- Accueil
- > Catalogue général
- > Freitag, Adam (1602-1664) - L'architecture militaire ou la fortification nouvelle, augment...
L'architecture militaire ou la fortification nouvelle, augmentée et enrichie de forteresses regulieres, irregulieres, et de dehors ; le tout a la practique moderne
-
-
- Page de titre n.n. - vue 1/231
-
-
-
- p.n.n. - vue 2/231
-
-
-
- A tres-Serénifsime, & tres-Puijfant Prin ce
- VLADISLAUS IIII
- du Nom, par la grâce de Dieu, Roy de Pologne, Grand Duc de Lithuanie, Rulsie, Borufsie, Mafovie, Samogitie,Livonie,&c.comme aufi fi Roy de Suede, Goths,& Vandales, Efleu Grand Duc héréditaire de Mofcovie, &c.
- SIRE,
- L yadesjaunanentier,queV.M. eft par la grâce & bonne volonté de Dieu, eflevée au throne de ce grand ôc tres-puiiïànt Régné , Sc comblée de vœux tres-precieux & tres-ex-quis, aufïibien par les eftrangers que par Tes jfujets , qui ont demonftré tant en public qu’en privé ,1a tres-humble obeillance, & la fincèrité du zele qu’ils portent au fervice de Y. M. Mon devoir m’oblige auffi de tef-moigner la mefme, par la plus grande fub-miffion, que peut offrir le plus humble fujet à fon Roy. Ce que j’euffe desja fait, fi ma tenuité m’euft fourni quelque offrande , ou bien (comme dit Ælian) un petit trait d’eau,
- p.n.n. - vue 3/231
-
-
-
- telqueSineteprefentaau Roy Artaxerxes. Mais ne pouvant rien trouver horfmis ce treshumble vœuquej’ay pofé en toute humilité au pied de l'autel de V.M. ilyatrois ans paffës,lors en Allemand, que je confacre maintenant en François à Y. M. à l’abord de fes triomphantes & tres-memorables victoires,par lefquëlles V. M. a glorieufement & heureufement fubjugué fes ennemis. Je fup-plie qu’il plaife à V.M.daigner regarder d’un œil gracieux & favorable cette mienne offrande: comme fît le Roy Artaxerxes, lors que ce petit trait d’eau >luy fut prefenté. Priant ardemment & incefïàmment le tout-puifïànt maintenir V.M. en fa divine & paternelle protection, l’accompagner de fes grâces temporelles & fpirituelles,à ce qu elle puilTë régner longuement & heureufement. Voilà le plus cher vœu que puiiîe offrir à V. M. celuy qui n’afpire à plus grande gloire que de pouvoir mourir, - ne 1
- De Voftre MajeBé 1.. i.-s; - -
- Son tres-hùmble,tris-à$èj]fant'è5'frês-. • fdelejèrviteur &jàjet. ' '
- A p A M ÈRE L T A G.
- Table
- p.n.n. - vue 4/231
-
-
-
- Table des Chapitres contenus en ces trois livres.
- Au premier Livre.
- C h A p. I. De II Origine, changement, & dernïere correction de la Fortification. Pag .1
- 2. Delà fituation, & propriété, comme aufii de la différence des places que l'on veut fortifier. 3
- 3. Des termes, defquels on fe fert en la fortification, tant en la Scénographie, lchnographte, & Or-
- thographie, qu’en tout ce qui en dépend. $
- 4. Des figures Régulières. j-
- 5. De l’invention des angles neceffaires à la fortification. 14
- 6. De l’invention des lignes. ig
- 7. Dehufage& diminution de la table calculée. 23
- 8. Delà fortification d’une ligne. is
- 9. De l’appareil & conflruiïion des Profils, EJlevement, Hauteur, & Ejpeffeur du Rempart,avec toutes les pièces y appartenantes. Ibid.
- Pour trouver le contenu fuperficiel du profil du rempart & du parapet. 3 2
- Touchant l’appareil & ordonnance du fofié. 35
- De l’ordonnance du Corridor. 3 6
- Du contenu corporel du rempart, de la fauffebraye, du fofié, & du parapet du corridor. 3 7
- De l’ordre des Rues, Portes, Maifons, Ponts, Corps de gardes, place d Armes, & autres parties. 49
- 15. Comment fe fait le projecl d’une fortereffe fur le papier félon les tables calculées. 53
- 16. Pour ordonner & mettre en oeuvre en la campagne une figure Reguliere, eftant pourtraiâe fur le
- papier, oud’efrire laforme d'accord pour le bafiiment de l’œuvre apres l’avoir marchandé. 55
- 17. Comment il faut rapporter une fortereffe Reguliere de la campagne fur le papier. 5 9
- 18. Pour fortifier une figure Reguliere en bonne proportion félon le commun ufage des forts de cam-
- . pagne fans aucun calcul. 61
- iç). Du profil des communs forts de campagne. 6 3
- 20. Touchant lagarnifoh d’une. Fortereffe. 6y
- Au fécond livre.
- C h A r. I. Comment un lieu Irregulterfe doibt confiderer, & remarquer, 71
- I. Pour fortifier une longue ligne droittement eftendue&du calcul des boufuarts plats. 74
- y Des ouvrages Extérieurs, principalement des ravelins. 77
- 4. Des demy-Lunes, : 80
- 5. Des ouvrages à Corne. 82
- 6. Des.auvrdges a Couronne. 89
- 7. Des Tenailles, 9 r
- 8. Des Traverfes. 92
- 9. Delà fortification des places qui ont des angles & lignes propres & commodes pour efire for-
- tifiées. 93
- 10. De la fortification des lieux ayants des cofiez recourbez, vers l'interieur , & des angles ex-
- ' teneurs. 99
- II. Comment il faut fortifier les lieux au dedans d’une figure donnée. 101
- 12. Touchant la fortification des angles & cofiez mal propres. 105
- 13. Delà fortification d’un lieu, qui eft environné de murailles & vieux remparts: 105
- 14. De la fortification des places fituées au bord de l’eau, ou environnées de l’eau, comme aufii de
- celles par lefqueües une riviere prend fon cours, ou qui font afiiffes au bord de la mer ou de quelque havre. 107
- 15. De la fortification des places hautes , ou de celles joignant lefqueües quelques hauteurs font
- fituées. 11 o
- \ 6. Comment on doibt joindre les Chafieaux aux villes. 111
- 5
- Au
- p.n.n. - vue 5/231
-
-
-
- Au troifîefme livre*
- C h a p. I. Apres sefire meuremmt confeillé touchant le fiege de quelque lieu en quel ordre on doibt
- faire marcher l'armée. nj
- 2. Comment on doibt camper l'armée, & divifer les quartiers. 11$
- 3. Delà divifion des huttes de P Infanterie, Cavaüerie, & Vivandiers, comme au fi de la mefure des
- quartiers de chafque Régiment, & toutes pièces y appartenantes. 121
- 4. Des Trenchées, defquels le camp efi environné, & leur Profil. 130
- 5. Des Redoutes quarrées, Ejloilles & leurs Profis. 1} 4
- 6. De toutes fortes de forts a demy-boulevarts, & leurs Profils. 138
- 7. Des Batteries, & de leurs Profils. 142
- 8. Touchant la defenfe de ceux,quieftantsenune vide ont à craindre un fiege. 147
- 9. Des batteries de la ville, cav allier s, & plattes formes. 150
- 10. Des Gabions, Corbeilles, & toutes fortes de chandeliers.. 154
- 11. De toutes fortes d'Approches & de leur Profil. 156
- 12. Des contr Approches. i<>3
- 13. De toutes fortes deponts, & principalement des ponts faifts de jonc. 164
- 14. Des Gaüeries. 166
- ij. Des Mines.. 168
- 16. Des contre-Mmes. 171
- 17. Des Palijfades, CavaBiers de Prife, Barricades, Chauffes trappes, é* Dodaneii 171
- 18 . Des Retrenchements intérieurs? & comment on doibt refifier a un affault. 17 s
- 19. Moulins d Eau. i77
- ïnftruéfcion au Relieur, pour inlerer les Figures & Tables du prefent Livre.
- A&B. Pag. 2 O 80 Bb 127
- C&D. 12 P S>* Ce *33
- £ *5 99 Dd *37
- F 3* R 105 Ee 142
- G 37 S 105 Ff&Gg 149
- H&I 53 T 109 Hh 15*
- K 57 V IIO Ii 163
- L tf2 X&Y ni Kk i<j8
- M <*7 Z 121 L1 I7(f
- N 74 Aa 12-5 Mm 17*
- LesTabIesmarquéesI,II, III, IV, V, YI, VII. . Pag. 24
- La Table du Profil. ' Pag. 37
- p.n.n. - vue 6/231
-
-
-
- Ad eximium evirum
- ADAMVM FREITAGIYM
- BORVSSVM. Operis autorem.
- Rces cingere machinis & urbes,
- Et quocunque lubet locum tueri Muro pulveris, erutâque terra,
- Cum lacefsitur aut lacefsit hoftis,
- Ex quo fulminis impetum minamur,
- Et Quiritibus, aut reperta noftris,
- Vno diruta concidunt fub idu ;
- FreitagI laboreft. Favetechartæ, Quos vidoria, quos decent triumphi.
- Vobis pagina laureata furgit :
- Illi gloria, Regiumque nomen.
- Res eft Regia, Regibus probari, Plus,quæRegia funt, docere Reges.
- Ex tempore Jcribebat
- Daniel Heïnsivs.
- p.n.n. - vue 7/231
-
-
-
- Summa Privilegii.
- ILluJlrifflmortm ac rPrœpotentum D. D. Ordinum eonfœderaù Belgii proyinciarum priyilegio , cayetur Bonaventuræ cr Abrahamo EIzeviriis, ne quü prêter eorum> hœredumve confenfum aut yolunta-tem toto noyennio proximo, hîs in région ib us ulld hngud excudat, aut alibi ulld hngud excufum inférât njendatye hbrum hune, cui titulus; Architedura militaris -Nova & Au6ta, &c. per Adamum Frei-tag, &*c. 'Quoties ergo contempta quùr autoritate, direEle yel mdlre-Be> hbrum hune, totum partemye ejus> hoc aut alto modo lingudve, extra dtBum temporis interyaüum typis mandare , yel impreffum alibi in h a* or as inferre o* ^vendere prœfumpfèrit, toties confifcatione exem-plarium , mulBdque infaper in priyilegio nominatd > damnas erit. ASlum Haga-Qm. in conyentu D. D. Ordmum Generalium> iv Mar* tii, cio Id c xxxi.
- I. G. V. C VLENBORG Ve'
- Ad mandatumPræpotentium D.D. Ord. General. Æ CORNELIVS MVSCH.
- PRE-
- p.n.n. - vue 8/231
-
-
-
- PREMIER LIVRE
- DE U
- FORTIFICATION,
- Des places Regulieres.
- C « A P .1 x R E I.
- *T>eïOrigine, changement, & dernier e corn thon de U Fortifications
- feiï
- À Fortification eft une fcrence, qui enlfeighé à bien Fortifier tou- cefi
- te Ibrtèdëplaces, & aies bien défendre contre l’alîàut des en- f"* Forttfi* L ' catton.
- nenlys.
- Son commencement eft tres-antique , mais elle a efté corrigée Sûn com-en diverfé? maniérés durant une longue fuité d'années^ mencemmt.
- Pretnrerement lors que Ton ignorok l’a/àge de la -poudre, & de fremim T Artillerie, oti entouroit les Villes Sç lesFortsde bonnes & fortes faîon & btc-murailles, qiTon eflevoir feulement àlavaUturcV OfiiéshaftilToit de diverlês hauteurs : leur elpeffeur eftoit telle, que trois' ou quatre hommes y pou-voient marcher de front. .& fe Refendre à defepuvert du haut d’icelles; A la vérité les murailles cftoiént afièz fortes pour fouftenir les efforts des Machines, que Ton nom-moit Bellicrs ou Boucsi mais les Soldats de dedans n’avoient pourtant-guère d’avaut-tage à Tencôntrë de ceux de dehors , d’autaUt qU’ils eftoientatiffi bien à découvert, qu’eux i & Ténhèmy eftànf line fois parvenu delïoubs les murailles y eftoft tellement à couvert, qù’il xië pouvoit éftreveu, comm'eïl appert en laV'figure.
- A B C D E F eft un pan d’une muraille dé cette forte de laquelle Tennemy sellant approché pouvoit bien eftre veu de G, ou d’ailleurs H,& I; mais .eftant arrivé juf-qu’au pied de la muraille, comme il fe voit icy en F, alors fl eftoit hors de veuë.
- Pour reparer ce defaut ou s’eft advifé d’une autre invention de faire des alléesau façon de delTus des murailles, dans lefquelles quatre, ou cinq perfonnes pouvoient marcher de baftir. front à couvert. Or il y avoit au haut de la muraille de certaines fentes larges au dedans, & eftroittes au dehors, Ôz par cy par là destrous en icelle,par lelquels on pouvoit delcouvrir Tennemy làns eftre veu. Mais on navoit pas encores tout à fait remédié à ce defaut, d’autant que Tennemy eftant hors de la veuë descentes il eftoit en feareté,
- & eftant approché & logé entre les trous, fe trouvoit une place triangulaire, que Ton ne pouvoit battre ; parquoy telle maniere ne pouvoit eftre ballante.
- En la féconde figure eft reprelcnté un pan de lërtlblable muraille. F G HIK L, font les fentes au haut de laditfe muraille, & A B C D E des trous en bas ; par lelquels ils tiroient : mais Tennemy fe tenant dans le triangle A M B, G F N, il fe trouvoit à l’abri des traits, que l’on tiroit de la ville, tellement qu’il en pouvoit approcher en lèureté.
- Mais d’autant que celle forte de baftir n’eftoit pas parfaite on adjoufta aux murailles 3. façon de des tours quarrées elloignées l’une de l’autre d?un jedfc de pierre,defquelles ils le defen- baftir. doient contre Tennemy. Laquelle maniéré avoit aulfi bien fès fautes, comme les autres, par-ce que Tennemy eftant Venu aux tours eftoit en lèureté dans le triangle des
- A lignes
- p.1 - vue 9/231
-
-
-
- 2f Premier Livre de la Fortification,
- lignes flanquantes., .ne pouffant dire veu, & par ainfi pouvoit abattre les angles des tours avec fes màchifiesid’autant qù’ils n’ëftoientguerés forts;
- Enla troifiefme figuréily a de fèmblables tours marquéës A,B, G,D.où fevoid, que l‘on pouvoit tirer fur l’ennemy, dé E & de F. tant de loing, que .de prés : mais eftant venu aux coftezfleilatour matquezfle G, alors on ëftoit enféuretcxlans le triangle H GI.
- A Façon de A la fin on y a remedjé 4jun& autre façon a chargeant lesdittes quarrées en rondes, bafin. qUi eftoient bien un peu de meilleure defenfe : mais la faute n'en eftoit pourtant du tout reparée. Car ce qui manquoit ai,ix quarrées,s’eftauflï trouvé es rondes, comme il appert en la quatriefine figure. Cefte façon eft demeurée jufques a ce que la poudre, & rArtülifrie^nt»qfti^ntenrées, avec quoy on artaqtnç'lesplaces aveçpjfis grande for-' cç, q^aVei: lë| beljîerg.
- i Façon de ' • Aÿant'ÀouVé,-t|ue hs murailles eftoienr trop foibfes pourrefifWà-Ces efforts onar
- rempart, eflevé des remparts fort efpez au lieu de fortes murailles, & ainfi enclos les villes. Au lieu de tours on y a fait .des JjQifleYarfSrn S^gra^dsb.aftilinsroflds g cé’qui toutesfois n’a peu reparer du toutia fufdhté Faute j Vomèien que les rinparfs itÉènt plus forts que les murailles, d'autant que ce qui a manqué au tours, n a pas efté icy changé comme monftrela^Figure. ^
- Ces battions en rondeur ônt eftê durant quelques années en ufàge, comme il fe peut encore voir en plufieurs places en Allemaigne là où quelques unes fe changent tous les jours, les aut'res denièüteht.
- a Façon de Or il eft requis en la ftru&ure d’une place, que lonveut fortifier, que fur tout Ion
- rempart. face le projed en telle façon,qu’il ne demeure place, que l’on ne puiflè flanquer,& bat-
- tre. à quel fujet on a rempli le triangle lequel, on a trouvé eftre dommageable aux figures precedentes, Sc bafti des boulevarts angulaires faifant avancer un angle au lieu des ronds. La façon d’un tel boulevard avec fes angles avancés eft marquée de la lettre C, enla .^figure,
- 5 Façon de De cefte façon de baftir^çn font encore fort;ies deux autres, qui fe yoyent en la 6 ôc
- rempart. 7 figure. Aucuns ont. eflevé les remparts Amplement de terre, & bordez de gazons ainfi qu’il fe portique prdjqairemen^ce qui eft beaucoup meilleur,que faits de muraille. Ils ont aufli tiré la flefenfp: du poinjft du flanc & de la courtine. Comme il fe void en la <5 figure A & B, ce qui eft bien ufîté aux petitsforts,: mais aux grandes fortereffes cela eft de. peu de defenfe.
- Boulevarts Aucuns ont revçftu ces battions angulaires dç muraille,& les ont rempli de terre, & reveftus de &it descafemattes, quç les Allemands appellent Stfot&f-ijM&w, où ils ont placé leurs ItveTdesca canons Pour la ÂeFeiife des places. Mais, d’autant que ces baftimens là font fort penH fcnuittesï blés, ôC de grands defpqns, ôc la defénfè des canons trop foible, parce que l’on n’en peut tirer fi fouvent comme des moufquets, on en a quitté la couftume n’eftant aufli plus pratiquée au Pays-bas. Là où il y a encores des cafemattes, l’on fait des ouvrages extérieurs aydans aux cafemattes,afin qu’un nouveau baftiment ne canfe inutile defpen-fe. Tel baftimentfe void en la 7 figure.
- Boulevarts Apres que l’on à apperceu par expérience & par ufàge', que ces ouvrages de terre faits de ter- - eftoient non feulement plus aifez à faire, & de moindre deipens, niais aufli de meilleu-re re defenfe, on- s’y eft tenu, tellement qu’ils fe pratiquent j ufques à prefent principale-
- ment aux Pays-bas, où là guerre a duré une longue fùitce d’années. Toutesfois on les a encore changéz, tellement qu’aux places fortes, que Ion fait maintenant, on tire la ligne flanquante autant que faire fe peut, non pas du point du flanc, & de la courtine, mais aufli de la courtiné efloignée au flanc, ce qui donne une grande place, où l’on peut mettre des moufquetaires pour la defenfe de l’autre partie delà fortereflè, & des boulevarts. Cefte place eft reprefèntée en la 8 figure, où la ligne flanquante eft tirée non de la lettre M, ou N, mais du point de la courtine, D&E. ainfi la face PR eft defendue de O MD, 6c la face QO«de P N E, & cela fe fait en un grand rempart bien ordonné, lequel environne une fortereflè.
- Fauffebraye. On laiflè au pied du rempart un chemin fortifié d’un parapet,& eft tiré parallèle aux faces, flanc, 6c courtines du rempart communément nommé fauflèbraye, en haut Allemand bCt95ttfttflMU,de laquelle on peut tirer 6c battre à fleur de l’horizon.Elle eft icy marquée en la 8 figure F G HIK L. ce qui fera amplement déduit en fbn lieu.
- Ona
- p.2 - vue 10/231
-
-
-
- pl.n.n. - vue 11/231
-
-
-
- pl.n.n. - vue 12/231
-
-
-
- des places Reguliefes. * 3
- On a auffi au de H du folle une alle'e,que l’on nomme chemin couvert,eftant munie chemin d*un parapet, qui eft tirée parallèle au fofTé comme il eft reprelénté en la 8 figure par C0HVert' les lettres S T V X Y Z, couchant le defléin &c la maniéré cela lé voidau chapitre du chemin couvert.
- Et cette façon icy eft la derniere, la plus nouvelle & meilleure à fortifier, laquelle eft bien munie de plufieurs ouvrages extérieurs : mais d’autant qu’il font defcrits en fes chapitres, il n eft befoing d’en traiter icy plus amplement.
- P I T R. .E
- II.
- De la fituation, & propriété, comme aufsi de la différence des places que l’on veut fortifier*
- ON diftingue les places i. touchant leurs fituations i. touchant leurs figures.
- Les places font diftinguées a caulé de leur fituations, aucunes eftans mon-tagneufès, & fur des roches,aucunes en plaine campagne,les unes fablonneufes, les autres en bonne terre forte & graflé, les unes marefcageufes, & les unes dans des vallées, les autres furie bord de quelque lac, mer, ou port, les unes auprès de quelque fleuve, les autres dans quelque ifle, ou autre place environnée d’eaux.
- Laquelle de toutes ces places foit la plus propre, ou commode à fortifier, l’opinion de plufieurs en eft diverfe, dont un chacun a des raflons bien folides fur fon opinion.
- Ceux là qui mettent au premier rang les places fortes fin* des roches donnent à entendre,
- i. Que la place affilé fiir un rocher ne peut eftre minée.
- 2. Quelle jouît d’un bon air.
- 3. L’ennemy n’en peut aifement approcher , d’autant qu’on le peut apperceyoir de loing, & luy empefcher l’approche par le canon.
- 4. Les montagnes font d’elles -mefmes fi fortes, quil n’y a guere de peine à aider la nature par artifice, & l’on fait auffi les boulevards, & autres .parties desdittes places fortes avec peu de delpens.
- Les incommoditez en font auffi miles en avant.
- 1. Que l’on trouve rarement des fontaines lur les rochers, d’ou procédé 1b uvent difette d’eau, làns laquelle on ne peut vivre.
- 2. Il eft fort incommode d’y mener des provifions, munitions, & autres neccffitez pour le baftimerit.
- . 3. 11 peut auffi arriver, que l’ennemy ayant une cntreprinlé lur une telle place la pourra furprendre par elcalade à la faveur de l’oblcurité de la nui£t,& ainfi l’emporter, & inveftir fans grande peine, ni perte de gens.
- 4. La terre en tels lieux n’eft du tout bonne à baftir, d’autant quelle eft ordinairement làblonneuléjÔc la forme que la nature leur a donnée,ne lé peut auffi fi bien chan ger par artifice , à caulé qu’elle eft la plulpart impropre 5 & il arrive fouvent qu’elle eft pour tel changement plus grande, ou plus petite, qu’elle ne devroit eftrç.
- „. Fortereflés bafties en pleine campagne font tenues pour bonnes.
- 1. Que la terre foit bonne & limonneule, de; laquelle on fe puifté fervirà faire les remparts&boulevarts.
- 2. On peut prendre une figure telle que l’on veut, de laquelle ié peut ailément faire une for terefléreguliere..
- 3. On peut auffi conduire l’eau en telles places , d’autaiit qu?iln’y a ni montagne, ni colline qui l’empefche.
- . 4. L’ennemy fe venant camper devant une telle place, & l’attacquant rudement l’on fe peut ailément'retrancher.. ,
- 5* Que fila terre à l’entour eft fertile, on enpourra tirer l’entretenement,tant pour les gens de la fortereflé, que pour le beftiail au lieu de provifion.
- Ce qui leur eft contraire. .
- 2. L’ennemy jouît du mefme avantage, que ceux de la fortereflé: Car s’il trouve de la terre propre, il s’en peut fervirà faire des batteries, forts, & femblables ouvrages, auffi bien que ceux de la ville.
- A 2 2. Il peut
- De la différence des places.
- De la fituation despla-
- L'avantage d une forte-
- rejjei fur un rocher*
- Defitvanta-gedunefor-tereffe fur une montagne.
- Montagne dénaturé malpropre à fortifier.
- des forterefi fes en pleine campagne.
- Defavanta-' ge des forte-reffes en pleine campagne.
- p.3 - vue 13/231
-
-
-
- (es dans les marais.
- Les ineom-
- moditez,
- d'icelles.
- 4 Premier Livre de la Fortification*
- 2. Il peut auflî choifir une figure bonne ôc commode pour enclorre fon camp fans qu’il foit befoing d’y employer beaucoup de peine, ôc de defpens.
- 3. L’ennemy peut de meime fe fervir de l'eau, qu’on auroit conduitte à lafortereflè la faifant aller à l’entour de Ton camp, ôc ainfi s’en fortifier.
- 4.. Il la peut auflî atracquer rudement de tous coftez, Ôc la miner de telle façon, qu’il ne leur demeure aucune place pour faire quelque nouveau retranchement.
- 5. Il peut auflî mieux jouir des fruids d’un pays fertile, que ceux de la ville,d’autant qu’eftans enfermez ils n’en peuvent tirer aucun profit.
- Avantage Les fortereflès fituées és lieux marefcageux,& humides toutesfois avant dans le pays
- des forterèf- ont cet avantage. ,
- 1. Quelles font de nature environnées de telle terre, que l’ennemy n’y peut amener fon artillerie ny en hy ver, ny en efté, ôc n’en peut approcher.
- 2. Il n’eft pas befoing d’avoir beaucoup de peine à eflever des remparts, ôc boulc-varts : car on eft aflèuré , que l’ennemy ne les pourra ruiner avec fon canon, encore moins les miner : ôc quand mefme il les auroit abbatus, ôc mis par terre, il n’en peut approcher pour aller à la brefche à caufe des marais.
- 3. Il n’eft auflî befoing d’y entretenir une groflc garnifon, ains feulement pour la defenfe.
- 4. L’ennemy auroit auflî beaucoup de peine voulant eflever une batterie , ne le pouvant faire qu’à grandes defpenfes, d’autant qu’il luy faudrait aller quérir la ferre fort loing de là, & auroit encore plus de peine voulant faire un chemin pour en approcher.
- Toutesfois ces places ont ces desavantages.
- 1. D’autant que dans les lieux marefcàgeux on n’a point d’eau fraifehe, mais crou-piflànte, laquelle caufe diverfès maladies, quand on s en fert pour la nourriture.
- 2. L’air éft de foy mefme fort mal-fain à caufe des mauvaifès vapeurs, qui en forcent, d’ou les maladies s’engendrent facilement.
- 3.. Y ayant une petite garnifon, & la pefte, ou quelque autre maladie s’y fourrant, caufée du mauvais air,il pourrait bien arriver, que la pluspartdes foldats mourroyent, Ôc que la fortereflè eftant ainfî desnuée de fa garnifon pourrait facilement eftre prife. . . *
- 4;: Et combien qu’il ne fbit befoing, que le rempart foit tant fort, il coufte pourtant beaucoup avant que l’on y ait amené la terre, eftant encore à craindre, qu’il ne vienne à fe gafter, &: desfaire, quand la terre n’eft allez ferme..
- Torterejfes Les. fortereflès qui font en des vallées, environnées de montagnes font pour la plüs-
- & places part rejettées, d’autant que l’ennemy eftant logé fur les montagnes y peut voir,*& fou-
- environnées drbiér pàf tout de fon canon, & au contraire ceux de la fortereflè ne le peuvent aucu-cnesîontre nemenr endommager. Le remede àteldeffaut fe voiden fon lieu, oùilen eft parlé. jettées. " Les fortereflès aflîïès ail bord d’un lac, d’un fleuve, ou auprès d’un port ont ces Lesfiommo- commoditez. '
- ditefrdesfir. ' 1. Il faut que fennemy aflîége telles plàces tant par mer, que par terre, ce qui lüy efl terefes af- fort difficile tant pour les defpens exoéflïfs, que pour les grandes incommoditez. -kUmer! 2* P1? 7 Pe“r tousjquré apporter les: provifions hécéffaires tant-dé vivres quc; de tudupres mufiinôris de guerre, ce qui fèpeurfairë par éaü.
- dunport. 3. Le cofté de la mer eftant fort de fituation, ôc aflèuré de fby mefme, il fera feulement befoing de fortifier le coffié delà terré-. . - L ,
- 4. Il n’eft auflî befoing d’y mettre de forte garnifon, car le cofté de l’eau peut *eftre facilement gardé,d’autant qu’il neftà craindrèi 'qüë l’ennemy y püiflè^rriver,y faifant feulement bonpe garde.
- Les desavantages dicéïles. "'! !;-
- 1. Si telles places font de grande importance, l’ennemy y ëmployera toutes fès for-
- ces, ôc ne les elpargnèra . nullement , .qiië s’ilfe fent trop fôible il prendra affifteûce d’ailleurs. .. .
- 2. L’ennemy peut jouir, du mefme bénéfice d’amener par eau toutes fès préparations, & appartenances a un fiege à peü de fraiz, de fournir fon camp d’amunition, ôc proivifion, comme il peut auflî non feulement empefehér'le fourrage, ôc vi&uaîllëau& aflîegez, mais auflî leur prendre Sc ravir tout ce, que l’on leur veut arnehér..
- 3, L’ennc-
- Leurs incommoditez.
- p.4 - vue 14/231
-
-
-
- des places Regulieresi j
- 3. L’ennemy peut employer toutes fes forces vers le cofté, où il peut approcher.
- 4. Et à fin que la peur le fourre de part & d’aiitre dans la fortereflè, il la peut approcher , 6c attacquer par eau avec peu des gens ,6c fe fèrvir de quelque ftratageme avec petits bateaux , par lequel moyen les forces de laditte place fe lepareront , 8c s’af-foibliront.
- Les forrereflès auprès de la mer ont cefté commodité. Commodité
- 1. Quand elles font éloignées de la terre de 130 verges, on ne.les peut atteindre af- des feurement avec le canon.
- 2. Encores que les bateaux eii puiflènt approcher* on ne peut pas tirer àfleurement * mer’ d’iceux, d’autant que la mer eft tousjours agitée.
- 3. On n’en peut auflï approcher, ni les miner.
- 4. Il n’eft pas befoing d employer grandes defpenfes à les fortifier.
- Les incommoditez.
- 1. Vne telle fortereflè eft de nulle utilité d’autant qu elle eft feule, 6c ne rend nulle lèureté au pays par fa force.
- 2. Et combien que les voilées de canon ne foyent pas toûsjouîs aflèurées* fi feront elles toutesfois grand dommage.
- 3. Iaçoit que par approches 6c mines on n’en puiflè approcher, l’ennemy a néant-moins cet avantage, qu’il n’a befoing de grande armée pour J’aflÂeger, yeu que la cavalerie luy eftant inutile il fè peut fèrvir d’autres gens au lieu d^icèux,'
- 4. Il a aufll teladvantage,qu’il n’a befoing de fe retrancher pouvant aflïeger une telle place par bateaux, 6c à fin qiie la provifibn ne luy manqué;, &üt qu’il foigiie d’avoir tousjours le paflàge libre.
- Cecyeft unefommaire defoription de la fituation des' plaçésibufè void'lëUr avantage, & desavantage.Ori y en pourroit bien encores adjoufter un.plusi gtaifol nombre, mais d’autant que cela euftpluftoft caufé matière de difputer (contraire àmon deflèin) qu’y apporter du proffit, je n en ay voulu faire.plus ample, mention. S’ifya quelqu’un, qui en defife lite d’avantage,qu’il voyeBarleduc, Simon stevm,6c plufieurs-autres, qui en ont eferit plus amplement.
- Cependant on peut tenir telle place pour la mieux fituée, oùlenriémyne peutve- Quelle place nir, ni en approcher : laquellepeut avoir tousjours un naflâge ouvertpour recevoir eftplttt pro-fes munitions, 6c vivres. Telles font ces villes quifontueuées for.de; grands fleuves,
- 6c. ports.
- Toutesfois il ne faut pas regarder icy la belle commodité du lieu, eu eigard que la La necejfttê rieceflïté n’y. face loy, parce qu’ordinairement toutes telles places ne font fortifiées n’a point de nouveau.mais: comprennent fouvent villes anciennes., qui' doivent eftre enclofes de loix‘ dans icelles.
- Toüchantla différence des places à caufe de leur figure il fau t.fça voir, qu’elles fepre- Différence ^ fentent en telles diverfès façons, que l’une eft plus cpmm9.de q.ue l’autre pour une for- des a
- tereflè Réguliers, & y en a, qui ne peuvent eftre faites quTrregülîetes. ‘figure
- C-H. A P I T. XL, E III.
- Des termes, defquels on Je fert en iafortifcation, tant en là Scénographie éJchnographie , & Orographie, qqén MtceqéWàfpém.
- IL eft netèîlkifè''avant que pâdér de la -ehofo mefrïie de‘ fpedfier clairement les tes termes ^ noms, 6c mots, à fin que l’on fçache ce de quoy Ion veut trai<fteî}.à ce fojecfont icy neceffaires h mis les termes, que l’on peut dénommer tant en' François^; Allemand , Flamend, jj? que Latin. fart.
- Franp&tt. Ail; due 33c|îttt»4 Fkm.«H &&&& LmMmû.-mentum.
- Eft une placé environnée de foflèz, remçartSj ^bpulevaj5f5,de%uëUoti.if ipi?Vif 4e" fendre avec pende gens çôntrei’effort de l’ennemy*;
- A 3 Fri for-
- p.5 - vue 15/231
-
-
-
- 6 Premier Livre de la Fortification,
- Fr. Fortereflè. AU. eittC un ©d&t-fc6att&
- Lat. Munitio campeftris, Caftellum campeftre.
- Sont ordinairement dés forts de quatre, ou cinq angles, avec autant de boulevarts, que l'on fait en campagne , ou hors des villes auprès des fleuves ôc paflàges, pour les garder.
- Fr. Citadelle. AU. Flam. tnt <£a(M Lat. Arx,
- Caftellum.
- Jjont des forts e{levez de quatre, cinq, ou fix angles, que l’on joint aux villes pour les brider, & battre.
- Fr. Ouvrages à Corne. *4U. $pwnftjmf. Flam. $oo?ntoertl;. Lat. Opéra Cornuta.
- Sont des ouvrages, lefipicls on avance dans la campagne avec deux coftez longs, ôc deux demi boulevarts ; on les met à l’endroit le plus foible de la ville, pour empcfcher les approches de l’ennemy.
- Fr. Ouvrages à Couronne. AU. F/tfW.&roontoetcfe*
- Lat. Opéra Coronata.
- Sont des ouvrages que l’on met en campagne avec deux coftez longs en façon d’ouvrages à corne, qui font larges devant, ôc eftroits derrière avec un, deux, ou plufieurs boulevarts entiers au milieu, Ôc avec deux demis aux coftez; on les met aux lieux éminents pourTetarder l’ennemy.
- Fr. Tenaille. AU. Flam. Cangfje. Lat. Forpicula.
- Eft un ouvrage reflèmblant les ouvrages à corne,horsmis qu’il n’a point des boule-’ varts, fèulemént la ligne eft courbée vers l’interieur.
- Fr. EftôiUe. AU. Lat. Mu-
- nitio ftellata.
- Sont fortereflès ou redoutes faites en forme d’eftoille avec des coftez enfoncez Ôc font de quatre, cinq, ou fix angles.
- Fr- Redoute. AU. LFlam. îfte&upt. Lat. Redu&us, Recep tus.
- Sont des petits ouvrages quarrez mis ça & là aux trenchées ôc approches, comme aufli en la campagne.
- Fr. Trencnée. AU. Flam. <<£t?ncf)e. Lat. Aggeres
- continui, Seps caftrorum.
- Par ce mot de trenchée s’entendent tous les ouvrages en general, qui fe font en campagne pour aflèurance,& fe prennent principalement & proprement pour les ouvrages qui contiennent ôc enferment en lin le camp entier par une ligne continue,de laquelle les quartiers font aufli environnez.
- Fr. Ravelin. AU. Sfapdttl* F/<*w. Moles.
- Sont ouvrages en forme d’un boulevarc mis au dehors d une fortereflè dans Iefbf* fé devant les longues courtines & lieux les plus foibles pour meilleure defenfe.
- Fr. Demies-lunes. Att. ^fllbc-JUonî).,$$»* Lat.
- Luna dimidiatai. : -
- Sont petits boulevarts au delà du fofle devant les boulevarts pour meilleure defenfe.
- Fr. Batteries. AU. S&atttttytn. Flam. î&attettjen. Lat. Collis, aut Agger tormentariuSjSuggeftus.
- Sont terrés eflevées, for lefquelles ori pofe l’artillerie pour tirer for l’ennemy.
- Fr, le Rempart. .AU, fâFlam. Detail. Lat. Valium.
- ..... - - Ell
- p.6 - vue 16/231
-
-
-
- déplaces Régulières. y
- HA: une hauteur de terre cllevéc alentour de la ville., par laquelle elle eft enfermée, eftant auffi accompagnée de boulevarts : par ce s’entendent, particulierémentl&prin-cfpalement les courtines:
- Fr. Baftion, Boulevart. aAÜ. Flam.C&QlintVtkLat.
- Fropugnacultilri.
- C’eft la pointe avancée du rempart, laquelle-a*cinq angles, dêfquelsles; trois font extérieurs, & eft'fflis ad devant'de l’ennemÿy eafaçon d’ünécorhW fon‘ iiom
- des boulets ou baies.
- Fr.Bbufevartplat..^& ptott-^éflïParff 'f^ plat-^OftBeicfe, Lat. Propugnaculumiineæ reflræ;
- Eft aùfli un tèl boulevatt , ifiais èft miÿ faranerligne droitte, d’ouluy vient ce jiom de plat, non pas qu’il n’aye des angles , mais d’autant ^tt’Üüdft'jajs for une ligne drâitte.
- Fr.Cafematte. eAU. Sytoît>t-gru6e. Flam. £t380?iJtgtalmI.<«r. Gafe. armata*
- Sont chambres faites auxflancs,mafTonnées de bricques, de(qûeiles l’on peuttirer fur l’ennemy avec larrillerie pour defendrelà facedu boulevàrt..
- Fr. Parapcst. Flml&OllÜtiWtmÿ&.Lat. Tho-
- rax, Lorica.
- Eft la terre eflevéè autour du rempart à la hauteur d’un homme,' derrière laquelle lesfoldats fe peuvent tenir àcouvert.
- Ï^. Barwpiette. Flam. SSattcft- Lrf^. Scabellum.
- Eft une petite hauteur de terre joignant le parapet, far laquelle les foldats marchent, quand: ils .veulent tirer.
- Fr. Terre-plein. Æ 333all-£}<Wtg. Fiat». SOal-gatWtU Lat. Am-bulacrum valli.
- Eftlerefte intérieur du rempart du commencement intérieur de là baie jufquesau banquet, fur quoy l’on marche, & traine l’artillerie.
- Fr, Cheniin des Rondes r Fauflèbraye. ©JffcfcTÎbflll
- Flanti bCttOttDtt-toaï. Lat. Valli inferioris ambulacrum , Suc-
- çindus.
- Eft l’allée laîfïee entre le rempart & la lilîerq, d’où l’on peut refifter à l’cnfie-my, quand il eft proche de la ville, & for lequel on ne peut plus tirer du rempart.
- Fr. Parapet de la Fauffebraye. AU. SSmflfPdjî bté MÜ& ^GlncenngôcUanOcn <Dn^ttïdl l^. Lonca Ho-
- rizoïitalis.
- Eft le parapet dudit chemin au bas du rempart fomblable a celuy d«dit rempart.
- Fr. UGlsxc. au. Partit/Je§e am®rtü. Or CÿmaenDe
- tUâl. Lot. Margo Valli.
- Eft le refte du rempart joignant le folle.
- Fr. Fofle. AU. fret ©ra6ctt Fiant, be <0tacïlt. Lat. FofTa.
- Eft la profondeur, qui environne la ville tout à l’entour.
- Fr. Chemin couvert, Corridor. AÜ. Fiant.
- 2$tbecltfen-toegf). Lat. Via cooperta.
- On le nomme communément contrefcarpe, toutesfois mal à propos : c’eft le chemin, que l*on laiflè au delà de la liliere extérieure du foffé, for lequel on peut aller à couvert..
- p.7 - vue 17/231
-
-
-
- 8 Premier Livre cblaEoitifieation,
- Fr. Parapet du c&emiri couvert. AU: bté btbefà
- tm be üt& ôebecKtcn toegjfr Lat. Lori-
- ca viæ coopertæ.
- Eft la terra eflevée derrière le chemin de laliilcre extérieure du foflé,qui s’eftendant dans la campagne fç perd.
- Fr, Flatte fortrie. AÜem. 'Çfflttt fWXL-tkm. flatte fomte. Lat. Plana forma.
- Eft.nn Cavalier quadraugulaire ttiis àfe£ourtihe &>tnnjt une batterie , dé laquelle on peut refifter a l’ennemy avec le canon-.
- Fr. Cavaliex. ^. ^Of^'^^- fcattetl. Lat. Colles,autAgge-res;Propugna£uioiram.
- Sont des remparts eflevez fur les boulevarts delquels on peut de loing flanquer Ait l’ennènîy avecle cânéaii.
- Fr. Approches. AU. £auf-gm6ett/ Îî4f)tt'tttt3. Flam. Eoop-Sta» toetr/’^aerîitrtoalÉ Lat. Adduârus,;àcceflus.
- Sont chemins creufè-zdans terre, dont lés deux caftez font éflevez de terre, par le moyen, défquels 1 on péfot aflcureiüent approcher d'une fortereffe fans eftre vçu de l’ennemy.
- Fr. Contr’Approches. tAU. £<M|f-gro6ci1 aufj r>cr ÇottàtFlam. Hoop-srabEnuptOft ^>taDt. Lat. Excurfus oblèflorum.
- S ont des cheminsLfernblables,qùe"les afliegez fontpour interromprclcs approches dcp pnnemys par leurs fortiês.
- Fr. Traverfe. ‘AU. Flam. ©toetiS-toal. Lat. Lorica
- transverfà.
- Eft un parapet en ligne droite, qu’on efleve ça & U.
- FrAw Gàlleriéà *AÜ. Flam. 45à\btW. Lat. Viaintc-
- ftina, Vinça.
- JEft un cHemin fiait-depaux, & dé planches (que ton appelle liaifon) couvert de tous coftéz' ayec de là terrejhfparfe pardeflus ai; lequel cft conduid par defliis le folié rempli pour mener les foldats à la breche, quand elle eft faite.
- Fr. Breche, AUm* ï&tUCfy DCëfbOttët Flam. 25’çffe, Lat. Ruina valli,
- Eft une rupturç^ qui -fe fait par le caqon, ouparunejnine, que l’on fait làuter en quelque endroit dui^pulévart, par laqueliel’on peut entrer en la fortereflé.
- Fr. Gabions; AU. @djatl(?-¥&6e. Flam. £>Cgan0-kOjton. Lat. Corbes Lpricales.,
- Sont de grandes coibcilUt de la hauteur d’une peribune entrelacées de rameaux, lclquèllés on remplit dé terre, on s’en fert furies batteries, Ôc la où la terre eft iàblon-neufe, & auffi ailleurs.
- Fr. Corbeilles. Ail. Flam. Lat. Cor-
- bulæ.
- Sont des petits paniers faits d’ofiers, delquels les foldats le fervent pour entre iceux cïpier l’ennemy, & defeharger leur moufquets eftans hors de la veuë d’iceluy.
- Fr. Retrenchement. AÜem. mfffycmfytmfr Flam.
- 3mm!l}Cte bEtfcfjantCmgJjE, Lat. Receflus, Regreflio.
- Et un retrenchement nouveau coupé du viel rempart, que l’on fait lors que l’autre eft abbatu* ou ruiné.
- Fr. Pa.
- p.8 - vue 18/231
-
-
-
- des places Regulieres. ^
- Vr. Paliffades. <±AU. ïpa(t)]üî)Cît Flam. ^aüffa&ett Lat. Sudes præpilatæ, Ferratæ.
- Sont des paux longs de fix pieds, ferrez en haut d’un fer à deux pointes. On les fiche en l’exterieur du fofle de la forterefïè, on s’en fert auffi à un afïàut, & lieux ouverts.
- Fr. Barricades, Cavaliers de Frifes. AU. grtfîfcfK VsCUtCt* Flam. jfdeftfieîReurcr. Lat. Echini.
- Sont des arbres taillez en fix faces, & trouez au travers , aufquels on mer des ballons ferrez en pointes de la longueur d’une demi-pique. Ils ont pris leur nom au fiege de Groening, où ils apportèrent grande utilité. On les met dans les chemins, 8c fur les paflàges pourretarder, & empelcher la Cavallarie, 8c Infanterie.
- Fr. Chauffes Trappes. qAU. ^w^-mÿClFlam. ©oet-angelLat. Murices.
- Sont des fers à quatre pointes faits en telle façon, quune pointe demeure toujours en haut, qu’on les jette comme l’on voudra , 8c s’en fert on aux brefehes, & dans les foflèz.
- Fr. Mine. AU. <Z&ntC¥giCûbitti& Flam. 0Btjne. Lat. Cuniculi.
- Sont des allées cachées, &: fecretes avec des chambres, que l’on fait dans lj?s ouvrages de l’ennemy, par lefquelles on porte la poudré dans lefdittes chambres pour faire fauter lefdits ouvrages de l’ennemy.
- Fr. Contre-mine. Ail. ®t|ffrgr«6»tt3 î>Cï 25d4get'(Ctt Flam. '«Eegtn-USjjne. Lat. Cuniculi.
- Sont les chemins cachez des affiegez par lefquels ils cerchént les mines de l’ennemy pour les empefeher de fauter, 8c auffi en emporter la poudre.
- Fr. Chandeliers. Aüem. Flam. Lat. Ve-
- lamen.
- Sont des defenfes faides de bois, ou de rameaux entrelacez, qui empefehent len-nemy de voir ce que les autres font, on les fait diverfèment félon la diverfité des lieux.
- Termes de l’Ichnographie, ou mots de lart, defquels on le fert aux plans ou chartes des fortereffès.
- F I g v k e IX.
- AB. Fr. Courtine. AU. §$tt\% Flam. Lat. Chorda, Cortina. *
- Eft la partie ou piece du rempart, qui efi entré les flancs de deux boulevarts.
- A C. Fr. Elpaule, Flanc AH.$tt($ti/<il5(f!ttttet/l&tteUfy,Fl4m.
- £>c(jou&et/^tretcli. Ltfï.Ak.
- Eftla ligne qui s’eftend perpendiculairement vers la courtine , 8c touche la face.
- AK. Fr. Gorge AlL^td-ÜWtFlam. iteel-lnhe,L^r.Collum.
- Eft la ligne prolongée de la cûürtine fermant l’angle du polygone.
- HC. Fr. Face. Aüem. Flam. <£>dic()Muttg«. Lat.
- Faciès.
- Eft la ligne qui faid l’angle du boulevart, &l gift a la vèuë de l’ennemy.
- . H K. Fr. Ligne capitale, AO, bkfyWpt-imFhm Lat. Linea capitalis.
- rltnfo
- Eftla
- B
- p.9 - vue 19/231
-
-
-
- 10
- Premier Livre de la Fortification,
- Eft la ligne tirée de l’angle du polygone ou pointe de la gorge, jufques à langle flanqué ou la pointe du boulevart, laquelle divife le boulevart en deux égaux en route figure Reguliere.
- AE. Fr. Second-flanc. aAll. bet&ttCkfy-pUfy Flam. pïact0. Lat. Ala cortinæ.
- Eft une partie de la courtine, qui eft entre le point de la face, & du flanc.
- C G. Fr. Flanc prolongé. AU. ÎJerfôttgUWg ÎW @trdC^C, Flam. ©trlangingft bec $cpouber. Lat. Alæ continuacio.
- Eft la ligne tirée du flanc en le prolongeant jufques au cofté du polygone extérieur.
- H G. Fr. Diftance de l’angle flanqué du flanc prolongé. Ali.
- Mc ©ifiatif? teé %>oütmâê'pumté/ bon Mm punit ber mlâiv gcrten flanc. Flam. De SMttanrte Mis 25oItoetcftpunt/ toan ben punt MH berlangfjDen £*[)OUDer0, Lat. Diftantia propugnaculi ab Ala continuata.
- Eft la ligne laquelle eftant prife deux fois, & y adjoutant la courtine, fait le Polygone extérieur.
- I K. Fr. Diftance des Polygones. AUem. ©jftCUtlJ fret Polygonen. Flam.'QfyüimtitPmDepD*De goïpsonen. Lat. Diftan-tia Polygonorum.
- Eft la ligne qui monftre la diftance des polygones, à fçav»ir de combien il font efloignez l’un de l’autre.
- HI. Fr. Demie différence des coftez dés Polygones. AUem. ©cr f)al6e tntferfcfjeiîtf tw Polygonen. flam. Z&m ôalben onDer* fcjjcpîitbet tytApqmm.Lat. Semi-differentia Polygonorum.
- Eft la ligne laquelle eftant prife deux fois monftre la différence des coftez; des polygones.
- KO. Fr. Gofté du Polygone intérieur.^. ©îfîattfëî)cr$CC(-puritten* F lam. ^iftandeDer &eel-putmn4 Lat. Latus Arcis.
- Eft la ligne qui enferme intérieurement une fortereflè d’un angle jufques à l’autre.
- H P. Fr. Cofté du Polygone extérieur. *AU. Del’
- %>oümtâé-pmttw> Flam. ^illànfie Dcr s&oltomfeg-ptmten* Lat. Diftantia propugnàculorum.
- Eft la ligne tirée d’un point du boulevart jufques à l’autre.
- H B. Fr. La lignç de defenfe fichante. AU. 55c(tCUÎ)tàc î)cfctî^-(itli Flam. 2&eftenD(gf)e Lat. Linea defeauvnis ma-
- jor, Defenfiva figens.
- Eft la ligne tirée de l’angle dut flanc défendant l’angle flanqué. ... }ï:i:
- H F; Fr. La ligne defenfc flanquanté, ^. î>(c (Êittéufy UnL Flam. De Lat. Linea defenfioriis mincir, Defenfiva
- ftringens. ’
- Eft la ligne tirée de la courtine flanquant la face du boulevart.
- KL. Fr. Le petit demi-Biametrè. AU. Dct*jjd(6eDiarpeterfret ÎJefïimflt Flam. Den fiaïDen Dee flwftte, L^. Semi-Dia-
- meter Arcis.
- Eft la
- p.10 - vue 20/231
-
-
-
- II
- des places Regulieres..
- Eft la ligne tirée dit centre jufques à l’angle du polygone.
- H L. Fr. Le grand demi-Diamètre. AU. bet ÿWffc fytilbe Dia-meter. Flam. Den çjrooten balben ^lamctcr, Lat. Diftantia centri ab extremitâte Propugnaculi.
- Eft la ligne tirée du centre vers le point du boulevart, ce qui comprend le petit de-mi-diametre, & la ligne capitale tout enfemble.
- Les Termes des Angles.
- Il faut fçavoir icy, que tous les Mathématiciens marquent un angle de trois lettres, dont celle du milieu dénoté l’Angle.
- K L O. Fr. Angle du Centre. Ail. bie (£tfe bt£> Centri. Flam. de Jjoucfe ban 6et Centtum. Lat. Angulus Centri.
- Eftl’angle que deux plus proches demi-diametres font,quand ils Ce rencontrenr.
- AKT. Fr. Angle du Polygone. AU. fâcei pUtlttf Flam. itol-punk Lat. Angulus Circumferentiæ.
- Eft l’angle qui eft faid par les coftez des deux polygones.
- C H R. Fr. Angle Flanqué. *AU. 5&oi\ïX)ttd&-pU\Utt Flam. 25ûItomttô'Punt, Lat. Angulus Propugnaculi.
- •Eft l’angle faid des deux faces. .
- A F C. Fr. Angle flanquant intérieur. AU. bel* fkittC ©ftttclj-VCindcl Flam. fit klepne £>ttôcfc-bouc&. Lat. Angulus Defenfionis minor vel interior.
- Eft l’angle faid de la courtine, & de la ligne flanquante.
- ACF. Fr. Angle de la ligne dedefenfeflanquante, 8c du flanc. AiUm. &er ftnttcfel ber @trad>(mte tmï> ber @treic(j, Flam. bengouctsbanbe tnbt £>cf)0uDet. Lat. Angulus lineæ
- Defenfionis & Alæ.
- Eft l’angle faid de la ligne flanquante, & du flanc.
- H S P, ou C S D. Fr. Angle flanquant extérieur,angle de Tenaille. AU. betÿwfte <&tteid)-windtl Flam. de flcoote fjouefc. Lat. Angulus defenfionis major, vel exterior.
- Eft l’angle qui fe faid des deux lignes flanquantes, qui s’entrecoupent.
- A C H. Fr. Angle de l’Elpaule. *All. ber SUttlrfcl ber @$tt(f<r. Flam. ben fjouclt ber ^cftouber. Lat. Angulus Faciei & Alæ.
- Eft l'angle qui eft formé du flanc, & de la face.
- Les Termes deTOrthographie, ou mots de TArt, defquels on fe fert au Profil.
- F I G v R e X.
- AI. Fr. Pied ou JBafe du Rempart. AUem.ÿltifcg bbttftifi d té 3£a(l& Llam. am-ïegb ofte boit ban de SBaL Lat. Planta, aut pesValli.
- B z
- KH. LB.
- p.11 - vue 21/231
-
-
-
- ii Premier Livre de la Fortification,
- KH. LB. Fr. Hauteur du rempart. Allem. fybfyt btô Flam. ijûûgfjte îfeate. Lat. Altitudo Valli.
- L A. Fr. Talud extérieur du rempart. zAU. Me bO(U
- rung obtt 35ofc^img î>e£ Sall& Flam. Deuptevfle Docermgfj m Lat. Acclivitas valli exterior.
- KL Fr. Talud intérieur du rempart. AU. bit tUUCdîCfic bté Flam. De tnturlgcfie Docmngf) De$ Lat.
- Acclivitas valli interior.
- H B. Fr. Sommet du rempart. AU. bit obctbttitC btô Flam. De htupn De# £&âl0. Lat. Latitudo valli verticalis.
- O B. Fr. Bafedu parapet. *AÜ. %\{t$ btt %>tti(tttitf)L Flam. ^en-lcgf) btt 25û2Btoeenng[)e, Lat. Pes thoracis.
- MC. Fr. Hauteur extérieure du parapet. AU. bic CUfîttlitl)C btt%mpbt^uFlam. bit upterfie ôoog&te btt ^Btoeermgjje. Lat. Altitudo Loricæ exterior,
- D N. Fr. Hauteur intérieure du parapet. Allem. bit fyofyc btt^mftmbu Flam. bt bmnenfie fjoogfjte ber:&û$tac*rmôJîe, Lat. Altitudo Loricæ interior.
- ON. Fr. Talud intérieur du parapet. AU. Me iMCtttcfyt ftfyrnÿbtt^iu(mtty>Flam. î>e WnnenBe ûocmngje btt 25o?Btoee* tmgfj, Lat. Acclivitas Loricæ interior.
- MB. Fr. Talud extérieur du parapet. AU. bit CUfitttitfyt fdjiwg btt ?5iUftwf)lFlam.bit uptetüe Doceringïj Dee 2&o?BtoeerHigjj. Lat. Acclivitas Loricæ exterior.
- P C. Fr. Sommet du parapet. AUem. bit $bctbtcitc btt 35tU(î^ Flam. bt ÈmipitDer 2&0|BtoecrmgD^ Lat. Latitudo verticalis Loricæ^
- E F G O. Fr. Bançcjuet. AU. Me Flam. bt 25âttcft. Lat.
- Scabellum.
- G H. Fr. Terre-plein. AU. Saü-gait^ Flam.WàHm$Zat. Ambulacrum valli.
- Q R S T. Fr. Bancquet ëc parapet de la Faufiebraye. AU. bit 55a«cf / We %$wfttvcf)t beê ®ttferfwll& Flam. betfanck/ enbt te# <0nDer-toaï& Lat. Scabellum &: Lorica ho-rizontalis. '
- a b. Fr. Lifiere. AU. bit^tm/^tm^Oâ.Flarn. Cfieen am De IBal, Lat. Margo valli inferioris.
- b c d e. Fr. Fofle. Allem. ©VdBett Flam. <J5tacfjt. Lat. Fofli.
- fcgd. Fr. Profondeur du Foffé. Ail. titfft bté ©fafW& Flam. <©rac!)t^. Lat. Foflæ profunditas.
- bc. Fr.
- p.12 - vue 22/231
-
-
-
- pl.n.n. - vue 23/231
-
-
-
- pl.n.n. - vue 24/231
-
-
-
- des places Regulieres. 13
- b c. Fr. Efcarpe. au. Mc m'eDerpîtge a6Dad>tm$ bcê 6eit£ gc$cn Mm §clDe Flam. M Êjocctmgpet^rafjtetîtegfien fjet î^çîîsf. L^. Acclivitas Foflæ exterior.
- ed. Fr. Contrefcarpe. sAtt. M* $cgctt Mt QSefïtmg f)<ittgtttDc abDacfnmg De£ ©ra&cnk FlamM Docenngl) De* <6*acf)tm trggien De 3&eftÛ1gf)e, Lat. Acclivitas Fofïæ interior.
- e h. Fr: Corridor, ou chemin couvert. AU. Dc*'23cficcf& Flam. Drn tttbrcttten toegf). lat. Via cooperta.
- hikolm. Fr. Banquet & parapet du chemin couvert. *AÏÏ. bté^cbeâtmwÿë^mf/mb^mftmfyu Flam. m s&Dccfcmt toeofjô^anch/enîît 25$$tüeermgt)e, Lat. Scabellum, & Lorica viæ coopertæ.
- o m. Fr. Pied ou baie du parapet du chemin couvert. AU. 2fm
- f<$ Mr %xn\ïmfyi bcê kbccîtm rn$&Flam.%m-\t$j De*
- lingijt Dt$ DeDecliîm toeg{)0. Lat. Bafis Loricæ viæ coopertæ.
- n 1. Fr. Hauteur du parapet du chemin couvert. AU- Mc fyof)€ MrSSrufimej)* btê kbcâtcn Flam. ôcogDtc De* atagStoecritts gfî$ DeU DeDeeÊîen U)egD& Lat. Altitudo Loricæ viæ coopertæ.
- m p q r. Fr. Fofle du chemin couvert. AU. De* ©*#6*11 btë bù becftm Flam. De <5*ar&tm De# beDicbctn megl#, Lat. Fofla viæ coopertæ.
- Chapitre IV.
- Desfigures Regulieres.
- LEs Termes & noms appartenants comme auffi neceflàires à cet ouvrage eftants fuffilâmment reprelèntez au chapitre precedent, l’ordre requiert d’embrafièr la chofe mefine: il fera donc traitté en ce chapitre des figures Regulieres.
- Les figures Regulieres font figures Géométriques ayans plufieurs angles & co- Que c’eft. fiez , delquelles les collez font d’une melrne longeur , Sc les ahgles de lèmblable que figure grandeur. Reguliere.
- D’où il appert, que l’on diftirigue les figurés Irregulieres d’éütre les Regulieres par Différence l’inégalité des collez, ôc des angles. Elles conviennent toutesfois en cecy * à fçavoir desfyures que les angles des figures Regulieres, 8c Irregulieres, triangulaires, quand on les prend tous trois enlèmble, font 180 degrez. Vne figure Reguliere, ou Irrçguliere quarrée a neres% S 360 degrez, ou quatre angles droits. Et ainli chalque figure, laquelle a un angle d’avantage, que la precedente, s’accroift tousjqurs de deux angles droits , 011180 devrez, de plus.
- , La plus incommode,& la plus foible figure à fortifier ellle triangle à caulè du peu de Le triangle boulevarts, & de leur foiblelîè, 8>C auffi que l’on n y peut loger beaucoup, de gens voi- ‘fthp1™ la pourquoy elles font rares, 8c quand aipfi feroit, que la nature les auroit rendu telles, e
- comme il peut arriver, en la ièparation de fleuve, ou rencontre dé deux, fiell ce qu’un J Ingénieur bien expert par là diligence la rendra de.cihq oufix angles, encore quelle
- deuil eftre Irrçguliere. --- - -...... -*
- Vn éfuarré eft beaucoup plus commode qïi’un triangle, car il contient une plus Vn quarré grande place, 8c eft fortifié d’un boulevàrt d avantage j on s en fert ordinairement efiP^com~ pour faire des forts de campagne. ' '
- B 3 Vn * ‘
- p.13 - vue 25/231
-
-
-
- Tant plus un fort a de boulevarts, tant plus il à de force.
- Il faut premièrement calculer les
- 14- Premier Livre de la Fortification,
- Vn pentagone furpaflè le quarré, 8c un hexagone le pentagone, & ainfi confocuti-vement. Et ceci eft un axiome, que tant plus une fortereflè à de boulevarts, tant plus elle a de force. .
- Mais il faut avoir efgard aux defpens, & les bien fupputer & calculer avant que de commencer de baftir ,à fin que par faute d’argent on ne foit contraint de quitter l’œuvre commencé : parquoy il le faut reigler félon les moyens. Car plus un fort a de boulevarts, 8c plus coufte il auffi, 8c chaque boulevart requiert eftre garni de gens 8c d'artillerie, tout ce qui doit eftre confiderê & calculé au commencement, à fin que le fort ne foit trop foible, n ayant fos boulevarts neceflàires, ou qu’en ayant beaucoup il ne coufte trop, 8c ne foit trop grand.
- C H A P I T R
- De tinvention des angles necejfaires à la fortification.
- Les anglt delà fortification.
- Vangle du centre.
- 'es "TOus avons icy deux fortes d’angles à confiderer : quelques uns appartiennent aux figures Géométriques Régulières, & quelques autres font faits d’autres li-^ gnes, qui appartiennent a la fortification. Les angles des figures Régulières Géométriques font deux. 1. L’angle du centre. 2. L’angle de la circonférence, ou du polygone. Les angles de fortification font , 1. L’angle flanqué. 2. L’angle flanquant intérieur. 3. L’angle flanquant extérieur, ou l’angle de tenaille. 4. L’angle de la ligne de defenfe flanquante, & du flanc. 5. L’angle de l’efpaule. Nous trouverons tous ces angles en ce chapitre, 8c monftrerons, comment on les cerche par l’ayde des reigles des propofitions fuivantes, 8c du calcul.
- La I. Proposition.
- K L O. Pour trouver /’angle du centre de chafque Figure,
- JRetgle. Divifoz la circonférence entière ou 360 degrezpar les nombres des coftez de chafque figure, 8c vous aurez l’angle du centre K L O.
- Prattique. En un quarré y a quatre coftez c’eft pourquoy je divifo 560 degrez par le nombre 4, d’ou procèdent 90 degrez pour l’angle du centre K L O en un quarré.
- De mefme en une figure de
- 1 ' 1 .--------» "
- yi.
- vu.
- VIII.
- IX.
- -\
- x.&c.
- Angles, pour l’angle du centre K LO.
- 72. 60. 51,27,43.
- 45-
- 40.
- 3 6.
- La II. Proposition.
- A K T. Pour trouver f angle de la circonférence.
- L'angle du Reigîc. Cet angle eft le complément de 180 degrez de l'angle maintenant trouvé. polygone. Soubftrayez donc l’angle du centre de chafque figure de 180 degrez,& vous aurez l’angle de la circonférence ou l’angle du polygone requis A K T.
- Prattique. Au quarré l’angle du centre trouvé fait 90 degrez: je foubftrais donc 90 degrez de 180 degrez, 8c le refte eftant 90 degrez fora l’angle de la circonférence au. quarré A K T.
- De mefme en une figure de
- /------1 1 ^ ->
- V. VI. vn. VIII. IX. X.
- —»l I —1 II 1 1^
- Angles,l’angle de la circonférence AKT fera. *
- ^ .... .......— „ a, . ...... . u ^
- 108. 120. 128,34,17.
- *35-
- 140. 144.
- p.14 - vue 26/231
-
-
-
- des places Regulieres.
- La III. Proposition.
- C H R. Tour trouver l'angle flanqué & le mettre enfon lieu,
- ï!angle flanqué.
- lly a diverfes opinions entre les Ingénieurs touchant la grandeur de l’angle flanqué. Diverfes Car les uns le font en chafque figure de la troifiefme partie de l’angle de la circonfe- opinions de rence, & de la douziefme partie du cercle entier, tellement qu’il n’atteint jamais qi\ifanflefari' 5?o degrez, en un baftion fur une ligne droite. Les autres prennent le demi-angle de ^ue% la circonférence, 8c y adjouftent 15 degrez, jufques à ce que l’anglefoit de 90degrez, lefquels ils retiennent pour les fiiivantes figures. Aucuns adjouftent 15 degrez au demi -angle de la circonférence, jufques à ce que l’angle flanqué foit de. 90 degrez. Selon cette maniéré l’angle flanqué vient à 70 degrez au quarré, combien que cette maniéré ne foit mauvaifèpuis que le boulevart en eft plus fort, que s’il eftoit de 60 degrez, il faut neantmoins bien prendre garde, à ce,que les boulevarts ne foient trop petits, ÔC que les flancs ne foient trop courts. Quelques uns prennent les deux tiers de l’angle de la circonférence, 8c retiennent en apres 90 degrez, lors que les deux tiers font plus que 90 degrez.
- Or a fin que nous obfèrvions une certaine proportion, nous mettrons icy en avant Certaine deux fortes -, l’une en laquelle l’angle flanqué eft plus emoufle qu’à l’ordinaire : l’autre proportion où il vient aigu félon qu’on a accouftumé de s’en fèrvir. Vn chacun peut choifir l’une diceluy. d’icelles à fà volonté dont la première pour trouver l'angle flanqué fè void en la reigle fuivante.
- Reigle. Ayant divifé l’angle de la circonférence en deux parties égalés adjouftez à la motié une neufiefrae partie du demi-cercle, ou de 180 degrez, à fçavoir 20 degrez en chafque figure jufques à neuf angles inclus, (car en toutes figures il faut prendre l’angle de 9 o degrez) alors aurez l’angle flanqué.
- Trafique. En un quarré l’angle de la circonférence eft de 9 o degrez, à la moitié duquel à fçavoir 4$, j’adjoufte 20 , la neufiefmepartie du demi-cercle, viennent 65 de-grèz pour l’angle flanqué C H R du quarré.
- Ainfi viendront en une figure de
- YI.
- VU.
- VIIT.
- Angles pour l’angle flanqué C H R.
- x.&c. —
- 74. 80. 84,17,9. 87,30. 90. 90.
- Pour avoir l’angle flanqué d’autre façon obfèrvez cette Reigle.
- Reigle. Mettez premièrement 60 degrez pour le plus petit angle flanqué du quarré, qui eft la première figure propre à fortifier, d’ou vientaufll, "que l’angle de la circonférence fe premier, 8c le plus petit eft de 90 degrez. .Souftrayezdpnc 90 degrez (ouïe plus petit angle de. la circonférence de l’angle de la circonférence de la figure, fur laquelle vous mettrez un boulevart) adjouftez la moitié du refteau plus petit angle flanqué, alors viendra l’angle flanqué de la figuré, que vous defitez. Gc qui fè peut pratiquer jufques à une figure de douze angles: car en toutes les figures fui vantes l’angle flanqué fera tousj ours 9 o degrez.
- Pratique. Au quarré l’ange.flanqué eftjxoUYSjie 60 degrez, par l’ayde duquel le pentagone fera formé ejitelle forte.-
- A fçavoir en tirant le plus petit angle de la circonférence faifànt 9 o degrez de l’angle de la circonférence en.un peutagcspe,à fçayoir de 108 degrez^il me reliera encor 18, defquels la moitié 9, adjouftée au plus petit angle flanqué faifànt 60 degrez,viendront 69 degrez pour l’angle flanqué du pentagone G H R.
- Tout de mefme en une figure de
- VI.
- v—
- VII.
- VIII.
- K*
- XI.
- Angles, l’angle flanqué C HR fera.
- /-------------------'s-——— --------—:----------->
- 75’ 75M7>9- 8z,3o. 8 y. 87- 88,38,11. 90.
- L A
- p.15 - vue 27/231
-
-
-
- 16 Premier Livre de la fortification,
- La IV. Proposition.
- .CFA. Pour trouver l’angle flanquant inferieur.
- Vangle Retgle. Soubftrayez le demi-angle du boulevart du demi-angle de la circonférence,
- flanquant alors viendra l’angle flanquant intérieur CFA.
- intérieur. . j>rattique. Au quàrré de la première façon le demi-aqgle du boulevart eft de 32 de-grez 30 minutes, &c le demi-angle delà circonférence eft de 45 degrez, delquels 31 de-grez, & 30 minutes eftans oftez demeureront 12 degrez, 30 minutes pour l’angle flanquant intérieur C F A au quarré.
- De mefme viendront en une figure de
- V. VI. VII. VIII. IX. x.&c.
- Angles, pour l’angle flanquant intérieur CFA.
- /— 17. 20. 22,8,34. *3»45- ZS' En l’autre façon pour l’angle flanquant intérieur CFA. Viennent en une figure de % 27.
- A IV. v. vi. Vu. vin. ix. x. 1 r -ï XI. XII.
- Angles pour ledit angle flanquant intérieur. / ? *
- ------------------------------>---------------------------—\
- 15. i?,30. *2,30. 24,38,34. 26,15. 27,30. 28.30. z<w>5. 30.
- La V. Proposition.
- ACF. Pour trouver t angle de la ligne de defenfeflanquante, & du flanc.
- Uangle de la ligne de defenfeflan-quante & du flanc.
- Reigle. Le complément de ^0 degrez de l’angle maintenant trouvé eft l’angle de la ligne de defenfe flanquante ôc du flanc. Soubftrayez donc l’angle trouvé de yo degrez & aurez l’angle ACF,
- Pratique. En la première façon l’angle flanquant intérieur du quarré eft de douze degrez,30 minutes,lefquelseftant feuftraiéfcs de ?o degrezrefteront 77 degrez,30 minutes pour l’angle defiré du quarré.
- Ainfi en une figure de
- y. vi. vu. viii. ix. x.
- <—;-----------------------------------------------'
- Angles, l’angle'de la ligne de defenfe flanquante & du flanc fera.
- /----------------------------------------------:—»
- 73. 70. 67,51,26. 66,15. 65. 63.
- En l’autre façon en une figure de
- IV.
- v.
- VI. VII.
- VIII. ix. x. xi.
- xii. ——/
- Angles, l’angle iu£li<£t donnera
- I T---
- 75. 70,30.67,30. 65,21,26. 63,45. 62,3.0. 6i,30.60,40,55.60.
- L a VI. Proposition.
- C S D. Pour trouver l’angleflanquant exteneur, ou l’angle de Tenaille.
- L'angle Reigle Prennes le double de l’angle de la ligne de defenfe flanquante & du flanc flanquant maintenant trouvé, qui fera la femme de l’angle C S D.
- extérieur. Pratique. En la première façon du quarré l’angle de la ligne de defenfe flanquante & du flancfe trouve de 77 degrez, & 50 minutes, lé double duquel fait 155 degrez pour la femme de l’angle defiré du quarré.
- Sembla-
- p.16 - vue 28/231
-
-
-
- 17
- dés; places:Régulières.
- Semblablement en une figure de
- vi.
- VIII.
- Angles, 1’anglè flanquant extérieur fera.
- ........... - —-----------
- 146. 140. 15^.42 i$i. 132,30.
- En l’autre façon l’angle fufdit en une figure de
- 130.
- —s 126.
- VIII. IX.
- Angles;
- 150. 141. 135: 130.42,52, .1*7*30. 125. 123'. 121,21,50. iid.
- L À VU. P R 0[.P o s 1 T 1 o .ri.
- A C H. Pour trouvèlr l’angle de tefpaule»
- Reigle. Cet angle eftant le complément de l’angle de la ligne de defenfe flanquante L’angle de & du flanc,faiïàns tous deux 180 degrez, faut ofterl’angle ACF de 180 degrez, & le ïe/pmle. refte fera l’anglé defiïé A G H. -
- Trafique. En la première façon au quarré efl trouvé l’angle A C F de 77 degrez 30 minutes,lequel eftant foubftraiift de i8o:degrez relieront 102 degrez30 minutes pour l’angle requis A C H du quàtrê.
- Pareillement la figure de
- v. vi. vu. VIII. ix. x.
- Angles pour l’angle^e l’elpaule donnera.
- /--------:-----------—:---------------—S
- 107. no. 112,8,34. 13,45.. n5* J17*
- En l’autre façon pour la fomnie de l’angle fufdit nous aurons en une figure de
- /----------------————A—----------— ...............
- IV. V. VI. VII. VIII. IX. X. XI. XII.
- v------,------------*---------V.----------------------------'
- Angles,
- r----------------------------------------------------
- 105.105?,30.112,30 114,33-,34.lié,15.
- La VIII. Proposition.
- H K A. Pour trouver l'angle de U ligne capitale, & de la gorge»
- Reigle. Soubftrayez le demi-angle de la circonférence de chafque figure de 180 de- v angle de guez le refte lêra le déliré. la ligne ca-.
- Pratique. Aux quàrrez des deux maniérés l’angle de la circonférence divi.fé en deux Pmle> à1 de eftde 45 degrez, lefquéls je ibubftraiébdei8o degtez ; il refte 135 degrez, ce qui eft iaZorZe-l’angle defiré H K A.
- De meflne pour l’angle HKA d’une figure de
- Angles viendront,
- »» » — A I Ml
- 126. 120. 115,42,51. 112,30. IIO. 108. 106,21,49. 105.
- Note*,. L’angle de la face, & du flanc prolongé H C G, eft égal à l’angle ACF.
- G H C l’angle de la face, 8c du polygone extérieur eft égal à l’angle C F H.
- H KI l’angle de la ligne capitale 8c de la diftance des polygones eft égal au demi-angle du centre KLM.
- Par ainfifont trouvez tous les angles, qui peuvent lèrvirau deflèin, 8c compte des tables:s’enfuit maintenant, comment on doit trouver la longueur des lignes,& de routes les parties de la fortification,
- C Chah*
- p.17 - vue 29/231
-
-
-
- i8
- Premier Livre, de la Fortification,
- C H . ,A-JP I T R E VT De L'invention desM&fesr
- Les lignes A Près que les angles font ainfï tfouyez r îl faüt aüp ctfofiiîeret lés lignes, qui ap-principales partiennent à cet œuvre : quant a leurs noms îlè ciiiFeftê claifëtuènt demofiftrez
- iàtion^' < ^au tr°îfiefine chapitre de ce livre. Entre lefqupls Tesprincipàüx font1 la courtine ton" (laquelle fe courbe dans la fortercflè-entre les flancs-desjdeùx boùle,varts)Ja ligne de defenfè flanquante, le flanc, la face, la ligne capitale & la ligne de defenfe.
- Ceci eftâ remarquer, (avant que dè déterminer quelques -lignes y U leur longueur, lefquelles doivent élire comme cé <jui ètt dijnffo rfu caléul>:/iiivant ) quë 1 opinion de quelques Ingénieurs, eft de divifor une fortereflè en trois diverfos façons,à fçavoir en grand Royal * moyen Royal, & petit Royal/
- Que e’ejl Par le grand Royal ils entendent une fortereflè, en laquelle la ligne de defenlè eft qu un grand tous jours de Go verges, ce qu’ils prennent pour la plus'longùe defenfe, d’autant que la Roya1, portée d’un moufquet de blanc en blanc eft environ de 60 verges. De cefte maniéré ils fè fervent à la fortification des grandes villes lefquelles citant d'un grand circuit couftcroient beaucoup : par lequel moyen font évitez les deipens qui fèferoient par le grand nombre de boulevarts.
- Ils appellent le moyen Royal une fortereflè en laquelle la ligne de defènfè ne par-
- Royal.
- Que cefi que le petit RojaL.
- (Que cefi
- quunmoyen vient jamais jufques à Go verges : mais le cofté du polygone , extérieur excede les Go verges.
- Ils appellent le petit Royal une fortereflè en laquelle les angles flanquez font efloi-gnez de 60 verges l’un de Tautre,à fin qu’ils fè puiflèüt atteindre d coups de moufquet. Mais s’il falloir fe fervir dit petit Royal pour baftir une fortereflè eftant d’un grand circuit, il y auroit de grands frais,à caufe dè la grande quantité de boulevarts qu’il fau-droit eflever. C’eft pourquoy és petites forterefles on fe fert fèulement en general du petit Royal; & non és grandes villes. Il en vient auflï grande utilité és grandes forte-reflès Irregulieres,là ou ïes ceftez des polygones intérieurs font plus courts,qu’au grand Royal-.mais s’ils fè peuvent accommoder ail petit Royal, on les fortifie à proportion du petit Royal; comme il fera monftré és fortifications Irregulieres.
- Les forterefles , qui font plus petites que le petit Royal font appellées généralement forts. Comme on en peut tirer de l’utilité, cela fe dira plus amplement au chapitre fuivant.
- Nous prendrons icy en .main la piece principale, compterons les lignes félon le grand Royal. .
- Il faut en cet ouvrage que quelques lignes foient cognuës, fans la cognoiflànce défi-quelles on ne peut rien effe&uer avec l’angle feul.
- Partant nous prennons pour cognuës deux façons en chacun grand Royal,pour la courtine A B 3 6 verges, pour la face H C 24 verges, à fin qu’elle foir proportionnée à la courtine comme deux à trois.
- Communs forts de campagne.
- Pour le flanc ou l’efpaule A C en la première façon d’une figure de
- IV. V. A VI. VII. VIII. IX. —\ x.&c.
- v — Angles nous prennons,
- V. 7. Et en l’autre façon en une 8. figure de 9. 10. A II. 1 \ 12.
- IV. V. VI. VII. VIII. IX. X. XI. XII. J
- v Angles,
- 8. 9. 10. 11. 12. 12. 12. 12. 12.
- Et pour toutes les figures fùivantes 12 verges. Les angles font trouvez au chapitre precedent.
- Combien
- p.18 - vue 30/231
-
-
-
- des places Regulieres. ip
- Combien que l’on mette en avant plusieurs diverfes voyes pour achever cette calculation, fi font elles par tant de multiplications 8c divifions de plufieurs nombres fort facheufos & pénibles,nous prendronsla facile,laquelle fe pourra faire avec moins de travail 8c ce feulement parle calcul de quatre rectangles f dont les reigles fuivantes font données pour les moins verfoz.
- I.
- Tour trouver U ligne A F CF.
- Reigle. Au triangle CÀFie flanc C À eftanrpris polir le radius, AF fora la tangente, & C.F laifecante de l’angle ACF»
- II.
- Pour trouver lu longueur A F.
- Reigte. Adjouftez la face H C a C F qui éft trouvée alors vous vient H F,
- III.
- Pour trouver le fécond flanc F B.
- Ileigle. Soubftrayez de la coürtine AB, litrouvée AF, il vousreftera F B.
- IV.
- Pour trouver la longueur H C ^ GC
- Seigle, Àp triangle HGCÿlè'fîhüs dëfan^HG C, qui-efb droit^dotene HC: partant ïèfitoâ dël angle H ïfcCx tiônrièrâ H^^& léfinusde^ànfgle GH-Gj dbrinè-ra la longueur G C.
- V,
- Pour trouver la longueur HP.
- Retgîe. Au double de la trouvée H G adjouftçz la coUrtifié.A B , 8c aurez la longueur HP.
- VI.
- Pour trouver la longueur GA & IK-
- leigle. Adjouftez la trouvée GC à CA, 8c aurez G A ouï K eftant égalé a G A.
- VII.
- Pour trouver la longueur H K.
- Reigle. Au triangle HIK que lK foit le radius (qui eft de mefme longueur que G A) alors HI fora la tangente, & H K la focante de l’angle HKI qui eft de mefme grandeur qoéKLM.
- VIII.
- Pour trouver îa longueur GI ou la gorge. K A.
- Reigle. Soubftrayez la trouvée HI de H G » demeurera i G ou K A, qui eft de femblable longueur.
- C a
- IX. Pow
- p.19 - vue 31/231
-
-
-
- 20 Premier Livre de la Fortification,
- IX.
- Four trouver lecojlé de Lfgure. K O.
- Peigle* Prennez le double de la gorge K A, & y adjouftez la courtine A B,& vous viendra K O.
- X.
- Pour trouver la longueur ML & KL.
- Reigle. Au triangle KLM la moitié de la figure KM fera le Radius» MI donnera la Tangente, & KL lafècante de langle LKM.
- XL
- Pour trouver H L
- Reigle. Adjouftez la trouvée H K, eftant la ligne capitale,au demi-diamctre KL,&S vous aurez la requife HL.
- XII.
- Pour trouverM longueur H B,
- Reigle. Adjouftez les deux quarrez HQ& QB , de la Tomme tirez la racine quar-rée, & Vous aurez la longueur H B.
- Et ce font icy les rçigleç par lefqueUes on trouve les lignes, & foivant lelquellcs ce-luy, qui n’entend pas la Trigonométrie le pourra reigler.
- Mais afin que ceci fo puiüè mieux entendre nous prendrons pour, exemple le quar-rétiela première faç0n,fic le compterons par cesrçigles,: le pour trait, duquel eft re-prefentc en la neufiefine figure.
- Pratique,
- En la première façon tous les angles font allez cognus par les reigles du chapitre 5
- 1 angle du centre! .KLO. po degrez.
- L’angle de la circonférence AKT 90 degrez.
- Langle flanqué CHR 6$ degrez.
- L’angle flanquant intérieur CFA &-GHC 12 degrez 30 minutes.
- L’angle du flanc, &:de la ligne de defenlè flanquante , fèmblable à l’angle HC G 77 degrez 30 minutes.
- Les lignes forçt, aufli-cognuës.
- La courtine AB 36 verges.
- La face’H G 24 verges.
- Le flanc AC 6 verges.
- I.
- Pour trouver A J? & ÇF;
- C A Radius donne C A que donne la Tangente de l’angle ACF 77 deg.30 min.
- 100000 6(0) 45io7i
- CA Radius CA AF'i 1706416(5) La Sécante dé l’angle A C F’77 degr. 30 min.
- 10:0000 4^1913.
- g®
- C F 2771138 0
- II. Pour
- p.20 - vue 32/231
-
-
-
- des places Régulières* 21
- II.
- Pour trouver H F.
- CF *77**5$©
- UC ,2* ©
- H F s.itfVjÇCD
- III.
- Pour trouver .F B*
- A B la courtine 3600000 (6). AF 2706426©;
- FB 833574©
- IV.
- Pour trouver H C & GC.
- Sinus de l’angle H G C 5)0 degr. 100000
- Sinus de l’angle H G C 90 degr. 10O000
- H C. Sinus de l’angle H C G 77 degr.30 min. *4:t© pytyb
- 1 *4
- A $3^520
- 135260
- HG 23431200"
- H G» Sinus de l’angle G H C 12 degr. 3 o min, 24© 21644
- 4
- 86574
- 43288
- GC 513456 ©
- V.
- H33 2343 rio@
- _______2
- H G double 4686240 ©
- AB -36
- tîV 8286240 ©
- VI.
- Pour trouver G A ou, IK..
- G C 5*^456 ©
- CA ______©
- GA ou IK 1113456©
- C 3
- VII. Pour
- p.21 - vue 33/231
-
-
-
- zx
- Premier Livre de la Fortification,
- VII.
- Tour trouver HI & H K.
- Radius IK donne IK combien la Tangente de l’angle HKI 45 degr.
- 100000 11194550 10000b
- io-oboo
- HI
- Radius IK 100000
- xii9456[ôôooo
- IK la Secante de l'angle H KI 45 degr.
- 11194550 1414x1
- 141411
- HK
- 11
- 213
- 4477 11194 447782 111945 5 1583145
- 19455
- 8912
- 824
- 5*
- 4
- ©
- VIII.
- Tour trouver IG & IK.
- H G 23431*0 ®
- HI 111945g ©
- IG ou K A 12235540
- IX.
- ^1 Pour trouver KO.
- K A 12235540
- 2
- K A doublé 24473180 KO 50473280
- X.
- Pour trouver ML & KL.
- KM Radius KM
- 100000 30235540
- 100000
- ML
- KM Radius
- XQOOOO
- 3023554(00000
- KM
- 36235540
- 141421
- 30 23654
- 504 73*8,
- 12094 656
- 30235 64
- 1209465 6
- 3023554
- 4175095 ©
- laTangente de langle L K M 45 degr.
- 100000
- la Sequiçp dei angle L K M 45 degr.
- 14Î421
- XI. Pour
- p.22 - vue 34/231
-
-
-
- des places1 Régulières. iy
- XL
- Pourtrouver HL.
- H K 15*85146©
- KL 4276096;©
- 5859Î|?§^
- Xïl
- Pûur&mttrHBi
- QB ou G À inp^èTÇpf
- 67^7:^
- SS97;i%e 44778f4 1007,5104 .1119456 A119 45*
- 1 II945<*____________
- QB I2.53i8i7355>.$]6 (10)
- H Q. 5943IZO° ©
- 59431200 0
- 1^8862400 594312 ~
- 1782936
- 2377248
- 5348808
- 2971560
- HQ_ 35320675334400(10)
- O QB 1153181735936(10)
- |3<5l57i38l57lo7[o3l3^i(iQ) lesdeuxquarrezchfemble.
- HB I *1 °l 4| 7| 3[ *1 ©•
- Par ainfi toutes les lignes appartenant à la fortification font icy trouvées, lelquelles on calcule de la mefme façon en toutes autres figures, & font reprefentéespar ordre es tables du chapitre fiiivant.
- Les figures & les plans de la première façon font en la table C,à fçavoir la 9,11,12, 13,14,1;, figure.
- Les figures de la féconde façon font en la table D, à fçavoir la 16, 17, 18,19,20, 2i, 22,23,24.
- Chapitre VIL
- De Hufage & diminution de U table calculée.
- CEs tables, qui feront icy reprefentées, Ôc defquelles le compte a cftéiàit au chapitre precedent,font tellement calculées félon les pofitions, qu’elles contiennent en foy un fort Royal, d’autant que la ligne de defenfe demeure tousjours de 60 t'on trouve verges. Mais d'autant que l’on trouve rarement une place,qui s'accommode juftemetit rarement i la longueur icy calculée,veu qu’entre les places les unes fe trouvent trop grandes, & une. Place les autres trop petites, 6c qu’il y en a, qui veulent,que l’on face par icelles un petit fort Royal, il eftneceflàire de faire le tout par la reigle de trois, & cercher la proportion.
- Par cy devant il a efté fait mention qu’un petit fort Royal cft diftinguc du grand par le
- cofté
- p.23 - vue 35/231
-
-
-
- *4 Premier Livxe.der la. Fortification,
- cofté du polygone extérieur, qui au petit fort Royal demeure immuable de 60 verges. Que fi quelqu’un veut changer le grand &d£al en un petit, il faut qu’il ordonne la proportion en l'a maniéré fuivante.
- Le polygone extérieur eft au fort Royal
- rla gorge lacôiirtirib( là ligne; Capitale le flanc
- 4 la face îr es
- le polygone intérieur I °
- le fécond flanc &c. I t de tdlejongueur. J
- ‘Que me donnera le polygone >exterieur au petit Royal de 60
- Mais s’il y avoit une autre fortereflè à faire, laquelle ftiftplus petite que le grand 'Royal, & plus grande que le petit Royà^iifaut cognoiftre le cofté de la forterefiè que l’on veut baftir, félon lequel comme cy devant tout doibt eftre proportionné, toutes-fois que l’on drefiè la proportion fuitfaitit'lé’cbfté du polygone intérieur.
- Pour exemple,qu’il y ait une fortereîïefFün Hemy hexagone dfaire fur le bord d’une rivière, comme içy en la 25 figure, de laquelle un cofté doibt avoir 20 verges, pour trouver les autres lignes on ordonne ainfrla proportion,
- Le cofté de la figure du grand Royal dotthe, là gorge, le cofté donne donc 623 9© 1319© 2000©
- La gorge 423©
- Je prens au double la gorge trouvée,
- 415©
- 846©
- & la fbubftray de 2000© vient la courtine 1154©
- Puis jediainfi:
- le cofté de la figure donne, îa ligne capitale',1 le cofté donne donc 6239© 187*© 2000©
- la ligne capitale 599©.
- Pouravoir le flanc je di :
- de.cQft.è de la figure donne , le flanc, le cofté donne donc 6239 © 1871© 2000©
- le flanc 156(2).
- le cofté de la figure donne , la face, le cofté donne donc <>239© 2400© 2000©
- là face 7 69 ©.
- Et ainû fait on en toutes les lignes qui font neceflàires a fçavoir.
- A quelle fin dMàispour s’exempter de la continuelle proportion Ton peut tout d’un train faire l’on fie peut les tablas plus petites d’une verge que l’autre, ce qui efpargnera aufli beaucoup de pei-fervtrdes - ne es îiéiix Irréguliers. Icy j’ay proportionné les tables diminuant tousjours le cofté portionneûes P°^ygone extérieur de cinq verges,priant l’Amy Ledeur fe vouloir au refte contenue lafirti- ter>en attendant, que (moyennenr l’ayde de Dieu) je mette en lumière les Tables re-fication. folues proportionelles de là fortification , où fera monftré la proportion non feulement des lignes, mais aufli des angles : ce que j’cuflè fait prefénrement, n’euft efté, que quelques incommoditez m’en ont diverti, & me contraignent de le remettre à un autre temps i j’en feray neantmoins quelque petite mention dans la fortification Irregu-liere&.monftreraÿ, comment cela doibt eftre mis en pradique.
- Les,tables cy mentionnées font marquées avecles Nombres I. II. III. IV. V. VL VIÎ. lefquellés félon leur ordre convenable feront jointes à ce chapitre.
- ,Eh;l’autre maniéré le nombre n’excede le douzième angle, d’autant que les figures Letgran- de 13, i^angles,s’accordent à la première façon.
- îet*r fs. .Cecy-.eft à remarquer,que les plus petits forts de quatre boulevarts ne doivent avoir
- Kmne.mm' les coftez moins de 6,7 ou 8 verges.
- C h a ? 1-
- p.24 - vue 36/231
-
-
-
- Num. I.
- Table de la Fortification première maniéré, au grand 8c petit Royal.
- 1 1 1V| V VI | VII | VIII IX | * i XI | XII XIII | XIV I XV I XVI | XVII : |xvm| XIX | XX | xxivIxxxviIlxxiiI®^
- Angles.
- Angle au Centre. KLO 90 72 60 5i2543 45 40 36 324333 30 274132 2S4251 14 22 30 21 103s 20 18 5651 18 15 10 5 0
- Angle Polygone. AKT 9° 108 120 128 34 17 135 140 144 147 16 22 150 1521828 154179 156 157 3° 1584925 160 16139 162 165 170 175 180
- Angle flanqué. CHR 65 74 80 84179 87 30 90 90 90 90 90 90 90 90 90 90 90 90 90 90 9 0 : 9 0
- Angle flanquant intérieur. CFA 12 30:17 20 . 22834 23 45 25 27 28 3811 30 51 9 14 32834 33 3345 34 2442 35 35 3M5 36 37 30 40 42 30 4 5
- Angle du flancq de de la deffence flanquante. ACF 77 30173 70 67 51 26 66 15 65 63 612149 60 58 5046 5751 26 57 56 15 55 35 18 55 54 28 25 54 5230 50 47 30 45
- La longeur des lignes au grand Royal, ou quand lalig ne de deffence fichante demeure de 60 Verges.
- Demi diamètre. KL 41.76 *2.34 62.39 72.68 ' 83.15 91.761 103.38 114.14 124.77 145-85 147.56 157.63 168.72 179-74 190.70 201.88 212.75 256.95 389.93 ; 779.80 00.00
- Polygone intérieur. KO 60.47 61.54 62.39 63.07 63.64 63.69 63.89 64.33 64.59 65.04 65.34 65.60 65.93 66.02 66.23 66.41 66.56 67.07 67.97 68.93 69.94
- La Gorge. KA 11.14 12.77 13.19 13 • 5 3 13.81 13.85 13.94 14.16 14.29 14.52 H-67 14.80 14.91 15.01 15.12 !5-20 15.28 15-54 15.98 16.46 16.97
- Ligne capitale. HK ij.8î 17-33 18.7I 20.03 21.29 22.57 24.07 2449 24.85 25.15 25.41 25.63 i}.8} 26.01 26.16 26.30 26.43 26.84 27.28 28.24 28.97
- Flancq. AC 6. 00 7.00 8.00 9.00 10.00 I 1.00 12.00 12.00 12.00 12.00 12.00 12.00 12.00 12.00 12.00 1.2.00 11.00 12.00 12.00 11.00 12.00
- Partie de la courtine delïbubs la defF. flanquate. AF 27.06 22.90 21.98 22.11 22.73 23-59 23-59 21,98 20.78 19.85 19.09 18.48 I7.96 17.50 17.14 16.80 16.52 I5.64 14.30 13.09 12.00
- Seconde flancq. FB 8.94 13.10 14.02 13.89 13,27 12.41 12.41 14102 15.22 16.15 16.91 17.52 18.04 18.50 18.86 19.20 19.48 20.36 21*70 22.90 24.00
- La Courtine. AB 36.00 36.00 36.00 36.00 36.00 36.00 36.00 3600 36.00 36.00 36.00 36.00 36.OO 36.00 36.00 36.00 36.00 36.OO 36.00 36.00 36.00
- Face. HC 24.00 24.00 14.00 24.00 24,00 24.00 24.00 24,00 24.00 24.00 24.00 24.00 24.00 24.00 24.00 24.00 24.00 24.00 24.00 24.00 24.00
- Polygone extérieur. HP 82.86 81.90 81.10 80.46 79-93 79-50 78.77 78.13 77-57 77-°8 76.64 76.26 75 91 7jfîS 75*32 75.06 74.83 74.08 72-77 71.39 69.97
- La dift. entre lang. flanqué & le flanc prolongé. HG 23-43 22.9 s 22-55 22.23 21.97 21.75 21.38 2101 20.78 20.54 20.32 10.13 19.95 1979 19.66 19.53 19.41 I9.O4 18.38 17.69 16.97
- Flancq prolongé. GA 11.19 15.86 16.21 18.05 19.67 21.14 22.90 13.50 24.00 24.41 24.77 25.07 25.33 25J6 25-77 25-95 26.11 26.61 27.42 28.21 28.97
- Ligne de deffence flanquante. H F 51.72 47-94 47*39 47 87 48.83j50.03 50.43 49,04 48.00 47-20 46.55 46.03 45.60 45-33 44.92 44.92 44.41 43.71 42.67 41.76 40.97
- Ligne de deffence fichante. HB 160,47 60.55 60.66 6096 ,6i.2û'6c.49 61.78 6166 61.67 61.59 61.48 61.45 61.42 6I.36 61-33 61,29 1 61.26 6 1,21 60.90 60.65 ' 60.37
- La longeur des lignes au petit Royal, ou quand le Polygone extérieur eft toufiours de 60 Verges.
- KL 30.97 38.35 46.15 54-19 62.42 69.25 78.74 87.65 96.50 H3-53 115.52 124.02 133-35 142.68 iJi-91 161.77 170.58 210.80 321.53 655.4c ) 00.00
- KO 45.78 45.08 46.15 47.03 47-77 48.21 48.66 49 40 50.10 50.62 50.14 51.62 52.II 52.41 52.76 53.08 53*36 54.32 56.04 57-92 1 60.00
- KA 8.86 9-35,. 9.76 10.09 10.37 10.45 10.62 10.87 11.05 11.30 11.48 11.64 II.69 II.91 12.04 12.14 12.25 12.58 13.17 13-8; 1 14-55
- HK 11.46 12.69 13.84 H-93 16.06 17.03 18.33 18.80 19.22 19.59 19.89 20.16 20.41 20.64 20.84 21.02 21.19 21.74 22.49 23-7* > 24.84
- AC 4-35 5-3* 5-97 6.71 7.50 8.32 9.14 941 9.28 9-34 9-39 9-44 9-49 9.52 9.56 9-59 9.62 9.72 9.89 IO.OÎ 10.29
- AF 18.60 16.78 16.26 16.51 17.06 17.81 17.97 16.88 *5-94 15.50 14.84 14.69 14.20 13.90 13.66 13.43 13.24 12.66 11-94 11.11 10.29
- FB 6,46 9*59 10.37 10.33 9.96 9-3<r 9*45 10.76 11.90 12*57 13.24 13.63 14.25 14.68 15*02 15.34 15.62 16.49 17-74 19.42 20.58
- AB 26.06 26.37 26.63 26.84 27.02 27.17 27.42 27-4. 27.84 28.07 28.18 28.32 28.45 28.58 28.68 28.77 28.86 29.15 29.68 30.53 30.87
- HC *7*38 17-58 17.75 17.89 18.01 18.11 18.28 1843 18.43 18.56 18.78 18.88 18.97 19.05 19.12 19.17 19.24 19.44 19.77 20.14 20.58
- HP 60.00 60.00 60.00 60.00 60.00 60.00 .60.00 60.00 60.00 60.00 60.00 60.00 60.00 60.00 60100 60.00 60.00 60.00 60.00 60.0c 60.00
- HG 16.96 16.81 16.68 16.57 16.49 16.41 16.28 16.13 16.01 15.99 15-9I 15.86 15.77 15.71 15.65 15.60 15-55 15.42 15.15 14.87 H-55
- GA 8.10 10.15 u.99 13.46 14.76 *5-95 I7-42 18.04 18.43 19.00 19-14 19.72 20.02 20.29 20.51 20.75 20.93 21-55 22.61 23.36 24.84
- p.r1 - vue 37/231
-
-
-
- Num. 11. Table de la Fortification, première manière, aux diverfes grandeurs.
- 1 IV V VI | VII VIII | IX| * i XI | XII j XIII XIV XV | XVI XVII XVIII XIX XX XXIV XXXVI 1 -xxn “"i
- H P Polygone extérieur 7y Verges.
- KL 38.70I 47-94 57.68] 67.74 78.02 86.56 96.41 109.56 120.64 141.91 144.40 •54-62 166.68 ï78.35 189.88. 201.71 213.22 263.49. 404.91 819.25 00 00
- KO 54-75 56.34 57.68 58.78 59-71 60.27 60.72 61.68 62.59 63.27 63.97 64.54 65.14 65.50 65.95 66.34 66.70 69.89 70.03 72.42 75.00
- KA 11.10 11.68 12.19 12.61 12.96 13.06 13.27 23-59 13.81 14.13 14-35 M-55 14.61 14.89 15.04 15.18 iX-3» 15-73 16.46 17.28 18.18
- HK 14.31 15.87 17.31 18.66 20.07 21.28 22.91 23.50 24.03 24.49 24 87 25.20 25-51 25.So 26.05 26.28 26.49 27.17 28.11 29.71 3°. 05
- AG 5- 45 6.40 7.96 ' 8.38 9-47 10.30 11.42 11.49 11.59 n.67 iï-74 11.80 11.86 11.89 11.95 11.98 12.03 12.15 12.36 12.60 11.86
- AF 24-53 21.02 20.32 20.64 21.22 22-2? 22.46 21.09 19.92 19.38 18.68 18.36 17-74 17-39 17.07 16.74 16.54 15.83 1492 13.89 12.86
- FB 8.04 11.98 12.96 12.91 12.54 11.70 11.81 13.45 14.88 I5-7.° 16.54 27.04 17.82 18.34 18.78 19.23 19-53 20.61 22.17 24.27 2 5-73
- AB 32-57 33.00 33.28 33 «55 33.76 33-97 34.27 34-54 34.80 35.08 35-22 35.40 35-56 55-7*1 35-85 35-97 36.07 36.44 37.09 38.16} 38.59
- HG *1-75 21.97 22.18 22.36 22.51 22.64 22.84 23.04 23.10 23-35 23.47 23.59 23.72 23.8l 23.89 j 23.98 24.04 24.30 24.71 25-17! 1 257?
- HG 11.20 21. II 20.85 20.71 20.61 20.51 20.35 20.16 20.11 19.99 19.89 19.83 19.71 19.63 1956; 19.50 19.44 19.27 18.93 18.58! 18.18
- GA IO.I2 12.69 I4.98 16.83 18.45 19.93 21.77 22.54 23.O4 25-74 .23.92 24.64 2544 1 25.36 25.63I 25.93 26,16 26.94 28.26 2944! 1 31-05
- HP Polygone extérieur 70 Verges.
- KL 36.121 44.94 53-8|| 63.22 72.81 80.78 90.85 102.26 112.59 132.45 134.78 144.29 «55-57 166.46 177.12 188.26 199.01 245.91 375.12 764.63 00.00
- KO 5I.IO 5*-59 53-83 54.87 55-73 56.25 36.77 57-64 58.42 59.05 59 71 60.23 60.80 6I.I4 61.56 61.92 61.26 63-37 65.38 67.59 70.0 6
- KA IO.36 10.91 11.38 ”•77 12.10 12.19 n.39 12.68 I2.89 13.19 13.40 13.58 13.63 I3.89 14.04 14.17 14.29 14.68 15.36 16.13 16.97
- HK 13 * 37 14.82 16.16 17.42 18.73 19.87 21.38 21.94 12.43 ^.2.86 23. 21 2 3-52 23.81 24.08 24.32 24.53 24.72 15-55 26.14 27.72 28.98
- TAC S'°7 5.98 6.96 7.82 8.85 9.61 10.65 10.72 IO.82 10.89 10.96 11.02 11.07 11.10 i 1.15 11,19 11.23 11.34 u.54 11.76 12.00
- J AF 22.90 19.58 18.97 19.26 19.89 20.7S 20.97 1966 18.59 1809 17-43 17.14 16.56 l6-22 15.93 15.62 15.44 14*77 1392 12.97 12.00
- FB 7.50 11.19 12.10 12.05 11.62 10.92 11.02 12.56 13.89 14.66 iJ-44 1 iJ 9° 16.63 17.12 17-53 17-9J 1S.23 19.24 20.70 22.65 24.01
- AB 30.40 30.77 31.07 31.31 31.51 3*-7Q 31.99 32.22 32.48 32.75 32.87 3 3-04 33*9 33-34 33-46 53-57 33-67 34-01 34.62 35.62 36.01
- HC 20.30 20.51 20.71 20.87 21.01 21.13 21.32 21.50 21.66 21.79 21.91 22.02 22.13 12.3 2 22.30 22.39 22.44 22.68 23.06 23-49 24.01
- HG ï9.78 19.71 19.46 29-33 19.23 19.14 18.99 18.81 18.78 18.66 18.56 18.51 18.39 18.33 18.26 18.20 18.14 17.99 17.68 17-34 16.97
- GA 9-4 5 11.84 13.99 15.71 17.22 18.61 20.31 21.04 21.50 22.16 22.33 23.00 23.76 23.67 13.91 24.20 24-44 25.14 26.38 27.48 18.98
- HP Polygone extérieur 6f Verges.
- KL 3 3'54 41-53 50.00 58.70 67.61 75.01 84.29 94-95 104.55 122.99 125.15 133-95 144-451 1154-57; 164.57 174.83 184.79 228.36 348.32 710.02 00.00
- KO 47-45 48.83 50.00 50.95 Ji-75 52.24 52.71 53-52 J425 54.83 55-45 55-93 56.461 56-77i 57.16 57-5° 57.81 5884 60.71 62.76 65.00
- KA 9.61 10.13 10.57 10.93 11.23 11.32 i 1.50 11.78 ”•97 12.15 12.44 12.62 12.66 12,90; ; 13-04 13.16 13.27 13.63 14.27 14.98 lS-77
- HK 12.41 13.76 15.00 16.17 17-39 18.45 19.86 20.37 20.83 21.23 21.55 21.84 22.11 21.36' 22.58 11-77 22.96 23-54 24.36 25 74 26.91
- AC 4.71 5-55 7.00 7.26 8.12 8.92 9-89 9.96 iq.05 10.11 io-iS 10.23 10.28 10.31 10.36 10.39 10.43 10.54 10.71 10.92 11.15
- AF 21.17 18.18 17.61 17-88 18.47 19.30 19.47 18.28 17.26 16.80 16.18 I5-91 15 38 15.07 14.79 14.5° 1433 13.71 12.93 1 2.06 11.15
- FB 6.96 10.39 n.23 11.19 10.79 10.14 xo.23 11.66 12.90 13.61 14-34 14.77 15-44 15.90 16.28 16.67 16.93 17.86 19.22 21.03 22.29
- AB 28-23 28.57 28.84 29.07 29-26 29.44 29.70 29.94 30.16 30.41 30.52 30 68 30.82 30.97 31.07 31.17 31.26 31.58 32.15 33.07 *3-44
- HC 18.85 1904 19.13 19.38 19.51 19.62 19.80 19.97 20.11 20.24 20.34 20.45 20.55 20.63 20.71 20.79 20.84 H.06 21.41 21.81 22.29
- HG 18.37 18.31 18.07 *7-95 17 86 17-78 1764 17-47 17-44 17-53 17.24 i7*»9 17.08 17.62 16.95 16.90 16.85 I 6 70 16.41 16.11 15.76
- GA 8-77 10.99 12.99 14.59 15.99 17.18 18.86 19.54 19.97 20.58 20.73 21.56 11.88 21.98 22.12 22.48 22.67 *3*34 24.49 25.51 16.91
- H P Polygone extérieur ff Verges.
- KL 28.38 35-14 42.30 49.67 57.21 63.47 72.17 80.34 S8.47 104.07 r 105.90 > 113.28 122.23 M0.79 i39-25 147-93 ' 156.36 193.23 294,73 600.79 00.00
- KO 40.15 41.32 42.30 43.11 43-79 1 44.19 44.60 45-29 ' 45 9° > 46.4c > 46.87 47-32 47-77 48.04 48.36 48.65 48.92 49-79 51-37 53-11 55.00
- KA 8.14 8.57 8.94 9-2< 9.5c 1 9.58 1 9-73 9-97 10.13 10.3* y 10.53 10.67 10.71 10 92 11.03 11.13 11.23 11.53 12.07 12.67 13-33
- HK 10.50 11.64 . 12.70 13.68 14.71 15.61 16.80 17.24 , 17.62 i7-9( y 1824 18.48 1S.71 18 92 19.II 19.27 19.43 19.92 , 20.61 21.78 22 77
- AC 3.98 4.70 5-47 6.14 . 6.87 7.63 8.37 8-43 8.5c > 8.5* 5 8.61 8.66 8.70 1 8.72 8.77 8.79 8.82 8.91 9.06 9.24 9-43
- AF 17.99 15.39 14.91 15.13 15.63 16.33 : 16.47 15.46 14.61 14.21 r 13.70 » 13-46 13.01 13-75 13.52 12.28 12.13 11.61 10.94 10.18 9-43
- FB 5.S9 8.79 ; 9*5C * 9.47 9. H 1 8.58 ! 8.66 9.87 ' 10.91 ii.5J t 12.13 12.5c » 13.07 M-45 *3-77 14.10 14.32 15.11 : 16.26 : 17.80 18.87
- AB 1388 24.18 1 14-41 24.6c ) 24.76 ; 24.91 25.13 23-33 ; 25,73 1 25.7: î 25.83 25.96 26.08 26.2c 1 26.19 26,38 16.45 36.72 l 27.2c > 27.98 28.30
- HC *5-95 16.11 16.26 ; 16.4c > 16.51 16.6c ) 16.76 16.9c » 17.02 17-13 1 17.21 17.3C » 17-39 1 17.47 17.52 *7-59 1 17.63 1 17.82 1 18.12 , 18.46 18.87
- HG *5-SA 1- * 5-4i 15.25 > 15-15 1 15.11 15.04 [ 14-92 14.78 : 1467 ' 14.6* y 14.55 1454 • 14-45 14.4c > 14-34 ,4-3c l 14.26 ; 14.13 ! 13.88 : 13.63 13.33
- G A 7-43 i 9-3= ? 10.95 1 12-34 h M-5! 1 14-62 M-97 16.53 , 16.9c 17.41 1 17-54 h ,8-o? - 18,51 18.6c ) 18.80 19.01 19-»5 > 19 75 : 20.72 21.59 21.77
- p.r2 - vue 38/231
-
-
-
- Num. III. Table de la Fortification, première maniéré, aux diverfes grandeurs.
- IV V VI VII | VIII j IX | * i XI | XII J XIII j xiv | XV | XVI | XVII jXVIII] XIX xx : XXIV X XXV) LXXII
- . H P Polygone extérieur yo Verges.
- KL 25.80 3x*9 38.45 45.16 Jl.Ol 57-70] 65.61 73-04 80.43 94.61 96.27 i 02.95 1 i 1 1.12 1 118.90 1 126.59 i •34-48 142.1/ i [75.66 2 -67'94 )46.17 00 00
- KO 36.50' 37 57 38,45 39.19 39.81 40.17 40.55 4i.i7 41-73 42.18 42.61 43.03 43-43 43.67 43-97 44.2 3 44.47 45.26 46.7O 48.28 50.00
- KA 7»4°i 7-79 8.12 8.41 8.64 8.70 8.85 9.06 9.21 9.42 9-57 9.70 9-74 9-93 10.03 10.12 10.21 10.48 10.97 11.52 ! 2. 12
- HK 9-5 5 ! I£M8 11.54 12.44 13.38 14.19 15.27 13.67 16.02 16.33 16.58 16.80 17.0.1 17-zo 17.57^ 17.52 17.67 18.11 18.74 19 80 20.70
- AC 3.62I 4.27 4-97 558 6.25 6.93 7.61 7.66 7-73 7.78 7.83 7.87 7.91 7-93 7 >97 7-99 8.02 8.10 8.24 S 4c 8.57
- AF 16.36 13.99 13-55 13.76 14.21 14.85 1498 14.06 13.18 12.92 12.45 12.24 11.83 11.59 11.3S 11.16 n.03 10.55 9-95 9 26 8-57
- FB 5-35 7-99 8.64 8.61 8.30 7.80 7.87 8.97 9 92 10.47 11 03 21.36 11.88 12.23 12.52 12.82 13.02 13-74 14.78 16.18 ly.IJ
- AB 2!.7l' 21.98 2 1.19 22.37 22.51 22.65 22.85 23.03 23.20 23- 39 2 3.48 23.60 23.71 23.§2; 23.90 23.98 24.05 24.29 24.73 25.44 25*73
- HC 14-jO 14.65 I4.78 14.91 15.01 15.09 15^3 15.36 15-47 15-57 1J65 *5-751 15.81 15.88! 15-93 15.99 16.03 16.20 16.47 16.78! 17.15
- HG I4.I3 14.01 13.90 13.81 13.74 13.75 iJ-57 13.44 13.34 13-33 13.26 13.22’!- 13.14 13,09; 13.04 13.00 12.96 12.85 12.62 12* 3 91 12.12
- GA 4-75 6.46 9 99 11.22 12.30 13.29 14.51 1503 15.36 15.83 15-95 16.43! 16.83 16.91 i 17.09 17.29 17.44 17.96 18.84 19.63I 20.70
- HP Polygone extérieur 4f Verges.
- KL 1 28.75 34.61 40.64 46.81 51.93 59.05 65.74 72.38 85.15 86.64 9 i.6l 100.00 107.01 1 * 3 93 121.03 127.93 158.09 241.15 491-55 00.00
- KO 32.85 33.81 34.61 35-27 35-83 36.16 36.49 3705 37-5^ 37.96 38-35 38.72 39.09 39-3° 39-57 39.81 .40.02 40.34 42.03 43-45 45.00
- KA 6.66 7.01 7*31 7*57 7.78 7.84 7.96 8.15 8.29 8.48 8.61 8.73 8.77 8.93 903 9.11 9(I9 9-43 9.88 10.37 10.91
- HK 8.J9 9.52 10.39 11.20 12.04 12.77 M-75 14.10 1470 14.70 14.92 15.12 15.31 15.48 H 63 H 77 15.89 16.30 16.87 17.8 a 1 8.63
- TAC 3.26 3.84 4.48 J.Q2 5.62 6.24 6.85 6.89 6.96 7.00 7.05 7.08 7.12 7.14 7-17 7-19, 7.22 7.29 7.42 7.56 7-72
- AF 14-73 i»-59 12.18 12-39 12.79 13.36 13.47 12 *66 11.95 11.63 11.20 11.02 10.65 10 43 10.24 10.04 9.86 9.49 8 95 8.34 7.72
- FB 4.81 7.19 7.79 7-74 7.47 7.02 7.09 807 8.93 9.42 9 93 10.22 10.69 11.01 11.27 11.54] 11.78 12-37 13.31 14.56 *5-43
- AB iîM4 1978 19.97 20.1 < 20.2 6 20. 38 20.56 20.73 20.88 21.05 21.13 21.24 21.34 21.44 21.51 21.58 21.64 21.86 22.26 22.90 23.15
- HC 1305 13.18 H-33 13.42 13.51 13.58 13.71 13.82 13.92 14 01 14.08 14.16 14-2 3 14.29 14-54 14-39 14.42] | M.58 14.83 15.10 15.43
- HG 12.72 12.61 12.51 12.43 12.37 I2.3O 12.21 12.10 1 2.01 12.00 11-93 11.89 11.83 11.78 11.74! 11.70 11.66 j 11.56 11.36 i *<•«5 10,91
- GA 6.07 7.61 8.99 10.09 11*07 II.96 I 3.06 *3 53 13.82 H-2 5 14-36 14-79 15.15 15.i2 15.38 15.56 15.7*0 | 16.16 16.961 ! 17.67! 18.63
- H P Polygone extérieur 40 Verges •
- KL 20.64 15-57 30.76 36.13 41.61 46.16 52.49 58-43 64.34 75-69 77-02 8«.z8 88.90! 95.12 101.27 107.59 113.72 l4°-5 3 214- 3 5 436.93 00.00
- KO 29.20 30-05 30.76 31-35 31.84 32.14 32-44 32.94 33.38 33-74 34.09 34.42 34.74 34-94 35.18 35-38 3J-58 36 21 37.36 38.62 40.00
- KA 5.91 6.23 6.50 6.73 6.91 6.97 7.08 7.25 7.37 7-54 7.66 7,76 7-79 7.94 8.02 8.10 8.16 8.34 S.78 9.22 9.70
- HK 7.64 8.47 9.23 9 95 10.70 II.35 12.2» 12.54 12.82 13.06 13.26 13.44 i 3.61 13.76 13 90 14.02 14.13 14 49 14.99 1584 16.56
- AC 2.90 3.42 3.98 4.46 5.00 5-55 6.09 6.13 6.18 ^6.22 6.26 6.30 6.33 6.34 6.38 6.39 6.42 6.48 6.59 6.72 6.86
- AF 13.10 11.20 10.84 11.00 11.36 11.88 11-98 11.24 10.62 10.33 9.96 9-79 9 5° 9.28 9.10 8.92 8.82 8.44 7-95 7.41 6.86
- FB 4.27 6.39 6.91 6.89 6.64 6.24 6.30 7.18 7*94 8.58 8.82 9.09 9.50 9.78 10.02 10.26 10.42 10 99 11.83 12.94 13.72
- AB 17-37 17-59 17-7 5 17 89 18.00 18.12 18.28 18.42 18.56 18.71 18.78 18 88 19.00 19.06 19.12 19.18 19.42 19.43 19.78 20.35 20. j 8
- HC 11.60 n.72 11.83 11.93 , 12.00 12.07 12.19 12.29 12.37 12.45 12.52 12.58 12.65 12.70 12.74 12.79] 12.82 12,96 13.18 13.42 13.72
- HG 11.30 11.21 11.12 '11.04 f 10.99 10.94 10.85 10.75 10.67 10.66 10.61 10.58 10.51 10.47 10.43 10.40 10.37 10.28 10.10 9-91 9.70
- GA 5-4o 6.75 7-9S f 8.97 ' 9*84 10.63 1 II. 61 12.02 12.29 12.66 12.76 15.14 13.46 : 13-53 13.67 i}*8?! i?-95 14*37 1507 15.70 16.56
- H P Polygone extérieur Verges.
- KL 18.06 22. 37 26 9 1 31.61 i 36.41 1 40.4c ^ 45-93 i 51.13 56.3c > 66.2: 1 67.35 »] 71.94 77-78 ! 83.23 , 88.61 94.14 99.5c ) 122.96 ! 187.56 382.32 00.06
- KO 2-5-55 26. 50 26.9 2 27.4 3 27.8< > 28.1: 1 2S.3S i 28.82 2921 : 29.5: 3 29-8? ; 30.12 . 30.4c » 30.57 ’ 30-78 ! 30.96 31.i| 3 31.6g ! 32.69 1 33.80 35-oq
- KA 5.18 ; 5-45 5.6 9 5*8! 3 6.0 5 6.i< 3 6.ij ) 6.34 1- 6.4; ; 6.5. ? 6.7c > 6.75 1 6.81 6.9; ; 7*02 . 7.08 7.1. * 7-34 ! 7-68 ; 8.06 1 8.48
- HK 6.68 ' 7.41 8.0 7 8 7 1 9-3; 7 9.9 3 10.6; ? 10"9/ r ii.2i r 11.4 3 ii.6i i 11.7e » 11.91 1 12 0, j. 12.lé i 12.26 12.31 6 12.65 i 13.12 13.86 ; 1449
- AC M 3 ; 2.95 > 3.4 8 3-9' 0 4-3: 7 4-8 5 5-3 3 5 3< 5 5.41 t 5-4 5 5-4* i 5-51 1 5-5: 5 5-5* i 5-5* 5 5-59 5-6. 1 5.67 ' 5-77 - 5.88 6.00
- AF 11.4^ ; 9.7c > 9.4 7 9-6 3 9 9 5 10.3 9 10.4! 8 9.8. f 9-3< 3 9-c- 4 8-71 1 8.5: 7 8.2} 5 8.11 l 7-9" r 7.82 7-7 3 7-3! 5 6 96 » 6.4s 1 6.oo-
- FB 37^ I 5-5Î ) 6.c >5 6.0 3 5.8 i«| 5.4 6 5.5 1 6.2! 3 6.9. 7-3 3 7-7- i 7-9; 5 8-3: 1 8.51 5 8.7* > 8.97 9-1 1 9.6 2 10.3 j r n.31 12.00
- AB lj.2C ^ 15-3Î ? 15.5 3 *5-6 6 15.7 6 15.8 5 15-9 9 16.1: 2 16.2. 4 16.3 7 16.4: 3 16.5; i 16.6< 3 16.6; 7 16.7; ? 16.79 16.8 4 17.01 D I7.31 1 17.81 18.00
- HC 10.1 5 10.2 5 i°.i *5 IO,4 .3 IO.J 1 10.5 6 10.6 6 10.7 5 10.8 3 10.9 0 10.91 6 11.0 1 11.0; 7 11.1: 2 II.IJ I a. 19 > 11.2 2 II.3. 4 H.52 ! 11.75 ; 12.00
- 1 HG 9.8 9 9-8 1 9.7 '3 96 7 9-6 2 9.5 7. 9-5 0 9.4 1 9.3 4 9-3 3 9.2: S 9.2 5 9-2( 0 9.11 6 9-i; 3 9.1c » 9 0 7 8.9, 9 8.8, \ 8.6? ' • 8.48
- j G A 4.7 5 5.-9 2 6.ç 19 7-8 5 8.6 1 9-3 ol 10.1 61 10.5 2l 10.7 jl 11.0 8 11.1 61 11.51 0 11.7 8 11.8. 4 iï-91 6.1 iz.ic ) 12.2 1 -12.5' 7 ï3-ïi ? 13-74 [. i4*4ÿ
- p.r3 - vue 39/231
-
-
-
- Num. IV. Table de la Fortification, première manière, aux diveidès grandeurs.
- IV V VI VII VIII IX | x i XI | XII | xm XIV XV XVI XVII XVIIl| XIX XX XXIV XXX VI LXXII \ îoulev. Lirlig.dr.
- H P Polygone extérieur 30 Verges.
- KL i;.48 1917 23.07 27.09 3i* 21 34.62 39-37 43.82 48.26 5677 57-76 61.61 66.67 71*34 75-95 80.69 85.29 105.40 160.76 327.70 OO 00
- KO 2 1.90 22.54 23.07 23.51 23.88 24.10 24-33 24.70 25*04 2;. 31 25*57 25.82 26.16 26.20 26.58 26.54 26.68 27.16 28.02 28.97 30.00
- KA 4-44 4.67 4-88 5.04 5.18 5-22 *•3* 5-44 5*53 5.65 5*74 5.82 5.84 5.69 6.02 6.07 6.13 6.29 6.58 6.91 7.28
- HK 5-73 6.31 6,91 7.46 8.0 a 8./I 9-i6 9.4c 9.61 9.80 9*95 ioc8 i c. 21 10.32 1042 10.51 10.60 10.87 11.24 11.88 12.42
- AC 2.17 2.J6 2,98 3 34 3-75 4Î6 4-57 4.60 4.64 4.67 4.70 4-72 4-74 4-76 4.78 4-79 4.81 ^4.86 4*94 5.04 5-*5
- AF 9-63 8.40 S.13 .8.26 8.53 K9I 8.99 8.44 7-97 7-75 7*37 7.24 7.10 6*95 7 - 341 6.83 6.70 6.62 6.33 5-97 5-55 5-* 5
- FB 3.20 4-79 5-*8 5.16 4.98 4.68 4.72 j. 38 5*95 6.28 6.62 6.82 7.13 7-5* 769 7.81 8.24 8 87 9.71 10.29
- AB 13.03 I3*I9 13.3» 13.42 13.51 13* 59 13.71 i 15*82 13.92 1403 1409 14.16 J4.23 14.29: *4.34 14.39 14.43 14.57 14-84 15.26 15.44
- HC 8.70 8.79 8.87 8.94 9.00 905 9.14 9.22 9.28 9-34 9 39 9 44 9-49 9*54 î 9-j6j 9-59 9.62 9-72 9.88 10.07 10.20
- HG 8.48 8.40 8.34 8.28 8.24 8.20 8.14 8.06 8.00 8.00 7.96 7-93 7.88 7.85! 7-82! 7.80 7-78 7-7* 7-57 7*4 3 7.28
- G A 4.0 j j.07 5*99 6.73 7.38 7*97 8.71 9.02 9.22 9.50 9 57 9 86 10.10 10, r 51 *0.25! 10.37 10,47 10.77 11.30 11.78 12.42
- HP Polygone extérieur 2f Verges.
- KL 12.9a 15.9 s 19.11 22.58 26 00 .18.85 32.80 43.82 40.22 47.30 48.15 51.27 55-56 59-45 65.29 67.24 71.07 S7.83 113.97 273.08 00.00
- KO 18. 25 18.78 19.23 19.59 19.90 20.09 20.27 20.58 20 86 21.09 21.3c 21.52 21.72 . 21.84 21.98 22.11 22.24 22.63 23.35 24.14 25.0c
- KA 3.70 3.89 4.06 4.20 4.32 4-3 5 4.42 4-53 4.60 4.71 4.78 4.85 487 4 96 5.02 5.06 Î-» * 5.24 5-49 5.76 6.07
- HK 4-77 5.29 5.77 6.22 669 7.09 7.64 7-83 8.01 8.16 S. 29 S.40 8.51 8.60 8.66 -8.76 8.83 9.06 9-37 9.90 10.35
- 'AC 1.81 2.13 *•49 2.79 3.12 3-47 3.80 3.83 3.86 3.89 3.92 3.94 3-95 3-97 3-99 4.00 4.01 4.05 4.12 4.20 4.29
- AF 8.19 7.00 6.78 6.88 7.10 7.42 6.70 7.04 6.64 6.46 6.22 6.12 5.9.2 5.80 5.69 5.58 S-S2- 5.27 4 97 4.63 4.29
- FB 2 .66 3-99 4'5Z 4.30 4.15 3'9° 4.72 4.48 4.96 5-23 5-52 j 68 5 94 6.1 1 6.26 6,41 6.51 6.87 7-39 8.09 8 *57
- AB 10.85 10.99 11.IO U.18 11.25 11.32 11.42 ir.52 11.60 II.69 H.74 11.80 11.86 11.91 11.9; * * 99 12.03 12.14 12.36 12.72 12.S6
- HC 7-2J 7*32 7-39 7-45 7.50 7-54 7.62 7.68 7-73 7 78 7.85 7^7 7.90 7*94 7 96 8.00 8.021 I 8.10 8.24 8.39 8.57
- HG 7.06 7.00 6.9; 6.90 6.87 6.84 6.78 6.66 6.67 6.66 6.6 3 6.71 657 6*54 6.52 6.50 6.48. i 6.42 6,il 6.15 6.07
- GA 3-37 4.13 4.99 5.61 6.15 6.64 7.26 7.92 7.68 7.91 7,98 8.22 8.42 8.46 8.55 8.85 8.72 | 8.98 9.42 9.81 10.35
- HP Polygone extérieur 20 V erges.
- KL 10.32 12.78 ij.38 18.06 20.80 23.08 26.24 29.22 32.17 37.84 38.51 41.94 44-44| 47-56 *7-37 * 17-47 50.64 53-79 56.86 70.26 107.18 218.47 00.00
- KO 14.60 15.03 *5-38 15.6S 15.92 16.07 16.22 16.47 16.69 16.87 17.04 17.21 17-59 17.69 17-79 18.10 18.68 19.31 20.00
- KA 2.96 3.12 3.25 3-36 3.46 3.48 3-54 3.62 3.68 3-77 3.83 3.88 3.90 3-97 4.01 4-°5 408 4.19 4.39 461 4.86
- HK 3.82 4-14 4.61 4.98 5-35 5.68 6.11 6.27 6.41 6-53 6.63 6.72 6.80 6.88 6-95 7.01 7.06 7.24 7*ïo 7 92 8.28
- AC 1.45 1.71 1.99 2.24 2.50 2.77 3.04 3.06 3.09 3.11 3.13 3.15 3.16 3.1-7 3.19 3.20 3.21 3.24 3 3P 3.56 3-43
- AF 6.56 5*59 5.42 5* S1 5.68 5-94 5'99 5.62 5-39 5-*7 4.98 4.90 4-73 4.64 4 55 4- 46 4 3» 4.22 3.96 3.71 3*43
- FB 2.12 3.20 3.46 344 3. 32 3.12 3-59 3-97 4.19 4.41 4-54 4r7 5 4 89 5.01 5.13 5.21 5.50 5-9* 6.47 6.86
- AB 868 8.79 8.88 8 95 9.00 9.06 9,14 _9±l 9.36 9.36 9*39 9 44 9.48 9-T5 9.56 9-59 9.62 9.72 9.89 10.18 10.29
- H*C ï.8o 5.86 5.92 j.96 6.00 6.04 6.09 6.14 6.19 6.22 6.26 6,29 6.32 6.35 6.37 6.40 6.4. 648, 6-59 6.71 6.86
- HG 56S 5.60 j.56 5-5* 549 *•47 5*43 5.38 5-34 5-33 5-30 5-29 J.26 5.23 5.22 5.20 5.18 . 5.14 5.05 4.96 4.86
- GA 2.70 3.38 4.00 4.49 4.9 * 5.32 5.80 6.oî 6.14 6.33 6.38 6.57 6.7 3 676 6.84 6.92 6.98 7.18! 7*54 7.8$ 8.18
- H P Polygone extérieur 1 f Verges.
- KL 7-74 9-59 11.54 1 3*55 15.60 17.31 19.68 21.91 24.13 2S.38 28.80 3 1.00 33-35 55-67 38.00' 40 34 42.65 52.70 80.38 163.85 00.00
- KO* 10.95 11.27 11.54 11.76 n-94 12.05 12.16 12.35 IM* 12.65 12.78 12.91 15.03 1310 13.19 13.27 *3-34 13-58 14.01 1448 15.00
- KA 2.22 2.34 2.44 2.52 2.59 2.61 2 *66 2.71 2-7 6 2.83 2.87 2.91 2.92 2.9S 3.01 3-°4 3.06 3.14 3.29 3-46 3.64
- HK 2.86 3.18 3.46 3-73 4.0 j . 4*26 » 4-58 4.70 4.81 4.90 4-97 5-Q4 5.10 y. 16 5.21 5.26 J:i° 5-43 5 62 5-94 6.21 «
- AC 1.09 1.28 1.49 ' 1.68 1.87 2.0S 2.28 2.30 2.32 . 2-33 2.35 2.36 2.57 2.38 2.39 2.40 2.41 2.43 2.47 2.52 *57
- AF 4-93 4.19 4.07 4.13 4.26 4-45 4.49 4.22 3.98 ! 3‘8? ' 3-73 3.67 3.56 3.48 3.41 3-34 3-31 3*7 2.98 2.7S *-S7
- FB i.jS 2.40 2.59 2.58 2.49 1 2.34 . 2.36 2.69 2.9S ! 3*M 3.31 3.41 3.56 3.67 3.76 3-8j 3.91 4.12 4 44 4.85 5.14
- AB 6.51 6.59 6.66 6.71 6.75 6.79 > 6.85 6.91 6.96 ; 7-oi 7.04 7.08 .7.12 7*5 7-17 7»*9 7.22 7.25 1 .7.42 7-63 7.72
- HC 4*3 y 4-39 4.44 4-47 4.5c * 4-5? 4-57 4.61 4.64 4-6? - 4.69 47* 4.74 4.76 4.78 4.80 4.81 4.8É ; 4.94 5-°3 5.14
- HG 4.24 4.20 4**7 4-M 4.12 4.1c 1 4.07 4-°i , 4oc , 4.0c > 3.98 3.96 ; 3.94 3 93 3.91 3.90 3.85 1 3*85 3-79 3*72 3.64
- GA . ; — *•35 i-54 2.00 » 3-3<5 ; 3.69 1 3-99 ' 4*35 4.51 4.61 475 ! 4-79 4-93 5.05 5-07 5-*3 5**9 .5.23 i 5-3S » 5.65 5.89 621
- p.r4 - vue 40/231
-
-
-
- Num.V.
- Table de la Fortification fécondé maniéré, au grand & petit Royal.
- | 1 IV 1 V 1 1 vt | VII | VIII j IX | X XI | | XII
- Angles.
- Angle au Centre. KLO 9 o 71 60 51 *543 45 40 36 3243 33 30
- Angle Polygone. AKT 90 108 120 128 3417 M5 140 144 147 1622 150
- Angle flanqué. CHR 6o 69 75 79 17 9 82 30 «J •87 88 38 11 90
- Angle flanquant intérieur. CFA I5 *9iP 22 30 2438 34 2615 27 30 28 30 2919 5 30
- Angle du flancq & de la deffence flanquante. 1 ACF 75 7030 67 30 65 21 26 6345 62 30 61 30 6040 55 60
- La longeur des lignes au grand Royal, ou quand laligne de deffence fichante demeure de 6o Verges.
- Demi diamètre. KL 38.14 48*08 58*19 68.47 78.60 90.31 101.84 113.38 124.77
- Polygone intérieur. KO 55-94 j«'j5 S8.19 59-41 60.31 61.77 62.94 63.90 64.59
- La Gorge. KA 8.97 10.26 11.08 11.71 12.16 12.89 13*47 M.95 14.29
- Ligne capitale. HK 10.01 21.03 22.15 23.31 24.48 24.64 24.66 24*76 24.85
- Flancq. AC 8.00 - 9.00 10.00 11.00 12.00 12.00 12.00 12.00 12.00
- Partie de la courtine déffoubs la deff. flanquante. AF 19.86 2342 24.14 23.97 24-3 3 23.OJ 22.10 21.37 20.78
- Seconde flancq. FB 6.14 10.58 11.86 12.03 11.67 12.95 13.90 14.63 15.22
- La Courtine. AB 35.00 36.00 36.00 36.00 36.00 36.00 36.00 36.00 36.00
- Face. HC 24.00 24.00 24.00 24.00 24.00 24.00 24.00 24.00 24.00
- Polygone extérieur. HP 81.36 81.2 j 80.35 79.63 19-05 '78.58 '78.18 77.8J 77-57
- La diftance entre l’ang.flancqué ôde flanc prolongé. HG f 23.18 22.62 22.17 21.81 21.52 21.29 21.09 20.93 20.78
- Flancq prolongé. GA 14-21 17.01 19.18 21.01 22.61 23.08 23.4J 23-75 24.00
- Ligne de deffence flanquante. HF 54-91 50.96 JO. 13 JO. 3 7 Ji.17 50.01 49.15 48.JI 48.00
- La longeur des lignes au petit Royal, ou quand le Polygone extérieur eft toufiours de 60 Verges. -
- KL 17.78 35*5° 45-45 ' 5l-59 59.65 68.95 I 78.1J 87.38 96.50
- KO 39.29 41*74 43-45 44-77 45-77 47.16 48.31 49.25 50.10
- KA 6-53 7.58 8.17 8.82 9-M '984 10.33 10.75 11.05
- HK 14*57 15-51 16.54 17.56 18.52 18.81 18.93 19.08 19.22
- AC j.82 6.77 7-47 8.28 9.10 9.16 9.22 9.25 9.28
- AF 21.7/ 18.77 18.02 18.07 1853 17.60 16-97 16.47 15.94
- FB 4-47 7.81 8.86 9.06 8.79 9-89 10.66 11.27 11.90
- AB 26.22 26.58 26.88 27.13 27.52 27.49 27.63 27.74 27.84
- HC 17.48. 17.71 17.91 18.08 18.15 18.3 1 18.32 18.49 18.56
- HP 60.00 60.00 60.00 6o.co 60.00 16.00 60.00 60.00 60.00
- HG 16.88 16.70 16-5J 16.43 16.33 l6.2J 16.18 16.13 16.01
- GA 10.35 12*6 14-3* 15.82 17.16 17.63 1 17*99 18.30 18.43
- p.r5 - vue 41/231
-
-
-
- Num.VI.
- Table de la Fortification, fcconde maniéré, aux diverfes grandeurs.
- XV V 1 1 VI VII VIII XX | 1 - ixi XII
- H P Polygone extérieur 7y Verges.
- KL 34 7*' 44-37 54-3» ,64.48 74-56 86.19 9769 109.21 120.64
- KO 50.01 52.17 54*31 55.96 57.21 58.95 60.4c 61.66 62.59
- ICA S.16 9 47 ïo-34 11.02 * 1*54 12.30 12.91 13.44 13.81
- HK 1S.21 19.44 20.67 21.94 2J.J 5 23.31 23.61 23,85 24.03
- AC 7.20 8.46 9*34 10.35 11-37 11.45 n.52 u.56 11.59
- AF 27.19 22.47 22.53 22.59 À3-18 22.01 21.22 20.38 19.92
- FB S 59 10.76 11.07 11.32 16V99 I2.36 13.32 14.29 14.88
- AB 32.78 33*23 33.60 33*9» 34.'^ v 34*37 34 -54 34-67 34.8o
- HC 21.8j 22.14 22.40 22.60 22.68 22.89 23.02 23.11 23.20
- HG 21.10 20.87 20.69 20.54 20.42 20.31 20.22 20.16 20.11
- G A 12.94 jr 70 17.90 19.76 21.45 .22.03 22.49 22.87 23.04
- H P Polygone extérieur 6y Verges.
- KL 30.0» 38.46 47.07 55.89 64.62 74.70 84.66 94.65 104.55
- KO 42.46 • 45*22 47.07 48.50 49-58 51.09 J2.34 53^35 54.25
- KA 7.07 8.21 8.96 9.56 10.00 10.66 H.19 n.65 11.97
- H K 15.7S 16.85 17.92 19.02 20.06 20.18 20.46 20,67 26.83
- AC 6.30 7-33 S.io 8.97 9.85 9.92 9*99 10.02 10.05
- AF *3-/7 20.34 19.52 19.58 20.09 19.07 18.38 17.83 17*26
- FB 4.84 8.46 9.60 9.81 9.52 10.71 II-JJ 12.21 12.90
- AB 28.41 2S.80 29.12 29.39 29.61 29.78 29.93 30.04 30.16
- HC 18.94 19.17 19.41 19.59 19.66 19.83 19.96 20.03 20.11
- HG 18.29 18.08 17-93 17.80 17.69 17-60 17*53 17.47 17.44
- G A II.21 13.61 15.51 17.15 18.59 19.10 19.49 19.82 19.97
- HP Polygone extérieur ,yo Verges
- KL 23.15 29.58 36.21 42.99 49*71 57.46 65.12 72.81 80.43
- KO 32*74 34.78 36.21 37-31 38.14 39.30 40.27 41.04 41.73
- ka -5*44 6.32 6.89 7-3 S 7.69 8.20 8.6l 8.96 9.21
- HK 12.14 12.96 13.78 14.63 iy*4î 15.68 If .74 15.90 16.02
- AC 4.85 5-^4 6.23 6.80 7.58 7.63 7.68 7*7i 7-73
- AF 18.12 ïj.64 IJ.02 15.06 ij.45 15.49 14,15 13.72 13.28
- FB 3-73 6.5, 7.38 7-J5 7*33 7.42 8.88 9-39 9.92
- AB 21.85 22.15 22.40 22.61 22.78 22.91 23.03 23.11 25.20
- HC *4 -57 14.76 14-93 15.07 15.12 i5.27 if-35 15.41 H* 47
- HG H.07 13.91 13-79 13.69 13.61 M-y 4 13-48 13.44 13.34
- G A 8.62 10.42 11.93 13.18 14.36 14.70 14.99 15.25 15.36
- IV | V | VI VII | VIII IX | X XI | XII
- HP Polygone extérieur 70 Verges.
- KL KO KA HK 32.41 46.74 7.62 17.00 41.72 48.70 8.84 18.14 50.69 50.69 9.65 19.30 8.72 21.02 IO.34 3I.36 20.90 19.31 16.70 60.19 52.23 10.29 20.48 69.59 53.40 10.76 21.60 80.44 55.02 11.48 21.74 91.12 56.37 12.05 22.04 101.93 57.46 12.54 22.26 112*59 58.42 12.89 22.43
- AC AF FB AB HC HG GA 6.81 25.38 5.21 30.59 20.39 19.69 12.07 7.90 21.90 9.11 31.01 20.67 19.47 14.65
- 9.66 21.08 10.57 31.65 21.09 19.17 18.45 10.61 21.63 10.26 3 *.89 21.17 19.05 20,02 ic.68 20.53 11.54 32.07 21.36 18.96 20.57 10.76 19.78 12.44 32.22 21.49 18.88 20.99 10.79 19.20 M 25 32*35 21.57 18.82 21.35 10.82 18.59 13.89 32.48 21.66 18.78 21.50
- H P Polygone extérieur yy Verges.
- KL KO K A HK 25.46 36.01 5.98 13 • 55 32-54 38.26 6.95 14.25 6.20 17.20 7.16 24.36 39.83 39.83 7.58 15.16 6.85 16.52 8.12 24.64 47*29 41-04 8.08 16.09 7*59 16.56 8.31 24.87 54.68 41.96 8.46 26-97 63.21 43*23 9.02 17.24 71.64 44-3° 9-47 17.31 80.09 4S.14 9*85 17.49 88.47 45.90 10.13 17.62
- AC AF FB ab 5*34 19.94 4.10 24.04 8.34 17.00 8.06 25.06 8.39 16.14 9.06 25.20 8.45 15.56 9* 77 *5-33 8.48 15.09 10.33 25.42 8.50 1461 10.91 *J>73
- HC TJ 16.02 16.24 16.42 16.57 1663 16.79 16.88 16.95 17.02
- HG 15*47 15.30 15.17 15.06 14.97 1489 14.S3 14.79 14.67
- GA 9.49 11.51 13.12 14.50 15*73 i6.i6j 16.49 16.77 16.90
- HP Polygone extérieur 4y Verges.
- KL » 20.84 26.62 32.59 38.69c 44-74 51.71 58.61 6J.53 72.38
- KO 29.47 31.30 32.59 33.58 34*32 3J*37 36.24 36.94 3 7*5*
- KA 4*9° 5.68 6.20 . 6.62 6.92 7.38 7.75 8.06 8.29
- HK 10.93 if.66 12.40 1317 13.89 14.11 14-17 M*3i 14.70
- AC 4-37 5.08 5.60 6.21 6.82 6.87 6.91 6.94 6.96
- AF 16.32 14.08 13.52 13.56 13.91 13.20 13.04 12.35 11.95:
- FB 3*35 5.86 6.64 6.79 6.59 7.42 7.68 8.45 8.9 3
- AB 19.67 19.94 20.16 20.35 20.50 20.62 20.721 20.80 20.88
- HC 13.1t 13.28 13-44 13.56 13,61 13*73 13.81 13.87 13.92
- HG 12.66 12.52 12.41 12.32 12.25 12.19 12.13 12,zo 12.01
- G A 7.76 9.42 10.74 11.86 !2,87 13.22 13.49 13*73 13.82
- p.r6 - vue 42/231
-
-
-
- Num. VIL Table de la Fortification, fécondé maniéré, aux diverfes grandeurs.
- 1 IV v 1 v« 1 VII VIII :x | X i XI XII IV V 1 V1 | VII VIII IX 1 X 1» xn
- H P Polygone extérieur 40 Verges. HP Polygone extérieur 3f Verges
- KL T/* A 18.5* 23 67 28.97 34-39 39-77 45-97 52.10 58.25 64.34 KL 16.21 20.71 25.35 30.09 34*80 40.22 45*59 50.97 56.3°
- KL). 16.19 27.86 28.97 19.8) 30.51 31 44 32.22 32.83 33-38 KO 2.29 *4-3 ? 25-$5 26.1 z 26.70 27.51 28.18 28.73 29.21
- K A 4-55 5.05 5-5* 5.87 6,T) 6.56 6.89 7-17 7-37 KA 3.81 4.42 4.82 5-»J 5.38 5*74 6.02 6.2 7 6.45
- H K 9.71 10.37 11.03 11.70 12.34 **54 12.59 12.72 12.82 HK 8.50 9*°7 9.65 10.24 10.80 10.97 11.02 11.13 11.21
- A C A U 3.88 4.51 4.98 5.52 6.06 6.10 6.13 6.17 6.1S AC 3.40 3-95 4-36 4.83 5.31 5* 34 5*i8 5.40 5.41
- n. r 14.5-0 12.51 12.01 12.05 12.36 11.74 11.3 1 10.98 10.62 - AF 12.69 10.95 10.51 9-78 10.82 10,27 9 90 9.61 9-3°
- r 13 2.98 5.21 5.91 6.04 5*86 6.59 7.11 7.51 7.94 FB - 2,61 4.56 5*»7 6.04 5-M J* 77 6.22 6.57 6.94
- AB 17.48 17-72 17.92 18.09 18.22 »8 33 18.42 *8-49 18.56 AB 15.30 15.51 1568 15.82 15.95 16.04 16.1 2 16.18 16.24
- HC Uf 11.65 11.81 11.95 12.05 12.10 12.21 12.28 12.33 12.37 HC 10.20 io-33 10.45 IO,55 10.58 10.68 10.74 10.78 10.83
- n vj r\ a 11.25 11.12 11.03 10.95 10.S9 10.S3 10.79 10.75 10.67 HG 9.85 2*74 9 65 9.58 9* J 3 9-48 9 44 9.41 9*34
- 'or A 6.90 8 37 9-54 10 54 11.44 11.75 n-99. 1 2.20 12 29 G A 6.04 7*?3 8.35 9-23 10.01 10,28 , 10.49 : IO.67 10.52
- H P Polygone extérieur 30 Verges. HP Polygone extérieur 2f Verges.
- KL 13.89 *7 75 21.71 25‘79 29. *3 34.48 39.07 43.69 48.26 KL n.57 14.79 18.10 *M 9 24.85 28.73 32.56 36.41 40.2t.
- KO 19 6 4 20.87 21.72 22.38 22.89 23.58 14.16 24.61 25.04 KO 16.37 *7-39 18.10 18.65 19,07 19.65 20.13 20 52 20.86
- KA 3.26 3-79 4.13 4.41 4.61 4.92 J «6 5*35 5-53 KA 2.72 3.16 3-45 3.68 3.84 4.10 4.30 4.48 4.60
- HK 728 7-77 8.27 8.78 9.36 9.41 9-44 9-J4 980 HK 6.07 6.48 6.89 7*3» 7.72 7.84 7*87 7.95 8.01
- AC 2.91 3.38 $•74 4.14 4-55 458 4.61 4.63 4.64 AC 2.42 2.81 3.u 3*45 3*79 3.81 3.84 3.85 3.89
- AF 10.87 9-39 9.01 9-03 9.27 8.81 8.49 7-17 7-97 AF 906 7.85 7* J1 7.52 7-73 7*34 7.07 6.87 6.64
- FB 2.24 3.90 4-4$ 4-5$ 4.40 4-9+ J- 33 5.63 5-95 FB i.86 3-25 3.69 3.78 3.66 4.12 4-44 4.69 4.96
- AB 13.11 13.29 - 13.44 13.56 13.67 M-7Î 13.82 13.9c 13.92 AB 10.92 11.07 H.20 11.30 11.39 11.46 11.51 1 r.56 1 ï.60
- HC 8.74 8.86 8.96 9.04 9.07 9.16 9.21 924 9.18 HC 7.28 7.38 7*47 7*53 7.56 7.63 7.67 7.70 7*73
- HG 8.44 S.5j 8.27 8,21 8.17 8.12 8.09 8.06 8.00 H G 7-°3 6.96 6.89 6.84 6.80 6.77 6.74 6.72 6.67
- GA 5-17 6.28 7.16 7.91 8-581 8.81 8.99 9.15 9.22 GA . 4.31 5-*3 5'97 6.59 7-i 5 7* 34^ 7-49 7.62 7.68
- H P Polygone extérieur 20 Verges. H P Polygone extérieur iy Verges.
- KL 9.26 Ji.8 3 14.48 17.20 19.88 22.98 26.05 29.12 32.17 KL 6.95 8.87 10.86 12.90 14.91 17*24 »9-54 21.84 24.13
- KO 13.10 13.91 14.48 14.91 15.26 15-71 16.10 16.42 16.47 KO 9.82 10.43 10.86 11.19 ii.44 n.79 12.08 12.31 12.52
- K A 2.18 *•53 2.76 2.94 3.08 3-*8 3 44 3.58 3.68 KA 1.63 1.89 2.07 2.21 2.31 2.46 2.58 2.69 2.76
- HK .4-86 5.18 J-5* 5.85 6.17 6.27 6.30 6.36 6.41 HK .3.64 3.89 4*13 4-39 4.63 4.70 4.72 4*77 4.81
- AC 1.94 2.26 2.49 2.76 3.03 3.05 3.07 3.08 3.09 AC-' 1.45 1.69 1.87 2.07 2.27 2.29 2.30 2.31 2.32
- AF 7-M 6.26 6.01 6.02 6.18 5.86 5.66 J-49 5*39 A F J-39 4.70 4-5» 4.5J 4-53 4.40 4.25 4.11 3.98
- FB 1.49 2.60 2 95 3.02 2.93 3-5° 3-55' 3-75 3-97 FB 1.17 1.95 2.21 2.26 1.20 2.47 2.66 2.82 2.98
- AB 8.74 8.86 8.96 904 9.11 9.16 9.21 9-M 9.36 AB 6.56 6.65 6.71 6.78 6.83 ’ 6.87 6.91 6.93 6.96
- HC 3.83 5.90 5 97 6.03 6.05 6.io 6.14 6.16 6.19 HC u r 4-37 4-43 4.48 4Ji 4*54 4.581 | 4-6i | 4-6* 4.64
- HG J*6$ 5.56 J-5* 5.48 5-44 5.42 J-39 J-$7 5-34 Il VJ r> a 4.22 4-17 4.14 4. n 4.08 4*o <5 4-04 4-03 4.00
- GA 3-45 4.19 4-77 7.27 5-7° 5 88 6.00 6.10 6.17 b A 2.59 1 3-14 $*J8 3*95 , 4-*9 4.411 1 4*5° S 4*57 4.61
- p.r7 - vue 43/231
-
-
-
- pl.n.n. - vue 44/231
-
-
-
- 25-
- des places Regulieres.
- C H API T.:R ;E VIII.
- Delà fortification à*une ligne.
- TTVAr la fortification d’une ligne nous entendons deux fortes de lignes qui viennent Que e’eft l-'d fortifier, à fçayoir l’une qui s’eftend félon la longueur du rempart ou de la cour- que fortifier A- tine, laquelle on fortifie de boulevarts plats ou ravelins: la defcription de laquelle une Hne' n’appartient à la fortification Reguliere, eu'eigard qu’icy toutes les lignes d’icelle font mifes en tel ordre, quelles n’ont pas befoingde boule varts plats. Et combien que la conftruétion de la fortification d’une ligne foie le vray fondement ôc principe de la fortification de toutes les autres lignes, fi eft ce que nous remettrons la description d’icelle à la fortification Irregüliere, où elle nous fera beaucoup plus profitable.
- Par l’autre ligne on entend la rive ou le bord d’une riviere, comme aufli la fortifica- -pouvfoni-tion d’un pont pour garder un paflàge. Elle eft rarement forrifiéeavec une figure en- fier une ri-tiere, principalement quand cela fe doibt pratiquer vis à vis d’une ville, au lieu de la- ve, ou un quelle on a couftume de mettre la moitié d’une figure Regülierel tont-
- Et fi ne fervent toutesfois toutes fortes de figures Regulieres à laibrtificationd’icel- Quellefi-le, mais feulement celles, dont le nombre eft pair, comme de 1 hexagone, oétogone, 8c g»™ est celle de dix angles 8cc. Le quarré ayant bien un nombre pair n’y eft toutesfois com-^ Pj°P™*teUe mode à caufe du peu de boulevarts,qui le rendent trop foible pour ce deflèin.Des figu- *"
- res cy mentionnées on prend la moitié : comme par exemple voulant fortifier line ligne avec un hexagone je me fers feulement de trois boulevarts, dont deux demi-bou-levarts toucheront les deux extremitez de la ligne, ôc deux entiers s’eftendront vers la campagne, ce que nous vous monftrerons en la 55 figure par les lettres A B C D.
- Pour exemple foit à fortifier la longeur de la ligne AB de 40 verges : ce qui eft la fortification d un pont vis à vis d’une ville, où la largeur de là riviere ne permet pas, que le lieu AED foit défendu, 8c flanqué de la ville ; mais il eft à craindre que l’enne-my fepourroit fervir de quelque deflèin pour forcer le pont , voicy le meilleur advis, quon le fortifie, d’un fort, 8c y mette garnifon. La ligne eftant fort propre pour eftre fortifiée d’un hexagone, les parties de la figure feront proportionnées aux tables de la première façon felon leur demi-diametre A E, 8c ainfi le Pont eft fortifié.
- Touchant la fortification des places,où on peut attaindre,& traverfer l’eau d’un moufe quet, vous ferez inftruit par le chapitre de la fortification des places fituées auprès de l’eau : icy il en eft aflèz parlé, felon qu’il appartient aux figures Regulieres.
- Chapitre IX.
- De P appareil & confiruclion des Frojfls, Ejlevem.enty Hauteur, & Ejfejfeur du Rempart avec toutes les pièces y appartenantes.
- APres avoir enfeigné au chapitre precedent, le vray artifice 8c fondement pour inventer les lignes d’une fortereflè, s’enfuit icy de trouver auflî les lignes appartenantes au profil.
- Le profil eft comme une partie retranchée du rempart, qui paflè perpendiculaire- Que cefi ment au travers dudit rempart, tout ainfi que fi quelque chofe eftoit coupée ôc divifée que le profil. en deux parties. Il monftre à l’œil la hauteur 8c largeur du rempart, du parapet, de la faufîèbraye, 8c contrefcarpe ; aufli la profondeur, ôc largeur du fofle, comme vous apprendrez par la 10 figure.
- Les lignes neceflàires à feavoir font en la hauteur 8c eh la largeur du rempart, en la profondeur Ôc largeur du fofle , ôc du refte des ouvrages reprefentez en la table du chapitre iz.
- Le rempart ne doibt eftre ni trop haut, ni trop bas : Ôc faut aufli obferver la me-fure convenable en la largeur, afin que le rempart ne devienne ni trop large, ni trop eftroit.
- Eftant trop haut il fervira à l’ennemy pour une defenfe ôc couverture, quand il ap- lncommodi-proche de la fortereflè : & tant plus il en eft prés, tant plus il en fera défendu, d’autantte d un rem~ qu’il eft comme a couvert du rempart. Parquoy s’abufent ceux qui proportionnent le
- D rempart
- p.25 - vue 45/231
-
-
-
- 16
- Premier Livre de la Fortification,
- rempart félon la hauteur 8c condition des maifcms pour les couvrir; ce qui ne pourra eftre mis en pratique en une ville, oùil y a des maifons hautes, félon lefquelles il fau-droit donner une excefïive hauteur ail rempart, 8c quand mefme cela fé pourroit faire, La force des la ville n’en feroit toutesfois pas plus afïéurée,à caufe du grand dommage des Grenades Grenades, pafïànt aufïi bien par defïiis les plus grands 8c hauts remparts quepardeffusles petits.
- Toüt ainfi quon rejette là trop grande hauteur des remparts, de mefme tient on de nulle valeur ceux qui font fi bas ; comme pouvans eftre aifement battus, principalement quand l’ennemy fé vient loger fur1 quelque lieu éminent, ou efléve de hautes batteries. ' * :
- Uautettr or- La hauteur ordinaire de 15 à 18 pieds eft trouvée fuffifànte en pratique. Quelques dinaire du uns donnent une hauteur particulière à çhafque figure noiftre proportion fera la fui-rempart, vante: en une figure de '
- IV.
- v.
- ~~V"~~
- Angles
- La bafe du rempart.
- ,n. . 14. 15. 16. 18. 18. 18. pieds.
- La largeur du rempart ne doibt eftre trop grande , â caufé de la grande defpenfé, qui en feroit caufée ; ni àuffi trop petite, à fin quelle né fait trop foible pour refifter d l’ennemy; ni trop eftroitte pour recevoir la convenable quantité de gens & de canon, car il faut, icy avoir efgard a la place fuffifànte pour y mener les gens, 8c aufïi gouverner le canon. : '
- Ladite largeur eft de deux fortes, à fçavoir le pied ou bafé du rempart,& le fommet, La bafe eft ordinairement de 72 pieds, chafque figure à neantmoins famefure particulière, ce qui s’entendra des lignes parfaites 8c entières, comme nous les avons données en nos tables, tellement que la bafé du rempart en une figure de
- VI.
- vu.
- VIII.
- Angles fera de
- 54. 60. 66. 72. 78. 84. 8 4. pieds.
- Le fohimet ne doibt jamais eftre moindre, que de 3 o pieds, ni aufïi jamais par défi* fus 6o pieds. Noftre proportion en une figure de
- IV.
- vt.
- VIT.
- VIII.
- IX.
- Angles donnera
- 36. 32. 43-f-. 48. 51. 57. 57. pieds.
- A 4ueUe . Le talud eftant le penchant du rempart fe fait, à fin que le rempart, oula terre eftant htoluddu battuë du canon de l’ennemy, ne puiffe tomber fi aifément. rempart. fi Y en a de deux f°ltes j 1 intérieur, 8c l’exterieur.
- La raifin de L’interieur eft tous jours égal à la hauteur du rempart, 8c eft marqué fur la bafé, où la grandeur pied d’icelüy. La raifon en eft, qu’au befoing les Soldats 8c Bourgeois puifïént aife-dutaludm- ment monter furie rempart, & y venir au fécours.
- Il y en a qui veulent,que l’on plante des arbres fruiétiers fur le talud, ce qui fait non feulement pour les fruiéts, mais aufïi au temps de fiege pour s’en férvir pour brufler.
- 11 féroit aufïi necefïàire d’y planter des faules, defquels en temps de necefïité on fc peut fervir au reparement des ruines du rempart, des trenchées, à faire des gabions, 8c autres ouvrages fémblables, dont le profit s’eft fuffifàmment veu aufiege de Boleduc. Le talud extérieur n’eft pas efgal par tout à caufé de la difïénfion des Ingénieurs, L'etâludex- Ç11* ^ piennent chafeun à fon opinion. Aufïi eft il different d caufe de la differen-
- terieur. ce de la terre de laquelle il eft fait. Quelques uns luy donnent la moitié de la hau-
- teur du rempart, laquelle nous retenons icy. Les autres prennent deux tiers de lamef» me hauteur : 8c il y en a aufïi, qui le font égal d la hauteur du rempart : ce que l’on
- peut faire félon la diverfitê 8c la nature de la terre , qu’il y faut employer. On mefii-re ce talud commençant de l’extremité extérieure du pied du rempart, 8c le tirant vers l’interieur.
- On a
- teneur. Arbres plantez, fur le rempart. Saules ne-cejfaires dans une ville.
- p.26 - vue 46/231
-
-
-
- des places Regulieres.
- *7
- On a de couftume de mettre aut pied du talud de jeunes faülef, efpifles * 8c Comme U ronces pour l’affermir, fur lefqaels les gazons comme liez enfèmble fontpofèz; com- fat faire le me vous verrez en la 28 figure. Le rempart ayant défia efté eflevè de la hauteur d’iin taluci-pied doibt eftre Bien battu’, 8c foulé jufques a ce qu’il foie réduit a 8 ou 9 poul- üfatfa*-ces. Afin que le rempart ne s’abbaiflè point, qiiand on a mis cinq ou fix rangs des tre & reVfl~ gazons de hauteur, l’on l’entrelardé auffi avec de jeunes fàules ( fêla fe fait, quand p la terre eft fablonneufè) 8c on fème auffi de l’orge, de 1.avoine, ou autre herbe, à fçavoir entte chaique .rang, afin* qu’il en foit rendu plus ferme par les racines. On Herbe des mit eftat de l’herbe des prez principalement lors que lé rempart fè fait de mottes Prez“ de terre ; car elle tient la terré enfemkle, que la plüye ne luy puiflè niiire fi aifement, principalement quand en la femant on l’arroufe d’eau. Es Pays-bas elle eft fort ufitéé au reparement des fortereflès, 8c eft en Allemand appèllée £^liccf t’âllt, 8c en Latin Gramen : au lieu de laquelle on fè fèrt auffi de la fèmencè de treffle majeure nommée en latin Medica. Que c'en
- Les gazons font, des pièces quarrées d’ime terre bonne 8c ferme meflée de l’herbe ^lue^esSa~ qui y a creu. Leur longueur eft de 14 ou 15 poulçes, l’efpeflèur de 4 ou y poulces, &: xms' la largeur d’un demi pied. Ils fè diminuent peu à peu par derrière, en perdant un peu de leur efpefïèur ou grofîèur, 8c ce à fin que la terre du rempart fè joigne bien 8C rer-mement.avec les gazons, comme fe verra en la 16 figure. • Vn inftru-
- Ôr à fin que le talud foitefgaièment eflevé, en la 27 figure vous fèra reprefenté un ment P0UT inftrunlent eftant fait de deux ais en forme d’une harpe, à caufe dequoy il pourra eftre le tà~ appelle Harpe.
- L’un de ces deux ais marqué de la lettre A, iongdè trois pieds, large d’un pied 8c demy, 8c efpais d’unpoûlce 8c demy, aura une ligne droitte de B èn D , faite à angle droit de C en E, 8c fera tirée une ligne paralelle à la ligne droitte B D , un peu plus que d’un demy pied, ayant la longueur d’un pied 8c demy, au bout de laquelle en E, faut faire un trou recevant tout au milieu la mefme ligne , pour y pendre le plomb , à fin qit’on puifiè voir s’il pend droittement. En F fèra fait iin trou en une fente * $£ eh G un manche pour pouvoir tenir l’inftrument, qui fèra enchafle dans une tingle au cofté B C, a fin qu’il ne fè jette point ; l’efpéfîèur de l’autre ais I K, fèra! de deux pôtilces, la largeur d’un demi pied ou d avantage , Scia, longueur de trois pieds 8C demy. Au beau milieu il doibt eftre crèiifé à fin qiie fais A s’y puifiè droittement joindre , en telle façon toutesfois qiie les deux bouts 1 & K foyent plus longs que lé cofté de l’autre ais qui y eft enchafle, 8c pour éviter auffi qu’il ne fè fende tout du long, oii enfermera les deux bouts d’une bande de fer en I 8c en K : Finalement en C on mettra un filet avec le plomb, qui fera retenu'en L par un petit aneau de fer, d fin qu’il né fè puiflè mouvoir ça 8c là.
- Voila comraentrinftrument s’acheve, lequel il faut tousjours changer félon la proportion du talud. Vont put
- Quand donc le foffé efiaucunement ereufe, 8c le rempart eflevé, en forte qu’on n’y peut plus mener la terre fans monter, on fera un pont pour lés ouvriers, la hauteur erreJ r duquel fera diverfèment accommodée félon que la neceffité lé requerra, &pour cette .fin on aura des chevalets de toute forte de hauteur, comme nous monftrent lés lettres À B C en la figure 29 , lefquels il faut faire de bois bien fort 8c èfpais, 8c bien liez avec des crampons. Là defliis on mettra des planches bien fortes,& bien ferrées enfèmble, afin quelles puiflènt avec les chevalets fouftenir les ouvriers. La largeur de ces ponts doibt eftré telle, que non feulement ceux qui mènent la terre en haut ayentafîèz dé place, mais aufiiceux qui s’en retournent vuides , pour monter 8c defeendre fans s!empèfcher l’un l’autre, ce qui s’entend de 6,7, oü 8 pieds, 5c d avantagé. Mais cela dépend du jugement d’un bon Ingénieur,qui l'ordonnera felori qüé la néceffité le requerra.
- Le rempart eftant achevé , il faut mettre 8c efïever par deflus un 'parapet, fale rem~ en leflevation duquel il y à deuxchofès à confiderer , à fçavoir là Hauteur , 8c fa ^'^uteut
- largeür. . ^ du parapet.
- La hauteur du parapet eft. de deux fortes : l’extërieure, Sefiriteriëure : celle là de quatre pieds 8c cette-ey de fix.
- De mefme la largeur ou efpeflèiir d’iceluÿ fera auffi differente félon la grandeur
- D z d’unè
- Le parapet
- p.27 - vue 47/231
-
-
-
- i8 Premier Livre de la Fortification,
- d’une fortereflè. Nous Cuivrons noftre porportion cy deflùs donnée, difans que (à largeur, ou eipeflèur en une figure de
- IV.
- vi.
- VII.
- VIII.
- IX.
- Angles, fera de
- r--------- ' --------_ ......
- iz. 14. 15. 18. 20. 24. 24. pieds.
- Ce qui s’entendra de la bafe du parapet avec le talud lins le banquet, qui n’y eft pas compris.
- Tputesfois il faut bien avoir efgard de ne le faire trop eftroit, afin qu’il foit allez fort pour refifter au canon.
- Le talud du parapet éft auffi ou intérieur, ou extérieur; celuy là eft tousjours d’un pied, 8c ceftuy-cy s accommode àla proportion du rempart, à fin qu’il correlponde en une ligne au talud d’iceluy, tellement que la proportion, dont on s’eft fervi en la hauteur du rempart, 8c au talud extérieur d’iceluy, foit faite eigale àla proportion delà hauteur du parapet; comme par exemple : Prennans deux tiers de la hauteur du rempart pour le talud d’iceluy nous prendrons auffi deux tiers de la hauteur du parapet pour Ton talud extérieur : Mais d’autant que nous avons pris la moitié de la hauteur du rempart, il nous faudra auffi prendre la moitié de la hauteur du parapet pour avoir le talud , qui fera deux pieds.
- Et la largeur du parapet par le deflùs en une figure de
- ._______ ' _____________________________________.
- iv.
- V.
- VI.
- vu.
- —v
- VIII.
- IX.
- Angles , fera de —!—------------
- S'-
- il.
- *5-
- ï7-
- pieds.
- Le banquet du parapet.
- Le terre-plein.
- Joignant le parapet; le fera auffi un banquet pour les foldats, qui en ontbefoing quand ils rirent; la hauteur duquel fera d’un pied 8c demi, & là largeur de troispieds; 8c un talud femblable. au talud intérieur du parapet.
- Le refte du rempart, qu’on appelle Terreplein, 8c fur lequel on marche, 8c mene l’artillerie, eft large en une figure de
- ________________________—'N-----------:— -------;—.
- IV
- VI.
- VIII.
- -—v------
- Angles de
- 21.
- 22.
- 25-—. 27. 28. 30. 30. pieds.
- s'ilefimeil- Cette demande n’eft pas mal à propos, file rempart ésboulevartsdoibtavoirla
- leur de faire mefînc eipeflèur, qu’aux courtines, tellement que les boulevarts en deviennent creux, les baftions ou fi rqndoibtmefmes.Ies remplir entièrement; La plus grande part font de l’opinion creux, oude de faire: les boulevarts creux, entendant toutesfois, qu’on les rempliflè de la hauteur les remplir. ^ ^ pÿ j pieds', afin‘que l’onpuiflè monter tant plus aifoment furie boulevart avec ce qui y eft neceflaire. La raifon en eft, que l’on les peut eflever 8c baftir avec moins de deïp.e!ns,.q,ue les remplis, auffi font ils'plus commodes 8c plus propres à defcouvrir les mines des ennemis, 8c à les ruiner eftant unefois ruinez on les peut aifo-ment.cp.uper , écJe retrancher de nouveau. Toutesfois les boulevarts remplis né fqnjt^paSjà..rejetter entièrement, d’autant qu’ils font hécëflàires, à caufe des cavaliers qu’il faut- avoir en quelques lieux, ce 'qu’un Ingénieur bien entendu peut ob fer ver
- , , fi^iftinguer. ...... . .. ^ : ....
- Si l’on dojbt ; : S n’^ft.pas auffi fieiping de relpondrc icy à cette demande, fi l’on doibt reyeftir les ''rèyëkli''lès xemparts 3e terre ou dé muraille ? puis que rexpcrien'ce és Pays-bas lâ refoule, où l’on remplis de ne fo fort point de muraille , combien qu’on la pourroit avoir là plus aifoment, 8c en pierre ou de plus grande quantité que fa terré. Spêcle veut auffi, qu’ils foient faits de terre, 8c la terre. p]u$ grande part des. Praticiens modernes s’accordent avec la façon-Flamnîende i la-
- quelle pour le prefont eft la meilleure.
- Il ar-
- p.28 - vue 48/231
-
-
-
- des places ReguIieres.
- Il arrive fouvent, qu’il faut baftir un boulevart, ou un rempart en lieu màrefcageux, où il eft à craindre, que le fondement ne foit trop foible pour porter une telle pefan-teur, Sc potirroit fuccomber. Il faut donc enfoncer au pied d'un tel rempart des paux l’un près de l’autre, & mettre des petits fagots de menu bois en formé delàuiciflè, comme la 30 figure le monftre, lefquels il faut affermir de chafque cofté avec des paux,
- Sc mettre entre deux de bonne terre feiche, Sc du moillon, ou brocaille pour rendre le fondement ferme 8c fiable. Speckleprifefortle freine fauvage pour faire Icfdits paux,
- Sc à faute d’iceluy l’on fe fervira de f aulne, toutesfois qu’il ne foit pas plus de quatre ans. La longueur des paux doibt eftre de 8, à 15 pieds. Si la terre eft un peu plus ferme, l’on fe fervira de fagots feuls mis en croixl’un fin* l’autre , 6c entremefles de terre, comme il eft reprefenté en la 31 figure.
- Il n’y a pas aufli moins de peine , 6c de fcience à baftir un rempart dans l’eau, ou Pour baftir dans un fleuve, ce qui confifte à faire un bon 6c ferme fondement, lequel fe peut en un boule~ diverfes fortes. Quand on veut mettre un fondement de terre ou d’autre matière dans Ams l’eau fans l’efpuifer, faut prendre de gros arbres de la longueur de 20 pieds plus ou le lt' moins, 6c les entrelacer avec des branches, 6c mettre entre deux toute forte de pefiin-teur ou fardeau, du limon, 6c des pierres, les liant bien enfemble avec des cordes poiflccs. L’efpcfletir doibt eftre de dix ou douze pieds en diamètre. Cela eftant ainfi fait on l’aflèurc de bons ais de chefiie poiflès, ou de longues perches de chefiie, à l’entour desquelles il fuit mettre trois ou quatre fortes bandes de fer, & des grands coings de bois, 6c les clouer avec des doux longs pour tenir l’ouvrage ferme enfemble , à fin qu’il ne fe desjoigne point. Une de ces pièces eft appellée double fàuciflè reprefentée en la 32 figure. Mettant donc un fondement dans l’eau on y enfoncera plufieurs de ces faulcilfes doubles, lefquelles il faut avoir preftes en quantité. La 30 figure repre- simplesjdu-fenté les (impies faucilles, la longueur defquelles eft de 10 a 12 pieds, 6c l’efpeuèur ciffes. de 4 à 6 pieds : on s’en fert és lieux marefeageux ; 6c des demies faucilles és lieux, où le Demies fait marrais n’cft pas fi mol, elles font faites feulement de rameaux, 6c la longueur en eft biffes. de 8 à 10 pieds, 6c l’efpeflèur de 234 pieds, comme verrez enla 31 figure. Or on ne fe fert pas de ces deux dernieres pour faire le fufdit fondement, à caufe quelles peuvent eftre facilement efievées de l’eau. Pour éviter aufli lagrande:defpenfe, que les doubles fàulciflès caufent, on fe pourra fervir d’autres moyens qui ne couderont pas tant & qui rempliront aufli bien la place : comme par exemple faiîànt des grands coffres doubles ou triples entrelacez de rameaux femblables aux plus grands gabions; lefquels eftans Coffrés pour remplis de greffes pierres 6c de petites, on les enfoncera au fond. Semblablement on ™ettre dans pourra faire ces grands coffres de chelhe gauldronnez par dedans 6c par dehors, 6c leat*' remplis de pierres 6c de chaux vive, Sc bien joints enfèmble avec des crampons de fer j 6c tout cela félon que la neceflité le requerra.
- Mais voulant mettre un fondement de muraille dans l’eau, if faut premièrement LeThrefor l’efpuifer, 6c pour fe faire, l’on fe peut fervir des machines-defcrites au in 6c 112 cha- desfciences pitre duThrefor desfciences Mechaniquesd’Auguftin.de-Ramollis.; la où il veut, mecham-qu’on ait premièrement quantité de poultrés, ou fommiers appr.e.ftez, lefquels il faut creufer de telle façon , qu’on les puiflè fermement joindre enfemble , 6c pouffer oti ^amellk. enfoncer au fond de l’eau , tellement que l’un, eftanr joint dans la-joinéfcurê, ou dans le creux de l’autre ne permette pas, que quelque eau puiflè paffer entre deux, ce qui fera fort aife à faire lefdi-étes poultrés eftans bien creufées, Sc apprefté.es,. Apres que ce lieu eft environné de poultrés comme d’un rempart , les ouvriers s’y mèttans efpuiferont, 6c tireront 1 eau, ce qui fe fera parle moyen de quelques feaux en donnant les féaux les uns aux autres, que l’unpuife, & l'autre jette hors.:
- Ayant donc ainfi efpuifeireàü^ Se trouvé un fond fec, ou fangeux, on en ofte aufli le En mettant fable, d’autant que dans reàu:il eft trop foible pour le fondement ; . de mefiue la fange le fondcmët n’y eft point propre, pourtant il la faut aufli ofter, Sc en apres y mettre le fondement onfereigle pour le baftiment, qui fe fait de bois ou de pierre1, félon la qualité du fond. félon fe fond.
- Et puis que depuis quelques années paflees s’eft defeouverc cette incommodité^ t'ufagede quel’ennemy s’eftant approché de la ville avoitle rempart pour une couverture-, Sc lafauffe-que le rempart mefiue n’eftoit pas en fàdefenfe convenable, on s’eft advife d’un autre broyé, oh remede, c’eft, qu’on a eflevé un petit rempart au pied du grand rempart eftant nom- chemm des mê la Fâuflèbraye, duquel on peut flanquer parallelle à l’horizon , ce flanc eftant ron es'
- D 3 beaucoup
- p.29 - vue 49/231
-
-
-
- 3o Premier Livre de la fortification^
- beaucoup plus fort qu autrement, 8c duquel on peut faire un trefgrand dommage a l’ennetny.
- Cèfte Fauflèbraye ou fa proportion, eft tout à fait fèmblableà celle du parapet, tellement quau quarré eft retenue la meftne hauteur, eipeflèur, le mefme banc 8c talud fans en changer quelque chofe. Aufli eft elle tirée parallèlle aux courtines, flancs 8c faces. Le chemin entre le rempart & la fauflèbraye en une figure de
- Angles, fera large de
- 15. 18. 20.
- Si la faujfe- Elufieurs font differens d’opinion
- 14. 24. 24. 24. pieds,
- fçavoir fi la fauflèbraye doibt eftre plus haute brayè "doibt avec un parapet, ou un peu plusbaflè fans parapet ; Quelques uns mettent, en avant efire pim l’opinion de Barleduc, laquelle on peut lire au chap. 9. du premier livre de fa Fortifica-hmte que tion 5 à fçavoir : Que tous les ouvrages de la fortification, qui font les plus proches du te parapet ccntre de la fortereflè doivent eftre plus haut eflevez, que ceux qui font efloignez du u rempart. centrej & ce pOLir ce fujetj afin qUe les ouvrages les plus proches dudid centre puiflènt flanquer 8c defendre les plus efloignez. Or eft il que la fauflèbraye ayant la mefme hauteur que le chemin couvert ne peut defendre les autres ouvrages extérieurs, qui font devant lafortereflè , à fçavoir : les ravelins, ouvrages à corne , ouvrages couronnés, 8c demies lunes, le profil deiquels ouvrages eft fèmblable à celuy du rempart, 8c par ainfi plus hauts que la fauflèbraye. ^
- Mais d’autant que la plus grande partie des Pra&ieiens és Pays-bas né baftiflènt point desfauflèbrayes à ce fujet,que d’icelles l'on puiflè defendre les autres ouvrages extérieurs, eu elgard que le grand rempart eft tellement bafti 8c ordonné , qu’il peut La faujfe. defendre tous les ouvrages, dont il a efté fait mention en ion lieu. Voicy le principal brayeprin. fujct} pourquoy elle eft baftie , à fçavoir , que d’ieelle l’on puiflè flanquer le fofle, Cÿiekca d°nt Ü iroporte grandement en une fortereflè, ce que ne peut effeduerle grand rem-fedufofft' Part a cau^ ^e fa hauteur : fi ne peut-il aufli eftre plus bas pour certaines autres raifons.
- Mais laditte fauflèbraye eftant plus eflevée, il faudroit aufli que le fofle fuft fruftré de fa veue, 8c ainfi demeureroit fans defenfe.
- D’où il appert, que ce n’eft pas fans confideration, qu’on la fait fi baflè, 8c combien qu’elle eft faite principalement à caufe du fofle, elle apporte neantmoins du proffit, comme ileftey defliisfait mention , à fçauoirque d’icelle l’on peut tirer fur l’ennemy parallelle à.l’horizon, ce qui s’entendra , quand il n’y a point de corridor en une fortereflè.
- Lalifiere. En l’exterieur du parapet au bord du fofle, on laiflè une place appellée la Lifiere, afin que la terre ne tombe dans le fofle ; elle eft large de 6 pieds en chacune figure.
- Notez,, que douze des pieds cy mentionnez font une verge du pays de Rhin. La longueur d’un demi pied eft repreièntée en la 33 figure. On fè fèrt és Pays-bas de cette mefiire entre les entreprenneurs d’ouvrages, 8c les ouvriers ne prennent point d’ouvrage en autre mefure, qu’en celle là.
- Toütesfois on la peut changer au nombre de dix pour avoir un compte plus facile, à quoy fervent les deux tables fui vantes, dont en la première on void de combien celle de douze s'accorde avec celle de dix.
- En l’autre, la mefure de dix eft au contraire changée en celle de douze. Comme pour exemple, il faudroit changer de la table des Profils le talud extérieur du rempart d’un Pentagone faifànt fept pieds d’une verge de douze pieds, és pieds d’une verge de dix pieds, d’autant que les verges, dont on s’en fèrt en campagne, pour la plus parc font divifees en dix pieds, à caufe du compte qui en eft plus facile.
- Qifon cerche donc en la table, en laquelles les verges de douze pieds font changées és verges de dix pieds * le nombre 7, qui monftrcra 5 pieds, 8 poulces, 3 grains, 8c 3 fécondés, pour la difme.
- I. En
- p.30 - vue 50/231
-
-
-
- En la verge de douze pieds.
- des places Regulieres,
- ces
- grains<
- II
- PÎ: P- il _//
- 1 O 8 3 3
- 2 I 6 6 7
- ; -2 5 o o
- : 4 J 3 3 3 :
- : ' s : 4 i 6 7-
- J"-6 __S o o o:
- \ — — — —
- 7 5 8 3 3
- 8 d <> <5 7
- J. 7 o -? *
- là 8 3 '1 .r TL z
- ii 9 i 6i
- di 10 o P.j d, ! i.
- E £i g- 7/
- ^ — : -I o ,6 9.
- 2 1 3 9
- J 2 o 8
- 4 2 7 iT ‘ 1
- 5 3 4 7 1 - <
- 6 4 i 6 J
- 4 "8 6~ 1 (
- . 8 5 5 S V v
- Â 6 . 2 L 1
- IO 6 9 4 i
- 11 7 6 4 d
- LL 8 J 3 < • i
- , i |Ë L g_ // « i
- r i o £ i » »
- 2 l i r
- , $ I 7_ i <
- 4 2 3 1 (
- J 2 9
- 6 J L
- 7 4 i
- 8 4 6
- J9 J 2
- IO 5 r
- il 6 4
- 12 6 9_
- P!: P: ü //
- "7 ’sf
- 2 1
- ; .. . i£
- —~
- 4 K
- 5 *
- 6 13
- < — i îi
- 7 I 3a
- 8 '4
- 9 4y
- IO J
- 11 ii
- Lli ’6
- •Tl
- O
- 3
- C't
- n>
- P
- <
- CD
- -TQ
- o
- D-
- o>
- Ô-
- £•
- n>
- O-
- C/3
- C/3
- <L>
- K.
- nd
- o
- nd
- <ü
- ÿ
- QJ
- >
- ci
- a
- r ?± P: Lfe //
- i i 2 4 10
- 2, 2 4 9 7
- . 3 3 7 2 1
- 4 4 9 7 2
- . pieds * 11 6 ~6 7. o 2 o 4 0 9
- • —— —
- 7 8' 4 9 7
- 8 9 7 2 5
- 9 id 9 7 2
- ^IO 12 o o O
- Ë: I £ 77
- i i i J 3
- 2 2 IO 7
- 3 4 3 IO
- . V V 9 2
- 1 poul-< 5 6 7 8 2 7 5 8
- . ces -V -,
- ~7 IO i o
- 8 11 6 3
- 9 i 0 il 7s
- Lio i 2 _4 IO
- 1 h PL- P* i 2 77 9
- 2 3 J
- 1 5 2
- j4 II
- grains-! ! 5 ~8 7
- 6 10 4
- 7 I 0 i
- 8 1 i IO
- 9 2 3 ~6
- IL 1 J 3
- ph P: £: II
- i 2
- 2 J
- 3 (S
- _4 J
- // < ’ 5 IO
- 6 i i
- 7 i 1
- 8 i A
- 9 i i 7 9 J
- Font en la verge de douze pieds
- p.31 - vue 51/231
-
-
-
- J]utilité du contenu fuperficiel du rempart.
- Zefijfedoibt fournir af-fez.de terre pour le rempart.
- $•
- Premier Livre de la Fortification,
- Chapitre X*.
- Pour trouver k contenu fuperficiel du profil du rempart & du parapet.
- AVant que de déterminer la largeur 8e profondeur du folle il faut premièrement fçavoir le contenu fiiperficiel du profil du rempart làns lequel on ne peut defi-gner le folle, ni faire le vray projed d’iceluy, d’autant que le fofie requiert une telle mefure, laquelle efiant allez grande paille donner de la terre fuffilànte pour le rempart. :
- Audi ne peut on fçavoir fans cette cognoiflance le contenu corporel du rempart. Pour mieux entendre ceci,le profil du rempart 8c du parapet du quarré efi reprelenté en la 3 4 figure, auquel A B HI, efi le rempart entier, jfcfa hauteur H K de douze pieds, labafe Al de 54, &le,fommet H B ou L K de 36 piiects.^
- Le talud intérieur IK de 11,8c le tâlud extérieur L A; de 6 pieds. ’
- La bâfe du parapet O B de 12, la hauteur N P ou CM de 4, NM ou P C de 9, D P de 2, M B de 2, Ô N 1, O E i-j-, G O de 3 pieds.
- Pour: trouver donc le contenu fuperficiel de ce profil vous fervira 1 operation (clivante. .
- : L
- Pour trouver le contenu du rempart HIAB, adjoüfiezHI, labafe du rempart,au fommet H B, par la moitié multipliez la hauteur HK, 8c aurez le contenu fuperficiel de HIAB. -
- II.
- Pour trouver le contenu du parapet : N P CM efi un parallellogramme duquel la hauteur P N, multipliée par la largeur P C vous donnera le contenu du paralleilo-stamme.
- HL
- Pour trouver le contenu du triangle ODN multipliez la moitié de la ligne D N par la toute O N, & le produid fera le contenu.
- IV. '
- Au triangle C M B, multipliez la moitié de la ligne C M par la toute BM,&aurez le contenu.
- V.
- De rnefine au triangle D P C, la ligne P C,multipliée par la moitié de la ligne D P, donnera le contenu d’iceluy.
- VI.
- Le contenu de la marchette E F G O, efi trouvé par la multiplication de la hauteur O E, & fa largeur GO.
- VII.
- Tout cela efiantadjoufié enlêmble vous viendra le contenu du rempart 8c dn parapet.
- Pra&iquc.
- En nofire quatre F operation efi telle.
- I.
- AI 54
- HB il
- la moitié de 90
- efi 45
- la hauteur H K 12 du rempart.
- 90
- 45
- le contenu du 540 rempart HIA B.
- IL Au
- p.32 - vue 52/231
-
-
-
- pl.n.n. - vue 53/231
-
-
-
- 35
- des places Regulieires.
- II.
- parapet,
- ta hauteur du parapet N P 4
- PC 9
- le contenu du paràllellogramme N P C M 36
- III.
- la moitié ' DM 3
- ON • „ 1,
- le contenu du triangle ODN 3
- IV. -
- la moitié CM ' i
- MB ' ' 1
- lé contenu du triangle C M B 4
- V.'
- PC 9
- la moitié DP 1
- le contenu du triangle DPC : 9
- '* VL .
- ~ ÔÉ -iJj
- GO 3^
- ie contenu du parapet EFGO 4-i-
- VII.
- le Contenu du parapet, avec le banquet 56-^.
- le contenu du rempart 540
- le contenu lùperficiel du profil du rempart, &du parapet 596*£- O pieds.
- Le contenu du profil de la fâuflèbraye eft femBIable au contenu du parapet# la calculation d’iceluy n’eft point necelïàire icy.
- en la difme le contenu du rempart fera 375 O pieds.
- le contenu du parapet • 39 pieds* ;
- le contenu du profil 414 O pieds.
- Chapitre XI.
- Touchant ïappareil é* ordonnance du fofséi
- DE toutes les parties d’une forterelïè le folle eft la principale, comme pouvant empefcher lennemy (d’en approcher liibitement. Son ordonnance requiert une parfaite largeur & profondeur,tant plus il eft'profond, tant meillèut eft il, tellement que fon contenu convienne à peu prés aveccélüydu rempart j afin qu’il puilïè fournir allez de terre pour le parfaire.
- Sa largeur toutesfois, comme aulïi fa profondeur, eft diverlê en s accommodant a la nature & propriété des divers lieux, & pays. ; * .--. : * /, -, <
- E 11 y
- p.33 - vue 54/231
-
-
-
- L'eau dans îefofsê.
- Île fl endi. faute, fi le fifiéfec doibteflre p référé au fofséplein d’eau. Autre opinion du fofsé.
- La largeur du fofsé.
- 34 Premier Livre de la Fortification,
- Il y en a quifont le foffé en telle forte, qu’ils y font entrer l’eau, s’il eft poffible, laquelle on peut avoir és Pays-bas fans grande peine, 6c pluftoft, que l’on ne defîre. Il y en a auffi, qui les veulent avoir lècs, ce qui eftfort commun en Allemagne , à caulè de la dilètte d’eau, tellement qu’il faut auounefois creulèr deux verges de profond dans terre avant que pouvoir trouver de l’eau. Plufieurs dilputent laquelle de ces deux fortes eft la meilleure : qui defire cognoiftre leurs raifons, les trouvera dans la Fortification de Simon Stevin, Specle, Bonadjuto Lor'mi, 6c de plufieurs autres, qui ont trai&é plus amplement de ces demandes,qui lè rapportent plus à un difeours, qu’à noftre deffèin. Et me contentant de la commune pratique, laquelle dit, qu’il vaut beaucoup mieux avoir le folle plein d’eau quand on le peut, 6c encore mieux qu’on y face entrer une eau coulante (fi faire fe peut) laquelle l’ennemy ne puilîè deftourner. Es lieux hauts & montagneux, où l’on ne peut avoir d*eaii, il le faut accommoder aux fecs, lefquels il faut faire tant plus larges, 6c profonds, 6c y planter des paliflàdes au bord contre l’af-faut de l’ennemy.
- Toutesfois l’opinion de ceux qui en temps de fiege preferent le folle lèc à celuy qui eft plein d’eau, 6c en temps de paix le remplilfent d’eau, n’eft pas à rejetter ; partant il feroit bon de l’ordonner de telle façon, (fi la commodité du lieu le permettoit) qu’on en peuft tirer l’eau, pour l’y remettre quand on voudroit. 4
- La largeur du folle eft auffi differente lèlon la diverfité des fortereflès; toutesfois on la prend ordinairement de dix verges au devant de la face, à laquelle elle doibt eftre tirée parallelle.
- Noftre proportion en une figure de
- + —i *.in ............ ' « ^
- IV.
- V.
- VI.
- VII.
- VIII.
- Angles pour la largeur du folle donnera.
- -- . . - , i - -
- Tour trou, ver la profondeur du fofsé.
- 71. 84. ' 96. 108. 120. 151. 132.pieds.
- La profondeur du foffé, comme il a efté dit, doibt eftre tellement ordonnée» qu’elle puilîè fournir aflèz de terre pour.le baftiment du rempart. On la prend ordinairement de 12 ou 14 pieds lèlon que la commodité le permet : toutesfois le fof-lè doibt eftre pour le moins de la profondeur de 6 ou 7 pieds, afin qu’un homme ne puiffe palïèr au travers.
- Pour la déterminer par noftre proportion il lè faut fervir du calcul Géométrique, qui fe fait en telle façon.
- I.
- 11 faut avoir le contenu du profil du rempart 6c du parapet 3 comme on peut voir enla figure 34.
- II.
- Auffi eft requife la largeur du foffé A B* comme il eft reprefenté en la fig. 35:
- ni.
- De melme doibt élire cognuë la proportion du talud A D à la profondeur du foffé D G, laquelle nous prennons icy comme un à un.
- IV.
- Cela eftant fait procédez ainfi en difant; comme la proportion qu’il y a du talud A D, à la profondeur-du folle D G.j.ainfi AF moitié de la largeur du folle,à la perpendiculaire FC, au triangle A CB.
- '
- Cherchez le contenu-dé-ce triante*en.multipliant la perpendiculaire F C paria toute A;h> la moitié de la Comme lè.ra le contenu du triangle A C B. ,. : 1
- .......";
- Oftez de ce contenu le contenu fuperficiel du rempart, 6c du parapet......
- VIL Avec
- p.34 - vue 55/231
-
-
-
- des places Régulières. %
- vil ;
- Avec le relié procédez ainfi difant : le contenu entier du triangle A CB, donne lë quarré de la perpendiculaire entière F C, que donne le refte,qui eft demeuré du contenu du triangle.
- Du produit tirez la racine quarrée, laquelle eftanr foubftràirede la perpendiculaire F C du triangle vous donnera D O ou FI pour la profondeur du folle.
- Pra&ique.
- I.
- Àu quarré font cognus 59S-J- pieds *. pour le contenu fùperficiel du profil du rempart & du parapet, comme monftre la fig. 34.
- IL
- Et pour A B font aulfi cognus 74 pieds. ;
- III.
- 11 y a telle raifoh du talud A D à D G, comme un à un.
- IV. .
- 1 donne 1 36 donne 36 la perpendiculaire FC.
- y.....
- Pour faire le compte du triangle AB "72
- Fc : 36 ....
- 4îi
- ........216
- M91 ;-
- k moitié 1295 pour le contenu! dü triangle A CB.
- VI.
- . *296. ..........
- ; 596-J le contenu du profil.
- ... ; 700 - le reftê du criangld ;.i
- vil.;- ':'
- " Le contenù du triangle ; de la perpendiculaire ....
- 1296 donne 1291» 700 pieds .
- [7|bô|oojoo]
- l£Ë2ü!
- FC la perpendiculaire s 36.00. T ,
- Racine du refte du triangle . ; ) 2645 .
- DC la profondeur du folle. 9-7.7, i
- Ainfi la profondeur du fofle-D G fera 9-pieds, 7pouîces;& 7 grains , au lieu def-quels nous prendrons 10 pieds, d’autaht tpié lè 7 poùlces 7 gtàins plus (ont plus de la moitié , & prelque un entier; ce que nous oblèrvonspar tout en nos calculs.
- En la dilme la melme profondeur ferq&pieds, 3 poulces 3 grains.
- Tout de mefme en un figure de '
- "A ” 77 T"
- V. VI. VII. VIII. IX. x.
- . ..........v* 1 " . — r"^
- Angle» viendront. . ;
- /— 1, .... ..... .1
- 10. 10. ‘12. 12. 12, izpiedspourlaprofondeurdufolïe. vnfijfea»
- L’en peut aiilfi (fila commodité le permet) faire encore un autre petit folle au mi- milieu, lieu dii grand folle large de 20 ou 24 pieds, ffc profond de 4 ou y pieds, comme il lè void-èn la figure 35, en KMNL. •
- Le fôfïe.eftant ainfi achevé & faid allez profond, il le faut aulfi garnir, a fin que la
- E 2 terre
- p.35 - vue 56/231
-
-
-
- Il faut mettre les gazant pour une liatfon.
- Corridor, ou contrefcar-
- ft.
- 3c Premier Livre de k Mortification,
- terre ne tombe point des deux coftez, ce qui fe fait en diverfes façons. Car il y en a qui eflevent des murailles, & les font allez fortes pour empefcher que la terre ne puil-lè pas le renverfer pour remplir le folle s mais d’autant que cette façon efl: de grande delpenlè, il ne s'en faut pas lèrvir, 6c au lieu d’icelle on prend des gazons les joignant bien enfemblc, ce qui ne couftepas tant, & eft aulïï fort 6c durablej 6c à ceçy faut prendre feulement garde, que là où l’eau bat* 6c emporte la terre du rempart,il foit environné 6c couvert d’unehaye entrelacée de paux 6c de làules, 6c en apres les gazons foient bien fermement mis 6c join&s l’un lùr l’autre, enfuivant le talud convenable 6c proportionné du rempart.
- Chapitre XII.
- De t ordonnance du Corridor.
- LE folle donc eftant mis à fin, on laiflè un chemin ou une allée du cofté extérieur d’iceluy eftant nommée le chemin couvert, ou le corridor, 6c communément, aufii la contrefcarpe, à laquelle eft adjoint un parapet haut de 6 pieds, avec un banquet large de 3 pieds 6c haut d’un demi pied.
- Ce chemin eft ordinairement large de 20 ou 24 pieds,en comptant du bord extérieur du folié,le parapet eft tiré parallèle au folfé,mais en quelques forterelïès il eft âu-cünefois courbé en formé dè demi-lune,& cela fe faidt au milieu de la courtine.
- En noftre proportion pour la largeur dudit chemin entre le folle 6c le parapet nous mettons en une figure de
- IV. v. VI. VII. VIII. ix. x.
- ^---------------- -v—-----------------
- Angles,
- s---------------------------‘V------------- ---------—,
- 15. 18. 18. 20. 24. 24. 24. pieds,
- la hauteur du parapet, comme il a efté fait mention, eft de 6 pieds, la bafè duquel n’eft ferablablç en toutes forterelïès, à caufe de fon panchant, lequel doibt eftre toujours à l’œil du grand rempart, à fin que d’iceluy l’on puilïè veoir, 6c flanquer le die panchant du parapet.
- Pour trouver donc ladite baie vous lèrvira la maniéré fuivante*. en laquelle feront propofez deux triangles fernblables,à fçavoir AEC & A F B; partant je di. A E différence entre la hauteur A F 6c C D me donne E C la diftance entre la hauteur A F & C D,combien la hauteur du rempart 6c du parapet A Fîelle me donne la longueur F B, maintenant la longueur E C oftée de F B donnera D B la bafe du parapet du corridor.
- Pratique.
- Au quarré, dont le profil eft en la 3 6 figure, la ligne A F, hauteur du rempart 6c du parapet, eft de 18 pieds, 6c pour la hauteur CD nous prennonsaufli 6 pieds.
- la hauteur du rempart A. F 18 la hauteur du parapet du chemin couvert. CD G la différence des deux hauteurs A E îz 1
- les lignes fui vantes âdj duftées enlèmble N G
- IK
- KL
- LM
- MD
- 11
- 6
- 33
- 7*
- U
- 1
- donnent la longueur EC 138
- AE donne EC que donne u 138
- 18
- 1104
- *484
- AF
- 18
- 207 F B a 13 8 E C 6? DB De mef-
- p.36 - vue 57/231
-
-
-
- TABLE BV
- PROFIL.
- Pieds de douze en une verge._____________________Pieds de dix en une verge.
- IV. V. VI. VIL VIII. IX. IV. V. Vi. VII. VIII. 1 IX.
- Figura. 39 40 41 42 43 44
- Bafe du Rampart. IA U 60 66 72 78 84 4f- 00 fo. 00 ff. OO 60.00 6f. 00 ( 70.06
- Talud extérieur du Rampart. LA 6 7 1 7-r 8 ? ? f. 00 f.83 6. 2f 6. 67 7♦ fo 7» fo
- Talud intérieur du Rampart. IK Ï2 x4 if 16 18 18 IO. 00 11. 67 12. fO 13- 33 I f. 00 if. 00
- Haulteur du Rampart. HK.LB 12 H if 16 18 18 IO. 00 11. 67 12. fO 13* 33 I f. 00 1 f. 00
- Sommet du Rampart. HB 3* 39 4$t- 48 fi f7 30. 00 32. fo 36. 24 40.00 42, fo 47* fo
- Bafe du Parapet du Rampart. OB 12 H if 18 20 24 IO. 00 II* 67 12. fO 1 f. 00 16. 67 20.00
- Talud extérieur du Parapet. MB 2 2 2 2 2 2 I. 67 I. 67 I. 67 1. 67 i. 67 i. 67
- Talud intérieur du Parapet. ON I 1 1 1 1 1 0. 83 0. 83 0. 8 3 0. 83 0.83 0. 83
- Haulteur extérieur du Parapet* MC 4 4 4 4 4 4 3» 33 3» 33 3* 3 3 3* 3 3 3» 3 3 3* 3 3
- Haulteur intérieur du Parapet. ND £ 6 i 6 6 6 f. 00 f. 00 f. 00 f. 00 f. 00 f. 00
- Sommet du Parapet. PC 9 11 13 if 17 21 7» fo 17 IO. OO 12. fo i4» 17 17. fo
- Largeur du Bancquet. GO. EF 3 3 fl 3 3 3 2. fo 2. fO 2. fO 2. fO 2. fO 2. fO
- Haulteur du Bancquet. OE. GF . il- J-f 1. 2 f I. 2f I. 2f I. 2f î* 2f I. 2f
- Terre plain. HG 21 22 27 38 30 17. fo 13. 21. 2f 22. fO z3> 3 3 2f. OO
- Fauflèbraye, ou chemin des Rondes. A Q 12 if If 17 21 21 10. 12. fO 12. fO 14» 17 1% fo 17. fo
- Le Parapet & Bancquet, comme au Rampart. QRSTUa
- Lifiere. ab 6 6 6 £ 6 6 f. 00 f. OO f. OO f. OO f. 00 f. OO
- Largeur du pied du Rampart, jufques au bord du Fofle. fe — — — Ab 33 38 39 44 f° f° 27. fo 31. 67 32. fO 36.67 41. 47 41. 67
- Largeur du Fofle. be 72 84 96 108 120 132 60.00 70. OO 80* OO <>o. 00 IOO. 00 ÏIO. 00
- Talud intérieur & extérieur du Fofle. bf.ge. IO 10 10 12 12 12 8» 33 8.33 , 3.33 IO. OO IÔ. 00 10. 00
- Profondeur du Fofle. fc.gd IO IO 10 12 12 12 8» 33 8.33 8. 33 IO. OO 10.00 10. 00
- La largeur du fond du Fofle. cd f* f4 7<f 84 I08 43* 3 3 f?- s? 63. 33 70.00 80.00 30.00
- Coridor ou chemin couvert. eh. 12 1f if 17 21 21 10. 12. fO 12. fo 14.17 17. fo 17. fo
- Largeur du Bancquet. ho. ik 3 3 3 3 3 3 2. fo 2. fO 2. fO 2. fo 2. fO 2. fO
- Haulteur du Bancquet. ok. hi il- if «T- T-f I. 2f I. 2f I. 2f 1. 2f I. 2f I. 2f
- Bafe du Parapet du chemin couvert. om *9 ^9 b 70 74 19 f7- fo 17- 1° f7. fo f8. J? 6l. 67 *f. 83
- Talud intérieur du Parapet du chemin couvert. on i i 1 1 1 I 0. 83 O. 83 O. 83 0. 83 O. 83 O. 83
- Haulteur du Parapet du chemin couvert. ni 6 * 6 4 6 6 f. 00 f. OO f. OO f. 00 f. OO f. 00
- pl.n.n. - vue 58/231
-
-
-
- pl.n.n. - vue 59/231
-
-
-
- 37
- des places Régulières.
- De mefin&pour la baiè du parapet du chemin couvert en unie figuré dé
- Vf.
- VIII.
- Angles viendront
- 69. 69. 70. 74. 94. 79. pieds.
- Hors de ce parapet fe fait encore un fofte large de 24 pieds, & profond de 8 pieds, comme il fe void en la figure 10. m p ej r, lequel pour plus grande feureté eft fortifié de paliflàde à l’entour du bord.
- Ufauticy remarquer que perfonne n’eft obligé de s’aftreindre à la proportion icy propofée, d’autant qu’en la plus forte fortereftè l’on peut aufti faire le profil plus foi* ble, partant un chacun fe peut choifir le plus propre qu’il, luy femblera. Touçcecy .eft mis en la table fuivante des profils.
- Icy doibt cftre mife la Table dés Profils.
- Chapitre XIÏI,
- Du contenu corporel du rempart, de la faujfebraye^dufojjé, & du parapet du corridor.
- L’Invention du contenu corporel du rempart & des autres parties au.baftiment La necejftté d’une fortereftè eft fort neceflàire, êc principalement pour.cès caufeà, àiçavoir, de ffavoir que l’on puiflè calculer les frais qu’il faut faire pour lé b'aftiment d’icelle ,'léiquels ^ contenu on ne peut fçavoir , devant que l'on içaçhe le contenu corporel du rempart, lequel 11
- monftrera les defpciH, qui feront ncceflàires. D’avantage faut auïïi fçavoir, fi la terre feule > que l’on prendra du folfé y fera fuffifante pour en faire le rempart, ou s’il en faudra mener encores d’ailleurs; auflî combien de gens font requis pour achever le rempart, & en quel elpace de temps il; pourra eftre achevé.
- Pour venir au but d'un tel déflèin if iè faut fèrvir du calcul Géométrique , la de-feription duquel quelques uns ont renduirrop ample & ennuyeuiè eftant plus propre à la fpeculation , qu’a là pratique, laquelle .dçibt eftre prompte, & ne permet lbuvent qu oh y employé beàüpoup de temps. ; . ' ;"r" '•••!
- La maniéré de Marolois, laquelle il monftréprrfa Géométrie, eft trop ampId&âË Le ca!c*1 * cheuiè, & requiert preique le'tfàvail d’un joiir entier; Celle de Pitifcus, laquelle,vous trouverez en fes problèmes Architectoniques eft,bie® jufte & infalliblejmais àuififort ^jcus lente & ennuyeuiè pour eftre,mile en pratique. i7
- Pour éviter donc cefte peine,que nous donnât (es calcifey mentionnez,nbtrçpro- vn chemin poièrons un chemin plus court & plus propre pour s’eniè.ryÿ çn^pra&iqueV<qüï plus court.
- procheaflèz de la vérité,&ie peut achever en peude temps. • v1--0
- - Mais afin qu on n’aye noiric dfe dpuhté e^^aferàricft dfùfè&:C9î»ptes., f ay: ftipputé le contenu corporel à la façoii die PihTcus, puâsfapeés fclqn kln^niere. dont.^enfers preièntement, & ay trouvé en fon grand & ample calcul que la partie da Contenu
- corporel du rempart, Ôç du parapet d’une fortereftè de 7 angles •1 contient1 Jpieds cubiq.:'
- & an mièii" 01 ' 12609 3 o pieds cubiq.
- tellement que la différence eftde . 251 pieds cubiq. laquelle multipliée àVéè ii 14
- c Iô9*
- en toute la fortereftè de fept&rrgfer r *** ./
- manque moins que Pfiifcus 35 4 ^
- ffc puis que Pitifcus veut, qiie-Topofte de Ja^pgMtje qui Vient pour le rempart & les autres oeuvres des portes ôdomes qui fè fenoig^dânVIa fortereftè; on pourra départie par. proportion, rabattre, oqobnjéttre cpqqi n pft èn ifdftre calcul gueres moins que le contenu d’une demie porté. '
- E 3 Le m’a-
- p.37 - vue 60/231
-
-
-
- 38 Premier Livre de la Fortification,
- Le maniéré de ce compte eft telle,que l’on cerche premièrement la ligne intérieure du rempart, lexterieuré eftant desja cognuë au plan de la fortereflè j ce qui le fait par layde de la Trigonométrie, aulfi eft cognuë la bafe du rempart.
- Ladite ligne intérieure eftant trouvée adjouftezlaà la ligne extérieure,8c multipliez la moitié de la Ibmme par le contenu fuperficiel du rempart lèul fans celuy du parapet, 8c vous viendra le contenu corporel du rempart;
- Tout de mefme faut il cercher la longueur extérieure 8c intérieure du parapet; lesquelles éftans toutes deux adjouftées leur moitié fera la ligne du milieu,laquelle eftant multipliée par le contenu fuperficiel du parapet, donnera le contenu corporel du parapet.
- En cherchant le contenu corporel de la fauflèbraye on Ce lèrvira de la mefme façon, comme il fera plus clairement monftré par la pratique aux exemples Suivantes.
- Trafique. Fig. 3y..
- Au quarré de la première façon la longueur extérieure A B C D eft desja cognuë.
- AB
- BC
- CD
- 180
- 60
- 140
- Toute la longueur AB CD 480 pieds.
- Pour chercher la longueur intérieure HGFE on a pour cognuë*, A H labalê du rempart 45 pieds, à laquelle BI, B K, K G, G Hon égalés.
- AdjouftezalaligriéHI qui eft de mefme longueur queAB 180
- la ligne IG • 45
- vient H G 225 pieds,
- pareillement à la ligne B C 60 adjouftez la ligne B I 45
- vient pour CI 105
- De laquelle ligne CI faut foubftraire ïaligne L C pour avoir LI ou F G.
- ’ :G L comme eftant inçognuë il la faut chercher parla Trigonométrie.
- Au triangle LC.F Semblable,&egaU.C MF l’angle.LCF eftcognu,éftantlamoi-tièdè l’angle LCM.;: #
- L’angle. LCM fait ^ ioidegr.20 min.
- t’aàgle '' ,; _L CF' fera donc 51 10
- - ÈtSfôn'complëraenf t F'C *^*'1 38 '50
- Auffi eft cognulecôftéL F faifant 45 pieds; lequel eftant pris pour Radius,L C fera ' làTâhgénte deVangle LF C, faifant; dans les tables de finus 80258..
- Parquoy jedi.
- L F Radius donne L Fr 4 Tangente de langle L F C38 degr. 45 thîn.
- IOOOOO ui4#C; c ! 80258-
- " • :....• 45
- 4 3Z ©1290 1032
- -, 36 11610
- [ 105 06000
- \ 68 8-8390
- ) 240 00600
- ’delkljgne <CD 240 foubftrayçzCM 36(1 1610 relie MD zo^jSS3 96
- p.38 - vue 61/231
-
-
-
- des places Régulières. $$
- Pour trouver N D, laquelle n’eft pas cognuë, il faut prendre pour Radius la ligne NB faifant 45 pieds ; & l’angle N DE au triangle ENDeft cognu de 32 degrez 30 minut. dont le complément eft l’angle NED de 57 degr. 30 min. & là Tangente 156969.
- NE Radius 100000
- NE
- 45
- la Tangente de l’angle N E D 57 degr.30 min. 156969
- 45
- 7 84845
- 62 787 6
- vient ND 36(63605 laquelle eftant tirée de MD 103(88 390 donnerapour le refte la ligne M N ou F E 13 3(24785 d laquelle adjouftez. F G 68(88 390 & HG 225!
- & aurez l’entiere H G F E 427(13175
- Four trouver le contenu corporel.
- Adjouftez enfemble A B C D 480)
- ôc HGFE 427(13175
- fomme AB CD & HGFE . 907(13175
- la moitié de cette fortune 453(56588’
- multipliée par le contenu lùperf. du rempart . 375
- 2267(829^0 31749(6116 136069(764
- vient pour le contenu corporel de du I7oo87j2050o
- rempart du quarré
- Pour trouver la longueur extérieure du parapet: eft cognuë A O le talud extérieur du rempart de 5 pieds, comme aufli les angles dés triangles femblables à ceux , def-quels nous nous fournies fervis au calcul du rempart.
- Adjouftez ;AB -180
- * YpVj
- vient O Pv 185
- d’advantage adjouftez enfëmbiè B C 60
- • : &C ! ' B Y • 5 ;
- vient CY 6t
- De laquelle ilfaut {oubftràirc la ligne CV, laquelle eftant incogriuëlê trouve de telle façon.
- VQ^Radius I Tangente de l’angle YQC 38 degr. 45 min.
- IOOOOO r :v'80258
- : ; . vient ÇV 4(01290.
- laquelle fôubfttaïre dp CY 65(00000
- donnera P Q 60(98710.,
- de la ligné CD 24000000 ':
- foubftrayez CT 4 01290
- &vousreftera TD 235(98710
- D’icelle
- p.39 - vue 62/231
-
-
-
- 40 Premier Livre de la Fortification,
- D’icèlle faut aufli foübftraire la longueur SD, pour l’invention de laquelle oh fe iervira.de cette façon..
- S R Radius SR la T angente de l’angle $&D 57 degr. 3 6 min.
- 100000 5 1 $6969
- tirée de
- SD
- TD
- y adjoufterez P & OP
- vient la longueur extérieure du parapet — OPQR
- 7 84845
- *35 98710
- 218 13865
- 60 98710
- 185
- 374M57.5
- Semblablement quanta la longueur iriterietire du parapet Zabc (ont cognuës O Z de 10 pieds & O A de 5 pieds faifans enfemble 15 pieds : aufli les angles mon-ftrez cy defllis font cognus.
- Adjouftez enfemble &
- & aurez • tout de raefme & - r :
- donneront
- AB h à
- . ,Za .B.C g.a hC
- 180
- lS
- ICJf
- 6 o V5
- 75
- Et pour ibubftraire d’icelle la ligne Çf vous ta trouverez comme s’enfuît.
- fb Radius fb , -.^Tangente de l’angle Cbf 38 degr. 45 min»
- 100000 15.
- vient' Ç f & foübftraire. de . h Ç donnera h f ou b a pareillement de 1 C E} foubftrayez Cf oii.Ce demeure _eD
- 8025S • ; *5
- 4|oiZ^Q
- 8|oz58 12(03876" 75(60000 6 2(96130
- 240(00000
- 12(03870
- 227(9613 o
- Aufli vous trouverez la longueur bc en tirant de 4a ligne c D,laquelle comme in-eognuë, fera trouvée de cette maniéré. -
- cd Radius. .... : ... cd • . la Tangente de l’angle dcD 57 degr. 30 min.
- 100000 15 156969
- __________
- ' 7^4 ^4 5
- _____^5\6969
- îè trouve. dD 23(54535
- foubftrayant la ntèfnie de e 0 227(96130
- vous aurez bc 204(41595
- & y adjoufterez • . a b 62(96130
- comme aufli. . - :Za 19 5]
- vient pour la longueur entière Zabc '461(3 77 2 5
- { • : •••;
- Pour
- p.40 - vue 63/231
-
-
-
- des places Regulieres.
- Pour trouver le contenu corporel du parapet,
- 4*
- Adjouftez enièmble de
- OP QjR Za bc
- la fomme donnera les longueurs O P QR & Z a b g la moitié delquels
- 474I12575
- 4^1377^5
- 9$6|5°3°o
- 468(15150
- et 39
- 4114 26350
- 14047 5450
- viendra la -J- partie du contenu corporel du
- parapet de noftre quarré 18261(80850
- L’invention du contenu corporel delafaulîèbrayc le pratiquera delamdmefaçon comme celle du rempart, & du parapet. Pour trouver donc la longueur intérieure du
- Set de la faüflèbraye le prefente A t, de 12 pieds 5 poulces,d Içavoir le chemin des :s entre le rempart, & l'inferieure ligne de la baie de la faüfïèbrayè : les angles aufli font comme cy deflus.
- foubftrayez de la ligne A B Atouo.K le relie eft to
- i8o|q
- ï2l5
- ^7f5
- tout ainiî de la ligne B G tirez K B ou A c KC
- 6o|c
- *4
- 47|5
- pour avoir
- A laquelle ligne n r eftant adjouftée vous donnera l’cntiere o r : qu’on cerche com-fne s’enlùit.
- n C Radius n C Tangente.de l’angiè r G n 3 8 degr. 45 min*
- 100000 12/5 . 80258
- . •
- 401290
- l|6oji6
- 8(0258
- vient n r y adjouftez K C pour avoir or auffi la longueur CD
- Ôç nr ou rp_______
- produilênt
- 10(03225 : .47[S-
- 5?|5 5**5
- 246!
- I 0J03225
- rq 250J03225
- Tout de mefme qr Sc q f font enlêmblèl’emierc r f, ^pratique de trouver qf,
- Tangente de l’angle qî> f 57 dçgr. 30 min, i$0$09 .
- tft telle.
- qD Radius ïooooo
- q»
- ** 5
- pour la ligne laquelle avec la longueur
- produira l’entiere à laquelle adjoufterez &
- viendra tor la longueur intérieure de lafauf-febraye
- qf
- qc
- rf
- or
- to
- 3 U 784845 15958" 6969
- 19 62113
- iSo 03225
- 269 65338
- J7 532.2.5
- 167 S
- 4^4(685 63
- JL’invcir*
- p.41 - vue 64/231
-
-
-
- Premier Livre de la Fortification,
- L’invention de la longueur extérieure de la faulTebraye wy 4, 10 fe pratique comme s’enfuit, les angles font comme nous avons dit, St t w la bafe du parapet eft de io pieds.
- de la ligne t O foùbftrayez wtouyrn SC reftera w y
- 167k
- loj
- i57|5
- de la ligne 0 r foùbftrayez la longueur om
- 57 53*if
- iol
- pour avoir m n ou y* 47)53115
- Laligne incognuë 5,4 laquelle il faut adjoufter à la ligne m n ou y 5 vous fera co-gnuë par le mefme moyen que les autres. -
- 5 r Radius yr Tangente de l’angle 4 r 5 38 degr. 45 min.
- -100000 io 8ozj8
- 10
- vient 5,4 à laquelle adjouftez la ligne y 5 Stvous feracognuë y 4 la longueur 5,4 ou 4,6. avec la ligne r f
- 8 02580
- 47 53225
- S5l558o5
- 8)01580
- i(?9|(?53 38
- produira la ligne 4 Z 277)67918
- A laquelle il faut adjoufter la ligne incognuë z, 10 qui fera trouvée comme verrez: z f Radius . zf Tangente de l’angle zf 10 57 degr, 30 min.
- 100000 .xo 156969
- vient z 10 àlaquelle adjoufterez ., 4 z
- 15)6^69°
- 277)67918
- St aurez 4,10 laquelle avec les lignes y 4 293 55 37608 55805
- St : wy donnera la longueur extérieure de la faulTebraye à fçavoir laligne •w y 4,10 a laquelle adjoufterez lalongueur intérieure 10 r f «57|5
- 506 - 494 43413 68563
- pour avoir les lignes wy 4,10 St t orf la moitié de laquelle fomtne multipliée par le contenu foperficiel du parapet 1061)1:1976 J0'ôf;j9 88 59
- 45 °5. '*•50-16 0389* 7964
- «ppur-avoirle contenu corporelde la fauffèbraye 15)5-11)8 3 53 i & y adjoufterez le contenu corporel durempart 170087)2050 o < or -’Silecontéruiccitporeldû parapet 18261)80850 our avoir -f- du contenu corporel du rempart,------------------
- pour
- du parapet,& de lafàuffebraye de noftre quarré. 207870(8488 2
- Pour trouver le contenu corporel du fofsê.
- L’operation de ce calcûï eft Un peu plus ample, premièrement il faut cercher les longueurs des lignes. < *s • 1 : . r , 7
- . F1 g y ii e 38.‘
- 18 0 jtieds..
- 60
- • 24®; • i
- 27 pieds 5 poulces.
- Ai B B c CD. A o
- 0x28
- p.42 - vue 65/231
-
-
-
- 43
- des places FLegulieres.
- 0x28 le bord intérieur du foiïe vous trouverez en telle façon. ' de la ligne AB i8o[o foubftrayez la ligne o A 27J5
- lerefteeft ox 152(5
- de la longueur BC 60J0
- foubftrayez 9 A 27!?
- demeure x 3 3 2(5 1
- A icelle il faut adjoufter la ligne 2,3, & pour la trouver vous vous forvirez de la pra-
- tique fuivante.
- 3 C Radius r C
- jooooo 27(5
- vient
- à laquelle adjoufterez pour la ligne à la longueur adjouftez vient
- Cerchez auflî la longueur 5,8. j D Radius 5 D
- 100000 27(5
- vient
- à laquelle adjoufterez pour avoir
- Tangente de l’àngte 3 G138 degr. 45 min. 8025 8
- %7S ... .
- 401290
- 5 61806
- 16 0516
- 22 07095
- x 3 n\s
- xx I4|?7°?5
- CD 240I
- 2,4 211_________
- 2,5 262(07 095
- Tangente de l’angle 5 D 8 57 degr. 30 min. 156969 2-75
- 784843
- 10 98783
- 5» 3938
- 43 16647
- 262 °7<>5>5
- 2,8 305(23742
- Pour trouver U longueur a b d g.
- Vous fervira le talud intérieur du foiïç fàifànt 8 pieds, & 5 poulces.
- de la ligne ox 152(50000
- foubftrayez b h 8(3333 3
- vient a b 144(16667.
- de la longueur x 2 H 57°5>5
- tirez xh 8 3 3 3 33
- pour avoir la longueur b c 46(13762.
- Pour y adjoufter la ligne c d, la cercherez comme s’enfoit.
- c 2 Radius cz Tangenccde l'angle cîl d 38 degr.45 min*
- îooooo 8(33 80258
- ; ' 833
- 240774
- (240774
- 6(42064
- vient c d 6 68549
- à laquelle adjouftée bc t 46 23762
- produira bd .5* 923 h.
- adjouftez auflî de de :’é fiSj49
- . d la longueur 2,8 30 5 y74»
- pour avoir df 311 92291.
- F 2 Pour
- p.43 - vue 66/231
-
-
-
- 44
- Premieï Livre de là Fortification,
- Pour trouver la ligne fg.
- • f8 Radius f8
- 8I33
- IOOOOO
- Tangente de l’angle fSg 57 degr. 30 min, 156969 ; 835
- vient adjouftézy & fera produitte
- 11
- dg
- 470907
- 1 470907
- iz! sus*
- 13 07552-
- 311 91191
- 0 3Z4|99843
- Ait triangle dki il y a un angle droit kid, & langle dki eft de iz degr. 30 min. dont le complément de 9 o degr. eft l’angle k d i de 77 degr. 3 o min. 8c la ligne k i eft égalé a a b.
- Pour trouver donc d i 8c dk, vous prendrez ik pour Radius, 8c i d fera la Tangente, & k d Sccante de l’angle i k d iz degr. 3 o min.
- 1 - ' " - 1 u:-----u Tangente de l’anglç i k d iz degr. 30 min,’
- zzt 69
- k i Radius
- IOOOOO
- k i ou a b 144I16667 zzi 69
- vient di ki Radius
- IOOOOO
- vient k d
- ' 1*97 fOOOJ
- 86fo O0O1
- 14416 667
- % 88333 34
- z8 83333 k
- ki ou ab 144I16667 i|oz4z8
- Secante de l’angle îk d de iz deg. 30 min» 10Z4Z8
- **Î3 33336
- 1883 3334
- >7 €66 668
- 2 88333 34
- 144 16667 0
- 147 j «704
- de la longueur . foubftrayez
- db d i
- J2.l5i2.311
- 31I96031
- vient b i zo |9<5z8ô
- a la longueur kd 147 667 04
- adjouftez dg 3 24 99845
- pour avoir kg 47ZI66547 la table des profils vous donne n 8 la largeur fiiperieure du fofie faiiânt 60 pieds. Comme aum ug ou t fia largeur ipferieure dufofle de 43 pieds 8c 3 poulces, 8cc.
- Pour trouver f 11.
- Soubftrayez de la longueur kg la ligne kw,& elle fera égalé a fu. mais la ligne kw eft jncognuë, il la faut donc cercher.
- Au triangle kwf eft cognu l’angle kwfde 90 degrez,& l’angle k fw deizdegr. 30 min.dont le complément de 90 degr.eft l’angle fkw, 77 degr.30 min. la ligne fw eft égalé aux lignes ug 8c tf. Je di donc :
- xr f Radius vr f Tangente de l’angle k 0w 1 z degr. 30 min.
- 100009 43(5 zzi 69
- vient kw laquelle foubftraite de kg donnera g ou fu
- 433
- <36507
- 66507
- 8 8676
- 9 S99i 8
- 471 66547
- 4^3 066Z9
- Pou»
- p.44 - vue 67/231
-
-
-
- des places Régulières.
- Pour avoir auflï l’cnriere fp il faut cercher la longueur u p.
- m
- u g Radius
- IOOOOO
- «g
- 45|5
- vient
- Tangente de l’angle ugp 57 degr. 30 min. 156969 435
- 470507
- 4 70507
- 61 787 6
- VIW11C 14
- laquelle adjouftée à fu produira la longueur fp
- .67 [9 67 5 8 46 3I06629
- 5 3I1°3 3^7
- Vqur trouver la kngueur ro.
- Il faut foubftraire fy de la ligne fp, & aurefte adjoufter 0 q.' ry Radius
- JQOOOO
- *7
- %5
- Tangente dé l’angle r a m u degr. 30. min, 22169 ^
- 83 3
- Ccrchezauffi qo; qp Radius
- IQOOOQ.
- 1 665 07 66507 773 5*
- vient fy laquelle tirée de fp 1 5V 84668 03 387
- demeure y p ou r q 519 18715
- : <3P 8133 Tangente de l’angle qpi 156969 833
- 12 470507 470507 $573*
- vient laquelle avec qo 7P' 13 5*9 °7S 871,9
- fera ro H* 1Ô27I
- Par ainfi donques les lignes neceiïàires pour le calcul du contenu corporel du fof fé eftant trouvées,nous cercherons auffi le contenu mefine failànt noftre commencement aux pyramides. :
- . ' . la longueur . yr Iamoitiéde lalignc iy
- : sm ,915
- la plaine bafe fry y- de la profondeur du folle
- , *4 99?
- 166 7149!? 66 7";
- 7)69*
- *1773
- le contenu de la pyramide fry,
- 61 f*
- J3« 37
- / 383 7
- IJ 382
- ZI
- ? 5
- La Ion-
- p.45 - vue 68/231
-
-
-
- 46
- Premier Livre de la fortification,
- la longueur
- la longe
- . la moitié de la ligne
- hx
- bh
- 8533
- 416(7
- la plaine baie bhx -y- delà profondeur du folle
- 49 998
- 499 98
- 833 3
- 33 332
- 34|7i5
- i|77»
- le contenu de la pyramide. b 1 & de la pyramide b
- la longueur la moitié de la ligne
- 277 720 .
- 2 430 OS
- 24 300 S
- *2 430
- hx 96 438
- zx 96 438
- cz
- cd
- 833
- 34*
- la plaine baie d c z de la profondeur du folfé
- le contenu de la pyramide d c z ôc 4e la pyramide dez
- 16 666
- 333 32
- 2|499 9
- 24(999
- Z7|848
- ^1778
- 2221784 i|949 19 4S> 316
- I
- 77I361
- 7713^
- la ligne la moitié delà ligne
- f 8
- 8333
- *538
- la plaine baie fg 8 y- de la profondeur du folle
- 66I664
- 249 99
- 4I1665
- 491998!
- 481
- 778
- le contenu dé la pyramide f 8 g ôc de la pyramide qop
- fa b I k
- 3
- 38
- 108
- 435
- 813
- 136
- 962
- *5.1
- 848
- 67
- 7
- 348-
- 348
- 1 x44
- les piifinates { ^ = 4«
- ; ly p ?, 529
- la longueur des ces 4 prilmates enlembie; Ÿo 24 829 :
- leur plaine baie • 34715
- 167
- 238
- 237.
- 187 ;
- 5| I24 loi 248 7*7 380 4099 316 30744187
- 14J
- 19
- 3
- le contenu des 4 prîlmat. 3 5 576(939
- la Ion-
- p.46 - vue 69/231
-
-
-
- : des places Reguiierès.
- lalongueur fp la longueur k g
- fomme des deux longueurs fp & kg
- la moitié de ladite fomme 501
- multipliée avec la largeur tf 43
- 531(033
- 472J&Î5
- ioo3|<j5|8
- 845»
- 333
- 1,50 5,547 - *5,°55 47 15° J 5417 1çoç' Ç47I
- Aire du P fpgk
- 10073* 9^ .. :
- 21746(622
- :ur bd 52 923
- »iouak 20 963
- la fomme des longueurs b d & ak 7 3|886
- la moitié deladite fomme : 3 6(945
- la ligne a b 1441167
- multipliée par ladite moitié 3 <6)943
- Aire du quarré k d b a Aire du qua'rré fp g k
- e bafe des quatcêz k dba ou fj multipliée par fa hauteur
- le contenu corporel deg.Ek-fpg]cd b à le contenu Hè^ippfcmhates des Pyramidfci11 f 8 g
- ’ qoi
- d C2 , £C1 bzx bhx f>ry
- 432 5 01
- ! 5 766 6?
- 129 75b 3
- 86* 002
- : 43*5 QI'
- 5325I961
- 21746(622
- 27072 5*5
- 8 H5
- 8l 217 749
- 8l2 177 49
- 8l2I 774 9..' i
- 21 658Q 664
- 225595 834
- 3557^ 939
- *5i 348
- 348:
- 77 361
- 77 361
- 96 438
- 9* 438
- 21 3*5
- le contenu corporel dUvfafie ' . 46Ü44I432
- Pour une huidiefme partfe^âeJn'6ftre fdrtérelîe quarrée i6i8 pieds elpàis &
- piedscubiq.. „.....!:f __________..............M -* '
- Ou 261 verges quarrées & 8 Jied? clpais, 6cë.
- corporel âupqmdpù.
- Cerchez premièrement les lignes,
- p.47 - vue 70/231
-
-
-
- Premier Livre de la Fortification,
- 524(16271
- la ligne r o
- de laquelle foubftrayez rm pour avoir la ligne AI
- à laquelle 1C adjouftée donne A C de laquelle foubftrayez A H
- Soüravoir HC le avec EÎD.
- donnera F D
- loouAmtft auffi cognuë comme aufti C E ou F H la longueur ED la moitié E C
- 539 49T59
- 19 62112
- m ù 271
- 12 74717
- 546 5tfÎS4
- 90 157I7_
- 636(62271
- j z S7S
- 90157
- 18750
- la plaine baie de la hauteur
- ED G
- . 4 «3 yzz i8oj fil8fo 1799 *4
- : M94 888
- . 1 667
- 18 164 zx€
- iîî fs 3 18
- iSjtf s?1 8
- 4 m
- la pyramide EDC 4325)678
- la longueur A H multipliée par la moitié F H
- xl|747
- lSl7S
- . ï*373f
- 8 Ifizz? 101[>76
- A. Ait
- zf4l34
- produit laplaine baÆ AFH 3 66
- de la hauteur
- 47<?i5
- 667
- la pyramid. AFH la ligne
- ZI 988 Î7ÎO
- *19 88s 7f°
- 366 476
- 610I915
- EC
- la moitié de la hàiiteuç du parapet
- 57500
- 1500
- 28750000
- 1150
- Aire du triangle du profil
- HC
- H3
- 546
- 750
- 365
- 718 8\ 6z% 4î|
- ' 8SzIyoo 57fo|oo 7»87?)o
- 78/39I96S •
- 610I915 432 5r78
- le contenu du prifme FHÇE adjouftezy le contenu de la pyramid. A F.H St de la pyramid. ED C
- vient le contenu corporel du corridor . ^83476(5 61 ' 207875)1849
- qui avec le contenu corporel du rempart, »- ---------
- parapet ôc de la fauflèbraye fera 291347)410 pieds cubiq.
- par ainfi le contenu corporel du rempart, parapet, de la .
- faufïèbraye& du corridor fait 291347I410
- duquel eftant foubûraiéUe contenu corporel du foffé 261844(432.
- rçfte encore 29502)978"
- Telle-
- p.48 - vue 71/231
-
-
-
- des places Regulieres. 49
- Tellement que le contenu du rempart, du parapet, delà faullèbraye,&du corridor, excede celuy du folle de 29 verges cubicq. Sc 5 pieds efpais, tellement qu’il fera befoing de le faire,un peu plus profond. Audi faut il avoir elgard aux portes & lorries, le contenu deiquelles fouftraid du contenu du rempart, du parapet, de la faulïèbraye, & du corridor, on pourra allez prés trouver ce calcul, félon quil eft neceflàire, & requis -pour la pra&ique.
- Le contenu eftant trouvé, il eft auflî fort aile de Icavoir combien il faut de terre pour achever une forterellè entière, en multipliant ce contenu par B., d’autant que noftre quarré contient 8 de ces pièces là, & la fomme fera 25307 piedselpais, ou 23joverges cubiques, & 7 pieds elpais : laquelle fommé nous monftrera en apres, avec quelle delpenfe & en combien de temps elle pourra eftre achevée.
- Au travail on paye tousjours par pieds efpais, le payement n’en eftant toutesfois lèmblable, eu elgard , que l’on donne quelquesfois plus, aucunefois moins , félon la diverlité des lieux & des terres. On paye ordinairement 50 fols ou une Richedale pour trois pieds elpais, tellement que voulant Içavoir les delpens requis pour Iafortereflé entière, je fay le compte félon lareigle de trois, en difant : 3 pieds elpais coulient un Richedale, combien coufteront les pieds elpais de la forteréflè : comme par exemple en noftre quarré :
- Pieds elpais, Richedale, Pieds elpais.
- 3-------------------1---—-------:---:23307
- zzz "|
- 7769 Richedales.
- Toute la forterellè quarrée monte a 7769 Richedales pour les travailleurs lèule- Lesdefëeni ment, làns conter d’autres delpenfes , montant encore à une Ibmme notable qu’il y delà forte-fauc employer.
- Tout de melme peut on apprendre le temps., qu’il faut pour baftir une forterellè : ^ combien car par expérience quotidienne, nous Içavons que deux hommes faifans leur devoir, de temps elle peuvent achever en un jour cinq pieds elpais, dontpar lareigle de trois nous CQgnoif- peuteflre Ions en combien de temps Iafortereflé peut eftre achevée, quand nous Içavons le nom» ac^ev^e' bre de gens que nous fournies d’advis de mettre en oeuvre. Par exemple, prenant '
- 200 hommes pour noftre quarré, je di : 2 hommes achèvent en un. jour y pieds elpais, combien de pieds elpais achèveront 200 hommes : viennent 500 pieds elpais. En apres je di : 5 o o pieds elpais font achevez en un jour, à fçayoiçpar deux cens travailleurs, en combien de jours lèront.achevez 233.07 pieds eipais^ 2ç viendront 46 jours & un peu davantage qu’un demy jour, qui feront un mois & demy ouenviroh/dittanc lequel la fortere.flè par un tel nombre de gens peut eftre feaftie. Mais d’autant.qu|ori n’en peut donner certaine reiglc j à caufe de beaucoup d’incommoditez qui, futyien-,lient en plulîeur? Scdiverfes fottereflès, je ne m’amulèray pas icy d avantage là deflîis, ny àufli le Ledteur, auquel à mon advis j’ay donné aflèz d’inftru&ion pour fë de ce compte. • : . . „ ..
- mn
- G H A P I T R E XIV.
- Dei ordre des Rués, Portes, Maifimi Ponts, Corpsdegardes, place# Armes autresparties.
- Es principales pièces appartenantes à une forterellè eftant clairement Célérités és Chapitres precedents, s’enfuit maintenant que l’on traitte des autres parties 'd’icelle , veu qui! n’eft mbins rieceflàire d’ordonner bien les maifons& les ruësen une Forterellè, quele relie d?icellè. . '
- Premièrement avant qu’ordonner les mailons , on laiflè une place entre iceHés& le rèinparr, en laquelle en cas deneçeflité les foldàrs puiflènt eftre mis en ordre, pouf les *voir preftsi ôti il en feroit befbin. On luy donne communément pour fa largeur 24 ou 30 piedsy&ëft marquée par E.enla 45 figure.
- G * • L’ordre
- p.49 - vue 72/231
-
-
-
- Ordre des rues.
- L a place d'armes.
- Là grandeur d icelle.
- Les maifons publiques.
- Les chambres àpou-dre.
- Corps de gardes.
- Lesguerit-
- tes.
- Les moulins.
- Les maifons des particuliers.
- Les puits.
- Les portes.
- jo Premier Livre de la Fortification,
- L’ordre des rues confifte principalement en cecy, qu’elles relpondent toutes aux courtines 8c boulevarts, leur largeur fera de 20 à 30 pieds, comme monftre la lettre B en la figure 45.
- ; Pour la place d'armes on prend le marché eftant mis au milieu de la fortereflè, 8c ayant autant de coings 8c de coftez que la fortereflè , tirans droitemenc vers les coftez d’icelle,aufquels ils font parallelles.
- La longueur de ces. coftez eft de 9 à 15 verges, s’accommodant à la proportion des coftez, 3c par ainfi plus grande ou plus petite, félon que la quantité des coftez de la fortetèfle le permet.
- 11 y a deux fortes de maifons a confiderer, à fçavoir les publiques, 3c les privées ou particulières.
- Les maifons publiques de la communauté font les Eglifes, Maifons de la ville, Ar-cenaux , Magazins, maifons de toute forte de provifion, de charpenterie, corpsde-gardes, lelquelles il faut toutes ordonner de telle forte, quelles occupent des lieux commodes 3c convenables, principalement, que les arceriaux foyent poiez és prochaines rues du rempart, afin que l’on en puiflè yiftement mener l’ammunition, 3c l’artillerie fur le rempart.
- Ces maifons, comme auflï celle des vivres 3c de toute forte de provifion, doivent eftre tout au moins fournies d’une voulte, afin qu'elles foyent hors du danger du feu, comme il arrive aucunefois ou par malheur, ou par trahifon : Aufli faut il baftir des chambres, ou tours particulières à garder la poudre, toutesfois quelles ayent air, mais quil n’y puiflè entrer de feu, 3c cela feroit bon, quelles ne (è fiflènt pas en un, mais en plufieurs endroits de la fortereflè a fin que tout ne iè gaftaft, en cas que par malheur le feu, ou l'eaü fift dommage à la poudre.
- Les corps de gardes feront baftis en partie fiir le marché, où la principale garde eft, en partie1 auprès des portes, en partie hors desfortereflès au bout des ponts.
- Lés gùerittes font lie plus à propos fur les pointes des boulevarts, fur les angles que font la face 3c le flanc, 3c au milieu des courtines, defquels lieux on peut mieux défi-couvrir la campagrié.Pbùr les foldàts ôfi drdonne des barraques ou huttesprés du rempart; ou l’on baftift attfiï des maifons pour quelques Officiers pour empefeher trahifon, 3c àfin que les foldats ne foyent fans Officiers.
- Lés moulins à eau fpntbienneceflàiresen une fortereflè ,mais ils ont cefte incommodité , qu’ils peuvent eftre privez d’eàu, 8c partant ne fervent de rien en temps dé Siège. Aulieu defquels bn fe pourra fervir de moulins à chevaux. Il eft bien vray, que c’eft l’ordinaire de baftir des moulins à vent fur les remparts, mais ils ne fervent aufli de rien en temps de fiege , tellement que les moulins à chevaux font preferez aux autres, & fi l’on vouloir baftir des moulins à vent , il ne les faut pas mettre fur lés boulevarts.
- Les maifons des particuliers doivent eftre ièparées,d’une muraille, 8c leur largeur eft diverfe, félon ta grandeur 8c capacité d’une fôrterèflè, ce qui s’entendra aufli de leur longueur : toütésfbis elles font pour la plus paré lkrges de 1 à 3 verges, 8c longues de 5 à 6 verges* : :
- Aufli fontfort neceflàires les puits au marché, 8c en chafque rue, lefquels on creufè jufques à la fource, ou bien font conduits des champs par des tuyaux dans la fortereflè, le cours defquels peut eftre empefehépar l’ennemy, 3c les.tuyauxoftez, tellement qu’il eft beaucoup meilleurs de fe ièrvir de l’autre forte de puits s’il eft poflible.
- Les portes occupentle milieu de la courtine, où les ponts font pour le mieux, 6c non a faille du boulevart, co,rarae aucuns ont eftimé, d.’autant que l’ennemy nen peut fi toft approcher, àcaufe de la largeur du fofle , 3c aufli que le lieu eft plus commodément détendu de deux bOuléVarts*,: ^
- ;. :Leur largeur eft de 10 à n pieds, la hauteur de 14 à 15 pieds, lalongueur femblable ài efpeflèur.du rempart i toutesfois on ne les fait pps tousjours félon fier,te grandeur.. ...
- On les voulte en quelques lieux , 6c en,des autres.on les fait.de gros pofteau? ôc dais*. • . • . : = ' - .. ... . .
- ; i Auffi fait on des portes in térieures, 3c extérieures. Celles là n’ont pas befoing d’eftre fi fortes1 que les extérieures, ceft .à dire,.il 11’eft pas befoing d y employer de fi grande delpenfe, toutesfois elles doivent eftre jàités de bon 8ç fort bois de chefne.
- Mais
- p.50 - vue 73/231
-
-
-
- des places Régulières. ji
- Mais les extérieures , qui à caufe des fecrets aflàuts &: entreprinfes ont beaucoup a zes fortes foufFrir, doivent eftre ordonnées 8c faites bien fortes félon la façon monftrée en la extérieures. 47 figure.
- Pour le baftiraent d’icelles onfe fert de forts ais de chefiie de deux, trois, ou quatre double mis enfemble félon qu’ils font elpez, leiquèJs on ferre enfemble avec de fortes barres de fer, 8c gros doux, pour eftre a lefpreuve du moufquet.
- En une moitié de la porte , comme icy en A, on fait un guichet, par lequel de nuid, ou quand la neceflité le requiert on peut entrer & fortir, alors qu’il eft neceflàire que les poftes 8c meflagers entrent ou fortçnt, à fin qu’il ne foit befoing d’ouvrir la grande porte, ce qui eft dangereux à caufe des trahifons.
- Lediéfc guichet doibt eftre haut de 4 pieds, & large de deux &demy ; fon elpeflèur Guichet. eft femblable à celle de la grande porte. Il doibt aufli eftre fourni de grands verrouils 8c barres, 8c foubs les guichet au fueil de la grande porte on laiflè un pied de hauteur, tellement que le guichet de la grand porte foit ellevé d’un pied.
- Un demy pied au defiiis de la petite porte ou guichet, on laiflè un petit trou en chafque coffé de la porte, long 4 ou 5 pieds, & large d’un pied 8c demy, lequel fera fermé d’une petite porte bien ferrée, marquée en la fufdite figure de la lettre b b, tellement qu’on la puiflè ouvrir 8c fermer. On y met des mouiquetaires, l’ennemy voulant furprendre la fortereflè par quelque fecrete entreprinfe, pour defeouvrir les pe- comment tardiers 8c empefeher leureffeéfc, ce qui ne fe peut faire commodément du rempart, & on peut re-le bruiéfc ne pouvant eftre mieux entendu de uuiéfc, que par ceux qui en font proches, tarder les
- On faidfc aufli d’autres portes aux fortereflès , que nous appelions forties , par Petarcher$. lefquelles on peu; aller à la fauflèbraye, 8c font le plus à propos au milieu des courti- zes portes nés. Leur largeur eft de 6 à 7 pieds, la hauteur de 7 à 8 pieds, à fin qu’on puiflè mener, de lafaujfe-8c ramener l’artillerie : aufli ont elles des doubles portes, 8c d’autant quelles fouftien- broyé. nent un pefant fardeau, il les faut eftager de fortes ais, 8c paux.
- Ce qui a efté dit des portes, fe doibt aufli entendre des ponts : à feavoir, qu’ils Lesponts. foyent ordonnez avec prudence en lieux propres, 8c commodes. Et puis que le fofle eft le plus large au milieu de la courtine, c’eft aufli le plus commode d’y ordonner 8c baftir les ponts parla mefme raifon, pour laquelle y lontmiiès les pontes.
- Leur largeur eft de 12 ou 14 pieds, 8c leur longueur s’eftendpar delà la largeur du fofle.
- Or lefdits ponts doivent eftre baftis fi forts, qüe l’on puiflè mener aflèurement une Pontspa-grande pefanteur par deflus, ce qui fe fait en prenant de fortes poultres, 8c de bons w*. ais.lelquels feront poiez en telle forte fur des piliers, qu’en cas de neceflité on les puiflè incontinent ofter 8c mettre en bas.
- Dont il fepeut voir clairement, que les ponts baftis de pierre,eu voultez apportent plus de dommage que de commodité à une fortereflè : comme aüflï ceux qui font faits des grandes 8c fortes poultres, 8c pavez par deflùs, ou il y a aufli des corps de gardes font fort dommageables, veu qu’ils ne peuvent pas eftre fi toft rompus ou emportez..
- On les pourroit bien fçier * ouyiméttre le feu, n’eftoit.qu’eii tombant en un monceau,ils rempliroyent le fofle dé pierres, 8c ainfi feroyent un nouveau pont à l’ennemy*
- Mais lefdits ponts ne font faits tout d’une fuitté, ains on y met de ponts levis entre deux : l’eau n’eftant pas large c’eft àflèz d’un, mais eftant large on en fait bien deux. _.
- En plufieurs lieux on les battit de diveriè façon, mais d’autant qu’il fauttousjours prévenir les grandes defpenfes autant que faire fepeut, qui font neantmoins-grandes au baftir de quelques ponts, j en reprefenteray icy une façon, laquelle eftant fortpro-pre ne requiert toutesfois grande deipenfe.
- ' Ce pont avec fa mefure fe voit en la 48 figure AC, & DB,. font les bras,, chacun Comment il de 14 ou 16 pieds , de longueur 8c efpez de 8 ou-9 poulces , auprès de A & B les bras faut bafiir font joints enfemble avec une poultre de mefrne elpaiflèur 8c argeur que les bras, 8c les Poms * de la longueur de 1 z pieds.
- L’aiflèlle oul’eipaule E F, foie faide ronde contenant 14 oui6 poulces en diîünetre, dians laquelle aboutiflènt les bras AC 8c B D, 8c auprès de E & de F on fait entrer iine groflè cheville de fer efpâiflè de z ou 3 poulces , & longue d’un pied, fur laquelle le pont eft fiifpendu 8c doit avoir fon mouvement;mais l’efpauie auprès de E & de F doit eftre premièrement ferrép 8c ferrée fort eftroitement avec des anneaux de fer bien forts.
- .• ’ G z Sur
- p.51 - vue 74/231
-
-
-
- Premier Livre de la Fortification,
- Sur la poutre du pont C 8c D faut clouer une bande de fer voultée G, dans laquelle les chevilles E & F fè puiflènt mouvoir.
- Contrepoids E à fin que ce pont aye fon contrepoids ( que quelques uns mettent de là le pont ) du pont le- il faut joindre derrière à l’efpaule quatre fommiers , ou poutres, deux defquels (ont vis. marquez des lettres KL & H IF en la figure 48, leur longueur eft environ de 6 ou 7 pieds, mais au bout auprès de I & de L doivent eftre un peu plus gros, où on met aufli des ais fort efpais comme en forme de coffre , la longueur IL eftant large de 4 pieds, dans lequel on met du plomb ou de groflès pierres, pour tenir le pont en contrepoids,à fin de le lever aifement. Aufli on attachera aux poutres inferieures les foin-mïers debout P & R, longs de 14 ou 15 pieds, bien ferrez de barres de fer: Au hault defquelles auprès de Q&: de R il y a des poulies où on fait paflèr les cordes ou chaines, qui font attachées aux anneaux au bout du pont levis auprès de M & de N, pour lever tant plus aifement le pontj comme il eft clairement monftré en la 48 figure.
- ' Onfaitaufli de petits ponts levis & eftroits dune planche forte, joignant legrand pont levis, tout ainfi comme les petites portes, que l’on faid dedans les grandes portes, qui apportent toutes deux la mefme utilité, 8c font ordonnées à mefmefujet.
- Fonts e's'ou- Ees ouvrages extérieurs comme les ravelins, ouvrages à corne, 8cc. requièrent aufli vragesexte- quelques ponts pour y pouvoir entrer, 8c à celle fin la fauflèbraye auprès des forties rieurs. faites pour aller dans ie chemin des rondes eft percée, où l’on fait un pont large de 8 à 9 pieds, avec un pont levis, qu’on peut lever de nuid. Mais s’il faid dangereux, on le rompt, 8c on va aufdits ouvrages par batteau.
- Canonme- Du temps pafle, lors que l’on baftifloit les portes 8c tours de muraille, les grilles ou
- res. canonnières eftoient fort en ufàge , de l’utilité defquelles Speckle traide amplement au fécond chapitre de la troifiefme partie de fon livre, où il les prife principalement,à caufe qu’elles empefchent les fècretes entreprinfès ,lors que l’ennemy aflàut une ville à l’impourvcu, tellement qu’on n’a pas mefme le temps de fermer les portes. Mais Baffecule. d’autant que les ouvrages à muraille ont maintenant ceffé , 8c lefdides grilles de-monftrent toutesfois leur grande utilité, je reprefenteray icy une baflècule aulieude canonnières, laquelle doibt eftre baftieau bout du pont auprès du corps de garde, là où le bord du folie doibt eftre garni de paliflàde à fin qu’on ne puifïè monter par deflus.
- Ladite porte vous eft reprefèntée en la figure 49,eftant faide en la maniéré fui vante. Les deux gros paux AB&C D/longs de 15 à 16 pieds, larges, &efpais d’un pied,foyent enfoncez auprès de C & D, & appuyez de chafque cofté de bois de travers, à fin qu’ils foient plus affermis. Auprès de G 8c Ç on fera deux trous ferrez, dans lefquels le bois rond E F puifïè avoir fon mouvement :.par le mefme bois rond on fait paflèr les fommiers H M 8c IM au travers, tellement qu’en H B & IF ilfoit encore unefois plus gros, quen E M & F N. Mais à fin que la porte ne devienne trop pelante, elle n’eft pas faide de pièces joindes entièrement enfèmble, mais en forme de treillis, les paux, ou les ais eftant mis en croix l’un fur l’autre , lefquels il faut couvrir de fer blanc, & joindre .aufli au travers par l’arbre O P, les paux E M 8c F N, d’autant que celle partie là eft la plus foible. On prend aufli la longueur de ces deux parties, à fin qu’il y ait un contrer poids pour hauflèr, 8c abbaiflèr plus aifèment la porte par le moyen de la chaifne qui eft auprès de M 8c N, qu’on accroche aux crochets Q 8c R, la porte eftant hauflee. On met aufli à la porte auprès de T un fer courbé» lequel doibt entrer dans le trouK quand on abbaiflè la porte, là où il y a une fèrrure, laquelle fe ferme d’elle mefme la porte eftant devallée.
- Et d’autant que; les portes 8c ponts és fortereflès font de grande importance, pour plus grande aflèurance on a encore d’autres portes au dehors des baflècules, lefquelles on ferme, & devant les portes on met encores des barrières.
- Pour arrefter la cavallerie, on met de grands arbres devant les barrières en forme de heriflon, dont les broches ou poindes de bois font ferrées j comme vous verrez en la 50 figure.
- A B eft un arbre enfoncé dans la terre, à l’entour duquel l’arbre C G mis en balance, 8c enclos par là pièce de bois IK, qui y eft attachée fè peut mouvoir. F E & C D font deux pofteaux, dans lefquels le heriflon eft enfermé, comme fè voit en G; la grandeur de toutes fès parties avec leur me.fure eft monftrée en chafque figure, L monftrc , - les poindes ou broches.
- Il n’eft
- p.52 - vue 75/231
-
-
-
- 3C
- ‘to
- J^o
- <To
- 7o
- $o J)o too no
- —!—i-------1-------1-----1
- pl.n.n. - vue 76/231
-
-
-
- pl.n.n. - vue 77/231
-
-
-
- des places Régulières. ^
- Il n eft pas necelïaire de faire mention comment doibvent eftre faites les guerites> comme eftans chofes bien cognuës à un expert Architeéfce. Partant nous pourfui-vrons noftre deflèin,nous eftans un peu eftendus en ce chapitre és chofes qui ne font pas de la fortification.
- Chapitre XV.
- Commentjefaiclleprojecl dune forterejfefur le papier félon Les tables calculées.
- AVant que de commencer une fortereftè en campagne,il faut premièrement fai- Vtilité du re le projeéfcd’icelle furie papier,félon la proportion convenable 8c la mefure projet fur requifè, pour avoir devant les yeux la grandeur des angles, &la longueur des leMier-lignes cy devant données 8c calculées en nos tables ; 8c pour voir aufïi, comment la fortereftè s’accommodera, fi elle aura bonne defenfe; ce qui eft plus aifè à remarquer fur le papier.
- La peine en eft fort petite j car on le peut faire aifèment, ayant premièrement les tables fupputées devant foy, 8c une certaine mefure de la fortereftè eftant donnée, foit grande ou petite, elle fè trouvera és tables mifès cy devant, 8c comptées à ce fujed fur diverfes grandeurs. .
- A cet ouvrage fe faut fervir d’un compas & d’une ceigle, comme aufli d’une certai- Le compas, ne mefure amoindrie, fur laquelle toutes les lignes foyent premièrement mefurées, 8c &lareigle puis mifès fur le papier. , font ”ecf-
- Si on vouloit donc reprefenter une fortereftè Reguliere de tant d’angles, & ayant ^rtraiau-les coftez fi grands que l’on voudra ( toutesfois qu ils ne fùrpaftènt ceux du grand Frem Royal) on prend le demi-diametre des tables calculées (de la figure de tant d’angles qu’il y doibt avoir de boulevarts en la fortereftè ) 8c on le met avec lé compas fur la mefure amoindrie, & puis on pourtraiéfc une circonférence occulte avec le compas, qui ne fè doibt bouger ny remuer,* dans cette circonférence on marque à l’entour le polygone intérieur ( lequel eft pris avec un compas fur la mefiire félon la proportion monftrée-és tables calculées) autant de fois, que la figure a des coftez. Mais fi la figure ne fè ferme pas, ce qui arrive fouvent en une fi petite mefure ou efchelle, il faut ouvrir ou reflèrrer le compas jufques à ce,que les coftez de la circonférence foient marquez parfaitement, 8c fans faute.
- Les coftez eftans ainfi marquez, on prend de la table la longueur de la gorge, 8c de cette ouverture, mettant un pied du compas .fur l’angle du polygone, avec l’autre on retrenchera la longueur de la gorge, là oui antre pied du compas vient à tomber fur le cofté du polygone intérieur, ce qui fè fait autant de fois qu’il en eft befoing. De L'utilité de mefme prend on des fùfdittes tables de la figure qu’on veut pourtraire la longueur du ?ef<ïuierre‘ flanc, laquelle on dreflè perpendiculairement fur le ppinéfc de ia gorge & courtine avec l’efquierre j l’on fe pourroir bien paflèr de la perpendiculaire félon la Geometrie, mais d’autant que c’eft la moindre peine, & qu’on a pluftoft fàiéfc avec l’efquierre, on s’en peut fèrvir. Cela eftant fai<d, on tire au travers de l’angle du polygone, & au travers du centre juftement au milieu,une ligne occulte, prolongée hors de la figure commençant de l’angle du polygone, &.on prend, dans la tablé la ligne capitale avec le compas, une poinéte duquel eftant mifè fur. l’angle du polygone,l’autre vous monftre-ra la ligne capitale fiir ladite ligne occulte prolongée.
- Pour trouver la face, laquelle-fe prefente d’elle mefme, on tire une ligne droitte du bout 8c dernier poin6fc.de la. ligné capitale au poinéfc du flanc, alors là figure eft achevée. .....
- S’il vous plaift d’en voir la praéfcique, cohfiderez la 51 figure, dans laquelle vous eft Exemple reprefènté un quarré, qui doibt eftre pourtraitau grand Royal de la table calculée de ProjeSi la première façon 5 je pren donc dans les tables fùfdittes le demi-diametre delafigu-re quarrée,eftant marqué des lettres K L 8c faifànt 41 verges 7 pieds 8c 6 poulces ; laquelle longueur je mefure fur l’efchelle adjouftée à la 51 figurfe avec le compas, 8c fais avec lamefmè ouverture une circonférence occulte, fiir laquelle je met» pour le polygone intérieur KO 60 verges 4 pieds & 7 poulces, comme monftre la table : cela
- G 3 eftant
- p.53 - vue 78/231
-
-
-
- rempart.
- "Exemple
- pour-traire le profil.
- 54 Premier Livre de la Fortification,
- eftant fait quatrfe fois, tellement que les quatre co ftez K O, G F, F B & B K occupent fans refte la circonférence, je prens de la table pour la gorge K A 12 verges 2 pieds 4 poulces, 8c mettant un pied du compas fur l’angle du polygone en K, comme vous voyez en ladite 51 figure, je fais avec l’autre pied du compas-fur le collé K O la m’arque A, laquelle coupera la gorge: une perpendiculaire eftant tirée de ce point, 8c 6 verges marquées la deflùs vous donneront le flanc A C. De mefme une autre ligne droitte tirée du centre L par l’angle du polygone K , &; prolongée jufque à P, vous monftrera la ligne capitale, fin* cefte ligne occulté de K jufques en H eftant miles iy verges 18 pieds 8c 3 poulces, laquelle longueur vous trouvez en la table marquée des lettres H K, ainfi une ligne tirée de H en C achèvera la face : 8c en faifant cela a l’entour de toute la figure alors le pourtrait fera parfait.
- Toutes les Et de cette façon l’on peut pourtraire fiir le papier toute forte de figure des tables, figures font en prenant feulement une certaine mefure telle que l’on veut avoir.
- ^d'mefTon Aufli peut on bien faire, ou pourtraire une figure fur le cofté d'un polygone inte-1 f * rieur donné, 8c puis achever la fortereflè comme cy deflïis. Mais comme les figures Regulieres le doibvent faire lur une ligne propofée, voyez le quatrielme livre du premier trai&é de Svventer, ce qui n’eft befoing de repeter icy. il faut au fi II faut aufli mettre 8c pourtraire fur le papier le profil du rempart, ou celuy de la
- reprefenter fortereflè, à fçavoir comme il la faut baftir avec toutes lès pièces, à quoy lèrt la table furkffîw des profils au chapitre 12. où les profils mefmes font reprelèntez. eprofi du iCy nous monftrerons, comment ils le doibvent marquer, 8c pour exemple fèrvira le profil du quarré de la table qui eft reprefenté par la 39 figure.
- Tirez premièrement une longue ligne occulte, comme en la 39 figure la ligne IM, reprefentànt la campagne du pays : fur cette ligne mettez premièrement la baie du rempart, commençant du point ou extrémité, laquelle bafe eftant marquée en no-ftre table des lettres IA fait 54 pieds , ou 4-f- verges du pays du Rhin. Pour le ta-lud extérieur L A mettez 6 verges de A vers I, 8c de mefme pour le talud intérieur IK 12 pieds de I vers A : fur les points K & L eflevez deux perpendiculaires pour la hauteur K H 8c L B failânsennoftre table 12 pieds. Joignez les extremitez ou points H 8c B par une ligne occulte, donnant pour le fommet H B 3 6 pieds, de B vers H mettez la baie du parapet O B de 12 pieds ; de B vers H le talud extérieur du parapet B M de 2 pieds, comme aufli de O vers B le talud intérieur O N d’un pied : les perpendiculaires miles lur les points N 8c M donneront la hauteur extérieure du parapet C M de 4 pieds, 8c la hauteur intérieure D N de 6 pieds : du point D en C tirez une ligne droite, comme aufli une ligne occulte de O en D, fur laquelle mettrez pour la hauteur du banquet EO i-j- pied , 8Z joignez les points ED d’une ligne droitte. De O vers H marquez O G la largeur du banquet de 3 pieds , comme aufli de E vers F 3 pieds, 8c de G vers F i-~- pied : finalement une ligne eftant tirée de H vers G, le profil du rempart, 8c du parapet fera achevé. Pour parfaire aufli le profil de la fauflè-braye , la table vous donne 12 pieds pour le chemin de ladite fauflèbraye, que vous mettrez de A vers M , & en apres le banquet 8c parapet font ainfi, comme l’avez fait fur le grand rempart, 8c vous monftrent les lettres Q, R, S, T, U,'W,X,Y,Z, a; de a vers b mettrez la lifiere de 6 pieds,& marquerez aufli de b vers e la largeur du fofi-fé b e, faifant en la table 72 pieds. D’avantage trouverez dans la table le talud extérieur, 8c intérieur du fofle bf3 8c get de 10 pieds, que vous marquerez de b vers/, 8c dee vers g, de/& g tirerez des .perpendiculaires en bas, fur lefquelles mettres lopieds^ pour la profondeur du fofle fc 8c g d une ligne tirée de c à d donnera la largeur inferieure du fofle cd de 52 pieds, & on aura achevé fon profil.
- Onlaiflè une place de 12 pieds par de ^ le fofle nommée le chemin couvert, ou corridor,pour lequel tirez la ligne droite e b de e vers m, 8c y marquez 12 pieds, qui eft ledit chemin ou corridor ; la largeur du banquet de 3 pieds eft la ligne de h julques d 0,comme aufli 0 », le talud intérieur du corridor faifant 1 pied: mais de 0 vers m mettez la bafe du parapet du corridor 0 m de 69 pieds.Du point n tirez une perpendiculaire pour y marquer la hauteur du parapet du corridor n i de 6 pieds. De l vers 0 tirez une ligne occulte, fur laquelle mettrez pour la hauteur du banquet 0 i-~- pied,
- .marquant awfîï la grandeur de b vers i de 3 pieds pour la largeur du banquet, elle fera aufli mife de ^vers les lignes de e en b}de b en j, de i en de ^en l, de / en w,
- eftant
- p.54 - vue 79/231
-
-
-
- des places Regulierès.
- 55
- eftant tirées, le corridor,comme aufîile profil entier de la fortereflè quarrée,fera accompli.
- Les profils fuivans en la planche marquée G font de la mefme façon mifes fur le Tous les papier, félon l’efchelle ou mefure adjouftée à chacun profil, la grandeur defquels profils font autrement marquée par nombres en la table des profils. pourtraits
- Ainfi peut on voir de ce qui eft defliis mentionné, comment le plan & aufli les pro- Jl”faT0n fils de toutes les parties de la fbrtereflè font pourtraits.
- Mais qui voudra aufli pourtraire le plan du foflc, du rempart 8c les autres parties L'ichnogra-pour en avoir l’ichnographie -, il faudra qu’il fuive la defcription fuivante. phie du
- Prenant dans la table des profils la bafe du rempart de la figure que defirez pour** rempart, traire, comme par exemple pour noflre quarré 54 pieds,vous les changerez en vergés & ^es
- du pays du Rhin, faifant 4-^- verges, & les mettrez fur l’efchelle, fur laquelle la ligne JJJ*” *arr-fondamentale delà fortereflè eft pourtraiéle. Selon la grandeur donnée tirerez une parallelle à la ligne fondamentale en la fortereflè; 8c cela en toutes les parties,comme flancs, faces, courtines, félon que monftrent les lettres R, S, T, V, X, 5, &c.
- De mefme vous prendrez dans la table toute la largeur de la balè du rempart juf-ques au bord extérieur du folle, 8c mènerez une parallelle à ligne fondamentale, au dehors d’icelle.
- Pareillement ayant la largeur du folle vous tirerez lùr icelle une parallelle au bord extérieur des faces 2,5 & G1, qui lè couperont en N, & feront le vray foflè.
- Semblablement vous tirerez les lignes pq, 8c qr parallelles au bord extérieur du folié, félon la largeur du chemin ; du banquet, & de la balè du parapet du corridor, trouvée dans la table: & de telle lorte le plain fondement du rempart, & des autres parties fera aufli parfait. La melme maniéré fiiivent aufli les autres parties, comme la fauflèbraye, le parapet du rempart, la lifiere, le chemin 8c le parapet du corridor.
- Ce qui eft monftré en la 45 figure, 8c n’a pas befoing d’une plus ample mention, 8c defcription.
- Chapitre XVI,
- Pour ordonner & mettre en œuvre en la campagne une figure Reguliere, efiant pourtraiéîe fur le papier, ou d’eferire la forme d*accord pour le bafiimentde l'œuvre apres P avoir marchandé.
- LE chapitre precedent vous a enfeigné de pourtraire une fortereflè Régulière fur le papier, en ceftuy-ciilfaut monftrer comment la melme fortereflè doibteftre rapportée fur la campagne.
- Pour fe mettre donc en befoingne, on doibt avoir un demi-cercle,ou un cercle en- vn demi-tier appelle Bouflole,quieft le principal inftrument dont on fe peut fervir en la forti- cercle, ou un fication, fur lequel font marquez les degrez; il faut aufli eftre pourveu de quelques ba- en~
- lions droits & ferrez par le bas de poindles de fer* 8c d’une chaifne de fer ou. de laiton ^féifadê-diviféeen verges ou pieds. De mefme faut il avoir en main l’ichnographie ou plan de la fortereft^ pourtrait liir le papier, & la longueur aflèurée des lignes,avecla gran- marquez,. deur des angles marquée fur ie mefme papier.
- Or eftant venu en la campagne, & pouvant avoir un centre au milieu du lieu qu’il La praEH-faut fortifier , ij’ymets un;bafton pour marquer le centre, duquel je mefure avec la Ple' chaifne le dèmi-diametré, jufques à ce lieuM où fa longueur fe finit, y mettant un ballon, dreflànt touresfoisledit demi-diametre de telle forte, qu’il vienne a tomber en un lieu,-où 1-on- eft d’advis dermettre un boulevart. En apres pour trouver l’angle du centre de lafigiire , qu’çnvent fortifier, je mets mon inftrument au lieu du bafton qui eft au centre. Mais la grandeur de l’angle du centre de chafque figure fe trouve és tablés calculées. L?inftrumentieftant donc au centre je le drefle vers le bafton fiifdit,en le regardant au traversde dietTxvifieres ou pin'ulles, 8c les autres deux vifieres eftant dirigées felon la grandeur de l’angle fe{Hit,je regarde aufli au travers y pofanten veuë un autre Baftofly vers lequel je mefiire du centre ladite longueur du demi-diametre, 8c marque avec un bafton le lieu où il fe finit! Puis apres je tourne l’inftrumcnt juiques à ce que je puiflè regarder au travers des deux premières vifieres le bafton, qui a efté le
- dernier
- p.55 - vue 80/231
-
-
-
- s6
- Premier Livre de la Fortificàtion,
- dernier planté en terre, & je regarde tout ainfi comme j’ay fait auparavant, an travers des deux autres vifieres, pour y mettre en veuë le ballon, ce que je continue julques à ce que toute la figure foit marquée. Cela ellant fait, je tire d’un ballon à l’autre une ligne droiéte avec un cordeau, au long duquel il faut un peu creuferla terre avec une befche, de la largeur Ôc profondeur de quelques poulces, à fin que l'on puilfè voiries collez du polygone intérieur qui font ceux là de la figure.
- ¥-xs,utile. En la 51 figute vous elt reprefenté la fortereflè quarrée pourtraiclefur le papier au
- chapitre precedent,en laquelle / ellle centre fur la campagne. Or il me faut marquer en campagne la mefmeforterelTe quarrée ayant la proportion donnée és tables calculées de la première façon au grand Royal. Pour cet effeét je mefure du centre l marqué d’un ballon du demy-diametre, la longueur Z^failànt 4* verges, 7 pieds, Ôc tf.poulces, félon le calcul es tables calculées. Ayant donc marque d’un ballon le lieu ^ , où doibt ellre poféun boulcvart, je drelïè mon inllrumentà 90 degrez, d’autant que l’angle du centre au quarrë le trouve de 90 degrez, & le plantant en la place Z, je regarde au travers des deux vifieres de / vers &: aulïi autravers des deux autres vifieres de la lettre /
- vers la lettre 0 , où il faut ficher l’autre ballon qui avec le premier ballon monllre ôc comprend l’angle du centre k^lo, duquel, à fçavoir de la lettre /, je mefure la fufdite longueur du demy-diametre, ôc plante le ballon 0 s’il cil trop prés, outroploing, jullement en la ligne droite, en ce lieu là où fe finit le demy-diametre l 0. En apres je tourne l’inllrument (fans toutesfoisçhangerl'angléjjufquesàcequeje puiïïè drpite-ment regarder autravers des deux premières vifieres de la lettre l le ballon 0, ÔC les deux autres vifieres me monllreront le troifiefme demy-diametre If, ou je mets le1 troifiefine ballon. Je me fers de la mefine pratique pour trouver le demy-diametre Ib. Cela ellant fait, je prens un cordeau l’ellendant de ^ vers 0, de 0 vers /, de/vers b, ÔC de b vers ^, ôc fay creufcr la terre aulong du cordeau de la largeur, & profondeur de quelques poulces, à fin qu’on puilfè bien remarquer la figure ôc les collez du quarré, enfembleoù les boulevarts doivent ellre pofez.
- Mais s’il arrive qu’on nepuilïè avoir le centre, à fçavoir, quand quelques maifons ou autres baltimens l’empelchent, pouvant toutesfois aller à l’entour, Ôc melurerles collez, alors on prend feulement la longueur des collez du polygone intérieur de la figure, qui doibt ellre fortifiée , comme la monllrent les tables calculées, en la mefii-rant d’un ballon à l’autre, apres que les ballons font plantez par le moyen de l’inftru-ment; lequel je drelïè à autant de degrez, que l’angle de la circonférence eft trouvé és tables mentionnées,& le plante au lieu où doibt tomberun boulevart, en regardant au travers des deux premières vifieres, à la veuë delquelles je mets un ballon, en apres je regarde aufli au travers des deux autres vifieres, à la veuë delquelles je mets un autre ballon, qui avec le premier me monllre l’angle de la circonférence, enfemble les collez du polygone intérieur, lefquels je mefure félon la longueur donnée fur la ligne droite, d’un ballon à l’autre, ôc marque la figure mefme fans avoir fon centre.
- Exemple. En la 51 figure cy mentionnée je pofe, que de la lettre /, qui ell le centre de la figure, on ne puiflè voir fur aucun collé du qùarré, à caufe de quelques maifons ballies entre deux : neantmoins il faut que lefdiâ: lieu foit marqué pour la fortification -, partant mon infiniment ellant dirigé à 90 degrez, qui ell l’angle de la circonférence au quarré, je le plante en k^, où doibt ellre eüevé un boulevart, & j e regarde au travers des premières vifieres de J^vers b , ôc mefure la longueur des collez du polygone intérieur, à fçavoir 60 verges 4 pieds 7 poulces, ôc mets un ballon à la fin de celle longueur en b. En apres regardant aulïi au travers des deux autres vifieres, je remarque & mefure le collé du polygone intérieur k 0, au bout duquel je plante un ballon en 0, me fervant de la mefme façon en marquant les autres collez du polygone:, a fçavoir de la lettre 0 en /, Four rnar- de/en b. Mais pour marquer aulïi les boulevarts Ôc les autres parties de la forterelfe, querlesbou. je la praétique comme s’enfuit.
- levarts. Prenant laJongucur de la gorge en la figure cy devàntpourtraide, je la tranlporte . de l’angle du polygone, ou de l’angle de la circonférence lùr le collé du polygone in-. terieur,& fay cela de tous collez, comme icy de ^en 4, & de 0 en y, au bout delquelles lignes je plante des ballons, pour y drellèr des perpendiculaires avec mon infiniment* les faifant vers le dehors de la forterelfe, fur lelquelles je marque ôc mefure la longueur dés flancs ou des elpaules, ôc plante au bout de chalque ligne un ballon j comme le
- monllrent
- De marquer une figure fans avoir le centre.
- p.56 - vue 81/231
-
-
-
- pl.n.n. - vue 82/231
-
-
-
- des places Regulieres. 57
- monftrent en la figure preferite.les lettres ac8cy*. Pour avoir auffi la ligne capitale 8c la face, ilfaut allonger le demy.-diametre par le moyen des baftons du centre /, & de l’angle du polygone k^, avec lelquels vous mettrez en une ligne droite un bafton en ce lieu là, jufques auquel vous defirez d’allonger defdid demy-diamètre. Mais s’il y a quelque empefçhement , par lequel on ne puiflè pas voir le centre, vous dreflèrez voftre infiniment fur autant d.e degrez, que fait l'angle du polygone intérieur, & de la ligne capitale , lequel au quatre cy reprelènté jfe trouve de 135 degrez, ceft à fçavoir l’angle ,eft ant le complément de l'angl elk^o. à 180 degrez, dont l’angle / k^o la
- moirie .de l’angle du polygone a kjb faifant 4î:.degrez eftant foubftraid, nous donne 135 degrez pour l’angle h ka, comme nous avons demonftré par la h 11 i di efmepr o p o -fition du chapitre 5. de ce premier Livre. Cela .eftant fait vous eftendrez & allongerez, la ligne.filon qu’il vous femblera bon , &ymefurerez.fur Celle ligne allongée la longueur de la ligne capitale de l’angle du polygone , ou du. bafton ^ julques.en-b, où vous mettrez un bafton pour la marque de la ligne capitale, 8c ainfieftpoféléplan fondamentale la fortereflè. ' - .
- Mais d’autant que cela ne fuffit pour les Entreprenneurs 8c les ouvriers, il-faut auffi marquer la largeur ou la bafé du rempart, la largeur du foflé'& du: corridor. :
- La bafe du.rempart comme icy rftux 5, eft tout à l’entour delaforrereflè parai- Pour mar lelle à la ligne fondamentale, toutesfois tirée au dedans d’icelle,quand on veut avoir q^rla fo des boulevarts creux; mais quand il faut,'qu’ilsfoyentremplis* on t?re parallelle la duremtM baie du rempart aux coftez du polygone intérieur, 8c on fait remplir les boulevarts.
- Au dehors.de la ligne fondamentale la fauflèbraye doibt eftre faide, il eft bien vray qu’il n’eft pas befoing de la marquer, pourveu que l’on donne à entendre, à l’entre-prenheur la hauteur,efpeflèur & largeur de fon allée,du banquet & delà liliere,lefquelles doivent touteseftre parallelles aux faces, flancs, 8c courtines,- ,
- Et pour le folfé on marque premièrement le bord intérieur du fo ftégie 123, lequel Pourmar-eft parallelle aux autres parties, ce qui fe fait apres que l’on a mené la-lifiere tout à l’en- querlefojfé, tour delà fortereflè, félon la largeur trouvée és tables calculées. 'Cela eftant- faid on dreflè fur les poinds q8ci, comme auffi 2 & 3 des perpendiculaires, fur lelquelleson met la largeur du folié, duquel la ligne extérieure doibt eftre menée parallelle aux faces des baftions. Ces deux lignes parallelles eftans prolongées, fè couperont finalement en », & achèveront auffi la marque du folle mnêcn 6, faifant au milieu de la courtine comme une tenaille.
- Le corridor fe réglé entièrement félon le pourtraid du folle, auquel il doibt auffi Le corri-eftre parallelle , ce qui eft ailé à. entendre à celuy qui regardera de prés noftre figure cy dor-reprefentée.
- Tout cela eftant achevé de telle forte on fiche en terre des paux courts à tous les angles neceflaires, au lieu des grandes perches, 8c on fait apparoiftre toutes les lignes neceflaires en befehant quelques, poulces de profondeur 8c largeur, à fin que l’entre-prenneur avec lés ouvriers fe puiflè regler lèlon icelles.
- Apres cela il fera neceflaire d’accorder avec un ou plufieurs Entrepenneurs , qui L'accord entendent l’ouvrage, & qui entreprennent de l’achever, aulquels l’ingenieur donnera ?**' fi fait
- reprelènté la aveelesEn~
- façon de baftir,le payement,le temps, dans lequel la fortereflè doibt eftre achevée, en-femble toutes les autres pièces y compriles, fuivant lefquelles ceux qui entreprennent l’ouvrage auront à fe regler, &pour mieux l’entendre, tout cela eft reprefenuapour exemple en un formulaire de marchander une fortereflè quarrée lèlon toutes les circon-ftances,qui en dépendent, comme cela lè fait ordinairement,& eft ufité en la pradique.
- par eferit les conditions à ce appartenantes , dans lefquelles leur fera
- CQWfticwt ilfaut widYcha?$d€Y
- ...../ A* J
- '///se//*
- quarrée fuivant un qrand Roy ai
- 1 J ûJ "Formula,
- LEs Commiflàires & Confeii de guerre, députez de Monlèigneur N. ont délibéré
- de faire baftirun fort Royal quarré, au pays N. auprès du fleuve N. d’autant que Entrepre, cé lieu 8c paflàge eft de grande importance à tout le pays • ‘yjpfjvc
- Làdeffiisnous avons marchandé par noftre Ingénieur ayant marqué &projedé la fortereflè, avec l’Entreprenneur fur les conditions qui s’enfui vent.
- H
- l’Entre-
- Formulairé de l'accord les
- Entreprenneurs. l’ingenieur fait l’accord.
- p.57 - vue 83/231
-
-
-
- Caution de. l’Ehtrepren-neuf.
- Leparapet.
- La lifiere.
- Lafaujfe-
- braye.
- Le fojfé.
- 58 Premier Livre de la Fortification,
- L’entréprcnneur, qui prend ce baftimènt en charge, donnera fuffifante caution, 8i afîèurance auxdits députez Commiflàires de guerre,que (lins aucune excüfe il achèvera l’ouvrage, qu’il aura entrepris défaire.
- . Et aufli toft qu’il aura fait le commencement de l’ouvrage, luy fera avancée la (bm-rae de 2500Richedales, maislautrepayement touchant le reftedelafommetorale, (è fera le rempart eftant eflevé tout a l’entour de laforrereflè, 8c n’y ayant plus à faire que le parapet du rempart, 8c la fadflèbraye.
- Or pour chafquetrois pieds cfpais, on payera àl’Entreprenneiir un Richedale, ou 50 fols,felon la commune mefure de campagne, 8c félon le compte de l’Ingenieur juré.
- Aufli on fournira audit Entreprenneur des befches , pelles , hoyaux, brouettes* battoirs, 8c toutes fortes d’iriftrumens neceflàires , qu’il prendra dans le magazin de la forterefle N. lelquels ledit Entreprenneur fera obligé de reftituer 8c remettre, aufli bien les rompus que les entiers en leurs lieux, & en tel nombre qu’il luy en auraefté livré entre les mains.
- On payera particulièrement aux charpentiers, maflons, marefchaux, & autres aiti~ (ans ce qu’ils feront;
- Le bois qui y cftneceflàire (èra amené de la forterefle N. fur le fleuve N. fembla-blement la chaux, 8c les briques, autanr qu’il en fera befoing, feront amenez des plus proches fourneaux 8c briqueteries.
- l’Entreprenneur ne doit nullement paflèr la circonférence, (oit en dedans ou en dehors , ains prendra garde de fe regler (èlon lespaux fichez en terre, 8c félon les traiéls creulez, qui font les vrayes lignes fondamentales, fur lelquelles le baftimènt doibteftre pofê,8c par icelles toutes les lignes neceflàires à laforrereflè font monftrées.
- II. doibt mettre de jeunes faules 8c rameaux en la bafe du rempart, qui eft de 45 pieds, ou fi la terre 8c fondement eft mol, il fichera des paux en terre, à fin quelle foit ferme, 8c puis mettra là deflus de gros faules, faifant mener de la terre par deflus , 8c eftant la terre de la hauteur d’un pied , il la fera battre avec dés pilons, à fin qu'elle s’abbaiflè de 4 ou y poulces, 8c qu’il n’y refte que 7 ou 8 poulces.
- Aufli fera-il la hauteur du rempart de 12 pieds y le talud extérieur (êra la moitié de la hauteut, à fçavoir 6 pieds, lequel doibt eftre reveftu de gazons mis en bonne ordre, ôc entrelaçez, Entre chafque rang il fera (èmer de 1 avoine ou d’autre (èmence, 6c les eflevera egalement 8c nettement parl’ayde du triangle Taludial.
- Le talud intérieur doibt avoir autant de bafe, que la hauteur du rempart, à fçavoir douze pieds.
- La largeur (uperficielle ou le fommet du rempart, demeurera large de 3 6 pieds.
- La defliis on doibt eflever un parapet, ayant fa ba(è de 12 pieds de large, (à hauteur extérieure de 4 ; 6c (on talud extérieur de la moitié de fa hauteur extérieure, (à hauteur intérieure de 6, 6c fon talud intérieur d’un pied, en forte que la largeur fuperieure, ou le fommet du parapet foit de 9 pieds de large II faut que lediéfc parapet tant intérieurement qu’exterieurement foit reveftu de gazons arrangez, ainfi qu’il a efte faidau rempart, tellement que le talud extérieur du parapet (è rapporte en ligne droite avec le talud extérieur du rempart. Ledid parapet ayant (à hauteur convenable , on doibe mettre les gazons verds renverlèz, 8c bien unis fur le deflus de (à largeur : 6c comme il a efté faid au paravant, on doibt félon qu’il eft commandé aufli battre la terre du parapet , comme on a faid au rempart.
- 11 faut aufli joindre au parapet un banequet , qui foit large de 3 pieds , 8c hault d’un pied 8c demy. Entre le rempart 6c le fofle (êra laiflee une place large de 33 pieds, la ligne extérieure de laquelle (èra menée parallelle aux faces , flaneqs, 6c courtines, 6c ce fera le bord intérieur du fofle , duquel vers la forterefle on Jaiflera 6 pieds, pour la lifiere.
- Davantage il faut faire un parapet ayant 12 pieds pour la largeur de (à bafe, tout de mefme comme au rempart, lequel (èra fourni d’un banquet, comme celuy du parapet du rempart, en forte que pour le chemin entre le rempart 6c le banquet de la fauflèbraye reftent 12 pieds.
- Le fofle mené parallelle aux faces doibt eftre large de 72 pieds, 6c avoir en profondeur 10 pieds, comme aufli tant de talud de chaïque cofts,, que la largeur inferieure retienne 5 2 pieds.
- Mais
- p.58 - vue 84/231
-
-
-
- des places Regulieres. 59
- Mais quant au bord intérieur il faut qu’il (bit mené parallèle aux flancs,courtines & faces, comme il a efté dit, afin qu’il ne refte point de terre à nul triangle, ains que le fofle retienne fbn entière grandeur au milieu des courtines.
- Le fofle doibt aulfi eftre garni de gazons de chafque collé, là où l’eau mange il y faut planter de petits paux entrelacez de faules, vifs, pour pouvoir refifter à la force de l’eau.
- Au dehors du fofle on doibt laiflèr une place,large de i x pieds,parallelle au bord du Le chemin foflé pour le corridor, & puis faire un parapet de la hauteur dç fix pieds avec fbn ban- couvert pu qaet fuivant la reigle donnée, tellement qu’il s’eftendc de 69 pieds vers la campagne corridor' en talud. On peut aufli faire à l’entour du corridor un fofle large de 44 pieds , & profond de 8 pieds, luy donnant aulli autant de talud à finquoivpuiflè avoir la terre neceflàire hors d’iceluy, en cas qu'il y en dcuft manquer.
- Il prendra les gazons des plus proches prairies, où la terre eft la plus graflè, & fera Les gazons: couper les branches des plus proches iàules que fon trouvera.
- Il fera une porte vers l’occidebt de la fortereflè au milieu de la courtine, large de iz pieds 8c haute de 14* comme aulfi des forties au rempart, afin que l’on puiflè aller de tous coftezenla fauflèbraye.
- L’Entreprcnneur s’oblige par cette prelènte d’achever cet ouvrage en l’elpace de Temps or-deux mois, 8c faire en forte, que la fortereflè foit en fon entière defçnfè dans fix fep- pour maines, à quoy faire il doit entretenir tous les jours deux cents hommes qui mènent. a*h*?er la terre avec des brouettes, fàns ceux qui befchent les gazons , 8c font les autres] * ouvrages. ,
- A cette caufe il donnera ordre , que les ouvriers viennent to;usles jours de bonne heure à la belongne, à fin que rien ne foit négligé.
- De mefme -il vifitera tous les jours la befongne, 8c fur le loir quand ils ont quitté leur attelier, le regardera en perfoçne, &s’il fe trouve quelque faute-, la fera reparer le lendemain. Mais principalement il prendra garde, que la hauteur du rempart,comme aufli tous les autres ouvrages fè rapportent félon les reiglés preferiptes, & au cas que l’ouvrage eftant achevé il fè trouve autrement', on luy rabbacra cent Rifchedales de lès gages, comme aufli cent autres Rifchedales, s’il n’a pas achevé la fortereflè au temps ordonné >hor finis l’incornmodité du temps, duquel ayant efté incommodé il feraexeufe.
- : Lefditesconditions accordées ont efté foubfcrites le N. jour du mois N. l’an N.
- N N. Commiflàire.
- N.N.. Ingénieur.
- • N N. Entreprenneur.
- : Selon cette façon ou fèmblable ôn fait lès'tnitchés, defqueVon eft accoiiftumé de fe fèrvir, aufli en aucuns oüVragès de fiege, dôritil n eftbçfoing de faire-mention, d’autant que de ce qui eft misicy,Ton. verra kîfèment, comme'on doibt coucher par cïcrit les autres marchez.
- XVII.
- CQmmjji il fditt ratyoHtt uticftftereffe Regutim de U
- rTAOur mettre. une.f()rter|^ del^ campagne ffir le papier,cela fè lait pour quelques Tournoi il Jjrraifons: comme fï fur lemodelle d’icel}e;on.en voulpit faire, une fèmblable e^faut mettre un autre lieu, ou .que l’on, vop^uft voir, fielle a efté baftiefjçlon l’ordonnance uneforteref-donnée,& félon qu’elle a efté mile* fur le papier : fi elle a bonne defenfè, fi le rempart !e?a~ eft efle vé félon la hauteur defirée, & pour autres fèmblables fùjeéfo, qui fùrvienncnt ^wr’ diyerfement, dont il n’eft neceflàire de faire icy le récit.
- Tout ainfi qu’on met fur la campagne une fortereflè marquée fur le papier, par
- H z l’ayde
- p.59 - vue 85/231
-
-
-
- 6o Premier Livre de la Fortification,
- I’âyde des Inftrumens neceflàires, de chaifnes 6c battons, ainfi la faut il rapporter de la campagne fur- le papier par le moyen d’iceux.
- il faut mefurer avec la chaifne, la courtine, la face 6c le flanc , d fçavoir au pied 5c fondement d’iceùXi 8c eercher aülîi avec l'inftrument l’angle du polygone, l’angle flanqué, l'angle de refpanlê, l’angle de la courtine,8c celuy du flanc qui eft droit. Cela eftant fait choififlèz félon voftre volonté une mefure de la grandeur que vous voulez p mit traire la fortéréfTè für le papier, mais tant plus elle eft grande, tant meilleure elle ! eft &'piusaflètirée-; Tirez donc une ligne droitte avec l'ayde d’uné reigle Omettez deflu§ l’angle flattqué avec un rapporteur,* (qui eft un Infiniment fait de corne, d'ài-râinîâê‘ éüyVfé j où d’argent & fert pour mefurer la grandeur des angles) mefurez éti après lés-faces dëéhafqUé cofté dtidir point,8c là ou fë finiflènt les faces, mefurez atiflî l’angle de l’efpaule avec ledit rapporteur , avec autant dé degrez qii’il eft o’bfervé avec H-nfeument, puis pèfézrfur la ligne la longueur du flànc,au bout duquel ferez un-angle droit avec une longue ligne pour y mettre la courtine, & au bout d’icelle l’aiitré flanc perpendiculaire, de ainfi ferez le refte.
- Onfepçutauflï fervir de la.mefme façon és places Irregulierés, tbutesfois avec.un peu plus de peine.
- Mais aux Regulieres, quand elles font bien faites, on mefure feulement un bouler vart:, 6e une courtine avec leurs angles, 8c ainfi l'on peut pourtraire meehaniquement tihe figure j &celùy-quipr-endplaifîrd; fupputer, pourra cereher les longueurs des au-tres'lignes parla Trigonométrie. Ce feroit chofe inutile de reprëfenter icy les autres ouvrages, puis que cela fe fait de mefme forte , comme auflï quand de deflus le papier on les mec fùrdàxdrapagne V üinfi que cela fera monftré particulièrement en. fonlieu. . .. ,
- Or pour en faire;le profil 6c prendre la hauteur 6c largeur du rempart ; cela fe peut faire felon lafaçbrYqui'efi ordinaire és Pays-bas, dônt Simon Stmn Câii mention en fes au vies Mathématiques, 6c Metïus en fa Geometriè. Comme* pour exemple,!1dit vètift mettre de lacampagne fur le papier le profil de laforterefFequartée qui aefté pràpofée', comirié-' fe^oî'renia 52 figuré: én laquelle je voudroiVbïen cognoiftre
- ...... . . . cognoiftre la
- îauteur du rempart'ÿ-pôiiriçâvoir nréntreprènneiit la;ëflevéè fiiivànt les conditions accordées,du s’il aide détromperieSgéfimflèté, je pbfe niôh inftrùme.nt yoftement éti balance* en forte que le plan du cercle foit perpendiculaire fur l horiTion, dc que la lr-gnè que jefay efi tegardant au travers dés dëu* vifiérës- foit pàrallèteriiiièfmë horizon, comme on peut voir en B en la 51 figure. La deflus j’envoye un homme avec une longue perche FE au de là du fofle fur le chemin couvert du corridor, qui eft la vraye terre de la campagne, 6c luy fay tenir la perche cjçbout fans fe remuer comme en F, y ayant une marque enla perché, d fçavoir un mbiceau de linge enveloppé, ou autre chofe qu’on puiflèabbaiflèr ou (çfleyer., comme monftre icy la lettre O , vers laquelle marque je dreflè ma veue d fçavoir de B vers 0, 6c celuy qui tient ladite perche qpiàçjaiïV qp. ^mflër la ma^Bqfelon qu’il en fera.befoing^ &
- iufques a.tantque je.Tayfe ep Vcuè!patc;Tes;ÿffiçres, en apres, je.mefurè.la perche depuis LTO®-P?.iU-%&iîs aï?W1re auVre<s-# ’jâqûçflqïS trouve icy dq 18 pieds', douil appert que le rempart avec fôn parapet eft de ifpiccls, & par ç.onfeqiteht, Je. baftimenç eft fait felon les conditions accordées. Puis je mefure de mon œil jufques au pied de l’inftrumént fous le banequet, çamme.la longueur A B égalé d la perpendiculaire B G, laquelle fe trouve de 6 pieds, 6c ëftant foubftrâité de ldlongueur de la perche O F,fai-fant 18 pieds* reflet^ 12 pkds pour k.toîeur DF, qui eft auflï la hauteur GH.
- Pour mefurer la bafe du rempâtt cëla fd peut fairë, quàndon paflè' par la porte,en me-furant le profil felon l'angle droitffecjuel éft ail fô'ftcfëfflent de la porte. *
- Ppur avoir le talud l’on fe peut fervir de l’inftrument., qui eft reprefenté au chapitre nèüïfeïftie de téfiVréj’féqriëbpeüt-àrifli^fefàit dHinè'à'&tëfaçon. ’Màis lalatgéur du fôfTé s’apprefid fedrfd^p jhitatibrPcrtm ttïàfifgle^c'élâ^eftaitrt fait I Wtfeiït âûffiôoS-t?àfrë,;6cjiW.ërtrë-ftÿ le rfiéfhifei iftÇ.ô.rfjfàinPËfpttereflëi
- p.60 - vue 86/231
-
-
-
- des places Régulières;
- 61
- C H A P 1 T R E XVIII.
- Pour fortifier une fgure Reguliere en bonne proportionfélon le commun ufage des forts de campagne fans aucun calcul.
- JE nomme communs forts ceux qui ont quatre boulevarts, & qui font dans les tren- Les farts de chées & en campagne,defquels on fe fort pour quelque temps en un fiege, comme campagne. auffi tous les autres forts, qui font au delïbubs du petit Royal, & mis tousjours fur lespaflàges.
- Les plus petits d’entreux font ceux dont le cofté eft long de $ verges; & quelques Leur gran-uns font aufli faits avec des demi-boulevarts, delquels nous ferons mention au 3 livre, deur.
- Icy eft à retenir, qué les plus grands forts de campagne n’ont pas plus de 15 ou 18 verges en l’un de leurs coftez. Au chapitre feptiefme de ce livre nous avons enfeigné,cpm-ment on fe doibt fervir des tables données en les augmentant ou diminuant,félon que laneceffité le requiert, ce qui fe pourra aufli pratiquer és communs forts de campagne. Mais il eft aufli befoing de fçavoir ordonner une fortereflè ou un fort fans aucun calcul ; ce qui eft fort ufîte és communs forts de campagne, d’autant qu’il fe rencontre fouvent, ôc la neceflité le requiert aufli,d’eflever un fort en hafte, & qu’on n’a point d’Ingenieur prefent quil’ordone &le marque,ou qu’on a manque aufli d’on Infiniment, avec l’ayde duquel il fe pourroit autrement faire.
- Cependant ceci dépend feulement des autres .Officiers, lequels fe mettroyent avec leurs gens en grand danger,en ne pourvoyant pas le lieu d’un fort, qui doibt eftre fait en grand hafte fins s’amufer à aucune fupputation : a cette fin je donneray icy l’inftru-étion comme cela fe peut faire for le papier , ôç puis comment d’iceluy on le pourra mettre for la.campagne fans Infiniment; mais feulement avec peu de baftons ôc cordeaux.
- - Les forts de campagnes font ordinairement qùarrez, avec quatre boulevarts: on ne fe fort pas fi fouvent des pentagones, mais feulement aux ouvragés, qu’on laiflè pour quelque temps.; touchant les hexagones on s’en fort quelques fois, qu’on met auprès des eaux. ♦
- Mais fi l’on vouloir ordonner un fort Régulier qùi foit quarré, avec bonne proportion fans conter, comme il fe void en la 53 figure, dont un cofté doit contenir 10 verges du pays du Rhin, ou no pieds , comme icy les coftez A B, BD, D C, C À, on pourtraid premièrement for le papier le quarré, À B D C, le. plus grand que faire fe peut, puis l’on fait une mefuré ou efchelle, felon un cofté dudit quarré, qui. a efté donné de 10 verges., laquelle on doibt départir en dix parties elgales, tellement que chaf-que partie contienne une verge, dont une départie derechef en iz parties,fera iz pieds du pays du Rhin; & chafque partie •— de la verge, comme nojis l’avons reprefenté en lameforc ou efoifeUe de la 5 3,figure : puis apres on tiré au.travers de A & de D,comme auffi au traÿerés de C & de B la diagonale, laquelle s’eftepd au dedans de À-ÊL-& de G D. Departiflèz un cofté du fort en 5 par ties cigales, comipe icy A G, G M, M N, NH,HBrlar~ eft la gorgç AÇôc H B , les autres -|- des coftez GM,MN& N H font la courtine, du cofté entier prennez ~ comme icy AM pour la ligne capitale E A-ou-K B; Vne quatriefine partie de la courtine divifée en quatre parties elgales, comme icy G O, O P; P Q* d^anemlex flancs G F ou HI mis perpendiculaire-
- ment for G & H. De mefi»ç> A B, pilant divifée e» deux parties elgales en P, la longueur A P ou PB, fera la face, E F ou IK, ce que faifant en cette forte de tous les coftez le fort fera pourtraid. ! . . . '
- Mais pour Içavoir combien. chafejueligneneft longuel’pn rapporte les longueurs d’icelles for la inefure partagée.', : laquelle roonftrera leur longueur par nombres, AB eft de 10 vergés, ou de izo pieds;-f-delaloinguèur AB fait 14 pieds ; .QR-f-delàlongueur; AB foit 7z?pieds; ÇQ;OU.GF1une)qi^triefme partie dela.Iigne.GH fera 18 dcErA 4apieds; cotnme delalongueur AB.;!
- !• ' Notei icy;qüela-defenfejeftftir.ée duf ofot 4» flanc & de la courtine, ce.qid jp’im-porté pas beaucoup és forts de. campagne. '
- H3
- Orpour
- p.61 - vue 87/231
-
-
-
- 6i Premier Livre de la Fortification,
- Tour mettre Or pour mettre Ôc marquer ce fort fur la campagne fans Inftrament, mais feule-un fort fur raent par fayde de quelques baftons ôc cordeaux, fai&es Comme s enfuit. la sam-pagne prene2^ premièrement un cordeau long de dix verges, d autant que ce fort a chaf-
- [Msmfim- cun de io verges,& le partifez en i o parties elgales,dont chacune fera une verge.
- Audi appreftez un autre cordeau départi en douze parties égalés, félon la longueur d’une verge du pays du Rhin, tellement que chacune de ces parties face en longueur un pied. Avec ce cordeau vous ferez un angle droit fur la campagne,fuivant la façon que Pytbagom a inventé, en prenant pour une ligne 3 pieds, pour l’autre 4,ÔCpourla troifiefme 5 pieds, lefquelles toutes trois eftans jointes enfemble vous donneront un angle droit, qui fera compris par les deux lignes plus petites ,• Au pourtrait en la 53 figure nous avons pris les lignes au quadruple, d’autant qu’il eft plus certain, tant plus on les prend grandes, tellement qu’au lieu de 3 pieds on pourra prendre iz pieds, ôc au lieu de 4,16, ôc au lieu de 5, zo pieds.
- Ledit triangle eftant ainfi conjoind ôc fermé vous planterez un bafton d chalque bout,tellement que l'un des bouts comprenne l’angle droit, comme il eft marqué icy par la lettre C, ôc prolongerez la ligne C,iz (le bafton eftant droit comme il eft planté de C fur le bout des lignes de la longueur de 16 pieds) pour avoir la longueur de 10 verges, au bout de laquelle vous mettrez un bafton, comme icy en D, ôc y attacherez voftre cordeau de 10 verges, enfaifent une marque aveciceluy auprès de B. Le mefîne fe fera-au bafton pour avoir une marque, laquelle coupant l’autre marque vous monftrera le lieu B, ôcle quarré fera achevé. Vous ferez creufer ce quarré en largeur ôc profondeur de quelques poulces en ligne droitte de A vers B, de B vers D, de D vers C, de C vers A ; à fin qu’on y puiflè mieux faire les autres parties. Vous tirerez aufli un cordeau au travers de A ôc de D, comme auffi au travers de B ôc de C, ôc creuferez pour marquer la diagonale prolongée, cela eftant fait, vous marquerez la ligne capitale de A vers E, ôc les gorges A G ôc H B, Ôc ferez avec le triangle 3,4,5, des perpendiculaires fur les poin&s G ôc H, pour y mettre les flancs G F Ôc HI. Finalement vous tirerez une ligne droitte de E julques à F pour achever la face,ôc le fore fera marqué en la campagne. Mais quand l’afliette ne permet pas de faire des diagonales, à caufe de quelques maifons, ôc autres incommoditez, qui le pourroient empe-fcher,faitcz le tout iélon la façon precedente, ôc prennez deux fois la face, mettant le bout d’icéîles fur la longueur extérieure des flancs, ôc là où elles fe couperont, feront les deux faces du boulevart, qui fera ainfi achevé.
- Vn fort pen- Pourdefcrire un fort pentagonal fans compter, cela fe peut faire ainfi comme la
- tagonal fans 54 figuré qui eft repréfentée pour exemple,le monftre.
- fupputer. Que l’on pourtraye fur le papier un pentagone Régulier, le plus grand que l’on,
- pourra, ôc qu’un cofté du pentagone foit le cofté du polygone intérieur d’un fort de campagne, lequel nous prenons icy de 10 verges.Divifez le cofté en cinq parties elga-les BE,EG, GH,HC,;CF, dèfquelles cinq parties l’une eft la gorge BE ôc CE, comme aufli le flanc E l ôc K S, eftant mis perpendiculairement. De mefme la courtine eftant divifée en 5 parties égalés LM, MN,N O, O P, P Q, les quatre cinquieC-mes de la courtine vous donneront les faces IR ôc K R, eftant mifes fut la longueur extérieure des flancs en K ôc I, tellement qu’elles fe couperont en R, d’où on tire, ÔC joint enfemble les lignes RI ôç R K, pour achever le boulevart du pentagone,2ctous les autres de la mefme façon. -1
- Cela eftant expédié l’on fait unemefiire ou efcheliè dë 10 verges, d’au'tanrque le cofté du fort propofé eft donné d’une telle longueur,$c méfiirez puis apres toutes les lignes lefquelles feront trouvées pariiombres,tellement quêtas gorges BEôcCF font chacune de Z4 pieds,Comme aufli lés flancs K S ôc IË dé là mefine longueur,la courtine E C ou L Q^de 7a, la face de 47,6c 8 poulces comme de la eçurtinededemi-diatüètréde 86 Ôc la ,cori jonction des flàrics S E de*'3$ pieds*
- La maniéré Çe fort fe mettra en campagne en- deux façons, premièrement quand on peut avoir
- de l& mettre lecèntte:, l’on prend la longueur du dëmi-diametre avec un cordeau, ôc on plante un en la cam- baftonüù centre comme en la figure én D\-puis apres on lie le cordeau.au bafton yôC pagne. on mgfure ladite longueur fur la campagne, au lieu où il y doit avoir un boulevart, comme icy de D vers A, Ôc en A on met un bafton. Aufli faut il mefurer la longueur du cofté de la figure avec un cordeau, rattachant au bafton- A, ôc tirant enfemble les f ! deux
- p.62 - vue 88/231
-
-
-
- pl.n.n. - vue 89/231
-
-
-
- des places Régulières. 6$
- deux cordeaux à fçavoir le demyrdiametré 8c le cofté du polygone intérieur,tellement qu’ils Ce touchent comme icy. en B, ainfi eft un cofté de la figure bien marqué, lequel il faut creufer auffi toft avec une befehe fuivant le cordeau (ce qui fe fait à tous les confiez) 8c planter un bafton en B. Puis l’on prend la longueur du cofté du polygoneintérieur de A B, laquelle on attache au bafton B,-& on conjoint dérechef ledit cofté du polygone interieur& le demy-diametre, qui Ce touchent enfèmble en F & mon-ftrent le bout de l’autre B F, où il faut mettre un bafton, 8c ainfi continuer au troifief-me, quatriefraê, 8c dernier cofté, tellement que voila la figure fai de , laquelle on veut fortifier^
- Mais quand à caufè de quelques incommoditez l’on ne peut avoir le centre, il fè Vne autre. faut tenir à la maniéré’fuivanoejchoififlèz un lieu, où le fort doibt avoir un boulevarr, maniéré. 8c plantez un bafton en ce lieu là, comme icy en B; 8c prennez la longueur de deux gorges BS B E,& la longueur dé la, conjonction des flancs SE, de cette ligne 8c des deux gorges fermez le triangle BSE, & plantez un bafton en E 8c S : puis proion* gez en ligne droitte les lignes B E & B S de la longueur des coftez du fort, comme il eft marqué en la figure de B jufques à F, de de B jufques à A,pour avoir les deux coftez du fort-, il faut auffi planter Un bafton au bout d’icelles deux lignes en A 8c F, fai des de mefine en marquant les autres coftez, 8c ainfi la figure qui doit eftre fortifiée, fera achevée, à laquelle on doibt marquer les gorges, flancs, 8c les faces, ce qui Ce peut faire de mefine comme on a fait au précédent fort quarré, en prenant la face au double, 8c mettant fes bouts fur les deux bouts des flancs comme en I & K,dont le milieu donne l’angle flanqué 8c IR 8c R K font les faces : on peut tenir la mefme procedure és autres boulcvarts.
- On Ce fërt rarement d’un hexagone entier; mais on fè peut bien fèrvir de quelqu’une Vn hexa-de fes parties comme quand on doibt garder le paflàge d'un fleuve contre la venue de Sone' lennetrty, ce quona accoüftumé de faire auprès d’un pont, où l’on met des demy-boulevarts au bord de l’eau ; mais on en fait dèiix entiers vers la campagne contre la venue de l’ennemy.
- Pour faire cela fans Infiniment on pourtrait premièrement un cercle fur le papier,
- Sc dans iceluy avec fon demy-diametre line figure Reguliere hexagonale, dont les coftez feront ceux du polygone intérieur , lequel nous mettrons icy de io verges, comme on peut voir en la 55 figure : l’on diyifè un cofté en 5 parties efgales, comme RH,HI, IKjjKL 8c LF, dont Cera pour les'gorgés ô H 8c LF, pour les flancs HO 8c ML,—. pouE la courtine HL, de la courtine pour la ligne capitale P R & F N.
- Or pour mettre ce fort fur la campagne cela Ce peut faire en deux façons comme au pentagone, il faut lèulemement prendre garde que les deux demy-bouievarts D C & B E viennent à Ce rencontrer juftement fur le bord de l’eau, quand au refte il n’y a plus de difficulté.
- On pourroit auflî bien fortifier toutes les figures Régulières fans aucunjcalcul , en obfervant la proportion convenable ; mais d’autaut que cela fe pratique mieux par l’ayde de la fupputation, je m’arrefteray icy.
- Chapitre X.1 X.
- Du frojîl des communs forts de campagnei
- TÔut ainfi que l’on fait les forts de campagne de diverfè grandeur,les uns n-eftans tes profils baftis que pour quelque peu de temps, les autres pour demeurer, l’on faitaufli des forts de diftinétion des profils félon leur grandeur,en les difpofant diverfement félon campagne. que l’occafion 8c le temps le requièrent. Ils font icy propofèz diverfement, & fè peut 'voir en la 56 fig. le moindre profil d’un fort de campagne, duquel on fe fert auffi és redoutes & tranchées, 8c un fort ne doibt pas avoir un moindre profil
- G O labafè eft de 15 pieds, le premier banquet MN de 5 pieds de largeur, 8c de i-i. pied de hauteur N O, K M 8c auffi de 3 pieds, M L fa hauteur d’un pied 8c demi.
- La hauteur perpendiculaire IK fait quatre pieds 8c demi. & la hauteur entière H P 7 pieds 8c demi. G P le talud extérieur de toute la hauteur H P eft de 3 pieds,& 9 poulces..
- DG la
- p.63 - vue 90/231
-
-
-
- Le profil â’tm fojfé fec.
- Quelques forts faits avec une faujfebraye <& chemin couvert.
- 64 Premier Livre dé la Fortification,
- D G la lifiere de 3 pieds, A D la largeur du fofle de 16 pieds, F C 8c E B la profondeur d’iceluy de 5 pieds, A E & F D le talud extérieur & intérieur, auffi chafcunde 5 pieds, en.forte que la largeur inferieure, B C demeure de 6 pieds.
- Quand il y a des ouvrages plus forts à baftir, on fe fert auffi de profils plus forts, la bafe du rempart fe fait ordinairement de 20 à 40 pieds, la hauteiirde 4 a 8 pieds, le folle de 20 julques à 50 pieds, felon la commodité du lieu, 8c felon qu'on le doute de la force de lennemy. Mais à fin que l’on tienne en cecy une certaine proportion, je reprefenteray icy quelques profils,dont l’un eft plus fort que l’autre, defquels on fe peut fervir félon la diverfité des forts. On fe peut l'ervir du profil de la 57 figure en tours forts de campagne quon fait en temps de fiege, l’on peut auffi faire des redoutes avec iceluy, quand lennemy en peut approcher. Le profil de la 58 figure peut auffi eftrê employé aux forts de campagne, qui font en lieu dangereux. On fe peut fervir commodément du profil de la 59 figure és ouvrages qui demeurent. Ces trois profils font reprefentez&calculez en la tablefoivante:
- Figuré. jLVujLVIIljLIX
- La bafe du rempart, BA |*4 1** |4o
- Talud extérieur du rempart, BD 1 * 13 1 4
- Talud intérieur du rempart, CA 1 4 i6 j 8
- La hauteur du rempart, FD,EC 1 4 16 1 ^
- Le fommet du rempart, FE |iS î*3 I**
- La baie du parapet du rempart, GF 1 8 jio |l2
- Le calud excerieur du parapet, HF !* j 2 1 Z
- Le talud intérieur du parapet, lG j 1 1 1 | I
- La hauteur extérieure du parapet, HK 1 4 1 4 1 4
- La hauteur intérieure du paraper, iL i 6 ) 6 1 6
- Le fommet du paraper, K'P 1 5 1 7 1 9
- La largeur du banquet, G O, MNJ 5 1 3 1 3
- La hauteur d’iceluy, GN,OM|r-L- j 1 ll a H
- Le terreplein, OE 1 7 jio 1*3
- La lifiere, BQ. i 5 | 3 I 3
- La largeur du fofle, Q.R lî° b6 154
- Le talud extérieur & intérieur du fofle, RX, VQ | s 1 6 1 8
- La profondeur du folié, xTTvs \T ~\<r 1 8
- La largeur inferieure du fofle. T S |,8 1*4 h8
- Les foflèz eftant fecs, on y peut faire un banquet de la façon qu’il eft reprefente' en la 5 9 figure, 8c s’il eft profond on les fait doubles, comme B A & C D, chafcun haud d’un pied 8c demy, 8c large de 3 pieds ; on elleve le bord du fofle d’un pied par deflus la terre de la campagne comme R D, les foldats fe peuvent defendre dans le fofle, de melme qu’en un chemin couvert, où ils ne peuvent eftre fi bien en feurcté comme dans le fofle.
- Ori fait auffi à quelques forts une fauflèbraye, 8c un chemin couvert, principalement à ceux qui font d’importance & qui ont à craindre un fort ennemy. Mais d’autant qu’il a efté fait mention fuffilànte de cette ordonnance aux chapitres neuf 8C douziefme de ce livre, il n’eft pas befoingdelà reiterer icy.
- Touchant le baftiment de ces remparts , on remarquera , ce dont nous avons fait mention au baftiment des grands remparts, a fçavoir, de mettre des rameaux ou branches de faules, entre chalque cinquielme rang de gazons, principalement quand la terre eft feblonneufe ; mais il faut bien mettre par ordre les gazons arrangez comme il appartient, 8c faut que cela foit fait intérieurement 8c exrerieurement.
- D’autant
- p.64 - vue 91/231
-
-
-
- des places Régulières*
- . D’autant'que ces remparts ne font pas fort hauts, à fin qu’on n y puiflè pasaifement On garnit monter on garnit le parapet de bons paux forts, long de 6 pieds, dont on fiche 3 pieds, defau* les dans le milieu du parapet, 8c les autres trois pieds demeurent dehors, lefquels doivent forts de eftre bien poin&us , le bois de chefne eft le plus propre à cela , la groflèur de ces CAmtn&ne-paux eft de 3 ou 4 poulees en diamètre, il en faut mettre 15, en la longueur d’une verge.
- De ce profil icy propofé, on en peut faire les uns plus bas, les autres plus hauts, les autres plus efpez, félon la commodité du lieu, ceux-cy font feulement icy reprefentez pour exemple, defquels on lèfert ordinairement és fieges, 8c ont aucunefois un, deux, du trois pieds plus ou moins de hauteur & d’elpeflèur, ce qui ne peut pas importer icy de beaucoup* d’autant que les forts quon fait icy dans les tranchées font divers, car les deux boulevarts que l’on met vers la campagne contre l’ennemy fe font plus forts, que ceux qui régardentle lieu aflîegé, ce qui ce fait pour gaigner les temps, 8c pouvoir avancer aufli les autres ouvrages, d’autant que ceux- cy ne font pas fujeét a un fi grand danger que ceux là, qui font au dehors des tranchées :lelquel$ on remplitaufli tout à fait pour y pouvoir mener & placer le canon en cas de neceflîré. Neantmoins l’occafion donnera tout cela en main, eftant impoflible de defcrire ainfi tout, comme il arrive quelquefois.
- Chapitre ütX.
- Touchant la garnifon /une Forterejfe.
- PAr la garnifon d’une forterefiè ne faut pas feulement entendre les gens qui y font pour la garder, ains on entend aufli le nombre de l'artillerie, la quantité de pro-vifions, les arcenaux bien garnis, tout ce qui fe doibtproportionér félon la grandeur de la forterefiè, &fuivant la force de l’ennemy. , .
- : La garnifon d’hommes eft diverfe ; quelques uns attribuent à un chafcun boulevart d’un grand Royal, huiét cens ou mille foldats, il y en a d’autres qui mefurent la circonférence entière, 8c donnent à un homme deux pieds : les autres mettent quatre ou cinq cens hommes pour un boulevart fans la bourgeoisie.
- Mais on n’en peut pas donner des réglés certaines, à caufe de la grande diverfitc des lieux & places où les fortereflès font mifes, l’une ayant plus d’ouvrages extérieurs que l’autre, d*où vient que hune a befoin déplus forte garnifon que l’autre, ce qu’un Colonel bien entendu 8c expérimenté fçait difeerner. Cependant, on peut accorder ces trois opinions, & comme n en faire qu’une : quand on compte deuxpieds de la circonférence pour un homme, comme par exemple, la garnifon d’une forterefiè Royale quarrée, monte à 23 04 hommes, car en cette forterefiè la face eft longe de 24 verges, le flanc de 6 verges, 8c la demye courtine de 8 verges, tout cecyadjoufté enfemble fait 48 verges, lefquelles multipliées par 8 , donneront 384 verges pour la circonférence entière. Or pour chalque verge on compte 6 hommes, tellement que la circonférence multipliée par 6, donnera pour la garnifon de ladite forterefiè quarrée 2304 hommes, ainfi viendront pour chalque boulevart576 hommes, de forte que prenant pour chalque boulevart 500 hommes, 8cy adjouftant la quatriefme partie de 304 bourgeois, qui demeurent en la forterefiè, ces opinions ne feront pas beaucoup differentes, mais comme il a efté did, on n’en peut donner certaine réglé.
- Il faut regarder d’avoir de bons 8c fideles Officiers, de l’experience delquels dépend la prolperité 8c confervatiom de la forterefiè, & y faut aufli entretenir pour le moins trois Ingénieurs bien expérimentez, lefquels au temps dé fiege puifiènt ordonner de nouveaux ouvrages, ou foire reparer les vieux remparts ruinez, 8c les retrancher intérieurement avec un bon jugement, quand la nccelfitéle requiert.
- • Il n’eft pas bon de charger les fortereflès de gens inutiles, principalement lors que l’on manque de provifion, mais y en ayant aflèz, il vaut mieux quil y ait grande quantité de gens.
- La proportion de ceux qui font en une forterefiè contre l’ennemy eft tenue dun contre dix, c’eftà dire, l’on tient qu'on homme dedans une forterefiè vaut autant que dix dehors.
- Laca-
- La garnifon £ une forte-rejfe.
- Touchant la garnifon
- Officiers, & Ingénieurs.
- Des gens inutiles.
- I
- p.65 - vue 92/231
-
-
-
- 66 Premier Livre de la Fortification,
- Là canal- La cavalleric n’eftpas-de grande utilité en une fortereflè, toutesfoisilfte l’en faut Iftfc; pas forclorre tout à; fait d’autant qiv on s’en peutfèrvir Utilement ésforties.
- Le canon. " Tout ainfi qù’une garnifon ne peut pas cftre proprement defcritë ydiafi faut il suffi entendue de l'artillerie.'- Toutesfois une fortereflèbien munie tant plus elle a* desfël-datsi& d artillerie;, taotmieux elle fait de refiftance à l’ennemy. Néantmoins il faut compter qu’en une fortereflè il y doibt avoir fur chafque boulevart au moins trois OU quatre canons » qui ne doivent pas eftrétous d’unmefme calibre, dàutànt qu’ils s’en faut ièrvir-en diverfes occaiîons, on y doibt avoir trois ou quatre gros doubles coure taux ^ pour battre & ruiner les ouvrages & batteries del’ennemy. Les petits faulconf neaux'font auffi bonspour empefcher lëf ouvriers l il èft1 tout a faiéfc neceflaire d:âvôir de toutes fortes de canons en une fortereflè, pour fèfervir des boiifecsde fennemÿ tirés dans la fortereflè, quand ceux de lâ'fôrtereflè manquent. : - • •
- L'argent ne- La fortereflè eftant bien proveuë d-hommes ,; il faut auffi avoir! fouvënance des cejfaire en foldats y qui y font en garnifon, a fçavoir qu’il n’y ait point faute d’argent ( qui eft lé une forte- ner£ des affaires) pour payer les foldats , 8c les encourager a bieticotübatre , eu reÏÏe‘ efgard qu’un foldat bien payé fait mieux fon devoir que dix qui ne reçoivent point leurs gages;
- Et d’autant qu’en une fortereflè renfermée , où il y a un grand riombre de gëlr.sj comme en un monceau, il s’y engendre des maladies, il y faut auffi avoir des Medicins, 8c Chirurgiens bien expérimentez, comme auffi oii y doibt entretenir des Apothicaires bien fournis de toutes fortes de drogues.
- Comment les Magasins doivent eiïre bien fournis.
- Les hiftoires enfeignent aflèz que c eft de famine 8c combien dé foftereflès bien fortes bnt efté contraintes de fè rendre à l’ennemy par faute de vivres, lefquclles autrement ne fè pouvoient prendre par force, d’où il fèmble qu’avec quantité de vivres l’on peu garder les fortèteflès. Partant nous feronsdey mention des chofes les plus neéeftkires, defquelleslesmagàzins doivent eftre fournis.
- Lfemôins de vivres dont lés magazins des forteréflès doivent eftre fournis, c’eft que l’on s’y puiflè entretenir an 8c jour, àquoy on doibt baftir des màifons 8c greniers, & vifiter cefdiétesmaifons tous les ans , ou tous les deux ans, &. les garnir de vivres nouveaux.
- Or il y doibt avoir froment, feigle y orge, avoine , houbelon , orge mondé, poisj millet autres legûmés , force tonneâüx pleins dé farine , dont on puiflè cuire des pains & braflèr du bruvage, 8c d aiitîrës vivres , avec lefquels on puiflè auffi' entretenir lesbeftes. «•:
- Qiidntité de moulins d bras pour moudre les grains.
- force bifcùits qui peuvent durer long temps, 8c qui ne fe moififlent * n*y ne fe gàftèût point. ;,;-
- Dufelen abondance , fans lequel on ne peut cuire lès viandes, earafautediceluyil s’éhgendre beaucoup de maladies.: '
- Plufieurs tonnes de beurre, fromages, graiflè, 8c huille. . ;
- Quantité de chair fàlée , commè auffi quantité de quartiers de porcs, du poiflcm fumè&fec.
- Quantité de tonneaux de bierre, dé vin, de vinaigre, 8c des efpiees.
- Suffifancedeboispourcuirej&pourbraflèr. -
- Beaucoup de paille, 8c de foin pour le beftiail, 8c auffi pour charger l’artillerie.
- Es Arfenaux doibt elîre ce qui s'enfuit.
- force artillerie dé fonte de tout calibre* 8c a chafque canon trois affûts avec les roués, le tout ferré auffi tout l’attirail qui en dépend, quelques longues, coulevrines àvec des çhaines 8c boulets, Deux pu trois mortiers pour jetter les feux d’artifices ,'8c balles a feu. \*
- Dés moufquets avec tout ce qu’il y faut & des. efpées pour armer quelques mille hommes, des piques, javelines, halebardes, eftoilles, fléaux ferrez, &ç, Pour la caval-' ' 4 lerie,
- p.66 - vue 93/231
-
-
-
- pl.n.n. - vue 94/231
-
-
-
- des places Régulières. éy
- lerie.piftoles,carabines,& autres armes. Pour l’infanterie force arqiiebufésàrouëc pour s’en fervir és entreprinfes. Cuiraflés, corcelets, armes à l’elpreuve tant pour la cavallerie, que pour l’infanterie.
- Plufieurs tonneaux pleins de poudre à canon & à moufquet, des féaux de bois liez de bandes de fer, avec un fàc de cuir fur la gueule , pour garder dans iceux la poudre qu’on a auprès de l’artillerie pour la charger.
- Des boulets de canon en grande abondance, comme auffi des balles de moufquet, quantité de plomb.
- Toute matière propre à faire feu d’artifice 8c baies à feu , foulfre, poix-refine, eftoupe, cercles poifléz.
- Grande quantité de fàlpetre affiné, du charbon de cillée, 4e couldrier ou noifilier a faire poudre.
- Quelques moulins à bras pour faire de la poudre.
- Selles 8c brides pour la cavallerie.
- Plufieurs couvertures de poil pour couvrir la poudre qu’on meta l'air, à fin quelle ibit en feurté contre le feu & la pluye.
- Force chauflés trappes, lefquelles on jette ordinairement dans les fofléz, des féaux de cuir, firingues, & coffres à garder l’eau pour efteindre le feu en cas de necefîité.
- Des chevres 8c leviers, pour lever l’artillerie de.deflus fon affuft, pour la mettre en un autre.
- Des lanternes, flambeaux pour efclairer dé nuiéfc, tputes fortes de tentes pour porter en campagne.
- Ce qui doibt eftre mis en bon ordre, 8c chafouri en fon lieu, à fin que fans empef-chementl’on puiflé prendre en hafte ce qu’on aura befoing.
- Il y doit Avoir en, U charpenterie ce qui s'enfuit.
- Quantité de paux, paliflàdes, barricades, ou cavalliers de Frifés tout appareillez.
- Force bois àbaftir, groflés poutres, ais, planches, lates >t&c.
- Plufieursfers à pelles, befehes, & hoyaux.
- Yn grand nombre de doux grands & petits.
- Quantité de cordes & cordeaux.
- Toute forte d’attirail à chevaux & chariots.
- Force chariots de campagne, chariots de charge, & de grandes charettes., .
- Chariots à porter bateaux prefts pour .faire des ponts a bateaux , te ce qui en dépend.
- Toute forte d’outils de charpentiers.
- Toute forte d’inftruments à faire des forts : comme font befehes, pelles, houes, hoyaux, pics, leviers de fer, moutons, férpes, broiiettes.
- Des efchelles grandes & petites ferrées aux deux bouts d’enbas.
- Delongues perches à crochets, dont on fé fort en temps d’embrafement.
- Quantité des tonnes godronnées à faire des ponts, des ponts faits derofoaux.
- Des naflélles avec force rames &c avirons à faire forties.
- Force gabions & petits panniers touts faits.
- D’autant que nous avons fait mention de quelques pièces, dont on fe fort a fortifier, & travailler és tranchées, leur façon eft icy deforite & figurée, comment elles doivent eftre faiébes 6c préparées, de peur qu’il ne s’enfuive aucun erreur.
- En la 60 figure,ya une pelle comme fo voit, le manche de laquelle marqué A B eft de deux pieds de longueur, 8c B C d’un pied, D E eft large d’un demy pied, & fo trouve en D E ferrée félon la mefure , comme le monftre la mefure de l’efchelle mifo auprès de ladite figure. Cefte façon de pelle eft bien lapins commune, laquelle mefme fo forge bien auffi un peu plus eftroittc pour tant mieux trancher les gazons.
- En la 6i figure, fo void auffi une pelle, ou bien une marre, fon manche eftantun peu plus long, & le fer bien un peu plus large, & plus courbé que la precedente, on s’en fort en des lieux moites pour en tirer tant mieux le marreft.
- En la 6z figure eft mifo une petite befehe, fonufage eft de s’en fervir en lieux eftroiéfcs comme auffi à travailler fous terre, 8c s'y retrancher.
- I z La
- p.67 - vue 95/231
-
-
-
- 68 Premier Livre de la Fortification,
- La 63 figure monftre utie pelle ordinaire, propre à s’en fervir en terre dure, pour ia'jetterenhaùt.
- La 64 figure fiait paroiftre une barre de fer, laquelle fertd briiêr les lieux pavez.
- La hachette en la 65 figure, fcrt à couper les ronces & haliers , qui empefehent les ouvriers;
- Le pic dont les maçons ont accouftumé de fie fervir eft propre a brifier & rompre un fondement de dure refiftàncè, & eftreprefènté ép ia 66 figure.
- Tout de mefime & à cet effedfert la houëqui fe.tr ou ve en la 67 figure.
- En la 68 figure fie void un mouton préparé à quatre cercles, à ce que fie laiflànt lever par deux hommes on en puifiè battre le rempart.
- A la 69 figure, fe trouve une ferpe ou pluftoftun couperet,pour couper les branchages fervans aux gabions & autres ufiages , & eft fait tranchant à deuxcoftez, de l’un pour en avaller partie des brancheSj & du dos en couper lesgroflès, où elles fe rencontrent les plus elpeflès.
- A la 7 o figure , fie void une brouette faite de planches legeres de bois de lapin, le fond de la quaiflè de laquelle eft de 14 ou 15 doigts de longueur, de largeur aufli 14 ou 15 doigts, & fia hauteur de 7 ou 8, le tout félon la mefure de l’efchelle a b» appartenant à la figure 60,61,61,63,64,65,66» 6j, 68,69,70, &: la mefure de l’efchelle cd doibt eftre rapportée à la figure 71 & 72. ..
- A la figure 71,y a une efichelle enlevante ou guindante, par le moyen de laquelle une piece de canon eftant enlevée enfemble fon aftiift, l’on en puifiè tirer & ofter les rôties endommagées &y en mettre . & appliquer d’autres, on pourra prendre la mefiirede tout fur l’efehclle qui y eft joindé. _î;
- Semblablement y a un fort bori engin & bien neceflàire, fervanr au canon appelle chevre en general, lequel eft préparé de diverfes fortes, mais fur tout celuy quijeft re-prefienté à la 72 figuré, doibt eftre préféré aux autres , veu qu’il n’eft faid que de 3 pièces lefiquelles fie laifiènt induftrieufiement joindre enfemble,pour le mettre fians difficulté fer un chariot,& mener là où il fàitde befioing, joint que le bois, qui eft au travers & à l’entour duquel font tirez le cordes, eft fait aufli en telle forte, qu’on le peut demettre, & de peur, que les charges & faix ne fe bougent, Se viennent à defirouller, à cet effed il y a au bois mentionné de.s roues à crans pour les arrefter : & à fin que les charges aufli puiflènt avec moindre peine & difficulté eftre enlevées, y a aufli deflùs 8c défions des rouleaux à roues, comme appert par la figiire reprefentée.
- Il y auroit de fait plus de machines icy à deferire, mais eftans bien èogn'uës 8c traittées amplement par d’autres,nous coricluerons par ces prefientes le premier livre.
- Fin du premier livre.
- SECOND
- p.68 - vue 96/231
-
-
-
- SECOND LIVRE
- D E
- LARCHITECTVRE
- MILITAIRE,
- O F DE LA
- FORTIFICATION
- N O WELLE & ENRICHIE
- Les farterejfes Jrregulieres, & ouvrages extérieurs.
- Où il eft enfeigné le moyen 8c la vraye méthode de fortifier tous lieux Irréguliers, en quelque lieu qu’ils fbyent aflis & fi tuez, 8c comment il les faut rendre forts par ouvrages ex teneurs, comme font Ravelins, Demy-lunes,Ouvrages atomes, Ouvrages couronnez , Tenailles : comment les Traverfès fc font, 8c comment il faut afleoir les Citadelles aux villes.
- p.69 - vue 97/231
-
-
-
- p.70 - vue 98/231
-
-
-
- I V Ï'I-
- b;E !L:A
- iSÜU,-
- Dës Fortèrefïes ïiregüliëfes ouvrages extérieurs.
- C H A P I TR E L -y
- Comment un lieu Imgulier Jè doibt confidenr , & remarquer.
- .... 1 ^ - -
- L a eftétrai&é jufqu’àpfefènt, aulivre precedéntdelaforrifica-tion,laquelle eft dite Régulière* à içavbir comment peuvent eftre fortifiées Regulier.emettf les 'places. Or il eft icy queftion de fçavoir, comment les lieux Irréguliers, c’eftà dire defquélslescoftez 8c les angles font inégaux doivent eftre fortifiez. i . . ;
- Cefté partie dé fortification eft de grande inap ortance, veu que Les villes à prefent la plufpart dès villes ja baftiesfe trouvent ordinairement font pour la Irrégulières, n’y ayant pas eftéadvifé en leur première édification: plupart ba~ pour lefquelles fortifier & enfermer dé figurés Regulieres, il n’y auroit pas moyen quant à quelques unes, quant aux aütrés, i’eftendue en fèroit trop grande.
- Mais afin que les lieux Irréguliers, félon qu’il eft requisôc necefïàire.foient pourveus d’une bonne fortification, lés Ingénieurs à'cet effe& prennent la fortification Régulière pour àÿdë, laquelle eft le fondement & la reigle*de la fortification Irreguliere, félon laquelle ils doivent'par tôuts moyens, 8c autant -qu'il & peut foire-, fe reigler, comme il fera déclaré plus amplement en la fuitte.
- Avant toutes chofes il faut fçavoir quelle eft la fîtuation du lieu qui doibt eftre fortifié, s’il doibt eftre fortifié-Regulierernent ,ou bien Irrégulièrement. Pour en avoir l'expérience ilfout faire le projed du Iiëur,& fon plan eftant tracé for lé papier on pourra voir déquelle fbrteil faut qu’il fdit’ fortifié, fçavoir eft s’il fera propre à recevoir une figure Reguliere ou bien une Irreguliere.
- Pour faire donc le projèét d’un lieu, fout premièrement marquer tous les coftez 8c Comment angles intérieurs 8c extérieurs * c eft à dire, par dedans 8c dehors, 8c y ficher de Ion- fiff* & gués perches ou piques, puis apres par le moyen de rinftrument 8c de la chaifhe (dont Proie£i ^un nous avons fait mention’au enapitre 15.) mefurer la grandeur de tous les angles, 8c lteH‘ la longueur dé toutes les lignes n’oubliant quant 8c quant tous les édifices,comme font les portes, tours, basions ronds, &: moulins à vent Src.
- Cela fe foit en deux fortes,la première avec ledit Infttument,& l'autre avec le compas ou aiguille aymantée. .
- Comme pour exemple, foit donnée la figure 73 pour eftre proje&ée, 8c fon plan tracé fur le papier, laquelle én apres doibt eftre fortifiée. Premièrement allant à l’entour , je. trouve, que tous fês angles font intérieurs à fçavoir A, B, D, G, Fi/E, C. Et pour en avoir l’ouverture, je fiche en premier lieu un bafton à chacun de fës; angles, comme fè void en la figure, & commencé a mefurer de l’üh des bouts, comme icy de A, là où je mets l’Inftrument, 8c regarde par les vifieres immobiles de A vers B, 8c
- l’Inftru-
- p.71 - vue 99/231
-
-
-
- yz Second Livre de la Fortification,
- l’Infirument eftant ferme je dreflè les autres vifieresmobiles de Avers le bafton C. $c alors je. regarde fur l’Inftrument de combien de devrez l'angle eft ouvert,& fe trouve la-^ÿjdeur déi^|leiÀVde ii(5 degrez 30 minutés.' Céla fait je retire rinftrument duUeil^^ÿ-pôfe’iuj^pàrjSfe, duquéllieuje mefiire-avec lachaifoe la,ligne AB, laquelle jë trouve de ^y vërges: en B jëlètiré le baftonquîyéfi fiché, pofanrenfori lieu l’Inftrument, lequel je dreiïè de B vers D , vifànt par les vifieres immobiles tant que je voye le bafton D droit à mes yeux , ce qu ayant fait -, j'affermis llnftmmcnt, 6c dreiïè les autres vifieres mobiles droittement vers le bafton A, & puis regarde, combien l’angle comprend de degrèz , lequel fie trouve fur l’Inftrument de no de-grez, 6c x minut. & la longueur BD eftant mefiirée parla chaifne, elle eft trouvée de èôJr'prges. % '“Y •
- Jc me fers de la rhefmç procedure en cerchant les autres lignes 6c angles ; je trouve la grandeur de l’angle D de 46$ degrez, \ o min. la ligne D G de 64 vergés, x pieds.' Ainfi conièquemment l’angle G fera de 94 degr. 30 miri. & la ligne G F de 6$ verges, 6 pieds, l’angle F 144 degr. 45 min. la ligné F E <54 verges, l’angle E117 degr. 28 min. laligne EC 57 verges, l’angle C 141 degr. 35min. laligne CA 61 verges, jpieds: tellement que voila lamefure de la figure achevée laquelle je reprefente puis apres fut le papier parle moyen d’un rapporteur, 6c d’une petite efchelle.
- La figure 74 eft mefiirée & tranfportée de la mefine façon, l’angle A fait 110 de-grez, 6c la ligne AB 49 verges, l’angle B 92 degr. laligne BE 63 verges, l’angle E 152 degr. 30 min. la ligne El 42 verges, 1 pied.l’angle 1115 degr. laligne IH 42 verges 7 pieds, l’angle extérieur en H 138 degr. 30. la ligne H G 35 verges, l’angle G 104 degr. 15 min. la ligne G F 48 verges, <5 pieds, l’angle F 114 degr. 15 min. la ligne FC 55 verges, l’angle C 90 degrez. laligne CD 51 verges, 3 pieds, l’angle extérieur en D 99 degr. 30 min. 6c la ligne D A 45 verges.
- L’autre maniéré pour tracer le plan de quelque lieu fur le papier par l’ayde du compas ouboufible fe faitauffi en deux façons, premièrement avec l’Inftrument qui a un compas ou boufiole, 6c de l’autre fottciijnpiement avec le compas ièul.
- Premièrement il faut marquer) ( comme il a efté dit) tous les angles avec des perches 3 puis apres choififtànt un lieu duquel on commence à mefurer on y mec Im-ftrumenf, tellement que. l’aiguille aymantée dans le compas face paroiftre la vraye ligne du .midy, 6c dreiïè les vifieres mobiles vers la ligne que l’on veut voir , pour trouver de combien de degrez elle décliné du midy, comme iè void plus clairement au prefent exemple.
- Prennantdonc pour exemple la 74 figure mife fiir le papier de la première forte, nous la projettons auiïï delà lcconde forte, fi bien que choififlant G pour commencer où pour première ftation, j’y mets mon Infiniment, 6c le dreiïè tellement que l’aiguille aymantée iè trouve droittement dans la ligne du midy, laquelle eftant trouvée je dreiïè la vifiere mobile vers la perche F, 6c trouve fiir l’Inftrument, que l’angle G fe décliné de 28 degrez du ièptentrion vers l’orient, ce que-je note, 6c mefiire la ligne G F faifant 48 verges 6 pieds. En apres pofànt rinftrument tqutde mefine fiir la ligne meridionalle au bout F, 6c tournant la vifiere mobile vers le bafton C, je trouve que l’angle F décliné,de 94 degrez,30 min. du nord vers l’orient, ce qui fera 4 degrez, 30 min. pour, la declinaifon d’orient vers le midy : 6c la ligne F C mefiirée donne jj verges. Tout de mefme je trouve que l’angle C décliné de 6 degrezdu midy vers l’occident, laligne CD faiiant 51 verges. l’Angle D décliné de 104 degrez,30 min. du nord outre l'orient vers le mydi. l’angle A décliné de 6 degrez, du midy vers l’orient, & l’angle E de 81 degrez, 30 min. du ièptentrion vers l’orient, l’angle I de 109 degrez du nord outre l’orient vers le midy. l’angle H de 6 degrez du midy vers l’orient, l’angle G 47 degr. 45 min. du midy vers l’orient. Tout cela eftant achevé, 8c toutes les lignes meftirées je traniporte la figure fiir le papiër pour voir, en quelle façon la figure doibt eftre fortifiée.
- Pour mettre cela fur le papier, il faut faire plufieurs lignes parallelles fiir ledit papier lèrvans au lieu de lignes du midy , fiir leiquelles les angles traniportés félon la grandeur obfervée,enièmble la longueur des lignes, la figure iè trouvera fur le papier,comme elle a ion aiïiette en campagne, pourveu qu'on ait bien opéré.
- On pourra auifi mefurer les coftez par le compas feul, bien que ce foit une maniéré
- qui
- p.72 - vue 100/231
-
-
-
- des places Irregulieres Sc ouvrages extérieurs. 73
- qui n’eft guereslufitée à cauiède foivimperfe&ion, veu que l’aiguille aymantée n’dl pas tousjoursexaéte,6c ne fè tôurnepas aufli parfaitement, 6c lesdegrezy font trop petits, tellement que 1’qn ne. peut pas approcher, de fi pré$ la vérité que parafe voÿè precedente. :
- Pour fçavoit fi la grandeur "des angles félon la première forte a efté bien marquée, Preuve fi &annotée en (on lieu en voycilâ preuve:ayaht fait une fomme des angles obfervez fe Tonnbien prend aufli autant de fois 9,0 au.doublc que Ja figure a d’angles , lors qu’il n’ÿ a aucun mefure‘ côftéfaifàntun angle exteneur, 6c oftant en après de la fôniimé juftemerit quatre angles droits ou bien $60 degrez fc peut voir fi la fomme eft femblable à l'autre, fi' non l’operation n’en vaut rien, 6c eft impoflible que la figure fè ferme bien avant que la preuve fe rencontre jufte. ' *
- Pour prouver la figure 73,fçavoireft ficllc a efté bien marquée, 6c les angles prins Exemple oh juftes, on les adjoufte ensemble 6c fe trouvent comme s’enfuit. ' il n'y a mis
- ;. ; * . . coftez cour-
- bez.
- fCAB 30
- 1 ABO 110 z
- J BD G 16$ 10
- L'angle^ DGF 9 4 3°
- J G FE 144 45
- FEC iï7 z8
- [eca 141 35
- la fomme 900
- Voicy 7 coftez en cefte figure, dont il ne s’eh trouveaucun courbé , 6c prenant <70 fois quatorze, (qui eft deux fois autant que la figure a d’angles, vient 1160, dont je fouftrais 360 reftent 900, lequel reftels’accorde à la fomme des angles obfervez, d’ou on peut conclure, qu’on y a bien pris.garde, la figure ayant efté bien rapportée.
- Mais s’il y a des coftez courbez en la figure, 6c par ainfi des angles extérieurs , on ohilyudes fouftraiét au paràvan't chafque angle extérieur de 1S0 degrez : puis on adjoufte les coftez cour-autres angles en une fomme, ce qu’on calcule comme ifa efté fait au paravant, en la &*• preuve des angles de la circonférence, feulement qu’on advifè, que pour les deux caftez courbez il faut s’en imaginer un fèul.
- Comme pour exemple on veut faire la preuve de la figure 74 fçavoir eft , fi félon la première façon elle a efté bien obfèrvée.
- Il s’y trouve deux angles extérieurs l’un C D A de 9 9 degr. 3 o min. dont le complément de 180 degrez, fait8o degrez30 minut. l’autre GHI 38 degt. 30 min. 6c fon complément 41 degr 30 min. >
- Ces complemens avec les autres angles intérieurs s’adjouftent en une feule fomme.
- Complément delangle^™ *»
- fDAB 110 o c A B E 91 o JB El 151 30
- L’angle< E 1 H 115 o H GF 104 15
- G FC 114 15 tFCD 90 o 900
- Et d’autant que les coftez C D 6c D A font courbez, je m’en imagine un fèul tiré deEen A. Semblablement les deux coftez G H & H I font aufli prins pour un co-fté, comme s’il y avoit feulement un cofté, s’eftendant droittement de G en H. tellement que cefte figure fè trouve aufli de fèpt coftez tout de mefme que la precedente: voyla pourquoy les angles des polygones, ou les angles de la circonférence eftans pris tous enfèmble font aufli 900 degrez. La fomme des angles de la figure ainfi
- K calcu-
- p.73 - vue 101/231
-
-
-
- 74 Second Livre de la Fortification, .
- calculée fe trouve jufté 8c femblable à lafomme des angles' du polygùïièy dontil ap-pert que les angles ont efté bien obfervez. La raifon de' cela fe void en ‘Ètfdtâe; ’
- La pfeuvë de l’autre forte de la tranfpofition faite avec rinftrumêitf &lé Côfnpàs quant ôc quant fe fait ainfi : fi ayant marqué les angles 6c les coftez tranfpor.t<?2r fur les lignes pàrailëtles la figuré né le ferme, l'opération eft fàùffë i 6cla faiit faëôm'fnencer de nouveau.’ : ./• J,, .
- Toiit cè:que’déifus efta'ht faid, on trace la figure fur lé papier,'làÿïép’drant'pour eftre fortifiée;. . !...............
- C H A P I T R
- II.
- Ce qu'il faut entendre par une ligne.
- D'ou vient que les bou-levartsplats font ainfi
- Le calcul des houle-•ûarts plats.
- Four fortifier une longue ligne di
- calcul des bouîevarts filais*
- LA fortification des lignes longues dont nous avons fait mention au chapitrehui-diefme du premier livre, appartient proprement à ce livre icy.
- Icy s’entend par une ligne longue le cofté d’une fortereflè, qui n’a pas d’angles^ qui eft de telle longueur,que la defenfe d’un boulevart à l’autre ordinairement mife fur les angles n’eft pas feulement trop foible, mais aufli à caufe de la trop grande longueur des lignes, 6c de l’ample diftance ne fè peut nullement faire : 6c cette ligne demeurant fans defenfe la fortereflè feroitbien affaiblie,tellement que ce feroit donner accez à l’ennemy a caufè de fâ fimple defenfe.
- Pour prévenir donc à cet inconvénient l’on a inventé un moyen en la fortification Irreguliere, par lequel une fort longue ligne peut eftre fortifiée, ôc ce en deux fortes; la première par le moyen d’un boulevart plat: 6c la féconde avec des ravelins, dont il fera parlé au chapitre fuivant. Nous traiterons icy des bouîevarts plats, qui font plus complets que les ravelins bien qu’ils ayent aüflï leur ufàgç.
- On pourrait icy penfer que les bouîevarts plats fuflent fort plats, d’autant qu’ils font nommez plats, ce qnj ferqit contre la reigle de fortification qui ne permet point, qu’un boulevart foit plus obtus que de 90 degrez : or puis qu’il y'a aufli un angle droit en cette forte' de bouîevarts ils ne peuvent eftre appeliez plats* Là defliis on ref-pond, que ce nom de bouîevarts plats ne vient aucunement de là, comme fi l’angle flanqué y eftoit plat, mais d’autant qu’il eft joint à une ligne plâtre d’une fortereflè, ce qui advient pour différence, par laquelle les bouîevarts, lefquels on a couftume de baftir fur les angles, font diftinguez de ceux que l’on met fur une ligne droirte.
- Le calcul des angles ôc des lignes du boulevart plat fe fait de la mefîne forte, qui! a efté monftré au chapitre cinquiçfhie, 6cfkiefme du premier livre, ce que nous pratiquerons icy en faifant le calcul félon le grand Royal, comme tous les autres j ôc veu qu’il y a icy des angles 6c des lignes desja cognuës, nous les prendrons icy pour cer-clier par leur ayde les autres.
- En la 75 figure l’angle flanqué fait 90 degr. la courtine A B 36 verges,.la face H C 2.4, 6c l’efpaule AC iz verges.Pour trouver donc les autres angles 6c lignes nous nous fervirons des réglés fuivantes.
- I.
- Four trouver t angle flanquant intérieur CFA.
- Soubftrayez le demy-angle flanqué de 90 degrez,(veu qu’il n’y a icy aucun angle de la circonférence) 6c vous aurez l’angle flanquant intérieur CFA.
- Fraiïique. Le demy-angle flanqué eft de 45 degrez.
- Qui eftant foubftrait de 90
- Refte pour l’angle flanquant intérieur CFA 45 degrez.
- L’angle de l’efpaule, ôc de la ligne de defenfe flanquante A C F eft le complément de l’angle precedent & fait auffi 45 degrez.
- L’angle
- p.74 - vue 102/231
-
-
-
- pl.n.n. - vue 103/231
-
-
-
- des places Irregulieres & ouvrages extérieur 7^
- L’angle flanquant extérieur vient tomber dedans la figure,lequel eft le double de l’angle ACF (qui eft de 45 dcgrez) & par ainfi eft de 90 degrez.
- it
- Pour trouver i'Ànÿe de la face duflanc ftdvotr A C H;
- autrement L’angle de l’ejpaule.
- Peigle. Soubftrayez l’angle du flanc & de la ligne de defenfe flanquante de x8o de-grez, le refte fera l’angle defîré. '
- Pratique. L’angle ACF fait 45 degrez.'.’ /
- Lequel eftant fcmbftrait de 180 Vient pour l’angle A C H 135
- Pour avoir l’angle de la gorge, & de la; ligne capitale,faut foubftraire 90 degrez de 180 degrez, & reftera f angle H K A de 90 'degrez.
- L’angle de la face Sc du flanc prolongé _HCG eft efgal à l’angle ACF faifant 45 degr-
- L’angle de la face & du polygone prolongé G H C eft eigal à l’angle flanquant intérieur C F A de 4s degrez.
- Voila tous les angles appart-enaasa» es^eul-de ce boulevard les lignes cy deflus (ont bien cognuës aufli ; parquoy cerchons le refte comme s'enfuit.
- I.
- Là longueur AF & CF Je çercke ainfi.
- Fautiuivre les reigles vention des lignes. propoféès en la page 19 & 20 du premier livre touchant l’in-
- CA Radius CA la Tangente de l’angle A C F de 45 degr.
- 100000 12© 100000 12 AF 1200000©
- CA Radius CA la Secante de l’angle A C F de 45 degt.
- 100000 rx© 141421
- IZ
- 282841
- ____141421
- CF 16I9705Z
- IL
- H F fe trouve ainfi.
- CF 16 9705 *<D
- HC 24 00000 ©
- HF 40 97052©
- III.
- Pour trouver F B.
- AB la courtine 36 ©
- AF ixooooo©
- FB
- 2400000©
- p.75 - vue 104/231
-
-
-
- 7& • Second Livre de la Fortification,
- ÏV.
- HG,GC & KrA, fe trouvent atnfi.
- Sinus de l’angle H G Ç 9 0 -H C Sinus de l’angle H C G 45 degr.
- 100000 24©' 70*712 ' "
- *4©
- 28x844
- 141421
- HG, GC &;KA 16J97064
- y. .
- four trouver les lignes H P e£* KO.
- HG 1697064©
- 33^412$
- 3<V „ © ,
- HP & KO 65,94128©
- VI.
- G A & H K font ainfi trouvées.
- GC 1697064©
- ' ïa 1 . © :<ïA&HK 1897064©
- VII.
- four trouver H B.
- H K 2897064©
- 2897064© 1158*8256 17382384 202794480 26073576 23176512
- 5794**8___________
- HK - 8392979820096(10)
- K B 5*97064©
- 5297064© 21188256 . 31782384
- 370794480 47673576 10594128 26485320
- KB 28058887020096
- HK 8392979820096
- les deux quarrez enlèmble |j6|45[i8|66|84[°i|92)(io) la racine quarrée pour la ligne H B 1 6| ô| 3| 7| 5] 3) 8|©
- Par
- p.76 - vue 105/231
-
-
-
- des places ïrregulieres & ouvrages extérieurs. 77
- Par ainfi voila le boulevart plat calculé, dont l'on fe pourra.fervir cy apres quand s'il faut que, on voudra, & que la neceflité le requerra. tangle fim-
- Icy fe fait une queftion, s’iLfaut que l’angle flanquant extérieur, fe trouve tousjours Tant exî3~ au dehors de la courtine, tellement que les deux lignes flanquantes, s'entrecouppent ZTtouljoûrs au dehors d’icelle, ou s’il peut tojtnber quelque fois au dedans de la dide courtine, au dehors de comme il fait icy en ce boulevart plat. la courtine.
- Il y en a qui font d’advis qu a un boulevart les lignes de defenfe flanquantes, doivent s’entrecoupper tousjours par le milieu au dehors de la courtine, tellement que l’angle flanquant extérieur fe doibt faire au dehors de la courtine, eftimans un baftion fort imparfaid fl cela n’y eft pas:obfervé,dont s’enfuivroit,que les boulevarts battis liir des angles fort obtus, & for, une ligne Ample 6c droite feroyent imparfaids, au lieu qu’ils ont une grande place :flanqnan te de en font de beaucoup meilleurs, plus propres , de quant quant ténus pour les plus forts au prix de ceux , aulquels l’angle flanquant extérieur vienttomber , & ic rencontrer au dehors : Tellement que fi. cela lé pouvoit mefme commodement faire aux boulevàrts pofez , de aflïs fur un angle de polygone de 90 degrez, il le faudroit faire -, mais ceçy n’y pouvant eftre pradiqué pour d’autres raifons on le faid autrement.
- Mais tant plus grande eft la place flanquante , tant plus fort eft aufli le boulevart ou baftion, ayant par ce moyen plus de defenfe j dont il appert icy, qu'il n’ell pas de befoing quelles lignes flanquantes s’entrecoupent par le milieu au dehors de la courtine ,. voire qu’on doibt pîuftoft imiter en cela ces boulevarts icy, pour gaigner une place flanquante plus ample. 1
- : Il arrive peu fouvent, qu’on voye l’ennemy attacquer deux boulevarts les faces ‘ defquels s’entreregardent l'une l’autre, comme fe voiden la 75 flgure, en laquelle la face H C regarde le flanc de la face B P du boulevart P O. Cela arriveroit pourtant file boulevart P K eftoit afliilli au .cotte P B , de le boulevart.H au collé H R. Mais cas advenant que tes deux faces fé regardant l’une l’autre fulfent attacquées, l’une de l’autre a de place flanquante la moitié de la courtine, ce qui ne peut arrivera ceux là, oùla ligne de defenfe flanquante fe coupe parle milieu au dehors de la courtine.
- Veu que le folle au devant du milieu de la courtine fe trouve un peu eftroit, Comment il on le peut faire plus large, en luy donnant le triangle LMN, ce qui fera fait con> fa*t remercie s’enfuit. ,
- On coupe ce triangle par une ligne tirée des points des deux angles de l’efpaule, Mee“rott' comme icy fe void en L M ce qui rend le folle plus large, car un folle eftroit devant les portes fe trouveroit de foible defence.
- Chapitre ICI,
- Des ouvrages Extérieurs, cr principalement des R ave lins,
- DjAutant qu’il fe trouve plufieurs lieux irréguliers fortifiez par le moyen des ouvrages extérieurs, il fera neceflàire, que nous interrompions l’ordre, que nous nous femmes propofë en mettant leur defeription avant que de craidier des lieux mefines.
- Les ouvrages extérieurs font des defenfes partiçulieres,mifes au dehors d’une forte- Ce que ceft relié pour retarder l’ennemy, 8c lempefcher qii’il ne puiffe attacquer Atoll la forte-telle mefme.
- Jufques^à prefent on s’eft fervi par tout des ouvrages nommez cy apres, mais princi- e^uels ou-.palement és Pays-bas, pour rendre les places plus fortes, de les mettre en meilleur vragesexte-.eftat-: à fçavoir des ravelins, demies lunes, ouvrages à corne, ouvrages à couronne, tenailles, doubles tenailles, de de toutes fortes de travaux, d’un chafcun defquelles fera ^ traitté en particulier és chapitres fuivans.
- Mais Marolois en fa fortification doute fort fi ces ouvrages apportent beaucoup s'ils font d’utilité ; mais au contraire les rejette, à caule de la quantité de gens, qu'ils requièrent profitables pour eftre défendus : ce* que nous confelïons bien* mais cette incommodiré apporte mnon' neactm oins d'avantage de profit, d’autant que l’ennemy sellant propoféd’attacquer une fortereflè eft contraint de. fe regfer félon le lieu, qu’il vient attacquer : de fi 1a
- K 5 maxime
- rieurs ont ettéenufa-
- p.77 - vue 106/231
-
-
-
- 7$ Second Livre de la Fortification,
- maxime eft véritable, qu’un homme dans une place fortifiée vaut autant que dix au dehors , il faudra que l’ennemy foit pourveu à proportion de ceux, iefqueb fia intention d’aflàillir* ce qui luy caufe fouventefoisde grandesincommodités 8c.retardement à amaflèr ces gens. Aucunefois il redoute la force des ouvrages exterieucsvqui le diver-tiflènt de fon intention. Parfois le retardent jufques à ce que la fortereflè faitfecouruëV ou que l’incommodité dé l’Automne ou de l’Hyver luy faccnt quitter leficge.
- Au contraire lés fortereflès cftans dcftituées de tels ouvrages» fosonr plus aifement attaquées de l’ennemy, qui n’aura befoin de fi grande quantité dç gens, 8c les pourra affieger avec moins de difficulté.
- Que c'en fies ravélins les phis ufitez entre tous les autres ouvrages., font quafi des bafiions qu'un m- particuliers retranchez & coupez du rempart & eftans ficuez horscfofoflie au devant du vélin. milieu de la courtine,environnez d’un autre foflè, tellemenr quilsrcficnihlenr une lfle.
- Leur ufage trouve auffi lieues fortifications regulieres, où. il eft befoin de mettre quelques ouvrages devant les ponts & les portés pour les mieux défendis.. Auffi les met on entre deux battions qui font trop efloignez l’un dcFausre, pour évitée la defpence & le travail, qu'il faut pour y mettre un baftion entier. : si les m- H y a une queftion touchant les ravelins,de grande confequence,s’ils font proffita-'uelinsfont blés ou non ? Laquelle eftant débattue par plufieurs , demeure tautesfoisfans certaine profitables, conclufion, eu efgard à des raifons importantes, dont ceux font pourveus, qui lesap*?
- prouvent : comme au contraire ceux qui les rejettent, ne manquent pasauffi de plufieurs exemples , efquelsles ravelins ont faid perdre les places fortifiées. Speclediten fon livre de la Fortification,qu’un ravelin a efté fort dommageable à la viHede Fama-onfte . Il y en a encores d’autres qui attribuent aux ravelins la perce de plufieurs fortereflès.
- L'utilité des Au contraire il eft auffi notoire, que les ravelins ont efté grandement profitables à ravelins. plufieurs fortereflès, comme il apparut clairement au dernier fiegede Bolduc,lequel a efté retardé, & rendu plus pénible par le ravelin qui eft devant la porte de Vucht, nommé communément la grande demie-lune.
- L'opinion de Simon Stevinen là Fortification fait mention de Tune & de l’autre opinion : toutes-
- simon ste- fQis les raifons de ceux qui les admettent font plus importantes, & ce que les autres vm‘ difent, que les ravelins ne peuvent eftre focourtis par la ville, n’empefche pas pourtant
- qu’on ne s’en ferve.Car par ainfi il ne feroit auffi befoin de faire aucune forte d’ouvrage» extérieurs, qui auroient à leur opinion le mefme manquement de fecoors. Mais ce n’eft pas chofe impoffible d’y pouvoir faire entrer des gens j car fi le foflè eft foc, on y peut faire un chemin couvert, félon la defcriptiôn de Stevin mefme j & s’il eft rempli d’eau, on y peut de nuid mener 8c ramener la Garde par batreaux, combien que cela foit aucunement périlleux, fi eft il profitable à la forterelfo, veu que cela fait prolonger le temps à l’ennemy, comme nous avons dit cydeflùs. Et outre ce l’ennemy n’eft: pas pourtant maiftre de la fortereflè, encore qu’il ait pris les ouvrages exrerieurs. Il arrive auffi fouvent que les affiegez, voyans qu’ils ne peuvent tenir le ravelin, le minent, & le laiflènt à la mercy de l’ennemy , où lors qu’il y penfe eftre le plus âlfouré on le faid fauter en l’air.
- Les bafiions Par cela ^ ûe &ut Pas conc^ure » Suc lcs ravelins foyent meilleurs que les battions font meil- mefmes ( car nous regardons icy feulement au proffit, qu’ils apportent en cas de ne-leursqueles ceffité) combien que le Baron de Groto en là Fortification foit d’advis, qu’ils font ravelins. meilleurs que les battions, & qu’une fortereflè doit eftre baftie & conftruitte de rave-
- lins feulement, le monftrant par raifons probables, ce qui n’a pas encore efté mis
- en pradique.
- Ce qu'il 11 faut obforver en leur conftrudion ce que nous avons monftré en celle de toutes faut obfer- les autres fortereflès, à fçavoir que la grandeur de l’angle flanqué, ou l’angle que font ver en la les deux faces, n’excede point 90 degrez, 8c ne foit auffi moindre que 60. 8c s’ileftun conflmciion peu plus aigu, il pourra eftre aifoment amendé par la ligne de defenfe flanquante eftant tirée dun lieu plus convenable.
- La proportion n’en eft pas tousjoursfèmblable mais bien diverfo félon la grandeur de la fortereflè.
- La ligne capitale doibt commencer au poind dans lequel fe coupent les deuxlignes de la gorge,& ladite ligne capitale eftant produite,doibt paflèrparlemilieudela courtine.
- La Ion-
- p.78 - vue 107/231
-
-
-
- des places Irrégulières 6couvrages extérieurs.
- 75>
- La longueur de la ligne capitale eft auffi diverfè, 8c s’accommode à la proportion des faces Sc de' ht j defènfèj du jr^yjeJin, eftant la plus part délioj n, ou 18 verges. Les
- faces auffi font fans certaine mc%qÇ .........~T~ "T. . .
- La figure' j6.-eft-partiç d^une-gtandeHfeiftefefteRoyale 4 k-gsemiere mode;, ayant fept battions danilaqûeilb .les. tro'îsjîavelins j.mafijüii par'les létttes A, B, Conçus fer- .
- vent d’exemple. • F ___
- Le premicr.ravçlijrAfrfeicïçjop lamaniéré"ïuTvanfe7 ayeC: le compas i. Ravelin.
- la longueur de la courtinemettant 1 wdes~pieds 'dir compas en a,.Sc en apres en e, on fait.deux arcs s,entreç.o.uÿaliseni.>.qtu.fèrale.pofnÆ.l dans jçquèl s entrecou-peront les lignés ides deux faces ^ècdb fèrala ligne capitale.-1 pour trouver1 àuffi les faces Sc la gorgé, il faut rirer une ligqe droite du %féQ&£)dGÿm'Âk dyqiibfont les extrémités des flapes,touchamle-bocd extérieur dqfoflTen £&-*, & les jignes dkScdc,
- font les ligpes:dê!a_gprge, ce qui fùffiira pQUiil’Ich'nrigraphiè du raxélin._*±:;\
- Le ravelin B, éft faiéfc; félon lia-;dônftru<ttioh;fiïryaritè : Lës deux lignes de; la gor- i.Raveli». ge mn Sc rf, chacune;eftant"clîvîféren deux p~^feçga]“^r,7aïçaypir en p Sc.fi on tire depScfâcüX lignes droites-parle j>put exterienf des flancss ’entrecoupans en /, Sc monftrans la.poinâ:e du ravelin, de laquelle.ju.fqu.es a on rire les faces/' La ligne capitale s’eftend de / jufquesen -k ikg Sc b e font les lignes de.la gorge..
- Au troifiefme-ravelin Ç:VQ.U3vvqyez une autre maniéré : Les .trois quarts de la face 3. Ravelin. du baftion eftaps jtïîifès pour la ligne capitale du poinéfc m j-crà les coftez extérieurs du fofle fè joignent,' jufqties-au-pom4i;^-, qui-€ft4-’angle- du ravelin ,* cette ligné tombe perpendiculaire fur la courtme_dç-la fortereflèj comme icy la ligne m\< de ^ on tire deux lignes droites vers les bouts extérieurs des flancs ou eipaiiles* entre lefquellcs le ravelin doibç eftre bafti;,. pour avoir le.s façës;~£i, Sc k^l:9 les lignes de la gorge font m i Sent i. . ......... V./'.'
- Cette conttrudiort de ravelins eft ufitée en la fortification des places Regulieres, lefquellcs’ n’ont de fi longues courtines que les Irrégulières, pour lefquelles on en a trouvé une maniéré; ayant dés flancs ouefpaules, à caufe deqUoyces ravelins font eftimez. plus forts, qûelqs autres, 6c;fè baftifTepten diverfès.façons jcburnous enmop-ftrerons un exiemplé.
- La 7.8; âgurpeîb partie d une fortereflè Irreguliere, le cofté de laquelle eftant de 4. Ravelin. 100 verges., né peut eftre fortifié d’un boulevart de plus , d; caufe de beaucoup d’in-commoditez, &que fennemy.par la fituation du lieun!en peut fi bien approcher. Neantmoins fàdefënfè ne fiiffiroic pas fans quelque ouvrage extérieur, d raifon de quoy pour augmenter fes forces, on y met le ravelin A entre ces deux battions . Mais d’autant.que le folle fèroit- trop; eftroit, s’il efj:oit bafti félon fpn. angle, je le coupe, afin qu’.il aye une parfaite largeur devant lepopt&la porte, pour les mieux defendre, comme icy la largeur df, laquelle nous donnera les lignes, de la gorge , faifànt icy 15 vergesyau milieu defquellcsy a, une ligne perpendiculaire, d fçavoir la capitale a b de zi verges, chafbune des êfpautes c. d Sc ef, eft de 10 verges de long ; be Scb c font les faces. Il faut faire la forcie de la porte (devant laquelle ce ravelin eft mis ) en une des extremitez desefpaules, comme fé voit entre e Scf.
- . Le ravelin B en la mefme figure eft fai# en cette forte : du poind i jufques en b, ^ -Bjmelin. eft menée la ligne droite i h pour ligne capitale de 18 verges : l’angle gh f^eft de 50 degrez, parle moyen duquel fé forment les faces bgSchtg, comme aufli les lignes de la gorge ig Sc'tkz
- 11 faut pourtant obfèrver icy, que cette maniéré n’eft pas generale, mais on la peut changer, augmenter, Sc amoindrir félon qu’il femblera bon à un chafcun.
- Or puisque les ravelins font retranchez du rempart, on ne fait pas le leur fi grand, Lerempart que celuy des baftions de la fortereflè, d fin qu’ils puiflènt eftre commandez defdits des ravelim battions. S’il peut refifter feulement au canon, il feraafléz grand & fort. Sa bafé fera eft plus petit de 30 d 40 pieds, Sc la hauteur de 3 i 6 pieds-, la largeur du foflé fera la troifiefme partie du grand folle, Sc la bafé du parapet de 1 z d 18 pieds. es
- Pour mieux entendre ce que nous propofons icy , vous verrez deux exemples en la figure 81 Sc 85, où il y a deux profils de deux ravelins, defquels l’un eft plus fort que l’autre.
- Le Pro-
- p.79 - vue 108/231
-
-
-
- 8 o Second Livre de là Fortification,
- Le Profil dçs ravelins, i. . \ Ligure. |r .xxxii(lxxxii3
- Le pied ou la bafo cju rempart, •***» 40 J 3f; ’
- . Le talud exçerie.Ujf du rempart, .7;;, . b;b j f: :X:*v
- Le talud intérieur du rempart, CA j 6 !,*
- Vd hauteur d?u rempart;: '7r« G- i!-4-
- yè déffos'du rempyrt, ^ r 77V 1 "r iC vi°: :
- .La-bafo dupaupet,: .- , orr,;j V 18. ~Us:
- Le talud e^târîfût dh patapêt^ -fo F-P1 y- | ‘ '2. 'J :
- ' Lécaludinrefièuiî'du parapet,*'1 7.77’7. 1 I 1 :
- La hatiteurextèrieure du parapet, ; R OI >:,/ f 1 1 *
- ? La haùteurinteneare'du parapet, : Q.N ...... 6 1 *
- Le Commet duparapet, NÔ | *5. "l-«i
- La largeurduhariqnet, QR, VT j 3 . i-.i
- ;La hauteur dû banquet, -• R V, S T | Ixr
- jLe.terreplein, 7 ; . Te io '
- Laiifîere, . .... - GB- { . 3 .] ?
- La largeur du foffé, MG j 48 ' i $0 -
- Le talud extérieur,'& intérieur du folié, ML, KG| 10 : r »
- La profondeur du fofTé, . .. LI, KH | •10. 1 s .
- La largeur du fonds dufofle. ‘ IH | 18 *4
- Quand on baftira ccs fortes de Ravelins, il eft fort neceflàire de les mettre for un fondement folide, à.fin que l’eau, de laquelle ils font environnez, ne les deftruifo. Parquoy on garnira bien le fondement de grands pieux croifoz, 8c feront affermis avec de grands arbres par defltis, 8c l’efpace d’entre deux fera remplie de faflines, & fagots avec dé la terre bien battue, tout de mefme que celle du grand rempart. si les rave- On faïéfc icy une demande ; fi les ravelins doivent eftre remplis de terre, comme Uns doivent quelques battions, ou s’ils doivent eftre faids félon l’ordre d’un profil ordinaire. Les eftre rempli* raifons. de ceux qui font de la prerniere opinion eftans mal fondées 8c ne vallans rien, eterre. n(jUS fojvrons le dernier àdvis, qui eft appuyé de bonnes raifons. Caries excefïives defpences s’efpargnent, outre que l’ennemy ayant pris le ravelinn’y trouvera pas affoz de terre pour s’y fortifier, ou pour remplir lefofïè; ce qu’il pourroit faire aifement, fi le ravelin eftoit plein de terre. Il eft bien vray que leur hauteur doibt exceder celle du chemin couvert, ce qui fora facile à faire, quand on foivra la maniéré que nous avons cy defliis monftrée : mais il ne s’enfuit pas pourtant, qu’il doive eftre rempli par tout de terre, combien que le terreplein du rempart foit plus eftroit, 8c à caufo de cela incommode pour y mettre le canon, ce qui ce pourroit facilement faire en eflevant 8c joignantune batterie au terreplein pour y mettre ledit canon.
- A l'entour des ravelins il fo fait un chemin couvert au dehors du fofTé ,les lignes duquel font parallelles aux faces autant diftantes les unes des autres, que nous avons enfoigné au chapitre du chemin couvert.
- Chapitre IV.
- Des demy-Lunes.
- La diferen- TT L y en a qui prennent pour ravelin 8c demy-lune, une mefme chofo , combien qu’il entre*fara I f a*c qu£lque différence entre l’un & l’autre. Caries ravelins font fituez devant les vélins & les '“‘courtines, 8c les demy- lunes devant les coins, ou angles flanqués des baftions, eftans demy-lunes, ainfi nommées a caufo de leur rondeur, fomblableàcelle d’une demy-lune, laquelle
- touche
- p.80 - vue 109/231
-
-
-
- pl.n.n. - vue 110/231
-
-
-
- des places Irregulieres & ouvrages extérieurs. 81
- touche le bord extérieur du fofle, comme il appert par la 7 6 figure, où l'on verra aux demy-lunes DEF les lignes courbes qr, xy * 8c de, femblables à celle d’une demy-lune. ^
- Les demy-lunes ne peuvent eftré bafties feules (ans quelques ravelins ou cornes, à Les demy-caufe de la defenfe qu’elles en tirent. Car eftans feules elles font pluftoft dommagea- lunes feules blés, que profitables, comme eftans deftituêes de defenfe.Mais les ravelins, & les cor- fa1* fa5 nés peuvent eftre feuls, d’autant qu’ils ont leur propre defenfe, 8c on en peut tirer aeJenJe‘ des lieux prochains.
- Quant à la proportion, les demy-lunes font aufli bien fans certaine reigle que les ravelins,les lignes def’quels font diverfès : car il faut principalement avoir egard a leur defenfe. La ligne capitale eft communément de 10,12,15, ou iS verges, les faces & les efpaules s’accommoden t a propottion de la ligne capitale.
- • Mais à fin que l’on puiflè; bien entendre ce que nous difons, les maniérés fuivantes en ferviront d’exemples..
- Premièrement foit tirée une ligne (à fçavoir du baftion, devant lequel la demy-lu- 1. Demy-ne doibt eftre mife) par le fofféjtellement que la ligne capitale du baftion foit avancée !une-de telle longueur, qu’on eftimera eftre neceflaire, comme par exemple en la figure 76 en la demy-lune D, la ligne capitale du baftion eft prolongée jufques en 0. En apres on fait une partie de circonférence pour fervir de bord extérieur du fofle, ayant fon centre à la lifiere devant l’angle flanqué, ce qui fera lembiable à une demy-lune & eft icy marqué par l’arc qr. Dans le milieu de la demy-lune fur la ligne capitale du baftion prolongée on pofe la ligne capitale de ladite demy-lune, des-|- de la face du bafftion s’eftendant jufques en 0. Et puis que la longueur des faces contient 24 verges, la longueur de la ligne capitale fera de 16 verges, à fçavoir les — de 24. Pour trouver aufli les faces de la demy-lune,on tirera une ligne droitte de la gorge du ravelin A marquée icy de la lettre d,& tout de mefme de la gorge de lautre ravelin à l’autre cofté qui n’eft pas mis icy faute de place. Ces lignes eftans prolongées jufques en 0, on les coupera par des lignes droittes, tirées du poinét de l’angle de courtine &du flanc, par le dernier poinét de l’angle flanqué du baftion, tout joignant la fàuflèbraye , comme icy la ligne eft tirée de e paflant par la poindre du baftion jufques en qn,8c coupe la face de la demy-lune en », nous donnant aufli 1 efpaule qn : de mefme façon fera conftruitte la face 0 p de l’autre cofté, 8c l’efpaule p r. Cefte demy lune eftant ainfi achevée,& ayant trouvé les angles avec la longueur des lignes qui refirent, on la pourra en apres tracer fort aifement en la campagne devant le baftion.
- La demy-lune marquée de la lettre E eft faite félon la maniéré fuivante: en la demy- Demy. lune precedente nous avons pris les -|- de la face du baftion pour la ligne capitale lune' d’icelle, laquelle longueur de 16 verges, nous retenons.auflï pour la* ligne capitale 4e cefte deuxiefme demy-lune finiflàiit en la letre f. Auffi nous faifons la circonférence ou rondeur xj, femblable aune demy-lune de mefme façon qûala première. Mais pour conftruire. les faces 8c les efpaules, on mènera deux lignes droittes ,de"la moitié des efpaules. des baftions proches jufques en f j dônpans les faces, comme içy‘t là ligne de b en t. Lesquelles deux lignes feront coupées par les lignes des faces du bord extérieur de la fauflèbraye du baftion, devant lequel-.la demy-lune e-ft fituée , prolongées jufques aux faces comme içy-en./& «,pour avoir les faces tf.‘8c-jupaf ie/ttïefipé moyen font àuffi' trouvées' les efpaules fx & üj. . .,r! - J ,, , J;, \
- r La demy- lune-F n’eft gueres differente des autres qftarit ^ 3- Demy*
- me façon. La circonférence eft femblable. a .la jaf’geur du‘fpfte, '& la ligne7 capitale lune' contient les -ji- de la face du.baftion. Les.facês.fe trouveront par le moyen de‘deux lignes droittes, tirées de la moitié des lignes de la gorge des.baftions pjociiaifts juif-ques à l’extremité de la demy-lune ,r comme., ep. cefte figpre laïigne de làgqrge n m eftant divifée en deux parties égalés en p , an tirera une ligne droitte jufqùës én b, faisant le mefme à l’autre baftiQn de l’autre cofté,, qui eft icy obmisv Lefquelles. deux lignes s’cnrreoouperont en b9 & feront l’aidé dsiU demy-îunerpuw une ligne perpendiculaire mife .-furie bord extérieur de la fauflêB.raÿe du baftion, coupera les fuldites lignes, &donnela les faces b a 8c èc9 avec lés efpaules ad Sçce.f '.J
- : Quand il n’y a point de ravelins devant je rempart, mais qu’au lieud’icéü* iï eft fortifié d’ouvrages à cornes, il n’eft: pas de befôing en la confiaiétion des déniy-ltines
- L de fui-
- p.81 - vue 111/231
-
-
-
- Si, Second Livre de la Fortification,
- de fuivre de fi près la maniéré fiifînentionée : maison, met 15,16, ou 18 verges fur la ligne capitale du baftiôn prolongée pour la ligne capitale de la demy-lune en commençant du bord du folle : ainfi fera la demy-lune faite , &c tirera fa defenfe des cornes.
- Or puis que les demy-lunes font miles devant les battions qui font les plus foibies parties d’une fortereflè, 8c plus attaquées que toutes les autres, il faut bien avoir efe gard, quelles ne foient miles par tout indifferement comme apportans plus de dommage que de profit, quand elles font affifes en des lieux incommodes, qui n’ont d’ailleurs autre defenlè.
- Touchant le baftiment des demy-lunes, il n’y a pas quelque advantagc particulier, quand elles font desja marquées en campagne : il faut feulement avoir eigard au folle qu’il aye là largeur, & profondeur convenable, en prennant une troifiefme partie du grand folle pour la largeur du folle des demy-lunes 8c des ravélins : quant à la profondeur, elle le rapporte à celle du grand folle.
- Le rempart eft ellevé julques à 4 ou 5 pieds -, les demy-lunes font auffi creufées pour .la mefme caufe, pour laquelle les ravelins font creufez : 8c leur profil eft prefque fem-blable à'cëluy des ravelins, parquoy on fe pourra commodément fervir des profils, lefe quels on trouvera en la table du chapitre precedent. Si faut il toutesfois prendre garde, que le fondement foit bien garni contre la ruine de l’eau,dont les demy- lunes font environnées, a fin que l’eau, accroiflànt fouventesfois dans le folle , ne deftruife pas le fondement, 8c ne foit pas caufe de grands delpens, 8c de la perte du travail. ies ejpauîes G’eft à jufte raifon, que les ailles ou elpaules des demy-lunes font deftituées d’un desdemies remp'art,comme par exemple les eïpaules nq,pr>fx,tty, ad 8c ce des trois demy-lunes lunes fans DEF qui font applànies 8c unies avec la terre, à fin que l’ennemy s’eftant rendu mai-rempart. ftre de quelque demy-lune ne s’en puilïè defendre contre la ville, ou y eftre à couvert, mats'que l’on puilïè mieux flanquer fur la mefme demy-lune, &la commender hors delà ville: car foit pour exemple lelpaule ec de la demy-lune F fortifiée d’un rempart, on ne la pourra commândér, n’y flanquer de la demydune. C, a caufe de l’empefchc-mentqui vient de ce rèmpart, 8c rend la demy-lune trop foible, 8c trop fiuiliblc à la fortereflè. ...
- Les demy-lunes font auffi fortifiées d’ün chemin couvert parallelle aux faces,comme il eft monftré cy dêfîùs en la j6 figure.
- Chapitre V.
- Les ouvrages a corne
- T 3
- I 1
- X-di
- t>es ouvrages a Corne.
- Es ouvrages à corne font des ouvrages avec deux demy-boulevarrs 8c une courtine, mis devant dés autres ouvrages de la fortereflè, pour la renforcer, & empë-'/fcher, les approches de l’ennemÿ.
- Oii s’e'n'fërt fouventésfois: pour lé renforçemént dfe'beancoup de fortereflès, dont ils font fort communs ail Pays-bas J mais principalement font ils mis devant les fortereflès, qui gardent les frontières de quelque Pays, & font lés-plus proches de l’ennemy. comme ii ïè Voit eh pïùfléürs fortereïfes du Pays-bas, àTçavoir Reufden, Reês, Nimmegen» B$rgue-op-foom, Grave , &plüfiéurs autres : auffi font ils oppofez à quelque hauteurs, dont nous .parlerçns; plus amplement en fon lieu.. , . .
- Leur; baftiment efï divers'., à tâùfé'dë jia diverfe prbportion dontorifë fort en les bâftifrantï. Quéîquës uns obfervent là proportion de i a $ , pour la: proportion des fàçés Sc de la courtine, iaquefle on a ofyfervée aux fortereflès accomplies, lly a des autres, quï.^ — “n-------------------------- - - *
- caufe des uhe^
- Siti’qîl efle pas tüüéesfdis'pàî toiit cïgalè, d’aütànt que les ouvrages à corne, qui font çpfomünemënt faits,n ont pas dëï§é'prbportion, à caufe de leur courtine,qui eft un peu plus petite qüélâfaçë,.laquelle proportion ëft fortufitéedesplùfiëurs,com-
- bien qqe cela ne doibt cftrèŸait; ' ' : " •r-:;rî:|;..
- ÿn tel ouvrage a corne eft manque delà lettre I, en la 7 <» figure, & eft ordonné en la. maniéré fuivante. " 1
- On
- p.82 - vue 112/231
-
-
-
- des places Irregulieres & ouvrages extérieurs. 83
- On eftend les coftez parallelles de l’ouvrage a corne, en commençant des extremi- 1Ouvrage tez des efpaules jufques à 60 verges dan? la campagne, 8c divifant le polygone extc- * corne' rieur en trois parties elgales ; dont on prend une partie pour la ligne capitale des deux demy-boule varts, l’autre .pour la gorge, & la troifiefine pour la courtine-, mais les dpaules mifes fur la perpendiculaire tirée du poinét de la gorge 8c de la courtine,contiendront une fixieftne partie du polygone extérieur. Toutes ces lignes eftant pour-traiéfces, on conjoindra par des autres lignes l’angle flanqué avec les flancs, 8c l’ouvrage a corne,dont la face eft un peu plus longue que la courtine, fera projeté.
- L’autre maniéré des ouvrages à corne eft, de ceux aufquels la face eft efgale à la courtine : l’ordonnance defquels eftant propofée en la 77 figure eft comme s’enfuit.
- Soient pour exemple AL 8c F M les coftez parallelles de l’ouvrage à corne, eftant * Ouvrage eftendus jufques,à 60 verges dans la campagne. Le polygone extérieur AF a la mef- *corne' me longueur avec la courtine faifent icy 36 verges. Je marque donc par l’aydé d’un compas gradué un angle de zy degrez eftant compris des lignes F A 8c DA, comme auflià l’autre cofté l’angle CFA faifent aufli zy degrez: je divife en aprez l’angle fait en deux parties efgales, comme icy en G, 8c tire de la lettre A la ligne droitte A G par les marques croifèes en G * là où la ligne A G coupe la ligne A F, comme icy en E fe rencontre la face E F, laquelle je mefure, & marque fur la ligne A D, de la lettre A vers la lettre B, pour avoir l’autre face AB. Vné perpendiculaire tirée du poinét I par la lettre E donnera le flanc E D, là où elle coupera la ligne AD, comme icy en D. Le mefme fait de l’autre, on aura l’autre flanc B C. Semblablement la ligne droitte K H tirée par C & D monftrera les gorges K C & D H. La courtine CD & les faces AB & E F pnt la meftne longueur. AK ôc F H font les lignes capitales : 8c par ainfi l’ouvrage à corne ëft achevé.
- Mais la longueur dés lignes, 8c la grandeur des angles eft trouvée par l’ayde de la calculation fuivan te.
- Au triangle A F E éft cognu lé polygone extérieur de 36" vergés, eftant tousjours de la meftne longueur que la courtine de la fortereflè : aufli eft cognu l’angle A F E de zy degrez, & l'angle F.A E deriz degr. 30 mÿi. dont il appert que l’angle A E F eftant lç complément dès deux angles precedents à 180 degrez,fera 14Z degr. 30 min.
- Je cerche donc la longueur E F de l’angle propofé A F E en difant.
- Sinus du compl.de l’angle A E F 142 deg.30 min.
- 60876
- donne AF Sinus de l’angle FAE 11 deg.30 m.
- 360000© *1644.
- 3 60000 ©
- Vient pour la longueur de la face i*7 99$ © à laquelle la courtine C D eft efgale.
- 1298640000
- 649 3 z
- 7791840000 60876 © 1
- 170414 izï7yz z
- 4867Z0 41613z 7
- 6oy88o 547884 9
- : 347884 9
- 3 207 6 S
- Pour trouver le flanc prolongé IE,& la longueur IF ala^uelle la gorge eft e/gale, eft cognu au triangle EIF l’angle EIF de 90 degr. 8c l’angle IF E de zy degr. 8c l’angle 1E? de 65 degr. commele complément du precedent angle de 90 degr,
- % .% je dis
- p.83 - vue 113/231
-
-
-
- 84
- Je dis donc ;
- Sinus de l’angle EIF de 90 deg.
- IOOOOO
- Second Livre delà Fortification,
- donne E F Sinus de l’angle IF E faiiânt 25 deg. 42262
- 42262
- 2 55990
- 76 7970
- 2SS 99 0
- 2559 90
- 51198 0
- vient IE 54093(0
- Sinus de l’angle EIF 9 o deg. donne E F 100000 *Z799S
- 90631
- Sinus de l'angle IE F de 65 degr. 90631
- 1 17995
- 38 3 985
- 767 970
- 11519 5 5
- 116003 ©
- vient IF à laquelle la gorge D H eft efgale-
- Pour trouver le flanc ED eft cognu au triangle CED l’angle CED eftant delà mefme grandeur que l’angle IE F qui fait 65 degr. dont l’angle ECDeft le complément de 90 degrcz, & fait 25 degr. d'autant que 1 angle C D E eft de 90 degrez, k ligne C D eft de la mefîne longueur que la face cy defliis trouvée.
- Je dis donc:
- Sinus de l’angle CED 65 degr.
- 90631
- donne CD 127995® 42262
- Sinus de l’angle È D C 25 degr. 42*62
- 2 76 155 1559 51198 55990 7970 99° 90 0
- 54093)24690 90631 453155 5
- 877774 815679 9
- . 620956 543786 6
- 771709 715048 8
- 466610 5
- vientpour la longueur ED 59685©
- pour trouver la ligne capitale adjouftez la ligne EÇ
- cy trouvée 59685©
- àlaloi%ueur IE t 54093.©
- vient pour ID ou IF
- 113778®
- Tellement que les lignes & les angles les plus neceflaires font trouvez: de la mefme façon on cerchera aufli toutes Je s autres lignes, & leurs-angles.
- Le
- p.84 - vue 114/231
-
-
-
- des places Irregulieres & ouvrages extérieurs. 85
- Le xvi des problèmes Arcliitedoniques de Titifcus monftre comme on doibt calculer un ouvrage à corne, eftant cognu le polygone extérieur avec le flanc, 8c la face avec la courtine, ayant la proportion d’un à un: laquelle calculation nous Cuivrons icy, en calculant l’ouvrage a corne qui fuit.
- Soit l’ouvrage à corne propofë en la 8 8 fig. ayant deux coftez parallelles eftant avancez du flanc de la fortereflè jufques à 60 verges dans la campagne. Le polygone extérieur CD fait36verges ou 360 pieds: i’efpaule HM en contient une fixiefme partie , 8c les lignes LM & HD doivent eftre d’une mefme longueur, par ainfi on demande quelle longueur doibt avoir chafeune d’icelles, & à quelle grandeur leurs angles viennent.
- Pour le fçavoir, il faut premièrement cercher la longueur des lignes; 8c puis que C D fait 360 pieds, H D fera un peu plus que -J- de la longueur C D, laquelle troi-fiefme partie a 120 pieds, tellement que H D fera un peu plus longue que de 120 pieds. Pofons qu’elle foitde 140 pieds,laquelle parla fauflè pofltion nous donnera favrayelongueur HD.
- Au triangle L M H.
- LM H M LM Radius.
- 140 60 100000
- 60
- vient la tangente 42857 ïangle de laquelle eft 32 degr. 11 min. 54 fec.
- dont le finus eft 39321 8c le Anus du complément 91915
- 6000000 14 0 56 4
- 40 2
- 28
- 120 8
- 11,2
- 80. 5 •
- . 7°
- 100 7
- En apres je prens le triangle H FD, femblable au triangle L M H,
- Et je dis:
- HD Radius FD ' Sinus de l’angle 66 degr. 48 min. 6 fec. HD 100000 i4Q
- 14p.
- vient FD à laquelle eft eigale C E y adjouftéc auffi E F -vient. CD laquelle devroit eftre- : tellement que le furpluÿ èft Pofons que L M foit de i>5 pi' CD à la maniéré prêta '
- 3676600
- 91915
- 128 68100
- 128 68roo
- 140
- 597 36200
- 360
- \1\ 36200:
- juelfe pfôfiâon je cerche la ligne
- LM
- M
- Au triangle LM H.
- HM L M Radius.
- 60 100000
- 60
- vient la tangente 48000 l’angle de laquelle eft de 25 degr. 38 min. 27 fec. le finus de l’angle 43268 8c le finus du complément p 0153
- 6000000
- Ï25
- 500 4
- IOOO 8
- IOOO 000
- L 5
- Pour-
- Ouvrage
- corne.
- p.85 - vue 115/231
-
-
-
- 86 Second Livre dè la Fortification,
- Pourtant je dis au triangle H F D.
- H D Radius F D Sinus de l’angle 64 degr. 11 min. 3 3 fec.
- 10000a 90153
- 450765
- 180306
- 90153
- vient FD elgale à CE y adjouftée E F vient C D laquelle devroit eftre tellement qu’il y a moins
- 111 69115
- 112 69115
- 350 3815°,
- 360 ooqoo
- „ . 9(6175°
- ce refte multiplié par la première longueur fau-fementpofée HD
- 140
- 38 470000 961750 I 34645 000
- le premier refte 3736100
- multiplié par la deuxiefmc longueur faufemenr pôfée 115
- ' 18681000 747*4 37561 ;
- vienut
- le produid de la multipliée precedente y adjoufté vient
- laquelle fomme diviféc parles deux reftes
- 1 refte 3736100 : -i refte . 961750
- les deux relies enfemble 4697950
- 467015000 134645000 601670000! 4651795 olr
- 1318750 93 9 590
- 37 91600 3758360
- vient pour les coftez H D & L M 118 pieds.
- HD
- I2,5
- Davantage je dis :
- LM -MW- ’ LM Radius.
- n8 60:. 1000 00
- 1 . 60
- vient la tangente 46875 ;-langlede laquelle fait 15 degr,6 min.53 fec.
- lei.fions; de l'angle ,4*442-& le lînusdu complément 90J47
- J6000000
- n8;. i4 1
- •88p.'.r If ‘ r,...
- ' 1110 8 ‘
- 1014 M
- 960 7L
- 896
- 640 5
- '64 ô
- Pour
- p.86 - vue 116/231
-
-
-
- des places Irregulieres & ouvrages extérieurs.
- Pourtant je dy.
- 87
- HD Radius 100000
- F H Sinus de l’angle 25 degr. 6 min. 53 léc. 42442 128
- HD
- 128
- 33953 6
- 42442
- vient F H yadjouftée MH vient FM ou DI
- 54 60 3^576
- n4 31576
- Finalement je dy. H D Radius
- 100000
- F D Sinus de l’angle 64 degr. 53 min. 7 léc.
- 5>°547
- 128
- HD
- 128
- 7M576 181094 90547 .
- Il5 90016
- ll5 90016
- 128 0000b
- 360
- vient F D elgale à CE y adjouftée E F
- vient CD de l’angle droit HFD 90 degr. foubftrayezl’angle FDH 25 degr.6 min.53 léc. demeureront pour l’angle flanqué HDI 64 degr.35 min.7 léc.
- Et par ainfi ce boulevart eft aufli achevé.
- Les ouvrages à corne,dont les collez doivent eftre parallelles, ne feront trop eftroits Lescofiez devant 8c derrière trop larges,a fin qu’ils ne deviennent trop foibles , à caulé que la des ouvra-largeur, qui efl: derrière amoindrit le (êcond flanc, qui. doibt battre, 8c defendre lou Ses " corne vrage à corne : 8c l’ennemy ayant occupé ledit ouvrage, auroit une grande efpace où doivent il pourroit eftre a couvert, 8c lé fortifier contre la forrereflè. En cas qu’il fuft au con- Préparai-traire large au devant, 8c derrière eftroit, la defenlé n’en léroir fi bonne comme fi elle telles. avoit elle tirée des flancs en une ligne perpendiculaire. Mais fi le lieu, qui efl: à fortifier , efl: trop large, il vaut mieux de le garnir d’un ouvrage d couronne $ comme nous monftrerons au chapitre fuivant.
- Les ouvrages a corne n’ontpas tousjours un melme profil, d’autant qu’ils font quel- Le profil dei ques fois eflevez en forme de trcnchées, 8c redoutes communes avec un parapet, dont ouvrages a la hauteur contient 6 pieds, & la balé autant, ce qui lé peut faire en grande halle. Au-corne' trement ils font faits comme les ravelins, & les demy-lunes, les profils delquelles lèr-viront aufli aux ouvrages d corne, & font trouvez au chapitre des ravelins.
- Pour renforcer tels ouvrages, on met aufli devant des ravelins qui 11e font pas fi vn ravelm grands toutesfois^ comme ceux qui font placez devant la courtine de la forterefle. La devant fou-ligne capitale contient communément 10 ou n verges, 8c la face autant : le projeét wa&e * en eft tel.. Le folle eftant tiré .paraliélle aux faces d l’environ de l’oüvrage d corne, tel- corne’ lement qu’il doibt eftre large pour le moins de 3 verges, on tire du poinét de la gorge 8c de la ligne capitale une ligne longue d’un collé 8c de l’autre,par la troifiefme partie de la face de l’ouvrage d corne, 8c la où elles s’entrecouperont, vous aurez l’angle du ravelih: les.faces, lignes capitales, 8c les gorges lé donnent d’elles melmes. Vn tel ravelin fe voiden la 76 figure en M 8c K.
- Leur profil fe pourra prendre.de la 57 figure : & pour les ouvrages a corne ayant, Le profil des le plus fort profil,fervira le profil qui eft propofé en la 83 figure. ravelms
- Aufli fait on un chemin couvert d lentour des ouvrages a corne ayant pour là
- hauteur
- p.87 - vue 117/231
-
-
-
- Des ouvrages a couronne a l’entour des ouvrages a corne.
- Le profil à tels ouvrages a couronné.
- Les demy-Itmes devant les ouvrages h
- Le profil da demy-lunes.
- 88 Second Livre de la Fortification,
- hauteur 6 piedsj mais la balè doi’bt eftre accommodée à la hauteur 8c condition de l'ouvrage à corne, en s’cftendant 8c Te perdant convenablement en la campagne.
- La ville de Bredà eftant afliegée des Efpaignols, on mit devant les ouvrages a corne, qui cftoient desja renforcez de leurs ravelins 8c d’un chemin couvert, un ouvrage couronné prefque en telle façon,comme monftre la lettre L de la y 6 figure: 8c nimanquoit autre choie que les deux coftez, qui tirez du chemin couvert de la fortereflè en une ligne parallelIe,n’eftoient pas fortifiez d’un parapet, comme ceux de ladite figure, où un parapet efteflevé de propos délibéré pour rendre l’ouvrage à corne plus fort.
- Le projed de tels ouvrages à couronne fe fait en la maniéré fuivante. On tire une ligne parallelle à l’ouvrage à corne, devant lequel eft logé un ravelin, en obfervant la largeur commune d’un chemin couvert entredeux. En apres on divife la ligne fe rencontrant devant le poinét du ravelin en trois parties elgales, en laiflànt une troifiefme partie pour la gorge de l’un 8c de l’autre cofté. Par le milieu de l angle leparé en deux parties elgales, on tire la ligne capitale, dont la longueur font deux troineftnes de la ligne cy divifée. Pour le flanc il faut mettre une troifiefme partie fur une ligne tirée du poinét éxtreme de la gorge, 8c conjcindre les poinds extrcmes des flancs 8c de la ligne capitale, pour parfaire le boulevart L de l’ouvrage couronné. Cela eftant fait on mefure aufli les lignes parallelles avec les faces de l’ouvrage à corne, les prenant une fois &c demy plus longues que les faces du boulevart que nous avons desja trouvées. De l’extremité d’icelles on eftend la longueur de la face du boulevart L en une ligne parallelle pour faire les efpaules A & B, où les flancs ne font garnis de terre ou d’un parapet, mais lèulemenr de paliflades, pourempelcher, quel’ennemy n’en puiflè faire fubitement fon profit, en afliiliant les aflïegez de ce cofté la, où il n’y a aucun empefchement. Mais l’occafion 8c la caulè principale, pourquoy ces coftez là ne font pas garnis d’un parapet ni d’aucune defenlè de terre, c’eft à fin que l’ennemy n’y puiflè pas eftre à couvert ayantgaigné ledit ouvrage.
- Au lieu d’un profil commode fervira celùy de la $6 figure ; combien qu’il puiflè encore eftre plus fort, eftant ordonné félon la difcretion 8c le jugement d’un Ingénieur bien expert, qui aura elgard à ce que l’ouvrage qui eft mis avant dans la campagne, puiflè bien & commodément eftre défendu 8c battu des ouvrages , devant lelquels il eft placé.
- Aufli met on des demy-lunes devant les boulevarts des ouvrages à corne, principalement, quand il y a quelques demy lunes devant la fortereflè mefme, defquelles il faut tirer la dcfenfe qui y eft neceflàire. Mais quant au baftimetit 8c ordonnance d’icelles on fe tiendra à la façon fuivante.
- On proje&e la circonférence de la demy-lune avec la largeur du folle, coutainfi comme on a fait en projettant les demy-lunes, lcfquelles on a miles devant la fortereflè. Cela eftant achevé, on divife l’angle flanqué en deux parties elgales, 8c eftend on la ligne capitale jufques à la longueur de io ou ia verges. En apres on tire les faces de la demy-lune parallelle aux faces 8c aux lignes capitales de l’ouvrage à corne: Mais les ailles ou les flancs lèront coupez par certaines lignes perpendiculaires, lef • quelles on tirera du poinét de l’angle flanqué, & (ont. marquées en la 87 figure. La fortereflè de He«,quieft.fituéeau bord du Rhin, nous fournit des exemples de telles demy-lunes, dont lès ouvrages à corne font fortifiez.
- Leur profil eft le meftne que celuy des ravelins, qui font mis devant les ouvrages à corne : 8c puis que les ailles ou les elpaules des autres demy-lunes ne lont fortifiées d’un rempart, ni garnies d’aucune terre: celles cy lèront aufli bafties de la.mefme façon, tellement qu’on laiflèrales ailles ou les flancs ouverts lans les garnir de quelque ouvrage de terre, ayant tousjours efgard, au baftimentde tels ouvrages ,.à la reigle, dont nous avons louvcntesfois fait mention cy deflus,à Içavoirqucla condition de tous les ouvrages exrerieurs, qui doivent empefeher les approches de l’ennemy, requiert qu’ils loient applanis 8c unis à l’elgal de ce cofté où ils regardent la fortereflè, à fia qu’ils puiflènr commodément eftre flanquez 8c battus de la fortereflè, & que. l’ennemy n'y puiflè pas eftre à couvert.
- Touchant les ouvrages à corne, dont on fe lèrt en baftilïànt les retrenchements pourclorre 8c environner un camp, nous en remettons la defeription au chapitre des retrenchements, où nous en ferons fuffilànte & plus ample, mention. .
- C H A P I-
- p.88 - vue 118/231
-
-
-
- des places Irregulieres & ouvrages extérieurs. 89
- C H A P I T JEL E VI.
- Desouvrages à Couronne,
- P Vis que hors de la place quon defire fortifier, il fe trouve fouventesfois quelque Tourquoy haudieü, par Içquef la fortereflèeft. grandement incommodée, principalement les ouvrages quand il en eft fi'proche,qu’eftant fans aucune defenfe, il peut aifement eftre oc- à couronne cupé de l’ennemy, & commander la forterefïè; on a inventé une.autre efpece d ouvra- font inven' ges, appeliez ouvrages d couronne, d’autant qu’ils reflèmblent une couronne,defijuelstez' on fe fert au lieu d’ouvrages a corne, qui. comme plus petits;ne.font pas commodes pour defendrç une telle hauteur, principalement, s’il les falloir faire plus larges au devant, d caufe de la grande efpa-ce de la mefine hauteur, qui reïidroit trop foible la defenfe des ouvrages d corne. Les ouvrages fufdits fe font en divérfes façons * toutesfois on fe peut commodément fervir de nos tables calculées,par l’ayde defquelles ils pourront eftre achevez avec proportion, enfemble toutes leurs partiçs. neceflaires.
- Leur grandeur fe rapporte à la grandeur du lieu, qui .doibt eftre. fortifié. Ils ont communément deux demy-boulevarts d chafque cofté, & un.entier au milieu : quel-quesfoisil y aaufli deux, trois, quatre,boulevartsentiers,,ou d’avantage, & deux de-my-boulevarts d chafque coftéi? félon que la necelïité ôc la qualité du lieu qu’on veut fortifier, le requiert. . . ,
- On les met aufîi devant les cpurtines, & les boulevarts* s’il eft befoin ; & pour les Les ouvra. bien faire il faut qu'on ay e foin de la defenfe, d fin quelle ne foit trop foible' poiir faire ses couron-une refiftence convenable d l’ennemy. .• . nez font mis
- Leurbaftiment doibt eftre reiglé félon la fortification Régulière, veu que les par- ^mrtims^ ties des fortereflès Regulieres font fort propres pour le .baftimeht d’icéux : comme boulevarts. par exemple les parties d’une forterefiè de; dnq, fix, fept, huit angles, &c. ; Là diftan- Comment çe du polygone.extérieur fera dç 6o d^o yçrgeÿ d fin qu un boulevart puiflè defendre on doilt ba-l’autre. Pour faire donc les ouyra'ges fufdits il faut prolonger là ligne capitale dü bou- for les ouf levart, devanrlequel I ouvrage a couronne doibt eftre. rnis ? jufques d 6q vergés; 8c‘vrases a quand on le veut loger devant Ja courtine.,,il faut mefurer (Ju milieu de la courtine 8 o ou 9.0 verges, métré fur la mefine longueur le demy-angle dé l’angle du polygone delà figure, de laquelle ledit ouvrage doibt eftre fait, ôc il y aura trois lignes, faifant l’angle polygone.. Les polygones exterieursj de l’ouvrage couronné doivent communément eftre de 40 d 60 verges : mais en cas qu’ils fuffènc plus longs, il y faudra mettre deux boulevarts a fin que ,1a defenfe ne foit trop foible.' Cela eftant fait on cer-che dans les tables calculées les autres ligne? fè rapportans a l’angle inventé, 8c les mefurer par ordre; tellement que tout l’ouvrage fefairaaifçment & parfaitement,pour-yeu que l’on regarde feulement, bien, où la defenfe des deux demy- boulevarts dé l’ouj vrage d couronne finifïènt. * 1':,, . * * " -
- . Pour exemple fervira fouvrage couronné A,eftant placé, devant un bqqiévârt en la r. Ouvrage :figure 7 9 .ppur le baftiment duquel on prenàla -calculation des tables de i'â fôrtifica- couronné* tion Reguliere : premièrement on prolonge la ligné capitale jufques en B,‘laquelle fera 60 verges y .& faitlangie D-3 A„d fçavoiç. kdemyTangle .polygone felôn la’ figure, felonlaquelle. f ouvrage d ^omqnne doibt eftre bafti. L'angle dit fait icy’é^àégniy min. & 9 fec: dqnt il appert que l’angle ppjygqne entien A 3 G fera de liiJiîèjgrëz 34 min. & 1? feç. & que l’oujyrage fe doibc r^pqrtfir.a la figuirè dê fept angles. Piiis que l’angle ABC eft cognu, je mefiife les lignes À B' & B C'cb.mprcnnant l’âtiglë die, 8c rdonne pour chafeune50 verges, kqueUejlongjjpqr fera la diftanç'e du polygone^exté-rieur de l’ouvrage couronné.Jecerche dqnc?d^nsles tablés càidiilées de la'pr'çtfiierê façon le titre H P. le pqlygoueextçrieur de^Pj vêrgésjléquelje trouve en la taBïë N0, ni. de laquelle je. pren lafiguyq4cjèp.1 angles^/jfççrouyé HG lâ diftançe dél angkrfîan-qué du flanc prolongé de 13 verges, 8 pieds, & dun pbulcë laquelle longiiéùr jeme-ftire fiid’ëfèfiellefy a propriée , & la mets fqr .le.polygone extérieur dë rouyràgexou-ronné, comme par exemple icy fur. laligné ÂB de B jufques à F , & de ia lettre À jufques d la lettre E. en apres je tire les lignes' perpendiculaires F H & E Gdés points F & E pour mettre fur icelles le flanc prolonge, laquelle marquée dans la table des
- M lettres
- p.89 - vue 119/231
-
-
-
- i L'ouvra* ge couronné,
- Lagran-deur de l'angle flanqué des ouvra-
- ges
- nez.
- Profil des ouvrages couronnez.
- 90 Second Livre de la Fortification,
- lettres G A fait 11 verges, 2 pieds, & 2 poulces, lequel je mefure fur la perpendiculaire F H de la lettre F vers la lettre H, comme auffi fur la perpendiculaire E G, de la lettre E vers la lettre G,tellement que les poin&s H & G feront les extremitez des flancs, qui toucheront les courtines: 6c les points H & G, conjoints enfcmble par une ligne, donneront le polygone intérieur. La ligne capitale le donnant d’elle mefme avec la courtine né faut pas que je la mefure : 6c là où elle eft coupée dé la courtine comme icy éri D, là gorge le prefinte, & le commencement de la ligne capitale du boulèvart entier dé l’ouvrage couronné, comme icy la ligne D B. Apres cela je prens de la table fufditte là longueur du flanc AC de 5 verges,5 pieds, 6c 8poulces, là foubftrayant de la longeiir G A, laquelle eft icy la ligne F H & E G faifànt 11 verges, z pieds, 6c z poulces , tellement que pour le flanc prolongé demeurent 5 verges, 6 pieds, 4 poulces, 6c pour le flancs de l’ouvragé couronné 5 verges, 5 pieds, & 8 poulces, les extremitez defqüels èftans conjointes au point dé l’angle flanqué, donneront les faces de l’un 6c de l’autre cofté.
- Finalement on tire du poinéfc de l’angle flanqué ou de la face, comme icy de la let-• tre A, une ligne droitte vers le flanc de la fortereflè, dont elle touche le chemin couvert, comme icy en I, pour avoir l’un des collez de l’ouvrage couronné : l’autre le trouve de la mefme façon, &ainfi l’ouvrage couronné fera accompli.
- L’ouvrage B mis devant la courtine delà fortereflè eft fait comme s’enfuit. Du milieu de la courtine eft tirée une ligne de 94 verges fi finiflànt en B, &lèparant l’ouvrage couronne* en deux,parties efgales.i cette ligne eft la ligne capitale dit boulèvart qui eft mis àu milieu de l'ouvrage couronne. L’angle ABC fait 134 degr. qui dans la table calculée approche de la figure dé huiél angles, dont il appert, qu’on fi doibt rei-gler filon le baftiment d’une fortereflè de huiéç angles : 6c d’autant que les lignes A B & B C comme le polygone extérieur aulfi fàid 50 verges, je retien le calcul de la table dont je me fuis firvi'au baftiment de l’ouvrage precedent, en prenant ftulement la figure de huid angles au lieu de la figure de fept angles, la mefme mè monftre H G la diftance de l’angle flanqué, & du flanc prolongé de 13 verges, 7 pieds, 6c 4 poulces, laquelle je mefure feihblablemeht comme deflus dé B vers F & de la lettré A vers E, les perpendiculaires F H & E G eftant tirées je mets fur icelles de la table mentionnée le flanc prolongé G A faifafit 12 verges, & 3 pieds, dont les extremitez eftant conjoin-des par une ligne droitte me donneront le polygone intérieur , comme deflùs. Le flanc A Ç eft trouvé dans la table de 6 verges, z pieds, 6c y poulces,. lequel je mets fur les lignés G E. 6c H F, de G vers E, 6c de H vers F : deux lignes tirées des extremitez des flancs, 6c s’entrecbupàns dansle poind de l’angle flanqué, feront lés faces. La gorge, ligne capitale, 6c là courtine font desja cognues. Finalement les poinds extérieurs des deux demy-boülevarts , tirez en une ligne droitte vers les flancs de là fortereflè touchans comme cy deflus le. chemin couvert, ce quife void icy de A en I, 6c de C en K,"achèveront l’oùvtage couronné,‘lequel eft auffi quelquesfoisenvironné d’uii foflç, 6ç.d’un chemin couvert.
- Il faut àufli avoir icy fouvenance de ce dônt nous àvbhsfouventesfois fait mention, afçavoir, que le cofté dès ouvrages d couronne qui regarde la fortereflè , doibt eftre ouvert. ....... ;
- La grandeur délarigîè flanqué fi rapporte à la grandeur de fi gorge, comme elle eft donnée es tables calculées. Mais lesangles flanquez dés demy-boulevàrts,qui font à cofté, ne ftiiventpas lés reigles, d’âifiànr que leur grandeur, a' caufi de la defenfe di-verfi,eft àufli differente : toutesfois on né les doibt pas faire moindres que de foixan-te degrez; ni plus grands que de 9 o.
- Touchant les ouvrages couronnez, qui ont d’avantage qu’un boulevart entier, il en fera trai&é au chapitre des fortereffes fui* les moritaghês.;
- Le prqfil. des ouvrages coijronnèz eft comme celuy dont on fi firt pour les rave-lins,^ ouvrages à corne,lequel on pourra augmenter où diminuer félon que la ne-ceflité-le.r.èquerra... ; ‘ t .. .
- La 5) 7 figure eïl une piece d’une fortereflè de fipt angles du grand Royal, le calcdl de laquelle eft pris des tables calculées flè là deiixieime maniéré.
- C H A P I-
- p.90 - vue 120/231
-
-
-
- pl.n.n. - vue 121/231
-
-
-
- des places IrrdguliëreS ôfc ou vrages extérieurs.. 91
- fi. H A P I; ir .R JE VI L Des Tenailles.
- POur efpargner les defpens & gaigner le temps * oh a aecouftumé de mettre au lieu des ouvrages à corne. Une autre elpece de defenlè,qui eft appelle? une; tenaille i à caufe de fa forme laquelle elle repreïente. On les baftir, quand l’ennemy af-faut la forterelTe à la dcfpourveuë, tellement que ceux de la forterellè n’ont pas allez deloilîr pour y faire d’autres ouvrages extérieurs. Parquoy on eft contraint d’y mettre tels ouvrages, & d’alïèurer le lieu, qui eftant deftituè de fa defenfe necelïaire, pour-roit ailèment eftre occupé 'de; l’ennemy ,8c luy faciliter, les approches vers la for-terelïè.
- Les tenailles font de deux fortes,les unes lïmples, & les autres doubles. Les tenailles
- Les tenailles (impies font des ouvrages ayans deux coftez courbez vers Tinte- de deuxfir-rieur, repréfenrans la forme d*une tenaille, comme il lè vçjid çn la figure 79-a la tes: lettre C.
- D’autant que leurdefenlè n’eft pas fi forte, 8c qu’elles font ellevées en moins de temps que les ouvrages à corne, on ne les avance pas fi avant dans la campagne comme les ouvrages à corne : mais feulement 40 à 50 verges ; leur coftez font parallelles,
- & le polygone extérieur eft elgalà la courtine de la forterellè. ;
- Soit pour exemple une partie de la forterellè en la 79 figure auprès de G,laquelle n» tenaille on veut fortifier,& y mettre un ouvrage à corne, pour empefeher & retarder l’enne-my, qui de ce cofté la travaille la forterellè par lès approches. Mais le temps eftant trop court pour l’ellevement de l’ouvrage a corne, qui requiert plus longtemps pour avoir là defenfe convenable,il y faudra faireune tenaille,poûrce quelle le fait non feulement avec moins de delpens mais aulfi en moins de temps.. Pour la faire, on avance dans la campagne deux lignes parallelles, les commençant des extremitez des elpaules delà forterellè, julques à la longueur de fo verges : comme en la 80 figure les deux lignes AC & BD. 8c pource quelles font parallelles, le polygone extérieur ÇD fera efgal à la courtine dé la forterellè , laquelle icy fait 36 verges. Du milieu de la ligne CD eftant divifée en 4 parties elgales , on fera une perpendiculaire corprqe icy de la lettre E s’eftendant verslaforterelfc, fur laquelle on mettra une quatriefme partie de la ligne C D comme icy EF: les lignes Ç F & FD eftant tirées on aura les faces de la tenaille, laquelle parainfilèra achevée. Suy icelle on mettra un parapet, commun Le profil des félon le profil de la 56 ou 57 figure, & quand le temps ne preflè G forr, on le pourra ^nailles. aulfi fervir du profil des ràvelins. Le folle faifant communément, 3 verges eft des tous icoftez parallelle d la tenaille. , - • u : v. : r..
- Quand le temps permet, que Tony puilïè encore ellever quelques ouvrages fans Desrave-eftre empelché de l’ennemy, on fortifie encore les tenailles avec des ràvelinscomme Uns devant lè void en la 79 figure le ravelin D devant la tenaille C. On tire une ligne droite du les tenatlIes> poinâ: dans lequel les deux lignes du fofle s’entrecoupent, comme icy de la lettre I,
- & divilè les lignes B G & B A chafcune en deux parties elgales : en apres on rpé.t fur la ligne tirée de la lettre I, la ligne capitale I F, eftant la moitié de la longueur B Ç les lignes droites tirées des points D.& E dans le poinét F donnent les faces H. F & F G,
- & les gorges HI & IG, du ravelin A.
- Le profil du ravelin eft le mefrae, que celuy, que nous avons monftré pour le rave- Le profil des lin devant les ouvrages à corne.. .. . ràvelins.
- Pour trouver la longueur des coftez CF&FDenla8o figure eft cognue E F une quatriefme partie du cofté C D,‘faifant 9 vetges; comme aulfi la ligne C E. Le quarré donc C £ & le quarre E F eftant. adjouftez enlèmble, & la racine quarrée tirée de la fomme viendront pour la longueur C F &c F D zq verges t pied.
- Les tenailles doubles viennent aulfi quelques fois en ulàge, 8c ont quatre coftez Lestenailles courbez vers Tinterieur, comme en.la 79 figure la double tenaille E eft milè devant doubles. Fouvrage d couronne..
- Leur baftiment eft reprefenréen la 81 figure, le polygone extérieur C D eft divifé en 4 parties elgales, dont une quatriefine partie eft mile fur la perpendiculaire tirée
- ' M z - du milieu
- p.91 - vue 122/231
-
-
-
- -pï Secôiid Liwedèla Fomficaltion,
- du milieu de la ligne C D : en apres (ont tirées les lignes CF & F D, & divifees chacune en deux parties elgalesilà figneE-F eTfc prolongée <Jà poinét E, y eliant adjouftée la moitié E F, de là on tire les lignes adjouftéesà la moitié C F en G, & à la moitié F D en H *, & la tenaille eft accomplie.
- Telles tenailles font encore plus fortes que les fimples, combien quelles n’approchent pas des ouvragés a corne, e eft'pôlrtqüôï elles fé^en£ feulement#! çasde necef-fîtéiqnàrrtd.illàüteflévérid[ttelque ouvragé en grand hafte^-. ':;:; : ,. ;L. T
- te profil ' L'é pïôfif dés doublés ferrailles eft fëfeàfchifelé à céîâyded fimples, tellement qufil r$a des doubles pà$bèfèingd’uné plûs a-mple delcriptibn : & eftant pwcrraiétfor lé p'aptetil peut -air tenailles. t fèmenfeltré marqué furlabampagne.'
- lC H A1 ?
- Dès Wàverjes.
- gge défi- -rr?i Outes fortes de €otts: éc ouvrages, mi&par- avantnre ;cy t& U, &rçftàijs fens quel* une trader- 1 qUC nbm,fbnt appeliez traveilès * & principalement les lignes bafties en formjç >e' ‘ ^“ cfuri parapet,'toiSeautraversâeqUeiquediguenuailleurs. \ •
- 'Son ufage. ' G’éfidné bonne defenfe, dont on fe peut fervir eoimnodément pour le fortifier en grand hafte, principalement, quànd oïïe&; de.i’eimemy au aefpourveu, teller
- ment qiiejon n’a pas loifirdé^fiiiré-qublqtie fort poaldêidefondre. _ /;.
- Elle bft-âûffi fort profitable en*la campagne, oùiLpedes fieux marefeageux, j&. des paflàges çftroits. (: ’ • = c-:-
- Parèillèment fon ulagèèftgtand pour fortifier les digues i, ponts ^portes , & paflà-ge s 'e ftr o i élf d e va n t U n è: vfilb , laquelle n-eftant fortifiée eft fuBiteinent alfaillie de l’ennemy .; :Lyne telle défênfe empe,fche fôuvetït‘'de grands -raalheursÿÿ & defend la ville poutre l’afiaut'dé-renbfcnày, veuqaelte eft trouvée fort commode-pour la de-fenlef
- Les traver-fes font ne-cejfaires aux
- djfiegez. grenades, éjdi demeurant entré le tràverfès ne peuvent endommager., ceux qui fe reti* rent derrière icëllesj ce qui à efté praéiiquèàu derniefe fiege de Bolduc * où les afliegejç efle vërerit par Tout dfcttràverfes,'aù: dedans deCquellés une grenade tombant, ils fe retiroiérit incôntinènt derrière les autres,- par léfquelles ils; fe garantirent à l’encontré
- TefFoft des greriadës." 'ty ' ' .........." , i: : '>
- Toücbaht leur baïlimént, fl ny-eri a pas'de reigles certaines : nous nous efforçe-rons toutesfois d’en donner quelques unes, ôc de les eflever comme s’enfuit, & qu’il fe vbidenla 8 4 figuré; !
- : Soit pour exemple ladite figuré uné digue, un chemin- eftroiét, un lieu euvironnc de marrais de chafqüë-collé ^ou lé devant d’une porte large d’environ 48 verges, qui doibt élire fortifié en grand halle contré la venue de .lennemy : ce qui fe fera commodément eti forme d’uné tenaille, comme monftre le dernier exemple de la 84 figuré. Diyifez le cofté'ehtiër en fix parties efgales , & prennez une fixiefme partie de chafqtfetôfte au fieu d’une courtine, fer les deux collez plus proches mettez une perpendiculaire , laquelle contiendra auffi une fixiefme partie du collé : tirez finalement Hes premières parties &c du poinét au milieu les faces, y adjouftant encore de chalque collé, une ligne pour environner le fofie, & latraverfe fera faiéte, &c le lieu marqué pdùr’éftré fortifié. ; • ' • * *
- ' ta dèûxiëfme traverfe fe fait encore plus virement i d’autant que là courtine, ;con> tenant fié chafque collé deux fixiefmes parties, eft encore une fois auffi.grande que la courtine de la precedente traverfe : les reliantes deux fixielmes parties font les gor*-gés : du milieu eït tirée une perpendiculaire qui-eft la fixiefme partie du.colle entier: iés faces font trréès comrhe en la preêedente.travérfe-. : i r, • •=
- La j tra- . bfai$ quand on veut faire les traverfes en forme d’un boulevart plat* qui font plus
- verfe. fortës qiie les precedentes, on pourra divifer le collé felon qu’il eft large,! en quelques parties',' cbmrnc il cil mohftréèn ladéüxiefme traver-fe, où le collé eft divifé;en trois
- parties
- za
- ‘verfil
- trà-
- La z tra verfe.
- p.92 - vue 123/231
-
-
-
- des pjaees;lctegulieres;B^joextérieurs.
- iperpe ndicuiaréè^ i
- gaules fohola'moitié deià'/Kgne capiMteçqlïSf feees: éftà&t:rireës fe ôfehévee; j-;I J-.;:;} um-hu ..l ?,iuj jvu^. . .«-p r?îj•>;i.
- «1 /Y* f • . * /T. • W . t, * t# J'. % jm mmTi‘1 ' V. ^ ^ — ^ .
- longueur lai awhié 'dtane:-nroifiéimc parti* j-lâ ligne câpIbd&éftdÂt cohjiHttàé'iayéc •ks:txcrêiiiitea-de ila. troiiïeïraei partie. voos^dbritièra dtux-f^ÿèlîfes'. Mais1 j»6ùr àVoit
- 'frès
- Extérieures ^n©7igne|dtt^îW;de laqûeiIcWiis'tîiiërèrafÜ«é'përpehdièulàirë'àyàilit là ^meTme' longue^ que les Mitresalignés ^afHtafës dëS'deüS ’goi^és , & les travërfés feront.preftesl
- fifautil I
- dre. Le foflè eft large de ÿ'occafion^cie ternpslepeemér.o: --' 'Nous- euiïions peu embellir ’noftre - œuvFê -pa
- ivèuft eftéqtt ayant allez môftffr&lcbaftimeîltdeSprécédantes, commenieïfes1 doivent eftreeflèvées,; nous Favons-jugé n’eftré'poïht necelïairë, fcotrinie une defcrîptiont doiivragesqtirs’eflevent paï àd'vantuEe. :
- >àü là dcfcrîptiori d’aùtrés'travërlês,
- ; Q h À p'b IX/'-
- Be-Uf&mfcation, des places qui ont des angiéP&dî^nWpféj^iï e^isimwodespoureftrèfornfie^’ J
- Es'ôüvrages extericurs èftant finis,il nous faut icy commeriçèr la deferipribn des placés Iilregulieres,'^£-des lieux qui ont de£ angles & dëfligties proprés com-'môdes pooreftte fortifiées-, par lefquellés nous eritéridOnSrelles lignés qui-ne
- .1 ! tl&Ltf il 1 Mkü A J W B ^ «k , Q» Éa«la A M t L ' AMB AB J djjùl t3 1 b 'b> B 1 M B 11 J U À
- fiées, fi «ft-èe quelles font réjéctées comme:inutilès i à Càufërqüe; leur prbpbrtibh êft
- ______ 4 Irregulii
- fible de&firire aôcun recueil itnaisà fin que le Leéfceur1 àyfriqüëlqüe infÉrû’àiofr pbiit s’y gouverner, nous avons trouvé bon de mettre icy quelque^ êas & exeiiiplësVqùi lêr-Viront céfiïlftfe d'iine reigie Commune en tous-les autres. Ji ""' ;
- - : - S’il ÿ :a quelque lieu à fortifier s ayant les angles & les lighes prbpres à fortifier, corn- Le f cm. me par exemple les lignes fàiiant 58 a 66 verges, &. les angles neftàhs plus péris que )ortion des àngles des tables calculées âüf-grand
- • :î î>»:Cyi-ot:
- ' Deux lignes;ayâns la proportion moyenne entre le grand' <3c'le petit Royal'r telle- zelt ïiierit que l ulîe ne foit pàS -moindre-de -3 0U 4 verges que l'autre;, & éoriipirênafiiî üii aà-gïe propre'a fortifier , il fe’fâüt rcigler felbn la proportion de là plusp'ëtité'ligné,
- 1E'f mettre un boulevartparfaic'& entier, félon là qualite: dê; larigle ,iur lëqüél il doibt eftre mis.
- ‘ A ce tfas rtiëbÉioniié appartient l’exemple dü-boulevart A én la 8j figurej oitlà ligne AB; a là longdeùr de 65 verges & la;ligtie A G de 61 Verges & 5 pieds : tellement que là différence eft de 3-vergés 4 pieds : dont ii appert félon que nous avons dit ,1 qüe le boulcvart doibt eftre fortifié félon la proportion de la ligne AÇ, à caufe quelle eft la1 plus petite de ces deux lignes jEt puis que l’angle compris des deux coftez A G &- A B,
- M 3 fait
- p.93 - vue 124/231
-
-
-
- 94 ::S;ccond Livce:de la Sagifiéation,,
- faits i-tftlegr» 3© natnvjjci eerfchç dan? la .tihle fous 4es lignes des gôrge&vjufques à ce .que j« trouve le nqmbïÇ-fo plus appçp chant à noftre angle,». qui fe rencontre en la cal-culatiqn des fqrtereilès^e lèpc angles. I^ernblablcment-jei cerche dans la mdine-cal-* ciuktiqn.le po.lygçjierïateriçur le-pfe?jjppi’behant i ndftne.ligne A G :de; 6i verges6c 5 pieds, qui fe trouve dans la mefme fortereflè de fept angles du grand Royal derécj vçrgçs»)tellement qu'e lardiffërencefeftd’jjue .vefge ôcxTèmie. Pourtant: j&œriens lapro-pqwttjqn; trouvée, ôç gferis de la meftnscolomne la longueur de 15 verges-, ÔC 5 pieds, la mettant fur la ligne AC auprès de Ae, ôc fur la ligne ;A B auprès de Ad, ôc tirant des perpendiculaires de: d&ç de e, fer jeiquell'es je mers pour la longueur dis efpaules 9, Vierges,-comme icy. pn-.f f ôc rd. .EjUiaprçs.je divife la ^nrge en deux parties éfgales, 8c tire une ligne, fer laqneljife je pofe la [ligue capitale. faifentÆo verges dans la table calculée , comme icy iajjigne A b, & finalement je tire; les faces de b vers a 6c e 9 ôc lê bouievarrçft achevé,- ii,' -X w...- . ...• âri.lo- •
- !;iî)e la luefine façon^ft aufli fortifie,leboulevartiG felon laligne-rG D eftant de €1 verges,ôc 4 pieds, le calcul eft pris4etaforterefleà quatre angles du-grand Royal» d’autaqt que fon angle s’en approche? [Mais le boulevart D fe rapporte à la proportion de la ligne D C, &'le boulevart F, â la proportion de la ligne E F j feivant une . > chafeun^qualké djS fen angle, qui s’y trouve.
- 1^ 3 cas, , _ Quand de deux iignçs.fe rencontra^ t entre le grand & le petit Royal,l’une outre
- les 4 yerges eft plus, petite que l'autre,» çhafeune eft fortifiée felon fa propre proportion. On prend de la table la longueur qui s’approche au plus prés de là ligne qui doibt,eftre fortifiée,qhferyant tôutesfpisja condition: de fon angle : en apres on me-fure la longueur de la gorge trouvée dans,la mefine cplpmne, la mettant ferla ligne» Ôc pofant le ilanc feria-perpendiculaire tirée du poinddela courtine ôc de la gorge* duquel poind on mefurè aufli le fécond flanc, ôe de .for*extrémité, on tire une ligne droitte par le poind de l’efpaule, faifant aufli le mefme de 1 autre cofté, tellement que les faces fe donnent d’elles mefmes; l’angle:flanqué,fe prefentera là où Jes lignes s'entrecouperont.
- En la 85 figure il fa'htfeettre un boulevart fer la gorge C, les lignes A C & C E ayans la différence de 4 verges ôc 5 pieds, dont la fortification pourrait aufli eftre faite félon le deuxiefme cas cy dcfliis prapofé» mais pour fuivre la proportion de çhafeune à part il faut obferver cequifeit. Puis que l’angle ACE eft: cognu de 141 degrezr 35 min. s’approchant au plus-pres de, la figure de neuf angles de noftre table donnée» je prçns premiercmentfune des deux lignes cômprennàns l’angle dit, & cerche en la table delà forterefle de neuf angles le;poiÿgone intérieur le plus femblable à la ligne C, laquelle: a 57 verges,je trouve donc fer le titre HE le polygone, extérieur de 70 verges, dont le polygone intérieur de la fortereflè de neuf angles eft de 56 verges» ôc 3 pieds j lequel eft moindre de 7 piedes que la ligne.G.. Parquoy je fortifie La ligne CE felon cette proportion , en prenant premièrement pour la gorge iz verges, ôc z pieds, les mettant, fer la ligne Ç E de C en e, & du poind e tirant une perpendi-. culaicç, fur laquelle ;je mets i’efpaule trouvée en la mefme table de 9 verges, 6c 6 .pied?,.comme icy a e.. aufli je pren le fécond flanc de zo verges ôc prefque 8 pieds» le mettant du poind e fut la ligne jufques en F, ôc tirant une ligne droitte de la letre / par le poind a, comme icy fb ôc l’un des coftez fera fortifié. L’autre cofté G A, dont la longueur eft de 61 verges ôc 5 pieds, fera fortifié de la mefme façon. Je cer-chedonç la longueur fous la. figure de neuf angles, & trouve le titre H P à fçavoic le polygone extérieur,qui fait 75 verges, Ôc le polygone intérieur de 6ç> verges Ôc presque trois pieds, tellement que la différence entre la ligne C A ôc le polygone intérieur trouvé n’excede pas une verge & i pieds, il faudra donc que je fortifie ladite lir gne felpn la-proportion trouvée tout ainfi comme j’ay fait en fortifiant la ligne CE* ;ÔC me viendront les deuxfaccs b a 6c.cb.> s’entrecoupans dans le poind bt6c le boulevart de l’angle C fera parachevé. ... „
- Le 4. cas. , Ce'font deux ligne? comprenans un-angle exced^nr les 90 degrez,rune.defqueHes doibt, eftre fortifiée félon la proportion du grand Royal, ôc l’autre felon la proportion du petit Royal , voila pourquoy pn fe tiendra à la maniéré monftrée au troir -fjefmerças.; . .. .
- Le j cas. . Quand il y.a une ligne , qui eft moindre que la proportion du petit Royal jufques
- à 34 ver-
- p.94 - vue 125/231
-
-
-
- des places Irregulieres & ouvrages extérieurs. 515
- d 34 verges, on prend du petit Royal les gorges d’un codé & de l’autre, comme auffi les flancs : mais la defenfe eft tirée du poinéfc de la gorge & de la courtine fàijs y mettre le lècond flanc.
- ; .Mais y ayant une ligne, qui peut eftre fortifiée d’un boulevart plat du grand Royal, Lé 61eu. tellement qu’il y réfte encore 9 a 14 verges ; c’eft a diré, quand la ligne eft fi longue, quelle comprent deux courtines ou deux fois 36 verges, & les deux gorges du platbôù-levart enfemble, ôc y relient encore de chafque cofté 9 à 14 verges j on 1|, fortifie d’un boulevart plat du grand Royal, ôc les gorges reliantes felon la propriété de leur angle.
- En la figure 86 au parallellogramme A B C D il fe prefente un tel cas, dans lequel les lignes AB & CD font 125 verges: mais les deux gorges d’un plat boulevart du grand Royal font prelque 34 verges, auxquelles les deux courtines de 36 verges eftant adjouftées viendront 106 verges, celle fomme tirée de 125 verges relieront encore 19 verges. Puis que les angles veulent eftre fortifiées félon la proportion d’une forterèfle de quatre angles, je trouve que les deux gorges du grand Royal de l’autre maniéré font prelque 18 verges, tellement qu’icy manque feulement une verge. Je fortifie donc la figure comme s’enfuit : la ligne A B eftant divifée en deux parties cigales comme, icy en E, j’y àdjoufte de chafque cofté là gorge du: boulevart plat du grand Royal E Q 8c E-M : & tire du poind E une perpendiculaire E O, mettant fur icelle la ligne capitale. Semblablement je fay les lignes de defenfe flanquante Q.P ôc MN, & tire les faces l’une vers l’autre, ôc le boulevart eft parachevé. De Q.vers la lettre B Ôc de M vers A ' je mets 3 6 verges pour la courtine, ôc me relieront pour chalque collé les gorges de la figure de quatre angles de la deuxiefine maniéré. Eftant donc les lignes BD ôc AC d’une melme longueur, à fçavoir de 54 vergesi laquelle longueur appartient à la figuré de quatre angles de la deuxicfmc.maniéré, -je fortifie ce boulevart AB Ç D comme eeluy du premier cas. .
- Get exemple eft mis icy pour eftre comme un exemple &reigle de tous cas fembla-bles, en obfervant feulement la proportion conyenableen la diyifion des lignes, qui font plus longues ou plus petites.
- Les lignes de 64 d 70 verges font fortifiées félon leurs angles , par la maniéré du Le 7 cas. grand Royal. . • . ,
- Le boulevart F de la 85 figure a des codez inégaux, dont l’un eft de 7 verges plus grand que l’autre. L’angle, qu’ils comprennent s’approche de Ja figure de fix angles, tellement que ladigne F G ayant pour là longueur 57 verges,doibt eftre fortifiée felon la proportion de la figure de fix angles de b première maniéré j quis que je trouve fous le tittre H P du Polygone extérieur de 75 verges, laligne de 57 verges 6r pieds &c 7 poulces, la longeur de laquelle excede celle de la ligne F G de 6 pieds feulement, ôc 7 poulces: pareillement la ligne FE ayant 54a 70 verges, veut eftre fortifiée en la mefme façon, félon la proportion de la figure de fix angles du grand Royal, puis que le cofté de la figure de fix angles du grand Royal eft de 61 verges, ôc 4 pieds.
- Le cofté d’une figure ayant 70 a 100 verges pour fa longueur,'fe fortifie chafque Les cas. ëoing felon la condition defbn.angle, Ôc on .met un ravê(iri au milieu, quand on n’y Veut pas mettre un boulevart plat, pour efpargner les defpens.
- tin exemple hous en eft reprefenté en h 87 figure, où le polygone intérieur eft de 100 verges. Chafque cofté eft fortifié felon,la proportion cPune figuré hexangu-laire du grand Royal, à caufe que la gorge eft de 120 degrez. Mais à fin que la defenfe nie foit trop foibie*oh-y-a mis des.ravelins.au déviant felon les reigles qui font données enladefcriptibh desravelitis. ' ;•! :
- ‘ S’il y a quelque ligne defoa jufquesà 130 verges, on fortifie les coings felonlapro- Le $ cas. portion dé là1 moitié du cofté: mais au milieu, .eft mis un boulevart plat auffi proportionné felon-là moitié dufeofté :en ce caslâ on.fe pourra fe fervir de lareiglë du fi-"xiefmëcas. 1 '
- Les1 lignes ayàns pour leurlcngneur de 130 jufqucs a 100 verges veulent eftre divi- Le 10 cas. fées en 3 parties cfgales,ôc de deuxboulevarts plats,qui viennent au milieu, chafeun “dbibtëftre fortifié felon la proportion de fbn cofté , & les boulevarts des coings fe-'Ion la proportion de leurs angles.
- ^ '* Vnè fort longue ligne dftant-divifée par 60 quand il n’y refte plus que dix pour Leu cas. chafque partie, on les àdjoufte à chafeune des autres parties, & fortifie on les codez
- félon
- p.95 - vue 126/231
-
-
-
- 9 6 Sèeond Livre de la Fortification,
- félon la proportion de leur longueur, tellement qu’on y fait tousjours un bouleyart plat moindre que le quotient, qui eft venu par la divifion monftréc. le ucm. • Mais quand il fe rrouvent plus que dix verges pour chafque cofté., j’ad joufte encore un au quotient, & je divife par cette fomme la ligne donnée, les parties de laquelle je fortifié 'félon la proportion du cofté.
- Soitpour exemple une ligne de 440 verges, laquelle eftant diviféepar 60 me donnera 7 polygones; & puis que le refte ne donne pas encore dix verges pour chafque cofté, à fçavoirfèptante verges, mais vingt feulement je divife ïeio par fèpt, & viendront prefque 3 verges pour chafque çofté, tellement que chafque cofté fera prefque de 63 verges, félon laquelle longueur la fortification doibt eftre ordonnée.
- Soit une autre ligne ayant pour fa longueur 290 verges, laquelle eftant divifée par 66, mê viendront 4 polygones, & referont encore 50 verges, lefquelles eftant plus, que dix verges pour chafque polygone, il faut encore adjoufter un à ce quotient 4 qui eft venu par la divifion, 8c on aura 5, par lefquels on divifèrales 290 verges., &.on au-. ra 58 verges pour chàfcun cofté, la proportion de laquelle longueur il faut obfèrveô en baftiffint les plats boule varts, & les autres y neceffaires.
- De ces cas mis icy il s’en forme encore une infinité d’autres, lefquels il n’eft pas be« foin de marquer tous pour le prêtent,-comme prennans leur origine des precedents, 8S n’admettans pas quelque changement parriculier.
- Vm autre II y a encore une autre maniéré de fortifier les places Irregulicres, laquelle eft mite
- manière. €n œuvre comme s’enfuir. On adjouftè tous les coftez de la fortereflê en une fomme, comme auffi les coftez pris de la table calculée,à fçavoir unehafeun félon la propriété de fori angle : lefquelles deux fournies eftant conférées,enfèmble quand elles conviennent, la figure eft fortifiée à-la maniéré fuivante.On fait le commencement d es l’angle qui eft le plus aigu de tous les autres, en mettant fur la ligne la ligne capitale trouvée dans la table calculée, & marquant en apres la courtine, fur laquelle il faut auffi poter le fécond flanc; auffi fait ondes efpaulesshafcune félon que fon angle le requiert; 8c pour avoir les faces on tire du poinéfc du fécond flanc une ligne coupant l’angle flanqué, laquelle donnera les faces pour l’un 8c l'autre cafté. En apres .on prend 1 autre angle, en y mettant les. gorges de l’un 8c de l’autre cofté où elles .tombent: on tire auffi du poind de là courtine 8c dé la gorge les efpaules,&marque on fur ia courtine le fécond flanc, dé l’extrémité duquel on tire une ligne coupant l’angle flanqué; pour avoir les faces, pat lequel moyen ce boulevart fera auffi apprefté. De la mefine maniéré.on procédé aux autres, jufqués à ce qu’on foit retourné à cet angle là, dont on a commence.
- Mais quand la fommè des coftez ne s accorde pas avec la femme dés coftez de la table calculée, eftant ou plus grande, ou plus petite, on proportionne les parties en la maniéré füivante.
- Quand elle eft plus petite que* la fothme du grand Royal, on dit :
- f ta gorgé, ' ÇLa gorge, *\
- \La coUftine, - / La fommeA La courtine, , / Selon la
- La fomme entier? J La ligne de defetlrV/donc des co-JLa ligne de.defen- ^propriété de la table donne ) fe flanquante, fftez entem-j fe flanquante, fde l’an-
- / Lé fécond flanc, \ble donnera / Le fécond flanc, Vgle.
- ; - ; “ VLe flanc, J VLeflanc,..,, j. . j
- Qüarîd la fomme de la table eft plus grande qneJaJomraedes çpftez de la figure, tellement qu’elle a outre 28 verges, on adjouftè à la fournie de lavable calculée, les deux gorges du bôulëvart plat, 8c proportionne oh les mefmes lignes çy deffiis mentionnées, chafcune hors.de la table félon la proportion de/on àngïe.,En apres-on proportionne auffi les gorges du boulevart plat avec, tes dpaulçs, &teeopd; flanc, les mettant fur la ligne la plus longue, en continuant jufques à ce que toute la figure foit fortifiée. Mais fi les lignés font fi longues quelles admettent deux, trois,ou quatre boule varts plats, chafcun y fera mis félon fa proportion.
- " Soit pour exemple la 9 2 figure, (laquelle eftant cy deffiis la 85 figure eft desja fortifiée félonies cas propofez) à fortifier félon la maniéré mite icy en avant.,* }adjou-fte premièrement en une fomme le polygone intérieur félon la.proportion de la table donnée, comme auffi les coftez de la figure .propofeei... ' ;._*.
- Le co-
- p.96 - vue 127/231
-
-
-
- des places Irregulieres & ouvrages extérieurs. ^7
- rAB 6%. 'j nn r v 'i r*. 5+
- BD 66. D IXXIV U7.07
- |DG 62.4} |G I IV {angles donne j 60.47
- Le cofté^ F G 65.6 ^de l’angle^ F ^delafigurede^ X ^pour le poly-^63.89
- 1VI 1 gone intérieur 1 62.39 IX I U3.69
- ^VIIJ U5.07
- EF
- EC
- CA
- 64. j
- 61. «J
- 44W • 442. ii
- La forcime des coftez de La fomme des coftez félon la pro-
- la figure. portion des tables calculées.
- Les coftez éftans adjouftez enfémbleja différence de l’une & de l’autre fomtfte n’eft pas plus grande que de 6 pieds,donc il appert,que cefte figure doibt eftre fortifiée félon la proportion des tables du grand Royal, fans y changer aucune chofé. Or on fait le ‘ commencement du plus petit angle, lequel eft marque de la lettre Gi 6c veut eftre fortifié félon la proportion du quatre. La table donc du quarré du grand Royal me don- v nant 11 verges pour la gorge, je les mets fur la ligne GF de g en a: &du poin&<* je tire la perpendiculaire A e,pofant fur icelle le flanc du quarré contenant pour fàlongucur 6 verges \ 6c la courtine de 3 6 verges occupera fur la ligne A F la longueur Ad, 6c a f fera le fécond flanc eftant mis fur la ligne G F de la lettre a jufquesen/; la ligne fg tirée delà lettre/par la lettre «achèvera la moitié du boulevart G. En apres je commence à ordonner le boulevart F , qui veut eftre fortifié félon la proportion d’une forte-relie de dix angles. Premièrement je mets 12 verges pour le flanc db fur le poinél: d,
- 6c prenant le double de la ligne capitale a fçavoir 28 verges, j’en pofe autant qu’il en viendra pour la longueur d F,qui fait icyi9 verges, & demeureront feulement 9 verges pour l’autre ligne capitale, lefquellcs feront aufli mîfes de F vers ii&c fera tirée la perpendiculaire i£. pour y rfiettre le flanc de 12 verges : aufli faut il prendre le fécond, flanc félon la proportion donnée d’une fortereflè de dix angles, 6c le mettre de la lettre d vers m, 6c de i vers 0, 6c tirer la ligne om<du poinéfc a,vers:1e poinéfc 6c du poinéfc wparlepoimft b la ligne ml, 6c ces deuxlignes s’entrecouperont, en/, 6c ledit boulevart fera fortifié. Davantage je mefure 36 verges pour la courtine de la lettre ijufl quesàlalettre<7, & fortifie le boulevart E félon la proportion d’une forterefft.de fix angles , tout de mefme que j’ay fait auparavant, ce que je continue tout à l’entour julques au boulevart G, • .•
- Cette maniéré n’eft pourtant la meilleure, à cauft que les boulevarts deviennent fort inelgaux, 6c font aufli fans aucun ordre.pouvant plus aifement eftre réduits ali proportion Reguliere. En cet exemple cy-propofé il n’importe beaucoup, d’autant que toutes lignes font prefque efgales, horfmis les boulevarts F & E., dont les lignes capitales font tort inefgales, veu que-nous avons trouvé la longueur d’un cofté de 19 verges,& la longueur de l'autre de 9 verges. De mefme l’une des faces du boulevart E eft de huiéfc verges plus longue que l’autre, combien quelles doivent eftre 6c font communément' efgales. Car la trop grande inégalité des lignes,rend les boulevarts trop inégaux, ôc mal commodes d-ft defendre ,eeique nous .‘avons trouvé bon de faire mention icy.
- Il y en a, qui nefe fervent pas de quelques tables proportionnées en la fortifica - 3 Mamers. tion Irreguliere ; mais fortifient les lieux Irréguliers félon la proportion des coftez, 6c appellent cefte maniéré la fortification Directive , en laquelle ils n’obférvent aucunes certaines reigleS ÿ maisrousjours ûnemefme maniéré, comme quoy devienne l’angle pourveu qu’il ne foit pas moindre de 9 o degrez. Ils divifent chafque cofté en s parties efgales, pouf prendre laeincjuiefme partie pour.la gorge : 6c pour le flanc ilsprçnnent aufli la féptiefme partie dutmpfmécofté eftant divifè en fépt parties efgales. : Vne ligne tirée par le poinéfc de l’angle polygone eftant divift'e en deux parties elgales leur fért au lieu de la ligne capitale, fur laquelle ils mettent la troifïefme partie de chafque cofté: mais d’autant que les lignes capitales deviennent fort inégalés, à cauft que les coftez des figures Irregulieres font;inégaux, ils remédient a cette faute en cette façon„: .ils di-viféht la différencede la.plaslongue, & de la pluscourte ligne capitale en deux parties efgales, dont ils adjonftent l une à la plus courte ligne & fortifient ainfi la figure. Et quand la longueur de quelque-cofté s’eftend outre les 70 verges, ils la divifent en. deux parties efgales, 6c mettent au milieu un boulevart plat félon la proportion trouvée du
- N cofté;
- p.97 - vue 128/231
-
-
-
- 5>S
- Second Livre de la Fortification,
- cofté; comme aufli deux ou plufieurs fi la longueur du cofté le requiert. Mais puis que l’on ne fe peut fèrvir par tout ni en tous cas de cette fortification directive, principalement à caufe des coftez qui font fort inégaux, & rendent la defenfe des angles dune fortereflè de quatre ou cinq angles.fort petite, d’autant qu’il faut quelle demeure quelquefois fans fécond flanc, 8c foit aufli tirée quelquefois du milieu des flancs, tellement qu’iiy a tous)ours quelque choie à changer,nous la rejettonsicy comme inutile & (ans fondement, 8c la laiflons à ceux, aufquels il fèmblera bon de s’en fèrvir. Nous eufïions peu faire mention des autres maniérés, lefquelles nous laiflons toutesfois comme ne différant guere denoftre première maniéré, & concluons ce chapitre en faifànt refpon-fe à une queftion qui fè vient prefenter là deflus.
- Si les boule- C’eft à fçavoir,fi tous les boulevarts d’une fortereflè Irreguliere peuvent eftre faits varts d'une égaux, tellement que l’un ne devienne plus grand que l'autre, & que les angles demeu-forterejfeir- rent fens y changer peu ou point. Il y en a quelques uns, qui demeurent fi fermement Peuvent en cette opinion, qu’ils n’en s’en peuvent départir, combien qu’ils (oient convaincus,
- ejîrTdune & fçaehent bien, que c’eft une chofe impoflible, d’autant qu’un angle de 9 o degrez ne mejmegrun^ peut eftre fortifié d’un boulevart, dont le poind face aufli 90 degr. premièrement deur. quand la defenfe doibt eftre tirée de la courtine : ce feroit aufli lin boulevart merveilleux, qui devroit eftre mis fur une ligne droitte félon la proportion du quarré. Mais les raifbns, lesquelles ils amement pour prouver leur opinion,font telles, 1. L’ennemy venant pour aflieger la fortereflè aflàilleroit le plus petitboulevart, comme le plus foible, dont il fe pourroit plus aifement rendre maiftre : on refpond la deflus, que fi l’ennemy attacque les lieux les plus foibles de quelque fortereflè, comme il eft raifonable, il faut routesfois icy obferver, que le boulevart, qui eft tenu pour le plus foible,eft de luy mefi-me aflèz fort pour faire une refiftence fuffifante à l’ennemy, d’autant qu’il a fa parfai&e defenfe, 8c n’importe pas que les autres boulevarts foyent faits plus forts,& plus grands outre leur proportion parfaite & convenable, puis qu’ils communiquent leur defenfe dont ils abondent, auditpetit boulevart. 2. En apres ils mettent en avant, que les défi-pens des grands boulevarts 8c larges furpaflènt beaucoup ceux des petits : 8c que les boulevarts mis deflus un angle de 90 degr. font aflèz convenables pour faire refiftence ,8c ne requièrent pas tant de defpens comme font ceux qui font mis fur une ligne droitte : ce qui leur eft aufli concédé, comme par exemple que le boulevart D de la 85 figure coufte beaucoup plus, que le boulevart G. Mais il ne pourront aufli nier, que le boulevart D, occupe une plus grande partie de la fortereflè à fçavoir l’efpace ed9 que le boulevart G, 8c s’il advenoit fort fouvent, qu’on fuft contraind de faire des gorges fi eftroittcs,comme félon leur opinion requièrent tous les boulevarts égaux, il y fàu-droit encore mettre d’avantage de boulevarts , & faire beaucoup plus de defpens* qu’on ne feroit pas en fè fèrvant de noftre maniéré cy propofée. Les faces de la 85 figure ne varient pas beaucoup, parquoy les boulevarts y font aufli prefque d’une mef* me grandeur: mais les angles flanquéz 8c les flancs d’un boulevart deviennent plus petits, 8c de l’autre plus grands a caufè de l'inégalité des gorges, félon lefquelles la fortification Irreguliere veut eftre ordonnée, & n’admet pas d’autre changement.
- Quant à ce que félon la première maniéré les angles flanquez de la fortification Irreguliere font quelquefois plus petits, & quelquefois plus grands (toutesfois jamais outre les 90 degrez, comme il eft propofé en la fortification Reguliere) principalement quand les angles polygones ne font pas trouvez efgaux aux angles polygones de la fortification Reguliere, 8c quelques uns veulent, que cela convienne exa&ement, principalement quand un boulevart Régulier doibt eftre mis fur l’angle, il le faudra faire en la maniéré fuivante. Soit pour exemple l’angle polygone faifant 100 degrez* fur lequel il faut mettre un boulevart Régulier , dont l’angle flanqué doibt eftre proportionné avec l’angle polygone, comme l’angle flanqué du quarré eft .proportionné avec fon angle polygone : je divifè l’angle polygone à fçavoir les 100.degrez en deux parties efga-• les, 8c adjoufte à la moitié zo degrez, & viennent 70 degrez pour l’angle flanqué. On peut retenir la longueur ufitée des lignes, comme 3 6 verges pour la courtine, 8c 1 4 pour les faces: mais pour les flancs on pourra bien prendre une demie verge d’avanta-ge que 6 verges, qui font la longueur ufitée du quarré. Touchant le refte on fè tiendra à tout ce qui eft propofé au premier livre, jufques à ce que nous ayons mis en lumière les tables refoluè’s proportionnelles de la fortification.
- C H a p 1-
- p.98 - vue 129/231
-
-
-
- pl.n.n. - vue 130/231
-
-
-
- 99
- des places Irregulieres & ouvrages extérieurs.
- Chapitre X.
- De la fortification des lieux ayans des coftez recourbez vers Hnterieur, & des angles extérieurs.
- IL fc trouvent quelquefois aux fortereflés des coftez rëcoubez vers l'interieur, 6c des angles extérieurs eftant caufez,ou parla difpofition naturelle, ou parla figure dé la ville jadis baftie,qui ne peuvent eftre meliorez,ni changez en une ligne droitte,5c cela pour la plufpartà caufe d’un marais, comme il fe voiden la fortification de la ville de Bolduc. Neantmoins il eft fort neceflàire qu’un tel cofté foit auffi bien fortifié, que les autres, à fin que l’ennemy n’y puiflé pas trouver de lieu foible, qui luy donne l'occafion daflàillir le lieu.
- Parquoy on a advifé pour trouver quelque remede, a fin que l’aflàut de l’ennemy puiflé eftre cmpefché , & ne luy foit donné occafion de cercher fon advantage : à quelle fin ferviront quelques cas mis icy en avant, félon lefqitels la fortification de tels coftez recourbez pourra eftre mile en pratique.
- S’il y a un angle extérieur compris par deux lignes, dont chafcune eft de 40 à 60 t.ei cm. verges, 6c l’angle dit de 75 à 90 degrez, il faut fortifier l’angle intérieur félon la proportion des lignes de nos tables. En apres il faut prendre la longueur de la gorge de l’angle faifant les lignes qui comprennent l’angle intérieur, la mettant for les lignes dites de chafque cofté. Du poinéfc de la gorge 5c de la courtine doibt auffi eftre tirée une perpendiculaire, & là où elle fe coupera , fe trouveront les faces du boulevart, qui eft fait fans efpaules.
- Quand l’angle eft obtus ayant de 90 à 110 degrez, & les lignes font de la longueur Le z cas. comme deffiis, un chacun angle veut eftre fortifié félon là propriété ; mais au milieu, de l’angle extérieur doibt eftre mis un ravelin.
- Les lignes CD Sc DA de la 89 figure recourbez vers l’interieur de la forterefïé, 6c faifant l'angle extérieur CDA de 99 degrez, & 30 min. nous repreféntent un tel cas.
- La ligne AD eft de 4 j verges; la ligne CD de 51 verges 6c $ pieds * la ligne AB de 49 verges, «5c celle de FC de 55 verges. Je fortifie donc ces boulevarts A 6c C, félon la proportion de chafque ligne en la maniéré du troifiefine cas du chapitre precedent de • ce livre, comme s’enfuit.Püis que l’angle D C F fait 90 degtez, 8c la ligne C D 51 verges , il veut eftre fortifié félon la proportion de l’angle du quarré, parquoy je cerche, dans les tables proportionnées de la première maniéré, le polygone intérieur du quarré approchant au plus prés de la ligne C D * lequel je trouve en la table marquée du Nombre 11. fous le titre du polygone extérieur marqué des lettres H P, 6c faifant 70 verges, eftre longue de 51 verges 6c d’un pied, pourtant je prens de la mefme colomne la gorge de 10 verges la mettant fur la ligne de c en f, 6c le flanc de 5 verges de/en e.
- En apres je mefiire le fécond flanc le pofànt de/en g, 6c du poind g je tire une ligne droittepar l’extremité du flanc en e, 5c la moitié du boulevart fera prefte. L’autre moitié fe reigle félon la ligne C F , faifant 55 verges, qui veut eftre fortifiée félon la proportion du quarré, laquelle me monftre pour le polygone intérieur, foubs le titre du polygone extérieur HP faifant 75 verges, 54 verges 6c 7-7- pieds: eftant la différence de la ligne C F , 6c du polygone intérieur trouvée feulement de z-j- pieds ; pourtant je prens la gorge de n verges la mettant de C en r, 6c du poinétr je tire la perpendiculaire cb pour le flanc faifant dans les tables j verges & 4 pieds, de c en a je mets pour le fécond flanc Z4 verges 6c 5 pieds, 6c tire du poinéfc a par le poinét b une ligne droitte coupant les faces,& achevant le boulevart cb d ef de la lettre C.Le boulevart A fe fortifie dç la mefme façon félon la proportion de la forterefïé de cinq angles.
- Cela eftant fait, on tire le fofle parallclle aux faces, 6c là où les lignes de la defenfe flanquante touchent la courtine, on le change un peu, 6c le rend on un peu plus large : de chafque cofté on tire auffi'une ligne parellelie à la courtine, & obfervant la longueur des flancs on met au bord de la ligne parallelle un ravelin, qiii peut flanquer les faces ed 6c bfdes deux boulevarts plus proches.
- Vn angle recourbé eftant de izo degrez jufques à une ligne droittement eftendue, Le j à & des lignes comprenant l’angle dit chafcune contient 40 à 60 verges, une chafcune
- N z eft
- Si
- p.99 - vue 131/231
-
-
-
- ioo Second Livre de la Fortification,
- eft auffi fortifié félon la condition de l’angle, 6c félon la proportion de l’un 6c de l’autre cofté. mais au milieu eft mis un boulevart contenant les gorges 6c les flancs des deuxboulevarts plus proches, 6c les faces fé donneront d’elles mefmes, quand l’angle flanqué fait 85 ou 90 degrez.
- Le 4 cas. L’angle recourbé eftant conditionné comme celuy du 3 cas, mais les lignes contenant de 84 jufquesà 120 verges, chafcune eft divifee en deux parties e(gales, 6c les angles extérieurs eftant fortifiez félon la proportion de leurs lignes & des angles conve-nablesjon met au milieu de la ligne divifée un boulevart plat; 6c l’angle extérieur eft auffi fortifié d’un boulevart plat* comme il eft monftré au 3 cas.
- Le$•cas. Les angles eftant fi grands , & les lignes fi longues , quelles contiennent bien trois ou d avantage des polygones du grand ou du petit Royal, les lignes font fortifiées félon la proportion de leur grandeur,6c à la maniéré monftrée au chapitre précédant: mais au milieu fur l’angle extérieur eft auffi mis un boulevart * tout ainfi comme il eft cnfeigné au troifiefme cas.
- Le 6 cas. Mais y ayant une ligne plus courte, & contenant de 40^30 verges,on cerche dans les tables proportionnées le fécond flanc, 6c la gorge y approchant enfémble au plus prés, 6c félon cefte ligne trouvée on fortifie l’angle.
- Vn tel emple eft propofe en la 8? figure, où il y a la ligne G H, ayant la longueur moyenne entre 40 6c 3 o, à foavoir 35 verges -, l’angle G faifànt 104 degrez veut eftre fortifié félon la proportion de la fortereflé de cinq angles , 6c la ligne F G,compren« liant avec' la ligne G H l’angle dit, contient 48 verges 6 pieds. Pour fortifier donc la ligne F G la table de la première maniéré du pentagone me donne pour le polygone intérieur du polygone extérieur de 65 verges, marqué de lettres H P, 48 verges 6c 8 pieds, tellement que la différence de ces deux lignes d fçavoir de la ligne F G, 6c du polygone intérieur trouvé dans les tables proportionnées,eft feulement de z pieds; pourtant je prens la gorge de la proportion trouvée fajfant 10 verges, laquelle j’ad-joufte à la ligne Gf, 6c je mets fur une perpendiculaire tirée du poind/le flanc trouvé dans les tables de 5 verges 5 pieds. De mefme je mefure 18 verges de /en g, pour le fécond flanc, 6c tire du poinéfc g par le poinéfc e pour achever la moitié du boulevart, dont l’autre eft auffi faite en telle façon. Veu que la ligne G H eft moindre que la longueur de 40 verges,je cerche dans la table entre les pentagones une fomme ad-jouftée du fécond flanc 6c de la gorge, qui s’approche au plus prés de la longueur G H, faifànt 35 verges : & je trouve aux tables du grand Royal de la première maniéré foubs le pentagone le fécond flanc de 12 verges 6c 9 pieds, &la gorge de 11 verges 7 pieds 6c 7 poulces, lefquelles deux fommes eftant adjouftées enfémble me donnent 3J verges 6c 7 pieds, ce qui eft la plus approchante fomme de la ligne G H. Parquoy je prens la gorge de la table du grand Royal contenant 12 verges 7 pieds, la mettant fur la ligne G H, de G jufques en c : du poinéfc de la gorge, 6c de la courtine je tire une perpendiculaire, pofànt fur icelle le flanc cb comprennant 7 verges : le fé- cond flanc s’eftendra de c en a. Du poinét a, où les lignes G H & H1 fé rencontrent, & le fécond flanc fé finit, je tire par le poin<ft b une ligne droitte, &les lignesgd, 6c s’entrecoupant en d y font l’angle flanqué , 6c achèvent auffi ce boulevart, félon la proportion de la plus courte ligne.
- Suivant ces cas cy propofées on en pourra former une infinité d’autres j dont il n’eft pas jjoffible de faire icy mention.
- si l'on doibt C’eft à tort, que tels coftez recourbez font rejettez de quelques uns, veu qu’ils de-rejetter les fendent beaucoup mieux les boulevarts que les lignes droittes, comme il appert aux cofiex. re. boulevarts C & A de la 89 figure, où il fe void clairement, que le boulevart A eft courbez. pourveu d’un beaucoup plus grand fécond flanc, 6c d’une defenfé beaucoup meilleu-
- re que fi une ligne droitte eftoit tirée de C vers A ,6c eftoit fortifiée de boulevarts. Car le boulevart A, prend là defenfé du boulevart C & de la courtine fD , 6c ne manque pas auffi de fon propre fécond flanc Da. Pareillement le boulevart C, eft fort bien flanqué du boulevart A, de la courtine c D, & de fon propre fécond flanc g D. tellement qu’il n’y a pas de caufé, ni de raifon fùffifànte, pourquoy on doive rc-» jetter ou reprouver l’opinion de Bonadjuto Lorini, de laquelle il fait mention au cha-
- pitre neufiefme du troifiefme livre de fa Fortification. 11 n’eft pas auffi tousjours befoing de joindre les faces au poind du cofté recourbé , comme il eft reprefénté
- au pre-
- p.100 - vue 132/231
-
-
-
- des places Irregulieres & ouvrages extérieurs, ioi
- au precedent exemplehorfmis quand la condition de lignes le requiert. Le Baron de Groto eft d’advis, que tous les coftez d’une fortereflé bien ordonnée,foient recourbez vers l-interieur, quand on veut joindre les boulevarts aux fortereflés: ce qui n’eft pas à tort ou fans raifon, d’autant que les coftez, eftant faits en forme d’une tenaille, ont leur propre defenfe, & les boulevarts en font beaucoup mieux défendus. Quant a ce que quelques uns rejettent aufli ces coftez recourbez,à caufe que la defenfe d’une ligne droittement eftendue eft plus proche, que celle là qui fe fait de coftez recourbez, & eft pourtant plus efloignee : je dis, que je le concédé bien, quand la defenfe eft trop efloignee ; mais eftant ordonnée de telle façon, quelle ne foit trop tfloignée, elle furpaflé beaucoup celle d'une ligne droitte.
- C h a p i t ni e X I .
- Comment il faut fortifier les Ijeux au dedans d'une figure donnée.
- COmbien qu’il advient fort rarement) qu’un lieu doibt eftre fortifié au dedans, à caufe que l’on ayme mieux d’eflargir les fortereflés, que de les rendre plus petites , fi eft ce qu’il eft aufli neceflàirç (feEb.trai&er icy, puis qu’il fe trouve quel-quesfois un lien, qui par fa nature ne peut eftre,autrement fortifié.
- Tels lieux fe rencontrent au milieu de l’eau, .ou bien au point & endroit de la rencontre de deux rivières, où il eft neceflàire de mettre un fort pour afléurer l’eau, 8c le paflàge par icelle. Vn tel lieu eftant donc donné, qui requerrait neceflàirement quelque defenfe, 8c la qualité du lieu ne permettant point de mettre un fort efloigné du bord des rivières, à caufe qu’il deviendroit trop petit j, il le faùdroit fortifier au dedans, c’eftà dire au dedans du bord extérieur de la riviere 8c faùdroit ordonner les courtines & les boulevarts, félon que l’exemple fuivant le monftrera.
- Prefuppofons, qu’il y ait un lieu au milieu de l’eau,comme il fe void en la. 93 figure* 1 Exemple. où il faùdroit mettre un fort pour flanquer l’eau, 8c defendre le paflàge , qui doibt eftre aufli grand qu’il eft poflible. Mais le lieu diéfc reflémblant prefque un pentagone je marque joinéfclebord , où je penfequeles boulevarts peuvent eftre le mieux logez,les angles de la figure, 8c mefiire les coftez l’un apres l’autre comme icy A B C D E F, defquels un chafcun eft trouvé de zo verges, ce qui fera le, polygone extérieur de ce fort : & puis que la figure eft Reguliere, il faut que les boulevarts, 8c les autres parties du fort deviennent aufli Regulieres. Le polygone donc intérieur eftant cognu, au dedans duquel le fort doibt eftre fortifié, je cerche dans les tables proportionnées une polygone extérieur, qui foit le plus eigal à la longueur mentionnée , lequel je trouve dans les dites tables de la première maniéré Nomb. IV. dont je prens la diftance de l’angle flanqué du flanc prolongé qui fait y verges 6 pieds, laquelle je mets fur le polygone extérieur en commenceant du poinéc où doibt eftre l’angle flanqué : comme icy de B vers m 8c i, & de A vers/. Puis apres je prens le flanc prolongé le mettant fur une perpendiculaire tirée du polygone extérieur vers le polygone intérieur, comme icy fh il Samo , lequel eft trouvé de 3 verges, 3 pieds‘& 8 poul-ces. Je divife aufli l’angle polygone en deux parties efgales par une ligne fur laquelle je mets la longueur de la ligne capitale trouvée dans la table, faifànt 4 verges 8c z pieds, tellement quelle regardel’interieure partie de la figure, comme icy Ub8cAa.
- Cela eftant fait je tire de la lettre a vers b une ligne droitte parallelle avec la ligne A B, comme icy la ligne ab, 8c les faces ah 8c Ible donneront d’elles mefmes, comme aufli la courtine hl, lefquelles font icy reprefentées par les lettres fh il 8cm 0. Je pofe aufli pour la longueur des flancs 1 verges 8c 7 pieds fur les lignes fhil 8c mo, de la lettre h vers /, de l vers i, 8c de 0 vers m, laquelle longueur eft icy marquée des lettres hgylk.8c on : deux lignes droittes tirées du poinéfc B vers f & n donneront les faces, & le boulevart fera rchevé. Cela eftant fait on tire les lignes bc, cd,de, 8c ea parallellcs avec les lettres BC,CD,DA,EA:en obfervant la largeur fh, 8c continue la fortification de la figure, jufquesàce quelle foit entièrement fortifiée félon les proportions des tables données en la fortification Reguliere.
- Outre ce cas icy mis il arrive fort rarement, qu’il fe rencontre d’autres lieux qui
- N 5 doivent
- p.101 - vue 133/231
-
-
-
- loi SecondLivredelaFortificatiôh,
- doivent eftre fortifiées en cette façon ; nous en mettrons toutesfois icy un pour exemple, & le fortifierons par dedans.
- 'Exemple. Soit à fortifier la figure Irregulicre A B C D E F Nomb. 94. eftant tellement conditionnée, quelle veut eftre fortifiée plus par dedans que par de hors. La longueur deslignes extérieures eft comme s’enfuit : AB92,BC 8$vCD i<>i, DE 8o,EFio2, FA 115 verges 3 l’angle FAB de 145 degr. 30 min. ABC 130 degr. BCD 90 degr. 15 min. C D E 131 degr. 15 min, D E F 12 o degr. 45 min. E F A 1 o 2 degr;
- Four le mettre donc en pratique je commence de fangle obtus FAB 145 degrez 30 min. Et puis que de deux polygones extérieurs FA 8c AB chacun eft trop long pour eftre fortifié félon la proportion du grand Royal, & leur moitié eft trop petite au regard de la proportion du petit Royal ; je fortifie ledit angle félon fà propriété fuivant la proportion du grand Royal 1er faifant en telle maniéré. L’angle convient au plus prés avec l’angle d'une fortereflè de dix angles, dont il appert qu'il veut aufli avoir la mefme proportion, pourtant prettnant la diftançe de l’angle flanqué du flanc prolongé, laquelle je trouve dans les tables proportionnées du grand Royal de la première maniéré foubs les fortereflès de dix angles,de 21 verges & 4pieds, je la mets fur le polygone extérieur de la lettre A vers b 8c g, 8c du poinéfc b 8cg, je tire les perpendiculaires gm 8c bn ayant une mefme longueur avec le flanc prolongé, faifitnt icy 22 verges 9 pieds. Je divifè aufli l’angfè polygone en deux parties efgalçs par une ligne, fur laquelle je mets 24 verges pour làlongueur de la ligne capitale, comme aufli 12 verges pour la longueur des flancs'fin ies lignes ;»g 8c nh>6e m vers *,&de» ver s£. 8c pour achever ce boülevart je conjôin les'poinéts A i 8c A ^ par les faces. Mais pour Fortifier les autres coins je tire les polygones intérieurs parallelles aux polygones extérieurs à la longueur des lignes £m ou hn, comme icy L M faifant 74, M N 51, N O 128,0 P 57, P K 81, K L 89 verges ; 8c je mets fur l’angle K un boülevart félon la proportion dii pentagone du grand Royal, &fur l’angle P un boülevart félon la proportion dé la fortereflè de fix angles, dont la moitié regardant la lettre K doibt eftre fortifiée lèlon le grand Royal, mais ,1’autre fe reigle félon la ligne P O, trouvée dans la table foubs le titre HP polygone extérieur de 75 verges. En la mefme maniéré eft fortifiée la moitié du boülevart O félon la proportion de la fortereflè de fèpt angles,à eau-fe de la mefme ligne, laquelle n’y eft pas trouvée, mais feulement 58 verges 8c 8 pieds, pourtant il me le faut apprefter félon la proportion de cette ligne, puis qu’elle s’en ap-. , proche au plus prés. Je marque donc pour la gorge O s 12 verges 6 pieds, pour le flanc fe 8 verges,pour le fécond flanc ed 20 verges 6 pieds : en apres je tire du poind d par /, une ligne prolongée outre la lettre g, 8c ladite moitié fera parfaite. Pour fortifier aufli l’autre moitié, il faut premièrement avoir efgard à la ligne ON, laquelle a pour fà longueur 128 verges, dont la moitié fait 64 verges. Et puis que cette ligne n’eft pas guere differente de celle du grand Royal, je la fortifie aufli félon la proportion du grand Royal, 8c je prens pour la gorge O s 13 pieds, 8c 5 pieds hors de la table de la fortereflè de fept angles. Pour le flanc oa 9 verges, pour le fécond flanc 0 p 22 verges,finalement une ligne droitte tirée du poinéfc p, par la lettre a vers/me donne l’autre moitié, ¶infi le boülevart O eft parfait. La courtine opq de 36 verges s’eftendra vers N. J’obfèrve la mefme maniéré en fortifiant l’une des moitié du boülevart N félon la proportion de la ligne N M, 8c l’autre moitié félon la ligne N r faifant aufli 64 verges : pourtant je retien la proportion du grand Royal en fortifiant cette moitié, 8c je marque 3 6 verges pour la courtine u/, tellement qu’il me reliera la longueur qfde 30 verges 8c 3 pieds, eftant deux lignes du boülevart plat : 8c d’autant quelles ne different guere des gorges dü petit Royal, je tire des poinéls q, r,f, trois perpendiculaires, dont celle du milieu fèrvira pour la ligne capitale rz., 24 verges 8c 8 pieds y eftant marquez, les autres deux me donneront les flancs qy 8c fx de 10 verges, 8c les deux faces y z. & z.x s’entrecoupans en z. achèveront le boülevart plat. Le. boülevart M eft fortifié félon la propriété de fon angle : 8c les courtines entre les bou-levarts P K, K L, L M eftant trop longues on y a mis les ravelins H GI, afin que la de-fenfè ne foit trop foible. Ce qui refte à faire aux cas femblables, fera beaucoup mieux enfeigné par la pratique,ayant en main la condition & qualité des lieux qui viennent à fortifier , que par les reiglcs 8c exemples 5 veu qu’il eft impoflible de les fpecifier tous, comme il fe prefentenr.
- C H a p 1-
- p.102 - vue 134/231
-
-
-
- pl.n.n. - vue 135/231
-
-
-
- des places Iïreguîieres &: ouvrages extérieurs.
- 103
- C H*A PITRE XII.
- Touchant U fortification des angles &coJlez malpropres.
- PAr les angles mal propres nous entendons les angles qui font moindres que de 90 degrez ; de par les lignes mal propres les lignes qui font trop petites : tellement que les boulevarts eftant faits félon la proportion des lignes (croient trop petits pour une fortereflé Royale. Et puis qu’il eft neantmoïns neceflàire , qu’un tel lieu foit aufli quelquesfois fortifié, nou$monftreronsicy par quelques exemples comment cela doibt eftre pratiqué.
- Tous ceux qui font profeflion de la fortification font d’accord, que le plus petit angle polygone doibt eftre dé 90 degrez, ôc que l’on ne doibt pas mettre un boule-vart fur ün angle, quifoit moindre que de 90 degr. à caufe de l’angle flanqué, qui en deviendroit trop aigu. Car il eft desja réduit à 60 degrez par l’angle de 90 degrez, comme il fe void au premier livre en la table de l’autre maniéré. Mais quand il eft neceflàire de fortifier un tel angle qui n’atteint pas les 90 degrez , on le coupe ou change la figure, en y adjouftant, ou foubftrayant quelque piece, comme ilfe verra aux exemples fuivants.
- Vn angle ayant de 86 jufquesd 9odegrezfera encore fortifié d’un boulevart par fait, d’autant que par la première maniéré l’angle flanqué eft fait de la moitié de la gorge,& de 20 degrez y adjouftez:comme par exemple foit l’angle polygone de 80 degrez,dont je prens la moitié à fçavoir 40 degrez, à laquelle j’adjoufte encore 20 degrez, pour avoir l’angle flanqué faifànt 60 degrez de l’angle polygone de 80 degrez. Semblablement 1 angle polygone eftant de 86 degrez, viendront pour fon angle flanqué 63 degrez: car la moitié de l’angle polygone de 86 degrez fait 43 degrez, aufquels les 20 degrez eftant adjouftez donneront 63 degrez pour fon angle flanqué comme il eft dit: ôc en la mefme maniéré on pourra trouver l’angle flanqué de chafque angle polygone entre les 80 & 90 degrez. Vn exemple en eft propofé en Ja 96 figure qui fer-vira pour une reigle generale à tous autres cas femblables.
- Soit à fortifier la 96 figure A B C D, dont les coftez B C & C D font 174 verges, de les coftéz AD & A B 70 verges ôc 5 pieds : l’angle C fait 30 degrez, l’angle A 86, ôc les angles B & D chafcun 125 degrez. Et puis que la gtandeur de l’angle A n’exce-de pas les 8 o degrez, ôc pourtant eft plus aigu, que celuy de 9 o degrez, il n’y faudroit pas mettre un boulevart, d’autant qu’il deviendroit trop aigu félon la deuxiefme maniéré : outre cela la condition du lieu ne permet pas de couper ce mefme angle,* pourtant on le fortifie d’un grand &: parfait boulevart félon la proportion du grand Royal, ôc on fait premièrement le calcul de tous les angles félon les reigles données au premier livre*, éftant donné pour cognu l'angle flanqué de 60 degr. la courtine de 36 verges, la face de 24 verges, & l’efpaüle de s verges : le calcul donc donnera 12 verges ôc 7 pieds pour la gorge, 14 verges ôc 3 pieds pour la ligne capitale, 28 verges 4 pieds pour le fécond flanc, tellement que 7 verges ôc 6 pieds relieront. Et d’autant que les lignes A B ôc A D n’excedent guere la longueur de 70 verges, elles feront fortifiées félon la proportion du grand Royal fans y changer aucune chofe, pour les gorges À 0 ôc An feront coupées 12 verges 7 pieds, ôc ferla ligne capirale tirée par le milieu de l’angle A feront mifes *4 Verges 3 pieds, & 5 verges pour les flancs fur les perpendiculaires op & tirées despoinds 0 ôc n. Finalement les faces Ip & Jm'eftant tirées dupoind / vers môtpl’angle de 80 degrez fera fortifié de fon boulevart convenable.
- Les angles B & D , s’approchant auplus prés de la proportion de la fortereflé de fèpt angles du grand Royal, feront aufli fortifiez félon la mefme proportion : en apres y font aufli mis les boulevarts plats, tellement que la longueur hCôciC feule faifànt 55 verges,refte à fortifier. On prendra donc 20 verges pour les gorges icôchd, ÔC on fera les perpendiculaires cf^de^bg^ ÔC i k^des poinds c, i, b ôc d. davantage on mettra la longueur bd ou i c, faifànt 20 verges furies perpendiculaires de Ôcef, eftant les lignes capitales des demy-boulevarts, qui feront la tenaille fxe, eftant prolongées jufques en x, où elles fe couperont. La moitié de la ligne capitale faifant 10 verges
- donnera
- p.103 - vue 136/231
-
-
-
- 104 Second Livre de la Fortification*
- donnera les épaules bgdc i^àecded julques en C relieront encore j j verges, dont les pièces eb de da font n verges , de le refte b C de a C 24 verges. L’angle C eftant trop aigu de ne permettant pas d’y mettre un boulevart, eft coupé comme il fe voit en la figure, & changé en un ravdin pour fortifier la tenaille fxe qui fcr'oit autrement trop foible, de cette defenlè n’eil pas toutesfois fi bonne, comme celle d’un boulevart: mais afin que le lieu foit mieux encore fortifie on y mettra au furplus une fauflè-brave, de cet angle de 30 degrez, fera auflî fortifié.
- Quand un angle eft moindre , à fçavoir de 80 à 74 degrez, il Cera fortifié félon l’exemple fui van t. En la figure 90 a fçavoir au quarré A B C D, le cofté A B eft long de 79 verges, B C & BD 61 verges : des Angles C & D chafcun eft de 103 degr. de des angles A & B chafcun eft de 77 degrez. Ces deux derniers donc eftans moindres que celuy de 80 degrez on n’y pourra mettre aucun boulevart, mais on eft contraint de changer la figure. Le cofté AB eft auili long que le cofté entier du quarré du grand Royal de la première maniéré ; de de chalque cofté relient encore trois quatrièmes parties de la gorge comme icy A G de H B, mais le vray cofté du quarré eft icy G H, je fortifie donc la ligne G H félon la proportion du quarré du grand Royal de la première maniéré, de jeprens premièrement 12 verges pour les gorges les coupant de G vers I, de de H vers T, tellement que pour la*courtine relieront 36 verges: pour les efpaules I K. & T V je mets 6 verges de 1 & T, de 17 verges lur la courtine de I vers R, pour la piece de la courtine coupée parla ligne de defenfe flanquante ; de R par K je tire la ligne L , de le demy-boulevart eft parfaiét. Le cofté C A eftant prolongé julques à ce qu’il coupe la ligne L R en L, me donne l’angle flanqué ; puis apres je mefure 51 verges de 7 pieds trouvez dans les tables proportionnées pour la ligne de defenfe flanquante fur la ligne L C j, de L en Q : de coupe auflî 24 verges pour la face de L en N. Je divife le refte de la ligne L Q, à fçavoir N Q en deux parties elgales, comme icy en P, dont je tire le demy-ccrcle, dans lequel je mets la longueur de l’elpaule de N vers O, de de O par Qjc tire une ligne droite la prolongeant, jufques en G pour avoir O G l’autre gorge du boulevart. Je prolonge auflî la mefine ligne O Q julques en F, comme, auflî la ligne C D, & là où ces deux lignes s’entrecoupent comme icy en F le rencontre la gorge du boulevart F. La ligne F G eftant trouvée égalé à la ligne H G eft fortifiée de lamefme maniéré, ce qui s'entend auflî de la ligne E F. En la mefme maniéré eft auflî fortifié le cofté B D, de le quarré eft accompli.
- Au contraire s’il l’on ne vouloit ainfi couper la figure , mais l’agrandir en y adjou-ftanc quelque piece, cela fe fera en la maniéré propofée en la 91 figure. La ligne A B foitdivifée en deux parties cigales, & du milieu foit tirée une perpendiculaire ayant pour fa longueur la moitié de la ligne A B: des poinéls A & B foient tirées deux lignes droites A E de B E vers l’extremité de la lignée tirée du milieu de AB : & le donne-* ront deux polygones nouveaux chalcun de55 verges, failant l’angles A É B de 90 degrez. Les angles A & .B ont efté trouvez de 77 degrez, de 45 degrez y adjouftez vien-drotit pour les angles JE AÇ de EBD.122 degrez : dont il appert , que.ces angles veulent eilre fortifiés au regard de leurs lignes félon la proportion de l’hexagone. Les angles D & C font 103 degrez, dé feront fortifiez lèlon la proportion du pentagone, tellement que toute la.figure eft fortifiée félon les reigles.données au chapitre 9 de ce Livre. ....
- Touchant les lignes, qui font trop petites , de mal propres pour la.fortification Royale, pn n’en peut donner de reiglescertaines,veu quelles peuvent eftrç coupées &r augmentées en beaucoup de façons,tellement que l’on les retrenche,. & o.fte une piece delafortereflè, ou bien on y adjoufte quelque partie, de prolonge les lignes qui font trop petites.
- H advient toutesfois fort rarement j ou jamais, quetels-anglcs fo rencontrent,combien que nous en ayons propolé un exemple, pour s’y tenir s’il s’en rencontroit par advanture un exemple.
- C h A p ii»
- p.104 - vue 137/231
-
-
-
- pl.n.n. - vue 138/231
-
-
-
- des places Irregulieres & ouvrages exterieiirs. 105
- Chapitre XIII.
- He h fortification et un lieu, qui eft environne de murailles & vieux remparts.
- Cy deflus nous avons fait mention des villes, qui anciennement ont efté environ- tes villes nées des murailles, joint lelquelles ont efté eflevées des tours quarrées ou ron- ancifnnes, des, ayant la diftance d’un jed de pierre l’une de l’autçe, à l’entour defquelles un folle profond a efté fait,quelquefois rempli d’eau, 81 quelquefois vuidè. Mais l’iifagc \esou rtf. du canon eftant inventé on les a fortifiées d’un rempart fait de terre,au lieu de murail-^m. les qui eftoient trop foibles pour faire refiftencê au canon,8c cela a t’on fait feulement aux villes, qui ont efté fusje&ès à eftre fouvent aflàillies de l’ennetny : dont il eft advenu que plufieurslieux.(ontdemeurez fons fortification juiques à prefont, queU quels unsdeiquels font environnez foulement d’une muraille, 8c les autres d’un rem-* part, qui n’eft.pas aflèz fuffilant pour faire refiftance à l’ennemy : car ils ont efté elle-; vez par advanture, 8c fans aucune deliberation , combien que ce foit une grande faute , 8c auffi un grand dommage de baftir les fortcreflès , fans confiderer premièrement leurs avantages , 8c defavantages ; pourtant nous monftrerons iey , comment on doibt remedier à cela , 8c comment la fortification d’un tel lieu doibt eftre pra&iquée.
- Voulant donc fortifier d la maniéré moderne un lieu * du une ville ancienne ensi- Comment ronnée de folles & de murailles, il ne faut pas commencer de là fortifier au. dedans une,vtIle des murailles 8c de la ville, qui endeviendroit trop petite; Se il feroit fortdommagea- envirenne'e ble a lafortereflè, quand on feroit contraint de démolir 8c abbattre toutes les mai- de, muràil-fons plus proches des murailles, combien que.l’on fo pourroit forvir du vieil foffé avec les doibt advantage : car il faudroit prendre d’ailleurs toute la terre neceflàire pour le bafti- eftre for riment du rempart, ce qui cauferoit de grands deipens, principalement, quand il fau--^*' droit mettre les boulevarts fur le folle qui devroit eftre rempli de terre,à caufodu fondement du rempart, avec fofqùels deipens on pourroit prelque faire ailleurs deux boulcvartsjentiers.
- Vne telle ville donc eftant donnée pour eftre fortifié, on commencera la,fortification au dehors de la ville ancienne,tellement qu’on biffera un efpace fuffifante entre lé vieil foffé 8c.le rempart fait; de nouveau, afin que quelques chariots y puiflènt marcher de front, 8c les foldats s’y puiffent teni^en ordre avec leurs armes, 8c attendre l’ordonnance pour marcher en .rangs larges jufques en ce lieu là , où ils font, commandez.. '•
- Mais principalement il faut aller à l’entour, d’un tel lieu au, dehors du foffé ,. pour mettre des. hautes perches, là où les boulevarts doivent eftre eflevez , 8ç marquer, en terre le fondement de la forterefîè folon les reigles données au premier chapitre de ce livré-: qui en apres fora pourtrait fur le papier félon la mefure,d’une, cèrtai-ne cfchelle.i... . . .
- Il.ferà auffi fort convenable, de changer Çé .plourtrait en une figure. Régulière’, ou entièrement, ou en partie, félon que ceb.ft .pourra le plus commodémen t faire. A quelle fin; mlngenieuç:doibt avoir preft toutes fortes de .pourtraiécs fur des papiers tranfparcnts folon.b mefureM.ladite efçjielfo , pour les mçttj-te for le pounraid de la ville qui doibteftre fortifiée /afin qu’il .e;i:.puiffi: eflire une façon;? qui aytia;pjus parfaite defenfo, les moindres dépens, 8c eomieime au plus-'prés avec la qualité dû lieu,
- 8c des collines, yàllées ou eaux Æicconvoifines, i Mais le lieu .eftant fitué au; bord d’une rivieue, !& ne pouvant, ni entièrement nj çn pairie eftre .compris d une figure Régulière , il fe faudra accommoder félon la condition du lieu ^principalement quand il- a une figure longuette , &;pourtant il fora fort neceflàire, quun Ingénieur foit; auffi garni de toutes fortes.de pourtraits de-fortçjreflès Irregulieres bien bafties,,. comme la plufpart dej;ç]]ç.s dLi Pays4bas,.for du papfor:tran(parent, pour faire fo-.choixde .bfi-gurequi s’approche au plus prés du lieu lequel.il doibt fortifier.: ... -,
- . En cas.-qu.’il jn’y ait pas,de pçurtraid cpiwenable;, comme il advient fort fouvent, il faudra foire l.’Ichnographie de b forterefle. félon les reigles du. y 8c io. chapitre de ^ O ce livre
- p.105 - vue 139/231
-
-
-
- io6 Second Livre de la Fortification,
- ce livre deuxiefme , & ce en diverfes façons, 6c faire eflite de la plus convenable, qu’il faut marquer fur la terre avec toutes les parties, 6c lignes fondamentales.
- Quand plusieurs lignes recourbées fe rencontrent, à eaufe de quelques édifices, greniers, ou temples, le meilleur èftde démolir les édifices, ofter les empefehemens, & de faire des lignes droittes au lieu des recourbées, 6c de les fortifier de boule» varts plats.
- Sur là vielle muraille on pourra faireiïn chemin,s’il n y en a point eu auparavant, duquel on-pourra tirer fur l’ennemÿ eftant encoreloinde la ville , avec de doubles arqilébufes à crcic ; lé Vieil folfé & la muraille aufli* pourront fervir d’un re-trenchemeht. : .
- Soitpour exemple en la ?y figure lepourtraiCfcdune ville, environnée de murailles & vieux foflèz, laquelle on doibt fortifier à la façon moderne, eftant la ville pour-trai&e félon une certaine efchelle, 6c mile fur le papier. Ce pourtraiéfc donemon-ftre que cette figure eft bien pour la plufpart ronde, mais toutesfois fort Irreguliere a caufe des lignes recourbées, dont il appert, quelle peut eftre changée en une figure Reguliere , principalement puis que le lieu eftant plane & fans empefehement, le permet. On met donc lur le pourtraiéfc les Ichnographies des fortereflès de iix ou lèpt angles, pourtraittes fur du papier tranfparent & acçommode'es à la mefme efchelle ; mais ni l’une ni l’autre ne fe trouvant commode, eftant trop petites, on y met les Ichnographies des fortereflès de dix &neuf angles, qui rfy conviennent pas aufli: mais celle de la fortereflè dehuid angle eft la plus propre pour environner la figure donnée, laquelle eft prife des tables proportionnées du grand Royal de la deuxiefme maniéré ; 6c parainfi cette fortification fera achevée à l’entour de la ville,.& ordonnée félon les reigles du 16 chapitre du premier Livre. Vous en trouverez le profil en la table des profils, foubs la fortereflè de 8 angles, 6c eft icy mis auprès de la 95 figure en la 97.
- Les lieux environnez de vieux remparts font de deux fortes , les uns ayants des boulevàrts grands & ronds * &les autres des boulevarts avec des calèmattes, comme ilfè Void ati 1 chapitré du I. Livré.
- Four forti- Les vieux remparts avancent grandement le balKment d’une fortereflè, 6c elpar-fier une vil- gnent beaucoup de delpens, tellement qu’il eft fort profitable de s'en fervir autant le des vieux quïiéft pofîible. Quand les foflèz dune ville, environnée de remparts, ne font allez remparts, profonds, 6c on peut fans difliculté changer les vie.ux: boulevarts Irréguliers en bouler varts Réguliers 6c proportionnez, il ne le faut laiflèr, à caufe que la deferife en eft fort aydéé. Mais les boiilèvarts eftant trop efloignez l’un de l’autre, tellement qu’il y a be-foing d’un ou plulîeurs boulevarts plats, on les y pourra mettre en fe fervant de la terre du fofle. Combien que cela coufteroit beaucoup plus de delpens, fi eft ce que l’utilité d’un boulevart plat doibt eftre preferée à celle d’un ravelin , 6c Ton ne doibt pas regarder aux delpens, qui font d’autre part moindres au regard du vieil rempart qui
- lcselpargne. .....
- Et puis que anciennement on faifoit les remparts d’une hauteur .defmefurée & avec delpens exceffifs, toutesfois làns profit, on en prendra la terre excédant la-hauteur ordinaire pour le baftiment des boulevarts nouveaux ,: 6c pour la correction des boulévàtts ronds 5 car le rëfnpart eftant -reduiét à la hauteur ordinaire lèrvira pour defcpuvrïr & flanqtiër Ténnemÿ, quand il le fera approché fort prés de là fortereflè. Nous ayons fait mention de la haüteur ordinaire au chapitre des profils. ; -
- Quàrid'ltsfoirez font trop profonds,1 & quon ne peut pas joindre dès boulevarts nouveaux1 ait vieil rempart lahs faire des delpens exceffifs, on fe fervira des ravelins,' qui feront tni$ àu dehors du fofle, 6c placera où ils feïbnt neceflaire^; tic d'autant qu’ils, font fois en la placé dés boulevarts, On fe reigleta feloti la proportion-des tables calculées dii petit Royal, ou lès boulevarts plats font tààtquéz félon leur proportion, 6c joindra on lefdits raveliris avec leurs lacés & efpaules a la ligne au dehors du fofle; En ladite' maniéré font fortifiées les villes â'Ÿtrecbt 6c de Nmwiegen, dont la fortification ne pbuvoït eftre changée à caufe du fofle trop profond. En la mefme façon fut aufli fortifié un collé de là ville êiAmersfott l’An 163 o*
- Les remparts eftant fortifiez de boulevarts avec des cafernattes, ou bien des caves voûtées ÿ font corrigez par lés :fauflèbrayes , 6c devant lés boulevarts font mis des
- demy-
- p.106 - vue 140/231
-
-
-
- des places Irregulieres & ouvrages extérieurs. 107
- detny-Iunes, comme auffi des ravelins au milieu de la courtine logés eutre deux boulevarts trop efloignez pour renforcer la defenfe.
- Le profil des ravelins, mis devant un vieil rempart deftitué de boulevarts, eft plus Le profil fa fort 8c grand, que celuy des ravelins,ordinaires , d'autant que l’on s’en fert au.lieu ravelins. de boulevarts, dont il appert, que l’on y peut mettre auffi une fauflèbraye,à quelle fin i'ervira le profil de la 39 figure, lequel vous trouverez en la table des profils. Auffi font ils faits encore plus forts, quand la neceffité le requiert.
- Outre cela on y adjoufte auffi un chemin couvert feloirles reigles données au cha- Le chemin pitre du chemin couvert: qui eft environné d’un foffé garni de paliflàdes pour plus couvert. grande feureté.
- Icy fe prefente une qùeftian, il les boulevarts plats font plus forts que ceux qui font si les boulé-mis fur un angle. Quelques uns.font. d’advis, qu’il n y a pas- de boulevart parfait que vartsplats, celuy qui eft mis fur un angle, parquoy ils ayment mieux d’eftendre leur fortification oti ceu* <îui avantdans lacampagne,quand ilyaune ville ancienne avec une ligne longue jquidoibt-^”* mu fu* eftrc fortifiée de boulevarts plats. Mais ils font cela fans fondement ni raifon pour fe maintenir feulement en leur opinion une fois conceuë, de laquelle ils ne fe veulent ja -forts. mais départir. Or il eft certain que celuy là eft tenu pour le plus fort 8c le plus parfait, qui a la plus forte defenfe, le plus fort angle, le plus long fécond flanc 8c les plus grandes gorges-.dont il appert,puis que les boulevarts plats font fournis de toutes ces quali-tez, qu’ils furpaflènt de beaucoup les autres, qui font placez fur les angles,& qu’il n’eft pas befoing de faire de nouveaux angles, 8c d’augmenter les deipens, qui fans cela font allez grands. Mais tés angles fe donnans d’eux mefines, on fera contrainéfc d’y mettre auffi des boulevarts convenables.
- D’advantage on pourroit demander, s’il faut joindre les fauxbourgs aux fortereflès si tes faux-bien baftiez,& ordonnées ? L’incommodité en fournit incontinent la refponfe,àfça- bourgsdoi-voir, puis que l’ennemy s’en rendant râaiftre y peut eftreà couvert, il vaut mieux de yefitefire démolir 8c ofter toutes les maifons, greniers, jardins, 8c autres empefehements qui peuvent fervir pour une couverture à l’ennemy , 8c empefeher la veuë de ceux qui7 Ibnten la fortereflè: ce qui s’entendra auffi de tous lés bofeages, dans lelquels l en-nemy Ce peut cacher:, parquoy il les faut abbatre 8c couper. Mais y. ayant quelque ville peuplée, qui né peut eftre iàns fauxbourgs, il les faut ënclorre dans la fortification,ou pour le moins les environner de retrenchements & redoutes,à fin quel’enne- * my ne s’en puiflè pas approcher fi toft fans trouver de refiftance.
- Chapitre XIV.
- De la fortification des placesfit nées au bord de l'eau, ou environnées de te au, comme aufii de celles par lefquelles une riviere prend fin cours, ou qui font afs fies au bord de la mer ou de quelque havre.
- LEs lieux affis au bord de quelque eau font de diverfes fortes, l’eau eftant quel- tes plates quefois fi large, quelle excede la portée d’un moufquet,& quelquefois fi eftroit-^"^ at* te, qu’on peut attaindre l’autre bord d’un coup de moufquet. Quelques pla- yrddeFeate ces font fituées au milieu de l’eau, dont elles font environnées comme une file. Par 1 r“ quelques unes l’eau prend fon paflàge, 8c quelques autres font logées au bord de la J * mer, 8c des havres.
- Les lieux fitués au bord de l’eau ont un grand avantage au regard de ceux, qui font Elles ont logez en pleine campagne, ou au milieu d’un pays, d’autant que le cofté regardant grand a-l’eau n’a pas befoing d’une defenfe fi forte, à caufe de l’eau dont il eftaflèz fortifié, ’vantagefur Mais à fin que l’ennemy fe campant à l’autre cofté de l’eau ne puiflè pas incommo- esmtres* der la ville (ce qui luy feroit fort aifé à faire, en cas qu’il y fift des batteries , 8c plantait fon canon deflïis) eftant fortifiée de l’eau feule , par laquelle il pourroit auffi paflèr avec des batteaux iàns péril ou empefehement, 8c s’approcher plus aife-ment de ce cofté là. Pourtant il fera fort neceflàire, que ledit cofté foit auffi pourveu d’un rempart, qui a toutesfois cet avantage, qu’il n’a pas befoing de boulevart, comme les autres remparts , dont il appert que tant de deipens n’y font pas requis.,
- O z 8c que
- p.107 - vue 141/231
-
-
-
- io8 Second Livre de la Fortification,
- 8c que les avantages d’une telle forterefle furpaflènt beaucoup les avantages des autres. Vn tel rempart eft fait de la mefme hauteur , & largeur , que les ordinaires oppofez à la campagne. Mais à fin qu’on puiflè flanquer & nettoyer l’eau, 8c empefeher les batteaux y paflànt & rcpaflànt, on y pourra auffi faire des flancs de divertes fortes : qui doivent toutesfois eftre ordonnez fans y faire beaucoup de defpens.
- Cela eft repretenté en la 98 figure, où il lè void une forterefle fituée auprès d’une rivière, tellement que l’eau.bat le rempart, qui doibt eftre eflevé en telle façon, quil puiflè commender 8c flanquer la riviere de tous coftez, parquoy il y faudra faire des flancs, ayants pour leur longueur 6,7, ou 8 verges, dont on puiflè flanquer l’eau; comme monftrent les lettres d, etf, 8c a>b>c: 8c au milieu de la ligne on fait deux faces, comme icy en g, pour y mettre le cation, comme aufli fur Tes flancs faits de l’un & de l’autre cofté. \l ';
- Le rempart peut aufli eftre eflevé. en forme d’une tenaille ;' ou bien autrement félon que la condition du lieu le requerra. Quant l’eaü bat & lave le rempart, fon fondement eft fait de murailles jufques à ce lieu là, lequel elle battu, quand te desbordant elle eft au plus haut. Le refte du rempart eft eflevé de terre, 8c au dehors de la muraille il y a de grands pieux fichez au fond de l’eau, pour empefeher que la glace ne ruine quelque piece de la muraille, 8c ne ren verte le rempart.
- La forterefle eftant un peu plus efloignée de l’eau, que de la portée d’un mousquet, le cofté regardant l’eau doibt eftre fortifié tout de mefme, comme celuyqui Des retren. regar£je ja terre. majs on pourra garnir la riviere de |retrenchements 8c redoutes , à upréTde 4ue Ie paflage de l’eau foit tousjours aflèuré 8c libre. tem. 11 y a des fortereflès fituées auprès d’une riviere, qui n’cft pas plus large que d’une
- Lesforteref- portée de moûfquet, où il n’eft pas befoing de faire de grands defpens pour forti-fes fituées fier l’eau; mais il Suffit de mettre un ravelin à l’autre cofté de la riviere, en la forme auprès du- qU’Ü vous eft repretenté par la 102 figure. Iceluy peut eftre pris des tables du petit ’eflroitte™ ^°ya^» laproportion desboulevarts plats. Les faces D E 8c EF faifant 20 verges 6 pieds, les lignes prolongées D C 8c F G chacune de 10 verges, les lignes de la gorge C K & K G chafcune de 14 verges 8c 5 pieds, la ligne capitale KE 24 verges 8 pieds , les courtines B C & GH de l’un 8c l'autre cofté 15 verges, 8c les efpaules B A & HI, dont on peut mieux encore nettoyer l’eau 5 verges. Vn tel ravelin mis à l’autre cofté d’une riviere qui n’cft pas trop large, comme nous difons icy, doibt eftre flanqué du rempart, par une fuffifânte defenfe, parquoy on s’en pourra bien fervir és lieux ainfi conditionnez ; comme nous avons propofé.
- On fait aufli pour la defenfe d’un tel lieu une demy eftoille de fix angles au lieu du ravelin cy mentionné,comme ilfe void en la 105 figure, marquée des lettres Cerchez le baftiment de telles eftoilles en fon lieu.
- Les forteref- Quand la riviere eft fi large, que l’on ne peut pas atteindre l’autre cofté d’un coup fes ajfifez de moufquet, il fera befoing d’y mettre un fort qui foit aflèz fuffifànt pour fà defen-rivieres“ k* ^lul^e^nc chapitre du premier livre nous en avons desja fait mention, 8c larges. avons propofé, qu’on y doibt joindre ordinairement quelque partie des figures Régulières , comme la moitié d’une forterefle de fix angles. Autrement on n’eft pas tousjours obligé de fe fervir des figures Regulieres, principalement quand la condition du lieu ne le permet pas ; mais on y pourra aufli placer des figures Irregulieres, comme nous fort pour exemple le fort mis devant la ville Rees, qui eft Irrégulier. Il faut toutesfois bien obterver, que le cofté de tels forts mis à l’autre bord de la rivière, qui regarde la forterefle demeure ou entièrement ouvert, ou bien foit fait avec une petite defenfe. /
- En telle maniéré eft bafti le fort reprefenté en laioi figure, ou il y a trois boulevarts entiers eftendus en la campagne , 8c deux demy-boulevarts tout joignant le bord de la riviere. Mais le cofté regardant la forterefle eft entièrement ouvert, à fin que le fort puiflè eftre commandé de la fortéreflè.
- Mais fi la neceflité requiert, que les forts outre la riviere foient entièrement clos, on les ordonne en la maniéré propoféeen la 99 8c 100 figure. Le poinéfc ouïe coing A regarde tousjours l’eau, veu qu’il n’eft pas tant flanqué comme les autres boulevarts E, B, D, C. Vn tel fort fe void à Nimmegen au delà du Rhin.
- Puis
- p.108 - vue 142/231
-
-
-
- pl.n.n. - vue 143/231
-
-
-
- ouvra-corne, rave-lins joignant les bords rivières.
- des places Irrégulières & ouvrages extérieurs. io*>
- Puis que les rivières veulent cftre bien gardées, 8c toutes fois les demy-boulevrns, Des y font placés, il fera aufli neceflaire, quon les fortifie encore de quelques ouvrages à gesàci corne pour en eftre plus aflèuré, comme il fe void icy en la 98 figure où fe trouvent deux ouvrages à-corne marquez des lettrez A & B & fortifiez au furplus des rave- i^bo^dsdes lins D 8c C.
- Le mefme le pratiquera aufli aiixforts au de là des rivières, comme monftrent les léttres F & E,de la 101 figure.
- Le profil des ouvrages à corne, 8c de la forteréflè fe prendra de la 85 figure, qui fer- Leur profil: .vira de mefme pour les ravelins.
- Le ravelin 8c la demy eftoille logée de là la riviere s’ordonnera félon lé profil de la 58 figure.
- Et les autres forts mis outre les rivières fort larges lérotit ordonnez folon le profil de la 58 ou 59 figure, 8c quelquefois aufli environnez d’une fauflèbraye, 8c d’un chemin couvert.
- Les ouvrages à corne mis devant les forts de là les rivières léront aflèz forts, quand ils léront eflevez félon le profil de la 56 figure, à fçavoir quand ils ne doivent pas eftre plus forts que les retrenchèments : autrement on fe pourra fervir du profil de la 57 figure pour les rendre plus forts;
- Les fortereflès, qui léront logées au milieu de l’eau, ne font pas tant pénibles,à eau- Lesfirte-fe de l’eau qui les environnej tellement, que l’ènnemy né les peutattacquer, que par rejfes ajfifei. des batteaux ; parquoy ce fera aflèz de les garnir d’une demie defenlé. Le fort au mi-lieu du Rhin appelle le Scbencken Sibants nous en fort d’exemple, duquel Un cofté eft e eau’ fortifié foulement de deux demy-bouievarts en forme d un ouvrage à corne, 8c l’autre
- Cofté eft fortifié à la maniéré propofée en la 98 figure.
- Les villes fituées au bord delà mer y font mifos poür la plufpart à câufe d’ün.port, Lesvilles par l’ayde duquel on peut trafiquer fur la mer : pârquoy il fora fort necelfaire.de for- fituées au tifier un tel lieu avec le port, à fin qu’on y puiflè demeurer en foureté ôc faire refiftance borti *e ^ à i’ennemy, qui pourra aufli bien aflàillir le lieu par mer que par terre. Le cofté, qui mer’ regarde la terre, pourra eftre fortifié comme les autres villes; mais la fortification de l’autre cofté regardant la mer, 8c comprenant quant 8c foy le port, eft autrement conditionnée ; car il ne veut pas foulement eftre aflèuré contre l'impetuofité de la mer; mais aufli fortifié en telle façon, que les navires y puiflènt eftre en foureté.
- Premièrement il faut fermer le lieu regardant l'eau de fortes murailles, derrière lef* quelles il fuit ellever un rempart de terre, avec un parapet aufli fait de terre. En apres on fiche des pieux en la terre, en failànt quelques rangs l’un apres l’autre , 8c chacun ayant la diftance d’une demy verge de l’autre, eftant toutesfois efloignez de la muraille de la ville de deux verges ou environ. Tout cela eft continué julques à la ville,
- 8c les pieux eftant fichez en terre foront joints enfomble, félon la longueur des rangs, par deux poultres de l’un 8c de l’autre cofté, à fin qu’ils demeurent en tel ordre fans le lèparer des autres, comme iis font fichez au commencement.
- Entre ces pieux fichez eh terre on met une quantité des fagots tout ainfi comme il eft monftré en la 31 figure, mais les demy foulcifles reprefontées en la 30 figures y font plus propres. Deux rangs de tels fagots mis l’un fur l’autre, on met là defliis un autre rang de pierres aflèz groflcs,parmy lclqnelles on jette aufli toute forte de pierres rompues 8c concaflees pour remplir ce qui eft vuide : 8c tout cela eft encore lié enfomble avec des liens de rameaux entrelaifoz , 8c attaché par des autres pieux forts, à fin que les rangs des pieux fichez en terre puiflènt eftre tenus fans fe foparer.Sur ce fondement eft mis une muraille tout ainfi comme il eft reprefonté en la 110 figure de la Fortification de Maroloü.Vmûemem eft aufli compris le port en telle grandeur, que la condition du lieu le permet,& félon la quantité des navires,qui y doivent eftre receus.L’en-tree du port eft large de 3 ou 4 verges , à fin que les navires ayent un efpace convenable pour y paflèr 8c repaflèr. Les autres parties neceflàires font desja trouvées dans le port mefme, tellement qu’il n’eft pas befoing de nous y amufor icy.
- O 3
- Chah-
- p.109 - vue 144/231
-
-
-
- IIO
- Second Livre de la Fortification,
- Les places fituées fur les monta, gnes.
- Les lieux af-fis joignant les montagnes.
- Chapitre XV.
- De la fortification des places hautes, ou de celles joignant lefquelles quelques hauteursfont fituées.
- LE fondement des forterefles, qui doivent eftre bafties fur les hauts lieux eft dé deux fortes : car les unes ont un fondement pierreux, ou un rocher, & les autres un fondement fablonneux : parquoy il faut que les fortereflès foient ordonnées félon la diverfité des fondements. S’il y a un fondement pierreux, ou plein de *o-chers, il faut que toute la fortereflè avec les boulevarts foit taillée par les tailleurs de quarrieres, 6c les rochers feient eigalezlà où ils font raboteux 6c inégaux. Sur le rempart taillé es rochers fera eilevé un parapet de terre, qui eft beaucoup meilleur, que celuy de pierre. Vne telle fortereflè veut eftre bien garnie de toute forte de munition de vivres 6c de guerre, puis que l’occafion ne fe trouve tousjours d’y mener ce qui eft neeeflàire. Si le lieu pouvoir eftre bafti en telle façon, qu’on n’en pèuft approcher, iL feroit quafi imprenable. Et puis que tels lieux ont fouvent faute d’eau 6c de fontaines ou puits, & s’il y en avoit quelques uns, il faudroit qu’ils fuflènt taillez dans la roche avec grands defpens ; la neceflïté requiert, que l’on fe contente d’eau de pluye, a quelle fin les cifternes font taillées dans la roche, pour aflèmbler cette eau. Telles forterefles font rarement defouis peu bafties, 6c pourtant nous n’en ferons par de plus ample de-feription. Qui defire d’en fçavoir davantage, qu’il regarde feulement l’Architecture de Specle, ou il trouvera aflèz d’exemples, comment un tel lieu doibt eftre fortifié.
- Les lieux qui font aflis tout joignant quelques montagnes font fobje&s à un grand péril, & couftent beaucoup plus que tous les autres à caufe de la quantité des ouvrages diveriès, defquels il les faut fortifier, 6c les faut mettre for les plus hautes places, dont l’ennemy fe pourroit autrement fervir , & grandement incommoder la fortereflè.
- Premièrement la fortereflè eft fortifiée félonies reigles cy deflùs données, &les boulevarts font remplis de terre pour mettre là defllis des cavalliers, dont on puiflè commodément commender les hauteurs. Les hauteurs les plus proches de la fortereflè font environnées d'une autre fortification, à fçavoir d’une trenchée, 6c principalement des ouvrages à corne, 8c des ouvrages couronnez, qui ont eftê inventez de nouveau , 6c par lefquels les hauteurs font occupées l’avantage de l’ennemy eftant prévenu.
- Soit pour exemple une telle fortereflè reprefèntée en la 104 figure laquelle eft fortifiée félon la proportion des tables calculées. Mais puis que la ville n’eft pas aflèz aflèurée par cefte fortification à caufe des montagnes circonvoifines,defquelles elle fe-roit fort incommodée fi l’ennemy s’en rendoit maiftre , 6c y dreffoit quelque batterie contre la ville, parquoy la neceflité requiert, que les montagnes foient aufli fortifiées. La montagne A eftant la plus haute, 6c la plus proche de la fortereflè il n’eft pas befoin d’eftendre les ouvrages loing de la fortereflè, mais il y faut fèulement mettre un ouvrage couronné, tellement que les coftez touchants le chemin couvert de la fortereflè ayent pour leur longueur 60 verges, 6c point davantage. Cette proportion eft prife des tables de la fortification fe reiglant communément félon la longueur du polygone extérieur, de 60 à 40 verges. Le cofté auprès de C ayant aufli une montagne eft fortifié de l’ouvrage couronné C, qui defend bien cefte montagne, mais y ayant encore la colline D, qui peut incommoder la montagne C, on y avance l'autre ouvrage à couronne pour environner aufli la colline dite. La hauteur B eft fortifiée de la méfme maniéré d’un ouvrage couronné, & la petite colline E d'un ouvrage à corne. Des cavalliers font aufli mis fur les boulevarts F, G, H, 1, K, L, M, pour y planter le canon, 6c flanquer les montagnes.
- Combien que cette fortification coufte beaucoup, 6c foit fort pénible, à caufe de beaucoup des gens quelle requiert, fi eft ce qu’il la faut toutesfois faire, en cas que l’on veuille mettre la fortereflè en feureté, touchant les gens, on n’en a pas tant be~ foing pour la garder de ce cofté là, qui eft environné des ouvrages couronnez, puis que ceux, qui gardent l’ouvrage couronné, peuvent faire unefuffifànte refiftance à
- l’enne-
- p.110 - vue 145/231
-
-
-
- pl.n.n. - vue 146/231
-
-
-
- pl.n.n. - vue 147/231
-
-
-
- jRoy poori-
- Jk: -
- Antt^eüjben
- 'Brabantfcfje
- m
- ruttert jeîk- 'l/trtv 2.0 Jifjpn'
- m
- pl.n.n. - vue 148/231
-
-
-
- des places IrreguIieres & ouvrages extérieurs. m
- lennemy, pourveuqu*ils foient feulement fécondez des cavalliers par le canon.
- Le profil des ouvrages couronnez eft divers jfelon le temps,qu’on y peut employer. On les fait en forme de tranchées, lennemy eftant fi proche que l’on ne peut avoir allez de temps pour les rendre plus forts. Autrement on le peut (èrvir du profil, lequel nous avons defcric au chapitre des ouvrages couronnez.
- Les montagnes éftant efloignées de la fêrtereflè il n’y a pas de grand danger, Si peut on neantmoins y mettre quelques trerichées. Il faut feulement avoir elgârd. a ce, que nous avons louventesfois dit, à fçavoir, que le collé de tous les ouvrages extérieurs qui regarde la fortereflè doibt eftre ouvert, 8c que les foflèz fecs doivent eftre fortifiez des gieux ou paliflàdes.
- Chapitré XVI.
- Comment on doibt joindre les Cbajleaux aux 'villes.
- QVand un Prince a pris une ville, s’en eftant rendu maiftre 8c ne s’en peut tott-tesfois entièrement aflèurcr à caufe de la rébellion des citoyens,qui eilans irritez de leur ennemy pourroient inventer toutes fortes de pratiques 8c traînions pour recouvrir leur liberté, principalement y ayant feulement une fimple garnifon; il y faudra joindre un chafteau pour contraindre les citoiens , & les tenir en crainte, à fin qu’ils ne puiflènt rendre la ville à un autre, ou s’ils la-voulaient rendre , de là miner par le canon du chafteau. Pour baftir donc un tel chafteau il faut premièrement pourtraire la ville fur le papier, à fin qu’on puiflè bien confidererla condition &c qualité du lieu, auquel on veut joindre un chafteau, qui doibt eftre ordonné en telle maniéré , que joutes les rues de la ville puiflènt eftre flanquées 8c nettoyées du canon, 8c que l’on puiflè auffi faire refiftence àl’ennemy le venant aflàillir au dehors.
- Va tel chafteau doibt auffi avoir un paflàge ouvert vers le pays, pour y mener tous-jours des munitions 8c vivres, comme auffijdes gens de guere, quand il y auroit quelque rébellion.
- Et à fin que la ville ne foit trop proche du rempart du chafteau, il faut que le chafteau foit efloigné des maifons de la ville de zo a 14 verges, à fin quelles foient tous-jours fujettes au canon, 8c ne puiflent pas eftre à couvert, ce qui aviendroit, fi le chafteau n’eftoit pas efloigné de quelque efpace de la ville. Il eft auffi certain, quel’en-nemy attacque premièrement le chafteau, principalement quand il eft favorifé des citoyens, avec leüquels il a quelque correfpondence. Maisd fin qu’on ne foit pas contraint de le luy ceder fi toft, l’eîpace entre le chafteau & les maiions eft laiflee pour y faire une nouvelle fortification, quand la neceffité le requiert.
- Quand il y a une riviere paflànt auprès de la ville , il faudra baftir le chafteau en telle maniéré qu’il puiflè commander la ville 8c la riviere, 8c prendre tout ce que l’on y peut mener avant qu’il vienne en la ville mefme : auffi faut il qu’il aye lès flancs ouverts ver la campagne.
- En le baftiflàntii faut bien avoir elgard, que le rempart environnant la ville foit tellement eflevé, qu’il ne s’y trouve pas le moindre lieu, qui puiflè incommoder le chafteau. Voire les remparts doivent eftre eflevez en telle façon, qu’ils (oient tous regardez 8c flanquez du chafteau.
- La grandeur des chafteaux ne peut eftre deferite , veu qu’elle (è rapporte à la condition & qualité du lieu. Ils ont pour la plulpart cinq angles,dont les deux regardent la ville, 8c les autres trois la campaigne.
- Les quarrez y font impropres , 8c ceux de 6 ou 7 angles trop grands : il font tou-tesfois auffi joints aux fortereflès du grand Royal, 8c proportionnez (èlon le calcul du grand Royal.
- Le pourtrait du chafteau eftant mis for le papier , 8c toutes (es parties à (çavoir la fauflèbraye, le fofle, & le chemin couvert eftant marqué, ou pourtrait auffi fur le papier une autre fortereflè Reguliere à cinq angles du grand Royal,avec toutes (ès parties, &c félon la mefiire ou efchelle, (èlon laquelle la ville eft pourtraite. En apres on choifit le plus commode lieu de la ville , pour y joindre le chafteau pourtrait, tellement
- p.111 - vue 149/231
-
-
-
- in. Second Livre de la Fortification,
- ment que les deux boülfevarts avec Une demy courtine de l’uri & de l’autre cofté regardent la ville, & les autres boule varts la campagne.
- La 105 figure nous en reprefente un exemple, où les faces a b & cd de la longueur marquée, tombent fur le milieu de la courtine du chafteau, & font iàns elpaules, afin qu’elles ne puiflènt pas incommoder le chafteau.
- Quand la place de la ville , laquelle d«ibt eftre occupée par le chafteau,eft remplie de beaucoup de maifons,tellement qu’il fcroitneceflàire d'en démolir une quantité, il vaut mieux que l’on eflargifiè la mefme place, comme on a fait en baftiflànt le fameux chafteau d’Anvers, ce qui eft reprefente par la 106 figure, où les lignes poin-éfcuées monftrent la figure de la ville eftant làns chafteau, & le chafteau y eftant joind? elle a prefentement la mefme figure reprefentée par les autres lignés. Ce mefme exemple monftre aufli comme un chafteau doibt.eftre conditionné, qui commande la campagne, la ville & l'eau tout enfèmble.
- Tin âu fécond Livre.
- 0
- p.112 - vue 150/231
-
-
-
- O Vo 00 Nj C\ v, n n O O O' rî
- 4--1—1---
- ^nnnnnnnnnnnnnn;
- nnnnnnnnnnnnnnnnnnnn
- nnnr
- pl.n.n. - vue 151/231
-
-
-
- TROISIESME LIVRE
- D E
- LARCHITECTVRE
- MILITAIRE,
- ! O V D B L A
- FORTIFICATION
- NO WELLE & ENRICHIE
- De la pratique Ofenfive & Defenfive.
- Traitant de la maniéré de marcher en campagne, de la mefîire du Camp, des Sieges , Retranchements, forts de Campagne à Demy-boulevarts, Redoutes,Fftoilles, Batteries, Approches, Gallèries, Mines, Ponts faits de Jonc, Paliflades, Gabions, Fortifications intérieures,
- 8c Moulin^ à eau.
- P
- p.113 - vue 152/231
-
-
-
- p.114 - vue 153/231
-
-
-
- TROIS IE S M E LIVRE
- DELA
- FORTIFICATION,
- De la pratique Offenftve ôc Defenfive.
- Chapitre' I.
- &4pres s eftre meurement confeillé touchant le fîege de quelque lieu en quel ordre on àoibt faire marcher ïarmée,
- a
- Vant que commencer le fîege dune fortereflè il la faut de bonne heure mettre en deliberation, 8c bien confiderer, fi l’on eft allez puiflànt pour fournir tous les defpens neceflàires à un fîege, comme auffi les gens, 8c fi la fortereflè eft d’afièz grande importance pour eftre alfiegée.
- Cela’eftànt fait, 8c la refolution prilè.il eft neceflàire que le Ge- Ctmfuka-neral confidere bien avec lèsOfficiers fideles 8c Ingénieurs experts, la fituation 8c condition du lieu , les envoyant quelquefois avecç ^um une troupe à cheval,pour recognoiftre tous les avantages 8c desavantages de la forte-relié,8c de faire autant qu’il eft poffible le pourtraiéfc de toute la contrée circonvoifine avec les rivières, ruifîèaux, prairies, montagnes, vallées, lieux marefeageux, 8c autres circonftances'femblables, à fin qu’un General ayant bien examiné puiflé voir, comment il doi&t commodément camper l’armée devant la ville , 8c eflire les lieux les plus commodes pour les quartiers.
- Auffi eft ce le principal poinéfc de lé bien & parfaitement enquérir,de la condition ÔC qualité de la fortereflè mefme, à fçavoir de la hauteur &Lefpaiflèur des remparts, de la largeur 8c profondeur des foflèz, de la quantité, 8c du nombre des boulevarts, du lieu qui rend la fortification plus foible, de la quantité de munition, gens., 8c vivres, de l’affedion des citoiens envers leur Prince, 8c du payement, à fçavoir fi les foldats font payez tous les mois, ce qui donnera une tresparfaite inftrudion pour y mettre le fîege avec avantage. Semblablement on s’informera des paflàges 8c chemins de toute la contrée, les apprenant des habitans, à fin qu’il n’y ait rien qui puiflé empefeher par apres le deflèin 8c la refolution prilé.
- Mais tout cela requiert un grand filence, de peur que l’ennemy ayant defeouvert le deflèin ne fe préparé 8c pourvoye contre tous evenemens , tellement que tout le deflèin de celuy qui veut attacquer quelque place, en puiflé eftre rompu : parquoy faut qu’un General demande conléil à plufieurs, 8c tienne la refolution fecret,e , ou la communique à peu de gens.
- En quel ordre on doibt faire marcher l’armée,Bernardinus de Mendoza en a elcrit fort En quel or-curieufemcnt,l’opinion duquel nous mettrons icyenbrief. dre on doibt
- Le jour du départ eftant afîîgné, il le faut premièrement faire publier le foir cedent,à fin qu’un chalcun lé puiflé préparer de bonne heure. Mais l’ennemy eftant m't ar~ proche, quand on veut cacher le départ, on ne fe fort pas du tambour en advertiflànt l'Infanterie; mais la Cavalleric eft feulement advertie par la fourdine de la trompette.
- Quand le jour poinéfc on fonne la trompette,b^t le tambour,8c le General lé prefente
- P i avec
- p.115 - vue 154/231
-
-
-
- ii£ . Troifiefine Livre de la Fortification,
- avec le Quartier-raaiftre, le Capitaine des guides 6c autres Officiers, fur la place dé l’allarme.
- La plus grande partie y eftant auffi aflèmblée le General commence à faire démolir les retrenchements dont le camp eft environne, d fin qu’on en puiflè partir avec cfquadrons ou bataillons quarrez entiers.
- Apres que les retrenchements font abbattus le General fait marcher l’avantgarde j u (que s d ce quelle foit aflèz efloignée de ladite place, apres laquelle il envoyé la bataille , 6c l’arrieregarde l’une apres l’autre, en obfervant la diftance convenable entre deux. l’Artillerie cependant eft mife en ordre, avec tout fon train & tous les chariots pour le bagage. Les guides, 8c les chevaux efpians toute la contrée efteonvoifine marchent devant l’armée, 6c font le guet durant que l'armée marche.
- Le General de l’artillerie ordonne en perfonne l’artillerie avec tout fbn train, & donne ordre d lès Officiers félon la nature & propriété des chemins par lefquels il faut paflèr, 6c s’il y a quelque chemin , qui doive eftre applani, il fe fort de quelques pionniers pour applanir ce qui n eft pas applani ni uny. Semblablement les chariots pour les vivres 6c le bagage font mis en ordre par le Prevoft General. Mais la Ca-vallerie ordonne pour la plufpart fes propres chariots, les ayant communément . avec foy.
- L'ordre de l’Artillerie marche au devant avec toutes fon attirail, 6c les pionniers y font tous-lartillerie, jours prefens. Toutesfois on n’y mefle pas d’autres chariots, 6c pour la faire marcher on tient l’ordre fuivant, lequel eft commencé par un chariot chargé des befehes, pelles, hoyaux, 8c autres inftruments pour fouir 6c creufer la terre, apres lequel eft traîné un inftrument pour marquer les ornières fur le chemin, par lefquelles le canon doibt paflèr. Les petites 6c légères pièces mifès fur leurs affufts fuivront ledit inftrument & en apres les groflès pièces mifes for les chariots quand il n’y a point de danger! Mais la rencontre de l’ennemy eftant a craindre, il les faut laiflèr for leurs affufts, autrement on feroit contraint de perdre beaucoup de temps , quand on les voudroic premièrement mettre fur leurs iffufts, l’ennemy s’eftant- desja prefenté pour attac-quer l’armée. Les pièces feront fuivies par les chariots, chargez de toute forte d’in-ftruments pour les charpentiers 6c marefehaux. Les chariots chargez de plomb, de la poudre d canon, de la raefehe, picques 6c baies marcheront apres. Lesquels tous eftant paflèz les chariots du General de l'Artillerie fuivront, avec ceux qui appartiennent à fès Officiers. Et finalement tous les autres chargez de la munition de l'Artillerie, de toute forte de vivres, 6c les chariots pour les blcflèz, 6c malades.
- Les chariots pour le bagage feront les derniers. Mais quand la neceffité requiert . de faire marcher quelques pièces de canon devant l’armée,pour empefeher l’aflaut de l’ennemy, on y adjoint auffi autant de chariots chargez de poudre à canon, baies ÔC autres neceflitez, qu’on en a befoing.
- Toute l’Artillerie &le bagage eftant mis en ordre, & l’armée divifêe en l'avant-garde , bataille 6c arrieregarde, comme auffi les Sergeans, & Commiflàires de la Ca-vallerie ayants receu leur ordonnance par où ils doivent conduire leurs troupes j tellement que l'une partie n’eft pas empefehée par l’autre , le General commence de marcher avec l’avanrgarde , 6c envoyé quelques chevaux au devant pour efoier 6c defeouvrir le chemin, qui ne fe doivent efloigner fi loing, qu’ilsne puiflènt eftre veus de l’avantgarde, à fin qu’ils puiflènt advenir tant mieux l’avantgarde de tout ce qu’ils ont defeouvert.
- l’Avanrgarde eft auffi communément pourveuë de quelques petites pièces de canon, 6c plus grande ou moindre quantité de Cavallerie ou Infanterie, félon que la neceffité le requiert, ce qui s’entend auffi de la bataille, & arrieregarde, dont chacune doibt eftre pourveuë 6c ordonnée félon qu’il femble, que l’ennemy pourroit attac-quer ou Tune ou l’autre. Parquoy on n’en peut donner de reigles certaines 6c exaétes, *veu que l’on eft contraint de s’accommoder à l’occafion qui iè prefènte.
- Quand la campagne eft fi large 6c fi plaine, que l’on peut marcher d’un efquadron à l’autre en bon ordre, ôc l’ennemy fe trouve tellement empefehé, qu’il n’oferoit ha-zarder une bataille ce jour là, chafque partie pourra marcher plus commodément feule en tel ordre toutesfois, qu’en cas de neceffité elles fe puiflènt aifement conjoindre en-femble: l’Artillerie avec tout ce qui y appartient, & le bagage tiendront ce cofté qui
- eft moins
- p.116 - vue 155/231
-
-
-
- de la prâ&ique Offerifive & Defenfive. 117
- eft moins fujed à l’aflàut de l’ennemy, de où ils pourront eftre défendus par lefdites parties. Les chariots doivent eftre ordonnez en huid ou dix rangs, pour fe conjoin-dre plus prés ,& pouvoir marcher avec moins d’empefehement. Parainfi l’artillerie marchera âu cofté des troupes, ou èfquadrons, & quelques pièces de canon feront envoyées au devant à fin que l’on s’en puifïè fervir en cas de neceffité, fans empefeher, de mettre en defordre le refte des chariots, ce quidoibt eftre bien confideiré de examiné par le General, qui en doibt avoir grand foing.
- Celuy qui commande rarrieregarde,doibt faire marcher derrière le train une compagnie d’arquebufiers à cheval, qui ne s’en efloigneront outre la veuë d’œil, quand on paflè par une campagne plaine. Mais le lieu eftant rempli de montagnes, collines,
- & vallées les gens qui marchent devant de derrière l’armee, fe tiendront fur les hauts lieux, à fin que l’ennemy ne s’en puifïè rendre maiftre, de efpier de la, en quel ordre l’armée marche.
- Quand on marche par une campagne, ou un chemin eftroit , l’avantgarde eft Comment tousjours fortifiée par l’Infanterie, & de quelques pièces de canon félon que la crain- on d°ibt te de l’aflàut de l’ennemy de la condition du lieu le permet. En la mefme manière l’ar-marcher rieregarde eft aufli rendue plus forte, &la bataille eft mifeen tel ordre, que l’artille-^?^ rie, le bagage, de la plus grande partie de la Cavallerie, dont on ne fe peut fervir fi efiroitte. commodément, fe trouvent au milieu. Auffi peut on encore joindre à l’avantgar-de , Ôc arrieregàrde quelques arquebufîers à cheval, quand la condition du lieu le permet.
- Mais le chemin ou le paflàge eftant fi eftroit, que le rang de l’artillerie & les chariots en devenant trop long cfflpefche, que l’avantgarde ne puifïè eftre fi aifement fe-couruepar l’arrieregarde, on fera marcher quelques troupes tout joignant le bagage, qui feront difpofées en tel ordre, que l’une puifïè féconder l’autre, & venir plus aifement au fecours des autres parties, quand il fera necefïàire.
- Il faut aufïi bien remarquer en telle occafion, la condition du paffage, par lequel on eft contraint de prendre fon chemin ; car il s’y rencontre quelquefois des quarre-fours, de autres chemins, qui s'attendent par les bofeages, ou vallées, où l’ennemy peut mettre quelque embufeade, parquoy il y faudra laifïèr une troupe d'infanterie, qui fera le guet jufques à ce que le bagage eftant paffé feit hors de danger, de fe joindra apres à l’arrieregarde. *
- Mais quand il faut prendre le chemin par un grand bofeage , on envoyera une Pourmar-grande partie de la Cavallerie pour l’occuper de marcher tout joignant le grand che- ckerP*r *» min, par lequel l’armée paflè, à fin quelle foit couverte de la Cavallerie aufli bien de grmti l’un, que de l’autre Cofté. Et quand un lieu plain de fans arbres s’y rencontre la Caval- ***** lerie y attendra pour aflèurer le chemin jufques à ce que le bagage foit pafle, lequel elle fuivrà incontinent avec l’Infanterie derrière foy, qui fe trouve necefïàirement en l’arrieregarde.
- Eftant pafle par le bofeage en une plaine campagne, les arquebufîers garderont l’ifluë du chemin du bofeage, jufques à ce que la Cavallerie ait occupé la campagne de les hauts lieux, s’il y en à quelques uns.
- . Quand On marche par une contrée, où il y a de grandes rivières, on eft commune- Pourpaflhr ment pourveu de batteaux, lefquels on peut aifement joindre énfemble pour faireles rivières. un pont, par lequel l’armée paflèra fans péril. Mais quand on ne peut mener tels batteaux avec foy, on fera contraint de fe fervir de tonneaux , & dé bois, lefquels on joindra tellement avec des cordes de chanvre, que l’artillerie y puifïè paflèr.
- Four mettre donc un tel pont, ou un autre tel qu’il foit fur la riviere , principalement quand il y a de bons Ingénieurs pour le mettre bien toft en œuvre, on dreflèra toute l’artillerie fur le bord de la riviere vers ce lieu 1», duquel on fe veut rendre mai-fixe; cela eftant fait on commencera dejetter dans l’eau les batteaux, & tout ce qui y eft necefïàire , y mettant auffi quelques arquebufîers de moufquetaires pour empefeher de divertir l’ennemy , quand il .voudroit faire quelque defenfe au de là de la rivière. Si toft que le pont eft preft, les arquebufîers à cheval s’en iront à l’autre çofté, menant avec eux quatre ou fix petites pièces, de quelques chariots chargez de toute forte de munition de guerre, comme auffi une bonne quantité de pionniers,à fin que les fold^ts fe puiflènt aflèurer fur l’autre bord de la riviere, de s’y fortifier, ce qui
- P 3 s’effeduera
- p.117 - vue 156/231
-
-
-
- n8 ''Troifiefine Livre de la Fortification,
- s’effe&uera aifement par l’ayde de 500 foldats, tellement quune plus grande quantité n’y fera pas neceflàire, principalement, quand l’armée les fuit incontinent, Sc a tout le bagage derrière fëy.
- Mais y ayant aufli quelque danger, 8c eftant à craindre, que l’ennemy puiflè artac-quer l’arrieregarde, l’avantgarde avec la bataille eftant desja paflee, il fera neceflàire de fe fortifier aufli bien de l’un que de l’autre codé, à fin que les derniers foient. affairez, 8c mis hors de danger.
- l’Ennemy faifant un aflàurfort fera chafle par le canon mis en tel ordre, que nous avons monftré cy defliis.
- Chapitre II.
- Trois fortes des camps. Caftra Tempora-nea.
- Caftra Stra-taria.
- Caftra fu-fteutoria.
- Le camp qui fe desloge a tous moments.
- Le camp environné de trenchêes. Les palijfa-des & che. valiers de Jrifes,
- Les tranchées font tousjours abattues.
- Comment on doibt camper tannée, & divifer les quartiers.
- IL y a trois fortes de camps, les uns eftant appeliez Caftra Temporanea, c’eft à dire, un camp, qui ne demeure pas, mais fe change tousjours, les autres Caftra Strataria, c’eft à dire un camp, dont on environne une ville ou fortereflè pour la prendre,. & la trbifiefme maniéré des camps s’appelle Caftra Suftenteria, c’eft à dire un camp , qui fe forme pour retarder l’ennemy, qui ayant envahi un pays s’efforce de s’avancer avant dansiceluy. Ce camp eft aufli appelle un camp volant, puis qu’il n’a jamais de lieu certain ; mais eft contraind de fe reigler félon l’ennemy, qui fe deslongeant,il fautque ce camp change aufli (à place pour le fuivre : 8c quand l’ennemy campe fon armée, cefte armée volante fera femblablemenr campée pour empefeher les courfes de l’ennemy.
- Par le camp, qui eft preft à tous moments pour eftre changé nous entendons cc-luy, qui eft formé feulement pour une nuift,l’ordonnance duquel requiert une grande prudence, principalement quand on a pris fon chemin par la jurifdi&ion de l’enne-my, qui ne s’en trouve gueres efloigné. Parquoy il fera grandement neceflàire, que le General envoyé devant une bonne partie a cheval pour s’enquérir de la condition du lieu, 8c où on fe doibt camper de nuid; pour quelle fin on doibt choifir autant qu’il eft poflible une place fituée en plaine campagne , l’armée y eftant arrivée (à fçavoirde bonne heure 8c de jour) les quartiers feront divifezparles villages circon-voifins (s’il y en a quelques uns) 8c la Cavallerie fera envoyée en quelques lieux fii-(peds. l’Infanterie environne le camp d’une trenchée de la hauteur de 6 pieds, 8c de l’elpaiflèur de 3 pieds, pour eftre aflèuré contre l’ennemy, qui pourroit faire une for-tie fur le Camp par quelque entreprinfe. Les lieux marefeageux, où il ne faut pas redoubler l’ennemy, pourront eftre clos de Cavalliers de Frifes, ou de paliflàdes, lesquelles on pourra en apres jetter fur les chariots pour mener avec foy, quand on leve le camp.
- Apres que les trenchêes font appreftées les foldats commenceront de faire leurs huttes, les baftiflànt de quelques perches, 8c de paille, ou bien en ayant faute on prend les tentes des chariots ,pour en couvrir les foldats, qui ayant repofé de nuid foubs icelles feront plus propres 8c plus habiles pour marcher plus outre. Les chariots de rârtillerie, munition 8c vivres font communément logez au milieu du camp, environnez encore d’une trenchée particulière*, mais quelques pièces de canon-font plantées vers les lieux, par lefquels l’ennemy pourroit faire quelque fortie fur le camp. Apres tout cela les fentinelles eftant difpofées,le refte de l’armée fe met pour prendre repos, 8i avec le poind du jour fuivant on donne un ligne pour fe desloger, à fin qu’un chaf-cun fe tienne preft, 8c les trenchêes eftant abattues,a fin que l’ennemy n’y puifle trouver quelque advantage, quand il pourfuivroit l’armée, on desloge.
- En cas que l’on ne marchaft par le pays de l’ennemy, 8c qu’on fuft afleuré qu’il ne fe pourroit approcher fi toft du camp, iln’eft pas befoing d’environner le camp de trenchêes, mais les foldats prennent leurs quartiers és villages circonvoifins j les fentinelles ordinaires font toutesfois dilpofées par tout, 8c on obferve cet ordre de marcher tous les jours, jufques à ce que l’on foit approché du lieu , lequel on eft refolu d’attacquer, ou d’aflieger, là où on met l’autre camp qui s’appelle Caftra Strataria. *
- La pro-
- p.118 - vue 157/231
-
-
-
- de la pratique Offenfi ve & Defenfi ve. 119
- La propriété de ce camp veut bieneftre obfefvée félon la do&rine de Veget. aü cliap. ii du livre I. & la Caftrametation de Ejgmus Gromaticus. hurstri-
- Qu’il foit logé en un lieu aflèuré,c’eft à dite,qu’il ne s’y trouve pas de hauteurs, défi prietez.. quelles l’ennemy fe pourroit fèryir pour Ion advantage, quand il voudroit fecourir la I. ville, ou aflàillir le camp. Car s’y logeant il pourroit aifement voir tout ce,qui fe paflè au camp, qui feroit tout à fait fusjed à la veuë de l’ennemy.
- Qu’il foit placé * s’il eft poflible auprès d’un fleuve, ou riviere, de laquelle: on fé 11,
- puiflè commodément fervir aufli bien pour le beftiail, que pour les foldats * 8c fur laquelle on puiflè aufli mener toute forte de munition & vivres au camp, par l’ayde du courant de l’eau, ou d’un bon vent, eu efgard que des defpens exceflifs font requis, quand on eft contraint d’y mener tout ce qu’il faut par chariots, ce qui caufè fbuven-tesfois une grande cherté au camp, pource que les marchands 8c vivandiers augmentent fouvent le prix des chofès qui y font menées par chariots; Outre cela il y a encore un grand advantage à caufè de l’eau, de laquelle on peut environner le camp, 8e le rendre plus fort, que fi eftant logé en une plaine campagne il eftoit fortifié d’une quantité de forts 8e redoutes, tellement que tous les defpens font efpargnez fi avant que l’eau s’eftend pour clorre commodément le camp. Je ne parle pas de la grande puanteur caufée par les chevaulx, 8e le beftiail mort, comme aufli par les bouchers en leurs boucheries, laquelle eft fèmblablement empefchée par l’ayde de l’eau, tellement qu’une telle quantité de gens n’eft pas fi toft travaillée de maladies, ou de pefte, qui ravit quelquefois un plus grand nombre des gens, que I’aflàut de l’ennemy,8c rend l’armée trop roible. Pour prévenir donc cet inconvénient on jette les charoignes dans l’eau, 8c loge on les bouchers auprès d’icelle.
- Aufli faut il bien avoir efgard , que quelques buiflons efpais, ou bofeages ne s’ÿ I il. trouvent, dans lefquels l’ennemy fè puiflè cacher, 8c s’y tenir avec fès gens fans empe-fehément, parquoy un camp fèroit tousjours fubjeét à une crainte continuelle, pour eftre attacqué hors des bofeages par l’ennemy.
- Pour faire l’elite convenable des lieux propres à un campi celuy fera tenu pour le IV. plus commode, qui eft fitué en une pleine campagne, veu que l’on peut defoouvrir l’ennemy de loing, 8c le retarder par le canon, en cas qu’il vouluft attacquer le camp par force. Et fi fà force eftoit trop grande tellement qu’il s’approchaft du camp ori y peut commodément mettre les gens en bataille, 8c s’oppoferd l’ennemy.
- Comme beaucoup de maladies font engendrées par la trop grande puanteur, de V. mefme plufieurs font caufees par les lieux marefeageux, à caufè de l’eau infedée, 8c malfamé, comme aufli des vapeurs venimeufès, fortant de la terré marefeageufè, fur laquelle les huttes des foldats font bafties.
- On s’enquerra curieufèment, fi le lieu, où on doibt camper l’armée, peut eftre y J. couvert d’eau, ce qui arrive fouvent en Automne 8c Yver, quand elle fè desborde,
- 8c s’efpand par deflus la terre, dont le camp pourroit recevoir un grand dommage, principalement quand il y faudroit demeurer tout l’Yver, 8c qu’on ne fçauroit pas la condition du lieu. Autrement cela fè fait aufli par artifice, dont fè peuvent fèrvir les afliegez, ou bien ceux qui viennent pour fecourir la ville, quand ils peuvent conduire l’eau d’ailleuts dans le camp, ou percer quelques digues, ou retenir L’eau par les digues, 8c efclufèspourla faire aller par deflus la campagne : ce qui porte un beaucoup plus grand dommage au camp, que ne fait pas l’embrafèment du feu. Parquoy on reçerchera de prez tout cela, 8c longera pour y trouver quelque remede.
- On eflira aufli un tel lieu, qui puiflè fournir une bonne quantité d’herbe, 8c de foin V î ï. aufli bien pour le beftiail, que pour les foldats. Car par faute de fourrage pour les chevaux, on eft contraint de le faire venir de loing, ce qui eft trop dangereux pour les foldats ; veu que l’ennemy y eftant à l’aguet peut faire fès couriès par ces liciix là,
- ÔC prendre les chevaux, y eftant venus pour trouver du fourrage. Et le remede fe-roit de le faire par de grands convois, 8c defpens exceflifs. Aufli faut il prévenir le manque de bois neceflàire pour le feu, 8c le baftimenr des huttes des foldats, comme aufli de la paille fèrvant au mefine ufàge.
- Le camp ne doibt aufli eftre trop proche de la ville, à fin que l’ennemy ne le puif- y j j fe attaindre 8c grandement endommager de ion canon. Au contraire il n’en doibt pas eftre trop efloigné à fin qu’on puiflè iècourir en hafte tous quartiers.., ceux qui
- , travaillent
- p.119 - vue 158/231
-
-
-
- IX.
- X.
- L'artifice réparé la faute de la nature. Touchant
- prés du camp.
- 'Exemple.
- 120 Troifiefme Livre de la Fortification,
- travaillent aux approches, quand il font aflàillis des affiegez. Pourtant ce fera la plus efloignée 6c la plus, proche diftance, qui eft reiglée félon la plus grande efleva-tiondu canon, tellement que Ton puiflè aufli eftre aflèuré contre les plus longs coups de canon.
- La mefare de la grandeur 6c largeur du camp doibt eftre convenable, tellement que l’on ne prenne pas une trop petite place pour une grande armée, & un lieu trop large pour une petite armée : car celle là ne fe peut commodément defendre à caufe de la petiteflè du lieu, 6c cefte-cy n’eft aflèz funïfante pour maintenir une trop grande place.
- Finalement ceft le plus grand poinéfc pour un camp, à fçavoir que tous les pafîa-ges foient bien gardez, tellement que l’ennemy ne s’y puiflè camper, 6c empefcher les vivres, par faute defqucls une armée pourroit eftre aifement forcée.
- Yn camp eftant donc doué de toutes ces proprie tez, il n’y a doubte qu’il ne foit bien ordonné. Mais puis que tels lieux iè trouvent fort rarement, qui conviennent exa&ement avec les proprietez cy defcrittes, il fë faudra rapporter principalement à la propriété du lieu 6c reparer par artiôce la faute de la nature.
- S’il y a quelques hauteurs , on s’y loge foy mefme, quand la condition du lièu le JeThauteurs Permet»ou s ^ y a quelque autre lieu commode tout proche, on environne la hauteur es au eurs ^ trenchées, 6c on met des redoutes là deflus. Mais la hauteur eftant fituée fur un paflàge ou lieu d'importance, on baftit des forts deflus, 6ç on ofte autant qu’il eft pof-fible tout advantage à l’ennemy.
- Le fiege de Bolduc nous en fournit un exemple, où il y avoit une hauteur fituée far le chemin s’eftendant vers Vliemen, & vers le Lange-Jiraet, furie fommet de laquelle colline on avoit mis un fort quarré à quatre demy-boulevarts, & devant iceluy encore un ouvrage couronné, devant lequel il y avoit au farplus un ouvrage à corne, tous lefquels. ouvrages eftoient encore d'avantage environnez des trenchées communes, qui eftoient conduittes à l’entour de toute l’armée. Car l’ennemy euft peu aifement aflàillir le camp de ce cofté là, 6c la hauteur èftoit telle, quelle commandoit tous les autres lieux circonvaifins. . .
- Quand quelque riviere ne s’y trouve pas, on fe contentera d’y mener routene-cèlfité par chariot : 6c fera on une bonne ordonnance touchant la voidure des chartiers, à fin qu’ils rie la mettent pas à un pris desraifannable , 6c caufent une cherté.
- Four em- Pour empefcher fe puanteur l’ordonnance foit faite, que le beftiail mort foit me-pefcker la néloing du camp 6c des quartiers, & y foient faites de grandes foflès pour l’yen-puanteur. terrer : à la mefme ordonnance foient aufli fabjeds les bouchers, qui doivent tuer les belles au dehors des quartiers, 6c enterrer toute l’ordure.
- Touchant Lesbofeages , qui ne s’eftendent pas loing du camp peuvent aufli eftre environ-les bofcages nez des trenchées, quand cela fe pourra faire fans dommage 6c grands defpens, def-aupresdes quels on fe fert en apres pour les baftiments 6c autres neceflitez. Mais quand ils font camps. trop efloignez, 6c qu’ils ne peuvent eftre environnez des trenchées, & endommagent toutesfois le camp j on les coupe ou brufle, à fin que l’ennemy ne s’y puiflè cacher, ni eftre à couvert.
- Four em- Y ayant aufli quelque eau, qui peut eftre arreftée par les affiegez, tellement qu’elle
- pefeher le^ fe desborde en fin 6c endommage le camp, il faut curieufement prendre garde fi cela peut eftre empefehé par quelques digues, ou fi l’eau peut eftre menée ailleurs : ce qui e mu‘ fera aflèz enfeigné par la neceflité, 6c par l’experience.
- L'office d'un Apres que tout cela eft bien advifé, 6c on s’eft bien enquis de la condition 6c fi-Gpuartier tuation du lieu, lequel on veut attacquer, en eftant encore efloigné a 2 ou 3 lieues, le re Ge- Quartier maiftre General fe fepare de l’armée avec 80, ioo, ou 120 chevaux,& s’approche de la ville, laquelle doibt eftre afliegêe, pour contempler en perfbnne les lieux, qui font par cy devant recognus, & les faire incontinent pourtraire, à fin qu’il puiflè bien départir les quartiers.
- Les quartiers ne font pas femblables par tout, 6c d’une mefme forme, mais tiers ne font on les ordonne félon la fituation du lieu, 6c fe contente-t’on quelquefois d’un quar-tousjours tiec feui} gc quelquefois le camp eft départi en deux , trois , quatre ou plufieurs
- Quand il y a manquement d'eau.
- neral.
- Les quar-
- ftmhlahlcs.
- quartiers.
- La
- p.120 - vue 159/231
-
-
-
- delà pra&ique Offenfive & Defehfive.'
- in
- ' La forlrie cri eft auffi diverfc, puis qu’elle fe reigle félon la fituation du lien. La La formé» grandeur le rapporte à la quantité des Régiments, qui y doivent eftre logez, ce qui grandeur fera enfeigné au chapitre fuivant. des quar-
- tiers.
- Chapitre III.
- t>e la divijton des huttes de î Infanterie, Cavallerie, & Vivandiers, comme aujTt de U mefure des quartiers de chafque Régiment, & toutes pièces y appartenantes,
- AVant que de trai&er de la divifion des lieux ordonnez pour les Régiments en Four cam-un chafcûn quartier, il faut premièrement monftrer le circuit du lieu, où eft per une corn-logé ordinairement une compagnie de ioo fpidats, qui fèrt pour une reigle ge-à nerale touchant le partage des quartiers en diverfès Régiments, contenants plu- ^ted' fieurs enfeignes, ou compagnies.
- Pour uneeiifeigne d'infanterie on ordonne la longueur de 300 pieds de la mefu- Lahngtmr re du Rhin, qui eft ufitée aux camps du Pays-bas, & demeure tousjours fans eftre du quartier changée. ^ dUne enfei-
- La largeur eft diverfe félon la quantité des telles le trouvant foubs une enlèigne,dont nous fairons icy plus ample mention. La largeur.
- Prennonspour exemple une compagnie montant à 100 telles; on ordonne pour icelle un parallellogramme ayant pour Ta longueur 300 pieds, & pour là largeur 24 pieds. De la longueur failànt 300 pieds, on en prend 40 pieds de longueur & 24 de largeur pour le logis du Capitaine; entre lequel & le commencement des huttes Le logis du des foldats on lailïè un efpace de 20 pieds de longueur, dont la largeur eft comme Capitaine; celle de toute la compagnie , en apres les hutt.es des foldats le commencent ayant de longueur 200 pieds, & pour largeur 24, comme nous avons desja dit, & félon la longueur, les huttes dés foldats font brafties,eftant divifees en deux files avec une rue en la maniéré fiiivante.
- La largeur dé 24 pieds eft divifée en trois parties elgafes, dont celle du milieu eft La largeur large de 8 pieds & laiflee pour la rue & paflàge des foldats, à chalque collé de la rue de la rue. s’cftend une file de huttes, dont cHafcune n eft pas plus large que 8 pieds, & perfonne n’olè pas ellargir ni amoindrir l’elpace ordonnée, aufïi bien au devant qu’au derrie- fos huttes,T re, à fin que l’ordre ne foit preverri. Pour une perlbnne on ordonne aulli la longueur de 4 ou 5 pieds, mais y en ayant deux en une hutte, on leur concédé l’elpace de 6 ou 7 pieds.
- Et ces font les bornes, dont les huttes des foldats font limitées, &c tellement ordonnées, quautant des gens peuvent eftre logez de l’un que de l’autre codé.
- Puisqu’il n’eft pas permis aux foldats de faire de feü dans leurs huttes, ni d’y cui- Les huttes finer, on lailïè encore derrière les huttes des foldats une place vuide pour les vivan- des vivan-diers. On mefure des dernieres huttes des foldats 20 pieds pour une place vuide en-tre les huttes des foldats & celles des vivandiers , à fin que le feu ne puilfe pas endommager les huttes de foldats, d’autant que celles des vivandiers ou il y a tousjours du feu, font fusje&es a ce péril; derrière ledit efpace on loge les vivandiers, leur donnant la longueur de 10 pieds pour: leur huttes, & encore dix autres pour leur cuifi-ne & le foyer; tellement que les huttes des foldats font encore plus allèurées contre le danger du feu.
- Combien qu’en departifïànt les huttes des foldats, comme noiis avons ditcy def- La longueur fus, on ne donne pas davantage que 5 pieds de longueur pour chalque foidat, elles diverfe des font toutesfois ordonnées en diverlès façons, & on ne prend pourtant pas 10 pieds Ku^es^s pour deux longeant en une mefme hutte, mais 6 ou 7 pieds feulement, à fin que ceux-** 4 qui font mariez ayent encore une plus grande elpace qu’un foidat lèul : & s’il y refte encore quelque place, on la donne à celuy qui en a befoing.
- Les portes ou forties des huttes font tellement ordonnées , quelles regardent Les portes la rue , & que les portes de l’une file foient vis à yis des portes de l’autre file des des huttes huttes. , des foldats.
- Les
- p.121 - vue 160/231
-
-
-
- ïzz Troifiefme Livre de la Fortification,
- les huttes Les dëiix huttes les plus proches du logis du Capitaine-ont leur fortievis à vis de la
- du lieme- place vuide entre lés huttes des foldats '& le logis du Capitaine, defquelles l’une fera ntmt &\ pour le Lieutenant, & l’autre pour le Port-enfeigne. \
- fort-enfet- Semblablement les portes des deux huttes dernieres n’auront pas leur fortie comme
- ^Les huttes autres vers la ru® » mais vis à vis des huttes des vivandiers, 6c feront données aux dis fer géant s deux Sergeants de la compagnie. ;
- les [orties Les forties des huttes des vivandières font ouvertes de ce cofté là , où elles rc-des huttes gardent les huttes dès foldats, à fin qu’on y puiflèvenir par une allée droitte. eks vt'van- £t c’efl- |a partition des huttes touchant une compagnie montant à 100 telles. &uand les ^a*s a une comPagnie de 130 ou 150 loldats on donne encore une file des huttes* tel-mjeignes lemenc qu’une telle compagnie aura. 3 files, 6c 2 rues, chafcune hutte demeurant en là
- ont plus largeur, &dongüéur ôrdiUaïre, ôc la largeur entière du logis d’une telle compagnie
- de 100 fol. fera de 40 piêds, comblé àuffi la largeur du logisdu Capitaine. Mais quant à la lon-dats. gueur on- n’y adjcmftepàs la moindre choie, mais on retient la longueur donnée à la compagnie de 100 foldats.
- Vne compagnie de 180 ou 200 foldats aura 4 files, 6c 3 rues ; celles 250, 5 files ,& 4 rues, 6C âinfî dès autres à l’ad venant : la longueur demeure tousjours femblable, àfçavôir de 300 pieds, comme celle là dune compagnie de 100 foldats, 6c n’eftjamais changée. '
- i'ufagedes On menoit jadis avec foy des chariots chargez de tentes & pavillons, lelquelles tentas.. eftoient apresellevées , 6c eftendueses quartiers , mais maintenant on ne s’en lèrt plus, à caille de beaucoup d’incommoditez qu’elles fouloient caulèr, dont celle cy n’eftoit pas la moindre, que les loldats n’eftoiént;pas bien aflèurez fousicelles contre i'ufagedes la pluye 8c le froid, tellement que les huttes font entrées en la place des tentes, chaf-huties. que foldat les baftiflànt luy meline, 6c le bois avec la paille fontfpurnis despaylàns circonvoifins.
- Les huttes En baftilïant les huttes il le faut bien donner de garde, qü’élles ne loieftt ellevées ne doivent trop proche luné de l’autre , mais il faut laiflèr un elpace convenable entré chaf-efiretrop .qLje # à fçavoir environ un pied & demi , ou 2 pieds, à fin qu elles ne foient fol autre™ Pas ^ fort lùsjeéfces au péril du feu , qui ayaritpar advanture endommagé quelques, unes pourra plus àifement éftre èfteint, quand'on abatra celles là, qui elprifes de feu font fèparées des autres * ce qui ne fe feroit fi ailèment, fi elles eftoiént conjointes Punea l’autre, puis que le feu pourroit plus facilement gafter toutes les huttes par ordre ,àcaulè de la paille qui fembràfe ailèment.
- Us capi- Les Capitaines le font àuffi fervi par cy devant de tentés, lelquelles ils ont rejetté, à taines je fer- caùlè de l’utilité que leur apportent les huttes, lelquelles.ils font àuffi. baftir pour eux: vent aujfi niais les tentes leur fervent pour l’eftable 6c la cuifine.
- de huttes. £e pourtrait du quartier d'une compagnie de 100 foldàts eft reprelènté eft la 107 figure ; A B 6c A D la longueur du quartier de 30 o pieds.: A C & B D, la largeur de 24 pieds: entre lelquelles bornes le tient fenïèigné de l’Infanterie. Le logis du Capitaine s’eftend de A en g, 6cde C en h. À C, 6cg h font larges de 24 pieds. L’elpace entre le ldgîs du Capitaine & les huttes des foldats de g en a , 8c de h en d eft lailïe vuide. De a en b, de d eri c, reftént encore 200 pieds, là où lés huttes des foldats font ba-ftiés ayants deux files, dont des largeurs ae> fd, bn, oc, chafcune fait 8 pieds : entre les huttes le trouve la rue efi no, 8 pieds dé large. La longueur biôcck^ de l’efpaçe vuide entré les foldats 6c vivandiers monte à 20 pieds , & la largeur bc ôc à 24. Lès huttes des vivandiers font placées entre la longueur./1 8ckm failànt 10 pieds,8cl B,mD le lieu lailfé pour la cuifine des vivandiers a àuffi 10 pieds pour fa longueur. la force Vn'Régiment contient quelques compagnies , l’une eftant plus forte , l’autre dunregi- -plus foible. Car ils contient fouvent18,15,12,10,8 compagnies, plus ou moins., 6c ment‘ les compagnies né font àuffi par tout fomblables. Parquoy leur quartiers font ordonnez fclbh la quantité des compagnies; tellement que l’on donne un plus grande elpace à celuy qui a plus de compagnies, telle qu’il s’en puiflè contenter, 6c à celuy qui n’en a pas tant ,.eft àuffi donné une plus petite elpace fe rapportant à là proportion, en forte qu’il s’y puiflè tenir commodément.
- Pour le mettre en pratique nous nous rciglerons félon l’elpace affighé a unexôm-pagnie, comme nous avons enlèignê jcy.
- Soit
- p.122 - vue 161/231
-
-
-
- de là pra&iqueOffenfive & Dèfenfive. itj
- Soit donc un Régiment autant' fort, ou autant foible qu’il veut , la longueur don- Lalongueur née de 300 pieds n’en eft toutesfois pas changée, mais demeure tousjours eigale. La du quartier largeur au contraire eft changée autant de fois, qu’il eft neceflàire. Pour unRe~
- Carun Régiment eftantplus fort qu’un autre il faut qu’il ait davantage de files, ce qui importe beaucoup pour la largeur.
- Le quartier du Colonel de tous les Régiments quelque forts qu’ils foient eft tous- ze Colonel jours logé au milieu, c’eft à dire, fon Régiment eft divifé en deux parties elgales, & eft logé au l’une eft mile à la main drôitre, & l’autre à la gauche. milieu.
- La largeur du lieu au milieu des deux parties du Régiment, ordonné pour le quar- Largeur du tier du Colonel monte à 68 pieds, fans les deux rues laiflees entre le logis du Colonel quartier dit & les huttes de l’un & l’autre cofté. Colonel.
- Et puis que l’on retient par tout la mefîne longueur comme il eft dit, fans y chan- sa Un-ger jamais quelque choie, le logis du Colonel ne fera pas plus long que celuy d’un gueur. Capitaine, & fera donc de 40 pieds : car entre ledit logis, & les huttes des foldats on pourfuit l’ordre commencé, & laiflè on une rue de io pieds.
- En apres refte la longueur de 20 o pieds elgale à la longueur entre laquelle lés huttes des foldats font placées félon la largeur fuldite de 68 pieds j lequel efpace eft divifé en deux parties elgales, tellement que chàlque partie contient 100 pieds, celle de devant de 10 o pieds eft remplie des huttes neceflàires, celle de derrière eft laiflec vui-de pour le bagage du Colonel.
- De l’elpace de devant au commencement des huttes des foldats on donne la Ion- Le ^ gueur.de 68 pieds, & la largeur de 40 pieds pour le logis du Colonel Lieutenant, & Colonel on donne le refte aux Officiers, àfçavoir au Prevoft du Régiment, Miniftre, Sécrétai- Lieutenant. re, Chirurgien, & tous les autres Officiers, qui lùivent le train du Colonel ; mais entre le logis du Colonel Lieutenant, & les logis dés Officiers mentionnez il faut laiflèr une rue large de 10 pieds.
- Le refte devient elgal avec les huttes des foldats , comme auffi la rue entre deux,
- & la rue entre les huttes des foldats & des vivandiers; derrière laquelle les vivandiers feâftiflènt leurs huttes.
- Et c’eft le logis du Colonel & de lès Officiers , qui n’elï: jamais changé , mais fe tient tousjours en une méfme forme.
- Pour mettre auffi les enfeignes en bon ordre nous avons dit,que le Régiment doibt Pour ordon-c'ftre divifé en deux parties elgales, ce qui s’entend des enfeignes dont le nombre eft ner les en-clgal : car le nombre en eftantinelgal, on met à un des coftez une enfeigne d’avanta-feignes. ge qu’a l’autre.
- 1 Les enfeignes font join&es par ordre lune prés de l’autre tellement que les huttes & les rues ont une diftance parallelle, & chafque enfeigne tourne le dos à l’autre, n’y ayant aucune porte ou fortie vers les rues qui font entre les compagnies, à fin que l’une foit bien feparée de l’autre: la rue laiffée entre chafque compagnie fera large de 8 pieds. '
- Semblablement la diftance des logis des Capitaines aura la mefme largeur des rues La diftance fàifant 8 pieds, félon laquelle la largeur de deux rues entre le logis du Colonel de ceux des Capitaines, comme auffi entre le Colonel Lieutenant & les foldats,fe reigle , puis a~
- qu’on laiflè la largeur de 8 pieds pour lefdites rues de l’un & de l’autre cofté. Les v huttes des vivandiers 11’ont pas de rués felon la longueur,d’autant quelles font bafties parallelles avec la largeur entière du Régiment cy deffiis mentionnée.
- Soit pour exemple le pourtraid d’un Régiment reprefenté en la 107 figure, où il y a 6 enfeignes, dont une chafcune monte à 100 teftes, tellement que le Régiment entier fait 600 foldats, qui fera logé felon la maniéré donnée, par layde de la divi-fionqui fe fait entre 100 foldats. Pourtant on calcule premièrement la largeur du Régiment, puis que la longueur de 3 o o pieds eft desja cognuë, laquelle, comme il eft ditn’eft jamais changée.
- La largeur de chalque enfeigne monte à 14 pieds, avec les huttes & la rue : fix fois 24 font 144 pieds, & les rues lelquelles feparent les enfeignes l’une de l’autre, comme auffi la rue qui eft entre le logis du Colonel &c du Lieutenant Colonel, & les logis des Capitaines & les huttes des foldats, ont 8 pieds de largeur: 6 rues donc multipliés par 8 feront 40 pieds, au/quelles il faut encore adjoufter la largeur du logis du
- Q^2 Colo-
- p.123 - vue 162/231
-
-
-
- iL4 Troifiefmc Livre de là Fortification*
- Colonel, qdi fait 68 pieds, pouf avoir 160 pieds pour la largeur B O & A N du Régiment entier.
- §uàhd ks Mais quand un Régiment eft plus fort tellement qu’il a plus de compagnies, il faut
- Régiments qüe le quartier devienne plus large, comme par exemple un Régiment ayant 10 com-fintplus pagnies, & chafque compagnie 100 foldats, la largeur du quartier fera 388 pieds, tel*
- fms- lement que la largeur du quartier s’augmente tousjours félon la quantité des compagnies, & eft proportionnée félon la forme d’une compagnie cy deffiis monftrée.
- La Seeno- Pour mieux entendre cet exemple d’un Régiment de 6 compagnies, dont l’Ichno-gr*pbïedu graphje eft desja repreféntée, férvira la Scénographie de la ni figure, dans laquelle ' Régiment. jcs ^ compagnies font ordonnées l’une auprès de l’autre, tellement que trois fé voient à la main droitte, 8c les autres trois à la main gauche du quartier du Colonel. Les hgk des Les huttes 8c quartiers des Capitaines font auffi naifvement reprefentez, un chafcun Capitaines; cftant logé droktcment devant fâ compagnie. Les baftiments qui s*y trouvent font premièrement leurs huttes, 8c apres une cuifine & eftable pour les chevaux : le refte eftlaifle pour y mettre le bois, foin, & autres neceffitez. Mais à fin que tout (bit bienafleuré , chafque Capitaine fait environner fon logis d’une trenchée haute de 5 pieds, 8c d’un folle large de 4 pieds, 8c profond de 4. Les logis des Capitaines font auffi feparez par les rues comme nous avons dit cy deffiis.
- Le logis du II y a au milieu des logis des Capitaines une grande place, ou fé void le logis du Colonel. Colonel avec la cuifine, 8c l’eftable pour les chevaux, & une tente pour y mettre & tenir à couvert toute forte des hardes 8c de bagage.Mais s’il eft befoing d’y drefïér encore d’autres huttes 8c tentes, on le pourra faire aifément, puis qu’il y a encore afléz de place. Ce logis du Colonel eft auffi bien environné d’une ttenchée comme ceux des Capitaines, &féparé des autres par une rue de l’iin 8c de l’autre collé.
- Les huttes des foldats qui. font derrière les logis des Officiers font féparées d'iceux par une grande rue, les deux premières defquelles bafties devant les autres de chafque compagnie Sc ordonées pour les Lieutenants 8c Port-enféignes tournent leurs portes vers la grande rue, & les logis des Capitaines.
- Devant les huttes dites font eflevez de grandes perches au travers pour y mettre les armes des foldats, a fçavoir lespicques & les moufquets.
- Sous les perches dites on fait des puits pour en puifér l’eau.
- Auffi viennent icy en confideration les nuttes des foldats, qui doivent eftre miles par tout en une ligne droitte, fans fc recourber, ni eftendre l’une devant l’autre, ni à la main droitte ni à la gauche, leurs portes & forties regardent la rue ordonnée entre chafque file des huttes, lefquelles elle fépare d’enfémble 8c les Capitainesl’un de l’autre , comme auffi du logis de leur Colonel, 8c les huttes des foldats de leur Colonel Lieutenant.
- Au milieu des huttes des foldats au commencement dé la grande rue fe trouve le logis du Colonel Lieutenant avec fa cuifine 8c l’eftable à chevaux,derrière lequelles les Officiers fufdits font logez, chafcun fe fortifiant félon fà commodité.
- Les logis des vivandiers fe rencontrent à la fin des huttes des foldats , derrière la rue .extreme mis tellement en ordre, qu’ils n’exccdcnt l’un l’autre ni devant ni derrière.
- Comme les fortereflés bien ordonnées ne font pourveuës de l’Infanterie féulë-ment, mais auffi de la Cavallerie qui fort pour faire des forties , la fortereflé eftarit a£-rutilité de fiegée. De mefme peut on malaifément affieger quelque place fans s’y fervir de la la cavalle- Cavallerie, de laquelle on a befoing pour fécourir l’Infanterie, quand l’ennemy fait ne au camp. jes forties ; outre cela il eft auffi necefiàire qu’on y ayt de la Cavallerie pour l’envoyer hors du camp à fin d’elpier l’arrivée de l’ennemy 8c le chemin , par lequel il prend fon paffitge. Elle peut auffi aller à l’encontre de l’ennemy pour le devancer en pren-nantàla hafte les pafïàges, par lefquels il faut que l’ennemy paflq, & les défendant Jufquesà ce que le fecours de l’Infanterie, qui ne peut marcher en fi grand hafte, ÿ foit arrivé.
- La Caval- On fait, communément des quartiers particuliers pour la Cavallerie a caùlë de beau-lerie afin coup d’incommoditez , qui font caufées quand le Cavallerie eft méfiée au quartier quartier parmi l’Infanterie.
- particulier. q£ commc le quartier de l’Infanterie a efté ordonné félon quelques rcigles certaines,
- p.124 - vue 163/231
-
-
-
- pl.n.n. - vue 164/231
-
-
-
- de la pradiqüe Offenfive & Defenfiyé.
- tairies, ainfi la Cavallerie n’çft pas logée en un tas, mais on attribue une certaine grandeur 8c mefure i chafque cornette 8c Régiment, laquelle on retient tousjoùrs quand on mefure le camp, 8c départit les quartiers.
- Pour chafque cornette on ordonne la longueur d^ 300 pieds, mais la largeur n’eft Comment il
- Ear tout efgalc,ains fe rapporte à la grandeur de la cornette, & eft ordonnée félon que fmt Her t cornette eft ou plus grande ou plus petite. me cornet-
- Vne cornette contenant 100 chevaux a une place longue de 300 pieds, & large de îe'
- 7 o pieds, dans laquelle il faut quelle le loge, 8c s’en contente.
- Le logis du Capitaine de Cavallerie eft large de 70 pieds , 8c long de 40 pieds, Le logis du cftant une partie de la longueur de 3 o o pieds. Capitaine
- ' Entre le Capitaine 8c les huttes de la Cavallerie on laide une grande rue de 10 Cavalle-pieds , derrière laquelle les huttes de la Cavallerie font mirés en ordre fur la Ion- rie' gucur de 200 pieds, tellement qu’il y vient deux files de huttes ayant pour leur largeur 70 pieds ; la place des huttes de chafque côfté eft large de 10 pieds,apres laquelle demeure une ruelle de j pieds, en laquelle les huttes ont leurs portes ou iflùës.Pour les chevaux on laiïlc l’efpace de 10 pieds de chafque cofté,tellement qu’entre les deux files de chevaux y a une rue large de 20 pieds; puis que la cornette eft de 100 che- L'eftacede vaux, 50 chevaux viendront pour l’un des coftez, 8c 50 pour l’autre, de forte que chaf- chafque gué cheval a 4 pieds de longueur, & 10 pieds de largeur, qui eft lefpace aufïi ordon- ^ née pour fon maiftre.
- Entre les huttes de la Cavallerie 8c des vivandiers y a une place vuide de 20 pieds J pour la mefmc cauré, de laquelle nous avons fait mention cy defïùs en la defeription dès quartiers de l’Infanterie. Apres laquelle les huttes des vivandiers font miles en leur ordre , ayant pour leur efpace une largeur femblable à celle de la cornette de 70 pieds 8c la longueur de 10 pieds, le refte de 1 o pieds eft laifïè pour la cuifine, de forte que cefte cornette a pour fà longueur entière 300 pieds , 8c pour fà largeur 70 pieds.
- 1 Mais y ayant une cornette plus grande de 10 o a 14a chevaux, on ordonne pour fà Pour loger largeur une file des huttes davantage, de forte, que trois files de huttes s’y trouvent, une cornette dont la derriiere qui demeure feule, eft réparée de la deuxiefme par une rue de 10 Plutforîe-pieds, qui s’eftend entre les huttes de la deuxiefme file, & les chevaux de cette dernière 8c nouvelle file, apres laquelle on ordonne, comme au paravant 10 pieds pour les chevaux, 5 pieds pour la ruelle, 8c pour les huttes, des Cavalliers auffi 1 o pieds : donc s’cnfuit,que la largeur du logis d’une cornette de 140 telles fera 105 pieds,car les deux files ayant enfemble 70 piedis, quand onyadjoufteles deux rués l’une de 10 pieds, 8c l’autre de 5 pieds,avec l’efpace laifïee pour les chevaux & les Cavalliersfaifànt 20 pieds, de forte que les deux rues avec ledit efpace donneront 35 pieds , viendront pour la large ur entière du quartier de la cornette 105 pieds, mais la longueur de 3 o o demeure tousjours fèmblable.
- Chafque cheval a la telle tournée vers la hutte de fon maiftre à fin que les Caval- Les logis des liers puiffent aller tout droit a leurs chevaux fans tourner à l’entour des huttes. chevaux.
- L’efpace y eftant allez grande deforte qu’il n’eft pas befoing de joindre les huttes fi près l’une de lautre, on ne les répare feulement l’une de l’autre qued’un efpace d’un pied 8c demy, ou 2 pieds , mais on laifïè aufïi une rue ouverte & large de 6 ou B Rues par le pieds entre les 5 ou 6 huttes à la fois, pour aller par icelles félon la largeur du Re- ReSiment giment entier. entier.
- Les huttes, que l’on y efleve, font aucunement rémblables à celles de l’Infanterie, horsmis qu’elles occupent une plus grande place : car les huttes de l’Infanterie font larges de 8 pieds feulement, 8c celles de la Cavallerie de 10 pieds.
- L’une des deux premières huttes eft pour le Lieutenant, 8c l’autre pour le Cornette, &: les deux dernieres font ordonnées pour le Quartier maiftre, & le Corporal.
- Devant les chevaux entre les huttes 8c les ruelles, on fait des creches avec des ais Creches de-joinéles enfemble, ou avant que l’on puifïè faire cela on fiche des paüx en terre, 8c vant les eftend on des toiles d’un pan à l’autre, que l’on nomme toiles de creches 8c d’autantchevmx-que les chevaux ne font pas tous d’une mefme nature, ne ré pouvans fbuffrir enfemble en un eftable, on les répare de perches entre deux, à fin de ne s’endommager ni ré ruer.
- ’ Q. 3 Y ayant
- p.125 - vue 165/231
-
-
-
- il 6
- Troifiefme Livre de la Fortification,-
- Les huttes Y ayant apparence, que le camp demeurera quelque temps là où il eft affis, on fait pour les che- auffi Jes huttes pour les chevaux , à fin qu’ils ne foient à defcouvert, principalement vatix' quand il pleut 8c fait fort froid ou chaud. Les huttes donc font fàides ou d’eftrain comme celles des Cavalliers, mais ouvertes au devant 8c derrière, (pource que par c« moyen chafcun peut mieux avoir l’ail fur fon cheval ) de forte qu’elles foient feulement couvertes au deflùs & des deux coftez : lefquelles couvertures fe font auffi quelquefois de toille, de laquelle les tentes font ordinairement faites.
- Les Cavalliers eftant arrivez en ce lieu là, où ils font aflèurez qu’ils fejourneront quelque temps, ils logent leurs chevaux dans les granges 8c maifons circonvoifines cependant qu’ils font occupés à faire leurs huttes. Mais n’y ayant point de maifons ou autres commoditez, ils feront contraints de laiflèr les chevaux à defcouvert jufques à ce que les huttes eftant apreftées ils puiflènt auffi accommoder leurs chevaux. L'ichnogra. l’Ichnographie d’une cornette entière eft reprefèntée par les lettres A B G D en la phie d'une j 08 figure, A D r/eft le logis du Capitaine de Cavallerie large de 70 pieds, 8c long cornette. je pjejs : rafg eft la rue entre le Capitaine 8c les huttes des Cavalliers tab 8c g i la longueur dç 20 .0 pieds eft l’efpace ordonnée pour les huttes des Cavalliers, ak^bcy pg, bi, eft la largeur des huttes dites de 10 pieds: kl, cdyopyqb eft la ruelle entre les huttes 8c les chevaux large de 5 pieds : m », ef, eft la grande rue de la cornette entière ! entre les chevaux large de 20 pieds : b f, i », eft la rue entre les huttes des Cavalliers, 8c celles des vivandiers large de 20 pieds : t B, C », eft la place des vivandiers longue de 20 pieds, dont la moitié la plus proche des huttes des Cavalliers eft ordonnée pour les huttes de vivandiers, & l’autre moitié pour la cuifine.
- Les Régiments de Cavallerie fè font communément de trois ou quatre cornettes, 8c fè reiglent félon la proportion d’une cornette icy donnée touchant la divifion des . places pour les logis.
- Sçachant donc.comment il faut loger une cornette foule, on ordonnera auffi fort aifement le quartier pour un régiment entier, en obfèrvant feulement, que chafque cornette foit feparée delautre par une rüë large de 20 pieds., 8c que les cornettes ayent tousjours unediftance parallelle l’une de l autre.
- Le Colonel de Cavallerie n a pas une plus grande place que les Capitaines, d’autant qu’il n’eft pas appellé Colonel au regard de fon fàlaire,qui n’eft pas plus grand que celuy des autres Capitaines, mais à caufè de fon office duquel il eft chargé en campagne , à fçavoir qu’il a le commandement fur trois cornettes pour tenir meilleur ordre. C’eft feulement fon advantage qu'il eft logé au milieu j & puis que fa cornette eft quelquefois plus grande que celle des autres, il advient auffi que fa place eft augmentée , 8c devient plus grande pour le nombre des files , qui eft augmenté. Mais quand fa cornette eft efgale à celles des autres, fon logis ne devient pas plus grand que celuy des autres.
- Soit pour exemple la 108 figure, laquelle reprefènte l’Ichnographie d’un qùartier pour un Régiment entier de Cavallerie ayant 3 Cornettes chafcune de 100 chevaux. Des rués, par lefquelles les cornettes font fèparées , chafcune a pour fà largeur 20 pieds: 8c la largeur de la place ordonnée pour chafque cornette fait 70 pieds, dont pour la largeur de trois Cornettes vient 210 pieds, aufquels les deux rues (de 20 pieds chafcune) adjouftées donneront pour la largeur entière du Régiment AFBE 250 pieds, ôc la longueur eft comme il eft dit cy-deflus, de 300 pieds.
- La Scénographie du mefine quartier eft reprefèntée en la 112 figure, où on peut voir clairement, comment le Régiment entier eft logé. Au devant font les logis des Capitaines de Cavallerie environnez en lamefmc maniéré, qu’il eftmonftré au quartier de l’Infanterie. Au dedans de la place environnée de tranchée on voit la hutte de chafque Capitaine avec l’cftable, & la cuifine.
- En apres fè rencontrent les huttes des Cavalliers, eftant de deux fortes,dont l’une monftre comme les chevaux font accommodez, quand la Cavallerie eft premièrement arrivée, 8c les huttes font premièrement faites: car ils font fèpatez par des pieux mis entre deux jufques à ce qu’ils puiflènt auffi eftre couverts: comme il fè void en la cornette logée à la main droitte. Mais celle du milieu 8c l'autre à la main gauche re-prefente les chevaux, qui font desja couverts quelques uns d’eftrain, 8c les autres de toille.
- Auffi
- La force (tun Régiment de Cavallerie Comment un tel Régiment doibt ejlre logé.
- Le logis du Colonel.
- L’Ichne-
- grapkie.
- La Scénographie.
- p.126 - vue 166/231
-
-
-
- pl.n.n. - vue 167/231
-
-
-
- de la pra&ique Otfenfive &: Defenfive.
- Ir7
- Aufli peut oh voir clairement les rues, au milieu de chafque cornette, comme aufli celles, qui feparent les cornettes d’enfemble* où il faut aufll bien obferver, que toutes les huttes foient mifes en leur ordre convenable, a fin qu’une, ne (bit plus grande que l’autre, & que les rues ayent par tout une diftance efgale.
- , Derrière les huttes des Cavalliers font les huttes des vivandiers,mifcs en leur ordre' convenable.
- Outre lés quartiers cy mentionnez il y a encore des autres quartiers particuliers,qui Besqttar-viennent aufll en confideration, àfçavoir le quartier du,General, le quartier du Gene- ners parti-ral de l'artillerie,& le quartier des chariots, comme aufll les autres quartiers, la defcri-cu terSi ptiondefquels fera comme s’enfuit.
- On ordonne pour le General une place qüarrée, comme celle pour les Régiments: Le logis du laquelle a pour fà longueur 3 00 pieds, & pour fit largeur ‘ 6:00 pieds, & les logis avec General-les tentes y font difpofez pour le General & les fiens, félon que la neceflité le requiert.
- De mefine on donne pour le General de l’artillerie une place longue de 3 00 pi,eds,& Le logis du. large de 48 o pieds, dans laquelle toutes fortes de munition font miles, & les Officiers, Genera{
- & les manouvriers. ' dejartille-
- On bàftit aufli une redoute longue quarrée pour y mettre la poudre à canon, & L3ùfage fa les feux d’artifice , lelquels peuvent eftre aifement endommagez par le feu. On couverture< les couvre de couvertures faites de poil, qui fervent aufli bien contre kpluye,que de poil. contre le feu, puisqu'elles ne font pas li aifement allumées,comme celles d’eftrain, ou de toille. '
- On ordonne aufli une place particulière longue & large de 30 o pieds, pour les Of- Le quartier ficiers du camp entier, qui ne font pas logez aux quartiers desRegiments. de officiers.
- Les chariots font aufli mis en une certaine place,à fin qu’ils ne donnent point d’em- Le marché. pefchement au camp. La longueur ordinaire de cette place eft de 300 pieds, mais la largeur eft ordonnée felon la quantité des chariots.
- Le Marché, où font logez les Marchands, Taverriiers, Manouvriers, Bouchers, & , Boulangers a la longueur de 3 00 pieds, & la largeur de 400,au milieu duquel eft laif-fée une place vuide pour le marché,& les coftez font divifez en files des huttes,& rues.
- On ordonne communément 8 files de huttes,dont quatre font mifes à l’im, ôc qua-1-tre à l’autre cofté, chafque hutte a 10 pieds ppur fa largeur, de entre les deux files des huttes on laiflè à k fois une rue large de zo pieds.
- Les deux premières files les plus proches du marché font ordonnées pour les Merciers & Marchands de drap de foye , &c d’autres marchandifes de grande valeur : les Taverniers prennent.les autres : les troifïefmes font pour les Manouvriers, &les qua-triefmes pour Içs Bouchers, & Boulengers. /
- On làiflè encore une place vuide pour y loger les eftrangers, qui n’a pas une eer- quartier taine mefuEe , ôc eft changée diminuée ou augmentée , félon que la neceflité le deseftrm-requiert, gers'
- C’eft donc la defeription du quartier general au plus prés, Sc des autres particuliers en commun. ,
- Or il faut fçavoir , que les Régiments, & quartiers particuliers ne font pas tous La diftance ioinifts indifféremment enfemble,mailsils fontfeparéz par une certaine mefiire,&icôm- des regt~ munement par une rue de 50 pieds, qui eft laiflec entre chalque Régiment, comme auffi entre chafque quartier particulier.
- Avant que départir & former un quartier general, il faut premièrement deferire & Pour forcer marquer parfaitement fur le papier toutes les parties du quartier,.à fin que l’on ne fe un quartier fouryoye enTordoinantau camp.- généra.
- Nous le monftrerons icypar un exemple reprefenté en la 110 figure. Pourformer Exemple donc un camp de 6 Régiments d’infanterie, êc d’un Régiment à Cheval avec des ponr former quartiers particuliers y appartenans, il faut premièrement cercherla place de chaf- un ca7?b qiie quartier Comme s’enfuir. 1 '
- Le Regitiiént A contient 8 compagnies!de ÿcompagnies chafcune a 100 teftes, &C la huidieifrie 150 teftes, de'forte que félon les réigles ey deflïis données la longueur donnera 300 pieds,& la largeur364 pieds. '
- Des 10 compagnies du Régiment B, chafcune monte à 100 teftes,tellement que fon quartier aur!a k longueur de 300 pieds, & k ki’geür de 388 pieds.
- ' Le Re-
- p.127 - vue 168/231
-
-
-
- ii8
- Troifieftne Livre de la Fortification,
- camp.
- Le Régiment C contenant n compagnies, chafcune montant à 150 teftes, aura un quartier long de 300 pieds, 8C large de 644.
- Le Régiment D de 7 compagnies, dont chafcune eft de xoo teftes fera long de 300 pieds, & large de 292.
- Pour le Régiment E de 8 compagnies, montant d 100 teftes viendront en longueur 300 pieds, & en largeur 324.
- Le quartier du Régiment F contenant 16 compagnies, dont chafcune monte d 100 teftes, aura pour & longueur 300 pieds, & pour fa largeur 5S0;
- Le Régiment a cheval G de 4 cornettes de 100 Cavalliers requiert la longueur de 300 pieds, & la largeur de 340.
- Le quartier du General H eft large de 600 pieds, 8c long de 300.
- I, le quartier du General de l’artillerie s’eftend d 300 pieds en longueur , & 480 en largeur.
- La longueur 8c la largeur de 40 o pieds, viendra pour le Marché K.
- - L, le quartier des ofhciers contient 30 o pieds de longueur,6c 3 32 de largeur.
- M, le quartier des chariots contient 300 pieds de longueur, 8c 198 de largeur.
- Pour les eftrangers eft ordonné le quartier N ayant la longueur de 3 o o pieds, & la largeur de 400 .
- L'ichnogta. Tout cela eftant marqué 8c deferit en ladite maniéré, il eft aufli befoing de faire phie du l’Ichnographie du camp entier fur le papier, pour le marquer apres en campagne.
- On choifit donc une certaine efchelle, de laquelle on lé pourra fervir fur le papier, grande ou petite félon que le papier le permet, 8c que l’on veut faire le pour-traid. Selon la mefure de cefte efchelle on tire fur un papier quelques lignes parallel-les de 300 pieds, qui monftrentlâ longueur de chalque quartier,avec des autres lignes parallelles de 50 pieds entre deux, pour monftrer la diftance des rues, qui lêparentles quartiers 8c régiments divers, comme il le void en la 109 figure.
- En apres on marque chalcun des fùfdits quartiers 8c régiments (iir un papier d pare félon la proportion de la melme efchelle,fuivant laquelle on a tiré les lignes iufdites,& le coupe-on en forte,qu’il ait la commune longueur de 300 pieds, 8c la largeurfelon la lifte deiignée, ou laquelle un régiment ou quartier doibt avoir, ( il vaut mieux de fo fèrvir d'une fouille de carte, ou de fomblable papier gros coUé ) 8c on marque aulli fùrlemefme papier coupe ladite longueur 8c largeur avec le nom du Régiment, ou de laperfonne à laquelle le quartier appartient, faifant le mefme des autres quartiers. Ces petits papiers des quartiers eftans ainfi tous coupei 8c préparez,on les mec & remet furie papier, avec les lignes parallelles fufdi&es, jufques d ce qu’on les voye félon qu’on defire, les y laiftànt, comme ils fé font accommodez. Il fe faut toutesfois donner de garde, que le quartier du General prenne fa place au milieu, & qu’il ayt aufii un efpace convenable au dehors de fon quartier, aulïi bien au devait que de l’un Ôdautre cofté. Ce qui eft reprelènté par la 110 figure, où le quartier du General vient à eftre logé au milieu en la place marqueé de la lettre H, 8c la place L large de 431 pieds, 8c longue de 550 demeure vuide, 8c l’elpacc Ô, de chalque cofté contient la largeur de 200 pieds.
- Les quartiers font foparez par des rues de 50 pieds, 8c quelquefois elles font ellar-gies jufques à i<jp pieds comme monftre icy la lettre P, entre le Marché 8c h place affignée aux eftrangers.
- Finalement on mefure la longueur 8c la largeur entière du quartier General, 8c la deferit on furie papier. La longueur entière fait icy quatre fois 300 pieds,avec trois fois 50 pieds pour les 3 ruè's , dç^forte que le tout enfomble monte d ifjo pieds, 8c la largeur entière d 16$6 pieds.
- Le pourtraiâ eftant figuré fur le papier, 8c le quartier entier eftant defigné, il eft fort aile de le marquer apres en campagne.
- A qu’elle fin on apporte une chaifne départie en pieds du pays de Rhin, un Inftru-mentufitéenla Fortification, oupourlemoinsunlnftrument croifé d quatre angles droi&s 8c une quantité de Banieres de quartiers; ce font des battons peinéfcs longs environ de 9 d 10 pieds, chalcun avec une banderolle pour les mettre for les angles des quartiers.
- Eftant donc arrivé en campagne au lieu où il faut camper l’armée , on marque
- premie-
- Tour marquer les quartiers en
- p.128 - vue 169/231
-
-
-
- de la pratiqué Offenfive & Defenfivé. 119
- premièrement le circuit du quartier General de quatre lignes extérieures de forte que chafque coing du quartier face un angle droit.
- Apres qu’on aura mefuré les quatre lignes fufdi&es, on met fur les angles droits quatre banieres de quartiers, & commence on à marquer chafque quartier à part félon la proportion marquée fur le papier: mais à fin qu’on ne fe fourvoyé,on met fur le petit papier coupé le nombre de chafque quartier,duquel on marque auffi les baftons, par lefquels le mefme quartier eft limité en campagne*, & le nombre eft peind ou gravé fur les baftons, il feroit auffi bon d’en avoir tousjours quatre enfemble d’un mef-me nombre,qu’on pourroir auffi recognoiftre par les banderolles, en cas qu elles fuf-fent d’une mefme couleur. Tout cela eft reprefénré en la 109 figure, où les poindfcs de-monftrent les baftons des quartiers, l’Icnnographie defquels eft demonftrée en la 110 figure. .
- Apres que cela eft achevé, & chafque quartier particulier eft marqué en campagne * Le devoir il faut que chafque Quartier* maiftre faflé la partition de fon régiment, félon l’Ichno- dun §mr-graphie monftréeen la 107 figure, & félon le nombre des compagnies de fon régi- tier~^aï-ment, à quoy il fe fert des quelques cordelles longues attachées aux quatre banieres ^re‘ des quartiers, au long defquelles cordelles il mefüre félon le plan donné S pieds pour la largeur des huttes 8c rués, fichant à chafque bout de huiéfc pieds un rameau ou petit bafton en terre, auffi bien de l’un que de l’autre cofté,de forte que le Colonel vient loger au milieu, comme le plan le demonftre. Ces petits baftons ne font toutesfois fichez au bout des extérieures lignes du régiment: mais le Quartier- maiftre mefure premièrement au devant & derrière les places appartenant aux Capitaines, 8c la largeur des rues entre les Capitaines & les huttes des foldats, comme auffi la largeur entre les foldats & les vivandiers, & apres cela il fiche les baftons.
- Eftant venu jufques là , il faut par après que les Sergeans fafléntla partition des Le devoir huttes, de la gendarmerie, qu’ils attachent des cordelles aux petits baftons fichez en danser-terre, & divifént entre iceux les huttes & les rués : chafque hutte a auffi fà place Umi-'^”*-tée de quatre petits baftons fichez: 8c parainfi le régiment entier féra divifé, 8c marqué en campagne.
- Les autres quartiers à fçavoir de la Cavallerie, des Officiers, de l’artillerie 8cc. font marquez de la mefme maniéré.
- Onlaiflè à l’entour du quartier general une place parallellc de tous coftez & large La place de 100 ou 150 pieds, laquelle on nomme la place de l’alarme, à caufé que les foldats alarme. s’y aflèmblent de tous quartiers, quand il y a quelque trouble ou efmotion : 8c outre cela on eftend encor tout le quartier à l’entour à 6 ou 7 pieds pour fermer le quartier entier d’une trenchée.
- Pour le fortifier on obfèrve la largeur donnée 8c l’environne on de redoutes, & Lss quar-autres ouvrages félon qu’il fera necefîaire, ce qui féra monftré plus amplement au cha- tiersfont pitre fuivant fi»**-
- Les foldats font ordinairement employez pour faire le folle &le parapetjenviron- Les foldats nant leur propre quartier,d’autant que tels ouvrages leur férvent pour une defenfe,der- fort*fient riere laquelle ils peuvent eftre en feureté,tellement qu’on n’y employé point de manou-vriers eftrangers,&les foldats font contraints le faire fans en recevoir aucun payement.2
- On affigne à chafque Régiment ce qu’il doibt travailler, tellement que l’un n’a pas L’ouvrage plus à travailler que l’autre : ce qui fe fait comme s’enfuit. La circonférence entière efi divifé du quartier eftant mefûrée avec toutes lés appartenance on ccrche auffi parla calcu- e^tre^tsf0^ lation la fomme de tous les régiments enfemble,pour fçavoir à combien de centaines *ats' ils montent. En apres on cerche par la reigle de trois difànt : la fomme entière de tous les régiments doibt parfaire la Circonvallation entière faifànt autant de pieds, combien travaillera le régiment N N. contenant autant d’hommes. Le calcul eftant fait les régiments commencent le travail, qui eft achevé en bien peu de tempsj d’autant* qu’un chafcun eft tenu de l’achever, 8c de baftir fà propre hutte.
- Apres que les quartiers font fortifiez, 8c que la Circonvallationla ligne de continuation 8c de communication eft marquée, on y met des ouvriers de tous quartiers félon ladite proportion, qui continuent leur ouvrage jufques à ce que le camp foit fortifié 8c fermé auffi bien au dedans qu’au dehors.
- K
- Ch a pi-
- p.129 - vue 170/231
-
-
-
- IJO
- Troifiefme Livre de la Fortification,
- Chapitre IV.
- Des Trenchées, defquels lecamp efi environné* & de leur Profil.
- Les tren- T^Ar les Trenchées nous entendons toutes fortes d’ouvrages dont le camp eft fer— chêes. |-*mé, de environné, de forte qu’en ce nombre fe trouvent auffi les Redoutes,Forts, Tenailles, ouvrages à Corne, ouvrages Couronnez, de autres defeftlès, de quel nom qu’elles foient, qui font miles entre les Trenchées.
- Principalement on entend les parapets qui conjoignent les autres ouvrages, & font appeliez les lignes de continuation, de au dedans les lignes de communication,d'autant* quelles conjoignent les quartiers. C’eft aux fortereflès que la courtine con joint les deux boulevartsprochains, tout ainfi comme la trenchée conjoind les redoutes, & les autres ouvrages, environnant de fermant enlèmble le camp toucà-l'entour, de forte qu’il ne s’y trouve aucunes forties,horftnis celles, qu’on y Jaiflèexprez.
- Les tren - Les trenchées ont efté auffi en ufàge chez les anciens, comme il appert au zi chapi-ehées ufitées tre du livre I. de Vegetm, des choies militaires, où il veut qu’un jeune foldat s'exerce des anciens. en ]a fortification du camp* y adjouftanr encore, qu’il n'y a pas chofe plus utile & plus profitable en guerre que cet exercice. Car le camp eftant bien ordonné, Se les ouvrages bien faits les foldats lé peuvent tenir en fèureté derrière les remparts efievez de les fofiez fitits, auffi bien de jour que de nuidè, combien que 1 ennemy ait pris la refolu-tion de les attacquer, eu efgard qu'ils mènent tousjours comme une forterclïè bien pourveuë avec foy.
- Premier S ex tus litlius Vrontmw dit enfon iv livre des Stratagèmes. .Que les anciens Romains
- u/agedes n’ont jamais fortifié leur camp, mais ont demeuré en campagne làrçs aucune defenlè: trenchées. majs Pyrrhus le Roy des Epirotes a efté le premier qui a environné fon camp d’un rempart, auquel les Romains ont appris l'artifice apres qu’ils l’ont vaincu, ayans remarqué la forme de l’ordonnance de fon camp,& y ayant fongé davantage, de forte qu’ils ont en apres tenu une certaine maniéré de fortifier leurs camps.
- Trenchées Ladite utilité de fortification,laquelle eft tant eftimée de Vegetm,s’eft encore eften-pratïiquées dug jufqUes i nos guerres,& s’eft principalement de fort fouvent pratiquée aux Pays-tafFa^S' ^as; car unc forterelïè eftant affiegée de fermée de forte , que les affiegez ne peuvent *’ eftre fècourus de vivres, de munition,ni d’autre lècours,ils font finalement contraints
- Siégé de Breda & Boldue.
- Differente des trenchées.
- I.
- IL
- III.
- IV.
- Différence des trenchées à calife de leur firme.
- de fe rendre, d’autant qu’ils font tellement environnez de trenchées, que toute cfpc-rancç de lècours leur eft oftée.
- Nous en avons deux exemples mémorables, à Içavoir au fiege de Breda, & l’autre de Boldue, les deux fortereflès ayants fouffert un très difficile fiege, d’autant qu'on a en partie coupé, & pmpefché toutes fortes de lècours, en partie auffi on les a pris par force: ce qui a efté fait principalement par l’ayde des trenchées.
- Telles trenchées font divifees en quatre fortes.
- i. Au regard de leur forme, qui eft diverfè de changée félon la condition {8c qualité du lieu qui doibt eftre fortifié.
- z. Au regard de leur matière dont elles font faites. Car en quelques lieux il y a de bonne terre: les aurres places font fablonneufès,&quelquesunes marefcageufès, de forte que les trenchées font auffi differentes, d’autant quelles veulent eftre fortifiées félon la propriété de la terre qui s’y trouve. .
- 3. Les trenchées font auffi differentes au regard de l’ennemy,félon qu’il eft efloigné, ou proche du camp : auffi font elles faites en diveriés maniérés fe reiglant félon la puif-fance de l’ennemy.
- 4. Finalement la condition & fituation du camp qui doibt eftre fortifié, caufe une grande différence & diverfité és trenchées.
- Touchant la différence à cauléde la forme, il faut Içavoir, que l’on n’eft pas obligé defe tenir à une certaine reigle de la fortification,quand on veut eflever les trenchées, horfmis à celle là,qui veut,que touts les ouvrages ayent fa propre de convenable defenlè: car autrement il n’eft pas poffible d'en raconter touts les cas qui lé prefentent ordinairement ,♦ de qui veulent eftre. ordonnez félon les fituations des places, qui font infinies.
- Mais
- p.130 - vue 171/231
-
-
-
- de la pratique Offenfivë & Defenfivc. 131
- Mais pour en dire auffi quelque choie nous propofons en la 113 figure toutes fortes Exemple. d'ouvrages, dont on fe fort pour faire des trenchées : lefquels il ne faut pas toutesfois mettre indifferement, comme ils font icy reprefentez en cet exemple : d’autant que tout cela veut eftre bien confideré & examiné félon la iituation des places, leurs ad-vantages, & desavantages, comme auffi les ouvrages &c defpens, qui y font requis.
- La diftance des ouvrages mis fur une ligne droitte fe rapporte tousjours d unp La défiance portée de moufquet, laquelle eft de 6 o a 70 verges. des ouvra-
- Leur grandeur & force eft auffi differente, veu qu’une place a befoing d’une plus &ts‘ forte defenfe que l’autre : nous en montrerons icy quelques exemples: K & M, font deux redoutes quarrées, G une demy redoute, F eft une eftoille, E Un fort à trois angles & trois boulevarts,C un fort a quatre demy-boulevarts: leur mefore eft montrée par l’efchelle y adjoindre, & fera encore plus amplement deferite au chapitre qui traitera des demy-boulevarts.
- Auffi fait on des trenchées en forme d’une tenaille ; une telle trenchée eft reprefcn-tée par la lettre I : les coftez font ordinairement longs de 4, y, à 6 verges. Mais quand il eft befoing de les faire plus fortes Sc plus grandes on fe fort de la maniéré montrée par la lettre L,où il y a Une grande tenaille, dont les coftez font communément longs de 25 à 30 verges, & le polygone extérieur de 20 d 24 verges.
- Les ouvrages à corne y viennent auffi en ufoge, lelquels on coupe encore & retren-che au dedans quand il eft befoing, ce qui eft rcpîefenté par la lettre D. Si l’ouvrage à corne eft avancé, plus avant en la campagne, on le peut couper d plufieurs fois.
- Quelquefois on fait des lignes droittes,. au dehors delquelles font mis des rave-lins, & au dedans des redoutes comme monftre la lettre A.
- Auffi fe fert on de boulevarts plats pofez fur les lignes droittes, le baftiment desquels pourra eftre pris des tables calculées de la fortification foubs le tiltre des boule* varts plats, quand le polygone extérieur eft long de 15 d 20 verges, dont les gorges, la ligne capitale, les faces, & les efpaulcs fe donnent d’elles melmes ; un tel boulevart eft marqué delà lettre B.
- Outre ces ouvrages, dont nous faifons icy mention il y en a d’autres, tous lelquels il n eft pas poffible de deferire pour le prelènr. Il faut noter, que les forts font quelquefois environnez d’un chemin couvert, duquel on environne auffi les trenchées communes. Quand il y a des foffez focs à l’entour des forts, on fo fort de l’advantage mentionné au chapitre 19 du I. livre, ou nous avons trai&é du profil des forts dont on fe fert en campagne.
- La mefme différence que l’on trouve entre les ouvrages, eft auffi remarquée en la !>#«»« matière, de laquellesles ouvrages font baftis, dont il advient quils font beaucoup des trgch^ differents. matière.
- La meilleure terre, de laquelle on fo puiffo forvir pour en faire de trenchées c’eft la Quelle terre noire & limonneufe , laquelle on peut ellever fons talud large, & fans y mettre auffi efilamèîl-de gazons, puis quelle eft aflèz grade pour fe maintenir d’elle mefme contre la plüye. leure' Apres celle cy la fàblonneufo eft fort bonne, de laquelle on fo fort en deux façons, ou avec des gazons, ou fans gazons.
- Quand on peut avoir des gazons , & la terre eft fàblonneufo, il n’y a pas tant de L'ufagede peine, comme fi l’on en avoit faute. Car les gazons eftantmis en ordre comme nous avons enfeigné au 1. livre, on y jette la terre foblonueufe, & fait on la largeur du talud awcdesga-efgale à la hauteur, on prend pour le moins deux troifiefmes parties de la hauteur, ZOns. d’autant que la moitié de la hauteur prife pour la largeur du talud ne peut fi bien retenir le fable : mais le talud eftant ordonné felon ladite proportion peut tenir & durer mieux à caufe des gazons, fi long temps qu’il eft befoing.
- Cette incommodité fe trouve quelquefois, que l’on ne peut avoir des gazons pour La terre en fermer les trenchées, qui doivent neantmons eftre eflevées & bafties-, mais on eft f^lonneufe contraint d’y jetter feulement le fable à la volée , c’eft travailler en vain; & perdre fos defpens.
- Car premièrement il faut employer beaucoup de temps jufques à ce que l’ouvrage (bit amené à fo hauteur convenable: & cela èftant fait la defenfe toutesfois eft fort incommode d caufe du grand talud qui s’y trouve.
- Pourtant il eft neeeflàire d’y pourvoir d’un autre moyen,d fin qu’on puiffe eflever un
- R 2 parapet,
- p.131 - vue 172/231
-
-
-
- 33 l Troifiefme Livre de la Fortification,
- parapet, dont ôn le puiflè fervir pour fe defendre fans aucun empefchement; d quelle fin quelques uns prennent .de grands gabions les rempliflàns de terre, 8c en font un parapet. Mais puis qu’il cft pénible de lés entrelacer, principalement à caufe de la grande quantité qu’il en faut avoir pour couvrir la longueur defirée, & outre cela ils ne peuvent eftre joints fi prés l’un de l’autre, il vaut mieux d’employer les jeébons 8c rameaux, dont on fe fert à faire les gabions, pour en faire les parapets mefmes.
- La maniéré d’en eflever des trenchées eft comme s’enfuit : on apprefte une quantité de paux, dont le diamètre contient 2,3 à 4 poulcés 8c la longueur 6,7 à 8 pieds, lesquels on fiche dans la terre de cette place, où il faut eflever le parapet, ce qui fe fait félon l’ordre Ou félon la ligne marquée, de forte que deux pieds de chafquc pieu eflbi-gné environ d’un pied 8C demy de l’autre foit couvert de terre : ayant donc rempli la moitié d’une Verge de tels paux on y met encore un pieu, qui eft plus grand & plus fort, entre deux; lefquels paux touts fichez en la maniéré fufdite dedans la terre on entrelaflè de gettons 8c rameaux tout ainfi comme on fait és hayes.
- En après on met un autre rang de paux parallelle au precedent, efloigné environ de 5 ou 6 pieds, de forte que les plus grands paux diftinguants chafquc demy verge viennent d eftre logés, vis a vis l’un de l’autre. Vn chafcun de ces paux du deuxiefine rang doit avoir la longueur de 6 pieds au dehors de la terre: & tous les paux fichez en terre doivent eftre entrelacez de rameaux, tout ainfi comme les autres ; entre ces deux rangs ou hayes bn jette la terre fàblonneufe, & ferme on au travers les teftes des paux de l’un & l autre rang avec de liens faits des verges de faulx, d fin que les coftez, qui doivent retenir le fable, ne fe des joignent, les paux ne font pas fichez perpendiculairement dedans la terre, mais ils panchent un peu vers le cofté intérieur.
- L’inftrument pour coigner les paux dedans la terre eft reprefenté en la 114 fig. lequel eft tiré 8c eflevé de deux hommes, qui coignent les paux dedans la terre.
- Trenchées Touchant le baftiment des trenchées il fè prefente encore un autre cas, veu qu’il fans terre, les faut baftir fouventesfois en lieux marefeageux, où il n y a point de bonne terre , ni de fable.
- Quand le marais eft tellement conditionné, que l’on n’y peut paffer d gué, d cheval ni d pied, quand il fair le plus fec de toute l’année, 8c fa largeur excecftf la portée d’un moufquet, il n’eft pas befoing de fortifier ce cofté la, d’autant qu’il eft afTez fortifié de nature.
- Mais le marais eftant rempli d’eau en l’Hy ver feulement,& devenant fec en lifté il y faut pourvoir d’autre façon, &c s’aflèurer contre la l'eichereflè, d fin que l’ennemy n’en puiflè prendre fon advantage au temps d’Efté. Or le camp ne peut mieux eftrefortifié que d’un parapet mené tout d l’entour. Mais icy on ne peut faire un parapet ayant faute de terre, 8c ne la peut on mener d’ailleurs d caufe des defpens exceflïfs; pourtant on eft contrainéfc de fe fervir de la maniéré precedente. Apres que la digue, ouïe fondement eft fait de rameaux & de terre y menée d’ailleurs. On y enfonce apres les paux en la maniéré fufdite, 8c fe fert on de fagots au lieu de terre : le tefte eft fait comme il eft dit cy defliis.
- vn parapet Vn tel cas eft arrivé au fiege de Bolduc, en la digue de Hollande; parquoy la tren-
- à rameaux, chée a efté appellée un parapet d rameaux, d’autant quelle eftoit faite de rameaux.
- L’a bafe d’iceluy eftoit faite de rameaux qu’on y avoit mené par eau en grande quantité : l’eau eftoit profonde de 5 d 6pieds, quand on commençoit de mettre le fondement ou la bafe qui eftoit de 36 pieds. Apres que l’eau fut remplie de rameaux,on jettalà deflus la terre ammenée d’ailleurs,& fit on la digue de 640 verges de long,ou environ.
- Cela eftànr fait oh baftit le,parapet en la maniéré fufdite, horfinis que l’on y mit trois rangs de paux, 8c quant au refte on fit félon la maniéré cy deferite.
- Les trenchées ont aufli une grande différence au regard de l’ennemy, 8c deux cho-fes y veulent eftre obfervées.
- Premièrement la quantité des ouvrages, 8c en apres leur force.
- L’ennemy eftant puiflant, & le fecours qu’il donnera aux aflïegez, eftant d craindre on augmente le nombre des ouvrages environnant le camp,,& touts les lieux ,quifonc foibles, font extraordinairement fortifiez.
- , Les profils foncauffi changez,& on y adjoufte autant,que l'on penfe qu’ils fbient af« fez forts pour faire refi ftance d l’eùnemy.
- Les
- p.132 - vue 173/231
-
-
-
- pl.n.n. - vue 174/231
-
-
-
- de la pratique Offenfîve & Defenfive. 133
- Les profils des trenchées font diverfes, 8c en eft icy propofé un qui eftreprefènté en la 115 figure duquel ôn le pourra fèrvir commodément, 8c dont la deicription eft en la table fuivante.
- Au fiege de Bolduc ôn baftit au commencement les trenchées le Ion le profil de la 116 figure, dont la proportion & les nombres (ont reprelèntez par la table fuivante.
- Profil de la trenchée, Figure | cxv | CXVI
- La bafè, AB ( 741 1 7
- Talud extérieur, CB | *-fl 1 5
- Talud intérieur, AD | I 1 I-
- Hauteur extérieure du parapet, CE | 5 1 s
- Hauteur intérieure du parapet, DF | « 1 6
- Sommet du parapet, FE | 4 1 3
- Largeur du banquet, H G,IA | 3 1 1 5
- Hauteur du banquet, Hi,G A J 4- 1 ‘T-
- Lifiere, BK | 5 l 3
- Largeur du fofle, KL | 12 | 8
- Talud extérieur, 8c intérieur du foflè, K M, N L [ 4 1 2
- Profondeur du foffé, MO,NP | •S 1 2
- Largeur dü fonds du fofle. OP 1 4 1 4
- Ce font les profils les plus communs : mais en voulant avoir un qui (bit plus fort que l’on prenne celuy qui eft reprefenté en la 56 figure, 8c deferit au chapitre des profils des forts communs de campagne, où le parapet eft fait de deu* banquets, il eft auflï quelquefois bafti de trois banquets.
- Au fiege de Bolduc on augmenta le profil des trenchées , apres qu’on eut entendu la préparation que l’ennemy faifoit pour fecourir la ville. Vous pourrez voir cette augmentation en la 117 figure, où le vieil profil de la 116 figure eft marqué de lignes noires, au dedans eft celuy qui eftoit augmenté. La hauteur d’iceluy fut corrigée de forte, qu'il eftoit eflevé de 9 pieds au deflùs de la terre, 8c avoit trois banquets, chafi cun large de 3 pieds, & haut d’un pied 8c demy, ce qui fait enfèmble 4-^ pieds, 8c relient encore pour le parapet 4-^- pieds (èlon qu’il eftoit neceflàrre. Les foflèz eftoient. aulti eflargis par tout, mais ils navoienr pas une fi grande profondeur, que ceux desquels les forts eftoient environnez fparquôy on prit la terre pour les trenchées de la largeur du fofle ) 8c les foflèz eftoient accommodez félon la nature 8c différence des places où ils eftoient logez, leur profondeur 8c largeur fè rapportant à la hauteur, ou à la baflèflè du lieu: ils n’eftoient toutesfois pas plus eftroits aux plus hautes places que d’une verge.
- La déclaration de la 117 figure eft comme s’enfuit. CF labafède la trenchéede 9 pieds : A B hauteur extérieure, 8c D É hauteur intérieure chafcune de 9 pieds: C A talud extérieur de 4— pieds: D F talud intérieur d’un pied 8c demy : B E fommet du parapet de 3 pieds : FM bafe des trois banquets de 9 pieds: F G, H N hauteur du premier banquet de 4 : G F, F N fa largeur de 3 pieds : NI, O K hauteur du deuxief-
- me banquet de 3 pieds : 1 K, N O fà largeur de 3 pieds : O P, L M hauteur du troifief-me banquet d’un pied 8ç demy: O M, P L fa largeur de 3 pieds: Q C lifiere de 3 pieds: QR largeur du foffé de 15 pieds : R U talud extérieur du foffé de 5 pieds : X Q talud intérieur du foffé de 2 pieds : ST largeur inferieure du foffé de 5 pieds: US, XT la profondeur du foffé de 9 pieds.
- La quarriefme différence des trenchées eft caufée par la place, laquelle en eft envi-ronnée-. Telles places font de trois fortes. Premièrement chafque quartier à part eft fortifié d’une trenchée: en apres le camp entier en eft environné au dehors, 8C la troi-fiefme fortification eft celle là, qui fè fait au dedans contre les forties des affiegez.
- R 3 Lafor-
- Les profils des tren-chées.
- Profil des trenchées m fiege de Bolduc.
- Le profil des trenchées m fiege de Bolduc attg* mente.
- Quatriefme différence des trenchées.
- p.133 - vue 175/231
-
-
-
- Quantité de redoutes.
- Lieu & ufage des redoutes.
- Corps de garde.
- Différence des redoutes.
- Redoutes
- Regulieres.
- Redoutes en forme d'un parallélogramme où-long.
- Jbemy. redoutes?
- 134 Troifiefine Livre de la Fortification*
- La fortification univetfelle 8c entière eft appellée une Circonvallation, dont celle là qui eft au dehors eft l’exterieure trenchée, 8c principalement les parties, par lequel-les les quartiers font conjoints, font appellées les lignes de continuation, 8c celles au dedans fai des contre les forties des affiegez les lignes de communication, d’autant qu’elles conjoignent les quartiers au dedans.
- Toutes les trenchées aufti bien les extérieures,que les intérieures avec celles, desquelles les quartiers font fortifiez doivent eftrc tellement ordonnées, & pourveuës, quel’ennemy n’en puiffe prendre le moindre advantage qui foit, ce qui fera fait fans difficulté par l’ayde de la reigle, dont nous avons fait mention en ce chapitre icy, à fçavoir que tous les ouvrages doivent avoir leur defenfe convenable.
- Chapitre V.
- Des Redoutes quarrêes> Bfioilles & leurs profils.
- P Vis que le trerichées tirées en une ligne droitte feroient trop foibles pour une defenfe necefïàire, on y met toutes fortes d’ouvrages mentionnez au chapitre precedent. Mais de tous il n’y en a pas qui foyent en fi grande quantité, que les redoutes, lefquelles on ordonne entre les trenchées autant qu’il eft neceffaire, 8c aufti bien entre celles qui font mifes au dehors pour empefeher l’aflàut de 1’epnemy, que celles qui regardent la ville, & empefehent les forties des affiegez.'
- Auffi elles font bafties en quantité en la campagne cy ôc là, où il y a quelque danger, & faut qu’on y face le guet. De mefme les extremitez des trenchées fonr munies de redoutes, qui fervent aufti pour une fort necefïàire defenfe aux approches. -Caries affiegez faifant leurs forties fur les approches s'il n’y avoit point de fort ou de redoute, dans laquelle les ouvriers fe puiflènt retirer, ils ne fe rendroient pas feulement mai-ftres des approches faites parles affiegeans, mais ils pourraient auffi desfaire 8c mafi-facrer tous les ouvriers,puis qu’il n’y aurait aucun lieu,par l’ayde duquel ils pourraient refifter à leur ennemy.
- Elles font appellées par fois corps de gardes à caufe qu’aux approches on y fait la principale garde.
- Tel] ies redoutes font divifees en trois fortes, 1. à caufe de leur forme, 2. au regard de leur matière, 5. au regar-d du profil.
- Leur forme les diftingue en Regulieres quarrées, 8c en parallellogrames rectangles oblongs.
- Les redoutes Regulieres quarrées, ont le moindre cofté de 4 verges, 8c on ne prend pas plus de 6 verges pour le plus grand cofté. Autrement on prend auffi 4*7-, 5, à verges pour Ite cofté félon que la condition du lieu & la neceffité le requiert. Comment il les faut marquer en campagne il n eft pas befoing de le deferireicy, d’autant que cela le peut aifement faire par l’ayde du triangle Pythagorien ayant là proportion des nombres 1,1,3, eu efgard, que les redoutes quarrées font reCtanglcs.
- Celles qui ont la forme d’un parallellograme oblong quarré, comprennent une circonférence entière de 12,16 à 20 verges, 8c le moindre cofté des plus petites de 2 verges.
- Auffi fait on quelquefois des demy-redoutes, lequelles on joinét aux trenchées, pour efpargner le travail 8c defpens, 8c gaigner le temps.
- Elles ont trois coftez defquels les deux reprefentent la moitié du quarré.& le troi-fiefme la Diagonale, qui divife le quarré en deux parties efgales.
- En la 118 figure fe void une redoute Reguliere quarree, dont les coftez extérieurs chafcun de 5 verges font marquez des lettres ABCD , 8c le fofte eft tiré parallelle aux coftez.
- En la n 9 figure eft reprefentee une demy redoute,laquelle il faut baftir en telle maniéré. Que l’on mefure pour A B la Diagonale du quarré 6 ou 7 verges : dont il y en a icy 7 verges;, fur la moitié de ladite Diagonale il faut mettre la perpendiculaire ci ayant pour fa longueur la moitié de ladite Diagonale A B, comme icy 3-— verges, de la lettre D jufques en A 8c B,on tire une ligne pour achever la redoute,laquelle doibt cftre environnée d’un fofte parallelle aux coftez 8c de la largeur donnée.
- Comme
- p.134 - vue 176/231
-
-
-
- de la pratique Offenfive & Defenfive. 135
- Comme les trenchc'es font diverfes à caufe de leur matière, aufliles redoutes font t Differente differentes» quand on eonfidere leur matière. Car y ayant de bonne terre les redoutes ^es r£doutes. fe font fans grande peine. Mais quand il n’y en a pas quantité fuffifante s’y trouvant une terre fablonneufe fans gazons, & il faut toutesfois, y faire des redoutes , à çau-fc de la garde, qu’on y doibt faire neceflàirement, on les fait d’ais de fàpin, mefu-Redoutes rant premièrement 4 verges pour chafque.cofté, &faifànr un quarté reéfcangîe Regu- dais. lier, au coins duquel on enfonce en terre de grands arbres gros d’environ un demy pied, qui fervironc pour le fondement à la redoute. On les cave des deux coftez,
- & met on dans les fentes creufees des ais efpais d’un poulce & demy, par ordre comme on fait ordinairement éshayes des jardins. On fait encore une telle haye au dedans de la redoute tellement qu elle eft efloignée de celle du dehors d’environ un bon pied, on remplit de terre l’-efpace d’entre lefdites deux bayes pu pa^oys ou de fable bien foulé, ce qui fera allez fuffifànt pour refifter à un coup de mpufquet.
- 'Audi les fait on en forme d’un quarté bblong, comme celles à qui ontefté bafties Redoutes en fur la digue de Hollande au fiege de Battue, dont la proportion eftoit telle : la loti’firme d’un gueur des deux coftez plus longs eftoit de 42 pieds, & la largeur des deux coftez plus Vuarr* ob~ courts de 27 au dehors , elles eftoienc atiffi. efpaifïès d’un bon pied, de forte que les plus longs coftez au dedans avoient 40 pieds, & les plus courts 25, & leur hauteur eftoic de 6 pieds.
- Il faudroit aufli confiderer icy la différence des redoutes à caufè de leur profil } mais 3 Differente puis quelles ont un mcfme profil que leseftoilles,noustraiteronsprerpiçrement des desredoutes. eftoiles, & des profils eh apres à la fin de ce chapitre.
- Au lieu des redoutes on fè fert aufïi fouvent des eftoilles ». ayants encore une plus Eftoilles. forte defenfè,que les redoutes,& font ordinairement logées au lieu des redoutes. Car elles font fort utiles es fieges & fortification d’un camp. Au fiege dp Brefta il y avoit des eftoilles à quatre & cinq angles : il y avoit aufli deux eftoilles fituées auprès de Bolduc fur lé chemin vers le fort de Pettier , qui font maintenant pour , la plufpart ruinées.
- On les fait ordinairement à quatre angles ; & fefèrt on aufli quelquefois de celles Leur firme. à 5 angles, mais cellesà fîx angles viennent fort peu en ufage,
- Puis quelles ne font gtieres differentes des redoutes a caufe de leurufàge, elles ont Leur grm-commuriement une mcfme grandeur que les redoutés. On peut prendre 4-à 6 verges deur. pour le polygone extérieur d’une eftoille à 4 0U 5 angles. ,
- Elles fc baftiflènt en deux fortes : ou fans certaine calculation , ou pat l’ayde du calcul.
- Sans calculation elles fc baftiflènt, comme s’enfuit» & félon qu’il eft reprefènté en Eftoilles la 121 figure. On fait un quarré Régulier, dont les coftez A B, B C, CP, D A, chaf-T^#* caïeu-cun eft long de 4 à 5 verges , qui ferviront pour le polygone extérieur de l’eftoille.latton-Ledit polygone eftant divifé en deux parties efgales, comme icy la longueur A B en E, on dreflè du point E au dedans de la figure une perpendiculaire, fur laquelle on met la quatrième partie de la longueur A E, comme icy E F : les. lignes A F & B F tirées de A & B, donneront le cofté du fort. On fe fèrt de la mefme manière pour faire aufli les autres coftez.
- Vne eftoillc a 5 angles fè fait en la maniéré fuivante. Premièrement on apprefte un pentagone Régulier félon la mefùre d’une certaine efchelle, dont un cofté aura 4 à 5 verges : comme pour exemple chafque cofté en la 122 figure à fçavoir A B, B C, C D,
- P E, E A, eft long de 4 verges, qui fèra la longueur du polygone extérieur de cette eftoille à 5 angles. On départit donc, comme on a fait en la precedente, le polygone extérieur B C en deux parties efgales en G, fur lequel point G au dedans de la figure on drefiè la perpendiculaire GF, ayant pour fà longueur la troifiefme partie de la longueur B G, ou la fixiefme de B C : les lignes B F, & C F tirées de B & C vers F, achèvent un cofté de ce fort à 5 angles, & monftrent, comme on doibt faire le refte. v ,
- Qui les defire faire par l’ayde de la calculation, & d’en fçavoir exactement tou-tes les parties, en pourra venir à bout par le moyen de la Trigonométrie, & des tables calculées proportionnelles comme s’enfuit. *
- Selon que le fort doibt avoir 4 ou y angles, on prend en main les tables calculées
- de l’une
- p.135 - vue 177/231
-
-
-
- 136 TroiGefine Livre delà Fortification*
- de l’une ou l'autre maniéré en faifant'choixà fà volonté,& reigle on l’angle flanquant intérieur félon la proportion duquarré, quand l’eftoille doibt eftre quarrée, ou du pentagone quand elle doibt avoir y angles. En apres on divifè le polygone extérieur de la figure, de laquelle une eftoille doibt eftre faite, en deux parties cigales* le cofté AF donc du triangle AEF eft cognu. L’angle EAF cftefgal à l'angle flanquant intérieur des tables proportionnées, & l’angle AEF eft droit ; ce triangle donc eftant calculé, on trouvera les lignes & l’angle defiré. De la mefme maniéré peut on aufli calculer le pentagone, quand on obferve feulement de- ne prendre pas l'angle du quarré pour en faire le calcul du pentagone, St au contraire l’angle du pentagone pour calculer le quarré.
- Eftoilles h Puis que les eftoilles à 6 angles font fort peu en ufage, nous n’en ferons icy men-fix angles. tjorij qUj les defire de baftir, fè pourra fèrvir de la calculation cy mifè. si Ton doibt On pourroit icy demander, fi les eftoilles ont leur place en la fortification, puis. faire des que Bonadjuto Lorinus demonftre leur foibleflè au chapitre 13. de fon troifiefme livre ejioilles. ja portifiCation, où il dit, que l’cnnemy eftant venu au lieu marqué de la lettre F eft en feurcté, Sc ne peut eftre tiré. Ce qui eft bien vray, eftant entendu des grandes ‘ fortereflès, où il y a de hauts remparts, Sc des parapets efpais, defquels ledit lieu ne peut eftre fi bien flanqué,quand-eftant baftis de telle forte ils n’auroient leurs efpau-les convenables. Mais quand on voudroit faire de telles objections contre les eftoilles, il faut fçavoir que tels petits forts n’excedent jamais la hauteur de ? pieds, Sc leur parapet n’eft ordinairement plus efpais, que de 4 à 5 pieds : outre cela l’enncmy n’y fera jamais degallerie fur le folle pour s’en couvrir, & le folle eft tousjours descou-vèrt à caufe de la petite hauteur du rempart,tellement quil peut eftre nettoyé Sc flanqué de tours collez. Mais pourquoy rejetteroit on les eftoilles, puis qu’on fè fert des redoutes, qui ont encore moins de defenfe, que les eftoilles ? Il eft bien vray, qu’on ne les met pas aux lieux de grande importance, Sc où il y grand danger, eu efgard que les redoutes, Sc eftoilles ne pourraient faire une refiftance fuflifânte à l’ennemy, qui employeroit toutes lès forces pour fe rendre maiftre d’un tel lieu : parquoy on fortifie tels lieux de forts à demy-boulevarts, dont il fera trai&é au chapitre fuivanr, ou bien de forts entiers Sc autres ouvrages de meilleure defenfe, quand les forts à demy-boulevarts ne font pas allez forts pour faire une defènfè convenable.
- Profil des On ordonne un mefme profil pour les redoutes, que pour les eftoilles*, mais les redoutes & profils font differents, quelques uns fons plus grands, Sc les autres plus petits,qui font ' quelquefois augmentez, quand il eft neceflàirc.
- La bafè en eft ordinairement de 14 à 20 pieds : la hauteur de 8 a 10 pieds : le fom-met du parapet de 4 à 6 pieds : on y joinét deux ou trois banquets félon que la hauteur le requiert. Pour la lifiere on laiflè 1 à 3 pieds; Sc le fofTé eft large de 15 à 24 pieds : la profondeur fè reigle félon la qualité de la terre, Sc félon quelle le peut fouffrir.
- La 123 figure reprefènte un profil, duquel on fè pourra fervir, Sc dont la hauteur Sc proportion eft marquée des nombres y appoféz.
- Le profil reprefènte en la 124 figure monftre la proportion des redoutes,defquelles on s’eft fervi aufiege de Bolduc, Sc dont les parties avec leur hauteur Sc proportion vous font monftrées par la table fuivante.
- Profil
- p.136 - vue 178/231
-
-
-
- pl.n.n. - vue 179/231
-
-
-
- de la pratique Offenfîve & Defenfîve.
- W
- Profil des redoutes, Figure |cxx:ii I Jcxxiv
- Bafo du rempart, CD | 16 1$
- Talud extérieur du rempart, CK j *7 s 4 .
- Talud intérieur du. rempart, ZD, | JL *
- Hauteur du rempart, KL.ZQJ 3 *-r
- Sommet du rempart, L<^ | *4 H
- Bafo du parapet, LO | 8 8
- Talud extérieur du parapet, LM | 2- 3
- Talud inferieur du parapet, NO j I 1
- Hauteur extérieure du parapet, MA | 4 è
- Hauteur intérieure du parapet, NF | 6 6
- Sommet du parapet, > AF | 5 4
- Largeur du banquet, O P, BI j i ?
- Hauteur du banquet, OB,PI | *4 «4
- Terreplein, PQ. | 3 3
- Largeur du banquet derrière le rempart, D\^,QV| 3 0
- Hauteur du banquet derrière le rempart, DQ,WV| *7" 0
- Lifiere, CR | 3 1
- Largeur du fofle, RS [ ZO 18
- Talud extérieur, ôc intérieur du fofle, S X, YR I 6 5
- Profondeur du fofle, YU,XT | 6 5
- Largeur inferieure du fofle. UT | 8 8
- La 115 figure reprefonte derechef le profil de la 124 ligure, comme il a efté augmenté, & fortifié de paliflades.
- L’augmentation en a efté faite comme s’enfuit: on a adjoufté à la hauteur i~ ôc L'uugmm^ derriere on y a joinéfc un banquet large de 3 pieds & haut d’un & demy. Le profil a efté auparavant haut de 7—- pieds: y adjouftantdonc 1-— pied, la hauteur du profil 2^^*-s’eft trouvée de 9 pieds, de forte qu’il y avoir trois banquets. Le folTé na pas efté ap- wntBol-profondi, mais bien eflargi de 6 pieds, tellement qu’il eftoit large de 24 pieds, ôc de la due. terre que l’on a creufée par l’eilargiflèment du foifé, on en a fait les banquets, ÔC augmenté la hauteur. Le parapet eftoit haut de 6 pieds, & garni de paliflades. La Scénographie d’une telle redoute eft reprefentée en la izo figure laquelle monftre exactement, comment elles doivent eftre faites.
- La largeur des forties des redoutes fe fait en diverfos fortes : quand il y faut planter Les portes du canon, les portes font faites fi larges,que l’on y peut paflèr un chariot: mais quand des redoutes. il n’y a point de batteries au dedans, ôc elles font faites feulement pour y faire le guet, les portes foront larges de deux pieds ou environ,a fin qu’un homme feulement y puif-fe paflèr, ôc repaflèr. Pour fermer la fortie on fo fort d’un pont levis fait de deux ais joints l’un à l’autre, de forte que la redoute eft fermée quand le pont levis eft levé en haut, ôc eft ouverte quand le pont levis eft avallé : ôc pour fouftenir ce pont levis qui eft fait dais foibles,on enfonce au milieu du fofle une poutre à fin qu’il ne fe rompe, quand on paflè defliis.
- S
- C h A v r
- p.137 - vue 180/231
-
-
-
- >38
- Troifiefine Livre de la Fortification,
- H A P 1
- T R E VI.
- Ni
- De toutes fortes de forts à demy- boulevarts, & leurs-profils.
- Ous avons enfoignéau chapitre precedent, comment il faut faire desredou-1 tes:& combien quelles foient employées en plusieurs places avec grand profit, fi eft ce que Ion ne s en peut fervir fi commodément pour defendre les places dangereufos â caufe quelles font fans boulevarts, & qu’il y faut mettre des autres forts ayants leurs boulevarts, qui font flanqués de leurs courtines. Mais les forts à quatre boulevarts entiers, dont nous avons fait mention au premier livre, font trop chers pour eftrè mis au camp par tout;, eu e/gard que les de/pens de tels forts montent à une grande fournie d’argent, & qu’ils requièrent outre cela une grande quantité de gens, de forte qu’il faudroit avoir une quantité infinie de foldats,pour en garnir toutes les places félon leur proportion & grandeur. Or il eft neantmoins neceflàire, que tous les lieux foient fortifiez de forte,que lennemy les aflàillant n’y trouve point d’ad-vantage, (c’eft aufli une e/pece de foibleflè, quand les grands forts ne font pas pour-veus d’une quantité de gens qui foir proportionnée à leur grandeur) parquoy on a inventé une autre maniéré de forts qui tiennent quafi le milieu entre les defpens, la Torts à de- garnifon , & la force requifo pour les redoutes, & les forts de campagne, à Içavoir my-boule- les forts à demy-boulevarts,
- Forts'' ^a ^ormc en > qu’ils foient ou quarrez, dont on fo fort fouvent, ou qu’ils ayent demy-boule - trois angles> <îui font peu ufitez.
- varts. On s’eft forvi de ceux à trois angles au fiege de Breda, où ils cftoient joinéts aux
- trenchées extérieures : leur baftiment eft monftré en la iz6 figure, & fo fait en la maniéré fuivanté. Premièrement il faut apprefter un triangle équilatéral comme celuy marqué des lettres A B G, dont cha/que cofté fora long de 4 à 5 verges. Vn cofté donc eftant divi/é en 3 parties efgales, on en prend une troifiefme'partie comme icy A D la mettant fur l’un des coftez prolongez au dehors pour la ligne capitale, comme icy la longueur A E fur la lignp B À. Audi prend on une troifiefme partie du cofté pour la gorge AD, dreflànt iur le poinéfc D la perpendiculaire D F , ayant la moitié de la gorge A D, 8c de la lettre E on tire une ligne vers F, pour avoir la’ face, de ce bou-levart eft preft : les autres boulevarts font aufli faits de la mefme maniéré.
- , On pourra prendre, pour le profil de tels forts celuy de la 56 figure, ou bien celuy qui eft aflïgné aux redoutes au chapitre precedent. si les tria»- Touchant lobjcâjion que l’on pourroit faire icy, d Içavoir que le baftiment du
- glespeuvent triangle cy ordonné ne convient avec les reigles de la fortification, eu efgard que fon fiez, félon les an8^ flanqué eft plus petit que de 60 degrez au contraire de ce que nous avons dit reigles delà & rePeté A fouvent, qu’il ne doibt pas eftre moindre que de 60 degrez, d’autant fortifiea- qu’eftan.t moindre il; peut aifoment eftre ruiné par le canon à- caufo de fo foibleflè:
- tio». nous refpondons, que ce que nous avons dit, de l’angle flanqué, a fçavoir qu’il ne
- doibt eftre moindre que de 60 degrez, fe doibt entendre des fortereflès Royalles, & foft.s ordinaires, lefquels. l’enncmy attacque de toutes fos forces, y menant font canon, de forte qu’il pourroit aifoment ruiner le boulevart, dont l’angle flanqué foroit trop foible. Mais les. triangles fii/diéts font foulement joinées aux trenchées, pour empefçher l:aflàut inopiné de lennemy , &: mis aux lieux , où il n’y a point de danger d’eftre attacqùé de lennemy par le canon.On void donc clairement que les triangles fe rapportent aux ieïgles de la fortification, & peuvent eftre mis en u/age fonsen craindre aucun danger ni d’en recevoir dommage.
- Torts quar- On fait-aufli fouvent, pour e/pargner les delpens exceflifs 8c gaigner le temps,des
- rez. à quatre forts à quatre demy-boulevarts au lieu des forts ordinaires de campagne , les joignant aux trenchées aufli bien au dedans qu’au dehors, ou les mettant fur les paflàges 8c en campagne par tout où il eft neceflàire. La ville de Bddac eftant afliegée on en aveu quantité, & entre plufieurs un mis fur la colline auprès de Vliemen, qui eftoit fort bien bafti 8c pourveu de toute chofes ncceflàires.
- Touchant l’ordonnance de tels forts il faut fçavoir,que la proportion eneftdiverfo,
- Quel-
- demy-bou.
- levarts.
- p.138 - vue 181/231
-
-
-
- de la pra&iqiie OffenSve & DefenfiVè. 139
- Quelques uns font un quarré, prolongeant chafque cofté, y adjouftant la quatriefme i Maniéré. partie du cofté du quatre pour la ligne capitale. En après ils prennent aulfi une quatrième partie pour la gorge fur laquelle ils mettent l’efpaiile , & tirent les faces de l’extreme poind du cofté prolongé jufques au poind du quarré, & font en telle maniéré les boulevarts. Mais le fécond flanc eftant trop petit pour flanquer les boule- Eft rejettée. varts, d’autant qu’il n’a pas plus de place que la ligne capitale, & la defenfe eft tirée du boulevart, & non de la courtine, cette proportion ne vaut rien, & nous la rejettons,
- & remettons en leur lieu des autres qui font beaucoup meilleures : car ils n’apportent pas plus d’utilité que les eftoilles ordinaires, de forte que tous les defpens & la peine y. employée ne fervent de rien.
- D’autres les ordonnent en la maniéré fuivante ; le cofté du quarré eftant divifé en % Maniert. 4 parties elgales comme auparavant, ils prolongent chalque cofté, & prennent une quatrième partie pour la ligne capitale , & autant pour la gorge. En apres ils divi-fent l’une des quarriefines parties dites en 7 parties efgales, dont ils adjouftent deux parties à la ligne capitale-, & autant à la gorge, & dreflènt une perpendiculaire fur le poind où fe coupent la gorge & la courtine, fur laquelle perpendiculaire ils mettent la moitié de la ligne capitale, & tirent apres les faces, formant ainfi le fort félon leur proportion fufdite.
- Cette proportion s’approche au plus prés de la mienne, qui fe fait plus aifement &c 3 Maniéré. fans grande peine. Je fay premièrement un quarré de la grandeur que le fort doibt avoir, & divilé le cofté en trois parties efgales : en apres je prolonge chafque cofté ou à droitte ou à gauche, félon que cela vient mieux a propos, pour avoir la ligne capitale ; lur cette ligne prolongée je mets une troifiefme partie du cofté donné : la gorge Ce donne d’elle mefme, d’autant quelle eft une troifiefme partie du cofté du quar-ré. Finalement dreflànt une perpendiculaire fur le poind , qui fépare la' courtine d avec la gorge, pour y mettre l’efpaule, qui eft la moitié de la ligne capitale, j’aurai achevé le fort avec là proportion convenable, apres que j’aurai tiré les faces de l’ex- ' treme poind de l’efpaule& de la ligne capitale. ; .
- Il faut bien remarquer icy ce que nous ayons enféigné au 7 chapitre du premier Grandeur livre, à fçavoirque le cofté du plus petit fort quarré ne doibt eftre moindre que de 6 des forts à à 8 verges, de forte qu’on ne face les coftez des forts à 4 demy-boulevarts plus petits ****£„£ que de 6 verges : car il n’eft pas utile de les faire plus petits, à caulë des boulevarts qui * en deviendroient trop petits.
- Soit pour exemple le fort quarré propofé en la 117 figure. Quand on veut donc Exemple faire un tel fort, dont chafque cofté doibt eftre long de 6 verges, il faut première- d un fort k ment faire un quarré Régulier, chalque cofté ayant 6 verges pour fa longueur, com-me icy A B, B C, C D & A D : un tel cofté eftant divife en trois parties elgales com-me icy la ligne A B en A K, KI & IB, on prolonge chalque cofté y adjouftant une troifiefme partie au dehors du quarré pour la ligne capitale du boulevart, comme icy BF eft adjoufté au cofté CB, AE au cofté B A, DH à AD, & CG à DC. On
- Î>rend aulfi une troifiefme partie du cofté pour la gorge, comme icy I B, & dreflé on a perpendiculaire 1L lur le poind qui fepare la gorge d’avec ia courtine, cela eftant fait on tire une ligne dé la troifiefme partie du cofté, comme icy du poind K la ligne de defenfe flanquante K L, comme aulfi la face L F, & de la mefme maniéré on achèvera aulfi les autres boulevarts.
- Pour trouver cette proportion par l’ayde du calcul, on prend pour cognuë la ligne Tour trou-AB faifant 6 verges. A K, K1,1B, en eftant une troifiefme partie viendront 2 verges ver cette pour chafcune defdites lignes. E A ou F B la ligne capitale contient aulfi une troi-fiefme partie du cofté, ou deux verges, & le fécond flanc E K deux troifiefmès parties ^culcul. du cofté, ou 4 verges, K L la ligne de defenfe flanquante eft trouvée par le moyen de deux triangles elgaux KBF & K IL. Comme K B eft proportionnée avec B F, ainfi KI eft proportionnée avec IL : or K B eft longue de 4 verges, B F de 2 verges, & KI de 2 verges parquoy 1L fera une verge. Pour trouver la face L F, & la ligne de defenfe flanquante il faut multiplier les coftez K B &c B F, & tirer la racine quarrée de lalbmme des deux coftez, de forte que 4472 ©viendront pour la longueur FK.Cora-, me donc K B de 4 verges eft proportionnée avec la ligne RF 4471 ©ainfi,KI eft proportionnée avec K L 2236 ©, K L foubftraite de K F donnera 2x36© pour la face L F.
- S 2 Ce fort
- p.139 - vue 182/231
-
-
-
- 140 Traififefîàe Livre de la Fortification,
- Ce fort de la 127 figure alaligne capitale prolongée à la gauche, & en Ian8 figure eft reprefenté la Scénographie d’un tel fort, dont les lignes capitales font tirées de lamaindrditte.
- U y a d’autres fortes de forts baftisfelon le fondement ôc proportion cy mile, desquels les uns font faits de quarrez oblongs, Ôc les autres de quarrez Réguliers. Nous en propoferons icy deux pour exemple , dont l’un ayant la formé d’un quarré ob-long eft propofé en la 12? figure,
- v» quarré Voulant donc faire un fort du parallellograme A B C D, dont chafcun des coftez oblongà efUong.de 6 vergés,.& B C, A D chafcun de 8 verges, je prolongé lés coftez A B & quatre de- D C, y adjouftant B K ôc C L la troifiefme partie ou 2 verges du cofté AB, & je di-’vdrï? e~ v^e ^es coftez AB ôc ÇD, en trois parties efgales pour avoir les gorges À F & D G : a la ligne A D j’adjoufte de l’un & de l’autre cofté AE ôc D P, la troifiefme partie.de la ligne A B, 8c les quatre lignes capitales font faites. En âpres je coupe de la ligné B C, de B vers G la gorgé B H, 8c de-C vers B la gorge CI, ôc jedrefïè des perpendiculaires fur les poinâs H, I, F,G, fur lefquelles je mets la moitié de la ligné Capitale pour les efpaules comme icy H M,1 R ,QF, GO. Ôc tire les faces des ptrfn&s exÉretnes des flancs, & de la ligne capitale à fçavoir K M, R L, E Q, O P, ce qui cftafit fait le parallellograme fera fortifié. On peut commodément joindre tels forts aux rivières* de forte que le cofté E P foit tourné vers l’eau, 8c vienne à eftre placé fur le bord de la rivière.
- vn fort à Auffi fait on des forts à demy-boulevarts, qui ont un cofté bafti en forme d’une te-
- demy boule- naille, comme il fè voiden la 150 figure, ôc peuvent eftre ordonnez en la maniéré fui-varts é* en vante: Que l’on face premièrement lé quarré A B CD, dont chafqué cofté fera long tenaille Une 6 verSes » & divifé en trois parties efgales : à là ligne AD eftant prolongée de- lune ôc'de l’autre extremitè il faut âdjoufter une troifiefme partie du cofté du quarré comme icy A1 ôc D K, qui font deux lignes capitales, faifànt le mefme aux lignés A B ôc D C aufquclles B L ôc Q M, chafeune une troifiefme partie des coftez du quarré adjouftées en B ôc C, donneront les deux autres lignes capitales B L ôc C M. B E, F C, A G ôc H D font les gorgés chafeuné eftànt üne troifiefme partie comme il eft dit. La moitié delà ligné capitale rriifé fur les perpendiculaires tirées des poindls G, E, F ôc H, donnera les efpaules E O, FN, PG, HQ, Ôc les faces LO, NM, IP, ôc QJC, D’autant que AD eft longue de 6 verges, 8c IA Ôc D K dé 2 vergés4, il faut que la ligne IK ayt la longueur de 10 verges -. laquelle eftant divifée en deüx parties efgales, comme icy en R, 5 vergés viendront pour IR la moitié de la longueur 1K. Sur lia lettré R on drefïé perpendiculaire R Sj ayant la mefme longueur que les autres lignés capitales à fçavoir i vergés,Ôc on prend autant pour lés gorges T R ôc R U:
- . de T Ôc U on tire lés lignes T S ôc US, pour parfaire le parallellograme, qüï ëft fortifié de deux déiTïy-bôulevatts, Ôc d’une tenaille. Suivant cét exemple on pourra encore en faire d'autres.
- Quand on a loifir, ôc la condition du lieu le permet, on fait aüffi des forts a deux boulëvarts entiers, ôc derrière avec ünë tenaille double, comme monftre la ïjr figure, où il y a le quarré A B C D, fortifié dé boulevatts entiers en B ÔC C, cè qui eft fait félonies reigles données au chapitre du prernièr livre trai étant des forts ordinaires de campagne.
- vn fort à Soit donc chafque cofté long de 1 o verges,ôc chafeune des lignés B E, F C; G 0,: BI; boulëvarts en fera une cinquiefme parties ou 2 verges : ôc G B, C M lés lignes capitales chafeune entiers & deux cirîquiefmés parties du cofté du 4 vergés. Chafeune des efpaules E H, L F, O N 'd'un™ ^ F * contienérit une quàtriefmë partie de là courtine E F.La ligne A D eft divifée en
- natüe. ^eux Par^es efgâlesen P, ôc A P ôu P D en 5 parties efgales , dont deüx cinqüiefmes
- parties donneront la ligné capitale P S, ôc lés gorges P Qôc PR t les foëes QS ôc RS, tirées de Qj5c R en S achèvent finalement ce fort fortifié de deüx bqulfevànis entiers au devant, ôc derrière d’une tenaille dbublé. Le fort qui eft au pays de Droite entre Groeninge Ôc -Coevérden mis fur un paflàge eft fait en la méfme façon.
- Touchant le profil des forts de campagne nous en avons fàit mention enfbn lieu* de forte cjü’il n?eft pas befoing de nous y amufèr icy. Mais à fin que nous ne pallions les exemples Ôc divers cas arrivez és fiegesdu Pays-bas, nous mettrons icy quelques profils dont on s’eft fervi aux fieges de Grolle ôc de Bolduc.
- Les
- p.140 - vue 183/231
-
-
-
- de la pra&iqite Ôffenfive & Defenfive. 141
- Les profils des forts devant Groüe ont efté divers, les uns eftant plus grands 8c plus Profil dés forts, les autres plus petits & plus foibles. Car le fort des Friions avoir la baie dw fo^àwtmt rempart de 18 pieds : la hauteur eftoit de 4 pieds, & le talud extérieur 8c intérieur en Gr°ü** avoir la moitié, de forte que 14 pieds demeuroient pour le fommet du rempart, fur lequel un parapet eftoit mis ayant pour fa baie 8 pieds, 8c pour fa largeur 4 pieds, la hauteur extérieure & intérieure eftoit de 6 pieds avec un banequet large de 3 pieds,& haut d’un pied 8c demy. La largeur du fofle eftoit dei#pieds, la profondeur de 6 pieds, avec le talud extérieur & intérieur contenant, la moitié de la profondeur. En* tre le rempart 8c le fofle il y avoir une lifiere de a pieds.
- • La bafe du fort Hollandois & Anglois avoit 24 pieds , la hauteur du rempart 6 pieds, & le talud extérieur 8c intérieur crravoienc la moitié* de forte que pour le Ibm-met du rempart reftoient encore 18 pieds. Le parapet mis là delfus avoit une bafe de 10 pieds, & la hauteur intérieure & extérieure de 6 pieds, dont lé fomehet eftoit large de 6 pieds, fon banequet eftoit large de 3 pieds, 8c haut d’un pied 8C demy : le folle eftoit large de 14 pieds, 8c profond de 6 pieds : avec une lifiere large de 3 pieds : 8c au milieu du parapet y avoit des paliflades.
- Au fiege de Bolduc on s’eft fervi pour la plulpart d’un mefme profil aufli bien pour Profil des les forts à boulevarts entiers, que pour ceux à demy-boulevarts. Les remparts eftoient-^^ eflevez de 6 pieds au deflus de la terre, garnis au dehors de gazons, 8c fortifiez de ra- soLJ. meaux y entrelacez à fin que la terre s’y peut tenir plus ferme : le talud extérieur eftoit fait autant ferme qu’il eftoit poffible, ayant la moitié de la hauteur , bu un demy pied pour un pied : le talud extérieur eftoit efgal à la hauteur, de forte que 27 pieds ven-noientpourla bafe , & 18 pieds pour le lommet du rempart. Le. parapet mis fur le fommet avoit une bafe large de 8 pieds, & la hauteur extérieure 8c. intérieure de 6 pieds : le fommet avoit 4 pieds pour fa largeur, 8c le banquet 3 pieds, 8c un pied 8c demy pour fa hauteur. Au milieu du parapet 9 pieds ou environ aü dèflus de la terre y avoit des paux de 6 pieds de long, enfoncez dans le parapet jufques à la moitié, dont l’autre moitié à îçavôir 3 pieds au dehors eftoit poinduc. Tout ces paüx eftoient join&s fi près l’un de l’autre, que 1$ occupoient la longueur d’une verge. Leur diamètre eftoit de 4 à 5 poulces, la lifiere auprès dii rempart avoit pour fit'largeur 3 pieds, 8c le fofle 30 pieds, qui eftoit auffi profond de 6.
- Le fort de Vliemen, dont nous avons fait mention cy deflus avoir le mefine profil que les autres . L’ouvrage à couronne dont il eftoit environné aVbit le profil de 3 pieds plus bas, queceluy des forts : mais lê parapet en eftoit auflï large que le parapet des autres forts ordinaires. Devant ledit ouvrage à couronné y en avoit un autre pour plus grande feureté, dont le profil eftoit plus petit,- que çeluy du premier ouvrage à couronne, d’autant que le rempart en eftoit haut dW pied 8c demy feulement outre la hauteur ordinaire du parapet. La bafe toutesfbis eftqit élgale ; 8c les tren-chées menées à l’entour avoient un parapet ordinaire haut de <j pieds, 8c le fommet de 3 pieds.
- Nous avons traité en fon lieu du profil des redoutes 8c trenchéesj il faut toutes-fois obferver icy que les ravelins mis fur la digue de Hollande ont ;,eu mefme profil que les redoutes.
- Aufli faut il remarquer touchant les plus grands forts, que tous n’a voient pas le fofe fé rempli d’eau, comme le fort du Moütirti le fort de He#, & d’autres fituez fur quelques haut lieu, dont les foflez ont efte faits plus profonds, que nos profils ne monftrent: combien que l’on ne (çeut âttaindre l’éaü, comme on fit aux autres.
- Pour mieux entendre tout cela lés profils font réprefentez par ordre chafeun en (à figure, comme aiiflï la defeription,par la table fui vante. La 132 figure monftre le profil du fort des Frifons, la 133 figure le profil du fort Angfois devantt Grotte, 8c la 134 figure le profil des forts devant Bolduc.
- p.141 - vue 184/231
-
-
-
- 141 Troifiefine Livre de la Fortification,
- Profil, Figure | cxxxii (cxxxiiijcxxxiv
- Baie du rempart, AB | 18 1 14 1*7
- Talud extérieur du rempart, BD | Z 1 s 1 3
- Talud intérieur du rempart, CA 1 Z 1 ? 1 t
- Hauteur du rempart, FD.EC j 4 l « 1 «
- Sommet du rempart, FE | «4 1 >» | 18
- Baie du parapet, GF j 8 1 IO ! 8
- Talud extérieur du parapet, HF | 3 ! 3 1 3
- Talud intérieur du parapet, IG | 1 1 « 1 «
- Hauteur extérieure du parapet, HK j 6 1 * 1 «
- Hauteur intérieure du parapet, ) IL 1 $ 1 « 1 «
- Sommet du parapet, KL | 4 1 « 1 4
- Largeur du banquet, G O, N M| 3 ! 3 1 3
- Hauteur du banquet, G N, O M| 4- 1 'T- 1
- Le terreplein, OE | 3 1 S 1 7
- Lifiere, bcî 1 z 1 3 1 3
- Largeur du fofle, QR | iS I 14 1 30
- Talud extérieur, & intérieur du fofle, RX.VQJ 3 1 3 ! «
- Profondeur du fofle, X T,VS I 6 1 ‘ 1 «
- Largeur intérieure du fofle. TS j IZ 1 18 1*8
- Touchant II faut encore remarquer icy touchant le talud extérieur des profils, qui ne veut U talud ex. eftre tousjours pris fi cxaéfcement, encore qu’on y metc des rameaux entre deux pour teneur. jc bien former, d’autant que cela n’eft pas commodément pratiqué en la terre ià-blonneufe, à caufe dequoy on prend autant pour le talud extérieur, que pour la hauteur, â fçavoir là où il y a une terre fablonncufe, de forte quun pied vient à eftre proportionné a l’autre pied. Son penchant eft fortifié de doubles gazons,s’il y en a quantité : mais y en ayant faute , ou les gazons n’eftant pas comme il efi bien requis, on y fait une double lifiere chafcune haute de 3 pieds, & large d’autant, nous en avons Un exemple au fort devant la ville de Svvol fitué fur une colline fablonneuiê, le fort prés â’Engelen devant la ville de Bolduc cft de la mefme condition.
- Chapitre VII.
- Des Batteries, & de leurs profils,
- Les batteries une de plus principales parties du camp.
- Batteries
- ejfenfives.
- LEs batteries font les plus principaux ouvrages du camp, (ans lclquelles aucun fîe-ge ne peut eftre mis en œuvre, veu que l’intention pour laquelle on entreprend un fiege,eft pour la plufpart achevée par le moyen des batteries.
- Ceux qui font afliegez s’en fervent auffi bien que les afiiegeans, icy nousfairons mention de celles qui font efievées par les afiiegeans, 6c reiêrverons les contre-batteries pour un autre chapitre particulier.
- Celles donc des afiiegeans font faites pour deux cau(es,à fçavoir pour en offenccr l’ennemy, & pour s en défendre.
- Lés batteries offenfives font faites premièrement pour en ruiner les remparts, murailles & boulevarts des afliegez, & defeouvrir la forrereflè de forte,qu’il n’y ayt quelque place couverte, de laquelle les afliegez puiflènt incommoder les afligeans; comme aufli pour faire des breches dans les remparts, par lefquelles les foldats puiflènt attacher la fortereflè.
- En
- p.142 - vue 185/231
-
-
-
- pl.n.n. - vue 186/231
-
-
-
- *. die la pratique Gffenfive &Defenfive. 143
- . En apres elles font auffi bafties pour empefcher le canon des affiegez, a fin qu’ils ne puiflènt ruiner les ouvragez des affiegeans ,ce qui offenfc grandement ceux de la fortereflè, qui ne fe peuvent commodément fervir de leur canon a caufe des coups contraires. Mais quand ils oppofent leur canon fans le retirer, il advient fouventesfois, qu’il eft endommagé 8c gafté par celuÿ des affiegeans,ce qui afFoiblit finalement la fortereflè, veu qu’un canon eft tellement endommagé apres l’autre, que l’on ne s’en peut plus fervir. Car ils ne peuvent tousjours avoir d’autre canon, d’autant qu’ils font environnez de toutes partes, ce que ne font ceux de dehors, qui peuvent changer leur canon quand ils veulent.
- Les batteries defenfives regardent en partie la fortereflè, 8c en partie la campagne. Batteries Celles qui font tournées vers la fortereflè empefehent le canon de l’ennemy,à fin que drfenfives. les ouvriers puiflènt travailler aux approches (ans crainte 8c dommage. Les autres qui regardent la campagne, font oppofées à l’aflàut de l’ennemy, qui vient pour fe-courir la fortereflè.
- Si toft que l’on eft arrivé devant la fortereflè laquelle on veut attacquer, on y dreflè Batteries premièrement des batteries vers les lieux, lefquels on a recognu pour les plus foibles, dreffees comme auffi vers ceux là, defquels l’ennemy tire de fon canon , à fin qu’il foit efpou- C^^e^e~ vanté, 8c que l’on commence à gafter fon canon. Quelque fie-
- De mefine l’ennemy eftant aflàilli à despourveu eft empefehé de ne baftir des^?. ouvrages extérieurs, defquels la fortereflè feroit autrement mieux fortifiée. Auffi peuvent les affiegeans fe camper en plus grande feureté foubs la defenfe de leur canon,& faire les trenchées fans grand danger.
- Les batteries font faites en diverfes façons 8c font accommodées félon les efpeces Différence diverfes du canon, comme auffi felon la diverfe intention qu’on a de s’en fervir. des hatte-
- La diverfité à caufe du canon eft au regard de la groflèur, ou de la quantité du nes'
- canon.
- Car le gros canon requiert une grande batterie, 8c le petit une petite.
- Quand il y a quantité de canon, la place doibt eftre longue : mais quand il y en a peu, la place veut eftre plus eftroitte.
- Les grandes batteries pour y planter le gros canon font dreflees vis à vis des remparts que l’on veut ruiner : & font eflevéeç de forte quelles battent le rempart de part & d’autre d’un angle en fe croiflànt, dont la terre eft en fin tellement choequée, 8c eflbranlée, que la brefehe en devient fort grande, & ouverte.
- La diftànce des batteries du lieu que l’on veut battre eft auffi diverfe ; car au com- Diftànce mencement, quand on campe l’armée, 8c que la defenfe en eft encore petite , elles desbatte-font efloignées de la fortereflè d’une portée de moufquet ou environ , ce qui fera w#*
- 100 à 300 pas. Mais commençant à s’approcher de la fortereflè & du fofle de la ville, on les approche auffi, à fin que l’on puiflè plus droittement tirer le canon de i’en-nemy, 8c que les coups foient plus puiflàns.
- Leur hauteùr n'eft pas auffi tousjours femblable, mais on s’accommode à la hauteur du lieu qui doibt eftre battu de canon. Y ayant un rempart fort haut, ilfaut que les batteries foient auffi hautes, pour battre commodément le parapet du rempart.
- Car toutes les balles venant d’une batterie baflè. batteroient feulement l’efpeflèur du rempart ayant une grande hauteur, ou bien l’extremité du parapet, laquelle elles flan-queroient un peu au dehors.
- . La diftànce caufe auffi quelque différence entre la hauteur, veu que les batteries les plus proches du rempart doivent eftre plus hautes que les plus efloignées.
- Elles font pour la pluspart hautes de 4 à 5 pieds, 6c auffi quelquesfois de 6 pieds felon que la qualité & condition du lieu le requiert.
- La largeur fe rapporte à la qualité 8c propriété du canon, dont l’un eft plus long Margeur de que l’autre, de forte qu’une autre largeur eft laiflee pour le canon entier, une autre batt™s‘ pour le demi canon.
- Vne piece avec fon affuft entier ayant la longueur de 15,16 à 18 pieds requiert autant d’efpace pour fon lieu, 8c 10 à 11 pieds pour reculer quand elle eft de chargée, de forte que 18 pieds viennent pouHa place du canon, 8c u pour le reculement : qui font cnfemble 30 pieds, aufquels on adjoufte encore 5 pieds pour aller à l’entour du canon, la largeur en fera donc de 35 pieds.
- Mais
- p.143 - vue 187/231
-
-
-
- Tarapetau dejft&s des batteries.
- Chande-
- liers.
- Longueur de> batteries.
- Des ois au dejfus des batteries.
- Lefoffédes
- batteries.
- j»
- Lifiere.
- Sortie,
- Chemin pour j aller.
- 144 Troifiefme Livre de la. Fortification, *
- Mais à fin que le canon n’y (oie à defeouvert, on y met aufli un parapet, ayant pour fa bafe 12,15 à 18 pieds,6c 6 pieds pour fa hauteur,derrière lequel les canonniers peuvent eftre en feureté. Les parapets font aufli faits avec des fentes ou trous longs de 3 pieds, 6c larges de 2 pieds au dedans, &: de 4 pieds au dehors.
- D’autant que le canon esbranle grandement les batteries,on y met des râmeaux entre deux, & on entrelace les fentes de faux verds pour les rendre plus fermes.
- On met aufli devant les fentes fufHites des chandeliers, qui font faits quelques -fois de rameaux fèuls , 6c quelquesfois on les ferme de guichets faits dais forts & efpais, qui s’ouvrent quand on veut tirer le canon, & en apres fè ferment, a fin que l’ennemy ne puiflè fitoft cognoiftre les fentes , 6c que l’on puiflè charger le canon en feureté.
- La longueur des batteries eft ordonnée félon la quantité du canon, de forte qu’el-les viennent plus longues quand il y en a quantité, & plus courtes quand il n’y a pas beaucoup de canon.
- On prend douze pieds ou une verge entière, pour la diftance entre lune & l’autre piece , afin quelles ne viennent à eftre logées fi prés l’une de l’autre, & y ayt un aflèz grand efpace entre deux : on ordonne encore outre les douze pieds, des pièces extremes de l’un 6c de l’autre cofté, fix pieds au dehors du parapet, qui doibe eftre efpais de fix à huiéfc pieds., &c s’eftendre de chafque cofté, pour mieux couvrir les batteries.
- Quand il faudroit donc planter 6 pièces fur une batterie, elle fèroit longue de 7 verges fans fon parapet de chafque cofté. De 6 verges on en ordonne une entière pour chaftjue piece, & la feptiefme eft divifée en deux parties efgales, &affignée encore à deux extremes pièces : dont il appert, que la longueur des batteries furpaflè en nombre 'de verges celuy du canon d’une verge entière.
- Au defliis des batteries on couvre la largeur de 12,14 à 15 pieds, où les pièces doivent eftre plantées, dais efpais de chefiïd, quand on les peut avoir, mais en y ayant faute on prendra des ais de lapin. • * <-
- On y met donc des poutres quarrées cfpaiflès d’un demy pied ou de 7 poulces efloignées l’une de l’autre de 8 ou 10 pieds,de forte quelles font plus eflevées derrière, qu’au devant où elles fonr joinétes au parapet,& on remplit l’efpace entre deux de terre bien battue 6c foulée, à fin quelle foit bien ferme dans les poutres, il faut clouée les ais l’un tout joignant l’autre pour y planter le canon.
- On pourroit aufli couvrir le refte dé la batterie dais, quand il y en auroit quantité,* à deffaut defquels on fê fèrt de corbeilles plâtres entrelacées de rameaux, & faites à la façon de celles dont fè fervent les chartiers pour couvrir leurs chariots, par ainfi les batteries eftant eflevées derrière d’un pied,ou d’un pied 6c demy le canon ne fè reculera pas trop loing, 6c fera mis en fa propre place avec moinsdedifficulté.
- Derrière la batterie onlaiflèune place a une mefine longueur que la batterie, 6c large de 36 à 40 pieds j à un des collez de laquelle on fait une foflè longue de 10 a 12 pieds, 6c profonde de 3 â 4 pieds , pour y mettre la poudre à canon gardée en des tonneaux , lefquels feront couverts de couvertures faites de poil pour empefchec qu’elle ne foit moulliée de la pluye, ou que quelques eflincelles n’y foient portées par un vent contraire. Les autres couvertures y font mal-propres, puis qu’elles font facilement embrafées du feu: mais celles de poil ont cette propriété,qu elles ne reçoivent pas aifement le feu.
- D’autant que l’on a befoing de terre pour baftir une batterie, on l’environne a l’entour d’un fofle large de 8 à 10 pieds , 6c profond de 6, qui fèrt aufli pour plus grande defenfè.
- Quand il y a grand danger, que les batteries ne foient attacquées de l’ennemy par quelque aflàut, on les fortifie aufli de pâli flàdes tout à l’entour, comme aufli d’une trenchée commune, 6c de redoutes, quand le danger eft plus grand.
- Entre le fofle, 6c la batterie il y a une lifiere large de 3 à 4 pieds.
- A l’un des deux collez vuides, ou bien derrière eft aufli faite une fbrtie, ou entrée large de 10 à 12 pieds, par laquelle on mene tout ce qui eft neceflàire pour le canon, comme aufli le canon mefme.
- Aufli fait on un chemin, ou une allée au milieu de la batterie large de ro à 12 pieds
- • 6c pan-
- p.144 - vue 188/231
-
-
-
- . de la pratique Offenfivé & Defenfive. 145
- 8c panchante de. forte que l’on n’y puiflè feulement aller commodément, mais auffî Parapet fa mener, & ramener le canon par icelle. copiez»
- Quand la neceflïté requiert, quune batterie foit couverte aufli bien derrière que devant, on y fait aufli un parapet, (comme il eft dit cy deflùs,) efpais de 6 à & pieds; où on met des doubles gabions de la grandeur defquels eft traidé au chapitre des gabions.
- Cet ia defcription la plus commune des batteries, le profil defquelles il faut que nous confiderions aufli : iceluy eft reprefenté en la 135 figure, félon la proportion duquel toutes fortes de batteries peuvent eftre ordonnées.
- AD labafè de la batterie eflevée de 6 a pieds, AB talud extérieur de 2 pieds, Si Profil fa C D talud intérieur de 5 pieds, B F & C S la hauteur perpendiculaire de 4 pieds, batteries.
- FS le fommet parailelle avec l’horizon de 53 pieds, FI la bafe du parapet de 18 pieds,
- F G le talütl extérieur du parapet de 3 pieds, H Ile talud intérieur du parapet d’un pied,GK, HL la hauteur extérieure & intérieure chafcune de 6 pieds, K Lie fommet du parapet de 15 pieds, IE la place du canon de 35 pieds, S E la hauteur de derrière d’un pied, qui fé perd peu â peu jufques à l’extremité intérieure de la bafe du parapet, A M la lifiere entre la batterie 8c le fofle de 4 pieds, D T l’allée inferieure de la batterie de 36 pieds, N M, T V la largeur du fofle de 10 pieds, N O, P M, T Y, Z V, le talud extérieur 8c intérieur du foflè chafcun de 3 pieds, O R, P Q, Y , Z X, la profondeur du fofle de 6 pieds, R Q 8cW X la largeur inferieure du fofle de quatre pieds.
- Pour exemple donc de ce profil nous ordonnerons une batterie pour trois pièces reprefentée en la 136 figure.
- La bafe de la batterie eft cognuë par le profil, 8ç a 60 pieds, la lifiere 4 pieds, le Exemple fofle au devant & derrière 10 pieds,le chemin inferieur,ou l’allée inferieure 36 pieds, débatte* tous ces nombres adjouftez enfèmble donneront 120 pieds pour la largeur entière m* de la batterie.
- Pour trouver la longueur, le fofle devant les coftez eft autant large à fçavoir 10 pieds, îefquels adjouftez enfemble viendront 20 pieds pour le fofle de i’un 8c de l’autre collé; la lifiere dé 4 pieds doublée donnera 8 pieds,comme aufli le talud de 2 pieds,
- 4 pieds. Le parapet mis fur le fommet de la batterie pour couvrir les coftez a pour fa bafe 8 pieds, qui doublez donnent 16 pieds, 12 pieds pour chafcune piece, dont il y en a trois, font 36 pieds, 8c 6 pieds pour les deux extremes au furplus font 12 pieds; tellement que tous ces nombres adjouftez enfèmble feront 96 pieds pour la longueur inferieure de la batterie avec la lifiere, & le fofle. Le fommet avec le parapet fait 64 pieds, &c la longueur de la place pour le canon 48 pieds,dont la largeur eft cognuë par le profil de 35 pieds.
- Tout cela citant calcule on marque la batterie en campagne félon fâ longueur 8c largeur, & on prend la terre dû fofle mené à l’entour pour en faire la batterie. En voi-cy la 136 figure avec fa déclaration fùivante.
- * A, le foflè eft large de dix pieds, B l4 lifiere de quatre pieds , C talud de deux pieds, D le talud de derrière de cinq pieds, E le parapet efpais de dixhuid pieds,
- F les fentes pour tirer, larges au devant de quatre & derrière de deux pieds, G le parapet des coftez efpais de huid pieds, H la foflè pour la poudre a canon large de dix pieds , 8c autant longue , 1 l’allée inferieure de la batterie de trentefix pieds,
- K la place pour .le canon couverte d’ais de quinze pieds, L la place couverte de corbeilles de vingt pieds, M le chemin ou entrée dans la batterie de dix pieds, N le chemin pour mener les. pièces fût le fommet de la batterie large de douze pieds, 8c longue de quatorze.
- Les batteries tournées vers la campagne pour empefeher l’aflaUt de l’ennemy ne Batteries font pas fi pénibles, d’autant qu’on n’y met pas les plus grandes pièces, 8c il n’y a pas regardant tant de danger , veu que l’ennemy n’y drefle point de contre-batteries, 8c attacque camt*‘ fèulementle lieu d’un fimpleaflaut. &ne'
- Elles font placées au dedans des trenchées vers la campagne, & par tout où il y a quelque danger.
- Elle font faites de telle maniéré : on ordonne combien de pièces y doivent eftre mifes, pour chafcune defquelles on prend 12 pieds, comme nous avons did cy deflùs;
- T lalar-
- p.145 - vue 189/231
-
-
-
- 146 ïroifiefinc Livre delà fortification,
- : la largeur Te reigle félon la longueur du canon, & leur hauteur eft de 4 à 6 pieds, de laquelle on peut bien avant flanquer 8c nettoyer la campagne.
- Il n eft pas befoing de les environner d un fofle tout a l’entour, mais feulement au devant, & de l’un 6c de l’autre code. Mais y ayant faute de terre on fait aufli un Fof-fé derrière, &laiflè on feulement un chemin ou entrée panchante par laquelle le canon eft mené fans grand peine fur la batterie : on fiche aufli despaliflàdes dans la terre tout à l'entour dé la batterie, defquelles font tirées des corde ou mefches de Km à l’autre pour en faire de certains limites, par lefquels ceux, qui n’y ont point d affaires, font admonneftez de s’en retirer, d fin qu’ils n’incommodent les canoniers,ou ne reçoivent quelque dommage par leur imprudence. ÿtrtfêriès il faut aufli obferver icy ce que nous avons dit cy defliis touchant les batteries, ejlevêesder- £ fçavoir qu’elles doivent eftre plus cflevées derrière que de devant. Le parapet mis rlere‘ là defliis eft fait quelquefois de terre, 8c quelquefois de gabions.
- Ceux de terre ne font pas plus-cfpais que de 6 à 7 pieds, ni aufli plus hauts, que la hauteur du canon mis for fon affuft, en forte qu’il puiflè eftre placé là defliis : on n’y fait aufli point de fentes, à fin que l’on puiflè tourner le canon par tout où il fera neceflàire.
- Gabions Jur Quand on defire de fè fèrvir de gabions on prend des demy-gabions & les met on les batteries. fur jes batteries,y logeant les pièces entre deux. Telles batteries tournées vers la campagne font reprefèntées en la 137 8c 138 figure.
- Batteries Les boulevarts des forts de campagne placez parmy les trenchées font remplis aux forts de de. terre, & on y met des pièces de canon, car on s’en fère au lieu de petites batte-campagne. rjes, & 0n y fait à cette fin des entrées, comme il fè void au fort reprcfèncé en la • iz8 figure.
- Batteries Pareillement on met de petites pièces fur les redoutes par tout où il eft neceflàire, aux redou- & Qù la commodité du lieu le permet.
- Batteries \ Il y en a quelques uns qui veulent, que l’on prenne de grands fàcs remplis de laine
- faites de pour en faire des batteries là où il y a faute de terre (ce qui arrive fort peu, d’autant
- dfsfaes qu’on la peut amener d'ailleurs,) on a trouvé par expérience, qu’un pied de terré
- remplis de bien foulée, 8c battue peut fouftenir un coup de moufquet, ce qu’un pied de laine
- titne’ bien foulée peut aufli faire : d avantage on tient que 11 à 15 pieds peuvent fouftenir
- ie coup d’un gros canon , dont il appert qu'un fac rempli de laine & ayant iz à 15 pieds de diamètre fera allez fort pour retarder le mefme coup. Telles batteries s’eile-vent en la maniéré fuivante- On apprefte de grands lacs coufus au double 8c de celle largeur,qu’eftant remplis de laine ils ayent 1; pieds bu environ de diamètre, de autant pour-leur longueur, lefquels on remplit erfaprés de laine la foullant fort bien au dedans, 8c liant les fàcs tout autour de cordes en croix.
- Il faut avoir detéls lacs autant qu’il fera befoing, 8c quand on en veut faire quelque batterie, il faut joindre deux facs l’un près de l’autre pour plus grande feureté, 8C y laiflèr autant d’efpace entre deux, que la bouche du canon requiert. Avant que les y mettre il faut premièrement faire un fondement là où ils doivent eftre mis y enfonçant des paux pour contraindre & retenir les fàcs en leur lieu.
- Au deffiis de ces facs on en met encore un autre , lequel on attache avec ceux d’embas.
- Pour garder D’autant que ces fàcs font fujeéts au danger d’eftre enflammez de leur prope ca-trekfetT'non » on a tousjours Prcfts quelques conneaux remplis de terre meflée avec de l’eau,
- 1 * pour en mouiller fort fouveht les fàcs.
- Il y auroit d’autres forces de batteries à deferire , lefquelles nous obmettons icy comme peu differentes de celles que nous avons mifès cy defliis.
- C H A P I-
- p.146 - vue 190/231
-
-
-
- de la pra&iquè Offenfive & Defenfive, 147
- Chapitre VIII.
- Touchant là dtfenfe de ceux, qui ejldnts en une ville ont à craindre un fage.
- APres quun Prince ou Seigneur aura cognu l'inimitié de lès voifins, où enne* Inimitié mis, 8c qu’ils forgent & machinent quelque guerre, il y prendra grande garde,
- 8c ne doibt pas s’aflèurer de n’en eftre point attacqué: encore que le bruit du rec,$ro1M*’ contraire coureuft. Pourtant fi toft qu’il entendra les levées de fon ennemy, il fera le inefme, 8c tachera neantmoins de couvrir fon deiîèin d’un bruit contraire, tout ainfi comme fon ennemy a fait : auquel il eft raifonnablc qu’il joue le mefme tour, 8c le mette auffi en doubte. En cas que l’on fiirpaflè l’ennemy en puiflànce, 8c qu’il foit auffi trouvé profitable de le prévenir., 8c mettre pluftoft en œuvre ce qu’il s’eft pro-pofé de faire, on le pourra bien attacquer en fon propre pays , 8c combien qu’il fbit pénible de faire la guerre en pays eftrange, d’autant qu’il faut attendre l’aflàut de 1 ennemy de toutes parts , fi eft ce que cela eft plus profitable pour fon propre pays, 8c fubjeéts, qui contribuent plus volontiers, que fi la guerre eftoit en leur propre contrée.
- Mais le trouvant plus foible que l’ennemy il vaut mieux de fe préparer pour faire une defenfe neceflàire,& d’ofter à l’ennemy toute forte davantage dont il pourroit faire fon profit, quand il viendroit a aflàillir les frontières du pays : parquoy on y pourvoira , 8c garnira bien les frontières êc paflàges de toutes choies neceffaires , 8c on fera des forts meurement délibérez, 8c avec avantage là où il n’y en a point, 8c font toutesfois neceflàires.
- Le mefme vient auffi à eftre délibéré au fait d’une fortereflè ; 8c puis que la fitua- Lafirterejfe tuation du lieu eft de plus grande importance , comme auffi la fortification, dont dépend delà la fortereflè entière dépend , il faut qu’on la mette en grande deliberation, pour f°r*ifica-corriger par artifice les fautes naturelles , 8c tout ce qui pourroit endommager latm' fortereflè.
- Le Gouverneur de la fortereflè, auquel elle eft commifo, en aura autant de foing,Le devoir que de fon propre corps, d’autant que tout fon bien & fon honneur en dépend : cdXdttn Goi*~ il eft grandement reproché à celuy qui ne s’eft pas bien acquitté de fon devoir, tou- verneur' chant la defenfe de ce, dont on s’eft fié en luy.
- B A caufe de quoy il fora neceflàire qu’il confidere de prez la condition de la fortereflè,
- 8c tout ainfi, que s’il la vouloit affieger luy mefme j afin qu’il puiflè parfaitement co-gnoiftre les avantages 8c defovantages de la fortereflè, où elle eft la plus foible, & peut eftre plus commodément attacquée : car parce moyen il apprendra bien le defaut de la fortereflè, 8c par où l’ennemy la peut attacquer.
- Dont il appert clairement, que celuy, qui entend bien l’offenfive de la guerre, peut entend
- auffi bien ordonner la defenfive : ce que le Gouverneur ayant bien examiné il fera ve-nir fon Ingénieur, 8c luy commandera outre là charge ordinaire d’avoir un extreme foing de la fortereflè,& de la regarder 8c vifiter par tour,pour ordonner ce qui doibt delà guerre. eftre changé 8c corrigé.
- l’Ingcnieur vifitera 8c examinera principalement touts les boulevarts & toutes les Le devoir courtines, comme les plus principales pièces de toute la fortereflè, à fçavoir fi elles InZe~ ont une defenfe parfaite 8c réciproque, ou s’il faut quelles foient défendues d’ail- meur' leurs -, 8c fi elles fe ruinent, fi trop hautes ou trop baflès : ce qui s’entend auffi du parapet j duquel il faut auffi confiderer de prés la hauteur & efpaiftèur, dont l’Ingenieur aura foing, 8c fera qu’il ait fa hauteur 8c elpaiflèur convenable. Car il advient quel- Tromperies quefois, que les maiftres des remparts (qui ont leurs falaires annuels pour les corriger des matâtes tombant en decadence) font le parapet plus eftroit en prenant la terre de l’efpaif ^es rem~ four, laquelle ils adjouftent à la hauteur , combien qu’ils foient obligez par leurs ar- ^arts' ticles d’y mener la terre d’aiïïeurs. Car cela affoiblit grandement les fortereflès , & ceux qui font cela, trompent leurs maiftres, 8c contreviennent à ce qui eft convenu 8c accordé, de quoy il fe faut donner garde. Auffi eft il neceflàire de fo fouvenir du banquet, qui doibt auffi eftre corrigé.
- T i Quand
- p.147 - vue 191/231
-
-
-
- 148 Troifiefine Livre de la Fortification,
- Pour ejîar- Quand il y a une fortereflè avec une fauflèbraye, il faut quon en tienne le chemin
- gir la fauf- bien net, & que le parapet ait là hauteur 6c efpaiflèur convenable. Le chemin entre febraye. je gran(j rempart 6c la fauflèbraye eftant trop eftroit il le faut eflargir, 6c l’ordonner autant qu’il eft poflïblé de forte, que l’on y puiflè loger quantité de gens, & y mener aufli du canon quand il eft neceflaire.
- Quand le fofle eft fi profond,qu’il ne peut eftre rempli fans grand peine pour eflargir la fauflèbraye,il vaut mieux, que l’on maflonne l’efcarpe ou talud intérieur du fofle 6c prenne la lifiere, qui eft ordinairement large de 6 à 8 pieds pour le parapet de la ' fauflèbraye, de forte que fon chemin en puiflè eftre eflargi.
- Que ce fi Puis qUe nous faifons'icy mention de l’efcarpe, il faut que l’on fçache que c’eft un
- que l’efiar- mot Xtalier», qui lignifie un foulier : ce qui eft dit par fimilitude : car comme un fou-^e’ lier defend le pied de l’homme contre l’eau 6c l humidité ; de mefine le pied ou la
- balè du rempart eft gardé par cette elcarpe ou talud, d’eftre endommagée de l’eàu: l’autre talud à fçavoir le talud, extérieur du fofle eft appellé contrefcarpe, ou contre foulier-, dont il appert, que par ce mot eft entendu feulement le panenant du fofle, Que c'efi dont le chemin couvert prend Ion commencement, 6c non le chemin couvert mef-que contre- me, lequel plufîeurs nomment contrefcarpe par abus, 6c mauvailè couftume, failànt jearpe. une mefine cholè du chemin couvert, & du panchant du folfé, qui font neantmoins deux choies differentes.
- vfage du Où il n’y a pas de fauflèbraye, il y faut faire un chemin couvert au dehors du fofle chemin coù- aufli bien pour offenlèr l’ennemy que pour lesforties , à fin que ceux qui font les forties s’y puiflènt retirer 6c cacher, quand ils font repouflèz de l’ennemy.
- Aufli faut il bien regarder les efelufes, 6c baftiments , qui retiennent l’eau, 6c s’il y a quelque faute , il la faut corriger.
- Le chemin couvert doibt eftre environné de paliflàdes , lefquelles ont efté trouvées fort neccflàires, principalement, quand on attend de jour en jour l’arrivée de l’ennemy.
- Touchant les portes, ponts, ponts-levis & toutes les autres parties de la fortereflè nous en avons faitmention au premier livre : ce qu’il fautobfèrver icy, 6c toutes le£ dites parties doivent eftre ordonnées lèlon les reigles données.
- Quand ou n’eft point prefle du temps, 6c les defpens le permettent, on y pourra aufli faire toutes fortes d’ouvrages extérieurs, parlefquels l’ennemy peut eftre retardé quelque temps, de forte qu’il ne lè peut fitoft approcher du grand rempart. Nous en avons trai&é au deuxiefme livre : les plus principaux defquels font les ouvrages à • corne, qui peuvent eftre fouventesfois coupez, les ravelins, 6c demy-lunes. Aux Pays-bas il y a plufieurs fortereflès fituées prés de l’ennemy, qui font fortifiées de tels ouvrages extérieurs, comme Breda, Bergue op zsom, Grave, Zutphen, Rees, Coevorden, 6c plufieurs autres.
- Exemple de Nous mettons icy pour exemple une fortereflè fort bien baftié, 6c fortifiée d’ou-lafirterejfe vrages extérieurs, laquelle eft fituée en Hollande & s’appelle Heufden, & aeftétous-deHenfden. jours en grand danger dé toutes parts devant la prinlè deBolduc : le plan d’icelle eft reprefenté en la 139 figure, où fe void une fauflèbraye, chemin couvert, des ravelins, ouvrdgcsà corne, 6c une demie lune : lefquels ouvrages ont empefehé l’ennemy, qu’il n’a pas ofé attacquer ni aflieger ladite fortereflè.
- Fauxbourgs On demande, fi une fortereflè doibt avoir des fauxborgs , à quoy nous avons devant les refp0ndu au livre precedent. Mais quand quelques fauxbourgs s’y trouvent, lefquels forterejjes. ne peuvent eftre démantelez fans grande perte 6c dommage, il faut qu’on les environne d’une trenchée : toutesfois avec le moins de circuit qu’il eft poffible.à fin qu’on ne commette pas de telles fautes, comme il a efté fait il n’y a pas long temps, en deux lieux divers, en un defquels il y avoir'une fi grande trenchée , quelle n’environnoit pas feulement les fauxbourgs 6c jardins, mais aufli de grands champs, 6c prairies,ce qui a pluftoft affoibli la fortereflè, & à caufè des defpens exceflïfs, dont l’Ingenieur a efté l’occafion, qui n’a pas bien entendu, ou n’a voulu entendre la maxime à fça-voir, que l’on doibt accommoder les ouvrages à la proportion & quantité des gens qui les doivent garder & defendre, félon lefquels o.n les doibt eflargir, ou reftraindre, à fin qu’on ne face ni ne ferme comme un camp pour environner la fortereflè, comme il a efté fait icy. Car, comme il eft dit cy deflus , une fortereflè fans gar-
- nifon
- vert. Efelufes. Paliffadès.
- Portes & ponts.
- Ouvrages
- exteneurs.
- p.148 - vue 192/231
-
-
-
- pl.n.n. - vue 193/231
-
-
-
- ji.TropufnacuhaTij/er quoiL oqtqiâunv inter cejtiurtv,
- B .‘Demicagortoqer quant equi;
- tatùs irujrefîus,
- 0. Trofuqnaculaj . oqqiâommc
- i, et aihuc addenâaqunttià âefynantur,
- D, Cqfleîluxît majus, nondunt e: _ chim,quo minus ca/léïïwn hqftâsM Comqrèheiulitur. 11
- Cafleîhim hofbile majus.
- pl.n.n. - vue 194/231
-
-
-
- de k pradique Offenfive & Defenfive. 149
- nifôn fuffifànte eft plus nuifible , que s’il n’y en avoir nulle, d’autant quelle peut aifement eftreprife eftant aflàillie en plufieurs endroits, a caulè que la petite garni-fon, qui s’y trouve, eft divifée, ôc diffipée de forte, que l’ennemy s’en peut aifement rendre maiftre, ôc s’en fervir à fon profit.
- L’autre n’eftoit feulement pas marquée en campagne, mais auffi desja mile en de-fenfe, lequel lieu fpacieux n’a efté toutesfois attacquée par l’ennemy.
- Les fauxbourgs n’eftants pas trop fpacieux font environnez de mefme rempart, dontPetits la fortereflè eft environnée, comme on void en la fortereflè de Zudphen. fauxbourgs
- Quand il eft befoing de mettre quelques forts par dehors de lafortereflè,pour gar- °onnezdun der les paflàges il les faut auffi faire: nous en avons un exemple aux Pays-bas en la for- gmnd rem-tereflède Svvol, qurn’eft pas fortifiée feulement d’ouvrages extérieurs, ôc d’un bon part. rempart; mais le chemin entier s’eftendantde la ville jufques à la riviere de l’îjfel eft fortifié de forts, de force que l’ennemy pourroit grandement incommoder la ville, s’il n’eftoit empefché par les forts : ôc outre cela le chemin entier eft encore fortifié forterejfl! d’une forte trenchée de l’un ôc de l’autre cofté, de laquelle on fe peut defendre en Cas fur lespajfa-de neceffité, ôc auffi fecourir les forts fans danger par icelle. ges.
- De meftne la ville de Boldttc a efté fortifiée de trois forts à cinq angles devant le Forts de-fiege, à fçavoir du fort ifabelle, qui eftoit grand, fort, bien bafti, ôc fortifié d’une fauf- vmtBol-fèbraye , chemin couvert, ôc d’un ouvrage à corne qui eft environné d’un fofle com- dac' me auffi le chemin couvert : l’autre fort s’appelloit le fort de S. Anthoine, qui n’eftoit pas fi grand, & le troifiefme le fort Pettler, qui eft fituécn une place fort commode.*
- Apres le fiegc les Hollandois y ont encore eilevé deux autres forts, l’un à Engelen * ôc l’autre à Orthen,
- La 140 figure eft le plan delà ville de Wefel, dans lequel les lignes punduées Lafortifi-monftrent la nouvelle-fortification par laquelle elle eft corrigée, & comme les faux- cation de bourgs, qui ont efté auparavant fortifiez d’ouvrages a corne, font environnez du de grand rempart. De mefme fè void en cet exemple, comme on doibt garder une ri- J
- viere, car pour cette caufe un fort à cinq angles eft mis entre le Rhin , & la rivière de Lippe.
- Tout les ouvrages de fortification eftant ordonnées comme il faut, il eft auffi ne- Zrcenmlx ceflàire de vifiterles magazins, ôc arcenaulx, comme auffi la maifon de charpenterie: les vi&uailles ôc vivres, qui ne font pas d’une longue durée, doivent eftre changez, ôc zms' on doibt faire la calculation, pour combien de temps on en eft fourni, il vaut auffi mieux d’en avoir trop que peu. Car il advient fouventesfois, qu’a la fin l’ennemy eft affoibli, ôc la fortereflè à faute de vivres, ce qui endommage grandement ceux de la fortereflè , qui l’ayant defendue au commencement avec grande force ôc courage , font finalement contraints par la famine de fe rendre à la merci de l’ennemy affoibli.
- 11 faut auffi vifiter la poudre à canon, Ôc l’efprouver, fi elle eft lèche ôc bonne, ôc fi Foudre a elle ne l’eft pas, il la faut changer ôc refaire. 11 en faut avoir bonne, ôc fuflifànte quantité, à fin que l’on ne foit contraint de l’efpargner, ce qui fèroit profitable à l'enne-my. Car la plus grande quantité des coups de canon fait le plus grand dommage à l’ennemy, ôc retarde lès approchés, d’autant que les ouvriers font empefchez, par la grande quantité des coups, qui font tant plus reiterez par l’abondance de la poudre à canon.Quand on a faute de matériaux pour faire de la poudre, il les faut procurer, Ôc faire provifion d*une quantité de lâlpetre, charbon, ôc louphre : il faut auffi avoir preft quelques moulins à bras, ôc à chevaux.
- Combien qu’en tout temps on ne doive point avoir faute d’argent pour payer Vue forte-les foldats, fi eft ce que l’on en a principalement befoing , quand l’arrivée de l’enne- rejfe doibt my eft à craindre, à fin que les loldats n’ayent occafion de fe rebeller ôc s’oppolèr par e^re &arme faute de payement. D’avantage quand on obfervera ce que nous avons remarqué au s premier livre touchant laguarnifon d’une fortereflè, elle fera fans toute pourveuë Ôc bien garnie de toutes choies neceflàireS.
- Ctiftfm ville fituée au marquilàt de Brandenbourg en un lieu où les rivières d'Oder taviüe de Ôc de VVarta lè joignent enfemble, eft une place extrêmement forte de nature, ôc Cufirm' d’art. Elle eft fi bien garnie de toutes fortes de munitions ôc de vivres, que l’on la tient imprenable pour quelques années,en cas que les digues, qui font fes paflàges
- T ? eftroirs,
- p.149 - vue 195/231
-
-
-
- ijo Troifiefme Livre de la Fortification,
- eftroits, (oient bien gardées. Et combien qu elle (oit fortifiée de cafemattes à l’antique, fi eft ce quelle eft fi forte de nature, que l’on ne trouvera pas aifement de place fortifiée a la moderne, qui luy puiflè eftre comparée î fon plan eft reprefenté en la 141 figure.
- Trahifom Puis que les fortereflès font fouvent endommagées par trahifons, ôc par traiftros, & traifires qUi recerchent curieufement tout ce qui s’y paflè, en advertiflànt l’ennemy, ôc ceux fans lesfir- avec ]e{qUels üs ont correfpondence: il fera fort neceflàire, que le gouverneur cache terejjes. toUtcs fes entreprinfes Ôc confeils, Ôc qu’il prenne garde, de n’y laifler entrer ni fortir aucun meflàger, ni lettres, ou autres choies, fans les vifiter premièrement, à fin que1 les trahifons foient defçouvertes. Les perfonnes, lefquelles on tient fufpe&es non feulement à caufe d’un (impie foupçort mais auffi par certains advis, doivent eftre envoyées hors de la fortereflè, ôc l’on ne leur doibt concéder qu’un certain temps pour y demeurer.
- Perfonnes Quand on eftaflèuré que l'on (èra attacqué de l’ennemy,il faut que l’on envoyé hors
- qui ne font de la fortereflè toutes fortes de perfonnes, qui ne font capables déporter les armes, capables de corame par exemple les femmes, enfans, & veillards,le(quels il faut mener ailleurs, où Porte^ b*. ds peuvent eftre en feureté. Perfonne de ceux, qui ne font point mariez, Ôc peuvent armes 01- portcr jes armcs en cas de neceflité ne doibt eftre exemptée , jufques à ce que l’on voye quelle ifluë l’affaire aura. Ce qui refte eft laiffé à la neceflité ôc méditation, qui en donnera plus ampie inftruétion.
- 4ient eftre envoyées hors de la forterejfe.
- Q
- La principale attac-
- Chapitre IX.
- Des batteries de la ville, cav alliers, & flattesformes'
- Vand l’ennemy a affiegé une fortereflè, ôc commence à drelfer (es batteries, ôc faire (es approches, il ne faut pas que les afliegez ceflènt, ôc laiflènt approcher l’ennemy à (à volonté i mais il eft neceflàire, qu’ils raonftrentau contraire leur courage pour luy faire refiftence, Ôc fe préparent auflï promptement à combattre,que l’ennemy (è hafte de les attacquer.
- La principale attacqué eft faite par le moyen du canon, ôc la defenfo fe fait auflï par l’ayde du canon ; dont il ne fuit pourtant, que l’on doive rejetter les moulquets com-que eft faite me inutiles pour s’en defendre, (car ils font beaucoup plus de dommage que le canon, par le canon, combien que l’on ne s’en puiflè appercevoir fi fenfiblement au commencement, d’autant qu’ils ne tuent pas les hommes d’une maniéré fi effroyable que le canon, ôc font de plus petites playes, fouvent mortelles, fi eft ce qu’on le font finalement par la perte de fes gens.) Mais ce que nous difons icy s’entend de la defenfo du canon contre le canon.
- Or on fe fort de cefte defenfo du canon, quand l’ennemy eft encore efloigné de la forterelfe, de forte qu’il ne peut eftre tiré à coups de moufquet, mais bien à coups de canon.
- Comme les afligeants plantent leur canon fur les batteries, foubs la defenfo duquel les ouvriers peuvent travailler en foureté: de mefmeles afliegez fe fervent de batteries pour y mettre leur canon, ôc empefeher autant qu’il eft poflîble les ouvriers.
- Les lieux , auquel le canon eft planté par les afliegez eft appelle contre-batterie, d’autant qu’elle eft faite contre les batteries de l’ennemy pour les tirer.
- Nous avons monftré au premier livre au chapitre de la garnifon d’une ville, de quelles fortes de canon une fortereflè doibt eftre pourveuë : mais on fait icy une demande, quel lieu on doibt choifir pour planter le canon ? à quoy nous ne pouvons re-fpondre fi abfolement, &en general fans fçavoir des particularitez certaines ; à fça-voir le lieu où l’ennemy dreflè fes batteries, ôc quel lieu il veut battre : de forte que nous la laiffons paflèr fans y donner refponfo; d’autant que la pratique monftrera mieux le lieu,où il faut planter le canon: il eft aufli aflèuré,que là où il n’y a point d’of-fenfe, on n’a pas befoing de canon. Si ne doibt on toutesfois pas fe tenir trop aflèuré, ains il eft befoin de tenir du canon preft és lieux les plus aflèurés.
- Le lieu le plus commode pour le canon eft celuy, qui comprend plus commodément, ôc utilement le canon, comme un boulevart, dans lequel le canon eft départi,
- ôc mis
- Contre-
- batteries.
- Ou il faut mettre le canon.
- p.150 - vue 196/231
-
-
-
- de la pratique OfFenfive & Defenfive.
- *5*
- ÔC mis partie aux efpaules, & partie aux faces. On le loge auffi au milieu de la courtine, quand on n’en veut defendre les boulcvarts, mais nettoyer feulement la platte campagne, & endommager l’ennemy.
- Le canon n’eft pas bien planté fur la terre nuë, ni auffi aflèurementdefohargé,d’autant que la terre n’eft pas par tout efgale ôc unie, comme il eft bien requis pour le canon. Les contre-batteries font ordonnées comme il s’enfuit : au deflus des boulevarts Comme les la terre eft eflevée jufques à la moitié du parapet ou environ, fur laquelle on met de c°ntre j?aî~ fortes poultres, comme on fait aux batteries de campagne, & on remplit l’eljpace entre deux de terre bien foulée,à fin que le canon y puiflè avoir une dation plus ferme. Là-* deflus on attache de forts ais de chefne, dont il faut avoir quantité, y plantant en apres le canon de forte qu’il s’eflevé & s’eftendc au defliis du parapet, fur lequel oh met auffi des grands gabions pour couvrir le canon. Les batteries eftants ordonnées de telle forte, cela s’appelle tirer fur le banc. y.
- Quelques uns ordonnent leurs contre-batteries de forte, que le canon ne s’eftend pas defliis le parapet, mais ils font quelques fentes dans le parapet du rempart & des boulevarts, parmi lelquelles ils ordonnent le canon, quand ils s’en veulent fervir contre l’ennemy : ôc c’eft tirer par les fentes.
- 11 fe rencontre icy une queftion laquelle des deux contre-batteries on doibt tenir S'il eft mil-
- pour meilleurecelle qui tire fur le banc , ou celle qui tire par les fentes , ou ca* ^Mr de tirer
- fur le banc
- nonmeres. J ar ^(s
- Nous donnons pour refponfo, que celles a fentes ont bien une meilleure defenfe, Jn Ôc que le canon eft couvert, de forte que l’ennemy ne peut rien incommoder fi non la bouche du cation , 8c outre cela il ne le peut faire avant, que fès batteries ayent la hauteur convenable, ÔC qu’il en puiflè battre les fentes en une ligne droitte. Mais il ne faut pourtant rejetter l'opinion des autres, qui tiennent celles qui tirent fur le banc pour meilleures ; combien, que les raifons Aridités fomblcnt eftre d’importance : car icelle peut auffi defendre l’ufage des batteries qui tirent fur le banc,& ont encore d autres avantages au deflus celles d fentes.
- Car celles d fentes ne permettent pas de tourner le canon par tout., & où fou veuf tirer, mais le canon eft contraint de demeurer entre fès limites dont il eft borné, ÔC peut eftre tourné feulement là où les fentes le permettent.
- Mais les batteries qui tirent for le banc font commodes pour le canon qui peut eftre tourné par tout, Ôc outre ce il y a encore un plus grand advantage par lequel leis fraiz ôc defpens de l’ennemy font grandement augmentez. Car on peut tousjours mener le canon d’un lieu à l'autre, & changer lallation autant de fois que l’on veut, donc l’ennemy eft contraint de foire de grands defpens & d'eflever des batteries par tout, en cas qu’il veuille endommager le canon desaffiegez. On fo peut auffi fèrvir du canon fans danger, jufques a ce que l’ennemy ait eflevé fà batterie, Ôc ait mené fon canon pouren tirer & battre le canon des affiegez, qui çhangentincontinent de place,
- Ôc mènent leur canon en un autre lieu plus aflèuré, dont ils peuvent encore battre la batterie de leurennemy, auquel il n’eft pas poffible de foire une refi.ftance convenable avant qu’il ayt changé fa batterie, &l’ayt tournée contre le canon desaffiegez, ou bien eflevé une nouvelle batterie pour retenir l’autre, qui eft tournée vers le lieu où le canon des affiegez eftoit planté auparavant.
- Cy deflus nous avons dit, que l’on doibt foire les fouflèbrayes fi fpacieufos, que l’on batteries y puiflè mettre le canon, ce qui vient fort à propos en ce chapitre. Car les contre- j" batteries ne font pas feulement mifes aux remparts ôc boulevarts, mais auffi dans les-'*”*-"* fouflèbrayes, quand la neceffité le requiert. A celle fin on ne fè fort d’autre maniéré, que de celle là qui eft monftrée cy deflus, ôc il fout prendre garde auffi, de mettre des ais foubs le canon pour rendre fon coup plus aflèuré.
- Anciennement on fe forvoit de calibres on arquebufesàcroc, defquelles on tiroit Calibres eu des murailles faites avec des galleries, d’autant quelles ont plus grande force que les *rVHel>liJts moufquecs, &: font plus legeres que le canon : de mefine leur ufàge n’eft pas à rejetter *crec' adjourdhuy, mais au contraire eft fort profitable ôc le maniment facile, principalement aux fouflèbrayes, qui font trop eftroittes pour le canon.Or on enfonce des paux divers en diverfos places ayants pour leur diamètre 5 à 6 poulces d efpaiflèur, & la mefme hauteur que le paraper. On fait auffi un trou au fommet du pieu pour y mettre
- dedans
- p.151 - vue 197/231
-
-
-
- Batteries au chemin couvert.
- Batteries
- enfoncées.
- Blanchers four le canon.
- X
- Cavalliers.
- 152, Troifîefme Livre de la Fortification,
- dedans un fer attaché à l’arquebufe, qui fe tourne dans ce trou par tout, de forte que l’arquebufe eft tournée auffi où ion veut. Mais a fin quelle puiflè eftre eflevée ouabaiflèe felon qu’il eft befoingde vifer, elle n’eft pas tellement attachée au fer quelle foit immobile dans icéluy,mais (on bois eft attaché au fer faiéc en forme d’une fourche,qu’on peut eflever &: abaiflèr à fa. volonté tout ainfi comme font fais les pier-riers : ceux du grand fort ifabeüe devant Bolduc fe font fervi de telles arquebufes, les paux defquelles on a trouvé en la fauflèbraye apres que le fort a efté pris, une telle ar-quebufe avec fon pieu eft reprefentée en la 143 figure.
- Quand l’ennemy s’eft approché fi prés de la fortereflè, que l’on ne fe peut fer-vir de tant de canon, qu’il eft neceflàire onmene auffi quelques pièces dans le chemin couvert, dont on tire parallelle à l’horizon, pour laquelle fin il faut que l’on y drefle auffi des batteries, qui fe font felon les reigles cy données.
- Il y a encore d’autres batteries qui s’appellent des batteries enfoncées, quand les pièces de canon font enfoncées dans la terre quelques pieds foubs l’horizon, dont fe fervent auffi bien les affiegeants, que les affiegez, combien quelles ne peuvent eftre faites par tout, mais feulement au pays qui eft haut : elles fe font en telle maniéré ; on fait une foflè en la terre de 6 à 7 pieds de profondeur , & de la longueur 8c largeur requife pour y loger autant de canons qu’il eft neceflàire commodément 8c fans empefcliement, 8c avec leur place pour reculer. En apres le fondement eftant uni on y met des poutres 8c des ais, pour y planter le canon deflùs, & fait on des fentes de la largeur, longueur, & profondeur, requife. Mais à fin que la terre esbranlée parle canon ne tombe,on fortifie la foflè de gazons, 8c les fentes, qui fou-ftiennent le plus grand esbranlement du canon (ont entrelacées de rameaux de iàulx. Vne telle batterie enfoncée eft reprefentée en la 141 figure.
- C’eft aflèz pour la terre, qui ne peut eftre fouie de 3 pieds de profondeur, ou bien fi profonde, que le canon vienne à s’eftendre au deflùs de la terre. Or pour couvrir les canonniers on jette autant de terre au deflus du champ, de laquelle on fait auf. fi des canonniers, 8c le refte eft fait comme il eft defcrit cy deflus.
- Aux fortereflès, qui n’abondent en terre , 8c où les remparts ne font aflèz clpais pour y planter le canon, on fe fert d'un autre moyen, & fait on un planchier pour le canon, comme fe void en la 142 figure celuy qui eft marqué de la lettre B,ils font ap-preftez.en telle façon. On prend les plus forts paux que l’on peut avoir, en enfon-ceant trois ou quatre jougs en terre de forte, qu’ils ayent une mefme hauteur avec le rempaf t, auquel on veut joindre le plancher : ces paulx (ont en apres bien fermez de forts crampons 8c chevilles, à fin qu’ils ne bougent de leur lieu à eau fe de la grande pefànteur qu’ils fbuftiennent, au deflus des jougs on met des ais forts 8c efpais de chefne les y attachant de doux, 8c mettant au loing pour y planter le canon.Sa longueur eft reiglée felon la quantité du canon que l’on y veut loger, le lieu pour le re-culement doibt eftre un peu plus large, qu’il n’eft aux batteries ordinaires : toutesfois il eft aflèz grand s'il a la largeur,laquelle nous avons affignéc aux batteries de campagne en noftre profil. Combien que cela coufte beaucoup avant qu’il foit fait felon que nous le délirons, fi eft ce toutesfois un bon 8c profitable ouvrage, qui a un grand ulà-ge aux lieux, où il y a manque de terre.
- Les cavalliers font des boulevarts eflevez , ou fort hautes batteries mis au deflus des boulevarts, defquels on fe fert contre l’ennemy qui fe. loge aux lieux qui font à l’entour de la fortereflè, à fin que la fortereflè ne foit fi toft commandée par les hauts lieux du dehors, 8c que l’on ayt auffi une defenfe convenable , quand l’ennemy s’y campe.
- Nous avons enfeigné cy deflùs, comme on doibt fortifier les montagnes 8c collines qui font prés d’une fortereflè, 8c comment on les doibt pourvoir de toutes fortes de trenchées, ouvrages couronnez, & ouvrages à corne : dont il eft aifé à apprendre, quelles montagnes 8c hauts lieux font le plus grand dommage, 8c comment on leur doibt ofter le commandement fiir la fortereflè.
- Auffi avons nous fait mention des montagnes fi hautes, qu’il eft impoffible de rendre les remparts fi hauts quelles font, & avons monftré comment les forts que l’on y doibt baftir, doivent eftre ouverts vers l’endroit, qu’ils regardent la forterefle, à fin que l’on y puiflè tenir la garnifon de la fortereflè , qui ne peut tirer du rempart au
- deflùs
- p.152 - vue 198/231
-
-
-
- pl.n.n. - vue 199/231
-
-
-
- de la pratique OffenG ve & Defcnfi ve. 153
- deflus des dites montaignes à caufe de leur grande hauteur. Et pour fècourir ceux qui font mis dans les forts fufdits, on efleve de grandes batteries au delTus des boulevarts de telle hauteur, quelles peuvent battre au deflus des montaignes. Elles font appel-lées cavalliers : la raifon de origine du nom eft incognuë.
- lleft bien vray, qu’un tel baftiment requiert des defpens fort grands de exceffifs, au lieu duquel on pourroit plus aifement faire deux autres boulevarts entiers, fi eft ce qu’il ne faut pas avoir elgard aux defpens, d’autant qu’ils font trouvez fort neceffaires pour en battre les monraignes & hauts lieux. Car quand on confidere le profit, que l’on en peut tirer,on trouvera pour certain,qu’il vaut mieux y faire des delpens au double, que d’eftre deftitué de l’ouvrage melme. "
- Il faut remarquer icy,la grande imprudence qui eft commifè par ceux,qui ne remplif Admoni-font feulement pas les boulevarts des fortereflès fituées en plaine campagne fans au- tk». cun commendement au dehors, mais y baftiflènt aufli de grands cavalliers, de font de grands ouvrages de defpens en vain, combien quil pourroient eftendre la fortereflè dans la campagne y faifànt des ouvrages extérieurs à melme defpens, de la rendre plus . forte, quavec des cavalliers. La io Jngure en reprefetite un exemple, laquelle on ne doibt eftimer autrement linon pour un pourtrait, dans lequel plufieurs ouvrages couronnez , ouvrages à corne, de cavalliers font reprelèntez enfemble pour éviter une -grande prolixité , de monftrer feulement en un fommaire ce qui peut eftre mis en pra&ique, cy de là en particulier.
- Il fe trouve icy l'ulage des boulevarts remplis, qui veulent eftre pleins, quand on y Boulevarts veut eflever des cavalliers. remplis.
- Les cavalliers ne font pas baftis d’autre maniéré que les boulevarts, de les remparts Mmiere de des villes, ils different feulement à caufe de leur bafe, qui a pour l'on fondement les baftir ca~ boulevarts& des boulevarts ont pour leur bafe la platte campagne. Les boulevarts 'vallters-font aufli plus grands que les cavalliers, d’autant qu’ils fervent pour fondement aux cavalliers. Leur lieu eft le milieu des boulevarts, entre le parapet defquels de les cavalliers eft lailïè un efpace, pour n’empefeher pas l’ufage du parapet.
- Leur hauteur eft diverfe, de s’accommode félon la hauteur des montagnes, aufquel- Leur houles ils font oppolèz, ils font au furplus tirez parallelles aux faces, de efpaules comme ilmr' * le voiden la j 4Z figure en C&D. ,
- On elleve aufli des batteries au delTus des courtines,lefquelles oppofées au montagnes s’acquierent un autre nom , de font appellées plattes formes, d’autant quelles Blattes for-font miles fur une ligne droitte au long de la courtine. Leqiihauteur de grandeur ex- mes•
- Cede celle des batteries ordinaires, de fè rapporte à la hauteur des montagnes ; leur longueur n’eft pas tousjours la mefme, mais bien diverlê lèlonla quantité du canon, qui doibt eftre planté dellïis. Leur lieu eft au milieu de la courtine, de par tout ou il eft necelïàire. On lailïè toutesfois quelque elpace entre la platte forme, & le parapet de la courtine.
- Il n’eft pas befoing, que l’on eftende les plattes formes au dehors de la courtine, comme on fait des autres boulevarts, d’autant que cela augmente grandement les defpens de travail, à caufe de la hauteur, qui doibt premièrement eftre elgalée à celle de la courtine, outre celle la qu’on y doibt encore adjoufter à caulè de la hauteur des montagnes, à laquelle les plattes formes veulent eftre efgales-, tout cela eft évité,quand on les met au deflus de la courtine, de on n’eft pas contraint de faire une autre hauteur, horfmis celle là qui doibt efgaler les montagnes, d’autant que l’on a la hauteur de la courtine pour avantage, de forte que les defpens font amoindris, de efpargnez en partie, de l’on a ncantmoins exécuté fon intention. L’autre raifon, laquelle empefehe de n’eftendre les plattes formes au dehors de la courtine eft, que les plattes formes eftendues au dehors de la courtine oftent la defenfè aux elpaules plus proches, combien que les plattes formes pourroient fuppléer cette faute de leurs coftez, mais elles ne font pas faites à cette fin, de font aufli trop hautes, de forte qu’il les faut employer à ce à quoy elles font ordonnées.
- C h A P.I-
- V
- p.153 - vue 200/231
-
-
-
- 2 54
- Troifiefine Livre de la Fortification,
- Chapitre X.
- Des Gabions, Corbeilles, & toutes fines de Chandeliers.
- vtilitê des T^\Erfonnc n’ignore combien les gabions font profitables pour s’en défendre, de gabions. I-'forte qu’il n eft pas icy befoing de s’amufer à faire une plus ample defeription de leur utilité, laquelle nous toucherons toutesfois en peu des mots. vtilitê des On s’en peut fervir aux fortereffes au lieu d'un parapet, après que les parapets du gabions aux rempart font ruinez par l’effort du canon de l’ennemy, duquel il bat continuellement forterejfe*. jes ouvrages des affiegez : ce dommage eft réparé par le moyen des gabions, ce qui fo fait en moins de temps que la réparation entière du parapet,laquelle ne peut eftre faite fans grand danger, veti que les ouvriers, qui doivent reveftir le parapet au dehors de gazons, s’expolènt à la veuë de l’ennemy qui les peut endommager 8c retarder de fou canon. Mais les gabions y eftants mis les ouvriers peuvent travailler en plus grande fèureté, 8c les remplir à leur aife, d’autant que l’ennemy croit fouventesfois,qu’ils font remplis, encore qu'ils foient vuides. Et c’eft un ftratageroe de mettre en quelque lieu où il n’y a perfonne , quantité de gabions vuides, à fin que l’ennemy y tire de fou canon, qui battant le lieu rempli de gabions vuides donne cependant loifir aux affiegez de travailler là où il eft plus neceflàire, & d’avancer leur ouvrage en plus grande fèureté, & fans danger des ouvriers.
- Aufli font ils de grand ufâge aux batteries comme nous avons dit au chapitré precedent, d’autant que le canon eft planté derrière les gabions , de forte qu’auffi bien les affiegeants, que les affiegez jouiflènt de leur ufage, 8c en tirent du profit.
- Leur ufaSe De melme ils font fort profitables par tout au camp pour en boucher les brefohes an camp. fajtes Cy ôelà, ou bien pour en faire des parapets là où il y a quantité de terre fablon-, neufe: on s’en fert auffi aux approches, 8c autres lieux , comme nous avons dit en fon lieu.
- Différence Pource que les gabions font employez à toutes fortes d’ouvrages, on he les fait pas des gabions. tours d’une mefme maniéré, mais bien d’une grandeur diverlèjd’autant qu’un lieu requiert de grands gabions,& l’autre de petits, tellement qu’il s’en trouve de trois divèr-lés fortes, qui différent entre eux quant à 1a hauteur 8c largeur : mais la rondeur eft
- commune a tous.
- Gabions
- doubles.
- La première forte nous donne des gabions doubles ainfi nommez , à caufe de leur grandeur , d’autant qu’ils font les plus grands de tous les autres, & ne s’en trouve pas de plus grands: mais ils ne font pas fort fouvent employez, d’autant qu’ils requièrent de grands defpens pour eftre remplis à caufe de leur grandeur, de forte que l’on ne s’en fert finon aux batteries 8c lieux qui doivent fouftenir les coups de canon.
- simples ga- Les fimples gabions, ou proprement gabions, ont la moyenne proportion entre les doubles & les petits, eftants plus petits que les doubles, dont on fe fert prefque par tout avec grande utilité.
- Les gabions de la troifiefme forte font nommez demy gabions,d’autant qu’ils font un peu moindres que les Amples gabions, non toutesfois jufques à la moitié, & font employez par tout principalement, où il n’y a point de larges parapets, fur lefquels il font mis.
- La hauteur ordinaire des doubles gabions eft de 9 à io pieds, & leur efpaiffeur de 6 à 7 pieds de diamètre: un double gabion eft reprefenté en la 144 figure dont la hauteur AB & CD eft de 10 pieds, & le diamètre A C & B D de 7 pieds.
- La hauteur des fimples gabions eft de 7 à 8 pieds, & leur diamètre de 5 à 6 pieds: comme il fe void en la 145 figure, où il y a un fimplc gabion, dont la hauteur E F 8c G H eft de 8 pieds, 8c le diamètre E G 8c F H de 6 pieds.
- La mefure des demy gabions n’eft pas certaine: or tous ceux qui font plus petits que les fimples gabions viennent au nombre des demy gabions,pourveu qu’ils n’ayentune hauteur moindre que de 6 pieds, de forte , qu’un homme en peut eftre couvert, le diamètre eft divers, 8c quelquesfois de 3, quelquesfois de 4 pieds, félon qu’il eft befoing : mais fi toft qu’il s’approche de 5 pieds, les gabions deviennent fimples : un
- demy
- bions.
- Demy ga. bions.
- Grandeur des doubles gabions. Grandeur des (impies gabions.
- Grandeur des demy gabions.
- p.154 - vue 201/231
-
-
-
- dé la pratique Offenfive &: Defenfive. ijj,
- demy gabion eft reprëfenté en la 146 figure. Kl & LM eft fa hauteur de 6 pieds, 8c le Diamètre IL 8c K M de 4 pieds.
- ' Quand en veut faire un gabion, il faut apprefter quantité débattons faits de bois commenta fort, ôcqüi le ployé (ans rompre, félon la longueur requife, ayants 2,3, ou trois pou- faut appre-cées & demy de Diamètre , félon que le gabion doibt eftre grand, outre la longueur^ les ga-ordinaire on prend encore un pied davantage, à fin qu’un demy pied de l’un & de Tau-bions. tre bout demeure vuide, & que l’on puiflè ficher enterre les battons apres que le gabion eft fait, de forte qu’il demeure ferme, 8c ne tombe pas fi aifèment. En ayant donc quantité on prend des rameaux de faute * defquels on entrelace les battons tout à l'entour,de forte qu’ils deviennent ronds > & demeurent ouverts défîtes & defloubs: 8c d’autant que l’extretnité inferieure eft plus chargée, que la fuperieure, il faut tourner le bout des battons, qui eft le plus gros, en bas, & le faire aigu, à fin que l’on puiflè plus aifèment ficher les-battons en terre.
- Pour s’en fèrvir on les met-premièrement en ordre au lieu où ils doivent eftre de- Comme il bout, les fichant en terre, de forte qu’un pied delongueur des . battons y eft enfoncé, Z»** mettre & les gabions en deviennent fermes. En apres on les remplit de bonne terre, la pilant les liions bien d’un pilon, & l’arofant fouventefois d’eau à fin quelle devienne ferme, & puiflè m u^ge' fouffrir plus d’un coup. ,
- Quand on en a faute, ce qui arrive fouvent aux fortereflès, pardefordre & impru- Quand on a dence , on fe pourra fèrvir de grands fàcsfai&s de toile , qu’on remplit de laine, f**pde ou de terre. Auffi on fe peut fèrvir de grands tonneaux remplis de rerre : jqui ne font^* um% toutesfois pas fi bons que les gabions, d’autant qu’ils tombent en pièces,quand ils font attaihtsdu canon ; on s’en pourra fèrvir qui veut: ils viennent icy en confideration à caufe de là neceffité, quand on a faute de gabions. '
- Il fè trouve encore une autre forte des gabions, dont on fe fort en guerre, qui ne Corbeilles, font toutesfois.fi grands, que les gabions ordinaires, parquoy ils font nommez corbeilles, de la grande utilité defquelles joui (font auffi bien les affiegéz ; que les affie-geatits. Gar aux fortereflès on lés met au defliis des parapets aux lieux defquels l’enne-iây peut eftre commodément tiré. Or on les joint de forte, qu’elles fe touchent par Leurufagéz, deffiis ^laiffont au defloubs un trou, par lequel les foldats]cachez derrière lescorbeil- Forterejfes. les vifont 8c tirent l’ennemy. Vne quantité de telles corbeilles eft mife au long du fécond flanc! & par tout où iï y a quelque défenfo, afin qu’on puiflè battre l’ennemy detouts caftez, Sc qu’il û’y ait aucune place de defenfo, qui foit vuide.
- - Si celle fin le$raffiegeants s’en fervent auffi, les mettant aux approches, au deflùs du parapet, derrierelefquelles les Soldats cachez attendent l’occafÏQn d’endommager 8c ^canp* de tirer les affiegez detouts -eoftez. . *
- • Elles font appreftées comme s’enfuit, on les entrelace de petits rameaux de faute, 8c comment pïènd on 9 a .10 poulces pour la hauteur, &un pied pour le Diamètre fùperieur: mais elles font fé Diamètre inférieur eft d,e 8 dp poulces,afin que deux telles corbeilles jointes l’une à faâes, l’autre faccne tine fente, par laquelle on puiflè tirer d’un Moufquet.
- Lé fond peut demeurer ouvert, ou clos, félon que l’on;le defire, il vaut toutesfois mieux qifé la’Corbeille foit entière, de forte quelle puiflè eftre portée en hafte par cy 8c par la fetequ’il eft neceflàire.
- -- -Là 147 reprefente une telle corbeille, dont lalargeur fuperieure N O eft d’un pied, hflargeuï-inferieure P Qde 8 poulces, & la hauteur H P, 8c O Q, de 10 poulces. xr.*Quand jlfaut garnir plufieurs places de telles corbeilles, dont il n’y a pas toutesfois Petits racj quantité fuffifante, on prend auffi de petits fàcs faiéts de toile, & les remplit on de de téi{e% terre pour les mettre fur les parapets au lieu de corbeilles.
- Les chandeliers, defquéls on fe couvre 8c ofte la veüe à l’ennemy, ont auffi leur ufà- chandeliers ge aux fieges, & font faits en diverfes façons, félon qu’ils font employez aux lieux divers.
- Qn fe fort delà première forte de chandeliers, derrière lefquelsun ou deux hom- Prem-tere mes fe peuvent cacher, quand on commence à rainer quelque lieu; ils font fa iQ&jortedechd-d’àis â l’efpreuve d’un coup de moufquet, un tel chandelier fe void en la 148 figure, deliers, qui eftfâiét en la manière fui vante» On prend quelques ais de 5 à 6 pieds de longueur,
- Scies joint on enfemble en forte qu’ils deviennent hauts de 6 pieds, à fin qu’un hom-me fe puiflè cacher derrière. Mais il en faut joindre autant enfemble, qu’ils puiflènt
- V 2 refifter
- p.155 - vue 202/231
-
-
-
- Deuxiefme
- manière.
- Troifiefme manier lj.
- Gjuatriefme
- maniéré.
- Approches»
- 156 Troifiefine Livre de la Fortification,
- refifter à un coup de moufquet; en apres on fait deux pieds eftant debout, aux quels on attache les ais,& porte on en apres ces chandeliers où ion veut; ils font aufli fai&s quel-quesfois avec de petites roues pour les mener plus aifement.
- Quand on doibt baftir de grands ouvrages, & on eft expofe à la'veiie de l’ennemy, on fait des autres chandeliers qui ne reliftent pas h bien à,un coup de moufquet , mais font toutesfois de grande utilité pour les ouvriers , d’autant qu’ils oftent k veüe a l’ennemy, pour ne remarquer le lieu afin d’empefeher & tirer les ouvriers. Par» quoy il faut que tels chandeliers foyent mis en diverlès places, encore que l’on n’y travaille pas. Car 1 ennemy a fon canon par ce moyen divilé, & il eft en doubte,quel lieu il doibt battre, &c endommager, dont il advient quelquesfois, qu’iltourne fon canon vers un chandelier, derrière lequel il riy a point d'ouvriers, qui travaillent cependant derrière un autre en fèuieté, & avancent leur ouvrage fans danger.
- Ils font fai&s comme s’enfuir : on fiche en terre des paulx de 4 35 pieds de longueur, l’nn diftant de l’autre de 6 à 8 pieds: fie au deffiis on attache des perches longues pour y attacher de longs fagots que nous avons nommé cydeftits demy fàulcifîès, lefquels ort met par ordre l’un auprès de l’autre, & les attache onde faulx ou rameaux verds, à fin qu'ils ne tombent, ce qui eft continué jufques à ce qu’on en foit bien couvert, La 14$ figure en monftre le pourtraiéfc.
- Puis qu’il eft dangereux de ficher lespaux enterre fàins avoir deqàoy fe cacher , on fe pourra fèrvir de la première maniéré de chandeliers faiébd’ais. En la roefrne maniéré on peut auffi faire des chandeliers de toile fie ofter la veiie à l’ennemy.
- Il advient auflifouventesfois, que la trenchée inferieure, eftant efidvée,eft fi prés de laforrereftè, que n’ayant pas encore là parfaire hauteur elle ne peut defendre les ouvriers ni touts les autres Soldats y logez, de forte que touts les lieuxeirconvoifins font defeouverts à l’ennemy, qui peut voir partout, fie les incommoder.de fon canon. Car il peur addreftèr mieux touts fes coups les dreffanr defâ veiie, que s’il eftoifi contraint de cirer à coups perdus. Pour y remedier on fait des chandeliers un peu au* tremem que les precedents: on fiche des baftons longs entèrre au deftus du parapet, fis les entrelace on de rameaux, tout ainfi comme onratâ és bayes, U hauteur defqjuek eft diverfè félon qu'on veut ofter la veiie à lennemy ,* un cet chandelier ;eft réprefènté en la 150 figure. ’j-
- On en a trouvé encore une autre maniere,quicft foæt commode potwefttieernployéo aux approches, fie autres lieux, quifontfaifts,.comme mcmftrela 151 figure ;: on prend unboisforr, de 6 pieds de longueur ayant pour fa largeur un demy pied* & pour fon efpaifféùt 3 à 4 pi ed& ce qui fera le pied duchandeKer ,cotante icy AR; à Jia diftanea d’un pied de l’un fie de l’autre bout comme icy en C St £>, on£ai& un trou qWarré large de y poulces ,'^longde q narres , dans lequel on mec un. autre.Lois apprefté de forte, qu'il s’y puiftè joindre, qui aura» la longueur de 5. à 6 pieds, fefonquele;chaï>de-lier doibt eftrc haut; l’efpaifièufr dece bois commence a fe perdrcpeuàpeudu: bôut d’embas jufques àicetey d'enhaui à fin que les chandeliers puiflént eftrç porfiez; plu$ aifement d’un lieu à fautre ; le»bois donc misaor trous marqués de, G & D>font apres affermis des crampons HI Sc G K, pour ne bouger de leur fieu; ceja/eflkiwi fatébop les garde pour s’en fervir, quand il eft befoing; leur ufageeft toutesfois moinftiîçeeq la tjt. figure; onjokîtdeüx telschandeliers enfemble à la diftance , que doàbe avtoir le chandelier entier, par lequel on veut ofter la veiie 3 l’ennemy v &y metl;0®!,des-jfaHf gots entredéux ; quand il eft befoing on en peur joindre plufieuuseufémbte ^amiraux approches iMcs faut joindre feutemenc deux ideux pasd’arvancagp.
- Chapitre XL
- De toutes fortes d'approches & de leur Profil.
- LEs approches par lefquelles on s approche plus feurement delà forcerefié , qu’au camp ouvert, font chemins creufes dans rerre. par le moyen defquels on’ fe peut approcher de la forterefïé fans grand empefehement , fis fans eftre en veüe à l’ennemy.
- Touchant le baftiment des approches il faut confédérée lafituationdu lieu, la proprie té
- p.156 - vue 203/231
-
-
-
- de la practique Offenfive & Defenfive.
- lf7
- prieté & formé des approches, la diftance, 8c commencement d’icelles, comme auffi leur Profil.
- Pour cônfidererla fituation dil lieu, il faut avoir elgard à fa propriété 8c nature, à çe qu'il Ravoir s’il eft haut, bas, plat ou montagneux. fauî confi-
- Les lieux plains & unis nous donnent quatre fortes de terre ; Car aux lieux plats il Ce derer a"x trouve quelquesfois une bonne terre & noire, des autres lieux ont une terre fablon- w* neufe; il y en a d’autres qui ont une terre fablonneufe, foubs la terre marefeageufe, finalement Ce rencontrent auffi des lieux couverts d’eau , ou d’un marrais, fans aucun fondement ferme.
- Quant aux lieux montagneux il faut bien confideret, s’ils dût un bon fondement, ou un fondement fablonneux, ou pierreux, comme auffi toutes lêS forefts, bofeages, chemins, collines, 8c to utes telles choies, qui s’y trouvent
- D’autant qu’on ne peut choifir icy un lieu à fa volonté, thaïs oü eft contraint de le i Mamers prendre comme il Ce prefente,delà s’enfoivent plufieurs fortes d’approches. Car quel- des typro. ques unês s’eftendentdroittement de la main droitte vers la gâüche, & de la gauche ches'
- .vers la main droitte, ce qui fe continue alternativement jüfqiies à la diftance defirée; h moitié eft creufée dans terre, &c l’autre moitiéeft couverte d’Ufi parapet eflevé au •deffiis de la terre, 8c tourné du cofté des âffiegéz ; de cefte maniéré fe peut on feulement fervir là où il n’y a point d’empefehement, Si où la terre êft bonne.
- La ,deuxiefme maniéré d’approches eft celle U qui fe fâid éfi Une terre fablonneufe, z Manière, laquelle peut auffi eftre faide comme la precedente hors mislé' parapet, qui ne peut eftre fàid de iàble, d’autant que le ikble foui n’êft comfnôdé n’y Convenable pour aucun ouvrage, & ne peut fubftfter (ans autre moyen, dont il advient, que le travail des ouvriers en eft augmenté, 8c le temps,qui autrement euft efté plus court quand il y euft en de bonne terre, prolongé : pourtant il fe faut icy: fervir de gabions.
- Il y a encore une autre différence, quand onregardela bonne terre & fablonneufe; Manière, car il le trouve quelquesfois un marrais-aux denxcoftez, de fortequ’il y a feulement un 3 chemin eftroid débonne ou (àblorwieufe terre, parlequeHlfauc faire lès approches, parquoy il n’y faut pas faire d’approches s’eftendant delà main droitte a la gjiüche,8c delà gauche à la droitte ; mais il faut quelles Veftendent en une ligne droide vers la forterelïe. ; • • "
- D’autant que cette maniéré eft menée en une ligne droite vers la fortereflè, elle nefemblepas eftre de fi grands defpens 8c de fi grande peine , que celles qui font menées alternativement, 8c au travers vers la fbrtereffe. Mais tout le travail qui eft gaigné par la ligne droite, eft augmenté par ce, quetellesapproohes veulent eftre laides plus profondes que les autres, 8c quelles requièrent un double parapet au lieu d’un fimple, 8c outre cela il y faut auffi mettre des chandeliers, de forte que ce qui fe trouve fort pénible aux autres, eft icy plus dangereux, la moitié de celles approches eft creufée en terre, &c l’autre moitié, éftcoùverce d’uii parapet de eh&ique cofté.
- . Les approches parles lieux marefeageux font qnàfiirapoffibfes,à caufe dé l’incon-ftance de l'eau, qui fe change felon le temps, & eft quelquesfois groffie ÔC quelquesfois diminuée,ce qui caufe de grandes inedihmodicez; Gar quand onpenfe avoir lé tempsle plus fee qU’on fçauroic fouhaiter, le tempsfo change & ilfoleve unetempefté fi grande, qui n’empefohe pas feulement d’achever les ouvrages commencez, mais ruine auffi tout ce qui eft faiéfe; parquoy ikfe faut icy fier plûftoft à la faveur dé la fortune, 8c à la condition du temps, qu'à la fage(Te & experkhee des Ingénieurs (qui doit neantmoins eftre plus employée icy,qù.'ailldurs:) car ayant la faveur d'un beau temps touteft fait àfouhaid, &c les ouvrages commencéz font achevez félon que l’on defire. '•
- Tout ainfi que la moitié des approchés ordinaires eft ctéufëe en teïre , 8c l’autre moitié eft faide au;dehors delà terre ; de mefrne celles cj font fàidès au deffus de l’eau d’autant qu’on ne peut fouir n’y avoir aucun fondement .deffoübs l’eau , 8c le mgrrais; on faid leur fondement de rameaux, .& on y mené la terre d’ailleurs , 8c fur iceluy on nkt SS efleve les parapets, derrière lesquels on fe couvre.
- Une autre différence d'approches eft caufée par la terre menée d’ailleurs, de forte 4 Maniéré qu’elles font faites feulement de terrereveftue de gazons avec destràverfesStparapets au travers.
- V ?
- Mais
- p.157 - vue 204/231
-
-
-
- 158 Troifiefme Livre de là Fortification,
- 5 Manière. Mais y ayant quelquesfois faute de bonne terre, & s’y trouvant quantité de terre
- fàblonneufè il faut faire le parapet de gabions, de les remplir de terre.
- Telles approches font auffi menées en une ligne droitte , d’autant quelles coufte-roient beaucoup, quand on lçs feroit de travers, ôc ne feroient pas moins dangereufes.
- 6 Maniéré. Une autre maniéré prend fon' origine de la precedente,& eft fai die de redoutes l’une
- joindte prés de l’autre.
- 11 iè faut contenter de gabions là où il y a un lieu pierreux, & y mener la terre d’ailleurs, comme on fait aux lieux marefcageux.
- Ce font toutes les fortes d’approches, que nous avons recité en ce chapitre , def-quelles il ne fefautfervir fans différence ôc jugement, d’autant que les unes font plus pénibles & dangereufes,• comme nous avons enfeigné.
- Mais à fin que toutes fautes & incommôditéz foyent évitées, il fè faut bien enquérir au commencement de la nature du lieu, par lequel on defire de mener les approches, pour fe garder de ne commettre point de fautes par ignorance, & de ne perdre auffi bien le temps que les defpens ôda peine, ce qui pourroit empefeher l’heureux fuccés de tonte l'armée i car ce fèroit Une chofe abfurae, quand on fè voudroit fèr-vir d’approches convenables à un lieu marefcageux en un lieiruni & rempli de bonne terre, où on auroit aflèz d’efpace, de mener les lignes au travers : ou quand on les voudroit faire au defîùs de terre, ayant la commodité de les creufer en terre.
- Optre éela il faut bien confiderer la diftance des approches de la forcereflè , à fin que l’pn n’en face le commencement ni trop prés, ni trop efloigné, car le commencement des approches ç fiant trop efloigné de la fortereflè on perdroitle temps,& la peine, d’autant que l’on commenceroit d s’approcher dés le lieu ou on feroit encore en feureté. ' h-
- Maiseftant plus prdche qu’il ne faut on feroit en veiie à l’ennemÿ,&on ne fè pourroit pas bien garder des coups demoufquets, d’autant que lés moufquettaires pourroyenc viferplusaflèuremenv&il fèroit fort malaifé de mettre la première befehe en terre, outre ce que les ouvriejrtihfe pourroyenteftre fècourus fans grand danger, principalement quand les affiegéz leur flonneroydnt quelque chaude allarme, de forte qu’ils auroyent befoingde fècours, ou.biendèroienir contraints de quitter les approches ôc de fe retirer, quand le fecours n’arri veroit a temps.
- De cela on apprend clairement la diftance des approchés de la fortereflè, & le lieu mrochefd duquel elles veulent eftrecommencées àfçavoir la diftance. d’üne portée de moufquet la firterejfe. des ouvrages extérieursdéjà fortereflè,.ce.qui feia.?0,80,70,à 60 verges, ou bien félon que la nature duslieule pérmer^ n'. .: ;
- Commence- Quand on veuticôfnmeneer les approches il faut choifir 200, 300, ou 400 foldats
- ment desap- acçouftumez a travaillerqui prennent avec foy outre leur armes ordinaires des be-Proches. fehes, houës, ôc d’autresiinflrumenrs neccflaires pour ce travail, & font mis en ordre en ce lieu là où il faudcoinmenceiTes approches, & a fin qu’ilslespuiflènt commencer en plus grande fèuretc* On.,adjoufte encore zoo àpied& a cheval pour les defendre, quand entravaillant ils. font attacqbezjdçs affiegez par quelque fortie. Pour ne les commencer auffi fans quelques jfort$,on y £aiél au: commencement une ou deux redoutes environnées d’unpàr'àpet &foffé ordwaairei à fçavoir félonie profil enfèigtié au cha-pitre des Redoutes, d’autant qu’én ce lieuB les redoutes font plus expofées au canon; de : l’ennemy, que celles des. trènché.es^ tïoüs avons aufliordonné cy deflus au chapitre des Redoutes, le profil de: celles, qui doivent eftrelogées aux trenchées, ce qui s’entendra de.s redoutes, dont les cofteafjfiinr plus longs que de 8 verges, car autrement on fefert du profil des trenchées* ?.-;
- Auffi faiél on quelquesfois au commencement des approches des forts à demy boulevarts., ou à boulevarts entiers, pour lefquels on prend un profil convenable à leur grandeur. Car quand ils feint petits., (comme nous avons marqué les plus petits en leurs chapitres) on fè fèrt feulementdu profil des trenchées.ordinaires,& quand ils font plus grands, leur profil eft aulfi .plus grand.
- Comment on doibt baftir les forts à;demy.boulevarts, voyez le Chapitre qui en traide : nous avons auffi enfeigné en fon chapitre; comment les forts à boulevarts entiers fefont fans calculation, il faut toutesfois icy prendre garde , que le fort ne devienne un quarré inégal, quand on prend une cinquiefine partie du cofié du quarré
- pour
- p.158 - vue 205/231
-
-
-
- de la pra&iqüe Offenfîve Sc Defenfive. 159
- pour la gorge, & la troifiefîne partie pour la ligne capitale, & une cinquie.fme partie de la courtine pour l’efpaufe. Le mefroe peut pn obfervçr en un fort de 5 ou 6 angles, horfmis que l’on prend la quatriefme partie de la courtine pour l’elpaule.
- Ces forts ou redoutes fervent aux ouvriers pour une retraite quand ils ne peuvent refifter à l’ennemy faifont une trop forte fortie. Car s’eftant retirez danslefdites redoutes ils peuvent refifter à l’ennemy, 8c le retarder jufques à ce que le fecours foit arrivé, de forte que telles redoutes y font fort neceflàires.Car quand il ny auroit point de lieu pour fe retirer , on feroit contraint de prendre la fuite,, 8c de laiffer perdre les ouvrages.
- Maisicy faut que les Ingénieurs employeur toute leur feienee & expérience, pour mener les lignes de forte, que ceux qui font aux approches ne foient en veuë à Tenne-my. & pour dire en un mot qu’ils puiflènt faire les approches, avec la plus grande feu-reté & hafte, qui fort poffible, vers ce lieu là, duquel fom defire de fe rendre maiflre.
- Il y a deux principales parties en une fortereffe, l’une defquelles il faut que l’on QueUes batte, quand on veut la prendre, à fçavoir la courtine, & les boulevarrs. parties
- 11 n’eft pas raifonnabled’attaçquer la courtine, laquelle eft défendue par les plus proches boulevarts Se leurs efpàtiles, de forte qu’il y faudrait attendre le canon de Attacquer. l’ennemy de touts eoftez, principalement, quand on voudrait faire un aflàut, en apres la courtine eft libre Se vuide pour fe retrancher derrière icelle. Outre cela le foffé eft plus large devant la courtine qu ailleurs, dont il appert clairement, qu’il n’y a point d’avantage à attacquer ce lieu là.
- Mais un boulevarr eft plus commode pour eftre attacqué 8c pris,* car premièrement le fofTé n’y eft pas fi large que devant la courtine, Se le boulevart a feulement une Ample defenfe venant du boulevarr oppofé, laquelle on peut pluftoft ofter par batteries, que celle de la courtine : outre cela le boulevart qui eft attacqué aune petite defenfe de foy mefme, d’autant que l’on eft contraint de fe retirer Se de faire d’autres ouvrages derrière celuy qui eft quitté. Et pourçe qu’il n’y a pas tant d’efpace comme dans la courrfiie, la fortification en eft auffi plus pénible 8c plus iucommpde,dont il appert qu’on doibt pluftoft attacquer les boulevarts que les courtines, ce qui eft auffi affirmé par l’experience 8e pratique journalliere.
- il y a encore d’autres parties, defquelles il fe faut approcher , comme les ouvrages couronnez, ouvrages à corne, tenailles, ravelins i demies lunes, & autres : la manière d’y conduire les approches fera affez claire 8c aifée en ce que nous avons icy monftré quelles font les approches, qu’on doibt faire pour attacquer une fortereffe.
- Apres que l’on a meurement délibéré, fi l’on doibt mener Les approches vers la courtine ou le boulevart, l’Ingenieur fera prefent là où il les faut commencer & monftrera aux ouvriers une ligne laquelle il veut conduire : une telle ligne fe rapporte à la condition du lieu,8c à la neçeffiçé,eftant de diverfe longueur;mais communément de 2.0 à 40 verges,& quelquesfoxs un peuplus petite, ou plus longue, elle eft auffi fi fouvent rompue & tournée qu’il eft neceflaire. La ligne eftant tirée & marquée on di-vife les ouvriers,à fin que tout fpit fait par ordre, 8c que l’un n’empefehe l’autre. Or on affigne à chafque perfonne la longueur de 4 à j pieds ,8c un chafeun s’efforce autant qu’il eft poffiblç de fe couvrir de terre, Se d’evirer le danger auquel il eft expofé autant de temps qu’il eft debout au deffiis de la terre : parquoy il jette la terre, qu’il fouît, droittement devant foy 8c creufe en grande hafte fit tafehe: il n’eft pas befoing que lafoflè foit au commencement plus large que de 3 pieds,ni plus profonde que de trois : car la terre eftant eflevée de 3 pieds au deffiis du champ, 8c le fofTé ayant 3 pieds de profondeur un homme en fera affez couvert.
- Les ouvriers eftant avancez fi avant en terre qu’ils peuveut eftre à couvert ils eflar- EJlargiJfe-giflènt & approfondiffent les approches felon que la.necefficé le requiert, combien f»entdesaP' que celles qui font efloignées de la fortereffe ne doivent eftre fi profondes au com-^f w’ tnencement, qu’a la fin, lorsqu’elles font plus proches de la fortereffe. La largeur des approches eft de 9 à 11 pieds felon qu’il eft neceflaire. On les fait quelqtiesfois plus larges, d’autant quelles ne peuvent eftre plus eftroittes, eu efgard que l’on doibt mener en chariot par icelles toutes chofes neccflàires pour la gallerie, comme auffi fort fouvent le canon pour les batteries.
- Mais tant plus larges les approches font faites, tant plus haut doibt eftre le
- , parapet,
- p.159 - vue 206/231
-
-
-
- 16o Troifiefme Livre de la Fortification,
- parapet, à fin que l’ennemy ne puiflè defcouvrir lesfoldats, qui font dedans.
- Principalement il faut bien couvrir la courbure, ou les lignes fe tournent ; car autrement on en reçevroit grand dommage.
- Batteries. Cependant que les ouvriers font empefchez de faire leur ligne,on en employé d’au-
- tres pour faire une batterie ,~par laquelle l’ennemy eft contraint de ménager Tes forties.
- change- Quand ce jour U eft pafle, les ouvriers font changez, 8c d’autres y font menez pour
- ment des trava,iier . toutesfois ceux qui y veulent demeurer, & continuer le travail, y font laif-oavrters. ^ Cependant on paye ceux qui ont travaillé, & donne on à chafcun un quart d’un Rifchedaler, ou environ, de forte qu’un Rifchedaler vient pour quatre perfonnes, 8c quelquesfois on divife un Rifchedaler entre trois perfonnes. Les ouvriers travaillant aux approches font quelquesfois leur ouvrage de forte, qu’il n’eft pas aflèz„ fuffifant pour faire une refiftance convenable, ce qui n’eft toutesfois pas fait exprès, mais à caufe de la grande hafte, d’autant qu’ils s’efforcent tant qu’ils peuvent d’avancer leur ouvrage, parquoy on y mene des autres ouvriers pour parfaire ledit ouvrage, 8c eflar-gir, & approfondir le foffé, comme aufli rendre le parapet plus fort, pour lequel ou-• vrage ils font payez à part. Au fiege de Bolduc on a rendu plus fort un tel lieu auprès de la grande batterie,qui eftoit fait de la tenaille devant la porte de Vucht, où on avoit au commencement mis des gabions vuides fur ce lieu par lequel il falloir, que les gens paflàflènt à caufe d’un pont qu’il y avoit : ce que les aflïegez avoient par ad-venture entendu, 8c avoient à ce fubjed tellement battu lefditsgabions de leur canon, qu’ils avoient endommagé trois perfonnes d’un coup, (8c peu s’en fallut que cela n’arrivaft aufli à moy mefine) parquoy on remplit de terre les gabions vuides, pour y faire paflèr les gens en plus grande feureté.
- Corps de Apres qu’un jour entier eft paflé, on fait aufli toft un corps de garde, où la garni-garde. jfon qUj y efl. mife en grande quantité , puiflè faire la principale garde ; ce qui eft fait quelquesfois dans les lignes, avec lefquelles les corps de gardes doivent eftre parallel-les: ou bien la où les lignes fè tournent, & quelquesfois au dehors des approches, auf* quelles les corps de gardes font joinéts d’une ligne de communication, de forte qu’ils en font efloignés de 3 ou 4 verges de longueur. Il n’eft pas tousjours befoHpg,qué telles redoutes foient quarrées, mais on les peut aufli faire d’une forme longue, ou bien . a cinq angles, & en plufieurs autres maniérés, félon que la commodité du lieu le permet. Ordinairement il y faut travailler de nuid à fin qu’on reçoive moins de dommage de l’ennemy ^ 8c que l’ouvrage foit preft le jour fuivant.
- Quand une ligne eft achevée en la maniéré fufdite , 8c quelle ne doibt eftre eften-duë plus avant l’Ingenieur tourne une autre ligne 8c dilpofe les ouvriers en la mefme maniéré comme deflus, ce qu’il continue jufques à ce qu’il fè foit approché de la for-tereflè, 8c n’en foit pas beaucoup loing. Mais tant plus prés les ouvriers s’approchent de la fortereflè, tant plus font ils fusjeds au danger, en forte que le payement s’accroift de jour en jour, d’autant que chacun y hazarde là vie, 8c pourtant reçoit, un demy Ri-fçhedaler, un Rifchedaler, ou bien un Rifchedaler 8c demy pour un jour.
- Finalement quand on eft arrivé en ce lieu la, où on eft continuellement en veuë à l’ennemy,& où on ne peut continuer davantage lès approches fans grand dommage, Sappe. on fe fort d’une autre maniéré de fouir, laquelle on nomme ordinairement une flippe, 8c eft faide en la maniéré fuivante.
- Comment il Quand on a pris la refolution d’attacquer une courtine, ou un boulevart, on fait faut faire une ligne droitte vers ce lieu là lequel on veut aflàillir, comme par exemple vers le une jappe. mjJ{eu de Ja facc du boulevart, en forte quelle demeure hors des coups flanquants de la fortereflè. Vn homme donc ië met à genoux, & commence des approches'à s’approcher de la fortereflè, fe couvrant de terre, laquelle il fouît avec une courte befehe, 8c fait une foflè profonde de 3 pieds, 8c autant large : mais il jette la terre vers la fortereflè, 8c de ce cofté là, où le danger eft plus grand; la terre doibt eftre fi haute quelle puiflè couvrir touts ceux qui viennent pour faire la feppe plus grande.. Apres que ce-luy, qui a fait la flippe, s’eft couvert de terre, il avance 8c continue la fappe juiques à la longueur de 6 pieds, 8c eft fuivy incontinent d’un autre, qui eflargit la foflè jufques à la largeur de 6 pieds, 8c le premier avance cependant fa foflè de 3 pieds de largeur 8c de profondeur eftant tousjours couvert de la terre qu’il jette devant foy : 8c l'autre
- le fuit
- p.160 - vue 207/231
-
-
-
- de la pratique Offenii ve & Defenfî ve. 16i
- le fuit tousjours eflargiiîànt la folle de 3 pieds julques à la largeur de 6 pieds : en apres le troifieliné vient aulli, qui rend la làppe parfaite, & luy donne fa hauteur ôc largeur convenable, ôc la fait elgale aux approches. Mais comment il fiiut faire les approches ôc lâppes allez profondes, en forte que l’eau ne vienne dedans, ôc demeure tousjours en une terre dure, la condition du fofle le montrera bien. Gar quand l’eau dans- ice-luy eft fortprofonde & fon panchant allez haut on peut rendre les approches autant profondes, que le folle, ou l’eau eft au dedans, eft elloignée de la plaine terre.
- Quant à cet ouvrage on fait un certain accord avec quelques ouvriers , d’autant qu’une quantité d’ouvriers ne peut travailler en un chemin fieftroit, ôc on donne à un chafeun 4,5, ou 6 Rifchedales, félon qu’on peut accorder avec eux, ôc que le danger eft grand ou petit.
- L’ulàge des corbeilles dont nous avons fait mention au chapitre precedent,fc trouve icy, lefquelles on met aux approches au delfus du parapet, comme aulli aux fappes, ôc derrière lelquejles les loldats defehargent leurs moufquets.
- Et d’autant que les approches prés de la forterelïè font plus profondes qu’au commencement, on y joinét encore un ou deux banquets, fur lefquels les. foldats montent quand ils.veulent tirer de leurs moulquets.
- Pour exemple nous mettons en la 153 figure une partie de forterelïè, vers laquelle 1 Exemple il faut conduire les approches en une bonne terre.
- D’autant que la forterelïè eft environnée d’un chemin couvert ou corridor, il ne faut pas prendre la diftance du grand rempart, mais du corridor , ôc commencer les approches de la diftance de 90 verges ou environ du corridor; afin que l’oiipuillè mettre la belche en plus grande feureté en terre; on commence donc la première ligne de la lettre A la menant vers B ayant la largeur de 50 verges ou environ. Le commencement de cette-ligne eft fortifié d’une redouté, marquée de lalettre C, dans laquelle fe peuvent retirer les ouvriers, quand ils font aflàiliis des affiegpz, ôc dans laquelle lè tiennent ceux qui gardent. leS approches. Ladite première ligtje lè courbe de. B vers l’autre cofté prennant fon commencement auprès du corps de garde P, ôç se.ftendant vers £ jufquçsà la longueur de .3 o verges,là-où eft derechef faite une redoute inarquée de lalettre F, pour y faire la garde; ôc d’autant qu’il lèroit-dangereux d’eftq|i4re cette Ugne plus à$anc, on la courbe de F vers G,.&de G vers H, là où on battit,un autre . corps de garde. Car tant plus on s’approche de la fortereffe, tant plus faut; il aufii approcher les gardes; Outre cela les approches y doivent eftre faites plus profondes,
- & plus hautes, d’autant qu’on eft plus proche du.çânon ôç. de$,jppufq.ueiad£$‘ (jjf jh?»? riemy, qui peut faire des coups plus afièurez... Qn comme^çe.ajufli de ièîervitiçy de corbeilles, & fait on des banquets aux approches, a fin que. lçf .^Jldats y;pui^m mqn^ ter,qnand.il font commandées de tirer. : ^ .
- Quand dn s’eft approché fi prés de la forterelïè par le: fV^erlè?, que.le
- refte peut eftre achevé par une longue traverlè, on la fait foii# cQmu)ê içy4e H eut.» de laquelle ob peut encore: faire une autre ligher.pour .attajç,Wî: aufli l’autre cerfté du mefmeboulevart, ou bien l’autre boulevàrt* comme icy laTigneLKs, derriere.çes lignes les loldats font tousjours de bout pour defoouyrir .riçerÆeux, qui fe découvrent. Il y a aulli là deux redoutes pour faire la garde , cqmçie monftr.entjles let-«es'N;.& O. •••••••'• :. ,v ^ »
- Cependant on commence auffi la làppe f la condüilànt^crSjle ;bouleva,rtleque}.on veut minersièlle. eft faite en la.inaniere^Uft npus ayons ;deicsitcy deflus,,IQg^nd. on a fappé le chemin couvert, ôc qu’on èft arrivé jufques au, on s'çflgjègç ,4?
- le remplir, & de faire une gàllerie ou un çheiiiifi, couvert r duqu.e} pqus tranttêron» au -chapitre de la gallerie. . .1/ i-, ÿj ,t /r.-. ?r.'-
- .Tandisque lion s’aroufe à faire des. âpprfcehesj, diver^s jfetençs,içut^tpapqr çy ôc par là, qui lèrvent en partie pour ruiner les remparts, en paftiépour reurdçc fkem-.pelchérle canbn, ôc les foldats. des afîiegez a finqiîéJes ouvriers puiflènt travailler- eii plus grande lèureté. Elles font faites félon la maniéré, & mefuçe donnée au chapitre qui trai&e des batteries de campagne, ôc comme il fe void en la 153 ligure.
- C’eft un exemple des approches, qui peuvent eftre faites en bonne terre, ôc en plaine campagne, nous euflions d’eu aulli monftrer les autres maniérés, comment elles doivent eftre menées vers la forterelïè: mais d’autant quelles s’eftendent en une
- X _ ligne
- p.161 - vue 208/231
-
-
-
- 16% Troiïîefme Livre de la Fortification,
- ligne droitte, il n’a pas efté befoing de les reprefenter icy en une fi petite forme. Je penfé de fàtisfairè à chafcun les reprefentant icy un peu plus grandes, '& les deferi-vant plus au long.
- Nous avons divifé les approches, qui fe font en une ligne droitte en trois fortes : la première eft un chemin eftroiét 8c une terre qui peut eftrc befehée aflèz profondément, toutesfois fans traverfes : l’autre quand on ne peut belcherla terre, 8caufli où il'y a faute de bonne terre comme il advient aux lieux marefeageux.
- 2 Exemple. Quand il fê faite approcher d’une fortereflè par une ligne droitte, & la nature du
- chemin, par lequel il faut mener les approches, eft de telle condition, que l’on peut fouir la terre avec des befehes,on les fait comme il eft monftré en la 154 figure,où elles font couvertes de terre de chafque cofté, 8c font faites un peu plus profondes que les approches ordinaires. Or puis que le danger y eft plus grand qu’aux autres, 8c la ligne droitte caufe que l’on eft eh veuë à 1 ennemy , il faut deftourner le danger par le moyen des chandeliers, de la grandeur defquels nous avons traiété au chapitre pre* cedenr. Icy nous les propofons encore une fois pour raonftrer leur ufàge & comment il s’en faut fervir.
- 3 Exemple. Là où on ne peut fouir, comme au marrais, 8c lieux marefeageux, il faut faire un
- fondement de rameaux, fur lequel on jette de la terre menée d’ailleurs. Sur ce fondement on met des traverfes faites de gabions, comme il fe void en la 155 figure. Les gabions font remplis de terre, 8c faits fi forts, qu’ils peuvent refifter aux coups de canon : 6n s’y peut aufli fervir dé doubles gabions, lcfquels on environne quelquesfois de terré, & reveftit de gazons. La largeur de telles approches eft de 4 à B verges, de forte qu’elles font en un lieu plus eftroittes, en un autre plus larges,félon que la necefi-fité 8c le danger le requiert, la plus ordinaire largeur eft de 4 à 5 verges. Il faut aufli bien avoir eigard à' dé qu’une traverfe fe finiflè à ce cofté là, où une autre traverfe eft commencée,-à Içavôit là; où une allée eft laiflee. Semblables approches ont efté faites aü fiegéde Boïdüc dé ce cofté la,où eftoit le quartiçr du Comte Ernefie Cajimir de Naf* faü; aüfqüëllés comme à un nouvel œtïvrè,on a donné un nom nouveau,les nommant la grânde-galleriè. Déceftè maniere on fe peut fervir en un fondement pierreux, où ori ne peürfouir à caufe des pierres.
- 4 Exemple. H (é trôùve aufli quelquefois uh fondement, par lequel on peut bien Rafler à pied
- fecjîhais on ne peut fouir là terre aflèz profonde, dont on eft contraindL de faire des aurrés àpproches en la maniéré reprefentéè en la 156 figure : on prend le plus court chémîtr cjil'oh peut ^bir pour s’approcher de la fortèrefle , 8c fait oh Jes approches tfe Ktdrifèlaquëlle?bn;;pétit^fouir tout- à-ïeatour, au lieu d’y mettre des;gabions, ôc tour âmfi qu ’àiix ip^tochesjptetedentes les traverfes ont efté faites de gabions,de mef-npe elles font icy faites de redçures entières, au milieu desquelles il y a feulement une poH^cnrfbrtîé, eh fôrté^ütoe redoùte'èft joindre quafi à l’autre,la grandeur de chaf-^‘uè redouté eft de K’â & verges de longùeür, &: autant de largeur.
- Telles traveifesfohrjfeidesquelqtiëfoïsfi forts qu’elles peuvent refifter à un coup de cànotvquahd il y a aflèz de terre> ^quelquefois elles ont 6 pieds d’eipaiflèur pour prpfil, leur hàùteur heft pas aufli par tout efgale, d’autant quelles doivent eftre plus hahteSlàôuil y a plii$rdéi danger.
- Ij.es portes font faites de forte qu elles peuvent eftre fermées, 8c font-dé telle hait-téur& làrgeûrvquuh cfiâtiot ÿ peut paflér. . .
- 'Il eft impoflible dé défcriré toutes fottes d’approches, d’autant qu’elles -font aufli mefléésV°rahde’divérfité. •- . ~
- 'Profildes Lé-profifdès àpproéhésôrdiïiàire'tïéftpàs pat tout femblable,d’autant que:fes unes
- approches. font plus profondes, 8c plus larges que les autres. Mais ordinairemenc élles doivenr eftfé larges dé S a 14 pieds,% profondes dé 3 à 4 pieds, 8c leur hauteur entre deux : la bafe de là tfcrré ÿrcfifeaü lieu d’un patapet doibt avoir.7 à 8 pieds.
- Nous avons propofé1 pouroxempfe^éhx.profils en la 157 8c 158 figure , dont la grafcdëur & induré ëftïharqâée de: létïrés 8c nombres én la table fui vante..
- Profil
- p.162 - vue 209/231
-
-
-
- pl.n.n. - vue 210/231
-
-
-
- de la pratique Ofifenfivc & Defenfive. igj
- Profil des approches, Figure jcLVII jcLVIII
- Largeur inferieure des approches, AB 1 9. 1
- Profondeur des approches, F B, EA 1 3 1 4
- Talud extérieur des approches, F D 1 >4- 1 ^
- Talud intérieur des approches, CE 1 -f 1 *
- Largeur des approches au deflîis de terre, CD ! » 1 y
- Bafe du parapet au dcflùs de terre, LC 1 * 1 IO
- T alud extérieur du parapet, KL 1 "ï- 1 *
- Talud intérieur du parapet, GC 1 4- 1 «
- Hauteur extérieur ôc intérieur du paraper, IK, GH 1 3 1 4
- Sommet du parapet, HI 1 ^ 1 7
- Nous avons obmis les banquets exprès d’autant que l'on ne s’enfert pas au commencement des approches, ôc ils doivent eftre-auffi joints aux approches en diverfès maniérés, tantoft un, tantoft deux, tantoft plufieurs, lèlon que la neceflité le requiert. -
- Chapitre XII.
- Des contf Approches,
- QVandles afliegeans s’approchent de la fortereflè, 8c en font fort proches, il ne Contr’-ap* faut pas que les affiegez fe repofent cependant, mais au contraire la neceflité requiert qu’ils s’efforcent de tout leur pouvoir à en dommager leur ennemy, ôc à l’empefcher qu’il ne s’avance d’avantage devers la ville. Cette defenfè, qui eft op-pofée aux approches efl nommée contr’approches ou une defenfè contre les approches.
- Cette defenfè efl: faite en diverfès maniérés premièrement, quand les affiegez font T Maniéré en grand nombre, de forte qu’ils peuvent lbuventesfois faire des forties; ce qu’ils doi- des contre vent faire autant qu’il leur eft poffible, combien qu’ils perdent quelques gens, com- defenfes, me il arrive fans doubte, d’autant que les affiegeants font plus forts, & ont une plus grande puiflànce que ceux qui font dans la forcerefiè. Car par ce moyen l’ennemy efl: empefcné 8c retardé en fon ouvrage, eftant autant de fois contraind de fe retirer en fa defenfè, durant laquelle allarme l’ennemy ne peut continuer Ôc avancer fes ouvrages, lefquels il ne peut recommencer avant que les affiegez ayent fait retraitte. Mais il faut bien avoir efgard quand on fait des forties, que l’on n’expofe pas fes foldats à la boucherie, mais qu’on les commande avec difcretion, advantage, 3c utilité, à fin que la fortereflè ne foit defnuée de gens par une telle imprudence ôc perte de foldats. Car une fortereflè ayant faute de gens refemble à une bourfe vuide , dans laquelle il n’y a point d’argent. C’eft principalement le devoir de la cavallerie, qui efl: mifè aux fortereflès pour des forties, & laquelle s’y doibt plus employer, que l’Infanterie , d’autant qu’elle peut for tir 5cfè retirer en plus grande haftc, ôc combien que l’on, en euft perdu quelques un$, la perte n’en fèroit toutesfois pas fi grande, comme de l’Infanterie , laquelle il faut efpargner autant qu’il efl: poffible pour repouflèr en apres l’aflàut de l’ennemy.
- La deuxiefîne maniéré de defenfè fè fait par le moyen du canon, duquel il faut bat-, % Maniéré. tre continuellement Ôc de tours coflez, les lieux où on travaille, Ôc les endommager autant qu’il efl poffible: dont il advient que les ouvriers efpouvantez de voir plufieurs de leurs camerades tuez miferablement par le canon ne font pas fi allègres Ôc prompts à travailler, de forte que l’ennemy efl contraint de laiflèr repofer les ouvrages juf-ques à ce que l’offenfive foit oftée aux affiegez par le moyen des batteries.Mais quand il ne le peut effeduer, il faut qu’il fè déporté finalement de ce qu’il s’eflpropofé, ôc quitte le fiege:& en cas qu’il vouluft continuer, il ne le fera pas fans defpens exceffits, d’autant que perfonne ne defire d’y eftre employé, fans en eftre largement payé, 6c
- X i recom-
- p.163 - vue 211/231
-
-
-
- \^4 Tïoiiîefmé Livre de là Fortification*
- recompenfë. Car un chafeun y eft expofé au danger de la mort, à caufe que les lieux font continuellement battus du canon, Sc de moulquets. Or perfonrie ne fe refout à perdre fa vie pour rien, mais* la veut vendre bien cher : outre cela le temps eft prolongé à l’ennemy, de forte que la fortereife eft qudquesfois fecourue, ou l’ennemy eft contraind par mauvais temps y fürvenant de quitter le fiege.
- 3 Manière. La troifiefine manière eft faite par toutes fortes d ouvrages,lelquels on baftit durant
- le fiege, & pendant que lennemy sÿpprochej comme les ravelins,derïiies lunes,ouvrages a corne, tenailles 3c traverfes. Car touts Ces ouvrages auxquels on affigne un profil félon que le temps le permet,font.eflevcz cependant que l’ennemy s’efforce d’avancer fes approches vers la fortereflè* Mais il vaut mieux de les faire avant que la forte-reflè foit affiegée,i finqu’on puiflè gaigner le temps, & épargner les defpens pour les employer aux autres ouvrages.
- 4 Maniéré. Les affiegez fe fervent auffi d’approches, par lcfquelïes ils refîftent à l’ennemy : cai?
- pour empefcher qu’ilnevîenrie pas aux ouvrages extérieurs ou chemin couvert, avec fes approches, ori y fait quelques traverfes 3c autres lignes les commenceanit des ouvrages extérieurs,'3c conduifant vers les ouvrages de l’ennemy, de forte quelles fe tournent 8c efloignent de plus en plus de la fortereflè vers les ouvrages de l’ennemy, comme il s’approche au contraire de plus en plus de la fortereflè. Il faut toutesfois bien obferver: premièrement qu'eilès fbient menées de forte que l’on en puiflè flanquer les approches de l’ennemy, 6c que lüy au contraire ne les puiflècndommager.En apres quelles demeurent ouvertes vers la fortereflè, dont elles prennent leur defenfe, 8c foient conditionnées de forte , qu’elles ne portent aucun avantage a l’ennemy, quand il les prendroit : 8c quelles puiflènt eftre flanquées de la fortereflè auffi bien du canon, que des moufquets.
- Au fiege de Bergue op z,oom il y avait quantité de. telles contr’approches, defquelles les affiegez travaillèrent tellement l’ennemy , qu’il ne s’en pouvoit approfcher que d’un, piea, outre qu’ils avoiefit avancé dans la campagne toutes fortes d’ouvrages extérieurs,par le moyen delquels comme auffi du fecours,les Efpaignols furent contraints de quitter le fiege.
- Le profil de telles approches n’a point de certaine mefure,d’autant qu’elles font foires à la hafte : mais tant plus fortes font elles faites, tant meilleures elfes font.
- Ch !a pitre XIII.
- De tontesfortes de ponts, ifr principalement des pontsfaiBs dejonc.
- Ponts en un N un voyage de guerre,- ou il faut faire paflèr quelque riviere â l’armée, on a voyage de J—4 tousjours prefts quelques batteaux mis*fur des chariots, dans lefqüels les perches
- guerre. fes ais font pofez defloübs, êc les* batteaux defliis, d’autant qu’en les defehar-
- gant on a premièrement befoing des batteaux,en apres des perches 8c pieux, 8c finalement des ais, ce qui eft fait en grande hafte quand tout eft bien ordonné. On mene auffi quelquesfois les batteaux feuls, 3s les ais auffi feuls. Pour paflèr donc une riviere on prend au commencement les batteaux les mettant dans l’eau, qui en apres font liez de cordes, & attachez d’anchres jêttéès au fond: là deflùs on met les perches Sfc pieux, fur lefquelles les ais font pofez par ordre, pour paflèr au defliis d’icelles.
- Ponts à hat- Il fe trouve des ponts femblables, faits toutesfois de plus grands batteaux, aux for-
- teaux aux tereflès fituéesau bord d’une riviere, où il faut craindre l’ennemy, 8c l’on n’ofe pas forterejjes. pajre un aijtre pont.Car celuy cy eft feparé denuid 8c comme levé en forme dun pont levis, à fin que l’ennemy ayant quelque entreprinfe n’y puiflè paflèr.
- Ponts aux On faid auffi des ponts aux ouvrages extérieurs des fortereflès,comme nous avons
- ouvrages monftré au premier livre. Mais l’ennemy s’eftant approché fi prés de la fortereflè,
- exteneurs. qU’q dreflè fes batteries pour battre les ponts aux ouvrages extérieurs, on les abat, 8c on y en met d’autres aüfquels l’ennemy ne peut faire tant de dommage : on prend donc quelques tonneaux liez de cercles de fer, 8c poiflèz, aufquels font attachez des anneaux de fer, pour y mettre dedans des pieux, par lequelsles tonneaux font joinds, 3c ferrez l’un à l autre : là defliis on pofe des ais pour paflèr 3c repaflèr, 3c quand on defire de fes ofter de nuid, on les fait de forte, qu’on fes peut feparer. L’ennemy ne
- peut
- p.164 - vue 212/231
-
-
-
- de la pradHqiie Offenfive & Defenfive. , 16$
- peut fi aifèment endommager un tel pont, d’autant qu’il eft efgal à l’eau, & combien qu’il en ait endommagé ou miné quelque piece, on la peut reparet incontinent par le moyen d’autres tonneaux & pieux, dont il faut avoir provifion.
- Il y a encore une autre forte de ponts pour faire un aflàut, de (quels lés uns font Lonts pour chargez deffus des chariots, les autres deflus des batteaux : ils font faits à la façon des fM*e un ponts levis, horfmis qu’ils font un peu plus légers, 8c s’eflevent au deflus des chariots aiïaütm ou batteaux fur lefquels ils font mis ; mais quand on s’en veut fervir,il les faut defehar-ger. Voyez le Threfor des fecrets Mechaniques d’Auguftin de Ramellis, l’Artillerie de Diego Vffano, 8c le Theatre des Inftmments de Henry- Zeyfing, qui en trai&ent plus amplement. 1
- De touts les ponts il ne s’en, trouve pas de plus neceflàires 8c profitables, que ceux Ponts faiti qui font faits de jonc. Car touts les autres requièrent de grands defpens, principale- de jonc. ment, quand quelque Ingénieur a pris quelque vieille invention d’un vieil auteur 8c la prefente pour nouvelle : car il faut qu’il (bit au commencement rècompenfé à caufe de fon invention, en apres il veut aufli eftre directeur du baftimènt, comme s’il n’y avoir d’autre, qui le peut faire que luy, 8c cerche par ce moyen fon profit, faifant le compte à fa volonté, 8c appreftant un pont de fi grand prix, ôc defpens, que la bourfo de fon maiftre s’en trouve bien allégée. Finalement quand on le regarde dé prés, on trouve que c’éft une vieille invention, laquelle on a jadis rejettée comme inutile. Le mefme arrive aufli, quand on confidere plufieurs ponts nouvellement inventez, 8c faits avec grand artifice, qui neantmoins eftantsmisen œuvre ne fervent de rien. Mais les ponts faits de jonc ne font pas de fi grand prix, 8c font neantmoins d’une grande utilité; nous monftrerons icy en peu de mots, comment ils doivent eftre faits.
- La matière de laquelle ils font faits, eft une herbe nommée fâcfètt ou en Al-
- lemand 8c Flamand, les François la nomment Une, 8c les Latins luncrn. Cette herbe <lueionc° croift de la hauteur de deux ou deux aulnes 8c demie, 8c fè trouve ordinairement aux foflès 8c marrais, comme aufli aux lieux humides, & le long des grandes rivières : on en couvre les maifons. Sa nature eft de nager fur l’eau, parquoy ceux qui veulent apprendre à nager, s’en fervent ordinairement en faifimt des petits fardeaux, lefquels ils attachent à leurs corps.
- Or les ponts mentionnez font faits de cette herbe en la maniéré (cuvante : onl’af- Comment femble quand elle eft aflèx meure & longue, la fechant bien ; 8c quand on veut faire le [esPmts de pont, il faut que l’on face de cette herbe des fardeaux ronds ou quarrez, defquels les i°ncfont croftez foient larges chafcun de io poulces, 8c longs de 4 à 5 pieds.
- En ayant donc fait quantité on apprefte une claye entrelacée de (aulx légers, à la Leur ufttge. façon de celles des cochez, large de 5 pieds , & longue de 7 a 8 pieds : fur cette claye on met & attache par ordre les fardeaux l’un prés de l’autre. En apres on prend deux pieux longs,J8c un peu plus gros qu’üne picque lefquels on attache aux clayes, preflànt 8c fermant encore plus fort Tes fardeaux entre eux, lefquels on couvre encore de toile, à fin que quelque ordure ne s’y arrefte : au bout de cette claye on fait de l’un 8c de l’autre codé,deux ou trois anneaux de (aulx pour joindre 8c attacher plufieurs tels ponts.
- Ces ponts font fort utiles aux fieges, principalement aux lieux, où l’on veut occuper quelques ouvrages en grande hafte de forte que l’on peut bien elpargner une gal-lerie. Quand on eft donc refolu de faire une telle entreprinfê,ceux qui font commandez de s'efforcer d’en venir à bout, eftant armez comme il appartient 8c arrivez jufques au fofle, parle moyen des approches qui font desja conduites jufques là, ils envoyait au devant quelques adventuriers, qui portant ces ponts les jettent dans l’eau,
- & en joignent quelques uns, felon que le fofle eft large, lefquels ils tirent, apres qu’ils fe font aufli jettez dans l’eau, à l’autre cofté, là où ils les attachent ; les autres cependant paflènt le fofle par le moyen de ces ponts, & tachent dé leur pouvoir de faire cé qui leur eft commandé. Mais en cas qu’il y euft quelque mine prefte, on attend en- • core avee les ponts, 8c retient on les gens arriéré, jufques à ce que l’on ait fait (àuter la mine, à fin que le pont ne foit endommagé par la mine, fi elle venoit à (auteur, du eofté des afliegeants.
- Quand ceux de la fortereflè veulent faire des forties ils s’en pourront aufli (èrvir.
- Toutes les autres eommoditez, & utilitez feront monftréçs par la neceflité > qui eft la mere de toutes telles inventions.
- X 3 Pour
- p.165 - vue 213/231
-
-
-
- 166 Troifiefine Livre de k Fortification,
- Pour mieux entendre tour ce que nous avons dit touchant les ponts cy défaits, nous en avons reprefenté un en la 159 figure, où on voit comme ils font formez de ce cofté là, qui vient dans l’eau. Mais ils font trop foibles là où il y a de grands foftèz comme aux fortereffes Royalles,au travers defquels il faut palier : car ils fervent feulement pour faire quelque aflàut, & pourtant il eft neceftàire de fe fervir d'une autre invention, laquelle on nommé une Gallerie,qui efi; fort utile, combien quelle foit faite à grands dépens. Nous en trai&crons au chapitre fuivant.
- Chapitre XIV.
- Des G aliénés.
- hefcription -yr tt Egece aù ehap. x v de fbn 1 v livre, defcrit une forte d'ouvrage, laquelle les an-\/ tiens ont appelle Vinea, & dit, que c’eftoit un ouvrage fait d’ais, ou planches e ^ j oinéfces enfemble de 8 pieds de haut, de 7 de large, 8c de 16 de long, le toid ou fommet duquel eftoit couvert dais, 6c de dayes entrelacées, 6c les coftez de rameaux, de forte qu’ils ne pouvoient eftre endommagez de pierres ; ils eftoient au furplus re-vefius de peaux de bœufs crues & fraifchez, ou bien de couvertures de poil, pour les garder contre le feu, (dont il efi advenu que Ton fe fert encore au jourd huy de telles couvertures aux voyages de guerre, pour encouvrir la poudre à canon, d autant qu elles ne font fi aifement endommagées du feu comme nous avons dit cy defïus,) 6c les ouvrages eftant appreftez on s’en fervoità fon avantage.
- Comparai- Quand on en avoit apprefié quantité, on les joignoit enfemble, Si les affiegeants fonde la vi- eftant défendus foubs icelle commençoient, à s’approcher des murailles 6c àfapper neadesan- leurs fondements pour les faire tomber.
- Cn<nl*Uerm. Y a'^ t*onc Siue4ue ouvrage qui puifïè mieux reflèmblerà cettb invention des an-‘ ciens, que noftre gallerie moderne ? La préparation,l’ufàge, la hauteur,6c la largeur font prefque une mefine chofe, & ces deux ouvrages font fi femblables par tout, qu’il faut confeflèr, que noftre gallçrie n’eft pas une nouvelle invention, mais a elle auffi en ufâge parmy les anciens, & a efté defpuis peu renouvellée. •
- Que l’on confidere feulement de prés leur ftruéture : la Vinea des ancies eftoit faite d’ais, & de bois :1a gallerie eft auffi pour la plufpart faite de planches jointes l’une à l’autre. Celle là avoit des poutres pour fon fondement ; en cette cy il y a auffi de grandes poutres pour fouftenir la charge de tout l’ouvrage : les coftez de la Vinea des anciens eftoient fortifiez contre la force des baliftes, d’autant quils eftoient reveftus de clayes 6c rameaux entrelacez. Les galleries font couvertes de terre, de forte quelles ne peuvent eftre endommagées du canon: on defendoit les Vineas du feu par le moyen des peaux de bœufs, defquelles elles eftoient couvertes : les coftez.des galleries font couverts de terre, & ne peuvent eftre endommagez par les feux d’artifice : on s’eft fervi db celles là pour fàpper les murailles : celles cy font conduises jufqüesà la bafe du rempart pour miner les boulevarts 6c les remparts.
- Leur hauteur bc largeur n’eft pas beaucoup differente: mais la longueur femblc eftre diverfe, combien qu’en effeti: elle ne différé gueres. Car celles là eftant jointes l’une à l’autre eftoient allés longues; mais celles cy font faites quafi entières 6c des pièces contiguës, ou continues.
- Dont il appert, que noftre Gallerie n’eft pas tout à fait une invention nouvelle,mais a efté d’ancienneté en ufàge, combien qu’elle ait efté aucunement changée.
- Nous la prendrons icy en main, & monftrerons par ordre, comme elle doibt eftre faite avec toutes fès parties.
- Comment 1 faut faire
- me gallerie. tre une gallerie au travers du foffé. Pour la faire donc il faut avoir provifion de plu-fieurs chofes, & premièrement j une quantité de fagots, ou fardeaux de rameaux pour en remplir le foffé; & auffi un grand nombre de poultres jointes en forme de gib-bets, 6c ayants toutes une mefme hauteur 6c largeur, lefquelles on apprefte de forte que l’onles peut aifement feparer & joindre en apres fans grande peine, quand ôri eft ariivé là où Ton en a befoing ; ce qui eft fait fort aifement, quand on marque
- les
- il Apres que les approches font conduises jufques à ce lieu là, où il faut commencer les fappes gueres efloignécs du fofle de la fortereffe, on regarde comment il faut met-
- p.166 - vue 214/231
-
-
-
- delà pradique Offenfive & Defenfive. j6y
- les pièces jointes enfemble d’un mefine nombre, félon lequel on fe peut reigler fen* difficulté.
- Vn tel gibbet a cinq pièces,deux poultres qui font debout, Tune en haut qui joint les autres deux, & deux bois au travers.
- Les deux poultres qui font debout,font longues de 8 à 9 pieds,au fommet defquel-lesun demy pied vient pour rautre poultre par laquelle ces deux poultres font con* joindes : & un pied & demy de l’autre bout vient en terre, de forte que 7 pieds demeurent pour la hauteur de la gallerie. Elles font reprefentées en la 160 figure, dont les longueurs A B & C D, font chafcune de 9 pieds, 8c la grofièur de 6 à 7 poulces.
- On coupe auffi la moitié de la grofièur des bouts extremes de ces deux poultres d la longueur d’un demy pied, pour y joindre la poultre par defliis, qui doibt eftré coupée en la mefme façon, 8c avoir la longueur de 10 pieds, ou environ (tant plus longue eft -cette poultre, tant plus large devient la gallerie, & tant plus commode elle eft pour y faire marcher les foldats en plus-forts rangs vers la brefene,) la grofièur en eft comme celle des autres, eftant içy marquée de AG: d’autant que ces poultres font faites de forte, qu’elles peuvent eftre aifement jointes 8c feparées, elles.ne peuvent eftre fi fermes, comme fi elles eftoient joinétes pariforçe fans eftre en apres fèparées, principalement a caufe de la grande charge qu elles, fouftiennent, on y fait deux bois au travers, comme monftrent E F & G H, ert la 160 figure , ce qui eftant fait, 8c toutes les pièces eftant jointes, comme il appartient, on marque chafque piece, 8c fait on des trous, pour les joindre fanspeine en peu de temps, quand il eft befoing.
- Apres cela il faut aufli avoir grande quantité dais ou planches de fàpin, ayant tou- Pesais pour tes une longueur lemblable à l’efpace des deux poultres,ou bien 5 ou 6 poulces d’avan- la inerte, tage, de forte que la diftance eftant de j.pieds de large, il faut que les planches foient longues de / pieds 8c demy :- 8ç le demy pied, eft divifé qiiafi en deux parties efgales, dont trois poulces viennent pour chafque cofté, où on fait les trous pour y mettre dedans les clous, defquels les planches font attachées aux poultres;
- La diftance.6rdina.ire dé plufieurs poultres. jointés enfemble eft communément de Diftance 4,5,ou bien rarement de 6 pieds de longueur, ce qui eft foiivent changé félon la çon- despoultres dition du lieu 8c que le danger eft grand. jointes en-
- La largeur des planches eft fans certaine mefore, d’autànt qu’il n’eft pas befoing de j b e‘ les réduire-à.une mefrae largeur, 8c quelquefois une planche large , quelquefois une eftroittexft plusjcommode pour boucher un trou.
- • Pour joindre auffi les poultres il faut apprefter quantité de chevilles de bois de chevilles, chefne, & peicertous les trous d’une tarière,, à fin que lès. trous ne fe crevent: toutes les chevilles doivent eftre d’une mefme grofièuiv :
- . On fefert.auffi aux galleries de' cloux, qui doivent avoir une longueur diverfe, fe- eloux de lon que leur.ufage èft divers... Quelques uns ont 4 a y poulces de long dont on atta- fer. che les planches, qui couvrent: les coftez: les autres font longs de 6 iy poulces, def-quels on attache les bois au travers des poultres.Or il enifaut avoir quantitéauffi bien de l’une que de l’autre forte pour s’en fervir en cas de neceffité.
- » Les brouettes communes comme aüffiies pelles ont içy principalement leur ufâge, ‘Brouettes il fout encore apprefter des autres pelles à longs manches, pour en jetter la terre & pelles. plus avantqucl’on ne peut foire avec lés pelles à courts manches.
- En ce lieu doibt auffi eftre rapporté l’ufâge des chandeliers de planches,? que nous avons propofé au chapitre des gabions 8c des chandeliers, defquels on fe fertfort à propos en faifant les galleries; comme nous dirons cy apres.
- Vne gallerie eflevée, fans eftre couverte de terre eft reprefentée en laitfi figure.
- Apres que l’on a fappé le chemin couv'e’rt, 8c qu’on eft arrivé jufques au fofle de Comment il forte qu’on eft refolu d’y mettre une gallerie, il y fout mener premièrement les for- fAUt com~ deauxey deflus.mentionnez par le moyen des brouettes, 8c chariots, lefquels on jette me*cer l*r àù fofle vis à vis de ce lieu là lequel on veut miner, à fin qu’on en puiflè remplir le fof- * féyôc foire-un bon fondement pour mettre la gallerie deflus. Mais d’autant que l’on ne peut pas jetter les fogbts fi bien en ordre comme ondefire, on accorde avec quelques gens hazardeux à quelque prix que ce ibit, qui s’advanturent dans Je fofle, 8c les mettent en ordre de nuid,à fin qu’ils ne puiflènt eftre veus de l’ennemy, il fout auffi qu’ils obfervent bien de prendre la perpendiculaire de la face du boulevart, ce qui
- p.167 - vue 215/231
-
-
-
- 168 Troifiefine Livre delà Fortification,
- fera le plus court chemin pour y venir. Le folle donc eftant rempli des fagots fiifdits, en forte qu’on y puiflè mettre la terre, on mene une grande quantité de terre avec des brouettes au bout de la fappc, où ceux qui feppent, jettent la terre au defliis des fagots, en faifant comme une colline, qui eft entre la fortereflè, & la fappe. Cette terre eflevée en forme d’une colline fort pour une couverture aux mineurs, qui font feulement couverts au devant, de forte quils font auffi contrain&s d’y mettre des chandeliers pour eacouvrir le cofté qui eft le plus dangereux. Audi faut il quelquefois que la gallerie foit couverte de l’un & de l’autre cofté. En apres on commence d’y mettre l’une des poultres jointes enfemble,& appreftées comme il fe void en la 160 figure,cependant que les uns y mènent continuellement de la terre, & les autres la jettent de leurs pelles longues au delà de la colline faite de terre, & gaignent plus d’efpacc pour y mettre des autres poultres : car quand il y a j pieds d’elpace ou environ, on y met l’autre des poultres jointes enfemble à la maniéré fufdite, apres qu'ils ont premièrement avancé les chandeliers pour en couvrir les coftez. Ce qui eftant fait ils y attachent les ais de l’un & de l’autre cofté, & ils mettent feulement les autres au delfus fens les arra-cher : mais ils couvrent de terre le cofté, qui peut eftre battu de l’ennemy, julques à ce qu’il puiflè refifterau canon, & jettent auffi quelque quantité de terre au delfus de la gallerie à la hauteur d’un pied, ou d un pied & demy, laquelle il faut elgaler, & unir à fin que le feu n’y demeure pas, & endommage la gallerie.
- Pour garder 11 advient auffi quelquefois, que l’un des coftez eft hors de la veuë de l’ennemy, SC
- la galkrie ne peut eftre battu du canon, de forte qu’iln’eft pas befoing de le couvrir de terre, par de feu. * ce qUC ]e tempSj & fes delpens en font efpargnez, horfmis quand l’ennemy le peut incommoder des feux d’artifice, oui de fon canon qu’il à aux ouvrages extérieurs: car alors il faut auffi couvrir ce cofté là de terre, jufques à ce qur’il puiflè faire refiftance au canon. Et d’autant qu’il y feroit fort obfcur, fi la gallerie entière eftoit couverte par tout de terre, ce qui feroit fort incommode pour les ouvriers, on laiflè au cofté qui eft le plus feur quelques fenses ou trous ouverts', n’y attachant que quelques planches , en faifant un trou d’utn pied de hauteur, & d’un pied & demy de longueur entre les. trois ou quatre poultres jointes enfemble, pour avoir comme des feneftres par lequelles la gallerie a jour. i-' ;
- Cet ouvragé eft continuellement avancé ,3c la colline e/levée par les ouvriers, qui jettent tous jours la terre y menée en grande quantité en avant,où il faut bien prendre garde, que la colline ne devienne trdpbaflè, Scque les ouvriers y foyent à defeouvert; en apres on y met auffi la troifiefine des poultres joindtes enfemble en la maniéré cy deflus monftrée & on y attache les ais, ce qui eft continué jufques à ce que la gallerie foit advancée jufques au pied du rempart. .
- Tout celaeftmonftré par la 152. figure, où fe void la gallerie faite dé couverte,comme auffi l’une des poultres joindesenfemble, laquelle il faur joindre'à l’autre avec les planches ; la colline derrière laquelle un homme eft debout, y eft auffi poura-aide* Quand la gallerie eft menée julques àu pied du rempart, de forte quél’ony peut venir en feureté, on ofte la colline pour commencer en apres la mine.
- Aux bouts inferieurs des poultres fufdites comme icy en B D il y a encore une autre poultrede lamefme grandeur que la poultre d’enhaut, laquelle on ne peut voir icy, & nous l’avons auffi obmife, combien’ qu’il en faille avoir fouvenànce, quand on apprefte les poultres.
- Chapitre X V.
- Des Mines,
- Les anciens Out ainfi que la gallerie eft une invention ancienne, de mefme les mines ne font (e font fervi I pas feulement d’aujourd’huy en ufage, mais les anciens s’en .font auffi fervr : 3c
- es mines. JL c'eft Ja derniere çhofe par laquelle les affiegez font travaillez. Vne mine donc felon la defeription de Vegece eft une cave par laquelle on fait des allées fecretes foubs la terce pour venir de nuid à l’impourveu dans la fortereflè ; ou par laquelle on creufe & cave les fondements d’une muraille, les eftayant d’appuis de bois , & y mettant deflbubs du bois fec, & quand on veut faire une crevaflè dans la muraille, on met le
- fèuau
- p.168 - vue 216/231
-
-
-
- pl.n.n. - vue 217/231
-
-
-
- de la pratique Offenfive & Defcnfivc. iê?
- rèu au bois, quieftant bruflé avec les eftançons, les murailles tombent , 8c les aflie-geants Ce tenants prefts, 8c attendans la cheute de la muraille courent, par le chemin fait dans la fortereflè : ce qui s’entend aufli de nos mines modernes, qui fe font par la poudre à canon qu’on met dedans, dequoy il appert clairement, que c’eftune invention ancienne eftant aujourd’fiuy un peu changée, 8c corrigée,
- Ce cavement eft nommé en Latin Cuniculus, duquel nom les eferivains anciens, Le nom de comme Cefar, Livius 8c Camus font fouvent mention en la defeription de ce ftratage- mines. mê,& lignifie un connil,dont le nom eft pris,d’autant que les mines faites audefïoubs du remparts & des boulevarts rcflèmblenr les trous.ou tanières que les connils font au deffoubs de la terre. Il y en a d’autres, qui dérivent ce nom de ce mot Latin Cuneus à caufo que les mines font appreftées en forme d’un coing, qui eft au commencement clpais & fe diminue peu à peu, tout ainfi que les mines, qui rompent le lieu, ou elles font mifes, comme un coing fend le bois : les mineurs ont efté anciennement appeliez Cunicularii. Qui en defire fçavoir davantage, pourra lire Vegece 8c Vitruve, qui ont eferit des inventions de guerre des anciens.
- Nous deferirons icy en peu de mots les mines modernes, comment elles font faites.
- Le dernier moyen pour contraindre les affiegez à fe rendre c’eft le cavement ou la mine, comme il eft dit, laquelle eft faite apres que la gallerie eft conduitte jufques au pied du rempart.
- Maisavant qu’elle (oit mife en œuvre il faut qu’on foit fourni de toutes chofes ne- Toutes fir-ceflàirespour les avoir preftes, quand on commence cet ouvrage. , neeef‘
- Premièrement il faut avoir, preft des pelles, des outils de maftbns, avec tout ce qui eft requis pour percer 8c rompre lés murailles, quand le rempart en eft re veftu.
- En aptes on apprefte aufli des eftançons pour appuyer les mines , ayant l’epaif-leur de deux ou deux poulces 8c demy, la longueur en eft diverlè, d’autant que rentrée de la mine eft faite un peu plus haute que le bout. On fait aufli provifion d’ais de fapin, pour en reveftir la mine au dedans, a fin qu elle ne tombe en bas : car elle en eft reVeftuë de tous coftez, comme aufli fon fondement, principalement quand il eft humide.
- Devant que commencer lamine il eft fort neceflàire de fçavoir bien la condition il faut fta-du lieu, & fi le boulevart eft voulté, ou a un fondement de branchages, ou s’il eft ap- lacon-puyé de poultres : fi l’eau peut endommager la mine, quand on la feroit trop baflè. ^ ^
- En cas que le rempart, ou le boulevart, lequel on veut miner, fuft rempli de bran- J* Jeutmi-chages, ou fouftenu des grandes poultres, ce qui. eft fait ordinairement là où il y a ner. quelque lieu marafeageux , fur lequel il faut mettre les boulevarts 8c le rempart, ou quand on ne peut avoir d’autre terre que du fable, il faut s’efforcer de tirer dehors toutes les poultres avec des cordes, ou autres inftruments appreftez a cette fin. Or il faut percer, 8c ofter les branchages par toutes fortes de moyens cognus aux mineurs, pour avoir efpace 8c chemin d’y mettre les tonneaux de poudre à canon.
- Quand on eft affeuré que l’on ne peutfoiiir aflèz bas à caufe de l’eau, on peut faire la mine un peu plus haute.
- Les mineurs donc faifàntsle commencement de la mine rompent la muraille , Commence-quand il y en a quelqu’une, & font le chemin autant qu’il eft poflïble, fi focretement, des
- que les affiegez ne puiflènt appercevoir par le bruit, 8c autres marques, du lieu mnes' où on fait la mine, car autrement ils y pourraient conduire leurs contre-mines, 8c abattre la mine commencée, de forte que l’on forait contraind de faire une autre mine en un autre lieu.
- La hauteur & la largeur de la mine doibt eftre faite en telle maniéré, que l’on y Hauteur & puiflè mettre les tonneaux j car elle ne doibt eftre pas plus haute ny plus large, d’au- largeur des tant que l’on n’a pas autre defoin, finon de mettre la poudre a canon dans la chara- mmes-bre : parquoy il n’eft pas befoing de l’ordonner de la forte qu’un homme y puiflè eftre debout, 8c il vaut mieux de la faire fi baflè , qu’un homme s’eftant mis à genoux y puiflè feulement travailler, 8c qu’il s’encline quand il va pour mettre la poudre dans la chambre.
- La hauteur donc fora de 4 à 4— pieds, 8c la largeur de 3-— à 4 pieds: félon laquelle mefure il faut aufli apprefter les paux 8c planches, defquels on veut eftançonner 8c reveftir la mine.
- Quand
- Y
- p.169 - vue 218/231
-
-
-
- 170 Troifiefme Livre de la Fortification*
- Four ojîer Quand on a commence de miner le rempart, on prend la terre, & on en remplit un' la terre de yaiflèau, ou quelque feau de cuir pour fa legerete, lequel l’un baille à un autre, qui eft-la mine. aupr£s de luy, jufques a ce qu’elle foit portée dehors du trou, & mile dans la gallerie, à fin que l’ennemy ne la voye, 6c prenne quelque prefumption du lieu , où on fait la mine.
- Le Mineur qui doibt conduire la mine , doibt avoir parfaite expérience, comment elle doibt cftre conduire, à fin qu’il ne s’abufè point,& la face en un lieu où elle Le mineur ne doibt eftre faite.Pourtant il doibt avoir cognoiffimce du compas ou bouflble, par le doibt enten- moyen de laquelle il peut conduire fà mine. Auffi faut il, qu’il ayt quelque experien-dre le com- ce de la Geometrie, à fin qu’il fçache, à quelle hauteur il doibt mettre fa mine félon la proportion du rempart.
- Tant plus on s’approche du lieu, où il faut mettre la chambre * tant plus eftroiéfc doibt eftre le chemin, dé forte qu’il ne doibt pas cftre plus large, ni plus haut a l’entrée de la chambre, qu’un tonneau lequel à peine doibt pouvoir paftèr par le chemin, car tant plus eftroit eft le trou, tant plus aifèment on le peut boufeher.
- Le lieu de Le lieu de la chambre doibt eftre tel que la poudre ne face effort ni de l’un, ni de
- la chambre, l’autre cofté, mais qu’elle efleve tout droit la terre en haut. Neantmoins il eft quel-quesfois commandé aux mineurs d’ordonner la mine de forte qu’elle jette la terre dedans la fortereffe, ou bien dèhors.Ce qu’ils effectueront,quand ils ne feront pas le cofté qui doibt eftre enlevé, fi efpais que l’autre : car la poudre à canon eft de telle nature, qu’elle fait fôn effort vers le plus foible cofté, & combien quelle s’efleve ordinairement, fi eft ce quelle cerche communément, & le plus fouvent le lieu, où elle peut avoir plus d’air, ce qui appert aux moufquets & canons.
- Grandeur La grandeur de la chambre eft diverfe, & fè rapporte à la grandeur & proportion de la cham- du rempart. Il faut toutesfois obferver, que l’on la face autant eftroitte qu’il eft pof-bre. fible, & qu’il y ayt neantmoins allez d’efpace pour y mettre les tonneaux. La commune hauteur eft de 6 à 7 pieds, 6c la largeur de 4 à 5 pieds.
- Quand la chambre eft prefte,ony met les tonneaux : leur nombre ne peut eftre fi precilèment deferit. Car un rempart eft plus grand que l’autre, de forte qu’une plus grande quantité de poudre eft requifè pour l’un que pour l’autre. La commune opinion eft, qu’un tonneau de poudre peut ellevér une verge*de’terre. Les conneaux font mis de forte, qu’ils puiflènt eftre tous eforis en un moment à la fois, ce qui caufè un plus grand effeCfc, que fi un tonneau s’efprenoit, apres l’autre. Apres que Ton y a mis les tonneaux* il faut boucher le trou ou l’entrée de la chambre de fortes planches, 6c de bonne terre, & laifïèr un petit canal pour mettre de la poudre là dedans : lequel on mene jufques à la fin de la mine, & remplit on le chemin bien fort de terre, à fin que l’air n’y puiffe entrer ni fortir. Car tant plus ferme eft la mine , tant plus grand en feral’effed. Touteftantpreft comme il appartient on la laiflè, jufques .à ce que l’on foit commandé d’ymettre le feu.
- En la 163 figure eft reprefènté une mine, A B C D E eft le chemin au deffiis du bou-levart, E eft l’entrée dans la chambre, F G H1 eft la chambre meftne dans laquelle il faut mettre la poudre à canon,
- On fait icy une demande, fi les mines doivent eftre conduites par lignes droites, ou par courbes ? La refponfe en eft, que les mines en lignes droittes font bien pluf-eftre droites toft achevées, mais d’autant quelles ne font pas un fi grand effed on leur préféré d outortues. bon droit celles à lignes courbes. Car les allées" tortues/ont. caulè.,, que la poudre à canon n’a pas tant de force de rompre l’eftoupement ; & pofé le cas qu elle ait re-J pouffé le boufehement D E, le refte n’eft pourtant pas repoufTé d’autant que la force de la poudre eft retenue par la terre auprès de D, 6c contrainte de s’eftever en haut, ou fe tourner vers où elle eft dreffée. Mais quand il y auroit une ligne droitte , 6c la poudre auroit repoufTé le boufehement, fon effed en fèroit empefehé de diminué. Car e’eft une chofe certaine, & aflèurée, que ce boufehement fait de' nouveau n’eft pas fi ferme, que la vieille terre, qui s’y trouve de long temps.
- Les ton neaux.
- Si les doivent
- Chapi-
- p.170 - vue 219/231
-
-
-
- delà pratique Offenfive &Defenfive.
- i? t
- Chapitre XVI.
- Des contre-Mmes.
- OU il y a offenfive de guerre, la defenfivc s’y trouve aufli, comme il appert des mines : car les afliegez s’eftant apperceus des mines avec lefquelles on les attae-que, & qu'il ne leur refte plus d’efperance; mais s’attandent que la mine de l’en-nemy eftant prefte leur rempart en fera enfevé , & on leur donnera un affau^ils fè mettent fur la defenfive,& commencent leurs mines,lefquelles font faites,ou pour en offenfer l’ennemy, ou pour s’en defendre. Parqüoy il faut icy entendre trois fortes Trois fortes d’ouvrages,à fçavoir les ouvrages par lefquels on cerche les mines de l’ennemy: les mines. mines lefquelles on fait pour en endommager l’ennemy, 5c les reitrenchements au dedans: nous traiterons des deux precedens en ce chapitre icy.
- Par la première maniéré des contre mines on entend les ouvrages ou mines, qu’on Première fait pour cercher les mines de l’ennemy 5c tuer les mineurs, apres qu’on les a trou- maniéré des vécs, comme aüfli pour abatre l’ouvrage fait,& ofterla poudre delà chambre, de for- cmtre m" te que l’ennemy fe trouve trompé, quand il penfe de la faire fauter,& en attend l’effet en vain, d’autant que la poudre en a efté oftée.
- Pour cercher les mines de l’ennemy il fè trouve deux maniérés : l’une de laquelle les anciens fe font fervi, 5c l’aune qui eft aujourd’huy en ufàge.
- Vitruve au dernier chapitre de fon 10 livre delcrit la maniéré des anciens , 5c dit, Comment que la ville d’Apollon 'te eftant afliegée, bc les aflïcgeants ayants fait des mines defloubs Us anciens la terre pour aflàiller à l’impourveules citoyens au dedans des murailles, les citoyens ^tcerehe en eftant advertis, en furent extrêmement effrayez 5c perdirent toute efperance 5c lesmmts' courage, d’autant qu’ils ny fçavoient point de remede, 5ç ne pouvoient trouver le lieu ou les mines fè faifoient. Mais Trypho Alexandrin, qui eftoit en ce temps l’Archi-tetc de la ville, ordonna auprès des murailles quantité de foflès 5c fit des mines au defloubs des murailles, les continuant au dehors d’icelles jufques à la portée d’un coup de flefche. Il fit aufli pendre aux foflèz par tout des vaiflèaux de cuivre, qui donnoient aux lieux,defloubs lefquels l’ennemy travailloit, un fon à caufè du mouvement de la terre, dont il s’apperceut des mines de l’ennemy 5c fit remplit des chaude-rons de cuivre d’eau bouillante , 8c de poix fondue , pour les verfèr fur la tefte des ennemys : il avoit aufli provifion de fiente d’homme avec du fable chaud, lefquelles chofesil jetta de nuid dans les mines des ennemys, dans lefquelles il avoit fait des trous, & tua par ce moyen quantité d’iceux.
- Hérodote en fà AÛlpomene fait mention d’un chauderonnier, qui fè trouvant dans fe ville de Barca afliegée-des Per [es, découvrit les mines des ennemys par le moyen d'un bouclier de cuyvre, lequel il mit en divers lieux contre la muraille, & s’appercent finalement du lieu foubs lefquel les mines eftoient faites.
- Mais aujourd’huy pour obvier aux mines on fè fèrt d’une contre-foflè comme il Comment elVdit cy deflus : 5c avant que l’on commence de miner il eft befoing de s’enquérir, à eereheatt la maniéré des anciens, du lieu qui peut eftre miné de l’ennemy. Mais les mines font cerchées en diverfès maniérés.
- Quelques uns veulent, qu’on face aux remparts & boulevarts tout a l’entour de 1 Opinion. la fortereflè (à fçavoir au commencement quand elle eft baftie) des allées cachées au defloubs de terre, par lefquelles on fè puiflè apperçevoir en apres des mines. Mais cela ne femble pas eftre utile, à caufè que le rempart en eft rendu trop foible, 5c les mines reveftuës feulement de planches ne font pas de longue durée, d'autant que le bois pourrit avec le temps, 5c les mines en apres tombent en bas ce qui rend tout le travail inutile. Aufli eft il dangereux de voulter les remparts 5c boulevarts, veu qu’il eft à craindre, qu’un tel ouvrage ne fbit aufli durable, puis qu’il eft contraint de foü-ftenir une fi pelante charge, outre ce qu’il caufe des defpens exceflifs. Et combien que les mines foient ordonnées en l’une 5c l’autre maniéré fi eft ce qu’il eft incertain, fi l’ennemy rencontrera juftement la mine faite, puis qu’il peut prendre fon chemin ou au deflus de la mine ou bien au defloubs, 5c ainfi laiflèr la contre mine.
- Il y en a d’autres qui trouvent bon, que l’on face pendre aux arbres ou autres % opinion.
- Y 1 buiflons,
- p.171 - vue 220/231
-
-
-
- 3 Opinion.
- 4 Opinion.
- Tour faire les contre mines.
- Vfage des palijfades.
- 171 Troifiefine Livre de la Fortification,
- buifïons, qui Te rencontrent Couvent aux remparts des cymbales, qui efïneuês par le moindre mouvement,qui fè peut faire,donnent un fon,félon lequel on fe peut reigler pour trouver.le lieu des mines. Mais c’eft une choie incertaine, a caufè du vent qui branfle fort aifement les buifïons, & branches des arbres. Et à ce que l’on pourroit dire, qu’il faiidroit faire cela, quand il fait un temps bien coy 6c fans aucun vent; je re-fponds, qu’il faut cercher les mines en tout temps, d’autant que ce feroit bien une ab-furdité dommageable d’attendre un temps tranquille pour cercher les mines de l’en-nemy, qui avance autant qu’il eft poffible Ion ouvrage,fans attendre le temps beau 6c tranquille. Cette maniéré donc n’eft pas du tout bonne pour s’en fèrvir.
- Il vaut mieux (ce qui fe.fait auffi ordinairement.) de mettre un tambour au lieu fu-fpeéfc, avec quelques dez, pois, ou febues delïiis , qui fautent au defliis du tambour quand il eft fur le lieu où on travaille. Toutesfois il ne le faut pas mettre en un lieu feul,mais d’un lieu en*un autre,& fi Couvent qu’on foit afïèuré du lieu,lequel eft branfle par le travail qui eft fait au defîoubs. Quelques uns fè fervent d’un bafïin de leton rempli d’eau, ôcpenfènt, qu’une mine foit là où l’eau eft efmeuë : mais cela eft aufîi incertain, que la maniéré precedente avec les cymbales, 6c celle avec le tambour eft beaucoup plus afïèurée. On fe peut toutesfois fèrvir des baffins avec grande utilité, quand on les met fur le rempart, comme un tambour,avec des pois, ou autres chofes. Car par un tel moyen on fè peut appercevoir du lieu, où il y a une mine. L’ufage des baffins a pris fans doubte fon origine de l’invention de ce chauderonnier, dont nous avons parlé.
- Outre la maniéré, fufdite un autre moyen vient encore en üfage,à fçavoir un grand tarière pour percer la terre, duquel ceux qui cerchent la mine font un trou dans le rempart, 6c mettent l’oreille fur iceluy obfervans foigneufèment, s’ils peuvent ouir quelque choie, ce qu’ils pratiquent en divers endroits d’un lieu fiifpet. Plufieurs autres inventions font monftrées par la neceffité mere de la pratique.
- Pourrefifter donc aux mines de l’ennemy on fe fert de la pratique fuivante. Apres que l’on a curieufèment cerché les mines de l’ennemy, 6c qu’on eft afïèuré du lieu où elles font cachées, on les trouvera fans aucun doubte, 6c ne refte autre chofè,qu’a fè préparer pour faire des contre-mines, ce qui eft fait en la raefine maniéré, qui eft deferitte au chapitre precedent traitant des naines , à fçavoir qu’on eftançonne les mines de paulx, '6c les reveftit on de planches. Or puis que l'on n’eft pas afïèuré de rencontrer fi juftement la mine de l’ennemy, qui la fait ou trop haute ou trop bâflè, il en faut faire plufieurs, afin que l’on puiflè parvenir jufques à icelle , 6c principalement à la chambre pour en ofter la poudre à canon.
- Quand la mine de l’ennemy eft fi cachée qu’on ne la peut trouver, il faut que les affiegez prennent la refblution de quitter cette partie du rempart, defîoubs laquel-il y aune mine, 6c de fe retrencher au dedans. Mais pour en faire leur profit, ils ap-preftent auffi leur contre-mine faite en ce lieu là, 6c la remplifïènt de poudre, attendant l’effet de la mine de l’ennemy, 6c quand il a fait fauter fa mine ils fe retirent dans leurs ouvrages nouvellement faits.Et comme l’ennemy s’eft logé en cette piece, laquelle les affiegez ont quittée, ils font auffi fauter leur mine, & tuent touts ceux qui s’y trouvent.
- On fè fertaufli de ce moyen aux ouvrages extérieurs, & au chemin couvert, quand il les faut quitter, 6c qu’on ne les peut defendre d’avantage.
- Chapitre XVII.
- Des Paflijfades, P aux, Cavalliets de Frife, Barricades,
- Chauffes Trappes, & Dodanes.
- NOus avons fort fouventfait mention des paüflàdes, 6c de l’ufàge qu’elles ont, principalement quand on en environne les foflèz qui font fecs, car elles fèr-vent au lieu de l’eau contre un fubit afïàut, de forte que non fèulement les fof* fez des grands remparts, mais auffi ceux ‘des ouvrages extérieurs en doivent eftre fortifiez.
- Elles font auffi fort utiles aux camps, lefquels il faut environner de trcnchées,
- où on
- p.172 - vue 221/231
-
-
-
- de la pratique Offenfivê & Defenfivé. 173
- où on les plante en terre tout à l’entour des forts de campagne , qui font fituez au* lieux dangereux.
- Aux fortereflès elles n’apportent pas moins d’utilité, principalement quand les af-fiegez font travaillez de forte, qu’ils font contrain&s de fe rerrencher au dedans, comme aufli aux breches, dont il fera traidté au chapitre fuivant.
- Les paliflàdes donc font appreftées en la maniéré foivanre : on choifit despaux Comment d’un bois fort & bon, ayants 3^4 poulces en diamètre, mais d’une longueur diverfe, ellesdoiyent félon qu’ils font mis en divers lieux,les uns font longs de 7,les autres de 6,Sc quelques efirefaitts-tins de 5 pieds. Or il faut appointir le bout d’embas de tous ces paux, & laiflèr celuy d’enhaut plat, pour les coigner dans la terre avec un mail : on perce aufli un trou efloigné de 3 ou 3— poulces de la teftc dif pieu, 8c un autre 3 poulces au deifoubs du precedent, 8c le troiflefme au cofté tenant le milieu des deux autres, de forte que les doux mis là dedans rcfemblent à trois cornes, l’on y met quelquesfois deux doux,
- 8c ils n’y font pas fichez en angle droit mais un peu eflevez vers la tefte. La longueur des doux eft de 8 à 12. poulces, & leur grofièur eft telle, qu’ils ne puiflènt aifement eftre flefchis, ny rompus, 8c le bout qui vient dedans le pieu, eft un peu plus gros, que celuy du dehors, qui doibt eftre aigu.
- Quand on fe veut-forvir de ces paux, dont il faut avoir quantité, on prend premièrement les plus courts ayant 5 pieds de longueur, 8c en fait on un long rang félon qu’il eft neceflaire. On les coigne en terre jufques à la longueur d’un pied 8c demy, ou bien davantage, félon que la terre eft conditionnée, ce qui fera le premier rang: auquel foccede le deuXiefme fait de paulx ayants 6 pieds de long, qui font mis derrière le premier rang, de.forte qu’ils ne facent une ligne droite avec-les premiers,mais viennent un peu à cofté, à fin que les doux rempliflènt touts les lieux neceflàites.Leur teftes doivent eftre d’un demy pied ou environ plus hautes, que celles des premiers, en la mefme maniéré fait on aufli le troifiefme rang,qui doibt aufli eftre un demy pied plus haut que le deuxiefme, quand on en veut encore un rang davantage on le peut àufli faire. Telles paliflàdes font reprefentées en la 164 figure.
- Par les paux, defquelsonfe fort aux aflàuts s’entendent deux maniérés de paux. Faux four La première maniéré comprend ces paux qui font mis aux parapets des forts, ouvra- fe fervir ges extérieurs, & redoutes, pour empefeher que l’on ne les puiflè fi aifement aflàillir, mx aJfaHts-ou efcheler: nous avons deforit leur grandeur au chapitre traidant des profils des forts, à fçavoir qu’ils doivent avoir 3 à 4 poulces en diamètre, 8c 6 à 7 pieds de longueur, dont la moitié eft coignée au parapet, 8c l’autre moitié eft laiflee au dehors, comme il fo void aux figures du mefme chapitre.
- Par l’autre maniéré nous entendons les grandes poultres ferrées, 8c attachées de chaifnes de fer, qui demeurent tousjours aux remparts 8c boulevarts couvertes d’un petit toid pour s’en forvir en cas de neceflité, quand lennemy tache d'aflàillir lafor-terefle. Car il en eft repoufle quand il veut efcheler le rempart, d’autant que ces paux jettez de haut en bas endommagent grandement les afliegeants à caufo de leur pefanteui , à laquelle ils ne peuvent refifter , combien qu’ils foyent armés de mor-
- reons.
- Nous avons marqué en la déclaration des noms l’origine, dont les cavalliers de fri- Cavalliers fe ont pris leur nom , à fçavoir que l’on s*en fervit au fiege de Groen'mgen en Frife avec Frife-grande utilité, 8c on empefeha la Cavallerie, qui eftoit venue pour fecourir la ville : dont il appert, qu’ils font de grand ufage pour retarder la cavallerie, 8c doivent eftre tousjours menez par chariots particuliers, d’autant que l’on en peut couper fouven-tesfois le paflàge à l’ennemy en plus grande hafte que l'on ne feroit faifànt des foifes.
- Aux fortereflès on s’en peut aufli forvir avec plus grande utilité que de chaines VtiUté^es eftenduës au travers des rués. Car on peut bien paflèr au defloubs de chaines, 8c un bon cheval peut fauter par defltis icelles. Mais les cavalliers de frife y eftant mis on ae nJ*' n’y peut paflèr ni à pied, ni à cheval, d’autant qu’ils ont des poin&es aigues de touts coftez. Ils fervent aufli aux fauxbourgs 8c autres places au lieu de barrières, & là ou il faut garder les lieux fort larges, on en joint quelques uns enfemble, ce qui fe fait ordinairement aux voyages de guerre.
- Ils font donc faits comme s’enfuit: on prend une arbre d’un bois fefme,qui ne fe fende point, dont le diamètre eft de 5 à 6 poulces, la longueur de 10 à 14 pieds, *sJau**
- TVy lequel
- p.173 - vue 222/231
-
-
-
- Barreaux ou barricades.
- Chauffes
- trappes.
- Dodanes.
- 174 Troifiefme Livre de la Fortification,
- lequel on fait à fix coings, en forte qu’il ait fix coftez, & au milieu des coftezon perce des trous efloignez 3 ou 4 poulces l’un de l’autre, mais toutesfois en croix : en apres on met là dedans de petits picquets ronds, ayants en diamètre un poulce & demy, ou % poulces, & longs de 5 à 6 pieds, à fçavoir touts d’une mefîne longueur, qui doivent eftre faits d’un bois fort, & ferme,qui ne le ployé aifement;ni nefoitauflï endommagé de la pluye: ils font donc mis dans les trous, de forte qu’ils s’eftendent d’une meune longueur de chalque cofté, 8c qu’il en ayent autant de l’un que de l’autre. Dont le cavallier devient efgal par tout, & tombe tousjours d’une mefme façon,combien que l’on le jette,comme on veut.Le bouts poitus de ces picquets font ferrez,& les bouts de l’arbre font munis des cercles de fer à fin que l’arbre ne fe fende ficoft, 8c au milieu des bouts on' fiche des crampous de fer pour joindre deux ou trois cavalliers de chaines, quand il eft befoing, tout cela eft reprefenté en la 16$ figure.
- Où il y a des digues auprès d’une fortereflè 8c de l’eau, par laquelle les navires pafo font 8c rcpaflènt, où l’eau, peut eftre paflee à gué , on fo fort de Barricades reprefen-tées en la 166 figure, qui font faites de paulx de bois fort 8c quarrez , 8c ayants 4 ou cinq poulces de groflèur 8c neuf à dix pieds de longueur, lefqüels on met entre deux poultres,efloignez l’un de l’autre de 5 ou 6 poulces,tout ainfi comme il fo void en la
- 166 figure.
- Les chauffes trappes , qui font une defenfo tres-utile font faites de forte qu’elles tournent tousjours une pointe en haut. Car elles ont 4 poin&es dont les trois viennent tousjours en terre, 8c la quatriefine eft debout. Leur grandeur eft diverfo, d’autant que celles, defquelles ou fo fort au pays, font plus petites, que celles qui font jetrées dans un fofle : la poin&e eft donc longue de 3,4 à 5 poulces. Il en faut avoir bonne quantité aux fortereflès, pour les jetter dans le fofle, 8c dans les breches, d’autant qu’elles endommagent grandement les foldats : elles font reprefentées en la
- 167 figure. ^
- Les dodanes font des digues faites de pierre pour fouftenir l’eau quelle nes’efoou-le du fofle. Les Allemands les nomment Ours, d’autant quelles ont la forme d’un ours, 8c les François dos d’afhes, & d’un mot corrumpu dodanes , d’autant quelles reflèmblent à un dos d’afne, fur lequel les foldats defobeiflàns font contraints de fo tenir quelque temps, ce qui eft in inftrument fait de bois, 8c eft femblablc à. un vray dos d’afhe.
- Simon Stevïn en fo nouvelle Fortification par Eclufos, fair mention des grandes fautes que l’on a commifos au baftiment des dodanes, d’autant que le fond, qui fouftient cet ouvrage, 8c doibt eftre extrêmement fort, n’a pas efté bien aflèuré, dont il eft advenu, que les defpens 8c la peine ont efté employez en vain. Parquoy il donne un bon confoil d’y enfoncer des pieux attachez en longueur l’un à l’autre avec des queues d’arondelles tout ainfi comme il fe void au Cabinet des focrers Mechaniques d’Augu-ftin de RameUû, en ce lieu là dont nous avons fait mention, 8c de rendre par ce moyen le fond aflèz ferme, fur lequel il faut en apres mettre fe dodane.
- Sa hauteur fo rapporte à l’eau quand elle eft au plus haut: l’efpaifleureft telle, qu’elle puiflè refifter à la force de l’eau. Et d’autant que les dodanes peuvent forvir au lieu d’un chemin pour entrer dans la fortereflè, on fait à chaque bout des barricades tout ainfi comme nous les avons deferiptes, 8c reprefentées en la 166 figure, 8c on fortifie aufli le lieu tout à l’entour de paliflàdes. Mais le fommet du dodane eft aigu au milieu d’iceluy eft mis une petite tournelle ronde à fin que ceux qui veulent monter au long du dodane en foient empefehez. Quelquesfois on y fait aufli deux tourelles, principalement quand le dodane eft fort long : la 168 figure monftre le pourtraid d’un tel dodane.
- Ch api*
- p.174 - vue 223/231
-
-
-
- dé la pratique Offenfitve & Defenfive. 175
- Chapitre XVIII.
- "Des Retrenchements intérieurs, & comment on doibt rejifter à un ajfault.
- LA Fortification ne traiéfce pas feulement des fortereflès parfaites, & pourveuës de toutes fortes d’ouvrages extérieurs,mais elle a encore un autre ufàge.veu qu elle monftre comment on doibt apprefter de garnir une forterefiè d’ouvrages nouveaux, quand les autres font ruinez. Cette partie de la Fortification eft nommée le retrenchement intérieur, de en Latin recejfus,d’autant que tels ouvrages ne font faits à autre fin, fi non pour s’y retirer. Car quand on ne peut defendre un ouvrage entier, ou une partie d’iceluy, à caufe que l’ennemy s’efforce de tout fon pouvoir de s’en rendre maiftre,il faut advifèr,quand on fora chaflè d’un ouvrage,comment on fo pourra retirer en un autre, de le defendre derechef contre l’effort de l’ennemy, d’autant qu’il fèroit dommageable de fo defendre là où on eft a defoouvert.
- Ce retrenchement intérieur eft de deux fortes, l’un des ouvrages extérieurs,de l’autre de la forterefiè mefme.
- Outre cela il eft auffi general ou particulier.
- Nous trai&erons premièrement des retrenchements des ouvrages extérieurs, qui font les premiers lefquels l’ennemy attacque. En apres nous monftrerons auffi le retrenchement de la forterefiè mefme.
- Touchant le retrenchement general, il eft feulement ufité aux ouvrages couronnez, ouvrages à corne, de tenailles.
- Iceluy eft auffi de deux fortes Régulier, de I rregulicr.
- Le retrenchement general, fait un ouvrage fomblable à celuy, duquel il eft retren-ché, de forte qu’un ouvrage couronné eft fait dans l’ouvrage couronné, un ouvrage à corne dans l’ouvrage à corne, de une tenaille dans une tenaille.
- Le retrenchement Irrégulier des ouvrages extérieurs eft celuy, qui ne retient pas la forme de l’ouvrage, qui eft retrenché au dedans, de ferme toutesfois l’ouvrage retren-ché d’un parapet continu.
- Le retrenchement particulier, eft quand un ouvrage eft fait des ouvrages rompus, ou feparez, de forte qu’on met un, deux, ou trois ravelins au lieu d’un ouvrage à corne à deux demy-boulevarts.
- Il faut bien obforver touchant toutes les fortes de retrenchements icy mis, qu’ils ayent une bonne defenfo, de s’il eft pofîible, foient auffi défendus d’ailleurs j de qu’ils foient ouverts de ce cofté, qu’ils regardent la forterefiè.
- Le retrenchement general aux ouvrages couronnez eft fait comme s’enfuit : on fo recule en .arriéré jufques à zo ou 24 pieds de longueur, plus ou moins félon que la condition du lieu de la neceffité le requiert, &fait on au dedans un ouvrage fomblable à celuy, qui eft retrenché ; de combien que cet ouvrage devienne plus petit que l’autre dont il eft retrenché, fi eft ce qu’il donnera aflèz d’affaire à l’ennemy, quand il l’attacqucra; Les ouvrages couronnez fuivent communément la proportion du petit Royal, où la proportion des polygones de 55,50 ou 4 j.verges. Quand on veutretren-cher l’ouvrage un peu plus au dedans, il en deviendra bien plus eftroiét au regard du grand ouvrage , mais il eft affez grand pour fo defendre. Il n’eft pas befoing d’enre-prefentericÿ les pourtraiéts, d’autant que chacun pourra aifement cognoiftre, & apprendre par le chapitre des ouvrages couronnez, comment ils doivent eftre re-trenchez.
- Le retrenchement general des ouvrages à couronne n’a pas beaucoup de difficulté, de peut eftre aifoment monftré, d’autanc qu’il eft fort commun. Vn exemple s’en void en la 169 figure : le retrenchement eftant fait, on s’efforce, d’y laiflèr un fofle entre l’ouvrage quitté, & le retrenchement, qui doibt neanrmoins-eftre fait, d’autant que l'on prend la terre du fofle pour en faire & baftir le retrenchement. Il faut auffi ob-ferver, que l’on face le rerrenchement autant fort qu’il eft poflible.On ne fait pas feulement des retrenchements,quand on a l’ennemy fur les bras, mais auffi en quelques, fortereflès, quand on les commence à baftir.
- Y 4 Leretren-
- Retrenche-ment intérieur.
- General & particulier.
- Retranchement general des ouvrages extérieurs.
- Retrenchement particulier des' ouvrages extérieurs.
- Retrenchement general des ou-vrages à corne.
- p.175 - vue 224/231
-
-
-
- i7 C Troifiefme Livre dé la Fortification*
- Le retrenchement general des tenailles n’eft pas autre que celuy,qui eft fait aux ouvrages à corne, horfmis que l’on y met une tenaille au lieu d’un ouvrage a corne. Retrenehe- Le retrenchement particulier des ouvrages à corne eft fi divers , que l’on en peut ment parti- mettre iCy toutes les fpeces. Vn retrenchement eft reprefenté en la 171 figure, où I ou-eulter des ^ yragC ^ corne eft retrenché, & deux ravelins y font faits aux coftez, qui font encore Retendus d’un tiers, qui eft derrière les autres; & combien qu’ils ayent une aflèz fiif-fifante defenfe d eux mefmes, fi eft ce que la defenfe de l’autre ravelin y eft adjouftée de plus, qui prend fa defenfo de la tenaille laquelle te trouve derrière.
- : 11 y a encore une autre forte de retrencher un ouvrage à corne reprétentée en la 171 figure. A l’imitation de ces retrenchements on en pourra ordonner plufieurs autres félon que la neceffité le permettra, & félon qu'on eft attajcqué de l’ennemy : lesquels tous il n’eft pas polfible de marquer icy.
- Retrenehe- Le retrenchement general du grand rempart eft bien rare, & peu ufité, d'autant mentgene- qUe les affiegeants, & affiegez deviennent finalement las ; il s’en eft veu pourtant un ral des for-
- exemple au fiege d’O fonde, qui a duré trois ans entiers, 8c les affiegez te font plufieurs erejjes. f0js généralement 8c royalement retrenchez en divertes façons, de forte qu’ils ont quitté finalement plus de la moitié de la ville. Et combien qu'un tel retrenchement foit fort peu pratiqué,nous en mettons toutesfois icy un exemple en la 175 figure,où il eft monftré comme on doibt quitter une piece entière d’une fortereflè avec tes courtines 8c boulevarts, 8c comment on doibt faire une nouvelle fortification.
- Retrenehe- Le retrenchement particulier d’un boulevart, 8c de la courtine eft plus ufité, dont ment parti- nous avons eu un exemple au fiege de Bolduc.
- cuber des pour exempie iCy font reprefentez quelques retrenchements , qui te voient en la forferejjes. ^ £gUre en A B & C ; la lettre C monftre comment on doibt quitter un boulevart entier,8c comment on doibt faire la ligne capitale apres qu’un boulevart eft retrenché.
- Semblablement d’autres fortes de retrenchements de boulevarts font reprefenrées en la 174,175,175,177 8c 178 figure : telon lefquels on en pourra faire plufieurs autres, 8c les changer &: ordonner, félon que la prefence de l’ennemy, & la commodité le requerra.
- Il arrive aufli quelquesfois,*que les courtines font retrenchéesau dedans, principalement , quand elles peuvent eftre attacquées de l’ennemy avec avantage, a caute de leur longueur. On les peut retrencher en la manière reprefentée en la 173 figure, quand on a aflèz de temps de te retrencher royalement. Mais en casque le temps fuft trop court pour faire une fortification Royale, on te pourra fervir des travertes, qui font defcrittes au chapitre des travertes.
- Il n’eft pas polfible de retrencher la fauflèbraye à caute du peu d’efpace qui s’y trouve : toutesfois on y peut mettre une bu plufieurs travertes vers le coftê,lequel l’ennemy veut attacquer, & où il a avancé fa gallerie, à fin qu'on ne cede par tout à l’ennemy, mais qu’on confèrve autant qu’il eft polfible la place. Car les affiegez joüiflènt de mefme avantage duquel joüit l’ennemy , quand il vient dans la fauflèbraye: & combien qu’il te puiflè couvrir d’un toi&fait de planches, on y peut toutesfois mettre le feu, 8c incommoder l’ennemy de touts coftez.
- Touchant les autres ouvrages,comme les ravelins & demy-lunes,on verra bien comment on les doibt retrencher, par les retrenchements des boulevarts, quand l’ouvrage, qui doibt eftre retrenché eft feulement aflèz grand , pour avoir aflèz de place en l’ouvrage retrenché.
- Mais comme tout ce qui eft fait icy, regarde principalement la defente, qui doibt Terre pour aufli eftre confiderée par tout aux fortereflès ordinairesjde mefine il faut bien avoir efi-en faire des gard aux matériaux defquels les ouvrages doivent eftre faits,de forte qu’on doibt pren-retrenche- jre ja meiUeure terre,d’autant quelle eft la plus commode pour en faire des ouvrages.
- Aux ouvrages extérieurs on te pourra tousjours tervir de la terre, laquelle on prend du fofle. Mais d’autant que la terre fàblonneufè, ou meflée de fable n’eft pas fi bonne on s aydera de branchages, qui y font mis entre deux, comme nous avons enteigné au chapitre du rempart.
- Aux grands boulevarts, où il n’y a pas aflèz de terre, 8c elle eft outre cela fablon-neufe, on y pourra auffi mettre des branchages entre deux, comme aufli des poultres, 8c le bois des maifons abatuës par le canon. Mais quand la terre eft fi fàblonneufè
- que,
- p.176 - vue 225/231
-
-
-
- pl.n.n. - vue 226/231
-
-
-
- dclapradiqùeOiFenfive&Defenfive. 177
- que l’on nè s’cn peut fèrvir eftant fèule on y met de la fiente, de la paille , & d’autres telles chofès entre deux, 8c mouille on la terre autant de fois qu’il eft befoing. Les parapets font fortifiez de gabions, quand on ne les peut faire autrement : on met aufli des corbeilles au deflus du parapet, pour en eftre mieux couvert.
- Le profil des retrenchements ne peut eftre deferit, quand on ne fçait pas le temps Profil des dans lequel ils doivent eftre faits. retrencht-
- Aux ouvrages extérieurs on fè pourra fèrvir du profil ordinaire, quand on a aflèz ment5' de temps de faire les retrenchements,ou bien on les fait long temps au paravant: mais les ouvrages qui font faits en grande hafte n’ont pas de certaine mefurc. Il vauttou-tesfois mieux de les faire autant forts qu'il eft poffible, 8c que les moyens 8c le temps le permettent.
- Touchant les retrenchements des boulevarts 8c courtines, on n’en peut auffi donner de certaine reigie, 8c il faut feulement avoir efgard à ce que nous avons fouvent répété, à fçavoir que tous les ouvrages, 8c retrenchements intérieurs foient ouverts du Les rttren-cofté de la forterefiè : 8c qu’on ne les face pas fi hauts que les grands ouvrages, 8c cela chements pour deux raifons : la première, que les remparts des retrenchements eftant plus bas doivent que le grand rempart ne peuvent eftre endommagez du canon de l’ennemy, à caufe du J-jJ® £ grand rempart qui les deteud. En apres lennemy ne fe peut appercevoir du lieu, 8c ^andou-dc la forme des retrenchements, félon lefquels il fe pourroit autrement reigler. Il eft mages. auffi certain, que l’on ne peut battre l?ennemy d’un lieu haut quand il eft fort proche d’iceluy,d'autant qu’il fè peut couvrir d’un haur rempart,comme nous avons enfèigné au chapitre des remparts,
- T put cela eftant fait,quand on eft aflèuré que l’ennemy fera fauter la mine, laquel- Four faire le on n’a pas peu trouver, on doibt redoubler la garde par tout, 8c mettre le canon préparation aux lieux, defquels on peut flanquer. On doibt bien avoir auffi grand foing des autres c0^tre Mn lieux que de la brefohe, qui doibt eftre faite par la mine : d’autant que l’ennemy efpe- *Maut‘ rant d’avoir attiré toutes les forces de la forterefiè vers la brefehe, pourra attacquer une autre place de la forterefiè, laquelle il n’a pas auparavant travaillée , de forte . qu’il fe pourroit aifèment rendre maiftre d’un tel lieu defpourveu d'une defenfè fuflifànte.
- Apres que la brefehe eft faite , il eft certain que les affiegez fèront attacquez par aflàur; parquoy ils s’apprefteront, 8c le fouftiendront autant qu’il eft poffible, s’efforçant de defendre courageufemcnt la brefehe : & il faut principalement, qu’ils jettent des chauffes trappes dans icelle , pour endommager l’ennemy quand il y voudra monter.
- Ils mettront auffi les cavalliers de frifè devant la brefehe, qui empefeheront que L’ennemy ne puiflè pas venir fitoft fur le rempart, à quelle fin les paliflàdes y fèront auffi neceflàires.
- Cependant il eft necefïâire que les foldàts combattent courageufemcnt, 8c qu’ils foient auffi encouragez des Officiers par grandes promeflès, 8c par leur propre pre-fence : 8c d’autant qu’ils fe laflènt auffi, il les faut changer, 8c en commander d’autres, qui font mis en ordre derrière le rempart pour les fècourir.
- Quand on ne peut defendre la brefehe,il faut que l’on fe retire aux retrenchements,
- 8c y prendre un nouveau courage, derrière un rempart nouveau, faifant autant de rc-fiftence qu’il eft poffible.
- Chapitre XIX.
- Des Moulins a Eau.
- L’Eau eft une defenfe fort utile 8c necefïâire, auffi bien aux champs, qu’aux forte- ^ Hti_
- reflèsj mais fon abondance eft auffi fort dommageable, d’autant quelle empe- u &dom-fche 8c retarde fouventesfois les ouvrages. Pour prévenir donc cet inconvénient mageable. onfè fert de toutes fortes d’inventions, defquelles l’eau eft efpuifée 8c dérivée ailleurs.
- Quelquesfois on a des moulins à vent, 8c qüelquesfois des moulins d eau, ou qui font tournez par des chevaulx, ou des hommes. Quelquesfois on fe fert de pelles au lieu de moulins, & il y en a prcfque d’autant d’inventions, comme il y a de nouveaux
- ouvrages
- p.177 - vue 227/231
-
-
-
- 178 Troifiefine Livre de la Fortification*
- ouvrages, qui font faits, d’autant qu’un chafcun fe vente de fes inventions, 8c les met en lumière. De tous ces moulins, horfmis ceux à vent qui font cognus par tout, il n y Moulin de Cn a point dont on fe puiflè plus commodément fervir, que des moulins de Vitruve re« Vttruve. fèmblans au dedans à une vis à monter, 8c à un tonneau par dehors.
- Ces moulins ont bien pris leur origine de l’invention de Vitruve , mais ils ne font pas aujourd’huy entièrement en ulàge, comme Vitruve les a dcforit : d’autant qu’ils font aucunement changez. Nous defcrirons icy comment ils font aujourd’huy faits. Qui eft dclîreux de fçavoir l’invention de Vitruve, pourra lire fon Architecture, où il-en trouvera la defeription,
- On prend un arbre fort, qui doibt eftré le fondement de ce moulin, lequel on fait bien rond, 8c les bouts de l’arbre egaulx 8c plats : en apres on divifela périphérie des bouts en 8 parties elgales, 8c tire on des perpendiculaires de chafque angle polygone tout au long de l’arbre,de forte que la rondeur de l’arbre eft départie en 8 parties eigales, 8c les perpendiculaires viennent for là longueur de l’arbre. Les lignes eftant marquées , on fait l’un des bouts de l’arbre quatre jufques à la longueur d’un pied 8c de-my, 8c commence on de l’autre bout du point extreme de l’arbre à marquer fur la première ligne la longueur du polygone de l’arbre qui a 8 polygones,la meftne longueur, marque on aufli deux fois for la deuxiefme ligne de la main droitte vers la gauche, 8c trois fois fur la troiiieime, quatre fois for la quatriefme, jufques à ia hui&iclme ligne, fur laquelle il faut marquer hui&fois ladite longueur. Apres cela on commence derechef de la première ligne, de laquelle on a auparavant commencé de marquer les autres poinds tout ainii comme on a fafo les premiers, de chalque poind on tire une ligne au travers juiques à l’autre poind, 8c on continue cela tout à l’entour de l’arbre, 8c ce fora la ligne fondamentalle, folon laquelle il fo faudra reiglerjune autre ligne pa-ralelle à celle cy eft tirée à la diftance d’un poulce ou ’d’un poulce 8c demy, félon l’elpaiflèur des ais, delquels on fo veut forvir, 8cfolop icelle on cave l’elpace entre les. deux lignes parallèles, 8c ayant fopputé la proportion de la périphérie par fon diame-metre on joind les ais en telle maniéré, que les 8 enfemble facent un cercle entier, lëlon le diamètre que la rondeur du moulin doibt avoir. Parquoy il faut, que les ais foientplus ferrez de ce cofté là, qui doibt eftre mis dans les fentes, de forte qu’il en / fautofter la longueur du demy-diametre de l’arbre fondamental, 8c à fin que les ais ne'fo desjoignent,on les fait un peu penchants aux coftez, 8c les mec on en apres aux fentes par ordre, les conjoignant bien, 8c attachant avec de petits crampons s’il eft befoing, On peut aufli eftouper les fentes des ais d’eftoupes de chanvre, à fin que le moulin foit plus ferme, & elpuifo mieux l’eau.
- Apres que tout cela, qui doibt eftre fait d’un bois bon 8c fort, eft achevé, on prend de la poix fondue, 8c en poiflè on les ais, 8c l’arbre fondamental, ce qui conforve les ais, qu’ils ne fo pourriflène fitoft,
- Quand on a mis les ais dans les fentes, il les faut unir par tout, 8c reveftir d’autres planches au dehors tout à l'entour de l’arbre, dans lelquelles il y a aufli des fentes pour y mettre dedans la circonférence extérieure des ais.Quand elles fontpreftes onles poiflè, 8c en reveftiton la vis tout à l’entour,& les environne on d’anneaux de fer,à fin qu’elles ne fo foparent l’une de l’autre. Finalement on les poiflè aufli par dehors:à l’un des bouts, ayant la longueur d’un pied 8c demy, on joinéc une petite roue, 8c à l’autre bout il y a un fer, par le moyen duquel le moulin fe doibt tourner.
- La grandeur de ces moulins eft diverfe, à caufe dequoy nous les diviferons en trois efpeces, 8c nommerons les plus grands doubles moulins, les moyens Amples, 8c le plus petits demy moulins.
- Doubles La longueur des doubles moulins eft de 15 à 18 pieds, le diamètre de 3 à 5—- pieds,
- moulins. &; le diamètre de l’arbre de 8 à 9 poulces ; les ais font efpais d’un poulce & demy,
- simples Les fimples moulins ont 12. à 15 pieds de longueur : le diamètre eft 2 ou pieds,
- moulms. & ie diamètre de l’arbre de 7 à 8 pieds,& l’elpeflèur des ais eft un peu moindre d’un
- demy 8c un peu plus d’un poulce.
- Demy mou- Les demy moulins ont 10 à 12 pieds de longueur, le diamètre eft de i-~ à z pieds, lins. & celuy de l’arbre d’un poulce.
- Les planches foperieures font par tout eigales,& elpeflès de i~-à 2poulces,leur largeur eft ordonnée de forte qu’elles peuvent environner le moulin, 8c loient fermes. .
- L’arbre
- p.178 - vue 228/231
-
-
-
- pl.n.n. - vue 229/231
-
-
-
- de la pratique Offenfivé & Defenfive. 179
- L’arbre fondamental eft reprefenté en la 179.figure,où les lignes parallèles le voient tout au long de l’arbre, comme aüfli les fentes cavées au travers de l’arbre.
- La 180 figure reprefente le moulin (ans fa couverture, & la 181 figure monftre, comment il faut mettre les ais dans les fentes.
- La forme du moulin entier avec les anneaux de fer, & la petite roue le void en la 18a figure.
- Touchant leur ufage il faut bien obferver de les mettre ni trop haut, ni trop bas.
- La vray proportion en eft le triangle Pythagorien 3,4,5. car le moulin eftant la Hy-pothenulè & divifé en y parties efgales, relieront 4 telles parties pour le fondement parallelle à l’Horizon, ôc 3 pouf la ligne perpendiculaire. Quand le moulin eft fitué en telle maniéré, il tirera plus grande quantité d’eau, qu’autrement- Ce qui appartient aux moulins pour les placer,eft allez cognu aux charpentiers,de forte qu’il n’eft pas be-foing de fi amufer icy j la 183 figure le monftre allez clairement.
- Quand aux autres moulins, ôc inventions, comme celuy à eau de Ÿitruve , lé moulin à pelles plattes ôcc. on les pourra cercher dans l’Autheur mefme. Il y a bien encore d’autres inventions nouvelles lelquelles nous euflïons peu deferire icy, mais nous les taillerons , ôc en ferons mention en un autre lieu, rccommendant cependant au Leéteur l’ufage du moulin de Vitruve.
- Outre cela nous mettons encore icy une invention fort utile pour puilèr l’eau avec Pe^es fout des pelles reprefentées en la 184 figure, ôc faites comme s’enfuit. On prend trois per- $**!** ches, les liant en haut d’une corde, ôc du milieu on fait pendre une autre corde avec une pelle y attachée par le manche, dont la moitié eft couverte par defliis, laquelle on peut hauflèr , ou bailler félon que la neceffité le requiert. De mefine on peut auffi eflargic les perches, Ôc les faire plus eftroi&es.
- La 185 figure en monftre plufieurs l’une audelïus de l'autre, par lequel moyen on peut efpuifer l’eau à telle hauteur que l’on délirera. Avec cela je fais la conclufion de cette Fortification, ôc relèrve ce qui n’eft parfaitement mis icy, ou bien entièrement obmis, a un autre temps, le recommandant cependant à la Ipeculation ôc pratique d’un chafcun, qui fi voudra amufer.
- Fin du troijîefme Livre.
- p.179 - vue 230/231
-
-
-
- p.180 - vue 231/231
-
-