uniforme, ou, difforme : derechef l’uniforme fera ou régulier, ( ayant fes côtés en conformité plus régulière) duquel toutes les lignes fe prénent des Tables fans rien changer: ou Proportional: (ayant fes côtés en conformité moins régulière) les lignes duquel, prifes des Tables, font augmantées ou diminuées à proportion. Ixa Enfin le Baftion difforme ( ayant fes côtés différans ) eft celui, dont les Jj. d'un Bafti-gnes, les unes moindres correfpondent au moindre côté: les autres plus^/j^-grandes conviénent au plus grand : & de céte forte réufîiront les deux pre- blesfaas miers Baftions uniformes, ce dernier multiforme & de double ftru&ure.
- Car fi les côtés font conformes en tout ou prefque réguliers, ne s’éloi- mm' gnants que bien peu de la jufte régularité, en ce cas empruntant des Tables , les Gorges, les Flanqs, les Complémens de Courtine 8c les autres lignes immédiatement, il faudra faire un Baftion fimplement 8e abfolument régulier : à condition néanmoins de commancer par les Tables, qui fe rapportent mieux à la plus courte ligne. D’autant que la plus grande peut être fortifiée bien à propos, en prenant la Gorge & le Complément de la Courtine entièrement, ne reftant, par éxample, pour le fécond Flanq qu’une feule Verge ; & en toutes ces chofes il n’i a rien qui répugné aux Maximes. Mais pourtant, fi les mêmes lignes font alignées au plus petit côté ( pofons que l’inégalité des côtés procède d’un excès de trois Verges) alors on feroit obligé de tirer la ligne Flanquante, non de la Courtine du moindre côté, qui feroit ici trop courte de deux Verges, (car nous préfupofons égaux les angles prochains,auxquels ces deux côtés font contigus ; de forte qu’il faudrait encore retrancher de l’une & de l’autre deux Gorges égales ) mais il la faudrait prandre du Flanq dudit côté : qui feroit une étrange ftrudure : il la faudra donc éviter abfolument.
- Soit donc maintenant, pour éxample, l’angle B de la Fig. X C de 122 Bx*mph deg. la ligne B C de 59 Verges, A B de 6i Verges 4 pieds : céte A B, quif/l/f.” eft la plus grande ligne, approche à peu prés du coté de la Fortereffe fêxan- me&Pr°-gulaire , fuivant la troifiême manière de Fortification régulière, & n’en diffère
- que d’un piéd feulement: il faudrait donc conftruire le côté à fortifier, des colomnes féxangulaires extraites des trofiêmes Tables. Or eft il que CB la plus petite ligne, approche de plus prés le côté du Polyg. à fortifier , afiigné pour l’angle de 122 deg. fuivant la première manière de fortifier régulièrement , lequel eft de 59. 06 (2: Il faudra donc, fur lapré-
- G g miére
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- miere Table de la 1. manière fortifier l’an & lautre côté, (parce quilâ font conformes 8 plus réguliers, & ne font difFérans entre eux, ni des côtés que décrivent les Tables, que de 4 ou de 5 Verges feulement) on prandra donc toutes les lignes primitives du Baftion B entières de la colomne du Polyg. pour langle de 122, deg. encéte façon: on établira, de l’angle B, dune part & d’autre les Gorges de la Table, de 11. 53 (2, Bœ&Bl: fura 81, on dreflèra les Flanqs perpandiculaires ac 8hd de 9.68 ( 2: & puis, on coupera en deux l’angle B, par l’infinie fe, de laquelle on retranchera la Capitale fe de 21.78 ( 2 : on joindra e d 8 ec; & fera le Baftion B, tout régulier, entièrement parfait.
- Mais fi les côtés, qui feront entre eux conformes, fe trouvent toutefois moins réguliers, & plus éloignés de la jufte mefure des côtés déterminés es Tables de la Fortification régulière ; alors toutes les lignes neceflàires à la ftrudure du Baftion fe doivent chercher, augmantées ou diminuées à proportion : & fera lors le Baftion nommé uniforme prpportional, confi-ftant en lignes, égales de chaque côté.
- Par éxample : en la Fig. X C l’angle à F eft à peu prés de 134 deg. la ligne F E de 53 Verges 5 piéds : F G de $5 Verges : Mais pareeque le cô* té, en la 1. manière de grande fortification régulierê , eft de 61.2 ( 1 : & celui des petites Fortereffes en la même manière de 46 Verges, quelque peu plus: & en la fécondé manière des grande Fortifie, régulière (àraifondela quantité de l’angle de la circonférance F de 134 deg.) le côté eft de 63 Verges : aux petites de la même manière de 47.24 (2. En fin en la troifiême mâ* mère, le côté O ^angulaire des grandes Fortereflès, ( au plus prés duquel fe rapporte l’angle F propofé de 134 deg. ) eft de 63.64(2 : & des petites de 47.77 (2 : à pas un defquels ne peuvent être raportés nos côtés fuppo-fés F E & F G : partant les lignes de la ftru&ure du Baftion F, ne peuvent être prifes entières d’aucune de ces Tables.
- Il faut donc les trouver par proportion : & mêmement fuivant la quantité de la plus courte ligne : car elles font conformes, & n’ont entre elles qu’une Verge & demie de diférance : Or pofons que l’on doive conftruire le Baftion, fuivant la fécondé manière de Fortification régulière, en céte façon:
- Le côté du Polyg.de 134 deg.— donne—Partant le côté F E— donne
- f 13^0(2 la Gorge 1 f 11.46 (2: la Gorge.
- 63.03(2-------<j 11-34(2leFlanq j>53-05(2-«} 9.63 (2:leFlanq.
- [22.23 (z Capitale J ^18.87 (2: la Capit.
- Les Gorges trouvées de 11.46 (2, feront mifes de F en ï 8c m 8c feront F i & F m : en i 8 m on dreflèra chacun des FÎanqs, m r 8 ip de 9. 63 (2: l’angle F coupé en deux, en la bifécante on prandra la Capitale F » de 18. 87. (2\r8p, jointes enlàmble, réufliront les Faces nr 8np, 8 le Baftion F, uniforme 8 proportmaf feraconftruit.
- En fin
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- De la Fortification Irreguliere. 239
- Enfin, on fortifie les côtés différons, d’un Baftion difforme, de double jftru&ure 8c diverfe grandeur. Soit pofé l’Angle A de 143 deg. le côté A B de 62 (o ; A G de 56.5- (1 : ces côtés ne fe raportent pas, mais ont entre eux cinq Verges 8c demie dediférance : il fera donc befoinde fortifier chacun d’eux, à raifon de fa propre 8c particulière quantité. On pourra choifir celle des trois Tables que l’on voudra pour fortifier le côté A B : at-taridu qu’il convient 8c fc raporte à un chacun de leurs côtés. Car la première Table, au defibus de l’angle du Polygone de 143 deg,, reprefànte le côté de 63.08 (2 : la fécondé prefcrit 63.94 (2 : Et la troifiême Table, pour le Décagone ( notre angle A en aproche de prés ) ordonne le côté de 63. 89 (2. Nous prandrons les lignes de la fécondé Table, comme étans quelque peu plus commodes : 8c par ainfi la Gorge A b fera de 13.97(2 : le Flanq h ode 11.72 (2 : le Complément de la Courtine b J de 23. 52 (2 : relieront pour le fécond Flanq f b 12.48 (2. 8c voilà comme le côté AB emprunte toutes les lignes Primitives, obfcrvées en la ftru&ure dudemi-ba-ftion A, immuablement fuivant les Tables avec lefquelles il a du raport:
- Mais le côté A G cil plus irrégulier : d’autant, en premier lieu, qu’il n’a aucune convenance à aucun des cotés des Polygones decangulaires de la Example d* troifiême manière, tant de la grande que de la petite Fort, car celui de la ^ grande eft de 63.89 (2: celui de la petite de 48. 46 (2: il a aufïipeu de raport Baftion tif-avec les côtés, foit de la grandejOu de la petite Fortification de la 1.manié- form' re,l’un étant de 63.08 (2 : l'autre de 48.08 (2. Il eft enfin différant des côtés nfurpés-tf» la fécondé manière régulière de fortifie A tant pour les grandes de 63.
- 94 (2,que pour les petites,de 48.66 (2 :il faudra donc à proportion en chercher les lignes. Faifons en donc la perquifition,(pour nous exercer enl’ufage des Tables,) fuivant la troifiême manière de Fortification régulière. Ayant en main les colomnes décangulaires de céte manière je les examine, 8c i cherche un côté qui fe raporte à peu prés avec le mien A G de 56.5- ( 1 fous la diftance des Baftions fuppofée de 70 Verges ; je trouve le coté X. de la Table être de 56. 77 (2, égal au coté donné A G : c’eft pourquoi fans mar-. chander davantage, je détermine affurément, que les lignes de cette co-lomne décangulaire fous ladite diftance des Baftions de 70 Verges, font néceflàires à cete ftrudure. Il i aura donc pour la Gorge Au, 12.39 (2. pour le Flanq u x 10.65 (2 : pour le Complément de la Courtine u z 20. 97 (2.
- II faudra puis après continuer z x en telle forte qu’elle fe rancontrè en t, avéc la prolongée /b : 8c ce fera le Baftion difforme A, lequel en l’une de fes moitiés eft compofé de lignes aparteriantes à quelqu’une des grandes Fortifications régulières ; l’autre moitié de lignes, qui ne conviénent ni à une grande , ni à une petite Fortification , mais à une qui feroit mitoyéne.
- Par le rapport de ces éxamples, on jugera facilement de tous les autres. Des trêc^ Mais d’autant qu’en ceci la diverfité peut être fi grande, qu’il feroit malai- ^usdip^d îé de pourvoir à toutes les variations dont elle pourroit être capable: il me ^jugement famble quil ne fera çoint hors de propos, fi je déclare quelles doivent refit,
- G g 2 être
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- A raifon de l'infinie variété des "Fig. eft déclaré , ftti-vant quelles Tab. chacun des cotés des Fig. irreg., fera fortifié.
- Les quantités. des côtés à fortifier pris des Tables grandes & petites.
- Quels doivent être Us côtés des B a liions plats, & comment en etppofe les dis Baftions plats fur ies côtés &
- Les Angulaires fui-vant les petites Tables,
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- être les quantités des côtés, donnant à conoître de quelles Tables il en faut
- emprunter la Fortification.
- Pour les côtés ayans de 36 à 50 Verges ou environ, ferviront les Tables des petites Fortifications ; attanduque les dis côtes font en la même quantité.
- Pour l’étabîifièment des côtés ayant en leur longueur 50 ou 66 Verges ou environ, forviront les Tables deftinées aux grandes Fortifications. Que bon fe refouviéne ici des diverfes efpéces de Fortereflès,dont les \>\u$ grandes ont leur ligne Fichante à legal de la portée du Moufquét ou de 60 Verges: les petites ont en la diftance qui eft entre deux de leurs Bafiions le même efpace.Or eft il, que les côtés des defius dites grandes Fort, ont à peu prés, la dite quantité de 50 à 66 Verges ou environ. Quant aux côtés qui excédent beaucoup ces 66 Verges, il faudra qu’ils empruntent l’afliftance des RavelinSfOu d’autres Dehors,félon leur befoin. Parvenus jufques à 100 Verges, ils admettent lors, outre les Angulaires, les Baftions plats, de la petite fortification : (en cas qu’on fit dificulté de confier la proteâion de ce côté à des Ravelins, comme en la Fig. LXIII. eft faiét en A, B, C. ) d’autant que cent Verges rampliflènt deux côtés du Quarré, 8c deux Gorges du Ba-ftion plat en la petite Fortification. Or eft il que les Baftions, tant le plat que les angulaires, que l’on impofc en l’une 8c en l’autre des extrémités du côté, doivent être proportionellement appropriés, tant à la moitié du côté, que fuivant la raifon des angles qui requièrent leur protedion. Pai éxample : Soit B C le côté de la Fig. X CI. de 104 Verges ; les angles B 8c C droits : le côté B C coupé en deux furie point A, duquel de part 8c d’autre on fera les Gorges Ae 8c A ï du Baftion latéral, de 12. 61 ( z : chacune d’elles ainfi trouvées par proportion : Le côté du Baftion plat, des petites Forterefies de la 1. manière, de 60 (o : aura pour fa Gorge A e ou A / fui-vant les Tables , 14.56 ( z : Partant, noftre côté B A de 51 (o : aura pour fa Gorge A e ou A ï, 12.61 ( z 8c c; pour la Capitale A h 23.19. (2 ;pourJon Flanq e 0, ou tu 9 10.58 (2 8c fera le Baftion parfait, joignant enfamble les deux Faces h 0 8c h u. La ligne AC, qui eft la moitié dudit C B, fera de 52 Verges, en conformité afles approchante du côté du Quarré en la grande Fortification de la 1. manière : on prandra donc entières toutes les lignes du Demi-Baftion, de la Colomne ï V. de la fufdite mapére pour les grandes FortereÆ C’eft à fçavoir la Gorge C n de 9.23 ( 2 : le Flanq nq de 7.74 (2 : le Complément de la Courtine n d de 28.9. ( 1 : le terme duquel, qui eft d, foit prolongé par g en k &c. 8c fe fera de même le Baftion fur B. Eft à remarquer, pour aller au devant de toute obje&ion, que fi le complément delà Courtine nd, venoit à ramplir ni toute entière, ou à la furpafièr, il faudroit alors que les Gorges AiScAe, fufient prifes un peu plus petites, pour remédier au defaut de la ftru&ure ; mais je ne foai fi cela mérite aucune confidération, à raifon de la proximité du Baftion plat.
- Mais dédaignons hardiment les murmures des maîtres de l’architeâure vulgaire, 8c laiflànt à part la Flanquante k d ( qui pour former le fécond • Flanq
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- De la Fortification Ïrreguliere. 241
- Flanq di de bonne grâce, rand extrêmement foible le Baftion C ) nous tirerons plutôt k ï, par le moyen de laquelle l’angle du Baftion C fera randu plus ouvert 8c plus fort, 8c le Baftion même en deviendra plus puif-faht 8c plus étandu, entant que fes Flanqs 8c que fes Gorges feront plus grandes : iule plus grand Flanq du Baftion plat étant afles capable de tenir la place du fecond-Flanq. Mais, coupons en deux le côté EF, & de D en c 8c en a faifons les juftes Gorges du Baftion plat de la petite Fortification , chacune de 14. 5 6(2 : 8c par ce moyen elles occuperont 8c défendront enfemble, une plus grand efpace du coté EF: & en fera d’autant plus aproché le Flanq c 0, protedeur du Baftion E, pour lui départir une plus préfante afliftance. drefions aufii en c unjufte Flanq c 0 de ix. xi (2:
- 8c d’autant plus'il aura de grandeur, il aura aufli plus de force 8c d’avanta-ge pour vaquer à la tuition 8c protedion du Flanq ru, 8c de la Face t m du. Baftion voifin ; 8c nous en reviendra encore la commodité de pouvoir mieux Fortifier le proche Baftion E : car fi du Baftion E le fommét m vient à fe jondre à n, en quelque point du Flanq c 0, en telle forte, qu’il re-fte encore à la ligne n e une longueur de 9 ou de 10 Verges : le Baftion E en recevra deux avantages *. fon Flanq r t en fera plus puiflànt : 8c fon angle, de Baftion, ( qui autrement eft tres-foible 8c tres-petit ) en deviendra allés capable de réfifter à toute injure, &c.
- Mais fi le côté à fortifier, s’étand jufques à cent 8c trente Verges, lors suivant ks il faudra conftruire, fui van t les Tables aflignées aux grandes forterefles, T*~
- un Baftion plat, au milieu, accompagné des deux autres extérieurs, 8c fera fait à raifon de la moitié du côté donné avéc une jufte proportion.
- Car en la grande Fortification, le plus long côté eft de 66 Verges, ou d’avantage : 8c là même le côté du Baftion plat eft à peu prés de 70 Verges , leur fomme fera donc de 130 Verges ou environ : Or toutes les fois que les lignes ayant 130 Verges de longueur, prénent acroiflement de 60 ou de 70 Verges ; c’eft toujours un nouveau côté, qui éxige un nouveau Baftion plat pour fa défance. Donc pour éxaminer combien la ligne, que l’on defire fortifier, contient de côtés qui peuvent admettre des Baftions plats ; on la divifera par 60,8c le quotient donnera chacun des côtés en la longueur de 60 Verges ; c’eft a fçavoir en cas que toute la longueur de la fufdite ligne fe puiftb divifer par 60 : Mais fi elle n’eft pas divifible en céte. façon ; moyénant que le réfidu de la divifion ne furpaflè point le quotient dix fois, lors le quotient divifera ledit réfidu , 8c en réufliront les Verges, defquelles au delà des 60 on augmantera les côtés. Que fi le réfidu de la divifion furpaflè le quotient de dix fois autant, .il faudra augmanter ledit quotient par l’unité ; augmanté on divifera la longueur donnée , pour La manière trouver la quantité de chacun des côtés telle quon la defire. Soit ..une li- fre gne à fortifier de 448 Verges, laquelle divifée par 60 donne le quotient w»*™ de 7, demeurans 28 après la divifion : ces 28 derechef divifés par le quotient p£°eji en proviénent 4. Et partant céte ligne aura 7 cotés, ayant chacun 64?”™”*^ Verges de longueur, c’eft à dire quelle admettra fix Baftions plats, tout fortifier.
- G g 3 autant
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- Livre Second,
- autant qu’elle a de côtes, ôté un. Mettons une autre ligne de 7-93 Verges : delaquelle faifant la divifion par 60, elle donne 4 côtes , reftans 53 Verges : qui furpafîènt le quotient quaternaire, d‘e plus de dix fois autant; & partant, ajoûtarit l’unité à ce quotient, on le randra quinaire; 8c ainfi les 293 divifés par 5, le quantième defiré fera de y 8 Verges 6 pieds, 8tc.
- C H A P. V.
- Tour fortifier les Figures intérieurement.
- * TVTOusavons expofé au précédant Châp. comment lacirconférance de
- * -L > la figure irrégulière, immuable en elle même, reçoit fes Baftions exT
- Apres la déclaration de la ma-
- térieurement, 8c avons enfeigné cinq manières de procéder en céte ftru&u-Tîg, inég. re. Mais defirans encore faire en forte que f Architecte foit préparé à tou-te diverfité de rancontres, 8c qu’il ait préveüe 8c préméditée en fa panfée leur Forti- 1’Architecture de quelque lieu que ce foit qui lui puifîc être prefanté, je féTeZe™' trouve qu’il fera bien à propos d’ajoûter ici quelques préceptes 8c cxam-guife ran- pies de Fortification intérieure: n étant pas bon de différer à s’en inftruire, “uéfoîéne.au temps d’une néceflité preflànte. Il ne fout pas s’imaginer que l’occafion cejfaire. <Je céte manière d’emploi ne fe préfante a fies fouvent ; 8c particulière-la Fortifie, ment, quand une peninlule, qui le rancontre aux avenues de quelques djunepmm* COnfluans., n’ayant qu’un efpace certain 8c défini, requiert d’être fortifiée :
- Tels que pour tenir en bride les deux rivières 8c les afiujetir au commandement firH0/-dune Forterefie. Ainfi la Belgique confédérée, à l’endroit ou le Rhein d'&a» Pranc^ ^ nom Vahal 9 & fe joint prefque avéc la Meufe, fait monfire de dré ce fort renommé, à qui le Cardinal André d’Auftriche a impofé fon nom. vtskmk ^ un autfe ce m^me Pays*bas uui fe glorifie encore du fort de Skenk; qui éxerce aufii un fuperbe commandement fur les rives du Rhein, tant à l’endroit ou fes eaux unies roullent enfamble en un même lit, que fur les deux bras qu’il avance, après les avoir feparées : ce brave fort de toutes parts donne les loix à ce grand fleuve, 8c en repoufle les approches 8c les injures de l’énemi.
- Il arrive aufii quelquefois, qu’il n’eft pas à propos de laifièr fans fortification quelque Ifle, qui feroit fituée fur le milieu d’une rivière, pour ne l’expofer pas aux injures 8c aux entreprifes de lenemi, qui en pourroit tirer fes avantages ; mais au contraire, il fera bien mieux que nous même nous i trouvions nos commodités, avéc le fecours de notre Archite&ure, nous aflurant du pafiàge de la rivière 8c de fes rives aux environs : ainfi Thiluta, (c’efl: up example de l’antiquité ) étoit autrefois une forterejfe, affize au milieu de l'Euphrate , menaffant orgueilleufement le ciel en fa hauteur prodigteufe, & fortifiée par la feule prévoyance de la Nature, comme fiîinduflrie de la main de l'homme i eût travaillé. Julian, l’Âpoftat, les ayant conviés deferandre , doucement, ( comme ilfe devoit faire ) ils difoient, qu'il nétoitfas encore temps, pour eux, de changer de parti avéc raifon & bicn-féance, veû que la place qu'ils te-
- noient
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- De LA FORTIFICATION ÎrREGITL 1ERE. 2,42
- mie fît avoit des avantages flpuiffans, que nulle force d'armes ne pouvoit pas les i contraindre, / ls difoient aujfi : Que lors que les Romains avancans leur chemin fe jeroient randus maîtres du dedans de la Perfe, ils panferoienï lors de s'accommoder à la fortune du victorieux, comme étans Une fuitte & une dèpandance de la Royauté. Apres quoi ils virent pajfer notre flotte au long delèursmurs, modeflement &paifîhlement & fans montrer d'en être aucunement émeûs. En fuitte, êtans par- Et AcM-yenus h un autre fort, appelé Achajacala, lordé de la même riviere tout tout » & d'un abord tres-dificile, nous fumes payés de pareille réponse (*).
- On voit encore bienfouvent, quuné enceinte de marécages laïÜê & lors en-au milieu de foi un certain-efpace de terré* 'ayant quelque hauteur & c°{fflfee*es éminance, propre à fortifier, à raifon des notables commodités qui s en foncées en peuvent tirer aux ufages de guerre : tels font, Cuflrin de nôtre Marche ™Zpo.
- & en Italie Mantoüe : ces deux éxamples fuffifent ailes. fées à font.
- Donc en rifle de la Fig. X C11 nous conftruirons Une Fortérefiê, auflî^u/r^en capable que la difpofition du lieu le pourra permettre. Or foit ainfi, que u M*rche> cete place foit capable de recevoir un Pentagone régulier A B C D E, tJîuuZ* ayant en chacun des côtés de fon Polygone extérieur 25 Verges de longueur ; on le fortifiera intérieurement de la forte, qu’il ait le plus de capacité , qu’il fora poüible. Et il ett à nôtre chois de nous fermer ici, quant àlaftruâure, fuivantla y. manière de fortification régulière, en cete fa-qon. Si je n’ai point de Tables préparées ; je trouve ce qui me faut ainfi i le côté extérieur du V. de 81.9 ( 1 : donne nôtre côté de z 5 (o : & partant la Surface décrite en la Table quinquangul. de zz. 95 (2 ; donnera a nôtre Surface A i 7(0 &c. Mais fi j’ai des Tables compofées, je prans en main ExatnP!e dé
- , v 1, /* f / . > ,r * A , . Fortifie, tn-
- celles, qui deftinees a 1 uiage de cete maniéré reprélantent le coté du térlettre rê~ Polygone extérieur, ou la diftânee des Battions, de 2.5 Verges : & de leur Quelle fbm Colomne quinquangulairc * je prans la Surface Ai 8c A e de 7.00 (2 : la -fuppofés co-quelle d’une & d’autre part * je mets de A, en i & en e, 8c derechéf, de B en m 8cc. mais fur i 8c fur e 8c fur m je fais monter les normales, effliu extérieur, m h de 4.23 (1 : chacune desquelles eft de même grandeur que la Diftance des Polygônes < Delà, foient egalement feparés en deux , les Angles A & B, par A 0 8c B r, longues de 5.19 (z t 0 8c rjointes enfamble * la Courtine u h 8c les Gorges uo 8c h r en réufliront d’elles mêmes. Sur les droites tu 8cm h on fera paroître les Flanqs un 8c hh, chacune de i. 13 {z : puis on joindra A n 8c B b 8c en naîtront les Faces * An, B b. En fin * on fera courir le pourtour intérieur * orxkt, parallèle à la circonférance extérieure AB C D E, 8c reitérant en chacun des autres côtés la fufdite opération, vous aurés l’ouvrage de Fortification intérieure par vous defiré.
- Que fi céte Ifle de la Fig. X C11 étoit fi fpacieufe, qu’il i eût moyen d’icéder en
- /r /«, 7 01 r comman-
- conftruire une Forterene * accompagnée dun chemin couvert oc de Ion Pa- fmti*For-rapét t alors, fur chacune de ces lignes, A B, B C, &c. comme fur tout t autant de bafos, on dreflèroit le triangle æquiangle B F C & faudroit trou- Parlpét du ver les côtés B F 8c F C, en quoi la dificulté ne feroit pas grande, entant
- que
- < (*) Ammiau MarcdlinLiv* XXIV.
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- M4 .Livre Second,
- que tous Tes angles font conus ; Mais prenons en la Fig. L X X V11, le triangle i O 2 ( famblable au précédant B CF de la Fig. XÇII) pour avoir un plus grand volume, 8c nous tirer de ce paflage avec plus de facilité . On retranchera les lignes u&£r&rE,du côté trouvé i O, à defièin pris égal au dit côté B F, en telle forte que E O le grand Demi-diamétre de-la Fortereflè que l’on defire, demeure en fon entier. Au triangle c y t, outre les angles conus fera prife la largeur horizontale déterminée du chemin couvert 8c de fon Parapét, ici deflgnée par la ligne iv, pour avoir l’hy-pothenufe i i : pareillement on préfuppofera une certaine largeur dw Fojfe, ici marquée par la ligne r sr & par ce moyen n fera conue. Enfin l’établifïèment fait de ie la jufte largeur inférieure du Parapét des Rondes & de la Faufle-braye, &c. on tirera la ligne E r, laquelle, avéc les précédantes ayans été ôtées de O/, refiera E O, le grand demi-diamétre de la
- Fortereflè à conftruire : 8c celui ci pofé l’on tirera des Tables toutes les autres lignes Ichnographiques par la régie de trois, comme tant de fois nous Lavons pratiqué ci deflus, 8c particuliérement déclaré au Chap. VIII du premier livre.
- Suppofons maintenant, que la Fig. X C111 irrégulière, foit tout autour environnée, d’un lac, ou d’une rivière, ou de la mer, ou de ma-xxamph rais, ou de valées, ou de rochers, deforte que dans le feul efpace de fon d'une*oui. ajre ^ jj efl- abfolument néceflàire de trouver place & de ranger tous fe$ rég. intéri- Battions, entant qu il n’i a plus de lieu au delà de l’enceinte L MN O P R. eZe‘ jLeeôté ON, adelongueur 91(0: NMBi(o: MLi6i(o: LR&o(o: fur la fuf- R P 101 (o : P O 115 Verges. L Angle O eft de 145 deg. l’angle N de 130 PmuiungU deg- M de 92, deg. L de 131 deg. R de izo deg. P de ioi deg. Il nous fau-extérîeur dra donc cpmmancer par l’angle O qui eft tres-obtus, ( d’autant, qu’en ces fortifier* on angles obtus, toutes chofes pareilles, les Capitales & les Battions ont plus *wuuZgU d’éminance ) 8c premièrement depuis O jufques en a 8c e nous prandrons intérieur des Tables de la fécondé manière, de part & d’autre la Surface O^ouOe %Z%IZ de 21.29 (2: dea8ce on fera tomber les perpendiculaires a g 8c ef, chacu-fié. ne d’elles repréfan tant enfamble le Flanq 8c fon Prolongement, ou la di-
- ftance des Poligones, pour l’angle O convenable, de 22.89 (2 : Cet angle O foit miparti en deux par la Capitale O D de 24 (o : foient encore ôtés les Flancs gtàfu deg a 8c fe, chacune de 1 ï. Si (2 : enfin i O 8c Ou jointes enfamble, nous aurons les Faces, 8c fera le Baftion O tout accompli. Après on aura foin de tirer intérieurement la circonférance D E F HI K., tout autour parallèle à la circonférance extérieure L M N O P.R , & ce en la di-ftance ef ou g a : 8c vous trouverés les côtés D E de 74 Verges, E F de 5 r, F H de i>8(o, HI de 57(0, IR de 62(0, K Dde 89 Verges. Dau-tantque la circonférance extérieure eft avéc la diftance, qui eft entre les deux circonférances, & font encore tous les angles ppfés: partant l’excès dont aux angles de part & d’autre le côté intérieur eft furpafîe par le côté du Polygone extérieur, ne demeurera pas inconu. Afiurés de la quantité tant des côtés, que des angles par eux compris, on élèvera la
- ftru-
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- De la Fortification Régulierf. 245
- ftrucFure, toute telle quelle eft enfeignée au précédant chap. Car un Baftion régulier eft de grâce refervé pour 1 angle K de 102 deg. ( 8c ce, comme j’ai dit, fuivant la Table de la 2 manière, fous le titre de 102 deg.) parceque l’un 8c l’autre de Tes côtés , K D & K I cft fufifant affés pour admettre les lignes primitives de la grande Fortification. Mais pour autant que ces côtés, ont entre eux beaucoup de différance, il auroit fallu con-ftruire difforme le Baftion K, à raifon de la quantité des côtés : mêmé-ment attandu qiie pour la longueur du côté KD, le Flanq de la Courtine df9 excède bien la quantité de 36 Verges » félon nôtre 5 manière de Fort# îrréguliére la Gorge K m , que la Table détermine de 10.28(2: auroit bien à propos été plus élargie , 8c le Flanq de la Table de 8.63 (2: prolongé davantage, 8c par ce moyen, le Baftion K en feroit randu plus puifiànt & plus fort. Mais il i a moyen de fe paflêr de ces précautions 8c artifices, enrant que les Ravelins A 8c C appofés en cét endroit, fufifent affés , foit pour fervir de remède à la foiblefle du Baftion, foit encore pour difpenfer Fart d’i employer toute fon induftrie. Car alors principalement 8c très à propos eft requis l’ufage des Ravelins, quand le côté de la Figure à fortifier excède l’un des côtés des Tablés, 8c toutefois fe trouve moindre que deux juftes côtés. L’Angle I fera fortifié bien à propos par un Baftion régulier, trafique pris en la Colomne de no deg. de la z manière des grandes Forterefïès. tJZüf,; On conftruira un Baftion difforme fur l’angle FF de 131 deg. l’ajuftant d’une part félon le côté HI, d’autre part à raifon du côté HG ; la moitié de H F entière : qui eft propre à recevoir en fon milieu un Baftion plat. Or c’eft ainfi que nous procéderons à former le Baftion H : la totalité de H F eft de 128 Verges , dont la moitié H G eft de 64(0: ce qui ne s’éloignant que de bien peu du côté du Polyg. de 131 deg. reprefanté aux Tables, bien à propos on retiendra donc immuables toutes les lignes de Ce Polygone, 8c partant on fera , la Gorge, Fl a de 13.17 (2 : le Flanq a b de 11 (o : le Complément de la Courtine a c de 27.59 (2: puis on tirera de c par le point b la droite c b, prolongée par u 8c derechéf, de l’autre part, en fuivant le même angle FF, 8c la quantité du côté FF I de 57 Verges , il faudra trouver à proportion, la Gorge, le Flanq & le Complément de %xampU la Courtine, en cete façon : Le cote des grandes Forterefïès, de 1 angle du intérieure, Polyg. de 131 deg. ayant en la longueur 62.35 (2, fuivant la 2 manière, reçoit pour fa Gorge,, 13.17(2-: le Flanq de 11 (o; le Complément de la Courtine de 27. 59 (2 : de quelle quantité doivent être la Gorge,le Flanq, &c pour le côté des Forterefïès mitoyennes dudit angle de 131 deg. ayant en fa longueur 57 Verges. Tout bien conté, on trouvera, la Gorge H? de 12.04(2: le Flanq ed, de 10(0: le Complément de la Courtine eo, de 25.22 (2 : foit prolongée la ligne 0 d, tant qu’elle fe. touche 8c baife avec la ligne c b, prolongée, au point u, 8c fera nôtre Baftion FF tout accompli. i’Angle F fera fortifié de même, prenant aufîi un Baftion difforme, i procédant en l’un des côtés fuivant la ligne F E de 51, 8c de l’autre fuivant la igné F G de 64 Verges : 8c fera la Gorge F t de 10.98 (2 : le Flanq tfàe
- FI h 9 21
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- 9.21 (z : le Complément de la Courtine tr de 33.6 (1 : on laifTera encore quelques Verges, pour r n le fécond Flanq. Que fi en ôtant entièrement r n, on tire la Face fx, de telle manière, que fon prolongement ne tombe pas en r mais au point », l’angle du Baftion F en deviendra plus fort 8c plus Ipacieux , & plus de longueur en réufîira au Flanq t /; le robufte Flanq plat n m fufifant afies pour remédier au defaut du fccond Flanq r»4Que l’on aflàmble maintenant les lignes F / de 10.98(2.7»de 36(0-.h aa 36(0 H de 13. i7 (2:a(Tamblées qu’on les fouftraye du total de H F:le réfidu de 31. 8$(2,fcra pour les deux Gorges G h 8c G » du Baftion plat G, que l’on veut conftrui-re. Or les deux Gorges plattes, de la première manière des grandes Fortifications régulières, fontenfamble 33.94(2: des petites 29.12(2: mais les deux Gorges h n, que nous avons pofées, font éloignées de ces deux ci, prefques à même difFérance, partant il refte à nôtre liberté, de donner à nôtre Baftion , une petite forme, ou une grande telle, qu’il nous plaira. Mais nous prandrons les lignes de céte forme, en G qui eft le point de la bifedion; la Capitale G Q^qui fera dreflèe, fera de 26.76 ( 2: les deux Flanqs fh 8cm », chacun de 12.21 (2 : jointes/& m avéc Q^, vous aurés le Baftion plat G, de la petite Fortification. Le Baftion E, fe formera de même , à raifon de fon angle à fortifier, 8c à proportion des côtés E F & E D, qui l’acompagnent de part & d’autre.
- Ceux qui ont approuvé la troifiême maniéré de Fortifier les Figures irrégulières, propoféc au précédant Chapitre,raportent la circonférance de la Figure , dont la Fortification intérieure eft entreprife, avéc tout autant de côtés du Polyg. extérieur, ou de diftances qui fe rancontrent entre deux Battions, & font requifes, par les angles de la figure à Fortifier ;& delà trouvent toutes les autres lignes de Fortification : en la même manière qui a été ci deflus prattiquée pour les Polygones intérieurs. Mais il n’i a point de néceflité d’arrêter d avantage, en cét endroit, fufifant allés, d’en avoir fait Indication.
- C’eft enfin ce que j’avois à dire, touchant la Fortification intérieure, qui fo Êit lors que Ton eft obligé d’établir les Battions, au dedans de faire ou cir-i vfagefeu- conférance de la Figure propofée à Fortifier ; l’ufage, excellant maître en TrTtrTut toutes chofes enfeignera le refte : mais en efFét celui qui aura pu fe randre us chofes. bien capable de la prattique des ces éxamples , ne doit pas craindre de demeurer en nulle autre de pareilles occafions, & particuliérement s’il a de la prudance & de l’intelligence qui s’étande jufques au point, de pouvoir entreprandre fon Architedure, fans avoir befoin de formes empruntées. Car ce feroit une vaine panfée, de vouloir‘en écrivant ordonner de tout, la natun régler 8c pourvoir à toutes chofes : étant la nature bigearre 8c diverfifiée %2fên di- de tant de rancontres, que nulle prévoyance humaine, ne peut tout em-iverjite's. braflèr : 8c davantage, c’eft en l’Architedure militaire que céte Maxime fait reconoître fa vérité, plus que nulle autre part : Lors que deux font le même , ïl arrive fouvent que ce ne fl pas le même. d’autant qu’aux chofes mêmes qui fe reffamblent extrémément, il i a de certains momans, qui ont
- entre
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- De ia Fortification ïrreguliere. 247 .entre eux une fi grande diverfité,par lefquels je ferai perfuadé d’une façon, Le devoit 8c vous d’une autre toute contraire , & l’un 8c l’autre par la force d’une manifefte néceffité *. Or le difcernement de ces momans & de leur impor- te^. tance ; c’cft l’ouvrage d’un maître confommé enprudance 8c en expçrian-ce, bien fondé en foi même, 8c parfaitement aflùré du fuccés de fes entre-.prifês.
- C H A P. Vî.
- T)es Figures qui font mol propres & peu capables d’ètre Fortifiées &• de la manière de les corriger.
- NOus avons jufqu’ici fufifamment confidéré les Figures frregüliéres, Les vignes entant qu’elleslè trouvent propres à recevoir Fortification, tant in- Tonif, font térieure, qu’extérieure : l’ordre veut maintenant que nous traitions deceüe\ dont celles, qui en font incapables 8c d’elles mêmes répugnantes aux loix 8c aux trop longs régies d’une bonne Architecture. Céte incapacité de la Figure, procède0U de l’incommodité des Lignes, ou des Angles. Les lignes incommodes font cel- o» dont les qui font ou plus longues, ou plus courtes que de raifon : 8c le font aufii tous les angles qui fe rancontrent moindres que le droit. Entre ces figures dre\ iue u mal propres, on fait encore cette diftinâion : car il i en a quelques unes de AMes fin» ces ineptes, defquelles le defaut peut être corrigé. Leur defaut efi: remé- **»*»d*-
- ». 7» , 1, » r .. . llestounon.
- diable, entant qu elles admettent ou augmantauon,ou diminution : ou l un celles 1* 8c l’autre enfamble, autour de leurs lignes ou de leurs angles moins capables TLliT\i d’être fortifiés ; en telle forte que par l’accroiflement, ou le retranchement peuvent de l’aire, il nous foit permis d’accomoder à nôtre defiein la circonférance ^ntftio» de la Figure donnée. Prenons l’éxample de la Fig. XCIV. A B C D, ayant àimim-foncôté AB, de 79 Verges, C D de 51, AC 8c BD de 61, les an-pZZ™-* clés C 8c D chacun de 10} deg. A 8c B de 77 deg. Il n’i a rien qui foit va“?nsles’
- , . v P .. ° * ou cotes.
- plus mal propre a fortifier que cete Figure. car une Courtine toute entie- zxampie te efi: comprife dans le côté AB, 8c de plus prés encore de quatre Gorges mr*e. de la Fortereflè IV ang. de la grande Fortification : à la quelle il efi: nécef- médmbie. faire de la rapporter, à caufe des angles qui lui font contigus : le côté C D, ne parvient pas feulement à l’égalité d’une Courtine 8c de deux Gorges; les angles A 8c B font au defious du droit 8c pour tant aufii peu recevables.
- Et toutefois céte Figure peut être aidée 8c corrigée par le fecours de l’art :
- 8c ce d’autant, que non obflant que pour accomoder fon aire aux termes d’une circonférance plus convenable aux régies de l’architeélure, il-foit Éefoin de la changer 8c la diminuer un peu : néanmoins elle ne laiflè pas de conferver encore afies d’efpace pour fatisfaire a nos ufages 8c à nôtre def-fein. Je la corrige donc, 8c premièrement du côté A B qui efi: le plus long, je retranche le côté G H, qui efi: en la Fig. IV angul. le côté de 60 Verges ; ainfi qu’il efi: déterminé en la Table de la 3 manière régulière, en
- H h z laifiànt
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- 248 Livre Second,
- . Comment laiflànt Je chaque côté la moitié de l’excès de B H, & de G A. De G & °geUenlZ~ d’A,on fera tomher des perpendiculaires infinies, aux quelles C D pro-tranchant longée fe rancontrerafur les points E & F ; & par ce moyen la Fig. E F Exml'ie. G H,ifera randue tres-capable de Fortification, après que l’on aura de céte façon corrigé toutes les incommodités de la précédante : carattandules parallèles E H & G F, tous les angles font drois 8c propres à être fortifiés : 8c pour ce qui efl des côtés, ils ont auflï leurs avantages nécefiàires , à raifon du côté G H emprunté des Tables. Il ne refte donc plus que de E» l’aie- Fortifier la Figure G H F E à la manière accoutumée. Avéc ce mot d’a-gExample. v*s> <lue ^ a*re H BI, que l’on a retranchée de la Fig. contient plus d’efpa-ce que celle qu’on lui a fubftituée DEI. Mais en cas qu’il nous famble plus à propos, d’augmanter l’aire de céte Figure, que de la retrancher ; étans mêmes bien réfolus de n’i plaindre pas la dépance : pour aquerir plus d’étandue 8c de commodité à nos ufages, (*) on i procédera de céte façon. On corrigera les defaus, des angles qui font en A 8c en B de la Fig. XCV, coupant A B en deux parties, 8c fur E qui efl: le point de la bifledion, dreflànt la perpendiculaire E F, égale en ce lieu ci à la demie AB : F le terme de la perpendiculaire dreflee, fera joint avéc A 8c B : 8c feront produis les nouveaux côtés F B, 8c F A, chacun de 55 Verges, propres à être fortifiés : 8c feront les angles F B E 8c F A E chacun de 45* deg. c’efl pourquoi langle qui efl en F fera droit 8c par confequant, fufceptible de fortification. Suppofée la conoiflànce de toutes ces chofes, on procédera à la Fortification de la circonférance de la Figure, C A F B D, fuivant les préceptes de la Fortification irrégulière, expofés au précédant chapitre. Ici, en paflànt fera remarqué, que fi A B étoit plus longue, fà moitié ne pour-roit pas être toujours la perpendiculaire E F : en hazard de faire les côtés A F 8c F B, plus longs que de raifon : étant cét excès de longueur une imperfection que nous avons blâmée en A B 8c en avons defiré la corredion ; mais en ce cas là, une tierce ou quelque autre moindre partie lui conviendra mieux.
- Quelles Les Figures entièrement ineptes 8c inconïgilks, font celles là, dont la fnepicsfJZ- circonférance ne fe peut pas afiujétir à la prefcription de nos ordres;, mais médiabies. fans qU’jl nous foit aucunement loifible d’i aporter quelque changement, il en faut fortifier les angles, en la manière qu’ils fe comportent : foit qu’il nous v*enne a ProPos de les revêtir de Battions extérieurs ; ou que nous JZésdeBa- les changions eux mêmes (qui font les angles desPolyg.) àl’ufàgedes fiions plats. ang|es (kg Battions. Quant à ce qui efl: des côtés, fans les prolonger ni les Les plus racourcir nous fommes forcés de les retenir tous entiers. Car en fin céte de7SRaZ- Circonférance irrémédiable, recevra fon incommodité, ou par les lignes ou Uns. par ies angles ; ou par l’imperfedion des lignes 8c des angles enfamble:
- Si
- (a) Alors que Boifleduc eftoit encore du parti contraire \ nos Confédérés, elle etoit picqué<de Crevecoeur,nôtre fortereffe puiffante, conftruite fur le rivage de la Meufe, à l’endroit ou la Dife fiyiere qui coule le long des murs de Bofleduc, entre dans la Meufe ; mais au commencement de là nailTance céte Forter. étant IV angul. elle étoit moins propre aux ufages de guerre : c’eft pourquoi, le Prince d’Orange.Fondateur des Villes, à eu bonne raifon de l’amplifier, lui donnant céte forme qu’elle conferve encore à prefant ; & que vous trouves exprimée en quelque endroit de ce même livre.
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- De la Fortification IrReguliere. 249
- Si lè Vice dont elles font randues incorrigibles procède des lignes, on i remédie par le moyen, de quelques Battions contigus ou plats, fi elles font plus longues : ou feparés, (8c femblables Dehors) fi elles font médiocres : ainifi en la Fig.XC VI.le remède pour les côtés A B & A C,font les Ravelins B 8c E : mais quant aux côtés C F & B F on i a appofé les Battions plats L &M.&C.
- Et la raifon pourquoi on tient les Ravelins néceflàirement féparés des Courtines de la ville, c’eft parceque fi on les conftruifoit joignants fur les dites Courtines , la ligne Flanquante du Baftion A tomberoit fur leurs Faces ,ce qui aflbibliroit ou plutôt anéantirait la défance des Faces duBaftion A, 8c ferait commife une lourde faute, contre la première 8c la principale des Maximes de la Fortification. Mais s’il arrive que les cotés de la Fig. à fortifier , fe trouvent de plus courte mefure qu’il n’eft à propos ; il faudra lors fur leurs extrémités, élever leurs Flanqs deftitués de Gorges, lefquel-les Ônrejétera fur les côtés plus proches, ayans plus de longueur. Par Example:Soit pofé le côté BC delà Fig.XCIX trop court pour égaler une Courtine, 8c fes deux Gorges qui l’accompagnent : il faudra donc dreflèr le Flanq n m perpendiculaire au côté B C, prés le point B : puis le Flanq pq prés l’angle 8c le point C : 8c foit entièrement avancé tout le Baftion C,
- Yérs le Baftion D, tout autant, que la Gorge Cp, déjà prefque tranfportée du côté C B au côté C D, le requiert : 8c fe doit entandre pareillement le Baftion B avancé devers L: donquesen cette façon le côté B C,qui d’ailleurs aurait été obligé de fournir la Courtine np, avec les deux Gorges qui la doivent ceindre, p C 8c «Be n foit a préfant quitte en donnant feulement une Courtine aflës fpacieufe, 8c capable d’offàncer 8c de fe deffandre.
- Céte manière ne réuflit pas feulement à corriger la brièveté du côté B C : mais d’une même main elle remédie à l’énorme longueur des côtés CB ou B L: qui maintenant ferviront prefque à trois Gorges,outre la Courtine, 8cc.
- Quant aux côtés qui fe trouveront extrêmement cours, on les changera en Tenailles, voyés le coté G H de la Fig. XCVI ; ou en Cornus: ou bien on les tiendra cou vers d’un Baftion: voyés le côté BL de la Fig. XC VII, 8cc. En la dite Fig.X CVII le demi-Baftion AGDC,défand le côté AB de fon Flanq OD, 8c de là Face G D. Pour la défance du côté E A, l’angle E A C à fortifier, n’a ni Flanq, ni Face, que l’on puiffo employer à cétufàge jparçeque la ligne E A fe trouve plus courte,8c doit plutôt attandre fon fecours 8c fon aflurance du foui Baftion E, que fi Ion aflizoit un autre Baftion fur A tout entier: lequel étant trop proche, flanquerait mal leBaftion E,8c réciproque-0n ntr*»~ ment aufli rien recevrait pas une meilleure 8cplusaiïuréeprotection. Il faudra donc avoir égard en cét endroit, de faire en forte, que tout autant ?ar troK
- ° z cours trre-
- que l’ouverture du Baftion E le permet ,1e fécond Flanq AG demeure puif- médiables, fant, pour départir fa protedion au Flanq H K, 8c à la Face H F, folitaires JJJ 8c deftituées de tout autre fecours. demi - Ba~
- Quant aux angles des Figures ineptes ,on les pourra fouftrir immuables,
- 1 en les transformant feulement en de s angle s de Baftions; c’eft à fçavoir en cas
- H h 3 qu’ils
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- ajo Lim Second,
- qu’ils fe rancontrent de grandeur convenable à cét effet : mais alors il fera toujours néceflàire de retrancher notablement de laire des Figures: parce-que les Courtines tombent au dedans de l’enceinte de la Figure, à la diftan-^*ne?e ce de leurs Flanqs : Ainfi on retient l’angle A G B, de 66deg. 44 min. du Po-irrémédia- lyg. xcv pour l’angle du Baftion & attandu que la longueur plus étandue Angles de'de des côtés G À & G B, favorifent céte fortification, on le fortifie en céte Bajiions. manière :je retranche 15 deg. du pofé demi-angle G, puis fur le refte de la grandeur qui eft ici de 18. dcg.22 min. foit fait l’angle HG N,conftituant G N de 80 Verges, ou environ. Je retranche encore les dis 15 deg. de tout l’angle A G B, (celà s’entand füivant la 1 manière de fortif règul. en la féconde il faudrait augmenter l’angle G de fa moitié, pour faire un angle de 100 deg. 6 min : en la 3 on retrancheroit 20 deg.) donc ces 1 j deg. retranchés le double du refiant aflàmblé, fait 103 deg. 28 min. pour Tangie du Polyg. fur lequel langlé du Baftion G doit être confirait.
- Partant les lignes que les Tables déterminent, fous le titre de 103.& de 104 deg. feront accomodèes au Baftion G, de qui la furface G T, aura 22 7 ( 1 : T1, 15.98 ( 2 : H1, 8.4 ( 1 &c. Céte forte d’angles & de lignes ineptes eft tres-dificüe, 8c ne fe laiflè manier qu’à grand pêne aux préceptes de l’art : ce qui oblige de prandre ici toutes fes mefures avéc une extrême circonfpeâion ; autrement on ne pourrait pas éviter, de tomber en de lourdes fautes contre les principes del’Architeâure, & nôtre travail ne réuflîroit pas féulement inutile , mais pernicieux 8c produilànt des effets tous contraires à notre intantion. Mais au refte ; s’il fe rancontre de ces angles ineptes, que l’on juge trop foibles pour en faire des Baftions, il faudra lesconftruire, en Ravelins, ou Demi-Lunes , ou Demi-Baftions ; En la Fig. xcvm lacirconférance A B CD E fera fortifiée par telle manière, que l’angle B foit néceflàirement retenu entier attandu qu’au deflus de B, les vallées, ou les fondrières du fleuve qui entre dans la ville, au deflbus, le Tample ou quelque Palais magnifique , nelaiflentpointd’efpaceoùfe puiflè conftruire un Baftion. l’Angle qui eft en B eft pofé de 64 deg. Le Baftion plat,F-,fur le côté A B,occupe Tefpace qui eft marqué /g, de 33.94 (2. ou demi- ou l’obligation & la fuite de la ftrudure précédante a voulu néceflai-**fitons. rement quü fût établi. La ligne g B eft de 34 Verges .Prenant donc la Face B b, de h forte le Flanq b a, vers lequel la Courtine normale a c9 fera conduite par tel art 8c manière * (à feavoir en ouvrant ou étreciflant l’angle B b a, ou bien en prolongeant ou racourcifiànt le Flanq l a, s’il eft poflîble) que l’ancien côté B C, coupant le nouveau a e en «refte encore le fécond ou demi- Flanq u c d’affés bonne longueur : e eft conjoint àD, pour faire en forte Unes, que je ga{tion h par fon Flanq h /,foit derechéf porté 8c infiftant fur l’ancien
- côté D E de la circonférance fuppofée. Mais s’il arrive qu’il foit quelque fois néceflàire,de retenir quelque angle pointu ,pour le faire fervir d’un angle de Baftion , fuppofons tel l’Angle A de la Fig. xevi de 58 ou 60 deg. il aura befoin d’être muni pour fa défance, de deux ouvrages de Dehors, qui lui fojent appofés de part 8c d’autre. Difons enfin, que Tangie F de la
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- Fig. xcvi, foit changé en la Demi Lune a b c : il faudra que la ligne retranchée H G * foit armée, ou d’une petite Tenaille, H K G, en cas qu’elle foit un peu courte : ou bien fi elle eft encoreafles longue on lui donnera des Battions entiers,ou demi-Battions en forme de Cornus. Et dautant que la Tenaille G K H entre tous les autres ouvrageseft le plus foiblc, onia rancira plus forte, en la munifiant d’un petit Parapet deFaufiebraye, 8cc.
- Inutilement je me donne la pêne d’employer tant de parollcs étudiées en l’expofition de ces chofes,veû que la trcfpuiflânte Forterefiè de skenk,8c plafieurs autres en Hollande, mantionéesen ce livre ci 8c en l’autre , les en-feigne bien mieux par leur éxample, que je ne fçaurois faire par mes difcours & defcriptions : c’eft donc avécjufte raifon quejelesrepréfante vifibles & maniables,& comme on dit au doit 8c à l’oeil,comme étants des modèles 8c originausacomplis, de toute Architedure militaire irrégulière : carde céte inftrudion oculaire 8c par ce témoignage de vos fens,ayant devant euxcés excellants patrons de toute variété irrégulière, vous pouvés reccuillir a fies d’intelligence 8c de lumière,pour être fèurement addrefie 8c vous tirer commodément déroute difficulté quefe préfante en céte matière deFortifica-tion irrégulière.
- Julques ici, nous avous traité des angles ineptes, intérieurs ; quant aux vdgit extérieurs ,1a IV’ Maxime Architcdonique Irrégulière, les rejette 8c les être pru-condanc tous. Mais la déclaration de céte Maxime doit être faite avéc pru- .
- dance, 8c particuliérement s’il eft queftion de les conftruire. Car il eft vrai & ne àoi-que l’antiquité, mal inftruite en la conoiflànce de ces ouvrages d’Architedu- ZZ le?** te militaire, en la fondation de les villes, a quelquefois pris de ces angles*!" extt' extérieurs, les armant de puifiànsrampars 8c de fortes murailles: or eft il dlfférem-que vouloir les réduire aux termes de l’art, ce feroit bien fouvent mal cm- Zlmu*?* ployer fa pêne, dautant qu’il feroit néceflaire d’abbatre les anciens ram-notrt ^ pars ,8c en conftruire de nouveaux à grans frais. Et particuliérement ce fe-cb$tt*' roit travailler inutilement 8c bien mal à propos, fi ces angles fe rancontroi-ent extrêmement obtus, auquel état ils font toujours plus fupportables. car encore qu’on les corrigeât, la capacité de la ville n’en feroit pas de beaucoup augmantée, 8c ne faudrait gueres moins de foldâs pour les défan-dre ; d’ailleurs,les proches Battions, n’en feroient pas beaucoup meilleurs,
- &c. Soit pofé par éxample,bangle A L B de la Fig.xcix tel angle extérieur: pour la corredion du quel, A B que l’on employé tirée droite, n’aporte-roit que bien peu davantage d’utilité, 8c telle encore qu’elle ne vaudrait pas la dépance. l’Angle B eft de 130 deg. les côtés B C de 5 8 (o : B L de 56 (o: entant que cela fe rapporte à ce que contiénent les Tables, leBaftionB en réüflïra tout à fait régulier : mais étans les côtés B C de 548c B L de 56(0 Verges ,ilsfe rapporteraient enfamble, mais nullement avéclesTables:
- 8c par ainfi le Baftion B, feroit lors bien uniforme, maisproportional : n’étant pas poffible de le tirer des Tables éxadement, mais feulement, par quelque imitation 8c reflàmblance : en fin,le côté B L pofé de 50 8c B C de 58 (o, le Baftion B fera de ftrudure difforme. Pour élever un Baftion
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- qui foit régulier, je pofe donc de B, en n 8c en u les Gorges, chacune de 12. Example de 42 ( 2 , immédiatement prifes des Tables ; en u 8c en n les Flanqs nmScug {Znfu ex. c*e I0- (z > de n & " ^es Complémens de Courtine nrh.ua feront mis teneur. * de 22. (o ; de r 8c a, par m8c g les Flanquantes rcScca tirées , concourantes en c randront parfait le Baftion B régulier. De l’angle A de 109 deg. le côté A G de 62 (o, AL de 39.6 (1 formeront le Baftion diftbrme : le côté des Tables pour le Polyg. de 109 deg. eft de 57 (o ; partant nous trouverons ici toutes chofes par proportion : Ainfi la Gorge A 0 ,fera de 1142 (2: le Flanq 0 b de 9.6 (1: & pour le Complément de la Courtine & la Gorge A 138.15 (2 : t d du point rfortant par b à l’infini, parfera le demi-Ba-ftiôn : Il refte de voir, (attandù que le côté A L eft par trop court) quelle manière de Fortification régulière , nous peut fournir une Gorge & un Complément de Courtine, à quoi fe rapporte à peu prés la ligne A L pro-pofée à fortifier, & ce conformément & à raifon de l’angle A : vous trou ve-rés que la ligne A L eft afles approchantè de la Gorge 8c du Complément de Courtine, de la grande Fortification en la 2 manière, fous l’angle du Po-lyg. pofé de 109 deg. lefquelles deux lignes, ainfi qu elles font dans les Tables , compofent enfamble, 38.87 (2. On prandra donc en céte Colomne, la Gorge A / de 109 ( 1 : le Flanq i/de 917 (1 ; le Complément de Courtine i € de 27. 97 (2, naiftant de lui même : une ligne tirée du point e par/en d randra le Baftion parfait en céte partie. La diftance qui eft entre ces deux Baftions A & B * n’étant pas au delà de 80 Verges,aufli ne requièrent ils pas aucun autre fecours étranger : mais’fi leur diftance les tenoit féparés de plus loin , comme font les Baftions F 8c E (l’angle F H E eft de 107 deg. le çôtéF H de 6r Verges, HE de 50 Verges,la droite correélive F E de 90(0) alors on emprunte le fecours d’un Ravelin ou de quelque Dehors, pour remédier à cét éloignement : ou bien, de l’angle extérieur H, on poferales Gorges H a 8c H i des Baftions plus proches ou autres fuffifans:fur a 8c ion dreflera les normales qui fe raporteront en e 8c feront aeï l’angle de 73 deg. &c. 8c de céte terraflè H a e i tenant laplace d’un Baftion, les proches Baftions E &F tireront leur défance. Il i a du plaifir de confidérer en cét endroit, la vaine diligence de quelques uns, quife figurent à eux mêmes, 8c font craindre aux autres des evénemens, qui peut être n’arriveront jamais, à fçavoir par quelle manière il fe faudroit prandre, à fortifier l’angle extérieur H, ayant fes côtés F H de 98 Verges, H E de 80 (o, & F E de 144 (o & davantage ? ils veulent donc alors que fur le milieu de chaque côté on con-ftruife un Baftion plat ,8c un autre encore fur l’angle extérieur H;auxquels ils attribuent les mêmes Gorges 8c les mêmes Flanqs des Baftions plus proches: les Faces difpofées l’une envers l’autre en telle façon ,que l’angle du Baftion en réufliflè aprochant du droit,ou d’ailleurs afles robufte: mais que fera ce, fi l’angle H eft tellement obtus ,paréxample,de 104 deg.quel’angle qui eft en c en foit randu par trop pointu, 8c de peu de force, les angles qui font en a 8c en ï étans drois:& fi le dit angle qui eft cne au quadr.anguLH^^i n’avoit feulement que 4odegrés?Mais lors que les côtés FH & EH contiennent
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- lient plufieurs côtés d’une Fortereffe , foit en la grande ou en la petite cureté manière de fortifier: en céte occafion ils font d avis qu’on leur impofe pluf-leurs Baftions, de grande, ou de petite forme. Mais les bonnes gens quium *forû-écrivent 8c qui veulent perfuader ces chofes, ne font pas en poflèflion defu/^mpo-leur bon fens: car en fin,que reviendra t’il à la ville de tant de Baftions con- fi"*, l’anzl* ferais,qu’un étreciftemcnt de grand préjudice 8c de notable incommodité, Vaine Q* chèrement acheté ? ne vaudrait il pas mieux, employer la même dépance,nAmik' (mais elle ferait beaucoup moindre)pour aquerir à notre place un meilleur efpace, E H F, édifiant le rampar EF : lequel tombant au pouvoir de l’éne-mi, l’intérieur H F (fupofé que dés au paravantil fût établi) auiïi le rampar ancien H E, relieraient encore pour lui réfifter 8c pour lui oppofer de nouvelles difficultés ? vous conteftés, que la nature de la place ne loufre pas, que E F fe puilfe tirer droite : de quelle nature me parlés vous ? Sera telle plus favorable à vôtre deflèin,qui eft de conftruire les Rampars F Fl & H E pour faire place à tant de Baftions, que pour conftruire la droite F E du rampar ! Suppofons que le terrain foit tel, qu’il ne permette pas la ftrudu-re du rampar E F , d’autant que peut être il cft marécageux, ou autrement incapable de ce deflèin : 8c donques le même terrain donnera le même empêchement aux ouvrages d’attaque de l’éncmi, 8c partant nôtre ville eft en alïùrancedecéte part. Maisdirés vous, il pourrait être que ledit terrain , ne pouvant admettre la ligne F E pour une conftruétion de rampars grands 8c maflifs nelaiflèroit pas de fournir allés davantage à l’énemi pour favorifer fes approches, 8c pour foûtenir quelques Petis ouvrages de légère ftruélure : Mais ce n’eft pas encore foudre toute la difficulté : d’autant qu’alors le même terrain fera donc capable defupporter, nos Rave-lins ,ou nos Cornus; 8c certainement il vaut mieux employer ces Dehors, qued’entreprandre tant de Baftions,d’une dépance fi excelfive: 8c de plus, qui voudra remédier au defaut du terrain, par le moyen des pilotis, ou de femblables invantions que la nécelfité a produites , je ne doute point quil ne loit randu ailes ferme pour foûtenir le rampar. Car tous ces prétextes de comme u terres molles, mouvantes 8c malhabiles à édifier, né pourront jamais faire d’imprelfion en celui qui aura veûcéte grande8c populeufe ville d'Amjler- pies, dam, qui s’eft déjà tant de fois avancée au delà de fes premières enceintes, occupant tant de larges campagnes des environs,de nouvelles ftruétures& d’ouvrages d’incroyable magnificence , tant publics que particuliers, Et les mî-delorte qu’il i ajuftefujet de s’étonner, quand on i confidére de combien fes accroiflèmens furpalîent le deflèin de fa première fondation 8c de VOir tiques en la s’élever 8c demeurer fermes fur des terres tramblantes 8c au milieu de ces 'pïdlm™' marais , tant de nobles 8c hautes tours, 8c tant de malles d’énorme grandeur. Ainfi, l’incommodité de fon terroir n’a point empêché céte grande & puiflàntc ville, de s etandre 8c de ferandreilluftre 8c admirable de tant de parties de notables accroiflèmens. A la vérité elle cft la plus grande de toutes fes foeurs,les villes de FIollande,8c toutefois confiderée en elle même, 8c eû égard à fes richeflès, 8c à fa fplandeur,8c à la Majefté de fon état,
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- elle eft encore trop petite.il ne lui fuffit pas d’avoir pavéde marbres 8c par-femé de bâtimens fuperbes, de larges campagnes quelle a ranfermées dedans l’enceinte de fesmurs;clle porte encore la magnificence de fes defleins à contraindre la mer de céder au cours de fes profpérités, 8c de fouffrir, quelle avance de nouveaux quartiers,nouvelles tours nouveaux rampars, fur lesilieux mêmes de fon ancienne 8c originelle jurifdi&ion. Déjà paroiH fentde tous côtés fur le dos humide de cét orgueilleux’élément, les traces marquées de la defignation des Baftions 8c des murailles, 8c des pilotis enfoncés en l’eau , qui montrent le tour 8c l’efpace,où les nouvelles colonies, que céte pop uleufeville enfante tous les jours, feront pourveües, d’habitation féchc,8c fiable 8c bien-affurée.Ce qui s’eftfairén conféquance d’un ar-reft de magnifiq; 8c merveilleux courage 8c vrayement digne de la Majefté d’Amfterdam,par lequel les tres-Illuftres Gouverneurs ont ordonné qu’elle feroit amplifiée non plus devers le continent, mais enraviflântà la mer & ^u fleuve qui court au dedans de fon enceinte,la place qu’ils ocupent,pour Et i loger leursconcitoyens;& ce n’eft pas une vaine penlee,mais un deflèin qui fe verra bien tôt éxécuté.En telle forte qu’au même endroit,où nous avous veûcét hy ver ces navires de vafte 8c énorme grandeur les fidèles miniftres de nos conquêtes 8c de nos dépouilles Oriantalcs 8c Occidantales, où l’habitation de tant de familles accompagnées de tous leurs meubles 8c ménages repréfante la forme d’une nouvelle 8c d’une autre cité : ou di je céte flotte inombrable de maifons de bois telle que tout le refte de l’Univers n’a rien defamblable a paffé le dernier hiver, j’oferois afiurer, qu’avant que le Soleil ait achevé le tour de fa courfe, nous i verrons naître une nouvelle Amfterdam du fein de la mer. C’eftainfi que nous autres ici, n’entreprenons pas feulement de bâtir fur un fonds marécageux , mais au milieu des flôs d’une merindomtable, 8c fur lcsemboucheures de la riviere d’Ye, qui pour fe décharger en la mer, ne fe démêle pas de céte rancontre, fans pom-bat 8c fans réfiftance. 8c ne faut pas croire qu’autour de céte Rêne delà Mer, on trouve fous l’eau, un fonds qui foit meilleur 8c plus propre à bâtir, il eft comme celui des campagnes qui l’environnent, tramblant, marécageux 8c mal afluré ; en telle forte que nous épuifons toutes les forêts de Norvège , pour i établir avec pilotis un plan folide à foutenir nos édifices. tesraifom. Mais la confidération de ces ouvrages effroyables d’Archite&ure, que produit tous les jours céte noble ville, la merveille delà Hollande & de tout Vuni-z/m,m’a fait faire une trop longue digreflion. Retournons à notre propos : 8c pofons les côtés F H, comme ci devant, de 98 Verges de longueur ; H E de 80 : faudrait il pour celà cônftruire trois Baftions,deux plats fur le milieu des lignes, F H 8c H E, 8c un angulaire fur l’angle H : veû qu’un feul Plat,que l’on pourrait cônftruire fur E F de 144(0 fuffiroit afles;ou bien,en cas que ces côtés ayans encore plus de longueur, fuflènt capables de deux ou de trois Baftions , feroiteeà dire qu’on i en deûft cônftruire fix ou fèpr, ou davantage? A quoi feroit bonne céte impertinante profufion de pêne & de dépance ? Craignés vous donc que l’énemi ne pouflè fes mines plus volontiers,
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- De la Fortification Irreguliere. 2,55 lonticrs, vers H ,que vers F, ou vers E ? Et que défirent s’avancer non feulement entre les Battions E & F (que je tiens pour moi affés capables de lui réfiftcr, aidés de l’avantage d’une bonne affiéte, ou pour le moins de quel, ques légers ouvrages en Dehors) mais auffi que voulant pou fier fcs travaux d’attaque, entre tant d’autres Battions plats que vous pourries con-ftruire à votre fantaifie, croyésvous, dije, qu’il s’adreïïè plutôt vers H, que F ou E ? Quant à moi, je ne panfe pas, qu’il i ait éncmi au monde fi téméraire , qui voulût l’avoir entrepris ! 8c ne prefumerai pasautti, qu’il i ait en vous tant de foiblefie 8c de bafiefiè d’efprit,8c de jugement,que de vous engager à de fi grands frais de peur de vôtre ombre : 8c de faire tant de bruit 8c d’apparat pour aller au devant d’un énemi en un endroit, ou jamais il ne fe prefentera à votre rancontre.
- CHAP. VIL
- 'Pourfortifier les villes anciennes,de quelque manière quelles /oient conjlruites.
- IL i a plusieurs villes en la Chrétienté,autour defquelles, avant que l’Ar.
- chiteélure militaire fût bien entandue , on avoir feulement élevé des , dont murailles de brique, ou des rampars de terre, mais mal à propos 8c fans art, 8c font encore à préfant en tel état. Et le bonheur de ces villes a été f*nt>a tel que depuis l’invantion de la moderne artillerie , n’ayant point été atta- peut
- quées , nulle nécettité ne les a obligées de fe pourvoir de meilleure dé-fance. pars «(pis
- Mais en céte miférable guerre qui ranverfc aujourdui toute l’Europe, en laquelle la fureur des hommes épargne auffi peu fes propres interefts que ceux d’autrui : 8c d’une rage plus que brutale attire chés foi le malheur des difcordes étrangères auffi franchement, qu’ils s’engagent mal à propos aux querelles des autres : en céte déplorable confufion qui comme un embra-zement général a mis le feu en toute l’Europe , plusieurs villes en leur ruine irréparable ont porté la pêne de leur extrême négligence : qui fo fufiènt garanties de ces miféres, fi tandis que la paix leur en préfantoit les moyens fait tlufi à 8c le loifir, ils eufient eû le foin 8c la prudance de pourvoir à leurfeurcté.
- Quelles font les tranfes 8c les appréhanfions, à préfant, que nous repaf- um)s dt Ions le dernier coup de lime fur cét ouvrage , de quelles frayeurs & tram- La ville de blemens cft furprifela foible 8c timide ville de Londres, Capitale de l’An* \ondrts '
- * bteft tmpe*
- gleterre ! 8c cepandant ce n’cft pas Hannibal qui eft à fes portes, ni le Turc, ^ée h fe c’eft fon jutte Roi, acompagné d’une armée de fes fujéts leurs compatrio-tes, quîapproche des murs,de fa Royalle cité mal fortifiée. Que d’allées 8c de venues, d’embarras, de courveés 8c de fatigues, pour terrefier les environs de céte ville défarmée, 8c pour former à la hâte quelques miférables défances ,que l’on puifie oppofer, aux effors d’une telle contraire puiffan-ce, fi fort appréhandée 8c fi peu attandue : Aces travaux tumultuaires 8c précipités,font(à cette heure qu’ils tâchent de parer aux coups duneattaq;) contrains de prêter leur foible affiftance, les petis enfans 8c les jeunes filles,
- Ce qui fe
- li x
- les
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- les vieillars languifîans & les vieilles femmes quin’attandent quelecer-ceuil. Il ni a aucun de tout ce grand peuple qui ne s’imagine à prêtent, que toute l’importance de fa fortune & de fe vie , confiée à char" ger & à porter des paniers pleins de terre : tant ili a d’ardeur, d’embarras, de fatigue & de néceflité de ramparer la foibleffe de céte ville.* Mais tout s’i fait mal à propos &^contre-temps, fous la conduite de la Peur, dangereux maître, ignorant & malavifé. Pour faire voir, que la Fortification d’u-neplace, n’appartient pas au temps de la guerre, mais quec’eft plutôt un ouvrage de paix, il p’euft point fallu d’autre preuve que Londres mêmes, fi au lieu qu’elle n’eft réduite qu’à fe démêler des cenfures & corrections de fon Roi, qui retient toujours une modération paternelle, elle eûft eû à fe defFandre des vives attaques d’un énemi formel & conjuré à fà ruine.
- Ruine de Pour épargner plufieurs autres éxamples de famblablefuccés, qu’il me
- &finpau- ferait faciled alléguer en céte occafion : je dirai feulement,que telle n’a pas été la fortune de Munikemja Capitale de Baviéres : Incapable de réfifter,non pas à une attaque ; mais feulement de fupporter une première veüe,la né. ceffité l’a réduite à plier le col fous le joug d’un Monarque étranger (*) : & d’abandonner au pillage tant de riches dépouilles ,que le débris de fon naufrage à rampîi le monde de peintures exquifes, de nobles ftatues, & d’une infinité de précieufes tapiflèries, tifiues d’or & d’argent 8c autres meubles ineftimables: enfin ,1a proye fût fi grande qui fereceuillit de la ruine de cé-tefeule-ville, que pour le prix à quoi monta fa perte, elle eût pû fe fermer de dix rampars d’ærin (*) : maintenant quelle porte la pêne de fon épargné inconfidérée, ou de fa lâcheté, quelle foit au moins unéxample pour nous 8c la poftérité , qu’en nulle occafion la dépance n’eft mieux employée, qu’en la bonne fortification d’une puiflànte ville , étant plus à propos de la plaindre en tout autre fujet.
- Rrave réfo- ingoljïad, voifine de Munikem, & petite ville en comparaifon , fe peut
- gï'ftïd. ” vanter par fa prévoyance, d’une bien meilleure fortune : ayant ofé mépri-fer avéc aflurance, 8c impunité le même énemi, que les dépouilles de Bavière , n’avoient randu que plus ardant à pourfuivre fa proye : 8c non contante de le méprifer,fe defïand contre lui d’un merveilleux courage : mais, a fin qu’on ne m’allègue pas les hazars de la guerre, ou qu ’on ne s’imagine pas ici quelque changement de parti ou de rancontres, elle ne fe defïand pasfeulement mais elle a encore l’audace d’irriter ce lion ,&contrelutteglo-rieufement lesefFors de ce conquérant, coutumier de tout vaincre, & peu s’en faut qu’elle ne le ranverfe. 8c fe ferait indubitablement parée des dépo-uil les de ce fuperbe vi&orieux, (c) fe portant foi même 8c les fiens ^ux hazars des attaques , avéc plus de valeur que de prudante circonfpeâion : mais fon heure fatale l’attandoit en la campagne de Lutzen, pour être le dernier
- (*)L e 7. deMaydel’atmée 16$i. (piLt viftorieux mit au jour les xii Apoftres enfevelis,& avec eux plus de 140 grofles pièces d’artillerie , condânées à l’oiliveté, dont quelques unes fe trouvèrent groffes & accouchèrent de 30000 ducats de Hongrie; a fin que je ne parle feulement que de l'attirail de la guerre, fans mettre en conte, les précieux meubles du Duc, de magnificence Royale, ni 400000 Rikfdalers, aquoi la ville fut taxée pour fe racheter de l’embrafement & du carnage de fes habitans , &c. (c)Le 20 d’Avril rd32 , le Marquis de Dourlak combatantà côté du Roi eût la telle emportée d'un coup de canon ; & fur l’inftant même, d'un autre coup, le cheval du Roi futtuédeffouslui.
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- De ia Fortification Irreguliere. 2^7 nier combat dont il devoit enfanglanter le theatre de la Germanie & la fin defesviâoires & de fa vie.Certes l’accidant arrive' à un Prince d’Illuftre famille , emporté devant cette ville d’un coup de canon au coté de ce Roi, vi&orieuxde la Bavière, lui devoit être un notable avertifîèment, que trop d’ardeur n’infpirepas toujours des confeils falutaires.
- Combien avons nous veû de villes ranverfées 8c anéanties, pour n’avoir pas eû le bonheur de rancontrer, au temps de leur foiblefTe,un Maurice ca-pable de pourvoir fagement aux moyens , de leur confervation/En la der-ài Bommel niére année du précédant fiécle, la ville de Bommel étoit à deux doitsde fa perte : céte place du pays de Gueldres étoit lors foible & défarmée, elle efl: aujourdui une puiflànte citadelle pour les Etas Confédérés contre le Bra-bant \Mandoze ce grand aigle, ne dédaignoit pas de chafièr à céte mouche & l’avoit prife s’il eût été ailes fage pour la prandre:& fi notre Maurice ne lui en eût palfé la plume par le bec, & ne l’eût repoufle avec 1 aide de notre Ar-chiteâure.
- il i avoit deux ans que l'on avoit commancê la fortification de céte vide, & tout autour on avoit forméledeffein depuiffans Baflions{*)dit Rheidammais alors ili en avoit peu qui fujfent achevés ;l état ne pouvant pas fournir à la fois à toute ladépance ,qui étoit nécejfaire en tant de lieux:de tette forte que le defaut de ceux qui refl oient aparfaireapportoü plus de dommage, que de commodité♦ Or le mur ancien étoit fi foible, que malaifémentilpouvoit admetre une bonne garnifon, & toute fois avêc peu de garde il étoit impojfible de le deffandre. Mais par un fecours de laprovidance floit que Mendoze neut pas toute l'expériance du métier de la guerre,ou que particuliérement il ignorât comment céte place devoit être attaquée, employé quelques jours inutilement .Ce fut la confervation de céte vide,qui ne pouvoit éviter fa ruine, ft d'abord on tout affaidie:ce que Maurice même confeffoit, & pas un de nos chefs de guerre nen faifoient de difficulté. On prit donc ce temps pour fermer a la hâte /es Baflions fg pour faire une forte trenchée à la campagne,toutautourde la vide,h l'aide delaquelle les nôtres eûrent plus de commodité de fe de ffandre, de tenir t énemi écarté de leurfoffé: cét ouvrage de circonvddation fût achevé dune incroyable diligenc e, & trois miüe faidas logés en la vidées au x nouveaux retranchements. &c.
- ; Mais combien i a t’ilde ces foibles villes , qui fe puiflent promettre une telle fortune,que dans une famblable riice;Tité elles trouveront, un fifoig-neux & fi vigilant protedeur deleur .falut 8c de leur liberté ? (*)
- I i 3 Et
- (a) AuLiv:XVI defes Annales, (b) Jenedois pas ici paffer en filance nôtre Werben ’.guflave Adolphe Roi de Suède i ayant établi unilluftre trophée, de vraye valeur & de folide prudance : & c’eft le feul de tous tes exploi* qui eft finguliérement digne d'être admiré : en tousles autres on voit plus reluirede bonne fortune, ou plutôt de témérité. Mais en céte rancontre il fe peut dire qu’il conferva non feulement une ville amie & fes alliés de guerre,maisauffifa perfonne.fon camp ôc fes propres citoyens,fes foldâs qui l’avojent grandemenr obligé.toutes ces chofes, lit je, furent comprifes en la confervation de céte ville, en la garantiffant de I’invafion d’un énemi beaucoup pluspuiffant ,8c qui avoit fur lui & fon armée l’avantage de toutes chofesicar alors fon énemi le furpaffoit en toute façon & tout autrement que depuis à Lipfic: où fecouru d’une puiffante armée du Saxon, il étoit en état de combattre Tilly en pléne campagne avec efpérance de bon fuccés. Mais quelle fût la caulè du falut de Nuremberg , & qui la garantit de ce dangereux liège que l’Empereur, ôcleBavaroisalliésprétendoient mettre devant? Nefût ce pas céte puiffante circonvallation, au dedans delaquelle le Suédois s enferma foi même avéc toute la ville , en telle façon que le VValftein.ne peut jamais trouver le moyen & n’eutpasla force de l’aborder? 8c en quoi coniiftoit la feu-retéduprotefteurlui même, environné de fipuiffantes troupes de tant d’enemis conjurés à fa ruine? ne fufteepas réciproquement Nuremberg,qui avoit lors XXX mille de fes citoyens fousles armes,capables defoûtenir en queue leurs deffanfeurs, en cas que l’énemi qui les affiégeoit ,les eût affrontés ? Mais de plus 8c ce qui eft principalement ù confidércr, il eft certain quela Suède avec tout fon argent, fon cuivre & fon fer, n’eût jamais fuffi pour les vivres 5e les autres munitions de guerre nécelfaires à une telle armée & pour le temps 6c l’attante du fecours qui devoit mettre le Roi & fon armée en libertés: hors du fiege, de quoi fe trouva lors capable la feule ville de Nuremberg: tant il fe trouve encore vrai pour le jourdui,ce que Tacite difoit autrefois:^"’*/ » a plut de vigueur en la liberté de la Germanie, qu’en la royauté d’Arfeces.
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- 258 Livre Second,
- Ée partant j’ofe dire que fi jamais il efl: à propos de cîifpoier au temps d’une paix abondante, les moyens d’une guerre qui doit être toujours crainte & preveüeda première 8c la principale de nos panfecs doit être celle,de fortifier en leur temps 8c avec loifir les villes qùi (ont foibles, 8c les mettre en état de bonne défance. Je m’en vais donc prefcrire , les chofes qui faudra Maximes a obferver, pour faire en forte qu’une ville ancienne , plus accoutumée à la f}Z/: marchandée 8c au labourage , qu’aux exercices militaires, foit capable de d’une mue j-éfifter à la violance d’un énemi , dans le temps d’une calamité publi-
- anciéne.
- que.
- Première. Premièrement;// ne faudrajamais fortifier intérieurement une viUe ancienne»
- & principalement celle , qui fera ceinte d'un fojfé & d’une muraille.
- Parceque, par céte fortification intérieure, on priveroit une telle ville d’un ornement 8c d’une commodité importante car la beauté 8c la force d’une ville efl: en fes murailles: 8c feroit encore befoin d’une grande dépance pour les ruiner : mais confervant ces vieilles murailles, fi tout autour de leur enceinte au dedans vous pratiqués un chemin de Rondes fait àla légère, 8c au moins de charpanterie,vousaurés l’avantage de pouvoir découvrir de loin votre énemi, 8c de le repoufler par le moyen d’harquebuzes à croq ou de grands Moufquéts, mêmes nous pouvons faire en forte que l’aflàillant ne gaignepas fur nous un fcul pouce du nôtre principal rampar 1 qui eft au devant des murailles anciennes, que nous ne l’ayons contefté juf-
- ques à toute extrémité de part 8c d’autre, 8c que céte querelle fe puifle démêler en toute afliirance de notre côté: étant le mur ancien un lieu de refuge pour nous , 8c un nouvel empêchement à notre énemi : dont il nous peut toujours réüflir la faculté d’une meilleure compofition, en cas que la fortune nous ait réduis à céte déplorable néceflité. Mais davantage, une fortification intérieure retrancheroit autant delà capacité de la ville , au grand préjudice des habitansrentant qu’il feroit néceflàire pour la conftru-dion du rampar 8c l’établiflement d’une nouvelle enceinte, d’abbatrede long 8c de large une grande quantité des maifons proches des murs.
- Mais attandu que les maifons voifines des rampars font ordinairement de peu de conféquance, 8c qu’il i a toujours de l’efpace entre elles 8c le mur, i 1 i en a qui font d’avis que l’on doive faire la Fortification intéricured’ancien Fofle nouvellement fait plus profond 8c plus ample fournira la matière à l’édification du rampar ; il ne faut pas toutefois s’arrêter à la raifon d'épargne par eux alléguée, à fçavoir qu’on petit employer l’ancien fofle: or efl: il afliiré , que l’ancien fofle ne peut fervir nulle autre part , qu autour des Courtines , ou faites, ou à faire : 8c faudroit alors néceflàirement établir les Battions entiers dans leFofle, 8c pour un, on feroit obligé d’en faire deux, ( 8c par ce moyen on s'engagerait à une dépance prodigieufe, ) dont l’un feroit compris dans le Fofle , l’autre éminant 8c plus élevé. Iliauroitde quoi ferire de ces bons confultans, qui fe perfuadent, que l’on puiflè lever des rampars 8c des montagnes, fans avoir ou prandre la terre : car ce qu’ils difent mal à propos, d’élargir le fofle 8c le faire plus creux, ne mérite point
- de
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- De la Fortification Irreguliere. 259
- .de considération, étant choie qui ne fuccéde pas toujours comme l’on panière qui fe verra clairement par expériancc.
- 2. Devant le vieilfojfé & derrière le nouveau ram par h conflruire, on laijfera Secmife> une place ajfés fpacieufe pour les fondions militaires, ce’ft à dire qu’entre le fof-
- fé & le nouveau rampar, tout autour de la ville il faudra laificr un efpace qui demeure vuide, & libre de tout autre ufage, ayant telle largeur, que le charroi pour l’artillerie & la provifion des autres chofes néceflàires, fe puifïè rancontrer & paflcr.en toute liberté & aflùrance, & qu’en toutes occafions , on i puitte aifément ranger les troupes en bataille. Et ne faut pas s’oublier en ceci.
- 3. Les cètés de la circonvallation defirêeferont pris extremément drois, & com- Tmjiém. jprenans, tout autant qu'il fera pojfille, les angles interiêurs. Parceque les lignes tortues, ou courbes, coûtent davantage à fortifier : ou repréfantent même la Figure avec des angles ineptes & mal habiles à fortifier: En outre s’il
- i a des maifons au defibusde la ville, des jardins ou choies famblabîes, qui fcient incommodes àl’arpanteur, ou à l’archite&e, il les faut démolir, plutôt que le public en fouffre dommage: de plus, il faudra planter des piquets en tous les endrois,que,toutes chofes bien confidérees; vous aurés deftinés pour les Battions; en telle forte que ces marques comprénent les côtés delà Figure à fortifier: a fin qu’âpres avoir pris la mefure des angles & des côtés de ladite Figure, il vous en reftelafituation Ichnographique,éxa&ement prife, pour en parfaire ledeflein fur une mefure certaine, 8c le préparer à pouvoir être fortifié, fuivant les préceptes du 11 Chap. du préfant livre, ce quife peut entandre de foi même bien aifément.
- 4 Avant toutes chofes on doit effayer'que la villefott régulièrement fortifiée, ou Quatriê* du tout, ou du moins en partie. (Ce qui fe peut faire commodément, quand mt' elle eft orbiculaire ) dautant que la fortification régulière ett toujours la plus excellante & mérite en toute façon d’être préférée à l’irreguliére. A quoi fera tres-à propos d’avoir en main quelques polygones réguliers, fur la même échelle 8c mefure, fur laquelle aura été pris le defiein de la fitua-tion Ichnographique de la ville à fortifier, & feront décris en un papier fort délié: & les appropriant de rang au plan de la ville non fortifiée,il ne fera pas malaifé déjuger, quel des Polygones , conviendra mieux à la place que l’on veut clorre 8c avéc moins de frais, fuivant la nature du lieu. Pre- r**»/*^ nons pour éxample,la defeription Ichnographique de la Fig. X CIX A B C a»ciéne à D, 8cc. attandu qu’elle famble pouvoir être capable de fortification régulié.. re,après que Ton aura drefle plufieurs Polygones,de mefure pareille à celui * lamoder-ci, (comme fi le côté de la ville uo étoit de X XIV Verges, & que régale m'Me ae de la defeription prife pour modèle de fortification en fit tout autant fortifie re. &c.) on .i procédera de céte façon. Le Pentagone & même l’Héxagone f» réguliers , appliqués à la ville fetrouvent compris au dedans de fon encein-te & mal propres par conféquant : l’odangle l’excède & plus encore le tout. uonangle : il n’eft donc nullement à propos de s’engager en des dépances inutiles.* mais le Septangle s’accommode juftement à la place & lui promét
- une
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- Ou bien l'on pran-dra mo delle de la fortifier fur une autre ville déjà fortifiée bien à propos qui fe rapporte en Jîtuation avec celleci.
- Cinquième.
- Faut avoir en main pour Vufa-ge, les def-feins de plu-fieurs villes bien forti- . fiées.
- Anciênes cafemattes font fuppor-tables, quand elles peuvent être ajftftées de Ravelins ou d'A-vantmur, en cas que la lisière du Fojféfoitaf fés large ou que leFoJfé ne foit pas bien profond.
- Les tours rondes feront nécef-fairement corrigées.
- 260: / L I V R E S E C O N D,
- une protedioi aflurée : on s’arrêtera donc à celuici pour l’employer fui-
- vant les Préceptes du I livre. La defeription orthographique du rampar
- appartenant au Septangle qui doit fortifier la. placeeft repréfanté enla C.
- Figure.
- Pareillement , au cas que nôtre dite ville ne fouftre pas de tous côtés d'être fortifiée régulièrement, on eflàyera divers Polygones,pour découvrir , fi du moins elle ne peut admettre la Fortification régujiérçen quelque partie, 8c rien ne fuccédant de ce côté là,on i procédera feurement fui-vant les moyens propofés aux Chapitres ci defius décris du Prefant livre : comme nous l’allons voir en la Maxime fuivante.
- y. Après que Ion aura inutilement ejfayé la Fortification régulière, dautant que la nature du lieu ne la fouftriroit qu’avec des dépances infuportables & exceftives, il faudra enfin fe réfoudre de fortifier nôtre videfuivant les préceptes enfeignés en ce livre , Chap. IV. V. VI ,&c. Que fi la fituation de nôtre place à fortifier fe rapporte avéc celle d’une autre déjà conftruite 8c de fortification approuvée, pour nous prévaloir des avantages d’une force reconue par ex-périance (;mpays b tu en Cléves 8c ailleurs, fe peuvent prandre les modèles de plufieurs telles fortes places , 8c le fage Architede doit avoir eû le foin de s’être pourveû de leurs deferiptions ichnographiques8c orthographiques , pour être préparé à tout) alors dije nous réduirons la mefure de notre ville fur lepiéd de celle qui lui rcflàmble, déjà fortifiée, ou au contraire: 8c de céte façon nous reconoitronsaifément quels avantages fe peu vent prandre , 8c quelles incommodités fe doivent éviter. Et mêmes fur tels éxamples vivans 8c fubfiftans on fe pourra mieux afiïirer, que fur une ftru-dure produite de nôtre invantion-.pareeque celles là font des chefs-d’oeu-vres d’excellans maîtres, 8c s’êtans fouvent courageufement éprouvées contre fénemi, ont eflàyé leurs forces 8c ont été inftruitcs de leurs defauts , 8c de leurs dommages ont aprisà fe corriger.
- Celà foit dit des villes , 8c principalement de celles qui font porveücs d’une trop foiblc mur aide, pour fe deffandre des attaques, qui font àpré-fant en ufage.
- Or eft il qu’il i a de ces villes à fortifier, qui au temps pafïe ont été ceintes d’un rampar : 8c l’antiquité les avoit pourveües pour leur défonce ou de Baftions avéc des cafemattes, ou de tours rondes.
- Vous avés, en la Fig. de la page 32., la peinture des Baftions accompagnés de Cafemattes; ceux ci font les plus fupportables, 8c ne fe doivent pas changer fans grande raifon ; fi ce n’eft qu’on i foit obligé par quelque autre defaut de leur ftruâure: car ils ne font pas fi fort malhabiles à fe defFandre;8c ont celà de particulier, qu’il n’eft pas malaifé de les aflifter de Ravelins en cas de befoin, ou de quelque partie de petit parapét i Avant mur, fi la fituation du FofTé le peut fouftrir.
- Il faudra néceft'airement corriger, celles qui autrefois ont été ceintes de tours rondes,non feulement,par ce qu elles font favorables à l’énemi le tenant à couvert de nos trais,ainfi que nous lavons montré au premier livre;
- mais
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- je cor. rigent aujfi en eus
- De la Fortification Irreguliere. 261 maïs aufli, parcequ’elles font trop étroites, & mal propres à l’exécution des éxerciccs militaires : on les confédéré en double manière : car les unes ont leur fofle de médiocre Profondeur 8c qui fe peut rampîir; mais il i en a d’autres, dont la foigneufe 8c laborieufe antiquités creufé les fofles fi profonds , qu’il faudroit des montagnes entières pour les combler !
- En celles là dont les fofles fe peuvent ramplir, on changera les tours de Les tours de terre enjuftes Battions, 8c d’autant que l’ancien Folle, autour du Baftion nouvellement approprié en feroit randu trop étroit, parceqùe néceflaire- & ment il aura fallu joindre à la vieille tour, quelque malle, pour la transfor- ITfiJpS mer en Baftion : auffi faudra t’il élargir le fofle en cét endroit, à raifon du *™p profond làmpar conftruit,fuivant les préceptes orthographiques de la Fortification formel' régulière : que vous confulterés. jgj" Ba~
- Etant parfaite la réformation des tours angulaires,fi le côté de la ville eft fi long, que requérant'd’être armé de tours de côté, il puifle admettre des *0UT Baflions plats A fera en votre liberté de les conftruire,en comblant le fofle en ulZ trop ' cétendroit, pour accommoder la place néceflaire à lafliéte des Battions;
- Encore que peut être il ne feroit pas du tout hors de propos, de faire au des Baflions delà du fofle, de bons & amplesRavélins, dont la dépance feroit moindre, ainfi que nous l’avons montré ci deflûs plus d’une fois, en traitant de la Dehors. Fortification irrégulière : 8c néanmoins, d’autant qu’il arrive fouvent que Jes rampars anciens ont trop de hauteur, & que les préceptes de la bonne Orthographie ordonnent de les abaiflèr, on pourroit lors commodément si UFoffê & à peu de frais , convertir la terre , 8c la matière furabondante en la con-fonTie £" ftruâion des Battions plats; qui font meilleurs en toute forte , que ne font ^ paS les RavelinS. remeâiable:
- Mais lors que les Fofles font fi profonds, quil eft impoflible de les ram- fes a^°n plir , la nouvelle circonvallation ci deflîis preferite, eft néceflaire en telle <*’««<? «>-rancontrc, ou du moins il faut recourir au fecours des Ravelins, Demi-Lu- ‘Zn^bien nés, Cornus 8c autres Dehors,pour remédier fagement à la foibleflè de no- °» l“ ajf^e tre ville. De lune 8c de l’autre manière fe voyent de notables éxamples,au- Deim tour de plufieurs places anciennes de la guerrière Guyenne, nouvellement c“s™J™'nt fortifiées , à Montauhan, Montpellier , Cauffade, Nifmes, Mtlhau, Realmont; pltu fermes 8i pareillement a Utrecht, Nimeghe, Arnem, Maeflricht, 8c ailleurs : à condi- X*ir”&fe tion toutefois deconftruire ces Dehors, d’une force extraordinaire, attan-du qu’ils font à la place dejuftes Baftions:& pour les randre armés de bon- /JT™ nés deffances,on fe conformera fur ce que nous avons ordonné au premier livre touchant les Fortereflês régulières de peu d’angles :ou du moins on fe rapét de réglera fur les Battions plats de la petite Fortification. Il arrive auffi quel-que fois , que l’on rampare ces Dehors, d’un petit Parapêt d’Avant mur: dun foffé mêmement on leur donne encore afles fouvent, un Parapêt de chemin cou-vert 9 8c puis enfin le fufdit Parapet eft encore entouré d’un petit Fofle, pa- âu/i: P™*-liflé de pieux aigus : 8c ne l’improuve pas en cét endroit, n’etant pas la rai-fbn ailleurs alléguée pareille en ce lieu ci.
- Jurante,
- Kk
- CHAP.
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- z6z
- Livre Second»
- CHAP. VIII.
- Tour fortifier les lieux ^Montagneux, Tierreux, arroufès de Tjviéres, Maritimes & Injidaires.
- IL refte maintenant d’avifer aux moyens de fortifier les places qui font battues des rivières ou de la mer, ou memes qui en font toutes environ-gZïfZ'î»- nées : & pareillement, de celles que l’on veut édifier fur des montagnes ou capables de (Jes rochers , ou qui fouffrent le commandement de quelque montagne tfote&un. voifine. Ces derniers font les plus ineptes de tous , 8c lorfque FArchitede en a le choix, il doit en toute manière les éviter : parceque, outre ladépan-ce qui eft tres-grande, ils font extrêmement fujéts aux injures de lenemi. car depuis qu’une fois il s’eft randu maître des lieux plus élevés, il aura fes approches couvertes pour attaquer la ville 8c lui porter dommage : &fur cela nous remarquerons, (4).
- Tôlierabies, Premièrement. Qu’il faudra conftruire folidement les Bail ions tournes fiilns fppo- à l’oppofite des montagnes, 8c à gransfrais les combler entièrement, pour fés h la jes randre capables de foûtenir les Cavaliers pour les batteriesjor ces Cava-jbT/fJZ- liers doivent être fort éminans, en telle forte que, fi faire fe peut, ils s’élé-puîtes'fir vent au des montagnes 8c leur commandent, pour découvrir les ca-mes pour chettes de l’énemi. En la Fig. C I,les Battions folides G H I,&c. fupportent dZlfuT de ces f°rtes de Cavaliers pour les batteries, dont la ftrudure eft très-pu>jfe être fomptueufè.
- II. Les plus proches de ces montagnes malafiurées en N, O, P, Q, R, on [i nous ^ ’ de la Fig. L X1111, feront mis hors du pouvoir de lenemi, par le mo* mettons la yen de quelques Dehors, comme du Cornu X, ou des Coronnés Simples W & S, ou Doubles, R &c.
- m pofjfion On fe refou viendra toujours, que telles places, fuiétes au commande-z>Xr*W ment de montagnes, font d’une dépance excefîive : 8c que mêmes fortifiées decéte forte, il faut encore plus d’attirail 8c plus de garnifon, 8c pref-que une armée toute entière ;les quelles chofes confidérées en tout 8c en partie, êtans au delà de toute raifon, peuvent fuffire pour nous difiuader leur fortification.
- Si ce n etoit qu’une telle ville, fut la cléf 8c le boulevard de toute une Province,ou d’un Royaume ; 8c que par conféquantil fut nécefiaire d’i employer toutes nos forces , comme on feroit en un camp de défiance, auquel nous voudrions joindre enfamble toute notre puifiance, pour l’oppo-on doit ôter fer aux e^ors d’un énemi plus redoutable de ce côté, que de tout autre. k l’énemi,^ Et partant, nous ne ferions nulle difficulté, de ravir à notre énemi toute qui le peut cacheté, ou pour le moins nous ferons en forte qu’il i foit mal afîuré, par le TZandrT moycn de *Pacieux Dehors : On me demandera ce que je panfe des faux-mai 4*ré. bourgs > Je le dirai en trois parolles.
- On
- ( Ceux de Bergop.zom, ont mieux fait. qui ont ab ba tu i force demain, le fommét delà montagne de Ka-yesbergh cjuilescommaHdoit^ôc l’ont toift difiîpé pour fe garantir de fa perfidie j mais céte manière ne peut pa* eue toujourspratiquée, r
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- De la Fortification Irreguliere. 263
- On nefouffrtra point defauxbourgs s'il nefont bienfortifiés. Car il cft arrivé Compte fouvent ; que leur prife, à été caufe de la ruine deplufieurs villes d’ailleurs/™*^, inexpugnables : Albe Royaïle de Hongrie en donne Féxample : heureufe- foivent mcnt («) emportée par Rofvmrm vaillant Capitaine, 8c a qui lAllemagne a tm ouforti de grandes obligations ; après que par adrefièilfè fût randu maître defes7^^ fauxbourgs,aux dépans de feptou huit des Tiens feulement : 8c depuis ilen^tfe de coûta au Turc plus de 20000 pour la recouvrer. Hongrie.
- Mais pourmontrer que céte faute eft commune par tout, nous l’apprenons de ïéxample de Vienne en Auftriche, étroitement aflîegée (b) par Sultan vienne Solyman, en l’année X XIX du précédant fiécle. d'Auftn-
- Ce Monarque d’Afie, avoit déjà dévoré en panfée, toute l’Europe, 8c ° *' avéc la Hongrie fe promettoit d’afïïijétir à fà tyrannie, toiit le reftede la Chrétienté,payant pas feulement une armée de plufieurs centaines de milliers d’hommes, mais encore céte fauffe couleur de droit *. c’eft à feavoir (*) quêtant ajfis au throne du grand Empereur Conjlantin, & tenant en mainfon feeptre Jmpêriaîje fouverain Empire du monde lui apartenoit légitimement: laquelle pan-fée ne doit pas fambler fi étrange en un Turc, qui ne fait pas une fi éxade profelîion de juftice-.veû que lés Chrétiens en leurs guerres de ce temps ci,
- (et qui n’efl aujourdhui mêlé encétefurieufe querelle ? ) en fui vent pas à pas, 00 toutes les traces. Après avoir arrêté en eux mêmes l’exécution de
- Kk 1 leurs
- . (a) Ortelius III partie de la Chronique de Hongrie en l’annee i<îot. (i) le même partiel l’an 1529. (c)orte-
- Jius partie 1 de la chronique de Hongrie en l’année r s 3 2. (d) Les Rois Très- Chrétien 8c Catholique.ont l’avantage de la première & plus confiderable puiffance & dignité entre tous les autres Princes Chrétiens : La communion d'une même religion, le fang 8c l’obligation des alliances contrariées entre cux.les devroit joindre enfambled’un liend'amour 8c d’intelligence indifloliible (Philippesde Comminesdit en quelquelieu , qu’iln’ia point deroitplus aUiés au monde , que les 'Rois de France ip- de CaftiUe, parcequ’ils le font de Roi k "Roi, de Couronne a fouronne & d'homme k homme) & toutefois en quelle partie du monde trouvera ton une plus acharnée contrariété, de haines, d'ambitions, de deffeins 8c d’éxecutions, que celle qui fe voit entre ces deux Royaumes? Toute la terre n’eft elle pas en trouble à l’occafion de leurs divifions JI a t’il en l'antiquité un éxample d’une guerre plus obftinée & plus enragée, 8c qui ait produit de plus déplorables effets quecelle qui fefait aujourduientre ces deux Monarques .acharnés à leur mu-tuelle deftruétion? L’un & l’autre pourtant publie des écrits. où chacun d’eu x donne le jour à des couleurs curieulë-xnent recherchées, pourrejetterla faute d’une guerre fi effroyable fur la mauvaifefoide fon adverfaire&s’en jufti-fier. uAuffi tôt les lettres du Roy Louys, déclarèrent non feultment la jufte caufe qu’il avoit de mouvoir la guerre, mais aujfi la nécefftté qui l’i contraignait : ditBoxhorniusen fonhiftoiredeBreda. Qu'ayant dtfsimulé fouvent fis propres injures facettes de fis alliés, le mal s’était aoereû par céte connivance, ir que fe trouvant provoqué par les armes, couvertement, ouvertement, au dedans & au dehors,il fi reconoiffoit obligé de les repoujfer £r de porter dommage à fis ennemis par les mêmes voyes. Que fous une couverture de paix, on lui faifoit la guerre, fe que les Efpagnols lui ont fait fantir partant d'entreprifes faites contre lui ne l’a que trop long temps fiujfert, étant la perturbation de la paix publique ( ordinaire pajfetemps de leur ambition, & le mé-frk des traités unjoüét de leur perfidie , &c. Qu ils avaient pajfé jufques la que de violer le droit des gens, £r d!avoir offancéen fa ptrfonne la prérogative de laMajefté, ayans les Efpagnols dépouille parforce & enlevé f Electeur de Trêves, pour avoir pour-’ veûk fa fureté,en recevant garnifon de François, non pour nuire aux autres, mais pour fe conferver feimême entre tant de guerres fo de faidions qui divifoient alors l'-Allemagne, (r que, qteoiquileûfi plufieurs fois folltcité la liberté de ce T rince , Ferdinand 1er et enoit encore, augrandpréjudice de faréputation. Qu’il était forcé deprandre les armes, pour tirer l’innocent de l’op-frefiion, & lui départir les offices de ‘Tic té, k quoi la ProteBion l’oblige. Que ceux dont /’injufiiee l’engageait k la néçefîitéde frandre ce parti, en regarniraient les effets : Et que Dieu , ni lui , ne manqueraient pas , k foâtenir le droit d'une fi bonne caufe fre. A celà repartit , l’Jnfant d’Efpagne , Gouverneur du pays bas 8c de la Bourgogne , fous l'autorité du Roi fon frère, Philippe IV. & fit publier en fes Manifeftes. Que le Tra ité de Perpignian, avoit été rompu par laperfidie des François, fans aucune faute de la part des fiens ire. Que les François avaient éxécuté toutes les chofes dont une amitiépeut être violéetexercétous aides d'hofiilitécontre les alliés i? les (ujéts d'Efpagnes-,s’étoient joins k leurs énemis,irt. voient contra£té nouvelles alliances au préjudice du traité de Perpignian. Incité les Suédois contre l’Empereur , ù" les avoient afsifiés de grandes fimmes. vivaient entrepris contre la Maifin d’^lnfiriche, premièrement en cachéte , irpar l’entremife d’autrui, puis far eux mêmes. Qu ils avoient ejfayéplufieurs villes de tous cités par embûches (r trahifons , & randu les chemins difficiles & mal-ajfurés k leurs alliés, &c. Mau quel intéreft avoient les François en la caufe d’autrui ? Que celui de Treves relevoit de P Empereur,& non du Roi de France. Qu'au refte la néceffité de fe deffandre i? la mattvaife catlfe des énemû,lui donnoit ajfurance d’un Son fuccés. Enfin , qu’il prenoit k témoins Dieu £r les hommes , que ni la caufi, ni les malheurs de céte guerre ne lui dévoient t tfire imputés , & qu’il proteftoit de n’efire coupable des maux qui en réufs iraient. Que les François avoient defiré la guerre & gouraient. Céte couleur de parolles belles en apparances , trompeufes en effet, impofoit plus facilement aux fiens qu'aux étrangers. Néanmoins envers ceux qui n’ont pas l’expériance des affaires , la fauffeté ne lailfe pas depene-tter plus aifement en leur créance, n’ayans queledifcourspour leur former le jugement r Mais les fages&les conformités en l’ufage des chofes, ne s’arrêtent qu’à ce, dont ils conoiffent le fons : D’ou vient que leur jugement eft plus affûté 8c qu’ils ne prêtent pas leur cré ance , que fur bons gages. Pandant cela , la diverfité des interefts & des affeélions , mitau jour, entre les deux partis, un grand nombre d’écrits , 8c comme des paffions différantes les avoient produis, ils trouvoient aufli des leéleurs de gouft différant; tout cela fe faifoit,fous noms empruntés bu dif-fimulés, Difons en un mot : la même Tragédie fe joiis par tout, il n’i a différance que des.perfonnes, mais de tous côtés, ce font les mêmes caufes 8c argumens qui font agir. A celui quiferoit accoutumé de condâner abfolument tous lesfaisdes Papilles en fuitte de leur Religion s’il vouloit improuver les deux manifeftes Catholiques fus man-
- tionés
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- 2,64 Livre Second,
- tîonés je reprefauterai les Manifeftes de ces peuples du Septantiion, Danois & Suédois, (chacun d’eux faifant profef-ïion de la Confeffion d’Ausbourg) touchant la guerre qui s’eft faite ent: e eux inopinément céte prélànte année & la précédante, auxquels tant les uns qçeles autres ne manquent pas à propoier de puiiTantes& prefque innombrables raifonsdela jufticede leur caufe. Mais au tribunal de la guerre, ce n’elt pas un Caton quieft le juge, c’eft la force, la Viiftoire & la fortune qui donne les Arrefts. Mais pour dépeindre au vif les moeurs de notre âge, & les juftes ju-gemens du grand Dieu,abandonnant les Chrétiens à l’éxcercice de leurs fureurs & de leurs ragesjajoutons un troi-iiémc éxample. Voyons nous pas des livres qui recommandent le Roi Charles de la grande Bretagne , de toute candeur, innocence & intégrité: cepandant qu'il i en a d’autres qui le décrivent, ranverfant la Religion réformée opprimant la jufteSe ancienne liberté du pays, & commele flambeau & le tourbillon,qui a émeû & allumé la guerre civile: déplorable à la vérité : ayant déjà duré fi grand nombre d’années avéc tant de fureur, entre le Roi & les fu-jets, entre les peuples de Royaumes fi alliés, ou plutôt entre freres. Quant à VEmpereur Ferdinand III. (cét éxample efl d’une efpcce mixte, mais au moins céte guerre ci qui fefait en Tranfilvanie n’eft pas fi deteftable que celles, là qui fe font entre les freres germains)ilaura certes beaucoup fait,fi par les Manifeftes il peut rejetter toute la faute & l’occafion delà guerre de Hongrie, fur la confluence des Chrétiens de toutes les fortes qui l’en accufent, â iça-voir les François Catholiques Romains, les Suédois Luthériens, & le Ragoskt Reformé. Mais il cède à la fin”: dironsînous qu'il ait préfanté la paix, ou qu’il l’ait receüe ? quoi qu’il en foit ce courage , o Cæfar, eft digne de louange, d'avoir fermé ce côté de l’Empire par une bonne paix! Autrement tous cesdéfanfeurs & profeflèurs delà Religion Chrétienne Romains, Luthériens & Reformés, préparoient un pont àla tyrannie du Turc, cruel & irréconciliable énemidu nom Chrétien, parle moyen duquelil eût enfin percé jufques au coeur de la Chrétienté, à laruine de nos fuccef. feuis.
- leurs acoutumées injuftices, ont ils autre panféc que d’impoferaumonde, que-ie mal qu’ils commettent eft fondé fur le droit ? («) Mais Philippe Comte Palatin, généreux défanfeur de Vienne, fans s’émouvoir de ces pretanfions du Turc ci dcftîis alléguées, considérant que les Fauxbours de céte ville mal fortifiés, ne pou voient fubfifter à l’encontre d’une fi puifiànte armée, trouva plus à propos d’i mettre le feu, plutôt que 1 enemi les occupât pour s’i mettre à couvert : 8c par ce moyen furent mifes en cendres le X X11 Septembre plus de D C C C magnifiques maifons,au grand dommage des habitans.
- Mais c’eft une honte de heurter deux foiscontrc une même pierre 8c c’eft merveille que le magiftratdc Vienne n’aitpû aprandre à devenir fàge dans un cfpace de cent ans.
- Car ayant perdu la mémoire de leurs pertes &. des dangers où ils s e-toïent veûs expofés à l’aproche des armes dcSolyman,& s’étans endormis mal à propos, après la reftitution des mêmes Fauxbourgs qu’ une fi longue paix avoir relevés d’une façon plus magnifique que jamais , ilspanférent aufti peu aies fortifier8c par une extrême ignorance 8c mépris dcl’Archi-te&urejes virent encore une fois condanés au feu. En l’année MDXCVI Mahomét III, menaflànt d’inonder l’Allemagne de toutes les forces de l’Q-riant, fous fa propre conduite, pour faire marcher fon armée en meilleur ordre 8c fans confufion, l’a voit partagée en trois troupes : L’avantgarde commandcé par Cicala contenoit L X X X mille hommes de cheval : en celle du milieu ou écoit toute la force de l’armée , on contoit quarante mille Janifiaircs : En l’arricregarde apres tant de milliers de Cavallerie 8c d infanterie, étoit Mahomét accompagné de plus de cent mille Cavaliers 8c piétons mêlés infamblc: 8c d’autant que l’onpréfumoit que fon premier effort feroit contre Vienne , l’Empereur envoya Ekemherg pour la deftandre, avec commiftlon exprefte de ruiner tous les jardins autour de la ville 8c
- tous
- {a) Tous ces libelles ne font autre chofe qu’une femance de troubles, tel que celui que nous avons vû depuis peu ayant pour titre: La Recherche des droits du Roi & Couronne de France 5 fur les Royaumes Duchés Comtés Se l’ays occupés par les Princes étrangers,Scc. particuliérement fi les François prenoient lafantaifie de vouloir autorité.'leurs pretanfions du Droit Canon , Quieft la Dernif. reRaison DesRoi s. Quelle feroit alors la puiflar.ee du Roi d’Angleterre, fi après que la France auroit amplifié fes bornes deceie forte, il faifoientrevivre & valoir leurs pretanfions fur céte Couronne. Je ne parlerai point des celles du Pape, fur les Royaumes de Pologne d’Angleterre , de Sicile, &c. fait fage par l'éxemplede TSaromus que les Efpagnols ont chaftré&parcelui de l'archidiacre de To«/condamné parle Parlement de Paris : je produirai tant leulement, FranpouZypausl. C. Proton. Apoft. Archid. d'Anvers : quinousà donné, l’Etoupeure de la grande gueule de Cajfan dévorant toute C Europe &c. Maisquelles font enfi n les pretanfions des rois d’Efpagne fur la France,comme deiçandus en droite ligne mafculine du roi Cio-vis à ce qu’ils difent, fur l’Angleterre, la SuilTe, la Seigneurie de Venife & fur tout l’L nivers.
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- De la Fortification Réguliere. 2,65
- tous les fauxbourgs, afin que l’énemi ne pouvant si loger à couvert, en fût repoufie avéc plus davantage 8c de commodité. Il difoit prudemment avéc Thucydide, quil valoit mieux bazarder quelque peu de fa réputation , & donner quelque chofe h la crainte, quoi que, peut être, vainement, pour fe lien préparer contre tous les bazars qui peuvent tomber fous la prévoyance , que de sendor- ‘ mir & s'ajfurer par trop S? par un dangereux mépris s expofer téméraire ment h la merci d‘un puijfant ênemi. Il avoir raifon : mais on fe pourvoirait encore mieux 8c plus feurement, en édifiant, que non pas en ruinant 8c enembra-zant. Pour ce coup les fauxbourgs de Vienne furent prefervés de l’em-brazement : La puifiànte armée des Chrétiens en ayant fermé le paflàge à Mahomét.-Borrius (*)eftime qu’elle étoit compoféede XXXII mille chevaux, braves et leftes, 8c que l’Infanterie étoit de XXXVIII mille hommes,avéc C XX Canons & X X mille chariots pour le bagagc.Quelle autre puifiance que celle de l’Allemagne,& floriflânte eut été capable de s’op-pofer aux débordements 8c à la furie, de ce torrent ? Mais, malheur à toute là Chrétienté, fi à préfant quelle efl épuifée,elle étoit contrainte defou-tenir un pareil dfort !
- Tournons le fcuillét, 8c donnons aux Turcs à leur tour, lejufte blâme, mdeen d’un fàmblabîe mépris, ou ignorance de la néceflité de notre Architc&ure.
- Déjà la faifon de l'ejlé étoit paffée, quand les Turcs mirent le fiége devant Varadin en la haute Hongrie.Le s Chrétiens pour le faire lever & les en divertir,attaquèrent Bu-de &f prirent d'albord à force de canon le fauxlourg, qui étoit figrand quil contenoit quatre mille maifons. if) Un tel fauxbourg valoit bien la pêne qu’on le fortifiât,plutôt que d’encourir la nécefiité,ou d’être mis en cendres par les amis à l’occafion de fa foiblcflc, ou, d’être pillé 8c ravagé par les énemis.
- Au refte, l’édification des villes en lieux élevés, fe rancontre, ou fur des fortem
- 7 reps , que
- montagnes, ou fur des rochers. ton bâtit
- Pour les conftruire fur des rochers, après avoir taillé le rampar dans le «»/«• roc,on lui impofera le Parapet de terre/pareeque la terre reçoit les éfibrts ra}es Para-du canon avéc moins de danger pour ceux qui defFandent la place. nlnd*
- Il faudra que le tailleur de pierre taille les parties du rocher que s avan-^em-cent trop, 8c que l'ingénieur ramplifle de terre celles qui font vuides ; affin que ceux qui font à la défiance jouyfient d’un afpe&qui foit libre par tout 8c de tous côtés : 8c que les coups qui partent de la ville ayent la faculté de flanquer 8c de rafer tout à l’entour de fes ram pars, en toutes les atttaques 8c entreprifes de l’énemi: plufieurs autres chofes pourraient être ici rapportées 8c preferites, à quoi la prudance d’un architeâe intelligent pourvoira d’elle même facilement. Mal à propos , je voudrais ici ordonner de toutes les particularités, étant néceflaire d’en permettre beaucoup au jugement 8c à l’expériance de ceux qui conduifent les oeuvres. injiruira.
- Mais enfin, tous les préceptes 8c précautions qui fe peuvent donner par écrit, ne feront point fi capables d’inftruire en céte occafion, que les éxam- donnés^ pies des fuivantes villes 8c fortereflès, d’admirable ftruâure, Oranges, B ri-ecnt'
- Kk 3 fac,
- (a) A u livre de l'Empire des Turqs en la dite année, (b) Rheidanus au X V. liv. de fes Annales. Ortelius en la III partie de la Chronique de Hongrie en l’année MDXCVIII.
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- a <S6 Livre Second,
- fac, le Chateâu de Namur, Miolans, Monmelian .faint Michel1 le fort de Brigan-con, 8cc.
- vne légère Quant aux villes que Ton édifie fur les montagnes, pareequ elles ne font uthn, ga- pas toujours éxamtes du danger delà mine, il faudra comprandre le piéd ^îüJfuuèe ^es montagnes tout a l’entour d’une légère circonvallation 8c ceinture pria mon- pour remédier à cét inconveniant : Il faut ici voir, Genève, Lion,Montaubany ^angefde Se^an > Htfdain, Anduze, Pignerol 8c famblables villes 8c forterefles, dont la mine, l’ingénieur peut tirer feurement les modèles de fon architecture.
- • Toutes les Iïles , tant celles des rivières, que celles de mer fe fortifient avec peu de pêne 8c de dépance : pareeque les feules eaux les tiennent d’ailleurs allés allurées contre les attaques de l’énemi :8c partant elles n ont point befoin d’être armées que d’une légère Fortification.
- Depuis peu & à l’heure même que notre preneur de villes étoit en Av/c peu armes , 8c portoit déjà la terreur 8c la frayeur des fiéges dans le fein de fes înfoHifil1 énemis 5nous avons veû naître à nos yeux 8c quelque vigueur 8c vigilance les Ifies,qui dont nous puilïions nous glorifier en de famblables occafions, nous avons V/udlttn- ve^ élever à l’avantage de notre énemi 8c à notre dommage, en un mo-tina»t,qu’à ment du milieu de la Meufe , le fort de Stevenfveert : la raifon decéte dili-m\lufquè** gence, qüî prévint alors notre opinion 8cnos prévoyances : c’ell que la dé-Exampie de pance d’un feul 8c foible petit Parapét, le mettoit en état de bonne défance.
- C’ell; ainfi que les Forterelîès des Illes, féparées du continant au delà de la fituaüonefi Portée Canon, n’ont befoin que d’être bien légèrement fortifiées : ne teüe, que leur étant pas malaifé de contrecarrer les efiors de l’énemi qui ne les atta-propos^noui ^uc Ti’à Petis bateaux ; mais s’ils fe fervent à les attaquer de grans
- avions né- vailîèaux chargés de canon, l’artillerie des Infulaires bien allurée 8c ferme-fontfieyle msnt pointée, les écartera 8c les brifera, avéc encore plus de facilité.
- Robufie si la largeur de la rivière ou du bras de mer, eft plus étroite, de façon
- Tifiïfipa- que la féparation de Fille d’avéc le continant, fe rancontre bien au defibus rie du con. ja p0rtéedu Canon, il faudra donner plus de force au rampar, 8c néan-dejfous de la moins il ne fera pas néceflaire de lui donner la même épaifièur qui eft re-^Moufquet. Çnife Pour ^es autres, que l’énemi peut approcher fans mouiller le piéd: Et que u car encores qu’il i eût fait brèche à coups de canon, il n’eft pas toutefois en 77utrfne fon pouvoir dp s’én randre maître. Mais cét avantage eft contrecarré par l’eau fojt une autre incoinmoditéde la rive oppofée qu’il fera néceflàire de fortifier,
- randuelt- r r . u r . , v _ .
- brepar le de peur qu’étant fi proche, i enemi ne 1 employé a fon ufage, i devant des Z?Detors ^orts ou ^es Cavaliers pour fes batteries, par lesquelles il auroitle moyen de battre en ruine le dedans de notre Fortereflè.
- Deux def- Lorfque le fort de faint André étoit en la puilïànce de fon Roi qui l’avoit fams du conftruit,il avoit l’un 8c l’autre de ces defïàuts. Du côté du Vahal alîis en la ^Andrffujét terre de l’énemi il étoit hors de danger : mais en la rive doutre Meufe, ils au Roi. avoient négligé de fe fortifier^ quoi s’ils euflent été avifés de pourvoir de bonne heure ; ilseufiènt beaucoup éloignél’énemi afliégeant, 8c n’eût pas été fi facile de lesclorre de tous côtés, leur reliant comme une porte ouverte pour recevoir de Brabant les fecours necefiàires : Notre Maurice ne
- man-
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- De IA F ORTIFICÂTÏON I A R E G ü LI ERE. 267
- manqua pas de convertir ce defaut à fon avantage , 8c defe montrer diligent à la fortifier , i élevant un Cavalier pour une batterie de douze canons , dont l’événementfit reconoître l’importanee : car le 28 de Mars du préfant fiécle, chacune de ces douze pièces porta vint & cinq coups contre le fort * avec tant de fureur 8c de fuccés, que non feulement les huttes desfoldâs furent prefque toutes ruinées, de telle façon qu’ils furent contrains de fe loger àlærle long du rampar;8c principalement de fetenirca-chés au chemin couvert, pour fe garantir du danger queportoit quant 8c foi le débris de leurs huttes : maisaufiil’arfenal du fort, 8cles magazins des munitions 8c provisions tant civiles, que militaires, 8c les moulins de toutes les fortes, quicontenoient toute lefpérance 8c la richcfiê des habi-tans, furent la plus part abbatus 8c réduis en poudre. Cepandant toute la chaleur de cét orage n etoit qu’une revanche du mauvais traitement qui avoit été fait à un de nos trompettes, fans panfer autrement à les emporter : mais fi lafliégant eût fuivi céte pointe 8c continué feulement une fois céte batterie d’un même effort 8c violance, il n’en falloit pas davantage pourfe randre maître du Fort 8c n’eût point fallu ni fang, ni pêne pour cét’ effet ; 8c par ce moyen eût été commancé8c achevé un fiege de fi grande importance en un feul jour contre toute cfpérance. Parcequc le rampar de ce côté là tourné vers le Brabant ami 8c favorable, ayant été confirait avec un peu de négligence , n’étoit en aucune façon capable de refifter à l’effort du canon, 8c de toute autre part de fon enceinte avoit afies de force pour s’oppofer à toute violance. (*)
- J’ajouterai encore , que le rampar de ces Forterefics infulaires, quand mêmes on le voudrait conftruire aufli robufte que les autres rampars,n’ob- fans b*-lige pas pourtant à fi grande dépancc-.car il eft baftant de fe foutenir fans f'Zmpkdt être afiïfié d’aucuns Baftions-.or eft il qu’entre tous lesmambres d’une For- skenk> tification, il n’i en a point de plus fomptueux que les Baftions, ni qui con-fomment plus de travail 8c de dépance. La fufdite raifon eft confirmée par l’expériance, fur les éxamplcs du fort de Skenk,de Ifèloort 8c deplufieurs autres Forts Infulaires de la même façon.
- Quant aux villes fituéesfur les rivières, ou les lacs qui font navigeables,
- Les utiles affiles fur les u'vtéres font meil-
- il n’i a point de doute qu’elles font préférables aux autres méditerranées, hürësqL néanmoins leur ftrudure eftdouteufe, quelque fois aifée, 8c d’autrefois l*sMedlter-auffi ne fe peut entreprandre qu’avéc grans frais.
- ranées & quelquefois
- U peut être que le côtéde lariviere,n’aye pasbefoin d’être fortifiércom- *t"l£fëciU me ilfe voit en notre fuperhe Am/}crdam,(\\x\ ne daigne pas fe couvrir du cô. omft.u-té de l’Ya, du moindre rampar : mais un tel éxample n’eft pas de ceux que Ca'r ou. fon doive imiter : car encore que céte ville fût dépouillée de toute fortifi- l^"i^ntie cation, le nombre 8c la vertu de fe s habitans eft fi grande,qu’il eft afies afiu - long de ré de fa propre valeur contre toute crainte delenemi. Et d’autre part nul plZlëfiL énemi ne le peut entreprandre de ce côté la : Car non feulement la force 8c # être font-la vigilance^ d’Enchufe 8c enfamble toute la Northolande lui ôte ce foupçon: l’ex ample
- mais d'Amftef\ da,m tntmt
- table.
- {*) Sonius, liv. XL VII. xo. feuillet de mon édition.
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- 2.68 Livre Second»
- mais déplus le pafiàge du deftroiâ: méridional (*) efl: encore bien pins difficile,étant couvert d’un fi grand nombre de vaiflèaux, que la moindre chaloupe ne s’ipourroitpas échapper malgré nous: outre l’étrange quantité de navires qui font à l’anchre dans la ville,qui fe peuvent lâcher à toute heure de notre port, pour contrecarrer les efforts de toute entreprife navale qui fe pourroit faire à notre préjudice, encore que d’ailleurs elle auroitfurmon-tétoutes les autres difficultés.
- Il arrive fouvent que la ville du côté de l’eau fe fortifie de vérité, mais légèrement 8c à peu de frais, parce qu’en cét endroit les eaux fourniflènt affés bonne deffance , 8c partant on fe contante de fermer la ville en céte part d’une fimple muraille , pour être feulement afîuréscontreles irruptions fubites, 8c donner une bride à la témérité des entreprifes hazardeu-pour u fes : de quoi fe voyent quelques traces à Bommel à Gertrudenberg 8c à Ma-gavent ftnchv. & particuliérement au bourg adjacent à celuici,qui efl affis fur l’au-pafer d’une tre rjve de fon fleuve nommé WyCk, &c. Mais la plus part aiment mieux ufZÏrL s’aflurer davantage,en élevant un rampar médiocre : quelque fois auffi on îudZTfoi. **c couvre d’unjufte ràrnpar, de hauteur 8c largeur convenable, mais fans bie rampar, Battions, à l’éxample de la noble ville d'Anvers en Brabant autre fois fi riche 7unfl(h & fi puiflànte,8c de Rotterdam en Hollande aujourdui floriflànte 8c de gran-rampar de réputation : 8c d'autres infinies.
- Mais à fin de fe randre maîtres du pafiage de la rivière 8c que tous les o» Vécarte- vaifièaux allans ou venans foient afiujétis au pouvoir de notre artillerie ;on wlmen fera que le fufdit rampar s’écarte tant foit peu , jufques à former un angle ^Tenaille a- tres-°^tus » quifuffife pour fa propre deffance, 8c pour tenir auffi la rivière fin qu’il en fujétion : Voyés en la Fig. C11. le rampar en forme de Tenaille abc ou
- bien on fe fervira de l’angle M du Polyg. CI 11, non fortifié, par le moyen Vautre duquel tout le rampar M R 8c M N, fera randu libre de tous côtés, contre rivière e& les irruptions des pirates. En céte îotmeCnod/enburg oppofé à Nimeghe mèmement pautre bord de la rivière, protège le Vahal, en la Fig. C111. Mais fi Je l'armer de cours de la rivière ferme le côté de la ville en tournoyant : alors on mettra eanon. en ufage la forme CIV pour la nettoyer 8c en confêrver la maîtrife : ou bien on dreflera des terrafles pour le canon, afin que le pafiàge foit toujours en notre puiflànce, 8c particuliérement cela fe doit faire fi le rampar efl tiré en droite ligne.
- ou bien on Voyés la batterie O de la Fig. C V, à l’éxample duquel, on en peut faire %fie7rs pluficurs autres pour le rampar et à proportion de fa longueur. On peut enfin conftruire le côté bordé de la rivière avéc les Flanqs abc de fhi&Yé f-feriaZavï ^1 de repoufler l’énemi approchant fur l’eau de part 8c d’autre : (voyés la gaüon. Fig. CI) & puis l’une 8c l’autre des Faces,dg & eg concourantes eng,(il faudra pour fervir d’éxample,fermer de la panfée l’emboucheûre g du port R, & fe repréfanter le côté tout entier de la ville comme s’il étoit fermé) ces Faces di-je concourantes en telle forte que l’angle intérieur de g en foit conformé ; qui puifie fervir de bride a l’un 8c à l’autre cours de la riviere:
- d’au-
- (s) Zupittt-Zee*
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- De la Fortification Irreqxjiiere. 169
- d’autant que chacun des Flanqs ne pourvoit qu a l’un des deux. Mais pour La départe* dire naïvement ce qui en eft, céte première ftru&ure de rampar Flanqué, à raifon de tant de Flanqs, n eft pas de petite dépance : 8c fi le flot bat à eflfomptu-l’encontrc, les frais feront encore plus grans à le maintenir, d’autant qu'a- Zmfdt véc plus de recoins il s’oppofe à la violance du fleuve. Céte guerre fe re- pt. commance tous les ans avec grand dommage entre le Rhein & famblables Exemtles-ouvrages, qui font à Rkês 8c à Emhric en Cléves : mais parce que ces villes font de fortes barrières pour les Provinces Unies on ne foufïre pas qu’en ce combat, ce noble fleuve emporte jamais la Vidoire : mais cés provinces obligées par l’intereft de leur confervatfon, ufent de diligence à reparer les dommages qu’il fait à céte place. Ce fera donc au fondateur de la place à fe conoître, & à bien juger de la portée de fes moyens, 8c s’il ne peut pas les étandre beaucoup , il pourvoira à fe garantir à propos des ruines dont il eft menaffé par le voifmage d’une rivière. Autrement fi le fleuve eft un ^ peu féparé de la ville, { en telle façon néanmoins que céte diftancefoit au moindre fi dedans de la portée du Canon ) 8c fi fon flot ne vient que rarement battre fes murailles 8c légèrement; en ce cas on peut employer céte ftrudure,réedu hrd pour n’être fujét à la violence d’un dangereux voifinage puifîànt en navires. rl *
- Mais lors que céte féparation eft encore un peu plus éloignée, comme à .la jufte portée du Canon, 8c d’avantage : en ce cas nous confèrverons la ri- le tir du viére en notre pofleflion en bâtiflânt quelques forts détachés furie rivage ; ^fer Z dis en la manière que Vefel de clé va s’eft aflujéti les rivières du Rhein 8c de la forts fur u Louppe : ou bien on portera des bras continués depuis la ville jufques à la ITpTnèr* îive du fleuve , de peur que fon ufage ne foit douteux, ou ne tombe au de*ebsr^“f 'pouvoir de l’enemi 5 on obligera les habitans du rivage à leur defïànce *» ZllZqliln c’eft ainfi que Zwol, s’eft joint à l'rfel fon voifin d’une ferme 8c infépara-
- ble'focieté. gneurie.
- Il n’eft pas malaifé déjuger, que le rampar battu en piéd du flot de la ri- Lesram~ viére , doit être afïis fur de bons fondemens 8c revêtu de pierre, ou de bri- Pars battus que, à telle hauteur jufques où l’eau fe peut élever en fe débordant, autre-1itfondt' ment il feroit bien tôt anéanti, 8c emporté, incapable de réfifter à la vio- & vétm de lance du temps dévorant & à la continuelle impétuofité des ondes. ***"'
- Quant aux villes afïifes fur le bord de ces fleuves rapides 8c impétueux, &
- ’ qui roullent leurs eaux d’une grande force, il faudra foigneufement pour- tZfZW voir que le rampar ne foit pas expofé à foutenir les premiers coups de Veatt î,our . leur fureur, faifant en forte que le flot n’i parvienne , qu’il n’ait été rompu ^T^ude-& afïbibli, par l’oppofition de quelques digues 8c levées avancées en l’eau ; „ on peut encore mettre au devant de fortes paliflàdes, de pieux robuftes 8c de grofTes poutres a doubles rangs farcis de grandes pierres, de ruines „J„°rfens~ d’édifices, 8c de toute forte de maçonnerie s’il eft befoin, pour garantir la ville de l’effort 8c fecouflès des montaignes de glace, à l’aide des quelles VZéeefiZ^ ces grandes rivières lui pourraient quelquefois livrer de rudes aflàuts. ^JZdtîl
- Quand pour obvier aux ra vages, que le débordement de la rivière fur ville pour laquelle eft aflize la ville apporte quant 8c foi, on lui veut oppofer des le-
- L1 Vées xiviért*
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- %jo Livre Second,
- vées de terre, il faudra foigneufement placer les Battions adjacens en telle manière, que le prolongement de la dite levée correfponde au milieu de la Courtine, car ficételevéefe rancontroit vis à vis du Baftion ; quand l’é-’ nemi l’auroit occupée, ledit Baftion n’a droit pas peu de pêne à fe foûtenir, étant le dit ennemi à couvert fous la dite levée,contre le Baftion plus éloigné 8c la Courtine interpofée, dont il auroit tout avantage pour incommoder le Baftion voifin, par le moyen de ces grenades,bombes 8c pots à feu, 8c d’i porter les falves de fes Moufquetades, & mêmement d’i avancer fes galleries, fappcr 8c miner prefque impunément : ceux du Baftion aflàilli, n’ayans pas les moyens d’une bonne défiance, pour fe garantir des attaques des afiaillans : extrêmement incommodés tant de la hauteur de leur propre rampar 8c famblables difficultés, que des machines & du feu 8c des continuelles infeftations de leur énemi. Il nous faudra prandre garde bien foigneufement, que nous ne randions inutiles par ce moyen , nos Bâftions, qui font les plus nobles 8c plus nécefiàires parties de nôftre For-tereflè.
- Levée de A Schoonhove ville de Hollande, la levée oppofée au Lek, qui eft le bras
- devZaZ droit ^ein, a été mife très à propos, vers le milieu de la Courtine éx-xhei». aâement entre deux Battions : La terrafiè, comme il fe fait, eft avancée julques au fofie de la ville, laquelle eft jointe 8c lbûtenue d’une levée de pierre, qui pafiànt au travers du Fofie , fe va randre fur la Courtine de la ville : par ce moyen toute la querelle fe démêlé fans aucun dommage entre la levée de brique 8c la rivière, qui eft ainfi retenue de mêler fes eaux à celles du Fofie, 8c empêchée par céte bride , qu après s’être tirée de fon canal 8c du Fofie , elle ne fe répande puis après infolemment au préjudice des jardins 8c de la fertille campagne des environs. c ïftruitf* Qi?e^efois ^ quefti°n de conftruire un fort fur une levée,contiguë à
- fur u levée unbord de rivière tombant en précipice 8c fort efcarpé ; 8c d’autant qu’el-defc7rpe'mgt ancienne 8c bien établie on ne trouve pas à propos de la démolir, n’ayans pas de meilleur moyen pour afiurer la nouvelle conflrudion de nôtre rampar, contre l’impétuofité du fleuve : 8c ne fe peut néanmoins prattiquer entre la levée 8c la rive, afles d’elpace pour i établir une demie Courtine ; pour faire en forte que la dite levée, trouve fa place juftement au milieu de deux Battions : on fe fer vira lors, pour la fermer, du demi-Baftion, S ou P de la Fig.CI, qui peut être bravement defiandu de la somptueufe Courtine 8c du Baftion adjacent. Et d’autant que la ville ne manque ja* ftruciure de majs fe foiblcflè en cét endroit, on ranforce ordinairement ces Dcmi-ba-
- ccts
- à caufe de ftions, des Cornus A 8c B ; 8c par deflus on i ajoute les Ravelins D 8c C : pivfieursde- £ enc0re, en cas de befoin on fait fuccéder à ces Ravelins les autres Dehors, marqués E. Il eft aifé de voir combien eft fomptueufe 8c difficile la ^ ftruâure d’une ville qui ne fe peut pafier d’une levée fltuée de tel le façon : ™sS<h°bïî~ non ^eu^ement à caiife de tant de Dehors nécefiàires à fa défiance : mais que qu'il principalement à raifon du Fofie, qui ne fouftre pas volontiers, que la ville fZlsfkMé< SLu’eUe embraflè 8c porteen fon fcin, foit abandonnée à ces attouchemens
- étran-
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- De la Fortification Irresuliere. 2,71 étrangers, & ne la voit pas affervie à d’autres chaînes que les fiennes fans une extrême jaloufie. ce qui n’efl pas (ans bonne raifon, car fi une fois l’é-nemi fe rand maître de la levée, ( ce qui ne peut être empêché à une grande puiflance,) il faut en fuitte 8c en même temps que tous les ouvrages de Fortification contigus à la ville tombent en fon pouvoir : 8c lui par la commodité d’en être fi prés trouvera un facile paflàge à pouflèr fes mines au cœur de la ville : c’eft ainfi que la ville étroitement conjointe avec la levée» peut recevoir par céte alliance le coup de la mort. Mais la crainte des furieux ravages d’un fi mauvais voifin qu’eft un fleuve, ne la tient pas quelque fois en moindre fouci, que l’appréhanfion des outrages d’un puif-fant énemi, car celui là, en un moment, en peut défoler la plus grande partie, fifoninfolance n’efl: retenue & contrecarrée de fortes digues ; c’efl pourquoi le danger de ces débordemens, ne fouffre qu’elle s’engage en un Fofle régnant tout à l’entour de fes rampars : De conflruire aufli des levées contiguës aux ouvrages de fa Fortification, c’efl: ce que la raifon de la bonne defFance ne permettra jamais. L’induftrie des ouvriers a trouvé remède à ces difficultés, faifans une chauffée dans le Fofle même pour foppofer au fleuve : mais on la fait de pierre, ou de brique, à fin quelle foit capable de réfifler à l’effort de la mine. Ces levées de pierre pratiquées au Fofle de la ville,T, P, S, I, de la Fig. CI, s’appellent Dos-d ânes, a necÈ$tê En voici la ftru&ure. On afféche, en baquetant de part & d’autre, l’en- dâZl D°f~ droit du fofle, où on veut mettre le dofd’âne; on l’applanit avéc la batte, u J^niere 8c deflus on impofe un fondement de bois, l’enfonçant avec la batte, ou le de les cof>-pilottant, s’il en eft befoin , avéc le niveau & la régie pour l’ajufter au plan^™*™’ de l’Horizon : Ce fondement eft comme un ouvrage de pièces rapportées, compofé de plufieurs poutres, de long & de travers, 8ç plein de trous 8c defpaces vuides,comme la Fig.C VI le repréfante : on l’appelle, une grille de hou : En ces efpaces vuides on enfonce les pilotis, que l’on couvre de plan, ches, 8c fur ce lit,on éleve la levée de pierre,en la Forme qui eft exprimée en la Fig.C VII.
- Au refte, quand le côté de la rivière n’efl: pas plus large que la portée du Silalar-Moufquét : attandu que la rive oppofée eft fujéte à nos coups 8c au défi gJVj u fous de l’étandue de notre pouvoir , il ne fera pas néceflâire de la fortifier n excède pas bien exactement ; 8c fi pourtant le faudra t’il faire en quelque façon : un Fort eftoillê de la moitié de l’Héxagone de la Figure Cil, fera fuffifant à u fortifie* cela : ou bien leBaftion plat A delà même Figure, en la manière de la peti- dTpZ^dT te Fortification : duquel tou tes les lignes Ichnographiques fe trouveront aux Tables. Il vous fouviendra de faire io de telle longueur, que les Faces fon étoiüé puiffent être razées de plufieurs de fes ftations : 8c quant à la longueur og, ^ joignant la rivière, vous lui donnerés, quatre ou cinq, ou fix Verges.
- Niméghefur le Vahal, au temps qu’il étoit encore fous la domination du de Roi, fit en ceci une faute notable,au grand dommage de fon parti, 8c avan-pïjnfeL tage des Provinces Unies : pour montrer qu’en la guerre on ne peut pé-Rot* cher que mortellement : veû qu’il eft arrivé fouvent ,que le mépris de cho-
- L1 z fes
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- 272 Lïvue Second,
- fes qui paroifibient extrêmement légères à porté quant 8c foi de tre$-gran-
- des ruïnes, fans efpérance de retour.
- r châtiée Diamétralement à l’oppofite de Nimeghe, le Prince Maurice f\ncompara-par h Prin- ble maître en céte fciance , en l’année 1590, éleva Cnodfenburg, pour fervir 7onfirm}lnt de mors & de f°üet aux maffiers de Nimeghe, car les armes de céte ville font cnodfen- des mafiès. Par le moyen de céte forterejfe de fi avantageufe fituation, les Confe-hilrg' derés s'affurérent la poffefsion de l'ifle de Betavv : &poférent fur le rivage du noble Vahalles limites de leur Empire : dit de Méteren(a). Encore avèc efpérance que la violante de leurs orages & de leurs foudres, ne tarderoit guéres h réduire la vïUe oppofée à leur difcrêtion : ce qui leur réiilïit heureufement en la même année. Il i à de quoi admirer ici. la bonne fortune des Provinces unies : 8c de l’autre part de quoi s’étonner de la' grofïiére 8c ftupide ignorance de ceux qui commandoient dans le parti Royal : 8c bien que nous leur foyons très»julies énemis ,.nous ne laiflbns pas de détefter en eux ce lâche mépris de l’Architeélure guerrière : encore que d’ailleurs nous ayons toujours reconu,& fouhaitons que céte infamie leur foit propre 8c particulière,& perpétuelle. Car en fin par la feule conftrudion d’un fi petit fort, nous nous fommes faits maîtres d’une fi grande 8c fi puifiànte ville ; & eux n’avoient de leur côté qu’à nous empêcher l’exécution de ce deflèin, pour fe la con-ferver. Ce qui rand, la faute de Charles Comte de Mansfeld, d’autant plus grande 8c plus remarquable : de s’être contante d’en avoir ranverfé les premiers fondemens , s’imaginant que c etoit afies.pour mettre tout en afiïi-rance, 8c de là prit la liberté de conduire fes troupes fur la Meufe pour les repofer 8c les rafraîchir : pandant quoi notre Maurice ne manqua pas de prandre fon temps 8c fes avantages , à remettre fus 8c à fortifier bien à propos le fort de Cnodfenburg, qui depuis triompha de Nimeghe, ville fi ancienne, fi magnifique, 8c fi augufte. J’ajoûterai ici très volontiers ce que Rheidanus à écrit fort à propos touchant Cnodfenburg. Maurice, ayant afsis fon camp en Haveld, a une lieüe de Steenvvik, (c’eft une ville de I’Over-yfiel qu’il alloit afliéger) alla lui même, accompagné de quelques trouppes, re-conoitre la ville, pour fe randre certain de lafituation du lieu , pour avifer a difiri-huer les quartiers h fon armée & en quel endroit il auroit h placer fes batteries. Cela fait, il s'avance en bonne ordonnance. ils ètoient arrivés au mont l'Evêque, & les chefs faifoient la reveüé autour de leurs trouppes, quand Maurice receût des lettres envoyées en diligence de la part du Chancelier & du Sénat de Gueldres, par lefquettes on lui donnoit avis certain, que le Duc de Parme faifoitpajferfes trouppes en l'ifle de Betaw , pourfe randre maître de Cnodfenburg,,• Ce fort, oppofé h Nimeghe avoit été commancé depuis un an \ & n etoit pas alors en état de fe pouvoir deffandre plus dun mois ou de fix jcmaïnes ; ce qui eût été caufe de notable dommage h la République : car on ne doutoitpoint du bon fuccés dufiége de Steen-vvyk ; La fe reconût, que pour épargner quelquefois, on ne procure pas toujours le bien de l Etat. Car fi, pardeffus la dépance qui déjà étoit faite, on étatfeulement employé XII miUe Francs, h parfaire la fortification de Cnodfenburg on eût été en
- liber-
- (*) Lib. xvi.
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- De ia Fortification ïrreguliere! 2,73
- liberté d* me promte expédition du ftége propofê, & auroit été notre
- en fort peu de temps : Mais l énemi le fortifia du depuis de telleforte, qu'il nous îfa-lût employer dix fois autant, (remarqués ce dix fois autant, vous ignorans & contempteurs de notre Architedure)^ dépance,d’ouvrages & de gens de guerre. J ai bien voulu repréfanter ces chofcs touchant Cnodfenburg, un peu plus au long, afin que par le dommage d’autrui nous apprenions quelle eft l’importance de céte Architecture, & que la moindre de fes ordonnances ne fe peut omettre ou méprifer avec impunité: ni ayant rien qui foit plus ordinaire, que de voir ces omiflions, ouces mépris, fuivis8cchâtiés, d’horribles & irréparables ruines.
- Quand il arrive que le bord du fleuve oppofé n’eft point fujét à la portée Le rivage de nos coups, nous ne devons pas lors nous épargner à le fortifier à bon uZr™* efeient : autrement l’énemi s’i étant campé,nous difputeroit lepaflage de la Mou/f™*je rivière , ou peut être nous enôteroit toute la liberté, & feroit en état de petites For* beaucoup incommoder la ville 8c les forties de fes habitans,ayant derrière ^f‘ re'sHlte-foi, une retraite fi commode & fi prochaine.
- Il ne faudra non plus s’épargner à fortifier puifïïimment la rive oppo-fée, quand elle ferancontre fur le territoire de l’énemi, nonobftanr quelle fût à la portée de nos coups ; pareeque l’énemi ne manquera pas d’i employer toutes Tes forces avéc d’autant plus de fureur,que ce lui feroit une plus grande honte, de foufrirchés foi un nid d’énemis, foiblc, à raifon de leur petit nombre , 8c qui ne fubfiftent qu’à la faveur de leur Fortification. ,En ce cas on fb fervira pour s’afîùrer la pofiêflîbn de la fufditerive, de quelques parties de Fortification régulière, fi la fituation du lieu le peut fouf-frir. 8c particuliérement de la moitié de l’Héxagone de la Fig. C V, ou de l’Oétangle, ou du Decangle réguliers, compofés de Battions égaux • Mais
- Les Furtif. * d’outre la
- nies de Cïr-convaUa-(ans
- fi la place eft irrégulière ; ileonviéndra la fortifier irrégulièrement : Notre ri^rffe-Rfiéz parfaitement fortifiée fervira d’éxampleen ce lieu ci : Il eft à propos ZZLivfnZ defefouvenir en cet endroit, de céte Maxime Architéétonique,que toutes auPotiVoir
- i, , ^ de la vide,
- fortes d ouvrages que 1 on confirait outre la riviere,foient afTujetis au com- ou bien mu. mandement de la ville, autrement,dés l’heure même que l’énemi les auroit réduisenfa puiflance,ilferoit à couvert.On pourra néanmoins quelquefois tionf* les fermer,mais d’une fortification qui foit foiblc 8c légère deforteq; l’angle tÎTiavd-M de la Fig. C111 (c’eft la forme de Cnodfenburg) touche toujours le fieu-le* ve d’unrampar de peu de hauteur 8c épeflèur, le laifîànt lui même dégarni muré» r*-& fans Baflion, afin qu’il ne puifîè être converti au préjudice de laville.Lès Flanqs N & R attireront le pafîage de la rivière d’un 8c d’autre coté ; fi le verf Pratti* cours du fleuve eft finueux 8c tournoyant autour de la ville on i oppofera la Fig. CIV. Si le premier effort de l’énemi eft attandu de 1 autre cô té delà dc
- rivière, on pourroit mettre encore fur le devant de les ouvrages un Para- *«. pet de Faufîèbraye, ou de chemin couvert. TontTi™
- Quand la rivière prand fon cours au travers de la ville, il faut placer les perfidie du Battions avéc telle circonfpeétion , qu’ils puifïcnt fer vir d’un côté 8c de Tau- de-
- tte à la deffànce de la rive : C’eft ainfi qu' A mflerdam > reçoit le fleuve Amfieldans de 1<S
- U' . 1 . , ville,
- 3 dont
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- 074 Livre Second,
- dont elle porte le nom, au milieu d’une Courtine féparée. Uneinterfe-dion dans le rampar même donne l’entrée au cours du fleuve : les levées de l’interfedion font ramparées dunbon mur: 8c cétefeparation eft dere-chefrejointe par le moyen de ponts, ou de bois ou de pierre, fuivant lebe-foin : on i peut aufîî élever de petis Parapets pour i loger des moufquetai-res à la defFance du port: quelque fois encore on admet la riviere en l’intçr-fedion du rampar, en toute liberté fans aucun pont : ainfi Bréda reçoit le Merk.
- ponts fou* Afin que les vaifieaux entrent dans la ville fans baiflèr lemas, on pratti-vJjfMux fur le milieu du pont une ouverture de trois ou quatre piéds de large, f«m ayant deuxguichéts tournans, que le mas plus haut que le pont, lève & nfer e toufne en foudain retombent deux mêmes 8c fe referment pour
- Pa%e ^es h°mmeS:Je ne m’arrêterai pas à la defcription de ces chofes afles conues 8c familières, 8c qui peuvent être aifément comprifes',par ceux qui ont veû Amjlerdam, Bréda, Bergopzom, 8c famblables villes des pays bas. Bonne gar- Il ne faudra pas s'endormir à fe bien aflurer delà rivière qui roullefon tlTvlm-' cours dans la ville, depeur quelle ne foit complice, des fecrétes entrepri-boucheûre fes des énemis (*) ou desconfpirations des traîtres : Ainfi Bréda a bridé le entrmt Merk , par le moyen d’une Ifle bienramparée 8c fortifiée d’un bon Para-furfesÉ* Pet; 1 ajoûtant encore deux demi-lunes de part 8c d’autre: ne fe trouer & vant pas autrement a fies aflurée, pour éviter un pateil/lratagême que fut tZSfiê*«lui dl1 Prince Maurice. _ "
- Bréda. Mais le fleuve entrant en la ville a toujours de l’impétuofité : c’cft pour-fétuoJtUe quoi on lui oppofera des digues 8c des chauffées pour le contenir & doit PHVt' être auffi embrafïe de levées par un grand efpace , comme h Calais, a Gor~ com, 8c ailleurs, on ne fouffrepas que les eaux de l’hiver entrent dans la ville , ou dans le port R de la Fig. CI, que premièrement le rivage abc ne foit haut élevé 8c bien ranforcé.
- Vexceüan- Voyons maintenant ces floriflàntes villes maritimes, qui à raifon des ‘maritime* commodités de la mer 8cde leurs ports, reçoivent de tous côtés, tout ce ccmpwé^ qU’ji i a ^excellant 8c de précieux aux autres contrées ; En Hollande, on ne tenanées. féme,ni ne moifTonne,8c toutefois on i trouvera plus de monceaux de bled, Example qu’en Pruffe, ni en Poméranie, ni en Pologne, ni en la fpacieufe Mofcovie, fer-Hoüàlded.e tilles en bleds. Elle coulle de miel,fans avoir de mouches qui le façonnent:
- Elle n’a point de vignes, 8c néanmoins c’eft elle qui diftribue le vin à tout Amfter- l’Univers. La foye i eft aufll commune que le lin, 8c pourtant elle n’a point dam, yers qUj ja produifent : En toute l’Arabie heureufe, il n’i a point tant de
- magazins d’efpiceries 8c dedrogues aromatiques, que lefeulAmfterdam en a fait voir à des grandes Rénes(*)avéc étonnement 8c admiration de leur part.
- On ne peut donc nier que ces villes ne foient excellantes, qui font pour-
- veües
- C a) Voyés icirEfpagnolMeric , trahiflant l'Acradine, & comparés SyracufeàBréda; l’Acradinc avéc le Château de Breda , l’emboucheûre du Merk avéc leport de Syracufe :dc part & d'autre un nauire plein de genfdarmes, & vous trouverés ces deux événemens famblables en tout. Tite Live au X X V livre. (b) Marie de Medicis Rêne snére de France en 1639. EtfaFilleRéned’Angleterreen 1641, quand die convoya S. A.R.auflï fille de S.M. pour la donner en mariage à noue brave & généreux f rince, fils de notre grand & incomparable Poliorcète.
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- De la Fort if ication ïrreguliere. 2.75
- teîies de 1 avantage de la mer & de la commodité de fes ports î Caries lieux voifins de la mer fontportueux, ou ne le font pas : ceux qui ne le font Les villes pas, il eft bien aifé de juger qu’ils ne font point propres à être habités, né-™o*rt*”™es tant la mer fertille que d’écailles 8c de coquilles, amufemens de fous. *«*«/" m Entre les lieux qui font portueux, les uns ont un port naturel, autres ar- fans*ort' tificiel 8c fait de main , comme à Thoulon en Provence 8c ailleurs* On établit tant aux uns comme aux autres, des forts pour leur défiance, fur leur em- Les Ports boucheûre, en cas debefoin, pour réfiftcr aux entreprifes étrangères , 8c {Itouarti-particuliérement fi’ on a un voifin qui foit puiflànt en forces navales, tel eft ficiels' à Calais le Richeban ou Rysbank; Marfeille a de même certaines tours, 8c quelques Ifles fortifiées de Parapéts8c nombre de forts: Pareillement Brêjl 8c Blavét en la petite Bretagne , ont de bons forts, qui les demandent eux 8c leurs ports. Ainfi en Flandres, Dunkerke la raviflànte , 8c l’éceuil renommé de tant de naufrages 8c qui a fi fouvent interrompu là félicité de notre commerce : n’a pas feulement bien pourveû à lafeureté de l’endroit qui eft la retraite de fes vaiflèaux qu’ils appellent Skeurken:parle moyen du fort üDâtîlijft/mais encore elle à élevé fur la mer un echaftaudage(apellé en dunkerke. leur langue le Pourpoint de bois) fur lequel ils ont mis une batterie de grof- sa batterie fes pièces de canon,qui ne fouftrent pas nos vaiflèaux,qui les afliégent mu-^urlamer: rilement, de les approcher de bien prés, 8c fouvent nous ont procuré de tres-grans dommages; L’invantion en eft belle 8c ingénieufe 8c mérite d’être imitée.
- "Quand notre ville eft fituée en pays denemi,nous aurons le foin de la fortifier tant par mer que par terre, 8c fur tout de bien garder le port. A l’éx-âmple d’Oftende, quand elle étoit encore au pouvoir des Etâs des Provinces unies. Le feul Ravelin d'Efpagne, bâti bien à propos 8c comme il appar- Tetrîtlaîs tenoit àjudicieux 8c ingénieux architecte, 8cencore mieux defîàndu, leur ofonde* confcrvoit le port en une liberté toute entière : 8c par ce moyen eûrent la^X ** faculté de foûtenir trois ans , le plus grand 8c le plus mémorable fiége **•*”»• qui fe lifedans les hiftoires, depuis l’invantion de l’art d’afliéger qui eft au-joufdui en ufoge : de telle façon que la cruelle 8c fanguinaire opiniâtreté ées afliégeans, i expofo 8c laifla périr, non pas une armée mais plufieurs, par une continuelle fucceflion de nouvelles trouppes,qui prenoient la place de celles qui s’i confommoient jour 8c nuit. Paroiflènt maintenant nos ardans chefs de guerre, qui ne parlent que d’efcarmouches, 8c de combâs 8c de grandes batailles, 8c qu’ils me difent d’un fens raflis, quelle de toutes les guerres qui ont été fi cruellement éxercées en notre fiécle fanguinaire, a plus ufé de méches?plus confommé de poudres? plus vomi de boulets? plus rebouché d’épées?plus brifé de piques 8c d’écus?plus crevé degroflè 8c de menue artillerie? plus anéanti de trefors?plus aflujéti de fortereflès 8c dé villes àfon conqueranrtplus emporté de braves 8c vaillans chefs de guerre? pies épuifé de noble 8c de généreux fang ?que la foule Oftende bien attaquée,mieux deffandue,par chaud 8c froid,par faim 8c foif,par adrefle 8c vio-lance , par efcarmouchcs 8c juftes combâs,par forties 8c aflàuts, par feu 8c
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- 276 Livres e c o n j> ,
- eau,par témérité & nécefiité, par force & par crainte, dedans & dehors,en ces trois funeftes années, on a ruiné, perdu, confommé, réduit en cendres 8c en poudre ? Qu’ils parlent, qu’ils difent, je les écoute. il ne faut Mais lors que le port eft de beaucoup éloigné de la ville, (empruntons fiukmewT ici de l’hiftoire les murailles d’Athènes des long temps abbatues)il fera né-leSfjemrbeT~ ce^àire de le fortifier, non feulement à fon emboûcheure, (comme il le cm7is aujft voit à Goes de Zélande,dont le port fe defFand bravement à l’aide de deux lfJtïdoi*S f°rts fitués fur fon emboucheûre : ) mais encore fur fes côtés : de peur que gnés de. h l’énemi , après avoir bouché le port, fe mettant entre deux, n’affame la
- ville. .1T
- ville.
- Ainfi à Slufe ville de Flandres, l’Efpagnol a bouché le port de mer de plu-fieurs Forts , & par même moyen l’autre port du coté de la terre demeure libre 8c afiujeti aux Provinces unies.
- EXampie de Le mépris d’une obfervation fi néceflâire, a depuis peu remis les Rocheloîs h Rochelle, en ja puiflànce duRoi de France Louys XIII, quelque jaloufiequ’ils eûf fcnt pourlaconfervation de leur liberté. Bergopzoom, fe montre bien plus fage , ayant fortifié fon port de part & d’autre, c’cft la plus forte ville de toute la Belgiq;non feulement en Fortification puiflànte,mais aufii en commodité de fituation,difficile aux approches de l’énemi,avantageufe à recevoir commodément l’afliftance de fes amis. La veüe de Berghe , pourra donc fervir toute feule d’une fuffifante inftru&ion en ceci, 8c repréfantera, fuivant le deffein que nous propofons, un modèle très-accompli.
- Sile flot de la mer bat contre la ville , il fera nécefiaire delà munir pour réfifter à fa violance, premièrement d’un mur de pierre de dix piéds de largeur ou plus,(un mur de terre ni fubfifteroit pas) en dedans on lui appofe-ra un rampar de terre , afin que fi le premier venoit à manquer, on ne demeurât pas découvert aux injures de l’énemi, 8c ce qui eft encore plus formidable , aux inondations de la mer.
- jortifica- cétemême mer qui eft fi indomtable8c fi horrible,fi vous avés afies d’in-duftrie pour en fçavoir prandre vos avantages,il i a moyen de la faire fervir à votre défiance & de l’employer à la ruine de votre énemi.car il n’i a rien de fi grand 8c de fi puifFant en la Nature,que la Pro vidance de Dieu n’ait fournis au pouvoir & à la capacité de l’efpn't de l’homme. Donques, avec une, ou deux puifiàntes éclufes qui feront conftruites bien à propos, vous pourrés Vefpritde faire tout autour de votre ville un rampar des eaux de la mer,& en déborder Commande Ie deluge fur vos énemis en un momant.On pourroit alléguer Amfierdam,la * la mer. BrtelejVilemftat 8c plufieurs autres villes des provincesunies, mais Emlde feule fuffira à la place de toutes les autres. Elle a fept éclufcs,(leshabitansles ap-Les chiens pellent les chiens de la garde) par le moyen defquelles elle fe peut mettre au feptZfiiufes milieu de la mer,en l’efpace de deux mille tout àl’entour;& tout ainfi qu’é-qui panent tant fi proche 8c fi avantageufe comme elle eft,ce feroit une citadelle tres-et nom. jmp0rturje fi elle venoit à convertir fes fbrcesau préjudice de la tres-illuftre République confédérée;c’eft donc avéc plus dejuftice qu’elle employela vigilance de fes chiens à la protedion de céte ancienne 8c glorieufe 8c inno-
- çante
- tion contre le flot delà mer.
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- De la Fortification Irreguliere. 2,77 çante liberté, de tant de peuples, qui mêmement la communiquent volontiers & libéralement aux Rois 8c aux Rênes, qui dans lesdifgraces d’une Fortune contraire & énemie, i trouvent le repos & le calme d’un port tranquille 8c bien alluré.
- Sur le mur ou rampar, fuivant la coûtume,on pofcra le Parapét de terre,où feront difpofées les plate formes 8c batteries pour l’artillerie deftinée à la défiance du port : 8c feront enfoncés au devant de la dite muraille pour fa confervation 8c pour arrêter & rompre la force du flot, quelques rangs de gros pieux joins enfamble 8c ramplis de cailloux, de grofics piérres, 8c de telles étoffes qui fortent du débris 8c de la ruine des bâ-timens.
- -Samblables chofes qui dépandent plutôt de l’art de la maçonnerie fë peuvent lire dans Marlois : qui particularize afîes éxadement la ftru&ure de ces œuvres de main, à la manière des Hollandois, ouvriers excellans en telles chofes, au fécond livre de fa Fortification. A quoi vous pourrés ajoûter les vives lumières que vous fourniront pour éxample, Antibes,
- SJropés, Tmlon, BÏavét, le Havre de grâce, Calais, Fleffmge, Vére de Zélande,
- Cronebourg en Dannemark, ou Stralfund en Poméranie.
- C H A P. IX.
- La manière de joindre des citadelles aux Trilles, ou des villes aux citadelles.
- RArement il arrive que l’on face des villes toutes nouvelles avéc leurs Pourjow-châteaux : mais il eft affés ordinaire, que l’on impofe des citadelles dre d" For' aux villes ancienes ; ou que l’on conftruife des villes auprès des Forterefiès viuesbienà qui font fituées en lieu commode 8c avantageux : il efl: donc néceflàire, *ropos' pour la perfedion de vôtre art ; que vous fachiés de quelle façon les For-tereflès fè doivent joindre aux villes, 8c les villes aux Fortereffes.
- A luliers^Méts, G and, Havre de Grâce, Montpellier, éê en la Hollande des Indes villes q** oriantaîes, les citadelles font conftruitcs de forme quadrangulaire. Les Teleffeslua-Pentagones font de beaucoup meilleurs 8c plus en ufage : étant plus fer- dranzuL mes 8c plus puifïànts,que les Quadrangulaires 8c plus capables d’admettre plus de foldâs pour leur défiance 8c plus d’attirail pour le fervice de la ‘guerre : 8c apportent aufli moins d’incommodité à la ville que les Séxan-gulaires, entant qu’ils occupent moins d’efpace 8c ne retranchent pas .tant de fbn aire. AnversTurin, Amiens, Vit ri, Phaltzbourg, Stenai, 8c plu- Penia£°»es-fieurs autres villes ont des citadelles Quinquangulaires. Milan, Perpignan,
- Cafal, les ont Hexagones. Manheim, Verdun, Blavét, des Septangulaires.
- La première eft. régulière, ces dernières irrégulières. Oranges, excellemment fortifiée entre toutes les villes du monde, à deux citadelles, l’une desquelles eft Pentagone régulière, l’autre irrégulière de plufieurs angles.
- On les conftruit ordinairement h double fin : la première 8c la principale 8c
- Mm celle mus.
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- a78 Lmi SicosD,
- Brider ie$ celle qui eû le plus en ufage, comme il ni a rien de û vulgaire au monde pilfant°s <Bie l’ambition de commander, cefi pour affujétïr au joug & mettre en bride les vides trop puiffantes & trop amoureufes de leur liberté. Les Seigneurs de Naples, accompagnoient la fuitte Royalle de l’Empereur Charles V. pour lui faire voir la magnifiçance de leur cité. Ce grand courage qui ne pou-voit fe diiïimuler, dédaignant toutes ces vaines oftantations d’orgueil & de luxe, n arrêta fes yeux que fur de certaines peintures qu’ils rancontroient allés fouvent, de chevaux blancs, fans harnois & fans bride, &, comme il fambloit} indomtés, & donnans des ruades en l’air. Il demanda férieufe-ment, ce que cela vouloit dire : & lui fut répondu ; que c’étoient les armes de la ville, & la marque de la liberté que les Néapolitains avoient jufques alors confervée entière, & impatiante de la violance d’un gouvernement rude&infolant. Ayant donc l’Empereur, bien exadement veû toutes çhofes, tant au dedans qu’au dehors de la ville ; I’entens, dit il,que l’on me conflruife un bon fort fur céte colline, ( cef le chateau S(. Helme ) il le faut faire maintenant, unjour on en verra lefFét : il ne faut pas qu’un fi mau-. vais cheval, foit fans bride. Ainfi dit, & fût fait. Il ne faut non plus dire, que ç’ait été, ni la guerre faite aux images, ni la fédition émeiic en l’année citadelle 1566 qui ait donné à la ville d’Anvers, céte puifîântc & fomptueufe cita-d‘Anvers delle # qui aconfommé plus de quatorze cens mille Francs (*), encores ° qu’elle ne confifte qu’en cinq Battions : c’eft le frein qu’on a voulu mettre ^ à la puiflànce de céte grande ville trop enviée & trop fufpede(é).
- Elle même, quoi que tres-puiflânte, fait voir un éxample, déplorable cruelle, d’ici à plufieurs fiécles de ce que peut une forte citadelle, contre fa cité, quand elle déployé fes forcés pour la châtier : Le 4 de Novembre 1576^) céte citadelle déborda fur la ville un torrant de ravages, & de ruines & d’embrazemens, & de pilleries, fi horrible & fi cruel, que malaifément (j) pourroit on trouver un pareil éxample en toute la mémoire des temps pattes : aufli le nôtre pour exprimer ce qu’il en a veû, ou foufFert, ou apris par le rapport d’autrui, ne fe fert pas du nom de fimple ruine, ou de prife, il employé le terme étrange de fureur & rage Efpagnole, pour en repréfan-ter l’infamie & la tranfmettre à la poftérité.
- J’aurai ailleurs allés d’occafion de dire les caufes & les raifons qui ont citadelle donné fujét à la conftru&ion de la citadelle de Groninghe, néanmoins je trou* deGroninge. ye ^ propOS d’en parler ici. Ceux de Groninghe ( dit Rheidan (*) ) venus h la & Haye, firent leurs remontrances : que l'union des Provinces Belgiques étoit fondée principalement fur deux chofes, la Religion & la Liberté, a quoi ne fe trouve rien qui foit plus contraire, que le batiment des citadelles. Que jamais on riavoit oui
- 1 dire,
- ta) Meteran aullllivre 54 feuillét de mon édition. (b) Strada livre VI & VII de la guerre Belgique, (c) Le même fur la fin du VII livre, (.d) Les Efpagnols, entrèrent dans Envers abandonnée ât gens de deffance ; tout se que peuvent perfhader la colère ir l’avarice fioutenues de la liçance effrénée des armes , toutes fortes de meutres & de piitries furent exercées en céte ville énemie ir grandement riche , ù-c. Les chefs effayeront, tant qu'il leur plairra d’en rejet ter la faute fitr la lifance des fildâs : fi efice que la renommée ne leur pardonnera jamais, d’avoir continué l’efpace de trois jours , le pillage du plue upulant magasin de toute l'Europe : & d'avoir éxigé la rançon , des marchandées , meubles ir livres de raifindesplus riches ntarchans & citoyens. De ce pillage furent amafiés deux millions de ducats d’or. Dont les foldâs , firent des manches d’or mafiif a leurs poignars & à leurs épées, des motions & des corcelets d'or, couvers de peinture , pour tes randre méconoiffables. ^Ainfi eux qui étoient entrés pauvres en céte ville riche, devenus riches, l'abandonnèrent pauvre. Suada livre VIH de la I Decade de la guerre Belgique, (e) Iâv.XYI de fes Annales.
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- De la Fortification Irrégulier e. 2,79
- dire, que ce joug & céte fervitude ait été impofêe h des villes libres, que premièrement elles n'euffent perdu leur liberté par la force des armes. ( Céte proposition n’eft pas toujours vraye, mais feulement fe doit entandre, quant à la première fin de la conftru&ion des Fortereflès, ci deflus expofée : autrement Rome avoir Son Capitole, au plus floriSîànt état de fa liberté , Athènes'{tu Mu-nykia , Syracufe fon A cradine, Carthage fa Byrfa ) Que pour ne point rappeler en mémoire, des éxamples étrangers & envieilhs (*) on fe pouvoit refeuvenir, quïl ni 'avoit pas encore cent ans, qu'ÉdfardComte d'Oflfrife, £9 depuis encore Biïïi Lieutc nant pour le Roi d'Efpagne , avaient commancé la flrutlure d'une citadelle, pour tenir en bride la même Groninge : mais que ceux là sétoient abufés en leur opinion9 & que l'ouvrage dés la première occafton avoit étéjet té parterre. Que Mes Seigneurs les Etats Généraux fe dévoient contanter de la dévotion des fujéts , plus car pable de les contenir, que ni les garnifons, ni la force des citadelles. Quils dévoient donc si ajfurer : veû mêmement qu'il avoit été convenu au traité de la reddition de Groninge , quelle ri aurait point a fouffrir de citadelle, &c. Que Machiavel même, quoi que fon deffein ne fut pas de former un Prince, mais un tyran , ne laijjoit pas d'improuver l'ufage des citadelles. Que depuis peu on avoit déchargé plufteurs villes de la dureté de ce joug , Embde nome ment, & que lefdis Seigneurs en avoient mérité beaucoup de loüange. Et que partant ils étoient fupliés d'ufer de la même grâce envers ceux de Groninge, &c. A quoi les dis Seigneurs firent rèponfe'lS rêprèfantêrent, & c. Qu'une citadelle ne feroiïpas moins l'affu-rance des citoyens paifibles & gens de bien, que la terreur & le frein des féditieux
- perturbateurs : étant le moyen de contenir ceux ci dans les termes de leur devoir , en affurant ïinnocance des autres. Que la chofe bien conftderée, ils ne dou-toient pas, que leur confeil ne fut approuvé, non feulement par les vides & provinces Belgique s, mais auffi par toutes les nations étrangères : ri étant pas croyable quils eujfent, eux, ni le deffein , ni même le pouvoir d'abufer d'une citadelle, au dommage de qui que ce fut : Que c'étoit enfin l'unique remède pour conferver Gro-tiinghe , & pour réprimer la domination quils avoient autrefois exercée au préjudice de la liberté de leurs voifins. A in fifut répondu h ceux de Groninghe ; & d'un même temps on avancoit l'ouvrage, a ce qu'il fut befoin de moindre gamifon pour les contenir & que les foldaspeuffent être employés en autre part.
- Bofleduc mal aprivoifé & donnant toujours de nouveaux foupçons âcDeBo^ediU rébellion, n’apasfamblé fuffifamment bridé par fept ou huit Forts , qui par dehors menaflènt fes murailles de tous côtés ; il a fallu venir au remède d’une citadelle, qui lui tranchât d’un coup , toute elpérance de changement.
- Ce n’eft pas merveille fi ces conquerans & raviSTàns ufiirpateurs de ent?»vïsd! Royaumes & Provinces, bâtifient par tout un fi grand nombre de Forte-ltbert*-
- M m x reiïès,
- (a) Suivant l’avis du Prince et Orange , U citadelle d'envers du cité qui regarde la ville fut abbatue, la joye dn peuple fût fi grande, iy tant d‘ ouvriers fe prefiantoient d’eux mimes a cét agréable travail, que mimes les principales Dames ne pouvaient pas fe contenir de s’i trouver la nuit sjufques à ce que la liçance de Cyvrognerie iy de la danfe, i ayant e'técaufi de plusieurs chefis deshonnetts, défiances furent faites (Ci travailler de nuit,lkc. ^4 l’èxample d’envers, iy d’une fuite de pareille aler greffe, ceux de G and, d’Vtrecht ,de Valtnciénes, dtClfle (y plufieurs autres, célébrèrent le jour de la ruine de leurs citadelles, tomme celui de la renaiffance iy du recouvrement de leur liberté. Strada IX liv. dé la guerre Belgique voyés auffi Eman. deMereren auLiv.X. feuiller 180 & fuiyants, defcrivanc la ruine & faccagcment des citadelles çn la Eiife a Hailift-fuen, Leirvarden, stavercn,&c.
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- i8o Livre Second,
- relies puîfque c’eft le foui & unique moyen, de pourvoir à la fureté de leur injufte domination ; mais il me famble étrange, qu’il i en ait tant, même au dedans des Monarchies bien réglées. En France, il i a peu de villes de remarque , qui n aye fon château, & je confeflè que je n’en comprans paslaraifon.
- La Belgique eft toute couverte de Forts, inombrables 8c ineftimables pour la fingularité de leurs travaux : mais tout autant,que lapuiffance Efpa-gnole en avoit bâti prefque en toutes les villes un peu considérables pour les domter, & particuliérement aux Provinces unies très amoureufes de leur liberté : tout autant en a démoli du depuis la douceur des confédérés: qui fe fantent allés allurés delà feule fidelité 8c bien veillance de leurs peuples. Témoin Groninghe qui par trois fois a été menafiee 8c tâtée de ce joug : & tout autant de fois a été remife en fa liberté, qui lui fera doresenavantcon-ferveé : Le même témoignage peuvent randre, Fleffmghe, JJtrdl, Goude,Gor-com, 8cc. plufieurs autres villes en F.rife, & ailleurs : ou maintenant à grand pêne le peuvent reconoître les traces de ces Forterelïès,autrefois fuperbes mais déteftables.
- Autre ufa- £afécondéfin, pour laquelle fe conllruifent les citadelles, 8c celle qui eft
- Mktpamr innovante & louable : c’eftpour remédier à lafoihleffe dune vide peu capable de
- l&uZC<> fe deffàudre, & préparer aux habitans un dernier ajfuré refuge en la nécejfité:
- traite des d‘où ils püilîent prandre les avantages d’une meilleure défiance 8c en tout Sw** cas » gaigner du temps, à l'effet d’une meilleure compofition. Je ne me fortifiées. foaurois pas abftenir, (8c ne croi pas que l’on m’en puiflèjuftement repran-dre ) entre tant d’éxamples modernes 8c de ceux même que notre fiécle nous fournit, d’en produire un en cét endroit, le plus mémorable de l’antiquité. Tite Livedit,au V livre : Grand carnage fut fait autour du rivage du Ty-tre f où toute la pointe gauche avoit pris lafuit te après la déroute d'AÏÏia : & plufieurs , qui ne fcavoient nager, oufoibles, ou chargé s du poids de leurs armes fÿ de famblables empêche mens,ifurent noyés: toutefois la plus grande partieparvint a Ve-je s hfawvetê ,d’ou, non feulement ils n envoyèrent pas à Rome le moindrefecours de garnifon,mais non pas mêmes un meffager qui portât les nouvelles d'un fi grand malheur.De la pointe droite,qui étoit en bataiUe plus loin de la rivière & plus proche de la montagne tout s enfuit à Rome, & même fans fermer les portes de la vide, s'en-u Capitole fermèrent au Capitole. D'autrepart les Gaulois, étonné s & fur pris de la merveide de Rome étunefi fouiaine Viftoire, ne pouvoient deviner quedepouvoit être la caufe de ce fuc~
- fugedesRo- cés ; puis foupconnérent quili eût de l'embûche & de Partifice; après fe raffurérent, maim. pgfe mirent a receuidir les dépouidesdes mors, &*, fuivant leur coût urne,à entaffer
- tes armes par monceaux. Enfin, voyans toutes chofes pàifibles de tous cotésnulle hoflilité qui leur donnât fujét de craindre, ils fe mirent h marcher, & peu devant k foleil couchant furent à Rome. Déjà les coureurs leur avoient rapporté, qu'ils avoient trouvé, les portes ouvertes, nuis cors de garde, devant les portes , nudes gens de guerre pour la deffance des rampars : fur pris de c été fécondé merveide, comme de la première,ils s'arrêtèrent entre Rome & l'Anio, craignans la nuit, & que l'ignorance de la fituation de la vide ne leur apportât quelque préjudice, envoyans
- feu-•
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- De la Fortification Reguliere. 281
- feulement des efpions autour des rampars, & vers les autres portes, pour découvrit en quel état pouvoit être la ville, enfuitte ime fi grande calamité. Comme la plus grande partie des troupes après la déroute s'êtoit fauvée h Véjes, les Romains qui ne panfoient pas quil i en eut de refie que ce qüils en voy oient h Rame, pleurans au(fi bien la ruine desvivans,que la perte des mors,toute la vide fut ramplie de cris pitoyables & de lamantations. Mais par lapréfance de T énemi, la frayeur publique amortit les doléances particulières; & en fuitteles hurlements & ch ans confus , des Barbares rodans par troupes autour des muraides, fefaifoient entandrepartout: tout ce temps, les efpris demeurèrent fufpandus en cét effroi jufques au lendemain,
- &c. Les approches du jour leurfirent perdre tout courage Jejoignant a cête crainte unruerfedc lapréfimce du mal, par le moyen des trouppes éne mie s quife répandoient en la ville. Et néanmoins ce de [ordre de la cité, ni en cête nuit, ni au jour enfui-vant, ne fut point pareil a la lâcheté des fuyars d'Adia. car ayans fagementreco-m, quilnt avoit nulle apparance que fipeu de gens quils avoient fujfent capables de defiandre la vide,ils réfolurent,que toute la jeuneffe capable de porteries armes,
- & lesplusvaidans du Sénat, avéc les femmes & lespetis enfans, s enfermement au Capitole ; que Ion i porteroit des armes & du blé * & que de céte place fortifiée
- bien munie, on ejfayeroit de deffandre, les Dieux & les hommes & le nom Ro~ Toute U main. Que lePreflre, les rehgieufes Veflales & les chofesfacrées, [croient détour-nées du danger du meurtre & de s ravage s, & que lefervice divin, neferoit point in- teenl'ejpaa ternis , ni abandonné , tandis qu'il refieroit en vie desperfonnes capables den éxercer les fondions. Que la perte de cête troupe de vieidars demeurans en la vide à la difcrètion de l'énemi, ne feroit pas apleindre, fila Fortereffe & le Capitole,fié-ge des Dieux, fi le Sénat, chef du confeil public, fila jeuneffepropre h la guerre, re-floientdebout, & pouvoient être confervés entre les ruines de leur cité. Et afin que les vieidars de la populaffe fiffent moins de difficulté defubir Tordre d'une fi étrange téfolution, les hommes d'âge qui avoient mérité l'honneur du Triomphe & du Confit-ht, difoient tout haut, que volontiers ils s'expofoient â cête fortune avec eux, & quilsneflimoient pas quils deuffent charger Tincommoditéde ceux qui demeuroient armés, de leurs cors inutiles à la défiance de leur pays & incapables deprandre les firmes. Les vieidars s'entreconfoloient ainfi :puis fe tournoient en exhortations vers h jeuneffe, leur faifans compagnie jufques au Capitole,& rècommandans à leur valeur alegreffe, la fortune, tedeqüedepouvoit être , de céte vide, qui depuis trois
- cens ans, avoit toujours été viiïorieufe, &cj En après les Romains, voy ans de la forterejfe oà ils etoient les énemis par toute la vide, & Tinfolance de leurs courfes êpandues par toutes les rues , n i ayant point dendroit qui fût èxantdeîobjet de quelque nouvelle mifére, avoient pêne den comprandre l'horreur, de lapanfêe, & ne fçavoient s'ils en dévoient croire le témoignage de leurs oreides & de leurs Teux; par tout, où le tumulte de énemis, où les cris lamantables des femmes, & des petis enfans , où le jon de s flamme s dévorantes, ou la débris des maifons fracaffées & tombantes parterre, appeloit à foi leurs efpris tranfis de frayeur & craignans toutes chofes, ils i tournoient le vifage & les yeux, comme à un horrible fpeftacle repré -famé par lafortune, de la déflation entière & fatale ruine de leur miférable partit» tie leur rejlantplus à vanger, de toutes les chofes quils avoient autrefois aimées.
- Mm 3 &
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- & poffêdêes, que leurs propres cors. En cela plus h plaindre entre tqus ceux qui furent jamais affiégés, que referrés & retranchés de leur patrie,ils avoient néanmoins devant eux cous leurs-biens expofés aupidage & réduis au pouvoir de leurs ênemis.
- La nuit qui fuccéda a ce triflejour, n'en diminua pas les horreurs s un autre jour aujji effroyable, continua les reffantimans & les tranfes de cète nuit épouvantable, fans relâche dun feulmomant qui ne fournit nouvelle matière & nouveau fpcfîacle de douleur & de defefpoir. Accablés de tant de malheurs , leurs courages demeurèrent fermes, & bien réfolus, encorequè tout fût perdu, réduit en candres & anéanti parles ravages & parle feu,de produire un mémorable éx ample de valeur, à la de f-fance de céte chétive & pauvre coUine qui refioitfeule h leur liberté. D'autrepart les Gaulois, ri ayant eû à -combattre durant l'efpace de quelquesjours, que des mai-fonsfyj ne voyans de refieparmi les feux & les mafures de la vide qu'ils avoientpri-fe, que des hommes armés, h qui tant de malheurs n avoient point fléchi le courage,
- nudement difpofés àfe randre, quk vive force, fe refolurent d'en faire unefinfg de livrer l'affaut h la Fortereffe, &c. Mais leur entreprife n’eût pas le fuccés quils avoient defiré.
- Je n’ai point fait de difficulté' d’employer tout au long céte defcription Viome te- feccagement de la ville de Rome prefque réduite à l’extrémité de fa ruï-moin irré- ne toute entiére,affin que notre Architeélurei trouve la louange quelle mé-^deianecejfi- rhe & que l’on reconoifîè fon importance & fa néceffitè : puifque céte cité fi A^h't*# ^e^^ueu^e & ^ puifîànte, affermie enl’ufage de fa propre valeur, & toute acoûtumée aux Vi&oires 6c aux triomfes, dans un efpace de plus de trois cens ans, n’eût pûleconferver chés elle, tant ’sen faut quelle fût parvenue à la Seigneurie de tout le monde ; fi elle ne fe fût afïïirée par le moyen de fon Capitole, 6c n’eût emprunté le fecours de nôtre Architcâure, contre les trahifons de la Fortune , les in confiances 6c les outrages des évcnc-mens de la guerre.
- Pour conflruire bien à propos les citadelles joignant les villes, on aura égard aux avertifîèmens qui fuivent.
- I. Qu* à l'endroit le plus fort de la fituation de la vide ,foit conflruite la citadede.
- Maximes Autant ces places Su* f°nt deflinées pour être les dernières & plus pour la co»- fures retraites des habitans, doivent auffi être accomplies de tous les avan-de“cit7dei- tages de f°rce &de fituation naturelle qui font poffibles. les. Partant, fi la ville efl édifiée, fur une montagne , rochér , ou tertre, la
- feuüefeS Fortereflè préfidera au plus haut fommét de la croupe;c’efl ainfi que celles (iruftures Oranges, de Manheim , 6c de Saumur, &c, ont étéjudicieufement pofées, mauvais, ayans le commandement abfolu fur les villes qui leur font fujettes.
- La citadelle de Limbourg a ce dcffaut,bien qu’elle foit afîize au milieu,entre le fauxbourg 6c la ville, toutefois l’endroit de la pantc où elle efl pofée, fouffre encore le commandement de la ville plus haut élevée. Quand la ville eftaffize en razecampagne, on plantera la citadelle à l’endroit, ou par l’oppofition de quelques marais, les ouvrages d’attaque 6c les mines des afïiégeans, ne puiffent point faire d’effét, ou qui d ailleurs foit avantagé 6cfort dénaturé.
- II. O e
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- De la Fortification Irreguliere. 283
- II. Que la F ortereffe , foit maîtrejfe de la plus importante principale entrée de la vide. Si donc elle eft fur mer, le Fort fera mis au devant de la mer & du
- port : La citadelle, du Havre de Grâce, bâtie depuis peu dunemerveillcufe 11 MaxU induftrie, retient un abfolu commandement fur la mer & fur le port. Les mefxamples Châteaux de Breft 8c de Bla vét, reflamblent mieux, des maflès forties & de bonne ^ élevées du fons de la mer qui les environne de tous côtés, (fi ce n’eft de la ^uaun. part qui les joint à leurs villes,)que des Fortereffcs conftruites de main fur l’embouchûrc de leurs pors. Celui de S. Malo, jaloux 8c déifiant, fépare fa ville peninfulaire, de tout le continent de la France : tenant le détroit tout entier occupé defes ouvrages, en difpofition de pouvoir battre le port & la mer de tous côtés : 8c fe conferveainfila domination de la mer 8c de la terre tout enfamble.
- Si la ville eft afîize fur une rivière, il eft néceflàire que ladite rivière, foit au pouvoir de la Fortereflc contre la ville, du côté d’où l’énemi peut faire lès plus fortes impreflions; ou par lequel, un puiflànt voifin, pourroitfaire entrer du fecours, à foutenir la révolté des habitans.
- C’eft ici une faute de la citadelle d'Anvers, qui permét à la ville, la libre joiiiflànce 8c domination de la mer: De forteque céte ville arriére ouverte du côté de la rivière, malgré la garde de fon château, peut fouffrir une irruption de fes énemis venans d’outre mer, ou bien admettre un fecours de fes amis à la faveur de fes citoyens ; le château ne pouvant empêcher la ddeente de l’énemi par l’eau, bien que la ville foit obéiffante à fon Roi; (*) ni, aux termes d’une révolté, que fes amis ne l’afliftent de leur fecours par le même moyen.
- III. Que la citadelle foit bien fortifiée, tant au dehors contre F énemi, qùau de. u* Maxim dans, contre la vide même. De telle façon qu elle foit capable de fe bien def- “chefs*01** JFandre en toute occafionde guerre,foit étrangère,ou domeftique. Elle fera puiflànte contre l’énemi ;
- 1. Si on oppofe plus de Battions en dehors 8c du côté de l’énemi(comme les trois B EF qui fe voyenten la Fig. C V111) que du côté qui regarde la ville. 2. Si les Faces de la ville, prolongées à la longueur, de 6o, ou de 70 Verges , fc rancontrenc vis à vis du Château dans le milieu de fes Courti- bons nés : comme font les Faces G H 8c 1K de la même Fig. 8c Anvers en mon- & irel’éxamplc.
- Car fi l’énemi attaque le Baftion B,outre la deffànce 8c la force qui lui eft propre, tant delà part de fa Courtine même, que duFlanq8c delà Face du Baftion C adjacent, ladite Face de la ville GH, lui prêtera encore fon fecours 8c fa proteâion : n’étant pas moins libre 8c puiflànt d’atteindre de fhuejnmi*r fes coups toute la campagne étanduc le long du côté F B, pour en dénicher l’énemi : davantage , la citadelle avec le rampar de la ville G H, ainfl conftruit, auront plus de commodité de s’entreprêter leurs mutuels offices : d’autant que le rampar, fora plus four par ce moyen, 8c mê« mement plus inutile à l’énemi, qui l’auroit faifi ; étant razé 8c flanqué intérieurement , par la Courtine C B & du Baftion adjacent C, l’énemi ni peut
- être
- Examples
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- être couvert dans le débris de lès ruines. Mais ü la Forterefle efl plus avancée en Dehors , en telle façon, que les rampars delà ville G H & I K, foient oppofés aux Faces C & D, elle en feroit plus foible en plufieurs fortes : n’ayant plus le pouvoir de fe démêler des attaques de l’énemi que par fes feules forces, fans efpérance d’aucun fecours de la part de la ville trop éloignée. Vous avés un éxample de céte faute d’Architeélure,au château de Phaltzhourg ville de Lorraine , voifinede l’Alfàce, qui ne doit être nullementimité : non feulement à caufe de là defïànce, contre une force extérieure,foible 6c mauvaife 6c volontairement procurée ; mais principalement pareeque céte même foiblelîe s’étand aulîi, jufques à larandre moins capable de s’oppofer aux violances intérieures 6c domefliques. comme nous le verrons en fuitte.
- Contre céte dernière forte d'entrèprifes intérieures, on randra la citadelle forte : i. Si le château efl difpofé en telle forte, que les principales rues de %de°u? mÏ V^e f°*ent expofées à la force & à l'effet des trais qui en partiront, &
- xîm. que l’irruption en la ville en foit aiféecomme les Efpagnols en Anvers,par ie moyen de la grande place qui relie vuide entre le château &la ville,d’un premier effort occupèrent cinq rues, à la ruine entière des habitans. En l’année 6c fuivantlarélationde l’Hiflorien,allégués ci defîus. 2. Si on lailîè au dedans de la ville aux environs de la citadelle, une place vuide : autrement , fi les habitans fe révoltent, ayans l’avantage d être fî proches, les voila auffitôt attachés au chateaù : mais au moyen de céte place, on pourra difpofer les foldâs de la garnifon, en ordre de bataille, pour les foûtenir & les repoulTer vivement ou mêmement fi l’ennemi affiégeant nous preffe les mefures, céte place vuide nous donnera lieu à de nouveaux retranche-mens : Mais la ville étant prife par force, ou par rufe, ou par trahifon, il faudra fur tout prandre garde que céte place ne tombe pas entre les mains de l’énemi : Tarante pris, (*) Hannibal tres-intelligentau métier de la guerre , fépara la ville d’avéc fon château, par un fofTé 6c une muraille. En quoi les Efpagnols fe font montrés bien plus vigilans6c plus capables de garder leur Citadelle, que les Romains : s’étans fàgement oppofés au progrès du defTein de Frédéric Perrenot(^) Gouverneur d’Anvers,quille voit un rampar 6c fe fortifioit contre la citadelle. On reconoît encore ici,un autre defaut du château de Phaltzbourgm’ayans pas tiré le rampar de la villê GH, du milieu de la Courtine du château, i, mais de quelque point de fa Face N ; par le moyen de quoi, outre les incommodités ci deffus remarquées , fuivent encore celles ci : le rampar de la ville efl joint aù fofîe de 1<J citadelle, à l’endroit où il efl plus étroit 6c plus propre à recevoir les appro^ ches des galleries : davantage,le rampar meme de la ville G H P efl moins fujét aux trais du chateau,ne pouvant être battu que d’une partie de la Fa-^ ce N Qj Mais au contraire les habitans rebelles , pourraient élever contrè N QJ!ouvragc d’une nuit,fcavoir un petit Parapét d’attaque 6c de deffan-ce L M, à l’aide duquel ils pourraient battre toute la place des environs dé
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- (a) Tite lire. XXV livre, (b) Strada liv. v 11L
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- De la Fortification Irregulï erï. . ±Sf ïa citadelle. Ceux d’Anvers effayérent en vain de réfifter à la fureur des Efpagnols,faifaiis leur fortie de o,leur mettant au devant des facs embour-rés dè laine & de crin : n’ayans pas allés de loifir, pour mettre en état R M, qu il falloit oppofer à une Traverfe un peu trop longue ; mais fi la mauvai-le ftru&ure de G H, leur eût permis de tirer feulement L M, tres-courte, c’eût été le moyen de mettre à découvert les aflaillans de tous côtés : & petit être que leur furie en eût diminué. 3. Lé château fera fort contre la ville, fi fon ranipar du même coté, excède & fiirpafiè en haiiteur celui de la ville 8c lui commande. 4. Si les Battions H&I de la ville, plus proches du château, font de îa part qui le regarde,fans les Flanqs c b 8c fg,8c davantage , vuides 8c creux : afin que l’on n’i puifiè pas pointer le canon j & que le citoyen travaillant à fe fortifier contre la ville, en foit moins à couvert.
- C’eft ici une faute de la ville de Phaltzbourg même ayant des Flanqs.
- I V. Que la citadelle ait[es entrées & fes iffües tant devers la ville, que de îau- lv Maxt-ire coté en la partie qui lui ejî oppofée. Par ce moyen , fi une force étrangère me'
- Vient à l’attaquer , elle fera aifément fecourue des habitans par la porte qui les regarde *. mais fila ville fe révolté, on pourra croître la garnifon, par f autre côté, malgré les habitans, & mêmes fans qu’ils en ayent conoiflân-ce. Il i a trois portes à la citadelle d’Anvers l’une devers la ville, la deuxieme vers la rivière, la troifiême vers la campagne : pat ces portes, ori avoit moyen de ranforcer la garnifon avéc tant de fecrét, que ceux delà ville en rettantoient plutôt le dommage,qu’ils ne l’eûrent appréhandé.Mé-téran au lieu ci dettus allégué;
- V. Enfin, pour joindre me citadelle a la ville, on aura égard, que la chofefe y Maximf* fajfe au moindre préjudice des habitans quiîfera pojfille. Car s’il étoit néceflâire de démolir une grande quantité demaifons, au grand dommagedcs habitans , du fila ville en devenoit exceflivementdiminuée; il vaudrait beaucoup mieux augmanter l’enceinte de la ville, pour i admettre la citadelle, zMiss que fi 1 es habitans en étoient notablement incommodés. êxampies»
- Pour céte caufe au vieil Cazal, on a prattiqué deux bras avancés ; par le moyen defquels la nouvelle citadelle féxangulaire lui eft adjointe.c’eft auf-fi pour la même raifon, qüe la tres-riche 8c très-aimable ville d'Anvers, a dé beaucoup amplifié l’enceinte de fes vieilles murailles, les prolongeant jufc ques à ce quelle vienne joindre la citadelle,qui lui ett extérieurement appas-* fée.
- Certainement la citadelle dAnvers ett bien fortifiée, 8c mérite que les eu- sxceUwci rieux de notre art prennent la pêne de la voir: Elle retient fon commande-ment fur la ville par le moyen de deux de fes Battions :avéc deux autres elle w. bride le noble fleuve de l'Efcaut, capable de porter de tres-grandes navires: avéc trois autres elle menace la éampagne 8c l’énèmi, & n’a en tout que cinqBaftions:c eft un ouvrage qui montre par effet 8c en prattiqué,la plus grande partie des chofes que nous avons ci dettus ordonnées. Ce château de très-bonne defFance 8c de Royallemagnifiçance, fut édifié par Findu-ftrie & fous la conduite dePaciot, excellant Architeâe, qui acheva fes
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- jouis en un gibet, ou l’attachèrent ceux de Fleffinghe (*) s et ans imaginés, parcequ’il avoit une fi grande expériance de ces chofes, qu’il étoit homme à diftribuer fon confeil, 8c fon fecours, à ce qu’une pareille fcrvitude leur fût impofée.
- Il ne faut pas pourtant, que la fplandeur de céte ftruélure éblouïfle nos yeux de telle forte,qu’il ne nous refte encore la faculté d’en remarquer les fautes. Car fi onfe fût avifé de la conftruire en la partie Septentrionale de ses def- la ville, non feulement elle eût ravi à la cité, l’ufage 8c la Seigneurie de la fmt. mer & de ia rivière, fui vaut ce que nous avons ci deffiis obfer vé : mais auf-file lieu eût été naturellement plus avantageux,& de plus difficile attaque, le terroir i étant uligineux & partant affiiré contre les effors de la mine,importante confidération , quand il eft queftion de choifir une affiéte. Peut être neantmoins que la citadelle étant au did lieu feptentrional ceux de la ville, par le moyen d’un débordement d’eaux, pourraient empêcher le fecours qui feroit envoyé au chateau,des Provinces Belgiques Méditerra-nées. Mais quand ces Provinces commancérent à fe troubler, toujours là ville d’Anvers, étoit plus volontiers fujette aux attaques ennemies en cete partie Septantrionale, qu’en celle du Midi : parce que l’endroit de la terre ferme eftoit plus paifible 8c plus affiiré ; mais celui ci, à raifon de tant dï-fles, de rivières 8c de marais qui l’environnent de tous côtés, efl: plus expo-fée aux injures, tant domeftiques, qu’étrangères. A quoi fe peut bien rapporter le mémorable exploit de la frégate noire de Dordrecht, laquelle palTant fur l’Efcaut 8c fur la levée de la ville même, combattit 8c demeura Vièforieufe del’Admirale,8c l’emmena captive avec plufieurs autres moin<» dres vaiflèaux : non fans moquerie 8c notable avertiftèment aux habitans d’Anvers, qui en ont profité, ayant depuis fait un Fort fur le quai. (*)Mais fi Anvers, s’étoit joint une fois aux Provinces libres, en communion d’inté-refts 8c de fociété, la Citadelle n’aurait moyen d’empêcher les fecours qui lui viendroient, tant par mer que par terre ? D’ailleurs, pareeque ce Cha-fteau armé de cafe-mattes à l’antique, il en arrive que fes mambres, ne font pas entre eux en afies bonne proportion: Les Faces font trop longues, les Courtines trop courtes, lerampar à trop de hauteur : 8c quant à ce qui efl: du mur de brique qui comprand toute l’enceinte du château, c’eft plutôt une vaine oftantation de dépance, qu’un ouvrage de bon fervice. Il fut fit pour ce point, encore qu’il me famble de ne l’avoir pas employé hors de propos.
- Les ordonnances d’Archite&ure , ci deffiis preferites , bien obfèr-vées, il refte, de prandre la forme Ichnograpkique, de la ville à fortifier d’une citadelle, fur une certaine mefure, fuivant laquelle foit décrit le deflein du
- châ-
- ( a ) Le Duc D' -Alve venant et ^Anvers, apres avoir démoli V ancien rampar fa une vieille tour au faubourg de S. Kilts», commanda i’oeuvre d une citadelle, à laporte de Çronenbourg, dont la dépance monta a la fomme de XIV cent mille francs, les habitans en portèrent leur part de IV. cent mille, exigées fur te centième, le vintiéme fa le dixième. 'Paetot, recenu excellant en cet art, par les preuves qu'il en avoit données en Piémont, eût la conduite de l’ouvrage. Douze cens hommes i travaillant continuellement , en peu de temps en en vit la fin. OnlefitdeV Bâflions, le premier fut appelle du Duc, le fécond de Ferdinand, Le 3 de Tolède, le quatrième d’-A Ibe, fa le cinquième, eût le nom du -Maître de Pauvre fa de lui, nommé de 'Paeiot. Jan Meurs aul I livre des chofes Belgiques. Le même au 111. (6) Trclon.fitpandre Paclot, & lui donna pour compagnie deux Efpagnols , s’imaginant qu’il ne pouvoit pas faire un plus grand déplaifir au Duc d’Alve, que de le priver d’un fi grand Architecte de Forterefles , & fi excellant miniftre de guerre, & davantage fon parant, en une faifen en la quelle il lui étoit fi néceûàitc. (c) Mété»m6oo.livre XXII* feuillet 4; p dé mon édition,.
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- De la Fortification Irreguliere. 1.87
- château félon la forme defirée. pour l’approprier puis apres au modelle de Za la ville tiré fur le papier à l’endroit 8c en la manière requife, enfuivant l’or- ^ïonichm-dre contenu aux Maximes ci deflus expofées. On en fera de même,quand de la ville après s’êtrc fatiffait, du defîein tracé en papier,on voudra tirer en la cam- f^/eeü[ac^ pagne le premier 8c principal rayon ou feillon de la Fortercflè. dou enl
- Quant à la manière d’accommoder des villes aux châteaux, elle eft mani-
- fefte par les chofes cideffus dites,* pourveû feulement que foit prefuppo- demidiam. fée, la forme multangulaire de la ville que l’on veut conftruire : par exam-pie, on joindra au château de la Fig. C VII I,une ville undécangulaire: la-quelle ayant décrite fur la même mefure que le château , on appliquera au lu! dit château, jufques à ce que on les trouve conformes & convenables, le 2^71^ tout en la manière qui eft requife 8c qui a été ci deffus preferite. commoder
- C H A P. X.
- T)e l’Orthographie de l’ojf xhitéclure Irrégulière.
- les nouvelles villes aux châteaux ou paravant
- édifiés.
- A Prés I’Ichnograp hie irrégulière ci deflus expliquée, la méthode requiert, qu’il foit maintenant parlé de fon O r t h o g r a p h i e. O* eft il, qu’il i a toute refîàmblance, entre celleci Irrégulière, 8c l’autre régu-Jiére que nous avons décrite au précédant livre, ou pour mieux dire l’une toujours la & l’autre font la même chofe: entant que d’une part 8c d’autre on employé la même raifbn d’Architedure. car les rampars des Forterefîès, tant régu-^rj%^ Hères , que des Irrégulières, doivent toujours être obfervés de telle hau- régui. teur, que l’habitant en demeure couvert 8c le foldat mis enafïurance pour faire fbn effet àdeffandre la place:8c pour avoir l’avantage de découvrir de loin & pour atteindre l’énemi qui s’approche : il faut encore leur donner la même largeur 8c la même force, étant nécefîàire qu’ils foient également impénétrables aux coups de canon. De l’une & de l’autre de ces di-manfions,nous avons expliqué fufifammant les quantités au précédant li- Laraifin^ vre, duquel on les pourra tirer : Et partant jepourrois, fans aucun préjudice,me difpanfer de m’étandre plus amplement fur céte matière de l’orthographie ; fi ce n’étoit que je pransplaifir d’avancer le plus qu’il m’eftpofïi-ble, les bornes de cét art, 8cd’inftruirc toujours de plus en plus, ceux qui font profefîîon de l’aimer, 8c de l’apprandre.
- Premièrement; (& je métrai ceci en avant une fois pour toutes,)fur ce fu-jet de l’Orthographie architedonique, la bonne régie foit de largeur ou de hauteur qui doit être obfervée,foit pour étandre 8c prolonger,ou pour diminuer 8c racourcir plus ou moins,fe doit prandre générallement, fuivant l’égard du temps qui nous eft permis à la perfection du deffèin : des avanta- tZ'rfoV” ges ou incommodités qui fe préfantent en la fituation du lieu : de la force tho&rafi ou de la fituation du lieu : de la force ou de la foiblefiè de labourfe de celui qui cftlechéfdel’entreprife8cde famblables circonftances. Et partant, à proportion que l’Architede, fçaura bien ménager fon temps, fon afliéte 8c
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- fa dépance, il en fera d’autant plus capable de bien examiner lesfuivantes commodités, ou incommodités de notre Architedure, pour employer ce qui lui fera propre & rejetter ce qui lui pourroit nuire.
- Les Avantages Du Large Rampar.
- i» Quelques fevouffes £*? ruines quepuiffe fouffrir un large rampar , delà vio-lance des coups de canon , ils ne laiffent pas néanmoins, pour l'ordinaire, une brèche affes raifonnable alavantage des affaiUans. Au fiege de Steemvyk en i’an-nec 156x, un orage de L canons s’i débordoit inutilement, & fi la dépance de ces tonneres coûta aux affiegeans plus de 100 mille francs : mais lesaffiégésles tournèrent en raiUerie : & fut reconu par expériance, que les Espagnols avoicnt juflc raifon de les appeler Epouvante-vilains. L’hiftorien ajoûte la raifon : (*) Que ceux de la ville s etoient préparés à fouffrir ce fiége, par un travail de for-La avmt*• tification, quiavoit duré un an tout entier, reparansleurs murailles félargi/ &r*m*J!ge fans leurs F offés, & ranforcans leur ramparjufques à lépaijfeur de XL piéds.
- x. En fuitte d‘un large rampar le Foff? ejl randu plus ouvert & pim profond. Ce qui fefaitfuivant les loix de la bien féance,mais plus encore de la néccffité: car ou prandrede quoi produire le rampar en céte largeur, fi ce n’eft de la terre tirée du Foffé. On en voit les éxamples par tour*
- 3. Un large rampar, donne auffi a fonTerre-plein un pim grand efpace : ou le peuvent ranger à l’aife plus de trouppes pour foûtenir la violance d’un af-faut : placer & manier avec plus de commodité de plus grottes pièces d’artillerie t Au dernier fiége de Bréda, la largeur du rampar donnoit cét avantage , que de tous cotés, tant aux Courtines, que fur les Faces 8c furies Flanqs des Battions, il i avoit grand nombre d’artillerie qui faifoit de notables efféts.
- 4. Un large rampar ejl très-commode quand il eftqueflion de relever des Parapets ruinés, de reparer des brèches, deprattiquer de nouveaux retranchemens: car ceux de la ville enfermés au dedans de leur enceinte,i prennent la terre qui eft nécettâire pour toutes ces réparations, & pour faire auffi de nouveaux rampars en casdebefoia Voyés le fiége dOttande 8c plufieurs autres.
- Les Incommodités du Large Rampar.
- 1. Un large rampar donne un grand avantage a l'énemi qui je veut couvrir, dé pouffer fes mines en toute liberté : pareeque la mafiè du rampar environne la mine & la foûtient de tous côtés. On pourroit alléguer un grand nombre dexampîes, déminés découvertes & évantées, pareeque le rampar étoit mince. Et n’en manquerions pas auffi pour montrer clairement, quec’eft la raifon qui le plus fouvent convertit en fumée toute l’attante & l’efperan-ce des mineurs affiégeans : c’eft à feavoir lors que la mine, contre leur def-foin ne s’élevant pas perpandiculairement, éclattoit, ou de coté & en autre part que celle qu’on avoit propofée, ou s’emportoit de front fur la ville même , ne produifant qu’un inutile & ridicule bruit. & pour n avoir pas
- ébran-
- (4) Reidan. liv: IX de fes Annales.
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- D E LA PôRT mcATiON IRit EG tl LIERË. 2.89
- ébranlé, qu’une petite partie de ce mince rampar,tout le reftedu cors tourné vers l’énemi demeurant entier, car celles qui retournent arriére, découvrent l’ignorance ou la négligence du mineur, & ne font ce mauvais effet, que d’autant que la bouche de la mine,n’a pas été bien clofe & bienfècllée. *£££*
- x. il faut plus de temps & plus de départee^pour entaffer un large rampar. Il ne fe peut dire de combien les frais en feront augmantés, fi le terroir fur le* quel il doit être elevé , ferancontre uligineuxoufabloneux, en telle forte qu’il foit neceflàire de l’affermir fur pilotis, & de lui préparer un lit hié & pavé de pilotis ; ou bien affermi de faücifîcs de bois, attachées de pieux ro-bufles pour les foûtenir.
- 3. llefl requis de mettre au devant d'un large rampar, me litière quifoit pareillement fpacieufe& large, s’afaiffant toujours àraifon de fa pefanteur, deforte qu’à la fin il viendrait àféperdre dans le fofle, s’il n’avoit devant foi une telle liziére , laquelle d’autre part, étant capable de contenir grand nombre defoldâs, favorife beaucoup les fecrétes entreprifes de l’énemi.
- A l’oppofite, de ces incommodités du large rampar vous trouverés.
- Les Avant ag es Du Rampar M ince: par example.
- I. Un mince rampar, n'ayant befoin que dune lien étroite litière, eft affurê, contre lesfurprifes. car l’énemi au fortir du fofîe , ne trouve point d’efpace où il fe puifîê reconoître & ranger fes trouppes, pour affaillir le rampar efearpé.
- x. Outre que le mince rampar a celà de foi même qu’il peut être élevé avec peu de dépancc & en peu de temps, il mérite encore céte louange Tfmpar particulière, qu'iln'i aprefque point de terroir qui rien admette la firufture facile minct'
- & à peu defrais \ au contraire ceux qui ont beaucoup de largeur, ont befoin pour leur fubfiftance de fondemens préparés & bien affermis, ce qui ne fe peut faire qu’il n’en coûte beaucoup.
- 3. Enfin les rampars minces , fontpeu fujets aux mines de l'enemi : or efiii qu’il n’i a point dé pefte plus préfànte ni de ruïne plus irrémédiable contre les villes afiïegées.
- Prenés de même les avantages du large rampar, & vous trouverés les in- Set def«-commodités du mince : il fuffira de les montrer du bout du doit.
- •Vantants.
- Les Avantages Du Haut Rampar.
- 1. La hauteur du rampar mét la vide h couvert contre les trais & la décharge des machines de lenemi : & ne permét pas, quelle foit ravagée intérieurement, Lei *v*n-à la faveur des prochaines collines, ou des Batteries. JJJJ
- x. Encore que la campagne des environs frit montaigneufe, la hauteur du ram-par donne lavantage de la découvrir aifément, pour tenir lenemi plus écarté, & lui ôter la faculté d’avancer fes approches à la faveur des lieux élevés qui le pourraient couvrir.
- 3. A proportion de la hauteur du rampar, Ufoffé pourra être plus large & plus profond.
- Nn 3
- 4 En-
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- 4. En fin, on en peut pas efcalader qu'à grande pêne,un rampar de grande hauteur $ 8c partant il efl très alluré contre les rufes de guerre 8c les furprifes.
- Les Incommodités du haut rampar.
- I. A proportion de ce que le rampar aura plus de hauteur, l'enemi afiaiïïant aura d'autant plus de moyen defe mettre promtement a couvert, un plus grand
- ses de fa- efpace pour fe garantir des coups de la ville. On peut néanmoins adoucir ce te ramages. jncommodité, par la flruélure d’un Avantmur ou d’un Parapét de chemin couvert ; car ainfi l’enemi afiàillant au delà duquel portent les coups de ceux de la ville, pofés en garde fur ie rampar, fera expofé, à ceux qui partiront de T Avant-mur & du Parapét du chemin couvert : Toujours reliera céte difficulté, que la flruéture defdis Parapets fera néceffaire.
- %. La hauteur du rampar apporte de l'empêchement h la défiance du Eofié.
- 3. Céte grande hauteur du rampar efl ires-mal propre h l'efiét des contre mine s. De quoi nous avons ailleurs remarqué un mémorable éxample en Mae-ftricht : Vous le pou vés (*) voir.
- 4. Le haut rampar, doit être aufii de nécefiitè excefiivement large : mais outre ces incommodités qui lui font domefliques 8c familières : il a encore toutes celles, dont peut être blâmé celui qui a beaucoup de largeur ; vous les ajoûterés ici, affin que le tout fe rapporte aux régies de l’art.
- Lcsavan- Les changemens nécefîaires préfupofés, les avantages du haut rampar aTanwgef feront les incommodités du rampar peu elevé : 8c au contraire les avan-du bas ram’ tages Je celui ci, les incommodités de l’autre .
- Les avantages dune pante facile du rampar. zes avm- i. Une pante douce 8c facile retient la terre plus àifément 8c empêche
- tages d'une fe canon n’i face brèche.
- pantefact- * .
- h. Elle diminue beaucoup de la malle du cors cru rampar : en cas que
- l’on nait pas toute la terre qui feroit néccfîàire à fon éxauccment.
- Les incommodités d’une pante douce,
- Ses defis-vantages.
- Les avantages &def~ avantages d’un pan-chant roîde & efcarpê.
- 1. Elle eflfujette aux furprifes de lenemi.
- x. Elle rând le Terreplein du Rampar beaucoup plus étroit • or efl il que c’efl pour fervir à ce Terreplein, que le Parapét du Rampar,& le rampar même ont été invantés : étant le lieu particuliérement defliné auxex-plois de la guerre, & à la défiance de la place : il n efl donc nullement à propos de le randre plus étroit 8c plus empêché.
- A l’oppofite, on reconoîtra les commodités 8c les incommodités, cTun panchant roide 8c efcarpé, en retournant ce qui a été dit comme ci defius.
- Les commodités d’un large parapet.
- I. Un large Parapét, capable de réfijler aux coups de canon, afiure la gamifon contre les trais de l’énemi. Quand l’Archiduc Albert affiégea Slufe eh Flandres,
- (a) Au Chap.X du livre précédant.
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- De la Fortification ïrreguliere] 191 dres, un Ravelin fait à la hâte, contre l’irruption de lenemi, étoit arme d’un (i foible rampar, que les boulets de l’artillerie, paflâns tout à travers dudit Ravelin il leur reftoit encore allés de force pour faire brèche raifon-nable aux murs de la ville oppofés en diamètre : de telle forte que le Ravelin emporté d’aflàut, les citadins faifans leur retraite vers leurs murailles , les afïiege's & les affiégeans, entroient enfamble par la même brèche fur le rampar.
- z. Le large Parapét, contribue, félonfon pouvoir, h donner au Fojfê un peu plue de largeur @ de hauteur. &
- 3. Fournît aujft de la terre pour reparer les brèches en cas dune extrême ni-cejfité, &c.
- Les INCOMMODITES DU LARGE PARAPET.
- 1. Un large Parapét retranche de Vefpace du Terre plein du rampar. céte in-commodité lui eft commune, avec celle que nous venons de remarquer «*«**«*• en fécond lieu, des pantes faciles. »
- z. La flrufturc du large Parapét, requiert beaucoup de temps (principalement fi le rampar eft haut,) & une grande dépance.
- 3. Plus lênemi avance[es approches, & d'autant plus unîarge Parapét ex* pofe , ceux de la vide au dommage de l'énerhi au contraire fouftrait les alïié-geans à la portée des coups & à la veüe du citoyen, dans un grand efpace au defîous de la ville, & plus il s’approche, le protège & le couvre de plus en plus. Voyés fur ce fujét, ce que nous avons dit au précédent livre, au Chapitre des Tenaides : car le rampar de la ville pofé de XVIII piéds de hauteur, & le Parapét du rampar de 21 pieds de largeur en fon fommét, nous ferons céte colledion : comme 2 la différance des hauteurs du Para* pét, eft au regard de 21 fa largeur verticale : de même la hauteur du Parapét & du rampar jointes enfamble, de 24 piéds, eft au regard de la diftance depuis labaze du rampar de 2 52 piéds, &c. au delfous de laquelle l’énemi fera couvert & alluré, &c.
- Les changemens nécdlaires préfupofés, il fera bien aifé de reconoître les commodités & les incommodités, des Parapets minces. tM£
- C’eft ailes dit, pour ce qui eft de la largeur des Parapets : Quant à la fav*nt«zts hauteur pour ce qu’elle eft toujours d’une même forte, il n’i echét aucun wticLT** changement attandu que cette hauteur de Parapets, eft tousjours defti-née à cette feule fin, (foit au rampart, ou à la faulîèbraye, ou à chemin couvert) de fervir d’alfurance & de deffance, au foldat étant en garde &
- Éc en faâion, contre les trais & les injures de Tennemi. Delortequela ftature de l’homme, n’excédant pas, que bien rarement, la hauteur de ïix piés, il feroit fuperflu d’élever d’avantage le Parapét deftiné à fa prote-<ftion: mais aulïi, qui le feroit plus bas, ce feroit l’expofer à un danger tout manifefte, & découvrir aux atteintes de l’ennemi fa tête & fon cftomac.
- Or d’autant, que la hauteur eft toute pareille, du foldat que l’on mét à couvert, & du Parapét qui le couvre, il eft certain, que la veuë de notre
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- Z9Ï Livre Second,
- foldat ne pouvant s’élever au deffus pour addrefïer fôii coup contre l’ennemi : de la fuit la nécelîïté, de le relever d’un Banquet, ayant toujours un pie 8c demi de hauteur 8c trois de largeur ; a fin qu’il furpafîè d’autant le Parapet pour décharger fori coup, & foudain defçande 8c fe mette à couvert pour fa charge.
- Les Avantages du Fosse' large.
- Les ttvan- I • D'autant plus le foffé rampli d'eau a de largeur, il en ejl d'autant moins fujêt
- F jf'large âUX entrePrtfes ^eS ^eries ® de S Pons v°^ans.
- z, Cette largeur du Fojjfé fournit plus de terre pour la Jlrutture des ouvrages.
- 3. Par ce moyen les batteries de îennemi & les autres travaux d’attaque, font plus éloignés de la ville.
- 4 Et quant au fojfé fée, plus il a de largeur & plus auffi a t'ild'efpace & donne de commodité a. la conftruüion des ouvrages deffanftfs qui font nécejfaires h lapro-tell ion de la ville*
- Les INCOMMODITE's du Fosse' Large.
- ses tncom- 1 * ^'autantfitus %ue cette Margeur de Fojféfêparera les Dehors de la ville, (s'il m dites, i en a,) de [on rampart ; S? d'autant plus auffi leur deffance enfera malaifée.
- 2. La fécondé de fes commodités fe peut quelquefois convertir en une très notable incommodité , d’ou fe peut enfuivre la ruine de tous les avantages qui d’ailleurs en pourroient réufiîr : entant que s’il i a de la terre'de relie, nous voila neceffairement obligés, à faire des rampars énormes 8c maffifsau de la de leur julte 8c nécelfaire proportion ; finon, il faudra tranfporter ailleurs cette terre inutile : or l’un ni l’autre ne fe peut faire, fans perte de temps 8c accroiflèment de dépance confiderable.
- Les avm~ Enobfervant les changemens qui feront nécefïàires, on trouvera les
- tages é» commodités 8c incommodités du Fofie étroit.
- defavanta-
- %%.*** Les Avantages du Fosse' profond.
- I. L'ennemi ne pourra que difficilement combler un Fojfé d’eau qui fera profond, ditô&ïn' 2‘ S'H eftfâi h defeante en fera plus difficile a l'ennemi.
- commodités 3. Un foffé fée & profond tout enfamble, eft plus capable de recevoir en fins, ufl ?„f.ï petit foffé rompit d eau.
- 4 D’yn fojfé profondfe tire plus de terre pour tes ouvrages.
- Les incommodités du Fosse' Profond.
- 1. Ceux de la ville, (fi principalement leurs murailles font hautes) ne peuvent pas que bien malaifement deffandre un fojféprofond.
- 2. Lés cotés d'un fojfé profond fe ruinent aifément : fi ce n’elt qu’on leur don* ne un petit mur à les foûtenir , ou que l’on pourvoye à les affermir par autres dépances.
- 8. Le quatrième de fes avantages fe peut tourner en une tres-grande incommodité : comme ci deffus, aux incommodités du Foffé large.
- Les
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- De la Fortification Irreôulierë.
- Les Avantages du panchant de Fosse' escarpe'. jk Un roidepanchant de Fojféfoit quil[oitfée ou rampli deau,ejl avantageux, ?*&}>*»* contre toutes fortes d'entreprifes & de [urprifes, oppofant de foi même à Terme- tommoll-* mi, la difficulté de defçandre & de monter. tés'
- x. il en refie aufofféfec plus defpace, pour l’exécution des fondions né-cefîàires à la deffimee.
- 3. Il fournit auffi plus de terre.
- Les DESAVANTAGES DU FoSSE' ROIDE ET BIEN ESCARPE*.
- I. Ce Panchant de Toffè roide & lien efearpé, requiert une grande dépance : 8c Ses ou la terre fe rancontre légère, il a befoin d’être maçonné & poùrveû de vmtfl&es' foutiens nécefîàires, contre les fàntes 8c ouvertures, qui aifément s’i forment d’elles mêmes, encore que d’ailleurs il ne foufFrent aucune violance.
- %. Meme ceux de la ville en diverfes occasions de s’oppofer aux dangers que produifent les fiéges, en reçoivent de notables incommodités.
- 3. En fin, le troifiême de fes avantages n’eft pas trop afluré.
- C H A P. X î.
- De U Scénographie, & de fes termes.
- NOuS nous fommes donc à préfant aquités, éèfJchnographte 8c de l'Or* thographie, tant régulière qu’irréguliére, qui font les deux premières efpéces de la D1 s v o s 1 t 1 o n : nous avons à traiter en fuite de la Scéno* graphie, que nous commancerons par la déclaration de fes termes.
- Les termes Scénographiques de /’Architecture militaire.
- tes termet
- Fort. Scénogra-
- C’cft une place Fortifiée de rampart, de battions, de Fotte 8c d’autres fiSL-defîànces, pour attaquer ou pour fe dettàndre. aure mili-
- Forteresse.
- Ce font de petites Fortifications, que Ton fait ordinairement quarrées ou quinquangulaires, à Tettet, de dettàndre, ou de tenir en fujétion, quelques pons, paflàges, levées, rivières, chemins creux,8cc. 8c fe conftruifent féparés de la ville.
- CHATEAU, CITADELLE.
- Ce font fortifications invantées, pour dettàndre les villes, ou les tenir fujettes.
- Rampart.
- C’eft une clôture ou muraille de terre, (a) qui ferme ies villes tout à lentour.
- Ôo Ba-
- (a) Voyons maintenant touchantes clôtures dont une place peut être ténue en affiirahce. il i en a de quatré fortes: unenatutelle,lafeconde,ruftique,la troifiême militaire, la quatrième d’œuvre de charpantiér. Chacune de cesfortes a plufieurs efpéces. Lapremiére clôture naturelle Sk fait de bronlïailles & d’épines , la fécondé, de bois 1u4ç tç fan»faf on : vairon liv. i. de ie Ruft. chap. 14.
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- Livre Secon d,
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- Bastion.
- Certaines maflès éminantes jointes 8c appofées à la ceinture du ram-par, pour une meilleure 8c plus aifée commôdité de fa defFance.
- \ Bastion Plat.
- Cette forte de Baftion ne fe conftruit pas fur les angles, mais fur les côtés de la ville, 8c toujours de forme quinquangulaire, compofé de cinq angles 8c lignes, à fçavoir de deux Faces, autant de Flanqs, 8c d’une ligne droite,pour tenir la place de deux Gorges, en fa longueur : Quant à la forme de cét autre Baftion angulaire, elle eft Exagone ; étant compofé de fix lignes, deux Faces 8c tout autant de Flanqs 8c de Gorges ; ayant pareillement fix angles, cinq extérieurs, un intérieur.
- Parapet du Rampar.
- JC’eft fur le rampar de la ville, un petit mur de terre élevé du côté qui regarde les champs, derrière lequel ceux de la ville fe tiennent couvers, pour décharger leurs Trais contre l’ennemi , en aflurance de leurs per-fonnes.
- Ban q_u e t .
- C’eft tout autour du pié du Parapet en dedans, un petit degré de terre, fur lequel fe relèvent les Moufquetaires pour décharger leur coup, afin que de plus haut, ils puiflent découvrir l’ennemi.
- Terre plein, plandu rampar.
- C’eft le comble 8c la plus haute partie du Rampar, 8c ce qui refte en cét endroit après le Parapét 8c fon Banquet, en cét efpace font rangés les fol-dâs de la garnifon ; le canon , fes officiers 8c tout l’équipage fervant à l’artillerie.
- Batteries.
- Ce font de petis tertres elevés pour foutenir l’artillerie. Quelques fub-tils apportent ici une diftindion, 8c veullent que ces éminances aux Battions portent le nom de Cavaliers, 8c qu’aux Courtines on les appelle des plateformes.
- Casemattes.
- Ce font des loges 8c embrazûres pratiquées par le maçon dans les Flanqs de la ville, qui fervoient autrefois à pointer le canon pour la deffance du Baftion oppofé, 8c à razer le fons du fofle.
- Chemin des Rondes, Faussebraye.
- Les termes Un chemin relaifîe entre le rampar de la ville & fon A vantmur. ph%Ms*de Parapet des rondes,ou de la faussebraye. bHercote- C’eft l’Avantmur, ou le Parapét du fufdit chemin, ou Fauflebraye.
- LlSIFRE, RELAIS, BERNE.
- C’eft un efpace entre le rampar de la ville, ou TAvantmur 8c le Foflfe.
- Le fossE'.
- Le chemin cou vert,le corridor.
- C’eft un chemin au delà du Fofle contigu à fa rive, accompagné de fon Parapét.
- Para*
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- *9?
- De la Fortification IrreguLierè.
- Parapet du chemin couvert, ou du corridor.
- C’eft un petit rampar de terre embraflântle folle delà ville tout à i’en-tour.on le met en ufage pour deftàndre la campagne des environs & pour favorifer ceux de la ville en leurs forties.
- Ravel in.
- C’eft un cors féparé appofé au devant du milieu d une courtine pour fa défiance.
- Demi lu ne.
- C’eft un cors feparé, à la faveur duquel un Baftion eft mis à couvert.
- Ouvrage de corne.
- C’eft un ouvrage de Dehors, compofé d’une Courtine, dedcuxdemi-baftions 8c dedeus côtés,par lefquels il eft joint à la Fortereflè : on l’emplo-yc à protéger les foibles endrois de la campagne 8c à réfifter aux approches de l’ennemi.
- Tenaille.
- C’eft un Dehors qui approche allés de l’ouvrage de Corne fi ce n eft qu’il s’écarte en front en forme de Tenaille.
- Traverses.
- Ces ouvrages, font de diverfes formes, obliques ; elles fervent à emba-rafier les paflages 8c les avenues.
- A tant (bit afles dit, pour ce qui eft des termes de la Scénographie.
- La fcénographte nejl autre ehofe, que la description du front & des cotés tari* transf§ quant quant auffi le rapport & la correfpendance de toutes les lignes au centre du compas. (*) Or eft il du propre devoir de l’Archite&e , d’arrêter le deflèin des traces 8c linéamans que la Fortereflè fiir pié, laiiï*e de foi furie plan de fon aire. 8c pareillement c’eft aufli de fa charge d’en déterminer éxadement le profil du Front 8c de toute fa Surface en fon exaucement: deforteque , fuivant le deflèin qu’il en aura formé 8c décrit, les ouvriers puiflènt travailler en toute aflurance. Ce quirefte des autres chofës qui fe rapportent à la Scénographie elles appartienent plus proprement à la Pro-fpeâive, quelques unes à la peinture, la plus part à la Méchanique, Maçonnerie , ftatuaire 8cc. Celieucin’éxigepasdenousnéceflàirementla difeuflion de ce qui touche le devoir 8c l’Induftrie des méchaniques 8c des manoeuvres ; nous en dirons peut être quelque chofe en paflànt en autre endroit. J’ai en l’efprit de donner quelque jour aux amateurs de notre Ar-chitedure un traité a part de la Scénographie militaire. II auront cepan-dant ma parolle, pour arres de l’éxécution, qui réüflira, Dieu aidant,avéc le temps. Paflbns à un autre chap. qui requiert un Architede Mathématicien , traitant de XOeconomie 8c de la manière déjuger de la folidité d’une fortereflè conftruite.
- («) Vitiu.I.i. ch. H.
- Oo z
- CHAP.
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- JL i v re Second*
- 5.96
- C H A P. XII.
- T>e la dijlribution ou Oeconomie de la Tonification.
- Apres v or- T Ufques ici j’ai amplement traite' des deux premières parties de notre Ar-éiuDifpo- J- chite&ure militaire,L’o rdonnànce8c la Disposition: i’entre-jittcn,fuit i/t prans maintenant la troifiême,qui eft entre toutes la plus confidérable.c’eft
- Diftribtt- , A r
- n,n qui 1 Oeconomie «Distribution, ion importance, furpafle d’autant doit être foi. pjus tout je refte qu’une yjiie en effet eft toute autre chofe que fa peintu-
- gneujement 4 x 1
- traitée, re & repréfantation. Il fe faut donc comporter en ce lieu avec foin 8c tres-
- Avu de vi- éxaâe diligence. Mais fur ce point, j’entans Vitruve qui m’arrête d’un mot mve' d’avis.Il mérite bien qu’on l’écoute ; car il parle en homme d’honneur 8c in-
- telligent 8c ce qu’il propofe eft utile 8c digne de tres-grande confidération. (a) Il dit donc.
- Loi des En Ephêfe , cité Gréque très-ample & tres-illufire, ilia une loi ancienne un
- Ephéfiens. nuÿement irijufte. L'Architefte qui entreprand un ouvrage public,
- s'accorde pour un certainprismoyennantlequelilpromêt de le randreparfait & accompli. La lefoigne achevée fi la dépance faite fe rapporte à fa proportion, il en eft honnoré par décrit & ordonnance publique : fi elle n excède que dune quatrième partie, la prifée en efl faite & on le rambourfe du treforpublic , fans être pour cela, fujèt à aucune pêne, mais s'il arrive que la dépance pajfe plus outre que cette quatrième partie , alors il efl contraint de fournir ® parfaire le plus àfes propres dém pans. Plût à Dieu qu'une famblable loifût en ufage parmi les Romains , (& pat tout) non feulement en ce qui concerne les ouvrages public s,mais auffi pour les bâti-mans des particuliers , a fin que la faculté fût ôtée aux ignorans de faire tant de maux impunément. Celà s’adreflèroit fans doute, (afin que je ne parle que de ce qui me touche) à ces bâtifieurs de maftes énormes, qui, deftitués de toute conoiflance, ne laifient pas de fe vanter, de faire profeflion, 8c d’éx-ercer impudemment notre Archite&ure : 8c ces gens ont rampli le monde d’une infinité de places tres ineptement fortifiées depuis peu de temps; ftruélures , néanmoins , élevées à fi grans frais, que fi on obligeoit ces bons Ingénieurs au ramploi de ce qu’elles ont coûté de plus que laquatriê. me partie au delà de leur première propofition , ils auroient dû mille fois leur âme , au paravant même que jamais il eûflènt atteint à la moitié de xrmâes & kur entrePr^e- ^ ne faut Pas Pourtant cn imputer toute la faute à ces Ar-frtptnnerîes chitedes, puifque c* efl là quilsfont leurs affaires & trouvent leur conte, comme inférieurs. Vitruve .* ( b) ce font les gouverneurs des villes qui méritent d’en être blâmés particulièrement, d’avoir été fi fimples que d’ajoûter foi, fans autre plus ample 8c plus férieufe information, aux vanteries de quelque ingénieur , avolé, peut être, de quelque coin de la Hollande : pour l’avoir ouï difoourant de Bréda fortifiée par le Prince Maurice 8c trancher de l’habile homme en l’explication d’une carte bigarrée de diverfes couleurs,qui la repréfantoit. Vitruve pourfult. Si cette pêne étoit établie, il n'iauroitque
- les
- (a) Vitruve cnlapréface duli. X.de fon Architecture. (SJ enla préfacé du YI livre*
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- HAMBVRG
- jL ^ s J s
- £ £ X £ .
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- De ia Fortification ïr reguliere.
- les feavans & les intettigens qui ofajfent faireprofejfion de l Architedure î &'par ce moyen les Pères de famille, (ajoutons, les gouverneurs des villes 8c des Provinces) ne fe rotent point réduis à des profufions de frais immanfes, quifouventles conduifent & les précipitent h toute extrémité : & d autre part les architectes retenus de la crainte du châtiment,auroient plus de foin de bien dreffer le conte de la dé-pance néceffaire & fe donneroient garde de fe méprandre. O dieu ! quelles prodi-gieufes dépances ont été faites depuis peu en la fortification de quelques villes d’Allemagne ? La profufion i a e'té fi exceflïve, que fi l’Ingénieur en eût feulement déclaré la moitié dans le commancement de l’entreprife, il n’en eût pas fallu davantage pour en faire avorter tout le deffein ; n’étant pas croyable que pour quelque befoin qu’eûflènt telles villes d’être fortifiées , elles fe fûfifent néanmoins refoluës de l’entreprandre, au prix d’une dépance excédante tout ce qu elles poflèdoientde bien.car ces fourbes ont élevé des ram pars d’une hauteur £i monftrueufe qu’ils touchent les nuës,& ne couvrent pas feulement les édifices de la ville, mais aufii elles dérobent prefque à la veüe mêmes les fomméts des plus hautes tours. Quant à l’é-paifleur 8c largeur des dits rampars, elle i eft aufii peu épargnée ; aufii fal-loit il néceflàirement qu’ils s’accommodafiènt à la raifon de la bienféance 8c delà jufte proportion.
- Mais peut être que cette pointe de Vitruve ci defius alléguée, ne touchant que les autres peuples, la Belgique confédérée, qui eft la mère 8c la JyesmAdue£a nourrice 8c la maîtreflè de notre Architecture, n’a point de part à la honte tout temps de cette cenfure ? Car quant au yiAUemans, nation qui trouve fes delices parmi laguerre, (a) qui fefait peu prier pour chercher îennemi & sexpofer aux coups‘qui en leurs tiennent lâche d'aquerir avêc fueur ce qui ne coûte que du fang (b) ; qui dés long temps ont été en pojfejfionde s'imaginer quil ni a point une plus grande gloire que pelle & le de convertir tout ce qui eft lien loin aux environs d'eux, en deferts & enfolitudesif) wntêfre* & fè font croire que la vertu a cela de propre de ne foujfrirpoint de voifins & que exeufés, d’ami ne puiffe durer devant eüe\ Cs mêmement fi les puiffantes villes de leurs ennemis mis de tel-tombent en leur pouvoir, les dédaignent, ne font état que de leur territoire, pour lesfames*
- leur habitation : méprifent les vides comme des tanières ceintes de toittes de rêts (d) : ne peuventfouffrir que les viïïesfoient clofes de murs, perfuadés que cefont des entraves de fervitude{e):ce qui fe voit par expèriance aux animaux les plus farouches , auxquels la prifon diminue beaucoup de leur force,C§ de leur naturelle vigueur. Et pour dire tout en un mot, ces Allemans à qui jamais peuple ne fit la guerre fans s'en repantir , (/) bien meilleurs à manier l’épée 8c la pique,
- O o 3 (a) que
- (4) Tacite liv. IV. de fes Hift. (ê) le même au lïv. des moeurs des Allemans. (c) Cæfar liv. VI delà guerre des Gaules. ( d) Ammian Marcellin liv. XVI. (e) Tacite liv. 1 V. de les Hift. (f) Qjicles François ont jufte lu jét aujouidui de ferire de ce mot de Tacite, sans s’e nrepanti r?Eî les Suédois, encore davantage î ceuxci ont prefque établi en l’E mpire, un autre Empire : & après tant de ruines, tant de yilles ranverfées de fons en com-ble» tant de Provinces alliées mifesà fée , tant deEoyaumesfubjugués, fefont conquis hors de chés eux, en Allemagne , une puiflance qui famble à prêtant formidable à toute l’Europe :& doivent leurs Viiftoires en partie aux armes mêmes des WVllemans. Et partant dirons nous aujourdui, la mcmechofequelafuittedetantdefiécles devant Taci te , avoit autrefois tellement approuvé, que même un ennemi fuperbe étoit forcé derandre ce témoignage à la vérité ; pouvons nous dire ce que la confiante expèriance de tant fîécles venus depuis a toujours confirmé , jufques ànos jours quenos Allemans fefont précipités en la fureur aveuglede ces guerres civiles J Pouvons nous encore nous attribuer la vérité de mot de Tacite! Ouïcertes; car d'un coupjeveuxromprece noew.Natff Attira %Allemans faifons la guerre fans ennemi t Cette guerre a maintenant duré XXX années continuelles,
- ( Mats Sgrand Roi des fortunes humaines , guandvoulés vous mettre fin ànos pênes)
- Lhorrcurdesravages Sc des ruines de paît&d'aqtre a été iî prodigieufe, lés coJnbjis fi fafl£lans& en fi grand nombre,
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- 298 Livre Siconb,.
- fcre, (auffieft ce lefur'eux concert, de tous les courages, dctoutlesconféils ,de tous les trelbrs.de toutes les ar» mes, de toutes les forces, de tous les hommes de l’Europe entière ôc de chacune de fes Nations) tant i a que le Soleil n‘a jamais veu, plus de fang verfé, des courages plus obftinés, des haines plus cruelles, des entreprifes plus in-folantes , des effors plus extraordinaires, qu’en cette miferable guerre ? L’accidant arrivé en notre Lutzen de Saxe 3 beaucoup de rapport avec l’infamie de Cannes: le Danube à Hordlinghen reprefante quelque chofedc plus cruel que la malheureule journée du TraJlmcne.Mais Pavie ôc Trebia eft beaucoup ai défions de notremalheur arrivé à Leipfic deux fois vaincue, ôc la riviere de Plejfin de peu de nom , nelaiflepas d’être un monument de nos pertes plusla» mantablcs ôc plus fanglantes fans comparaison. Et toutefois F/am appelle chacune de ces trois déplorables journées , des noms de tourbillon, de tampéte, de foudre, ôc les décrit comme des coups mortels, & des pbyes capables de' porter, cette ville éternelle a l’extrémité. Mais Rome ne fouffrit ces trois fècouffes, qu’en unelpace deX V111 ans: If ^Allemagne en cette feule & même année a fouffert un Tourbillon par la viftoire des Bavarois qui ont deffait & mis en route les François : ôcla tampête,quand les François reprenans courage, (mais il n’étoientpas.feuls & fi on met en conte les Hefiiens, ypeinmariens Sx les allemans du parti Suédois, on trouvera qu’ils faiioient la moindre partie de cette nouvelle armée) .quoi qu’il en foit l'armée Françoife pour recouvrer fà perte ,Ôcla Bavaroifepour con-iêrver la gloire qu’elle s'étoit aquife, le combat fut départ & d’autre grandement opiniâtre: enfin la fortune fe montrant favorable aux armes Françoifes, le Bavarois fut contraint de fe retirer après la perte de fbn général, & de laiffer à fon ennemi une Viétoire qu'il n’eût ofé pourfuivre , d’autant que le plus notable dommage qu’eut receu. cette armée vaincue, étoit en la perte de celui qui la commandoit. Enfin,la ruine que la pauvre Allemagne a éprouvé, qui fe peut comparer à ce foudre dont IaR.Romaine fut prefqueterrafTee.ce fut lors que l’Empereur même fut misen route par les Suédois dans le commancement de cette année, & Dieu veuille, que la fuitte d’uneplayefi dan-gereufi , ne la remette ainfi aftoiblie entre les mains du Turc, qui déjà la menaffe d’une fanglante guerre. Toutes ces choies fe font faites en cette feule année 164; : Mais à quoi s’aboutilfent tous ces tumultes? Batailles,viftoircs tant d’une part que d’autre: en cette fin d’année, ouïe viftorieux & le vaincu nedifférentprcfqucplus de condition. Ceux qui font état de mettre efi parade & de tenir le conte des combâs de ce peuple guerrier qui fàmbloit
- êtredeftinéà la conquête de tout le monde,n’en trouveront pas davantage depuis fànaifïànce.iufquesautemps de fa plus fourcilleufe grandeur, fi ce n’eft à grand pêne, que la feule Allemagne en peut réprefanter dans le cours de cette dernière Se miférable guerre. Toute la Perfe tomba au pouvoir d’Alexandre en trois batailles : peu dangereu-fes , fuivant le rapport de ^ •• puifquen toutes trois, il n’ieût perte de fon côte quedcC C CLX Vlhom-
- roes de fon infanterie Se de C L Cavaliers. En ^Antiochus, Perfius St Mit bridâtes la Monarchie des Grecs prit fà fin: mais à voir avéc quelle facilité ou plutôt lâcheté ils fe fontlaiffés vaincre, ilnemcfàmblepasquecefuflèntdes rois ni des hommes vivans „ mais des images S: des ombres, Sx je ne doute pas que les viftorjeusn’eûflènt quelque efpéce de honte de viéloires fi mal conteftées. {En cette route demeurèrent, k ce qu’on dit, plus de r 00000. hommes de L’infanterie h-la Cavalerie prefque toute entière. Les Romains i perdirent cinq hommes , cent furent blejfcs. I c philofiphe ^An-tiochus , en fon livre des dieux , faifant mantionde cette bataille , affure que jamais le foie il nen a veùune famblable. Strabon,
- aufii 'Thilofophe , en fes commantaires hiftoriques, dit que les Romains én cette rancontre eurent honte d’eux mimes b réputé -rent à moquerie, d'avoir employé leurs armes a {encontre de telles canailles ire. Plutarque en la vie de Lucullus. Les Romains nefaifoient aucune difficulté, que jamais en un fini combat, n étoit demeuré fi grand nombre de Macédoniens. On les ton-toit, 20000 péris b 11000 prifinniers. Il n’i en mourut point plus de cent des viSorieus. TiteLi veauX LI V livre. Dont le Général PaulÆmile, touché de pitié , pleura la mifére d* la condition humaine. Le même au XL V livre. ^Antiochut vaincu b réduit a implorer la clémancedu viétorieux , dit Florus au chap V 111 du 11. liv. la paix lui fut donnée avéc partie de fon Etat, b fut traitép libéralement, d’autant plus volontiers, quep facilement il s'étoit remis h diferétion. On dit que 50000 piétons furent tués en cette journée, quatre mille hommes de cheval,ÔCC. Entre les Romains ili eût quelque nombre de blef-sis, b ne moururent pas plus de C C Cde l’infanterie b 24. Ca valiers,Stc. TiteLive auXXXVI I livre.,) La liberté des Allemans a doncplus de vigueur que jamais ilne s'en eft trouvé aux Empires des Perfes, des grecs, ni mêmes des Romains , puis qu’il ne fè lit point jufquesànos jours, que nulle guerred’aucun peuple , ait été fi long temps continuée, & conteftée de tantôt de fi fanglantes batailles. Et pourtant, ce qui foit dit fans envie, bien que tous les peuples & toutes les nations de l’Europeen général 8t en particulier,ayent joint enfamble leurs forces àla ruine de l’Allemagne,toutefois j ufques ici nous avons fait la guerre,& lafaifons encore fans ennemi-, puifque de part ôc d’autre & les adverfaires ôc les protefteurs de fa liberté font fes miferables enfans, empeftés de haine ôc poufTés de fureur à la perdre: Car enfin ce font MUtmans qui toutesles foisôc par tout, oïife donne bataille, font vidtorieux, ôc de même toujours vaincus.Otés.je vous prie,aux Suédois,&eaux François, ce qu’ils ont d’Allemans en leurs troupes,ilsne feront plus les ennemis de l’Allemagne, mais il n’i feront plus en tour. Ne font ce pas les li?einmartens,ceux de LunebomgSx. les Hefiiens avéc les François, tous joins enfamble, ôc qui travaillent encore bien fort à foûtenir les Suédois a.Wo!fen-butel contre les effors des armées unies de L’Empereur ôc du Duc de Saxe! Nous parlons ailleurs de ce qui s'eft paffé à ÇF(urcmberg : Aux troupes mêmes Suédoifcs, dedixl'un, n’eft pas Suédois, niFinlandois, ni Lappon:ôc fi lés Allemans venoientà les quitter, à pêne fuffiroit ce qu’il i a deFinlandoisôcdeLappons,pourlagarde des portes ôc des rampars du camp pour un feul jour. Séparés auffi des François,lesHefïïens Weinmariens ôc les autres Alemans qui combattent fous lesenfeignes Suédoifès, vous les verrés , & les avons veûs plus enpénedefedeffandre , qued’en-treprandre. Ainfi en cette guerre inteftine (dirai je de L’Allemagne, ou de toute l’Europe) les S eu i s ai L e-m a n s font le tout :puifque de tous côtés, la plusgrande partie du fang qui fèrépand eftAlleman. ôc pourtant» lespauvies gens travaillent bien moins pour leur L lïEtn', que pour aquerir une Domination à Des Etrangers , ou bien , à ceux la mêmes de leurs Compatr iotes qu’ils appréhandent. En un mot : L’Empereur peut être ici confidéré en deux maniéres:ou comme Aggress e',ou comme Aggresseu a: je ne toucherai point à lacaufe des troubles de Bohême, pour deffinir de quelle part etoit la juftice .afin que je n’excéde point les bornes de ma profefiion: toujours me famblet’ilquela néceffité étoit plus grande du côté de l’Empereur, puifque lors il ne s’agifloitpas d’accroître.maisdeconferverfa Majefté en fon entier :dcfortequc il nelui fût nullement permis de rien remettre de fa confiance en la journée de Prague: HalberftadSx Mansfeld engagés en la mêmecaufe que n'ont ils point fait, que n’ont ils point fbuftert, jufques à ce que ôc eux ôc leurs armées ont ceffé d’être J Le Roi de Dannemark^en fijitte yint fondre furies bras de l’Empereur avéc une grande puiffance : pas un de tout ceux là a fit guerroyé t Allemagne impunément ? Qui s’eft lors attaqué à l’Empereur, fécondé du Saxon ôc du Bavarois, qui né s’en foit vivement repanti? Mais depuis qu’unefois l’Allemagne ébranlée, s’étant acharnée à ces Guerres civiles L’Empereur même avéc fés Prelds, fe fut mis en l’elprit de faire guerre à l’Allemagne, depuis lapublication decefan. glantEdit, ranverfant d’une main la R e r. 1 g 1 o n Germaniqueavécfa L r b e r. t e , on accourût alors de tous cotés à cette guerre furieufeôc inteftine 5 mais enfin, où eft, ou qui fut l'ennemi ? voila notre Empereur foullanc aux pieds indignemant , la paix Sx la dignité de fa propre Patrie. Tacite dit au 111 liv. de fès Annales, eArminiut après la retraite des Romains b que Marobod, tût été chajjé, afpirant à la Royauté,eût pour contraire la liberté de fies compatriotes, defortequ étant attaqué à force d'armes, b combattant avéc divers fuccés, il fut enfin tuéparla trahifon do fes proches be-l'Empereur ne panfe t’il point, qu’il lui doive coûter d’avoir attaqué la liberté Sx la Religion des Siens? Mais certes* fi jamais , l’Allemagne eft remife en fà liberté ancienne, ôc quand la vraye Religion i fera quelque jour rétablie, ce qui fera tresfacifé à l'Empereur, bien que cette guerre inteftine l’ait prefque toute anéantie, que nul étranger né s’aflU-re de la pouvoir attaquer alors, avéc impuni té. 8
- ( a) que la doloire, ni le hoyau. ( b) Ce n eft donc pasmerveillc û ce peuple
- eft
- (a) La femme n apporte point de dot à fin mari,mais le mari doue fit femme. Les pères b mères b les proches intrevienn ent à pette (tien, fint juges dp lu qualité dts prifans ; qui ne font foini des «ffiqnéts, ni des gentilleJfes pour les parer ; tefiat de»
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- De la Fortification Irreguliere. 299
- tanfs , un cheval avec fin harnots , un ccu avec me pique b me épée, fins la condition de telle efpéce de préfans le mariage fi tontrade , & la femme de fin cité donne aufii quelques armes a fin mari. En cela confifteta plus grande obligation, cefi tout le tnyftérejls ne reconoijfint point d’autres Dieux quipréftdent au lit nuptial. <Atnfi la femme nesefiime point difpanféede /' exer-ttce de la vertu, ni des accidans de la guerre, à quoi ces aufpicei du mariage les avertijfentde fi préparer, à fçavoir, qu’elle efi refeue en qualité de compagne de pêne b de hasard, b pour être commune en tout fitccés & toute entreprise de paix, oude guerre, cefi ce quefignifient lapaire de boeufs attelés, le cheval preft b le prefant de armes données. Qu il faut ainfi vivre,ainfi mourir, b que ce qu’elle reçoit alors, cefi pour le randre inviolable b4 Plein d’honneur hfis.enfans, pour le remettre à fis brus pajfant ainfi de main en main en toute leur pofierité. Tacite,au li v.des mœurs des Aüemans. Vous ne voyés point ici de icies, ni dcdoloircs, ni de hoyaus, tous leurs meubles, font des piques, & des épées &des écus. (b) Chacun fiait que les peu, fies de fermante n’habitent point de villes. Us ont des villages dtfpofés d'une autre façon que les nôtres : Les bâtiment font féparét, ir chatunlaijfe autour de foi un grand efpace fiit pour remédier aux accidans du feu, ou que peut être ils font ignorant en l’^tr-thiteéiure. Tacite au même lieu.
- eft moins encandu àfupputer à quoi peuvent monter les frais de la dépance que requiert la ftruéfure des Forterefiès, & files Hollandois font en cela plus fubtils & plus déliés.
- Et néanmoins on commet de ces fautes en la Hollande aufii bien qu’autre part ; témoin la citadelle de Groninghe. En l’année 1600, étoit deûe d arrerages au trefor public des provinces confédérées, par ceux de Groninghe & fon territoire , lafomme de quatre cens milles francs, & fe foucioient peu^^{^ • de contribuer la cotte part à laquelle ils étoient taxés, pour furveniraux figmm frais des néceflïtés de l’état pour fa confervation à l’encontre de l’ennemi *£fffffonÈ commun : empéchoient au contraire que les deniers de cette fubvantion fi fabufent jufte, ne fufiènt levés aux lieux qui dépandoientde leurrefiort ; oppofans à l’éxa&ion d’un fi raifonnable devoir, je ne fçai quels prétandus privilèges préjudice* d’immunité. Mais les autres provinces ne pouvoient digérer avéc patiance, que ceux de Groninghe{A)affranchis de lafervitude Efpagnole au prix de leurfangqouif-fent h leur aifefans lourfe délier, de cette même liberté, pour laquelle les autres avoient libéralement employé toutes chofes : telle inégalité de mauvais êxample, ne pouvant avéc le temps produire autre fuccés, qiiun extrême mécontantement des autres villes, & affoiblir les forces & les nerfs de l'état. Sur cette difficulté, le Con~ fetljugea , qu'il i avoit lien moins de hazard de mécontanter une feule ville, que de fouffrir une opiniâtreté fi déraifonnable & de fi dangereufe conféquance. Donques les Etâs généraux des provinces unies envoyèrent des députés, avéc charge de révoquer la grâce autrefois offerte à ceux de Groninghe, de laremi-fe de latroifiême partie deleurdeû, ou environ ; & fommerfolidairement tant la vide que les Omlandoisje repréfanter lafomme de fix cens vint & cinq mille florins deûs par eux, pour les arrerages de leur quote part de la fulfifiance génê-rade,depuisplufieurs années. Mais pour châtier & pour réprimer cette licence exorbitante de ceux de Groninghe;& pour ôter aux efprits fadieux toute efpérance de profiter d’un changement ; & afin que l’arrêt intervenu fût exécuté parprovifion, & que ceux de Groninghe, puflent être contrains de porter leur part des frais néceflàires pour la commune confervation: quatre moyens furentpropofés au confeil;d'abbatre les ramparsde la vide, oude lui donner une citadede, ou de les obliger à fouffrir unepuifjante garnifon ; ou une moindre, après avoir àté aux citoyens, avéc leurs armes, la faculté de malfaire.
- La réfolution fut, de bâtir une citadelle : à quoi fervirent beaucoup les prômeflês 8c les perfuafions des Députés ; quipropoférent comme chofe afiurée,que L X X mille francs en aquiteroient toute la dépance : feule raL fon, dit Meteran (J>) qui porta Meffeigneurs de l'Etat, h confantir facilement au
- W Reid.au Xyil livre, (b) Eman. Météfan, en fon comment, de la guerre Belgiques Iiv.X XII, feull. 44* oemoned itia. ’
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- 300 L I V R E S E C O N B, . ' ' .
- deffein de Intir une citadeUe : mais l'expêriance fit voir que ces Meffieurs les députés avoient malfait leur conte : car en cette flruCture ne furentpas feulement emplo-yés les dits arrérages deûs, mais auffi, dit l’hiftorien, quatre cens mille francs davantage ; deforteque la proportion le mauvais conte des fufdits députés, leur aquit peu degré, en lefîime des gens de bien. Dites maintenant quil n’i a que les Hollandois qui foient éxans de faire des fautes contre les réglés de notre Architecture. H me fouvient d’avoir dit autrefois, que toute l’importance des chofes militaires, confifte, en ce que, ou les Architectes, gens de valeur devraient commander aux grandes armées, ou lienlesgénéraux darmées, devroient être parfaitement inflrm en t Architecture. Je dirai maintenant : qu’il i va de toute l’importance d’un Confeil d’état, d'i admettre des Architectesjudicieux pour le gouvernement des affaires publiques, ou du moins que ceux qui gouvernent foient capables d'Architecture. puifqu’à telles gens feulement appartient de pouvoir être bons ménagers du trefor public.
- Mais ce feroit unechofe honteufe,fi deux fois nous faifions naufrage con-fatïeftfe tre un même rocher:afin donc que nous foyons fages aux dépans d’autrui, a»x dépam obfervons ce qu’enfeignera ce chapitre , de la D1 s t r i b u t i o n , au-autrm. ^ nouS allons fupputer le j ufte conte de la dépance néceflaire, afin que
- d’une & d’autre part , un chacun , ait ce qui lui doit appartenir avec juftice.
- Aefadiffin- Qî?’e ^ce donc que la Ùiflrïbution ? ce fl une fage & raifonnalle 0 économie des
- moyens & du lieu que ton deflre fortifier, & un prudant ménagement de la dêpan-ce accommodée h tuf âge d'unejufle nêcejfité, en la flruCiure des ouvrages. Pour atteindre à ce but, il faut prêmïêrement que tArchitectefe donne garde de chercher ce qui efl impojftble, ou bien^quï ne fe peut éxécuter quavécgrans frais. Combien en a t’on veû, qui par la feule raifon de leur intérêt, ont prefcrit des ram-pars, de hauteur,&largeur exceflive,ou des médiocres nonfeulcment eüfi fent fuffi > mais de cette dernière façon étoientabfolument utiles 8c nécef-faires ? combien ont perfuadé des rampars revêtus de brique, en un terroir dont la bonté ofiroit de foi même la commodité de les faire de terre aufli bons 8c à peu de frais ? ils ont fermé Mantouê de murailles fi fpacieufes, qu’il n’en faudroit pas davantage à ifr/zr; même : Ils ont taillé des Parapéts en pierre, qui fe pouvoient faire de terre d’aufli bonne défiance 8c plus facilement,8cc. Une autre chofe a obferver en la Diflribution^c efl d'accommoder les ouvrages de Fortification à lufage & aux intérêts des citoyens, de l'état, ou aux
- moyens que l'on peut employer à la dépance.
- Or efl: il impoflible de bien ménager la dépance, que l’on ne fâche pré*
- ï ladtflri-bution Ar-thfttft.
- ha miérement à quelle fomme elle peut monter.- Il faut donc avant toutes
- nitres pour trouver la \
- Quelque8 chofes avoir trouvé la folidité de la Fortereflè que l’on veut conftruire : la-Torterejp quelle fuppofée, il n’i aura plus de difficulté de bien ménager la dépance. préfupofée* On cherche 8c on trouve cette folidité, en trois manières principalement:la
- première efl: des Mathématiciens, celleci donne le vrai cors delà Fortereflè avec toute la perfe&ion qui lui peut convenir : La Seconde des Méchanu que s, qui le réprefante plus grand que le vrai : La trqifiême des Architectes %
- cel-
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- D E L A FôRT IFICAT10N IRREGULIERE. 30F
- celleci conftitue le cors plus grand en quelques unesdes parties de l’œuvre, en quelques autres plus petit. Nous commancerons par lecalcul Mathématique , comme par le plus noble. Joint aufli qu’il eft néceffaire, que l’invantion des lignes Ichnographiques fervantes au calcul, précédé par tout, tant en cette manière qu’aux fuivantes.
- Je ne fâche que deux Mathématiciens, quijufques ici ayent repréfanté ce calcul Mathématique, d’où fe collige la folidité d’une Fortereiïcpréfup-pofée, Pitifcus le premier 8c Marîois après lui. Pitifcus, en vrai Mathématicien, collige toutes chofes clairement 8c diftindement, 8c conformément à la nature diftinde des cors mêmes : Marlois en fon Architedure, ufe d’un calcul fort embrouillé,fans avoir égard à l’interfedion orthographique Réparant les cors de la FortereOeles uns des autres, en fupputations de différantes fortes. 8c de plus, (ce qui eft principalement à confidérer) Pitifcus(à l’exception d’un foui petit cors) trouve toutes chofes d’un calcul tres-jufte 8c vrayement géométrique: bien qu’il fe fer ve quelquefois d’une manière
- de calculer différante de la nôtre : Mais Marlois fe méprand fort fouvent 8c ne fe foucie point d’eftre en cecy géomètreexpérimanté : en quoi Albert Le calcul de Gérard' qui a mis en lumière fa Fortification enlangue Flamande, a bien ju- bon,celui de fte raifon de le reprandre : («) 8c toutefois je ne trouve point que ces fautes vt~
- cnormes foienc amandées, en la dernière édition Françoife du même auteur, quelque promçfîè que porte le titre,de corredion 8c d’augmantation.
- Car au cors D V F E (répondant au cors de la i.Courbure B S RT de notre Fig. CX) il collige moins de la moitié de la vraye folidité : 8c au feuillét 156 de fon édition Françoife,il fe mécontc encore de tout autant, à prandre les mefures des Pyramides GNH,8c S LE. 11 ne faut donc points arrêter au calcul de Marlois , qui eft embrouillé, 8c nullement conforme à la vérité.
- Quant à Pitifcus,fa fupputation eft prefque par tout Mathématique: mais fon calcul eft en ceci différant du nôtre : que lui, ne conftitue aucun pan- £n quo} .chant intérieur du Parapét du rampar, 8c par ce moyen retranche ce cors du Parapét tout autour de l’enceinte de la Fortereffe; duquel le triangle cuidenti-4'* Q. repréfanté les lignes orthographiques,en notre defeription d’interfe-dion de la Fig.. C X11 F: or eft il que la folidité de ce cors,ne fe peut trouver qu’av.éc une grande perplexité : comme il fera aifé de le juger à celui qui en voudra faire l’epreuve.
- Le même Pitifcus, n’a non plus démêlé le calcul, ni du Parapét de la Fauf-felraye , ni de celui du chemin couvert-.ce que le nôtre a tres-parfaitement repréfanté.
- Mais pour venir à la choie même, afin de nous conduire en l’invantioq; des lignes néceflàires à la fupputation, nous fuppoferons ce qui fuit :
- Des Angles. tAngle du Bajlion go deg.
- ilAngle de la Face & du Flanq 110 deg.
- £ Angle du Flanq © de la
- Courtine. 90 deg.
- Ce font tous les angles de la Forte-rejfc qui fe doivent examiner
- Pp par
- (*) Au 44 fcuiil, dcpjop Edition*
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- 302, Livre
- par le calcul.
- 8cdes Lignes tantIchnographi-ques
- A B 1B0 ( i de la moitié' de la Courtine
- Second,
- BC 80(1 duFlanq CD 240(1 de la Face Ce font les lignes primitives de la For-terejje qu'il faut fupputer.
- Qu’Orthographiques de la Fig. CXIIL
- AH 55(1 La largeur Horizontale du rampar. a b 37(1 La largeur du fommèt du rampar. b b 12(1 La hauteur du rampar. b H 12(1 Le Talu intérieur du rampar.
- A a 6(1 Le Talu extérieur dupanchant du rampar. a « 14(1 La largeur du parapet du rampar en [on pié.
- 5(1 La hauteur intérieure du parapet. n n 3.5(1 La hauteur extérieure. a n 1.7 5 (3 Le Talu extérieur du panchant du parapet.
- <» ÿ i(ï Le Talu intérieur dupanchant duparapet.
- 11.25(3 La largeur du Parapet en fan fommét.
- ^ Q. I- 5 [z La Diferance de l'une & de ïautre hauteur.
- » X 2.5 (2 La largeur du Banquet du Parapet.
- XV 1.25 (3 La hauteur du Banquet du Parapet.
- Concevés maintenant ,Le(fteur, la Fig. C X V perpandiculairement dre£ fée, 8c l’appliqués à laFig. CIX, en fortequelâ ligne H A de celle là ,fc rapporte avéc la même ligne H A de celleci, 8c que les poins H 8c A de cel-leci, foient couvers des poins H 8c A de l’autre, 8c pareillement que h 8t. a de Tune 8c de l’autre Fig.foient 8c deviennent les mêmes poins. Par ce mo-ftraüZlt yen, l’enceinte a R QN, tirée parallèle avéc l’enceinte horizontale 8c exté-u Fig. cix rjeure, A B C D, à la diftance a A de 6 pies, feraconoître le panchant exté-foiTtrZfr rieur du rampar: de même,l’enceinte hc LM, tirée parallèle avéc l’encein-nogrJphie’te intérieure du rampar A G F E, à la diftance H B de 12 piés, repréfante-de u Forte- ra le panchant intérieur du rampar. Au refte, attandu que a h defigne la largeur du fommét du rampar, tirant l’enceinte, npsx, parallèle avéc l’enceinte a R QN , ci deftus décrite, à la diftance a n de X.75 (3 , d fera conoître le panchant intérieur du parapét du rampar : tel qu’il doit être néceflàirement décrit au fommét du rampar, ou, baillant le ni veau de la Fig. C X111, fur le plan de la ville. 8c de cette façon, toutes les autres lignes parallèles de la Fig. CIX, fe trouvent exprimées.
- Tour trouver l’une & lautre des deux enceintes, l’intérieure & l’extérieure, du rampar, tant l’horizontale que la ver-
- Tour trouver Ven- , -,
- ceinte du tlCdllC»
- rampar in- f
- térieure & L’enceinte du rampar extérieure 8c horizontale A B C D
- horizontale
- HGFE.
- de la
- Fig. CIX , moins les fegmans PC, C O , W D ; 8c plus les lignes
- IG
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- De la Fortification Irreguliere. 305 IG & G R ; eft égalé à l'enceinte intérieure 8c horizontale du rampar HGFE.
- Pour trouver les lignes inconuës, il faut réfoudre les triangles P CF &
- VV E D , auxquels, outre les coftés P F ou W E , qui mefurent la largeur horizontale du rampar, font donnés les angles P C F de 5 5 deg. C ettuici eft la moitié de l’angle de la Face 8c du Flanq qui eft de 110 deg.) & W D E, qui eft la moitié de l’Angle Flanqué. Etpartant.
- Comme le demi-diamétre PF, eft au regard-— de P F, la tangente jjjrs
- C F P de 3 5 deg.eft de même au regard-de PC. k
- 10000000 -------- 55(1 — ---7002075 ---38.5114115 (8, co
- Comme le demi-diamétre W E------eft au regard de W E, de même la
- tangente WED de 50 deg.eft au regard---de WD
- . 10000000--------- 5K1 ~• II9I753^---------—65. 546448(7
- AB CD 500 plus IG 55-6c G K 55
- AB 180 BC 80 CD 240
- PC38
- CO38
- WD65
- 711412*
- 5114125
- 5464480
- 610 J • AB C D. 500 L’en- 142 J 5692730 moins P C, C O, WD 142 J 5692273 ceinte du ram-
- donne - • -------—par extérieure 8c
- HGFE 467(430727 horiz.
- £ enceinte intérieure & Hormntaîe du rampar.
- Derechef, la même AB CD, moins. Dg, CX, & C V;&pluslesfeg-^^
- mans T R 8c RS , eft égale à l'enceinte extérieure & verticale du rampar ceinte exti*
- -p OM rieur e &
- û R QN. verticale
- Faut réfoudre les triangles re&anglesgD N , & C X Q^, dont les angles duramP** font pofésci deflus: A a ou QX,ougN eft de 6 piés,c’eft lepanchantexté- pomavü rieur de la Forterefle préfuppofée. ext%Ï!un
- Comme le. demi diamètre g N eft au regard--deg N ; de même la tan- & baffe, dté
- genteg N D de 50 deg. eft au regard-deg D. '
- 10000000-------6(1-------119175-36-----~^7 1505216 (8 L” lisnes
- Comme le demi-diamétre X Q_cft au regard -----de X Qj de même la Scx
- tangente de 35 deg* XQC eft au regard - de CX ou CV.
- iooocooo--------- 6 (1---7002075 — ----*4. 201245 (7
- A B C D 500 . TR>
- P S SRf IX
- 5rl|
- moinsgD,CX, C V 15)5530116
- donne ... ............
- gD 7 1505216
- CX 4 201245
- CV 4 201245
- I5 5530116
- «RQN. 496(4469884 qui eft renceinte verticale
- intérieure du Rampar, 8c la même que, l’enceinte extérieure 8c horizont. du Parapétdu rampar.
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- 304 Livre Second,
- Pour trou- Or H G F E ci dcfïus trouvée, moins Y G 8c G Z .* les lignes Mf, e L, à lHntTlntê L ^plus, eft égale à l'enceinte intérieure 8c verticale du rampar hcLM. rieure & Pour refoudreles triangles /E M 8c LF d, font conus tous les angles ,8c
- dummpar. ^es côtés F d8c E/, égalent le panchant intérieur du rampar. Soit donc,
- Les lignes
- f M àL
- ou
- tL
- Comme le demi-diamétre-cft au regard----de Ef; de même la tangente
- /EMde jo dcg. eft au regard------de/M.
- 10000000-------12 (1------1191753 6------—— 14.3010432(8.
- Comme le demi-diamétre eft au regard---de ^F: de meme la tangente
- L F dde 3 5 deg. eft au regard--de d L.
- 10000000-------1 z (1-----7002075 —-----------8.40249 (6
- H G F E 467 plus Mf 14
- 8c d L 8
- 4307270
- 3010432
- 4024900
- avec e L 8 4024900
- YGï2 G2 \z 24
- moins 498 YG&GZ 24
- donne-----
- 5367501.
- le LM. 474/5367502(8 qui ejllenceinte •verticale ^ intérieure du rampar.
- Tour trouver l’une & l’autre enceinte du Tarait du ramÿar îintérieure & l’extérieure, verticale & horizontale.
- Pour trouver l’en- L’enceinte extérieure 8c verticale du rampar, déterminée dans le def-rieure & fcin Ichnographique de notre Fortereftc par les lettres *RQJS[;eftla ^^me, ftue l’enceinte extérieure 8c horizontale du Parapét .* Partant nous rameur, poferons ici,
- a RQN 496. 4469884 (8 pourïenceinte extérieure^ horizontale du Parapét du rampar.
- Maintenantla ligne aK QN,les lignes op,pq plus:8c les fegmans z N , moins, donne npsx, qui eft l’enceinte extérieure 8c verticale du Parapét.
- Pour refoudreles triangles Qjs SczNx, outre les angles, font conus les côtes t s 8c zx, égaux au panchant extérieur du Parapét, feavoir à an.
- Pour trou- Soit donc
- •verfmen- çomme \c demi-diamétre eft au regard------dezx: de même la tangente
- rieure & N a- z de 50 deg. eft au regard-------de zN.
- verticale. I0000000-------lm ÿy (3-----------I I9175*36 —«--------- Z. 08556688(8
- Comme le demi diamètre ts eft au regard----de / s: de même la tangente Qj s de 3 5 deg. eft au regard----------de Q t.
- La
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- De la Fortification Irreguliere.
- La ligne 4 R Q_N 496 plus 0 p 1 Sip q 1 4469884 /Q.i 75 Q3 1 75 Z N 2 225363125 (10 225363125 085568800
- ’ 4 moins 499 19469884 rQjQjz&zN. 4J53629505 536095050
- nspx. 495 141069335 Qui efl lenceinte extérieure & ver„
- tic ale du parapét du rampar<
- Les lignes z N
- t SL
- OH
- §L*
- ’ Derechef, npfx, 1 es lignes * ? & moins; 8c les rs, so, Scj^plus? p,*r donne la ligne 4 > ^ , 24, /* : qui détermine l’enceinte intérieure & verticale wr . du Parapet.
- Pour réfoudre les triangles jy * /s & r, r, 24 ; outre les angles conus, on fuppofe les côtés^y fiSr, 24 conus : égaux à la largeur verticale du Pa-F^-rapét n 4 11.25 (2 Soit donc,
- Comme le demi-diamètre y fi efl: au regard-----dej^ : de même la tan- Les
- gente x fiy de 50 deg. efl au regard--de xy.
- 10000000-------11. 25 (3-------11917536------------13. 407228(7
- yx
- Comme le demi-diamètre efl au regard -
- gente de s, 24, r de 3 5 deg. efl au regard — 10000000-----11.2 5 (3-----7002075
- - de r, 24 : de même la tan-
- - de r s
- ——7.877334375(1®
- npsx. 495
- plus p ff. II &ft*. II
- 41069335
- *5
- 25
- rs 7 sx 7 yxTT,
- 877334375
- 877334375
- 407228.
- moins 417^ J 910693 3 5 29)16189675(9
- rs, sx, 8cyx. 29 ] 16189675
- donne---r . ,
- 4, pi, 24, fi- 48817487966 (8 l'enceinte intérieure & verticale du Parapét.
- De la même façon, l’enceinte 4-, 24,0, plus, moins les lignes
- t, 24 & 24, | & /s» efl égale à la ligne « • « J qui détermine lenceinte intérieure horizontale dudit parapét.
- Aux triangles qu’il faut refoudre, y /s î & 6, », 24 : outre les angles conus , font fuppofés les côtés y 3 & 0 „ égaux au panchant intérieur du parapét du rampar 4». Soit donc,
- Comme le demi-diamétre efl au regard--de y à de même la tangente pour tYm*
- fi i y de 5 o deg. efl au regard---de y fi- ver fon e”;
- } & D ceinte tntc-
- IOOOOOOO—— I (l — II917536------— I. 1917536(8 rieureé»
- Comme le demi-diamétre efl au regard — de e de même la tangente
- t, «,24. de 3 5 deg. efl au regard-de &, 24.
- 10000000— 1 (1----------. 7002075 ——— 700275 (8.
- pp 3
- 4>^, 24,
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-
-
-
- Livre Second,
- 24,0- 48817487966(8 y(1.118175-36
- plus»• 8c a I ooo_________ 24.*’ | 7001075
- moins 4901748796^ 14.1- 1700*075
- it 24.I, 14* |r 0- 2 I 5921686 2. | 5911686
- laiflc », •, t», J, 488 [ 1566180 C'eft l'enceinte intérieure & horizontale
- du Parapét du rampar.
- trou- Enfin , avec peu de difficulté fe peut trouver l’enceinte du banquet du linuZtê- ParaPe"c » fon enceinte extérieure préfuppofée ; qui fe rapporte avéclén-rieure & ceinte intérieure 8c horizontale du parapét, déjà trouvée.
- 7Jtmque'e Car la ligne - • • î* les fegmans 20 ,* 8c *, 21 plus : 8c les lignes 11, , & du parapét. u, 23 8c 15,5 moins, eft égale à la meme x*Ks, qui détermine l’enceinte intérieure du banquét.
- A raifon des angles fuppofés 8c des cotés 15, « 8c K, 22 égaux à la largeur conue dubanquét,25 (2, ferafaitelaréfolutiondestriangles 15,2, 8ck, ii, « en cette façon.
- Comme le demi-diametreeft.au regard-----de 15 , *.---de meme,la
- tangente î, », 15. de 50 deg : eft au regard — de 15, l
- Comme le demi-diametre eft au regard — de 22 , K. de meme la tangente 22, K, « eft au regard-----de 22,
- 0 0 y 488 156628
- tes ligne» plUS 20, 2 5 22, » 117505 i86y
- 22. u. 014 8c2i,3s‘* 2 5 13 > »11 75°5i887S
- moins 493 | 156628 15.>•11979384
- 22, *. 23 «• 15?614804215 61 4804215
- laide x ^ K *• 48616762065, c eft ïenceinte du lanquét intérieur duparapèu
- tes lignes
- yt
- Ù24.
- ou
- |24-
- Tour trouver l’a i r e de la Section Orthographique, tant à rampar, que du parapet du rampar, de la Fig. CXJIL
- Pur MUm A prés la recherche des lignes Ichnographiques, il faut trouver en fuitte ver l'aire de paire de l’une 8c de l’autre fedion orthographique, nécefiàire pour la colle* lîrLo- dion du cors droit du rampar 8c de fon parapét. 8c partant graphique, j)es lignes H A 55 ( 1 Des lignes Q. (5
- I7mpar,que & a h. 37(1 & n n 3. 5 ’
- defiupara- ^e|apomme 92 (r deIâfomme8| 5
- a moitié 46.(1 la moitié 4I25
- multipliée par h h. 12 (r multipliée par n 4*. 1 1 j 25
- produit-———— produit —
- UKah 5.52(1 fairen$Qn.47 i 8125
- g eft l'aire de lafeft. du ramp.
- n al
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-
-
-
- 3°7
- De ia Fortification Irreguliere* nai 17J- XV. 1125 (£4,. ?
- en«V. 2I5 en 4'*. 1
- -------— donne faire------- du multiplié?
- du multiplié 6| 125 duhanquétV »X.3| 125 la moitié^ | 5 lamoitié. 3 (0625 produit QjT *> Taire.
- produit taire n an.
- Soient receuillics toutes n 4 Q n. 47(8125 les aires du Parapet n a n. 8106x5 en une. Qj'*- 21 5000
- «V^X. 3 ' I2JO
- les aires $ ^ |y00Odennterfeaion^uBParaPét
- c y52 000© Cdu Rampar.
- Somme des aires 608 J 5 de fune & lautrefeftion.
- ‘Pour trouDerle cors droit du rampar & defonparapet, hors defes courbures.
- La ligne B C. 801 La ligne C D 240]
- moins PC. 3815114125 moins CO 3815114125
- laiflè B P. 4114885875 & 2011488^875
- WD. 65 546448
- laiflèOW. 13519421395
- Des longueurs qui con- A B. 1801 flituent le cors droit BP., 41 4885^75 du Rampar O W. 13 5 \ 9421395
- la fomme 3 571430770
- multipliée par l’aire de l’une 8c 608 j 5 Pour *»»•
- l’autre l'e&ion orthographique donne------- hZitdT
- le cors droit du rampar & defomiy.^()6\ 5973795 Verges cubiques ou foli-parapét des 217; piés, pareillement cubiques 496; pét,
- 8c 597 dois , aufïi cubiques 8cc. pour le cors droit du rampar & de fon parapét, enfermé dans les lettres AHB18c BKPF &
- FO WE
- Pour trouver le cors du rampar ù~ de fon parapâ. comme il ejl dans fes courbures.
- _ Nous commancerons par le cors du rampar en fes courbures :& puis nous viendrons à fon parapét. Et prémiérement, laifîânt derrière, les lignes Ichnographiques du parapét & de fon banquet: L apremie're Courbure du rampar seul, eft comprifeences lignes,BI. IG. GK. KB. en la Fig. CIX. aufli avons nousdonné ordre qu’on les mit à part en
- la
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-
-
- 3oB Livre Second,
- la Fig. C X afin que chacune de fes lettres & marques fe peûffènt reco-^erUfoit noître avéc plus de facilité : pour cette caufe nous l’avons circonfcritte de dhêdtt ces lettres BIG K, & marquée ainfi, i. Courbure. Mais afin de trouver la folidité de cette courbure, nous en réfoudrons tout le cors en chacun des llurèâres mambres dont d efi compofé: par ce moyen la fupputation en leraplus ai-fée : c’eft à fçavoir, au corsperpandicuîaire 8c aux deux cors qui conflituent l'un &î autrepanchant, ainfi que fon profil ou fa defeription Orthographique le repréfante ; ou le cors perpandicuîaire efi défigné par les lettres abba:\t cors du panchant extérieur par a A a : l’intérieur par, l H b.
- Pour trouver le cors perpandicuîaire ah b a.
- La moitié'de la fomme des lignes TR 8c ic au Trapèze TR ic, multipliée par la ligne T z,donne l’aire T RzV< faire du TrapézeS R/>c, fe trouve de la même façon 8c partant,
- qui doit être multiplié 81.13 par la hauteur 12
- pour avoir ..-
- 21.756 le cors perpandicuîaire de cette I. Courbure. dont le plan efi,S,R, TichSJk la hauteur celle là même du rampar.
- Pour trouver büb le panchant intérieur. ' Tout le cors du panchant intérieur efi compofé,de deux demis Prifmcs Æ c YI, & r zK Z, 8c d’une Pyramide au milieu, cZGŸ, dont toutes les lignes ont été ci defiîis trouvées.
- hc. 43 fY. 12'1
- en h i. 12 en Y G. 12
- donne ——- donne •
- l’aire h cl Y. 516 faire 144
- à multiplier ix en f de haut. 4
- parhault. —— fait le cors de 576 fait le cors 6192 la Pyramide de l'une &dcîautre c2*Qlt
- demi PrifmehcX\\
- &ciK Z.
- SR. 6 TR. 6 Leslign.zf. 43
- hc- 43
- font la fomm.98 Tour trou- la moitié 49
- ver U I. 0 7
- courbure du multip.en S h 37
- rumeur. produit —«
- l’Aire 18.13 S,R,T,z,c,Æ.S
- Pour trouver le cors qui conjlituê a K ah Panchant extérieur.
- Le Panchant de cette courbure, joint extérieurement au cors per-pandiculaire , efi fous diftingué en deux Pyramides , B S R, R B T, qui font les deux tierces parties du Prif-me long B S ; large S R ; 8c haut autant que le rampar.
- La ligne BS. 6 en S R. 6
- donne .• —.
- faire B ST R. 36 en t de hauteur 8 pour avoir 288 le cors des Pyramide./, BSR,&RBT,
- Autrement, SR. 6 en haut. 12,
- du rampar .-
- fait faire. 7% en (BS. % pourBSlO^j 8c R B T. 144, ce font les Pyramides,
- Colledion de tous lesmambres de la I Courbure.
- Le cors perpandicuîaire* Le Panchant extérieur
- Le Panchant intérieur
- 2I.75&
- 288
- 6.192
- 576
- 28.8n|(3
- Le cors entier du rampar feul en fai Courbure a 28 Verges cubiques,& 812 pies fa* lides,
- Les
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-
-
- De la Fortification Irreôuliere. 309 Les lignes, FP,PC,CO,OF comprennent la fécondé courbure Four tro„. folidc d u r a m p a r seul: & fe divife pareillement: en cors Perpandiculaire ver laA 11 ce deux *Pan ch an s »
- L’aire ouïe plan du cors perpandiculaire de cette 2 courbûre, fubdivifé en deuxTmpézes, QJdLQj & QJLe lQ/e trouvera comme ci deflus.
- *0.34 0J- 34 «L. 8
- LJ 8
- '3101677
- 3IOI675
- 4024900
- 4014900
- delafomme 85.14153150 la moitié 41 7126575’ multipliée par k d. 37
- donne —— —
- la pléne baze 15.80 3683175 qui doit être multipliée en la hauteur du rampar 12
- d*ou ' -------
- réüiïira 18.96 J 4199300.le cors perpandiculaire du rampar en la 2. courbûre.
- Le Panchant intérieur de la 2 courbûre, conlifte en deux Pyramides, L F d8c LF e qui font deux tierces du Prifme longues L d; larges, autant que la profondeur du rampar ; hautes, comme Ta ligne dF. Partant,
- Multipliant L d 8T 40149
- en F d | 12
- Vous aurés le plan de F * L —-----------
- qui derechef doit 100 j 82988
- être multiplié en f de hauteur du rampar | 8
- pour avoir —» *
- 806 / 63904 ïe Cors des Pyramides, eFL&FLd
- Le Panchant extérieur de la % courbûre, eft divife en deux demis Prifmes P V Q£& XQO/ & une Pyramide au milieu VQCX.
- QJ. 3413101675
- enPÆ. | 6
- donne Paire - < . n ..
- P V QJ. 205 861005 qui doit être multipliée en la hauteur du rampar 12
- 8c vous aurés» 11 " " ‘ " —
- a.4701 337.06 : k cors des deux demis Prifmes-,
- PVQi&XQOL
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-
-
- 3io
- Livre Second,
- CV. 41101245 enVQ. ! 6
- donne« .. «—.. . .
- l’aire VCQX. 25 20747 qui doit être multipliée par la hauteur du rampar 4
- pour avoir - --- 1 1 «
- La Pyramide VCQ^Xdefirée. ioo| 82988.
- Colledion de tous les mambresapartenans à la 2 courbûre du rampar.
- 18.964 c 2.470 C 100 806
- 4*993
- 33206
- 82988
- 63904
- Le cors perpandiculaire.
- Le penchant extérieur
- © Intérieur. _________________
- La fournie du cors entier 22.3421 22091. Le feul. rampar en fa 2 courbûre, a 22 Verges cubiques & 342 pies aufli cubiques.
- LAlIICouRBÛREDURAMPAReft comprife en ces lignes W D ; DE; EW. 8c derechéf fe fubdivife en cors perpandiculaire 8c deux Panchans.
- Le plan du cors perpandiculaire eft contenu entre les lettres, m NM//», pour trouver le cors même, on procédera de cette façon.
- WD. 6515464480 g D. 7\is)0')ii6 m N. 58 J 3959264
- m f M N. 13.44 f 8939376 qui doit être multipliée parla hauteur du rampar | 12
- pour faire — ..—1 — «
- 16.1381 7272 512. ceft le cors perpandiculaire que nous cherchons en la 3 courbûre.
- Le Panchant intérieur confîfte en une feule Pyramide /M E : dont la hauteur eft/E : 8c la baze quadrangulaire de/M 8c de la hauteur du rampar. Ou ceft la Pyramide de cet Prifme dont la baze eft quadrangulaire, de / M 8c de/E: fà hauteur eft la même que celle du rampar. Pitifcus fait mal à propos deux Pyramides de cette ci qui eft unique: ceft au feuill.68 8c69 de fa Trigonomét* Probl. Archit. x.
- Tour trou, •ver lu 3 courbure du ram£nr.
- m N. 58)3959264 8c/M. 1413010432 delà Somme 72 j 6969696
- la moitié 3613484848 multipliée en fm 37
- /JrmtiA l’air*------ -
- /M.
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-
-
- De LA FOR TI FIC A T ION IRREGULIERE, / M. 141301043a en la hauteur du rampar I 12 eft faite une baze quadrangul 1.71 6125:184 qui doit être multipliée en de/E 4
- pour faire 6 8614500736 c’eft le cors de la [impie Pyramide /M E.
- 3«
- Le demi Prïfme W mg N & la Pyramide gND conftituent le Panchant exte'r. mn. 58139592.64 engn. | 6
- donne le plan de W mg N 3.50 3755584 qui doit etre tiré en \ de haut, du ramp. 6
- pour avoir .. 1
- lecorsWwgN. 2.10x1x533504.
- g®- 7
- multiplié par la moitié de g N.
- donnera — —..
- Taire gDN. 21 en f de hauteur du rampar
- réuffira —
- 1505x16
- 4515648
- 4
- g N D. 8 518o6x 592. C’eft le cors de la Pyramide.
- Colledion des mambres du feul rampar en la 3 courbûre.
- Le corsperpandiculaire. 16. 138
- r , . f 1. 102
- Le panchant extérieur.
- L'Intérieur. 686
- Somme du cors entier-------------------
- • En la 3 courbure. 19.013
- En la 2 courlûre 22.342
- En la 1 courbûre. 28.802
- 72-72-512-2533504 8062592 4500736
- 2369344
- 2209100
- 0000000
- Somme toute 70.16714578444.
- De toutes le s courbures dufeul rampar, -70 Verges, 167 pies, 457 dois cubiques.
- Puifqueles Courbûres du rampar font trouvées, nous ferons maintenant la pMr recherche des courbures duparapét même. l a Premie're Courbûre du parapet , eft comprife, dans les lignes SR,RT,T50,50<pS:& 'JZjZZpét. fe divife en quatre cors diftinéls. A feavoir : Je cors perpandiculaire ; & les Quels/ont deux cors qui conftituent les deuxpanchans ; 8c en outre,le cors furjacant au cors ZnfiuZ perpandiculaire ; 8c puis enfin,le cors qui conftitue le Banquét: ce qu’un Mathé- l^Zm^r niaticien reconoîtra d’abord & par la feule infpedion du Profil, ou de la figure Orthographique. Car elle repréfante en la Fig. C X111, par les lettres ,nnÿ$ le cors perpandiculaire \nan défigne le cors qui conftitue le panchant
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-
-
-
- $n Livre Second,
- extérieurs 4- Qf celui du panchant extérieur ; Qnf le cors couvrant le cors per-pandiculaire ; & enfin uV *>% le cors du Banquét. Quant à ceux qui nont pas la conoiflance des Mathématiques 8c de l’Architedonique , ii eft nécefiàire qu’ils s’en rapportent au témoignage de leurs yeux 8c de leurs mains 8c qu’ils fe fervent pour cét effét, d’un petit Rampar (ÿ Parapêt de terre, qu’ils partageront en leurs mambres : les plus fubtils fe peuvent pafîèr d’un cuhe de lois, ou d'argile, de la hauteur d’un doit, di vifé en lès trois Pyramides, les quelles à part, ou deux enfamble bien compofées, montreront à l’œil toutes les Pyramides fupputées, tant du panchant intérieur que de l’exté-rieur;de lbrteque fans l’aide d’un tel cube ainfi partagé, leur pene feroit inutile : parcequedépourveûs d’intelligence 8c des inftrumens appartenans à fart , il ne feroit pas autrement pofiible qu’ils ne troublaient toute notre fupputation. Les plus adrois peuvent auffi avoir l’induftrie de mettre en ulàge des rampars de carte, par cette invantion que l’on a de fe fervir de papiers pliés qui expriment les cors réguliers,&c. Venons au calcul. '
- Pour trouver le cors perpandiculaire, contenu dans les lignes, j p 7 Spï rl
- SR. 6j ^p. 7175
- 8c R q. 1J75 8cp z-11 I25
- — " donnent -
- Somme#/, 7J 75 : [9 | 00
- Des lignes 2 p. 7 75
- & 1 00
- lafomme 26 7S
- multipliée par 2 11 25
- donne ,— _
- rfcj^p 2 9. faire 3009335 multipliée par la hau-j 3s
- teur extérieure du------------
- Parapét donnera 1053,2.8125
- C'eft le cors perpandiculaire de la 1
- Pour trotté ver la i. courbure du Parapét du rampar.
- Pour trouver le panchant intérieur, compofé des deux demis Prifmes 9Tf* » 81 ri 78,8c d’une Pyramide entre les deux t* »
- 9pt. 19 j 00
- en 1 j
- donne——
- faire 19 en la hauteur int. 5
- donne——
- C’eft le cors de l'une & 95 |
- de /autre demi P ri/me.
- t*»- 1 en »e. 1
- donne ——
- le plan de 1
- en la hauteur intér. 5
- fe fait--------.
- le Prifme 5 I
- dont la tierce 1 * 66666
- donne la Pyramide a*
- Pour trouver le panchant extérieur confinant en ces deux demis Prifmes S R? 0 & RTqï > 8c deux Pyramides, Rop8c Rpq.
- SR. 61 en S 2 1)75
- fe fait »
- le plan SR %o. 10 $• multiplié en la hauteur 3 5
- extérieure
- vousavés 36 (75 C'eft le cors de îun & de 1autre demi Prifme.
- R#
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-
-
-
- De là Fortiricat
- Ko. il 75
- en op. 11 75
- donne .«--------
- l’aire R opq. 3 0615 '
- multipliée en la hauteur
- exter. du parapet -
- 3ï(2'
- du tiers f fe fait 10 71875
- la Pyram. Roq. 3 57.1916
- & autant Rpq. 3 572916
- cefllafolidité 7 141832
- à îune & de /’autre Pyramide Ou bien,ainfî
- De «7 R. il 75
- 81 po. 1] 75
- la fomme .3 50 (3
- multipl. en la haut. 35 (2
- Faire fe fait 1 2250(5
- multipliée par R0. 175 (3
- vous avez un prifme 21 4375 (8
- fonf .—
- C’cft le cors de la dou- 7i 14583.
- ble Pyram.
- I
- Pour trouver le Banquétdu Parapet en la 1 courbûre
- T». 19 T*. 20 |
- Siov. I I. 2 J 5
- fait - compofent——
- ro. ZO Çir.Zzjÿ
- <P f. 22 5
- *-50. 22 S
- r 0. 20
- 0 8. 20
- Somme 85
- la moitié 42 5
- multipliée en r<p. 2 S
- donne l'aire -
- du banquet 106 multipliée en la haut. 1
- *:>
- *5
- lafohditê du banquét 132 | 812 5.
- ION IRREGULIERE. 313
- Pour trouver le cors inombrant, compofé des deux demis Prifmes, 2/rg & p h 57;8c de deux Pyramides per- 8cp*p.
- .SA 7\7S cnç<r. ii I 25 donne-----
- labazcjpcp. 87 en la difFer.de la haut.
- réüffit-
- 1875
- *5
- 130[78125 Ceft le cors pourlun8cl’autre demiPrifme $/>*•*> 8ip^j.
- pp*. 11125
- enladifFdelahaut.^Q^ 115
- donne -
- la baze quadrang.
- 16|875
- en
- f. 11125
- fe fait
- lePrifme 189 | 84375
- fon f eft ----
- la Pyramide 63 28125
- 63 28125:
- 126 56250
- Ceft le cors des deux Pyramides p p t*
- 8cm/>‘
- La Colledion de toutes les parties du Parapet en la 1. courbûre.
- le panchant Ç extérieur \ le Panchant ç intérieur \ le Cors C
- fitrjaçant \ le Banquet
- ?,1.053 28l25
- 3é O O O
- 7 145832
- 95 000000
- 1 666666
- 130 7812
- 126 5625
- !32 8125-
- 00 999998
- C’eft la Somme de la 1 courbûre du parapèt du Rampar.
- La Seconde Courbure du Para p e't du RAMPAR,fecomprand dans les lignes, Æ Qy Q / • / 26 ; 26 K ; K 27 ,* & fa divifion eft aufli en cinq cors, corne ci deffus.
- Qa 3
- La
- p.313 - vue 385/646
-
-
-
- 314 ' Livre
- La ligne 341 3101675-00.
- moins i| 225363125.
- laiflè
- 5^-33
- laquelle moins r s. 7
- donne ----
- 084804375.
- 87733437
- Tour trou- La ligne 9,24. de 25- 120747.
- •ver la z
- courbure du Pour trouver 5, 5,4,8,24,9,5
- Farahét du 7 „ 7 y >
- le cors Perpandiculaire.
- S s- 33 54. 33
- 9.24. 25
- 8.24. 25-Delafom. 116
- la moitié 58 multipl.en 5,9.
- donne ----
- l’aire, 6. 5 5 amultip.par la hauteur extér.
- & vous aurés--
- 084804375
- 084804375
- 20747
- 20747
- 58454875'___
- 191274375. II. 25
- 78808671875
- 33
- 2.1951158303515625
- Pour le cors perpandiculaire de la 2 courlûredu parapet.
- Pour trouver le Panchant extérieur compofé des deux demi Prifmes, Kts$, 8c sul^, & d’une Pyramide au milieu Qj s te.
- La ligne 5 s. 331084804375 en ts I 175
- donne ....... . .
- l’aire 57189.840765:625
- multipliés la parla haut. ext. 35-
- pour faire ....... ..
- C’eft le cors 202 1644426796 pour le prifme tout entiêr ; ou ; pour deux demis K/^5&^«/4.
- La ligne Qu 11225363125 en t s. I 177
- donne, l’aire . i
- QJUS. 2 I 14438546875
- en la hauteur ext. J 345
- Second,
- fefait ... -i., . —»... —..
- le Prifme 7 J 505349140625
- dont-------'-----------
- la f partie 2(5:01783046875 efl pour la Pyramide deürée Qtus.
- Pour trouver le Panchant intérieur , eompofé des deux demi Prifmes, 9 , 25 , *, *&•» f> 8,28. & des deux Pyramides interjaçantes 24 8c 24, v, $.
- 9,24.25 ] 2074700 moins 6,24. (7002075
- laiflè. ....... .
- 9."
- multipl.parn..
- donne l’aire
- 507262 5
- ê,v, 925.24(5072627 enlahault. int. | 5
- produit .. -1 .1 .'»...
- m I 5363H5
- le cors de l'une & de l’autre deux demi Prifmes.
- La ligne 24, 7002075
- en la hauteur intér. 5
- donne la--——------------
- baze quadrang. 31 5010375 multipliée en tf, «. | 1
- fe fait----——— .....üÿ
- le Prifme 3 j 5010375 dont la f 1 I 1670125 &la£ i| 167125
- donne . --- -,m
- i|334025
- Le cors de l'un & de l'autre des deux Pyramides.
- Pour trouver le cors furjaçant, qui confifte en deux demis Prifmes, 5, r, 9,24. 8c 24 >0,8,4* &une Pyramide entrejettée, s, r,24 o.
- U
- p.314 - vue 386/646
-
-
-
- De la Fortification Irreguliere. 315 La ligne rs. 7 1877334375 I 112.5
- La ligne 24,9. 25j20747 enr,zz. j 1125
- donne la baze-------------------
- à multiplier 2.83 I 5840375 par la difFér. de la haut. I 15
- réüffit •
- 4x5|37605615 Cefl le cors pour les deux demis Prtfmes.
- Pour trouver la 2 courbure du Banquet.
- 25, 241 5072625
- moins 22,». 1175051875
- laiflc-
- 27, k. 22)7567475
- en 24, r.
- donne ,
- [’aire 88)62001171875 multip.par la difFér. de la haut. 1. 5
- De la Somme 94) 5280125 la moitié 47 126400625 multip.par la larg. du Banq. 2.5
- donnera
- Taire multi. 1.181160015925 en la hauteur du Banquet i. 2 5
- réüffit
- lePrifme 132)930017578125
- dont ——— .. .. —-------
- la f partie 44)310005859375 Donne le cors de la Pyramide cherchée s, r, 24, 0.
- Receuil de toutes les parties de la 2 Pourtroti-courbûre du Parapét.
- Le cors Perpan. 2.295 25830351'
- Le cors fur-Ç 425 37605625
- jacant. v 44 310005859
- Le pan- r 202 64442679
- chant ext. c 2 50178304
- Le parh J 122 5363125
- chant intérC^ 2 334025
- le Banquét. 147 7000195
- 3.242 6609325
- •ver la z ceurbûrt du
- rampur.
- C’eft toute la Somme delà 2 courbure du Parapét du rampar,& de fon Banquet.
- 14717000195312 Pour le cors du Banquét en la 2 courbure.
- LaTroisi êMECourbure du parape't du RAMPAReftcomprife dans les lignes w N, N«, *14,14^, & fe divifeaufli aux mêmes cors ci def-fus obfervés.
- La ligne mN. 58 13959264 moins zN* 2(0855688
- laiflè
- donne
- S6 3103576
- *3 407228
- IO, 0.42 | 9031296
- Pour trouver le cors Perpandiculaire 13,x,/s, 10, 13.
- 13,X. j6 & IO, 0. 42 3103576 9031296
- de la Comme 99 2134872"
- la moitié '49 6067436
- multipliée par 13,10. 11.25
- donne------------
- Taire 558107586550 celleci multipliée en la haut.ext.3.5
- fera ---...
- Pour trouver la 3
- „ . 1 courbure du
- •I*953|2'655W5 parapét du C’eft le cors perpandiculaire de la 3 ramP*r' courbure du Parapét. Pour
- p.315 - vue 387/646
-
-
-
- 316 L ï v r e S
- Pour trouver 1 e Panchant intérieur, compofé du demi Prifme io, y,3, 12.
- 8c de la Pyramide y fit
- La ligne 10,0.4219031296 moins y p. i\ 1917536
- donne______:______
- IO, y. 41 711376
- multipl. en 10,12. 1
- donnera
- l’aire laquelle 411711376 mult. parlamoit.de la haut.int. 2.5
- fait—------------
- Le corsdu demi Prif. 104127844
- Trouver ta 111 Courbure du Parapet du Ram* par.
- Laligne y fi. 111917536 en la hauteur intér, 1 5
- donne î
- l’aire 5 958768 qui doit être tirée en y 3 1
- d’ou procède________:----
- le Prifme 51958768
- dont la .....ï ... 1 .-..ï.-
- Eft la Pyramide fiyl 1 j 9862 5 6
- Pour trouver le Panchant extérieur, compofé du demi Prifme 13,/», zx 8c de la Pyramide z* N.
- Laligne 13, 5613103576
- multipliée en zx. J 1.75
- donne < --- -------~
- l’aire, laquelle 981 54312.58 multipliée en la hauteur exter 3. 5
- fe fait » ""*
- le Prifme 344190094°$ dont la i 17^145°47°15 1
- e c o N d ,
- Laligne zN. 1 0855688 en z#. 1.75'
- donne ......
- le plan 3 | 64974 54
- dont la. |------—
- eft pour faire zNx 118248727 en la hauteur extér. 3.5
- fefait .. -— --------
- le Prifme___6138705-445
- (àf 2112901815 EU: pour la Pyramide z.vN.
- Pour trouver le Banquét en cette 3 courbure.
- La ligne 10.y. 41 j 711376 moins 15, l 2 J 979384
- donne --______ ,
- 14, 38 371991
- laquelle avec 10, 41 711376
- compofé ___-
- la fomme 801443 3 68
- dont -------------
- la i multipliée, 40 en la largeur du Banquét
- donne
- 221684
- faire 12, 3, 14.1. 00 55421
- en la hauteur du Banquét 1.25*
- fe fait —. — ' —....
- Ï25|6927625
- Le cors du Banquét en \ cette 3 courbure.
- Eft pour le demiPrifme.
- Pour trouver le corsfurjacant, compofé du demi Prifme 10,13. py. 8c de la Pyramide^ fi x.
- Laligne 10, fi. 4219031296 en y/*- j 11.25
- donne----------
- faire qui doit être multipliée en la hauteur de la différ.
- fe fait
- 482
- 660208
- i-5
- le Prifme 7231 990312
- dont la | ———:..........
- ellpour le demiPrifme 361199$ 1 $6
- En la recherche de ce cors, impofé fur le cors Perpandiculaire, Pitifcm eft
- fort
- p.316 - vue 388/646
-
-
-
- Tfù: cxiv:
- fri M M $
- M ^ ^
- 1T B
- CXVI.
- F O
- cxvn.
- K
- pl.n.n. - vue 389/646
-
-
-
- De la Fortification Irrégulierf. 317
- fort déréglé en fon calcul ; enceilrandcecorsimpofépourunePyram. feulement ; erreur notable. Car fi je drefibis mon calcul fuivant l’ordre que prefcrit Pitifcus ; on trouveroit moins , en ce cors dont efl queftion, C X X piés cubiques & en toute la Forterefïe M X L l V ; & partant il n’auroit été nullement à propos de diflîmuler ce méconte.
- La ligne y x. 13 ] 407128
- en y 1 [ 11*35
- donne —-—. , .....
- L’aire dont la \
- i-5°| 831315
- ------- 75i4I5657y
- multipliée par la hauteur de la différ. | i. y
- fefait
- le Prifme 113 | 11348625
- dont la f 37170782875 Eft notre Pyramide y fi x.
- Rcceuil de toutes les parties du Parapét en la 3 courbure.
- Le cors perpendiculaire Le cors du Panchant extérieur \
- Le cors du Panchant C intérieur \
- te cors du cors impofé
- Le cors du Bànquêt Somme delà 3. ç courbure du z.<
- 1. ^
- i- 953 172 2 104
- 1
- 361
- 37
- 115
- du Parapet
- le cors de toutes les courbures du Parapét, le cors de toutes les courbures du rampar. le cors droit du rampar & de fon Parapét.
- C’eft la Solidité de la douzième partie du “297, 2 : jo rampar 8c de fon Parapét enfamble en la Forterefïe Séxangulaire.
- 2:759
- 3.242 1.783 7.5-86 70.167 217.496
- 265^2922
- 45047015 .
- 12901815
- 27844
- 986256
- 995156
- 70782875
- 6927625
- 5054608
- 660935
- 9999986
- 1663913
- 4678444
- J973795
- 2216152*
- Leçon de lu douzième partie du rampai i6* de fon Parapét fumant nos fuppofittonr.
- La Stéréo-mé'rie de
- . Tour trouver la Solidité du Tarapét de la paujjè braye en Ja
- Fi«. CIX.
- Après avoir trouvé les courbures du Parapét du Rampar, il i aura peu de difficulté de s’employer à la recherche du Parapét de la Faufîèbraye: puifque l’un 8c l’autre ont les mêmes courbûres, à raifon de leurs fuppofi. tions qui font égales; Il ne refie donc plus que detràvailler àla perqùifition die facile-de la folidité du cors du Parapét de laFaufïebrayeen droite ligne, auquel Z puis apres on ajoûtera les courbûres de Parapet du rampar pour avoir la fo.calculd’f lidité toute entière dudit Par. de la Faufïèbraye. Nous i procéderons ainfi. iZZpar?1*
- Rr On
- p.317 - vue 390/646
-
-
-
- 3 iS L i v r e Second,
- On cherchera F enceinte extérieure & horizontale du Parapet de la Fauf-febrayejde laquelle il faudrafouftraire l’enceinte,pareillement extérieure 8c horizontale des trois courbures alignées à celui du Parapét du rampar: ce qui reliera de l’enceinte de TA vantmur,multiplié par l’aire du Profil du Parapét , donnera la folidité dudit Avantmur en droite ligne, en cette facon;
- La ligne A B C D. de la Fig. CIX , moins 88 B 8c B 77 : & les fegmens QÆ 8c QJ 8c m N plus ; eft égale à la ligne <zR QN, qui détermine l enceinte extérieure & horizontale de T Avantmur.
- Les triangles reélangles ÆQC 8cm ND qu’il faut refoudre,outre tous lés angles préfuppofés, ont connus les côtés C k 8c Dm de la longueur de 305 (1 Soit donc
- Comme le demidiam. ell au regard--de C k
- de même la tang. QC k de 3 5 deg. eft au regard—de Q£ Ax 14
- zetUgms 10000000-----3°5 C1 ----7001075——11 j 35632875 X*. z 5
- ^ Comme le dimidiam.ell au regard *--de Dm #«14
- m» de même la tang. N Dm de 5 deg. eft au regard-de m N. A a 30] £
- 10000000------30. 5 (1----11917536-------36 j 3484848
- A B CD. 500 88B30 5 N m.36 3484848
- moins 88 B & 77 B. 61 77B30 î Qk.11 35631875
- plus 439 6l « 35631875^
- tnN.Qk. 8cQl 79(0611413 donne - —— 79J 06114130.
- <iRQN. 51810611413 L’enceinte extérieure & horiz. de F Avantmur.
- Tour trouver le cors de l’Avant-
- L’enceinte de l’Avantmur a R QN. 518 ! 0611413 moins la long, des courb. du Parapet 13910161614
- f“ laifTe
- la long, de l’Avantm.en droite ligne.379 J 0448809 qui doit être mult. par Faire du profil du Par. 56.5
- afin qu’on aye -
- le cors de l’Avant, en droite ligne 11.416 le Cors des courb. de l’Avantm. 7.586
- 03577085
- 1663913
- Ci defliis les longueurs horiz. & extérieures des courbures du Parapét du rampar ont été telles:
- SR. 6 RT. 6
- C’eft toute la folidité de ladqu-19.001 10116111 ziême partie de 1 Avantmur,e nia Fortereflè féxangulaire conltruite fuivant nos fuppo-fitions.
- k&J4 Q/.34 ?» N, 58
- 310167$
- 3101675
- 395i?a64
- Somme 132] 0162614
- Tour trouver la capacité du Fofséen la Fig. CIX.
- Marlou en (à Fortifie, n’ a point donné le calcul du Fofle:mais Pitifcus s’en eft aquité tres-exaélement ; 8c gmta# apres lui l’a elîàyé, comme il fè verra ci après.
- Mais avant que pafler à la Stéréométrie, il eft nécefiàire de procéder à la
- re-
- p.318 - vue 391/646
-
-
-
- De ia Fortification Ïrregüuere. 319’ recherche de l’enceinte du Folle, tant extérieure, qa intérieure t tant en Ion fins, qu’en fa fommité: il eft aufli befoin de trouver la ligne C7, & plufieurs autres qui fervent au calcul: 8c pour cét effet nous emprunterons delà Fig. CIX ces fuppofitîons ; 8c ferons
- LesAngles
- îAngle Flanqué de 80 deg.
- T Angle du FÎanq © de la Face de 11 o deg.
- ïAngle du Flanq & de la Courtine de 90 deg.
- l'Angle de la Razante & de la Courtine de 20 deg.
- Et
- Les Lignes tant les Ichnog. AB de 180 pies B C de 80 CD de 240 A0 de 35.5 c’eftla diftance depuis le rampar
- Que les Orthog. de la Fig. C X V11 AO 80pies largeurfupér.
- BD 64 largeur infér. /du
- B E 10 Profondeur Fof
- AE 6 Talu inter, j fé.
- FO 10 Taluextér.
- La ligne A B C D, moins les fegmans zB 8c B h, 8c les lignes O K & K H & G Ede plus, eft égale à la ligne O^KE, qui défigne l’enceinte du Fofte intérieure 8c fupérieure : Pour réfoudre les triangles re&angles K H C & G ED, outre les angles conus, onfuppofelecôtéHC, ou G D, égal à la diftance qui eft entre le rampar 8c le Fofte, A 0 3 5 15. Partant Comme le dimidiam. eft'au regard de H C
- de même la tang. H C K de 3 5 deg. eft au regard —* de K H ou K O
- 10000000------3 515------- 7002075----------24 J 85736625
- Comme le demidiam. eft au regard---dç GE
- de même la tang. E D G de 50 deg. eft au regard — de G E.
- 10000000------351 5-----11917536------------42)3072528.-
- Les Angles & les lignes que l’on fuppofe pour dreffet le calcul du
- üoffé.
- ABCD. 500 moins z.B&Bft 71 les lignes O K 425? &KH&GEplus. p2
- donne
- B* 3 515 _ BAüJî
- z,B& B h 71 j 0215)853
- KH24 KO 24 GE42
- 5)2
- 8573^25
- 8573^25
- 3072528
- 0215)853
- Oe K E 5211 021.9853 .L'enceinte du Fofle intérieure & fup#
- Derechef,la ligne Oé’KE, moins les fegmans Pe 8c eT ; 8c les lignes YZt Z18c 30, 7 de plus, eft égale à W V 2 7. qui eft l’enceinte du Fofte intérieure 8c inferieure. Aux triangles re&angles Y Z K 8c 30, E, 7 outre les angles font conus les côtés E 30 8c KY égaux au Talu intérieur du Fofte,de 6piés. Ainfi
- Comme le demidiam. eft au regar d—— de K Y
- de même la tang. Z K Y de 3 5 deg. eft au regard — de Y Z.
- 10000000 •----6 (1 ---------7002075-----------41201245
- Comme le demidiam. eft au regard------- de 30, E.
- de même la tang. 30, E, 7. de 50 deg. eft au regard-de 30,7.
- iooooooo -
- Pour trou-ver l’enceinte du Foffé inferieure & fupérieure.
- Les lignes NK ou KO GE,
- Pour trouver fin enceinte intêr. inféritu-
- • 6(i.
- -iï9i7536-
- Rr %
- 7| 1505216.
- OfKE
- p.319 - vue 392/646
-
-
-
- $20
- Livre Second, OfKE. 5ii|oai5>85$ Ve 6 moins les lignes Ve & eT. 12, | cT $
- &plus jop
- 3©, 7. Z Y. Z b. 15
- donne
- 021.9853
- 553011$
- YZ 4 Z$. 4 3°>7\7 *5
- 201245
- 201245
- 150521$
- 55301 «J
- La ligne Ze.
- W V Z 7. 52-415749P6.9 Oeft Venceinte du Fojféinter. &in/er.
- Or la ligne CD, les lignes K O & G E 8c IZ avec 30,7 & Z^ plus, eft égale à la ligner 7.
- Au triangle re&angle Z X r, à raifon du parallalélifme des lignes AB & c X&DC&cy i Angle de la Flanquante 8c de la Courtine Z rX eft donné, avec le côté conu c X , qui eft égal à la ligne oh moins P b;ohe&de 180 pies. P h de 41 (5. c x fera donc de 138 (5. Partant.
- Comme le demidiam. eft au regard-----de c X
- de même la tang. Z c X de 20 dcg. eft au regard — de Z X,
- 10000000--------138) 5------3639702--------5014098727.
- Comme le demid. eft au regard de-----C X
- de même la fécantc Z c X de 20 deg, eft au regard---de Z c
- 10000000 —
- VourtroH' Ver la ligne c 7. de la Fig. CIX,
- La ligne CD. 240 f OK. 24 I G D. 42 plus les lignes \l7L 4 3°>7* 7
- -138(5----10641778------.147
- 85736625
- 3072528
- 201245
- 1505216
- he 35 &eP. 6
- donne ——-
- 3886283.
- 5 égale à
- zK
- produit
- la ligne
- |[Z c 14713886253
- Ph- 41 I î
- oh. 186
- moins P h. 41(5
- 07*465190501095 laiflè.cx. 13B | 5
- Derechef cette même ligne cy : moins cd-98i 1,33 plus, eft égaie à l’enceinte du Fofie, extérieure, 8c inférieure.
- Lcstrianglesreâanglesi,7,338crrfe,outrelescôtés 17 & égaux à la largeur inférieure du Fofle,ont auflî tous les angles conus; car l’angle Z c X ajoûté fur chacun de ces angl es X Z c, ou dce9tant d’une part que d’autre réuffit droit ; ils font donques eux mêmes entre eux en proportion d’égalité ; 8c partant les angles Z c X Scced font auffi égaux. Soit donc,
- Comme le demidi. eft au regard----- de e d
- Four trou- de même la tang. c ed de 20 deg. eft au regard-de c d.
- “ceintedit IOOOOOOO----64(1-------3639702-----------23 ( 2940928.
- Fojfé ex té. Comme le dimidi. eftau regard —« de 17.
- "nf/r. de même la tang. 1,7,3 3 de 50 deg. eft au regard-de 1,33.
- IOOOOOOO -
- -64(1-
- Zes lignes c d
- La ligne cy. plus la ligne, 1,33.
- •11917536-
- - 7612722304.
- 4651
- 76I
- 90501095
- 2722304
- ï>33. moins 542 17724135
- la ligne cd. a3 2940928
- e>33* 518188314855 L'enceinte du Fojfé in-
- férieure extérieure.
- En-
- p.320 - vue 393/646
-
-
-
- De là Fortification Irreguliere. 311 Enfin la même e, 33 moins le fegmant ef: la ligne 34, 31 plus, égale g, 32.* qui détermine Penceinte du Foffé extérieure & fupêrieure.
- Comme le demidi. efi: au regard.-de g f
- de même la rang, fg e. de 10 deg. cft au regard-de ef
- 10000000----— 10 (1 *----3639702 — 3 (639702.
- Comme le demidi. efi: au regard-de 34,33
- de même la tang. 34, 33,32 de 50 deg. efi: au regard — de 34 32. 10000000------10(1-------11917536-------> 111917536
- Peur trouver fin en-teinte ex-tér. Qr>/u-tér.
- La lignes, 33. 518
- moins e ,f_____3
- plus 51 j la ligne 34,32. 11
- donne -
- 883^855
- 639708
- M3446ï5
- 917536
- Les lignes
- «f
- 34,32*
- g. 32- W | 16098255 L'enceinte du Foffé extérieure PS fupêrieure.
- Les lignes trouvées,vient en fuitte la Stéréométrie. Or efi: il que toute la capacité du Fofle,c efi: à dire le cors qui doit être creufe' pour faire le Fofle abefoin d etrediftribué enfes parties ,pour aider au calcul : cefl: à fçavoir en fa capacité, ou cors Perpandiculaire ; & les deux cors qui conflituent P un PS îautre panchant Pefcarpe PS la contrcfcarpe : cequife voit en la defcription orthographique du Fofle de la Fig. C X V11 : dont, les letres B E FD repré-fantent la capacité Perpandiculaire : AB E l’efcarpe ou Panchant intérieur: *ourtro»-F O D la contrefcarpe ou Panchant extérieur.
- Pour trouver la capacité perpandiculaire du Foffé, compofée de deux prifmes irréguliers, ayans pour bazes les Trapèzes £,33,7»^ &<*W VZ & font compris de lune & l'autre enceinte inférieure du Fofle.
- La ligne BC. 80
- ver le cors PerpmdÂu
- plus H K. 84 & Y Z. 4 moins des lignes 109 BA&PV. 41
- donne
- 85736125
- 20l24f
- O586H25
- 5
- ta ligne clP ou XV
- zv.67
- de laquelle ZX fouftraite 50
- refte————
- C W, ou XV. 17114873855.
- 5586H25
- 4098727
- Des lignes c W. 17114878 5 5 & Z V. 671 55861125
- delà fomme 84 7073498
- la moitié 42 multipliée par WV ou cX. 3536749 138.7
- le plan c W V Z. 58.65198397365 qui efi: à multiplier par la profondeur du fofle. 10
- vous avés _
- Incapacité même.f W V Z. 38.65918397365
- Rrj
- De
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-
-
-
- 3*2
- t I V ft £ SECOND)
- De la ligne*?, 33. 5*18 8c de c 7. 46?
- lalomme ^984 (à moitié 491
- 88314855
- 90501095
- 7881595
- 39407975
- multipliée par la largeur infér. du Folle 64 donne la pléne baze----------------------
- €>33 >c>7- 31.5131221104
- laquelle multipliée par la profondeur du Folle 10
- donne---------...........
- le ms Perpendiculaire, e , 33,7, c. 315.132 (21104
- Pour trouver le cors qui conflitue le Panchant extérieur du lofé j compofé du Prifmeg,/, 34 33 & des deux Pyramides g,f e & 34,33,32.
- Ptur trouver le Pan-chant extérieur du loffé.
- La ligne e,3j. 518,88314855 moins ef g |639702
- produit -
- f,33- 5*5 H344655
- multipliée par f g 10
- donne .. . . .
- l’aire 51.51! 4344555. lequel multiplié par la i de la profond, du folle 37
- vousavés - - - 1
- f>g> 33.34- 15.762! 172.3275-c’elt le cors du demi Prijme.
- La ligne 34, 31.’ 111917536 enlaf delàlign.34,33. J 5
- donne la plene baze---------——.
- 34.33.3x. 59 587680 tirée en la prof du Foffe 10
- faitlePrifme —. ........
- 59518768
- dont la J - -—-—.........
- eft pour le cors 19816256 ! delà Pyramide 34,33,32.
- La ligne ef. 3 | 6397022 tirée en la profdu Folle 10
- donne la baze i.hi.ii .„ , «inwia
- quadrang. 36 39702 laquel.mult.parg f 10
- fait le Prifme ...y~ ........«
- dont la f 363 19702
- eft la Pyramide-- —
- efg. 121 I3234
- $teît<x$ / faitlacolledion de cette Pyramideen multipliant laire triangulaire du triangle efg en la tierce partie de la profondeur düFolféjmais quiconque fera capable de concevoir cette Pyramide, jugera aifément de fou abus : mêmement fon propre calcul le découvre ailes, entant que de cette façon ilnereceuille feulement qu1une moitié de lafolidité. C’elt pourquoi pitifcus double le cors de cette même Pyramide, receuilli de la baze triangulaire g ef multipliée en la tierce partie de la profondeur du folle, pour remédier à cét inconveniant.
- Toutefois avéc peu de railbn il multiplie,ce qui le peut faire plus Amplement 8c mieux. Car puifque dans le cors du Folle même cette Pyramide eft
- une
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-
-
-
- De la Fortification Irreguliere. 32,^ «ne & Ample,ce qui même fe voit à l’œil en coupant un rampar de terre,ou de carte ; quelle raifon i avoit il, d’introduire cette confufion dans les cors dedans le calcul & de les multiplier fans néceflîté ? cette matière nous four» niflànt d’ailleurs allés de chifres.
- 2 V. 67155861125 moins Z Y. 41201245 relie Y V. 631 35736625
- La ligne C D. 240 de plus KO. 24185736625 &GE. 42(3072528
- compof. K E. 307 ajoutés Y V. 63
- &WV, 138,.______________
- ceftlalong. 509 0219853 des 3 Prifmes : qui doit être multipliée par W 0. 6
- 16461905
- 3573662*
- 5
- I’airedeleur 3054) 1319118 plan qui doit être multipliée 5 par la I de la prof du Fofle
- pour faire ---- -
- 15.27016595 59 le cors des trois demis Prifmes.
- La ligne VP. 6
- multip: par E P. 6
- donne la pléne baze. 3 6
- 10
- en la profondeur —....
- fe fait le Prifine 360 dont lai 120
- efl le cors delà Pyramide VP<?T. ?iUrm*-La ligne Z Y. 41 201245 en la prof du Fofle 1 o | te'r. 4*
- donne la pléne„ , -.... —fi,
- baze quadrang. 42101245 qui fera multipl. parla |YK 2 c’eftla/^r. Z Y K. 84 j 02490, à laq.efl égal. KZk 84 [ 02490 c’eft le cors de lune 168 j 0498.
- 8c de l’autre
- fe trouve pareillement endefFaut delà moitié de lafoirr me,enlafupputation des cors de ces Pyramides.
- La ligne 30,7. 7(1505216
- en la prof du Fofle j 10
- donne la pléne ——————
- baze quadrang. 711 505216 multipliée par la | de E 30. 2,
- c'eft la Pyramide—h... n—.
- 30, 7, E. 143(01043z
- La fupputation de efl encore defFedueufe en cét endroit de la
- moitié delafolidité, pour les raifons ci deflus dites, en la Pyramide efg. Car la Pyramide 30, 7, E n’a pas la baze triangulaire £,7,30 pour fe terminer en un point au fons du Fofle : mais comme les Pyramides précédantes* efg a la ligne ef : ZYK la ligne YZ; KZÆ la ligne Z Æ.* celle ci de même a dans le fons la ligne 30,7. laquelle s’élevant du fons à la fuperfîcie du Fofle, en telle forte que fortant du fons elle lui demeure tousjours parallèle & conftitue la baze quadrang. de la Pyram. fur laquelle baze la ligne 30, E tombe perpandiculaire 8c en l’une des extrémités de cette même ligne, qui efl E, comme en fon fommét, concourent toutes les fuperficiesde la Pyramide, 8c compofent la Pyramide 30,7,E : d’une baze quadrang. de laquelle
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-
-
-
- 3x4 . * Livre Second,
- quellebaze, un côté eft la ligne 30, 7 : l’autre eft la profondeur même du
- Folle,& de la hauteur de la ligne 30,E : qui tombe normale fur ladite baze.
- Receuil de tous les corsqui conflituent la capacité du Fofle.
- 3ï5- !32l 211. 040.0
- 58.659 839. 736. S
- a* 761 172. 327. 5
- 198 625. 600.0
- I2l 323. 400,0
- 15.170 659.559.0
- 120 OOO. 000.0
- 168 049.800.0
- *43 OIO. 432.
- 4*5- 575 oc 00 Vw/1 1
- 12
- 4986.9IO 702 74O
- la capacité Perpandiculam.
- | la capacité du Panchant extérieur.
- | la capacité du Panchant intérieur
- la Somme de la 12 partie du Folle. Somme totale du FofFéf
- Pour trouver U folidite'du Parapet du chemin couvert
- en la Fig. CIX.
- On procède ainfi, à la recherche des lignes Ichnographiques nécefîàires pour le calcul. Laligneg, 31: qui détermine l’enceinte intérieure du chemin couvert, moinslefegmantg 43, & plus de la ligne 53 , 36, eft égale à 44, 36. qui eft l’enceinte extérieur du chemin couvert. Donc
- Comme le demidi. eft au regard--------de 44,43 ,
- Tour mu-fe même la tang.g, 44,43 de 20 deg. eft au regard - de g, 43.
- .10000000--------14(1---------363970i------------f 10955818,
- tér. du che- Comme le demidi. eft au regard --de 5 3 , 3 2
- ~efl de même la tang. 53 , 32, 36 de 50 degr. eft au regard—de 53,36;
- l’enceinte IOoOOOOO------ 14(1--------II9I7536-----------l6 j 6845504
- "Banquet. La ligne g, 32 5x71160998215
- plus 36, 53. 16 [6845 504______
- *»«&» & 543 p4553V>!
- moinsg, 43 5(0955818
- 44.36- 538174994975
- £ enceinte extér.du chemin couvert ; qui eft l’intérieur du banquet.
- Tour trouver l’tn ceinte inter, C$» hori-%ont. du Tarapét du chemin couvert*
- Les lignes { £ ’ 3J | { *5; 1 } ci défias trouvées.
- Partant la ligne 44,36 moins 44,48. & 49,37 plus, eft égale à la ligne 45* 37.
- Com-
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-
-
-
- De ia Fortification IrreGuli ere.
- Comme le demidi. eft au regard-. de la ligne 45 ,48:
- de meme la tang.44,4?, 4.8. de 20 d. eft au regard-de 44,48.
- 10000000------21 $ —» 3639702------------— 909925 5 (8
- Laligne 44,36. 538)^49949^5
- moins 44,48.
- &
- 537
- plus 49.37. 2
- compofe —
- 4f,37. 540)81940824
- 190992.55 14,5.11979384
- 84001415 ou 49,37.
- 979384
- ta ligne 44.
- 48-
- L’enceinte du Parapétdu chemin couvert inter. & horizontale.
- DerecheT, laligne45 , 37 moins lefegmant 45, 47 :& plus de 50, 38 Pour trou-
- eft égale à la ligne 46,38
- Comme le demidi. eft au regard--de la ligne 46,47
- de même la tang. 47,46,45 de 2odeg. eft au regard — de 45, 47. 10000000-------1 (1---------3639702——------3639702.
- ver fin enceinte intér. & verticale.
- La ligne 45,37. moins4f, 47. &
- 54O J 81940825 y/3 OU 50,38.1 I 1917536
- 13639702 I
- plus 50, 38.
- donne.
- 540 45543^5 I I9I7536
- 46,38. 541164719165. la ligne qui détermine
- le Panchant intér. du Parapet du chemin couvert*
- ‘Pour trouver la largeur homontJu Tarapét du chemin couvert*
- À raifon du Parallélifme des lignes L P & ^ H, delà Fig. CXIV les Triangles redangles h LP & PuS font proportionaux. Ainfi,foppoféesles lignes h L, (qui eft égale à la hauteur du rampar) & LP (qui eft égale à u H: trouvée en la Fig. C XIV.) conuès avec,# P,«S ne demeurera pas inconuë. .2. celleci T u ajoûtee, donne T S, qui eft la largeur defirée. A laligne S u de là Fig. C XIV, correfpondent les lignes, 42, S> u & 38,39. de laFig* CI X. Soitdoné,
- Comme h L eft au regard de L P *—- de même Pu
- au regard--de u S, ou de 38 , 39. ou de 42,51*
- la—-------15*-— 5-------------6313333333
- Lal'gne uS. 631333333
- plus u T. i|
- donne : -, - - —
- T s. 641333333
- la largeur hornont. du Parapét du chemin couvert, '
- Après avoir trouvé la ligne 39,38 la recherche de l’enceinte extérieure 42, 41 eft fons difficulté. Car la ligne 46, 38, moins le fegmant 46,51 & lefegmant 39,41 de plus, eft égale à la defirée 42,41. Donc
- ' i S f Com-
- ta ligne 4S, 47-
- ta largeur baril,, du shemin (ouvert, tes lignes 38,39.
- oU
- V enceinte, extér. dtt Par .du che« min couvert.
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-
-
-
- * LïVRE SECOND,
- Comme le demidiametre eft au regard-de 42,51.
- de même la tang. 46,41,51 de 20 d. eft au regard-de 46,51.
- iooooobo----63} 333333 —--3639702-------23105144598
- Comme le demidiametre eftau regard-de la ligne 38,39
- de même là tang. 39,38,41 de 50 d. eft au regard-de 39,41.
- ïoooooop—— ^31333333 —— I29i7536-----
- Les lignes 46, ji. 39» 41.
- La ligne 46,38. moins 46,51.
- 8c
- plus 39,41.
- 541I647!9165
- *31 °5i44598
- -7514777179-
- f *8
- 77
- donne 42 41. l’enceinte extérieure. 194
- 59574577
- 47771796
- 07347373
- Tour trouver l’aire ou lapléne baze de la Section orthographique du Tarapét du chemin couvert en la Fig. CXIV.
- La ligne «S. 63 333333 1
- multipliée par u P. 5 1
- de la fbmme la moitié 316 666665
- l’aire S P H v» OC 33333*5
- l’aire P u T. 2 5
- l’aire T RO N 1 152
- fomme *63 9583315
- V U U t, .
- -me au Parapet du rampar.
- 3 1125
- Orthographique.
- Ay ans avancé les lignes Ichnographiques néceflàires pour le calcul & fa* tisfàit à la recherche de laire du Profil paiïbns maintenant à la Stéréométrie du Parapet du chemin couvert. Nous commancerons, par la divifion de ce cors en trois mambres, ( ainfi même qu’il eft repréfanté en la defcrf ption Orthographique) c’eft à fcavoir, le Banquêt, le cors qui conflitue le Pan-chant intérieur, 8c enfin, le cors triangulaire.
- Peur trouver le cors triangulaire, 41,38, 46,42. compofé de deux Pyra-
- Lsso&Bi/tofàs* 39 » 38 » 4i &4* > 51 » 46 & du demiPrifme 39,38,4*, 5*-
- du Parapet L’aire P U S. I58|333333*5
- tuten.n multipliée par 39,41. 75'4777*79^
- donne! —;
- le Priime 11.950 j 640154043511 fa ÎJ983154675134784. eft pour le cors de la Pyramide 39, 41,38.
- La ligne 46, 51. 23 105144598 , en la hauteur du Par. du chem. couvert. 37
- donne lapléne .
- baze quadrang. 1.15 25.72299 qui doit être multipliée par la f de 42, $1. 21 mini
- produit — "' ' i-
- le cors de la Pyramide 46,51,42. *♦ 433 12081770572.
- Ici
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-
-
-
- De la Fortification Irréguliers. 327
- Ici s’abufe encore de la moitié de lafolidité de la pyramide précé-
- dante, en Ton calcul : car en multipliant la ligne 42,51 en la moitié de la ligne 51, 46 il produit l’aire de la baze triangul. 42, 51,46 : laquelle puis après il multiplie en la tierce de la hauteur du Parapét, 8c forme de la forte le cors d’une Pyramide ayant la baze triangul. 42,46, 51. 8c 5 piés de hauteur. Or eft il que la Pyramide 42,46,51 ne fait point un tel cors, mais le conftitue une fois aulîi grand : car il a fa baze quadrang. de la ligne 46,51 & de la hauteur du Parapét : & quant à fa hauteur elle eft égale à la ligne 42, 5 1. Partant la fupputation de Jrdfrtvl / en la colledion des Pyramides ef g. Z Y K. Z Kl, 30,7, E, pour le Fofte : 8c en ce Parapét du chemin couvert en la Pyramide 46, 51,42. tombe en abus, de plus de 193 piés, au de la des X V I Verges cubiques : encore qu’il famble avoir voulu pofer un calcul éxad & Mathématique, en la mefure qu’il a prife tant du Fofte que du Parapét du chemin couvert. J’ai crû être obligé de vous donner cét avertif-fement, pour le refped que je dois à la perfedion de l’art ; 8c aufli pour relever & foulager l’erreur 8c l’incommodité qui en pourroit naître en l’e-fprit de ceux, qui ont moins d’expériance 8c de capacité.
- La ligne 42,41. 59407347373
- moins 39,41. 7547772796
- donne 42, 39. 518595-4577
- qui doit être multipliée 15833333325
- l’aire du profil - .-
- pour faire 82.110 993037033687;
- C’eft le demiPrifme, 42,51,38,38.
- Pour trouver le cors du Panchant, compofé de deux Pyramides 50,38, 37 8c 45,46,47. 8c d’un demi Prifme entrejetté, 50, 37,47,46.
- Laligne46,38. 541] 64719178 moins 38 58. 1 11917536
- én produit 11 ' '
- la ligne 46, 50. 540 I45543815
- multipliée, par 46,47. 1
- réiiflit .. ... -
- Tour trou •ver le cors du Parapét du chemin couvert.
- y 4°
- 45543813.
- 5
- lapléne baze
- pour être multipliéepar la hauteur
- dont procédé 1
- lePrifme 2.702 [2771907 5 fa i partie 1.351 j 138595375 eft pour le demi Prifme 46,47,50, 37.
- La ligne 47,45. en 46,47. produit laplene baze fa moitié
- multipliée par la hauteur
- eft fait le Prifme <— dont la f partie eft la Pyramide 45,46,47.
- 363970
- 3639702
- 1819851
- 5
- 9099225
- 3033085
- Sf :
- Le
- p.327 - vue 400/646
-
-
-
- 32.8
- Livre Second,
- Le cors de la Pyramide, 50,38,37. 11 986256
- Car elle eft égale, à la Pyramide du Parapet du Râmpar /syl
- Pour trouver k Banquét.
- La ligne 45,37. 54°
- & 44,36. 538
- de la Somme 1079
- la moitié 5-39
- 81940835
- 74994985
- j693)82_
- 7846791
- 3125
- multipliée-, par Taire du Banquét
- donne---_
- le cors du Banquét 1.686] 827122187.
- Pitilcus, a omis le calcul de ce Parapét ; ffteifag/ outre les chofes ci def-fus obfervées, ayant peu d’égard aux cors du Banquét 8c du Panchant, re-ceuille feulement la folidité, du cors triangulaire. Jelailîè à votre jugement, Leéleur, de confidérer fi ces cors font de fi petite importance, quils ne deulFent pas être mis en conte.
- Receuil de tous lès cors enfamble qui compofent le Parapét du chemin couvert ,,
- 82. IIÔ 3-9 83 ^ 433 1.351
- ï
- î. 686
- Tout le cors delà
- partie du parapét du chemin couvert.
- 91. 568
- 993O37O336878525 j 5 4675” 13 4784 > le cors triangulaire.
- 2081770527 '
- 13859537* .
- 3033085:
- 98625*6 98271221875
- le cors du Panchant. le cors du Banquét.
- 0032474967278525 C’eft tout le cors delà partie du Para* pét du chemin couvert*
- Les cors de tous les ouvrages de là Forterejfe receüiüis enfamlle.
- 295.250 29. 002 91. 568
- 415. 820
- 4989. 845 4986. 910
- 221615 200000 le cors du rampar & de jon Parap ét.
- 22161520000 le cors de î Avant mur.
- 003247496728 le cors du Parapét du chemin couvert. 427024846729 le cors de la px partie de toute la Forterefiê*
- 12 Toute la Solidité de tous les cors.
- 12429816073 6 de la Forterejfe Séxang.
- 702740000000 Toute la capacité du Foffé entier.
- . 934 421558160736. de ce reliant, qui font 2 Verges folides, neuf cens trante 8c quatre piés cubes, &c. les ouvrages delà Forterefie à con-flruire excédent le Folle. Mais dautant qu’il i faut préfuppofer des portes par ce moyen, il ne reliera ni ne manquera point auflï que peu ou point de terre en ce qui aura été tiré du fofie pour la conllruélion des ouvrages.Car encore qu’en rabbatant de la folidité de l’œuvre, trois portes & autant de poternes , il famble que lacapacité du Fofie excède les ouvrages de quelque peu ; toutefois, pareequ’en fbuïfiânt la terre s’alFaife 8c ell prelîee en quelques endrois, 8c fe répand en quelques autres par les ouvriers, 8c mêmes fe
- dif-
- p.328 - vue 401/646
-
-
-
- De là Fortification Irreguliere. 3x9
- diflbut 8c fc détrempe par les pluyes, ou fechée par le foleil fe comprime tant i a que toujours elle fe diminue : partant il ne faut point douter quecet-te capacité du Fofîe, ne fuffife à la conftruélion des ouvrages deftinés pour la Fortification de la ville. Que fi de hasard il fe trou voit qu’il i eût manque d’une ou deux Verges de matière, il faudrait alors creuferlefofTé quelque peu davantage, vers le front du Baflion , qui eft Tendrait plus expoféaux imprefïions 8c afîàus de l’ennemi. Mais en cas qu’il i en eût de refie, on pourroit , aux environs de quelque Courtine, moins creufer le Fofîe de quelque pié de haut ou à peu prés, dont il ne pourroit pas en réüfîir aucun dommage , ni préjudice. Enfin de telles 8c au très chofes, il fe faut repofer fur la prudance del’Ingénieur, qui conduit l’œuvre.
- En faveur de ceux qui font moins avancés en la conoifîanee de l’art, j’expliquerai en peu de parolles, par quel moyen, je détermine cette ouverture de la capacité du Fofîe fi exadement, qu elle fuffife à tous les ouvrages 11e-cefiâires à notre ftru&ure. Voici comme j’i procède.
- En premier lieu , j’arrête la largeur du foffê confiante & immuable, à LX X X piés* pour ce qui eft de laprofondeur,je la faisfufceptible de changement, fuivantl’ufage Scies occafions ; puis, ayant, afîigné IX piés pour ia profondeur 8c tout autant pour les deuxpancham extérieur 8c intéricur.tout bien conté , je trouvois, que les ouvrages excédoient le FofTé de plus de id lvi 11 Verges carrées ; 3x7 piés ; 8c cent x} dois cubiques .• alors, J’afli-gnois X piés à la profondeur 8c autant aux panchans extérieur 8cintérieur * pour fervir de remède à cette erreur. Maisj’i trouvois encore,
- CXXIX verges cubiques i 50 piés 8c 667 dois deméconte. Cétoitenco-re trop 8cfalloit avifer à le corriger. Ce que je voulois fa ire ainfi : Je rete-nois les Xpiés de la profondeur, mais pour l’un 8c l’autre panchant je n’en prenoisque IX :8c par ce moyen la largeur inférieure du FofTé demeurait à L X11 piés, comme elle étoit en la première opération, car en la précédante fécondé elle en avoit feulement LX, le calcul pofé 8c le tout bien examiné je trouvois encore i que la capacité du fofîe n’étoitpas fuffifante pour les ouvrages; mais quelle defailloit'de LX V Verges,936 pieSjXjô dois w**y£fj* cubiques.Ce defaut étoit encore infupportable.Defbrte quenfin, retenant la conflit nerie largeur du Foffé de L X X X piés, 8c la profondeur de X piés, j’arrêtai le pan- F£largeur chant extérieur égal à la profondeur , 8c fis ïinté rieur feulement de VI piés: déterminée, 8c de cette façon le FofTé fe trouva plus que fuffifant pour fournir à la né- ^uet/ZZ ceffité de tous les cors de nos ouvrages. Car füppofé que notre ForterefTe ^on mù-fût ceinte d’un rampar continu fans nulles portes , en ce cas les ouvrages aux ouvra-n’emporteraient, que III Verges cubiques, ioccccxxxivpiés, 8c ccccix^* dois plus que le FofTé / excès ou defiaut de fi petite confidération, qu’il ne mérite pas d’être mis en conte en un fi grand œuvre, ainfi, par cette dernière opération , les ouvrages 8c le Fofîe concourans enfamble, autant que raisonnablement on le peut fouhaiter.
- Si toutefois il arrivoit que vous defirafliés quelque peu plus de terre, par éxampîe , pour élever une ou deux terrafïès pour les batteries : alors il i
- S f 3 au-
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- 33^ %i t v t i Second,
- aaroit d’i pourvoir ainfi : Confervant la largeur,on pourra donner tant à lai profondeur qu a la contrefcarpe X piés ; 8c diminuer Vefcarpe d’un pie', la faisant de V piés qui efl la moitié de la profondeur: ou bien, furies mêmes largeur 8c profondeur ci deflus arrêtées, on rabbatra un pié du panchant extérieur pour être de IX piés, confervant à l’intérieur les VI piés qui lui ont été ci deflus affignés. Par ces deux dernières manières s’accroît de plus en plus la capacité du Folle , pour fuffire 8c mêmes excéder la néceffi-té des ouvrages. Ce qui mérite d’être confidéré, c’eft que tous ces chan-gemens peuvent être fais, fans ofFancer aucun principe de notre Archite-f’iJïmel &ure militaire. Car la largeur des L X X X piés eft convenable au bon A u^a&e : une Pr°f°ndeur de X piés ri’efl point éxorbitante : le panchant in-r égaler à fa térieur peut être raifonnablement réduit à moitié de la profondeur :&fe fie°momsZ: ^oit fa*re abfolumentfi le fofle eft fée, pour le randre d’accès plus difficile doit point aux incurfions de l’ennemi, il faudra toutefois obferver de ne point de-fîZdeft^' fçandre audeftous de la dite proportion, autrement, ouïe battement de moitié. l’eau, ou lë fais du rampar, feroit naitre quelque inconvéniant aux ouvrages fi le fofle étoit trop efcarpé.quant au Panchant extérieur,on en peut rabattre quelque peu au deflbus de la profondeur du fofle, ayant feulement' égard de faire en forte qu’il riincommode pas les habitans en leurs forties. J’ai dit ces chofes Amplement, en faveur des apprantis,vous le prandrés,fi vous plaît i,en bonne part.
- Vous avés donc la fupputation tres-éxade 8c Mathématique,pour trouver la folidité d’une Forterefle : Si fuis afluré qu’en fa colledion vous ne trou verés un cors de l’épaifleur d’un petit doit, qui foit en defordre. Mon deflèin a été d’expliquer le tout clairement 8c diftindement : & ne me fuis point étudié à labréveté pour éviter l’oblcurité ; afin que les moins expéri-Tour autres mantés en puiflènt faire leur profit : car c’eft pour l’amour d’eux & en fa-°qZmSZou- veur de leurs études,que j’ai développé les fcrupules 8c les difficultés de ce
- droit faire, calcul
- Mais fi * outré les ouvrages par nous fuppofés, il étoit queftion de con-flgeZra^ ftru*re quelques Dehors, ou bien des Batteries avec desBaftions folides : en plus depro- ce cas il feroit néceflaire de donner au Fofle, ou plus de largueur, ou plus pTtfZZilul de profondeur. 8c pour mieux faire encore, il feroit bien plus à propos ,de faire,pram- creufer un petit Fofle * au milieu du grand, fi la nature du terroir le peut tïtfoff***’ fouffrir. Pour trouver ce petit fofle,fur une largeur 8c panchant fuppofés, on i procède tout de même que nous avons ci deflus expliqué fe devoir faire pour legrand fofle. Paflôns outre;
- Pour trouver les cors des Dehors, on i procède ainfi. D’autant que les Couronnés, font parties des Fortereflès régulières, on fuivra la méthode qui s’obferve aux mêmes Fortereflès : pareillement aux Cornus : fi ce rieft qu’il eft néceflaire dé trouver les côtés qui attachent à la ville les dis ouvrages, Cornus 8c Couronnés : mais étans drois 8c fans courbure, il i a peu de difficulté. Aux Ravelins,8c aux demi Lunes Flanquées ; on fe fert du même calcul, employé aux 2 8c 3 courbures du Rampar 8c de fon Parapét, à proportion
- dans le milieu.
- Supputation des Dehors Cornus,Cou-ronés,Ka-•<vélins Demi lunes, flanqués & non flanqués, Tenailles, Traverfes.
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- De Là FoRTIÈICAflÔN IRREGULIERE. JJl portion de leurs angles 8c de leurs lignes. Les Ravelins 8c Demi lunes defti-tués de Flanqs , auront le calcul afïigné à la 3 courbure du Rampar 8c de fon Parapet. Pour IzsTenailIes 8c les Traverfes, à raifon de leurs angles extérieurs , on polèra le calcul en la même façon , qu’en la 18c 3 courbure, du Rampar 8c de fon Parâpét. Et ne faudra point être Géomètre pouf s’en aquiter avec facilité , pourveû feulement qu’on ait expédié nettement le calcul, que nous avons ci defïiis déclaré.
- Il arrive fouvent que l’on ait befoin de Battions folides pour les batteries* en voici le calcul pour le foulagement des apprantis.
- Angles 8c Lignes tant les Ichnograph. Pofés en la Fig. CIX.
- l’Angle du Battion 80 deg. l’Angle du Centre . éo deg. Sa moitié 2 N & 30 deg.
- LeFlanq BC, La Face CD. La Capit. D 2. La Gorge B 2.
- 80 pies. 240 piés. 187.176870 ï3 1.937792
- L’ufage du Baftion fi-lide.
- Que les Orthographiques.
- BI. 55 piés : La largeur du Rampar
- B T. 6 piés : le Panchant extér.
- a a. 12 piés : la hauteur du rampar. Fig. C XIII.
- Le demidi. g N — donne g N — donc la lecante g N D - donne D M
- 1000000 —------—6 piés —155 57238 —- 9.3343428.
- le Flanq B C. 801 piés* 2 2?. 88.8712636
- moins C V. 41201245 & B 5.131. 9.37792
- donne «------réüffit — —--y— - ...
- B V ou T 75 la Capit. D 2* 187 moins ND 9
- donne .....
- 798755
- 17687
- 33434l8
- N2. 177 J 8415171
- B 25 OU I «.220. 8090556
- TQ. 7579875
- T *•
- Q.* 130 798753.
- Comme le demidi. 100000 efl au regard —— de N 2 177.7423272 :
- de même le finus de l’angle 2 N s de 30 deg. 500000- efl: au regard
- de s» 2 88; 8712636. «---8c de même le Anus de l’angle N 2 s de 60
- deg. 866o254efl: au regard—de N sb. 152.92934221539
- N s?. 132.92954221539
- plus s? «.5^________‘
- N 207.92954221539.
- Comme le demidi. N « -efl: au regard de N a de même
- la tang. & N ar de 30 deg. efl: au regard —• de a ic 1000000——207.92954. — 5773503 —12004818343.
- De
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- *3* llVRE SECOND)
- De la ligne trouvée I ** 220.8890556
- ôtés I * le Panchant 6_______
- refté 214.88905^6 la Bazedu Trapèze
- omis par Pitifcus.
- Q*. la plus petite longueur 130 j 79875 5 N is». la plus grande longueur 207)929542 leur Comme 338 J 728297 Longueur métoyenne ou égalée 169 ! 364148 multipliée par * - 9141809056
- donne l'aire ——
- duTrapeze *QN a. 36380] 952-75*12.4288.
- la Normale N s*. 2071929542 multipliée par la moitié de « n. 601024091
- donne —----- — 1
- l’aire du triangle N ^ ^ 12480 Partant de Faire du Trapeze 36380 fouftraite Faire du Triangle 12480
- reftera ——---
- 7817^0596322.
- 95275II24288
- ?8i75°r96332'
- L’aire du demi Baftion verti- 23.900) 171000527966
- cale laquelle multipliée en la haut du ramp. 12______
- donnera le cors perpandicul. 286.802 052006335 592
- 2
- $tSriome- Tôüt îecorsperpandiculâire 573.604 104012671184 P±e* du Baftionfolide auquel, fuivant ce qui a été dit ci deflus, faut ajoûter le cors du Panchant extérieur autour du Baftion, en cette manière.
- f BSRT, 288
- les Pyram : < { V C Q_X. IOO 33206
- 1 gDN. 2470 82988
- ' P V Q/É & O X Q/. 2102 *5335
- lesdemi W m g N. 85 80625
- Prifmes BP*T. ï493 38915
- : OW/sL 4893 91610
- ir434 71679 . 2
- le cors de tout le Panchant. 22.869 4535**
- le cors Perpandiculairé. 573.604 1040126712
- le cors du Baftion folide tout entier. 5-96.4731 5575916711
- Le calcul Venons maintenant au calcul des Archite&es. J’appelle ce calcul Archi-
- Archheü. tettonïque, parcequ’il eft particulièrement en ufage, parmi les Architedes, qui neferandent pas fi fcrupuleux en la fupputation du cors des ouvrages, que d’employer toujours un calcul géométrique,mais fe contantént de s’é-GirJd é* carter un peu du chemin plus aflfuré, pour fe dégager des difficultés, qui fc rencontrent en la manière de fupputer Mathématique. Alhcrt. Girard vZ °nî qui a mis en lumière la Fortifie, de Marlois en langue Flamande, au feuil-
- let
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- DeLaFoRTIFICATI^K IRREGULIERE. 333 l.ct 44 de mon édition,preferit cette manière en la fupputation de la folidi-té du rampar : Jreifa# / à fon éxamplé , outre le cors durampar, nous a donné ceux du Parapét du rampar, & de l’Avantmur en la même façon.Ils s’i prennent ainfi : Entre l’une & l’autre enceinte , extérieure& intérieure, des ouvrages,(comme du Rampar,de fon Parapet,ou de l’Avantmur) de la Fortereflc que l’on dcfjrc examiner par le calcul , ils cherchent par l’Arith- sa manié. inétique l’enceinte métoyenne &juftement égalée :8c puis l’ayans trou- "• vée, la multiplient par l’aire du porfil de l’œuvre propofé;& par ce moyen parviennent à conoître la foîidité aprochant du vrai en cette façon.
- A B C D. 500 HGFE. 467 967 pies. 430717 430727
- ' 483 7153635 551
- 267.OIO 880652 12 567824
- 3IO4.I3O
- l’enceinte extér. horiz. du rampar. renceincedu rampar infér. & intér. lafomme des deux.
- l’enceinte métoyenne arithmétiq; multipliée rampar, ex-par l’aire du planorthograph. du rampar. "TcuiMa-c’eft la if partie du cors du rampar. thêmat.
- Toute la mafïè ou foîidité du rampar
- feul en notre Forter. féxang. trouvée par ce calcul Architeét.
- Il ne fera pas mal aife de reconoître quelle difïèrance il i a de cette manière, à la précédante mathématique ; nous en propoferons la recherche en faveur des moins expert, en cette façon.
- Ci defïus ont été trouvées, les lignes A B, B P, & O W ; des quelles le cors droit du rampar eft compofédes trois fufdites longueurs receuillies enfàmble, compofent
- 3 57 1430717 la fomme
- 1 551 qui doit être multipliée par Faire orthog.du rampar
- -----------------celà fait
- 197.3011761304 elle donne la mafïè du famparen droite ligne.
- 70.167 1457844 à quoi faut ajoûter la fomme des 3 courbures
- 167.469 119148 on aura la vraye £ partie du cors du rampar.
- h
- 3209.630 619776”" Toute la foîidité du cors dufeul rampar trouvée par le calcul géométrique.
- Aux plus entandus & à ceux qui fe peuvent paflèr de ces rudimens, je fais préfent de la fui vante manière géométrique, recommandable pour fa bonté & là facilité, car elle neft pas obligée à tant dénombrés à beaucoup prés, que celle que j’ai ci defTus propofée, expreffément pour le foulage-ment de ceux qui ne pénétrent pas fi avant dans les fecréts de la Géométrie. Le but que je me fuis propofé en cét œuvre n’eft pas de donner du contantement aux fçavans, c’eft de m’accommoder à la capacité des Ar-chiteâes , de foulager 8c de favorifer leur induftrie. Ainfi, je ne fçaurois pas être juftement blâmé, pour avoir préféré,cette autre manière plus labo.
- T t rieufe
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- 334 Livre Second,
- rieufedk plus longue, à celle ci queje vais expliquer plus courte 8c plus fâche: car elle eft en effet trop ingénieufe 8c tropfubtile, pour êtrepropofée d’abord , à des gens qui ont peu d’experiance en la Géométrie 8c au calcul, at-caicuiMx. tandu que la dite manière ,* ne laifie pas au rampar fa propre forme qui lui thematiq: convient, mais pour fervir à l'expédition du conte, la réforme, par le mo-«umT yen de la Propof X X X II du JLiv.X I & delà Propof. V. & VI du Liv. frcalmt* ^ * * d’Euclide, &c. ce qui feroit capable de mettre endefordreles moins avifés , quand ils verroient d’abbord une telle colledion de nombres pour le cors du rampar. Vous apprandrés ici deflous, plus de chofes de cette manière, au lieu où je donne la fupputation, de certain petit Ravelin. Ici peu de fuppofitions font nécelTaires ,
- De Lignes tant Ichnograph. delà Fig. C15$.
- A B C D. 5001 piés L’enceinte extér. horiz. du rampar.
- HGFE. 467 1430727 L’enceinte intér. horiz. du rampar.
- b A. 321369273 la difFér. des deux enceintes, exprimée par la li-1 gne Ab de la Fig. A A : nous l’avons ajoûtée
- au deflous de la Fig. C X V111.
- QaOrthograph. de la Fig. C X111.
- A a 6.(1 leTalu extér. du rampar
- a b 37.(1 la largeur dufommét du rampar b H 12.(1 leTalu intér. du rampar.
- La ligne A H de la Figure A A, faifant avec la ligne b A, qui eft la dif-fér. des deux enceintes du rampar, l’angle droit, nous exprimera la principale ligneOrthograph. féparée en fes Sedions, c’eft à dire, lalargeurhork.ont.du rampar que l’on veut calculer : 8c fe doivent poufler les lignes ad 8c h /,parallèles à la ligne Ah, parles poinsÆ8c*z dp la ligne Orthog. AH. Ce qui fait que tout ainfi, que de la figure AA la ligne AH 5 5 ( 1 — eft au regard de A b 32 | 569273
- 016262.
- y- ah. 37. x ad. 29
- de même 4 b H. 12. eft au regard p- hf. 7
- ^ ch. 3
- ^d c» 6(1
- 106022.
- 553OIÏ*
- Après avoir trouvé ce peu de lignes vouspoferés ainfi votre calcul.
- HGFE 467 en l’aire du ramp.
- donne
- 43 0727 L’enceinte horizont. intér. 552 multipliée
- 258.021 j 761304 Le cors reâangul. du rampar, compris de I part 8cd’autre tant inter, quextér.en éga-
- lé enceinte.
- Il faudra maintenant trouver la folidité du cors retranché AA, qui eft telle.
- Les
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- De la Fortification Irreguliere.
- Les lignes d a. 29(016262 & / ^ 7J106022, la fomme *381121184 fa moitié 181061142 multipliée par [ 37
- donne Paire - -----
- adbf. 668 262254 qui doit être multi- pliée en la haut, du ram par. 12
- c’elt--------—. .. ______ .
- lè cors perpand. 80191147048
- da. 291016262 multipl.en ad. j 6
- donne Pair*»-
- Kcda 174 en la \ de haut, du
- produit
- 09*772
- ramp.6
- b c.
- en la \ de c d.
- donne l’aire
- hcd.
- 3|553°n.
- I 3*
- 33 S
- 10
- mult. par la f delà
- fait
- 659033 haut. 4.
- laPyram.lcd. 421636132.
- fb 71106022. en la haut, du ramp | 12.
- donne--------------------.
- l’aire qui doit êt. 85 j 272264. multipliée par la f de U H 4.
- pour avoir
- fUb. 341 | 809056. la Pyramide du Panchant intér.
- 10441585432
- le demi Prifmedu Panchant extér.
- la Collection de tous les mambres.
- 761304. Le cors rectangulaire du rampar.
- 258. 021 761304.
- 8.019 147048
- IO44 089056.
- 42 636132.
- 341 585432.
- 267. 469 ob VD H
- 12.
- 3209. 63O 627774.
- 32O4. I3O 567824.
- fïôô O5984O.
- 147048 le cors perpand. da bf, ")
- j Soliditédu f Cors retran-! ché AA.
- té du rampar, furpaflè celle qui a été ci deiJus trouvée par le calcul Architectonique.
- Vous voyés comme cette manière Géométrique , avéc bien peu de li- Grande ài^ gnes & de nombres,nous a donné le cors du rampar ; en fbrteque,une feuen -le courbure, fuivant la première manière ci dcfîus propofée, nous a plus 2^*™* coûté de travail, que n’a fait ici, tout le cors entier du rampar : dreflbns f lutrt~ maintenant le calcul du Parapét en cette même dernière forte. TieL
- Les Lignes Ichnograph. fuppofées en la Fig. CIX. themm-
- a R QN. 49614489884. L’enceinte extér. horiz.du parapet du rampar.
- 486 j 6762063. Son enceinte intérieure & horiz. li. 917707819. La difFér. des deux enceintes, elle eft repréfan- calculm*. tée par la ligne li de la figure B B , fuppofée à la Fig. C X VI II. ^7*%' Toute la ligne Orth. principale du Parapét, diftinguée en fes Sections,qui du rampar
- n- , . ° T . r. r . rr, N , , r r n feloncett»
- eft, lalargeurhorizont. du Parapet propofee a notre calcul, avec ion Ban - fecondeu quét nous eft exprimée par la ligne it de la Fig. B B : faifànt avec la ligne l î, qui eft la différance des deux enceintes du Parapét, angle droit lit. Il faut nnlm%
- T t 2 pré-
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- 336' I l V RÏ S E C Ô N ï>,
- premièrement trouver les trois lignes , km, nr, qt de la Fig. B B: îè$ ayant trouvées, on aura par même moyen, toutes les autres qtfi font né-ceflâires à notre calcul, en cette façon. *
- Toute la largeur horiz.- difterance dés deux enceintes.
- Comme it 1615. eftaeregard---------de il917707819
- km. 1 de même 3 nr. 11
- V.
- 7 5
- kl 1
- * qt. zi De la ligne il. 9 J 7707819, fouftraite kl. 1(03629505,
- 73448985. 66189657.
- 15 eflaü regard de >nm. 6
- 1
- 5-
- °36l9595 66189675“ 4804115“.
- refte
- Om.%
- decelîed ôtés mn. 6
- -reftera
- />*, ou o w l1 ôtés q s. ï
- demeurera
- la ligne r«.
- ? 00 On 6762O65
- intér. dubanq. multip. en 567
- duParap.
- 27- 497 2O56725.
- l’airè orth. donné
- 0715901-.
- 4804115.
- J 5911686.
- cors reüangul du Parapét, compris de part & d’autre dans l’enceinte inter, du Banquet du Parapét.
- Pour avoir le cors triangulaire, ou, la folidité du cors retranché B B il faudra rechercher à part, chacun de fes cinq cors, comme ci defîôus.
- I. pour trouver le Panchant extérieur, compofé de la Pyramide Ikm 8c du demiPrifme k m oi.
- kl. Il O3629505.
- \m. 1 1.75.
- it 1 8i35l63375-
- i moitié 9067581675.
- e parla donne —- haut.ext. 35
- lePrifme 31173653 59o6i5-
- fa-J eft
- laPyram. klm. 1(057884530208.
- om. 8 73448685. en km. 1.75.
- donne — .........
- l’aire 151 2,853519875. _
- mult. en la haut.1 extér.
- fefait—
- 3-f-
- le Prifme 53 j 49873195615.
- fa moitié ———----
- 16)749365978115. eft pour le demi Prifme extérieur ïomk.
- 2. Pour trouver le corsPerpandicul. compris dans les lettres morp. Les lignes om. 8 j 73448985 & pr. 1107159010.
- adioutées donnent
- la fomme 1 o 18070769 5._________
- leur moitié multipliée en op.
- donné l’aire— —
- 403538475-
- il. 15.
- m 0 rp. 60178980784375. multipliée en la { haut.extér^ 5. produit/»^. 112 (7643274531* C’eft le corsperpandïculaire*
- 3. Pour trouver le cors impofé confr-ftant de la Pyram. mnr .*&du demiPrifme norp,
- La ligne on. 210725901. en rn. | n. 25.
- donne
- l’aire nrop. 23 316638625. en la difter. de la haut. 1. 5.
- eft fait - ----------
- le Prifme 34I 9749579375-
- fai-----------------------
- eft le dem. Pr. 1714874789687.
- La
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-
-
-
- j&E tA FoRTI FÏGÀTÎ ON ÏRREGÜt I ERE;
- la ligne m n. en nr.
- 6166189675. I ii. 25.
- donne la fom. 74 -| 9463384375.
- Ta moitié
- eft* Taire mnr.yj en la differ. de là
- 47316921875. hauteiir 1. 5.
- fait le Prifme 56 20975 38x8125 fa| eft 18. 736584609375.
- la Pyramideîmpofée m n r.
- 4. Pour trouver le Panchant inter. compoféde la Pyramide r fu 8c du demi Prifme upfq.
- La ligne ur. j 5921686. multip.en la haut. ] inter. 5.
- produit—................
- faire '2 ] 9608430. multipliée én ufA ï.
- fe fai t le Prifme 2 | 9608430. fa f
- La ligne qf en u f. donne l’aire
- 1J 4804115,
- m
- 1.
- 4804215. intér. 5.
- 4021075.
- ’! 98694776
- cëft pour la Pyra-1 mïJe urs.
- Soit faite la colledion de tous les cors ën üfr.
- multip.en la haut, fe fait lè Prifme 7
- fa moitié 3)70105375 eft pour le demi Prifme u p fq.
- trouver le Banquét fqt. La ligne qf en q t. la moitié
- donne «
- 3
- 4804215. 2. 5-.
- 70105375.
- l’aire qft 118505 526875 rnül.eh lahautdü 1 Banq. r. 25. vousavés 2 (313if859375-. le cors du Banquét fq t.
- z6
- 17
- 18
- '27.497 ! 20566725.
- I o 57884 5302 ï. V49365978125. 764327453125. 48747896875. 736584609375.
- 70105375-
- 98694766.
- 3 T3158593ZI*
- 002468793335,
- 727^81
- le cors reâangul. du Parapet, le cors de la Pyram. extérieure k 1 m\ le cors du demi Prifme i om k. le cors Perpandicul. ompt. le cors des Prifmes} . r. Ko npfi
- le cors des Pyram. 5 ltnP° es l m n r. le cors du demi Prifme intérieur puqf le cors de la Pyram-inter. urf le côrs du Banquét qft. la u partie du cors du Parapet du râmpar fui-vànt le calcul géométrique.
- Maïs au réfte, les Architectes, pour trouvèr le cors du Parapet du ram-par, cmployent leur calculArchiteftomque en la même façon, que nous avons veu ci defTus au rampar : car entre
- âRQN.496 i8t » 0 * & 488
- 984
- 4469884
- 1566280
- 6036164
- 49x
- 3018022
- )6- 5 .
- 1781-5
- 6521633Ô
- 12
- l’enceinte extérieure 8c infér. du Parapet, l’enceinte intér. 8c inférieure dudit Pârap. ils trouvent par l’arithmétique, la mëtdyenne qu’ils multiplient par l’aire drtftog. du cors du même Parap. pour avoir la * partie, de la folidité.
- Lepàràpeà du rampar calculé à là manière deé Arehiti-Ses.
- 3 3 3.780 j 6259596 cëft toute la folidité du rampar qui fe trouve
- fuivant la manière de calculer dont fe fervent les Architectes* Mais voici quelle eft la folidité du Parapet du rampar, extraite de nos précédantesfupputations Mathématiques. T t 3 AIL
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-
-
-
- 33*
- Le même, AB.BP&OW.357
- calculé
- Livre Second,
- Mathéma-
- tiquement.
- 20194
- 7586
- 430717. La long, du cor&du Patap.du ram.droit 5^5- multipliée par le plan Ort. du dit Parap.
- 17.781
- En quoi confifte leur différante.
- 333-371 333-78o 408
- 836075 5. en produit fon Cors droit, au quel fi 1663913. vous ajoutés la fom.dcs 3 courb.dud.Par. 024668. vous aurés la 1 partie du vray cors :
- 1 2 Tout le cors du Parap. du ramp.
- 0196016 trouvé geometriquement. 6159596. Le même archite&oniquement. 596J580.
- Ici le calcul Architeâonique, excède la vraye folidité du Parapet de 408 pies cub. 596 dois &c. & au rampar étoit delFectucux.
- 5500
- 408
- 061951 Defaut en la fupput. Archited. du rampar. 5963^8 Excès au Parapét.
- 5.019 465594
- Ainfi le véritable 8c mathématique calcul, furpafie celuici, de 5 Verges cubiques, 91 pies 8c 465 dois pareillement cubiques : néanmoins cét excès n’efl: pas infupportable, fi, peut être, l’entrepreneur ne fe trouve point capable de bien comprandre les raifons de la fupputation mathématique.
- On les excuferoit de leur ignorance 8c incapacité, fi ce ri'étoit qu’il cherchent encore de fe difpanfer de l’ennui de ce calcul Architedonique, & veullent qu’il leur foit permis d examiner & déterminer la folidité de la For-tereflè qui leur efl: propofée, multipliant l’enceinte arithmétiquement mé-toyenne, entre les enceintes extérieure 8c intérieure horizontales du rampar , par l’aire du plan orthographique du dit rampar 8c de fon Parapét en cette façon:
- 483
- 1Autre ma- 2'9434<^ ni ère pour trouver en-
- ut* ------pr-
- famblt& 3î32'^9
- 7153395 l’enceinte métoyenne entre les enceintes cxtér.
- 8c Jitér. horizontales du rampar. 6085 faire du plan orthog. du rampar 8c de fon Parapét. 79868975 la j partie du cors tant du ramp. que du Parapét.
- 584277 Toute la folidité du rampar 8c de fon Parapét.
- 6^9377 la vraye 8c plus grande fol. tant du ram. que de fon Par.
- 354300x_________
- Ud.tam du io. 913167 5100 le reftant de la folidité defaillante au calcul des Archit.
- Tfinpl-6 Partant, le vrai calcul Stéréométrique furpafie celuici de 10 V erges cu-bes, 913 piés, 7 5 dois pareillement cubes 8cc. Excès tollerable 8c qui n’efl: pas trop éloigné du vrai; puifque le rampar n’efl: pas tout autour continu, mais en quelques endrois interrompu de portes. 8c certainement, s’il ne falloit avoir égard à autre chofe qu’à la fàcilité, cette manière efi: tres-ai-fée, 8c n’a befoin de fupputation aucune, pour la recherche des lignes né-cefiaires inconuës ; attandu que l’enceinte extérieure horizontale de toute Fortereflb, propofée àconftruire, fe préfuppofe toujours conuë : quant à fintérieure, le moindre maçon la peut receuillir fans calcul, par le moyen de fa feule toife. Au refte, ils employent aufli le même calcul en la perqui-fition de la folidité àd'Avant mur: car ils prennent la metoyenne entre l’enceinte
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-
-
- De la Fortification Irregulïeré. 339
- ceinte extérieure 8c intérieure horizontales de rAvantmur.'8c la multiplient par 1 aire du plan orthograph. du Parapét, 8c par ce moyen ils en re-conoiftent lamafie.
- Ci defîûs nous avons reconu l’enceinte extérieure 8c horizontale de l’A-vantmur ; l'inter. 8c pareillement horizontale, fe trouvera telle ;
- l’enceinte intér. 8c horizont. de l’Avantmur. la même enceinte extérieure.
- 5°9 17607819
- f. 518 10611423
- 1027 8219242
- 9109621
- 565
- 29.035196035865 29,002 j 20216215
- Manière
- la metoyenne entre les enceintes de l’Av. qui Orchite. eft à multiplier, parle plan orthog. des Parap. fimudï* celà fait:réüflït la à partie du cors del’Avantm. l^ant' la vraye Solidité.
- 33
- 4°4
- 76719650 excès du calcul architedon. delà â partie.
- 12
- 2063 580 L’excès tout entier de tout l’Avantmur.
- Voilà comme cette fupputation du cors de l’Avantmur excède le vrai feulement de 404 piés 767 dois cubiques, 8cc.
- Enfin , l’enceinte extérieure 8c inférieure du Parapét du chemin couvert compofées enfamble donnent-Ia metoyenne par arithmétique ,en cette façon.
- l’enceinte intér. du Parap. du chemin couvert. , ,
- ,, , . * La Solidité
- 1 extérieure. de Parapét
- ‘ du chemin
- couvert
- la metoyen. de l’enceinte du Par. du chem.couvj»mtée pour être multipliée par fon plan orthograph. ^Zler/L le cors de la à partie du Parap. du chemin couv. tÆrc^~ Sa vraye Solidité.
- 45
- 42
- .37- 54°
- > 41* 594
- 1134
- 567
- i63
- 81940825
- 07347373
- 9288198
- 44644099
- 95833150
- 93- °37
- 91. 568
- 57224778
- OO324749
- clés.
- 1/469 56900029 l’excès du calcul Architedon. ci defiùs. 12 le vrai.
- ' 17.634 j 8x8 &c. Tout l’excès en tout le Par. du chemin couvert.
- Delà il eft aifé de remarquer , que fi par cette manière Architeftonïque on cherche feulement les cors du Rampar, 8c defon Parapét,8c de l’Avantmur fenscelui du chemin couvert : il fera plus expédiant de fépareren cette recherche , 8c de trouver chaque cors à part ; 8c non pas joindre enfamble le rampar 8c fon Parapét ; 8c par ce moyen ce calculées Architedes , s’éioi- Précautions gnerarmoinsdu Mathématique8c véritable. Maisquandilfautdeplus,par au calcul ce même calcul des Architedes procéder à la fupputation du chemin cou- ArcbiteS. vert : il i aura lors plus de facilité, fi on joint enfamble les cors du rampar & de fon parapét. D’autant que ce calcul Archited. ne manquera jamais d excéder le vrai : or eft il, qu’au rampar 8c Ion parapét, joins enfamble, fe trouvera moins de deffaut. ainfi le defFaut de l’un ferviradecompanfation & de corredif à l’excès de l’autre, en forte que tant le parapet du chemin couvert,que le ra mpar 8c fon parapét pris enfamble,approcheront davantage du vrai : en cette forte,
- 17.
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-
-
- 14° i7.634 4°4
- 18.039
- 10913
- 7-12.5
- Livre Second,
- 828 L excès en tout le parap. du chemin couvert.
- 2063 58 L’excès en tout l’Avantmur.
- 0343 58 La Somme des excès du calcul Architedon. 075100__le defiàut au ramp. & fon parap. joins enfamble:
- 9592^8. le dernier excès.
- 'Double ma- Vous voyés donc comment enfin le eakularchitetton. furpafïè le vrai & “feJhïufage mathématique de7 Verges cub. 125 piès, 959 dois pareillement cub. &c. des Mecba- Quant aux Mèchaniques,ou Fofloyeurs fans la recherche de lignes ni de Tiques. HornbreS)ij ne f€ fervent que de la feule toife : cela fe fait en diverfes manié-Dam ierè ’ * la ^iferétion de celui qui commande l’ouvrage. Au marche'qui fût milieu du fait pour les Cornus de Brèda, on toifa la befoigne faite fur le milieu du Pa-rampa?* râP^t du ïamp'ar ; & pour chaque toife ou Verge le prix arrête' a XXVIII florins,(*) comme nous l’avons remarqué au précédant livre: 2 duns Ven.cn quelque autre lieu ciaprés, nous ferons mantion, du fort Mauricefait h ceime du Majlritt , à condition que l’entrepreneur prandroit fon falaire à la mefure lira?6*dU des toifes trouvées dans l’enceinte du Banquét du Parapét.Entre ces deux manières la difFerance n’eftpas petite: de quoi l’ouvrier s appercevra fanfi.
- blement, .quand il rapportera chés foi trois cens florins & davantage de profit pour chaque Verge mefurée,comme il efl arrivé au fort de Skenk.(*) Mais d autant que les manouvriérs ne portent leur fin 8c leur intantion qu’à une mejure certaine, 8c que celui qui vient d’être l’entrepreneur de l’ou-Tdches des vrage entier,désl’inftant même compofe avec d’autres à certain prix,pour euvne . ccrta|nes ma{^s de terre longues & larges d’une Verge Rhynlandique hautes d’un pié 5 il efl nécefïàire qu’il fâche, à peu prés, combien l’ouvrage tout entier pourra comprandre de Verges cubiques ,pour faire fon conte. Prévoyance Pareillement le Prince, ou l’Etat qui commande l’ouvrage, doit être rai-IdeïfrZ fonnablement informé, à quel nombre de Verges il peut monter, & quel-de l’ouvra- ]e en pourra être, à peu prés, la dépance.
- ge‘ Ci defius nous avons trouvé l’enceinte intérieure du Banquét du Para-
- pét du rampar, comme s’enfuit.
- 4861672065 la £ partie de l’enceinte du Banquét du Parapét.
- 1. 12
- 5841006448 toute l’enceinte de cinq cens quatre vints quatre verges Si donc l’entrepreneur pour chaque verge prife dans l’enceinte du Ban-
- quét du Parapét, avoit ftipulé, par éxample C C C florins; la dépançe qu’on auroit à faire au feul entrepreneur cn une ForterefTeféxanguiaire, monterait à cent feptante cinq mille deux cens florins : car cinq cens quatre vint quatre Verges, à CCC florins chaque Verge, font cette fom-me. J’ai donné ci defius,l’enceinte du Banquét du Parapét,juftement mefurée & bienéxaminée parle calcul. Les Entrepreneurs avec l’ufage de la toife , l’expédient tellement quellement , en cette façon : Sur le Profil de la Fortereflè à conftruire , ( que l’on propofe. devant le marche) ils content fur leurs dois la diftance normale, de la ligne fur laquelle fe fonde
- (a Les cinq font z Rixdalers. (b) Les fotts Araelia & Chriftina, continus a Skenk en l’annéjei«3.
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-
-
- ichnogra-phique gui* de des ou-
- De la Fortification Irreguue’re. 341
- de l’efperance de leur profit, (c’eft ici 1 enceinte du Banquet duParapét)du Manière Principal trait & rayon AB C D marqué fur le plan pour la Forterefie CIX desméch*-
- 1/* n J * r ^ r niques pour
- qu on defire conftruire : ayant trouve cette diftance, iis mefurent cette li- faire uprix gne importante à faire leur conte, en quelque façon parallèle, avec la li- fel™ZpZn< gne principale A B C D, tracée fur le fons de la Forterefie que l’on defigne dr* leurs 8c l’ayans trouvée à peu prés de 48 Verges, 8c douze fois multipliée, ils ar- ZvZZtoi-rêtent fur cela leur marché, 8c trouvent approchant delà fomme ci defiûs fi’ produite.
- Ainfi afiurés de ce qui touche leur intéreft, il n’en font pas de même en ce qui eft de l exécution de l’ouvrage, ignorans les tâches de terre ci defius mentionées, qui conviennent à la levée des rampars, 8c des Parapéts : pour s’en randre fçavans , ils demandent conues les plénes bazes, ou aires Orthographiques des cors que l’on veut élever, mêmement quelques uns les compofent de leur induftrie par le calcul tres-éxadement, les autres les ont compofées par l’Archite&e : puis les multiplient derechef par la principale La princi_ ligne Ichnographique de la Forterefie à conftruire ABCD, (quieftla paie ligne guide des ouvriers, ) en cette façon :
- 552. la Pléne baze ou l’aire orthograph. du rampar.
- 56.5. du Parapét du rampar.
- 56. 5 de l’Avantmur.
- 164. o du Parapét du chemin couvert.
- 829. piés La ligne 500. A B C D de la Fig. CIX.
- 6000. pies qùarrées. 12
- 4974^ 000 6000 la Principale ligne de toute la For-
- terefiè.
- Le cors de toute la Forterefie eft de quatre mille neuf cens feptante quatre V erges fol ides : or eft il que la folidité de l’ouvrage entier a été ci défi fus trouvée parle calcul mathématique de 4989 Verges,845 piés cubes:8c partant le calcul méchanique eft deftedueux de XV verges 845- piés cubes : Ce qu’ils fçavent afles par une longue expériance, ou bien pour l’avoir ouï dire aux mathématiciens, bien qu’il n’en lâchent pas au vrai la quantité. Mais ils pafient aifément ce fcrupule, parce qu’ils fçavent, que niques ne les mathématiciens ont calculé le rampar continu ; 8c s’attandent que leur defiàut fera réparé en l'interruption des portes. cuides Ma-
- Ainfi, le calcul méchanique, nous donne en toute notre Forterefie féxan- Zns. gulaire , quarante neuf mille lèpt cens quarante parallélépipèdes ou mafi fes de terre , longues 8c larges d’une Verge, hautes d’un pié, de dix à la Verge: mais en ceci fe trouvent empêchés les manœuvres,qui ont acoûtu- Réduaior mé de fo régler à la verge Rhynlandique de douze piés-, 8c malaifément âecesmap-peut on obtenir d’eux qu’ils puiflènt ou veuillent en ufer autrement:il faut favfgede donc réduire ces piés de dix, à ceux de douze,en cette façon : dix,de u
- 16 — parallélép. ou malles de manœuvres de la verge decempedale,don- de 12 pwr
- nent----12 parallelepi. de la verge Rhynlandiq.-partant les---49740 i’accomm°-
- taches ou maflès decempedales donneront - 59688 parallélelip.Rhinland. pZT “
- V v Apré-
- Pourquoi les mécha-
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-
-
- 34* Livre Second,
- A préfànt, fi vous diftribués le prix afligné à tout l’œuvre, 175*00 florins entre 59688 parallélépip. Rhynlandiques, les Hollandoisles appellent ^cljafften / vous aurés pour chacun parallélépip. * florins i8f fmonno-ye de Hollande. C’cft: ce qui revient à l’entrepreneur, pour chacune de ces piéçes de terre, ayans en longueur 8c largueur une verge & de hauteur un pié de Rhin:furcela il peut faire fon conte en faifant marché à ceux qui travailleront au deflous de lui, pour i profiter. te calcul Efl: à remarquer, que cette manière dont fe fervent les mêchanïques, pre-
- nans la feule principale ligne Ichnographique de la ville, qu’ils multiplient é> plus par les aires orthographiques ouvrages ,pour en receuillir la folidité,tant ^udquefa- du rampar, & de fon Parapét,que de l’Avantmur 8c encore du Parapét du chemin couvert ; cette manière di-je aproche fi fort delà vérité ;que non
- tnécbani-que plus fa cile & pl ajfuré3en
- f on, que
- Mathémat. feulement elle paflè en bonté 8c certitude tout le calcul des Archïteftesi maisaufli, quelle ne cède en aucune façon, aux plus éxades 8c fcrupuleu-fes fupputationsdes Mathématiciens.Lc calcul mathématique nous a produit , pour le cors de notre Fortereflèféxangul. 4989 Verges 845 piés fo-lides : le Méchanique, ne donne feulement que 4974 Verges cubes : mais le Mathématique fuppofe les ram pars continus,ce qui ne peut pas être : & partant notre méchanique approche déplus prés de la vérité.
- à fa mode, employant quelquefois le calcul, Architc&onique, & d’autres fois le Mathématique., receuillele cors du rampar & de fon Parapét , 8c de l’Avantmur, 8c du Parapét du chemin couvert, en une Forte-reflè carrée, de 23 58 Verges 8c 91* piés cubiques : un Méchanique fur les mêmes fuppofitions trouveroit le cors en cette façon.
- fuppofe
- AB 180. La moitié7 de la courtine.
- BC 60. leFlanq.
- C D *40 la Face.
- ABCD 480 pies — la huitième partie de la ligne princip. en la Forte-
- ________8 reflè quadranguL
- 3840 piés toute la ligne principale de la Forter. quadrahg.
- 60795 Pour être multipliée en Faire orthographique du ramp. 8c *> — defdits Parap. par lui fuppofés.
- 3334*28. c’eft le cors folide tant du ramp. que de fon parap. de l’a-vantmur, 8c du parap. du chemin couvert.
- Ce calcul fi aifé, efl: furpafle par celui de Jrdta^ / de *4 Verges 8c 284 piés : or efl: il que celui de Jm'fag efl: encore beaucoup plus grand qu’il n’eftà propos ; veû qu’il en faut encore retrancher trois portes, ou deux à tout le moins: donques ce calcul méchanique efl: tout enfamble 8c plus aifé 8c plus aprochant de la vérité.
- Mais il faut ici remarquer foigneufement,que cette fupputation média-nique fiiccéde bien , quand il efl: queftion de trouver enfamble les quatre cors de ces ouvrages, à fçavoir, du rampar, defonparapéi, de ïavantmur &
- du
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-
-
- De la Fortification Irreguliere. 343 du parapet du chemin couvert : la raifôn eft,que la ligne Ichnographique principale de tonte Forterefiè, le trouve prefque en longueur métoyenne,en-tre l’enceinte extérieure du Parapét du chemin couvert, & l’enceinte intérieure du rampar de la ville» obferva]
- Mais qui voudroit trou ver la folidité feule du rampar a véc fon parapét;
- fans le parapét du chemin couvert, alors, cette manière feroit fu jette à^amiecai
- f J cul mechdn
- beaucoup d erreur,reprelantant le cors beaucoup plus grand que deraifon. n^ue.
- De la même façon, les Ouvriers, prénent la mefure de leur toife, par le milieu du Parapét du rampar, fi on le leur accorde, 8c trouvent cette ligne environ de 49 Verges pour la douzième partie delà Forterefiè fexangulai-re. Elle fera donc toute entière, de cinq cens 8c nonante Verges , quatre pies. Suppolons donc , que le maître qui commande l’ouvrage, fefoit obligé pour chacune Verge à mefurerdans le milieu du parapét du rampar, à C C C florins : toute la fomme du prix ftipulé, montera à cent fep-tantc 8c fept mille florins. Ainfi tout bien conté, l’entrepreneur trouvera, que pour élever le rampar 8c fon parapét * l’avantmur 8c le parapét du che- ^érTdZtl min couvert, il fera obligé de fouir 8c d’entafièr de ces pièces de terre pa- feJesMé~ rallélépipedcs Rhinlandiques , 59688 ; lefquelles partagées égalementfur Wrldu-* le prix de 177000 florins ftipulé pour l’ouvrage entier il aura pour chacune de ces pièces de terre parallélépipèdes, 2 florins 19^ £ Et de cettefaçon, l’entrepreneur trouvera mieux fon conte, que fi le mefuragefe prenoit fur l’enceinte du banquét du parapét. Il me fouvient auflî, que Ton a quelquefois donné des ouvrages à faire, à condition , que la mefure en feroit prife deflûs l’enceinte verticale & intérieure du parapet ; façon de mefurer, quifo trouve au regard du. prix, métoyenne entre les deux autres cidefius pro-pofecs. J’ai mêmement ouï parler d’un marché fait à condition que la mefure feroit prife fur l’cnccintc extérieure horizontale du rampar, c’eft à dire , en la ligne Ichnographique principale de la Fortereffe même, compofée de toutes fes Faces, Flanqs,8c Courtines ; les lettres A B C D de la Fig.CIX, repréfantent la douzième partie de cette ligne en notre ForterefTe. Or je dirai, que fur le pié du même prix que nous avons préfuppofé : cette manière eft tres-favorable à l’entrepreneur, 8c au contraire tres-préjudiciable au maître de l’œuvre. ’
- Quant à ce qui eft d’arrêter un certain prix à l’ouvragedes entrepreneurs 8c architcdes en général c’eft qne chofe qui n’eft pas nipoflible, ni raifonnable : tant de caufes 8c d’incidans peuvent furvenir en cette Archite-dure militairelgc la diverfifiér, l’accommoder 8c l’incommoder, la charger &la foulager, que fi cette maxime, que deux faifans une même chofe, ce n’eft pas toujours la même, peut avoir lieu en quelque rancontre, c’eft en celleci.
- En bonne paix l’ouvrier ne hazarde que fon travail 8c fa fueur : fi c’eft en guerre, il expofe fon fang 8c fa vie : Il aura même plus aifément, par tout & toujours, 8c à moindre prix, de ceux qui entreront avec lui en fociété de ™ntdefi-travail , que de danger: davantage , un ouvrage qui fe fait tumultuaire- 2,/«Ciment 8c que l’on précipite , requiert bien plus de frais que celui qui fe fait à gfsJ^rr^~ l’aife & à propos : pareillement, il nï a point de doute, que pour bien faire /«».
- V v 2 8cfoi-
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- 344 Livre Second,
- & foigneufement une chofe, ou pour s’en aquitcr avec négligence, à proportion de ces conditions, on augmante le prix, ou on en relâche : mais enfin, la plus prefïante 8c plus ordinaire considération eft celle du fons fur lequel doivent être établis les ouvrages, les fofies creufésjes rampars élevés 8c entafles &c. comme il fo rencontre en cela des diverfités infinies, il en eft de même du prix : 8c partant il eft impoflible d’en rien déterminer qui foit confiant 8c afTuré.
- x e'x- Le grand Prince Maurice, tres ingénieux Fondateur des: Vides fortifia Bré-atnples à ce da en temps de paix : fon digne frère 8c fucceffeur Frédéric Henri tres-heu-fortif.7e** reux & tres-judicicux Preneur des Vides a fait des ouvrages au même lieu 3reda,,Vu.n en tetïlpS de guerre. Le terroir dè Bréda fe manie fort aifément ; mais les rUe. ouvrages de ces deux Princes fûrent fort difiàmblables. Ceux de Maurice furent fermes , grans 8c puiffans , 8c finguliérement bien entandus: Frédéric , fit les fions à la hâte-, petis & négligés, comme il fe fait parmi les corifufions de la guerre, & pourtant il i eût peu de différence quant aux frais, veû l’inégalité des ouvragés, Voici comment,
- Le plan de la Sedion orthographique, ou l’aire du Profil des Cornus de Bréda, produit au moins 481 piés carrés: or eft il,que pour chacune Verge Rhynlandique mefurée félon la longueur au milieu du parapét du ram-par, le prix fut fait àxxv.i 11 florins: J’infére donc 482 piés de Rhin carrés,
- 12 multipliés par une Verge ou par 12 piés de long.
- ----- donnent
- 5784 piés folides ; qui ont coûté 28 florins : combien doivent avoir coûté 144 piés folides ? qui conftituent cette fameufe pièce ou mafîê .de terre ayant douze piés de longueur &de largeur, 8c un pié de hauteur; de douze à la Verge : tout bien conté, chacun de ces parallélépipèdes de terre, doit revenir a 14 fous quelque peu moins. vauneàu Au fiege entrepris pour le recouvrement 8c la liberté de Bréda, notre Trime Fré- invincible Preneur de vides,au devant de tous fes ouvrages d’attaque ,pour ri. tenir les fiens à couvert en leurs approches, a voit fait trois Redouttes, entre la maifon de Boverei 8c le pont duruiflèau de A a, le long du chemin Les Fefou- conduit au village de Hag ; chacune de fes Redouttes, avoit en chacun
- tes de Br é- de fes côtés AB ou A C de la Fig. C X V111 ,fix Verges de longueur de douze à la Verge, ce font txx 11 piés de Rhin. Du côté qui regardoir la ville , expofé àl’outrage de fon artillerie , ces Redouttes avoienten front A B,la deffance d’un petit rampar 8c d’un Parapét plus robufte,qu’en leurs côtés AC 8c BD ou au dos CD, détournés des atteintes de l’ennemi. Elles avoient toutes trois la même hauteur,tant de rampar,que de parapét: le rampar de quatre,le parapét de fix piés fuivant l’ordinaire.8c le front des ouvrages n et oit en rien plus élevé que les côtés au deffus de la dite hauteur. m ais quant à la largeur du rampar el le étoit inégale ,comme j’ai dit,car le front avoir en fon fommét en cét endroit XXI piés de large,les cotés feulement xvm. le parapét, avoit en front v 1 piés de large en fon fommet;
- aux
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- cxx
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- aux côtes , n’en avoit que m : le panchant extérieur égal à fa hauteur de iv pies,1 intérieur la moitié moins,feulement de 2 pies: ainfile ramparen fa largeur horizontale avoit de front xxvi 1 pies, en fes côtés feulement xxiv«
- Le parapét pour chacun pié de fa hauteur, n’a voit que demi pie de pante extérieure, ce qui faifoit trois piés en tout : au dedans fuivant l’ordinaire il . prenoit un pié de panchant, & avoit fon banquét de demi-pié de haut, large de quatre piés. ainfi, le parapét du front, outre le banquét, avoit x piés de large : celui des côtés vi 1 piés feulement. E'toit encore tenu l’entrepreneur, de revêtir les ouvrages de bon gazon, long & mince, 8c de lier par le dehors, chacun de trois rangs de gazons, d’un lit d’ozier 8c de fafcines,tant au rampar qu’en fon parapét, mais en dedans, feulemenç le parapét 8c le banquét :8c de tondre de part 8c d’autre les brouflàiles qui eûflènt furpaffé,
- & applanir le tout à raifon de la pante requife, également 8c juftement.
- Au devant du rampar, l’entrepreneur laifioit une liziére, large de deux piés,plus baffe d’un pié que l’aire intérieure de la Redoute : en fuitte de laquelle étoit le Foffé, large de xvi 11 piés, profonde de vi 1 = bien que l’ouvrage ne requérait pas de la terre en telle quantité. Les côtés drois de la poterne de la re do-ut te, étoient bien revêtus de gazon, 8c n’avoient d’ouverture que iv piés : 8c ne devoit l’ouvrier tailler le gazon au dedans de la redoute fous pêne de perdre fon fàlaire.
- E'toit convenu, que la mefureferoit prife en îenceinte intérieure & fupérieure du parapét : Que tous les outils nécefîàires feraient fournis aux ouvriers, à la condition accoûtumée, que l’ouvrage parfait, ils feraient tenus de les re- Les con^ ftituer fains 8c entiers, au magazin public. Et dévoient randre lefdites re- tions doutes faites 8c parfaites le feptiême jo.ur , fous les mêmes pênes ci defîus c *' déclarées. A ces conditions les deux premières furent entreprifes, pour le Frix^ait prix de XV francs V fous ,1a Verge, mefuree en l’enceinte fupérieure 8c in* *
- térieure du Parapét. la troifième,proche le pont, fur le chemin de Hage, a X VI francs.
- Mais parccqu’ici les mefurcs orthographiques du front ne font pas les mêmes que celles des côtés, il cil néceflàire de les rechercher chacune à part: prenons donc,
- 150 piés carrés pour l’aire de la fedion orthograph. de front - 120 piés pour chacune des côtés 120 l’aire du Profil de la Fig. C X X.
- 3
- 360 pour les trois côtés. 16
- ________r$o de front Fig. C XI X- ____4
- 510 piés carrés. 64 florins/
- ; 12 multipliés par douze pics de la verge Rhynlandiq.
- 6120.
- Partant 6 no piés carrés coûteront 64 florins:combien de florins feront deûs à la tâche mantionnée des manoeuvres de 144 piés cubiques, à bon conte fe trouveront plus de 30 f une fois plus qu’il n’a été payé en la ftru-
- V v 3 dure
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- dure des ouvrages de corne : qui toutefois furent élevés fur le même fons, avec toute la grâce, tout le foin, toute la fermeté, qu’on pouvoit fbuhaiter; fuivant féxigence de l’art,
- Vf*™ Mais d’autant que par le marché ci deifus déclaré,toutes les mefures or-à rai fonde thographiques de la précédante Redoutte, nous font parfaitement conuës: * fa pmi? ^ ne ^ra P°lnt fi°rs de raifon, de dreffcr le calcul de la dite Redoutte, pour le foulagemcnt des moins expers : pour faire voir de combien le prix fait pour fa ftrudure, en ce qui regarde la tâche des manœuvres, que nous avons ci defius tellement quellement trouvé, eft différent du vrai ; & aufli pour fervir d’éxample à la recherche des cors de tous autres famblables 'verhTu' ouvraSesde camp ; qui pourroient être propofés : de ce qui précédé, nous avons conoifïànce de ce qui fuit :
- des temps, entre les Cornus de Bréda & ces Redou~ tes decam -pagne.
- dite delà Redoute de camp.
- La foliditê dufeul
- la Redoute d'attaque au dernier fiége de Brida,
- 8
- 4
- _84
- 96* l’aire orthog. du rampar en front. 96 . 54-
- 8
- 4
- Jt
- 84. l’aire du ~ ramp. aux côtés. 84
- 36
- 9
- 36
- 3
- _6_
- 54. l’aire du parap. en front
- 9
- 18 *
- 3
- 36. l’aire du par. aux cot.
- 150 faire du profil tant du rampar, 120 faire du Profil tant du ram-que du Parapet, de front. par que du parapét aux côtés
- & à dos.
- Je me fuis égayé en la recherche de la foliditê de cette Redoute, 8c en ai dreffé le- calcul en trois ou quatre différantes manières, efpérant qu’il en réiiffiroit quelque utilité, ou pour le moins quelque plaifir aux curieux de nôtre Architecture.
- Premièrement, je me propofois la recherche de la foliditê, du fcul rampar; l’ayant trouvée, j’en faifois l’extrait, par cette difpofition de calcul. Pour le bien eütandre , jettes les yeux fur la Fig. C V 111 : en laquelle, pour travailler à la perquifition du cors du rampar, pafiant toutes les autres lignes & lettres, vous vous arrêterés feulement à ces quatre enceintes ; AB CD , c’eft l'enceinte extérieure & horizontale delà Redoutte: X S W V fon enceinte intérieure © inférieure : 1 K P Qj montre l'enceinte du panchant extérieur, du rampar irpqK le panchant intérieur.
- 1. G» ou dQ
- 2. en C d
- —— donne le plan
- 4. b QjC d.
- 4. R n la hauteur 16(5 jlaPyram.
- 3 4
- 21 pour 4 Py t*
- 68, IK.
- 2 ,en. LE ou el.
- • --------donne l’aire
- 17 6. le Ko.
- 24. en \ de L O.
- ....donne
- 272. ledemiPrifme
- ______4____
- xo88.
- 4-æR
- 4- en. MN hauteur 16. donne faire 4 a S. ou MF. 64(21 ïPyram.
- 3 8 jRS.
- 170Î
- 24 XS.
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- w
- 24. xs.
- 24. wv.
- II. SV 21. XW.
- 90. les longueurs I
- 4 par MF ou H
- ---------- multipliées donnent
- 360. l’aire ' j
- 2 par MN fa moitié J 720 1
- 681 K.
- 21 par K Z.multipl. 68 î36
- --- — donne
- 1428,1K h Z. l’aire.
- ___4en N M
- 5712
- 68. PQ_
- 29. Z c.
- 126. longueurs. 18 en mn. 1008 126
- —~ — donnent
- 2268 l’aire
- ____4^cn m P.
- 9072.
- Les lettres ici appliquées pour l’expreffion des lignes ou des cors mefu-rés, doivent être cherchées, ou en la Fig. C XV111, ou en la C XIX ou en la C X X. *
- 21 f les 4 Pyramides du Panchant extêr. du ramp. fur les angles ABC D 1088. les 4 demi Prifmes du Panchant extêr.
- 170 f. les 8 Pyram. dupanch. intér. durampar, fur les angles S V X W.
- 720 les 4 Demi prifmes du panchant intér.
- 5712. le cors perpandicul du front
- 9072. le cors perpandicul des cotés & du dos. g Qc P. h g rp 8c R QZ c 16784 la foliditè dufeulrampar. ' ^
- En la même difpofition de calcul, j’arrête la foliditè du Parapet, par le moyen des Fig. CXIX, CX X & C X XI :&cette Fig. C X X ifnous repréfante toutes les lignes Ichnographiques de nôtre Rcdoutte, nécefîài-rcs pour le calcul : lefquelles nous avons tirées parallèles, aux côtes I K RP, P & QL.I de la Rcdoutte, par les poins des Interférions des lignes IO 8c RS des Fig. CXIX 8c CXX, marquées par tout de leurs juftes mefurcs. La raifon du calcul du Banquet fera éclaircie par la propofnion 29. de l’onzième des Elem.d’Euclide, &c.
- 3. K m 3. en mn donne l’aire 9. L K m n. 2. en \fh 18. fe forme le 4 Pyram. 62. n 0 3. en In donne l’aire 18 G. foin: 3 en h fl. 62. n 0 6. en n r 6i.ôx KU 53 « r- 168. longueurs. 3 en dg ou a e
- 3 58 le demi-4 Prifm. 372 faire en 6îahaut:/£ 504 fait faire 6 en ap la haut.
- /i 223,2. 2232. , 4024.
- 45 AB.
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- 348 L I V R E S E C O N D,
- 54 AB. 54* C D. 51. AC. 51. BD. 1.V0 6en gc. donne Iaire 6 1 en V B. 54. AB 54. CD 43. EF 43. GH
- 210. les longueurs. 1 en B V ou gh. 194. les longueurs 4en E M
- 210. fe fait l’aire 3. en la \ de g c. la haut. 6 (2 la Pyra. 3 8 Bro 7 76 donne faire ii en T h.
- 630 16 1164.
- 72. 4 Pyramides du panchant extér. du parap. fur les angles IKPQ.
- 2232. 4 demi prifmes extérieures.
- 2232. le cors perpandicul. du front ,ontr.
- 3024. le corsperpandicul. des côtés & du dos.
- 630. 4 demi Prifmes intérieurs.
- 16. 8 pyramides du panchant intérieur, fur ABCD.
- 1164. le bànquét.
- 9370. la folidité du Parapet feul.
- 16784. lecorsdurampar.
- 9370. lecorsduparapét.
- 26154. le cors de toute la redoutte de vint fîx mille cent & cinquante quatre piés cubiques Rhinlandiques.
- J’expliquerai ceci plus au long, plutôt que d’encourir le blâme d’obfcu-rité, & pour m’accommoder à la capacité des moins entandus. Je donne avis au Ledeur curieux de nôtre Archite&ure, de fcavoir fur le doit le calcul de cette Redoutte : car fi une fois il fe peut aquerir l’habitude de le pofer exactement & fans erreur, il n’i a point de fupputation fi malaifée en tout le cors de la Fortereflè, dont il ne foit capable de fe tirer commodément.
- Les quatre Pyramides, aflizes fur les angles, A, B,C & D de la Redoutte C X V111 ont pour baze un plan carré, de 2 piés de long & de large ; tel que la ligne EL de la Fig. C XIX le détermine:& 4 piés de hauteur ,dé-naifin du Par la ligne L O de la même Figure: (en la Fig. C XXI i,vous trou-taicu/em- yerés une defeription Optique, de l’une de ces Pyramides, afiizes au point eor$ delà * Cde la Fig. C X V 111.) Partant ,deux fois deux piés de la baze quatre fois Redoute. prjs (à. raifon de lahauteur LO prefuppofée) feront le Prïfmc de 16 piés folides: dont la f pour le cors defiré de la Pyramide,fera 5 f piés carrés : or efi: il, que nous avons quatre de telles Pyramides .* donques cinq piés & un tiers quatre fois pris cnfamble, donneront 21 j piés pour les cors des 4 Pyramides du panchant extérieur, aflizes fur les Angles ABCD, Sue.
- Cette délinéation optique de la Pyramide C X X11 fe fait bien voir à tünlpüque i mais peut être que vous defirés la toucher de la main : faites ainfi ; Po-
- ^eS kcarr^ Q/C de la Fig. CXXIII dont chaquecôté ait 2 piés dc lon-Aourn. 6 gueur : avancés les côtés 6Q8c dQ devers Qen O &O, de manière
- que
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- De là Fortification Irreguliere. 34.9 que Q^Q foit de part 8c d autre de 4 Verges: puis faudrajoindre cet O avec b; celuiciavécd, pour établiras hypothenufes O b 8c Od. en la même ligne O QJ avancée vers h au coté Oh foit pofée legale £Qj8c nfUlTi foientjointes enfamble O 8c C : pareillement, en la ligne O Qd, avancée devers d en O, foit mife égale dO 8c que O 8c C foient joints enfamble: re'ts-ceft la Fig. toute parfaite, qui fe peut toucher de la main. Car étant ainfi, que toute pyramide, outre le plan de fa baze, a tout autant de plans éle- . vés en fon fommet, qu’il ia de côtés en fa baze, fi cette noftre Pyramide de la Fig. C X X 11 étoit folide, 8c quelle fut pofée fur une Table Mathématique fablée, ou fur un fons de cire, néceflàirement, de là baze elle laifîêroit imprimée la trace h Qd C, de la FigC X XI FI. Mais fionroul-le la même Pyramide folide , autour de chacun des côtés de fa bazeles faifant fervir comme d aiflieux, elle laiffera imprimés fur la même cire les autres plans dont elle confiftc, qui s’étandent depuis fes côtés jufques à fa pointe : 8c de cette façon la circonvolution de cette Pyramide , autour de laifïieu dé fon côté h Q, imprimera le plan l O Q.; roullée autour de l’aif-. fieu d Q_, montrera le plan QO d> 8cc. Parce moyen ladite Pyramide * tournée fur le fable,ou fur la cire,i laifîera la marque des autres plans pelles que la Fig. C X X111 lés repréfante : c’efl celà que nous appelons rets, dont les cors font ^etus 8c comme arrêtés en leur furface. Retranchés maintenant du Papier la Fig. C X X111,8c fur la baze h QJC, impofés à plomb , les plans OÆQ8c OQ/; les lignes OQ_& QO concourront en une, 8c les quatre O qui fe voyent au réts aboutiront en unfeul O 8c ne feront plus qu unfeul O ; 8ç vousaurés par ce moyen une Pyramide deçà-//er folide en apparance, vuide en effet, mais qui ne laifîera pas toutefois de repréfanter toute la furface d’un cors fonde, 8c de contrefaire une appa-rante folidité.
- Maintenant , fur les angles intérieurs X. S. ,W. V. de la Redoutte C X V 111, font huit 'Pyramides couchées, defqûelles, deux font repréfan -tées en profpeélive aux Fig. C X XIV 8c Ç X X V, fizesfur l’angle intérieur X ou S : celles qui font pofees fur les angles W 8c V, ne différent en rien de ces deux' premières, fi non en fîr uation : car les poins S S qui font en la partie inférieure de cellesci, en la délinéation de ces autres fe trouveront en la fupérieure, 8c feront marqués par les lettres W 8c V, 8cc. Partant , derechéf, quatre fois quatre piéscarrés de la baze aKge de la Fig.
- C X XIV (à raifon de la hauteur aS de la Fig. CXVIII ou MF de la Fig. CXIX) pris enfamble feront le Prifme de 64 piés cubes dont la tierce donnera la Pyramide C X XI V, qui eft le cors que l’on defire de z13 piés cubiques : or eft il que l’on a huit de telles Pyramides couchées, fur les quatre angles intérieurs de la Redoutte : ainfi, z 1 piés 8c demi huit fois pris donneront 1-70* piés cubiques, pour les cors des 8pyramides dupanchani intê. rieur, 8cc.
- " Aux Fig. CXXVI 8c CXXVIÎ, vous trouverés les réts, pour les Figures CXXIV 8c CXX V: nous avons ci deffus montré comme i\
- Xx faut
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- faut procéder en leur fabrique, & fe doit principalement rcceuiilir des lettres infcrites , & de la conoifîânce des mefures de toutes les lignes : il ferait ennuyeux 8c fuperflu d’en faire ici la répétition. Dans le cors même du ram par,couple de ces Pyramides eft jointe enfamble, mais à dcflein, 8c pour une plus grande perfpicuité , je les ai féparées, tant en laprofpeüive, qu'en la defeription du réts ; vous les verrés jointes enfamble 8c d’une feule veüeen la délinéation optique de la Fig. CXXVIII:8c leur cors revêtu de fon réts, fe trouvera en la Fig. C X XIX, en la même manière 8c mefure qu elles font au ramparmême: c’eft allés, de vous en avoir avertis.
- Les chofes délias dites 8c décrites, doivent s’approprier aulîî aux Pyramides 8c autres cors de Parapet, en la Fig. C X XI : attandu que fes qua-uz.Pyramides droites , pofées fur les angles extérieurs I, K, Q & P, ne dif-, férent en rien, ni de forme, ni de lltuation , ni de calcul, des quatre Pyramides du panchant extérieur du rampar C X X111 fur les angles A, B, C , D : pareillement la délinéation optique 8c le réts 8c le calcul, des huit Pyramides couchées, fur les angles , A, B , C, 8c D, du parapet CXXI,
- ' fe peuvent plénement receuillir , en fuivant la manière des huit Pyramides du rampar C X V111, fur les angles S, V, X, 8c W : il n’elt pas befoin de s’i arrêter davantage. A l’occafion de cçs réts, il me famblc à propos, d’en preferire l’art £c la méthode,pour une Fortereflè entière ,8c je ne doute point que cétentreméts ne foit agréable aux amateurs de notre Architecture militaire.
- Tandis que la fureur aveugle des Chrétiens, s’occupe malheureufement à ranverfer de fons en-comble de fi puiflàntes ForterefTes, qu’ils feroient obligés de conferver au prix de leur fang, file Turc les avoit attaquées: nous autres mathématiciens, du trefor de nosbourfes mathématiques,bâ-tiflons des châteaux de carte ; qui peut être feront plus durables , que ces grandes mafles de pierre , conftruites avéc tant de dépancc 8c tant d’orgueil , 8c délimites encore avec plus de fang 8c cîe cruauté.
- Nous ferons donc , .le RETS de notre Redonne, ci ddTus tant de fois mantionnée, 8c qui la fera encore ci après ; en la manière qui s’enfuit. Au rayon ou à l’efchellefuppofée à la Fig. CXVIII (fur laquelle , fe font toutes les deferiptions des Fig. depuis la C X V 111, jufques à la C X X X) on fera le carré AB C D delà Fig. CXVIII, long 8c largede 72 piés : on prandra le côté AB pour le front de la Redoutte, àdiferétion, (àraifonde la diverfe Orthographie de ce petit Fort) fur ce côté 8c-dedans la Fig. faut dreflèr à plomb, la ligne E F de la Fig : C X I X ; puis on conduira les lignes occultes. I K, rR, 8c X S parallèles avec le coté A B, par les poins des interférions, L , M 8c F, de la même ligne E F : pareillement, fur le dos de laditcRedoute C D , 8c fur les côtés AC 8c BD, au Bien dedans de ta Re~- la Figure, on dreflera les perpandiculaires, G H, de la Fig. C X X : 8c par dôme. jeurs p0jns n ? m g jj, on pouffera QP ,pq 8c W V, parallèles aux côtés 8c au dos delà Redoutte : de même K P, R q 8c S V : de même Ql,^ 8c X W *. puis avéc fes côtés extérieurs,AB,BD,AC,8c CD, on fera
- pa-
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- De la FoRf i fi cation Irreguliere. 351
- paraître aufïi en plus groflès lignes , les côtés intérieurs X S, S V , V W 8c W X, qui defignent 8c circonfcrivent, la place intérieure de la Redout-te,&Ton aire fimple 8c yuide aux environs du centre: mais l’enceinte IKPQ_
- 8c rRqp, (dont celleci eft pour le panchantintérieur du rampar, l’autre pour fon panchânt extérieur , ) feront exprimées en lignes plus menues.
- Puis après foitdreffée fur la ligne EF, la defcription orthographique du rampar, de la Fig. C X IX, qui fera E O N F : 8c foit la dite E F indéfiniment prolongée hors de laRedoutte:8c foitpoféle panchant extérieur EO, fur ce prolongement, de E en O : de O en N on prandrala largeur du fom-mét du rampar, O N : enfin, de Nen F, on mettra le panchantintérieur N F : 8c paf F 8c les pdins N & O defignés hors de la Redoutte, on pouflèra les lignes occultes 8c indéterminées X S, r R 8c I K, parallèles au côté AB: cette occulte IK , conduite par O , fera déterminée par les côtés, P K &
- QI, prolongés hors de la Figure, jufques aux poins extérieursI & K : on joindra les poins B, K 8c A, I : &la ligne r R, pouflee par N, fera définie par les côtés pr 8c q R, avancés hors de la Figure, fur les poins R 8c r:af. famblés les poins K & R , 8c 18c r ; faites enfin, la ligne X S, extérieure, égale au côté intérieur de la Redoutte X S, déterminée par les côtés VS 8c W X , fufifamment prolongéeaffamblés RS 8c rX; vousavésle rets BKRSXrlA, parfait 8c accompli, pour revêtir le front de la Redoutte AB.
- Avec la même opération, après que Ton aura drefTé , fur les lignes G H les Profils de rampar convenables, déterminés par la Fig. C X X : prolongeant les lignes H G hors de la Redoutte, & mettant par tout fur leur prolongement , de G en R le panchant extérieur G R : de R en Pie fommét du rampar R P : 8c enfin de P en H le panchant intérieur du rampar P H,
- 8c tirant par les poins H, P 8c R, des lignes qui foient égales 8c parallèles aux lignés qui pafiènt parles mêmes poins au dedans delà Redoutte, vous avés tifiu 8c par fait le R E' T S entier, pour revêtir tout fon rampar.Car ayant taillé avécle cizeau, lé papier ou efl: deffinée la Fig. CX V111 fui-vant l’enceinte extérieure XSRKBRSVÿP DK P, 8cc. fi vous le pliés en telle façon, que les deux mêmes lettres convenables de l’enceinte extérieure 8c intérieure ainfi taillée foient jointes enfàmble, vous avés le rampar de Papier, que vous pouvés conoître 8c toucher de la main.
- . Le Parapét de la Fig. CXXI,peut être revêtu d’une manière toute fàm-blablè prolongeant au dehors les lignes T O 8c S R qui déterminent fon Orthographie, 8c defignant en ce prolongement, par éxample , aux en-f/JpaZpf Virons du front, les lignes O h ,hc ,cd uT :8c conduifant par l
- 8c lesautres poins déterminés hors de la Figure, des lignes égales 8c parallèles aux lignes qui pafiènt par les mêmes poins au dedans de la dite Figure. Ainfi; parle point extérieur l, pafiè la ligne occulte W X, déterminée par les lignes g 0 8c x n, prolongées dïredement : 8c le poins W 8c I, de même X 8c K, font joints enfàmble : toutes les autres chofes expediees comme ci defius, pour le réts du rampar, vous aurés accompli le RETS
- X x z du
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- 35* Livre Second^
- du parapet : 8c l’impofant fur l'autre en telle manière que le panchailt de tous les deux, fe rancontre en même ligne 8c même furface, c’eft votre Re-doutte de papier toute entière.
- a/» pow le Mais ne faifons point à deux fois ce qui fe peut exécuter en une feule, 8c laLpar& prefcrivons la manière d’un rêts pour revêtir enfamblc, le rampar & fon Part» parap. rapét. Nous ferons derechéf le carré de la Redoutte A B C D de la Fig. enfumbie. £ ^ X XI 8c ferons confifter à plomb fur A B,au dedans de la redoutte la ligne horizontale EF de la defcription Orthographique ou du Profil convenable au front, 8c par chacun des poins dudid Profil EbcduTN 8c F,qui environnent fon enceinte extérieure , nous tirerons des lignes parallèles avéc le front A B : qui feront 9aa9ee 9ii, oo,SS ,rR 8c X S. En après nous prolongerons au delà du Fort, la ligne FE continue ; en ce prolongement nous poferons la ligne dupanchant du rampar 8c de fon parapét Eb9 - de E en b : de b en c, le fommét du rampar b c. : ainfi de fuitte toute l’enceinte Orthographique 8cc. Enfin , par les poins extérieurs b c du T N 8c F, nous pou fierons les lignes occultes a a ,ee,ii, 8cc. égales 8c parallèles aux mêmes lignes intérieures ; nous joindrons les poins B 8ca ;a 8ce ; e 8c i s pour parfaire l’enceinte du rêts B^iflSRSXrSoiçdA. nous ferons le même autour des côtés A C 8c B D 8c du dos CD, de la Redoutte C X X X I,fuivant la manière 8c mefure de leur Orthographie; 8c nous aurons le R ET S , quireprefantera en un feul cors de papier, leratnpar de notre Redoutte avéc fon parapét ; tel que nous le donne la Fig. C X XXI ; fi non, que le côté A C, i defaut, à caufe que le papier efi: trop étroit, 8cc.
- Rien ne pourroit nous excufer, fi nous manquions ici, de prêter notre 4nain àda tifiure dun réts applicable à une jufte Forterefie. Prenons en donc les lignes Ichnographiques ,du rampar en la Fig. C X X X: à fcavoir nétspour jes lettres A B C D pour fa ligne principale,qui efi; l’enceinte horizontale 8c rejfeféxaû- extérieure de la Forterefiè : Ea G a , fon enceinte pareillement horizontale, gtiL mais intérieure : N Qr m 8c MLr», defigneront, celuici, l’enceinte du fommét intérieure , l’autre, l’extérieure. Puis R m foit prolongée en c, derechéf rn en b ,en forteque me ou n b foit égale à la hauteur du rampar,8c foient joints c 8c b: 8c pareillement les poins a 8c b 8c d8i c d’ou fe produite la defcription Orthographique , de b a. enfin , la ligne da devers a foit ' prolongée indéfinie ; au prolongement de laquelle , de a en b, fera pofée la ligne a b du panchant intérieur:8c de b en c, la largeur du fommét du rampar b c ; enfin de cend, on mettra le panchant extérieur dc\ 8c parles poins b, c, d on fera pafier des lignes parallèles avéc la courtine A B , qui feront b b,c c, dd, 8c cette extérieure d d fera déterminée par le Fianq prolongé C B, fur le point d, 8c la randra égale à la Courtine B A ; L’enceinte verticale 8c extérieure QR, prolongée vers R, defignera celle du milieu ce, fur le points 8c le randra égal à la ligne R/».- quant à l’autre parallèle occulte b b, accourcie fur le point b la partie L r de l’enceinte verticale du ram par , avancée vers r en b, la randra égale à laligne r n • 8cc. puis apres avoir tiré les lignes dd, dc,c b 8c b G, on parfera l’enceinte
- du
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- De la Fortification Irreguliere. 353 du rets de la Courtine G b c ddc h a. En la même manière fera fait le rets pour le Flanq CB, fi le talu intérieur du rampar, a 0 , fe prolonge départ & d’autre, & fur le prolongement de ce côté ci, on pofe derechéf, de a en Æ le panchant intérieur a b : de l en c le fommét du rampar h c: de c en dlé panchant extérieur de : 8c fi de l’autre part à l’endroit ou la prolongée ao, coupe en d, le Fkmq C B , le panchant extérieur c d eft pofé de den r.*de c en h le fommét du rampar c Iule le n a, le panchant intérieur b a. Enfin,que le Talu intérieur du rampar au, foit prolongé au delà de la Face CD, 8c que du pointé, dont il coupe la Face , le panchant extérieur de foit mis en e : de c en b, le fommét du rampar c b : 8c de l en a le panchant intérieur a b : 8c feront les lignes, a a, b b ,cc , tirées parallèles avéc la Face CD : ainfi fera parfaite toute l’enceinte du réts D c l a abc C c b add c b GbcddA : tout ainfi que les lettres Orthographiques abc d le font voir à l’œil avéc plus de peripicuité, que nos parolles 8c nos préceptes.
- Autrement, j’ai fait la recherche du cors du feul rampar, en cette façon.
- 72. piés, A B l’enceinte extér. du front de la Redoutte.
- 72. parle coté A C multiplié
- .--------- donne
- 5184.
- ____+_
- 2O736.
- 427.
- 1088.
- 85i. 720. 2016*
- faire comprife dans l’enceinte extérieure, qui doit être multipliée par la hauteur du rampar. dont réüflit le parallélépipède,long 8c large de 72,haut de 4 piés, De ce folide parallélépipède faut ôter.
- 8 Pyramides (*) du panchant extér. du rampar.
- 4 Demi Prifmes du panchant extérieur.
- 4 pyramides (*) du panchant intérieur.
- 4 demis prifmes du panchant intérieur.
- Item .
- Autre manière pour trouver le cors, tant du rampar.
- ________ 21. L enceinte intérieure du côté du rampar.
- 3^2* 24. l’enceinte intérieure du front du rampar.
- 504. faire vuide de la Redoutte.
- 4. multipliée par la hauteur du rampar. de 20736 2016
- otés 3952
- reliera 16784. Le cors du feul rampar, comme ci defiûs. .
- Nous aurons auffi le Parapét, en cette façon. •
- 68. l’enccinteextérieure& horizontale dû front du Parapét.
- 68. multipliée enl’enceinte du côté.
- 4624. donne faire comprife en l’enceinte extér. & intér.du parap.
- ____6. multipliée par la hauteurdu Parapét,
- 27744. donne le cors folide , duquel il faut ôter,
- Xx 3 144. 8py-
- Ot) Nous a«ons ci deffus expliqué fufifàmment, comme tout angle extérieur (tels que fur A B C D de la Fig. CXV 11 IJ contient feulement une Pyramide; mais d’autant que tout TrifmeeÜ. le triple de la Pyramide, ayant avéc elle la mêmebaze & hauteur, ainli que le démontré Clavius, Coroll. l,dela 7 Propof. du XII liv. des Elem. d’i-luclide : delà il eft aiféde receuillir : Comment nous prenons ici huit Pyramides, pour faire les quatre prifmes établies fur les angles extérieurs de la Redoutte ABC & D : defquels lePrifme aflis fur G.afabaze Cé<iQ_qua-diangul. & fa hauteur égale à celle du rampar, &c. (b) Ce n'eft pas ici la mêmeraifon ; car attandu, que fur chacun des angles intérieurs , par éxamplefurS, nousavons deux Pyramides jointes, SæR & RiS, pour faire le Erifme , S a Ri , nous n’avons be foin que de la feule troiliême Pyramide qui relie : donques pour les quatre angles X,S ,w&V, quane&c-
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- 354
- Livre Second,
- 144. 8 pyramides du panchant extér. du parapet.
- 2232. 4 demis Prifmes extérieurs.
- 8. 4 pyramides du panchant intér.
- 6^0. 4 demi Prifmes intér.
- »868. item ; 46 fenceinte intér. du front du banquet
- 3941 8c 43 l’enceinte du coté.
- 18374 1978 54 la long, du banquet de front.
- 6 54 8c le dos.
- Il868 43 fur le côté.
- 43 fur le côté.
- 194
- 17744 4 la largeur du banquét.
- 18374 776
- 9370. le cors du feul 41 ce qui refte de hauteur de
- parapét, comme ci deflus. 3492. puis le banquet
- 3. marner e de recherche pour la Solidité de la dite Re-dotttte.
- Receuillons encore cette Redoutte en la même manière, que nous avons employée pour nôtre Fortereffe féxangulaire
- 150. l’aire Orthographiq. du Parapét 8c du ram par, de front.
- 24. la longueur direâe du front XS. Fig. C X V I 11.
- 3600. lecors droit du front, tant du rampar, que de fon Parapet.
- Autrement.
- 8c le Parapét, féparément.
- 54 l’aire Orthographique du feul parap. 2,4 de front mul tipliée par XS,la longueur
- .... directe du front hors fes courbûres.
- 1296
- îe rampar 96 M
- 2304. X 53 S.
- 3600 le cors droit du front, tant du rampar que de fon Parap.1 comme ci defïùs.
- 21 La long, direde du rampar ou du Parap, fépar.
- 21 des côtés 178c 898c 84 • 36
- ___24. du Dos $ 6. Fig. CXVIII. 66 66
- 66 5544 1376"
- 120 multipliée par faire orthographique des Du ramp. 8c du parap.
- ----- côtés du ramp. 8c du par. féparément.
- 7920 enfamble.
- 7920 le cors droit des cotés & du dos tant du rampar que du Parapét.
- Faifons maintenant la recherche des cors des courhûres-jk premièrement, les courlures du feul rampar en front, font comprifes dans les lettres 3 D S 0. & A*X 5. V oy és les Fig. C X V111 8c C XIX.
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- 355
- Delà Fortification Irreguliere.
- 2. la ligne <?B. 2. en o K.
- ---- donne l’aire
- 4. o K B *•
- 4. inr L O.
- —— fc fait le Prifme
- 16 (dont la *
- 5 U fl: la Py ram.
- ioî pour 2,py-ram. au front.
- Z^.u/3
- 22. & 30
- 47. leur fomme mult. 2 en « K.
- —i-— donne
- 94. lairc K *e/3.
- 2 en la moitié'. L O
- 188
- 2 pour les deux 376. courbures
- 22. Z a 21. en K Z.
- ’ fait
- 462. l’aire K Z ar. 72. l’aire R Z i g.
- 534 leur Somme 4en LO multip. 2136 fait le corsperpen-2 dieu 1 aire.
- 4272.
- Derechef R Z 18 en R I 4
- donne —-—.....—....-
- L’aire R Z1 «. 72
- rzR 4 en tfS 4
- donne '
- faire aRSi. 16 multip. par LO 4
- elt fait le Prifme « ——
- dont la f 64(21-1
- 3 ^
- 42*
- 2
- 85F
- iof.
- 376.
- 4272.
- 851-
- 4744*
- 2 pyramides pour les deux courbures de front.
- /<? panchant extêr. s
- le cors perpandïcul < des 2 courbures enfamble, 4^ de front.
- ~~k cors des deux coulures du feul rampar, de front.
- Les deux courbures du dos de laRedoutte, V ** D a. & $YV«C.
- b. 22 8c 3 22
- la fomme multipl. par b
- donne -
- faire
- en la moitié' de L O.
- donne le cors 176 le faut doubler 2
- vous aves
- 18. Q.
- ai. en 9.
- - donne l’aire
- 4. en *9 72 faire 4^**
- pour les 2 courb. 352. ïo; 2pyram. extér. des cotés 4192
- 352. le panchant extérieur 4744*
- 3744; le corsperpandïcul. 2304.
- 85{ 4pyramides intérieures. ^534.
- 4192! les deux courbures du dos 16784.
- du rampar.
- 396. 5 9. Q.
- 7*
- ----- t les Pyram. du panchant ex-
- 478 pour mult. tér & jnteV comme en ,a
- ^enaur£_ ’ précéd. courbure.
- 1872 pour un corsperpandicul. ç Q Hp 9.
- 2 lequel double', vous avés
- 3644 pour les deux.
- toiâesles courbures du Jeul rampar. les cors droits du feu! rampar.
- le cors du feul rampar comme tant de fois ci défit*.
- Cour-
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- 356 Livre Secosb,
- Courbâtes de Tarait au front de h ^Redoutte.V.C^KYYU.
- 19. c n. 22. 8c ne.
- 3 An
- 3. recherche 3. eh 77 m. deUfolid. ---- donne
- tmT 9-l'aire Inmk.
- 2. en la \ de lahau.
- 41 la fomme 3 en/w ou nm.
- --- donne
- 123 J aire
- 3 en la \ de la haut.
- *----donnera
- en iÿ 16oi.
- en cd 6 3 en ic.
- donne11 . fait
- l’airé 114 c dr n. 481 aire.orâ
- 162 fomme 6 en îa haut.
- «--- fait
- 18. la pyramide. a-pour les deux
- 3^
- 369 le demi 2 Priiine. 738.
- 972 le cors 2
- 1944. pour 2 Cors.
- 15 . 8cB /.
- ’ 30 la fomme. ï. en pi
- ... —fait
- 30. faire
- 3. en la \ de haut.
- donne
- 90. le demi Prifme 2.
- 180.
- 1.V0 i.en V B
- ---fait
- i.faire VoBg.
- 6. en la hauteur
- 6 j le prifme 3 2 la pyram.
- 2
- 4JCS x pyram. inter. 2. pour les 2 courb. 8~
- 15./B 11. 8c Eu.
- 26 la fomme.
- 104 faire 1 i en la haut.
- . . . fait
- 1561e cors.
- 36. 2 pyram. extér. des deux courbures du front du Parapet. 738. le Panchant extérieur.
- 1944. le cors perpandiculaire. ï8o. le panchant intérieur.
- 8. 4 Pyramides intérieures,
- 312. leBanquét.
- 3 2.1B îa Solidité des deuxcourbûres du front du parapét.
- Les Courbures du dos du Tarapà. Fig. C X X X111.
- & CXVIIIjCXX: CXXI.
- Des lignes ae. 19 e a. 19 8c.et. lÿeneu. 3
- îa fomme 38 âimltipl.Æn eo. 3
- donne '
- faire 57 faire 48
- leur
- l’air eii4
- fom. 105
- en t de hauteur 3; en haut. 6
- fait ~
- le cors 342 2
- pour deux 684.
- le cors 630 2
- 1260
- iu. 16 en ni. 3
- donne —----
- faire 48
- LesPyram.du panchant intér. 8c exté* rieur ; Le panchant même intérieur, 8c le Banquet font de memes comme en la précéd. courbure de Parapet.
- 36. ?py-
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-
-
- De ia Fortification Irreguiiere.
- 357
- 36.
- 684
- I260
- l80.
- 8
- 3**
- 3480
- % pyram. extér. des 2. courbûres do dos du Parapet.
- le Panchant extérieur, le cors perpandiculaire. 3211.
- le Panchant inter. 2480.
- 4 pyramides inter. 1296.
- le Banquet. 2,37^
- les 2 courbûresdudosdu Parapet. 9370.
- les courbûres du feul Parapet.
- les cors drois du feul Parapet.
- le cors du feul parapet , comme deflùs.
- Aflamblage de tous les cors :
- 360a le cors droit du front.
- 7920. le cors droit des cotés.
- 4744- toutes les courbures
- 4ï92. du feul rampar.
- 32 ï8. toutes les courbures
- 2480. dufeulparapét.
- *6154. le cors entier de la Redoutte folide.
- Il nous refie d examiner, notre Redoutte, en cette quatrième mamêre9 que nous avons appellée la féconde géométrique, & déclarée ci defîîis.*
- Mais à raifon de la diverfîté d’un profil du front & des côtés, il nous faut emprunter ici, pour la facilité, ou fuppofer, le cors droit du front & les deux courbûres de la précéd. manière ;ne foûmettans , pour le préfant, à notre recherche, que la folidité des côtés & du dos de la Redoutte, qui ont Autre 4. entre eux la même Orthographie. Il eft donc queftion, de rechercher en ^!rchfr une autre manière, le cors du rampar de la Redoutte C X V111, marqué par les lettres S 0 D C * X W V S. Mté'
- La ligne isD.45. pies.
- D C. 72.
- C 6.45. ' S V. 2ï piés. S V V X 66 l’enceinte inter.
- ---- V W. 24 tirée en la baze 84. pléne Orthog.
- fi D C 6.162. l’enc.extér.W X. 21 donne----------
- S V W X. 66 l’enc. intér.-----— S fi XT. <<44. le cors droit
- .....— S X W X. 66. de la Redoutte.
- T t. 96.1a difFér. des .2 enceintes en la Fig. C C, appofée à la Fig. CXVIII,dont la partie qu’on veut exploiter par les nombres eft reprefan-tée en moindre forme.
- Suppofons maintenant comme fi toutes les lignes repliées'& conftituan-tes divers angles en la Redoutte étoient droites : à fçavoir, que la ligne « C de la Fig. C X V111, avec C D ne compofe qu une feule ligne : 8c que cette compofée de oC &deCD en continuant, faffe encore une feule 8c même ligne avec 0D:par ce moyen en la Fig. C C, toute la ligne
- Y y isDC*,
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- 358 Livre Second,
- fi D C 6, fera celle qui mefurera, l’enceinte extérieure de la Redoutte ; la ligne s P *,fera égale à l’enceinte de fon panchant extéricur:il en fera de même de la ligne 1R 8 au regard de l’enceinte du panchant intérieur iqp 8: & fera encore la quantité de la ligne S V WX pareille à l’enceinte intérieure S V WX. Si maintenant, je multiplie l’enceinte intérieure de la Redoutte , qui cftla ligne S V X de la Fig. C C ; parfaire de fon profil j’aurai le cors S fi T X, qui efl: égal aux trois cors drois de la dite redoutte C X V I I I à fçavoir S V a , & W V ,&W<?>0X: Quant au cors X T* K de la Fig. C C, tranché par la ligne X T,c’efl: lajufte capacité des deux cors des courbures du dos de la Fig. C X V 111, fçavoir de VaD*t,& W * <p C : com me ilfe voit manifeftement en la Fig. C C. Mais étant ainfi que la ligne T*, qui efl: la différance des deux enceintes, efl: conuë ; & que la ligne X T , qui efl la largeur horizont dit rampar, l’eft aufli : à raifon des pa-râllélesoT, *M 8c R 8 , par tout fc formeront de famblables tri angles ;& fera comme X T Ja largeur horizont. du rampar y au regard de T 6 la différance des deux enceintes ; de même *0 le T alu extérieur, au regard de la ligne 06: & X R le Talu intérieur, au regard de la ligne R8 : Les lignes trouvées, il fera bien aifé de receuillir, au panchant extérieure, les cors de la Pyramide ko 6 y & du demi Prifme, T M K 0 .• pareillement, le cors perpendiculaire M*R8: 8c enfin, au panchant intérieur ,le cors de la Pyramide X R 8,en cette façon:
- Comme X T - efl: au regard de T
- . . A ^ ko. leTaluintér. '4 y
- *4—96—.dememe^XR< leTaluextér.4£
- efl au regard^
- de 06. B.
- 8 R. 16. piés.
- La ligne o 6. S La ligne M K S 8 en la j ok. i en MT 2
- donne — donne ——-
- l’aire* o 6. 8 • l’aire 176
- en la haut. 4 en la | de haut. 2
- le Prifme 3 2 fait MT ko. 352
- - le demi Prifme.
- fa* 10J c’eftlaPyram. ko6.
- Des lignes 8R. 16
- & MK. 88 la fournie 104 leur moitié multipliée 51
- en R M 18
- donne .......
- l’aire 936 en la hauteur 4
- fait — ——
- le corsperpandic. 3744 LMK8.
- La ligne 8 R. 16 T S. 96piéa en la haut. 4 de oi 8.
- donne l’aire 64 refte T 0. 88. en R X. 4 ou M K.
- fe fait-----•
- le Prifme 2
- fa* 85 f
- c’eftlapyram.XRS.
- Aflàm-
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- De la Fortification Irreguliere.
- 559
- Aflamblons tous les mambres pour en former le cors tout entier.
- S/*XT.
- R8M*.
- 8RX.
- xOi.
- MT ot
- 5 544. pies cubiques. Z<? cors droit des cotés & du dos de laRedoutte.
- 3744. Le cors perpandicul. 1
- 8sf. la Pyram.intérieure. I . r , , ,
- f la folidite, du cors retranche.
- 10*. la Pyram. exter. }
- 352. le Prifme extér. j
- 2304. le cors droit. 1 du Front.
- 5044. les deux courbûres.
- 16784. Le cors du feulrampar, comme ci delîùs.
- Calcule qui voudra [cparapét, fuivant cette manière : J avoue quant à moi, que je fuis las dune û longue fuitte de fupputations, & je m’en retire gayément, comme d’un paffage des-agréable & ennuyeux. Toutefois j a-joûterai encore.
- Une Redoutte longue & large en fon enceinte extérieure,comme ci deffus, de 72 pies, & de 18 en l’intérieure ; en forteque, de tous fes côtés elle pof- pour une féde , une même Orthographie : pareille à celle que nous avons alîignée pour le front de la précédante. Nous extrairons le cors entier de cette re- f»***f-doutte, en cette forte.
- 72.
- 4,
- le côté extér. de la Redoutte. 18. le côté intér.
- ferantes
- {Htfofi-
- ttons.
- 288.
- 71.
- l’enceinte extér. l’enceinte intér.
- 216. la difFér. des deux.
- 72» l ’enceinte intér.
- 96. en l’aire orthograph.
- —— ----donne
- 6912. le cors droit de la Red,
- Partant, comme X T (prenons pour éxample la Fig. CC.) de27piés, eft au regard de 6 T de 216, ladifférance, de même *0. de2, eftau regard de 06 de 16 : & R X de 4, au regard de 8 R de 32 : &la même T0 fera de 200 piés. Les lignes trouvées, nous trouverons ici par le même moyen ci delîiis déclaré la folidité du cors retranché : qui fora telle, pour le corsperpandiculaire, 9744 piés : pour le demi Prifme extérieur, 8oopiés: pour la Pyramide extérieure ni piés : pour la Pyramide intérieure, 170! piés cubes Et fera tout le cors de la Redoutte en cette fécondé manière géométrique, de 17648 piés cubes : dont la preuve fe peut rechercher & fe trouvera, félon les autres manières de la précédante Redoutte.
- J’ai traité ceschofes, plus amplement en faveur de ceux qui ne font pas exercés à la Geometrie. Si feulement ils font capables de les appliquer avec jugement en la recherche du cors de cette redoutte, il n ia point de iufteFortereflè, ni de diverfité de calcul entre tous ceux que nous avons ci deiïus pofés , dont il ne puiflè s ’aquiter commodément. Pour cét effet je
- Y y a fuis
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-
- 3€s> Livre Second,
- fuis d’avis que le Ledeur, commance letude de ce Chap. de la Diftributwn, plutôt par fa fin qu’en foncommancement:& qu’il s’i exerce avec foin & diligence: & de cette façon iife randra plus aifément capable défaire fon profit de ce qui eft contenu à l’entrée, & de bien entandre la fupputation du cors même de la Fortereflè,que j’i explique. Donques,tout le cors de la Re-doutte de Bréda,compofée de rampar & de parapét,fût compris en 26154 pies cubes ; mais dautant qu’il ifutlaifle une petite porte devers le camp de 4 piés d’ouverture : il faut encore en ôter le cors de la dite porte.
- 120. faire orthographique d u côté de derrière.
- 26154 ______4
- 480 480
- 2 5674. Le vrai cors de cette Redouttc.
- Après avoir trouvé le vrai cors delà Redoutte, de 25674 piés &fur le prix fait de 290^ florins, ilferoit maintenant bien aifé déjuger ce qui peut être deû pour 144 piés cubes; Si l’ouvrier ftipulantn’avoit autre choie à faire, que de tirer le feul cors de la dite redoutte, encreufant le fofle pour en confiraire , le rampar & fon parapet :car à cette tâche parallélépipède de 144 piésfolides appartiendraient 32 ^fous: mais d’autant qu’il étoit obligé de creufer le folFf en une profondeur qui lui étoit prefcri te , 8c qu’il devoir par conféquant épandre la terre qu’il i avoit de plus, fur la campagne des environs: il fe trouve à ce conte plus de 25674 piés folides , ce qui rabat d’autant du fufdit prix de 32ifous; & approche aufli davantage delà prifée & eftimation que nous en avons faite: qui fera bonne pour 27900 piés cubes : s’il i en a plus, il i aura pareillement d’autant plus à rabattre de notre prix de 30 foustmais d’autant que l’un & l’autre panchant du Fofle ne fê trouve point ici exprimé, celà fait qu’il eft impoflible, de bien afligner le jufte prix : mais je m’aflure, que je ne m’en fuis pas éloigné de beaucoup. Toute la Redoutte contient 95674 piés folides : fi vous les divifés par des tTles *44 > Ie quotient fera 180parallélépipèdes méchaniques, ou à peu prés : de-paries en- rechef divifés par 6, nombre de jours préfix, vous aurés 30 parai lélépipé-^ourur”’ des, longues & larges de douze, hautes d’un piéde Rhin ; pour la tâche de manœtt- chacun jour. C’eft enfin à L’entrepreneur, de partager ces tâches entre rs‘ fes manœuvres , pour randre fon ouvrage parfait. Il pourra faire jugement d’un parallélépipède creufé, de la quantité d’ouvriers 8c du temps qui lui eft nécefîàire pour 30, requis en unjour : car en effet, ce ferait une fimplicité, de vouloir ici arrêter une tâche certaine pour chacun jour, en toutes fortes de terroirs, puifque les uns, font fans cornparaifon plus aifés 8c plus favorables que ne font pas les autres, c’eft néanmoins ce qu’a fait Mariais , qui a déterminé trois parallélépipèdes , à tirer 8c à charger par chaque pionnier en chacun jour ; un peu plus raifonnablc n’en de-
- mande que cinq à deux pionniers. A l’épreuve donc, d’un parallélépipède tiré , il eft bien aile déjuger, ce qui fe peut faire de 30 ; & par confé-quent du nombre de foflbyeurs dont il a befoin : il faudra tout au tant de
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- porteurs , pour porter 8c pour amafîèr la terre du rampar: autant de batteurs pour la preflèr 8c l'entafler ; lui donner fa façon 8c fes mefures, la lier Pottry d’ofiers 8e mettre les couches d’herbe verte ou il eft requis: & puis enfin à quel nom-coups débatte lui donner les panchans necefiàires. L’entrepreneur, randu b^eUvr7sefi certain du nombre de manœuvres de toutes cesefpéces , dont il a befoin, ***** pourra quelque peu augmanter fur les tâches des premiers jours qui font de plus facile expédition, pour les égaler 8c les companfer avec les dernières , qui font de beaucoup plus difficiles 8c plus laborieufes : quand on a befoin d’échafiaux , de montées 8c de defçantes, pour lesFofles 8c pour le rampar, comme il fe voit en la Fig. C V 111 aux marques A 8c B,
- Doncquesil s’eft veû quelque fois, que pour creufer une telle tâche parallélépipède fufdite, à faire le Fofie 8c amafîèr la terre du rampar, en divers temps , en même lieu , mais à la vérité pour différans ouvrages , divers entrepreneurs ont ftipulé un prix, bien éloigné comme de X I V a XXVII ou XXX fous monnoye de Hollande, dont les 50 font le Ricfdaller. C’eft allés de cette matière, paffons au refie.
- CH AP. XIII.
- De la dfaerfe nature & qualité des places afortifier* tanta raifon du terroir que de l’ajjtéte.
- I’Avois refolu de mettre ici la dernière main à ce livre, mais pour complaire àceux qui ne peuvent rien concevoir, s’ils ne le voyent, j’ajouterai les trois fuivans chapitres.
- Je ne doute point que les hommes fages 8c raifonnables ne m en fâchent gré : ce n’efl pasauffi que je ne fâche bien que trois ou quatre de mes annotations , çà 8c là parfemées en cét écrit, n’échapperont pas lacenfure de certains efpris dédaigneux 8c farouches, à qui elles famblerontun peu écartées démon fujét. en quoi je ne veux pas abfolument les contredire : car il efl arrivé quelquefois que la liberté de ma plume s’eft emportée en quelques difeours de 1 art militaire, elle s’eft quelque fois égayée à fouhaiter/d /to*,pour I a fatiffadion de mon efprit,lafîe des malheurs des guerres Chrétiennes. Je reconois ingénuement, que mon principal fujét eft la guerre 8c fon Architedure, je les fupplie toutefois de n attribuer pas à ignorance,oü à négligence, fi j’ai creû que ces honnêtes libertés m’étoient permifos, en un ouvrage aftes laborieux 8c difficile, ce n’eft pas pourtant que je manque de raifons pertinantes 8c recevables, pour me juftifier. Cét art que j’ai entrepris de traiter, n’eft pas fi purement mathématique , qu’il foit abfolument abftrait 8c féparé de toute matière. Notre Architecture ayant pour fbn fu- Lej-Uj't jet, toute la terre qui eft groffiére de fa nature : il ne-me famble pas quelle v Archiva. s’éloigne de fa jufte confidération, fi quelquefois elle s’emporte après les objéds de quelques adions que les hommes repréfantentfurcemême théâtre,ou fe fait le combat de leurs vertus 8c de leurs vices, car enfin, tou- Sm
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- sa fia. tes nos avions purement humaines tandent à ces deux fins ; ou de confer-
- ver les Jociétés innocantes, ou de ranverfer 8c de perdre celles qui font dom~ mage aile s &pernicieufes : à cela contribue notre Architecture, de néceflité. Ceft elle qui tient à couvert 8c à l’ombre de la protection de fes Forteref-fes, les juftes 8c honorables fociétés, 8c qui les deffand contre les violan-ces des hommes injuftes 8c des perturbateurs du repos public :c’eft elle même qui attaque les Forts de ces Lions 8c de ces Ours, 8c qui ranverfe defons en comble les tanières de ces bêtes farouches 8c peftilantes, ennemies de toute paix 8c de toute civilité. Mais enfin,8c ce qui doit être principalement confidéré, ceux à qui je confacre mes veilles , ce font cesfulli-mes puijfances, à qui le monde efl ajfujéti .-je n’écris pas pour ces âmes bafles 8c populaires , qui ne travaillent que pour le gain & pour le pain: j’écris pour les Princes des peuples , pour \cs généraux des armées, pour ces hommes lüujlres, nobles & généreux, qui n’ont point de métier que d’efpandre leur fong 8c de chercher des playes honnorables pour le falut 8c la conferva-tion publique 8c de qui la feule ambition efl; la gloire qui réuflit des grandes 8c mémorables actions. Vouloir aflujétir ces efpris libres à des nombres, Notre Ar. fans nombre: les tenir perpétuellement enfermés en des lignes & en des cer-tandes^ f^es attacher à lafervitude,de continuelles démonflrat ions géométriques ,fe-gr*ns pria- roit à mon avisune cruelle 8c barbare incivilité. Je me fuis propofé de leur Sommes no- ^tre utile,en confervant aufli le refpect 8c la complaifance qui efl; deueà la blés. noblefle de leurs courages. Et pour dire enfin, avec quelque pointe de chaleur 8c de liberté, ce que j’en panfe, je ne fais point d’état des ces Archimé-des , qui font fi avant enfoncés 8c enfévelis en leurs figures 8c contampla-tions mathématiques,que le pillage de Syracufe 8c lapréfance de la mort n’eft point capable de les en divertir, Toidonques, ocenfeur, s’il efl; ainfi que tu foisjufte 8c raifonable, fais à ta mode 8c melâifîè faire à la mienne. Je ne convie point à la lecture de mon Livre 8c moins encore de ce préfànt chap. ces mathématiciens triftes 8c fevéres, qui tiennent pour perdu , le jour, qui ne leur produit point de lignes : J’avouë quant à moi, que j’en ai tracé fi grand nombre au précéd. chap.fur la Fig. CIX, que j’en fuis las 8c ennuyé. D’autre côté, je ne veux pas aufli que ces délicats, qui ont eu horreur du fufdit précédant chap. parce qu’il efl: tout herifle d’épines, jouïf-fent des douceurs 8c des fleurs de celuici, quej ai feulement préparées pourdélaflèr 8c divertir, ceux que j ai laffés 8c ennuyés, par tant de fuppu-tations embaraflfées 8c difficiles. Toi donc, ô quiconque tu fois, mon Lecteur, qui defire être admis en la participation de ces délices, c’efl mon in-tantion que tu ayes premièrement dévoré les difficultés de l’autre chapi-Dherfena- tre ; ou pour le moins que tu ayes fubi le travail des dernières recherches, ^euxforù- cors laRedoutte. Retournons à notre deflein. fiables à Commancons de traiter, ce qui a été mis en confédération, touchant averfitéïe ^ diverfe nature des lieux fortïfiables, par les Architectes fçavans prévoyans. ^ehmŸ ^oute ftace 9 ProPre à fortifier, a le fons , ou pierreux, ou montagneux,
- fiête. ou plein, de tous côtés égal à \ 'horizon ; ou marécageux & uligineux ; ou fu-
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- De la Fortification Irreguliere. 363 jét aux inondations de quelque rivière ou de la mer : oxUnfulaire, environné d’eaux. Confidérons donques.
- I. Les Avantages d’un fons pierreux et montagneux.
- 1. Les Forterejfes qui font ajfizesfur les montagnes & les rochers ,font en meilleur air. ci apres nous en verrons l’éxample en Majfada, Fortereffe de la Judée.
- z. Elles font impénétrables h î artillerie de l'ennemi.
- 3. Aj)urées contre les ajfauts : car les vallées qui les environnent font comme des folles que la bénignité de la nature a gratuitement procurés à leur feureté.
- 4. Hors du danger de la mzne.ainfi ces places ne pouvant être prifes de for-ce, l’ennemi eft contraint de fubir le hazard d’un long fiége pour les afla-mer. Nous en avons ces éxamplesde notre temps ; Brifac, Ehrenbreiflein en montA~ Allemagne, Perpignan en Catalogne, la Motte en Lorraine, &c.
- 5. il arrive fouvent que telles places fontfortifiables a peu defraisAa nature du lieu fournifiànt d’elle même, le fofle, le rampar, & quelques commance-mens de battions. Embrun en Dauphiné, en l’un de fêscôtés conftruit fur une montagne fort droite, n’eft que légèrement fortifiée „ & néanmoins fufifammenr.
- 6. En telles places l'ennemi ajfiégeant eft bien fouvent contraint de [éparerfes troupes: doncq ues parmi ces vallées 8c ces collines qui les environnent, il eft moins afturé contre les forties, 8c fujét à de grands hazards.
- 7. L'affiéte du camp, en eft plus difficile & plus fomptueufe à tajfiégeant : fi la campagne des environs eft toute raze, ceux de la place ayant l’avantage de le découvrir 8c atteindre de loin.
- gneux.
- L ES INCOMMODITES DES LIEUX e'lEVE'S.
- 1. Cét éxaucementfe convertit fouvent au préjudice de la ville : étant facile à l’afliégeant défaire fes aproches en alïurance, à couvert 8cfavorifé entre les replis de ces montagnes 8c de ces vallées.
- 2. Cette forte de places eft fouvent travaillée de faute deaux, nayansdes stsdefk-puis que bien rarement, 8c quant aux cifternes, elles tarifent quelquefois
- en temps fée. (*) vous en trouverés un example au 1. Livre.
- 3. Les convois de munitions & de vivres i arrivent malaifement. or eft il que les lieux montagneux 8c pierreux font ordinairement plus ftériles, qu’il en faille efpérer toute la récolté des chofes néceffaires à leur provifion.
- 4. C'eft hazard fi l'Architeiïe i peut accommoderfa forme & fa figure, fui-vont fondefir. alors il faut ouvrir la bourfe8c faire de grans frais : particuliérement fi on eft obligé d’avancer des Dehors pour s’affurer de quelques montagnes voifines ; comme à Genève, Montauban, Sedan, 8c ailleurs.
- 5. Les montagnes font commodes aux pionnier s s le s rochers même ne font pas
- tout
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- tout h fait éxans, des efors de lamine, témoin Maftrift, depuis peuafftégé & pris
- par notre Invincible preneur de villes le Prince d’Orange. (*)
- II. Les avantage s du n lieuplain et uni.
- 1. Une terre graffe & tenante, efi grandement propre a la conflruêlion du ram-par & des autres ouvrages.
- x. Elle fournit aifément les vivres néceJJaires aux hdbitans & h lagarnifon.
- 3. Un fons plain, admettra toute figure régulière & Polygone à difcrétiori.
- 4. En temps defiége, il fera lien aiféfur un telfons d'oppofer des dehors contre les approches de î ennemi, ou de pratiquer au dedans des retranchemens, 1er amp ar étant occupé.
- Avantage 5. Iéaffiégeant, fera obligé defaire fes tranchées plus longues &plus profondes: ^tué Inpiaî- attandu quel’afliégéle découvre de loin, & que Ton artillerie raze 8c bat la ne campa- campagne de tous côtés 8c dans une diftance fort éloignée. gne' 6. Les Conduits d'eau ,font conduits avéc beaucoup de facilité.
- SES DESAVANTAGES.
- Ses defa-vantages.
- i. Une terre graÿe <£ tenante efi propre h la mine ;&à conflruire Ports &rc* douttes&famblables ouvrages dattaque au préjudice de la viüe.
- %: léaffictcdu camp efi aifée & de peu de dé panee h la(fiégeant.
- 3. Ilennemi i trouve vivres & fourrages abondamment.
- 4. La vide efi expofée de tous cotés aux attaques de l'ennemi, & dans une terre qui fe manie avéc tant de facilité, les approches auffi font plus aifées, & tajfiégê peut êtreplus promtement réduit h ïextrémité.
- 5. lé ennemi peut employer les eaux àïufagede la Fortifie, de fon camp, & les retrancher a la vide. Bréda feule nous fournit les éxamplès de tous ces avantages & desavantages ; Bréda, di-je, fortifiée, ajfiégée, 8c prife , nous fait voir quelles font les commodités 8c incommodités, d’une afliéte raze, en un terroir mobile ; comme il fe reconoît par les hiftoires de ces deux fiégesj’un fait par spinolaffi) l’autre par notre Illuftre Prince d’Orange. (e) Ici je ne parlerai que de fes incommodités, refervantles commodités pour une autre occa-fion. Hermanus Hugo en fon livre du fiége de Bréda, lli avoit, dit il , des avantages qui preffoient le dejfein d'attaquer plutôt cette vide qiiune autre, parce-que la campagne des environs i efi trefpropre a la conftruftwn des ouvrages d’attaque , & très-avant ageufe pour les ajfauts. (c’efl: notre 1 & 4 incommodité ci defius remarquée.) tres-commode aujfi pour la circonvadation (la x): la rivière i fournit les eaux eîf abondance, mais il efi bien aifé de la boucher, parle moyen de quoi on ote h la vide le pajfage des vivres & des munitions : les forêts prochaines
- faut’appli-1 donnent le bois, & tout le terroir dalantour grande quantité de fourrages (la 3). quer les pQur la cinquième incommodité, Boxhorniusqui a écrit le dernier fiége, dit gts méml ceci en paflant:(c’cft pour tant ici une circonftance du fiége qui a été jugée
- Tufll 'ède *a P1lUS imPortante au jugement de tous les deux partis)/a digue augmantêe
- nôtre Ar- ' à dt-
- chttecl. (a) l6$Z. (b) 162$. (e) 16.
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- h diverfesfois ?§ le Mark houchê,- & fes eaux rcgorgéames, non feulement les fof fés fe trouvèrent pleins tout h l'entour du camp, mars elles sépandtrent encore en plufieurs endrois de la campagne des environs.
- 3. Les avantages du terroir marécageux.
- 1. Les ajfîégeans ne peuvent élever leurs terrajfes pour les batteries en lieux ma-rêcageux, ni faire leurs approches ; c’eft pourquoi,
- 1. On les fortifie légèrement : Pêronne, puiiïànte ville de Picardie, contre la Flandre, n a voit de force qu’en fon affiéte, au temps que je lai veûë,fans quelle fût d’ailleurs fortifiée. (*) j car comme elle cft prefque toute entière environnée de maréts, elle n’a point auffi de Baftions, mais feulement un foibie rampar, 8c en quelques endrois un petit mur : fi ce ne fl que devers l’Artois, on i remarque fur un ouvrage de Corne, une ou deux mafiesinformes , qui ne méritent pas le nom de Baftions, 8c de la vient aufti,
- 3. Quelles n ont pas le foin de forte garnifon : car il faut toujours mefurer les forces deftinées àla défance,à proportion de celles de l’attaque: ainfi,puif-que l’ennemi afliégeant empêche de la rancontre des maréts ne peut attaquer qu’à petites troupes, il feroit inutile d’employer de plus grandes forces à le repoufier.O)'
- 4. L'ennemi affligeant fera contraint detranfporter de la terre d'ailleurs, avec grande dépance & perte de temps , pourfe loger &fefortifier en ces marais, & con-jlruire les autres ouvrages nêceffaires à l'exécution de fon deffein. V oyés le mémorable fiége de Bofleduc , je ferai feulement l’extrait de ce peu dechofes qui fuivent 8c qui fervent à mon propos du 11 livre de fon hiftoire. Refloit h faire, un autre ouvrage , depuis le grand Cavalier ,jufques h l'autre côté du même Baflion, entreprife hardie & difficile entre des marais : & pour l'avancer ilfam-lloit qu'il fallût couvrir le Dommel même d'un autre pont, a l'endroit où il coude le long du Baflion ; De l'autre coté, on fit un chemin de fafcines tandant au foffé de la vide , entre les mêmes marécages, auffi ramparêde fafcines, comme de mante-îéts , faute de terre, pourfoûtenir les moufquétades des ennemis & pourvoira la feureté des ouvriers. &c. Et peu apres. Du quartier d’Erneft unegaderie pouffée petit h petit , & par un travail incroyable contre /’ennemi, àla merci de fon artiderie comme toutes les autres, enfin, mais h pêne, fut avancée juf
- Z z que s
- (a) à prêtant on la voit parfaitement fortifiée par la conduite de l’Illuftre Mathématic. Claude Mydorge Gentilhomme Parif. (A)Ilpeut être que Bofleduc, n'eût point été perdue entreles mains de Grobbendonk, fipartrop d’aflùrance, ou plutôt de témérité, il ne fefût dépourveû lui même de tout l'appareil néceflàire pour foûtenir uii liège, refusant même d’en êtrefecouru par les Liégeois : ou bien, comme l’on dit, parcequ’il craignoit davantage, que Bréda futaffiegée, que fa ville de Bofleduc. Ilétoit vieil Capitaine,mais peu avifé. fa du commancement il aimait mieux croire que "Bréda ou quelque autre place defes vo if nés devoit être afftégêe , que Bofleduc. Mais quand il vit que c’était tout de ion,il Je mit à routier en fan ejprit de hautes panfees. Que fera Ce donc ? Que les forces de l’ennemi étaient grandes extraordinaires. Commandées par un chef vigilant, en la force de fon âge, né & nourri aux guerres Helgiques, Qu il i avait peu d’apparance qu’il eût fait une telle entreprife,pour changer légèrement d’avis. Témoin Grolle. Mais que feroit ce s’ilfallait que te fiégedurât longtemps , d’être fi mal pourveû defoldâs (y de munitions de toutes les fortes ? On dit que ceux du Liège ayant fait offre de l’en ajpfier , il l'avait refufé. oupar avarice, qui lui coûta cher, ou iienparceque l'homme quipanche vers le précipice de fin malheur n’efi plus capable de confeil. Quelques uns difent, qu tien avait envoyé à'Bréda, une partie, mais U affuroit le contraire Heinf. au i.Iiv. del’hift. du fiége de Bofleduc. Cette opinion, que les villes fuflentimprénables aété bien fouvent la caulè deleur perte. Car il arrive bien fouvent, qu’un ennemi bienavifé feint d’attaquer en la partie la plus foibie , où accourt d’ordinaire, toute la force delà garnilbn ; & fur l’heure même donne l’aflaut au plus ferme endroit de la JForterefle.quife trouve vuide & abandonnée de toute défiance. Il nia donc rien de plus afltrré quede tout craindre, & de pourvoir à tout, en telle manière que la ville ait toujours en toutes lès parties la jufte défiance qui leur eft néceflaïre;celà a ’empêchepas que les endrois qui feront les plus foibles ne foient aufli les mieux fecourus.
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- ques a fon point ; LÜe fut appelée la grande, ou lagallerie de Porcian , du mm de fin auteur : ouverte par le haut & gahionnée en forme de traverfi en teïïe manière que chaque galion couvroitun fildat, qui pouvoit addreffer fin coup entre ces replis Lesavan & ces détours. Chacun de ce s galions, fervant deparapét, eut fin lanquét, pour tages d’une élever lefildat préparé hfin exécution. Ouvrage de nouvelle invantion, & quijuf-naXlgea- <lue5 a^m riavoit point étéprattique', pouffé entre les marais & fur le fleuve mê-fi- me, expofé a l'orage des moufquetades & des coups de canon, & quoi qu'il ne fût pas
- poffille de l'avancer au delà dufoffé, il ne laiffera pas de témoigner à lapofléritéy avèc quels artifices & quelles dépancesfût conduite cette entreprifi, ǧ ce qui fi peut faire en telles rançonnes malgré les defances & les rêfiflances de l'ennemi. Mais il faut remarquer ici que Bofleduc à la venté eft toute enfoncée en des marais, peu profons néanmoins 8c fupportés d’un fons fablonneux 8c ferme , capable de porter le canon, autrement, toute l’entreprife desaflié-geans eût été extraordinairement difficile 8c peut être impoffible.
- Les incommodités du fons marécageux.
- i. La dépance de les fortifier eft incroyalle. car premièrement il les faut pi. îotter , ou les affiirer d’ouvrages de maçonnerie , autrement les rampars élevés au deflus s’afFaifTeroient ; 8c puis, toute la terre necefiâire à la ftru-«fture doit être tranfportée d’ailleurs. De ce pilottage, abfolument nécef-faire 8c inévitable en un terroir marécageux, 8c defon travail 8c dépance, nous avons amplement difeouru en autre endroit.il feroitfuperflu d’en dire davantage , étant le pilottage une chofe vulgaire 8c conuë de tout le monde : 8c quant à la dépance,ceux qui habitent les marais profons 8c mo-vans la fçavcnt afies par expériance;pourcequieft deceuxquifonten lieux fermes 8c fées, ils ne daigneroient pas feulement prandre la pêne de s’en informer.J’ajoûte néanmoins,que fi la prémiére ftrudure en lieux ma-, récageux eft fomptueufe , fa confervation l’efi: encore plus en la fuccef-fion du temps. En lafuperle ville d'Amfierdam, l’entreprife de tant de tours, de tant de Tamples 8c de tant de nobles maifons particulières, n’a pas été comme celle de fon vafte 8c puifiàntrampar ;on apû mettre à ces autres ouvrages par l’entremife du pilottage une dernière main, non pas à celui-ci *. car à mefurc que l’on éléve'le rampar, il s’afFaife tousjours 8c s’éboule dans les marais, c’eft auffi un ouvrage continuel à cette grande ville, que îa réparation de fôn rampar. mêmement la terre trop précieufe en cét en-Ses incom- ^roit » ne **e tire Pas campagne des environs, pour cét efFét ; on la pui-woditês. fe dans le fofie avec des filéts 8c desfceaux, (8c le fofFé fe creufe toujours davantage par ce moyen ) puis fur la lifiére du rampar même on expofe cette boue au foleil pour la fécher, 8c en fuitte elle cfi: entafiee 8c appropriée à fon ufage. Cette dépance 8c ce travail fe continue tous les ans, de-forte que l’on pourroit, de ce qu’il en coûte, fortifier autant de villes de bons rampars. Ainfi, on peut dire que cette fomptueufe ville, en produira, ou plutôt en avortera, tout autant d’autres, comme elle durera d’années.
- 2. Les
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- 2. Les lieux marécageux font d'ordinaire contagieux & malfains : àraifon de la corruption des eaux & de l’air : on en voit par tout les éxamples, & nos foldas le fçavent allés, qui ont en horreur d’être envoyés en garnifon en ces forts des marches de Flandres & de Zélande, où le plus fouvent ils pé-riflent de la contagion de l’air.
- 3, llefl aifê de boucheries entrées & les iffuës de la vide, par le moyeu de petis fors ajjisfur les détrois des marécages : ainfi cette fi grande commodité d’aflïé-te,fe convertit en notable incommodité. A Mantouë puiflànte ville de Lombardie , trois Redouttes aux embouchures du marais qui l’environne, avéc peu de foldas pour les deffàndre, la peuvent réduire à l’extrémité. Il n’en faudroit pas davantage pour prandre Stralfundde Poméranie, fi celui qui l’afliégeroitla pouvoit fermer du côté de la mer.
- IV. Les avantages d’une situation sur Mer OU SUR UNE RiVIE'RL
- 1. Le coté de la mer ou de la rivière peut être quelque fois fortifié avéc moms de âépance: le Havre de Grâce, Toulon, S. Mah, la Rochelle, en fon temps, Hcr-dermk de Gueldres, Vére de Zélande, 8c piufieurs autres villes maritimes, n’ont qu’un mur de pierre ou de brique allés foible du côté de la mer, encore que du côté de la terre elles foient tres-fbrtifiées. Amflerdam aflis je ne fçay fi c’eft fur mer, ou lur une rivière, n’ell point fortifié en toute letandue de fon plus grand côté n ayant rien à craindre de cét endroit : quant au flus de la mer elle le reçoit dans les canaux préparés pour cét effet, dont il i en a deux pénétrans en la ville même jufques au marché neuf 8c au vieil marché ; fi la rivière s’enfle elle fe décharge dans les caves des habitans ; fi elle fe desborde davantage on a des digues & des éclufes pour l’arrêter. Mais au relie, il i a piufieurs autres villes légèrement fortifiées, fur leur côté qui ell le long de la rivière ; Rouen, fur la Séné , Orléans, fur la Loire; Bourdeaux, fur la Garonne ; Lion 9 fur Rêne ; Maflriftfur la Meufe ; Emeric, Cologne , furie Rhin ; Ingolftad ffur le Danube ; Hambourg fur îElbe ; Cuflrin, fur ÎOder.
- 2. Une petite garnifon i fuffit : pareeque le côté delà mer ne peut être af-failli 8c fa commodité lui peut toujours fournir de nouveaux fecours en cas de befoin ; Au mémorable fiége d’Oftandequi dura trois ans, on changea piufieurs fois la garnifon.
- 3. On i peut conduire lesrafraichiffemens nécej]aires de munitions 8§ de vivres commodément & h peu de frais. Amflerdam feul prêta le collét 8c triompha de fon formidable ennemi entrédans le Velau; Soutenant d’hommes 8c d’argent 8c de toutes provifions néceflàires , toutes les autres villes après .la perte d’Amerffort (*) , avéc heureuxfuccés 8cincroyable diligence: àfeavoir, Utrecht, Mude , Narden, Hardermk , (b) EÏburg, Campen, Hattem,
- Zz 2 &c:
- (4) 16Z9. (fi) ^ipres avoir confident les chofes dont ils Avaient befoin, ils envoyèrent au Sénat de cet te ville tres.puijfante, four en être afiftis. (fêla n’étoitpas fans difficulté, pu» que lt Sénat ne pouvoit'a propos dégarnir la ville , magnifique de venté, mais enfin, ce n’efi qu'une ville. DéjaVtrecht, Narden, Harderrvik.» Elbourg, avoient été fecourus; après en avoir afiiflé piufieurs , il n’ étoit pas poffible de fujfire atout, ils avoient aujft l’ennemi a craindre-, & puijfant ennemi , puisque citait le même néanmoins, &c. Item. Ceux d’^îmfierdam entre tous les autres pourveûrent au fecours de leurs pays d’une tressante difpofitimj’un courage iy d'une magnifiante digne de leurs ricbejjès&c. Heinf.en l’hift, du fiége de Bofleduc liv. x i.
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- &c : Ceux deHattem^ éprouvèrentfa libéralité extremêment a point : les coureurs ennemis et oient déjà aux portes de la ville, {f) nu and ils receûrent nombre de canons , delà poudre, des moufquéts & un navire entier chargé de bouléts, de balles
- de mèches ,par la diligence & bonté fingulière des Bourgmaijlres dAmflerdam. (b) Voyés ce que Borrius en a laifïe par écrit à la mémoire de la pofterité, en fa defeription de Bojleduc , feuill. 2,83. de mon édition 8c ailleurs; à la grande louange du Sénat 8c du peuple d'Amflerdam, confervateur, 8c protecteur delà liberté de Hattem, & de toutes les villes qui font fur 1’Ifïèl. mais elles neûfîènt jamais été fecourues fi à propos, fans la commodité de la mer ou des rivières navigables, lé long desquelles, elles font fituées.
- 4 Parle moyen du fleuve, retenu en des digues & des éclufes, on pourra inonder la campagne des environs, au grand préjudice des afliégeans. Fleflingue qui n’avoit été premièrement fermée qu’en l’année 1496 d’un foible mur : en 157Z (c) s etoit fi fort accrue, ou en forces, ou en confidance, quelle eût bien le courage, contre l’avis d'Antoine de Bourgogne, Seigneur delà Capelle 8c de Wacken, Gouverneur de Zélande, de mettre dehors la garnifon du Monarque le plus puifîànt de toute l’Europe.Mais comment ofa t elle faire cette entreprife & la parfaire avec impunité ? le voifinage & l’avantage de la mer lui donna cette grande afïurance, que la fortune favorifa d’un bon fuccés. Car fe voyant prcfTée par mer 8c par terre des armes du roi, 8c fur tout la garnifon puifîànte de Middelbourg la tenant à l’étroit, ouvrant les écîufes & rompant les digues, elle fefepara de toute la Zélande ennemie, par le moyen de ce deluge , 8c fît en l’ancienne Hic de Walachrie une ïfle nouvelle , fortifians leur ville foible, du fecours Sc de l’affiftance invincible del’Océan. ifl)
- 5 Une telle place je peut prévaloir de forces terreflres maritimeslEn la Recette généralle des deniers communs de la Belgique confédérée, toute la Hollande contribue plus d’une moitié ; en celle de Hollande, la ville d'Amflerdam bien prés d’autant, de là fe peut comprandre, combien nos armées de terre tirent de fecours d’elle fculc:elle poflede tant de navires que toutes les mers en font prefquç toutes couvertes:elle en reçoit tous les ans en. fon port plus de trois mille , chargées de toutes les commodités du monde ancien : fans i comprandre celles des Indes Oriantales, 8c Occidan-taiesï ni celles de l’E'tat fi formidables mêmes aux roismi un nombre inom-brable de toute forte d’autres vaifleaux grans 8c petis, qui de jour à autre vont 8c reviennent de ça 8c de la d’Amflerdam,aux autres villes de la Hollande , 8l Provinces unies, c’efl la mer 8c la rivière navigable, qui font les caufesde cette merveilleufe puifîàncc. De là vous pouvés faire jugement des autres villes des Provinces unies, 8c concevoir quelle doit être la puif-fance 8c les commodités de leur union. Tellement que les Provinces confédérées font en effet, l’abrcgé de tout l’univers, le magazin du nouveau monde, le marché abondant de toutes les chofes nécefîàircs 8c defirabîcs,
- l’ar-
- (a) Le même au même lieu, (b) C’étoient alors, Jan Cornille Geelvink ; Abr aham Boom j Antoine Oetgens de V Vaveren ; André Bicker. (c) Strada li v. V11 de la guerre Belgique, (d) Emmanuel Méter. en la fufdite année, feuill. 7 z. de mon E'dition.
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- De la Fortification Irreguli ere. 369
- Farfenal de toutes les armes 8c munitions appartenantes à la guerre: le havre commun ( *) de toutes les mers : lecole des ars 8c des fciances : 8c doit • enfin tous ces avantages à la commodité defes ports. Il famble en effet que fur toutes les parties du monde, la nature ait doué la Hollande delà prérogative de la navigation & du commerce, lui ayant donné une fi commode fi-tuation, qu’elle peut en trou jours, abborder, ïAngleterre, l'E'coffe 8c la Jut-knd; en l’efpace d’une femaine tout au plus, paffèr aifément en France, Irlande > Dannemark, Suède, avec Tes grans navires chargées de toutes fortes de marchandifes;fairc le voyage d’EfpagneAfrique des ljlesfortunées,de Dant- £n ^uoi zic, âeConingsberg en 15jours : en trois femaines vifiter Az Mofcovie ,paffer la confifteie mer Baltique 8c mouiller l’ancre en Rige 8c cnRevel.-fe tranfporter en Italie 9 tfrlZif' (h) en Grèce, 8c en Turquie, 8c donner mêmejufques dans le Brêftl, en l’efpa- *£f*™*in ce d’un mois : 8c en quatrefe randre en la Hollande oriantale, fituée en l’Ifle de ces miesT Java : notable privilège, entre toutes les nations du monde refervé à nos feules provinces , par la commodité d’un fi grand nombre de fleuves navigables qu’elles poffedent, 8c d’une mer fi pléne de ports.
- 6 II faut doubles forces & double armée navale terreftre pour affliger avec fuccés une ville pofée en une telle fituation. Après un cruel fiége de 5 mois 8c 163100 coups de canon , François de Vére Gouverneur d’Oflande fut contraint d’abandonner tous les Dehors ; de demander trêves ; de feindre de fe vouloir randre ; d’envoyer otages 8c en recevoir de la part des ennemis , qui fe tenoient du tout aflûres d’en prefeire les conditions. Deux jours furent gaignés par cette feinte, pandantlefquels, trois vaiffeaux de guerre des Provinces unies , ranforcèrent la garnifon de cinq compagnies Zélandoi-fes, avéc efpérance prochaine de plus grand fecours 8c .de refraichiflèment de toute forte de munitions 8c de provifions néceffàires : ce répit, remit le courage 8c fortifia la réfolution des afliégés ; 8c rompit toute la fufdite né-gotiation. Mais comment effce,que ce Gouverneur pouvoir deviner,que le fecours lui devoit arriver juffement dans ce temps là , 8c que ni les tam-pêtes ou famblables empêchemens ne le deû fient pas retarder quelque peu au delà d’un fi court terme qu’il a voit pris, efpéroit il de pouvoir a mu-fer davantage les Efpagnols ? Il i eût fallu employer de grans artifices : ou tenir fa parolle8c fe randre en effet, avéc fa honte 8c le grand dommage de l’état, n’étoit ce pas une entreprife bien hazardeufe, que le Gouverneur fe montrât décheû de toute efpérance ? qu’en unconfoil de guerre il demeurât d’accord que tout étoit réduit à l’extremité 8c le fît croire aux autres par fcsperfuafions? demander trêves 8c les obtenir; promettre de fo
- Z z 3 ran-
- ( a) De tous ces peuples, les Hataves font les plus courageux , affes près de la rive en une IJle du Rhin. Ils vinrent autrefois d'entre tes Cattes (.ft'aÇcnclbogcn I ïîtUtiJljlî) àr par une /édition domeftique, pajférent en ces lieux, où ils font a prefant, fr font partie deC Empire Romain. L’honneur & la marque de leur ancienne focictè , fubfifie encore. Ils font libres de tributs & ne font point fujéts à l’infolance des fermiers publics. Francs de toutes charges & importions, on les tient en referve pour lefeulufage des guerres, comme les Armes, ù-le s outils de la milice. Tacit. de ni or. Germ. Il faut dire au jourdui, comme l’équipage naval de tout le monde. Les Tortugais ,les Suédois, les Vénitiens, les Maltais, & les François , en ont été puiC-lainment fecourus en leur befoin. c’eft donc l’intéreft de tous les Princes Chrétiens,de confpirei tous enfamble unanimement à la paix de la Hollande leur bonne mère; à ce que délivrée de toutes guerres étrangères & domeftl-ques, elle foit réfervèecomme l’atfenal & le magaz in des armes de des navires, néceffàires à la confervation de la paix Chrétienne,en terre & en mer . (b) Jcdirai plus: que par un bon temps ces mêmes voyages ont éteacomplis en moins de jours. Un de nos navires parti de Texél, mouilla l’ancre en Venifi en i g jours:en i'ept jours un autre fut À Lisbonne .'puis une autre en iz. aux ljles Fonttnict 5 le 3 4: jour à Peinamboue du Brézil : & dans le 4 mois en la Hollati-de Oria niait.
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- Les incom mo dites de la dite fi-t mt ion.
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- randre , donner otages de l’afTurance de fa parolle : amollir les courages des fiens,& leur faire conoître les douceurs de la paix & du reposenlefpé-rance d’un accord, tout celà,s’étoit s’embarquer en un jeu bien dangereux, mais n étoit ce point que dés le commancement du traité, il panfoitférieu-fement à fe randre. J’en laiflc le jugement aux autres. Quoi qu’il en foit, il n’i a point de difficulté, que fi l’Efpagnol affiégeant, eût été maître de la mer , & eût empéché ce feul fecours qui avoit tant tardé, encore feulement trois jours, il fe delivroit des longueurs 8c des cruel les 8c fangîantes pertes d’un fiége qui dura encore prés de trois ans, 8c qui fut tel que ni les fiéclcs pafîesn’en virent jamais un pareil, ni peut être que le famblable, ne fera point veû de la poftérité. («)
- 7. La viïïefttuée fur mer, ou fur une rivière peut être commode h la marchan-dife & aux arts, & lepeut être encore àl'agriculture.
- Les INCOMMODITES DE LA SITUATION SUSDITE.
- 1. ilri arrive pas toujours que telles vides puiffent être commodément fortifiées & n peu de frais , quelque fois leurjlrufture efl de grand coût & malaffurée .-je ne parlerai point ici de la conftru&ion des ponts 8c de tels autres ornemens prefque nécefiàires 8c dont elles fe peuvent malaifément palier, qui toutefois font de grande dépance: témoin ceux de Rouen 8c de Drefden, 8cc : je ne ferai point mantion des ouvrages que l’on efl: bien fbuvent obligé d’édifier au delà de la rivière, pour garantir la ville de ce côté là, comme U&ÿfcœ Maftritt ; le fort de <£Ulptfcl) proche de Cologne ; les fortifications delà rive du Danuhe oppofée4 à lngolfîad; que le fiége moderne des Suêdoisif)a randuës célébrés :jene mettrai, di-je, point en confidération, ces ouvrages détachés , qui fuffiroient afles à fortifier les mêmes côtés s’ils étûient attachés à leurs villes, je ne parlerai maintenant que des frais quil faut faire pour fe garantir de la violance 8c de l’outrage des débordemens de la mer & des ri-- viéres , endigues, en canaux, enéclufès, en moulins, en fortespaliflàdes* 8c famblables ouvrages nécefiàires pour cét effet. Ceux qui habitent les villes maritimes fçavent combien le voifinage de l’Océan (c)efl: dangereux: 8c celles des Provinces unies à travers defquclles les grandes rivières, la Meufe , les deux branches du Rhin , l’Efcaut, & autres moindres fleuves prennent leurs cours, fçauront dire par expédance, le dommage quelles en reçoivent. Je rapporterai les ruines qu’elles en ont fouffert en une feule année. Q) Au mois de Mars, le Rhin, le Vahalflffel, la Meufe,fleuves renommés de la Belgique fe débordèrent incroyablement.ils pafférent toutes leurs digues ou les emportèrent, & fe trouvèrent enveloppés en ce pitoyable deluge grand nombre d'hommes & de bétail Le Rhinfe débordant entre Wageninge & Rhéne, emporta la porte de Wagfeninge. Delà, répandu parles campagnes de Velau, ranver-fa les murs, les baflions, les portes, les palijfades , dAmerffort, oujamais cefleuve n avoit été veû, &fit aux habit ans un notable dommage. Et d'autant quen tous
- ces
- 00 Flamin g au fiége d’Ofîandefeuill. 16$ & 177. &fuivansdemonédit. {b) Page, (c) Ilia peu, que la met emporta une gt ande tour, a Vire, en Lé lamie. (d) Rheidan liv. XI J. de fes Annales feuill. 313 de l’édition Latine»-
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- De la Fortification Irreguliere. 371 css lieux la terre rieftpoint lalourée, ri étant propre quàfaire des turves, ce ravage entraîna quant & foi les monceaux entaffés de cette matière taillée & toute préparée , que le dommage en fût eftimé au feulterritoire d'Ameffort ,jufques à la fomme de quatrecens miUefrancs. Le même fleuve débordé affés prés de Vefel,abbatit pref que tout le ramp ar® tous le s bâfrions de Dote corn. A Zutphen & à Deventer, lorf-que les eauxfe retirèrent, les Bâfrions, quoiquepuiffans, les fuivirent auffi. En ce même temps il i eût d'autres lieux affligés de ces ravages , entre le s autres Nuremberg, Dantzig, Strasbourg @ Brème. Je n ajouterai autre chofe finon, qu’il i a quelquefois plus de frais à faire & plus de dommage,à maintenir un tel coté de ville en fon enceinte, qu’il n’i a bicnfouvent en tout le reftc de l’cn-ccintc, quelque fpatieufe & ambitieufe quelle puiflè être. C’eft ce qui contredit au premier avantage cideiïus remarqué.
- v. il ne faut point douter que l'ennemi ri employé le plusfort de fes troupes à lendroit qui lui fera le plus ouvert, (fffans i employer grande force d hommes, avec peu de bateaux de pontons fermera la rivière, empêchera que la garni fon ne reçoive de ce côté là aucun fecours de vivres ni d’homme s. La raifon eft toute pareille du fécond avantage de cette fituation, &de la troifiêmcau terroir marécageux : car en efFét c’eft tout le même fi c’eft un fleuve, ou fi c’eft un marais qui tienne l’ennemi écarté de la ville, & qui la garantiflè de l’af faut ; partant il nous fera permis d’employer ici, un éxample que nous emprunterons de l’autre. Les nôtres arrivans devant Bofleduc, (dit l’hiftorien («) pour i mettre le fiége , rien ne les étonna davantage, que la face du lieu. On ne voioittout autour autre chofe qu'une large campagne de au. Du milieu defquelle s s'élevaient des rampars & des tours comme du fe ïn d'une vafle mer . en forme d'un navire , qui de loin mét une différante en toute cette longue large étanduë : il ne fambloit pas qû'on enpeût approcher autrement que par bateaux. Notre Prince d'Orange , diftribua fes troupes autour de cette ville en fix quartiers; Engel, Orth , Hintum , Dong , Douter & le fien qu'il retint à Vucht-, les autres étoient fous le commandement des Comtes de Solm, Wilhelm & Ernefl de Naffam, du Baron de Brederode & du Collonel Pins. Toute la circonvallation étoit de quarante mille & trois pas en dehors ; en dedans de vint fix mille cinq cens. Il eftoit néceflâire de pourvoir à toute cette enceinte, & de pofer fantinelles & cors de garde en tous ces quartiers, contre un double ennemi ;& toutefois le Prince retint en fon quartier plus de la moi-tiédefes troupes, auflî avoit il, en fage Capitaine, aflis fon camp, au feul endroit, qui étoit favorable à fes travaux d’attaque, tout le refte autour de la ville étant deftandu fufîifamment par les marais. Car du côté de la porte de Vucht, (au raport de l’hiftorien (b)) ilia un cheminfée, large de trantepiés.c'é-toit en cét endroit que l’afîiégeant avoit réfolu de faire fon plus grand effort. il eft bien vrai qu Ernefl Caftmir gouverneur de Frifefut commandé de s'approcher du côté de Hintum : & Brêderode eût ordre dattaquer le fort de Pettel\ mais ce fut plutôt pour diftraire & pour feparer les forces de la garnifon, que pour autre efpérance. Pareillement des quartiers de Orth & de Deuter,
- tout
- (*) Heinf, en fon hift. du liège Bofleduc. (f) Keipf. su liege deSofled. feuill. 21. 23 & 40, du i.livie.
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- tour ce qui fe faifoit d’approches étoit plutôt pour amufer la garnifon, que pour opinion qu’on eût de réüffir de ces côtés là : le Prince feul avançoit avec fruit 8c efpérance de bon fuccés, auffi avoit il avec foi les plus grandes 8c les meilleures trouppes. Hermanus Hugo (*)nous fervira d’un autre éx-ample. Jlefl vrai, dit il, que Bréda efi fitaée comme en un théâtre de villes alliées , juflement au milieu, en forte que, de quelque cote que le vent tourne elle peut être fecouruë de quelque endroit, h raifon delà diverfité da fié te defdites villes & de leurs ports : il ne falloitpas toutefois que ceux deBrédâfetinfîentfi fort allurés de leur fait comme ils firent : 8c fe montrèrent fort malhabiles, d‘avoir manqué hfe pourvoir de vivres pour un long temps fÉ d'avoir refufè d'acheter cent bœufs & deux bateaux chargés de fromages, & de n auoir fceû faire leur profit de ces commodités, car toutes voitures qui fe font par eau, font fujettes à trop de hazars , 8c ne dépandent nullement d’aucune diligence ou prévoyance humaine : 8c ne faut point douter que l’afliégeant quifçaura conduire fon entreprife , n’efiàye fur tout 8c dés le point de la première occafion, de fermer le pafïàge de la rivière. Au premier jour dufiège (f)Paul Bâillon,fur-prit douze gros navires marchansque Ion conduifoit h Bréda, chargées de vivres de toutes fortes de commodités , & s'en randit maître parle moyen de quelques bateaux : Préfage ajfurê de viéloire, & que cette vide commàncoit déjà de rantrer en îobéiffance du Roi ,par la prife de ces vaiffeaux marchans , qui autrefois lui fût ra vie, par une rufe prattiquée au moyen d!unfamblable vaiffeau. L’ouvrage effroyable de la digue oppofée contre le port delà Rochelle, par le Roy Louis XIII, montre que rien n’eft impofîible à un grand courage 8c à une ferme réfolution. Cette Rochelle au trefois invincible 8c maintenant vaincue, plutôt par rufe 8c par famine, qu’à force d’armes, doit être en éxample à toutes les autres, de ce qu’elles doivent juflement craindre, étans dépourvues des commoditésnécefTairespourfoûtenirunfiége, ou foûmifes à la conduite de gouverneurs malavifés. Celleci par une libéralité indiferette, avoit fait part de fes provifions aux Anglois fes alliés , fans panfer autrement à l’avenir : eflimant qu’un fi large port 8c fi ou vert,ne manquerait jamais à leur fournir leschofès néceflàires -, 8c cepandant la voila périe de mi-férable faim: aux yeux de l’Anglois 8c en dépit de lui 8c de toute la pêne qu’il a prife de lui randre le change d’une courtoifie exercée mal à propos, contre tout ordre 8c toute raifon.
- 3. La rivière par laquelle la ville peut être commodément pourveuë de fes nèceffi-tês, communiquera le même avantage au camp de l'ennemi. Les commodités de ces fleuves font ambiguës 8c douteufes, en l’une 8c en l’autre fortune,également favorables tant à ceux qui affiégent, qu’aux affiégés, ce que les deux partis contraires qui fe font aujourdhuila guerre fur ie théâtre de nos provinces, ont reconu par une infinité d’expérianccs. Je ne m’arrêterai point ici à parler de Bergopzom, d’Oflande 8c de pîufieurs autres, qui ont témoigné beaucoup découragé 8cd’induflrie àfe fçavoir defFandre :mon difeours nefera que des places qui ont été puifiàmment 8c ingénieufement attaquées, à quoi leséxamples des trois puifîàntes & fortes villes de Bofie-
- duc,
- (a) Lefiége de Bréda feuill. i. iz & r$. de mon E'dition, (£) Le même feuill. 2+.’
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- duc , de Maflriél 8c de Brcda me fuffiront allés. La première occupa nôtre valurent Prince, prés de cinq mois. A fe randre maître de la fécondé il employa deux mois 8c demi: la demi ère fut prife en deux mois. Il i eût au camp de ces trois villes alliégécs, fi grande abondance de tontes choies,' non feulement desnéceflâires, mais aulîi de celles qui fervent à la friaridife 8c au luxe, que malaifémcnt les eût on recouvrées à fi bon conte, en aucune des meilleures villes des Provinces unies. D’où provenoit cette abon-dancequedcla liberté des fleuves navigables,par le moyen defquels,i abor-doientdc tous côtés , un fi grand nombre de vivandiers, 8c dqpiarchans de toutes' fortes de marchandées, qu il i en avoit même au delà de la fuffi-fance : Et d’autant que dés leur entrée en l’enceinte du camp,elles font franches de tous impôts, c’efl ce qui attiroit auflî les marchans de toutes pars, 8c ce qui leur donnoit encore la faculté de les débiter à vil prix. Au contraire , nous avons depuis peu aflïégé Louvain en Brabant, ville d’écoliers 8c de lettres, 8c par conféquent mal inflruite aux exercices de la guerre, avec mauvais fuccés.Nous i avions affts nôtre camp compofé de vieilles bandes, vi&orieufcs de tant de villes prifes, fraîchement retournées des ruines, 8c de l’cmbrafcmcnt de Bofleduc 8c de Maftrid 8c de tant d’autres : auxquelles s etoient jointes les trouppes Françoifes plénes de vaillans hommes 8c en grand nombre qui combattoient fous nos aufpices: 8c le Général de toute cette grande armée, n’étoit pas un novice, ou un appranti, cécoit celui là même à qui le ciel femble avoir deftiné entre fes explois militaires cette prérogative de valeur finguliére , que nul autre ne fçait prandre les villes, comme lui , c’efl: notre généreux Frédéric tianri Prince ctOrange. Et toutefois cette grande entreprife, demeura vaine 8c fanseffét 8c à pêne que je ne dife ridicule. La garnifon,n’i éroit point plus forte quà Maftriâ : 8c fi je ne me trompe, elle étoitcommandée par Grobendonk, aulîi accoutumé à perdre les villes, témoin Bofleduc, que notre Général aies emporter. En fituatioii, elle n’étoit point comparable à Bofleduc ; ni en Fortification d’art 8c d’ouvrages de main d’homme, pareille à Bréda ; 8c toutefois à pêne lavions nous faluée, quelle nous ranvoya pour fins de non recevoir, dépouillés de tous les ornemens de notre gloire 8c de nos triomphes, ruinés, rompus, demi-vaincus, non par l’effort des armes ennemies, mais de male rage de faim: qui nous donnoit à pêne la liberté de fubfifter devant Louvain autant de jours, que nous Fûmes de môis devant Bofleduc .* deftitués de fleuves navigables,ouplutôt les ayant de nous mêmes abandonnés d’autant plus que nous nous avançâmes dans le Brabant: or c’efl: la feule voye que nous avons acoûtumée pour accommoder notre camp de vivres 8c autres provifions néceflàircs. Ainfi Grobbendonk fut affés heureux pour ne tomber pas une fécondé fois en notre puiflànce:en cela plus favorifé de la fortune que Fordin, deux fois contraint de changer de place par l’effort de nos armes viéîorieufcs , premièrement au fort de Skenk 8c puis à Bréda Quanta nous autres,nous abandonâmes notre entreprife de Brabant d’autant plus vite, que Picolomini avéc fes Croates aîlés, nous fuivoit en queue,
- Âaa bien
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- bien réfoluMe nous ôter entièrement les vivres 8c d’embarafier notre retour de nouvelles difficultés : nous fîmes fagement à mon avis, car la faim cfl le plus invincible de tous les maux.
- 4. Depuis quune fois l'ennemi fe fera randu maître des digues, des éclufes & des retenues qui maitrifent le cours de la rivière il luijera aifé de faire des levées qui mettent toute la vïUe en eau s ou de la part quelle aura été inondée Ja tenir enfu-jétion par le moyen de quelques compagnies, féparant le refle de fe s troupe s h fort Trois villes avantage ,pour faire fes ejfors d'un autre coté. Entre plufieurs examples qui fè furrivie- p0urroienyrapporter ici, je me contenterai de ces trois.
- La f ère en Henri Yv Roi de France, affiégeant la ville de la F ère en Picardie, affize
- fur les confluans des rivières d’Oyfe 8c du Ser, la voit ainfi noyée jufques à la hauteur de trois piés,8c réduifoit lesEfpagnols qui étoient dedans à toute extrémité,finon que les levées le trouvèrent trop foibles pour réfifler à la force de l’eau: auffi le roi qui reconnût par cette épreuve que les François qui habitent par tout une terre féche Scfolide font moins entandus en la ftrudure de ces ouvrages, en de famblables occalions avoit acoutûmé depuis , d’en mander de Hollande, 8c les payoit bien, tant i a, que ce defFaut des digues crevées obligea le roi à un long fiége de fcpt mois, jufques à ce que prelfés de famine, ils fe rendirent à compofition. Les François néanmoins ne laifîerent pas cepandant de faire des courfes au pays ennemi 8c de porter le feu 8de carnage au milieu du Comté de Hainau, ayant laifTé quelques parties de leurs troupes, devant la ville fubmergée (*).Je dirai ceci en pafîànt, que le recouvrement de cette place, fût depuis chèrement acheté par les François, quand les Efpagnols prirent en échange Ardres 8c Calais , avantagcufoment pour eux en ce temps là que la paix leur étoit grandement néceflàire.
- Mais que dirons nous dumiférable fiége de Brunfvik} Il ne le trouve point que. les hiftoires anciennes ayentrienconfigné de famblable à la poftérité. J’ai dit, que l’avantage des rivières efl douteux 8c double 8c que bien fou-vent il fe rand coupable de trahifon : c’eft le crime dont notre Brunfmk va zrtmfwik, rendre fon Onacre atteint 8c convaincu. Mon dcflcîn n’eft pas de lui rien dérober de fàjufte louange, ni de faire ce tort à la fertilité delà campagne* dès environs que de la pafler fous filance : je dirai donc, que l’un 8c l’autre avoient procuré à la ville une telle abondance de toutes chofes nécefiai-res, quepandantle fiége qui dura cinq mois, au rapport de Borrius, 0 le boiflèau de fegle ne s’i vandoit que trois talers : la livre de fromage un fou 8c demi ; celle de beurre quatre fous monnoye de Hollande, fuivant laquelle le taler vaut trante fous,dont les 50 font la Ricfdaler.Quant aux munitions de guerre, ilfe trouva que les citoyens n’a voient non plus manqué de prévoyance en cette partie : les magazins en étoient fi ramplis, qu’il i en avoit non feulement pour la néceffité,mais encore pour la parade 8c l’o-flantation. Il i avoit fur les râmpars, une fi grande quantité de canon de
- tOU-
- fa) Emmanuel Meteran au XVIII liv.ie fes comment.de la gu erre Belgique feuill. 3 6S verfo de mon édition. De Serres Henri IV. iîsfi.Reidanliv.XIII de fes Ann. f. 48 z. (J>) Liv. I. de la e partie des Croniques de
- Carion, fous l’Empereur Rodolfe,
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- De la Fortification ïrreguliere. 375 toutes les fortes , qu’ils ne fambloient pas i être rangés, mais entaiïës. Mais cette ambition leur fut alors bien chèrement vandue, quand l'ennemi ayant furpris un baftion, il jetta fur la ville en une nuit, plus de deux cens boulléts fondus en des mortiers rouges,deforteque les habitans furent contrains d’efïuyer 8c d’étaindre l’orage 8c la fureur de leur artillerie convertie parce moyen à leur propre dommage. Cette ville efl: bien fortifiée; car elle a un double rampar 8c un double foffe très-profond, mêmement triple en quelques endrois, 8c par tout rampli d’eau, fi puifiammant fortifiée, elle a de plus, cinq marchés, cinq Palais, cinq compagnies de Magi-llrâs , 8c un grand peuple, deforte qu’une fois fût faite une fortie de fix mille habitans vers le quartier du Roi de D arme mark, qui étoit de cette en-treprife ; 8c fuivirent leur pointe fi vigoureufement, qu’ils pafférent outre & firent grand carnage des ennemis, 8c peu s’en fallût que le Roi même n’i fût pris & tué (*). à celà vous pouvés juger de la valeur 8c du courage de ceux de Brunfvvik en ce temps là, 8c de quelle ardeur ils étoient portés à la défiance de leur liberté ; de ce que ayant une fois perdu leur premier rampar par rufede guerre, non feulement il fe montrèrent afles puiflàns pour bien defFandre le fécond; mais encore chaflerent du premier l’ennemi qui à tous momens étoit rafraichi de nouveau fccours de l’arme'e qui le foute-noit par derrière ; 8c ainfi fe remirent en la pléne pofièffion de leur ville déjà à demi prifè , prirent deux cens de leurs ennemis prifonniers, en tuèrent quatorze cens(é).celà foit dit afin que çeu%d‘Anvers ne s'imaginent pas que leur courage foit fans éxample.
- Mais tous ces avantages ne la pouvoient pas garantir de la trahifon, de ce fleuve perfide quelle reçoit en [es propres flanqs ; car les ennemis défefpérés de tant de hontes 8c de tant de perces, cummancérent de prefïèr la ville dé plus prés ; Et dautant qu’ils avoient éprouvé la puiflànte 8c vigoureufe def-fance des citoyens , 8c qu’une fi belle efpérance leur avoit échappé de la main avec tant de dommage 8c de confufion, ils fe propoférent des moyens d’attaque plus allurés, 8c panférent de recourir aux artifices^ au raies. ce fut que le fleuve d’Onacre paflânt au travers delà ville, ilsfe rèfo-lurent de^iire une digue pour le rebroufîèr en dedans 8c la fubmerger toute entière par ce moyen. L’événement correfpôndoit àcette cruelle 8c barbare intantion, fi Dieu pour cette fois n’eût eu pitié de ce pauvre peuple afliégé, rompant la digue 8c remettant le fleuve en fon lit ordinaire 8c naturel. Cette prémiére digue avoit en fa baze 60 piés 8c 2 5 en fon fom-méf.mais depuis en la réparant on la fit beaucoup plusmaflive 8c plus forte : en forteque l’ouvrage fb trouva tout parfait 8c accompli, le 13 May 1606. les trois premiersjours enfuivans, cette retantion du cours de la rivière l’avoit enflée de telle façon, que tout étoit plein dans la ville, lesca-.yes, lés puis ,les cifternes, les boutiques, les celiers, les greniers, les ma-gazins : tout étoit noyé perdu 8ccorrumpu : en toutes les fournaifès des brafieries', en tous les fours des boulengers le feu étoit éteint : L’eau flot-
- Aaa 2 toit
- (*) zsDecemb. isojr.BornusauIliv. des Chron.de Car. fous Rodolfe. (£) Le même au même lieu.-
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- Èrunpovik toit en toutes les rues, en tous les Tamples, en tous les Palais ; enfin le de. iUge croifïânt toujours , les marchés fe trouvèrent noyés de plus que la hauteur d’un homme,8c enfamble toutes les provifions néceflàires à la con. fervation de la vie humaine. Ces pauvres citoyens affligés, avoient perdu en ce ravage toute la terre de leur miférable patrie, libre pourtant & toujours perfiftant en la même vigueur de fajufte défiance : bien qu’ils fe vif* fent condânés chés eux à une étrange manière d’exil, chafFés des lieux les plus commodes de leurs maifons, 8c contrains de fe réfugier aux greniers 8c aux combles. Et ce qui randoit encore ces vaillans hommes plus dignes de pitié entre tous ceux qui furent jamais afflégés, il falloit néceflàirement 8c lâchement périr,prefque fans ennemi : car celui qui étoit devant la ville, injurieux 8c infolent fpedateur de leurs miféres,étoit en aflùrance,fans travail 8c fans pêne,fans crainte 8c fansdanger: en cette déplorable condition, ces braves deflanfeurs de leur liberté, fe voyoient condânés à la mort, ils périflbient de faim 8c de foif, au milieu de l’abondance même, ni ayant plus, ni moulin, ni four, ni boutique, qui pût fervir a la préparation des chofes néceflàires. chaque chef d’hôtél avéc fa famille, fèparé de fes autres voifins, par les eaux épanduës tout à l’entour de lui, fe voyoit comme particuliérement afliégé 8c fa ruine prefque toute aflurée * dans l’enceinte de fon propre logis ; dont il a voit déjà quittéle bas à la merci des ondes, pour fefauver aux plus hauts étages fans cfpérance toutefois, ni appa-rance de falut, car en ce lieu de fon dernier refuge il ne pouvoit attandre que d’être accablé par le débris 8c lacheûte de fa maifon, ou que la cruë des eaux qui s’élevoient toujours, ne l’entrainât en fes abymes. c’étoit fait de cette ville défolée, 8c fût tombée fous le pouvoir de fes ennemis, enfe-velie en ce déluge, deftitucc de toute défiance 8c vuide de tous fes habi-tans : n’eût été que fur le point même qu’il ni avoitplus deconfeilnt d’apparance de reflource félon ies hommes ; la puiflance de Dieu i eût travaillé , ranverfànt cette effroyable digue, 8c diflipant tout ce ravage en Si miracu- moins de deux petites heures, ce fut à io heures du fbir,le 17 jour de Mars: tiiïwéT & avant Lut jour au lendemain, les affiégeans avoient plié bagage, re-
- mettans le foin à ceux de la ville de démolir leur camp, 8c d’abbatre 23 forts dont il étoit fortifié. (4) *
- Refte maintenant de produire Woïfemlutel pour le dernier éxample, depuis peu vainement afliégée par quatre ou cinq armées alliées enfamble* {de Lunehourg, de Hejfe, de Weimar, & celle des François joins aux Suédois)presque étouffée en fes propres marais i 8c fi fort déchirée 8c délabrée,du ravage des eaux, que fon rampar de terre à pêne étoit capable de fupporter la garnifon, 8c fambloit à toute heure qu’il fedeût écouler en limon : il feroit fiiperflu d’en étandre plus au long la defeription î puifque nous venons de randre l’Onacre fuffifamment atteint 8c convaincu de perfidie :c’eft allés de toucher en paflànt ce fiége de Wolfemlutelfecourue pour cette fois par /’Empereur, comme un autrefois lui même avoit mis le fiége devant.
- 4. Si
- (a) Emmanuel Met. U X X V11. feuüJ. $47. Somus fcnill * 66 de mon édition en l’année 1606,
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- 4. Si Vaffligeant, détournant le cours de la rivière de fin Ut ordinaire, ne trouve i„ctmmù. pas qu'il foït h propos denfubmerger la viUe, il pourra le conduire tout autour de^fijJ6 la fin camp, p our en exclurre l'ennemi du dehors, qui le voudroit contraindre h lever faTrZre. le fiége. Nous avons remarqué fur la dernière incommodité,du terroir précédant , que le Prince d’Orange en ufa ainfi au fiége de Bréda.
- Le même Prince, au deffein quil eût 8c qu’il exécuta prenant Bofleduc, ne voulût pas i employer la force des eaux, mais celle du feu ; ni la noyer par le fecours de fes trois fleuves, mais la faire fauter en l’air par l’effort des mines: ni l’avoir par famine, mais la prandre par induflrie d’Archite&u-re 8c par force d’armes : ce fût pourquoi, iloppofa des digues, dun côté, contre le cours dufleuve Aa, (vers le quartier d’Ernefl ,)& de l'autrepart contre lé Dommel, (devers fon quartier eût des eau fes importantes de ce deffein. La
- plus preffante fût, afin que l'eau qui fe trouVoit comprife en l'enceinte du Camp né fût contraire netraverfât les approches: il vouloit auffifaire en forte quelle fe répandit au plus loin, aux environs hors de fon quartier & de celui du Comte Ernefl9 c’eft à dire tout à l’entour du camp ; car ces deux quartiers, celui du Prince 8c celui du Comte Ernefl étoient oppofés l’un à l’autre, de plein diamètre.
- La levée qui détournoit le cours du Dommel, outre fa garde néceffaire, étoit toujours accompagnée de pontons & autres bateaux j & la raifon dune fiforte garde* c étoit de crainte, que fi l'ennemi, ou la force de l'eau vernit h la rompre, lacommur nicaiion vers le quartier du Prince n'en fut empêchée 1 ou nos approches interrompues , ce qui eût retardé, ou incommodél'entreprifi : on vouloit auffi que toute ïen~ ceinte fut libre (ÿ que les quartiers fêparés ca la peuffent communiquer enfam-lie & s'entre fecourir :&fur tout qu'ils ne fuffentpas expofés, ainfi à part, aux finies de ceux delà ville, mais que le Prince, qui avoit aVéc foi la meilleure partie de l’armée eut toujours le moyen de les affifler aifément. On détourna de même le fleuve Aa du côté d Ernefl, & pour les mêmes caufeS. De telle façon, que tout le Campfe trouvoït compris entre les bras de ces deux fleuves. (a)
- 5. Je dis enfin ff) que les villesfituées fur mer oufuries rivières ne font pasfeu-pment fujettes aux affaus de leurs voifins, mais auffipeuvent être furprifespar. leurs ennemis éloignés , au moyen delàpromtitude f§ commodité despaffagesdè mer : foit qu’ils i fbient appelés pas des traîtres, ou qu’ils nous prennent à dépourvû, il leur fera aifé de recevoir fecours de toutes pars, avéc affurance 8c de fe maintenir en la pofîèffion de leur conquête. Nous avons ici l’éx-ample de Calais , (c) autrefois fi pernicieux à la France, dont les habitans. apres un fiége de trois années, furent contrains de fe remettre à la diferé-tion de leur ennemi, Edouard le grand Roi d’Angleterre, extrémément irrité contre eux 8c qui s’étoit obligé par ferment de les traiter fans miféri-corde à caufe de leur opiniâtretéice fut en l’an 1347 qu’ils furent touschaf-
- Aaa 3 fés
- (4) Heinf. âu 1.1. de l’hift. du fiége de Bofleduc, feuil. 37- de mon édit; lés Barbares mêmes nous ont enfeignéi te qui fe doit craindre d’une rivière, qui pafle au travers d’une ville. Soliman, affiegeant Vienne 152s, empoiion-ha toutes les fontaines & les ruifleaux , qui entrent en la ville. Ortel. en fa Chronique de Hongrie, rpartie, feuill. 31 de l’édition Flamande. Cent ans après en 1629 Mataran roi de Java, affiégeahtla meilleure de nos for-terefTes Oriantales, Batavie dont les quatre baftions font nommés, Diamant, Pyrope, Perle, Sapphir : voyant le peu de progtés qu'il faifoit par la voye des armes, elfaya d’arrêter le cours de la rivière, par le moyen d’une pâlit fade, au dedans de laquelle il fit jetter quantité de charognes d’hommes & de chevaux, a fin que cette eau corrompue remontant vers la ville, i engendrât la contagion, les affiègés furent contrains de creufèr des puis avée grand pêne, le fiége de laHoll; Oriant; (c) de Serres en Philippe de Valois 13 47,feuil. 663 démon éditions
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- fés 8c une nouvelle colonie d’Anglois mife en leur place par le Vidorieux* qui s étant bien fortifié du côté de la terre & l’ayant ainfi comme féparée de fon continent ; l’attacha d’autre part à l’Angleterre par le moyen de fcs vaiffeaux, 8c la lui randit prefque héréditaire ; fes fucceffeurs en ayant confier vé la poflèflion C C XI ans, (l’Empire des Perfes n’en avoit duré que C X X X jufques à là conquête d’Aléxandre)enfin les François i rantrérent en l’an 1558 8c réunirent ce mambre néceflâire à fon cors ancien, parle droit des armes, contre lequel nulleprefcription de poflèflion immémoriale ne peutfuffire.
- Si cét éxample famble furanné, j’en produirai qui fieront déplus fraîche datte, 8c de notre âge.
- Nous autres Hollândois Europeans, avons aquis par le fecours de nos ta milan- navires, des villes maritimes en l'autre monde 8c enl’Ocean même, ou jamais hewxin- nous n eûflions abbordépar terre, 8c par ce moyen nous avons fondé une (ies‘ nouvelle Hollande, en Fille de Java de l’Inde Oriantale. En l'Amérique,nous avons pris Olinde capitale de Pernambouc ; ainfi nous partageons le Monde, d un côtéavéc les Portugais, 8c de l’autre avec les Cafiillans.
- Rige de u- Mais ces éxamples font encore trop éloignés : il nous faut aprocher da*
- Ya™vd?' vantage, 8c confidérer, Rige de Livonie , Pïîlau de Prujfe, Stralfundde Pomé-’snSfund ra;7^autant villes autant de bûchers 8c de torches ardantes de leurs pro* de Pomérœ- vinces, mais attandu que les play es font encore reçantes8c que les au-me' teurs de tant de miféres font encore vivans, je m’en remets à ce qu’en dira 8c en jugera,la jufte 8c véritable poftérité. J’ajouterai feulement un éxam-pîe, receuilli du théâtre de notre Europe. Ce puiffant Roi d’Efpagne Philippe I /,Dominateur en Afie 8c en Afrique, 8c en tant de Royaumes de notre Europe, foufrit une efeornehonteufe, accompagnée d’un dommage inefti-mable, mais par quel ennemi?la Rêne d’Angleterre paflà la merpourlui attacher cét affront fur le vifage. C’eft à cette fois que nous ranvoyonsà l'ki-florien du ftége de Bréda, la rancontre quil fit autrefois fur ce paflâge : une femmë a fait confufion en la maifon de Nahuchodonofor. (b) ce grand roi, qui en toute fa vie,laquelle approcha de feptante ans,n avoit ni veûni apris de mémoire que depuis 80 ans, aucun ennemi étranger eut jamais mis le pié en Efpagne : qui étoit la terreur 8c le fléau de tout le monde : eût été réduit à toute extrémité, par le moyen de fa Calis ville maritime, fi les vidorieux (c) euffent été capables de fefervir des avantages de leur, vidoire. Ce ravif-feur de tous les Empires de l’Univers, devenoit la proyc, non pas d’une ai* glegênereufe, mais d’une [impie colomhe d'Angleterre. Et fi, toute la gloire de cét exploit n’appartient pas aux Anglois feulement:(fi non entant qu’ils en furent les premiers auteurs) les provinces confédérées i entrent auffi, pour une part & confédération principale de la conduite 8c de l’exécution, 8c de la dépance : Carde C L navires dont cette flotte fût compofée, (d) les Et as mis en envoyèrent X XIV, la Rêne X X feulement, quelquesparticuliers Anglois un peu
- plus de XL en affés mauvais équipage de guerre s toutes les autres qui étoient en
- ‘v nom-
- (a) Q^Çurfe H. IV- p)Herm. Hugo feuillet 123 de mon édition, (ci Reid.l. X V de fes Annales feuil.41» deléd.Lat. (d)Lemêmeliv.XIII defesAnn.f.339del’éd.Lat,
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- nombre plus de LX X ,c etoient vaijfeaux marchans, chargés des munitions nécef-faires & de quelquesfoldhs. donton devoit fefervir h terre. C’étoit toute la flotte des alliés: mais au port perfide de Calis, etoient à l’ancre, L X X V11 navires de guerre : & quelques L V I ou L V 11 autres navires marchans, chargés de riches marchandifes , cftimées, au moins, à onze millions de ducats. La ville de Cahs fût prife d’albord (a) avec perte de X XVfoldhs feulement : Les habit ans rachetèrent leurs vies pour la fomme de C X X miüe ducats, leurs biens furent expofês au pillage. X L citoyens pris en otage Renvoyés en Angleterre, i moururent du depuis en prifon : car le roi avoit fait tres-expreffes défiances que nul de leurs par ans n'eut h les racheter. Il i avoit tant en la ville qu'en la citadelle environ 1X millè hommes, IV mille capables de porteries armes, tout le refie et oit inutile a la guerre : Au même lieu étoit un Arfenal royal, & des armes pour armerfix mille hommes , quantité de mas, de cordages , & de famblables cho. fes appartenantes hla fabrique des navires.Le Comte d'Ejfex ayant pris Calis en cette manière; le pénultième de Juin, ilfe difpofoit h l'attaque des navires qui étoient à la rade du port Real, quand Pierre Herriera Alcayde ou luge de camp & quelques marchans s en vinrent à lui & le fuppliérent de trouver bon quils peuffent racheter leurs vaijfeaux & leurs marchandifes. Que dubutinpiüé par le foldat, il n'en reve-noit au public , que bien peu de profit : mais que le général touchant lui même cette rançon, ce luiferoit un avantage & notable commodité pour îéxécution de fes defi feins. C'étoit. bien comme ïentandoit le Comte d'Effex: il fût donc d'accord defe con-tanter de la cinquième partie de toute lafomme h quoife mont oient les vaijfeaux & les marchandifes , eflimês h dix millions de ducats : excepté feulement les navires Roy ailes. A pêne cét accord étoit fait, que lé feu fût mis en toute la flotte , par le commandement du Duc de Médina : Aimant mieux perdre la troifiême partie des forces navales du roi, & priver fes fujéts particuliers d'une fomme de dix millions de ducats, que de fouffrir que l'ennemi en emportât la cinquième partie, le dirai ceci Exampie de en paffant, qu'entre les navires du roi,il i avoit quatre galions extrémément grans, Calu •»
- S S. Philippe, Thomas, André & Matthieu. Chacun defquels étoit pourveû de LIV canons de cuivre, & portoitfept cens hommes. Avant la prife de la vide, les Efpa-gnols les avaient pouffé s fur la grève & i avoient mis le feu, dont Philippe & Thomas furent brûlés, Matthieu & André furent confervés. & du depuis remis en mer emmenés en Angleterre. En fuittede ces chofes, les Anglois mirent en confeil,sil étoit à propos de retenir la vide,ou de l'abandonner. Quoi que le Comte ri eûtpoint eû fur cela de particulier commandement de la Rêne, ilmontroit toutefois une grande inclination de si arrêter ; & de conferver fa conquête avec de Vére colonneldelà Cavaderie , & la noblejfe volontaire & quatre mide foldhs choifis de fes troupes, il fe voioit en lieu , fonde nature avantageux pour incommoder toute l'Efpagne:
- quilpouvait a toute heure être refraîchi de nouveaux fecours ayant la mer ; 8c qu’ayant abbatu le pont, (par le moyen duquel l’Ifle de Calis eft attachée au continent de l’Efpagne) Une pouvoit etre affligé de quelque grande armée que ce fût ,ftnon en paffant le détroit. Cepandant, que toute îEfpagne étoit ouverte aux forces navales des Anglois.Qu'il étoit encore bien a'tfe de couper de petites langues de
- ter-
- (a) Le même £.34°.
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- terre pour efpandre la mer tout autour de la viUemême & en faire une lfle,tiü mU heu de l'ifle. Que fans difficulté , le roi de Fés & de Maroc , ennemi capital de celui d’Efpagne, ne manquerait pas de le fecourir. Et difoit le Comte,fi notre entreprife fuccéde,c'efl une grande gloire que nous aurons aquife a notre Princeffe :[telle manque , quelplus honnorable tombeau, pub je fouhaïter, que d’etre enfevelifous les ruines de Cahs. (a) Mais Houvard, Admirai de la flotte Angloife icontredifoit, alléguant que cétoit faire chofe que la Rêne ti avoit point commandée, que les fe-
- cours qui viennent par mer,nefont pasfans difficultés. Ayant donc charge leurs navires du riche lutin de Calis , ils brûlèrent la ville,&fe mirent a voile le 16jour de luïïiét, avec dejfein de ravager encore s, autres ports & autres flottes du roi d’Efpagne, Mais le monde s'étonna grandement, que l’Anglob eût abandonné la conquête d'une ifle fipuiffante & de fituation fl avantageufe que celle de Calis : qu'ils avoient efpéré devoir être l'occaflon dune guerre perpétuelle contre l'Efpagne , & peut être auffii defa dernière & totale ruine. Quelle apparance, difoit on, que pour la feule efpérance de quelque butin, on de ût faire une entreprife de fi grande & fi exceffive dépance. Qu'on avoit mis en ?ner uneflotte royalle de vérité,mais que cétoit enfin, tout le fruit delà Viîloire.Ccux quifouhaitoient laprofpérité desafaires de l'Angle-terre , en comment une grande indignation : au contraire les Efpagnols reprirent courage, ® ne manquèrent pas de vanter hautement la gloire de leur nation, en ce que les Anglob, n avoient pas feulement ofé àttandrc la rancontre de leur armée. Mais en effet , toutes chofe s confidérées, quoi qu'il eût été bien plus h propos de maintenir cette conquête , qui avoit tant coûté de travaux & de hazàrs & de dépance ; ilefl vrai toutcfob que l'Efpagne en reçût une notable perte , & que lapuif-fance du roi en fut de beaucoup affoiblie, ayantperdu la troiftême partie ck fes forces de mer JJ ne autreflotte de X X X navires de guerre qui fe préparoit à Lisbonne en même temps, & qui devoïtpartir pour Calais & la petite Bretagne, contre la Flandres l'Angleterre fut comprife en cette meme calamité. Car fix cens pièces d'artillerie qui la dévoient armer, en troisfrégattes quifurent brûlées au port Réal, coudèrent à fons. Même ment F Admirale de la dite flotte , portant le nom de S. Phi-lippe , i avoit encouru la même fortune : & difoient encore les prïfonniers , quelle port oit deux millions de ducats, pour la paye de l'armée navale , & la fubvention des armées, contre les François & les Flamans. Ainfi en toute cette flotte, i comprife s lejdittestrob frégattes, chargées en fons d'artillerie, le roi d’Efpagnefit perte de plus de douze cens pièces de canon. l'Àlcayde de Calb , avonoit auffi, que par la ruine de cette flotte, la plus riche de toutes celles qui jamabétoient partiespour les Indes, le roi d Efpagne per doit ï efpérance de tout fon revenu du côté du Levant, qui fe mont oit h l'eflime de dix millions de ducat s. Mais le principal avantage de cette Vi-éloire fût en ce que, lafoilleffedes Efpagnes fut reconuë, ce quidevoit haufferle courage à tous ceux, quipouvoient être en volonté de les attaquer. En tous les lieux ou les Anglob prirent terre, ils portèrent l'épouvante & la fuitte par tout, il ni avoit, ni ordre , ni commandement pour faire réfiflance, tous ces peuples étoient inhabiles & fans expériance au fait de la guerre. Et ce roifi puiffant aux pays éloigné s, chés lui étoit fans armes & deftituè de bonne dcffance. Ces chofes exécutées en cette façon
- (a) Rcidan.Iiv. XIII de Te s Annales f.340 de l’cd. Latine en l’an. 1526,
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- De la Fortifîcat ion Irregulierè. 38! con, le Comte s êtoit refoîu etejfayer Lisbonne, Bayonne, Coronne, S. André & les Feutètrt autres ports de la côte d’Efpagne : maisfur tout, tandis qu'il avoit encore des vivres, B(ircelonne‘ il vouloit attandrele retour de la flotte, qui apport oit des Indes fept millions de ducats , ainfl que l'on difoit. Mais Bouvard ayant hâte de revoir fon pays, fit voile devers f Angleterre & laijfa le Comte : 8cc. Le pillage de Calis, n’entre point en conte,avec les dommages cideflùs exprimés: Lesmarchans dAm* flerdam , de Middelbourg 8c de Harlem, s en reliant irentaufli, i ayans fait perte de plufieurs marchandées de toilles, de foyes 8c autres, butinées parles Anglois 8c mêmement par leurs compatriotes, jufques à la fomme déplus de trois cens mille francs. (*) Mais donnons ici en paflânt une touche à la mauvaife conduite des Anglois en cette entreprife, ou plutôt à lajaloufe perfidie de ce Houvard.
- La première faute qui futcommife, à deux chefs : en ce que les Anglois. avant toute autre chofe (Calis ne leur pouvoit pas échaper) n’attaquérent pas la flotte Roy aile : mais donnèrent à leur .ennemi le temps 8c le moyen de recourre leurs hommes,qui fe fauvérent en partie en chaIouppes,une autre partie à la nâge:& encore de pouffer leur flotte fur le fahle 8c d’i mettre le feu.-8c davantage,d’enlaifier échapper X'X guYions-jarenmême temsque partie des trouppes Angloifes,qui étdtt à ta garde dupont(dç\ Suazzo,quijoint rifle au continent d’Efpagne) eurent quitté leurpofle pour courir au péage delà ville comme les autres , X X galions fe tournèrent devers le pont, où, ayans allatu quelques unes des piles dont il eflfoûtenu , ils trouvèrent moyen de s échapper, par ce chemin qui jamais n avoit été ejjfayê, tant s en faut quilfut en üfage. or ces X Xgalions , incommodèrent du depuis grandement les Anglois enleur entreprife, car ils étoient toujours devant ou derrière le long de la côte donnans avis aux leurs d'être fur leurs gardes : ils eurent mêmement la hàrdieffe d'attaquer la flotte fur fon retour9 fâ.d'en retirer pour leur part un navire de charge jù etoient des chevaux & quelque bagage. Si donques les Anglois eûflènt été fages,ce qu’ils avoient à faire premièrement, c’étoit de joindre à leur forces navales,cette autre flotte Royal-lc, pléne de grans navires, de foldas, de matelôs, d artillerie & de toutes provifions néceflaires : accrus d’une telle puiflance, avéc leurs forces déjà redoutables , toute l’Efpagne enfamble n’auroit point été capable deleur réfifter. car l’Efpagnoi, incertain du lieu qu’ils auroient voulu attaquer, auroit été contraint de féparer lesfiennes en divers ports de l’étanduë de fon état. Ainfi diftraites & divifées, il s’en falloit béaucoup quellesfufîènt baftantes pour foûtenir la feule flotte AngIoife:que fi celleci eût été crue & ranforcée de celle d’Efpagne *, c’étoit pour chafferles Efpagnols de toute la mer 8c les réduire aux termes inévitables delà dernière extrémité.
- Maintenant , ayant en leur puiflance une fi grande quantité de riches • marchandées, eftimées à tant de millions, 8c qui pou voient fur le champ même être vanduës argent contant à leurs anciens maîtres, ils avoient le nerf des aflâires 8c le moyen d’entretenir une longue guerre en la côte d’Efpagne , jufques à la faire périr de fes propres armes 8c facultés.
- B b b Ce
- (4) Reidan 1. XIII defes Ann. usfif. 338 & 342 de l’édit. Lat. Météranl.XVlII f. 3«8,& fuivans.Borrius 1. XX X111 de la guérie Belgique f. 54, & fuivans.
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- Ce fût la fécondé faute d’abandonner fi légèrement une place fi forte de fi-tuation naturelle, fi aifée à fortifier jufqués à la randre inexpugnable, fi commode aux peuples maritimes des provinces Belgiques 8c de l'Angleterre , pour nourrir la guerre au fein de l’Efpagne, 8c enfin qui avoit tant coûté à aquerir; ce fut di-je une grande foibleffe de lâcher cette prife fi ai-fément : mais il en a e'té ci defius fuffifamment parle'.
- Ils firent une troifiême faute de prefier fi fort leur retour: car s’ils eûflent eu patiance d’afiiéger la côte d’Efpagne dix ou douze jours, cette riche flotte de fept millions de ducats, tomboit en leurs mains, lafiee 8c languif-•fante d’un voyage fi long 8c fi pénible : 8c l’eûflcnt emportée avec peu de pêne 8c fans aucune perte confidérable.
- Mais la quatrième faute qui fût la principale 8c la feule caufe de tous les defordres qui arrivèrent en la conduite de cette entreprife , ee fût d’avoir donné deux chefs pour commander avec puifiànce égale, à toute la flotte; Le Comte d'Ejféx , auteur 8c exécuteur de tout ce qui fût fait de louable 8c d’honnorabîe; 8c Hauwardennemi 8c perturbateur des bons confeils.Main-tenant, fi vous éxaminés férieufement, toutes les pertes 8c les ruines que lui a fait fouffrir cette Calis ville maritime ; 8c celles encore qui lui étoient inévitables,fans la màuvaife intelligence des conducteurs de l’entreprife: je m’afîure, que vous m’accorderés aifément que la mer ne produira jamais à quelque pays que ce foit, de fi notables commodités , qu’il s’en puifiè faire unejufte companfation à l’encontre de tant dédommagés 8c de calamités ci defius décrites. De là, je vous laiflè à juger des avantages ou defavanta-ges des; vides maritimes, pour direfainement de quel côté panche la préfé-rance.
- je fermerai ceci,par un difeours qui fe lit au livre I de la guerre Punique d’Appian d’Aléxandrie, ou Cenforin Conful de Rome eft introduit parlant en ces termes. Alors Cenforin, {celui ci avoit plus d'éloquance que fon collégue)re-préfantant en fon vifage beaucoup de gravité, prit la parotteen cette façon : Mef-fieurs de Carthage, quant h ce qui concerne cettepromte oleiffance que vous avés montrée , en donnant les otages & en remettant vos armes en nos mains, nous avons fujét d'être contans de vous : mais il n'efl point befoin d'employer ici beaucoup de paroîles, puifque vous voyés la preffante néceffité, ne différés point d'accomplir d'un même courage les autres commandemens du Sénat, quittés nom Carthage, tranfportés vous ailleurs en quelque autre lieu de votre territoire,pour veû qu'ilfoit éloigné de la mer de L XX X flades : car enfin nousfommes du tout rêfolus de rui~ ner cette ville defons en comble.là deflîis le difeours du Conful fût interrompu , par un cri de la multitude, qui élevoient leurs mains au ciel, 8c pre-noient les Dieux à témoins, de la foi des accors violée, i ajoûtant plufieurs grofies injures.
- Le Conful reprit. Ce que Je Sénat à commande , quefert il de le répéter tant de fois ? il l'a commandé & faut qu'ilfe face : je ne ferai pas toutefois de difficulté de vous en dire les raifons, fi vous êtes plutôt en difpofition d'être perfuadés, que d'être contrains. Autant de fois que cette mer vous repré fan te votre ancien Empire &
- votre
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- De la Fortification Irreguliere. 383 votre puiffance. autant de fois ette vous provoque h mal faire & à vousfoulever & de là vous emporte en de nouveaux malheurs : L'occafion de cette mer vous a fait prandre la Sicile & vous Va fait perdre : vous a fait paffer en Efpagne pour en être chaffés peu après ; mêmes durant le temps de l'alliance vous voliês les marchans & principalement les nôtres, & pour couvrir vos crimes, les jettiés en la mer ; jufques à ce que vous i fûtesfurpris, @ nous vous fîmes perdre la Sardaigne pour l'amande de vos forfais : ce fl donques cette mer qui vous a ôte la Sardaigne, parceque de fa nature eüe porte les courages des hommes h l'avarice,comme eUe efl de promt & facile rapport : autrefois les Athéniens addonnês à la marine, s décrûrent enpuiffance par le moyen de cette mer, la même fut auffi la caufe de leur ruine : car les conquêtes qui fe font par la mer, reffemhlent à la marchandife, eües viennent en fouïïe & s'en retournent tout h lafois: il vous doitfouvenir que ceux la dontje viens de parler, apres avoir avancé leur Empire au delà de la mer d'Ionie, jufques en la Sicile , ne peûrent jamais établir de homes a leur ambition, qu'ils ne l’euffentperdu tout entier. Et remettans leurs ports & leurs navires en la main de leurs ennemis, ils ruinèrent eux mêmes ces longues murailles, & renoncèrent à la mer,ce qui les con-ferva long temps enprofpérité : car en efet,Meflieurs de Carthage,la vie terreflre efl plus ferme & plus fl allé, & tes labeurs de l'agriculturefont plus affurés : &fuppofé que le profit & le revenu n'en foit pas fi grand, auffi ne fl il pas fi fort incertain que celui de la marchandife :je vous dirai, ce que j'en panfe : il ne me famblepas qüune ville maritime foit une terre ferme, mais un vàiffeau quiflotte expofé a mille change mens d'affaires. Mais les places mediterranées, receuident le fruit du labourage fans bavard, & en toute affurance : auffi toutes villes Roy ailes des temps paffés, ont étéfituées au milieu de la terre i par ce moyen, les Perfes, les Médes, les Affyriens,
- ©V. Se font élevés en puiffance. C’eft ainfi que parioit Cenforin des villes maritimes , vous famble t’4l pas qu’il a bonne raifon ?
- Les avantages des Isles.
- 1. Les Forte reffe s infulaires éloignées du continent de CXXX verges font moinsfujettes à l'effort de Tartillerie ; parce quelles font au de là de fa portée.
- z. Les vaiffeaux ennemis étans en mer ne peuvent pas auffi leur apporter beau- Lesavan. coup de dommage, parce que l’addreflè des coups de leur artillerie efl fort in- tages des certaine ; étant néceflàire pour faire brèche raifonnable à une fortereiïè, ^es' que le canon dont elle eft attaquée, foit fermement pointé en lieu confiant ‘
- & invariable, pour battre continuellement & coup fur coup un même endroit , jufques à ce qu’il s’ébranle & tombe par pièces, & face une large ouverture.
- 3. On si fortifie aifêment & à peu dêpance. car des ouvrages légers 8c minces i fuffiront allés.
- 4. Les habitans dune Ifie peuvent empêcher la defcante de lennemi avec peu de difficulté. La mémoire eft encore toute récente de ce qui s’eft pafTé entre les François 8c les Anglois en l’Ifle de Ré,& partant il ne fera pas néceflàire de le rapporter en ce lieu.
- 5. Les
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- 5. Les coures avantages remarqués en la jituat 'wn précédante, fepeuvent appli-quer ici.
- Les incommodité des Isles:
- l. il revient peu d'utilité au continent fiesforterejfes quifont dam les Ifles^vx-cequ elles en font du tout détachées.
- z. Les coups de canon tirés des vaiffeaux a l'encontre ne laijferont pas d'ifaire dommage: particuliérement files ouvrages font de foible & légère ftrudure.
- 3. Où la terrefe trouver oit malpropre à la conftruftion des ouvrages, la fortification des Ifie sferoit de tres-grande dépance.
- 4. Celui qui les afflige, napoint de hefoin de Cavatterie^ni defomptueufe circonvallation. Mais il peut convertir cette épargne à l’ufage de navires de guerre 8c de famblable équipage ; cepandant la mer lui demeure en fa poflef-fion dont il retire toutes fortes de commodités.
- noêtês™' 5* La ftwfture de telles Forterejfes injulaires efi quelquefois fujette a beaucoup de bazars : car le flux & reflux de la mer ou l’impétuofité du fleuve, leur livrent fou vent de rudes aflàus : ce qui oblige quelque fois à conftruire des digues & des levées 8c des pointes de terre.pour les foûtenir. La plus grande partie de la Northollande, fe conferve entre de telles digues, laquelle eft plus baflè de quelques piés,que la planûre de la mér, mêmes alors qu elle eft la plus tranquille : ce qui reflàmble à un miracle, 8c n eft pas une foible marque de l’induftrie des Hollandois. pareillemant toute la JValachrie, qui eft la principale des Ifles de Zélande 8c particuliérement fes villes maritimes FlejfingueCSVére, font foutenues par le moyen de telles levées à la réparation defquelles on travaille continuellement : autrement la mer les auroit englouties depuis long temps. Depuis fix ou fept .ans,r<fo foufrit un notable dommage pour avoir négligé d’entretenir une telle digue, ou pointe de terre que la mer ayant renverfée, fe fit paflàgepour abbatre une partie de fes murailles, & mêmement unefort belle tour qui fervoit à la défiance du quai.
- 6. il efl bien fouvent arrivé, que les Ifles , qui fe tiennent a fiés ajfurées de fe voir ceintes de la mer de tous cotés : pour avoir dédaigné de fe fortifier par le fecours de notre Architecture , contantes en leurs vides maritimes de légers ouvrages , CS fans défiance aucune aux mèditerranées , ont payé ce mépris d'une totale ruine > procurée par des ennemis étrangers CS lointains. Sans que je parle des domeftiques dont les Ifles nefont non plus éxantes que le continent. Les pays, dit Bodin, (ce font fes termes) quifont deflitués de bonnes forterejfes, après une bataille ou deux, tombent enla puifiance des ennemis, & fouvent il arrive que de petites troupes i fur prennent CS prennent l'affurance d'i attaquer un bien plus grand nombre, d'ailleurs braves hommes, mais dézarmès & hors de défiance. Ainfi l'Angleterre vint au pouvoir desAnglois-Saxons qui en chafférent les Bretons: Les Anglois vaincus , cette même Angleterre fut affujétie aux Danoist: puis aux Normans fous le Duc Guillaume , tous ces ennemis leur vinrent fur les bras
- d’Ou-
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- d’outre mer. Et quand, les fanions dYork & de Lancajlre excitèrent des guerres civiles en ce Royaume, nous lizons qu'enfix mois ilfut trois fois perdu & trots fats reconquis. Et lien que le Roi Edouard IV i ait affermi fa domination , toutefois aprésfon décès, Richard fut contraint d'en céder la poffcffion, qu'il avoit malheur eu-fement aquife par un parricide, à Henri VIJ banni, retournant avéc une armée, & tout celhfe fit en un moment ; accidens quifont inconûs aux pays, qui font munis de bonnes fortereffes. Que ceux qui dédaignent & qui haïflent notre Architedure militaire écoutent ceci, & qu’ils aprennent de Bodinfon importance, fon utilité 8c fanécefîité,& combien fon excellance lui donne d’a-» vantage fur tous les autres arts quel’induftrie humaine a invantés : il eft en cét endroit cenfeur inéxorable 8c fans reproche ; qu’ils prennent donc cét avis de lui, en faveur de notre Architedure 8c deviennent lages.
- C’eft enfin ce que j’avois à dire , touchant la nature des plans 8c des fons deflinés à la conftrudion de nos ouvrages d'Architedure militaire.
- Mais pour adjoûter quelque chofe du chois des places que l’on voudroit fortifier , il faudra mettre en confidération les fuivantes commodités, qui fer-viroiit comme d’une pierre de touche pour les éxaminer bien à propos.
- En ce qui concerne le chois de la place a fortifier > Le Ueu
- r> I ) Von defire
- on con nacrera : fortifier doit
- J avoir les
- qualités
- I. La température del’air, s’il eft salubre,& des eaux,/«». fi elles font saines.
- II. La qualité du terroir, s’il eft fertille.
- III. Celle de la terre & du fons, s’il eft propre à laconftru-dion des ouvrages.
- IV. La s e u re t e de la s 1 t u a t 1 on en elle même :8c en dernier
- lieu
- V. Son aptitude à l’éxécution des fondions militaires.
- Si on a le chois des trois premières confidêrations, ou précautions, il faudra bien fe donner garde de les négliger. Le foldat qui eft affligé de cors 8c de-fprit 8c infedé delà contagion d’un mauvais air 8c d’une eau corrompue,ne peut pas avoir l’alégreflè qui eft nécefîàire pour fé bien aquiter de fa charge-car étans enfermés 8c abbarus des incommodités d’un fiége, de travaus, de faim ,de veilles, de gardes fréquantes, le mauvais air fe convertit en pefte;
- L'eau corrompue engendre des obftru&ions 8c le feorbut, la ruïne 8c la mort, d’où procède la perte totale d’une garnifon affiégée. Voici comme par le Végece.(*) Enï Apouide, la vieille vide de Salapia, étoit fttuée en lieus famblablçs * ^ font les habitans, qui tous les ans enfoufroient de grandes maladies, s'addrejférent pérature un jour h Marcus Hoflïlius, le fuplièrent au nom de leur république , qu'il lui
- plût de vouloir leur chercher (ÿ leur choijirune place qui fût commode, pour i tr anf porterleur habitation & leurs muraides ; ce qu'il accorda; ÿ le mit promtemant en
- Bbb 3 éxé-
- (<*) Liv. V. delà Républ. (a) Liv. I, chap. IV.
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- êxécution, ayant trouvé le moyen d'acheter une poffeffion le long de la mer : fur laquelle , après en avoir obtenu la faculté du Sénat & du peuple Romain, ilfonda les murailles & en dijlribua les aires a raifon d'un fejlerce de rante foncière h chaque citoyen. Quoi fait ; il dériva un lac de la mer fit un portjoignant la ville. Par ce
- moyen les Salapins, fefont fépar és de quatre mille pas de leur vieille ville , & font maintenant fttués en lieu falulre. Toutefois cét échange de (ituation n’eft pas toujours permis ; mais telle qu elle eft, bien que dangereufe 8c peftilante, on eft obligé de la retenir, & d’i entretenir garnifon, de peur que l’ennemi ne s’en faiftflè. comme en Zélande , kThole, à Berghes, hl'E'clufe à Wittem-flad\ &c. nous fommcs contrains de tenir garnifon en des lieux, où la terre, l'eau & l'air ne valent rien. Ceux de Leide, s’en reftàntirent bien, quand à la place des foldâs desgarnifons envoyés en l’armée ils furent choifis pour leur fuccéder 8c pour les ramplacer ; car de cette corruption d’air & d’eau, plufieùirs furent malades,quelques uns en moururent. Et devant l'éclufe,en l'année 1604 notre armée prefque toute entière, fut atteinte du fcorbut 8c de plufieurs maladies mortelles : Les chéfs mêmes n’en furent pas éxants, entre lefquels, Louis Gontieri*) Conte de Naflaw, i laiftà la vie ; 8c encore Maurice Général de l’armée en fut malade.
- Ce n’eft pas aufli merveille, û les forts ifendik (b) 8c les autres des environs de l’Ecluze, & enfoncés en des marais, 8c baignés du H ont, qui eft l’un des bras de l'Efcaut, font contrains de fc randre a faute d'eaus ; mais il faut adjoûter , douces & potables. En voici un fécond éxampleconfidérable. Maurice & les Étâs avoient plus de courage , qui réfolus a l'éxécution de leur def-fein, arrêtèrent de jnettre leftége devant Covorde, avéc les feules troupes de leurs foldâs naturels du pays. Le principal motif de leur entreprife étoit fondé fur la petite(fe du lieu, qu'une petite armée pouvoit aizèment referrer & inveflir de tous cotés. (ce qui fuit du de faut de bonnes eaux, donne lieu entre les autres incommodités du terroir marécageux ; défavantage, qui eft infuportable 8c fans remède; 8c ce qui m’en fait fouvenir c’cft Covorde, lfendik, 8c famblablcs fors fitués en marécages , autrement je m’étois oublié ci deiïùs de le produire en fon propre lieu.) car cette place eft ajfize entre deus marais, dont l'un dure fix lieues jufques h l'embouchure de Dullart à l’Oriant ; L’autre,a prefque la même étan-duë vers ÏOccldam, jufques a l'embouchure Aufirale. ces marais environnent la Frize, les Omlandes, le terroir de Drenth, ^ en l'Overyffel, cét efpace de terre où font Stenwyk & VoUenho. Enforteque tout autant que sétand cette contrée de XII lieues , Uni a point de chemin fohde, que celui qui mène à Covorde & aux envi-rons:en cét endroit il i a une langue d'arertes,qui fait la f épuration des deux marais, ayant de large environ mille pas, &c. Les fofles étoient prelque taris, en telle façon que les (impies foldâs, qui ne pou voient recouvrer d’eau d’un autre endroit, n’en avoient pas leur fuffifance, & quelquefois la nuit ils fe hazar-doient d’en tirer du fofle, toute trouble, 8c encore il n’i en avoit que bien peu. ( f ) mauvais bruvage, à de pauvres gens demi-mors de travail 8c de foif ! vous famble t’il qu’ils en deviennent plus courageux 8c plusrobuftes?
- La
- (4) Emm.Meter.liv. XXV, fcuil. 5 op tourné. Item,Ph.Flaming, auteurdel’hift. des lièges d’Oftande&dc l’E'cluze. ( b) Emm. Méter. liv. X X V, feuill. 50s tourné, (c) Rçidan liv. IX de tes Ann, feuill.z2* de ledit, Lat.
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- La Fertilité du terroir tes environs produit auffiaux habitans une épargne de dépanfc,& les garantit de beaucoup d’inconvénians; entant qu’une ville en telle aflléte , fe peut paflèr de vivres convoyés 8c aportés de loin, & que furprife de la néceffitéd’un fiége, l'ennemi ne la trouvera pas deftituée des chofes nécelfaires, ni la contraindre de fe randre par l’extrémité de la faim : ayant proche de foi les moyens de fe pourvoir & de fe ramplir, L’auteur du fiége Royal de Bréda, Hermanus Hugo ; Onfe perfuadoit que la provision de f hiver n avoit pas été faite a fufifance pour tant detefles, (on en contoit jufques h XV miUé) qui étoient affiegées en cette vide. Que les habitans nourris en l'abondance & malaceûtumès a la guerre & à la faim, nepourroient jamais fupor-ter la néceffité> Que les François, E'coffois, Anglois, Flamans, (qui compofoient la garmfon en très grand nombre) n attandr oient pas feulement le temps que les vivres commanceroient à défaillir ; les uns par nature, les autres par acoûtumance nepou-vans pasfe paffer aifément de vivre en dé lie es.ce qui nom faifoit efpérer que cette pla-cenetarderoitpas beaucoupafe randre.• elle tarda pourtant ; car Spinolacouvrant fon deffein, le 16Juillet de l'annee 16x4, étant la faifonpropre de fe mettre en campagne & les blés meurs, fit marcher fon armée devers Breda. & les article s de la reddition furent fignés par Juftin de Naffaw gouverneur de la place. Le fécond jour de Juin 162 ^.Tant il efl àizé d'entreprandre uneguerr eh fa propre diferê-ùon, mais l'ijfuë rien dépandpas de nous. Tant i a qu'outre le blé qui fût commandé d'êtreferré par chaque habitant & qui fût mis aux magazins publics, les payfans i en apportèrent une tres-grande quantité, pour le garantir des mains des foldâs, alors que nous étions h Gilfe, vidage éloigné de Breda feulement de deux heures de chemin , & que nous ne trouvions pas encore à propos de fermer tous les paffages.
- Maffada, qui étoit la meilleure forterefïè de toute la ludé?, nous aprand, avec quel jugement le Roi H érode feavoit reconoître 8c choifir la fituation, aux places qu’il avoit entrepris de bâtir, ceux qui aiment 8c qui font curieux de Fune'8c de l’autre Archite&ure, 8c de l’antiquité, peuvent voir en lofephe, une image de cette admirable ftruâure, au chap. X X V11, du livre VII situation de la Guerre des Juifs : j en ai feulement extrait ce qui fuit, pour fèrvir à admiretble mon intantion. Le Roi avoit refervêpour la culture & le labour, le fommét de la £ montagne, par ce que la terre i étoit plus fertide & plus maniable, qu'en tout le relie
- J . » • r )>f , . //* ,, . 7 Stotb encor*
- du terroir des environs, afin que s il arrivoit quelquefois qutlni eût pas moyen etc- plus admi-fpérer un fècours de vivres du dehors, ceux qui fe feroient affurés fur la defance de rable‘ ce château , / pûjfent trouver de quoi fe garantir dune tede nécejfitéj &c. Et un peu apres. Ainfi fut randuce château., fort de nature & de main tout enfamble pour réfifter contre toute entreprife d ennemi : Les provifions qui étoient au dedans, regardaient plutôt la longueur du tamps a venir & l'opulance. il i avoit du blé,pour une longuefuitte d'années, pareidement de ?huile, & du vin, & de toutes fortes de lègumages, & des dattes de palmiers amaffées en grande quantité : & quandEléa-*âr le fur prit avéc fa troupe de Irigans, il i trouva toutes ces chofes auffi bonnes aujfi faines,que fi edes eûffent été toutesfraichesiencore que depuis le tamps quedes i .^voient été aportées, jufques â celui de la defiruttion arrivée par les Romains, ili av°it bien peu moins de cent ansimêmement les Romains trouvèrent les reftes de ces
- fruis
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- fruis entiers & fans corruption. Et je ne doutepoint que la pureté de l'air n ait été la caufe de cette fi longue confervation : parceque cette fortereffe étoit élevée en hauteur au deffus de toute matière terreflre & fêculante. Jofephe dit ces chofes: dont il nous eft aizé de reconoître que ce grand maître d Architecture le Roi Hérodes, a eû grand foin de pratiquer & d’obferver ces deux précautions ci deflus remarquées.
- Il n’eft pas befoin d’examiner ici particuliérement, dequelledépancefe trouve chargé, ou déchargé l’entrepreneur de la conftru&ion d’une place, à proportion de l'avantage, ou du defavantageopix fe préfant'e en fon afliétc; veû quil eft bien aizé de s’en inftruirepar le moyen de notre calcul Mathématique ci deflus propofé ; & aufli, de ce que nous avons ci deflus rapporté de la citadelle d’Anvers : encore que en notre calcul nous ayons fuppofé une place commode à l’Architecture, &en la citadelle d’Anvers,un éxam-ple, pris d’un terroir afles favorable à la conftruction des ouvrages. Que fi davanture il faloit tranfporter les matériaux de lieux éloignés,ou pofer l’édifice en terroir fteriie & aride, ou pierreux, ou fabloneux,ou marécageux, ou raboteux , ou d’ailleurs incapable de facile architecture: il faudrait Jmx&fr- alors doubler ladépance, ou la tripler, car au tamps ou nous fommes il ne aie. fe bâtit pas à fi peu de frais, qu’il faille mettre en petite confidération, la nature du lieu, ou nous voulons pôfer des édifices. Les habitans du marais Prafiade, avoientcét avantage d’être délivrés d’un tel foin. Hérodote en fa Terpfichore, en décrit ces chofes mémorables. Dans le commancemanrMe-gahyfus ne peût pas étire maître de ceux qui habitent aux environs du mont Pan-gée, ni des Dobéres, ni des Odomantes, ni de ceux du marais Prafiade, il ejjaya toutefois de réduire, les habitans de ce marais. La manière de /’habitation de ceuxci eft comme je vais dire, il i avoit au milieu du marais une liaifon de pilotis, dont lentrée vers le continent e/l un feulpont étroit ; La charge de planter ces pilotis foûtenans les planchers apartenoit autrefois à toute la communauté. Depuis ils ont fait une loi, qu'a raifon de chaque femme qu'un chacun d'eux épouferoit, (ils en peuvent avoir plufieurs)ilferoit tenu de planter trois pilotis .qu'ils vont prandre fur la montagne appelée Orbéle. Leur habitation conftituée delaforte, un chacun d'eux a fa cahuette fur ce plancher, pour fa demeureront les portes font enchaffêes dans le plancher même. & en bas devers le marais ; & de crainte que leurs petis en fans ne tombent en l’eau, ils les atachent par lepié : & donnent dupoiffon pour mangeaiüe à leurs che-vaus & autres bêtes de voiture. Et l'ont en fi grande abondance, qu'en ouvrans leurs portes & devalans avec une corde un panier vuide, ils le retirent incontinent après plein de poiffon, &c.
- Enfin, que le lieu quel’on J>eut fortifierJoit apure'.
- raffîéte à 1. Qu'il foit hors de commandement de toute montagne ou êminance, dont ilfoit
- ^Zifcîre aizé ^batre.ç.dx une place eft aizément forçable,qui peut avoir fon enne-hors dtt mi au deflus de foi, de façon qu’une telle ville ne doit point fe promettre
- ’ d’être jamais maîtrefle de foi même abfolument. A ce propos eft confidé-
- rable,
- ment.
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- rablc, l’affiéte de Dantzic, mais en mauvaife part, car cette ville d’ailleurs trcs-florifîànte 8c tres-illuflre pour le commerce, ne fera jamais en pofîef- v fion de fa liberté toute entière, àcaufe de la montagne proche qui la corn- mtyrifabïe. mande, 8c qui la tient en bride. -
- Ziriczée nous aprandra , qu’en matière de guerre , il n’i a point de fi petite faute qui ne produife quelquefois de grans malheurs, fi elle rancontre fes cenfeurs 8c fes correcteurs gens d’entandemant 8c d’exécution. En l’année r 571, bien que le DucD'Alve i eut mis en garnifon trois compagnies de Walons, pour fa defFance, ellenelaifîàpas d’être bien aizémant remife au pouvoir de fes compatriotes les Zélandois, par le moyen d'une butte de cendres , faite de main par les fauniers. car la cendre des fours ou fe cuit le fél, dit zirk l’Hiflorien, (a) amajfée par fucceffion de quelquesfié clés , s'était teïïemant élevée, forcée par quelle furpajfoit la vitte & la ternitfousfon commandement ; de forte que les affiè- ^bamru geans sen étans faijtsfieux de la vitte furent contrains de fe randre incontïnant; la de Cendres, garnifon eut la vie fauve & fortit de la vittefans armes, sen allant a Thole, ou par l'ordre des Viftorieux ils furent commandés dattandre leurs armes, & lesi recûreni dépuré grâce.
- . La fameuze Dunkerke , eflenune fituation trés-inepte 8c trés vitieufe, . ayant proche de foi des montagnes de fables ; à l’aide defquelies, en l’année 1558, les .François battirent la ville, 8c la prirent facilement & promte- Inepte& tuant. Mais avant que la. compofition fût toute arrêtée, les habitanss’e- ^omgibie tans relâchés de leur garde, fous cette efpérance, les François la prirent d’af- DmlZle. faut, la pillèrent, 8c i mirent le feu, de forte que peu s’en fallut qu’ils ne la ruinèrent de fons encomble (0: ainfi fut alors faccagée cette Dunkerke, qui pille & qui ravage à prefant toutes les mers.
- Cette même incommodité étoit encore depuis peu,à Bergh-op-zom;md\s l’ufàge, 8c l’ennemi qui ne pardonne point 8c n’épargne point fes cenfures ,8c fes corrections ,. les ont inflruis. il i avoit une colline proche de la ville, Inepte & vulgairement nommée Rayeherg, d’autant pernicieufe à l’habitant, qu’elle corrigible étoit commode 8c avantageufe à l’ennemi, ce qu’ayant été reconu, depuis ** que la ville eût été délivrée du fiége que Spinolaï tint l’efpace de quatre %>oom' mois, 8c aufîi toft après, Meffeigneurs les E'tas,la condanérent à perdre la telle à caufe de fa trahifon ; ce qui fût fait, une infinité de manœuvres 8c de pionniers ayant été employés à mettre cét arrêt en éxécution, à fin qu’une autrefois , elle ne donnât pas un fécond éxample d’une pareille perfidie, c’efl ce qu’il faut faire.
- 1. il faut choiùr un lieu qui foit tel, quil foit capable h propos pour le s fon- L,^e y liions militaires. Soit pour l’ofFance, ou pour defïânce, une petite fbr- fortifier foit terefîè ne peut produire que de petis efféts 8c de peu de valeur * c’é-toit le defaut de Crevecœur, de Covorde, dIfendik, 8c de plufieurs autresfam-blables forts en la Belgique, avant que le grand Maître delà fortification^ le Prince Maurice, i eût mis la main pour les corriger 8c pour les réduire en une forme propre 8c convenable à leurs ufâges : aufîi avons nous vcû quel-
- Ccc ques
- (*) EmanuclMctet.liv.lv. Fol. 72. (J>) CVyonfc. Eram. Meter. 1. IX. feuil. j 76. & ailleurs. Reidanliv. II. Se autres.
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- ques uns de ceux là pris & repris fix ou fept fois (») en divers tamps, quelques uns emportés deux 8c trois fois en un foui (*) mois, & fanspénè. Mais Faute de depuis que notre.grandForûficateur i eût employé tous fes foins, rçlevantlc tr0°nsPlco Petit f°rt d'Jfendik de cinq robuftes battions, pour faire tefte aux puiflàntes Lrde,\fen- villes de Bruges 8c de G and, & braver toute la put fiance de Flandres : qu’il eût vecÛrC.re' environné Covorde d’une tres belle Fortification régulièreSeptangulaire, pour fer vir à la défiance de toute la Frife, desOmlandes, du territoire de Drent, de l'Overyfielsdepvàs auffi qu’il eût augmenté de bons battions & fortifié de dehors Crevecœur, 0 pour tenir en bride le Brabant ennemi: depuis, di-je, aucun de ces forts n’a changé de parti, ni foufïêrt de fiége, ni ne la craint-Il arrive auflï quelquefois, que fuivant que les tamps fe comportent, nos Forterefies doivent fervir de magaztm.de vivres ou d'armes, ou mêmement de camps de defFance à nos meilleures troupes; commodités qui ne fe peuvent efpérer d’un lieu étroit, fi ce n’cft, que l’on fe refolve à le changer avéc plus de dommage & dépance : ainfi que fouvent il eft arrivé aux provinces unies d’augmanter & d’améliorer plufieurs vil les,comme véfel8c autres. Adjoûtés à celà,qu’un fort qui eft étroit eft bien fouvent contraint de fe randre à fon ennemi contre toute efpérance, s’il eft ferré de prés 8c vivement battu, encore que puiiïant de foi même 8c tout entier ; pareeque lé canon, les grenades, les bombes, & autres artifices de fou, ne permettent pas que la garnizoni puifie fubfiftcr, comme lors qu’on enfume lesmou-ches à miél, pour les faire fortir de leurs ruches: z'aftéteh 3- Que le lieu qiion choifit, autant quefairefe pourra,/oitpropre à donner deîem-fftïfinaffié Piment à un fiége. comme font les places qui par le moyen de leurs éclu-geabie. zcs, peuvent répandre l’eau de la mer, ou d une rivière fur toute la campagne des environs : cela fe voit, aEmlde, h Flefiingue, Amfierdam , Dordrecht , la Briele, Leide, comme nous l’avons dit ailleurs ; 8c nous pourrions encore en raporter un grand nombre d’autres éxamples, mais il fufit a fies de ceuxci. les lieux qui font pierreux 8c uligineux ont aufli de très-notables avantages pour empêcher les fiéges, comme refiftans naturellement aux aproches , tranchées, mines, 8c famblables ouvrages d’attaque, aufiî avons nous veû depuis peu Ehrenbreitflein, 8c Perpignan, non pas emportés de vive force, mais gaignés lentement 8c avéc patiance, 8c par famine.
- Ci defius nous avons décrit les dificultés qui fe rancontrérent au fiége de la marécageufe Boifleduc : je raporterai ici, ce que Hermanm Hugo nous 'a laifié par écrit, de celui de Grave fur Meufe, faifant à mon propos, (rf) Henri de Berghes , après avoir conû la fuuation & la nature du lieu de Grave & ouï les avis des gens du pays, trouva tout au contraire de ce quilavoit efpéré & propoféa Spinola pour le porter h cette entreprife. il voyoit clairement, que malaizêment cette expéditionpouvoit être achevée en trois mois, & que cependant,h caufe de ces va-lées très-profondes qui font tout autour de la vide,ou néceffaïrementilfdloit camper, ïhiver furvenant avec ravages d'eaux, les en chajferoit fans dificulté. Les payfans „ & ceux
- (a) Laraeme Covorde ,&Opflag&plufieurs autres forts.Reid.liv. II. feuil. 38. ed.Lat. (b)Emm Meter liv. XXV feuill. 50p. 0) Mendoza l’avoit accru de 3 grans baftionsj Maurice l’avoir furpris fur ces entrefaites encore imparfait, & depuis lui a donné toute fa perfeftion. Emm, Meter. tiv.XXI 1, feuill. 44 g. {d) Enfonhift. du iîcgede Bréda. '
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- b e la Fortification Îrregülierê.
- & ceux qui avoient bonne conoiffance de la nature de cette place,difoient pour affûté , que le fiége démit avoir été entrepris dans le commancement du Printemps, que dans lafin de tété, il autoit été achevé : mm que fur la fin de V Automne tout et oit noyé d'eaus, & randu inacceffible.
- 4. Autant que faire fe pourra, que le lieu qui fera fortifié, puiffeen cas de fiége Notre 'FoŸ. admettre le fecours, même malgré les ennemis. Il i auroit moyen de raporter ici plufieurs villes inexpugnables pour cette raifon, quelles peuvent être ai- de nomÇe-zémant fecouruës, & rafraîchies d’hommes,de vivres & d’autres chofesné-C0Hrm' ceflàircs pour donner de l’empêchement à l’ennemi .& pour fubfifter. ci deftiis nous avons veu Bommel delivre (*). Boifieduc pris depuis peu d’années, ne le fera plus : tant de forts qui font aux environs, & qui l’enchainentin- furfiot féparablement avec la Meufe, de forte que que l’ennemi ne la peut invertir in. de tous côtés; attandu quen ce lieu JaMeuje eft toute entière en notre pou- vindbies. voir, & que notre Crevecoeur, ne foufrira jamais qu elle nous foit fermée.
- Nous aurons fujét de dire en autre endroit,quelle marchandé fut faite,en la derniéfeprife de Calais, arrivée par la lâcheté de fon Gouverneur vidofa: le crime duquél paroît d’autant plus manifefte,que l'Angleterre 8c les Provinces unies, travaillai avec la France conjointement, {Maurice mêmes acorn- caUis eut pagné du Conte de Solmes i fut avec une armée navale) pour le fauver, (cet- ti/f/euT' te caufo leur étant commune pour empêcher que leroid’Efpagnedeja*»'^*» trop grand, ne s’accrût encore par la commodité de ce port) & ne le pu-rent faire: car la crainte du Gouverneur qui trahit la ville & 1 abandonna lâchement s’enfuyant en la citadelle, fut plus promte que le fecours qui s’a-vançoit. la fortune de Stralfunda été meilleure, encore que fa fituation ne foit pas ü bonne .• laquelle toute prête à fe randre à l'Empereur, étans déjà toutes les autres conditions accordées, ne reliant plus que celle là feule du nombre de la garnifon, qui fe conteftoit, non par armes, mais par prières & humbles parolles ; quand fur ces entrefaites, Holch colonnel Danois fe préfante avéc une puiiïante garnifon au fecours delà ville, fi ce fût pour fon bien, ou pour le bien de l'Allemagne, ou pour le moi ns de la Poméranie, St^Jp»d la portérité le fçaura ; tant i a que Holch, leur perfuadeférieuzemant, que tzm^reuf le Roi même, Chriftian I V, avéc les deux Princes fes fils, & grande quan- &ecfmf tité de noblefie, & plus de mille bons foldâs E cortois étoit acouru à leur fecours , & même leur fit voir du quai les pavillons du navire Royal : ce qui remit le cœur aux habitans, & ranverfa toute la précédante négotiation.
- Par ce moyen, qui eft le privilège des feules villes maritimes, ceux de Stralfund, refuzérent lagarnifon de leur| compatriotes Impérialiftes, & reçû-rent celle de Danois, que depuis ils ont changée aux Suédois 8c font encore en leur alliance, ou en leur puifiànce.
- J’ai un notable éxample pour montrer, que mêmes les villes fituéesfur les rivières f peuvent jouïr de cette même prérogative. L’an X X11 de notre fiécle, le 8 de Julliét, le Marquis de Spinola mit le fiége devant Berg-op-zom. Aux premiers jours du fiége, la ville fut réduite bien à l’étroit à pref-
- Ccc ± que
- W Reidan. Ann. liv. X111. Eram. Meter. liv. XVIII.
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- 39^ Livre Second,
- que toute desefpcrée. car prémicrement elleétoit deftituée de fa garnifon ordinaire 8c néceflàire pour fa défiance, 8c n’en avoit que pour les gardes 8c faélions accoûtumées en tams de paix:de telle façon que les habitans mal expérimantés aux armes furent contrains de les prandre pour fe defiàndre 8c de faire fondion de foldâs: elle étoit encore dénuée de fortifications né-cefiàires ; 8c fi l’ennemi eût été fi avizé que de fe faifir des ruïnes ; c’étoit fait de la liberté"du port 8cdu falut de la ville. in Depot 8c autres ouvrages furent élevés ou relevésle 23 Julliétpour la défiance du port.) elle n’a-voit,ni vivres, ni armes,ni munitions fufizantes pour foûtenir un fiége. Le port étoit empêché 8c bouché ; car les habitans ne prévoyans pas ce qui leur devoit arriver , pour reparer une certaine chaufiee de brique plus commodément, avoient fait une berge de terre qui bouehoit le port ; 8c fi lafiîégeant n’eût point dédaigné de l’occuper, comme il fit avéc impru-dance , lui étant trés-aizé de s’en faizir, il eut empêché tout fecours 8c tout apport de vivres 8c de munitions nécefiàires, 8c par le même endroit eût trouvé une porte ouverte pour entrer en la ville, dépourvue , dézar-mée 8c foible comme nous avons dit, fujette aux montagnes^voifines ; retranchée du fecours de fes alliés ; défefperée en elle même. Mais Spinola n’eût pas la prudance de profiter de ces avantages,. ou plutôt Dieu ne le permit pas. Le même jour du fiége, 18 Julliét, le Prince Maurice, comme prévoyant ce qui étoit, envoya de fon camp devant Rhés de Cléves, onze compagnies de gens de pié,pour la Zélande, ces compagnies mifes dans les Bergop- bateaux commancent de voguer à vent contraire ; lequel depuis étant de-fuZimpn- venu favorable, avant la minuit du jour enfuivant 19 Julliétilsétoientau nabu? port Berghes,cepandant on accourt de tous ies côtés de Hollande 8c de Zélande, 8c Maurice même ayant feeû le fiége, i dépêche autres 14 compagnies , qui entrent en la ville le 21 : deforteque le 22, auquél fut faite une brave fortie fur les ennemis , on contoit à Bergues, quarante neuf compagnies de bons foldâs accour ûs à fa défance. contre quoi la puifiânee des ennemis afliégeans la ville ne pouvoit que fe morfondre. E coûtons maintenant trois mïniftres, auteurs de l’hiftoire portant le titre , Berg-op-zom ajfiêgêe le 1 %Juüiet 1622 délivrée le 3 Oftobre de la même année avéc privilège & approbation de Mejf. les étas de Hollande & de Zelande;Z2X ils nous apran-dront des chofes qui font à propos de notre fujét. Ils difent donc : Ileflincroyable comment de fi loin, tant défi belles troupes, purentjoindre la ville en fipeu de tamps. il parlent des compagnies envoyées du camp, Et un peu après, Au chap VIII, ils s’étonnent : d'ouprocéda ce changement d'airfifubit > que le vent fe tournant du Couchant au Levant, fe randit favorable au fecours, quil'a-voit eû contraire en fortant du port ? h quel ufage & à quelle fin cette viciffitude de vents fipromte & fifubite. ce fût un ouvrage de laprovidance de Dieu, qui commanda h l'Efl de cédera POüejl, afin que le fecours envoyé fans deflination particulière d'aucune ville, maïs en général a toute la Zélande en quelque part quelle fût - attaquée de l'ennemi, arrivât promtemant & à tamps, a la ville même qu'il vou-
- loit arracher d’entre les mains de fes ennemis ? celà eft bien : mais pour venir à
- mon
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- De la Fortification Irrégulier eVi 393 mon fujét, il eft alluré, que ces troupes auxiliaires , ne fulTcnt jamais arrivées à Bergues avec tant de diligence 8c fi à tamps, fi elles fufient venues par terfe un fi long chemin ; ou fi la rivière de Bergues n’eût été navigable 8c que l’on n’eut pû fe fervir, ou employer à ce fecours des vaifieaux légers ou bien, 8c ce qui eft le principal, fi la rivière n’eût empêché la circonvallation , à fçavoir fi ces troupes de fecours fuflènt entrées, fi peût être quelque Ange ne les eût tranfportées par les cheveux pour les planter dans le marché de Berghes. ces mêmes auteurs au Chap. X : Avec la, même diligence Çg promtitude que Mejfeigneurs les étas généraus avoientpourvu la viUe affligée etune puiffante garnifon ; ils eurent le foin de l'ajfifler de toutesfortes de munitions tant militaires, que civiles ; ayans à cette fin, ouvert tous les arfenals, magazins (g greniers de îétat, dont ils rampli([oient la vide au delà des termes de la nécejfuéjuf ques à l'abondance Çg fuperfiuité tout le port Çg toute la rivière aux environs étoit couverte de navires marchans, déchargés & s'en adans du port, de forte que ceux qui abordoient ne trouvoientleur paflàge qu’avéc beaucoup de dificultèpour mettre à terre, les poudres, les mèches, le plomb, les baies, les louléts de fer de toutes les fortes, toutes manières d'armes à feu , avec tous leurs afûts Çg attirail, mouf quéts,piques , cafques, corceléts de fer, épées, coûteaux ,poignars, maittéts,bom-bes, grenadesy Çg de toutes efpéces d'armes de trait & de jét : de p celle s,de hoyaux, de bêches, de douloires, de brouettes, de fafeine s, de planches, defolives, de poûtres> de pieux ferrés, de marteaux, de coignées, de ferpes, declous ég de toutesfortes de fers, & de feraiües pour armer les hoyaux & les pieux ; des paniers, des hottes enfin, du vin.de la biere , du vinaigre, du fégle, du froumant, de l'orge, de î avoine, du foin, de la paille, Çg généralement, toutes les provïfions qui font nécejfairespour -foûtenir unefiége. Bift. du fiégede Bergue, Chap. X. X X, 8cc. Quelle autre ville que celle de Bergues, 8c à moins que d’être comme eft celleci toute arriére ouverte pour recevoir une fi grande quantité de chofes néceftài-res, eût été capable de réfifter à la violance 8c à la diligence d’un ennemi fi prefiant 8c fi opiniâtre ? Le prix 8c la quantité de toutes les munitions, de guerre 8c de bouche quelle reçût ne fe peut eftimer. quant aux ranforts d’hommes que l’on i envoya durant lefiége, je dirai Amplement, qu elle fut foûtenuë de L X 8c douze enfeignes choifies de gens de pié, de quatre bonnes compagnies de Cavalerie, Bergues afiiégée avoit donc les pies 8c les mains 8c la poitrine de la forte que je vous ai répréfanté. Mais ce cors fi ro-bufte 8c fi folide étoit pourvû de chéf à double vifàge, comme un Huit députés pris du confeil fouverain de l’état perfonnages éminans en autorité, en fagefie 8c en expériance préfidoient au confeil,8c par leur pré-fance & le hazard du danger commun auquel ils s etoient expoles rele-voient le courage des hàbitans. Il i avoit aufli pour l’exécution desexplois militaires, IX Colonnéls, IV Lieutenans Colonnéls, V fergents Ma-,
- - jors, un Maître Générai de l’artillerie : tous ces derniers, avec Meilleurs de l’E'tat députés, compofoient enfamble le confeil de guerre, Sctravâil-loient inceflàmmant à la defFance 8c confcrvation de la ville. Je ne mets point en conte les volontaires en très-grand nombre. Je ne parle point de SwSr
- C c c 1 neuf
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- 394 Livre Second,
- neuf ingénieurs trés-expérimantés>& de leur fuitte. ni d’une grande quan* tité de pionniers, de charpantiers, & des autres artifans néceflàires : ni de quatre navires de guerre établis à la garde du port : Mais enfin, cjbelle autre ville prife à dépourvu,pourroit fi aizément 8c fi promtement être ram-plie de toutes fes néceiïités, fi elle n’étoit ouverte, comme efl: celle de Ber-gues>8c comment ouverte,fi ce n’efi: au moyen d’un fleuve navigable comme le Zomï ce n’efi: donc pas merveille fi en tout l’efpace d’un fi longfiége 8c fi acharné, Spinola ne pût pas feulement emporter un pouce de terre au defavantage de ceux, que l’on avoit mis en fi bon état, bien loin de pàflèr le fofle, de planter fon enfeigne fur le rampar, ou de fe randre maître de la ville ? Tout ce qu’il pût faire, ce fût de pourvoir à fe retirer fûremant n’o-fant plus fe mettre au hazard d’un fiége famblableà celui d’Oflande & n’ayant pas aufii le courage d’attandre Maurice 8cManffeld, qui s’avançoient au fecours de la ville.
- Je ne fçais’il me fera permis d’adjoûter ici quelque chofe du fiége d'oftan-de, en ayant déjà tant de fois parlé ci deflus. Je me hazarderai toutefois d’i joindre ce qui fuit,fur la foi deïhiflorien Reidanus («) .• Pour vous faire conoî-tre de plus en plus à l’honneur de notre art ce que vaut une ville bien fortifiée , en lieu de commode fituation, pour endurer un fiége, bien quelle foit petite, car Oftande ne peut avoir qu’une petite demie heure de tour. Et pour comprandre quéls efFors & quelles dépances furent employées au fiége d’Oftande il faut confidérer,qu’encore,que durant tout le tamps dufiégé, au conte de Fiaming, (*) plus de deux mille navires fuflent entrés au port, en toute liberté , pourvoyans inceflamment la place malfermée de nouveaux hommes & de munitions de toutes les fortes en abondance, au ofl en âe tji grand étonnement tant des afliégeans, que des afliégés, toutefois elle fuc-^lentement comba à la fin à la valeur 8c à l’opiniâtreté des afliégeans. Revenons à nô-& difficile- tre Hiftorien ci deflus allégué. Voici ce qu’il dit. En Flandres, où êtoit le fort de la guerre, la face des affaires êtoit toute changée, âf toute efpérance perdue, en fuitte de ce qüe, la Rêne avoït déclaré, quelle avoit trop d’affaires en la guerre d Irlande , & qu ayantfur les Iras une fi grande charge en fes propres et as, elle ne pouvoir pas fournir a la dépance des nêceffités étrangères. Eüe offroit des foldhspour Oftande, mais pourvû que les provinces unies les priffent h leur folde. cela fit perdre toute l'efpérance quon avoit conçue d'affiéger Dunkerke: ilne refloitplus que de pan -fer h fauver Oftande. il êtoit impoffible daprocher l'armée de laviïïe, pour les mêmes dificultés qui l'an paffé avoient empêché les nôtres après le combat, il i avoit de plus h cette heure là, que l'ennemi étoit encore plus fort, s'étant faife de ces langues de terre qui font entrecoupées du reflux de la mer, de forte qu'il étoit affés à couvert par la propre nature du lieu. il fût donc arrêté dejetter en la vide 7 à 8 mille hommes , pour détruire par fréquantesfortiesles ouvrages de l'ennemi & en éloigner les aproches. ce deffein réuffit au commancemant : il arrivoit fouvent que quatre ou cinq cens des ennemis demeuroientfur la place dunefortie, on arrêtoit les approches, on encloüoit l'artillerie, on ranverfoit les forts : mais la diligence des Efpagnols fe randit
- h la
- (a) Ann. dein.liv.pa. antépén. jufquçs à la fin. {b) En fon hift. du fiége d’Oftande.
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- ifj>e oude £ aider z.Cafemat
- 3 .Jfetmeuwe nve/lravelin, g7Deiveftpoort
- 5 7Xteu.porcejpic
- 6 .jTelmont
- y‘.De oude Sfays 8.Santhil
- g.Jiahe maenfo hooyh als dewal
- to. Shtys eerjtgemaeckt om. hoaier indeyrafttefettert
- tt.Trench entent
- 12 .‘Bohaerck
- 13. Contrefcarp
- ig.CJTcdve maen
- 15. cenjhtys eerjicjemaeckt
- 16. Sortie nae de polder hahe maen. ij. £ee Sortie
- 18 .Tiienpolder ag. Sortie 20.7/ieu hehnont 21. Sortie
- 22 .'Meu.'wejlpoort
- 23 CVlammenbwgh
- zg Teeckels hohverck 25 :MenToUer 26. Spaens bohverck 2j OCoeJlaUof: Suydoojtbobferck 28. Stwdbohverch ojh Trenrenhurch 2Ç De Vtypaerdeti
- 30. 'Polder hahemaen.
- 31. ‘Dater ie
- 32. Cotte
- 33 '.jTter lepphen defchepen.
- 3g. Jfieu.Santhil daer de oude kerckpîach teflaeit 3$ Cftieuwe haven.
- 36rXoordiveJPbokoer.ck 3p.De oojbpoort cndiet ravelin.
- 38. Oofiraveltiv 3g.Spaens halvemaen go. SÜmmers halvemaen. gu. idcks verdriet g2. Suydoojlravdin. g3. StLydravetin
- 10 20 30 AO 50 60 . 7fl
- HH- I I ..1-4-+-+-
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- De la Fortification Irreguliere. 395
- a la finfupérieure de toutes les dificultés;conflruifans leurs ouvrages de fortification avéc plus defoin, quilsnavaient point encore fait en aucunfiége. Deforteqüh la fin toutefortie fut interdite aux affligés, fê? dejour enjour ilsfurentpreffès de plus en plus. AlbertJe réfolut premiéremant de battre la vide en ruine. Et pour cét efet apre's que les ouvrages quil oppofoit aux fortie s de ceux de la vide eûrent étéparfais fort curieufement fil éleva des Batteries dont il abbatoit lesramparsfi§ les mai-fons de plufieurs milliers de cous de canon par chaquejour. Veer, (fous la-charge duquél étoient les Anglois de la ville) pourvoyant a tout fort foigneufement, op-. pofa auffi tôt forts contre forts, & drejfa grand nombre d’ouvrages tout autour de la vide , au moyen defquéls lefoldat pouvoit être h couvert, pour garder principalement le rampar le fojfé, auxquéls confifloit l'importance du tout. Et furent en
- effét defandusjufques au dernier jour du fiége. Mau encore que le cœur de la vide & toutes les maifonsfuffent abandonnées, & que les foldâs fefuffent buttés , derrière le rampar, & lesnouveaus retranchemens & dans les Baflions, néanmoins il ne fe pajfoie aucunjour quil nefalut couper à plus de 20 dentre eux fies bras & de s jambes perdues de coûs,& le nombre des mors excédo 'tt encore, toutefois ils eurent bon courage,& ne fe démimtirent point de leur ancienne valeur & confiance par ce mi-Jérablefpeftacle de leurs compagnons',mais h la fin cette ardeur des Efpagnolsfe rà-lantit après une dépance déplus d'un midionde livres employée feulement en poudres , ayansreconâqu'ilsprofitoientpeu. peu?d’ou procédoit celà ? c’étôit en effet, qu’on fàifoit à toute heure fuccéder des entiers aux bleffes, & quil! enavoit toujours de nouveaux à la place mors,étant la place mal inveftîc, & toujours libre aux rafraichifiemens& aux fecours. Il adjoûte. En Automne , ceux de la vide furent mis derechéfà l'étroit. Soit de maladies, ou de ruines& de cous de canon, de fept mide foldds qu'ils étaient auparavant, il n'en refloit que trois. La plus part malades, ou eflropiés &c. L'un & l'autre parti eût encore fou-vent un nouvélennemih combattre, à feavoir les tampêtes qui s'élevoient en mer; leur donnant h tous affés de pêne de garantir leurs ouvrages contre fes affauts.Mais le dommage fut plus grand de la part des Efpagnols (nouveaux venus)^ de cede des ajfiégés(vimx voifmsj qui cepandant ouvraient un port dans lefein de leur ville , pour mettre leurs vaiffeaux h couvert de la violance de l'artiderie de l'ennemi £3'c. Ce Mole, & enfamble tous les ouvrages faits par ceux de la vide, tant contre la mer, que contre les ennemis, coûtèrent douze cens mille francs ; Albert depanfa cinq fois davantage.
- Tant cette Oftande devoit coûter à deffàndre & à prandre. Mais il faut obferver ; Que l’Hiftorien, na décrit jufques à préfant, que les travaux & les dépances de trois mois feulement, & qu’il i a encore trois ans déplus d’une fânglante guerre en ce même fiége. effroyable certes ! Vous nevoyés que L’o Mbr e, & non le C ors ; Lesarres, & non pas la dépance. Lesefcar-mouçhes de légère importance, non les combâs & les ruïnes.Que cét échantillon vous faficjuger de la pièce. Mais fur tout,remarqués attantivemant, fi ce n’eft pas un effet deprudance & d’utilité ineftimable, que de feavoir choifir une afliéte qui ait eette commodité & avantage qu’avoit Oftande pour foûtenir un fiége. Enfin la place que l’on veut fortifier.
- ^ Soit
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- r ffiéte à 5' Soit principalement choifie telle,quellefoït propre h /’ êxécution desfins propo* fortifier fiit fées à notre Architecture Militaire. car encore que toutes les autres conditions 'nmsdefL- c°ncouruflent enfambie,fi celleci manque,il n’en faut point faire d’état: ce-dre & d‘0f- là foit dit pourtant avec quelque réferve. ces fins propofées, font de nous ^nemÜ **' dejfandre & d’offancer notre ennemi.
- Nôtre deffanfive eft d’avoir des lieux propres à placer nos dehors, nos Battions , & nos Fortereflêsbien à propos, pour tenir l’ennemi éloigné de .nous. L'offanfiveâlwoit en lieux avantageux, desFortereftès,des redoutes, des forts , pour faire des courfes fur les terres de l’ennemi. l’Arlhfte- ttaportés ici pour l’éclaircittèment de cette élection , ce qui a été dit au dure mit*- chap, 11 du 1 livre, .touchant lafin qui eft proposée h cette Architecture, félon tutre. fis différâmes , appuyé de raifons & d’éxamples. ce qui me permettra de me reftraindre en ce lieu ci, à ces deux éxamples.
- Amilcar Barcha, nous a laiiïe une preuve notable de fa fufifance h procurer le dommage de fon ennemi & à fçavoir choifir une afliéte propre à cét ef-fét, en l’éledion qu’il fit d’un certain lieu qu’il occupa en terre ennemie, pour i aflôir fon camp. Auquel nous pouvons remarquer comme en un miroir , toutes & chacune des conditions, requifes à une bonne fituation.Po-Jybedit : Amilcar, après avoir fourragé toute la campagnedes Brutiens & dès Lo-criens , s'en revint delà au territoire de Palerme. La il faiftt un lieu avantageux pourfaire la guerre, entre Rége & Palerme lien plus haut que la mer, fort de rtatu-re & trés-affurépour camper une armée, ceflune montagne, environnée de rochers en précipice, ayant en fa cime une planure dont l'ètandue eft environ de X11 mille pas, & très‘propre au labour. Les vents de la mer i régnent librement & ri eft aucunement fujéi à l'air peflilent & mortél: deçà & delà, du coté de la mer & de fa terre il eflflanqué de rochers inacceffibles encore, enl'efpace qui eft entre deux on
- camp de ne peut pas l'abborder aizément. ilia même en un endroit une lutte plus êminante Barcha. ^u€ j£ rejie ^ pourpervjr J échauguéte & de donjon , avéc un agréable port, £9 très-commode h ceux qui de Trépani, ou du Lilybée vont en Italie. Et de plus une très-grande abondance d'eaux, on i monte par trois entrées très-difficiles, deux vers la terre , une du coté delà mer. ce fût en ce lieu, qu Amilcar affit fon camp, n ayant plus de ville qui lui fût propre, ni aucune efpérance de refie, mais étant contraint de s'ex-pofer&defubfifler au travers de fes ennemis : & ifût trois ans, exploitant plujiéurs mémorables faits d’armes , qu'ilfer oit malaizé de raconter particuliérement. Juf-ques ici Polybe.
- Le même auteur au IV Liv. de fon Hiftoire, dit les raifons, quiémou-voient Philïppes Roi de Macédoine, de vouloir en toute façon être le maître Lafitua- de Palaa, ville de Cephalenie. Tant pour ôter aux Ætoliens fes ennemis la notable ùon de la commodité qu \a cette ville au moyen de la mer, au h deffçin d'en faire une fortereffe
- •ville de Pa- r , n v * r \ rr y J *
- Ua. ctUies contrefes ennemis, c eu: a dire pour fe defiandre.
- Un peu après, il allègue l’ufage de ces deux fins , & lesjoint enfamble. pour ces caufes, attandu que l'avantage de cette place était propre hfervir de place d’armes à fes alliés ; & bienajfize pour faire dommage aux villes ennemies, & con-ferver celles des amis ; il réfolut abfolument de lemporter, & comme ilfefût aperçu,
- que
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- De la ÎFôr ti fi cation Irreôuliere. 397 que tous les autres lieux de la cité, êtoient en partie ceints de la mer , en partie de précipices, &c. c’eft ce qui fe peut dire du chois, ou du rebut des fituations. Je ne doute nullement que fi l’éledion eft en vôtre puiffance, vous ne préfériés toujours les lieux auxquels les avantages furpafient les incommodités , 8c ceux auiïi qui conviennent mieux à vôtredefiein.
- Quoi qu’il en foit, tout batiflêur de ville, doit avoir laiïiéte du lieu où il veut bâtir en finguliére confidération, s’il aime l’honneur, car telles fortes d’œuvres fontexpozéesen grande lumière , & ne manquent jamais d’être louées, ou févérement condânées, fuivant leur mérite, ayans pourjuges, la prudance exquize des [âges, 8c l’expériance des fots.
- Donques celui quiaimele public, 8c qui craint que la poftérité ne l’accu- l'Archiu-fe de faute grofliére 8c d’ignorance infuportable, celui là di je procédera avotua* meurement 8cférieufement, en ce qui concerne le chois de fituation, en la conftrudion d’une place. ùondeU ‘
- Or eft il qu'il ne fufit pas en ï édification des villes, d'avoir choifi une bonne place, fi on la peut avoir meilleure; de peur quayant manqué au chois de la meilleure,Yenne- fortifier, mi ne l'occupe a, nôtre dommage, & àla honte & confufion des entrepreneurs. (*).
- En preuve de quoi,je produirai le témoignage d’Hérodote: (b) on avoit fervi devant Darius des Grenades, en ayant ouvert la première, fon frère Art alan lui demanda, de quéls hommes il'fouhaiteroit avoir autant, qu'il i a de grains en ce fruit ? il fit réponfe, qu'il aimeroit mieux avoir autant de Mégabyfes, que d’être Seigneur de toute la Grèce. il voulut honnorer de cét Éloge ce perfonnage, que dés lors illaijfa Qouverneur avec une armée de 80 mille hommes.Or ce Mégabyfe laijfa de foi une mémoire immortelle entre les habitans de l'Hettefpont. commant donc? parentreprifes mémorables ? par explois militaires, qui excédafïènt toute la réputation des Capitaines qui avoient été devant lui? par ftratagêmes 8c ruzes de guerre, fagement invantées8c judicieufement pratiquées ? nullement : mais fimplement, pour avoir dit en prudant architeâe , quand il eût apris que ceux de Calcédoine avoient bâti leur ville 17 ans devant ceux de Byzance, que les Calcédoniens de ce tamps là étoient aveugles,autrement qu’ayant devant eux en leur liberté le chois d'un lieu plus beau & plus commode, ils neuffent pas choifi le pire.
- La raifon qui m’a convié d’ajouter à la dodrine de ce chapitre 8c de quelques uns de ceux qui le précédent, ce grand nombre d’éxamples receuillis Qualité do de l’hiftoire tant ancienne que moderne, c’eft pàrceque je fuis de l’avis de nôtre grand Maître Vitruve, 8c que je veux, que celui qui eft amateur de nôtre art 8c qui en fait profèflion, i joigne ï étude des bonnes lettres, la Perfpeftive, la Géométrie, l'Optique, l'Arithmétique, &c. 8c particuliérement la conoiflance de l’Hiftoire, c’eft pourquoi j’ai voulû lui en donner ce goût, comme un attrait pour l’i obliger doucement.
- . En toute fondion de la vie, civile ou Militaire, cette conoifiànce eft digne d’une tres-grande recommandation, attandu qu’il n’i a rien de nouveau fous le ciel, 8c que c’eft par tout 8c toujours, hier, aujourdui, 8c ci après, le même
- Ddd efprit
- (<*) Vcgctc liv. 3,chap. 8. (b) Hérodote en fa Mclpoméne. voyez auffiTacitc.au livre XII des Annal.
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- 398 Livre Second,
- efprit qui fabrique 8c qui produit les mêmes a&ions humaines. Et bien que vt’i't 'é*LA MAL1CE DE NOTRE siecle famble effacer toute' l’infamie des neclffitéde tams paffés : il eft vrai toutefois, que nous ne faizons J*ien aujourdui, qui lourdesSn n ete Panfé, confulté, exécuté auparavant nous. Nousreceuillerons parues de donc ce profit de l’Hiftoire, que les chofes paffées feront préfantes à notre uwe, memoire, les futures à nôtre prévoyance, & que nôtre prudance parla cômparaifon de celles qui de fait lui font préfantes , aprandra aizément à difcerner ce qui eft mauvais & pernicieux, pour nous en garder,-à nous procurer celles qui nous font bonnes 8c favorables ; à nous éclaircir de celles qui font obfcures 8c cachées ; à nous réfoudre fur les douteufes ; &à conduire tout, autant que nôtre infirmité nous le permét,à une bonne &heu-reufe fin : car on peut faire jugement des contingentes, parlafuitteprefque infaillible de ce qui s’eft paffé ; 8c régler les préfantes par la confciance de l’honneur, ou du deshonneur, de la bonne ou mauvaife réputation, qui s’en doit attandre, foit en la vie,ou après nous,au jugement de la poftérité.Afin que foit attribuée 8c confervée à la gloire de Dieu, sa Maieste';^ toute la race des hommes en cors, par nous autres mortéls qui en fommes les mam-bres, fon intégrité & fa sûrete'; à la confciance de chacun de nous s a
- Chacun des , r . rx* i> ii*
- hommes B e a u t e' 8c fa purete, fuivant ce que nous avons tous envers Dieu 1 obli-PHifioire Sat‘on d’cn avoir foin, encore qu’il n’i eût que le feul devoir de nôtre naif-
- fomnsiru- fance. c’eft ainfi que l’hiftoire fournit à tous les hommes des inftruâions
- ch°n. différantes, à chacun félon fa portée 8c fa condition.
- Les Empe- 'Les Empereurs i aprandront de Maximilian II, le plus *ems'- grand 8c le meilleur de tous les Cefars que Dieu ait donné à l’Empire
- (a) Qu il n i a point de crime plus grand, que celui de ceux qui vendent commander
- aux âmes & faire force aux confciance s de leurs fujéts ; qui nont point deJuge naturel que Dieu feul Adjoûtant la raifon de cette parolle, fi belle 8c fi digne d’un Empereur. Parce que celui qui fe veut attribuer cette Seigneurie, qui appartient qiiâ Dieu, entreprenant contre le ciel [h) perd bien fouvent la terre.
- Les
- (4) Emm. Meter, liv. V T. de l’hift. Eelg. feuill. i2i.tournéde mon édition, (b) Les fri/ans et oient p lene s d.ec eux qu’on apeüoit Luthériens & déjà leur caufe envelopoit plusieurs lüuftres familles. D'ailleurs, beaucoup d'officiers du 'Parlement enclinoient à moins rigoureufe procédure contre ce s prisonniers. MaU les Guiflens,pour ancrer plusferme l’établijfement de leurs affaires en la mortaifede cet Etat, s’avifent de fe faire force fèrviteurs es cours de 'Parlement,gagner les affe&ions des courtifans & des gens deguerre, & par une montre de z.éle ardant à l'extirpation des 'Proteftans,aquerir la bienveillance des Ecclefiaftiquet & du populos. On publie donc divers édits contre eux ; on promét grandes recompanfes aux dénonciateurs de leurs affamblées. plusieurs villes en r ampliffent leurs prifons , on employé pour les exterminer, l’air, le feu,l'eau : & femble neanmoins que plus on en deffait. plus ils' en refait. Jan de Serres en François XI iS59 feuil.izn. démon éd.Ie mêmefeuil. 1221 .Ceci leur enfle le coeur & la parolle, mais ilfaloit tiouverle moyen d’affoupir cette querelle, qui regardait l'état, afin que fous le manteau de Religion, (manteau fpecieux & mafque ordinaire des Grands) le peuple oubliât lufurpation illégitime , de laquelle on les combattait. Ils proteftent donques d’employer tous les moyens d’eux & de leurs amis , four reprimer ceux qui pourchaf-fènt changement en la religion : efpérans qu’aprés avoir coupé ce nerf aux Princesdu fang, ils auront plus aisément raifon & d’eux & des Conétablifles , &c. Entre les prifonniers , quatre notables, Çaftelnau, ViUemongis,Champagnac, le Picard, font remarqués , pour avoir avec admirable hardie [je & franchife, blafmé le Chancelier de flgner contre fa confcience leur éxecution à mort : & tellement cfrayé fon âme , que le regrét & Id triftejfe quil en conceût l'atacha fiudain au lit, & dans peu de.jours remporta de ce monde, murmurant, foûpirant, regrettant le ConfiiSer du Bourg : & s'écriant quelques heures avant .fa mort, bal Cardinal , tu nousfais tous damner !Le mêmefeuill. i2i7.&fuiv. De ces bonrreaus de confidences, helas.'ilien a en toute nation & en route religion Chrétienne.encore que les uns fe comportent plus exécrablement que les autres: ceux là i employent la corde, le fer, & le feu ; ceuxci de vérité épargnent les derniers fuplices, qui les ont autrefois fait trambler en la perlonne de leurs frères : mais ils ne laiffent pas de s’emporter aux opprelïions, aux exaltions, aux banilfemens & femblables efpéces de cruautés à l’encontre de ceux qui ne conviennent pas avéc eux en mêmes fantimans en la Religion, plutôt que d’eflàyer par douces voyes de les remettreau bon chemin. & généralement par tout les Ecclefiaftiques nouriîrent des haines irréconciliables contre ceux qui ne font pas d’accord en la foi: dont le peuple rude & grofïier conçoit des fureurs, qui font capables de le porter à toutes fortes de méchancetés.
- Reidanus cominance ainli fon hiftoire. Encore queplufieurs ayentpanféque les premiers tumultes excités aux provinces 'Belgique s, ayent eu leur fource de ces cruéls Edits, pour abolir du tout la Religion des Proteflans , £r k l’indignation que te peuple en conçût : d’autant que durant l’efpace de 40 ans , plus de cent mille âmes avoient péri , par le feu, par h’tau, par la corde, fo ourmantes en diverfes manières pour la Religion : toutefois quiconque examine de près trouvera encore d’autres caufes &c. ce t que
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- De la FortiHcation ÏrreGuliere. 399
- les Espagnols fi fontmontrés fi dêxefpérês ennemis de la liberté Belgique, a été lapremiére eau fi de tant demaux,de laquelle ma-laixèmant eût on pu efpêrer d’autres fruit. De là procédèrent ces cruels E'dits,fous le voile desquels, ornés du prétexté de la Religion , on attantoit à ta liberté de ces peuples. Pour les appuyer on mit en avant C inflitution des nouveaux Evêques, fa Granville fut élevé au préjudice des Seigneurs du pays fa au deffus de tous, ce quifit élever une commune haine, de communes plaintes fa murmures, autant du peuple, quedes Grands, du peuple contre la barbarie des S'dits, des Eccléfiaéliques contre les nou- ;
- veaux Evêques, des Grands contre l'authorite excefsived’un étranger, fac. £n ce même tamps Catherine de JHédicis, Rêne de France, avec fon Fils Charles IX encore mineur mats couronné, fous prétexté de lui faire voir les principales villes de fin Royaume, mais en effet pour saprocher des frontières dEfiagne avéemoinsde fiupfon, trouva fa fille, femme du Ttoi d’Efpagne à Bayonne, fa te 'DucV’^tlve, Làfefit une paÜion entre eux d’exterminer chacun chés foi, ceux qu’ils apeloient hérétiques. Pour cet effét efl conclu à JMadrit, d'envoyer le Duc D’vive, avec Xmille hommes aux pays bas. Lesquelsayans àpajferpar la France, le Roi comme pour s'affûter contre ces Efpagnols, manda fixmiüe Suiffes comme pour garder fis frontières que l’on employa du depuis contre les Réformés. Un peu après : Le CPrince tï Orange demeura ferme à ne vouloir point fe laiffer emporter aux flatteries aupréjudice defon deffein : à quoi lepoufioit encore plus fort, la conoi fiance qu’il avait eue de cette ficréte confiscation des deux Rots à la ruine des Réformés, fa au changement de l’état : Henri 11 de ce nom Roi, par une occultepermijfton de Dieu, s’étant perfitadé qu’il eût été admis à ce con fil, à "Bruxelles , le lui avaitfimplement déclaré. D'où ce "Trince reconut aixémant, que fotts cette couleur de Religion , cétoit à lui que l’on en voulait fa aux autres Grands ,fa a t A xiberTe'dujPAYs.
- Par tout 5 en France, en Suède, auPays bas, en Allemagne & ailleurs, la tyrannie des conférences a mal réüffi;
- Quant à ce qui fe palTe en Angleterre àrheuremêmeque jécris ceci, Dieu en ordonnera. Jelefupliequ’illui plaiie de vouloir infpirer aux courages detous Prélats & pafteurs Ëcclefiaftiques la douceur & la manfuétude, & les unirenfamble en amour & en charité fi étroite, qu'elle fe communique puis après àleurs troupeaux, en forte que tous cnfemble d une bouche & d’un cœur nous puilfions louer & remercier l’auteur de toute paix & de toute concorde, avoir en haine&déteftation les guerres exécrables, & en horreur tant leDiable,quefes miniftres.les homicides enragés de faire la guerre.
- Les grands Prélats et Pasteurs Eccl e's i asti qjjes,. les Princes des Eglifes 8c mêmemant des peuples Chrétiens, de quelque Prélats profeflion 8c religion qu’ils puiflent être, i aprandront,8c principalement en fr^Sgir-ce tamps ci, enquoi confifte la jufte 8c légitime fonction de leurs charges, fi* c’eft à fçavoir, (s’ils en veulent croire Clement VII) a procurer& a maintenir en toute façon, une bonne paix entre les Princes de la Chrétienté. («)Ils s’abftiendront donc, fi leur plaît, 8c principalement à cette heure, que le Turc nôtre ennemi commun impitoyable,efl: déjà préparé à dévorer les pauvres Chrétiens atténués de tant de fureurs domeftiques, de difliribuer des cônfeils pareils à celui de ce barbare Clement I V, qui difoit au François Victorieux : La mort de Cmradin efl la vie de Charles, la mort de Charles efl en la vie de Conradin (0* autrement leur mémoire apres leur décès, (e) fera exécrable à la poftérité.
- Les Rois regnans, fe reflbuviendront que les peuples les ont élevés en ce degré, comme dit Hérodote , pour l’adminiftration de la Juflice, & la confervation de la tranquillité publique ; s’ils ne veullent tomber, ou du Les Rois tamps de nos Pères 8c encore du nôtre, nous avons vu précipités, les Rois ^ms lH’ {â)Chrïfliernede Dannemark, Sigifmondde Suède, &Philippes LJ dEfpagne9 & plufieurs autres en tous tamps.
- Les Rois guerriers trouveront en Porus Indien, (e) une fage in-ftruction pour aprandre à bien ufer tant de l’une que de l’autre fortune, au- olt tant les Victorieux, que les vaincus. Guerres
- Ddd % Les
- (a) Ma il Panteficer efpondéva, niuna cofa mena convenire à fi, cheilpartire délia neutralité,nelle guerre traiTrencipi thr'Jliani , per che ce fi richiedeva i’ufficio Paftorale, fa per che petrebbe con majore autorité trattare la pace. Et un peu après. Cefitre il quale puma dimonfirava ,non fipoter perjùadere ,che il Pontefice in tanto pericolo l’abandonajjè,commojfimolto d’anima rifpofi , che ni odio , ne ambitione , ne alcunaprivata cupidité l’haveva indotto à pigliar da principio laguerra contre al Re di Francia, maleperfttafioni e l’autcritddel Tontcfice Leone : je l’en cioi, moi qui fuis Allemand, ce Z.»» donc n’étoit pas feulement rugifianr, mais dévorant, confortato aquefio, corne diceva, dalprefente rTontefice, che allhora era il Cardinale de Medici, dimoftrandogli importare moite alla falute publtca, che quel Ré non pojfidefje cofa alcuna in Italia, fac. ^Alle quali que- tele replieava l'Oratore Fiorentino : Il Papa, poiche fu eletto alla fuprema dignité, ejfireftato obligato à procéder non piu corne Cardinale de Medici,ma corne rPcntefice Romano,Vufficio del quale era penfare è affaticarfiper la Pace de Chrifliani. Guicciar.
- 1 liv. X V. des Guerres d’Ital. c’eft parce feul moyen qu’ils fe déclareront les Hérauts de la charité, les difciples de Je-fus Chrift & les vrais héritiers du Royaume des deux, (fi) Chron. de Car. liv. V, feüil. 619 de mon edit. (c) Concor-fe al corpo merto d’^éleffandro in S. Pietro, con incredibtle alegrexxa tutta Rima, nonpottndo fatiaifigl’ccchi d’alcuno di vider Jpento un firpente, the con la fua immoderata ambitione, è peftifera perfidia, è con tuttigl’effempi d’horrible crudeltà, di moftruo-fa libidine, i di inaudita avaritia, vendendo finxa difiintione le cofi facre, è le profane, haveva intofiicato tutto il mondo : fa non“ dimtno era fiato efaltato con rartjsima fa quafi perpétua profperità daüa prima gioventù, tnjino ail’ ultimo délia vit a fua,defi-derando fempre cofe grandifsime , i ottenendo più de lie cofi che defiderava. Effempio patente à confonder l’artogantiadi coloro , i qu'ait p refumendofidi forger con la debolexxa de gl’occhi humant la profondità de giudtcii divini, affermano cio che dtprofpero,à • daverfi avicnne àgl'huomini, procidere, 0 da meriti, 0 da demeriti loro, corne fi tutto di, non apparijfe molti buoni effet veffa-tiingtufiamente, i molli di pravo anima ejfere ejfaltati indubitamente, corne fe altramenti interpretando, fe derogaffe àlagiufii-tia è alla pottniia di Dio, l’ampiitudine délia quale non riftritta à termini brevi'e prefinti, in altro tempo, é in luogo, conlargà mono premii, é con fupplicti fempiterniriconofieigiufii,da gliingiufii. (d) Sleidan : Borrius : & fur tous Emm. MetCI.liÿ; X.feuil. 201 & fuiv.de mon édition en l’an ij8r. 26, Juillet; (e) Q^Curce,!; VIII fur la fin;
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- 400 Livre Second.
- Les P r in ces, tant ceuxdela Confess ion d’Augsbourg, que les r e' F o rm es , après tant de pertes 8c tant de dommages reçus ou tes princes intantés deviendront fages à la fin. car tous ceux de leur qualité, qui font pro-Proteftants. feffion de la Religion Romaine, ont leurs Amhaffadeurs, continuellement h Rome if], où tout ce quife paffe en la Chrétienté [e rapporte, toujours en garde & enfentineUe pour découvrir tout ce qui branle ; & làfe forment en commun les délibérations fé-rieufes,& fe prennent les réfolutions de ce qui fe doit faire ou éviter. Mais il ni a pas entre les Princes Reformés & ceux de la confeffton d'Augsbourg, une fi étroite cor-refpondance (b), ou mutuelle affurance ; (c) un chacun deux faifant fes afaires particulières, nul d'entre eux ne travaillant pour la caufe commune & le public.
- Nos Guerriers infol ans pour avoir paru en un ou deux combâs Les Guer- avéc p]us fe bonheur que de valeur, i trouveront de quoi foumettre leurs
- YIBY$ Cûf?9m * A a
- bmms. gloires , à celle de l’Empereur Henri IV, qui combattit L X11 fois en fa vie avec fuccés & réputation; furpafiànten nombre de vi&oires ,Jules(/)Ce-far 8c tous les autres Capitaines qui l’ont précédé ; non obftant que celui ci a fait vanité du grand nombre de fes batailles.
- On i trouvera des lois militaires plénes de Juftice,8t bien qu’un en-Les Lésif-nçmi les aü inftituées 8c exercées onnelaifièrapasdelesaprouver. En Uteurs des voici une de l’Archiduc Albert: Que nul qui naît étéfimplefoldat l'efpace de trois
- ordonnances r . A , , . . -. 1 . . . i / i
- militaires, ans, ne joit reçu a la charge d enjeigne, encore moins aux principaux degres de nos armées : Pareillement, que nul chevalier delà Toifon, nul Conte,nul de nos courtu fans ne foit fait Colonnel : que ces charges foient refervées aux Capitaines expéri-mantês & h ceux qui pour s'être honnorablement comportés en tous les degrés delà Milice, & les avoirpajfésfefont randus dignes de les obtenir. (/) ces lois font bonnes, mais elles ne feront pas agréables aux courtifans.
- Les capital- Les Capitaines qui introduifent des paficvolans à la montre, 8c qui mettent par ce moyen leur honneur 8c leur fidélité en commerce 8c en marchandife, fcauront, que s’ils ne font extrêmement fubtils, ils courent le hazardd etre honteufement cafles, encore qu'ils ayent desparens auconfeilfou-ver ain de l'état (g).
- Les En/ei- Les Enseignes! pourront remarquer la glorieufe mort d’un hom-me Illuftre de leur ordre, Othon Riant, qui n'étant pashomme hfe randre à fennemi, comme il s étoit envelopéen fon drapeau ilaiffa la vie. (h);
- Je
- (ii) Reidan, liv. X V pa. 355 & 400 de l’éd. Lat. ltfés& jugés. (J>) En ce tumulte, la ville d'Alnvers fe trouvaparta-gèe en trois f'allions, de Luthériens, de Réformés, & de Papiftes. Les Luthériens abusés par les Papiftes ,{y feperfuadans que le Roi fuportoit leur Religion, conformément ace que l’Emper. Charles l'avoit fait en .Allemagne, voulant coufer ver la bonté de leur caufe de la contagion des falviniftes, s’étaient joints avéc les Papiftes -, ainfi furent diminuées les forces des Reformés. Stpeude tamps après on ota les Tamplestant aux Luthériens, qu’aux Réformés. La concorde donne l’acroiffement aux petites choies , par difcorde les grande s mêmes tombent en ruine. éy les Allemans qui étoitnt de cette opinion, Matthieu lllyricus, Spangenberg iy autres furent chaffïs. c’eft vôtre fait fi la maifbn de vôtre voifin brûle. Que tant les Réformés que les Luthériens fe perfuadent, que les uns & les autres, ceuxci avec ceuxlà , ceuxlà avéc ceuxci feront tous chalfés , non pas d’Anvers tant feulement, mais detoute la Chrétienté, s’ilsfè laiffent furprandre aux artifices de ceux de Rome, chacun d'eux pourvoyant a fon particulier, fans égard a la caufe qui leur eftcommune, jerépételes termes de Reidanus , Sc les ad-dreffe à ceux qui traitent à prézant de la Paix à Munfter, fans cette affurance. (c) Les deux frères (de Guife) fe voyant aftaillü , notamment par les ’Troteft ans,fulminent contre eux, écrivent au Roi d'EJpagne, aux Princes Catholiques : fjhte les Luthériens {y Calvinîftes font fiuls auteurs des troubles en France (y du tumulte d'Amboife. On écrivoit ainfi aux Romani-ftes : de cette autre façon aux Luthériens, pour perdre les Réformés en les féparant d’avéc eux. £>ue ceux qu’on éxè-cute en divers endroit du Royaume, font feulement certains hérétiques Sacramentaires : la perte n’en eftpas à plaindre: ennemis de la confeftion d‘ Augsbourg ; c’eft un grand péché : piperie ! Philippe là deffus leur donne avis, (en vain) d’introduire en France l’inquifition d'ECpagne. Le Canfeil privé l'accorde & les ‘Parlements autorisent. Mais le Chancelier de C Hofpital étoit trop fags'Politique, {y ne vouloit pas voir la France mafquée ni traveftie à l’Efpagnole. Jan de Serres en François II, ij<îo pa. r 220 & fuiv. de mon E'dit. (d) Cefar combatit en bataille rangée jo fois, furpaffant en cela M. Marc el-lus qui nepaffa poincle nombre de 40 combâs. Plin. Hift. nat. liv. VII. chap. X X V. (e) Cron. Car. pa. s1J4.de mon éd. Jean Stamp. 1. 2 . ch. 3*. l’Abbé d’Urfperg,& autres. (/) Reidan, liv. XIII pa. 335. ed. Lat. (g) Le même liv. X V11. (h) Leraêmî liv.*
- fœjfevo -Imts.
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- De la Fortification Irreôuliere.
- 401
- je ne voudrois pas que les Capitaines de Mer fuivifiènt l’éx-ample de Cloyer, car il n’arrive pas toujours que la témérité réufliflè. (*)/<? Capitaine CÎoyerfe randit maître de l'autre vaifièau Dunkerkois -, par une hardie fie taiL?T accompagnée d'un extrême bonheur : car avant que les navires fufient dérochées, mer-dun grand courage il s êtoit jettéfeul en l'une de celles des ennemis ; & de hazardle vent l'ayant emportée leféparoit des fiens & le retenoil au pouvoir des Dunkerkois; mais de crainte, (à préfànt ils font plus réfol us) ils s étoient tous fauvês à fions de cale, fans fcaruoir silétoitfieul ou acompagnê, avant quils en eûfient nouvéües,
- les nôtres toumans voile furent àfonfecours. (b) Depuis que les HoUandois éê les Zê-landois ont été afiurès de leurs forces en mer\ ils n'ont plus voulu donner de quartier aux guerres navales. Mêmement ils obligent les Capitaines des navires h faire fier-ment, de mourir plutôt que defie randre, ^ qu'ils ne prandront a rançon aucun des ennemis : ce quifiert à fie confierver l'empire de la mer. on n’eft pas à préfant fi rigoureux.
- Les pauvres S o l d a s & les fimples Capitaines fçauront, combien la condition eft miférable de ceux de leur état qui font fous la charge d’un Général famblable à Don Louys de Réquéfiens : (c) c'étoit ce Louys qui depuis trois L(S soldat» ans avoit domté les Maures de Grenade, car ayant donné charge a quelques Capitaines dattaquer de nuit le camp des ennemis, qui fe repofoient furl'afiurance des trêves qui étoient alors; ceux ci ayans êxécuté leur charge, les Maures firentplain-tê de la rupture de la trêve ; le Généralfeignant dignorer ce qui sêtoit pafié, furie champ même condânales Capitaines h la mort, ce qui le mit en fi grande ejlime par-mi ces barbares, quils l'apeloient le jufie& le fidèle Général : mais peu apres les ayant endormis fous îapparance dune paix fourrée, ils furent trompés.
- On i remarquera, que tout B l e s s e qui refpire encore peut efpérer; mais ils ne font pas tous fi heureux que le Capitaine Pithan , qui après la bataille de Flandres, fut trouvé parles nôtres percé de ^ 5 cous, ayant la gorgeprefi-que toute coupée, & bienquemalaizémant i pouvoit couler fans fie répandre, ce quon lui donnoit de viande & de bruvage, il fut toutefois le premier guéri de tous les en bataille, blejfiés. Pareillemant fut reconu un Capitaine Suifife, ( il s'apeüoit Chrifilian Joinj qui avoitfurfon cors tout autant de play es. La confiance de tous les deux fut admirable , ayans été trouvés en la même place qu'ils avoient occupée en combattant, fans reculer, encore quon les eut atterrés de coûs. (J) On apprandra de plufieurs batailles, & particuliérement, de celleci de Flandres,qu’il faut ufer modérément de la Victoire, de crainte de retour, étant bien fouvent arrivé qu’une cruauté ait été vangée, par une autre plus exceflîve. En cette bataille de Lu vain Flandres, celui que le foleil a fon lever avoit vu infolant &fuperbe,le même foleil le vit enfe couchant abbatupar terre; 8c fut mis à mort par Edmond Colonnel E’cof-fois, qui ne fit point d état de dix miUe êcus de rançon qui lui étoient offers pour le prix de cette même vie. car ce Colonel la voullut immoler à la vengeance de fes compatriotes, que celui ci avoit cruellement tués le même jour avant midi, ce qui randoit les nôtres plus irrités & plus cruéls, ce fi que cette même Victoire leur avoit coûté beaucoup de fang. mais fur tout l'horrible boucherie qui avoit
- D d d 3 été
- (4) Rcidan Ann. liv. XVI. (b) Reidan liy. i. pa, zs edit. Lat. (c) Le meme au même lieu, (d.) ReidanAnn.
- XVIII.
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- été faite de$ rêgtmans E'coffois & Zélandois,mndoit impitoyables leurs compagnons; Laquelle memes ri étoit pas encore rafftze au lendemain, auquéltls voulurent continuer les obféques de leurscamarades , taïUans en pièces quelques compagnies sjuf-ques a ce que Maurice à fonde tambour fit défance de plus tuer aucun des prifon-niers (a).
- Je ne fuis pas d’avis qu’un Assiégeant fuive l’example de Menàza dans le tamps où nous fommes. Orfoï fut la première place qui fut attaquée (ÿ emportée : ou le Général Mendoza vint dabordjufques aux barrières avéc la coi-Les JLjps &née‘ Jltavoit en la citadelle quelques moufquetairçs de Clêves, qui faijoient conte-géants nance de fe deffandre mieux que les bourgeois. Mendoza s avançant tout feul avec un Prêtre confeffeur & un bourre au , (cette compagnie peut faire conoître quel homme étoit ce Mendoza) avéc des cordes enfa main les menaffa de le s fai* re tous pandre s'ils ne fe randoient ; ces menaffes étonnèrentfi fort, ceux qui étoient h la garde de cette place (brave réfolution ! ) quils fe randirent. (b)
- Je ne croipasaufli que ceux qui traitent la compofition d’une puiflànte ville qui fe rand à eux , doivent imiter les artifices de Richardot. il ne retran-choit pas h ceux de G and toute efpêrance d'obtenir lalibertè de confiance, mais il * avoit requis que cét article fut refervé h la fin du traité comme le plus important de tous, il accorda les privilèges &les loix, le pardon des chofespafiées f^toïit le refle afiés volontiers,enforte que les citoyens deGandétoient afiéscontans. Mais enfin comme quelques uns eûfientfait infiance de la libertè de confciance, ilfit réponce ; que fi on fe vouloit opiniâtrer fur ce point, c étoit h refaire de tout le refle, Mais la douze: xAifiê- ceur ^es c^°fes acordées, charma les Gantois de telle façon , qu'ils fer éfolurent de gés. préférer la confervation de leurs biens à cette de leur religion: ainfi qu autrefois les Ge-
- rafeniens avoient chafiê notre Seigneur pour l'amour de leurs pourceaux. Enfuitte, pour tirer de l'argent de quelques uns des plus riches de la cité, Richardot ufa d'une autre rufe : Encore , dit il, que la vitte fe foit randu 'è criminelle envers Dieu envers le Roipour mériter d'être cruellement traitée: toutefois le Roi ayant plus d'égard à fa clemarne qu'à leurs fautes fe contante de la pêne de fix, pGur l‘éx ample ; & veut emore que l'on ufe de grâce en leur endroit, on s'accorde donc d'en exclurrefix, du bénéfice des conditions que l'on avoit traitées avéc le Duc de Parme. Le voilà dans la vitte. ce fût alors que chacun des plus puifians & des plus riches, craignant en fa perfonne l'exécution de cette rigueur, vinrent a Richardot, pour s'en éxanter à force de pré fan s : dont il profita de tresgrandes fommes. (c)
- Muray Colonnel E'coffois, nous fera conoître,que L’a u d a c e eft bien (buvant un foible rampar : Se pourmenant fur les murailles de Bommel aflié-gée, il ne fe baifloit pas aux coûs de canon , & dédaignoit de fe mettre à couvert, quand un coup lui raza la tefte, & en mourut (d). c’efi: un éxam-ple que je donne aux foldâs, à fin qu’ils s’abftiennent de fe moquer de nôtre peuple, quand il accourt des champs 8c des villes pour repaître fa curiofité du fpe&acle de tant de merveilles qui fe pratiquent en nosfiéges modernes: s’il arrive à quelques uns d’entre eux de témoigner plus de crainte que de prudance à fe garantir de l’outrage de ces machines.
- Il
- (a) Reidan Ann. 1. X VIIpa.523 edit. Lat. (i) Reid. Ann. X V. («) Reid- Ann.111 pa. S6 cd. Lat (d) Emm.
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- Il i en a de ceux, qui trouvent leur ruïne aux effets de leur propre indu-ftrie, a l’heure même qu’ils s’en promettent de la fortune 8c de la gloire.
- Adolphe Nivenar, Gouverneur de la part que nom avons en Gueldresfe préparoit à ravitailler ceux de Berk. Au refie comme il éprouvoit un pétard, dont ilavoit réfolu d'enfoncer uneforterejfe des ennemis, il arriva que le feu prit aux poudres, qui emportèrent la voûte de la [ale d'Arnhem, & plujieurs chambres. Un Capitaine, nommé Denis, & un Gentilhomme i périrent. Le Conte même fût brûlé & mourut. Un pareil accidant étoit arrivé la précédante année a Berg-op-zom , mais encore pim admirable. Un Italien de l’armée du Duc de Parme, qui s étoit randu en notre parti,promettoit de faire de certains vaiffeaux, & des bouléts creufés ou en fer ou en pierre pour être jettés aux vides affiégées, & de les ramplir de matière d’une teïïe nature, que fi tôt qüeïïe auroit conceû le feu, ils fe partageraient en une infinité de grains, ou de Grenades, en teïïe façon, que toute chofe que la moindre êtinceïïe auroit touché fer oit brûlée fans remède, comme il travaiïïoit a cette opération, une blüette de feu tomba de hazardfur la table ,fur la queïïe il avoit préparéfa matière.
- Il la veut ôter & fans i panfer touche la matière, voila fa main en feu. E'tonné & troublé de cét accidant, ilporte fa main entre fis cuiffes pour éteindre ce feu, qui fe p rand h fes chauffes, fe communique pim avant & s'attache a fes cuijfes j enpeu de tamps la peau & la chair de famainfut'confumêe. Le vinaigre appaifoit le feu, mais ne l'éteignoit pas, au contraire,, ilfe rêpandoit & gaignoit toujours peu à peu les autres mambres. Enfin, il dura encore trois jours en des douleurs continueïïes & . horriblés, & puis mourut. Peu d'années après, mourut aujji en ces artifices de feu Ian Bouier, homme de remarque en cét art, & pour avoir randu de gransfervices à Maurice. (a)
- L es C a no n i e r s fcauront la diverfité des effets de leurs effroyables machines. Il i eût des coûs admirables pour les efféts quils entrainèrent en leur fuitte, que je ne veux pas envelopper fom le filance. Un mari couché enfin lit avéc fa femme, furent tués, d'une baie volante au deffm d'eux, fans aucune lézion de leurs mambres. Une jambe fut emportée à une femme qui portoit un enfant entre tescmo-fes bras ; la femme mourût : l’enfant fut tranfportê a vint pas de là, & vêtait. Un nm5' foldat laifoit unefiïïe, lafiïïe perdit le nés, le foldat une de fes mâchoires, & l’un ® Les Putains l'autre furvêcurent. Un canon, pointé contre un autre canon, lui donna droit en îembouchûre, i mit le feu & lefit décharger. (b) é-
- Entre tous les autres fut miraculeus ce coup de canon, qui mit au monde Albert Ambroife au fiége de Bergues, l'Infante ifabeïïe l’ayant pris en là tes femmes prote&ion, pour la rareté de cét accidant. Sa mère, femme d’un fimple foldat ; puifant de l’eau au pié de la montagne de Rayeberg, fut mife en pièces d’uii coup de canon tiré de la ville *. on i accourt 8c parmi les bo-yaus de la mère qui nageoient en l’eau, on tire l’enfant fans incilîon, ainfii miraculeufement confervé, porté au camp par le foldat qui avoit fervi de fege femme à ce funefte acouchement, delà à Anvers, ou il fut baptizé 8c nommé, comme nous avons dit, par la Princeffè, qui le pourvût d’une panfion pour fa vie. L’Hift. du fiége de Bergues, au Ch. L V111.
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- («) Reidan Ann. VIII pa« éd.Lat. (£)Reid.liv.XVI pa.464ed.Lat.
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- 4°4 L I V R E $ E C O N D,
- VoiciJules Cefar, qui nous va raconter un éxample de notable grandeur de courage («). Un accidant digne de mémoire que j'ai veû de mes yeux, mérite de n'être pas obmis. JÎ i avoit devant la porte de ia vide un Gaulois, qui jettoit au feu des mottes de fuif & de poix, vis a vis dune tour, il fut frappé d’un coup de fcorpion au coté droit & mourut fur la place. L'un de ceux qui étoient proches de lui occupefa place & fa charge, & fut aufft tué d'un pareil coup, un troijiême, un quatrième en fuitte, & cette place ne cejfa point et être ramplie, jufques h ce que le feu éteint & les ennemis écartés de toutes pars, le combat cejfa. Nos moufque-taires & canoniers trouveront aize'mant de famblables examples en nos hifloires. en voici un. Lorfque Maurice aflïégeoit Steenwyk, le feu ayant été mis en une mine, on ne ceffoit de battre à cous de canon, tant contre unpa-rapét relevé en partie, que contre la tour du tample , (qui nous incommodoit) que contre le Baflion fracajfê de l'effort de la mine, en partie pour achever de le démolir, & auffipourchaffer l'ennemi quil'occupoit en feigne s déployées. Et ne furent pas peu endommagés : entre les autres, un enfeigne ayant été emporté d'un coup de canon , un autre pritfa place &fuivit fa fortune, puis un troijiême, tant que ce même jour, un quatrième fut pourvu de ce même drapeau; ce que ceux de la vide nom avouèrent, après quede fe fut randuë. (b)
- Ceux qui font envoyés pour appaifer de belles parolles des foldâs mutinés,ne s’étonneront pas de leur infolance. L'Eletto ne voulut pasfeulement ouir un Prévôt que l’Archiduc Albert lui avoit envoyé, mais d'une façon toute extraordinaire , il enferma un foldat dans un facpour entandrefespropofitions & i répondre : on ne fcait ft ce fut par moquerie, ou pour le faire mêconoitre , de crainte que fe faifant un accord il ne fut puni comme le chéf des fêditieux.
- Les Secrétaires pour aprandre le Secrét des chifres inexplicables, iront à l’école, du Tres-noble & trés-expérimanté Conflantin Hugens, Che• valier, Seigneur de Zulichemfsc. perfonage fçavant aux belles lettres, grand homme de cour, & d’une Singulière intégrité, on découvrait les pim embrouillés de ces chifres qui enveloppent les panfées des hommes (d) : n'étant pas moindre l'émulation des produirions de l'efprit, que des allions militaires, cette charge fut Les Sure, affignée à Conflantin tiugehs Secrétaire du Prince : perfonnage, que les foins de fin TeZux* pére av°lent inflitué pour être un fujét capable de toute fortune, &c. Les lettres (e) étoient écrites en tels chiffres, que ceux là feulement les pouvoient conoitre, à qui edes südreffoient. Toutefois Conflantin Hugens, (depuis accrû de la Seigneurie du nom de Zulichem,) les déchifra. &c. J’adjoûterai un autre éxample. Ces deux lettres étoient de Maurice, l'une écrite ajuflin de Najfam, l'autre au Magiflrat de Brèda ; écrites en chiffres prefque inexplicables (f). Plufieurs i travaidêrent, le feul Michel Reuttart Secrétaire du Mar fuis de Spinola trouva le fecrêt. c’eft la charge du Secrétaire de lire les lettres en la prélânee de fon Maître & de les expliquer s ’il en cfl befoin. celui et, travaidantjour & nuit à cet ouvrage, trouva enfin la manière de les entandre. cede qui était h luflin contenoit en fub-flance, &c. Les Æ giptiens ont eû autrefois leurs caractères Hierogliphi-ques, les Indiens 8c les Chinois ont encore aujourdui leurs lettres particulières,
- (4) Liv. VII de la Guerre des Gaules, (b) Reidan Ann. 1.1 X pa. 917 éd. Lat, (e) Reid. liv. x VII. pa.4p* édit. Lat. (d) Hcinf. au fiege de Bofled. liv. 11. (e) Boxhorn, au fiége de Breda. (/) Herm. Hug. au fiége de Bréda.
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- liércs, par le moyen defquellcs ils expriment, non pas une petite partie d’un mot comme nous faifons, mais des parolles & quelque fois des fen-tances toutes entières en une feule note, nousaufîi, à leur imitation, pour ôter à nos ennemis la conoifîànce de nos defîcins, remettons en ufage cette façon d’écrire prattiquée par les anciens, embroiiillée, & du tout extraordinaire. ce n’eft pas toutefois que nous les imitions en toute façon,mais ainfi que le Secrétaire le trouve à propos, il ne laiflë pas d’i laiflèr deçà & delà des parolles & des claufes entières, mais détachées 8c ranverfées 8c diverfifiées en mille manières. Je ne pourrois fans crime oublier ici, le premier homme de cét art, Charles de Beaulieu, qui fut celui, qui expliqua le premier de tous en l'année 1573» des lettres qui étoient écrites par Mon dragon a Mid-delbourg remettant le cœur a ceux de F lefiingue ennuyé s de la longueur du fiêge; par le moyen de quoi ils furent du depuis maîtres de la ville. Le même déchifra les lettres qu'Elizabet lui avoit envoyées, dans lefquelles étoit tout au long contenu le dejfein des Efpagnols fur l'Hyhernie, £9 les complices de l'entreprife, Anglais & Hihernois déclarés, depuis que cette trame eût été découverte, les Efpagnols nom plus rien entrepris contre P Angleterre par trahifon. Que nos Critiques s’en faiïènt accroire , pour quelque lettre quïls auront changée, ou quelque mot qu’ils auront rétabli en un auteur ; 8c qu’ils s imaginent que la République des lettres leur en efl grandement obligée ? ce Beaulieu a donné toute la Zélande à la République des Provinces unies: 8c afïuré lHHernie 8c l'Angleterre même à la Rêne Elizabet.. Et toutefois on lui a refufé lajufle recompance de fes travaux immanfes & de fes veilles ; ce qu'ilporta fi impatiemment, que dédaignant de vaquer davantage a un labeur ingrat & qui lui raportoitfi peu d'utilité, il perdit du depuis, ou la fciance, ou la volonté de si employer, & ne déchifra plus que fort peu de lettres. Reidan adjoûte. le lui ai moi même oui dire que ce travail de déchi-frer efl fi ennuyeux & fi dificile, qu'il en efl quelquefois demeuré l'efpace de trois jours hors de fon fens. Son fucceffeur en cette chargé S. Aldegonde, i aquit plus dhonneur & plus de bien, auffi continua t'ilplus long tams à s i employer, llfam-lloit que ce fut comme par infpiration. quils expliquoientcescaraiïêresfi embaraf-fés,&non moins dificiles a deviner que les propres panfées des hommes. Car Beau-lieu & S. Aldegonde en ont quelquefois dèchifrè, qui contenaient, non pas vint & trois lettres, mais trois cens: (ôGrammairiens s’il vous faloit aprandre 300 lettres feulement pour fçavoir lire! ) dont lune bienfouvent êtoit le nom d'une ville ou d'une province, l'autre ne fervoit d rien que pour ahufer. Et fcavoir difeerner ceUesci des fignifiantes, fambloit être l'œuvre d'un efprit prodigieux£§ du tout extraordinaire. Même Beaulieu déchifroit des lettres écrites en des langues defquettes ils n avoit aucune conoiffance.
- Critiques, trouverés vous bien ce moyen que Beaulieu prattiquoit pour écrire & pour entandre toutes fortes de langues comme la vulgaire ? ce-pandant j’ai un mot d’avis à donner à Meffieursles Secrétaires, s’ils ne font pas afîes fubtils, que pour cela ils ne s’étourdifîènt pas la teflejufques à demeurer privés de fens l’efpace de trois jours : ils trouveront afîes de
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- ceux qui les peuvent aider en ce métier, 8c euxfe pourront prévaloir de l’honneur de l’invantion, l’ayant volée à quelque pauvre miferable, qui mandie l’honneur de leurs bonnes grâces.
- Les Messagers recevront cette inftruéfion ; que depuis qu’une ville eft afliégée, lui donner afliftance, ou bien lui porter des nouvelles defes alliés, de fait, ou de parolles, ou par écrit, eft crime capital. Spinolafit pandre deux payfans, qui s ètoient effayês déporter des vivres dedans la vide (a). Ces meftàgers de terre peuvent être attachés au gibét. Mais à ceux qui voilent, que leur fera-t’on > forceront ils un camp, porteront ils de belles cfpé-rances en une ville aftiégée avec impunité ? La punition en eft refervée à ceux qui tirent en volant. Un foldat abatit un pigeon volant, lé 17 d'Aoufl : ce pigeon, portoit aux affligés des lettres au Conte de Bergue, (Général de l’armée Elpagnole ) par ces Lettres U leur rhandoït,‘ quils eûffent h lui faire entandrepar quelqu'un des leurs, dequeÏÏes chofes ils avoient lefoin, & de quelle partpourroit mieux aprocher le fecours qu'on leur envoyeroit ou du moins qu'ils donaffent les en-feignes, parle moyen de quelques feux la nuit, ou de jour avéc des fumées, h diver-’Efpms.fes fois, combien dejours ilspouvoient encores tenir contre les ennemis, qu'il avoit efpérance de quelque ranfort, lequel arrivé, il ne manqueraitpas d'effayer toutes chofes pour les fe courir. Un foldat qui s'étoit finement êchapê la nuit entre les gardes , avoit apporté ce pigeon avec un autre au Conte de Bergue, & n'auroitpas manqué de retourner au lieu dont il étoit parti, parce qu'ili avoit fa couvée.Çb). Au fiége de Harlem, la circonvallation étoit fi lâche & fi négligente, que ceux de la ville en pouvoient fortir avéc des cages plénes de pigeons, lefquels puis après étoient lâchés par le Prince d’Orange 8c le Confeil d’état 8c s’en retournoient à leurs colombiers, ayant des lettres attachées aux jambes couvertes de cire, ou autrement pour les garantir de la pluye. (*). Ceux de Leyde eurent aufli de tels meftàgers, 8c après leur mort les ayans embaumés 8c fechés, les confervent encore en la maifon de ville, 8c les font voir avéc leurs tuyaux ou les lettres avoient de coûtume d’être inférées, en témoignage de leur gratitude envers Dieu,8c pour Mémoire à la Pofté-rité. ( d)> Mais l’égard qui fe doit avoir de la portée de l’oifcau que l’on employé à cét office nous eft enfeigné par Herm. Hugo, ( *) en l’éxample d’une hirondelle, qui ne fut pas capable de s’en bien aquiter. Parce que les afîïé-gés ne recevoient point de lettres, 8c ne pouvoient pas. envoyer furement des meftàgers hors de la ville, ils lâchèrent une hirondelle, avéc unbillét attaché à fes plumes. Les Soldâs d’Ifenbourg, prirent garde à cét oifeau, à caufe du papier qu’il portoit 8c qui le randoit remarquable, 8c comme le filet qui l’attachoit, lui donnant de l’empe'chement, il fut tombé, eux le prirent 8c le portèrent au Conte d’Ifenbourg, qui l’envoya au Marquis de Spinola. Le billét portoit ces caraâéres. 1-69-1-16. Il auroit falu un Oedipe pour deviner 8c déveloper un Enigme de û dificile explicatioq.
- Les Médecins de camp feront inftruïs de la compofition 8c manière des bruvages qui fervent à faire vuider les petites baies de cuivre qui contiennent
- <«) Herm. Hugo au fiége de Bréda. (l>) Hug, Grotius aufiége de Groli. (c) Emm. Mcter. liv. 11. (d) Le même {iv. IV* (*) Au fiége de Bréda.
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- tiennent les lettres, qui vont aux aflfiégés, ou qui en viennent, ce qui a été depuis peu prattiqué à Maftricht, en une femme, des inteftins de laquelle furent tirés par cét artifice deux petites boettes de cuivre, dans lef-quellcs étoient enfermées deux lettres, lune au Marquis de S. Croix Général de l'armée Efpagnole, l’autre au principal Gouverneur de la ville qui étoit au camp, (*) Je ne leur confeillerois pas toutefois de fe mettre au fervice d'un Solyman alîiégeant Sighét, defFandu par le grand & vaillant Conte de Serin. Ce Turc, qui conçevoit en efpérance la conquête de toute la Chrétienté, enragé qu’une fi petite place comme Sighét, par la valeur de fon incomparable Gouverneur, pût retarder le cours defes Vidoires, tomba de dépit en dyfenterie, laquelle étant fuivie d’une Apoplexie, il mourut/Et fa mort eût été la caufe de grans défordres en fon armée, & en tout l’Empire des Othomans, fi le fin Bafia Mahomèt ne l’eut celée, n’ayant Les Medet foufFert qu’aucun aprochât de fon maître en fa maladie qu’un feul Médecin, cm. qu’il fit mourir en fa préfanee des aufii tôt que la mort de l’Empereur fut arrivée , pour mieux tenir caché un fecrét de fi grande importance : autrement,fi cette mort eût été divulguée, lesJanifFaires fuivant leur droit eûf-fent pillé le trefor de l’Empire, qui eft toujours au camp à la fuitte de l’Empereur, & Sighét n’auroit pas été pris, (f)
- Les Jurisconsultes verront une étrange Jurispru dance, qui juge tout par le droit des armes, 8c aflïgne la meilleure caufe à celui de qui l’épée tranche le mieux, comme difoit Pyrrhus, quand on lui demanda, lequel de fes en fans il vouloit deftinêr h la fuccejfion de fon Royaume: celui, dit if qui fourra l'emporter a la pointe de fon épêe. ou bien, comme Lyfander en la con-teftation qu’eûrent les Spartiates contre les Argives ( l) pour leurs limites: qeuxci foutenoient que les moyens par eux allégués étoient plus receva- ^ ^ blés,mais, ce dit Lyfander, celui qui tient cetteci, montrant fon épée, eft celui co»fuites dé qui a le meilleur droit en cette queftion. Pareillement Agefilaüs , ne donnoit CamP-point d'autres limites au territoire de Lacédémone, que l'étanduë de fa lance. Mais nous autres n’avons nous rien qui fe puifiç mettre en parallèle de ces ré-ponfes?Au contraire,que nôtre Architede prenne la pêne de vifiter l’hiftoi-re Belgique, ( aufii eftee la mère 8c la maîtrefie de nôtre Architecture) il i trouvera des faits exécrables, qui furpaflènt infiniment l’injuftice de ces pa-rolles. Verdugo difoit à ceux de Groningue : Penfès ^ous que je fois ici pour vous flatter? jefuis venu faire pandre les hommes, & faire violer lesfemmes.(d) J’ai horreur de fuivre les pas de l’Hiftorien,en la delcription qu’il a faite de Mendoza , cette pelle du genre humain ou plutôt de ce receuil de toute malice de toute cruauté , parjure 8c injuftice. 0). Mêmes Natzél, Amhaffadeur de îEmpereur, quoi que dailleurs trés-affeftionê a la Religion Romaine & aux Efpa-gnols , ne pût pas s'empêcher qu'il ne s'écriât : On dépouille les tamples, on ravage, les monaftères, on maffacre les hommes confierés â Dieu, on viole les Religieufes, on confond toutes chofes divines & humaines, on fait injure &force aux Ambajja-
- E e é v deurs,
- (*) Le journal de ce fiege, au 13 d’Aouft i<f32.écritpar Hexham. (b) Ortel. chron. de Hongr. Par. x. 1 jtfô.pa.
- 97. éd. Belg. Bodier Invent, del'hift. des Turcs liv. XIII. (e) Plutarque, (d) Reid. Ann. XII vers la fin. (f) Le mêmeliv. x V. pa. 421.431.438. St ailleurs de led. Lar.
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- deurs, dont mêmes les Gentils ont refpellê le nom. le crains fort que Dieu ne foit jufiement en colère, contre fa Majejlé Catholique, & contre les auteurs de ces cri. mes, & quû rien fajfe quelquejour la vengeance, car enfin quelle félicité, quel bonheur peut attandre celui,qui ri a point de modération en chofe du monde,point de refpeft ? qui traite fesproches, fies alliés, les innocens, comme les étrangers, les en. nemis & les coupables ? Ces chofes font d’un autre fiécle : n’avons nous point d examples dans le nôtre de cette qualité, cepandant les troupes Impériales & Efpagnolesfourrageoïent toute la campagne, maffacroient les maître s ou les emmenoient, ce nétoit pas une guerre, mais un vrai brigandage. Après avoir gâté les liés, ils enchainoient les uns, & tourmantoïent les autres, leur faif ans endurer par moquerie cruauté extrême une famine de quatre jours. Les champs,
- les métairies, les vidages, étoient pleins defrayeur & d'épouvante entre tant de feux allumés de tous cotés. La cité, (c’étoit Amersfort qu’ils avoient pris à compofition) nétoit pas traitée plus civilement. Le foldat êtoit difperfé en toute la vide, tel bourgeois qui avoit peu de bien, ou point du tout, en avoit cinq ou fix â
- nôurrir. Trop infuportables d'eux mêmes, il faloit encore leur fournir de l'argent a toute heure, outre leur nourriture le vin & les friandifes : on les voyoit tout le long du jour outrés de bonne chère & crevés de vin, & c'ètoit lors, qu'ils fe montraient plus infolans a l'endroit de leurs hofles, & plus outrageux. Et quand on demandoit au Lieutenant du Gouverneur, en vertu de quoi il faif oit toutes ces violances au pré-judice de là capitulation , & quilrepréfantâtfa commiffion, ildifoit, en mettant la main fur le pommeau de fon épée ,je l'ai aux portes ,je l'ai au marché. Voulant dire ce cœur barbare & infolant, quil en avoit le droit en la force, qui ne fe peut van-ger ni éviter que par la force. ( a).
- S’il en faut croire ce Ménédéme de QXurfc, qui difoit. Que l’homme de cœur qui ne peut éviter de mourir en un combat, n'a de refie que cette feule confolation, de fe pouvoir vanger de fes ennemis ; nous pouvons dire que la mort fut glorieufe de cet Efpagnol ,a la defance de Vèfel, qui étant encore aux prifes avec fon ennemi,percé de part en part d'un coup de pique,tirant h la mort, & ne fubfiflant que du grand courage naturèl h ceux de cette nation, s'enfonça au milieu de la troupe ennemie & ne s'arrêta point qu'il n'eût obligé l'auteur de fa mort h l'accompagner, & moururent enfamble. (b) Mais la colère de ce Romain n’a voit plus de force .* Principalement tous sétonnèrent, d'un Numide vivant, qui fut trouvé ayant le nés & les oreilles déchirées, fous un Romain mort: ayant été réduit en cête extrémité que fes mains ne pouvant plus s'aider du fervice des armes, il en conçût une telle rage quil mourut déchirantfon ennemi h belles dents, (c)
- C’efl ailes parlé de la guerre & de fes fureurs ; ne fera t’il pas dézormais plus doux 8c plus honorable de parler de la Paix. 0paix la meilleur*de toutes les chofes du monde ! Paix defirable aux viflorieux, (fi jamais, certes en ce tamps ci ) nécefaire aux vaincus l Paix, qui vaut mieux toute feule que cent mille triomphes ! Serai-je blâmé fi je dis, que Henri! I Roi de France, a été depuis le tamps de la naifiànce du Fils de Dieu, l’un des meilleurs Princes qui ayent manié le fceptre entre les Chrétiens? ce grand Roi, de tres-glo-
- rieulê
- (<*) Heinf.au fiégedeBofled.liv.il. (b) Le même au-même lieu, (c) T. Livc liv. XXII.
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- De la Fortification Irreguliere. 409 ricufc mémoire, pour donner la Paix à la Chrétienté 8c pour mettre fin aux horreurs qui font les appannages de la guerre, quitta franchement la pofièfiion de 400 places fortifiées 8c tenues par fès garnifons : Action magnanime & vrayement Royalie / Que cette leçon, que cét éxample 1èr-ve d’inftrudion à ceux qui détiennent injuftement le bien d’autrui, qui ramplifient la Chrétienté de ravages, au lieu qu’ils devroient la deffàn-dre de tout leur fang, qui famblent nés à la deftrudion du genre humain ( a ) qui font naître des guerres, mêmes de nouvelles guerres, 8c qui ne famblent avoir pris les armes, que pour ôter au monde à tout jamais toute elpérance de revoir la Paix : qu’ils confidérent & révèrent cette généreuse 8c incomparable libéralité d’un Roi de France, qui achète & qui paye le bien ineftimable de la Paix, au prix de quatre cens triomfes. Je voudrais bien .que ces vidorieux m’euflent dit, fi la gloire ne ferait pas plus ferme 8cplusfolide, 8c fi la piété Chrétienne ne les oblige pas, encore que le fuccés de la guerre les eût fait maîtres de 400 places, de les abandonner plutôt 8c de les échanger à l’honneur qui leur reviendrait d’avoir donné à toute la Republique des Chrétiens, fi défolée, une paix fi utile 8c fi nécefiàirc , que d’expofer journellement en la vaine pourfuite de leurs conquêtes, à la faim, au feu 8c au fer, une multitude inombrable, non feulement de leurs ennemis, mais de leurs peuples mêmes ? Il ne faut pas pourtant qu’ils s’imaginent qu’il leur foit aizé, ni qu’ils puifiènt parvenir de long tamps, jufqu a fè randre maîtres d’un fi grand nombre de villes fortifiées. Qu’ils fe refibuviennent d'Oflande, qui donna un fanglant exercice de trois ans tous entiers à ïArchiduc Albert : d’une Rochelle qui arrêta les armes de Louis XIII, 18 mois : d’une Breda qui en coûta X au Marquis de Spinola : d’un Boflcduc, qui fut l’ouvrage de tout un été au Prince d Or ange : d’une Aire en Artois, d’unzTortone, d’une Vigéve en Lomlardie 8c de pîufieurs autres auffi tôt perdues, que conquifes, aufli tôt reprifes que prifes. ho 1 quatre cens villes ou places fortes diront nos gens en s’étonnant ? 8c peut être ne le voudront pas croire : mais pour les convaincre, je leur produirai le témoignage de l’hiftorien, afin qu’ils fâchent que ce grand Roi donna plus h la Paix de ce qu’il pofiedoit réellement, que ni leurs armes ne pourront jamais aquerir,ni même leur ambition ne peut promettre à leur plus vaftes efpérances» Le Roi ( dit Jan (£) de Serres) randit au Caflittan tout ce qu il avoit conquis fur lui tant deçà que de la les monts : au Sa-voifien la Breffe, la Savoye, le Piémont : aux Génois II fie de Corfe : & denviron quatre cens places, ou plus, conquifes durant ces fune fies & pernicieufes guerres; qui tant avoient défolé de Provinces; confommê tant de châteaux,de bourgs,de villes ;hutné tant de fang humain, ravi les âmes à tant de millions dhommes de toutes qualités : & ne retint h pêne que les territoires de Boulogne & de Calais. Ainfi le vent hit en peu d’efpace, toutes les fatigues, tous les travaux, toutes lesfueurs de pîufieurs ftêcles. & le Seigneur dit à lhomme : Infenfé ; en cette même nuit on te redemande-
- Eee 3 ra
- (•>) Nul Attila, nul Bajazern’a Jamais fait mourir tant de Chrétiens, nul Tamerlan n’a Jamais maflàcré tant de Barbares, que nous avons veû en nos jours de Chrétiens égorgés, parles Chrétiens mêmes. (t) Jan de Serres, Henri II ,pa. i zoo démon E'dition.
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- 410 Livre S. econd,
- ra ton âme, & les chofes que tu as apreftées, a qui feront elles ? Et ce nef que toute vanité de tout homme , quoi qu'il [oit debout, certainement l'homme tracaffe, parmi ce qui n a qu apparance. certainement ils fe tampêtentpour néant, il a rai-fon. car chacun des Royaumes a fes bornes preferites par le Souverain Gouverneur du Monde : 8c vainement les hommes fe tourmantent à les vouloir confondre ou arracher. Difons donc tous enfamble : il ni a ni bonheur, nifalut en la guerre :
- Vien, Paix, notre fouhait, & de toutè la Terre ! (a)
- Reidan me vient à la rancontre,qui ne veut pas permettre qu’un Prince guerrier foit auteur de la Paix 8c beaucoup moins, que jamais il la deman-vn Wmce de (b ) ; Quelques uns difoient que Maurice, augmantoit les frais de la guerre, pour Sp7uTfcr an-fade fouhaiter les biens de la Paix, nofant pas la perfuader ouvertement, mais par dre auteur fe m0yen Je ces charges infupportables% ilvouloit obliger h la deftrer. Mais tant s'en 6? **’ faut que ce fut fa penfée, qu'il efl confiant tout au contraire, qu'il mit en délibéra-Examples, tion au confeïl de fes plus fidettes amis, en cas que la Paix fefaifant les Anglois ïfif-fent comprandre les Provinces unies, comment il i auroit moyen de réduire en fa puiffance Fleffngue & tout le refie de la Valachrie, pouri attandre lefuccés & la reffource de fes affaires. Auffi avoit il donné ordre â Guillaume de Naffaw de fe maintenir en la poffeffion d'une ou de deux des meilleures places de fon gouvernement.
- Il aura de moi pour réponfe, les examples de trois guerriers trés-illu-Thodon. lires fans contredit qui tous trois ont demandé la Paix : De Phocion, admiré de Philippe, aimé 8c finguliérement eftimé du grand Aléxandre, de qui Plutarque dit, en fa vie ; Que les Athéniens ayans déjà tout ouvertement déclaré la guerre contre Philippes, & donné charge de la faire h dautres chéfs en l'abfance de Phocion : quand il fut de retour des ifles, ou il étoit allé, ilfe mit h éxhorter le peuple, de faire la paix fous de certaines conditions avéc Philippes, qui de fa parti avoit de l'inclination, & commancoit de craindre le péril, il i eût quelqu'un de ces délateurs, qui font d'ordinaire en la place Heliée, {c efl en Athènes le lieu ou fe tiennent les plaids ) qui dit tout haut. Et quoi Phocion, ofes tu bien détourner de la guerre les Athéniens qui ont déjà les armes en main ? oui, dit il, encore même que
- fa
- (a) Mais |e crains quel on ne m'accule demettrela faucille en la moifTon d’autrui. Arriére profanes : écoutons maintenant les Docteurs de ta Charité. Verche infinitigrandijftmi Theologi, con tanta diligenta havevano trattate le materie appartenenti alla confcienza degli hutmini privati, che havevano pofta in cimpromeffo lafalute de Ile anime altrui, per te folo in-tereffè de tre quatrini: e che il mandagrandamente deftderava veder una compita fomma compafta fapra la confcienza de Prencipi grandi. Materiaper la quiete de II’ univerfo neceffariifftma, é afatto ameffa dalli Theolagi. üetta quale effatamente fi difeoreffe, fopra quelle attionide Principi, con le quali cofi Jpeffo pongono in confufione iimondo, empiendolods latrocinii, d’ajfajfinamenti & di tanti homicidii :che molttd’efii , accecatida l’ambitione di regnare fapra la terra , havevanofatto carrerfiumi dijangue hu-mano. Et udendo il fapientifiimo ( ollegio de Litterati quefii parttculari, dijfe, che fommamente deftderava, chefi dijputafero, & fi riffolvejfero le prefenti queftioni : cioé, fêla pieta Chrifliana ammette, P hipoteca Jpeciale, che la violenza délia fpadas'ha ufurpata fapra gli ftati altrui. Se un.'Trencipato con l’armi ù" con le frodi rubato adun altro Trencipe ,fepoffa ienere da un chabbia il vero timor Via. Et fi il termine di dominât un Régna , chefi conquifta con il folofine d’impoverirlo & diftruggerlo, per Jignoreggiarlo fenza gelazia , poffa effet pratticato da chi é nato nella Fede Chrifliana. Et fi l’baver tanto ejfa/tato la ra-gione diflato , ch’eUaalprefente calpelslt le leggi divine &• bumane ,fiapiu deteftabile & efjicranda Idolatria, che adorare la flatuadi Nabucodanofar, ir il Vitello d’oro. Et per ultimo , dijfe il Coltegio , cheal'hora afattofi farrebono rompit ii defiderit loro, quando fifuffe trovato un Theologo tanto timorato d’lddio,che con i Scritti fuoi cofi dalmdloperare havejfe fpaventati i Prence-pi,corne certo con grandifsime fattche molti havevano atterritigli huomini privati. 'Tercioche , cofa tropo ftranaparea loro, che infiniti dotti Theologi, tantififujfero affaticati aragionar del minuta conto, che i TSottegai ancodelleparole otiofe dovevanoren-âer alla JliaeBa di Vio ; ér havevano poi omeffo il far mentione di quelli errori grandifsimi , che commettono i Vrencipi grandi, quando con gli ejfe rciti armati, rubandofi gli ftati, mandano in ultima perditione le cofi fiacre ù- le profane. Et che conmajor bénéficia del généré humano, é- con premii eterni, ifùoi miniftri haveriano difeorfo fopra le attiom di Ludovico duodecimo, & di Francefco primo, ambedue Re di Francia, de Ferdinande Re d’^irragona, & di Çarolo quinto lmperatore ; le anime de quali s‘e-rano partite da queflomondo , con la grave fomma de mezo miltioni d’homicidii , tutti commefsi per l’ambitione di regnare, de quali dovevano rendere molto minuta conto alla Mae fl a di Dio : che empir i volumi de i peccati veni ali deüe per fane private. Tutte cofe,che era grandamente ncieffarie,affine che il genere humano,tanto affiitto dal ambitione de’ Prencipi,un giorno ricevcjfe la confolatione , che con tanta anfiieta defidera , che chi che regnano,fuffero fpaventati da mal’ operare & veniffero in cognitio-ne, che la cafa del Viavolo erafattaper i grandi & per ipiccioli. \b) Ann. XVII, pa. 40 5. éd. Lar.
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- De la Fortification Irreguliere. 41 i
- je fâche bien, que durant la guerre}aurai autoritéfur toi, & que faifant la paix je fuis en ta puifiance.
- En fécond lieu, je produis Annibalperfuadant la paix à lès citoyens en deliberation publique : Annibal mandé a Carthage aufecours de la République proche de fa ruine, fit conoitre au Sénat, qu'il riiavoit plus désormais defperance de réujfir par la voye des armes ; & leur perfuada d'envoyer toutes chofes ce fiant es & au plutôt, au Général de l'armée Romaine, pour obtenir la paix en toute façon. Les dix ambafiadeurs qrion avoit envoyés êtans retournés à Carthage avéc les articles de paix, on dit qu'il i eût un certain Gifgon, a qui eïïe déplaifoit, qui fe mit a per-. fuader le renouvellement de la guerre : Annibal eût fi grand dépit de ïimpertinan-ce de cét ignorant qu'a l'heure même qu'il parloit encore il le jetta du haut de la Tribune où il haranguoit. Le peuple trouva fort mauvaife cette aBion, nejugeant pas qu'il fut loifible de procéder ainfi en une cité Libre : mais Annibal montant en . la Tribune fit fes exeufes & leur dit ; qu'on pouvoït bien lui pardonner, fi ayant confommé fa vie, des fin enfance qu'ilétoitfini de Carthage, parmi les armes & dans le camp, il étoit mal inflruit des coûtâmes qui fe pratiquent en la ville. Et âjcourut en fuitte, fi h propos des conditions de la Paix, que fur l'heure''même les Carthaginois déférèrent afin autorité, & réfolurent d'accepter les conditions, a la diferétion du ViBorieux & de leur propre néceffité. Elles étoient extrèmément dures & telles que les viBorieux ont de coûtume de les impofer a ceux qui n'ont plus de refiource en leurs affaires (a).
- A ces deux précédans, nous adjouterons un troifiême à fçavoir le Mar- u Marquît qws de Spinola, grand Capitaine au Jugement de toute l’Europe & fans dif- de spiwfa ëculté : celuici ne fe montra pas feulement ConfiiUerde Paix, mais accepta très-volontiers la charge d'Ambafiadeur pour la conclurre avéc les Provinces unies. Cette puifiante République a veû deux jours, extrêmement heureux & remarquables à mon avis. Le X X VI (b) Julliét de l’année 1581: quand unanimement & d’un très-grand courage il fut réfolu, que ces Provinces ne reconoîtroient plus lauCorité du Roi Philippes : & le X111 de Février (c) 1608, quand la poiïèflïon de cette liberté fi jufte, fut confirmée à cét état, par la propre confeflion & conlàntemant de fon ancien ennemi, car ce fut en ce jour & en quelques autres immédiatement précédans, que le Marquis de Spinola, depuis fi long tams Général de l’armée ennemie, fut receû au lieu de 4aJJaye, qui eft le fiége du Confeil Souverain de l’Etat, làns armes & fans feeptre, mais ayant en la main l’Olive pacifique & demandant la Paix avéc toute douceur & courtoifie. N’ayant peû l’aquerir à fon Roi par la forçe des armes, il ne fit point de dificulté d’i employer fes treshumbles prières. Et ne fut pas toutefois fi heureux, de l’obtenir lui même* ( à ) Mais Philippe le fils, fe montra lors bien plus gracieux envers nous, que fon Père n’avoit été à l’endroit des François, quand il aima mieux prolonger la guerre de trois ans, ( la plus part des Princes font de cette humeur) que de foufrir que la paix fut traitéefur les terres definennemi, [è) Enfin,/^ qu'il rii a pointée falut en la guerre, 0 Paix nous te déferons tous /
- Avant
- (a) Plut, en la vie d’Annibal. (é) Emm.Meter. liv. Xfeuill. 201 & fuiyans. (t) Lemcnjc^v. XXI J£ fçui!»
- J8+. {dj Smm.MsbhZXITL (e^ReidiAnn.XV. a»commencement,
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- qiz Livre Second,
- Avant que nous levions la main de ce receuil d’éxampîes, qui concer* nent l’adminiflration de la guerre, j’en defire adjoûter encore quelques examples qui feront voir la néceflité de l’hiftoire en ce que, les avions des hommes fe refiâmblent fi fort, que plufieurs chofes exécute'es en divers tarops 8c par différantes perfonnes, pàroiflènt les mêmes en toute façon.
- Gabriel l'Orge de Montgommeri, étroitement affiêgè dans Roüen par F rançon Duc de Guife, & contraint de prandre la fuite après la prife, voyant que la mer lui étoit fermée par le moyen d'une chaîne qui traverfe la Séné, prit fon tamps a la faveur de la marée, & monta en un navire avéc fes amis ; & quand ils furent à la ' chaîne, il commanda que tous eûffent afe retirer fur la pouppe, & le va/ffeau paf-Deux z'x-fant ladite chaîne h force de voiles & de rames, il les ramena tous vers la proue, Ynt^mi ® utte fa$on *? s'échappa heureufement. Toute la France réputa cette aftion fire quelle comme un miracle ; mais ceux qui ont leu les livres de Procopius de la guerre des te itmlL Gots 9 havent que Belifaire avoit autrefoisprattiquê la même chofe, enfinfécond de Mont- voyage d Italie quand Totila ternit le fiége devant Rome ( a ). La Séné & le Tybre, ^d^Beilflire. Totila & Belifaire, Guyfe & Mongomeri font différens ,mais le fait eft le même en l’une 8c en l’autre de ces hiftoires.
- Aléxandre étoit parvenu fur le fleuve Hydafpes ; en l'autre rive le Roi P or us avoit affis fin camp, délibéré de lui empêcher le pajfage, il avoit LX XX V Elé-phans extrêmement grands, & de plus trois cens chariôs (en ces chariôs efi le principal de leurs forces : dont chacun efi charge' defix hommes, deux font armés de boucliers, les deux autres font des archers, & le refie font des chartiers qui ne font pas fans armes') il avoit auffi environ XXX miüe hommes d'infanterie. Alexandre incertain' de ce quil devoit faire, après i avoir bien panfé, trouva ce moyen pour tromper fon ennemi. Au milieu de cette rivière il i avoit une lfle plus fpacieufe que toutes les autres, couverte de bois fort propre à loger une embufeade. il i
- avoit auffi du coté de la rive qu'il occupoit & affés proche, unfoffé treshaut, où fi pouvaient commodément couvrir, non feulement les gens de pié,mais auffi la Caval-lerie. Ainfi, pour dâourner les ennemis de prandre garde à cét avantage, il commanda Ptolemêe de fe montrer aux ennemis avec tous les efeadrons de la Cavalerie , bien loin de l'lfle, & de faire grand bruit, comme s'ils eûffent voulu, & fe di-fpofaffent de paffer l'eau. Ptolèmêe continua ce train, un efpace de plufieursjours, & pâr ce moyen obligea Porus, de détournerfes troupes en cette part. Déjà l'ifle étoit hors de la veüe de ïennemi ; Aléxandre fit dreffer vis h vis qp ’ia rive ou il étoit, fin pavillon, ^ fit entrer en garde en ce même lieu la compagnie de fes gardes, expo-fant à deffein aux yeux de l'ennemi 9 tout l'équipage de la magnificence Roy aile en Alexandre endroit, il voulut auffi qu'Attalus, de même âge que lui, & qui lui reffambloit rivière Hy- affés de taille & de vif âge, à le voir de loin, prit l'habit de Roi, pour le repréfanter, Cintre Po- comme fi ^ut même eût été préfant & fans deffein de paffer outre. Une tampête qui furvïnt retarda du commancemant ïéxécution de ce deffein, & enfin lui fut fa-& vorable ; comme fi la fortune eût pris plaifir de convertir les chofes contraires, en fa faveur, ilfe difpofoit donc de paffer la rivière avéc le refle de fes troupes en cét autre endroit que nous avons dit devers l'ifle, tandis que Ptolémée amufoit l'ennemi
- de
- ia) Stadius ca la préf, fut de fes comment, fur Floms. Jean de Serres en Charles IX. autres.
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- De la Fortification Irreguliere.. 413 de l'autre coté, &c. Le rivage ou l'on vouloitpaffer, étoit libre, d'autant que Portes êtoit de l'autre part ne fe donnant de garde que de Pt oie niée. Ainfi de tous les vaif-. féaux, ni en ayant quuri feul qui demeurât derrière, le flot l'ayant brifê contre un rocher, tout le refle prit terre; auffi tofl Alexandre les mit en armes & les fit avancer en ordre de bataille. Déjà il étoit h la tefle de fon armée divifêe en fespointes, quand Porus eût avis, que l'ennemi étoit paflê & quilétoit queflion de combattre. (a)
- Jan de Serres en la vie de Louis X11 en l’année 1503. Toutes chofes vont déformais à contrepoil aux nôtres jnais voici que leur violante ardeur les fait cour^r h leur totale ruine. La Calabre les i précipita, ils avoient commandement du re proche fc Roi de temporifer, & de s'empêcher feulement de furprife, attandans ou la ratifie a- Gtc0/ft're tïonde la Paix, ( qui fe traitoit alors entre Louis & Ferdinand & Ifabelle ) # Aubigni. ou ‘bien un grandfecours. Mais quel moyen de tempérer ces bouittans courages des François ayans l'ennemi auprès d'eus ? Manuel de Benavide avait redreffé fon armée & grojfte de cinq mille hommes, que Ferdinand lui avoit envoyés, s étoit joint avécJan de Cardone. Et les deux armées fe voijinoient de lieue & demie. Aubigni dans Gioje : Les Efpagnols dans Séminaire. Aubigni s'étoit fortifié de quatre pièces de canon h la rive du fleuve fur lequel e/l ajfize Gioje ;pour deffandre le paffage aux ennemis. Et les Efpagnols réfolus de pajfer, firent prandre le chemin à l'Avantgar-de, conduite par Manuel de Bênavide, droit â la rivièrepour entretenir d Aubigni, parqué fur 1autre bord â l'oppofite ,fous couleur de quelque parlement, tandis que la Bataille & l'Arriéregarde pajfoient un mille & demi au dejfus de Gioje ; Aubigni s apercevant de ce ruzé firatagème, avole à grand ha fie & fans artillerie, pour le s joindre avant qu'ils fuffent paffês. Mais c'en êtoit fait. & déjà tous marchoieïtt en bataille pour foutenir ms François accourans fans ordre & comme hors d'halêne.
- En fuitte de quoi les François furent d’abord mis en déroute (*) & la Victoire aquife aux Efpagnols , auparavant que leur Avantgardc eût pafîe la rivière, 8c fe fut jointe à la bataille, tous les chéfs de l’armée Françoife furent pris ou tués. Le Général qui s’étoit fauvé en la Roque d’Angitole fut contraint dé fe randre. Et le prix de cét heureux pafîàge fut le Royaume de Naples adjugé depuis ce tamps là aux Efpagnols, 8c pour le moins auffi confidérable que celui de Porus.
- Que fi cette comparaifon ne vous famble pas a fies convenable : vous Et Pro^er avés l’Adde fleuve de Lombardie ; Lautréch négligent à le bien garder; lionne 8c Profper Colonne, qui le pafîe ingénieufèment 8c courageufement, trou- lr:Lamréc. vant une grande fortune à l’autre bord. Pafîàge d’autant plus mémorable, qu’il enfevelit la fortune de France en la Lombardie, dans les eaux de ce même fleuve ; fit pafîër la Duché de Milan fous la domination des Efpagnols contre leur efpérance propre : 8c d’autant que toute l’Italie avoit les yeux attantifs au fuccés de cette guerre, en laquelle il étoit queflion dé toute l’importance d’une puiflànce qui commançoit de s elevér, 8c qui jufques là étoit demeurée en égalité, mais alors fe randoit la maitrefTe : on fe rejfouvenoit auffi dès hautes efperance de Lautréc, qui ne s étoit pas feule-
- Fff ment
- (4) Q.Cuxce liv. VIH. (i)Guicciaid.liv-V. des Guerres d’Ital.fea. 14.
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- ment vanté légèrement & témérairement pourtant, et empêcher ce paffage à fis ennemis ; mais en avoit écrit magnifiquement afin maître, & l’avoit affurêfur fa paroïïe, que l’Efpagnolnepajferoitpoint, (a).
- C eft une Maxime de guerre inviolable : De faire un pont d’or a fin ennemi Qu'Une qui ef aux termes de prandre lafuîtte. ne plus efpérer de reffource, eft une efpé-Négliger é> rance refte toujours ciux vaincus. & quiconque porte fin ennemijufques au contrevenir point de la nêcejfité de vaincre, le rand invincible, ni ayant point de meilleures ar-mes de *** tnes au monde, que Textrémité dune dernière nécejfttê. & partant il ne faut ja-Guerre. ma^ ni efpérer ni desefpérer de tout point; car il arrive lien fouvent quon tombe en
- • beau chemin, & quelquefois aujfi la fortune nous reçoit doucement en un précipice. epEgmont Le Conîe Pour avoir meprifé cette Maxime, fe vit en hazard de
- s'en eft mai foufFrir pêne capitale (b), encore qu’il eût très-vaillamment 8c trés-heu-trouvi. reufement ruiné les ennemis en Flandres 8c rampli toute la France de terreur. Elle fût aufli mal pratiquée par les trois Rois Valois, Philippes Jan 8c Charles VI, père fils* 8c arrie're neveu Rois de France. Ecoutons ce qu’en dit l’hiflorien. (c). Philippes avoit ramaffé une des plus belles armées quon ait onc veû en France, compofée de François, Lorrains, Aüemans, Génois. Edouard Roi d’Angleterre fe retire a ce bruit. On jugeoit quil s'enfuyoit de peur : mais l'ijfue montra que Parrêt du Dieu des armées deftinoit fa viiïoire en un autre heu. il fuit donc, PS Philippes le fuit. Qui enfin l’atteint en un vidage nommé Arènes ; nom remarquable pour montrer que toute la fiance des forces humaines, & tous les défi feins des plus grans font du fable mouvant. La grande armée de Philippes, ayant mêmes l’avantage d'être chés foi, lui adjugeoit une certaine viiïoire. Auffi Edouard fe rètiroit pour gagner la rivière de Somme à Blanquetaque. Mais, ( on n’avoit pas drefle le pont d’or) ilfattoit difputer lepaffage. Philippes l'avoit jà fait faifir h Gondemarde Faye, avec mille chevaux fix mille hommes de pié, la plus part arbaleflriers. Edouard néanmoins fe réfout de paffer par là, ou de crever. En ce courage il fe fourre dans l'eau tout le premier & crie, Qui m'aime, quil me fuive-A cette voix tout s'élance fans difpute, à qui mieux, mieux : fi que voilà fans delai la rive gaignée par les Anglois. Tout fait jour aux Angîois, qui rancontrans nos hommes en de for dre, chamaillent fur les derniers : mais la retraite étoit prés, à Ab bevitte, & à S. Riquier lieux de notre obèiffance. La perte ne fut pas fi grande que la honte, &c. Philippes en fuitte extrêmement outré de cette honteufe retraite, fi ré fout d’en prandre fa revanche fur Edouard, & courir après lui pour l’attirer au combat. L’avis defin confeilétoit tout autre, de laijfer quelquesjours ces troupes en philippes R reP0S ?our Pran^re haléne & receuiüir les efprits (d) : & cepandant laijfer Edouard de France fe refroidir pour marquer fin dejfein. Mais à pêne eût il la patiance d être un jour à tpan*l~ Abbeville, pour étayer & ranforcer le pontfur lequelfin armée devoit paffer, qu'il
- Edouard r. fait battre aux champs, allant tefte baffée chercher Edouard comme un cerf qui i^Uba'fuit ; pour lui donner la bataille à quelque prix que ce fut : élevé dune certaine tailla, efpèrance d'une infaillible, & du tout triomfante Viiïoire. Mais il n’avoit pas conté
- avéc
- (<*) Le même des Guer. d’Ital.liv.XI V feft. 12. Jan de Serres François 1.1521. (b) Emm. Meter.liv. I.feaill. 21. (t) Jan deSerres Philipp. de Valois en l’an 1346. (d) Q^Curce liv. I l'armée d Mlex. fut Jùrprifèd’une terreur *T unique, &c. & le meilleur confeil que L’on pût prandre fefut de fe camper au mîmt litu. &C. un peu apres. *Alix. jugeant plus à propos dtfe fortifier fur estte mîmt butte commanda d‘élever It rampar> &c.
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- avèc Dieu, qui ne s'appelle pas pour néant le Dieu désarmées s lui qui préfidefur les combâs â? qui ordonne des Viftoires des plus grarn Monarques: non obflant tous leurs avis, dejfeins, courages, effors. Les armées étoient fi prés quellesfe voyoient îune Vautre : l'AngJoife étoit denviron trante mille hommes, &c. Il armée de Phi-lippes était beaucoup plus grande, de plus grand luflre, & en plus grand avantage ; compofée de plus de foiffante miUe combattans bien armés : dune infinité de grands Seigneurs, de plufieurs Barons & Gentilshommes en nombre de plus de trois mille,
- &c. de fait Philippes plein dun efpoir certain de la Viiïoire ne demande que devenir aux mains, rangeant fon armée en cêt ordre, &c. on fit courir un bruit par l'armée que V Anglais s étoit mis en fuit te, fi quon en chantoitja la viftoire, & on difpofoit des Anglois avantageufement chacunfélon fon humeur, en cherchant le motif de cette nouvelle, Philippes trouva bon denvoyer quelques uns pour reconoitre la contenance de fon ennemi. Ain fi tout auffi tôt voilà un nouveau refius dune nouvelle toute contraire, &c. Alors il ni eût plus que tenir, philippes veut venir aux mains. A pêne peut on tenir un petit confeil tout debout a Ventour de lui pour avifer ce qu 'on avoit à faire en une tantfignolée occurrance, & même la hativeté marâtre des meilleures affaires, (fur tout pernicieufè en guerre ou Ion ne pèche pas deux fois ) ne donna pas le loifir de bien opiner, car à même moment que Von eût averti le Roi, qü Edouardfugitif étoit en état de combatre, Philippes fans prendre haléne, vouloit mener fon armée au combat. Le Roi de Boheme étoit davis que îarmée repeût avant que de combattre, on obtint du Roi ce petit delai,pour faire re-paifire promtement les troupes. Ce fait tout fe prépare en pofle, à une autre fefie :
- (carilseflimoit perdu, fi tout ri étoit perdu) &c. avec telle ardeur des François, que cour ans h toute bride ils perdirent haléne avant que d'arriver à leur ennemi ; lequel ils trouvèrent & mieux parqué & plus raffis,&c. Les voilà aux mains, &c.
- De fait voilà Philippes en terre fous fon cheval, qui efl tué de plufieurs traits : mais le Roi auffi tôt relevé par le Comte de Beaumont : & auffi tôt les voix des François retentiffent de tous cotés, que le Roife retire du combat, cette voix donna courage aux Anglois, mêlés au combat, voyant Philippes en cette pêne, &c. Enfin ce nouveau coin du dernier gros ou étoit Edouard, fit fendre fi avant le bois,que fans beaucoup de refiflance, Edouard, defeendant de la coïïine & fondant fur les nôtres avec fa troupe, ( cette troupe étoit de referve pour la dernière extrémité ) donna le dernier coup, comme échec & mat à nos hommesjà fort ébranlés. Alors tout fait jour, tout fe démanche, tout efl diffipé. Le carnage fe fait pefle meflefans aucun re-fpeêl de perfonne. La boucherie efl fi fdnglante, qu enfin Edouard ayant compaffion de tant de fang épandu, crie ( Annibal fut blâmé de cette parolle comme or-gueilleufe , compagnons épargnés le fer) d épargner le refile. Le nombre des morts fut grand. On affûre qu'il en demeura fur la place plus de trente miUe. La fleur de la noble(fe Francoife y mourut : & des plusfignalés Charles Comte dAlençon frere du Roi ; Charles de Luxembourg ; Roi de Bohême ; Raoul Duc de Lorraine ; Louis Comte de Flandres, &c. Barons & Gentilshommes jufques au nombre de quinze cens. &c.
- En paflTant (attandant que nous ayons la véritable hiftoire de la bataille Le Roi de de Lutzen, écrite par un homme judicieux & desinterelfë, laquelle n’a pas Me &
- F ff v encore
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- U vakjieia, encore veû le jour,) nous confidererons le vdlefiein fuyant à perte d’haléne5& depuis ramené, malgré lui, au combat par le Roi de Suède 8c engagé dans les angoiiïes dune bataille épouvantable : voyons d une autre part ce même Roi, fi ardant 8c fi Victorieux, indignement percé de cinq playes mortelles, fi les rélations en doivent être creuës ; En cela toutefois plus heureux que Philippes, que le même champ qu’il avoit occupé vivant, 8c maintenu d’un grand courage, lui demeura apres fa mort ; la terreur de fon ombre donnant des aîles à la fuitte de fes ennemis, quittans la Palme aux dépouilles du Victorieux : on pourroit toutefois dilputer, fi toutes les marques d’une Victoire tres-acomplie, telles que J an de Serres les attribue à celle dEdoüard, peuvent convenir à cette autre, qui receût fà dernière main fous la conduite de Veimar depuis la mort du Roi. Quant a Phi-lippes , ( de Serres pourfuit) après une tant inefperêe défaite dunefibeUe armée, déchu de fon efpèrance fuivi dune petite troupe ïlfe fauva a Bray. Où arrivant de nuit & saprochant des murailles, le Gouverneur en alarme en une tant fignalée occafion, lui demande, qui va là. Philippes répondit, la Fortune de France.. Reco-nû à fa voix incontinent les portes lui furent ouvertes, 8cc.
- Faifons fuccéder à ce téméraire Philippes fon fils, encores plus inconfi* déré à fe* précipiter foi 8c les fiens en des batailles nonnéceflàires./^/f Prince de GaUes Edouard, fils ainê dEdoüard Roi dAngleterre étoit en Guyenne, pour gouverner le pays au nom de fon père. Toutfe prépare à un grand orage :J an ayant receuiüi une heïïe armée de tout fon Royaume, tourne la tefie contre le Prince de GaUes. Le Pape Clement VI natif de Limofin habitant en Avignon, pour
- conjurer cette tempefle, envoyé le Cardinal de Perigort fon Légat, vers ces deux Rois prefls a fe battre, pour les apointer. Mais V appareil des grandes forces deJ an étoit le principal motif pour faire quitter le jeu à Edouard; qui commença h s'arrêter & ne penfer qu'à fa retraite & à un apointement raifonnable parl'entremife du Légat, qui va de l'un à lautre pour moyenner cèt accord: Qu Edouard lui donne-roit quatre otages S? comme vaincu tiendroit foi & fon armée à fa merci © difcré-tion. ( il ne pouvoit lui arriver pis ; car il avoit encores les armes en main.) Edouard étoit content de lui randre tout ce qu'il avoit prisfur lui, mais fansflétrijfu-re de fon honneur, duquel il difoit être contable h fon père & à fon pays. J an ne voulut onques entandre à ce rabais,quelques prières & remonfirances que lui en fit le Légat;fe fentant plus fortfans comparaifon quefon ennemi, & difant eflre de fon <t avantage de lui donner la loi. Mais l'expériance de fon père le devoiteïïepas ran-dre fage h fes defpens , pour ne rechercher fon malheur à fon efcient? M if érable France, qui nés jamais fage qu après le coup ! Le Roi donc mal confeitté ferme les yeux h l'éxample, bouche les oreilles h toutes remonfirances de la rai fon, pour marchanderfa ruine de gayété de cœur: & comme s'il ni avoit pas affés de tamps de fe perdre, vouloit, à quelque prix que ce fufl, venir incontinent aux mains, pour donner des verges a ce jeune guerrier, ayant oublié Yaprentiffage qu'il avoit déjà fait lui même à Creffi ; de ne rien précipiter en affaires dune fi grande conféquance. Quavient il donques ? le feul moyen qui fauve les vaincus efi de riefpèrer point de falut. Ainfi Edouard fe voyant en cette extrémité de qutter l'honneur ou la vie. Se
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- De la Fortification Irreguliere. 417 réfolut Remployer courageufement fa vie pourfauver vertueufement fort honneur^ î événement favorifafa rêfolution. J an avoit tout l'avantage par deffus Edouard, le nombre, la force, le luftre, le pays, le préjugé : & avec foi l'élite de fa cavatterie, lors efïimêe la meilleure de toute l'Europe,&c. Ainfiilfe refont défairejouerfa cavalerie feule, ( il ne faut pas méprifer fon ennemi )pour donner à fa Noblejfe tout Ihonneur de la Viéloire, laqueüe il ternit réfolument en fa main avant la bataille. ( mais le fort des batailles eft fort douteux) les trompettes fonnent l'alarme,tout court a la plus aizée avenue des Anglois pour en tirer l'infanterie & l'engager au combat, &c. Tant plus de gens, tant plus de defordre y nos gens s'étonnent en cêt ébranlement. l'Anglois les voyant reculer crie Viéloire & pouffe toujours plus avant, &c. (En la bataille de Flandres, on combattoit encore à forces égales , quand l’armée des Provinces unies cria Viâoire de tous côtés, ce qui d’abord arrêta les ennemis & les étonna,comme s’ils euflènt été défaits en autre endroit : les nôtres les preflènt en cette frayeur 8c les mettent en route, d’où s’enfuivit la pléne Viâoire.) Le RoiJ an i accourt pour remêàer au defordre, &c. mais le coup étoït ja donné, tout étoit perdu, &c. Voila même le Roi J an fort avant en la mêlée. îAnglois crie, au Roi, au Roi. A failli de tous cotés il fit merveilles de fe bien deffandre : & fon fils Philippe s h l'entour de lui, fur mont a ïordinaire hardieffe du plux hazardeux Soldas pour couvrir fon Père, ( comme fit Scipion FAfriquaîn) à grands coups dêpêefi§c.mais enfin les voilà tous deux pri-fonniers. Ily eufl de la difpute, non fans extrême danger de faperfonne. (il eff arrivé à plufieurs de laiffer la vie au milieu d’une fi dangereufe contefta-tion ) car s'étant rendu es mains de Denis de Mombeq, il fut tiraffépar d'autres, quiprétandoient avoir droit en fa prife. (a)
- Voyons maintenant Charles VI, jjetit fils de Jan, arriére neveu de Phi-lippes LUI Roi de France , en cela plus heureux que fesprédéceffeurs, qu’il ne fe trouva pas en perfonne au combat, mais perdit la bataille, fous la mauvaife conduite de fon Lieutenant, à qui fon opiniâtreté coûta la vie. L'armée de Henri V Roi dAngleterre étoit de ftx mille chevaux & de vint & quatre mille hommes de jfiê; celle du Roi Charles étoit beaucoup plus grande y eUe paf foit le nombre de vint mille chevaux & de foixante mille hommes de piê. c'efl pourquoi Henri fuyoit la bataille, & ne demandoit que de fe fauverpar les marais. Notre acoutumèe témérité, l'outrecuidê oubli de deux expériances paffées & ‘ contre même nation, ^ en même occurrance, nous fit marquer de voir une t roi- * ftême défaite & calamité. Henri demandoit paffâge pour retourner en Angleter- ‘ re, en rendant Harfleu, © autres places conquêtées en ce voyage & de'payer les intérêts, de cette levée, (conditions extraordinaires, volontairement offertes par un ennemi les armes en main 8c puiflànt, comme l’évenement le fit co-noître.) Mais nous voulions perdre. Henri refufépar le Connétable d'AÏbret Général de l'armée Francoïfe ,fe refout au combat, mettant fon efpêrance en Dieu & en foi même, réfolu de vaincre ou de mourir, &c.Les François rangésfuivant l'ordonnance fufdite, attendoient de piê quoi leurs ennemis s & eux regardoient qui commencerait le jeu. L'impaciance furprandlesplusfoiblcs, comme un defefpoir. car
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- («) Jan de Serres en la vie déjà».
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- les Archers Anglois attaquent l'efcarmouche de telle furie, que l Avantgârde Iran-coife ne peut porter les coups tant impétueux, d'me fi furieufe grêle. En cettepoin-chartes vi te, le Connétable dÀlbrét, (flambeau de la guerre) mourut combattant auxpre-mien rangs, &c. La Bataille fut de même forcée aprés.avoir randu un grand com* Lieutenant bat. Si que t'Arriéregarde prit lafuitte & fefauva aux lieux prochains de commo-‘rivkfh™ de retraite. Ainfi la perte ne fut pas fi grande que la honte & la déroute. On conte d’Angieter* \a perte £ $x mjfie hommes, mais la témérité étoit inexcufdble. Le Général en Batailles porta la pêne, Ôte (a) Les Suéves font entre les Germains le plus grandpeuple ,Ô le CfmeftlTeS belliqueux : on dit quils habitent en cent villages: Ô de chacun ils tirent tous aux con- le s ans autant de miUe hommes armés quils envoyent hors de leurs frontières pour tratgnans. y gUerre . ceux ^ demeurent pourvoyent h fe nourrir eux mêmes Ô eux
- auffi. Ô* tannée d'après ces derniers font en armes ; les autres gardent la maifon. Les anciens cette faÇon>tant la guerre que l'agriculture s'entretiennent toujours fiée. £ abord
- suéves con- d’unefi grande multitude ayant étonné les Ménapiens, ils tranfportérent leur habi-mpienf.e~ îat^on qui auparavant étoit au de là du fleuve , en deçà : Ô ayans ordonné des gardes le long du Rin,jl empêchoient lepaffage aux Germains, jeux ci après avoir ejfayé toutes chofes voyans qu'il ne pouvoient pas rêüffir avêc la force a faute de bateaux, ni par fubtïlité h raifon de la bonne garde que faifoient les Ménapiens, firent feinte de retourner chés eux,& de fait fe reculèrent de trois journées,&puis tout h coup retournes fur leurs pas, firent a cheval toute ce même chemin en une mit, fur-prirent les Ménapiens & les ravagèrent (b).
- &vemma- Ceux qui ont veû ce qui s’eft pafle depuis peu entre les Bavarois, Ô les tiensf Veinmariens, 8c alliés, auprès de Rorneïl, peuvent dire quelle convenance il
- i a entre cette rancontre,& cette autre que nous venons de raportenQuoi qu’il en foit, les François i reçeûrent une grande perte. Mais quant à comparer enfamble toutes les circonftances foit de retraite fimulée& de retour inopiné des Sueves aux Bavarois, ou de honteufe négligence, des Ménapiens aux Veinmariens, on ne peut pas bonnement fe fier à l’incertitude des bruis qui en ont couru.
- Mais en toute comparaifon il i a de l’inégalité, & encore que deux faf-fent le même, toutefois ce n'eft pas toujours le même, attandu que le moindre moment de circonftance apporte quelquefois de tres-notables différences, produifant de bons fuccés en l’un, & en l’autre la honte & le dommage. Enfin pour conclurre ce long difcours, j’adjoûterai feulement deux éxamples, qui tous deux en effét fe reflamblent fi fort qu’ils ne font qu’un, dont nôtre Ingénieur fe randra toujours plus inftruit & plus avifé, 8c reconoîtra d’autant mieux, quelle eft l'utilité 8c la nêcefftè de l’Hiftoire.
- Pierre Matthieu au livre IX de fon Hiftoire de Louis X I, parlant de Ré-né Duc D'Anjou, Roi de Naples, dit de lui : il régna ajfês heureufemant quatre ans, mais il eût toujours AÎphonfe dArragonen tefte, lequel afftêgea Naples avéc quatre miüe chevaux, 8é un grand nombre de gens de pié. il i entra par un ancien conduit d'eau ( c), qu'un maffon, (c’efl: dommage qu’on ignore le nom de ce
- brave
- (à) Jan de Serres en Charles VI l’an 1415. {b) Jules Cefarliv. IV. delà Guerre des Gaules, (c) Mau Us Turcs
- fi voyans ajlés mal traités par les Bulgares , qui avaient été les plus forts, vont pajfer leur colère fier la ville <t uAndrinople , jadit fondée par Oreflefik d’^gammnon, & de fon mm apeüét Oreftiade. llsl’afiégérent, mais voyans que leurs forces étaient inuti*
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- Ut, »nt recours aux rujes b Jlratagémes de guerre, S’étans un jour avtfés qu'un jeune homme firtoit de la ville a cachetés, par une crevajfe d* murs pour aller quérir du blé aux champs :font aujfi tôt, donner l’alarme £ un autre coté, où cepandant que les dfftégès étaient occupés, ils font entrer par cette crevajfe une partie de leurs gens, que les randirent maître de la vide. Mich. Baü-dier, Hift. des Turcs liv. I. ch. III.
- brave mafibn, qui feul fit plus d’effet, & fe montra plus fage que tout le confeil du Roi d’Arragon) lui découvrit & qui êtoit le même par lequelBettifau re, ce grand Capitaine, i et oit entré , neufcens cinquante ans auparavant, ce conduit d’eau, qui éfcoit étroit à la mefure de la quantité d’eau qui par cét endroit fe déchargeoit dans la ville, fut ouvert d’avantage par l’invantion de Bellifaire, tant qu’il fufifoit au pafïàge d’un homme armé; & par ce moyen il jetta en la ville quatre cens des fiens en une nuit,cepandant que d’un autre côté il faifoit afiaillir la ville pour amufer les ennemis 8c planter les échelles contre le mur i Bellifaire de l’autre, attandant le fuccés de fon eii-treprife avéc les meilleures troupes de fon camp entra dans Naples par la ^fes ^ porte, que les fiens qui étoient dedans avoient enfoncée. Quant au calcul *n de neuf cens cinquante ans que- pofe Matthieu, il s’abufe. Jane Rêne de Naples, celle qui laiflà par fon teftament René d’Anjou héritier du Royau- pkonfemou-me de Naples, mourut en 1 annee 1434 : adjoutes les quatre ans du régné ^«,1458.1/ de René, ôtés de la fomme 950 ans, vous avés 488 : auquel tamps l’Em-pereur Juftinian n’étoit pas encore né: ni même fon oncle ne pouvoit pas contlpru être encore ni foidat, ni charpentier, mais il pouvoit être porcher : ce qui foit dit feulement en pafiant,cepandant que le conte rond nous fuffife.Pier- mon.vroco-te Matthieu pourfuit. Cette ville en une nuit fe vit toute Arragonoife, René en ç£h»T * fortit & retourna en France avéc beaucoup de douleur de fa perte .* (il parle peut Matthieu: être de lui en fa qualité de Roi, 8c non pas en celle de Peintre dont il fera mantion ci apres ) mais plus de réfolution de vivre en paix : dêteflant du tout la pierre & F ambition qui l'entretenoit. Un peu apres, ilpajfoit fon tamps a des peintures telles & ft excellantes, quon les voit encore h préfant en la vide d'Aïx. il peignoit une perdrix quand on lui aporta la nouvelle, (ô Roi, bien digne d’une telle fortune \)& ne voulut pour cela, (courage peintre ! Meilleurs les Peintres vous avés un Royal compagnon ! ) tirer la main de la lefogne tant ili avoit de plaifir. on ne peut pas dire autre chofe fujon que Amplement il étoit hors de fon fens, d’avoir abandonné tout un Royaume tel que celui de Naples, pour une perdrix peinte, 8c mêmement qui n’étoit pas encore achevée. Pour ce qui eft de René Roy de Naples, il mérite pardon de n’avoir eû foin de ce fatal conduit d’eau de fa ville Royalle car un efpace de 900 ans eft un tamps immémorial. E'coutons un autre hiflorien, (a ) qui traite mal le pauvre Conte deReinneberg, d’avoir fait conoître fon ignorance au fiége de Steemnyk, pour cette raifon : Quemêprifant l’étude deÎHïfloire & particulièrement de cette defon tamps, Une feavoit pas ce qui s*étoit pajfé au fiége de cette même place LVII1 ans auparavant avéc heureux fuccés : de forte quil mérita bien déprouver une fortune toute contraire, après cinq mois defiége, départs & travaux infinis inutilement employés, & tant de fang humain vainement épan-du. C’eft ainfi que les uns apprandront de l’Hiftoire une chofe, les autres, une autre en la lifant avec prudance : pour l’appliquer puis après à l’ufage
- ou
- (fi) Emm.Mcter. liv.X. en l’an x;8o. feui!. 190.
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- Livre Second
- ou de l’utilité publique, ou de leur propre commodité : chacun félon fou devoir & fon obligation. l’Architede pareillement en ufera avec difcré-tion pour la perfeâion de fon art & la conduite de fes deflèins,qui doivent tandre à la confervation, prote&ion & falut des hommes grans & petis, forts & foibles en général & en particulier. Il i a dans le monde, comme dit Virgile, des fculpteurs qui donnent Tefprit h Tarin & la vie aux marbres's des Avocas qui fe font admirer par leur èloquance : des Afïrologues qui déficient les régions du ciel, & qui randent conte du mouvement des A [1res. c’eft ton office, ô Architecte, de fonder les puiffans Empires, de fortifier les royaumes 8c les républiques en la foibleflè de leur naiflànce ; d’enfeigner aux cités 8c aux peuples l’art de fe garantir des furprifes & des violances : d’établir des frains contre la tyrannie 8c des retraites afiurées au fecours de l'innocence, enfeignant la manière d’élever des ftruâures 8c des fortifications invincibles. Enfin de pourvoir aux moyens dentretenir la paix & de retrancher les occafions de la guerre. En un mot
- Daffurer un état en fes fortes barrières Et tenir T ennemi éloigné des frontières.
- C H A P. XIV.
- L’ordonnance des Ponts, des ‘Portes, des pues, du contour, des Places iarmes en la conJlruBion des Di lies.
- E n’eft pas tout d’avoir fatiffait aux grand Maîtres : il me famble
- que je dois auffi quelque chofe aux moindres ouvriers. En faveur de ceux ci, j’ai dreffé ces régies méchaniques , par le moyen desquelles il leur fora aizé de faire conjecture de tout le relie. placed’ar- Autour du centre de la ville A, de la Figure C V111, on Iaifiera un Po-
- nes‘ lygone entièrement pareil à celui de la Forterefie conllruite, b cdnm. car en la place d’armes confifte la principale force de la forterefie; c’elt le lieu de la garde ordinaire, c’eft ou toute la milice s’aflàmble dans les alarmes; c’eft en fin où les chéfs.de lagarnilbn trouvent leurs compagnons en armes pour les mettre en bataille, ou pour les envoyer aux occafions fubi-tes qui requièrent un promt fecours. on pourra laiflèr à un coté de la place d’armes bc une longueur de dix ou douze verges, plus ou moins, à rai-fon de la capacité toute entière du Polygone à fortifier, 8c fuivant ce qu’elle fera plus grande ou plus petite. Pareillement du centre A, on fera fortir toutes les rues tandantes au milieu des Battions de la Forterefie, 8c des Courtines A B & A F, & A o, A i, & c. car le plus grand effort de renne-mi s’adrefiè d'ordinaire aux Battions : il eft donc à propos de tirer les rues du lieu de l’afiâmblée A,afin que s’il arrive qu’il i ait brèche aufdis Battions,ou qu'ils foient occupés par furprife, on aille droit à les fecourir, du lieu où eft affis le principal cors de garde de la garnifon. Et d’autant que l’endroit de placer les portes 8c les ponts le plus convenable, c’eft le milieu de la
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- De la Fortification Irreguliere- 411 Courtine ; d’autant que c’eft le lieu où elles font le plus affinées, le foffé i étant plus large 8c les deux proches Battions mieux difpofés à leur défiance , pour ces caufes il eft encore tres-apropos que les rués foient alignées 8c addreflees en cette part, car de cette façon, s’il arrive que le pétard ait enfoncé la porte, on aura la commodité d’oppofèr enfamble toutes les forces de la garnifon, pour fermer le paflàge à l’ennemi, ou de le battre 8c de le repouflèr à coups de canon,toujours pointé 8c preft de faire Ion effet au cœur de la ville, pour fervir de défiance contre ces accidans d’irruptions fubites 8c non prévues. A raifon de la capacité de la place, on donnera une Verge 8c demie, deux, ou trois de largeur, aux rues, à proportion.
- Il faut auffi que le contour aeiou, ait pour le moins cette même lar- cmour geur ; encore feroit il à propos, qu’il fût plus large que les rues ; afin que l’avantage de cét efpace obfervé entre le rampar 8c les édifices de la place fortifiée, foit comme une campagne, qui donne d’autant plus de liberté, de mettre & de tenir les troupes de défiance en ordre de bataille, 8c aufli pour le maniment plus facile 8c le tranfport de 1 artillerie. *
- Quand Sultan Solyman affiégea Vienne en Auflriche, elle reconût 8c rettantit Trop étroit quel dommage 8c quelle incommodité ce lui étoit, que ce contour fut fi étroit, 8c fût contrainte de l’amplifier davantage avec notable préjudice de fes habitans, pour réfifter aux forces redoutables d’un fi grand ennemi (*).
- Mais au contraire les. Babyloniens n’euffent pas été en la même pêne en-cores qu’Aléxandre les eût afliégés : car entre le rampar & les latimens il i avoit environ un arpant d'efpace ( b ). Tite Live dit (c) : que les Hetrufques en la conftruftion des vides, avoient accoutumé de laiffer une place religieufement confa-crée aux environs du mur & defignée en de certaines bornes ; en teUe fornique ni en dedans il ri étoit pas permis de continuer les édifices )ufques au rampar ; ( h pré-fant, dit il, on les i attache : ) & encore faïïoit ilqu il i eut au dehors un efpace re-fervé & demeurant libre de toute culture. En cedit efpace il n étoit pas loïfible, ni d'habiter, ni de labourer, tant au devant que derrière le mur, & toutes les fois que l'on tranfportoit les murailles pour accroître la vide, a même mefure on augmantoit auffi cet efpace facrè. Obfervons cét ufage, 8c tenons aufli tout autour du rampar de la ville, un lieu qui foit vuide 8c difpanfé de toute culture, non toutefois par une autre religion 8c confcience que pour les caufês ci def-fus remarquées. Même ment au dehors de la ville, non feulement nous obferverons ce pourtour de même largeur, mais auffi nous donnerons à toute la campagne des environs un efpace libre qui puifle excéder la portée de nos bâtons à feu : autrement l’ennemi trouveroit de quoi fe couvrir à notre dommage. Le mépris de cette obfervation, fut la ruine de Carthage, au rapport d'Appian (d) ; Quelque fort quefit Scipion il ne pût gaigner la mur aille .* mais il i avoit hors les murs de la vide, une tour abandonnée appartenante a un Pourtour de bourgeois ; ede étoit de pareide hauteur que le rampar : il ifit donc monter de jeu-nés gens, qui à force de trait ayans écarté ceux qui defandoient l'endroit oppofè jetterent des pièces de bois & des ponts à travers fa l'aide des quels ilspafèrent fur
- (*) Ortel.chron.dc Hong. par. i.pa. 133- édit. Belg. ijzjt. {t) Q^aLelir. V. (t)Liv. I. (d)LW. 1 de la jnerre punique.
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- 412 Livre Second,
- le rampar, @ de là en Mégare, puis enfoncans la'portefirentpaffage à Scipion, entra avec quatre mïüe hommes de fies troupes , & fit retirer les Carthaginois en la lourfe ; ainji le refie de la viïïe êtoit comme pris, 8cc. Toute pareille fut la fortune de Bude en Hongrie prife par Solyman, en l’année 1526, par le moyen de quelques maifonnettes bâties en dehors trop proches du mur (*).
- Difons quelque chofe de notre tamps, 8c de ce qui s’eft fait en la haute 8c baffe Allemagne, en l’efpace d’un an. Magdehourg étant depuis peu afftêgépar le Valeflein, le Sénat de la villefans avoir égard aux protefiations que luifit un Notaire ajftflê de cent témoins, des dommages & intérêts prétandus par les propriétaires, fit démolir une grande quantité de maifons en la nouvelle ville, (*) :fa-gement à la vérité ; mais les particuliers qui en foudroient perte en étoient grandement offanfés: 8c cela fe fit, de crainte que les édifices trop proches du mur, ne fuflènt caufe de la ruine de l’ancienne 8c principale ville. En l’irruption qui fut faite par les armées Impériale 8c Royalle jointes enfamble dans le Velaw, tout autour de la plus part des villes &prefque en toutes ceîïes qui étoient les plus proches de l’ennemi 8c les plus expofées au danger d’être afîiégées, on ranverfa les jardins de plaifance 8c les belles maifons, de peur quelles ne ferviffent à le couvrir, 8c les marques de cette défolation paroiffent encore. Autour de Hattem aux approches du fiége; les lardins & les arbres, qui pouvoient être propres à couvrir l'ennemi furent arrachés , ou coupés, autant que la hâte le pût permettre, on mit le feu h tout ce quilt avoit de grains en gerbes, vobntairement : de peur que venans à être allumés par les coups de Vartillerie, ils nefuffent caufe d'embrafemens s en prèfance de ceux qui voyoient brûler a leurs yeux, leurs fouhaitsd'une année & lefecotirs de leurnécef-Zes portes. flte\ ( c ).. Comme nous avons dit ; on prandrales portes dans le rampar, ju-& ftement au milieu de la Courtine : de longueur, fuivant la largeur du rampar ; larges 8c hautes d’une Verge ; ou quelque peu plus à raifon de l’ufage. La. mmUre 11 i en a qui les font dans les Flanqs ; mal à propos : car s’il arrive que l’en-filllr 'l’éje nemi furprenant le foffé 8c le pont aye gaigné la porte efiâyant d’i planter Sien d'une le pétard en troupe bien ferrée;de nulle part de la Courtine,ni mêmement nîc'Z Baftion fous lequel efi: afïife la porte, il ne fcauroit être attaqué, ni chaf-fé : par ce que le rampar a trop de hauteur 8c le Parapet du rampar trop de largeur, ainfi que nous l’avons montré au Chap. 11. du I. livre, n’ayant à fe deffandre que des traits venans de la part du Flanq qui la regarde, contre lefquels ils fe pourra couvrir de bouclier, ou d’armes, 8c mêmes en tirant contre ceux qui font à la défiance,les écarter,Encores les coups provenans de ce Flanq oppofé n’auront pas grande force ; tant pour être lointains, que d’autant qu’en ce lieu la place commode à la défiance efi: trop étroite: 8c partant la grêle des coups n’en peut pas pleuvoir ni fi druë, ni fi'épaif-fe : ainfi l’afliégeant aura un efpace afles afiùré, pour afloir un allés bon nombre des fiens, au pie de toute la Face 8c du Flanq, 8c d’une bonne partie de la Courtine : n’étant pas poflible de faire dommage, tant à ceux des fécond rangs & de la queue, qu’aux premiers qui combattent &quidémo-
- lifient
- {a) Ortel. chron.deHong. par.I.pa. 19. cd. Belg- (4)Le 7. Septembre 1629. («)'Heinn Siège deBofled. liv. II.
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- De la Fortificat ï ON IRREGULIERE. 423 liflènt la porte, fi ee n’eft du feul Flanq tourné devers elle. Cette forte de portes fe fait en voûte : pour les autres, on pofe feulement des poûtres de chêne ou de rouvre qui foutiennent la charge durampar, & dorment le paflàge.
- D’autant que le rampar eft large, on fait les portes doubles & quelquefois triples. Les latans des extérieures doivent être robuftes 8c à l’épreuve des armes à feu ; une auflï grande force n’eft pas néceflàire aux Intérieures. Celles là qui font à la rancontre de l’ennemi, feront faites de planches comment de chêne, doubles, ou triples, ranforcées de barres 8c de lames de fer 8c de eUes grands clous à telle : & ferait encore plus à propos de les revêtir toutes fonifiéel. entières d’une lame de fer en la partie qui regarde les champs, ce qui les randroit plus puifiântes à foûtenir l’efiort du pétard.
- On ne les fait pas feulement à deux battans, mais quelquefois à trois en certaine façon; entant que l’on peut obferver en l’un des deux un petit guichet, que l’on ouvre la nuit, pour faire fortir ou entrer les efpions enaf-furance. A ce guichét haut de quatre ou de cinq, large de trois piés, on laif-fera içn feuil d’un pié de hauteur : qui fera de la groflèur du guichét 8c des battans : & aura ce guichét, auflï bien que les battans, fes barres, fes ver-roux, 8c fes ferrures. Quant aux villes qui font ramparées d’un Avantmur, il doit i avoir de petites poternes fous terre, qui conduifent au Parapêt de la zamefure Faujfe-hraye. ces poternes fe prandront bien à propos fous la courtine, de du gMchét‘ telle hauteur qu’un homme debout i puifle paflèr, 8c larges de fix ou de fept piés en lbrteque l’artillerie 8c tout l’attirail néceflàire pour la défiance, i puiflè commodément être porté 8c rapporté : on foutient le comble de fermes pilliers 8c de groflès poutres à raifon de la pelante charge du rampar : 8c fe doivent fermer dehors 8c dedans de portes robuftes 8s. capables de réfifter à tout effort.
- Il i a des éxamples en bien grand nombre, qui font conoître, combien font utiles les grilles, fufpanduës pour être lâchées,& herfes couliffes, foit pour attaquer l’ennemi, ou pour s’en deffandre.
- Bofleduc de Brabant, avoit été fouvant eflàyée pour fon importance, par les plus braves de nos guerriers, mais en vain, jufques à cette dernière fois, que notre genereux Frédéric Henri la emportée avéc grand travail, mais auflï avéc beaucoup de gloire. Le Comte de Hohenlo, Capitaine tout plein d’ardeur 8c de courage ; (je dirai en paflànt que ce fut lui de qui la valeur & la fidélité, appuya les fondemens de cette République ébranlée, en fuitte de la mort de Guillaume fon fondateur, Maurice fon fils n’étant pas encore afles fort pour la foûtenir, contre la violance d’un puifîànt ennemi au- dehors ; 8s en fon fein, la perfidie, («), ou la fottife (*) de fes amis.
- Gg g 2 Donques
- (a) Reingout, & quelques autres courtifans & flatteurs de Leiceftre, attirèrent a leur fanion quelque* Miniftres,pe» exprimantes aux affaires du monde, déceàs de l’apparante faintetéqu’ils voyaient en ce Comte, ère. ( b ) ^iinfi éclattérent ces diffantions au milieu des ardeurs de cette guerre. Les Réformés en furent divifés entre eux mêmes , aufft animés tes uns à l’encan-tre des autres , que contre ceux de qui ils s'étoient féparés. Les traîtres couvert , i trouvèrent l’occafon ,de s’entremettre, pour nourrir laf éditionentre le peuple & les foldâs. Il i avoit lors toute affurance de mal faire tfius une fi belle apparance de travailler a maintenir V autorité de la "Rêne & du nouveau Gouverneur : & fous ee prétexte en allumait les divifsans : è- pour cét effet il ne faloit point emprunter d’autres que ceux que l’on aprenoit de la bouche des Prédicateurs, & des bourgeois de profefion Réformée, d'ailleurs trié affeétionés a leur pays, far il eB arrivéfouvent, (Dieu nous en garde dézormais^ quedes hommes fans expérience, ont été élevés au Magijlrat, p our la feule raifon de leur pie'a la Religion 5. rejettant des hommes llluflret en prudan*
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- ce & capables de randre de bons fervices à l'E’tat .four cette feuleeau fi qu'ils n'étoient pat de l'opinion des Réformes: & pourtant-ne les baïjfoient pas, àu contraire donnoient ejperance quepeut être ils changeraient d‘avis avec Ig tamps :& s’ils eûjfintpris le partide la Répub. e&e eût peût être bien ferviede leur confeil iy autorité. ^Au contraire ces "Reformés , apprentifs au gouverne* ment, iy de petiteexpériance , »’avaient ni confeil, ni autorité. De là naquit la confupon & le defordre en toutes chofis, iy s’infi-nua cette opinion , que les Réformés étaient infupport ables , (y que des aufii.Jt qu’ils auraient échapé le péril, ils ne pourraient foufrir les autres en même rang, ire. Reidan, Ann. V. pa.90.91. édit. Lat. Et aux Pages j 02. & 105 .Les Capitaines de la Ville ( d’Vtrecbt ) gens fimples, ayant fiuvent ouï qui Ltceftre fè pleignoit de fin peu de pouvoir, fie laijférent perfuader, de lui préfanter un tel écrit. Nous defirons , que fin Esecell. commande abfolument, à fa DISCRET 10 N, fauf la Religion ir les privilèges qui ne fint point au préjudice de fa JAajefié. ‘Pouvoir qui jamais ne fût vu, en Flandres, ni en aucun endroit dota
- Chrétienté. Rapportés ce.que ditlemêmepa.i24duUv. IV : 155 & fuivantesduliv. VII.
- Bojieduc en D°n(lues Ie Comte de Hohenlo étoit entré en la ville de Bojleduc (a) : Brabant. Tous ceux des habitans qui avoient fait réfiftance à la porte, avoiënt été tués, ou mis en fuitte : le portier ( *) fur le point d’abbatre la herfe, percé de plufieurs coups, laifle pour mort, ne fe faifoit plus craindre : Les victorieux s’en courent en la ville pour fe faifir des places, plus allurés de leur viétoire qu’il ne falloit, fans établir de gardes à la porte; ceux la même qui avoient été lailîes à la herfe, coururent au pillage : cepandant, voilà notre portier à demi mort ; qui receuille ce peu qui lui reftoit de forces, pour randre ce dernier & fignalé fer vice à la ville * d’abbatre la herfe & en vient à bout : ainfi l’ennemi qui venoit de dehors file à file, demeure dehors : par ce moyen les Provinces unies furent privées d’une fi glorieufe ViCtoire & ceux des leurs qui étoient entrés, furent mal traités (*).
- L’antiquité nous fournit un notable éxample de ces herfes codifies. (
- La prudance de T un & de Vautre des Capitaines fe fit comitre en cét endroit, de Vun pour faire fraude àfon compagnon, & de Vautre pour s'en garantir. Le cors de saiapia en MarceUus étoit tomlê au pouvoir dHannilal avêcfon anneau ; Crifpin ,pourem-l AppoutUe. ^ anneau ne fervit de moyen a quelque tromperie, avoit envoyé des mejfages à toutes les vides des environs ; leur donnant avis que fon codégue avoit été tué, que fon anneau étoit entre les mains de l'ennemi-, qu'ilfe donnaffent garde d'adjouter foi, h toutes lettres qui porteroient le nom de Marcettus. ce Mejfage n'è-toit pas encore arrivé a Saiapia, quand ils receûrent lettres d'Hanntbalau nom de MarceUus ; que la nuit fuivante ilfer oit a eux, & que les foldâs de la garnifon fufi fent prefts à recevoir fe s commandemens. Les habitans fe doutèrent de la tromperie, &c. De grand matin avant lejour Hannibal étoit devant la vide, ceux de fa troupe des premiers rangs, étoient des déferteurs Romains, armés à la Romaine. Arrivés a la porté ils avertirent lesfantinedes en parlans Latin ; & demandent que Von ouvre la porte au Conful Les fantinedes, comme s'éveidans dufommeil, fontfambiant d'être en pêne & font les empêchés feignans d’obéir : la herfe abbatuë fermoit la porte : il prennent des leviers pour la foulever, & d'autre part avec des cordes la lèvent a demi, de tede hauteur qu'ede pouvoitfuffire àu pajfage d'un homme droit. A pêne le chemin étoit ouvert que les déferteurs ,fejettent en foude impetueufement pour entrer : & environ fix cens étoient au dedans de la vide, quand voila qu'on lâche la corde & que la herfe tombe avéc un grand bruit. Alors les habitans, les uns courent fus à ces déferteurs, àyans leurs armespandantes fur le dos en manière de charge, les autres, du haut des tours de la porte & des rampars, écartent l'ennemi a force de trait, & de pïeres & de pièces de bob qu'ils leur jettérent. Ainfi Annibal fut furprb au piège que lui même s étoit préparé, stfek en La fortune du Turc fut toute pareille devant Sifêk, en l’année 1592 : où Hongrte quatre
- (d)T?Li?cïiv!xxvIL BOrr'fi'SCdeBofled'pa’JI* & fHivamcSt (e)Man.Iiv.Iy,«d.lar.pa. 7o.autre*
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- quatre cens de leurs meilleurs hommes demeurèrent furpris en leur propre fraude : voyés Borrhius en fon hiftoire Turquefque, fous Amurath : 8c Ortelius en fa 11 partie de la Chronique de Hongrie.
- En ces trois éxamples derniers, toute la perte tombe fur les ennemis qui attaquent, au moyen de la herfe quife lâche bien à propos ; mais arrivant qu’elle foit empêchée défaire fon efét & de sablatre ; voyons le dommage qui en revient a ceux de la ville, 8c la facilité qui en rétiflk aux entrepreneurs, de mettre leur defiein en éxecution. Nous en avons ïêxample en Vefélde Clé1 yefeitn ves : (a) Après quelle fut prife, Lof an, (c etoit k Gouverneur qui la venoit de ciévtt-randre ) difoit, qu auparavant que la cavalerie i fut entrée s'étant avifé quili avoit encore moyen de furprandre en la ville & d’i enfermer ceux qui déjà si ètoient jettés, il avoit commandé dalbatre la herfe, (comme firent heureufement ceux de Boflcduc 8c de Salapia ) : mais ïinflrument qui fervoit a cela ne fe trouvant pas, il en porta la pêne, à notre avantage. Ainfi le defaut d’une fi petite pièce fut cuufe que Vefél fut pris.
- Il elt arrivé depuis peu à Rhinberk, que pour avoir mal pourvû à la garde La herfe né-dune herfe de porte, tant ceux de l'attaque , que ceux de ladefance, fi- gJîlxcètés, renr mal leurs affaires : ceux la ayans manqué au fuccés de leur entreprife, Portedom-8c ceuxci grandement fouffert par leur négligence. L’hiftorien Boxhorn, uT&Lx nous en racontera toute l’hiftoire, qui contient plufieurs chofes dignes de amres' remarque 8c de très-grande utilité, tout le monde admira, & les ennemis mêmes, la manière que l'on avoit tenue au fiêge de Breda, la puiffance, la force des ouvrages J a diligence, le petit nombre d'hommes qu'on i avoit perdus, l'alegreffe du Général & de fes foldâs, & plufieurs autres chofes dignes de tres-grande confidéra-tion. Trois mois à pêne furent employés h parfaire le tout &filon met à part les Les fiéges de trois femaines qui furent données h la fortification du camp, & âfe pourvoir contre SpJ„fla & lennemi au dehors, on trouvera que la viüe fut attaquée & prife en cinq femaines. dft p* d’°-
- W r 1 1 • '77' n r*17 1 7/. ranZe > WW’
- Le nombre des mors fut de nuit cens. Quant a la depance, eue fut beaucoup au def- pare's, fous de celle que les ennemis avoient faite h leurfiége. A cela nous aidoit la commodité des rivières par le moyen defquelles il nous étoit aizè de porter toutes chofes au camp, car onfaifoit conférance de toutes ces chofes, avec ce qui s'étoit pafféfious le commandement de Spinola, comme cefi l'ordinaire, que nous eflimons les grandes allions,en comparant les unes aux autres.On mettoit en conte unepaftance prefque de dix mois tous entier s,une gendarmerie h demi ruinée,une dépance incroyable & incomparable employée pour réduire Breda aux termes defe randre par la nécejftté & par la faim. Le bonheur & la gloire de ce fuccés obligea les Provinces unies, à le reconoitre envers Dieu, par un témoignage public de leur Piété, en folennifant un jour de prières & de rêjouiffance générale : c étoit auffi pour en imprimer le rejfan-timent dans les efprits du peuple, qui d'eux mêmes ne font point capables de confit-dêrer l'importance des grandes chofes, fi elles ne leur font expofêes fur le théâtre de quelque pompe extérieure .* & d'ailleurs, on vouloit confondre la brutale opiniâtreté de quelques uns, qui confervent toujours une inclination favorable àl'ennemi, & qui n'ufent qu'avêc regret du bénéfice de leur liberté. Après les dévotions ache-
- Ggg } vées
- {4) siège de Bofleduc. Iiv. I ï.
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- vées , on fit reluire les feux de joye ; retantir les tonnerres de l'artillerie ; @ mettant fur la pointe de plu/ieurs piques des bouchons de paille allumée, on mettoit le feu dedans T air, qui éclattoit de tous cotés comme d'une flamme continuelle. Mêmes les villes & les châteaux proche de l'ennemi, déchargèrent tout leur canon, plus d‘une fois, cette folennitépanfa coûter la perte de Rinberk. cefi une ville affés confi-déralle fur le Rin, &c. ili avoit long tamps que l'ennemi avoit formé divers def-feins fur cette place, jufques alors inutilement, lefoin de la deffandre, n'étant pas moindre que celui de ceux qui eûjfent bien voulu lafurprandre. car ceux de Guel-Lesfejtes ^res voyans les nôtres faire ft bonne gardeys imagjnoient toujours que leurs entrepris aujfibien fes fuffent découvertes, ils s'étoient fouvent hazardés, & n avoientjamais reüfft. ml jours il d cette fois ilsfe perfuadérent qu'en la nuit d’une telle fefle, ils furprandroient leur ^dre rime' ennem^ enfèveli dans le fommeil & dans le vin, h leur avantage. Au commence-mi & s’en ment de 1a nuit ils partirent de Guéldres ftx cens piétons, choifis entre toutes les garde * compagnies, comme ceux qui s'étoient trouver autrefois en de famblables entrepris La rhiére fes. Lefleuve de Ludt les favorifa grandement leur fut aizè d’i dreffer un pont,au
- Vngdîs U defceû des nôtres, [en lieu affés éloigné de-Rhinberk, doit puis après il vient h fe dé-murs fait charger en fonfoffê ;)& de le pouffer fuir apres vers la vïUe avec des perches. Les
- <vais office, experts avoient bien remarqué, quon devoit en avoir fermé, ou empêché l'entrée par quelques palijfades, ou berges. Le pont ayant été dreffé & accommodé fuivant la largeur du Fojfé, les Gueldrois gaignérent le rampar. Lapaliffade fut bien tôt ran-Néceffitê de verfée. D'abord fut attaqué un Baflion, a la garde duquel il ni avoit qu'un foldat Nsdeidrott feulement .*foit que les compagnies fuffent alors au cors de garde de la place, ou que nj°fltroŸ peut être Ton fefût perfuadé qu'il n i avoit rien â craindre de ce coté là. L'ennemi qui ne manquejamais de chercherfonprofit en ce que l'on néglige, fe douta de cela, le trouva félon fon defir. cette fantineUe que nom avons dite s'aquita de fon devoir, tirant deux coups fuivant la coûtume : ce qui donna l'alarme : toutefois ceux qui acourûrent d abord étoient en petit nombre, on reconût alors que le confeil avoit été fort bon, de ceux qui avoient été caufe, que lesfoldâs ri avoient pas déchargé leurs moujquets en cette joye publique, autrement ils étoient en hazardde manquer de poudre en cette rancontre Tffjc.donquesles ennemis en efpérance de fuccés de leur entreprife , coururent en hafle à la porte d'Orfoi. où ils rompirent les barrières & enfoncèrent les ponts, pour faire paffage à trois ou quatre compagnies de cavalerie ce quife ^toient aux écoutes proches de la viUe. mais deux feulement s'avancèrent &fu-âoît faire en rent tués par les nôtres à coups de moufquêt. Les autres craignirent de s'engager Tafiontmt nefa£hanspas, ni que la porte fut ouruerte, ni que les affaires fuccédaffent ft bien à par ceux^ ^ \mrs compagnons, ceux qui furent prêfans à cette aüion, difoient quon avoit failli defftnec* * en n'advertiffant point la Cavaüerie par le moyen de quelque flambeau ou de quel-d’une place ^ue autrefigne, de ce qui fe paffoit. La ville toutefois êtoit en une grande extrémi-ceux té, laquelle fut h la vérité détournée par la poltronerie de la Cavalerie des ennemis;
- lemfii™* ma^ l'extrême négligence des nôtres T avoit de beaucoup augmantée. car ils s é-prandre. toient oubliés d'abbatre la herfe, qui doitfervir a fermer la porte contre les irruptions
- de l'ennemi. &c.
- Garde foi- V ous voyés donc, que le fer vice de la herfe eft de grande néceflite' con-ferfilotl!* tre ^cs furprifes , & partant il en faut affurer la garde avéc beaucoup de lesfurprifes. précautions. La
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- La première fera ; de fe repreTanter, que la place même de la ville, ne Diverfit doit pas être mieux 8c plus foigneufement gardée, que le doivent être précaution? les herfes de chacune des portes, ceux donc à qui cette charge eft commi- cet^ fe, entrants en fadion, tireront la porte apres eux en dedans 8c mettront les verrous en leur place, afin que nul autre qu eux n’en puifle abborder.
- Le caporal du cors de garde de la porte en fera de même de celle qui eft en dehors conduifant à la herfe, i mettant les barres 8c les cadenas, 8c en gardera lui même la cléf. Le degré par lequel on i monte fera compris au même cors de garde, non pas en la porte, ni en la ville comme il fe fait ordinairement : afin que l'ennemi ni ait point d’accès, qu’aprés avoir défait le cors de garde tout entier. Que fur la voûte de la porte, il i ait toujours quelque nombre de moufquetaires ; parceque delà on peut mieux receuil-lir 8c difcerner les apparances d’une furprife : 8c aufiî que de cét endroit la défiance, eft plus promte, 8c plus preflànte 8c plus avantageufe pour i remédier. pour cet eftet il fera néceflaire que le plancher de la porte ait quelques regars 8c grilles de fer le lpng des battans, 8c devers la campagne , afin que ceux qui voudroient appliquer le pétard, puiflent être attaqués 8c abbatus avéc leurs inftruments 8c tout leur équipage. Enfin, tout ainfi que plufieurs pour une plus grande aiïurance veulent avoir trois portes fermantes pour chaque entrée ; ceux la de même font trés-àpropos, qui mettent deux herfes coulifles en chaque porte de la ville.
- Avant que je quitte ces herfes, j’ai encore quelque chofe à dire touchant leur fituation 8c leur ftru&ure. on ne les peut pas mettre en aucun lieu plus afiuré 8c plus néceflaire que dans la porte même : où il eft impofîible, qu’en une entreprife faite de nuit, l’ennemi fuppofe à leur chute aucuns appuis ou étayes pour les fupporter 8c les foûtenir, mais des aufîi tôt que le bris de la porte a fait du bruit, en abbatant la herfe au même inftant c’eft un nouvél obftacle qui lui eft oppofé. Je n’aprouve en aucune façon, celles qui fe font d’ordinaire de plufieurs pièces jointes enfamble de long 8c de travers en forme de. treillis : mais je trouve plus à propos qu’on les fafle de groflès poutres féparées puiflantes 8c pefantes, garnies de bandes de fer* quon ne puifle détruire à coups de hache 8c de cognée ; je Veux aufli qu’elles ayent leurs pointes bien armées de fer, afin que par leur chute elles . puiflent brifer 8c mettre en pièces ce qui pourroit fe rancontrer au deflbus d’elles 8c fe planter en terre fermement. En cette manière il ne fera jamais poflible d’empêcher leur effét, encore même que l’on eût poufle au défi fous quelque charrête ou famblables appuis pour les foûtenir ; car ainfi, tant la charrête mêmes 8c les poûtres qui tomberont defliis, que les autres poutres qui d’une part 8c d’autre à coté fe planteront en terre, ne bifferont pas de fermer tout le pafiàge. cette forte de herfe a de plus ce notable avantage, que les pièces en étant féparées, elle ne fçauroit être que peu ou point endommagée de l’eflort du pétard : n’étant pas poflible de la détruire toute 8c tout enfamble d’un mêmecoup, mais ilfaudroitappliquer un pétard à chaque poûtre, pour faire brèche qui fut capable de donner
- pafiàge
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- paffage à cinq ou fîx foldâs de rang, autrementce feroit toute pêne perdue.
- Mais fuppofons que la bonne fortune des ennemis les ait garantis de trapu»» nos moufquetades, qu’ils ayent prévenu la chûtè de la hcrfe, oul’ayenten-dedans des foncée ; il ne faut pas pourtant pour toutes ces chofes abandonner la porte *orteu à leur difcrétion ; il fe doit pratiquer au deflbus des chauffe trapes femées de cloûs 8c de pointes de fer pour le furprandre. Je fçai bien qu’il leur eft aifé de jetter des planches deffus, pour le pafîàge des gens de pie, mais toujours la cavallerie en fera fort empêchée, c’eft comme les pièges où l’on furprand les belles fauvages 8c cette manière de foffés eft en ufàge en toutes les places frontières des Provinces libres, c’eft allés dit pour ce qui concerne les portes *. parlons des Ponts.
- Le lieu auquel les Ponts doivent être aflis a été ci deffus déclaré : car les raifons de la ftrudlure des Ponts 8c des Portes font toutes pareilles, on a de coutume de donner aux Ponts, une Verge & demie de large, ou à peu prés ; 8c ceux de bois fur pilotis , méritent feuls d’être mis en ufage ; Les Ponts de pierre ne doivent être nullement confidérés , tant à caufe de la dépance, que pour leur dangereufe conféquance. car ils afTurent le pafîàge Afiéte des à l’enneçpi, ou le couvrent, ou par leur débris comblent le foffé de la ville a f°n grand préjudice. Tous inconvénians qui fe redoublent 8c deviennent d’autant plus infaillibles, en cas que le pont ne fe prenne pas dans le milieu d’une Courtine, mais dans le Flanq d’un Baftion. Le pilotage ne fera pas couvert de pierres, mais de planches 8c de fortes poutres, capables de foutenir les charges, 8c jointes par un tel artifice, qu’en la néceffité d’un fiége il foit aizé de les démolir.
- To»ts tour- On le doit interrompre de ponts tournans, oufufpandus, un, ou deux ; trois ment ponts ou quatre fuivant la largeur du foffé; à coté defquéls feront adjoutés d’au-Uvis. tres pcrjs p0nts fufpandus pareillement, ayans de largeur un pié 8c demi : Leur ufage eft pour les forties qui fe font de nuit 8c fecrétement, comme des guichéts, ci deffus obfervés. Pour en faire conoître l’utilité, j’ai un éx-ample plus évidant que tontes les raifons.
- Leurutjii- En l’année 1594 , Javarin de Hongrie tomba, au pouvoir d’Amurath Imluleû-^ 11 Othoman , le cruél Sinan , commandant au fiége. ce ne fût pas 'trefoht Pourtant » ^ans (lue lâcheté 8c que la perfidie du Gouverneur 8c de plus puif- l’Ingénieur ( a ) de la ville afliégée i eûfïènt grandement contribué : ils furent suffi condânés à perdre la telle , par arrêt du confeil de guerre ùenté. Impérial, pour s’être delîàifis de la place avéc trop de précipitation, de lâcheté 8c de témérité. Il eft bien aizé déjuger fi les Turcs fai-foient beaucoup d’état de cette prife , par cette infeription qu’ils ont taillée en pierre en caraéléres Turcs : Javarin eft la cléf pour ouvrir puif-famment & îrés-affurément, toutes les villes & fortereffes des Chrétiens. Et par ce proverbe, du Coq impofé fur le comble de la plus haute tour ; que ce coq de cuivre chantera plutôt, queJavarin retournejamais au pouvoir des Chrétiens. (b)
- A peu
- < 4 ) Ortel. chron. de Hong. II. Par. pa. 149 : is6. Si fuiv. E'd. Belg. (£) Le mêmechron. de Hong. par. II. èd. Bclg.pa.347. en l’an 159s.
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- De la Fortification Irreguliere. 429 A peu prés comme celui ci autrefois fi célébré aux pays bas : Quand les Françoisprandront Arras, lesfouris mangeront les chats. Mais l’événement maître des fots, en a aujourdui effacé une feule lettre , à fçavoir un P, qui ranverfe le fens tout au contraire :8c fe lit à préfant ainfi : Quand tes François randront Arras lesfouris mangeront les chats. Pour ce qui éft des Turcs 8c de Javarin, grâces à Dieu, leurs proverbes & leurs préfages ont été faux, car nous l’avons bravement repris, 8c toutefois le coq de cuivre n’a point chanté. Et l’infcription infblente ci deflùs écrite, à été placée en lieu émi-nant fur une des portes, afin qu’il fouvienne aux Chrétiens d’être déformais meilleurs gardiens, de cette maîtrefiè cléfde la Chrétienté. Maho-mét 11 ï, aflis en ce tamps là au trône de fon Père, d’ailleurs inébranlable à tout autre accidant, porta cette perte de Javarin avéc tant de foiblefie 8c d’impatiance, qu’il fit de grands fermens, de rajadre la pareille aux Chrétiens , 8c de prandre une horrible vangeance de cét affront. Et même-ment, durant un fort long efpace de tamps, il n’i eût perfonne des fiens, qui ozât prandre la hardieflè, de lui déclarer cette perte; 8c le Bajfa A Ion fat étranglé, pour l’avoir diflimulée ( «). Voyons maintenant, par quelle manière 8c au moyen de quoi ce puiflànt boulevart, fut arraché à l’Empire des Othomans : 8c converti à fon premier 8c naturél ufage, d’être le ram-par de l’Empire Chrétien, 8c la bride de tyrannie Turquefque. Quelle machine nous aflûra la pofleflîon d’une,place fi importante Pce fut en un mot un petit pont tournant, qui fit paflàge àlexécution del’entreprife, quelques compagnies forties de nuit au pillage l’ayans abaifle ; 8c qui par négligence n’avoit point été relevé. En cette année les affaires fuccêdérent heureu-fanent a l'Empereur en la Hongrie : ayant reconquisJavarin fans aucune pêne ; dit Reidan au X V livre ; Les Chrétiens petardêrent la porte : après avoir tué les fantinedes, & s'être avancés jufques au guichet de la paliffade qu'ils trouvèrent ouvert , par la négligence de quelques compagnies forties de nuit au pillage, ou pour faire quelque furprife ; apres lefquels on avoït oublié de mettre la barre à la palif fade é de lever le pont : deforteque les nôtres trouvèrent le paffage libre jufques à la principale porte, qui fut petardêe & enfoncée, & par ce moyen les Impériaux fe firent maîtres de la vide. 9
- La meilleure forte de ponts levis oufujpandus, eft celleci : E F la longueur du pont mobile, fera prife d’une Verge 8c demie, ou environ : toute fà largeur F G, fera de dix piés. car on accourcit le pont fixe de trois ou quatre piés en R B ; 8c de tout autant de l’autre côté, afin que le paflàge foit plus aizé aux charrêtes qui fe rancontrent, 8c de cette façon il reçoit au milieu de foi le pont tournant. S’il eft befoin d’i adjoûter unpetit pont, il eft mis en R B. Les poutres des cotés, C G 8c E F, 8c les traverfantes, F G, feront prifes de longueur convenable ; larges 8c épaiflès d’un pié : entre deux on i en pourra mettre de moindre groflèur : qui feront puis après couvertes de fortes planches au travers de la largeur du pont pour faire le paflàge. Quant à la poutre traverfante EC on la fait ronde en forme de cylindre,
- H h h pour
- (a) Borr.par.VI delacivoni. de Catioiij fons l’Etnp. de Rodolfe II. en l’an us»,
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- AP L I V K E S S C O N D ,
- i* *»«&«- pour la commodité de l’ufage. Les pilliers quarrés AB 8c CD, auront de ” "loTftmi- hauteur une Verge & demie ; i adjoûtant fur le haut un linteau A D de pa-reiespoms reille grofièur, pour les lier 8c pour les couvrir en façon de porte : Le Seuil jpZÊt?*' aufli, auquel eft contigu le cylindre E C, fera fait de pareille force. Quant grands & aux bras qui fervent à tirer le pont, IH 8c K L, ils doivent tomber parallé-**tu% les au plan du pont, ils auront en devant MN, ou N H, de même longueur que le pont tournant ; 8c la même grofièur que celle des pilliers, ou quelque peu moindre : fur le derrière M K, ou I N, plus de grofîèur, en forte que les deux bras KM, 8c IN, puifîènt contrepefer à peu prés les deux coudes M L & N H, 8c donner mouvement au pont. On armera les bras ,KL8cIH,enN 8c M, à l’endroit où ils touchent le furfeuil de la porte, de fortes lames de fer, larges d’une paume, épaifîès d’un doit, ou de quelque peu plus ,* 8c fe doit faire ainfi. attandu que le bras eft quarré, il a donc quatre plans,, le defîùs, le defîous, 8c les deux côtés, celui de defibus demeurera libre, 8c les autres plans, à eommancer depuis le point N qui eft commun aux plans de defîbus 8c à celui du côté feront revêtus de lafufdi-te lame de fèr fermement attachée avec de bons clous. 8c fur le tout 8c tout au travers du plan de coté, on plantera un grand clou à poutre gros de deux doits, afin que la lame de ferfoit bien affermie contre le bras : Laquelle enfin laifîèra un anneau de chaque côté, pour pafîèr la goupille ou cheville de fer, en laquelle confifte le mouvement du bras :ces anneaux , en la partie fupérieure de leur circonférance, touchent de part 8c d’autre la ligne commune aux plans de deffous 8c de côté 8c en font touchés, comme j’ai déjà dit. Puis après on attache une lame de fer de même fabrique, longue de 6 ou de 7 piés au milieu des pilliers, depuis a, jufqu en €, laquelle derechef excédant le furfeuil, depuis e, jufqu’enz, 8c le couvrant , aboutit en anneau, fur i 8c en fa dernière furface devers la ville, touchant le furfeuil en Ja ligne commune aux plans de défias 8c de côté ; 8c doit être fon ouverture de telle largeur qu’elle puifiè recevoir la goupille ou cheville de fer ci défias mantionnée. Apres que l’on aura attaché au pillier cette pièce de fer, on en applique une autre de même forme fur le furfeuil en r en telle diftance, que les bras du pont fe puiflènt aizément adapter avec fa ferrure entre les deux autres. Et d’autant que le bras du pont a auffi fa ferrure avec :fes anneaux, ces quatre anneaux enfamble font conjoints par le moyen d’une feule forte goupille de fer, 8c fur cette goupille qui eft à tefte d’un coté, 8c de l’autre part arrêtée de crampons 8c tenons, le bras fe tourne 8c fe repofe,8cc. En la même façon, fe doivent revêtir encore lès pilliers par le bas, en o, de pareilles ferrures, fermement attachées de grands clous à poutre, 8c doivent aufli aboutir en anneaux, ou pour le mieux courbes en crochéts, autant, 8c de telle longueur que lorfque la cheville ou aiflieu de fer du cylindre EC, (autour duquel doit tourner le pont levis, pour être levé 8c bai fie ) fera inférée en ces crochéts , le cylindre même 8c le pont mobile, viennent à s’égaler avec le feuil 8c le plan du pont fixe, 8c que l’un 8c l’autre fafient enfamble une mê-
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- De la Fortification Irreguliere. 431 me furface. Enfin, les charpantiers & les ferruriers, fçauront affés la manière de bien étayer & foutenir, d’ouvrages de bois, ou pour le mieux de fer apartenans à leur métier, la porte BAMC, comme aufii d’aproprier les chaînes GI & H F, & les autres nmy pour contregarder les pafîàns de la chute du pont : ce qui fe verra mieux 8c plus commodément en la Figure. Et pour autant que le rampar 8c lefojfé font les deux principales pièces de la Fortification d’une place, & celles qui donnent le plus grand empêchement à l’ennemi ; attandu que par les Portes on paflè le rampar, & le fojfé par le moyen des Ponts ; nous ne fcaurions manquer en fortifiant ces LsMé& endrois, de plufieurs barres & barrières, herfes cou li fies, ponts tour nans, 8c famblables obftacles, pour les randre, autant que l’on pourra, de t*»*#"* dificile accès. piles de u
- Il eft donc à propos de remettre en ufage à la garde des portes les hé- IortereÏÏe-rifions de I’invantion de Pompée , mantionnés par Cefar, ( « ) qui font des Hériftm de bouquets qui préfantent de tous côtés, des pointes, des broches 8c com-me des épines de fer. Empêchement notable à l’ennemi qui eft à pie 8c encore plus grand au Cavalier.
- L’entrée des ponts, fera empêchée 8c fermée, de barrières, depalijjades, de portes de bois, ou de bacules. celui ci ne diffère du pont tournant, ci deflùs décrit, qu’en la manière de fon affiéte : entant que la partie plus péfante de ce premier, eft fufpanduë en l’air, parallèle au plan de l’Horizon devers la vide ; mais au contraire celle de la bacule regarde les champs : 8c la plus légère qui n’eft que de poutres, eft attachée fur le plan du pont en des crochets de fer avec des chaînes qui fe lâchent aux approches de l’ennemi. ce qui fe peut faire par un feul homme, 8c en tombant de foi même il s’engage en la pile du pont de chaque côté, 8c fe ferme en des ferrures préparées pour cét effet, il eft vrai que fi l’ennemi venoit à le joindre, un enfant avéc un bâton, fèroit capable d’en fbûtenir la*chûte : mais le plus puiffant homme ne pourroit pas retenir une herfe.
- Quand on fortifie une ville, de Ravelins, de Couronnés, ou famblables Dehors , quelques uns font d’avis de percer l’Avantmur à foppofite pour i établir une porte ; dont en fuitte par le moyen de petis ponts larges de 7, ou de 8 pies, affés fermes pour le païïàge d’un foldat, on puiflè avoir une facile communication avéc les dits Dehors : il veullent toutefois qu’ilfoit abbatu aux approches de l’ennemi, 8c qu’en un tamps de fiége,onne communique avéc les Dehors, que par bateaux. Je dis pour moi que cette affurance qui eft prefcritte pour le tamps de guerre, ne fera pas moins bonne durant la paix, 8c que l’ufage des bateaux ne coûte pas 8c ne travaille pas davantage que celui des ponts. Je dirai plus, qu’en notre Belgique marécageufè, plufieurs villes nous ont donné de notables éxamples, qui condânent cette ftrudure. Le cornu de Bréda, qui fèrvoit à couvrir la porte 8c le baftion de Ginek, étoit joint, à la vérité, par le moyen d’un pont, non pas à la ville, mais à un Ravelin qui le voifinoit : encore n’étoit il que
- Hhh % de
- (4) au VIII de la Gueire civile.
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- Les arfinaux & magasins d’armes & de munitions de guerre.
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- de leger ouvrage, & n’étoit large que d’un pie & demi, afin delabbarre aifément & qu’il ne pût favorifer aux irruptions de l’ennemi, c’efl afîes dit des Ponts & des Portes ; retournons en la ville, pour donner ordre à ce qui relie.
- Les magazms des armes 8c de l’artillerie feront placés aux rues voifines du rampar, pour la commodité du port 8c du rapport, des armes 8c de l’artillerie. Il ne faut pas aufli que les ateliers des Fabriques en foient éloignés ; afin que le fervice des chofes néceflàires foit toujours plus à main dans les occafions.
- Les magazins où fe referveront les poudres, les mèches & les artifices à feu , 8c famblables munitions de guerre chères 8c néceflàires , feront voûtés 8c foigneufement garantis contre toutes injures de feu 8c d’eau, on en aura plufieurs, difperfés en diverfes places ; de peur qu’un feul coup de ha-zard, n’anéantiflè toutes les forces d’une ville en une fois : s’il arrivoit, ou que le ( * ) foudre i eût mis le feu, ou que l’eau, ou que l’humidité de l’air, ou que le tamps , les eût corrumpuè's, ou que par notre négligence elles fe fuflênt gâtées 8c altérées. Peut être les éxamples vous inftruiront ils mieux que les préceptes ; en voici un ou deux que je vous propofe pour cét effet.
- Heureux celui qui pour devenir [âge,
- Du mal d'autrui faitfon apprantiffage î
- On commancoit de lattre les Parapéts & les Baflions de Rhinberk, quand un boulét emporté au deffus du rampar, & tombant fur une tour pléne de poudres, i mît le feu ; on nefcait fi ce fut par l'attritïon de quelque pierre, ou lien de quelcun de ces ancres qui[outïennent les édifices ( b ), qu'il en exprima quelquesetinceïïes; tant i a que de cét orage fut ranverfée la citadelle, en laquelle étoit le Gouverneur, qui en fut écrazé, & avec lui tous les officiers & quelques fioldâs : & ce qui fut encore pis, cette même ruinefit au rampar une auffigrande brèche, qu'eûffentpû faire XXIVpièces de canon. De bonne fortune un Ravelin qui couvroit lefojfé, ota aux ennemis la conoiffance de ce defafire ; & cette ignorance les empêcha de courir promtemant a cette brèche du rampar : A infile s officiers faifans bonne mine en mettre tou- fi mauvais jeu, eurent le moyen de compofer h conditions raifonnables. ils fortirent “iomîe”™ fans enfeWes * avec ^eurs épées & leur bagage environfix cens. & s obligèrent guerre en que pandant quatre mois prochains ils ne porteroient point les armes hors de Hol-Exampie de lande , & de Zélande. La pefle en avoit fait mourir un pareil nombre ; mais par Rinberk au cetîç tampête ïair fut purifié de telleforte, que la contagion en fut éteinte, (c)
- Cologne. En lannée 1604, Achomat I de ce nom, grand Seigneur de Turquie, fofterejfede avo,t ^ marché de Pétrinforterejfe de Croatie, ayant trouvé trois méchan-croaùe. tes âmes, qui en avoient fait la compofition avéc lui : ces miférables procédai à l’éxécution d’une fi damnable promeffe, avoient poufle des mines
- Qu il ne faut pas
- (a) Depuis peu à Brefurt le feu prit aux poudres pat un coup de foudre, dont cette ville fut prefque toute ranverfée; outre le château dans lequel étoitle magazin qui fut réduit en cendres ; & i périrent le Gouverneur, la femme & plufieurs enfans qu'il avoit & toute fa famille, (b) Pareil aécidant arriva au fiege de Sighét : Tandis que
- l’on combat toit a la brèche. un coup de canon , par un moyen inconû mit le feu a la tour où étaient les poudres , èr delà les flammes •volans eu refte des édifices du château i firent un horrible embrasement, qui ne pût jamais être éteint, ce malheur l'a afiigea cruellement le, afiégès ère, Bodier, Ipv. X II l de l'hifi. des Turcs, (c) Ortel. chron. de Hong. par. IV. en l'année 1604.
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- nés fous l’arfenal 8c fous la tour où fe gardoient les poudres, pour la faire fauter avec toutes les munitions de guerre à certain jour par eux préfix :
- Les Turcs dévoient attandre l’e'venement en bonne compagnie en un bois prochain, pour donner l’afiàut &furprandrela ville en ce defordre.
- Mais le deftein fut découvert, avant que la mine fut encore ouverte, 8c les traîtres furent empalés. (*). Ces deux éxamples allégués, font de ha-zard ou de trahifon ; en voici un qui tient de tous les deux, ceux que leur confciance accufoit déjà, redoublèrent leur crainte, par l'accidant de feu qui arriva peu de tamps après a Malines. car le feu s'étant pris foit de hazardoupar malice aux moulins a poudre, emportafoixante tonneaux de poudre faite, avec un figrand DeMau„es bruit & tramblement de terre, queplufieurs villes de Brabant, en ouïrent l’orage & en tramblêrent avéc leurs maifons. Mais d3autant que ce/l la coutume de tenir & de cette manière dattehers loin de la ville, il ni eût pas grande perte d’hommes : elle auroit été moindre, & tous lesjours on n auroit pasfujét de fe plaindre de ces ac ci-dans , fi comme on fait aux Jéditieux que l3on fépare, de crainte que de me urans enfamble ils n excitent des rebellions: on faifoit de m ême aux élémansjont cette pelle eflcompofée , en les féparant l'un de l’autre, (b) Voici un autre éxample encore tout nouveau. c'étoit chofe confiante que les afiiégés navoient pas feulement faute de poudres, mais auffi quelles étoient gâtées & évantées. carie bombe Brêda, vit-compofé comme il le doit être, & allumé, par la force du nitre, demeuroit fort long tamps à s éteindre. Toutefois l'indufirie du Commiffaire pourvût h ce defaut, en mêlant aux poudres évantées ce qui ètoit neceffaire pour les reparer ; les remit en
- têl état qu'on s'en pouvoit fervir : aujfi le foleil extrêmement chaud en ce tamps fa-von fa grandement le fuccés de cette opération.
- Il i aura continuellement des cors de garde à chacune des portes de la ville c°n & dans les portes mêmes de la ville, s’il eft poffible ; 8c en la grande place, ^ qui eft celle des armes, 8c le centre de laforterefie, feront auffi les gardes plus fortes 8c en plus grand nombre, parce que c’eft delà que font pris & pmmei-les foldas pour être employés aux occafions furvenantcs. les-
- Au milieu du rampar, 8c fur le dernier point angulaire du baftion, 8c fur chacun des angles de la Face 8c du Flanq feront dreffiées des échauguétes & guéritès pour les fantinelles : parcequ’en ces endrois, on découvre fur toute la campagne des environs avéc plus de liberté 8c de facilité ; 8c font commodes pour entandre de loin 8c pour fe faire entandre.
- Les logis des foldas, feront prattiqués proche du rampar, 8c feront mê-^J|^_ lés avéc eux quelques Sergents 8c autres officiers , qui veillent fur eux chedumm* pour empêcher les trahifons : 8c par ce moyen, û la néceffité fe préfante, on aura toujours-des troupes fufifantes pour être oppofées aux irruptions 8c furprifes de l’ennemi, fans aucun divertiflèment.
- En cette entreprife que ceux de Gueldres firent il n’i a pas long tamps contre Rhinberk, pour avoir méprifé cét ordre, peu s’en fàlut quelle ne fe perdit : car au premier bruit du defordre, trois officiers accourus au rampar , navoient à leur fuitte que quinze foldas,tandis que le refte s’armoit
- Hhh 3 encore,
- (d) Fam. Strada, liv. V11. de la guerre Belg. (i) Boxhorn. au fîége de Bréda.
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- 434 Livre Second,
- encore, on n’ofoit pas abandonner fes poftes ; car en ces occafions de fur-prife on doit attandre l'ennemi de tous côtés, {a) où les foldas n?ont point de logis affe&és, ils font contrains de fe répandre par toute la ville, chacun fuivant Pétat de fes affaires & fa commodité : 8c par ce moyen ne s’af-fàmblent que malaifément pour courir aux allarmes, 8c mêmes lentement fans deshonneurs attandu que l’on s’imagine toujours que l’un vient d’un côté, l’autre d’un autre ; fi bien que la plus part ne s’échauffe pas fort à courir au lieu de l’afiàmblée, pour éviter la première furie de l'ennemi. particuliers ^ raif°n ^ capacité de la place fortifiée fera prife tant la longueur que citoyens, la largeur des édifices des particuliers citoyens : dont les gros murs ne foûtiendront que leur étage; étans fèparés de leur voifin à caufè du feu que l’ennemi i pourroit jetter par le moyen de fes machines 8c artifices.
- contre kj Qui! i ait en chaque coin de rues, le nombre de crocs 8c de £ceaux, 8c fi». autres inftrumens nécefîàires pour remédier aux embrafemens furve-
- Lespuis. nanSj avec promtitucJe & facilité.
- En la grande place 8c en chacun des carrefours, on aura des puis, ou des refervcs d’eau en abondance pour le même effét.
- Les mou- On aura des moulins en fufifante quantité ; 8c particuliérement de ceux lms' qui fe tournent à bras, ou avéc le fervice des belles ; parceque l’ufàge des
- moulins à eau & à vent elt fou vent emp êché.
- On pourroit adjoûter ici le calcul de la capacité de l'aire de la vide défignêe; régler le nombre des maifons, fur une certaine longueur 8c largeur fup-pofée ; ordonner les quartiers, les rues, les ruelles, & chofes famblables ; mais ces chofes feront aizées, à quiconque aura quelque peu de conoif-fance de la Géométrie ; j’en laifferai l’éxécution à ceux, qui peuvent avoir plus de Ioifir que moi.
- Difons maintenant de quelles chofes doivent être pourvus, les drfe-naux, les magazins, & les atteliers des manœuvres.
- En L’a r s e n a l, feront mis chacun en fa place :
- Les canons de toutes façons 8c calibres; 8c pour chacun d’eux pour le moins trois équippages d’affufls 8c de rouages. Les pièces de campagne: Moindre, du pois de 2300 livres ; fa baie de douze livres : Moyenne, du pois de 4500 livres ; fa baie de 24 : Grolfe, du pois de 7000 livres fa baie de 48 : car les Fauconneaux dont la balle eft de 6 livres, doivent pefer 2100 livres de métail : Il i en a de plufieurs autres fortes, différantes de pois & de grandeur.
- Les mortiers, pour les grenades 8c les bombes : avéc leur affufts 8c roua-gcs.
- Les hâtons a feu, pour la cavalerie & l’infanterie, gens d’armes 8c chevaux légers, arquehufes, moufquéts, carabines, fujils, pifloléts &c. Boules, bouléts, baies de fer & de plomb, grenades, bombes de toutes les façons 8c grofi feurs. Quantité de plomb avéc les matrices pour fondre les baies. Pou-: dre à canon, 8c pour la faire, du nitre, du charbon de tillet & de coudre.
- Balles
- («) Boir. ficgcdeExctia.
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- De la Fortification ïrreôuuere. 43$
- Balles fe* artifices à mettre le feu, tant de main, que par le moyen des ma-chines. Souphre, poix, bitume, , réfine 8c famblables chofes pour la
- compofition de ces artifices. Moulins à bras pour la façon .peaux & cou-vertures tijfuës de poil, pour les contregarder de feu & d’eau, pêtistonnelêts de bois avéc leurs couvercles de cuir, pour mettre les poudres, a\i près du canon quand on le décharge.
- En fuitte les bâtons 8c armes ofanfives deffanfives de toutes les fortes : épées, poignars, piques, halebardes, pertuifannes, 8cc. bois de piques, antes d’halebardes 8cc. mafiès d’armes, fléaux garnis de fer. heaumes, cafques, /»<;-rto j «wt de cuirajfe, corfelets, poitrinals, toutes efpéces d’armes de défiance , tant pour les Cavaliers que pour les gens de pié. harnois de chevaux, brides fers, 8cc. autres inftruments : grifes, crochets, pointes 9 piège s 9 chardons de fer &c. Seaus, fwf, pompes, torches 8tc. pour courir au remède des embrafe-ments qui arrivent la nuit. Tantes & pavillons de toutes les manières pour les entreprifes fubites.
- Les outils pour les pionniers & les mineurs 8c autres manœuvres.perches, grues, pieux aiguijés, cognées, haches, pèles, pics, hoyaux,farcloirs,fourches fié-res, houes fourchues, bêches, marres, fourches de bois, ferpes, hies, battes, echelles. portatives avec leurs appuis, 8c toutes fortes de leviers 8c de ferrailles, cia-yes9 corbeilles, hôtes, paniers, &c. Des ferrements de toutes les fortes, pour les peles, lèches,hoyaux, houes, pics, & c.
- En l’atelier de la fabrique, poutres, folives, piquêts, palis, long bois, planches, ais, piliers, pieux, bâtons ferrés & non ferrés, barres, verrous, leviers, barreaux de fer, cylindres pour abbatre les affaillans, hérijfons, pour fermer lepafîà-ge des ponts, des portes 8c des brèches, chevilles de bois, clous de fer de toutes les fortes , à telle, à crochét, mouchetés, cordes, cables, fijfeUes, laqs, charrétes , chariots, brouettes, civières, portoires, tombereaux ; harnois 8c équippages de charroi en grande quantité, chariots chargés de pontons, de bateaux, de naffelles, de tonneauxpoifiés, pour les entreprifes fubites outils pour les artifans ,fcies, doloires, terrières, limes, tenailles, mailléts, marteaux 8c c.
- Les magazins des vivres contiendront aufîi les remèdes pour la fànté : pour en avoir la lifte, il la faut prandre aux boutiques des Apotiquaires. Le trêfor de f argent deftiné pour les frais de la guerre fera mis en la place d armes, comme au lieu le plus aflùré ; puifque c’eft le nerf de fa fobfi-ftance. Sa quantité ne peut être réglée, car la guerre eft un gouffre qui dévore tout, 8c l’avidité des hommes eft infatiable.
- CHAPITRE DERNIER.
- Il eft à pro• pos de fça~ voir pre-fcrire aux
- Lit conoï fiance des ouvrages des manœuvres &* artifans• ZZœiTm*-
- ° niére deftu
- f _ . . ... conduire en
- Iüfquesici nous avons explique les chofes, qui apartiennent principale- véxécuûon ment à l'Arcbïtette : ce qui fuit regarde feulement les Manœuvres, cette de leurs tâ'
- conoi fiance
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- 4 }6 Litie. Second,
- conoiflance n’eft pas inutile, étant plus à propos qu’ils dépandent de nous pour leur prefcrire la manière, qu’ils doivent tenir en 1 execution de leurs ouvrages 8c fe reconoitre fujéts à notre cenfure, que nous d’eux, pour les en croire 8c cepandant les abandonner à leur liberté.
- Pour bien juftement établir, ou bien pour reconoître après la perfection des ouvrages, fi l’un 8c l’autre Talu 8c panchant de leur éxauce-ment eft en fa due proportion , félon qu’il eft prefcrit au X chap. du précéd. livre : à cet effet on fe fervira de ttnftrument G repréfanté en la Fig. C VIII; Lequel étant de forme triangulaire , nous appellerons la Samluque , 8c la fur nommerons, tonifiante ou Cenfurante, à raifon de fon . “{fge.
- Cette Samluque militaire de la Fig. C V111 G, fervant à la Fortification, eft compofee d’une planchette aie, épaifiè d’un doit, qui forme en b un angle droit. L’une de fes jambes, abte raporte au Talu de l’ouvrage que l’on fe propofe, l’autre, b c, à fa hauteur ; La troifiême, a c, à fa pante. ïufage de partant abc notre Sambuque fera toute famblableaux triangles AD C, lquemiü- ou B F E, ou c h a des Fig. L V1118c fuivantes : car en ces trois triangles tairtj, eft comprife toute la diverfité des panchans 8c talus en nos ouvrages milice Tort if taires. Il arrive fouvent que le côté al foit feulement d’un pié, ou d’un emm. ^emi-pié : deforteque nôtre archite&e n’a point de pêne d’i apliquer fon inftrument pour en faire l’épreuve : or le à raifon du panchant établi, lui fera égal, ou bien aura le double, ou telle autre proportion fuivant l’ufa-ge. par éxample, fi l’Architecte, veut apliquer notre Sambuque de fortification , pour ériger le plan de la pante intérieure du rampar, qui eft prêt que toujours égale à fa hauteur, les côtés a b 8c le te trouveront égaux : s’il eft queftion de déterminer la fur face 8c la mefure du panchant extérieur , le côté b c excédera doublement le côté le , étant cette même proportion obfervée, entre la hauteur du rampar 8c fon Talu extérieur: fi maintenant il veut former la pante intérieure du parapét du rampar, le côté le fera un pié, al le fixiême d’un pié : étant cette proportion obfer, vée entre la hauteur du Parapét 8c le foutenement de fa baze. Mais afin que l’ufage de cette Sambuque foit plus aizé, on i adjoutera une anfe e9 pour la foutenir, dans laquelle fera une ouverture d, pour l’empoigner. 8c enfin on i ajuftera le niveau g f, éxa&ement parallèle au côté le, fufpandu librement à l’oppofite de l’ouverture.
- Cette Sambuque examinante H , des Ingénieurs, eft de plus grand volu-de Dire- me, que n’eft pas celle des Art if ans, de telle façon qu’il eft néceflàire qu’el-le ait un appui, qui la foûtienne , hoikp. ce pié de la baze kp, peut avoir un pié de largeur ip, quatre piés de longueur i k, la grofTeur d’un doit, fur ce pié eft planté à plomb, l’appui ho : de hauteur à diferétion, long 8c large comme le pié qui le fuporte, fur le milieu duquél tombe le niveau m n9 librement mouvant à l’endroit de l’ouverture n: Les deux pièces de ce't appui, tant la gilànte, que celle qui eft debout, font fermement terrées de crochéts de chaque côté, pour empêcher que par aucun moyen, elles ne-
- varient
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- De là Fortification IrreguIiere. 437 varient 8c ne s’écartent du niveau. Sur le plan h 0, qui marque la grofîèur de la pièce,on obferve une entaille en or,pour inférer notre Sambuque cen-furante : ou bien on attache des tenons en ce même endroit pour la foû-tenir. Notre Sambuque,entant quelle fort à reconoitre 8c cenfurer les Ta- Sa uÿle Jus 8c les Pantes, eft de trois manières, car ou elle fc conforme du tout aux triangles A D C, ou F E B, ou ^ de la Fig. L V111, comme j’ai dit.
- Et de cette façon, elle s’employe à reconoître le panchant extérieur du rampar. on fait une planche, t ro, ayant autour de l’angle droit r, le côté Sa jir^. rt deux, celui r 0, quatre piés de longueur ; on divife r 0 en piés 8c demi-piés, diftingués, par virgules, les unes plus longues, les autres plus courtes : on divife encores la ligne to en autant de parties, quant au nombre, mais différantes en quantité ; puis fur la planchette ou régie 0 tu, bien po-lie, longue de deux verges ou plus, jufques en a, fe continuent les mêmes parties to, de t en u 8c font diftinguées,de points, de virgules,de lignes.cet-te même régie uo, doit avoir autant d’épaifîèur qu’il en faut, pour réflfter à toute injure, 8c demeurer toujours en fa reditude. En voici l’ufage : Si je Sm uj-a£U veux reconoître la bonté de l’ouvrage en la ftrudure de la Pante extérieure du rampar : je préfante ma Sambuque au devant de la Fortereflè en telle façon ; que fa ligne ik fe rapporte du tout à la principale ligne du rampar, qui eft celle qui détermine l’enceinte des murailles extérieure, & que la régie ou touche toute entière le rampar de la ville ; fl alors le niveau couvre librement fa ligne mn, fans varier ni d’un côté, ni d’autre, c’eft un témoignage certain que le panchant eft en fa jufte proportion.
- Or eft il, que pour élever les rampars, on i procède en cette façon ; tout StruBurtJ ce qui eft de vuide entre les deux enceintes intérieure 8c extérieure défi-d* ramp*r’ gnées pour le rampar, 8c marquées par le premier trait 8c rayon, {voyés le XI X chap. du I livre ) tout cét efpace, di-je, fe ramplit de terre à la hauteur d’un pié ; c’eft à dire, que le rampar commance d’être élevé d’un pié, puis battu 8c hié', tant qu’il foit afaiffê, en prenant le pié de 12 pouces , jufques à huit ou neuf, 8c réduit à une paume de hauteur : de peur qu ayant reçû toute fa charge 8c toute fa maflè il ne faffele même 8c ne perde de la hauteur qui lui eft néceflàire, 8c que fa Pante aufïî ne vienne à excéder les termes qui lui font propres. Ce Rampar, en dehors 8c en dedans , doit être revêtu d’une croûte 8c fuperficie extérieure de tous côtés, aie d Fig. C V111. E, qui fera de gazons en terre fabloneufe, 8c de la terre même , fl le terroir eft gras 8c argilleux: car les murs de pierre ou de brique font de grande dépanfe 8c de mauvais ufage 8c font condamnés. Pour faire ce revêtement, on taille les gazons dans une place soit mit* herbue, vers 8c vivans, larges d’un demi-pié, de hauteur tout autant, ou degp°nrsrfe quelque peu moindre, longs d’un pié 8c demi, comme vous le voyés en la Fig. C V111 F : 8c plufleurs arrangés par ordre en la Fig. E. On les taille de telle façon, (*) que d’une part fur le derrière on le rande plus grefles
- I i i 8c plus
- (a ) On Utile ir en enlève avec des inflrumans de fer le gazon avec fa motte en fis racines , haut d'un f pie, large d'un pié, bngdunpii if guefila terreefitrop légère en manière que U gazon ne fi puijfe tailler en ferme de èrique.&t. Vegéee, ds l’ait de la guette liv I II, chap. v 111.
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- lu manière & plus minces, afin que mêle's & entafles avec le refie de la terre du ^ tÆeries rampar, ils s’accommodent 8c s’unifient mieux ,8c compofent une feu-gazons. ^ maflè avec tout le cors du rampar. chaque rang de defius, doit fermer les fantes de celui qui eft au deflous, en la même manière que les maçons arrangent les pierres. Que fi la terre que Ion employé à la ftruâure du rampar eft fabloneufe, & fort légère, il ne faudra pas feulement la battre fermement 8c la bien entafler avec la hie, mais aufli pour chaque pié de terre ainfi battu, on interpofera un lit de fafcines, à fçavoir envers la fu-perfide 8c le panchant, pour lier l’œuvre 8c l’arrêter, 8c fur ces fafcines on couchera encore un pié de terre , qui fe doit battre jufques à ce qu’il foit affaifle environ à un tiers, puis on ajoute un lit d’ozier 8c de fam-blables branches de bois flexibles, continuant toujours ainfi, tant que le Lits de fa- rampar ait fa jufte hauteur; Mais fi la terre n’eft pas fi fabloneufe & que naturellement elle ait quelque force 8c quelque liaifon pour fe foûtenir, cbiendant^ en ce cas on peut entafler cinq ou fix ordres de gazons l’un fur l’autre,liés pour la haï- ^ ^ oll jg ramcaus d’ozier 8c de famblables bois, afin que le fable
- foit retenu, 8c que l’ouvrage foit affermi dans les mefures qui lui font ordonnées.
- Entre les ordres, on féme de l’avoine, de l’orge 8c fur tout de la femence d’herbe verte ou dent de chien, car le dent de chien, comme dit Pline, (a) rampe s ètand en quantité de nœuds, dont iljette continuellement de nouvelles racines auffi lien que. de fon fommet & de fa tige principale, or toutes ces racines font comme des liens, qui ramaflent 8c compofent enfamble toutes ces parties en un même cors.
- Il pourroit être que le terroir nous fut fi favorable, qu’il nous fèroit aizé de revêtir tout le dehors de notre rampar d’une terre tenante 8c argiileufe ; alors on couvrira tout le rampar E, de la croûte épaifle l c ef; en telle fa-froütélfiie cPn fiue he * 0U cf*foit de 4 on 5 piés. Et afin que cette incruftation foit meilleur, ferme étant comme la paroi du rampar qui le foûtient 8c qui l’empêche de fe démantir, il faudra la hier puiflàmment 8c la ranger avec la batte, en la jufte proportion des termes ordonnés à fa pante, en telle forte quelle s’é-tande 8c fe ramafib en une confiftance folide.
- A quelle oc- Le Prince Maurice, grand Legiflateur de notre Architeâure, avoit apris
- Itfmken Par expériance, que ces petis cors féparés de gazons, rarement, ou peut Hfage. être jamais ne s’uniflbient bien fermement, pour n’être qu’une feule mafle avec le rampar : tant parce que l’un des gazons eft plus vif que l’autre ; que d’autant, que leur féparation ne fe peut jamais fi bien raprocher 8c rejoindre par la communication de leurs racines, qu’il ne refte toujours des fantes, expofées aux ardeurs du foleil, 8c au froid 8c aux pluyes, 8c aux autres injures de l’air : ce qui excita l’induftrie, de ce grand Prince des Architectes , à changer le revêtement de gazons, en la fufdite incruftation : qui fe compofe, après l’avoir tratftpée à fufifance 8c mêlée d’une tres-gran-de quantité de graine de chien dent, en l’amafiant 8c l’attachant foigneu-
- fement
- (a) hift. Nat. Iiv. X X X VI chapt VI.
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- De la Fortification Irrégulier h. 439 fement à l’autre maflè qui fait la fubfiftance du rampar. car cette croûte n’a point de fiflure qui fe démante, ou qui l’expofe à aucune injure de l’air;
- 8c parce quelle eft tenace & gluante 8cargilleufe, elle s’attache 8c s’incorpore bien aizémcnt 8c comme naturellement, à toute la fubftance de l’œuvre: 8c enfin le chiendent produite ion engence 8cmultipliant fcs racines de tous côtés, lie le tout enfamble fi fermement, qu’il fait un af-famblage 8c un enchaînement prefque indifîoluble. Il eft affuré que Maurice , fe donna le foin de faire dépouiller les rampars de plufieurs places de leur revêtement de gazons, pour les enduire de cette manière d’incru-ftation, afin qu’il nous fouvienne de nous faire fages aux dépans d’autrui, de peur qu’il n’arrive que nous foyons contrains de démolir, ce que nous aurions édifié. Quant à la mafle de la terre qui fera comprife fous l’enduit de cette croûte, il faudra l’éntaflèr en la manière ci deflus déclarée, toutefois, avéc quelque peu moins de diligence, mais il ne faudra pas oublier d’i entrefemer la graine d’herbe verte, ou pour le moins de l’orge 8c de l’avoine.
- A lors que l’on commance de tirer la terre, pour la tranfporter à la ftru-élure du rampar, on fe fert de voitures de belles 8c de chariots ; en laiftant entière quelque petite pièce vers la campagne pour la conftrudion du Pa-rapét du chemin couvert, s’il eft belbin : puis on commance de creufer en ce bord de l’élcarpe; afin que le plus qu’il nous fera poffible nous jouïf-fions de la commodité du charroi pour hafter l’œuvre.
- Mais à mefure que lefofiecommanceradesabaiffer,ilnefàudraplus s attandre au fervice des belles, mais au fecours des hommes feulement =
- 8c pour cét effet on dreflèra les ponts B 8c A de la Fig. C V111, élevés doucement de puis le plus bas du fofle jufques au plus haut du fommét du rampar, foutenus 8c appuyés fur des pilaftres a,, b, c, en telle façon,que ceux de devant foient toujours plus hauts que ceux de derrière, en conve-nable proportion fuivant la pante 8c la hauteur du rampar. ces ponts fe- rampar. ‘ ront couverts de fortes planches 8c capables de fupporter les charges : en strudUn telle largeur que deux, ou trois porteurs allans ou retournansfepuiftènt ^/’^ rancontrer te incommodité. Le coffre des brouettes qui fervent à entaf- porter fer la terre,doit avoir en longueur 8c en largeur un pie 8c demi,8c environ 8 ou 9 doits de haut: 8c auront les porteurs leurs hoyaux 8c leurs pelles pour charger la terre & la décharger. f£p,P7Jr
- C’eft ainfi que l’on fe comporte, lorfquele fons eft ferme 8c allés puif- le pouvoir fant de foi même pour loûtenir le faix. Mais fi le fons eft infufifant, léger fâkOnoL 8c mouvant, ou autrement inepte, il fera neceflàire de l’affiirer en le corrigeant. tout édifice qui n’eft pas apuyé fur un folide fondement, ne peut Pourafer-que tomber en ruine. Et partant, il faut aporter un grand foin à bien affèr-mir les fons marécageux, humides 8c mouvans, qui s’enfonceroient fous & finie. la charge ; ce qui fe fait par le moyen du pilotage : 8c pour s’i comporter avec plus d’aflùrance, on fondera la terre bien avant avéc la fonde de fon-tenier.
- Iii a
- Par
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- Par éxample : En l’année 1605, on creufa un puis à la profondeur de 132, pies en l’hôpital des vieilles gens de cette ville d’Amfterdam, furpaflànt la hauteur de la tour du vieil Tample de cette meme ville de X X X11 pies. Voici les remarques qui furent faites foigneufement de la qualité de la terre. Premièrement, 7 pies de pierres & de terre amafïee des immondices des jardins : puis , 9 pies de mot es marécageufes & de gazons : en après 9 pies dargitte légère : en fuitte, 8 pies de fable .* 4 pies de terre ordinaire ; 10 pies d'argiïïe : derechef 4 pies de terre vulgaire .-tout ceià fait enfamble 51 pies : vient puis apres ce fable , fur lequel principalement eft fondée la ville d’Amfterdam, haut de 10 pies : après, 2. piés dargille : puis 4 piés de fable blanc : 5 piés de terre fabloneufe : 1 pié de bhcaiüe, ce qui eft admirable : 14 piés de fable : 3 piés dargiüefabloneufe : 5 piés dargiïïe mêlée de fable : enfin du fable pur, lequel ayant été tiré jufques à la hauteur de 31 piés, les fofio~ yeurs perdirent courage, 8c ce fut le terme de cette épreuve, fi ennuyeu-fe & fi difficile. Ayant donc reconu le fons, 8c fà diftance jufques au ferme , on enfoncera jufques à cét endroit de grans pilotis longs à proportion , proches les uns des autres ; fondement fufifant à foutenir la charge des Alpes.
- te tenam A Amfterdam, où le pilotage eft en grand ufage, 8c pour mieux dire, où à'Amfler- pon ne bâtit point autrement, la manière de hie la plus eftimée 8c la meil-
- d&Tft tOfbt ùl* ^
- bté. leure, eft celle qui eft à trois piés, compofée principalement de trois puif-fantes poutres A, B, C,liées enfamble en leur partie fupérieure D, avec la corde E, qui s’écartent au bas, devers les piés A, B, C, en forme de tre-pié. Afin que la machine foit aflùrée fermement, on lui met fous les piés les planches K 8ç H, garnies de difFérans crochéts moun, pour les refer-rer 8c les élargir, quand il eft à propos de le faire : Les poutres A D, ou B ta meilleure D, ont de longueur 50 ou 60 piés, 8c font épaifiès, au bout d’embas en A, environ de iz paumes ; car autour de D, elles font plus greffes. Vers ce D , on attache quelques arrêts de bois, pour une plus grande commodité.
- 0 La corde E, doit fermement étraindre les trois poutres. Au refte, en cette même corde E, eft fufpandue la poulie g, qui doit être forte, 8cfuivant l’ordinaire taillée en dedans, pour recevoir la corde qui fert à tirer, ogr9 autour de l’aiffieu de fer, afïuré fermement 8c bien ferré ; 8c toutefois ai-zé à fe tourner : afin que la hie, fe lâche fe relève facilement, 8c fàfic* mouvoir cette grande mafîè fans s’endommager. La corde à tirer fera forre, à proportion du pois, qu’elle doit.fouîever ; on la pafièra par l’ouverture r, pour l’attacher d’un côté à la hie quelle foutient ; 8c de l’autre côté en 0, elle reçoit les autres moindres cordes op, qui feront en la main des ouvriers. Enfin, on dreffera les pieux, ia Sc bo,ena 8c en b, perpendiculaires , lefquels on attachera aux grandes poutres B D 8c CD, de telle forte, que les bras de la hie/8c t les faififîànt, elle même fubfiftant au mi-smpoids. Heu, fe puifie lever 8c s’abbatreou droite, ou de travers devers tél angle que l’on voudra : ce que la feule infpe&ion de la hie, fait voir à l’œil. Laquelle hie fe fait auffi plus ou moins pefante, à proportion des pilotis que
- l’on
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- De la Fortification ïrreguliere, «441 Ton veut planter : Les ordinaires qui s'employant à Amfterdam, pour la conftruâion des maifons des bourgeois, font de 840, ou de 880 8cc. où le fons fe rancontre plus dur, (comme il arrrive quelquefois, ) de 960 livres :
- & pour chaque %o livres il faut un homme : 8c partant le fervice de celleci qui eft de 960 livres, requiert la main de 48 manœuvres : & celà fe prat-tique toujours ainfi. ce n’eft pas toutefois cette feule diverfité de fons, plus mol, ou plus dur, qui oblige à diverfifier le poids de la hie ; mais aufli la longueur 8c la grojfeur des pilotis qui font employés : car en effét, d autant plus ils ont de longueur 8c de grofleur, aufli faudra t’il d’autant plus de force à les planter, étant leur furface plus grande, ceux defquels on fe fert pour affermir les fondations des édifices d’Amfterdam, ont d’ordinaire 43 ou 44 piés, rarement au defious, mais encore plus rarement ils excédent 5 il arrive pourtant, 8c mêmement fur le même fons d’une feule maifon Sc afles petite, fuivant tes diverfités qui s’i rancontrent, 8cc. Nous avons déjà dit que ce fable, fur lequél font fondés tous les édifices d’Amfter-dam, ne fe prêtante que 51 piés au defious de fon terrain : & d’autant, que la place en laquelle on veut affermir fon édifice fur pilotis (*) afin quelle foit capable de fupporter des murailles de pierre, ou de brique, doit être première creufée 8c vuide en longueur, à raifon deletanduëde l’édifice, 8c en largeur convenablement à l’épaifièur des murs, 8c en profondeur environ de 8 ou de 9 piés pour en ôter les pierres 8c famblables empêchemens qui randroient le lieu moins égal 8c moins pénétrable : quand nous aurons ôté ces huit piés des fufdits 51, nous en aurons de relie 43 pour la longueur des pilotis, fuffifante pour atteindre le fable ferme 8c le fons afluré : auquel des aufli tôt qu’ils feront parvenus, on ne pourra plus les enfoncer plus outre, quelque effort que l’on faflè avec la hie. d’une part on les aiguifera, afin que plus facilement ils pénétrent 8c percent Ja terre ; en l’autre bout ils auront 7 ou huit paumes de grofleur : 8c pour les ouvrages de plus grande charge, comme Temples, tours 8c famblables ftruâures ils feront encore plus gros ; 8c à proportion, fera faite aufli la machine plus forte 8c de plus grand pois. (*).
- Les pilotis de pin, ont d’ordinaire, la longueur qui eft néceflâire en cette Bïhtisd» ville d’Amfterdam ( ') ; 8c pour cette raifon i font en ufage : le prix de ceux de 7 paumes de tour eft une richfdaler, ceux de huit paumes, fe vandent bien fouvent le quart d’avantage, 8cc. On employé donques le Pin, parce-qu’il eft droit 8c de jufte longueur, 8c plus fouvent encore le pin fauvage parcequ’il fe trouve en plus grande abondance 8c n eft pas fi cher, à fou-
- Iii 3 tenir
- (a) Les fondations des firutinres, feront prifès de ferme en ferme,s’ilfi peut, hraifin de la charge fc de la grandeur du batiment , à ce que l’édifice fiit bien ajfitré(ùr le fins le plus filide que faire fe pourra .-mais fi la terre ferme ne fe rancontre pas, & que le fins qui fe préfinte fiit mouvant, ou marécageux, il faudra vuider une telle place, iriplanter, des pilotis d’aune ou do-livier , ou de rouvre endurcis au feu j & avec des machines les enfoncer bien prés h prés, emplijfant leurs ejpaces vuides de char-‘bon, puis on fera les fondements de bonne JlruBure. Vitruveliv. 111 Chap. 111. or ce qu’il dit ne fe peut pas faire fans avoir reconu & fondé le fons ; dont il ne prêtait rien. (6) La tour que l’on édifie à préfant, pour le Temple neuf Se l'hoftél de ville, a belbin d’être folidement fondée ; aufli les pilotis, ont 9 ou 10 paumes de tour ; & la hie de bois de 1200 livres de pois, a LX hommes pour la tirer. Mais pnifque que laditehiede bois ne fuffifoit pas afles pour planter les dits pilotis a 10 paulmes, on a été contraintde faire des hies d’airin de 1400 livres de pois a L X X hommes pour les tirer. ( c) Je vis hier les fondements du Temple neuf de cette ville découverts & le font encore,
- & touché de ma m ain, la grille de bois ou le lit de poutres qui fort de fondement à foutenir tout ce grand édifice j & remarqué des aunes de4o ou 12 piés de longueur, qui étoientfurla place; ces aunes n’etans pas toujours droit»
- &rarement afles longs & gros comme l’ufagç les requiert ; c’eft pourquoi le finies furpaffe beaucoup.
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- LivkE Second,
- tenir 8c affermir les fondations des édifices de cette ville d’Àmfterdam. Il faut donc fe comporter ainfi en tous lieux de terres remuées, ou maréca-geufes, ou malpropres d’ailleurs à l'architecture, autrement tout ce qui s’i feroit ne feroit que pêne 8c dépanfe perdue. & particuliérement bien reco-noître avéc la fonde les différantes qualités des fons. Par éxample : quoi que Bofleduc foit environné de marais de tous côtés, ils ne font pas toutefois bien profons : 8c tout auffi tôt leur fuccéde un fons folide 8c capable de foutenir la charge de toiites fortes d’édifices $ c’eft donc toujours la première choie qui fe doit faire quedereconoîtrecesdifîèrances,pouri avoir égard en la manière de conftruire 8c de piloter.
- C’eft la nature de tout bois folide, que l’eau ne l’endommage point ; toutefois il i a différance d’opinions, pour ce qui eft de choifir les uns plus tôt que les autres, tous n ont pas befoin de cette longueur qu’a le Pin, à quelques autres il famble trop cher 8c puis il ne croît pas par tout comme les aunes. Il i en a qui louent grandement le Sapin; ou le chêne (&); ou l'aune; un chacun félon la hauteur de fon fons. car l’un 8c l’autre dure dans l’eau, 8c celuici même s’i endurcit. Ecoutons le témoignage de ($) Vitruve î Quant à l'aune qui croit aux rivages des eaux , & qui ne famble pas être un marreïn grandement utile, il ne laijfe pas toutefois, d’avoir en foi de très-belles propriétés ; car il a beaucoup des qualités de l’air & du feu, ne tient pas beaucoup de la terre, & peu de l'eau. ainfi comme il a peu d'humeur en fa fubflance, fi on l’employé en pilotis pour affermir les fondements des édifices en lieux marécageux, ou il reçoit en foi cette humeur qui lui defaut, il dure h jamais, & foutiem de trêfpefantes charges fans fe démaniïr. hors de là il ne fubfifle que bien peu, (c) mais en l'eau fa durée eft infime, ce qui fe remarque principalement h Ravennt, ou tous les édifices tant viües ma- particuliers que publics, font fondésfur defamblables pilotis. Amfterdam eft de nfen*e,8c ni aque cette feule différance,que les pilotis de fes fondements, Amjterd. font de pin làuvage : de forteque fur ces mêmes lieux, où étoient il n*i 3 pas long temps, & font encore, desmarais extrêmement defagréables,* uns. nous VOyons à préfant 8c fe bâtiflènt tous les jours, de belles rues, des maifons magnifiques, des amples magazins, des Tamples, des tours, &c. Cufirin de notre Marche, eft édifié de la même forte, pour une éternité. S» toutefois le fons avoit quelque peu plus de fermeté, on fe contantera de ramplir 8c d’affermir les places humides, de lits de fafeine D Fig. C VIII, entafles 8c farcis alternativement les uns fur les autres : on i adjoute quel-e» fons plus ftue P*eux çà 8c là, pour contenir l’ouvrage, en fon efpace néceflàire. ces ferme fe entaiïèmens C à raifon de la qualité du fons, 8c félon ce que le terroir eft unmZjfe- plus marécageux, peuvent être longs d’une Verge, 8c leur épaifièur, de ment def*. trois, de quatre, ou de cinq piés de diamètre, ou enviroa
- feines, T
- La
- (i) comme le chêne eftprefqtte tout entier compofé de principe! terreftres, n'ayant que bien peu d'eau. d'air ir de feu, fi on la mit en terre, il dure unjamaü» parce qu'il eft ferré, & ne fe laijfe point pénétrer à l'humeur, mais lui reftfte. &C. Vïtruvç liv.
- 11. Chap. , 1X. Le ‘Tin, la pejfe , faune, couverts de terre , durent long temps, autrement ne font pas de longue durée. Pline hift. nat. li v. X VI, Chap. X L11. Ve quelques uns, l'ujàge c3 meilleur ir plus long que des autres. Iéorme s'endurcit a Taire le rouvre en terre : (? le chêne dans l’eau', fur tout laJAélèz.e fy C aune noir, de mime le fouteau fe porte bien dans Peau: ces fortes de bois font les principaux de ceux quidurent à couvert, ir enfouît. Mais Pâme planté en des lieux marécageux eft éternel, ér capable de toute charge. Le mêmeau même liv. ch. X L & X LI. on dit que le Sapin dépouillé de fin écorce esl incor* vuptible dans t eau. {b) Liv. I I.chap ix. (c) Nospayfans aprandront à Végéce. que l’aune t rampé l’efpace dun an,^ puis dépouillé d c fon écorce,fubüftc à l’air & à découvert.
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- Delà Fortification î rreguuere. 443
- La fondation du T°.mple de Diane en Ephéfe, renommé entre les miracles du Monde, étoit finguliére. En Ephéfe il ta un Tmple, de magnïficance admirable , dédié a Diane, & fait aux dépans à toute ÏAfte, par un efpace de deux duTampi* cens & 20 ans. (à) on choifitpour cét édifice unfons marécageux, afin quilfut ex- d>EPhefi
- / r, ffj j , ô i * / toute pâm-
- ant des tramblemens & des ouvertures de terre ; & pour en affermir la maffe, culiére.
- fur une terre fi mohile, eUe fui ajfurée dun lit de Charbons, & au dejfus de toifons
- de laine. Fondation toute particulière, 8c de magnificence vrayement Afiati-
- que. A Utrecht, nous avons quelque trace de cét ufage, en une colomne du
- petit Temple, fur laquelle on voit une tefte de bœuf avéc une telle infcri-
- ption.
- Pofléritè, prête loreille,
- „ 7 Pilier à
- P mue redire a nos neveux, vtrecht re-
- Ce piüier, {nefl ce pas merveille ? ) mariable.
- Efl fondé fur des cuirs de bœufs.
- Pour faire des levées au courant d’un fleuve rapide, ou eh lieu fujétau E%ver its flux de la mer, c’efl une entreprife de très-grande dificulté. on fe fert à ce- terraJfes fur là de bois entafles en diverfes manières, on prend de fortes pièces de fjpfda™' bois (*) longues de 16 piés, à la hauteur de 8 ou de 9,8c les ayant dilpofées en rond, on les ramplit de blocaille,de pierres,& de ruines de maifons.cèt Diverfes, entaflèment efl: lié de cordes poiflees, ou de cercles de fer : puis on le fait mmte'ref‘ couller en la rivière, pour foutenic la levée que l’on veut faire. Pour épargner la dépance & la pêne, on peut mettre en ufage, les arches de Vttru-ve (c), ou de forts treillis, lefquels chargés de pierres s’oppoferont d’autant plus fermement à la violance du fleuve, que ces treillis l’aideront moins à lever 8c entraîner la malle. onfe peut encore fervir de vieilles barques & bateaux inutiles, que l’on charge de même 8c occupent un grand efpace ; il faut enfin, employer tous moyens poflibles, pour arrêter les pierres & cailloux entafles & empêcher qu’ils ne foient emportés 8c ne s’échappent.
- Que fi le cours de la rivière efl encore trop fort pour l’exécution de zapituap. l’ouvrage , il faudra avancer des bras, 8c des digues, & des berges en la viere pour la détourner de l’endroit ou l’on veut élever la maflè ou la ter- des bras & rafle. Par le moyen de quoi la profondeur de la rivière fera toujours pZffrZer moindre, 8c partant on aura d’autant plus de facilité, & de commodité ^mpetmfi-pour ce que l’on defire. car l’eau en tournoyant toujours autour de la di-tevfss^eu‘ gue, i laiflèra quantité de vafè, & de fable 8c d’immondices, qui s’i arrêteront. cette manière emporte du temps 8c de la dépanfe, ainfi que moi même je l’ai obfervé (rf) : mais en cas que la néceflïté r oblige, c’efl la plus af-furée,
- Fleffmgue, 8c plufieurs autres villes de nos Provinces font toutes foute- Digues & nues par le moyen de telles levées, qui empêchent la mer de les dévo
- rer : conferver
- ( A ) Plin. Hift. nat. liv. XXXVI chap. XIV. (h) Flaming.,fiége d’Oft. pa. 27P (c) Liv. v. chap. XII. (d) 'v*des Jarffeld, qui efl: le lieu, ou notre Architecture a pris la naifiance : i ayant trouvé un repos agréable & honnorable '3marttifnes mes études, par l’Humanité de très- noble & très-magnifique Seigneur, Monf. Simon cfuAltéren, libre Seigneur àtÔ'c'
- porté, j ulques au dernier foûpir de fa vie.
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- 444 Livre Se c o n d,
- rer : comme Vere fut en ce danger, il n’i a pas encores bien long temps, pour avoir négligé le foin de les entretenir & reparer, or ce ne font que des pieux & des palliffades rangées & liées enfamble, rampiies de fafeines, que fon charge de terre de temps en temps.
- Q. Curce ( « ) nous apprandra, ce que fit Aléxandre pour convertir la mer en terre ferme, au fiége de Tyr. Aléxandre confidéram que fa flotte était loin de lui, & que par l'empêchement que ce fiége lui donneroit, le progrès de fes autres affaires en firoit de beaucoup retardé , envoya des Hérauts pour les convier à la Pmx : Les Tyriens contre le droit des gens , les firent mourir , & les précipitèrent en la mer. Cette indignité le mit grandement en colère, & le fit ré foudre au fiége de la ville. La première chofe qu'il i avoit à faire, é êtoit une levée pour la joindre f§ /’attacher au continent. entreprife qui porta les fol-das au defefpoir ; ils confidéroient cette voile profondeur de la mer, qui malaïfê-ment fe pouvoit ramplir fi ce riétoitpar quelque miracle : où prandre des pierres affés grandes pour tét ouvrage ? d'où recouvrer des arbres de force & de longueur qui pût fuffire à ce deffein è quil fallait efipuifer des provinces entières, pour combler & fermer ce feulefp ace. Qu en ce détroit la mer êtoit toujours émue ; que d'autant plus quelle efi referrée entre II fie f§ lecontinent , elle s'irrite davantage. Mais Aléxandre quifeavoit de quelle manière il faïïoiî traiter les foldas ÿc. chacun des capitaines eût commïjfion de châtier ceux qui êtoient fous fon commandement , & quand il mt que taux étaient en tram dobéir & de bien faire, il mit la main h l'œuvre. A la vieille vide de Tyr il i ervoit me très-grande quantité de pierre, affés proche du lieu, où il êtoit. Le Mar réin fe prenoit au Liban, pour la flruHu-re des bateaux f£ des tours. Déjà l'œuvre s'élevoit en quelque hauteur du fons de leau; mais il n atteignait pas encore jufques h fleur; plus on avançait loin du rivage , d'autant moins il ï avoit moyen dempêcher que la merplus haute en cet endroit ne l'emportât: cepandant ceux de Tyr, s'approchaient d'çux en des petites barques par raillerie leur demandaient, s'il êtoit bienféant, que de fi grands guerriers euffem ainfi le dès chargé comme befies de fomme: f§ fila puïffance d'Alexandre était plus grande que celle de Neptune ? Ces railleries piquèrent lefoldat ranimèrent davantage a fon ouvrage. & déjà la levée commancoit de paroître au def-fus de l'eau, elle s'étandoit en largeur f§ toujours s'approchoit devers la viUe fejc.Les Tyriens, h force de rames f§ de voiles enflées de bon vent, pouffèrent contre la levée un grand navire chargé en poupe de piérres & de fable, ce qui le randoit plus haut de proue, Vavoïent tout enduit de fouffre & de bitume : ceux qui le conduifoiem ayans mis le feu en la pouppe, au même infant fe jettèrent en des naffeUes qui étoient a leur fuitte toutes prefies à les recevoir. Quand le navire fût tout en feu avant qu'il fut poffible di remédier , Vernirafement s êtoit déjà communiqué aux tours & aux autres ouvrages, qui étoient a la tefie de la levée ; que ceux encore qui du grand navire étoient defeendus aux chaloupes, attoient entretenant f§ augmentant avéc des flambeaux qu'ils avoient en main& famblables moyens. Non feulement les tours des Macédoniens en étoient éptifes , mais auffi le feu ayant déjà gdignê les plus hauts étages, des foldas qui étoient en garde en ces lieux là, les uns
- étoient
- £0 £iv. i Y»
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- De la Fortification Irre gulieré. 445
- Siéent Indes, les autres, abandonnans leurs armes fe jettoient en la mer. Lès Ty~ riens qui aimoient mieux les prandre vivans que les faire mourir, les frappoieht fur les mains h coups de pierres & de bâtons . ainfi quils s'effayoient, defe fauver a nage, & les ayans bien afoiblis â les harceler de la forte, les recevaient en leurs pJr AléxaH' bateaux fans apprehenfion. cêt embrafement ne fut pas lafeule fortune, que ces ouvrages eurent à fouffrir, car le mêmejour un grand vent excita fur la mer une fi furieufe tempejle , que la violence des flots emportés & battans contre la levée, lâcha les jointures, & fit de grandes brèches par le milieu. Ainfi les monceaux de pierres quifupportoient la terre furent entraînés & le tout diffipê, en teüe manière * qu'Aléxandre retourné d Arabie n'en retrouva pas feulement les traces. Alors, chacun en rejettoit la faute fur fin compagnon, comme ilfe fait en telles rançonnes 4 encore quâ vrai dire, ils n'avoient a fe plaindre que de la cruauté de la mer. Le Roi fit un nouveau deffein d'une autre levée, oppofée au vent, non pas de coté, mais de front, afin que tout le refie des ouvrages, fut a couveri fous la de fonce de ceïïecu jl adjoûta auffi plus de largeur â la première, afin qu'il i eût des tours au milieu quifujfent hors de la portée du trait. Or ilsjettoient dans le fins de la mer des arbres tous entiers avec toutes leurs branches, & par deffus Une grande charge de pierres; pptis d'autres arbres, & encore de la terre au deffus, & enfin d'autres monceaux de pierres ® d'arbres , tout cela compofiit & contenoit enfdmbld l'ouvrage tout entier. Les Tmens de leur coté n'êtoient point négligeas, â faire toutes chofis pojfibles pour en trdverfer îèxêcution &c. mais ils étoientpreffés de tous cotés : La levée était au dedans de la portée du trait ; La flotte tout autour de leurs muraiües / par mer & par terre ils fe voyoient réduis à la dernière extrémité. &c.
- . En celà, comme en tout le refte, le deiïein d'Alexandre fut accompagné de fa bonne fortune : & encore, ce qui doit être mis en confédération, c’eft que la chofc s’éxécutoit en la mer Méditerranée, bien plus paifible 8c plus tranquille que notre Océan Septantrional dont le flux 8c le reflux extrêmement impétueux, ne foufFre point de bride, ni de commandement.
- Auffi avons nous vû nos Hoüandois, entreprandre , mais ne réuffir pas, en v une traverfe qu’ils vouloient faire, fur le Merk, proche de Sevenberg, pour le détourner en telle forte qu’il fut commode à fecourir de vivres 8c de munitions Bréda affiégée, ou pour le moins qu’il put fervir à noyer 8c à ravager tout le camp des ennemis ; à quoi ils employèrent un travail 8c une dépanfe incroyable. Mais écoutons l’hiftorien (*): Davantage; Les Ètâs des. Provinces unies fe délibérèrent de faire une levée qui fermât la rivière de Merk proche de Sevenberg. ils n'avoient plus que cette feule efpêrance de refte pour délivrer Bréda : à fcavoir de prandre l'avantage des grandes marées ,& dune retenue de toutes les eaux que l'hiver amène quant&foi par divers ruiffeaux en la rivière, pour faire regorger ce granddeluge fur toute la campagne des environs ; foit qu'ils s'en voulurent fervir â porter des bateaux en la viüe, pour la fecourir des chofes néceffaires : ou bien pour noyer notre camp. Les voila donc quih Rengagent â cette entreprife , haute, dificile & de grande dépanfe. comme ils font pourvâs de bateaux de toutes les fortes en grande abondance, ils en envoyèrent un. merveilleux nombre de grands ® depetis h Sevenberg, en cêt endroit, ou étoit au-
- & k k mfiw
- ttfiy Herm. Hugo fîége de Breda pa. 63 Scfuiv. de mon édit.
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- 44^ Livre Second,
- ire fois l'embouchure du fleuve, appelé Lamfgat, i étant le panchant du rivagefach le, de façon que fes cotes fe peuvent gayer. Tout ce grand êquippage de tant de vaijfeaux affamblès êtott nêceffaire h /’exécution de leur deffein. Voila donc pion • mers, porteurs, manœuvres en lefogne en très-grand nombre, on abbat, on prépare le bois, on taille les gazons, on tranfporte la pierre, h s arbres, les planches, on charge les bateaux : La levée commance de paroître de part & d'autre fur chaque bord de la rivière,enfes deux extrémités oppoféespour concourir enfamble en un même tors : fur quoi, une gelée de trois jours furvenuë les fit cejfer. Avec le degél\ les ouvriers reprennent leur ouvrage, encore que la dificulté fut grande de l'avancer à rai fin de l'impétuofitédu fleuve ; ils prirent donc, trois navires de charge fort Ion* gués, qu'ils chargèrent de gazons & de pierres , & les firent couUer a forts s fur tout cela, ils entafférent force fafcines & force terre ; & en même temps avancèrent la levée des deux cotés, arrange ans les gazons par ordre & de grans pieux deçà & de la pour contenir & foute nir la terre, ils aïïoient aïnfi, toujours gaignans chemin vers le milieu de la rivière &c. Proche de Sevénberg, la force du courant Entrej>nfe^e ^eau ’ détacha du fons, ces trois vaijfeaux de charge qu'on i avoit coulés, & en des Provin- même temps ranverfa toute la majfe qui leur étoit impofée. Toutefois, ils perfi-^ouTfermerfi0^ toujours en leur entreprife, nonobjlant qu'ils en reconâffent bien la dificulté, htr'vviéreâe après avoir déjà mal rêuffi trois ou quatrrefois. ceux qui voy oient le peu dappa-Xeur deit ~é-rance qu'il i avoit en cette entreprife ,feperfuadoient, que toute leur intantionen 4a fljjîégêe. çelà 9 n ètoit que pour entretenir d'efpêrance les affiègés. Toutefois ils ne laiffent pas de faire marché pour relever le débris de leur ouvrage. Et pour l'affurer, ils plantent de grans arbres dans la rivière, droit aplomb, i jettent quantité de mottes, garnijfent les efpaces entre les pieux, degrojfes pierres, de gazons & de fafcines. Et pour avancer la befogne, ils tirent la terre en gazons des endrois, que le flux en fe retirant avoit laiffès à fée, les emajfent en hautes butes, & puis quand la marée re-tournoit, chargeoient en bateaux le fommét qui sélevoit au dejfus de l'eau. ils avoient entreprisse vaincre la nature, malgré tous les eforts de la mèrèB de la rivière. &c. Ici nos Hollandois eûrent toutes chofes contraires ; L’impetuo-fité du flux 8c reflux de la mer infupportabîe ; La violance extraordinaire du cours de la rivière, enflée des torrans de l’hiver, 8c referrée, (ainfi la levée étoit ébranlée 8c battue des deux côtés ) la fureur des tampefles ; la mauvaife fàifon ; 8c famblables incommodités qüe celle d’Alexandre n avoit pas à (bufFrir. 8cc. Spinola toutefois, quifeavoit bien quelle efl l'expêriance la fuffifance des Hollandois au fait de la mer (B des digues ; & que pourtant ils perfè-véroienttoujours en leur entreprife ; envoyoit continuellement des efpïom h Seven-berg, & n étoit pas content des rappors qu'on lui faifoit par ouï dire, il vouloit encore que par eux mêmes ilsfujfent certains & randijfent conte de ce qu'ils avoient veû. Mais fur le même infant que l'on difoit que l'œuvre s'avancoit, èB que la plus grand part en étoit déjà faite, & qu'il i avoit quantité de navires h l'ancre, chargées de vivres, prefles h faire voile du coté de Bréda ; alors même, par une nouvelle grâce de Dieu s'éleva un vent & une tampefle fifurieufe, que les pilotis plantés en la rivière, èB les gazons, èB les fafcines, & les pierres, tout fut emporté, & les bateaux chargés de terre & de matériaux brifès les uns a l'encontre des autres, èB jettes a bord, ëB toute la navigation empêchée. Le temps qui vint enfuittefut fi
- êtrame,
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- De t A FôRTI FÎCAT10N IRREGULIERE. 447
- ‘étrange, & la violance des vents ft opiniâtre, que néceflairement il leur fallut remettre ce travail', au mois de Marsfuivant &c. Les lettres mêmes de Maurice interceptes par Spinola, difoient ainfi : Au refie les Ëtâs continuent à vouloir fermer la rivière de Bréda proche de Sevenlerg, & Vouvrage fera lien tôt parfait. Encore que tous ne conviennent pas , de ce qui fe peut efpérer de cette clôture. Les uns foutiennent que le plat pays enfera tout noyé, les autres ne font pas de cette opinion. Que pour lui, ilfcavoit trés-aflurément, quilfaüoit une très grande quantité d'eaux pour ramplir une campagne fi fpacieufe, quand mêmes on arréteroit le cours de la rivière, que toutefois il ne panfoit pas quon en pût tirer grand/ervice, pour pénétrer en la circonvallation déjà fi lien fortifiée de l'ennemi. Que toutefois il i aüroit moyen de lui en faire reffantir quelque incommodité, quand lui même viendrait au fecours. Et partant, qu'il ètoit h propos, que ïon tint quelques navires prefls, pour laider du côté de la ville. 8cc. il étoit le temps, que l'on avait deflinê pour reprandre l'ouvrage intermis de la digue qui fe devoit faire au milieu de la rivière. En cét efpace, que l’on avait cefféje courage deplüfieurs s'étoit éveillé. lien eût un qui pour une tres-grande fornme qui lui fut promife, entreprit l'oüvrdge def-efpéré. celui ci, enpréfance, de ceux â qui les Ëtâs avoient ordonné cette commif-fion j choififfant un endroit lien loin du premier, ou la rivière cfiplus plane & plus étroite,enferma des pierres en des treillis pour les arrêter & de cette manière les fit coutter h fons ; après les avoir femées d'un [aile tenant & vifqueux, ( venu de France, ou d'Angleterre , comme l'on difoit ) dont les efpace s ètoient ramplis & la maffe confolidêe. ilfamlloit que 1‘a faire fùc cédai mieux quauparavant ; quand le ciél fe changeant tout a coup, ilfurvim de fi grandes ravines d’eaux de tous côtés , tant par la marée de la Lune de Mars, qui efi toujours extraordinairement enflée, que parles pluyes, & par le dégorgement des néges fondues , que tant la digue, commancée h Sevenherg, que la plus part des Dehors de Rofendal & de Bréda en furent entièrement ruinés. Mêmes les chemins àddreffans à nôtre camp, à quelques uns de nos forts, plus proches de la vide, furent tedement inondés, que durant trois jours, on ne pouvoit pas i aïïer que par bateau ; alors, les quartiers
- étarts fêparès les mis des.autres, eûrent grande dificultè de vivres ; nétant pas pof-fille d'ufèr de charroi pour le tranfport des chofes néceflaires, & cepandant nous avions fort peu de nafleïïes. L'afpéft & la face étoient toute la même de la rivière i des rivages & des campagnes. Quand les eaux furent abàiflées, les ouvriers de la levée, retournèrent d un grand courage a la perfection de leur ouvrage. Spinola détourna l’embouchûre du rutfleau de Lèvre, qui fe décharge dans le Merk, & quelques autres courans deau, qui s'étoient répandus en notre camp. Et fit encore hauffer de trois piés, la chauffée qu'il avoit conduite depuis le Merk, jufques au ifilage de Hag dans les marais,afin que quand les eaux viendraient h s'enfiler tout autant quelles le pourroient être, eUe fut encore capable de fermer le paffage aux bateaux &c. Les autres, pour rompre la force, dufléuve qui retournoit contre euxi de Bréda, firent en dedans des terrafles, attachées fur les deux rives, tout proche au devant du lieu fur lequel ils vouloient conflruire leur digue. Et garnirent encore l'ouverture qui demeuroit entre les deux terrafles, au milieu & dans le fil de l'eau, ( h fcavoir à l'endroit où plus étroitement referrée eUe regorgeoit, avecplys dimpétuofité ) d’un plant, de paîliflades de poutres longues en forme de tridant, h
- Kkk 2, l'encontre
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- 448 Livre Second,
- l'encontre duquel le fleuve vernit battre, mais avec quelque peu moins de force. Et derrière ce Va, ils fe mirent a travailler a leur levée, ajfurès du fuccès, ce leurjam-Uoit. Avancansjour & nuit leur ouvrage, il êtoit parvenu jufques h ce point, que des deux rives, la levée étoit toute parfaite, à lareferve d'une fort petite embouchure, qui refloit encore, cela feulement excepté tout étoit fermé. Mais les eaux retenues vinrent a s'enfler & fe gorger d'une tellepuijfance, que déjà eües s'empor-toient a la manière d'un torrant impétueux, bien qu'en fa naturelle affiéte, cette riviere efl fi paifible qu'il efl malaizê de juger dequél coté eUe tourne fin cours. Mêmes les arènes du fins, émues deües mêmes, déracinoient les poutres, de forte-que la païïijfade fut arrachée. Survint une tampêtefi horrible, que tout ce quilî avoit de bateaux, de pierres, de gazons, de fafcines, de pièces de bois amaffées pour affermir la maffe, fut enlevé. Ainfl l'ennemi reconut, qu'il lui faloit néceffairement renoncer a une entreprife tant de fois effayée, & toujours fuivie d'inutiles mal heureuxfuccés. Telle donques en fut la fin & quelques grandes recompan-fes que l’on propofàt aux experimantés en tels ouvrages, il ne fut pas poflible d‘i réufiir. J’en donnerons la faute, au peu d’expériance des ouvriers, fi ce n’étoit qu’en ce temps là,Tindifpofition du P. Maurice qui étoit lame de cette armée, randoit tout le cors affligé & languifiant car on ne peut nier aux Hollandois cette louange qui leur efl propre & delaquelle ils font dés long tamps en pofîëfîïon, de fe conoître parfaitement en la conduite de ces ouvrages. Autrefois Civils, en Tacite, s’étoit fait admirer, pour avoir jette une traverfe fur le Rin non pas fur le Merk, a îaide de laqueüc te Rin dé- fl jfc rebroufferïeau fur toute la campagne des environs. Et le Romain Ceréalis, cZlii!.ar <pii tenoit les champs, 8c n’étoit pas enfermé en un camp comme notre ennemi de Bréda, en fut prefque ruiné ; Civilis au contraire par ce moyen releva fes affaires. Voyés Tacite au V. livre de fes hiftoires. Et que nos Ingénieurs d’aujourdui ne s’imaginent pas que leurs anceflrès ayent été des ignorans.
- On veut quelquefois établir fur un fons humide 8c marécageux,despons,des muraittes, des chauffées de pierre ; alors il faut faire fur l’aire que l’on veut occuper, un échafaudage d’un pié ou d’un demipié en forme de treillis, comme il fe voit en la Fig. C VI, & par chacune de ces ouvertures, qui ferviront d’attaches 8c de liens, on plantera , trois, quatre, cinqoufix. pilotis plus ou moins, quand ils feront plantés, ce treillis, ou cette grille, les affure, les retient 8c les empêche de branler ou de fe pancher depuis Pour faire que l’ouvrage efl impofé deffus. s il fe peut faire, il faut enfoncer les palis, jufques à ce qu’ils foient juflement au res de la grille,ce qui furpaflèra doit chauffées de être coupé, en fuitte on couvre le tout d’un planché de fortes planches.
- aepierrefur .rit * r , r • *
- un fons ma- qui fert de baze ou de fondement, foit au mur, ou au pont &c. Au refie recageux. on fcra tout autour de la place deflinée à l’édifice, une levée de terre grafîè 8c argilleufe, ou bien une paliflàde de pieux 8c dais, fi bien fermé que toute l’eau qui pourroit venir du dehors en foit exclufe : quant à celle qui efl au dedans, on l’épuifera avec des moulins, ou des pompes : & fur le fons ainfi mis à fée, on pourra impofer fon édifice. A cela prandront garde les charpantiers 8c les maçons, que la fufdite grille excède l’aire fuppo-
- fée
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- De la Fortification Irreguliere. 449 fée au batimant, ( à fçavoir à la tour ou au temple, de deux ou de trois pies;) & que tout de même que celle qui eft comprife fous la ftruéhire, cel-leci qui la comprand & qui l’environne, foit aufli affermie fur pilotis : & le fondement ainfi préparé, fera capable de foûtenir, quelque maflè, fi puif-fante qu elle puifiè être, à l’éternité.
- Ceci s’obferve aux batimans publics, dont le volume eft grand & vafte pour l’ordinaire. Un fi grand appareil n eft pas nécefiâire aux édifices des particuliers. Aux maifons des bourgeois d’Amfterdam, on fe contente, de Lapider. mettre en la fondation des gros murs tout alentour, un double rang de d^reep{jj_ pilotis prefquc joints enfamble en la largeur ; & en la longueur, on les ter en Am-efpace d’ordinaire de trois en trois piés, & en cette diftance on les conti-^r^' nue ainfi deux à deux tout autour de la maifon : & enfin on les couvre de fortes planches, fur lefquelles eft appuyé le mur &c.
- Adjoûtons enfin quelque chofe touchant la ftru&ure des ports ; & fur ce fujét écoutons, le Prince des Architectes («) : il ne faut pas obmettre, ce quife peut dire de la commodité des ports :faifons donc voir, par quels moyens les navires ipourront être confervêes en affurance, contre les tempefies. Si leurpofttion eft na-tureUt,avéc des pointes qui s avancent.dont par nature Us fe replient en voujfure & en courbure par le dedans, cette forme eft trés-avantageufe. car on peut faire tout autour des gaîleries, & dans lesgaUeries des entrées pour aller aux magazins, des toursfur chaque côté, ou les chaînes feront attachées à leurs machines. Que fi le lieu ne/l pas propre de fa nature à tenir les navires en fureté, ilfaudra faire ainfi : comme en cas quil ni ait point de fleuve qui empêche, mais que d’une part il i ait un lieu ferme , on avancera des levées fur l'autre coté, & de cettefaçonfera conformée la clôture du port. Et me famble que les ftruiïures que Ton doit élever en Des poyts & Teau, fe peuvent faire bien à propos de cette forte, on prandra de la poudre de ces contrées qui font depuis Cumes, jufqu au cap de Minerve, que Ton mêlera avec du font en mortier, comme de deux h un : puis au lieu defigné, on coulera a fons des arches ly*truv* comprïfes entre des pieux de rouvre & enchainées , les addreffant les ajfurant
- fermement. Puis entre elles, de dejfus leurs bancs, on nettoyera & on égalera, la partie inférieure au deffous de l'eau, & du ciment de la matière mêlée & préparée, comme fai dit, on ramplira tout T efpace vuide qui eft entre les arches. Les autres lieux ci de fus dits, ont cette commodité de nature. Mais file flot, ou la violan-ce de la pléne mer ne permettent pas que les fufdites arches putffent être bien ajfu-rèes, alors on tirera depuis la terre, où la pointe qui s'avancera, une levée qui fera folidement conftruitte. en telle façon, quun peu moins de la moitié de fa planurefoit égale, le refte approchant le rivage déclinant en pante fur le coté, puis en T eau même & fur les côtés, de la levée, on obfervera une lifiére, de même que la planure ci dejfus. Alors que Ton emplijfe cette pante de fable, pour Tégaler.avéc la Imere au plan de la levée. En après ,fur cét également, félon toute fon étandue on fera une pile, quiferalaijfée pour le moins deux mois, afin quelle féche. Enfin on abbatra cette Imére qui foutient le fable. Lequel fe rouUant en la mer, entraînera la pille quant & foi. & de cette façon on aura un pajfage libre pour aller h Teau. Mais aux lieux où la poudre ci dejfus mantionnèe ne fe trouve point, il faudra faire doubles
- Kkk 3 arches
- (*) vîtiuveliv.V.chap.XII. Des ports & des ftru&ures qui fe font en l’eau.
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- <45° Livre Second»
- arches de planches lienpintes & liées enfamhle avéc des chaînes, @ les établir h l'endroit qui firadeflinè , & entre elles ainftplacées, avec de la craye & dèsfaif feaus d'herhes de marais entajfés, on fouïïera le tout auffi ferme & aujfi preffé qu'il fera pofjille. Quoi fait , avec des moulinets & autres machines on épuifera toute la place qui fera comprife en cette clôture, & quand on l'aura mife h fée, en ce même enclos, on ouvrira les fondemens. Si c'efl de la terre, on les creufera jufques au fer-me, plus épais que le mur quifera conflruit au dejfus, & fera le tout épuifé affi-
- ché , & puis rampli de maçonnerie a chaux & h fable. Mais file heu efl mol Çjg malaffuré, on i plantera, des pilotis d'aune pajfés par le feu, ou d'olivier-, ou de rouvre , & les efpaces lien r amplis de charbons, comme fat dit qu'ilfe doit faire en la fondation des murailles & des thêdtres.En fnitte de quoi,on commandera la flruélu-re du mur de pierres taillées & équarries, en telle façon que leurs jointures & liai-finsfilent fort éloignées, & fe rancontrentfous le milieu de celles qui font afftfes au dejfus. Puis on ramplira tout le lieu qui efl compris en îefpace du mur, de maçonnerie de biocaille & de mo'èlkn. fur ce fondement on pourra édifier la tour, cela fait, l'arfenal fera placé du coté principalement qui regarde lefeptantrion : d'autant que l'afpett du midi,engendre la vermoulure Jes lignes & les vers & fambldbles marné-y res de petis infeélespernicieux , qui s'i maintiennent à fouhait & s'i confervent : &
- ne faut point employer de marrein en ces édifices a caufe du feu.On n'en peut pas définir autrement les grandeur s,fi ce nef de les prandre a peu près h la rai fin des plus grands vaiffi aux,afin qu'il'tait place commode & fpacieufe pour ceux de cette qualité qui pourroient i abborder. 8cc. A ce que Vitruve nous a preferit, je n’ad-jouterai que fort peu de chofes, que l'induflrle ( a) de la pofterité a invan-tées. Si la ville efl battue du flot de la mer, il n eft pas feulement néceffaire de faire des murailles de brique, ou plutôt de pierre pour en rabbatre la violance *. mais aufïi des digues 8c chauffées avancées en mer pour la retenir , comme il a été dit ci deffus ; mais afin de nous tenir encore mieux af-furés, contre fes fureurs 8c fes orages : nous établirons, environ à 30 pies du mur une pallifiade de pilotis équidiftante à la dite muraille ; plantée dé telle forte avéc la hie, qu’il n’en refte fur terre que trois ou quatre pies derrière celle ci : en approchant la ville, nous ferons une autre pallilîâde PsUijfrJes fatnblable, parallèle à la précédante, de fix ou de fept piés de haut : une plantés a» troifiême encore apres celle ci plus haute de deux piés ; aura de plus cha-cune de ces pallifîàdes , entre les deux rangs de pilotis dont elle efl com-times pour pOfe'0j un efpace obfervé de fix, ou de fept piés : 8c ainfi de fuitte, jufques a IZdZuie. ce qu’on vienne à joindre le mur ; toujours fera faite la palliffade fuivantc fl0*- plus haute de deux piés que fa précédante, chacun des pilotis d’un même rang fera en diftance de l’autre à raifon de fix piés : 8c de tout autant ou ' d’un pié davantage en leurs files ; 8c de cette façon tous les pilotis tant de rang que de file, feront par tout une ligne droite, on les prandra de bonne force, ayans un pié de diamètre, ou plus : quant à leur longueur elle fuit la raifon de la fermeté, ou de l’inconflance du fons où on les plante. Les pilotis du premier rang feront liés avec ceux qui les fuivent en file, c’eft à dire tous les pilotis qui fe fuccédent depuis la mer en retournant vers les murailles
- (<*) Mailoisauchap. de la conftmftion des forts.
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- De la Fortification Irregüliere, 451 tailles de la ville, feront fermement attachés les uns aux autres avéc de « fortes poutres traverfiéres fans interruption. Et ne faudra pas feulement, que les deux pilotis du même 8c premier rang, foient liés de la forte, avéc les deux autres plus proches du fhême rang ; mais la même liaifon fe doit obferver en chaque couple de pilotis qui eft en la file ; 8c de cette façon nous aurons une forme de lits, étanduë en longueur, que puis après il nous faudra fermer de cloifons 8c de clayes.. En ces lits, nous jetterons premièrement de grands tas de fafcines, puis des monceaux de très grofîès pierres ; puis des fafcines ; encore des pierres liées en des clayes ; & de cette façon tout l’ouvrage s’affamble 8c fe contient, 8c par le moyen de ces ligatures , non feulement les pierres font arrêtées en leurs lits, mais elles aufli , empêchent de leur poids 8c affermifiênt la légérété des fafcines 8cc..
- Pour admettre le port, les murailles 8c le rampar, s’ouvrent de 30 ou de 40 piés , fur le milieu de la courtine, pour les raifons ci defius allé-guées ; ou bien autrement, fera prife cette ouverture fuivant la gran-fadeur des navires, qui i abordent. Enfin, en dedans on creufe le havre, de grandeur à proportion de l’ufage : de forme ovale , circulaire , barlon-gue 8cc.
- Mais pareeque l’embouchure eft étroite 8c pourroit être de dificile &*$&**& abord ; au devant de la dite embouchure, en diftancc de 150 de 200 piés, “Edlmdes 8c plus, on plantera des autres rangs de pilotis perpandiculaires à la courti-mms' ne de l’afiiéte du port, ou plutôt écartés en devant ; 8c feront avancés bien loin en la mer, de part 8c d’autre de l’embouchure : affermis de traverfes 8c de montans, garnis de pierres 8c de fafcines 8c de cloifons, comme def- Lespncs fus. ces gardes faciliteront l’abbord des navires en refiftant & en brifant la force du flot. Il arrive fouvent que la mer a le fons fi commode, qu’elle di-^JrB* fpanfe de prattiquer la fufdite courbure au dehors de la ville, pour i loger det*' les navires en fureté ; étant le dehors naturellement mieux difpofé à cét * office, pourvu qu’il foit aidé de quelques motes 8c levées bien à propos, comme l’ingénieur le pourra obferver avec utilité, en ces villes de France, Toulon, Calais, & le Havre de grâce. situation
- Pour remède à ce que le Limon 8c les immondices que la mer entraîne extérieure quant 8c foi, ne bouchent le port ; on creüfera un lieu en dedans de capaci-té convenable à l’ufage ; ce refervoir aura fes bondes 8c fes éclufes, par le moyen defquelles, lorfque la mer, ou la rivière s’enflera, il fe rampliffe wües' d’eau, 8c fe ferment ; 8c quand elle s’abaiflèra foient ouvertes ; en telle manière que l’eau conrrainte 8c retenue, plus haute que le port alors vuide, d'eau a net-venant à s’i répandre d’une grande force, le nettoye de fes ordures 8c les entraine quant 8c foi : comme à Mïddelburg ǧ Fleffmgue en Zélande, au Havre de grâce, 8c ailleurs : 8c particuliérement à Flarding, ville, ou village, comme on la voudra dire, fituée furlaMeufe, fleuve dévorant, on dit, qu elle dominoit autrefois fur toute la Hollande, à préfent elle eft fi petite, quemalaifément on en peut croire les Hiftoriens.
- Il i a toutefois ceci à obferver, qu’a Flarding la Meufe foufïre encore le
- flux
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- 4S& Livue Second*
- flux 8c reflux de la mer * de telle façon qu’en toute marée on petit lâche* 8c retenir le refervoir du port ; Mais alors que le fleuve fur lequel cft aifife la ville, eft libre de toute marée, elle n’a point befoin de ce refervoir : fuffi-s» quelles font afles qu’il i ait une levée, fur la bouche du port contre le cours de la vancontres rivière, qui les garantifïè des obftru&ions, comme il efl: aifé déjuger par vain font ce qui a ete dit ci deflus.
- ÎTqt/fe’ & ^ais ^uoi ? n e^ ce Pas vainement 8c mal à propbs que je me donne tant doit faire à de pêne; enfeignant à ceux qui ravagent 8c qui ranverfent les provinces leur place, chrétiennes, la manière de conduire les vides 8c les fortifier : il vaudroit bien mieux leur faire des livres, de la manière de les abbatre, pour être agréable aux Chrétiens, enragés à s’entre détruire, car en effet, c’eft ce que veullent tous enfamble tous les princes Chrétiens qui régnent à pré-fent. Le Pape depuis peu guerroyant avec les Princes d’Italie fes enfans : _ L'Efpagnol, avéc fon à die, il i a quelque tamps, maintenant avec fà propre
- feur 8c fon neveu; Le Roi d'Angleterre avéc fes fujéts; 8c, (ce qui efl: admirable, en ce qu’il fe fait fans aucun prétexte de Religion, ni de liberté, chofe du tûut extraordinaire entre les Chrétiens ) les, Suédois avec les Danois leurs voifins iïialavifés î C’eft ce quefouhaitent les profefleurs d’une même foi, Saxons, Suédois , Danois, 8c doresenavant à leur tour les Pomèranois, animés les uns contre les autres de haine mortelle *. 8c auffi ce mélange de difeordant ac-denefrefa cor^ Suéd°is Luthériens, de Hejfois & de Tranffilvains Reformés , 8c du de percer fes Très-Chrétien Roi de France, avéc la Catholique maifon d'Auftriche, le Bava-rois Romanïfle, 8c toute la bande des Primes mïtrès de l’empire 8c de fes étâs.. c’efl enfin tout ce que le Turc, irréconciliable ennemi de la Chrétienté, lui pourroit commander de plus infoient 8c de plus outrageux pour la détruire & la foumettre à fà puiflànce,s’il avoit le pouvoir de lui commander:même-ment à préfant qu’il commance déjà d’en approcher la terreur de fes armes: & les auroit pouflees plus avant,fi ce n’étoit qu’il confidére avéc plai-fir, qu’ils le relèvent de cette pêne, 8c font d’eux mêmes ce qu’il auroit à faire, ruinans leurs provinces 8c réduifans eux mêmes, ou leurs alliés,leurs villes en cendres, à la grande honte de ce malheureux fiécle auquel nous vivons. Quoi qu’il en foit, je n’ai pas laiffé en un temps fi peu convenable, entre tant de malheurs 8c de fureurs, 8c de parricides, (j’appelle ainfi nos déteflables guerres, entreprifes fans aucune raifon 8c qui fe continuent cmtlafton fans néceflité : ) celà dijc ne m’a pas empêché de mettre la main à cét œu* lui’œu?1 we » auquél efl: cômprife la manière qui fe doit obférvcr en la conflruBïon ™e- des vides : fi en quelque chofe je me fuis égaré au droit chemin qui fc devoit tenir en l’exécution de mon defîcin, j’ofe efpcrer, qu’un Leéleur judicieux 8c fage m’exçufera facilement : 8c le fuplie auffi trcshumblcment de me faire cette faveur. Au refte.il fera libre à celui qui aura quelque chofe de mieux à propofer fur ce fujét de nous en faire part ; finon, il k pourra fervir avec moi, du fruit de mes veilles.
- F I N.
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- L'ARCHITECTURE
- MILITAIRE
- MODERNE.
- E N
- La partie qui concerne l’attaque & la dejfance.
- Par MATTHIAS DOGE N.
- A AMSTERDAM,
- Chez Louys Elzevier. 1648.
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- ABREGE'
- D E L'A R E'OTECTO NI QUE
- MODE R N E,
- Qui efl cette partie de ï Architecture militaire quiprefcrit la manière de l'attaque & de la dejfance> des Forterejjes.
- deffus, mon Leéleur, je me fuis plénement aquité de cette I ÊïÊÊm Part*e de l’Architeâare militaire, qui concerne la fortification des places, eh telle façon que louvrage efl crû en la mefure d’un ju-fte volume : ce qui me doit raifonnablement difpanfer, à mon avis, de lui rFofir^e adjoindre quant à preTent l’autre partie qui regarde fon office pour le rt^éfZu combat, c’eft à dire l'attaque & la defance, que je trouve à propos de fur- ***£ u fcoir pour les raifons que je m'en vais déduire. Vous me pouvés conoître Abrégé de par mes deux livres de Fortification, j’aurai conoiiïance de vous par le juge-ment que vous en ferés: fi vous le prononcés conforme à la raifon& à l’équité je m’affûre que vous ferés contens, de ce petit préfent que je vous fais ; & me donnerés le courage de-pourfuivre & d’expédier promtement çe qui relie ; Sinon ; ce que je vôüs donné fi libéralement/ efl: encore trop:
- & pourtant, je ne lalfierai pas de produire âujour notre dite ArêoteÜoni-que toute acomplie ; mais je la couvrirai de bonnes armes, afin qu’elle foit capable de fe defîàndre contre ceux, qui peut être feront d’humeur à vouloir entreprandre fur fon honneur. J’ai voulu encore pourvoir, à la di- première verfité des affe&ions 8c des intérêts de chacun de mes Ledeurs ; dont tes ^on’ uns feront ménagers les autres delicàs & tandres ; ceux là n’ayans pas agréable, ce qui leur efl: à charge & de quoi ils fe peuvent paflèr ; & ceux ci ae prenans pas plaîfir d’être fervis finon des chofes qui leur font abfolu-ment agréables ou néceffaires. car un foldat ne s’empêche pas volontiers de grand équipage. D’avantage, on peut confidérer, que les affaires d’une secondé. charge publique à laquelle je fuis attaché , me donnent affés d’occupation , pour me faire à préfent fouhaiter quelque repos, après avoir, à la foulle de ces empreflèmens, adjoûté le foin de trois éditions enfamble,
- Latine, Allemande, & Francoife , du même livre ; il me famble qu’il efl: temps déformais queje rcfpire:ce que ceux qui fe font comme moi laffés en. Tro)pme ce travail, encore que leur tâche fût moindre que la mienne, fe perfuade-rent aizément. Mais la principale de mes raifons efl: celleci : Que mon Prince, le trés-Aucufie & três-puifant Éle Sieur de Brandebourg, étant arrivé à pré fance du la Haye en ce meme temps ; (Dieu veuille, que ce foit pour le bien de ma aeurde Patrie, de l'état des Provinces libres , 8c généralement de tous les Chrétiens : ) j’ai donc voulu me prévaloir de l’avantage de ce fejour, pour me donner lutétoitdt* la gloire de lui avoir préfanté de ma main, ce petit tribut, de ma tréshum- fj*Z%re ble obéi fance & reconoiftnce ; parcequ’il efl mon Prince naturél ; 8c que pim long moi en particulier, 8c auffi les miens en public, lui fommes tous enfamble
- Lll.i très-
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- 456 Livre Second,
- trés-obligés à l’honneur de fes bonnes grâces, autant que nous l’avons été autrefois, à S. A, Séréniffime, Monfeignèur fon Père, de trés-Illuflre 8c trés-glorieufe mémoire, outre que dés alors que fa dite A. S. il i a quelques années étoit encore en fon pays héréditaire de Cléves avant le décès de Monfeigneur Ion Père,n’ayant encore qu’ébauché les premiers trais de cette mienne Architedure, l’obligation de ma naifîànce & de mon devoir m’avoit déjà alors perfuadé, de la lui confacrer en ma panfée : à préfant que ce même Prince occupe le trône de fes prédéceiïèurs, & que mon travail efl tout acompli, je ne fcaurois lui implorer, ni lui procurer, une plus allurée & plus glorieufe protedion que la fienne. Car ou pourrois je trouver en tout le monde un protedeur à mon ouvrage, de pareille puif-lance, de courage aufîi grand & auflî honnorable, & à qui tant la langue, que la fubftance de mon livre fut mieux conuë ; en quel autre voudroisje chercher, plus de puifïànce,plus d’efprit & de jugement,pour être garanti des outrages de l’envie & de la calomnie ? ce font les raifons qui m’obligent en cette conjondure, de différer en un autre temps l’édition de mon Arêqteiïonique, qui requiert un peu plus de travail; & deloifirque je n’en ai pas maintenant, cependant, mon Ledeur, j’ai bien voulû t’en propofer ce fimple trait, comme un échantillon de la pièce, que j’efpére de remettre bien tôt toute entière entre tes mains.
- Mais à préfent que l’on travaille ferieufement à la paix, ( pîaife à la divine bonté de nous la donner telle qu’on la puiffe efpérer ferme & durable ! ) quelcun me dira, que cette Architedure, d'attaque & de deffance, ne fera déformais plus de faifon. A quoi je répons : que c’eft toute autre chofe de parler de la théorie, autre chofe de laprattique ; efl ce donc, que dés auf-2?**/*»* fi tôt que la paix commencera de fe faire paroître, ou quand Dieu nous wffitfdTno-1 aura donnée, toute fcience militaire doive être abolie ? au contraire, c’efl alnmème *e ^ temPs Paix » «P* donne l’avantage 8c la commodité de fe pour-dmant u voir à repouffer & à foûtenir les effors de la guerre, efl ce à dire que l’on paix. envoyé à la charrue tous les Capitaines expérimantés à la guerre, parce qu’on aura fait la paix ? & que cette funefle difcipline, réduite en art 8c compofée de préceptes receuillis depuis fi long temps, 8c formés de l’ob-fervation d’un fi grand nombre de fi fanglantes expériances, périfle toute-entiére en la mémoire de tous les hommes, au retour de la Paix ? plût à Dieu qu’il en fût ainfi ! mais helas ! il ne faudra pas moins s’entretenir 8c continuer en ces éxercices, pour être toujours préparés, à la néceflité des occafions, d’offanfer, ou de fe deffandre. Peut être la raifon ne vous gouverne pas ? croyés en le nouvéléxample des Danois, plus mémorable que nul autre qui fè puifie trouver en toutes les hifloires : vous les avés vus empêchés à fe démêler d’une guerre, plutôt mife en éxécution, que déclarée ; & de la part de leurs voifins, alors bien éloignés. Ces arbitres infortunés de la paix Chrétienne, fe fantirent l’ennemi fur les bras, 8c fe re-conurent prefque vaincus, avant qu’ils fufïènt affurés d’avoir un ennemi. Tant i a, qu’il efl à propos que l’Europe Chrétienne fe tienne toujours fur
- fes
- B'xœmples•
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- De LA FORTIFICATION IRREGULIERE. 457
- fes gardes, de crainte que le Turc, ne lui faflè foufrir un jour, la même pêne de leur trop grande confidancc, que les Danois ont fouftèrte, pour s etre trop negligement endormis. C’eft un retour continuel aux affaires humaines, que celui de la paix & de la guerre ; Les hommes mahtcoûtu- suittené-mes à la paix, font naître de rien, les occasions de la guerre: & contractent celf«ire& la paix, quand leur cruautév& leur avarice infatiables, ne trouvent plus de lieu, ni de moyen de continuer, leurs rapines 8c leurs outrages. Et par-tant, tout ainfi que la pefte venant à ceflèr, on ne condamne pas aufli tôt monde. les antidotes 8c les remèdes : aufli ne faut il pas fupprimer l'art de la guerre, ' ni fort Architefture, parce que les Chrétiens, plutôt las de tuer, qiie raflàfiés de la foifqu’ils ont du fang de leurs frères, prennent enfin la rêfolution de fufpandre leurs armes ; qui devoir avoir été prife il i a long temps. Entrons en matière.
- L’Architecture de combat, ou AreoteBonique moderne, concerne /'attaque, ArchiteBu. ou la defance. L’Offànfive donne les préceptes, de réduire une place en-re °f«»five,
- . ' r o _ r - é> deffanfi-
- nemie en notre pouvoir, avec notre avantage 8c commodité. Toute forte w. d’attaque, eft furprife couverte, ouentreprife découverte. La furprife, fe conduit, ou, par trakfon, ou, par ruje : amfi, notre Ingénieur i a peu de w. part. L’entreprife découverte attaque l’ennemi de bonne guerre; ellefe ouvert?,o» fait, ou de vive force, ou avéc patiance 8c longueur de temps, celleçi dere* cmJfteffeu
- chéf eft encore, ou fanglante , ou languijfante. 8c cette dernière fè fait lors découvert? que pour épargner le fang des nôtres, nous nous donnons le temps de ré-1 duire notre ennemi par la faim, ou par le defaut de quelque chofe nécef- *
- faire, & n’eft autre chofe qu’un fimple fiége : L’attaque fanglante, i adjou- “ZZT te les batteries, les galeries, les tranchées 8c famblables invantions d’Ar- ceUeci’dt
- . . n vive force,
- chitecrure. ou par h
- Notre fiée le guerrier, nous produitdes éxamples, des furprifes en Vefél de Clèves, perdue par les Efpagnols ; Lé fort de Skenk, par les Hollan- longueur dé dois ; Philipshourg du Palatinat, 8c Marâk de Flandres par les François &c. Amplesd*.
- De villes prifes de vive force, nous avons les éxamples, en Francfortfur furPrtfesPar Yodére, 8c en Tiïïemont de Brabant, 8cc. De fiéges longs, 8c languijfans exécu- &rufes. * tés avéc la feule patiance, nous avons ceux, de Brêda en Brabant, de la Ro-chetle en France, dAugsbourg en Allemagne, de Perpinian en Catalogne 8cc. De force, d» fiéges formés, de longue durée &fanglants tout enfamble, nous en pouvons receüillir un grand nombre d’éxamples en petit efpace de temps, en Tune De fiéges ti-(ÿ en 1 autre Allemagne, laiflânt à part, ce que les autres lieux peuvent produire ; en la baflè Allemagne, Maftricht, fufifamment pourvu de tou- vefmgtm-tes les chofes qui étoient néceflàires à fa défiance : en la haute, Magde- qUes, bourg afles conû en toute la Chrétienté, par le déplorable fuccés de fes in-fortunes. Tout Général qui veut afliéger une ville avéc honneur, a deux ge, a deux çhofes à faire principalement ; à feavoir, de la tenir fermée, & inveflie feu-lement ; ou bien de la fermer & de l’affailir tout enfamble : 8c c’eft de ces fermer i’en~ manières de fiéges formés que nous avons particulièrement à traiter : au- Ziïc'é? trement, les furprifes, tant les découvertes, que celles qui fe font, ou par 1
- LU 3 rufes, n ***"'
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- 458 LIVRE SECOND,
- rufes, ou par intelligence, ne font pas proprement de notre fujét. Il faut donc que le premier foin de celui, qui aflîége, foit de fermer la vide, 8c puis, de la réduire, ou par famine, où bien de vive force : car ilfautfcavoir qu'il i aéeux manières de fe comporter en unftêge. : L'une, de mettre bonnes gardes aux lieux avantageux,pour affaidir continuellement les affiégés : Il autre, de leur ♦ trancher le paffage des eaux, ou des vivres pour les affamer, & les obliger afi randre par le manquement des chofis néceffaires :par ce moyen, fans rien faire, & fansfi bazarder, il travaille fin ennemi, if)
- Pour lune 8c pour l’autre de ces deux maniérés de fiéges, il faut afleoir un camp; & la façon de le fortifier,ne doit pas feulement être fçeuë de l’ingénieur , mais auffi du fimple foldat, ( dit V égéee. (b) car en toute la guerre, il ni a rien qui foit fi utile & fi néceffaire : dautant que, fi la manière de camper efl bien obfirvée, ce fi un fort affuré a toute l'armée de jour de nuit, & fi peut dire
- quelle porte toujours quant&foi une vide ceinte de rampars, encore que l'ennemi la voulût affiéger, &c. Il fera donc befoin en tout fiége, de quelque qualité qu’on le veuille faire, d’enfermer fon armée d’une circonvallation. viües inex- Il i a quelques villes fi fortes, ou par avantage de fituation naturelle, ou, pugnabîes peuple 8c de garnifon, ou de fortification, quelles font capables de ré-teiprm- fifter à toute force, 8c ne refte que la famine & la patiance, pour les obli-tueurdepê- Ser a & sandre. Ainfi Henri IV r porta Paris, invincible en la multitude de ge fon peuple infini, jufques à la derniere extrémité, 1 ayant affamée : La mê-
- E'xampies, mc pe'cerïjté vjvres, remit entre les mains de Spinola, la fameufe Bréda, qui d ailleurs eût été inexpugnable, puiflamment gardée, 8c bien fortifiée comme elle étoit. La même depuispeu, n’ayant pas une garnifon fuffifan-te à fe foutenir , eft retournée au pouvoir du Prince d'Orange, avec peu de temps 8c de dépance. de même façon a fuccédé le fiége des François à Perpignan, par famine, mais ils n’ont pas eû pareille fortune, en celui de Lé-rida, entrepris de même 8c continué durant huit mois. Brifac, Ehrenbritfiein, & une infinité d’autres forterefles, naturellement fupérieures à toute force humaine, ne craignent que la faim : aufli n’i a t’il point en toute la nature d’armes fi fortes, ni fi vi&orièufes que les fiennes.
- Bréda deux Les deux éxemples que nous fournit la feule Bréda, de deux fiéges, en fokprife,par j’un Jefquels elle a été vivement aflàillie, en l’autre lentement conduite à
- deux diffe- A v . . „ ,
- rantes ma- fe randre ; apprandront a celui qui afliege, laquelle de ces deux manières fiégelîrai. ^ doit emkrafTer, fuivant la diverfité des rancontres. car ni Spinola, dans la fn de u di- circonftance du temps de fon fiége, né l’eût point emportée de vive force, T/mps&de ni le Prince d’Orange, au lien ne l’eût point eue par patiance : car en guerre lfi7ncesC°n ^ arr‘ve fouvent, que deux faifans le même, ce n’eft pas toutefois le même. w‘ . Partant, de ce qui a été dit ci deflus, on peut aifément reconoîtrc : que . les villes grandement populeufes, ou bien celles qui font gardées d’une garnifon extraordinairement puiflànte, doivent être plutôt afliégées avec lenteur 8c patiance, que non pas entreprifes 8c afiaillies de vive force: Tempspro- p0urvû qU’on \es puif[c fcrrer t0Us côtés, 8c en exclurre tout fecours8c
- pr.e a com-mancerun [iégr.
- tout
- (a) Végéceav. I V.chap. VI I- (i) Liv. rWchap.XX I.
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- De la Fortification Irreguliere. 459 tout apport de vivres & autres chofes néceflàires : car il eft aizé que ces places fi plénes de peuples tombent en néceffité de diverfes chofes, néceflàires tant pour leur defFance, que pour leur fubfiftance : & l’alîîé-geant, qui aura l’intelligence de fon métier, dreflèra fa partie fi à propos que cette néceffité s’i rancontre : prenant fon temps de former le ûége, en un jour dé foire ,ou de folennité, pour i ranfermer avec les habitans, un grand nombre de voifins & d etrangers (*), ou quand les payfans0des environs étonnés du bruit de fes approches, s’i feront retirés, afin de les réduire d’autant plutôt à l’extrémité de leurs vivres : ou s’il eft arrivé que par imprudance iis s’en foient dégarnis eux mêmes ( * ) : mais fur tout ; avant que les blés nouveaux ayent été receuillis & ferrés.
- L’afliégeant fera tour de maître, s’il trouve le moyen de faire en forte Détourner que ceux qu’il defire afliéger, fe deftituent volontairement de ce qui leur Prudam~
- A „. - . ment les
- eft plus neceflaire pour le maintenir : comme fit le Prince d’Orange, alors munitions que le fiége de Bofleduc, n’étoit encore qu’en fon Idée : Il étoit queftion d’en tromper le Gouverneur ; & pour cét effet, il étoit befoin de lui met-tre bien avant en l’opinion, que l’on en vouloit à Bréda, & de lui ôter tou- *^e~ te apprehenfion pour lui même 8c pour fa ville de Bofleduc. pour condui- In&1nieMX re ce jeu plus accortement, le Prince empêcha tres-etroitement le tran-fip.Tormge fport de tous vivres & munition à Bréda, permettant au contraire toute a^^téger liberté à Bofleduc ; où étoit néanmoins toute fa penfée. celà fit que les Bofleduc, Efpagnols craignirent férieufement pour Bréda, 8c comme c’eft l’ordinai-^fefmuni re des hommes de vouloir ce qu’on leur refufe, ils employoient tous les*iww* moyens poflibles de le ravitailler. Et en effet l’Arfenal étoit mal fourni, & fur tout n’i avoit que bien peu de poudre, encore elle étoit êvantée. en cette opinion toutes les autres villes contribuoient de tous côtés à pourvoir Bréda de ce qui lui étoit néceffàire en ce danger imaginé : 8c plus que tous les autres, le Gouverneur de Bofleduc éloigné, 8c trop fort, félon fon avis, pour un tél ennemi, fe monftra libéral'à vuider fos magazins de poudres : dont le defaut, lui apporta depuis, un trés-notable préjudice.
- En ceci le Prince d’Orange, fe montra d’autant plus louable 8c plus admirable , d’avoir conduit par fa prudance, fos ennemis en cette confufion de confeils aveugles à leur ruine, que fi, ayant trouvé moyen de mettre le feu en leurs poudres , il euft crevé la ville & avec elle tous fes habitans. encore qu’il importe peu, fi l’on employé la force, ou la fraude pour venir à bout de fon ennemi.
- Cette première touche, ne fut pas toutefois capable de faire fages les & avant Efpagnols ; Le Prince dOrange fçavoit fort bien, que fa Bréda étoit invinci-|“/^f^' ble, pourvu qu elle eût à fa deffance une garnifon fuffifante, & l’avoit re yourapï-
- 1 blir fltgar-
- COnU nifon.
- (*) L'Empereur Titus enferma tous les Juifs en Jerufàlem au joui delà fefte. (b) Ils avaient mis dehorstotts le* payfans , qui s'étaient retirés en leur ville ave c leurs familles , pour épargner leurs vivres, en cas quilsfujfent obligés de foute-nir un fiége-, Lefquels du depuis chaffés par les nôtres qui couroient le pays. Us i Jurent receûs, au grand préjudice de leurs provi-fions-, car ces gens ont le vantre creux. Herm. Hugo , fiége de Bréda. (c) après que Deniseût pris plufieurs villes, voulant attaquer ceux deRége, quiavoient un grand nombre £hommes, fit [ambiant de vouloir la paix ,& leur demandarafraichijji-ment de vivres pour fin armée ; ce qu’ ayant obtenu , il ajfaiilit la ville , ainfi defiituée de provifions, & la prit. Front. Stratag. liv I II. E'xamp. III. Plus Amplement les Rochelois, donnèrent depuis peu la plus part de leurs vivres aux An-glois leurs alliés, & depuis fe virentcontrains e foufrir les plus preflaates nécelïïtés de la faim, & la perte de leur liberté.
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- 46o Livré 'Second,
- conu à fon dommage ; pareillement, lesEfpagnols en avoient fait l’expé-riance, mais ils en avoient à l’heure perdu la mémoire! dont il arriva, qu’il fut aizé à l’un de tandre fes piégés, 8c aux autres d’i être furpris. Le confeil de guerre des Efpagnols ne procédait en ce temps là que douteufement, les dangers & la crainte fe ranforcans toujours de plus en plus, ils ejloient incertains Ji le Prince d’Orange ,• devoit tourner fes armes, vers la Flandre, ou vers le Brabant. ni de quêl coté ils dévoient plutôt faire marcher leurs troupes, & plus utilement pour la deffance & la fureté de l’état. D’autant, que du fort de Rammekens, (où étoit arrêté le Prince avec tous les liens embarqués) il lui ètoit aizé de faire voile devers l’une, ou l'autre province,félon que le vant fe prêfanteroit à propos, cette incertitude, caufoitparmi eux des dificultés & des diverfitès d'avis, ceux qui s’étoient perfuadés que c étoit la Flandre que Ton marchandoit, appuyoient leur opinion, fur ce grand appareil de navires qu'avoit le Prince, &c. Les plus fages difoient ; .Que tandis que les confeils. de l’ennemi demeurent cachés, on ne peut que douter prudamment ; mais depuis qu'ils paroiffent fë* font déclarés, ileft temps alors de former une rêfolutïon. Partant, qu'ilfaïïoit que chacun fut fur fes gardes, &c. Cepandant toutpaffa en Flandres, & le Brabant demeura prefque abandonné, &c. cetoit tout le delirdu Prince, qui ne demandoit autre chofe que de trouver fa Bréda dénuée dejufte garnifon. Davantage le Prince, ayant envo-' yé fur la côte de Flandre s ,une quantité de vaijfeaux,vuides d ailleurs filfeulement chargés de trompettes & tambours, i avoit quelque temps amufé les troupes ennemies par cette rufe ; &c. Lui cepandant tiroit déjà fa circonvallation autour de Bréda.
- O» affiêge Le Général d’armée, qui fait un liège ou pluftoft une Blocquade hors de Tonîechès C^es f01 & fur la terre des ennemis, s’i doit comporter, avéc bien plus de F>i que furf» précaution 8c de circonfpedion, que s’il fe trouve au milieu defes terres, & en lieu paifible 8c alluré pour lui. Louis XI ï I, pour prandrefa Rochelle, La Rochette. n’eftt befoin que de quelques légers retranchemens : mais à Perpignan, il Tergignan. ^ une cjrconvaiiatjon puiGaiitc & double, pour fe garantir de tout ennemi dehors 8c dedans. Il nous refte ailes de témoignages, de grandes ruines procédées, de lièges de villes mal commancés, 8c encore plus mal continués : deforte qu’il s’eft vu bien fouvent, que de tres-grandes 8c trés-siiges fme-belles armées, i font péries honteufement 8c miférablement. Pavie (b)& Naples™’ Naples, (c)en Italie, Smolensko en Mofcoyie ; 8c encore depuis peu Lérida smoiensko. en Catalogne, nous diront des nouvelles de ces lièges ruineux 8c peftilans. La raifon de ceci, n’eft pas de perquilition fort malaifée : car cette manière de ftèges lents, eft une machine pefante, 8c qui donne alfés de loilir à suges Lms, l’ennemi, de pourvoir au fecours de la ville alîiégée : outre que les villes échange* *lue *on aA*eSe cette forte , étans d’ordinaire puilïàntes 8c confidéra-reux fuccés blés, rennemi ne manque jamais de courage à chercher les moyens de les IjfuliT' retenir, 8c ramaflè le plus fouvent, toutes les forces qui lui font polîibles, tant les liennes, que celles de fes amis, pour les délivrer. (d) Et pour cette
- raifon
- (a) Boxhorn-fiégedeBréda, pa. 43 8c44- (b) Guicciard. Guerres d’Ital. liv. X V chap. dernier furlafin. (c) Le même liv» XIX. ch. v I. (d) Quand, mut eûmes conû toute l’intantion de Maprice, qui de tous cotés ajfambloit une fi grande quantité de fecours étrangers 5 Spinola voyant toute la for ce de la guerre qui vernit fondre fur fes bras > & qu’il avoit encore trou
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- mois tt terlir la campagne , (i\ i avoit des vivres à Bréda pour autant de temps) & considérant que Maurice s'opiniàtroitjî fort à fau ver cette vide, comme fi le falut entier de la Républ, i eût été compris, il commanda de fermer tout fin camp d'une circonvallation de hauteur incroyable , en une faifin très-contraire , au milieu de l’hiver , de peur qu’une fit grande armée des ennemis ne vint à l’affaillir a dos au commancement du ^Printemps, comme c’était aufii leur dejfiim Herm. Hugo, fiége de Bréda pa. 76ÔC77.
- raifon tout Capitaine qui fe délibéré de blocquer une place, avant que de s’engager, doit avoir férieufement confidéré, non feulement les forces de ceux, qu’ils veut entreprandre, mais aufii la puifiânce de ceux, defquels ils peuvent efpérer detre fecourus, 8c bien éxaâement juger, s’il a des forces fuffifantes , pour fe démêler de tout ce qui pourroit furvenir. Sic’efl: Totlr ^ qu’il ait des rebelles chés foi, qu’il faille remettre dans les termes de leurs*»- une vif devoir, libre de toute crainte d’ennemi étranger, fou vent il n’eft pas né-cc flaire de faire la dépance de la fortification d’un camp, mais feulement d’entretenir bonnes garnifons, aux villes 8c châteaux proches defdits rebelles , pour les tenir en fujétion, & leur fermer le paflàge des vivres, établit-fant en outre des pênes capitales, contre ceux qui fe hazarderont de communiquer avec eux. Il ne laifièra pas toutefois, fi bôn lui fàmble, pour une lln,e^ ^ fureté plus grande, 8c aufii pour l’épargne, de ceindre la ville tout à l’en- trés-à-pro-tour de quelques légères tranchées, pour fe fortifier à l’encontre, & par^ÿ^{^" ce moyen leur retranchera toute efpérance de commerce 8c de cottimü-Ae circon-nication fccrette avec leurs voifins : ne fera point fujét à leurs forties (*) : ZèZZnt pourra mieux contenir les fiens en bonne difcipline (b ) : ce qui fera que les fiens le refpeâeront davantage, 8c que les étrangers l’auront aufii en ques. ce qui meilleure efiime ; quand ils verront en fa conduite la puifiânce 8c la pru-dance jointes enfamble. é’t^éx-
- Mais alors qu’il efl: néceflàire d’établir l’aflîéte de fon camp en terre en- ch» nemie, il i a plufieurs chofes à obferver. La première qui doit être mife Qu^sdoivenù délibération; c’eft la queftion, s’il efl: à propos de procéder de vive for- iTcZfl'r* ce, (0 ou lentement 8c avéc patiance : fi on trouve plus à propos d’aflié- parcJ^ ger 8c blocquer Amplement, il faudra confidérer : fi le lieu peut être fer-fiége, me 8c invefti de tous côtés, en telle forte qu’il ne refte aucun endroit, par lequel l’ennemi puiflè faire couler en la ville, hommes, ou vivres, ou l’emporter par irruptions violantes. (d). Quand la ville fera ferrée de tous côtés , l’afilégeant aura foin des chofes requifes à fa propre confèrvation : s’il a commodité de vivres, d’eaux, de fourrages, de bois, 8cc. (e) 8c fi l’ennemi ne lui peut point troubler, ou empêcher l’ufage de ces chofes : s’il peut maintenir fon armée en fes retranchemens ; éxante de maladies 8c en bon état, 8c s’il n’a rien à craindre des injures de l’air, & des mauvaifes qualités d’un terroir marécageux (/) du froid, du chaud, des dégorge-
- Mmm mens
- (a) En l’année itfoj, le 26 Décembre, les habitans de Brunfvvik firent une fortiede «000 hommes, qui força tout, d’une telle furie, que peu s'enfalut, que le ïot même de Dannemarkj qui étoitau fiége, n’ilaiffât la vie, ou la liberté. Borr. par. VI de la chron. de Car. liv. I, pa. 6s : autres, (b) Métellusen Afrique prit laconduite de l’armée, laquelle étant fous le commandement d'^élbinus , avoit étépajféefius le joug, ir la fieut ji bien corriger fuivant les régies de I-ancienne difcipline, que depuis tUe fut viSlorieufi, de ceux la meme qui Vavaient fubjuguée. VégéCe liv.I II,chap.X.
- (c) L’éxample des deux differens lièges de Bréda, par Spinola, ôc le T. d’orange, fait à ce propos.- Le premier, l’ayant prife avéc la patiance d’un lïmple fiége fort fagement; & le dernier l’ayant encore plus glorieufement emportée par une attaque violante, (d) Au camp Royal devant Pavie, un quartier des retranchements fut forcé. Guicciard. des Guerres d’Italie, liv. X V. Etidepuispeu les Efpagnols, en partie par force, en partie par fubtilité* fe firent paflàge par mer, pour fecourir les alïiégés de Tarracone. (e ) Les Mofcovites, au fiége de Smolensk?, étoient deftitués de toutes ces commodités. (/) Voyés en Guicciard. liv.XIX.ch. VI, le fiége de Naples .-où le Général & les principaux chefs de l’année allégeante moururent depefte, La fortune fut piefque pareille, du P. Maurice, alfiégeant
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- par blocus lentement, l’E'clujé en Hanches ; finon, que lui fut feulement malade, mais plufieurs autres, des plus lU‘ luftres, & de ceux mêmes de fon fang i moururent de pefte, entre lefquéls, fut Louis Gontier Conte de i^ajfarù. Emm.Méter. liv.XXV. pa. 509.
- mens & ravines d'eaux ( «) : S’il n’eft point au pouvoir de l’ennemi de lui retrancher le paftage, de la retraite, des vivres, du fecours, pour l’afliéger lui même, ou le réduire à l’extremité: Il aura la prudance, de faire fon conte bien exactement, foit du tamps, ou de la dépancé requife : étans ces deux chofes, les principales, qui comprennent en elles, toute l’importance de l’entreprife ; La finance eft le nerf(c)fans lequel on demeure immobile : & le temps a fon point arrêté, auquél eft contenue la Victoire (<*):& le faut attandre : autrement c eft une vanité que d’efpérer un bon fuccés. Il ne faut pas enfin ,que l’afïïégeant s’abandonne fi fort à l’ardeur de la proye, qu’en voulant conquérir, il s’expofe lui même au hazard d'‘être conquis, c’eft à dire, qu’il ne doit pas tellement affoiblir les garnifons de fes propres villes, pour ranforcer fon fiége, qu’il ouvre & facilite à l’ennemi le moyen & l’avantage de les furprandre : il eft donc à propos d’avoir fur pié, des troupes de referve, qui foient ballantes pour faire telle a l’ennemi,
- (<t) Voyés le fiége de Leyde enl’hift. de Fam. Strada liv. V III. Décade I. Et celle de la Briele, en Emman. Méter. liv. IV pa. 71. & plufieurs autres. (b) Si l'aveugle témérité d'Albert d’Auftriche, ne l’eût engage à combattre fans nécelfité , ilpouvoit, avéc le fecours del’Architefture, empêcher le retour à Maurice campé devant Tfieuport, 8t le feparer des provinces libres ; & lui eût ôté le moyen de s’i rejoindre, finon eu prenanr un grand tour au travers de la France .• mais le Prince pour abréger un fi long chemin, le fit pa liage par le milieu des ennemis .donnant la célébré bataille de Flandres ,enlaquelle il demeura Viélorieux. Emm. Meter. liv. XX11. E'coutons Reidan. JJ ^Archiduc, mit en ctnfiil, s’il e'toit h propos de combattre. Les plus vieux fa plus expêrimaniés Capitaines, étaient d’ avis, quil fe faloit faifir du fort d'Albert, qui n' était pas plus loin d’Oftande , que d’une volée de canon , afits fur des collines proches de la mer, fa n était pat pour durer une heure contre l'armée, gîte là ilfe faloit camper fa fe fortifier. E 'tant la place avantageufi, fa d’où fans hasard fa fans perte d’un fiulfildat, il était aifé de faire mourir l’ennemi de faim fa defiif, fa le réduire a toute ex-trémité : ( fi cela eft vrai,l’Archiduc n’étoit il pas coupable , delà perte de tant de milliers d’hommes qui périrent en cette fanglante bataille non nécelfaire: ) Et certainement, leur avis était bon: car Maurice ,n avait point de retraite finon à Calais : fa pour fi retirer à Ofiande , il aurait fallu que premièrement, il eût chajfé l’archiduc de fin camp. Mais l’occa-fion étoit déjà pajfée &c. Annal. liv.X V11, pa. ji8, ed.Lat. (c) J’ai un éxample mémorable àraporter, encore que peut être il pourroit être omis. .Aufiégede Middelbourg, rien ne fut incommode aux afiiegeans, comme le defaut de l’argent, tandis que l’on étoit en necejfité de foldâs, fa que les gens de marine n’étoient pas payés, car alors, il n’i avait point encore de régie pour le payement des (ubfides. Le premier à.’Octobre ,1572-1 ceux de Zélande mirent impôt fur les marchand!fis que l'on tranfporteroit : avéc dejfances de rien transporter au pays de l ennemi, fa pêne de confifiation aux contrcvenans. Et l’impôt étoit tél,qu’il ne pouvoit pas apporter d’incommodité au commerce. En ^ivrilde l’année enjùivante, ceux de Hollande, à (éxample des Zélandois, receuillirent la fimme de huit cens cinquante mille francs, en l’efpace d’un au. Mais aufiége de Middelbourg, ou fut réduit,en une telle nécefiité de Finances, qu’a faute de payement, ilfambloit que toute l’entreprife s’enaSât h néant. Ledef-efpoir faifijfoit déjà les plus avifis,quand de fortune , vint aborder, un navire qui apartenoit à un fujêt du Roi, laquelle étoit chargée de vin Grée. fac. Le Capitaine fut honorablement traité, on lui randit fon vaijfiau, fa tout ce qui étoit à lui, excepté le vin. quifut van du XXX mille francs, Vn peu avant que la ville fefut randuè, on étoit retombé en de pareilles ou plus grandes extrémités : il i avait cinq jours , que les navires qui étoient à la garde n’avoient plus de vivres , fa nécejfairement enjfent abandonné leur garde, fi on n’eût foulage cette nécejfitê par un emprunt defix mille pains, que prêta Ziricz,ée, huit jours avant la reddition de Middelbourg, il i eût encore une dernière nécefjtté, qui ôtoit toute l’efpérance que le fiége fe puft continuer : ce qui mettoit bien en pêne le T. £ Orange ; Lorfque par la providance de Dieu, lui tombèrent en main, des lettres qu’ccrivoit Mondra-gon , à Requefens , par lefquelles il luifaifoit entandre, qu’il ne pouvoit plus fubfifier que huit jours, ces lettres déchifrées , le grince parut grandement réjoui ; car il n’étoit pas moins en pêne que les afitêgés. Elles furent publiées à Flsjfmgue, fa eurent tant d’effet, que les particuliers firent une fimme de XI V millefrancs , à condition de recevoir le double après que la ville auroit été prifi. ce qui fuccéda , ainfi qu’on l’avoit ejpéré ; carie 20 de Février. ,{en (année IJ74 ) % jours apres, Middelbourg fe randit. Reidan, liv. i.pa. 14. ( d) ce point échapoitàMaurice,fifa bonne fortune ne l'eûtretenu. il avoit perdu l'elpèran-ce, d’emporter le fort de S. Catherine, & pour cet effet, encore qu’il eût commandé que la batterie fat continuée jufques au foir, toutefois il i avoit ordre, que l’artilleriefutdefçenduë la même nuit & tranfportéedevers lui en i’1-fle de Cadfant : tandis que l’on travaille à les tran (porter , l’une des pièces s’enfonce quelque peu dans le marais ; à le retirer, les compagnons s’écrient en s’exhortans les uns les autres, & mènent grand bruit : à ce cri, ceux du fort, qui feperfuadérent que c'étoit un nouvél alfaut, prirent l’épouvante &. la fuitte en même temps. Lesautres empêchés à tirer le canon embourbé, & ne pouvans pas l’arracher aifément, pour ne vouloir pas laifler cette proye à Fennemi, attandirent le jour, & avéc le jour la viftoire même. Emm. Meter. liv. XX V. pa.. 509. Vous aurés encore un éxample. Lorsque Leidefut afsiégée, trois chofes qui fambloient la devoir perdre, furent les catifis de fin falut. L’abfitnce des plus notables citoyens de la ville , lafoibleffcdelagarnifin ,fa la pefte. Tous ces malheurs ,réufsirent à bien, car ceux des habitans , qui fi trouvèrent hors la ville , lui ranàirent plus de firvice en cette abfance, que s’ils i eùjfent .été enfermés. Les Jdnglo'is , que le Prince avoit envoyés pour tenir garnifin, fa quel’ inconfidération de quelques uns , avoit été cau-Jè derefufir, eùffent avancé la reddition fans aucune dificulté. Lapefiilance, qui enavoit fait mourir un grand nombre, épargna les vivres. Et peu de temps après, unepartie des murailles tomba d’elle même dans te fa fie. H étoit croyable, que tout ainfi que-tes afsiégésen conceurent une grande frayeur, les afstégeans en devaient relever grandement leur courage; veù que cette rancovtre les diffanfiit de prandre la pêne de fi faire brèche au rampar, qui étoit tombé de lui meme fa avoit comblé le fo/fé: ^Au contraire la bruit de cefracajfiment tombant en l’eau de nuit, mêlé de thorreur des tenébres, les épouvanta fi étrangement, qu’ils abandonnèrent leur camp tous a la fois, fa mêmes le chatcau de Lammen (qu’ils pouvoient aifément retenir, encore que toutes les digues, eùf-fint été rompues fa que l’eau fi fùtrépandue tout à (entour ) ces gens toutefois eurent fi belle peur , fa doublèrent fi bien le pas, qu’ils ne fi donnèrentpas feulement le loifir de coiifidérer le foffê rampli, le tampar abbatu, fa la vide qui leur étoit ouverte.
- E.eid. Ann. liv. V.pa. 14. édit Lat. ils furent fi bien que Je point de l’occafion Sclemomentde la Viéloirenelespût fuivre.
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- De la Fortification Irreguliere. 463 nem.i, en quelque part qu’il fb préfante : fi toutefois il étoit ainfi, que l’on ne fût pas en état de fe prévaloir de cét avantage, il faudrait mettre en confultation , fi pour un fiége de douteufe iffiië, on voudrait fubir un dommage tout afiuré. (a)
- Enfin, tout ce qui peut être prefcrit pour l’exécution des blocquades ne peut pas être de grand fervice : attandu, qu’il fe voit par les éxamples ci defius allégués, que l’iflue en eft, pour l’ordinaire, malencontreufe. Mais, fi je veux éxaminer les fortes de villes, qui requièrent plutôt d’être affié-gées , que forcées je dirai, qu’il n’i a rien de fi haut élevé par nature, qui ^dfonscon-ne foit au deflous de la vertu ; 8c que tout ce que l’art a pû conftruire, le même auffi le peut détruire. Quant à ces grandes villes, qui s’enorgueil-lifîènt de la multitude infinie de leurs habitans, ou de la force de leurs gar-nifons, il n’i a pas moins de hazard à les affiéger, qu’à les battre. On me dira , que fans profufion de fang on affiége, 8c que les attaques en coûtent beaucoup ? comme fi nous n’avions pas plufieurs éxamples de blocus ou fiéges lents, acompagnés de pertes 8c de ruïnes, épouvantables 8c miféra-bles. pour faire voir, que ceux là font touchés d’une compaflïon grandement ridicule, qui perfuadent les fimples fiéges, pour épargner la perte des hommes qui fe fait aux attaques; qu’eux mêmes confidérent, outre les accidens, qui emportent fouvent les armées toutes entières, à quelles incommodités on eft perpétuellement fujét, qu and on afiiége de la forte :
- (nous les avons ci defius expofées, afin que l’on ait foin de s’en garantir : )
- 8c de la contagion des fufdiétes incommodités, naiflènt les maladies, la faim, la foif, les chaleurs 8c les froidures infuportables, les puanteurs, toutes peftes, qui en font plus mourir 8c plus miférablement, que ne font les attaques, qui donnent ou la mort, ou la Viêtoire promptes.
- C’eft afTés dit, des Sièges par blocus ; je parlerai maintenant des attaques & des combats. Notre Aréoteétonique fera fufifamment conoître qu’il i a plu- ^Tonte fieurs villes, qui ne peuvent être invefties de tous côtés, 8c celles là doi- teuttfermer vent être nécefiâirement prifes par force, veû qu’elles font toujours ou-vertes à leurs amis, pour être rafraîchies 8c pourvûes de toutes les chofes taîttêePar qui leur font néceflàires. Ainfi l’Efpagnol, fe fût vainement attandu de mes ajfijlées prandre Oftande par famine, ou Bergopzom : dont l’une avoit la mer, 8c l’âutre une rivière toujours ouverte, ce qui les mettoit à couvert contre te&ure. toute néceflîté : auffi l’une fut furmontée par attaques, fortifiées du fe- ojiw?’ cours de l’Architc&ure, lentes de vérité , 8c toutefois mordantes 8c pref- çergopf°2ms' fautes : 8c la dernière fut entreprife d’une force bien plus puiflànte, inutile mlkvL pourtant. En cette même année, quelles difficultés auraient eû les François à fe demêler du fiége de Dunkérke, 8c peu auparavant de celui de Gravelines, fi les Hoïïandoh, ne leur eûflènt tenu les ports fermés, n’i ayant eû que ce foui moyen, pour réduire ces villes maritimes en l’état de manquer
- Mmm 2 des
- fa) Oftande -, /'qui en la derniere année defon fiége, avoit coûté LX mille hommes à l'armée de fes ennemis' commandée par Spinola, ) depuis qu’elle fut prife, triomfoit encore, parmi les peuples des Provinces unies, au moyen des médailles qui furent faites, ayans d’un côté l’image du fiége fufdit, & au revers, les villes, de Rhinber^, Grave, l’Éclufi, lArdembourg ; & les forts de Cadfant 5c d’1 fendit^ avec cette infeription : apres un ftége de trois «termines h mes ennemis, & produit quatre villes à mon pays, 1604. Emrn. Méter. ÜV. XXV.pa.îïi*
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- 464 Livre Second,
- des chofes nécefiâires, & de n’efpérer plus de liberté. Ï1 i a en outre quelques villes , lefquelles, ou par art au moyen de leurs éclufes, ou en perçant leurs digues, peuvent noyer toutes les campagnes qui les environnent ; & d’autres encore qui en certains temps de l’année, regorgent d’eaux de tous côtés, qui s’i amaflènt par la chûte de quelques torrens, lesTqueToàou par le reflus de la mer; telles villes ne peuvent que bien malaifé-Tr df0itrZ ment ^tre hwefties »en te^e manière que toute liberté de pouvoir être fe-‘puZir courues leur puifle être interdite, ce fut par ce moyen que les Efpagnols avéfiL ^rent chafles du fiége de Leyde ; Laquelle aifément pouvoir être empor-gueurâefiê- tée, fi on l’eût attaquée de vive force. Nous avons encore depuis peu, un pareil éxample de Grave. Henri de Bergues, après en avoir de plus prés confide-ré la nature & la fit uation, & s'en étant plus particuliérement informé de ceux du pays, trouva tout le contraire de fa première opinion, en fuitte de la quelle i1 avait porté Spinola a cette entreprife. il voyoit manifeflement, qu’il étoit malaiféd'en venir a bout en trois mois• & que cepandant a raifon des profondes vallées qui ètoient tout autour de la vide, ( auxquelles toutefois il faudroit de nécejfitè que le camp fût affis ) l'hiver amenant avéc foi de grands ravages d'eaux, il fer oit contraint de lever le fiège. Lespayfans & ceus h qui la nature du lieu étoit lien conuë, difoient pour certain, que le fiége i devoït être commune éfur la fin du Printemps, que par ce moyen , on le pourroit parfaire dans l’été, mais que l’Automne venant à s'avancer, toute la campagne des environs regorgeoit d'eaux & devenoitinac-ceffible (a).
- Mais enfin, la plus grande part des villes du monde font telles, qu’elles peuvent etre fermées de tous côtés de bonnes gardes & de circonvalla-Ce[mitunetion ; & ne font pas fi formidables, ni pour la force de leur garnifon (*), Mollirkil*n* Pour *a mu^titu^e leurs babitans, que ce ne fût une grande fimpiieité,
- tôt ajfiéger, de vouloir s attandre à les affamer; car il n’i aura bien fouvent en la ville,ou IZtTaT en *a fottereflè, que peu de foldâs, 8c quelque petit nombre de bourgeois; qmn>au- (qui aifément peuvent être pourvûs de chofes nécefiâires pour un long temps : ) ne foroit ce pas une extreme folie de confommer une grande ar-m^e » fr°id » de chaud, de maladies & d’ennui, pour fi peu de chofe > Il peuple. eft certain que nulle attaque ne fe peut éxécuter fans perte d’hommes & fans profufion de fang. mais fi on mét en conte, les ruines que fouffre une armée en la longueur d’un fiége, (tél que fût, par éxample, celui de Bré-da par Spinola ) je m’afiure qu’on trouvera, que le combat n’en emporte pas un fi grand nombre : & encore meurent ils de meilleure grâce 8c plus doucement, que ceux qui perilfent de miférables maladies, de pourriture de langueur & de faim. J’en veuîTcroire le témoignage des foldâs mêmes , qui vous diront, qu’ils aiment beaucoup mieux mourir une fois l’épée à la main, que d’entretenir un fi rude combat 8c fi ennuyeux, contre
- mille
- (4) Hetm. Hugo fiége de Brcda pà. ao. (B) il i a peu de Princes, qui puiiïent mettre à la defTanfe d’une ville, une garnuon de IX mille braves foldâs, autant qu'il i en avoit à Bréda, lorfque Spinola, la tenoit afiîegée. Fort fixement le Confeil de guerre, des provinces du pays bas fujettes au Roi d’Elpagne, ordonna l’an palTé, que le Général *l>icoltmini, amoit à s’employer entièrement à la deffanfe de Dmkfrksi ce qu’il fit,l’ayant tout autour,ranforcée de lôn camp contre les François victorieux de «Aten/yA.» port voifin. Encetteannée, un Efpagnol, établi Gouverneur en cette place , qui eft la clef de Flandres, s’étant perfuadé, qu’il pou voit filftùe à la confervcr, & encore à garantir les lucres, a pris l’ombre, & perdu fa Vmkirkj honteufçment.
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- De la’ Fortification Irreguliere. 465 mille pertes, & contre la faim le plus horrible de tous les monftres, tyrans ordinaires & perfécuteurs infaillibles de la longueur des fiéges.
- Parlons maintenant de l’attaque 8c du combat, puifque cette partie eft plus généreufe, moins dommageable, 8c que bien fouvent, elle eft Amplement & abfolument néceftaire.
- Pour l’entreprandre bien à propos 8c pour l’exécuter heureufement, outre l’Ingénieur, qui doit être, fage , expérimanté 8c bien capable de fa charge, il faut une Armée, 8c un Générai, qui ait une prudance exquife, 8c ment reciui*
- 1 , lors que l'on
- le courage grand. .
- Ce n’eft pas mon defiêin de vous décrire pour le préfent, de quelles Vmaciu*-qualités doit être pourvû un Général d’armée : quelle doit être fa fcience charges & êc fon expériance: ce qu’il doit faire 8c obferver dans les occafions, ce qu’il doit éviter 8c craindre : quels Capitaines & officiers il doit avoir fous d'armées, de fon commandement ; le devoir 8c la charge de tous : comment on doit maintenir l’armée, contre les furprifes, la force ennemie, les maladies :dâs-quelles font les conditions du foldat, comment on le choifit 8c on l’enrôl-Ie : par quelle difcipline on le rand courageux 8c obeïflànt : par quels exercices on lui aprand le métier des armes , & comment il faut qu’il fe pré-fante à l’ennemi, ou feul, ou en efcouâde, ou en compagnie, ou en cors d’armée, garder les rangs 8c les efpaces nécefiàires, 8c faire fes retraites s de quelle façon il fe doit comporter marchant en bataille, en chemins larges, ou étrois ; comment on s’efcarmouche, comment on fe comporte en bataille rangée ; quelle eft la fondion des fantinelles 8c des gardes : enfin, je n’ai pas entrepris de traiter ici univerfellement de tout l’art de la guerre, qûi confifte toute, en ces trois parties, les commandemens, l'Ordonnance, & la manière de prandre les villes & de les deffandre : même des deux parties Vart auxquelles cette dernière fe fubdivife, c eft à fçavoir ïArchitecture militaire p** 1°™ * 8c la Mêchanïque .-je n’ai entrepris de décrire à préfent que la feule Archi- ^ZTslraté-tedure ; réfervant,tant la Mêchanique militaire qui prefcrit les manières 8c shue>l* les mefures de toutes les machines de guerre 8c leurs ufages ; que la Stra-&uSor-tégique, qui comprand les offices, devoirs 8c fondions, de tous les chéfs 8c '“h™- «A officiers : que la Taiïique, qui donne les régies des ordonnances 8c mouve- deux. mens ; je me referve di-je d’éxécuter toutes ces chofes en un autre temps moyennant la grâce de Dieu 8c m’i oblige toutefois, fous l’efpérance, de Mécanique. la même divine affiftance : Oyés donc, fi vous plaît, mon Ledeur, les bel- fe°ZumL les promeflèsqueje vous fais. parties.
- Je prométs, la Mécanique militaire moderne trés-acomplie, 8c encore, la Stratégique 8c la Taftique, telles, que notre fiécle les aprouvè 8c les mét en tuteur ufage. 8c afin que vous compreniés que mes propofitions ne font pas vai- cors tqui les nés, 8c comment un fi grand defiêin, qui feroit plus féant à un Jules Céfar c™uZon* fecondé par un Archimède, pourra être mis en exécution par un homme fermement feul, qui n’eft pas de la profeffion : prenés fi vous plaît, la patiance de ce temps et m’entandre. Son Altefiè, Monfeigneur le Prince d’Orange, m’ayant fait l’honneur de me commander, que je l’allafiè trouver à la Haye, au Prin-
- Mmm 3 temps
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- 466 Livre Séconj)*
- èur quels temps de l’an pafTé, en cette occafion, je prefantai, l’édition Allemande dé h appuyée ma Fortification Régulière, à Três-illuftre 8c Très-excellent Monfeigneür cétefiennef, jan Maurice Conte de Naflâw, &c. depuis peu, Gouverneur, Capitaine ^tnprife^' Général, 8c Admirai du Brefil, 8cc. maintenant Gouverneur de Véfel, & Colonnel de Cavalerie en 1 armée des Provinces unies : Perfonnage doué de vertus Héroïques 8c admirables, 8c de prudance exquife 8c fingulié-re tant en la guerre, qu’au maniment des affaires d’E tat. ce grand homme; ayant veû mon Architeture, 8c, de fa grâce l’ayant aprouvée, reconut que mon defiein étoit, de travailler aufli à la Mécanique militaire : ce qui le convia de remettre en mes mains, libéralement 8c volontairement, un trefor merveilleux 8c ineftimable, qui contient tout ce qui fe peut dire de l’Art de la guerre : Quel eft donc ce trefor, me dirés vous > Voici ce que c’eft. Tout ce que le Tres-Illuftre Conte]an de gloricufe mémoire , père de celui ci, a obfervé dans une expériance de XL ans, aux guerres de Flandres, de Suède, 8c d’Allemagne, pour l’avoir veû, ou prattiqué lui même $ tout ce qu’il s’eft aquis de connoiflànce en toute fa vie, ou par l’étude, ou par le commerce des hommes llluftres qu’il a converfés, il a receuiili tout celà en de grands Volumes ,* avec une incroyable foin 8c diligence : à ces raretés, fon Excellent fils, le ConteJan Maurice, a de plus adjoûté fes particulières expériances, 8c tout ce qui a pû procéder, de l’addrefiè admira* ble de fon efprit, de la force de fon jugement, 8c de tout ce qu’il a de belles conoiflànces, tant de l’antiquité, que des chofos modernes ; c’eff, mon Leteur, la fubftance de ma promefle, 8cj’efpére d’en venir à l’effet, car ce trefor, Que l’ordonnance de la dernière volonté du Père, avoit laiffë a fon Fils aîné : ce même Fils, l’a dépofé tout entier à ma bonne foi ; defirant en celà profiter au public, 8c foulager mon induftrie. Si bien, que tout ce que j’ai déformais à i aporter de ma part, n’eft que bien peu de chofe, ou rien du tout, fi ce n’eft dï accommoder mon ftile, 8c l’ordre, 8c dï contribuer ma péne. J’ai bien voulu, faire ici cettefimple 8c ingénue déclaration, pour deux caufes. premièrement afin que cét œuvre Royal, n’encourût le hazard, d’être meprifé par quelque impertinent, plutôtqu examiné, à raifon de la fimplicité de l’écrivain : c’eft auffi mon intantion, que le Le-teur, aufli bien que moi, en fâche gré 8c en rande grâces à la libéralité du Conte. J’oblige donc, aux chofes fufdites, par cét écrit, comme par Infiniment public , Jan Maurice Conte de NajfajP, afin que tout .fanfaron aprenne à fe taire, 8c que tout généreux foldat, ou Capitaine, ou Général d’armée, fâchent le gré, la grâce, 8c le refpet qu’ils doivent randre, à la li-t* gloire béralité de fi excellans bienfaiteurs. Il i a de la gloire d’avoir fondé une 'titelefon- puiflànte République : 8c fi peut être la louange n’eft pas fi grande d’avoir àer un An, fondé l’Art de la guerre, il n’i aura pas toutefois moins d’utilité, puifque c’eft l’unique moyen qui conferveles Républiques 8c les Empires. Végéce fint confer- . qUe art ej} venu quelque^ h senfevelir en l'oubli aux tempspaffés, & que puis après retrouvé dans les livres, ilfe rétabliffoitpar l'autorité des Capitaines (a). Quand les guerres ont commancé en Allemagne, les foldâs Efpa-
- (a) Liv.IILchap.X. gnolS^
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- D e tA Fortification Irregüliere. 467
- gnols , Flamans , & autres, ne faifoient pas davantage d’état de leurs combâs, que de jeux d’enfans. Qu’ils aillent à préfent, ils verront que les efcarmouches, des Allemands ne font pas moindres, que de juftes combâs des autres nations 8c les furpaflent quelquefois, tant ils ont bien apris à faire la guerre. En Angleterre, où l’ufage de ce métier eft prefque perdu, les batailles fe donnent aujourdhui avec la feule perte de deux, ou de trois cens foldâs de part & d autre : mais qui doute que s’ils en continuent l’exercice, ils ne retrouvent à la fin leur ancienne 8c première vertu, ce que Dieu ne veuille toutefois, en cette fi honteufe 8c fi pernicieufe guerre!
- Mais s’il plaifoit à Dieu de nous donner une longue ,8c profonde paix, plus furcment 8c plus innocemmént, notre poftérité apprandra, dans les livres l'Art de la guerre, tél quilfe conferve parmi nous aujourdui dans un fanglant ufage : car il ne faut pas craindre, que ceux qui viendront après nous, napren-nent de nous, de même que nous avons apris de ceux qui ont été devant nous, & peut être nom en avons déjà enfeigné d'autres. Les Jurifconfultes, ont leurs In-fiitutes 8c les Médecins leurs Aphorifmes, confirmés par la prattique : 8c dorefenavant les enfans de Mars, 8c les Ingénieurs, auront un Code, compilé de l’expériance 8c des obfervations finguliéres de la guerrière 8c gene-reufe maifon de Naflàw., qui comprandra toutes les formes & manières de faire la guerre à l’ufage de ce temps ci ;ils auront receuilli en de juftes Volumes tentes les régies de leur art, le Roi des arts, 8c 1 unique métier ds l*guenH des Empereurs 8c des grands Princes. Qui doutera, ( ce dit Vegéce) (*) que ïart de la guerre eft la principale Je toutes les chofes, comme étant la garde de la liberté, leJoutien de la réputation, la defance & la conjervation des Provinces & vêgèce ha^ de l'Empire ? A ce feulêxercice s'addonnoient autrefois les Lacédémoniens, & de- Vm delà puis les Romaini, nefaifanspoint d'état de toute autre doêlrine. Les Barbares font &tterre' encore aujourdui en cette opinion que c'eft la feule qui mérite d'être confervêe : qu'en cette feulé eft la fubftftance de toutes les autres, & que par le moyen de cette et feule on parvient h tout le refie. EUe eft néceffàire à faire la guerre, & h s'en garantir , elle garde la vie & donne la Vïtloire. il faut donc que le Capitaine, qui reçoit le car altère dune fi haute & fi admirable puiffance, h la valeur fidelité de qui, eft commife la fortune des pojfejfeurs, la defance des vides, lefalut des armées, la gloire de T état, ne fe propofe autre difeipline a étudier, 8c pour cette rai-fon conçoive un reffantiment de finguliere obligation, envers ce préfent 8c riche depot procédé de la généreufè libéralité de notre Conte.
- Celui qui attaque, pour réuflir, a deux choies à faire ; à fçavoir, d’enfer- celui qui at* mer en fori camp la vide ennemie : 8c de pénétrer au dedans par fes tra-vaux d’attaque. Il pourra s’aquiter éxa&ement, de ces deux parties de Ion eonoitre-,& devoir, fi avant toutes chofes, il en reconoît la fituation (c), & fes propres for- pffe°ffes
- ces
- (a) Le même au même lieu* {b) Liv. 111 chap. X. (c) Quand les Athéniens étoient fur le point d'envahir la Sicile. Les jeunes gens dans leparc de leurs exercices 3 les vieillars aux boutiques & fur leurs bancs oit ils s’entretenaient enfam-ble > traçaient le plan de la Sicile , & faifoient des confidérations ,fur la nature de la mer qui 1‘environne , ir fur les ports ér les places de l'ifle : car ils nés attandoient pas que la Sicile feule fut le prix de leur Victoire ; ils pretandoient en faire une place d’armes,pour de l'a p a fera Cartage, pour réduire l’Afrique & toute cette mer, qui eft entre les colonnes d‘Hercule,en leur puiffance. ïlutarque, en la vie de Nicias. Nous avons veû au précédent livre Mendoza s’abufantlourdement autour de Bom-mel. Mais l’ignorance de Spinolafut grande au liège de Bergopzom, & méritoit bien le fuccés qui arriva, car tandis qu’il différé d’enfermer le port, ou plutôtlui permet toute liberté ; tandis qu’il dédaigne de fefaifir des ouvrages
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- 468 LÎVRE 'SECOND,
- viages fi tués à Ton embouchure, foibles & faciles à prandre & ouverts: tandis qu’il ne fait point d’état d’occuper le K.yk.inde pot, qui étoit la principale force de la ville; tandis qu’il abandonne a fes ennemis toutes lés placés avantageufes pour battre leur ville , & leur permet d’i avancer leurs Dehors, par lefquels, il nemanquérent pas de-puis de l’écarter bien loin: Le bonhomme reconût à la fin ,que vainement & inutilement, il donnoit des affàuts 41a ville.
- ces (a), depeur qu’il ne s’abufe, 8c ne manque à fon bonheur ; ou encore ne faflè pis, étant contraint de renoncer à l’entreprifê, pour être mal pourvu 'de ce qui lui eft néccfiàire.
- L’afliégeant, qui fe veut donner un parfaite conoidance de la place son ajfiétè ^ a^e8e » ' i. en doit avoir par devers foi la defeription Ichnographique,
- par fa ne- ce qui I ui fera bien aifé, car il trouvera des ennemis mêmes, comme il i a ficbmg. Par tout des âmes vénales ,.qui lui en feront part, à prix d’argent, z. il en Le dedans reconoltta le dedans par le moyen de fes elpions, avifés 8c fidelles. 3. Il en-Pe}pions. voyera fes Ingénieurs., avec bonne efeorte de Cavalerie, pour découvrir par/cfiT ^ kien con^idérer la campagne des environs 8c lui en faire le raport. Par gémenrs. ce moyen il fera informé, quelle eft la force, ou la foibleflc de la ville ; fi elle a des Dehors ? fi la campagne eft dèffanduë d’un parapet de chemin couvert ? quelle eft la largeur 8c la profondeur du Fofie, s’il eft à fée, ou rampli d’eau ? fi elle eft couverte d’un bon Avantmur ? quelle eft la capacité des Baflions, pour fou tenir les efforts d’un aflàut ? La longueur des Courtines, fi elle eft jufte, ou par trop étanduë 8c de mauvaife deffance ? La force quelles cho ^eS F^arlds 9 ^ ^ ^ ville en efî bien couverte ? La folidité des Parapêts qui fes font à font fur le rampar, 8c fi elle peutréfifter puiflàmment aux coups de canon?
- xeUïquLf f efpace du plan du Kampar fi le lieu eft commode pour les fondions des pégeme foldâs 8c pour l’artillerie? Enfiiï*. de quelle largeur ejl l'enceinte au dedans wüe, ja vjj|e y & quelle place i peut être de refte pour de nouveaux retran-
- chemens, après qu’il fe fera logé ftir l’ancien rampar : toutes ces chofes qui concernent l’état dé la ville dâfvsent être préveuës 8c bien conuës, fur tout afin que l’on évite la raiicontre des ouvrages, dont il i a plus de dommage à craindre. < Mais au refte, pour convertir à fon avantage, tout ce qui peut en l’accommodant incommoder fes ennemis, il fera fon profit de tout ce qui peut lui fervir en la campagne des environs, 8c confiderera: quelles collines commandent à la ville -, quels fonds 8c chemins creux lui peuvent être favorables à faire fes approches ? fi autour de la ville, il i a quelques places, ou quelques forts qui foient en la puifiance de l’ennemi, dont il puifie traverfer nos convois ou les empêcher : quelles commodités, ou incommodités nous pouvons avoir, pour les vivres, les fourrages, l’eau 8c le bois ? La qualité de la terre, fi elle fe peut aifément manier ,ou dificilement : quelles rivières, conduits d’eaux , fofies, nous peuvent fervir , ou nous incommoder ? fi le terroir eft interrompu de quelques marais, ou couvert de broufiàilles 8c de buifibns ? fi la demeure eft faine, ou peftilante ? s’il eft propre à couvrir des embufeades, 8c fujét aux furprifes d’un ennemi venant du dehors > en un mot, il eft nécefîàire d’éxaminer
- éxaâement
- (<0 il ne fuffit pas d’avoir fait provifion d’argent, & de munitions de toutes les fortes, il faut encore avoir avée foi, grande quantité de fafeines ,fi le terroir de la place guel’on afDége eft marécageux : A ce foin, qui paroîtde fi petite chofe, ne manquoit pas, U Trince£ Orange afin que les Généraux d’armée, ne s’imaginent pas qu’il leur foit permis de rien méprifer. Vne grande quantité de fafeines, qui fous, autre prétexte avoir été amafSée h tirante fat fecrettemen* transportée à ^Angefdel'a au lieu qui avait étédefigné , au meme tamps que le Prince •arrivait, ces fafeines fervirent h couvrir It* dieux humides & marécageux, en largeur de 36pies, {yfx mille jdopas de longeur. Heinf. fiége de Boûeduc liv. I.
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- De la Fortification Irreguliere. 469 exactement toutes ces chofes, afin que l’on fâche, où les quartiers fe peuvent établir bien à propos ; & de quelle part, on doit avancer & pouflèr fes ouvrages d’attaque contre la ville. Sur tout, il faut avoir égard, que le paflage de la retraite en nos garnifons nous demeure libre, & qu’il ne foit nullement au pouvoir de l’ennemi de nous l’empêcher ; ce qui eft le but,
- & comme la dernière fin de toutes les fufdites précautions : autrement tout le refte tomberoit en confufion. L’accident arrivé à Smolensko eft encore tout frais en notre mémoire. (*) où cette caution ne fut pas obfervée, dont il arriva, que les afliégeans furent afliégés, 8c tombéront tous (*) au pouvoir du Vidorieux.
- Que l’afîiégeant conoifle aufli fes forces : ce qu’il peut contre l’ennemi, ce que l’ennemi peut contre lui, 8c les moyens de s’en deftàndre. La chofe doit eft manifefte, que pour une telle entreprise un grand appareil eft requis -,
- ( toutefois jufte & proportionné ; ) de foldâs, d’armes, de machines, de are}l toutes fortes de munitions, 8c fur tout de Finances ; de toutes ces chofes, ne peut être il n’i a point de régies certaines à prefcrire. On prand fes mefures, fuivant F*fcrit' les forces de la ville, l’étanduë de la circonvallation, la qualité 8c la puifian-ce des fecours qui peuvent furvenïr, la multitude des quartiers néceflài* res pour fubfifter en affurance dedans 8c dehors, la diverfité 8c la force des ouvrages d’attaque. L’armée diminue 8c s’aftoiblit en plufteurs manières , de maladies, de famine, de fer : mais la plus grande deftrudiôn fe fait par les coups de l’artillerie : L’auteur de l’hiftoire du fiége d’Oftande,
- (*) aflure , que d’un feul coup dix foldâs furent emportés 8c cinq grièvement blefles. qu’un autre jour (d) huit de ceux de la ville furent tués : qui à leur tour abbatirent X V11 des afliégeans d’une feule volée Q; il eft vrai que toutes n’addreflènt pas fi bien, autrement il n’i auroit point de multitude de foldâs qui pût fuffire, à continuer un long fiége. En cinq mois de fiége (/) Oftande fut battue de 163100 coups de canon : voilà bien de la poudre en fumée ! (ans i comprandre les moufquetades. L’entrée d’un fiége eft en notre puiflànce ; La fin n’eft pas de même en notre liberté, de telle forte qu’il eft impoflible d ’en prefcrire les frais 8c les appa- &set lihre' reils néceflàires, tant ordinaires, qu’extraordinaires.
- L’appareil néceflaire expédié, parlons maintenant du comlat : il a deux ades principaux, le fiége & l'attaque, 8c chacun de ceux ci a encore fes di- sike & «-verfes parties.
- Comme un foldat, avant que de fe préfanter à l’ennemi, s equippe de fes armes 8c premièrement prand fon cors de cuirafle 8c fon cafque pour fe repmjhdê
- N n n deftàndre,
- (d) I a ictraite d’Aire eft plus nouvelle encore, laquelle ne futpas à la vérité fi pléne d’infamie, mais elle fut fi précipitée, que l’on fut contraint de lailTer à l’ennemi tout le camp, les forts, & les retranchemens en état, qui fur Ie. coflvJir le même inftant i fut logé & couvert, & n’eût pas grandepéne à pïandrela ville par famine : car elle étoit pourvue &fiforU-de garnifon afîes fuffifante, mais elleavoit faute de vivres, (bj ^iprés que les ^Athéniens eurent fiuffert cette grande dé- fier. toute, l'ennemi leur ôta toute liberté de fi pouvoir échapper par la mer &c. car dés le grand matin, ceux de Syracufe s étaient fai *
- Jis despa ffages étrois , fermé ceux des rivières , abbatu les ponts, afiiégéla campagne & les lieux plains, de troupes de cavalerie, de forteque les ^i théniens »’ ekffent Jçeû * avancer nulle part fans combattre,&c. voici i’ifiuë: N ici as Gén éral de l'armée, defli-tué de toutes chofes nécejfaires, profterné aux pies de Çy lippus, lui dit : Tuifque la viEloire vous a favorifé, ayés pitié, non pas ' de moi, qui de Pétât d'une fi haute eftime, fuis tombé en cette mifère que vousvoyés; mais des autres athéniens & vous fiuvt-»« , que la fortune de la guerre efi inconfiante , & que les ^Athéniens en ont bien ufé toutes les fois , qu'elle leur a été favorable a V encontre de votu.. Plutarque en la vie de Nicias. Voyés au même auteur un autre éxampîe de pareille fottîfe en la paîonncdeCrafius, enfa vie. (c )Flaming.pa. 77. (d) Lemêmepa. 100. (*)Emm.Méter.liv.XXV pa. ji2. if) Flaming, pa. 188.
- On com-nmnee les
- ment on ne les finit peu de ;
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- Livre Second,
- en divers quartiers.
- foin du Général',de di-firibueren quartiers fin armée
- deffandre, puis Ton epée, fa pique, ou fon moufquét pour offanfer fon ennemi; ainfi l’Ingénieur, commancera de fe fortifier & fo couvrir foi même en fon camp, avant que de panfer à l’ofFanfive. Et d’autant, qu’ii i a peu de villes, que la nature ou /Payent (Hâvorablement pourvues, que la force de leur enceinte foit par tout égale : i ayant toujours des endroîs, plus puiffans, ou plus foibles les uns que les autres ; attandu aufïï, que tout distribution aflàillant qui agit avec prudance, tourne principalement fes efforts con-des troupes tre ics endrois les plus foibles : & quelquefois encore les diftribüe contre
- fin Àt.mtYe * J’ il | f • O
- plu fleurs places en même temps, pour travailler davantage Ion ennemi cc le diflraire : & enfin, parcequ’il eft nécefFairoque notre camp ferme la ville & la garde de tous côtés, pour en empêcher les entrées & les ifïùes : pour toutes ces confidérations, il faudra partager notre armée en autant de troupes, qu’il i a de places que l’affiégeant veut attaquer, ou par def-fein, ou par nécelîîté ; ou de celles mêm es que le foupçon, & la crainte de quelque dommage, l’oblige à defFandre : en telle façon, que par tout il foit proche, ou pour afFaillir,oupourfoutenir. Ainfi, le premier foin de l’affiégeant fera de diftribuer fon armée tout autour delà ville en divers quartiers, à raifon des lieus qu’il veut attaquer. & d’autant que cette fépa-premter ratjon ja rancj p}us fajctte, & moins deflânfable tant à l’encontre des (orties de ceux de la ville, que contre les irruptions que peut faire l'ennemi du dehors, pour cette raifon chacun des quartiers fera ramparé & bien fortifié tout à l’entour : en telle forte qu’il foit afîùré, non feulement par elmour de la le fecours des armes, mais auffi de fa propre fortificat ion. viüe & les Ainfi l’armée de Scïpïon devant Numance, étoit diflribuée en deux quar-
- tentr bien 1*111 , Tl
- apurés & tiers ; ( a ) ; celle dHannilal devant Sagunte en trois (®); celle aAcilm, de-hen font- vant H£racfée en quatre ( 0 ; comme celle de Spinola devant Bréda [f] ; celle Exampié. doftavius devant Salones, en cinq (*); celle du P. dOrange devant Bofleduc, en fix (/) ; du même devant Maflricht, en fept : celle de Mithridate devant Chique en dix ; ) & toujours cette diflribution de quartiers fera diverfe, à
- raifon de la diverfité de fitüation de la place que l’on afïiége.
- DifiinBion Les Romains ne faifoient que deux diftinétions de camp : ceux de l’Efté, dparmàes & ccux de l'Hiver. En celui d’hiver le foldat avoit fon logis afFuré ; Le Romains, camp d’Efté étoit mobile, & pandant le cours des expéditions, fe drefioit bien fouvent en une nuit. Celui que l’on dréffoit pour Je fejour d’une feule nuit, ou de peu de jours, etoit appelé caftra, camp, fimplement: autre*, ment, & lors que c’étoit pour une plus longue demeure, on lui donnoit le Dijiinêtion nom de camp fiable, dation Jîativa: Les modernes en font trois difFé-m°campvo- ranccs : CamP v°lant> qui fe peut changer à toute heure, camp dattaque, par Um. le moyen duquél on efîàye de chafFer fon ennemi d’un logis qu’il a occu-uqiLcamp pê;c’eft dé celui ci dont il efl à préfent queftion : camp de deffance, qui fert à de ^#*»«.foutenir les irruptions dé l’ennemi. Et d’autant que cette dernière diflin-dion fe rapporte exactement à notre Architecture, qui n’a pour but, que de fortifier, attaquer & deffandre ; auffi trouvons nous à propos d’en retenir lufage. Le
- ( «) Appian en fes Iber. (b ) Tit. Liv. liv. XXI. ( c ) Le même Jiv. XXXVI. (d) Herm. Hug. fiége de Bréda pa.ztf. (e) Cefar Guer. c»v. hv.Ul. (/) Heinf. fiége de-Boflcduc pa. z6. Pl«t. en la viedcLucullus.
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- De ia Fortification ïrreguiiere. 471 Le Maréchal de camp,oul’Ingénieurquiala charge de choifir le lieu, pour confiiez l’afiïéte du camp doit être perfonnage judicieux 8c bien avifé ,& qui fâche placer l’armée en lieu quifoit exempt de tout inconvénient, autant qu’il cil lieu,far le-polîible.ili a trois chofes entre plufieurs autres,quifont les principales Oiufcs denotre ruïne,lefer,la pefte, Scia famine, qui ell la plus cruelle de toutes 8c la plus dangerculè. Voici donc les trois principales considérations que doit avoir l’Ingénieur ; à feavoir,que le camp foit affuré contre l'ennemi, en lieu fàm pour être garanti de maladies, & fttuê fi àpropos que les vivres i puijjent alhorder commodément., Pour afïurer le camp contre 1 ennemi
- I. On le fera de proportion éxaïïement corre[pondante h la qualité de l'armée.
- Végéce dit. (*) Qu'hraifon des troupes qui compofent l’armée & du hagage , Ajj-Urer t doit être prife la mefure de la fortification du camp : en telle forte, que ton camp, n enferme pas une grande multitude en peu d’efpace , ni de petites troupes en un lieu , beaucoup plus grand qu'il nefi pas à propos. Il i a des éxamplcs , qui [ponde aux montrent le danger qu’il i a de loger une armée en un camp par trop^Zmée. fpacieux- Lorfque Civilis affiégeoit le camp des Romains ; (é) il ne concevait pas peu defpérance, de voir que le rampar occupoit tant d'efpace, que le lieu qui pouvoit fuffire h deux Légions, avoït h pêne cinq mille hommes, pour fa de fiance. Prefque a mi chemin des Cavaliers envoyés par F ah tus, déclarèrent fpaciLx^ en quel danger & extrémité avoient été réduites les affaires ; que le camp avoït été puifiamment affailli, & l'afiaut fouvent rafraîchi de nouvelles forces à la place de ceux qui étoient las : dont les nôtres avoient été grandement fatigués, ayans travaillé continuellement, a raifon de la grande étanduë du camp, pareeque la meilleure partie de l'armée en étoit dehors pour un autre exploit, (ff partant U ètoit nècefaire que les mêmes foldâs demeuraffent toujours en fait ion fur le même rampar. (c). D’autre part un camp trop étroit (d) eft fujét à la puanteur, à la pefte, à l’embaraflèment, 8c fe peuvent produire plufieurs éxamples du camp t ? préjudice qui en revient. étroit-
- x. Que le camp foit au lieu le plus élevé de toutes les places qui font autour de lui. c’eft encore un avis que donne Végéce (e) : ilfautprandregarde qu il z nej-oh riait auprès de foi quelque éminance qui le furpaffet : Laquelle étant occupée de point com-l'ennemi apporte du dommage, car celui qui pourvoit a l'affiête du camp, ne doit m e' pas feulement avoir égard a le choifir commode, f)mais le meilleur : car fi nous manquons a nous emparer de celui qui efi le plus utile (g), & qu'il tomhe au pouvoir (k) de l'ennemi, nous en fouf rirons de fincommodité. N n n x 3. Tout
- (a) Vegéce livre T. chap. X X. (è)Tacit. Hift.liv.IV. Ce) Caefar de la Guerre des Gaules liv. VII. (d) Unau n’étoit pas encore palTe tout entier depuis la bataille de Lipfîc, quand Je Roi de Suède vidorieux, fut affiégé pac les armées de l’Empereur & du Duc de Baviéret jointes enfamble, enfon camp non pas étroit} auffi fpacieux que l’Ingénieur l'avoit voulu faire : :&toutefois furent enregiftrés aux livres mortuaires de Norimberg, 29406 en ter-rem ens , fans i comprandre ceux qui avoient été inhumés dans les jardins & autres lieux, fi telle peftilance régné en un camp fi aifé, que fera ce de ceux qui (ont preflesÔc incommodes. Atout cela, fournit la dépance la ville de Norimberg, outre le fecours de toutes fortes de nécelfités dont elle afiifta le Roi alfiége,hommes, armes, munitions , argent, ( mais le temps requeroit alors cette deffance, pareeque l’Allemagne étoit toute perdue de guerres civiles ) jufques à cequeles Saxons, Veinmariens.Heffois & autres alliés, en nombre de plus de cinquante mille hommes , dégagèrent ce Prince de ce fiége fi peftilent : que l’on juge par la puilTance de cette feule ville, ce que pourroit toute l’Allemagne , fi une fois elle joignoit enlàmble toutes fes forces pour ia liberté, contre qui que ce fuft. (*) Liv. I. chap. X XII. (f ; Végéceliv.111. ch. VI IL (g) Te me fers volontiers d’éxamples modernes pour inftruire mon ingénieur, & je ne fçai s’il eft poffibled’entrouver un qui foit plus à propos, vous le confidérerés attantivement. Spinola, ayant envoyé devant foi, fis ingénieurs, pour choifir titre place qui fut propre a l'afsie-te de fin camp, étoit acompagné de Vil mille hommes défié, .&de XXX compagnies de Cavalerie ,&fi campa prés de Ofier-haut, à trois mille pas de fonennemi. car en la viteffe de cette approche, & de fe prévaloir de t avantage de ce lieu, confifioit toute l’importance du fiége: remarqués ceci, car fi Spinolaeut retardé, ou fi Maurice l'eût devancé feulement d'un jour, le bénéfice de ce peu de temps eût confirvc ’firéda Stc. Heim. Hugo fiége de Brédapa. 37. (h) Guitare délivré du fiége qu’il avou
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- Livre Second
- pas. car le Bavarois avec te vaieitein, pour I _ . _
- qucs éminances a vantageufes, qu’ils eurent moyen d'éluder la colère du Roi, Voyés Mérian & autres auteurs qui ont écrit de cette guerre.
- 3, Tout lieu fufpeft fera évité. Jappéle lieu fufped, celui que le hazard* linduftrie peut convertir à notre dommage, comme font principa-qu'un lieu lement ceux qui font fujéts aux inondations. Végéce(a)ion doit prandre jnjpett. ^ n'arr'tVe point quelquefois, quun torrent noyé la campagne, car un tél
- accident, aporteroit beaucoup d'incommodité à ïarmée.
- Apres avoir pourvu , à ce que la terre ne puifîè accommoder votre ennemi de fes avantages à votre préjudice, il faut avoir foin, qu’il n employé pour cét effet l’élément de l'eau : plufieurs fe font repantis d’avoir négligé Exemples d’i prandre garde. Voici un éxample de notre temps : Herm. Hugo au incommodés fiége de Bréda : Tel s ravages d'eaux s étaient répandus fur tous les chemins de pur le moyen notre camp & en quelques uns de nos ouvrages plus proches, de la ville, que durant de l em. ^ // ètoit ïmpojfibk d’i abhorder autrement quen bateaux ; & en ce temps
- là nos quartiers ainft féparês, eurent grande dificultè de vivres,, ne pouvanspas communiquer enfamble avéc le charroi, &c. Ceus qui fe feront échappés de ou du feu* l'eau, doivent encore craindre, de tomber dans le feu. Le camp des Volfques, ayant tout autour de foi des buiffons & des fore fs (b) ; Camille mit le feu en tous les endrois qu'il jugea devoir porter le feu fur le rampar : & par ce moyen décampa fes ennemis. M. Crajfus en la guerre des alliés, fe vit aux termes d'encourir le même danger avéc toutes fes troupes (c). A ce propos^flngénicur recevra en paf-fant ce mot d’avis, qu’il ne doit pas fouffrir, que dans le camp proche du rampar , on bâtiffe des hutes de paille, ni que Ton i entafiè fagots, fourrages , foin, ni toute autre matière qui puifîè entretenir le feu. Syphax fe montra négligent en ce point (**) & par ce mauvais foin, perdit fon camp, celui d'Afdrubal & toute Carthage, afin que vous ne panfié s pas que ce foit peu de chofe.
- Sur tout il faut avoir égard en l’éledion de la place pour l’alfiéte du
- camp,
- (a) Liv. I. ch. XXII. (b ) TiteLive, raconte cette hiftoire des Volfques un peuautrement, & ne dit pas qu’ils fullent campés entre des buiffons & des bois , mais qu’eux memes avoient entaffé du boisée des fafeines, pour le ramparer.Liv. VI. tout aucommancement.(c) Front. Stratag. liv. II. chap. 1V. (d) T. Liveau XXX livre raconte cette hiftoire bien au long: en voici un extrait qui peutfuffire àl’inftruftion, tant des Ingénieurs, que des Capitaines. Vabbord, le Général Romain, ne voulut prefque pas ouïr ces propositions ; depuis, afin que les fiens eûffent occafion de vifi-ur ir de reconoitre le camp des ennemis fil fe montra un peu plus facile, ir donnait efpérance qu’apres une fréquante difiufiion de part ir d'autre, il i aurait moyen de parvenir'a quelque accord. Le camp où les Carthaginou pafioient l’hiver, était conftruit de matériaux qui de fortune s’étalent rancontrés par les champs, ir préfque tout de bois. Les Humides particuliérement étaient logés la plus grande part en des huttes de jonc ir de nattes tiffues, fans ordre ça i? là-, quelques uns mêmes hors le rampar ir lefoffi, chacun d’eux en la place qu’il avoit occupée à diferétion ir fans commandement. Voila bien des fautes ! que l’Ingénieur ob-fervera pour s’en garder. Ceci ayant été rapporté à Scipion , il prit efpérance de trouver occafion de mettre le feu au camp des ennemis. Tour cét effet, il accompagnait les ambaffadeurs qu’il envoyait devers Sy phax, des meilleurs ir plus avifés foldâsde fes troupes , comme valets déguifés , en habits défi laves : qui, cepandant que les ambaffadeurs étaient en conferance, reconoiffent toutes les entrées ir les ijfuës •.L'afsiéte ir la formede tous les quartiers ; en quel endroit étoient les Carthaginois ; oie était lelogis des 'Humides ; quelle difiance il i avoit entre le quartier d’Afdrubal ir celui du Roi ; ils épioient aufsi leur manière défaire ta garde ir d'affeoir les fantintlles ; fi le moyen de les furprandre était plue à propos la nuit, ou le jour ; ir pandant tout, le temps que durèrent les conferances , on envoyoit toujours de nouveaux efpions , afin qu ili en eut d'autant plus grand nombre , qui eûffent conoiffance de toutes ceschofis ire. Obfervés Capitaines, Alors Scipion donna partie de fis troupes a La lias, avécMaffanijfa ir les Humides : ir leur commanda d’a[faillir le camp de Syphax ir à’imettre lefeu. Et prenant à part Lalius ir Maffaniffa, les conjura, d’employer en cette entrepufe d’autant plue de foin ir dediligence que l’obfcurité de lanuit donne d'empêchement h
- l’ordre ir à la prévoyance : Que de fin côté il attaqueroit le quartier d’Afdrubal ir des Carthaginois ; mais qu’il neferoit rien qu’il n’eût veû le feu en celui du Roi. L’affaire fût bien tôt éxécutée ; car des aufii tôt que le feu eût été mis aux premiers quartiers, fur l'infiant meme de proche en proche il continua ir fi répandit deçà ir delà en toute l’étanduè du camp ire. ^Premièrement les hommes ir les chevaux brûlis en s’enfuyant, jonchaient la terre, & bouchaient le paffage des pot tes ; ceux qui avoient échappé le feu , paffoient au tranchant de l’épée, ir en un feuljour les deux camps furent entièrement ruinés. Toutefois, les deux chefs, ir de tant de milliers , deux mille hommes d'infanterie , ir cinq cens Cavaliers , demi- armés, la plus part bleffés ir mal traités, fi fauvérent de l embrafement. En ce jour là, X L mille hommes moururent ou par le fer, ou par le feu : plus de V l mille furent faits prifermiers: entre le fquéls étoient plufieurs gentilshommes Carthaginois .XI Sénateurs, CLXX VI1 d apeaux, plus de Il mille DCC chevaux de Tfumidie, VI étéphansjmit autres avoient été brûlis ou tués, ir grand nombre d'armes, LeGéné-ral. confàcra toutes ces chofis au Dieu Vulcan ir les mit au feu ôcc.
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- camp, d’éviter les lieux couverts d’arbres 8c proches des forefts, parce-qu’ils donnent des retraites 8c des réduis favorables aux entreprifcs de venT&to-l’ennémi. ce fut la faute que commirent les ingénieurs de Céfar, en fuitte tfro^t>us de laquelle il fe vit en un danger extrême, 8c je m’aflîire qu’il ne fut jamais jontdmge-en fi mauvais termes ; voyés en le difeours (f) pour votre inftru&ion. En-reu1, fin on prandra garde, qu’il n’i ait point de vallées 8c de collines entrejet-tées , qui feparent les troupes en telle forte, que malaifément elles fe puif fent joindre pour s’entresecourir ; ni d’édifices qui puiflent favorifer les furprifes dé l’ennemi 8c qui nous empêchent de découvrir fur toute la campagne. Quand Sytta fe fut apperceû, quArchelaus Lieutenant de Mithridates, avoit affts fon camp en lieu inégal & interrompu de rochers en teUe façon, que fi une fois il étoit vaincu, il ne lui refloit plus aucun moyen de s’échapper : ilfe vint camper tout auprès , en vnefpacieufe & platte campagne ; & fur l’heure même fit avancer les fiens, étant réfolu de contraindre Archelpüs de venir au combat, malgré qu’il en eût :fe faifant fort fur l'avantage de cette place qu’il occupoit, en la quelle il pouvoit s'avancer & fe retirer en toute liberté : au heu, quArchelaus in-vefli de rochers ne pouvoit pas mettre enfamble toutes les forces de fon armée, que la nature de ces lieux âpres & raboteux ternit féparée ; fi bien que depuis qu’une fois ils feroient mis en route, ces mêmes roches les retiendroient & leur aporteroient beaucoup dempêchement, ces raifons obligèrent dàffaittir l'ennemi, 8i le fuc-
- cés;de cette bataille fut tél : que de toute l’armée des Barbares qui étoit de 110 miïïe hommes , ne refia que dix mille : Les Romains-, trouvèrent de manque premièrement XV des leurs ; puis deux retournèrent que lon croyaitfauffement être péris (b). J’acheverai tout le difeours de la préfente précaution, en difant : que l’alfiéte du camp qui eft prife en plaine campagne en toute liberté de profpeél, eft celle qui me famble la plus commode 8c la meilleure : La- KaMscam* quelle puis apres venant à être fortifiée bien à propos 8c convenablement p»gnesfont' aux préceptes de la bonne Architeâure, aura ces avantages ; que par nos rZ’pZ/i’af-moufquetades nous tiendrons l’ennemi écarté bien loin de nous: que-^Ww nous pourrons faire marcher nos troupes à fa rancontre en ordre de ba-^ " taille bien obfervé : 8c que nous ferons libres de toute crainte d’être fur-pris.
- Or eft il, qu’il n’i a point de places qui nous doivent donner plus de foupçon, que celles, où la liberté de l’accès 8c de la retraite nous peut être empêchée: c’eft à dire, que lorfque l’ennemi les aura faites, il peut faire la guerre à notre ventre, comme dit Plutarque (c) :.on les évitera foi-gneufement, comme celles qui nous peuvent produire, dommage (0,& honte (c). Il i a de funeftes éxamples d’une infinité de malheurs qui ont acompagné le mépris de cette observation. Cét Abrégé ne me permet pas d en produire d’autres que celui ci. Le Conful L. Lucuttus, envoyé Général en cette guerre, amenant quant & foi une légion de la vide, lui adjoignit les deux Fimbrianes, & deux autres encore, & de cette façon ayant en tout‘yo miïïe hom-
- N nn 3 mes
- (a) <JelaGuerr.desGaul.liv.il. (£) App.Alex.cn la vie de Mithridates. (c)enla vie de Lucullus. (d) Voyés lamiferable ruine de Nicias, & de fon armée en Plutarque, en la vie dudit Nicias. ( e ) Souvenés vous de l’infamie de l’accident de Smolensho , ci delfijs rapporté.
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- mes d’infanterie^ 1600 chevaux, fe campa autour de Cyzique devant Mithrida-tes : où, ayant apris de quelques déferteurs, que Mithridates avoït en fin camp environ trois cens mille hommes, & que les vivres leur ètoient fournis, en partie par les voituriers, en partie par mer ; fi tournant deversfis amis , il leur dit : que bien tôt il auroit réduit leurs ennemis en leur puijfance fans combat. Et quil les priait de fe fouvenir, de cette [tenne promejfe. Ayant donques confidèré, une montagne avantageufepour i ajfoir fin camp, laquelle jaiftffant, Unepouvoit manquer de vi-vres,& reduifiitfis ennemis aux termes d'en avoir nécejfitè; il entreprit de l'occuper , comme étant le point important qui lui remettoit la Vittoire fans hazard & fans difficulté. Or efl il que ni ayant qu'une feule entrée en cette montagne & fort étroite, Mithridates avoit établi unepuijfante garnifon a la garde de ce pajfage, par le confiil de Taxilés & des autres chéfs. L. Manlius, qui avoit été l'arbitre dit traité qui avoit été fait avéc Sertorius, depuis fa mort avoit envoyé un des fiens devers LucuUus & receu faparotte ; en fuitte de quoi il perfuada au Roi, de laijfer le paffage libre aux Romains, & d'ajfoir leur camp h leur diferétion. & lui fit croire, que les légions îimbrianes,qui avoient été autrefois commandées par Sertor rius , étoîentfur le point de fi randre à lui & le feroient bien tôt, partant, quil n étoit point befoin d employer de fang, où la ViÜoire fe préfantoit volontairement d'elle même & fans combat. Mithridates fut jimalavifé que de le croire, comme ri ayant foupcon de rien, & fou fi rit, que les Romains pajfans le détroit en toute ajfu-rance, fortifiaffent contre lui cette grande montagne ; quoi fait, ils avoient derrière eux toute commodité de vivres ; Lui au contraire, demeurant exclus, du lac, des montagnes, & des rivières, n avoit que bien malaizément ce qui lui pouvoit être apporté par terre & par charroi. & ri avoit plus de moyen de retraite, ni ne pouvoit aujfi contraindre LucuUus par force, h fe retirer, après avoir négligé de fi prévaloir de l'avantage des lieux : d'aitteurs l'hiver qui s'approchoit, luidevoit bien tôt empêcher les voitures de mer. LucuUus qui voyoit ceci,faifoit rejfouvenir à fis amis de fa promejfe, & leur montroit à l'œil, comme l'effét en étoit prefque tout accompli (a). Cepandant Mithridates, qui par la moquerie de fis Capitaines, nefea-voit pas encore quelle étoit la difette de fin armée , trouvoit mauvais de ce que ceux de Cyzique lui refifioient, & nètoient pas réduis en fa puijfance. mais quand U feeut en quelles difficultés ètoient fis affaires, & que fin camp étoit en telle extrémité de faim, que l'on i mangeoit de la chair humaine, alors toute fin arrogance & opiniâtreté sen aUa en fumée. Car LucuUus nefaifoit pas la guerre pour une vaine
- cfiantion,
- (a) Quint. Martius Philippus avoit bien mérité une mort infâme, s’il eut trouvé qui la lui eût donnée. Même T. Live ennemi fe fâche contre la poltronnerie & la fottife de Per fétu. Troie jours après le Général Romain (è trouva dépourvu de tout confiil: car iln'i avoit point d'kpparance de fubfifler fur cette rqontagne flérile, ni de l’abandonner fans crime £r fans danger ; car Pii fut venu a quitter l’avantage de cette place , l’ennemt le pouvoit prejjer : ir ne lui refloit plus que de co rriger la trop grande hardiejfe de fin entreprifi , par une audace opiniâtre , qui donne quelquefois lieu h la prudanee dans le fuccés. L’affaire étoit aux termes , que fi le Conful eût eû lors en telle, un ‘Trinceqm tût rejfamblék ces anciens Rois de Macédoine , il eût eû beaucoup k fouffrir. ire. Les Romains s'avancèrent quelque peu plus defept mille pas durant le jour : peu de the-minfut fait a pié: il fi pouffaient en/amble avéc leurs armes & leur bagage, & toute forte d’tncommodité-Ù- le Général même auteur del'entreprifenedefavoüoit pas, qu'une petite troupe eût été capable de défaire toute l’armée. La nuit ils ètoient parvenus en une petite pléne : ir rieûrent pas feulement le loifir d’avifir fi le lieu étoit feur , ir s'il étoit fermé de tous côtés : ire. Il ni avoit plus autre chofe a faire , en cette entreprifi fi téméraire , que de pajfer en Macédoine, a Dion, par le milieu des ennemis, ce qui étoit plein de difficultés , fi les Vieux n’eujfent aliéné l’ejprit du Roi : Car Us racines du mont Olpnphe, laiffint une lifiére d’ environ mille pas le long de la mer , dont la moitiéefl occupée de l'embouchure du fictive Baphyre, qui fi répand bien largement en cét endroit ; L’autre partie delà planure , efl couverte , tant du Tamp/e de lupiter, que de la bourgade : Le petit ejpace qui relie pouvoit être aifément fermé d'un petit fojfé ir rampar : & les matériaux i étaient en telle quantité, quil i en avoit a fuffire pour conflruire des tours & des murailles. Le Roifutfiaveugle, qu Hue prit point garde htoutes ces ibofis, mais au contraire prit l'épouvante, abandonna toutes les gardes, ir s’enfuit k P J/due ir . Le fi on fui, qui vit nai H e beaucoup d cfi crante ir d’affurance, en la fottifi ir poltronnerie du Roi &c.
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- oflantation^nicommepour donner un fpeftacïe hpajjer le tempsimaisportant l’efloc dans le vantre, comme l'on dit ,faifoit tout fon poffible pour l’affamer. &c. on dit que peu moins de trois cens mille hommes périrent, tantfoldâs, que valéts de cette armée fi).
- 4. Le camp dattaque doit être affis en iufle diflance de la viïïe affiégée, & le même fera obfervé entre les quartiers, car étans féparés entre eux plus que de raifon,fi l’ennemi du dehors les attaque,ou fi les nôtres viennent à être re-poufles en quelque fortie, il i aura plus de difficulté de s’entrefecourir ** mais fi le camp efl trop prés de la ville , ou les quartiers par trop ferrés ; ce fera toute peine perdue, & multiplication de frais inutiles ; & l’armée fera expofée en périls tres-certains 8c fans aucun propos.
- Lajufle diflance entre les quartiers,a été depuis peu tres-bien obfervée au Siège de Bofleduc : cepandant le P. d'Orange confidéroit toutes chofeséxa-élément : on aidoit la nature, (qu't dette même étoit fortifiée d’eaux & de ma-1 b fer ver en-rais ,) par le fecours de îart & des ouvrages; particuliérement a l'endroit oû ètoïent & ms principales forces, & le quartier du Prince, entre lequél, & celui d’Erneft & entre les Cafimir, refloit un efpace trop vafîe : aitément accejfible h l’ennemi , vers Petel ‘letulTbun par le vidage de Dongen : & l'éloignement étoit tél, que difficilement ils euffent pû obfervée à s’entrefecourir au hefoin. pour remédier h cela , Bréderode fut commandé , de fe Bolîeduc’ fort fier autour de Dongen, avec fon régiment, & quelque nombre de compagnies de furcroît jufques a trois mille hommes. cela fait, on joignit le quartier du Prince avéc celui de Bréderode, par une levée continue, fortifiée de quelques forts & redoutes ; celui ci de même, avec Ernefl, Ernefl avéc Orth , Orth avéc Angel. Par ce moyen, il i avoit entre les nôtres une libre communication par tout, & tout paf fage étoit fermé contre lesforties de l’ennemi &c„Pareillement furent envoyées cinq compagnies a Angelpour fermer & affurer tout ce qui refloit' le Conte de Solms eût la charge de leur commander à la place, qui étoit de très-grande importance.
- Ainfi furent ajoutés de nouveaux quartiers ,feparés en diflance , & toutefois auffi affurés par leur mutuelle communication & liaifon, que de leur propre force (b)
- Au dernier fiége de Maflriél, on faillit en Taffiéte du camp, qui fut faite fi £ prés delà ville, que le quartier du Prince, fe trouva au dedans^de la por- mai prmitée du moufquét : de telle forte que l’on fut contraint de changer fon pro-pre logis & le mettre en un lieu plus affuré, autrement lui qui étoit le chéf 8c en la confervation duquel confifloit le falut de toute l’armée, étoit expofé à de manifefles dangers. Nos Ecofiois n’étoient pas affurés en leurs tentes, où ils étoient fujéts à la portée du canon ; 8c ne pouvoient pas changer ce logis, parce que le camp eût été dénué en cét endroit, dont ils eûrent beaucoup à fouffrir, 8c plufieurs furpris en leur lit, continuèrent le fommeil avéc la mort fi). Il faut craindre, s’il efl: poffible, que par notre imprudance , nous ne tombions en ce defordre. Car tout ainfi que le bourgeois doit être affuré en la ville 8c en fa maifon : il faut auffi
- que
- (<*) Plutar. enlâ viedeLucullus. ( b ) Heinf fiége de Bofled. liv. I. pa. 3 3. & 4 ;. (c) Le Tape Iules, afhégeant la Mirandole , avoit fin logis en un Tample prit de la ville, qui fe trouvait beaucoup au dedans de la portée du canon-, ce bonpaêieur ayant vu deux de fes cuifiniers abbattts a fis pies d'un fini coup ,fans extrême onàion,fut contraint de changer de poêle ; toutefois à quelques jours delà il s'enrepantit&i retourna ; mais un nouvel accidantfurvenu , l’ayant averti, qu’il n‘étoit pas dansle chemin defa vocation til abandonna, ce lieu malheureux. Voyés Gucciard. liv. IX. cha.X 11. dcteftantT ardeur enrages de combattre, qui étoit en ce Pap e. {d) Hexham, j ournàl du fiége de Maftiittpa. 131
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- que le foldat ait le camp pour fon aflùrance. ne feroit ce pas confciance, Le que de braves hommes apres s’être aquités de leurs gardes 8c de leur atififeuraHcharges, d’où fouvent ils retournentblefies ,fufiènt apres cela logés en -un camp expofé à de nouveaux .dangers, 8c qui eft toutefois le feul en-Bourgeois. droit ou ils puifient chercher leur repos & leur feureté. c’eft enfin tout ce qui fe peut faire par un Ingénieur pour afiurer un camp ; & fi encore, fera ce peu de chofe , fi la vigilance de ceux qui commandent, n’eft autre que fut celle d’O&avius Pompeianus («). Oftavius, invejltt Saîones d'un camp partagé en cinq quartiers , & dans un même temps l'affiêgea & la battit. Les hall-tans, rêfolus a tout fouffrir , éioïent fur tout bien malpourvûs de llêd. Après un fort long efpace de temps la longueur du fiège ayant randu ïarmée d’Oétavius plus négligente, ceux de la ville prirent leur temps queplufieurs s étoient retirés a /’,heure de midi : & mirent tout autour de leur muraille de petits garçons & des femme s, afin qu'il ne parût aucun changement en ce qui ètoit acoâtumé: & eux ayans fait une troupeavéc ceux de leursferfs qu'ils avoient afranchis depuis peu, firent une fortie fur le plus proche quartier du camp d'Oiïavius. Remportèrent d'ablord, puis un autre, le troifiême, le quatrième, le cinquième, & ainft furent tous mis dehors, un grand nombre demeura fur la place, ce qui reftoit avéc leur Général, furent contrains de fe fauver en leurs navires : Telle fut la fin de cefiège &c. Honteufe à la vérité, mais une fi groffiére négligence n’étoit pas digne d’un meilleur fuccés. Afin que les chéfs fe fouviennent mieux de la vigilance qui eft requife à la garde du camp, je produirai un fécond éxam-ple, mémorable à raifon de la nature admirable du lieu ; mais plus encore par cette circonftance,que l’on i voit un Roi d'Ægypte,chafle de fon camp,de fon Royaume, 8c de la vie par Jules Cafar, 8c que la caufe d’un fi grand infortune, ne fut autre finon, que ce camp étant attaqué par un Cæfar, la-dcfFance 8c la garde nétoit pas égale par tout. Le Roi avéc fes troupes étoit en lieu fort (b) de nature ; parcequil étoit plus haut que la plaine, qui de tous cotés lui ëtoit fujette. il avoit en chacun de trois de fes côtés, des fortifications toutes différantes. D'un côté ètoit la rivière du Nil ; de ïautre une haute éminance, fur laquelle ètoit affife une partie du camp ; un marais enfermoit le troifiême côté, &c. Ce far confidérant le camp Royal ,fi pwffamment fortifié par art & par nature, & une grande quantité de Joldâs ordonnés fur le rampar, ne trouva pas qu'il fut à propos, de l'affaittir, parceque lesfiens étaient fatigués de combattre & de voyager. Le lendemain Cæfar mena toutes fes troupes devant un chateau, que le .Roi avoit fortifié en un village affés prés de fon camp & ïi avoit attaché au moyen de quelques bras qu'il avoit avancés, afin que le village lui demeurât, & l'em~ porta. &c. Cæfar qui voyoit qu'il nétoit pas poffible h fes foldâs de mieux combattre, & toutefois'quil avancoit peu, à caufe de la dificultê des lieux : & que les Aléxandrim qui étoient à la garde de la plus èminante partie du camp, avoient abandonné leur pofle, parceque de nature il étoit affés fort, & auffi quen partie par ardeur de comlatre, en partie par curiofité de voir, ils étoient defcandusfur le champ de bataille, il commanda des compagnies de l'inveflir © d'i donner affaut &c. 8c de cette façon fe fit maître de tout le camp. L’In-
- {«) Cæfar Guère. Civ. liv. III, (b) Cæfar Gueir. d'Aléxand,
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- De la Fortification Irreguliere.
- L’Ingénieur pourvoira h la falubrïtè du camp :
- En prenant garde, quil ne foitpoint aftis en lieu malfain. car les maladies & les lieux irifedés qui les produifent, ne ruinent pas moins une armée, que les coups de l’ennemi. Végéee au chap. i .du 3. livre, fenfeignerai, comment il fe faut comporter pour entretenir la fanté en une armée a quoi fontr requifes les fuivantes conftdêrations ; des lieux , des eaux , de la faifon, de la médecine, de l'exercice. Quant aux lieux ; que l'armée ne foit point logée, en pays peflilant, autour de marais qui produifent des maladies, ni en lieux arides, ni en campagyies découvertes fans ombrages & fans collines , & que lesfoldâs en été ne foient "point fans tentes. &c. Il i a de ces chofes, dont le foin ne touche point à l’Ingénieur , toutefois ceux qui ont intérêt à la confervation de l’armée les doivent obferver foigneufement. attandu que tous cors font compofés de leurs principes , que les Grecs appellent d'un mm qui eft par nous interprété par celui délê-mens : aufft lorfque l'un par fon abondance eft plus fort que les autres, il diffoût & anéantit tout le refte, ( a ) dit notre V égéee. Il eft certain que la qualité de la viande & du bruvage dont nous fommes nourris 8c de l’air que nous relpi-rons, peut produire en nous des effets extrêmement pernicieux. Je dirai quelque chofe des propriétés de chacun des E'iémcns. llferoit hpropos de deiecomî-remettre en ufage, la manière que prattiquoient les anciens, pour reconoitre la fa-lubrité ( b ) des lieux, car nos anciens avoient acoutumè, d'immoler des beftes qui fnp-
- prenoient leur pâture aux lieux où ils vouloient bâtir des villes, ou établir un k^ZfeZ. camp affuré, & prenoient conjeâure de l'infpeélion de leurs foyes : fi les premiers fe trouvaient livides & gaftês, ils en immoloient d'autres, pour mieux juger fi ce defaut procèdoit ou de maladie, ou de la mauvaife qualité de la nourriture. Ayant fait cette épreuve en plufieurs ÔF reconu la fubftance du foye folide & entière, comme nourrie de bonnes eaux & de bonne pâture, en tél endroit ils nefaifoient point de dificulté de conftruire leurs forterejfes : fi corrompue, ils prenoient argument, que l'eau & que les alimensproduis en ce lieu, dévoient être pareillement pernicieux a Vufage des cors humains ;&fe tranfportoient en autre pays, étans fur tout & en toutes chofes curieux de pourvoir h la fiant é.C’cû. la charge des Médecins d’éx-aminer ces chofes plus exadement. Je dirai feulement à mon Architede, quant à la terre ; qu’il nï en a point de moins propre à l’afliéte d’un camp, Lieux flérU que celle qui n’engendre aucuns fruis, bons, ni mauvais : comme font les lfej£osJires deferts 8c les fables & les marais : Les incommodités étranges 8c infup-portables de ces vaftes deferts des Indes maritimes, où Alexandre conduisit fon armée, fe peuvent lire en l’hiftoire de Curce (f).
- Ooo On
- ( a) DeTArchitcft. liv. I. chap. III. du choix des lieux falubres & des chofis qui font contraires a la fanté. (b) Le même au meme lieu. Avec raifon: car faute d’i atf oir pourveû. foigneufement, on eft quelquefois réduit à périr d’une moit ridicule 8c miférable. La famine [èmettoit en Parmée ; car tant de combâs empé choient que l’on ne pût aller a la pro-vifiondebléi & les outils de la boulangerie manquaient, ayans étélaijfés la plus grande partie ; pareillement les belles de voiture étaient peries en partie, ce qui reliait était employé a porter lesmalades fy les bleues. H fe rapporte qu’un Chcenix de blé demefure
- 4.^1 ... .. -Cm.*. V.. fcx.il. /« «L. * lin* In A/I.u A* J, «. r»n A O I n **/*n*ti+ non fn Amh n i". ne M. n .
- avait mangé , abandonnant tout autre foin, ne faifoit autre chofe , que de tourner & remuer des pierres, à- s’i occupait tout de même comme f c'eût été une bien férieufi affaire: ainfi toute la campagne fut pléne de ces pionniers & remue un de pierres: enfin, ta bile venant à s” émouvoir ils mouraient'.encore le vin, qui était l’unique remède h ce mal, avait manqué, (c) Liv. IX. Vêla il pajfa aux Indiens maritimes • Ces peuples habitent ungrand pays va lie fo dêfirt : & n’ont aucun 1 ^ ’ -n-—' ' — - “ .......
- par
- en commerce avéc leurs voifins. L’ejprit de ces gens là farouche de nature, ell encore randu plus fauvage fy plus intraitable la foliîude. ils ont de grands ongles qu’ils ne coupent jamais'.non plus que leurs cheveux qui font fort épais&toffûs. Leurs
- battu
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- Livre Second,
- buttes fa cabanes fint conBruites de coquillages, fa fimblabtes ordures que jette !a mtr. Leurs habits font de peaux de èeBès fauvages; fa fe nourijfent de poifjons fiches au foleil, 4? au fi de la chatr'des grands poiffons que le flot jette fur le rivage. ^dinp les Macédoniens, e'tans venue à la fin de leurs vivres , ils fantirent premièrement la nécéfiré, enfin la famine, fa fe mirent à ehercher par tout des racines de palmiers, qui eB le fiul arbre qui croît en ce terroir. cette miférable provision leur manquante#-cote, ils vinrent à tuer les belles de charge , fa mêmes les chevaux de firvice -• atnfi, riayans plus qui portât le bagage, il fallut mettre au feu ces riches dépouilles, à rai fin de Jquelles ils avaient pénétré jujques aux derniers extrémités de VOrtant. La famive futfuivie de pelle : car le fisc extraordinaire de ces mauvaifes viandes , te travail du chemin , fa latriBeffi,entretenaient lacets tagion de ces maladies ,fa rii avoitplus lieu d’arrêter, fans ruine, ni moyen de paffer plus outre ; en demeurant, on étaitprejjelfc famine, ens’dvançantla peïle s 'dugmantoit. La cdmpagne était toute couverte, et autant d'hommes à demi- morts, que de eh*, rogner.
- On prandra garde pareillement, que larmée ne foit point réduite à boire des mawvaifes eaUX marècdgeufes » ou mal faine s d'ailleurs : car les mauvaifes eaux font comme eaux efi pe- une pefle, qui empoïfonne ceux qui en boivent (a ). Lors que Pompée étoit devant p tient. NumancCy il commanca de recomitre par une dangereufe expériance, la nature de
- l’air (b) & de l'eau, par les flux de vantre qui affligèrent fon armée, & en firent mourir un grand nombre. Cefar même en fon camp devant Aléxandrie, fut prefque réduit à la dernière extrémité ; Ganimedes lui ayant détourné, ou corrompu les eaux falubreS ( c) & potables.
- Mais entre tous les lieux il n’i en a point qui foient plus malfains, que ceux, ou qui ont faute d’eau, ou auxquels, elle peut être détournée par l’ennemi. Spinoîa manqua grandement en ceci .Après queplufieurs jours fe furent pajfés en ce doute, l’armée qui étoit au vidage de Giljen, commanda de perdre Faute de courage. Veau'qui étoit la plus proche du camp étoit celle'de la rivière à deux SfiMk. ïküeS(Pclh. llni avoit que bien peu de puits, & l'ardeur du foleil les fai foit tarir, ou h force d'être tirés ils s'épuifoient, & ce qui s’enpuifoit étoit trouble, & faloit un long temps pour léclaircir, cepandant l'impatiance de la foif, & les grandes chaleurs de la faifon, en contraignaient plufieurs h boire de ces mauvaifes eaux% telle quelle Je pouvoit rançonner dans lesfofiés, ou dans les ornières, dont s enfiû-voient des maladies. Le rapport de cette incommodité ayant été fait h Spinola, ne voulant pas croire de leger, mais bien éxaminer la chofe, il manda quelques uns de fis Colonnels, pour aprandre d'eux, fi la faute d'eaux étoit auffi grande, qu'on la faifoit. ceux ci, foit qu'ils n'ofafient déclarer ce defaut du camp, par complaifan-ce, ou qu'ils jugeafient de la nécefiité des autres * par leur abondance, afjurérent que leurs foldas enavoient de refie. Mauvailè foi de ces Colonnels ! épouvantable négligence du Général de s’en rapporter à un ouï dire, pour lâuver fa réputation ! celui qui faifoit le rapport, appelé par le Marquis en la préfance des Colonnels & perfévérant en fon dire, de bonne fortune pour lui furvint le Conte J an de Nafiaw qui commandoit à deux régimens d'AÜemans, qui confirma la réld-tion de celui ci, en racontant la mifére de fes foldas. Alors, un de ceux qui avoiem foutenu le contraire, dit en l'oreille au rapporteur, quilluifcavoitbongrê de et qu'il avoit dit, & que lui ne l'avoit ofé faire. La chofe avérée, Spinola fit creufer force puits de tous côtés, & ainfifut trouvé le remède, &c. auffi n’i a point d’autre moyen que celui là. Mais entre des marais on ne peut pas creufer de
- puits :
- (a) Vcgéce liv. I 11 ch. 11. (b) App. Alex, aux Iberiq. ( c) Ganimedes ayant et* avis, qui! i avoit moyen doter te ait aux nôtres , qui étans féparés ça fa lâen divers quartiers a la garde des forts , allaient puifir de l’eau pour leur ufage, dans les smaifons particulières cavernes & puits, ce confèil trouvé bon, il entreprit H’une chofe grande fa dificile. ayant fermé le pajfa-ge de toutes les eaux de ces cavernes , quelles ne pûjfent aborder aux endroit de la ville qu’il occupait avèc des moulins fades pompes , il tira grande quantité d’eau de la mer, que fans cejji il faifoit cottüer du côté de Cefar. cela faifoit, que L'eau que ton puifoit aux plus proches maifins, fi reconoijfant plus filée que de coutume, on s'étonnait, fa ri en pouvoit on découvrir la caufi: dont ils ne pouvoientfe croire eux mêmes : dautant que ceux qui étaient plus loin , difoient que leur eau, étoit de meme qui auparavant, fafaifôient conférante de l’une à C autre, fa en effiy oient pour juger de leur differance. En peu de temps, Une-toit plus pofiible de boire de cetteci , qui étoit plus proche , fa la plus éloignée commançoit auffi d’être filée fa corrompue : ainfi, rit ayant plus de doute ,itieût telle crainte,que tous ne pan foient autre chofe, (ino.n qu ’ils en etçient venus au point de la dernitté extrémité : fa les autres blâmaient Cafir de ce qu’il tardait à fe remettre en fis navires ftcç,
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- De la Fortification iRREcutiERE. 479
- puits : alors on met l’eau trouble en des vaiffeaux expofés à 1 air, jufques à ce qu elle foit raffife : 8c puis, par une douce inclination on la reverfe en mLaZ% d autres vaifièaux, lailîant 1 ordure dans les premiers, c eft ce qui avertit toutes les l’ingénieur, à ne jamais affeoir fon camp en Heu marécageux, qui, pour ÏIZpp l’ordinaire, eft ftérile 8c de mauvaifes eaux ; 8c encore de plus mauvais gjj. celle des ear les Irouêes du matin, sefandromfur la vide, ( & fur le camp )&fe forme- «J»”?* font des mages, mfeiïès des efprits des tejles venimeufes, (c’eft la Philofophie de Ve'ge'ce liv. I. chap. IV.) quife communiqueront aux cors des halîtans, & ran-dront l'habitation pejlilante . Nous avons ci délias parlé du camp des François devant Naples, & de celui de nos E'tâs à l'Eclufe, marécageux & contagieux.
- Un camp trop étroit eft encore defedueux pour cette raifon, qu’il eft fiijet aux maladies : car en cette prellè, 1 air eft aifé à fe corrompre,tÉs du camp par lés infedions qui proviennent de la quantité des excrémens,, 8c(*) des charognes . Tu auras un lieu hors le camp auquel tu te purgeras ; 'que ton camp [oit faint , & que nuUe ordure ni apparoiffe. c’eft une Loi (b) de Dieu. On obligera donc , les bouchers, bîanchiflèurs, cuifiniers, 8c autres manières de gens qui font beaucoup d’ordures, de les enfouïr bien avant , ou de les tranfporter hors du camp, afin que l’air ne fe corrompe. Il eft certain que la demeure qui cft à l’air n’eft pas fi facilement infedée ; une chambre enfermée , s’cmpefte 8c s’empoifonne plus aizément, comme il eft arrivé en notre temps, en la chambre la plus illuftre d’Italie. Nous avons ci defius parlé du feu, adjoûtons i encore quelque peu de chofe. Le fubtil Hannibal, facham que les Romains étoient campés en lieu où ils n’avoient pas de quoi faire beau feu ; non plus que lui : ( O Laijfa tout exprès enfin camp ,pîufieurs troupeaux de lefles à cor-ms , que les Romains pillèrent, & riayans que fortpeu de lois, h les cuire, mangèrent de ces chairs malfaines : mais Hannibal retourné la nuit alors qüils i pan- cautions foient le moins, leur fit beaucoup de pêne,lesfurprenant encore s foûs de ces chairs polir l'ëlk~ à demi crues. Lés Scythes fe fuflènt bien moqués de luis qui avoient, ce fiT * ' dit Hérodote (f) l’invantion d’entretenir le feu fans i mettre du bois, & dau-tant, ( ce font les termes de Vitruve ) que foldat qui endure du froid, ne peut eflre nifain, ni bien capable de faire fa charge ; tl eft fur toutes chofes néceffaire de pourvoir, quil ait du bois a fuffifance & foit bien.veflu. Vous plaît il que ie vous en donne un éxample? L auteur du fiége de Bréda dit'ainfi(/):Z<zprovidance de Dieu qui veiîloit à la confirvation de notre armée, ne parut point fi manifejle en aucune autre chofe , quen ce que je vais dire s fia la même rigueur le froid, eût été, comme c’eft lordinaire, dans les prémiers mois de l’hiver, telle quelle.
- Ooo 2, fut
- ( i) 'Tlufieurs foldâs fefaifiient ouïr en leurs cors de garde <£r en leurs converfàtions ordinaires, quils mangeraient plutôt les écorces des arbres, que de fiufrir que Tompée leur échappât, car ils avoient plaifird’entandre de ceux qui fe Tandon nt à leur parti, quil i avoit encore des chevaux, mais que toutesles autres bettes étoient péries : qu’ils étoientprefquètous malades , a cattfè de la prejfe de leur logis, ir delà puanteur des charognes ,ir du travail des ouvrages 5 maisfur tout qu’ils avoient faute d’eats. parce que (afar, avoit détourné ou bouché toutes les rivières ir ruijjèauxle longde lamer: ir comme les lieux étoient mont ueux. à l’endroit de l’étrecijfûre de t embouchure des vallées, il avoit fait des padiffades de pieux plantés, avécde la terre enta/fée, pour arrêter Te au. ce qui les contraignait de chercher les lieux bas & marécageux ir decreuferdes puits: ir c était une courvée de fur-croît adjoutée 'a leurs ouvrages ordinaires ; quant aux fontaines un-peu plus éloignées des lieux fortifiés, elles tarifaient atfé-ment ire. Cæfar Guerr. ciyile, liv. 111. ( b ) Deuter. chap. X X111. (c) Front. Stratag. liv. 11. chap. y. (</) en fa Melpom. (e) Liv. III ch. 11. (f) Herm. Hugo 82 & s*.
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- 48o Livre Second,
- fut en cefle extrémité qui dura fort peu, infailliblement, il mus auroit fallu abandonner le fiége pour cette feule incommodité, car en ce peu d'efpace, la froidure fut fi véhêmante, que plufieurs eârent les membres engelês,quelques uns moururent de froid en leurs gardes. il i en eût qui en furent fai fis aux piés & aux mains d'une manière fi étrange , qu'il les falut couper. Il avoit dit un peu plus haut. VInfante lfabelle, pour garantir les foldas de l'armée des injures de l'air, avoit fait don-*ïême ner, fix cens manteaux velus, pour ceux qui dévoient être h la garde la nuit ex-camptd pofés auferain h tout le refie des fouliers^ des chauffes. ïr/V/- Ci après je propoferai les moyens de pourvoirà la faim, à la foif, au
- **' froid, au chaud &c. qui font les principales caufes des maladies. le me con-tanterai pour le prefent, outre les Médecins, Chirurgiens & autres minières de fanté néceflàires, dont l’armée doit être fidellement pourvue par le foin de fon Général, de montrer un Antidote merveilleux contre toutes fortes de maladies, mais ce fera pour ceux qui fe portent encore bien, pour conférver leur fanté : c’eft l'exercice des armes & le travail Un éxample recent que je vais produire, confirmera cette vérité , quand à la fécondé de fes parties, eftant la première confirmée il i a long temps («).
- Le camp fera commode i.par la commodité du heu de fon affiète.
- En matériaux pour tout ufage néceffatre.
- dont il faut avoir fait provifion fi le lieu fie les peutfour-
- Terre maniable : matière propre aux ufage s
- Herm. Hugo :( h ) Les foldas de notre armée, a force de couper & d'abbatre le bois, de faire desfafcines, de les tranfporter , de taïUer [les gazons, de travailler aurampar du camp & aux autres ouvrages de fortification , furent garantis de toute maladie ; cependant, que par la mauvaife difpofition de cét automne, les ennemis ètoient fort affligés de fièvres & de Peflilance.
- L’Ingenieur pourvoira a la commodité du camp ,
- I. En prenant garde qu'ilfoit affls en lieu commode pour fon ufage & fes nécef fîtes : àfçavoir .• les matériaux, l'eau,' les vivres, les fourrages, de bois &c, La provifion des matériaux, regarde notre deffanfive 8c l'offanfive contre l’ennemi : étans néceffaires d’une façon aufli bien que de l’autre, foit pour nous fortifier, ou pour faire desemparer l’ennemi du lieu qu’il occupe, il n’i a pas par tout la commodité de fleuves navigables, par le moyen def-quels on puiffe aifément tranfporter toute la matière qui efl: néceflàire à la ftruâure dun camp, en une place qui fera deftituée de tout fecours pour cét effet : 8c peut-être encore que le Général aura dédaigné de pran-dre le foin de fi petites chofes: encore que le P. d’Orange, ne les jugea pas indignes de fa prévoyance quand il voulut affiéger Bofleduc : parcequ’il n’i avoit point de bois en ce quartiers,pour le marrein qui étoit néceflaire. Au temps où nous fommes,un fons qui foit propre à fournir de gazon,ne mérite pas peu de confidération : 8c encore étoit il. requis aux plus vieux temps,puifque le defaut de cette matière fut la ruïne de C.Scipion,8c de fon armée,& de la perte de l’Efpagne prefquc toute entière à la rép. Romaine,
- fans
- (a) par Vegeceliv. 111 ch.ïl. ceux qui ont l’expériance de la guerre ,difent que Fexercice des armes ordinaires, entre-tient mieux lafanté du foldat, que les Médecins. Et pour cette caufe sis ont ordonné, que les gens de piéeujjènt à s’exercer continuellement , en temps de pluycs ér de néges , a couvert, aux autres jours a la campagne, pareillement que les Cavaliers, s’éxer-fajjènt eux <b leurs chevaux affiduellement, non feulement en plcne campagne, mais aujfi en lieux difficiles & raboteux, & fur des fentes malaiséesjoignant des foffés , afin qu'aux occafions rien ne fut nouveau, ou étrange. D’où ilfe voit, que l’armée doit ctre d'autant plus foigneufem ent entretenue en éxercice , que cette accoutumance de travail, leur donne la fanté dans le camp, & 1* viftoire dans le combat, (b) Siège de Bicdapa. 32, (s) Heinf. fiége de Boiîediiç liv. i.pa.35.
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- De LA FORTIFICATION iRREGUtlERE. 481 (ans quil i eût toutefois de fon imprudance ou de fa négligence. Scipion (a) rappela les fiens du combat, les ramajfant fur une certaine petite lutte , qui riêtoit pas encore, trop affurée : particuliérement à des troupes déjà étonnées, toutefois elle étoit plus élevée, que toute la campagne des environs : D'abord, ayant mis le bagage & la Cavalerie au milieu d'eux, l'infanterie rangée tout autour, riavoit pas grande pêne de repouffer les affauts des Numides, mais depuis que toutes les -bandes , & trois Généraux, avêc trois armées complette s furent arrivées, & qtiil eût été reconu, que la deffance des armes feules ne pouvoit pas fujffire fans rampar & fortification ; Le Général commanca d'avifer quelque moyen de fe ramparer : mais cette butte étoit fi dénuée le fins fi jîérile, qu'il ni avoit ni fafeines a cou-
- per , ni gazons a tailler, ni terre qui fut propre h foffoyer, ou h faire aucuns autres Tertre ouvrages : & de nuïïe part ne fe préfantoit rien de rabotteux ou de difficile, qui pûtnué de touts-randre le lieu moins acceffible a l'ennemi, il ni avoit tout a l'entour qu'une pante Taufedei* facile ; toutefois pour reprefanter quelque image & forme de rampar, ils environ-rHine de cfn' lièrent la place de bâts avec leurs charges attachées, élevans le tout en proportion défoulé de quelque folide hauteur : & où les bâts leur vinrent â marquer ils entaffoient du mée’ bagage de toutes les fortes. Quand les armées Carthaginoifes fe furent approchées, les troupes rieûrent pas grande pêne â monter la butte : d'abbord cette nouvelle fa-* ce de fortification les retint en admiration : cependant les Capitaines & principaux chefs s'écrioient, qui les arrêtoit : & pourquoi Us diferaient d'abbatre, ce taudis ridicule, qui n étoit pasfeulement capable d'arrêter des enfans & des femmes ? que l'ennemi étoit de\a défait & prifonnier derrière ce bagage, &c.
- Quant à l’eau ; elle eft grandement néceffairc tant aux hommes qu’aux befles de fervice qui font en l’armée ; & la nécelîité qu’en ont eu quelque- ^eaum'cef-fois de grands Capitaines & de tréspuilîàntes armées, les a fait périr. Té-"* moin, ces deux éxamples mémorables de l’antiquité, que je vais alléguer.
- Curce nous donne le premier (*) la faute d'eau, excita la fiif, premièrement par defefpoir, auparavant même que l'on fût preffê de îappétit de boire, par sx~
- un efpace de CCCC flades il nefe trouve que quelquepeu d'humeur @c.partant premièrement les courages & puis les cors commencèrent de s'afoiblir, dans une incertitude ennuyeufe & une déplaifance de ne feavoir, fi on devait s'arrêter oupaffer outre. Quelque peu d'entre eux, avertis par ceux qui conoiffoient la condition du d’Alexm* pays, s'étoient pourvâs d'eau, ce qui pour un peu de temps appaifa la fiif. mais de- %erlfnd puis , comme les chaleurs s augmantoient déplus en plus , auffi la nêceffité de rafraîchi ffement fût accrue. Sur cela fut diftribuê entre les foldâs, tout ce qu'il i avoit de vin & d'huile, & le plaifir de boire fut fi grand, qu'il leurfambla que déformais ils nauroient plus de fiif. Devenus pefans, pour avoir bû avec trop grande avidité, ils n avoient plus de force pourfupporter leur s armes, ni pour marcher : rèpu-toient ceux qui avoient manqué d‘eau, les plus heureux, par ce que ceux qui en avoient bû ,pour en avoir pris par excès, étoient contrains de la revomir & c. Enfin Alexandre arriva fur lefleuve d'Oxus, environ le foir. mais la plus part de fin armée ne le pouvoit atteindre, ilfit faire des feux fur le fommét d'une haute mon-tagne, pour faire conoitre, a ceux qui lefuivoient h pêne qu'ils n étoient pas èbi-
- O 003 gnés
- (4) Tit. Liv. livre XXV. (*)Liv. VII.
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- gnês du camp. Quant a ceux des premières troupes, les ayant fait repaître promte-ment, ils eurent ordre, de ramplir, /« «w des vaiffeaux, outres, ^
- chofe qui pouvoit contenir Veau , @ daller fecourir leurs compagnons» mais ceux qui en lurent trop avidement en furent étouffés. & le nombre de ceux qui périrent en cette façon futplus grand, 77##<? perte quil eût jamais faite
- en aucune bataille. Affranius étoit en termes de pouvoir vaincre Cœfar par famine, s’il eût fçeu fe fervir de l’avantage de fa fortune ; & pour ne l’avoir * pas ménagée, il fe trouva depuis contraint de fe randre à Cæfar par la foi£ Cæfar le confeflè lui même ; Le temps, dit il, étoit très-difficile ; (ai) car alors il ï avoit neceffité de liés au camp d’hiver, & sen faloit un peu qu'ils ne fuffent meurs h la campagne ; Les villes étoient épuifées, parce qu Afranius, avoit prefque tout fait ferrer en ilerda : ce peu qui rejloit a Cœfar, avoit été confommé les jours précêdens : Le bétailqui pouvoit être un fécond recours h la néceffité, avoit été détourné loin des villes, à caufe de la guerre. Mais en l'armée dAffranius toutes chofes étoient en abondance : ils avoient & blés & fourrages en grande quantité, &c. Entre tant d'incommodités, la cherté des vivres croiffoit ; non feulement h raifon de la néceffité pré faute, mais auffipar la crainte de l'avenir : deforteque chaque mui de blè étoit montéjufqües aux prix de quarante Se fier ces ; & le defaut de vivres diminuoit les forces de l'armée ; Les incommodités s augmantoient tous lès jours, & en fort peu de jours il i avoit un fort grand changement ; La fortune s'é-toit tournée, nos gens étanspreffès & affligés du manquement de toutes chofes nê-ceffaires, au contraire les ennemis étoient à leur aifê & paroiffoient avoir l’avantage, 81c. Cæfar étoit alors flanqué de deux rivières le Sicoris & le Cinga, 8c avoit largement de quoi boire, mais bien peu à manger ; tandis que toutes les rives étoient aiïiégées des troupes d’Affranius pour lui empêcher le paflage. ilfit donc faire parfes foldâs nombre de bateaux extrêmement légers; Leurs carénés, quilles & traverfiers, étoient de bois leger, tout le refie du cors tiffu do fier étoit couvert de cuirs. Quand elles furent toutes parfaites, il les fit trapporter de nuit par charroi, XXI1 mille pas loin du camp, auquél il étoit obfervé de l'ennemi oppofê à Vencontre, & à l'aide de fes vaiffeaux fait paffer la rivière à quelques ms defesfoldâs fe faififfans d’une colline qui touchoit à la rive. Là il fe fortifie promtement, avant que l'ennemi en eût conoiffance, ipaffe fon armée, & dref-fe un pont de chaque coté, parfait en deux jours. Alors il commanc a de pourvoir aux vivres. &c. Le pont achevé, la fort une changea : voilà Affranius & P et relus en de grandes craintes, que les vivres & les fourrages ne leur fuffent coupés, par-ceque Cœfar étoit fort de Cavalerie, ce qui les fit refoudre à lever le camp, pour tranfporter la guerre en Celtiberie, &c. Le lendemain Petreius accompagné de quelque petit nombre de Cavaliers fut pour reconoitre les lieux, on fit le tnême du coté de Cœfar. L. Decidius Saxo fut dépêché pour cèt effet ; de part & d’autre on fait même rapport, à feavoir, quil i a cinq mille pas de plène campagne & que puis après ce font lieux âpres & montueux, & que le premier qui fe pourra faifir de ces détrois, n'aura point de pêne dempêcher le paffage à fon ennemi. 8c c. Cœfar fut le plus habile ; Affranius & Petreius rebrouiïènt chemin, l’autre les,
- pour-
- K«) Llv, I delà Gueirecivile»
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- Delà Fortification Irreguliere. 483
- pourfuit. Les bat en queue vivement, deforteque peu s'en fallut qu'il ne les mit en route. Cœfar prejfe ® toutes fes troupes leur tombent enfamble fur les bras, ainft, nayans pas le moyen de choiftr un lieu propre h fe camper, ni de paffer outre, ils furent contrains d'arrêter ® d'affeoir leur camp en une place defavantageufe, & loin de leau. ®c. enfin affiégês ® privés de toutes chofes, // / avait déjà quatre jours que leurs befles n avoient point repeû, contrains à faute d'eau, de bon ® de pain, ils demandent à parlementer pour le remettre entre les mains du Vido-rieux.
- L’Ingenieur enfin aura egard , que le camp puiflè être fourni commodément, de vivres, de fourrage ® de chauffage néceflàires. car il arrive bien ïâcZZè-fouvent que la difette , ruine plus une armée que le combat, ® la famine efl plusté des vim cruelle que le fer. Mêmement il i a remède aux autres accidens dans le temps}ZrraZ$ même ® les occaftons ; mais le defaut de vivres® defourrages n'en a point d'au-treque di avoirpourvû avant qu ilarrive®c. fouvent cette nèceffité redouble ® n'eBpl ' s'accroît, quand le fiêge continué lien loin au delà de ce qu'on avait eflimê, ® que™™ îennemi qui vous inveflit, s'opiniâtre auffi de fin coté àfoufrirla faim, fous le-Ie d€andre fperancê de vous réduire en leur pouvoir par les mêmes armes : il faut donc en hi- tJZJdZ ver avoir donné bon ordre au fait des vivres ® du chauffage ; ® en éflé, avoir1'£nnemi' pourvû h ce que l'on ait abondanced‘eaux (a ) &c. mais afin que les éxamplcs que je rapporte de l'antiquité, ne foient point ennuyeux à ceux qui la dédaignent mal à propos, en voici de modernes & plus familiers. Plufteurs considérations ( b ) portaient Spinola h l’entreprifi du fiège de Breda, plufteurs autres? en détoumoient aujfi.il i étoitprincipalement convié parla conftdêrationdu terroir des environs, aifé h tirer des tranchées, h pouffer des galeries, à élever terraffes, ® h faire tous les ouvrages nêceffaires, tant pour l'attaque que pour la circonvallation : pareillement la rivière commode pour les eaux ,® qui pouvoir être fermée avêc beaucoup, de facilité ; au moyen de quoi les àffiégés pouvoient ê-tre réduis en toute extrémité de chofes nêceffaires. les forêts prochaines pour le Quelles réchauffage,® la campagne d'alentour très fertiïïé pour le recouvrement des vi-ZiZeZispU vres ®c. ce qui le dètournoit au contraire, c étoit la force de la ville, puiffante, nolaaufiégi par nature ® par art : ® fur tout la tres-grande difficulté qu'il i aüroit de convo- & ^Meuel yer défi loin toute s les provijions nêceffaires : i ayant tout autour un grand pays afffff0effferi fubjét aux incur fions de l'ennemi, nos vides éloignées d'un grand chemin par ter- noient. re, ® mal pourvues pour elles mêmes de leurs nêceffités ; ® outre tout cela, il ne voyoit point de rivière derrièrefoi, qui fut capable de lui faciliter le tranjport des vivres ®c. Les colonnéls qui furent envoyés recùnoître la vide, raportoient toutes les mêmes chofes ; de' la commodité de la terre pour les ouvrages ; de la rivière pour leau : des forêts pour le bois ® le chauffage ; de labondance ® fertilité de la campagne pour les grains® les fourrages ; mais ils difoient auffi tout le même touchant les chofes qui pouvoient diffuader Tentreprife du fiêge, ®les reprefantoïent encore plus dangereufes ; quil étoit impoffible de ranfermer un figrand efpace dans une circon-vadation ®c. ce fut toutefois par cét avantage que trouva Spin, en la facilité du terroir , quïl entreprit & eût le moyen de parfaire avec un travail
- incroyable
- (a) végeceUv. III, chap-111. {b) Herm.Hugo liège deBîéda,pa. 5-& 14. &•
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- incroyable cette circonvallation de grandeur admirable autour de fon camp, contre l’ennemi du Dehors, & encore en un temps d’hiver très* dificile; pourfe garantir des irruptions defquel les il étoit menafle au corn-mancement du Printemps.
- Mais la commodité du camp fera tres-grande,
- 2. Si le campeft ajfis proche d'un fleuve mon feulement pour une plus grande afliirance 8c pour la fente, mais aufli pour la facilité du transport Avantages des chofes néceflàires, fi la rivière eft navigable. Quand à l'ajfurance, c’eft âun camp^ parce qUC ? ieur côté qUi fera ]e iong de ja rivière n’aura befoin d’être que
- d’une rivié. bien légèrement fortifié, ou point du tout : pour ce qui eft de la famé, il i
- furan-ce, fiant éfa-
- re-.ajfuran. pera commoc|énient pourvû en relegant au bord de la riviere , les bou-
- ciûtéde chers, vandeurs de marée, vivandiers 8c autres manières de gens qui font chofesnêcef- des ordures au camp, pour lesjetter en l’eau.il i aura aufïi une très grande favres. facilité pour letranfport des vivres 8c autres chofes néceflàires : par ce que qu’un feul bateau ren aportera tout autant ,que pourroient faire fix cens charrétes par terre : outre que les charrétes ont befoin d’un grand équip-page de charretiers 8c de chevaux, 8c de convoi, ce qui mét la cherté aux vivres 8c autres marchandifes : mais il faut feulement deux ou trois matelots à conduire un bateau, qui fuit le cours de la rivière ; ou par le moyen d’un bon vent larebrouflè à force de voiles: ou même peut aller avec toute fe charge contre le cours 8c contre le vent avée l’aide d’un feul cheval. Au confeil de guerre qui fut tenu par Spinola pour délibérer du fié-ge de Bréda, les Colonnels qui étoient de l’avis contraire, difoient : Nous aurons plutôt nécejftté de vivres, que n auront pas mêmes les ajfiégés, h caufe de la difficulté de les tranfporter par terre, qui eft lefeul moyen que mus avons de pourvoir notre camp, @ encore eft il dangereux : & de plus, l'ennemi le peut fermer, & affléger ( a ) &c. Alors Spinola ,fe propofa fur toutes chofes de faire en forte quili eût un ordre bien établi, par le moyen duquel une fi grande armée pût être fournie praniqués fes nécejfttés, pour tout le temps que le fiége auroit a durer, en toute liberté p7urfi*fa’ a$urance' EtPour effêt ttyant reconu que deux chofes étoient particulièrement
- lîter la diffs- requifes : premierément une notable quantité de chariots,jujques au nombre de ‘mmerhsvi- îuaîre cens > Pour ^es voitures ; & puis après d'un chéf& mandant qui neût autres enfin tre charge que de commander aux convois & de les amêner aux tems difici*
- camp, au de- îfâ faut du fi- leS ^C'
- cours dune Nous avons dit ailleurs (b) quelles commodités reçoivent les Provinces
- Les prôvin- unies, en leurs expéditions militaires, par le fecours de leurs rivières navi-7nt ZTtres- SabIes*A tout ce <lue j’ai dit jufques ici, je n’adjouterai que l’éxample,d’un grandecom- perfonnage,qui s eft fait reconoître fi excellent en ces matières,que s’il ne-TmoÿZe toit Général de l’armée, il le faudroit faire Maréchal de camp. Quand il vit leurs rivié- toutes le s troupes des Belges ajfamblées venir a lui, & que tant fes coureurs, que k* Bhemois, l'eurent ajfttré, que déjà elles étoient fort proches, il fitpaffer à fon armée la riviere de Saône, qui eft fur les derniers confins de la contrée des Rhémoü. c&far grand & Par cemoyen il fortifioit un côté de fon camp de la rive du fleuve ; & s'ajfuroit
- Maréchal j
- de camp.
- (a) Herm. Hug. fiége de Btédapa.i?.&4«. &jp. (’i)Pa.ôffiiiy
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- De t a Fortification Irreguuere. 485 tle tout ce quil avoït a dos, contre t ennemi. & prenoit l'avantage de pouvoir être fecouru de vivres, tant de Rheims que des autres vides, fans aucun péril {[).
- C’eft ce que j’ai pû reccuillir de ce qui a été obfervé par les fages historiens ; prattiqué par les expérimentés Architedes, 8c confirmé par l’autorité 8c approbation des grands Capitainesyde la manière d’aflèoir un camp. L’ingénieur qui fera pourvu, d’intelligence fçaura bien difcerner aux occa-fions, le moyen de fe conduire Sagement en fon éledion, à raifon de l’u-fage 8c du deffein. 8c d’autant, qu’il arrive bien rarement, 8c peut être jamais , quune place aitenfamblctoutes les commodités défiréesen ces^upr»* précautions, le principal égard fera celui de la fureté, donnant toujours la dunce * préférance aux confeils raisonnablement aflurés, plutôt qu’aux belles ap-parances, plénes de hazard 8c de dificultés. Au refte il i a plufieurs cho- difceïner ce Ses, de celles qui ont été ci defius prefcrites, pour les bloquades, qui Se iZ&T peuvent rapporter ici ; 8c auiîi de celles, qui font ici employées, quelques faH "-Saunes pourront être appliquées commodément en l’autre endroit : de toutes lesquelles un Ingénieur avifé pourra faire aifément la diftindion, 8c les mettre en ufage , fans qu’il Soit befoin d’ufer de beaucoup de paroles pour l’en inftruire. En fin, toutes les mêmes précédantes observations, ont lieu fins propres en l’afliéte des autres camps,tant des camps volans,que de ceux de defan- “ITllÎTm-ce:de forte que ces mêmes chofes étans bien comprifcs,l’ingénieur pourra Per’ travailler avec aflürance par tout.
- Notre Arêoteiïomque enfeignera toute la manière, tant générale que particulière , de la Fortification du camp, de la façon 8c des mefures de fon Fofle 8c de fon ramjpar en longueur 8c en hauteur; les longueurs 8c largeurs généralles 8c particulières, pour le logis d’une compagnie, tant de Cavalerie que d’infanterie, de plufieurs enfàmble comme d’un Régiment, de plufieurs Régimens enfàmble, dont toute l’armée eft compofée, les 7j£p,e plans pour la place d'armes, pour \eGeneral,yom les poudres 8c l’équipage de l’artillerie 8cc. on trouvera di-je les mefures 8c la manière de loger toutes ces chofes en notre Aréotedonique, tant pour les repréfanter en papier, que pour les réduire en prattiqué à la campagne, cepandant vous avés ces figures que je vous propofe pour le divertifiement de vos yeux, attan-dant un écrit qui foit capable de fatisfaire à votre intelligence.
- Tout ceci fera terminé par une louange du camp, qui nous fera fournie Ejoge dli par ce grand Capitaine Paulus Æmilius : Nos anciens eftimoient le camp, camP-
- comme un port de retraite contre tous accidens quipouvoientfurvenir h une armée,dou les [cédasfortent pour le combatf§ s'i retirent a l'abrijaffés & travaillés après la bataille, ceft pourquoi, ils ne manquoient jamais d’i établir bonne garni-fon, pareeque celui qui avoit fait perte de fon camp, encore qu'ilfe fût randu Vifto-rieux en la campagne, étoit tenu pour vaincu. Le camp eft le logis du Vittorieux, le recours du vaincu, combien darmées, qui avoient eû la fortune contraire dans le combat, s'étans receuiüies bien a propos en l'enceinte du camp, peu aprèsfont [orties & ont repouffé & défait leur ennemi De ceci les éxamples font en grand
- P p p nombre.
- (4) c*fai de la Guerre des Gaules, liv. II. Tit.Live, liv. XL IV.
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- Laforme Au camp
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- nombre. Partant conclut Æmilius, cette demeure militaire efl me autre patrie , dont la clôturefont les murailles, & chaque tente, lamaifon dufoldat. c’eft ainfi que le camp eft louable & utile ; Végéce maintenant parlera deja forme & néceffttê. (a) A raifon de la place, tu formeras ton camp en quarré, en rond, ou en long. La forme ne fait rien a la né ce fit ê defon ufage, Toutefois, la forme bar-longue, qui s'étand en longueur une tierce partie au delà de la largeur, efl efl'tmée la plus belle. Ür efl il que les maréchaux du Camp doivent prandre la mefure de leurs efpaces, en teüe façon que l'armée fort comprife en leur quantité, car en un Camp trop eflroit une grande armée efl trop preffée & encores nos forces font trop étandues,en un Camp qui a trop defpace. Et certainement fdnia rienquifoitplus &fa necef- ngcejfatre & de plus grand fervice en une guerre qu'un camp bien ordonné : en l'enceinte duquel, les foldâs pajfent en ajfurance les jours & les nuits, comme s ils portoient avèc eux, me ville fermée de bonnes murailles, mais cèt ordre a prèfent efl tout aboli : & ne fe trouve plus, qui enfermefon camp dunfojfé tout à îentour & d'une paliffade. Par ce moyen, il arrive fouvent qu'il fe voyent furpris, tant le jour que la mit, par la Cavaüerie des barbares, ce qui a quelques fois aporté de notables dommages a plufieurs armées. Et ri encourent pas cefeul danger d'être ainfi logés, mais encores alors que dans le combat ils font repoujfés n'ayans pas de fort où ils fe puijfent retirer, on les maffacre comme des bêtes. Et nia point de fin h ce carnage, tant que l'ennemi à la volonté de les pourfuivre. 8cc.
- Si je voulois étandre les autres parties auflï diftufément que j’ai faii cellcci de l'afftéte du camp, ce ne feroit plus un abrégé de l’attaque des villes, mais la manière toute entière de les forcer ; j’abregerai donc, pour me réduire aux termes de mon deflèin.
- circonvai- Quand ^ camf efl affls > on procède à la Circonvallation : c’eft le moyen de UtimdoH- procurer la ruine des afiïégés ; de s’afîurer foi même & de s’accommoder. bl<Dedam& Deux raifons principales obligent à cela .* pour èmpêcher le chemin aux dehors. forties & fermer le paflàge aux entrées de fecours & de provifions. on fait donc une double clôture de circonvallation .* en dedans, contre les afliégés,-au dehors, contre le fecours 8c les aiïiftances de leurs alliés.
- Je ne veux pas ici paflèr fous filence, l’habileté dont fe fervirent les Pé-d*pdopln-t°Ponéfiens pour fermer la ville de Platæes ; pareeque là defeription qu’en nefiensde- fait Thucydide eft fort à propos de notre fujét. La circonvallation des Peloponè-•vont vh- jjem gtQl{ qoui\e. L'une ^ y /•amre en devers l'endroit par
- où l'on vient d’Athènes. L'entredeux etoit de fève piés, dans lefquels étoient bâtis les cors de garde , fêparément de ceux quigardoient la muraiüe : Lefquéls étoient continus & s'entretenaient de teüe forte, que cela fambloit une muraille êpaiffe, ayant des créneaux de chaqùe côté. Entre dix de chacun des CreneauX ili avoit de grandes tours, de l’e'paiffeur de la muraiüe, qui en touchaient le front dedans & dehors, deforteque on ne pouvoit pafferprés de la tour, mais par fon milieu.
- Joignons à la précédante circonvallation, celle de Cæfar Augufte de-vant Péroufc- En cette diffanfion civile, L. Antonius s'étant rétirê h Péroufe, & ymtérm-Cefar layant pourfuivi en grande diligence, & faifant travailler[es troupes, en-
- ferma
- (a) Liv. 111 chap. VIII. Et liy. I. ch. X V.
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- De la FortïïiCAi1 ion Irregulieré. 4^7
- ferma de clôture & de fojféun efpace de 56 flades.Üavança auffi de longues levées \ufques au Tyhre, pour empêcher que rien ni pût être aportê. Lucius au contraire fortifioit de même clôture & fojfé le pïé de la colline. Puis Ccefàr après quïlfut aÏÏè h la rancôfitre d'Ajtnius & de Ventïdiüs avéc fes troupes, retournant à Péroùfe ,ftt une paüiffade de pieux fur le fojfé, augmantant l'une l'autre en largeur, & en hauteur jufques a trente piés. Pareillement il accrût la muraille & l'éxauca, & mit aux environs ,1500 tours en diflance de fixantepiés les unes des autres, il i avoit aujft quantité de créneaux autre appareil & toutes chofes double s,auffi la cifConvaUàtion avoit double face : L'une en dedans contre les ajfiégés, l’autre en dehors, pour empêcher quïl ni pût entrer defecours. certainement celui qui eft accoutumé à la confidération de ces ouvrages de 1 antiquité, admirera moins les ouvrages de la moderne Architedure (*).
- Nous avons veû depuis peu à Bofleduc, une double circonvallation i par- Bouhhcîr^ ceque tout ainfi que les marais tenoient les afliégeans écartés les uns des ccnvaiiation autres, on fut obligé d’oppofèr aux forces de la ville une clôture intérieure : aBolle‘ittet mais celle du dehors, qui devoit foutenir un puiflànte armée qui vetioit au fecours, étoit plus forte fans comparaifon. En la circonvallation extérieure il i avoit fept forts Royaux quadrangulaires ; celui de Vlimen , qui étoit a l'endroit± où l'on craigno/t la principale irruption de l'ennemi, étoit foutenu d'un ouvrage Couronné & d'un Cornu. Üautre qu’on nommoit de fainte Anne avoit feulement un couronné. On i contoit en tout, quarante neuf redoutes, & féze cornus ; fans les Tenailles les demi-forts de différantes formes. En la circonvallation intérieure , vers les approches, furent faites quarante neuf redoutes,
- 35 Cavaliers pour les batteries, avéc quatre forts Royaux quadrangulairesi ïenceinte extérieure comprenoit en longueur X L mille trois pas $ L'intérieure, XXVI mite, cinq cens ( b ) 8cc. Mais quand autour de nous, toutes chofes font paifibles & apurées comme lorfque Maurne étoit devant wXT Linghen, (c) ou Louys XIII devant fa ville de la Rochelle, il fuffit de fe forti-fier d'une feule clôture contre la ville. Au contraire fi la ville eft foible & le. tnéprifable * & que l’on craigne toutefois un puiflànt ennemi venant du dehors, on fe contante de fè fortifier extérieurement, fans fe mettre beaucoup en péiie de fortification intérieure. A Maflritt, les quartiers du camp simpîe exZ afliégeant e-toient fi proches les uns des autres, qu’ils fuffifoient ailes pourtér:* Ma-s'entrefecourir contre les fordes de ceux de la vil le, aufli d’abbord on fe^‘ contanta de la feule défiance de deux ou de trois Redoutes pour favorifer les approches : mais la circonvallation du dehors étoit la plus puiflànte qui ait été encores veûe aux Pays-bas.
- Il feroit afeé de raporter ici les éxetnpîes d’üne infinité de Capitaines qui circonv*i-fe font perdus miférablement pour avoir négligé la circonvallation de camp, ci deflus nous avons fait voir * M. Oftavius Pompeianus coupableggrammal-& de cette faute , & en notre temps, le Roi de Danemark devant Brunfi beffxampy-wyk. La ruine de fix armées Romaines confulaires devant Numance, ne *
- P pp i procéda
- <<*) Voyés la circonvallation dtCafar au camp devant ^ilexia, au liv. V11 de la Guerre des Gaules : celle de Sci-pian devant ‘Numance Si farthage en Appian, en fes ibériq.&Lyb. (4) Heinf. liège de Bofleduc. (c)onnetmtvapat, iiécejfaire de fermer le camp, veuqu'ilrii avait point de fecoarsa craindre ; mats en dedans on fi ferma tout à l'entour contre lé vil'te & la dtadede, pour être k «ouvert contre tes finies frétantes & hardies qùefaîfoient les affiégés.
- Simple inté-
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- B 'xamples de circonvallations imparfaites caufes de mauvais fuccés. .
- 488 Livre Second,
- procéda point d’autre caufe, que pour avoir négligé cette clôture intérieure. Frontinm rapporte une prodigieufe confidance ou plutôt folie dé Popilius Lænas ( *) : & n’i a que trop de famblables éxamples. il nefpoint nécejfaire de dire quel perfonnagè êtoït Scipion au fait de la guerre : & toutefois, commandant une armée de LX mïïïe hommes, il fut fouvent provoqué au combat par ceux de Numance (b). Mais ce Général\ étoit plus excellent & plus avifé que les autres, neflimant pas qu'il fût a propos d'employer les armes, ou de faire là guerre à ces lefles farouches, mais que feulement on les devoit domter par la famine , mal inévitable, & comme font faits ces gens là,feul capable de les réduire a la raifon. (c)
- Par deux fois le P. Maurice à été contraint de lever le fiége devant Bofle-duc ; En l’année 1601 la rigueur de la faifon en fut la caufe (/) : En l’année , 1603 il neût pas le temps, d’achever la circonvallation, qui devoit être grandement fpacieufc autour de cette ville environnée de marais (/) : car cepandant que Ion employé huit jours entiers a délibérer & à difputer mal h propos , dit l’hiftorien (£), le deffein du fiége fut prolongé & F ennemi eût affés de temps, pour fe randre auprès de la vtüe avéc de bonnes troupes. Au premier liège la garnifon fut ranfoncée par deux fois : au fécond, l’ennemi eût le loifir de fe fortifier en fon camp proche de la ville. Ainfi furent troublées & ran-verfées tant de fois les efpérances des afliégeans, ce qui faifoit croire que cette place étoit inexpugnable : ce qui fe pafîoit déjà en proverbe ; fi la valeur de nôtre brave Prince Hanri Frédéric lie léût du depuis entreprilè, 8c heureufement emportée, plutôt par le fecoürs emprunté de l’Architeâu-re, que par le fervice des armes: pandant que l’ennemi s aflurant par trop en la réputation 8c en la fortune ( h ) de fa ville invincible, lui donne le loifir de parfaire fa circonvallation, 8c depuis arriva trop tard pour la fe-courir.
- Là négligence 8c l’ignorance de Philippe pénultième Roi de Macédoine eft mémorable, pour avoir négligé l’une & l’autre circonvallation de foii camp, étant au fiége devant Apodonie: ce qui en arriva, fut qu’il fe vit contraint d’abandonner le fiége avéc grande perte des liens, 8c de s’en fuir en fa Macédoine, avéc fon armée defarmée, ayant perdu fon camp & tout fon bagage : & tout cela fe fit par une feule fortie des Apolloniates ( i ) pour montrer le danger qu’il i a, quand on néglige la circonvallation.
- intérieure
- (a) LÏV. III. chapit; XVII ftrateg: (b) Numance qui n'eft point comparable en riche/fis, aux villes de Çartha-gc, de Çapoui ir de [orintbe, les a toutefois égalées, en réputation de valeur ir en gloire, i? peut être dite thonneur de tEfpa-gne , fi on en confidére les forces: car étant fans murs ir fans tours, affite fitr un tertre médiocrement élevé: avec I V mille de,fes habitant , elle fut capable de refifier toute fiule durant XX ans,contre des armées de X*L mille hommes: & ne les foutint pas feulement, mais fouvent les bâtitir les obligea a. des traités infâmes, Florus II IL chap.X VI II, (c) App. Aléx.de la Guer-d'Eip. ou c’eft merveille de ce qu’il dit du fiége fait par Scipion & de la pêne incroyable qu’il eût, pour empêcher ceux de la villede faire des forties. ^ d ) Le frire du 'Prince, qui avait déjà pris tant d'autres villes, avait été empêché de ‘réunir au fiége de 'Bojleduc, quelquefois par les froidures de l’hiver d’autres fois par les chaleurs de l’eBé, ou pluBotpar la préfan-ce du Général des troupes ennemies, & par les fi cours que ton avait jettes en la ville. Heinf. fiége de Boiieduc. (e ) Emm. Métér. des Guerr. Belg. en ladite année ( f) Le mefine liv. XXV. Borr. fiége de Boiieduc. ‘ (g) A Sificàt Hongrie, le Turq qui l'aflïégeoit avéc une armée de X X X mille hommes, s'étant campée iànsfe fortifier contre l’ennemi du dehors, fut deffaite jufquesàlapertede XVIII mille,par IV mille Chrétiens venus au fecours, & le fiége levé. Borr. Chron. dé Car. par. VI. de l'Empire d’Amurath 111 eh l’année i s 9 ï. (h) l’ai apris moi même par les difioursde quelques msduparti contraire, qu’il t avoit certains petis PreBres qui affuroitnt, quecette ville qui étoitfortifiée d'un fi grand nombre de faintes Reliques, ne pouvoit être prifi. ire. 'il s’en trouve, qui persuadent davantage qu'Usmecroyent eux mêmes. Heinf. fiége de Boiieduc. •( i ) En. ce lieu vinrent des ^émbajfadeürs de ta part des .Appoüoniates , qui donnaient avis , qu'ils étaient afiiégès, pareequil nevouloient pas abandonner le parti Romain : que s'ils n‘ étaient ficotsrus de garnifin Romaine, il né-toient pas . capables de fiùtenir l’efforpdes Macédoniens. Le Confitl s’accordant à leur requête, envoya fisr des longues navires
- mille
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- De la Fortification IrreGuliére.
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- mille hommes délite a l'embouchkre de U rivière, avec Uavitu Crifpus Capitaine des alliés, homme diligent fo bien entandù au fait de la guerre, celui ci, ayant pris terre avec fis foldàs, & tanvoyé Us vaijfeaux vers Oric à leur flotte, mena fis gens bien loin de la rivière par un chemin, qui notait point gardé par les Royaux : & les fit entrer en la ville de nuit, fans qu'aucun des en» ncmit s'en fut apperceû. Lèlendemainils fe repofirent, cepandant que le Capitaine fai fait faire monéire, a lajeuneffe d^ippolio-nie , & reconoiffoit quelles armes étoient en la ville & quelles en pouvaient être les farces. *Aprés cette reveué , chacun prit bon courage. Enm’eme temps les efpies firent leur rapportde la mauvaife garde qui fe faifoit au camp des ennemis : étant donc firtico-yement dans le filence de la nuit, il trouva le dit camp négligé ir tout ouvert : & fut confiant, qu'il i en avait déjà plus de mille qui avaient paffé la clôture , avant qu'aucun s’en fut aperceû : & que s'il eûffent pù s'empêcher de tuer, il leur était facile de
- e‘ *e 4 14 CflIAPt /11Â. h/tntU)/l*» Ail. . Â*i h+tAlt /f tA /‘/tfM serr» se 011 fis A» 1 (II* sell U 7 ... ....._*. A.__.
- . s ,, t ......... ‘ équipage, qui t, __
- pas été bienfeant d un fimple foldat, bien moins à un Roi, vers la rivière & fis vaijfeaux, ou tout le refie le fuivtt aufii : Le nombre des tués é- des prifinniers , ne fut pds moindre que de trois mille, ili eut toutefois moins de morts, que de prifonniers. Le camp fut pillé: à" les ^ippolloniates eurent pour leur part , les engins de batterie, qu'ils refirvérent pour la deffance de leurs muraillesj s’il arrivait qu’une autrefois ils en eujfent befoin : Le rafle du pillage du camp fut laijfé aux Humains. Tit. Live liy. XXIV.
- intérieure cette négligence, ne demeurant jamais impunie, particulière- fertêi arH^ ment lorfque l’on craint un double ennemi, dedans & dehors. Les Carthagt- vfap*r u mis ayans entrepris i affliger iüiturgue , par ce quil i avoit me garnifon de Ro- ’jfcfrcon-mains, @ qu'il leur fambloit quil i avoit moyen d'affamer la place : Cn. Scipion, pour fecourir les alliés & la garnifon, étant parti avéc une légion lien délibérée, tér.&ex-rompit deux qùhrtïers du camp des afflige ans avéc grand meurtre, & entra dans te£es Car la ville affligée ; © le lendemain fit une Jortie dont le fuccês ne fut pas moins heu- tbagimis. reux ; en ces deux combas périrent plus de XII mille hommes des ennemis, plus ^ de X mille furent faits prifonniers, 3 6 drapeaux furent emportés & de cette façon Iüiturgue fut délivrée. Mais ces éxamples font trop vieux ; j’en raporterai ,
- un plus récent du précédant fiécle. Guïcciardin le raconte avéc beaucoup d admiration, au liv. X. des Guerr. d’Italie, Seâ. IX. & de la Noue qui l’a commenté, fait auffi cette exclamation *, chofe incroyable ! que ces deux nations fi avifêes, l'Efpagnole & VItalienne, affiégeans cette ville,une fi grand armée aitpû trouver le moyen d'i entrer, fans qtiils s'enfuffent aperçais, puis il adjoûte: GrojfléH mais peu de chofe efi quelquefois capable de perdre une armée ; Sf peu de chofe auffi négligence la peut conferver, comme ilfe voit par cét éxample. L’armée du Pape, & des jtmltex-Efpagnols, & de plufieurs autres Princes Italiens alliés enfamble tenoit Bo- tffmehon-logne affiégée depuis X X jours ; quand Gafion de Foix, non pas fecréte- fi/plgZs ment, ni de nuit, mais ouvertement & en plein jour,mit toute fon armée, qui étoit grande, en la villeaffiégée : Gallon vouloit faire une fordeau lendemain avéc toutes fès troupes ,fur les ennemis, que fans difficulté il
- eût furpris en defordre & mal préparés, comme ceux qui nefe deffioienc de rien : mais fon Confeil de guerre fût d’avis que l!on donnât ce jour aux foldâs pour fe repofer, pour les mener contre l’ennemi plus gaillars & eh état de mieux combattre, car eux mêmes ne fe fuffent jamais imaginés, d’être entrés en fi grand nombr^, enfeignes déployées dedans la ville, fans que les ennemis en eûffent conoiflànce. Mais il arriva qu un Cavalier Al-banois qui étoit forti de la ville à l’efcarmouche avec quelques autres, fans commandement, fut pris, & interrogé de l’état des affiégés, déclara lefe-cours furvenu ; celà mit tout le camp en allarme & la même nuit ils plièrent bagage, 8c prévenans le jour qui étoit defliné à faire la fortie, s’echa-pérent heureufement. Je ne blâme pas tant les autres Capitaines, que Pierre de Navarre Colonnel & Ingénieur du Camp qui nefe peut exeufer de manifefte trahifon, d’avoir abandonné une fi grande armée fans la bien
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- Camper & retrancher ni dedans ni dehors, étans fi proches d’un püiflant ennemi, qui par une fortie, les pouvoir entièrement détruire.
- Ces petis Forts dont on a de coutume de ranforcer la clôture du camp* ou en dehors, ou fur elle même, font de diverfcs formes. Cette diverfité fe peut voir repréfantée en la Figure qui eft deftinée à la circonvallation ; ou FormeS& vous rcmarquerés auffi, la diverfe quantité des ouvrages de camp, leurs noms des oh- figures, & leurs appellations :d’un côté les Redoutes, les Ravelins, les Demi-Zuif.qui fanes ; d'un autre les terrajfes & les Cavaliers pour les batteries : aux en-droîs les plus dangereux, les Cou ronnês, les Cornus, les Tenailles, &c. ou des tïôZredH Forts entiers ovl Demi'Forts 8cc.
- camf. Nous ferons voir auffi, en l’explication plus ample de notre Areoteéîo-
- nique, que non feulement ces petis forts que l’on mét au devant & en la clôture du camp font divers à raifon de leur forme ; mais premièrement htmatifo* & principalement, autant eux, que la clôture même , foufrent de très -que Von em- grancJes diverfités à raifon de ia matière, car la qualité de la terre qui fe *F?rtifdu préfante à la conftruâion des ouvrages, donnera beaucoup d avantage à l’ouvrier » ou d’empêchement. Il eft bien aifé de conftruire en terregraffe diverfités. plus difficile en terre fabloneufe & légère : très-difficile en lieux de ma-> rais &c. Le terroir gras porte quant 8c foi tout ce qui eft nécefîàire ; Le fablonneux doit être foutenu de gazons, 8c lié de branchages 8c de ra*^ mées ; Le marécageux à befoin d’être arrêté avec des clayes d’ofier & rampli de fafcines, 8c comblé de terre au defius, pour être affermi 8c ran-du folide ; de toutes lefqueiles chofes, l’Aréoteâonique enfeignera les. particularités.
- ModeUes af Apres la déclaration de la matière (a ) qui eft nécefiàire à la ftru&ure du
- jurés de la camp, cette même partie de notre Architecture, enfeignera la manière & {TufcamT ^ folidité que doivent avoir toutes les ftruâures, tant les légèresque les en toute ma- fermes & durables, fur le modelle de ces trois nobles fiéges de Bréda, de Bo-ntere' jleduc 8c de Maflrift ; éxamples vivans, 8c qui peuvent être fuivis en toute aflurance, comme éprouvés 8c bien reconus. Voilà donc notre camp bien fermé, 8c par une double circonvallation, nous nous fommes affurés contre les efforts de l’ennemi qui eft au dehors, 8c quant 8c quant nous tenons fer-* mfin onpro- ré l’ennemi qui eft au dedans, toutefois il n’eft pas encore pris. Pour cét ef-cédeài’at- fet il le faut vifiter de plus prés, car au chap. précédant, nous avons établi ^enneZT'toute circonvallation au delà de la portée de l'artillerie. Or eft il que c’eft
- elle,
- (a) Ce fut une maniéte d e circonvallation bien étrange, que celle de Cacfar à Munda. s'étant receuillis de cette fuit* te, fa réfilm de tenir garnifon en la petite ville de Munda Jet nôtres êtoient contrains néeejfairement de les inveBir, des depouiU les fa des armes des ennemis. v*u lieu dé gazons, ils amoncelaient des cors mors, fa au dejfus, comme unepalijfade des boucliers fa des lances, des épées fades poignars, fa des te fl es d'hommes rangées, le vifage tourné contre l'ennemi, pour leur imprimer de la irainte fa leur propofer ces trophées de leur valeur , fa enfamble les enfermer de tout côtés par le moyen dm tel rampar. ^iinfi les Gaulois , commancèrent dejetter force trait en laville fa de P attaquer, apres l'avoir environnée d’une telle circonvallation des cors morts de leur ennemis. Cselâr, delà guerre d’Efpagne. App. Aléx.aul.I I.delaGuer. civil, r apporte une pareille circonvallation devant Qordouë-, fi cen’eft qu'il prenne en cét endroit CordouëpourMunde. VoyesIofépbe, delà Guerre des Juifs liv. IV. parlant de Vefpafian. Et ci defius, La circonvallation de f». Scipton \conftruitede bâts de belles de charge. Une autre efpéce, qui eftengrandufagedenotretempsc’eftfeCéarrwiVégéceenparlc, liv. 111, chap. X. Tous les Barbares entrelaffint leurs chariots enfamble tout autour d’eux, en rond en forme de camp, fa ram-parés de cette forte , pajfent les nuits, affurés contre les fitrprifes des ennemis, on fait état du charroi pour divers ufages : on en couvre les côtés d'une armée qui marche en campagne, contre les embufcades: on s'en fert aux chemins difficiles, pour occuper, ou pour fermer les ponts & les pafiagesà l’ennemi : en une retraite, pour foûtenir l’effort de l’ennemi en queue: au camper, pour in veftir l'armée, & la couvrir : au combat, poux clone les troûpes, & les garantir d’êtfe furprifes à dos, par l’ennemi.
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- Approchés.
- Delà Fortification Irreguliere. 491
- elle , qui de loin nous empêche d’acofter la ville : & de prés, nous avons à combattre les armes & les ouvrages, à fçavoir le rampar & le folle, 8c le Parapet du chemin couvert, 8c autres dehors que la prévoyance de I’affiégé Légêre dê_ aura préparés pour nous faire telle. Pour parvenir à la ville fermée, fans fcnptionde être ofFancé de la grêle de fes canonnades 8c de fes moufquctades on a bc- fauTpÙrla foin d’un chemin couvert & fortifié s parvenus au parapet du corridor, c’cft #'• l’office des pionniers de lefapper 8c mettre par terre, à l’aide du pic, du hoyau ® de la terriére ; on paliê le foffêfec par le moyen dé la gaüerie fouter-raine , le fojjé plein d'eau, avéc la galle rie decouverte ; on mine le rampar pour le faire fauter en lair 8c ouvrir la brèche, qui donne pafiàge aux alTaillans: alors ell furmonté le dernier obllacle de la Viâoire. chacune de ces parties de l’Attaque, fera difertement 8c diftinélement expliquée en notre Aréotedonique ; nous defignerons à préfant le tout, d’une fuitte 8c légèrement.
- Et premièrement nous parlerons de la manière deJoindre la.ville, ce qui fe fait par le moyen des Iras 8c ouvrages d’attaque : ces bras d’attaque font des tranchées que l’on tire par le milieu de la campagne, en rejettant la terre fur les côtés, comme un rampar, à la faveur duquel, de notre camp, Leur ^ nous puiffions nous avancer couvertement 8c fûrement vers la ville affié- tu». gée. c’eft ce que les François appellent, Approches. Et ce que Hirtius au comm. de la Guerre d’AfFriqüe, appelle bras (*). Cæfar fit avancer deux Iras, depuis le plus grand des quartiers de[on camp, par le milieu de la campagne, vis h vis de la ville d'üiita , laquelle étant afiize entre fon camp & celui de Scipion, êtoit tenue par Scipion , & les fit dre fier en telle manière, quils tiroient devers î angle droit, & le gauche de cette vide. Le defiein de l'ouvrage conduit de la façon, tandoit h ce que, quand il auroit avancéfes troupes pour a faillir la ville, il eûtfes cotés à couvert, au moyen de cette fortification, afin que les troupes de la cavalle-rie ne le pufient pas invefltr & troubler Vexécution de fon entreprife. qui efl l’unique fin à laquelle font deftinées nos Approches : à feavoir, afin que nos flariqs foient tenus à couvert en la conduite de nos attaques : en forteque les forties de l’ennemi à pié, ou à cheval ne les troublent point. 8c n’i a rien, qui foit plus refiâmblant à nos aproches, que ces bras de Jules Cæfar.
- Pour faire les approches bien à propos, on obfervera les fuivantes précautions.
- 1. On aura une conoifiance la plus êxafte quifera pofiible de l'afiiête du lieu, quon veut afiiéger. d’autant que l’Architede doit avoir toutes chofes pr é-pour pair veuës, pour en feavoir prandre fès avantages, 8c les convertir au dom- leclf}ro~ mage de l’ennemi, ce qui ne fe peut faire, que l’on ne fâche parfaitement la fituation. car nous trouverons de la facilité, ou de l’empêchement en nos approches, à raifon de la qualité du terroir, gras 8c herbu ; Leger 8c fa-
- blonneux ;
- & ufage.
- 1. Maxime faire
- (a) Le même au même lieu, .Après que les bras eurent été parfaits, ir avancés jufques en deçà de la portée du trait, Cafàr fortifia fin camp. ér puis ayant ordonne fur U front de fin camp des baliéies & des fiorpions pointés contre la ville, il ne ce fia point £ écarter a force de trait, ceux qui étaient en garde fur le mur, &c. En ce peu de parolles, voilà tout l’appareil requis aune attaque * le camp ,les aproches, les'Batteries, à peu prés comme il feprattique aujourdui. Le même en la Guerre d’E-Ipag. Qafàr Commanda d’attaquer Attegna, par approches & d’avancer des bras tout kl’entour, ire. un peu auparavant; Cafàr, pour fermer la vtüe & iesvivres à Tompée, commanda de tirer un bras vers le pont. Tompée fit le meme de fin cité. Ainft c’était entre eux, à qui le premier fe faifirsitdu pqnt, &c. Le lendemain Tompée, commanda de tirer un brks qui venait de fon camp, au fleuve de Salfè&c.
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- blonneux ; rude, pierreux, ou marécageux ; de même il i aura de l’avantage, ou de l’incommodité à recevoir, par le moyen, des bruyères, monta-gnettes, vallées, marais, chemins, foliés, ruifièaux, éclufes, 8c de toutes famblabies chofes, qui diverfifient la nature de la campagne en fa furfacer ce fut pourquoi, lorfqu Hannibal avoit en la penfée d'afiiéger Rome, il voulut lui même en reconoître la fortification & l'ajfiéte, d'aujji prés quil lui pouvait être permis (a) : avec raifon : car au paravant, au fiège de Noie ilavoit reconu toutes autres chofes que celles, que les ambaffadeurs de fes alliés lui avoient rapportées, pour lui perfuader ce ftége de Noie, comme étant de facile éxècution (b).
- Le Prince d’Orange aii fiége de Bofleduc, n avoit pas feulement obfervé ce qui fe pouvoit découvrir à l’œil, autour de la ville entre fes marais, mais il en avoit fait fonder 8c bien reconoître le fonds, de tous côtés par fes efpies. Et cette prévoyance fut caufe, que rien ne fe préfanta jamais, à quoi on ne fut préparé 8c n’eût été pourveû. Lorfque la Briele fe donna la gloire de fe remettre la première en poflèffion de fa liberté : les Efpa-gnols bien en colère i accoururent, avec beaucoup de hardidTe à la vérité , mais peu de prudance 8c de circonfpe&ion : car une feule écluze mal reconuë, ou méprifée, quoi qu’il en foit, faifie trop tard, ruina cette entre-prife qui étoit de très-grande importance en ce commancemcnt de troubles (d ). Au contraire l’obfervation qui fut faite à propos de ce fatal conduit de la ville de Naples, (*) par Behfaire, & le Roi d'Arragon, leur donna, une réputation immortelle, 8c avéc cela, le plus beau Royaume de l’Italie nous en avons déjà parlé, 8c le ferons encore ci après.
- Second Ma- z. On confiderera férieufement, en quelle part il efl a propos d!attaquerprincU
- xtme‘ paiement la ville , pour travailler davantage les affiégés (0 les réduire. 11 n’i a
- point de difficulté , que fi la Fortification efl: régulière on ne doive principalement s’addrefièraux Battions (/).* parce que ce font parties promi-Aux places nantes, 8c qui par conféquant donnent plus de prife à l’attaque : d’autant IfatlaqL que le fofle efl: plus étroit en cet endroit, 8c peut être paiïe avec une plus tes Baihons. court;c gallerie ; de plus, encore que le baftion fut miné, toujours il ne pourroit être que malaifément retranché ou détaché du cors dé la ville qui refteroit entier : enfin le Baftion qui efl: attaqué ne fçauroit être defan-du, que d’une part, à fçavoir de la Face 8c du Flanq de l’autre Baftion qui le regarde; mais les Courtine s n’ont pas feulement plus d’efpace pourfe def-fàndre de front : mais elles ont auffi de chaque côté les Faces 8c les Flanqs des deux Baftions qui les affiftent, 8c qui n’incommodent pas feulement l’ennemi à droit 8c à gauche, mais peu s’en faut encore, qu’ils ne lui donnent à dos : elles ont auffi une tres-grande largueur de fofie, qui ne donne pas peu de pêne à furpafièr : c’eft enfin l’endroit le plus propre, der-zt auffi les riere lequel les affiégés puiflent faire de nouveaux retranchemens. Aux aux irregu- Fortereflès Irrégulières, lors que les Courtines ont trop de longueur , ou uéres. font courbées, ou biaifàntes, il i aura quelque fois lieu de pouvoir les entreprendre
- (a) T. JLiv. XXVI. (b) Le même, liv.XX III. (e) HelnC fiége de Bofleduc. {d) Emm.Meter. liv. IV. (e) il i a long temps, qu'Arnem ville de Gueldres, fournit le paflage à Ion Duc, confie lequel elle étoit révoltée, par une grille de la décharge d'un ruifleau qui j> aflbit au deflbus du mur, étant ruai gardée. (/) Il vous peut fou venir do ce qui a été dit ci delfus à ce prop os.
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- De la Fortification Irreguliere. 493 treprandre bien à propos. Bofleduc propofe l’éxample de l’attaque d’un Bâ-ftion da côté du quartier du Prince ;8c encores d’une Courtine, vers le quartier du Conte Erneft de NafTaw. Il eft ici befoin de faire foivre la diligence de lexécution apres la maturitédu confcil, pour ne point s’engager en des dificultés inextricables, 8c aufiï pour ne point donner à fon ennemi , lfc tems de fe ranforccr aux plus foibles endroits, ou de prandre fes avantages, celui là pert le temps & la pêne, qui s opiniâtre de vouloir L,. noranc( attaquer une ville à l’endroit où elle eft plus forte : pareillement celui qui * s'attache aux places , qui ne peuvent être emportées tout à la fois, c'cft f^XÜ a dire qui fe peuvent détacher fatis dommage 8c fans conféquance du cors de la ville, en telle façon que quand on les aurait, ce ferait encore “uTpiu. à rccommancer. ceci eft un brifant contre lequél plufieurs grands taines de tous les fiéclcsont fait naufrage. Je raporterai les fui vans éxam- g*. pies pour l’inftruélion. les Lieutenans de Spinola ( «) fe montrèrent mal avifés au fiége de Bergues 8c leur ignorance ne méritoit pas un meilleur JL fuccés. Berg-op-zom étoic nud, defarmé , ouvert, brifé, embaraiïë de fes no^ê^L propres chaînes , demi vaincu , quand 1 armée Efpagnole fe prélànta pour Taffiéger : en un mot cette ville étoit à vandre, fi Spinola eût été marchand allés habile pour l’acheter, mais les marchandifes qu’il vouloit donner en échange nieraient point de mile : c’eft à dire, quils ne fea-voient en tout, ce qu’il i avoit en la ville de fort ou de foible; où étoit la facilité de l’attaque , où la dificulté : ni par où il falloit commancer à vaincre , pour donner un branlle de bon fuccés à tout le relie, 8cc. Voyés ce qui a été dit ci delfus de Bergopzom.
- Autrement 8c plus fagement fe comporta lArchiduc Albert, tant pont Approchée foi 8c fon avantage, que contre fes ennemis 8c à bien procurer fon dom-jj^"^ mage, au fiége de Hulft (h ) : commandant de faire fes approches, avéc beaucoup de jugement, à l’endroit où il n’étoit pas polfible à l’ennemi de fe fortifier d’un nouveau retranchement, apres que cette partie du rampar ferait emportée. Notre Prince d'Orange depuis peu de temps au fié. ge de Gennep, faifoit lès approches fur le rivage même de la Meufe, parce quen cét endroit,les Efpagnols qui fe penfoientafie'safltirés de la défiance de la rivière, n’a voient pas tenu conte de fortifier le château bien foigneu- ^ p d>0 fement: 8c par cette procédure judicieufe, avéc peu de pêne 8c des ouvra- r*nge de -ges d’aproche bien légers, il fe randit maître de cette forte place. J”'Gen~
- Mais PaulV'tteüi, Général de l’armée Florentine au fiége de Pifet (*) fe comporta trés-miferablement 8c malheureufement : Guicciardin le taxe de huit fautes commifes, ou par imprudance, ou par excès de confidance : entre lesquelles celleci efî la plus notable , que contre l’ordre qu’il avoit de la Seigneurie, 8c fans avoir égard au confcil des plus avifés; il ne voulut pas attaquer la ville de ce côté, qui eft au delà de la rivière dArne 8c de_ vers Luques, par où il eût empêché tout fecours, 8c drefie (es attaques
- Qaq avec
- (4) Louys de Velafco & Paul Bailloni. (b) Mau furie foir, quelque peu du rampar fut emporté h coups de canon, & aufii tôt l'ennemi aJfaiÜit la brèche, alors, la demi lune que Maurice avoit commandée, n’étoit pan feulement commancée : ce qu i où b-gta nécejfairement les afiegés à fi rendre plutôt. Reidan, Ann, liv, XIII. (c) Güicciaidin liv. I V* chap XI.
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- avec plus .d’avantage. Mais ileûtfujetde s’en repentir, ayant laiflehi
- telle fur un échafFaut à Florence, pour gage de fon aveugle témérité.
- $ Maxime 3* commancera d'ouvrir la tranchée pour faire les aproches,)ufiement en de-
- pour les a- ch ou peut finir la portée du trait de la ville. car il faut épargner le fang plutôt proehes. ja p£nc> Quelque fois pourtant on commancera la tranchée, au de-
- dans de la dite portée : quand il i a quelque néceflité d’occafion très importante , ou avantage de fituation, qui le requiert, ou incommodité de la même fituation qui ne feauroit être évitée, 8c alors on travaille la nuit, à la faveur d’une bonne troupe.
- Quatrième. 4* ^ ne faut P^ %ue ^es aProc^es s'éloignent des quartiers, que le moins que faire fepourra. Autrement il faudrait entretenir toujours en telle des apro-ches une puifFante garde hors le camp, pour la defFance des ouvriers, 8c ainfi les fatigues 8c les faélions des foldâs fe redoubleroicnt : 8c davantage les hazars 8c dangers, quand les afliégés viendraient à faire de puiflantes forties. Il i auroit eu bien plus de perte au fiége de Maflrift, n’eüt été que nos quartiers, étoient fort voifins des approches : car le 17 d’Aoufl 1632, quatre jours avant la reddition de la ville, les afliégés en une fortic, avoient ranverfé la plus grande partie de nos aproches : 8c emporté trois de nos redoutes, qui fervoient à les foutenir : déjà le gabionnage étoit abbatu, 8c les ennemis travail loient à combler les tranchées, quand de tous côtés on i accourait 8c furent repoufles, étansjufques au nombre de C C C C, avéc notable perte de part (a) 8c d’autre. On échaperoit aufiî tout plein de très belles occafions de bien faire, ceux de la fortie n’ayans à fe defFandre, que de la garde établie à la telle des approches : mais alors que les quartiers font proches, à la première alarme ils fe voyent preflés de tous côtés, 8c plufieurs mêmes i accourent extraordinairement, 8c qui d’ailleurs n’auroient pas été employés à cette faélion. En combien de ran-contres s’ell il veû, que les afliégeans, ont prelFé l’ennemi 8c l’ont pour-fuivijufques au dedans de Tes portes, entrans avéc lui pelle melle en la ville, qui s’ell trouvée (*) prife par ce moyen?combien de fois efl il arrivé que par une malheureufe Idrtie la garnifon a été fi fort alFoiblie, que la place en a été contrainte de compofer 8c de fe randre ? cinquième $• Toute approche doit être conduite parle plus court & le plus affurè chemin Maxime. qU'Hferapoffihle.Pom la faire courte,il la faut tirer droite à la place dellinée Tiréempm à l’attaque, delbrteque, toutes chofes confiderées, une feule approche qui dettes ^ s’avance en longueur, ell de meilleur ufage, que plufieurs de celles qui fe piuicourte. détournent 8c qui font obliques ; d’autant que par ce moyen on épargne beaucoup de temps 8c de dépance.
- J’ai veû bien fouvent de mes yeux, en des approches faites aux attaques d’une même place en un même temps, avéc des tranchées toutes pareilles
- en
- (4) Hexham, journal du fiége de Maftrift. (b) Le malheureux Vitetti, étant à l’aflaut du Château de Plfè nommé Stampace, les habitans furent fi fort épouvantés , que ceux qui étoient à la garde du rampar proche du Château, l’abandonnèrent, 8c s’enfyoient plufieurs par la porte qui étoit de l’autre côté de l’ennemi s'écriants que la ville étoit prife : de forteque le Magiftrat fut contraint de la tenir fermée : Les pleurs 8: les prières des femmes 8c des enfans arrêtèrent la fuitte des maris 8c des pères, à la défance de la ville que l’ennemi n’attaquoit point : ils reprirent courage 8c fe deffandirent fi bien, que le Général qui commandoit au fiége, en laiiTa du depuis la telle fur un échafiaut. Guicciard. liv. IV chap. X J.
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- De la Fortification Irreguliere. 495 en quantité, en ordre 8c en travail : que l’Ingénieur qui a voit donné à la fiennc une feule ligne tres-longue, l’avoit portée bien plus avant contre la ville; que celui qui en avoit ouvert plusieurs féparées, & les a voit conduites obliquement, çà 8c là, à droite 8c à gauche : bien que celui-ci fam-blât en apparance, s’aprocher de bien prés du lieu qu’il s etoit propofé : & que l’autre au contraire, qui étandoit fa ligne d’une feule longueur, parût s’écarter en tout autre chemin que celui de la place qu’il devoit atteindre : abufant de la forte auffi bien les amis, que les ennemis : ceux là s’ima-ginans qu’il s etoit mépris 8c s’étoit égaré en l’obfcuritéde la nuit : 8c ceux ci de leur part craignansd’être attaqués en un autre endroit, travailloient inutilement 8c avec beaucoup de précipitation à fe fortifier, où ils n’é-toient nullement attandus : mais le tour d’une feule nuit fuivante décou-vroit toute la ruze, car en détournant tant foit peu fon aproche à droit ou à gauche, elle fe trouvoit attachée au lieu qui avoit été commandé par le Général: ou l’autre Ingénieur qui avoit mieux aimé fe conduire, par aproches feparées 8c détournées, qu’aller droit en befoigne, bien qu’il n’eût pas moins travaillé que l’autre , fe trouvoit toutefois bien loin de fon conte, par fes détours.
- Pour affiurer l’aproche contre l'ennemi, il faudra faire en forte, que le trait de la ville ne la puifiè rafer en dedans; d’aucun endroit, car c’eft en cela que Que le trait confifte le vrai ufage des aproches, de couvrir,8c de détourner le trait 8c la mire des afliégés ; autrement elles font inutiles, 8c ne font autre chofe que droit ne temps 8c dépance perdue. L’aproche fera de bonne défiance, particulier&*r*jj!ochem ment,fi la tranchée eft conduite en ligne tres-longue 8c continué devers 1 a ville: celles qui fe d étournent obliquement, deçà 8c delà 8c qui font fort in- fê^rt.ÏT terrompues, ont befoin de plufieurs redoutes pour fe defiàndre de l’ennc-^. ceUeiui mi,8c de retraites pour les pioniers celles làififent plus de chemins ouverts à la liberté des forties;8c plus d’ifîues à la fuitte de l’ennemi s’il eft repouflecil l’mnemt’ faut plus de cors de garde pour les defiàndre, ce qui travaille 8c fépare nos forces, 8c les expofe davantage aux dangers.
- Il eft maintenant queftion de parler des aproches quant à elles mêmes.
- Elles foufirent beaucoup de diverfités, à raifon de leur fonds ffiacieus , raifon delà ou étroit i facile, ou difficile à manier, car ou le terroir épandu autour de^/L «T la ville eft ouvert 8c libre , 8c donne afies de champ à l’ouverture desrotr & fe tranchées ; ou bien, il eft étroit 8c referré , 8c nelaiffè que fort peu d’e-*^** fpace pour cét effet. Lors que l’efpace eft fuflifant, on pouflè la tranchée, tantôt deçà 8c puis delà, en liaifant, pour éviter la mire 8c les coups de moufquét : Si le lieu eft étroit, on procède diredement. En biaifant, il fuf- Drokes ou fit de couvrir un côté contre l’ennemi : fi les tranchées fe pouffent droites, on fe couvre des deux côtés : 8c de plus on oppofe en cellesci, des mante- terrain eft lets, gabions ou autres traverfes, d’cfpace en efpace, entre l’un 8c l’autre dé leurs côtés, contre les traits 8c la vifée de l’ennemi. En l’une 8c en Tau- en cellecton tre manière fe rancontre la diverfe qualité de terroir, ou gras 8c tenant, c™fffintun oufabîoneux, ou marécageux. Le gras 8c tenant, revêtu d’herbe verte, s’en-
- . tre tous les
- Qü q 2, tre tient deux.
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- tretient de foi même 8c n a point de befoin d autre chofe pour être foûte-nu : Le fablonneux, doit être arrêté 8c tenu en état, par le moyen de cia-, y es 8c de panniers d’ofier tiflu, autrement i! s ecouleroit : en lieu marécageux , on affùre premièrement le fons, avéc des falcines, fur lefquelles on dreffè puis après de part 8c d’autre des parapéts de gazons entaffés, s’ili a faculté de bonne terre qui puifïè être aportée : autrement il faudra ram-plir des corbeilles de terre 8c faire des gabions, puiffànts pour foutenir le trait ; L’Aréotedonique enfeignera ces chofes plus amplement. 8c déclarerez particuliérement quel eft f ufâge des aproches droites & obliques ; La manière de les conftruire., à la halte ou pour durer légèrement, ou fermement : Leurmefure déterminée, en longueur, largeur, 8c hauteur, 8c tou-
- Gabions.
- Les mante* its.
- Redoutes.
- tes les autres particularités, qui apartiennent 8c doivent être fceuè's de l’ouvrier.
- Les galions , ou corbeilles plénes de terre font de grand fervice en la conduite des aproches, on les impofe fur le haut de la tranchée: 8c tiennent le foldat à couvert, qui par les eîpaces qui font vers le fons,ou les corbeilles s’étrecilTent, à la liberté de tirer en alîurance.
- Les manteléts font auffi grandement favorables à l’avancement des aproches (*) : car pour l'ordinaire, nous affùrons les nôtres contre les traits de l’ennemi, li nous les pouvons détourner de fa vifée. étant ainfi, que le trait qui s’échappe r l’avanture eli le plus fouvent fans effet. Il faut donc que les nôtres qui font aux aproches, foient deffàndus 8c fouftraits à la mire 8c au coup de l’ennemi, par le moyen de manteléts de peaux ou de famblables couvertures ; ou mêmes on les couvrira, d’une ( b )paliffade, vulgaire.- on éleve auffi des monceaux de fafeines fur des crochéts de bois, pour deffàn-dreles pionniers : c’eff ce qu’ils apellent des chandelirs.
- On mét auffi à la protection des aproches, des Redoutes & des retraites, à foutenir les irruptions 8c lesforties : un Ancien Capitaine de grande expé-riance,vous aprandra quél en eft l’ufage:/^ Légtonaires,quitravaïlîoientfurle coté droit de îouvrage, reconûrent deplufieurs forties que l'ennemi avoit faitesfur eux, que ce leur feroit une bonne deffancefils bâtijfoient un fort de retraite faifans une tour de coté au dejfous du mur:& la firent première ment baffe & petite,pourfe deffandre contre les irruptions & furprifes. cétoit le lieu de leur retraite ; & s ils avoient quelque puijfant effort h foutenir, il trouvaient affurance en cette tour : de là ils faifoient leurs forties pour repouffer ® battre l'ennemi. Elle avoit XXX piès
- de
- {a) Voici des aproches d’une étrange manière. L'Empereur tenoit la ville de Milan, les François le chateau ; L’armée de ceux ci s’aprochoit pour le recouvrement de la ville. Prolper Colonne, Gouverneur, non content, d’une circon vall ation ou tranchée qu'il avoit faite dans la ville Contre le Château, la vouloit pourfuivre au dehors, pour en fermer l’entrée aux François : il prit fon temps en une nuit qu’il tomboit de la nége, en grande a bondânee, donc il éleva un rampar de nége à couvrir fes Efpagnols; à la faveur duquel il fit apres une double clôture , de terre l’une intérieure contre le Château, l’autre extérieure contre le fecours. Guicciard. liv. XI V.chap.XV III. En voici une autre encore plus étrange. Les habitans de Maïlriü avoient chaffé les Efpagnols , & retenu par fraude irfait prifonnier leur Colonnel François JHontefdocha ; Martin Myala Lieutenant de Montefdocha, tenoit encore Wtkj ( c'efi une des parties des la ville au delà du pont qui eft fur [a Meufe): celui ci ayant donné avis en quels termes étoient réduites les affaires des Efpagnols, a François de Tolède , qui de fortune paffoit par là, avéc quelques compagnies d’infanterie venant de Dalem: fut receû hWO^ bien a temps : ces deux enfamble joignent leurs troupes & courent au pont : A la tesle du pont , l'artillerie était braquée , ce qui les fit refondre hune telle invention.ils prirent tout autant de femmes de U^jcl^quils en purent trouver,iy les menèrent devant eux au devant, des coups ; & fortifiés de cette forte de rampar, s’avancèrent, déchargeant leurs moufquéts entre les bras {y les aif-filles de ces femmes, contre l'ennemi, cepandant que ceux de Maslricht ti ofient tirer , contre les Efpagnols, de peur d’offancer leurs parentes , ou amies , ou concitoyennes ; voilà que de l’autre côtéde la ville Mlphonfè de Vargat était entréavéc des troupes de favalerie, ayant fur prit la porte de ^Bruxelles, chacun des habitans s’écoule pour garder fia mai fon, le ponte fl pris, les MUemans fie randent. & lavi/ledeMafiriiï avéceux. Strada liv. v 111. de la Guerre Belgique. (b) celàfurprattiqué au camp du Prince devant Maiirift, Hexham au Journal dudit liège.
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- de largeur en tout fens : & les murailles êtoient êpaijfes de V. piês &c. Par ee moyen , ils fe mirent a couvert du danger & fe perfuadérent de pouvoir aizément def-fandre les ouvrages qui etoient h ïentour (a).
- II nous faut enfin travailler à la proteélion de nos pionniers 8c de nos & b*»*-aproches, 8c contrecarrer 8c randre vaine toute la réfiftance des aflïégés.rw* ce qui fe peut faire en ruinant leurs batteries, par le moyen de notre Ar-tillene. Il faut fur tout que notre canon, mette par terre ces parapets, faut randre d’où procède le principal empêchement de nos aproches : 8c faire en forte fe0eJje que toute fortie foit dangereufe à l’ennemi : non feulement par le fecours des affilés, de nos cors de garde 8c Redouttes prochaines : mais aufli par nos batteries plus éloignées, qui Je feront aizément reculer : mais ce qu’il faut obfcrver principalement, c’eft de retrancher a la ville afliégée, toute liberté, de fe ^ ^ ^
- prémunir de nouveaux Dehors élevées en diligence, au devant des endroîs, cher de fe ou elle fe reconoît plus foible. d’où il eft arrivé quelquefois à l’afliégeant »!il™*»/* de tomber en de très grandes difficultés (b) ; quelquefois a été contraint par dehors> celà même d’abandonner le Jiége (c) .• & encore, lui a bien fouvent arraché quelquefois la Vidoire des mains avec dommage [d) 8c infamie. ZTjuZia-
- Les hiftoriens font fouvent mantion de la manière 8c de l’ufagc de ces lies, terraffes & Cavaliers, fervans aux batteries. Produifons les termes de notre Archite&e if) en premier lieu, on élève contre le mur me te rrajfe, faite de terre nîéredes & de Charpanterie, d'où l’on décharge les machines & les armes de trait : c’eft Citvaliers° tout ce qu’il en dit; .mais Tacite plus difertement. (f) Sabinus fit le corn-mancement du fiêge par Vétablijfement des fies quartiers, lefquelsilfortifioitbien à propos : en après, il tira un fojfé & un Parapét„ enfermant de circonvallation, un efpace de IV. mille pas : ( c’eft le tour de la clôture extérieure : )puis peu a peu , pour oter l'eau, & boucher le paffage des vivres, il aprochoit de plus prés la clôture & la ferroit pim à ï étroit : (c’eft la clôture intérieure. ) on élevoit aujfi une te rrajfe ou Cavalier dont onjettoit des pierres, on lancoit des traits & des feux contre l'ennemi de plus prés. ( Les aproches faites, (s) on étoit déjà proche de l’ennemi, au dedans de la portée du trait. ) mais rien ne les incommodoit tant que la foifi (Les barbares avoient mal pourveû à leur camp.) nayans de refie jExample de pour l'ufage d'une fi grande multitude, de gens de guerre & autres, quune feule fontaine. Aujfi leurs troupeaux, qu'ils avoient avéc eux, (comme les Barbares ont defa»ce,pris accoutumé , ) êtoient enfermés en la même clôture & mouroient de faim : ils ^ ^aclte' avoient autour d'eux les cors de ceux qui etoient mors de leurs blejfûres, ou de foifi. tout i étoit plein dordure, de puanteur, d'infeiïion. A ce defordre fut adjouté celui de la difeorde, les uns fe voulans randre, les autres au contraire étans d'avis, que plutôt ils dévoient s entretuer, que de fe randre.
- Les batteries, font des ouvrages que l’on fortifie le plus fouvent d’un pe- B'finitîon tit rampar 8c d’un petit Fofie, qui enferment le lieu 8c la terraflè, compo- des Batte-fée de terre 8c de pièces de bois, de clayes 8c de planches, fur laquelle on
- Q_qq 3 impofeleur uf*ge
- (a) Liv. VIII. de fes Comment. (b) Rapportés ce qui a été dit ci deflus du Raveltn de HuM : & du ^ ceilH e^~ Ravelin des Elpagnols au liège d’Oftande: & le conférés avec ce qui eft rapporté par Flaming, en fon hift. dud. fié- des firent à ge, pag. 16 s & 2Î4- (e) Lifes Herm. Hugo, touchant les Ve hors de Ure'da. élevés à la veuëdes afliégeans pag. s & une attaque. 2 s &C. (d) Rapportés ce qui a été dit ci deflus de la délivrance de Bommél, & de l’ignorance de Mendoza, (e) Végé-ce liv. IV. ch. XV. (/) Liv. IV. de fes Annales. ( g ) Le (onful avait fait une approche antre la muraille d'^irdea, afin que les fient eûjfent la libertédu paffage devers la vide, Tit. Live liv. I V.
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- impofe le canon 8c les canoniers : il i a peu d’ouvrages d’Architeélure militaire qui foient de fer vice fi nécefîàire 8c fi différant, que font ces Cava-- liers 8c Batteries : c’eft toutefois leur principal ufàge, de brider 8c de con-trequarrer les efforts du canon des affiégés, 8c d’cmpécher, que leurs Dehors ne foient par eux fortifies : car pour ce qui eft de battre le rampar pour i faire brèche, à celà les mines font plus propres, ce que je prométs de monftrer par témoignages d examples ( * ) manifeftçs, en temps 8c lieu. Il i a deux chofes, qui doivent être principalement obfervées par ceux qui Tol/ervfr! ont la charge de conftruire les Batteries, l’une de les avancer vers la ville, ^Zimtia à. mefure que l’on avance les aproches; l’autre d’avoir égard que jamais Zharge de elles ne foient trop éloignées des mêmes aproches ; étans particuliérc-ksbatteries.ment deftinées à leur deffàncc : autrement il en arrive de grands maux (f). Le traité de L’Aréote&onique décrira tout au long , en général 8c en particulier,
- fromfyun- toute la manière 8c façon des Gabions ; la fabrique des Ma/itelets 8c Chan-ùendra tout deliers, la ftrudure des Batteries, 8c du lit ou fe pofe 8c fe pointe l’artillerie maniérées en leur fommét ; quelle doit être fa largeur 8c fa longueur, à raifon de la ^Mmteiéts 8c de la qualité des pièces ; La hauteur 8c lepaiiîeur du parapet
- Batteriesen front, pour réfifter à l’artillerie des ennemis : celles des côtés : La maniéré des fenêtres ou canonnières biffées en l’épaifîèur des parapéts pour la volée du canonrcomment on doit faire l'entrée 8c le degré pour i montenen quel endroit on doit placer le petit magazin pour les poudres 8c autres chofes néceflàires à l’ufage de l’artillerie: par quéi moyen on affermit 8c af-fure le parapét 8c fes cannoniéres à ce que la charge, ou le grand effort qui fe fait lorfque les pièces font déchargées ne les ébranlent poinf.de tout ce-là;8cencore de tout le refte qui doit être feeû 8c prateiqué en cette matière, vous en aurés les déclarations trés-amples aux livres fuivants.
- La raifin Jufques ici, nous avons conduit nos aproches en biaifant, par chemins dé-Kmluities tournés 8c obliques, tantôt à droit, tantôt à gauche : c’eft pour éviter que TZrlZi™ nous ne f°y°ns exP°fés à la mire 8c au trait de l’ennemi, mais dautant, que nous voilà déjà parvenus au pié du Parapét du chemin couvert, il n’eft plus dezormais queftion de biaifer, l’ennemi nous découvre 8c nous couche en joue ; il faut donc aller droit à lui fans le marchander, abréger chemin, ouvrir ce parapét d’une fappe 8c la poufîêr dire&cment contre le Ba-ftion, ou la Courtine, ou telle autre partie de la ville affiégée, que nous avons refolu d’attaquer.
- Mn quoidif. En ce^a Afférent, les Approches de cette fappe, que les Approches font firent les pourrnenées çà 8c là par la campagne 8c fuyent les coups de l’ennemi : Ufatfe.4* cclleci découverte, tout de fon long 8c toute expofée à fes yeux & à fes moufquetades, ne fe feint plus, mais cherche feulement le plus court chemin qui lui eft poffible, tout au travers du parapét du chemin couvert, évite les ambages 8c les détours qui lui feroient pernicieux, pour aller
- droit
- biaifam c’eft pour éviter la mire de l\ nemi.
- (a,) En l’année U72, le DucD’Alve ayant battu la villedeMonts en Hainaut continuellement l’efpaced'un mois, de 14 mille 3 34 coups de canon, fit peu de dommage à la ville 8c n'avança de lien. Emm.Meter. delaguer. Belgique liv. XV. ( b ) Au fiége que le Pape 8c les Florantins alliés mirent devant Sïéne : Les habitans en une fortie qu’ils firent au nombre de CCC C, prirent d’abord XVIII pièces de l’artillerie des affiégeans .-puis tout le ba gage 8cles vivres : 8c mirent tout le camp de leurs ennemis en fi grand efroi, quç tous enfamble, foldâs 8c Capital nés, prirentUfuite&c Guicciard.ltv.XYII. chap.XI II.
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- droit au lieu qu’elle fe propofe : Les Aproches fe contantent le plus fou-vent d etre couvertes d’un côté contre l’ennemi, n’ayant jamais au deflus dcrfa telle autre couverture que celle du ciel: la fappe au contraire ne marche point qu elle ne foit munie de toutes fortes de précautions ; ayant^"™" les manteléts en front ; Les deux côtés bien ramparés contre les mouf-quetades, 8c l’effort dont elle ell aflàillic de part 8c d’autre : 8c bien fou. vent encore, fi elle fe faiél deflus la terre, elle fe couvre toute entière, fur chaque côté 8c au deflus de foi en manière de gallerie : 8c quelquefois aufli elle s’enfonce en terre 8c au deflbus du parapet du Corridor, elle pénétre jufques au fons du Fofle fée. aucunefois elle perce au deflbus du fons du Fofle fée, jufques au même endroit que l’on veut difliper 8c faire crever de l’effort de la mine. De la première efpéce nous avons des éxamples par ExampUt tout, à Grotte, a Bofîeduc, à Brèda, 8c ailleurs. Des deux autres manières quij^* mfT' viennent en fuitte nous en avons le premier modelle, en la nouvelle expé-riance qui a été faite de l’une 8c de l’autre, au dernier flége de Maftrift (a )-/fJaiTd Pour bien ouvrir la fappe 8c la conduire bien à propos ; Les précautions qui Majhm. font néceflaires fe peuvent receuillir à peu prés de ce qui a été dit ci def-^y^"* fus : afin qu’elle s’avance directement, au lieu de la mine ; que d’autant plus elle s’approche de la ville , elle s'enfonce davantage pour fe parer aux coups ; que nos batteries Ibient bien dilpofées, pour abbatre les flanqs élevés 8c les parapets qui nous aportent de l’incommodité ; qu’il i ait des tranchées tout h l'entour du Baftion ou de la Courtine que l’on veut attaquer , par le moyen delquelles notre Moufquéterie tonne de tous côtés contre l’ennemi ; 8c qu’il i ait encore fus les côtés de notre tranchée, un ou deux Banquéts,fuivant fa hauteur,d’où nos Moufquetaires.la puiflènt def-fandre,pour l’avancer.Tout cela fera plus amplement décrit en notre livre de l’Aréotedonique, ou feront aflignées 8c déterminées, tant la manière, que la mejure de la Sappe exactement, c’efl: ainfi que l’on perce en la ville, fi le terroir 8c le fofle font fées, avéc une fappe manifefie, ou foufferraine, juf. ques à l’endroit que lbn veut miner.
- Mais en des marais, où le travail du pionnier efl: inutile, 8c filefoffèefl Lefoffi plein d'eau, il efl: néceflaire que la fappe fe termine en la contrefcarpe. ce qui ^hèfrT^ refte à faire c’efl: de combler ledit fofle, avant que l’on i mène la Gatterie.
- Les Hiftorierçs font fouvent mantion de l’ufage de leurs digues ou levées : La couvert de terraffe ou digue ètoit toute parfaite ( b ) contre la ville, ( de V ejes ) & peu s'en fa-la GaUme' toit que les galeries ne fuffent attachées aux murs, autrefois on les conflruifoit de la forte : on aïïoit quérir aux prochaines montagnes une très-grande quantité de bois & de pierres, & à la faveur de certains manteléts de clayes que ton oppo-fare terraf foit contre le trait, ta digue ètoit élevée : fur laquelle, d'autres pionniers, détrui-^digueu*. fans les tertres voifins,fourniffoient de la terre fans ceffe ( c ) &c.ils drefférent puis après une digue ou terraffe contre la ville, entaffans au deffus toute forte de maté riaux, du bois des pierres, de la terre, & enfin toute chofe quipouvoit fervir h la faire croître en hauteur (d) .* Mais cette ftruélure des digues ou levées efl:
- vulgaire,
- (4) Voyês Hexh amau jonrna! du fiége deMaftriét : & ce que nous en ayons dit aillants. (*) T. Liv. Iiv. Y* (4Jo~ fephe fiége de Jcrufalcin. Çd) Thucyd. au fiége de Platscs.
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- vulgaire, celle de Ceefar, ou plutôt de Trebomus devant Marfeille fut extra-Exampks ordinaire. Vous la pouvés voir en fon lieu : car elle eft un peu longue r<ft" Pour *a tran^crlre* Les mêmes hiftoires fourniflent par tout des examples de ces levées de prodigieufe grandeur. Vous i voyés celle d'Alèxandre au liège de Tyr, fur le détroit, ayant quatre ftades de long, au conte de Cur-ce, (a) & félon Pline (b) 700 pas. Cæfar, au fiége de Bourges (c), éleva fur un fons folide, une terraflè, large de trois cens pies, haute de quatre vints. Majfada deJudée extrêmement forte de nature & d’art, étant affize entre des roches inacceffihîes, & plus haute que le refie du plan des environs, de CCC coudées, fut ajfaiUie par Sylva Romain, au moyen d'une platte forme qui avoit de hauteur CCCX coudées ( a ). T elle étoit la manière & l’ufàge des plattcs formes ou digues pour combler les folles parmi les Anciens, qui le plus fouvent, les faifoient de même hauteur que les murs qu’ils voûtaient attaquer. comment N°us ne fommes pas obligés d’en faire de même, puifque nous avons un nous terraf autre & plus aizé moyen de nous faire paflàge en la ville, par le fecours jons aujour ^ mjnes. j] nous que nos digues & terraffes foient tant foit peu plus haute que l’eau du Folié, afin que nos Gaïïeries paffent à fée, pour.s attacher contre la ville, ayans fous elles nos moufquetaires & nos mineurs couverts , non pour s’élever au fomme't, mais pour fapper 8c miner lepié du rampar.
- . . Voyons auiïi de quél ufage étoient les Galleries parmi les Anciens: deTalüT Végéce le dira. ( * ) nos moeurs ont apelé Vignes, ( Galeries ) ce-que la de fi^teS(lue n°mme harharement en ce temps ci , Caufias : on ajfamble cette machine de pièces de lois légères, à huit piês de hauteur, fept de largeur, Jé-ze de longueur, on ranforce doublement le toit, de planches & de clayesjointes enfamble: on rampare aujft les cotés de clayes dozier contre le trait : Le dehors, pour re/tfler au feu, eft revêtu de peaux crues & nouvellement écorchées, ou de haillons. Quand on en a plufteurs de cette forte, on les joint enf amble, de rang, & les ajfiégeans,fe mettent a couvert au dedans, pour fapper les fonde mens du mur. Quant à notre manière de combler les folles 8c de conftruire les Galleries : Leur mefure en chacune de leurs parties 8c en leur tout ; Les précautions que doivent obferver les terraflèurs ; comment on avance les Galleries ; Le moyen de les aflurer contre l’elfort des baies ardantes : en quelle part du Bàftion elles doivent être poulfées & avec quelle précaution on les i attache : quand leur ufage eft néceflàire, ou ne l’eft pas ; comment on hâte la befogne par le moyen de ponts volans, d’ozier ou de jonc: 8c de la nouvelle invantion éprouvée depuis peu au fiége du Sas de G and & h Hulfi ; toutes ces chofes vous feront amplement décrites au livre de notre Aréote&onique. Parlons des mines, 8c fini fions. Le dernier travail de l’Ingénieur afliégeant, l’efpérance 8c la fin de toutes fes pênes eft en la mine: à l’aide de laquelle , apres lesretranchemensfaits 8c les aproches avancées, la ville afliégée eft brifée 8c le paflàge fait par force pour la pénétrer au dedans. Les Hiftoriens en parlent fouvent. Vegece
- la
- Végict.
- Comment Vegece les décrit.
- (a) Liv. IV. Raportes ce qui en a été dit ci dellus. ( b ) Liv. V. ch, XX. (e)Liv. VII. delà Guerr.des Gaules-{d) Jofeph. delà Guerre des Juifs, (e) Liv. IV. chap. XV.
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- De ia Fortification Irreguliere. 501 la décrit & la diftingue comme s’enfuit '.il i a une autre manière d'attaque foujlerraine & occulte, par le moyen de certains conduits pratiqués fous terre .commefont les terriers des lapins, on en fait plufieurs, comme pourr oient être ceux que font les Beffes, travaiüans aux mines a lapourfuite des vénes de l'or & de l'argent , de cette façon, on çreufe fous terre des entrées & des cavernes pourfefaire paffage h la ruine de la cité : cette ruze procède a double-fin. car ou lien, ilpénètrent la vide, & la nuit fans que les citoyens s'en aperçoivent ils fartent de leur mine briffent les portes, pour donner entrée h leurs troupes, & par cette furprtfe mettent h mort leurs ennemis en leurs maifons. Ainfi furent pris ceux de Véjes, Mme de après un fiége de dix ans, par M. Furius Camillus. Le plus grand de tous les travaux, fut celui de la mine ( b ) qui commanca d'être poujfée contre le Château &c. La mine qui ètoit alors pléne de foldâs, produisit tout a coup des hommes armés , au milieu du Temple de Iunon qui étoit au Château de Véjes. partie defquels . fejet tafur les ennemis , qui étoient fur le rampar, une autre partie, fe mît à brifer les barrières & les ferrures des portes ; les autres pour faire ceffer lagrefle de pierres, qui pleuvoit fur eux du haut des maifons , i mettoient le feu. Alexandre pareil- d’Alexm-lement, étant entré au dedans des frontières du Roi des Samiens, ayant pris à com-pofition plufieurs de leurs villes, furprit la plus püiffante de leurs cités, par la mine, ces Barbares, ne fachant que c étoit de ces ouvrages militaires, réputoïent unpro-dige, de voir des hommes armés, qui fortoient de terre au milieu de leur ville fans qu'ils aperceâffent au cune trace de la grotte que l'on avoir creufêe ( c )
- J'Ajouterai la furprife toute làmblable de Mauzamalcha, grande ville & siese fortifiée de bonnes murailles : 8c parce quelle contient plufieurs particularités maUhapar notables, & qui fervent à mon fujét,je la raporterai tout au long, comme elle efi: décrite au X XIV. Livre d Ammian Marcellin : Le lendemain, après que Ion eût jetté les ponts fur la rivière, paffé l'armée & tranfporté le camp en salubrité lieu plus fain, ( falubrité du camp, ) fortifié d'un double retranchement (dedans, ^oubUcir-8c dehors ) parce qu'on fe doutoit de ces deferts, qui ne font que des plates campa- convaiia-gnes, & que la cavalerie Perfienne ne vint h l'improvifle affaiblir le camp, attandu quelle efi efiimêe de grande valeur , quand elle combat en campagne ouverte. Julianfe trouva obligé h ce fiége, pareequil i avoit du danger s'il eût laifsé derrière foi, ceux qu'il avoit raifon de craindre 8cc.
- Voila le camp affis, la double circonvallation, bien obfervée, l’Hifiorien Attaque s’en va décrire la double attaque, la fubite, 8c celle qui fe fait avec plus de^fffffff loifir 8c par larchiteélure ; par ce que l'Empereur vouloit expédier , pour aller Pépias outre à lexecution de fes entreprifesplus importantes. Déjà l'Empereur avoit irrvefii la cité de double clôture, & l'attaquoit avec bonne efpérance de fuccés, dun grand effort ; ayant mis tout autour un triple rang de foldâs armés de pavois, il ia-•voit de la nèceffité& auffi de la difficulté en cette affaire, car l'entrée de tous côtes et oit ent rerompue de plufieurs pointes de rochers e[carpés,& plene de détours excefi fi fs, & riétoit nullement accejfibk : principalement en ce que les tours i etoient fort drues, & de hauteur épouvantable, à l'egalde la hauteur naturelle du rocher où e-toit affis le château, & ce qu'il i avoit de planure déclinant en pante, tomboit fur la
- Rrr rivière»
- (*) VégéceLiv.IV. ch.XXIV. (i) T»LireIiv,V.îlorusLiv,I.ch,X11» (*) <£, cun.Liv.IX.
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- Attaqat faite avec méthode çj Loifir: fes Aproches. Batteries. Chauffées. Galleries. Mines. Affauts. &e.
- yoz Livre Second,
- riviere, bien fortifiée. & ce qui etoit plus que tout le refie, cefi qu'il i avoit au dedans des troupes choiftes & en grand nombre, qui ne vouloient aucunement entan-dre à compofition, mais fe promettans ou de vaincre, ou de s'enfevelir fous les cendres de leur patrie fis mêprifoient les incommodités cette attaquefulite ne réunifiant pas pour les caufes fufdites,V Empereur fe refout prudamment à une , procédure plus Longue 8c toute fois fanglante:il repartit la tâche des ouvrages, & chacun de ceux qui en avoient la charge, s'i employé en toute diligence dun coté s'èlevoient des Cavaliers; dun autre coté les profondeurs des foffes étoient comblées: dune part on tiroit de longues aproches pour fe couvrir,de l'autre Je s ouvriers placoient les engins de batterie : quant aux mines & aux Gaîlerïés, Nevitta & Dagalaiphus en eûrent la charge ; lEmpereur s'etoit refervé h foi même le foin du combat, la deffance des machines contre le feu & les forties : ne voilà pas tout l’attirail 8c tout l’équipage 8c toutes les procédures de nos Attaques, Mines, Galleries, Chauffées,Cavaliers, Approches? Ammian Marcellin,Hi-ftorien du temps paffé, ou plutôt Architede, ignorait il rien de tout ce que nous faifons aujourdui? Quand tout l'appareil qui étoit nécejfaire a la ruine de la viUe eût étépréparé avéc un grand travail, & que l'armée ne demandoit autre chofe que le combat &c. ( on vient à l’afîàut: ) De leur côté les Perfes comme attachés à leurs murailles, fe ramparoient de toute leur puijfance, & réfifioient dun grand courage â la violance de leurs ennemis. Mais quand les affaittans, bien couverts de leurs targes dofier tijfu, vinrent hpreffer déplus près la muraiUe : alors les frondeurs, avéc les archers & d autres encore qui routloient de très grojfes fier_ res & qui jettoient des torches allumés & famblables artifices h feu, les repouf foient, on lâchott avéc les balifles & crâne quins, quantité de traits, les Scorpions, déchargés avéc addreffe, faifoientpleuvoir de tous côtés de grojfe s pierres rondes &c. A bonne attaque, meilleure deffance: il faut que l’induftrie de l’Ingénieur fécoure lés armes, ces exécutions fe faifoient en plein jour & â découvert: tandis que l'on donnoit avis à l'Empereur,qui étoit en grandfoin;que les foldats Légionnaires, qui avoient la charge de creufer la mine, l'avoient conduite & lien étayée, jufques audeffous des fondemens, & qu'ils nattendoient plus que fin commandement pour en finir & faire leur effét. on eût patiance que la nuit fi fut quelque peu avancée, alors les trompettes fonnérent h l'ajfaut, & de tous côtés on courut aux armes & au combat: on affaiblit exprès de deux côtés le front des murailles , afin que cepandant que ceux qui étoient deflinés a leur deffance. s'en cou-r oient cà & là, le fin des ferre mens de ceux qui creufoient ne pût être ouï, non pas mêmes de prés, & que fans qu'il i eût aucune refiflance au dedans, la troupe des mineurs, pût finir h l'improvifle. Tmes ces chofes difpofées ainfi quil avoit été ordonné, & ceux quipouvoient empêcher cette entrée, divertis ailleurs : lamine ayant été ouverte, en finit le premier Exuperiusfildat de la légion Ftiïorieufe, après lui le Tribun Magnus, & le Notaire Jovianus : lefquels étans fmvis dune brave troupe, ayans mis h mort, tous ceux qui étoient en la maifon, en laquelle ils fe rencontrèrent, marchans doucement par la viUe, taillèrent en Pièces tous les cors de garde, &c. en fin, les portes ayant été ouvertes, cette miferâble ville deflituée défis deffanfiurs fut affaillie, &fans refpeft d'âge ou de féxe, la rage des foldâsfit
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- De la Fortification ïrrlûuliere, 503 tout pajfer aufil de l'épée,&c. Durant ce combat,un de nos Ingénieurs,duquelfai oublié le nom, étant de hazard derrière un Scorpion , fut atteint a ïejlomact d’un coup de pierre que l'ouvrier i avoit pofêe fans ipenfer , & mourut : & fies mambres furent brifés & dijfipés en tant de pièces, quil n'en refia pim les moindres vefiiges, qui eûffent forme ou apparance de cors humain.
- Nous avons rapporté ci deflus, comme Naples (*) à été prifedeux fois au moyen dun aqueduc, abandonné de defFance; premièrement par Belifaire, & depuis neuf fiécles apres par AÎphonfe Roi d’Arragon, fur René d’Anjou,
- EcoutonsVégéeequipourfuitledifeours,cidefiuscommâncé. (b)Ou Autre certes, alors qu'ils ont atteint les fonde mens du mur, ils en abbatent un grande par-tic, étayans la ruine de bois bien fée : h quoi ils adjoûtent force farmens & autres gece,quiàb* matières aifêment combuflibles : Alors ayans mis en ordre leurs gens de guerre, ils parpÛUr ou-i mettent le feu, lequel sétant attaché aux piliers & aux planches dont les fonde- jfifpîf-
- ment s de la muraille font foufienus, elle tombe incontinent par terre & ouvre une page Ati'en-brèche pour lepaffage de ceux quifont a l'affaut. Ainfi fut prife la ville de Ga- mmu za ( e ) dans Q. Curce. Après qu Alexandre eût bien confidéréla nature du lieu, Prîgdë il commanda de faire une mine parce que la terre i etoit légère & facile a manier pour cêt efét ; d'autant que la mer qui eflproche i répand tout autour beaucoup de en cette.f«m fable, ( toute fois le fable n’eft gueres propre à ces ouvrages ) & qu’il ni a(m' point de rochers, ni de pierres qui empêchent quon ne la, creufe avècfacilité. L'œuvre fut donc encommancé en un endroit, d'où il ne pouvoit être apperceâ de l'ennemi , & en même temps les tours furent aprochées du mur,&c. Le dernier de leurs malheurs fut la ruine de leur muraille, abbatuepar les mineurs, dont la brèche ouvrit le paffage à l’ennemi. Je n’ aurois jamais fait, fi je voulois ici raporter tous les exampîes qui font dans les Hiftoires, à ce fujét.
- Ce qui a été dit fait afies voir ce quec’eft que des Mines ; c efl à fçavoir: tiêfinirnn des conduits 8c cavernes fous terre, que l’on pouflè fous les murailles, ou d*!*mine° fous le rampar de la ville afiiégée;pour être puis après emplis de poudre à canon, que l’on ferme foigneufement, 8c après on i mét le feu: à fin que la violance de la poudre éprife de feu, face crever la muraille qui eft au def-fus 8c la fiifie fauter en l’air,faifant brèche pour entrer en la ville. Appian(d) duquél on peut dire qu’il ne fe déclare pas moins Archite&e qu’ Hiftorien, mérite bien qu’on lui donne audiance en cét endroit, il raconte comment autrefois fût faite une brèche ; avant que cette poudre fut invantée, a-véc laquelle nous pouvons aujourdui ranverfer les plus pefantes mafiès de murailles 8c de rampars. Ln même temps fut fappée & minée une partie de la muraille (c’étoit celle de la clôture du port de Pyræe en Athènes : ) fut étayée & foutenuë avèc des poutres fous le fondement: puis ayant rampli cet endroit dune mixtion de poix, d'étoupe & defoufre, on i mit le feu; ce qui démantela
- Rrr i le
- - (a) Ltv. IV. chap. XXIV. (i)liv.IV. (c) de la Guerre Mithridat. (d) Voici un éxample extraordinaire. Lticullws envoya une partie de fin armée contre Tbemyfcire,ù'c. L'attaque fut faite à force de tours , & de terrajfes & déminés, quel'onfaifiitfijpacieufii que l'ons’i combattait fous terre , ceux de la ville contreminoient & par les ouvertures là~ choient à l'encontre dis ouvriers, des ours èr autres betes & des ejfains de mouches à miel. App. de la guerre Mithrid. le 2e d’Aouft 1632. devant Maftticht il i eut combat foutenain entre les mineurs fit les contremineurs qui s'étoient rencontrés t mais l'ingénieur de la ville gui avoit découvert la mine i fut tué d’ua coup de moufquct, Hexham journal du liège de Maftrift.
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- le mur, de telleforte qu'il tomhoit par pièces de ch & delà, avêc ceux qui étoièni au deffus pour le defandre. cét accident fi étrange & fi peu préveu, étonna gran* de ment les foldhs de la garde, chacun craignant pour foi, comme prefl d’être enve-Maniert loppé en la même ruine, &c. c’étoit l’ufage des temps pafîes : de creufer au fou?fai™ defîôus des murs de larges efpaces, que Ton étayoit ; de quantité' de bois, brèche a la lequel e'tant puis après confumé par le feu, la muraille tomboit en ruïne des afliégés. de néceflité: auflî la brèche fe faifoit d’autant plus grande, que la ruine a-précau- vojt pius (jg largeur. Or les Mineurs doivent obferver ces deux précau-doivent ob- tionS: dôter h l’ennemi la conoiffance de l’endroit ou fe creufe & fe pouffe la mine; ^Mineurs, autrement elle fera trouvée & contreminée : en apres il aura égard, qu’el-le foit fi bien ordonnée (*) & fi bien fermée, quelle fajje hrêche affésfufifantt pour lepaffage de nos troupes. M. Fulvius s’aquita mal de la première précaution (*) au fiége d’Ambracia.Zf Conful arrivé devant Ambracia,il lui fambla que lentreprife n’étoit pas de petite dificultê. Ambracia efl au defjous d'un rocher efcarpé. ta ville, du coté des champs & de la rivière, regarde l'occidant: le chat eau, élevé fur la montagne,efl h l'Oriant: outre la deffance quelle a de la rivière dune part, & des montagnettes de l'autre , elle ètoit fermée d'une bonne muraille tout h l'entour, ayant de circuit plus de trois mille pas. Fulvius fépàra l'affiête de fon camp en deux 1. Précau- quartiers, bien peu éloignés l’un de l'autre faifant un fort contre le château, il fit pratiquée autour de cela des retranchemens, pour ferrer la ville en dedans, & fermer l'entrée viJsd? au fecours’ &c' tupolemus entra dedans Ambracia, ayant miUe hommes avécfoi,
- 1ua»t Am- par les endrois où la clôture riétoitpas encore achevée., &c. Le Conful, voyant que haçut. jes omirages étoient en état, tant ceux de la clôture, que les machines qui dé-
- voientfervir à t attaque du murfe réfolut de l’approcher et affaiblir en cinq endrois ; du coté qui ètoit le plus a (on avantage vers la campagne, il ordonna trois attaques, une vis h vis du Temple d’Æfculape,& la cinquième contre le chateau; ilpouffoit les murailles avêc des beliers , & avec des faux emmanchées de planches abatoit les créneaux, &c. Enplêne nuit Nicodamus, paffa tout au travers des travaux d’a-proche, trompa les uns des cors de garde ,abbatant les autres, ® ainfijetta en la ville. &c. Les Romains devant Ambracia battans les murs en divers endrois, en a-voient mis a bas quelque partie : & toutefois ils nepouvoientpas entrer en la ville; car tout auffi tôt la brèche ètoit reparée, & la valeur des affiégés qui fe préfan-toient leurfervoit de rampar. ce qui fit panfer au Conful, puifque la force nefuccé-doit pas, de pouffer une mine,ayant premièrement couvert le lieu avéc des galeries: quelque efpace de temps , ils avoient creufê & mêmement tiré dehors la terre fans être apperceûs ; mais le monceau qui paroiffoit extraordinaire & tout à coup fur la face du champ, découvrit le fecrét aux habitans : qui furpris de crainte que leur
- mur
- (a) Vous avésvcû des examples de mines qui ont etécreufées par travail extraordinaire : voyons en quelques lins de celles qui par miracle ont été evantées. ^Ayant fait mettre le feu à la mine qu’il avait creufée vert la porte de Chatillon , ou y avait par dedans une chapelle : ir le mur ir la chapelle , fautèrent tellement en l'air , que ceux de dehors découvrirent h clair ir le dedans de la ville ir tesfildâs préparés pour deffandre l‘afaut : mats ir le mur & la chapelle redefiendans t n bas, fe réjoignirent en la meme place d’où ta viotance du feu les avait chafés. Certes les 'Bolonnois avoient raifm de faire de fet-teavanture un miracle-, ir croire que telle recheùte fur fes propres fondement était un manifefle témoignage de l’afifiance divine. Jan de Serres iji2,Louys XII. Lemêmerj23 , François I. Delà t Admirai, dépécha le fonte de S. Paul, Ranccde Céres ir Larges, pour aller àjliéger ^Arone, ville fur le Lac Majeur. Ils i fait leurs approches. ir mettent leurs pièces en batteries, battent environ vint cinq jours j donnent deux ir trois ajfauts ire. mais en vain, ce qu'ils ne peuvent par afauts, iù tâchent de l’exploiter par mine: ir font fauter en l’air un grandpan de muraille : c’étoit proprement regimber contre l’aiguillon: la muraille reebét dans fes propres fondement: ir demeure debout. ^Ainftfrufirés de leur intantien & tronqués de plujieurs bons hommes,ils retournent at* camp, (b) T. Lire, XXXY111. Livre. *
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- mur ne fut déjà percéfirentfur l’heure même un retranchement au dedans de leur •ville a l'oppofite de l'ouvrage,qui étoit couvert des galeries. Parvenus quik furent jufques a telle profondeur que pouvait être le fons de la mine; ils ifirent filance, & prétans Voreiïïe enplufieurs endroîs, écoutoient d'où vernit le hruit que faifoient les mineurs : l'ayans reconnu: ils ouvrent un paffage droit h la mine : & ni eurent pas grande pêne, car en un moment ils trouvèrent le vuide étayé: là les ouvriers vinrent aux mains, en ce paffage du retranchement à la mine qui étoit ouvert, premièrement fe battirent avéc leurs outils & ferremens:.puis i en acoururent promte-ment d'autres armés & fe fit un combat fous terre. Depuis peu à Maflriêl, la brèche fc trouva trop étroite pour faire pafîàgeauxaflaillans armés;parce-que ceux de la ville qui avoient découvert la mine en avoient ôté neuf barils de poudre, 8c ce qui refia, ne fut pas fuffifant, pour ébranler toute la charge du rampar O). A Stenwik {b ) l’ignorance des mineurs fut caufe dune très grande perte, une mine qui avoit emporté de grandes pièces du rampar, ran-verfa le tout fur les affatllans, dont 3 v de nos foldàs furent écrazês,- &c. Les mineurs difoient pour leur deffance que fous le rampar,. il i avoit les fondemensdune vieille muraille, qui par leur rêpercujfm, avoient ranvoyé le tout en arriére.
- Nous ranvoyerons au plus ample traité de nôtre Aréotedonique,la déclaration 8c explication des chofes fuivantes, 8c généralement de toutes celles qui apartiennent à ce fujét : à feavoir, de quél équipage 8c de quéls outils doit être fourni le mineur, pour creufer en toute efpéce de terroir, marécageux, facile, dur, pierreux, empéché de pieux, de pièces de bois, de fafeines: ce qu’il doit faire, ou avifer, afin que le rampar prenne fà cheû-te comme il doit, à droit, ou à gauche, en devant ou en arriére , ou perpendiculairement : la manière de la mine, 8c pourquoi elle fe conduit pair détours: la mefure en hauteur 8c largeur : la façon de la chambre ou fe mét la poudre : comment on la doit apuyer 8c foûtenir, quels ouvrages fe font en dedans, pour empêcher quelle s’éboule, 8c que l’eau ne l’endommage : la quantité de la poudre nécefiàire pour fon effet : comment il faut faire pour empêcher que ceux de la ville ne la dérobent : comment 8c avéc quelles précautions on feelle 8c cimantela chambre,afin quelle ne joue contre la gallerie mal à propos : qui doit être mis à fa garde, pour faire que les afîiégés n i abordent à notre infçeû: 8c la manière d’i mettre le fou. 8cc.
- FIN DE L’ARCHITECTURE
- D’ A T T A Q U t.
- Eloge de l’ojfreotechniqm dans les faintes Lettres.
- I'Ài auffi veu cette fageffe fous le Soleil, & elle nia famblé très grande. Une pe~ tite ville, en laquelle il i avoit peu d'habit ans ; Un grand Roi vint contre elle, & la retrancha tout autour, & bâtit des forts aux environs ; & le fiégefut fait:
- R r r 3 il
- (a) Hcxham, journal du fiége de Mafttiftpag. 39. (6) Reidan Ann. liv. IX.
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- il i avoit en ede un homme pauvre ® lien avifé, ( les Italiens l’appellent Inge-gnero, les François, Ingénieur, comme s’ils difoient homme d'efprit) celui ci délivra la vide parfon Ionfens, ® depuis on n'eût plus de mémoire de ce pauvre homme. Et moi je difois, le bon fens efi meilleur que la force ®c. ® fageffe, vaut mieux que les armes guerrières &c. Ecclefîaft- ch. IX.
- Et toifils delhomme prans une tuile, ® tu la mettras devant toi : ® fur elle tu feras la defeription de la vide de Ierufalem : ® tu dtfpoferas un fiège h tentour delle ® confiruiras des forts, ® trapporteras des terrajfes, & feras des châteaux h lencontre d'ede> ® mettras des leliers aux environs. Ezech. ch. V.
- Loi pour la manière de la prife des Vides, extraite de la Sainte Ecriture.
- SI quelque fois tu vas pour attaquer ® prandre quelque vide, tu lui ofrirasla Paix : fi ede la reçoit® t'ouvre fes portes, tout le peuple qui efi dedansfera fauve', ® te fervira en payant tribut. Mais fi ede ne veut pas contrat et adiance mais commance la guerre contre toi, tu l'attaqueras. ®c. Lorsque tu auras affiégé une vide par un long temps,® que tu Tauras ceinte de forts tout h l'entour pour la prandre : tu ne couperas point les arbres qui peuvent fervir a la nourriture, ni ne pran-dras point la cognée pour faire le dégât aux environs : parce que c'efi bois, ® non pas hommes, quipuiffent accroître le nombre de ceux que tu as a combattre. Si toutefois il i a quelques arbres, qui ne foient pas fruitiers, mais fauvages,® quife puiffent aproprter à dautres ufages; coupe les ® en fais les machines ® engins,juf-ques h ce que tu ayespris la vide qui combat contre toi. Deuter. ch. X X.
- Cette entreprife pourfuivie fi chaudement eût fuccédé ; fans un homme qui êtoit lors h Syracufe, c êtoit Archimède: celui ci êtoit le premier en la conoiffance du ciel ® des Aflres: mais particuliérement il êtoit admirable en l’invantion ® flruSlure, d’engins de batterie ® autres ouvrages de guerre;faifantfans pêne ® en fe jouant, que tout ce que T ennemi avoit entrepris avec un extrême travail, demeuroit inutile ® anéanti, comparés ce que dit ci deflus l’Ecciefiafte, avec ces parolles de T.LiveXXIV. livre.
- Thierri Roi des Gots écrit ainfi aux Capitaines de fon armée. Lara fon de tutilitépublique m'oblige de vous commander; que vous ayês h fortifier les châteaux qui font autour de vous: d’autant que l'on pourvoit bien mieux en temps de Paix,h ce qui convient h la guerre.étant ainfi qu'une forteteffe efi randuë puiffantejors que Ton panfe ® que l’on procède avec maturité a la fortifier: tout ce qui fe fait a la hâte ne peut être affuré, ® mal h propos on examine quede efi la firuflure d'un lieu, quand le danger efi proche® commance de fe faire craindre. Cafliod. en fes diverses , Liv. I. ch. X V11.
- II. PAR-
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- ~ 5°7
- IL PARTIE
- De l’Abrégé
- DE L’A RE O TECTONIQUE.
- En laquelle est comprife la maniéré de dejfandre les places, par utrcbiteclure.
- CE livre enfeigne la manière de fe defïàndre ; mais il ne regarde que La it^nu l’office de l’Ingénieur : celui des Capitaines & des foldâs, apartient des pinces. à un autre deflèin. Au précédant livre nous avons fait voir, comme toute Attaque, cfl: couverte, ou découverte ; L’ingénieur n’a rien à voir en celle la Toute As* qui fe fait par trahifon, ou Stratagèmes. Si ce n’eft que les Stratagèmes peuvent être empêchés, ou retardés, par le moyen, des herijfons, paUiffa- découverte, des , herfes, coultffes, ponts, & portés s en fortifiant bien à propos les entrées précède la ville. La manière & la ftru&ure de toutes ces chofes, a été déclarée Xîft'rZage-fufifàmment au chap. XIV. du 11. livre de notre Fortification ; par des^* préceptes & dés éxamples de toutes les fortes. Là, vous trouverés, plu-fleurs belles obfervations très-utiles, que vous rapporteres ici.
- C’eft le foin & la charge du Gouverneur 8c des chefs, de remédier & de Les trahi-pourvoir aux trahifons, ayans en main la puiflànce & 1’authorité de cha tier les traîtres, tant les étrangers que les domeftiques, quand ils font re- étrangers conus. Les étrangers & inconus ne font pas mal aizés à difcerner : mais on a plus de pêne a fe defïàndre, contre les habitans du même lieu, qui nous?aw portent de la mauvaife volonté, (*) qu’ils ne trouvent moyen de faire paf-^flw”M* Cage ou de livrer une de nos portes à l’ennemi, ce fut de cette façon que Stétin, & toute la Poméranie, refufant lé fecours des Imperialiftes mal à propos , ouvrit toutes fes portes , au Suédois ami & allié en Guerre qui fe faifoit en Allemagne, & dit on, qu’il en demeurera le Maître ; 8c que le ré-tabliflèment de la Paix, doit faire cette Métamorphofe. Or eft il qu’il ne faut jamais établir de Gouverneur , qui ait fujét de fe reflàntir ( *) de quelque injure faite à lui 8c aux fiens, & de fe vanger : comme fit un certain Suédois, qui trahit Colmar, & la mit entre les mains des Danois leurs voifins cette place très-importante,depuis que la guerre eût par ceuxci folennelle-ment déclarée à toute la Suède, ceux de Gertrudenberg (*) nous appran- o» par e
- • foldâs fédï-
- . > dront'^ WA,
- (a) Les citoyens retenaient en eux memes plus fort que jamais , t imprefiion de cette liberté qu’ils avaient goûtée, & de leur dt-verfité en la religion, qui leur ètoit alors interdite : k cela ni les garni fins que l’on met en la ville, ni la force des loix ne fervent Se rien, iyc. Il fi trouvaient ty confit liaient enfamble fort fou vent. Il i en avait qui aeufiient lesnétres, comme s’ils eùjfent oublié ce qui s’étoit paffé anciennement & depuis peu encore , veû qu’ils abandonnaient ainfi leurs bons amis (y alliés , en toprefiion d’une fi longue iy fi défagréable firvitude. Que les firvices de leurs Majeurs, n’ avaient pas mérité cette indifférance, les ayans rcçètts en leur vide, en leurs mai fins, en l'alliance d’une même Religion, quand la cruauté des Efpagnols iy du ‘Duc 'D ^sla/e les eût chafi fis. Que chés eux ifs avaient trouvé mat fin iy retraite en cette publ ique calamité, ire. Entre les habitans , il i avait un certain Pierre Muller ,fouBon de fin métier, homme de plue grand cœur que ne portait pas fa condition, celui ci avait ficrettement remarqué toutes les entrées iy toutes les occafions , avec un fien allié iy unfrere, de fin intelligence, iyc. Entre tous Us autres Muller, quiencét endroit avoit accoutumé de tandrefis draps aufileil, confidéroit ceci a part foi. ilpajfiitfortfiuvenl de notre côté charade paniers,iy firtoit de la vide fous prétexte qu’il alloit voir des mouches kmiel, qu’il nouriffoit la aux environs ; il retournoi t avêc Us paniers de (fus dits. Tout le reSie demeurait couvert fous le voile de fa baffe fortune, iy del'opinion quel’on avoit concilie déjà fimplteité. Heinf. pag. utf.diifiége deBofleduc. (b) fampobajfî Italien, fe vangea d'un foumét, par la mort de fon maître, Charles le Hardi Ducde ‘Bourgogne iyc. famines ; Serres, en Louys, XI. 8cc. (C) ilt avoit déj a longtemps que cette coutume avoit été introduite anx armées du Pays bas ,que le fildat ayant reçeû les deux tiers défis monstres, prenait un buJ Utin Pour le refie dt et qui lui pouvait être deû ; & ce billét lui donnait ajjuranse de payement à certains temps, quand il i aurait
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- plus de Finances.cette coutume tommançunt de déplaire k ceux quittaient engamifinh Medenblil^fius le commandement deSe-noifils demandèrent tout àla fois, leurs monftres depuis XI11. mois,attandu qu'ils avaient depuis longtemps étéaufirvice. ficela ils adjoûtent des menaffes,&proteftentfi on ne les contante qu ils abattent les digues & noyèrent toute la 'TJorthollande &c. Quand les autres eurent aprts la fédition qui avait étéfaite a Medemblsk^, en toutes les villes, où les garni fins étaient tes plus fortes, comme a Gertrudenberg , Heufden , liVorcom, Vcre, ^Armuyde, Hergues fur le Zoom, Ifiarde, ils commencèrent a demander leur payement de tous côtés, ceux ci étaient encore plies en arriére que ceux de Medembli^, ér n avaient pat feulement touché tes deux tiea-s par le commandement de Lieeflre ire. far ceux de Gertrudenberg avaient recommancé leur fédition ; & Maurice qui ni fia voit point un autre remede : les afiiegea mais l'arrivée du Duc de Parme le fit retirer : au co mmancement d ^A vril, la garnie fanvandit lavilleaceluici,pour la paye de XV mois. ReidanAnn. liv. VII. & V III.
- diront auffi, combien il importe dappaifer de bonne heure,les feditions qui s’emeuvent entre les foklâs, avant quelles éclattent & s échappent juf-ques à produire des trahifbns. nous aurons donc le foin de nous fortifier contre lesentreprifes couvertes &les rufes dç guerre, au moyen de bons ouvrages de Dehors, que nous mettrons à la deffianqe de nos portes, ponts & pafîàges : 8ç de ne rien îaifïèr en tous les environs de notre ville qui foit foible, & qui convie l’ennemi à l’attaquer 8c s’il arrive qu’il i ait Trêcau- quelque endroit qui demeure ouvert, tandis que l’on travaille à le repa-TfirZagè- rer ; il le faudra munir de barrières 8c bons cors de garde 8c l’intriquer *»«• par autres moyens : (« ) fi on craint l’ennemi, on bouchera toutes les portes , & ne feront laifîees à l’ufage, que celles qui font grandement nécef-faires. Pour remédier aux trahifons, domefliques, ou étrangères, on en tirera les fufpéâs 8c on les changera fou vent : ou bien on jettera les gardes au fort : (car le fort détourné & trouble les defTeins, 8c fépare les conjurés 8c féditieux : ) on prandra garde foigneufement à eux en faifant la ronde, ( b ) ou même on la redoublera : il i a plufieurs autres manières d’i pourvoir : il feroit fuperflu de les décrire toutes: ceft donc l’ordre qui fe peut donner contre les entreprifes couvertes. ce qu'il Quant aux furprifes qui fe font manifeflement, 8c à découvert, l'Ingé-f«»tfaire njcur n>j pCUt qQC faire ; toute la charge en apartient aux gens de guerre :
- ce feroit pafîcr au delà des termes de l’Àrchiteâuré de preferire ici ; cc us' que doit faire le Gouverneur, afin que l'artillerie8cfesofficiers,foient toujours préparés à faire leur office, pour defïàndre, les portes, les ponts, 8c les plus faciles entrées, 8c que le tout foit en bon ordre : comment il faut départir fes 0 troupes autour du rampar de la ville, pour les oppofer
- aux
- (a) De hazard il avinten ce temps là, que Français de Le fan Gouverneur de ItZefilfit abbatre me tour de brique,qui éteit entre les portes de Urun ir de Demie (cette tour fe nommait Rolinxvvert; ) pour faire place aun, Baftion qutl voulait confiruire en cet endroit, comme cét ouvrage étoit commancédepuis long temps, il demeurait ouvert & accefiible en quelques endrois ; de quelque autre part, la patlifiade étoit foible & n’avoit qu'un fimple rang de pieux. Tandis que l'ennemi tenait le Velauvv, & qu’une partie de la garni fin étoit en campagne avec le fonte de Bergues, on avait négligé la réparation de cette brèche, mais ceux qui cherchaient curitufiment toute occafion , ne manquèrent pas défi prévaloir de cet avantage, & de convertir àl’ufige de leur défi fein , ce paffage qui leur étoit ouvert. Heinf. fiége de Bofled. pa. I lj. ( b Le même, pa. lit. ^4 quatre heures la ville ' fut ajfaillie: à cinq prefque emportée, nous fufmes afitfiés d’une manifefie grâce de Dieu. ce qui fi peut reconoitre par cesargu-
- raens: que nos troupes quelquefois féparèes dette mêmes es tenebres fe ralliaient tout a propos:que dés aufii tôt que le jour commun-ça de paroitre , celles des ennemis avaient abandonné leurs gardes & s’etoientdifiipées i on trouva leurs armes aux cor s de garde dyc. au commancement plufieurs s'étomoient, comment tennemi ne les avait point découverts , ni en aprochané de la ville ni en paffant le parapét du chemin couvert: il eB confiant, que les fantinettes de la nuit qui étaient hors laplace, avoient desja abandonné leurs faidions, iln’i eut ni voix, nifignal qui donnât avis de l’entreprifi. ( c) Ce fut une grande infamie , que celle de la garnifon Impériale de notre Francfort fur l’odére, 8c fi ces Meilleurs fcfuffent trouves fous la fevére difcipline d’une ^Appius, les capitaines & officiers eûffcntété fouettés & mis àmort, & le refte des troupes eûffent pafle par la rigueur de la décimation; à jufte caufe: car une garnifon defept mille hommes, qui étoit une jufte armée,
- „ avoit moyen, encor quelle eût été en pléne campagne, en fe retranchant quelque peu, de fnbfifler contre l’armée
- ennemie des Suédois. Le Roi de Suède, n’étoit pas encores aux termes d'aller à rafîâut.maiss’i préparoit, quand un foldat, (celui ci n’étoir pas Suédois, il étoit de ‘Tegau fen MiCnie) nommé oindre ^Aner, Lieutenant d’une compagnie, d’un courage certes prodigieux, plante l’échelle, gaigne le rampar, fe jette en la ville, tout feul entre les ennemis met enfuitte ceux qui gardoientlerampar.en cet endroit la le Roi, & tous ceux qui étoient à l’entour de lui , ne pouvoient alfés admirer cette aétion, toutefois il ne voulut pas manquetaufecours de ce téméraire & à l’occafion de là fortune, il pouffe &preffe les plus proches compagnies àla pourfuitte de lentrcprife , avéc heureux fuccés. Car une telle épouvante avoit fàifi la garnifon, que l’ardeur qu’ilsavoientdefortir & de s’échapper, n’étoit pas moindre que celle de leurs ennemis pour entrer en la ville abandonnée;&fe prefférent de telle forte, qu’il i en eût plus grand nombre de foullés aux piés de leurs chevaux & de précipités en la rivière du haut du pont en cette hâte,
- qûè
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- que de ceux qui périrent au tranchant de l'épée de l'ennemi. Une li foible occafion, & l’infamie d’une garnifon qui a bandonna fi lâchement fës gardes, donna cette grande Viétoire à l’ennemi : qui en recompania libéralement le foldat auteur del’entreprife, d’une chaîne d’or, de mille riksdalers, & d’une compagnie. Merian, en l’année 1631. des Guerres d’Allemagne, 8c autres.
- aux rancontres fubites, en forte que l’une des parties ait ordre de pourvoir à la fureté du rampar: l’autre demeure en garde aux places fortes de la ville, de peur que l’ennemi furprenant la ville ne s’en faififlè, &n’i tienne bon, jufques à ce que le fecours lui foit arrivé : une autre foit aux cors de garde pour attandre les commandemens : 6c mille autres famblables cho-
- fes, qui n’apartiennent pas à l’office de l'Architede. Parlons maintenant des fiéges formés, auquels llnduftrie de l’Ingénieur eft principalement rc-quife. on s’i comporte en deux manières, l’une des quelles efl: fanglante,l’autre ne tefl pas : celle là s’exécute par armes 8a par ouvrages d’Architecture militaire ; celle ci attand avéc patiance que la famine range fes ennemis à fon pouvoir. En l’une 6c en l’autre de ces deux façons, l’affiégeant ne manquera pas d'ajfurer fon camp & le fortifier^n dehors contre le fecours; en dedans pour clorre la ville, émpécher fesforties 6c la réduire aux éxtremi-tés des maladies 6c de la faim.
- Mais d’autant qu’il n’eft pas poffible d’empêcher l’ennemi,qu’il n’éxécu-te la Fortification de Ion Camp, mettant toutes les troupes en batail le à la défiance des ouvriers : 6c que la circonvallation fe fait auffi le plus fou-vent, hors de la portée du trait, bien foutenuë de l’affiftance des dites troupes ; de forte, qu’il n’arrive que malaizément 6c bien rarement, que ]es affiégés, qui font tousjours beaucoup inférieurs en nombre,s’i puiflènt oppofer ; pour ces caufes il efl: néceflaire d’avoir pourveû, qu’une ville qui craint un fiége,foit munie de fufifante garnifon• 6c ne s’attandc pas au fecours: 6c qu’elle ait abondance de provifions de toutes les fortes , afin qu’elle ne tombe pas en l’extrémité, d’être combatuë 6c ruïnée par fa propre né-ceffité.
- Or efl: il, que tout ainfi que l’âme efl: la vie du cors ; ainfi la valeur 8c la Prévoya»* vigilance du Gouverneur efl: lame de la place. Elle pourroit être fermée de cesf‘une cent murailles, fi le foin 6c l’induftrie de ceux qui font à fa défiance, ne les foûtient, elle fera foible. Il faut donc, que le Gouverneur de la ville, foit ^‘eUe dûi6 homme de grand coeur, expérimanté Capitaine, 6c bon Ingénieur : avifé être la Dili-en toutes chofes ; prompt à la main ; 6c capable de faire telle à fon enne- gcZZ&^ mi en tout ce qui dépand de la force du bras 6c de l’invantion de l’efprit; d‘un GoH~ pourvoyant à fe garantir de toute neceffité, 6c à contrecarrer les efforts 6c les rufes de l’affiégeant. & fin office.
- Pour ce qui efl: de la valeur 6c du courage, je le fouhaiterois famblable Los Conte au Conte de Serin, car tout autant de temps que la vertu aura des charmes ZlcZüml pour fe faire eftimer 6c aimer ; 6c qu’une confiance invincible à tous acci- moieu» dens, ne manquera point de trouver des juges favorables : il i aura tou- q7«w-jours des gens de coeur bien animés à la défiance de leur patrie : ou pour neHr• le moins de ceux qui ne refuferont point à un grand courage, qui fe fera bravement expofé à la mort en une telle occafion, les juftes louanges qu’il aura méritées : 6c durant tout ce temps encore, fera floriflànte 6c im-
- S s s mortelle
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- mortelle, la glorieufe renommée de Nicolas Conte de Serin, la fleur de tous les Iiîuflres guerriers qui ont jamais été ; Gouverneur du château 8c delà ville de Zighét en Hongrie , fous l’autorité de l’Empereur Maximilian 11. siège défi- £n l’anncé 1566. le 6 d’Aoufl, le redoutable Sultan Solyman Empereur des Turcs,tenoit cette place affiégée,d’une armée de C C mille hommes 8c ghét. d’avantage, 8c la battoit en ruïne de pl ufieurs pièces d’enorme grandeur, entre lefquelies il i avoit des Bafûtes portans balles de C C livres: X L mille pionniers élevoient 8c entafloient contre la ville, entre les marais, 8c les fondrières qui empéchoient lesafîiégeans, non pas des terrafiês ou des Batteries 8c platte formes, mais des montagnes d’efroyable hauteur; (c’eft ainfi que les Turcs font leurs aproches, (*) ) pour livrer un paflàge facile 8c ferme aux afiàillans. mais pour juger de tout l’apareil defliné pour cette entreprife, il faut confidérer • que Solyman avoit avéc lui en fon camp le trefor de fon épargne, qui montoit jufques à 40 mille livres d’or en lingots, fans le monnoyé. toutes les parties de cét apareil étoient épouvantables 8c dans l’excès: la multitude prefque inombrable de fon armée, ci def-fus décrite ; le nombre merveilleux de pionniers 8c de canoniers , au delà de toute créance : une provifton d'argent fufifant pour vaincre tout le monde: 8c plus que tout, la préfance du vi&orieux 8c terrible Sultan Solyman. il nous faut taire de nos travaux d'Oftande, d’une Rochelle , d’une Bréda par nous afîiegée, d’un Magdebourg.* tout ce quis 1 eft fait efl fort peu de chofe à comparaifon de celles que nous voyons ici: en l’efFort de tant de troupes aiïamblées 8c en la rage de fon Empereur qui la commandoit en perfon-ne ; 8c d’un autre côté en la valeureufe 8c glorieufe réfiftance du Conte de Serin, demeuré confiant 8c fidèle 8c invincible en la mort même 8c au de là. Sighêt ( b) étoit acompagnée d’une puifTante citadelle, 8c de plus elle a-voit encore un fauxbourg très-bien fortifié ; mais qu’eftee, je vous prie, que tout cela, contre ( * ) l’impétuofité de ce torrant ? Et fi le Conte avoit encore d’autant plus allumé la fureur de ce tyran, de ce qu’il avoit paré les créneaux de fes murailles de CCC telles de Turcs qu’il avoit pris en fes forties : l’orgueil de ce Prince ayant dédaigné d’en faire l’échange avéc les ufaux- Chrétiens qu’il tenoit prifonniers : 8c le Conte ne pouvoit pas enletat ou bghlufirm- et°it réduit, faire la dépance de les nourrir, ni empêcher fes foldâs à leur du, pour garde. Le fauxbourg fatigué d’aflàuts 8c de batteries continuelles de jour g7mî/bJ* & nu*t; ^ m*ne tous C^tes 5 fut à la fin contraint de céder à la violan-ce : mais le Conte l’avoit auparavant réduit en cendres ; 8c en avoit transporté au château toutes les munitions, ce magnanime Gouverneur fut de même contraint d’abandonner la ville, qui étoit trop vafle pour être gardée par ce peu qu’il avoit de foldâs en fa garnifon, qu’il réfervoit à la def-
- fance
- (a) Le! platte formes des Turcs devant Famapttfle , ir les tranchées pour les harquebufiers, furent achevées par le travail ordinaire de quarante mille pionniers: Bodier Liv. XIV.Eteil un autre endroit: L’armée des Turcs étoit déjà pajfe'e en l'ifle, cepandant que nous étions attantifs a décrire l'ordre des Hhodiots dans leur ville : le *3 affala met à couvert du canon» & fait drejfer des forts autour de la ville , auxquels il employa 60 mille pionniers quiil avoidamenés, avéc fis cent fixante mille com-battans qui devaient ajfaillir. liv. X. de l’invant. de l’hift. des Turcs. (b ) Ortel. Chron. de Hong. part. I. en l’an-néi56«Emman. Met. comm. Belg. Liv. 11. Bodier. liv. X111. Etautres. (c) Le Beglierbei de Tiarntli , arriva le premier devant Tjtghét, avec 90 mille combat ans, le 30 JuUiet IJ 661 Le f d’^iouft celui de la cî$atelie s'i trouva avec 100000 hommes: & peu de jours après, Solyman i vint en per forme, avec touffes lanijfaires, Spachif & le refie defa fuite Impériale. Eo-dier Liv. X111 de l’invant. ou hift. des Turcs.
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- De la Fortification Irreguliere. 511 fance de la citadelle ; ou étoit fa dernière efpérance. Quand il randit la ville, il en avoit razé 8c aplani tout autour de la citadelle,tout ce qui pouvüit être à l’avantage de l’ennemi ; 8c de cette façon, les Turcs i entrèrent le VI. jour de Septembre. Solyman étoit mort le jour précédant, après qu’il eût vainement menacé de mort tous fes Capitaines s’ils ne lui remet-toient le château entre fes mains dans peu de jours ; 8c protcftéde faire cruellement mourir toute la garnifon qui étoit dedans. Ainfi acheva fes jours 8c fes rages, ce cruél tyran, de tant de peuples 8c de tant de pays. Il avoit perdu en ce fiége en quinze aflàuts, trois de fes Bafîâs,X. mille lanïf-faires,HlX>va\Wc (impies foldâs,dit Ortelius,en la I. partie de fa Chronique de Hongrie. Voilà donc toutes les forces de la garnifon ramafTées 8c re-ceuillies dans le château, ce qui le randoit invincible ; fi la fortune ennemie ne leur eût préparé le dernier accident de leur ruine inévitable i parle feu qui fe prit à leurs vivres 8c munitions, qui furent toutes confommées, 8c ufm fans remède, cepandant que ces magnanimes guerriers, repoufloient un ^bâuZd& aflaut.Mais écoutons l’hiftorien. L'aélion du Conte de Serin doitfervird'êxam-fie & d'admiration aux ehéfs qui commandent une place importante au temps dun coup de dangereux [tège, & laquelle ils ont promis de garder plus foigneufement que leur**rmm' •vie. Ce Conte, voyant que les flammes avoient entièrement gaigné le Château, [car tandis que l'on comlattoit a la hrêche, un coup de Canon par un moyen inconu, vous avés ci defïïis un pareil éxample, au penult. ch. du précéd. livre, mit le feu h la tour, ou étoient les poudres f & de là les flammes èpanduësfur le refie des édifices du château, i firent un horrible emlrafement, qui ne pût Giorieufi jamais etre éteint : ) fans remède de les éteindre, que les Turcs étoient a la brê- cl»tel s«. che avêc avantage , qu'il étoit entre le fer & k feu deux grans ennemis de l'hom-rin' me ; il fe réfolut de faire une fin digne d'un homme qui avoit frêquanté toute fa vie ces deux Temples jumeaux, de la vertu & de l'Honneur : il fe fit aporter fes acoutremens de pompe, s'en habille, couvre fa tefle d'un bonnet de velours noir brodé d'or & enrichi d'une enfeigne de diamans , mit deux cens ècm en fa pochette, pour celui, difoitil, des ennemis qui aura le foin de me faire enterrer,
- (§ parmi fes armes choifit la plus ancienne de fes épées, avêc laquelle il avoit aquis cét honneur qui le randoit fi recommandé dans le monde. Quelques uns s'étonnent de la pompe du Conte de Serin , alors que fes affaires étoient plus déplo-râbles ; Mais ri étoit il pas raifonnable qu'il fut paré en cejour fifolennel, jour de noces pour lui, auquêl, dépofantfa vie au lit de 1 honneur, il alloit èpoufer la gloire immortelle ? &c. Avant que fortir du château il en prit les clé fs , les mit en fonfein, proférant tout haut ces par ode s : je ne quitterai point ces cléfs pandant ma vie, ces cléfs , que l'Empereur m'a mis entre les mains. Et comme on lui vouloit donnerfa cuiraffe il la refufa, & dit, qu'il n avoit befoin que d'une belle playe pour lien mourir. le remarque encore ceci de lui pour monfire de fon alegreffe en cét extrême péril, que trouvant parmi les deux cens êcus d'or qu'il avoit pris fur Ipii, quelques Sultanms,qui efî monnoye Turque,il les rejetta en riant, & dit, qu'il ne voulait avoir aucun trafic avêc les Turcs. Ainfiparé, ainfiarmê, il fort du château avec fes braves foldâs, (ils étoient environ deux cens, dit Ortelius) après avoir
- Sss % fait
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- fait crever toutefon artillerie afin que les Turcs ,ne s'enferviffent,en refervant deux pièces chargées de chaînes & autres ferre mens, qu'ilfit dé lâcher à propos fur les ennemis,desquels il ïeût plus de fix vints tués de ces deux coups. Et s'arrêtant fur le pont foutini la fureur des Turcs, avéc tant de courage & tant de force,qu après avoir combattu plus dune demie heure, les Ttrcs admirans fa valeur le prièrent de fe randre: mais il ne s étoit pas parépour faire ce coup là. Enfin, après une longue réfiflance deux coups de pique le firent tomber mort fur la place., l'un dans l'efto-mac, l'autre dans la tefie : fon cors fut enlevé parles ennemis, les Iamiffaires
- lut coupèrent la tefie, ( elle fut pourmenée par le camp tout le long d’un jour au bout d’une pique avéc cette infcription, c’eft la tefte du Conte de Serin, dit Ortelius : ) que le Baffa Mehémet envoya au Bajfa de Bude. Mais ce Bajfa, ayantfeeu la valeur & le mérite du Conte de Serin & fa fin glorieufe, fit en* velopper la tefie dans un velours, & l'envoya au Conte de Solm fonparent, pour la faire enterrer. Il ni a point de lieu de comparer l’aâion des Decies Romains, à celle ci du Conte de Serin ; cellelà fut pouflee & emportée de defes-poir 8c de brutalité ; celleci fut pofée & pléne de raifon, d’ordre, & de dif-crétion. Voyés les raifons pertinantes qui font contenues en fa harangue, dans Ortelius par. i. de la Chron. de Hong. p. 98, 8c comment il anime fes foldâs, à fuivre fon example, 8c comparés ce difeours, avéc l’oraifon des Décies en T. liv. V111 8c X : vous verrés quelle différance il i a entre la vray e valeur 8c la rage. Ainfi Zighét, vint au pouvoir du Turc, qui le fortifia, & en partit, pour aller afiéger la viUe de iule. Remarqués ce qui fuit. Cette place étoit fi forte, quelle ne pouvoit être vaincue que du ciel, h coups de foudres: l'abord en étoit inaccejfible aux humains, par les flots des rivières qui l'environ-noient. Tout le refie ne pouvoit être fub'mgué fi le Conte de Sèrin i eût commandé, 'mais étant commandée par un chéffi différant de celuici, elle vint au pouvoir du Turc. Ladifias Kerctskin qui commandoit dedans, la randit au Baffa Per tau, fous promeffe de grandes recompances. La compofition fut vies & bagues fauves, & per-miffton de fe retirer ou bon leur famblerolt: il efl vrai que lon dit, fauflèment dit Ortelius) que toute lagarnifon confantit à randre la place: mais ils n en furent pas plutôt dehors, que les Turcs les mirent en pièces, & le Cap. emmené en la tante du Baffa, fut recompancè de fa lâcheté & de fon avarice. Les laniffaires le mirent dans un tonneau tout pointé de doux, où ils le firent cruellement mourir. Bodier» In van t. des Turcs Liv. XIII.
- Le Gou- j ai requis que le Gouverneur, ne fut pas moins expert en /’Architecture Zl^tlire qu’en la milice : 8c je le fouhaiterois en cela famblable à Cæfar, contre telle Architecte. man‘tére d'ennemis, Ccefar ordonne en fes troupes, non pas comme Général de vieilles bandes viftorïeufes, mais comme maître d armes qui enfeigne l'efcrime à des jeunes gladiateurs, les convenons, pour fe retirer, ou pourfe prefanter h l'ennemi, & les efpaces qui fe doivent garder en foûtenant, comment ilfe faut avancer, & fe retirer, marcher à l'attaque, en quel lieu & de quelle façon, ils doivent prefanter leurs armes : [a) il efl; donc expérimanté en l’art de la Guerre ; voyons comme il s aquite de l’Architeélure. La fortification de fon camp étoit admira-
- ( 4 ) Hirtius de la Guet. d’Afîr.
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- tic, & pareillement la hauteur du rampar & des fojfés, & au de là du rampar, un plantis de pointes de fer que Ion ne voyou point, enforte quil êtoit de foi même inac-eeffille, encore quil eût été defiitué de toute autre defance. il êtoit pourveâ dune f«T‘ ires-grande quantité de feorpions (g de catapultes, de toutes fortes d’engins Çg
- d'armes de deffance. Et s êtoit équipé de toutes ces chofes, parce que fon armée é- w toit faille (g compofêe de nouveaux foldats; il ne sétonnoït point de la force des ennemis , & ne les craignoit point, mais il leurfaifoït lien conoitre quil étoit fage & prévoyant, &c. derechef : Cœfar exercoit continuellement fes foldàs aux ouvrages , a la fortification du camp, h conftruire des forts & des tours, a faire des digues fur mer &c.(*) Un brave Général, n’obligera pas davantage fes troupes, à l’exécution de fes ordres, qu’à l’imitation de fes propres faits, comme fai-foit Corvinus : ( b) ou ManuelComnéneEmpéreur d’Orrant : ( c) Quifaifant zt Manuel reparer la ville (de Dorylée) porta le premier les charges de pierres furfes êpau-Comnéne% les : & par fon example mit un tel courage en ïefprit desfient-, quen peu de temps le murfut élevé, & muni dun rampar en dehors &c. celui ci eft fans doute Architecte & presque pionnier, mais il fe montre Capitaine aux occafions.
- Les Perfes ne pouvans pas foufrir d'être chajfés de la campagne de Dorylée,oupaifi [oient leurs troupeaux de Irelis Çjg leurs lefies à cornefg que Ion établitgarnifon en fa vide : fe jettérent à toute bride contre les Romains, Çg les êpians au fortir de la vide, quand ils adoient h la provifton de leurs nêceffités, ils en tuoient autant, quil ‘ en tomloit entre leurs mains. î Empereur pourveût aifément a ce défor dre. car ayant afftgnc un certain jour, pour ader aux provifions, il marcha en tefie de ceux qui en avoient la commiffion, fans les abandonner, & fouvent ne fe retiroit en fon camp que lien tard Çg après le foleil couché.
- Or eft il que cette qualité d’Architede ou Ingénieur, eft fi nécefiaire à un Gouverneur de ville, que fi c’étoit à moi de pourvoir à ces charges, je conoif-
- ne voudrais jamais les conférer à ceux qui feraient deftitués de cette co noiflànce, quelques grands Capitaines qu’ils fuflènt d ailleurs. Un navire nef*ni fans gouvernail,un foldat fans mains,un Général d’armée fins yeux & pour-****’ tant fins jugement pour conduire lès troupes, pour fe garantir des furpri-fes & pour les entreprandre,pour mettre fa bataille en bonne ordonnance, pour lé prévaloir de l’avantage des lieux & des occafions, &c. font inutiles. Tout de même, le Gouverneur d’une place qui craint un fiége, eft incapable de la charge, s’il n’entand la Fortification.
- Nous avons principalement trais manières de nous deffandrecontre celui qui nous attaque. Ou de fondre fur les Iras de notre ennemi avêc une puiffandr*. fante armée, & le réduire à fe garder foi même Çg à penfer plutôt àfe conferver qu'à nous mêfaire 1 comme a fait depuis peu, notre Prince d'Orange, retirantp*nferhp>i le Marquis d Aytone du fiége de Maftrift, en faifant contenance de mettre Je fiége devant Breda, ce qui mit l'Efpagnolen grande pêne : car il ne vou-loit pas hazarder l’incertitude du fuccés de Madrid, contre la ruine toute affiirée de Bréda, s’il eût donné le temps au Prince d 1 afleoir fon camp. Ou lien fi les forces de lennemi font plus puiffantes que les nôtres,pour le combattre,on
- S s s 3 fû
- ( 4 ) Le même au même lieu, [b) T. Liv. VII. liv. ( e) Nieet. Chron. Liv. Y.
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- a jfeoir fe retranche près de la ville qui efl en danger, & par ce moyen mus le délogeons, ou fon c*mP t le fouflemnsjufques a ce que nos troupes fe [oient ranforcés. en cette manière Pi-ville xffil colomini, fauva Dunkerke l’an paffe: 8c le Suédois fon armée,aufli bien que Wer-^déiog&r k ^en contre & Norimherg,contre le Bavarois. En fin,la plus ordinaire fa-
- Fourvoir çon de fe deffandre , cefl de mettre bonne garnifon en toutes les places : 8c alors ^onnegar- requis un Gouverneur capable de mtre Architefture : autrement il fera né-mfon & au- cefiàire qu’il voye par les yeux d’autrui : il tramblera , où il i aura lieu d e-vLtfÉL tre alluré : il s afiurera, fur le point de l'extrême danger, 8c toutcelà pour être ignorant en f Architecture.
- Mais c’cft de lui que doivent procéder les ordres , la prévoyance des accidens, l’ordonnance 8c les commandement pour les chofes préfantes, le bon ménagement des occafions, 8c en un mot, la confervation, l’avantage 8c la défiance de la ville, il faut de bonne heure pourvoir a la réparation des brèches, & tenir les machines en bon état, car depuis que Ion efl furpris de Fen-Mifére du nemj tout ce fait en desordre, par crainte ( *). Mais fur tout, un Gouverneur eft fort à craindre,. qui par ignorance fe laifiègouverner foi même, adjou-tés, qu’il arrive fouvent que les prétendus Ingénieurs mêmes ne fçavent nullement ce qui apartient à leur profeiïion : n’étans propres ni à conftrui-ITitdpai rc’ à deffandre. Mais alors qu’un fçavant ArchiteÜe gouverne la vide: ou que le Gouverneur, eft capable de l’Architeâure 8c entandu en la Fortification , toutes chofes procèdent avec ordre 8c bonne raifon, 8c font en afiù-rance. car il fçaura exactement déterminer la vraye ligne de deffance (£) au de là de laquelle il n’i a que danger pour lefoutenant; aflïiré qu’il n’i a rien à craindre tant que l’ennemi ne l’atteindra point: deforte qu’l ne fera point obligé jufques là, de s’avancer à randre la place, au hazard de fà réputation ( * ) 8c de fa vie ( d), 8c avec perte irréparable de la ville. Or le Gouverneur qui fera entandu en notre Architecture, ne pourra pas fe randre moins confidérable par fa valeur en la deffance de fa ville affiégée, que par fa prévoyance, pour avoir foigneufement pourveû à fa confervation. car il fçaura parfaitement conoître, de quel côté la ville eft forte 8c capable de réfifter à lcnnemi ; 8c de quelle autre part elle eft foible & a befoin d’être couverte de Dehors, 8c autres fccours : 8c par ce moyen préviendra les defièins de l’ennemi, donnant ordre à toutes ces chofes, 8c les randra difi-ciles, ou inutiles, ou(«) les retardera pour attendre l’occafion d’un meilleur temps.
- J’ai requis que le Gouverneur ait de la prévoyance : je la décrirai bréve-ment 8c en paffànt telle quelle convient à notre fujét. le foin du Gouverneur
- V Office d'un bon Gouverneur.
- Gouverneur igno tant [a charge.
- En quoi
- point du bon gouvernement.
- (a) végéee Liv. 111. ch. III. (£) confidérés enl’hift. de Flaming, quels ont été ht gouverneurs d'Oflande dignes de louange immortelle: vous vous étonnerés de voir des ouvragés faits à la hâte fi àpropos, qu'ils ne furent randus qu’avéc la ville: je ne doute point que le Gouverneur qui aura leu le fiége d'oft^ndc avéc jugement, ne fe juge foi même indigne de l’être, s’il eft ignorant en laFortification (c ) Voyés Reidanau XIII livre de fes Ann. pa. 3 50 &: fuiv éd. Latine, (d) Les ^iuftrichiens accufoient Hardecde trahi fon: mais les juges qui fur cm commua lui faire fon procès criminel, ne le trouvèrent chargéque de poltronnerie : en ce que , ayant avec foi trois mille hommes capables de porter les armes, deux mille tonneaux de vin, quatorze cens muü de farine, cent cinquante neuf pièces d'artillerie de toutes les fortes, trante mille livres de poudres, balles fy munitions de guerre de toutes les façons, que fa délivrance était proche . du moins que le régiment du Burgraff, venait À fon fecours, & proche de lui aTojfon, ils était randu fans nécefité, ayant accommodé le Turc, de tous les vivres é- munitions, & pièces dartillerie, le tout entier ir n’étant point endommagé ire. Hardecfut condamné a mourir , avéc un Ingénieur Italien, celuiei était accufé detrahifon , pour avoir envoyé au Général de l’armée Turquefque, la carte contenant la defiription de la ville, fin afiiéte £r fa Fortification. Reidan Liv. XI. de fes Ann. ( e ) Voyés le fiége de Eergopzom.
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- De la Fortification Irreguliere. 515 neur fe doit étandre, à faire en forte que fa ville foit affure'e, s’il ert poffi- LeGouver-ble, contre trois chofes, à fcavoir /’ennemi. la neceffité. les maladies ; ce font j-a trois pertes des plus dangereufes que nous ayons à craindre en la vie. Elle gffHudêJ* fe pourra garantir de îennemi f\ outre fa fortification en état de bonne dcf- dee
- fance, elle eft foutenuë de fufifante garnifon, 8c pourveue de toute muni- maladies. tion de guerre néceffaire. Je comprans fous le nom de garnifon, non feu- ZllZkks lement les foldâs 8c leurs Capitaines 8c officiers, mais auffi, les Ingénieurs, hommes & Canoniers, Mineurs, charpantiers, 8c autres artifans convenables pour les “ ufagcs de la guerre, c’eft à l'art Militaire à prefcrire, quél doit être le nombre de la garnifon. Quant aux munitions, elles doivent être de toutes nifon & de ces chofes que nous avons déclarées fur la fin du 11. livre devoir être mi- mmttton5‘ fes en l’arfenal. L’Hiftorien, (*) nous produit Grolbendonk Gouverneur de Bofleduc, affiégé, roullant ces chofes en fa panfée. Et quoi donc ? s il me faut Mativaire foûtenir un longfiége, ri ayante nifor ces .ni canon, ni poudre s, & autres chofes né- prévoyance ceffaires a fufifance ? 8cc. Il adjoute : on difoit . que ceux de Liège lui ZffjffJZj ayant offert de le fournir de poudres. il avoit négligé de fe prévaloir de leurs offres ; fi^nc. ou par avarice. qui lui coûta cher. ou pource que .depuis qu'une fois la fortune com-mance de tourner, la première chofe quelle fait, c'efl d‘ôter la prévoyance & le ju-. gemenu D'autres fe font perfuadês. que peu auparavant il en avoit accommodé Bréda. d'une partie. ce qui ne manque pas,dapparance : &c. La face de la ville étoit déplorable ; dune part elle étoitfi bien fermée a toutJecours & délivrance ; de l'autre part elle étoit fi ouverte h l'ennemi qüil ni avoit plus de moyen de deffandre la brèche. & de plus . le canon. la Moufquéterie. défit uée de fin ufage faute
- de poudres &c. ce fut donc ce defaut de poudres, autant que les attaques de l’ennemi, qui fubjuga cette ville invincible. Les affiégeans ayans eû beaucoup moins de pêne à fe deffandre de la garnifon inutile 8c comme eftropiée par ce manquement, que de la nature du lieu, 8c de fes incommodités, nôtre hiftorien ne l’a pas diffimulé : nos premières aproches furent battues de l'artillerie durant quatre jours : i en ayant vint & quatre pièces pointées de ce côté là. Du depuis. contre toute efpêrance. tout futfi calme & fa affu-ré. que les bandes de nos foldâs.& nos charmes chargées de terreau, de matériaux pouvoient approcherjufques au fiffê de la vide fans danger & fans difficulté.0 Bojleduc inexpugnable ! elle étoit comme un homme puifïàmment armé, à qui on auroit lié les pies 8c les mains, en telle forte qu’un petit enfant n’auroit point de pêne à lui couper la gorge. Que cét éxample nous face fages !
- Un Gouverneur de puiflànte ville fe moquçra de moi, de ce que je lui ramentoi des chofes fi vulgaires, que tout le monde fçait : Mais Reh u7cfcZ%“ dan lui fera mes exculès: il dit (*) : Que le Conte deNaffau. étant aux termes de ne doifenf vouloir ravitaider Covorde. un pauvre payfan vint h lui. qui lut fit entandre, que gUgées* les meules qui étoient au château, étoient fi ufées de vieideffe, qu'il ni avoit pas lieu d'en efpérerun îongfervice. Le Contefit état de cét avis. & ifit porter deux de ces pierres. Dont ilfe peut tirer cette confidèration. que ce foin de pourvoir une ville contre un long fiége. efl acompagnê de beaucoup de particularités : car ft ces
- pierres
- («) Heinfius fiegc de Bofleduc. (£) Ann. liv. X. pa. iss, cd. Lat.
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- pierres eûffent manqué, autre pêne que l'on eûtprife eût été inutile, & au
- milieu d'une grande abondance de toutes chofes, on eût eu beaucoup de néceffité. Qui maintenant ofera me blâmer fi je particularife ces petites chofes, qui tirent à leur fuitte des conféquances de fi grande importance.
- Nous voilà donc pourveûs contre l'ennemi, donnons ordre à nous def--Jtfiondl0' fandre de la faim: Nicétas Choniates, (*) dit à ce propos : Qu'il ri i a point dé livres en fi puijfante & de fipénétrante machine pour prandre les vides, que la nécejfité de faijîn& vivres. Et V égéce (?) : En toute expédition, il ni a point d’armes qui foient Jt né-ceffaïres, que d'avoir provifton fufifaute de vivres, & de faire en forte que les ennemis en ayent néceffitê. Vne armée ne fe ruine pas tant par le combat, que par la di-fette, & la faim efl plus cruelle que le fer : à tout autre accidant il i a remède avec le temps ; Le defaut de vivres & de fourrages efl irrémédiable fi ce n'efl quon i ait pourveû de bonne heure, il faut donc avoir férieufement confultè devant le fiége, du nombre des troupes & de leur de pane e : & avoir amaffé de bonne heure toutes efpéces deprovifions de bouché, il arrive fouvent que la néceffité redouble, & que le fiége dure plus long temps que lon riavoit panfê : quand les ennemis bien que preffés de la même nécejfitê de là faim;ne laijfentpas de s'opiniâtrer, (comme fai-foient les Canariens, ( ) afliégeans ceux du parti de Pompée) & s'attandent de jour en jour que la famine leur donne la Viftoire. ilfaut donc tranfporter en la viUe qui craint le fiége, touteforte de bétail & de fruis & devin, qui pourvoit tomber aux mains de l'ennemi & l'accommoder, & porter à celà lespoffeffeurspar édits publié s & s il en efl befoin établir Commijfaires pour les i contraindre fèV.un peu après : ilfaut mettre ordre qu'il ni ait point faute de blé, de vin, de vinaigre, il faut rê-ni même de fél, en tout temps. Le même Végéce redit ces chofes en autre ^nemikTà endroit (?) : line fufit pas de pourvoir a notre abondance r ilfautjetter les ennemis nécefitê. en la néceffité. Les Seigneurs, ou Gouverneurs des viUes i pourvoiront, en faifans ferrer, au moindrefoupcon, tous les vivres de la campagne, au dedans de la place, afin d'avoir eux mêmes plus qu'il ne leur fufit, que la pauvreté du pays, ran-
- voye les ennemis chés eux. &c. La volaiUe domefliquefe peut nourrir aux villes fans dèpance, & efl neceffaire aux malades, ilfaut amaffer des fourrages pour les chevaux , les vaches, les moutons, & ce qui ne peut être emporté doit être brûlé, on fera bonne provifton de vin, de vinaigre, de grain de toutes fortes, de fruis ; rien ne fera laijfê qui puijfe tourner au profit de l'ennemi. Et ne fufit pas de l'avoir amaffé, fi dés le commancement on nepanfe a le diflribuer & à le ménager bien à propos, car il n'efl jamais arrivé que ceux qui ont ufê d épargne, ayans abondance, foient tombés en néceffité. mais le ménagement qui fe fait à la fin n’efl: plus de failon.
- Deux mu- Il i a deux moyens d’épargner les vivres, dit Végéce, ( e) en les diftri-nprohnger kuant av^c mefure, & en mettant dehors les bouches inutiles. La bonne les vivres, garde des magazins, ® la diflribution modérée, tient quelquefois lieu d abondance t ^em^êje fur touî fi on commance de bonne heure, mais cette épargne fe fait trop tard, qui ciion de commance, lorfque les vivres viennent a défaillir. La prudance de ceux de Bré.
- bouches in- *
- utiles. da
- ( a) Ann.liv. I. en l’Empire .d’Ifaac l’Ange. ) Liv. 111. ch. III. (c) Ceux de Cstfar difoient, qu'il) mangéroient plutôt les écorces des arbres }que de Jôufrir, que Pompée echapât de leurs psains, (d) Liv. IV. ch. V11» (*)LÎV.I II. ch. III.
- & liv. IV-ch. VII.
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- da au bon ménage de leurs vivres > eft louée par l’Hiftorien, tout autant de fois, qu’ils ufoient de nouvelle Police pour cét effet, faifans durer le fié^c au delà de toute efpérance. On avoit pris les vivandiers de l’armée de Spinola : ce qui fut caufe (a) (dit Hermanus Hugo) que quelques uns de nos foldas, mangèrent alors, de la chair de charognes de cheval, & en cette nêceffité il nous faloit durer contre la faim des affiégés beaucoup plus fupportahle. car en ce temps la , il i avoit des vivres en la vide àfufifance, & ajufle prix : parce que le Magi(lrat avoit mis un taux raifonnable fur toutes marchandées, pareil a celui qui ètoit en ufage auparavant le fiége ; deforteque, ni les foldas, ni les habit ans ne fantoient pàs qu'ils fuffent affiégés, &c. puis apres : Afin que les vivres duraffent plus long temps : Le Sénat fit une ordonnance : que nul braffeur ne fit de la bière, Prudence de plus haut prix , que d'un ècu pour chaque tonne ; on ota tous les alambics & cefx *e & chapiteaux de verre & de plomb aux faifeurs d'eau de vie,afin qu'ils ne conver- ménage-tiffent le blé en vin par l’opération de leursfourneaux : £3 de cette façon ils proion-gèrent un peu de temps en épargnant, outre les blés que chaque citoyen avoit eû vus. commandement de livrer , & qui étoientferrés aux magafms publics pour îufage de la garnifon, les payfans, craignans les picorées & le ravage de la guerre, en avoient apporté en la vide tres-grande quantité, il i eût pêne de XL ducats établie , contre tout habitant qui brafferoit la bière en fa maifon, de peur qu'il nemployaient trop de froment à la faire meideure. lurent auffi faites défiances, aux boulangers, de faire du pain modét, 8cc. Tout cela toutefois n’empécha pas que ceux de Bréda ne futfènt vaincus par famine, c’efl allés dit de la manière qui doit eftre obfervée en la diftribution des vivres.
- U n autre moyen de les allonger félon V égéee : c’eft, quïl efi arrivé fou-vent que pour obvier à la nécefîité, on a mis dehors, les bouches inutiles, hlrXl d*~ vièidars, enfans & femmes, de crainte que la difette nacceuidit ceux qui étaient in’
- en armes à la défance de la vide. Ainfi, les Capitaines Beauvoiftens, craignans un ce qui f» fiége pareil a celui d'Alexia, firent fortir de nuit ceux qui étoient inutiles, h caufe^fifjffjfi de l'âge, ou de leurfoiblefie, ou parce quils étoient defarmés (b). Et ceux de Tyr, fiens envoyèrent leurs femmes 8c leurs enfans à Carthage avéc les X X X Lé- z« Tyriens gats : étans par cette manière plus libres 8c mieux difpofés à foufrir toute extrémité, ayans retiré du danger les chofes qu’ils aimoient avéc plus de tandreflè ( « ). Ceux de Platœes, ayans tranfporté ailleurs, leurs enfans, ceax de leurs vieilles gens, leurs femmes 8c tout ce qui étoit incapable de faire fer-vice, ne reflérent à foutenir le fiége que quatre vints Athéniens, n’ayans retenu que cent 8c dix femmes pour cuire le pain. ( d) Mais les Ætoliens ne efi fuivirent pas cette régie, en la defFance d’Héraclée : car ainfi que la ville{«vf£Z eût été prife, ils fe retirèrent dans le château, qui n ètoit pourveû d'aucunelkns* chofe nêceffaire pourfoutenir un fiége : & tout i étoit plein de femmes & denfans,
- & de famblable multitude inutile, que la place avoit pêne de contenir, tant s'en fadoit, quili eût moyen, de les i deffandre. (e ) Ceux de Bréda firent pareille & ceux de 'faute, 8c l’Hifloricn, Herm. Hugo, les en reprand ( f) : ils avoient première- Bre'da‘ ment mis hors de leur vide tous les payfans, qui si étoient retirés avéc leurs fem-
- T11 mes
- (a5 Herm.Hug. fiége de Bréda. ( b )Hirtius Guerre de Gaules liv VII. (c) Q. Curce liv. IV. ('rf)Thucid.liv.
- II. (t) T. Live XXXVI livre, (f) au fiége de Bréda.
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- mes & enfans, comme louches inutiles, & pour épargner leurs vivres s ils avaient hfoutenir le fiége : mais depuis , quand les nôtres fourràgéoient la campagne des environs, i êtans retournés> ils furent récits,ce qui diminua fort les provifons. ces mêmes babitans de Bréda > étoient plus.propres à ménager qua fc pourvoir , témoin THifforien : S'êtans perfuadés que nom ne penfionsplus à les affliger &c. & quils navoïent plus a craindre la guerre, ils ne faifoient point de nouvelles provifons s mais croyans que celle quils avaient pour 7hiver leur devoit fuf-fire, ils ranvoyérent les cent bœufs, que Ion avoit depuis peu amenés en la villei (S deux batteaux chargés de fromages, quils refuférent d acheter. Nous avons donques en ceux de Bréda, le bon ménagement de leurs vivres, qu’il faut imiter; mais il faut avoir plus de prudance qu’eux àfe pourvoir. 8c plutôt fe propofer lexample de ceux de Rhodes : qui mirent dehors tous ceux qui étoient inutiles : pour aller au devant du defaut des chofes néceffaires ; & àujft de crainte que l'incommodité de l’état préfant de la ville, ninduifît quelcun a faire trahifon (a). c eft aiïes'dit, touchant les provifions, 8c Tordre de les diftri-buer.
- Prcvijïon Après s’être mis à couvert contre le fer 8c contre la faim, il faut avoir ^tontreUs égard à fe pourvoir contre les maladies. Et pour cét effet, la ville qui imhdies. peut être afliégée, ne doit point manquer de boutiques d’Apotiquaires
- de
- (») Diod. Sicil. liv. X.ch. LXXXV. Vous raporterai jé une étrange manière de pfolonger les vivres? La voi ci dans Cæfar au V II liv. de la Guerre des Gaules. le ne doit pas omettre la haravgue de Çritognat-, car elle efi mémorable , » caufi dé fin horrible cruauté, llétoit de grande maifin du pays d'Auvergne , fc de grand crédit parmi les fit ns. il dit donc : le liai rien a dire qui puijfe plaire keeux, qui ne croyent que fe randre, c'efl s'engager en metréshonteufi firvttude ; je ne donne point k cette manière de gens le nomde citoyens , ni nefitit pas d avis qu ils entrent au confiil; je me joins a ceux qui (ont d'avis de la fortie: en cette opinion, nous conjantons tous tant que nous femmes, qu'ilia des marques de notre ancienne valeur-, ce n’eft pas toutefois vertu cett fbibleffi dfiéprit, de ne pouvoir fiufrir un peu de temps , la nécefiité : on en trouve plus , de ceux: qui volontiers s'offrent k la mort , que de ceux qui fiufrent la douleur avec patiance.^ Et quant k moi, je confant trois librement à cet avis, (car j'ai affês de cœur pour parler de la forte :) s'il n'i avoit rien plus k mettre en hasard que la vie : Mais en prenant confiil, jettons les yeux fur toute la Gaule , que nom avons engagée 'a notreficours. Et quel courage, panfés vous , pourront avoir nos parent fc amis -,fi qUattevints mille hommes mis k mort en une place, ils font contrains de combattre,prefque entré leurs cors mors <ùr au milieu d'eux ?ne veuillés donc marquer k ceux, qui pour vous confirver, nef font pas fondés d'expo fer leurs vies, ne veuillés pas par votre préfimption & follie, fc parfaute de cœur , ruiner toute la Gaule ...fc L expofir a une perpétuelle firvttude. Vom dsffiés vous de leur loyauté fc persévérance, par ce qu'ils ne font pas arrivés a jour nommé ? St quoi, panfés veut que les Romains travaillent pour leur plaifir, fans cejfe, k leur circonvallation extérteure? Si vous ne poiivés être averti* de la venue des nôtres par leurs propres meffages, étanstous les chemins clos & fermés, fi rvés vom atout le moins du témoignage decefixci, qui tous épouvantes de leur arrivée prochaine, font jour ir nuit ktTavailler k leurs ouvrages, Quoi donc ? je fuis d a-. vis que nousfacions, ce que firent autrefois nos anceflrcs en la guerre des (imbres ir Teutons, qui ri était pas telle a beaucoup prés ;
- ' carayans été rambarrés dans les villes ir places fortes .prejfcs d une nécefiitéfamblable, ils fubftantérent leurs vies des cors de
- ' ceux qui pourraifinde l’âge étoient inutiles k porter les armes , plutôt que de fe randre aux ennemis. Tarquqi,fi nous n'avions cét éx ample devant les yeux ; j’éftimeroù néanmoins cela une très- belle chofe d’en être les auteurs nous mêmes , pour confirver la.
- • liberté publique fc en laijfir la mémoirea la poéîérité. far quelle convenance a cette guerre avec l'autre ? Les timbres après avoir de bout en bout piûé la Gaule , irfait par tout une très grande déflation ir ruine , abandonnèrent k (afin nos contrées , fc s'en allèrent autre part , nous lai fans nos fiatuts & loix coutumières, nos héritages fc notre liberté.mais que cherchent les Romains autre chofe, ou que prétandem ils , finon que pouffes de certaine envie , Us tâchent de s'établir es teries fc villes de ceux qu'ils fi avent de grand renom, fc fort eflimés au métier de la guerre, pour leur impefer le joug d'une perpétuelle firvitude.' Et de fait ils nont jamais fait la guerre k autre fin fc condition. Que fi davanture vous igno i és comme les chofes fi paffent aux pays lointains , regardés cette partie de la (jaule prochaine de nous, qui eïf réduite en forme de Tro vince, fis loix fc fesftatuts changés du tout , elle esl maintenant fujette k la rigueur fckla cruauté de leurs haches , fc opprefffe d’un efilavagt qui n aura («mats de fin. Chacun ayant dit fin avis, il fut arrêté, queceux qui kraifin de leur âge ou indtjpofi tien étoient inunies klafatttan fir-tiroient de la ville: fc qu’on ejjayeroit plutôt toutes chofes que de condefiandre k l opinion de fritognat s qu’ on ufèroit néanmoins de ce confiil fi la chofe preffoit, fc que le fecours tardât trop , plutôt que de venir k aucun parti'de reddition , ou appointement. Les mêmes chofes que Critognat reprochoit aux Romains , eft cela même quife fait aujourdui , fous prétexte de Religion, onfaifitles provinces : ou fous apparance de remettre fes alliés en Liberté, on ocupeleurs/>cr*V«^wjCelà durera t’il toujours ; je ne le croi pas ? témoin les Vefpres Siciliénes. Emprun tons d’Hérodote l’examplc d'un autre confeil, encore plus déteftable que celui de Critognat, prattiqué par les Babyloniens. Les Babyloniens fi révoltèrent, etyans donné bon ordre k toutes chofes. car tandis que le Jilage régna, fc que les fept conjurés étoient aux termes d'exécuter leur entreprifi ,pandant tout ce temps, fc kl’ occafion des troubles, ils s’étoient préparés k fiutenir un fiége, fc jufquts la,fort fecrette-ment. Mais depuis que leur rébellion fe fut delarée, ils prirent ce confeil. Ils firent fort ir les mères de famille chacun retint pour fit une feule femme pour cuire fin pain-, puis ajfamblércnt toutes les autres femmes fc les étranglèrent : donnant un tel ordre au ménagement de leurs vivres. En fa Thalie. Adjoutons un nouvel example aux precédans. Ceux d'Agria firent fc figné-rent tou* les articles de leur réfiolution ;Que fur pêne de la vie perfonne ne parlerait défi randre, que quand même la longueur du fiége les réduirait k l’extrême nécefiité de vivre, qu’ils fie pangeroient plutôt les uns les autres, que de parlementer avec l’ennemi," auquel il ne firoit loifible de répo ndre qu 'a coups de canons fc de moufquetades , que les vivres firoient distribué, également au poids , fc les plus délicats refervés pour les malades fc les bleffés : De plus , que les femmes travailloroknt aux rampars fc fortifications , fc pour bannir toutes fortes de monopoles de la ville , quil ne firoit permis de s'affambler plus de quatre k la fois : que ce au on pourrait gaigner fur l ennemi, firoit misenunblot, pour après être egalement distribué,k ceux qui s'ni firoient ran dus dignes par leur valeur, leur réfiolution fut pareille en effet: Le fort n'eût il fat été doublement inique at perdre de fi braves htmmesH
- Bodier, liv. X11 de l’Invant. Gêner, des Turcs.
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- de Médecins & de Chirurgiens, qui traitent les playes & les maladies, & ayent foin d’entretenir les habitans en bonne fanté. car ceux là font à plein-dre qui ont a foufrlr & la guerre & la maladie en même (a) temps, en quoi ceux de Bréda ne fe montrèrent pas aflesconfîdérés. Plufteurs chofes (b) nous enceVa^ fàifoient efpérer un bon fuccés de ce fiége en ce tampslh , dit THiftorien ; les rem mai«-François des troupes de Manffeld s'êchapoïent tous les jours ; Le fecours tardoit ; j^BreZ* Les vivres diminuoient^en la viïïe ; Les maladies i multipliaient ; & la cherté des médicaments i êtoitfi grande, que la même quantité de tabac,qui navoit pas coûté plus de quatre écus, ifut vandüe douze cens francs ; ils fe fervoient de ce remède contre le feorbut. Mais les Ægyptiens étoient bien plus fages. En toutes tesÆyp expéditions de guerre, ou en voyages par tout le pays, les malades font traités gra'tiens llm tuitement. car il i a des Médecins entretenus aux dépans du public, quifont la**1**' Médecine, fuivant les réglés qui font preferites par une ordonnance mife par écrit,
- & receuiüies de toute antiquité de l'expèriance de plufteurs ittufires Dofteurs de cette profeffion ; pourveû quils si conduifent conformément aux réglés que ce livre contient, encore que le malade vint h mourir entre leurs mains,ilsfont exetnpts de faute, ® font abfoûs. mais s ils font au contraire, on les condane à mort, fia été l'opinion du Lêgiflateur, que îinduflrie de ceux qui viendroient aux fiécles fui-vans, ne pouvoit adjouter aucune chofe a la perfeèlion de cette Médecine, confirmée par un long ufage, & compoféepar des maîtres trés-excellans (c). On fait tout autrement en ce temps ci, auquel nous ne voyons que des charlatans ignorans, & quelques apprantis chirurgiens qui fuivent les armées ( d ) ; c’eft de ces gens là que l’on fe pourvoit dans les villes aux occafions des ftéges, où ils font reccûs, à fort petis gages, à la prattique de l’art, qu’ils n’ont pas apris. ils font peu d état de faire leurs expériances au préjudice de la vie d’un pauvre lbldat : un fage Gouverneur ordonnera de ceci & d une infinité de famblables chofes avéc plus de diferétion ( « ) : il n’eft pas néceflaire que je m etande plus avant à lui donner avis de toutes ces particularités.
- Parlons maintenant de la De fartée ; même cetté partie n’aura point de ; dificulté, pourveû que l’on fâche commant orî procède à l'Attaque : car iZ7Sf-cefi: l’effet d’une même dextérité, de porter un coup, ou de le parer, il £%***„, faut donc que l’Ingénieur prête fermement le collét, & réfifte pié contre ff*h Zjp * pié, à tout efïbrt que fera celui qui afliége. Et premièrement il s’opofera à fZZlf *l L’A ssieteduCamp. Le Retranchement 8c Fortification du camp effc le fan Are.f premier a&e d’hoftilité de raflàillant, comme nous l’avons veû au précé-dant livre, car après avoir épandu fes troupes tout autour de la ville qu*il!/*r *toum
- les entrepri*
- T t t X Veut fes defon-
- . ennemi fer*
- (m) Vegeceliv.III.ch.nl. ( b ) Herm.Hug.fiêgé de Bréda ,pa. 103. (e ) Diod. Sic. liv I.ch.LXXXII, mentent.
- (d) ci defTps vous avés pû voir un payfànr, propofant un avisfalutaire touchant des meules de moulin ; Je donne celui ci au Gouverneur, qui n'eft pas de moindre conféquance, à fçavoir, qu’il ne néglige pas de faire provifion de vieux Linges, pour lacure des playes. VoyésFlamtng au fiége d’oftandepa. 67. iîj& 2S7. (e) Fordin, étoitaux tenues d’être contraint derândre le fort de Skenk, pour l'extrême néceflitc qu’il a voit de plusieurs choies, mais •particuliérement de remèdes, pour la guerilbn des playes Sc des maladies, il nelaiiTapas toutefois de couvrir ce defaut atfeslong temps, par unerulè qui mérite d’être ici raportée. Il fit appeler les Chirurgiens, Se les obligea par ferment à faire ce qu’il leur commandoit : à feavoir, de compofer de la graifle en telle façon quelle eût forme & couleur d’onguent, & qu’il employât cette graifTe en emplâtres, pour traiter les blefles": ce quia’aportoit aux malades , ni fouiagement, ni dommage, & fit toutefois cét effet, qu’ils n’eurent point de connoifiànce de ce defaut ; SC que ceux qui étoient en état, ne fàifoient point de dificulté de s'exposer aux coups. Boxhor. hift, ds-firéda, pa. 50.
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- Des San-guntins.
- 520 Livre. Second,
- veut endorre, la première chofe qu’il fait, c’eft cfc pourvoir à fa propre Pureté; 8c d’autant que la bonne raifon de cette afïïéte’ne foufre pas qu’on pecher la lecabliflè, finon au delà de la portée du trait t il efb malaifé que ceux de Fonif de ja vjjje empêchcnt l’ennemi de fe camper 8c fortifier.
- jon camp. * r
- Les [orties Quelques uns autrefois fe font effayés de le faire, par des finies, mais
- toujours avec mauvais fuccés, parce que l’ennemi efl:fur fes gardes,8c que purs mai. ccux ja v{\\c font cje beaucoup inférieurs en nombre. Il efl: vrai que ceux de Numance eûrent cette fortune durant l’efpace de X X ans d’avoir réfifté contre fix armées Romaines par leurs forties. Mais depuis Scipion sorties des Capitaine trés-avifé, 8c qui sétoit inflruit en c et art deprandrè les vif
- tins. les en ruinant Carthage, les ferra de prés 8c les eût par famine ( * )* Lors que Des iuifs. j»te retrancha fon Camp affés proche de lérufalem, les Iu'tfs , pour l'empêcher ,fi mirent en bataille au deffous des murs de la vide, a dejfein de paffer plus avant en cas de bon fuccés , autrement ils avoient derrière eux la retraite bien ajfurêe. On envoya fur eux quelques troupes de cavalerie & de gens de pïè\ du commancement le combat fut douteux, mais enfin ils lâchèrent le pïè; & les jours fuivants s efcar-mouchoient aux portes affés fouvent: jufques h ce que, fatigués deplufieurspertest) ils furent contrains de fe retenir en leur vide, ce fut alors que les Romains commun-cèrent davancer leurs aproches ( b). Pareillement, ceux de Sagunte, du commancement repoujfoient Annïbal h force d'armes de trait & dejett, & ne foufroient aucun endroit qui fut affuré h ceux qui travaillent h fortifier le Camp.depms encore ils nètoient pas 'contans de battre l'ennemi du deffous dé leuft murailles & du haut de leur tours : mais ils s'encouragèrent de s'avancer en leurs forties jufques aux cors de gardes & ouvrages, mais il i avoit toujours plus de perte pour eux que pour les Africains ( c). Les Samæens, attaqués par le Conful M. Fulvius, lui réfiftoient principalement en deux fortes 8cc. par forties, tantôt contre ceux qui travaillent aux ouvrages, tantôt contre ceux qui étoient à la garde du camp, 8c fouvent emportoient l’avantage de ces combâs. Le fiége fut foutenu par eux durant l’efpace de quatre mois, 8c tous les jours il i en demeuroit quelques uns de leur nombre ,-quelques uns s’en retournoient bleflës , ce qui reftoit, fatigué de travaux 8c d’ennuis ne fit pas grande réfiftance. ( d )
- Les forties Quoi qu’il en foit, il fe faut comporter avec beaucoup de prudance à bien ménager les forties. car encore qu’il arrive fouvent quelles fuccédcnt bien,toutefois elles ne font rien au nœu de l’affaire, mais alors quelles font malheureufes, elles aportent, pour l’ordinaire, un grand dommage 8c un notable préjudice aux afîiégés. car toute perte efl importante en un petit nombre : 8c n efl: pas permis à une garnifbn enfermée de fe ranforcen va fié- quant à l’ennemi qui efl: au dehors, il a toujours moyen de reparer fes ITtneTif’ troilPes : c’eft pourquoi ceux qui entandent bien la manière des fiéges, fiégé à faire font ce qu’ils peuvent pour engager 8c attirer les afliégés à faire des forties. forets. ^ lendemain , Hannibal s'aproche du château de Tarente pour l'affliger:
- voyant
- Des Sa-miens.
- doivent titre ménagées avéc prttdance-
- {a) Flor.L.II. ch.XVUI. (b) Tac.Liv, V. de feshift. ( *) Tit. Liv. XXI. Liv. {4) lemême,Liv. XXXVIII.
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- De la Fortification Irrégulière. 52î
- voyant quil ni avoit pas de moyen de l'emporter, ni par force, ni par ouvrages: & ne voulant pas retarder le cours de fes affaires plus importantes pour deffandre les Tarentins : & de peur auffi, que s'il ne leur laijfoit une puijffante garni fin, les Romains ne cour uffentfur eux, en toute liberté: il réfolut à retrancher la ville fëf la fermer contre le châteaux avéc efpêrance que les Romains pour empêcher l'ouvrage pourroient être attirés au combat : & que pouffans leurs forties avéc plus dardeur quil ne fer oit à propos, peut être quil en demeureroit fi bon nombre que la garnifon feroit tellement afoiblie, qué les Tarentins auroient peu de pêne a garder leur vide à l’encontre deux. La chofe réuffit comme il auoit panfé ( « ).
- Porcius Cato, eût bon marché de la ville des Lacetains, les faifimt fortir par une telle rufe. Cette ville , avoit beaucoup plus de longueur , que de largeur, il mit fes troupes en bataille environ quatre cens pas delà, en ce même endroit il Jaiffa en garde quelques compagnies choifies ; & leur donna ordre de n'en bouger% jufques à ce que lui même vint à eux. cela fait, il mena le refie de fes troupes de l'autre côté de la ville, entre fes troupes Auxiliaires * il avoit un grand nombre de jeunes hommes de Suejfe; il commanda h ceux ci d'aller à l'affaut de la murailleiles Lacétains , conoïjfans leurs armes & leurs enfeignes, fe reffouvenans, combien de fois ils avaient couru & pillé leur territoire impunément ; combien défis, en bataille rangée ils les avaient battus & mis en' route : au même inflant ouvrirent leurs portes, & finirent tous pour les mal traiter : Le Conful qui voyait l'affaire fuc céder félon fin defir, a courfi de cheval s en va joindre fes compagnies quil avoit laiffées ; & tandis que toute la vide êtoit a la pourfuite des Sueffetains, choifit l'endroit , auquel il remarqua plus de filance & de [olitude, & entra dedans, fi faifant maure de la ville, avant que les Lacétains fuffent de retour: qui fi voyans dépouilles de tout, & n'avoir plus que leurs armes de refie fe ran dirent a lui. Vous avés des êxamples de telles malheureufes finies en T. Live[ b) doGentius Roi des Illy-riens ; & des Oeneens àtfiégés.
- Le malheureux fuccés de telles & fàmblables forties qui fe peuvent reporter en grand nombre, me fait donner les mains à ceux,qui n’aprouvent aucunes forties , finon en cas que foccafion (oit fi belle & fi aflure'e qu’on ne puiïïc prcfque douter de levénemcnt; principalement fi l’ennemi elt un peu trop éloigne' de la ville, en forte qu’il foit malaifé de fe retirer fans dommage.
- Et quand même l'ennemi feroit proche, encore faudra t’il s’i comporter avéc beaucoup de prudance & de précaution, & faire bonne garde aux ponts 8c aux portes, ceux de Daulis, fe repantirent autre fois de n’avoir pas £„core qut ufé de ces diligences. Cette viUe affize en lieu fort élevé, ne pouvoit êtreprife m par efcalade , ni par ouvrages. Les Romains harcelans lagarnifin de force coups Une faut de trait,les attirèrent a faire des forties: ® fai fans feinte quelquefois de fuir,quel-que fois depourfuivre ,entretenans toujours quelques légères efi a rmouche s,ils lespor- forties térent h tel mépris & négligence, qu'une fou les Romains les pourfuivans entrèrent ^»puhâei avec eux en leur ville la prirent ainft{ d). Une pareille négligence, donna la éx amples ville de Myles à Perfeus. Mais l’impertinanccdes Lacétains fat grande, d’a liens My-
- T t t 3 y0jrl.ens&*.
- (4) T. Liv. XXVIiv* (£) le même liv. XL111. & XLIV. (#) lemême XXXII< (4) T. 1,1?. XL II, Ht,
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- Si la fidelité des habi-îans efi jtt-JJrecle, il faut fe donner de garde défaire des [orties. Exemples. i.Atttniua Gouverneur de Thttrtn.
- De Gilbert de Bourbon viceroi de Naples.
- 512, Livre Second,
- voir ainfi abandonné leur ville fans aucune garde, & de s'être emportés (t
- loin à la pourfuitte de lëurs ennemis.
- Mais encore firent bien pis , Attinius Gouverneur de Turin , £9 Gilbert de Bourbon Viceroi de Naples, car les autres faillirent feulement en ce qu’ils abandonnèrent leur ville fans garde ; mais ceux ci, laifiercnt derrière eux des ennemis dûmeftiques. Voyés en T. Live, l'ignorance de cét Attinius, au XX V livre. Parlons de l'autre. Charles VIII, Roi de France, par un incroyable bonheur, fans déployer pavillon , dit l’Hiftorien {a) fans rompre lance, en quatre mois & demi, d'un merveitteus cours deprofpêritè, vint, vit,vainquit , en fin fe randit maître du Royaume de Naples, en ayant chaffé les Rois Alphorfe & Ferdinand père & fils. Ces peuples efpéroient de leur nouveau Roi, (qu’ils avoient reqeû avéc unejoye & des aplaudiflcmens extrêmes) un favorable traitement ; mais ils ne trouvoient pas ce qui leur avoit été promis, particuliérement les Gouverneurs 8c perfonnages de commandement s’en aquiroient fort mal. Les SeigneursduRoyaumequifupor-toient avéc impatiance leur orgueil & leur Avarice, ( *.) traitèrent enlam-ble de rapeler les Arragonois, 8c leur envoyèrent fecrétement des méfia-ges pour cét effet. Outre celà fe fit une ligue de quelques Princes & Républiques d’Italie, qui ne voulans pas un fi puifîànt voifin, conclurent en-famble de rétablir la maifon d’Arragon. Le Roi Charles ne fè fantant pas bien affuré de fês affaires s’en retournoit en France plus viffe qu’il né* toit venu. Voilà cepandant Ferdinand, qui fe prélànte en toute diligence à la rancontre de fa bonne fortune, & parce qu’il avoit été malheureux fur terre il arrive par mer. fa flotte toutefois étoit allés mal aflbrtie de gens de mer 8c de foldâs. ce qui lui fit craindre de prandre terre, 8c tour-noyoit le long de la côte de Naples, attandant l’heure 8c l’occafion de la révolte qu’il efpéroit. Mais en vain: car le Viceroi avoit fortifié tous les pajfages de bonne heure, & mis ordre h ce que la rébellion nepafsât point outre ®c. pourtant les conjurés ne perdent point courage, &c. Il i en auroit trop, fi je voulois tout dire ; j’abregerai. Les conjurés voyant leur defièin évanté, 8c ruiné, fe réfolurent à la force: ils écrivirent donc à Ferdinand, le fupliant de prandre terre avec fon armée, 8c que fa préfance ne manquerait pas de haufièr le courage de fes ferviteurs : ce quf fut fait : voilà Ferdinand proche de la ville. Le Viceroi averti de ceci, ne fe fouvenant plus de la fédition, qui s étoit depuis peu emeuë & qui n’étoit pas encore bien afioupie, 8c plus affuré de ce côté là qu’il ne devoit être, fait fortir toute la garnifon, pour empêcher la defeente, dit l’Hiftorien. En ce rancontre ceux de Naples courent aux armes, au fon du tocfin,faififiènt les portes, crient de tous côtes, Vive le Roi Ferdinand. Les François qui ne voyoient plus d’efpérance de retourner en la ville par l’endroit d’où ils étoient fortis mal à propos ; fe perfuadérent qu’ils entreraient plus aifément, par la porte qui étoit ouverte
- (a) Jan de Serres en la vie de Charles VIII. ( b) ‘N°us avtns laiffï le Roi Charles a Naples, Ve cherchant qu'à pafi fir fin temps-, & les fient,qu’à prandre & profiter (rc. Il noyait pas les plainte* & requefies des hommes, oins en laijfoit la charge à ceux qui le geuvtrneient &c. Qhofes d’autant plus infupcrtables aux fitjits, qu’ils étoient acoBtumèi, aux prudent if bien ordonnés gouvernement civiles de la mai fin 4* mStragon, ir qu’ils avoient ejptré, au changement de 'Royauté.
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- De la For tific Af ros Îrreôuliêre. 51 j
- verte du coté du Chateau neuf. Ils prirent donc le tour afîes long & difficile, pareeque ce Chateau eft aflis, entièrement de l’autre part: cepandant les Néapolitains ouvrent à Ferdinand cette même porte qu’ils avoient ferrpee aux François, 8c avant quils fufTcnt arrivés, où ils vouloient être, déjà la porte étoit bouchée, & toutes les avenues gardées 8c empêchées de barricades , de forte qu’il ne fut pas fort malaifé de les repoufîcr.
- Ainfi les François ayants perdu toute efpérancc de recouvrer la ville s’en fermèrent en leur châtcau:ayant premièrement laiiïe deux mille chevaux, parce qu’ils n’avoient pas de fourrages pour les nourrir , ni même de vivres qui pûfTent fuffire à la garnifon feulement trois mois*
- Nous tâchons donques bien fouvent d’empécher par ces moyens ja For- l’Snmmi tïficatïon du camp : mais ordinairement avéc peu d’effet, pareeque les trou-pes ennemies n’approchent jamais au dedans de la portée du Moufquét,
- *. , n . . n /'i 11 1 . zementem-
- 8c que ceft toujours une julte armée a laquelle mal a propos une petite péché de f, garnifon fe voudroit opofer. Le camp ou les Quartiers fortifiés, Pallié-géant conduit La Circonvallation 8c fes tranchées tout autour q tt’tl ajfiét de la ville afîiégée, pour être bien muni, tant au dehors contre le fecours, quçn dedans contre les forties des afîiégés. Ceus de .Carthage ne faifoient tét du trait, plus de forties 'contre les Romains , mais combatt oient feulement de loin à force de trait ; les Confuls féparèrent leur armée en deux quartiers, en mirent une partie du coté du Temple dÆfculape, un autre partie du coté qui regarde Hêraclée : & fermèrent d'une double clôture tout l'efpace qui demeurait, vuide entre ces deux quâr- cir tonnai
- - - - - laiton de-
- UerS,
- Car ils firent un retranchement entre la ville & eux, afin de saffurer contre
- les forties. : un autre eh dehors contre le fecours, qui pourrait arriver des villes voi- tb*ze' fines : ils mirent bonnes gardes, en tout cèt efpace qui étoit entre les retranche-mens & leur troupes : & les alliés firent diligence d'affambler tous les vivres & autres provifions néceffaires en la ville d'Erbéfe: d'où puis après, h raifon de la proximité du lieu, les foldas Romains , les tranfportoient ahément en leur camp. Il faut donc s’oppofer à ces clôtures par tous moyens polïïbles, afin que l’ennemi, ne reduife pas l’habitant en ces mauvais termes, fans lui même s’en refîântir.
- Or eft il que cette double, circonvallation aufîi bien que le camp fe fait hors de la portée de notre trait, 8c partant il fera malaizé del’empé-chcr.
- Cat-en vain on sbppoferôit par combâs de main à la ftrudure de ces ouvrages, qui ont une armée toute entière pour les foutenir : auflî peu i a t’il aparance de le faire de loin, pareequ’on les conftruit hors de portée de nos machines 8c dé nos trais.
- Toutefois on a de coutume d’i réfifter en deux manières : par forties, 8c CWconku dégât de tout le territoire des environs, pour ôter à l’ennemi toute com-modité des chofes qui peuvent aider à la conftru&ion de fes ouvrages. par (ortie 1
- J’Ai ci deflus afTés amplement parlé des forties. J’ajouterai pourtant °fflr U* un ou deux éxamples pour montrer, qu’elles ont quelques fois réufîi heu-reufement aux afîiégés, au grand préjudice de leurs ennemis. Ceux d'Am-
- bradé
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- 5M Livre Second,
- brade, par [orties de nuit Jur les travaux des afflige ans, & de jour contre leurs
- gardes, les jetiérent en de grands defordes ( a ).
- Héureufes En Appian Alex, (b) ceux de Numance par leurs forties contraignirent Ami™- Pompée d’abandonner fon camp déjà fortifié. ( ce n’eftoit pas celui qui a porté le nom de Grand. ) Pompée de retour à Numance, tachoit de détourner ailleurs le cours de la rivière qui étoit en la plaine ;îe s habit ans fort oient fans trom-
- ctens.
- Des Nu-mantïuA en-
- cor es plus beureufes.
- Audace dégénéré fowvent en poltronne-
- pette fur les ouvriers & h force de trait les chaffoient de leur travail ils s'attachaient aujfi en combat de main contre ceux qui venoient a leurfe cour s, tant qu'ils les repou [[oient en leur camp, ils fe jettoient auffi fur leurs convois, & enfirent mourir beaucoup <S> même le Tribun qui les conduifoit. D'un autre cote ils a(faillirent ceux des Romains qui travaillaient aux retranchemens , & en tuèrent quatorze cens, avêc un Capitaine. Tant de pertes étonnèrent Pompée, ce qui l'obligea, de l'avis des Sénateurs qui et oient préfens, de lever fon camp. Ceus d'Amphiffe pareillement, mirent toute l'efpérance de leur défiance en leurs armes & en leur audace. Faujfans toutes les gardes des ennemis & ceux mêmes qui étoient aux ouvrages & autour des machines, par frêquantes forties, & mettans tout en des*-ordre ( c ). /
- L’Hiftorien a bonne raifon d’apeler ce fait des Amphifiiens une audace, car en une entreprife fi fort inégale , d’un bien petit nombre , contre un autre beaucoup plus grand , on ne peut pas dire que ce foit autre chofe qu’une manifefte témérité, car encore que la fortune famblefemontrér favorable à ces commancemens, toutefois elle fe lafie enfin, comme il a-vint à ceux dAmbracie, qui après toutes ces gaüardifes qui leur demeurèrent inutiles, fe ralantirent h la fin. ils nefaifoient plus de forties contre les cors de garde des ennemis, mais ils fe contant érent de paroitre fur leurs murailles & de combattre en affurance du haut de leurs tours {à), c’eft pourquoi je n’aprouve nullement ces forties qui fe font pour empêcher la circonvallation, fi ce n etoit qu’il fe préfantât des occafions trés-avantageufes ; comme quand les troupes ennemies ne peuvent être unies, mais font réduites à combattre féparé-' ment, à raifon de la nature du lieu qui les empêche, par la rancontre de quelques rivières, marais, ou détrois de montagnes, en forteque cette di-Pourfaijîr ffradion égale nos forces avéc celles de notre ennemi. Il i a une autre oc-Tu moyen cafion qui nous oblige néçefiairemcnt à fairetfortie ; à fçavoir quand il eft âe usuelle quefEî0n, de fe làifir de quelque place, laquelle étant en notre pofiéffion & vaii. efiin- fortifiée, empêche l’ennemi de continuer fa circonvallation, comme il fe terrompuè.^ peut aprancire par cet éxample. En l’année 1603 le 19 jour d’Aouft, le
- On peut faire forties quand les occafions fe préfantent notablement avan tageufes.
- Example
- Prince Maurice mit le fiége devant Bofleduc. Frédéric Conte de Bergues, grand Capitaine, par une fortie de trois mille hommes, fe faifit du tertre de Vucht, 8c le fortifia : 8c par ce moyen couvroit la ville de ce côté là, ou étoient les principales forces de notre armée. Le z. Septembre ils firent encore une fortie, 8c occupèrent le tertre de Reut, qui étoit au devant de la porte de S.Jan, 8c commancérent de le fortifier. Que fi les afliégés eûflent pu conferver cette place, Maurice fe trou voit en extrême danger: ayant perdu
- (<*) T. Liv. xxxvill. liv. (*} Liv. I. de la guérie d’Efpagae. ( t ) T. Live X X X11. liv. 00 Le même Liv. XXXV UI.
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- De ta Fortification Ïrregülierë. 515 du la liberté de fes convois qui venoient de Hcmert & d’une autre part,ne pouvant pas mouvoir Ton camp avec affurance: parce qu’il étoit enfermé entre le camp des ennemis, & ce fort occupé par ceux de la ville. Par-quoi Maurice fit fon conte quïl faloit en toute façon que cette place retournât en fa puiffance , avant quelle fut entièrement fortifiée. On fe bat fermement ; quatre cens hommes de ceux de la ville i demeurèrent, deux cens furent faits prifonniers, avant qu’il fut poiïible de les déloger ; &les afîàillans n’en furent pas quittes à fort bon marché. Tant il i avoit d’opi-* niâtreté de part 8c d’autre, en la difpute de cette place, en laquelle con-fiftoit toute l’importance du fiége ( * ).
- Il i avoit de même à Bréda une certainepîace, fur laquelle Spinola avoit aflis un nouveau quartier aux aproches de Maurice qui venoit au fecours de la ville : ce lieu étoit extrêmement avantageux, à l’un, on à l’autre des deux partis; & de fi grande importance h celui qui ïauroitocupé le premier,qu en cela confifioit toute la fortune du fiége. car fi Spinola eût retardé, ou fi Maurice fe fut avancé feulement d'un jour, il rien faloit pas davantage pour délivrer Bréda. c'efi ainfi quil importe au fait de la Guerre, qu'un Généralfoii diligent lien a-
- vifé. (fe). Cette place étoit loin de la ville, 8c partant il netoit pas libre .aux afiiégés de poufier jufques là leurs forties : aufii l’Hiftorien ne les blâme pas de ne l’avoir pas fait. Toutefois il les taxe, de ce qu’ils ménageoient trop fcrupuleufement leurs forties, dautant que la garnifon étoit forte, 8c que l’armée des afliégeans étoit foible de forte qu’il étoit aifé de l’incommoder par forties : il dit donc : fi dans le commancement ceux de Bréda eûffent fife,udxâè fait des forties de divers endroîs fur les nôtres, comme ils ètoient en petit nomlre & xés pour laffés de travail, malaifèment eûffent ils pû durer afe deffandre & à fe fortifier en s'krefar même temps. Mais-ils nous donnèrent fi Ion loifir, que peu a peu toute la circonval- gnés en îationfut achevée. Ceux de Numance fe comportèrent avéc plus de coura-ge, s’étans aquis, tant par leur Viétoire, que par leur ruine, de la gloire 8c Ceux ** de l’utilité. Car après avoir fuportéun long fiége de tréze mois, au raport tlTpoZ de Veîlcjus, liv. 2, ils fe réfolurent ou de forcer le camp de l’ennemi ,• ou efarvoir f bien en mourant, delaiffer à leurs autres concitoyens une plus grande j#*»/** commodité de vivres, ils furent d'avis défaire fortie,dit Florus ( * ), & plufieurs moururent au comlat\ & d'autant que la faim croijfoit en la ville, cette perte épar-gna leurs vivres quelque temps & leur donna un peu de répit.
- C’efi: ainfi que la circonvallation peut être quelque fois empêchée par les forties : voyons maintenant comment fe fait le dégât, afin de fouftraire à l’ennemi les matériaux qui font propres à fe fortifier. Voyés en quelle J/lt/ar ne. furent les Romains, commandés par T-elonius Lieutenant de Cæfar de- Marfeille vant Marfeille : les hahitans avoient mis le feu en une terraffe & l'avoient ruinée par ce moyen, ce qui les incommoda grandement, dautant qu'ils ri avoient point de matériaux pour en faire une autre; toutes fortes d'arlres, (il faut faire de même des farmans, buifibns, oferayes., & autres étoffes dont fe ramplifîènt les marais 8c fe font les gabionnages, 8c les terrafîcs font liées,) ayons été alla-
- V u u tus
- ( a) Emm. Meter. liv. XXV. Borr. en la deferip, <}« Boilçd. p. IJî> 4« mn «dit, ( b) Heim, Hug. Siège de B1edapa.a8.j7.8cc, (c) jÜYf 1I« SfrtXy JJt I.
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- 52 6 Livre Second,
- tus & tran [portés, de tout le territoire en un trefgrand efpace de pays aux envi-Négligé par rons de Marfeille (*). Si les Ambraciens eûflènt ufé de cette prévoyance, k timbra CorIM Fulvius eût été en pêne par où feprandre pour commancer là guerre, & les cia, acomo- Princes des Epirotes, ne l’eûflènt pas fi aifément porté à mettre le fiége temL devant leur ville, car d'autant quelle sètoït donnée aux Ætohens, les Epirotes vouloient qiion l'affiêgeât. & difoient, que[oit que les Ætoliens la vin fient fecourir ils avaient la campagne ouverte pour le combat ; s'ilsfe contenoient Je fiége ne don-neroit pas grande dificultè : attandu qu ilfe rancontroit dans les environs , affes de matériaux pour lafiruÜure des ouvrages (b). Au contraire, les nôtres de Bréda s’i comportèrent prudemment, ayans fait le dégât en toute la campagne qui les environne. Le Lendemain, le Gouverneur de la ville, avéc huit enfeignes de la lourgeoifie, abbatit le hou Maurice, ( autrement Belkrombofch, ) qui étoit au dejfous des rampars ; de peur que les nôtres neufient l'avantage de ce couvert, pour faire leurs aproches vers le château & les autres ouvrages de fortification-ceux de cette raifon fufiïoit affés: mais une autre l’acompagnoit : à fçavoir, afin portent ja- qu'il ne fournît point de matière à l'ennemi pour enfermer la ville 8c pour gement. ejifier fes palliflàdes (e). Les afitêgés mirent le feu en toutes les maifons de campagne des environs, pour ôter parce moyen de placer nos embufcâdes & nos retraites, & aujfi afin que leur trait rien fût empêché .* on a remarqué, quil en fut brû-
- ceux d’Hé-raclée au contraire.
- S'il' allégeant à du courage la circonval-lation ne peut être empêchée.
- Vaffiê-geant procède a l'attaque par chemins couverts &fortifiés.
- On réjijle aux aproches : par Sorties, Dégâtsy Dehors, Contr-aproches.
- lé quatre cens en tout (a), fi tous ces édifices fuflènt demeurés,cetoit affés de matériaux pour tous les ouvrages, 8c pour garantir l’armée ennemie de la rigueur de cette froidure fi extraordinaire dont nous avons parlé ci def-fus : Ceus d’Hêraclée neûrent pas cette fageflè, au raport de T. Li-vc («); Mais quelque réfiftance que puiflènt faire les afliégés, fi l’afliégeant a du courage , il bridera leurs forties par bonnes gardes, 8c tranfportera d’ailleurs les matériaux nécefîàires,8c fera fes retranchemensænfin il achèvera malgré eux fa double circonvallation; deforte qu’il ne reliera plus que d’attaquer la ville ; ainfi qu’il a été déclaré au précédant livre.
- La manière qu’il tient en fes aproches ckft d’i procéder par des chemins 8c tranchées couvertes, n’ofant pas le faire à découvert, pour ne s’expo-fer à un manifefte danger : il foutient les travaux de fes pionniers contre les forties des afliégés,non feulement par de bons Corps de garde mais encore par le fccours de fes Batteries ; 8c s’efforce aufîi en même inftant le randre inutile toute la deffance que peut faire la ville, en abbatant les Flanqs élevées à coups de canon ; 8c ranverfant les Contre- Batteries des afliégés. A toutes ces chofes il efl befoin de réfifter autant qu’il efl;
- . poflible.
- Il i a deux moyens d’empêcher les d proche s, outre celui, des forties, 8c le dégât : à fçavoir, les Dehors 8c les Contre-aproches.
- Quand l’ennemi efl: proche, il i a quelque fois raifon de faire des forties, pourveû qu’on i procède fagement. car depuis qu’une fois les afliégés auront fauffé les prochaines gardes, ils pourront paffer plus avant, à ruiner les tranchées, ranverfer leurs redoutes, abâtre leurs manteléts 8c parapéts
- dont
- (a) Hirt. liv. 11. de la guer. civ. (b) T. Liv. XXVIII.lir. (c)L’affiégeant avoitfait unepaliffadede gros arbres, autour d une terralteelevéepar lcmarais.Herm.HHgo fiége de Biédap.54(</;Lemémcpa.28.('0Liv.XXXVI.
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- De la'Fortification Irreguliere. 517 dont les aproches font couvertes ; quelquefois on tüe ceux qui font aux Qnpm travaux 8c leurs Ingénieurs : ou bien on les fait prifonniers : 8c c’cfl tou- f*ir*forties jours un notable dommage à l’afiiégcant. Et s’il arrive qu’on foie repoufle, ZlqZn'd on a toujours moyen de fe retirer promtement aux ouvrages qui font en ile}it>ro' dehors, 8c les Camarades qui font à la garde de ces Dehors , battent l’ennemi de prés 8c de loin.
- Je ne ferois pas toutefois d’avis que l’on fît de grofTes forties : car il efl malaizé que l’ennemi ne s’en aperçoive ; 8c en cas de mauvais fuccés, c’efl la perte de la ville toute affame : on i procédera mieux 8c plus feure-ment à petites forties, qui fc couvrent mieux ; 8c on ne laiflcra pas en petit nombre d’affaillir ceux qui travaillent en telle des aproches, de les mais cett, tuer , ou pour le moins on les chaffèra de l’ouvrage ; 8c ces forties ainfî ?"*•****• couvertes 8c impréveuës feront caufe qu’ils iront à l’ouvrage avec plus de crainte, dautant que plus maîaifément on les peut éviter, ou les re-pouffer.
- Au refie il efl difîcile de croire quelles difîcultés aporte quant 8c foi le defaut des matériaux ; dont Ernefl de Nafîaw eût l’expériance au fiégc de Grande a-Bofleduc : on ne peut exprimer les travaux incroyables qu’il en foufrit, 8c fjfZZer nous préfens en fûmes étonnés 8c la poftérité les admirera. des maté-
- Sous ce nom dè Dehors, font entandus, les ouvrages Couronnes, Cornus, /JTXV Ravelïns, Demi-lunes, Tenailles, Traverses, 8cc. expliquées au 11 livre de no- feutre Fortification. Ces fortes d’ouvrages ne doivent point être faits à la halle, 8c ne le peuvent, fi l’afliégeant efl homme vif 8c ardant, 8c capable de fe prévaloir de l’avantage des ocafions. Il faut donc i avoir pourveû à loifir en temps , afin qu’un ennemi qui fo préfântera à fimproviflc ne re- z« bonnes tranche d’abord tout moyen de les conllruire. car il n’i a point de dificulté que les chofes qui fe font à i’aife, foient tousjours meilleures que celles qui fe font avec crainte 8c précipitation. Mais alors que l’ennemi duquel on fe defFand , efl homme lent 8c temporifeur : on ne laide pas quelquefois de fe fortifier de ces ouvrages bien à propos en fa préfance. Tandis que Spinola menaflbit de loin la ville de Bréda, 8c s’amufoit à bien digérer fes panfées, campé à une lieue de la ville : ceux déjà ville adjoutérent à spjnota en leurs défiances , quatre ouvrages Couronnés 8c cinq Cornus, qui n’eûfîènt ^ZTïdonm pas donné peu d affaires à lafiîégeant ; s’il eût été homme à vouloir cm-le moyen à porter la ville à force darmes & d'ouvrages, plutôt que par famine & pa- Bré^defé ttance. Un mois @davantage, sétonpajféen doutes & delais, dit l’Hiflorien, plufieurs courriers ètoient paffés de part & d’autre inutilement, & la réputation Dehors, de Spinola en étoit beaucoup diminuée : ils difoient qu'il faloit délibérer ches foi, exécuter au camp. Plufieurs en faijoient raillerie entre les gobelétsramante-voient la honteufe retraite de Bergopzom.
- Il efl vrai qu’on n’efl pas obligé de faire des firuélures folides en la né-ccflité de ces ocafions , il fufiit d’opofer à la rancontrc de l’ennemi quelques légers ouvrages pour l’arrêter : car fi petit empêchement qu’on'lui puiflê donner en fes aproches lui efl grandement préjudiciable, entant
- Vvv 1 que
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- 528 Livre Second,
- que dés aufiî tôt que fes pionniers viennent à être découverts, qu’ils
- abandonnent leur travail, 8c font contrains, ou de conduire leurs apro-
- ches, contre nos nouvelles défiances avec notable perte de temps, ou de
- s’expofer au hazard de les combattre à vive force & de les emporter par
- afiàut.
- Légères A Maflriâ, ceux de la ville, avoient drefîe deçà 8c delà, de légères tra-ZTuflge^ yer^es ne donnèrent pas peu de pêne aux afîîégeans. Au contraire il i
- contre les avoit à Bofleduc une grande 8c puifiante traverfe, que les habitans avoient mtroeheSm mife au devant de la porte de Vucht, laquelle, pour avoir trop de hauteur céda aifément aux moindres aproches, 8c fut depuis un très grand avantage à rafïiégeant.
- Les contra- Davantage, comme les contraires ont auffi de contraires effets, il eft fZfeZore ccrtain <lue les contr-aproches,de ftruâure 8c de forme toutes pareilles aux meilleures, aproches ci defiùs écrites, arrêtent les progrès de l’aflîégeant : mais il eft
- befoin que. l’Ingénieur aporte ici plus de prudance 8c de précaution, quà faire les fufdites Tràverfes (*).
- Trudance j)c ja prucjance ; en poufîànt fes Contr-approches en lieux avantageux
- Tirîgïnilurk la ville, & préjudiciables à l’ennemi : il faut donc pour bien réuffir, en qui. les con-cec^ que ja fîtuatjon Ja ville lui foit parfaitement conue, 8c qu’il en faflè
- duit.
- Trécau-
- tions.
- une toute pareille confédération, que fi lui même il vouloit affiéger la ville : 8c de cette façon il reconoitra aizément, quel endroit doit être choifi par l’ennemi comme le plus mal afiùré 8c le moins hazardeux pour conduire les fiennes : 8c quelles font les places des environs qui peuvent fou-frir plus commodément les aproches 8c qui lui donnent plus d avantage pour loger fes batteries, c’efl en ces lieux où il eft néceffaire de poufièr fes contr-aproches, à la rancontre de l’ennemi. Il faut auffi combler tout autour de la ville, toutes les vallées 8c les folles, ou autres fons, qui peuvent fervir de retraite & de cacheté à l’ennemi : abatre les lieus élevés ; ou s’en faifir 8c s’i fortifier : autrement fi celui qui affiége vient à les ocuper, il i fera fes batteries, ou i établira des cors de garde au grand dommage de la ville.
- L’Ingénieur ufera de plus en ces contr-aproches, des fuivantes précautions :
- i. QueUes foient flanquées de tous cotés, des fortifications de la vide, & lui foient fujettes & ouvertes à l'endroit qui la regarde. La première de ces confî-dérations, fert à ce que nos contr-aproches foient en état d’être foute-nues par nos ouvrages de défiance dedans 8c dehors: La fécondé,afin que fi l’ennemi les emporte, elle lui foient inutiles, étans affujéties à notre trait.
- x. Lorfque nos contr-aproches, viennent h la rancontre de Vennemi, on les con-
- duira
- ( a) Fordin établi gouverneur à Bréda aporta a lfexécution de fa charge dautant plu* de foin, que la place qui lui étoit com-mife étoit importante, il fe mit ttabord a faire toutes chofes qui apartenoient h un gouverneur avifé, vifita les ouvrages, dreffa de nouvelles fortifications , repara Us brèches : prit un foin très exali des fantinettes & des gardes : étoit toujours en défiance , même des fienst employait auffi bien la nuit que le jour h fin office : attandoit l’ennemi a toute heure , commefi à chaque m ornant il eût deû l'avoir fur les bras ?Boxhorn.hift. de Bréda pa. ji. Mais comment eût il fait toutes ces chofes, veuque t excellent ingénieur Kyox avoit été tué d’un coup de ktoufquet ? Le même pa. 13 g, Toutcla diligence d'un Gouverneur eft inutile fans le feçours de l'Architecte,
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- De la Fortification Irrequuere. 519
- duira de teüe façon, que les endrois ou il fe trouve découvert puijfent être veûs & razès. 8c pour ce faire, il eft nécefîàire de les poufièr les unes à l’encontre des autres par contraires détours, car ainfi, ce que l’ennemi aura voulu couvrir contre la ville ou fes Dehors , fera expofé à l’injure des contra-proches.
- Il ne fera point inutile de vous repréfanter ici » quelle fut la finguliére frudmet prudance 8c diligence, des Syracufains, à chercher 8c à procurer les mo- syZcuft yens de fb defïàndre. Quand ceux de Syracufe eûrentfçeû la nouvelle, que l'ar-mêe navale des Athéniens avoït pris terre a Rhége ;ils eûrent un grand foin de fc tenir prefls, envoyans de toutes pars a tous les halitans de Sicile, aux uns desgar-nijons , aux autres des amlajfades : faireperquifition exalte par tout le pays, de tout ce qui pouvoit être nêce faire a leur défiance, réconoitre quel nombre de chevaux , quelle quantité d'armes, &c. Durant cet hiver les Syracufains firent un mur au devant de la vide du coté qui regarde Epipoles, i comprenant le temple au dedans : de peur que s'il arrivoit quils eûjfent du pire en comlatant, la ville ne peût être attaquée en cèt endroit qui eft le plus foihle : ils mirent auffi une autre garnifon h Mégare & de même au Timpie deJupiter Olympienencore de toutes pars, où une flotte pouvoit faire defcerne,ils firent une paliffade de pieux treidijfês.
- ( a_). c’eft un éxample propofé à tous les Architectes, 8c Ingénieurs, qui doivent en toutes manières poflibles intriquer 8c embarafter 8c fermer d’ouvrages d’avant murs 8c de contr-aproches toutes les avenues à la rancontre de l'ennemi.
- Nous avons deux éxamples de l’utilité de ces contr-aproches, Bergopzom 8c ixampUt le fort de Skenk. A Bergues (b) ceux du parti Royal marchandèrent un mois 8c demi : A Skenk, (c) les nôtres employèrent un été prefque tout entier futilité des fans avoir gaigné l’avantage d’un pié de terre, par la réfiftance de ces cofierr'*fi& contr-aproches. skenk.
- Ci deflus en parlans de l’attaque nous avons fait voir le dommage que reçoit une ville aflîégée, fi l’ufage des Batteries demeure libre aux affié- contrebas geans : c’eft par ce moyen qu’ils brident les[orties : par ce moyen ils empê-teruu chent la conftruâion des Dehors : 8c enfin elles mettent la place hors d’état de toute deffânee : 8c fous cette protection l’afliégeant ,-fait fes apro-ches en afiurance, poufie fes galeries contre la ville, faufiè le rampar impunément. Il faut donc ufer en ceci de Contre-Batteries. Or eft il que la tonif, en place dont eft queftion, eft Régulièrement fortifiée ou Irrégulièrement. De l’une 8c de l’autre manière de Fortification le Rampar commande à la cam- mettent les pagne des environs, ou eft fujét à quelque éminance qui le commande.
- Les fortifications de platte campagne régulières n’adméttent les contre- f»riesB*> batteries que fur les Baftions : pareeque les courtines d’un telle Fortifie, fe deftàndent ailes , 8c malaifément peuvent être emportées : deforte qu’il eft peu nécefîàire de réfifter de ce côté là mais il en arrive autrement aux
- V v v 3 Irrégulières,
- (lions.
- (a) Thucyd.lîv. VII. {6)1612. Les Royaux pouvoient durer au liège, parce qu’ils étoient encore
- maîtres de l’autre bord de la rivière , qui leur donnoit la commodité de recevoir à toute heure de nouveaus fecours dans le fort} & partant ils n’avoient jamais faute de pionniers, pour travailler aux contr-aproches en cette langue de terre étroite. Mais depuis quela circonvallation fut touteparfaite : & qu’ils n’eûrent plus le moyen de rafraîchir leurs gardes de nouveaus foldâs au lieu des blefleS, tant de morts &la difette de plufieurs chofes affaiblirent aifément la garnifonde ce petit tort.
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- 5 30 Livre Second,
- Irrégulières , encore quelles foient afiizes en lieu plain, d’autant que leur Courtines font bien fouvent de longueur exceflive, 8c partant fujcttes à être attaquées : à quoi il eft nécefiàirc quelles foient pourveûes par con-trebatterics : Mais aux Fortifications foit'régulières ou irrégulières qui font commandées , on loge les contrebatteries indifféremmant tant fur les Baftions,que fur les Courtines expofées aux lieux qui commandent. d fera»" 11 i a cette différancc entre les contrebatteries, que celles qui fe font en tuuws' ^eu P^n ne *°nt ^m^cs qu’à telle hauteur qui fufit, à ce qu elles puif fent être encore couvertes par le parapet du rampar : il n’en eft pas de même de celles qui doivent defiàndre à l’encontre des montagnes voifi-nes, car en ce cas on les élève bien plus hautes, à raifon-des lieus qui commandent 8c ne peuvent point efpérer de fecours du parapét du ram-c avait en Par ou ^aftion;on vo^ de ces Cavaliers élevés, à Bergopzom, à Huîjl^x. ailleurs. L’Aréotedonique décrira toutes les particularités de ces contreba-teries , ou Cavaliers, leur manière 8c leur forme : 8c de quelle façon on les afliét fur les Baftions laifies vuides par defaut de matière, ou fur les Courtines légèrement étoffées , les foutenans d’echaffaudages de charpante-rie ; comment on les prattique en lieux fouterrains pour rafer l'ennemi fur le plan de l’Horizon, 8c autres chofes apartenantes à cette matière.
- C’cft ainfi que l’on ufe des Conir-aproches : mais d’autant que la fin des Approches eft l’ouverture de la Sappe : c eft ici où il fe faut armer de brave
- un brave 11 x 11 %
- affligeant réuftance. car fi nous avons a faire a un rude ennemi 8c intelligent, nous paffetoM. avons beau réfifter à fes aproches, fi arrivera t’il à fon but, 8c fe logera malgré nous au pié du parapét du chemin couvert,qu’il fappera 8c percera 8c fe fera pafiàgc au moyen de la mine : il n’eft pas toutefois encore temps de perdre courage,il faudra employer en cét endroit toutes les fuf-Tratichées d*tcsïnvantions : 8c de plus nous i ajouterons ce qui fuit, on traverfera la traver/an- S ap PH de l’ennemi, d’une Contrefappe ou tranchée pour l’arrêter, ou UhiTtraL b*en fera minée pour la faire fauter avec fes pionniers, ceux de Ma-ebéede flriti l’entandirent très bien : car avéc leurs mines ils travaillèrent extrè-ceuxde' mément leurs afliégeans 8c ranverférent bien fouvent leur approches 8c M*stri& Sappes ( a ). mais ceux du Sas de Gand\ fe montrèrent niais en cét endroit : cul**m car ils drefioient des Traverfes fur le Parapét même du chemin couvert : 'tiGand** ou ^Cïl> lcvo*ent fur Ie même parapét des contr-aproches : par ce moyen ait contrai- non feulement ils empéchoient que led. parapét ne rcçeût fa deffance, de re’ tous les endrois du chemin couvert ; mais ils préparaient davantage, des retraites 8c des couverts à l’ennemi, dont il feconduifoit bien aflùréjuf ques au dit chemin. Les bonnesgens ne fçavoient pas l’ufage du parapét du chemin couvert, ni la raifon de fa ftrudure ; car l'art preferit qu’elle foit faite d’une pante douce, au moyen de laquelle elle s’unifie avéc la campagne qui l’environne, exprefiement afin que l’ennemi n’i trouve rien qui le tienne couvert en forte que le trait tant du Rampar de la ville, que
- du
- ( a) J’ai veû fouventefois deux fimples foldâs de la compagnie de lifïts, Major General du Camp qui avoient été enterrés l'efpace de ij heures fous une mine,quiranverfale n d'Aouftla Sappedesaffiegeants : onlestenoit pour morts. & déjà le Sergeant s’étoit emparé de leur dépouille. Yoyés le journal de ce fiége,& vous i aptandiés U man icr e & la raifon de ce mira de.
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- De l A FORTIFICATION IRREGULIERE. '531
- du chemin couvert, & encore des autres dehors, le puifiê offàncer & ra-zer de tous côtés. Or ces Traverfes ne faifoient autre chofe, que couvrir les nôtres contre le trait & la veuë des affiégés ; 8c pour le plus il n’a-voient à craindre que les coups qui leur étoient lancés de ces foibles ouvrages : auffi, avec quelque peu de travaux, foûtenus de fort petite troupe , les nôtres fe logèrent bien aifément 8c avéc peu de perte fur ces Traverfes, 8c en fuitte fur le chemin couvert, c’ell ainlî donc qu’il faut traver-fer la Sappe de l’affïégeant, par Contre-Sappes ouvertes, oufouterraïnes.
- Mais poîons que nous fommes chafles du chemin couvert, il ne nous relie poUr plus , linon d’empêcher que l’on aproche la Gallerie. Ainfi que fera le c]fn lazal-foiïéjéc, ou plein d'eau, l’ennemi poulîèra là gallerie, découverte, ou couverte : Pour l’avancer couverte , la première chofe qui le fait ; c’ell de corn- La Gàüerh bler le folfé de fafcines & de terre que l’on entalfe par delfus. afin que la découvert, galerie puifiê être pofée fur un fons fée 8c folide. il ell donc nécefiàire que oufefait les affiégés, efiàyent en toute façon 8c par toutes fortes de trais 8c (\eîefenat~ moufquetades, 8c de baies ardantes 8cc. d’empécher l’ouvrage de ces ter-rafleurs. car en cét endroit on ne peut combattre que de loin, à raifon du pour empê-fo fie qui fait obllacle ; 8c encore que nous fçeûffions plonger, nous nau-^J^J* rions pas pourtant la faculté de faire comme (a) les Tyriens, en un folle qui comblé. n a pas beaucoup d’eau, 8c les fafeines que l’on i jette étans fi menues.
- Le folle comblé, on avance la Gallerie pour l’attacher à nôtre rampar. or ell il que nôtre ennemi qui ell logé au pie de nôtre rampar ell un mauvais voifin. Il faut donc réfilter de grand courage, 8c s’oppofer, tant que faire fe peut, aux aproches de la Gallerie.
- La meilleure défiance fe doit prandre de TAvantmur : duquel c’ell l’of- V Avant-fice de s’employer à la prote&ion du Folfé, & d’empécher la Gallerie nous l’avons montré fur la fin du II. ch. du I. livre de nôtre Fortif. Et n’elt ment à u pas d’aujourdui que l'Avant mur ell en ufage; il i a long temps qu’il s’ell Afffffiu dl* pratiqué, contre l’effort de la Gallerie. Thucydide (b) en fait mantion : Les Péloponefiens confidérans que leurs machines ne profitaient de rien ; & qu'il i avoit un Avantmur drejfépour s’oppofer h la Gallerie :jugeans qu'ilauroit été ma-îaifé de prandre la ville entre tant d'empêchemens, s'avifièrent, de la fermer d’une clôture tout à l'entour, il faut donc garnir l’Avantmur d’une puiflànte garde de Moufquetaires qui empêche la gallerie de s’avancer. Et doit être atta* quée en front, en fes côtés, 8c en queue fi faire fe peut, par une grêle épailfe de moufquetades, 8c affiégée de toutes pars de cercles brulans, lances à feu, baies ardantes, 8c autres artifices, jettes avéc engins,ou delà main, pour repou fier 8c perdre ceux qui la pouffent, 8c faire de loin tout ce qui fe peut, afin qu’ils ne foient allurés en nul endroit, pareequé, comme j’ai déjà dit, il ne faut pas s’attandre de s’attacher à eux en combat de main, dautant que le folfé plein d’eau ne le foufre pas : 8c par là il ell bien
- aifé
- (a) Les Tyriens ne s* épargnaient pat a faire toutes chafès ptfiiblespeur empêcher la digue. Leur principal moyen était ,quc quelques uns i’entre eux nageeient entre deux eaux jufques à la digue, & avéc des faux arrachaient les branchages, quifurpaf foient, é- les attiraient, i? avéc eux fuivoient plufieurs autres matériaux, puis la maffe ainfi déliée, ils dépiaf aient facilement les troncs d’arbres, fy pieux: ainfi tout l’ouvrage qui en était fautent*, titubait de fai mm, n ayant plu* defupart, Q^Curce liv.
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- Quelle efi la dtfféran-ce des Foffés, fée, & plein d'eau.
- Le Prince d'Orange s’i efl mépris.
- La deffance qui fefait de loin n'efl peu la meilleure.
- L'afllégeant pajfe le Fof féfée par une gallerie ou découverte où fonterraine,
- Quel efl Vttfage é* la nécejfité du petit F ojfé pratiqué an milieu du grand.
- 532, Livre Second, '
- aifé de reconoître /quelle différence il i a entre les fofles pleins d’eau, 8t ceux qui font 0) à fée. car depuis quune fois l’ennemi s eft logé fur la côn-trefearpe, cét autre folié eft comme une bride qui arrête toutes les entre-prifes des afliéges 8c les reflerre au dedans de leur ville ; 8c en toute façon rand toujours toutes leurs forties beaucoup plus dificiles ; de forte qu’il aporte bien moins d’empêchement au paflàge de l’ennemi que le fofte fée. Aux pays bas, cette opinion eft commune, de faire plus d’état d’un foffé rampli d’eau que d’un fofle fée, & de l’avoir en eftime de meilleure défiance contre les attaques : & partant, il i a moins de lieu de s’étonner ft même le Prince d'Orange fe laiflà emporter à cét avis fi univerfellement re-çeû 8c fi envielli (*). de telle façon que lors qu’il aflîégea Maftrift, qui étoit pourveu de foffés de ces deux fortes ; il aima mieux conduire fes attaques du côté du Fofte fée ; mais s’il eût voulu fe réfoudre de l’attaquer parle fofte plein, il fe fut épargné beaucoup de travaus 8c de dommages qu’il eût à foufrir par les forties, 8c à repaie? fi fouvent fes mines ranverfées ; 8c eût racheté beaucoup de temps 8c beaucoup de fang.aujourdui l’expérian-ce nous a fait plus fages à nos dépens, 8c fe trouve à préfant peu d’ingénieurs en nos provinces,qui n’ayent beaucoup remis de cette paflion qu’ils avoient autrefois pour leur foffés pleins d’eau.
- Deux’ chofes principales donnent empêchement aux irruptions que fait l’ennemi contre la ville; à fçavoir le F ojfé 8c le Rampar : Les ayant fur-montées , elles ne laiffent plus de temps à l’afllégé, ni de lieu à fa réfiftan-ce : 8c toutefois quand le Fofte rampli d’eau, eft vivement attaqué il n’i a point moyen de le deflandre, fi ce n’eft avec armes de trait 8c de jét, comme fi le danger étoit éloigné. Outre que cette défiance, qui fe fait au moyen de l’artillerie, n’étant que d’une forte, 8c préveue 8c fixe, on trouve aizément la manière de s’en garantir : comme j’ai dit ailleurs qu’il fe faifoit à Groïïe: (*) de forte que l’on peut dire que la perfidie de ce fofte plein d’eau, livre fa ville encore toute entière 8c pourveue de toutes fes forces, comme captive 8c enchainée entre les mains de fbn ennemi, car de panfêr que l’on brife par balles ardantes, ou autres artifices de feu, une gallerie qui eft à l’épreuve du canon, c’eft une vanité.
- Voyons maintenant ce qui eft du Fojfeféc ; à travers duquel fallégeant cherchera fon paflàge, à la faveur d’une gallerie, ou découverte, ou fouter-raine ; contre l’une 8c l’autre de ces deux manières il faut être pourveû de bonne défiance.
- Le petit forte qui fe prattique au milieu du grand, eft de fort bon ufage en cette rancontre ; 8c on pourra encore, en temps de fiége le creufcr plus profondicar s’il i a de l’eau en ce petit Fofte, vous êtes afflué que l’ennemi ne vous furprandra point en pourtant fes galleries 8c mines fous terre : s’il eft fée, le premier fervice que vous en aurés, ce fera que du commancement il pourra tenir lieu de défiance aux afliéges ; 8c depuis encore, il fera fort utile à poufièr les contremines, pour abbatre la gallerie
- (à) voy és le chap.XI, de nôtre For tif. régul. yoi» i UQUYerés les raifons qui concluent évidemment à l’avantage du Foffé fée.
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- De la Fortifîcaîion Îrre g ulierè. '533 rtc qui s’avance à découvert : enfin, elle fera très-propre à conduire des mines traverfantes, pour rancontrerlagalleriefouterrainedelcnncmi,
- 8c la ruiner»
- Les afliégés de Maflrkht furent contrains de poufler quatre contre-mines diverfes, 8c de les enfoncer jufques à une profondeur de L XXX CetM^ pies, à raifon de la vafte grandeur de leur rampar, 8c de la profondeur ex- Mapitt traordinaire de leur fofle ; 8c tout cela pour rancontrer les mines des af.fw^,rw*L
- fiégeans, ce qu’ils firent enfin, mais trop tard, ayans été retardés par la &-f***f*“,6 ficulté de ce travail. Les relations que nous avons de ce fiége nous ont apris, que la Gaîleriefouterraine, n’étoit guère plus bafle que le fons du fof-fé, que de huit piés : 8c partant fi les afliégés euflenr été un peu plus avi-fés, il n’i avoit rien plus aifé que de la reconoître, mêmes à l’ouïe, 8c de la traverfer en contrcminant dans le fofle même.
- Supofons maintenant que l’ennemi mène fa gallerie à découvert ; il s’en faudra beaucoup qu’il le puiflè faire avec la même facilité que fi le fofle étoit plein d’eau ; car l’afliégé le pourra combattre de main.
- Premièrement, par forties ils pourront courir fus aux ouvriers qui la Ug*UrU conduifent 8c aux moufquetaires qui la defFandent : i mettre le feu '-oujoupldé* après en avoir défait 8c chafle la garde, la mettre en pièces à coups de couvert fur coignée ; & s’il arrive qu’ils foient repouflés, ils ont le petit fofle du milieu pour leur retraite, 8c des Traverfes qui fe peuvent jetter dans le grand Fof- cher parfis fé ; 8c de là ils peuvent combattre avec avantage 8c fe bien deflàndre.
- x. S’ils ne jugent pas à propos d’i procéder de vive force, 8c font dificul-té d’en courir le hasard, ils peuvent miner à l’endroit de la gallerie, 8c la faire fauter. Les Aquitaniens s’i comportèrent autrefois de la forte contre 0»parmi-Crajfus , quelquefois fàifans des [orties, 8c quelquefois aufli ( a) pouflans des neS' mines au deflous des galeries, nous trouvons encore un pareil éxamplc, ra* porté par Egefippe, l’ayant emprunté écjofephe. J an, Capitaine desféditieus,
- fit une mine, au moyen de laquelle il ternit en foufpante les ouvrages des Romains,
- (à fçavoir la terraflè 8c- les galleries,) fans que cem ci eûffent aucune cônoijfan* ce de 'ce qui avoit été fait par lesJuifs, parce qu'ils avoient fufpandu le tout Ta-voient étayé de planchers, ce qui empêchoit que la rufe nefepût découvrir .* celà fait ; quand il fut h propos ils mirent le feu h la charpanterie qui fuportoit la mine,
- T ayant enduite de pois & de foufre ; & en peu d'heure tout le lois fut aizément réduit en cendres. en fuitte de ce feu, tout ce qui étoit au dejfus tomba en ruiné. Et par ce moyen les ouvrages des Romains ranverfés tout h coup firent un grand bruit ; L'air fut tout rampli de poujfiére & obfcurci d'une épaijfefumeé ; ce qui donna une grande épouvante, par ce que la caufe de cét accidant étoit inconuè ; mais depuis, que par la confomption des autres matières le feu commanca de parol-tre, îartifice fut découvert, 8cc.
- En troifiême lieu : En un fofle fée les afliégés auront moyen d’attaquer Ou pardtl-îa gallerie découverte, faifans des trauaux de défiance pareillement à dé-couvert , fçavoir des galeries, ou direâes, ou traverfantes. comme le fi- découvert,
- X x x rent
- fc) Cxf.liv.III delàGuer.des Gaul.
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- 534 L i v s e S e c o n b,
- .retit autrefois ceux de Çafilin. Bannibaf avoit campé toutefon armée autour de cette ville, lê déjà ilpouffoit à l'encontre fesgaderies & fes mines : & semplo. yoit a cette attaque de toute fa force, & fort adroitement. Les Romains alliés, opo. férent a fesgaderies, me de famé de traverfes, & avancèrent des conmmines à la rancontrè de fes mines j de toute façon, ouvertement & couvertement, lui faifoient fi bonne réfifiance ; que de honte qu'en eût Hannibaf ilfut contraint de renoncer h fon entreprife (a).
- confite0 Quant à la gallerie lbûterraine il.n’i a point de meilleur moyen de ljo Jterrai- l'empêcher 8c de la ruiner, que la mine. QuandMarfeïde étoït afiêgêe, dit ne,parcon- Vitruve , (*) les affiêgeans ayant ouvertjufques à X XX mines ; Les Marfeidois en eurent foupcon, & pour i remédier, creuférent plus profond tout le foffé h l'en, tour de leur vide, & par ce moyen rancontrérent en leur foftles iffuës de toutes les mines.
- Et ce feroit auffi la raifbn pour laquelle je foühaiterois , qu’aux endroîs qui feroient fufpéâs, on abaifïât le petit fofïe jufques à telle profondeur, que toutes les forties des mines i vinfïènt aboutir : 8c que les ayant décou-vertes en cét endroit, on les empêchât en toute façon de pafièr outre; pour cét effet il feroit à propos de gabionner la contrefcarpe du petit Foffé , ou de conftruire un bon parapet de la terre même quon en auroit tirée ; à l’endroit ou s’adrefïè l’attaque ; afin que les ouvriers i peûfient travailler avec plus d’aflurance 8c de diligence, c’efl affés. dit, touchant les Gai leries.
- Pofons Maintenant que nôtre ennemi a pouffé fa gallerie foûtcrrainc jufques au pié de nôtre rampar ; ou qu’il ait attaché fa gallerie découverte à nôtre muraille ; aufîi tôt il eflàyera de le percer avéc fes mines 8c de le ranverfer pour i faire brèche 8c venir à l’affaut,
- C’eft le dernier aâe du fiége 8c le plus terrible, comme celui qui porte le coup çîe la mort au Sein de la ville. Pour s’en parer, il faut avoirre-. cours auxContreminesTraversant es, par le moyen dcfquelles
- La mine ^ , v. 1
- met u ville on punie rancontrer, ou traverfer, ou enfermer celles des amegeans : 8c fi 7algnéme e^es f°nt parfaites, les randre inutiles, en ôtant les poudres. pour lare- Mais la manière de les découvrir eft pléne de djficulté. Et comme la conottre. efl- importante, les Ingénieurs i font fertiles en invantions, les uns
- invanüom effayans de les reconoître par un moyen, les autres, par un autre. des amie™. Hérodote en fa Melpoméne raconte, qu’un certain artifan Barcœen t fe
- fervit d’un bouclier de cuivre, pour juger de l’endroit où les Perfes creu-j-ffsar-11' f°icnt leur mine ; 8c que l’ayant découverte par ce moyen, il fiiuva fon c*en. pays. (0 Tryphon Alêxandrîn fit le même avéc des baffins de cuivre qui re-de Tryphon fonnoient aux coups des mineurs ; mais il i ajoûta de creufer plus avant le d’Alix, foffé, afin que la mine de l’affiégeant ne le pût tromper, par fa profondeur ( d ). nous avons raporté ci deffus ( e ) prefquc la même chofe des Am-braCAm braciens contre le Conful Fulvius.
- C’eftoit le feul moyen qui fe prattiquoit autrefois pour découvrir les
- mines ;
- (a) T. Liv. XXIII. livre, (ù) Liv. dern. ch. der». (e) Voyés&Jugés fi on peut appliquer à cét artifan Barcæen ce qui eft ci deffus rapporté de l’Ecclefiaft. («f; Vitruve liv. X. ch. X V11.8s Hcïodoteu û Melpoai.
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- D E L A FoRTI FI CAT ION IRREGULIERE, mines ; à quoi l’induftrie des fucccfieurs, à peu adjouté. On fc fert à pré- Nourefoi fant de ces deux manières, qui font rcconücs pour être les meilleures. En maniérés dt divers endroîs des lieux que l’on foupçonne, on pofe des badins de cuivre, famines-. ou des tambours, fur lcfquels on féme des aiguilles-, des pois, des fèves, ou mêmes des dés ; lefquelles chofes tramblent 8c branlent aux coups des mineurs, 8c -de cette façon l’ennemi fe découvre à lceil, en quelque endroit du rampar, où il foit caché, ou bien on a recours au fantiment de fôuïe pour entandre le bruit que font les mineurs, àlexampledes Apollonia^ tes. Il eft vrai que les Ambraciens baillèrent leur folié pour cét effet ; mais nos Ingénieurs pour épargner le temps & la pêne, percent le rampar, ou le Baftion foupconné avéc une longue terriére, & par cette petite ouverture en prétans l’oreille, ils reconoiffent l’endroit ou l’ennemi travaille,
- Mais pour en dire franchement la vérité» tout ce que nous avons adjou-té à l’ufage des anciens eft fort peu de chofe, ou rien du tout : car en efféc la gloire de la première de ces invantions eft deu’ë à cét artifan Barcceen / quant' à l’autre, elle eft certainement bien plus aifée que celle des Ambra -ciens, oü de Tryphon, mais il s’en faut beaucoup qu’elle ne me famblc auf-fi bonne, car en la première manière, & en cette ci » on n’aprand des nouvelles de l’ennemi finon alors que déjà il travaille fous notre rampar ; mais Tryphon & les Ambraciens vont bien loin au devant de lui pour entandre les coups de fes ferremens, pour le prévenir au deçà » ou mêmes au delà du trait. Et pour n’en point mantir,je fuis en doute,s’ii ialieu desaffurer en ces manières qui font receües en notre ufage » 8c fi l’ennemi creufant bien avant fous le plan de la ville fc pourrait découvrir par ces moyens. L’affié-geant à Maftril7» s’enfonçajufqucs à XL piés au defibus du plan de la ville ; ce qui obligea les afliégés de pouffer quatre diverfes contremines pour i defçendre comme firent les Ambraciens ; 8c ne fe fiaient pas, ni à des tambours, ni à la terriére qui perce le rampar.
- Il i a des badins, qui veullent que l’on pofe de tous côtés aux endroîs fu-Ipeâs du rampar des badins ou des aiguières plenes d’eau, pour faire jugement du lieu ou fe donnent les coups des mineurs par fbn tramble-ment : d’autres attachent aux arbriflêaux 8c buiflbnnagcs, qui croifiènt en cette partie du rampar qui eft fufpede, de petites fonnettes, ou des grelots pour le même effét. Mais il i a bien de l’abus en tout ceci : car ces fonnettes qui font légères 8c fufpandues , branlent au moindre vent, 8c donnent des indices trompeurs : outre les fècouflès que foufre le rampar, entre les tonneras de tant de coups de canon que l’on décharge. Même-ment les racines de ces arbriffeaux ne font pas fi avant en terre, qu elle reçoivent par les coups des mineurs, une bien plus forte imprefiion de mouvement, qu’en auraient lès tambours, à faire fauter leurs pois 8c leurs fèves, quand lennemi eft bien enfoncé : ou mêmes par tout où il crcufc-ra, fi le terroir fe rancontrefacile 8c maniable, on n’en doit pas attandre beaucoup d’utilité. Il i en a d’autres, du nombre defqucls font Maggius &
- Caftriot, qui veullent, qu’alors que fc fait là conftrudion du rampar 8c des po^rdéca».
- X* r» n i,r,r les
- x x 2 - Baftions. ntSm
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- 536 Livre Second,*
- Battions. on laifiè à dcfïèin des caveaux traverfans fous terre tout autour de la ville , ou Ion met des fantinelles en temps de fiége, pour juger par l’ouye du travail des mineurs, mais cette manière de voûtes fouterraines, n’eft pas nécefiàire 6c feroient de grande dépance, 6c dangereufes ayans à foûtenir la pefante charge d’un vafte rampar ; outre les réparations continuelles qu’il faudroit faire pour les entretenir, quand leurs étayes viendraient à fe pourrir étans de bois, ou fi elles étoient de pierre, à fe lâcher 6c à fe démantir : 6c encore né feroient elles pas de grand fervice, fi l’ennemi conduifoit fa mine, au defïus, ou au deflous. Et partant puifque Laplus af toutes nos fufdites invantions ne font pas fufifantes pour nous afiurer de furéede quelle part les mineurs ennemis nous attaquent : il me famble qu’il ett m es' plus à propos en temps de fiége, de faire de bonne heure quelques con-tremines en divers endroîs du Baftion fufpeâ:, traverfantes deçà 6c delà pour découvrir le paflàge de l’ennemi 6c l’interrompre, ou l’empéchcr : J’en dirai davantage en mon traité de l’Areotedonique.
- Pourvut C’eft 'autrefois, 6c encore à préfant on procède à découvrir les
- neries mi- mines : il faut parler en fuite de la manière de les ruiner, ceux de Themifcy-mSèxampies re » faifoient des ouvertures au dejfas des mines de Lucullus , par lefquelle s, ils des The échoient fur les ouvriers, des ours & famblables befles farouches, & des ef-tnyfcimns. fains de mouches h miêl ( a ). Mais Tryphon dAléxandrie, ayant reconu l'endroit ou les mines s' étoient avancées , prépara des chaudières plénes d eau Appoüonk- bouiUante & de poix, au dejfus de la tefte de fes ennemis, avéc de la ftante uu humaine & du fable cuit & brûlant : & puis la nuit fit un grand nombre d'ouvertures , par lefquelle s il épandoitfur eux le s fufdites chofes, & les échaudafi bien que tous les ouvriers en moururent (b). Les Ambraciens ne fe montrèrent pas Ambra- feulement induflrieux à rechercher les mines, mais aufii très-habiles à les etens’ ruiner, car après qu'ils fe furent ouvert un chemin qui de leur foffépaffoit en la mine, ils attachèrent le combat avec leurs ennemis, premièrement avéc les mêmes fers dont ils s'étoient fervis h leur ouvrage, & puis d'autres armés arrivés a la file, continuèrent, depuis ce combat fe relâcha un peu, ceux de la ville bouchans la mine comme il leur plaifoit, premièrement avéc des couvertes de poil & puis avéc des portes @ des clôtures qu'ils mettoient au devant. De plus ils saviférent dune nouvelle invantion , contre ceux qui travaillent a la mine, n étoitpas la chofe
- de fort grand appareil, ils prirent un tonneau, auquél ils firent une ouverture dans le fonds pour paffer une cane de de fer j le couvercle du tonneau étoit de fer : tant
- la caneïïe, que le couvercle, que le tonneau même, le tout étoit.percé en divers en-ârois : & le tonneau rampli defin duvèt, la gueule fut pofée devers la mine : par les trous du couvercle paffoient des longues piques, que l'on nomme fariffe s, pour écarter les ennemis : avéc m peu de feu, ils allumèrent la plume h l'aide dun fou._ flét, inférans le tuyau du fouflêt en la fufdite canette, cela ne prdduifit pas feulement une êpàijfe & forte fumée , mais acre & mordtcante & de puante odeur, comme elle peut être de plume brûlée, & ramplit la mine de telle façon qu'il nétoit pas poffible d'i fubfifler. (c).
- Ceüs
- (a) Appian Alex, de la guérie contre Mithrid. (b) Vitr. liv. X ch. XXII, (c) T, Livc XX X V II I livre.
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- Delà Fortification Irreguliere. 537
- Céus qui travaillent aux contremines en notre temps, ne pafient guéres comment plus avant que ces in vantions pratiquées par les Amlraciens, pour ruiner onr^ies les mines. Tout cc qui s’i fait aujourdui, c’cft que fi la mine n’eft pas toute temps parfaite, les afiiégés, ont foin de la fermer avec des portes & famblables empêchemcns', capables de foutenir lcfibrt des bâtons à feu, percés de canoniéres en quelques endroîs pour tirer au travers, & i mettent garde-* par ce moyen l’ennemi efl: arrêté : ou, ils taillent en pièces les mineurs, ou les font fuir. 8c randus maîtres de la place ils en abbatent les foutiens 8c étayes 8c la comblent : 8c fi la mine découverte eft toute achevée, ils en ôtent la poudre 8c ranverfent tout lapareil.
- Mais il ne faut point épargner de pêne, ni craindre de hazard, pour ruiner 8c abbatre une mine qui efi: reconuë ; pareeque fi en différant il arrive quon i mette le feu, c’eft bien fouvent la perte toute afiurée de la ville. t”te/es*f Les dffiégès de Steenmk attandoient h tout moment epue l'affautfe donnât, @ ce quii les entretenait en cette opinion, cét oient des efcarmouches quife faifdtent a dejfein des les attirer Jur le rampar en plus grand nombre, on mét le feu aux mines, celle qui e'toit fous le Baflion du coté du Soleil levant, après avoir éclattè dun bruit . confus & d'un tonnerre épouvantable , èpandit en l'air un nuaoe obfcur marqué „
- , / eu. r ri 1 a , . , r , t Defeription
- de rayons de rouge Cf? de bleu , comme on a de coutume de peindre le feu a en- d’me mine fer , &c. il ni eût perte des ajfiégès que dun feut homme qui faifoitfantineüe à la ajjfl™édefl m tefle du Baflion, on ne trouva pas feulement la moindre parcelle de fon cors. Tout le sttenwik, refie étoit en bataille plus loin : car ils avoient avis de Vêtat de la mine : ce qui donne d'autant plus de fujèt de s'étonner, comment ils nepanférentpas d'en 0ter la poudre en contreminant & c. Des auffi tôt que la mine eût pris feu, les Mouf que-taire s que l'on avoit placés tout autour dans les approches,commancérem lesfalves de leurs Moufquetàdes contre les affiégés, tir ans droit contre le Parapêt & fes canotiers. ils êtoïent quatre mille, qui fans ceffe ne faifoient autre chofe, que de charger & de décharger leurs moufquêts. delà on peut bien aizément juger quél orage c étoit de tant de moufquetàdes. Et le canon ne ceffoitpoint àuffi (a) 8cc. Mais voici L’as sa ut a'labre'che.
- Avant que de panfer à la relever, j’ai un mot d’avis à donner aux aflié-gés , que la crainte ne les mette pas en defordre, 8c que chacun deux ne quitte pas fes gardes, pour courir à la brèche, iâns commandement 8c fans confidération. ce fut ainfi, quHaliarte tomba en la puiflànce des Romains. car comme tous couroient a la deffance d'un feul endroit (b ), l'ennemi força le rampar en plufieurs autres lieux. La même faute fut comtnife par les E'iatiens. car de tous les endrois de la ville ayans tous abandonné leurs gardes, ils acourûrent h îendroit où Je faifoit ttrruption des ennemis. Et tandis que lesyeùs & que les courages des ennemis ètoïent occupés en une feule place où étoit le combat, on écheüoit les murs de tous cotés, & les troupes pajfoient en la ville (c).
- Avéc même fuccés l’Infant Cardinal depuis peu nous emporta le fort invincible de Skenk. car tandis que les ennemis, qui avoient partagé leurs troupes, affailloient le rampar d’un coté, toute la garnifon qui ne fufifoit
- Xxx 3 pas
- (a) Reidan Ann.liv. IX. (4) T. Lire XL II line, (c) Le même livre XXXII.
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- Ceux de Rhages
- 538 L ï V R E S £ C 0 N D,
- pas afles pouf le defïandre tout entier, 8c avec eux les habitans, i étâîiS acourus^ L’autre partie n’eût point de péne de gaigner d’un autre côté le rampar deftitué de toute garde.
- on rêfifte à Et partant, apres avoir donné bon ordre à ce que notre ville foit allurée “ de tous côtés de bonnes gardes, afin que l’ennemi ne fe prévale pas de mes,ou par notre négligence pour nous furprandre d’un autre côté, tandis que la bré-ITfalfaùt che nous étonne encore : il nous faut receuillir nos efprits, 8c nous réfou-u’eüefoit ^re » 0U ^ien » à rembarrer la brèche de nos cors & de notre courage ; ou à la tnutde À relever par ouvrages, ou à la mettre en tel état qu’elle demeure inutile à 1 ennemi. nQtre ennemi, comme firent les habitans de Rhage, qui defandirent la brèche faite à leurs murailles avec tant de cceur 8c tant de valeur que le Con-ful T. Quint, flaminius, fut contraint de lever le fiége. Les heliers ayans mis par terre une grande pièce du mur, les troupes payèrent en la vide $ mais ce fut alors quil falut recommancert car les Macédoniens de la garnifon, qui étoient en fpMdé?eup&rand nombre & foldas choijis, s ét ans perfuadés que la gloire leur fer oit bien plus cors. grande , fi leur courage feul deffandoit la vide fans murs, ayans ranforcé leur ba~ taide de plufieurs rangs, quand ils fantirent que les Romains pajfoicnt la brèche, ils les repoujfêrent par un endroit dificile, & d'où malaifément ils pouvoient fe déga-e t les sa-ger : & par cette retraite leurfirent perdre toute ïefpèrance de gaigner la vide, ce gunnns. ^ qe$ C0Yltrajgnjt ù lever le fiége ( a ). Le combat étoit demeuré douteux ajfés long temps & les Saguntins voyans le fuccès de leur rêfiflance, croijfoient en courage / L'Afrtquain, fe ternit pour vaincu parce quil n étoit pas ivièlorieux ; en même temps les habitans avéc de grans cm rejettent Tennemi fur les ruines de la muraille ; d'où ,fe trouvant engagé & embarafiê, & même plein d étonnement, il cfi chafiéplus outre ; & enfin, mis en route ® recoigné dans la clôture de fin camp (b). nivelés L faut aufli en la fufdite occafion employer toute forte d’armes, comme portes^- fa j0féphe qui fit jetter de l'huile bouidante fur les Romains alîans à l’afiâut ™oujfer uf de la brèche. (c). ceux d’Attegue du feu, comme aufïi toutes fortes de baies, fr7cheUne lances & de trais ardans ( d ). ceux d‘ A quitte, de grofies pièces de rochers, de huile bouii-h poix bouidante 8c des torches foufrées (*). autres du plomb fondu, du (/) [a-fiZ'defa Me & de la boue cuite & fricafiée (5) ce fragment de Sal ufte fait à ce propos {fi), ils roudoient du haut de leurs murailles de gros caidous, & des poutres attachées a un effieu, en telle façon quelles le furpaffoïent, comme une manière de hêrifion militaire &c. Les payfans de Dalmatic roulloicnt des roués tournantes , 8c des charïos (i) tous entiers chargés de pierres, des tonneaux far-végéee metCIS de caillous, au lieu de colomnes 8c de cilindres. Dion Cafirn ( k) le ra-enj amble porte, 8c la même chofe fe prattique encore aujourdui. vègêce mét enfam-niites les- ^ toutes ces diférantes fortes d’armes, quand il dit (*) ilfaut avoir préparé,
- du
- (a) r. Live XXXII livre. ( b ) Le même livre X XI. (c) Jofep.l. Il I ch. VI1. (d) Hirt.de la guerr.d’Elp, ( C) Herodian. (f) Polyæn. Stratag. liv. VI. {%) quelques uns faifoient rougir au feu des boucliers de cuivre, qu’ils rempli jfoient de fable enflammé àr de boué cuite, fa- lesjeitoient du haut des murs : il ni avoit rien qui fut plus à craindre, car depuis qu’une fois ce fable ardant étoit pénétré, fous la cuirajfe fa s’étoit attachéh la chair , il n’i avoit aucun moyen de le fccouér, fa tout ce quien étoit touché étoit brûlé ; ils fe dépouilloient de leurs armes , ir parce moyen demeuraient expofés aux coups fins défiance; Q. Curceliv. I V. (h) Hift. 1.11 I. (i) L'ennemi afitegé ne fit point d'effort contre nos ouvrages, mais comme gens faillis de cœur , ils fe contantoient d’attaquer lesnotres avéc des injures ; autrefois foldas ,ils fe comportaient alors en vrais payfans. De fois a autre il jettoit fur eux des feux cCartifices : entre autres un chariot plein de paille , d’étoupe, de poix, de foufre, iy de poudre à canon , qui fut rouüé du haut du rampar , fur une place où il i avoit quantité de pionniers : ili avoit aufli un très • grand nombre d’harquebufes , lefquelks et oient chargées, fa vewns aprandre feu fit déchargeaient .’Reidanl.IX. ( M Liy. LVi. W Liv.I V ch. VIII.
- cail loHX &c.
- cejfaires à la. dejfance d’une brèche.
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- De la Fqrtifi c at î on îr rtéüLîeRe. 539 du bitume, du foufre, de la poix liquide, de l'huile h brûler les machines des ennemis &c. des caidoux rons que ton prand aux rivière s,parce quils ont plus de poids à raifon de leurfoliditè, & font plus propres à lancer, on enràmplitks murs & les tours : on fe fert des moindres a les jet ter avèc la fonde & avec la main ; les plus gros font élancés avéc des machines ; ceux qui font extraordinairement gros & pe* fans & déformé quife puiffe aifément roaïïerfont précipités à force de bras fur les affaidans, pour les écrafer, & pour mettre leurs machines en pièces, on fait aufft de très .grandes roués de bou verd, & de gros troncs d'arbres que l'on arrondit & polit en forme de cilindrespour les routier de haut en bas fur les âffaidans. Voyons comme les Haliartiens deffandoient leur brèche, ceux de la ville fe préparaient d'un grand courage h foûtenir l'effort du Préteur Lucretius. ils avaient bouche la brèche dun tas de fagotsfées, & fe tenoient là, ayans en main des torches ar-dantes , pour i mettre le feu, afin que ramparés en cette manière, ils eâffent le moyen de fe retrancher au dedans. Mais leur deffein nefuccéda pas comme ils s'étoient imaginés. car me pluyeft épaiffe tomba tout a coup, que malaifément lepeurent ils allumer & de's auffi tôt fut éteint, dinfi les ajfaiüans montèrent à la brèche entre ces fagots encorefumans, quils détournoient de leur pajfage (a ). Avéc telle manière d’armes les Anciens deffandoient les brèches, ce que nous pratiquons encore âujourdui prefquc de la même façon. Car la dernière fin que fe propofe lafïàillant, c’eft deprandre la vide :8c pour ce feul effet il a pris tant de pêne, & employé tant de cfépance. pour ce fujét il a mis enfàmble comment une grande armée, il a fart les frais d’un grand appareil, à la ftrudure de tous les ouvrages fortifications néceffaires au camp ; pour le bien affeoir : me brèche, pour le munir de double circonvadation dedans & dehors : pour faire fès apro- tayn de ches : pour ouvrir fa tranchée au dedans du parapet du chemin couvert :
- .pour combler le Fôffé : pour avancer fes Gaderies : jouter euferfes mines : SC&eUvîfa tout ce qu’il a fait avéc tant de pêne, n’a été, que pour s’aquerir la liberté Lesm°y^ d’entrer en la clôture de la ville à force d’armes.
- Maintenant, que ce pafiàge lui eft ouvert, 8c qu’il vient a L’a s s a üt de la brèche, c’eft à ceux de la ville de la deffandre, de main * d’invantion, d’armes, d’ouvrages 8c de faire rampar de leurs propres cors s’il en eft be-foin. ceft le coup de leur perte, 8c s ils ne réfiftent ici d'un grand courage,
- C’eft fait de leur réputation, 8c de leur liberté ; c’eft la ruine toute entière de leur patrie & de leur république.
- - Afin que le Gouverneur de la vide fe puiffe comporter en cette dernière 8c fi preflànte néceffité, en homme d’honneur, il doit avoir dés long temps couver-préveû, qu’il peut être fujét à cét accidant : 8c s’être pourveû de courage 8c de tout apareilnéceffaire pour i remédier : 8c s’employer à cela de toute fa moyens force 8c puiflànce : pour chercher & pour exécuter les moyens qui peuvent être propres à détourner un fi grand malheur. 8c pour cét effét il aura eu foin de bien ménager les forces de fa garnifon 8c de les conferver entières : d avoir entretenu fes foldâs faïns & alégres, 8c capables de bien exécuter fes commandèmens, 8c de s’expofer librement aux dangers, par prix
- &
- (a) T.Live XLII livré,
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- 54° Livre Second^
- 8c pênes prôpofées 8c convenable difcipline : que les munitions de guerre, les machines, l’artillerie, la poudre, la mèche, les epées, les piques entières , 8c tout le refte de l’équipage fervant à la guerre, ne lui manquent point : en telle forte que le foldat n’ait autre chofc à rechercher 8c àconfi-dérer, que l’emploi de Tes armes, 8c fon devoir, ii eft malaifé que ceux de la ville puiflènt empêcher les autres efFors de ùnmpem l’afliégeant: mais il eft ftmplemcnt 8c abfolument néceftàire de fe foutenir te*r**r en cctte dernière 8c û preftânte ocafîon. carjulques ici l’afliégeant s’eft Vennem' > ou l’avantage du lieu, ou de fes forces, en forte qu’il a été du
- tandis que tout impoflible aux afliégés, à caufe de leur éloignement, 8c foibleflc de gesfifint S 0PP°Lcr > ni à l’afliéte de fon camp, ni à fa circonvallation, ni à Ces apro-loin de h ches, ni à l’ouverture dè fa fappe dans le parapét du chemin couvert, ni au tvlUe' comblage du Fofle, ni à l’attaque de fes Galleries, ni à la conduite de fes mines ; car tout c’eft fait, ou bien, hors la portée de leur trait, ou pour le moins en pléne campagne , par un fecours de forces beaucoup plus puiftàntes, de telle façon que la force Ta emporté.
- 7 II n’en eft pas de même quant à préfantoù nous fommes prefts de aput la * nous attacher au combat de main;l’ennemi eftant en lieu dcfavantagcux,en-^qiietmen tre débris d'un ï[amPar mis en pièces,nous autres couverts 8c en lieu referez venu au ré, foûtenus en derrière de lepaiflèur d’une bataille compofée de plufieurs cfZi%on u rangs *. ainfi l’avantage de ce lieu étroit, où fe fait le combat, égale nos te»* enÿ- forces à celles de nôtre ennemi, qui de fon côté eft prefle 8c incommodé à le doit. l’ouverture de la brèche *. de façon qu’il eft queftion de bien faire, non feulement parcèque nous fommes au point de l’extrême néceflité, mais aufli parccqü’il i a beaucoup d’apparance de bon fuccés. on empêche Première chofc qui fe fait alors, c’eft de jetter au devant de l’ennemi
- la brèche de qui vient à l’aflàut, des chauffe trapes ; des corbeilles plénes de terre 8c de CpeT&au~- blocaille *. de grands tas dè fagots, 8c toutes fortes de matériaux 8c fam-tres emba- Blables chofes, qui peuvent empêcher 8c emlaraffer le paflage. Les chauf-fetrapes ont été7 dés long temps en ufage : au raport de Valérc, qui dit au ^ciL ‘acté!' ^ C^‘ 3 ^vre : *!ue tant ^es forttes d£S affiêgês que les irruptions des afftégeans,
- font randuës fort dificiles par le moyen des chauffe trapes. on appelle chauffetrape ùnemachine de deffance qui eft compofée de quatre pieux, de telle façon qüen tout fans quon la puiffejetter eUefulfifle fur trois de fes pointes & préfante la quatrième pour ofancer (*). on les fait ordinairement en ce temps ci de fer mafiif : particuliérement celles que l’on employé pour empêcher la cavalerie : en une o»pu*en brèche 8c pour embaraflèr des gens de pié, il fufit quelles foient de bois 8c tories en- que ies branches foient armées de pointes de fer. Vousenavésicilafi-
- drois du x 1
- rampar gure.
- gTlrmTdeS tôt ftue nous avons pourveû à là brèche de cette façon avéc la plus trait & de grande diligence qui nous fera poflïble, nous rangerons nos moufquetaires battre 'de 8c nos hommes en tréfgrand nombre fur le rampar en tous les endroîs, lom ceux d’où l’accès de la ditte brèche peut être infefté : pour faire pleuvoir de tous
- qUivonta * * * A ,
- l’ajfutt. cotes
- (-*) Végéce lir. III. ch. XXIV.
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- De la Fortification Irreguliere. 541
- côtés fur les aflàillans toutes fortes de traits, de feux d’artifices,de mouf-quetades , 8c canonnades continuellement, les uns fe fuccédans toujours aux autres fans intermiflïon, ceux là s’avançans à faire leur coup, tandis que ceux ci fe retirent pour charger leurs bâtons.
- Puis on choifit les meilleurs hommes delà garnifon, en nombre fufi-fant, pour foûtenir l’aflàut 8c defiandre la brèche, ceux ci bien armés, font rampar de leurs cors en l’ouverture même, 8c s’attachent au combat de main contre les aflàillans («), les foûtiennent 8c les repouflènt avéc toutes fortes de trais 8c d'armes, piques, épées, fléaux, harquebufes, pierres, lances à feu, 8c autres artifices, de même, que faifoient ci defîus les anciens, 8c les mettent en pièces, ou les précipitent entre les mafures 8c le débris du rampar. ceux qui ont le commandement doivent avoir foin, qu’il i ait toujours des troupes de referve en état de relever 8c de rafraîchir ceux qui font au combat, en cas que l’çnnemi s’opiniâtre à maintenir l’afiaut.
- Tandis qu'une partie de nos foldâs eft au mains, les autres roullerontdu haut du rampar fur les aflàillans, de groflès poutres, des tonneaux pleins des pierres 8cc. Les bourgeois de leur part, avec fceaux 8c autres vaiflèaux rampk's d’eau, peaux de beftes crues, linges mouillés, auront foin de remédier aux embrafemens ; Les autres de panfer les blefles 8c de les retirer de la mêlée, les autres de donner à boire 8c à manger à ceux qui en ont néceflitft ; aideront à poufler l’artillerie, aporteront des armes, pourvoiront enfin à tout ce qui efl: néceflâire au foldat pour foûtenir l’afiaut.
- Le fiége de Maftrift me fait fou venir d’une chofe : en cas que l’ennemi fit l’afiaut, de nuit, il faudroit mettre fur les deux côtés de la brèche des lanternes de fer avéc des torches allumées, ou par quelque autre moyen faire du feu, qui donnât lumière aux aflàillis, 8c tint les aflàillans en obfcu-rité. car de cette fàçon l’ennemi feroit aveuglé, 8c nos trais porteraient fur lui avéc plus d’aflurance 8c de certitude, étant ainfi que la lumière marquerait tout le tour de la brèche aflàillie, au moyen de quoi on pourrait tirer furement 8c certainement fur lennemi de tous les endroîs de nos battions , batteries, 8c autres places de défance dont le trait pourrait être porté fur la dite brèche.
- On prattique aufli quelquefois de fermer la brèche avéc despaiïijfades, 8c des hériflons, ou bien on tand des chaînes au devant, en s’avançant toujours devers l’ennemi pour boucher le paflàge. L’ufage 8c la fabrique de toutes ces chofes 8c de plufieurs autres qui appartiennent à cette matière, feront amplement déclarées en notre Aréoteâonique.
- Supofons à préfant que l’ennemi fe foit fait maître de la brèche, il ne nous refte plus autre chofe finon, de la randre inutile, c’ett à quoi il fau-
- Y y y droit
- (â) Les afiiégés ne fi comportaient pas avéc moins de courage : tantôt au deffus du parapet, puis par les canoniéres & guérites ils faifoient grêler leur moufquetades fur les nôtres, qui de tous cités étaient expofés a leurs trais. Maurice même ireceut une barquebufade qui lui perça la mâchoire b" lui emporta des dents de la bouché. Le Qolonnél Dorpfut blejfé en la cuijfi b“ mourut le lendemain , &c. Huit Capitaines i furent blejfés & plufieurs de nos foldâs i demeurèrent. Reidan , Ann. li v. I X. Le 18 d'xAouéi 1627 a midi, les iAngtois ayans mis le feu a. leur mine , elle emporta une partie du rampar: £r pourtant il ne fut pas pofiible aux ajpégeans de fi randre maîtres de la brèche en ayans été repoujfés par trois fois , en partie par la force du trait, enpartie par la valeur des combattons', ils avait de plus cette incommodité, que 1éfplanadem deffus des galeries nétait pas encor t bien achevée. Grotius liège de Grolle,
- On choifit les meilleures troupes de la garnifon pour combattre à "la brèche & foûtenir l’afiaut.
- Ce que font cepandant ceux de let •ville & quel efi leur office en cette extrémité.
- Comment on fe comporte aux affauts de nuit.
- Palliffades, h en fions ^ chaînes tandu'ès.
- Si on efi contraint d'abandon•» ner la brèche il faut faire eû forte qu'elle demeure inutile a l’ennemi.
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- droit avoir donné ordre de longue main ; à fcavôir alors que nous avons pouffé nos contremines, fous le rampar dont on fc dèffie ; il fera trés-aizé d’i tenir une mine toute préparée, pour être promtement mifc en- état de faire fon effét. en fuitte de quoi on donne en la ville quelques lignes de tumulte apparant 8c de defordre, pour attirer l’ennemi à l’afïàur de la brèche à grofïès troupes, 8c dés aufïi tôt qu’ils i font arrivés on allume la mi-tomme on ne les enS^out*t ; celà fait on fe retire de la place. La nuit fuivante le fit à Haifi. Conte de Solmès mit le feu h la mine qu'il aruoit préparée à deffein, que s'il ètoit réduit au point que toute efpérance fut perdue pour lui, de retenir ce Ravelin, il le ruinât entièrement, & par ce moyen ïabatit & le mit â rés de terre , ainft abandonna la place vuide à l'ennemi, qui ne l'avoit pas emportée impunément ( a). Depuis peu kGroïïe,l’affiégeant minoit le Parapét de lafauffebraye : Le Gou-Groiie blâ- verrieur de la ville navoitpoint de gens avéc foi qui fuffent capables de contremz-vlvilne ner ’ ^ (b ) • J’adjoûte ceci afin qu’il vous fouvienne qu’il ne faut
- fait. jamais quitter à l’ennemi un pouce de terre, quil n’ait chèrement acheté.
- Mais peut être avons nous jufques ici réfiflé en vain, de que l’ennemi efl plus fort que nous : il n’i a rien à faire quà fe Retrancher fagement.
- Pour achever bien à propos 8c donner la dernière main à mon ouvrage en la même façon que je l’ai commancè, je ferai ici une brève comparai-fon, de l'ancienne Architecture avéc la moderne ; ce que je ferai feulement en pafïànt 8c légèrement, dautant que la charge publique quej’éxerce m’ocupe tout entier à préfant, que nous fommes fur le point que la navigation commance de s’ouvrir.
- Tout ainfi que nous avons fait voir ci defTus, qu’en aucune partie de Nouveaux p Architecture les anciens braves guerriers 8c bons architectes, ne fe font mens des montrés inférieurs à nous,je dirai aufïi qu’en cette partie,de la Retraite nous anciens. n’avons que fort peu adjouté à leurs invantions. ils avoient donc cét ufage aufïi bien que nous,de fe retrancher en dedans d’un autre mur 8c d’un autre fofïe, depuis que le premier 8c ancien étoit perdu. J’en pourrois alléguer vêgêce. plufieurs éxamples, outre l’ordonnance de l’Architecte. Si l'effort efl fi grand, que la fecouffe du belier ouvre la muraille, &, comme il arrive fouvent, quelle vienne h tomber & faire brèche toute l’efpérance qui refte, ce fi dabbatre desmaifons, & de fe rampar eren dedans d’un autre mur^afinque l'ennemi pour-fuimnt fa pointe,. foit enfermé & facagê entre ces deux murs (c ).
- Voyons quelques éxamples de ces nouveaux retranchemcns. Les Sa-meeens firent, tout ce qui pouvoit être fait pour empêcher les ouvrages de 1 ennemi sam&ens. & pour le repouffer. Mais leur ré finance confifloit principalement en deux chofes : L'une ètoit qu'ils oppofoient toujours un nouveau mur a la place de celui qui avoir été abatu, le relevans en hâte des mêmes pierres du débris du premier (d). Les Saguntins auffi\ employèrent foigneufement l’ocafion d'une ceffation d'armes qui leur saguntms. ^ donnoit je i0'tfJr durant l'efpace de quelques jours, travaiüans fans ceffejour & nuit a lafirufture d'un nouveau mur, h l'endroit où leur ville ètoit ouverte par les ruines de leur muraille &c. Hannibal en perfonne exhortoit fes gens, fur la place
- où
- (a) Reîdan Ann.ltv.XIII. éd. Lat. pa. 347. (b) Hugo Gro t.pa. 17. («) Véséceliv.IV.ch.XXIII. («0 T» Live XL II livre, (e) T.Live XXI livre.
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- I>E LA FORTlFlCAtlON lRREfcULIERÈ. 54)
- •où l'on avancoit la tour mobile, qui furpaffoit en hauteur toutes les fortifications de la vide, laqueÏÏe attachée contre le mur, en ayant chajfé a force de catapultes &
- •de baliftés âfpofées en tous fes étages, tous ceux de la garde, Amiihal prit le point de cette occafion , & envoya D Africains pour ahatre le rqur a rés de chauffée. Et ni avoit pas grande dificulté&c>par les brèches, les troupes fe répandirent en la vide, fe fai firent d'un lieu élevé : fur lequel ils plantèrent leurs batteries & le fermèrent tout autour .pour avoir un fort en la vide même, qui lui commandât : & de leur part les Saguntins.fe ré tranchèrent en dedans d'un nouveau mur y en la partie de la vide qui n étoit pas encore prife. De part & d autre on fe fortifioit & on fe battoit bravement, mais tandis que les Sagumins deffandoient le cœur de leur vide y de jour enjour ede diminuoit.
- Les Samœens 8c les Saguntins netoient pas invertis tout àl’entoüF, & partant il leur fufifoit de conftruirc un nouveau mur au devant de celui qui étoit abatu, du côté où fe faifoit l’attaque : mais les Tyriens Infulaires, que l’armée dAlexandre, fcrmoit & ferroit de tous côtés fortifièrent leur T^ttnu ville entière d’une nouvelle enceinte tout autour. Les beliers ayans mis h bas une partie des muraides des Tyriens , ils ne fe contant érent pas de les relever à la hâte reparans les brèches : mais il firent de plus, en dedans un nouveau mur, afin que s'ilarrivoit quils fuffent délogés du premier , ils eûffent celui ci pour refuge (a).
- Diodore\ fait mantion de ces nouveaux retranchemens des Tyriens, 8c les décrit ainfi plus éxa&ement. Alors les Tyriens .pour ranforcer leurs muraides au double , ayant laiffé un efpace vuide au milieu large de cinq coudées, élevérem un autre mur épais de dix coudées, & comblèrent ledit efpace Vuide du milieu, de pierres & de terre amaffée. (b).
- Nous ne refuferons pas ici à quelques defanfeufs de villes, la louange qu'ils ont méritée , pour avoir combatu d’efprit & d’induftrie contre leur ennemi. Il s’en eft trouvé qui pour donner d’autant plus d’affaires à leur afliégeant, ont fait au dedans de leur ville de ces nouveaux re^ tranchemens , en certaines manières extraordinaires 8c qui ne font nullement en ufage, 8c qui toutefois doivent être permis à des artiégés, n’é’-tans pas obligés d’avoir égard à la forme & à la façon d’un ouvrage, qui par fa ruine 8c par fa perte doit fauver tout le cors de la vilje. Voici ce que dit Thucydide (c); Ceux de Platœes, apréhandans qu'à raifon de leur petit nombre ils ne vinjfent à fuccomber aux ennemis y s'aviférent de Cette invantion. Quvra^ premièrement ils abandonnèrent la flrufture de leur grand ouvrage qu ils vou- de retraite loient oppofer aux gaderies .puis de chacun de fes cotés, à l'endroit où il étoit atta-ché contre l'Avant mur .ils éléverent en dedans de la vide une mur aide en forme de ceux * croiffant : afin que fi le premier étoit pris, celui ci fe trouvât au devant de ïennemi y les obligeant de nouveau à pouffer leurs galettes : & que leurs travaux redou- Arche la ta. blaffent par ce moyen 8cc. Ainfi Archélaus Lieutenant de Mithridates contre Sylla, étant à la défiance de la ville d’Athènes & du port de Pyræe, fei* foit de nuit à l’endroit des brèches de certains ouvrages obliques 8c û-nueux ; qui furent tout incontinent attaqués par Sylla, car il s’étoit per-
- Y y y x fuadé
- (a) Q^Curce îiv.IV* (J>) LiV. X X V II de feshift. (c) Lir. 11. de la guerre rdopones*
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- Tuadé qifétans encore moites 8c nouvellement fais, il feroit bien aifé de les mettre par terre : mais il perdit fa pêne entre ces détrois, étant battu de toutes parts de front 8c de flanq, ce qui le fit réfoudre à ne les attaquer pas davantage * mais à les avoir par famine(«). Ceux de Rhodes', afïiégés Triple m» Par Démêtrius le preneur de vides, fe montrèrent encore plus laborieus. car raille des comme ils virent que l'ennemi avancoit [es ouvrages, ils élévérent au dedans de Rhodiens. m nom)eau mür ? 0p0fê # celui qui devoit foûtenir l’attaque ; & emplo-
- yèrent a cela les pierres du théâtre & de quelques maifons & Temples voifins, après s'être obligés par voeu aux Dieux,de les rétablir plus magnifique s,Jt leur ville fe pouvoit conferver, &c. En cêt efpace de temps, auquél ceux de la ville eDirent quelque relâche & que les machines cejfoient leurs batteries, ils édifièrent un troïflême mur en forme de croiffant & comprirent en fon enceinte , toute la partie du mur qui êtoit en danger, &c. ils ne différent pas toutefois d'opofer h la bré-che un foffé profond pour ôter au Roi la faculté de faire tout h coup fon irruption, avéc fapefante machine, qui s'apeloit Helepolis ; ( b) c’cft à dire, deftru&eur de villes. Mais il ni a point de défiance, ni de triple muraille qui puifîègarantir des poltrons ; ce qui fe voit par lexamplc èsjérufalem : (c) cette ville de fituation dificile, êtoit fortifiée de tels ouvrage s,quils eùfient été jufifans en plat-te campagne, car elle avoit deux hautes montagnes , fermées tout autour de murs bien flanqués & rantrans en dedans, en telle forte que lesafiaiüans pouvoient être battus de côté & aux flanqs, & c. il i avoit encore d’autre murs en dedans autour de la maifon Royale, & la tour Antoniene de grande hauteur, 8cc. de telle façon qu’aprés que l’on auroit emporté la première muraille, ilfaloit rccom-mancer l’attaque contre un autre mur. 8c la ftruâure de ces ouvrages n’a-voit point été faite tumultuairement 8c en hâte, comme ceux des Sa-mæens 8c des Saguntins ci defîus, mais à loifir en temps de paix, 8c à def-fein de réfifter à tous les efTors de la guerre, ni mêmement les murs intérieurs , n’étoient pas.de moindre force, que ceux de dehors, au contraire le plus intérieur étoit le plus puiffant au raport de Tacite : Le Temple êtoit Hierufaiem en manière de fort erefie -, & avoit fon propre mur & fes ouvrages particuliers fur-.^Triple U" PaSans tout ^ refle en bonté. auffi les galleries qui étoient aux environs duTem-muratüe pie, étoient une bonne défiance. Mais ce qui eût été la confervation de tout e<uf/meZ autre Peuple » Par un jufte jugement de Dieu, fut la ruïnc des miférables paries ou- Juifs : fuivant le témoignage de Jofephe ( d) .* Déjà le mur cédoit h l'effort du Romains? grand belier de s Romains, que lesJuifs apeloient Nicon,pareeque rien n étoit ca-. & pour. paUe de lui réfifler : ils pouvoient certes être las de combattre & de veiUer, mais il i eût auffi beaucoup de négligence & de mauvais confeil, en ce qu'ils fe perfuadé-rent que ce mur leur étoit inutile, en ayans deux autres de refle pour fe garder ; & ainfi plu fleur s je retirèrent. Ainfi les Romains montèrent fur la brèche qu avoit faite le belier Nicon, & tous lesjuifs quittèrent leur gardes & s'enfuirent fur le fécond mur. Ainfi les Romains qui étoient pafiés en la ville, ouvrirent les portes, & donnèrent pafiage aux troupes. Voila comme ceux ci furent maîtres du mur le V des Nones de Mai, par la poltronnerie, ou pour mieux dire extrême folie des
- afïiégés.
- (a) App. Alex, de la guerre Mitlitidat. {b) Diod.liv.XX. (c) Jofeph. liv.Vl de l'a Guette des Juifs Scc. Tacite liv. V de les Hiftoires. (d) Liv. VI, ch. V II de la Guerre Jud.
- quoi ?
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- De la Fortification Irreguliere. 545 a (lièges. Vous avés donc veu comment les anciens guerriers fc munffîôient à l’encontre des brèches 6c des afiàuts des aiïiégcans, par nouveaux ouvrages 6c retranchemens de murs 6c de foffés opofés à la rancontre.de l’ennemi.
- Nos retraites ou Retranchcmants fc font aujourdui d une maniéré pref-que famblable, fi ce n’cft qu’en fuitte du folle nous faifons un rampar de terre, qui puiffe réfifter à l’effort de T artillerie qui eft en ufage en ce temps ci, étant beaucoup meilleur pour cét effét que ne feroit pas un mur do pierre, car il arrive quelquefois que nous fommes réduis à telle extrémité que nécefîàirement il nous faut céder, & que netans en aucune façon comparables en nombre, ce feroit une teméritéde vouloirdi-fputer des places ocupées par un ennemi beaucoup plus puilfant, n ayant plus de deffances ni de parapéts qui nous puiflènt couvrir : il faut donc retrancher ces parties pour la confervation du tout. Ainfi nous nous retirerons en nos ouvrages nouvellement conflruis, à l’oppolîte de ceux qui nous ont été emportés ; d’où nous recommançons à couvert une nouvelle réfiftancc 6c conteftons encore le pafîàge à notre ennemi, cés ouvrages, s’apellent, nouveaux retranchemens. Et pareeque le devoir de nôtre Archi-teàure, l’oblige de fortifier toute place qui fe préfante, 8c de la mettre en état de bonne deffance ; elle doit auiïi fon fecours 6c fon fcrvice en cette occafion.
- Donc en toute ftruélurc de ces nouveaux retranchemens, il nous faudra mettre en ufage les précautions, qui ont été preferites par les régies Architettoniques de lune 6c de l’autre fortification: Il ne fera point hors de propos d’en répéter ici quelques unes de celles qui fervent particuliérement à notre intantion ; afin qu’il nous en fouviennè , 6c que réduis en cette extrémité de nous retirer, nous donnions ordre à notre feureté avec raifon & jugement, on aura donc égard, de faire en forte,
- Premièrement, Que cette ancienne partie de notre Fortification que nous fommes contrains d'abandonner, puiffe être rafée& foit flanquée de tous cotés par la nouvelle que nous édifions, afin que fi elle vient à tomber au pouvoir de l’ennemi , il n ait le moyen de s’i loger en affurance, 6c l’avantage de la forti-
- .,1 ferveYenU
- fier contre la ville. jimaure
- 2. Que ces nouveaux retranchemens demeurent dé couver s du coté delà viUe. des noli~ autrement, lors que l’ennemi s’en feroit faifi, il auroit de quoi fe deffan- tmnehs-dre, 6c fe tenir couvert à l’encontre de nous, aux dépans de notre travail.mens'
- 3. Nous ne prandrons en la flruÜure de ces nouveaux retranchemens aucune ligne, qui ne puiffe êtrefoutenuë & flanquée de plufieurs autres places ; foit de famblables retranchemens, ou Dehors, ou autres ouvrages de la ville même. car cette ligne qui feroit ainfi deftituée de jufte deffance feroit expo-fée à un manifefte danger.
- Ici les Architeéfes ne font pas bien d’acord : Les uns, veullent que les Leur bat». retrenchements foient plus bas, les autres les preferivent plus élevés que IZncvlrfi. l’ancienne Fortification, ceux qui font d’avis de les faire plus bas, ont ces
- Yyy 3 raifons
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- raifons de leur opinion, c’eft à fçavoir afin que cette nouvelle ftru&urc & encore imparfaite, ne foit à l’heure même defa naiffance 8c facilement ran-verfée par l’ennemi, mais qu étant à couvert fous la protedion de l’ancien rampai*, elle aquiére la folidité qui lui eft nécefïàire : 8c aufli afin que l’ennemi n’en ait pas la conoifïànce, en forteque fans i panfer il rancontrc ce nouyei cbftacle, 8c qu’à faute de l’avoir préveû il s’engage de lui même à foufrir quelque perte notable ; à quoi, le fâchant, il lui feroit bien aizé de pourvoir. Le Prince Maurice ( a ) afiiégeant Stecnwik, fit édifier une tour de bois à la manière des anciens, 8c l’ayant avancée contre la ville, 8c par ce moyen reconu ce qui s’i faifoit : il aprit, que le Baftion apclé Oriantal en étoit retranché, 8c quelle setoit en dedans fortifiée de nouveauxre-tranchcmcns, capables de réfifter à un grand effort, ce qui l’empécha défaillir ce baftion, encore qu ’il i eût une fort grande brèche. Ceux au contraire qui foûticnncnt, que l’on doit faire les nouveaux retranchemens plus élevés que l’ancienne fortification, en allèguent cette raifon : Qu’une place haute a de l’avantage fur celle qui lui efl fujette, 8c donne le moyen de faire plus de pêne à l’aflàillant : Les autres difent au contraire, que cette commodité fe convertit en incommodité ; 8c que cette éminànce de rampar favorife plutôt l’ennemi en le couvrant quand il eft proche, que de i’expofer à nos coups, ce qu’il eft aizé de prouver, 8c l’a été déjà ci def-fus. pour ne rien dire del’éxample d'Oftande 8c de plufieurs autres places affligées.
- Nous ranvoyons au plus ample traité de notre Âréoteéloniquc, ce qui fc peut dire de la largeur 8c de la profondeur du Foffé de ces retranchemens, 8c de la maffe de leur rampar, 8c famblablcs chofcs.
- Mais enfin fi ces Retranchemens font pris, en forte qu’il ne nous refte plus aucune place qui foit tenable, ni de lieu de retraite 8c de défance ; Il feroit fuperflu ( b ) de vous dire qu’il faut faire la paix, car alors que toutes, ebofes font en la main du Viflorieus, on ne peut plus dire quil i ait dommage a ce qui fe perd, mais il efl néce faire que les vaincus rcconoiffent de grâce, ce qui leur efl laijfé. il nefl donc plus désormais queftion flnon de fe randre , h quelques conditions que ce foit, plutôt qu on nous coupe la gorge, © que nous voyons le droit de la guerre éxercer toutes fes cruautés, contre nos pères & nos mères & nos femmes & nos en fans : horreur, que notre miférable fiécle nous a fouvent repréfan-téc , en divers endroîs, 8c particulièrement en Allemagne. Mais tandis que la compofition fc fait, 8c avant que toutes chofcs foient bien arrêtées,
- 8c
- (a ) Maurice qui defiroit fçavoir fi derrière le Bas! ion Oriantal, qui étoit le lieu qu’il avott réfolu d'affaitlir, Us ennemis ne s’étvient point fortifiés de nouveaux ouvrages, la nuit du dixième jour de ïuin , il fit mener Iatour en nos aproches contre la ville &c. siufii t ôt que la tour fut en fa place, lusle Matthieu grand Ingénieur i monta, de nuit, £r dés U première pointe du jour apercent, que non feulement les nouveaux ouvrages étoient en état, mais aufii que déjà le Haélion étoit feparé ,d’ une puiffante patlijfade plantée :qutli avoiten fuite les anciens murs de la ville, de hauteur ajfés etmfidérable, auxquels un baliion était attaché en forme de l{avelin,en telle façon que l’on ne pouvait aller a l'ajfaut de cécité lit fans notable perte. Ce qui ayant été rapor-té au Trince ilfut bien ai fi de l’avoir apris , ir dit, qu’encore que cette tourne lui aportàt autre commodité que celle qu’ilretiroit de cét avis, il n’en plcignoit pas ladépance. Rcidsn Ann liv.lX. {b) Principalement auxSagisntins, réfolus i la mort. T. Live XXI liv. Flor. liv. 11. ch. VI. & encore plus à ceux de ‘Kfumance ; qui necraignoientpas tant la mort que la fervitllde: 'îfumance mérite donc une infigne loiiange de ton élance & de grand courage : memes en fes calamités je la réput* bienheurtufe , pour avnr témoigné tant de fidelité envers fis alliés ,& pour avoir fiutenu fi longtemps avéc fis feules armes, l’effort d'art peuple a fit fié de toutes les forces de l'Univers. Enfin, cette pauvre ville ayant etc fartée par un fiuverain Capitaine, ne laijfa à fan ennemi , aucun fujét d en faire vanité, vêts quil ne refia pas un fui citoye n de Tfumance qu’on pût emmener cn-chainé à’Bpme. Du butin il ni en eut point, par ce qu’ils étoient extrêmement pauvres : quant\a leurs armes ils les brûlèrent cuti mimes : Le’triomphe ne fut que de nom feulement. Flor. liv. 11. ch. X V11, Aufli peu voudrois je entreprandre de per-fuader la paix aux defquels T. Live repréfante la cruauté extrême Si lafurew^au XXXI livre.
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- & que les articles foient lignés, & que les otages ayent été donnés de part & d’autre, qu’il te fouvienne qu’il ne faut encore rien relâcher des gardes ordinaires, mais tenir toutes chofes en bon état 8c fc deffier, juf-ques à ce que le tout foit bien accordé & quéle traité ait toutes fes formes rcquifes. Erétrie ville àc.l'Eubœe, pour s’être comportée en ceci avéc trop de négligence, attira fa perte. Ceux de la viUe ayans apris que Philocles ( Gouverneur pour h Roi, qui êtoit venu de la Calcide pour mettre la ville en liberté ) avoït été repoujfé & qu'il avoit repris fon chemin en la Calcide, ils envoyèrent incontinent devers Attalrn, des Ambajfadeurs demanâans pardon & fauf conduit, tandis que Pefpérance de la paix les amufe,& que moins foigneux en leurs gardes, ils ne panfent & ne pourvoyent qu'a Pendroit de la brèche, néglige ans tout le rejle : Quint us vint de nuit a Pajfaut du coté duquel ilsfe do ut oient le moins, prit la vide par efcalade & la facagea miferablement ( a ). On ne manquerait pas d’examples en ce fujét, (b ) 8c il ferait aizé de repréfanter la ruïne de plufieurs villes que cette efpérance de paix offerte ou demandée, a portées au dernier point de là plus miférable extrémité : Le Gouverneur de ville qui fera fage aprandra du malheur des autres à fe deffier de fon ennemi jufques à ce que le traité foit clos & arrêté, 8c pour mieux dire, parfaitement 8c entièrement acompli.
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- * ( *) T.Live XXXII livre. (4) Delà Noue quia commantéGuicciardin, fur lelivre XIV des Guerres d’Ita* lieeh. X XI. à propos de la prife de Gènes, affure, qn’en l’efpace de L années, & de fon temps, X X X villes furent prifes 8c perdues par la.négligence 8c trop grande confiance des habitans. pa. 40 s de l’edit* Belg.
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