La castrametation
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- CAS TLR AME-
- T A T I O N,
- Defcrice par SymonSteruin de Bruges, félon l’ordonnance &vfage
- TRES-ILLVSTRE, TRES
- EXCELLENT PRINCE ET
- Seigneur Mavrice, par la grâce Dieu Prince d’Orange* C o m t e de NaiTau, Catzenellenbogen, Viahden , Diets, Moers, Bure, Leerdam, Marquis de la Vere, & de FÜflingues, Seigneur & Baron deBreda, de la Ville de Grave, & duPaïsdeCuyck, Dieft, Grimbergucs* Arlay, Nofcroy,&c. Viçontc Héréditaire d’Anvers, & Befançon, Gouverneur & Capitaine General de Gueldrcs, Hollande, Zelande, Weftfrife,Zutphcfl, Vtrcclir* & Oveiyffel $&«:. Admirai General, &c«
- a Rotterdam,
- Chez îean VVaesbergue, au Marché, à l’enfeigne
- de la Famé. 161 $.
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- SON E T
- AYQVEL EST FAIT
- jugement de ceux qui ont bien campe”.
- En parcourant de l'œil lTïiiTroxre de ÊeHontu Pour y marquer au vray qui a campé le mieux: le trouve que le Inifîon Camp fi bien ordonne, Qj/aucUn guerrier qui foit fous la cappe des Cieux;
- Tamerlttn limitant, emporte la Couronne
- K fiant en ce haut point, prudent, caut, curieux:
- En apres aux Romains puis aux Gra* je la don né Sellants auflî monftrez de bien camper foigneux:
- Mais comme vn brxvt Aiglon volant delfus la nüe LailTe de loing KAuftruche èn trompant noftre veüe* Ainfi le grand N a s s a v furpalTe tous ces Mars:
- Car il campe luy feul d’vne telle maniéré Qvfil fera à jamais de loger l'Exemplaire Aux Juifs, a Tttmerlm, aux Grecs, Sc aux Cafnrh
- D fi N E lt B Bi
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- SONET
- A MONSIEVR STE VIN;
- Mathématicien & Ingénieux de
- Son Excel i. en ce., &c.
- CjRànd Àenée ilfâlloit le burin d’vn Virgile Pour graver tes beaux faits fur vn bronze cternel: Alexandre euft voulu qu’Homere autant habile Euft arboré les Siens fur vn cftage tel.
- Pour moy, je fuis fafché quvne plume puerile Terniife les Lauriers d’vn Héros immortel:
- Il eft vray qu'on ne peut nullement les comprendre, UInfini ne pouvant par le fini s’entendre?
- Mais aumoins devoit-on, ne les profaner pas.
- V n feul S tevin paroift digne d’vn fi grand Maiftrcj Monftrant comme il affied fon Camp fans rien omettre» Auffi autre que luy ne le pouYoit ça bas.
- P i Nixn,
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- A VX TRES P VISSANTS
- SEIGNEVRS LES ESTATS GENERAV X DES PROVINCES VNIES.
- O MME plufieurs Autlicurs tant modernes qu’anciens ayent beaucoup ôc bien efcrit de là Caftmmetation, comme d’vne des principales parties de l’Art militaire, dont les'principaux Officiers du Camp des Romains (à fçavoir les Tribuns) avoyend’adminiftration, fon Excellence les a diligemment leuz, non feulement comme Théoricien, ou par fpeculâtion, mais là defius s’en eftfervi en la pradique, y adjouftantfespropres inventions ôc ordonnances, félon ce qui eft requis à la maniéré de Guerre de ce temps, là oû fe Voit que chafcun eftant venu à fon quartier, y bâftit in^ continent,pour fe guarantir de la pluye,tempefte ou gran-de chaleur du Soleil, ôc que cependant il faut que le bailT ments’âdvanceen fon entier par bon ordre, fervantauffi à fin de bien tort pouvoir environner le Camp de fes tren-chêes, pour lefquelles chofes bieneffeduer, ileftoit be> foing que plufieurs Officiers s'entendirent à la conduite decefte matière, aucuns au total, aucuns aux particulières parties, comme des régiments ôc autres quartiers, dont ils avoyentla charge, à laquelle fin vn chafcun d’eux fut in-ftruit félon l’exigence de fon quartier : Mais pour en donner encore meilleure inftrudion,le plus propre moyen m’a femblé bon d’en colliger ce traidé,car combien qu'il en foie
- beau-
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- beaucoup efcrit f coipïne il eft dit ci delïus) fi eft-ce toute-fois que ce particulier vfage requiert fa particulière déclaration. Aüffiilmafemblêmon devoir le requirer, parce qu’il a pieu d voz SeigneuriesJüufirifimes me dôner la charge de la Caflmmetation, dont aux années precendentes ayant fuivi félon mon pouvoir le commandement de fon Excellence en la pratique au Camp, j’y a>djoufteray maintenant celle théorie. A quoy auffi je m’adonne plus franchement,parce qu’aux années palTées,les plans desCaftra-metations des Camps de voz Seigneuries Illujlrijîmes ont efté requis non feulement de perfonnes de petite qualité, mais auffi de plufieurs Princes en Pais loingtains. Quant à ce que l’on'l’eut peu faire beaucoup mieux, je prie d’en eftre excufé, comme manquant à parfaite cognoilfancefde laquelle on eftime que perfonne n eft entièrement doué) & non pas à la bonne volonté, par laquelle je fuis preftau fervice de voz Seigneuries Tres-iUuftres.
- Efcrit àla H a ÿ e 3 le i2ic Mars 161 S, par le Caftrametateur & humble Serviscur de voz Seigneuries Ilkjlriflmes.
- Symon Stevïn.
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- ARGVMENT SVR LA
- CASTRAMETATION.
- ESTE Caftrametation fera de deux fortes : La première delà maniéré dont on a vfé aux Camps des Tres-]>mjftmts Seigneurs , Aies-feigneiirs les B fi ut s, félon que requirent leurs moyens & autres circonftances, de laquelle feront defcrit trois Chapitres. La deuxiefme de la maniéré accomplie, comme les Romains, eftanttresgrands <$c puiflànts, ont jadis logé, dont je traideray au quatriefme Chapitre. Mais pour déclarer en brief le- contenu def-dits quatre Chapitres, il faut premièrement confiderer, que devant qu’on vienne au mefurer, on doitfçavoir ce que lignifie Caftrametation, dont le premier fera tel:
- I Chapitre y contenant la définition ou defcription de s l* Qtftrametation.
- Eftant cognu ce que l’on entend par la Caftrametation, il faut devant que la commencer, fçavoir ce qu’y fera logé, à laquelle fin on defcrit certaines liftes qui feront comprin-fes foubs tel Chapitre:
- 2» Chapitre, des Lyfies y contenant ce quen <vn (amp propcfé iolteftre logé.
- Puis apres s’enfuit la maniéré de mefurer fous telle fu-perfcription:
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- A
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- 3 Chapitre , de marquer ou mjùrer V» (amp.
- Finalement fuivrale Chapitre fufdit de la maniéré de la Caftrametation accomplie, avec la fuperfcription comme s enfuit:
- 4 Chapitrej de ce que félon mon opinion, Jèroit utile fêl necejfairû, à laforme durable , d'vn (amp qui pourvoit continuellement demeurer le nfefmè.
- Et pour plus grand efclairciflèment,mettrons à chafque Chapitre ion argument, comprenant les fuperferiptions des articles d’iceux.
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- i CHAPITRE.
- Contenant la définition ou defcription de la Caftrametation.
- ARGUMENT DE CE I CHAPITRE.
- A qualité de la Caftrametation fe déclarera en ce premier Chapitre par il articles
- Le i Article du loger en general^ avec la firme du Camf des Romains. Les autres Articles font des parties du Camp qui fedeferir» en ce traiété, à fçavoir:
- Le 2 delàfirme des logis ctvne compaigniedInfanterie..
- Le 4 de la forme des logis dvne Cornets e^eGayai/lèrie. '
- Le ÿ de la firme des logis dvn régiment de Cavaiderie.
- Le 6 de la (orme du quartier de fin Excellence.
- Le y de la, firme du quartier du General de l* Artillerie.
- Le 8 de la firme du quartier dès Officiers, qui en ce Çamffi logent enfimUe.
- Le 9 de là forme du quartier des Chariots.1 Le i o de là forme du Marché.
- Le il de la firme du Gamp enfin entier.
- I ARTICLE.
- Wulogerengenerdi avec Uformedu (amp des 'K.omdnsl
- PO y & déclarer ^.ronjierement la çaufe ponrquqy ce foger çn c^ppaîgnei^ nomme Çàûrainetatioii, iliaût fçayoir quil & faiât ppx vne dlftriputîfn 4e logis, d’vneabondante mctatlon ou mefurcment par tout le Camp,parquoy les Romains le nommoÿênt proprement Cafirametatio, c eft à dire mefurement de Camp, tellement qu’en les imitant, je tiendray ce nom. O r pour venir à là deferi-ption des proprietez de la Caftrametation , il faut premièrement fçavoir, que combien que diverfes perfonnes s’imaginent divers ordres, les vns mieux que les autres, fi eft-cetoutesfois quil y a quelque chofe de commun, à quoy on doit afpirer félon l’opinion des plus experts en matière de guerre : Ce que deforit Xenophon en peu de mots, recitant la maniéré du logement de Cyrus, dont le fens eft tel : A fçavoir, que le General du Camp pour eftre egalement efloigné de tous coftez, doit loger au milieu du Camp, ayant près de luyles Officiers neftant point Soldats, avec le train de la munition de guerre, vivres & bagage : Puis que tout ceci doit
- A 2 eftre
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- 4 t a <5 a s T R a m é T à T i. t> rI
- eftre environne delà Cavaillerie, & à f entour d’icelle l’lnfanterie, à eaufè qu elle eftplustoft queux en armes, & preft à combatre contre vncfubitefurprinfe de fennemy , & que fes chevaux des Reytrcs doivent cftre fellez, bridez, & eux.mef-mes armez : O utre ce les gens de pied font plus idoines pour défendre & empefeher les avenues des ennemis venans à Fimpourveu paffer les trenchées & parapets du Camp 3 tandis que la CaVaillerie fe préparé : Mais Xenophon deferit cefte réglé fi generale à qu’on n’én peut tirer des plans félon la maniéré que Cyrus s’en fervoit en effeéh
- Il y a eü encore vn ordre de Caftrametation que Tamerlan obferva,laquelle fèm-ble avoir efté fort fingulier^defcrit én langue Arabique par Alhacen au 5 Chapitre, & tranflaté en François par l’Abbé de Mortemer, lequel Camp pour la diftin&ion de certains cinc autres Camps, fe nommoitle Camp Impérial , contenant continuellement 60000 piétons & 4oooochev&uX) auquel Tamerlan voulut que le premier nombre, fur lequel on commanderoit en l’enfanterie fut de jo, puis de 100, apres de 1000, & finalement de 10000 5 Outre cela il y avoit encore les gardes du General, contenant 4000 hommes de pied, & 2000 chevaux,qui logeoient alentour de fa perfonne,puis encore 25000 travailleurs en retrenchemens & fortification du Camp, car il ne fe tenoit jamais és Villes, mais'faloit tôusjours loger en l’Yver & l’Efté en campaigne, tant en temps de paix que de guerre, & fe retirant d vn lieu- en autre, il fe retrenchoit partout : Ce Camp fervoit tousjours pour eftre preft à la hafte, là où il fut belbing, aulïî pour renforcer & redreffer les cincautres Camps eftansvenuz en desordre, lefquels eftoyent en Sorie, China, Cambalu, Môfcovie, & Çheronnéfe, chafcun de 40000 gens de pied, & 20000 chevaux, mais non pas tousjours en campaigne comme lTmperial, ains feulement quand il eftoit neceffaîre : Mais ainfi qu en ce Camp Impérial eftoit venu.quelque desordre, que Tamerlan fit redreffer par Axalla, cela demonftre qu'il y avoit certaine réglé fur la maniéré de camper, veu que ce deloger de place à autre duroit continuellement, avec vnemefme multitude de gens, & tousjours reparti en mefme ordre, & qu’outre cela Tamerlan print fort foigneufement efgard fur l’ordre en general, mais la forme n’en eftant point déclarée, nous n'en^pouyons rien dire de certain en particulier.
- Mais Poîybe deferit la Caftrametation des Romains avec plus de diftin&ion, tellement que divers Autheurs en ont tirez des plans, defqùels font tombez entre mes mains ceux de Patrice, du Duc dVrbin, Robertello, des Choulx, & de Lipfius, d’entre lefquels j ay choifi & marqué la figure de Lipfius, pour fervir d’exemple, en laquelle le qùadrangîe A fîgnifie le logis du General dit Prétoire, les quadrangles fignez de B, font gens de pied, avec C la Cavaillerie, le refte font marché, treforç-rie, rues & autres quartiers d’Officiers n’eftant point Soldats, dont ci apres fera parlé plus particulièrement, m’eftant àfïèz d’avoir touché ici en general la maniéré du logq ©jeux dc^fcr ce que le mi de Çajkameçatteu figuifîc.
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- LiuLnudaDDDuo :
- Ceci cftant entendu, faut fçavoir que fon Excellence ordonnoit au commencement à chafque Soldat environ autant de place que fayfoyent les Romains, laiflànt chafcun lèlon lvfage du temps prefènt ordonner & baftir fes huttes comme ils l’en-tendoyent, làns les aftraindre à quelque réglé : Mais les Colonels & Capitaines s en plaignoyent, qu’il eftoit impofîîble de loger leurs gens en fi petite place, comme aufli l'experience le monftra en effeft: Mais puis que par Polybe la partition des logis en chafcun manipule ou enièigne, n’eft pas defcrite, & qu’à cela il nommoit feulement des quadrangles, fon Excellence en ordonna félon ce qu’il luy fembloit requircr la guerre de ce temps, lequel ordre eftoit tel, qu’eux avec moindre circuit quils n’avoyent eu au paravant, dilbyentavoir affez de place, & d’eflrc commodément logez : En outre il a mis réglé furies autres quartiers, dont je defcriray les figures aux articles fuivans, à fin que l'imagination du Le&eur aye fuje&, pour plus facilement comprendre ce dequoy on parle, & à quoy finalement on prétend de parvenir.
- i ARTICLE.
- De U forme des logù d’vne enfeigne d'infanterie,
- i O v K vne compaigniede ioo Soldats on ordonne deux fils de huttes,3c pour f chafcun fil la longueur de 200 pieds, & la largeur de 8 pieds, & vne rue entre deux large de 8 pieds, en laquelle les huttes ont leurs portes ou forries : Le
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- Capitaine a devant ces huttes va quadrangle auffi large que le front de (acompai-g nie de 24 P^ds, & long 4 ô pîéds-, & Vne rue entre luy & fes Soldats, large de 20 pieds : Derrière ces Soldats eftvii quadrangle pour les huttes de Vivandiers, large de 24 pieds, & long de 20, duquel la moitié de derrière eft vne place vuide, fervant à y faire des puis, où les Vivandiers d’icelles huttes cui-fentleurs viandes, comme auffi les Soldats dïcelle com-paignie voulans cuifiner eux mefines, car on ne leur permet point de le faire près de leurs huttes, pour le péril du feu : Puis il y a vne rue entre ces huttes & la gendarme* rie, large de 20 pieds, en laquelle les huttes des Vivandiers ont leurs portes ou iffue : Et-eft la longueur pour vne compaignie en tout g 00 pieds, & large 24, dont la figure ci joignant fert de plus ample déclaration.
- Ceci eft pour vne compaignie de 100 hommes ou en-Viron,mais il faut Ravoir que pour des compaignies plus grandes,. la multitude des fils (échange, comme pour 150 hommes ou environ trois fils, pour 200 ou environ quatre fils, &ainfi d autres à f advpnant.
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- $ ARTICLE.
- *î)e Uforme des logis dyn régiment d infanterie.
- O s s'quVn régiment contienne 10 compaignies, chafque de 100 hommes , auquel le Colonel fe loge au milieu entre les Capitaines, de chafque coftécinc, & chafque compaignie de forme qu’il eft dit au 2 Article, & entre chafque deux compaignies vne rue large de 8 pieds, dans laquelle les dos des huttes font à l’oppofîte l’vn de l'autre, fèrvants proprement pour commodité des Soldats, le front du parc du Colonel faid 64 P*eds > & de derrière autant de longueur* qui’il eft beloin, le refte eft en partie pour les huttes du Miniftre, Clerc, Barbier, & autres n’eftant point Soldats, & le furplus pour chariots & cha-rettes des Vivandiers du régiment : Cefte place vuide au milieu du régiment eft auffi eftimé propre contre le feu, pour l’y faire arrefter, & preferver l’autre moitié. Les huttes des Vivandiers font auffi ordonnés derrière les régiments, pour ceux qui y veulent venir,(ans qu’ils foyent contraints fe loger fur le Marché^ caufe quaücuns Soldats y vont journellement prendre leur repas, où en y achatent leur entretene-ment à crédit. Aulfiy a il des Soldats du régiment, defquels les femmes & enfans ou autres des leurs fuivant le Camp comme Vivandiers, qui défirent loger près du régiment de leurs Maris ou Peres, tellement qu’autant les vns que les autres en font accommodés mieux que s’ils eftoyent feparez. Il y a auffi des Marchands, Fourbifïèurs, Selliers, Efperonniers, Maréchaux, Boulengiers, Bouchiers, Couturiers, Cordoaniers, & autres gens de meftier, dont aucuns Suivent certains regimens près defquels ils défirent loger, autres qui choififïènt le Marché, ce qui eft libre à vu chafcun, d’autant qués Villes le mefme fe faiét pour la commodité des Bourgeois, là où cbûfcun demeure, ou fur le Marché, ou en telle rue qu’il veut : Mais il faut
- noter
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- La Castumstatio», 9
- ioter qu'eftant plein le lieu deftiné pour les huttes des Vivandiers, quoiï n’en peut point mettre des autres contre Tordre, comme il fera dit plus particulièrement aü <5 Article du 3 Chapitre*
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- Cecî a efté pour vn régiment de ïo copaigmes^mais il faut noter quê félon plus grande ou moindre quantité de compaignies, le régiment doit eftre plus large ou plus eftroiéfc, demeurant le Colonel tousjours au milieu, excepté quand les compaignies font de nombre impair, car alors y a d’vn cofté vne compaignie plus que de 1 autre.
- Notez encore que quand on veut loger la Cavaillerie, Chariots, & le Camp entièrement dans le retrenchemcnt, il advient que les regimens de f infanterie félon lordre precedent, ne fontbaftans pour garnir les places d’alarme, & pour comprenss dre le refte : Mais en telle occurrence on petit prendre la longueur des fils des hutteç feulement de 100 pieds, qui eftoit ci deffus de 200, donnant à chafque compaignie quatre fils, mais tout le refte comme ci devant, car par ce moyen les regimens deviennent quafi vnefois fi larges.
- 4 ARTICLE*
- *T>e Informe des logis d’y ne cornette de Çiyrillerit.
- AVn e cornette de 100 chevaux on ordonne deux fils de huttes,& pour chafque fil vne place longue de 200 pieds, & large de iô pieds : entre ces huttes viennent deux fils de chevaux, defquels la place eft large de 10 pieds,& longue comme des fiuttes 200 pieds, de forte queftant de chafcun cofté 50 chevaux , vient pour chalque cheval 4 pieds : Et chafque cheval eft ordonné la tefte vers la hutte de ion Reytre, demeurant entre les chevaux & les huttes vne ruelle de
- 5pieds,
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- 5 pieds, en laquelle lés huttes ont leurs portes ou ilfue : Et entre les deux fils de chevaux ÿ a vne rue large de20 pieds: Devant ceci le Capitaine a vn quadrangle large comme fa compaignie de 70 pieds, & long 4 0 > avec vne rue entre luy
- 6 la Cavaillerie large de 20 pieds: Derrière celle Cavaillerie eft vn quadrangle pour les huttes des Vivandiers, large 70 pieds, & long de 20, avec vne rue entre icelles huttes &la Cavaillerie, large de 20 pieds,en laquelle les huttes ont leurs portes ou ilïue : La cornette eft longue en tout 300 pieds, & large 70. N otez encore que ceft ordre des chevaux avec la telle vers les huttes & vne ruelle entre deux de 5 pieds, eft faiél par Tadvis des Ritmaiftres, & contentement des Rcy-tres, pourcequcpar ce moyen chafcun peut mieux avoir l’œil fur 1 avoine qu’il donne à fon cheval, quelle ne loit empruntée de fes voifins. De ce qui eft dit fert de déclaration la figure ci joignant.
- Ceci n eft que pour vne cornette de 100 chevaux, mais il faut noter que pour compaignies plus grandes la multitude des ries des huttes s’augmente félon qu’il eft requis.
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- 5 ARTICLE.
- De la formé des logù d’vn régiment de Qtvaitterie.
- ;V e l o^v e s regimens de la Cavaillerie fe font ici de trois cornettes,& autres de quatre, loit par exemple celle de trois, contenant chalque cornette !100 chevaux : Ces cornettes chafcune de forme comme au 4 Article,
- fe mettent toutes trois lvne joignant l’autre, demeurant vne rue entre chalque deux large de 20 pieds, en laquelle les huttes viennent avec leurs dos l’vn vers l’autre, fervantà particulière commodité des Reytres : Le parc du Colonel eft celuy du milieu : Mais parce qu’vn tel Colonel eft ici tousjours vn des Capitaines, qui n a no plus de bagage que les autres,on ne luy donne non plus de place. Ce régiment eft long eu tout comme les precedents 500 pieds, & large 250, dont la figure joignante fert de plus ample déclaration.
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- La Casïram station.
- 6 ARTICLE.
- *T)eh formé du quartier de fin Excellence.
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- ON' P R fi n d vn quadrangle de la longueur des autres quartiers de 300 pieds, & large 6oo, auquel les parties fe mettent tousjours en cefte façon : Le qua! drangle A comprend les Tentes de Ion Excellence: Lés autres moindres qua-
- drangles fïgnifient
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- ;liliillililliiilillit ri Lülul
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- des Tentes 5 côme du Maiftre d’Ho-ftel, du Secrétaire, la Sale des Gentilshommes , la Sale commune, la Cui-fîne,le Gardeman-ger,la Bouteillerie, la Gardelinge, &
- .—, —, ,—, .—, s—, r-—. le refte pour autres
- D D D U Pannes:Lapla-
- ce B entre ces Tentes, & la Tente A, eft vn grand parc vuide où les dome-ftiques delà Coût s affemblent , fe pourmeinent jouet de l’efteuf,& s’exer cent. C font des huttes des Defpen-fiers, Bouteilliers, Gardemanger, Tireur debierre, Tireur de vin,Varlets de Sales & autres ferviteurs : Entre ces huttes font aufli le Cellier de vin , & le Cellier de bierre fouis en terre, D eftl’Efcu-rie, E les chevaux des Gentilshommes,F les Chariots au forvice de la Cqur,G eft le Cor degardedela Garde de fon ExceU lènètj.
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- 7 ARTICLE.
- 7)* /<*quartier du General de t Artillerie.
- O * *i ceci fe prend vn quadrangle de mefme longueur queies auti;es,qiu r eft de 300 pieds, & large 480, auquel les parcs quadrangulaires font de j lignification comme s’enfuit.
- À pour le General de f Artillerie.
- É pour ion Lieutenant avec fes Gentilshommes de f Artillerie.
- Ç le Magazin de l’Artillerie, avec ion Commis, Controlleur & Condudteurs.
- D le Magazin de la Munition de guerre, avec fes Commis, Controlleur & Conducteurs. •
- É les Ingenièurs avec leurs Condu&eurs * Controlleurs de la fortification, & leurs Condu&eurs, Commis & Clerc.
- F le Maiftre Conneftable, avec fes Canonniers, Maiftre de feux artificiels, avec lès Conducteurs, Petardier, & Maiftre des bateries.
- G le Maiftre Charpentier, loh Lieutenant avec fes Charpentiers, Faifeur de chariots , Maréchaux -, Maiftre des Gabions, Harniceurs, Cuvelier, Prévoit de l’Artillerie avec fes Sergeans, & le Chirurgien de l’Artillerie.
- H les Matelots pour tirer le Canon déplacé à autre, î les Pioniers & Mineurs*
- K vne place commune fervant pour aflèmbler les gens & chariots qui y ont à faire.
- Entre ces parcs y a des rues larges de 20 pieds, à fin qu’vn chafcun peut commodément aller & venir à fon logis, tant à cheval que par chariot & à pied.
- L place vuidc pour chofes arrivant à limproveu.
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- La C a s t r a m e * a ? î ©-SC ¥î
- 8 ARTICLE.
- *De laforme du quartier des Officiers qui en ce Qmj logent enfemblè.
- ON Prend pour ceci vn quadrangle long conime les autres de 300 piedsi & large 3 Sd, auquel les parcs quadrartgulaires font de lignification comme s’enfuit:
- A du General de la Cavaillerièi B du General de l’Infanterie.
- C du Lieutenant du General de la Cavaillerie.
- D du Commiflàire & Quartiermaiftrc de la Cavaillerie.
- E du Prefident, Fifcal, & du Greffier du confèil de guerre*
- F du Prevoft General*
- G du Sergeant Major*
- H du Quartiermaiftre General, & le Commis de l’argent*
- I des Commiffairès des Monftres.
- K des Minières, Medicin, & Chirurgien de la Cour.
- Entre ces parcs font des rues larges de 20 pieds, tellement quvn chafcun peut commodément aller & venir à Ion logis, tant à cheval & avec le chariot, qua pied.
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- VE v qu en ce quartier de9 Officiers font logez iè General delà Cavaillerie," fon Lieutenant, le Commiflàire, & le Quartiermaiftrc, quelcun pourrait demâder pourquoy en icelluÿ né font aufli logez les Colonels,Capitaines,& autres Officiers de la Cavaillerie, ou bien puis qu on met ceux ci près de leurs chevaux , pourquoy on n y ordonne point aulfi les fufdits ? La raifon eft que s eften-
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- dant leur Commâhdement& exercice généralement fur la Cavaillerie, & non pas fur vn régiment particulier, tomme celuy des Colonels, ils ne requièrent point d’eftre logez près de quelque régiment particulier, mais ertvn quartier proche le milieu de toute la Cavaillerie, afin d’eftre par tout quafi en égalé diftance : Le me£ me faut il aufii entendre des Officiers de tInfanterie, & de tous les autres mis en ce quartier, car leur charge s’eftend par tout le Camp en general. Quant aux Officiers generaux comme ceux de 1*Artillerie, de la Munition de l’Artillerie, de la Munition de guerre, des vivres, & des chariots, il ne faut pas qu’ils fbyent logez ici,mais chaf $un près de fon Magazin, ou près de ce dont ils ont la charge.
- 9 ARTICLE.
- *ï>e U forme du quartier des Chariots.
- PO v r les chariots on prend aufli vn quadrangle fi long que les autres de 300 pieds, & large félon que la multitude des chariots qui font au Camp propofé, le requiert,laquelle largeur fe prend ici par exemple de 3 48 pieds. En ce parc fe mettent les chariots par fils, le dos lvn vers l’autre, demeurant entre deux vnc ruelle de 12 pieds, en laquelle les Chartons peuvent mettre leur fo urage, mais entre chafque couple de fils vient vne rue large de 24 pieds, par laquelle on entre & fort hors du quartier. Aux quatre coftez du quartier font les huttes de Vivandiers, qui fuivent les chariots long de 12 pieds. On donne pourvn chariot ayant trois chevaux vne place longue de 12 pieds, qui eft la longueur du chariot, & pour la largeur 18 pieds, à fçavoir 6 pieds pour la largeur du chariot ( car les eflieux font de 5} pieds } & 12 piedspour les trois chevaux. Il fout aulfi noter que les Charticrs ordinairement ne veulent point des huttes, logeans defïus ou delfoubs leurs chariots ; Mais ceux qui en veulent avoir, les peuvent faire derrière leurs chariots en la ruelle large de 1 z pieds. Selon les mefures fufdites en vn quadrangle large de 348 pieds, & long 300, fcpeuvent mettre dix fils chafcun environ de 14 chariots, fai-
- font en tout 140* Et combien qu’il y en a beaucoup d’avantage en for-vice,ceux làdemeu-rent près de ceux aufouels ils forvêt.' De ce qui eft dit ci deftus,fe met ici pour plus grâd clair té la Egaré fuivâte H 9*
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- La CAsnÏMEÏATlÏK.’ ï$
- NOTEZ.
- O K met bien auflî les chariots plus près que n’efi dit ci defFus,£ouchaht qüafî lVn l’autre, & alors en viennent trois fois autant en vn fil, à fçavoir 42 chariots , mais il en provient de l’incommodité en deux fortes ; Premièrement que chalque trois chevaux ne fo peuvent comodement mettre devant leur chariot, n’ayant que 5i pied de largeur. Au fécond, que les rues entre les chariots eftans , remplis de chevaux, font alors trop eftroi&es pour y pafler avec chariots & chevaux , fi ce n’eft qu’on les ordonne beaucoup plus larges, mais il faut alors plus de place que félon la première maniéré qui eft bien la plus commode.
- Io ARTICLE.
- ^De U forme du cMarché.
- O vu le Marché fc prend vn quadrangle, comme A BCD, long de A jufques à D, comme les autres quartiers de 300 pieds, & large comme A B 400 : La deffus s ordonnent divers couples des fils de huttes,dont les places font longues 300 pieds, large 1 o, & vne place entredeux large de 20 pieds, comme E, vers laquelle viennent les dos des huttes : Par ces places n y a point de chemin commun comme parles rues, mais fervent à y faire des puis ou des cheminées pour y cuifiner, & à autres particulières commoaitez des huttes : En chalque paire de fils des huttes y a vne rue large de 20 pieds, comme F, & au milieu de tous les fils des huttes vn Marché, comme G, large de 200 pieds, comme la figure fui-vantele demonftreplus clairement.
- II fauC
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- î;4 & A C A g Ÿ R À M i ¥ A ¥ I O ttî
- Il faut encore fçavoir que les gens qui font logez fur le Marché, fè divifent erl Boutiquiers, Greffiers , Bouchers, & Tavemiers, chafque forte en des fils particuliers , & fur la place du grand Marché les plus riches Boutiquiers, comme de Merciers & Marchands de drap de foye & d’autres marchandées de grand valeur. On fai£t aufli diftinétion à la diftribution des Tavernes, ordonnant les logis honneftes lvn près l’autre^ & les Bordeaux près de leurs femblables*
- NOTEZ.
- ïi y a encore deux quartiers, l’vn pour les Seigneurs eftrangiers, l’autre pour le Magazin des vivres, defquels je ne mets point ici des figures, à caufe qu’aux Seigneurs eftrangiers on donne feulement vn quadranglelong comme les autres quartiers de 300 pieds, & large félon que leur train le requiert, auquel ils ordonnent & mettent leurs T entes, huttes & parcs cômme bon leur femble : Et femblablemenc du General des vivres: aufli de 1 Artillerie avec tous les chariots appartenans à icelle, fe met Vn tel ordre comme dit eft au 9 Article des chariots*
- II ARTICLE.
- ‘De U for me du Qtmpentiéï.
- 11 y avoit en chafque compaignie de noftre Gamp égal nombre d*hommes, & en chafque régiment égal nombre de compaignies, & en vn Camp égal nô-bre de regimuis, comme entre les Romains, Ton Excellence ordonneroitles re-gimensde l’Infanterie & de la Càvaillerie tôusjours de mefineforme, & d’egale grandeur de place, logeant les Picquiers de chafque compaignie en l’vn des deux fils de huttes, les Mufquettiers en l’autre fil, & les huttes félon l’ordre que les Soldats auroyent en leur fils, donnant le Camp tousjours vne mefme forme : Mais veu qu’en ce temps il n’y a ici ni ailleurs, comme il me femble, vne telle puifïànce & re-lblution queftoit celle des Romains, pour tenir les Compaignies, Régimes & Camps toujours régulièrement complets, s’enfuit que quelque bonne réglé fur vn ordre point accompli, peut avoir maintenant plus d’vfàge que for vn ordre accompli ; pourtant je méttray ici joignant les precedentes réglés des parties d’vn Camp, encore vne déclaration de la réglé qu’on obferve en noz Camps entiers, avec l’inégalité qu’ils ont, prenant pour exemple entre autres le Camp des Tres-puijfants Seu gneursles Ejlats Generaux devant Iuliersde l’An iôïo, par lequel on pourra comprendre l’intention.
- Tous les quartiers font reprefentez en cefte figure, chafcun avec fon eferiteau & la quantité des pieds des fronts, quant à la longueur chafcun d icelle eft de 500 pieds de forte qu’il n eft pas befoing d’en faire quelque autre déclaration. On peut veoir en la figure de ce Camp, ce qui eft dit deffus, & à quoy on doit prétendre, 2 fçavoir que les quartiers intérieurs, n’eftant point de Soldats, font environnez de l’Infanterie logée le lông des places d’armes félon lJordre dé là precedente règle co-mune, excepté que le Marché eft mis à l’oppofite de ladite place d’armes, mais corne le plan ne fo pouvoit ligner plus commodément, il fut ainfi refblu. La place vuide A, ordonnée par réglé generale devant le quartier de fon Excellence,, fert pour ceux qui ont journellement affaire à la Cour : les places vuides B, C, eftôyent gardées pour mes Seigneurs le Cerne Guillaume, & le Conte Henri, s’ils y euffent logé, co-bien qu’en apres ils n’y venoyent point. Il eft encore à noter que les rues par la largeur du Camp, comme D E deviennent droites, & d’egale largeur de 50 pieds, à caufo que tous les quartiers font d’egale longueur, à fçavoir de 300 pieds, ce qui autrement né fuccederoit point ainfi, dequoy comme aufli d’autres circonftances je diray plus amplement à la defignatioo ÿ* Chapitre 3e.
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- La <3 A $ t Ü A M Ü T A Y ï O ïf; IÇ
- Quant a ce qu’on ne trouve ici des quartiers pour diverfes parties du Camp, corne pour la Gavaillerie, Artilletie, & Chariots, j’en declareray la caufeau premier Article du 3e Chapitre, eftimant que par cefte figure du Camp & de Tes parties precedentes, comme auflî du Camp des Romains, eftaffez déclaré ce que fignifie la Caftrametation, cequ en ce premier Chapitre fut pro'pofé de faire.
- z CHAPITRE.
- Des Liftes, contenant ce qu’en vn Camp propofe doit eftre logé.
- ÀRGVMENT DE CE % CHAPITRE,
- E v a n t que venir au mefurement des quartiers, il eft befbirig qu on friche cequ en chafque quartier doit eftre logé, pour en ordonner la grandeur needfaire fdon qu'il appartient, à laquelle fin on livre au Gaftrame-1 tateur
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- 16 1a Casuam iTAïïesï
- tateur les copies des Liftes à cela appartenantes, lefquelles au C®p de ïuljters eà
- l’An 161 o (que je prendray pour exemple) eftoÿent comme s'enfuit^
- I Lifte des Officiers du Camp.
- Z Lifte des régiments d'infanterie.
- 3 Lifte des régiments de la Cavailkrie.
- 4 Lifte de V Artilleries.
- 5 Lifte de la Munition de guerre.
- 6 Lifte des Chariots.
- 7 Lifte des Bateaux, pour charger la Munition de guerre*
- I LISTE.
- Dès Officiers du (amp. *
- S O n Excellences.
- Conte Henri deNaftàu General delà Cavaillerie. .
- Son Lieutenant General Marquette.
- Conte Emeft General de f Infanterie.
- Le Sergeant Major General Sedleniski.
- Le Commilfaire General de la Cavaillerie Stakenbrouc.
- Le Qiiartiermaiftre General Solem.
- Le Pevoft General.
- Le Prcfîdent du Confeil de guerre.
- L’Advocat Pifcal.
- Le Greffier.
- Le Commis de l’argent.
- Le General des Chariots Doublet.
- Son Lieutenant.
- Le Quartiermaiftre General de la Cavaillerie Lieven Gijs.
- Le Prevoft des Navires Kranendonç.
- Le Medicin du Camp.
- Les Chirurgiens.
- Les trois Miniftres delà Cour.
- NOTEZ.
- Il y a encore des autres Officiers corne de l'Artillerie, De la Munition de guerre,' Des V ivres, & des Navires ; Mais veu qu’en cefte Lifte on prend efgard aux Officiers qu’on ordonne au Camp en vn quartier particulier, & que les autres logent auprès de ce dont ils ont ladminiftration, ils ne font pas mis en cefte Lifte.
- / X LISTE.
- Des régiments de l*Infanterie.
- François.
- LERsgiment dcChatilloneft de 19 compagnies, delquelles (félon la commifïion) la compaignie Cnlonelle eft de 200 hommes, 1 compaigniede 100, & 17 chafcune de 80, qui ont 40 fils de huttes, le front de 708 pieds, & 1660 Soldats.
- La maniéré pour càlculer ces 40 fils de huttes, & le front,eft telle:Pour chalque compaigniede 100 hommes ou environ s’ordonne ( comme il eft dit au V Article
- dupre-
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-
- J
- La C a s t U ü e a t i à S.
- *7
- du premier Chapitre) deux fiis de huttes, pour environ 150 trois fils, pour environ 200 quatre fils, & ainfi des autres: Or fuivant ce qui eft dit, les 19 compaignies auront 3 8 fîls,& encore deux d’avantage,par ce qu’il y a vne compaignie de 200 telles faiét, comme il eft dit, 4^ fils ? à cela encore adjoufté 4à, à caufe des rues qui font entre les fils (comme on peut veoii^plus clairement en la figure au 3e Article du premier Chapitre) faiéi enfemble Ko, chàfcun de 8 pieds, faiét 640 pieds, à cela 68 pieds pour le front du logis du Colonel, vient enfemble corne dit eft ci deffus pour le front du régiment 708 pieds : Et ainfi fe trouvent les fils & fronts des autres régiments fuivans. Quant aux 1660 Soldats, on les met là auprès, pour par ces nombres faire le calcul combien chafque régiment doit fouir, quand il faut retrencher le Camp, dont fera parlé particulièrement au £e Article du 3e Chapitre*
- Le régiment deBethune eft de 19 compaignies, dont la compaignie Colonelle eft de 200 hommes, vne compaignie ÿ a il de 100, & 17 chafoune de 80, qui ont 40 fils de huttes, le frorit de 70S pieds, & 1660 Soldats*
- Allemans.
- Le régiment du Corne Trnejlê eft de 6 compaignies,dont la compaignie Colonelle eft de 200 hommes, 3 compaignies chafoune de 200, vne de 150, &vne de ïoo, qui ont 21 fils de huttes, le front de 33 6 pieds, & 1050 Soldats.
- VValons.
- Le regimenî:"c(u 'C^/<? Tohan Brtiejîe eft de 16 compaignies, dont là compaignie Colonelle e$ de 200 hommes, deux compaignies chafoune de 100, & 13 chafoune de 7Q,qui ont 34 fils de huttes, le front de 612 pieds, & 1310 Soldats.
- Les quatre Gardes.
- Vne garde de 2Ço hommes, deux chafoune de 200, & vne de i 50, lefquelles (eftans fans place de Colonel) ont 16 fils de huttes, le front de 256 pieds, & 800 Soldats.
- Prlfons.
- Le régiment du Conte GuiÜüme eft de 8 compaignies, dont la compaignie Colonelle eft de 200 hommes, 7 compaignies chafoune de 801, cfquelles ( eftants fans place de Colonel) ont 18 fils de huttes, le front de 288 pieds, & 760 Soldats.
- Anglois.
- Le régiment de Horatio Veer eft de 15 compaignies, dont la compaignie Colonelle eft de 200 hommes, & les 14 compaignies chafoune de 8ô, qui ont 32 fils de huttes, le front de 3 80 pieds, & 1320 Soldats.
- Le régiment de Cecil eft de 10 compaignies, dont la Compaignie Colonelle eft: de 200 hommes, & les 9 compaignies chafoune de 80, qui ont 22 fils de huttes, le front de 452 pieds, & 920 Soldats.
- Le régiment de Hallas eft de 10 compaignies, dontl’vne eft de 90 hommes,quatre compaignies chafoune de 8o,& cinc chafoune de 70,lefquelles (eftans fans place de Colonel) ont 20 fils de huttes, le front de 320 pieds, & 760 Soldats.
- C Efcof-
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- ï8 L A C A S T R A M E ¥ A ¥ I O «.
- EÏcofTois.
- Le régiment de Cheec eft de io compaignies, dont l*vne eft de ibo hommes, 3 compaignies chafcune de 90, & 6 chafcune de 80, qui ont 20 fils de huttes, le front de 388 pieds, & 850 Soldats. •
- Le régiment de Hinderfham eft de 19 compaignies, dont l’vne eft de 100 hommes , & 18 compaignies chafcune de'70, qui ont 3 8 fils de huttes, le front de 6j6 pieds, & 1460 Soldats.
- 3 LISTE. •
- ^Des regimens de U QcpaïUerie.
- LE Regimbnt du Corne Henri eft de 3 cornettes, dont lVne eft de 250 chevaux, vn de 150, & vne de 70, qui ont 1 o fils de huttes, & le front de 430 pieds.
- La maniéré de calculer ces io fils de huttes eft comme celle de l’Infanterie ci devant : Quant au front de 430 pieds, il eft faidt comme s’enfuit: Chafque couple de fils de hutteâ a(conime fe peut veoir à la figure au 4e Article du premier Chapitre) 70 pieds, & pourtant les cinc couples de fils font cinc fois 70, qui montent 350 pieds, & puis les 4rues qui viennent entre deux chafcune de 20 pieds, faifànt 80 pieds, font enfemble pour le front d’iceluy régiment comme deftus 430 pieds : Et ainfion trouvera les fronts de tous les autres régiments fuivantg398%de laCavaille-rie. Quant à la quantité des R ey très en chafque régiment, on n’enfaift ici auc un calcul comme de l’Infanterie, à caufe quon ne les employé point pour retrenchcr le Camp.
- Le régiment de Marquette eft de 4 cornettes, dont l’vne eft de 100 chevaux, 8c trois chafcune de 70, qui ont 8 fils de huttes, le front de 3 40 pieds.
- Le régiment de Stakenbrouc eft de 4 cornettes, dont l’vne eft de 100 chevaux* vne de 85,& deux chafcune de 70,qui ont 8 fils de huttes,& le front de 340 pieds.
- Le régiment de Waghemans eft de 3 cornettes,chafcune de 70 chevaux,qui ont 6 fils de huttes, le front de 250 pieds.
- Le régiment de Ryhoven eft de 3 cornettes, chafcune de 70 chevaux, qui ont 6 fils huttes, le front de 250 pieds.
- Le régiment de Marcelis Bacx eft de 4 cornettes, chafcune de Jo chevaux, qui ont 8 fils de huttes, le front de 340 pieds.
- Le régiment dé la Saile eft de 3 cornettes, chafcune de 70 chevaux, qui ont 6 fils de huttes, le front de 250 pieds.
- Le régiment de Smeltzing eft de 3 cornettes, chafcune de 70 chevaux, qui ont 6 fils de huttes,le front de 250 pieds.
- Le régiment de Quaet eft de 3 cornettes, chafcune de 70 chevaux, qui ont 6 fils de huttes, le front de 250 pieds.
- Le régiment du Conte Iean eft de 3 cornettes, chafcune de 70 chevaux, qui ont 6 fils de huttes, 1 e front de 250 pieds.
- Le régime nt de Iean Bacx eft de 3 cornettes, chafcune de 70 chevaux, qui ont 6 fils de huttes,le front de 250 pieds*
- 4 LIS-
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- L'a c ï s v ï ; h s t * * j iÿi > 5»
- 4 LISTE.
- T>e l’Artillerie.
- Pièces dArtiUerie.
- 4. Canons entiers accomplis fur leurs affufts*
- 8 demy Canons accomplis fur leurs afïufts.
- 3 Pièces de campaigne accomplis fur leurs affufts.
- Poudre, Balles & Meiches.
- 153 120 f? de Poudre.
- 3000 Balles de Canon entier* '
- 6000 Balles de demy Canon.
- 40 Boites de fer blanc pour Canon entier*
- 20 Boites de fer blanc pour demy Canon*
- 1200 Balles de 12*».
- 3000 de Meiches.
- Afïufts & autres Chariots d’Artil^
- lerie en provifion.
- 2 Affufts de Canons entiers*
- 4 Affufts de demy Canons.
- 1 AfFuft pour Pièces de campaigne.
- 8 Chariots de faix. #
- 20 Avantrains.
- 2 Roues de Canon entier.
- 3 Roues de demy Canon.
- 1 Roue de Pièces de campaigne.
- 5 Roues d* Avantrains.
- 2 Roues de derrière de Chariots de faix»
- 1 Traineau po ur paftèr les marez.
- Inftruments d’ArtiUerie, dont on fe
- fert en tirant.
- '45 Cuilieres.
- 45 Houflès.
- 45 Efcouvillons.
- 4 Cuilieres à balles embrafées.
- 4 Crocs à balles embrafées.
- 20 Barils à bourfe, pour y mettre la poudre, avec leurs marteaux de bois &efcu elles.
- 90 Corriers de bois.
- Chievres avec leur dependences.'
- 2 Chevres accomplis.
- 5 Efcrines.
- 2 Cordes de Chievron.
- 2 Telles de Chievre.
- C 2 S Rouet*
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- 2$.
- L i Castra m i t a T t o a.
- 8 Rouelles de métal,
- 4 Moines.
- 8 Leviers.
- 4 Conets pour guinder à trois roues.
- 4 Conets pour guinder à deux roues.
- Harnashures de limon?
- 41 O utils de limon accomplis.
- 41 Cordes de limon.
- 900 Ridelles.
- 450 Colliers.
- 60 Barres ferrées.
- Bois neceflfaire à l’Artillerie^
- 150 Svvalpes, qui font certains petits poutres quoi» met «kflÔUS legpbâ;
- chesdesliâs.
- 54 Sappinsde loaunes.
- 200 Planches de fappin.
- 200 Petits fappins.
- 500 Clayes.
- Outils à main.'
- 50 Houes.
- 50 Paelles.
- 50 Coignéev ♦
- 50 Serpes.
- 22 Pics.
- 22 Beches.
- 80 Leviers de bois.’
- 18 Piedsdechevredefef.
- 2 Hies à main.
- 8 Barres à porter la poudre."
- 4 Bierres à porter la poudre."
- Clous.
- I4000 Clous de 7 pouces.
- 1000 Clous de 6 pouces.
- 2000 Clous de 5 pouces.
- 3000 Clous de moindre grandeur."
- 6000 Clous de moindre grandeur.'
- 8000 Clous encore de moindre grandeur^
- Toutes fortes de Chevilles, d’eflîeux d’Affuft$> & d’AvtQtftiftSf
- De la Lumière.
- 200 # Chandelles.
- 12 Lanternes de bois.
- 4 Tonneaux de torches.
- 4 Falots.
- Des
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- t-À- ’-e fi
- ê Des Cordages.
- % Cordes entières pour tirer le Canon. *
- 3 Demy^cordes pour tirer le Canon.
- 22 Cordes pour gouverner les Pièces.
- 20 Cordes pour tirer les Navires par des chevaux.
- 3 Cordes à col, avec lesquelles les hommes tirent les Navires.
- 2 u fil à voille ou chegros.
- 6 -m de la fiflelle à racommoder les cordages.
- Diverfes chofes.
- ioôo # de fer pour le Marefchal. i Mefure de houle ou charbons de terre.
- Outils de Marefchal.
- Outils de Charpentier.
- 8o Couvertures de poil.
- 140 Peaux de Mouton.
- 6 Seaux de cuir.
- 470 Paniers quarrez.
- 400 fg-de graifie.
- 6 Boittes à mettre delà graifle.
- Chevaux de traidt pour tirer les Pièces '
- d’Artillerie.
- Pour 4 Canons entiers fur leurs chariots de faix3 chafque 22 chevaux, fei<ft Pour 8 demy Canons chafque 18, fai&
- Pour 3 Pièces de campaigne chafque 10, fai<5fc Po’ur 6 Affufts de Canons entiers chafque 8, fai<5fc Pour 4 Attufts de demy Canons chafque 6, fai&
- Pour 2 Chariots de faix chafque 2, faift Pour 8 Avantrains chafque 2, fai<5fc Pour 6 Chariots qui portent les porîtons.
- Pour 8 Chariots à Moulin.
- Pourlaprovifion.
- 144
- 4» 2 4
- à
- 4g
- 48
- Somme des chevaux pour tirer f Artillerie 49a
- Les Officiers de l’Artillerie.
- LE General derArtillerie Keffel.
- Son Lieutenant Grenu.
- Controlleurdef Artillerie Monier.
- Commis de T Artillerie Wtenbrouc.
- 10 Gentils-hommes de l’Artillerie.
- 25 Conducteurs.
- 6 Ingénieurs ; à fçavoir Hillebrant Smits, Oom Kees, Lambert Cornelis, ArenC Arentfen, Raef Dexter, Samuel Kloot, chafeun ayant deux Conducteurs.
- 2 Controlleurs des Fortifications, IV11 Nicolas vander Mijl, l'autre Hcnric Schou-tensj chafcun avec leurs Condu&euss, Commis & Clerc.
- C 5 Maiftre
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- 5Ï _ t A C A î 5 * * M » V h * I • jg Maiftre Canonnier Ioos de Nol.
- 36 Canonniers.
- Maiftre des feux artificiels, avec Z Cônduâeurs.
- Petardier.
- % Maiftres des bateries.
- Maiftre Charpentier Proot.
- Son Lieutenant Simon Gerbrantféri.
- Ï2 Charpentiers.
- 2 Faifeurs de chariots.
- 2 Marefchaux. j Faifeur de gabions.
- 2 Harniceurs. ï Tonnelier.
- le Prevoft de T Artillerie^ avec fes Sergearis.
- le Chirurgien de l’Artillerie.
- le Commis des chevaux de traiéfc à tirer 1*Artillerie»
- Ses ï 1 Cottdufteurs repartis comme s’enfuit : Près chafcun des 6 Canons I, Près chafcun des 3 Pièces de campaigne ï,Près les AfFufts & Avantrains 1, Et vu pour chevaucher de l’vn à l’autre.
- 2 Capitaines des Pionniers Iean Melchiorfen, & Iean Mcliffen. ïoo Pionniers;, 50 pour chafque Capitaine, le C apitaine des Mineurs Gille Louet.
- 25 Mineurs.
- 4 Capitaines de Navire.
- 240 Matelots, pour châfquc Capitaine 60.
- NOTEZ.
- C’E s t à Ravoir qu’en tels Articles qu’eft repartie cefte Lifte, & teîîc'çonfc a, quence quen ont les parties, femblable auront elles aux Liftes quiieront en \ & apres à chafcune année, ou fi ibuvent qu’il adviendra, car cela eftplus com- A mode que de les mettre iàns certain ordre, fi bien pour faire des Liftes nouvelles, avec moindre peine & plus d’afieurance de l’y mettre tout, à fin que ceux à qui la chofc touche, puifient facilement examiner la concordance d’vne Lifte du temps prefent,avec la precedente-à fçavoir, fi toutes chofes neceffaires y font defcrites fans aucun defaut, ou s’il n’y a mis trop,fi la quantité de poudre,balles, meiches,& autres chofes necefïaires, eft prinfe félon le requis des pièces comme fe faifoit aux autres années avec bonne deliberation : Auïfi fi l’on s’eft fouvenu d’y adjoufter ce qu’à la precedente fois on trouvoit y manquer : Toutes leiquelles chofes le font plus facilement pour telle égalé confequence des parties, qu’autrement, l’examinant par fa-cheufe pun&uation des parties.
- Notez encore, que combien qu’il (oit dit que toutes les Liftes fuivantes auront vn mefine ordre comme cefte ci, il n eft point pourtant dit,qu’ils doivent avoir toutes les parties des precedentes, car encore qu’ils en défaillent plufieurs, (comme cela doit avenir necelfairement en aucunes Liftes) ce neantmoins ils peuvent avoir ledit ordre comme celles ci, jufqu’à la fin : En outre on entend que l'amendement de l’ordre eft tousjours libre.
- Ce que j’ay dit ici fur cefte Lifte de l’Artillerie, s’entend auffi furies Liftes fuivantes de la Munition de guerre, des Chariots,Navires, & autres, efquelles il y a beaucoup de diverfitez.
- f LIS-
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- Là C à s t à a m b ï a f i • Wï
- i LISTE.
- De la z,"Munition de Guerre.
- De la Poudre, Balles & Meiches.
- 45000 fê cFepoudreàMofquettes.
- 45000 fê de balles à Mofquettes.
- 45000 de Meiches.
- Des Armes;
- 200 Mufquettes.
- 800 Piques longues;
- 50 demy Piques.
- 50 Rondaffes.
- Des Outils à màiri.
- ioôûô Houes.
- 2000 Pelles ferrées»
- 1000 Beches.
- 500 Piques;
- 1200 Coignées.
- 600 Coignées à main;
- 600 Serpes.
- 4 Leviers de fer.
- Du Bois.
- 1600 Planches de fappin.
- 25 Planches de fappin fiées en deux* îÿôo Petites perches de fappin. iôo Sappins de 10 aunes.
- 100 Sappins de 12 aunes-
- Des Clous.
- 2000 de 7 pouces-2500 de 6 pouces.
- 3000 de 5 pouces.
- 20000 Clous de moindre grandeur.
- 20000 Clous encore de moindre grandeur*
- 10000 Clous encore de moindre grandeur*
- 10000 Clous encore de moindre grandeur*
- Delà Lumière.
- 100 de Chandelles,
- 8 Lanternes de bois.
- 2000 Torches.
- 6 1 aliots.
- *1
- De
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- s*
- Là C à S T R Â M 1 T A T ï •
- Dé diverfes autres chofes.
- iooo Brouettes accomplies.
- 100 Elfieux.
- g o Ponts de jonc, avec leurs cordes»
- 50 Couvertures de poil.
- 100 Paniers quarrez.
- 600 Sacs à terre, go Rouelles de bateau.
- 100 Banderolles pour ligner les quartiers.
- 10 C ordes à tirer l’amunition contre le cours de 1 eau.
- 1200 m de toute forte de cordes.
- 8 Formes de 12 trous à faire des balles de Mofquette.
- 8 Cuillieres à fondre du plomb.
- Les Officiers de la Munition de Guerre.
- Le Commis Bom.
- 20 Condu&eurs.
- 6 LISTE.
- *Z>ex Chariots,
- ON S v 1 v r a en celle partion lordredes Liftes precedentes, àIçavoîr : Au premier les chariots pour les Officiers du Camp : Au fécond pour f Infanterie : Au troilîeime pour la Cavaillerie : Au quatriefme pour l'Artillerie: Au cincquiefme pour la Munition de guerre : Aufixiefme pour les Vivres*
- Les Chariots pour les Officiers du Camp.
- Son Excellences.
- Conte Henri de 'Hajfau G erieral de la Cavaillerie.
- Son Lieutenant le General Marquette.
- Sergeant Major General Sedleniski.
- Commilïkire General delà Cavaillerie Siakenbrouc. Quartiermaiftre General Solem.
- Prévoit General.
- Advocat Fifcal & Greffier.
- Commis de fargent.
- General des chariots Doublet, Ion Lieutenant, Conducteurs, Marefchaux & cordages.
- Quartiermaiftre General de la Cavaillerie Lieven Cijs. Prévoit des Navires Cranendonc.
- Deux Chirurgiens du Camp.
- Trois Miniftres.
- 66
- *°6
- S
- z
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- 3
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- Z
- Faifeurs de chariots»
- 7
- x
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- ?
- Somme des chariots des Officiers du Camp 129
- Les
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-
-
- La C a s ï r i m i t a t i o h.
- Les Chariots pour l’Infanterie.'
- LE Colonel ChaftiUon.
- Son Lieutenant Colonel &Sergcant Major.
- Chirurgien & Prevoft.
- 19 Capitaines. ..
- Le Colonel de Bethune.
- Son Lieutenant & Sergeant Major.
- Chirurgien & Prevoft*
- 19 Capitaines.
- Le Lieutenant Colonel du Conte Erenft*
- Sergeant Major & Quartiermaiftre.
- Chirurgien & Prevoft.
- 6 Capitaines.
- Le Colonel Conte Iohan Ernejles. ——
- Son Lieutenant Colonel..
- S on Sergeant Major & Quartiermaiftrei Son Chirurgien & Prevoft.
- 16 Capitaines.
- 4 Capitaines des 4 Gardes.
- Le Lieutenant & Port’enfeigne de la Garde de fon Excellences*
- Poui; les armes de ladite Garde.
- Le Lieutenant Colonel des Priions.
- Sergeant Major & Quartiermaiftre.
- 8 Capitaines.
- 12 Capitaines du régiment de Veer.
- 2 Capitaines du régiment d’Ogle.
- Le General Cccil.
- Deux Colonels, chafcim 4 chariots, fai<£ —
- 3 Lieutenants Colonels, chafcun 2 chariots^ fai&
- 3 Sergeans Majors, chafcun i, faidl 3 Quartiennaiftrcs, chafcun i,faiâ:
- 3 Prevofts, chafcun 1, fai&
- 2 Miniftres chafcun 1, fai<ft Chirurgien Maiftre lames.
- 52 Capitaines.
- Le Commilfaire des chariots.
- Somme des chariots de Tlnfanterie
- *5
- 6
- z
- X
- 19
- 6
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- 1
- *9
- 1
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- 1
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- 5
- 6 5 $ $
- 2 2
- Sz
- X
- 212
- Les Chariots pour la Cavaillerie.
- 10 Colonels de la Cavaillerie, chafcun 1 chariot, fai<ft IO
- Lieutenant & Cornette de la compaignie de fon Excellence. 1
- Pour les Armes. I
- Somme des chariots pour la Cavaillerie 1 z
- D Les
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-
-
- 2& L a C A S T & A M B ï A ï I ô H«
- Les Chariots pour l'Artillerie.
- '40000 fg- de Poudre, fur chafque chariot 4 tonneaux.
- £oo Balles de Canon entier, fur chaque chariot 20, fai<ft 1600 Balles de demy Canon, fur chafque chariot 40, faiéi 40 Boittes de feuille de fer pour des Canons entiers.
- 00 Boittes de feuille de fer pour des demy- Canons.
- Pour les équipages necelfaires aux trois pièces de campaigne de il -g?. Cuilliers, Hou {Tes, Efcouvillons, Corners, Leviers de bois & de fer.
- 4 ChicvFes.
- Outils de limon. Colliers & Ridelles.
- Cordes.
- Barres ferrées, Leviers de fer & de bois. ....—
- Harniceure.
- Houës, Pelles, Coignées, &c.
- 114 Planches.
- 40 Sommiers de Sappin. •>—
- 50 Planches de Sappin. ioo Clayesd’ofier.
- Pour les ouvrages artificiels de feu.
- Pour les Petarts.
- Somme des chariots pour l’Artillerie
- Les Chariots pour les Officiers de
- l’Artillerie.
- 59
- 40
- 40
- Z
- Z
- 8
- 2
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- 3
- Z
- Z
- X
- 14
- 4
- Z
- 5 z
- Z
- 198
- LÉ General de l’Artillerie KelTel.
- Son Lieutenant Grenu.
- Contrôleur de lArtillerie Monier.
- Commis de l’Artillerie.
- Gentils-hommes 6 Ingénieurs, chafcun vn chariot.
- 2 Controlleurs de la Fortification* «
- Maiftre Conneftable*
- 12 Canonniers.
- Maiftre d’ouvrages de feu. y
- Petardier.
- Maiftre des bateries.
- Maiftre Charpentier.
- 12 Charpentiers.
- 2 Faifeurs de chariots.
- 2 Marefchaux.
- Psevoft de T Artillerie. »------
- Chirurgien de l’Artillerie.
- Maiftre des Ponts.
- Commis des chevaux à tirer lArtillerie»
- 2 Capitaines des Pioniers. ——
- Capitaine des Mineurs.
- 4 Capitaine? de Navires.
- Somme des chariots pour les Officiers de l’Artillerie
- 4
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- Somme pour lArtillerie en tout 239
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- La Citmu I » »f! e Si &
- Les Chariots pour la Munition
- de Guerre.
- 20ÔOÔ de Poudre. 20
- 20000 æ Balles de plomb. 20
- 20000 de Meiches. 20
- Mofquettes avec les fournitures, Piques longues , Rondaches , Cafquets, Formes, Cueilliersi 7
- 9000 Houes, & 500 Pelles. 20
- 400 Beches, 200 Pics, 400 Coignées, 300 Coignées à main, 300 Serpes. 6
- Clous de toute forte. I
- ïoo de Chandelles, 12 Lanternes, 2000 Torches, 6 Falots. 2
- *oo Brouettes. 4.
- 10 Ponts de joncs ayecleurs cordes. 5
- 3 00 Paniers quarrez, & 1 q Banderolles à marquer les quartiers. 1
- Pour le Commis Bom & les Conducteurs. %
- Somme des chariots pour la Munition de Guerre 108
- L es Chariots pour les Vivres.
- Pour les Vivres.
- Le Commiflaire des Vivres Kien*
- Ses Conducteurs.
- Somme des chariots des Vivres
- Somme des Sommes des Chariots
- Des Officiers du Camp. 129
- De lTnfanterie. i\z
- De la Cavaiilerie. 12
- De l’Artillerie. 239,
- De la Munition de Guerre. 108
- Des Vivres. 244
- Somme de touè les Chariots 944
- 242
- x
- 1
- 244
- 7 LISTE.
- *2'yes Navires.
- h
- EN Ciste repartionfe fuivra l’ordre des Liftes precedentes , à fçavoir au premier les NaviAs pour les Officiers du Camp : Au fécond,pour l’Infanterie: Au troifiefme, pourla Cavaiilerie: Au quatriefme, pour l’Artillerie: Au cincquiefme, pourla Munition de l’Artillerie : Au fixiefine, pourla Munition de Guerre: Au feptiefme, pour les Vivres: Au huiCiiefme les PontonS: Au neufîefine des Navires pour diverfes chofes.
- D z Les
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-
-
- il li Çï«» * * s i y 11 11 Xi
- Les Navires pour les Officiers
- du Camp.
- Son Excellertccj. 20
- Le CcHte Henri. j z
- Sergeant Major General. I
- Quartiermaiftre General. 1
- Prevoft General, avec Tes Sergeans, & les Matelots. I
- L’Advocat Fifcal,avec le Greffier du Côfeil de guerre, en vne Navire de munition. Le Commis de l'argent. E
- Le General des chariots, avec Tes Conducteurs. I
- Les deux Chirurgiens du Camp & Apothicaire. I
- Somme des Navires des Officiers du Camp 38
- Notez.
- Il y a encore des Officiers, comme de T Artillerie, de la Munition de Guerre, des Vivres, & des Navires, mais veu que ceux ci s’accommodent és Navires chargées de ce dont ils ont l’adminiftration , ils n’ont point befoing d’autres Navires particuliers.
- Les Navires pour l’Infanterie.
- pour deux regimeps François, chafque trois Navires,fai& 6
- Le régiment a Allemans de Conte ErneH. I
- Le régiment des Walons. z
- Le régiment des quatre Gardes. I
- Pour les armes & le bagage de la Garde* I
- Le régiment des Friions. I
- Le régiment des Anglois. z
- Ànglois marchants avec le Conte Henri. 2
- Le régiment Efcoflois. 2
- Le régiment du Lieutenant Colonel Meetkercken* I
- Somme des Navires de llnf^pterie 19
- Les Navires pour la Cavailleric.
- Chafque régiment de la Cavaillerievn Navire, fai<ft ^ il
- Pour les armes & bagage de la Cavaillerie de la compaignie de fbn Excellence. * i
- Somme des Navires de la Cavaillerie 12
- Les Navires pour l’Artillerie.
- Ces Navires font de trois fortes : La première pour les Officiers refortiffes foubs F Artillerie : La fécondé pour les pièces d* Artillerie, avec leurs Affufts & chariots : Et latroifîefme pour la Munition de l’Artillerie*
- . Les
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- L a Cas * x a m i f a y r 29
- Les Navires pour îes Officiers refortiflatîts
- foubs l’Artillerie.
- Le General de l'Artillerie. j
- Les IngenieursjControlleurs & Condudeurs des Fortifications^ des ouvrages. 1 L’ingenieur Arent Arentfen. j
- Maiftre Conneftabie avec tous les Canoniers. I
- Maiftre Charpentier General pour luy& les Charpentiers. j
- Commis des chevaux pour tirer l’Artillerie, avec Tes Condudeurs & outils. 1
- Faifeurs de chariots, Marefchaux, Cordiers,avec leurs matériaux. 1
- Deux Capitaines de Pioniers, Faifeurs de feux, & Petardiers. 1
- Somme des N avires pour les Officiers refortifïants foubs F Artillerie 8
- Les Navires pour les pièces d’Artillerie,
- avec leurs Afifùfts & chariots.
- C e s pièces d’Artillerie avec leurs Affufts& chariots font mis en des Pontons,’ qui feront défait ci apres au penultiefme Article de celle Lifte des Navires.
- Les Navires pour la Munition
- de l’Artillerie.
- 960 Tonneaux de poudre en quatre Kerveels, faid Jf,
- 3000 Balles de 48 «en quatre Damloopers, faid 4
- 6000 Balles de 24 « en quatre Damloopets, faid 4
- Pour les Petarts & outils y appartenants vn Damlooper, faid 1
- Pour les Cordages, Meiches, Boittes de fueille de fer, & autres chofes, vn Ker-veel,faid I
- Pour 500 Clayes & quelques Paniers, vn Kerveel, faid X
- jço Swalpes,& quelques Paniers, vn Kerveel, faid X
- 200 Planches de Sappin, 200 petits Sappins, vn Navïre, faid 1
- Pour quelques Cordages, Colliers, Cuilliers, & autres chofes, vn Navire, faid 1 1200 Balles de 12 «, vne Kague, faid I
- Somme de N avires pour la munition de l'Artillerie 19
- Somme des Navires de l’Artillerie en tout 27
- Les Navirespour la Munition
- de Guerre.
- 45000 « Poudre.
- 45000 « Balles de Mofquettes.
- 45000 « deMeiches*. f /
- 50 Couvertures de poil.
- «Formes.
- 8 Cueillieres.
- Lefufditeftchargéen4Navircs, chafquede20 Laft, & dans vnDamlooper, enfemble 5
- D 3 Mof-
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- %<y La €a « ïr a miïa ï h vt\
- 200 Mofqueltes.
- 800 Piques.
- 50 demy Piques.
- 50 Rondaches. iz Lanternes.
- 100 & de Chandelles.
- 6 Falots.
- 2000 Torches.
- Toute forte de Clous.
- 100 Banieres à marquer les quartiers.
- 600 Sacs à terre.
- 10 Cordes à tirer.
- 12000 ffr de Cordes.
- 30 Rouelles de Navire, loo Paniers quarrez.
- Le fufdit eft chargé en vn Damloopêr, faiél -g
- 30 Ponts de jonc, avec les cordes y appartenantes 9 chargé en vfic Nivirc dé
- 20 Laft, & en vn Damloopêr, font enfemble “ 1
- 10000'Houes* zooo Paelles.
- 1000 Beches.
- 500 Pics.
- 1200 Coignées.
- 600 Goignées à main.
- 600 Serpes.
- Le fufdit eft chargé en trois Damloopers, feiÔ |
- jooo Brouettes.
- 200 Roues.
- 100 Eflîeux.
- 25 Planches de Sappin fiées en deux.
- Le fufdit eft chargé en trois Navires^ chafque de 20 Laft, faid 3
- 1Ç00 Planches de Sappin.
- 1500 petits Sappins.
- 200 Sommiers de Sappin.
- 10 Cordes à tirer le Canon»
- 4 Leviers de fer.
- J-e fufdit eft chargé en trois Navires, chafque de 20 Laft, faid 3
- Somme des Navires pour Ja Munition de Guerre, IJ i 20 Laft, & 6 Damloopers, enfemble 1*7
- Les Navires pour les Vivres.
- Ces Navires eftoyent en nombre it/6
- Les
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- L A V C A S T R A meta ï X O vl 01
- Les Pontons.
- Dix & fept Pontons pour les Pièces d’Artillerie, avec leur dependence, faid 17
- V n grand Ponton à paflfer les Rivières, faiCï I
- Vn petit Ponton, faiâ: I
- Six-NafTellcs pour les petits Pons, avec leurs chariots & harnacheures de chevaux, faiCt 6
- Vn Paetfchip pour charger les bafteaux, chariots, & outils. 1
- Somme des Pontons 26
- Les perfonnes des Pontons qui s’accommodent tous dans leurs Navires, font comme s’enfuit : Le Maiftre des Pontons : Son Lieutenant : 83 Matelots de Pontons, repartis en cefteforte : Sur iç grands Pontons en chafque Ponton 4 : Sur 2 moindres Pontons en chafque 3 : Sur le grand Ponton à paflfer les Rivières 3 : Sur le petit Ponton 2 : Près de chafque des 6 Naflfelles 1 : burle Paetfchip 3 : Les Charpentiers de Navires 3.
- Les Navires à diverfes chofes.
- Le Commis des Navires, avec fes Conducteurs. I
- Vn Navire & quatre Kagues pour les Conducteurs des Navires & les Commis, avec les autres chofes fe rencontrans à l’impourveu. 5
- Six Kaguefchuten pour aller & venir tant pour les Meffagers que pour les Soldats bleffez,fàiCt 6
- Somme des Navires à diverfes choies 12
- Somme des Sommes des Navires.
- Des Officiers du Camp. 38
- De l’Infanterie. 19
- De la Cavaillerie. 12
- De l’Artillerie. 27
- De la Munition de Guerre. 17
- Des Vivres. 66
- Pontons. 26
- De diverfes chofes. 12 ,
- Somme de tous les Navires 217 • *
- NOTEZ.
- IL y a par deifus les precedentes Liftes (qui en cefte matière peuvent afTez ièrvîr d’exemple) encore quelques autres,mais ne me fèmbleeftre neceflfàire de les def-crire en particulier,& qu’il fuffit d’en faire cefte narration:
- Premièrement le Camp iè divife ordinairéméttt en trois parties,. corne en avant-garde, bataille, & arricregarde, qui ont chafcun leur Lifte tant de l’Infanterie, que de la Cavaillerie, ayant chafcun aucunefois (fi bien en marchant qu’en laffiegement & environnement des Villes) vne partie du train, comme de l’Artillerie, Munition d’icelle, Munition de Guerre, & des Vivres : aufli des Officiers de telle qualité qu’il y a au Camp entier : Et entre autres on ordonne fur chafque d’icelles trois parties
- vn Ca-
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- %% L A C A S f ft A M Ë t A * l O N*
- vn Caftrametàteur avec fes aydes, quon eflit d’entre les Ingénieurs , aufqueïs on livre les Liftes félon lcfquelles ils fe gouvernent , & eftans de forme comme les precedentes , il n eft pas befoing les defcrire au long. Il y a encore vne Lifte des Per-fonncs de la Cour, qui doivent eftre fourrez, avec encore deux autres des Chariots & Navires de fon Excellence-, mais On en a feulement mis leur fortune aux Liftes des C haï iots & Navires precedentes. Il y aurait encore félon le commun vlage des Camps, vne Lifte des Vivres : Mais par ce qu auprès de nous eft communément vn grand fournillèment de Vivres par Navires des Vivandiers & Marchands,& que la deffus on s’attend fur ce qu’on f£ait qu’il fe pourra recouvrir des Villes prochai-nes,quand il en eft befoing, il n’y a ici aucunes Liftes des Vivres dignes de defcrire.
- 3 CHAPITRE.
- De marquer ou mefurer vn Camp. ARGVMENT DE CE
- J C H A Î1 ï l 1.
- Ce 3 Chapitre aura 6 zArticles.
- LE I Article duftgner des quartiers quadrangulaires du Campfur du papier, pour /'imiter au ftgner en la campaignes.
- Le 2 Article du mefurement des quartiers quadr angulaire s du Campfur la empatgne, qui fi faift par le Cajlrametateur, avec fes aydes.
- Ceci eftant fai<ft, la partition des fils des huttes & des rues fe doit ligner par chafque Quartiermaiftre en fon régiment, car celaferoit impoflibleau Caftiametateur de le faire bien en fi peu de temps comme il en eft requis» tellement que de cela fera deferit ce 3 Article:
- Le 3 Article du mefurement des places neeejfaires aux fils des huttes dr rues, entre icelles, qui fi faift par chajque guartiermaifire en fin régiment.
- Ceci eftant accompli, il faut que la partition des huttes foit fignée par chafque Sergeant en fà compaignie, car cela ferait au Quartiermaiftre im-polfiblede bien faire en fi peu de temps comme il eft requis, tellement que de cela fera deferit ce 4 Article.
- te 4 Article de la partition des huttes en leurs fils, par chafque Sergeant en fa compas* gnie-j.
- te 5 Article dufigner des places iatmes, du rayer,des trenchees,&du calcul combien chafque régiment doit fouir.
- Le 6 Article contenant admonition àfin que ce qui eft bien marqué & bafii 9fiit entretenu en bon ordres.
- 1 A R*
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- Tèujigner des quartiers quadrangulatres du Camp fur du papier, pour l*imiter aufigner en la campdigne.
- VE v qu'eactCamp ilfa.!it,caD.jQiadi:çdivers quartiers , à Ravoir ohzetrou-pcs d Ipfajnterie-, & encorf onze regimen^de Cavailierie , qomtnc fe peut veoir à,la Ie & 2e Lift c dp 4 chapitré, avqc Encore lefrautrqs quartiers y ap-partenans, ce ferfcit chofc difïîç|lej de les ligner, |& refigner à la hafte en bon ordre fur du panier, s’il n en eftoit ordjorjné quelque bohnje réglé, principalement quand le faut taire àjla hafte, comme* il advient fouvent qu’apres avoir ijecognu la place, il faut incontinent camper. La ijegjle inventée à céè\ eft telle : On jgne chafcun des fufdits quartier fur vn petit quadrangle de feuillejdej cartes, lefquel? fe coupent ainfi qu’ils ont la commune longueur de 300 pieds, & |a largeur comme-la Lifte le de-inonftre. Commue par exemple, pour le regimen}: de Chaftillon ayant %oo pieds de longueur, & 70$ de largeur, oh qoupe félon certaine efchelle vn petit quadrangle de telle longueur &largcur,laq4elle seferit là deÇu$ avec le nom du Colonel,comme ci joignait ^ & ainfi des autres* Ces petits papiers des quartiers ainfi tou$ coupez & préparez , on ie| njet & remetjufques à ce quon les voit felonfncjftre defir. Ec ppur faire cela, avec encore jjlu| de commodité, on tire fur vit papier certaipesflignes parallèles,,entre lefquel-les font comèrihfes les communes largeurs de 400 pieds, avec les rues de 50 pieds, comme Ja mgure fuivantele deiponftrc, afin de mettre là dèifftjs en ordre lefdîts quartiers.
- Ceci
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- • li c â »'»** U *&* '* * ® »*
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- Ceci fftanr ainfi préparé je viendray maintenât au marquer fur le papier, prenant pour exemple kfigure qui fe fcifoit pour le Camp devant Iuliers , là où eftant recognu le lieu, fon Excellence print refolution de loger hors de ee CampkCavail-lerfe avec les chariots, auffi les Angk)is & EfcofTois foubs le General Cecil, tellement que les petits quadrangles depapier d'iceux quartiers en eftant feparez, le re-ôe fe mit en ordre fut le fuftlit papier réglé, & remonftré à fon Ene/tence, lequel les
- remettant
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- L à C A H lÂHE Ï.AÏ I OS* gÿ
- rjftettânt vu peu félon fon opinion ilst gifoyent par reiblution Comme ci def-Ibubs.
- Mais il faut noter qu'en mettant & ordonnant ces quartiers, on voit quelquefois quefî aucuns d’iceiix èftoyent plus larges ou plus eftroi&s, que ne portent les. mefû-res marquées fur les petits papiers, que l'ordre du Camp fê pourroit faire plus propre : en tel cas on peut aucuns quartiérs^qui le permettent, prendre vn peu plus larges ou plus eftroiéb, comme des Chariots, Marché, Artillerie, Vivres, Seigneurs étrangers, & place vuide devant le quartier de fon Excellence, car ils ne font fi preci-fement calculezrqu ils ne peuvent eftre vn peu plus larges ou eftroi&s : Mais le$ régiments de l’Infanterie & delà Cavaillerie 5 les quartiers de fon Excellence & du General de l'Artillerie, requièrent de demeurer fur leurs mefures pofées.
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- 36 I A C A S T S A M ITA ï U N.
- Et fuivât le precedent ordre des petits papiers ainfi mis3fut alors marqué la figure fur du papier, avec les places d’armes alentour de la gendarmerie , laquelle alors eftoit comme la figure de lonziefme Article du premier Chapitre.
- Notèz encor e que veu que celle maniéré de marquer eft facile. Ion Excellence fait. communément préparer diVerfes figures devant que venir au lieu, fvne avec la Ca-vailierie & tout le relie en vn retrenchement,l’autre fans la Cavaillerieou fans quelques autres quartiers, à fin que fi la refolution fe faifoit ainfi, on en feroit pourveu, delquelles figures on pourroit ici encore mettre aucunes,mais eftimant que la chofe eft alfc2 entendue par le precedent, je le palferay outre.
- 2 ARTICLE.
- u mefurenmî des quartiers cjmdr angulaires des Soldats en U camp digne, ce qui refait!par le Qtftjrametateur avec[es ajdes.
- EE s t a n t cognu par le precedent plan fur papier, comment fera la figure fur le Camp, on cômcnce premièrement à marquer les quadrangles ou quartiers de 1 Infanterie, à quoy on y appoite environ 150 Banieres des quartiers, ou autant comme on voit eftre necelfaire, eftant des ballons pcinéls, long environ de9 pieds, chafqueavecvnebanderolle pour les mettrefurles angles des quartiers: C Etifch deftend par fon de Tambour, & fur peine de punition corporelle de les ara-cher ; Car quand palfé quelques années on ne faifoit pas cela, il eftoit impolfible que les marques des quartiers y demeuralfent, à caufe quVn chafcun ayant alors à faire du bois pour hutter, les autres ballons point peinéls ou marquez elloycnt tirez. Aulfi fe delfend à tous de venir à icelle place, pendant qu on marque les quartiers,excepté ceux qui y font ordonnez : Car quand par ci devant cela n’efloit point deffendu, on ne fçavoit faire les quartiers, pour l’empefchement des hommes, chariots, chevaux, paille, & du bois, qu’on y apportoit pour hutter.
- Notez encore qu’on a trouvé necelfaire, de fe fervir au Camp dVne mefure commune, a fçavoird’vne vergé départie en pieds & poulces, quon nomme la mefure du Camp, à caufe que les Entrepreneurs d’ouvrages, Ingénieurs, Controlleurs de Fortification, Charpentiers, & autres venants de diverles Villes & Païs, avoyent chafcun vne mefure, laquelle en leur Ville eftoit en vfage, fort differentes les vnes des autres, dont s’enfuivoyent plulîeurs abfurditez.
- Encore eft le Caftrametateur fuivi de tous les Quartiermaiftres des régiments, à fin qu’vn quadrangle eftant marqué, il leur foit monftré.
- Ceci eftant entcndu,on met les quatre Banieres à marquer les quartiers, de cha£ que régiment fur le Camp,félon que la precedente figure eh papier le requiert,comprenant reélangles quadrangulaircs, long de 200 pieds, pour la gendarmerie. Lequel fe fait parle moyen de la croix arpentiqye,& par le mefurement des longueurs félon la maniéré vulgaire des Arpenteursrce qu eftantalfez cognu aux Ingénieurs,il n’eft pas bcloing d’en donner plus particulière inftruélion, feulement fe pourroic faire quelque advertiffement de brièveté, à fçàvoir que des quatre collez des quadrangles il n’en faut mefurcr quvn ou deux, là où vn des collez du Camp commen-t Dr bakint ce 5 car re^c P^us commodément par * le trimarquement & fecours de la L jsLJ». croix arpentique, comme cela leur eft alfez cognu.
- Notez encore que chafque quatre Banieres d’vn régiment fe marquent avec nombres , qu’on y taille avec lettres comme I, V, & X , qui avec des crcns droi&s facilement fe peuvent tailler, àfçavoir les quatre Banieres du régiment qu’on marque le premier, chafcun avec I, du deuxiefine chafcun avec 11, & ainfi des autres*
- ce qui
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- L a C a s t r a m b t a t i o ; . %“j
- cecjuife feid pour éviter quelques difficultés, dVnepârt pourcéqueles Quarticr-uiaiftres raelmes, à caufe de la grande multitude deBariiercs, viennent quelquefois entre eux en diipute &difîention de leurs propres quartiers : Ht d autre part, qu’e-liant le Càftrametateur (qui eferit tels nombres fur fon papier comme il y a aufdites Banieres) ou quelque autre, demandé apres quelque quartier, il le peut monftrer incontinent fans aller au lieu.
- Si toft qu’vn régiment eft ainfi marqué, on le monftre à ion Quartiermaiftre pour le garder.
- Mais toutes les Banieres de llnfanterie de ce Gamppropofé, eftantmis, elles font en tel ordre comme demonftre la figure fuivante, la où fe peut veoir combien eft neceflàire de marquer les Banieres avec nombres taillez fur icelles comme de£ fus, pour feurcment cognoiftrc chafque quartier.
- 3 ARTICLE.
- ‘Du mefurement des places necejftires aux fils des buttés, fffi nues entre Icelles 9 qui Jefaifl par chafque Quartiermaiftre en fon régiment.
- ES t a k t accompli le marquer & mefurer du Caftrâmetateur comme deflTus, s enfuit le marquer & mefurer des Quarriermaiftres châfcun en fon régiment , lequel comme il eft dit en l'argument de ce Chapitre, eft itnpoffible de bien effeduer par le Caftrametateur en fi peu de temps qu’ici eft requis.
- Doncques le Quartiermaiftre aura près de luy vn plan de fon régiment, .comme celuy du y Article du premier Chapitre, pour en trouver toutes les longueurs ne-celfaires s’il ne les ff avait aifezpar mémoire, aulîivne mefure de Camp longue au
- H 3 moins
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- L a CMïUMi|in« N. moins de 8 pieds , & certaines cordelles pour s9en fèrvir comme fera dit.
- Eftant ainfi pourveu au lîèu de fon quartier , lequel foit entre les quatre Banieres AB CD, fignifiantlequadràngledes logis des Soldats, il partit au loingd’vnc eordelle tendue, la longueur À B de 8 en 8 pieds, que comme fon plan demon-ftre, fichant à chafcun poind vn rameau ou petit bafton, comme il eft fignifié avoc les points entre A & B : Il fai&auffi femblable partition au bout de derrière comme de D à C.
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- Eftant venu jufquà là, refte maintenant de faire la partition des huttes de I* gendarmerie par les Sergeans, dont il fera dit au 4e Article, mais cependant les Quartiermaiftres marquent les logis des Capitaines devant la gendarmerie , & les huttes des Vivandiers derrière la gendarmerie, comme le demonftre la figure fufdi-iç du y Article au premier Chapitre.
- 4 ARTICLE.
- De la partition des huttes aux fils, par ebafiue Sergeant en fi compagnie.
- EStant achevé le mefurement des Quartiermaiftres comme deffus ,s*enfui-vent les partitions des huttes par les Sergeans, chafcun en fa compaignie, lequel comme il eft dit en l’argument de ce Chapitre, eft impoffible de bien effectuer par le Quàrtiermaiftre en fi peu de temps quà ceci eft requis.
- Le Sergeant doit fçavoir (àquoyle Quartiermaiftre luy doit affifter ) combien de huttes ou à peu près il faut pour là compaignie, ce qu’il peut fçavoir par la Ca-ftrametation precedente,ou fi c eft pour la première fois,par interrogation aux Soldats lelquels voudrôt loger feuls,ou avec des Camarades, en quoy faut noter qu’on donneà chalque Soldat ou a chafque troupe de Camarades,autant de largeur quils défirent, mais en longueur, qui eft depuis le front julques au derrière, precifement 8 pieds, fans plus ou moins,& fe trouve ici communément par experiençe, que ioo Soldats ont allez à deux fils de huttes, pource qu’ils ne font point volontiers leurs huttes plus grandes qu’il n’eft befoing : Mais fi en aucunes çompaignies fe rencontrait le contraire(commcil pourrait advenir par beaucoup des Soldats qui ont femmes
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- La Castramétation. ^
- mes 5c enfirns) on peut à ceuxqui demandent trop de place, donner moindre, ou fi la nec édité le requiert, leur donner vn fil d'huttes d avantage. Or le nombre des huttes ainfi trouvé, fe partira en deux, mettant à chafque coftè environ égal nombre, en telle diftance les vnes des autres, que les places vuides entre deux {oyent quafi égalés ,5c faut fçavoir qu a chafque bout des fils doit tousjours eftre vne hutte, a fin que la figure de chafque compaignie & auffi de tout le regimentfoit tousjours vn re&an-gle, & que les rues au long d’iceux foyent d’egale largeur & droites. Il faut aulîi noter que les deux premières huttes de chafque compaignie font pourle Lieutenant & Port’enlèigne, à fçavoir du Lieutenant à Codé droit, l’autre à gauche, 5c les deux derniers huttes pour les deux S.crgeans, à fin que comme en marchant ils font les derniers, qu'ainfi au loger ils ayent aulîi les dernières huttes.
- Les Sergcansdonc lçachans à quoy il leur faut prendre garde, le marquer des huttes fe fiid comme s’enfuit : Chafque S ergeant quia deux fils d’huttes, met quatre cord elles tendues entre les marques mifes parle Quartiermaiftre, entre lefquel-les doivent venir les huttes, comme a la precedente figure du Article les quatre cordelles A D, E F, G H, I K,& pour marquer chafque hutte, Ü fiche en terre quatre petits ballons, fignifiants les quatre coings, & avec cela eft parachevé le marquer du Sergeant.
- Apres toutes les chofcs fufdites, eft encore requis que calque Sergeant en fi compaignie aye foing & face en forte que les Soldats ne huttent point hors les limites à eux données : Et chafque Qnartiermaiftre que les Sergeants facent leur devoir ; Et chafque Capitaine que fa compaignie foit bien regulierement logée : Et chafque Colonel que fon regiment puiffe fervir d’exemple à tous les autres : Car ainfi pourra la Caftrametation procéder par tout en bon ordre: A quoy les Officiers fufdits fe doivent adonner diligemment, parce que chafcun d’eux cfpere ou doit cl-perer de parvenir au fupreme degré,à quoy la cognoilfancc de bien 5c régulièrement loger eft tenu pour chofe fort neceffaire, comme cela a efté dit ci deflus plus amplement.
- Par ce que julqucs ici eft deferit du marquer & mefurer dVn regiment d’Infantc-rie, en peutalfez entendre eftre de mefine des régiments de la Cavaillerie. Touchant la maniéré de marquer les autres quartiers, comme celuy de fon Excellence, du General de l’Artillerie, des Officiers du Camp, Chariots ,& Marché, dont les figures font déclarées aux 6,7, S, 9 5c i o Article du premier Chapitre, veu que de chafcun n’eft à marquer qu vne figure de peu d’ouvrage, & qu’à cela il y a des Ingénieurs qui s’entendent de leurfaid, & qu’ils peuvent eftre expediez fi toftqueles quartiers de la gendarmerie, il n’eft pas befoing d’en deferire vne particulière in-ftruélion.
- Le mefurer 8c marquer eftant ainfi parfaiét, on mande a ceux aufquels avoit efté défendu d’y eftre prefent, que chafcun peut venir prendre fa place.
- * ARTICLE.
- 'Du marquer des places d'armes, * rayer les trenchées, ^ du calcul combien chafque regiment ait à fouir.
- f Kje$ittm enFUmtn.
- CE M -a r qve r des places d’armes avec le rayer des trenchées, fe faiâ: par vn Ingénieur avec fes Conducteurs, ayant encore près de luy 50 ou 60 Pio-niers qui fouillent les rayes, le long des meiches tendues, faifant deux lignes droites, 6 pieds l’vne de l’autre, pour la largeur du folle, dont l’Interieur eft 206 pieds diftantedes logis des Capitaines, tellement que les 200 pieds demeurent
- pour
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- 4<> La Castramétation.
- pour la largeur des places d armes , & 6 pieds pour FefpélFeur du parapet.
- Notez encore combien que ci devant foit mandé aux gens du Camp, que chaC cun peut venir prendre là place , cela n’empelëhe point à ce marquer , veu que ce ne font que deux lignes droites, aflez elloignées de la gendarmerie.
- Les fufdits rayons eftant ainfi marquez, il relie de faire le calcul combien de pieds deretrenchementchafque régiment doit fouir, ce qui au Camp des Très-fuiffknts Seigneurs les Eftatsfe faiét pari* Infanterie comme par rcigle commune, làns eneftrepayé : A celle fin jevoy au precedent defeing fur papier du premier Article de ce Chapitre(ce qui eft encore plus clair à la figure de l’Article 11 du premier Chapitre)de quelle longueur font les rayons, & fe trouvent les deux collez qui font les plus longs, chafcun de 2000 pieds, & les deux plus courts chafcun de 1750, en-femble 7500 pieds,à quoy il y a 8560 Soldats,à fçavoiren chafquô régiment comme ci deflbus, tiré hors delà première Lille du 2e Chapitre.
- Challillon i<S6o
- Bethune 1660
- Frifons 760
- Veer 1320
- Conte Tohan Erneft 1310
- Quatre Gardes 800
- Conte Erneft I050
- Somme 8560 Soldats ont à fouir 7500 pieds.
- Avec ceci je di félon la maniéré de la réglé de Compaignie:
- 8560 Soldats doivent fouir 7500 pieds, combien 1660 Soldats de Chaftilloaf faiél 1454 pieds, que je mets joignant de Challillon : & failànt le fcmblablc des autres régiments, la difpofition du calcul, 5c ce que chafcun doit fouir eft comme ci dçflous:
- Challillon
- Bethune
- Frifons
- Veer
- Conte lohan Erneft Quatre Gardes Conte Erneft
- 1660 S oldats ont à fouir 1454 1660 i454
- 760 666
- i?2o 1157 1310 1148 800 701 1050 920
- 8560 Soldatsont àfouir 7500 pieds.
- La longueur des pieds que convient à chalque régiment, fc marque hors de lex-tfeme bord de l’extreme rayon avec vnc croix fouie en terre : Polbns par exemple qu’vn tel marquer commence au coing de H de la figure de l’Article 11 du premier Chapitre,là où eftant marqué vne croix,on mefurede là enavant i454P*cck pour le régiment de Challillon, lefqûels s’eftendent julqucsà I, là où le met auffi vnc croix, & ayant femblablemcnt mefuré 1454 pieds pour Bethune, ils viennent ju£ quesàlacroix K : Et ainfi procédant, la demiere partie reftanre eft pour le régiment du Conte Ernefte, laquelle (fi aux mefures il n’y a point d’erreur) le doit trouver fur la terre de 920 pieds. Et avec ceci eft accompli le marquer ou mefurer du Camp que jàvois propofé de défaire en ce ^Chapitre.
- 6 APv-
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- Lh GA'nnMi.ïATie&; 4ÿ
- 6 ARTICLE.
- Qnttmnt admonition, pour entretenir en bon or<ke ee qui e& bien marqué ftj baftï.
- A Y an t jufques ici parler du marqué du Camp, il refte encore de faire quelque ad vert idem en t de ce que là deffus les Quartiermaiftres ont d’obferver chafcun en fon quartier, à fin que ce qui eft bien marqué & bafti, foi t entretenu en bon ordre. ; o
- Au premier, que nuis Soldats, leurs Femmes, Fnfans, Ou quelque autre de leur part, ne pourront dedans les régiments près des Soldats tenir;Taverne, ou vendre des biens, car pour tels font ordonnez les huttes de Vivandiers derrière les régiments. •; ;
- Au fécond, que les Quartiermaiftres chafcun devint, derrière,ou de codé de fort quartier,ne permettent de fouir fur les places d armes ôç rues aucuns puis à cuifiner, tablés à jouer aux detz, ni autres puis, par ce qu!il efï dangereux^d’aller fur tels chemins, en péril de rompre col & bras, principalement en temps d’alarmes venants en l’obfcure nuid, ce qui eft défendu pour bonne raifo/i, par ce que derrière toutes les huttes des Vivandiers eft ordonné place hors de tels chemins pour faire des puis à cuifiner.
- Autroifîefine, qucchafque Quamermaiftre ne permet devant, derrière, ou de cofté de Ion quartier aucun baftiment d’huttes, pofition de Tentes, ou Boutiques, vendition de biens fur des chariots, ou autrement, mais les commande d’aller au Marché. . . ; ; . •
- Au quatriefine, veu qu’on permet ici aux Bouchers de loger aux huttes derrière les régiments,& que dés entrailles des beftés tuées; vient grande btdure de puanteur* caufant maladies, dont aucuns denoz Camps precedents, commeauffi dàutres, a% ont efté infeétez, on peut pourveoir à cela fouiffant en terre des puis profonds ? fur lefquels on met des bois forts, & là deifus branches d'arbres avec léurs feuiltés , ou delà paille, mais obfervant qu’au milieu demeure vn petit trou,fur lequel ori met vu
- chaftis de formé comme ci joignant, avec vne l il * petite feneftre quarrée là dedans, d’environ
- *6 ou 1.8 doigts ; puis apres on met ci deifus
- er— . '1- -i' >— ... » la terre qui eft venue du guis, mais en telle
- forte quicélle feneftre fepeut lïbremëntbu-vrir & fermer pour ceux qui y jettent IcsentràiUes oir ordures, & alors nén fort nulle puanteur, comme fe trouve par expérience,à quoy fe peut aufti adjoufter vne rai-fon, à fçavôir quelcs corps puantsd’hoinm'esenterirèz és.cemèrières, voire ésEg^-fes fermées, né rendent nulle puanteur. < Notez erieofé , que ooiribién queues pt^jp fe facent és rues ou chemins, ils font fahsuucun péril, tarit pôur les hommes qire pour les bettes,, qui de nui& n’y peuvent tomber dedans, veu qtfils font éftouppieih: Qns’en lèrt aûïjî. commodément près des puifînes de grands ScighéUrs,qüi làns^li» font communément infeéfcezde puanteur. .,vm: yj;1/.!.->
- Au cincqûiefme, le Quaitiermaiftre fera fouir aux Pionniers vtri^tk lbtteÉ àèlà* largeur de deux pieds, & autant profond au bout dés dix pieds qullbUfdhfrinèi^ pour place vuide, des huttes des Vivandiers, & çè'â.**ffît‘dé telles limites, car autrement les .puis à cqifinerqupTyn mét^ pius Mrig üéfa^iÜlfe-quel'autre, viennent fur là grande Vuéi aWc.ks ihcohimpditéz dont jaÿ^parlé^y^ vant,caufant aulTi rues tortues& irregiilieré^ ce quiétt empefchê;par;,ledkfô^.!i'' ' i‘
- Au fixiefme, il faut fjavoir qu aucliris;fe'feignçhtr d’éftrc^ MànÉttë&fc &
- F diers,
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- L-â Cas* R A M Î T A T ï 5/UÏ:
- diers, & ne ïe font pas, lefquels au commencement qu’on diftribue les places , cort-venancent les meilleures, mais comme en apres elles demeurent vuides,& qu* ils ri y apportent aucunes denrées & difent journellement de les attendre d’heure à autre, ils trainent cela fi longuementjufques à ce qu’ils vendent icelles places fi cher qu'ils peuvent, à autres Marchands qui viennent en apres : Pour obvier à ceft inconvénient , on diftribue les places à telle condition, que fi vn autre vienne qui la veut, ayant fes biens prefts à la main, qu’elle luy fera donnée, & le baftiment d’huttes que foubs pretexte ils pourroyent avoir commencé, fera perdu, fans pouvoir demander aucunechofe de leur peine, ni aufli pour*la matière, car quand ils l’ont prinfe du Pais, elle n’appartient pas à eux : quant aux Tentes vuides ou Boutiques qui leur appartiennent, ils les peuvent ofler & tenir pour eux*
- 4. CHAPITRE.
- De ce que fejon mon opinion feroit vtile âc neceffaîre, à la forme durable d vn Camp qui pourroit continuelleftient demeurer le mefme.
- ARGVMENT DE CE
- 4e C K A P ï T R 1.
- Il y aura ici trois Articles contenant comme s enfuit:
- Le l Articlefourqttoy à la precedente Caftrametationla maniéré des Romains neBf as imitée de fifres comme l'on euH bien feu f aires.
- Le Z Article contenant le dejfcing <£vn Camffiont la forme fournit tomimeUemtnt demeu* rerlemefmes.
- Le 3 Article de la refartition de la gendarmerie necefftire à la Cafiramttation régulières,
- I ARTICLE.
- . ^Pourquoy d lafrecedente Cafirametation, la maniéré des Romains neîîfas imitée défifres comme l'on euÜ bien feu faire,
- PLv s t ni eftimentquela Caftrametation des Romains a efté tresfingu-iiere, tellement que leur ennemy le Roy Pyrrhus (comme recite Plutarche) s’en efmerveillant, difoit que ccft ordre des Barbares n’eftoit point barbare: Quant aufli ©n confidere la forme félon la defeription de Polybe ( laquelle eft mile ciideyât au premier Article du premier Chapitre) on y trouve outre là commodité, aufli y eftre imité la fîmmetrie de fimilitude entre le cofté dextre & fèneftre,laquelle tes vieux Architectes obfervoyent curieufcment : Le Camp aufli avoit tousjours en divers lieux vne mefme forme, tellement que par tout où il cftoit planté, chalcuit fçavoit trouver tous logis, comme fi fans mutation de lieu il euft tousjours demeuré en vne mefme place, ce que fans doubte caufoit grande commodité, tellement que ©efte maniéré eft à bon droit louée de pluficurs. Ceci eftant ainfi, quelqu’vn pourroit p.enfer pourquoy fon Excellence ne l’a entièrement fuivi, ou plus qu’il n’a fait, Aquoyoarelpond : Premièrement la çaufe pourquoy en noz Camps ne fc peut . pratique?
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- La C a s t r a m a t a t ï ô n.
- prn&iquer la fufHire égalité de forme en tous lieux, à l’exemple des Romains eft qu’ils n avoyent pas feulement égalité de gens aux compaignies & régiments,qu’ils iiommoyent manipules & cohortes, mais aufli encore en deux degrez plus haut, à fçavoir en Légions & Camps, dont au fuivant Articlefoubs la répartition delà gendarmerie des Romains fera parlé plus particulièrement, lequel entretenement accompli,requiert plus grand pouvoir qu’il n’ÿ a pour le prefent(comme il femble) pics d aucuns Princes ou Republiques menant la guerre. Aufli fon Excellence eftime pour plufieurs raifons, que les Camps de Romains n’ont pas tousjours efté fi réguliers comme aucuns fe perfuadent Premièrement pource qu’on ne trouve pas par tout (mais rarement comme il luy eft notoire par expérience)des Camps tant longs que larges de 2000 pieds,aufquels il n’y a quelques incommoditez d’hauteurs,pro* fondeurs, marefeages, ou autres lieux où l’on ne peut loger, ce qu’ainfi fe rencontrant, il faut qu’il s’enfuivc grand changement en la forme. Au fécond en l’afliege* ment des Villes, où il faut repartir les Légions félon qu’il eft requis pour la dofture de la Villc, ne fe pouvoit faire la reguliere Caftrametation. Au troifiefme à caufe que le nombre de leur Infanterie nommé Evocati, eftoit incertain & ibuvent.plus grand que ne pouvoit comprendre la place marquée félon la réglé generale. Au quatriefmela'gendarmerie eftoit quelquefois logée fur le Marché, qui à ceftc occa-fionfuttranfporté auqueftoire. Aucincquicfme il y advenoitfouventenpeude temps grand changement de la gendarmerie qui s’enfuioit,mo uroit de maladie, q uî eftoit baftu des Ennemis, auifî qui eftoit mis engarnifondc Villes & Forterefles gaignées, tellement que les manipules, cohortes & légions ne fe pouvoyent remplir à la hafte : A quoy fert aufli ce que Cæfar eferit au livre, à fçavoir que combien q ue le Camp eftoit petit, à/peine de fept mille hommes, 8c fans bagage, il l’a amoindri tant qu il pouvoit, faifant les chemins plus eftroi&s. Au fixiefine Polybe dit que les Légions eftantplus remplies, en longueur & largeur eftoyent augmentez félon qu’il eftoit requisrPar lefquelies chofes la Caftrametationne fe pouvoit tousjours faire fur vne mefme façon, félon les mefures definies par réglé generale, mais il falloit faire nouveau calcul 8c plan félon ce que le Camp propofé requeroit: Mais il eft à eftimèr qu’ils fuivoyent la réglé tousjours fi près qu’ils pouvoyent, tellement que par cela les commoditez des rues 8c le trouver des logis eftoit plus facile qu’il n’euft efté autrement.
- Il eft encore à noter,que le General du Camp des Romains avec les Officiers Io-geoyent d’vn cofté du Camp, mais la grande multitude de la gendarmerie comme les deux Légions Romains, avec les Sotij, empliiïbycntlagrandeplaccdu Camp D E F G : Defqueiles chofes ils avoyent leurs particulières raifons; mais paffant tout cela, il femble mieux de fuivre la règle generale de Xenophon mentionnée ci devant, àfçavoirquelc General du Camp avec le train, foit logé au milieu de la gendarmerie, comme il en fera mis exemple au fuivant 2* Article : Aufli il femble qu’il n’y a au Camp, félon la Caftrametation de Polybe, point de placespour machines, chariots, juments, mulets, magazins de munition de Guerre, magazins de vivres & fourage, n’auflï pour gens hors de fervice, comme Marchands,Taverniers, & gens de meftier, qui doivent avoir grand place, à quoy comme bon eftime fer-voyent leurs Faubourgs qu’ils nommoyent fmeftria, aufquels ilsmettoyent particulières gardes : Mais il femble qifonles ordonne tous par meilleure raifon félon la fufdite réglé generale de Xenophon dedans le Camp, car en augmentant fa largeur feulement de 200 pieds, ils l’auroyent agrandi d Vne fuperfice large 200 pieds, & longue 2000 , cela feulement faifant 400 pieds de retranchement d’avantage, tellement que par cela les fufdites chofes pourroyent eftrc comprinfes dedans le Camp avec moindre pein^delpens, 8c garnifon ou garde, & aufli avec plus de com-
- V z xnoditê
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- '44 L» CisïiimTuïï»;
- moduc & affeuràricé, que d'en faire particuliers Faubourgs.
- Toutes lefqùellcs raiforts ont efté caufopourquoy fon Excellence n’a point imité en la precedente Caftrametatioii i la maniéré des Romains fi près comme l'on fçau-roit bien faire, ce qui eftoit rhori intention de déclarer en ce premier Article*
- i ARTICLE.
- Çontemnt le dejfcing Svn Camp quipourvoit demeurer continuellement de me/me forme,
- CO m b 11 h que nul po unirait ne fe peut faire qui demeure tousjours le meilleur, & encore quil fuftfaifable quil ne fe peut prouver eftrefait, fi eft-ce toutefois quVn chafcun peut déclarer fon opinion de cequcluy femble pre-fentement le meilleur, pour longuement demeurer & continuellement cftre amendé: Avec telle intention mettray-je la figure fuivante,en laquelle A fignifie le quartier du General du Camp, B vne place vuideH devant, fervantpourl’aflemblée de ceux qui ont journellement à faire près de luy, C le Marché derrière le quartier du General, D divers quartiers pour les Officiers, artillerie, munition de guerre, vivres, chariots, foui âge, Seigneurs étrangers, & autres qui fe trouvent neceffai • ires en vn Camp : Les quarrez noircis alentour de ces quartiers, lignifient les regi-merits de la Cavaillerie, & alentour d’iceux les régiments d’infanterie marquez E, defquels méfiant point marquez les particulières répartitions, à caufe de leur peti-teflè, ils s’entendent d’eftre faits comme eft déclaré au ÿ & 5e Article du premier Chapitre : Alentour de l’Infanterie viennent les places d’armes F : Toutes les rues font d'egalc largeur de 50 pieds.
- Mais pour reciter ce qui eft dit jufques ici avec des mots par lefquels fi la Figure cftoit abufivement marquée * fe pourrait faire vne autre nouvelle mieux que par icelle narration, je di que ce Camp fans places d’armes comprend 70 quarrez, 10 en longueur, & 7 en largeur,dont les go extérieurs marquez E font pour llnfante-rie, les 22 quarrez noircis touchants les quartiers E, font Cavaillerie : Les deux quarrez enfemblc marquez A, font pour le General du Camp : Les deux quarrez là devant enfemble marquez B, font la place vuide : Les deux quarrez enfemblc derrière le quartier A, marquez C, font le Marché : Les 12 quarrez avec D, à Ravoir de chafque cofté 6, font pour le train. Or que le marqucment fur la cam-païgnç en ferait facile,appert à la veuc. Avec ceci forait fuivi la fufdite réglé generale de Xcnophon, à fçavoir que le General du Camp avec les Officiers, bagage 8c train, font au milieu, environnez de la Cavaillerie, & alentour d'icelle l’Infanterie. A ce que dit eft fort la Figure fuivante, fur laquelle on adviferoit plus particulièrement quand il forait queftion de la mettre en pratique, avec quoy j’eftime avoir allez déclaré mon intention de ce 2* Article.
- j ART I-
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- T. À C A S t ft A M r T
- r r a r i rtf.
- 3 ARTICLE.
- ^e U répartition de U gendarmerie necejjaire à Uregulitre Caftrarnstation.
- PO t r loger vn Camp tous jours régulièrement dVne mefme forme, il eft ne-cclTaire cf a voir bonne répartition delà gendarmerie, & parce que cela emporte beaucoup, tant en autres parties militaires que pour la Caftramctation, j en trai&eray vn peu plus amplement.
- F J Divcr-?
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- '46 La c as T R a ME T A T I O N.
- Diverfes Nations ont fait la répartition de la gendarmerie diverfement,chafeim félon fon opinion, dont je mettray ici aucunes des principales pour exemple, à Ravoir les répartitions dés Hebrieux, Grecs, Romains & Tartares.
- Répartition de la gendarmerie des Hebrieux.
- MO y s e (félon ce quefcrit Iofephé) a mis par le confeil deRaguel, Pere de là Femme, des Chefs fur chafque troupe de quantité comme s'enfuit:
- ioooo. iopo. ÿoo. ioo. jo. 30. 20. 10.
- y
- Répartition de la gendarmerie des Grecs.
- LE s Grecs avoyent en leurs divers gouvernements en divers temps, dï-verfes repartirions,lefquelles Patritius recite en fon 8e Livre, mais veu qu ea la répartition dcfcritepar Elian,ontrouve la plus particulière diftin<5Hon,jen mettray ici feulement le fens en brief. Ils ont choifî vne continue progreffion binaire, commençant avec vn fil de 16 Soldats, qui avoyent le nom premier , fécond, troi fielme,& ainfî des autres julques au lèifîefine : En l’enfeigne cftoyent 16 fils,qui avoyent chafcun le nom de premier,fécond, troifiefme,&ainfi des autres julques ad feifiefme : Sur ces fils & enleignes aulïi de progreffion binaire mettoyent ils Commandeurs nommez comme s enfuit:
- 1 fil de 16 hommes
- Sur 2 fils de 32 hommes commandoit vn Dilochita.
- Sur 64 hommes commandoit vnTetrarcha.
- Sur 0 fils de 128 hommes commandoit vnTaxiarcha.
- Sur I enfeigne de 256 hommes commandoit vn Sintagmatarcha.
- Sur 2 enleignes de 512 hommes commandoit vnPentacofiarchia.
- Sur 4 enféignes de 1024 hommes commandoit vn Chiliarcha.
- Sur 8 enleignes de 2048 hommes commandoit VnMcrarcha.:
- Sur 16 enfeignésde 4096 hommes commandoit vn Phaktigarcha.
- Sur 32 enfeigfics de 8192 hommes commandoit vn Diphalangàrcha.
- Sur 64 énlèigtiés de 16384 hommes commandoit vn Tctraphalangarcha.
- Quant à ce qu’aucuns pourroyent dire que la fufditc progreffion ne doit point commencer àvec i fil de 16 hommes, mais fuivant l’intention d’Elian avec 1 homme, je relpondray là deffus ci apres en fon lieu.
- Répartition de la gendarmerie des Romains.
- AV Times dont efcritPolybevne Légion Romaine eftoit de 4200gens depièd,& 300 chevaux : Les gens de pied eftoyent partis en 10 régiments, quils nommoyent cohortes, chafcun de 3 compaignies, nommez par eux manipules,quiavoyentchafcundeux Capitaines nommez Centuriones : Les cohortes ou régiments n’avoyent point chafcun vn propre Colonel, mais fur les dix régiments de la Légion commandoyent fix Officiers enfemble, nommez Tribuns. La première enfeigne des trois d’vn régiment eftoit de 120 Htjftti, La deuxiefme de 120 Prmipes-3 Latroificfmc de 60 Trkrij5 eftants tous pelants armez, & chafque
- compai-
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- 1a Cx S T I XM 1 * A T I 6 »i ^
- éôrnpaignic avoit avec elle 40 legiercniênt armez, à fçavoir IacuIateurS on Tireurs q u ils nommoyent Pe/ttes, ce qui eftoit comme on fait maintenant les compagnies de Piquicrs armez & Mofquettiers:Les compagnies fë partirent en fils & rengs, les fils eftoyent de 10 Soldats, lefquels ( eftant la compaigilie en ordre de bataille) eftoyent aux lignes depuis le front jufques au dos & rengs qui eftoyent aux lignes depuis le codé droit jufques au cofté gauche, chafque des dix Soldats fe nommoit en Ion fil le premier, deuxiefnié, troifiefme, &ainfi des autres félon queftoit fa place : Les fils fc nommoyent àuflilc premier, déuxiefmc, troifiefme,&ainfi des autres jufques au dernier, ce qui des Haflâti & Principes eftoit jufques au douziefme, & des ?>wyau fixiefme. Les fufdits 300 chevaux furent partis en 10 troupes, chafcune de 30, nommez Turm* : Ces manipules & cohortes avoyent des bandcrolles pour cnfèignes, & les Légions chafeurt vn aigle d’argent. Le Camp des Romains avoit deux Légions, & environ autre fois autant de ceux qui rt’eftoyent point Romains, comme Secij, Evvcïti, AblecH & Ektmrdtriârïj, tellement qu’il eftoit environ de t6oôô hommes : Quand on avoit à faire plus de gendarmerie, il y avoit deux Camps, chalcun ion General, de forme comme le precedent,& ordonnez dos contre dos, ce qui eftoit avec les codez près lefquels logeoyent les G eneraux.
- Répartition de la gendarmerie des Târtares.
- G A n g 10 ayant efte le premier gratid Cam, comme Aiton eferit, à vfé en la répartition dé fa gendarmerie de la continue progreflion denairé, commeh-çant avec 10, mettant des Chefs fur iô. ioô. 1 bôo. iooôo hommes, lequel ordre duroit encore au temps de Tamerlan,qui faifoit red reffer quelques abus, êc réduire à fes principesaucun desordre, y introduit, comme ileft dit au commencement du ir Article du r Chapitre.
- ïülques ici font deferit auéurieâ répartitions anciennes : quant à celles du temps prefent, il n’y a maintenant au monde que je fçache répartition ordonnée félon réglé, combien quelle eft fort neceflairc & vtile ,mais en vn Camp fe trouvent enfei* gnes d vn, deux, ou trois, autres de quatre & cincq cens hommes, plus ou moins,& fomblablement des régiments, de forte qu’eftaiit mon intention de déclarer mon opinion de la meilleure répartition, il ne faut point parler de celle là. Quant aux fufdites autres, j’eftime que la répartition Hébraïque & celle des Târtares eft vné mèfme,confiftantes toutes deux en continue progreflion denaire,commençant avec Ib, cai*combien que Moyie mettoit entre 10O & 10 encore 50. 30. 20, femblable-ment entre 1000 & iôo encore $'00, cela ne fait rien contre la réglé de progrefliori denaire : Pour déclarer ceci par exemple,poforis qu’il y euft vne répartition de gendarmerie du temps prefent avec telle progreflion, en laquelle vne enfeigne de 10b hommes euft l’vne moitié de Çô Piquiers, l’autre moitié de 30 Molqucttiers, * avec 20 Àrqueboufiers, &quefurchâfcutie de ces troupes fut en combatarîtvri Conducteur ou Commandeur, cela ne cauferoit à la progreflion premièrementpoféc (qui demeure en eftre ) aucune confufîori, non plus que fi là deffus on ordonnoit en l’enfeigne encore Lieutenant & Sergeants avec Port'enfeigne & Tambourins,
- 3ui mènent auflî la gendarmerie à l’Eririemy * l’vn avec fîgne vifiblc, l’autre par figne el’ouye : Et le mefme faut il entendre de l'enfeigne des 100 Hebrieux* car fi on prend que les $0 eftoyent pefant armez, les autres 50 de 30 Sagittaires & 20 Ietteurs, comme les Grecs, Romains, & autres avoyent âufü leurs Sagittaires & Ietteurs,& comme il femblc que la raifon naturelle veuille telle manière d ordre, la «aufe feroit notoir e pourquoy la repartitiô des Hcbrieux de 5 b. 30 & 20 y eft faite
- entra
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- '4<^ La Castramétation.
- entre ioc & 10, fans toutefois rompre la progrejfion denaire premièrement pofée, par ce que chafcun demeure commandant fur fes dix comme au paravant : Quant aux 500 entre iqoo & 100 , ceux qui concèdent qu’vn Lieutenant Colonel commandant à vn régiment entier de 1000 hommes, ne rompt point la progrelfion denaire,ceux là concéderont facilement le mefme de deux Lieutenants commandants chafcun à la moitié du régiment, veu que le Colonel & chafque Capitaine demeurent ai commandement fur leur dix comme devant: Tellement que fi quelqu’vn di-foit l’ordre Hébraïque confiftcr en progrelfion denaire de Chefs fur 10. 100. 1000 10000 gendarmes, la propriété en feroit exprimée, car iceux O fficiers entrepofez (près lefquels on pourrait encore adjoufter Port’enfeignes & Tambourins) ne font que narration de l’appendice d’icelle progreifion denaire.
- Quant à ce que quelquVn pourrait penfer, pourquoy les Hebrieux ne faifoyent celle répartition entre 100 & 1 o de 5 o. 25 & 25, divilknt les 50 reliants en deux troupes égalés, comme les 100 fe divifoyent en 50 & 50, & comme ils faifoyent auifi avec 1000 en 500 & 500 ^ La caufe femble qu’avec deux troupes chafque de 25, l’ordre des fils euft efté rompu, parce qu’vn Decurien euft fallu avoir foubs luy 5 Sagittaires & 5 Ictteurs , ce qui euft cftéabfurd, parquoy la répartition de 30 & 20 eftoit meilleure, parce qu’avec cela les Decuricns avoyent des fils entiers de rnefmcs armes : Et fi ce qui eft dit n’eft point la vraye caufe, fi eft-ce qu’il pourrait eftre vtile de le fuivre comme s’il eftoit ainfi.
- On pourrait encore demander que puis que Moyfc voulut obfcrver la progref-fion denaire, pourquoy il n’avançoit vn degré plus outre, à fçavoir à Capitaines fur iooooo,veu que le Camp contenoit plus que 500000 hommes: La raifon eft qu*ils eftoyent repartis en onze lignées, chafque avec fon Chef, de forte que proprement il n’avoit qu’à prendre garde fur iceux onze, & non pas fur vue multitude outre 50, de ftjuels il n euft fccu obferver le comportement de chafcun en particulier comme la chofe le requérait: Mais fi l’accident d’icelles onzelignées n y euft pas efté,il feiii * ble quai aurait avancé le fufditdegré, & mis des Chefs fur ,100000 hommes.
- Or eftantainfi déclaré que la repartion Hébraïque confifte en parfaire continue progreifion denaire,commençant avec 10, comme celle ces Tartares, il relie à con-fiderer qu’ayant les Hebrieux efté les premiers, & queleur ordre eftant lon^ temps aptes imité des Tartares,qu’il eft raifonnable de la nommer là où il viendra à point, h répartition Hébraïque. Quant à ce qu’aucuns voudroyent fouftenir, que Moyfc n eftoit pasIrpremicr qui la mit en pratique, & que Raguelquiluydonnoitle confeil le pouvoir avoir apprins des tresfçavants Egyptiens, je ne veuxpoint tirer les armes à caufe de cela,mais veu qu’elle eft la première qu’on trouve par eferit, & q u il'eft en vfage delà nommer l’Hebraïque, je m’y arrefteray ,& di làadfus qu’elle me phift fur la Grecque, Romaine, & toutes autres répartitions : voire ainfi que je-fvime qu’en nature ne confifte vne meilleure:car combien que nulle chofe ncie peut faire par mains d’hommes fï artifîciellcment,qu on pourrait dire qu’il eft impoifible de le faire mieux, parce qu’on ne le fçauroit prouver, fi eft-ce que de ceci il y a autre ràifon, à peu près comme de propofitions mathématiques, dont il y a folution fi certaine, qu’il ne s’en peut donner autre plus vraye. Pour doneques venir à la déclaration des raifons pourquoy j’eftime ne pouvoir eftre meilleure répartition que cefte-ci, il faut premièrement fçavoir, que puis quelle confifte en continue pra-greffion denaire, dont'j’ay deferit vn particulier livret, contenant fa dignité & vti-litéaux negotiations humaines, il ne fera befojmg le repeter, d’autant plus qu’il y a phifîeürs qui louent la progreifion denaire, non feulement avec parolles & eferi-tures, mais s’en fervent aulfi en effeét : Quant à fon vtilicé particulière en celle répartition de la gendarmerie, je la deferiray comme s’enfuit : Au premier po ur me
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- La C A S T R a M fi f A fl O Si 4$
- fairebicn entendre, jeprendray premièrement que les Soldats en chafque fil (corn* nie le fëmblablë eft dit ci devant dès Grecs & Romains ): font nommez premier, deuxiefrhey troifiéfïhe, & ainfi dés autres jufcjiies au dixiëfmc : Apres je pofe que le nom dë la marqué de chafque ibô Soldats foit ènfeigne,& dè chafque ioooguim-plë,& dé chafque ioooaeftandart : Aufli que les fils en chafque enfeignè,les enfei-' gne$ en çliàfqueguimpic., les guimplës en chafque eftandart, forent nomtnèz premier, deüxicfme, troifièfme, & ainfi des autres jufques au dixiéfitic ,fi la multitude de la gendarmerie eftoit dVn degré plus haut,qui eft jtifqùes à t oboob,ou cnchoi-firoit le nom d’vne quàtriefme marque : Lés troupes dë îo. ioo. 1006. 16600. 100000 Soldats fe nomment aufli decurie, centurie, troupe de mille,troupé de dix mille, troupe de cent mille, & leurs Commandeurs Decurien, Centurien, Çon-dii&cur de mille, Condu&eur de dix mille, Condu&eur de cént mille. Crëci eftant entendu, je diray maintenant defvtilité procédant de la répartition Hebraïqiie.
- Premièrement que chafque Commandeur , de quelle grandeur que foit aufïî le Camp, n’a proprement à foigner que fur dix hommes eftant immédiatement foubs luy, obférvant que chalcün d eux face ion office comme il appartient, cëquepôur. la petite & commode quantité luy èft poiïible, '8c avec cela ilpeiit par tout efttebien gouverné Comme par exemple chafque Decurien a de prendre garde furfès dix Soldats, chafque Centurien ou Capitaine fur fes dix Decuriens : Quant auxdiffi-cultez qui fe rencontrent ëntre fes 100 Soldats en chofes qui font foubs le jugement des Decuriens, ils en pourvoÿent châfcun en fon fil, ou s’ils ne le font pas, le Capitaine en doit parler aux Decuriens, àufquels la chofe touche, & les admonefter ou confeiller felon que la chofe le requiert : Semblablement chafque Colonel a feulement de prendre garde fur fes dix Capitaines,quant aux difficultez qui fe rencontrent entre fes cent Decuriens avec les îooo Soldats en chofes qui font foubs le jugement des’Capitaines,ils en pourvoÿent chafcun en facompaignië, où s’ils ne le font pas, le Colonel en a de parler aux Capitaines àufquels la chofe touche, & les admonefter ou Confeillèr feiôn ce que la chofe fe requiert, & ainfi des Chefs de ioooo&deiooooo. : ,f *
- Au deuxièfme,on peut par ceft ordre fort advancer en peu de temps les ouvrages de Camp eonime fouir,couper branches, faire dès fagots* gabions,'& çlaÿës, à eaufe que perfbnne ne fe peut cacher qù avec péril, parce que fur chafque dix eft vn Dç-curien qui a l'œil fur eux,"prenant cônunüejfenfentjgarde à leur travail, àulfi parée que fur chafquê des dix Dëqurïèns commande vn Qapîtaine, qui a fomg s’ils forjt leur devoir, comme il àpjpétrtienç:Defqûèls Capitaines fur chafque 10 il y a encore des Colonels, & ainfi des autres. ‘‘ ‘ 5 ”f‘ '
- Au troifiefme, de ceftc maniéré de répartition ne faut point longue déclaration difficile à retenir par mémoire, comme la prèqedehtçdes Romains & àutrès, car fçaehant feulement qu’elle èft de progrëlfioh denàirc , tout eft àïféz cqghu i ce qui caufeauffi facilité aux livres de Finance qu’on tient de la gendarmerie , dé leurs payements & defcomptes. Les monftres peuvent aufli par fe eftre fort fecourus, parce qùoh petit jôürnéllemènt véoïr ëè qu’y manqué fans fàiiré mônftre,p6ûr' ceftc occafion : Eftant commandé par réglé eehcralèÿueles conijjaigniep né fqÿentcfr marchant méfiés, mais qu’elles aillent oiftinélemënt en lëùrs^fils & réngs, à fpavoir chafque 50 Mofquettiers devant ou derrière leurs ÿp Piqùiëi^,qùarid 6n pèüt màr-cher feulement cincq de froht,mais joignant lèürePiquiers quand là .largeur 4U bhé-
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- ffo La C a s r r ui.e t a ï i & .
- le meilleur, dont fera dit ailleurs) alors on voit en vn clin d’œil s’il y eft tout, iCçi* voir cincq fils de Piquiers avec autant de Mofquettiers, & fi quelqu vn defaut quelque Commiflàire des monfires3on quelque autre qui en a la charge,peut demande* au Decurien du fil, auquel eft la faute, où eft demeuré ceft homme, comme eftan* fon office de prendre garde là delfus, & eftant demâdé en dire ce qu'il en fçait,don* fe peut faire encore plus particulière enquefte par le Soldat qui allait derrière luy» eftant obligé d’en dire ce qu’il en fçait, & par ainfî le monftre la qualité del’offen* ce, pour le chaftier félon le mérité, & prévenir les difficultez & malheurs qui en procèdent fans ordre, comme la tromperie de tirer des gages fans en faire fcrvice, en marchant le feparer de la compagnie & piller les Païens, en cheminant vers fïirpriles dangereufes, fe cacher, ne comparoiftre point aux gardes & lèmblables,ce que pour la grande multitude des transgrefieurs (qui par faute d’ordre s’y font ordinairement) il faut laifler impuni, ou quelquefois par grande neçeffité punir trop rudement, fans po uvoir prendre confideration des caufes.
- Au quatrième, par celle denaire répartition fe peut avoir grande commodité au loger du Camp, & pour la déclaration d’icelle faut fçavoir qu’on mettra auxguim-ples les nombres de leur ordre, avec des lettres tresgrandes, comme la première
- guimple avec i, la deuxiefme avec 2, la
- 1 ) O ^ troifiefmcavec $,& ainfî desautresjulques
- J <3 ^ à la dixiefme, comme il cftici rcmonftrc
- ^ ----^ par exemple en trois figures. Lcsenfeignes
- ont deux nombres, le premier lignifie la quantiefine elle eft, l’autre lignifie le nombre de la guimple, Ibubs laquelle elle appartient, cômc par exemple celle çnfeigne avec 5.7, rempnftre<jii elle eft la cincquief* me de la feptiefme guimple, & aiixfi confe-quemment des autres. Ces guimples eftant en vn Camp qui a tous jours vne mefme —-* forme, mis par ordre tout de fuite, chafquédevant fon régiment, & les ç.71 enfeignes chalque devât là compaignie, chafeun fçait trouver telle guim-pie ou enfeigne qu’il délire, fans le demander,, pourveu que lefdits nom* bres luy foyent cognus : En outre, il fçait trouver chalque Soldat y logé, moyennant que luy foyent cognuz les deux nombres competents, à Ravoir l’vn du fil le quantiefme il eft en ion enfeigne, l’autre le quantiefine Soldat il eft en fon fil. Il eft auffi manifefte par les raifons fufdites,qu’eftant vtic armée entière à la çampaigne, en ordre de bataille, chafque homme qu’on veut avoir fe peut trouver fans demander, pourveu que les fufîiits nombres ncceflàires foyent cognuz. Quant à ce que quelqu’vn pourroit propofer pouvoir advenir que quelque Soldat manquèrent en fan fil, & que par cela l’ordre, feroit rôpu: A cela,on refpond qu’en telle exception y a peu de difficulté,car le cer-cheur ayant trouvé le fil auquel fon homme defiré eft,il 1 y peut facilement trouver.
- Au cincquiefme, Ton peut par celle denaire répartition commodément marquer les armes des Soldats,comme piques,moIquettes, &harnois, tellement que de plu-fieurs milliers de pièces fe peut dire en vn clin d’oeil à qui chalque pièce appartient: r Comme par exemple, vne pique marquée avec ces quatre nombres 8.2. 7.3 bru-lçz au bois, ou baftu dedans le fer avec formes d’acier,. on dit quelle appartient au huiéliefmc Soldat dedans le deuxiefine fil de la feptielinc côpaignie de la troifiefma guimple,& ainfî des autres armes : Le marquer des armes des Offîciers3comme De-
- CTinens
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- L À C A S Y ft A M S T A ? 1 * fi
- curiens, Capitaines, Colonels, & Chef d’infanterie, eft dVri, de deux & de trois nombres 'comme par exemple 7^. 5, qui lignifie les armes du Decurien du 7? fil de la ^« compaigniedu ^e regîmenti Au fécond 5.8 qui fignifie les armes du Capitaine delà 5* compaigniedu 8e régiment s Au troiuefme % qui fignifie les armes du Colonel du 7e régiment : Au quatrième o, comme le commencement fignifie les armes du Chef de l’Infanterie. Et le fçmblable fe peut faire avec les armes de la Cavaillerie. Et par ce moyen on peut prévenir beaucoup de débats, qui arrivent fouvent entre les Soldats , à caufe des armes : Audi aucunes d’icelles armes cftant defrobées, le larron ne les ofe vendre ni monftrer-.car on verroit incontinent l’homme à qui elles appartiennent, ou fi les lettres en font o fiées, cela dône foubçon qu’il eft fait par celuy qui les monftre, & donne occafion d’en faire enquefte. Les Soldats Romains marquoyent bien leurs armes chafcun avec fa marque , mais ceci eft plus commodieux.
- Au fixiefme, cefte répartition denaire fert pour en fort peu de temps apprendre aux Soldats nouveaux l’arr militaire,confiftant principalement bien tirer dès mof-quets & arqueboufes, à bien manier les piques St armes à maip, entendre le fait des révolutions, des efcarmouches, aufti les chofes touchant la garde, & les rendre ô experts comme s’ils avoyent hanté la Guerre beaucoup d’années , car chalquc Decurien n auroit qu à inftruire ceux qui entrent de nouveau en fon fil 2 Par exemple , quand ce feroit vne quantité de 10000 hommés en matière de Guerre du tout inexpert, qui à la hafte fe devroit deffendre,il en pourroit en peu de temps parvenir à la côgnoiftànce, moyennant qu’il y euft vn bien expert, qui feit 1* inftru<ftion aux 10 Colonels, puis chafque Colonel d 1b 10 Capitaines, puis chafque Capitaine à fes 10 Decuriens ,*puis chafqüe Decurien d fes 10 Soldats , à quoy la dourine aux ïoooo inexperts fe pourroit advancer de tous enfemble en vn mçfme temps, & à peu de peine, parce que chafque Decurien en a fi peu à enfeigner, de qu en outre il y atels Superintendents, comme Capitaine, Colonel,& Chef du Çamp,qifi prennent garde s’ils fe comportent comme il appartient.
- Au feptiefine, F on peut par cefte répartition dênairç acquérir vne grande comt* modité aufait des chariots, les devifantcomme s’enfuitip chariots foubs vn Dje-curien, 100 foubs vn Centurien, 1000 foubs vn Çhiliarche,&: feront (comme il eft dît ci devant des armes de la gendarmerie) marquez de quatre nombres peinâs fup tels petits enfeignesde feuille de fer qu’on met en aucuns Camps furies chariots: Comme par exemple, vne d’iceEesenfeignes avecces quatre nombres %• 7* 5; P fignifie le deuxidme chariot foubs le feptiefme Decurien du troifiefme Çenturicp du deuxiefme Ghiliarche la première enfeigne de chafque dix, peut (pour cn^Voir vifible diftindion ) eftre plus grande que les autres neufj ScmblabIcmÇnt cWquç première enfeigne de 100 peut eftre plus grande que chaque première de 10, chafque première de 1000 plus grande que chafque premferé,de ïpûéEn marchant chafque Decurien eft tenu faire fuivre fes dix chàfOit^ par ordre,.tou.t de fuite à demeurer continuellement aupres.^ftant campez,les faire mettre en ordre au quartier des chariots : Debien cognoiftre perfonneHement fediix Çtetier^d^qdre compte & donner advis des abfents., quand & où iis fe font abfentez ,ou ppurqupy ils ne font prefents, ce qui leur eft facile de faire pour la petite quantité de dix. Chalquc Centurien commandera fur fes dix Deeurfens,prenant gardeqjuechafotu* cbfcrvece qui eft de fon devoir & office, commeilàppaiîiem;, & jugeradesdftjfer rens qui interviennent entr’eux 5 Demeurera au® marchant toujours pires dç
- fes ioo chariots ; Et fenablableraent chafquç Ghiliarche eomm&ndcrafcprcndr*
- G z garde
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- 52 La C a s t RA te £ r a * i ® ».
- garde fur Tes dix Cênturieris, &ie General des chariots furies Chiliatches,& en general fur tous. Les cammoditez enfuivants font telles.
- Pour le premier puis que la place de chafque chariot eft cognue, on le peut facilement trouver avec les peifonnes & biens quy font deffus, tant en marchant qu’en vn Camp logé, fans eftre tenu de s’en enquefter, moyennant que les nombres en foyent cognuz, tendant à grande commodité non feulementdcs Officiers en l’ad-miniftration de leurs affaires militaires, mais auffi pour vn chafcun en particulier.
- Auffi les monftresdès chariots peuvent parce moyen eftre facilitez, parce que Ton peut journellement, fans faire monftre, affez veoirfi aucuns y manquent, ce quàinfi advenant, vn Commiffaire des monftres ou quelquautre qui en a la charge, peut demander au Decurien du fil auquel fe trouve l’abus, oh ce chariot cft demeuré , dont il cft tenu félon les conditions, fur lefquelles il eft entré en office, de dire tout ce qu’il en fçait.
- O utre cela, il cft par ce moyen poifible en vn Camp loge, faire travailler les chariots egalemcnt,chafcun attendant fon tour,làoii autrement aucuns font efpargnez, les autres fe cachent, voire fe retirent hors du Camp, gaignant ailleurs de l’argent, & vient la charge fur les autres Chartiers, qui font travailler leurs chevaux qu’ils en meurent, & là deffus font iceux Chartiers fouvent batus comme des afnes, de forte qu’avec beaucoup de chariots fe fait moins de fervice qu’il ne fe feroit autrement par peu, tendant au grand couft duPaïs, & eft fouvent caufeque pour la grande multitude de leurs chevaux il n’y a point de fburage pour la Cavaillerie,& que pourtant il faut que le Camp délogé avec grand desavantage.
- En furprinfes,là où il faut que l’Infanterie aille à chariot avec la Cavaillerie,po nr ihaftivement palier le chemin, il ne faudrait faire advertiffement au paravant pour amafferlcs chariots, parce qu’ils feroyent tousjours preft.
- Par ce moyen s’evitcrôycnt aulfi les querelles qui furviennent en marchant,parce que l*vn chariot ne veut ceder à l’autre, cardefirant chafcun d’eftre le premier au quartier, ils courent au grand gallop fans ordre, renverfant l’vji l’autre, rompant chariots avec les biens, &blefïànt les hommes qui y font deffus : Il y a auflî grande diffention là où il faut que les chariots paifcntles Rivières avec les Pontons, voulant chafcun eftre le premier, lefquelles difficultcz n adviennent point ici,parce que chalque Decurien obferve l’ordre de fes dix chariots, dequoy fe peut auffi provenir le dommage de la munition de Guerre & autres biens qui fe defrobent des chariots, ©u demeurent perdus, à câufe que par cefte maniéré on cognoit celuy qui en doit & foait rcfpondre, parce qu’il a feulement dix chariots foubs fa charge : On peut auffi fçavoir ce quil y a chargé fur chafquc chariot, mettant en la Lifte des charges, joignant les biens, le nombre des chariots fur lefquels ils font chargez.
- Notez encore qu’eftantles chariots fans reguliere répartition, & quil y en manquent pour exécuter des chofcs nccefTaires, il faut que le G eneral du Camp exeufe tes Officiers d’iceux, qu’ils h en peuvent rendre compte, car il voit qu’il leur cft im-poffiblc à caufe du desordre,avec quoy leur eft alors ouvert la porte de franchement faire leur proufit au dommage du Païs.
- I’ay jufques ici parlé des chariots eftant en fervice, mais on fçauroit en marchant suffi tenir tel ordre de répartition denairc avec les chariots qui font hors de fervice, faifànt ceux qui arrivent les derniers tousjours marcher derrière, ou en mettant telle réglé comme on entendrait eftre convenable.
- Quant à ce que quelqu'vn pourrait dire, qu’il faudrait fouvent rompre l’ordre de la réglé, premièrement à caufe que quelquefois en marchant les chariors d’aucuns quartiers comme par exemple des régiments de la gendarmerie fuivent leur régiment, lefquels chariots neftant des fils entiers que par accidcnt,il faudrait qu’au-
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- cuns Decurienscommandaftènt fur plus ou moins que c{ix chariots, & aucuns leur cftrcabfcns; D autre part le Camp eftant logé, il advient que quelques chariots ne fe mettent point en leur quartier, mais font journellement en ouvrage près de certaines perfonnes aufqucllcs ils fervent particulièrement, corne qui aux cuifînes des grands Seigneurs apportent journellement de l’eau, du bois, & toutes chofcs necef-faires, lefquels chariots n eftant de fils entiers que par cas fortuit, il y auroit aufli fe-paration des dix chariots fur lefquels commande vn Decurien, avec d’autres fem-blables accidents, qui romproyent la réglé de l’ordre: Iedi là deftus quon pourroit refpondrei chafcun en particulier, mais veu qu’il ne femble que cela, fe mettra de bref en pratique,je n’y veux confumer le temps, mais dire feulement qu’on s’en eft fbuvemi,& cependant on peut prendre cefte commémoration par maniéré de théorie, qu’il eft poffible qu’avec le temps, & amendement pourra venir en pratique.’
- AuhuiéHefme, on peut par cefte répartition denaire acquérir telle commodité au fait des bafteaux comme il eft dit des chariots, car les repartiflfant en telle façon, & en mettant tels Officiers,& ayant chafque Navire de jour vne banderolle avec fes nombres comme il eft dit des chariots, & de nui&des lanternes defqudlcs la lumie « re demonftre la forme de tresgrandes lettres (comme j’en ay veu de telles) & en fui-vant vne réglé comme il eft dit des chariots,tant en navigeant qu’eftant aux Havres, ©n peut entendre par là les advantages qu on en pourroit tirer.
- Auneufiefine, on pourroit par cefte répartition denaire tenir fi bon ordre des Pionniers & Matelots ou Tireurs de T Artillerie, qu’avec moins de gens on expedie-roit plus d’ouvrage qu’autrement avec beaucoup, ayant outre cela chafcun meilleur contentement qu’avec desordre, dont on pourroit eferire plus amplement, mais veu que cela fe peut affez entendre parce que dit eft de la gendarmerie, je paf-feray outre.
- Eftant jufqucs ici déclaré mon intention de f vtilité de la continue progrefïion denaire commençant avec io, quclqu’vn pourroit dire là deffus que la precedente répartition Grecque, eftant de continue progrefïion binaire,commençant avec 16, a fa particulière vtilité fort eftimée de divers Autheurs, qui eft que par continuelle médiation on parvient à l’vnité,tellement qu'on peut diviler toutes troupes en deux parties égalés, comme 16384 de la Tetraphalangarchic continuellement mediée jufqucs au fil, il fe trouve de 16, & divifant le mefme continuellement en deux, on trouve les moitiez de 8.4* 2.. 1 qui finit en vnité. A ceci fc refpond que cefte médiation n’éft pas fi parfaite,& qu elle ne parvient à l’vnité corne on cftime,mais cefTe au Commandeur de deux fils de 32 Soldats pour cefte raifon: La fin delà partition eft pour avoir fus chafque partie vn Commandeur eftabli, comme par exemple fur 16 fils commande vn Sintagmatarche, fur les 8 vn Taxiarche, fur les 4 vn Tc-trarchc,fur les 2 vn Dilochite, mais il n y a point de Commandeur eftabli comme devant, fur l’vriique fil de 16 hommes. Il eft bien vray que le premier, à fçavoir le Gondu&eur du fil eft tenu pour tel, mais il commande feulement fur 15? eftant luy mefme vn des 16 : Le fil parti en deux,chafque troupe eft de 8 hommes fans Commandeur, ou fi pour l'vne moitié on prend le premier, pour l’autre le ncufiefme nommé Diomerita, ils ne commanderont chafcun que fur 7, & ainfi des autres, comme Intergatorcsqui commandent fur 3, & point fur 4> auffi des Antiftitesqui commandent fur i,& point fur 2 : De forte que tels Officiers ne commandent point fur troupes de binaire progreffion, comme font les autres fur les troupes de 2 fils en montant 5 ce qui eftoit propofé de déclarer.
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- Quant à ce qu’on eftimeroit qu avec la médiation de 16384 jufques au % 1, qui a fes Commandeurs eftablis, on feroit plus pourveu d’vn Commandeur eftabli fur toutes les parties de troupes, que par là répartition denaire, cela ne fuccéde point ainfi : Par exemple, la necelfité requerant(comme il advient fouvent en effeétyquil faut partir vne Phalangarchie de 16 enfeignes Grecques en 9 & 7, ou en 10 & 6? ou en 11 &5, ou en 12&4, oueni^ &$, ou en i4&2, ou en 15& 1, iln’ya point par tout des Commandeurs eftablis.
- Par delTus les fufdites abfurditez il y a encore fur aucunes troupes & Officiers de noms inpropres, tirez hors de la progreifion denaire fans toutefois en avoir quelque denaireté, comme de nommer decurie les 16 Soldats d’vn fil, & le premier d’iceux Decurien, qui toutefois ne commande point fur dix mais fur 15 : Le Commandeur fur la troupe de 256 nomment ils (comme s’clle fut de 100) Centurio, & la troupe Centuria:Le Commandeur fur la troupe de 1024 ils l’appellent (comme s elle fut de 1000) Chiliarcha,& la troupe Chiliarchie,lequel abus de noms donne pluftoft conjecture de grande antiquité & dignité de la progreifion denaire, que a eftre bien imitée.
- Quant à la répartition Romaine mentionnée ci devant, laquelle (joignant l’abus des noms tirez de progreifion denaire (ans denaireté) eft fort inégalé, fans obferva-tion d’aucune reguliere progreifion : Il eft bien Yray qu’ellceft meilleure que de ne fuivre point de réglé, comme cela fe fait maintenant par tout le monde, mais il ne la faut point accomparer à l’Hebraïque. Quant à ce quon pourroit dire àceci, que les aCles militaires des Romains ont aifez tcfmoigné fa bonté : Sur cela fc peut refpondre, que par meilleure répartition ils euifent peu avoir exécuté d’avantage ea meilleur ordre & avec moindre peine qu’ils n’ont fait, & le confermer avec l'exemple de Tamerlan, qui en matière de Guerre a plus fait que les Romains, les Grecs, *>u quelqueautre au monde, dont nous en eft demeuré la mémoire, lequel Tamcr-lanentretenoitenfon Camp Impérial là progreifion denaire, comme il eft dit ci devantau premier Article du premier Chapitre : Avec quoy je fincray ce qui eftoit mon intention de déclarer, touchant la commodité de la continue progreifion denaire en la répartition de la gendarmerie, necefïàirc à la Caftramctation régulière.
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