Nouvelle maniere de fortification par escluses
-
-
- NOVVELLË MANIERE
- F O R T ï F I C A
- T I O N PAR
- ESCLVSES.
- Defcrite par Symon Stenj'm de Bruges.
- Chez Iean Waesbergue, au Marché, à benfeigne
- de la Famé. 1618.
- pl.n.n. - vue 1/66
-
-
-
- p.n.n. - vue 2/66
-
-
-
- AVX TRESP VISSANTS
- SEIGNEVRS LES ESTATS GENERAVX DES PROVINCES VNIES.
- L EST notoireTrespuijfmtsSeigneurs.,que les Villes Maritimes &. fituées au bord de grades Rivières navigables, font aux deux bouts foibles, y ayant des Foflèz fecs ou Dodanes, près defquels l’on peut venir à pied fec, principalement quand l’eau eftbafle jufquaux murailles ou remparts : Mais veu que l’on peut commodément fortifier telles places foibles par l’invention nouvelle d’Efclufes n’a-gueres venu en vfage, <Sc qu'en outre les Folfez peuvent fervir de Havresprofonds, pour en temps que la glace flotte, aifeurer les Navires, <5c hyverner, tendant non feulement à l’amendement des Villes <Sc du Pais en general, mais auffi à la confervation des corps 8c biens des hommes navigans : Ilm’afemblc vtile d’en faire celle defeription. II eft bien vray qu’aucuns qui m’ont enhorté à divulguer la matière de fortification, en attendant vne defeription plus accomplie, mais il m’a femblé bon d’en extraire premièrement celle partie, ù fin que n’eftant mife entre beaucoup d’autres matières qui ne font des fpeculations d’vn chaf-cun, il feroit d’autant mieux leu de plufieurs, <Sc principalement de tels, defquels le jugement peut faire fuivre l’efFed::
- C’eft
- p.n.n. - vue 3/66
-
-
-
- Ceft auffi à celle fin que je dedie ce Trai&ê à voz Trcs-illuftres Seigneuries • Aufquels, en efpererant qu’ils prendront de bonne part ma bonne intention, je fouhaite gouvernement profpere.
- Efcrit à la H a y e 5 le 12 de Mars i 6 i 8, par le treshumble Serviteur de voz Tres-illujlrcs Seigneuries.
- Symon Stevin.
- p.n.n. - vue 4/66
-
-
-
- ARGVMENT DE CE
- TRAICTE'.
- £ v que celle nouvelle maniéré de Fortification,^ fait par vne nouvelle maniéré d’Efclufes nagueres inventée, laquelle pourtat eft à plufieurs incognue,j en feray pre-mierement la déclaration, enfemble de raffermidement de leurs fonds : En apres senfuivra la maniéré & réglé generale d’approfondir les Foffez ôc Havres des Villes, ce qu’en matière de Fortification on peut exécuter par lefdites Efclufes : Mais parce quej’en prendray exemples par vne Ville déformé reguliere * comme eftant idoine à la déclaration cte la lufdite réglé generale , 8c que toutefois Tvlàge fe doit faire en effedt avec des Villes, de telle forme qu’elles fè propofent, j’en traiéleray à la fin* le tout comprins en quatres Chapitres, defquels les fuperfcriptions font comme s’enfuit:
- Le I CHAPITRE, de U nouvelle invention ctEfclufis.
- Le 2 CHAPITRE, de lajfermijfement des fonds d’Eficlufis ft) Do-danes.
- Le 3 CHAPITRE* contenant réglé generale de la nouvelle maniéré de la Fortification des Villes par Efilufis.
- Le ^ CHAPITRE, contenant des exemples comment aucunes Villes confifiaj&es en dffefô * fe peuvent fortifier par les réglés generales du 3 Chapitre»
- A
- 1 CHA-
- p.2x1 - vue 5/66
-
-
-
- a }sl •tvrtïi MiMut »
- i CHAPITRÉ.
- De la nouvelle invention d’Efclufeî.
- PO v r bien déclarer eh quoy gift celle nouvelle invention d'Ëfclufes, jeài premièrement que leur vfâgeconliftc en trois dlverfîtez principales comme pour approfondir les Havres, fcichcr des ïerroirs bas aquatiques : Et pour en palier des Navires avec leurs inafts droits. La première diverfké d approfondir les Havres, s’eft de long temps fait le plus commodément avec des portes d’Efclufes guindées à mont, côrhmc il eft monftré par cèftc ie Figuré, dont lvfage cft tel : La porte cftant guindée à mont, & le flux courant au réceptacle jufques à ce qu’il eft au plus haut, on avalle la porte, la kuflànt clofe jufques à ce que l’eau de reflux cft au plus bas, & alors eftant la porte guindée à mont, l’eau fouftenue au réceptacle tombe dans l’Havrcfec, & lapprofondit. On faitaufli ceftcprofondeur avec eau depluÿe,ou de petites Rivières, laquelle amafféeau réceptaclealfez haute,Ion en fait comme devant : Mais par telles Efclufes né peuvent paffer des grandes Navires àmafts droits, à caufc de fempefcheihent delaporte, & l’cfïicupar lequel ©nla guindé à mont.
- i F o a m.
- p.2x2 - vue 6/66
-
-
-
- ,~i>cÈ.T P o K y îpiCAt i p n* . .'jj
- Quant à la deuxiefme forte d’EfclufeS, fervants pour feicher Terres baffes aquatiques , à cela on fe fert le plus commodém ent avec des Efclufes , ayant de? portes poin&ues (quon nomme aufifi portes tournâmes) qu’on met fous les Dicques,dont le plan en eft comme demonftre la, ze Figuré fuivante, qui eft telle que 1 eau extérieure eftant plus bas, les portes s’ouvrent de fby meftne, en fortant l’eau î Mais quand l’eau extérieure devient plus haute, elles le ferment de fbÿ mefme. Et combien qu’aucuns fe fervent à ceci de portes guindées à mont, comme celles de la i* Figure, fi eft-ce qu’à telle fin elles ne font pas les plus commodes , car c’eft chofë moleftelà.oùily a journellement flux & reflux, dobferver nuiél & jour le temps pour ouvrir celles portes, aufli le guindement à mont eft chofe labourieufe, en outre on ne les peut faire fi larges pour vuidet beaucoup de l’eau, pourte qu elles fe-royent trop pefantes à guinder î II eft vray q ue les portes tournantes ont aufli leurs incommoditez,en cela que les grandes Navires av.éc les mafts debout n’y peuvent paffer, à caufe de la Dicque qu’y eft deffus : Secondement, qu elles n approfondit lent gucres les Havres , parce que l’eau n’y tombe point Ü’enhaut en fond fec, comme de la première forte, mais découlé peu à peu»
- Quant à la trôifiefine,forte d’Efelufes iêrvant pour paffer les Navires avec leurs mafts droits, cela fê fait avec deux paires déportés poin&ues, qui ne font pas fous la Dicque comme tèllèdé ladeuxiefme forte,mais en la Dicque fi haut que la Dicque mefme, tellemcn't qu elles fervent de Dicques du fond jufques en haut, pour re-fifter toutes eaux hautes, < dont le plan fe deirionft f é par la Figure fuivante 5 en laquelle la première paire eft A, la deuxiefme paire-B, comprenants entre deux vn réceptacle de Navires, avec deux, pètites Efclufes faites dedans les murailles, comme CDE & F G H: Autrement- pn fait des petites portes à guinder dedans les grandes portes pointues : L’yiàgç eneft tel : Quand vn Navire avec le maft droit veut entrer, comihc de À vérs- B, & que,l’eattextérieure eft plus haute quel’interieute;, on emplit par là petite-Efclufe G D E le réceptacle plein d eau, laquelle eftant a la hauteur dei’eàu extérieure, les d'eux portes de B fe font fermées, mais cellesde A fepéuveatôùvrix avéc-la main , & Viennent lés Navires qui doi-
- Az vent
- p.2x3 - vue 7/66
-
-
-
- 4 N è t T I l L * U À fc ï B R S
- vciit pafler dedans le receptacïe, lefquelles y eftarit, on ferme la petite Efclttfè CDEj aufli les deux portes de A, & on ouvre la petite Ëfclufe F GH, lai.f-fant fortir l’eau du réceptacle jufques à ce qu'elle éft fi baflfe quel' eàu intérieure, tellement quon ouvre lés portes de B avec la main, & pafTent les Navires dedans le ;Païs. De eeque j’ay dit ici de l’entrée des Navires 5 on peut par cdaàffez entendre la manieredu fortir.
- 7 ♦♦ ♦ ♦1> ♦ *\\V#VV/#V*V -♦ A#AW »»***MM AV ♦
- ,*AVAé ♦ ♦ (Aj //
- .CV,*
- KV ♦ * ♦ ♦ *J9A7 ♦♦♦*♦♦ ’A* * *sÇi*A*♦>*♦♦♦»
- 'ÛiVAV.V^A^W
- W. */♦*♦%•,«v*,V*‘Y
- rnM\W#>>y.v&v v
- ^ ynVi\V//»VéV»l4f
- ^^y*v.VfV\v.*.V*v.»vv?\î
- r» » « A YA * éVA* * #v
- ♦ I 4 .
- ♦♦♦ • A»*
- p.2x4 - vue 8/66
-
-
-
- 9 b ->. à à t i F i e a i i p ÿj
- Par deiïiis les precedentes maniérés cje portes, on en a bien fait des autres, qui s’ouvrent de foy mefme,avcc le reflux tombant fur le li&, & remontant avec le flux: aufli des portes que Ton guindé de cofté dedans le Pais, mais en vfent on ne les trouve pas fi commodes;
- Iufques ici eft dit de cé qui â efté vfitê paflfé long temps, à fin de déclarer par ce moyen plus proprement la nôiivéllc invention comme s enfuit: ,
- Apres q.u’ori voyoitque ees grandes larges portes pointues de la $e Figurés
- faifoyent fort bon fervicc àii feichement dé Terres, & pai&ge de Navires avec lé irtaft droit,&quie pôur en faire grande ptôfondité aux Havres, il riy manquoit que lé moyen par lequel on pourrait çdmmodenient Ouvrir ces portes quand l’eau fe-roit de IVrt cofté au plus haut & de 1 autre çofté au plus bas, plufieurs perfonries s ’eii jphttresferiëufemënt occupëz, principalement ici en Hollande là où eii des Villes* Villages * & plat Païs, il y a fi grande quantité cfEfclufcs, de s en font cdntinuëlie-ment tant des nouvelles, avec bonne deliberation, tant de grand couft que médiocre^ & petites, que j’eftime que pour le prefent en tout l’vnivcrs il n’y a Pais avec plus d expérience en icelle matière, ni là où plus des fubtils efprits font Occupez pour cercher 6e trouver amendement d’Efçlufes : Pair iceux eft dëvèriu enviàgé la maniéré que je dcclareray,& qui me fenible la meilleure*
- Soitàicëllefînpar cefte 4e Figure fignifié vne Efciufë avéc deux portes pohi-dues de ccftequalité: A B C D eft vn ehaffis quadrangulaire,auquel eft vne porte comme EF GH tournant fur vne éfguille I K près" lé milieu du çhaflîs, airifi que la partie î F G K,eft environ 5 ou 6 doigts plus large que la partie I E H K, ou autant plus ou moins que la grandeur des portes pôurroit requirér, & ainfi que les trois coftez t ÇjEHjHKde la moindre partie, viennent à préfler contré des feüiliieres ou fillerets faits au edfté intérieur du chalfis,mais les trois coftez î F, F G, G K, de là piajeuré partie, ne viennent point contre des feuilÜeres, tellement que l’eaula plus haute preffant contre ces deux parties, la porté E F G H tourneroit (parce que coritrë la majeure partie eft le plus grand preÏÏèrfterit) jufques à ce qu elle auroit fait environ vn quart de tour : Mais pour la tenir ferme & facilement ouvrir, félon qu'on veut, cela fe fait avec vne barrière de fer,qui eftànt debout comme vne efguülle,&eftant tourné, vient devant le cofté F G de la porte, la tenant fermement ferrée*
- p.2x5 - vue 9/66
-
-
-
- I Koyviu! m auu B
- 4 F O A M.
- Mais pour déclarer ccd plus amplement l ce remarque derechef la 4e Figure, comme le peut veoir en celte ÿ* Figure, y adjouftant la fufditc barrière de fer comme L M, venant devant le cofté F G, laquelle fe tourne avec la réglé M N, ayant au bout N vn loquet de fer* tombant en vn ne* auffi de fer, attaché du coftc
- tfenhaut
- p.2x6 - vue 10/66
-
-
-
- iTs £ O R T I TIC A * I b fï. y
- d’enhaut du chaffis. Or quand l’eau intérieure eft plus haute, prélîe contre le cofté intérieur de la porté, & que du codé extérieur là barrière de fer eft fermée avec fon loquet, alors la porte E F G H a par tout vne grande fernletc, pour pouvoir porterie preffement de l’eau fatis bouger, car les trois codez I F, F G, G H viennent contre les feuillieres du chaffis comme il eft dit ci defifus, & le cofté E H Contre l'arbre L M : Là deftus il y advient encore renforcement avec lés deux réglés M N, O P de la barrière,qui touchent contre le t ode extérieur de la porter Ce que j’ay dit ici de fvnc des portes poin&ues, s’entdîd pareillement de l’autre, à fçavoir, Quelle a femblable cliaffis, porte tournante fur vne éfguille & barrière de fer.
- Il eft encore à noter que les portes poin&ues fur efguilles, ne doivent eftre plus hautes qüéne viennent les eaux hautes, avec lcfquelles on veut approfondir le Havre, comme de D à A : Mais parce que les portes poinéiués entières doivent eftre vn peu plus hautes, à fçavoir à la hauteur de la Dicque, pour refifter toutes eaux extraordinairement hautes qui vicnnertt rarement, on fait le refte de A enhaut fermée avec des foubtenemens, comme près S, T, pour donner fermeté au chaffis A B C D, qu’il ne fedifloque, ce qui pourrôit facilement avenir quand ce renforcement n’y fut paS.
- Pour dire maintenait de Tvfage, pofê que l’èau intérieure loft au plus haut, & f eau extérieure au plus bas, & quon veut ouvrir les portes pour faire profondeur: A ceci ne faut autre chofe que lever lé loquet N, & faire tourner la barrière comme l’on ouvre autres barrières, ce qu eftant fait, de lecoftè F G eftant libre delà barrière LM, la porte E F G H toutnefurl' efguillc î K tout doucement, juA ques à ce qu elle a fait environ vn quart détourné qu eftant ainfi,l’eau fouftenuc au réceptacle fort des deux coftez de relguille,appfofondiflarit 1‘Havre: Puis eftant les deux portes avec leurs chaffis ouvertes, les Navires avec les maftsdroits eil peuvent palfer. Il eft encore à noter que le cours de l’eau reçoit quelque empefehement des deux coftez A t) & Qjl * auffi de l’cfpeftcur des deux portes, qui amoindrirent louverturc del*Efclufe autant que cela monte,ceft empefehement fcpeut ofter, tirant les chaffis (quand 1 eau eft en Ion cours) contre le mefme cours , ce qui fe peut facilement faire, à caufe que l'eau eft alors de devant & derrière d cgàle hauteur*
- p.2x7 - vue 11/66
-
-
-
- N o v v a i * 5 F
- 1 M A K 11 K i OIM»
- Mais pour dire maintenant comment cefte grande invention a prins Ton origine, il faut fçavoir qu'à la Briele eftoit premièrement fait vne Hfclufe,dont la porte tour-noit fur vneeiguille,& de laquelle l’entier cofté inferieur, tant de la partie majeure que de la moindre, prelïbit contre vne feuilliere fait dedans le chaflis, à caufede-quoy ladite porte eftoit guindée par vn inftrument 4c fer fi haute jufques à ce qu’el-
- le eftoit
- p.2x8 - vue 12/66
-
-
-
- D E F O R T I F I G A T I 0 N. 9
- le eftoit libre de la fcuillîCrê, ce qui eftoit environ de 3 doigts, car alors elle fè tour-noit de fby mefme vuidant l’eau. ,
- . Et parce qu’alors (comme suffi prefentement ) entre les Maiftres Charpentiers fut beaucoup difeouru d’approfondir les Havres,&'pour en faire pafferdes Navires à mafts droits, il eft advenu que comme je difeourroy d’icelle matière avec Adrien Ianffen, Mairtre Charpentier de la Ville de Rotterdam, & avec Cornelis Diricxfen Muys, Maiftre Charpentier de la Ville de Delf, chafcun de nous trois difoit avoir imaginé quelque choie qu’il eftimoit d’eftrebon, & accordâmes entre nous, que chafcun declareroit fon invention, à condition que s’il s’en enfuivroit proufit ou dommage, que nous le partirions egalement, & que nous ayderionsl’vn l’autre: L’invention d’Adrien Ianffen eftoit qu’au lieu de guinder la porte hors delà feuil-liere comme à la fufdite Efciufe de la Rriele, y appliquoit vne barrière comme il eft dit ci ddfus ( mais point mis en vne chaifis ouvrante ) avec quelque autre changement qu’il y adjouftoit.
- Mon invention eftoit de deux portes poin&ues, tellement quon pourroit guin-derchafque porte en haut, félon la vulgaire maniéré comme la 6« Figure fuivantc ledemonftre, car par icelle pourroyent paffer des grandes Navires avec les mafts droits, & ferviroit en outre pour approfondir les Havres.
- 6 F
- B
- I/mtrca:
- p.2x9 - vue 13/66
-
-
-
- 10 Novti'tlfc «AMÎH8
- L’invention dé Comelis Diricxen eftoit comme il eft remontré avec îé plan fui-vant: Soyentpar A B & B C fignific deux portes pointues 3 s’affemblants à la pointe B : Et encore vue autre paire de portes pointues comme D E & F G, entre lefquclles vient ladite pointe B : Puis il y a deux petites Efclufes, lvne près D, l’autre près F : L'eau baffe extérieure eft du cofté de H, & du cofté de I l’eau haute retenue au réceptacle: Pour déclarer maintenant fouvertiire de cefte Efclufe,
- 11 faut noter premièrement que l'eau eft aux deux triangles A E D,C G H delà hauteur delà plus haute eaueintérieure I, avec quoy les deux portes D E, F G preffent contre la pointe B des deux portes A fi-, C B, lefquelles neantmoins demeurent clofes enfemble: Mais l’eau des fufdits deux triangles A E D, C G F, eftant vuidée pat les deux petites Efclufes près de D & F, il n’y a alors nul preffe-jnent contre lés deux portes D E, F G, comme au paravant5mais vient contre les deux portes A B* G B* q ui pourtant s’o livrent & pouffent les autres deux portes D E, F Gjtellemét quelles s’ouvrent auffi/ortant ainfi l’eau qui fait ia profondeur*
- 7 F O R M.
- p.2x10 - vue 14/66
-
-
-
- ccfte 8* Figure.
- R 'ï î FI CAT I 0 FT. fi,
- ouvertes 3 j’en marque
- 8 F
- o R M E.
- La fufdite maniéré d’Adrien lanfTen, fut en apres amendée par Adrien Diricxen Charpentier à Delf, & appliquée en deux portes poin&ues, comme il eft déclaré ci devant par la 5e Figure 3 dont il a obtenu oélr-oy des Três-puijpmts Seigneurs tes Ejiatsy de les pouvoir faire luy feul : Selon icelle maniéré font mis deux Efclufcs â Mafe-!antfluys,& encore vne à Hellevoeriluys.
- Mais félon la maniéré de la 7e Figure en eft fait, vrie à Vlâerdingen, vue autre i Schiedam, & vne troifiefme à Winnoxbergen en Flandres.
- Mais quand il feroit queftion quelle de ces deux maniérés eft la meilleure, & que jf en devroidire mô ad vis,ce feroit qüeles portes delà 5cFigute me plaifent par def-
- p.2x11 - vue 15/66
-
-
-
- n Kf Ô v v * t L ï 11 A » ï S ï H
- font environ deux fois fi longues que chafque delà 5e Figure, àcaufeque l’angle DEA en la 7e Figure, faut eftre fort obtus pour les pouvoir ouvrir, laquelle ou-verture feroit impoffible quand icelùy angle feroit droite tellement qu'icelles portes font fi longues que l’Efclufo eft large, eftant à Schiedamde go picdsjià où les Efclu-fes à portes tournantes fur efguilles avec leur chaffis ne requièrent chafcun que 16 pieds : Cefte grande longueur de portes çaufegrandûoids, tellement qu’à Schie-dam on les fait aller fur rouiles de cuivre faites du cofté inferieur des chaJfis,& tournant fur vn fond ferré, de forte que quand On voudroit faire des portes tournants fur efguilles de telle longueur, TÉiclüïe deviétidroit environ deux fois fi large : Secondement, que l'ouverture cfvné Efclufequi fe fait en levant feulement vnloquer, eft plus commode que l’autre maniéré.
- z CHAPITRE.
- & Douanes.
- CÔ m b ï b n que les fonds des Efclufes &Dodahes ou Retenues fefonten ces Païs avec bonne providence, & grand couft, toutefois on n'afçeu parvenir à telle affeiiranee,qu’il n en adviérinent fouvent des grands inconvénients par les eaux hautes, defquelles les fonds font tellement ruinez ou minez, que les Efclufcs deviennent infru&ueufès, lés Dodanes tombent & s’enfonfent bien profond fous l’eau, noyant le Païs. Mais puis que ceci advient à des Efclufes qui à beaucoup près, n’ont telle largeur & profondeur, que les Efclufcs d’efguilles pro-pofées, parlefquelles pafferoyent les plus grandes Navires, quelquvn pourroit douter, & point fans raifon, fi cefte imperfection de fonds ne pourroit caufer finalement de ne pouvoir fuivre çe qu on en attend ; Mais parce que mon opinion en cft autre, je deferiray premièrement, pour bien la déclarer, la caufe d’icelle imperfection, à fin que par telle cognoifïànct cefte maniéré d’affermilfement pourroit avoir meilleur fucce$.
- Soit à cefte fin À relief dVn Dodane, B l’eau eXterieurç, *C l’eau intérieure o« lefoffé, D E le fond fur lequel gift leDodane : Cefte caue extérieure B venant environ le fommet du Dodane pfes F, comme cela arrive quelquefois, il y a deux caufes principales qui le font tomber : Premièrement la profonde rupture,qui avec telles eaux extraordinairement hautes vient quelquefois au pied du Dodane là où paravant nul n avoit efté : Cefte. rupture gênant plus bas que la maifonnerie dit Dodane ,& puis deflqus le Dodane , il ruine & diffipelefond ,renverfimtle Doda-nc : Et combien que telle rupture n’adyiept pas quand on met le Dodane plus en arriéré , fi loing dç l embouchure du folfé que le flot de la Rivjere n’y vient point alencontre,il y a alors avec eau baffe, vn bout de foffé foc,depuis le Dodane jufqucs â l'embouchure, endommageable à la Fortification de la Ville. L’autre caufe eft le preffement, qui avec telle caue extraordinairement haute, cft fi extrêmement fort, que lecoulementde l’eau haute fous le Dodane de B par D E julques en l’eau baffe C, acquiert la force de mouvoir ou remuer le fable, ce qui eftant venu Savant, ce remuement devient Subitement de grand en plus grand, procédant comme le feu és maifons, lequel commençant avec vn petit feu, s’augmente incontinent: De forte que le fond eftant diffipé, le Dodane fe rompt, & aucunefois s’enfo nfo entièrement fous l’eaue : Ces deux caufos advicnnent à aucuns Dodanes enfemblc, qui alors le font tomber plus facilement*
- Qu^nt
- p.2x12 - vue 16/66
-
-
-
- à t Fo r *i i ï icA ï io». 'if 5
- Qiiantauhiemerit de pieux pour le renforcement du fond des Dodanes, avec cela neft pas pourveu à ces deux inconveniens, veu que la diflîpation du fable, en-femblelc prefïèment de 1 eau au travers du fable, prendfoncours entreles pieux: Tellement que la caufe de ces inconveniens femblp plys advenir parce qui! n en eft trouvé legle battante * que paj faute ^Ouvriers oii Entreprenrieurs d’ouvrage lesquels on accufe aücunefois à tort.
- I F O K M*
- ,rt ;i ), cri
- ii »; i « ; d:
- I 1 i ’ 1 if. l-CTI
- Mais d'autant qu’on peut maintenant mieux pourvoit à ces deux inconvehierts, que l’on n a fait par ci devant, que je fçache, & cela avec des pieux hiez;, ouvrez, & attachez en la longueur l’vn à l’autre avec des queues d’arondelies, j en mets ici dette ze Figure, en laquelle s’entend que la largeur d’vne queue darpndelle eft environ la troifiefme partie de l’efpeffeur du pieu, les bouts inferieurs font coupez de bihay, à fin qu*en hiant l’on face preffer chafque pieu contre le pjieu qui eft hiè.
- Notez encore, que combien ces pieux font marquez quarrez pour la bicnftfaride,' que toutefois il eft libre de les foire plat feulemët les deux coftez, aufquels viennent la queue d’arondelle & feuilliere, laiffartt demeurer la rondeur arbreufe des autres deux coftez, à fin que par ce moyen le pieu comprenne plus de bois, à moindre çouft du labeur. En outre, on peut faire les queues d’arondelies d’vne réglé dp bois particulière, & l’attacher de doux contre lVn cofté plat du pieu, & ,contre l’autre çofté deux particulières réglés, atiffi clouées, comprenant la feuilliere entre deux, càr ainfi tient le pieu des deux coftez auffi plus de bois, & avec moindre couft du labeur, que s’ils eftoyent faits par cavemçnt du bois dçs pieux*
- p.2x13 - vue 17/66
-
-
-
- N à V i ï 1 ï ,'i II A Mil R * 2 For m ê.
- Pour déclarer maïnteftaf ‘comment les fonds des Do-danes fe peuvent affairer a-vec ces pieux à queues cta-ïandeUes,j’en mets premièrement le plan de cefte Figure,auquel A lignifie le fond duDodane, eftantvn quadrangle comprins en pieux à queues d’arondel-le, qui font hiéz bien profond , & dont le voyent ici feulement les fommets, B eff l’eau extérieure , D la t)icque i Le fable ou fange qui eft dedans le quadrangle A, fe tire en haut fous l’eau, avec des outils comme l’on tire les tourbes en Hollande, qui fe fait bien julques à la profondeur de 2o pieds ( ÿay dit ici fous l’eau, ce qui eft à fin que le fable flottant ne monte en haut ) apres on hie en ce puis quadrangulaire des pieux fans queues d’aron-delle, pour porter la mat lohnerie • apres on emplie les places vuides entre les pieux avec bonne arguille. Notez encore que ce Do-dane vient aux deux bouts £> dedans la Djcque,& non Amplement alencontre, à fin qu a caufè de trop peu de matière, il n’en advienne vn tel percement de cofté, comme pour le peu de matière vient deflous le Do-dane, dont il eft dit ci devant près de la I* Figure,
- p.2x14 - vue 18/66
-
-
-
- » b F o K y i r t c'a iih. 3 ,F • » m.
- * 0 ♦ ♦ *
- ♦' 4 ♦ *
- # ♦ ♦
- ♦ ♦
- ♦ > ♦
- ♦ ♦
- ♦ ♦ 4 ♦
- ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦
- ♦ ♦ ♦ ♦ > ♦
- ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦
- ♦ ♦ ♦
- ♦.. « 4 4 ♦* ♦ +
- 4 ♦ ♦ ♦
- ♦ ♦ ♦♦♦♦**
- 4 ♦ ♦
- ♦ ♦ 4 ♦ ♦
- ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦
- 4 ♦ ♦ ♦ 4 ♦ •«
- ♦ .4 4 4 ♦
- ♦ ♦ 4 ♦ 4 4
- 4 f 4*4M/
- p.2x15 - vue 19/66
-
-
-
- \6 N O -V B £ î ’l MANfERI
- Ceci eftant ainfi, on maçonne fur ce fond vn Dodane de pierre, dont le profil eft comme demonftre cefte 4e Figure, en laquelle A,B,C,D,E,F fontdefignifica-tion comme en la i* Figure, & encore y font appliquez les pieux à queues d aron-dellc B G, C H:En icelle Figure appert comment il eft pourveu contre les fufdites deuxcaufes, car eftant venu devant le Dodane vne profondeur de 20, 30 ou 4° pieds, & que les pieux demeurent encore trois ou quatre pieds dedans le fable, le fond du Dodane demeure en fon entier 5 Et apres que l’eau haute eft finie,la Rivière eft ordinairement enclin de porter fable en icelle profondeur, comme il eftoit au paravant. Quant à la deuxiefine cayfe du grand preffement de l'eau-qui ruine le fond, cela eft ici auffi empefehé, car fi le Dodane recevoit de deffous quelque c®u-lement, cela fe devrait faire deffoué les pieux à queue d’arondelle, comme près G & H, mais cela n’eft pas bien poffible, pour le grand corps d’argille & fable de B juf-ques G, de G à H, & auffi de H à C enhaut, qui en fi grande profonditéfe devrait mouvoir : Et encore qu'il fut diffipé de B jufques auprès de G, la grande quantité de fable de B jufques H, &de H en haut jufques à C, ne fe pourrait facilement mouvoir.
- Quant à ce que quelqu’vn pourrait dire, que quand devant les pieux de B jufques à G, devient plus grande profondeur que la longueur des pieux, & que la diffipation du fable vient plus avant fous le Dodane deftruifant le fond, qu’il faut alors que le Dodane avec les pieux, & tout ce quil y a dedans vienne à tomber : O n refpond là deffus, qu’il y a grande différence entre vn fond comme ceftuy-ci, qui ne fepeut diffiper qu'avec vne precedente profonde ruine, & vn fond qui fe diffipe feulement par preffement fans precedente ruine , comme celuy de la Ie Figure : Auffi quil advient rarement, qu’icelle ruine vient fi profond que la longueur de longs pieux.
- I ay bien déclaré cefte mienne opinion de pieux à queues d’arondelles à quelques Ingénieurs, dont eft fuivi qu’en ces Pais devant quelques baftimerits au bord de l'eau, font bâtus des planches 3 ou 4 pieds profond, & feulement deux doigts efpez avec des feuillieres triangulaires fichées 1 vn en l’autre, mais telles planches ne peuvent fupporter la hiepour venir à la profondeur competente ,monintention al de tçls pieux à queue d’aronddics comme j’ay déclaré ci devant.
- p.2x16 - vue 20/66
-
-
-
- ai Po-iTi treA r x ê-8é*
- 4 F O R M fi.
- n
- p.2x17 - vue 21/66
-
-
-
- iS N « v V i i z i ii a » i i Ri
- les deux jones, & la place comprinfe entre deux eft le ruiflèau pour le cours de l’eau, EFG lefueil de devant, H I K lefueil de derrière, Al, CM les ailles de devant, la place entre deux eft le lift {ur lequel Peau tombe, B N, D O les aides -derrière, îa place entre deux eft le liéh encore y a 11 deux rengs L N, M Ô.
- Ces pieux cftantainfi fichez que fi bien leurs Commets que les pointes inferieures ayent leur competente profondeur, ori en tirera toute la matière (comme il eft dit ci devant du Dodanc)de fable ou fange,& on remplira les places avec de l’argil-le chafquc à fon hauteur requife,à fçavoir que le ruiflèau & les deux lifts demeureront fi profond que les conditions requièrent, pour fabriquer là deflus faire de bois & maçonnerie, mais les deux places LAB>t,M C D O fi hautes dargille comme la Dicque.
- Pour déclarer maintenant la fermeté de tel fond, je di ainfi : Si Ion pofe que le9 pieuX du reng L M Ont la profondeur de 40 pieds, il s’enfuit qu encore que l'eau tombante outre iceluy L M, faiioit vn puis profond de go pieds, le lift L A E F G C M & tout le refte demeure ferme : Secondement, encore qu’avec le temps fargillc comprinfe entre les fufdits pieux à queue d’arondelle fut bien profond dif» fipée ( que l*on peut remplir & reparer ) fi eft-ce que fEfclufe demeurera toutefois fermement clofe, caries portes eftants fermées, les pieux à queue d arondelle font partout ferme clofture.
- Encore eft il à fçavoir, qu’il eft vtile qu’on met près le bout du lift des grofles pierres, fi pefantes quelles ne fc meuventpar la cheute de l’eau, à fin d’en garder le fond, car il pourroit advenir que le làble (croit cavée plus profond que n’eft la longueur des pieux à queue d arondelle, ce qu’advenant le fond du lift (e diifiperoit, & autre malheur en pourroit enfuivre.
- p.2x18 - vue 22/66
-
-
-
- 5 For m.
- tjàrtrtritlunuflu.nNutN t» u N w h h'b n fiXClTE iCtnT
- ri tj d a d j h 'M ri H ti T) tf ‘n b n p u b p n n 'k n P n P NTfr
- Notez encore qu’il y a ici bien efté dit de 1 afïeurance des fonds avec des pieux, eftant hiez à la profondeur de 40 ou 50 pieds, mais quelqu vn pourrait penfèr que cela eft par tout impofïibie, à caufequclcs pieux.venant à toucher le fable flottant, ne veulent entrer plus profond : Aceciferefpond, que cela fe dit & fe croift ainfî en ces Païs, mais il en eft autrement, car pendant au fommet du pieu affez de poids ils fe hient bien profond par le fable flottant, fans en apres fe lever ou tomber: Ceci a efté en vfàge à Melving en Pruyflè, là où l’Architeâe d’icelle Ville nommé Mai-ftre Martin, natif d’Haerlem, me dit d’avoiraprinscekd’vn travailleur Polonois, qui hioit avec les autres,lequel voyant quon defiftoit d’hier,parce qu on eftoit parvenu au fable montant, fans pouvoir venir plus profond ,difoit & monftroit par ef-
- C Z fe<ft
- p.2x19 - vue 23/66
-
-
-
- ±6 N. 6 t v f ïi s UA«nss
- fcét coffitSÆî on hioit en fon Païs,lequel fc faifoit avec vn des pieux qui flottoyent ' en l’eau, quon pendoit au pieu qu’on hioit* comme cefte 6e Figure demonftre, par laquelle fe peut entendre que tant qu’on pend plus de poids au pieu , tant mieux en eft le fucces, car on ne tient ainfi pas feulement ce qu’on gaigne à chafque coup, mais davantage le pieu entre à chafque coup plus profond.
- 6 Forme.
- Enlaffiegement d’Ofteiidefutvfitévhemaniéré de faire entrer des pieux dedans le ûblejpar remuement, à fçavoir tirement avec cordes d’vn cofté & d autre, & cela fans cefic, jufques à ce qu’ils avoyent leur profondeur competente, car eftant coy fi long temps que la fèble s’eft aflis, on ne f$ait en après remuer le pieu : Et eft à noterquelefufditpendementde poids au pieu donne ici aufli grand advantage. Gefte maniéré print fon origine de ce que 1 ouvrage fe devait faire de nui#, fans
- p.2x20 - vue 24/66
-
-
-
- D B V O R r I P I C A T I O W.' 2l
- faire bruit avec le tombement delà hic , vers lequel l’cnnemy tiroit des canonades: Mais on ne peut faire entrer ces pieux par tel remuement, à caufe quils font fichez les vns aux autres avec les queues d’arondelles , tellement que ceci eft feulement recité pour mémoire. Il eft auffi à %avoir,qu on ne fe peut fervir de ce remuement quand deffous le fable il y a de l’argille 5 fange^u femblable matière ferme, par laquelle il faut hier les pieux.
- 3 CHAPITRE.
- Contenant réglé generale de la nouvelle maniéré de fortification de Villes par Efclufesi
- ARGVMENT DE CE
- C H A P I T R E.
- EStant dit en F Argument de ce Trai&é de la différence en general entre ce 3e Chapitre,& le Chapitre 4e 3 luivant les fuperferiptions particulières des exemples de ce 3e Chapitre feront comme s’enfuit.
- I Exemple d* Vne V ilkfituêe au bord de Peau * là ou les Dunes ou Die que s <vien-nent contre les remparts, (efr requièrent amendement.
- 5 Exemple des %aVelins devant les Efclufès.
- 4 Exemple des Moulins joignant les Efclufès des RaVelins devant iceuxa
- avec Ivtilité qui en procédé.
- 5 Exemple de la meilleure fortification ft) autres commoditéç., que la fitfdite ViÜe
- acquiert par t enfouiffement et vn autrefofsé.
- 6 Exemple contenant la maniéré d’approfondir les foffè^ des Villes point fituées
- aux bords de teau comme les precedentes, mais fi loing de là quon pourroit mettre njn Camp entre deux. '•
- ij Exemple de tapprofondijfement > quon peutfaire ésfoffe^des V iUes fituées au bord de la M er> ou de grandes Rivièresfans flux (djr reflux, mais ayantfeulement njnepetite Riviere ^venant à la Ville.
- 8 Exemple pour approfondir avec a;ne grande Riviere navigable fans flux re-
- flux > auffifans petites Rivières *•venant àlaV ille.
- 9 Exemple de tapprofondiffemenl des fojfez. des Villes loing de la Mer, ou,de
- grandes Rivières navigables, mais ayant ^une petite Riviere point navi-
- C s
- 16 Exem-
- p.2x21 - vue 25/66
-
-
-
- 22 • N 'o v V 1 t i S M A K URB
- 10 Exemple de P amendement de réceptacles quifont en ^vfàgè aux plats T aïs, tant
- pour approfondir tes Havres, que pourficher les T erres.
- 11 Exemple de Papprofondijfement de fojfe^par tourbières (quen Hollande on
- nomme V enen) où P onfoüitdes tourbes.
- IX Exemple de la maniéré et approfondir les RiVteres ouEoJfeznaYigeables entre deux Ifles, ou entreTerreferme ft) Ifie, là où il y a flux (çf reflux.
- I EXEMPLE,
- *2Yvne ViUc fltuée au bord de Peau, là où les Dunes ou Dicques tiennent contre les remparts, ft) requièrent améndèment.
- S O it àtellefinencefte Ie Figure A vne Ville fîtuée au bord B, tellement que la Mer ou grande Riviere, ayant flux & reflux frappe, quand la Mer eft haute contre la Ville, fans qu’entre l’eau & la Ville il y a place pour loger vn Camp: Avec D & E fefîgnifïent les Dunes ou Dicques,de deux çoftez touchant aux remparts. T elles Villes ont jufques à maintenant eu l’inconvenient, qu’on pe les a feeufortifier comme il appartient, parce qu’aux lieux de D & Ë on ne peut faire des foflez 5 car s’il y a des Dunes de fable, la profondeur qu’on y enfouit ne peut demeurer, mais fe remplit incontinent avec fa fable à la hauteur du bord , par le mouvement de l’eau, fur quoy les vents apportent encore plus grande hauteur de Dunes : Mais eftantaufdits lieux de D & E des Dicques qui touchent contre les remparts, elles emplient les foflèz, & encore qu’on y met des Dodanes de pierre comme font marquez près F & G, il eft fec le long du bord comme de F à G, principalement avec la maiÿç baffe, & vents venants du cofté de la Terre.
- p.2x22 - vue 26/66
-
-
-
- p.2x23 - vue 27/66
-
-
-
- 24 -K O VY B V t * MAKI a. R B
- Poui* obvier aux inconvenicns de la precedente Ville du ir Exemple, je déclara ray mafufdite intention, mettant premièrement Exemples de moindre couft, & apres de plus grand, pour fe pouvoir gouverner en l'amendement, félon la neceflité & les moyens d'argent.
- % EXEMPLE.
- De t amendement de la V iüe du f Exemple par deux Bfclufis à fortes d’eJguiUts.
- % Forme.
- > * ♦ *
- ......
- p.2x24 - vue 28/66
-
-
-
- S £ F © R 1ï î f ! C A T ! ô 2Ç
- ON O s t f r a les deux Dodanes F, G, du ir Exemple, & fo mettra près de chafcune d’icelles places vne Efclufe à portes d’efguille, large par exemple 5o pieds, chafcune avec deux paires de portes, comme en ce 2e Exemple là où au lieu du Ôodane F, font mis les deux paires de portes H & I, & au lieu du Dodane G, les deux paires de portes K L eftapt de forme comme le Sas de Flilfinge , qui eft large 40 pieds 10 doigts mefure de Rhinlande, ayant auflideux paire de portes pointues : Âpres on fouira d’icelles portes jufques à l’eau de la Mer o u Riviere, fi avant qu’il eft neceffaire, comme eft demonftré avec les deux Foffoz ou Havres M N & O P, lelquels font mis comme {î par imagination, ils furent produits jufques à ce qu’ils fe touchoycnt 1 vn l’autre, qu’ils feroyent vn rectangle, & ce à telle fin que je diray ci apres : Il eft aufli à fçavoir que ces deux Havres doivent eftre pourveus de telles, fi longs que la necelfité le requiert, à fin que demeure l’Havre en icelle forme, & de faire meilleure profondeur par le bord de la Mer ou de la Rivière.
- Ceci eftant ainfi, je deelareray maintenant 1 vfage : Eftartt la Mer haute du flux, retenue avec les portes HL, & apres eftant l’eau extérieure par le reflux venu au plus bas, on ouvrira l’vnefois les portes L, lailfantcelles de H fermées, & alors tout l’eau tenue au folle HQL vuidera par les portes L, failant profondeur à la partie du folfé K O P, vne autrefois on ouvrira les portes H, iaiüant celles de L fermées, & alors tout l’eau tenu au fofie L Q_H fortirapar les portes H, failànc profondeur à la partie du folfé I M N, & outre cela s’approfondira tout le folfé, parce que l’eau a le cours tresfort. Il y a ici encore à confiderer,que çôbien qu’à cau-fe du fort cours il y aura dedans le folfé bonne profondeur, que toutefois elle ne fora pas fi profonde qu’aux deux parties du foffé ou Havres H M N, L O P, parce que l’eau tombe in iceux de haut en lieu bas & vuide : Mais à fin d’avoir aulfi telap-profondilfement au folfé H QJ., cela fo fera ainfi : Eftant l’eau de reflux dedans le folfé au plus bas, on fermera les portes K I : Eftant puis apres l’eau extérieure du flux venu au plus haut, on ouvrirai’vne paire des portes, jeprens I, & tombera alors la haute eaue extérieure au folfé vuide, en faifant la profondeur plus grande que felon la première maniéré : Et combien ainfi le fable fo porte de H outre Q& K, y aflèmblant fans pour icelle fois fortir hors du folfé, parce que K demeure fermée , cela fe peut puis apres ofter par L, avec l’eau haute du folfé fur eau balfe extérieure, félon la maniéré qu’il eft dit ci devant. T elle façon d’approfondir le folfé, l’vnefois par ouverture des portes I demeurant celles dé K clofes,fo peut faire vne autrefois par ouverture des portes K demeurant celles de I clofes.
- Par celle maniéré toute la Ville eft entièrement environnée d’eau, fiins qu’il y ait des parties feiches aux Dodanes F G, car en temps de necelfité lçs portes eftant ouvertes, & attachées contre les joues, avec des ferrures fortes, il y aura à icelle place la largeur de 50 pieds de folfé de grande profondeur, & cela encore eftant l’eau balfo: Outre cela on peut devant ces Efclufes pour eftre plus alfeuré mettre des Ra-velins,dont je ferày la déclaration au 3e Exemple.
- Encore peut ici fervir d’exemple, que quafi par telle maniéré la Ville d’Oftende acqueroit la force,par laquelle elle refiftoit le renommé & durable allégement: Car au paravant c eftoit (comme font communément telles Villes) vne place foible, laquelle reçeut fa force par le percement defes deux extremitez fabloneufos.
- Il eft encore à fçavoir, que par delfu$ le renforcement q ue la Ville acquiert par celle maniéré, tel folfé eft commode pour fervir d’Havre, pour en temps d’afliege-ment lailfer entrer les Navires, & apporter toutes chofes necelfaires : Puis pour eti temps de Paix, ou là où Ion n a nulle crainte de l’ennemy, pouvoir faire grande
- E> traffique
- p.2x25 - vue 29/66
-
-
-
- %6 H 6 V B LIE M À » ï E R fe
- trafique : Aufli pour en temps quand la glace flotte fauver les Navîres, & y yver* ner3 tendant non feulement au grand advantage des Villes , mais aufli comme il eft dit ci devant, à grande cômodité & affeurance des Navires, corps & biens des hommes navigans : La deffus lesfoffez qui auparavant ont efté avec de l’eau puante, peuvent par ce moyen eftre libres de tels inconvénients.
- Apres, puis qu’eftant les Havres M N, P O produits par imagination, ainfî qu’ils font vn angle droit, s’enfuit que fi l’ori fuppofe que l’vn Havre comme M N tend vers Septentrion, l’autre P O tendra vers Occident, d’où fe peut conclure quon pourrait prefque avec tout vent entrer & fbrtir, & ne pouvoir jamais avoir le vent entièrement contraire, moyennant qu’on choifit l’Havre auquel le vent a le plus grand advantage : De forte qu’vn tel folié eft vne rade commode, à laquelle les Navires bien affeurées peuvent attendre le bon vent, pour fortir par l’vn ou l’autre Havrew
- Mais parce que quelqu’vn pourrait douter, fi telles grandes profondeurs fe pour-royentainfi faire par les Dunes, comme au lieu de N M, P O, je di qu’on le peut veoirpar exemple,entre autres aux Havres à Cales,Dunkercke, Nieuport,Often-de,& plufieurs autres, lefquels font faits & entretenus avec petites portes d’Efclu-fes, lefquels Havres feroyent fans icelles Efciufes (combien qu elles font fort petites à comparer à celles ci) ch peu de temps remplis de fable : En outre, on voit plufieurs Havres aux Villes, faits fort profond, avec petites Efciufes & petits réceptacles: Comme à Fliflinge, là où on entretient la profondeur du viel Havre, avec vne jporte large feulement de 7, pieds % doigts, de avec vn réceptacle qui a la longueur & largeur environ de 55 verges, qui viftement defeend, faifànt toutefois en l’Havre vne telle grande profondeur comme il appert : La porte du nouveau Havre eft environ de 6 pieds 2 doigts, dont fe peut conjecturer quelle grande profondeur fe ferait avec des portes larges de 50 pieds,là où le foffé tout entier ferviroit de réceptacle, qui ne defeendroit pas fi haftivement qu’vn petit réceptacle.
- Celle maniéré aufli eft fort propre, & apporte vne grande commodité au fait des Moulins aquaticqs, dont je parlei ay au 4e Exemple.
- } EXEMPLE.
- *Des Raye lins deyant les Efciufes.
- COmbiek qu’aucunes Villes qui n’ont point de guerre, ne veulent du corn-* menccment faire des Ravelins,aimant mieux laiffer les Efciufes nues comme au 2eExemple, toutefois pour ceux qui les veulent, j’en mets ici ce y Exemple, auquel devant les Efciufes H I & K L font lignez les Ravelins F & G,dcfc quels les faces fe nettoyent hors des boulevars y joignants* comme fe void.
- p.2x26 - vue 30/66
-
-
-
- * a
- % * «
- %
- éi
- • * • «
- *ll
- • • * • • » •
- ••Il
- i * •
- • » •
- • * *
- « • •
- I •
- 9
- p.2x27 - vue 31/66
-
-
-
- 2g H O V V E 1 l fi M A NI! R B
- Mais à fin que le fens fbit mieux déclaré par vne Figure plus grande, je marque-ray ici cefte 4e Figure du Ràvelin A , mis feul devant les deux paires d’Efclufes près B : Puis C fignihevnDodaneauboutdela Dicque D, dedans lequel s’entend (comme auffi aux Dodanes des Figures (uivantes)eftre faite vne petite Efclufe,feu-lement large d’vn pied, qu'on leve enhaut pour approfondir le folfé du Ravelin, de .CjufquesàE. Les places pointées eft 1 eau du foffé.
- 4 F O R M E.
- B
- » « * » •
- ritrrrr»
- » • » »
- . « » » *
- I » * » %
- * * » t ..
- i « *
- » » » •
- » * » »
- , 1 » « * 1
- ~A A A A A ,
- • r r » *
- à a 1 » »
- « » A A a ,
- i • I»
- 15 es Moulins joignant les Sfclufès, (djr des RaVelins devant iceux, avec l’vtilité qui en procédé,
- LE s Movlins félon la maniéré dont on a vfé jufques à maintenant, ont fait en la fortification des Villes grand empefchement,car moulant avec l'eau qui a flux & reflux, leur réceptacle eft dehors ou dedans la Ville : Y eftant dehors, le foffé a (pour le premier) deux dommageables Dodanes.
- Au fécond, quand l’eau eft vuidée par la mouture, le réceptacle (eftant partie du fofTé)eftfec.
- Au troifîefme,la fange & le fable accroift fort fur le fond du réceptacle, tellement que devant quon le fait profond, il comprend peu d'eau, & pour l’approfondir il coufte beaucoup.
- Au quatriefme, fi le réceptacle eft ordonné dedans la Ville, alors ne viennent à caufe de cela point des Dodanes au foffé, mais cela comprend dedans la Ville vne grande place vuide, fur laquelle on pourrait baftir des maifons quand il n'y aurait point de réceptacle : aufli tel réceptacle eft fubjed, comme l'autre l’accroiflèment de fange, peu de profondeur, peu d’eau, & grand defpens à quelquefois l'approfondir.
- Au cincquiefme moulantles Moulins non pas avec la marée comme defTus, mais par des petites Rivières, & qu’ils font dedans la Ville, icelles petites Rivières font conduites parle fofle entre deux dommageables Dodanes ou Terrains.
- Au fixiefme, fi on les met hors de la Ville, & qu’on fait courir les petites Rivières par les foffez, elles les empliffent de fable.
- Au
- p.2x28 - vue 32/66
-
-
-
- fi fi F OR TI ï IC A TI O KlY IJ
- A u feptiefme, fi ori fait Courir les petites Rivières hors du foffé, & qu on en ap-pliq ne les Moulins, ils font en temps ae guerre en péril d’eftre brûliez.
- Mais quand on ordonne les Moulins joignant comme en la 5e Figure ( qui eft comme on les met vulgairement joignant leur porte qui fe leve en guindarit pour palier les eaux hautes) les fuldits accidens en font prévenus : Car premièrement il n’y a point des dommageables Dodanes ou Terrains dedans les foflèz.
- Au fécond, tel réceptacle ne fe pourra vuider en vne marée ni demeurer fec, car en ce temps l'eau defcendra fort peu pour fa grandeur.
- Au troiliefme, le fond de tel réceptacle ne saccroiftra point, ni ne le faudra à grand delpens aucunefois approfondir, mais demeurera continuellement profond, ou pour le continuel approfondilfement deviendra plus profond, & comprendra beaucoup de l’eau.
- Au quatriefme, il n’eft pas befoing d’ordonner des réceptacles dedans la Ville qui comprennent vne grande place inhabitée, & font comme les autres encore fubjeéts l1 accroilfement du fond, peu de profondeur, peu d eau, & grand delpens pour aucunefois les approfondir.
- Quant à la prévention des accidens des Moulins ,qui vont avec petites Rivières, il en fera dit au ye Exemple.
- Touchant fentrée des Navires hors des Havres MN,OP aufoffé, auflil’if-fue hors du foifé aufdits Havres,cela fe peut faire fans empefeher la mouture fi long temps que le flux court au foifé, aulfifi long temps que feau haute ou balïè eft coye, eftant les Efclufes o uvertes.
- Iufquesici eft parlé des Moulins mis joignant les Efclufos, comme on les met communément joignant leurs portes qui fe lèvent en guindant, pour palïèr les eaux hautes, mais pour en faire plus ample déclaration, enfemble du Ravelin mis devant l’vn & l’autre, je mets ici le plan de celle 5® Figure, dont le fens eft tel:
- A Allée voultée par le rempart, pour aller vers le Moulin, & vers le Ravelin, fer-vant auffi à des forties.
- B La maifon du Moulin, laquelle quand il y a vne faulfebraye,fe peut mettre au chemin d’icelle.
- C Le lieu delà grande roue que feau fait tourner.
- D L’vncoftéderEfclufe.
- E Les deux paires des portes de l’Efclufe.
- F Le Ravelin dont les faces fe nettoyent hors des deux bouievarts qui font de cofté, auquel en temps de necelïité on peut tenir garde extérieure, & eftant commodément (ïtué pour en entrer par le rempart, fans ouvrir les portes de la Viile. G Le Dodane de pierre.
- H La Dicque.
- D î EXEM«
- p.2x29 - vue 33/66
-
-
-
- ^6 NofM'ni uiKiui
- 5 F O R M H.
- 1 EXEMPLE.
- *De la meilleure fortification ft) autres commoditéo que la fufdite Ville acquiert far lenfoùiffement £ encore nm autrefofsé.
- LEs Prbcedens exemples ont efté avec vn foffé qui fert auflî de Havre, mais telles Villes ont en temps de guerre trois inconveniens: Le premier que les Navires font là dedans nues, pouvant eftre canonnez de l’Ennemy : Le deuxiefme que l’Ennemy peut venir à pied fec à icelles Navires, &les brufler : Le troifiefine qu'il eft dangereux de mettre les Navires contre les remparts de la Ville, parce quon peut facilement d’icelles monter fur les remparts, & par traïfon ou fur-prife prendre la Ville. Or combien que plufieurs Villes permettent ce péril,toutefois ceux qui pour levitcr veullent faire les defpens, peuvent le long du premier fofle faire vn autre foffé ou Havre alentour de la Ville, jettant la terre qui en fort entre deux, en faifant vn parapet de chemin couvert, de telle hauteur que les Navires peuvent la derrière eftre caché, & avec telle defcente ou efcarpe qu’il foit par tout nettoyable des remparts, comme il eft remonftré avec cefte 6e Figure, en laquelle alentour d’vne Ville à laquelle la Mer ou grande Riviere navigable frappe (comme de la 3e Figure) eft fait encore vn foffé ou Havre avec fes deux Efclufos,dont l’vfage fera comme du precedent : Mais il eft notoire qu’on peut approfondir ces deux Havres M N, O P avec plus d’abondance d’eau, que les deuxprecedens Havres, parce quon peut ouvrir en vn mefme temps les deux Efclufes refpondant fur vn Havre, de forte que telles quatre Efclufes chafque large de 50 pieds, feroyent en-femble vne largeur de 200 pieds, par laquelle les Havres fe pourroyent approfondir plus qu on n’en a jamais Ouy parler par ci devant.
- Par ceci eft aulfi manifefte, qu’en temps de guerre les fufdites trois difficultés feroyent prévenues. Premièrement pource que les Navires durant vn allégement fe peuvent mettre au foffé intérieur,là où avec le haut parapet elles feront couvertes contre le Canon de l’Ennemy : Aulïi contre le feu, veu qu’il n’y peut avenir pour l’exterieur foffé, & combien qu’alors les Navires font contre les remparts, cela eft fans péril pour par icelles monter fur les remparts, d’vne part qu’en tel temps on prend fort foigneux regard fur les Navires, d’autre part quelles y font comme de-
- p.2x30 - vue 34/66
-
-
-
- t> K F O a T I r I C A ï l » ». 31
- <3ansIaViHe,à eaufe du foffé ou Havre exteneur : Mais en temps de paix,ou quand il ri y a crainte de l'Ennemy, onlpc np,1f mmrp an Havtv,
- Tons fufdites peut fervir de rade.
- 6 F O R w E<
- p.2x31 - vue 35/66
-
-
-
- Hotÿmii Uahiih
- NOTEZ.
- Quand le terroir eft fi bas, «qua caufe de la terre fouie pour faire le parapet du chemin couvert, on a vn follet ayant de l’eau commune avec l’autre grand folle, & courrant par deux pafiages voultcz mis près les Dodanes defïbus le iufdifc parapet: Il eft notoire., qu’on alfeureroit ainfi les Navires au grand folfé contre l'Ennemy, 8c cela avec fi peu de couft,comme on employé communément aux chemins couverts qu’on fait aux Forterelfes , & recevrait le fufdit folfet fon approfondilfement comme le refte.
- 6 EXEMPLE.
- (ontemnt la maniéré d'approfondir les fojfez. des Viües point Jituées aux bords de F eau, comme les precedentes, maùfi loing de là qu on pourroït mettre <un Camp entre deux.
- ON P b v t bien fouir tout alentour, de telles Villes fans faire Dodanes aux foffez, mettant les Dicques, s elles y font devant les folfez, tellement que leur defcentes ou talus le peuvent nettoyer des remparts, & fervir de parapets de chemins couverts, mais alors les Navires ne peuvent entrer en la Ville , ni aux Folfez, parce qu ils feroyent à fec l’eau eftant balle : tellement que quand on y a voulu la navigation , «n a falu jufques à maintenant mettre Dodanes aux fofifez, comme à Middelbourg, à la Bride, & autres fomblables Villes. Mais pour déclarer comment cela fe peut faire fans Dodanes, je marque ici celle 6e Figure avec Tes deux Efclufes H I , K L comme devant , mais avec vn folfé de l’vn â fautre: De ce folfé court vers la grande eauc vn Havre, divifé en deux, aux deux parties; MN, O P, venants lvn fur l’autre à angle droit , dont Mage eft manifefte par les precedens Exemples.
- Mais parce qu en temps d'alfiegement on pourroit empefeher rentrée, & fortie des Navires par vn tel Havre, parce que f Ertnemy peut venir à pied fec jufques aux bords, il y a ici joignant le Havre foui deux petits folfez, comme R & S, & de la terre jettée fur le cofté intérieur fe font des parapets : Quant à ce qu on pourroit douter que l'eau courrant par ces deux petits folfez, pourroit trop amoindrir l’eau de l'Havre au milieu, qui par cela pourroit avoir trop peu de profondeur 5 11 fout confidcrer quon peut faire l’embouchure d’iceux fi cftroiâe qu’on veut, car encore qu elles ne fulfent chafcune que d’vn pied ou deux de largeur, il s’en pourroit foire allez de profondeur : Tels quatre pieds, voire & que ce fut cincq ou fix, font de peu d’importance, eftant comparez à 1 ouverture de 100 pieds des deux Efclufes, & encore de moindre,quand il y a telles quatre Efclufes comme au 5e Exemple.
- Encore eft il vtile de mettre à l’embouchure de l’Havre vn fort, comme eft de-monftréavec T, entre lequel & la Ville les fufdits deux parapets fe peuvent nettoyer le long des deux petits folfez (qui font tirez tout droit ) fi bien hors des deux boulevarts du Fort comme hors de la Ville. N otez aufli qu’encore qu’entre la Ville &le Fort il y euft iÇqo pieds de diftance, il lemble qu’il n’y foudroit autre Fort entre deux, mais telle diftance eftant trop longue, on en pourroit mettre vn ou deux ^'avantage.
- 7
- p.2x32 - vue 36/66
-
-
-
- V
- 9 B ‘'F' Ô ï ÿ ï ff j e a ¥ I • 7 F 9 R M E*
- 33
- 7 EX EJM-
- p.2x33 - vue 37/66
-
-
-
- 14
- Hilll M AS ! I I I
- 7 EXEMPLE.
- De tapprofondtjjement , quon peutfaire es fofondes Villes fouies aubord de la Mer >ou de grandes Rivièresfins flux @r reflux 9maù ayant <zwepetite Riviere ‘venant à la Ville.
- I*A y P a r l jufques ici des Villes fîtuées à la Mer ou grandes Rivières navi-
- gables avec flux & reflux : Mais d’autant que plufieurs Mers& grandes Rivières navigables nont point de flux & reflux, les Villes fituées à icelles ne fe peuvent point approfondir par la maniéré precedente: Mais il fe peut etfeéhier avec cîcs petites Rivières qui viennent communément aux Villes,pour la grande commodité que les Bourgeois en tirent tant d’eau claire & freiche, fort neceflàire à leur vfàge, comme aufli pour les Moulins qui en moulent,& d’autres femblables.Mais joignant ces commoditez, telles petites Rivicres ont jufques à .prefent caufé le mal d’eftre cndommageables à la Fortification, car fi on les fait courir par les fofïèz, elles les empliflènt de fable, ' fi on les conduit par la Ville entre deux Dodanes ou Terrains fiins venir plus avant au fofle, les Moulins font dedans la Ville bien afleurez contre le feu de l’Ennemy, aufli reçoivent les Bourgeois la commodité de f eau, mais le fofie a quatre lieux emplis & foibles : Si on conduit icelles petites Rivières dehors alentour du foflfé, les Moulins font bradez en temps de Guerre, aufli les Bourgeois n’ont point la commodité de l’eau dedans la Ville. Mais pour déclarer maintenant comment fe peut prévoir à tous ccs inconveniens, loit marqué en cefte 8e Figure la petite Rivière R, entrant au foffé de la Ville près Q., fans Dodanes, 8c de là aufli par la Ville jufques au Moulin S , & puis delà par les remparts vers B jufques en 2a grande eau, comme ( par exemple ) il a couru au paràvant. L’vfàge de ceci eft tel r Eftant clofes les deux paires dé portes LdH, & l'eau de la petite Rivière R continuellement; courant, le foffé s’amaflç plein d’eau fi haute comme fe trouve par expérience que les T erres & fruits peuvent endurer : Cefte eau eftant ainfi au plus haut * ôntn approfondit comme devant eftoit fait avec l’eau de flux retenu au réceptacle, dont il eft parlé au 2e & 1? Exemple, à fçavoir qu’on ouvre l’vnefois les ; portes L, laiflànt fermées celles de H* vne autrefois ouvrant les portes H, lai A Tant fermées lés portes de L, avec quoy eft chaflc tout le fable que la petite Rivière apporte avec les eaux hautes au fofle.
- Iufques ici eft dit d’approfondir les fbflèz plein d’eau,fervatprincipalement pour approfondirles Havres M N, O P, mais la profondeur des foflezfe peut faire encore mieux par fofïèz yuides, ou aufquels l’eau eft au plus bas, mettant vne autre Efclufe au lieu où la petite Riviere entre au fofle, comme il eft figue près R, car icelle Efclufe eftant fermée, & l’eaii du fofle entièrement vuidée par les Efclufes H I, K jL, & beau tentren la petite Rivière de R enhaut, tombant par f Efclufe près R aux foffez fecs, elle y fait plus grande profondeur que par la precedente maniéré.. Et eftauffi notoire que quand la grande Riviere eft au plus bas (comme il advient en des Eftez fées, & es Yvers apres longue gellée) qtfalors telle manière eft de meilleur fucces, parce qu’alors les foflez fe peuvent faire plus fecs. Mais il faut ici noter qu’il eft requis que les fofïèz qu’on approfondit ainfi avec des petites Rivières, doivent partout eftrcd’cgalelargeur, fans lieux irrégulièrement larges, comme il advient aucuncfois pour la diïpofition des places, car f eau eftant en tels endroits de foible cours, le fable y pourrait amaflèr.
- Il eft encore notoire que l’eau du Moulin près S, aura fà cheute & vuidement pour moudre comme devant, quand icelle maniéré d’approfondir lesfolfez n y eftoit pas.
- 8 F i o v«
- p.2x34 - vue 38/66
-
-
-
- p.2x35 - vue 39/66
-
-
-
- £6 H © V VI I L B H À NI BR B
- 8 EXEMPLE,
- ïPour approfondir aVec <vne grande Riviere navigablefans flux Qfreflux* aujflfans petites Rivières rvenant dlaV Me.
- T\ Ose' que la Ville de celle çe Figure foit fîtuée à vue grande Riviere naviga-t>le fans flux & reflux, aufli fans petite Riviere par laquelle on pourroit haufer •*" l'eau comme à la 8e Figure : Or pour approfondir aufoffé & deux Havres M N, O P, feulement avec cede grande Riviere que je pofè courir de N vers P, on le peut executer comme s’enfuit:
- Premièrement pour approfondir l’Havre O P vers le codé plus bas de la Riviere , il s’expédiera en faifant haufer l’eau du foffé au plus haut qu’il peut venir, fermant Tvne paire de portes à L, & ouvrant l’autre paire à I : Cequ’ellant ainfi, l’eau deviendra finalement fur le collé intérieur des portes L, autant plus haute qu’au collé extérieur ,qu’emporte la cheute ou defeente dek Riviere fur la longueur de I a L 5 pourtant les portes à L'edant ouvertes, l’eau retenue plus haute, fera profondeur par le Havre O P ,&aufli partout le fofle I QJC : Mais pour approfondir l’Havre M L vers le plus haut bout de la Riviere, cela s expédiera en faifant defc&ndre l’eau du fofle au plus bas qu’il peut venir, fermant lvne paire de portes à I, & o uvrant l’autre paire à L : Çe qu*edant ainfi, l’eau deviendra finalement fur le codé intérieur des portes autant plus bas qu’au codé extérieur,qu’emporte la cheute ou defeente de la Riviere fur la longueur de I à L, pourtant les portes à I edant ouvertes, l’eau extérieure de la Riviere tombera au foffé bas, faifant profondeur par l’Havre M N ,& aufli par tout le foffé I QJC.
- Il ed encore notoire que les Villes longues, là où l’Efclufe inferieure ed beaucoup didante de la fuperieure, reçoivent plus de defeente & différence d’eau intérieure & extérieure, que là où elles font plus proches l’vne de l’autre, car comme plus grande longueur à moindre, ainfi affez près plus grande différence de defeente à moindre.
- Il ed aufli manifedequeles Rivières ont plus de cheute avec vn cours vide, que les Rivières d’yn cours lent; dont fe peut entendre que telle maniéré d’approfondir fera plus fort lors que les Rivières font hautes, qu’edant baffes, pqurce edant le foffé eh temps d’eaux hautes tant approfondi que la Riviere y peut paffer lors quelle ed au plus bas, il ed apparent qu’en apres il n’y viendra rempliffementde fable ou fange,mais plus grande profondeur, & cela fans mettre des Dodanes, ce qui autrement ed neceffaire, parce que le fable s’amafferoit au foffé.
- Il faut encore fçavoir qu’à telle maniéré d’approfondiflèment, que cede-ci, il riÿ faut pas les deux paires de portes à H & K, comme au fufdit 2e & y Exemple.
- N otez encore, que fi dedans la Dicque allez loing de la Ville vers le codé fupe-rieur de la Riviere, edoitvneEfclufed’efguille comme au lieu de R, de laquelle vint quelque foffé jufques auxfoffez de la Ville, comme de R à S, il ed notoire qu’avec cela la différence de l’eaii la plus haute & plus baffe deviendrait d’autat plu£ grande que par avant,comme porte la defeente de la Riviere de R jufques joignant S. Semblable différence d eau plus haute & plus baffe, auroit on aufli quand ou mettoit telle Efclufe à la Dicque depuis la Ville vers le codé plus bas de la Riviere. Mais fi c’edoit terre haute point dicquée, comme il advient en aucuns lieux, alors on pourroit fouir le foffé de R à S, fans mettre à R vne Efclufe, ordonnant (pour des raifons cognues) l’entrée comme R, à vne courbure de la Riviere approfondif-fente comme T, & point à vne courbure accroiffante comme V.
- 9 I7 ô V
- p.2x36 - vue 40/66
-
-
-
- fc fi F o ù i fïCAtxa*» 9 F r g v * x«
- ?7
- v * ♦ >
- ËXEM-
- p.2x37 - vue 41/66
-
-
-
- 9 EXEMPLE.
- Fafprofondljfement desfojje^des Villes loingdela Mer9 ou de grandes Rivières navigables, mais ayant <vne petite Riviere point navigable*
- S Oit encefte io« Figure A vne Ville loingdela Mer ou de grande Riviere navigable, mais ayant vne petite Riviere navigable B C, entrant illec au fo£ fé : L’affoibliffement des Villes & les inconveniens qu apportent telles petites Ri vieres,foit quelles font conduites par la Villes, ou par les foffez, ou alentour des follez, font deferit au 7e Exemple, là où il eft bien dit comment on le remédiera, mais c’eftoit d’vne Ville fituée au bord de la Mer ou dvne grande Riviere navigable , entre laquelle & la Ville il n’y a point de place de grande eftenduécomme ici, pourtant cefte manière d’approfondir le foffé requiert vne autre maniéré qui peut eftrc telle: ;
- On mettrai f embouchure de la petite Riviere, là où elle entre au foffé, comme au lieu de B, vne Efclufe à portes d’efguille, comme il y eft remonftré, & au lieu où là petite Riviere forte hors du foffé qui foit près DE: on fouira vn bout de folfé DE F G, de la longueur de trois ou quatre cent pieds, & de largeur comme les autres fofïèz,ou environ puis on tirera les coftez de foffez comme dé F à H, & de G à I, s’efioignant l’vn de l’autre comme de F à H, & de G à I, de forte que H I foit cincq au fix fois fi large comme F G, & s’entend que de H à I fôit mis au niveau vn arreftement d’eau,à telle hauteur que le foffé delà Ville peut tousjours teùir au moins 6 pieds d’eau Puis font tirez H K & I L, ainfîque I H K L fignifie vn foffé treslarge,mai$ peu profond,au bout duquel comme au lieu de K L, eft mis au niveau encore vn arreftement d’eau de la mefme hauteur comme H I. L eau venant outre ce H I qu’on lailfe prendre fon cours vers la petite Riviere comme adviendra, fait vne Figure, par exemple, comme de K L vers la petite Riviere à M.
- ( Ceci eftant ainfî, & l’approfondiffcment cftant fait avec l'Efclufe B fi fouirent qu’on le trouve neceftàire, on parviendra à fon fouhait,car le foffé eft fans Dodanes eftant par tout approfondi : Et combien qu’aupres de G il y aura peu de profond deur, cela ne nuit point, veu qu’il y a profondeur près D E. Le parc quadrangu-laire I H K L aura fort peu de profondeur, & l'accroiffemènt de fable ou fange y viendra, peut eftre à la hauteur des arrefts I H, K L, à caufc du petit cours que l’eau y aura,mais cela ne fait nui dommage, ains au contraire donne de ladvantage, car fil’Ennemy voulut par là déduire l’eau du foffé, il luy faudroit premièrement fouir tout au travers : Et combien ceci feroit malpropre pour la navigation, fi eft-ce fans préjudice, veu que comme dit eft ci devant, il n y en aura nul.
- Il faut encore confiderer qiril eft vtile, de faire qu on aye près de 1*Efclufe comme de B C en haut, tant de l’eau qu il eft poffible félon l’affiette & qualité du lieu, à fin qu’il n*avalle pas incontinent par trop, quaud on le commence à faire courir.
- N otez encore, que fi au lieu entre D E, on mift vne Efclufe d’efguille, comme il eft remonftré avec deux portes illec marquées, (lefquelles on pourrait couvrir d’vn Ravelin)on feroit parce moyen devaller l’eau du foffé plus profond qu’au paravant, & on approfondirait avec plus grande différence d’eau extérieure & intérieure. Il pourrait auffi advenir en aucuns lieux, que par tel moyen on feroit navigable vne petite Riviere innavigable, ou que petites Rivières navigables de petites Navires,deviendroyent navigables de plus grands.
- p.2x38 - vue 42/66
-
-
-
- P B P 0 R T f B I © A T t « lî*
- 10 F I G V &
- B.
- 3
- 1
- r»
- p.2x39 - vue 43/66
-
-
-
- Herviiu maniiri
- 10 EXEMPLE.
- *£e tamendement de réceptacles quifont en ufage aux plats P aïs , tant four approfondir les Hayres, que pourfeicher les Terres.
- iiFicy* B.
- &
- :5*
- > * ♦ « ♦ *4
- ♦ v *.» . . <
- IL e s t dit ci dcvant3 comment les fof-fez des Villes peuvent commodément fervir de réceptacles, tant pour approfondir les Havres , & pour la mouture, que pour la fortification des Villes: Mais outre ce il y a ici hors des Villes au plat Païs plu-fieurs réceptacles, fervants non feulement pour approfondir les Havres par lefquels paflent des Naffelles & N avires , & entrent auxPaïs &Villages,mais aniïi pour les Mou lins quifeichent lesTerresJettans làns ceife l*eaulà dedans, cependant que l’eau extérieure eft plus haute que l’interieure: Mais veu quà mon advis la forme d’iceux réceptacles fe peut grandement amender, & que je puis facilement déclarer mon intention par le precedent, j’en diray ce qu’il m en femble.
- Soit à icelle fin en cefte i ie Figure A B vn réceptacle, comme on a jufques à maintenant ordinairement vfé, qui en aucuns lieux font de la longueur de quelque milliers de verges, ou de quelques heures de chemin, C D fîgnifîe la D icq ne fous laquelle près A gift vne Efcluie à porte guindante, puis E eft la terre, F l’eau extérieure comme la Mer ou quelque grande Riviere,A G le Havre qui avec l’eau haute retenue A B, s’approfondit quand l’eau extérieure F eft au plus bas.
- Tels réceptacles ont le malheur qu’ils accroiflent continuellement tresfort de fable & fange, & principalement au bout B, parce que l’eau n’y a point de paffage, tellement que comprenant peu d’eau, ils font peu de profondeur.
- Au fécond, on n’en peut mettre des Ef-clufes pour feicher les terres E, où y eftant mifes elles font peu ou nul fervice. Au troifîefîne, on n’en peut mettre des Moulins pour vuider l’eau en iceux réceptacles, —où y eftant mis, ils font peu d’effeâ:, parce qu’il leur faut porter beau plus haut qu’ils rieferoyent quand le réceptacle euft bonne *77-, profondeur. Au quatriefme, quand par Xvneceflité on les approfondit par fouif ferment, cela ne fe fait que par tresgrands ♦♦v*defpens.
- Pour
- p.2x40 - vue 44/66
-
-
-
- Il Forme,
- ». B F«R;TI.MftAT|«, Sm , 41'.
- Pour prévenir à tous ccsinconveniens on peut faire comme s'enfuit : Poffi qiren cf fie i2« Figure le réceptacle foit foui depuis l’Efclufe à porte guindée A outre B & C jufques à D , eftant la moitié de la longueur de A B delà i Ie Figure: Apres foit de D en fouifïànt retourné outre E&F jufqiiesà À, demeurant vne ceinture de terre entre C & E, puis avec G H fe lignifie la Dicque, fous laquelle gift l’Efclufe à porte guindée A, & A I eft f Havre, K la terre, L l’eau extérieure: A h lieu de B eft vne porte, comme il y a auiliau lieu de F. L’vfage en eft tel:
- La porte de l’Efclufe A eftant guindée à mont, au temps de la plus haute eaue intérieure , & la plus baffe eau extérieure, l’ap-profondiffement s’en fera lvnefoispar F demeurant B clofe, l’autre fois par B demeurant F clofe,quelquefois eftât les deux portes B & F ouvertes enfemble, quand on veut approfondir f Havre A I avec plus grande quantité d’eau, comme cela fepeut entendre plus manifeftement parce que dit eft de l’vfage des Efclufes au 2P Exemple de ce Chapitre, par lequelaufïifè voit qu’on peut faire encore plus fort approfondiffe-ment dedans le réceptacle > en laiflant l’eau haute extérieure tomber en l’eau intérieure quand elle eft au plus bas.
- Quand aux deux portes mifos près B & F, il ne faut pas que ce foyent des ouvrages de grand couft, veu qu’il n’v a nulle eheilte d'eau comme à l’Efclufe À, & qu e l’eau des portes fermées B F eftprefque fi haute devant que derrière , dont fe peut veoir exemple à femblables portes qui en Delf font faites à aucuns ponts pour conduire l’eau par devant les portes fans y entrer, quand les Moulins refraichent l’eau.
- Notez encore, que combien la ceinture entre C & E eftici marquée par exemple longue & eftroi&e, toutefois il eft libre d’avoir telle forme côme il viendra à point félonies circonftâees du Iieu,àfçavq.irlong ou large, droit ou tortu, prenant tels foffez à fon advantage que l’on trouve vtile.
- Si en quelques Païs il vient mieux à propos d’ordonner le réceptacle plus près ‘ de l’Havre, fans tant s’efloingner, & que toutefois il contienne allez de l’eau, cela fe pourrait faire comme en ceftc 13e Figure, en laquelle les lettres font de telle lignification qu’en la 12e Figure, mais l’eau de chafque cofté des portes B, F, fait vn tour davantage, de forte qu’ouvrant l’vnefois la porte B, l’autre fois F, il en vient approfondiffement par tout le réceptacle.
- ij F* s-
- p.2x41 - vue 45/66
-
-
-
- 34 ,£f O tî I i l S M A K~I * *
- 15 F I © V A X.
- Mais quand on voudroit à chafque cofté encore vn tour d’avantage,cela fe pour-toit faire comme en cefte 14e Figure, en laquelle les lettres font aulïî de la mefme lignification, de forte quouvrant l’vne fois la porte B, l’autre fois F, il en vient profondeur par tout le réceptacle.
- On voit allez [intention par cefte ige& 14e Figure, la maniéré pour faire comprendre les réceptacles encore plus de l’eau.
- Il femble qu’il eftpoflible par ce que dit eft ci devant, de non feulement em-pefcherl’accroilfementquivientauxreceptaclesdela Figure 1 ie, mais encore de les pouvoir faire fi profonds* qu’avec plufieurs petites Efclufes de peu decouft, vui-dant leurs eaux aux réceptacles, on fçauroit feicher les Terres pluftoft qu’au par-avant , & aulfi avec moindre quantité de Moulins, qui pourront moudre aux profonds réceptacles, cependant qu’ils font plus bas que l’eau extérieure : Les réceptacles qui fervent de folïèz navigables, feront plus commodes à la Navigation pour la grande profondeur : Aulfi n’adviendront félon cefte maniéré les grands delpens d’approfondir quelquefois avec des houes.
- î’ay dit julques ici d’approfondir les réceptacles avec des Efclufes guindées qui y font maintenant, par lequel eft alfez notoire, que les Efclufes à elguilles tournantes feroyent encore beaucoup meilleur fervice.
- 14 Fi«*
- p.2x42 - vue 46/66
-
-
-
- » * F o i t i 5 ï e a î î o gj
- Il EXEMPLE*
- *T)e l*affrofonâijfement de fojfez^aux tourbières (quen Hollande on nomme Venen) ou l’on fouit des tourbes.
- ON tiré les tourbes en ces Païs hors de la terre en deux maniérés 5 l’vne fousTeau jufques à la profondeur de 20 pieds & davantage, avec des retz appropriez à tirer marez. L’autre maniéré fe fait deffus l’eau, en houant les tourbes avec des houes : A ceci fe trouve vtile de faire vn foffé par les tourbières fervant à deux fins, principales, lvne à pafferles Navires chargées de tourbes, pour venir à la grande Riviere ou Mer, & de là en divers lieux là où on veut : L’autre fin eft, que l’eau defeendant hors des tourbières en iceluy foffé, les tourbières deviennent fi focs, quon peut à fon aife houer les tourbes deffus l’eau. Mais veti que l’intention eft de difeourir principalement de cefte deuxiefme maniéré, il fout fçavoir que plufieurs d’iceux foffoz ont l’inconvénient de devenir focs, tellement qu’on fait des Efclufes en divers lieux qui fouftiennentl’eau : Cecieftantainfi, & à fin de remédier audit inconvénient de foichereffe, on fera tourner les portes des Efclufes fur efguilles, félon la maniéré deferite ci devant, & avec l’eau fouftenue des parties fuperieures du foffé ,s’approfondiroit les parties inferieures, & eftant aiiifi le fable continuellement oftée, on fcravne profondeur plus grande qu’il n y avoitaupar-
- G avant,
- p.2x43 - vue 47/66
-
-
-
- :’44 N ô V V ' I l * U À » i B
- avant, Son pas feulement plus çommodieufeà la navigation, mais aufli pourien-fouiflèment des tourbes, & feichement des terres : Et combien qu en temps de longue feichereflè,on n’a point defeau pour approfondir,mais qu’il la faut garder pour la navigation des Navires,quand cela adviendrait on peut approfondir plus fouvent quand il y a abondance d’eau. Notez encore qu’à caufe de cefte plus grande profondeur, il y a en tel temps fec moindre defaut d eau pour naviger : Auffi quà caufe de cela on pourra en temps de feicherefTe, faire découler l’eau plus bas que par ci devant, retenant toutesfois les Navires aflèz de profondeur pour naviger. Tout ceci confideré,& encore le petit couft du changement des fufdites portes des Efclufes.» cefte admonition m’a femblé pouvoir eftrè vtile.
- Mais parce que quelqu vn pourrait penfer, que cefte chofe eft de fi petite importance , quelle ne mérité d en faire vne telle narration, il eft à fçavoir qu en ces Pais aucunes tourbières fteriles vallent plus enachapt que les meilleures terres labourables , & il advient encore en aucuns lieux, qu’eftant tiré les tourbes des tourbières qui au paravant eftoyent infru&ueufes, qu’on trouve dcfTous icelles des bonnes terres labourables, & de paft'ire, de forte que plufieurs en ont acquis des grandes ri* cheffes, lelqucllcs en autres Païs fe pourroyent aufli acquérir, fi la cognoilfance en eftoit commune.
- Or eftant ceci confideré des tourbières, il ne fèmblé pas hors de propos qu on taché de fçavoir leur origine,parce que telle cognoiflànce pourrait advancer à la choie : le di donc que les tourbières ont efté des grands bofeages efpcz ,& que tous les grands elpez bofeages prefentement en eftre, deviendront avec le temps des tourbières , en cas que les hommes n extirpent point les bofeages, mais là où la nature a fon cours : Pour demonftrer ceci, premièrement il eft notoire que les arbres périt fent avec le temps combien que l’vne elpece dure plus longtemps que l’autre,comme les chelnes, qu’on dit durer environ trois cens ans, à Ravoir cent ans croiflants, cent ans demeurant en eftat, & cent ans declinans.
- Or donc pofé que le chcfne foit le plus durable, comme aucuns eftiment, il s’enfuit neceflàirement que de tous les arbres qui croiflènt maintenant , il n’y en aura en trois cens ans nuis. Quant à ce qu’on pourrait dire à ceci, que des glands & autres fruits ou femences qui tombent en terre, croiflènt des arbres nouveaux, & qu’avec cela les bofeages demeurent continuellement en eftre: On refpond làdelfus que cela prend aufli vne fin, pour cefte raifon : On voit aux bofeages, qu’avec les grandes tempcftesles branches frappent tellement les vnes contre les autres, quelles fe rompent, & tombant couvrent la terre deflous les arbres, fi bien avec des grandes branches, qu’avec des petites vergettes, qui en apres fe pourriflènt : Mais cela adve-nant annuellement fouventefois,&durant plufieurs centaines d’années, il caufe vne grande quantité de branches pourries, lelquelles brifées s’amaflent les vnes fur les autres quelques pieds de haut, près desquelles finalement encores’ajouftentles arbres entiers ruinez & pourriflànts, ce qui eft matière de bois fans terre, en laquelle tombant les glands & autres femences d’arbres, ils ne peuvent croiftrc : Ceci eftant venu jufques à là, les bofeages s’aneantiflènt du tout, & demeurent des terres fteriles que nous nommons tourbières.
- Quant à ce que quelqu vn pourrait penfer, comment la choie va avec la fidelité première forte ae tourbières, dont le marez fe tire avec des retz plus de vingt pieds de deflous l’eau ,là où il fcmbleque nuis arbres n’ont peu croiftre, mon opinion eft cela, fe pouvoir foire comme s’enfuit: Terres dicquécs n accroiflènt apres le dicque-mentplus hautes, les bofeages eftant en icelles, deviennent tourbières comme il eft dit ci devant, mais les Terres hors des Dicques accroiflènt continuellement, ce qu’OQ trouve en plufieurs endroits en vingt ou trente années,eftre accreus de la hauteur
- p.2x44 - vue 48/66
-
-
-
- -, riViy ï:o v. . ' . ' 4f
- tcbr de deuxou trois pieds & plus y maiseftantpar longue continuation telle diftt^ rence fi grande, queléfondde la Riviere eft beaucoup plus haut que la Terre dic-quéei, comme l’on trouve par effect en plufieurs lieux, dont j’ay eferit plus partie u-lierementàla iy proportion du mouvement matériel de la fphere terreftre,ies Terres dicquéesne peuventdecouler leur eau de pluye, mais demeurent deftruites, & l’eau extérieure en entrant, les tourbières, qui (ont de matière de bois, montent fi haut que 1-eau,puis le fableavec la matière argillcufe qui vient avec les eaux hautes, tombant par les tourbières jufques au fond, le Pais recroift en haut, flottant la tourbière fur Peau, ce qui eftauffi Toccafion que les profondes to urbieres branlét quand on y marche deffus, ce qui va comme de la heure de bois laquelle mife en 1 eau, & cftant preffé là deffus elle s’encline en basmais:eftant libre au preffement, elle remonte en fon premier.lieiuEt hors de telles tourbières peut on tirer de tourbes fort profond foubs l’eau,comme j’avoy propofé de déclarer.
- • Les arbres qu'on trouve communément dedans lcs tourbières, tefmoigrtent auflï avoir efté des bofeages : :La raifon pourquoy tels arbres ne font point pourris, ni changez en matière de maréz ou tourbes comme les autres, mais fort durs, femble telle : A fçavoir qu’avant que d’eftre pourris, elles ont efté couvertes du fufdit ac-croiffemcnt, & demeurant ainfi hors de la gelée Si fplendeur du Soleil, en apres elles nefe pourrilfent point, mais deviennent; d’autant continuellement plus durs.
- Voyla ce que j’avoy propofé de déclarer, touchant mon opinion de l’origine des tourbières, fi la chofe n’eft affez bien touchée, il pourra (peut eftre) fervir de commencement pour ci apres y prendre garde de plus près.
- 1% EXEMPLE.
- la maniéré £ approfondir les Rivières ou FojfenaVigeables entre deux Iflesy ou entreTcrreferme gflfle, là ottily a flux (gfl* reflux.
- *
- TL y a prefentement en divers lieux de ces Pais,propolirions de faire profondeur I entre deux Ifles, ouentre Terre ferme &jfle, par laquelle elles peuvent demeu--*-rer feparées l’vn de l’autre, fans devenir feiches i Comme la Nieuwerhavenfche Vaértlelongde Cadfant & de Groe : La Riviere Eendrecht ou Vofmeerlelong de Ter Tolen : LaRoovaertpresleClunder : Le Foffé parle Schorre joignant Ter Muyden, & plufieurs autres. La caufe des guez oupeu de profondeur de tels fofîez cft de deux fortes : Premièrement pour le wantije (qui en Flameng lignifie le lieu ou le flux vient de deux codez, l’vn flux contre l’autre: ) Au fécond, pour le grand rcdicquement (advenu nagueres durant les Treves) des Terres dontles Dicques au temps de Guerre eftoyent percées, defquelles terres leau de reflux ne tombe maintenant au foïfé,& n’y fait telle profondeur quil faifoit devant le redicquement. Les raifons pourquoy on defire tant ces profondeurs font diveries : Premièrement pour naviger par icelles : Au fécond, à fin quelles affèureroyent les terres contre l’Enne-my : Au troifiefme, veu que les terres point dicquées ; ont d'vn & d’autre cofté du foffé vn grand accroiffement, & que pourtant avec les journeis reflüx avalle moins de l’eau au folfé, ileft apparent que icelles terrés '& les fonds de tels foffez fè hauffe-ront de brief fi fort, quon ne pourra en temps de Guerre les mettre foubs eau : Il eft bien vray quefaccroiffement des terres eft empéfehé par dicquage, mais alors l’ac-croiffement du foffé eft encore plus-graridyparce qu’il n y a point d’avallemcnt de la fufdite eau de reflux des terres joignantes. , Au quatriefme, veu que cefte maniéré d’approfondiflèment fe fait par dicquage des terres, ils’enfuiveroit le proufit qui en procédé, demeurant là deffusile? térresidoines pour : (par leurs. Efçlufes oupercc-
- * • G z ment
- p.2x45 - vue 49/66
-
-
-
- I46 K • » V « i i i 111 n t 11 i
- ment ck Dicques) les pouvoir mettre foubs eau quand la neccflîté le requiert. Att cincquieime, quand les folïcz font profonds, alors les terres dicquécs peuvent en iceux abondamment vuiderlcâu par leurs Efclufes, & eftre feiches bien tempre 5 ce qui ne revffit pas ainfi quand les folfez font eftouppez,pour lcfquelles advantages on pouiToit par bonne raifon faire contribuer les Dicqueurs, aux defpens des Efclufes & leurs forts qui en font neceflàires. . . v
- Mais pour parvenir aux fufdits proufits, & éviter icelles difficultez, laregleen pourrait eftre comme s’enfuit:
- Soit A B vn Folle entre lifté C* & fille ou Terre ferme D, lefquelles terres
- « « « • < 1 <
- «.«aï
- « *m « tr • •
- • « « ; « «
- ..**•«*
- • • • • «
- « « « •
- 2 • ï
- a « » » «
- 2 ? * 2
- a • « « «
- • . « « a
- 2 ! «
- « » * « «
- » « a
- » ; ; * •
- ; ; .
- : : *
- * «
- » ?
- « *
- • « » * » «
- • « • * ; »
- .. : m »
- ïî:
- : ! > >
- «.««•
- Ullàùll
- I
- p.2x46 - vue 50/66
-
-
-
- % s f ô t T x B i è à * ï o ut.
- n cftant point dicquées, le reflux journalier tombe vers le Foflfé bas À B, eft fai&nfi grande profondeur, mais il devient pour les raifons fufdites annuellement, comme on void par expérience, moins profond. Pour obvier a ceci, & ne retenir feule « ment la profondeur qui y eft, mais pour encore l’augmenter, on mettra (cftant les terres premièrement dicquées) aux deux bouts des FolTez, des Efclufes d’cfguille, chafcune avec deux paire de portes, comme E F & G H, par lefquelles le peut faire profondeurde deux fortes: LVne avec l’eau hautedu Folïe,tombant en la baffe JVIer : L’autre avec l'eau haute dé la Mer, tombant au bas Folfé : Car cftant l'eau du fFolfé avec le flux venu au plus haut, on ferme les deux paire de portes F & G : Le reflux eftant en apres au plus bas,on ouvre l’vnefois l’vne paire de portes comme F, vne autre fois l’autre paire comme G, & l'eau fera là profondeur fans rencontrer le iuldit wantije. Mais pour approfondir félon la deuxiefme maniéré, avec le flux de la Mer au bas Folféj on ferme les deux paire de portes E H, qtiand le reflux eft au plus bas : Le flux eftant puis apres au plus haut, on ouvre l’vnefois l’vne paire de portes comme E, vne autre fois l’autre paire comme H : Et combien qu’ainfi le fable né forte hors du Folle*, & qu’il sàmaffera à l’vn bout, fi eft-ce qu’avec le fiiivant reflux on le peut ofter par l’eau haute du Folfé, comme de fcmblable eft dit au 2* Exemple de ce 3e Chapitre.
- La première maniéré d’approfondir des fufdites deux, n eft au Folfé pas lî fort que la deuxiefme , à caulè que les Dicques font en aucuns lieux fort elloignez l’vrt de l'autre, parquoy l’eau haute entre deux eft fort large, qui eft caulè qu’au commencement le cours de l’eau eft fort lent: Mais d’autre part il fait vn cours plus fort & durable aux bancs devant les embouchures du Folfé : Là delfus il faut encore confiderer que la terre entre les Dicques ôt le Folfé l aCcrôift & s’exauce continuellement , de forte qu’en peu de temps les communes hautes marées feront comprin-fes envn Foffé eftroit,y faifant plus de force.
- La deuxiefme maniéré d’approfondir, eft plus fort aiiFolfë, à caulè que feaii haute extérieure de flux 5 tombe dedans la balfe eftroite carine ou cave du Folfé* De cefte deuxiefine maniéré de la clofture des portes E H fur eau balfe peut fuivre vn autre notable advantage au feichement des terres,parce que les Efclufes d’icelles terres peuvent au bas Foué exonder autant de l’eau comme il peut comprendre fans empefcherçient de l’eau croilfante.
- Mais veu que par cefte 15e Figure avec la 16e fuivante,ori peut facilement déclarer encore certain autre advantage, & aulfi quelque,désavantage,procédant de cefte maniéré dedicage, j’en diray comme s’enfuit : Si la terre entre E & H des deu* collez du Folfé, eftoit fi haute comme les plus hauts fl ùx vulgaires dont on veut approfondir , il rie faudrait de chafque collé du folfé point faire des Dicques, qu autrement fans telles Efclufes on y faudrait mettre, dont les defpens montent beaucoup quand la diftance de Ë à H eft grande:Outre ce on eft déchargé des delpens annuels des réparations de telles Dicques comme aulfi du péril de rupture caulànc inondation^qui quelquefois en advient: Mais ladite terre entre E & H eftant plus balfe que les plus hauts flux dont on veut approfondir, alors il faut feulement des petites Dicques, fi hautes comme fuffit aux dits plus hauts flux, fans faire des hautes grolfes Dicques contre toutes tempeftes & eaux d’extraordinaire hauteur. Mais d'autre collé eft à confiderer, qu’ainfi faifant, il faut eftouper non fans grands defpens le Folfé en deux lieux, comme près de I & M, avec la Dicque qui en pafïè, ce qui n’advient point félon l’autre maniéré de dicage,de forte qu’en calculation de ddpens, on fe peut fouvenir de ce desadvantage contre les fufHits advantages.
- Eftant jufques ici déclaré la manière d’approfondir,il eft encore à confiderer,que
- G 5 lana-
- p.2x47 - vue 51/66
-
-
-
- 4% HoÙIXlI M A»11U
- la navigation ne Toit empefchée, tependant qu’on fait l’Efclufe ce qui redondèrpit à grand dommage du Païs : Mais pourcffe&uer ceci,foit par les lignes poinétées de I à K, & de L à M, lignifié le cours du Folfé comme il eftoit, devant que les Efclufes y eftoyent mifes, àfçavoir de A tout droit par I K, &de là à L, & puis par L M jufques à B,eftant alors la terre au lieu des Efclufes fans Fofle: Ceci eftant ainfi-^on mettra les Efclufes fur icelle terre, comme au lieu de E F & G H (ce qui eft aulïinecelfairc, parce qu’on ne les doit mettre entre I K & L M au profond mol fond du Foifé) lefquelles eftant faites, on fouira de chafque cofté de l’Efclufe vne profondeur nouvelle, tant qu’on vienne au Fofte ,& puis on eftouppera le vieil Fofte avec laDicque qui en pâlie au travers, comme au lieu de I & M : Tout ceci fe peut faire fans empefcher la navigation d’vne feule journée.
- Notez encore,que par cefte maniéré de la courbure nouvellement fouie, par laquelle la navigation demeure libre cependant qu’on fait les Efclufes, s’enfuit vn autre advantagc : Mais pour en faire plus ample déclaration enfemble de la maniéré des Forts qu’on pourroit ordonner devant les Efclufes,je mets ici la fuivante 16e Figure d’vne Efclufe feule avec fon Fort, auquel A fignifie les deux paires de portes d’elguille : B & G font deux parapets fi hauts que les Dicques, empcfchant que de dehors on ne foit veu dedans le Fort : Aux deux bouts d’iceux parapets près D & E font des ouvertures , par lefquelles on peut paffer pour venir le longdutalu aux portes des Efclufes,pour les ouvrir & ferrer : Aufli pour de là venir de l’vne partie du Fort à l’autre, outre vne allée faite fur les portes : F G font deux Dodanes aux bouts des Dicques, là où ils touchent contre le Fort : H I eft le vieil FolTé ef-touppéaubout I, avec la Dicque traverfant le mefme vieil Folfé : K eft la terre là où l’Ênnemy peut venir : Tellement qu’avec cefte courbure L A M, I H eftfi-gnifié en majeure forme, ce qu’en la 15e Figure fignifioit la partie L G H B M.
- L'advantage procédant de cefte courbure L A M nouvellement fouie,eft(outre cequen faifantainfi on ne dône aucun deftourbier à la navigation cependât qu’on baftit) qu’elle caufe que les portes des Efclufes ne fontveucs, ou canonnées de dehors, car de f autre cofté du FolTé comme au lieu de N & O, où fe fuppofe que l’Ennemy ne peut venir, font icelles portes entièrement defeouvertes.
- l6 Fl GY XI.
- p.2x48 - vue 52/66
-
-
-
- !f # f ré;* f raift, '49
- Notez encore, que fi au commencement quand les Efciufes font premièrement miiès, il n’y euft affez de profondeur au Fofïe & que de nui& on craignoitf qUdqué furprife de l’Ennemy, on pourroit denuiéfc retenir l èaù haute du Eux approfon-
- dir de jour, julques à ce qu'avec la baffe maréeil y euft affez de profondeur.
- Il eft encore à fçavoir quen de& Foffez fort longs, on pourroit mettre vne (roi-fiefîne Éfclufè, avec deux paire de portes,environ le milieu du Fofïe, & approfondir lVnt moitié baffe , avec l’autre moitié hautevaefots d'vn cofté^vne autre foi§ de l’autre. .
- CeftapprofondifTement eftant fait vnefôis lafepmaine, ou fîfouvcnt qu’onle trouvénecéfïàire, & mis ordre là deffus comme es Villes là où on approfondit lés Havres par Efciufes, le journel paffage des Navires n en feroit noix plusdifcommo-déqu’ésditcs Villes.
- Or donc les terres delà 15e Figure eftant àihfï dicquées * n’accroifteront puis apres plus hautes, pouvant quand il eft befoing eftre mifes foubs eau,par l’ouverture d Efciufes ôu percement de Dicques : Le profond Foffé empéfehe le paffage de l’Ennemy : Il eft idoine à la navigation : Àufïi fort vtile pour feicher les terres dicquées , dont il eft parlé ci devant plus en particulier. Tellement qu’avec ceci l'intention de ccft 1 ic Exemple femble eft re affez déclaré.
- 4. CHAPITRE.
- Contenant exemples comment aucunes Villes cou-fiftantes en elfeft, fe peuvent fortifier par les réglés generales du 3 Chapitre.
- I Exemple de Cales.
- PA r us Exemples du 3* Chapitre eft affez déclaré l’intention comment fe peuvent fortifier avec des Efciufes les Villes ou Fortereffes qu’on fait de nouveau i Mais parce que le principal vfage confifte à le mettre en ouvrage à des Villes vieilles toute faites avec confideratio des çirconftancesj j’en deferiray ce particulier Chapitre. »,
- Cales eftant Ville de grande importance, contre laquelle la Mer frappe avec flux & reflux , a du cofté d’Orient des Dunes, outre lefquelles on peut venir à pied foc contre les remparts : Pour fortifier ce lieu foible, oh y à fait vne muraille haute , &
- iancement, car puis qu'on y peut advenir à pied fec, comme il eft’dit, il ne peut longuement. refifter contre lés approches dont on yf^maintenant, ni eftre affeuré
- Mais comme le Gouverneur Mêrifeigneur deVk dè bôniie mémoire, eftoit de cècf en peine, il a devant feu trefpas défiré que je viendroy là au lieu $ pour advifer fut fa fortification dé la Ville, ée qiie jéfei, & me fut^ivré ( outrç la vifîtation ) tpiejé faifoyevriplan comme cefte Ie Figure, en laquelle A fignifîé léfufcÜt cofté d’O-ricnt&nsfofféylà où on peut venir contre les remparts : B eft le cofté d’Occident.
- 1 Fi ev-
- p.2x49 - vue 53/66
-
-
-
- ÿo N O y V S t L 1 M A M I 1 E »
- I F î 6 T R S,
- Sur quoy je declaroy mon opinion, laquelle eltoit que fuivant la precedente réglé du 2e Exemple du y Chapitre, on mettoit deux Efclufes à poites defguille, Tvne exondant ton eau par vn Havre nouveau qu elle feroit comme C, l’autre à B exondant fon eau par le vieil Havre D, comme il eft demonftré au fuivant plan changé de la ze Figure.
- Z F i « v-
- p.2x50 - vue 54/66
-
-
-
- •2 F O R T I ï 1 C A T I • K.
- ?»
- # *i ' ' ‘l't * » %. ,\ .v»’.*.*» » ♦ » * ♦ ♦ * •
- Avccquoy fe fcroit vne profondeur félon la maniéré déclarée plus amplement au 2e Exemple fufdit du Tf Chapitre, dont l’effeél feroit trèsvehement,pour la grande différence entre l’eau haute & baffe, eftant iilec furies marées communes de 15 pieds : O utre ce, eft encore à confiderer, que devant ces Efclufes fe peuvent mettre
- H à leur
- p.2x51 - vue 55/66
-
-
-
- çi N 'O V V l I 1 1 M A N ï * R t
- à leur deffcncc des Ravelins, avec leurs Moulins, dont eft parlé particulièrement au ge & 4e Exemple du 3e Chapitre , mais ils ne font point ici marquez à caufe dé brièveté.
- Or comme le fufdit Gouverneur (eftaht hômme de grand jugement, & en matière de Guerre fort expérimenté ) croyoit fermement que de cela fuivroit bonne fortification d’icelles deux placés foibles, cnfemble de la Ville entière, & auffi au grand avancement du traffîc, & cela avec dclpens qui accomparez à la grandeur de la chofe feroyént fort petits * il fc retira vers le Roy, pour le perfuàdër aux dclpens, mais en fin il ne peut obtenir là propofitiorï : Toutefois confideré que par la co-gnoiflànce de plufîeurs de ce que dift eft, la chofe pourrait bien avec le temps avoir meilleur fucccs, j en ay voulu faire celle admonition*
- % Exemple de tlijpngueh
- AV b c iis lignes de la fuivante 3 * Figure de A outre R à C, s entendent les nouveaux ouvrages des remparts & folfez qui font fait à Fliflingucsi Les lignes de G outre t) EFG lignifient les vieux ouvrages qui ne font point refaits, dont le perc DEF G eftle réceptacle de feau du Moulin, les lignes poinélées de C outre H I K lignifient le changement qu’on pretend de faire ca temps à venir, pour accomplir l'ouvrage régulier*
- p.2x52 - vue 56/66
-
-
-
- * a F » * f i nei»i»«; 3 F I O V X E.
- Mais fi la chofe venoit fi avant,& quon voudrait baftir des Efclufes à portes d’ef-guille, on pourrait oftcrles trois Dodanes près A, G, D, delà 3e Figure, Remettre deux Efclufes à L & comme en la 4e Figure fuivante, rompant le réceptacle D E F G 3 & moudre félon la maniéré déclarée au 4e Exemple du 3e Chapitre : Et fi on ne vouioit laifier les Navires dedans le Fofie, mais les ordonner de vc-
- Hz niren
- p.2x53 - vue 57/66
-
-
-
- s4 yj • » 11111 ïitiii
- nir en la Ville, cela fc pôurroit faire avec vnê entrée par le remparf,oü par les autfss vieux Havres. On pourrait dire ici plus amplement des particularitez qui font à confiderer en ceftc matière * oyant fadvis & inftru&iori de ceux à qui la cnofe touche • Mais cefte règle commune n eftant entendue ni concédée, ne prins refolutioii
- fiiffira d’en avoir faite ceft narration.
- 4 F x G K S»
- ♦ 4 4 * * * 4 ♦ 4
- ♦ ♦ ♦ ♦
- ♦
- ♦ 4 4 ♦ ♦ ♦
- 4 ♦ ♦ ♦ •
- w ♦ «
- • ♦ 4 .«'• <
- w . * « * A
- 4 ♦ ♦
- « ♦ ♦
- ♦ 444
- 4 4 4 4 4 *
- 4 4 ♦ ♦ ♦ ♦
- 4 . k a * 4 4
- 4 4 ♦ ♦ ♦
- ♦ ♦ ♦ 4 V*4 •
- U 4 4 ♦ _
- ♦ 4 4 ♦
- 4 4 4 ♦ 4 4 J
- ♦ 4 4 4 4 »
- 4 ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ .♦
- > ♦ ♦
- ♦ V
- 4 4 4 4 4 »
- p.2x54 - vue 58/66
-
-
-
- 55
- l a Fe ni imc ïr i iïf*
- } Exemple de Deïenter.
- Devepter eH prefememem de ferme comme demenfire cefie ÿe Figurât,
- F i o v a e
- « ♦ ♦'
- ♦ ♦ ♦
- ♦ ♦ ♦
- ♦ ♦ i
- Et combien que la Yffel cjm ÿ court aiericontre n’a flux ne reflux, toutëfoisi’ap-profondifïèment s’y peut faire dëgrande vphémence, avec là petite Riviere À B nommée Schibbeke,laqudle donne fouvëntefois grande abondance d’eau,pour crt faire grande profondeur de Foflfez Sc Havres, fans deux bouts fabloneux comme<en
- p.2x55 - vue 59/66
-
-
-
- la 5e Figure, mais en ce lieu deux Havres profonds, & cela félon la commune régie du 7e Exemple du y Chapitre, àfçavoir qu’oftantles deuxDodanes C D delà 5e Figure, on mettrait comme à la fuivante 6e Figure deux Efclufes à portes d’c-guille au lieu de E F, ou ailleurs fi on l'entendoit plus vtile: Et pour fauver les Navires contre le cours de la glace, on les pourrait cacher & mettre dedans la Ville au vieil fofle,lcquelavec lapprofondiflement ordinaire fe pourrait aulli faire plus pr©-fond,quand on perçait le bout près G.
- 6 Fi otUi
- ♦
- ♦ 4-
- p.2x56 - vue 60/66
-
-
-
- m.
- P I P © R T I F ï C A ï I # N.‘
- NOTEZ.
- MA Pr m i e r e intention eftoit de deferire plus des Exemples de la fortification de ces .Villes qui confifteiit en cfFe<ft,mais voyant quil y faudrait plus de temps quil ne me vient à propos dÿ employer, & qu’outre cela tel amendement ne peut fouvent prendre iuccez , pour les prétentions & oppofitions des Païs & Villes circomvoifines, de forte qu’il s’en pourrait faire beaucoup de peine perdue, j’ay refolu de changer tel deffein, & en lieu de etci dire quelque choie en general, comme s’enfuit*
- Villes fituées à des eaux grandes avec flux & reflux, comme en ces Païs Yfendic-que, r.Hfclufc, T cr Tolen, T er Vere, Ziericzee,Willemftadt, Geertruyden Bergue, Rotterdam, Dordrecht, Enchuyfen, Amftcrdam, & femblables, le peuvent fortifier par Efcîufes félon là maniéré du 2,?, 4 & 5e Exemple du 3e Chapitre : Comme aufll les Villes près de grandes eaues fans flux & reflux,ayahts petites Riviercs,com-me Acrnhem, Zuytphen, Dcventer, & femblables.
- Villcs lituées près d eaux grandes avec flux & reflux, mais fi loing de là, qu entre deux fc peut mettre fiege, comme Bergues pp den Zoom, Middeibourg, la Briele, Schiedam, & femblables, fe peuvent fortifier avec Efcîufes félon la maniéré du 6* Exemple du 3e Chapitre : Comme aufli telles Villes près de grandes èâues làns flux & reflux, moyennant qu'il y ait vnc petite Riviere, comme Dousbourg, &fcm-blables.
- Villes lituées à grandes Rivières fans flux & reflux, & fans petite Rivière,comme Worçkum,Heufden, Bommel, Kampen, Emmcric, Reez, & femblables, fe peuvent fortifier avec des Efcîufes félon la manière du 8e Exemple du 3e C hapitre.
- Villes ioing de grandes eaux, mais ayant petites Rivières innavigables : Comme Btcevoort, Moers^la Haye, 6c femblables, le peuvent fortifier avec des Ëfclufes félon là maniéré du ^Exemple du 3e Chapitre: Commcauflî Villes loing de grandes eaues, avec des petites Rivières navigues qui font enticrcmët eftauppées avec des Efcîufes, comme Breda,& femblablesi Villes avec peu de flux & reflux, mais ayant petites Rivières, comme fîarderwijc & femblables, ces deux enfembîé, à fçavoir la petite Riviere avec le petit flux & rc-flux,peuvcnt faire l’approfondiffement pius fort avec plus grande différence de l’caii haute & baffe, que celle qui vient feulement de la marée*
- Combien que le fond du haut foffë d’Aemhcm, eft environ 14 pieds plus haut que le bas fond hors de fes Dodancs,fî eft-eeque je tié pour chofe pofliblc(nioyen-nant qu’au fond il n y a point des rochers ou matière trop dure ) le pouvoir approfondir par des Efcîufes, fi profond que fans Dodanes on pourroit naviguer avec des bateaux alentour de la Ville: Car Combien que le Rhijn n’y à point de flux & reflux, toutefois pour la commodité de la petite Riviere nommée la Be<jue,par laquelle ôti peut amaffer 1 eau fort haute, j’eftime qu’ilfe pourra iteffeétuer: Les raifonsqui me le font croire plus Franchement, eft l'cxperience advenue à Lingue, deyartt Iâq uelle Ville du temps que fon ExteSem la gaigna, il y avoit anx bondes foffez des hàur tes montaignes, qui commandoyent la Ville % Mais par l^hoÿnc conduite dd eàux luutcs de là petite Riviere nommé Aa, les,moritàignes jonf{anichilez .bièii jufqîiè^ a mille pieds du folfé , & cela a fort pcudcdefpen& : ne font point des
- fqngcs, fê peut d autant plus fermement croire, , parcc qüè les Boûtgcqis fôïÉdÿëhfc fouventpourveoir les montaignes qui tbmboÿent , eftant dc- deflous cavez par lé cpiirs de ladite petite Rivicrei II eft bien yray.qùc c’càîbyènt: des mbntalgnes ën-tierement fabloneufès, efquelles la diflipatiOn.eft plus facile qu cri matière ferme* mais onpeutdççeci tirer fon proufit, pour s*ca fervÿ fâbncc qucperinettent les .............. . " ;v'" ; ‘ ‘ circoai
- p.2x57 - vue 61/66
-
-
-
- $8 Nf o v v i i i ü u a » ’i k k *
- circonftanccs. Parce que ce qui eft dit ici d’Aernhem , fe peut entendre le fembla-
- ble d’autres Villes qui ont telle difpofition.
- Il eft advenu paffé quelques années, que ceux de Leydecommcnçoycntàfaire vne Efclufe près de Catwijc, pour naviguer par icelle de LeydeàlaMer, &aufli pour vuider les eaux, mais comme alors les troubles commcnçoyent ,lcdeflèin dc-meuroit imparfait, tellement que l’oeuvre commencée a obtenu le nom de Malle-gat, autant à dire comme trou follement concipié : Mais pour déclarer mon opinion d’vn tel deflein, je di ainfi : Si à ce lieu on fàifoit trois Efclufes d’efguilles Ivne chez l’autre, chafque large de 50 pieds, faifant enfcmblc vne ouverture de 150 pieds, & hors des Dunes deux telles longues félon qu’il appartiendroit,j’eftime que ce deviendroit vn des bons fameux Havres dont on fçache maintenant à parler, qui neferoit auffifubjeéhel changement de bancs accroilfants à l’embouchure, comme les Havres caufez par des Rivières ,dont j’eferiray plus particulièrement ci defîous: Maisfionmettoitprcsdela Ville autres Efclufes d’efguilles félon que requireroit vn tel deffein, on pourrait faire qu’il n’y aurait point aucun meflange de l’eau marine avec la fieifche de la Ville, laquelle aufli en temps que le vent demeure longuement en vn endroit, ferait journellement refreifehie mieux que maintenant.
- Encore diray-je ici quelque chofe d’aucunes proprietez, qui en matière d’Efclu-fesfont à remarquer : Aucuns neftiment point proufitable de tirer entièrement en haut tout à vn coup la porte d’vne Efclufe, parce (difent ils) que l’approfondiffe-ment eft alors incontinent fini,mais qu’il vaut mieux qu’on la haulfe par intervalles, pour modérer le cours, & faire que l’approfondiffèment dure plus longtemps .-Mais quant à moy, la manierede ceux qui font dégorger leau tout à coup, fi toft qu il eft poffible, me femble meilleure. Et pour en donner raifbn, je di par exemple ainfi: Comme vne balle de Canon de 48 ^, roullant en vne goutiere mife de bihay, & courant de là en vn monceau de pots de terre,y fera plus de breche en peu de temps, que 48 # petites balles de moufquette,roullant l’vne apres l’autre en icelle goutiere durant plus longtemps : Ainfi di-jç qu vne grande eaue fouftenue, tombant tout en-fèmble par vne grande ouverture en vn fond fabloneux, y fait plus de breche ou approfondifïèmcnt en peu de temps, qu’icelle eau tombant lentement par vne petite ouverture furie mefme fond durant plus longtemps : Ce que femblant alfez con-fifter en raifbn, je n’en diray davantage, mais viendray à vne autre queftion.
- On a veu fouvent qu’avec vne Efclufe plus eftroiéte, s’eft fait plus de dégorgement d’eau ou fèichement de terre,qu’il ny avoit efté au paravant avec vne plus large., ou que plufieurs Efclufes l'vne joignant l’autre, faifoyent au paravant moindre fervice que peu d’Efclufes qu’on y faiioit apres : Comme entre autres au lieu des cincq Efclufes près de Schiedam eftoit fait vne Efclufe grande, mais beaucoup moindre que les cincq enfemblè, toutefois faifant beaucoup meilleur fervice que n avoyent fait les cincq premières, dont aucuns pourroyent conclure avec des rai-fons d’apparence, que les plus larges Efclufes aufquellcs nous tafehons fi fort, ne font point toufiours la plus grande profondeur. Pour refpondre à ceci, il faut fça-voir quen l’ordonnancé d’icelles, cincq Efclufes, avec des femblables aufquelles fe rencontre tel accident, eft commis faute, de laquelle il fe faut garder enl’ordon-iiance d’Éfclufès d’efguilie : Mais à fin de déclarer icelle faute pour ceux aufquels elle eft incôgnue, il êft notoire que fi l’ouverture d’vne Efclufe, ou toutes les ouvertures de plufieurs Efciufes enfemble, eftoit fi large comme la commune largeur do Canal fur lequel l’Efçlüfc, où les Efclufes font baftics, qu alors c’eft chofe naturelle; qu'en l’Efclufe s’affemble tel fable ou fange comme il y a des deux coftez du Canal le long de la terre devant & derrière l’Efclufe, à caufe que le cours n’cft dedans l’Ef-dufe pas plus fort quc la dehors au Canal : Mais eftant le fable ainfi affcmblé de-
- p.2x58 - vue 62/66
-
-
-
- » i V o n * i ï i e a * i e *; £$
- dans & devant les portes dè l’Efclufe, elles demeurent fermes fkm fe pouvoir ouvrir & fermer, & par confêquerit fans faire fervice aux terres :Ileft bien vray que H règle eft certaine., à fçavoir que par les plus grandes ouvertures des Efclufes fe fait la plus grande profondeur, mais cela s’entend par condition que les portes nayent tel cm-pefehement: Pourtant il faut en ordonnant les Efclufes d’cfguillcs/oigner que l’ouverture foit tousjours autaht plus eftroidte que la largeur du Canal ou du réceptacle, que tel eftouppement rien provienne.
- I adjoufteray à ce qui eft dit encore ceci : A fçavoir, que les Havrés faits par Efclufes d’cfguilles avec eau marine fans qu’il y entre aucune Rivière* acquiert moindre accroïücmcnt de bancs que les Havres faits par Rivières, à càufe que illec advient feulement accroifïànce du fable, qui vient aucunefois fbübsl’eau avec les grandes tehipcftes, &qui apres en eftrejetté avec le cours des Efclufes : Mais-faccrôiflèment devant l’embouchure des Rivières, eft outre cela autant plus grand que câufènt les eaux hautes qui apportent des montàignes & terres hautes de fable, cftant tei, que les bancs en acquièrent fi grand changement, quon cerChe fouvénte-fois la plus grande profondeur pour remettre les tonneaux : Voire icelle accroif-fàncc eft telle * qu’il ett deviennent les grandes Iflcs qu’on voit accroiftre à l’embouchure des Rivières, comme devant l’Efcàu les Ifles de Zeelande,& devant la Meule: les Ifles d'Hollande, comme Brielc,Voorcn, Goeree, Beyerlandt, & plufieurs autres qui au temps de Vtçlomée n’y eftoyent pas, & depuis font fort changez, comme fe peut veoir par fes Cartes & celles du temps prefent : de forte que plufieurs Villes qui alors eftoyent Maritimes, font depuis devenues champèftres : Ôn voit auffi que devant les Havres comme de Marccille, Genùa, Naplcs, & femblables, par lefquels »e courent des Rivières cri Mer, ne vient tel accroiffemcnt comme des autres. Tellement que les Havres des Villes fîtuées au bord de la Mer loing de Rivières, & approfondis par Efclufes, ne font point fubje&s telle difficulté comme la première forte de Villes fîtuées aux bords des Rivières. Quant à ce que quelqu vn pourroit dire à cela, que les Villes fîtuées à grandes Rivières navigables, ont joignant la navigation externe eîi Mer, encore la navigation interne dedans le Païs,& que les Villes fans Rivières n ont point tel advantage : A Ceci fe peut refpohdre, qu eftant depuis icelles Villes jufqucs à la grande Riviere, des Fofïez avec des Efclufes d’efguillc aux Dicques, les Navires peuvent par iceux Foffez entrer aux Rivières, & naviguer dedans le Pais comme fi les Villes eftoyent fîtuées aux bords des Rivières, & fi tels Foffez n’y font pas, on les y peut (quand les commodité le permet) fouir dé noU*
- veau.
- Or cftant en ce 4e Chapitre eferît premièrement des Exemples comment aucunes Villes confiftentcs en effed, fe peuvent fortifier par Efclufes, & puis après ayant d’icelle matière encore difoouru en general, j’en concluray ceTraiété.
- Pt K
- t APFSft
- p.2x59 - vue 63/66
-
-
-
- APPENDICE.
- IL s s t advenu quand on imprimoit la fin de ce Trai&é, quon faifoit le plan d’vn grand Fort quarré, côme en la première Figure fuivante, lequel Fort on eft en intention de l’ordonner en certain lieu, ayant Tvn cofté le long d’vrte Rivière, l’autre cofté le long de la Mer, & alentour vn fofle, eftant ici marqué fi près de la Riviere, & de la Mer, qu’il n’y demeure point de place pour loger vn Camp : Laquelle maniéré on tient pour la meilleure, que de faire batre les ondes contre les boulevait's,pour les raifons amplement déclarées ci devant. Telles places font entre autres Gorckum, Aernhem,Thiel,leFortfurlaVooren, S. André, Lillo,Lief-kens Hoec, & plufieurs autres en Flandres. Le fufdit plan m’eftoit femonftré pour en dire mon ad vis, lequel j’ay voulu appliquer au precedent comme s’enfuit : Premièrement il eft bien vray, qu à telle maniéré de foftc ne faut point de Dodanes pour foutenir l’eau du fojfifé : Mais d’autre part nuis Navires ne peuvent entrer au foftë, pour y eftre afteuré contre l'Ennemy, ce que toutefois eft fort necelfaire en temps daffiegement, pour eftre garanti contre les canonades &le feu.
- Il eft bien vray qu’on peut prévenir ces difficultés avec des Elclufès d efguille, félon la maniéré deferite au 3e Chapitre • Mais parce que ceft Exemple femble requi-rer plus ample déclaration, je mets à cefte fin dudit Fort le plan fuivant, là où A IL gnifiel’vne Efclufe d’efguille, B l’autre ,mifes entre deux boulevarts devant vne mefmecourtine, faifàntrapprofondilfementparl’Havre C, l’vnefoisavec A demeurant B clofe,l’autre fois avec B demeurant A clofe, félon la maniéré déclarée plus amplement au 3e Chapitre. On entend aufti que la contrefcarpe aura fon çhemin couvert, avec fon foffet là devant, pour couvrir les Navires, félon la maniéré défaite à la fin du 5e Exemple du 3e Chapitre.
- Ladif-
- p.2x60 - vue 64/66
-
-
-
- fOÔ CUadtfilH
- La différence entre ceft Exemple, & les Exemples du 3* Chapitre, eft qu'il y a ici deux Efclufes d’efguille ordônées entre deux boulevarts devât vne mefinecourtine, là où chafcune des autres eft devant vne courtine particulière, dont la raifort cfl: telle : Si chafque Efclufe d’efguille gifaitt ici près de A & B, eftoit mife devant le milieu d’vne courtine, comme au lieu de C & D, ainfiquelles fontmifes atix Exemples du 3e Chapitre, il eft notoire qu’on ne pourrait tenir que lvne moitié de l'eau du foffé pour approfondir, là où autrement on a l'entier foffé. Au fécond, les deux Efclufes d’efguille A, B, l’vne près l’autre, font mieux deffendues avec leurs boüle-varts tous deux vers la Rivière, là où on n1 attend point d’afïïegemcnt, & fans avoir meftier de Ravelin, qu’vne Efclufe près de D, là où l’affiegement fe peut faire du coftédelaterre, & qui requireroit bien vn Ravelin pour fàdefcnfc : De forte que pour ceftc raifon, les Efclufes d’efguille en petits Forts avec peu de boulevarts, veulent eftre mifes lvne près l’autre devant vne mefme courtine, pourveu que l’eau de la Mer ou de la Riviere ne frappe point çontre la Fortereffc, en quel cas les Efclufes d’efguille veulent eftre mifes félon l’autre maniéré.
- La caufepourquoy je ne mettoyeceft Exemple près les autres du 3* Chapitre, eftoit qu'il me fembloit alors affez manifefte,. & que chafcun le pourrait facilement confîderer par foy-mefmes,fIins en faire plus ample déclaration : Mais venant aii fait, & tirant le plan d’vn fort, lequel on veut faire en effed, cefte plus ample explication me fembloit convenable : De forte qu’à caufede cela je l’ay applique en ceft Appendice, en intention de faire le pareil avec d’autres femblables qui d oros en avant me pourroyent rencontrer.
- F I N.
- p.2x61 - vue 65/66
-
-
-
- p.2x62 - vue 66/66
-
-