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Artillerie. C'est-à-dire vraye instruction de l'artillerie et de toutes ses appartenances
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- 'P'/Airy
- '//W' ^
- iARTlLLSUje.
- G’eftadire
- VRAYE INS TR V-
- CTION DE LARTIL-
- lerieetdetovtes
- SES APPARTENAN-
- CES.
- oAVEC vnedeclaration,
- de tout ce qui eîi de l'office d'vn General d’icelle, tant en runftege,quen *un lien afiegê. Item des batteries, contre* /1 batteries jonts, mines & galeries, & de toutesfortes des ** machines requifesau train:
- AVEC VRENSEIGNEMENT.DE PREPARER toutes fortes des feux artificiels, tant pour refiouyr lesa-mis,que pour molefter & endommager, de par eau SC par terre les ennemis. {
- Le tout recueiüy de t expérience,es guerres du Pays-bas &publie j en langue Ejpagnolle. j
- PAR :
- DiïgoYfano Capitaine dePartillerie au Chaufteau d’Anucrs. j Mais maintenant traduit en langue Franeoifi, g? orné de belles & necejfaires figures.
- Par Ib a N Théo d û Ride B RYjBourgeOttd’Oppeakeim Imprimé
- K Fraackfort, chez £ g b n o l b E m m b t.
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- AV TRES-ILLVSTRE PRIR
- CE ETSEIGNEVR MAVRICE
- LANDGRAVE DE HESSE CONTEDE
- CATZENELNBGGEN, DIEZ,2lÈGENHElN ETNIDDE, MONTRES-CLEMENT SEIGNÉVRi
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- %£S-JLL VST RESeigneur: Si \ le commencent de l’vfage delà poudre & de l’artillerie, eïl entafehé de quel-que infamie,àcaujedelinuent eur,eflp-me non pas run mome, rechercha?it & effrouuant les jecrets de la Chymie, mais le diable mefme,pour effaroucher tantplus, & acharner, comme meurtrier des le commencement, l’homme (chofe quàjï dénaturée) contre [on femblable, de forte que celuy, auquel ilauroit encor quelque peu, ie ne dis de pieté,mais d'humanité de reftey pour-roit faire confciéticed’envfer: fieïl-ce, quittant en ce dernier temps,au fi en ceft endroit accreu de calamité,'venus a tel point, qu on ne s enpeultpaffer,pour fe defendrè contre une iniufle vio. lence, voyré les Princes & Aiagtfrats contraintspar necefité, non feulement dy exercer leursfubie£ls, mais mefmé d’y mettre la main, pourueoir leurs arfenals, entre autres armes, aufi
- de ces machines horribles de lartillerie,pour s'endefendre au be* foing: ceux la nefont a blafmer, qui par le long vfage, en ayants acquis quelque expérience,ne la cachentpar enuie,maù la pou-blientpar leurs efcripts,pour le bien Çf inftruStion de ceux ^ qui enpourroint auoirnecefité. 2)ont nous voyons plufieursmef mesgrans perfonnages, qui s y font employez*,pour le bien pub-liq. monjlrants aufi quant & quant la viuacité Çjf dexteriti de leur self rit s.
- Or entre tels, ce nofire auteur, encorpour leprefent Capi-* taine de l ’artillerie au chaufieau d’Anuers,rié£lpas le moindre enparlant pas de feule Theorie demonftracions Mathema* tiques, mais depure prattiqué Çtf expérience: & non feulement du ieu de l’artillerie, mais aufi detouicequi tant en vnfiege, qwen vn lieueft aftegé efirequis au train d’icelle. Letoutauec telleperfficuité & rondeur,qu’m peut bien dire, qu’ily deuancê non feulement ceux, qui deuant luyen ont efcript, mais aufi qu’ilsy eftfùrmontéfoy^mefme,
- T>ont
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- 'Dont ayant rencontrefbnefiript l'armeêpafiée 3 en la foi* fe de feptembre a Franckforfy te me fuis aisance de me charger (j? de la peine desfrais,de là iranfater en langue Françoifi\ afin que plufieurs s en puijfeni feruir. <t5%Cais confeffant volontiers, que cefie traduction rieïltellement fuccede, qu'ellepuiffe fatisfaire par tout aux aureilles Françoifes, fort délicates Çf friandes; voyre deftituédeperfonne ëxperimentee encefiefcien-ce,rtay peu obfiruer lestermes propres de tart, ch ofi quipourvoit bien caufir quelque reproche: Jeprens, comme celuj qui de-fire, non pas de fimônfirer , mais de feruir a tous ,mon refuge feubs la protection des àijles de vofire Drefijllufire Àlteffe, à laquelle le dedte en toute humilité & con fiacre ce mien petit la* beur: auec certaine esperance, que comme d'vn Frince tant Ç^MCagnanime que Clement amateur &promoteur de toutes Jciences, elles me feront repaire fujfifant contre toute mal* millance.
- Dé Yoftrc Alteffe Tref-Illuftre
- Tref-humbie feruiteur
- ïeanïheodor de Bry
- Bourgeois d’Ûppehheim*
- K 3
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- HSSSMWg»
- Préfacé au Le&èur.
- A VT À N T, amy leéleur, qu'en toutes occurrences, /<?i iUgemèm des hommesfont bien Muer s, & que mefinesfimientesfois les ejprits plus vifs & de lie ht s,font tellement transportez,) quedeuautde prendre en-tien inftruélion Us-fi haftentfeplaignants de quelquesfautes : le n'ay voulu obmettre,deuant âefire repris,auffitofi des ignorans&'mcafa-hles, que de ceux qui entendent quelque chofè, de quelque*petite&ïc-gierefaute, qui facilement peut aduenir,de faduertir librement,que s'ileftoit neceffkire que b auteur de ce traité fut fi a droit, a eferire, comme il ejl ajfetirè & expérimentées chofes de guerre,kquelks ilproposefimplement &fdon lap&rteé defa qualité: onlepour-roit bien accufer de témérité, de ce que demainfi legere fipatmre d ejprit&de plume il entreprend d'efirire â'vne matièrefiéxquife. Mais comme chafiunfiait, quemanier proprement dextrement & courageufement les armés, &enefirire, (chofe que nous re-commandons aux hifioirens, ) auecpltfieurs ornements de par dites:fini chofes bien dîner (és. Ainfile prudent leâleur ne trornera eflrange ,fi en ceft œuure en laquelle nous a-? uons efgard,plusa la fimble vérité, conferméepar l expérience qu'a quelques ornements depar odes èxquifes, il rencontre quelque petitefaute, qui nonfeulementpar moy, mais aufiïpar Vinaduertance des efcriuains &.translateurspourroit auoir efié commfe : le le prie qu'il nefoit trop hàflifa iuger, ains modéré îeiugement auec difcretion requifi,confiner ant que ce ri eft pas ambition & conùoittife de vaine gloire, maisvnejyncere intention de firuir filon monpouuoirala pofteritéen matière pour leprefintfinecejfaire,qui m'a poufi a cefiepuhlication,comme celuy qui ayant longuement tnanïé l’artîUerie & appris par longue expérience,fi non le tout,pour le moins vne bonnepartie de ce qui y eîi requis, &ce Joubs des generaux, leurs lieutenants ,artilliers & autres fimblabks lesplus Curieux & diligents, qu'onayeeucogmiufquesaprefint, nepermettra * s'ilpeut,qu'vm fcience fi noble &vtile demeure cacheéen l'obfcurité de l'ignorance: ains tranaiReradè tout fin pouuoiracequepourle bien de ceux qui la requièrent, & l'honneur de ceux qui ontefièfis matftres, elle voile drfoit côgmie par tout le monde. ,
- lomél que celuy fui fen voudra firuir, combien qu'il ayé acquis desgrandes èx-periences en ces affaires, nefi doit contenter de le lift en hafie : mais les liftant attentiuf-ment, des le cômmtncement tufques a la fin * fans faute aucune f en refiouyra dû fruit,y troussant non feulement là théorie, mais aufit laprattique dr expérience,pours'enfermé auec honneur quand befioin en fera.
- Et de fait cefiefcience eft de telle qualité, que par le moyen èicellé, tarit le noble* que edui qui eft de baffe qualité fi peut acquérir honneur & réputation : véuque tant plus curieufiment il s’exercer a en icelle, tant plusfifera-ilaymerdefen generaïoufim-tieur, qui ne faudra de le fauorifer&amncerplus qüe les autres en toutes occafions, comme celui qui eft plus digne duquelilfi peutfiruir enplufieurs dr àmers affaires, enten-danttant ce qui eft requis es charges & offices des autres, que ce qu'il doitfaire en lafien-nepropre* Comme pour exemple : C'ejl de l'office de l'ingenieur, de mefurer les difiances, tracer les trenchees, dreffer desplattes formes dr autresfimblables chofes appartenantes a la defence & fortification«. Mais fi auec cela UaauJJi la coignoijfance des appartenantes au gentilhomme quia en charge l'arttRerie, afiauoir défi bien placer les pièces, que fins aucune perte, iïpuijfi librement ojfenfér l'ennemi, celaneluyferaa déshonneur> ains a grand honneur drauantage. Et comme il en eft de l'mgenieur,ainfi en eft il aufit du gentil-homme, qui ne doit auoir honte de s'enquérir fur les poinfts de l'ingenieur, pour
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- fairefin profit, mec honneur l’occaflon fi pre[entant : Voyrè mejïnesle Coneflabîé doitfaire eflat defiauoirles de fh an dance s de tous les autres offices, pour ne point efire impertinantouinhahileauficnpropre ,co)hme neceffairement H aduient fotmentesfois & ce non fins danger aceux qui efiansnon chalansne fi fondent que de ce qui leur eH imposé.
- Ainfiefl ce une chofe bien feante, utile & honorable a l'àrtillier de feauoir non feulement comment il doit charger>bracquer>dreffer .donner feu a fis pièces,mais auffi (ce qui autrement appartient au Coneflable) qu’il cognoijfe la qualité die elles, qu’il fiche tracer bienproprement &proponio ne Hument toutesfortes depièces, lesfâche deuement repartirfélon propresparties, p our de la cognofire proprement la force & portée d icelles, & prendre entière infirudtion comment il les faut manier,en forte qu’elles ne luyrefu-fent rien au befiing. Semblablement qu’il foit à droicl apréparer a chafermepiece fa cueil liere auec le manche & bout ton, & tromierpromptement d chafiunefa balle entre les autres munitions, le tout auec air competent : & que de la partition delà piecè il entendè bienlabontéou faute d’icelle, qu’il ne luy donne non pim de poudre quilne luy en faut* Toutes ces chofisluy reuffîront èntellefirteque fin general le tenant pouraccomply,fi fiera en luy en fies entreprifes, & luy auffimefme en aura cêft allant âge, que fans dépendre d’autruy il fer a afféure les defences defa batterie, eflantpourueu de bonnespièces s'acquittera de fa charge auec honneur *
- finalement ie dis, quilne doit tenir en petite èflime lafeience de préparer toutes fortes de feux artificiels,tant pourpaffér le temps > quepour enendommager l’ennemyi quand Voccafion fie prefenteroit: carcommepourdreffer fùbitement quelques engins dè guerre, onnetrouue pastoufiours effentom lieux des Ingénieurs propres: ainfi aùffîen tellesocwrremes > on ne remontre pus toufiours gens quifeauent le maniement de ces feux. Dont l’àrtillier pour acquérir tant pim de louange doit rechercher auec plaifir ceflefcience, pour ce que nonfeulement c’eft vn exercice militaire, mais auffi autre ce que eflantconioinBeafa profefion, elle monflre quant & quant Vhabilité <& uiuacité de l’efirit. Etprincipalement fe doit efiudier a toutes fortes d’inuentiôn de feux dejoye ou de falues bien ordonnées, pour ie contentement defin General qui en recebuantfin Prince Ou quelque autre Seigneur: luy uoudroit faire l’honneur de quelquefolue Roy aile. Car autrement a la honté tant du Coneflable que des autres ayans en change lapoudre & l’artillerie, illuyfaudra chercher entre le commun des gens qui enfiachent le maniement.
- Or de toutes tes chofis, le lecteur diferet & diligent trouuera entière information en ce traitlé,auquel nonfeulement chafiune enparticulier efldefcripte enfin lieu & chapitre apart, mais auffiexpérimentée&demonflrepar bellesfigures-.ér cefinonen grandeparade d’éloquence:pour lemoins en toutefimplicité & rondeur, de laquelle ilcognoi flre l’affettion &defir quel'autheur a deferuira un chqfcum
- TRAIT-
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- TRAICTE
- DE L’ ARTILLERIE
- ET Y S A G E D’JCELLE
- F A ï C T E T"P R A T T I QJ/ E ES GVERRES^DE FLANDRES/
- Par Diego Vfano Velàsco Capitaine de L Artillerie au chafteau d’Anuers*.
- C H A P. I.
- Auquelefi déclaré3 qui, & doua ejlé lepremier muenteur de la poudre de canon de lartillerie.
- Ayant offert de de fente toutes fortes de pièces d'artillerie tant anciennes que modernes , ne fera hors de propos pour rendre toute heure accomplie, que premièrement ie déclaré à fufïîfance,par qui, ou ôt comment cefte tant horrible iii-uention fut produite en lumière & en quellieu de l’Europe celle fi efpduuaiitable machine à efté premièrement mifeenceure,felonque par les plus antiques auteurs tant autentiques que modernes il eft ap-prouué & certifie* Or celle diabolique inuention de la poudre de canon fut produite d’un moine de la nation Germanique,grand Phiiolophe & Alchy-mifte, duquel le nom par là defauenture demeure caché. Combien qu’il y en a d'autres qui font de diuerfe opinion,dilàns que Vinuention & vfàge tant de l’artillerie que de lapoudre a efté d’ancienneté au grand Royaume delà Chine. Ce qui fe voit par vne relation que le Reuerend* Pere Fr* Andrieux d'Aquirre,Prduincial de l’ordre de S* Auguftineslfles Philippines enuoya au Fr. Pedro de Roxas fils du Marquis de Poflafon intime amy, luy racom-ptant tout au long & par le menu les merueilles & choies notables dudit Roy autne.En icelle il dit,qu’en l’an de noftreSeigneur 8y, cefte inuentiô eût fon cômencement en ces quartiers & qu’en aulcunes prouinces maritimes dudit Royaume on trouuoit encores pour le iourd’huy quelques pièces d’artillerie fort anciennes de telle façon '& proportion tant de fer que de cuiure,auec mémoire de l’annee de leur fonte & engraueuredu nom, des armes,blafon du Roy Vitey,qui en fut l’inuenteur* Et qu’on foait par monü-mes des hiftoires ancienes & véritables que% ledit Roy grâd nigromâtien êc enchanteur, apres auoir coniuréfesenchatemens le malin elprit, qu’il luy en montraftlafaçon Sd’vlàge fut le premier qui en vfa * contre les Tarta-res auRoyaumedePegu&enlaconqueftedes Indes Oriétales.Le melme eftraconttépar quelques Portugais qui ont nauigé & coftoyé ces quartiers:
- A comme
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- 2 Premier Traite
- comme aufli par le PereHerrada&fèscôpagnons.Et s’accorde fort bien a-uec vne lettre du Capitaine Artrede au Roy noftre Sire,i’auifànt&luy recomptant en grande diligence toutes les particularitez de ce grand Royaume,diiàns qu’en tous ces quattiers la,on vfedemefines armes 6c de l’artille-riec6mepardeça,&quedeslogtëpsony trouuequelques vieilles piedrie-res mal faites: que les fontes modernes font de meilleure façon &eftoffe que celles de par deçà & beaucoup plus fortes & durables: qu’en chafcune ville il y a arfcnal, auquel entre autres chofes on préparé la poudre & fond Partillerie .* Et quelartillerie n’eft point colloquée es chafteaux;& forterelfcs comme par deçà,mais fur les portes des villes enuironnées de fortes & haul-tes murailles,& des larges & profonds folfés, qu’ils peuuent facilemét remplir d’eau des fleuues voifîns, font eftimées les principales fortereffes du Royaume*11 dit aufli entre autres,que tout ce Royaume du cofté des Tarta-res eftenuironné d’une grande muraille de la longueur de 500 lieues, commençant des la grande ville de Chioy, entre deux grandes montaignes,&de la tirant de l’occident vers l’orient,pour l’enfermer entièrement, Et de cé-ftc muraille on trouue es hiftoires,qu’elle a efté édifiée d’un Roy nômé Te-finefon, pour fedefendre à l’encontre des Tartaresqui luy faifoyent fort cruelle guerre : mais auec c’eft auantage que les 400 lieiies d’iceiles font ferrées de nature par haultes montaignes, & que les autres cent lieües en vne vallee entre deux monts font clofes par art & grâd labeur d’hommes de bô-ne 6c forte mattiere ayant en largeur ou efpeifeur fept autres, & autant en hauteur*Du cafté de la mer elle commence en la Prouince deG anton 6c s’e-ftendpar celle dePaguy 6c Canfay iufque àcellede Suan,ou elle finit. Aulil toft qu’elle fuft acheuee debaftirle Roy fit commandement très feuereà tous fes vicerois,en toutes prouincès,villes 6c lieux, que fur peine de la vie 6c confifcation des biens,perlonne de quelque eftat ou condition qu’il peut e-ftre,ne fut fi hardi fous pretexte quelconque que ce-fuft,dela pafièr,ou permettre que elle fut paüée des circonuoifins de dehors pour entrer au Royaume. Lequel commandement eftant encor pour le iourd’huy gardé en toute rigueur,il fomble que ce foit la Caufo que iulques à ce temps,on n’a veu n’y ouï la moindre trace ou mémoire d’artillerie ny au Royaume de Sophi dePerfe,quitoutesfois eftfiproche deceiuy delà Chine, ne en autres lieux voifîns voire en toutel’Afie Afrique 6c Europe:Eftant chofe certaine que ni le Sophi,ni aucune autre nation n’en a rien fceu,iufques à l’année 13 5 o ,en laquelle comme dit eft, vn moine curieux de recercher les effeéts de nature parlemoyendel’Alchimiel’atrouuée* Toutesfois ie ne Vuideraydutout ' cefte queftion,en laiflànt ladecifion d’icelle a aultres, qui,peut eftre,y aurot plus eftudié que moy: mé contentant de ce que les plus aftèurez autheurs tefmoignent ; aflauoir que le premier inuenteur de la poudre fut vu moine, qui en certain temps, fanspenfer aux canons &poudre,ayant en fou mortier vne mixtion de foulphre 6c nitre ou falpetre pour en vfer en quelque fié deflein,il y tumbapar aduenture vne eftincelle de feu qui l’aluma,&: empor-tafubitement & auec grand effort toute la matière,ce quficôme chofe noü-uelle luy caufà grande admiration,befuellât à en recercher la raifon, laquelle enfiniltrouuanaturelle,&procedâtedela chaude &foiche qualité du foulphre,& de la froide humidité du fapetre* Et y adiouttant apres quelque peu de charbon de naturel,aëré,foc &chaud,propre pour receuoir le feu,il a peu à peu produit à là perfection cefte inuention malheureufo 6c fi dommageable aux hommes* Et tient on pour affeuré que le mefme moyne ayt aufli
- trouue
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- De l’Artillerie. §
- trouué le canon ou artillerie* Gaf voyant c’eft effedt du feu fi vehement qui ne peut aucunement eftre enfermé ; & fe trouuânt pris,, fe deliure auecgrade violence,il en fit l’efpreuue eh vn petit tüyeau auquel il enferma quelque peu de fa poudre,la bouchant iufqués à vn petit peî tuis qu’ify laifTa pour luy donner le feu ; il en èfproüua la forcé & l’effëéfc.lëquël puis il Communiqua à autres. Ce qui fuffira pour fçauoir de qui; en quel pays où légion lapoudteôt artillerie à elle ihuehtéé:
- C H A P. IL
- çAuqueleJl déclaré en quelleprouince de l’Europe l Artillerie a premièrement efiémije en œuure.
- O y s âuons au chapitre precedent déduit affez au 16g &au clefc & confermé par tefmoignages fuiîifans, qui a efté le premier in-uenteur,& de la poudre,&de l’artillerierrefte que nous nous étiquetions aùiîijën quel lieu, & de qui elle àit efté premièrement mùè en œuure ; En qüoy nous erifuiutons Paul Interién, & Ligurce, tous detik âutheürs grau es & dignes de fbÿ. Et qüarit à Ligurce,il ëicript en fes annales de Geiiuâ,qu’en Part de Chriftijèô* auquel pour certaines différences qu’il y audit entre la Seignëurie deVenize & dé Gehua, les Vend tiens à-yans àiliegé vne Ville hohimeé Claiidiâ Fofïà, que les Gehuez leur auoit pri-lé,il y eut en dédit fîege quelques Àleiharis,qui aÿas deux pëtitës pièces d’ar-tillerie dé fer, aùëc certaine prôüifioh de poudre & dés balles de plomb > les prefenter eht ; cotnnie chbfe rate & bien propre à léùr intëtion à lâditte Seigneurie de Vétiife,qui voyant! ëbon effedt d’icëlles contre les ennemis ( qui tout efpoùiiântez de la violence de ces ihadhihes incoghues, & he fë pouuât réparer cotre celle fureur diabolique,ÿlaitferét plufieufs inors fur la place) les reçeut biégrâtiëüfëmënEc cédi eflie plus clair & lé pliis certain, qui feloi* le peu que i’ay eftudié $Paÿ peu tfoüuer quat à ce point* Mais quâtàlafaçô,il. eft tout certain,que les premières piedès oht ëfté forl malfaitte$,côpofees a* uec grande peine,&:non fans dahgefmifes eh œùiirè; Carne fâchant ettdôif rien de la fonte dhcelles j on fe Cohtentbifc deprthdre quelquesgrolïcsôc fortes tables Ou îames deferJëfquélJes on coinpoioit &ageànÇoitenrôd,les ferrant de gros anneaux ou cercles de fer,domine On voit es tonheaux:&ceci on lç chargboit d’vne poudre greffe & mai propre domine elle eftoit des le commencement de ion inuentiohàdifcretion: ceftoÿent les cahonsôd l’artillerie de laquelle on vfoit en plufieüirs endroits de l’Europe,iiifques à de qu’auec le tetfis Pëfprit humain cetchànt tdufioùrs plus auant, oh a trouué lé moyé,&derafiner la poudre,&de fondre le fer&lecuiurë pour en faire dés pièces de fonte,qui pour lors èftoÿénl en grand* eftime. Mais confider ari£ que celles de fer fè gaftehtfaçilemét, & celles de cuiiire n’eftte trop fermes & aifeuréesi on â trouùé eh fin Vrie mixtion de cui-
- bles,aufquelles aufliohâdohnédes noms félon leur naturel & portée,cèm-me cy apres fera monftré*
- À £
- tUkPs
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- 4 Premier Tïai&é
- C H A P. III,
- Defcription des premières pièces qui furent forgées de fer.
- Ès pièces cy lignées font bien les premières, qui apres Hnuen-WÊsjwËmk tiondela poudre,furent en diuers endroits de l’Europe miles cn œuure, mais delquelles les artilliers de noftre temps nefe pourront gueres feruir.Toutesfois Pen ay voulu faire mention, de les tracer^afin que de leur forme tant lourde de impertinente, qui fait aufli l’vlàge quafî du tout inutil, on puifle remarquer combien la fonte de noftre temps eft plus propre, de cefte fcience plus parfaite.
- La première qu’on voit en la fig.n* .qui par derrière finit en vne vis,par le moyen de laquelle en la tournât, on la h choit en vn gros bois percé pour luy. foruir de fuft, eftant plus eftroit au cul que en la bouche,monftre bien combien niais ont efté les anciés en femblables afFaires.Eftat vne chofe certaine, que la balle ferrée au fond eftroittemét,mais efmeuë par la force du feu vers la bouche,où il a plus d'air,par lequel le feu qui eft plus agile que la balle, pénétré le premier, le coup perdant beaucoup de là force en cefte largeur de la bouche,ne peut eftre fi vehement, qu’il feroit, la pieçe eftant au cul & en la bouche d’elgale largeur* Ioint que c’eft vne chofe fort impertinente, que fomblables pièces font plus foibles au cul ou elles endurent la plus grade force,contre la prattique de expérience des fontes modernes, qui cn ce lieu, de pour ce refpe£t,luy donnât toüfiours plus d’eipefleur de de force, pour pou-uoir tant mieux de afleurement fupporter la violence que la poudre de la balle y font* Et voila pourquoy ces pièces font de peu de feurté & d’ef-fêétf Or les anciens ne luy ayans donné nom, nous la nommerons, d’autant qu’on s’en pourroit foruir aucunement, pour ‘tirer des pierres, vne pierriereàvis*
- Lafoconde eft de meilleure taille,& forme plus commode: & combien que c’eft aufli vne des anciennes, fi eft-ce qu’encoresle iourd’huyon s’en pourroit foruir,auec profit* Mais la troifieftne eft fi lourde & im-
- pertinente qu’on n’en pourroit ni abbattre défoncés, ni muraille, ne tuer à l’ennemi n’homme ne cheual* On luy peut bien donner le feu en deux endroits à la fois, mais d’vncofte la balle ne montera que droitement en haut pour apres auoir palfé la violence du feutumber là où lèvent ou (à portée l’enuoy era,qui eft vne chofe de incertaine de fort lourde : de de l’autre la balle irarampant par terre,cherchant l’ennemi plus pour l’eipouuanter que pour l’endommager. Et faut notter, qu’elle a fà force de fàgroflcur maffiue en chambre au coude ; dont aufli elle eft gouuernée felon le tefînoignage de Fl. Vegere autheurRomain par deux foyons,l’un noté au lieu A. & l’autre B. De forte que premièrement on peut tirer en front vers l’enemi, ou quelque muraille,&puis tournant la piece,féconder le coup: ou cependant qu’on la charge,d’vn cofté, tenir, l’autre preft & apofté^pour offenfer,l’occafiô fe pre-fentent,l’ennemi promptement*
- Et eft ceftuy-ci le vray vfage de laditte piece*monftré mefine par la forme d’icelle,& non felon l’aduis deLouys Collade,quine luy admet qu’vn foyon au bout d’embas, marqué de C*& monftre par la fumée duquel la poudre de la balle ou autre charge foitpoufle en triangle. Qui ayant autrement aflez
- bien
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- de l’Artillerie.
- î
- bié efcript de l’artillerie,en faprattique,fi ail toutesfois failli eft c’eft endroit.* ou bienl’ayant entédu,s’eft oublié en la defcription ou application,fi cen’eft que le tailleur des formes,qui le deuoit exprimer, âye erré. Qupy qu’il en foit, il faut confefler que c’eft vne lourde faute. Car d’auoir vniquéfon foyon,comme onle voitenfon liureaubas bout,c’eft la chofe la plus impertinente,& hors de raifonqu’on pourroittrouuer. Carencores quonypour-roit conduire la poudre de la balle, ou autre charge, comme la choie le requiert iufquesla, fi eft-ce, quicelle eftant efmeuë parla violence dufeu,& cerchantrilfiië droitte,où elle rencontre, ceft angle du coude jquiluy donne grand de manifefte empefchementj l’artillier,ou bien vn chacun du commun , s’il n’eft defpourueu de ion bon fens, s’apperçoit bien,non feulement que la piece ne fe rompe, mais aufli que ce feroit coufte & peine (ans effeét: Ioint qu’il eft impoflible qu’on puifle delacueillere à charger, conduire la poudre &: la balle iufques là, comme toutesfois il feroit neceflàire. Et telle Îîmplicitéfe pourroitbien pardonner aux anciens: mais quen ce temps de perfèftion,vn fi grand maiftrefait vne faute fi lourde & euidente,ne fepeut rencontrer fans admiration.
- Les anciens la nomment Compago,c’eft à dire, piececompofeevàmona-uis feuftent mieux appellé Codado, c’eft à dire piece à coude. La féconde n ommer ent ils A bbattemur,fe pourroit dire garde pont, pouuantbienfèr-uir en tell e occurrence.
- C H A P. I W
- Defcription de quelques autres pièces defer.
- j À première de ces pièces delà appelléc Bombardé pier-) riere (fediroit bien defpefche chemins) combien qu’elle pourvoit bien eftre de fonte, eft toutesfois faite de fortes planches ^ ou lames de fer, à coups de marteau : de couftumierement eft miie en œuure pour tirer balles de pierre, ou quantité de cailloux,pièces, de briques, doux, pièces de chaines deautres femblables mattieres îprinci-palenu nt es breiches, quand l’ennemi les veut forcer : en les trauerûnc d’vu coup de telle charge,ce feroit pour ^endommager grandement. Lapiecea en longcur huit calibres, de fa bouche principale, la chambre qui effile lieu d e l’afficte de la poudre,eft large d’vn tiers dudit calibre, & lôgüe quatre fois autant. Le refort de métal de ladite chambre, a en groffeur Vntiers dudit calibre,aux munions elle ad’efpeffeur la cinquiefme, de au cul feulement la fixiefme partie dudit calibre. Donc eftant de calibre de uo. lb fi on la veut charger des defliis dittes mattieres, iln’y faudramettre de poudre quo 2t9.îfo,qui les poufferoitauant iufques à zoo.pas en pointe droi&e. Et fi on y veutmettre la balle ( qui doit eftre feule ) ilyfaudra mettre quarante. îfc de poudre, qui en tout fon mouuement, tant violent,que pur,s’auâceraiufques à 1500.pas. Et combien que nouuellement on ait fait de ces pièces tant de bronze que de fer,fi ne font elles, à caufe de leur lourde pefànteur, qui en fait le maniement bien difficile, appliquées aux faits de guerre, fi on rneft contraint pargrande neceffité,quand comme auens ditdefTus on voüdroic defendre l’entrée d’vne brefehe: ou bienl’enemi cftât défia entré en vne place onle rencontroit fur vn pont, ou en vneruëèftroitte: qui feroit pour le
- A 5 rem-ba-
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- 6 Premier Traité
- rembarrer, l’ayant chargée defufdittes matières auecgrade deftru&ionô£ perte. . . #
- L’auçre piece qui eft comme montée for vrié efchellè * eft bien auffi dé fonte de fer,& des anciennes,niais non pas fi mal accomôdée, qu’on ne s’eri puiffe fort bien féruir en quelque neceffité. Et n’ayant tirôùué pérfonne qui luy ait donné ribrii: le la nommerois quand felle me fèroit pirefèntée EfcaJà à mirer : & ce pour deux ràifons* Là première qu’elle eft,com£ne aiioiis dit, montée for vne efchéllé. La féconde pource que pour l’âpôftër il faut prendre la mire en l’esléiiarit où abaiffantfur lé clou de fer for lequel, comme fur vn efchelon, elle répofe* Ethie femble quelle ne peut ë-ftre fi antique, en ayant veu vne ailleurs* & crois qu’on en trouueroit encor vne en Dunkerque, La figure môhftré tant la forme que l’ufage dételle.
- G H A P, Ÿ.
- Du commencement Cf forme des pièces de Bronzée.
- A première de ces pièces eft auffi vn pierrier de fonte de broie en toutes lès parties faite à la maniere& proportion de celle dot au chapitre precedent auons fait mention :Bexcepté feulement, qu’elle èft de deux pièces * & fa chambre par le moyen d’vn auis, notée B. y eft adioinde*Le tuyeau iufques à 1 a chambre ëft de dix calibres,a-uec vne gtofleur conüetiable,&: à làdittë loïigeüt * ôc à la neceffité d’un pierrier: Mais peu pratiquéeÆbmnië défait ienenay veû qu’Vrié enfiarfènal de Lifbone, où ils la nomment à caiife dé fon tuyau ôuuert des deux co-ftëZ, parâfüfo. Et voit on bien que ie maniemét,pour luy oftër ôc reioin-drela chambre'(qui auffi doit eftre chargée pour fadliter l’affaire , par cartüches,bu lâchers de toilejapres le coup fait,en eftaffezlaborieux ôc dif-ficÜë. , . . , . .
- La féconde longue ôc eftroitte, eft de telle qualité, que i’ofè bien dire, que entre toutes les pièces des anciens il n’y a plus propre aux façons delà guerre.Dorit encor pour le iourd’liuy elle eft fort vfitée, principalement es nauires,d’autant que fa chargé éft fi libérale Ôc facile. Gar côrhme oh voit en la figuré* encor qu’eftàrit de deux pièces * èri fdrtë que fa chambré no^ tée A, quieft biidefer bude bronze* ( le plus coiiftunàiér éft de fer) doit éftre mile Ôc enchaffée en loti lieu auffi nbté démëfméi le Mafiiëhiehten éft toutésfois tresfaciie. Car pour chafcunëpièce ou peut aüoir^o.ou 40, de ces chambres chargées* ôc toutes preftes poiir les changer en lieu de celle quieft vuidée: où il n’y faut non plus dé temps que pour remettre la piece en fori lieu , ôc affermir là chambre par le moyen d’uhe cheuil-le, qui paffant les deux trous * notée B, prend auffi la manche de ladit-te chambre notée du inefirie. Dé ces pièces ori éii trduue plufieurs tant de bronze que dé fer. Mais né fontpàs faites à certaine proportion, comme toutes les autres ; feulement qu’on ait efgàrd que félon qu’elles font longues ou courtes , de calibré petit ou moyen, les chambres fo-yentfaitestEc pourroitonbien remercier celuy qui lésa inueatées & miles
- èn œuuré
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- De l’Artillerie. j
- enœuurele premier :eftant propre non feulement pour les façons de guerre,mais aufîi,quant aux chambres, qui font auffigrâd bruit que toutela pièce,pour les faluës & feux de ioye*Toutesfois faut noter que pour les faluës & autres femblables pafletemps,elles ne feroyent chargées de poudre fine i car côme l’experience le mon lire, il enpourroit facilement auenir du mal: duquel on n’a peur quad elles font enchaffeés & affermies en leurs pièces* Elles ont deux noms,eftant en Caftille nommées,pieças de Caméra, & enPortu-galappellées,pieças deBraga,deîaformedefdittes chambres.
- CHÀP. VL
- Defcription de quelques fontes de lapremière,(econde,tôtroU fîejme forte auec tmfiruâion toufchant le renforcement ou amoindnjfement d icelles. Fig. 2.
- a Y a n t fuffifammct defcrit quelques pièces Cognues de fer desquelles les anciens fefbntferuisiufques à ce qu’ils ont trouué la maniéré de les fondre de bronze: S’enfuit que ie déclaré auffi qu’elle a efté la forme & grâdeur,de celles qui furent les premières faites, ôc de quels noms elles ont efté nommées* Quand donc aux noms, ils les leur ont impofèz félon leurs effeéts,prenans toufiours la fimilitude des belles les plus cruelles & dangereufes,comme dragons, bafîliques,Couleu-ures,fèrpens,& oyfèauxdeproye,les plus violets qu'ils fe font peu imaginer, comme facre$,faulcons & autres femblables* Or celles cy toutes, font delà première forte,y comprenant le mufquettier,mufquetton,mufquet,arque-bus,la colubrine commune,moyenne,& quart d’icelle.
- En la féconde forte font Contez le double canon appelléreueille matin ou ruine-mur, le canon commun appellé cifleur, le demi canon dit trefbu-chant,le petit canon dit Ientateur,auec quelques pièces baftardes,que Don IeanMaurique de Lara fit faire plus courtes de tuyeauque les communes, aufqueiles les Artillieres ont aufîi donné les noms,appellans le Canfa rebuf-feur,le moyen canon bruyant,& le quart Berraco, eft à dire verrat:entre leC-quelles il y a encor quelques autres,appeliez demy ou moyens canons*
- En la troifiefme elpecefont comprîtes toutes fortes de pierriers,bombar-desjgrans&petismortiers, chambres, petars, & autres femblables pièces nommées toufious à la volôté de leurs maiftres,& félon le lieu de leur fonte, & deleurvfagediuerfèment.Maiseftantfidiuerfèstant de noms que de formes , tant cognues qu’incognues par deçà,qui toutesfois toutes peuuent e-flre comprinies fous ces trois efpeces : le traitteray premièrement de celles qui font de la première, montrant leur vraye forme & portée par l’exemple de trente pièces,dix ordinaires appellées légitimés, dixbaftardes & dix extraordinaires félon leurs figures: en la déduite defquelles on pourra entédre comment cellefciences’eft toufiours alléemédant, iufques à noftre temps, auquel elle a acquis quelque perfe&ion. Et combien qu’il y en a plu-fieurs encor incogneues en diuers endroits , fipourront elles par ce traitté particulier,eftre produittes à la cognoiffance de tous i de forte que le courageux gendarme en pourra choyfir les plus pertinentes & propres à fonde-iir,pout en vfer à fon auantage.Ét quant à celles, d’efquelles,Iespl us fameux capitaines fe font fèruis,esoccafions de leurs furieufès guerres pour ruiner
- A 4 les mu-
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- 8 Premier Trai&é
- les murailles des villes &forterefïes de leurs ennemis & les attaquer vaîeu-reufement parles grandes brefches,elles feront recognuësen la différence des preambles,de forte que les premières fe verront au premier, les fécondés aufécond,&ainfienfuiuant, commeauffi il efl mon flr épar Louys Col-lado(Ingenieur de fàM. enPeftàt deMilan Jen faprattique manueledediéeà la Cath.M,du Roy Philippe* Il noflre Seigneur, & l’ay mefîne expérimente fous Donlean de Helmedo chef des artilliers duChafleau d’Anuers. le les deduiray donc ici par ordre auecla defeription de leur force &: confl, en laiffant le chois tant plus facile à celui qui en auroit de befoin.
- De celles cy aufïi quelques vnes font légitimés ordinaires,&parfaites, ou cômunes,des autres baflardes& illégitimes d’ample calibre &: court tuyau, ou de long tuyau & eflroit calibre.lefquelles,la proportion commune n’y e-liant obferuée,font des fçauans artillers,appellés extraordinaires*
- i. La première piece de brôze efl le dragon, ou double colubrine,tirant 40 îb de balle de fer,dont pour les J dudit pois,luy faut 40 Ife de poudre de canon,ou pour les de poudre fine 32 fb Pefe 120. quintaux* Aenlongeur 31. Calibres de fa mefîne bouche*Saportée efl de pointe droidle, prenant la mire rezfes métaux qui eft la mire commune,de 1564. pas communs,de 2 4* pieds, &:de pas géométriques à y.pieds 68i.pas.feIonle niueau de Pâme,c’eft àdireletuyaueflantefgalement eflaué& àniueau delà moitié, afiauoirde cinq cent huitante deux pas en ligne efgalle : & pour fa plus haute eleuation, de 8i67*pas.
- 2* Apres celle cy s’enfuit la coleuurine légitimé & commune, dite ordi-naire,commeauffi toutes les autres,d’autant qu’en toutes les parties elle rc-fpond àla proportion requifè, tirant zo.îb de balle de fer, auecla poudre tât de canon que fine félon la fufditte proportion & quantité de quatre ou trois cinquiefmes.Pefe7o*quint. Delongueurde32.calibres,quifonti6.pieds geometriques,fàportée en mire commune,de mille deux cent par le niueau del’ame de 6 o o* & par là plus haute eleuation defept mille cent quarante pas*
- 3. La demie Colubrine tire 10 .îfe de fer,auec ~ dudit pois de poudre fine, la longueur efl de 33. calibres, qui font 13. pieds. Pele 4t. quintaux la portée par mire commune efl depoo* parle niueau de i’ame 450. &par eleuation dej373*pas.
- 4* Le fàcre ou quart de la colubrine tire peu plus que y* tfe auec autat de poudre fine.long.3 4-cali* qui font n.^pieds. Sa portée par mire commune efl de 700.parl’amé 35*0par eleuation ae 41394^. Pefe 25.quintaux.
- 5* Le faulconeau ou huitième de colubrine tire 2 iîfe de fer, auec pareil poids de poudre fine. A en longueur 3^. calibres faifans 8 ^pieds. Poifè 13* quintaux Ja portée par m* c* efl de/68.par lame 279.par eleuation 3318.pas.
- 6* LeKibadoquintirei*lb4.oncedefer:oui.îb*i4ioncedeplomb,auec autant de poudre fine* La longueur efl de 3 6. calibres: pefe 7.quintaux. Sa p or tée par mire commune efl de 411 .par le niueau de i’ame, 2 o 6* & par Pele -uationde 24yp.pas.
- 7* L’efmerillontire 16. onces de fer, ou ij.onces de plomb, auec autant depoudre fine.Lalongeur efl de 37. calib. faifans 75- pieds,Poife 44 quint.La portée en efl par mirecomtde3iy.parPatnedeif8. & par le plus haut defon esleuation de i873*pas*
- 8* Le mufquettô de pofte tire cinq onces de fer,ou 7 onces de plomb,a-uec autant depoudre fine. Et long*3 8.calib,faifans yf- pieds,pefant2$: quint.
- Lanor-
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- DefArtillërie. 9
- La portée en eftpàf ihireeoiÀmimc dëipz.par bàrne, dé parbeleüa-
- tionde*44o;pas*
- % Le ftiufijuct ordinaire de qüion tire 2* once de fer : 6d déplôinh 3^ once auecsautant depoudre KheXaldgueur de 30* caîibrësf fki^Hs^Diëds, pefarjt i4<jüint.ôC3ojfc* Sa pértee eft'par mire corn,de 1%.pari’arhepj.pat l-eieuatiôrn/bo+pas« s
- 10. L^Àrqûébus qüî éît la plus-petite piece.de btorfzéydëe^ffep^f miere forte, tire î^ohces de fer ou déplombai 5 aaecrâùéa^éde!poUdf éfthé a en ljongëunfo, calib. fai faite 3- piediCpcfe 81* fb. s’eftant pafriiJcXf^ jkr l’amé 7 f .’parl’eleü'ation 84? .pas* 4
- T outes cçs pièces font nommées ordinaires. de faut notterpremiere-
- àlr éâïiblë'deife SoueÈe de chafcune,elles ayent toufiourspliis de force de de nrecaieulaehamt>rc? qu’c autres endroits
- S econdement,que tan t plus qu’elles vontamoindrilfanc , plu|çlle^ fqyéc rifchçs &'groiTes &imetaux,(do'nt làraïfon en fera ailleurs te que demie colübrine (bit plus réfoïcee que la coltibrittè, lé quartpîus qiife la demie,.&lefauIcoheau'pIus que le âcre.
- Tiercem ent que ces pièces fe péùuent renforcer ou amoindçihenibr*. tequ’vne colübrine amoindrie maura que | de fonc^îibre ^épieàeiiëiÔ chambrç,aux inunions ~ &auculquçîquepéuplus £ dudit cdtit>éè: i^iiëlté proportion eft enfuiuie es autres,obfer uat toujours,que tâïrit pluseïlésvÔC; defcroilfant, tant plus elles aillent augmentant en métairie pour tanemieux pouuoir endurer la force de la poudre & le fbüuentvlàgè';
- Poür le quatrièfîfte : Ne trouuâîit toujours la commodire des balléS dé fer, on fe peut feruir. de balles de plQmb?coüfturaierement de la moitié plus pefantes auec autant dé poudre fine.
- . Pour le cinquiefme, Qirencor que les pièces renforcées, &lesamoin-dries, eftant dè mefme càlfb^tiSrëftt Jes balles de me®tïe grandeur jfî éft-ce que les amoindries nepouuant endurer autant de poudte que les rertfefc* eées, ne les peuuent auffi elgaler en la portée : comme appartparlestkbles: enfumantes, que pour meilleure inftru&ion nous auons bien vouluad-ioufter.
- L %^k4^cokbrmsQr4i^iresMŸ^orceiëS9€f^U^èBèr lepremier nombre monjlrelepoidsjefécond, laportée^ lo la mire çomrriUne?qm(eprendre?dë$ me faux, lairop* fièfme^ceÜequifipredparle niueau de tame9 & la qm-+ trïefme, celle de Idplm haHfeèslmMiàn.
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- Premier Traité
- JO
- 1. À. Le dragon ou Colubrine pelé 140. qx. 1429»
- 2. B. Colubrine légitimé» '
- 3. C. Demie colub.
- 4»D. Le Sacre ou quart f» E» LeFaulconneau
- 6. F4 Ribadoquin
- 7. Gt Efmerilion»
- 8. H- Mofqueton depofte 9.1. Mofquet *otL» l’Arquebus
- 140. qx. . 14*9* 714^ 8jo4.
- 84 1260» *3°* 7497.
- 46» 94°* 470» 5593.
- 73b 367. +3 6j.
- I* *79- JJIS.
- 8* 2ÏJ. 25<50.
- 4% 3*9* I6j» 19}8•
- 3“ 252» 126. 1504»
- 4 ^ 194. 97* 11 f 5*
- 91,ÎD. 7b 892»
- pas.
- IL La fécondé table montrant combien lespièces amoin -
- 1. À, Le Dragon
- 2. B4 Colubrine légitime
- 3. C. Demie colubrine
- 4. D4Le Sacre
- y4 E. LeFaulconneau 6. F4 Ribadoquin 7* G. Efmerilion $4 H* Mofqueton p. I. Mofquet 10.L» Arquebus.
- s en la p ortée.
- no. qx. 12 99- 6fo. 772-9*
- 61. 1140. 570. 67%3.
- yh 860. 434- 5 ll7*
- 20. 667. 334*. 3669.
- lu f09. 2f4* 3028.
- c. 3 9U 196» 2327.
- 3b 300* iro* 1784.
- 3* 2il4 i^i4 1784.
- I4 17^. 88. io47«
- yo.îb. 13b 68, 803»
- pas.
- Exemple de pratique parfaiéte,
- Pofbns que le dragon commun félon la proportion.^ la pefanteur de là balle, affauoir des'f- fe charge de 31. îfe de poudre greffe, lors l’amoindri men durera nô plus quelesI*aflàupir28.îfe delà mefme poudre : mais le renforcé-, pour eftre rifehe de métaux endurera les aflàuoir dejé.liures. Et quant à la poudre fine, ou il faut remarquer, que on en prenne toùfiours ~ moins,pour le cômun,il y faudra mettre f c’eft à dire 24. ffe4 pour le ràmoin-drui.ib ,& pour le renforcé 27.îb4
- Ainfi de Colubrine commune, qui portant i<5.ifc de poudre de canon, ou I2.îb de poudre fine; l’amoindrie ne portera que i4.1fecom4ou iûj de fine : mais la renforcée /8»îfe cota.ou ij.îfo de p. fine»
- La demie colubrine eftant plus riche.en métaux que la colubrine, aura dé poudre commune,autant que fil balle pcfe,affauoir îo.îb.mais de poudre fine,les £, qui font 8 .tfe, l’àmoindre p.lfc de cânon>ou 7^ de p.finc : & là renforcée 11.îb de Commune,ou îfe de fine.
- Le Sacre ou quart de colubrine à 5 tb de poudre fine autant que fà balle de fer pefe, comme aufli toutes les autres pièces enfumantes de c’eft ordre,combien qu’amoindries,eftant félon l’inftru&ion procedente enrichies de métaux, chafeune en fon rang,dont aufli font chargées d’autant de poudre fine, qu’à la pefanteur de leur balle : Maisles communes & renforcées, eftant beaucoup plus riches, en peuuent fans aucun danger,endurer d’auâ-tage à fçauoir lepois de la balle de plomb.
- Ayant
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- de l’Artillerie, h
- iecés légitimes,tant communes qu'amoin* dries9&renforcées: Ièdiray âufi quelque chojè des fie* ces Illégitimes & bapardès,qui fontplus grandes 4ü ta* libre^mais moindresdnlongéur fine les commUnèSi
- Quant doriques aux Illégitimes, eÜés foht âuffirfd premier ordre dé ^artillerie tiràns bieirplus de fermais point fi Iping queiés eôiàmuhes & légitimés jaÿaüts àüftiîeUr fortes diüërfés,qué ieïvnés fbftt communes,lesau-tires amoindries St les tierces renforcées ipoürce que îes premières ôiit l’efi pefleur de îeiir calibre en iâ chambredës fécondes mpins,lcs'tierces,pliis des métaux* îoint qu’àufii bien que les precedentes elles s’entreiùiuent en nom & en grandeur jcomtnë il appert en là figure & defcriptioii àdiointe. En laquelle perforine ne fe trouble que nous leur donnons àüffi le nom de ;cbm-muneSiicelüy fé rapportant feulement à celles de fon ëfpécë > pour deiiotër celles qui ont k commune proportion d’elpefieiir en leurs chambres pdut les diftinguer des amoindries St renforcées.
- i* La première de c’eft [ordre èft iebafilic OU double colubrine bâ-ftardefj qui maqüez^. calibres de k bouche enlohgéür, qui font 15+pieds communs. Pelé t2i*quintàux*Tire4&dfe débàliedeferàauec 39,îfc de poudre commune,ou 3 0 iffe de p.fine.La portée eftjfeion la mire comune izÿ.& félonie niüëàü de famé 638 s & en. fa plus haute efleuatidn de 7^93,pas.
- té Le ferpentirt ou Colubrine bàftarde commune tire à 4*îb de fer* âuec autant de poudre commune,ou ip^îfe de poudre fine» Pefe zf * quint» Portant à mite commune niô.au niuéaU de Pâme 5 60. &: au plus haut d’éle* Uation 6664-.pâs*À en longueur 2.7, Caîib. qui font ij.pieds géométriques.
- 3. L’aipiç commumou dehiiecolubtine bàftarde,tire ia.îb dê fer, à-Uècautantde poudre fine» Êftlôngüe zS.caîibres faikns ii~ pieds* Pefe 40^ quintaux. Porte en mire com, 840.au Uiueau de Pâme 4iO*ôcëiiPeièUàtibitf 4998,. pas* . . ^ ......
- 4* Le Pélican ou quart de colubrine bàftarde tire K fb de fer âuec é* Pb de poudre fine. De 29. calibres faifâns p.pieds. pelé ^quintaux. Làpor^ tée en eft à mire commune 6sb àuniueau ^if^àkpluS haute eieuatioü de jSfopas, .
- f 4 Le Faulconnéau baftard firej.îb de fer autant de poudré fine* A 30, calibres qui font 8,pieds.pefe 13^ quint* porte à ta* c* 498* au hiuëaüH#* & en i eleuâtion 1903 .pas»
- é. Le Hibadoquitt bàftard tire 15 tb de fer aüec autant de poudre fi* À3î.calibresquifont6.pieds&3.poin6ts.pefe quint. Porte à m. 0*548,aU niueâu i74.en eleüàtion i245ipas<
- 7* L’efmerillon baftard tire ü*Onces de fer Ou /foncés de plomb, â -uee autant de pd.A 32.calibres*faifâns fe pieds* Pcfe 4* quintaux^ porte ta.C* i94,n./4^.& en l’eleüatiôn 175 2,pas.
- 8* Lë mofqüetton bâftâr tire fer è. ou 9.onces de plomb âuec autant dep.£A$3.câlibfes,eü4.pieds &8*pdinâ;$.pefe2< quint./2.1fe* PorteàttnC* 2i6.au n*//3 .en Peleuâtion 44 « pas*
- 9* Le mofqüet baftard rite en fer 3. ou 44 once de piomb,âuec âütat depf,A 34icahou 4*pieds&8.poin6isipefenq^2.îbporteàm. c. 174* au ta S7*enl5eleuatioia/oiS,pas*
- B % iQ.VÀt*
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- 12 Premier Trai&é
- io* L’Àrquebus moindre pièce de celle forte des baftardes tire eut fer ou 2 J onces en plomb*auec autant de poudre fine* a 35- cali b.res fa fans 3 .pieds.^.poinéLpefe 64.îb*porte en mire commune i34.au niueau 67.èc en fon cleuation 797.pas*
- Toutes ces pièces font baftardes communes au pris d'efquelles tant les amoindries que les renforcées enfuiuentla proportion monftrée en lade-foriptiondes légitimés: lefquelles eftant de mefme calibre & tirant leurs balles en mefine grandeur,n’endurent toutesfois autant de poudre, Ù n’eft leur portée,ne le pois eigal, comme la table fuiuante le demonftrc.
- Table despièces bajlardes renforfées.
- Quint* m*c. Niu.de l’ame. Eleuation.
- B. Le Serpentin
- C. L’Afpic D* Le Pélican É* LeFaulcon
- F. LcRibadoquin
- G. L’Efmerillon H; Le Mofqueton I. LeMofquet L* L’Arquebus.
- 146. 1318. *59- 784.3.'
- 8r* 1180. 390. 7022.
- 76, . 880. 440. f23<5.
- l5* 687. 344- 4088.
- 522* 261. 3106.
- 8. 4°3* 202. 2397 *s>
- 4? 308. 154. OO
- 2? 237. 119* 1410.
- if 182* 9i* 1083*
- js.îb. 140* 70.. 833. J
- pas.
- Table des pièces bajlardes amoindries.
- A LeBaillicpefe
- B. Le Serpentin
- C. L’Afpic
- D. LePelican E* LeFaulcon
- F* LeRibadoquin G* L’Efinerillon H* Le Mofqueton I. Mufquet Lt l’Arquebus
- Quint* m*c. Niueau; Eleuation.
- 105* 1190* 595- 7O80*
- 63. ' 1060. 53©* 6306.
- 37- 800. 40©* 405^*
- 21* 620. 3/0* 3689.
- 12. 4*3* 237- 2814/
- 3^5* 183. 2172/
- 3* *79- 240* i^fp*
- 2. 215* 107* 12 79-
- I* 1 s?. 682*
- 127. <54. 5Ï2*- ,
- Quant à la troifiefme &: derniere efpece aflàuoir des colubrines extraordinaires : Elles font beaucoup plus longues à moindre calibre, ayant aufli leurs fortes de communes renforcées & amoindries, comme auons veu en la defeription tant des légitimés que baftardes, qui combien que de mefine calibre, Iongeur &c balle : toutesfois font differentes, tant en la charge de la : poudre, que de laportée.Ce qui eftànt aflêz déduit delïus, n’eft pas befoing de n’amufer dauantagele le&eur: feulement y adioufteray les figures ôdes noms,pour en donner tant meilleure notice*
- A. Le dragon volant,ou double colubrine extraordinaire* B. Le paffe-mur, ou colubrine extraordinaire* C*LePaffeuoiant, ou demie colubrine, extraordinaire. D*La Cebratane ou quart de colubrine ext* E.Le tourna-,
- yantoù
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- De. l’Artillerie.
- Tant ou Faùlcoüneau. F.LePaflager ouRibadoquim G. L’Efînerillon. H* Le Mofqueton de pofte. I* Le Muguet. L.L’Arquebus.
- . Or ayant ainfi monftré lés pièces,iiy faucaulfî adioulier (comme i?aÿ fait es légitimés » & es baftardes) le poids & la portée de chafcune felonfes trois mires,afiauoir la commune qui reprend rezles metaùx,cdle du niueau debame, &cellede la plus haute eleuation, qui fe fait de 40.afo.degrezdu quadrant géométrique repàrti en 9 ov poin&s* Bien entendu que la. mire commune eft le tirage ordinaire au blanc; quant au niueau de l’ame,il fe prend quand en eftant toutesies mouldes & frifées du cul de la piece, elle eft esgalée feulement auec les pi us hauts bords du vuide de là bouche j en forte quele tuyeaufoit elgal& à niueau foit elgal qui en la mire commune tirôic d’vn degréversle cul
- Particulière déclaration des pièces extraordinaires , com*
- bres faifans za.pieds. pefe 112,quintaux, tire^ib de balle de fer auec 27. îb de poudre commune ou anf de poudre fine. Sapprtee eft , felon.la mire commune 127 6. par le niueau 638. ,&c en là plus haute eleuation fept mille cinq cent nouante trois pas.
- 2. Le.paflemurSireneoucolubrineext.a404calib*oui^.pieds,peïc 42. quint, tire i6.1b de fer auec i6.1b dé p. c,ou 12^ îb de p» fine,porteenm.c. 112o+au niueau foo»& en fon eleuation éqbf.pas.^
- 3* Le Paflè-volant ou demie colubrine a 4ncaiib.faifans 15.pieds pefe 4i.q. tire 8.îfc de fer auec 9.1b de p.com. ou 75 lb dé poudre fine. Porte eft mire commune 840.au niueau 42o .&.envhaute eleuation 4998.pas.
- 4* Le Sacre extraordinaire oü quàré dé çèüériïie â 4i. calibres > ott pieds, pefe 235 quint, tire 4.1b de fer, ou «5,1b de plomb,auec autant de poudre com.ôc 4^1b dep.finè.Porte enm.c.éis.aunlueauji/.&enl’eleua-tionaSSApas^
- 5* Le Faulconnèâü ext.a 434calib.ou 10 J pieds; Pefe q4tire2.ib.de fer auec autant de poudre f* porte enmirec. 498. auniu. 24-pi ànPeleuatiàni 2963. pa$4
- 6. Le Ribadoqiiin ou pâllàger â 44.calib.ou 8~ pieds. Pefe 7% q.tire 1. îb de fer,ou i\ 1b de plomb, auec/j de p.c. ou’if lh.de p .f.porte en m; c. i8 4,. au niueau 192, & eleuation 22$ j;pas.
- 7. L’Efmerillon a 4f.câl ou 7,pieds,pefe 4 jq.tire ;Jlb de fer ;ou J dè plomb auec autant de pôladref.Por ce en mire coma^au 11.14.7.en fonde-* uation/7f3*pas.
- 8. Le Mofquetton a 46.calib.ou 5,' pieds.Pefe 2‘ q.tire 4*onÇes de fer ou 6.onces de plomb, auec autant dep.f.Porte enm.e»2j6,au n, /28.enl*ele-
- »ation/i444pas.
- cf. Le Mufquet a 47. calib .ou 4 j pieds4Pefe il q.tire 2. onces defer>& 3,onces de plomb,auec autant de poudre ftPorte en m4C.z74.au n487.cn fon eleuation zoi8»pas.
- lo* L’Àrquebus aq8.Calibres, ou4 +pieds » pefe 8/. 1b tire 1. once de fer ou i*1 oncedeplomb,auecautantdepoudref.Porteenm. c. /$ 4. wxvi.6j> & en l’eleuation 797. pas.
- Ces
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- 14 Premier Traide
- Ces pièces font par trop longues excédantes la proportion deleuf calibres, dont aufli elles tirent moins deirtunitiôn, que les communes de Pof* dre légitimé,pource que le calibre eft trop petit pour tant de longent. Èlles ont aufïî félon leur efpece, comme les légitimés Sdes baftardes, leüts de^
- frez,dont ses vnes font communes, les autres teforcées,&les autres amoin^ ries,enfumant toülîoürs en leur endrdit la proportion d’icelles , en forte que les communes fè rapportent aux communes, les renforcées aux renforcées,& les amoindries aux amoindries de lVne & de l’autre forte,
- £tne doit on pas trouuer eftraiige,que ces pièces extraordinaires, comme aulfi les baftardes en toutes leurs mires & esieuations n’efgalentla portée de celles de l'ordre légitimé,efquelles les extremitez font tellement Cômpofées St modérées,qu’elles retiennent leur force &: operation entiereî la oü aü Contraire > les baftardes St extraordinaires, ou trop courtes ou trop longues,ou larges ou éftroittes de calibre ne peüueht ne faireni endü-fer tel effort,Comme il appert es defcriptions SC tables deffus propofees. Au refte tout ce qu eft distant des Communes, que des baftardes, fe trouue aufl! es pièces extraordinaires,qui fe rapportent,comme auorts dit, toufioürs, St en toutes leurs proportions,tant d'efpeffeur des métaux SC force, qu’aux autres points,a icelles* Ét airtfi auorts nous la defëription de 9 a, pièces, def quelles les 3 a. font exprimées en leurs figures, St les 60. comprifès fous iceL les, Car en chafeun ordre nous auons propofé les figures de dix pièces communes : mais auec icelles auons aufïî déduit les dix renforcées St les dix amoindries: toutes comprife fous ce premier genre* A quoÿ1 nous adioü-Itérons aufïî la différence qu'il y aen c’eft ordre des extraordinaires jéntre les renforcées & amoindries, St les communes que deftùs auons déduit, en cés tables.
- stable des pièces renforcées extraordinaires*
- Quint* m.c. niüeâu . Ëleuatic
- A* Ledrac.voLpefe 140. porte 1317, 7*73 A
- B. LePafièmur 8r. ï/80. S9°< 7022-1
- C* LePaflcuolant 889. 440* $Z3*-\
- D* Le Sacre 20. 617+ 344» 4088. 1
- E. LeFâulcôneaU 'T- 161. 3/otfX
- F. LePafiagér ou Ribadoquin î* 4^ ZOL. 2397 K
- GX’efinerillon S* 308. 1835*1
- H. Le Molquettort 3* «7* u8. 1410. l
- I. LeMufquet 9Û /osa* I
- L.L’Aquebus ho, 8* J
- Table
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- De l’Artillerie. iy
- Table des pièces amoindries extraordinaires.
- A* Ledrac.vol.pefe B* LePaffemur
- C. LePaffcuolant
- D. Le Sacre
- E. Le Faulconncau
- F. Le'Ribadoquin
- G. L’elmerillon
- H. LeMofquetton
- I. LeMufq [ue t L. L’A quebus
- Quint* m.c. niueau, Eleuation.
- 105. porte 1190. W* 70.80,"
- 63. 1060. f3°. 6507.
- 37* 8oo. 400* 4036.
- 21. 61 O* 310, 3649.
- 12* 473- 237* 2814.
- H 36f* 183. 2172.
- 3* 279. 140.
- 2 2If, 108. 1279.
- 1. w 83. 982,
- y8,îb Il 7- 64. 752- -
- De la différence de ces pièces du premier genre de l’artillerie le leffeur accort & prudent entendra premièrement, qu’il y a encor plufîeurs au* autres pièces, & peut eftre iamais veuës en ces quartiers qui y font compri-lès: fècondement,de combien de pièces on s’eft aidé du premier genre, iuf-ques a entendre l’ordre & la maniéré de mefnager celles du fécond.
- Defcription des pièces du fécond genre afaùoir de toutes fortes de canons de batteriey grans Çfpetits félon leure-fpece.
- Quant aux canôs ^’eft chofe afl*eurée,que corne àuôs dit en la deduitte des colubrines,ils peuuent eftre faits de tuyeau droit & efgal, petis& gratis félon leur forte&efpece. Car il y a de fonte ancienne, double canons, dira reueille matin,ou brifè murs, tirants 96.% de fér,auec f du mefme pois,affa-uoir 40* îb de poudre fine, ayans enlongeur 17. calibres,qui font 14. pieds géométriques, pefàns 128. quintaux, & de portée àmirecommune 1200. au niueau 600.&: enfon eleuation 7i4o.pas*
- 1. Mais le canon cômun dit limant ou battemur tire 48. îb de fer, a-* uec24.îbde poudre co.pefe 7Z,quintaux.A en 16geuri8.calibres, faifans 12, pieds : porte à m.c./oo.au niueau yoo,& en fon eleuation y5>68.pas.
- 2. Le demi canon tire 24.1b de fer,auec /6*îb de co.ou /2. îb de poudre f. A .19. ou 20 .Cal. failàns de dix à 10 - pieds. Pelé 43.quint. Porte à mire com. 8f o .au ^425. & eleué jo7o»pas.
- 3. Le quart du canon,dit perlècuteur,tire /l,îb de fer, auec /o.îb co. ou 8.îb pff A 2 4*calib.faifàns 9 .pieds,& p.poinéts.Pefe27.quint* Porte à m. c-7y0.au n.37f.&eleué 448o.pas.
- 4. Le huidiefme du canô tire 6.1b de fer,auec 6,îb de p.f.ou 9»îb.de plomb auec9-îb de p.c.ou 7.1b de poudré fine pefe 21.quint, A ay.calib, faifàns 85 pied Porte en mire co.640.auniueau 3 20.&eleuésôoo .pas. Et celte eft la moindre piece de Celte forte vficéç à prefent, côbien qu’anciennemét, on auoit auili des tiers de canons tirans îy.lb de fer,auec 12.1b de poudre,pe-fans 29. quint, ayans 2 o^calib. qui faifoyent 9.pieds,& de portée,à mire co.de 700.au niueau de 350,8c eleuez de 48yo,pas : mais les denus dits,font les plus vfitez,& plus requis des Seigneurs 8t Princes. Et d’autre part, ily a aulfi des pièces plus grades & plus fortes,mais defquel’es àcaufe de leur excefiiue pe-fanteur,!e maniement cft trop difficile, pour les occafions des guerres.
- Demel-
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- î6 Premier Trai&ë
- De mefme,comme il eft dit des colubrincs,peuuérçt biles eftre renforcées &araoindries,ou eii chambre,ceft à dire chatiibre plus eftroitte que le tuyeau, ou.eücampânées, c’eft à dire de chambre voûtée en forme de cloche, ou bien de tuyau eigalpar tout,desquelles on voit Idpourtrhit èn la figures.*,
- Eftant renforcées ils ont entour delà chambre iufques aufbyon& haine vn calibre entier d’efpeffeur des métaux, là où les communes n’ont que ^ 6c les amoindries que j dudit calibre.
- I. Dè forte que celuy de 48.1b eftant renforcé,pefera 8o. quint, tirer ra ip.îb de poüdre.fme,&: portera à mire com.noo.au niueau ^o.&en fon eleuationdj'oo.pas. Sans lequel il y a encor vn canon commun de 4è.lb à-uec 27.1b de poudre commune, lequel renforcé pefera 70 .quint, de iS. calibres & portant à mire commune iooo.auniueau/oo, &csleué, cinq mille neufcqnt nonante pas.
- ' a Lç demi canon de 24,1b eftant renforcé, pelé quint,à 2 0, çal.ib. Et en ferala portée à m. communepoo.au niueau 450.&esleuécinq mille, treritefêptpas,
- 'J ‘ ' 3 Le quart de canon de 12 lb renforcé,pefe 27,quini;.à 2y,calibres, Sa portée éftâmirecommunede7yo.auniueau37f,&esleuéde444o.pas.
- 1, E’amoindri de 40. îbn’ayant que les \ de fon calibre en la cham-bre, nèpëferâ que 60, quintaux 6c celuy de quarante huit aùec lamefme cfpefteur quefoixantefix quint, Et comme les renforcez auec plus de poudre font plus grand effort>ainfïlés amoindris font de moindre portée que les communs. Es quantaux pièces enchambrées,combien qu’elles foyent bien renforcées Cn c'eft endroit,!! eft-cequéleriiankment en eftant trop long,& niai preft auxcanoniers, en la charge, celles de tuyeau éfgal^ teurfontà
- qqes baftards,n’ayans que ijcalib^ôc appeliez rebufs, ourebuffez* desquels lesdeinys dits crepans,ont calibres , &les quarts dits verrats 17. calibres, delà fonte de Don lean Maurique de Lara, qui les fit faire tantpat dehors que pat dedans de forme encampanée.
- Or de cefte relation le Ledeur accort & amateur de cefte fcience militaire , entendra facilement de combien l’antique façon eft deuancée parla; moderne. Car pour les anciens en fîgrànde diuerfité 6c confùfion des pièces, il yfaUoitbeaùcoupde peine& labeur pour leur aproprier leurs munitions : mais maintenant n’ayàs qu’une forte de pièces de mefme calibre, def-cendchtestoutes du canon commun,iufques à fon huitiefme:toutes les munitions neceifaires font très faciles àtrbuuer,Chofe bien remarquable pour fecontenterdecesquatre calibres, affauoir du canon de 40. lb, du dçmide 24.lb.du quart dé ib,lb, 6c du huitiefme de 7. îb Qui fuppleans la faute de la première forte , pourront fer-uir tant es villes pour fe défendre, qu’aux camps pour oftbnfor.
- Defcrï-
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- De l’Artillerie.
- Defcription dequelquespièces notables quh jiéên'vjdgê, quelques far sc,
- *7
- s en
- La première & plus grande piece de la figure j. ? eft le lira de Dio, gardé au chaftcau Royal de S. Iean en Portugal* mais fait en l’Isle de Diç es Indes,& mis en œuure en la eonquefte d’icelles parties. i dont poui'fa grandeur èt beauté,elle fut prèferitéç aü feu Roy Doii Selpaftiaiù Elle peut éRe attribuée àbordrebaftard du pteriiiergenre dé l’Artillerie* erfant pluslon-gué que ie canon de batterie* & pluscdiirte que la colubriné çommqhe dé rordre légitimé noyant que af. calibres * delà bouche faiiàhs i2.pieds géOr métrique*.Son calibre a le diamètre de i/oiîb,Mai&n’en tire que içq. imtes, auéc 8o.lb de poudré c©rm pour les $ dudit pois de balle * ou £ô..ife pgigÿles| dicte dé pdudrefine. CeftVné pièce colubriné de tuyau e%al * ayant à; Vêtir tôur de fa chambre & de Pâme Pefp eifeur d’un calib, de iorte que pat toute (a proportion elle fe rapporte au bafiiic* plus grande pièce baftardë de l’ordre cdmrtiUh.f>a portée eft à la mire com./joô. auniueau/jo* éiifohëléuatiqti de 888ô,pas. Pefe feloii la proportion à râifon de /82‘jib pour ehafeuné îb dé balle 182. quintaux*
- Les autres trois pièces de laditte figuré, font les trois canons bafia/ds* que comme âüons dit Don Iean Manrique de Larafit faire, aiîauoir dçRç-buf,qui eftle canon entier,lé crêpant qui eiilé demi canon * & lé Y errât qui eiïèftleqüart*
- . le h*ay doubte âuéuhë que ie îeéfceür hé fera grand compte de h difforme grandeur & peiànteur dequelques piecés art tiques, qui encor fohteii eftre: toutesfois i’en rematqUcray quelques vnes,pour rnonftrer lelgranS frais de lafonte ancienne,&combien ilsoiif payé cher leur igiiOrâncé<
- Il y eut en Malaga vile grande ferpéntihe, qui à cahfé de fort orgueil eiî fut detèrtéè & Unie en Cafthagene, apres auoir par (oh grand bruit & fè--couffe elpouuantable fait auorter plûiîéurs femmes groifes; Ëlle péfe/yo.-quintaux*Tire 8o.îfe de balleâüec ^4,îfe dé com4oii 48.de p.fihe* Sapôrtéé eft felon la mire commune dé 129 f. au niueau de £48; de eh foh eleiiation dé 7060. pas*
- SJuan de Maria,éàhott baftard, colubriné & renforcé, qui de MazaU quiuir,fort d’Oran,affiegé par le Turc,rendit à Barzoqüe Çaqohÿurquois* pefe 140,quintaux. cite yojb de balle auec 424b 4e poudre fihe,ôu j6;fb 4^ pu udre coiii.La portée efi: à mire çom* H y &au hiueàu £48 * & eh
- 75>5>o4pàs*
- A milan il y a deux grandes éolubrines î’viie àppeUée là vi^Qiie^’autré laPimenteieX’ync tirant 4S.îfe4e balle,& l ampe 45. Celle dé 4 j .pefe fejpp fa proportion à raifort dé quinteux poüréïiaCcuné taux,&celle de 484fbfelohlamefme raifon i^.quinpaux. Bp yaijpludeurs hommes de crédit qui afferment que l& pimentelle eh fa pjqs hautedeua-tion alaportéede 9000, pas Communs: ehrtiirécomrtîüftë /74y,&?nhj-ueaude/^.pas* Et Vautrés oient encor aâermePque lefdit^o qo. pas.iqnt pas geometriques^dê f pieds/ckoféimp^ifible^ hors de touperaifonj Çqr entre toutes les pièces dont pour aüiouf dhuy ort a a ftoti ge * al nfya uqlle qui pudfe porter deuxlieiaes d’éiWrtes ; les plus famèufes de tenqipj^cs Re portant que lieue&demie*
- C Delà
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- 1*
- Premier Traité
- De la diablefle, colubrine de Bolducq dit on que, comme affi elle ett porte le renom en Ton blafon, qu’elle iette fa balle iufques en la ville de Bornai: Et delà ville de Meçina,on dit qu’il y a vne colubrine, delaquellela balle trauerfe tout le Pharez de Meçina.Chofe du tout impolïîble, icelle e-ftenduë eftât de u.lieües efpagnoles.Mais quant à celle de Bolducque le rend en pourroit bien eftre véritable ; ladiftance de l’vne à l’autre ville eftant parterre, ou il faut tournoyer plusieurs chanflees &fleuues, mais la balle volât en ligne droitte par l’air,prend le chemin,bien de la moitié plus courte faifant lieüc & demie,qui eft la plus grande portée des plus renommées pièces.
- Id ne fautil oublier le bafilifq de Malthe,piece grande & belle,de l’ordre des colubrines baftardes, demeûne taille & grandeur que la S Juan dé Almarça, ayant 14. calibres en longeur, & au tour de la chambre Vn calibre d’clpcifeur. Laquelle par l’information de Rodolphe Mali Venetien, fem-ble eftre vn canon Turquois fait en Conftantinople,comme aufli il eft femé d’arcs,flefches>& demies lunes.
- Le Triquetraque de Rome,au chafteau de S. Angelo au bas,âl’entrée de la porte,eft vne piece à cinq bouches, defquelles cafcune tire 3.îfe de balle, s’aliumansou toutes enfemble, ou,quand on veut, chafcuneàpart. La longeur en eft félon l’ordre du Faulconneau baftard de 31. calibres, mais en-tour delà chambre du diamètre de 7. calibres efpais, dont les trois font du vuide des tuyaux & les 4.des parties mafliues* Le col aufli a cinq calibres en diamètre,dont les 3. aufli font pour le vuide, & les deux de corps maflif4 De forte que chafque ame & boufche eft enuirônée en toutes fes parties de telle efpelfeur,que ale Faulconneau baftard renforcé défont és pièces du premier genre»
- G H A P» VIL
- SE ce que iuiques à maintenant a efté dit, PArtillier curieux & dilL gent, prendra facilement la cognoiflànce, de toutes fortes de pièces, tantde lavieille5que delanouuelle fonte : voire aufli de celles, qui fe pourront inuenter & fondre à l’aduenir, les referont toujours à l’vne de ces trois fortes: pourra mefmesiuger delà perfection ou defaut d’icelles,pour fe pouruoir des meilleures, & fecourir en temps à celles qui auront quelque faute* Mais quant à l’art ou la fcience de les fondre parfaittes, elle eft à mon âduis,l'vne des plus eXcelletttes&neceflaires qu’on pourroittrou-uer. Comme l’inuention en eft non pas de gens communs, comme il en eft de quelques autres arts,mais des plus fcauants & experts mathemaciens de lanation Germanique & propagée desperes furies enfans, qui des le berceau en apprennent le maniement* dont aufli comme il mefomble,ilad-uient,qu’en ce prefent aage tant belliqueux on en trouué fl peu qui y foyent bien adroits : & encor moins, qui par quelque excellence en icelle fefb-yent acquis quelque fingulier renom. Ce qu’on peut remarquer en l’examen des plus fameufes officines de fonderie du monde,font en Efpagne,corne àBurges,S-.Sebaftian,Melaga,LÜbone & Barcelone, foit en autres lieux
- depen-
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- Del'Artillerie. 19
- depéadans de là Couronne d'Elpaigne, Cômme à Naples, eri Sicile, à fcre-me , àMilan bailleurs , voire mefme en ces pays bas,tant renommées des mèillfeiires fonte,s, commeMoliiies-jjk Ytrecnt : èfquëlfés dSéspins experts & exércitez fondeurs,peut eftre,ou par-quelque negligece, ou parla grande hafte des jSdg^neurs ôçgeneraux, ô.ttâutrés^mônt& a^àfgë de fèiru Fondre lerpiëcesjfont àdïriifè^ilës bieii grandes^ lbürdtes fautes .tes vries tortues de baren iiiegàl, que famé Ce tient plus d’vn cbfté que d’àutréî hs autres- dè pois inégal & mal propre*, défoirtë qu’èftarit tirées ellès tiimberit oii trefbu-chant fur leur bbuchèi pbiirce que le muhibnsh’eftaht au lieu & àu pois pèr-tinentjîa pièce pele plu$ deuërs la bouche que deuërs le énU Pont i’ayveu Fbuüàiitësfoisjqu’vn artiîîiër le plus eipert étàdroic qu^baf'otirrbirtjrôutiëirj âüec toutes Ces diligences,ne peut dhCqUëSàtrëindre ië but (jù’ij defîroit j & fé prbpofoit,&:atiëc ëftohnëttieht dés çi^cô^àncëSifelHlfçitfeuplgnuërdê pëu de foiencejét pratique ën çeft àrt, La ou toufësfois la Faute n’eftbitpbint fetï fartilliëfimais eh ce pois ihegàl delà pîecë,qui tumfeâùt ch tefcrehcoh-iroit tbüiiours autrë b uttë,qüe telle qifoii àuoit pris à fa mire, Fay yeuqu’v-ne telle pièce ëftant pliis pefaritè au déliant qûé derrière i & fuiuanc fqn pois tomboit en bouche i fâifàhfc tbüfîours le tirou trop court ou trop long, iufquesà ce que familier s5appërceüàiit de la faute,poury remédier3 pendit au cafcabei vn corbeille rëriipjie de balles bu autre telle munition j chofe qui luy iifiit allez heüreüfemec. lladuièrit aucunes fois,que lès pièces Cortet dès moules toutes efpbhgieüfes,pbreufes, boiïues. ^eh forte que la balle n’y peut entrer àüec f air requis, Et quand la neeefthéJé requiert de les recetcher en hafte,n ayant point ieloilir de les làuèr, feloti la co ufiuihé d'eau heçtë ou de vinâigfeiâc cbiHbiehqüeteiàfëfàcëihépôüüahfc tôqcêSfpss eh telle ha* fteiauer &bàgner coûtés tes cauernësj qui gardent entoJr quelque rçfte de feu,familier efte&grând danger iFçftreëhuoyétbut chàuftëdà paradis;
- Il y a d’autres pièces, trop foiblës îkpaUÜïës de métaux) dë forte qu’ÿ mettant, ( chofe qui peut àduenir facilement à ceux qui né font bien expérimentez & diligents à larecerche d’iceiles) quelque bien peu trop de poudre,les vns la qu en vn moment, auecgrand danger des circonlbuiççs, tom~ puëes j eu pour le moins cuentées, dé forte que combien que lanecçffité lut grande, ott ne s’en peut non plus foruir;
- II ÿ ëiidcfautres fi pelantes Vers feëüf, quépourlès aÔefter,il y lautVnè longué & forte perche* qui luy cftanr mife eh bouche, (bit puis apres tirée dé deuxoïitrois hommes robuftësipoürpafüèhir à la hauteur deîairiire tëqui-feXefquellëS ont bien cefi âuantâge3que comme ellés Font de bien difHcMe meutte^aiafi font elles âuffi pim afleurées, que tes folles & legereç desquelles auohs parlé cy deftus jloiht qüëlëUr Coupçft beaucoup plus violent tape pour reniiëriërîes mùràillts que pôut embdüfcher f artillerie dëJ’çnnemV: toutesfois ëhëft le maniement trop pefaht &: difficile.
- Or poüirbBuiëfâ tbusces ihconuehienSjâuX dangers &: labeurs çxce£ fi fs des artilliérs3& â la honte dés fôndeufs,It fotcjis d'aduis que les fondeurs s’informalfent de foauànts ârtilliërs,Cûrtnéftabie$,gemils-Hdrnnies, qui àü hazard de leur vit eiifohtfi maintes efprèiiUes.
- Le refte dé cequ’vn bah âftilliej: doit fcàqôir de ia diuerfité des pieCes de Fartillerie eft Compris eft ce qUi eft etaitté aü chapitre précèdent. Les référant toutes à ces trois forces ô u genres : affaüoir colübrines,Canons de batterie^ Canons pierriers,àUéëleürS parcies>diffefehcés,& delpendances: de quoy fçray Vn briefrecueil^
- C a Ësdit-
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- lo Premier Traité
- Es dittes colubrines fèprefèntent trois différences: eftans oulegitL mes,qui en longeuur & efpefleurde leurs métaux font d’euè'mementpro-portionnées,oubaftardes,de tuyeauplus court, ou extraordinaires, efquel-les le tuyeau excede de beaucoupladeue proportion* Et de chafcune de ces forces il y a des communes, renforcées, & des amoindries* & ce en grandes & petites des la double colubrine,iufques à l’Arquebus la moindre piece en fuiuante proportion.
- Légitimés,
- 1*. La double colubrine légitimé a 3/*calibres*tire 4© .ife de fer,auec24.îfe dcpoudrefine.
- 2. La colubrine a 32.calib.tire 2o.lfe auec /2,ife de poudré fine*
- 3. LademieGolubrirtea33.calife.tireib,ifeauec8.ifedepoudrcfinc.
- 4. Le Sacre ou quart de colubrine a 34. calib. tire y* ife auec y. ffe de pôii-
- drefine.
- y* Fauiconneauouhuitieme dé colubrine a^.calibftire 2^ ffeàuec 2^ Ife de poudre fine.
- 6* Le Ribadoquin a 36.calibres.tire i'+ ife de fer,ou i\ ife plomb,aüec if ife de poudre fine*
- 7. L’Emerifion a 37-calibres. tire /o. onces de fer.ou 15.onces de plomb*
- auec/y.onces dep.fi
- 8. Le M o fque ton a 3 8. cali b. tir e y* onces defer,ou de plomb,auec au-
- tant de p*fine.
- % Le Mofquet a 39. calib. tire 2 fonces de. fer,ou ,3V onces de plomb, aued autantdep.fi
- ro* L’Arquebus a 40.calib.tire 4 once de fer,ou ig7 de plomb, auec autat depoudrefine.
- î. Le Balilifc ou double colub.a 26.Calib.tire28.ife auec 14. ife depoudre fine,
- U Le Serpentin a 27. calibres* tire 24, ife auec 14. ife £ de poudre fine*
- 3* L’Afpiç ou demie colubrine a 26.calibres. tire 12, ife auec8.ife de pou-dre fine*
- 4* Le Pélican ou quart de colubrine à 29* calibres, tire 6.ife<auee 6. ife de poudre*
- y* Le Faulconneau a 3 o .calib.tire 3. ife auec autant de poudre fine*
- 6. Le Ribadoquin a 3/*calib.tire ij ife auccjÿtfe de poudre fine.
- 7* L'Efmerillon ai2.calife, tire 12. onces auec autant de poudre fine*
- 8. LeMofquettona33.cal1b.tire fonces auec Ô.onces dep.fi
- 9. Le Mofquet a 34.calib.tire 3. onces auec 3.onçes dcpoudrefine.
- 20* L’Arquebus aiy*calib*tire ij ©nces de fer ou 2- onces de plomb,aueé autantdep.fi
- Extraordinaires.
- i* Le dragon volant ou doitble colubrine a 35>. calib. tire 32. Ife auec 19. ife de poudre fine. L P f
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- De P Artillerie. n
- k. Le Paiferhur ou Colubrine a 4o.càIibres* tiré 16-1 ïb auec 12. îbdè ’pou^ dre fine*
- |. La demie colubrine a 41. calib. tires. îb auec $.îb de poudre*
- 4. Le Sacre a 4>.calibres.tire4.îb auec 4-îfe depoüdré fine*
- 5. Le Faulconneaua 43. calib*tirer îb de fer,ou 3.lb de plomb, aufec $.îb
- dé poudre fine.
- 6. Le Ribàdoqüin â 44*calibres. tire i. îb de fer ou i~ îb de plomb ,aueé
- autant dé p.f*
- 7. L^Efiiierillôn a 4j*.calib.t’ire 5 îbàuéc autant dé poudre fine.
- $. Le Mofquettoii a 4 ^calibrés, tire quatre oncés auec autant de poudré fine.
- 9- Le MolqUeta 47.câlibres.tîrè 1.onces aueCautant de poudré fine, lo. LJ Arquebus a 48 .calibres* tiré iv once de plomb,auec autant de pou* dre fine*
- Renforcées.
- Ës cdlübrînés renforcées foit en légitimes baftatdës oii extraordinaires la chambre à Penrour de Pâme aura Pelpefiéur de calibre,chafcune dé (k propre boUChé,es munions 1.calib.& au col,% de calibre*
- 'Communes.
- Lés communes îbÿeht légitimés,baftardes,oü extraordinaires,ont et! iâ éhambre i.calib.aux munions | & au col k calibres de leur propre bouche»
- Amoindrie
- Les âmoindriés ont éli cliambre| âùx mUûiônS^ êtau éol 4 de leur cà*
- libre.
- Et ne s’efmèruéillera Partilîiet que les moindres pièces font toüfiours félon leur proportion plus longues & plus riches deihetaux que lés grandes, la necéflïté le requérant ainfi. Car quant à IalongueUr, c’eft afin quelles ne croupifient trop eti leur repaires,àins s’ëftendant bien auant,elles ièpui fient mieux deboufeherpar leur troftieres. Et quant â Peipe/Teur, c’eft qu’eftartt lés plus propres & commodes poüttiret,tànt aux gens de pieds,que de chenal,ce qui fe faitfouüant & continuellement, elles puiffent mieux en duré t la force : Ioint qu’au defaut dé balles de fer on leS charge dé plomb auec delà poudre competêntô>qui requiert aufii plus grande force de métaux»
- Quelques canons de tEmpereur Charles qui font lès meil-
- leurs quifètrouuent pour leprefent.
- Ès canons font àfleurerhent faits âüec grande confîdefàtion &priiden-^ ce àtaifon de i8.calibrésde longeur, du calibré de 4$. îb. pefimsles c 6-muns,7o. quintaux, & 6f.lb. Et la grolïeur en chambre de aux munions de t • &àu col de | dudit calibre*
- c |
- Lesren-
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- 2 2 Premier Trai&e'
- Les renforcez oiit 18.calibres de 45 Jbi.Età Fencôiir de la chambre U aux munions £ & au col dédit calibre d’elpelTeur. Pelànt8Q,quirit4&
- Les amoindris ont aulliz&deldits calibres & cfelpeflèur |en chambré* aux munions & aucol J,. Pefènt6o.qnint,y<f.ifo4 Faciles acogpoiiïre de celuÿ qui les rencontre par leurs plus outre, & ies armoiries Impériales,
- Apres ceux-ey les meilleurs feront ceux quifç rapporteront de plus près a là proportion liilciitte,cQinbien que maintenant pour éditer les gràds frais de l’artirarl ôê des munitions,ils font faits demain dre calibre. Comme ceux de Monteur de laMotte, qui bienppopomôneZ & rilcbes en métaux tirens 4o,îfe de fer,les communes pelants 66. quintaux; Tels font àuffi les glorieux Àpoftres de DonLouys dé Velafcô tirariS40.îb de fer*enpropor-tion,delorigueur,elpelTeur &t perfe&io, quali élgaüx,aUx fufdits 1 iriperiaux. Et en fin,ceux qui pliant à làditte proportion ont fuiui de pliis près lès traces defdits canons Ibrit Morideur de la Motte,Don Lotiys de V elafcô, & le Co* te de Buquoy,à prefént general dé l'artillerie de ces eftats : rie tiràns toutes* fois plus que 40 .îfc,&côme du moindre calibre jainli àulfî pour éuiter lefdits frais de moindre pois. De forte que les communs canoris dé batterie ont 18. Calibres: 1a chambre \ les munions g 8de col J dudit calibré d’efpdTeur. Ti-rànt 4o+îfe auec zo.îb defineaU27. de poudre coiririiuné; Pelant 63* quint, quelque peu des . liures pliis ou rrioins.
- Lés amoindris ont en chambre.! aux munions & au col ,j dudit calibre d’efpelTeuf : tirent 4o-îb auec i7-tb de p.fpéferitf 7. quintaux.
- Les renforcez oritaulEi^caiib^es,maiseri chambre ont Lcalibrc,aux munioas^âf au col^décalibrcd’elpelfeur. iirent40i tb triais àueca^.îb de poudre.Pefent<594qiiihtàux, ^
- Sans lefdittes pièces fetrouueret encor en diuërs endroits autres doubles carions,àÿaris 17, càlib.&tiràns 80. ib auec 7 o, îfe de p.fine, Cômeaulïï des autresinriüriiéràblés ôupliis Courts ou plus longs,lèlon la volôté de ceux quilesürentfondrell ÿ aàulEericor dés demis canons d’a i$. & 2o,calibres, quifèionmoriâduis ii’endeuôiitauoir moins que 22. &c ne tirer plus de 20. A laoueeuxde ^.calibres tirent Z4.îb auec 16. de p. com, ou r2. de poudré Ane. pelant 45 quint, cnfuiuàns communément la proportion delTus ditté en ladelcription des canons de batterie.
- Il y a ctes quarts de carions dé 2 4.cal. tirans /o.îb auec d,de p,fîne. auéd le refort des canons amoindris jpelans quelque peu plus quei^.q. Qui feroc meilleurs ayants 27.calib.Se lé vefort à la&çon des canrins rehforcëz, ^
- demie,autant que Ion commencement qui èHaüflîlàlàrgéur du relie du tu* y eau ; qui des làditte bouche de là chambré iulques à là bouche principale eftc%àl.
- Quelques vns font enchambrez, ayansla chàriabre longue de si cali* bresi&large. J. Toute làpiece ëllaritde i8.calibrés*
- Ilyadescan6nsbaltardsencam,pariex64pàrdédarisôCpardehorsàle-droit de la chambrë appeliez rebuÔSjtirans 40.SbarieCz7.ib de poudre fine* Sçpelàns les communs 56, les rerifrircei 6q, &ks amoindris 72, quintaux* n’ayans non plus que if.calibrés & le rapportant en relpelfeurdeleursmc-taux en chambre, munions» & col >àla proportion fufdittes des canons de batterie.
- De celte
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- De l’Artillerie. aj
- De cefte forte y a U aufli des Cfepansou demi caftons, 'de calibre^
- Gitans Zo*ît> auec /ô.îfe de poudre fine,pefens 37*quintaux.
- Le quart des mefmes dits Verrats,ont/y.calib. tirent n.tb auec 8*ife de poudre fine pcfafts a^qx. La figure defquels fe voit au chap^auecla piece deDio.
- Aux canons pieniers il n’y agueres que reparer eftans rous&grans 8c petisd* vne meftne forme 8c maniéré enchambrez,Gomme la neceiïi i é le requiert,la chambre n’ayant que la moitiédu refte de fon tuyau delargeur, 8c en longeur quattre de lès propres largeurs aux munions, fi elles en ont, ou audefautily a quelqueendabons oumanches qui enfontl’cdficc, ^ &aucoi f de leur calibre d*elpefteur. Tous enfom ble tirent balles de pierre auec la moitié de leur pois de poudre commune ou j de p.fine* En voulant tirer des balles de fer .* on prendra ^ de leur pois de poudre corn, ou dep*fine. Pour les balles die pierre» n’enîaut prendre plus qu’auons dit, de peur que parla force de la poudre fup e rfi ue, elle n e fe brifè, & que le cqupenfoitperdu.
- De ceux-cy quelques vns font faits de Bronze, communs 8c non tant renforcez,ayans la chambre longue de 3 5 calibre,&large J de fon calibre: 8c d’eipefieur de jaux munions de ç & au col g- dudit calibre : eftans ordinaire* mentlongs/o»ou/2.calibres+
- Quelques vns font faits de planches èt larftes de fer, des autres de fer Côlé,mais les forgées font les meilleures & plus foures. Ont couftumiere-ment 8.calibres,n’ay ans en chambre non plus de^ou f de leur calibre delargeur,auec toutes fois autant d’eipefieur ou pour le moins J d’icelle. & lalon-geur de laditte chambre de 4^ de lès largeurs. Au milieu ou autour des mu-nions oiit ils \ 8C au col ^ ou § de laditte largeur d’eipefieur* Ona eoliftumie-renient pour tirer au trauers desbrelches, les chargent de cailloux, clous* pièces de chaines&autres femblables mattieresou auec des grandes 8c inextinguibles balles de feu artificiel* armees de quelques traits de mulquetou d’arquebus qui fe chargent à part auec lr du pois de la ballette, de poudre: toutes de grand effeft pour rembarrer & endommager l’ennemiâflàillaôt.
- De C’eft ordre font aufli des pièces de braga mentionnées deflus > ef-quelles Ja chambre quieft vne piece à part,faite de fer ou de brôze en forme de petit mortier,comme aufii on s’en fort pour faire des folues, eft enchaflee 8C affermie de cheuilles a coup de marteau afin q»uelle ne foit repoufiee. Elles font en longeur du Sacre,Faulconneau, ou Ribadoquin, ayans au cul v-ïie queue ou manche de mefine fonte allez longue* afin que par le moyen d’icelle,l’artillier l’ayant montée fur les ais du batteau, ( comme coûftumie-rement oft vfeainfij&: pris la mire,afleure le coup*la tenant ferme fur fon et paule, auec la main gaufohe * iufques à ce qu’il luy ait de la droitte donné le feu Les bragues ou chambres * foyent de fer ou de bronze^n’auront non plus que y* de leurs calibres > 1* vn pour fon efpefleur & force au foyon,&les quatre pour le tuyeauj & les fout efguifervnpeuauboutdelaboullepour entrer quelque peu en la piece,&s’y tenir bien ferrées*. Car ayant tant foie peu d’air la poudre exhalant parla: le coup perdroit beaucbupdefoforce. Ne les fout remplir de poudre que iufques à ç du tuyeau,y adiouftant vn peu de foin 8c la fermans d’vn tappon de bois,& ce afin que la balle qui eft au bas de la piece affermie d’vn peu de foin ou d’eftoupes, afin qu’elle ne tumbe* foit tant plus rudement poulfée*
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- 24 Premier Trai&é
- JDe ce rang font auffi les petits ougrans mortiers defquels on fe fert, non feulementpour endommager l’ennemi, de toutes fortes de feux artificiels, tant par eau qüe par terre , mais aufïi pour tirer des balles, ou des cailloux, dux, rainages de fer,& de chaines: Defquels T vfage eft àufli fort vtiles es viU les, non feulement pour les effets deflus dits,mais àuffi^quànd l’emieïnife feroit approché à couuert, defiprés de quelque muraille ^ ou du pied de' quelque tour pour laminer, &ietter par terres qu’ott he le poürroitempef-cher d’ailleurs. AUors lamettant au pied de dedans de ce lieu,ô£ TafTe&anC en forte que la balle eftant pouflee en bànr* vint à tumber de fon moüuemét naturel aulieu du fe tiennent les ennemis,on les peut endommager, & faire quitter leur entreprife , comme nous monftrerons eft vfte figure à part, Pour iettef feux artificiels il n’y faut que ~ ou ~ de poudre fine, cm pois de ce qu’on veut tirer» Mais pou# vne balle fans feu, ou autre des fuidittes iriat-.tieres ilyenfaut mettre j du pois de poudré fine. Concluant §infi ce ftad^ üertiffement par lequel d’Vn boii artiiler fe poiirroit aüifi faire bon fonde ur d’artillerie.
- La raifon pour laquelle plujîeurs pièces ont eflé refondues poUrefire reduittes d vnefuiefonte ou forme bienpYO* port tonnée,
- € H A P. y I ï ï.
- SYant bien demonftré la diuerfiqcdes pièces d’artillerie, tataU-* tique que moderne, àüec T vfage comun & plus proficablç d’i-ceilesîleri’ay pas encor fait mentio,corne i’eftois obligé,de ceux qui ont eftéles principaux SC premiers inuëceurs des meilleures ; fontes : lefquels routesfois ie veux pas oublier. Quant doncqües aux meib leures, St mieux proportionnées pièces d’Artillerie, certainement à mon - iugement &â celuy decetixquien fâutont mieux & plus parfaitement iu-ger, l’Empereur Charles V.d’heureufe mémoire, en doit auoirThoneür.Ce ; qui s’efproüue par plufieurs de fes pièces,tenues en diuers endroits,de ceux qui enla cognoifikiicc en finguliete réputation. Fen feray le récit dé quelques vfte S.
- De fait eft ce fameux chafteati d’Anuersfegarde encor polir ce four-d’huy vn canon de fâ fonte,qui des le boutiufqües à fa bouche a i8. calibres? - & a la chambre à Tendrait du foyori > Payant moy-mefme rnefuré d’vne pe-• cite cordelette, tout à l’entour,8 jdes dits calibres^ tirant 4f*îfe de fer, auec 2i:ib de poudre fine,& pefant ?o.quinfàU3t &4Q,îb.$anslequel > comme il
- uaTani6oi.auditchafteaü,y en a il eu encore4 autres. AfTauoft vn canon de - mefme fonte Imperiale,ayaftCiyi calibres délonguéur,^abchambre 8.ca-librés d’efpefieur,tirant 48.1b defer,&pefant70 quintaux.
- bre,tirant 5©.lfr de fer?&pelant 6d.q.8 ©,îfc« Sans lesquels deux canons, il;y c àuoitencor quelques canpns.renfcirce£, dé là fonte de Don lean d’Auftrq-che,de fort belle taille,& lînguliefeiiient propres aux façons de guerre. Le - premier auoit 17.calibres,& de refort 9.calibres, tirant 40. îfc de balle, auec I74îfe de poudre fiae,&pefoit 72.quint. Le fecondauoit auflii7*calib,&9*
- de refort
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- De l’Artilleriê, îj
- de refptt tirant 4*<tb de balle & pelant 74iq.7z.ifc. Il y àuoit encor autre ca-nohdei7.calib,& de^detefort t tirant^utb & pelant 7*.q.&74;ib.
- I tem deux canons Angl ois gagnera Gales. L’vn l'e eUfoitS.Matthieu, ayant //.calibres àuecÿ de refortjtiroit fô^ife de balle aude i8.tb de poudre* &pefolt éj.q.zr.tfc. ; LautreS.Andrieu, eftoitde if.} calibres auecca* lib.de refort,pouuant aulïi tirer ye.îfc de balles,pefoit
- Item vn canon auec 1 es armoiries d’Anuèrs de i|^ calib; auec 7? ealib. de tefort : tirant 47* Ife de bâllé auec 10i ifc de poudre fine* pefant 6®. quint. tfi.lt>;
- Item vn canon auec les armoiries de Gand de zi.ealib.auec p^cakk. de refort tirant jj.ib de balle,àuec zo.îfc de poudre âne. pelant ^quintaux. Item vn canon aueeles armes d’Anuetej&le Géant)de 18 $ calife, auec calib.de refort, tirant jo.ifc de balle, le poidsriy eftoit adioulté.
- Item vn canon Anglois auec les deefles &la&ofe> ay ant 20. eabfe.auèC S} de refort.tiroit $3*îb. & pelbit ft.q.f
- Item quelque demi canons. Le premier aiiec les armes d’Ànuâr** de ai.s calib.auecpf calib. de refor retirant 20. ifc de balle auec 16. îb de pou* dre fine.
- Le fécond demefme blafon,longeür,refort,& ball^maisle poids n’y eftoit adioufté.
- Le troilîefme auoit aulïî les armes d’Anuers,de22i ealib* auec&'f de re* fort.(ans poids , tirant 22.îfc de baile>aueci7.ibde poudre.
- Lequatriefmedemefmeblafori, longeiir&refort, &balle,tnais làns poids* , ,
- îtfcm 2.demi canonsde la fonte de Moniteur de laMotte : L’vn de 18., caüb.auec 84 de refort, tirafte zy.ibde bulle auec 16. ifc de poudre, Ôf pdant 43.q4e^ife. ,
- L’autre de i8|calib*aiiec8ÿ de refôfc; tiraftt&4*lb ^pê&ht^arquin-tattx,6ô.lb. -h .
- Item z.demi canonS François,l’vn de &$$calib; auec $$ calife* dtfrcforc* tirant 17.ll> de balle,auec J4<îfe de poudre,&pefànt 41^.24^3
- L’autre eftoit de mefme longueur,ftîpis aueC 8f calib* àû refort : tirant mefme balle & poudre,pelant 4i.q. yo.îb4
- Item 2. tiers de canon auec les armoiries du Roy Philippe IL Lvtiê d* /S.cal.auec^cal.derefcrMirOitij.ifcde baUe>aûec/a.ib de poudre fi« p^-fant2p.quintauxS5.lb. . .
- L’autfd de 17^ calib.auec f de refore ; droit xy«îb ès pe4it 2^q«|^.ibk Item |,ferpentines,dont les deux font colubrines baftatdds , l’autre k*, gitimecommuneayant^.Calib+aueépjealiWbrefort, droit/S.ikdfebai* léguée 15.1b de poudre fiae*pefimt 48.q<75.1fe4 L^ne des baftardesauoiï*fi \ calib.auec de reforti fans poids : tirant i/.lfc déballé auec *4* Ife dopou-,
- dre. l’àutre auoit 2y.calib.auec 77 de refors,ayamlâ couronne &darofeAn-gloile pour deuilê tiroiti7.1b de baUejéspelbic 45>q«7^îb.
- Itemvnc colubrine extraotdinairtf/de 4i,calib*auec i©.*dé refort; ai* rant/J .lb de balle auec 13.1b de poudré fEftoii 0&ogoud,aya»tvne Sirène pour deuilè.auec les armes d’Ànuers$au fuèplusfert galJ&ude& béâio ,©rafo. de plufieuts elètipceaux,&femée d£fite)ll2geyLepGisft*y eftoit adioufté. A l’aduenant de celle-cy ü y auoit aulli vnc demie coliibrine ,auet?les armetf d’Anuèrs,& vn Saturne pour deuife ayant 12^ calibres de refort, qdi droitpv lb de Italie,auec 7,1b de poudre fine,enpouuant bien endurer, félon la force
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- i 6 Premier Traiélé
- de (es métaux ^.îb* Cefte deuoit eftre mife au rang des Extraordinaires, aî yant 4i.calibres de lôngeur* Gr pour n’eftre trop longs, iene dirây rien des moindres pièces qui y eftoyent enrollées> Car de les vouloir toutes racom-pter par le menujce fèroit pour ne iamâis acheuérifiniflànt feulement ce dit cours, auec lesu* Apbfttes que l’Empéréur Charles V4 fit faire à Malaga, pour la iournée de Tunes & autres lieux de PAfriqtic j Tous eftoyent de /8; calib.àuec % calib* de refort«.de tuÿeau efgal,ornez des plus outre, &: armoy-ries Impériales : tirans 45.1b de balle aüec 2.3-tfe de p,f. pefâns7 o ;q,de fingu-> lierement belle taille, de des métaux exquis; de forte que des long temps n’en ont efté faits des pareils.
- Dé ce difcours le lecteur curieux ehtendrà facilement, dont c’eft qlit ces pièces auec lefquelles ont efté effectuez tant d’exploitsfigrans & louables,ont pris leur origine* proportion,& raifons^Qui toutesfois de quelque temps eh ça ont efté reprouuées, nonpaspourautreoccafionqu’ony fceut trouucr, que de leur excefliuepefànteut : énefpoir d’efpargner quelqifé chofedesfraisdecheuauxdechariagedé munitions, & des gens au maniement: choie qui eftoitbieri récompenfce par leur forme bons feruices, qu’on en auoit, effeduanten mieux & pluftoft ce à quoy elles eftoyent cnu ploÿées,& eftaiit dé meilleure & plus facile coiiferue.
- CerenôméCapobiâco Yicantin, chef de l’artillerie delà Ville deCré-trie,&des chafteauxae fon refbrt*dit en vii temps, que plufieurs excellents Princes de Seigneurs de l’Europe éfperans réttanfeher des grands frais, éditer leurs defleinsauoÿent eflàyé de ié dfeftourner de l’ordre ^proportion commune,en la fonte de leur artillerie : mais à la fin eftans par l'experience* qui leur moiiftroit,que ce n’eftoit pas amoindrit , mais augmenter les frais, (car l’ Artillerie eftarftplus foible a de moindre effe<ft,il failloit tirer tant plus fouuant, & employer beaucoup plus de munition* & les pièces aufti mef-ihe danger de fè perdre &rôpre,&fi on employoit peu de g es aumaniemér, il y en failloit tarit plus à la force desbrefehes malfaittes) contraints dere-* cognoiftre leur erreur, trouueroyent expédient de retourner aux fondrières, refondant leurs pièces félon l'ancienne modclle de proportion. Ge qui éft aduenu à Moniteur de laMotteftequel eftant capitaine de general de l’ar-tiüerie çleees eftats : effaya de Ce deftoürner delà reigle & proportion impériale, faifant fondre quelques moyens canons de if. ou 16. calibres, pauures eh métaux dé larges au calibres efperant d’efpargner vne bonne partie des deffus dits frais : mais quandon les vouloit mettre en oeuure,ils demeuroyét crouppiffants es parapets de repaires * allumoycnt les gabions abbatoyent de defaifôyent les blandés,& offenfoyent leurs propres deffenfes4 Et eftant de grand calibre,&tifaiit peu de poudre,à caufe de la foibleffe deleurs métaux, ils fiiifoyent rieiï Ou peu d’effort : en fomme pour dire en vn mot, il y audit grands defpends&nulproffit : defbrtequ’àlafinilne-trouuarienmeilleur* que retourner à la Vieille fonte Se proportion, les faifant refondre de 18. àip. calibres,auec/. calibre de refort , poùrpoiiuoirtirer auec poudre fuffifànte 2,4.1b déballé pelànts42*ou 43 .q.Dont aufti DonLouys de Velafco,quiluy fuccede en cefte charge, recommande toufiours aux fondeurs * d’enfuiure en toute diligence la modellc de fotmc impériale, comme laplusparfaitte de plus pertinente à toutes les façons de laguerre,fàns encor la bel le taille en foriftc,qui les doit aufti ûngulieremeflt recommander : comme la figure 4. «lemonftrc/
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- Del’Artillerie. %?
- Déclaration de lafonte moderne à prefent vftée*
- C H À P* î X.
- a On Excellence eftant par le trefllluftre SéigrieUrlé G ointe de Buquoy, à prefent général de l?Artil]erie dé ces eftats, aduertie delà perfe&ion &vtilité des piecés faites à la mgdelle St proportion Impériale,voire d’elle itteftne apres l’âuis du tres-fagô con-feil de guerre j en prenant telgouft&plaifir, qu’elle defira que iamais telle fonte ne fut rüife en o ubli,fit par tous les lieux de fon domaine publier vn bic ferieux commandement i que d’ores en àuant On ne fondrôit qu’vüe feule forte d’artillerie : affaüoirj
- Xe canott de batterie tirant 40.1b de balle âuec 20. îb de poudre jïnc, ou 27.de poudré commune,ayant 18*calibres de longueur, & 8*caiib/de refort j qui eft la proportion du canon commun St ordinaire * qui a d’elpçfleur de fes métaux a l’entour de la chambre de £, aux munions de | & au col de | calib*pe(ânt 64*quihtaüx.
- Le demi canon tirant 24.1b de balle âuec li.ife de poudré fine,lâç;p+éà-libres,duquel le refort rdponde à la rate & proportion du canon, pefànt de 41. à 4 2. quint. Lequel fe peut e(limer de la meilleure & plus belle tàille^ueè les mefures des métaux conuenanteS*
- Lequart de canon tirant io*îbdeballe auec^ib de poudre fine, dè 24.calibres auec le refort refpondant à fa proportion (combien que çeftuy* ci deuoit eftre fondu à la raifon du canon renforcé, afin que tirant,comme il faut continuement & en gtand’ hafte de femblables pièces > il pütffe fens dommage endurer le force)pefant 23 .quint*
- Le quint de Canon plus proprement Lëcfcaue*tirant j.îb de balleâdé$ autant de poudre fine : de 25). calib* &pefant î$. quintaux : aueclerçfortdU diamètre de fon calibre. Mais au lieu dè ceftuÿ-c^ font fuccedexlesqü&ttl descolubrines & autres pièces de camp, de 23. calib. Sc derèfoçt plus gros que colubrines communes St légitimés j tiràns y. ib de balle,aüée jaitttàfitdè p.f* &pefens de 24. & iy. quintaux. De forte que toutes les dfferenées dçS calibres & des fortes rédigées eh ces quattre, defquelles lès trois font de* peints en la figure toute confufion eftretranchée, & n’y a plus de dan-
- ger,qu’on puiffe faillir, (comme fouuent il eftaduenuau parauànt^enlâ pro* uifion des munitions neceflaires. Fruiét trefdigne St très loüâbtede lafidell* t4diligence)experiencë,prudence St héroïque magnanimité de fon Àltef fc* Ou conclurray ce premier traitté de feffifente inftru&ion,quel les font les pièces a*Artillerie,les meilleures, plus fortes, Ôc aux façons de guerre plus pertinentes * de laquelle tan; fondeurs que les diligents arrilliers pourront faire leur profit.
- lfin de lapremierépartie.
- & i
- S£COW*
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- s8 Premier Traité
- SECONDE PAR T IE
- EN LAQUELLE EN VNE AMIABLE CONFERENCE ENTRE VN NOV-VEAY Gêné a al. et VN Capitaine bien expérimenté, font déduites plufîeurs chofes appartenantes tant au train de I»Artillerie , qu’à l’office du General.
- Dialogue i.
- cPropofîtton des demandes & chofes cy appres a trait ter.
- GENeral. Monfieur le Capitaine, La caufe principale qui m'a fait venir en ces pays &y feioürner quelque temps, eft la beauté d’ice-luy,auec fes belles & ingenieufes forterefles * Defquelles ay at bien ouï le grâd bruit par le mode, le trouue toutesfois à veuë que eeft bic peu que la famé en a diuulgé.Mais principalemêt de la tant renô niée vi I-le d’Ânuers,baftie en fi bône & côuenable trace, de fes larges & profôds fof-fez,fortes murailles & à l’abbord de fi profôde riuiere, fes fleuries & fecôdes campagnes,fà magnificence,le traffic, accompagné d’vn inexpugnable cha-fteau fourni de tant de diuerfes pièces d’Artillerie,iamais le bruit n’en a rapporté aflez. Dont noftre heur nous ayant fait rencôtrer en lieu tantplaifànc & renommé,ie vous prie de me donner inftru£biôn,c©mrneperfonnage fin. gulierement expert en fèmblables affaires, de l’office & deuoir d’vn General de l’Artillerie, tant en temps de paix que|de guerre], âuecjvne deferi-ption de toutes les autres charges &prouifions dépendantes d’iceluy*
- C a p i t. Tref-Illuftre Seigneur le defirerois bien de fatisfaire entièrement à voftre pétition, toutesfois nonobftant le petitpouuoir qui cfl ®n moy,feray toute diligence poffible de vous faire part de tout ce qu’en cc-fle mattiere,i’ay veu & expérimenté, tandis qu’au maniement de l’ar-tilleri e, i’ayfuiui ce camp tant heureux. Et pour faciliter cefte entreprife le defire -rois entendre quels rangs quelles charges voflre Seigneurie a fbuftenue iufques à prefent en guerres.
- Gen. I’ay ferui quelques années au Roy noftre Seigneur en Italie,e-(tant Capitaine de l’infanterieEfpagnole^De la ie fuis paffé en Piémont,aüec quelques lances: &delàcnVngricauec vn tierd’italiens,aufèruicedela Maieftéîmperiale, iufques à ce que la paix fut faite. Et maintenant ie Roy mon Seigneur Ce refibuuênant de meslongs& bons fèruices. m’a faitappe-ler,pour m’employer en quelque honnorable charge de (on armee. En laquelle ie ne defirerois autre'chofe què cf eftré fait general de l’artillerie, à laquelle i’ay dédié toutes mes affe&ions & deuotions.
- Cap. PuisdoncqueV.S.IÜuftreacefteafFe&ion&defTeinjàmona-uisfi elle en paruenoitàbout,luy fèroitfingulicreméc profitable,de bien remarquer le clifcours auquel elle mefine m’ayant induit, ie luy en vay faire en toute fidélité,mefine la vifitant tous les iours en fon logis, & m’eftimât heureux d’eftre emplpyé en fbn feruice. Et côfeflant volôtiers que ie ne le pour-ray faire auecl’elegance requifè,Ie tafeheray de la recompenfèr delàdiligé-gpjSç perfpicuité, traitant de poinft enpoin&le peu que i’entends dccefte
- feien*
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- Dé l’Artillerie. ïÿ
- fëîcee, felonte que par l’experiâce & maniemét de l’artillerie i’èn ay appris* Gen. le vous en remercie infiniment de l’offre tant liberal, m'obligeant à foy de cheualier, delerecognoiftre, & vous recompenfer la peine que pour l’amôur de moy vous y prendrez* Et par ainfi cfperant de feiour-ner ici pour le moins vn pair de mois, entre autres honneftes récréations» nous paierons vne partie du temps enla deduitte de cefte mattiere.
- Dialogue 2.
- lierai de t Artillerie.
- GEneral* Tref-bien venu Monfieur le Capitaine, iioUs eftants rencontrez de fi bôn matin, I’elpèreque nous aurons bien du téps pour difcourir fur noftre mattiere.
- Gap* Dieu vous donnele bon iourlfiuftriffimeSeigneur» Le defir que i’ay de vous feruir me fait leuer fi matin.
- Gbn. Bien doncqués: pour paruenir à noftre defleing,Ie defirerois bien de fcauoir qu’elle eft la charge d3 vn General de l’artillerie &c en quoy fe maintient fon autorité. ,
- Cap* De cecy, TréfllluftreSeigneurvous decoüuriray-ie tout ce que i’ay appris & prattiqué,èn ces eftats:Qüant à la charge à part foy,elle eft telle,que iamais on ne le fauroit eftimer félon qu’elle mérité : Eftâtnonfeu-
- camp.Màis en ces eftats,on a toufioursbbferué ceft ordre,que celui qui prétend d3 eftre chefde la cauallerie,ou de Marefohal de camp, pafte premièrement par les dégre z de la charge de l’artillerie* Et afin que Y*S*en lâche lés dependancesde les luy vay déclarer par ordre* Premièrement luy compote toute la prouifion de l’artillerie,toutes fortes d’armes,Comme rtiufquets>ar-quebufes^oudre,balles,les appareils des pionniers,chariots,cheuaux limoniers & leurs conducteurs,# autres chofes femblables. Secôdement,gift en icelui toute laprolperité de l’armée,laquelle il doitauâcer felô tout fon pôu-uoir,par le moy é de l’artillerie, ^autres machines depédantes d’icelle*En laquelle il ne fera pas de faute, eftat bie n expert de la force & vfage d’icelle, de doué d’û eiprit vif & fubtihàuec vne prudéce telle qu’il fe fâche fi bié couurir de defences, qu’offensât libreméç léhemidl ne puiife eftre endomagé delui.
- Ge n. Pour vray à mon aduisc’éft vne charge bien hpnorable,& de gi âde confequence àÎSaquelle ic defirois m’appliquer enefperace, auec l’aide de Dieu,#la bonne adrefie d’vn femblable à vous,aueçle peu d’experié-ce que i’ay acquife es guerres, &affeuré qu’vn valcureuxfoldatsypeut employer fans aucun fcrupule d’en rappbrter honneur &: réputation.
- Cap. C’èft vne chofë certaine qu’il en eft ainfi , nô feulemct à raifon de ce que Vay défia dit, mais aufli de ce qiie i’y aioufteray encor. Afeuoir,que quâd vn câp marche,foit pour explbitter quelque entrêprife, ou pour fe loger en quelque Uèu,ié General del’artillerie a coufiours vne partie à fe charge. Et quand le Generalifïïme n’y eftprcfent,il cômande à toute l’armée* Ce •que i’ày veù eftre pràttiqué enlâ peisonfc du C6te Charles de Mâsfelt ', deM* de la Motte,du Coté de BofTu,duCôte de Barras,de Dô Louis de Velafcd,#
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- 3ô Premier Traité
- à plus haute charge,fans eftre pafle par celle cy,commc celle qui finguliere. ment efueilie les efprits,pour le pouüôir feruir de toutes occurrences,
- s Gen. CeciSeigneürCâpltainëmepkitgrandement,meimesQyant
- que des per fon nage s fi excel 1 e ns, & defquels la renomme eftfi bien cognuç par tout le monde,s’y font cm plôyéZ: Efperàiic aüfii quant à moy,aùec l’aide de Dieu,& faueur de ià Maiefté Imp.de l’obtenir : dont ie vous prie de tn’efi claircir quelque peu de plus pre$,tout ce qui en dépend*
- Cap. Tref liluftreSeig J’âCcOmpliraytref-volontiers ce que me cô-mandez, vous priant me déclarer cè que defireZ icauoir en premier lieu.
- Gen. Allons nous en difner : apres nous rechercherons à l*aife,de ce qui eft requis pour mettre Vne armée en campagne*
- Dialogue 3.
- SecondequeJUon desprouifionspour *une armée accom-paignéede30.pièces d'artillerie.
- G
- En* Commençons maintenant à traitter des prpuifîon^pourVr ne armée de 40.mil hommes,aflauoir de 34*milîe infants, & e.mil-le de caualerie,ayant à fâ fuitté 3 o*piéces d’artillerie*
- Cap* Sire, Iefiiis d’auisque les 3ô*piççe$ièronr ballantes pour marcher contre vn ennemi quoique puiflant>pu pour gagner vne vih « le pu fort,quoy qu’inexpugnable,Cependant douant de marcherai faut entrer enconieil de guerre* auquehle general s’eftant informé de la Volonté Sc delfeingdé Ion Prince ouGeneraliffime, accôpaigné d’autres officiers d’e-
- ftel)pefe&: examine deb;enprçs & auecgrande diligence tout ce qui fera requis,pour dfe&uer telle emreprife :remôftrant quelle prouifion ilfaudra faire d’artillerie,de poudre,balles,&autres munition s necelfaires.De quoy il fera vne note,s’àdreiTantau chef ou generaliîfime,le priant que pourl’aua-cernent de l’affaire* il donne ordre que tant à l’argent , qu’aux gens requis U nyayepoint de defaut. Entre tant > il faut defpecher des çommiffaires idoines,les vns pour aCheteïles arme9,le$ autres pour faire prouifion depoudre & balles: les autres pour faire amâs des harnois des piÔniers i les autres pour faire leuée de cheuâüx tant limoniers que pour PvfagC nèCcfiaire du charia-gc,faifimt accord âuec les çonduéteurs d’iceux de la foldê [qu’o leur donnera par meis,tanr pour chacun cheual limon nier, que pour vn chariot à trois cheuaux : & leur ballant incontinent apres les auoir obligez, vne partie çft-
- genshonnoràbles & 4e crédit.* Le general eftantpbligé 8c tenu de donner ben ordre à l’afieurfyicédeleur payement, &? bpn acquartillâge* Apprcsil doit monftrer les lieux dont PartiUerie fera ïirpe, ayanjc le fouci les pièces fo-yeût bonnes,vifitéès de bons # experts epnneftâbleS * Bc proueuës ou accompagnées des gens çomp$teitt$*
- : Gen. Mafoy ç’eftvnebelieordônânçe,qüieftQbferuéeen cesquar? tiers.Mais pafsôs outre s’il Vous plaiil,nous informât de l’vfàge ouapplicâriô
- l^r*i]!ari/>.m* (pmkldi-aiiaiV/|j/înf>r 9 () TTrCtAp irtnppin picccs^
- Cap.
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- Daî’Artillerie. 31
- ‘Gap* Trefllluftre Seigneur,Pour grand que (oit vr bataillon, tréte pièces eftant bien placcees auxangles defonFront,luy fumroiit.Etne fe faut par trop appuyer fur l’artillerie, adüenânt fouuént, que ou par ftratagemes, oü fubites rencontres de l’ennemi, on ne s’en peut feruir. Et pour l’affieté d’vne place,quoy que forte & bien gardée; les trente pifeces feront faffifan-tes,encor qu’on feroitcokitraint de faire deuk batteries générales, chafcii-ne 4e trois camerades en fik deferifes. Et n’eft pas befoin de charger l’armée de h grand & laborieux train; ioint que pour fi grand nombre de cheùaux îuperflus le fourrage pourrolt venir à défaillir : chbfe à laquelle le prudent general doit toufiours auoirl’aèil ouuert.
- Gen. ToutesiFois i’ay fouuarlt ouy débattre,& auec bonnes r aifons, entrefoldats bien expérimentez : que pour faire marcher vne armée en iii-fte & d’heue proportion > illuy failloit bailler pour chafque millier d;hom-mesjvne piece d’artillerie,de forte que pour leldits 40,mille hommes 4 il lüÿ en faudroit donner 4d.piecesv , , ,
- Gap. 11 eft vray qu’en vne di(pute ainfi : Mais i’dfe Bien afteurer V.$. qu’on n’y peut mettre réglé ne ordre précis,Et peux bien dire que ie me fuis fouuent trouué ou les milliers d’ômes furmontent les pièces d’artillerie,& d’autre part ou les pièces d’àrtillerié furmotoyeht de beaucoup& nôbre des milliers de gendarmes i ce pOinél n’ayant autre loy,finon celle d’opportunité ôc de la neceiïité.
- Geii, Puis doriques qu’il fe faut eontentér de jô. pièces, quelles fo-i fondes plus propres ?
- Cap. Les plus propres ierdrlés câhos de batterie, les demis 6c quarts de canons,corne ceux defquels on fe peut feruir eh toutes occurrëçcs,tat eh çapagne,qu’en l’afiiçte de quelque fort.le.pbuf fontdonquéS repartir en celle maniéré,qu’iiy ait 9.càhons,&.demi canons,& tf.quart de cation, aueç 7* pièces de camp.Dotit lescanons forciront, quand oh fer oit côtraint d’ailie-ger quelque place*efquels outré l’cffroy, qii’oh eh donnera aux âffiegez oh auraaufli ceft avantage, qu’on ne Craindra quelque defaut des balles,
- Gen. De ceci i’c voudrois bie faudir la ràifon. C ap. Les pièces de Fe-hemi,à peine ferôt plqs grades cjue telles cy.de forte que les balles ferôt auifi à Fauchant. Gen. Mais à quélle raifon 6c compteppurroic- céeftre qu’vnê puilfante armée fortiroit fonsiumiàntéprohifion de balles ?
- Gap. Ceci peut aduenir faciiemêcdes efearmoufehes & autres àccâï ùôs de faire io uër l’artülêrie,é prefentec il fôuiient,qué poudre & balles vie-nent à defaillir.-come i’én sÿ veu l’experieiicé de l’euenemët ides generaux bien curieux & diligents enleurS prouifions.G’eiîpôufquoy fEmpXhaflës y .d'heureufe mémoire, es guerres qu’il eut contre les Roys de France, co-mada a fes geheraux,qu’es fontes de leur artillerie ils ptinfént les calib.plus gras que les ennemis,afin que luy fe pouuat feruir des balles de l’ennemi,l’c-nemi nëfe pourrait feniir des fîennes. Dont enfuiuit qu*en peu de temps les François ayans difette de balles,l’Empereur en iouyflbit en abondance.
- Gen. G’eftoit yti ftràtagertier de fingiilieré prudéce, dont l’iiïuë aufif fut heureufe, Marè pourfuiuons à la recerche des prouifîps needfaires pour noftre armée. ,
- Cap. Lanetefiice requiert, cômeatiflî oÜëftactbuftuttiépardéça, que de uant dé faire marcher l’armée » onfacè prouifion de toutes les mufti-tios requîtes,les repartffianten deux ou trois tftagazfos ou ârfenacs, les plus commodes, &plus près du chemin par lequel l’atmée doit pafièr.
- Gen.Pcraf«
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- %ï Premier Traidé
- Gcn. Poutquoy ertipefchertant de places > Nè feroit il pas mieux de les auôir enfemble en vn lieu , pour s’en fetuir au befoitig, qu’eftantainf? elparfes,en fe pourvoit offrir l’incommoditéjd'eftre empdché d’én vfet ?
- Câp* Quoy qu’il ch feic trefillluftré Seigfteur,Ié ferûis touffeurs dJâ-uis de lès repartir* Gàt $sil y peut adufehir quelque incommodité î cer-tes le dangerdeles tenir vnies eft' beaucoup plus grand* Et peut adùenir facilement , qu’on fe trouue defourni noh feulement d’vnepartie mais de toute làprdüifion faite. V.S4âura bien entendu, comme nàgueres la foudre tombant à Naples fut le tant renommé chafteau de Santlino,emporté toute la poudre i comme aufïî en vn autre lieu de Lombardie,& à Litigheh en Fri-, fe*Exemples defquels on fe doit feruir,pour tecdgnoiftrele danget.Et qu’ a-ilint il au Roy de France Henri de Bourbon es guerres menées contre ces e-ftats : ayant amafle toutes fes inunitions en la ville d’Amiens, lieu, comme il fettibloit allez corhhlOde pour tel effeéfc ? Affauoir que par ftracagemé 6t vail-lantife des noftres il perdit & la ville &toutesfesprouifions faites.
- Geh* le déllrerôis bien fçauoir comment cela fe fit deuant de pafier plus suant.
- Càp. Son Àlteffeeftantaduertie par lès gouuerneurs des frontières d’Attois éc dë Henegau que le Rory de France auoit fait fon arfenac pour la
- de èc defenfe, & que les bourgeois trop afifeurez n’auoyent gueresde
- U iVwlv+3 WlLdO Ulld ÇUwUlUULCUWJ vil Vil tlwliu W)CUUU JC1 ut UUU UldlUl
- qiiês fôldats defgtiifézèh Villageois,âuec vil chariot défôiiig, fedüèlils iriet* trôÿenc delîoüs lé treillis ou lès Barres de la porté pour en empeichér la cio-ÛuttyâticéÜXàccotïWùgnez d!vn qui portât vn iàc rempli de noix, pourdi* «értirles gardes, iiifqüês à cé qu’ils àuroÿénteife&ué letir déffeihg auecld chariotj&pâr ainfi fairerelpreuué,iî fans grand btuir on fe potirrOitfaifirdé laditte Ÿiîlé: tjSdui en fin fe fit fi à point,qU’ils én paruindreht à bout. '
- Le port^mbix marche deiiant iufquès aux portes ; ou fort las il deual le ibfifkcpourrepofer vripeu i cependant voici le foin & les villageois conducteurs dittent aü lieu deftiné : l’autre les veut fuiüre}mais fe Voulaht techar-*
- fer de la Comme,le lourdaut làiffe tumber le fac à rerre, les noix,auec grand ruit &rifée des circomftans,s’efpatdent,lés guettes en véuleht cueillir leur pafct : cependant ceuxqüieftoyéntau cloftres’approchent, les villageois fe
- auCC toutes lesprouifiôns du Roy.
- ' Gcn. C’eftoyent certes de bradés 6c vaillants fbldats dignes de tout hottneur. Mais les magasins Ou arfehacs efiaht drefiez ; entendons au re-fiè dés chofes tju’il y faut mettre à referue pour l’vfege de l’artillerie*
- ProieÉ de toutes fortes de munitions defqueüesilfaut que lesârfîiïmsfiytnt tàufioursptôums, afin que toccafioh fe frefintent defaire marcher ïarmée a timprouifie, il ny ayepmtdedefam des chofes nteefaires.
- Balles.
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- Del’Artillerie.
- Ballet.
- fPOO.
- Dé demi canon uooo.
- Pe quart decàno 14600;
- pé quart de côiubrihe /Oooo* De poudre 4066. quintaux*
- Pcsmcfchcs 5ooo.quiiitaux. P u plomb, aooo.quintaux.
- Des müfquet$ 100 o*
- Àrquebus 2000;
- Des hautbergeois ou curaces tant legeres * quédoublës auec leurs môriëns 2700;
- Del piftoles & carabins pour les Ri* ^ ftrës 1500;
- Des lances £00*
- Hardes des pionniers (f autres.
- Des pâlies de fer &ood;
- P es no y eaux 4000*
- Des pies . iQoQ.
- Des ûrpes & petites cognées à la main* 100Ô.
- pes coignées à deujc mains. /op o*. Des p eçi tes corbei lies pour pbrtér la terre es tranchées. lèoo;
- pes fac$ de toilé pour lé mefine* idôo*
- pes bruettçs pout icmefmè 506* Des ckarretiësà vnchcüal pour le tftëfmé* 1004
- Dés (elles àuëcIeurS appartenances pbuf les chenaux limôniers yoo. Toutés fortes dé ebirdages 1060. q* Toutes fortes de fer Ôé çlàuaçoii /o 6 6. quintaux*
- & Ponts artificiels auec léûfs cbâ* riéts;
- 35
- Quelques tonneaux auec du bitii-mc j pbix i eftouppes, & autres choies fembiablcs pour les feux artificiels.
- 50 .Lampions,auec quantité fuffiiàn-te des anneaux empbifez. /oô.Lantcrnesichahdëiles 2206,îfe Bonne quantité dé peaux de Bœuf# de veaux, pour làuér refraifchir, l’artijjlieré, te couunr la poudré aux façons de guerre*
- Pour t^Artillerie*
- 3. Fufts de canon.
- é* Fufts de demi canon.
- 4. Fufts de quart de canon;
- 8* Ghariots longs pour charger lés canons; .
- ii* Àuâhtrefnes,qüi font les parties dedeuât d’vnchariot> fuflefq.uel* les oh rëpôfe le cul du fuft deî’ar* tillerieau charriage.
- Bonne quantité de roués ayx,timôj$:
- &aucreshaihois de charriage*
- 4. Giimdaux aüeéieursàppartenâ* cê§. i . ;
- 4i Martinets, ë. Cordes àlatnaiii* Vncabrcflant auec üès cordes &pi* les.
- Bonne quantité, de tables de pin
- , pôurafreürer &foutter Içs mines* Quelque prbuiiioniPBaftués,mat* teaux&Coings. ;
- Qüclque quantité de tdécès fortes déformés,bu môuîdesjpoürfairé .. balles de mufqüets & d arquebusl Deux grands mortiers dé brbnfce, Sixpetarts.
- Dés çiièiUef es > nettoÿeürs & autres ( femblàbles feruicës de l’ârtiUen, ^ rieîfélbnia qualité & quantité;
- 6 e n* Véritablement il faut de gr ans âppfefts & frais pbiâr la güérfe* -Mais Faifons maintenant vné minute* de ce qü*vh Generâl âuroitapour* ueoir,tànt pont la hécéftité de üoS trente pièces; que de toiicé rarmée,en cé qui éft 4c fâ charge.
- C a P. Sélbn que la iôürnéè fetoit longue fe faüdrôit faire la proUiftoti des munitions 3 aueCva nombre Competent, des chariots 6e dbeuauXpour leur charriage:# né fâchant ceci,.on n’en fcauroitaufti faire le compté iiifte, T outesfois pour enpouuoir i efoudré quelque partie: le ferois d’aiuis.qü’it
- £ füjfiroil
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- 34 Second Traicle
- fuffirbit,fipour le commencement, auec leconfentimçnt du chef deî’fâ^ treprife,& de fonconfeil de guerre, onfift la prouifion feulement pour /y. iours : pour lefquels ( foubs correction toutesfois)il y faudioities ehofes fui-uantes.
- Pofons (pourexemple) quelefditteS3 b.pièces foyeiit reparties ainfi; que les 9«foyent carions, les 8. demys canons, les 6, qüarts de canons, & 7; quarts de colubrine,quifondes pièces ordinaires de campagne: Et quelle prefentaft que durant ces 15*. iours,' chafque canon tiraft 8» lé demi canon 10» le quart-12; & lapiece de campagne 74. coups J Et que d’auântage il faudroit battre vne ville en vh ou deux endroits, ou bien battre bien inftam-mentdeuxchafteauxàlafoix, pourofterlefécours à l’ennemi, & efnpef-cher (es réparations : . Ilfuffiroit fi pour le commencement oneuft la prouifion pddrquattre iours, pour 30* coups àchafeun eanori^ièpouuantpour-ueoir du reftede qu’ilfaudroit, desmagazins ouarfenacs prochains. Laquelle prouifîdri , à mon aduis fèroit battante pour de premier à bord drcfi fer vnuege, Scie déffendre* iufques àce^ que toutes les autres munitions riëceflaites, y fuifent amenées; Et ce / pour efpargner de la peine & dei frais : principalement s’il y auoit defaut des gens ou d’argent, & queJePrin-eeouchefdel’entreprife, ne fut trop riche &puiïTant. Mais quand dé cecÿ iln?ÿ auroit point de foupçon: Peftimerois eftre plus'expédient, que tout du commencement ori y amenait le prouifion entière, tant des munitions que des vi&uailles pour fix mois, qui eft le temps plus long, qüe natiire méf-me permet eftre eri campagne i fingulierement en ces pays froids, efquels deuant le premier de May,on ne peut marcher,par faute de fo uriages,& autres neceflitez : n’y demeurer queiufques en Oâobre,à caufe du froid, & a-bondance d’humiditez.
- Or pour retourner à noftrepropos de la prouifion pour 15. iours ; Ii faudroit àuoir pour chafque canon, àraifon de huit coups pari0ür,i2.e>; balles» & pour iour les neuf il en faudroit auoir mille & huitante, quipefe-tfbnt 43200» îb. Et de poudre fine, a raifon de 2o»îfe pourchafque coup* jntfoo.îb.
- Pour /•$eûups à chafque demi canon,il faudra auoir ifo.balles,&poùf lés 8.i2oo.quipeferonti88oo.îfe»
- Pour/2.coups à chafque quart de eanen,i Somalie s, &: pour lès 6.1080; qui peferont 10 8 o © .Ife.
- Pour i4.coup$ à chafque quart de colubrme,6u pièce de campagne, il ÿ faudra audirzid.bailes, & pour les fept 1470. qui peferont fèpt mille trois cent cinquante îb»
- Dela poudre,à raifori de zd»îb pour chafque coup de carion li.îfe pour demicanon: 6;îb pour quart de canon. & 5»îb pour lapiece de camp. Ilefl faudra pour ledit téps de iy»idurs 49830. îb. Sans laquelle pour la mufquet-terie & l’arquebuferie, pour le moins il enfaudra auoir encor 40000» îb. laquelle cependant qu’il n y aura point dé combat ; fera comme vne depofi-te,pOur la (amenante neceflité» Et fi d’autre part à caufe de plu'fieurs attaques , courfes, & efearmoufehes, il en faudroit dauantage : ayant la cam pagne ouuerte & libre,on en pourroit tous les iours auec gardes fbiiifàntes apporter affez.
- Pour lefdits mufqfietticrs & arquebufiers, il faut auoir 600. quintaux des cordes eu mefehes; font 60000; îbt & en balles de plomb pour lefdits
- 4©ooo»îbw
- îtenx
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- Del’Artillerie- 3?
- /5Go.picque$,pefent ^QQp.tfc. aoo-piftolçs pefeht idoojfr* jôo.làricesjpeîentiyoô.îfe. . foooffioÿeaux,pefentÿQOQ*îfe«
- 300. picqùes,pe{ehfcij6o*ife.
- Joo.cdignéës pefont50Q.it>- t looo.forpes où petites coighées,pefent 41 oo.tB* i© o.petitës çorbeillçs-peCuuUoo.îb. lôoo.façs de toile pdiir lés tranchées,pèlent z*bo lyoo.palîes de fér,pefonc iajo^ife. ia.Efohellës pefehtiôôdb.
- De forte que tout cepois monte a 35^68 o.lfc: qui font la chargé de 29/4 chariots,à raifoii de iioô.tp; Ou ù-quintauxpoür chariot
- , Dauatagepour 2O0.felles&çpuffins dé çhèuâuxhftiahniers: éçè.pafc res d’eftriüieres,2odipàires dé cordes d’atteüer * iqq. quintaux de for & éla-uaçôn.qüelques àncreSjCordes àlarriain * guiiidâux, tohnëaux dé litume U poix : chandelles j graille * Ôç autres manutes j il faut auOir ençor/é.ppur (es tentes y. & pour le rëfte du bagage 464 chariots -• dé forte que la fomme en montera à 356. chariots*
- Gesr* Cefte prouffion éc ordre du train me plait finguiforeffigne; Mais dittes moÿ Mofiëurle Capitaine * foifant laprouifioh pour quinze iours i efquels il foudroit tirer cpnçinuellenieht pôurqupÿ ne Compte^ Vous que fi peu de Balles U poudre i faëhànt toufosfois que s’il ÿ aUPltdé l’eicarnioüfche * oii à PiriüpOutueué il foudroie fotçér quelque Viljf ; qU ichaftéaù j il en foudroit Beaucoup d’auâhtagë \ Ét s’il fë prçfonieroit que tout à l’entrée ii foudroit Ordonner vnë batterie > îë fuis âlfourçquë pour faire là brefehë cOmmë il appartient , toute celte prouifion n’ÿ luf-firoiti
- Cap . Pourroit bien eftre, fi telle place battue des le mâtin iulques âûfoirne vint ( ce que toutesfoisiene doubterois) à fe rendre. Ioiiiét qu’ayant compté pour chafcuri canon 120. balles, pour le dëmÿ ijô.&poUrië quart iSttfc&poude quart de ddlubrinp ijo* p ourles if .iours ülfdits : il ne S’erifuié^urtant que tdus tireront continuellement, noyant pas toüfioürs lamëfthédccafian. Étaduiëiidra quel’vnëiiefera queiid’àtitre ië* l’Vnd plusjfautrè moins de coups i voire quelques ynës n’en feiront iiül i comme auffi l’occâlîon de tirer ne fë prëfertte pas toülioürs; Et po fez quül febrëfoh-terOit vüebieri rüdë & furieule bataillé.' ëllë hc pourra durer troisionrs: voire ne deux; Èt qu’il s’y prefoiiteroit lfoccafiôn de tirer Continuellement ( comme il aduiiit en la iournéë dé Ràtisbonnei de l’Empereuf Charles Va contre le düc de Saxe & le Lâiîdgràue de Heflc, en laquelle de chàlque parc furent tiiéésîooo-ballesjilÿàuroitiionfoulenientsopoimàisaülîî i es| da-üaUtage j àlfaüoir 4830; ballës; elqüëllcs oh trouneroit pluftdft defurplus que du deffàut î Et l’ennemi tirant auffi de fon cofié 5 ce nombre fefaàCctèü de Beaucoup. pourueuqüé(cdmmeilfout auoirfiugulier ëlgatd j liOépièces foÿeric de plus grand Calibre, que celles de Fennemi i en forte quë lùÿ ne fe pouUàrit ièruir dé nos balles, nous luÿ puiffiohs renuoÿer les fieiiiies;
- Mais quant à la poudre * ÿ ayant apparence de femblable ëuëhëftiënr^
- E i lënê
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- 3 6 Second Trai<fté
- le ne voudrais eiiipefcher qu’on n’en fit plus liberale prouifion: eftimafi€ que pour tirer continuellement les iy*iours entiers : ilyauroitaflez,&:trop, de io oo.quintaux* Me remettant toutesfois ( comme deflus ) à l’aduis du chef,& de fon confeil de guerre ; & concluant ainfi que V. S. defiroit de fca-uoir quant à ce point.
- Gen. Mais quel ordre & prouifion y faut il pour les attelages, qui pourroyent venir à défaillir t
- Cap. 11 aduientfouuent, tant au chemin,qu’au fait de la guerre ,que les montagnes détaillent, dôntauiïiilyfaut pourueoir auec grande difere-t-ion: aflauoir d’en faire prouifion d’vn tiers, en forte que pour jo. canons ou demy canons monte z il y ait toufiours io,fufts prefts pour en vfer fi la ne-ceflité le requeroit* le di s canons ou demy canons : car pour les quarts 6c pièces de camp, eftant entiers &bien faits, il n’y a point de danger de defaut*
- Et ce que i’ay dit d*vn tiers, s’entend des lieuxefquels on a quelque fleuue a commandement, qui donne la commodité de conduire à bafteau ouplattes,toutce qu’on demande,qui eftant mis à bord, auec peu de peine & charriage eft tranfporté au camp, & la ou on s’en voudroit feruir,de forte quel’armee n’en eft tant chargée,comme quand du commencement il fau-droit apporter toutes les prouifions par terre.
- Gen* le l’entensaufli ainfi, Mais quand l’eau defaudroit, quelle prouifion lèroit requife.
- Cap. Puis que ViS.Illuftre y prend plaifir de l’entendre, ievousde-duiray tout ce que i’en ay veu 6c appris,notamment es frontières de la France, ou eftans deftituez de la commodité desfleuués nauigeables,nousne pouuions foulager l’armée de la charge du charriage*
- Gen. le vous prie de m’en faire part : Eftant requis qu’auec grande prudence & induftrie on le préparé à tous euenements:
- éJ^Qote de laprouijîon de l’attelage pour trente pièces d’artillerie , tirées en cam pagne.
- Cap* Pour 5>.canons,8.demican.64quarts, 6c y. pièces de camp, fùffira pour fuppleer tout defautqui pourroit furuenir,ou au chemin,ou au be-foing de la guerre, la fiiiuante prouifion. Aflauoir pour les nàuf canons trois fufts,&autrement pour les 8.demicanons*Etpourles ^quarts &le relie i. auec cinq chariots bas de charge, auec quelques leuies de fer^pu pieds de cheure* \
- Item lo. roues pour lefdits fufts, huit grandes 6c huit petites\roucs pour les chariots longs 12. auantreines, /o*aixde toutes fortes auec proui? lion fuffiiânte de fers &de doux pour les roués fufdittcs.
- Et peut eftre qu’en vne iournée on auroit de befoing de beaucoup d’a-uantage, maisaulli aduient-il,que de ce qu’auons dit on en ait de lurplusxe-pendantle bon 6c curieux General doit eftre zeleux de fon honneur en ceft endroit,d’auoir toufiours l’œil lur ce que en fon entreprife luy pourroit cau-erq uelque faute,& principalement quant à l’attellage de l’artillerie il vaut
- mieux
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- îïïiéuX d’en âüoir du ful-plus : confîderant que quelque petit defaut mèttroit fouüent toute vne armée en danger, ou pour le moins la contraindroitde quitter quelque bonne occafion*
- &en. Ma foy , comme i’entens il y gift beaucoup qu’on (bit bien pourueu&efquippé de routes pièces. Mais quant à ces chariots longs, ne ierôit-il pas mieux que les pièces allaient principalement en lieu plein montées fur leurs fuits,afin que l’ennemi fe prefentant fubitement pour attaquer ou forprendre le train,on luy peut faire kfaluë, en forte qu’il fut contraint de lè tenir bien loing ?
- Cap. Iatnais V.S. Illuftre ne poutroit allez remarquer l’vtilité & commodité de ces chariots au tranlport ou remuement de l’artillerie ; e-ftaiit non feulement trelpropres à c’eft affaire,mais aulïi treficommodes en autres occurrences î Comme pour mener des ponts,des nefs & autres lèfn-blables chofes de grande charge* Et eftant bcfoing de faire vnpont à la halle d’arbres & farments : les plus grands arbres peuuent ellre apportez facilement en ces chariots. De forte que i’oforois bien alfeurer qu’il n’y ain-uention ne machine plus propre au train de l’artillerie, que celle cy* Ioint que (comme iladuient ordinairement es lieux pleins) l’ennemi enuiron-nant vn camp le voudroit attaquer en plulieurs endroits y ces chariots auec leurs greffes perches entre les autres chariots vuides foruiront pour faire fu~ bit vn bon retranchement au lieu qu’on deliroit, en forte que l’ennemi, principalement de fa cauallerie, ne le pourroit endommager aucunement*
- Dauantage il faut aulïi confiderer qu’vne groffe piece d’artillerie fe conduit beaucoup plus facilemét lurvntel chariot,que a les irouës hautes 6c déliées, que for fonfull,ayant les roues pelantes, grolfes & courtes,principalement s’il eft queftion de palfer par lieux humides, fangeux, & lablonneux. Et de fait aulïi n?eft il pas lî pelant* Car le canon en tel chariot ne pelé que 7^44* îfe , pour lefquelles attelant vingttrois cheuaux, il y aura pour châtain $*8*îb: &furfon füll il pefera 8600. îfe* defquelles pour leldits vingt trois cheuaux, ily aura pour chafcun 374* ceftàdire quarante cinq îfe dauantage*
- Et comme ceci eli d'grie de conlîderation, ainlî ne doit ellre melpri-fée ;que lion rencontroit vn chemin difficile & bourbeux* on fe pourroit dëpeftrer plus facilement auec ces chariots quiontla roue fubtile&haute, & le corps e iuier,qu’auec le fuft, qui a la roue baffe & pefente * & auec cela, combien que ioint fur l’auantreinejd’vn corps diuifé de meutte bien difficile & contraire*
- Et quant àlafubite attaque’ de l’ennemi, il ell bien vray que le cation marchant monté fur fonfull,il pourroit ellre plutoft & promptement re-pouflfé : mais ceci le peut aulïi bien faire auec lës communes pièces de campagne toulioursprelles & plus maniables. Ioint que quand on marche aued la deuë prudence : il n’aduiendra iamais qu’on foit alfailli li fubitement qu’on rnaye du temps à fuffilànce,les guindaux & autres outils ellantsprells pour monter l’artillerie & la cojlo quer aux angles du bataillon, en forte que fans interelfer les amis,elle offenfe librement les alfaillants ennemis* Car le camp marchant comme il appartient,& en ordre côuenable, il y à toufiours en l’auantgarde des piétons & cheuaux efquels necelfairement l’ennemi fe rencontre*
- E 3
- Ëtfâl-
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- Et faifent fes approches des coftez,cé qui aduient rarement, il y a de mefmë & en rarrieregarde,gensà fuffifençé pour côuurir rartillerie: de forte que (les petites pièces de càmp,iouàiit cependant) pour ordonner la grande artillerie felon que l’ôccafion le requerra * il y aura comme dit eft,& temps & commodité à fuffifàncë.
- Êt faut il âùfli kotér cé poinà, que le canon, en tel endroit, s’il n’éft chargé de càillôux,cloüx,ramailles de fer,loppins de cliainès ou autres fem-blables mattieres,rie ferà plus d’effet que les pièces de camp. Et que Y Si s’afTeure, qüë lé Canon fe rèferùe pour les batteries éc mines des murs & forts i la menue artillerie eftant fuffifànte,comme àuflî plus maniable es autres occürreiicesi
- Gen. Ce beau difeours, duquel auec vii ordre Ci propre & conuenà-ble des prouvions ncceffaire: i’entensaufli la grande experiehee que vous auez acquife es guerres pafTécs; m’a fingulieremenr coritenté : & eri particulier là commodité du chariot * duquel il faiit que le confeile, qu’on ne s’en fourbit pâfler au train de l’artillerie^
- Cap* Gëpdürtràitfig^/monftre non feulement fafornae & fabrique,niais aufli combien il eft propre,tant pour la charge des grandes pièces^ que pour autres vlagës;
- Gen. I’eii voy bien la commodité. Toutesfois èri eftant deftitué l’eftimerois que lëS charpentiers, s’il y aduint quelque defaut aux outiis de l’artillerie,comme des timons, roues, aixjfufts* ou autres telles pièces j a-yant du bois à fuffifance par le chemin, èh pourroyerit fournir à fuffi-iàncè.
- Cap. Bien difficilement. Car le bois pour eftre fort & durable* doit eftre couppé & préparé en fa faifon. Toutesfois la neceflité ma point de loy h & ne pôuuant plus il s’en fàüdroit edtttentër & ferüir pour deux ©ii trois fours : m’afïetirant oupdurle moins craignant qu’il y aurd it de la faute aubefoing.
- Gen* Certes c’eft vne ihaiiuté tref-accomplie de tout ce qui eft requis pour l’attelage de l’artillerie* Toutesfois vous prie m’efciaircir eii-Cor ce poinft, affauoir quel bois ferà le plus propre pour femblables affaires;
- Cap. Il faut que letoüt fefacedc bonbois,fort &dur, comme! d-Üuiers, chefhes * ou noyers $ ou autres femblables : Combien qu’eri Ë-fpagne, principalement à Melaga, là plus part fe fait de populiers,corï-duits de Rome de defoubs Granàde for lë rio Chenil par chariots à ceft
- î)upoids des armes Çf diftnbution d’iceluÿ es chariot Si
- Gen. Eftans vequs -fer le propos dds àrniës & du repartiment du poids d’icelles,le vous prie dite* moy * càmbieii pefera le mufquet & les autres armes à l’adueriarit. .
- Cap. Le mufquét àuec tous fes apprefts dëflafcoris & fourchette, pefera eriuirdn de ^.îfe.vriarquebus io.îfe.vncpicque &ib. Les pâlies > hoy-eaux,&piCqués^l’vnjpaf mi l’adtre eriuirori y.fb.Vne ferpë 4.fb=
- Gen. Àinfi fatidroitil bien au oir 2.67. chariots.
- Cxp.Ôuy,
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- Del’Artillerie. 39
- Cap* Oüy 5 maïs fans ceux du bagage ,-entre lequel toujours fe charge quelque feruicc pour l’artillerie.
- Gén. Combien dont y faiidroît-il atteler de cheuaux,tant aux chariots qu’à P Artillerie*
- Cap. Pour yn train tel que nous auonspofé de ?o.pièces d’artillerie il faudrôit aiioir rieceflairemerit 15T 4. cheuaux, les 588. linionniefs podr co-duire l'artillerie^ les 936. pour les autres chariots* Et s’iléft queftioh de pouts i bâfteaux, 82atttrefc feniblàbles prouvions, il èn fâudroit auoir ërtcôr dix d’aqanrage,
- G e n . Combien y faut il de cheüaux pout traîner vnépiece?
- Ca p. Poiir le canôn il en faut pour le mbins ±3, Pour le demi /f. bu 17. & pour le quart 9. Mais par deçà félon l’dccaîion des chemins,en augmeùtans le nombre, 82 pour le ëanon,nous attelons 30. Cheüaux,pdtirie demi 13.& pour le quart 13. Bien ehteüdu toutesfois, qu’au canon le$ 7; qui Surmontent le nombre de 23/e refer uant fi la pièce va en fon fuft, pour tirer le chariot -, & fi en chariot,pour tirer le £uft,&: ainlïdes autres pièces t de forte que nous employons 10 o.cheuàux plus qu’huons dit de l’ordinaire.
- Ge Ni le défirerbisbicri fauoit le pois du demi canoti, monté en fon
- fufti
- Cap* La piiete nuë pefe 41. quintaux, & auec fon fuft bien Ferré 50. quinraux* Eteftant attelé de iy* chenaux, comme on voit fenlafigure ^ il bn viendra a chafcun 3 ‘ quintaux, qui eft le plus qu’on en fcauroit donner par toute l’Europe : combien qu’en ces pays moittes 82 fangeux on en attaile 17* pour amoindrir la charge 82 lé trauail des cheuaux
- Gen* Et combien de cheuaux font donnez a vn aütre chariot ?
- Gâp* Trois*
- Ge n. Et combien de pois pqurvn çhâfeUn cheuaî ?
- Cap. . Pouryn chariot onkiydonne de chargé ordinaire if. quintaux fans le poids du chariot mefine* qui nfe viéndraàmoins de 4,quintaux* Deforte que pour chafcun eheual il yaiira eauironyj quintaux.
- Ge n : De cefte façon il y aura plus etc charge tirant le chariot, que pour vn limonqier.
- Cap. C’eft bien à iufte raïlbn: le chariot ayantrouesj>Ins legeres qu’vn fuft, 82 les attelages plus courts & faciles* Ioïnt qu'il importe beaucoup que l’artillerie liiarche plus legçre & promptehieitt qüë les chariots* ,
- Gen. C’eft vne elegante St bonne raifon qui contente fort bieni niais dittes mcÿ cominènt font repartisles reftes des,chariots do bagage?
- Cap. N’aÿaht le (oing d’autres charges de l’armée, qui né font du train dé l’artillerie, ( comme fonueiit ileftaduenupar deçà qu’il a faillü faire ledée des chariots pour autres eftatS 82 perfonnes, qui autrement fe déiiô-yent poutueoit à part ) nous en dèdüirottsfeulèment ce qui nous attêuchè. Alfaubir
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- 4°
- Pour le General de l’Artillefie* 6. chariots;
- Tour deux Lieutenants.» à chafçuh deux font 4.
- Pour le conteur à.
- PourlePagador .......
- Pour le Maiftred’HoftcJ 1,
- Pour le côriiniiiTaire des montres i; Pour trois gentils-hommes 1. dont en yayant/pilleur faut f* Aux charpentiers pour les guindàux & autres inftruments i*
- PourlçPreuoft . L
- Au Maiftre ijuartiîleur i*
- Premier Traité
- Pour 1 ;s fers & àppreftsdes maref-chgUX . .
- Pour I e ; Maiftres ik U cbarreterie 1. Pour les charpentiers extraordinaires
- Pourks ingénieurs desfeux Pour les Ingénieurs des forts JppitfleDd#eUr&Chirurgiens, Pour l’Apoticaire Scfes drogues Pour lesmine tirs Pour k$ pionniers Pour les mariniers <8c caîfattes Pouriestëntes&la chappejje Qui font enfemble 41* chariots*
- Èt ÿoik lé compte qu’on à de édüfiüme de faire au train dd (à Maiefté, quitoutesféisfereftreintentempsdeiiecdrité.
- Gen. À ce cdmpïe là,il fàiidroit faireleuée de 3 0 ô.çhariots.
- Cap* Selonl’opportunité dé là iournèe.En lieu ou il y auroit vn fleu-ue nauigeable;on fe pourroit paifef de moins : mais li non i on n’en pourroit auoir moins* ;
- G % N. Èn outré Vné armee hé fe pourroit élle bien exeufer d’vn pont* . ' .
- Ga p* Ouy bieti fi on eftoit poürùéti dé plattes & batteàux : dès plâtres pour paffer l’artillerie,cheuaux &charîots,&batteaux pour les pi ettonsj mais cependant e'eftvh affaire qui va fort à là lorigUe; Dôntieiügele plus
- ......... ‘ Ëcpdurroisbienràcom-
- "Hhentî&âucô-ti.Ee Voici Trék
- llkiftre Seigneur ce tfuièftoit a dire detâ d’heüè proüifiori pdijr le ttainde rartilleriejconéluahtauéciafigure quitiionftre comment il faut àtteler vné pfece,& admoneftant le General d’eftre fîngulierement curieux, qûè pour l’efqui page de fontraiii rien ne defaille,y allant de fon honneur &delaprd* iperice déroute yne armée*
- Dialogue li
- Detoptes&pèrjomei dutrain detartilUrii.
- Est* î’aÿ entendu tout éé qüfcôftdé rcquefee de l’artillerieimais des éfÜces Sç officiers deçéttairi * n’eriaÿant iufques àpfcfeütfkié "aücUttc jHerition* Iovdusprié do m*én donher quelque pdtitc de^
- Cap. Cela fe petit faire bien aifement* Prémiereméht lé Genefal,
- ftel,auecfes officiers &âides* félon l’occurreftcé delàneceilité, ècvricom-
- ________________r____^______________________ , épeü_______________
- feulement expérimentées & hohnorabiès > mais auiÜ de crédit^ ayant à ma^ niettouslesffaisdUtraim
- Lcsfui"
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- £ jvi<x
- JïjJ'iMi ~\impJâP svj>
- • wvjtuû'J njo q^uiod nv. siugjpMVj jaûo^ zjnpJ~jt liœwiuo'j
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- Del’Artillerie. 41
- Les {uiuants font nommez & esïeüs del’àdueu dugeneral î affauoir 15. gçn^shomm^^üi&ÿehtat^^enc^e'nâiiëiitezdé l’artillerie: il. con-dateurs : 4*Çohnëftàblès,8o.arûi^ ou portefaix,2* feirrüriers
- où forgerons. 2. marefcliaiix* 4.ciiârpentiers drciinairési Âufqüels tous fbntamoùftez leurs aidés, jô; mineurs aüëc leur chef* i. charréttiersa2+cu-üeliërsv 3 b. cliarperitirs extraôrdirtaii:es aùëc leur fuperifeur Srhiàiftré. ioô. mariniers,principalement s’il y a desfleüuës* 2. Ingénieurs des feux àrtifî-ciéls. 6. pétardiers; i* Ingénieurs dés fortifications; i; Preüoft aüëc foii Lieutenant ôç hàliebardiers; i; Mâififë quartelier. i.Dd&eur. 2.Ciriir-giéns* 2. barbiers* i* Àpotiqüaire* Vil budéiix mille piorihîers. 2; t'ëti-qiers àuëcleürmaifi:re,ôc/.Chapëildri; Qui tbusenièmblëfontbfficesiînê-ce^irés qu’ori ne s’eii pourrdit paifèr.
- '•Ge n4 C’éft allez pour le pf èfënt eftant délia tard, éc temps de nous fetiret; Demain,s’il vous plaît f nous tràittërons de l’obligation de chalciiô ën particulier tant du general jquë du moindre défoh commàndemëritâ
- Dialogue 5,
- hgatwn de chafcun de ces officiers , Çf premierê~ ment det office du gêner al,de ce quiyejt requis, & continent il fè doit acquitter déjà chargé;
- ^ ap 4CommeTref Illuftre Seigneur il vous a pieu me commander hier,nie voici pour pôurfluiure noftrc propos éhtâitimé.
- 1 Gen. Ce mellpas feulementbiëiï^it j niais àiüflî m’enb-bligei grandement* lé prie dpnccjüës de m^ëfilâirçif ce1 poinâ: tpufchantfobligatibn de cHafcuti des Officiers èiiparticuliéf; Et àflrtrde te» nir bon brdrp,commencez de liperibrinëôé chargé âli Geiieral;
- Ca p* Il ÿ à bëàucdup déchofes coricéthantéS ïa Chargé du ëeiieràî de l’Artillerie : efquëllës aùlfi kiéfiiies il èfl: requis, qu’il fôit d’fàï naturel doux & bien conditionné jamiable Bt béning êhtiërS totiS Cëdx aufqtfëls il à affaire; & printipalertïént es combats de batteries i qrt’i lèmbnfe riïdgnai
- {àrit les tirs bien àddreflez^jpoür leur dorinët courage ôc defir de faire tdufc. iours mieux; Qdjilfbit àùfïi ennêidi capital deS biaiphemateiir$,ÿur6ngh;è§j detraéteürsiôé autres féniblabjës canailles* puniflkn t àuée là d^ëiie rigueur* {dit de parolles du de fait * céux qui fëront furpris en telle malice : Qtéil àd-Midnéfêe tous fes cotttmilTàirés d’àudir foigneux elgard fur leùts gerts qüi font au logis* du au fourragé * fëéohteritansde leur ordinaire,ils rte fïcèiifc tort à perfonriç * rte ttaôleftent lés payfans j 6c qrte cèluÿ qui fëtoit ftir’pïris eri femblable afFairë/oitpüni; ,
- Aux chefs ôc conimiflàirës dés pionniers-* qu’il récoiiîrtîàhdë de tenir la main dépres fur leur fuitté,qu’aii coüpperle bois,fagots,&autres fériibla-blés riëcéflitez, iis n’ëiidommagëht iesarbtésvtiles bu früiéhérs* &ëftârit' enuoyez douant le cairip,poitr dtëfler& acçottürîoder les chertiinS * ils et pargnënt autant qrtëpôffiblé,iefdits arbres ,' punifiàtft ceux qiii rte Voiidro'-ÿertt obeyr*' Et fi quelque dotnriiâgé fuft fait par lës:fôldats * aftraihdré lés
- ëoirts‘
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- 41 Second Traité
- combien qu'es places des ennemis,ils ne rèçoiuent point l’èxcufè ordinaire furiceux,pouuantadueriiir, qu’apres peu de temps ils feroyent faits amis; auec confideration qu’endommageant les arbres Fruitiers, ils interefleht non feulement quelques particuliers, mais toute larepublique, fele camp mefine, qui marchantàla iaifon parce chemin, poürrôit ioiiÿr dé leurs fruits.
- Dauantage qu’il faice remonftrance à fes Lieutenants, de prendre gai:-de,à ce que ceux qui leur font commis,foyent gehtilshommes,6u artilliers, ou autres officiers fe contentent en leurs quartiers, de ce qui leur fera ordo-né,fans caufer quelque efmeùte : fe les quartiers fe Faifàns, qui autant que faire fe peut,les iardirîs & champs fomez loyënt excufez* Toutes lèfquellés chofes,combien que de petite apparécé,font de telle qualité,que le general en ayant le foing,comme il appartieritjfe fera aimer, eftirner * & honorer de toutevnearmée. , . .. ^
- Gen. Cefont,par mavie,despoinétsbien dignes de cônfidèratibri, iantpourladefohargedelaconfoience,quepourle fidelleferuice du Prin-ceiefquelles le General,à bon dtoiift s’acquiêrt & honneur & réputation; Mais ie délire âulïifcauOir les obligations particulières du general > es Occa-iionS de la guerre^ comment il s’en doit acquitter.
- Cap. Premièrementquand l’arrhée marché, qu’il regarde quefcti train foitcoufiours le plus ferré & recueilli qu’il eft poflible: l’arrieregarde s’enrefentent delà commodité : & toutef armée en eftantplus àfon aile: cat C’eft grande peine & trauail pour lés foldats qiiand ils font côtraints de marcher trop larges & efpars: , . T
- Gen. Eftants tunibez eh mention de céci, le vous prie de me dire quel ordre il faut tenir au marcher de l’infanterie,cheuallièrs, chariots, m ü-nitions,vi£tuaiiles,& l’artillerie auec toutes fes dépendances.
- È)ap. Eh cecy Trëf Illuftre Seigneur, I’elfayeray de tout mon poü-uoir,de vous donner tout le contentement pôfîible. le dis doncques : quh noftre armée de 40 oo*hdmmes, marchant én rang de bataille (comihe il eft requis,&dirons cy apres) répartie én trois troupes: il faut que l’Artillerie,^ auec tout fon train,foit repartie en deux,aftauoir en l’aüangardé & l’arrieregarde* D’ordonner lacauallefieeft de l’officèdu Càllohcî general; font Lieutenant,oùdéfescommifTairés. Les gens dé pied auflï font rangez, du Maiftre du camp,où capitaine general* De mefme eh eft il de l’af tillerie,de laquelle le train eft recommandé à fon general*Et afin que V*S Jlluftre l’entende mieux,le monftreràÿ félon le peu d’expèrièhcè que i’en ay acquifé;en quel ordre cette armée marchera le plus propre & conüenablement.
- Pofons que i’armée marche,auec foubçôn (&:àduis,d’eftre attaquée tac tnbarrière qu’en làuaritgarde* Lors il fera befoing que la poindre, deuahr l’infanterie,marchât joo.cheuaux de güerrë,répartis en viié ou deux troup-pes,ou commeîanecêflitéledemandera; défcôuurahs de tous coftez la câ-pagne,les chemins dangereux,& boffages,par lefcjuels l’armée dôitpaïfer* Apres cés cheuâùxmarcheront, tantpoiif la couuerture d’i ceux quer pour la defenfe de l’artillerie de l’auantgàrde, 10 o o .piétons repartis fembla-blement en vn ou deux efquadroris>èn bon ordre bien munis de leurs aisles &defehfosneceffaires. , ,
- Âpres ceax cy marche l’artillerie : À ràifon, que des trente pièces fuf-dittés,marchant ( auec leur condu£teur,vn ou deux chario ts dé pâlies,& autant deshoyeauXjVn chariot auecdes Soignées,vn auec ferpes ; auéc raifon-
- nable
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- De l’Artillerie.
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- liable quaatitéde pionniers,où mariniers, ou au tres telles gens libres > voire que ce fuiTent que des pages^qni fe VoüluiTent appliquer au labeur, de Élire les couuertures &.defenfes d’icelles,ou de cbüppëf les b ofcages,applanir les voyes pour l’artillerie ) pour le moins enràuântgàfdé,quatre pièces de cap* montées fur leurs fufts,& poilriiéuës de tous leurs Outils, de chargeurs, eftâ-peurs, cordes&leüiesj accompagnées d’vn chariot de poudre, vn déballés & tappons j & d’vn Lieutenantbien expérimenté : quelques gentils-hommes d’artillerie^ncorineftàbiejÂvncondu&euri
- Gefdittes pièces font enfuiUies,de trois quarts de canon, montez auflî fur leurs fufts,âuec vn chariot de poudre * Vn autre de balles & morceaux» Appres s’enfument à paires quattre demi canons montez, oufur leurs fufts, ou liir les chairriots,auecleurs guindaux & léuieS: & finalement cinq canons âuec toutes leursappartenances,& quàttfe chariots depôiidre * &huit cha-
- hommesaftilliets&côridüétctUV
- Apres làdicte artillerie > marchant én ieur tf otippès & bandes bien ordonnées,3oôo.chenaux legierseftansenfinuisdeioooo. piétons, &âpfesi-ceux de toutes les muilitions appartenantes à la moitié de l’armée >affauoir$ ponts,planches,poudre,balles^ Cordés * pâlies , hoÿeaux, picqués, ;pieds de cheure,coins de bois àt de fer,{erpes,hacheSifoyes, & en (pnaffle tous les in-ftruments decharpehtërie , &ferrerie,&ttoutcequefartiÜeriedei’auant-garde requiert. Après cecis’enfiiiuét les viëtiiailles dé laiüoiriédefaf-
- mée,auec l’hoipital, enfuiuis déschariots düprince &c des àutrèsgeiierâux* Ét apres s'ënfuiuent les bâgâges des particuiièrs,de ceux qui manchet en l’a® Uantgarde,&: vile partie de ceux qui marchent au millieu*
- Apres marchent en leurs efqitadrons biènôrdonez /2ôoo.pietds,ayas en queue vne autre trouppë dexhariots,du bagage, ënparrie de ceux du millieu,ëaantceluÿde ceux del’arrie regarde, ettfuiùis durefte des Vi&üail-les,tant des foldats que du Prince,& des embâflâdèüfs*
- A près s’enfui uètit tôütesles^iiunmons'& machines , feruântesàladè* fence de l’arrieregarde,l’artillerie,ponts & batteaux. Apres derechef 8 ù ao t pietos faifans le trofs en bataillon de l’arrieregarde*
- Apres s’enfuiuenten ordre conuenable,defcritenfauafttgarcLe, 4-câ-irons j 4. demi Canons. 3* quarts de canons iiioüteZ en leurs fufts* &finalle« ment/.pièces de campagne ailée toutes leurs appartenances 3 tarie de poudre, des balles,& inftmments,que des perforinesfüftifahtes.
- Apres marchent 200o. pietôns, feriiants aüfla de defènfe èc coüUettü-te tant de l’artillerie que de toute Tarrietegatde : enfuiüis pouf fetret l’armée de f 00. bons cheuaux, âuec charge de biendefeoUurif cefte partie de campagne,qu'elle ne foitàl’improuiftealfaillie»
- L’armee doc marchât en tel ordre, l’ënemi la crôUuerâ aufiibieenfat-riéte qu’ë Tauatgarde, ôcaü fondbië munie,& l’artillerie prôpte pourfècou-tir en tous endroits .Et eftat tOüfiours repartie eti cefte forte ( encor que Par-mée feroit repattie en deux,ou riteftne dettieütaften vn corps * côpf enânt le bagage au millieu) on n*aürâ àdoubter de bonne & heureule iflîië*
- Gek* Oeft certes vn ordre bien côuenablç & vtil, farinée âuec tout fon efquipagè & bagage y eftantgardée , lès cheuâux & piétons bien repartis,^ le tout défendu de l’artillerie. En Vngrie il y aen ceft endroitgrand de-Tordre,toute Tarmée marchât comme Vn bataillon ou Vne trouppe.^ perfon-ne ne Tachant âpeine le rang auquel il Te doit tenir jehofe,que fi elle eftoit at-
- 1? a taquée
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- 44 Second Traidé
- taquée àl’improuifte,ne pourroit que caiifer grand danger. Parquoÿfefti-me que ce que vous m*eri aueZ dit,eft digiie d’eftre bien remarqué, voire appris (commemôy-mefmciel’eflàyerayjpar cœut, afin qiie la necefîité lé requérant fans beaucoup difputer,on fe puiffe rèfoudré maisié vous prie dites moyaufli,quel ordre il faudroit tenir quand l’bceafion le requérant ; l’at-tillerie marcheroit à part ?
- Cap. Alors eertairiéiiieht les Liéutèhants feroÿént les plus eriipef chez.Gar l’artillerie marchant à part en fon corps,iouït de plusieurs particuliers priuilegés: dorit nous en déduirons l’ordre*
- Lé premier rang de l’auantgardè eft couftumi eremènt deé pionniers &lab*oüreürsimârchans fous leurs chefs & commifTaircs, auec cefteaffeu-râce que perfbnhe ne les dfera empefcher ou deuancer, & füft-ce mëfifte dit bagage du Genèraliffime qui eft le premier priuilege.L’autre: Quand l’artillerie marche,que mil àutte chariot ne fe peut mesler parmi fon train , 6 ce n’eft le chariot du threforier,chargé de l’argent, doht toute l’armée doit re-cèuoirfon paye ment, qui combien q mil a fon lieu propre en court,fi îouift-iî deuant tous les autires de ëeft àuantage. Et ofè ie bien afleurer V* S;que fou-uenti’ay veule Gerieraliflime faire paffèr fà cuifine & fa garderobe, en mulets & fommiersipout ne donner point thauuais exemple en eeft endroit.
- Apres lefdits pionniers inarchët quelques chariots de pâlies,hoyeaux,Ôc autres femblàbles outils d’iceux. puis s’enfuit l’artillerie; preinierem ent les pièces de camp, montées en leurs fufts & chargées à point de battaille* Apres les quarts de canon,auffi montez & chargez. Apres lesdeiny Canohê* ou fur leurs fufts ou fur leurs chariots,enfuiuis des canons & leurs deux guin-daux,defquels l’vnva deuant & l’autre appres lefdits canons.Et voici l’auât-gârde; ....
- En l’arriëregarde il faut tenir lé inëfme ordre. Âpres les canons s’eti-iuiuent tous les apprefts de l’artillerie,enfuiuis des ponts,batteaux& tentes, delà chappelle, delarefèrae desmunitibns, &cprincipalement de la poudre & celles du general. Combien qmà ceux-cy on donne atitresfois vn lieu plus commode,afin qmiis fbyentlés premirs au quartiers pourdrefTer leurs tentes deuant que les chariots de poudre y viennent principalement en téps depluye;
- Apres S’eiifùiuént tous les apprefts des feux artificiels, èféhélles, planches,chaires, doux,corbeilles, &facs de terré pour le trenchées* Apres les reftes des apprefts dés pionniers,enfuiuis dés balles, des rtiufquets & arque» bufès,auec le plomb à l’aduenànt,&autres ïnUnitidUs, comme lances, pic-ques,hautbergeoisÿmuf<juéts>arquebufès,auéc leurs appartenances. Et finalement les balles de l’ârtillerie,qui debuoyent bien marcher incontinent appres l’artillerie, mais les fufdittes menutes , pour efehapper des mains des gendarmes, font gardées en leur placé*
- Et en céft ordre eft-ce que l’artillerie marché fans aücùn! danger : toù-tesfois à l’aduis du Maiftre d’Hoftel, &fèlonleconfèilde l’occafio’n qui né doit en nulle manière eftrénégligée. „
- Appres marchent tous les autres chariots duGenetal/es Lieutenants,' Gentils-hommes,^ atfttes officier^ riecefTàires du train de l’artillerie* Auec cefte intelligence tôutesfois que le Maiftre d’Hoftel de l’artillerie porté pour fby & ms munitions cltoifir le lieu à fà Volonté,fans aucune reditte. Après marchent les officieux comme fèrruriers,mai efchaux, charpentiers,' & finalement lé preuoft de l’aftillerie auec le refte du bagage,& des vi&uail-es du train.
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- De P Artillerie;
- Mais fe rencontrant en vne campagne large & capable,fcetrairi,autre-ment allez long,pourroit eftre raccourci,eftaiu parti en trois : de forte que J’auantgarde prit le cofté dextre; le bataillon du millieudefeneftre, efgal-lant le front auec celle de l’auant-garde, & l’arrieregarde j comprenant les piétés del’artillerie auec leurs apprefts*, marche entre deux : dont le train marchant plus ferré &plus court, fera auffi plus, fort i comme la figure 6;
- '* le monftre en ces lettres A, B, C. Et laditte largeur de campagne cef-fant, l’auântgardè'proprement fa quarrie‘re,lemillieu ou fond, enl’arrie-regarde la fïenne : chafcune faiis aucun defbrdre oü difficulté Ce trouuera eià fonrang. . , ...
- D auantage, s’iladuenoit que ledit train de raftilîerie marchant; il y eut quelque autre chariot, de quiconque que cefuft, qui le irouluft de-uancer , mefme len grande tiafte , pour donner tant moins d’empefche-mentjlors le General de fon autorité j luy commandera de s’àrrefter, eftant des priuileges de ce train^à caufe de fa pefanteur & de fbn vtilité, comme du principal & premier inftrument de guerre j d’aubir toufiours ; fans aucune contradiction le premier rang; loiildt que les meilleurs quartiers ôé logis luy font d’eus, àufquels il eft logé deuant tous autres; Ou il né faut oùr bher,que ceux du feruice dudit train iouiflent des mefmes priuileges. Voici Tref-liluftre Seigneur ce que d'efiriez fcauoir de l’Ordre auquel le train de, l’artillerie doit marchera part foy* . . , . .
- G e n . I’en fuis trelcontent , & m’afleufe qu’il eft dé grande importance*. . Cependant ie defîrerois aüflî bien de fcauoir comment l’artillerie & tout fon attelage & train,eftantparuenu en fbn lieu^doit eftre logé..
- Gap. <Gecy combien qü’eftânt des. dépendances du General de l’armée , qui eft donne commandement au general de ^artillerie; oii à Ces Lieutenants: il faut toutesfois que le General del’artillerie ait diligent efgard, premièrement qu’elle foit logée de bonne heure,' pour aubir le temps dé choifir toutes les commoditez neceffaires; Et puis 5 s’il eft poffiblç * quelle fbit logée en .telle forte 3 quelle commande, & defcbuure tout le camp, dont celle vtilité enrefultera; attauoir, pour le premier,que toutes les ad-uenues luy feront defcouuertes > pouç le fécond} que le camp en, fera mieux défendu , le poùuaut flanquer de tous cdftez,&pour,le troifiefmes que l’ennemi le voulant aifaillir i.ellefèpuiffe défendre de fou aiiantage; Mais quant au logis, il y faut obfèruer céft ordre depeinéten la figure & f Premièrement qu’entre le retranchement fait de quelques chaînes de munitions,& les charriots enferrez,il ÿ ait autant de place, que l’infanterie ordonnée a fa garde &c defenfèypuifle* laneceffité le requérant 3 efearmou-eher : quiauffipour ceft effeéttiendralés lieux notez Â; B, G, D. ayanS pour le moins vingt quVingtcinq pas de largeur* Pour le fécond, que les pièces d’aduis , defquelles il y a toufiours trois oii quattre, .regardant toutes les aduenues de l’ennemi, feroyent toufiours chargées &pre-fte s à point de guerre ^ P ©ur la troifiefme, que les chariots de la poudre fe-iroyent logez au millieu,& comme vne centre du refte du charriage cômme on voit es lettres F,G ,H,I.
- Gen. La place eft fort bien traittée 3 & m’afleüre que mettant àinfr garnie & pourueuë auec graiid foin & diligerice,fi l’ennemi lavint attaqueif il y en iroit beaucoup de l’hôneur & réputation du general* Mais comment faudra il loger l’artillerie jafîn qu,a l’heure du combat rennemi en fpit plus-grieuement ofteriféî
- f | G a p. le 0$
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- 4<5 Second Traité
- Cap* IenedouteaucunementqueV,$.eftantbienexperteesguer-res de Sauoye qu’en celles d’Hongrie,ne le lâche beaucoup mieux que ie ne luy pourrois direjdoiic en faifàtttlongs récits, (èmblera que le difciple vueii-leenleigrtet (oniirtaiftre*
- Gen* QUoy qu’il en (bit, c^ft toüfîours la Coüftumc qu’en fembla-blés affaires onle rapporte àuxadüis des plus vieux & plus eXperimëcez fol-dats,&principalement de ceux qui ont ferui par deçà. Et quant à moy ie ne me peux vanter de grande experiencé,qui ay ant eu affez de la befongne Ôdâ conduicte de mes etquadrons, n’âyeulelo fîr denrenquerir de TartiHerie. Mais maïcenat poüuât eftre que ie reçoiue la charge,le vous prie de me dire* Comme perfonnâgebienexperimété,céqûiaeftéenvfàgeences quartiers*
- Cap . Il y â eu (î peu de batailles par deça*que, pourdire le vray,Ie né Vous poürfois guere donner de refblution fur ce poind» Toutesfoisievous Cn diray cequei’ay veu en deux,efquelles ie me fuis trouue. En l’une les pièces furent logées au front des bandes : & à l’autre*à trauers de deux en deux* & trois en trois*aux codez & fonds des manches de la mufquetterie * & l’ar-quebuferie,coüuertes des aisles de là cauallerie. Mais quant à moÿ i’eftime-rois toufiours eftre plus expediët qu’on logeait quelques pièces en front,qui puiftent endommager l’ennemi de tous cofteZ. Cherchant toüfîours pour ceft efFeét quelque lieu auantageux, fans fe mettre ÉoUtesfois en danger de perdre les pièces.Et combien qu’on ne pourroit aüoir tel auantage, fi ne (e-rontles pieces dé frortt demoindre (èruice > & au chocq auquel il faut qu'elles iouënt nos efquadrons meri feront aucunement offenfez, commeii ad-uint enl’vne defdittes batailles*
- •Gên< Et pourtant eftimoy-ie eftre plus expédient que l’artillerie fut logée aux deux coftez &fonds du bataillon laiffant ainfi k place d’armes libre,&fans aucun empcfchemeüt*
- Cap* lenepeüx croire Tref-Illuftre Seigneur,que celaferoit expe-<licnt,carrennemi s’âpperceuantquele front feroit (ans artillerie* il pren-idroit tantplus de courage de-l’âffaillir & l’enforcer* Dont ie tiens pour le plus conuenable,que bartulerie,comme on peut voir lafigute^ foit repartie enforte que quelques pièces (è tiennent au front* & quelques Vnesauxco-ftezXelquelleseftant diftantesde jq^oü ioo*pas*iln5y a danger qu’au clocq & la rencontre de l’ennemi,les noftres en foy ent offenfez, Ioinët qu’il faut qu’elles (oyent toüfîours attelées de leurs crochets, tant pour eftre plus facilement tournées àPauantage de nos efquadrons, quepouriouërdediuers tirs,eho(èqüi‘importe beaucoup pour la viftoiré»
- Cependant ilàduient bien rarement qu’en vne bataille on ay e lieu &T commodité pour loger l’artillerie,afouhait ; eftant fouuenc contraint de (è conformer à l’occafiort qui fepre(ente,&: de bofeage,ou des collines ou autres lieux inelgaux, aufquels on nepeut donner autre reigie (înonqu’auec grand prudence* on chercherbufiours d’en auoir l’auântage fur l’ennemi, lans eftre offenfé du foleil,de lapouffiere,du venr*fumée * & autres fembla-bles chofes de peu d- eftime,mais degrandeimporcence. Maispour retourner à no ftre propos* V.S.eftimant,que les pièces feroyent mieux logées aux coftez : Iamais ie rte l’ofèroy approuuer* Car les efeadrons (è rencontrent, les noftres,commeaüons dicdefTus enferoyent plus offenfez que les ennemis : ioint encor vn plus grand danger qui en pourroit refui ter ; afîauoir que les aisles denoftre cauallerie& voulant auancer, ellesièroycntgrandement
- troublées
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- Del’Ârtilleriè;
- 4 Z
- fenfe qu’ils en pourroyent receudir De quoy il fe faut garder bien foigneu -fement. Et voici aufli ce que d’experience iepeux dire fur cepoinft : adüèt-tiflant tou tbori capitaine qu’ayant dés pieceslegeres à charge, il lesauancc courageulèment pour endommager l’ennemi.
- G en* T oütes ces raiforts & aduertiflement rti’ont fort bien contëh-té : mais oyons aufli danantage, cornent c’eft qu’en telle occurrence ffe doit comporter le general.
- Ca p . Certes allors il faut monftrer & Part & grande prudence, qui principalemétconfifl:eence,quele Géheral&fès Lieùtenâs tiennent tout le train en bon ordre, au lieu & poin£t,qui parle (buuerâinmaiftre du camj» leuraeftéafligné: que l’artillerie foit bien repartie, &proueuë desgentils-homnieSjCOnneftablesj&artillers fufHlàris: &finalement,que tout lecàmji foit bien proueu des munitions neceifaires > les arquebufiers,de poudre,balles & mefches,les cotfelets de lances & autres à l’aduenant, lé General ya-yantl’œilpar tout. Qu’il s’approche aufli du Generaliflime> pour entendre de luy,coihmenc,&bu il Veut que la bataille foit dreflee, pour S’enueftir de bonne heure de tous fes auantàges.Et l’ennemi feprefentant, qu’il s’approche autant qu’il eftpoflible de la cauallerie d’iceluy : tafchartt aueçles pièces requifes & quanti té des pionniers/poürueu aufli des gardes fuffifentes, le£ «quelles il doit demander auec grande inftance du mailtre du camp ) d’oceü-per le lieu le plus auantageux qui luy fera poflibleÆt voici aufli ce qui en tel-leoccurrence pourroit eftre requis d’vn General de l’artillerie.
- Gén. T out ce dilcours eft très bon & tresprofitable, dot me refîouis d’en auoir donné occaiîon par mes demandes. Appres nous entendrons cd qu’il doit faire au fîege d’vne ville ou fortereflè.
- Deeeqmefireq
- de quelque placei
- CA p. S’il efl queftiott d ’ëfliege r quelque place: Le General tafehe-i à en tuote d ligece s’informer parle moyen des elpies,fi par ffedâs l’ennemi le ifoiiue armé de grandes ou petites pièces d’artijlçrie^ en petit ou g’ and nombre,auec fuffifance bu deffau^t des prouifîôsà tant pour la defenfejquepour les viéfcuailiës > *üec certaine defignatiqn des murs & fortifications^ dés bouleiiarts & battions, des lieux pîjis forts,&plus foibles s’il ÿ a des mines & cbtremines: pour en faire les aprefts,& l’attaquer çs lieux cduenables.Puis eftat venu au lieu mefine,doit en toute prudence 8ç feurèté pofliblejacçpmpaigné d’vn de,tes tenans & l’ingenieur recognoiftrq toute à l’éuiroii la eapagne,cerchâtle lieu plüls comode pour y loger la nuiéfe fuiuante, quelques pièces,' defquellesil puiflèàl’aube du iour;efueiller & fa-luer les afliégezrtant pour les elpouuâtér,qùepour dôner courage auxaflîe-glts.ll doit aufli procurer qu’il aitfon quartier en lieu .cômôde en forte que l’énemirte puilfe aifëmètdefcouiirir fes pièces. Étau defaut,qu’il choififle le iieu plus propre,éc y e$leue auec de la terie & 4esfaSots Yne efpaulle a préu-ue de canô,s’y feruat de fes pionniers,&autres laboureurs qui s’y trouuert)^ Lefquels afin qu’i1 s ne s’empefchét l’vn bautre,il fauraeômodement répartir
- lësvns
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- 48 Second Traité
- les vns aux fagots ou ramage, les autres aux gabions,les autres à autres telles mattieres requifes, les autres pour porter ou mener lefdittes mattieresert leurs îieuXj les autres eii fin pour le mettre en œuure.
- Dutempspalfédeuatit,deloger l’artillerie onfouioit faire approcher l’infanterie j par des trenchées jiniquesaux bords des fofiesdu lieu alfiegé: Mais de peu d'années en çajd’vne maniéré plus belliqudufe,on a obferué ceci j allauoir que là première nui& deuàrit le fiege, on plante au lieu plus of-fenfifpour les aflîegez quelques pièces d’artillerie. Qui éft réglé plus leure, 8c de plus grandeÆ<Stitant pour elpoüuanter l’ennemi> pour luÿ ©lier la co-modité&le temps de fe fortifier * que pour défendre ies aflîégeants ôdéür donnercourage: dôme rtouuellemént on vid au fiege de Rinberck,ouren -nerni failànt bieii courageufement vne grande faillie, mais l'artillerie eftant defiààirifi plantée, auquàrtiér du Colite deBùquoy *au collé d’Orfoÿ, il eft fut puifiàmmerit rembarré;
- Gen, Or fus Monfieur le Gap.ie fuis bien d auis, qu’il (bit de grandé confoqiience que l’ennemi foitainfi elpouuantéteut au commencement* quand couftumiereiOeftt il fe véutmertftrerJeplus courageux. Mais dittes moy, s’il vous plâift * quel Ordre 8c rtiefüre eft oblerüée par deçà es batteries leurs efpaulle$,& es planches ou explanades ?
- Cap, Ceci eft de la charge des tenants & gentils- hommes d’artillerie,delquelschafeun ayantfapièce, donne ordre aux charpentiers, comment ils doiuent préparer les planches & les autres apprefts po ur lefdittes chofes.
- Gen, Ne me (auriez Vous donner quelque plus claire inftru&ion* tpufchàntla mefure proportion des planches pour lefdittes explanades ?
- Cap. Pour ld càiidn*ii faut que là première planchedoignant la barbe delà trofiïiere (bit de ^.pieds, là féconde dé 9w & lés autres enfiliuantes toufîours accréüés àiftfi de demi pied,iufijues à làVingtiefme : chafcùne ayât pied 8c demi de largeur 8c quàtre doigts'd’elpeffeur,failànt l’explanade pour le recul dé la pièce,de 3 o.pieds, Ét laderniere planché ayant içz pieds dé longeur,feràfexplanadeàchafi:un cofté ÿÿ pieds plus large fur â fin qu’au commencement; L’esleué.e ne dpit eftre pius que de pied 8c demi y pluftoft moins que dauantage>eft forte que la queue du fuft répOfant doucement fur icelle;aprés le tir 8c reculdapièce eftant rechargée, on la puilfe àuec peu de gens 6c dé peiné remettre éft fo'n Iiçu< II ÿ a bien quelques ariiîliers qui liiÿ donnent plus d’eleuâtïofi pour faciliter tant plus là rehïife dé leur piéée,' Mais c eft vné phofé dangereüfe : car outre ce que le tir' férà toüfîOurs court* elle retUmbe fans aidé en là trolhieré,dont pourla charger, il là faut retirer àuecgràndlabeur,&latenirpararreftsôdeuics: 88 s’il y a des pièces à i’en-conrred’ennémi tirant par les trauers des trofnieres, ceft auxdefpends deS àrülliers,&déce.UXqUi(bntoccüpez au maniement de la pièce,quiÿpeu-ùent demeurer pour ie^gagés. Dé forté qu’il fe faut donner bien dégàrdé qu’éllesiï’ayéntplüs.d’esieüéeieftant comme àuons dit 8c appert par la figure 1. Centre les lettresB. & G-, larges par derrière 19$ 8c longues trente’
- pieds.
- Pour le demi canon,il faut àiioir ^planches,qdi aÿent pied&démi de largeur,^3.doigts d’e(jp»eïieur. Là première doitauoir & pieds; leSàutres crqiftanttoüfioùfsde deniipièd, iüfques»àla dixhüitieûiie qui vient a «*£ pieds,comme on voit es lettresde D. 8c E. faifant toute fexplanade longue de a7.pieds c Etne iuy faut donner pourlà leuée qu’vn pied 8c trois doi&s,
- qui eft
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- De l’Artillerie. 49
- ces.Àutrement envne batterie commune,tant pour le cànbii qüétodemi, ii faut rétewkhicfijre dttdioKani
- Gçnv. P@«inîudÿ donnez-vous plus de leuée au caucaa qu’au demi llmelêmble^Ui’iliauckbitjbiliiftôftfairelecontraire, aflkuair d’esieiierd^ uantage rexplanaded^demicanori^mëftantptias leger Feroitànffi lerecuî plusvioiënt.
- Cap. Le canon eftant fort lourd & pelant, & n’ayat d’ordinaire que qu^f^xplanàdé toit ( ce q.iiilè.faitmettant de la terre fous fe, derniere.plancb.e)ësieuëeënlàdit;të hauteur,afin que; rconm^éaitoivditjlâpièîàrëchâfÿëàfQittàntplus àifement remifeënfod lieu. Mais lë demi eanon eftant de plüs legeremain , peutauoir fekplahadë plus esgàlfefa^ànt âuifiles tirsbiùs àfleurez.
- 3 en. P’ôürquoy donc fait-on fexpianade plus longue pour le recul du canonique pou* le dènii > Veu qu’il fëiüble que clialcuhe pîefce feftât ëhar-gée félon là portée & proportion,le recul en fera ëigal ?
- Cap. NçdeDeàücoüpTrëf^liluftre Seignëuir; car combienque ceci lbit très veritàble^qu’ily à quelque ësgalitë de la poudre àlagralfenr & pe-
- fortequ’en voulant vier fur vnc ekpfèbiadë de demiëatton^iilcjrfaiffldïditad^ ioufter encor deux planches.
- Gen> . Voyons àul&quelfo totgeùr Quefjpdfemfeden^^ les,afinquekspieceslbymtbiç»c0uuertes f
- teur,& 2 j .^d’eÿéfifeuri'|uiéff f’ë^jblfem: B^e^rëpbnr,^^dkëàlf’el^Eeuuediit
- canon;
- G^n. GekmefcmMe eftre beaueoapLi Mais de; quelle large uc cfo^i. uentéftre ks tena^«s>outàr6dueces;rafiMi^uï les pkcesîs^pui^ti^io^ ger, & y iouer à leur aile j &c eh forte que) tour foulfie ne ks ëndoafcc mage? .
- Cap* Pour le cânonon y donne par dedansj.&par dehors 1^. pieds d’ouüërture ou de largeur.. Mais pour le demicanom c’eftadez de 21 pieds par dedans,&9-pàr dehors;
- Gen;, Comment i es trblïiierës ÿ tient, on conte &. différence fi pre~ fcilè? ..
- Cap « lleft facile àiuger >. que le canon iettant flamme plusgtandèj Sc fouffle plus yioiént que le demi canon,, demande auffî fonuerture de li trofriiefe plus iargë,qiii aütrëmëntfëtëiij en danger d’eftre deffaiteSè iruihéê par la grahde.ktCe queiapiece yfait; Etd’autre pâr£ l’èlpaülie ëftaûc àiieh-nementaffoibliëparlàditcelargetmons’endditexcuferautaiacqu.’onpeut. C’eli pouf qûoÿ,enqu£lcdhqUefienquei;ayë è&éj i?a.ÿ toufiohrseutoJtëftDgj qü’on me fit pour lé canon la tënàÉë ëedeiny pied pliislafgépaë dedans* St: ces troispieds jiat deHorsiqil’àii demy-cânën.,
- Gen. Au ireftéi le déliré de iauoki fi rélpâuHé àiaqùeHè vous ddii-nez23.pieds,àyant moindrë èlpefïeiir,lapiece heiûueroicmiëuxpar faérOt niere.
- . Ca p. le disqu’ouÿ,adioullant ericor ceci,affauon que le tiren fëroic âiifiiplus droi6b : mais en grand danger deParcilletie ennemie ; qui perçant
- G Pel^âulié
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- 5© Second Traidé
- l’elpaulle,luy ofteroit bien toftle icu. De forte que fans relped de l’aifè fu& dit,il faut necelfairement que l’efpaulle, pour bien couurir la piece 9 fbit de laditteefpelTeur.
- Gen. Il ell vray, &à la fin pour choifir prudemment,il faut toujours balancer le profit d’vne chofe aueole danger qui en pourroit r efulter. Mais cependant par celle grande elpefleur de l’clpaulle, les trofneres eftantne-ceflàirement de mefme profondeur,toute la veue efl oftée à la piece, de for-te qu’elle ne peut defcouurir èc tirer en ligne droi&e, fans donner ne en l’vn ne en l’autre collé»
- Cap. Quand on fait vne batterie généra lie > on l’oppofo toùfiôurs enligne droide aux murs de l’ennemi,à ioo.ou/jo. pâsde dillance, Ehla-quelle dillâce vn pied de la trofnerie>defoouure cent pieds du pâli dé laditte muraille»De forte que la trofniere ellant par dedans de 3.ou 2j pieds, &par dehors de i2»oup.pieds,defcouurira auditpan n. ou$» cent pieds pour les pouuoir enfoncer.
- Ge n. Monlieur Capitaine II y a encor deux chofes que ie defire fcâ-uoir. La première, quel coup fera plus alfeuré,la piece ellant leuéeen vne cxplanade non esleuée,ains esgalle & au niueau,ou esleuée quelque peu par derrière £ L’autre,quand il faut battre quelque lieu, comment les pièces feront mieux logées & gardées,par élpaulles ou par gabions
- Cap» Quant au premier, nous l’auons délia déduit delfus: &: afferme que tant moins l’explanade ell esleuée, tant ell le tir plus droid : donc aullî elle ne doit ellre plus esleuée, que ce que la neceflïte demande , tant pour rompre la force du recul de la piece, que pour la remettre ailèm ent en fon lieu. Mais quant à l’autre:Il ell bien vray,que les gabions font de moindre frais,& plus prompts à l’vfage, quand l’ennemi n’auroit que des petites pièces» Mais quand il y a de foupçon qu’il y ait des grandes pièces, Il vaut touiiours mieux,nonobftât qu’il y a plus de frais & de la peine, d’esleuer des elpaulles. Ioint que lï nous mefiçies volions vfer des grandes pièces, nous fe -rions touiiours en danger,qu^u aux gabiôs, de les allumer parles flammes,' ou de les renuerfer par le foufflç d’icelle» .
- Gen» I’auois encor oublié de demander ceci, aflauoir combien en nebatterie bien ordonnée, les trofnieres doiuent ellre esloignées l’vne de l’autre? '
- Cap . Pour donner lieu competent tant a la piece qu’à ceux qui la doiuent gouuerner,la charger,nettoyer, refraifchir, &luy faire autres tels fejruices necefl*aires,on ne pourroit demander moins de 2 o.pieds, de forte que des la roue d’vne piece,iufques à celle de là voifîne,il y eft / j.pieds de di-ftance, quiell la moindre qu’on pourroit auoir: le peuueiiteslargir quand le compris de la batterie le permettrait. Or au fait des trofnieres,il faut auf-fi remarquer ceci, aflauoir,que du collé intérieur elles Ibyent autant esle-uéesparaeflus l’explanade,qu’elles y ont de largeur : &que par dehors elles defoendent autant en talus: afin que la piece pouuantiouër du haut en bas delcouure non feulement tant mieux la campagne, mais aùfli les adutnues de l’ennemi,s’il s’auanceroit de vouloir donner l’aflaut à la batterie melme. Etvoyeleslècretsdestrolhieres, combien que non dependans de la charge du general,ains laiflez à la charge de fes tenants,gentils-hommes,conne-ftables,&artilliers» x
- Gen» le m’en contente,mais la batterie dreIfée, & toutes les proui-lïons prelles,quel foing en refte* il au general £
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- Cap. Allors le General doit auec grand foin & diligence vifiter toutes les trëchées & pourueoir en follicitude en tous endroits qu’il n’y ait faute de rien,tant entre l’infanterie &càuâllerie, que entre ceux qui manient l’artifiérie* Èt combien qu’efcars delà poudre en autre endroits > ici ilia doit expofer & bailler libéralement.
- Quand on commence à battre : il ne doit feulement donner courage à fe,s gens, & principalement aux artilliers & pionniers, leur faifant donner double foulagement : mais aùüî procurer, qu’il n’ÿ ait défaut de l’eaùe & du vipaigre,pôurie refraichifTëmétit dés pièces efchàuffées.
- Cependant qu’on bat > félon fon ordre à toute outrance, il fe doit prudemment choifif.vn lieu auquel il puilfe voir & remarquer tous les coups &c les effeds qu’ils font aux déferifès des ennemis,pour emeder s’il ÿ audit quelque défaut.
- Âülfi s’il ÿ auoit en quelque trenchée d’entre deux des amis auancez; il faut qu’il face defenfe precifè,qu’ils ne foyent endommagez : Comhie auf-fi àl’affaut de là brefche,qùë les artilliers né ipuét de leu fs machines,fans foii commandement exprès* Ayant veu quelque fois ;qu’icéux trompez par quelque mot préféré à la volée;ont grandement iriteréfle lés àmis affailiànts en forçans la bréfche : A qUoÿ il faut oBüier en grande diligence, les adiier-iiflarit quand il faut ceffer,ou commencer dé ibuër.
- La brefdie eftant forcée ; &c le lieu gaigné, qu’il mette peine d’eftre lé premier ; qui annoncé le bon heur delà vidoire augenëraliffime^qui le rece-urabien amiablemënt;
- Àppres accoiripâigné de les tenant ; Ôc du maiftré d’Hoftel ; il entrera îuy mefitiepar là bréfchejla vifîtant bien cuf ieùfement, s’il y à dés mines : &c s’il y en à,qu’il éfteigiie lé feu de bonne hëitré,& en ofte la poudre $ la limant auMaiftre d’hoftel à bon compté auec toutes les autres munitions & armes qui s’y trbuuerorit;
- Puis il yifîtéra les pièces d’artillerie,feniafquant celles qùi auront efté endommagées des fiënries,p©ùr en faire rapport au Prince, & follicitér quë fcs gentils-hommes ; cdnnefiables & artilliers, foÿerit d’heuëmérit rèëom-penièz de leur diligericéi
- En fin,s'il eft queftion que l'armée parie auât, il proeùf era qiie les chemins, s’ils font difficiles, foÿeritparles pionniers &£ laboureurs accommodez. Et s’il faut parier quelque fleuue,faire aüaricér les ponts ; platines s mariniers, charpentier s;& autres à cela requis ; que le peint de bonne tieUré foie ésieué; &n’éftarit point longàffez jilsÿpouruoyéntcequiluÿ faiit; faifattl! nlefmé pour ceftefféd pafler de l’autre cofté fumfànté quantité de charpë-tiersjàuec gardé competente -, tant degéris, que dés petites pièces d’artillé^ fié,pouf tefifter aux edurfès éc aflauts dé feririerhi,qùi lés y vcmdfoif empef* cher; Et voici Tref-Illùftre Seigneur ce qui fans autres mariutes trop longues à racomptér eft requis d’vn General dél' Artillerie;
- Gen. Certes Moniteur Cap;lé fuis trefioyéux de l'aiioir entendu,e-fiant autrement péri expert dé ces chofes ; dont vous éri remercié bien affe*
- élueufement dé là tarit belle & claire iriftrùélion. Mais voyons aufli les autres charges, afin qu;en particulier ié fâché ce qui eft de l’obligation de chafcuri en iceliest
- k.k
- s
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- Second Traidé
- Dialogue/.
- La defcription des autres charges appartenantes au
- ',que
- a en la tienne.
- CAp . Appres le General s’enfuit l’office du Lieutenant, comme eeluy,auquel enablènce du General, tout le train eft recommandé: ou mefiae eftant icellüy prefent > ledoitfeeourir aupoffible: outre ce que la diftribution de toutes les munitions, & des gardes dépend deluy.
- Et premierementje quartier eftant fait ÿ qu’il s’approche de bon matin au general, s’enquerantde ce qu’au quartier il y aura affaire, félon l’in-ftrudion que le quartelleur aura apportée du maiftre du camp. Et que félon icelle il diftribuë les labeurs esgallement, en forte qu l’vn quartier n’en foie plus chargé que l’autre.
- Au fiege il faut qu’enuers le foir il Ce trôuue es tentes des munitions, à la diftribution d’icelles , &déce qui fera requis pour les trenchées & autres couuertures des pièces de l’artillerie* Et icelle eftant faitte,qu’il s’en -quelle foigneufement du Maiftre d’Hoftel du relie qui demeure entre fes mains, pour en donner, vifitant le General & en eftant demandé aduis & compte lùffilànt.
- De nuid,il doit faire la ronde aux trenchées & batteries, s’enqueran t des gentilshommes,s’il y a defaut de quelque chofe, concernant les munitions & fortifications,ou couuertures de leurs pièces : & s’il y en auoit ,• donner ordre qu’à l’inftant il y aye prouilion fuffifante. Et eftant de tour en fon logis,&y trôuuant quelque nouueau aduis? ne point delayer, ains procurer qu’il foiteffeduéincontinent* Quandftarméemarche,qu’ilfetrouuetouf* iours au près du train,ou la preséce fera de ftngdier effed,qu’il n’y aye,chat cun le relpedat deuëmet,delbrdre à Pattellage,&que l’y n n’épelche l’autre.
- Sontraineftanten bon ordre arriué à la place des armes, qu’il repartit Ce les pièces entre les gentils-hommes &les chariots*entre les conducteurs: failânt aucunes fois vue ronde à tout le train,pour veoir,lî chafque chofe eft en fon propre lieu,& y conftituer les gardes, tant pour l’artillerie, que pour la perfonne du general.
- Dauantage quand il eft queftion de fondre des nouuelles pièces* il faut qu’il vilite bien diligemment toutes les formes & mouldes d’icelles, Ci elles font bion lèches, & faittes à la raifon & proportion accordée. Et quand on met les métaux au feu, qu’il regarde, que la mixtion ne foit autre que l’accordée, & qu’elle eft requile pour la meilleure pâlie & ligue. Et combien que ceci foit recommandé au Maiftre d’Hoftel,y affiliant, & en ayât le foin: fi eft-ce que le Lieutenant du General ne s’en doit ablènter, eftant celuy qui les doit manier &feruiraüee icelles , & auquel il importe beaucoupdelca-uoir la perfedion ou defaut de fes pièces*
- Les pièces eftât fondues,qu’il préne garde que leur haren foit droid &£ elgal,ne s’accoftat plus d’vne part que d’autre: & les face vifiter de quelques vieux & experts conneftables > qu’iln’y ait par dedans ( comme il aduiendes mouldes n’ellans affez lèches ) quelques cauernes ou creuaffes : Eftant telles pie-
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- les pièces fort dangereufespour ceux qui les doiuent manier. Dequoyie vous raccompteray vn exemple que i’en ay veu moy-mefme. Il y auoit vn art i Hier, qui ayant tire de fa pic ce, & appres l’auoir, comme il luy fembloit, bien nettoyée, fans s’apperccuoir du feu qui demeura caché en telle cauer* ne,la voulant recharger haftiuement,y mit la cueilîere auec la poudre , & la tournant, elle print le feu , qui fubitement emporta & depefcha le pau-ure artillier. Or le G onneftable la voyant,penfoit que cela eftoit aduenu par nonchaillence t prend le nettoyeur & nettoye la piece auec grande diligence,iufques à la troifiefme fois »• & appres l’auoir ngtoyée à fuffîfànce , la charge, mais auec mefme euenement que l’artillier. x>e forte qu’il y a grande occafion de fè donner de garde de fèmblables pièces, d’autant que pour petite que la faute fembleeftre au commencement, elle fè va toufiours augmentant,iufques à ( le diable eftant toufiours aux ague ts > finir en quelque defàftre»
- Quand il faut efprouuer les nouuellespièces, qu’il prenne bonaegar-de-qu’ii iv y ait quelque accord entre les artiiliers & les fondeur s,de prendre moins de poudre qu’il leur en faut: ainsqu’elles foyent chargées de d’heue quantité félon laportée des métaux, & félon le marché &accord faitladefc fus. En quoy auffi on tient toufiours tel refpeét au lieutenant,que s’il eft po£ fible,iamais on n’effayera ouefprouuerales pièces enfonabfence.
- Qu’il fè trouue aufli prefent en toutes les vifites, que le General fera és garnifons des villes & chafteaux : pour veoir comment l’artillerie, & toutes les autres munitions y font gouuernées. Et voici auflî, fans encor quelques autres minutesda charge du Lieutenant du General: de laquelle il fe doit acquitter, auec grande fidelité & diligence,dont appres le General, dépend tout l’heur & bonne adrefle dudit train*
- Ge n» Oeft en vérité vne charge de grande Confequétiëe, qui dema* de vn perfonnage bien accort & expérimenté, pour fè fèryir promptement en toutes occurrences* Voyons aufîî les autres,auec ce quiendefpend»
- Cap» La plus proche à laditte , eft la charge des gentils-hommes d’artillerie» Or à çeux-cy eftimpofé, que l’armée & ie train de l’artillerie marchant,ils fe trouuent toufiours au près de leurs pièces : IefquëUes eftant -arriuées en leur quartier,ils lès gardent chafcun a fbn tour, félon le commâ-demént du Lieutenant,Ou de fonfuppoft» Au iour de la bataille, que chaf-eu y aflîfte auec deux ou trois pièces,follicitant en diligence de hafter les tirs &: prenant garde,qu*ils foyent bien employez. Non pas toutesfois qu’ils fe m eslent d’appointer ou de tirer (combien qu’ils en doiuent auoir bonne intelligence , pour pouuoir Corriger les fautes qui y pouf rayent eftre eommi-fes ) eftant cela proprement de l’office des àrtil liers, qui fedëfpittent grandement,s’il y a qui y vueille mettre la main-, s’efforçans, comme i’en ay veu quelques exemples,de iouër de quelque mauuâis tour à ceux qui s’y vueillèt auancer,ou de charger la piece moins qu’il eft requis,& faire perdre le coup* ou de la charger trop, de forte que la piece crëuaiit, emporte quelques vnS des afiiftans. ou pour le moins eft rendue inutile»
- Quand harmée s’approche de quelque Villeou for têrefie, & que le general s’auâce pour reconoiftre la place, & choifir la cômodité de la batterie* le gentilhôme le doit accôpagner,le General, & félon le dâger du lieu armé de toutes pièces,fe mettre deuant,& fans permettre qu’il y foit aucunement engagé, s’informer courageufement de tout ee qu’il y a,tant des defenfes de
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- 54 Second Trâi&é
- l’énemi,que du moyë de les ofter par fa batterie. Et finalemët que félon l’ordonnance dudit General, il infifte auec les pionniers & autres laboureurs, queles elpaulles & autres defFenfes foyent en hafte & d’heuement érigées.
- C’eftauffi au gentil-homme,d’efueiller les artillers à tirer auec grande inftance & force j & fi c*eft pour abbatre quelque defence ; que les tirs fe lacent en temps &: par bon ordre*en forte que nul ne le perde, ains que tous a-yent leurs efFeéfcs au poflible,
- Appres la place gaignée,s’il y a ordonnance du general, qu’ils accom-paignentleurspiecesiufques à leur logis,ou quartier ordinaire. Et en (brume , qu’en toutes chofes qui leur font recommandées * ils fe monftrent promps, diligents & loyaux.
- Le General aufli pour cefte charge l’auifèra de choifir toufiours des perfonnages qui ayent bon nom, de bonne dilpofition & propos au la-beun
- Gen, le fuis bien d’aduis que cefte- cy foit vne charge importante à laquelle ne doiuent eftre admis & applicquez que braues foldats &perfon-nages bien expérimentez. Mais quel eftl’office enfuiuant ?
- Ca p . Appres les gentils- hommes s’enfuiuent les conducteurs, ayas encharge les chariots pour les entretenir en bon ordre félon le prefcript du Lieutenant du general.
- De mefine,qu’ils facent apporter toutes les munitions neceflaires, ac-compagnans les chariots. Aufli qu’vn chafcun fe trouue en la batterie en fonlieu,poury exeçutercequedu Gentil-homme luyeft commandé. Or pour cefte charge le general tafchera toufiours de choifir aufli des gens forts & robuftes,pour pouuoir fupporter le tràuail,
- Appres s’enfuiuent les Conneftables,obligez, premièrement qirenla batterie ils t racent les trofnieres. Puis eftans de retour en leurs quartiers, qu’ils yifitent diligemment toutes leurs pièces, aüec leurs apprefts, les nettoyant bien : & cônduictes en batterie, îlslesdehurentauxartifliers , auec toute là prouifiort neccifaire des coings,leuies,cueilleres, morceaux, balles,-poudf e,cordes de retenue,& autres telles heceflitez,
- Auffi fè doit il trouuer prêtent enla fabrique des explanades, pourtant qu’elles foy ent faites comme il appartient : IoinCt que s’il aduient que les ar-tillfers rompent ou gaftent leurs cueilleres, èt les autres outils de l’artillerie, il leur en FoumilFe d’autres* A quoy luy feruira de beaucoup, fi luy mefine en (cait préparer, Ainfi les pouruoira-il aufli des coings & leuies ôc d’autres telles neceflitez,quil n’ÿ ait point de faute.
- Il alfiftera aufli es batteries generales â toutes pièces, aduertiflant le
- Appres la bataille toutes les balles eftant aflemblées, il les calibrera toutes auec grande diligence , & les mettra félon leur grandeur en diüers morceaux,pour ofter toute occafion de defordre &empefchemét qui pour-roit refoudre de la riegligence en ceft endroit. Comme i’ay veu formait des grands defor dres qui enfont prouertus. Àflauoir vne balle eftant prife
- pour autre, ou trop petite ou trop grande: la petite, fi on n’y remedïe fait le tir trop court, & la grande'entre bien au commencement du tu-yeau, mais au millieu s’erttaffe, eri telle forte qu’on ne la peut ni auancer ni reculer, iufques à ce qü’ayarit, auec perte de beaucoup de temps &c mainte bonne occafion verfé quelque quantité d’eaue par le foÿon
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- poutefteindre la force de la poudre, & y mis quelque peu dé nouuelle poudre, laquelle allumée, poulie la balle doucement iufques à la bouche de la piece.
- Auffi regardera-il *que fes artilliers foyent toufiours accompagnez de leurfufil, & armez d’vn cimeterre ou autre efpée courte & large, ayans le boutte feu en main>& pourueus de toutes fortes d’e(guilles,de telle lôgueur qu’on s’en puilfe foruir aux plus grandes pièces,d’vn compas* ligne, niueau, &vne cordelette fubtile pour mefurer l’elpelfeur des reforts des pièces-, & fingulierement de bons flacons remplis de poudre bonne &flne, pourert donner aux foyons,s’il n’y en auoit aux tonneaux*
- Quand on fond des nouuelles pièces * il les vifitera aueç grand foing* pourvoir fi elles ont quelque faute,pour en aduertirfon general, qu’il n’en foittrompé. Aufliferail toufiours tout ainfi quel’artillierpourueu defon ballon à feu,&: de fes esguilles,vne poinéluë d’vnepoin&e de diament * pour, enpouuoir percer le foyon, que rien n’y demeure caché* vne comme vne Vis ou barre, pour barrener &esléuer quelque peula poudre qui eft au dedans de la pièce, vne en forme de pallette, pour en tirer ce qui demeuretoit attaché aux collez du foyon,& finalement vne qui ait vn petit crochet,pour en pouuoir mefurer fubitement l’efpellèur des métaux de la piece à l’édroit du foyon. femblablement auradl fon quadrant reparti en 9©* degrezpour appointer &appofter les pièces, leur donnant leur iufte esleuation félon lar diftance ou lieu auquel il faut tirer*
- Dauantage doit-il auffi auoir la feience delà cotnpbfitiondelapdu-i dre,pour en faire toutes de feux artificiels * tant pour la guerre que pour les falues &rpalfe-temps. Eftant aulli diligent d’inftruire fes artillers,de char* ger bien & gaillardement lès pièces,talchant de les y rendre autant.adroi&s que là propre perfonne, comme de fait d’vn bon artiilier,on prend coullu* mierement l’efpreuue d’vn bon conneftable*
- Quant aux artilliers il n’eft befoing d’en faire long récit, chafcun la-» chant quelle eftleur charge j admoneftant feulement le Lieutenant qui les reçoit à là folde,de les examiner foigneulèment pour veoir ce qu’ils en fea^ lient.
- Les ouuriers communs aueç leur chef * auront toufiours les cordes à la inain,preftes pour s’en feruir, quand il faudra mettre les pièces en batterie, ou les en ofter.Et deuant que l’arméeêc les pièces marchentj il faut qu’ils en-grailfent bien les aix tant des fufts que des chariots, de peur que de leur pe* lànteur, ils ne lèroyent non feulement retardez, mais aulli que le feu s’y prenne. .
- S’il eft queftion de monter ou démonter les pièces de kurs fufts,c’eft à ceux,à qui le maniement defdittes cordes appartient.
- En la charge ou defeharge des munitions, ils font tenus d’y affilier,iuf quesàlafin, dont auffi ils fe doiuent ordinairement trouuer es tentes des. munitions.
- Ils font auffi obligez de feruir es batteries, non feulement pour y apporter les munitions : mais auffi pour aider à l’entour de l’artillerie.
- Le Capitaine prend fes ordres du Lieutenant j les repartiflànt âp-près la ou il cognoit eftre de béfoing Dont il faut qu’il foit de bonne mife, de bon iugement, lâchant lire & eferire >. pour pouuoir d’autant
- * , , quelè
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- $<> Second Traiété
- que le Maiftré d’Hoftel né peut eftre par tout, St fe doit fouuent repofer en là diligence St loyauté) rendre boiicompte de toute© quieft paflepar fes inaiasi -
- Les tonnelliersfe doiuenc aufli ordinairement trouuerao près des té-tes des munitions , poùnioÿaas deraddobbaiis les tonneaux de la poudre* qu’elle ne Toit ré (pendue. Etes batteries iLsfont tenusaufli d?ôuurir & refermer leidits tonneaux. Il faut àufli bleui que ceux-cy foÿent gens cognus, & de bon crédit , de forte que fans danger on leur puifle recommander là poudré*
- Les autres àrtifaris communs, âflauoir les iriarefehaux, ferruriers, St Charpentiers,tous ehfeftiblé de grande neceflité,&en l’armée, ^principalement aùcfairi de l'artillerie,oht aufli leùrsprdprës obligations» Les maref-fchaux,de ferrer &C marquer les cheuaux, pourpouuoir quand on les pafle à moriftfe,èhoifir ceux qui font proprës âulàbéur; Les ferruriers pour four** üir touresfortes d’aucrOs férrenienrs;
- Léséfeàrpefttiers fe tiennent toufioursaupfes de l'artillerie,pour mô-tèr St démonter félon Exigence les pièces * aueeleurs guindaux : &s’em-bourbans au eliemin,pourleseii tirer ôèleuer de l'Ours inftrumeris plus pro-presAes accompagnans iufques à la batterie : ou ils trouuéront aufli de là befongne : aflauoir aux explanades St autres telles cèUurës de charpenterie . .
- Les charretiers préparécles aix & roues tant des fufts que des chariots^ Sc fi meûnelesfufts fiant rompus3ils les radddbbent,s’il eft poflible,pour s’en pouuott ferutr au bè&ing. Ils couppëm? Sc préparent le bois félon leur necêifire y ayan& pour cefb efFcéi * aoffi bkh que les âuifrés* leurs inftru-ments à la main * par ordrô tfai fèenétâl qui leur ÿ fourrhE des cha-
- riots; . ; . .
- Durant la iournée on fait ïeuee d’autres charpentiers extraordinaires , pour fecourk les fufitics tant au fait de rartillerie, qu'en autres oc-currences. Ils ont leur maiftre ôcfijperietrr, qui eft aufli, Ingénieur, s'en-’ tendant de baftir Sc esleuer des ponts,&fourrer lés mines Sc autres fembla-/ blés chofes*
- Co,(vk TéctoS'féj,/— ' / Quant aux mineurs, il eft aflez cbgiieü, quelle eft leur charge Sc oü-
- Lés mariniers- font obligez de fëruir aux ponts, & fi l'armé doit paf-fer quelque riuiere, de feruir db lëurs plàtces Sc battéaux : outre ce que és batteries ils foiit àufli ténus d’aflifter àl’ârtilléfie, en ce quifeur eft commandé* ,
- Les calefats fe croüueàt toufiours auprès des battéaux,pour les refaire S’ils font endomiriagez : ayaris coufîours leur inftrumencs prefts.
- Lés maiftres desfetBt actifeél's,allée leürlhgénieuf ,dément tôufiours eftrepreûs pour endommager STmolefter lescnnemis, leur iéttant toutes fortes de feuxjôiçôttipbfitidnsfelbnleùr artifice; .
- Aux pettardiers eft recommandé,de mettre, l’occafion feprefèntanc, en œuure les pétards, pour rompre portes, ponts léuis, murafllés* &autres repaires Sc deferifès de i’erinërribcjui enipefchaftle defleing dé l’armée;
- Au Preuoft attouchéi d^aider^tiref le tràâ de fôn quartier eh campagne : qu’il mette ordre éntreks viüâdiérs,fuiuaritlëdit train, que leurs Chariots chafcun eftant logé en fori lieu,h’occupenc par tropla^laeed’ armés,dé finguUerement qu’ils ne foyent méslez entre les chariots des munitions»
- Item
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- De l’Artillerie. 57
- Item qu’il y mette la taxe iufte for Tes viandes félon le teps Sc lieu, & quelles vallentés villes prochaines,, Item qu’il face paurueoir des bonnes çon-uoyes &garçies lefdits viuandiers eti leurs entrées & foties,qu ils ne feroyée detrouhez,&l5armée foit iàiffee éri difeçte, Item qu’àueç grade diligence il face là ronde au quartier : 8c ÿ rencontrant quelque malfaitteur* il s’enfaifif-fe,& eftant du corps de l’armée , le deliure àii preiiôft general : Et s’il eft dii tr ain,én aduërtijïe fou general,atieç là dedùi&e de fon forfaiétpbür en faire la deuë iuftiçë,bu autre püiiitiôti çpueriablë. Àulfi ëft-ii obligé de fe trouuer. prefent au deipàrtdudittrâin*afiriqu il n?ÿ ait des difteirents oU defbats, fur qui prendra l’àUaiit oUfarrieregarde. : 0uÿ attendant h quelque chofe luy ièroît commandée , tant parles Lieutenants dii General * que dti General meftiié.
- Lç Quarrirmaiftre,oumaiftreqùarteur, avne charge fort laborieufë & pénible. Il eft obligé d’àpprçndré tous les foirs le mot du guet , & autres, inftru&ions du maiftre du camp général j & le donner à fon general &fes Lieutenants; Iteni dé répartir lëi qiuriitions des viures* . Iterh de s’enquérir du quàrtir maiftre général de fon quartier Item s’il faut que le iiàiri marche, qu’il prenne les giiides,Iës demandant à leur chef : choifîirauttouC’ iours les piiis experts 8c habiles po ur là condiiitte de l’artiilerie, feiôh le cher min quelle aura à faire* Item qu il marque le quartier pour tout le train* traçant la place dés armes, & puis logeant vn chafcun ën particulier, des là perforine du generahiufques au moindre dudit: train. Item quç quant au fourrage &prouiant à luy Commis,il éri face diftribùtiori e/galle,au contentement dechafcuri*ayarittbütesfbis cfgajrd aütemps,lieu,abondance &de* faut d’iceluy* En fomme ii eft obligé à tant de çjipfes^ que pour n’ennuyer V.S.par vri trop long récit * i’obméttray le refte, Vous afteurant, que c’eft lé plus penibiè oftîceiqui foit en tout cédit tfain*
- Les Ingénieurs & traciftes font oblige^ dp tracer les tranchées à la fà-çoh'pius feure & coriüeriable qu’ils entendent, donnant aufli ordre qu’elle^ ibyent faittës comme il appartient. Item dé montrer les lieux 8c. façons des plâtres,forme s,battions* cahàlliérs*demiësjuhes* & autres retrahehe-. fiieris,propres* tant pour la defenlè,des amis,que pour ©ffenfer les èntiëriHs; îteni qu’ils remarquent bien les diftànces dés lieux,la largeur,là profondeur desfleuues 8cfoifez,lahauteur,longueur, 8cefpeifeurdes mutàilJës fleurs Çortiiies : fans autres pàrticularitez,dependa©tes dé leur fcieiiçç éri laquelle bn fe fie de beaucoup;
- Les pionriiers*laboureurs,& autres telles gens de louage,çauppent les. bois 6c fagots,pour l’vfage des gabions 8c autres telles nèçeffitez: trauaillçht; âu remuement de là terre * au£ trànçhéés*fbnt les elpaulles * parapets * & au* très relies pièces de lëur labëiir tarit pour defendrë que pour oftenferilbin^ que quand l’artillerie maircheiiisl’àçcpmpàgneht toufiours.Et àfiri que Ÿ& rie s’ efirierueillë que i’eri aÿ detnàridé fi grand nombre * aflauoir vri oü deiix mille pour ledit train derartiljërie, ip vous efcriraÿ quelque peu plus au log Cë point*tafchànt I’vfage 6c l’vtilité d’iceux.Or né çonlifte elle pas feulement ën ce,que par telle rriultitudéda neçpiîité le demandant les fortifications* SC tranches le fbrit bien fubbitemeni,màis àülïi qu?on s’eri peut feruir eh autres Occurrences; Dont né font coüftutriiërement du tout nuds, triais éri partie armez,les vns dé leurs efpieùs & partefànës,lës autres de piftolës * lés àUtrés d’efpées ou glaiues courts 8c larges, pour pouuoir manier* l’opportunité fé prefentant ( àquoÿils rie fe font gueres prier) les mains non feuLemerit en
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- 5S Second Traidé
- garde & defenfe des trenchées,mais auidi de l’artillerie mefme. Ioint qu*il$ excufent,eftant ainfi mis en œuure,vne bonne partie de la peine aux foldats, quifouuéntesfois bien las & mal traittez fontapplicqueZ à la garde de ladite artillerie, & mefme comme fans profit, ainfiaufiiauec non petit danger* Car il aduient foüuent que vne compagnie qui a cheminé tout le iour en l’ar-tiere garde,efchet le guet de l’artilleriefauquel ils ne peuuent arriuer deuât laminuiâ:, bien las &maltraittez, fârisque aucunes fois ils demeurent du tout en arriéré. En la place defquels ceux-cy s employent volontiers. Ioint que le General en pourroit tirer feruice en autres affaires d’importance, comme de s’approcher des embufehans des trenchées,des fondements,des murailles pour les miner^ autres femblables : ^principalement le general les louant, ceferoit pour les faire oublier tout danger* Ge feroit auffi vn moyen affeuré d’exeufer maint lârredn,qui fe fait pour t’occafîon du ch âge-ment des guettes > eftant chofe commune à tous quartiers, de quelconque nation qu’ils fbyent,qu'en lieu de faire le guet aux muni tiôs, ils dreffent des émbüfches pçur en emporter,diflimulement quelques briques: l'vniettant l'œil fur la poudre, l’autre fur les balles,l’autre furies cordes ou mefehes,l’autre fur quelque autre chofe propre de fà boutique. Et fi le maiftre d’hoftel S’enapperceuant fe plaint au capitaine ; pour toute refponfe,qn luy dit, que c’eft pour s’en feruir vaillamment au befoing* Refponfe malàpropos pour fon compte, quiluyeneft demandé bien eftroittement. Dont encor ié fuis&demeureraydecefi: aduis, que pourles raifons fufdittes onayetouf-fours ledit nombre de telles gens au train de l’artillerie, y adiouftant encor ceci,que la neceflité le requérant, ilsferoyent auflïbien l’office de bons foldats *,perfonne ne confentant volontiers qu’on le butte.
- Les tendiers font obligez à ce que le train venu en fon quartier, incontinent ils arment & esleuent les tentes principales, aflàuoir de la chappelle, des munitions, & appres celle du general, fesLieutenans & autres officiers*
- Or combien que iufqües à prefent, oti n’ait eu coüftumè en l’armée de & Mâiefté d’y auoir des maiftres arquebufiers, & forgerons des cuiraffes. ü ferois-ied’aduisqu'àl’aduenir ilyeneut pour le moins 2. ou trois au train de l’artillerie. Car il aduient fouuent aux foldats que les ferpentins de leurs ârquebusjles bouches & tuyeaux de leurs flafeons le rompent,qui eftans de* ftituez dela commodité de les repairer, ne peuuent fi promptemênt fer uir au befoing,lequel ils doiuent attendre chafcun moment* Ainfi auffi à l’vn fe défait quelque clou en fon halêcret, à l’autre defaut quelque iointure de fonroyaume,& ne trouuant qui la reface,il fera rendu inutile. De fait on fe peut feruir de ceux-cy, non feulement en laditte occurrence, mais auffi en î’achet defdittes armes, lefquelles le general pourra bien faire efprouuer, mais non iuger de leur force & valeur quifecognoiten la ligue & tempre de leurs métaux* Et ici conclurray le récit des per-fonnes & des offices du train de l’artillerie, &de l’obligationdechafcun en particulier. Cy appres nous verrons les batteries & la façon d’icelles*
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- De l’Artillerie. jp
- DialogueS.
- Lefquettes piècesferont lesplus fortes & unies , celleïqui font en campagne,ou telles quifont logées au haut des murailles dune utile.
- G En. Àyant fait hier mention des batteries & des dépendances d’icelles,vous m’auez fait monter le defîr,de fcauôir de vous 3 comme homme bien expérimenté en femblables affairés, quand il y à des pièces ë jgàlles ëft bàtterie & cbntrebattëriedefquelles courent plus grand dattger>cèllës qui Font logées àu haut des murailles d’vne ville,bü celles qui font logées plus bas j ehla campagne $ faiiànt le compte qu’elles font & eigallesjaÿaht àuiïiles defehlès elgàlles;
- Cap. Ce que fur ceciie vous hélix rélpohdre, eft,cequei’ay'moÿ-mefme expérimenté : alfauoir que celles dé la ville eftant logées plus haut que celles de la campagne,font aufli eh plus grand & eüidént danger*
- (jENi Cela ferait bien à rebours,que le plus bas furmonterbitle plus haut. Et de ma part ie le tiendrais plufteft âuëe celles d?enhaut>eh connde-ratioii,quë d’en haut on peut mieux dèfcouurir toute la campâgnê, & eft le coup beaucoup plus veheménri
- Cap* Pour m oy* quant à f artillerie, quand la batterie de campagne éftbien garnie dé lès elpaüllès & troûiieres, iemattendrois plus aux pièces logées en ieellejqu’à Celles i|ui fontlogées aux remparts dé la ville ! comme bnvoitfig^^i . t , ,
- Gen* ïé le croy bien : car mettant enclos,vous vous pourriez & aideif &pouruéôir de toutes néceffitéz : chofe niée aüxaflîegez.
- Cap. Non pas pour cela, mais pourèe que Fexperiencem’affeurei que les pièces d’en bas * iouiifent dé plus grand àuantage j que celles d’eh-haut.
- Gen* le vous prie donc de m’en déduire les raifons.
- Cap* le fuis content delës vous monftrer û claires j que ferez mefi ïne preft à receuoir mon opinion* Or là raiibü en eft,que lés pièces d’en bas$ faifans toujours ieùr pbinterie vers lé bas de là barbé des pièces d’enhâut donnans en la trbfniërè 5 combien quelles n’etnbôüfchent pas proprement leurs pièces Contraires* elles ne faillent toutefois de brifet lés fufts, içs aix* & les roues d’icelles,les rendant ainfiinhabiles pour quelque témps*Ce que fay fbüuerit remarqué, eftant entré es places prifes, qüé la plus part de l’âr-tillerié dJicéÜés eftoit démontée par Ce moyen* Ceci ne peut auénir âuxpie-eeslogées en bas,defquellesles fufts & aix Ibhtiâ plus part Côuuerts du métal défdittes pièces : de forte que là bàile venant d’enhâut ne les peutfîfaci-lementintereifer: ains dqnnânt fur la piece,eliefàit fort rebras & refult* OU tout dfoiét àuantjfans endommager përfonné, ou d’vn cofté, oiibien rarement el ie brife F vne des roués * dommage qui m’eftàduenu quelquefois^ mais qui en changeant inContinant de roue,eft facile à remédier. Et quant au môUüement de la bàlléiié fuis âffeuré que celle d’en bas à pl us grande fbr-ce & vigueur, qüé celle d’enhâut : eelle-cy refultant plus facilement & fans aucun ou peu treffeéb mâiscele la trôuuant ferefîftàncey cônti ebuttepiùs toide & fermement*
- H z Gén.Mais
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- ÔQ
- Secôhd Traité
- Gen. Mais celles d’enhaut ne defcouurent elles pas bien celles d’e-bas, appres auoir Fait auec la violente defcharge leur recul ? Certes pour le moins,allors nonfeulementles pièces mais aum tous ceux qui font occupez
- d’enhaut rjlaoù celles d’en haut, eftant tant foit peu reculées de leurs trofne-res font en foureté,auec tous leurs afïiftants.
- Cap . Il eft vray qu’âllors il y a du danger,mais auquel on peut remédier,en esleuant les elpaulles, en forte qu’on puiffe eftrecouuert fous icelles,& que l’ertneifti ne puilfe defcouurir dauantage de l’interieur de la batte-rie,quel’oiiuerture de la trofniere luy permet;
- Gen; Mais fi lors l’ennemi donne par ladittetrofniere * il hé peut faillir que la balle refultant ne brife le fuft,& tous ceux qui font à l’entour.
- Cap. Le danger n’eft pas fi grand que vous penfez. Car la balle qui vient d’enhaut,& principalement celle qui donné par la trofniere, tombant enterre, molle &efmeuë s’y cacheoupour lemoins y perd la plus grande partie de fà vigueur : mais celle qui va à mont , emporte par fa violence tout ce qu’elle rencontre,tant de la trofniere que de la cortine & muraille. Et fi l’artillier eft diligent pour gaigner la main àfon ennemi, en forte qu’il affefte la pieee & prend la mire j attendant que l’ennemi vieiin e à rem ettre fa piecê en trofiiiere ,&luy donne le feu incontinent : fans faute il la luy emboufehe-ra, en forte que venant à la trofniere, comme il faut neceffairement qu’il le face,s’il veut tirer,il perdra toute l’alïèurance qu’il auoit en la chargeant*
- Parquoy V*S. confeffera auec moy > que les pièces d’embas,ont plus d’auantage que celles d’en haut: : Et encor qu’elles faillent d’emboufeher leurs contraires i fi ne faillent elles de faire grand dommage aux fufts, aix, roues & murailles emportées de leur violence. Et quant à leurs aix,comme auôs dit defïus,couuertSjüs ne peuuent en aucune maniéré eftre endommagez* Dont ie vous en raçompterayvnehiftoire allez remarquable.
- Au fiege d’Ôftende, la chauffée du Conte de Buquoy, eftoit vnbièii peu plus baffe que celle de là ville; Oriladuiht,quenepouuant denuid,on eftoit contraint d’esleuerde iourvn petit fort* mais l’ennemi par la continuation du iéu de fon artillerie tafehât d’en empefeher le trauail, on fut forcé de la luy ofter* Dont le Seigneur Marquis Spinola voyant de combien d'importance la chofe eftoit, me fit commandement, de loger en laditte chauffe des pièces fùffifàntes pour cefteffed: mais n’y pouuant loger que neuf, contre dix ou douze de l’ennemijtputesfois en heure& demie de téps, le luy pftây toutés fes trofnieres & defenfes ; celles de l’ennemi ne faifànt autre effeét és miennes que donnant fur le haut de leurs métaux celles leur o-fterent quelques delphins & quelques frifées qui ne feruoyent que d'ornement (ficelles*
- Gen. Lefqueiles donc font de plus grande violence & de mèilleuré poinélerie, celles qui viennent de haut en bas, ou celles qui vont contre mur?
- Cap. te m’esbays bien grandement que V. S.nes’efteneprapper-çeuë,que félon le naturel du feu, qui tend toufiours en haut,toutes les armes de feu ont plus grand effeéfc encontre mont,qu’en deual. C’eft dela,quela mire commune, comme auons dit&monftré fouuent au premier traitte eft de plus grande portée que celle du niueau de l’ame, afîàuoir de ce que là balle eft par la nature du feu pôulfée plus rudement, comme il appert en la
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- De r Artillerie* Si
- r '
- figuré cyadiointeî À laquelle i’adiouftetay encor ceci ^ afin que V* S. quitte pluftoft fa première opinion. A A miens le lieutenant du general de l’Artillerie, Chriftoual de Le chuga,auoit dreffé quelques pièces en contrebat-teriejefperant d’en défaire & démonter l’artillerie ennemie aufïieft,qu’elle < fe monftreroit, Mais il ne dura gueres,perdant aufiï tôft qu’on le commença à battre toutes lès trofnieres.
- Gen; Geci peut eftre luy aduint ’oupbut n’iüoir pas bien logé fes pièces,ou a faute de place requife.
- Cap . Quant à la faute de place, i’en fuis bien d’aduis i mais quant à l’autreiaflauoir de n’auoir allez proprement logé les pièces, ie ne l’oferdis di^ red’vn fi viux& fi expérimenté Gendarme i &: notamment encepoin&cta l’artillerie, Et ceft exempleauecceluyde deffusau fiege d’Oftende,mecô-ferme de plus en plus à mon premier propos,de tenir les places d’embas plus àuantagées que celles d’en haüt; Et V.S. n’y pouuant confentir, nous en remettrons la recherche à d’autres plus expérimentez,que ie ne fuis;
- Gen* le me trouue du tout fatisfait quant à ce point de vos raifons* iconfeffant que iufques à prefent i’ay efté bien abufé. Mais puis qu’il eft heu» rede difner,nous nous contenterons deeequ’auons traitté pour celte fois: ôc apres diluer, verrons vne autre queftitm, alfauoir quelle piece fait plus de portée: celle qui eft logée au haut de quelque tour i ou celle qui fe tient au pied d’icelle. .
- Cap. En cela ie tafeheraÿ félon tout mon pouuoir de vous fatisfaitë fi non entierementjpour le moins en partie*
- Dialogue 0i
- &eS pièces esgalles, quelle poujferafa balleplus lomgj celle qui ejl logée au haut d vne tour,ou celle qui ejl logée àu pied dicelle.
- G En- Seigneur Capitaine le defire fort d’eftre deUcîoppé de ce
- doubte, dont i’ay fait ihention deuant difner , des deux pièces ef-galles,( ou bien le lèruant d’vne mefine piece ) i’vne logée en haute tour, ôé l’autre au pied d’icelle , de quelle la portée fera plus loing-tainèi K ...... . •
- Cap. De chôfe ne veuë ni expérimentée ie n’en feaurois donner fi parfaitte&enticre refolution.
- Gen. Pourle mois ditees moy,ce qui vou<5 en fembleô Cap* Puis que V. S. ainfi le defire , il më lèmble que celle qui eft logée au haut debiioit pouffer là balle beaucoup plus loing que celle d’embas* ...
- Gen. Pourquoy cëla ? I’eftimerois aùflî ici le contraire, car k balle d’en haut, fe tPoüuant pluftoft en l’air 5 qui la retient & èmpefche félon bex -pefiënce ) Ion cours ne peut faire fà volée fi longue que celle d’pn bas? qui eftant à lauri du vent, & de l’air i ne fent pas li toft l’empefehe» fixent; ,
- H 3 CAP^Ilefi
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- 6i Second Trai&é
- Cap. Ileftbiëvrayiquel’air&le Ventdône quelque empeïchementà ïa balle > mais cependat Celle d’en bas n’eft pas exempte,ains plus empefchée en ce que pour moiitér feulement à lahaüteur de bautre pièce,elle confume vne bonne partie de fa Force ; & puis amoindrie de force , montant plus haut,elle fent aufli plus de retenue,que l’autre > quiauec toute fa vigueur, a aufli la hauteur de làditte tour à ion auantage*
- Gen. Mais quelles raifons ÿ a-il ici qui foyent aucunement apparentes i
- Cap. Les raifons en font certaines & naturelles* En ce que,pour ti rer au plus loing,il faut tellement esleuer la pièce,qu’elle esgalle le quaran-te&cinquiefme degré de fon horizon,qui réuient iufques au fïxiefme poin£t du quadrant, auquel elle aura ledit horizon plus proche que celle qui eftaii pied en bas*
- Gen* Voire c’eftoit pour cela, quei’eftimoy quelle feroitlê tir plus Court i la balle fo mettant autant plus toft à repos > quelle fo trouue plus près (dudit horizon*
- Cap- Î1 eft vray que la pièce eftant èsleùée par deflus ledit fïxiefme point du quadrantda balle montant beaucoup plus haut en l’air jfait aufli fon voyage plus courte Toutësfois aufli icÿ la pieté den haut retient toufiours fondit auantage par dëfius celle d’èn bas > lequel elle demonftre, en ce,que félon la méfure de laditte hauteur elle iettera toufiours fa balle plus loing* que celle du pied, comme il appert par la figure 7.*.
- Gen. Qu’elle differente de mouuements ala balle > des fa première fortie de fa piece nifques à fon repos.
- C ap . Il ÿ a trois mouuëmènts diuers» Le premier a fon commencement incontinent des là fortie delà bouche de la piece, comprenant en vnè ligne droittè toute là Force ét viguèur d’icelle : dont il eft appelle mouuemët violent. L’autre commencé quand àppres ladroitture la ligné fe va courbait en vn arq. Lequel d’autant qu’il participe encor dp la vioîence j mais en decadance,eft appelle motus mixtus,ou mouüement mesié*Mais îè troi-fiefme,qui commance des la derniçre poinde de fon arq * ou,là balle de fon mouuement naturel,cerchantj fèlonfâ propre pefanteur, fon centre & repos $ en ligné droi&e & perpendiculaire, eft appelle mouuementpur&næ* curel. Tous trois montrez en laditte figure des lé commencement du violent,iufques à la fin du naturel» Mais quant à l’autre queftion, men ayant ne experieiice né âdreffe de quelque auteur qui en ait efeript 3 finon ce que Nicolas Tarthalia en déduit. le n’eiipourrois àüifi donner plils entière refo-iutiori, recommandant & remettaiit le refte aux efprits plus Curieux & vifs, iniques à ce que i’expériénGe nèus en enfeigne plus clàiremeïiL
- Gen. le fuis àuffi d’àdiiis que là dedüitte en fera bieû difficile 3 dau-tapt qühl n’ÿ en à àiieune expérience* Ne doubtant toutesfois qu’ôn n’en àyfàit quelque efprëuue: car il y à long temps que i’en ouy difputer les vns fetenaiis forts pour haüantâge delà balle d’eihbàs > (qui m’ont aufli attiré à leur pârty ; & les autres ÿ entredifans oppigniaftremeiit ôc conftàm-ment.
- Gap. Si ainfîfetoit que l’àitântage fat deiaballe cfembàs * de quoy ferüiront les pkttesforttfes & autres teuées del’artillerié, quifefontaueç u grand Çrauaill
- GENtréftime
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- Del’Artillerie. 63
- <a£ N* Teftime que cela Ce fait,non pas pour Paüântage de la plus longue portée, mais pour tant plus librement commander &defcouurir teùtè la campagne,auec tous les aefteings aduenues de l’ennemi*
- Cap* Aufurplusi’ayentendud’vn qui longuement âuoîtpràttiqué l’artillerie, qu’au fkge cfe certaine ville, eftant contraint de loger l’artillerife quelque peu plus loing d’icelle qu’on fait couftuinierement, bn luy commanda d’eftayer fi d’vn demi canon il pourroit mettre la balle en laditte ville. Et voyant qu’il ne pouuoit atteindre que les rempars, il s’aduilà d’esle-uer en hafte la platte forme,fur laquelle fa piece auoit efté logée de fix pieds: & lay remettant & retournant àl’effay, il trôuuaque fa balle pénétra enui-ronde Soo.pas d’auanrage en la ville,qu’elle n’auoitfait àuparauanndont il appert que tant plus que la piece eft eslëuée, tant eft fa portée plus loin-rame*
- Gef* Il faut que iecônfefte d’auoir auflî erré en ce poin<ft, combien que la chofe mefme eft de plus de curiofité que d’vtilité au fait delà guerre.
- Dialogue iô.
- Comment pour battre vue place tl faut loger t Artillerie1
- GEf* Les frais de laguerre eftans II grands, il y a bien de la raifoti qu’on regarde de les bien mefnager. Dont puis que les plus grands fe font es batteries, le vous prié de me monftrer quel ordre il y faut tenir,en forte que fans faute de bon efFe&, on y employé toutesfois trop de munitions.
- Cap. Bien mal poUrfoit-onrefoudré ce j)oint,n’ayant point èntiere cognoiiïànce de'l’afliete & pofition dulieuiqUi eft la chofe principale,qu’on y doit confiderer,& qui de tout le refte enfeigne comment on s5y doit comporter.
- GeîL le le croÿ bien, Cependant félon i’experience qu’en aùeZi le n’ay nulle doubte,que ne me puifliez dire à peu près, ce qui y feroit requis* Cap. Vne place peur eftre attaquée en plufieursendroiétsitantoft on Baflaut d’vn cofté, & fait la batterie de l’autre : tanroft on le bat au bouleuarc oubaftions,tantoftauxcorcines,ayanttoufîourscebut, de patuenir leplu-toftquepoflibleàlafindel’entreprife, qui eft lavi&ôire &lamaiftrefle du lieu battu. Quant àmoy, ayant à battre vne grande ville & bien peuplée, I’aymerois mieux la battre eft cortine,qu’au baftion ou cauallier,fingüliere-ment,quand,comme il aduient en grandes places, les baftions eftans bien esloignez les vns des autres,mortftre le pan de la cortine bien ouuert.
- Gen. Pourquoy plutoft aux cortines qu’aux baftions?
- Cap. Pource que toujours les baftions font plus forts & mieux por-üeusque lescortines: & eftans comme laprincipale force du lieu, mieux guarnis tant de térraftes que de murailles,il y faut plus de temps^de peine, de couft pour les abbattre*
- Gen* Mais qui feroit le foldat fi mal prattiqué, qui prenant la peine de faire (à batterie en la cortine j laiftant cependant deux forts baftions aux’ Coftez,defquels quand il voudroit faire l’affaut, & cueillir le fruift de Ion labeur &: defpends,il feroit puilfannment repoufte èc rembarré ?
- Cap.TouC
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- 64 Second Traiété
- Cap. Tout beau Tref-Illuftre Seigneur, car il. n’y aencor rien perdu. Etqueferoit-ce,fiappres auoir auec grand labeur &eouft battu le ba-ftion,& voulat forcer la brefche, on trouuoit l’ennemi retranché là dedans,’ de fortequ’auec perte de temps, fans le refte, il faudroit recommencer & faire nouuelle batterie f Ioin& que le lieu meftne eftarit recogneu,enfeigné la manière de l’attaquer de hme& de i’àutre part.
- Gen. Vouseftes-vous bien trouuéënfembiables lieux i
- Cap. Ouÿ mon Seigneur ï Les villes de Graue& de Tfamont, ont éftç battues aux baftions. En France iefus àufîi à laprifede la ville de
- Cotte, qui premièrement fut battue enlâpoin&e d’vn bafiion, près de là ioin&e de la c ordrie ( où il y aüoit vne grande &; forte tour ) mais en vain, de forte qu eftans contraints de ceifér de ce codé, & faire nouuelle batterie à là co urtirie vers la campagne ( où il y aUoit auflî bien vn fort bouleiiard à la de-fenfe,duquel les noftrés furent endommagez ) mais eiriportaris la villes & la gaignans parla. Ainii en print-il auffi àla ville de Cambray, qui fut battue & gaignée aux cortines, nonobftâc fes bons & forts baftions,efqüels ie vous a £ fourè,qu’eile U’euft pas efté fi toft forcée* Il fe peut aùfïi prefenter telle com-iriodité,voire necefîité, qu’il faudroit battre le lieu én tous deux endroits,ou d’vne maniéré occulte & cachée*
- Gen* Cecy vous le dittes de grandes villes. Mais fîdn auoit affairé à VnchaftéaUjOU fort plus eftroi<ft,parou vous femble-il qu’on l’attaqueroit auec plus grand auàntage.
- CaP. C^uant aux forts ou chafteaux, quelconques ils foy ent, il vaut toufiouçS mieux de les battre aux caualliers & baftions,qu’es cortines. Car leftlits baftions eftans plus ferrcz,&fe flanequans aiiecgrande force font là couuerturé delà cortiiie beaucoup meilleure ; de forte qu’on ne les peut facilement forcer,fi lefdittes deferifes rie leur fontdftées.
- Gen* 0r fus: La ville donc deuanteftre battue en cortine, combien -de pièces y faudroit- il auoir*5 & comment les faudroit-il repartir & loger* .j>ogr faire bonne batterie ?
- Cap i Pour ceft effeéb il y fau droit i8.pieces,affauoir 8.canons,6. de-;ÜiySj& 4*quarts.
- Gen. Comment,yfaudroit-ii auoir plus de canons que des demys?
- Cap. Pour bien battre vn lieu,foit en terrâces ou murs,il faut s?àffeu-xer que tant pliis on y àppliquera de canons, tant plus-tdft dn fera la brefche fuffilànte : Lefdits caridns n’eftans faits & inuentez à àùtre fin * qiié de ruiner ,& atterrer tout ce qu’ils rencontrent de leur grande &fjfiéùfe forcé*
- Gen. Mai s de quelle diftàiice faut-il faire là batterie, dû lieu qu’on veut battre?
- Cap. ii s’y faut approcher tant qu’on peut. Quelques vns la pren-lierit àaob.des autres a300.pas.des autres ( de l’opinion defquels ie fuis au£ fi)vueillenr,ques’ileftpofIibleon s’auance fous bonnes couuerturesj iu£ qùes au bord du folfe : non feulement pour battre dé près & auec plus grand forcerais aufli pouf empefeher les faillies des àflïégez, defcoüurir leurar-tillerie àuflj toft qu’elle fe nionftfej& les tellement effrayer,qu’ils he s’ofent remuer mefiné en leurs repaires*
- Gen. Lenferoisàufli bien d’aduis,Sê.trduüerois cefte opinion affez bonne : mais il ÿ à dé là crainte qu’elle ne s’exécute fi facilement,& qu’entré les approchants,il n’y en demeure plufieurs pour les gages, deuant d’y parvenir s fi lés afliegez font foigneux de leur defenfe.
- Cap.I1 y
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- pe i’Àrtilleri#. $%
- Cap. Ily a bien du danger, mais qeluy qui le craint,ne doit aller à là guerre,en laquelle il n’y a ng lieu ne ënfôit exempt Toutésfois i-
- cijle danger n'y eÜ fi grand, principalement es lieux, eüqûels il y à delà terre afiiflifaiaiéf jptjür e^êitileiicç^uewres^e^ folfez mef^é* SnJéUfpréfon-tleur,en monftrâht les moyens * Car Autant qu'il y a de hauteur de terre,des le bord iuiqqes à l’cauê,autant s’y peUt Un çjflfoneer êc çoüurit<* de forte mëf me que les afliegez y font mçifls a tmMndtë; qui quand ôn a en tieiidroit dé loing,à toui.éent pas*
- G$n, ÇpU^ent fout iirepârMrWF4ntesiStpiçcesî
- Çap* Des $t cânOnS il faut faire Vue carnara4^,bactante ehÀngjjg drpit contre & çorriiie^des ^*4erpiSjil cfi faut faite deux, vte a çfiàfèçn cofljé qui battent aucunement énçi:âuetfe»pës 4.quarts»0ü frit iesdéféfileSj céim me jl eft mQiigtç en celte tgurp j ^nlaquëllê onfepcut âu#apjie£cguôirj que le? liftions mpnltrans leurs pièces, lés deux camarades descôlte^lè^ péuuent fatalementaboucher battant COligne bypdthenenféi Comme ôh Voitfig^n**,
- Gen. Moniteur Capitaine ic vous prié dittes moy, çombieri dçttr^ pourroyenc faire ces pieç&)gn dix heüresiSccombien 4e poudré f faudmit' ilauoir?
- Cap* £j» iô.hêüres elles feront ï44ô*coUpMlfruOir Jesc^posi^ô; îçs demis 4$$*&lçs quart$|2p4PoUr lefquels ûÿ faudtQiçd? iapqudre vfàgf .mille quarte cent humante Jb# faifants ié3« barils # i miftA de i6ôf J^pat
- nent à §.p#t@îirép0ur fibafcw •..
- Onçnppurruittemtê fm pfthÇtyÇ; prfe^iémçp|t 4e$ Pièces renforcées ï mais quùmmmt commîmes * & ampihdfe {D’eft$é§4§ tau æmssquw uuM oçsy* ^}ç^tejïgi4iifle&
- Jéùr dominai vnghenie en^m* de forte epupi^fe
- doiuëùt faite de toute# nï ayampièce qui en pourrit fuppprtçt fr foreu^
- cjuueur* . .
- Ge^. Qeftpemmpfcmble 4e 80, tirs : ayant fouüentouyjqmou en pourrqit bien faire çn telle gQflçU 4ë temps 159* dont ie defme de fcauoitlt Vouscü aueg quelque experieiigé*
- Cap. IeracompterayàY.S.eeqUien âduiftt enMslëde ffommçlt U y îiuoit vnepieeelogéeen vnmpuUüiqui tqurtuentoit tellement fennemi# qui luy lut forpelggef à frfo- pas deux pigées* alîkuoir vn câm>n$tvndenft cappii) pour les enwh6rfr?t ou demuuter * pu tirants des les q.iaeurcfdu matindufqUÇSaH^vm^i^tefraicbifiaUtladittepiecevnpaifd’beures^rg* tournes adiéu dlcelle â vue heure iufquesàquattre heures du vefprejpufufi mes cpntràih^ 4e éeffetiOe peuuanç làditte pièce plus endurer la forge §4 chaleur dé ia g harge ( cependant ne eeiTattt$ d'àütre pattjpar le Commande* mencdugenèraUqùi lorseftoic PqnLouys de Velafco, de donnôrd’vné àutrepiécélqgceeii vil autre endroit j au traders defdit tes deux pièces fgx ne.naies*&: les lant dcslogêr en vhe g ) 4 yeùt Vn * qui Ù#
- yant marqué en Vné taille tous nos coups# des le matin iurquésau quitte heures du foirim’en mpn(lm|o*cntei4e^,réuenantsaprês 04 auoir fubArait Jesdeuxheures4erë,û#<ïhi4émçtà^CpupspariiéUféjquieft lëplmqu'mî
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- î piA*
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- 66 Second Traiété
- Dialogue il
- Comment il faut defendrè vue ville afiiegée, quelle proùifionyejl requijedes munitions pourfa defenfi.
- G En. Puis que nous auons les temps à fouhait, le v'ou$ prie de më dire quant a ce qui deipend du general de l'artillerie, quelle proui-fion il faudroit faire pour défendre vnê ville afliegéed’vnlongfië-ge,(ans attente d’aide où fècburs aucun de dehors j Cap. Telle ville deuroit eftre prouèuë non feulement dè toutes fortes dé munitions, mais auflï de viures fufîifants, fans lefquel s toutes les munitions ne profîteroyent de rien.
- Appres il faudroit feauoir qu’elles, ou combien de places il y aüroit à mtmir d’artillerie* Et puis faire prouifiori & de l’vn & de l’autre pour le temps de fîx moix entiers, qui eft le plus lorig temps de leür prefle Ôc dàhî ger s;ils n’attendent quelque fecours de dehors.
- ' Es viduaillesilfaudroit auoir efgatd au nombre tant des horiimès que dés beftes qu'on y toudroit riourrir* Es munitions, quant à ce qui eft dé
- l'artillerie, aux lieux qui en doiuent eftre garnis. De quoÿ nous feron s lé compte à peu près : non pas precifement .de toutcequiypourroit eftrerd-> qüisjchafcuniôürmonftraritnouuelleriecelîité,&commepardehors l’en* nemi fonge toufiours à nouuelles offenfioii$,ainfi y faüt-il àuffi par dedans à-üecgfande prudence veiller à nbulielles defenfes* Nous dirons doncques de ce feulement,qui y pourrait eftre le plus neceffaire. ;
- Premièrement il y faudroit auoir pour Je moins pièces d’artillerié, àflauoir 72-canons tirans 40 .îb de fer,pour ofter les defenfes & tranchées à l’ennemi,ou,pour en vne contrebatterie démonter l'artillerie d’icciuy- :
- 78. demi canons,tirans 24.1b de balle de fer,pour la mefme fin : 8c{ ces pieOes eftant plus legeres de maniables) par viftefle, qui eft le poinâ: principal en ceft affaire,luy gaigner la main: ioindqu’auec güeres moindre effe<ft on s’en fert auec beaucoup moins de munitions. Poïaét au fil aux afliegez dé gi ande c onfideration*
- 10 .quarts tirans 70*ib dé balle de fer pour ofter à l’ennemi par le çontb tiuelieü d’iceüx tout moyen de trauailler, offeiiferfes fentinelles& gtiets entrans & fortans paf les tranchées : 8c finalement luÿ empefcher les approches trop hardies du bord dii fofle pat fes trâuerfes* Car eftant pièces légères & fort maniables, elles peuuenr eftre bien facilement traniportées de lieu à autre,voire mefm* iufqueshors dès portes pour rafer tout auprès de lu terre des trenchées de l’ennemi*
- Finalement2ô.petites pièces dè campàgrie tirant îb de fëroù 7* îb de plomb,pièces aufli fort neceflàires 8c maniables, pour s’eü feruir non feulement es rempars 8c murailles mais aufli es entrées de là brefçhe que l’ennemi y auroit faitte.
- ; Sans lefdittes pièces,il y faudroit encorpbur le moi ns,trois grau s m or-tiers , tantpour ietter toutes fortes de feux artificiels contre l'ennemi,. que pour efchirer de.nuid la campagne, 8c recognoiftre les omlrages d’iceluÿ pour j t baier de bonne heure,comme la neceflité dem andet
- Dauantage
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- De l’Artillerie.
- S?
- D’auâtttâgey faut-il âjuoir400.mufquettons de bfdft&e, tlrafiS 4.0U 6* onces de fer,ou 6.ou ponces de plomb,auec autant de poudre fine. Ou il faut que l'artillier s'entende tref bien, pourpouuoir di&ernerla cémtUüne de la fine,de peur que commettant quelque erreur, il ne s’endomtïiage foy. mefine : gardant toufiours la defiksditte proportion. Eftant autrement de grande importance, qu'on y foitpourüeude poudre fine, pour efpargner non feulement beaucoup de frais,mais aufil excufer en partiele labeur:mo-yennant qu'on y garde foigneufement la defiiisditte proportion.
- Item aooo.mufquets communs, auec toutes leurs appartenances de formes futches & flafcons»
- Item joo.ballespour chalque canon :8£pour les 13.Ô000, balles.
- Item 10 po^balles pour demi canon,& pour les /B.18 000.balles.
- Item pour chafcune des autres moindres pièces 20 00.balles, (èlonla diuerfité de leurs calibres.
- Item faut-il faire prouifion de 150 q .granàdcs ou balles de feu ,grandes pour les mortiers.
- Item de o o.ou dauantage des petites, pour ietter de la main fur Fi-ûemi,voulant foire lès approches & forcer la brefehe.
- Item bonne quantité de petis cailloux,bricoles, vieux doux, & autres femblables mattieres,tant pour en trauercer,en chargeât les greffes pièces, les brefçhes, que pour en ialuer l'ennemi en les entrées par les tues de la Ville.
- Item du fetuice de l'artillerie,Comme cueilleres à charger,nettoyeurs, couuertur£s,çoins>leuies aux rouës, fufts,auantraines, carromats, pieds de" chçure,ôc guindaux,auec tout ce qui y cftrçquis pour Faciliter le pefaût maniement de l'artillerie, en faifant toufiours'double prouifion, afin que Pvn defaillant on fc puiffe feruir de l’autre.
- Item bonne quantité de greffes & fortes planches de chefhepour les çxplanades.
- Item 2Q.lampions en leurs perches.
- Item de poix, refine, eftouppes, fillet,&autres apprefts de feuxartifi*
- ciels.
- Item xoq<9. elchelles longues, 1000. crochets tant courts que longs, féaux de cuir,peaux de beuf, &:autres apprefispour efteindrelefeu que l’ennemi y auroitietcé i auquel il faut obuier (ans aucun delbrdre, députant certaines perfonnes tant pour empefeher la force du feu, que pour eftouffer a* uecles peaux mouillées les balles armées que l’ennemi, pour eipouuantef tant plus les atiïegez,&les en faire tenir loing,y auroit ie ttjées.
- Item xooo.arquebus auec leurs mouldes & fiafeens* /o ô o. picquça & quelques cuiraces.
- Item loO. heutbergeois aueedeurs manoples ou gants, Sc Cduuertu-res tant des bras que des ïambes.
- Item iy. bonnes rondaces *
- Item 6000, quintaux de poudre» ifooo.quintaüX depiomb. /oôo< quintaux de cordes d’arquebus ou mefehes.
- Item 4000.pâlies. 2000* hoyaux, iooô.picques. 3000. petite! corbeilles, auec bonne quantité de iàchets de toille. 1000 « brouettes « 150.charrette s ou bar es à cheual,3e autres telles choies appartenantes au remuement delà terrees mines &recnuiçhemens,
- I cem benne quantité de fer,tanrpour re&ise céquifè caffeSt rompt,
- I % que
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- 68
- Second Traité
- que pour forger denouueau ce qui (croit eftre de befoing, tant à l’entouf dé fartillërie, qu’en autres ëhdroits.
- Item bonne quantité de chaude trappes.
- Itemifôo.gàbiohs.2oôoôoô. fagots*quantité d’arbres graiis &pétis$ pour la fourrure ixfoufticrt des mines, ijod* planches de pin, tant pour les mities que pour lès foufs d’icelles.
- Item y faut-il auoit deux poilldrierS, pour rafiner la poudre gaftée, te pour en faire de la noUuellè,aüeci*falnitrier$. iboo.quintaux de falpetre* 2 fô .quintaiix dé foulfre^ô.quintaux de charbon de fauls, ou dé coudre ou de tiliier,pour faire & refîner la poudre, & pour l’vfage des feux artificiels.
- Icëni 1500. chargés de charbons, tant pour lésferruriersqtiepourla cuifine,afin quel’ënemi ne voÿe la fumée j de laquelle il iuge du lieu auquel il pôutroit faire du dommage*
- Item 10 o o. charges de fofng 6c de paille,tant pour le fourrage des be« ftés,qüepourenfaire les tàppôtts àl’aftilletié*
- Gen* MonfieurCapitainei’entendsquandvousfaitesmentiondes^ càhôiis, defquels vous ne ditf es mot au compte que vous me fittes les iours paffez,& que ne allors ne maintenant vous ti’auezaucune mémoire des co* lubrines > dont Fen defîrois fâuoir la raifon, eftimant de ma part qu’on s’en pourroi t auffi bien fèruir qtté d'autres pièces *
- Cap. Qu’au compte décès ioürspaffeZ ien^y fait mention ne de* canons ne des coiubrines,c’eftoic premièrement quant aux canons, que les éftime inutiles,fi ce n’eft en vn citadelle dVné grande & puiflànte ville, pour tenir les habitans en bride & obeiflàjice,efqüélIes auec les petites pieces,ces grandes font de fingulier effet,tant pouf les humilier par leur grand effort, que pour les faire trembler de leurs effroyables tonnerres* Mais quant aux coiubrines,ie les ay omifes,comme du tout inutiles fi ce n’eft es lieux mariti* mes, es ports de mer, pour de bien loing offenfer l’ennemi qui a bafteau y voudroitapprocher,oupour defendreles vaiffeauxallans & venants,tant des marchands que des pefcheurs.De fait les canons nonfeulement ne font
- œen lieux eftroits,mais auffi tant à caufe de leur poids exceffifjque de ucnce de leur fouffle, y font dommageables, & aux habitans très griefs,à caufe de leur grand couft,iceux fe mettons,s’ils en vfent trop gaillardement au commencement,en danger de faute de munitions, for la fin, & quand plus ils eii auroyent de befoing* Comme il aduint à ceux d’ÀmienSi qui âffiegez par l’armée du Roy Henry 1111. fe defendans aü commencement trop brauement de leurs canons,& dependans toute la poudre,furent à la fin contraints de fo rendre par faute d’icelle* De mefme en print il l’an* liée 1606.à Reinbcrck,auquel l’eîmemife foruant dégradés pièces, & y perdant toute fà poudre: enfin, quand plusiîauoitdebefoihg,ils’entroùuoit deftitüé.Dont encor ie fuis d’adufs, qu’vne ville ne fe charge de fomblables pièces,fi elle n’eft bié alfeurée d’eftré puilfante affez,5c bien pourueuë qu’c!* le puiffe faire fon compte (qui fe fait bien difficilement ) de n'eftre en danger de quelque defaut.
- Gen* C’eftvnerefponfefortraifonnab!e,.de!aquelleie metrouuc bien fatis fait. Mais l’ennemi ayant fait fà batterie, & qu’il fiift de befoing de faire vne contrebàtterie, poür luy oftér tant fon artillerie que fon defféing: I’eftimcrois certes,queladittëcontrebatterieferoitde bienpeu d’effet, s'il n’y auoit,auffi bien qu’en la batterie, des canons*
- Ca p . Les deiriy canons font autant propres à ceft effet, que, félon * r l’expo
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- Dé l’Artillerie» 6g
- l’cxpéricncê que i'en ay, iem’en feruirois beaucoup mieux en Vne ville* que des canons. Ne difont pourtant,que quand il y auroit piece contre pie-ce>queles canons ne feroyem meilleurs queles demys i mais ieparle delà defenfe, pour laquelle faifaiit vne contrebatcerie ieprendrois pluftoftles demis canons que les canons,premièrement poiirce qu’ils font plus maniables i & appres, pource que les artillierg lés peüuent recharger &apofter plus toft que l’ennemi les, canons luy enpeuucnt(cbofe de loigneuferematr que en femblable affaire ) facile ment gaigner la maiti. Quant aux affiegeàtS j il eft vray queles canons leur font plus propres : tant pource que les murailles enfontplüs toft ruinées, que pour la capacité du lieu, duquel couftumie-rement il y a de la faute en petites villes &; chafteaux. ïoint que quand on fe voudrait 1er uir furies murailles, de ces grandes pièces, on fe mettrait tous les moments en ce danger,de les véoir reriuerfees & démontées : eftât cho-fe affe urée, que celuy qui eft àlà Ville ne peut faire fon compte de fi bien cou-urir les pièces, que l’ennemi qui eft dehors ne les defcouure: comme au S. dialogue il a efte mqnftré.Toutesfois l’habilité & pruderice,eft la compagne d’yn bon fucces. En fomme,cornmeles canons en ceft endroit font de peu d’vfàge : ainfi y font les eolubrines, du tout inutiles, fi ce ne fuft qu’en plat-tesformes bienesleuées,anvoudrQitatteudrel’ennemi,deuantdeVeniren fonquarrier, pour ie tourmenter de bienloing, deüant qu’il puilîè faire là batterie,en quoy toutes fois il y à peù de fe cours, & laditte batterieeftant faite,on n’en peut non plus vfer,fans trelgrand danger*
- Gen. Comment le maniement en eft il plus pénible & dangereux que celuy du canon ?
- C ap . I e vous diraÿ ce qUe c’en eft.., Premièrement eft la’ coiùbrine, à caüfe de là haute monture,&de la longueur de fon col,qui fë montre tout ioùrs plus qu’il n’eft de befoing, tcmfîours àrdefcouuert derartillerie à l’ennemi. Apres en fe defehargeant elle butte tpufipurs en contre barbe de foa fuft,dont non feulement ledit fuft en pattit, maisauHi il he peut faire fon recul autant qu’elle fé puilfe cafchér en la tf oftiierë,airis demeurant aulfià defo couuert en icelle, le pâuure artillier la voulant charger* eft en danger de la vie,aufli toft que l’ennemi l’y Voit. Et voici les railbns pour lefquèlles i’ay obmis & les canons & les eolubrines én comptes precedents* _
- Ge n. I’eri fuis fatisfait &lèrois de mefine opiiiion quand ië me trpu-uerois en femblable deftrio&Toutesfois quant à la poudre & balle,tnelcrh-bi.e que vous en demandez ttôp+ .
- Cap. T outesfois monSeigneurie Vous eft alfeüre qu’encorës qu’on ferait pourueu de tout ce que i’ay mis * on n’en auroit pas trop pour les occurrences qui feprefententd’vne bonne ôçdeucdefence.
- Gen* Mais durât le fiegeie vous prie dittesmoy qui employeràplus de poudre,^artillerie,ou les armes de feu ?
- Gap* le nefattfois fi bien déterminer ce pèirwft ; Toutesfois quant à ce que i’en ay appris ie donnetay le confoil aux aftiegez d’employer ptu-ftoft leurs munitions en l’arquebuferie >&: mufquetterie , qu’en l’artillerie. Mais quant aux afliegeants , neftant autre leur delfeing que dfob^ battre & murs, & tout ce qui refifte à leur delïèin , qui eft de prefler les alfiegez de tous coftez* & leur aller toutes dëffenfes & repaires , ou polir le moins de les repoulTer & retenir qti’ils n’empefehent l’ouuercure de lèurs trenchées: Il leur eft toufiôurs plus auantageux d’y employer leur artillerie , pour tant plus toft & plus aiférùent en patuenir au bout* Et fi lés
- I | alfiegez
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- Second Trai£té
- lespour la petite . 0
- de 8c fes munirions, pour quelque plus grande neceiïïté : Auec confidera-tion qu'ils feront quatre tirs d’vne petite pièce, qui eilant bien logée Fera plus de inal à l’ennemi, qu’vn canon, qui poqr vntir demande tout autant Ou plus de munition*
- Gen. Qiÿ eft-ce donc qui fait le plus de mal en vu fiegè, l’arquebu* feriejoulagrande artillerie ?
- G ap. Le mal que l'artillerie fait eft bien grand > dont auflî elle eft de plus grand effraya l’ennemi t maisceluyde ^arquebuierie, combien qu'il JVy ait foldat qui n^en ait du tout perdu la crainte, l’eftimant Vn ieu d*enfans, cft incomparablement plus grand.
- Ge N. j£t qui eft-ce qui èonfunicroitplus de munitions, l’aflîegé ,oü i'affîcseant?
- V A? • fey il faudrait Voir de quelle part il y auroit plus grand nom^ bre degeps > car le plus grand en confùméroit auffi plus grande quantité* Toutesfpis le$ afliegeâs {çlon leur deflèin,& comme libres, auec la commo* ditéde içpqnrueoifide tout ce qui leur pourrait defaillir>en employeront a-uec plus grande liberalité & abondance>que les aifiegez,qui,combien qu'ils foyenc pourueu$,y vont toujours auec apprehenfion de quelque defaut,qui au bcioing leur pourrait iùruenir.
- 0*en. Çn voftre compte yous fîttpsaufli mention de trois grands mortiers : mais de quoy iç vous prie pourroyent ils fèruir çn vn lie* a£
- "fieÿéf ‘
- Cap. Certes ils ne font point à,ttieQrtiier Srreietter en femblable beu»véu legrand fcruigeqtfon enpeut aupir: car iouans de haut en bas,& ce auécgranqeforce,il$peuuént eftretellemcnrailèfte2, que, (bit de près ou de lomg es trenchées^ou mefines au temps de Paifaut, on face tumbér leurs ballesde feu,armées deplufîeurs tirs de mufquets auec le urs balles & autres mattieres, auflî inextinguibles, en la plus grande foule & prefle des ennemis, pout non feulement les pf|>ouuanter, mais auflî les inter efler grandement.
- Gfctf. Êt des iftufquettons de bronce,quel pn eftl’vfage ?
- Cap* Çeüxcy font repartis es quartiers efquels l’ennemi trauaille pour faire fes approches, tourmentans non feulement l’ennemi, en forte qu’il nefc puiifé fuffi&mmpnt ççuurir de fes blindes fit gabions vuides, mais ç^pargnans auflî beaucoup de munitions.
- Gen, Ieconfeffe que vous auez faitee compte auec grande confL deratipn t cependant il y refte encor trois cho,fès,defquelles ip cjeiired’auoir
- în AntÂÎÀtl tlf^lTuVr^ ni* Affrtfc fü' rlpr rriKirtnc 1, fiarnta/Jo rl /»
- Oifenferl'ennemiûns aucun» _
- Cap. ^üât au prçmier,îe ÿo^s affeure mon S.que les gabions>& far
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- De l’Artillerie. ji
- ^éiufrien difficilement paffer es defenfes quife font auee de la terre, erirte laquelle ces fagots ou ramages lonténtrelaffez. Et pour faire les plattes fermes en haftedl faut neceflàiremént qu’ils en ayent : O’eft aulfi d’iceux qu’ils fé feruent eri la fabrique des demies lunes* En fomme faute de fagots, faute de defenfes. Des gabions non feuletiient ils fe couurenten leurs trauaux, mais s’en feruétauffi pour tromper l’ciinemijes mettaht enlieüxdiuers,de forte qu’il ne fâche bonnement versjquel lieu il doiuë affefter fon artillerie.;
- Gen* le îïeuffe iamais penie que ces chofes fuffetu de fi grande con-fequence: Et foisd’aduisque non feulement orién fit prouifion publique, mais aufli,comme on en affaire en la maifon, chafcun pete de famille fut o-bligé de s’en pourueoir cous les ans de certaine quantité,qui en telle necefli -té poutroyent ex eufer toute faute; Mais que dittes vous du logis des pieeeS.
- Gà p. De ceci il n’y a gueres à dire, quand on ne fait le lieu auquel fe fera le premier affaut. Toutes fois,afitiquepour tous euenemens, nousdi-lîons quelque chofe,s’il attaque la cortine, il faudra, comme la figure ib** le tnonftre,loger l’artillerie aux battions plus proches : mettant auffi deux pie* ces.fur le bord intérieur du fofle,qui flanquentla brefehè. Auec ceft aduer-tiffetnent,que nulles de ces pièces tant du baftioh que du foffé ne iouë, iuf~ ques à ce que l’ennénü fe prefencé auèc grande foulle pour forcer laditte breiche, 6c allors en vninftant auec grand effroy 6c carnage d’iceluy on les defchargëra* Mais s’il attaque le Baftion j il le faudra retrancher au fcql*
- noté de A, & loger en ce retranchement quelques pièces, auec bonnes 'èf-paullesj& los y tenir couuertes,iufqües à ce que l’ennemi y foit, efpefantvîl-le gaignée,bien entré Jeans :6c allors les defcoUurir 8ç delcharger fubitemët contre iceluy,l’eri rembarrant en vn moment*
- Gen* Et ceci, ne le pouubit faire , aufli bieneri là Cottine au bà-tëion?
- Ca1>. Ouÿ bien,principalenileht es lièuxéfquëls lts edifîtes font tel-demehtesloignez d'icelles, qu’on y eut delà place allez, pour faite la demie dune,ou autre retranchement neceïïàire, bu Bien quand on ofterditles edi-fice;,empêfchans tel ouuràgè : Cepëndatit l’ennémi y faifànt plus grand’© brefehe& Touuerturè plus large r ie retranchement feroithon feulemerïc de plus difficile fabrique, niais aufli de plus pénible gardé, que celle du bà-ftion,qui ettanteftroitte,fefait facilemént,&fegarde en defend, aüècpeti de gens. Mais comme la chofe eft dé difficile deduitte, fi on ne voitr&PaC--fiete du lieuaüec fes corhmoditèz ou incommodité^ à l’oeil, aihfi auffi ri© :peut on entièrement refoudre, quelle manière feroït la meilleure, einlaif* Tant rèntierê & parfaite détermination,à la neceflîté,mâifti:éfle bien ifidu-ikieufe pour enfeigrier à chôifîf.lé pliis propre 6c cdnüénable;
- : GéN. Il eft Vray,le marchémdhftrçle pris, &iàneceffitéfait fefoû-
- •dre le choisi cependant il rie viënt pas riralàpoinét, qu’on en aye quelque generale intelligence,de laquelle ettant en neceffîté,ott puifle prendre foii--dement : ddritaufli i’aÿ pris plàifir, d’tri duÿt voftreadiiis,tàntdelàcorririb •que du baftiori. Mais dittes moÿ aufli du troifiefme,affaudif du fermée des doubles criifaces,auec les r ondaces*
- - Cap. Les rbridàcés font défirigulief effd<tt,eriVîiëfàillier^ pourcou-Urir non feulement ceux qui ont au bras, triais aufli deux qui lés fuiueht:* de i’arqüèbufèrie contraire:comme a ufli eri Centrée de là brefehe y niectant quelques vus cbuuerts d’icelles aueevri bon coutelasen là mairie ils fpfciifc
- foyeriK
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- 72 Second Trai£té
- rayent retenir l’ennemi bien longuement, De mefme en eft- il des cuira^ çe sauce les couuerturés& des bras & dès cuii&Si& iambes,eftant Vne chofe afleureCiqviè ceux quife traquent ainfi àrmez de toutes pièces * font &plus fermes ôc plus couiràgeiix à ià defehlè : Et pourrôit-ôn bieri alleguer-des exe-plesdes Victoires obtenues par ce nloyen. Dé forte que Vj5»ne dditpenfer que ces chdfésfoyçiit de petite confoqüence^àüis les tienne en tejlè efoinç, qu’à mon àduiSj toutes Villes > principalement celles des frôttti§re$,én dç~ uroyent efbfe fournies* Quant aux aHîcgearicsdls en iàwenr bien faire leur profit en anriant ceux qui doiueiit éfchèller &c forcer les brefchès t voire ôn y tfouuè quali touiloursdesauantürieux, qui à leurs dèfpènds s^enpouruo-ypnc pour tel eifeft. Ou çonelttfraÿ ce compte applç$ auoû rendu fufft-{ànteraifonde toutes leSpiêcëi cOthprifes éftiçdoy.
- e 12,
- Comment je doit gmuerner <vngénérai de l-attïlkrhfè troHUant afitegé ëft telle placé*
- En, Monteur le Capitaine, Iufqucs à maintenant vous ane* dif >uru efigerteral de ce qui eft reqwiSipoùr la derenfo 4’Vne Vil e af* „»gcè, voyons auffi en pârticniie^f obligation d’vn général delta*» tilleriesWetrouuQÏtaiufîaflfogt, . .
- CaV, T el ne doit pas attendre la nècèffité -, ainsfe préparer longuement au paraueiiti préndant ôcdàdondu premier foubçon, qu’il y p eut â~ tioir de quelque fiegê* Dé bonne heuredoiicqües àuecl’adüis dügouüet-
- ratt> pour
- Cuiter toute cofodori* âduèrtüfant que pour chafcune pièce de muraille il y ^tpoUrfo moins idpd,baltes,#ppurledemi canon 500, Qu’il n’oublie pas là poudre * àins faifant ouurir quelques tonneaux, il y mette la main iuf-ques au fondipdut s^déurer comment elle eft conditionnée * regardant les regiftres dudit inàiftré d^Hoftél* de Combien il en a aux magasins & don* geons : & fbigfier q ufon en aitiodo. quintaux de la fine pdur f artillerie : 2c .pour l’arqUèbuférié*& gatnifon dçs fours* des minesy pour lés feux ? Énfdmm^dèbouruédir que toutes les chôfes comprîtes én no-fttd CdUiptc y foy ent pfoffésJ donnant àduertiiïçrnent de tout audit gouuer-n<*nt,dç dé qui y. éftf equw#àén dé fuppleer tes defauts : M par ce moyen,fi i* ceïuÿ y fut ndncHaiilaat* sNwfonet de toute occafiond’én foy eftre ac* eufe*
- GsKi Ceci me fembie devoir eftre de ia charge du gduuerneur, du-
- "à • . i ~ .. • . ™r.*l .u. __ i... 1-^jil-i—i—-
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- Del’Artillerie. 73
- uers affaires. Et défait c’eften particulier de l’office du general, de pour-ueoir auec toute diligence,ce qui èft de là defenfè de la place* Et en ceci il Ce jgouuernera tant félon le compté precedent, que félon Fihftruétion fui-uanté.
- Premierémcrit deuant d’eftre prefle de l’armée ennemie , il le doit eh-iphercher foigneufementide quel coftéil pourroitle pluseftre endommagé, 8c en quel endroit (es pièces feront le plus feurement logées. Les pôuirueoir de couüertürës,e(paulles > 6c blindes fuffifantès i 8c ne ies point retirer de là muraille,iufques à ce que l’ennemi aura prisfon quartier, 8c ayant tracé Ls trehchées, commencé idç faire feS approches vers la ville, le moleftântce^ jpëdant de tout fon pouuoir. Et quand lchemi féroit approché eh forte qu’il luy euft ofté l’vfagc de foti artillerie,qu’il les en retiré de la: deüallaiit fès pièces en quelque lieu 8c affiette fecrette,qu’il s’autà fait accomrhoder;àù pied de la muraille éri banquets 8c carionieres cachées, pour en receuoir i’ehrië-mfdeuant qu’il ÿ print gardeJMais s’il lès Faut laiffet fur lamuràille j qiFëfies y foyent enterrées autant qu’il fera pôffible: Èt fi l’occafîori fe prefèiitoiL qu’il n’ayé peur de s^uaücer àuëç quelques petites pièces, ( qudy qu’onTêti voulut déftourner ) iüfqüés en iâ campagne mefhiei eftântvnë chofèaflëu-rée, qu’il h’ÿ a pièces plus dangereüfeS pour l’ennemi que celles là. Comme ons’eneftbieilappérçeuàufiegéd’Oftéttde. Et combien qu’onypërdroit quelques pièces 3 fi n’en féroit là perte fi grande que quand par crainte 8c couardife,on vint finalement à perdre auec la place, toutes les piecèsôcla vie mefme.De forte que le general auec inftànce, prendra le confeil & aduisdii gouuerneur 8c autres fés capitaines, en quel endroit eh rencontrera l’ennemi de lèmbiàbles pièces,tarit polir encourager les liens & que pour jtafer tous les ouurages &iholitions de l’enriemii firiguliëremèht efpbiiuèrité dé veoir, qu’en lieu de perdre Courage,on l’ofè encor aller chercher eh la campagne;
- Pour tel Coing oh pourroit bien faire des galléries couuèrtes,par lé fof-fé,tant pour conduire à côuuërt lefdittes pièces eh campagne * que pour pat icelles attaquer l’ennenii entré aufditsfoffez* Dauantage,iltàfchéràdë loger quelques piecës; derrière les aisles des bàfliôs,&càfematces* poruëuës de bien profondes &éftfoittes canridnie ires, qui rie facent leurs flancs plus large que de la largeur dii folle, afin que l’énehiirie ies defcouüre par dehors; Èt quant aux pièces ainfi logées elles ferôt chargées dé petis cailloux, cîdiix$ & vieux ferrenientSiOh quelques lopins dé chaiiies,pourën donner l’efpàr-gés à l’ennemi,voulant forcer la brefchd* . . .
- Auûi feroit-il bien profitable, fi aù dedans de la muraille oh audit eslé-ué quelque ràuelinoücaualiier, pour faluér de là ceux qui s’approcheront pour fàigrier lé folle,ou y mettre des ponts. Lefqdels toiitesfdis doiüënt eU lire tellement ordôrinez, que l’ennemi né les defcdüilrë de fa batterie dé dehôrsjcomme i’en aÿ veii en quelques endroits fi bieii ordonnez que tôuf-iours l’artillerie logeeeri iceùx fuyoit là fecé des pièces ënnëmies, en forte que par toutlë temps diifiëgë,elles n’en pëureht eftfc démontées;
- Durant l’afràutdeditgeheraîiapprés àüoir occüpé de Ces pièces, les io-gis fëcrets dû foffé, felôn que Inopportunité le permettra,attendra l’ennemij auëclàprduiûon de feux artificiels, ayant toutes fois bien fqigneux efgard, que les àhiisiqui font à là dèfenfé delà brëfche n’ën foyeiit offenféz:& firigu-iierement,quë la pdiidré fdit Bien gardée que le Feu rie s’y prenne, 8c eh emporte pour vri coup toute la prduifion, & qu’il faille attendre ldngüemëritj deiiancd’ënpoiiudir apporter de la no uuellè : fah; en cor le dariget qu’il ÿ à * K qü.lé
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- 74 Second Traité
- que les affiftants en foyent blettez,ou pour le moins efpouuantez, & les en-nemis,comme il aduient couftumierementjenhardis.
- Ésefcarmoufehes il prendra garde que l’arquebuferie ennemie ne fe fourre parmi fon artillerie, &pourcefteffe£fc tiendra toufîours deux pièces ou dauantage toutes preftes, iulques à ce que les autres foyent rechargées. Et quand l’ennemi voudroitauec fureur forcer les troftiieres, qu’il l’en re-pouife courageufement, & fut ce mefîne à coups de battons &leuies, & plu-ftoft y laifler mille fois la vie,que permettre qu’on aye occafion de dire, que par facouardifele camp a efté forcé, làoùilydeuoit auoir le plus de forcer Vifitantàcefte fin bien diligemment toutes les batteries , & donnant ordre, que les artilliers & gentils-hommes > foyent encouragez & proueus de toutes chofes. En outre il tafchera en fes labeurs eftre fi fecref , que fes trofnieres & elpaulles foyent faites & esleuées, deuant que l’ennemi ne s’en apperçôiue,& de bon matin fe môftrant àla belbigne * tafche toufîours de fàluer l’ennemi de lès canonades,pour luy ayant gagné la main, luy ofter ou démonter fon artillerie. Et combien,que comme auons monftré deflus, il y auroit grande difficulté dece faire, fî ne faudra il de tourmétêr & trauail-ler les artilliers ennemis, leur taillant toufîours de la befoingne, de reparer leurs couuertures, & donnant cependant relafche aux affiegez de la fureur de leur batterie*
- Au repartiment des munitions il faut qu’il vfe de grande difcretion, d’eftre liberal au befoing,& efcars en fon lieu, relafchaftt pluftoft le ieu de la grotte artillerie > que de faire ceflèr par defaut l’arquebuferie & mufquette-rie> eftânt choie affeurée que l’ennemi approché, l’artillier n’eft de grand profît, fi ce n’eft de fes loges fecrettes, là oudesarquebus&mufquets> on s’en veut & doit feruir iufques au dernier homme4
- Enuers fes artilliers & autres officiers de fon train, il fe monftrera touf ïôurs bêning & amiable, les refraichittant non feulement des vi&uâilles ne-cettaires,maisauffilesrefîouiflànt de quelquesprcfents en recompenfede leurs labeurs*
- Qu^ant à l’ouuragé extérieur,de reparer les elpaulles, tenailles, ou autres defenlès, il le fera faire de nuitt : failànt pour ceft effett rëpofer fes gens de iour,pour eftre battants en neceffitédes aduertittant de purger leurs çonfciences * comme ceux qui doiuent mourir à l’inftant, veu que combien que de nuiéfe, l’ennemi lespouuant tant foit peu defeouurir, ils en font en danger trefeuident. Et voici ce qui eft de l’office du general en tel endroit, polir s’acquitter âuec honneur & louange de fa charge*
- Gen* Tout ce difcoiirs m’a fingulierement contenté : dont ie voy que c’eftvne charge de grand fouci, qui requiert vn perfonnage prudent Û vigilent, pour fe pouuoir fier en luy»
- Dialogue 13.
- Comment on logera despièces en batteries fecrettes.
- En. M’ayant fait quelque elperance de loger quelques pièces lî fecrettes que l’ennemi ne les pourroit aucunement démonter, le vous prie m’en monftrer le moyen.
- Cap. le vousay défia ditcydeuant,qu’il feroitimpoffible
- de loger
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- De F Artillerie,
- fl
- dé léger pîeeés enla muraiilô>dé forée qù’envoiilat vfc î’ënemi ne les vint à defcouurirjfi ce n’eft quelles Mené bié enterrées eh càfëmatteslT outèsfois combien que iâmais ie n’e,n àÿ veu l’elprëuuë$ ie h’aÿ point de doute qu’ori h^n^eridfhitàbotiti enfaifaik vnpièd cbmihe oh fait aux plattes formes*
- de pendate>en forte qii’elle fit fôn recul du. Bâùtiüfqiies ëh bas. Mais ces pièces,defquellés Met! faiit audit qu’viie pii deüx,né doitièhtibuër d'ordinaire* mais àùcünes fois à l’imprduiftej& ne les faut tenir au Haut, fînôn pour les af-fefter : & quand ôri lès ÿ veut Mettre,il faut dreffer deux forts palis, par la re-„ tenue defqüeïs auëc des pUliès & cordés attachées au cfoc de la telle du fufi* on lés püiflè tirer en haut k faire mbiitérlà où bri les veut aüoir.
- Î1 ÿ à eftcbrvnàutre Moyen de faite vne double Batterie auec doubles defenfps,mais pbüt làqüëllé ily Faüdroit beaucoup de place. Premièrement
- re ; de forte qu’ë ligne drbittç on püifle defdoùunt les pietés ennemies. Puis io.pieds ërt reculât,en ferâvne autre batterie àuèc festëiiàillés en d’euë proportion,regardantes âuflî ën ligne diroittë par lésprèmietës les méfines pie-ce$,àinfi <Ju"04 voit en là figure il,* 18c eh ces tenaillés les pièces férdr telle-
- Gen; le voÿ bietlënlà figure qiiéc’éftfbrt bonne batterie; &quë l’ennemi auroit de la peirié pour en demôtér les pièces , fi ce ne fuft qu’à for* te de carianàdes il leur ofibit les defenfës oii là mine; Et qiioy qu’ilën fdii ie là tiens pour vne batterie bien feurë*
- Dialogue 14.
- faut loger les
- erre.
- G En. l’entends que qüaridilÿa delà terré à fuffifahcé,ilyà biéfi du moyen de faire batteries ; màisii àduiefitfouUént qu’ilyeriadù defauts Et que fëroit-il àllors de faire ?"
- ÙÀP* ràÿbiëhVéùfeMblâbléheceffitéiMaisàiaqüalitéôfi ôbuioit,eri là maniéré fuiuânte+ Premieremét bn ÿ print po üf chàfcurie pièce 6,arbres hauts,forts 8c droits, &en défaut de là forcé dès fixjbri eh prëttoit où dàuàhtage i léfqueis enfonfez allez profondément eii tetré,pout fe té • nir fermes,-& démêuràns en hauteur esgâlle, au lied où oh vbiildit loger les pièces i Au haut on les enlafladé bien fortes 8c puiifarites barteSj pbunës affermer tâtpjus àùfll dé beftépàrtiôiles faite fuffifâns félon le pois qu’ils dbi-ùentportér+Pùis oh les couürït dé bonnes & fortes plâchés, fufHfàAtes méfc me quand il féroit befoiiig pour porter vhé plàtte for nie; Or fur ceft édificé
- cul d’icéiiéSjàflaubir iojpiécL éftarit chèfe éertàihé,qu’éiî tél ehdrbit là pièce ' ’ * ..... ‘ .... .......* "
- pàttifur ces paùlx; de forte que ia pièce ayant la forcé entière erl fbii t'eëùl jil
- fc i ÿaùtdif
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- Second Trai&é
- y auroit de la crainte, qu’au defaut de place fuffifante,elle ne vint à tutnber de haut en bas.Et voici vn fecours & aide raifonnable,en telle neceflité:mais toutesfois non fans danger.
- Gen. Comment il y a encor quelque danger» outre celuy que vous venez de monftrer ? auquel toutesfois donnant affez de planche on peut remédier facilement ?
- Ca p . Ouy certes. Car l’ennemi entendant qu’il y euft telle fabrique, tafcheroit à toute force ruinant la muraille defauoirles telles de ces arbres, quoy fait,il pourroit facilement renuerfer tout le baftimenr.
- Gen. Certes il eft vray ; & allorsles meilleures & plus fortes efpaul-les ne fèruiront de rien* Mais li les murailles eftoyent alTez.fortes ayant leur terrcpleinsjfuffifans pour fouftenir l’effed du defleing de l’ennemi.
- Cap. Allors il n’y auroit point de danger, &non plus que fi les pièces eftoyët logées fur vn terreplein entier.Corne en ces pays nous l’auôs expérimenté quelques fois, quand il a efté de befoing de le fortifier es diques. dont aufli pour meilleure inftrudion i’en ay môftré la façon en la figure iz^
- Comment au defaut de tout moyens on doitfaire vne
- GÈn. Nous auons iufques àprefènt difcouru de toutes fortes de batteries,faites de terre & des tagots. Mais que feroit-ce> quand on fè trouueroit entelendr©it, auquel onfèroit deftitué de tous ces moyens : ne fe pourroit on contenter de facqs de laine en ayant fait; quelque prouifion ?
- Cap. C’eft le meilleur qu’en terre on nepeut auoir faute de terre. Gen. Ce que ie dis de faute de terre,fe doit entendre àinfi, qu’on fè pourroit bien trouuer en lieu fablonneux ou pierreux, de forte qu’on n’ert pourroit tenir autant enfemble,pour en faire les defences neceflaires.
- Ca p. Certes l’armée côtrainte de fè fortifier en telle place, fèroit en grand danger,& l’ennemi tirant contre ces cailloux, en feroit esleuer les bri-colles pour endômager tout le cap. Toutesfois ne pouuât mieux,il y auroit quelque fécours efdits facqs de laine, pour en faire efpaulles & trofnieres, comme on voit la traçe en cefte figure. Et n’eft cefte inuêtion moderne,ains vfitée des long temps,de plufieurs & diuerfcs natiôs. Or il faut que ces facqs ayent i/.pieds de longueur, & 7.d’efpefTeur, &pourrefifteraucanon,ilen faudroit mettre trois en largeur,qui feront l’efpaulle de zi. pieds d’efpefleur. Apres cefHits trois facqs, il faut laiffer ouuerture de trois pieds pour les trok nieres,pour le canon; maispourledemiil fuffira de n’en laiffer que deux & demy.Etfautnotter que defdits trois fàcs>les deux extérieurs doiuent eftre quelque peu plus courts, que celuy de dedans, pour dôner l’ouuerture fuffi-fante aufdittes trofnieres en dehors, que lefuffle de lapiecene lesendom-mage.Surladitteouuerture,onmetrra vn ou deux autres facqs, qui la tra-uerfènt, &couurentenIieudes blindes: de forte que la couuerture tant des pièces que de ceux qui les manient,feront de 14.pieds.
- Gen. Mais ie craindrois que le feu ne fe print tant aux fùperieurs
- qu’aux
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- Del’Artillerie. 7/
- qu’aux inferieurS jComme c’eft du naturel de la laine de s’en refentir bie toft.
- * Cap. Pour ceci il 7 a bon rçmede, y ayant toufiours quelques cuues pleines d’eaue mesléeàuec quelque peu de terre * tant pour mouiller &re-fraifchir, que p©ur empeichér quelque peu lefdits iaGqs, que le feu ne s’y attache fi facilement.
- Gen. Comment les aifermira-on dohcques que la force des cano* nades ennemies ne les fàccoue*
- Cap. Premieremét,auec pâlies&hoÿeux on leur Fêta quelque péü de pied, fur laquelle on mettrales trois facqs d’embas, appresles auoir bien liez & garrottez de bon cordage,puis les pédant de bohs paulx ies fifchât en terre,on les y tiendra û fermes qu’ils ne puilfent bouger. De mefme fera ori de ceux des couuertures, Faifant paifer des pauix par ceux cy > & ceiix d’embas, qui aftreignans ceux la, les affermiront encor d’au an tage auec ceuxcy4 O r en tout cecy il faut auoir efgard à la force de l’artillerie contraire i de forte qu’y ayans des canons où demis,il y faudroit oppofer autât des facqs pour pauiles , qu’ils les peuffent retenir, & les pièces y logées fuflentaifezcoû-uertes, à la façon que la figuré n;£ lé hiônftre*
- Gen. le voy bien qu’on s’en pourroit reparer à fuffifatice : de forte qu’il ne feroit hors de propos d’en faire enfemblables endroits la deuepro-uifion.Mais laiflonsles la, & voyons comme on fait vne batterie despieees enterrées.
- Dialogue i&
- Comment on fait vne batterie de pièces enterréesK
- G En. N’ÿ a il pas d’autres lottes de bàtteiiës que celles,dont vouS m’auez moùftté les traces*
- Cap. Ouy non feulement qui foiitéiivfage, mais àufli que la né-cefîîté indùftriéufe maiftreffe en fait irtuenter de nouuéàu : voir© fïiefme iufques à enterrer qüelques pièces pouf vné batterie.
- Gen. Ét comment ie vous ën prie î
- Cap+ le fuis Bien ésbaÿ mon Seigneur, qu’ayant fî longuérrientharU té Si prattiquélà güerre,taht éri Italie qu’en Hurigrië, Vous n’en aÿeiz point veuës,oüpoüfléniôirtsenouypàtlëf. v
- Gén. Ëhffugrie.oui’ayeftéléplüs du temps, iêh’àyVeü autres batteries que celles qui fe font des gabions, doiit n’éft merùeillé fi ié ne fcay rie de celles cÿ.
- Ca . Or doncqùés ièvoüs en férâÿ quelque deiiileatibn.Premiere-iftent on remarque autât de place qu’il eft requis, pour les pièces qu’on veut loger, en forte que fvne foit diftatite de l’autre à zô.pieds. Puis par l’aide des
- ninlin«û«*r Afi Mtf* '7^* filPnC
- l defénfè fuffifantc pour lés pièces Si ceux qui font à lèurnianieriienfc) &dè largeur fuffifanté pour lé recul dés pieëes SiqU’ilyaif: encor de placé pour paifer par derrière d’icëllés : & finalemétit aptes àuôir faitles planchis oti expîanades,on ouurè les trofnieres parla tefre naturelle, auiat larges, prôfô-des & hautes qu’o ies veut auoir. Qui eft vn otmrage fi aifeuré que de la muraille de la villèjOnne lépëùfofFence*àücunèmét,&:bfén facile principallé-
- K 3 ftterts
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- jî Second Trâi&é
- nient en terre grafle & ferme* Et en France on s’en fert ordinairement, mais en ces quartiers n’en ay veu aucune fînon quand 1*Admirant d’Aragon aflie-geant Rhinberck,le general de l’artillerie,qui pour lors eftbitDon Louys de Velafco,en fit faire vn e au cofté d’Orfoy,auec grand profit & auantage*
- Gen* le ft’ay doubté aucune que telle batterie ne foit bien auanta-geufe : mais n’ÿ a il point du danger que les tenailles ou trofîiieresne fe bout client,le foufflé des pièces faifant gliffer la terre ?
- Cap. Le rémede y eftauffi bien prompt pour ceftiricôriuenient,af-fauoir qu’on y a vne grade pâlie courbée en manière de hoyeau * en yne perche de lufîilànte longueur,de laquelle ori tire la terre tumbée delatrofnie-re,de forte qu’elle ne donne aücuri empefch emeiit.
- G en. Et vous femble il que ces pièces foyent fi bieii gardées qu’on ne les puifle démonter i
- Cap. Ileft bien vray qu’il ri’y a nulle batterie qui foit exempte de cé danger : mais entre toutes,il rt’ÿ a nulle qui en (bit plus afleurée, comme (ans là maniéré de la faire on le pdut auflî temarq uér en la figure i/.*.
- Dialogue 17.
- Comment on doit faire une contrebatterie en un bafiion de laquelle fans aucune crainte d'eftre defcou-
- ie~
- tés de l ennemi*
- Ê N* Ü me fouuient d’auoir ouÿ dire les iourspaflez , qu’en viS f baftion on pouuoit loger quelques pièces en forte que par dehors "|T il n’y auoit moyen aucun pour les démonter : dont ie vous prie fi en auez quelque notice dp m’en faire part.
- Cap. Il eftbien vray qu’on pôurroit faire telle batterie,mais ce ferôit àuec grand labeur Ôè frais: & qui plus eft.-biefi rarement trouüerà-on en vne ville place lùffilànte,fi on n’abbat, (cé qu’ô doit ne craindre dû douter de faire en telle neceflîcé ) les maifons où édifices plus prochains * qui y dçjnnero-yent de l’empéfcliement. Or de tout le baftiment,la forme & la place requi-fe fe peut veoir en là figure 16.Toute la placé doit élire dé telle capacité* qucdes lé parapet du baftion,iulques au pied de l’elpaülle il y ait 40.pieds,& pour l’elpelïeur d’iceile il* pieds àuec place fuftîfante pour le recul de27* pieds: failàns enfémblé 88.pieds,biffant encorespar derrière pour le moins trente piéds dé largeur des ledit recul iufques à l’autre parapet Oppofé dudit baftiod * afin que fans aucun empêchement * lés trouppes marchantes à la defenlé,y pùiftent palier la largeur dVne efpaulle pour y loger trois pièces fera pour iemo ins de 6y.pieds*les trofnietes larges 3.pieds pair dedans,& diftantes 2ô.pieÜs l’vne dé l’autre : ayant aufii par dedans des explanades}* pieds de barbé>par dehors elle aura 9.pieds dé largeur, & par tout, 8. de hauteur* Ces trois trofnieres auront vne cdntrétrofiiieré au parapet du baftion*
- de qu’elle s’esgalle aux terrein. Et de ces trolriieres il y en aura autant, que
- l’vne de l’autre.
- ÔrdeuX
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- Del’Artillerie. 79
- Or ctesûx oü trois de ces elpaulles, defchargearit chafçüne Tés trois pièce , en croifades contre îa batterie dés ennemis, les aflailliront en telle forte, qu'en peu de temps ils feroyenc contraints de la quitter.Et combien qu'il en ce rcheroit la reucnche, il pourrait bien au& premières volées emporter les couLiert tires de trofnieres extérieures,mais quât aux intérieures ou aux pièces il n’y fauroit tou (cher, s’il n’y fait quelque cauallier ou platteforme,esle-uantfoharrilicrie/en forte qu’il les puiffe defcouurir : chofequiluy coufte-roit cher, & à laquelle on pourroit obuicr facilement,eri esleuantauffi quçl-q ne peu les eipauhes & trolnieres extérieures. Mais il faut notter que telle b ati cric ne fe peut,comme i’ay dit,faire en lieu eftroid, fans renuerfer quelques ihaifons plus proches,pour luy donner (à place requife,& en remplir le lieu de terre,a“fin qu’il foif fait esgal S>C adiointau baftion, qui autrement ferait trop p-rit. El l’ayant faite,oh ne s’en peut pas feulement feruir en vn en* droit, niais tourner ieselpaulles & les faite fulminer de tous coftezôul’eh.-heilufe voudroicloger.
- Gen. CertesMonfieurle Cap. Pay pris flngulier plaifirenladelina* tioii & trace induftrieufe de cefte belle & bien profitable contrebatterie* Mais par l’occafion des trois pièces ioiiantes par vne tenaille, il me fouuient d’vnechofcquei'auois oublie,atfauoir poutquoy ceftqueaffiegeat voulant démonter vne piece aux affiegez,ii y oppofe tùufiours trois pu quattre ?
- Cap. C’eftpourenvenirtantplustoftàbout,tantpouroftertdutes occafions de fe reparer, que pour refpouuanter par ion furieux aflàut+ Cependant auffi les affiegez ne dorment sains font trefirigilants tant à leur de-fenfe,qu’à l’offence de leur ennemi : y beloignant foüuentesfois fiheureu-lement,qu’ils le contraignent de quitter auec honte fon entreprife* Neant-ra oins le parti des ailiegeants eft le meilleur: eftant toufiours mieux fe trou-uer en pauure campagne, qu’ert vne ville rifche& peuplée, maispreiféede furlàüt.Mais pour conclufion, ayant par cÿ deuant maintenu que les pièces en campagne eftoyent meilleures qùe celles qui font en muraille, ayant eh tefte telle Gomrebatterie,i’ay peut qu’elles n’en ayentdu pire.
- Dialogue 1 S.
- Continent on doit battre lapoinâe d,(vn baJiion9 & les defenceS
- G En . Nonobfiant que les iours paflez ie vous ay molefté de beaucoup de damandes,n ne m’en puis-ie encor depdrter, me fouuenat à prefent dVne aflez pertihëte de noftreproposjaflauoir, pourquoy parlant de toutes fortes de batteries,vous n’auez fait mention d’au* tuile qüife fait contre le baftion i
- Cap. Poutce qu’ayant monftré deüx qui fe font és cortines ,iepen-feis auoir fatis fait,8c que veii la force & difficulté d’attâquerles bàftioiis, dot ne confeillerois d’employer là & les munitions & le temps,i’eftimois ii’eftre befoing d’en faire longue deferiptiori*
- Gen. le m’en fouuiens dei’auoir ouï: toutesfois d’autant que l’odca-fionfepourroitprefencer, que (comme Vous y difiez auffi des forts efquels les cortines font courtes & ferrées ) il faudrait battre en cauallier ou la pointe du baftion,le vous prie de m’en monftrer quelque trace, tât pour l’offen-iionqucpourladefenfe- CAP.Pen
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- 8o Second Traiété
- C À p • l’en fais content* & preft de vous feruir mori S dgneur * en cë qu’il vous plaift me commànder.Or pour battre vn baftion ie nfamployeray plus d’artilierie,que lés pièces nommée,en la batterie delacortine * aflauoir 8.canons, 6. demys & qiiattre quarts pour les defenfes. faififante, Comirië vous voyez en là figure, pour rcnucrfer&abbattre tout le bàftion. Les 8. canons battant en angle droit contre le cofté,lcs fix demis,repartis en deux ca-mëràdes, défauts trauérfes, rafent non feüleinentcequiàefté efmeüpar fafdittes çàiioiiadés*mais s’il eft befoing,donnent es cafomàttès : & les qüae-.tre quarts attendent àulïï leur occàfion,corrimefut dit à fiiffifarice.
- Gen. Monfieur le ferois d’aduis dé préférer telle batterie àtoutes les autres fortes,bien eibay de l’Opinion de cëiixqui ne veulent battre qu’eii cortines.
- Cap. Decècy vous en àuezouy les raifansèuidentës, tarit en paroles (Ju’eri figures traces,leiqiielles le voyertt encor plus clairement,en celle que ie vous preferite en la figure 12.*. des diüerfes fortifications que lésât üegezs'ypeuuerii faite,s’y reevanchans quëlques fois: de fortequ’iiÿabieii de la peine de les y forcer. D c quoy il n’y a point de danger es cortines * qui eftantpdur vne fois abbatuës,ori peut plus aifémerit aueclàfouile des gens, forcer la brefche,fàns fdubçon d’autre danger que dès baftions 6t leurs café-iriattes ësloignées,àufquelles on peut rencontrer* enieurs oppôfant autres pièces plantées au bot d du folle,ou âilleurs*feiori que la neceflicé requiert, & l’occàfipn le permet- ,
- Gen. Mats telles fortifications ne Ce peuuërit elles faire aulfibien es cortines?
- Çai*. Es cortines ori n’y trouuera telle commodité, de forte quebié difficilement on y pourroit faire quelque retranchement : dont auifi il n’y â gouuèriiëur ne capitaine, qui n’ayme mieux eftre aflaüli par lé bàftion auquel il fa peut retrancher, premièrement d’vnè grande demiëlüriei. &puis au col faire noüüellë rdïftarice, & cë àuec moins dés gens i outre ceft aûan-tage bien dàrigéreux pourîes aflàillats de miner ledit baftion quand l’ennemi s’y aurôit fourré par forcé, efperant villegaignée * donner leféu au four d’iceilë : ën qiioÿ toutèsfois il n’y a pas môins de danger pour les aflïegez, af fauoird’vnecontreminedel’ennemiqüiles feroitfairele faut quand ilsfe-royent au meilleur de leur defen ce+s s
- Gen. Et ceci ne fe pourroit il faire aiifiibiêrierikcortinet
- Cà p . Combfari qu’on le voulut eri trep rendre, fi ne feroit l’effeét fi grarid qu’au baftiomGar la brefehè eitarit faite en la cortine,commel’enne-jni fa pëut attaquer bien au large* airifî ÿfautil àiifli beaucoup plus des def-fenfeurs. Mais au baftion,le lieu eftarit ëftroit, ils s’y péuüent retrancher 6c deffendrè aüèc peu de force,là du ceux qui le veillét forcer,font Cdritrairiëfcs 4e s’y prefçritër en grand nombrëjàuëc danger d’y efti ë tous eri Vri moment enleuez par iés minés.
- Gen. Çes raifaris në font pas à mefprifèrf toutèsfoisqriaritàrriôy, i’aymçr-Qis mieux attaquer fa baftion* que lacortine. Car files affiègezs’y pettUéftt défendre aueç tnoiris de geris : aiiffi les âifaillànts eri ont ceft àuan-tage,qu’ils°ntplusde placé & moins dé refiftaricé* Ioint qu’au bàftion on petit faire la brefçhe aufiî grande qu’en là cortine, voire le raiër dii tout.
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- De l’Artillerie. El
- Dialogue ip.
- Si vm balle donnant en la poudre,l’allumera.
- G En, Ily a encor vue chofe de laquelle ie defire d’eftre pleinemëc informé, affauoir fi vne balle tirée de à quattre ou cinq cent pas, donnant en vn barril ou tonneau de poudre,la pourra allumer ? Cap* Entre toutes les queftions, que voftre Seigneurie m’a faittes,il n’y a nulle qui foit de plus facile refolution que ceîle-cy ; côme de laquelle i’ay veu plulîeurs expériences .De forte que pour toute refpon* ce ie dis qucftomii ce ne fut vne de ces balles de feu, qu’on tire é$ villes pour les mettre enfeu*
- Gen, C’eft dont ie fuis bien efmerueillé, le bruit eftant couru par toute l’Italie qusau fiege d’Oftpndejvn nauire chargé de poudre voulant en* trer par le canal du collé de S* Alberto,luy fut tiré vne balle de canon, de laquelle la poudre print le feu,&auec grand tonnerre, créuale vaifleau & doua tel coup en l’eau, que non feulement oneneuft veu l’abifme, mais aufli qu’on l’a ouy en la grande ville de Gand. De mefme a y-ie aufli entendu do perfonnages dignes de foy,que l’Admirant d’Aragon afliegeâc Khâinberck, du quartier del’Isle, auquel le Conte deBuquoy eftoit logé âuec fon régiment d’infanterie Wallonne, fut tirée vne balle envn dongeon de poudre qui s’allumant renuerfa la tour, auec bienlamoitiédela ville, ou plufieürs perfonnages entre lelquels eftoit le gouuerneur auec plus de 300* fbldats furent ou tuez ou blelfez.
- Cap. Tout ceci eft aduenu ainfi que vous tauezotiy : mais dé lànô s’enfuit pas que la balle de foy-mefmeait allumé laditte poudre. Car fur ce poiruft ie vous racompteray bien vne autre hiftoire qu’en pfelèncedu General èc plulîeurs autres perfonnes,i*ay veu au mefme fiege. Il Vint au Cattip vnçhariotchargé de fepttonnes de poudre, quieftant paruenuc àla tente des munitiôs où on le deuoit defcharger,eft atteint dVne balle des ennemis quitrauerla touteslefdittes tonnes lans que le feu le prit a aucune d’icelies, Gen. Maiscôbiendediftâceyauoit-ildulieudotlaballéeftoiÊ tirée? Cap. Enuironmillepas,quelquepeuplusoumoins*
- Gen* Ce n’eftoit donc merueille, la balle ayant en ce long Voyage perdu toute là chaleur & force.
- Cap, 11 y a encor plulîeurs de femblables exemples, delqueïs ie Vous raccompteray encor ceftuy-ci,affauoir qu'en la chaulfée de Bucquoy, de laquelle oh tiroit à force fur quelques bafteaüx qui venoyent pour refraifehir lesalîîegez: &dela villeonfaifoitauifidcmefme contre rioüs, entreaütreS ily vint vne balle des ennemis, qUitrauerlànt la trofniere làns toutesfois la tpufeher,donna dans vne tonne de poudre,làns F allumer, combien qu elle ne venoit qu’enuirort de 4oô.pa$,plutoft moins que plus. Dont V. S'entendra, que la balle n’allume pas la poudre, lîcen’eft qu’elle fe rencontre en quelque pierre oufer,quiconçoiue le feu, comme il eft aduenu en ces deux endroits delquels vous aùez fait mention,
- Gen. le voy dôques que ie m’y fuis grandement trope > eftimlt $ho-fe certaine, que telle balle ne faudroit démettre le feu enla poudre qu’elle attdndroit.Mais ie vous prie dittes moy d’auâcage^’il n’adulét âucunesfois, que lefeu eftant donné à vne piece,fe prend aufli à la prochaine?
- L CAp*J(e
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- 82 Second Traite
- Cap. îei’ay bien veu quelques fois, irlais lacaulè eh eftoit * qu’onJP üoitdonné le feu au lieu'qu’on ditàvent, c’eftàdire du collé dont le vent fouffle.Dequoy coutartillier lèdoitgarder bien fbigneulèment, ains qu'il donne le feli foubs vent,c’eft à dire,du lieu contraire au Vent: car autrement il y en peut aduenir quelque grand defaftre, comme i’en ay veu des exemples. Entre autres ,qu’ellant force de donner îe feu à vne piece fur vent, il y euft vn foldat curieux,qui s’eftantmis en la trofniere prochaine pour remarquer le coup,lequel,le feu fe prenant à la piece,( non pas toutesfois chargée de balle ) le fit Voler plus de cent pas : & fuis bien aifeuré, que s’il ne fuft tum-bé en l’eau,le feui’euft entièrement confirmé*
- Gen. le ç oy bien qu’en ce fiege tant mémorable, long & bien cher de tous deux collez,il y a eu des aduenements bien admirables.Mais laiflbns enle propos,feulement dictes moy, auez vous bien veu que des pièces contraires eftant déchargées en Vn i allant les bades fe foyent rencôtrées en leur voyage qu elles faifoyent par l’air ?
- Ca p* Pourlevrayiifautquéieconfefféqueienel’ay Veüiamais: ce* pendant il y en a qui difent qu’il eil aduenu au quartier S. Alberto, qu’à veuë d’œJ deux balle » le rcncohirans âuec gi âd bruit fe font creuées en mille pièces. De ma parue lacroy eftre véritable, ayant bien veu chofes lèmblablesy dont on en poutroit prendre quelque aifeurance. Et de fait au meftne fiege au quartier de Bredane,il y auoit vn marinier(com me ces gens font fingulie* rement affe&ionnez à l’artiLerie,de s’y fourrer auflilbuueiitesfois parpallè-temp^ Jqui ayant le ballon en la main pour nettoyer vne piece qu’il auoit de-uanc ioy,fuft atteint a vne balle, qui le p tint par l’elpaulle, laq u elle aue c le bras & le ballon elle porta auec foy en laaitte piece, lailànt le telle du corps more deuant icelle» Duquel accidétie fais le compte que corne la balle emporta lefdittes parties fi nettes à la piece,qu’ainfi elles (côbien qu’ë ce bruit fumée on ne les pourroit bonnement voir ) fe peuuent rencontrer & brilèc en l’air*
- Gen. Gellaccident du marinier eli bien elpôuuantabîei mais Comment reciroit on en auprès tât la balle que ce qu’elle y auoit pouffé, de la pièce ? Car ie fuis affeure que par celle violence le tout y elloitfort entaffé.
- Cap. Les arcüliers accorts, ont beaucoup de diuerfes lciences & maniérés devuider les pièces enfemblables occurrences : mais pour celle foisonmitqueiquepeudepoudrefine autant qu’onypouuoit faireentrer, & luy donna le feu, & ce par quelques fois, lequel peuà peu fittant déplacé quon y peut mettre de la poudre fuffifante pour repouffer tout ce qui tftoit leans.
- GeN. Ceftoitvneinuentionbien prudente &propre : combienque i’ay veu autre fois,qu’on mettoit de l’eau en vne piece , pour en faire repou£ fèr la balle qui y elloit entrée*
- Cap. C’ell la maniéré commune: mais celle balle qui auoit rauiauee foy de la chair & du bois, ne pouuoit ellre repoulfée fi facilement*
- Gen. 11 cil vray femblablc, qu’il n’y auoit moyë plus propre pour en venir pluflofl à bout que celluycy,n’y ayant chofe qui repouffe auec plus de force que le feu. Et me femble que fi ledit marbrer eufteuen lieu du nettoyeur lacueillere à charger auec de la poudre enmain,iln’eufteflé befoing d’autre moyen,ou que lapoudre eftant pouffée en la piece,& y prenât du feu l'euft repouffée aufli toft.
- Cap,Cc-
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- I>ë l’Artillerie. 83
- Caÿ: Celà ciift peu adüénir felonlà touche que là balle euftfaite,' Toutesfbis aulîî en ceciï’en ay veu le contraire : affauoir qu’vn autre marinier ayant la cùéillerede charger pleine de poudre enla'main,fut attendde rheTme forte^que le bras ,1a cuéillere,& là poudre furent portées en la piece; fans qüelàditte pOudre s’aîlUmàft, combien que la balle toufchoi t bien rudement fur les ràetaUx:.
- Gën; Ceci èft bië vne chôfela plus admirable que i’ay ouy de ma vie, qu’vne balle tirée auec violence en vne piece, & y rencontrant de la poudre, ne rallumaft.Et me femble n’efïrepofïible, qu’il n'y ait eu quelque chofe entre deux*
- Cap . le ne fcay autre' chofe fi ce ne fut le bras & le manche de la cùeillere , & éft bien croyable que fans ceci Ta poudre euft pris le feu.
- Gen1. Comment, le bras pourroit-il empefeher fî grande violence fans fe froiffer du tout & ellre rédigé en bien menue farine ou papin ?
- Cap. C’eft cela,*mon adüis,qüi principalement a empefché,que le feu ne s’y pouuoit prendre,la chair, la moelle des os,& le fàng, rendans telle humeur qui fut fuiîfànte pour l’empefcher.
- Gen* C’eft certes la vraye raifon: mais laifTons là ces miracles, & parlons deschofèsquiflous attôuchent depluspres, & dictesmoy,dequoyfe pourroit-on feruir pour refraifehrr lés pièces f
- Gap* En ces pays ons’eft toufîôurs ferui de l’eaufraifehe, meslée a-uêe quelque peu de Vihaigre,qui eft lé meilleur refraichiflement qu’on leur fauroit dohttér* Et en temps de neceffité, on fe peut aufïi contenter d’eau feule,y mouillant des peaux de mouton bien lainuës, & ainfi remplies d’eau en les mettant ou pendant fur les pièces, iufques à ce que nepar dedans ne par dehors oh ne s’apperçoiue plus d’aucune chaleur, les efïuyant appres pour les mettre en œiiüre* Mais quant aux pièces fùfpe&es de quelque défaut jil ri’efl faut paffer fî légèrement & haftiuement,ains,ayant fait proui-fiohd’vne bonne cuuelle d’eau fraifehe, appres chafcun coup mouillant hic la lanade,les faut lauer & relauer auec grand foing deuant de les recharger, de peur que gardant quelque feu caché enfescauernes, l’artillier, comme en auons cy deuant racompté des exemples n’en fbit le premier atteint. Il y a aufïi deis àütrés refraichiliements, entre lefquéls lalefïîue eft le meilleur, mais qui fe trOutie en peu de batteries efqüelles à peine on trouue du vinai-gre,pour le mesler auec l’eau : de forte que la plus part font contrain&s defe contenter de l’eau Ôc des peaux pout couuertures*
- Gê n. Il peut aduenir facilement que la iefïiue & le vinaigre défaillent, vaut mieux donc trancher en bon mefhager, &fe feruir de ce qu’on a meilleur marché,& qui eft de plus facile qüefte. Cependant il eft bien digne de remarque,aflauoif fî on feroit plus derirs dVne piece refraifchie de vinaigre, que d’vne en laquelle on ne s’eft ferui que de l’eau enfonrefraifehiffe-ment.
- Cap . La dîffetence en fera bien petite : mais pour eftre la piece plus durable,né la fauttrop efehauffer: &: eft de grande importance qu’elie foie fouuent refraifchie,principalement en temps chaud, auquel fans cela on fe-raà peine So.tirs d’vfle piece,dé laquelle entetnps froid,on en pourroit faire cent en vniour,fans aucimdomœagc.
- L %
- CAP.C’eft
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- 84 Second Traité
- Gen* Oeil vne chofe naturelle &: cogneuë par l’experience. Oé faut-il que ie vous demande encor vne choie : aflauoir li en vne efcar-mouche l’ennemi forçait la batterie & y eult autant de loilir qu’il pour-roitencîouerles piècesprcfentes, que leroit-ilde faire , appres l'en auoic repoulfé, pour pouuoir mettre lemefme iourlefdittes pièces enœuure?
- Cap* le ne vous faurois monftrer aucun moyen d’en retirer les doux : ‘fie fi on fe voudroit feruir d’icelles, il leur faudroit faire des nouueaux foyons.
- Gen. Comment pourrok-on faire cela en vn camp deftituédesin-ftruments requis à cellcffeét?
- Cap. Les inftruments ne font de lî difficile quelle : voire on en deburoit ellre pourueu pour tel euenement , entre les autres pro-uilions qu’on fait pour les furuenantos necdîitez de l’armée. Car a* yant vn tarault auec fon arc & fa corde , auec le temps on pourroic, en le tirant Si tournant diligemment, faire des nouueaux foyons auprès des vieux.
- Gen* Et pour combien de temps faudroit-il qu’elles celTallént pouf c’cfie ocealion.
- Cap. En menant bien diligemment ledit tarault, il y faudroit pour le moins ^.heures: combien que Louys Collade,en fa prattique manuelle de l’attillerie,penfoit qu’on le feroit en quattre.Mais i’ay veu percer vne pièce en laquelle on belongnok huit heures entières*
- Gen. le le çroy : non feulement à eaufe de l’efpelfeur , mais aufi-fi de la bonne Si ferme li gue du métal. Toutesfois ie fuis perfuadé d’vn bon artillier , que combien que la pièce fuit esleuée, on s’en pour-roit neantmoins feruir fans aucun delay , tant que la pièce pourrait en-durer?
- Cap. le le concédé bien , mais- cé ne leroit (ans grand & euh* dent danger , auquel à la moindre faute ont feroit expofè* Car premièrement , ellant requis de charger la balle fans ellouppes incontinent fur la poudre , combien facilement pourroit il aduenir que ladit-te baUe froiflant quelque grain de fable, ou rencontré au tuyeau, ou aufli a taché à elle mefme , donnant le feu à la poudre feroit voiler lar-tiilier ? Pais il faut charger la piece en la maniéré fuiuante* Premièrement on y met la poudre , laquelle ellant quelque peu ferrée par deux ©u trois coups du chargeur, il faut faire vne petite mefehe trempée en eau de vie & bien enuironnée de poudre fine , laquelle y foit mife en telle lorte, que elle toulche à la poudre , & que la balle palfant par défi-fus en lailfe quelque petite queue deuant foy : dont appres il faut faire vne treine de poudre iufques à la bouche de la piece , au bord de laquelle il faut mettre vne autre mefehe préparée comme la fulditre , q ii en depende quelque peu par embas , pour luy donner le feu , courant de la iufques à la charge de la chambre* Chofe qui va fort à la longue , &Z en laquelle pcuuent furuenir plufieurs trauerfes. feus encor ceft inconueniant, que la piece chargée , & tout ellant fucce-dé à louhait, pour luy donner le feu » comme il faut, par deuant l’ar-tillier ell contraind de s’approcher du collé de la trofniere , en dauger, d’ellre defeouuert de l’ennemi ou d’ellre froilfé de leur piece mefme enfe reculant.
- Ge n. le voy bien que la facilité qu*on m’en a monftré es parolles,
- pour-
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- oC
- Tract- ‘Z dial. z o.
- QuelleJ&ra de 'plusgrande portée la CohiUnne où le Carton . r~tyclchesJluckppn iveitefle/n, trapt die Coluhrvna oder die Carthaune
- JEn telpointé la Cohdrine portera 7000 pas. jutlp peu plus ou moins Irifolther erlolunrj trayt-die Cohdrma VnpefehrliJ) 7 o o ofcUitb .
- Te canon Cooopas. Die Carthaun (S~o 0 o J^hriit
- jQ Tract, z,. Cap. 7 -
- Comment iljdult charger et attacher le pet art .
- r\Vic ein,potart zp laden vnd an zp hanpen .
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- De l’Artillerie.
- %
- pourroit feuffir en grande difficul té,de forte que Partillier qui s*en vôiidroit feruirauroitafïàirede grande prudence & circonlpeéfcon pour euitertous ces dangers. Mais faiibns fin àprefeno Appres nos difcourrons de quel"» ques autres points.
- Comment il faut esleuer le canon çf la colubri-ne ? pourveoir qui tirera
- G ËN* Mônfiéur Cap.I’aÿfouüent ouy dire, qu’elprotmant vn ca~ non contre vnc colubrine,on trouueroit que le canon en auroitlé pris: & quant à moy i’eh ferois auffi de mefme opinion,/! voftre di£ cours par cy deuant ne m’en euft détourné.
- Cap» Mo/èigneur, fans les raifons lors alléguées, il y en a encor plusieurs autres,par lefquelics il faut concéder que la portée delà eolubrinelè-ira beaucoup plus loingtaine que celle du canon-.
- Gen* Ielecroy,&enfuisbienaffeuréi Toutésfoisi’ènayouyquidi-1 foyentenauoirfaitl’elpreuuèj&trouuer le contraire, & que le canon por^-toit beaucoup plus loiftg* . ,
- Cap. Pourroit bien eftre qu’ils s’en fuffent perfuadez d’en âuoir fait l’efpreuue, mais cependant qu’ils nel’èulîent bien fceu faire*
- Gen. Comment s’y doit ondoncquésgouuemer, poureneftreàf-fèurez,&que l’efpreuue foit d’euement faite ?
- Gen. C’eft vne chofe certaine que la colubrine a le fuft plus haut*1 droi<ft,&: long que le canon,&que les trauerfes,fur lefquelles le cul de la pièce repofe,eftans plus hautes,laditte piece qui de foy eft auffi plus longue, né le peut autant abbailfer, pour esleuer là bo uche autant que le canon, qui a-yant le fuft plus court & les trauerlès baffes, & la piece tant qu’elle t ftp lus courte,s’esleue autant plus facilement mefme par deffus le 4^.degré du quadrant» Dont s’enfuit que le canon eftant pluserieué, fait auffi fort tir pl us loing que la colubrine : Sc ce non pas par là propre faute, mais par la faute de l’esleuationrequife. De forte que il ontafchèdefésléueràmefmépoin^ & degré,on verra que la colubrine le deuancerade beaucoup*
- Gen* Comment, l’ingenieurauroit failli enla trace,ou le charpentier eri la fabriquedufuiî:?
- Cap. Peut eftre qu’ayant chafcun de ceux-cy fait toute diligence,ils n’en font paruenus à bout d’entiere perfeétion. Car en l’artillerie,auffi bien* qu’en la fabrique &c l’effeét d’autres machinés,il y a beaucoup de lècrets, qui ne font fi facilement remarquez d’vn chafoun*
- Gën. Comment faudroit-il donc faire pour defcouürir ce myfteré icy ? & faire l’efpreuue du tout affeurée,&: quel’vnepiece n’euft quelques-uantage fur i’autre ?
- Cap, Pour faire l’efpreuue iufte&affeurée, 11 faudrait que pour lé pretniér les fufts fuffent faits fort proprement & iuftement, forrezdestra < uerfes allez baffes,pour donner la deuë esleuation aux dittes pièces, comme onvoitfig.ij**
- t i Âppres
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- 86 Second Traiété
- À|>|prei jf fei faüdrbii léger fiir des expiânâdës du tout elgalles* Pour ïc troifielmè, fi la colùbrinë ncpôuüôit atteindre le mefîrie poinéfc: de l’ei-iëuàuôri du cation, îî fâudroït ronger autant dé la trauerfe de fori fu#, qui luy face baifler le cul, iufques à leuer la bouche audit poin$.
- Gen. Et qu’eft-il de befoing de ronger la trauerfe & débiliter le fuft,y pouuant remedier plus facilement, aflàuoir en faifant vne follette en terre,pour y baifler la contiere du fuft,iufques àcequelaboulche de la pièce foit allez esleuée?
- Cap* II fe pourroit bien faire quand il n’y euft point d’eftrif, auquel l’aduerfe partie ne le conféntiroit iamais, de peur de luy donner quelque a-uantage.
- Gen . Quel auantage y peut-il auoir en cecy, d’eftre lur l’explanade ou auoir le col en terre i
- Cap. le fuis d’auis que la pièce qui a fon eftriuiërë de forte qu’elle èft contrainte de fe tenir ferme,fera le tir beaucoup plus fort & plus violent, que celle qui à fon recul libre fur l’explanade. Dontpour ne donner aucun auantage à la colubrine,il vaut mieux de chercher l’abaiflehient du cul enla tirâüërle,qU’én vne telle follette : pour la faire leuérla bouche aupoind requis : comme on voit en cefte figure.
- Gen* rayouydiuerfesdifputesdebonsartilliers furcepoinét, efti-màns,qüe lafcoliibrine ne pouuoit porter autant loing que le canon, d’autât qdè là pièce eftànt longue,& la balle auoit à faire long voyage, des la chatri-bre iufques à la bouche : la poudre cependant perdoit là vigueur* Etau contraire,le cahott éftant court,le Voyage de la balle par trop long, lapoudre la repoufle à toute force.
- Cap. le croy bië qu’il y pourroit aüoir quelque raifort de ce qile vous dittes de la logeur de la colubrine & de la briefueté du cano il,quand ils lèré-yerit chargé de mefirie proportion, félon le poids de leurs balles* Mais à la colubrine à câiife de fa lorigeur eft donnée plus grande charge. Car ne chargeant le carton que la moitié du poids dé fa balle ; à la colubrine on crt donne les J. & eftant renforcée oü luy en donne tout autant que fa ballb pèle.
- Gen* le vous demanderay enfcor vne choie,& appres nous conduirons ce point, afTaüoir quand il faüdroit tirer en l’eau contre des naui-ir'es, qüelles pièces y feroÿent plus propres, les canons ou les colubri-ries?
- Cap. De cecy ie vous en pourray bien afleurer,comme celuy qui en à fait mainte elpreüue:alfaüôit,qû’il n’y a meilleure piece que le canon pour cefteffeét*
- Gén* Pôùfquoy?
- Cap* , Le canon efiant plus court Bc plus bas,fe peut mieux alfefter & lès balles plus greffes &; pelantes,ont leur vol plus affeüré,làns que ne le vent ne l’humidité de l’eau lés puiffe éînpefcher 8c retenir.
- Gen* Comment, là colubrine ayant plus de poudre que le canon, rie feroit elle âuflï,comme tbut’esfois n’agüerés vbüs m’affeuràftes, meilleure,c’eft à dire plus violente àc plus roide portée.
- Cap. Le vêt èd’fiümidité ont plus d’elfeéfc enla bàllelegere delà co-lùbrine: dont pour ert tirer Co tre vri riàuire il là faüdroit eslèufer de là hauteur de 2.picques par deffüs ledit naùire; là où quant au canon à peine auroit-on
- affaire
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- De l’Artillerie.
- affaire d’vne picque d’esleuation. De quoy i’ay fait mainte efpreuue aufiegé d’Oftende,tant du canon qué de la colubrinë.
- Gen; l’en fuis trefcontent & fatisfait de cés raifbns. Mais dittes moy ie vous en prie,quelles pièces feront de meilleure portée, celles qui de l’eau tireront contre la terre,ou celles qui de la terre tirent contre l’éau.
- C a P. La refolution en ferait bien difficile à c eluy qui n’en aurait fait befpreuuè. T dutesfois i’en diray ce que ifen ay veu, affauoir que tirant contre les batteaux des ennemis, le (quels à grand peine nous pouuions atteindre de nos ballesri’ay veu auèc admiration que celles des ennemis voiloy ent plus de 50 o*pas plus auant que le lieu auquel nous nous tenions » voire aucunes iufques en la vi’le de Dunkerke;
- Gen. Pour moy i’éuffe èfté d’autre ôpiiiioh 3 ëftimant que la pièce plantée enterre ferme ferait le coup plus violent que celle qui au bacteau flottant à fon recul fait mefrne bransièr ledit bacteau, perdant par ce bransle beaucoup dé fa force. Mais ee font des feerets de nature pluftofl: admirables que compréhenfibles.
- Gap. Il eftvrayj il y a beaucoup des riiyftëres bien cachez 6c difficiles i mais de ceftuyci on en (aurait encor alléguer quelques caufes naturelles. Caria balle tirée du batteau contre terre,cherche fonrepos naturel: mais celle qui de terre eft tirée contre le nauire eft contrainte de combattre aueé deux éléments,affauoir àuec l’air qui là retient à toute force* & l’humidité qui i’appefantit pour la faire baiffer :Et de ceci il y a certaine expérience qu’en baffe marée vnépiece tirera plus loingenl’eau qu’en haüte*
- Gen. Sidoncquesvnepieceelioitlogée én forte qu’on en pourrait tirer& contre terre & contre la mer,de combien ferait faportée plus longue contre la terre que côntre l’eau?
- Cap. D’vn canon j la portée fera bien de mille pas plus longue cotitre terre que contre l’eau. Et combien que de cecy on n’ait efpreuuefi certaine,fi eft-ce qu’on enaautantappris aufîçge d’Oftende>.qu’on enpeui b é faire le compte. Ëtaucanalde Nievuporte, quand il fàilloit tirer contre les nauires ennemies tant de charge que de guerre,pour les fane recul er,&laiL fer paflerîes noftresians danger: onabien veuquerios baLèsnes’en pour uoyent approcher de beaucoup ; mais celles que ies enneniis tiroyent > pafi foyent de y+à 6.cents pas par delfus nous*
- Gen. Cela poüuoit bienadüenir, par ce que ouïes piecéS des ennemis eftoÿent plus grandes &: plus fortes,ouquela poudre eftoit meiieure 8è plus fine*
- Cap; Le calibreéftoitle itiefme des riôfîrefc, car nous rlôüsfermons de leurs balles : mais de la poudre il y pouuoit bien auoir quelque auanrage* Et de noftre p irt nous en prcrinions auffivhe cueillera d’auatitage que d’of-dinairejmais fuis aucun effeâ:* Et ayant fbuuent efmeu celle qüeftion tant entre arti liers que mariniers * i’ay toufiours ôuy pour refpofe, que par quelques caufes cachées de nature > les tifs contre terre font pl us forts qüe ceux qui fe font contre feàii*
- Gen* Combien qiiêifen demeure bien perplex* fi ai-ie èfté biehàiie d’ouyrlesraifons,&les expériences de ce cofté. Mais i’auois oublié dé demander encor vne chofe, de laquelle il me foüuient mâitttènanr, affauoir* d’où Vient que toute la charge de lapoudren’ëft point confumée au eariorij aufli bien qu’en la çolubrineÊ /
- CÀP.Dè
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- Second Trai&é
- Cap. De cccy là faute ou auantage n’efl; point aux piècesde forte qu’on penfcroit que le canon èftâftt court & large* vne partie de poudre en feroitrepouflee deuant de pouuoir prendre le feu .*& que la colubr ne longue & eftroitte retiendroit fa poudre iufques à ce qu'elle fut toute allumée: ains cela fê tait d’auenture , & toutefois plus fouuenc au canon à caufe de là largeur,qu’à la Colübrine. Car appres auoir chargé la piece de fa deue charge de poudre pour laférrer quelque peu deuànt d’y mettre le morceau d’e-Houppes,o» luy dône deux ou trois coups de chargeur* dôc la poudre eftant biégtainéejily en refaite couftumiéremëc quelques grains * qui puis appre$ . n’eftant recueillis par ledit morceau,commeauifi on n’ypredpas touliours efgard de fi près* demeure efparfe en la piece, &: deuant la baie, qui en appres eftant pouffée de la charge, repoufle auffi céfte poudre qu'elle a deuant foy, deuant que le feu y puiffe coufcherj comme on voit auffi qu'il en aduient de quelques brins & filets des cftouppes fumant fans eftre confamezdH feu. De lorte que V. S.fe pourra bienaüèurcr de quelconque piece foit courte ou longue qui fe chargé eftant bien ferrée, & ces grains refui tas bien recueillis, par le morceau d’eftouppes,elle ne repouftera pas vnfeul grain, qui ne foit euaporé* Et de ceci on en voit l’efpreuue es mortiers, qui combien que courts & larges, confament ou allument toute leur poudre, fans en perdre vnfeul gr^in.
- Gen. le l’entends bien maintenant* Et confefle que iufques à pre-fent,i’ayeftc de l’opinion commune, #n attribuant la caufe àlabncfuetéou longéur de la piece. Mais recelons à prefènt,perdant à quelque autre que-ftionpourl’appres difner.
- G En* Monfieur Capitaine vous foUuient-il encor de fefpreuue, qui n’agueres fe fit entre le chaftellan Don Auguftin de Mexia,& le maiftre de camp lerofme deMonroy,quand de la platte forme ioi-gnant la porte du chafteau * ils firent tirer vn demi canon de a de balle, & Vne colübrine de i o.pieds,& tirant ijîbde fer, pour veoir quelle feroit plus longue portée f
- Cap. Il m'en fouuient bien encor mon Seigneur, mais ayant les pé-fées pour vous fàtisfaire* occupées ailleurs, iel’auois oublié d'en toe mention en noftre difeours precedent*
- Gen. On dit qu’ayans enuoyé deux artilliers de la riuiere en la campagne,auec vne piece de toilleblanche,laquelleilsesleuerér pour enfe gue fur vnepicque, enuiron 4000. pas au dedans; d’icelle ; & que le demy canon esleue iufques à 221 degr^z fie le premier 3 00. pas plus'auan tque
- h dicte
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- iaditte enlèigne.& que la colubriné ne fe pouuant esletier que aux is.dégrez fit fon tir enuiron 150. pas plus èôùrt j mais que lefdits perfonnages s’appér-ceuàns de la caufe de ce défaut firent au bout de l’explanade, vne foflette de paulme & demie de prôfdndeur3& de largeur liiffilànte pour rèceuoir le cul du fuft de Iaditte colubriné 3 de forte quagràrid peiné éllé s’approchéoit dé la hauteur du canon: ôt que de Cé lieii ils firent derechef tirer le demi canon, qui paflafa balle 40-pas plus Ioirig qu’auparàuàht* & quélà Céiiibriné pàfla ceftuy.cide250.pas. Dèquoÿi aÿbieneftéefmërueillé, principalemento-yant dé quelle longueur les pièces auroÿent efté 3 aflatioir le demi canon dé 19.& la Colubriné de 4i.calibrcs. .
- Cap. Croyez moÿ Monlèigrieur, que fi la colubriné n’euft efté que de 32.calibreSjelle euft pbirté fa balle beaucoup plus loing*
- Gen4 PoUrqüoÿ?
- Cap. Tant la briefueté, que la longueur exceffiueeft prefiudiciabié âutir; la force delà portée d’vnepiecelè tenant au millieu; Carlapieceer liant trop courte,elle repoulfe la balle,deüant qu’elle recoiiie là force entière : eftant trop longueda poudre perd auflï vné partie de la force jdéüant que la balle éri lôit repoufleê+Dont il eft certairi,que là colubriné èftant deia.ca* libres, la balle acquiert toute là Vigueur * comme on s’en peutàppercéuoir qu’au lortirelie fait plüsgtand tontterré, & là pièce en recule plus fudemét; Chofequi feionle telmoignage de Louÿs Collâde à efté elp'rotiijéeauRor ÿaume de Napîes^envne colubriné faite à Gehiia tirant 48.1b de fer, &lon-gue 47.calibres3mais qui éri là plus haiité esleüatid, li’esgalioiE laportéejd’yr ne demie coiubrine de 3i.calib;&de ié.ibde balle; Dontles officiers en firent ôfter 8. calibres : & voyants que là portée en fut meilleure, en firent éoupper eiicor 7; dont Iaditte piece venant àfaiufte proportion de 3*,. calibres j fit fa portée de /yoo.pas plus auant, qu’ellen’auoit faitau commencer ment. __ _ • , j •. v
- De mcfme nous dit le Sergeant de Holftiedo, quieltant foldat auRo-cher de Velez en Gomera ( vn fort es confins de là Maiefté en Barbarie^ gai-gné aufli à la fin de Iaditte Maiefté)il s’y trouua vne demie èolübririe de 4.fi calib.& de i2.tfe de balle, qui ne pouuoit mettrélà balle âu fort d’Alelareio> auquel vn demi canoii pouuoit aifeirientmettrë laiiéniiè : dont les officiers î eart dé Moiinéj& Àiidriëu de Sepuluédâ luÿ firem rdngnêr/2icalibres,lài£ lànt la pièce deij. calibres, qiii aiillîraccGiitcie pouffa là balle non feulemet auditfornniaisâuflieiiuiroii8ôo.pas plusauanri DontV;S.pourjraaucunement comprendre,eü quelle longueur de la pieçeconfifte la force de T ex* pulfiuéd’icéllè;
- Gén. le iiefaudray de meleruir dé ce difeours, qui m’a finguiieré-jneiit contenté. Cÿ appres nous nous enchercherons de quelque autré €hole;
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- pa
- Second Traidé Dialogue 22.
- m de les atte-
- 1er,on fournit tranfporter lartillerie auec les pionniers Çf autres ouuriers.
- G En . Nous en femmes venus iulques là, qu’il faut confefler que l’Artillerie eft le principal inftrument de guerre, duquel on ne fe peut palfer,foit pour côtraindre ou pour defendre vne place* Mais d’autant qu’on ne la peut trâsporter,fans grâd nombre de cheuaux que feroitdl.de faire,en vneiournée en laquelle on en feroit deftitué, on ne les pourroit atteler i
- Cap. En telle necêffité il fefaudroit contenter du feruice des pionniers & autres laboureurs,qui pourroyent facilement fuppleer à ce fie faute, principalement fi la iournée eft trop longue.
- Gen. le croy bien qu’en lieux vnis il y auroit bien du moyen de s’en feruir, mais es lieux pierreux & montaigneux, ie crois qu’il y auroit grande difficulté*
- Cap* Il n’yapointde danger ne difficulté, eftant le maniement de l’artillerie alfez leger en femblables endroits.
- Gen* Tant y a que ie defirerois bien entendre la facilité que vousme promette z* Pofons doncques le cas, qu’il faudrait forcer vn chafteau fitué en vne haute montaigne, Sc d’approche difficile: & qu’il y faudroit mettre eii cèuute 16. pie ces d’artillerie ï comment eft-ce qu'oa y pourroit conduire lefdittes pieces,auec tout ce qui feroit de befoing au feruice d’icëlles, parles pionniers & autres telles gens ? ;
- Cap. Pour telle entreprife on n’auroit pas befoing de tant d’artillerie : & ô.pieces y fuffiroyent s’il n’y auoit autre confideration.
- Gen. Il y a toufîours celle confideration que les affiegez feront eftat de fe defendre aupoffible,Ioint que de dehors ils pourroyent auoir quelque aide & fèeours,de forte qu'il s’y faudroit pourueoir de tout, afin qu’on ne s’y
- trouua court au befoing.
- Cap* Sus donques (combien que c*eft trop à mon aduis) concédons tes i6.pieces,aflàuoir 6*demy canons,4-quarts,& 6.pièces de campagne,.tirants 6*îb de balle.Toute leur proüifion, auec ce qui feroit de befoing pour le relie du camp,commepoudre,balles,cordes,peut au pis aller eftre reparti entre les foldats,pour ettrë tranlporté audit lieu,ou pour eipargner les lol-dats, entre les ouuriers ôc pionniers,comme i’ay dit*
- Gen* l’en fuis content; mais voyons lesmunitions qui y ferontre-quifes,pour eaeft re fuffilàmment pourueus en toutes occurrences*
- Cap* le vous en feray le compte,tant des munitions que des perlbn* nés qui les pourront porter bien aifement* Premièrement 60 o*balles dede-mi canon, alfauon^.pourchafcun. Ces balles àrailbn de 24. tfo pair balle peferonti44o©.îfe* chargées en bruettes, à railbn de trois ballespourchaf-cune, ferôt tranlportées de 200.hommes,defquels chafeun aura 72. îfepour fa charge*
- Item 600. balles de quart de canon,chafeune de rotlb .On en charge ra
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- De l’Artillerie. pi
- ÿ.en vnebruette feront ttânfporréeâ par 86*hommes* ayans ?chafcun y ô*ib pourfàcharge. 4
- item pôo4balies des pièces de campagne de 6*îb* Ôneh chargera iii envnebruettepour êftreemportées deyj* hommes, ayans chafcun 71, tb pour fa charge*
- Item /6$.quiftt*de poudre pour lefdittés pièces & leurs tirs.-affimoir/i. îb pour demi canon, 7,1b pour vn quart i & 6. îb pour vne pièce de camp, mis en 240 .barils ou valifes décüir*àraifonde 70 tîb pour chafcune, feront aufli tranfportées par autant ddiomüies.cotnme on voit fig.jv' *
- Qüattt àl’âttelâge des pieces>là figure 5.06 ett m©nftre la maniereda fai* fent en trois lignes, reparties elgallement> félonie nombre des perfortnes* quiles doiüènt titer.De forte que le demi Canon péfant énuiroh 60 o ô. îb a-uecfonfuft* fâifantle compteà raifondeôo.îbfur hominé*ilferoit£irédê cent hommes,&les fîx,de fix CeîitSi
- Lequartpefejôoô.îbdoilt 7 ô. îb poür homme * fera tiré de 4^&les quattrede 171. hommes.
- Là pièce de camppefetjoo.îbjferà tirée dejtf.&ic^eanS.hômmês* Êt doutant que fouüent il aduieiit * qu'il faut démonter ou remonter les pièces du chemin j il y faut auiïî conduire vngüiüdai* âuec toutes feS appartenances. Ëtpour lesinonter'confre mont il y faut àuffi auoir vn cabreft îàntàUècfes cordés,attachées èt pülies.* toutes léiquellès chofes péüüent e-ftre portées de js.homrhes, De forte que pour lemoüüementdeiüittespie-tcs*àueC tous leurs attitailsjiiy faudrait 16iy. hommes * quiles pourront tô-duire & tranfporter fans aucune difficulté là. où oh Voüdroit,
- GeîsI* Ma foÿ MonfieurCâp, que ce train eft bienor donné. Mais dittestnoy,poürquoy done2 vous 10* îb plus pour per fonne au quart deçà* non,qu*audemy?
- Cap. Cela fe fait » pôürcé que le demi eanôn à caufe de la largeur ôt eipeiîeüf defés roues,eft de plus difficile meutte &:s’embourbe pluftoft que le quart,qui eft beaucoup plus leger*
- Ge isr4 îe me contente de larâifon* eftant chôfe feure * que combien que le poids feroit elgàl feiori là proportion des pièces 5 fi eft-ce que le mon* tage y rkit grande différence*
- Cap» Ony pourroit demander* ou âuftî auoir affaire en telle four* née, deplufîeurs autres chofes>comme de ferrements* clouage* palIês,hoy-eaux,ou auantraittes,gf aiflè,&e»mais le tout eftant reparti en la maniéré fui** ditte entre les ôuurier$,fe peut tranfporter facilement, Ë t quant à f attelage de rartillerkjafin que le poids en foit reparti efgallement, on attachera vne longue trauerfe à l’auantraitte,comme on voit entre les lettres A & B » eü la* quelle les cordes feront reparties en diftance elgâlle,ayant trois hommes en derrière > pour les diriger felon que les détours des chemins le pourroyene requérir. Et la pièce eftant grande*& les cordes longues,on pourroit au mil# lieu dlcelles loger encor vne trauerfe pour leur empefeher le bransle, eftant chofe afteurée,que tant plus courre la corde* tant moindre en eft le bransle* èc tant plus legere la charge» Les cordes auffi ou lignes * auront leurs lacets* îefquels enuironnaüs les efpâulles & l’vii des cofteït des tirantfteur donnent plus de force & fermeté; touïésfois quand il feut monter contre moüt*ilfe faut bien garder de s’y enfermer: câr*câme il peut façilemét aduenir* îapie* ce prenât fon brâsle en derrieredes trainetoit tous ainfi pris*nô fans graada? ger apures foy*de forte qu’é tels endroits il fe fautcotenter de tirer àla main»
- Ma GAP.Oeft
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- 92 Second Trai6fce'
- Gen. C’eft certes vne inuention bien propre * dont ievoy qu’il n*yâ lieu qtiifepuifleaflèurer de l’artillerie.
- Cap. Toutesfois ellen’eft pasnouuelle, ains ya long temps qu’oit en vfe:& lespremiers conquefteurs des Indes , comme Pizarre & Hernand Cortez, ne s’en font pas mal trouuez, faiians ainfi tirer leurs pièces iuiques en la ville de Mexio. £tle Roy Henri de Bourbon en la derniere guerre de Bourgongne * s’y eft ferui des Suifles en lieu des pionniers, peur y conduire ainfi ion artillerie. Et principalement en la Turquie on s’en fer f pour tous les mouuements de l’artillerie,pour le moyen des efclaues*
- Gen* Concluons aufli cepoinéfc, & appresdiûier, noustraitterons quelque autre queftion*
- Dialogue 23.
- Commentilfaut remplir'vnfbfe, afin qu onpuijfe s’approcher de la brefche.
- G En. Kous âüons iufques à maintenant veu & difcouru deplu^ fieurs fortes de batterie, &monftré commentilles fautmettre en œuure,pourfaire brefches fuffifantes : mais que feroit-il défaire fi lelieueftoitenuirôné d’vn profond fofie rem pli d’eau & de limon, que les foldats n’en fuflent empefchez ?
- Cap* Ilyaplufieursmoyens,maisûnglants:Cependantceftuycieft le plus propre,a{Tauoir,qu’auiîi toft que ia brefohe eft faite,on face les approches,fous couuertures des trenchées,iufques au bord du fofie,&qu’auec des fagots & de la terre onleremplifle, ayant à l’auantage ce que le canon aura abbatu de la muraille. Et quant aux fagots il n’y aura pas de difficulté , fi le lieu eft enuironné de iardins , ou a quelque foreft en fon voiiù-nage*
- Gen. Cecy fo pourroit bien faire fi la fofie n’eftoit trop profonde: Mais s’il y auoit trop de profondeur, comment s’y faudroit on com* porter Z _
- Gen. Il n’y a profondeur qui ne puifle eftre vaincue par le moyen fiifdit, & qu’on ne puifle palier par deflus, comme par vn pont tresafîeuré. Toutesfois i’ay aufli bien veu qu’on y a ietté des longs & gros arbres,qui flot-tans fur l’eaujcouuerts de planches,& reueftus es coftez, qu’on ne voyoit les paflans iufques au bord de la breiche,faifoyentvnp ont aflez propre.
- Gen* Mais fi c eftoit vn fleuue qui leur feruit de fofie,il y faudroit v-fer d’autre moyen,fi onne voulut attendre qu’il emportait,&le pont,& tous ceux qui feroyent montez deflus.
- Cap. Dececiay-ieveuvn exemple en la iournée du Prince de Par^ me qu’il fit en France en faueur de la ligue, & fecours de la ville de Paris, de-uant la ville de Corbe,battue, corne dîmes nagueres, en vn baftion du eofté du fleuue nommé Iarne,maisil fallut changer la batterie & la faire devers le Midy,au cofté de la campagne,oùil y auoit aufli vn petit fleuue, mais profond & aflez violent, qui luy feruoit de fofie enuironnant la ville d’vn bout iufques à l’autre,où il feioignoit audit Iarne, & empeichant toute commo-ditede faire le pont par iàvehemence. Dpnt Monfieur delaMotte, pour
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- De l’Artillerie, 93
- générât dé l’artillérie,dônnaconfèil, qu’vn quart de lieue par deflfus làdittê Ville,ayant pris la rnefure de la largeur du fleuue,à l’endroit de la brefche, on fit vn pont fur vn batteau, lequel defcendaiit quand oh s’en voudroit fetuir, s’enchaireroitmftement audit lieu. Lequel confèileftântmis en effeéfc, fut de tresheurcufê ifliie : &la brefche faite voyci le batteau âuéc fès ponts leuis des deux cofteZ>foubslefquels Ceux qui le cônduifoyent eftoycrit couuerts comme fbubs deuy aisles, &nonobfîant toute detenfe que les aflïegez y firent ,s’arreftaaudit iieu,& calant ou baiffant les ponts des deux coftez donne palfage aux foldats, qui forcèrent la brefche Sc la ville: dont appres la ville de Paris fut fècourué de viuresôc le Roy quilatenôit bien ferrée, contraint d’enleuerlefîcge.
- Gen* Pour vrây c^eftoitvn confeil refentant bien la magnanimité Ôc éxperience de Ton autheur : mais pofons le cas qu’il n’y auoit cefte commodité dè batteau, n’y aur oit-il autire rémedé.
- Cap. Pourlorsiln’yauoitmeilleurecommoditéjddhtaüflïellefufl: pratiquée tout à l’i nftantjâfiti que les aflïegez n’euflfent le loifir de fe retrari-cher,8deRoy, le temps pourlefècdurir* qui euft anéanti tout noftre défi-fein. Mais fi c’eftoit à faire pour le prefent, on y pourroit vfer d’vn remede plus facile & plus commode*
- Gen. Et quel?
- Cap. Aufieged’OftéhdêlanéceflltémàiftrefTe tirefindüftrieufèdé plufieurs inuentions, nous monftra la maniéré de faire les faulfices , qüi fe font des longs fagots remplis au dedans de pierres, comme nous en mon-ftrerons la forme & façon en fbn endroit,defquelles tous foflfez, auflî mé£* me les fleuues,quoy que vehernerits fèpeuuent boufeher*
- ne 24,
- Comment on tirera vn nàutre noyé auec fon artillerie,& tout ce qui efi leam de team
- G En. Monfîeiir Capitaine 11 y a long temps que ie defîrc fcaiioir* comment on pourroit tirer vn batteau noyé du profond de l’eau a-uéc fbn artillerie : ou bien s’il faillôit perdre le batteau : pour ie moins on pourroit fauuer laditte artillerie I C A p. En ceci ie me fais fort de fatisfaire à V. S. félon l’experiéee que i’en aÿ faite.S’il y â vri batteau noyé en quelque fleuue,port,ou autre eufte de là mer,qui ne fe fôit brifé contre quelque roche, ou autrement ronipu y y a-yant feulement qui eh puifîe demonftrer ie lieu , qui auflî bien fe peut récogrioiftré par lé mouüemènt diueirs dé Peau , qui en rend le tefmoi-gnage: on prendra quattre autres nauirés, fèihblables à celle qui eft noyée en grandeur &en charge : & n’y a danger qu’elles foÿentplus grandes, e-fiant mefmes aliors de plus grand effe&.Ces îiaùires feront^comme la figure / 4. * le mohftre) tellement reparties, que lés deux retiendront aux deux coftéz,6é les autres l’vne à la prore, &l’autre à la poupp e, toutes quattré bié
- Mi âfieif-
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- Second Trai&é
- affermies en leurs ancres, & ce le plus proche du bafteau noyé qu’il eftpofli-ble. ÂppreS on remplira les deux des coftez d’eau , autant qu’elles pourront porterons s’enforcer,& puis parle moyen de bons yriiiateurs» auallantdes bônes & fortes cordes bien fermes àufdits nauires,on les attachera auffi roi» de fiefermement aUX CoileZ ou bàfteaü noyé* Ce quieftant fait, fidefdittcs cordes bien roidiesjon vuideta l'eau eigallenienc defdits deuxnauires, le£. quels mont ans,eSleuetont àuffi auec eux le batteaû noyé. Le mefrne fe fera
- foie entièrement esleue au deflus de Peau , ou le Viiidant auili de l’eau qui y e-ftoit,aUecles ordures qui y forte quant fit quant affemblees , fit le refaîfant s’il y a quelque pertüis où creuace,oti le pourra conduire où on Voudra , farts aucun danger* Et ce moyen eftle plus facile fit profitable qu’on y pourroit appliquer*
- Gen. le ie tiettdroy bien pour bon s’il efioit fi toft fait que dit.
- Cap* V.5» n’en doit douter aucunement, la chofe eftant tre£facile, iî ce nefuft que ledit bafteau fut tout rempli de fable ou de fange>quiy feroit bien quelque difficulté, déplus de labeur, mais duquel toutesfois on vien-droitiboUt*
- Gen. En auriez vous bien fait I’efpreuuè, puis que vous la trouueZ fi facile!
- Cap. Ouy. L’an i6io. vn comtnifiaire de i’artilierie chargea à Dun-L crise ^.grandes fie ^.petites pièces en Vne balendre, qui a l'entrée du grand lac encre iadit ce ville, fie Furnebre endura telle tourmente quelle s’enfonça
- excepté le feul patron,qui en. efchappa*& porta les nouUelles audit Commif-faire,qui faifoit le chemin par terre à cheuâL Or ledit CommilTaire eftarit ar-riué a Niéuporte,où lors lléftoys capitaine de l’artillerie, demanda au Gou-
- pourretirerladittebalandredel’eau. Cequifuftfait : leditgôuüeriieurm’es donnant la charge: & me demandant,comment ie la Vôüdrois m ettre en ef-feéfc : le luy refpondis ,quépour eftre au feruicé de fa Maiefté ie l’accepterois tref volontiers, comme non feulement eftaûtdemoneftat, maisauflï qui me pourroit eftre occafion d'apprendre ou expérimenter quelque chofe nquuelle fit Vtile,mais que ie n'en fauroy déduire & monfirer le moyen, iu£ ques à ce que i'éuffe Veu le lieti fit la commodité ou incommodité d'iceluy*.
- Gjën. Cornent Moniteur y â-il lac fi dâgereux ô£profbnd,qu'vn bat-teau s'y enfonce tellement,qu’on n'y voye que l'extreme poinéfce du maft ?
- Cap» Cobien que defoy-mefme il ne ibit de telle profondeur, fi eft-ce qu’eftant efmeu par les tourmentes qu'on y Voit ordinairemët, il cede au goulfte de Nerbonne: fi£ quafi tous les ruifTeâuX de la Flandre s'y anàâflansdi eft de telle hauteur,que fouuent il ertglouttit & batteâux & marchandifes 6c hommes .* ayant trois lieues en longeur,8c trois en largeur»
- Gen* Mais marchans vers le lieu auquel eftoitle batteâu enfonce, quels inftruments fie appareils auiez vous pour l’en retirer ?
- Cap. Nous n'auions autres chofes que les apprefts ordinaires, alfa-uoir vn guindal auec fes cordes fiepulies, coigoées, leuies > pieds de cheure* lufques à nous approcher d’iceluy > oùnous fùfmesenfeignes, lefquelsfe* royent les plus propres i mais n’en appliquay aucun > ains trouuânt que le meilleur moyen feroit celuy duquel i'ay fait mention i ie demanday quattre
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- battcaax fémblables à celuy qui eftoit au fond : lesquels m’eftans en .noyez, ie lés jmis promptement en œiiure. Mais eftans petis, de forte que les remplillànt d’eaue on ne fe pouuoit bonnement tenir deflus au trauaik ie me feruis en lieu d’icelle de fable changeant (ifouuent, iulques à ce qu’au bout du troifiefme,le bafteau fut lauué fur Peau, auec toute ^artillerie, & ee quiauoiteftéleans.
- Ce n . le confêfTe que le moyen a èfté bien propre,comme aulïï il eft bienfoccedé : mais fi ledit batteau eut die calïejles planches emportées, de forte qu’il n’y reliât que l’artillerie feule,ie fois bien alïeuré qu’on ne l’en eut peu retirer lî facilement.
- Cap. Il n’y a point de danger Monlèigneur.Car quoy que l’artillerie de loy mélme foit fort pelante,fi en eft le maniement en ceft endroit fort fa-cile,Et y aplulieurs moyens de l’en retirer.
- Le meilleur eft celuy qui eft tracé en la figure 14^ qui eft la fécomde de ce difcours : alfauoir qu’y faifant conduire deuxbatteaux ou deux plattes, lefquelles coüuertes &c trauerfées de bonnes & fortes planches,&bien affermies for leurs ancres; on met au millieu des planches trauerfées, qui aufli doiuent dire bien clouées ou attachées aux bords, afin qu’ils nefepuilfent eslargirentrelefdits batteaux vncabrelfant, tel que la figure lemonftre, a-uec les pieds poin&us,pour iè tenir bien ferme.Puis auellant les cordes auec le^crochet, 8c icelles bien attachées à la piece es dolphins, par vn vrinateur ou pl ongeon, en tournant la vis, on l’en retire fans grand jabeur bien alfeu-rement,n’y ayant piece,tant foit-elle pelante, qui par cemoyen nepuilfe e-ftre esleuée bien facilement*
- Gen, Maisfi lapiece n’auoitpoint'dedauphins,commentlapour-roit-on attacher féurement pour l’en retiré^
- Gap«. Il y pourront bien auoir quelque peu plus de difficulté .-mais la neceffitéinuenterefle detoutes fubtilitez, ne faudroit d’y donner quelque bon confeil. Et allors on pourroit prendre vne corde ayant en chafcun bout vnlacet,ddquelsonmettroitl’vnau bouttonducul de la piece & l'autre* à Vne piece de fer,miféen la bouche de laditte piece, 8c l’attachant au millieu au crofchet du cabrelfant,elle ne faudroit,la corde eftant forte alfez, à quoy il faudroit auoir fingulier elgard,de monter en haut.
- Gen. Mais fi la piece n’auoit aufli ce boutton > que ferait il de faire i
- Cap. En ce defaut on Ce pourroit feruir des munions i 8c fi là aulfi il n’y auoit moyen,au pis aller on iuy mettroit vn lacet au col, & la faire monter ainfi. De lorte que V.S. voit défia, combien il y a des moyens de retirer v-ne piece du profond de l’eau, làns encor plulieurs autres que les experts, 8C artilliers 8c mariniers fie referuent.Et au defaut de plongeon, ou afin que cè-ftuy-la foit plus àfonaife foubs l’eau peur faire fésbelongnes d’heuement, les anciens ontinuentévn capuchon fingulierement propre : fait de bonne vacquetteoinde, 8c fi biencoufu, que l’eau n’y puilïe entrer par aucune de fes couftures, La façon en eft telle > que des la telle il deféend iufi ques à la ceinture , ayant à l’endroit des efpaulles fés manches courtes deféendentesiulques au coude du bras : 8c en ces extremitez il doit eftre bien lié 8c férré que l’eau n’y puilïe entrer, A l’endroit des yeux y font bien enchalfées des lunettes de corne bié menue 8c claire, pour auoir lavette làns aucun empefehement; Étau fommetde la telle il y a vne longue trompe* faite aufli de melme cuir 8c coufoe aueç mefine diligéce, de la lôgueur telle* ' ' " quéee-
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- que celuy qui l’a en telle,eftât au fond elle âÿe le bout fur l’eau, ou auiïi il faut attacher des veffies de boeuf ou de pdurceaUpour la tenir haute, quieftle moyen de dôner air & refpiration à celuy qui eft au fond de l’eau. Qui pour-ueu de contrepoids fuffilântaupied>afîn quel’eàu nel’esleue, aura en l’vne mainvne corde attachée en certain lieu du bàfteaü, tant pour donner ligne de ce qu’il aura fait * que pourfeguinder en haut appresl’accottiplilfement de l’œuure*
- Gen* C’eft certes vne irtUefition de grande vtilite & importance; combien qüei’aÿ ouy deNicolas deTartalia,qu’il n’y à meilleur infiniment pour fe tenir foubs l’eaU,qu’vné Iphcre de verre,qui renuerfée fur la telle iuf-quesau coldu elle eft bien fermée & garnie de forte que l’eau n’y puifle entrer. Mais que vous en fembleé
- Cap* 11 n’eft pas mal àpropos,&:à efté en vlàgé des long tempsjmais le verre eftàntlî fragile,on en eft en grand danger. Et combien qu’au capuchon, qüe nous auonséfcript,on ÿpaurroitaülîibienefichaflet des lunettes de verre * lï eft- ce que celles de corne en font plus propres foubs l’eau & plus afleurées.
- Gen* ïe le croy : & l’experience àulfi en rend tefmoignage+Cepeii-dant ie vous afteure que ce difcours m’a efté de fingulier contente-filent*
- Dialogue 2$.
- De la qualité despteces, & de la ligue & temperaturê des métauxdicelles.
- G En* Il me fouuient encor * qüê les iôürs paflez, failànt le compté des pièces,qu’il faudrait auoir en vne ville,pour fa defenfe, vous di-fiez du canon* comme auffi du demijquevoüs le garderiez lèule-. ment pour la contrebàtteriej Qtiant àmôy,làilTantbiettiecanon
- ènfon lieu,le me lètuirôis du defiii toiitaufli tdft*que l’ennemi cotiimençe-roitdes’acquarteler,pôur troubler les ordres, luÿ anéantir les gabionnàdes éc barrer toute là câpàgne,donnant tdufîours aux bouches de fes tranchées; Et quant aux petites pièces de camp* & des mofquettoils de bronce* iel’en tiendroy à reueil toute la nuiét,le moieftant de tous collez * pour empefcher tous les duuràges.
- Cap. le cônfêfle quéle delfein n’en ièroitpointrnàUuuais, fi on ye-fioit tellement fourni de poudre & des munitions * qu’on ne pourroit auoir peur de difette.Mais là condition des alfiegeZ eftant telle^quils n’en peuùét faire le compté fi afleuré, il leur vaudrait mieux de feferuir toufiours des quarts des quints; Toutesfois l’opportunité & lartecélîité leur monftrc-iroyent de mieux ce qui lèra requis pour leur defettce.
- Gen* le luis content de vos raifons, ne voyant comment lesalfiegez pourroyentfaire,corne vous dittes leur compte, de fi’aùdir à craindre quelque defaut* Car tombiën qu’ils fè ferôÿent à craited’eftre fuffilammét promeus de toutes choies* fi éft-ce qu’il ÿ a tant des «üenements fortuits&im-porueus,defquels le moindre les en pourroit de pourueoir en vn moment. Mais dittes moy ie vous en prie : pourquoy fait on le canon de 4o*ife de balle,là
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- î^làôule dèmÿ étt a £4* îfe>âlâproportion duquel le canon deuoit aùôir 48* ou bien le demy foiuantlà proportion des 40 A en deuoit auoir vingt ?
- Cap. . II éftvraÿ que la proportion düclgmy fedebuoit rapportera l’entier,de forte que le canon eftânt de 4oJbje demy canon n’en doit auoir que 20. Mais le n’ay aucune doubte que lés premiers inueiiteurs de celle différence n’ayent eu leurs raifonS j& elgards à quelque grand auàntage. Et défait, d’auoir amoindri quelqûé peu le canon,qüe ça elle pour excufer vné partie des frais,tant des gens que dès muhitiôs, qui en fi grande chargé fe fe-royent fans aucun profit : la balle dé 4ôjb faifant tout autant que Feroit celle de 48.1b. D’autre partie demi caiio de io .ib eftânt trop fpibie, celuy dé 24-îb bieiî peu plus pefant,& qiiafi de mefme ihaniémêt que celuy de zo.îb>. mais de plus grand effeét contre l’enherni : ilsonteftimé que celle fonte fé-' toit lameillcureJoint qu’à faute du canon,oh s’eh poürroitaufïi bien fèrüir* Et veritablemét combien qùe le dçiiii cahônn’eftB grad,fort &pefàht,fi a-il es batteries autant d’effeél contre les murailles des Villes ôc des Forts , quelé canon,qui effc de grande pefàntetir Ôt frais*
- Gen* Puis qu’ainfi efl , il faut coüfelfer que les ingénieurs * en Céft endroit,de changement de proportion pht eu grande raifon* Mais quelle eft la proportion des métaux ènuërs la baile ?
- Cap. Selon la fonte modetüe,aucand oh done pour châfqtie îb dé halle itfo.lb de metauxîaü demi i8o.&aü quartiij.îb* Laquelle proportion fe trouue encor auioürd’huy eh toutes les pièces que le ContedeBuquoy fie fondreranitfôp.&itfiO.àMalines* .....,
- Gen. le m’en contente î mais defiterois bien faüiot, comment leâ métaux y font meslez & liguez*
- Cap* De cedie ne vous en foaufpis donnerie compte précis,comme n’ayant iarnais efté employé en cefteéharge4Ëtpour ep donner tel quel contentement à V.S.i’en airay ce que fetiay leu en ceux qui en ont efcript, fe faifans forts , que c eft félon la prattiquqpbferuée es fonderies de là Mafo* fté. Or de cecy lerofme Rufelli,&autres des plus experts difent,quepouf îtfojb de cuiure,on prend 1 ô.tb d’eftain, & È. îb delotten où airain (îiïeifc fîng ) : l’eftain donnant la dureté*& l’airain outre la couleur, ligaht le çüiure êc l’eftain enfemble,6ç leur donnant plus de force pour f efîfter à lavehemé? Ce du feu* De forte que ces trois metapx eftans en di tte proportion, méfiez,les pièces en font & belles & fortes,pour s’enp ouuoiraffeuren Alexandre Capobianeo Vincentin,chef de l’artillerie deCremes,dit en fâ prattiquç* militaire,examinant vn artillier for ce poinél, qu’allors les métaux font bietl meslez 8digueZ,qüândpour/oo*îbde cuiure on prend 2®*îb d’eftain, 6c f4 Jb d’airain*
- Gen* Mais que Vous enfetoble, ne fera-ce pas trop de Vingt îb d’e« ftain ?
- Cap. De ma part i’eftimerois que ce feroitla meilleure ligué,quand pour ioo.îb de cuiure onprint 8*ib d’eftain éç f À de lottpn.LouysCoiiadë enfaprattique manuelle ne fait aucune mention de l’airain, peut dire pour* ce qu’efîant vn métal fresle ôedepeud’atloy, faifànt la ligue de ioôjb çlë cuiure & 8. îb d’eftain. I’eftime la meilleure,& ballante à l’efpreuue. Duquel ië me côtenterois, fi la piece auoit au relie là deuil proportion.* affauoir que le canon rëforcé eufteti la chambre le diamètre de fbn calibre, aux mutilons 'J êc au col % d’efpeîieur. Le commun en chambre j aux manions §. au col f. Et l’amoindri,en chambre|,aux munions f*,&aucol §. Etnefay
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- icy mention de la longueur particulière de chafcune piece, d’autat que toutes trois y font de i8* calibres, qui en eft la propre longueur. Quieftl’in-ftru&ion que félon ce que i’en ay peu comprendre Voftre Seigneurie a demandé.
- Ge n. I’en fois fatisfait, toutesfois vous ne dittes rien de la proportiô du demi canon & du quart* .
- Ca p. Le demi canon renforcé doit auoir en chambre de fon calibre, aux munions L&aucol^calib.d’efpeffeur,le commun en châbrei.cali* aux munions ;*fi, 8c au col L d’efpeffeur : Et l’amoindri en chambre^, aux munions au col|.En longueur ils auront ip. ou pour leplus2o.calib*
- Le quart renforcé aura en chambre i4calibre,&j, aux munipnsi?) 8c col .^.Le commun en chambre/.calib. & , aux munions f, &au col J calibre d’efpeffeur. Et l’amoindri en chambre ;j, aux munions \l6, & au col d’efpeffeur. Tous trois ayans en longueur 24. ou pour le plus 25* calibres.
- Dialogue 2 6.
- Comment les métaux fint repartis en la fonte, afin que la piece fie tienne droiéîe, fansferenuer-firfiurfia bouche, quand on la iefck
- perfectionnée : le defire de fçauoir de vous comment il faut que les métaux doiuent eftre repartis, en toutes fes parties, en chambre, munions, frifes & autres ornements, tant pour l’affèurance de là proportion que pour la tenir en fon équilibré ?
- Cap. De cecyie vous donneray lapluscourte &plus claire infîtru-étion qu’il fora poflible. Premièrement appres d’eftre refolu de la forte,ou de 1*efpece de la piece qu’on veut fondre,il faut former vne colonne ronde, droitte elgalie,bien pollie,en longueur de laditte piece, 8c en efpeffeur iufte de la balle qu’elle doit tirer. Appres cefte eolomne le fondeur ayant pris le mefine de l’efpeffeur des métaux que la piece folon fon efpece doit auoir, dont auffi refulte l’intelligence du poids defdits métaux requis: fait vne autre eolomne pyramidale,& vuide par dedans, qui enuironnant la première, laiffe tant en fa baffe qu’au haut autant de place que folon la mefore prife, les métaux fe puiffent fondre enladitte efoeffeur. Et comme l’autre doit e-ftre bien vnie, polie, &bienfoiche, afin que la piece aitl’ame bien nette fans cauernesou creuaces ,ainfi faut-il auffi,que celle-cy le foie par dedans, afin que la piece foit nette 8c bien vnie par dehors. Cecy fait,& Portant de ce modelle, vnepiecefimple&life,onyadioufte les reforts 8c ornements requis , comme le frifées du cul, le cafcabel,ies daulphins, les munions, 8c autres anneaux 8c cercles,tant à la chambre, quà la trompe de la bouche, gardant toufiours ladeuë proportion de la piece folon fa forte. Ce cpii s’entendra mieux par vn exemple.
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- Si on cft reiolu de fairé vn canon commun de 4o.îb de balle, èc qui félon que là proportion de fpffe le r ëqhiejrt}pefe ^.quintaux, il faut que les lufdittes deux Coiohines Ibÿéht faites eh forte que là première ait le calibré de 4C .îb deFpeîfehr > & là fécondé pÿràmidalejait par dedans autant de vüi-de,quc la première Colomne y piiirfe entrer, âüeé encor autant de capacité en là baffe & àu fetnmëj: *qùè les métaux ciideue efpeîTeur y puiffént entrer entré deùx : Aflauoir felôh qu’àuons dit aii cjjilcôiirs precedent,en chambre de § du calibre de 4o.lbjèc au col de f, l’èlpeiîèUr de mimions s’y troüuànt de jfoy-mèfme entré deux» Or là piece for tant àinfi dé fà irioldé eh forme pyramidale né peferaque ft.qüintaux fôifë} referuantle refié des £4. quintaux : 8c 7i.lfeî pour les employer és ftiüfiiôhs deiphlhs i frëféSièc brneihenrs & reforts dûcélle;. Dr déUaht quëcedit rèfté ÿ f@it adioufté, on trouuerà parcertà inesraifônS mathemaBquës,qtie là paftié de derrière,qui comma-ce des lé poinét du ihillién dés mimions iufques à l’extrémité du eàfcabel pe~ fera 1592..itr A celle déiiaht,des léditpoin& iufqués à l’extremité de la bbu-théi7<S4. aùfqtièlis ëhapprès ledit irefte aîfàuoirdé i'oÿ.ïb ëftadiouhéafin quelepoidsdelàpieéëfôitdeô^^ibdemëtaüx. ,
- Et cëlùÿ qui Voudrait fauoirle poids dé la pièce lifë àppart, & dé lès frifées èc réfort § ën repartihànt tout ledit poids ën ïîx , trouuerà l’vn fixiefme pour lefdittés frifes * 8c le refté pour lé fcoïps dé laditté piece.. . ,
- Et ne & doit oh efmèrueiliéf * Ou doubter de là proportion éê équilibré de k pieté j pOurce qu’en fà forme pyraiiidâlle la partie de deuâtit eft plus pelante que celle de derrière dëi72 .îb, Veu qu’en yadiouftanUes reforts & frifés, qui en la partie de derrière fohtpîusgfatids ècplusefpaix* on trouiièra qu’elle là fiirpailèra de jrÜJ. Îfe/î poids fuififaht poür tei nir ladicté piété en Ciil * principalement chant bien inhalée fur fort
- Mais d’autant qüe céfte jpièée cftaht êsleüée de fiés delphins au fil dé l’air parle gitiiidal, déclinera grahdertient delà partie de déirriefc * donc non feulement le gûihdàtpëufrëitpàtif£ mais aüffi ceux qui font au manier ment,eh auront plus de peiné pour la monter bü démonter, félonl’exigéhi ce; le ferois d’adüis qué ledits delphins hèfulfeht pas mis iuftëihëhtiurlË centre,entrelés hiuhions,rhais quelque peu eh derrière , s’àpprochants autant que pbfîibié f h on ne lé peut troüuet het ) aü centre du pdisfpour ténir lapieceesleuéeehéquilibre:ëftàhtpaf eémOyehplusfacilëà manierj fans rien petdrë du poids dé lâèu|adèj qui la tient plus ferme furfohfdft} alfeüiré lecoup, &lafaitfetourhérfaciiëmehÉèhfàtrolhi«ere.
- Cjen* C’eli aifez Mohfîëur Ëapitàihë j Vous alfeürânt que ce tant (site lieux èc fubtil repaftiflemerit m’à donné fihgulifer Contenté; ment : me iàifàht fort dé lé bien êhgràuer eh nia the-hioire > pour eh fkirë ; ^opportunité fé prefentant, mon profit;
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- Dialogue 27.
- Comment ayant tennemi en queue on pajfera tou* te *vne armée vnjleuuefans au* eun danger.
- G En* Monfieur Gap. L’opportunité fe prefente qu’il me faudra partir bien toft t toutesfois deuânt de me mettre en chemin,ie déliré d’eftre informé, comment il le faudroit gouuerner, fe trouuand engagéau padage de quelque grad fleuue ; ayant l’énemi en queue, âuec defleing d’attaquer f arriéré garde, de forte que fans percé de réputation i on le ht tenir loing, iniques à ce que de l’armée & l’artillerie auec tout fon train fut paflee ?
- Cap* Certes en tei endroidé danger efi bien gf and, &n’y a general ne capitaine h her & hardijqui allors ne marche auecgrande prudence * employant toute là diligence & tout fon Icauoir, pour s’en depetrer auec honneur i s’eftant mefme pour ceft efFe& dc« longtemps pourueu de ponts^bat** teaux,plattes,& autres telles chofes.
- Cependant fe trouuant en danger d’eftre attaqué en tel endroit : il parlera douant toutes autres chofes 6.eu 8* pièces des plus legeres, les logeant en telle forte,que fous bonnes couuertures elles decouurent bienle lieu dot on penfe que le danger pourroit prouenir, failànt cependant du cofté de deçà esleucr vne grande demie lime, & y logeant tellement le relie de l’artille* rie5qu’elle defcouure les approches de fennemi,&flanque les amis,ahn que làns defordre ils puiflent palfer. Et les pièces de l’autre riue ioueront touf-iours, en telle forte que l’ennemi nefepuiflef^ns danger manifefte approcher de l’arriere garde : en quoy leur fera de hngulier feruice, s il y a quelque cômandement à leur auantage* Chofe qui fans doubte le fera tenir aU loing* làns donner maulgré qu’il en aye aucun empefehement audit paflage* Et s’il y a du foubçon,qu’il pourroit attaquer les derniers : on fera vn petit retranchement,y logeât quelques vnes des plus petites pièces auec certain nombre des mufquettiers,qui y demeureroÿétiufques à ce que tout foit pafle, c-ftants euxauee les derniers batteaux,les derniers auditpaffage/oubs la cou-uerture des pièces de l’autre riue* En celle maniéré fegouuerna ce tant renommé guerrier Alexandre FarnefePrihce de Parme 8c de Placenee, Ge-> neral de l’armée de là Maiefté en ces eftats, paffant (parl’aduis 8C confeil dé Monheur de la Motte,qui en abfence du Conte Charles de Mansfeld, auoit la charge de l’artillerie ) auec louange digne d’eternelle mémoire., aux confins de la ville de Nimegue,la Walle,fleuue & profond & dangereux,aueci£ fuë lîngulierement heureufe.
- Gen* Il yaOertes employé grande prudence, diligence, & magnanimité, côme auflï la neceflîté le requeroit* Mais dittes moy ie vous prie,quel eft le but,auquel le general doit en telle neceflîté principalemen t vifer*
- C ap. G ertes tanty a qu’allors tout l’heur de l’armée depéd de la prudente dextérité du general de l’artillerie: & comme en toutes autres char-' ges militaires ilfe faut garder bien foigneufement de commettre quelque faute : ainh en eft-il auflï principalement de celle-cy, defe garder en toute
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- De PÀrtillerie. lot
- îdyauté & fidélité que tous les autres s’employans brauemënt St diîigëmenr* chafcun en fa chargeais ne fbyent tous enferti ble mis en defàrroy ou danger* par la negligece & inaduertëce du chef de l’artillerie* Et de là, tant de diligë-ccsjrufès^ôiprudensftratageinesjqae^ay veu trop longs à.racdptér, des generaux, fou bs lefquels iufques à prefeût i'ay ferui. Mais fur tout,d'autant que félon le commun proüerbed’oéil duSeigneurengraide le cheuâl,qu’il tafchè de fe trouuer toufiours grefent en toutes lès eiltreprifesipout obuiet prôm* ptement à toutes trauerfes * qui iàns y auo;ï penfé, fe pourtoÿehtptefëntert fur quoyie vous raccompteray cefl exemple*
- L’Admiraht d’Arragon pafTant enFnfe auëc Palmée de iaMaiëfté pbuï y trauailler l’ennemi»il fe prefenta qu’au près de Wittcomen, ville ennemie* Stlaquelle il failloitgaigner d juant toutes chofeis,il fâilloit palïer la Lippe* moyen fleüue. Or D on Loüys de Velafco,general de l’attillerie, ayant ordo-né & marqué les pièces fuffilantes pour Fëiitreprife* cômânda que deiiuict on les y pafleroit : SÇ luy-melme ayant fondé le gué * & trouué la cliofè faifà-ble,non lèulement l’eau eftan: bafeniais auffi le fond fermè,faïis fe doubtêr d’autre danger,il s’enallaveolr les autres batteries * tranchées St couuertu-ïes>qu’il auoit Ordonné de faire Contre laditte Ville* Mais Fiifuë ne fut telle qu’ilauoitpenfé.Gar les pièces legeres eftans paifées facilement,ilÿeut vne gfande qui fut laderniere à palier, qui enfonça tellement qU’iinyaüoit ne artifice ne force de cheuaux qui Fen peitffent retire r» Le lieutenant ÿ faifoic redoubler le nombre des cheuauxï mai eti vain,de forte que ce u’cftoit due perte de temps * & danger d’eftre cûhtraiiiét de laifTer Japiccé embourbeèà la merci des ennemis,qui n’en eftoyent guère ëslongne2. Iufques à ce que prenant le confeil de moy mefiüe » l’étiuoyài le plus feCreïtëment qu’ilm’ê-fiait poffible,vn commis de Vers ledit general, FaduettifTant parle menu de tout ce qui s’eftoit prefeiité,& de quellë importàticfe fèroît fâ prefeiice,polit faire deboürber îàditté pieee. Lequel y vint èn halle * Si ayant veu Si le tra-uail St lé danger,fit iricontinaïit atteler,y lailfanc auffi les cheuâux,le$ cordes' à la main,commandantaüec douceur que tous ceux qui s’y rrôuuoyëntpfë* fonts tant foldats que gens de lèruice s’y empîoyalTent auecforce& diligences qui du premier effort l’cft firent âuec grand ioye Sc adm;ration fortir* Chofe qui ne fuit aduenuë fi toft,fi ledit General n’y eufl elle prefont : & l’ay raccomptée afin que (Comme i’ay dit) V*S. cognôilfe l’importance delà prefonce du general, pour obuièr aux defauts aufquds on pourroit encourir.
- Gén» Ma foy elle èftd’impôrfaiide bieii reiharquab!ë, Sc mJen fou-' tiiendray toufiours, de forte queàDieuplailàntdeni’appeller à celle charge Feu puilTe faite mon profit, comme auffi des autres bonnes ihftruéHons que m’aueZ données : defquelles ie vous remercie bien affefiueufèment,mô tentant obligé de le recognoiftre toutes Sc quantes fo is qu’e l’opportunité f# prefoûtera*
- e M A t
- De la façon dès chandeliers & des tiindès $ poUt l#
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- ioz
- Second Trai&é
- T Es chandeliers fe font eh la forme tracée en lafigûreij.*: & de telle haü-^teur, qu’eftans reiieftus des blindes, ils puifient fiimfitmment cduurir deux qui omirent les tranchées * & tràuaillent aux batteries : ayants 1’vnè jpoinéte esloignéë délautreien forte que deux ou trois fàulfices ou grans fa^ gots s’y püifienc mettre l’vn chez l’autre. De quel bois, n’eft pas befoing aé preçepte>moÿénhant qu’il (bitbon,faim &leger > pour lespdùudir trank portçrfthefnies reuêfhiSjdVn lieu à l’autre,
- Cèschàndelifers font fort propres j pour fairèvnë blinde à l’efpreuuc.;
- On s’en peutauili féruir aux puùèrturés des tranchées j ou aux paifagés desfoffez, comme on fit deuant Rhinberg au quartier Efpâgnol : où on à
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- on peut paflfcr fans aucun danger;
- Quant aux blindés,combien <^uon n’é puifle nommer le premier au-? teur,hnueruion eh èftânt très ancienne: fi peüx-ie bien affeurer qu’elles font aülfi de finguliere y tilité,poùr iè éoüurir en peu de tempsj&ofter àl’en* nerîii là veuë de nos labeurs. Ils fe Font comme là figure if ? monftrei On fiché en terré quelques paulx de la hauteur d5vrihbmmei& de l’efpef-fimrdê là cuiffeicü nombre que là longueur de làcoüuërtüre qu’on veut faire, reqùiçiiàdiAants quàttre bu eiüq pieds i’vii de l’autre * les ireueftans & en-trelallans dés plus longs tramages de (aulx ou dé coudre qu’on peut aupir* les liant bien fort Ôçentàiiaftt ensemble.. Ouuràge tei> qu’en vndemiiOur aiiec grand àùaùtageoiipetitquafïcouurirla moitié d’vnecampagne, auectous Tçs labeurs qui s’ÿ font : comme on a bien expéjdmehté;tai*t au fiege à’Qfté-dequ’cnllslede Bômmal, fans ce qu’on «’eb fort aufii fort commodément aux couuercurcs des batteries*
- G H A P. Il,
- Lafaçon de fentes grandespiulcijfes,qm en eji
- tirmenteufp & lèferùicè qu3on en à eu au fiegê d3 ÔJlendèi
- TSYraht le fiègéd’Oèehde> il s’ÿ prefèntàdeüàiïtfon Àîteffé vri certain
- fifin vafiftE nn frimé Adriâh Hermahfèn i maiftre iino-iili<=*r an fait ifc
- dicqües çhauiiees,^autres telles belongnes aquatiques * ràiiantproteflion dVhe inüeritiôri de fàulficës dé camp $ finguliérétiient. profirabiépourret^ iiiria violence dés ëàux>rërifbrcëf les dicqües 6ü chàfîees j &: parfaire autres labeurs feniblablés.Lequelfiit biégraciëufèmétreçeü dëforiAitéîre,qui ne defirOitaütré chdfe;finôquefiirièntrepri(ë,pëiirle biehde laquelle ilyfail-loit beaucoup dé telles bëfdnghès.-futauacée: Et jüÿ aÿât dôné lettres de cre-ditiàuéc conimaridemét de luÿ fournir toutes chofesà cela nëcçfTaires,die îuÿ adioighi t pour àidë>vn chafpétierjàùilibô mâiftfe de fpri riieÂiër, nôiné ÂbrahâMeiin; De forte que Cës deüxehtrépirehâs Côürageüfemét ceft œa« mt on Voyoit des le premier cpmencemé^qn’elle feroit de gt âdjpfit, corne
- bnl’ex*
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- 'Trctérb . & - Caj>- 2- -
- QJl&nât.
- dovpel Saulr;
- Tract , à ; Càp. i. T^lindes.
- 3 lînâen
- Ch andeh
- ters.
- L &ue1nfcer^
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- Del5 Artillerie. iôj*
- onl’experimenta au progrès du temps ,chafcun eftant contraint de con-feffer qu’il n’y auoit iufques allers eu inuention plus propre 8c auantageufo pour tel effeft.Mais Pinuenteurdeçedé, elle eftoit en danger de retourner en derrière,li le fils d’iceïiiy nommé Anthoine Adrianfen ne fe fuft mis en la place de fon pere. Dont reprenant courage,en commença en peu de temps à esleuer &nauffer tous les forts , qui félon la neceflîté auoyentefté faits en l’eau, parle moyendefdittes fàulciffes. Mais icelleseftansencor quelque peu trop legeres,& la terre de laquelle eftoÿent farcies, s’en efcoulant peu à peu auec le mouuement des vages qui battôyent à l’encontre, ils s’auiferent ae lés remplir de cailloux &de bricques, pour les faire & plus pelantes 8c plus fermes. Chofe qui euft l’iffue 11 heureufe, qu’on èn print oecalîon d’en penferplusauant.
- Et le Cote de Buquoy entendit qu’on s’en poûrroit bien proprémet femir,pour en baffe marée faire vn fort lî proche de laditte ville , jqu’il feroit poflible,pour en preffer l’ennemi de près, &îuy empefeher l’entrée des nay uires defecours : enaduifafon A lteffe,& sellant choifi vniieu commode, a* uecle confondaient d’icelle,il-baftit en peu de temps, au quartier de Btad e* ne, vn fort, & y logeant quelques pièces d’artillerie, par lefquelles il brilà & enfonça plus de 2oo.vaiffeaux; de forte que l’ennemi fuft contraint de lé faire auec grand labeur, vn autre canal : duquel toutesfôis aüflî il nè pouuoit gueres iouy r. Le Conte de Bùquoy, par le commandement de fon Alteffe* s’y approchant auec vne dicque faite aulîî de làullices, & l’y moleftant auec I2.pieces d’artillerie,qu’il y auoit plantées* -
- De cefte dicque ou chauffée on print oecalîon de paffer plus auant eii l’inuention des làullices: Car il y eut vn certain Chiftophle Propergenius, qui voyant que de plufieür faulcices ioinétes & bien liées enfemble,on pour-roit faire vn grand fâulciffon,on fo pourroitforuir pour quelque grande en-, treprilèjs’accofta à vn chèuallier, le priant d’en àduertir fon Alteffe. Qui fait,on en fit l’efpreuue : 8c en reuffit vn grand laulciffon, de grand labeur 8c defpends, mais de peu de profitipource qu’il eftoit fi exceffifen grandeur 8c pefànteur,qu’il n’y auoit moyen de le mouuoirriufques à ce que ledit Conté de Buquoy le partit,en faifant deux faulciftbns,de meilleur maniement. Et en vint on fi auant à la prattique d’icelles,que mefmeon s’aduifa, commea-uons dit au chapitre precedent, d’en reueftir les chandeliers, 8c en parfaire laditte dique.
- Or comme on voit en la figure 75.*, ils font faits de plus longs ramages! débranchés des arbres, lefquels eftants ageancez en longueur telle qu’on veut auoir la faulfice, 8c entremesiez de terre 8c de pierres,doiuent eftre bié violemment liez en diuers endroits, 8t ainli faits,on les roulle là où on veut* Inuention finguliere pour s’approcher des lieux maritimes, oufituezaux endroits d’autres grandes riuieres*
- Le laulciffon eftoit des le commencement de fon inuention fort lourd & pefont,mais qui auec le temps eft deuenu plus maniable,de forte q u’à pre-fent on s'en peut feruir, combien que non fans grand labeur,comme on voit en la figure. Au commencement on le fit à 46. pieds de longueur, & 1 j.d’eff peffeur : charge bien grande 8c fort difficile à manier : j Mais appres,ennuyé de telle difficulté,on l’a amoindri, le faifant venir à 23. pieds de longueur, 8ç I2.d’efpeffeur : & l’affermant auec grande violence de trois cercles, com-> me on voit es lettres À,B,C,bien accrochez & garnis de fer, 8c le corps mef-me de la faulfice bien entaffé de chenilles longues, qui s’y enGhaffent à - graüf
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- 104 S econd Traite
- grands Coups de marteau* Et pour les motiuoir & rouler làôüons’en veut feruir,ta figure en donne fiiffifanteinllruétion. Aflauoirifi ônéft à couuérc de l'artillerie ennemie, onfifche bienaüant deux pillottons forts en terre, aufquels attachant vn bout dé la corde > on en donne vn touràla lâullïfle> & àinfi par le moyen des perfonnages, oü aufli cheuaux fuffifans on les tire iu£ ques aufdits pillottons, qui allors fe tranfporteiitplus auant> iufqües au lieu ôuladittelàulcifledoitauoir fongift. Et pour faciliter le mouUeüient on y peut aufli appliquer l'inftrüment qu'on voit en la figuré, ou quelque autre forte de leuie, félon que la commodité fè prefèntera* Mais fi on a peur de l’artillerie ennemie,il y faut aller d'vne autre façon, au lieu des pillottorïs on prëd deux ancres, qui ayént des pülies âur; anneaux de leurs queues par le£ quelles failànt pafler les cordes defqueiles vn bout eft attaché àvn pillotton, fîfché en terreau derrière de la faulcifle* de forte qu’elle paflepardefliis * & de l’autre bout donnant aufli vn tour audit faulciflon,on le tire par derrière* l'auançant toufiours à couuert d'iceluy*
- C H À P# I I ï*
- Comment il faut conduire une mine,&faire une a aliéné en un foffé.
- T ’vfage des mines eft très ancien & commûii, vfité des Perles, Partîtes*' ^Grecs,Romains & tous autres'peuples-, qui ont mené des grandesguer-ïes : ôc ce nonfans railon, eftantlemoyen plus propre & facile pour foréet l’ennemi# Mais cependant il n'y a aufli chofe plus dangereûfe pour céluy qui s’en Veut feruir,que les contrémines. De forte que s'il y a du foupçond'e-ftre ainfi rencontré,il faut aüéc,grande dextérité & prudéce décliner le dhe-min del'aduerlaire,lbitadextre ouafeneftre, commel'occafion &lelïeülëf permettra.Et d'autat que félon des railbns naturelles, des effeéfcs de la crain-tejles alfiegez cherchent toufiours le plus œurt chemin pour endommagée leur ennemi par côtremineS : le mineur s’auifera toufiours de courber lamine comme lafigurei^monftre depuis ÀiulqUesàB, & depuis iufques àC* & là préparera le four,& l'armera de poudre eil forte que luy donnant le feu il face làulter les ennemis , fans endommager les amis qui auront leurs Hâtions à l'enuiron* Et afin qu'elle ne s'enfonce Sc opprefle ceux qui y trauail-lent,il la faut bien fourrer. Pour lequel effeél il dreflerales pilliers des collez en hauteur de y* pieds,fi le lieu le permet, & en largeur de y. pour lès payons des collez,les y reueftant de planches de pin: mais au haut il les faut tra-Uerfer ou couurir de bonnes & fortes tables de chefne# Et file lieu eftoit humide ouruiflaillant,il la faut aulïî couurir par embas de melme que defliis, y laiflànt vn petit canal,par lequel l'eau s'efcoule,oü bien y creulànt par inter-ualles des petites folies,pour en puifer l’eau qui s’y aflemblera,auec des féaux de cuir, & les faire vuider de main à main* comme on fait de la terre des mines*
- Et eftantâu miner ailée foupçon de contre mine* il ne faut pafler aüat, âinsdesbarenslongs&propres,qu'onadecouflume d’auoir préparez à Celle occafion,ilfaut percer la terre de toutes pars * pour entendre de quel Collé l’ennemi trauaille : lequel ne pourra ellre fi fecret qu'on n'en oye lé bruit, principalement parlefdittêsperfeures du bar en; dont il s'alfèurera tatftdd
- l'ap-
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- Forme et vp&cje clt tnfbkwrrtcns iny&ï\ieu7cj?our vue cntrcjprifc .
- Farm 'Vnît^ârauch cttîichcr injb'umcntvn. i^u. einer emjarcfa, nutdicfi Wm ^elrancien. I
- y
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- De l’Ârtillérië. tQ$
- t’approche dé là cohtréfrnne, que de ïa qüàrriere qu’il doit prendre pbur là décliner.
- Èftant paruenü ait lieu deftiiié, & garni ie foui:, àueç dé lapoul-dre fuffifànte, il lé faut boufcher auec grande diligence j qü’il ii’àye dé l’air i finori par le feul përtuis, pair lequel âuec vne mefche d’eftouppesj èc rràifiiée dé poudre fine, dri luy donné le feu : où celiiy qü la doit allumer fera bieri fur aduis,qu’il rie lâiifeladitte mefche trop longues qu’elle né tarde trop à éhflamberla poudre du four > & d’autre part aulïi, qu’elle ne foit trop courte * donnant le feu au foui: deuarit qu’il én foit fdrti à fau-itetéi& luy y dettiéure porir les gages de foi inaduertenee;
- Du moyen de les mettre en oériurejn’eft pas bëfoing d’én fairë long re-cit>kchofe eftantcommune &affezëdgnéuë : feulement qüfonfoitadüer-ti,qüe l’entrée en la haüteur&largeur fufditte doit dire fi fecrétte & cachée* que l’etinemi en nulle maniéré ne s’én puiife apperceuoir : &: la necefiiréle jrequerârit,bn peut au progrès amoindrir laditte mefiire, en forte qu’au lied de B, on ne luy donne que $.pieds de hautetir, &4-de largeur, &tant qu’ori s’approche de là fin * tarit moins on luy donnera de largeur, & venant àu four, il fera aifeX qu’on y puiiTe feulement pafler les tonneaux de là poudre*
- Sur tout il faüt qrie lé mineur âuàrit de côniancer fon ouuràge foit biëri àdroità prendre lariaefuréde la diftanéequ’ilyâéntre lecbmmancëmeht de famine j & la fin-, aueC trefprecife intelligence des corbëes & détours* rombien il leur faudtà bailleripbur ne point feillir dulieu où elle doit auqijt fon ifïue* Autrement tout le labeur en fera difficile > incertain, & trefdarige-Xeux*
- Quant aux galieries,defqudles on vdit vrie tracé auec la urine y : G’etè auffi vrieirtuentôi bien Vcilejquand on veut pafier à couuért quelque foffé 6d rempli d*ëau,oufec: & peüuent eftreredüittes en quelques iriertiBres oii pàrties>pour ëftre tant plus facilement tranfportées de lied à autre : & eftrc teioinfceslâbuoneneïiveiitvfer j lëscouurant defagofs &de quelque péri de terre i Ou des mottes nouuelîes & humides i afin que l’ennemi^ne les endommage dé fes feux artificiels. Elles fe peuuent faire grandes & petites fë-ionl’occafidri,ayarits>ipieds en hauteur,&tf*enlargeur;combienque quant àla largeur^tantplus qri’on luy én donnera* tant feront elles meilleures * àd-togttaûs tarit plus de gens eh paffage;
- CH Jtif. iitu
- Qôrrtme?ùf0r quelque éntréprifiônfèutfaire^n font en batteam
- 1^1 Àinteoëcafiohfëpréferitceri là guerre i»quieftàtit par quelque defaut -*-^pafleë j ne peut ëftre rëduitte : Et principalement àu tour des fleuuësj lé defeut d’vn pont, du l’abbord f^ngçuX ou autrement iticomrnode en fait jjâffer pluiieurs, qui àpprehehdéiis püurioyeiitauüir éfté de grande confe-tiiiencë.
- Gr comme il fautëftrepreftà tous euenerrtents 5 aififi eri fëmblables liëuXjs’eftre pourueii d’vn pont tel que la figuré 17,? le monftre, ne ppurroit cftre que tréf-vtile : ën l’approchant febrtément d’vn lieu-qu’on vêtit für-
- O prendre-
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- toô Second Trai&é
- prendre, ©ù eftatit arriué en vninftant, on pourroit mettire en terre teÜë quantité de foldats i que les furpris ne leur pourroyent fi facilement re-lifter.
- En vnfïeuüe qui ne fut trop largfcdn le pourroit redoublerjayant deux aislés,qui s’abbaiffans receburoyent d’vn cofté les gendarmes pour les mettre fubitement à l’aütre, contre les ennemis 5 pour forcer en forte qu’ils ne puiffent aucunement empefeher le defiein> principalement quand pour faciliter raffaire il y euft en l’autre fiue quelques pièces d’artillerie pour les eouurir.......
- Ledit pont fe fait fort facilement i êncrigeaiit deux pilliers envnbat-fceau bien affermi de trauerfes par embas, êc enchaffez en vne trauerfe d’en, hauti comme vngibbet, yeftansarmezdepulies, par le moyen defquelles iefdittesaislesfe peuuenthaulTeroübaiffer facilement j & mettre les gens* qui en defcendant ou montant par lé fleuuej en ont efté couuertesaubat-teau>en terre, Oubienfii’entreprifefutfailliedesrecebuoiren halle,&le« retirersle pont Ieué,couuercs du danger*
- Les aisles fe font lion feulement de bon planchage de pin, mais auflï de forte ou grdffe toille , auec des tirants de cordes, & garnies par defc foubs de cordages entrelaffez , comme on voit au deffus des naui-res de guerre. Et ne trouuera le leéteur cefte façon effrange : car il y à défia de l’experience de femblables ponts * bien propres & de grande v-tilité.
- L’an ifpp. l’Àdmiraritë d’Àrragori paffantauec l’armée de là Maie-ffé en Frife, le General de l’artillerie Don Louys de Yelafco, auoit en fon train vn pont affez long, reparti toutesfois en quelques pièces , fait de toile eftenduë fur femblable cordage j ayant aux coffez la garniture de perches de pin, & lés tirants de groffes & fortes cordes. Lecjüel pont il armoit lur des petits batteaux quelque peu larges , mais n'ayans qu’auliie & demie de bord > & fi légers qu’on en pouuoit charger trois fur vn charriot : duquel quelques fois il s’eft ferüi auec grand profit de toute l’armée, quand il failloit palier l’infanterie par quelque lac ou ma-refeage,auquel on né pouuuoit auoirles grand nauires pour faire les grands ponts* De forte qu’on ne fe mocquera de ce mien pont j duquel i’aflèurei que pour vne entreprife fubite il ne faudra d’eftrede grande commodités profit*
- £ H A P\ V.
- CôrHmentèn un grandfleurie on peut armer fur" des batteaux ungrandpont pourpajfer non feulement t infanterie}mais auflï la caual-lerie^uoiretartillerie auec tout fon charriage.
- À V dialogue 2 7. i’ay rhoriftréle grand foingauquel le Geiieral de l’ar-•^J^tillerie eft obligé , que s’il eft qüeffion dé palier quelque grand fleu-tie, ou lé ferrer pour en ofter U commodité à l’ennemi, il foit toufiours
- poürueu
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- De r Artillerie. 107.
- pourueu, en forte que de là part il n’y ait point de faute : & combien qu’il ne pourroit toufiours conduire toute la prouifionneceffaire en fontrain,il foit neantmoiris de telle habilité qu’il en puiife ordonner ce qui eft requis pour faire fubitement vn pontjafin que l’entrèprifê ne foit retardée; En laquelle mattiere on en eft venu fi àuant qu’il n’y a riuiere fi grande qui iie puiife é-ftre contrainte d’en porterie ioug, comme onàveués plus renommées dé ces quartiers, aflauoir auRhin, &en lafoalde au près de la ville d’Ànuers; Toutesfois ne fera hors de propos que nous éri dônions en la figure / j.qüel -quepetite trace,moriftrans comment en femblablesriuieres ces ponts doi-uenteftre faits*
- Premièrement on prend autant des batteaux de la largeur de >4.pieds buenuiron,qüé ladiftarice de l’vnë riue à l’autre requiert, à raifon d’eftre et loignez auffide 14. pieds l’Vn de l’autre, lefquels bien affermis fur leurs ancres,font arrangez en ligné droite des prbës Contre l’eau» Apjprès il faut a-uoirpourcoütirir & iôindre celle diftarice entré lefditsbatteaux, trois arbres pour chafcune ayant eh longueur à8.pieds : les 14. pour cbuufir l’entredeux, & les autres pour entrer de 7. pieds de chafcün collé fur ieldits bat?-teaux: &esloignezàüflide7.piedsl’vn defautrei en forte que lepontfoit largé de 14. pieds,qui eft vne largeur fuffifante pour palier tant la caualleriej que l’artilleriej&foh charriage en bon ordré.
- Puis y faut iiauffi àuoir fur chafcun batteau, "trois arbres plus courts que lefdits,aüauoir de telle longueur,qui coiiurent ledit batteau, ils furpafi fent le bord de l’vn & de l'autre colié } pour le moins de 3. pieds -, àufquels lés precedents feront àuec grand foirig attachez* polir faire tôiitl’buuràge taiic plus fort ôc pliiS fermé;
- Ces arbres ainfi logez,feront àpprès couuers de planches de chefnë, à-ÿants eh longueur 17*pieds, en largeur pied &demy; doigts d’elpefc four. Et voilà là fabrique du pont* dont folon l’occafion du lieu * & dés battteaux qu’on y peut auoir * la mefure peut eftreou augmentée ou diminuée.
- Et fi le bord du fleiiue eftoit bas,fabjonneüx ou fahgëux,de fortë qu’il y ait quelque difficulté d’approcher l’aftillérié audit pôt>on pourra ësleuer ©u couurir autant d’elpâCe que là chofo demandera,de fagots & de terre, les affermant aux collez dé piloctorisfifohez enterre , &piiis retiéftirlë tout des àis de chefrie Comme déflîis,àfih que lé chemin ÿ foit piàin &c comhiode * fè démettant à l’induftrie & expérience du charpentier * conducteur de toute l’œuuré.
- Êt afin que nous foyons mièux ëhtendus,noüs lé déclarerons par vnë-xemplë; Pdfons qu’il y a vnfleuue*quid’vneriuëài’autrëàj78ipiedsdë largeur; il eft donc qüëftioh * qiiei ordre & quelle prouifioh* tant de batteaux que d’autres appârtëhâhces il ÿ faudra auoir pour le eoutirir d’vn pont fuffilànt*poür palfer tôutë vhe armée àuec tout fon train;
- Premièrement îifèüt regarder là largeur des batteaux qu’on ÿ a pour prendre d’ïceux la largeur dés interüalles * qui doitrefpbndré auiditsbat-teaux * eh forte qu’icèux ëftans de<Mixpieds,les intéruallés foÿent de mëft tnelargeuf*
- Puis remarquant qu’il y faut vriihteruallëpbur chafcune riue* de forte qu’il y aura vn plus que des batteaux * bn oltedu nombre ddfus dit dé 378* pieds * vn inteiüalle: & le relie * les interualiës eftans àiiifi efgaliez aux batteaux,eft reparti par i&dbntreulfiralafomme de 13. pour autant dejj
- Ô i bàts
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- îôp Second Trai&é
- batteaux &i3.interunllesiaufquels celuy qu’on auoitofté au comancertient, eftantadioind,fera\c quatorziefme. Il y aura donc 13. batteaux & z^inter* ualles* Lequel compte fait,le refte fe trouuera facilement* Aflauoir pour i4.interualles, 4z.arbres longs,& pour ijfoatteaux 39»courts, les longs à 28+ &les courts à20.pieds*"Qui eft laprouifionprincipalle pour tel effed : moyennant qu’on foit aulîî pourueu de bons ancres & cables
- S’il y auoit danger que le pont futattaquéde l’ennemi, maiftrifànt la* ditte riuiere ou fleuue,il faudra non feulement faire à chafcun cofté yne demie lune, ou vn autre fort pour fa defence, mais auflï l’en faire tenir loing, par le moyen des feux artificiels iettezfurfes nauires, voire s’il y a commodité faire conduire quelques petis batteaux de feu entre fbn armée, qui re-ecbuans le feu en temps propre fe creuentles endommageant, fi non tous, pour le moins en partie. Et afin que fes batteaux ne puiflent approcher pour endommager noftre pont,on y fera ancrer,ày^ou S.cents pas de cofté où il y a du danger, vn flottage,de long, gros & forts arbres, bien liéz & enclouez enfemble,&armez en front de trenchants & grandes poindes crochettées, de forte que les batteaux courans à l’encontre pour les rompre, y demeurét oubrifèz&prisi
- Et quant aux batteaux fur lefquels le pont eft artrié, il les fautvifiter fouuant, qu’ils n’admettent, & s’il y en a des intereflez, qu’ils foyent refaits de bonne heure. Pour lequel effedil y faudra auflï auoir bon nombre des mariniers & calefates,auec leurs inftruméts pour s’en ieruir au befoing.Les gouuernaulx lefquels on voit en la figure attachez aux batteaux , n’y font point neceflàires,ains les en faut ofter, car y demeurants il n’y faudroitque quelque petite borafque ou vent pour diflîper toute l’œuure* Gequi,àmon aduis,fuffirapour vne entière inftrudion,quant à la façon d’vn tel pont : au-quelil ne fera mal à propos d'adioufter quelque petit appuy au cofté, afin qu’on n’en dechée fi facilement en Peau»
- Laditte figure 17* v monftre comment on peut en hafte faire vn petit pont for de tonneaux, ou fur autre charpenterie, auec des roues, de forte qu’on le pourroit auflï conduire auec le refte du train, pour pafler quelque falfé ou petit fleuue,eftant couuert au cofté de toille.
- Et afinquerennemi ne puifle endommager lefditsponts defesfeux artificiels,il faut faire bonne p rouifions de peaux de bœuf, tant pour les en couurir,que pour eftoufFcr les balles de feu qui feront iettezdeflùs.C’eftafi fez des ponts & du moyen de les preferuer : m’afleurantque bons guerrierss & curieux ingénieurs auront allez de mattiere d’en faire leur profit, tant pour la fabrique de ceux-cy,que pourl’inuentiond’autruy.
- C H A P. V L
- Comment & auec quels infiruments onpeuirorü-pre les treillis & portes tant de fer que de bois. fig. 16?*
- iPouf
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- De l’Artillerie. no
- jpOur rômpire les paliffades,treillis & barres de quelque ville,chafteau, oii 1 forte mailbn champettrc, on fe fert de Lnftruinent noté de A, qui eftle troçador,l’yapplicant&:ferrant,commelafigurelemonftre. Oudelafbye B, en foyant les iointurcs,ou du pied de cheure > C> lequel on fourre entre lefdittes iointures pour les ddiolndre par force : oude la coignée D* Mais fî l’entreprife doit eftre exccutée en fecret ou (ans bruit, qu’on n’oye les coups des inllrument: on y attachera, fe couurant de bobfeuricé de la nuiét, le mieux qu’on pôurra vne roue de feu artificiel J» comme aullî on voit en la figure, quien peu de temps fera l’ouuerture allez large pour admettre toutes les gens neceflaires. Les mefines inftruments fe peuuent auffi appliquer à la défaite des grandes barres des portes, és villes chafteaux > fi on y peut ainfi fecrettement approcherCar autrement il n’y a moyen plus prompt de faire ouuerture à quelque palfage que l’artillerie : de laquelle on ne fe foucie gueres d’ouurir les portes , efquelles il y a couftu-mierement plufieurs defences qui y pourroyent caufer quelque dan-geriayans alfez de placepour faire l’entree,mefme par les baftions &les cor-tines.
- Si on veut enfoncer en fècret quelque grande porte de ville , oud’vn chafteau,on a fans le pétard,duquel cy appres nous ferons mention particulière, lefulàuant,3*&fabarre A , duquel en tournant la croifàde X, on rie faudra de la ietter bien toft à terre: Et fî par dedans elle eft garnie d e ver^ roulx ou de chaines,combien elles feront grofles,fi fè rompront facile ment parles tranchants 4.5. de lavis notée B. De mefîne en fera des barres de fer & treillis] des feneftres. Ou auflfon fè pourra ferait de la tenaille C, du marteau de fer à aureilles D, du marteau de bois de la courte coignée 2. „
- Auprès defdit inftrament eft aum bien notable la façon & vfàge de cù Charpontiinuention bien propre pour pafler vn folfé, & efcheller quelque lieu de la ville,ou du chafteau : ayant en vne piece, ôt pont, & efchelle, aued le chariot pour y charger aufïi quelque autre chofe pour le befbing: & quant aurpetardiers,ilfaut,commeonvoit en la figure 13+^ qu’ils en ayent, mais non pas fi grands*
- C fî A P. V L
- La maniéré de charger 0* attacher vripè-*
- î À forme 6c comprife du petart,fe voit ehtreles lettres A,B> defquélïès À ^monftre la bouche>& B,le fond,ou le cul iufqués au fôyon* Il eft pefàntj dont pour le tranfpdrter il le faut charger auec fa greffe & force table ou planche, Ë, F, fur ce petit char-pont C, D, propre non feulement pour le charriage,mais aufli pour leuer 6t attacher ledit pétard en haut. La table aau millieu vn trou rond A,auquel le pétard eft: enchafle de là bouche À. En haut elle a fes anneaux de fer jpour en eftre pendue és vis G, fourrez & tour-nezenlàporte H. Eft la corde qui donne lefeu* Les ronds AA, fondes tapppns jdefquels le pétard chargé eft bouché*.
- O 3 Du
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- iio Second Trai<5fcé
- D u èofté de dehors>où le pétard eft énchafle en la planche, elle eflrfim-pie & vnie : mais de l'autre cofté contre la porte, elle eft garnie dé lames dé fer bien fortes.
- Pour le charger bn met tout au millieu vn bafton r ond&vni de la longueur d’vndemy bras * &del'elpefleur de deux doigts : puis on y met non plus d’vn quart de liure dé poudre fine à lafois l’entàflànttoufiours à l'entour diidit baftohjd'vn petit pilori dé bois.* ce qui doit eftre continué iüfques à ce que lé pétard ait fà charge éntiere. Appres en tournant tout doucement le bafton dümiiiiéii,on lé tire hors, mettant en fa place autant de poudre fine qu’il ÿ peut entrer, afin qu’eftant allumée aufoÿon, elle enflambe envri moment toute là charge: puis onia boüchedutaponÀ, qui eft de l’efpef-feur d’vri petit doigt, fur lequel on verfe delà cire fondue iufques à l’efpef feur dé deux doigts. Ët voila la maniéré de lé charger;
- Pour 1 attacher, il faut premièrement tourner les crochets G, fur la porte,àü lieu qu’on entendra le plus commode pour la brifer du tout, & y a-yant péridü la tablé,enchàfTér lé pétard eh fon lïeu;&: afin qu’il fé tienne bien ferme,il y faut vne troifiefme vis & crochet, auquel pariant vne corde par la manche dudit petardionl’affermei
- Eftant donc ainfi attache i rie luyrefte que de luy donner le feu. Oùij faut que, comme aiions dit du mineur, le perardier foit bien adroit, dé témperer tellement la mefchè à qu’élle né donne le feu, deuant qu’auec Ces compagrioris il doit arieuré de n5 eftre at-tainéfc de la fureur diabolique de cefté machine.
- Fin du fécond 'fraitté.
- TROÏ-
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- De l’Artillerie. iii
- TRAICTE TROISIESME
- COMPRENANT TOVTES SOR^ TES DÉ LEÇONS ï .0 V fc IN-
- FORMER VN ARTtLLIER DE PLV-
- ficurs chofes rieceflaires à la perfections
- CHAP. L
- &ofnment par ràifons àjfeüré'es t artillièr iogrioifiràjfil'à piece eji bienfaite,$foubs quelle ejpeceel-* le éjl co mjmje,
- |TggfJ À prernieirë chofe à laquelle l’Àrtiilier [f eceuant vne, bu plu-fieurs pièces, doit prendre garde, eft d’en remarquer la forte» J| ^ È>eft vne cblubriiié,deniie, quart, faulcbhneau ou dragon*
- S.gjgfflb commune où baftarde .* bu ëktraerdinairfe * renforcée du a-momdrie ; elle fera de la première inrtë; fi c’eft vri caribft, demi, Ou quart* eile fera au fécond ordre, (T c’eft Vri pierrier, pièce de chambre 5 bii mortier, élleîera de la troifiëfmë. PuiS ilvërra ü elle eft de Fer pu dëbrom-ce,de quel calibre, de combien de balle & de poudre pour fe comporter en tout éc par tout félon rëxigefice dicelle;,
- Pour lë fécond faut il qii|il regarde commèiit les çueillietes,rietto* ÿeurs & tampons font conditionner,s’il n’y à quelque defaut; Et ÿ trouüaiife tout ce qui y eft requis,il ta mettra par ordre au coftë deXtre du fùft 5 ly attachant proprement,en (oirte que la cueilliefe ; Ôc lànadë foyeiit tournez vers iabouche,& le tampon & nettoyeur vers là culade.,
- Finallemënt mettant 1 ë tampon eft la pieçë tant qu’il peut* verrai! elle eft chargée,ou s’il y eft entré quelque autre cliofé. Cè qu’il trouiiëra fatalement s’il donné quelque petite marqué auBaftori irez la Bouche, édëretirant le met fur la piece au long * iuiqiies à laditte marque : dont le tapi> pon venant iuftemënt à là fin du foyôn, c’eft ligne qu’iîri’ÿ ariéri : Mâi£ autant qu’il y viendra court j autant y aiirâ-il.de charge ou d’autres ordrires en icelle.
- Et encor qu’il ne s’y apperçoiuë de riën , fi prèfidra-Ü ja cueilliere, 1* bouche leuée &lamçttra dedans 6c grattant legerementdfibout* lëlpnd del’ame,iulquesàlafin * & la ÿ donnant deux ou troiàpétït&çpups, ppürÿ reeeuoir la poulfierè qui y polirroit èftre. Ce qu’il continuera tant qu’jjjn’ÿ; aÿe plus rieri à en retirer. Puis remettant la çüeillerè en la place, ilpténdrà lalanade, de laquelle il frottera bien diligemment la pièce par dedans , ée l’en rëtiraiittoüt d’vn coup , ënfecouèra là poulîiere, & ce qui sJy;au-ira attaché-, continuant âufli le mefnie, iüfquës à eéqu’il foif afleuréqüë la piece eft bien nette* Puis examinera auffi le foÿdn, l’ëfçËürèiflaftt ânèc gtande diligence, s’il ÿ a quelque rouillurë ou fbuillurë*
- Cecyfait, ils’enquerrà, 11 la piece eft (aine &entière en fon te* lans, oreuaces,efponges,ou pertuis>ou autres femblables defauts, Pour ceft effeéf
- file
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- i\t Troifiefmi Ttàiéfcé
- fi le çemps eft clair & ferainai pofera la pieceda bouche Contre îes ràÿohs dii ibleil,y tenant vn mirduet de criftâl,ou vne dagüe bien polie & luifànte, qui donnant Tes reuerberatioris,elclaircifle toute la piece par dedans. En temps couuert ilpreiidra vite petite chandelle de cite, laquelle attachée au bout d’vn bafion,& mifé ett l’artie,luy monftrera tous les defauts qui y feront;
- S’il y voit dés creuaces , ou des péris permis comme en vné éfponge Ou àutrechofefemblable* qu’il s’affeure que ce fera vne piece fort dangéreufe, & que s’il la vouloit recharger en haftejle pourroit faire Voler par fair; Dont pour ÿ Obuier,il aura,quand il fera befbing de la mettre en œuure , toufioürs preliè vne cuuelle d’eau,de vinaigre oudëlefcÿüe , auecdeux ou troté bon^ Nties lanades pour la refraifcliir, ôdauer auec grande diligence, qu’il n’y de-tneuréaucutie éftincellé de feu caché,qui luy caufe ledit danger Joinét qu’il fe dohné bien de garde dé charger telle piecejCdmbien querenforcée, félon ja portée dé fà grandeur & proportidh , ains feulement félon là unaniefe des amoindries : car autrëitient elle fe poüfroit diftordre & courber, & deuenir du tdütinutile i ou fé eteuer, endommageant tous Ceux qui feroyent à l’en-
- uifom .
- Il pourroit auffi aduënir qu’il réflcôrttraft vtte piece,qui euft la boüché plus large que lé r efte de famé : comme on voit és pièces défquelles on s’efl: beaucoup ferui,qiii parla continuation Ù vefiemëncè du tirerd’ont eslargie quelque peu. Dors pour ne fè tromper aux choix de la balle,qui eftant prifë fëlo nia mefùre de la Bouche , s’àrrefteroit au millieu du tuyeau ou de l’ame, éh forte quJ6ri nel’èn pourroit bouger> ilia mefurerâ pair la crufette, de laquelle cy appresnous ferons mention, en tous endroits, &lors ehofiralà fcaliéjrton paS félon le calibre dé laditré bouche,mais félon la mefùre du lien plus eftrdiét de l’amejluy y donnant aulîi le vent requis.
- ' ! S’il rëncOntre vüe piece qui a l’ame tortue : qu’il fâche qiie c’efl: yn mal irrémédiable : dont la, renuoyera tout droiét à la fonte; Mais fi neceflairé-* ment il s’enfaudrdit feruir, il prendra la balle fi petise, qu’elle ne s’aheürté (thfcè paifTagé courbé: & luy donnant doublé chaflèife tiendra toufiours au Contraire de là courbée,pour n*én perdre lé coup entièrement;
- Il y àaufli quelquespieces,efquelles famé, combien que droite, fetiëi touf esfpis plus çfyn ctifté que de l’autre. Chofe qui aduient quand par négligence oUignofârtce dii fondeur, îesmouldesne/bnt bien iuflementcorn-z,la coldtiine qui fait famé n’eftant point iufte & nettement au millieu* eft aufli Vrié faute telle,que fi on n’y prend bon efgard, il fera impoflib! é ifeVnbèncdiip,iaVifée né fe prenant point iiiftcmënt fur lé millieu de famé i faits eticof le dànger,q u’il y a pôiir.ceux qui font à l’enuiron. Car cecy donnant fa chàrge ôrdinairefelon fà mefùre & proportion, qui futrrionte-fditlaforcede la part,ou du cofté plus débite,Iapïëcefe creueroit fans faute àüciine. Dé forte que l’artilïiér aura grand foïng dé la bien mefurer, tant bdür^rëëôglnoiftrelëmiilieudei’àpleipoury prendre la mire* que pour luÿ aoriAeffàcliafgcpropfe, feloti la force du cdfté plus foible.
- S’il fettçbntfe vnépiëcè ehafgée,principallemetitfî c’éft des longtéps: qü’il fe garde biën de luy donner le feu : aiiis qu’auéc bonne induftrie ilert retiré la charge; Premièrement il en retirera ,‘aiiec le nettoyeur ou tire-lopin,le morceau mis fur la balle. Puis de iâ cueilljëre, là mettant tout doucement la bouche lëuée,fbus la ba^le l’en retirera auffi; En appres on ôftera, Comme âii pârauant l’autre morceau mis fur la poudre* finalement àüec la cueiliiere il eh oftera peu à peu la poudre,luy faifànt tenir yn tonnelet foubs
- labou-
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- ^rOXxCalàre-
- Comment ûjûuît mejurcr les.jyieus daftlllcrte r\Vie, «ou risiejtir&ti.
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- De l'Artillerie. 113
- la bouche de la pièce, afin que rien ne tumbe èn terre. Cecy fait,il nettbyeira l’ame,& la vifitera,corne auons dit deffus,&: l’ayant bien nettoyée & effuyée, il y remettra enuiron viie ffe de poudre j à laquelle ayant donné le feü>il bouchera incontinent tant la bouche que le Foyon, pour veoir, fi elle donnera quelque Fumée en autre endroit que par tes deüi refpiratoires propres* A quoy aufîîil doit prendre diligent ëfgafd: cars’ilyvoitdeîafuméeailleuts, qu’il s’afTeure que fà pieté n’eft trop bonne,& qu'il ne s’en pourra fëruir iànl danger;
- C H A P. IL
- Comment il faut mesurer vnepiecê.
- À Fin que l’Artillierfe puiffe affeurer de la Force 8c efpeffeurd’vne pièce ^^poui luy pouuoir donner la poudre requife, en forte qu’elle ne luy déraillé au befding: le luÿpfopofeeii la figure 18.* d’vn collé trois côlubirines* laprerhiere commune; la Fécondé renforcée,& la troifïefme amoindrie,a-uec toutes lëurs mefurës i Félon leFquelles il recognoiftrà toutes les autres pièces; '
- Pourexemplè an luy prefèntevnecolubrine commune tirant 24*îfe de fer,auecip.^lfe de poudre,qui éft la charge ordinaire des ~ du pois de là balle, Il Faiidralorsi qu’il regarde files métaux delapièce pourroyeiK fup-porter telle force de poudr e;ou fi la rieceiîité le requerât, on ne luy en pour^ roit donner dauaumge; Ce qU’il réçbgnoiftfapar le moyen fiiiuànt. Pre-miereirientaüec fà regléil fera fui: viie planche^ oii autre chofe propre, yiié ligne drôittëidepüis Aiülquës àB,. Puisd’vri compas depoih&es droittésdl prendra la largeur de la bouche dé ladittë pièce: &eh mëttralëspoinâs fqj:-laditte lignejfur le poitîéf: A,enuers B,iufqües à Qlèqüel efpaçe entre À & G il répartir a en deux parties esgàllés 3 defquelles il mettra ledit t®mpas,fîir y-fcé autre ligne droitte àu poinét D, êè en faifànt de l’autre pdinéte vn cercle^ ilaura l’ouuemiré ou calibre déladittébouche, comme on Voit es lettrëâ
- a,c,e,f* a , - „ . ,
- Àppres d’vti compas dé poin&és courbées, il pirehdfa la largeur de là fculade de la pièce,à l’endroit du Foÿori: & l’ouuer tuf e de ce compas,fera par ctlluy des poin&èS dfôiiâes aufïidiuiféen deuk efgalles parties 3 dëfquëîlés comme au paraiiânt,mettant l’vnepoinéte Fur de l’autre,faifant vn cerà
- cle GjHjilaûrâ là circumferençë des métaux en te lieii; & quant Ôiduahf l’efpéfféur d’icéux à l’entour de l’ame;reprefentéë parle premier terclé; 6i és lettres F^& H, & deE,iüfqüè$àG. Et voyant qu’il ÿ à mtfme diflari.ee dé F,mfqUësàILqnedëÈ,iiifques àF* qui eft le calibre delà boiiclie de la pièce; il s’aiîeurera que c’eflvhecoiubrihe commune, foie légitime, bavarde; ou extraordinaire 3 defqùéllès la différence n’ëfi pas au refort où éFpeifeuL ainseiilà longueur; Êttéliepiecé demandant pour Fés 24. îfe dé fer, jjjj-îfc de poudre pour fes f du pois de labalie ; le dis quittant fans defaut, elleiés fuppôrf efa farts aucun danger. Èt pour éri eflte tant plus affairé* il ert prërU draaufïï la iriefure airtf; tnüniohs ôç aii cdhcornme s’enfuir^
- A l’eiidroit de la ceinture qui eftdeüaht les iiiurtions 3 ileii prendradu compas des poindes côufbéés la mefufe cOrrime àu pâràuarit au tefort de là culaaé ; l’QÜuërtur e duquel il répartira àufîi pat le compas àpDindesdroit-tes,en deux efgalles parties,& eh mettant l’vrt pied iur la lettre D 3 eh fera vh
- P fcerclêj
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- 114 TroifièfmeTraiété
- LL,auquel il troiiuera de F, iufques àL, J du calibre ou diametrè de la bouche A, Cs qui eft la iufte& proportionnelle crpeiTeur qui y eft requife* Le meftiie le fait au col,dont reuientle cercle M, N, auquel on voit que de F, à N,ilya iuftementvn demi calibre: qui aufli en ce lieu eft l’efpefleurnecef faire & requife.
- Mais ii en prenant les mefures àlamaniere fufditte, on trouue qu’à 1*5-droit de la chambre il y a depuis F,iufques à H, i§ calib.c’eftfi^ne que c’eft v-ne colubrine renforcée,ayant aux munions depuis F iufques a L, ;£& au col, depuis F,iufques à N, dudit calibre d’efpeifeur. Et telle colubrine eftant faine,tirera la baile de 24.1b auec au tant de poudre fine, fans aucun danger, & en fera entoures les mires la portée meilleure, que delà commune fufditte.
- Etau contraire fi efdits circles, depuis F iufques a H,on ne rtouue que |à l’endroit du foyon,& aux rnuniôs depuis F iufques àL jï|,& au col depuis F iufques à N c’eft ligne que la pièce eft amoindrie & bien foible de métaux, dont aulfi il ne luy faudra donner que i6f îb de poudre fine, &dela commune 2/*tb,& en fera la portée moindre que celle de la portée coffimu-îiefufditte* ' r
- En celle maniéré feront mefurees toutes les pièces de la première e-{pece,auec celle confideration toutesfois qüela demie colubrine aura plus de refort,que la colubrine : le quart ,5, Et l’oélaue ou Faulconneau * tirant fà balle de plomb auec J-de poudre fine5 ou de commune, autat que la-ditte balle pefe.
- De l’autre collé deladitte figure on voit comment félon celle réigle feront ainfimefiirez les canons*
- Et trouuera-on que le canon renforcé,aura à l’endroit dufbyon vn calibre entier d’efpefleut > aux munions , & au col £ : Le commun aura en chambre |,aux munions au col § de fon calibre* L’amoindri a f en cha-bre,aux munions 4|,&aucol fe, lequel aufli àcâufe de fa foiblelfe tirera fes 40.îb de balle, feulement auec 17+Vô de fine, ou 22. ib de poudre commune* Le renforcé pourra porter 23. tb du poudre fine, ou 2p. tb de commune. Et le commun chargera 2 ©„îb de fine,ou 26, îb de poudre commune* Et fautnoterdureft'ejqueledemicananaura^defoü calibre plus de refort que le canon: le quart ^,&l*o&aue de j.îb de balle
- Mais l’artillier n’eftant proueudesfuldits compas ilfepdurroitfèruit' en la melure de toutes fortes des pièces & de quelconque calibre, d’vne corde,ou d’vn gros fillet : de laquelle ceignant la culade de lapiece à l’endroit du foyon : il repartira toute la longueur de cefte circonférence en trois parties efgalles,& delVn de ces tiers il mefurera le diamètre de lame en la bouche: Ôrtrouuant quecedittiersa troisdeces diametresoucalibres: fi c’eft vne colubrine, elle fera commune : fi c’eft vn canon,il fera renforcé. De quoy on fera afleuré en mettant le millieu de ce tiers fur la bouche, &trou-üant à chafcun cofté vn calibre de refte , qui eft le refort d’vne colubrine commune, ou d’vn canon renforcé. De forte que toute la circonférence de telle piece a quelque bien peu plus que p. calibres en. chambre , & es munions 8. & au col f>. ii c’eft vne colubrine : mais le canon ayant 9. calibres à la chambre, en aura au munions 7-, & au Col £*
- La colubrine renforcée a de circonférence en chambre iot es munions 8| & au col <% calibres.
- Le ca-
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- De l’Artillerie. üf
- Le canon commun a à Pen tour delà chambré 83. aux munions 6. &: au côl^.
- Lacolubrine amoindrie a $Jcalib;décircônf.enfàchambre, aux mu» iiionsy J> & au col j-f.
- Le canon amoindri a dé circonÉen chambre 7* aux munions 6j, 6c au col 5 J calibres;
- Dàuantâge i’Àrrillîer aura eh fes eftuits vne efguille longue auec vh petit crochet courbé én Angle droitjlaqüëllé ilmettrapat le foyon, iufques au fond de Pâmé,6c la marquera d’vn ebufteau ou de croyé, ou autre choie femblable,tôut rez ledit foyon, puis l’esleuera iufques à ce que le c*. oçhet le tienne à la partie fupériëüire dé l’arhe,&la marquera derechef comme au pa-rauant.Finalement l’en rétif ant,il la fciéhdrà deuànt la bouche, en forte qué ledit crochet foit âuffi là au Fond de l’àhie : & fî là marqué plus procheVient iuftemeht à toüfchet lé bord fupetiéur de l’ame, ce fera vh ligne certain qué le tuyeàu eft éfgal : fi non : ce fera vné jpiécé énehambreé Ou encampanée» Et derechef,fil’elpace qui eft ehtré les deux marqués de laditté efguiilé i ref-fpond iüfteiheht à là largeur de la bouche: c’eft ligné que C’eft vn canon renforcé.. Mais s-il y a faute d g ce fera vn Canon commun : Ets’il n’y a que J dudit calibre,Ce fer a vn canon amoindri» Or C’efté maniéré iie fert que pour recognoiftre l’efpdfeur d’vne pieCe en fa chambre, & voir fi elle éftelgallé* ôuenchambréeiou ëncàmpanée;
- La plus induftriéüfë &piui> vtile manière de mefurer vné piece,eft cel -le qu’on voit én la figure 19. « * Fay vne ligne droitte de D iufques à C,6c pren d’vn compas a poinftes droittésl’ouüettufe de là bouche de la piece que tu veux niéfurer i &mets ces déux poihdés fur laditte ligne de G.ehuers D, 6cmarqueras cepdin$ deS Qftif laligtie dé F * qùifefàlaiargéur du calh bre; Piiis embràfte dû coihpâs defc pOih&es courbées là piecé pat dehors i à l’endroit dii foyon,&: en mets l’ouuérture àulfifur làditte ligne i comment çaht ati poinét Q& mettant l’autre entiers D, marque lé lieu que la pointé demonftrera d’vn Ë* Puis répartis l’elpace entré E 6c F,noté d’vn À,en deux parties éfgallés, defquélles chàlcühe te monftrerà l’efpefleur que la pièce hura des métaux à l’entour de la chambré.
- Or cefte piece éftarit vn càiioh cointiiuh tirant 40 .îb de fer âuèc 20. îfe de poudre fine* on en fait le Coûté de laditte poudré fut l’efpéfleur de là chambre eh repârtifTahtiëSgdé la boiiche eh 20. parties éfgallés , defquel-les chàfcuhe fighifie Vné îb : comme On Voit au diamètre du circle M > O, N i noté defoubs ( bouché» ) Et l’ëfpefleur des métaux fevoit foubs L, M. Le tout plus clair fur là ligné D > G, èri. laquelle C , F, mon-firent là proportion de là bouché, 6c vn huiftiefme ficelle marquée O* & que ièfdits§ dfefpefTeur desmetaux marquez de À* Ejdes le poinét O* iufquasàCi . , , .
- le ne nié veux icÿ détenir en ia mefuré des munions 6c du coi, në des différences des pièces renforcées ou amoindries : toutes ne demandant qu’vne méfrtiè tttaniefe de mefurer, feulement veux-ie àduertir lé le&cür ; que toutes ces méfures ne tendent à autre bout j que de cognoi-ftre là Force ou foibléffe d’vne pièce > pour luy pouuôir donner la poudre à l’àduenant ; & qu’eftant dangereufé , oh là manié dextrèihènt i fe preferüant autant que poffiblé du danger. Dont ayant reparti les g du col en io. parties éfgallés 5 il ies tiendra fur l’efpeffeur des métaux no-
- î? 2 téeMi
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- ii(5 TroifiefmeTraiété
- tée M, L, &s’il trouue qu’il y refpond efgallement, il donnera fans aucu* ne crainte les 20. ife de poudre : mais s’il y a quelque faute , de forte qu’il n’en trouue que 19. 18. 17. &c. il neluy donnera auffi plus de poudre , aifauoir pour 19. ife, & pour /8. ife 3 ramoindriffant tou£ iours ainfi le poids de la poudre, félon le defaut iufques à vn quart de ife , voire iufques à vne once, rnefmes iufques à vn grain* Et d’autre patt, s’il trouue les métaux plus gros, il ira auffi félon le nombre des vingtiefmes qui y feront plus accroilfant la poudre, en mefine force & proportion* Et cecy eft vne reigle ordinaire & infaillible > en toutes pièces de quelconque forte & calibre qu’elles foyent.
- La piece ainfi mefurée & vifitée en tous endroits, s’enfuit que la cueil-lere luy foit auffi faite à propos,félon la forme & mefure tracée de B* Or comme les 78 delfufdits font diuifez en 20. parties efgalles 3 ainfi en faut-il auffi faire de la longueur des trois balles, requife pour la charge d’vn canon commun , les repartiflànt en 2 o. parties > defquelles xhafcune. comprend demie ife, de forte que les 20* îb de poudre y foyent mifes en deux fois* Mais fi la piece n’auoit que de refort, comme a\ions dit deffiis , de forte qu’on ne luy pourroit donner que 19. ife, il oftera auffi:
- de la Cùeillere 3 de forte qu’en deux fois elle ne tiendra auffi que lef-dittes 19. îfe* Prenant garde en toutes autres pièces, que la cueilliere n’ait non plus des vingtiefmes de capacité, que la piece à laquelle elle, doit feruir en a au refort de là chambre. Et d’autant qu’il ne vient pas trop bien d’eix coupper toufîours autant , il aura des petites tablettes rondes félon la largeur de laditte cueilliere > lefquelles il mettra au fond d’icelle , iufques à couurir autant de place qu’il en deburoit ofter, les y attachant tout a l’entour de petits doux de cuiure ( ceux de fer eftans dangereux ) pource qu’au maniement ils pourroyont facilement conceuoir du feu) de forte que l’occafionfe prefentant d’en vforpour vne autre pièce, elle n’y foitinutile, ains en oftant lefdittestablettes, on s’en puiffefer-uir. Eftant vne chofe & mal lèante ôc mal commode d’y vouloir attacher quelque piece au bout, & la repetafler comme on fait aux chaudières, auec danger que les clouxs’y deferoyent & la cueilliere defaudroit au befoing.
- C H À P. I i î.
- Comment ilfaut faire les cueilherespour toutesfortes despièces*
- C’Êft chofe & commode & vtile, que l’artillier fâche proprement tracer , tailler les cueillieres , tant pour les faire luy-mefine quand ilfe-roit de befoing , ou en monftrer la façon à d’autres , qui pour les fàuoir bien choifir en l’arfenal. Car comme il y a du danger quand Gn prend vne balle pour l’autre, ce qui aduient facilement, s’il ne les feait bien calibrer : ainfi eft-il auffi non feulement mal feant 1 mais auffi dangereux , fi on fe voudroit feruir d’vne cueilliere impropre , qui eftant ou trop grande, n’entreroit en la piece, ou y mettroit trop de poudre : ou trop petite n’en tiendroit affez. de forte que de i’yne ou de l’autre part,
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- CW' 3-
- Pâmer ou Bomlcvrde - ST^einiuchjc
- PjJïÂçlh a mire . QuL IvutUrth -
- Praft. x - Cap. 6
- <r
- Tract. ^
- Ct cpc^lanal&s.
- aucc [es tromers
- Fÿ ur dwJchutren mitt thren, Zanjcn vnd hntfcherc.
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- Del’Artillerie. 117
- il y auroit vite lourde faute. C’eft pourquoy ie donne ce corifeil à tout artiüier , d’eftre non feulement vigilent en c’eft endroiét, pour ne tomber en telle faute, mais auffi induftrieiix pour les apprendre à taiiler préparer luy me (me : comme auili ie luy en donneray l’information re-> quifé*
- Pour îe canon renforcé la cueilliere, pbür charger la poudré en deux fais,auradeuy:&: demie balle en longueur,iulques aux oreilles qui eriuiion-nentle bouttondeiquelles auront vn diamètre aulîi en longueur, quipaffé par deftus ledit bafton. La lame de cuiure aura deux calibres en largeur* iuf. ques aux oreilles,qui auront de chafquecofté demy calibre dauântâgepôur enuironneriuftement ledit boutton*
- Le boutton fera iong 1 ] de calibré , & de telle efpeffeur , quittant ainfî reueftu de lame de la cueilliere, il occupe le vent de la bâtie* Pour les lanades, ce boutton fera Fait d’vn bois doux en longueur de ij de calibre : èc non plus de Jd’efpefFeur, lerefteeftant reueftüSéàc^ compli de la peauauec fa laine, qui y doit auiîi eftre attachée de petits doux decuiure*
- Le boutton du tampon fe fera de bois dur, en longueur de 1J dé calibre, fait à tourne, en telle grofleur, qu’il puifle entrer en la piece faris lé Vent de la balle ; ayant quelques cercles en derrière non pus esleuez* mais abaiiTez, efquels ileft lié d’vn fort fil de cuiur-e, afin qu’il ne fé cré-ue de la force des coups donnez fur la poudre. Tous ces boüttonif feront barenez par derrière de J de calibre, pour y mettre la percé , qui aufïi doit eftfe de bon bois , &: droitte * efpefte d’vn doigt ôc demi poui? le moins, & de longueur telle quelle furpaffe là pièce pour le moins d’Vn pied*
- Poiir ie canoii comthun ià cueilliere aura bien la mefme largeur, mais de profondeur ou longueur noii plus que de calibre : Et ^amoindri e ^calibres poury mettre la poüdreendeux fois* toütès félon laforirie dé ioii-gueur& largeur monftt ée en la figure iô.** auec la maniéré de les attacher & affermir en leurs perches* Onyvoitauflilaforme tant des bouttons que deslanadës &: tampons, de forte que familier diferet n’aura que faire dé plus ample inftruétion»
- l’y ay auffi mis la trace du demy çattOn,qui fe foiit en riiefme mefure& proportion queieS fu(dits,toutesfois felôn fon propré calibré;
- Quantaux quarts qu'on y voit aufïi formez* ils ont auffi là mefiiie largeur, félon leur calibre; mais eftans fi riches en métaux qii’ilspeuuent endurer plus de poudre que le canoh & demy canon ; en leur proportion * en en fait les cueillieres autant plus profondes* Dé forte que pour le quart renforcé on luy donné 3;câhbrës,pour lé éommünij, fèpour Paihoindrizç de profondeur. Ce qui fuffira quant àux apprefts des pièces de tuyeau efgal &fuÿüi*
- Mais reilcôntràht Quelque vieille pièce dé chambré amoindrie ou ëü-chatnbrée,il prendra garde au calibre de la chambre, la inèfurant curiéufè-ment de crufette : & donnera à là cueilliere pour charger erifoi$4.tel$càli-bres de profondeur,fans lés aureilles & le bord qui entre pair defFuS le bout-ton eti forte &c proportion fufditte* Et fi la chambre eft eiicainpahée il prendra âuec la crufette la fhefuré du bout d'icelle > félon lequel il foi» merala cueilliere poin&uë, auffi de 4. calibres* comme on fait ën la formé marquée T; . .
- Pi LaçueiL
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- ü8 TroifiefmeTrai&é
- Lacueilliere dé la colubrine, demie, qiiart &hui&iefmes, oiit toutes fans les couuerturésdubouttoft4. calibres de profondeur: les amoindries 3^, ôdés renforcées 45 pour charger en deux fois-
- Quaiit aux petites pièces de 6,ife de balle, & en deffoubs : on en peut faireléscuèilleresén formé quelles chargent la poudre en ynefois, de 7^ càlib.lanslaçouUerturédü baftortjôt comme coûtés les autres,auec2t oalib* delàrgeur>
- Mais Ci la piece eftoit Ci grande, que fans difficulté on n’y poüuoit mettre la Charge en deux fois, on luy peut donner la cùeiÜere en telle forme j qu’elle ÿ mette la poudre en trois fois; De forte qu'au lieu de 4* calibres -, on n’eri prenne que 2§ , qui feront la riieftiie chargé eii trois fois > que les quâttre füfdits faifoyent en deux* Et pour lé double canon, qai pour charger en deux fois a la cueiiliére dé trois calibres j ©il né luy donnera que deux pour faire là charge en trois foisi
- Pour les pierriers, quin’oritéouftumierement que la moirié du calibre de leur bouche en chambre,on douera à la cueiiliére 3. calibres de ladit-té chambre : laquelle ayant J du calibre de la bouche : onluÿ donnera z\ calibres de làditté chambre,.
- Ét s'il aduenoit qüé l’artillier n’ayant rie iüfté cuèilîiéré hé balancé à la main $ feroit contraint de charger vn canon ou quelque autre piecé eh halte : il rriettrâ le tampon en là piece iüfques au foyon * en marquant la perché rez le bord de la bôuché , l’en retirera de ta longueur de calibrés , qui ëlt là placé qué là poudré fine occupe de là charge ert la chambre fÿ ayant donné vne autre marque comme def-fus 5 fera de parchemin * gros papier ou toile dés Cachets ronds * en Ion--
- fùeur delàdiftaiicedes deuxfufdittés marques, Ô^ehelpeiTeurdu calibre é la piece,& les rempliiïant de poudré la verfera en Iaditte piece, iulques à cè qu’il voit que la dernière marque vient iuftement au bord de la bouché «ficelle;
- CHàp, IV
- Comment on fait lespatrons &[achets9pour char* ger erne piecé en hajle ? Çf fans eueillieréi
- P Ës fachets fe font de cànêfas ou autre toile groiïe & forte, en ia maniéré 7>£uiuate.Pour le canon. Appresauoirpris la largeur de la piece,lànsle vêt de la balle,On cri dôrie à ia toille quàrré 3.de telles méfures ou calibre en lar-
- mefùre,l’vne pour là coUuerte^8éfàUtre pour le fond j quelque peu plus lar-gespourdonnerlieüàlacoufture, comme on voit en lafigüre 20.^ dupa-tron oü càrtüché* S’il n’eft ainli cotifUice fera vn fàchèt qui doit aueir demy calibre dauantage en longueur pour poüuoir eftre lié en hautlàns diminution de là mefure. Or quand oii veut charger la piece > il faut ouurïr celte ligaturé & le mettre ainfi la bouche oUUerté en l’àmé> lé deuallât dgucemét auec lé tampon jiufques au fond de la chambré y aduera qu'à l’endroit du foyon
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- Del’Artillerie- ng
- ÿônilluy faut premièrement donner vne croyfàded’ouuerturepatdeffiis, afin qu’il puiffe recebuoir le feu du foyon & s’allumer tout à la Fois* Pour la colubrine ou autre pièce de la première forte: onferaîe patrondc4vca-lib.en longueur &cj. en largeur, & le fâcheç de 4- calib. &fîonleveutlieif auffi bien par le bas comme parlehaut, illuy faudra donner pour le moins cinq calibres de longueur, ialiaifon emportant en chafcun endroit demÿ calibre*
- C H À P. V.
- prendre Jes balles propres pour la piece? auec le vent requis,
- T É principal poinéi: de celuy qui veut Faire profeffioii d’artiftiér j eft de •^bien entendre la reigle du calibre > déchiffrée en la figuré î 8.0, & de la fa-üoir proprement appliquer à l’vfàge. C’eftvhemefuré quarrée decuiuré* ayant vn pied géométrique de longueur,réparti en onze doigts. De l’autre cofté ii a le poids des balles de ierjtnarqué depuis /. Àb iufqués à f O* Ife de no-brefimple,&: le refteiufqûesà.cent>denombrë double, e’eft à direde24ifc, defquelleslesdiziefmeslontniatquéesde ciffres ? & lés cinquièfines d’vnd verge quelque peu plus longuette que ies autres* Au bout d embâs déuant la marque de la première ifc> onÿoit$. poiiids, defquels le premier fait vn quarr>le fécond deiny,ôde troifiefmef detfc*
- Àii troifiefme cofté,qui eft le plus bas qu’on voit, eft marqué le poiS dé la balle de pierre,en mefme Ordre que celuy de la fufditte balle de fer* Mais ènlieu dii cofté plus bas,qu’on né peut veôir, ily a deux petites Verges fepa-rées,efquelles on voit la mefure de la balle de plomb,notée depuis viieîfe iu£ ques à 6o*de nombre fïngle,& le refte iufqués à cent, aüec marques dé deux liures auffi comme celle de la balle de fer*
- Ôr l’artillier voulant calibrer fes balles félon celle mèfUre & reigle, prendrad’vn compas de poinétes droittes, ouauec Vn petit bafton,ledia-metre précis de la pièce, le mettant tant qu’il peuten l’ame, pour n’eftré trompe,fi la piece par là continuation du tirer âüoitla bouche quelque peu plus eslargie : puis mettrales poindes dudit compas,oufbnbaftoii} fur la régie,des le premier pôind de là première îbenùérsràütre bout d’icèlle, remarquant foigneufement où il mettra i’autrê pied, ou le baftori viendra dé fautre bout ;qui Iuy monftrerà iüftemént lé pois dé fa balle*
- Pour exemple : S’il met l’autre pièdfiir 40* qu’il fâche que le calibré entier eft bien de 40. tb, mais pour donner lé vent requis à fa balle, il ne la prendra que de36.îfe,enrabbatant toujours deio.îfc vne, pour donner lé ventàlaballe,en forte qiieîle puiffe commodément entrer & fôrtirpar lé tuyeau ou l’ame de la piece* Ce qu’il faut obferUer norifeUlemént és balles de fer,mais auffi en celles de pierres ou de plomb. Et ayant ainfî tfoUué le calibre de fa balle,il prendra le compas deS poindes courbées, I’ouutanc fur laditte reigle des le premier poind de la première îfe iufqués ài<S*& le tenant ainfi ouuer t,if a àl’arfenâi, Sc toutes les balles,cueilleres , lâtiâdes & ta-pôs iuftes entre ces deux poindes corbées,feront propres pour fa piece* Le tout propofé & marqué en là balle N*
- Aude-
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- Ï2d TroifiefmeTrai&é
- Au defaut de cefte reigle, ôii prend àuëç vne cordelette iuftement le. diamètre de la bouche delà pieëe j àdibuftànt à cefte niefure encor deux autres,de forte qu’on ait en icëllë trois dé cés diaihë tares deîôgueur, defquels en nôuant lës bouts ëtifembie,on vaàl’arfenal, afféure qùë toutes les balles, cuéiliërës,iànades,&: tampons qui paflènt iuftement pàr cé cercle de Iadittë cotdelétte,ferontpropres pour lâdittepiece* dont on a pris la mefure. Ce qu’ôri voit en la balle marquée L;
- item apprës audit pris d’vn compas iuftement la largeur de la bouche j on fifche felori là diftaiicë des deux pbin&es deux petits ballons droits en terre jcomme oh voit en la balle I. auée affeurance que les balles qui paffent entré deuxlétbrit pourlé feiruice dé Iadittëpiece;
- Ëtaü defaut de tdùtcecÿ,orifepeut* comme il eft monftré enlaballé M,aider dii cbmpàs de poih&es drôittes , düqiiel aÿahtpris laméfure ou largeur delà bouche; onlë met furlabaile, chfdrte quelespoihéfces palfent quelque peu le plus gros d’icelle,alfeurë qu’on s’en pourra aulîi feruir* O u-tre les maniérés fufdittësil y a encor vne autre maniéré plus fubtilë tant de calibrer là balle, que de luÿ donner le vent requis. Preri premièrement le diamètre dé là b oüche de làpiecéauec le compas depbindres drôittes, reparti l’ouüef tu^é dleëliiÿ éh deux parties efgalles,en fais en vn circle B, A,Ej dont le centré eli marqué de f), qüiéftlaforriie & rondeur dëladitte bouche. Puis mets lés deüxpoinétes dti Cbmpàs fuir lès points A,B, cri tirant de l’vn appres l’àutre, là croyfàdé pàr deflus dudit Circle notée C i dont tu tirer às vne ligné përperidiculairë pat lé contre D, iufqués au bas du circle au poinét Ë j& de là vn àütrë fîgné iufqués au poinft A. Mets l’vne poinéie du çorhpàs fur lé poinél E,.& l’autre fur là ligné que tu efi àuois tiré, enueirs À, 8C marqué lé pbinéï que 1 è circle y fêta de F ; ou laifïànt repbfêr îë pied ou la
- iufqués à D+ lalepoinft G dehibiifttetâ combien la bàilë doit eftre plus pe Ute quelé calibre ou diamètre dé k bquchëipbiir àugir le vent neceflàire, û mettant l’vne poinfte dû compas furie centré Di & fermes l’aurre ( quifë met fur ieborddupremiër cerclé dé là Circonférence 8c largeur delà bouche Ô,( iufqués ad poinét G : tu fais vn àütfe cercle i duquel le diamètre fera le calibre iuîié & requis dé là ballè que tu veux auoif, comme tu vois en fa propre figuré;
- Finâllement pont auôir bien tbft fait,pren viie vigorte,ou ihodelle,eri laquelle tu aiitas entaillé lçs calibrés des piëCèsdbiittii cerches les balles; çbmme tu vois en iafigufe]?,qüife fait d’vhë planché dé cüilirè, OU de bori bois dechefriç ou noyer : affeuréqùé toutes les balles i cueilletes &ianades qui pafferont.parées cercles; feront pouriëfèrüice delàpiece, dontlamd-delleauraèftépîrife. ,
- Deuànt aë pafler àüànt.iifàiit qu’icy iemonftre i’vfàgedel’efcalapri-màjdont ën là figure 19.* i’ay fait mettte la forme ; qui eft vn inftrumerit requis pour voir ïi la pièce a pliis dé rhëtâl de l1 vn que dé l’àutre codé; Ce font deux perches qiiàrrees faites debqribçjis de hoyerbieri ëigailès 8c polies, conipinteà Pvndé leurs bouts parié iripÿeri de déuxtràuerfes bien ferrées ën leurs ibinâuresj&téllenientfàités qü’oheüpeüc faire ledit infiniment ou plus large ou pins ëftroit ; felori que là pièce cju’oiî eh veut mefurer,le requiert,ou on lés peut tellement affermir,qu’elles ne bougent fans la volonté de çeluy qui les met en œuure.L’vflfi perche a en cfgalle diftâce fès efchelets
- de fer*
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- De l’Artillerie. ïzt
- fen telle longueur que la perche Foudenant contre le haut de l’a me, ils ayent aufli leurs telles contre le Fond d’icelle» Et aiiifi inet oh celie-cy en l’ame de lapiece iufques au foÿon, affermant l’autre qui demeure dehors lur lesplus hauts bords & frifes dé lapiece, par le moyen des Fuldittes deux traüerlès. Tournant ainfi ledit itiftrument dé tous codez en l’ame de la piecè,8de fen-tant tôufcher de tous coflèz elgàUement, lapiece n’aura point de defaut-mais s’il ne tbufche elgallemëntide Forte quelefdits ëfchelets fe tenans Forts de rvriffepalTans legieremënt de l’autre codé : c’eli cliofe affeurée que du codé que iefdits éfchélets pàflèh't àinlî délegier, elle ed plus forte que dé l’autre, auquel ils s’arrellent. Et pour charger telle piece,il ne luÿ faut don» her plus de poudre que le codé dèbillè hé peut rapporter»
- c h À P. y i;
- Comment il faut recognoiflre lapoudre.
- T À piecebienindurée, les balles, cueillieres & autres appreds calibre£3 ^ilÿfautdelapoudrëpouf làcharger. ïcy auflîyfaut-ii appliquer delà-prudence, pour n’eïire trompé: ains quëlachànt préciifement laforce où Foiblelle de la poudre,lé bbh artiljier s’y côihpôrté fèlbn l’exigéncë. Dont déuant de charger la pièce* il vifîterala poüdré quiluy feraiiüree * en faiïànt ouyirir quelques tôhhëâùXi &ÿmëttahiÈ là main autant qu’il peut pour là bien remuer 3 èn gàfaërâ de chafcùn vhe peignée à part; puis forçant dé l’âr-lenâl,&: foubs vent «d’icfeluyja mettra chafcuneà part fur vhe pierre où plàn-chette, où autre chofé lémblable3& l’allumera, prenant bien foigheùx ef gard au comportement d’icelle 3 fi elle monte fubitement fahs beaucoup de fuméeiaiiëc vrié Herhmë elàirë,làns làiffer aucune rharque fur là place ; c’eft' ligne qu’eilë ëd bonhe ôè forte : mais fi elle monte auec-Vne cCpelfe nuée, 6è laiflé la place marquée de quelqùès rcdes* c’eli lïghe tju’iiy a dû defaut &f qu’elle n’ëd trop borine»Lcs defauts fe cognoidrbntâihlùSice qui ÿ demeure ed humide d’vnëmàttierebîahchàdre tirante au bleu, c’ed ligné queié foudre n*edaiïez purifié» S’il ÿ demeuré quelques grains de coùleiir de ter-
- ques relies fougèàdres bu tannées 3 c’ed ligné que les charbons n’ont pas edé bien préparez» . . ,.
- Ilyehâàùfiidësefpreuuesquifefontlansfeu. Cariacoùieut h’edàht trop noire ou obfcure, ains tendante quelque peu au rouge, on la tiendra pour bonne; Item* fi la prenant en la main, elle ne s ÿiailfe ferrer & né s’ÿ attaché 3 ains refulte auecVii petit bruit elle fera fingulierement bonne ôl forte;
- C H À P. VII.
- Comment le fujl doit ejlre fait & conditionneA
- T À piecëedantproüéuë de toutes les iiëcellitez de bàlléS3CÙèiliëres,iâhâ-^des 3 & autres chofes 3 il ne faut oublier le fud; Dont aufli nous eh mbhdrerons les conditions & façons tant eh parolles & inliruéiions qu’eri iràëcs feprefehtéés ehià figùré z3 3 contenant vn fud âüëc tous fesmëm-
- bresj
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- ni TroifielmeTraiéfcé
- bres : qui>combien qu’il eft de canon, monftre toutesfois, comment poüt toutes pièces il doit eftre fait à l’aduenant*
- Cnafque plâche du cofté doit auoir 24.calibvde la piece qui y fera logée en longueur,qui feront félon la reigle & proportion commune £ plus que la longueur d’icelle, vn calibre d’elpefleur & 4*calibres de largeur en telle} en la courbe du millieu qu’on nomme la cuchejj&en queue i%> oùileftainfï falqué,afin que l’artillier pour alfeller la piece,s’eftant mis entre les deux plâ-ches, s’enfoit empefchéi ioinéfc qu’il en eft plus leger au remuement, d’vn cofté à l'autre*
- Les trauerfes auroht calibres delargeur,& ncalibre d’elpelTeur.Cel-le dé la queue aura i.calibres de largeur) &y. en longueur, pour entrer de. chafcun collé * calibre éscuregnes ou planches: ayant au millieu vnbàren rondreueftudefer,pourypaflerle clou de l’auantreine: &par dehors elle aura vn anneau de fer, par lequel vne corde d’attache quandilferoitdebe-foing. De chafquë collé de celle trauerfe,il faut palfer deux girans doux par par les planches,qui ayant la telle d’vn cofté, palfent le bout pertuifé eii forme d’elguillé de l’autre,ou fur vne rofétte de fer, attachée à laditte planche* le füft éft pat Vne cheuille de fer ferré lùr la trauerfe * & comme vni en vn corps entier.
- La trauerfe du millieu dé la cucheaUra 4; cafen 16gueur,pour entrer aulîi à chalcun cofté demy calibre, aux plachesi&lailfer l’ouuerture de 3. calibres* De melhie en fera aulîi de celle fur laquelle la culade de lapiece repofe & eft èsleuée à l’aIfelier fur des coings.
- , Mais la trauerfe de la telle aura calibres de longueur * de forte qu’entrant demi calibre aufdittes planches de chafcun colle,elle lailfe l’ouuerture de2j calibre. Par le moyen dé ces trauerfes tout le fuft eft ferré, comme en vn corps, & pour l’y tenir,il faut que,comme la figure le monftre , il foit bien garni & ferré,afin que les ioin6tures,par la vehemence des coups ne fe deffa-cent* Et voila le fuft en la perfeétion, de forte qu’eftantarmé d’aix& des roues,on y peut làns danger monter la piece pour s’en feruir.
- Les roués auront en hauteur la demie longueur de la piece. Les cer-des extérieurs de bon bois, dont les fix pièces ayants chafcune 4^ calibres de longueur vn calibre de hauteur,& vnd’elpeueur, feront la 10uë ou circonférence d’icelle*
- Lecubéoula telle aura 3. calibres dJefpelTeur,& 3 j de longueur, garnie de bons cercles de fer, affermis aulîi de quelques petits arrefts de fer, afin qu’ils ne bougent de leur place. Les rayons delquéls chafeune roue en aura douze,feront de trois calibres,de forte qu’entras de chafcun cofté demy ca^-libre tant aux gants qu’au cube > il n’y aura que 2. calibres entre-deux* Les gantes feront couüertes de 6.lames de fer,ayants ,§ calibres d’e(pelfeur& de longueur bien attachez de doux à grolfes telles, & couuerts aux ioinéfcu* res,d’autres lames qui enuironnentl’elpelfeur defdittés gantes, &caftreintes par dedans d’icelles*
- L’aixaura8f de calibre enlorigueur: &aumillieu i~ d’elpelfeur. Les bras auront âu lieu plus elpais vn calibre,& au bout f. Au lieu où il éft enchaC féau fuft,il aura ij calibres de largeur,& 1 j de hauteur, comme onpeut voir le tout en fa figure*
- Pourlacolubrinéjilfautquelefuftâit/^longeurdelapiece. Deforte qu’eftant de ^.calibres,le fuft en ait 48. Les roués auront pour le moins 14* calibres de hauteur,les cubes, 4.calibres delpelfeur & 5. de longueur : les rayons
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- Cap £ .
- Fonte nouuelle de l Archiduc^ Albert. JVêuw^up Ertjheÿjoj^m Albertj.
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- ?xu dem,/jëfehut^^hôrûj helf^e
- ^4
- Je chcure, qej
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- De l’Artillerie. 123
- ÿons4.calibres,fanslédemÿ calibre qui de chafcuncofté entre tantaucube qu’es gantes .Les gantésaurbnt vn calibre de hauteur & vn defpeffeur, L’aix aura 13.| calibre & à'l’endroit défdhenciiâffêure àu fuft* 2 /calibres d’elpeF feur&hauteur.
- Des planches du fuft, chafcuné aüfaèn telle 4^ ou f. calibres deiaM geur: àPêndroit delà cliché 4. &xnqueuë ij calibres. Lerefteeftcompris en la trace dé celuÿ du canon.
- Pour faire le fiift dé demÿ canon & demie coîubri ne j il faut adioufter a lamefure de chafqué calibre ,de forte que pour vu calibre on mette touf-joursÜ : laquelle proportion fêta ténue en toutes fesmëfüres félon 1’inftrU-étion demis propofée.
- Aux quarts tant des canons que des colubrines,il faut adioufter à chaf» cun calibre &fe conformer au refte félon laditteinftrudiom Etauxbéla-ues en lieu dVn calibre on mettra J* Eftànt celle mefuré necelfairé eri ces pièces dé petit calibre,afin que les füfts rie foyëteourtSjbas ôt erbupiifans en leurs repaires* , . .
- Les ioïntures & trauérfes fe feront én forte & lieux qu’oti voit éii la figure, notées A,B,C,D,E,F: dont F eft la ioin&ure de l’aix au fuft : lé refte font les iointures & enchafleures des tirauerfes 0,0. ad lieu dé la derniere trauerfë de là queue montent les lieux des périrons oü grands doux par le moyen delquels le fuft eft vni 6c ferriê*
- C H A P. V I î L
- le feruice des pièces.
- ï E fuft formé &: adreiïe , il y conuient monter la piece : ce qui maki--*“"fement fc pourra faire fans ringenieufe inuention du^uintkl re-prefenté en la figure 14**, aucc refchèllette acèonipaignée defoii pfod de cheure ; Qc le martinet propres âufli pour esleiier 6c fuft 6c pièce en-fomble , quand il feroit befoing de remédier quelque chofe rom pué au fiift. ^
- Pour dcnqüés faire k guindai,ilfaut que chafque cuifle aÿe en hauteur des le pied iulques à la teftepour le moinsi.pieds géométriques ,enlargeur vnpied,&en grolfeur^ de pied*
- La riotté oii tràuerfe plus balfo fora iongiie 7. pieds fans les bouts qui s’enchafîent és cüifTes,aiieclelquelles elle fera aé i4ipiéds,ôc large s de pied, &rgrolfeidepiecij
- Le tour, (qui eft le bois rond furiequelfetire iâ corde) fera fansfçs bouts de y .pieds dé Fvne cüilfe àl’autre * & auec iceux fera de6. pieds, gros def depied;
- La tràuerfe de deflus ledit tour 5 àuec.fes bouts fera longue fi pieds. Gelle.qui l’enfuit enhaut j de 4» pieds auec fes boucs , &: la derniere ioignant la [cime ou tefté & les puliés fera âuec fes bouts dé pied*
- Chafcune pulie de brortcé aura pour fon diamettei &^ de pie dégrot feur. Par deflus ces pulies & la cime du guindal fe met vn chappeaü de fer,
- 2 auquel
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- 124 T roifiéfmé T râi&e
- auquel les fommitez des cuiflès du guindal entrant iulques à la plus haute &C plus courte trauerfè, ellès font affermies & comme ferrées en vn coup; Qr cc chappeau&les fommitez du guindal font trauerféesauec les pulies d?vn grand &fort pernondefer, ayant d’vn coftéfatefte & de l’autre le permis d’dguille ou pertuifé de tous deux coftez,par lequel on enehaffe vne cheuil-ledefer,quileretienne,eftantlepernon3 fur lequel lefdittes puliesfètour-nent,dont auflî il eft (ans la garniture du chappeau,laquelle il paflè auflî,fbii-ftenudegrofles planchettes defer,enchaflees au bois, furlefquellesilrepcî-fe. Les cuilfes doncques ainfi ioindes & ferrées en vn corps par deflus lefdittes pulies>elles.y laiffentou forment vne ouuerture ou falcaturegarnie par deffoubs,en laquelle voulant armer le guindal,& l’esleuer en haut,entre iu-ftement la poinéte du pied : & pour ceft effeéfc il faut que laditte ouuerture a-ye de profondeur 5 de pied*
- Ce pied aura pour le moins 13 - pieds, forme d’vn bois dur & fort i comme de chefne, orme , ou freine, rond & gros de 2‘ pied, ÔC autant droiâ; quepoflible, eftant dVne forme quarrée& quelque peu voU-'téeaufbmmet*
- La pulie franche ou libre fera âuec fa fourrure ou garniture longue deux pieds, 8c large| de pied, &fes allées toutes deux leroiit comme celles de la tefte,qui font fermes audit guindal3 auflî auec leur garniture, 6c pernon bien afferré fur fcs chappes de fer enchaflees auflî au bois* Ayant en bas vn fort anneau de bronce, par lequel la corde dont elle efl: attachée aux delphins de la piece fait fes tours*
- Cefte corde doit eftre pouf le moins longue de 25.pieds, de l’efpefleur d’vn doigt géométrique,& vne cinquiefme partie* Le bout d*i celle bien la-* bouré poinâ:u& bien retord,afin quil ne fe deface*-
- La corde principalle du guindal doit âüoir 75*. pieds , 6t én grof. feur j\ de doigt, auec vn laqs bien labouré 8c reueftu de fil retord en l’vn bout, lequel fè prend au crochet ou trauerfe du tour. L’autre bout* fera bien menu 8c poinétu, 8c retord, tant pour en faciliter l'entrée & for-de des pulies, que pour en enlafler tant mieux la piece,& faire le nœud tant plus ferré*
- Appres le guindal s’enfuit l’efchellette accompagnée de fà leuie de fer ou pied de cheure * de laquelle on fè fèrt,, pour leuer le fuft auec la piece, quand on veut changer vne mauuaifè roue, & y mettre vne bonne. La banquette ou pied fera long, pîçd 8c demy : & large vn pied, & demy pied gros* S ur ce tablon ou pied feront enchafféz droittement les pilliers de l’efchellette ditte, entrans audit tablon,le quart d’vn pied: le refte aura 3. pieds de hauteur, & largeur fôc$ de piedengroifeur; ayant chafcun Cinq , fix, ou fept troux en efgalle diftance, par lefquels on met vngros pernon de fer, qui defpendd’vne petite chaifne de l’vndefdits pilliers, fur lequel fè repofè la leuie, ÔC fait là forcé en esleuantla telle du fuft, auecfà piece, quand on luy veut changer vnerouë, ou eftant embourbée, mettre deflous la rue vne planche, pour auec l’aide du martinet, l’en faire fortir legeremènt* Ce pernon doitauoir 1^ de dôigt géométrique d’elpef-fèur » en longueur 15 pied, auec vn bout pertuifë pour y palier vne chenille d* fer de retenue, & l'autre de tefte ronde. Lefcüts pilliers enui-ron trois doigts de leurs extremitez feront fèrrez enfèmble par vn autre pernon de fer, qui les pafànt, fera affermi au bout çle dehors par vnê * che-
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- iDè l’Artillerie. laf
- Scheuille de fèr qui les pâlie, Ôc par dedans aufli il aura fès nœuds de fer: de forte que lèfdits pilliers ainfî affermis & ferrez comme en vn corps rié fe puilfent courber l’vn vers l’autre, vn doigt defToübs chafque permis ou trou , ils feront enuironnez d’vae forte lame de fer qui les embrafîanc on fortifie tellement le bois , que par nulle force il puiffe plier bu eftre rompu. Ët cefte lame fera large dvh doigt. £n fin chafcün pillier fe-ia. esloigné de l’autre l2 pied, ou alitant qu?il fera de befoing, afin qiiê fensempefchement on puiffe mettre laleuie entredeux furie pernon qùi le doit fbuftenir. Le bois de la leuie fera long pour le moins n. pieds* rond St fort de chefiie, fec & bien foin & entier ou dorme ou Freine; â-ÿant le bout qui doit faire la force defcendant quelque peu en treii-chant, pour pouuoir tant mieux entrer foubs le ruft & le leuer plus aifeu-rement, comme àuflî pour fe tenir plus ferme & efgallemenc for ledit $>ernon.
- La crique où le ïtiartinet eft vn inftrurrient different, mais firi-gulicremeht propre pour leuer la picce âuec fon fuft, & tout cé qui fe prefente, aufli bien qué l’efehellette, n’ayant affaire que d’vn homme pour eftre mife en œuure. Ôrpour eftre bon & fuffifent au train de l’artillerie , il fout que pour lé moins il ayë deux pieds én longueur , & en largeur f de pied, &c ffefpelfeur l pied, âuec fe vicérone ou leuée Fo ur~ chee par enhaut, fortant du millieu du bois, èslêuéede fes dents par la for-cede deux roues fecrettes s’entretaillantes:-forcëfuffifente pour fouftènir & pièce & fuft ou quelque autre machine plus pefente. On s’en peut fer-ùir fort proprement,pour changer vne rue ou desbôùrber vnê piece, l’esle-uant & là chauffant par deffoubs, de tablons où des fagots * fens perte dê beaucoup de temps*
- êH à Pî i l
- T)Ôur monter }a picce il faut deuânt tou tes cftofes auoir; fingulief dgârd L queiegùindalfoit fi bienlqgè qu’il ne fe reculé ôùgliffe en aucune manière, & en telle forte que là corde & pûlièd’en haut délceiide iüftèrnent furies delphiiis dé la piece : dont pour en eftre affeure,oîi laiffera tumber dé iapulic d’en haut viit ftlét aUecyn plomb, ôu vne petite pierre, niariiant& tournant ledit guindal iùfques ace que ledit plomb tümbe, conimé aüôns dit,iuftemcntaiimiliiefo ' • ( . J
- Si c’eft en vn lieu plam , vni éc cîtir , il ne fera befoing d’affermir & réueftir lés pieds dit guindal par deffoubs , lüàis en terre fablorineufe & molle , en laquelle le pied fe poutroit enfohfccr, sou reculer félon la grandeur du poids : 11 le faudra chauffer, comme âüonfc dit, bien foigneufenient de cheuillès, planches, hlbc^ueàux 8à autres choies femblables félon que laneceffité le dertianderà„& l’opportunité le permettrai ' , '
- Le guindal ainfi logé & armé vn artilliéf montera pair les tfauerfësiùfe ques en hàut,ayat la corde en main,laquelle paffée parla pulie feneftfe de la telle, il lu deualleta, afin que celuÿ qui l’attend en bas la tirant à foy » fe paffe
- âüfli
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- 12<5 Tfôifièfme Traité
- àuffi par le collé fenefire de la piece qu’il a en (es mains pour i’attachefi Comme dirons cyappres, aux dfeiphins delà pièce, & ainlî paffée la tire tant qu’il là puifie rendre à céloÿ d’enhaut, & dé là derechef palfëe par la pulie deitre, fera déuallée pour leri faire le mefme embas i dont rendue à celuy d’en haut j elle fera attachée à la telle dudit guindal , y doiinant quelques tdurs>iufqun$àveriiràudeircmbs du poind fi j en la figure 24.*’
- Cecy fait, il faut attacher auec grande prudence la pulie d’embas aux dêlphins de la pièce * faifârit pàfler l’elguillètte trois fois * tant par les deiphins que par l’anneau qui eft aü deffoubs de laditte pulie. Ap-pres on commencera àleuér la pièce', luÿ mettant vne grôlfe te longue pérçhé en bouché pouf là tenir drditte , ht enipëfchef qüé ne donne aucun brànsle de l’vn à l’autre Collé $ chofe bien daiîgereufe j que donnant contre l’vn des pieds du giiindàljOü contre vnétraüërfé lé fômproit & en>-pefeheroit toute l’œiiute. Ceux aufll qui y aftiftfent 3 tiendront autant qu’ils pourront ie guindal fermé & droiétdüfqües à ce que le poids de la piètre l’ait bien raflls ; lé general cependant,dii fôn lieutenant àyantl’ceil bien veillant tant aux cordes qu’aux pieds du guindal qu’ils rie gliffent ,&que les cordes ne s’entortillent, où tirants inegâllèment fe roriiperit* Pour quoy auf fi quand on commence à tirer il faut d’vn ballon donner vn coup ou deux fur lefdittes cordes,afin qu’elles repartiflent l’œuüre &le poids elgal-lenient*
- Si on s’apperçoit que ie guindai s^enfonce,il faut incontinent deualler la piece, & enchauffer ou affermir bien les pieds, & ce tout doucement* afin que les trauerfes ne le defîoignent ou fe caflent du tout. En fin donnant deux ou trois tours de la cordé prmcipalle aü roulleau du guindal , l’y faut enlàffef foigneüfemént , ôc lé fàifont tourner tout bellement , par deux homnles propres : eri relié lorté qué l’vn dé la cheuille ou manche ayant fait Ion tour, tienne ferme iufques à ce que l’autre aie mis la fienne eh loti lieu * pour faire âuflîfoii tour : ou aufli ceftuy-ci tiendra la mainiulqdes à ce que loti compagnon tirant là fienne là mette au£ fi en fon lied» Ce qffils feront tant que là piecé foit tellement leuéç, que le fuft puifle palier par defloubs* Où aufli il faut eftré bien aduer-ti qu’il ne s’aheurte aucunement àu guindal * qui pouf roit facilement cau-fer quelque defaftre, pue le guindal brilefoifferoit tomber la piecé, mettant le tout en defordre ou defarroy; Dont on y mettra le fuft tout doucement , de forte qué lés luttettes pu rflunnonieres viennent iullement fo ubs les munions, & là piecé guidée par la perche qu’elle aon bouche, defo cendratout bellement, iulques à repofer fur ledit fuft: & ferrant les ver-ràulx fur les mimions on déformé le guindai U ameine la piece où on Vèuti
- CHAI?. XV
- Comment il faut charger vne piece*
- XT Oici la piece toute en poinft dé guetté,pour aller* chercher i’énèmi, fi el- le eftoit bien chargée* Or en cecy nous inftruirôs aufli i’artillier cornent
- il s’y
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- JZ>e l'Artillerie. \zf
- ü s’y doiue comporter. La piece doncquës eftaiit arriuée eh la batterie,&: fur l’explanade,toute proueuë de poudre,balles,cueillieres, lanade* nettoyeur,& tampon,l’artiliiér fifchentfon bouttefeu fous Vêtit eh terre,ap-presauoirbienefclairci lefoyon> ilnettoÿera loigneulement dVne lariade ïèiche la piece,&en tirant laditte lanade,en donnera vn petit coup ou deux fut le barbe de la piece pour en lèéduerlàpôulîierë ôU ordure qui s’y éft attachée ; puis luy fera tenir par Ion compagnon le tonneau j fac,ou Valilè de la poudre,au deuant de la piece, & y mettant la cüeüliërè la remplira,(ans tou-tesfois ramoncellendoiit aufîl il donnera vn petit coup de lamàin fur la perte pour en faire tomber le furplus : & ainfî remplie la mettra en famé delà piece iulques au foyom où e liant arriuélâ retirera ënuiron dë deux doigtsZ là tournera là cueillerez en verfera la poudre; & en retirant laditte cueillie-re,venu qu’il eft à la bouche Pesleuera quelque peu de poudre elpanduë pat le fond de Paine,il ne la tire dehors, quelle le rëpënde ( choie fort mal liante à Vn artilîier j&fe foulle aux pieds.Àppres ii prendra lé taihpon & le mettant en la pièce, le deuant grattant le fond de Pâme", polir conduire deuant ibyiâpoudre elparfe, il donnèra deux ou trois bôhscôups lut là poudre, la ferrant bien en la chambre * Ion compagnon cependant d’vn doigt ayant fcouchéle foyon,afin que laditte poudre n’ert forte, s’alfeutehc quelle y fera bien ferrée s’il en Voit le foÿ oh rempli* Cecy fait il prendra la fécondé cueib liere de poudre,& Py mettra cOmirie au parauaht, filant âullî le rtiefme auee le tampon, puis y mettra le morceàü de paillé, foin, eliotippes, ou autre choie temblable, lequel y doit entrer quelque peu ferré, pour emporter tou* te la poudre eîparfe paf Pâme s Et cédit morceau effcant à grahs coups bien radis lut la poudre^s’il a lé loilir il nettoÿerâ éhcôr Vne fois de la lariade fe-che le relie du tuyeau,adn qu’il iPy demeuré pas Vn feul grain * qui luy puifte cau«-fer quelque danger, &: puis la bàilé bien hetÉôyéë par foh compagnon, qifil
- Uv V^UwJ-V|Uv pyu U ) ia Aiirvtua rauti uuuivvi, waa y au
- morceau qui retient &c côuute là poudre : Aduertfqub cependant qu’il fait cecy,il ne fe tienne deuant la piece, ains du collé d’icelle, hayant occafîoh de fe perfuader d’y pouuoir eftré làris dangër. Fihallément mettra encor vn petit morceau fur la ballé*Ët âind fêta la pifece proprement changée: dont il gardera & coüurira bien le relie dé là poudteï & tàtehera, comme nous montrerons au chapitre fuy uant,de tellement PalfeHér quJil ne faée le coup perdu,
- ttt AP. t.
- ijejter * les tiers Marnais*
- AVant lé temps éé commandement d’aflettéf Vhe piëbe fèlôri îà ifti* re commune pour elproüuër te lbirité &:pûrtée; Parcillier prendra vne longue réglé, & la mettant fur le hiillieü des frifées tant dë là culadé que db la bouche de la piece, & vririiuëaüdëlFüs : il Pesleuera bu abailfera iüfques à ce que le plomb du niueàu fait iuftèméht au millieu* Puis oftant & la reigle & le niueaû, il verra rez lefdities frifées le poirift que ëeftè ~ foiré
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- îiS T roifiefme T rai6lé
- miré defcoüure que fans Faute fera le lieii de fa portée,de laquelle,félon le ni* ueaü de laine,dont nous parlerons cy appresjdle ne fera que la moÿtié.
- Mais s’il n*à le lôifîr d’vfeir àinfi de la reiglë & iiîüeau, il prendra la miré ou l’afteftera cotrime bonlüÿ fetiible félon ià chargé & proportion de la pièce. S’il en attéint lé but,il éft àfïéuré dé là mire 3 ôc vfant dé iriéfme poudré fera toùfîours le riiéfme cb upi
- Mais fi la ballë va plus haut, il âffeftëra derechef fa piece comme au pa-rauànt: & aÿàntlé premier poitift en fa vifee> ilne bougera ou remuera là piece: aihsoftera autant des frifées dé laèuiade^üfqües a defcouurir lé coup de là bàliei qui fera la vraÿé & droit té vifééjlaquelle il pourra incontinent cf-prôuüer jafleïiant lapiece fiir le premier but,lequel fatis doubte aucune il atteindra;
- Si le premier coup eft court,il fera comme au paraüant, affeftant derechef lapiéce j &pùisfahslamôuuoiriliraoftant les frifes delà bouche, iuf ques à deféouurir lé coup de la balle : ôt àllors il aura la vraye viféé, félon laquelle afTeftànt la pièce aü but premier j il le toüfchera S'il n?y a fauté ën là poudrëi ...
- il ÿ à encor vnè àutrè manière d’afïéfter vnê pieçe, & corriger le coup failli,én adioùftàrit où diminuant de Fësleüation à difcretion* Àifaiioir que lé coup eftàntcourtja piece eft remifé écrèdréflee Comme au paraùânt : ét àppres on lëuë là bouché félon, qû’ori. eftimè luy éftredé befoing pour atr teindre le but deftréjremarqùaht toutèsfoîs combien cefté esl'eüàtiôn qui fé fait eft plus hauté que ia miré prife: dé quôÿôiri sJappérceï>utâ 3 fî regardant irez les rtiëtàux,ôn voit quel b ui: en èft mOnftré; P uis donnant îéfeui& àt-taindânt le but pris au paradant,il le faut âffeurét .qüë c’eft la vrâye ihiiré delà pièce* à Iàquëllè dorésehaùaht il donnera autant dé hauteur par ddÔusîà inire naturelle jS’il là fauuèjdeft à dire s’il ia pâfle 3 tirant plus haut, qu’on ré-pàrtifTecequê léprémiérfaifbitcourtjaüeclà longueur decéftüÿ-cÿ -, pour en amoindrir Fesleüation à Fadüéiiàht; Ce que fàiiaht fans dôtÜjte il verrà ié coup amendé ôiiufté; ÈtéeÜé-cy eft la maniéré plus comniüne ôc ordinaire,eh laquelle les arcilîiers s’exercent le plus foütient, âüec àfTeüràncê i|ué celüy qui parce moyen ne fait donner à fà pièce la chafTe&esleüatioft reqüifè rie fe doit vanter du nom cforaîtier; Or pour lé mieux entendre iélê déclareraÿ par céft èxemplé; , , ,
- V oila vn càn'Oii en fâ trqfniere &fur l’explânade, pour tiret à quelque pierré blanché eii viie muraille; L'artillier en prendra la mire le plus Curieux femèiit qu’il ferôit poflible rezles métaux; Mais ie coup eft court. Pour le côrrigérjil reprendra là mite aftëftëra là pièce Comme au paraiiàht.* ap-pres ill’esiéiierà d'vn pôinâ:, dé forte qu’en àyantéü 6, maintenant elle en ait 7* desléuatiùrijôt lùy donne le feu. S’il touche le blàfic*qü’il en face tou£ iours lé mefnié éri prenant, là miré; Mais s’il tiré trop haut i qu’il affefte bien îàpiecé comme âu paradant j niais qu’il répartiftéla différence du premier de tf*àuec éeluÿ dé 7.poiri<fts à difcirétionjfelbn là portée dû dernier coup. Et doiinànt lefeü,fans fuite il tirera àü bût dèfîré*Et là pièce ainfi eslcuée, il re-
- but: afteüte qu’à l’adüénif obferuant ceftéesleùation, il rie faillira iamais* Mais fi ledit premier coup de 6* ppjtri&s eftant trop haut, il procédera par iriefme ordre enfabbaiftan&auGcajfreurancequ’il èh rapportera honneur*
- _ Ce h
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- De P Artillerie.- ïz§
- É H A P. X Ï I:
- Comment onfrmd la mire du mue du de l ame>&comme nt dfaut entendre ce termefig.? jy.
- P Dur ce faite il faut premièrement d’vn Cornpas depoin&es courbes prë-•^ direlahauteür dês plus hautes frifées delà cülàde; marquant la diftancé dés deux poih&és j qui Font le diamètre de là circohference fur vne ligné
- J 2 D- . ! n J 1 IT-mm 1 â i /iür a tj* 'là. a- fi ^ I m a «« m m jCL^n ^>3 i«
- qu’il y audit àupafauànt ;efteridant l’autre vers le fécond; &diüifofaladi-Itance entre les deux poin&s du bas de la ligné en deux parties efgàlîës ; desquelles ëhafcurië luy mdnttrerà; Combien les jfrifes dé là ëulàde font plus hautes que celles dé là bouche.Dôt pour alTéftef là pièces eh forte ijué i’amë foit à niueâüiii faut tracer Cefté hauteur für vriépiecè de bdis;du autre chofë femblabiëi&la kiettf ë fur la pliis haute frifë dé là bouchè;& fii r icelle vne ré^ gle qui fôit iilbhguequ’ellërepdleauiii fur lafrifedelaculàdë : fui: laquéllé mettant viiniüeaü; &ésieüarit lapiecé, du l’abbàiflànt iüfquesàce quelé plomb Viëhhé à fômBef iuftemënt au millieu; il aura i’amëd’icelle iüftë-ï iïient auîfi àli hiiièâti;
- Puis o&ânt làdittë réglé & prehâhtla mire par defliis la frife delà cuîâ-de,&:iahaütèdrmii ëft iurlàfrifede lâboifohë,il remarquera lé pbin&qu’eR lfeluymbnérë,àffeüfëqtféri dbftriàhflë Fëü à.làpièce, fans faute aucune il ^atteindra;
- Mais pour nepdinçàubif toulioüfs de befojng de mette ladittè ham têiir fur la frilè de la bouched’âtiiliief là rëf ieridr à eifla thàin : & vbulaht vfer dèceftepoinâerie, (cbnimé il èiifaiit faire és hatteiriés efqüelles bh à le but allez proche ) il prendra biéu la thirë rei lëS mëtàük ; cohïftïë dë cbüfturhëj iulques à defoôUürir le biit prétendu : niais dautant quë > la diftancé eftàiit trop courte,laballe le fahiierditdàilrant la pièce ainlifarisla bouger, 11 mettra làiiauieîir qii’ii à eh laftiâin; fur la Frile dë làculàdëj&rënjafquëfald poiiiâqippàrdelfiis laditte Hàqtéur lüy eft inohftiré; &âpprës auoir bfté là-dittëhaütëufiaîfeftëraderetheflàpièce rezles mëtaüxfüf ledit pbin<ft; lequel il faillira bien,niais fahs faute atiatfidrâ le biit déliré.Ce qui ëftant qüël-quepéii bbfoiirille faut éfdaircir par vri.exëmple. Pofe trois poinéfcs D>,Àj C. Voulàtit tifër âu niüeau de famé àu pdlniSt A,il ÿ alfeftetà là pièce fez les métaux : mais fans doubtelà balle lé fâiiuérbif éftàntlà diftànce tropcbürrë p*our cefte mire,dë forte qiië luy donhàritle Feu; êile viendrbit adonner au pbiiiét C. Dont pour venir iuftemehüaiidif pbinéï À ; il hiéttrà laditte hau-* tèuffüflâéuladej&prenriàhtdelà, fans bdügèrlà pièce; làmire,quiiràen tâbis,ëllë iüymbnftrërà lé pdiriÀD,auquel àppresàuoir bfté la hautéurdit-tè,ilalTeftéràderecheffapiëcëfezlèsmetàüX,cbmrtieàupafàiiaht,& donnant lé feu ; il lauuèra D; niais dohnerà luftehiént aupoiiiét déliré; alfa-üoir A.
- Si l’bccàlîbn le preferitafit ilfaüdrbif tirer à vh but trop lorigpôiif îë niueâu de famé, & toufësFois àüllitf qp prdçhë pouf la mire commune; il y faudroftvferde cefté dilcfétion, aiîàudif que là diftafice ëftant d’vn tiers plus longiie,dndftatvn fiers de laditte hauteur. Et fi elle excedé lâpbirtéé du niueau de deux tiers ;ori ëti oftat àufii lés deux tiers, î)dht le Coup fer oit
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- 130 T rculklme T raiffcé
- fi alfeuré que pour Vrie gageure on en pourroi t afierrer Vn real à quattre, oiî pourle moins Vh chappeau,fans faillir-
- C’eft la poinélerie ordinaire es batteries, Iefquelles félon l’inftru&ion donnée cy deuant,on doit approcher de l’ennemi tant qu’on peut > de forte queneprennant garde d’adioufter toujours Gcftèhaureur furlaculadede la piece, onferoit toufîoiirs le coup trop haut, contre le deiTeing d’vn boii artillier,qui eft de ruiner le pied de la muraille,tant pour l’abbattre plus tofl, que pour faciliter l’entrée delà brefche. îoint que c eftl’vnedesprincipallès confiderations èn tous tirs,que pour faire vn coup on aifefte toufiours la pièce au pied du bout. Singulièrement en tirant à vn efquadron foit de ca-uallerie ou d’infanterie. Et en lieu pierreux on fait volontiers le tir court, qui donnant fur les pierres, éc les esleuant fait autant ou plus de mal que l£ balle,entrant au trauers d’içeux.
- Mais en lieuplain onafleftera ia piece en forte que la balle les prenne! par le millieu,& à la ceinturé, & de celle maniéré,on enfîlle viie Çenteine oui plus en vn Vol,duquel ils ne feroyent exempts combien qu’ils fe iettaftbnt â terre, autrement le tir haut n’eft d?aueun profit, aufii eft il appelle le coup perdu. .
- Pour amender le tir trop haut de cefte poinélerie : il faut afieffer la pièce au blanc o^ chofe qu’on veut tirer,puis aller à la bouche d’icelle, auec vit fillet & plomb pendant,& y prendra la hauteur de la fri fe plus haute iufques au fond del’ame,laquelle mettra fur la frife de la culade, & de la & par defïus la frifée de la bouche on prendrais bouger la piece ,1a mire, remarquant bien le lieu qu’elle rrionftre : puis allant laditte hauteur, on afiefte derechef la pièce aupoind monftré, duqueffaillant, le vray blanc qu’on defire fera toufehe* . , t
- Le court fera corrige eft celle forte- Afiefte la piece comme au para-uant, puis allant à la bouchç auec le fillet & plomb,prennant toute la hati-« teur de la frifée d’en haut iufquçs en bas,de forte que tô fillet aye le diattietrei entier de toute la circonférence d’icelle:& de ce diamettre tu prendras l’ef-pefieur du métal des le fond de l’ame iufques au plus bas de laditte frifè i & mettant celle hauteur fur la culade de la piece, &: l’afTeftant au blanc a auquel tu veux tirer,tu en verras le bon effeét,.
- Le tir collier ou deuoyé fora corrigé en la maniéré fuiuantéV S’il eft: dii collé deifitre, tu alfelleras ou reculeras autant la mire au collé lènellre : pour ne faillir d’vn foui poiI,d’elgaller laditte diflance de l’vn à l’autre collé, tu afiefteras la piece comme au parauant,droit fur le blanc ou but ; puis pteîi vne réglé longue, laquelle mettras fur les frifées tant de la culade que delà bouche,& la laiflant fur la bouche prendras fur icelle, la remuant fur la culade, iulques à ce que fur icelle tu decouureslecoup deuoyé que la balle auroïc donné, &làns oller ne l’œil ne la main de celle veué feras reculer laqueuo dufuft, iufques à ce que la culade vienne iuftem eft t de fon millieu foubs laditte réglé : ce que fait l’ollant &feprennant la mire rez les métaux, tu trou-ueras ta piece follement autant tournée versle collé fenellre qu’elle auoic tiré au dextre.
- Ory ailplulieursoccafionsquifontdeuoyerle tir de l’vn ou de l’autre collé. La première eft quand l’ame mefme s’accofte plus de l’vn que de l’autre colle, ou par i’inegallitédcs métaux, ou quelamouîde n’a pas elle droiéfce. Et celle cy ne peut eftrc imputée à Partilfier, mais toutesfpis s’il eft accprtiltafchetade fuppleerav defaut,pat fa diferetien & prudence, examinant
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- Dé l’Artillerie. 131
- friihànt k piece par la crëufette ou efcalë primé, dont auons fait mention au chapitre 2. & s’accommodant à icelle feloii que la faute le demandé & requiert. • _ .
- La piece fera aulli vh tir collier,fi les munonierës iie font iuftement vis â vis l’une dé l’autre.
- Iteni fi l’explânadë n’eft bien efgalle,&pius esîeuée dèrvn que de l’autre collé.
- Itém Hl’artildér en prennant la mire,faut du iufte millieu de s frifes dé la piece, où combien qu’il l ait, hé Miellé pas droitteiilent fur le millieu dubut.
- Item fi fvne roue eft plus haute que l’autre,le tif s ira touliours au collé de la pliis balle. Item li l’vné des roues fe tient fur vnclou , & l’autre iion : Semblablement quand l’viie fë tourné pliis iègërèrrient que l’autre. Aulli lî l’viie foùe ell ën terré niollé * & l’autre en duré. . Item quandPviié des cubés ou teftës dë la rduë eft pîus longue que l’àutrë.
- Item lî l’oüüet türe dû fiift s’àccolte âùfli pliis de l’vn que de l’aiitre collé. Item s’il ell trop large, de forte que lâpieëe ii’ÿ repofébién ferrée* Item quand là qiieuë du fuft s’âhéurteà fvii &ç riOn à fautre collé;
- Item quandla baile tfëliëlgaliéniénf fourrées& ën l’athe s’approche plus dvn collé que de fautrë. Et finalement la véhémence dü vent fait aucune s fois deùoÿéf là balle n’y a aucun rémédë pbur là retenir
- Lé tir trop cOürt ou trop long eft Oëcafiohné duparfbrcé OufoibîelTé de la poudrejou par defaut d’experieiice de l’artillier/në fachaht propremét drelTerôcairellerlàpiécéiOù né lait deuëment reeognoiftré la diftânée dq b ut auquel il doit tifer* . , ^ .
- Ce que i’ay voulu noter ainlî au long, non pour donner mattief e d’ex-eufe où dolchappatôires à l’ignorance de l’artillierinexpert, mais pour aui-fer le prùdeht, d’aùoir l’ééil veillant par tout &tafcher fèion les réglés données dèlfus j d;obùier àtous ihconùeniénts. Garde faillir la première fois eftpalfabîë, ia féconde fépeùt pardonner j mais dé retourner ktrôilîefme* c’eft tf op,& lîgrië certain de peu dé diferetioh Ôt iugeih.eht. Ét de fait il nÿ a fauté j qùi cdmmeauoiismdnftréj par Bonne difetétion hëpuilTéêftrea-. mendée,dont eh aùonS veu plüfîéurs exemples au fameux lîege d’Ôftende, defqueis pdùrriidnftrérl’efficace du bon iùgemenient eh c'eft endroit, i’eh raccompteray icy vn pair.
- Vn riàuire courant par le canal, pouf e titrer ëriia vilie 3 éi luÿ apporter du rafraichilTéméritiàuquel pour noùs faire honte vite femme eftoit au gdu-uernail,fût fait commandement à vnartilliër* d’efprouuef S’il pourrdit donner vne balle à celle gubdrriarité i lequel éftimânt que ce 1er oit trop de cruauté dé faire telle efpréuue contré Cé féxe debii, s’offrit dé luÿ ollér lé gu-bërnail d’entre fes mains &: la faire Venir fîotiarite àuée ie flfux de l’eau vers euxi fi elle n’ehaùoif prouilîdri d’vri autre; Cequ’il mit promptement en elfeét j&aÿànt veu coriiënt des autres dêuânt luÿ s’eftànts bien mis etï deijoir de fe Vengef de ceft* ëlcorne,auoÿéht failli thèlmë ledit bàttéau ; il alféfta la piece fi prdpre 6c diferètf ement 3 qrnàù premier coup le gduuefnail [tomba en beau * & le batteâu vint flottant à hoftre quartier ou il fût pillé bruslé,à la veue des ehnemis.
- Vnaùtfénàuiré attendant fiir l’ancré la commodité poürëiitfëf aüec la marée eh iàditte ville, les noftrës pour l’eüfoncéf eftiplOÿoiehtplùlîeürs cariohadéséri vain j &mëfmes ëftimàhs que ladiftahce eftoit trop grande
- Ri poüf
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- i$i T roifiefme T raiété
- pour le pouubir endommager, fut fait defeneedene plus tirci: > èc pérdrè fans fmûft les munitiohs. Mais enfin il y vint vnartillier, qui promitdenoii feulement percer ledit n auirc,tnaisauffi,fi licence luy feroit donnée de roth-pre ledit cable de forte qu’il viendrait tolit entier à l’amour de Peau,fe rendre à noftre merci : Et luy eftant donnée,il affefte fa piecé, luy donne le feUj fôptle cable,&en fin auec grande admiration de toute l’armée,ledit nauire Vintfe rendre à noftre quartier.Lefquels exemples i’ay icy raccomptez pout monftrerrefFeddedifcretioii Sdugetnenten femblables occurrences, 6c donner courage aux artilliers pour s’y exercer*
- C H A P. XIÎL
- Laforme & proportion du quadrant3auec tinjiru* ëtion comment on endoibtevfer tantes grandes pièces quaux mortiers,
- T)Oür former comme îl appartient le quadrant .- on fera premièrement* * comme on voit en la figure 21.* le circle (Rentier, lequel eft reparti pat les lignes qui fortent de fon cëtre en 4B.patties efgalles, en forte qu'au bruit de chafcüüe foit tioté le nombre d’icellè, en vn efpâcé enfermé, eh vfc autré circle entie deux petites vergetees, lequel efpace auiîipar laditte ligne eft diuifé eigallement au millieu.
- Du quart de ce circle eft fait le quadrant (2) noté de L,P,C,E,M,N: reparti en u. poinéts, defqüelschafcuntait 7|degrez, de forte qu'il en fait 90.quieftiuftementlequartdesjtfo.detoutela circonférence. Otpeut-il âufli eftre reparti, comme on voit au bord blanc qui eft au dehors en 4f. poin<fts,defquels chafcun fait 8.degreZ,dè forte que les 3 tf o.y font auffi com-pris.Et félon cefté pardon eft fait l'autre quadrant (3) noté A, B,G, diuifé ch 9.pôin6ts,defquels chafcun fait io.degrez.
- Et de ces deux quadrahs,le plomb eftant au millieii fùrlepoinddu 4 degré, dont ils font aufïi diuifèz en deux parties efgalles, eft monftrée là plus haute esleuation d’vnepiece, pour tirer au plus tirer, c’eftàdire pour faire fa plus loingtaine portée.
- De mefrtie en eft il du niueau (4) pour hiuéller lés pièces i les poinétU-res d’icelles,&: mefmeles explanades,&tout ce qui eft de l’art de l'artillerie. Il fe fait auffi du quart du circle precedent i diuifé en 12. points, tellement notez 6c ordonhez, qu'on compte du millieu vers les bouts ou co-ftez , iufques à 6. de forte que la monftre eftant fur le fixiefme pôinâ:, on verra comme aux autres que la piece eft au plus haut de fon esleua-tioh* ' /
- Le cartabonf^comprend tout le circle fufdit,diuifé en 4S,poinéb,quî félonies quattre parties du monde, affauoir Orient, Mÿdi, Septentrion 6C Occident* font auffi quattre comme quandrans particuliers, defquels là moftre qui fort du millieu, môftre toutes les lignes > nonfeûlemét duditeir-cle,mais auffi du quadi âtou quarré.Eteftaten vhe ligne dumilieü noteé de O,ou M,ou de O,ou de S,il fera à niueaù,&au premier de degré du quadrafc droiéfc ; mais s’il vientàu millieu6c entrelefdittes lignes,il monrftreralé plus
- haute
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- Comment iljcmlt appliquer le puadramt r~tyPU cCer cjuaçlran't cmzpjcllcpjen -
- Tractât, y. Cng. i3-fy> 2. .
- i 17°
- i,N .,1 2,00 ^PiJdomct du, rvM.au .
- Jdunct âe4"Ueapjm,
- *Iraét. 2r. dial. 1%.
- Commentpourplus pranle apeurante des piècesppaît vne double batterie
- £fc>S
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- De l’Artillerie. 133
- hàüte esleâatîon comme les precedents quadrâns. La manche notée E F* fera, s’il eftpoffible de 2' pieds* desquels chafcun félon lamefure Romaine contient itf.doigts ou poinéts,afin que iuftement il en aye 40. faifans vil pas commun ou. demi pas géométrique;
- Ghafc un doit auoir au millieu &: aübôlit vn petit permis paflant d’vn cofté deladitte.macheàl’autre,feruansà ce que l’inftruméteftant colloqué fur la.culade d’vnepiecej regardant parl’vndiceux par deflus les plus hautes frifes, onpuifle iuger félon la chaffe, de la longueurju chemin que la balle fera, félon fa proportion & condition; Les deux cheuifes. qu’on Voit aux collez notez G* F-, feruent à ce que par icelles on voyé la qualité du lieu qu’on veut mefurer -5 la monftre defîgnant pat fa cheutte des l’Ôrient vers le Septentrion , la longueur 3 largeur, profondeur &: hauteur d’iceluy ; Au refte 3 jceft inft ument contient p'uiieus myfteres de grande importance tant pour l’ingenieur que pourl’ar-tilliér.
- Yoyci doncqués là ftruéhire du quadrant > voyons maintenant quand &: conunant on en vfèra, & ce en l’exemple fuiuant. L’occa-fion fe prefente » ou la neceflité le réquiert 3 que l’ennemi s’eftant approché au pied de la muraille pour la miner ou percer j ne l’en pouuant repoufler par autre moyen 3 on TalTaille de haut en bas 3 luy iettantpar vn mortier ou quelque autre piece pierriere* des balles de pierre 3 ou des charges de cailloux* doux* rathages de fer autres femblables cho-fes 3 ou bien ( ce qui eft plus propre ) des balles ou bombes de feu Pour mettre donclédefteing en effeft', & defeiidre 3 où à force, ouaftucefon lieu, il faut que l’artillier fâche premièrement, la portée de fa piece e-fiant au niueau 3 & appres qu’elle elle eft en l’esleuation d’vn degré à l’autre. Enquoy luy fèruira de beaucoup la figure zii «• d vn mortier, qui au niueâu de l’ame, noté A, au quadrant, à la portée de 200 * pas, ou eft la balle A; Mais eftant esleué au point B 3 il fait ^87. pas* Au fécond Q 7jj, pas* . ' .
- AutroifiefîneD,î>37+pâs* À u qu atriefme E, 1 o 6f.pâs
- Au cinquiefme F, i^pas* Aü fixiefine G, qui eft le poin& du rtiiî-beu du quadrant, 8c de la plus haute esleuation il fera 1170* Lefquels font ainfi reparti s en degrez.
- Au premier degré il iettéra fa balle à la diftance de 244. pas 3 contant chafcun à 2j{piedsi
- Au 2; degré 287* Auj. 329. Au 4. 370*
- Au cinquiefme 410. Au 6.429. Au/; 487. Au 8.524* Àuneufuie* me 760.
- Àuio.qui eft le premierpoinft du quadrant reparti eh 9. poinfts, il fait 597* -Al’onzieftne 619. Au 12. 662. Aü 13; 694. Au 14.727* Auijv 7jj. Au 16. 784. Au 17.812* Au/8. 839. Au 19.867.
- Au2o.quieftlepremierdegrédüfècondpoinà,ilfàit890*pas. Àuiî. 914. AU22* 937. Au 23; 959* AU24* 980* AU274 IOOO* Au 26.1019* AU 27.1037* AU 28.1044. AU29i/0j'0*
- au trentiefme,quî eft le premier.degré du troifiefme poihft ,1063. Aii 31.1079. . AU32.1882. au33* 10944 au34. 1107. au 3f» 1JE17* au36.1/24* Au37* H32‘ Au38.,//49*pas. Au39.175.pas.
- Au quarantiefme qui eft le premier du quattriefme poiiléh 1160. Aü 4/. 1164. ^142*1167. Au4*.ijL$9.
- ' ' R 3 ÀtT
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- 134 T roifiefme T rai6té
- Au quaranteqùàtriefme 1170* 8c finallement aü 4f.qui eftau millieu du quadrant de 9-pbin6ls * il iie fait quVn d ètny pas dauantage, affauoir
- Tdus ces tirs Ce font premièrement par le riiouüéihét violent ou droiéfc* puis par lé moüüëtrieht mëslé là balle déclinant de là ligne droitte * dont elle èlt fbrtië dùmdrtler fàjfaht vtiàrc ou vile coürbée, 8c finàlietaént pàr lé naturel ayant perdu toute fa Force,&cercliant fdn contre de haut en bas* Cdmniè on en voit les traces en lâditte figuire.
- A yarit iüfqués à prefént deihonflré comment par esleuàtiori du qüà^ drant depoiritl àpdinët la balle fait là plus longue portée: il faut hotterau. reftejqii’autât qifdn palTera le quatriëfmë &demi poin& ou le 4f. degré,autant là balié montera biéii plus Haut,niais ferà là portée plus courte,s’approchant toujours de degré à degré 8t en rhefme ordre qU’elle s’eû eli reculé pliis près dé là piece iufques à Vripas, voire en Vrie gageure fur là piece mef-me,aodfelje eft fqrtie,eflâns eSîëuéë iufques aii nbhàiitiëfme degré* Êt de Celle ésleüàtidn ilfe faütferüir quand Peiiheihi befdngnaht pàr dehors au pied dë là ihüràille jil iuÿ fàudrbit iëttef des lë pied dé dedas,ou güefeS îoing dëlà^nëbàllédehautehbàs, pour le repoufler de ion entreprifë: ou bien quand dë dehors oh veut empelcher les àlfîegez, trauaillans par dedans, 8c derrierë les murailles,âüx fortifications 8c retranchements En quoy nous Finflriiirdhs par l’exemple fumant*
- L’esleuàtidnfefaifantpardefTus G ,1e fixiefmepoinâdù quadrant dë i%. iufques à H, qui eil lë fèpfciefttiejla balle amoindriffant Ion chemin,viendra à tomber fur la portée de la balle F; Ou hui&iefme L, elle tombera fur E. De L,elle tombera fur De M,ëlle viendra fur C; De N^fiir B,qui cil là plus courte porteë faite dvti poinéi:,dü de 7% degré z dësleuatioh,afiaüoir dë là pôinélerie iiatUrelle fe^léS nielaiix ; mais qui lerà ëncor raccourcie > fï îa piece vient àû rtiüëàu note À» dont montant aü douziefnie poinéfc O, qui éft le dernier poindb dü qùàdràntainfi noté i ia balle réuiendraà tomber fur A* E t ainfi enfumant, tant plus qu;en lüÿ donnera d'esle Wation i tant s'approchera la balle comme àüons dit du mortier ou de ià piécei
- Les lettres de lâ partie du circle inferieur, inohilrent pàr quel poinéfc du circle fuperieur lés balles font fortiës; de forte que À & O font efgaux* comme àuffi B & N : G,& M : D,& L i Ei&I: F> 8c H. La feule G, ifa point de parëiilëiëftànt (ortie du pdinétdëlà plus hàute eslëiiation*
- La réglé cdnimiiiie par laquelle l’àrtillier cogrtdiftrâ quelle fera: là portée de fa piece 8c de degré à dëgré de Fes (èiiatio d'icelle efb qu’il regarde de combien de pas elle fera feldnla miré commune. Léfqüeis il diüifera par jô.&multipliéràlë quotient par inqüi ferà ie nombre deiàpliis grande di-? greffioh,lëquëiildiüifëfàderechefpar 44. dont le quotient fèraiUflëment le nombre des pas * que là balle perdra es autres digreflions j de gré à degré* Pour exemple.
- Le canon de batfèrie tiré pàr là pôinfterie de rcz lesmecaux iooo*pa$ communs,qui diuifez par yo.dbnrieiit le quotientde zo. lefqucls multipliez par ihfontiio<pas,qui efl le ndmbre de lâplùs gràrtde digreffioii, qui Ce fait âü fécond degré du quadrant,ou le premier âpres lé Üiùeaii.
- Mais toutes les autres digreffidhs vont fcdufiours diminuant, iufques àüquàrantecinqüiefme degré. Pourfaüoirddncqües de combien fera celle dimirtutionjde degré en degré,iufques àü 45. qui eil lâ plus haute ésleuadon, ii prendra le nombre des degrez des le premier iufques audit 4?- qui feront
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- 44.& diuifant par iceux lé nombre precedent de 220JI trouuerale qitotièn de j4qui eftle nombre qui ira toujours decroifîàrit des la première iufques à la derniere digreffion. De forte que le canon èn là poin&erie naturelle ëh laquelle il eft esleué d’vn degrépar deffus le niueau,faifànt iooo* pas : au fécond il en adiouftera22©*lefquelsil Fera dauantage,& fera 121 o .pas: Au troi-fieftne ilen deuoit derechefadioufter 220* mais la precedente eftant la plus gran de digreffion comme auôns dit,celle ey,&routes les autres dècroiflenc toufioursae *. pas : iln’enfeta que 2i*.par defïus les i2io4du feèond degré: de forte qu’il Fera au troifiefme degré 143 j. pas.
- Àu4a$4$v Au*. j8*q. Au6*2056*, Au 7. 224*. ÀU8.243*. Ait 1610*
- Au 10* qui eft le premier du quadrant de 9,points il Fait i8oo.pas+
- Àun*ilfàit297f4>as.'‘ Auiz. 3/4*4 Au 13. 33/©/ Au 14. 3470. Au 362*. Aui6. 3775. AU174 3920. Aui84 40604 AÜ20*
- qui eft le premier du fécond poinéè 432** pas.
- Aùa/. 44fQ4 Au 224 4*70. Au 23. 468*. Au 24* 479*4 Au 2^ 4900. Au264 5000* A11274 509*4 Au28i*i8*4 Au 29. *270. ÀU3©.3ê commencement du troifiefme poinét *9*ô.pas.
- Au31. 54254 Au32; *4954 Au33. j'5^o. Au34. *620. Au}*. 567**. auié. *725. Au 37. 5770. Au 384 *810. Au*94 5845. AU404&quatrieF taépoin(ft5875*
- Au4U*90G. Au 4!. *9204 Au43+*9^5. Au44* *p4*/ôc finalle-iftent au 45. ou on copte quattre points & demi du quadrant, qui eft ja plus haute ©situation il fai t 595O4 pas* Duquel compte i’efpere que îe cuneux artillier s’y exerçant quelque peü> comprendra facillemencen qu’ellemà-niereilfepeut aGertàiner de la portée de fa pièce, foit petite ou grande 3 ca compte ne faiîlantiamais; nottant qu’en donnant la chafteouesleuahonâf htpicce,en quelconque terme de cefte réglé, le degré s*entend d’vn doigt/ des itf.quele pied géométrique contient*
- - S’il eft queftion de tirer d1 vn fort ob aütre lieu, contre l’eati* a quelque, «auireou autre chofè fèmblabie: il prendra premièrement la mire rezles métaux, &appres mettra Fur la eulade delapiecé autàht de cheftie oudè; hauteur,que par deffus icelle,& les métaux plus hauts \ de laioyë il défequ-ure iuftement la poinderie naturelle de làditté pièce ffinaîlement rëdoü-‘ feiant cefte chaffe, & afieftant lapiece ail nàuire ouchofé dittd,ilverra lë fruiéfc de cefte operation..Ét doit eftre îa chofe ainfi redoublée,poürcè qû’on eftplus Facilement trompé eiila méfiiredela diftance furie plaindëleâu,' que fur la terre 1 la chofe qui çft eni’eau ayant lé plus fonuehsie regard de di-j ftance petite jla ou tou testais elle èft bien grande, fàns ce que par î’hu rriidite de l’eau la balle perd beaucoup de fa Force au voyage qu’elle y fait.
- Et cefte maniéré doibt eftre auec la confideratïondu voyagé qüéld batteau fait, afïauoir s5il palfe monftrant le côfté de vers Fartillêrië: ou s il vient'entrant tout droidçment de proue, ousilvàen fortant ôé monftre là pouppe,ou s’il vaà Faueur du vent,ou à force de ram es * s’il va efgalîement bu auectempcfte, s’il vaen grande hafteou lentement ou ftautres chofes qui s’y.pourroyentprefenter, pour sfÿ accommoder toufîoursauécgrande di£ ciretion* Car s’il pafTë de cbfté & en hafte,f artillier aftèfterà fà pièce de deux longueurs de tels bacteaux, dëuancicelùy, & lûf donnera le feu, quand il fera de longueur demie en fà mire, s’afleurant qu’il fera vn tir excellent.
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- T roifiefme T raiété
- S’il va en frefcheur & e%àllément, ilafTeftera la piece d’vn corps dè^ uant,& luy donnera le feu quand il fera entre de fà proue à la inire,pour faire le tir profitable.
- S’il va à force de voile ou dé ramé, il fuffira aufïi d’aflefter là piece d’vti demi corpsdeiiarit,&luy donner le feu quandil comniancera d’entrer en là inire : fans doübte la balle y viendra à temps, que po uir le moins j a poiippe fë refente du mai qu’on luy preterid faire. Et cecÿ doit eftre entendu en vn vo4 yage court,ou en diftance de la poin&erie naturelle. Car en plus longue,il faudroitprendre dàuantàge,&en plus courte,moins/
- Si ledit batt'ead vient entrant contre la piece i il le faut prendre parlé
- dons : cptiime auffi s’il va ibrtant, luy affeftànt la piece autant deuant la pr ouè)àfin qu’il ne luy forte du tir.
- dronde caualleriei Ou contre vn feul cheual, tant aü chemin, detrauers qu’au drpiâitattt au hâftifqu’au modéré: toütesfois que là piece s^flèfte à-ilec fimpié éhàiTe,felon raccouftümé,{i ce n’eft eh vite trauerfe dé terré doit-ble,c’eft à dire qu’il y aye quelque val ou déclin entré deux:, qui couftumié-fementfemble eftre de plus loingcainediftancé qu’il n’eft pour cefte chaf-fè : & allors,file cas le requiert,on neluy en ballera que la moÿtié.
- Il fautauflï que l’artillier prenne garde, que tirant de liàutenbas,lc toup iàmais ne fera de fi grande force ou efficace, que s’il eftôit fait de bas eri haut,pourceqiieîâ force du feu, qui de fon naturel tend touiiours en haut, abandonne trop tpftiâ ballé. Car inéfihe la piece eftànt auniuèaù elle perd défia beaucop dé fa force, eh cohipaf aifon de celle qui y eft tant foit peu ef-leüée» Dont on s’en appercebiiroit facilement enreipreuué.Coihmepour exemple ; Entré graridés montâignes il y a vne coline de loo.pàs de hauteur/ de laquelle il faut tirer contre vn chafteaü ou tour fitué à l’opbôfîtè, en mef-mehaüteüfjéhdittàncede iéo.pas : pour lequel effeét il fauaréitaflèfter les pièces au niiieau dé l’ame.Et au pied de laditte colline oh y, loge auffi vne ou plufieurs pièces qüi tirent contre leméfme chaftèau ou tour a bouche bien haut esleuée,eri mefme diftance. Gertamémè rit on verra qüé les pièces tirant es contre mont,Feront plus d’effed & de bréfehe es murailles oppofées, que celles qui tirent en ligné droide &àüriiùéàii j & félon leur püfitionen moindre diftance» Et combien qu’on eftimeque lé tir plus coürt&duni-lieau fbit ie meilleur & plus fort,fi fé doit on icy afïeiif er du cohtraire : eftant Certain que plus que là piece eft moins esleuée defToubs lé qüarahtecin-quiefmé degré, tant pl us grandé fera auffi (toütesfois eri diftâhcé déterminée ) fà forée- Car comriié on voit en ceft exemple, tel coup esléue le mur j ledecouft brife&: remierfe, & y fait beaucoup plus grande brefehe,que lé coup à niuellé, duquel là force rie s’eftàndnon plus que dé la largeur delà fiàlle. De cecy oh verra que ia pièce eftarit plus abbàiffée rie fera pas feule-ment le coup plüs co£frt,mais àufïî plus foible : car fans ce quela ligne en eft plus courre * auffi la balle s’approchant delà terre, ou fàultellant fur icelle, pérd toute fà vigueur & force fans faire aucun,ou bien peu de dommmage.
- CHA-
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- De T Artillerie iÿf
- C H A P. XIV.
- & àfyrë Montaigne.
- f È millieure façon de faire monter vrie piecë fur vne mohtàigne eft celle -^qu’oh voy ténia figutè l$ parle hioyê d’uncabreftant. D. Eit lefbmmet de l.amôtàighé,E.Ëjftlepieddicèilè.Â.B*C.fôt les tourbes 8c rriauuës che-juins,par lëfqüels il Fautfaire marcher & monter la piecë, tiree d’une greffe longue corde par des puliês > poury faire vn batterie entre D.& G, contre la tour F; Pburcecy l’artilliet apres aubir bieii recognii le lieu, mettra lé ca- ' breftant derriereDfi’âfFérïhàht bien foigheufemét afin qii’il he püiffe glifleir fet fuiure le|jràrid pris delà pièce.Puis es lieux propres des coritbëés dii Chemin, fi a’ÿ à des arbres defqiieîs ôn fe priiife ferriir, qui feroit vri grand aüah-tage, on plaidera à grands coups de marteaux dé grandes cliëuillës enterre; pour y attàcheiraueC cotdeS bblinës 8c fottes les puiies;par lêfqnélles la corde pririçipâlle doibt paffer; attachée àii fufèàu ou tour du cabreftâht ; 8c dé Vautre bout a L’àgnëaù qui feft à la quëué du friihFihaliëmënt qüattrë bu plu-fieure hommes tournant par le moyen dés iôgues trâuërfes là dittë frifeari feront monter lapiece iufqües àlâ prënîierë pülie; ou ëilë fera reténuè 6i af* reliée, iufcjriés àjce que cefte pulie deftathee; on tourne la piecé V ers la féconde 8c ainiî ertaüant iufqües à pâruëhir ail lieu défilé
- 11 fault auiïi que le fuft ày t en fà queue vri petite irbüp qui l’eiléüe i âfiii qu’il nes^heurte à quelque fetiriër ôii pierre trauërfeè;À upres de la pièce il y faut auffi àubir quelqUes perfbnriës,tant pour l’àuàncët 3en là pbüifàpt que pour la tourner félon quë loCcafîô lé requiert!.comme on en Voit au bout du colldelàpiecëi . ,
- Âuflî péril tôriàttachet des cordes à la triain, àü crôchëtsdufuft, pour là tirer àuffi par la ou là retenir afïin quelle ne bronche * ou donne quelque branle, qui lâpburrôit faire deiroyér*
- A uprés de chafcunë puliedl fault qu’il y ayë vn homme prô uën de mÿe; Sc de vinaigre du lefliue 3 poür foipgdre ôc rëfraichir afin quelle ne s'allume»; & pour arioir éfgaird àüx cordes; dbtit }es pulies font attachées qu’èlleS rie fë rpmpenp Et en voyant quelque defaitte oh ligne de roriipate ; eh aduertir çeulx d’cnhaut ’& d’erhbas qu’ils s’ârreftent iufqùés à ce quë là .dittë Corde foit change bu réfaittéi ... - 1
- Mais fi la motaigneettoit trop afprë pu talue de forte qu’on h’y pour*-toit monter la piëcë ou pièces ënlaniâniâre dittë : ii lafâuldra ôftetdé fort fuft,&Vy attirer fèulë & hué en la iriahiére füiüâiïte* Ori arme le câjbréftâni au fommet,bu àuiiëuplus conithodé3le poiiùànt trâfportei: dvn iieuahm^ treria neCeftîté lé re.querarit:&furles bords àigüs fur lëfquëls il faüldroit Faire pafferhtcorde y bnmetau trauersvn long bois rond enchaiTé aux deux Bouts j enjeux àültres bloqueàux longs bieii afferriiisdé fôrte quiis nefe puffe reculer de ieürlie.Ujâfin qu’ àriecle chemin quëla corde férailfe tourne en maniéré d’vnprilie+Ôr pat ce tbhleaü oh deüaiërà là Corde ihiquës àii bas ou eft là pièce,&i’chj[àf&ht bien au caîTàbeljôri eh fera âufïi quelques eti iaifurés autour de la pièce ihefihe j afcaubir entré les friféesdë jaculade; àl’cndrpit du fogon * ahxmuhibh$j& durant les ftiffes du col ; y àdioiittant ën çltàfçuii endroit des liaÿfbns d;aultreS cbrdë) hUez fortes 3 âeiquélies les ' ‘v S’ 'ëkcré-
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- TrôiFiemé Traiétc.
- extremitez demeurée pédantes, tat pour l’affermir les laqs dits que pbtir eil pouüoir retenir la piece U la côtregarder tant au voyage quelle fait etimô-tant qu’au paffage du dit roulleau elle ne done quelque dâgereux braie,Ce-cy fait Oii là tiirerà a doulcemét en hault.Et eftât paruenue au dit rolleau,pat laquel la corde a paffé, il faul t qu’il y aye affez des g es qui la prenant tant par le corps, que par les cordes dépendantes,la puiffent côduire propre de doucement, ceulx du cabreftant tirants auffi à l’aduenant, par dëffus ledit rouL leaù. Ce q^on fera en ehafeun endroit efquels par neceffitéil y en aura; Car il peult aduenir qu’en tel chemin il y aye deux ou trois rochers ou collez aij gus,pariefqueIspourpalTerlacordefansdommage , ilyfauldroit destels roulleaux,Cependant il fault aulfi, qu’ auprès d’vn chafcun rouleau il y aye Vn home aueclagrailfe pour oingdre tant les enchalfeures du dit roulleau que le lieu par delfus lequel ia èordepalfepour la faire tant, mieulxglilferf Et la piece ainli tiree on y peult auffi tirer le la monture afcauoir le fuit àueb toutes lès apperfcenances+Ainli attire on les pièces furies roches de haulteS tours,ou Forterelfes maritimes.
- CH AP. XV.
- Jédôh
- tvn tir bien cêrtam
- faire
- ' fortcurieufeetprecilfementjou notamment pour démonter vné pièce ennemie, quefortât de quelque troniere,cafematte ou aultre lieii Fc crée, empefehe le ieu de celle dont on fe prétend ferùir+Allors,ilfaUlt què l’artil-licr aye entière cognoifcance delà côdicion &qualité de fapiece,$’eii eftat ferui plulieursfoiSiCaril eftimpdffible qu’vn aftilher tant foit il expert,face du pretnir vn fi bon coup d’vne piece qu’il n’a plus ptattiqué. Si ce n’èft par cas d’aduentüre. A ppres il Fe gardera de trop entaffer prefler la pôiil-dre en la chargeant,afin qu’elle iè puiffe allumer tout d’vn coup, & que la piece n’en foit trop rudement reculée, eftant certain que moins la pouldre îerapreftée, moinslapiece en efteFmeue, de plus legier en eft le tin Le mef me fault il auffi obfer uer en la ballejqu’elle n’y foit auffi trop ënchàffee, ains qu’elle y foit mife doucement &auéc le vent requis. Fînallemët il âlFeirerà fa piece parle quadrant&niueau Gommé de couftume,prènnànt là mire iu-flementjfur le millieu defes frifesayant bien marque d’vrie petite liinelâ poinéfc delà vifée.Et Cecy il le fera d’vne gaillardise agréable ayant efga; d de décliner tous les accidents raccomptez au chap. 12,. qui font le coup coûter & confiderant que le bon coup fait aymer &honnorer f artillier.
- Les pièces plus propres pour cefteffeét font les ddlubrines ordinaires, demieSj&quarts:&lescanons,demis de quarts.
- Vn tel coup doibt auffi eftre fecognu du geüeràl le recompenfant dé magnanime libéralité, pour encourrager non feulement celuÿ quifafàiéf, mais auffi les aultres artiiliers , pdurl’eiifuiüreoU faite mieülxs’ilcft poffi-ble.Louys Collade en fa pràttique manuelle efeript,qu’au fiege de Sienne,il y auoit vnepiece Jogue furl’ambulacre deLEglife maieure, delaquélle Far-mée affiegeâte recebuoit beaucoup de,dommage : mais en fin s’y troiiüa vil artilîier AUeman,que d’vn coup non feulement de demàntâ, mais auffi fit voler l’artillier de tous ceulx que eftoint auec luy,en fair. Ce que voyant le Marquis de Martinian,General de l’atmee, luy pleut tellement qu*il ofta vne chaifiie de fon çol,& la donna au dit artilîier* en reçôpenfe de ce braüe
- coup*
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- De l’Artillerie. 139
- Coup, Dont non feulement l’af tiiliet fut refiouy j mais àuflî toutes âultres furet efueillez à poureliafler mefiüé honneur &recompénfe, quahdl’occâ* fion ièprefenteiôit*
- Àü Siégé dOitéhdeâdüiüt qüàfi de méfme d’vn tir combien que no fi l’eftimé, toutésfois vti batteâu courrât par lé canal vers la ville> le gouuer^ îiail luy fut bftépàr Vne cahônâde : dont les îhàriiiiers efpQÜuât&rÿtierëtf aii cre iàultâs çn l’eau nô moins héuf eux fe iàuuëreht à nagë,laiflats le dit batte-au aihfî aîacré éntreia dique&la villç,dë foirte qu’on ne le pouuoit guerre en-domageriCe que voyant le Marquis Spinola,S’enqiterfâ entre le capitain s’il y auroit quelque foldat fiofédès}apptocherà nage parlé lie hioinS dâiige-reux luy couppër le cabl e dé qqoÿ ouîcre Ce quàil ferdît àiiaiicé il feroiü âuflî liberallémeht réGompehfé. Dont comnie il y àuoit béàuéop dé brâues foldacs, plüfieüts fepræfènterentmaisqüandoü Vintàfeffeéfcdè feîettër eft PeaUi ilsfurehtrëcëus detant d’àrquébuîàdeS &mufquettâdes qüë lé die Marquis^nê voulant employer fi grand courage des fes loldàts, eii choie de fi petit profit,leS fit rappeler. Mais en fin vnaftillkréxpert ,voyant tànt la feruiêequis4y/erôit à (à Màiefté que lé plàifir que le dit Marquis enrëee^ büfôit j fe m’offrit j hié pfiânc que lé luy doünâfle licence y aüeC promeflô qu’eri deux Ou trois tirs il roriàpofoitles dits cables, que le bàt-teaüfefehdtoitàudiquei Cequeieluyperfüiscombieüqu’aüèd fôübcoüj que lâ pouldre & ballesjfans la peine ÿ feroint perdues. Il aflefti dohC Ùl pièce 6c du fécond Coup il jcouppà là corde > de fottëqüe peu aptes le batteâu fe tendit dé üoftre COfté.Lequel coup*fut fi agréable àü dit Màfquis , qu’il eii léuâ grandement fattilier à & luy promettant tout àüahceiüeht 5 l’hOnorâ d’vnepiecedor.
- Parquôy Pexhof të tôus céuix,qui vouldrqnt ëhtfeprédrë là prattiqüê del’artilleriejqu’ils s’eftudient auéc grand foing &4iliêence^: circonftâft-cês & conditions montres deifuS ®ïés d’aflertetles pièces pour s’enfer-uir àUeC àUântâgë eii toutes oeCutrencesindtàns qu’il ÿ à plus grande dextérité d’atteiüdée Vn nauite portée pàf véhémence des Vents & desOndeS* quVnefquâdfônmâtchàntléortënient y oü Vne pièce logée fermement en vne tôüriprinCipallemènt en tirant contre mont* Èt qu’ils s’y exercent efl temps de paix* afin qu/en là iiectffité iis y feÿétprompt,pour faire non fèüle-ment plâifif & ijëruice à leurs fiiperiéursjmais àuflî s’acquérir honneur & réputation;
- Là figure % ii|ofttre Comment l’aftillief doibtàflfeiïer Ùl pièce âii niueâü del’àmej félon l’inftrudion donnée au chap. u. Notant toutesfôiSj quefîlésfrifesde là bouche ôülaioye delàpiece fe trduüoÿht plus hâültës que celles dé là Ctilàdëjil en tirera la haulteüt fupetflue * & le tnèttâüt fiir là culade ii nrendt à la mite pâr deiïus icelle 8é la dicte loy e s5attenânt feulemët à raccduftumée aux metaülx Câf âUltrëmeiit il fêta tOufiours lê tir coûte* Mais fi les friiès fbiit e/galles tant en là bouche qu’eü iâ cUladë 5 prennânt là miré fez icellësdl në fauldra dé donner en là choie à laquelle il l’àürâ àifeftéê li elle eft comprife aux fetrnes de celte pôin£terië.
- •G H AK XYl
- Dejcriptign de quelques machines appartenantes à (artillerie
- &4^iielkhnfip&lifimiratiéçgr4n4pr9fit
- en me armée,
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- Trôifieme T raiété.
- A V train de l’artillèrie on conduit aul cimes fois des reds , faites dé cordeS ^moyennes & des palliflades de coup,pour les airmer denuiét ou deiour contre vne fubitë irruption de la caualierie ennemie, maisiamais neles ay veu mettre en œuure l’opportunité ne s’en veftant prefentée* Car en ce tempsiies caps ne s'approchent défi près l’vn de l’aultre, & ne font les guets & fentihellcs fi mal proueux & ordonnees,que l'ennemy voulant faire telle entreprilêjon n'aye du tempsa fuffifànce pour rager tout vn camp vn batail-îe*Toutesfois il ne peult eftre mauuais,qu’on y loitproueu en toutes occur* rences , efquelles pour leur, leur > les dictes rets tic viennent mal à propos principalement en lieux plains & campagnes rafes*
- Efquelles aufli ori le pourroit feruir pour s’emparer de sëblablé afTaulti de lès charrettes,dont il y a vne trace enlâ figure 25/ Lacôuuertüre eileuéefr fe fait d’vne grofle planche de bois de ehefne à prouué de mufquet auec fes tronnieres & ouuertures par lesquelles , afin que fans ceulx qui le conduit fènt,quelque mufquettiers eftans à cOuuert,en trauaillét l’ennemy* Les roues n'ont affaire de beaucoup de force. Au millieu en vne perce qui foit du millieu du timon, ily a vne longue & grolfe bombe ou tuyeau de fer ou de bois rempli par artifice,de feuineftinguible,entremasle de quelque tier de mufquet chargez de pouldre fine & des balles de plomb 5 tant pour bleffeE que pour efpouuanter &effaroufcherles chetialx de la fumée & lumière; chofefuffifànte pour deffaire troubler toute vue compagnie* Aux cofted elle fera armee de lègues poinétes de Fer,defquelles on fe puifle defëdre ap-pres que le feu aüroit fait fon office* Ceft vne imientio fort profitable pouE garder quelque chemin ou entree,n5ayant affaire que de deux homes pour legouuerner,&:les mufquettiers de defettee. La figure en montre lafaçoü &Tvfage: le charpentier n’y ayant befoingde grand artifice ; & quant à U bombe ou tuyeau, la préparation en dépend de Tinduferie dufingenieuf des feux artificiels*
- vmettre la main* Car comme les aultres feux artificiels font de grande importance , ainfî en eft il auffi defes charrettes,d*vn petit nombre defquelles,
- . proueues à fuffifànce des defences,on pourroit attaquer & ferrer vn grâd ef quadron de cauallere en le mettre en routte, n’y ayant chofe qui plus efpou* Uante les cheuaulx que ce feu accompagne de fes tir, defquels auffi fani l’effed des mufquettiers, de defancè qui y font à cduuert les hommes mef*
- . mes foit attaints & effrayez & fuffent ils en double quantité, de ceulx qui* qui cOnduiftentlesdittes charrettes*
- Sanscellecyonvoitenladitte figure vnaultrè inueiition de meftne ef-feéfc & vtilitéjprincipallement eftaiir adioin&e à la precedente* Ce font vne forte de petites pièces,.defquelles cinqou fix vnies efgallemét à l’endroit des chambres & en forme de Huttes d’orgue, font mifes fur vn fuft large, pren-nant toutes à vne fois le feu,par le moyen d’vn petit conduit qu’elles ont à l'endroit des fagôs. Elles font faittes félon la proportio decolubrines communes îegittimes ^ordinaires,^37.de leurs calibres de longueur:le refprc de la chambre d’vn calibre &5 tirant vneîfe de fer aueclfes quattre quints ou ri fb.de plomb,auec aultant de pouldre fine. Elles peuuent au® eftre chargées de petites balles de plomb, léfquellés toutes fois n’excedent le pois deffe.i j ou pour le plus de 2 fb.&mifes efcfèble envnfacheû, pour chaP ©une pièce le fien, poureriuoyex comme vne continuelle pluyeou grelle
- de.
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- De l’Artillerie* 14!
- de cesbalLes fur l’ennemy. Elles font fort propres & legieres au maniement caries quattire àuecleur faft,he péfeht qüe 2 ô. quint.&72. îb: AfTeüré qu’en 1 entree de quelque pafrage,prihcipallement eftant accompaignees des fu£ dittes charrettes bien armées,elles ferônt én bonne defence du lieu,&grad Carnage dès ennemis*
- G H À P* XŸIh
- La maniéré de composer toutes J feux artificiels.
- ï)R.en vne partie de pouldre, vne pàrtie de falpetré rafiné, de fbuïfre bië'â . purgé, refîne,poixgrigcjvernix en grains &fel armonîac,de chafcune dé ces chôfes,demie partie : chafcune de ces matteriâulx doibt eftre apèrt foÿ bien m ol lu e & paffee pat vne eftamine, & pour chafeu ne îf> dicèlles ehfem-ble, adioutte y 4 once de camphre* Prenappres auhant d’huyle d^l’in ou de noix,ou alquilrâ d’Efpaigne, qu’il te femblera de befoing pour eh faire vne pafte dure,Mais î’huyle,il le fault mettre en vne cbàudiere,fur Feu de charbons qui àyent efte embraflez deuxfoix * &eftahtbién ëfchaufféîé tournantàuec vnepàlètte de boisy mettras peu àpeules ditter pouîdres> les mèslant & incorporant foigneufement enfemble, & ce Faït,l’ofte du feu ne grades & petites,de balles à la mainjde pots de feu, & auftres cèlleis ihuë-tionsjtan't pour ietter au temps de iafîàult lur ï’enemy, que pour Pendomà-ger par terre & par eàù* Car on en peul tauffi remplir des fâcher s, pour l’ôc-càfîô fè prefentât,mettre le feu en vh nauire,voyre en toute armée, Etn’ayè peur qu’elle fegafte,ains tant plus vielle, tant mùlieute elle fera.
- Pour latompoïîtiOn & incorpôràtidhde cëfte nuxtutê > î’huÿîë de
- Vernix compofè en lahianiere fuiuante* Pren de l’huylé tel que tu peulx auoir, 4 îfe. Sandaracqüe © u gomme de geheure 1 îfe. de cire r on ce* Mette l’huyle & le cire en vne chaudière fur petit feu* laide les bien boulir enfem-tale.rédigé làgomme eh pouldre bien manue,& la métrant en la ditte chau-diere,'tourne & remue la bien, & l’y laide boulir ainfî iufqueS et qu’y mettant Vne plume de gelihe>elles7ypele, qui quêeft le vernis liquide fera bien fait. E t y mettant lés fufdittes pouldresaurai la mixture eh mefîtté perfection qüe deïTu's.
- L’Àquilrân d’Efpaigne elf Vne poix ou bree liquidé , là plus propré qu’on pourr oit trouuer pour femblables affaires,aultres l’appel lât poix gréé que, aultrès poix de Ëfpàignè,& communément fè dit Colophoriiæ*
- Le camphre eft vne haatier fort propre ÔC èftiinée és feu* àftifïçiei$* pôuirce qu’il brüsle longue & viuement, mefnie foübs lJeaü. Mais eftaiit difficile à mouldre,&îîj venteux oueîpongeüx quJ à grand peine eftant feul il peult eftre rédigé en pouldre,chofè toutesfois requifè en tous triateriaülk cntràns en la mixture de ces feuXjd fault premièrement prendre du fbulffre & le bien eftamper & püiuèrifèr en vn.mortiçr & puis y mettre la camphre* Jk le tant eftamper qu’il foit rédigé en pouldre comme le dit foulfréi
- S $ L1 huÿa
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- 14* Troifieme Traiéfcé.
- L’huyle de camphre fe fâit,en mettantde l’huyle d’amandes,aucc lé Camphre en vri m ôrtier 6c le pillât erifémblé iufqües à ce que le tout foit coa Üerti en huÿle,ce qui fé Feïa biehtoft.
- Le iel ârmdniàc ëft iriolü en iiiefîrie maniéré.
- char x y ii r.
- Aultre compofîttonpour en remplir des balles bombés & pichets*
- IDRe n 5.parties de poüldre ^artillerie bien mollue 6c eftamifée 3 vne pâr-1 tie fe poix grecque, deiriÿe partie de foulfrejces deux pillez legieremêt* âdioüttè ÿ démÿe partie de Tel commun, pèftri bien là tbut auee dé ttmylé de.lin*Cîecÿ &it,rfciriplÿdëlàpàftevn petit tuÿeaupourl’eforeuue i &luy doiinaïit te feihprèn bdtt èfgard commet elle br ùsîe & fouffle,Car fi elle ici* té fes fiatnrries bien loing,8élbüffte d’vnè force bfferifîue&ns toütesfois Cre*
- Uerlèdittuÿeau,férafignedefaperfe&idn&bohte* ^
- Pour charger vne bortibê de ceftè mixture,prén vri rond bàttorirait a ~to Aie qui entré füfteriieritâutuy eâü que tu veutx remplir, venant iufqueS àufond:mets y de ladittemixtion vnpeü,&l’eftampeluÿbâillant vncoup ori deux auec lé dit bafton du pillôri,cdritiiiue cecy iufques à rëplir lé tuyeaü detroisôuquâttrë doigts foubslà bouche, mets y vne melche artificielle* rempli le relie àleiitour de là dittë mefehe de la mefmè mixtion i iufques eil hault j comme tupoiirras fanslepilioti que n’y piiorraëntrer àcaule delà mefehe que doibt demeurer érigée & droitte au millie'ü» Pren finalement vnepiece de toillegrofle,enpapéedé pois & cire fondue , mets la fur la bouche de tuyeàü en forte que là mefehe eh forte pàrvn petit permis du millieu :& la lié ainfl bieh roide & fermement.
- Il ÿ aura bien pïüficürs aultres rëcepteS, mais de peu de diffeérce & dé chois,de forte qu’il n’eftbeffdirig de perdre beaucoup de temps erilàrecer-che & deferiptiori d’icellés; Seulement notez, que pour toutes lès àultreS Compofitions, il faült que lés matériaulxfecs foÿentbien puluerifez &: eftâ-mifez,mais pour les bôbes & fâche, s,il fuffit qu’ils foyent brifez legieremét CH A P. XIX. , 3
- Comment les balles de feu dôibueni êjlfejvrmées & chargées.
- ^ger & troubler férinemÿ, qui rie fe peult emparer d’icelles. Pour les for-mer3preri vne picce de foille grdife &fbrté,détaillé en hüiét qüârtS compâf-fezpairie compas des pointes droites félon lagrarideur que tu la véulx 2-Uoir,commeilappertenp.de àla façon des bâtions dé vent,
- laiifant à chafeun quart quelque péu de placeur excede la trace du côpas* pour lâcoüfiiiré.Si tu n’y VéülX employer tant de temps5tu feras vrifac delà capacité qu’il entré eii làpiéêe, dont tu veulx tirer là balle 3 marquer embas & enhâult lé diamètre d’icelle , & apres l’auoir bien lié embas* remply le de pouîdre iufques à là mârque du diamètre d’enhauiti&lalp liant aufli biéri for témeiit, tü auras vne bôu fié ronde & en forme de balle.
- Et deqant dé paflér plüs ault,tu traüetferas là ditte balle ou boutfe de deux petits battos poin&us &croifézje0rrimé oh voit ëii la balleG.dê forte qu'ils enfortentdetous cdliez de là largeur dé 3 ♦ do igts. Cécy fait ,tu tiédras pre-fte en vne chaudière fur le feu* l*vne dés mixtures lut dittes,celle qui te îem-bleraeftrepiusàu propos de ton «ntreprife, & mouillant chargant ou em-
- papant
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- Del’Artillerie 143
- Râpant bien en icelles vne poignée d’eftouppes,enreueftires ta balle fur la pouldre', tout à l’cntour* ce qu’il te fault itérer tant que la balle ayt fa iuftè èfpelfeur comme tu la défîtes. Aduerti que fur chafque,cappe,ou telle reue-llure, tu le lies roidement de tous collez d’vne cordelet, affermilTant toufî-burs les noeuds &: ies bouts aux battons qui en fortenti& quand tu viendras à la derniere,ia lieras de fil de fer,ou de cuiure qui f©it groflëlet,én forte que les battons fufdits demeurent tbufiours au millieu de celle liailbn, Finalle-knent tu Fondras en vne aultre.chaudière la mixtion lùiuâte, de 2.parries de foulfre, &: d’vne de pbuldre,aultànt qu’il fufïira pour y baigner ta balle & de la reüéliïr d’vne bonne croufte bu cappe& ainfî encrouftee l’ofteras&la laif-feràs fèchér. Àppresenrirànt les battons fufditez, y mettras deux cordes d’arqiiebus en forte qu’eiles en forcent de lalargeur de deux doigts,remplif. fant lé relie entré les dictes cordes de pouldre fine bien mollue.
- Four tiret celle balle d’vne piece il n’èll befoing qu’ellelbit alïîfe fur là poiildrè, ains luy fuifit fi elle entre tan feulement de la longueur d’vn aulne en l’ame dicelle,lek bouts des cordes bien ouuerts & empouldrez, pour tecebuoir le feu promptement de forte que ta pieee ainfî aflellée au lieu ou tu veux iètter la balle, ne fauldira de l’effed déliré.
- Mais s'il fauldroît que la pièce fut fi elleuée*qu’ily auroit danger que la balle de foyméfme ne tomball fur lapouldre , il la fault lier par le milieu, d’vn fil dé fer biê preîsé auquel attachât vné petite corde,on y lie vne eroir-fade de laquelle lés bouts foyent ènuiron quattredoigt plus longs que la bouche de la pièce,dont de la ditte corde la balle lèra pendante en la piece, aultant qu’oii vouldrâ. Et pour la ietter de la marnai luy fauldroit enlafeher vne corde bien fort feulement en longueur competente.
- Or celle balle tire d’vne piece ouiettee àlamain,ell de grande offenli-bn, caries bouts des cordes prennantvne fois lefeude tranfportët en temps requis à la pouldre enferre au millieu, dontla balle creuant, auecvn bruit comme li on dechargeoit encor vne piece d’artillerie iette de tdus collez les pièces de fes couuertures bruslantesiquenefaillent,d’allumer & confu-inertbut ce qu’elles peuuent atteinde de mattiere combullible.
- La forme notée A,aüec Ion tuyèau,~ell vneinuention d’tne balle que iufqucsàmàilicenantii’aeliemife en ceuure, Sdametsicÿ auec la deferi-ption de la façon,afin qu’en voyant le danger de l’vfage d’icelle on le garde bien de s’en feruir par curiolité. Elle fc fait toute dp fer > en forme d’vne gra-nade longuette,du de làticerhe,&Vuidé par dedans,Le tuÿeauauiïi noté À, fert pour y mettre dé la pouldre humide,dùd’Vne dés fufdittes mixtiôs pour donner le feu en temps deterrtiiiié au relié de la charge de la dits balle, que cil toute de pouldre forte,Et ell faitte auec ce defleing,qu’ellâc rhiflè en vite piece,la bouche du tuyeau fur la pouldre delà charge de la ditte piece,& tirée en vne muraille du bduleùart elle ÿ derneilire cachée iulques ace qûéle tuyeau donnant le feu à la pouldre dont éllë ell remplie, creuant elle emporte vne bonne partie du lieu de fon giflé, &; y face grande & large ornière ture. À qudy tduteSfois on né doibt adidutter fdy.Gàr eflaiit ainfi tiréc&cëii-chalfée en vne muraille ou en terre,il fault necelfairèmét que par l’ouüertü-redutuyéauqueluydonnélefeu, forte toute là force dé lapouldre qui eft cnlèrec eriiportant toutes fes brilees vers la piece &: lés gens dont elle à cité tiree.Ioint que I’eftime chofe impoffible qu’èllé lôrté entière dé la piece Où . de la batterie,fans creuer aulïi , méfmeen Ibrtât d’icellé ou combien qu elle en forte,ellepuilfeparuenirau lieu délire , s’il n’eftdepalTagé fourc coûtt, çomme ou là Veu les elpreuues bien danger eufes.
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- J44 Troifieme Trai&e.
- Car Kriuenteür, qui fut le gouverneur dü Chàfteàude Gehape,en vou-lât en præfencé de Don Luys de Velafco General del’àrtillerieifaire l’elïoy : la balle fe crëua eri fdrtât de la pieee.La fécondé fois ellè fortit, niais ne par-uint au i eu déliré. Finàlleirient il en voulut faire plus entière expérience aû chafteâu d’À nüers deuat ie gquüerrieur d’icelüyDdnÀuguftih de Mefchiaî d’vn S.Matthieu, canoii Àngiois de 6Q.tb.de balle: les deux Balles fe romp-rètpaflage rerriplilfans l’air de leurs bricoles,donc & les màifons & les murailles en furent eridommàges* La troifiefme fe niit erl terre i aü lieu de-ftihé, tiree en diftaricé de iyô pas niais eh Prenant elle rehüoyà fës bricolle? vers là pièce dont elle eftoitforriejmefnies iniques à eridonittiager le collé d’vn corps degàrde,quieftoitelloigriedèlàiufquesàioo pas: Et file cohe-fiable ti’eut fait ligne aü GhàHillàii Ô^àültrës qui àttehdoit refFeél dii coüp, leur çtiàiit qriils ie retiràlferit en arriéré ; dont ils fë rèëüléf eût à l’entré du daüaÜier S.Pedro qui elioitàüdiamètreoüàu traders dëspièces retourna* tés,fans doubte anlcuneoiile dit Chaflellaii oü quelques vns de fa compagnie y fulfent demeurez furlà placé*
- Là ballé notée de C.ëll fort doniàgeable en qüelcorique lieu,qu’elle foit tireé» Car Venât à tôber fur quelque corps de garde, ou quelque trouppe dé gens,elle y fait vnmeifiieillëüx dégélt, fils rie la rompent de bonhëure on fë iéttenstëdusenterre.Elléëftremplieiufquesaümilliëüderihâült dépoul-4re humide : le relie & d‘urie pétitë bàllë de pôüldrë'fiiie,eriuif oriee de plu-lieurs chambrette,d’atquebüs ou mülquëts chargées de leur Balles deplôb: dont elle rie fait lêUlement ie riial dé fit bfilèei niais aülïi elpard fes ballettes de tous collez: que pour eftre de plus grade ofFenfion, font chargans à trois ou à quattre en vne chambrettë.
- Les deux figures àpoinéles crôchertees marquées de 4.&5'4lbnt miiè^ eh oeüuré pour boutter le feu eh màifons , batteaux ou aultres grande! machines;
- CÊÏÀP. XX,
- Comment les pets de feu & battes a U main finfaittes.
- T Es pots & les balles à main fe font de bonne ar fille ou terre de pottief; •k'auec trois ou quattre anlès grandes ou petites,comme on vouldra pour tenir les mefehes, qu elles n’eii decheerit eri les iettât & le col court & fort* pour y métré lé laqs dont il ëftiëtté. Àinfi facorineé du formez * il les fault bien lécher âu foleil: éi puis les remplir dune des 1 ufdittes mixtions * & les ietter durant lalfault fur l’enriemy* la trace feri voit a B;
- Les balles àlàmàinëftàiitpëtités&iettees,dbrit elles oritlenom, à la main noritqüe faire de corde oü delaqs.-tdutësfdis il fault que les melches foyent tellement coiloqueës qriaü vol elles riëri forterit éè tombant en terre fans faire leur office. . . . >
- Outrelamixturegeiieralledeirus delcrïpteorilè peült aufîïlèruir de la fuiuànte. Pren de iàpouldre,loulfrej lalpetre * fel armohiac * de chalcuri ~tb. Camphre 2 once,le tout bien molu ô^ëllamiféjadioutte y vrie poignée: de lèl commun mets le tout enfembleeri vrie payelle ou petit chauderori, âüecaultantde poix liquide,ou huylepetrplis, onde lin, ou de noix qu’il fe
- face
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- Del’Artillerie* 143?
- face vne pafte aucunement dure: và ie pàftriflant de la main & incorpb-rahtbien enfemble : piiis jpren vn petit tuÿeàu comme d’vné Fuféë,rempli lé-& liiy donne le feü polir vnë efpreüue, &pren garde quelle eh fera l’opéra -tion. Si elle ne fouffle allez fbrr* tu ÿàdioüftëras autant de poudre ihollüë là pàiftriras enfemble iüfqücs à çë que tü la trbuuerâs telle que tu là délires* Èn fin remplis entes pots & balles,&t’en fets comme la necdfité t’enfeigne-jra*Êt ndtte que toutes ces mixtions des feux artificiels de quelconque forte* doiuént eftre àinfî elprôüüéëS,deüant d’ëftre mifës en oeuure, afin que tu en fois afleurétJu’âubefôihgëileS rie tfefèrbnfc du defaut. X
- La balle notée Ai A, L, L, mohftre Comment oh fait vne balle double» quieftvne ihuéntibn laplüs dommageable de ioüt âutânt quMiÿàés feux artificiels, fàilant fës eïfetb quand moins onÿpenfe* eftimant que c;eftvha balle Commune delquelles oh fefort pbur ëfdairer vhe Campagne t & quànd lépërfuadaïitqu’ëllëa texecuté toutefâ fureur* on lavëütoftfer* c’eft allors quelle Commehcëja ballë i nterieurë fe ci euànti & bleflànt tous ceux qifeL le peut atteindre de fes pièces. Nous ëh âuôiis fait felpreüuë àü fiege d’O-ftendéëh eftant trompé fbuuehteSfois*iufques a tëquë fàüohs appris à co-gnoiftrë*&: imiter laitru$iired*icelle>preïefttéê enlàdittefigürë. On prend:
- quës au millieu de poudre fîhé bien foftëmét entâflee,àfin quë le feu la tout.
- pôut efttretèhir lë feü iüfques à foh tëps* Ainfî préparée * on là rëueft corne aüons dit delïus es cbüücrtutes des balles de Feu, &pàruenü à la grahdfeur de la ppüüoif mettre eh là pièce, bn là lié & enlaffè dë tô us tbftez d’Vhë boite nç &fortë Corde,coin me on voit en lâditte figuré* Le petit tuÿeàu L * A* doit eitre mis âuec là pbinété où foh bout ,parles chappes ou fcëuefturës, iufî qtiesàlabbiichë,dëla balle dëfef*j?bütÿ Conduire le feü Comme on délire*.
- jmàis he Tachant le temps dë là brifée * ce ne fëroit fahs dàngër d’y ap* prbcher* ...
- La formé dés granàdes bu balles àia main, dont deflus àübhs monftré comthent elles doiuënt eftfe chargées,ëft mbnftrée és figüres B, & 3. àuéc lë tüyeau hôte de mefîhé,pàt lequel elle conçoit le feu ehfon temps * &làiiâi-fon reqüîfe qui fe voit ën la bàlie précédente* de forte qü’il men reftegüëré à dire*feulement qu’on foie àduérti de la manier aüëc girahde pirudëhce*qü’ete îene fo creüë eritfé iës mains : comme i’en àÿ veu quelques exemples àfîeiè defàftres,furuehus dë ce qüelles eftoÿeht iettées de tels qui he s’y ehténdb-ÿent proprement : vôife que tohàbaiites deiainairi tàtit Iës circümftans quë le maiftre mefme ÿ font demeurez fur la placé.
- Oh fe fett aufii êii ce temps de tirer dës mortiers ou carions des bàlîei
- C H A P, XXL
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- 14 6 T roifiefmeTraiéèé
- T)our rcGôgnoiftré bien les foffez * &: veoir par l’obfcùnïé delàriui&ies âp* ** proches de l’énêmijou comme de loingil faitfes batteries & y plate l’ar* tiilerie,afm d’y donner empefehement aupofliblc* Preti vrie balle de fer de demi canon, laquelle barrehée en croix par le moyen d’vn taraulf, que les trôus ayent deux doigts de profondeur, enchafîèrâs en iceüx à coups de marteaux,quattre pernons de fer,dé telle longueur que la balle ainfi cr ôifée puifle àuec vent competent entrer en la bouche du canon,ou mortier qu’on ÿ veut applicquer,comme il èftmonftréett la balle C,0,de la figure de
- n. 13. Lefdits pernons ferùent à cé,que lâditte balle fe reueftant des eftoup-pes bien bagnées es mixtures precedentes, comme i’ay monftré en la façon des autres balles,les bouts les liaifôns, qui fe font fur chafcune câppe y fo-ÿent affermies, fi de Ces cappes il en faut faire autant,que la derniers efgaile lefdits pernons, &allors la balle aura fà grandeur & per fe&ion requife* Et pôurroit-on bien reueftitladitte balle, Ôc la lier fans ces pernons, mais au etf danger que par la véhemence du coup, les couuertüres fe dilfouldroye nt de la balle,de forte qu’elle feroit fans aucun éffe&i dont re tenues par ce moyen de pernons de fer ( car de bois ils fe pourroyent rompre auflî bien ) ôc balles& couuertüres demeurent enfemble, feruàns au defleing prétendu. Et faut-il que la balle foit de fer, pour pouüoir eftre iettée ainfi loing* Car combien que les autres balles ayent aufli leur poids, fi eft-ce qu’elles ne feront point autant de chemin que celle cy ,qui â fon poids au millieu.
- Pour charger cefte balle au canon ou mortier, n’eft befoing dê mettre yn morceau entre elle & la poudre, mais il l*y faut mettre ainfi nue, afin qu’âllumee de tous coftez elle voile comme Vn grand conimete ardent par l*air, & éftant tombée à terre, ne puiiTe facilement eftre efteinftede I ennemi. Eftant tirée par le poinéfc de plus haute esleuâtion i’afTeüte qu’elle * rabien trois mille pas communs 5 là ôùlâ balle commune àgtand peine fe fait deux mille. Cependant fi on n’auoit que faire d’efolairer fi loing, etme Veux nier que les balles communes ne foyent de moindre frais & fe s commodes *
- CHAP, XXI t
- UVMUIA UU uv * ^VUU^1UV4<VL ViUUllUW^• ^Ol UWd UC J/UJÀ IU|LU-
- de,ï.parde de poix tefîne, vne partie de camphre,^partie de benioin puant* (aferbetida) partie decoiophonie.Tôuslefquels matériaux bien préparez,peftris & incorporez enfemble,comme auofts monftré deffus, feront v-ne mixture forte & puifiante poiir l’accompliflement de l’effeft defiré.
- Poiir des antorches qui fans redoubter les vents, les neiges &pluyes, efclaireront de huift toute l’armée ou lés liéuX qu’on defire, il fout premièrement bouillir les fillets en la lie qui demeure au fond de la chaudière en laquelle on a purgé ou rafiné le fâlpêtre. Et en defaut de cefte commodité* qu’on ne peut auoir en tous endroits, on prendra d’eau commune autant qu’il fera de befoing, & pour chafoun pot d’eau vne îfe de fàlpetre, y laiflaht bouillir lefdits fillets iufquesàla diminution de f auec le foing de les y tourner & remuer fouuent: puis efte les & les pend au foleil, afin q’uils s’y fe* chent»
- Àppreg
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- Del’Artillerie. \qf
- Appfcs prea de la poudre & de Foulphre autant de l’vn que de Pautre, bien puluerifé &: eftamifé,& de la dre le poids de tousdeux, Mets la cire en vne chaudière fur petit feu,afin qu’elle s’y Fonde,& fondue qu’elle eft, mets y le£ dittes mattieres,les meslâm fortbien'enfemblé, mais pren garde que le feu n’aye point de flamme, ou qu’il ne fautelle, ains qu’il Foit lent & de charbon bruslé,& efteint par deux fois * fie fila mixture Fembletaeftre trop dure, va y meslant de la poix liquide du tfemerftiné , remuant le tout fort bien de ta paliette de bois. Et cecy fait, mets y tremper lefdits fillets entortillez proprement cômp'ofez : puis les en retirant tu auras vne roue comme eeutf qui font des chandelles, lespeiidant à vn crochet par deflus ta mixture * en forte que ce qui s’en dégoutte retombe en la chaudière. T ous ainfi pendans de laditte roue,ru prendras de riouueàii de poix refineFoulfre molu, & tre-mentine,parties elgalles & fondues qu’elfes feront,tournera la roue pat de£ lus, verfant d’vn’ecueillierede celte mixtion fur les fillets dits, d’anneau àanmeau,iùiques à ce qu’ils Foyent tous bien reueftus* Ainfi tu aurasdes an± torches,que ni vent nv pluye ne pourront efteiüdrç.
- G H A P. XX IIL
- Comment onpeutboutter le feu en quelque endroit* ou le ietter jur^f ennerm af-
- \TOufeht boutter le Feu en vne barque, maifon ou autre chofe femblabîe* on prendra comme on voit en la figure 2 ft* vn ârbai efte ayant l’àrc àyi* cunementtraittable»defortequalaleglere ilpuilfeeftre bandé de fongaÊr fon, 8d achargeant d’vne flefehe poindlue, armée d’vne petite bombe , où balle de feu,preparéed’vne des mixtions fufdittes, ie fuis afleùrè qu’allant proprement conditionnée,^ touchant de fapoinéfce le lieu prétendu, elle ne Faudra à l’efleét defiré* Pen ay veul’experiencé au fiege deYpres & <1*0 -ftende, dont peux bien afleurer que c’efl: l’vn des meilleurs artifices qp’oti pourroitappliqueràfemblables defleings. Demefine en fera du dard defr coché à bras fort de l’arc noté A.
- La bombe B fera bien propre pour defendre rentrée d’vne batterie ou autrepaflâgeeftroiét,ouendonnanrPaiJàutàyniiaiiire d’vne armée, le te-» nantdeuant,& détournant ceux qui font aux defences, où pour les oppolèç, aux attaqués no&urnes tant d’infanterie que de cauàlierie. .
- De mefme fera du fachet C, remply dès mixtures fiidittes, ppur refi* fteràl’aflaut del’enneifti, le luyiettant au deuantpour Pen detpurner* Et fans autres inuentions dommageables, defquclles potir n’èftre trop long, ie ne feray mention, onfepourraâufli allors feruir de çesgirJandqs, notées D, grandes & petites, qui eftant trempées & reue* dues de l’vne des paftes & mixtions fufchtües, ne faudront d'eftre treldommàgeables à ceux quelles rencontrerons
- T %
- G H AP»
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- 148 TroifiefineTraiété
- C H A P. XXItil
- Comment les mefchespour allumer les battes7bôm™ bes & autres feux artificiels doiuent efire préparées*
- CËn’eft de moindres feiences au fait de la guerre* qu’on fâche tellement préparer les mefches pour les feux artificiels, qu’elles les allument ou toft ou tard, de au temps limité, comme onladefire, pour l’effèd de la ma* chine à laquelle elles font appliquées. Or font ils faits en la maniéré fui* üànte.
- Pren vn pot nouueaubien luté, mets y du vinaigre blanc,autant qu’il fuffife pour y tremper la quantité des mefches que tu prétends de faire: ou au lieu de vinaigre mets y de leau de vie qui fera plus propre : mets y dauan-tage autant de poudre fine ,qu’âppresauoir embeu laditte liqueur, le tout relie comme vnpapin mol: aye cependant préparez les mefches faites de fildeeottdn,en telle efpelfeur que tii veux, combien que les plus ordinaires fe font de quattre fils feulement retords enfemble, notant qu’ils nefoyenc trop gros,ne trop retords i mets les audit pdt lùr petit feu,iufques à ce que le vinaigre ou eau de vie foit toute confumée* Olte les allors du feu,& les lait fe quelque peu refroidir, puis pren le bout de lamefche, &l’en retire entre deux doigts, afin qu’elle ne demeure trop chargée. Pend les fur vne corde à fecher* Gelles-cy feront fort vites à donner le feu : mais fi on les veut en-cot plus aüancer ,deuant d’eltrefechez on les tournera fur du puluerin efta-mife:& les voulant faire tardife, on prendra au lieu de la poudre fine, delà commune.
- Qn en peut aûfli faire d’une autre forte qui font quelque tardife. Pren* liant 1. îb. de fàlpetre bien rafiné ô£molu> defouffreauflibienmolu&fin jib. dt cecy on le met en un pot auec autant d’huyle de lin, que apres l’auoir bienboülly, &refroidy, la mixture foit en forte qu’elle ne s’attache en la main. Mets le ainfi bouillir au feu lent, ôdetourne bien,afin que tout foie bien meslé & incorporé enfemble. de eftant ainfi, mets y les mefches, laide les y bien tremper qu’elles s’emboiuent bien de la ditte mixture. En finies retirantlaifïeendefcoulerlefuperflu de la liqueur. Eftant rafroidies & fe-chées, elles feront fort propres, pour les mettre en œuure en lieux humides, comme es mines, ou autres femblables, l’humidité ne les pouuant empe* feher ne fuffoquer*
- Pour les feux artificiels de falues de de ioye * on les fait ainfi. On prend autant de vinaigre fort qu’il fuffit, pour y bouillir la poudre, que pour la quantité des mefches qu‘on prétend faire, eft requis, faifantle compte, que pour trois pots de vinaigre, il y faudra auoir 3. îb* de poudre: puis on y mec bouillir les mefches, iufq ues à ce que vinaigre foit tout confumé : en fin les oftant de mettant à feçher, on s’en fort pour les bombes granades, nues de autres fortes de femblables pafletemps*
- C H A P*
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- Del’Artillerie. 149
- C H A P. XXV,
- muraille, &yëfantfi a côuuert qu'on ne, endommager d'autres armes offenf on le peut repouffer.
- bî telle occafion il y faut appliquer l’ihftrtimenfc tracé êri là figuré ^ ^duchap. 19. note T.S» C’eft vn blocqueau rond ou quarte, lequel on kiffe tombera plomb du haut du parapet, par deux grolfes cordes ayant au boutchalèunelà mefcheallumeé* pour leur donner le feu quand il Vient embas. Ledit blocqueau eft arme par dehors d’anneaux l’amas, & poinétes de fer, par dedans où il eft caué eftrempli de poudre fine, cailloux, cloux &c de petites çhambrettes de mufquet chargées de deux ou trois balles dé plomb chacun: de forte que rombans vers i’ennemy &: conceuant le feu il creua, & bleffe & tue l’ennemy qui penfe eftre couuèrt, fans qui aucun fe puifle fauuer, cependant ceux d’enhaut* qui Sauront iettéfe garderont bien dudanger.Etfautnoter que les cordes defduelles de dit infiniment dépend ne doiuent palier la muraille, de plus de là hauteur, à vne ou deux aulnes moins» Dont pour eftre affeuré: il les faut mefurer par dedans, &: en attacher les bouts a vn anneau ou clou, du cofté de dedans du parapat, cotnmé onvoitenkdittefigùrevEtnelèroit mal à propos* liparmy la poudre fine* dont le dit inftrumént eft chargé* onyentrémalloit, quelque poignées on ballettes des eftouppes* trempees en l’une des mixtions fus defcriptes des feux artificiels»
- GH AP, XXVt,
- Composition de foutesfortes des feux artificiels* de filues & de loye.
- À Ÿahtiufques à preferit ënfeigné fufhfammént* comment l’artilliêr eft ^piufieurs maniérés & différences doit préparer Rappliquer les feux artificiels de guerre : d’orefenauant ie luy mohftrerày comment il doit préparer dés feux de ioy e,afin qu’en ceft endroit aülîi il n’y ay e faute de perfeffcibn enluy. Ôr combien que de cdràmuiiceft vne chofe bien cognue, tnéfme quali iufques aux petits enfans, qui en vueilient faire leur part : lieroy-iei qu’il y aiira bien des artilliers ( v oire la plus grande part ) qui ii’en fçaehent là maniéré de les compbler* & n’auront aucune cognoiffanee du moyen de les mettre en œuure : la ou toutesfois e’eft vne choie propre h dépendance dé tel office, laquelle il ne doit ignorer * Sc tant mbihs* qu’il n’eii recouuirerà point de honte, niais grand honneur* de les fçaüoir bien faire * ou pour lé moins donner ordre, que pour la ioyé du peuple, & pour honorer fon Prin-1 ce ou gouuerneur, ils foyent faits par autres. .
- Doiit pour luÿ en donner quelque adreffejie luy rrionftrérày k riianie-*ède faire les fufées,qui ordinairement R principallement font appliquées
- T i àfemblables
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- îp Troifielme T raiéfcé
- a femblables parte temps &ioy es Car ilyaplufieursqui ne les feauent faire, en partie p ource qu’ils u’en ôrit i aurais veu la maniera,ne renconftré qui leur en. donnait quelque inftiudion.cn partie,combien qu’autremenrâffeétiQii-ïiezàcefle feieneê, de craqué de.perdre quelque poinft de réputation s’ils apprénoyenr quelque choie d’vn autre, n’en oient demander i’inftrudion requife* Idiiit qu’ilyeirtaaufli,qüiles mettant en œuure ignorent toutek fois la quai iréraiîün& force de leur operation*
- Parqùoy m’afemblé çliofe decente St conûcnable de propofèt icy la raifon,forme & p, opomoiï dèxoùt ce qui y eft requis, tant des moldcs,com-me de la mixtion St température de la mattiere, dont ils font faits. Si non entièrement, èft-mc c'elt art qiiafï infini, à eau le de lîgrande' diuerfitéde tompoiitipns, qui toutes fepeuuent faire de poudre fine, pour le moins ic liiy pt opo féray q ue’ que s vns dés plus grati eux expérimente z nôuueîlemêtj èc ni trop labourieuxne trop couftables. Qjui combien qu’il ne foit de beaucoup d’importance pourle fait de la guerre, feruira toutesfois pour (comme aüohs dit déftüs.) honorer fârtillier qiii s’y entend*.
- Donques pour faire les fufécs en leur forme requife &: entière perfe-dion, il faut que premièrement on fâche fort bien tracer en vn papier le moulde,de la forte & grandeur qu’on le veut auoir, pour le donner au tourneur quiil le face proprement. Pour cèft effe<ft,fay vhe ligne droi&c à vn papier » P reh par les poindes du compas droid la mefure de la largeur de la fu-fée que ni veux: àuôir; St de ces ôuuertüres trace en £.àu long delà Jighe , des le poinét A, iûfques à B,comme dés la part dé làculade, Vers celle delà bou-éhe,qüi fera la longueur du molde: combien qu’il fe feroit mieux de #| de telles oûuertüres oucalibres. Le bois du molde fêta à lentour de l’ame, dé la mefineefpeireur d'icelle, de forteque fbndiametré fonde trois calibres dits* Et de l’ame le papier de lafufée empefeheraje quart en fâ circônferen-ce,d’efpeffeür,comme on voit en la figure ai. £ A, B,Eft la longueur du molde B, C, Eft le diamètre d’iceiuy, lès 4. mônftrent l’efpeffeur du bois dvn chafeun cofté. Les zd’cfpéfteütidu papier. Le pied aura en làrnefme efpefc féur ou circonférence diî molde, pour le moins calibre &demy de hauteur, auec Vne tôfte au millieude detny calibre,tèllémeht fàité que le quart de calibre d’embâSjfoit de l’efpeffeur de famé pour y eiitter iuftementî le quart d*en haut foitamoindry,d'autant que l’efpeffeur dupàpiër puiffe entrer entre deux &repofér efgallement fur l’efpeffeur d'ertïbas*
- Et encefte dpdfeut d’embas il ÿ aura vn petit permis fuir lequel rcC* pondra vn autre de bas bord du moulde, pour y paifâht vn «lou ou fil de fer affez gros , pour affermir le pied St letnoldè eiifemblê, comme on voie eftA,E.
- Le tampon eft celuy fur lequel on forme le pâpîér,doft eftre en mefme longueur que le molde, mais non plus gros qué l’ame delà fuféej ayant la manche en efpeffeur cotiuenab’fe pour remplir la main quand on fenuiron-ns eii tournant dudit papier* L’autre M, eft celuy duquel on éntaffela poudré doit eftre d'vn tour de papier plus meini, St quelque peu plus long, que le precedent, afin qü'àlayfeil puiffe entrer & for tir par làdittefdee,au ecla manche à téfte ronde fur laquelle on donne les coups du marteau, pour, comme dit eft,entàfrer la poudre ou la mixtion qu’ôn metpeu à peu eh la fu-fée. LafuféeN,faite,aurà/o.calibresdefabouche,lesp.dfepoudre,&ledi-xiefme pour les ligatures d’embas St d’enhaut. Le Êareii 0, n’aura la poin-
- étepluï
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- De l’Artillerie. iji£
- ftc plus longue que le tiers de la fufée,duquel on voit la figure, la forme & la. proportion. Combien qu’aucuns la tiennent en la culade du moulde faifant leur fufée fur iceluy*Mais la façô en eft incertaine, 8c ne reuflirà,fi ce n’eft bô maiftre qui s’y employé; & de fait, il n’y a qui en vfe, finon ceux qui y font fort prattique z Sc adroits»
- La mixture de la poudre,(bit pour petit ou pour grand nombre,fè fera dequattre parties de poudre fine & bien lèche, &vne partie de charbon de feul ou de tilier,ou dautre bois doux & friable .* le tout bien molu chafeunà Part,& paifé par l’eftamine deux foispuis bienmeslé enfemble. Et ce qui îè dit des quattre parties>ne fe doit entendre de poi^mais de rnefüre i de forte que pour quattre cueillieres de poudre ©n en prenne Vnede charbon | Car fi ony alloitaupoids,Ie charbon eftant beaucoup plus léger quela pou--dre p aflèroit la proportion requife» Et fi la poudre eft groflèjon n’y mettra pour 4.cueillieres que demie de charbon*
- Si on fait les fufées pour compofèr roues artificielles, on ÿ meslcra vn. pcü de fàlpetre,pource qu’il fait ietter la flamme plus vi*ue Ôc gaillardement» Btlesfufées quifefontauecplusgrandfoing, font celles qu’on fait cheminer par vne corde,ou pour conduire vn dragon d’vne ou d'autre partjoù il ÿ, faut du foing,afin qu’ils ne défaillent,car l’artiÙier ouïe maiftre en auroyent de lahonte* Dont pour en eftre afTeuré, il faut efprouuer la mixture en yné ou deux fufées,pour en cognoiftre la force» La corde pour les lier doit èftrè : la plus fine ou plus forte qu’il pourra recouurer, en ayant toufîours à la main de diuerfès groffeurs félon la dmerfité des fufées qu’il voudra faire* Cy ap«. près nous monftrerons quelques fortes des machines, qu’on en arme pour, faire des faluës,aduertiflànt l’amateur de telles befoignes, que voulant planter plufieurs femblables machines ioyeufès,tant àl’ouye qu’àla veuë,illes fè^ pare en forte qu’il y aye de diftanee de l’vne à l’autre,/5.0U 20.pas communs*, pour èuiter le danger que dé l’vne le feu ne fe prenne à l’autre deuant le, temps, & que la fefte en foie confufè, auec l’ennuy tant des aftîftans que du, maiftre meûne, Ayant efgard que les arbres ou perches fur lefquels fl les plâ-, tera, fbyentdemeimé hauteur, peintes de diuetfes couleurs, & ornées de. leurs banderoles de taffetas* Et fi la fefte fe fait de nuift > il les mette en œu-ure au coucher du foleil, afin que la poudre ne fefeche par la chaleur du fo* leil,& en foit l’opération trop fubite & furieùfe, donnant plus de fafeherie que de contentement. En fin qU’au lieü par lequel elle veut commencer à Faire i©uer fa machine,il y attache vne bonne mefehe bien çouuerce de pa* pief*
- CH AP. ^XVih
- Dejcription de quelques roués artificielles de là
- maniéré de les tompofin
- î À pfemieré inuention qu’es feftes & fâlues 4e fbierinelle aÜcgriè,on rhet* “d’pour donner contentement auxaffiftants,eft celle des roues artificielles» defqiielles combien que lafaçoneft fortantique, fi ne faut elle d’eftrede grand pafïètemps,à ceux qui les fontfegardans : Ôtpriiicipailéihenc fi côfn-me à prefent on a de couftume,on y entremesle plufieurs tirs, entre les fï** fées de durée, qui les font cheminer/les prenant en la grandeur d’une roud
- de char*
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- î?2
- Troifiefme T raiété
- de charrette auec Tes rayons bien Façonnez^ Et de fafo tant plus elle fera grande, tarit plus auffi en durera la ioye; feulement ilfauteftreaduertiquë l'efguille oit l’aix à fëntour dé laquelle elle doit àuoirfori iriôüuèment, foit bieri eiichaflee en la perche du pied., afin de pouüoir bien refîfter àfa force* qu’en ce voyagé orbiculaire elle fait. Et plus ceftè première, Â,qüi chemine au plan delateftèdeladitteperche,G.
- fi les tirs,& les c'Oüunr apres de les auoir bien proueux de poudre à l’eritbrir* ‘ de papier cblé defiliSjafin que le feu rie défaille jadis qüe éourarit par bon ôr-: dre de l’Vne füfte à l'autre,il téfcienric fon teriips limité * dë forte que Pvrie fu-
- ÔC que les tirs facettt auffi en paiifes corripaflees leurs effets * iufqiies à là fin* Èftant doncainfi compoféè> fèra coüuerte dé papier peint dé diuerfes cbu-îeursicommé la perche>Ô£orhce de fori eftaridàrt comme oh voit en la figure: ià.» m Et fi on n'âuroit dès fufées à fuffifànêe * ©ri les peut ësloigher quelque peuPvnè déPâutte> auec Vnè mefche entredeux bien couuette* coihbieri: qu’en làditte figure ie l’ay laifiee defcoüiierte pour en donner tant mieux à èntendrë côtrimentle tout doit eftre compàfle.
- La fécondé touë B>chèmiriant du moauëtheut naturel,eft de veuë foré allegro,& n’en eft là compofmori differente de là fufditte, feulement qu'on foit bieri aduerti que le perriori fuir lequel elle Fait fori chemin * foit de bori bois, oüpoûr eltre plus feur dé Fer* dé peur qü’il rie fe rompe * comme i’aÿ Veu qu’il eft aduenu en quelques falues, efqùeiles combien qu’eftantfâitdé fer,triais par inaduerterice mal trempé* fe rompant,en ont taifie le inaiftre confus; .. .. .
- *La perche fur laquelle elle fora plantée doit éftrëde mefme hauteur
- de fès machines fil lës face coûtés dë mefme hauteur* Of poür faire cheïüi-rier cèftë roue commeil àppârtientin’eft pas befoirig que les fiifées foyent de fi grande force cdthtrie celles de là precedente, La figuré C*eft làgiraldéà-ûëc fos lanternesi Le fait de la grarideür d’vnë roue dé irioulin à veht,bu Comme ii viendra àproposaitforme d’vriebdifteronde * ayàrit le Fond de
- Vollerit par douzaines pàr enhaut>&s’efparderit en l’air> ce qui ne fë peut faire auec de là poudré,qui lés fêrôit voler tous ërifétüblé.L'àrc qui enriiroririè-Pœuure*für lêquel auffileslëterries, auffi peintes de diuerfes côuleürs repo-fentjpeut èftre ericliafréë de qdelqües verres trarifparerits,aÿaris en deririere dès petites chandelles de ciré allumées. La forme des lariterriés y eft aüfli âdiouftée afin que Partilîiér voÿe tant mieux fî la façon tant dë la machina que du refte de ée qiii ÿ eft requis. Oü luy peut par déflbubs adioufter Vri# Couuerture de papier^afin qu'il rie Voyeles verges cîefdittes fuftes.
- G H A R XXVÎH
- ait <vn dragon volant, ç? vmjuseéqmt m Va & retourne fur vne corde.
- Lama-
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- Dé l’Artillerie 153
- T' A inachifte du dragoii ëftânt de grande fubtilité,& qui ne fe peuh fi pro--"“-^prement mettre eii céuüré fi ce n'efl: par vn maiftre fort expert : néant-moins,combien que nqneti tequife perfe&ion, tous en donneront icy telle quelle inftru&iôjde lamànierè plus fadlé,deles armer, ou pour le moins d’en faire l'efpreuuede fourrant par dedans quelques bons tirs,& d'un tüye-au qttipaftant par toht lerefté du cbrpSiteïhply d'vne mixtion humide miette de longues ^continuelles flammes par la bouche* Et pour le faire bien marcher,luy fàuît tnë'ftfë dëU* bones &: fortes fuifes de duree ën queiie, qui le poullènt Ôdefacent cheminer legierémeiitjEt quand la grande fufee ou tuyeau de la bouche aura acheue fon oeuure,âü bout il y ait vne mefehe, qui donne le feu à l’interieure machine du corps &le face tirer 6c creuerauec grand contentement desjfpe&àteurs* Et pour tarit pi us follennifer la Féfte, on pôurroit au millieu dë la cordé ordonner Vtte nuée ou globe -, ou grande balle Vuide par dedans,&enuirorirtee de plülîeurstirsoUperatSj &ie rêfté: rempli de confituresfrottes* oü auellaines&: noix de forre que les dragôs’ de deux côftfez y ayant boutré té Feu,6c les petars ou tirs le fà fartt creuer,ies’ confitures,& ce qu’il y auroit dedatis,fôyeut auec grade ioye, efpars par def»' lus tous les amftans.Or pour ceftè fefté il fauk qu'il y ayt deux dragôs corn ~ melafigure24- monftrejquifereeoritërantaüeclabàlleouniieluydon-' nent le feu,en mefme temps, à tous deüfc côftéz-dont auiTi il faült que la dicte nuée ou ce qu'on y Vouldra mettre âyèfonfagoniuflement és lieux que ies dragons toufcheroiit»
- Pour former tant les dragons que là bâÜë,on fe fert des cerclés ou arcs d’eflamines 6C tuyeaux les Formant & liant de petites cordes , îufques a en former le corps,comme ônveult 3 ôcappres aüoir bien fait & colloqué les aisles, èc erigees comme voulant volet deuant de le coüurit de papier pei rit de fês couleurs il luy fault côpoifor àu dedans la machene réquifè,qüi doibc eftre leguere, des tirs 6c de quelques petites fufèes*Et fe mettant en œiiurè de nuiét,donnera tant plus de contentement au commun peuple i Combiê qu’aufli de iour il n'a machine plus plaifànte à vërfir. Là cotdë fur Jâq iéllé iis font leur chemin ,doibt eftre de fil de feroudecuiüfè,câreftârittlè châ-mure il y a du danger qu’elle ne ïèbrusle*
- Puis en la mefme figure on voit viié double fufëë, qui de là tôtir chemine vers l’arbre oüefhmtparüenüe elle retourne tant fubitement vers là lieu dont elle efl forte*. Qui eft vn des plus plaifànts fpeélacles qu'on peuît auoir;principailement en ayant bonne ptouifion, pour les faite âihfi cheminer l'vn âpres l'aultre. Ëftantaduerti què félon le chemin qu'elles orit à faire,il leur rault feauoir donner la proportiô de duree. Et en Voyage court* en lieu de la corde,il fe fauldroit auflî fefuir d’vn fil de fer, ou de cuiure, afin que le fufee s’arreftant deuaritd’auoir acheue fa première conrfe ne la bruf le.Etafîrî,qü’ellefacelegiercmentlaquarricte, retournant prompteffiënt dont elle eflfortie,ii les Fault accommoder de forte que liez enfembîcl’vn ayt fa bouche auprès de laçulade de l'aultre, dont la mefehe for tantla première ayant fait la courfe donnele feu à l'aultre ,po ut la r’cnuoyer, hôtant que tant lamefche que la poüldred1 allumette doibt allerbicn couüerte de papier,afin quelle ne prenne feu deuahtle temps* Et pour courrir legiere-ment,il faultquelacordefoitdechamureoudefil defer , foitfort tireeôç tendue. Et le cheualet,ferâ vn petit tuyeaü ou de rofeau ou de bois bar rené & fait de tour, comme vnËutte,quelque plus lôg que les füfées : en default
- Y efqucls
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- 154 T roifiefine T rai&é
- dcfquels on s’aidera des tuyaux de fufeau, qui eftants focs, font fort propres. Or le tout fe fera, ainfi qu’il eft reprefenté en la figure.
- C H A P. XXIX.
- Comment on fera un deuuydeur & un Chafieau Çtf une bombe de feu artificiel de grand contentement. fig. 26. fi-
- ï >în(kumentÂ,&vndeuuyderdo*ntiesfemmesfefèrueüt pour deuiiy-^ deurleur fillets, qui eft vne inuention affez gratieufe, l’enuironnant tout à l’entour dVn bandeau ou corde, à laquelle font attachées certaine quantité defufees d’vne (bitte continuelle, dont la moitié tournent del’vn, & l’autre moitié de l’autre codé : de forte que la première ayant faite fort to ur, l’autre incontinent prenne la roucte contraire, & ce par le moyen d’vne mefche cafchee, qui apres que la derniere de l’vrt tour a acheué fort deuure, donne le feu à la première de Pautre. Chofe de finguliere récréation, comme ie pens bien afieurer, enayantfaitmoy-mefmel’efpreuueà Nieuporre en l’entreefc receue des Embaffadeuts d’Angleterre.
- Pour faire la Machine B, qui eft vn Chafteauà cinq tours & quatre corti* nés: on prendra vne grolfe planche, en telle grandeur, qu’on veut fai e le plan dudit Chafteau: Et fi on le veut faire grand il faut ioindre par embas plufieurs planches enfemble, par le moyen de quelque trauerfes emchaf-îèes comme on voit es tables : laifïànt au milieu vn grand trou par lequel paf-fàntlapoinfteou lefommetdelaperchequifouftient toutcebaftiment, il y foit bien attaché & affermy. Et pour faire les tours t onfe doit (eruir dtt tourneur, qui de bon & fort bois face les canaux & les trous efquels les pe-tarts font logez, âuflî laboures au tour, & teilemëtpofez qu’eftans toufchez du feu, il Portent fubitement, & facent leurs effe&s. Le toutageance & ordonné en forte, qu’vne mefche tardife enuironnant tous les caua liers & cortines, leur donne le feu par ordre. Et en faute de mefche propre, on (è leruira de quatre tuyaux faits de terre, qui remplis d’vne mixture humide, & logez en forte qu’ils vagent d’vne tour à l’autre, receuant le feu par l’vrt, comme on voit en la figure, l’enuoyentâinfi par tout. Et peur les entregarder quelefeu ne (éprenne deuantletemp$,oupartout, ou en quelque endroit, qu’on ne veut encor allumer il luy faut bien boucherie chemin auec de Fadille ou terre de pottier : âu defaut de laque lie on fe peut feruir auflide papier le colantés lieux propres pour femblable affaire : combien que l’arfil-le y fora plus propre. Sa fabrique fe peut faire de quatre differentes&gra-cieufes machines: mettant tout à l’entour des certines des fuiees mofltanres qui paffont leur verges par le bas de la planche, qui par cefteffeâ doit aufli par tout eftre proprement percee, comme auras dit deffu>, de la giralde. En tes tours on logera des fufees courrantes &petards faits de poudre fine,& les allées pleines de trique traques. Les toi&s des tour^ feront de fueilles de lattes auec fes bannières & eftandars: Affeuréquele toutallant bien ordonné, fera vn (aine finguliercment allegre.
- La figure Dt C. fe peut faire en forme degranade, ou de colomne cona-
- medn
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- Del* Artillerie. ij $
- Àieon voit en la trace, piétinant vn bois de telle grandeur qu’on voudra, barrèné parle milieu d’vn bout à l’autre, en forte qu’il y puifte entrer vne gtoife mefche artificielle, qui donne feu aux fufees courantes logées es trous marquez dudit bois* Et fi on en veut ietter vne quantité enfemble pour faire place courantes de tous collez, il les faut afieoir auec de la colle fur le haut dudit bois bien enuironnees de poudre dont la mefche principale s’allumant êcconcoiüentaufïi le feu, en forte qu’auec grande ioye on en Voyè fbrtir aucuns par erthaut, de des autres par les coftez en vn mefme in-ftant. Aduerty cependant que les bois ne foit de pin > fïnon de chefne ou d’autre bois dur, ou pour le moins qu’il foit de l’efpeffcur d’vn bras, bien droit & efgalement labouré,
- G H AP, XXX,
- Comment on fait vnefphere de feu, &guarnit aufi des r.ondajfes de feu artificiel pour repartir vntournoy*
- T A fphere notée E, en la fîg* zé. p. E, eft faite en la maniéré fuivante, tous ^fes circles font faits de bons & forts aires d’eflamine. Geluy de dehors trauerfanttouslesautresj&reueftupardehors de fufees fortes comme on vfe és roues, eftant celuy qui fait rouer de cheminer toute la fphere fur foa aix ou pernon* Les autre cercles font armez de tirs , ou de fufees fàillantes de courantes > receuans leur feu l’vn de l’autre, reueftus ou guarnîs pour ceft effed, ou par dedans, ou par dehors de poudre fine iettee de collee fur leur plat, ou d’yne petite mefche, avec tel ordre qu’ayant couru par tout vn cer-cle, elle paruienne aufïi à l’autre > les cercles auflï mefmes eftans ainfî pofez ou colloquez ou liez auec cordes ou attachez auec des doux, que le feu par bon ordre puifie courir de l’vn à f autre, iufques à ce que fittallement de tout au dernier, il paruienne au globe ou monde du milieu; qui aura au milieu vn pétard de poudre fine, & lerefte remply de foulphre püluèrifé, meslé de fbyeures de bois de pin trempees en eau de vie, auec vn petit li<ft de poudre fine, deforte que le pétard du milieu conceuant le feu efparde tout ce mef-linge en l’air comme vne nuee bruslante, qui femble vouloir tout confu-mtr, mais fans danger de auec grand contentement de ceux qui en ont la veiie.
- Pour repartir ou fcparer vn tournois, feroit chofe fïngulierement agréable, fi à l’improuifte on fit fortir de deux coftez contraires,deux hommes armez de bombes ou baftons de rondaffes de feu artificiel, qui fe mettans au milieu s’efearmoufehent enfemble.
- Les rondaffes fe feront en forte que foubs vn bord qui les enuironne ou toute couuerte qui les couure, de gros papier, il y ait par ordre vne bonne quantité de tirs de des fufees colees qui conccuans le feu par vn bout d’yne mefche le conduifent par toute ladite rondafie.
- Les bat tons eftans barrene z feront remplis de la première mixture donc deflus auons fait mention, eftaat icelle Ja plus trai&abk de moins dange-reufe, l’entremeslent de quelque pétards de petites fufees, non plus grans qu’vne plume à eferire, faites des petis tuyeaux defufèau, qui les hommes
- V i demenans
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- i$6 TroifiefmeTrai&é
- demenans lefdids baftoiis, v oltigent à l’entour* Et fi on ne voûtait auoir tels baftons, on pourrait faite de courtes efpees deboisjreueftusdedeux coftez des artifices de feu âuêc leurs tirs & petites fufees couuertes depa-pir, ayant la mefche âllumeë à la poinébe, dont cotnmençeans à efcrimer le feu en forte 6c foit aufii donné au rondafîes, en leur lieu propre* Sera fans doute Vn fpe&acle ioy eux foit de nuiéfc, ou les bombés ou baftons viendront plus à propos donnant beaucoup plus de feu 8c de lumière, que les efpees, foit de iour, üU il n’y aura faute de cohtentement: comme on peut veoir de la figure 24. î.
- C H A P* XXXI*
- Examen d’vn Artillierprétendant laplace d’vn Connefiable.
- Gen* Ônfieur Lieutenant, îe ciroy que Vous fçaVèz de qüeileitiftaü-
- ^^cel’Arcillier nommé N. m’a requis, de luy concéder la place duConneftablenouuellementmisen la batterie du Reualin bien. Chofe que ie ne luy peux o<ftroyer,fànsfçauoir premièrement de vous, s’il eft homme de bien qui le mérité, 3£ s’il fera füffifant pour s’en acquiter, efperant que vous lé cognoiftrez mieux que inoy*
- Lievt. Tres-Illùftres Seignèur,îlyadefialongtempsque ie leco-gnoy, 8c l’ay toufioufs trouué en comportement fi doux 8c au pomd de l’artillerie fi adroit, que fans doute à mon aduis il mérité qu’on luy en face l’honneur 8C grâce, ayant 8c Vertu 6c expérience conioin&es enfembleî comme fans doute il âpparoiftra en foii examen.
- Gén. Sus doncques, qu’on l’appelle, car ie me Veux trouuerpre-fent en cas interrogatoires»
- Soyez le bien venu frère. Sachez qu’e fiant informé dé la procédure devosbonsfèruices, le defiré auffi defairel’efpreuuedc cette pratique 6c entendre le difeours de voftre expérience» Car celuy qui afpire à la charge de Connefiable doit auoir 8cfcieUce, 6c pratique conioinétes, pour pou-uoir auffi enfeigner fes artilliers. Dont ie vous demande, que c’eft d’artillerie?
- Artitti Monfeigneur, L’Artillerie eft yne machine de compte 6c deraifon, pois 8c mefure, 6c vrie inuention admirable, pour abbatre 6c ruy-ner les fuperbes murailles, des forterefles, Citez 6c Chafteaux.
- Gen. Qu’eft-ce que d’vn Artillier* Art il* L’A rti Hier, eft l’homme exercé 6c expérimenté en ceft art»
- Gen. Dites moy doiicques,;comment fait-on vnc batterie, 6c de quelle proportion font tracées les explahades?
- Artil. Illuftriflimé Seigneur, Quant aux expïanades elles fontfai-tesauec telle proportion > qu’éêant pourvn canon de batterie elles ayent de recul 30* pieds Géométriques :6c pour le demy 27* en les coupant on fait la première planche de 9. pieds pour 1e canon, 6c de 8. pour le aemy, 6c de la les autres planches Vont toufiours croiflant en ligne droite ou trauerfee* iufques à ce'que la dernierê parufenneà la double longueur de ladiéto premier*.
- Gen.
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- De i’ Artillerie. 157
- 6e Ü. Ceft bien dit. Dittes moy aulli quelle haulteur & efpefleur cm donne a l’efpaulle dé la couuerture de la batterie afin qu’elle foit a preuué de canon : & eh quelle forme voiis marquerez les troiiiérès pour ehafqué pièce*
- Ar t il . L’efpaule > Mdnfeigneur fe Fait de terre & des fagots, cii largeur de z^pieds,donnât a chàfqùe pied de haulteur dé fagots deux pieds de terre: &amfili£fc fur ri<5fc,iufqués a onze pieds de haulteur. Êtappres la haulteur de trois pieds, ônmarquè les trdnieres, en téMerriefüre, que pour le canon elle âye trois piedes de largeur en barbe de foh embouchure & par dehors en la fortié u.pieds. Et én forte que dés Pehtire dé dedans iüfques aii dehors le fond vaye defcendant entaluen maniéré d’efcarpe: afinqhe la piece puifïe tànt mieülxdélcouurir l’ènnemy eh toutes fës aduenues & l’of-fenfés plus libre & frânchèmèntIoint àùffî que lé mëfme fèruira a ce que lé fouflfle de la piecé né la rênuerfe & deface;
- Gë n . Il me fethble que vous ri’y allez mal à propos ch ce pàrticüli-érjtriâis quelle ôuUer cure donnez vous a demy canon.
- Artil. Audi bien commencera le fondé defatroniére eh la üief-fnê haulteiir dé trois pieds, duplandëPexplanade mais non plus large que 2|pieds par dedans,&la fortie de p.pîeds auéc là me fine defcénte du canon ;
- Gë n . Ayant a faire Vrie fimple batterie,àuec des gabidnsj combien en demanderiez vous pour fon accomplifleront.
- Ar TiLi Selon quë ié lieu le permettroit, & que la quantité dés pietés lé dëîüahdrôit.
- Gén. Fanons le compte quilfauîdroitlogerdouzépiebes,
- artil. Lors en mettant Rentre châfciihe piece afin qU’al’aiîeôé ïàns eftre defcouuert dePennemy &pour couurirauiîilès bouts extérieurs; I’endemànderoÿ3£. Etie lieu ëftàht trop eftrditdè forte que ie n’en pour-roy mettre que deux,il fe fàuïdroit contenter de 16. Ètaihfî en là premier^ de^. gabions il y auroit dé trohtére ààUtreai. pieds : 8teneellb dei^noii plus que 14. Et lés pièces y ëftant logées il y aura en cëllë de 3* gabiohs dé roue a àültre entré deuxpièces tf, pieds* Et éh celle de deux non plus de ib; pieds faifant le compté que chàfque gabion fera de fept pieds de largeur;
- Gen+ Sitellê batterie debuoit èftrè fàittë àpreüUéde combien ÿ faùldroit iLdes gabiohs pour eh faire Vile cbuuèfcture fuffifàhte f
- Artil. Ily aura bien de la difficulté de là faire pàtfaittfefiietàpirdi-* üe âiiec des gabions,iceulx he fÿ accommodant trop bieti * St la Cowuer turé h en poiiüant eftre ëfgàllé* Toutësfois pour fatisfaire à la demande de V. S; &decoüurif le peu que î’y petilX comprehdtë* I’eh denianderOy pour tou5 tés lés deux fottés double quantité; De forte que pour le premier Ordre dé 3 entre deux, Pen mettrais âufli 3. en forme triangulaire eh front, coüurànt lès deux ioin&Ures des trois intérieures de deuX,& celle de ceulx cy, d’vn Si mettant ainfi fur châfcuhinterUàlle de pieée a aültre 9<gabios. Ecainfi pour les 39 que le demadoy pour le fimple batterie* pour celle cy ï’en dcth'ande-foy 78. Pour l’aultre dé déuX,poui: faire aiifli Vne fret triaiigulairei en couu-rahtl’ouuerturequiefteritireicëulxdVnien’auroy affaire finondé39.gabions. Dé laquelle ié né pdutroy afleurer qu’elle feroit fi bonne que la première*
- G e n* PoufqUoy donnez vous a Pefpauie faitte de terre St fagôts 23 piëds d’efpefleür & àcelle desgabiotde trois à trois non plus que 20 en fà plus grande efpefleur f
- y 3 àm.
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- 158 TroifiemeTrai&é.
- Ar t il. Les gabions eftànt bien remplis de terre grafle ou aultre qui ne foit mellee de pierres Se ordutes & bien battuejeftant trois corps fe-paree entre lalTez d’air, ceft vrie chofe aflfeiiree que la balle ayant perce l’vn Se rencontran t l’air entre deux,y perd beaucoup de là violéce : de forte qué parce moyen i’eftime que le default des deux pieds y eft bien,ce me lèmble, recompenfé. Et i’efpaulle dé terre & fagots failànt vn corps vne fans aulcu-ne interuentiond’airr&principallemotpouuantaduenir quela balle don-nalfe fur l’entre lié); des fagots ou elle trôuueroit Ion paflàge alfez facile : les deux pieds qu’elle ad’auantage que celle des gabions luy vendroit biena poinà.
- G e n. Les raifons que vuos me donnez fur ce point nemefem-blentpas mal à propos* Mais dites moy au relie, en quelles battenes vous elles vous trouue,dont vous aueZ remporté libonne expérience?
- Artil. I’ay elle, Monfèigneur au lïege de Cambry , deCales, d’Ardres: de es fameufes 8c renommées iournees de Hulft Se Oftende, Se es dernières de (333ad$tcnî)0nc£ Se de Craque,auec V.Seignorie*
- Gen. Maintenant i’achette d’entendre qu’elles vielartillier, digne, de recompenfe félon voftrepretenlion* Toutesfois le déliré auffi feauoir de vo us, a quoy,eftat dorclen auant auancé a la charge deConneftable,vous feriez obligé de faire es batteries!
- Artil* leferoyobligeatoutcequidelïuseftdit, & en particulier de faire les tronieres, de bien loger les gabions des couuertures, regardant qu’ils fo y ent bien pleins de battus* Et quant aux elpaulles de les faire me-furerdemesproprescordes& marquer de mes pieus en lignes droides Se trauerfees*
- , Item faire&aniuelîer les expîanades ,vilîter les pièces pour recognoi-
- ftre leur bonté ou defaült,leur faire leur cueillieres lanades de tampons propres: recognôiftre Iâ bonté ou default delà pouldre > de regarder chafcune piece ayt fa chargé requife* câlibresles bâlles,pour chalcune piece, auec le vent nee#lfaire faire les mefehes ; cotturir bien la pouldre de la pcrculïion des pièces ennemyes, de la mettre fus vent quelque peu esloignée de la batterie Se couuerte de peaux de bœufif ou de Veau , regarder que le feu des mefehes de des bouttefeux Ibyent foubs vent,en forte que les eftincelles ne fe rencontrent auec la pouldre»
- Itemregarder lîia poin&eine des artilliers eft bonne Se dirigée au pied de la choie a laquelle on veult tirer ; repartir les cordes aux dits artilliers, leur diftribuer les pices en leurs batteries, les âdmonetant qu’ils n’en faille-lent,d’vnféul poinct Leur lolliciterleur pain de municion de aultres re frai-fchiiremçnt, tant ordinaires qu’extraordinaires .Item reçebuoir leur fold e du commiflaire,pâgador, ou maiftre du quartier,la deliurant a chafcun en fa main propre, Se l’aduer tifïant qu‘il regarde de la bien employer.
- Gen* Vous Môftrcz eftre fort bien eftiilé de habile a femb’abîes affaires , Se ne doubte aulcunement que les oeuures n’y relpondront, eftant la bonneTheorie toulîours lafource Se fondement de bonne prattique. Or fus donqués Monlïeur Lieutenant examinez le vous dureftcaece qui y eft requis^ quant a la place qu’il prétend,le l’y accepte, & luis content qu’on luy baille vn billet au contador,afin qu’il le mette Se face bon en lès liures, afin que d’auiourd’huyenauantiliouylTedelalblde de preéminance de celle charge.
- Liïvt.
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- De l'Artillerie. îjfp
- L i ï v T* ' Monfeigneurletoutfe Ferafelo voftre commendement*
- Gen. Adieu donc iulques à demain;
- LievT. Dittesmoydonquèsmonàmÿicornbierideschofésdiuer-fement nommées y a il én vne piece d^artillerie1.
- AkTiL. Les membres&chofesdiuerfeihëritnQiïiéés sôten nombre de zï. dpfquels là bouche eft le premier ôc principal , de laquelle de-pendla forme & qualité de toütle reftè* La largeur ou diamètre d’icelle fe ditlecalibre , dont l’artilliet prend toute la mëfure & proportioh dé là pieCe *auecle Vent quidôibteftre donné a la bail ede pois, d’icélle,&combien de pouldre ou fine ou commune il luy fault pour fa charge. Le bord large de là bouche fe dit l*orle,& ce qui en eft poli*des l’àme iufques aux frifes,fe nomme le brocalceft oula pouldre au repouls delà balle,par fa furi-> eufe ex halation fait fbnreftriff & forcé* qui câufe le recul de la pièce quand oh la defcharge. L’Ame èc tout le Vuidi , ôc tuyeau de la pièce, laquelle eftant efgallc ni encampanée ni enchambrée * la pièce en reçOibt lé ïiomd’eftreditfede tuyeau efgal ou fuyui. Si elle eft enchambrée * lé bord de la dittechambrefé dit* encie*friiê & relech. Le fagon eft le per-tins au bout de la chambre* par lequel on donne le feu a la pieu*
- La culâde, eft la plus groftè &haulte partie de la pièce par derrière des les fagoniufques au cafcabel, qui eft la ponnée ou manche que la pièce a au millieu de la culade* Les cordes ou reforts esleuez qui environ* üent làpiece tantpourluy donner belle façon, queforce, font appeliez les moldures ou frifes*
- La chambre de lapiecê cbftitftêiice des lefogôn. s’eftendàrtt Vërs là bouche * iufques a quattre calibres de fil bouche, dont les deux font pour y enchaifer la pouldre, l’vne pour les morceaux* 6c l’aültre pdurfaflieEte ôc logis delà balle* Surlâ fin de ces quàttre Calibres * la piece ordinâïre-menta vne cinture elleuee, de moldures Ou frifes, pour tant tnièulx retenir la force ôc pereuflion de la balle* ôepour luy donner forme plus ag-> greable.Lacein&uredes munions, doibt eftre iuftemeht aü millieu de iâ pièce,en quel endroit la piece aura perdu,des le fbgon, vn quart de calibre de refort: ôc d’icelle enuers la chambre font colloquez les délphiiis, par le moyen defquelles*y attachant les cordes,la piece eft esleuée * par la monter ©U deualer de fon fu&Les bras de métal que là piece a au tiers de fa lôgueur* font appelie z les aureilles ou muniohs * lefijuellès enchaifees és lunettes ôc munionieres, ôc y eftàt enferrées auec chefnes de fer, facilitent gràndemét le maniement de la piece,là tenât quafi en balance d’eqüilibre. Et des celle ceindure iufques au col*la piece diminue derchefd’vn quart de calibre * de forte que des le fogon,iufques a l’orbe delà bouche * la pieçëaürâ diminué iuftementdemycalibré. L’e’fpefTeurdes metâulxtant ett chambré * qu’èà munions &col,& par toute la piece eft appellée refort* Etquand le fondeur, yeult fondre vne piece, appres auoir bien forméfesmoldes * tant celle del l’ameiquedelacirconferenceiafinquelapieéevflifteelgalle * ôc que famé ne s’ac colle plus de l’vh collé que de l’aultre* ymett encrelesdeiix moldes trois crufettes de l’elpelfeur d’vn doigt, l’vne parla chambre* Pàultre parles munions, ôc la tierce par le col. La coüuertute cnchalfee aux gerts & mo-linetsdes metaulx, couurantle fogon afin que l’eau n'y entre &meiuiilelà pouldre * eft communément appellée la diotreou braguette* Les frifes ............................... ...........................plîis
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- i<5o Troifieme Traité.
- plus haultes de la bouche s’appellent la îoye , & celles de la culade Rafîmi-re.Ets’ileft queftiondelamire,oüpoin£terié. , ellefeprend iuftementau millieu des plus haults metaulx oufrilès de la rafîmire& de laioye. Et ce que la rafimire fera plus haulte que le ioye, s’appelle le vif. Poinét ne-celfaire délite bien entendu de l’artilliér aüec (intelligence de fofter quâd la necelïité le requiert pour bienaüeurer fon coup, principallemét s*il fault embo ucher ou démonter vne pièce ennemie*
- Li e v t i T elle curieulite me plaie fingqiieretnent,comme de fait elle nedoibt eftre ignoteedeceluy qui faitprofedion d’artillier* Mais paffons auant , &: dittes moy toutes les pàrticularitez &: leurs noms qu’il y a en vn fuit tout ferré 6c parfaiét
- Artill: Quantàcequerentens de Ces particulier,le troiiue qu’il y en a 18. Premièrement & en general > il a, le nom de char currenne & fuft: compofé èc formé de deux iambes ou cuilfes longues larges &: grolfel, de bois dur, cdme de chefne orme buhoyér. La partie de deuànt , qui eft la plus large eft àppelleè la telle dü fuft •„ Lé millieü près de la première courbee en bas & dépendante s’appelle la couche. Les permis efquelsles trauerfes font enchàlëes, par le moyen^delqudles les deux cuilfes font minutes enfemble , font appeliez les Faîtages, les dittes traüêrfes aulli y eftant retenues par le moyen de deux gio $ pernons , qui palfânt toutes deux les cuilfes, les ferrent de l’vrte part de leur telles,&de Paultre part des cheuilles deferquilurdesrofettesdefer, a Coups de marteau làhs palfeés parles ef-quilles des dits pernotts,de forte que tout le fuft en demeure ferré & fermé, comme vn corps entier* Ghâfcüne cuilfe eftenüironhée &guarniede Trois bandes ou fortes làmës de fer* bien clouees , pour retenir le bois en forte qui’l ne fe fende. La guamiture qui a la queue va tramante par terre, s’appelle la eonïiere -, & enuironne celle partie du fuft tant par embas que par enhault,bien chouée* Se nomme aulîi Bandon terrin du fuft. Et icy eft en-chalfee ôi affermie par les pernons la tràuérlè de la contiere , dont coinme auons dit delfus,1e ruft eft en ce lieu ferre en vn corps* Le pertuis par lequel on paffe le clou qui retient l’auantraine, eft 'appelle Politreine ou fu-racon. Laguârnilbnou reuefturede ce pertuis s’appelle florecton ou Chapitrons d’icelle dépend Vn anneau de fer,dont la retenue enuironne toute la guarnitute delà dit te trauerfe* Demefmeguarniture &raulfi fortifiée la trauerfe de la telle ôc celles de la cuche & de la culade > ou lapiece repofe furies coingsdeboiSjtoUtésaffermies parfemblabes pernons. Les guar-nitiflres d’enhault, & d’embas des cuilfesis’àppellentplatu ou planches : qui toutes font attachées d’embâs eühaultpat le moyen de gros pernons,comme ceulx des trauerlcs,trauerlàns le millieü & cœur du bois de hault embas & les dits pernons tous font de telle, iufques à ceulx qui viennent fur les lunettes de munionnieres pour enclore les munions* Et ceulx cy font appelles pernons d’efqUille>pource qu’en lVn bout ils ont comme vn pertuis d’ef-quille auquel comme delfus auons dit,par le moyen d’vne petite cheuille de fer dépendante dVne petite cheuille attachée au collé du fuft au bois , ils font affermis&eftraints. Le pernonquivientà tomberamunionnere,fur lequelie te munion de la pièce on rirant refulte eft appelle , le pernon de couffin, pour ce quepour defencedu fuft en celieu il tient vn gros fer en forme de couffin, liir lequelfefaitJe coup. La guamiture qui enuironne la telle de chafcune cuilfe,eft appelle le tefteron* Et la brague ou forgeron
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- Del’Artillerie, idi
- g H: celle lame de fer, qui par dehors environnent je bois de chacune cuiflej ècpalfeé 4p fes pernods traüérfez comme on voit és trayerfes aye à ferrer ou retenir le? çüilfes epleinble. Et celle planche ou laine ëft requife entre les fjifts dps canons & dérny citions, pour les faits durable?. Les crochets qqi font auec v$e lamé longe de fef clouez & attachez àù têfteron* dont on fe lert pour y mettre ïçs cprdes à lambin, qiiand oiien veut tirer les pièces, fqntappellfezgànçhès ôugàrfiohs* Âfalihe @ii oiàlette eft fenchaflure ou puuérturë de chafque pied du fuft en laquelle faix eli enfermé ou eri-challe* ^
- Lievt . Certainement i’ay pris linguiiér plàifîr d;éntendre àinfî pàif le menu & la diuérfité des membres du fuft , & leurs, noms: voyonsaufli Ceux de faix* \
- Àktipi ï’aÿ trôjiüeàufli dix membres&nomsdiüers* L’aixeft toufc le corps ; mais il y a âiilp Je? bras, le chaperon i la couùerture bu manche, le lelàrt, lainéi les bal tops * bfâçquës bu vifagrons* qui lèfrent faix auec lç fuft* qu’il né le puilfe deftoutner a aucune pârt i les chauétilles, lés oiâls * les broches i les cipittelles oubroquüisi Mefriiè aufli és roUes* puis il y à treize membres diuéffémëatoomtiiez. ïlÿàle hbmgenérai de ioué j puis il yâ ïe cubej telle bu iimbpjlbs cercles bu anneaux * les retenues diceux, iesti-neiiesjiesfibitbhsjlesbtoéâüxilesraÿpnsjiescburbesi ies ahdes, les brides* les eftriüipres * je? çlguillettës jles cîoux. Et pour retourner à npftré propos de fa4iié dis tihç toutes les fufdi(àes güarfcitures feruent de le fortifier* pouf fupportef fa grande charge èt force de ia pièce, qu’il porte* Là partie dpfipqùjés quiçjitré es rôties j éft âpp elle lèpres* Le fer qui par en-haut çquuré iebirasi afin qdil nefojt ronge dç la rpue* s'appelle le £happb couuertë les pii inançhe de 1’aix: & fera proprement cbappprQij* s’il forte du'êpbç 4e la roué pouir énüif ©hhér de la pointe* Laine dç tfaix: eft cé Jqng&grp? fer, qui enchalfeau bas de l’aix defvné a fapçrè poiii6tp> ayant au fepul dé chacune yii pertuis pat lequel Jës fôttes y ejftànf entrées elles foiif retenues par iç$ çloux de fer * qu’elles dçp. püiflenÈ irpiôf tir. Dr cp fer aidp loullenir le grand ppiSj&lâfprce dé là pièce* qqàhd ëUp éft défçjiar-gée, afin que faix npfo rompe du grand coup* &U âu|fi afin qu^liië faille â|i chemiii. Etçplieu dé cç fer, pnlefert aucunes fois de deux autre? ënçbàf fées de mefmë * cjiaçun eii foii bras* eiitratis iufoüés au milieu de faix * furie* qué| |1 y â Vri fort ét gros Cercle de fer qui feriuiro nüant aueC le pois du fuft* f y tient ferme, y èftant bien cloué * auec des chëuil les de fer fan? telles ; Pair çoftez les btâ? de.s aix font âufiî Çouüëtts de quelque petites lames de fer* qui âu0| aident beaucoup à là gnarniture qu’aufli la il ne foitrongé de? roues* L^iyet&cépértuisquipaÿampârlebbis & fer dejamé* reçoitle? elamies Ôtrçiénnes des folie?* Lçs afaridelles ouchâppes He fer * font ces gros anneaux qui aiibpwt de faix entré la tbue&; fes retenues empafchent que la rpüe né & gaftë contre ieî&4»$ retenues* Cés bandeaux courbez par lefquëls l’aix eft fetenü aüfuft * font appeliez broqüins bu vilagron?* Ecçe-cy quant à la déclaration de?nf>m?pf»^déUÜe^dè faix : Qûantàuxtreize noms de la roue* Premièrement la roué èft le nom qui eomprend lé tout. Puis il y a le cubé ô,u ia tpfte ou iiinpni auquel les rayons font enchaflfez* CçUX*çy font guarn js (je qUeiqUes cercles de fer jréténus de quelque petites chenilles de fer* âfln qû}jî$ ni? feffépr dê ieür Heu* Par entre les rayons ils font âuffireteuns d,e fvn â fautrç cb{lé de quelques petites bandes poin&üe?
- X ' âUX
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- 16i
- Troifieme Traité
- aux bouts, qui ehtrént dans les bois* Par dedans aux yeux du cube il y à auflîdes guàrnitures larges dé fer, qui font appeliez oials 5 afin que le cübd en (bit plus Fort, 8c né fe confume es tours qu’il fait fur l’aix* Ce bois rond du dehors de la roue, s’appelle le lift ,e coürbee, pigiie ou gante de la roue* Et ces planches de fefe dont elle eft guatnie par dehors, s’appellent les yan-des ou plâtres ou lunettes dé la roue* les guàrnitures qui les abbreflent fut lés ioin&tires, fe difent eftrifs ou eftaffes, 8c celles qui par delfus Jefdiétes lu* nettes embtaflent les bois ou gantes font appellees brides, 8c ces fallaces de fer, dont elles font reftrainte s fonappellees eiguillettes* Et les clouxagrof* fe tefte, dont les planches font clouées aux courbes s’appellent claui-tons*
- Lie vt* Quant a moy monftretay, îé me trouue entièrement : ce-pendant pour fatisfaire âu deüoir & commandement du general, il faut fçauoirpourconclufion? le vous demande, quels font les inftrumens que •de bon Artilliet doit toufiours aüoir eh fes eftüys Ou fiir foy?
- A r t i l. Il y a huid ihftrumcnts defqüéls principalement il doit eftre proueii* Le premier eft le Calibre, ou réglé numerable, fur laquelle font marquées les libres des balles de fer, de plomb ou de pierre de toutes fortes de pierres, depuis i* îb. iufques à cent. Semblablement aufli les pôin&s que de pied Géométrique contient * pour en mefurer toutes balles Sc pièces de quelconque forte elles foyent, afin de leur donner la poudre fe-Ion queleurforte,façon&prôportionle requiert, ôcleurtroüuer leur balles propres* Aufîi faut-il qu’il aye en fes eftuys quelques eiguilles, vne de pôin&e aigue, qui luy feruifa de percer, 8c remuer les choies tombées Où attachées au foyer, quand il voudra efclaircir, l’autre qui ait vne poinde de fcarren, qui fert pour barrener la poudre, ou autre chofe dure, qui fe feroit arreftee au fôgon* La tierce en ferme d’vne petite encilliere aii bôrt, pour leuer 8C retirer toutes les ordures ou poudre mouillée dudit fogon, afin qu’il n’y aye nul eihpefchement en iceluy* La quatriefme qui ait vn petit crochet au bout, de laquelle par ledit fogon, on prend le diamatre de lame? de la piece, 8c de l’elpclfeur des métaux d’icelle * àl’endroit de là chambre* Lacinquiefœeronde 8C poinéfcueauec Vn pertuis au gros bout, tant pouf percer ce que l’occafion prefentera, que pour coudre les parions & fachets, & les balles des feux artificiels,8c autres chofes femblables,quife pourroient prefenter. Audi aura il vn côpas de poindes droi&es pour en prendre iufte-ment le diamètre 8c largeur de lame de la piece par la bouche, 8c repartir comme il appartient, tant les lignes droites que courbes, quifeprefentent es mefures des pièces* De mefme faut il qu’il ait vn grand compas de pointes courbées, pour calibrer les balles: 8c vn autre encor plus grand, courbé parenhàut * 8c ayant les poin&es fort longues> 8cquafi droites,pouf pouuoir bien embr afler vne piece > quand on en v eut mefurer l’efpefleur de la chambre, munions 8c cole, pour luy pouuoir donner la poudre en iufte proportion.
- Lie vt* le fuis bien aife d’entendre que vous fçâuez tetcier ou mefurer vne pièce.
- A r t 11. Ouy Monfieur, mefmes en trois fortes. Premièrement auec le compas courbe, 8c vne réglé. Secondement, aiiec vne cordelette mefurantlacirconferencedeIapiece,en chambre, munions êc col j me-furant premièrement le calibre de la bouche > 8c le marquant fur vne ligne
- droi&e
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- De l’Artillerie; i€$
- droite, & puis me forer auëç l’efguille ccqchettee lelpeflèur du métal par le fogpn > pfiUr yebir qu’eile correlpoftdencé il y a entre les § dudit calibre §C de çefte çfpeifeur. 'J^troiftefînefe fait fëulemçht par ia chambré de U pièce* Et toutes ces mehfoirations font remifes àu comportehient de fes aftaues*
- Li evt+ Tout ce que iufqües à maintenant eft dit, ëft fort bon ; maik dites moy eftant fait Gonneftablc, fcjuels àpprefts vbus foüdroit-il àubii* d’auantâgé; _
- A r t i l♦ Premiéremént Manfëigriëür, vn ànrieàu ou viÜorté qui ait deux vids, vile à Chacüii cbfté, pour eh retirer quelque clîofé ou piece dé bois qui parauënture ferbit demeuré en lain e d.vne pieté, eh foiirrànt fvrie en vne perche & l’autrë en la chôfe qui eft eft latrie cômftié i’aÿ dit. Puis vil bonriiüeauâuecfon fîllet jfubtil 6t le pioinb bien adroit > pour marquer tes poirideriesi ahiuëllèr les roués & explanadesj aüec vne réglé longue fer-üanté au ftieFftië eifeéh Vhquâdrght pbur gouuerftèiir les esieuàtions ét àdioiiftér les pbiriÊtériës par lé moyen de làinbnftre; eftànt iceluÿ repairtÿ en neuf bu douze poin&scôinprënans nonànte degrez, bu pairies elgalés; Il faut àufsi qu’il ait chez foy Je cartabôn, polir le mefine effe£t,&: pour pten-drëles tiieridiàns del’horizont, &s’eri certifier des dilianées, ën quelconque forte ôcniaftiere ipii1 occàiibft FepreFenteés batteries ét fbrtificatibnsi &s’alTeiirër dé lapbrtée des piecës.
- Audi faut-il quil ait ÿné lime oju deux» polir elguilçy les entrées des tueillierés &: tout ce qui fe pbuupitpreferirertrop gros âfd’émgefchemenr^ au mânieipent; Sënïblabiènient «e fcejiâillesi pbur arracher aés doux éà lieux elquêls dé font dofflipagçàbles.$ notaioàmç^t és Cjgyeilliërës éftahjpons & autre iiiftrutftens; Au|î 'i|e j$r ^dë bdis-s pour s’eii Feiruiràü
- beFôing. Des gros cifeaux pduf tâiUi^ ifs jj5 la|cÊés de $iiûrë pour les cüeil-liers: coriiihëauffi de Forces corpgt^pij^s pour la toftfë éc fillets pour les lâchers & cariruches. Des gros ét menus, tant pour
- barrenerlësmalTes dés cnargeürs dÿ ohj^cBafle leur perches, qu’autres chofes petites i ri^aÿaiit pas toulioüts là coirimodité du tourneur. D’auahtà-gë il aura Viie petite Coi gnëë à la main* vne foy e & autres itiftrùhients pour laboürérlèbbis Felbn fort artifice & necefsité, quand les charpentiers luÿ viendront à faillir; il àürà àüffi fbnbrindëftoquë àt fôurchëtte aileC fes Fer-pentiries âueë vn boutefeu court qui ait auffifësferpeiitirtes * auront au ihi-lieu vii bôutton oii tirauerfe quarréë ëriüirbn de là longueur d’vn doigtpoui: ÿ encoulër les bouts dés cordes ou inefehes : & bien Ferrées par embas d’vhë poinéie de laquelle elle Fe puilfent facilement ficher* ou en terre, bues tâ-y e^pÿ déliexpianacle. Èt lë briiidalfér faudra qu’il toit armé de mefîiié* Il aura àüffi ÿft bon ftafqüë dé corné dé buffle ou de bœuf, rërftply dë Bonne ét fine poudre pour lé fiiif des fogons au befoirig de la guerre. Qu’il àit auffi toufi ours Fur Foy fcii fiifil préparé pour allumer fes cordes » voire pour en në-Ceflité en pouubir dbntiér le feü à viie bu plufieurs piecës. Aüffi aura-il vne Farpë ét vil côüftëaügrâhdj pour poùiioir ëri là halte faÇdnüër vn baftôii bü àtitte telle chbfo reqüifë* Àüffi Vhé cimetërré où glaiuë court j tarit pbilir ornement qüé défenfe dé fa përfoniie. Semblablement vrie grande coi^ gnée î pôür lë lerUice des batteries & s’eri Feruir au iiiàrcher du train quànd il ferbit bëfdift: Et autres fenàblablës hieftuités qui feirbÿent icy trop lbngueë àrâcbmpteh
- % à LifiVfs
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- Troifiefme Traiéfcé de l’Artillerie.
- Li eyt. Puis doncques que de ce que iulques à prefent vous à efté demandé, vous auez donné fi pleine & entière raifon difcourant fi libre & & véritablement de ce qui dépend de voftrd art & fcience, iln’eftbefbiii de vous interrogue d’auantage & prolonger noftre colloque* Yoftre afc faire conclu, vous afleurant, en tout ce que pourray & vous vous voudrez feruir de itioy, de vous eftre amy & fauteur*
- Et ainfi conclurons, noftre efcolle ôc inftitution militaire. Donnant à Dieu la gioire & en fouhaittant le profit au Le&eur.
- Fin de lArtiüene<
- INDICE
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- / ND IC E
- DES CHOSES CONTENU
- ES EN CES TROIS TRAE
- TEZ DE DARTILLËRIE.
- Vprèmièrfe monfl're U façon & trace des pièces tant dnctënnes que modernes auec leurfigm ’ ' .*
- auoir en leu? fonte.
- B♦ *•
- jr.
- if.
- pèrmente, & traiclee tant la théorie % ue la pratttque des xhojes dépendent es, auf/î bien delà charge dû general, que dû train de l’artillerie.
- Autroifièfmefe donne mflruëlion a ïartillier détour ce qui efl de/on offceauëc vnt brièfie information de diuèrsfeux artificiels & de guerre & defalues de ioye'.
- I. Traidév
- Chap. h Buprëmierinuetitèïirde lapouldre & de l artilleriè* fi
- Çhap. IL Èn qnellepromncedei'Europe Partillerie aejleprèmierèmëni faifertiœ-uure. fi 3
- Dëficription des premièrespiècesquifurentfoïgëesàèfér* 4
- D efcriptim de quelques aultrespiecës de fêr. s
- t>U commencement &formé des pièces de Uoncè. <f
- jyèfiription dé quelques fontes dé lapraftiereyfecondè ér myfiefîne fortè -, auec linfiruclion tou fichant le renforcement ou admoindrifiement a 'icelles. fi y
- Le compte tant dupins que dé la charge ér portée des colubrines renforcé légitimés, ... f'8
- La différence des amoindries aux fùfiditieh fi.0
- Exemple de la f tactiqueparfaitte^ f .fi1*
- Deduitte des illégitimes nu bajlardes, déplus grande calibré, màismàindres en longueur,que les communes. fit
- Tables des bajlardes tant renforcées qui aënoindriès f./z
- particulière déclaration des pièces extraordinaires du premier genre. fies
- Tables des extraordinaires tant renforcées qà'amoindries. fis
- L)efctipticn des pièces du[ècondgenre -, afcauàir dé toutes fort es des cations de batteriegrans & petits félon leur ejpece. fis
- foefcrïpHèn de quelquespiecé tiotailes,quidù tempspdffe ayants eflrè en vugei maintenant pour memoffeJùfgàtdeës en quelquesfiaméujès vides & éhœfte-aux. f.17
- 71 InfiruSlion trefiutile,pourfondredes piècespàifailles $ fins defaulrfi. 1S
- Quelques canons de l'Emp. char le V. qui font le s meilleurs quifè trômèntpour le prefiehi. f.2i
- Chàp; $♦ La ratfionfàur laqUeüëpltfieàrs âi'ùérfespkcés Ont e/le refondues, four efirereduittes a vne feule fonte & forme bien proportionnée. f:2*
- Chap* Déclaration de la fonte moderrteapyefent vfiiée. f^7
- IL 'Trai&é.' -
- Dial. L Vropoftion des demandes & chofescj apres a trattiër* f.2È
- X 3 %'Pre
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- Indice.
- i Première qmftiomde la charge qualité d’vngeneralde l’artillerie. fiip
- £i Seconde queft.de laprOu ijiwiïyt^amee ÙïcempMgme de3®-pièces d’artillerie. , fjà
- Proiett de toutesfortes des munitions^ defquelles ilfaultquè les arfenalsfiyei toufioursproueUx, afin que l’èfiffionjefrjèftntqnt défaire marches larmee à
- Elotedelaproi{ifipjn:de ïai^agepojtKM^ ptçces ^u^erietireesenéamf^ ne. 36
- 4. Des offices &perfinnes du p'aft de f artillerie^ 40
- Dialogue 5; DéiobligaHèndeckaftundeso0cjers,. Et premièrement die l’office du
- general, de ce qui y eft réquis/é* éommént il fi doibi acquitter defa charge. 41 t)ial. 6.
- y. m befiriptià.ndpsdflires cpajges appa^nariies^uttài^ftpltMitUepie, érde /obligation que chàfcüny aenUftennh qà
- 8. LeJqnfllespieçesJ^^l^p^fi^j^^U^è^q^plkfgeesmbmdf^
- mùrMÜesd vmvillèi .. , . . . Sp
- ç. Des pièces efqueÜeSiquellepeulfirafa haÙepJm foingcelle qui eft logera# fault
- je* Commentpour' battre vnèplace UfikîtÙgerïartiiïeriè. ftp
- 11. Delà defènfe dyne viUeaffiegtéftpdçUprpùifionquieftreqùift en icelle. 6$
- 12. 7?
- ij. Comment on Ugéradgspfeces enbàtiepksjfiretes. y. 4
- 14. CommentüfâàitlègpfUsftecesauâefauli clé terre. y4
- //♦ Comment au dffiaült.dè ious.âultr.es moyens onfiit desfièqs de laine. yft if. Comment onfaitvnéhâtkrie de pièces ènterres. . yÿ
- iy. Comment on dôihi faire vnécQntxebattèrïe en vnkuftkn,delà quelle , Japs
- aulcme crainte deftre defcomert,apmlt dem.ont.er toutes lespièces dé l’enfté-my. ... ...... .... 7*
- 18. Comment ou do/bt hattereUpo.i%$£d’y$kffiion.gtdfidefences qjftfepeu-uentfaireeniceluy. "J' ‘ ‘ " ÿp
- ip. Sivnebade donnant en lappuldrePaiî^mdrà. îï
- io. Comment ilfault elleuer le canon ftlq coluftrme * pour Veoirqui tirera plus lotng. 8s
- 21. MJpreuue d’Vn canon contre vne colubrim ,fai#en Amers.5 88
- 2Z* Comment au defauft dpschenaulx ; ou dumoyen de les atteler, on pourvoit trwJporierJtiiidèrfiiaucç'ltd'pip^ ’ouurftrs. pà
- 23. Comment ilfauhrfyfÿr i^f^yij^^qnp^/^prà^her.^iq brtfihe. pà
- 24. Commentoniireru^namè^i^çfidftti^Je} ftioutcèqufffileans
- depeau. - . . - ^
- 2<f* Comment les met aulx font repartis en lafimte>qfin <què iqpjecefi tienne droi-
- filé fans fi rehùétferfar la bouche, quand on U defthaïgè. .. p8
- 27* Gommentdyani lemènyy Wi$fgft%p^?aioutè vnè amee vnfîeuuefipz
- aulcundanger; _ ‘ '' ' * 'ifà
- Chàpi I. Des chandeliers & blindesp our la couverture des batteries. 101
- z. Façon despçiiies &gr0^fi^fJfii dp ÇUfnpi epfift Î toi. ... ' ’.
- Comment pour quelque ètftpepïifiwpéjfttfMèïnjponien batteau,\
- ioji
- y.Com£
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- s-
- if.
- 7-
- Chap.
- 2.
- 3*
- 4.
- S-
- Chap,
- 7-
- 8.
- P-
- JO.
- lu
- 12.
- tj*
- *4>
- U.
- 16.
- Chap.
- IÈ.
- V* 20. 21.
- 22.
- 13-
- Indice.
- Commentfur vngrandfluue,onpeult armerfur des batte aux vngrandponi^ toit.
- Infirumentsdefquels on péult rompre desportes & treillis tant de fer que dè bol*' fetop
- Làmanierede charger dp attacher lepetart. fend
- I I I Traidé.
- I. Comment per raifbns ajfegrees, P artittier cognoifitefi fitpkce efl bien faitte, &fbubs quelle ejpèce elle efi comprifee. fe.m
- Comment dfault mefurer vnepiece. fi**3
- Comment ïlfaulifaire les cueiüietespour toutesfortes de pièces faut
- Comment on fait les patrons dtfachets pour charoer vnepieceen halle & fans cueiliiere. *
- auec le vent requis. fe np
- .6* Comment ilfault retognoifire làpouldre. fizi
- Comment le feuft doibt efirefait & condicion ni♦ f.iii
- Befcription duguindal & aultres mjlrumentpour leferuice des pièces, f.np Comment on monte lapiece fur fon fufl. fe*2S
- Comment ilfault charger vnepiece. 126
- Comment il fault ajfejler lapiece & emender les coups marnais* . 12 f
- Comment onprend la mire du niueau de lame, çjr comment il fault entendre cè terme np
- Laforme & proportion du quadrant, auec Hnjlruâion comment on en doibt vfer tant esgrandespieces^comme aux mortiers. 152,
- Comment on doibt monter vnepiece fur vnehaûlie & ajpremontaigne. 137 Comment l’artittierfè doibt gouverner pour faire vn tir bien certain. 13È
- tf.
- ï7*
- 28.
- ï4ù
- 17* La manière de compàfer toutes fortes de feux artificiels+ i^i
- Aultrecompofifiônpouien remplir des balles,bombes &fachêt$. 14Ï
- Comment les balles de feu doibuent efirefermées & chargées» 141,
- Comment lespots de feu é" balles a la main fontfaities. 144
- Comment feirornant ajjtegèen vn lieu on ièttedes battes defeupoüiefclàirer U campagnes. i4S
- Pour faire des battes ardentes ènteâU^. 14s
- Comment onpeultboutter lefeuenqùèlque éndroift, ùuk iènerfurlennemp ajfaittant♦ v 144
- Comment les mefchespour allumer les battes bombes çjr auliréfeulX artificiels doibuent efirépréparées. 14$
- fi a couuert qu'on ne lepeult endommager daultres armes offenferes on lepeult repoülfer. I4p
- Compofition de toutes fortes desfeux drtificiels de films tir de lofa 140
- Lefeription de quelques roues artificielles, & de la maniéré de les eompofet. lyi Comment on fait vn dragon volent, tfevnefufeé qui i en vd& retoumefut vne corde. isz
- Vndeùuideur chàfieaUiér Vne bombe de grand contentement is4
- Vnefphere,& des rondacciguarnies artificiel. 1 ff
- ''office de comeftabli* #/.///
- i i N.
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- QUEL QJU ES AD VERTJSSEM’ENTS DEPEND ANS de T artillerie >deftjuçIsohfo peut feirvir eh div etfo occurrences.
- q uelque wllemfotâzrèjf&fèdoibt pourwoir.
- æ? Remierementilf’infon^eradelaqualitédu fofsé,afçayairf il eft d’é-i ftang,ou d’eau.courante*J&iCil eftd’eftangjilfera provifitin d’unedou-^ \ zein e de ponts légers;,pop|r{£forvir fi ledit foffé a une efearpé dé 1 * aii-i tre cofté : çarautrementiçfdits ponts né luy pourroyent gtieres p rofi-' ter. Or pour lés armer,on prendra deux tirants de pin, ou d’autre bois leger, dé la. longueur de quinze à vingt pieds,& delefpeffeur de la cuifïe d’unhomme. Sur ces deux perches ou tirants feront attachés lés traverfès à la Étçon d’une efchelle avec des doux de bois enjuftediftahee. lalargeurfera de non plus de trois pieds. Et fera porté de fixhommes,afç avoir qùàtreaux deux bouts,& deuxau milieu. Aux bouts tant celuide devànt9queceluidederriereilyauraà chafcun deux bonnes cordes* deiquellçs lefdits pqnts flottans fur l’eau,feront tirés de l’un bord du folsé jufques à l’autre,les foldats eîiansinôntés delTus. Eftantdonc âfrivés aU fofsé&lepontmis furreau,onferapafrerfuricehiiquatreoufixfoldatsféfü'ftentansiurdéspiques,lef-quels eilans pâlies prendront les cordes duhout de devers eux, & attireront ledit pont avecles foldats qui font deflîis,qui ne feront que quatre ou fixàla fois,afin que la charge ne foit trop grande,vers eux : 8c afin qu’il ne f’enfonfe avec fa charge îlfe-rafouftenude cordes tirees en derrière : die forte qu entre ces cordesie pont foit-comme pendant fur l’eau, conduit dei’ün àl’amrfecofijédadit fofsé/àvee les foldats fe tenants deffus, fans aucun danger ouem^fdièment. Apres d’dké ainfi pafsés en nombre fufiîfant pourrehtreprinfe/an fë potirrafonnird.es pontsenlieud’efdhel-les,dont pour en faciliterôda façon & Màgéén voici la figure.
- Quatre foldats fouftenans ces cordes
- & ici quatre autres.
- 3
- quatre,oufixfoldats fe tenants déheirtfur etstr/ryerfisoit^fchMoni.
- aujft àchaf Cime de cet tordes quatre foldats tirants.
- Or d’autant qu’ un de ces ponts ou efchelles riepoufroit eftre affés long pour monter furies murailles ôdespafïèr,comme j’ayveu plufieürsfois qu a céfte caufè il a falu quitter une entreprinfe,aveclaconfufion de ceux,quif avoyent commenta) cée,
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- cée», laps avoir biçn.melùré & la hauteur des murailles 6çla longu eur de leu rs e-fche'llës : Ilfaudrâ a vifer,qu’avec les ponts fufdits on ait auffi fait provifionde petites élchelïettesjfâites en melme largeur,qui parles jointures ou armiauxdeferno-tés À B '. le puiflent çnchalîèr/ùr les porches dçldits ponts, j ulques à luppJeer ce qui en ïa.haute ur requiiè leur dçfailloit,
- Auffi fe peut on fervir des efchelles de cordes avec des crochets de fer au bout, qui eftansj ettésf'accrochent auhaut de la muraille .-mais onne f’y doibttellemét ner,qu’on oublie celles de bois, carilles faut jetter plulieurs fois, devant qu’elles f’yprennent,ôc fans celles de bois il y auroit bien de la difficulté pourles mettre en œuvre. Or comme pour efchellerliibitement un lieu, il n’y à meilleur, que d’y appliquer bon nombre d’e/chèllesjainli fera la chofe plus facile, lion y aura entre cél-lesde bois auffi quelques unes de cordes,quilontplus legeres 6c de moindre empe-fchement. Ceft advertiftement eft bienneceflaire : car comme de femblables en-treprinlèsjily en a plus de celles, qui par faute de quelques çholès requiles, font faillies,que de celles qui ont eu l’ilfue bonne.ainli fautil queles bons loldats, devant de f’y acheminer,façent bonne provilîon de tout ce qui y eft requis,encor qu’ils en devroyentporter unepartielur leurs elpaules.
- Second advertijfiment.
- fiingque doibt avoir le lieutenant du General de tartillerie, en cas qu3il fuft envoyé,pour demander quelques pièces, comme aujjî celui qui les doibt conduire Ravoir défipourveoir de tout ce qui eft requis,tantpour lefifvice des dites pièces,que de tarmee.
- Premièrement, f’il eft envoyé quelque partpour demander des pièces,foyée trois ou quatre,ou davantage,leditLieutenant f’addreftèra à la place d’armes donnant ordre quelles loyent appreftees avec toutes leurs appartenances , deçhar-
- feu rs,netto y e urs,coings & planches : Et apres les avoir fait atteler ôc bien oindre, 'achemineraàlatentedesmunitionspourveoirquelecondu&eury charge cent balles pour chafcune ,félonie lieu auquel elles devront eftre mifes en œuvre j car
- de balles. Item f’il y a auffi delâpouldre 6c balles pour l’arque bus 6c mulquet la quantité de la trouppe,alçavoir pour mille performes ioooîfe. deplomb, une douzeine de poignées de mefehes.
- Quant au calibre,il y faut avoir l’œil bien ou vert,eftant bien advenu qu’en la hafte,on aprins des balles de canô pour celles de demi,dont avecla perte du temps, on aauffi gaftélespieces : choiequilè pouvoir plus toftimputeràceluiqui les avoit livrées,qu’à celui qui les receutj mais toutesfois ceftuici n’en eftoit du tout exculc.
- guindal,d’une corde a la main,d eux douzeines de hoyaux, pour
- f’enfon-
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- f'enfonçoyent $ Et f’il efïoit de befbing défaire une batterie,on y pourra âdjoufteif lïx coignees pour chaleune piece. Aiimféfautil bien fouvenir de là provifion de la graillé,poiir oindre les aixavecgrânde diligence, qui autrement lé pbürroyent allumer,dont 6cles fuit 6c lés pièces feroyént renduesiüütiles. S'il eftôit qüéftion de gaigner quelque tour oüchâfteaii j ilf’y Fàüdroit poüryeoir d’une do uzeine de gabions , fie lés chargerfürlés chariots des balles , fie venant aülieu les dreffer 6c remplir dé bonne terré : cholé qui fuis, faute lérvira pour làüver la vie à plufieurs. Et melme eftans vüides ferviront de boh répairé contre la mulbuettetie. Et fi en la place contraire il y âvôit des petites'pieces ,leldits gabions eftans remplis, on peutlousla couverture d’iceüx j ouër de loing pour les definonter, devant qu'on y fiftles approches.
- Troijteme aœvertijjement.
- Four le General de toute tarmee.
- S’il eft befoingd’alfieger une placé,ville ou fort,fîtuee liirle bordde quelque fleuverdevant de faire les approches,ilfaut qu’ ilpaflé ledit fleuve,& occupe un lieii propre en front de la dite placé,pour retenir 6c maltraider aufli l’ennemi de celle part. Carf’ilnelefaitJeditennémifylogeant&yprenantfonavantagèjlepour-roit grandement interrefler,voire lé faire aesloget par le moyen de Ion artillerie. Dont}’enpeux bienraconter ünèxèmplej Afçavoir que l’armée Iloylle marchant pour prendre un fort liir la Molèjqui fe pouvoitfairémcilement,fi on èut pàlTe une partie del’armee de faiitte collé düdit fleuve. Mais le Generaln’en tenant conte, l’ennemif’en empara,fie y ayant planté Ion artillerie,énjouâ en forte qu'il fut force de lever le camp,pour celle fois,Ôc attendre autre occalionjlâquéllè aiiifî le pre-ientapeuaprès, ou ayant occupé ledit fleuve dé toutes parts,ledit fort fut pris j non fans murmure des foldats fur la première fauté,comme ils ont de côüllüme, lî l’en-treprife fault,d’enàççulér le General. Qui toutesfois ici pouvoit avoir quelque autre intention,afi-avoir d’amulér 8c entretenir, l’ennemi, 8c cependant prendre autre part,6c ce en léçret,n’ellant convènàbleque les foldats lâchent tous les con-féils ôedeffeins déléürs Generaulxfic Condudeurs.
- . Or ayant adverti comment ilfaut afliegér : ilfaüt auflî entendre commentlà place doibt ellre gardée 6c defendué.Pour cefleffe&,il faut èsléver fur le bord flü fleuve liii fort à trois pointes ou boiilevarts j lés deux regardans la ville, Ôc le troifië-* me vers la campagne.: toutesfois de fortification balle ,pour pouvoir ellre flanquée de la ville 8c de la forteréflé principale par rartillerieÔc mulquètterie.Ètfoyés alfeuré que moyennant telle düigénce,celèraaü dam dé céüx qui la voudront venir occuper : fie tantplus fi le flancq le fâilbifc de deux boülèvàtts comme il êft ditj Ou pourlenloinlily aura grande difficulté, combien qü’àlâ fin il faudrait que lafli-egéX'il n’ell fecoürü d’ailleurs,fe réndill : Cependant avec tefinoignage d’avoir faitlbndebvoir,commebonlbldat,qüiledëfendrade tous reproches fie murmures ordinaitesxar enfemblablesoccurrencësiln yajamaisfaUtedemâl-contents, qui en diverfés maniérés en font reproches au gouverneur.* les Uns quil nef’ efl poiirveu de fuffilant ramage,le pouvant avoir en temps des autres qu’il y avoir faute depouldre, ou qU’eîle efloit gallèe 6c moüillee vautres que comme coüardil creignoitle fécond alïàült*fic d’eftrè forcé de lortir làns ârmës 6c bagage. Comme de fait lur ce dernier les opinions font divêrfes : les uns ténatis pour le party profitable délérendrehepouvantplüs,debonhënrê,pour Ibrfciravecarrtiesôc bagage, Les autres le party plus honorable, félon le dire du Valeureux Duc de Parme 6c de Placence,d e reliller julques à lextreme ôc foftit avec plüs grand honeùr du ballon en la main,qu’ avec les^armes 6c bagage gardé avec loüpçon de lafcheté, Cholé
- (a) 3 expert
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- 4
- expérimentée dù Coloneîla Cuqaelle en S teanviquè, d’ont fortant avec le ballon énlamain,il Dacquift honneur 6c renommee digne çTEternelle mémoire.
- Le General de l'Artillerie >oü celui auquel elle pourroit dire en chargée* ayant receù commandement de battre quelque place, îoit ville ou fort, pour rap-porterhonneur&rfeputationidoibteonlîderer avec grande pi udence/i leditlieu, dotant le fîege pourroit eftrefêcourud'unè autre armee. Et Pii yena apparence» devant de mettre les pièces enbatterie,pefera lagement tous les inconvëniens qui f’y poürrôyentprefenter,pouren iceux fe relou cire promptement liir l’avantage. AlçavoirquePiladvenoit,querennemifur venantleforçoit,il en püiïTe retirer les pièces fans danger. Ou li les quartiers eftôyent attaqués, il les puilfe défendre 6c flancqùer da tous cofbés \ Ou qu’eftant alîailli delà part de la ville,le s pièces heluifoyentencïôüèes : Dontpourdefenlè,il fermera tellement fa batterie,que les ennemis n’y puilîènt entrer,linon parles trolnieres : fermant les chemins ou entrées debannières,'& fe fefte bien pourveu de parapets : 6c ce depeur qü’ilne lui advienne comme aux Proteftans en l’an 1599 au liege de la ville de Rees, fituee liir fe Rhin,& gouvernée deîa part du Roy parDon Ramiro de Gutzman ,conducteur de quelques compagnies EfpagnolesÔcd’autres nations. Laquelle ellant alîîegeè des Princes Allëmans5aydésdës Hollandofe, l’artillerie plantée 6c commençant^, j ouër contre la dite ville,les allïegés firent Une laillie,en îaquelle ayant forcé la batterie , ils enclouèrent ïartilteriefScne falut gueres qu’ils ne remportèrent jusques en la ville : Et les alîï'egeâns lailferënt leur entreprife: Choie bien notable pour le ge-neràîdêl’àr£ilîerîé,pôürremarquer l’importance des rampants 6c parapets tout à l’en tour d’une batterie.
- Item fi le lieû delà haLttërre'eftoit fousquelques chaulfèesbüdiqüesJelquellêS citant coupées mettroyentôc la batterie 6c les piecesen danger j le General confi-déferaIbignéufèmentquelledtlahautètir deldites chaulîèes,6c en icelles le fem un chemin versla campagne libre,par lequel il conduira en telle neceffité les pièces à lauvetéfails aücüttr cïommage:afinqu’ilne lui en prenne comme au valeureux Golonnel Mons Dragon en fan 1584. au fort de Lilo,lequel voulant battre ,quel-qù es chaullèes furent coupées,qui le mirent tellement en léau avec lès pièces, que pour lèsen retirer il flït beïbïng qu'Unê bonne partie d\i camp y fut empelchée,éc y eût b ien dé la p eine avant d’en venir à bout. Exemple lüffilantpour advërtir celui qui a en charge ï’artillerie;déftrebien fiir adviseintre chaullèes 6c principalement en haute mafée.
- Pour lu rprendre un lieu à la tegere,qli 1 loit d e quelque importai! ce pour em* pelcherl’armeeconttaiferîlu’y faut perdfeletemps,ainsdepremierabordy planter quelques pièces,ôc les fi bien aflènrer, que l’ennemi.y fürvenant loit con train ét défaire une.grande batterie poli ries endesloger. En apres pour f’y fortifiera la le-gere,On fera marcher mil ou deuxmilhommes portanspalles,hoyaux 6c piques, 6c tn virou cinq censpanlx,aynns fix pieds en hauteur,6c un pied d’elpefièür. Ainli ayant bien conlidèl-é ledit lieu , & le pourveu de ramages, lion enpéut avoir , on procéderaenlètanttcfusjoürsieparapet julques à la hauteur requile,en la façon qu-on veoi t ën la rue couverte au chatreau d’Anvers,logeant devers 1e front 6c approches destrèneheeslespalilîadés bienclouées. Etteleft Jedebvoir des bons ôê va ieurèux foldats,que comme ils ne lè doivent jamais trop fier de leurs forces,ainli iîsnefuyentviucunkbeur,ponrlèmettreenquelquéaVantage:.de forte que chaf
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- cun y foi t promptement occupé : les uns à couper ks ramages pour les fagots, les autresàfaireleklitsfagots>lesautresàlesattacneravec les paliflàdes, les autres finalement à fouir 6c transporter la terre,deforte que l’ennemi venant,illes trouve aveedefenferequife : en laquelle ils auronténcorceft avantage, que le lieu dont ils auront prinsla terre leurfervira d’un petit folle de grande importance,pour le prévaloir de la cavalerie ennemie. Etpour eftre tant mieux fortifiés rils prendront en* eôr quatre pièces de campagne ou quarts de canon lefquelles ils logeront avec leurs parapets en forte qu’elles puiflent flanquer ladite fortification de toutes parts.Quât àlapouldre,ii on n’y avoit des chariots on la repartira entre les ouvriers ou pionniers,& en defaut d’iceu x,entre les foldats picquiers. En lieu afpré 8c mon-taigneux ony fera monter félon linftruction du chap.14. du trai&e troifieme quelques petites pièces tirantes environ une Ifc ou demie de balle. En quoy combien qu’il y aura de lapeine ôc labeur,aufli en feront ils tant mieux gardés, ôc les ennemis trouvant ces pièces, oùmoinsilspenlbyent, bienesbahis. Etpourfemblables occurrences vient il bien à point qu’en une jufté armee il y ait bonne quantité d’ouvriers pour f’en fèrvir avec grand avantage, fans y empeicher & laflerles fol-dats,qui doivent tousj ours eftre prefts au combat»
- Note quej ’ay dit que la poudre doit eftre recommandée,ou aux ouvriers, ou aux picquiers , eftant entre les mains de ceüxla plus aflèuree , qu’entre celles qui portent armes de feu,aufquelsiln’en faut laiflèr plus qu’ils n’ont de befoing bien pourront ils porter quelques balles pour les pièces 6c inftruments des ouvriers ôC pionniersimais delapouldre,onnel’endoitfier.
- Sixiejme advertijfement.
- Vufôing que doibt avoir le Gouverneur d'uneplace ^touchant les munitions de guerre.
- Premièrement eftilobligédevifitertoutes armées Une fois au mois dejuin îàpoüldre, 6cla mettre àfèicher. Pourlequel eflèd, il tirera pour chafcun jour la troifieme partie dümagazin, laquelle efpandue fiir une grande toille ouvoillede navire, propre pour ceft affaire la fera tourner au plus chaud du foleil avec une pâlie de bois : mettant entre tant les tonneaux nettoyésik; reliés la bouche ouverte au foleil y comme aufli le magazin mefme aura ôc portes ôe toutes les feneftres ouvertes, afin que la chaleur pafïànt par tout.confiime toute l’humidité qu’il y pourroit avoir j Et que la pouldre ainfi mifeàfecher foit gardée des picquiers pour les rai-fonsfiisdites.
- S’il apperçoit qu’ es murailles f’ eft engendré quelque nitre,ill’ enfera cueillir, afin que les artilliersf en fervent fàlu es ôc autres feftes des feux artificiels. Et pour le préparer il mettraen Une chaudière, le faifànt bouillir avec un peu d’eau ou liflive, jüfqüe à la confomption de l’eau. Apres il enprendra la pafte 6c la mettra feicher au foleil ou aufüür. Or de ce nitre prenant un tiers, deuxtiers depoul-dre, un tiers de fouftre,ôc Un qüint de charbon, le bien moulu ôcpafsè pari’ éftamri ne on fera de fufèes bien gaillardes.
- Le Maiftre d’hoftelfoit advertiquelamefche ou corde d’arqüebus foit bien gouvernée, non pointmife en monceaux, mais pendue en forte que le vent la püifi» fepafler; car autrement enpeu de temps elle poürriroit,oupoürlesmoinsperdroit beaucoup de fa valeur reqüife. Item qüelés mufquets 6c arquebüs néttovës une fois par an. Et en clefaült de maiftre arquebufier, on y employera lesartillier, les recompenfàntdequelque franchifè oupiece d’argent,comme ceux qui autrement n’y font obligés»
- Et ainfi finiray ces fixadvertiftements, efpetant que fàMte ôc autres Princes quif en vouldront fèrvir f’ en trouveront avantagés, 6c le gens grandement foulages.
- LA FIN*
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