La science et la vie
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- Numéro 14
- SOMMAIRE
- Mai 1914
- La Cité moderne.............
- Les Quadrupèdes volants. . . Les Applications de la T. S. F.
- La Lutte contre l’incendie à bord des grands paquebots ..................................
- Le rôle nautique du moteur à explosions . .
- Les Freins pneumatiques modernes, grands protecteurs de vies humaines................
- La Lutte pour la vie chez l’insecte.
- En captant la chaleur solaire, nous pourrions nous passer de charbon....................
- La Chronophotographie enregistre le mouvement et analyse l’effort..................
- Revue mensuelle des plus récentes découvertes ...................................
- Ce qui préoccupait le monde savant il y a cent ans .................................
- Les Classiques de la Science : Bacon, Descartes et Newton. La Géographie botanique. .
- Edouard Herriot..............147
- Sénateur, maire de Lyon.
- Edmond Perrier . . 16 3
- Membre de l’I asti tut, directeur du Muséum d'histoire naturelle.
- Commandant Ferrie . . . 171
- Chef île la station radiotélégia-phicjue de la Tour Eiffel.
- Jacques Mérautl..........187
- Raymond Lestonnat .... 193
- Membre du Conseil supérieur île la navigation maritime.
- Charles Lordier.............209
- Ingénieur civil des Mines.
- Alphonse Labitte............22 1
- Professeur au Muséum d'histoire naturelle.
- André Crober..............239
- Louis Cayron ............219
- L. Houllevigue..............269
- Professeur à la Faculté des Sciences de Marseille.
- Dr G. Vltoux.................272
- D'Alembert...................276
- Gaston Bonm'er. .... 280
- Membre de l'Institut.
- Et de nombreux articles illustrés sur les curiosités scientifiques les plus récentes.
- LA SCIENCE ET LA VIE PARAIT CHAQUE MOIS Le Numéro 1 fr. — Abonnements : France 12 fr. — Etranger 20 fr. Rédaction, Administration et Publicité : 13, rue d’Enghien. — PARIS
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- LA CITE MODERNE DOIT PROTEGER LA PERSONNE HUMAINE POUR L’AMELIORER
- L'organisme social, et par suite la cité qui en est la cellule, doivent accorder toute leur sollicitude à la maternité et à l'enfance. Un des meilleurs moyens de les protéger est la création de restaurants gratuits où les jeunes mères reçoivent une nourriture saine pendant toute la durée de l’allaitement. Notre photographie représente une institution de ce genre qui existe à Lyon.
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- La Science et la Vie
- MAGAZINE DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS A LA VIE MODERNE Rédigé et illustré pour être compris par tous Paraît chaque mois — Abonnements : France 12 frM Etranger 20 fr.
- Rédaction, Administration et Publicité : 13, Rue d’Enghien, PARIS — Téléphone : Bergère 43-16
- Tous droits de traduction et de reproduction réservés pour tous pays, y compris la Suède et la Norvège
- Tome V Deuxième année. — Mai 1914 Numéro 14
- LA CITÉ MODERNE
- Par Edouard HERRIOT
- MAIRK I)K LYON, SKNATKUR 1)1’ RIIONK
- Au mois de mai 1914 doit s'ouvrir, à Lyon, une /Exposition dite Internationale Urbaine. Pour présenter à un public familiarisé avec les recherches scientifiques l’œuvre que nous avons essayée, nous avons pensé qu’une description purement extérieure manquerait d’intérêt. Nous croyons de toutes nos forces qu'il est indispensable à l’avenir d e 1 a Fra n ce d e p rocu re r une vie nouvelle a la commune, cellule essentielle de l’Etat. Le présent article aura pour objet de résumer nos vues et de présenter,
- — si ce mot n'est pas trop ambitieux, — la philosophie de la manifestation que nous avons voulue.
- Dans un charmant petit volume, M. Raymond Poincaré (qui n'était pas encore président de la République), nous a brièvement raconté l’histoire de la commune. 11 nous a montré nos ancêtres gaulois groupant leurs huttes de terre glaise ou leurs cases sèches, et déjà sensibles, sous la tutelle des dieux et des génies, à l’idée d’une mutuelle assistance. Rome perfectionne ces organisations sommaires, institue le sénat municipal, la curie, qui entretiendra les bains publics comme les autels sacrés, les théâtres comme les écoles.
- A partir du 111e siècle, la vie municipale décline, la liberté communale diminue. Nos premiers rois substituent aux magistrats élus l’autorité de leurs comtes; plus tard, les seigneurs protègent et dominent à la fois, quelque-i'ois bienfaiteurs, souvent tyrans. Mais le besoin de liberté communale est si intense que la vie municipale va renaître, à mesure que les paysans se libèrent et que les citadins s'enrichissent. Par dix moyens différents, ici par ruse, là par violence, les cités du xne siècle s'émancipent, les unes après les autres. On voit apparaîtreXeséchevins, les jurés, les maires. Et de nouveau, pendant les grands siècles de la monarchie absolue, la commune s'effondre mais, de nouveau, e ressuscite. L''assemblée constituante la considère à bon droit comme la pierre
- ce national; elle décrète que la France aura 44 000 communes. Après l'Empire qui donne aux administrations municipales plus d'honneurs que de pouvoirs après la Restauration qui les maintient en sommeil, les communes, peu à peu, conquièrent, non plus seulement des libertés de principe, mais des libertés de fait, jusqu’au jour où la troisième
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- République leur octroie, avec la loi du 5 avril 1884, la charte, au reste imparfaite, qui les régit aujourd’hui.
- Cette histoire n'est pas inutile; elle comporte sa philosophie ou, pour employer un mot plus modeste, sa conclusion. Hile nous enseigne qu’après des siècles et des siècles de luttes, après toute une série de succès et de revers, les communes françaises ont conquis la plus grande partie de leurs droits politiques. Ha plus grande partie seulement; depuis longtemps déjà, des esprits éclairés préparent une révision de la loi de 1884, réforme indispensable, ne fût-ce que pour conférer à la France les libertés municipales dont jouissent certains pays de l’étranger. On veut dire par là que les aimées ou, sans doute, les siècles qui vont suivre devront faire de la commune un être complet, harmonieux, organisé selon les lois de la science, de la morale et de l'esthétique.
- Assurer l’existence de la cité, c’est d’abord assurer sa ?>ie matérielle. C’est, pour ne citer que quelques exemples, imposer ou conseiller (imposer vaut mieux), l’hygiène générale, surveiller l'alimentation et l'habitation, veiller à la netteté des voies publiques, prévoir (notion nouvelle), l’aération de cet organisme compliqué auquel une respiration abondante et facile est aussi nécessaire qu’à l’individu, le pourvoir d’eau salubre, le débarrasser de ses déchets, lutter contre les grands fléaux collectifs. Aujourd’hui la science est apparue, sous des formes nouvelles, apportant aux administrateurs de nouvelles obligations et transformant, sans exception, les habitudes anciennes. C’est une administration fondée avant tout sur la science et sur ses découvertes qui, jour par jour, modifient et éclairent les lois de la vie collective, comme elles ont éclairé et modifié les lois de la vie individuelle, qui doit gouverner la cité.
- On en citerait d’innombrables exemples. Nous renvoyons les esprits curieux au remarquable Précis il’/ivi/icnc de Jules Courmont. Ha commune doit être pourvue d’une organisation sanitaire; le maire doit être son médecin permanent. Mon collaborateur et ami, J. Courmont, professe sur ce sujet une idée que je ne partage pas. H’hygiène communale, déclare-t-il, est mal placée par la loi du 15 février 11)02, entre les mains du maire: « faire de l'hygiène publique, écrit-il, c’est léser des intérêts particuliers, c'est combattre la routine et les préjugés, c’est engager des dépenses, c’est, en un mot, travailler dans l'intérêt public, sans se laisser arrêter par les intérêts privés. Comment demander cela à un maire? » Ce jugement
- comporte, je crois, une exagération. Il semble méconnaître que les médecins sont parfois sensibles à l’intérêt privé, et les maires souvent sensibles à l’intérêt public. Je sais qu’on peut citer de fâcheux exemples. Vers la fin du xvic siècle, en 1583, exactement, mon honorable collègue Michel Evquem de Montaigne, maire de Bordeaux, apprenant que la peste sévissait dans sa ville, oublia d'y rentrer. Il s’en excuse comme il peut: « J’ai, nous déclare-t-il dans son langage imagé, un agir trépignant, où la volonté me charrie ; mais cette pointe est ennemie de persévérance. Mes mœurs sont mousses... Je n’accuse pas un magistrat qui dorme pourvu que ceux qui sont sous sa main dorment quant et lui : les lois dorment de même. » Exception toute personnelle ! Ce qui est vrai, c’est qu'il faut éduquer le magistrat municipal, dont les intentions sont en général excellentes. Pour y parvenir, il faut créer autour de lui une opinion publique instruite, avisée, qui lui permette ou même lui impose le progrès dans l'intérêt tle la cité moderne.
- Ce progrès, il se présente tle tous cêités et nous ne l'avons encore réalisé que pour une faible part. Ha loi impose un bureau d’hygiène dans chaque ville de plus de 20 0’ 0 habitants, prescrit la déclaration des maladies contagieuses, la purification du domicile après ces maladies. Un article, trop peu connu et trop peu appliqué de la loi du 15 février 1902, stipule tpie, si « pendant trois années, le nombre de décès dans une commune a dépassé le chiffre de la mortalité moyenne de la France », cette commune peut être assainie d’office. Mais ce ne sont là que des mesures indispensables, tles précautions sommaires. Elles ne suffisent pas à procurer à la cité ce bien-être matériel que nous souhaitons pour elle.
- Tout d’abord, et sans que je veuille insister longuement sur ce sujet, les administrateurs de la cité doivent veiller à son alimentation. Ici encore la science doit nous rendre les plus grands services. Elle doit avoir sa forteresse en des laboratoires où les denrées seront examinées, ce qui permettra de combattre la fraude. Elle doit créer, à la place des tueries malpropres que tant tle villes conservent encore, tles abattoirs, utilisant les ressources que met à notre disposition la science toute récente du froid. Elle doit veiller sur le lait, qui est encore très mal protégé, sauf peut-être à Paris.
- Cela même n’est qu’un début. Nos villes, en général, ont été construites au hasard, sans plan d’ensemble. Appliquant à certaines d’entre elles son génie impérieux et précis,
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- LA CITE MODEREE
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- uni: sai.i.k Di-: miiuo i iikoi i: mm.iqri:, a i.yon Les municipalités soucieuses de la culture publique doivent l'eneouraqer en aménageant dans leurs bibliothèques des salles de travail confortables et gaies, qui rendent l'étude attrayante.
- Napoléon en a tracé quelques-unes, comme celle qui est devenue le chef-lieu de la Vendée. Mais, à l’ordinaire, le hasard seul — surtout dans les pays anciens comme le nôtre — a présidé au développement de la ville, Or, il se constitue aujourd'hui toute une science nouvelle, déjà très florissante en Allemagne, qui essaie de remanier suivant des plans rationnels les cités existantes et d’ordonner leur croissance future. Des pays, comme le .lapon, ont réalisé, dans cet ordre d’idées, de véritables merveilles (à Formose, par exemple). Ces plans nouveaux prévoient la création ou le maintien d’espaces libres, l'ouverture de larges rues destinées à la circulation; cent problèmes se posent; mais, pour les résoudre, il faudrait en avoir au moins la volonté; il faudrait aussi le secours de la loi qui, dans notre pays, laisse trop souvent l'intérêt public sans défense contre les exigences injustes de l’intérêt privé. Et, si de l’ensemble nous descendons au détail, l’habitation individuelle se construit avec le même désordre que la ville elle -même. Une habitation confortable demeure un luxe, alors qu'elle devrait s'offrir à tous puisqu’elle est la condition indispensable de la santé et de la moralité familiale. Peu à peu, une à une, des lois permettent
- l’établissement de l'habitation à bon marché, mais ces lois ne sont pas encore entrées dans les mœurs. L'opinion publique, si friande de crimes et de scandales, ne se porte que bien lentement vers ces questions essentielles.
- Passons rapidement sur des problèmes infiniment graves et difficiles comme celui du nettoiement des villes ou de leur approvisionnement en eau. Partout et toujours, la conclusion est la même. C'est la science et non la politique des partis qui doit fonder la cité moderne. C’est elle qui nous conseille de réserver, au cœur de cette cité, les institutions nécessaires pour la culture physique et les sports. Les anciens l'avaient compris mieux que nous. Parcourez les ruines qui subsistent encore de leurs cités. Partout des bains et des stades. Nous devons revenir à leur conception, la seule M aie. Réfléchissons à ceci que, pour protéger l’espèce humaine, nous employons les procédés inverses de ceux qui assurent le progrès des espèces animales. Uniquement attentifs à soigner les infirmes, les malades, les êtres atteints de tares, ce qui est, en effet, un grand devoir, nous abaissons, d’année en année, le coefficient de vigueur et de santé de notre race. Préserver les êtres sains, n’est-ce pas aussi
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- Ai: POINT I)K Yl'K SOCIAL KKS SOINS CORPORELS NK SONT PAS MOINS INDISPKNSAHKKS Ql'K LA CULTL'RK INTELLECTUELLE
- Il importe de donner aux enfants l'habitude d’une propreté méticuleuse. Aux orphelinats municipaux de Lyon, les lavabos sont installés dans les meilleures conditions d'hygiène. Chaque enfant y dispose d'objets de toilette individuels, placés dans un sac spécial.
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- LA C/Tl: MODERS11
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- vit: i) m:s orimu:i.i.\ ats mi Nicnwrx ni: i.yox
- Sous sommes loin des établissements de jadis, écoles, orphelinats, hôpitaux, où une froideur rébarbative semblait être presque de réq/e. Les architectes modernes ne niémiqent ni l’air ni / espace, tout en s’attachant à réaliser des aspects plus enqaqeants.
- une grande obligation? Dans la cité moderne ainsi que dans la cité antique, le gymnase, le stade devraient apparaître comme indispensables, comme tles institutions non pas de luxe, mais de première nécessité.
- Enfin, — et pour terminer cette étude rapide consacrée à la vie matérielle de la commune — la cité devrait être le grand organisme de combat contre ces deux fléaux qui déciment la race f rançaise : la tuberculose et l'alcoolisme.
- Ils sont aussi redoutables l'un que l’autre; on ne devrait cesser de les démasquer. La tuberculose! AI. Jules Courmont la nomme « le plus terrible des fléaux qui aient affligé et qui affligent encore l'humanité ». « Lutter contre la tuberculose, ajoute-il, c’est améliorer, plus qu'on pourrait le croire, l’état sanitaire d’un pays. La tuberculose domine toute la santé d’une nation. La lutte antituberculeuse est le premier devoir d'une collectivité. » Ces axiomes sont, par malheur, indiscutables. Or, voici un premier fait navrant. La tuberculose est plus fréquente en France que dans tout autre pays. Tandis que la mortalité, par 10 ÜDO habitants, est de 14 en Belgique, de 17 en Italie, de. 19 en Angleterre, de 20 en Allemagne, elle est de 38 en France (entre 1901 et 1905). Les comparaisons por-
- tant sur certaines villes apparaissent plus désolantes encore. Comparons, par exemple,
- Paris et Berlin
- Paris
- Berlin
- 1875
- i 41 S 34
- 1900
- ) 42,5 ) 23,1
- 1910 ? 3d’3 ) 18.7
- L'Allemagne et l’Angletere ont fait baisser leur mortalité tuberculeuse île 52 /0en trente-cinq ans. Pour lutter contre cette maladie île la misère, plus meurtrière que la guerre ou le choléra, qui nous enlève chaque année 100 0Ü0 personnes environ, soit la population d’une grande ville, qui frappe surtout les grandes cités, mais qui envahit peu à peu notre réserve île santé, la campagne f rançaise, qu'avons-nous fait? Qu’avons-nous fait pour protéger Paris, où cette infection ravage les classes pauvres (104 décès à Plaisance contre 11 aux Champs-Elysées). Rien ou presque rien. La lutte cependant est possible; elle lionne, partout où on l’entreprend, îles résultats admirables. Elle devrait se fonder avant tout sur le dispensaire tel que Al. Calmette l’a institué, tel que nous le voyons fonctionner à Lyon. Un projet île loi, organisant ces établissements dans toute la f iance, vient d'être déposé devant le Sénat par Al. Léon Bourgeois. Mais quand aura-t-il les honneurs de l'ordre du jour ?
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- LA S CIE S Cil ET LA VIE
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- Nul ne peut le dire. L’opinion publique n’est pas encore assez éclairée pour exiger la mise à l'étude de toutes ces questions. La politique française de l’intérieur se peut comparer à une pyramide qui reposerait sur sa pointe. Nous donnons beaucoup d’attention aux problèmes futiles, un regard à peine aux questions essentielles. On rirait d’un candidat qui inscrirait dans son programme la lutte contre la tuberculose. Cependant, c’est la vie même de la France qui est en cause;, il serait temps de s’en apercevoir. L’Allemagne, l’Angleterre, le Danemark nous ont montré la voie. Qu’attendons-nous pour nous y engager ?
- Et comme le lien est étroit entre cette horrible tuberculose et l’autre fléau français, l’alcoolisme! Ici, encore, la cité devrait s’instituer l'organe de lutte; elle se trouve être, au contraire, l’organe de généralisation du lléau. Comme pour la tuberculose, nous tenons ici le premier rang. Quelques chiffres semblent nécessaires; je les emprunte à Jules Cour-mont. Sans tenir compte de 5 à 800 000 hectolitres provenant des bouilleurs de cru, en comptant la consommation en alcool pur à 10*1°, on voit cette consommation d’alcool distillé passer de 700 000 hectolitres en 1845-1850 à 1 574000 hectolitres en 1911; soit, par tête et par an, en 1911, 4 litres 88 d’alcool à 100 ; les petites villes semblent bien plus empoisonnées que les grandes. Quand à l’absinthe, — cette hideuse conquête du progrès industriel, — la France en boit plus que le reste du monde (à peu près un litre par tête et par an). On calcule que la classe ouvrière, en France, boit annuellement pour 1 100 millions d'alcool. De là des faits comme celui-ci : pour le seul département de la Seine, le nombre des internés a doublé entre 1870 et 1910. De là, pour une bonne part, la progression des crimes et délits, lèt que de conséquences encore ? Dans les départements alcooliques, le nombre des réformés augmente chaque année (jusqu’à 30 ° o dans la Seine-Inférieure, jusqu’à
- 55 °/o dans l'Orne).
- Tant que de pareils fléaux, de pareilles hontes subsisteront, il est inutile de vouloir fonder la cité moderne. Cette cité ne pourra, un jour, exister, que si les hommes et les femmes les plus instruits organisent autour d’eux, pour contraindre le législateur et l’administrateur, la plus utile de toutes les ligues : la ligue île l’hygiène nationale. Il n’est pas un être doué de valeur morale qui, une fois informé, ne doive prendre la résolution île barrer autour de lui la route à ces scandales. Car tout se tient dans laj cité
- moderne; si vous voulez assurer sa santé, écartez-en d’abord la plus horrible des maladies. Tel est le cri que nous poussons à notre tour. Sans cette base indispensable, sans cette protection élémentaire, la cité ne peut avoir d’armes solides; et tous les développements que nous pourrons lui donner, ne seront que d’agréables façades voilant les pires horreurs. Tout l’avenir de la cité française, cellule de la vie nationale, dépend de notre courage à la défendre contre ces fléaux.
- Ayant assuré, si nous pouvons y parvenir, la vie matérielle de la cité, nous devrons pourvoir à sa vie intellectuelle. Un poète contemporain, doué île la plus haute intelligence (ce qui n’est pas le cas de tous les poètes) et peut-être encore incompris pour une part, Sully-Prudhonnne, a tenté de définir, dans la 11e veille de son poème la Justice, le rôle de la Cité. « La Cité, déclare-t-il en son argument, est le plus haut produit de la planète... Le progrès île la justice est lié à celui des connaissances et s'opère à travers toutes les vicissitudes politiques. » Cette doctrine si élevée du progrès social parla science est tout à fait conforme à la doctrine que l’observation des faits vient de nous conseille]-. SuIIy-Prudhomme illustre admirablement son iliée. Tout d'abord, il montre que la cité est elle-même un être vivant et complet, imposant à tous les citoyens une solidarité féconde. On se rappelle ce beau sonnet :
- Dans les bandes d'oiseaux unis pour voyager, Chacun soumet son aile au vol îles autres ailes. Comme au pas du troupeau chacune des gazelles Asservit île ses bonds le caprice léger.
- Ces tribus, poursuivant, sans nul guide étranger. L’air plus doux ou le champ plus prodigue envers elles. Vont au but pressenti, par un concert de zèle,
- Qu' un sens éclos du i/roupc a l’air île diriger.
- Ainsi le genre humain, bien qu’il dévie et doute, Vers l'idéal climat dont il rejoint la route Porte son guide issu île sa propre unité.
- Le couple fait le sang; lu cité le t/énw
- Et peut-être naît-il île la fraternité
- En îles âmes sans nombre une force infinie.
- Cette loi qui dirige la cité, elle doit, nous dit le poète, s'éclairer « au flambeau du savoir ». La cité semble pareille à un immense vaisseau.
- (Suide et salut de l’équipage,
- La science v maintient l’accord,
- Veillant seule au livre de bord,
- Plus rassurant île page en page.
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- LA CITÉ MODERNE
- l.A I1AI.TK KN^Pl.KIN CHAMP D’i.’NK COI.OMI- DK YACANCKS
- Parmi les œuvres les jilus utiles à la sauté publique sont les colonies de vacances, qui permettent aux enfants des elasses laborieuses de profiter du i/rand air et du soleil. Les promenades à travers champs ont vite fait d'ouvrir l'appétit des petits anémiques et de leur donner de belles couleurs.
- S’il en est vraiment ainsi, et personne, parmi ceux qui réfléchissent, ne saurait en clouter, les institutions d'enseignement devront occuper au cœur de la cité, la place essentielle. Instruit lui-même et travaillant jour par jour à diminuer son ignorance, le chef de la cité doit être aussi son instructeur. A cet égard, l'époque présente a beaucoup fait; autant son œuvre hygiénique apparaît encore incomplète et incertaine, autant, dans son œuvre scolaire, elle a prouvé sa clairvoyance et sa bonne volonté. 11 v a très longtemps que la cité a compris, comme l’Etat, son devoir d’éducation, admettant, suivant le beau mot de Leibnitz, que « celui qui est le maître de l’éducation, est le maître du monde ». Ici, l'œuvre de l'Etat et l’œuvre de la cité se confondent. Certes, on constate encore bien des lacunes. Les lois sur l’obligation scolaire fonctionnent mal. Nous conservons un nombre beaucoup trop considérable d'illettrés. Mon honorable collègue, M. Eugène Lintilhac, dans son livre sur le biuhfet et la crise de VInstruction publique constatait récemment que « en dix ans, le nombre des conscrits ne sachant pas même lire, n’a diminué que de 1,72 0/ > » Pt qu’il était « encore de 3 0 n en 1910 ». Sur
- 10 000 conscrits, la Prusse ne trouve plus qu'un illettré quand nous en comptons encore 349. Il y a même, dans l'Empire allemand, dix-sept Etats qui n’ont pas un seul ignorant absolu; il en est également ainsi pour la Suisse. D'après l’examen des conscrits pratiqué en 1912, nous aurions encore 22 "/,> d’illettrés ou, comme l’on dit, de sublettrés n’avant qu’une instruction rudimentaire et insuffisante.
- L ue fois de plus, on le constate, l'œuvre qu'il convient d’accomplir dans l’intérêt de la Eiance est immense, et bien misérables sont ceux qui nous engagent ou nous maintiennent dans île basses dissensions intestines, au lieu de nous laisser nous diriger vers les buts essentiels. De même, notre enseignement professionnel est encore tout à fait rudimentaire, tandis que des pays comme la Belgique et la Suisse, l’ont déjà développé de la façon la plus remarquable.
- Cependant, la République a peuplé la cité d'institutions scolaires. Elle a reconstitué et ranimé nos vieilles Universités: elle a multiplié collèges et lycées. Elle a créé toute une éducation secondaire pour les jeunes filles Elle a ouvert partout, et jusque dans le plus petit village, les écoles.
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- i.'lu i i i.,\ vi.k'Di ri: sont i.ks plis iîkllks parcrps di: la cm: modkrni:
- Dans les agglomératiens urbaines, il1faut ménager à la population surmenée des oasis fraîches et reposantes, en utilisant pour le mieux les ressources locales. Il y a tout lieu de conserver les pièces d'eau qui, en dehors de leur charme, se prêtent à la pratique du canotage et du patinage,
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- POUR KMHKLMK UA CITE, AUCUN K ŒUVRE D’ART n'kGALE LA NATURE
- Pour nous délasser des quartiers tumultueux, des voies encombrées, l'ombre calme des arbres vaut mieux que les statues et les colonnades. C'est ainsi que le parc de la Tète d'Or, à Lyon, dont voici une allée, est un précieux ornement de la grande ville manufacturière.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- i. lcoll ap cuax» air, coaipllmlnt prlcilpx ni: la cm; modlrnl Partout où dlc est possible, l'éducation eu plein air devrait être la règle. Quelques essais dans ee sens ont été faits en France. Ainsi, dans cette école île Lyon, les classes ont lieu dans le pare.
- DANS I. I NTLK VALLL DLS CLASSLS, LK PARC SL PRLTL Al’X JLPX LL S l’Ll S VARILS Sous l'ombrage des grands arbres, les enfants prennent leurs ébats, surveillées par leurs maîtresses. A gauche, des p/lettes ont organisé une ronde : à droite, on préfère le jeu de croquet.
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- LA CITE MODERNE
- Le temps semble venu où il conviendra de coordonner toutes ces créations suivant un plan vraiment scientifique et moderne. Le temps semble venu de renverser les barrières entre des enseignements qui s’ignorent, pour permettre au plus bumble l’accès par le travail vers les plus hauts sommets de la hiérarchie sociale. Une démocratie n’est pas, quoi qu’on en dise, un régime absurde de nivellement et d’égalité absolue ; une démocratie est un régime où celui qui veut s’élever ne doit pas connaître d'autres limites à son ascension que les limites mêmes de son effort. Le temps est venu aussi où l’école, elle-même, doit se faire plus moderne. Jadis, elle n’était qu'un asile de fortune contre l’ignorance. Il faut qu elle devienne l’organe essentiel de l’instruction et de l’éducation dans la cité. Organe d’éducation physique d’abord : l’enfant y apprendra la propreté, le goût des ablutions fréquentes. Des écoles de plein air, situées au liane des villes, nous aideront à lutter contre l'influence mauvaise qu’exerce sur l’enfance le surpeuplement de nos villes tentaculaires. Des écoles spéciales recueilleront les anormaux puisqu'il subsiste, hélas, îles anormaux, fruits de l’alcoolisme ou de la tuberculose, ht, tout autour de l’école, des institutions se grouperont, de plus en plus nombreuses, pour prolonger en faveur de l’enfant l’action bienfaisante de l’éducation scolaire; ouvroirs poulies jeunes filles, cours d’enseignement ménager, patronages, cours d’adultes, etc. Sujet immense à lui seul et dont nous ne pouvons qu'indiquer l’importance. Puisque, dans la cité en marche vers son autonomie, le citoyen veut être libre, il est indispensable qu’une discipline, fondée sur l’instruction, l’amène à ne vouloir que ce qui s’accorde avec l’intérêt de tous. Ai-je à dire combien nous sommes encore loin de cet idéal?
- Nous nous élevons ainsi jusqu’au rôle moral de la cité. Assurer les conditions matérielles de l’existence en commun ; sur cette terre, planter cet arbre, l’instruction, ce n'est qu’une partie du devoir. Dans la cité la mieux réglée, les mille hasards de la vie introduisent à toute heure la souffrance. La cité travaille à réparer ces misères; son chef est le tuteur affectueux des malades, des pauvres, des misérables. Alors apparaît la série des œuvres d’assistance; série indéfinie, plus nombreuse encore que la série des œuvres d hygiène dont nous avons parlé. Ces deux séries d’œuvres sont en conflit au reste; conflit salutaire d où naîtra le progrès de la cité future. Tout ce que gagnent les œuvres
- d'hvgiène tend à réduire les interventions de l’assistance. Dans la cité moderne, — c’est une de nos convictions les plus profondes,— la prévoyance doit travailler à remplacer l'assistance. Mais nous ne voulons pas nous faire d’illusion; l'assistance sera toujours nécessaire.
- La cité moderne sera donc pourvue des institutions sociales ou morales (pour moi, c’est tout un) qui lui sont indispensables. On ne peut citer que des exemples : crèches poulies enf ants ; cantines pour les petits écoliers ; sociétés mutualistes pour tous ; bureaux de placement pour les sans-travail ; asiles de nuit pour les passants misérables ; hôpitaux pour tous les souffrants.
- Cette assistance devra surtout se faire vigilante et maternelle pour l’enfance ouvrière, pour l’enfance pauvre. La conservation du bien humain, n’est-ce pas l'un des devoirs essentiels de la cité? S’il est vrai, comme nous l’affirment les savants, que « toutes les maladies du nourrisson soient facilement évitables », que « le nourrisson ne meurt que par faute ou par imprudence » (Jules Cour-mont, Précis d’hygiène, p. 71) comme ce devoir est pressant ! Une fois de plus, il faut se mettre en face d'un chiffre et le méditer : La l'ranceperd, en moyenne,chaque année, 120 000 nourrissons ; c’est ce que M. Victor Margueritte appelait récemment d’une formule heureuse le massacre des Innocents. En ramenant tout simplement notre mortalité infantile au taux de la Norvège, nous gagnerions au pays 60 000 enfants par an. Or, la cité est meurtrière pour les petits; les grandes villes sont des tueuses d'enfants, soit tpie les mères occupées à l'usine laissent leurs petits sans soin possible à la maison, soit qu’elles les envoient mourir en nourrice. La cité moderne doit protéger à la lois la mère et l'enfant. Les asiles et refuges, ouvroirs, doivent abriter la femme ouvrière, pendant le temps de ses espérances. L'initiative privée a fondé à Paris plusieurs de ces asiles : Saint-Michel, Sainte-Madeleine, Refuge de la Société d’allaitement maternel, ouvroir-asile de la Société philanthropique etc. La municipalité parisienne créa l’asile Pauline Roland et l’asile Michelet. Ces heureux exemples mériteraient d'être généralisés. Après la naissance de l’enfant, la femme pauvre doit être assistée, à domicile ou dans une institution collective. L’ingéniosité des particuliers ou des maires a tenté de remédier aux lacunes de notre organisation ; les mutualités maternelles rendent, là où elles existent, les plus précieux services. 11 faut, enfin, protéger la mère une fois qu’elle est guérie; d'où les consultations
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- L A S CI EN CE ET L A VIE
- U: (iKANl) AIR DOUBLE LES AVANTAGES I) I NK ALIMENTATION SAINE Quelle différence entre ce cadre de verdure et les réfectoires des vieux colleges! Ce repas, qui est aussi un délassement, dhnnera aux écolières un nouvel entrain pour courir et pour travailler.
- CHS El LUETTES EXÉCUTENT DES MOUVEMENTS DE GYMNASTIQUE SUEDOISE Il faut s'efforcer d'assurer le dézudoppement physique des fillettes, que Von avait jusqu ici tant soit peu néqliqé. En préparant des mères vigoureuses, on produira des générations solides,
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- de nourrissons, indispensables dans les grands centres urbains, les gouttes de lait, les cantines maternelles, les restaurants gratuits de mères nourrices, les crèches, les pouponnières. La protection de la mère et du nourrissson demeure l'un des problèmes urbains les plus difficiles ; il ne comporte pas de solution unique. Les mesures doivent être variées suivant les milieux, suivant les ressources; l’initiative privée doit joindre ses efforts à ceux de l’action publique. Mais on comprend qu’il n’y ait pas de question plus urgente pour la cité. Elle est la mère commune ; son intérêt s’unit à son devoir pour lui commander de veiller sur le moindre de ses enfants.
- Je pourrais prendre d'autres exemples; je pourrais suivre une à une les œuvres que M. Charles Gide a décrites dans son livre si utile sur les Institutions de progrès social. (Paris, Larose). Obligé de choisir, je voudrais dire au moins quelques mots du problème hospitalier, si important lui aussi pour la cité.
- L’hôpital français appelle, en général, de profondes réformes. La raison en est facile à comprendre. A l’origine, l’hôpital provient de l'affectation à un but charitable d’une maison privée, d’un couvent, d’un palais. La fondation de l’Hôtel-Dieu de Paris remonte aux temps les plus reculés. Les premiers hôpitaux ont été conçus en forme de carré avec cour centrale, comme les couvents auxquels ils étaient annexés : ainsi furent bâtis l’Hôtel-Dieu de Reims (ve siècle); l’ancien hôpital Saint-Eloi de Montpellier; l'Hôtel-Dieu d’Angers; l’hôpital de Dijon etc... Parfois, les corps de bâtiments affectaient la forme d’une croix; ainsi furent édifiés l’hôpital Majeur de Milan, l’Hôtel-Dieu de Lyon, l’hôpital Laënnec à Paris. Certains de ces bâtiments sont des merveilles d’architecture. Tel est, par exemple, le charmant Hôtel-Dieu tle Beaune, fondé en 1443 par Nicolas Rolin, chancelier de Bourgogne. Une porte surmontée d’un auvent à trois voûtes accueille le passant. Rien de plus gracieux que la cour intérieure avec ses arcades à colon-nettes, ses toits couverts de tuiles de couleurs et son vieux puits.
- Mais un hôpital ne saurait être ni un musée ni un chef-d’œuvre d’architecture académique. Les savants français proclamèrent cette vérité dès le xvmc siècle. Lorsque l’Hôtel-Dieu de Paris lut atteint par un incendie, en 1772, l’opinion réclama sa démolition et sa reconstruction suivant des idées nouvelles. Un architecte vieux style, Poyet, voulait ériger dans l’île des Cygnes un bâtiment circulaire capa-
- ble de recevoir 5 000 lits, bâtiment merveilleux qui eût rappelé, disait-il, le Colisée de Rome. Au contraire, l’architecte Leroy, s’inspirant des travaux du médecin militaire anglais Pringle, proposait un hôpital à pavillons isolés, sans étages. La question fut soumise à l’Académie des Sciences; elle confia le rapport à Tenon qui rédigea cinq mémoires remarquables, dignes d'être consultés aujourd'hui encore. Tenon établit, lui-même, un projet avec Poyet et l’Académie des Sciences fixa tout un programme pour la construction des hôpitaux.
- Par malheur, le programme de l’Académie fut souvent violé. Appliqué, non sans erreurs, à Bordeaux, utilisé pour l'hôpital Beaujon et l'hôpital Lariboisière, il fut assez vite oublié. Nos hôpitaux, sur beaucoup de points du territoire, sont encore mal organisés et mal distribués. 11 est évident cependant (l’Allemagne, le Danemark l'ont compris) que la révolution, apportée par un homme comme Pasteur dans la médecine humaine, doit bouleverser, par voie de conséquence, toute l’organisation ancienne des hôpitaux. Connaissant les lois de la contagion, nous n’avons plus le droit tle laisser côte à côte des malades dangereux les uns pour les autres. Maintenir cette confusion, là où elle existe, est un scandale.
- De même, une notion morale devrait intervenir dans la réforme de nos vieux hôpitaux. On a réalisé un grand progrès, le jour où chaque malade a reçu son lit; il reste" mieux à faire encore. J’estime qu’il est inhumain de laisser mourir un être, parce qu'il est pauvre, dans la salle commune, troublant ses voisins de son agonie, hors d'état lui-même d’échanger avec ceux qui l’aiment une dernière parole" ou un dernier regard, fous nos hôpitaux devraient être aménagés dans le sens de l’isolement îles malades...
- Que de problèmes! Et pourtant, nous n'avons cité que des exemples. Et le rôle de la cité n’est pas défini tout entier. Pourvue tle conditions favorables à sa vie matérielle, à sa vie intellectuelle, à sa vie morale, la cité devrait encore avoir une vie esthétique. On ne veut pas dire seulement par là qu elle devrait être pourvue de moyens tle haute culture. Sans doute, il lui faut des bibliothèques, et des bibliothèques assez vivantes pour etre mieux t|ue des cimetières Sans doute, il lui faut des musées, avec des originaux ou des reproductions tle chefs-d'œuvre et surtout sans œuvres médiocres; en art, tout ce qui est médiocre est inutile, même dangereux. Sans doute, on doit lui souhaiter,
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- COMME AUTREFOIS LFS VILLES GRECQUES ET ROMAINES, LA CITÉ MODERNE DOIT ENCOURAGER L ATHLÉTISME
- Le goût des exercices physiques, si favorable à la vigueur de la race, s'est considérablement répandu depuis quelques années. La ville de Lyon, pour favoriser ce mouvement, va bâtir un stade monumental, dont cette vue ci vol d'oiseau nous donne une idée.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- UNE ARÈNE IDÉALE POUR LES SPECTATEURS COMME POUR LIS ATHLETES
- Le stade de Lyon comprendra an milieu de tribunes spacieuses des pistes de cyclisme et de course à pied, des terrains spéciaux pour le football, le tennis et tous les sports athlétiques.
- I-A LAÇA 1)K DU 1 UTUE STADE COMPORTERA DES ENTRÉES MONUMENTALES
- Les sports, pratiqués par des milliers de jeunes gens, étaient jusqu’ici trop souvent réduits à des installations de fortune. Ce projet, dû à Al. Tony Garnier, leur donne enfin le cadre qu’ils méritent.
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- LA SC IF N CF HT LA VIF.
- pour lutter contre l’immonde café-concert, des représentations ou des auditions de musique, de vraie musique. Mais la cité elle-même devrait apparaître comme une œuvre d’art.
- Je n’aime pas sans réserves John Ruskin. On ne saurait cependant lui refuser ce mérite d’avoir prêché avec succès la nécessité d’introduire de la beauté dans les moindres détails. Non pas en insérant, ici ou là, des ornements postiches; dans les sept lampes de. l'architecture, il a fait la critique sévère de ce mensonge. Mais, du haut de la chaire d’Oxford, il a enseigné à des artistes d’abord (William Morris, Walter Crâne, Richmond, Burne Jones), à tout un public ensuite, l’urgence d’embellir le home et la cité.
- Seulement, Ruskin veut se mettre en travers du progrès moderne, lutter contre l’industrialisme, prêcher le retour aux champs. On se rappelle ces colonies que sa pensée au moins avait fondées : celle-ci où l’on filait au rouet; cette autre où l’on tissait la toile sans machines. Tout cela est délicieux mais artificiel. Un tel effort ne peut être géné-alisé.
- Notre sort nous condamne à vivre au milieu de cités dominées par les besoins de la vie moderne et l’industrie y réclame une part immense, bien dangereuse pour la beauté. Aussi a-t-il fallu chercher à embellir, si difficile que ce soit, cette ville elle-même toute ennuagée de fumées et retentissante de bruits. M. Lever l’a compris; il a institué, près de l’université de Lîverpool, une faculté spéciale où des professeurs enseignent « à dessiner des villes ». En France, des hommes comme M. Hénard ont posé d’excellents principes, qui, par malheur, sont restés à peu près ignorés. Une cité moderne veut être parée de fleurs et de feuillages. Peu ou point de statues, si possible; l'âge moderne en a vraiment abusé. Une statue dans une ville lui communique à peu près autant de beauté qu’une boule de verre dans un jardin. Mais des fontaines, des jardins, des places, des rues nettes. C’est ici que l’habileté personnelle joue son rôle, utilisant les ressources locales, le site, l’orientation. Le maire, à qui j’ai déjà beaucoup demandé, devrait être aussi un artiste; nous finirons, vous le voyez, par lui imposer toutes les qualités. Au moins, pas trop de laideur. Les
- Etats-Unis eux-mêmes l’ont compris; ils ont fondé l’Américan Civic Association dont M. Georges Benoit Lévy (La -ville et son image') nous a décrit les efforts. Les femmes américaines ont formé plus de 700 associations pour la beauté de leurs villes. C’est ainsi que la Fédération des clubs féminins de New-Jersey a obtenu des Parlements la création d’une commission destinée à protéger les sites de l’Hudson ; il est vrai qu’elle fut aidée par des particuliers richissimes; M1 Harriman, à lui seul, légua cinq millions. Une jeune fille, réduite à ses propres moyens, a su faire transformer la capitale de l’Etat de Pensylvanie et renverser un conseil municipal hostile à ses projets. Des initiatives du même genre se sont produites en France, à Saint-Etienne, à Nice, à Reims, au Havre. L’important, c’est que l’esprit civique s’éveille sur ces problèmes. On ne saurait formuler de règles; on ne peut qu’exprimer des vœux.
- Nous pouvons maintenant fermer le cycle. L’art doit terminer l’œuvre que la science aura fondée.
- La cité moderne nous apparaît avec son programme, avec ses espoirs. Et, de toute évidence, nous sommes bien loin d’avoir épuisé un sujet aussi vaste. Mais ce programme, à lui seul, pourrait suffire à l’activité d’un siècle. La cité nous apparaît maintenant comme étant elle-même un être vivant, soumis aux mêmes lois et aux mêmes besoins que l’unité humaine. Et ne voit-on pas aussi que, pour réaliser cette œuvre, il faut débarrasser la cité de cette vie étroitement politique dont elle est souvent empoisonnée? La cité, comme l’Etat, ne se dirigera vers ses destinées modernes que si elle transforme les mœurs et si l’opinion publique, éclairée peu à peu, accepte cette politique, seule digne des intelligences vraiment hautes, qui néglige les passions pour n’étudier que les faits à la lumière des grandes lois de la science, de la morale et de la beauté.
- Tel sont les principes dont se sont inspirés les organisateurs de l’Exposition lyonnaise; telles sont les idées autour desquelles ils ont groupé les faits, les efforts scientifiques, administratifs, industriels, nécessaires à la constitution de la cité moderne.
- Edouard Herriot.
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- LES QUADRUPÈDES VOLANTS
- Par Edmond PERRIER
- MEMBRE DF. L’iNSTITUT, DIRECTEUR DU MUSÉUM d’iIISTOIRE NATURELLE
- ON ne s’étonne pas de voir voler un insecte ou un oiseau. C’est, pense-t-on, leur métier et l’on ne s’en préoccupe pas davantage, quoique l’étude des procédés, grâce auxquels ils ont acquis cette faculté, mérite qu’on s’y arrête. On est au contraire plutôt surpris quand on parle de poissons volants, de grenouilles volantes, de lézards volants ou de mammifères volants, en dehors des chauves-souris qui se montrent trop souvent partout pour n’être pas devenues banales. On est alors tout naturellement amené à se demander comment et pourquoi ce privilège a pu être donné à quelques-uns d’entre eux à l’exception des autres : la comparaison entre les formes volantes et celles qui ne le sont pas permet de dissiper le mystère et de montrer comment des conformations liées à une tout autre fonction peuvent s'approprier au vol ; comment certains genres de vie ont pu, à quelque groupe qu’appartiennent les animaux qui les mènent, finir fatalement par conférer à certains d’entre eux la faculté de s’élancer dans l’air et de s’y soutenir.
- Le nombre des poissons volants est très restreint; l’air n’est pas précisément leur milieu ; mais lorsqu’ils acquièrent des nageoires pectorales suffisamment gran-
- CE QUADRUPEDE PEUT PLANER SUR UNE LONGUEUR DE CENT MÈTRES Lç cjaléopithèque possède une membrane qui lui sert de parachute et dans laquelle il s’enveloppe pour dormir. Son vol n’est en réalité qu’une lonque chute ralentie.
- des, ils peuvent, après avoir sauté hors de l’eau, éviter, en ouvrant leurs nageoires, d’v retomber, tant que leur élan n’est pas épuisé. Quelques poissons d’eau douce se bornent à hisser hors de l’eau l’avant de leur corps et progressent à la surface en battant l’air de leurs nageoires pectorales comme le font les papillons qui battent l’air de leurs ailes; ce n’est pas encore le vol; celui-ci n’est à peu près réalisé que chez une sorte de scorpène, analogue à la rascasse de la Méditerranée, le Ptcroïs zwlitans, qui demeure cependant fort au-dessous à cet égard des dactvlop-tères, qui sont voisins des rougets et des v exocets, dont la forme ne diffère pas de celle de poissons vulgaires tels que le mulet, par exemple. Le vol de ces poissons est loin d’ailleurs de ressembler à celui des hirondelles. Ils s’élancent dans l’air comme des flèches, se soutiennent pendant une vingtaine de mètres, parfois en faisant vibrer rapidement leurs vastes nageoires, puis retombent dans l’eau où ils peuvent parfois, en fouettant la surface de leur queue, reprendre un nouvel élan.
- On ne connaît qu’un seul genre de grenouilles pouvant être qualifiées de volantes, le genre rhaco-phore. Ces grenouilles habitent les îles de la Sonde, les Philippines, la presqu’île de Malacca, Ceylan, le sud de l’Inde et Madagascar, c’est-à-
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- LA SCIENCE El LA VIE
- L UROPLATUS FIMBRIATUS, DE MADAGASCAR, NOMMÉ PAR LES INDIGÈNES « FAMOCANTRAVA » « CELUI QUI SAUTE
- A
- POITRINE
- # Ce singulier reptile dont le nom vient du grec « large queue » a la tâte bombée au-dessus des veux, puis allongée en un museau plat. La queue, en forme de spatule, lui sert d’appui lorsqu’il veut passer d’une branche à l’autre.
- dire toute la contrée comprise dans l’ancien continent tropical, aujourd’hui morcelé, que les géologues appellent continent de Gondvvana. Leurs doigts réunis par une palmure, comme ceux de tous les animaux nageurs, sont chez certaines espèces (A*. fjardalis, de Bornéo et des Philippines) tellement allongés que, lorsqu’ils sont écartés, les mains et les pieds constituent quatre vastes raquettes, assez larges pour servir de parachute à l’animal. Les rha-cophores portent en outre des expansions membraneuses soit au talon, soit au talon et au coude (A*, tnadac/ascariensis), au-dessus de l’anus, tout le long de l’avant-bras (A3- AV/-nhardti, de Java et de Sumatra) et même des jambes. Ces singulières grenouilles vivent exclusivement sur les arbres; leurs doigts se terminent chacun par une ventouse comme ceux de nos rainettes; elles ne vont plus à l'eau, même pour pondre ; elles attachent leurs œufs généralement enveloppés en paquet dans une masse île gelée, à la face inférieure des feuilles d’arbres surplombant quelque rivière. Les pluies se chargent de dissoudre la
- gelée, et d’entraîner vers la rivière les têtards qui sont éclos sous sa protection.
- 11 est évident que la palmure des pattes acquise par les batraciens primitifs, ou peut-être conservée, comme un utile héritage des poissons, leurs ancêtres, pour servir à la natation, n’est plus du tout employée à cet usage par les rhacophores arboricoles; aussi s’amoindrit-elle chez quelques-uns d’entre eux, au point de n’atteindre qu’à la moitié de la longueur des doigts. Là où elle existe, il est évident qu’elle fournit avant tout à l’animal un moyen d’adhérer plus fortement à la surface lisse des feuilles. Cette adhérence ne va pas sans comprimer les parties du corps contre leur soutien, sans faire refluer la peau sous la forme d’un repli temporaire, tout le long des parties qui adhèrent, et l’on est conduit à se demander si les membranes qui caractérisent les rhacophores ne sont pas simplement le résultat de la fixation définitive et héréditaire de ce repli d’abord passager.
- Cette impression s’accuse quand on passe aux reptiles. L’idée d’un reptile volant est au premier abord aussi étrange que celle d’une grenouille volante. Il y a eu cependant autrefois tout un groupe de reptiles aussi habiles au vol que nos chauves-souris, dont les uns étaient de la taille d’un corbeau, d’autres de celle d’un condor; ils avaient de grandes ailes comme celles des chauves-souris, mais dont le bord antérieur seul était soutenu par le doigt extérieur de leurs mains, l’équivalent de notre petit doigt démesurément allongé.
- Les autres doigts demeuraient libres et pouvaient servir à l’animal pour se suspendre; chez les chauves-souris, au contraire, le bord de l’aile est longé par leur second doigt, le premier, seul, gardant son indépendance; les trois autres doigts sont engagés dans l’aile qu’ils soutiennent comme les
- UROPLATUS FIMBRIATUS SUR LA DEFENSIVE On voit l’animal, apercevant le danger qui le menace ramener ses pattes près du corps et replier sa queue, pour se confondre avec la branche qui e supporte.
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- L ES Q U A D R U PHD ES VOLA A T S
- baleines d’un parapluie en soutiennent l’étoffe. Cesreptiles volants n’ont eu que de fort modestes successeurs, les petits dragons volants dont une vingtaine d'espèces habitent la côte orientale de l’Inde, la péninsule Malaise et les îles de la Sonde. Ici, l'aile n'est plus une dépendance de la peau des flancs et des membres antérieurs; ceux-ci demeurent complètement libres et l'aile est uniquement formée par une membrane latérale, soutenue par des baguettes carti-
- baguettes peuvent s'écarter et se rapprocher de sorte que la membrane est susceptible de s’étaler et de se replier comme un éventail. Ces « ailes » peuvent permettre a l'animal de se soutenir quelques brefs instants dans l'air, en vertu d'un premier élan, ou servir de parachute ; mais elles ne permettent certainement pas un véritable vol.
- On pourrait songer à les rapprocher de la vaste pèlerine, soutenue également par des rayons solides, que de grands lézards australiens, es chlamydosaures, portent rabattue sur leurs épaules quand ils sont tranquilles e t qu'ils relèvent, étalent et ramènent e n avant, lorsqu ’ i 1 s se dressent, m e n a -çants, sur
- 1. UKOPLAÏTS 1 JMBRIATL’S OFFRE LE PLIS CURIEUX EX KM P LE DE M1M K I I SM 1*3
- Aplati contre la branche sur laquelle il a été surprist il semble faire corps avec elle, les membres antérieurs ramenés contre sa tête, les pattes postérieures et la queue étendues de toute leur longueur; la saillie que forme sa tête sur le profil de la branche semble être un nœud de cette dernière; l'animal harmonise en outre sa teinte avec celle du milieu qui rentoure%
- leurs pattes de derrière pour faire face a quelque ennemi. Mais cette pèlerine est suspendue tout autour du cou et les rayons qui la soutiennent dépendent, non des côtes, mais de l'appareil hyoïdien. Son origine est aussi obscure que celle de s grandes crêtes membraneuses dorsales qui donnent un aspect si étrange au basilic du Mexique et du Guatemala.
- Toutefois, comme les ba silics se tiennent sur les arbres, au voisinage des eaux, et plongent à la moindre alerte, on peut penser que leurs crêtes ne sont qu'une deuxième édition récemment renouvelée de la nageoire médiane qui s'étend tout le long du dos des poissons primitifs, telles que les lamproies, et a donné naissance, en se divisant, aux nageoires impaires des poissons plus récents.
- Si la pèlerine des chlamydosau-rcs, l'aile des dragons, sont des dis position isolées, qui apparaissent brusquement et sur l'Origine desquelles
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- LA SCIENCE El LA VIE
- CE FOSSILE DES TERRAINS JURASSIQUES
- ETAIT UN REPTILE VOLANT
- Les ailes du Rham-phorrynque pariaient du pied pour s’attacher au petit doigt, démesurément allongé, du membre supérieur.
- les reptiles voisins ne donnent aucun renseignement, d’autres reptiles, appartenant à une autre famille, celle du Geckos,apportent une confirmation à celle que nous ont fournie les rhacophores. Les Geckos, bien connus dans le Midi de la France, parce qu’ils poussent une sorte de cri quand on les saisit, ont des pattes adliésives qui leur permettent de marcher, le dos en bas, sur les plafonds comme les mouches; ceux qui vivent sur les arbres s’appliquent naturellement sur eux, au repos, lorsqu’ils redoutent quelque danger et veulent se dissimuler; ils font ainsi refluer latéralement la peau de leurs flancs.
- Dans certaines espèces, ces replis temporaires sont devenus permanents comme chez les rhacophores. Les Ptychozoon Paradox uni, de la péninsule et des îles Malaises, sont, à cet égard, tout à fait à leur tête : leurs quatre membres, leurs flancs, leur queue, sont bordés par une large frange membraneuse qui s’étend même entre les doigts, de sorte que ce lézard essentiellement ar-
- boricole, a des pattes palmées comme s’il était aquatique.
- Si la pression des doigts contre un corps dur peut faire apparaître une palmure entre eux chez un animal essentiellement terrestre, il est tout naturel que les rhacophores aient aussi conservé le leur.
- Les Ptychozoon sont cependant moins étranges que les Uroplatus de Madagascar, étudiés vivants, récemment par le professeur M. Braun, de Kœnigsberg. Non seulement ils corroborent tout ce que nous venons de dire, mais ils sont un des plus beaux exemples de mimétisme qui se puisse concevoir. Lorsqu’ils s'aplatissent contre une branche d’arbre, il est impossible de les distinguer car ils semblent avoir été dotés de toutes sortes de moyens de se dissimuler.
- Ces singuliers reptiles avaient été déjà remarqués par Flacourt qui, dans son Histoire de la grande lie de Madagascar publiée en 1658, conte que les Malgaches lui donnent le nom de Pamocontrata qui signifie : « celui qui saute à la poitrine ».
- Lacépède le décrivit en 1788 dans son Histoire naturelle des quadrupèdes sous le nom de Tête plate, et son nom actuel d'Uro-platus signifie en grec large queue; il mérite
- î homaloce-plialum a la tête, les quatre
- membres, les flancs et la queue bordés d’une longue frange membraneuse, qui s'étend même entre les doigts ; de sorte“qu'il a. bien que vivant sut les arbres, les pattes palmées comme s’il était aquatique.
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- LES Q VA DR UPÈDHS VOLA NT S
- LE R H A CO P110 K K DK BORNKO OU « GRENOUILLE VOLANTE » VIT EXCLUSIVEMENT SUR LES ARBRES Le batracien s'élance, les mains et les pieds largement ouverts; sa chute est considérablement amortie grâce à la palmure de ses doigts qui forme un véritable parachute.
- l'essor DE CE CURIEUX ET JOLI REPTILE RAPPELLE CELUI DU POISSON VOLANT Les membres du dragon volant sont entièrement indépendants des ailes, ce qui n avait pas heu chez les anciens reptiles ailés, comme le Rhamphorrynque décrit à la page précédente.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- les deux. La tête bombée au-dessus des yeux s’allonge ensuite en un museau plat; quant à la queue elle est absolument surprenante ; longue et large, elle a la forme d’une spatule, légèrement convexe en dessus, concave en dessous. A l’arrêt, l'animal la laisse étendue derrière lui; quand il se dresse sur ses quatre pattes grêles, il la tient horizontalement soulevée; s’il veut passer d’une branche à une autre, il la replie en s’ar-cboutant sur son extrémité et s’il ne se sent pas solidement établi, il embrasse la branche sur laquelle il se tient en appliquant contre elle la face inférieure concave de ce curieux appendice, rappelant un peu la queue d’un castor. Se croit-il menacé de quelque danger, il joue le grand jeu. Il s’aplatit contre la branche sur laquelle il a été surpris, de manière à paraître faire corps avec elle il
- ramène ses pattes antérieures contre sa tête, accollée à la branche; serre contre sa queue allongée horizontalement et aplatie contre son support, ses pattes postérieures étendues de toute leur longueur, et comme il peut changer de couleur suivant les circonstances, il harmonise complètement sa teinte avec ce qu'il entoure. On peut le prendre pour quelque défaut de l’écorce ou quelque touffe de lichen. Si la peau a quelque chance de refluer tout autour du corps, c’est bien dans cet aplatissement convulsif ; aussi la tête, les membres et les flancs sont-ils bordés sur toute leur longueur d’une membrane frangée, tandis qu’entre les doigts s’étend un commencement de palmure.
- La membrane bordante du Ptycho-zoon et de l’Uroplatus ne serait-elle pas la première indication de l’aile du ragon? Le mécanisme qui l’a produite ne serait il pas intervenu pour produire l’aile du ptérodactyle et celle des chauves-souris ?
- Avec les mammifères les choses se précisent.
- Les mammifères arboricoles sont nombreux; ils appartiennent à divers ordres très différents : aux marsupiaux, aux lémuriens, aux insectivores, aux rongeurs. Dans tous ces ordres, on voit chez quelques espèces se produire, d’une manière tout à fait indépendante, des expansions de la peau des flancs qui sont d’abord inutilisables, mais finissent par se développer assez pour servir de parachutes.
- Voici d’abord les pétauristes, mammifères marsupiaux d’Australie, abritant leurs petits dans une bourse ventrale, et pourvus, comme les singes d’Amérique, d’une queue préhensile, pouvant s’enrouler autour des branches. Tous présentent, de chaque côté, étendue entre les quatre membres, une membrane pouvant servir de parachute. Celle des Pétauristes proprement dits ne va que'jus-qu'au coude; celle des Acrobates gagne îusqu’à l’articulation de la main ; celle des Belideus envahit les doigts. 11 semble qu’on assiste dans ces trois divisions du grand genre pétauriste, à l’évolution graduelle de la membrane.
- J’avais été étonné que les lémuriens, ces singes à museau de renard de Madagascar qu’on appelle souvent les Maques ou des Makis, animaux grimpeurs, par excellence, ne présentassent jamais de parachute. Mais voilà que M. le D1 Anthony vient de découvrir qu’il en existe un commencement très
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- LES QUADRUPÈDES VOLA STS
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- net chez les microcèbes. La famille des écureuils contient plusieurs genres munis de parachutes qui présentent une certaine gradation dans leur développement. Chez les polatouches ou semioptères du Nord de l'Europe, de l’Asie et de l’Amérique, à queue très aplatie, comme celle des Uroplatus, la membrane s’étend entre les quatre pattes et les flancs et s’arrête au poignet; elle a à peu près la même étendue chez les Taguans ou Pféromys de l’Inde, de la Birmanie et de Ceylan ; mais elle se prolonge en pointe près du poignet et elle est soutenue par un éperon partant du carpe. Tandis que les polatouches sont de la taille d’un loir, les ptéromys atteignent celle d’un lapin.
- Les anomalures de l’Afrique équatoriale sont un peu plus grands; leur membrane embrasse la base de la queue; elle est soutenue par une baguette cartilagineuse partant du coude. Ils grimpent en s’aidant de leur queue qui est garnie en dessous d’une rangée d’écailles et leur permet de s’arc-bouter contre les branches. Tandis que les polatouches et les taguans ne font guère que des bonds de 25 m, les anomalures peuvent se soutenir dans l’air pendant une centaine de mètres.
- Nous arrivons ainsi aux paradoxaux galéo-pithèques qui vivent par bandes dans l’archipel des Philipppines, les îles de la Sonde, ou la péninsule Indo-Malaise. On ne peut dire si ces lémuriens sont des carnassiers ou des insectivores. Ils ont des dents incisives tout à fait exceptionnelles, en forme de peignes à huit ou dix rayons. Leur vaste parachute, dans lequel ils s’enveloppent pour dormir, s’étend jusqu’au bout des doigts et embrasse aussi la queue tout entière. Comme les anomalures, ils peuvent se soutenir en l’air durant une centaine de mètres et changer de direction au cours du vol; mais ce vol est plutôt, comme chez les autres mammifères, une longue chute, le point d’arrivée étant toujours plus bas que le point de départ.
- Les chauves-souris ne sont qu'une exagération de cette forme, dans laquelle les doigts se sont allongés pour soutenir le parachute ; celui-ci pouvant battre l’air, devient une aile véritable, mais provient de la même origine.
- Si nous rassemblons tous les faits que nous venons d’énumérer, nous voyons que ; 1" Dans tous les groupes de quadrupèdes vivant sur les arbres, des formes volantes apparaissent ; 2° En dehors de ces formes, ces groupes en comprennent d’autres; chez celles-ci, la peau des flancs et des membres constitue une simple frange membraneuse,
- 1 1-: IMAS GRAND DUS
- ÉOIRI'.LU.S VOI. A NT S i.’anomai.iuk
- Ce quadrupède xdt dans l'Afrique équatoriale. La membrane qui lui sert de parachute embrasse la base de la queue : elle est soutenue par une baquette cartila-qineuse partant du coude.
- comme si elle avait gardé la forme qu’elle prend lorsque l’animal s’écrase contre un corps solide;
- 3° On peut suivre le développement graduel de la membrane alaire, depuis l’état de simple repli de la peau, d’apparence ornementale, jusqu’à celui de parachute.
- De la première proposition, on peut conclure que la fonction des membranes alaires est due à une même cause : le mode commun d’existence que mènent des formes dissemblables. La deuxième et la troisième proposition précisent que cette cause ne peut être, au début, que le reflux latéral de la peau des flancs qui se produit lorsqu'un animal grimpant appuie son ventre contre un arbre.
- Ainsi apparaît nettement l’influence de causes purement mécaniques sur les transformations des êtres vivants. Mais si ces considérations expliquent comment a pu se produire le vol des ptérosauriens et des chauves-souris, elles ne sauraient s'appliquer au vol des oiseaux qui a été obtenu tout autrement, ni au vol des poissons qui n’est qu’une natation dans l’air.
- Edmond Perrikr.
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- LES APPLICATIONS DE LA TELEGRAPHIE SANS FIL
- LES ISOLATEURS DES FILS DE l’aNTENNE QUI RELIE LE SOMMET DE LA TOUR EIFFEL AU POSTE RADIOTÉLÉGRAPHIQUE DU CHAMP-DE-MARS
- L’antenne st constituée par six câbles d'acier galvanisé de 7 mm de diamètre à sa partie supérieure. Chacun de ces câbles est isolé du corps de la tour par une série de trois bracelets, faits de caoutchouc et de chanvre, ayant un mètre de longueur. Les fils d'antenne peuvent résister à une tension de 3 000 kilogrammes et les isolateurs à une charge de 4000 kilogrammes.
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- APPLICATIONS DE LA TELEGRAPHIE SANS FIL
- Par le Commandant FERRIÉ
- CHEF DE LA STATION RADIOTÉLÉGRAPHIQUE DE LA TOUR EIFFEL
- Quinze années seulement se sont écoulées depuis que la télégraphie sans fil est entrée dans le domaine de la pratique, et déjà l’importance et le nombre de ses applications sont considérables, bien qu’elle soit loin d’avoir reçu tous les perfectionnements qu’on puisse envisager.
- La liste des physiciens et des ingénieurs qui ont contribué à l’invention et au développement du nouveau moyen de communication télégraphique est déjà longue et, sans vouloir faire l’historique détaillé de la question, il convient de citer la part prépondérante prise par Maxwell, Hertz, Bianlv, Lodge, Popolf, Marconi, Blondel et Tesla. C’est ce dernier qui semble avoir eu l’intuition la plus exacte des meilleurs procédés techniques à employer. On trouve, en effet, dans les travaux de Tesla, antérieurs à ceux de ses émules, l’indication très nette des principes essentiels qui sont encore appliqués à l’heure actuelle.
- 11 est juste aussi de reconnaître que c’est Marconi qui a le premier réalisé, dès 1896, un véritable échange de signaux télégraphiques par ondes hertziennes et que, depuis cette époque, il n’a pas cessé d’apporter d’inces-
- santes et importantes améliorations à ses premiers dispositifs.
- Les principes fondamentaux de la télégraphie sans fil sont actuellement connus de tous; il est donc inutile d’en parler ici. Toutefois, avant d’examiner les applications de la radiotélégraphie, il paraît intéressant de rappeler sommairement les divers procédés que l’on peut employer pour émettre des ondes hertziennes et pour les recevoir.
- Les oscillations électriques, qui, transmises à l’antenne, engendrent des ondes hertziennes se propageant ensuite au loin, peuvent être produites par trois procédés différents :
- Décharge de condensateurs par étincelles.
- Décharge de condensateurs par un arc électrique.
- Altei nateur de haute fréquence.
- A l’heure actuelle, c’est le premier procédé qui est de beaucoup le plus pratique En usage depuis le début de la télégraphie sans fil, il a été créé par Tesla, Braun et Marconi Toutefois, alors qu'au début on ne mettait
- (1) M. 'J.-A. Montpellier en a lait notamment une intéressante démonstration dans le numéro du 1 r août
- 1913 de La Scien-
- ce et la
- Vie.
- ACCROCHAGE DES FILS d’aNTENNE AU SOMMET DE LA TOUR EIFFEL Au-dessus de l’isolateur, chaque fil d’au ternie est supporté et tendu par un câble en acier qui passant sur deux poulies à gorge montées sur une plate-forme en saillie de la tour, va s'enrouler sur son treuil. Pour visiter, réparer ou même remplacer les fis de l’antenne, d faut amener celle-ci
- à terre; il suffit pour cela de dérouler les treuils.
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- LA SCIENCE EL LA VIE
- in posTi: mohii.i: di; t.s.u. au maroc Ce poste a fonctionné à lier Reebul pétulant plusieurs mois, en UjoS, et en partie pendant les combats de Settat. Le support d'antenne est constitué par une échelle-observatoire du modèle établi selon les plans du commandant Durand.
- guère enjeu que des puissances de quelques chevaux ; on est arrivé maintenant à employer jusqu’à 500 chevaux et même davantage.
- Par ailleurs, sur les indications de Al. Blondel, on fait actuellement partout usage des « étincelles musicales », c’est-à-dire d’étincelles se succédant à des intervalles réguliers et assez courts pour produire un son à peu près musical. Comme la réception des signaux se fait en définitive au moyen d’un téléphone, et que les sons que l’on perçoit dans les récepteurs sont la reproduction du bruit fait par les étincelles, les émissions musicales facilitent grandement
- cette réception, quand elle est gênée par les perturbations électriques de l’atmosphère, ou par des signaux faits en même temps par d’autres postes d’émission. Leur emploi constitue donc un important perfectionnement, étant donné que les « étincelles rares », c’est à-dire celles qui sont en petit nombre à la seconde (de 20 à 50) produisent des bruits à peu près semblables à la « friture » dans les récepteurs que les phénomènes électriques de l’atmosphère font entendre.
- Tous les systèmes à « étincelles » présentent en revanche l’inconvénient de donner naissance à des ondes « amorties » c’est-à-dire qui ne se manifestent que pendant un temps très court, et qui ne permettent pas de régler les récepteurs d’une manière assez précise, pour que cenx-ci ne soient sensibilisés que par des ondes de longueur bien déterminée. Il est donc impossible, avec ce procédé, d’éviter les brouillages de réception occasionnés par des émissions faites à petite distance, avec une longueur d’onde voisine de celle pour laquelle le récepteur est réglé.
- C’est là un sérieux-inconvénient; aussi a-t-on cherché à produire des « ondes non amorties » ou « ondes entretenues » qui permettent au contraire de régler les récepteurs de façon qu’ils ne perçoivent que les ondes ayant une longueur bien déterminée.
- En remplaçant les étincelles par un arc électrique, on a trouvé une première solution du problème. L’arc doit être constitué d’une manière spéciale, comme l’a indiqué Poul-sen, et les réglages nécessaires en sont assez délicats.
- On a pu néanmoins utiliser ainsi des puissances atteignant 150 chevaux. Le nombre
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- des applications de ce procédé est encore très restreint.
- On a enfin cherché à construire des machines produisant directement les oscillations électriques, tout comme les alternateurs engendrent du courant à basse fréquence.
- Si l’on remarque que le nombre d’alternances des oscillations actuellement employées en télégraphie sans fil est de l’ordre de 500000 par seconde pour les petites stations et de 30000 au minimum pour les plus grandes, on conçoit les difficultés que présente la réalisation de machines capables de les pro-duire. Leur construction est surtout un problème de mécanique qui jusqu’ici n’a pas été pratiquement résolu. On peut espérer cependant que la solution est proche, car des résultats très encourageants ontdéjàétéobte-nus par le docteur allemand Goldschmidt, qui utilise un dispositif indiqué par Boucherot (1).
- Une autre solution également très intéressante a été aussi étudiée par l’ingénieur français Bé-thenod.
- Quant à la réception des signaux, elle est effectuée par l’intermédiaire de « détecteurs d’onde », et le plus souvent au moyen de l’un des appareils ci-après : détecteur à cristaux, détecteur magnétique, détecteur électrolytique.
- Les oscillations engendrées dans l’antenne de réception, sous l’influence des ondes provenant du poste émetteur, sont transformées par le détecteur, de manière à reproduire dans un téléphone le son des étincelles employées à l’émission.
- (1) Ces résultats ont été portés à la connaissance des lecteurs de La Science et la Vie par M. Brocard. Voir numéro du 1” avril 1914.
- Lorsque celle-ci est faite au moyen d’ondes entretenues, on ne perçoit aucun son si l’on fait usage d’un récepteur ordinaire. Il est nécessaire d’adjoindre un « tikker », organe spécial qui fractionne les trains des ondes entretenues en un nombre suffisant de parties pour les rendre perceptibles dans les téléphones.
- Malheureusement le tikker transforme d’une manière identique les signaux parasites de toute nature qui peuvent être superposés aux signaux à recevoir, et leur fait rendre le même son que ceux-ci. On perd donc ainsi un avantage précieux de la récep-
- S
- STATION RADIO TKIÆGRARllIOLl-; d’aRUNGTON (WASHINGTON') Cette station appartient à la Marine américaine ; sa puissance, qui est de 100 kiloxvatts, lui permet de communiquer, la nuit, quand les perturbations atmosphériques ne sont pas trop intenses, avec le poste de la tour Eiffel à 6 200 kilomètres.
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- LA TÉLÉGRAPHIE SANS FIL EN CAMPAGNE EXIGE DES INSTALLATIONS SUSCEPTIBLES D ETRE DEPLACEES RAPIDEMENT
- Le chariot que l’on voit au premier plan est dénommé voiture-usine/ il renferme un petit moteur à essence, avec son réservoir d’alimentation et le réservoir d’eau de refroidissement, et l’alternateur, avec son tableau portant les interrupteurs et les ahpareils de mesure. Le deuxième chariot ou voiture-poste contient les ahpareils d’émission et de réception ; ceux-ci sont reliés à la source
- d’énergie électrique par un câble souple.
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- tion téléphonique ordinaire, car les diverses émissions, ainsi que les perturbations électriques naturelles, produisent normalement dans le téléphone des sons différents et une oreille exercée parvient souvent à suivre des signaux ayant un son déterminé au milieu de brouillages donnant des sons de hauteur ou de timbre différents.
- Il faut remarquer toutefois que le genre de récepteur que l’on peut employer pour des ondes entretenues, est beaucoup moins sujet à permettre les brouillages et les mélanges. Le docteur Goldschmidt emploie d’ailleurs, pour la réception des messages, émis à l’aide de son alternateur de haute fréquence, un détecteur qu’il a dénommé disque chantant ; cet appareil, qui supprime l’emploi du tikker, éliminerait, paraît-il, toutes les réceptions parasites.
- La réception étant faite au téléphone, dans tous les cas, le rendement d’une communication par télégraphie sars fil, c’e'-t à-dire le nombre de mots que l’on peut recevoir en un temps donné est limité parla plus ou moins grande lubileté, et de l’opé-ateur chargé de l’émission et de l'opérateur chargé de la réception. Le maximum pouvant être pratiquement atteint est de vingt mots à la minute. Lorsqu’il se produit des brouillages, il faut faire répéter les télégrammes, et le nombre de mots se trouve nécessairement diminué; de même les dépêches enregistrées dans ces conditions présentent des lacunes qui nuisent beaucoup à la compréhension du texte. Dans les régions
- tropicales en particulier, où les perturbations électriques naturelles sont très intenses, il n’est souvent possible de « recevoir » que pendant quelques heures par jour.
- Pour améliorer le rendement, on a essayé de faire usage de transmissions automatiques qui permettent d’atteindre et même de dépasser cinquante mots à la minute, la réception étant faite
- non plus au téléphoné___________________
- mais avec un galva- 1
- nomètre photogra- \
- phique. I |
- Les signaux sont ins- ! j
- crits par un rayon | j
- lumineux sur une bande de papier pho- i S
- tographique qui se j
- déroulé rapidement. j
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- s inscrivent aussi sur
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- rer. Si l œuv e accom- j
- p'ie est déjà considé- !
- rable, les ingénieurs
- MAT SUI’PQRT d’antenne DÉMONTABLE d’üN POSTE DE CAMPAGNE Ce mât est constitué par des éléments en bois creux de trois mètres environ de longueur, qui s emboîtent les uns dans les autres à la façon des bois d’une gaule de pèche. Le mât est monté à terre et on le dresse au moyen d’une bigue légère également démontable.
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- rosir; ni: tklkgraimim; sans kil m-: conakry (guinkk krançaisk)
- Ce poste est chargé d'assurer les communications d'une part avec Dakar, d'autre part avec Monrovia (République de Liberia)t ainsi bien entendu, qu'avec les navires passant au large.
- DÉLIMITATION DK LA KRONTIKRK KRANCO-LIBKRIKNNK AU MOYKN DK LA T.S.K.
- Des signaux spéciaux émis par la station de Conakry parviennent à ce poste mobile et permettent aux opérateurs de déterminer la situation qéoqraphiqueédes terres d délimiter.
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- GP
- A P IUP SANS P/L 177
- TOSTi: KMRORÏL PAR LH GLNKRAL HAÏ LLOl I) LORS DK SA TRAYKRSKK DI’ SAHARA /I chacune des étapes de la caravane, un mât démontable était dressé et on écoutait les radiotele-i/rammes envoyés par les postes de Sainte-Mane-de-la-mer, il Alger ou de Taounrt ( élai oi J.
- DRKSSAGK d'lNK LCllLLLL-OBSKRVATOIRI-: SUPPORTANT l'aNTKNNK d\n ROSIR MOH1LK Cette opération s'effectue comme pour le mât démontable ai>ec une bique. Le chef de poste peut du sommet de cette échellef surveiller les alentours et faire des levés topographiques.
- v
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- et les physiciens ont encore fort à faire pour supprimer les défauts qui nous contraignent actuelle ment à limiter son emploi-
- Ses applications sont néanmoins déjà très nombreuses et très importantes. Kilts peuvent être divisées en deux catégories :
- La première comprend les cas où la télégraphie sans fil remplace la télégraphie avec fil pour établir une communication entre deux points, l’établissement d’une ligne pour les relier étant impossible ou trop onéreux.
- Dans la deuxième catégorie, sont classées les applications où l’on cherche à utiliser la propriété qu’ont les ondes émises de se propager dans toutes les directions, et qui permet aux signaux transmis d’être reçus simultanément par un nombre quelconque de stations.
- Les principales circonstances où la télégraphie sans fil permet des applications de la première catégorie sont les su’vantes :
- Liaison entre un navire et la côte ou entre deux navires. — Avant l’invention de la télégraphie sans fil, les navires en pleine mer étaient entièrement isolés. Maintenant, au contraire, il n’est que très peu de points des mers où un navire ne puisse communiquer continuellement soit avec la côte, soit avec d’autres navires. Les passagers peuvent non seulement recevoir ou expédier leurs télégrammes privés, mais ils sont encore tenus au courant, sous la forme d’un journal de bord, des nouvelles importantes qui sont transmises par les puissantes stations situées au voisinage des lignes de navigation les plus fréquentées.
- Liaison militaire d’une place assiégée
- on ma i , sl'n ia:s ai:koim.ani:s, i.\stai.u-:u is m:n i l’osn: o émission
- La génératrice de courant électrique est actionnée directement par le moteur de l'aéroplane ; les appareils d’émission sont groupés près du siège du passager ; malheureusement, on ne peut guère les voir sur la photographie ci-dessus ; on aperçoit cependant le rouet qui sert à dérouler le fil d'antenne lorsque le passager, qui est précisément l'opérateur radiotélégraphiste, veut envoyer un message. Le bruit du moteur a empêché jusqu'ici l’installation des appareils de réception sur les aéroplanes. C'est un inconvénient auquel il sera remédié probablement un jour.
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- POSTK I)lî T. S K. TR A NS PORTA H I.K A DOS 1)1C AllT.KT Cl DK CHEVAL Sur la planchette de (/anche sont disposés les appareils d'émission et de réception ; sur celle de droite on voit un petit moteur à essence, avec son réservoir d'alimentation et le réservoir d’eau de refroidissement, ainsi e/ue la génératrice de courant électrique.
- avec une armée de secours et avec le territoire ; de deux armées en campagne ; de deux escadres, etc...
- — C’est ainsi,
- par exemple, que, pendant la campagne du Maroc, les colonnes n’auraient pu, pendant les opérations, placer des fils télégraphiques pour communiqutr entre elles et avec leur base. Elles ont pu néanmoins assurer ces communications, grâte à de petites slations mobiles de télégraphie sans fil, portées à dos de mulet et que l’on installait en moins de vingt minutes en un point quelconque.
- Lors de la prise récente d’Aïn Galakka, au Darfour,
- l.K MKMK POSTK PI.ACK SI R
- En temps ordinaire les~ ap-caisses qui les protègent contre caisses ont été enlevées ici pour
- une station mobile un peu plus puissante que les précédentes avait été emportée par la colonne du colonel Lar-geau, et la nouvelle de la victoire, portée de poste en poste par les ondes hertziennes, est arrivée en quelques heures jusqu’au lac Tchad d’où elle nous est arrivée aussitôt par fil. Autrefois, plusieurs mois auraient été nécessaires, pour que cette nouvelle parvînt jusqu’en France.
- Pendant la guerre des Balkans, Andrinople a pu rester en communication avec Constantinople, pendant toute la durée du siège ; toutefois, les brouillages faits
- MAT POP R I.E TRANSPORT pareils sont recouverts par deux les intempéries et les chocs. Ces laisser voir les appareils.
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- KXTRKMITK AK R IER K 1)K LANTKNNK l)l'S DRliADNOLGIlT ANGLAIS
- Les navires de combat de toutes les marines sont pourvus de la télégraphie sans fil. Ainsi les navires d’une flotte, d'une escadre ou d'une division peuvent communiquer entre eux, lorsque la brume ne permet pas d’utiliser les signaux optiques, et les bâtiments voguant au loin ne sont plus isolés de la métropole.
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- par les stations de T S. F. des assiégeants ont considérablement gêné ces communications.
- Toutes les armées sont actuellement dotées de stations radiotélégraphiques, sur voitures à chevaux ou sur automobiles, en vue d’établir rapidement les communications militaires dans la zone d’opérations, quand le déroulement du fd est impossible ou serait trop long à effectuer.
- Liaison de postes coloniaux situés en pays accidentés ou insoumis. — Les lignes télégraphiques, très coûteuses à installer et exposées à être coupées par les indigènes, sont avantageusement remplacées par la télégraphie sans fil. Dans la région du Tchad, par exemple, tous les postes militaires importants sont reliés entre eux et avec le Congo et le Sénégal, par de petites stations transportées sur place à dos de chameaux; ces postes sont installés, malgré de grandes difficultés, par le brillant technicien, qui est aussi un vaillant soldat, le capitaine Chau-lard, créateur des installations de télégraphie sans fil du Darfour, dont il a été question plus haut.
- De même Port-Etienne, en Mauritanie, est relié à Dakar par télégraphie sans fil ; au Tonkin, en Afrique équatoriale, à Madagascar, des réseaux radiotélégraphiques complets existent déjà et sont constamment augmentés.
- Au Congo belge, plus de vingt-cinq stations relient entre euxles divers centres importants de colonisation. 11 en est de même dans l’Alaska, au Brésil, en Argentine, etc.
- Liaison de deux iles ou de deux continents. —
- Quand le trafic est trop peu important pour justifier la pose d’un câble sous marin; exemple :
- Madagascar est relié aux îles de Mayotte et de"
- Nossi-Bé par télégraphie sans fil.
- Consti tut ion des grands
- réseaux radiotélégraphiques militaires et politiques doublant les réseaux de fils télé-graphiques. — Un grand réseau de ce genre est projeté pour relier entre elles toutes les colonies françaises: Algérie, Afrique occidentale, Afrique équatoriale, Djibouti, Indes Françaises, Tonkin, etc. Un projet analogue a été fait en Angleterre; son exécution sera commencée dans le courant de 1914 par la construction des stations de Londres et d’Alexandrie (Egypte). En Russie, la liaison de Saint-Pétersbourg au Kamchatka et à Vladivostock est à peu près assurée par l’intermédiaire de cinq grandes stations, placées
- i’osti; aiobiu: m:s troui>i:s d'occi’iwtion ai tonkin Ce poste, dû un capitaine Péri, a une portée de 2J éi Jo kilomètres ; il ne comporte pas de moteur mécanique : l'énerqie électrique est fournie par une magnéto à haute tension actionnée à bras par un indigène. Le triangle en bambou supporte les (ils d'antenne fixés, d autre part, au sommet d'un petit nuit démontable.
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- si'K L N i>Ayi i:iu) i i'x uaihotklkoraimiisï i: icnrkgistkk i n mi:ssa(,i: oi n. im:rçoit ai son
- La cabine contient les appareils d’émission et de réception. L’opérateur traduit directement en langage clair les signaux qui! entend, sous forme de sons brefs ou prolongés, dans les récepteurs téléphoniques fixés à son casque. Ces sons correspondent aux traits et aux points de Valphabet Morse.
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- passacji; ni: l’antknni: dans i.i; rosir soitkrrain ih chamr-dk-mars L’antenne est maintenue au centre du puits par quatre câbles disposés en croix et isoles chacun par trois cylindres en éhonite. L antenne s'élève d’abord verticalement jusqu’à une hauteur de qo mètres, puis elle se subdivise en six brins divergents qui vont rejoindre les câbles aboutissant au sommet de la tour.
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- KNYOI 1>KS SIGNAUX l’RLGKOANT LA TRANSMISSION I>L L IUCURU PAR I.A TOUR LIF1-KL L'opérateur qui se tient debout fixe au moyeu d'une lunette la pendule réglée sur l'heure de l'observatoire ; de la main droite il manipule le signal préliminaire jusqu’à cinq secondes avant que les aiguilles ue marquent l’heure fixée ; la pendule envoie alors, elle-même, le signal horaire proprement dit. Le second opérateur fixe avec sa lunette la pendule, et il vérifie si ses battements correspondent
- bien aux modalités du signal horaire.
- sur l'Oural, en Sibérie, au lac Baïkal et en Mongolie.
- Les applications de la deuxième catégorie, qui utilisent le fait que les ondes émises pour une station peuvent être reçues par un nombre quelconque d’autres stations, sont également très nombreuses et très utiles. Elles ont surtout trait aux besoins de la navigation.
- Nous avons déjà signalé l’envoi de télégrammes de presse, fait par certaines stations côtières, pour tous les navires se trouvant dans leur rayon d’action.
- L’émission du signal de détresse S.O.S. effectuée par un navire en danger permet de faire concourir au sauvetage tous les navires qui se trouvent dans un rayon de plusieurs centaines de kilomètres du point où se trouve le bâtiment en perdition.
- Des postes émetteurs de signaux hertziens de brume ont déjà été installés à l’instigation de M. Blondel, à l’entrée du goulet de Brest, par le Service des Phares, pour doubler les signaux sonores qui sont faits depuis longtemps, lorsqu’une brume intense masque les signaux lumineux. Les ondes
- hertziennes, émises de manière à constituer des signaux différents pour chaque phare et facilement reconnaissables, sont reçues par les navires qui peuvent alors déterminer d où viennent ces signaux, en utilisant les dispositifs spéciaux imaginés par M. Blondel et MM. Bellini-Tosi. Il suffit évidemment au bâtiment de repérer la direction de deux phares sur la carte pour connaître sa position exacte en mer.
- Un navire qui se trouve loin des côtes détermine sa position en faisant le « point » c’est-à-dire en calculant, au moyen d’observations astronomiques et, grâce à la connaissance de l’heure du méridien d’origine, sa latitude et sa longitude. C’est en transportant des chronomètres dont la précision est proverbiale, que les navigateurs conservent cette heure. Toutefois, quand les traversées sont longues, des variations imporlantes peuvent se produire dans la marche des chronomètres, et entraîner des erreurs atteignant parfois plusieurs secondes. Ces erreurs se répercutent dans le calcul du point et nombre de naufrages ont été ainsi occasionnés.
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- LÉS APPLICATIONS DH LA
- TÉLÉC R A PllIP SANS FIL 185
- On a songé, dès le début de la télégraphie sans fd, à envoyer régulièrement aux navires à des instants fixés à l’avance, l’heure du méridien d’origine. Le Bureau des Longitudes a demandé et obtenu que la tour Eiffel envoie régulièrement et à toute puissance, à l’usage des navigateurs, des signaux horaires, déterminés par l’Observatoire de Paris(l).Ce service fonctionne régulièrement depuis 1910 et les signaux sont perçus dans toutes les mers d’Europe et souvent même, la nuit, quand les circonstances atmosphériques sont favorables, jusqu’au voisinage des côtes d’Amérique.
- Des stations radiotélégraphiques jouent le même rôle en d’autres points du globe; mais la Conférence internationale de l’heure a choisi la tour Eiffel comme station centrale donnant l’heure officielle. Une organisation spéciale utilisant aussi la télégraphie sans fil a été créée parallèlement, pour permettre à tous les observatoires importants de collaborer avec celui de Paris, pour la connaissance de l’heure exacte à transmettre par la tour Eiffel.
- La télégraphie sans fil a donc apporté ainsi une aide nouvelle à la sécurité de la navigation.
- Ces mêmes signaux horaires rendent encore de grands services aux administrations publiques, aux Compagnies de chemins de fer notamment, aux horlogers et aux particuliers.
- Des signaux horaires scientifiques, permettant d’obtenir une précision de l’ordre du centième de seconde, sont également transmis depuis 1909 par la tour Eiffel dans le but de permettre de déterminer des différences de longitude avec une approximation plus grande que ne le permettent les observations astronomiques. On a ainsi déterminé, à quelques mètres près, la position astronomique de plusieurs observatoires importants par rapport à celui de Paris: Bruxelles, Alger, Toulouse, Nice, etc. Une
- opération de ce genre est en cours d’exécution entre Paris et Washington (6 200 kilomètres). D’autres sont en préparation.
- Le même procédé permet de faire rapidement le lever astronomique d’un canevas géodésique dans les régions où les méthodes ordinaires sont impraticables. C’est ainsi que l’on a opéré au Maroc, en Mauritanie, au Congo belge, en Amazonie, au Pérou, etc.
- Les délimitations de frontières sont également facilitées par ce procédé, comme on l’a constaté sur les frontières franco-espagnole du Maroc, franco-libérienne de Guinée, franco allemande du Congo, etc.
- Dans un autre ordre d'idées, la réception simultanée et rapide de nouvelles par un grand nombre de correspondants, rend de précieux services aux aéronautes, aux aviateurs, aux agriculteurs, aux marins, en leur permettant de connaître les renseignements météorolog'ques transmis à heures fixes, par la station de la tour Eiffel en particulier.
- Les dangers maritimes graves (phares éteints, épaves dangereuses, icebergs, etc.) sont également signalés par la télégraphie sans fil, par l’intermédiaire de postes fixes ou de navires.
- Lorsque les défauts que comporte encore à l’heure actuelle la télégraphie sans fil et que nous avons signalés au début de cette conférence, auront pu être supprimés ou atténués, de nouvelles applications pourront être tentées et l’importance du nouveau moyen de communication deviendra encore beaucoup plus considérable. Des études et recherches sont entreprises dans tous les pays dans ce but et nous pouvons espérer que les physiciens et les ingénieurs français, qui comptent parmi eux, deux des principaux créateurs de la télégraphie hertzienne, M. Branly et M Blondel, joueront encore un grand rôle dans les découvertes que nous sommes en droit d’attendre.
- Commandant Fkrkik.
- L’ALLEMAGNE SERA RELIEE PAR LA T. S. F. AVEC SES COLONIES
- Li: Gouvernement allemand est entré en pourparlers avec la Hollande en vue d’obtenir l’autorisation d’ériger une station radiotélégraphique dans l'île de Sumatra. Cette station communiquerait, d’une part, avec la colonie allemande de l’Est africain et, d’autre part, avec les îles Carolines. (1) Voir La Scient? et la l'le numéro 2 mai lq13.
- Si ces négociations aboutissent, toutes les colonies allemandes seront reliées avec la métropole par télégraphie sans fil, et l’Allemagne verra se dissiper cette grosse préoccupation de voir des communications intercoloniales dépendant de l’Angleterre qui détient la plus grande partie des câbles télégraphiques sous-marins.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- UN RECORD DE VITESSE EN MATIÈRE DE CONSTRUCTION
- Commknœi-: à huit heures du matin, une église pouvant recevoir 350 fidèles a été complètement terminée à cinq heures de l'après-midi. Si l’on déduit une heure pour le déjeuner des ouvriers, on voit que la construction n'a duré exactement que huit heures. Ce record a
- Ltats-Unis (nos .lecteurs s'en doutaient peut-être), à Waes, petite ville de l'état du Texas.
- L'herbe poussait encore sur l'emplacement désigné, lorsque les ouvriers commencèrent leur travail. A dix heures du matin, cependant, les fondations, en ciment de prise ultra-rapide, étaient terminées; une équipe de trente ouvriers fut alors adjointe à celle qui travaillait déjà sur le chantier, portant ainsi le nombre des travailleurs à quarante. Chacun savait exactement ce qu’il avait à
- faire : aussi n’v eut-il aucune perte de temps. Dès que les charpentiers eurent terminé leur besogne, les peintres entrèrent en scène; ils furent suivis eux-mêmes par les électriciens. les tapissiers et les colleurs de papiers.
- A midi la charpente entière était élevée
- les marches d’accès et le vestibule presque terminés, une partie du plancher posée et les chevrons mis en place. Les hommes abandonnèrent le travail pour aller déjeuner et revinrent à une heure. Les poutres et les chevrons supportant le toit furent rapidement montés, et les couvreurs commencèrent étendre le revêtement caoutchouté servant de toiture.
- Vingt-huit ouvriers se mirent à cette besogne; à 4 h. 30, ils avaient terminé. A la même heure, le plancher et le plafond, ainsi que la canalisation électrique étaient presque achevés, et les peintres passaient la deuxième couche de peinture sur les murs extérieurs. Les tapissiers avaient également fini de poser à l’intérieur les papiers de tenture, collés sur toile au préalable.
- A cinq heures, le temple était terminé, sauf l’aménagement des sièges, qui ne prit que quelques minutes, et à 5 h. 30, tous les ouvriers réunis dans l’édifice y assistaient à un office.
- L’église a 20 mètres de longueur et 11 mètres de largeur ; elle peut, comme nous ,l’avons dit, recevoir 350 personnes assises.
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- LA LUTTE CONTRE L’INCENDIE A BORD DES GRANDS PAQUEBOTS
- Par Jacques MÉRAUD
- Hamburg
- Les progrès du machinisme et de la construction, en faisant des paquebots actuels de véritables villes flottantes, ont augmenté, dans des proportions considérables, les causes et l’importance des incendies à bord. Le sinistre du Volturno en fut un récent exemple.
- La Conférence internationale qui s’est réunie récemment à Londres pour étudier les mesures propres à éviter dans l'avenir la réédition des catastrophes maritimes que l’on a eu à déplorer dans ces dernières années, a prévu, pour les navires de passagers, un minimum obligatoire de précautions contre l’incendie.
- La compagnie allemande Amerika Linie », dont le paquebot Im/jcrator peut transporter jusqu’à 5000 personnes, et qui construit actuellement, sous le nom de Vaterland, le frère de ce géant, a cru devoir ajouter à ce minimum prescrit un certain nombre de mesures complémentaires.
- Dans la partie dû navire réservée aux passagers, les cloisons du promenoir, des cages d’escaliers, des vestibules sont tapissées d’une sorte de revêtement incombustible, supporté par des toiles métalliques, ou des plaques de fer. Les portes qui se trouvent dans ces cloisons, bien que vitrées et fort élégantes, sont elles-mêmes capables de résister à une température élevée.
- Les vestibules et les escaliers sont suffisamment spacieux pour fournir en cas de besoin des dégagements rapi des. On a ainsiquelqueschances, lors
- d’un incendie, d’isoler le foyer et de se rendre plus aisément maître des flammes.
- Pour la découverte immédiate et l’extinction du feu, la compagnie a institue à bord une brigade régulière de pompiers. Cinq hommes dj poste central de 1 arsenal de Kiel sont ainsi réunis sous les ordres d’un chef et doivent veiller jour et nuit à la sûreté du nas ire, en organisant des rondes et en surveillant les signaux d’alarme.
- POMPIER 1)1. l.’liMPEEATOE Ml'M DU MASyi'E
- R espiratoir i:
- Dans
- le c a s-
- que dé-
- ho 'U c lie
- un tuyau
- r c l i é à
- un tube
- contenant
- "air com-
- ; qui par-
- au pom-
- vient
- pter à la pression voulue, à travers une soupape régulatrice, après s'être détendu dans une poche imperméable attachée sur sa poitrine. Les piiz expirés s'échappent directement au dehors par une soupape spéciale.
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- MANŒUVRE SIMULANT I. KNTRKK I) UN SAUVETEUR DANS UN COMPARTIMENT INCENDIE
- Le casque respiratoire est relié par un tube long de plusieurs mètres à un soufflet que manœuvre un aide posté à une certaine distance du brasier ; les deux hommes communiquent entre eux par un tuyau acoustique, et sont reliés par un câble qui, en cas de
- danger. faciliterait le sauvetage du pompier menacé par les flammes.
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- LA LUTTE CONTRE LINCENDIE
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- PLAFOND l)U Ml-;SS DLS J1KCAMCIKNS MONTRANT LA TLYAL1KRIK DK SKCOI RS Des conduites (l'eau sous pression sont placées sous le plafond. Elles sont percées de trous d’échappement très rapprochés, obturés par un alliage qui fond dès qu'un incendie se déclare dans la pièce. L'eau se déverse alors sur le foyer, et un signal retentit dans le poste central des pompiers
- Une chambre spéciale a été aménagée pour cette brigade d’incendie près du promenoir des passagers, du côté où se trouve le grill room.
- C’est une assez vaste pièce où sont situés tous les signaux avertisseurs d’incendie et un certain nombre de dispositifs destinés à combattre le fléau.
- Un plan détaillé du navire, suspendu à l’une des parois de cette pièce, permet de se rendre compte de l’emplacement exact des postes avei tisseurs répartis dans les différents points du paquebot.
- Les diverses parties du navire sont reliées à cette chambre de garde par des tuyaux de grand diamètre, quelque peu analogues à des tubes acoustiques; l’extrémité de ces tuyaux aboutit dans une sorte de coffre vitré situé dans la salle des pompiers.
- Bouche d'incendie èi fonctionnement automatique.
- Un incendie se produit-il? La fumée pénètre dans le tuyau de la pièce où se trouve le foyer et s’échappe dans la chambre de garde par l’embouchure correspondante.
- Le pompier de service qui se tient en permanence auprès de l’appareil avertisseur est ainsi prévenu à la fois de l’existence et du lieu du sinistre.
- Il peut alors brancher, sur l’embouchure d’où s’échappe la fumée, une conduite qui lui permet d’envoyer instantanément sur le feu un jet de vapeur ou mieux encore d’acidecarbonique. De plus, et grâce à un mécanisme spécial, un appareil automatique situé dans les chambres de l’équipage inonde la partie embrasée; en même temps, il met en mouvement une sonnerie d’alarme.
- Voici quel est ce dispositif : unré-seau de conduites contenant de l’eau
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- POSTE CENTRAI. DU SERVICE d'iNCENDIE A BORD DU PAQUEBOT « IMPERATOR » DE I.A COMPAGNIE HAMBURG-AMERIKA
- Dès qu’un incendie se déclare à bord, la fumée qui se dégage est amenée f>ar un tuyau dans le posle de garde. Le pompier de service ainsi prévenu de la naissance et du lieu du sinistre, branche sur l’embouchure d’où sort la fumée une conduite qui envoie sur le foyer de l’incendie un jet de vapeur ou d’acide carbonique. Le feu, attaqué sans retard, est immédiatement étouffé.
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- LA LUTTE CONTRE L'IN CE N DI E
- A BORD Di: I. « IMl'KUAÏOR », ON A MLLTII’UI. l.KS BOl'CIIKS D INCI-NDIK Voici i/n pompier à son poste : il n'a i/u'à tourner le volant de la vanne et à dérouler le tuyau pour inonder, en cas de danger, la partie du navire coupée à sa garde; son rayon d’action est très étendu, en raison de la longueur de la manche en toile imperméable, partant de la prise d'eau.
- sous pression se trouve placé sous le plafond des chambres de l’équipage. Des trous d é-chappement très rapprochés sont percés dans ces conduites et obturés par un alliage fusible à une température peu élevée.
- Lors d’un incendie, dès que la température s’élève notablement, cet alliage fond rapidement et l’eau des conduites se déverse sur le foyer. En même temps la diminution de pression à l’intérieur des tuyaux agit sur un signal d’alarme qui résonne dans la chambre de garde, et l’appareil automatique dont on a parlé plus haut met en marche une pompe spéciale qui fait alors affluer l’eau de la mer vers le lieu du sinistre.
- Enfin, sur XI mbcrcitor, 450 avertisseurs automatiques sont répartis un peu partout. Ils sont analogues à ceux que l’on rencontre sur la chaussée parisienne. Il suffit, en cas de sinistre, d’en briser la glace avec un petit marteau fixé par une chaîne à l’appareil et d’appuver sur un bouton. Une sonnerie disposée dans la chambre de garde est mise en mouvement; en même temps, le numéro
- correspondant à la partie embrasée du navire apparaît sur un tableau.
- Deux modèles de casques respiratoires ont été établis pour permettre aux pompiers du bord de pénétrer dans les locaux incendiés sans risque d’asphyxie.
- Pour le premier type, le casque est relié par un tube long de plusieurs mètres à un soufflet. Ce soufflet, destiné à fournir l’air nécessaire au pompier, est actionné par un autre homme de l’équipe qui reste en dehors du brasier. Il peut communiquer par un tube acoustique avec son camarade Un câble relie les deux hommes pour facili-. ter le sauvetage en cas de danger.
- L’autre modèle tle casque est muni d’un réservoir contenant de l’air sous pression et dont le pompier peut régler le débit selon ses besoins à une pression moindre et res-pirable. Les gaz expirés s’échappent directement à l’air libre par une soupape.
- Enfin, des prises d’eau sont réparties de distance en distance dans les couloirs du navire et complètent cette excellente organisation.
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- QUELQUES-UNS DE CES CANOTS ONT ATTEINT DES VITESSES DE TRAIN EXPRESS
- Le 1 iz Concours de canots automobiles de Monaco a réuni de nombreux coucurrents. Chaque année, avant les épreuves, les bateaux engagés sont réunis dans une exposition, où ils sont classés par catégories et par séries : glisseurs hydroplanes, racers et cruisers.
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- LE ROLE NAUTIQUE DU MOTEUR A EXPLOSIONS
- Par Raymond LESTONNAT
- MEMBRE nu CONSEIL SUPÉRIEUR DE LA NAVIGATION MARITIME
- Paris vit naître le yachting automobile. C’est, en effet, sur la Seine que Lenoir fit ses premiers essais en 1871, et c’est du quai de la Râpée où Fernand Forest essayait, en 1885, son canot « Volapuck » que partirent trois ans plus tard les premiers canots automobiles. Ils étaient munis d'un moteur a explosions à quatre et six cylindres verticaux, prototype des moteurs d'automobiles actuels. Ainsi Paris vit naître, sous toutes ses formes, l’automobilisme : nautique, terrestre et aérien.
- Comme nous venons de le dire, les premiers essais de navigation automobile eurent lieu sur la Seine, en 1871, avec un canot auquel Lenoir eut l'idée d'appliquer un moteur a deux temps, sans compression, pour actionner l'hélice. Les résultats ne furent pas encourageants, parce que le cycle a deux temps sans compression ne permet d’établir que des moteurs de puissance, lourds et encombrants.
- Sans la
- compression préalable et le cycle à' qu tre temps de Beau de Rochas, le moteur a explosions n’aurait jamais pu rivaliser avec le moteur à vapeur, qui a été enfin battu sur le poids, l’encombrement, la main-d'œuvre et la consommation de combustible. Il est juste d’ajouter qu'Otto revendiqua ce même cycle a quatre temps, que du reste il réalisa.
- L'expérience tentée par Lenoir ne mérite pas moins d'être citée; d’ailleurs, celui-ci, une vingtaine d'années plus tard, construisit un nouveau moteur à compression a quatre temps qui, cette fois, permit de faire un pas en avant.
- Malgré tout, sans les travaux de l'ingénieur Fernand Forest, dont la mort soudaine a récemment attristé le meeting de Monaco, il
- est certain que le moteur a explosions serait resté longtemps dans le domaineexpé-rimental.
- LA MACHINERIE MONSTRUEUSE d’üN CANOT AUTOMOBILE DE COURSE Au cours d’essais qui ont 'eu lieu dans le bassin d’Asnières-Courbevoie, le « Despujols », qui est actionné par un moteur de 400 chevaux à douze cylindres, a réalisé la vitesse fantastique de
- 117 kilomètres à l'heure, ba int de loin tous les records.
- y
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- LA SCIENCE El LA VIE
- En 1884, Fernand Forest fut chargé d’étudier et de construire un moteur de tramway. Il construisit ce moteur, mais il décida de l’appliquer à la navigation, et, dans ce but, il acheta une coque en fer qu’il baptisa le « Volapuck ».
- On aurait pu désigner, cette embarcation sous le nom de « bateau à gaz », car c’était d’un moteur à gaz d’une force de six chevaux et à deux cylindres qu’elle était munie. Ce n’était pas le gaz d’éclairage qui y était employé, mais l’air, chargé de carbures d’hydrogène par son passage dans l’essence de pétrole. L’installation faite par Forest à bord de son canot comprenait un carburateur et un moteur à mélange détonant.
- Le premier client de Forest lui vint d’Amérique, en 1887. Ce client fut M. Nicod, qui lui commanda un canot automobile de 10 mètres de longueur et 1 m7üde largeur, muni d’un moteur de six chevaux à deux cylindres superposés, à allumage par magnéto et devant donner au bateau la vitesse de 16 kilomètres à l’heure. Ce canot, auquel son propriétaire donna le nom de « Kansas », fut le premier qui navigua sur le lac Léman.
- M. Nicod, très satisfait des essais qu’il avait faits sur la Seine, invita Forest à assister à la mise à l'eau de son bateau dans le petit port de la Tour de Peilz, sur le lac de Genève. L’opération réussit à merveille, puis, désireux de faire immédiatement une promenade sur le lac, M. Nicod se rendit chez un droguiste, afin de commander l’essence nécessaire.
- Mais il apprit, à sa grande stupeur, que la vente de l’essence était absolument prohibée en Suisse. M. Nicod, navré, se demandait comment il pourrait alimenter son moteur, lorsque Forest pensa à la benzine qui, elle, n’était pas prohibée. Une heure plus tard, le « Kansas », ses réservoirs emplis du bienheureux produit, se mettait en marche.
- Ce jour-là, le yachting automobile était né. Son enfance donna de grands soucis; mais Forest s’attacha éperdument à cet enfant, comme on s’attache toujours aux êtres chétifs que l’on redoute de voir disparaître. Sa ténacité, son dévouement désintéressé et sa foi profonde finirent par triompher de tous les obstacles.
- Quelques yachtsmen éclairés se décidèrent à faire des commandes à Forest. M. Georges Gallice lui confia la construction du petit yacht automobile « Ellen »; M. E. Mallet lui commanda pour sa goélette « Phébé », de 155 tonneaux de jauge, un canot automobile de bossoir qui fut la première embarcation à moteur emportée par un navire. Ces deux bateaux ont leifr place dans cet historique
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- LE ROLE NAUTIQUE DU MOTEUR A EXPLOSIONS 195
- CE CANOT N’A JAMAIS PU TENIR LA MER PAR GROS TEMPS
- Dans l'esprit des ingénieurs de Kiel qui en avaient étudié minutieusement les formes, cette coque devait révolutionner l'architecture des racers ; en fait elle se montra presque inutilisable.
- résumé, car, il n'y a pas bien longtemps, ils faisaient encore un très bon service malgré leur grand âge.
- A la suite de nombreuses sorties, M. G. Gal-lice, qui fut le premier yachtsman français pratiquant le yachting automobile, s’enthousiasma pour cette nouvelle navigation et, en
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- construire le yacht « Jolîe-Brise » sur lequel il installa un m o t e u r à quatre cylin-dres c o m -pound à marche réversible et à démarrage automatique, construit par Forest.
- A partir de ce moment, le yachting automobile ne cessa pas de se développer dans ses deux branches : le sport et le tourisme. Mais, au début, ce fut presque uniquement la branche sportive qui prospéra.
- La première course de fond fut organisée, en 1903, par M. A. Leroy, président d u Cercle de la Voile de Pois-sy, et par M. G tde Lafreté chroniqueur sportif. Jusqu alors, les épreuves avaient été courues sur des parcours variant de 12 a 25 kilomètres, MM. LtT-roy et de La.
- L AVANT DU PANHARD-TELUER. MONTRANT LE PROFIL PARTICULIER DE LA COQUE Dans un essai de vitesse sur le mille marin ( 1 SÔ2 mètres), distance mesurée le lonq de la côte et chronométrée de terre, ce grand rater a fait plus de 8J kilomètres à l'heure.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- u*:s derniers préparatifs dk deux canots a la veille de la course Les mécaniciens révisent les moindres organes de leur moteur; parfois, malgré tout, un détail infime
- leur échappe et provoque, pendant la course, la panne fatale.
- l'un l)KS PETITS MONSTRES OU MEETING DK LAN DERNIER AMARRE AU QUAI Dans les canots de course on ne voit guère que le moteur et c'est à grand peine qu'on découvre, à Tarrière, les deux places plus qu exiguës destinées, Tune au pilote, Vautre au mécanicien.
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- LE ROLE SAUTIOUE DU MOTEUR A EXPLOSIONS 197
- UN VIRAGE A TOUTE A1J,1TKE I)U « SOCRAM IC1 » EN RADE DE MON\GO Les racers peuvent virer très court car, en vitesse, l'ainint de ta coque sort de l'eau par suite de sa forme particulière, et le canot ne repose plus sur le flot que par une faible surface.
- l/ « ANNETTE II )) EN PLEINE COURSE, AU MEETING DE MONACO DE 1913 Sous la poussée formidable de Tbélice, la coque, insuffisamment lestée, se déjauqe d'une manière
- exagérée, ce'qui compromet fortement la stabilité du bateau.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- CE PETIT CANOT DE 7 MÈTRES A COUVERT 50 KILOMÈTRES EN TROIS QUARTS d’hEURE Le Vatapa fut un des concurrents heureux du dernier meeting de Monaco. Nous voyons sur la gravure le moteur à quatre cylindres et les tuyaux latéraux d'échappement ainsi que la barre qui commande le gouvernail, par /’intermédiaire de filins dont on aperçoit l’amorce.
- frété portèrent le parcours à 100 kilomètres, ce qui permet de dire qu’ils ont organisé la première course de fond réelle. Cette course, devenue classique, fut dotée d’une coupe challenge par M. Emile I)u-bonnet. La première année, elle fut gagnée par le canot « Flore » à M. Senot, muni d’un moteur de 24 HP, qui lit le parcours en 4 heures 31 minutes 49 secondes.
- La même année, les journaux Le Vélo et le Yachting Gazette organisèrent une course-croisière de Paris à la mer qui obtint un succès colossal. Une soixantaine de bateaux étaient inscrits, mais 28 seulement se présentèrent au départ, donné un peu en aval du pont de Neuillv. La course continua avec un entrain endiablé jusqu'au Havre et Trou ville. La curiosité publique fut attirée enfin par ce nouveau mode de locomotion et il en résulta un véritable essor pour la navigation automobile. Depuis cette époque, la course-croisière tle Paris à la mer a eu lieu chaque année; elle est organisée sous le patronage du président de la République et du ministre de la Marine, par le Comité de Paris à la mer qui s’efforce, avec une inlassable persévérance, de développer le goût du tourisme nautique.
- Un sportsman éminent, M. Camille Blanc, président de l’International Sporting Club de Monaco, suivit attentivement ce premier essai d’endurance du moteur à explosions appliqué à la marine, et, ne doutant pas de son avenir, il eut l'heureuse idée de créer une réunion annuelle de motor-boats à Monaco. Il s’en ouvrit à M. le sénateur Gobron qui s’enthousiasma pour ce projet hardi et lui conseilla de s'adjoindre, pour en assurer la réalisation, M. Georges Prade dont il connaissait les remarquables qualités d’organisateur. Le meeting était désormais fondé. ‘M. Camille Blanc lit splendidement les choses. Avec un programme très intéressant, doté de prix nombreux et magnifiques, il réunit, dès la première année, à Monaco, sur Lun des points les plus ravissants de la Côte d’Azur, des canots automobiles de toutes les nations. C’était le 11'1 avril 1904. Cette date marquera dans les annales de la navigation automobile.
- La grande question était l’évaluation de la puissance [des moteurs et la limitation de cette puissance. On crut la résoudre par la evlindrée. Ce critérium fut blâmé, parce qu’il poussait les constructeurs à augmenter l’alésage, en diminuant la course et en accélérant le régime. C’est alors que, pour la
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- LA RIISK AU POINT AVANT LA COURSE DU RACFR « P A N H A R D - T K L LIK R »
- Ce canot se signale par la puissance formidable de sa machinerie, puisque les deux moteurs à douze cylindres qui l'actionnent ont ôoo chevaux chacun; les tuyaux verticaux d'échappement sont groupés dans deux cheminées que Von a faites très plates pour donner moins de prise au vent.
- première fois, en 1907, on limita la puissance par l’alésage.
- En cette meme 'année 1907, on vit apparaître les hydroplanes, canots de construction spéciale avec lesquels on obtint de grandes vitesses, en utilisant des moteurs de 'moyenne puissance. Cette même année, M. le comte de Lambert, qui ne pensait pas alo^s faire de l’aviation, essaya un bateau glisseur a hélice aérienne; cet essai ne donna pas de fort bons résultats; mais la très intelligente initiative de M. le comte de Lambert a, depuis, porté ses fruits.
- Le meeting international de canots automobiles de Monaco est devenu une épreuve classique mondiale, dont le succès grandit chaque année; tous les ans, du L1 au 20 avril, les plus beaux et les plus puissants bateaux s’y rencontrent. Les vitesses ont progressé régulièrement depuis la création du meeting, et elles atteignent aujourd'hui près de 100 kilomètres a l’heure.
- Au point de vue sportif, qui tient une si grande place dans l’historique du yachting automobile, les canots sont-répartis en quatre classes : les racers, les hvdroplanes, les cruisers et les glisseurs a hélice aérienne.
- Les racers sont des embarcations unique-
- ment construites en vue de la course. La puissance, les dimensions et le nombre de leurs moteurs ne sont pas limités. Mais cette classe est réservée aux embarcations ayant une coque dont la coupe longitudinale immergée ne présente aucune solution de continuité, ni de courbe à double inflexion. Toute adjonction de surfaces auxiliaires de glissement et d'appui fixes ou mobiles, de quelque nature qu'elles soient, à quelque moment que ce soit, est aussi interdite.
- Les hydroplanes sont des embarcations établies également en vue de la course et munies d’un ou de plusieurs moteurs dont la puissance et les dimensions ne sont pas limitées. Cette classe est réservée aux embarcations ayant une coque dont la coupe longitudinale immergée présente soit une solution de continuité, soit une courbe a double inflexion, soit des surfaces auxiliaires adjointes.
- Les cruisers sont des embarcations dont la coupe ne présente aucune solution de continuité. Ces embarcations, étant destinées au tourisme nautique ou cruisiiup doivent comporter un certain nombre de places réservées aux passagers. Le règlement de l'Association Internationale du
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- LES ORGANES DIRECTEURS ET 1‘ROl’ULSEURS D UN MOTOCANOT
- Les hélices des canots automobiles sont, en général, du type marin ordinaire, à trois pales ; quelques bateaux en ont deux. Sur l’axe du gouvernail est calée une poulie à gorge que la barre fait tour ner dans le sens voulu par l’intermédiaire de deux filins en acier.
- yachting automobile divise les cruisers en cinq séries, définies par les dimensions de la coque, la puissance du moteur, le poids et le nombre des places disponibles.
- Les glisseurs à hélice aérienne, de création récente, sont des appareils dont la flottabilité peut être assurée soit par une coque, soit par des flotteurs. Ces appareils doivent être munis d’un dispositif protecteur autour de l’hélice de façon à éviter les accidents.
- Parmi les courses de canots automobiles qui firent date dans l’histoire de ce sport, nous devons citer tout spécialement les suivantes : la course Calais-Douvres qui eut lieu en 1904 et qui réunit vingt-trois partants sur vingt-quatre engagés. Le vainqueur de cette épreuve, le « Mercédès IV » fit le parcours en 1 h. 07, battant de 5 minutes le canot anglais « Napier-Minor ».
- LA FORME SPÉCIALE DE CETTE HÉLICE LUI ASSURE U N'EXCELLENT RENDEMENT
- Ile nombreux chercheurs essaient de modifier les modèles d’hélice adoptés jusqu’ici, en vue d’obtenir une meilleure utilisation de la puissance motrice. Voici un propulseur où des excavations ont été ménagées sur le bord des pales pour diminuer les résistances passives en facilitant l’évacuation latérale des filets d'eau.
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- LE ROLE NAUTIQUE DU MOTEUR A EXPLOSIONS 201
- Cette même année, un meeting automobile eut lieu à Lucerne sur le lac des Ouatre-Cantons. Organisée par le Cercle des Régates, cette réunion obtint un très grand succès; les canots français arrivèrent bons premiers dans toutes les séries.
- L’année suivante eut lieu la course Bou-iogne-Folkestone et retour. Sur vingt-trois bateaux engagés, dix-sept prirent le départ, dont six raeers et onze cruisers. Le nombre des bateaux était suffisant pour assurer l’intérêt d'une semblable épreuve, mais des conséquences imprévues vinrent mettre le trouble dans la flottille. Plusieurs concurrents perdirent leur route dès le début, et l’on fut pendant un certain temps inquiet sur le sort de quelques-uns d’entre eux. Le racer « La Rapière », construit par A. Tellier, se classa premier, et le canot anglais « Napier II » second.
- En 190a, le journal Le Matin organisa la course Alger-Toulon, via Mahon. Les concurrents avaient à couvrir une distance totale de 405 milles marins (le mille marin vaut 1852 mètres)
- 2a m 50, 2 moteurs de 90 HP, commandé par Al. Paul Chauchard; <c Héraclès II » à la Société Héraclès, 10 m 50, moteur de 60 HP commandé par le docteur Lesage; « Aler-cédès C. P. » à M. C.-L. Charley, 13 m 90, moteur 90 HP, commandé par AL G. Pitre; « Camille », à Al""-' Camille du Gast, 13 mètres, moteur 60 HP commandé par le lieutenant de vaisseau Alénier; « Alalgré Tout » à Al. Charles Roche, 21 m 50, commandé par son propriétaire; « Fiat X »à la Société Fiat, 8 m 90, commandé par Al. Carpinelli. Chaque concurrent était amatelotté à un contre-torpilleur, et la flottille était en outre convoyée par les croiseurs-cuirassés « Kléber » et « Desaix ».
- Le départ fut donné à six heures du matin le 7 mai 1905. La première partie de la traversée, c'est-à-dire d’Alger à Alahon, fut effectuée dans d'excellentes conditions, par un temps magnifique. Le canot italien « Fiat X » arriva premier à Alahon à 7 heures du soir, ayant couvert les 198 milles du parcours en 13 heures. Le <« Camille » arriva second à
- dont 198 d’Alger à Alahon et 207 de Alahon à Toulon. Le départ fut pris à Alger par les sept canots suivants : « Aler-c é d è s-Ale r c é d è s », longueur 18 m 50, moteur de 90 HP commandé par le lieutenant de vaisseau « Quand Alême », à Al. le duc Decazes,
- Dans une longue sérit d’expériences, M. Ma-houdeau
- de Villethiou a constaté que la partie 'des pales d'une hélice voisine de l'axe de rotation joue un rôle retardateur, et diminue d'environ 20 >/ la vitesse qui correspondrait à l’utilisation intégrale de la puissance propulsive. Cet inventeur a ainsi été amené à établir une hélice, dite « à centre libre », où les pales sont écartées de l’axe et montées sur un cercle d'acier fixé à l'arbre par deux pièces en spirale. Un modèle de ce propulseur a fonctionné en r pi J sur un canot automobile, à Monaco. Des essais sont en cours pour les navires de gros tonnage
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- MISE A L’EAU D’UN CANOT AUTOMOBILE A MONACO
- Le canot est placé, barrière dirigé vers la mer, sur une sorte de berceau ou ber, porté par un truc roulant sur les rails d'une jetée de lancement ou slip. A l'extrémité inférieure de la jetée, une plate-forme inclinée s'enfonce dans la mer. On fixe à l'arriére du truc l'extrémité libre d'un câble d'acier enroulé sur un cabestan et on laisse filer le câble jusqu'à amener le truc à toucher l'eau ; on
- pousse alors le ber à la mer, et le canot flotte.
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- LE ROLE NAUTIQUE DU MOTEUR A EXPLOSIONS 203
- L UN DES RACERS ULTRA-RAPIDES QUI ONT COURU LE MOIS DERNIER A MONACO Le record de vitesse établi l’année dernière a été battu de loin cette année par la plupart des grands racers. Le « Dcspujols » a notamment atteint gS kilomètres à l’heure sur le mille marin.
- 10 h. 25, suivi du « Mercedes C. P. », du « Malgré Tout », du « Quand Même » et enfin du « Héraclès II ». La vitesse moyenne du vainqueur atteignait 10 nœuds.
- Jusqu’au 13 mai, la flottille fut immobilisée dans le port de Malion par le mauvais temps. Le 13, une accalmie s’étant produite, et les renseignements météorologiques étant favorables, le départ fut donné. Le temps se maintint au beau pendant toute la matinée, mais, à partir d’une heure de l'après-midi, la brise fraîchit, la mer grossit; à six heures du soir, il ventait en rafale. L’un après l'autre, les concurrents furent obligés d’abandonner la course. Les équipages se réfugièrent à bord des contre-torpilleurs et, à l’exception du « Quand Même », de construction plus robuste que les autres, qui fuyant devant la tempête put gagner Cagliari, tous les canots sombrèrent. On n’eut aucun accident de personne à déplorer.
- Cette course fut très discutée; il en aurait d’ailleurs été de même si elle avait pu être terminée, ce qui serait arrivé, si le temps avait été propice deux ou trois heures de plus. Des esprits chagrins n’hésitèrent pas de dire que cette course, qu’ils traitaient de folie, avait tué le yachting automobile. Les événements qui suivirent prouvèrent, au
- contraire, qu elle avait donné d’utiles enseignements qui permirent de construire des canots mieux défendus contre la mer, et des moteurs d’une endurance plus grande. Ce qui prouve une fois de plus qu’en matière de sport, on n'arrive à rien sans témérité.
- Pour compléter l’énumération, nous devons citer le meeting international « Les Couleurs de Paris », fondé en 1911. Cette réunion, patronnée par le président de la République et subventionnée par le Conseil municipal de Paris et le Conseil général de la Seine, a lieu tous les ans dans Paris, au courant de l’automne. L’année dernière plus de 200000 spectateurs ont applaudi les concurrents.
- A l’avènement du moteur à explosions, les canots à vapeur employés par la marine étaient arrivés à peu près à la perfection de coque, après avoir subi de nombreuses transformations. Pource type d’embarcation, il faut compter avec la chaudière toujours lourde et encombrante, quels qu’en soient le type et le système. Le moteur à explosions permit de modifier ces règles, grâce à l’élément nouveau qui lui est propre : la légèreté. Le poids du moteur à vapeur qui, pour les torpilleurs, est de 20 à 25 kilos, par cheval, est descendu au-dessous de 5 kilos pour le moteur à explosions. Ce poids extrêmement
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- LA SCIENCE E7 LA VIE
- H; >^4se
- ï* . .r.....J
- i/emploi i>e l hélice aérienne a créé une nouvelle forme de yachting Voici un type d'hydroplane établi récemment par la maison Nieuport, Avec son hélice de trois mètres de diamètre actionnée par un moteur de tôo HP, il peut faire jusqu'à 60 kilomètres à l'heure.
- réduit, a permis l'utilisation efficace des formes glissantes, qui ont conduit a la construction de coques nouvelles.
- Au début, on reprochait aux constructeurs de faire des bateaux qui n'avaient ni stabilité de formes, ni stabilité de poids, mais
- simplement une stabilité de mouvement qui, sous la poussée de 'hélice, pouvait attein-de son maximum par mer plate, alors qu on en a le moins besoin, et donnait, par contre,
- LE GLISSEUR « ELVING -FOX » QVl A CONCOURU CETTE ANNÉE A MONACO
- son minimum par mer grosse, c'est-à-dire au moment critique. Mais, là encore, on se hâta trop vite de conclure à la faillite du yachting automobile. Très vite, les constructeurs arrivèrent à mettre au point les coques nouvelles et, de ce qui paraissait être une révolution, sortit une évolution heureuse dont toute la construction navale profita.
- Le yachting à voiles devait s'intéresser naturellement au progrès du moteur à explosions léger et peu encombrant. En fait, si le vent est le moteur le plus économique, c’est aussi le plus irrégulier. 11 faut qu’il souffle suffisamment, et dans une ,direction
- séî+ï fcü'-ï-xk.4 -.l ir. , :
- Les premiers bateaux à hélice aérienne étaient à fond plat. On a reconnu depuis qu'on obtenait un déjauqeaqe plus complet en disposait sous la coque plusieurs plans inclinés ou redans.
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- LE ROLE NAUTIQUE DU MOTEUR A EXPLOSIONS 205
- LH VI) K OP LA NI' ti:i.i.ii:k A H'SKI.ACK Cet appareil est essentiellement constitué par un fuse Pu/e d’aéroplane, monté sur trois flotteurs. Le moteur actionne par chaîne une hélice en bois placée à l'arrière.
- favorable. Le calme plat ou le vent debout font d’une croisière de plaisance une insupportable corvée. L’emploi d’un moteur auxiliaire à bord de yachts à voiles permet de faire route quelle que soit la direction du vent, et préserve le navire de l’inertie que lui impose le calme.
- Cette adaptation du moteur aux voiliers accroît l’importance déjà considérable du yachting automobile. Le premier yacht à moteur auxiliaire « Jolie-Brise » fut construit en 1888, pour le compte de M. G.
- Gallice, le yachtsman bien connu. Nous pouvons, en outre, mentionner parmi les bateaux de ce type : le « Ber-tliic » construit en 1889 et pourvu d’un moteur à six cylindres; la goélette « Carnegie » munie d’un moteur à gaz pauvre de 130 HP, qui a fait la traversée de Saint-John (Canada) à Falmouth, en neuf jours et, comme navire de commerce, le cinq-mâts « France », muni de deux moteurs de 900 HP, et qui vient d'effectuer sa première traversée de Fà-ance à la Nouvelle-Calédonie dans d’excellentes conditions. Il est possible que les applications du moteur à explosions se multiplient à bord des voiliers longs-courriers, lesquels pourraient, grâce à ce précieux et sûr auxiliaire, franchir les calmes équatoriaux, utiliser les canaux de Suez et de Panama, s’engager dans les détroits, diminuer ainsi la durée des traversées et accroître par conséquent le rendement commercial du voyage.
- Parmi les applications les plus pratiques du moteur à explosions à la navigation, il faut également citer la « Motogodille ».
- C'est un appareil amovible, assurant la direction en même temps que la propulsion, d'un poids extrêmement réduit, et qui peut se monter immédiatement sur n’importe cpiel bateau de mer et de rivière. Soit seule, soit complétant la voile, la « Motogodille » est employée sur des milliers d’embarcations.
- D'autre part, le nombre des bateaux_à mo-
- teur a augmenté dans les flottilles de pêche, et la prospérité de cette industrie si intéressante s'en est considérablement accrue. La marine militaire a profité des progrès réalisés, dans la construction des moteurs à explosions; elle en a muni ses embarcations de service.
- Ainsi, les pionniers de la navigation automobile trouvent enfin la récompense de leurs eflorts persévérants dans les applications maritimes, chaque jour plus nombreuses du moteur à explosions. Le yachting est, pour la jeune marine, ce qu'il a été pour l’ancienne : un collaborateur précieux et dévoué, dont la science n’a d’égal que le désintéressement..
- Ravmond Llstonnat.
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- LA FORTUNE AVAIT COURONNE LES EFFORTS DE CET INVENTEUR
- George Westinghouse était, avec Edison, le plus connu des inventeurs1, américains. EriGnettant bout à bout les 160000 locomotives et les 3400000 véhicules munis du frein qu’il avait imaginé, on formerait un train qui ferait le tour de la terre.
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- UN GRAND INGÉNIEUR : GEORGE WESTINGHOUSE
- eorge Westinghouse, qui vient de mouiir après une brillante carrière, a donné un éclatant démenti à la légende trop souvent véridique de l’inventeur mourant sur un grabat, pauvre et méconnu, quand ce n’est pas vilipendé.
- Dans toutes les parties du monde, les immenses établissements, fondés de son vivant pour l’exploitation de ses inventions, perpétueront la mémoire de cet ingénieur que son génie et une exceptionnelle bonne chance avaient conduit à la fortune.
- George Westinghouse, né le 6 octobre 1816, à Central Bridge, dans l’Etat de New-York, était le fils d’un fabricant d’instruments agricoles installé à Schenectady. Son père lui fit donner une instruction soignée, complétée par un séjour dans uh collège d’enseienement supérieur.
- La guerre de Sécession interrompit les études du jeune Westinghouse qui s’engagea à dix-sept ans.
- Après la campagne, il fut nommé ingénieur adjoint dans la Marine des Etats-Unis. Sa carrière navale fut courte ; sa vocation devait être déterminée par un incident qui attira définitivement son attention sur un prob'ème dont la solution germait déjà dans son esprit. En 1866, ainsi qu’il seplaisait à le raconter, un train dans lequel il se trouvait subit un retard de plusieurs heures parce qu’un train de marchandises, n’ayant pu s’arrêter assez rapidement, était venu se jeter sur un autre convoi.
- Ce banal accident de voyage devait inspirer à Westinghouse sa plus belle invention, celle du frein à air comprimé.
- Le premier appareil qu’il essaya était un frein à chaîne actionné par un piston, qui se déplaçait dans un long cylindre à vapeur placé sur la locomotive.
- Ce système ne pouvait alors s’appliquer à des trains comportant plus de quatre véhicules, et Westinghouse chercha d’abord à réaliser la continuité des freins, en munissant chaque voiture d'un cylindre dans lequel la vapeur déplaçait un piston dont la tige actionnait à son tour les sabots des freins. Les résultats de ce système furent peu avantageux, car la vapeur, exposée au froid dans une longue tuyauterie, perdait de sa pression en se condensant partiellement.
- Cet échec ne découragea pas le jeune inventeur. Il se préoccupait de trouver le flui le propre à actionner son nouveau frein, quand il lut, dans un magazine mensuel auquel il s'était abonné, un article sur les travaux du tunnel du Mont Cenis, parlant de la production et de la transmission de l’air coin _>rimé employé pour mettre en marche les perforatrices.
- Ce fut une révélation pour W« stinghouse, et, dès 1867, il faisait breveter aux Etats-Unis l’emploi de l’air comprimé pour la manœuvre des freins de chemins de fer. L’année suivante, il trouvait un
- commanditaire, et les premiers essais du nouveau frein avaient lieu sur le Panhandle Railroad. Les Compagnies du Pennsylvania, du Michigan Central, du Chicago and North-Western essayèrent successivement l’appareil sur des trains de dix voitures et passèrent des commandes à l’inventeur.
- Ce frein à air, qui était ce qu’on a appelé depuis un frein direct, avait le défaut de ne pas fonctionner en cas de fuite dans les divers appareils.
- Westinghouse obvia à cet inconvénient en inventant le réservoir auxiliaire et la triple valve qui donnèrent à son frein les avantages de l’automatisme.
- En 1875, en Angleterre, le Midland Railway, le North Eastern Railway et le London Brighton and South Coast RaiKvay soumirent les appareils à des essais de rapidité de fon< tionnement et d’endurance, qui devaient aboutir à leur adoption par un certain nombre de réseaux européens.
- En 1885, les importants essais de Burlington (Etats-Unis) démontrèrent que le frein Westinghouse devait être modifié pour pouvoir s’appliquer à des trains comportant un grand nombre de véhicules. Westinghouse se remit au travail; il inventa son frein à action rapide et, plus tard, son frein à grande vitesse dont l’usage s’est généralisé depuis lors en France et dans la plupart des pays d’Europe et d’Amérique.
- Ces résultats incitèrent Westinghouse à appliquer l’air sous pression à divers autres problèmes posés par l’exploitation des chemins de fer. C’est ainsi qu’il inventa successivement un signal d’alarme à air comprimé destiné à permettre aux gardes des trains et aux voyageurs d’actionner le frein en cas d’accident, sans l’intervention du mécanicien.
- C’est encore à l’air comprimé |qu’il eut recours pour faite mouvoir les aiguilles et les signaux (1868). On peut voir fonctionner sur les réseaux de plusieurs grandes compagnies françaises son système, aujourd’hui tiès perfectionné.
- Westinghouse s’occupa également de faire triompher aux Etats Unis l’emploi des courants alternatifs. 11 fonda à cet effet une puissante société connue dans le monde entier sous le nom de Westinghouse Electric and Manufac'uring Company, qui occupa bientôt le premier rang dans la construction des dynamos de grande puissance.
- Président en 1910 de la Société Américaine des Mechanical Engineers, Westinghouse avait été l’objet des distinctions les plus flatteuses de la part de tous les gouvernements étrangers.
- Décoré de la Légion d'honneur et d<* la Couronne royale d'Italie, il avait été nommé en 1906 docteur-ingénieur par l’Ecole technique supérieure royale de Berlin.
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- LES FREINS PNEUMATIQUES MODERNES
- A LAVANT DE CETTE LOCOMOTIVE APPARAISSENT LA l'OMI*!-: A AIR K T LE FREIN DU BOGIE
- Cette machine Pacific est munie de la pompe Duplex avec cylindres à air superposés, hntre les roues du bogie est intercalé un cylindre de frein horizontal, muni de pistons opposés qui agissent, par l’intermédiaire de courtes bielles, sur une paire de sabots.
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- LES FREINS PNEUMATIQUES MODERNES GRANDS PROTECTEURS DE VIES HUMAINES
- Par Charles LORDIER
- INGÉNIEUR CIVIL DES MINES
- On doit pouvoir enrayer instantanément la vitesse d’un train, quand se présente un obstacle imprévu, ou au moment d’aborder une longue pente capable de lui imprimer une accélération dangereuse.
- En outre, pendant les manœuvres de formation des trains, les freins des wagons servent à empêcher les chocs nuisibles au matériel.
- En raison de son efficacité et de sa simplicité, le procédé de freinage universellement adopté sur tous les réseaux est basé sur le principe du frottement d’un certain nombre de pièces métalliques, appelées sabots, sur la jante des roues. Les mécanismes de transmission de l’effort retardateur varient suivant qu’il s’agit de véhicules considérés isolément, ou d’un ensemble de voitures ou de wagons constituant un train.
- Dans le premier cas, on fait appel aux mécanismes de transmission les plus divers : cames, coins, excentriques, treuils, crémaillères, vis, commandés à la main par un personnel spécial de serre-freins. S’il s’agit d’un train, une difficulté surgit : c’est la nécessité de faire agir simultanément les
- freins de tous les véhicules, ou d’un certain nombre d’entre eux répartis d’une manière quelconque.
- Le mécanicien ordonne le serrage ou le desserrage au moyen de signaux faits à l’aide du sifflet à vapeur. Mais on n’obtient ainsi qu’une simultanéité relative, et, si le train est lourd, il faut disposer d’un nombre de freins tel que la dépense de main-d’œuvre devient alors très onéreuse. A la rigueur, le même agent peut agir sur les volants de commande des freins à vis de deux véhicules consécutifs, mais il ne peut effectuer les deux serrages que l’un après l'autre et ce défaut d’ensemble est nuisible à l’effet.
- Petit à petit, on a donc cherché à faire manœuvrer par le même agent le plus grand nombre possible de freins. 11 suffisait, dans certains cas, de provoquer la chute d’un poids de fonte pour serrer en même temps les freins de trois ou quatre véhicules consécutifs.
- Dans d'autres dispositifs, on empruntait à l’une des roues d’un wagon, au moyen d'un galet de friction, l’effort nécessaire pour freiner le groupe des véhicules voisins. On a aussi cherché à utiliser la compression
- Ce ve/iuu/e à douze roues renferme tout le matériel de freinage correspondant aux plus longs trains de voyageurs. On s’en sert aux Etats-Unis pour entraîner les agents en vue de l'emploi iti/u leux, en toute circonstance, des freins continus automatiques.
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- LA SC 1 EXCE ET LA VIE
- i:sSAI Al X ATKI.ll'KS DUS Al’I’A KU! I.S l)K I RKINAGK l> UN TRAIN Cette tuyauterie représente la conduite (je né raie des freins d'un train. Le convoi ainsi fii/uré comporte autant de véhicules (/ne l'on met de spires en circuit. Sur chaque spire on monte une triple valve et nn cylindre de frein, pour en étudier le fonctionnement.
- que subissent les tampons des wagons lorsque la locomotive ralentit sa marche.
- Mais la liaison de ces freins à commande mécanique était toujours difficile à réaliser, lorsqu’il s’agissait d’accoupler des véhicules pour former un train.
- D’autre part, il est impossible d’employer des transmissions par cordes ou par chaînes et poulies, sur des trains d’une certaine longueur.
- La première idée d’un frein pneumatique permettant d'obtenir le freinage simultané de plusieurs essieux paraît remonter aux années 1844-1848. C’est alors que fut brevetée,
- pour la première fois en Angleterre, l’idée d’employer, pour la transmission de l’effort de freinage,le déplacement d’un fluide dans des tuyaux, courant sous les véhicules du train. Ces tuyaux pouvaient avoir une assez grande souplesse pour rester indifférents aux mouvements relatifs des voitures et étaient susceptibles d’être aisément reliés entre eux.
- Ces premiers freins pneumatiques comportaient une pompe actionnée par l’essieu d’un fourgon, un réservoir, des tuyaux d’accouplement entre véhicules et, sous chacun d’eux, une timonerie commandée par un cylindre. C’était ce qu’on appelle aujourd’hui, des freins directs, parce que pour les serrer on envoie directement l’air sous pression dans les cylindres de frein.
- La solution vraiment pratique du problème fut réalisée en Amérique par George Westinghouse, qui fit breveter en 1869 un frein direct dans lequel l’air était comprimé dans un réservoir, à l’aide d’une pompe à vapeur placée sur la machine. Par la manœuvre d’un robinet à trois voies, le mécanicien envoyait de l’air dans une conduite générale régnant tout le long du train; cet air, en déplaçant le piston du cyli ndre de frein monté sur chaque voilure, commandait l’ensemble de tringles et de leviers constituant la timonerie et opérait le freinage.
- En amenant le robinet à trois voies dans une autre position, on laissait échapper l’air, ce qui provoquait le desserrage des sabots.
- Ce frein direct présentait l’inconvénient d’être inefficace, si un élément de la conduite générale ou un cylindre donnait lieu aune fuite d’air importante. Pour obvier à cet inconvénient, G. Westinghouse fit
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- LES FREINS PNEUMATIQUES MODERNES
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- BANC POUR l’eSSAI DES TRIPEKS VALVES A LATEL1ER Pour vérifier l'étanchéité des triples vah>es, on les monte sur une batterie de cylindres de freins et on [les enduit d'eau de sax>on ; toute fuite est ainsi révélée par la production d'une bulle.
- INTÉRIEUR D’UN WAGON D'iNSTRUCTiON POUR LA MANŒUVRE DES EREÏNS A chaque cylindre de frein monté verticalement correspondent un réservoir auxiliaire, une triple valve et une section de tuyauterie. L'ensemble représente l'équipement d un train complet.
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- ÉLÉVATION ET PLAN MONTRANT LA TIMONERIE D’UN FREIN PNEUMATIQUE A HUIT SABOTS
- timonerie est calculé de telle manière que l'action de la pesanteur tend à les éloigner des roues quand le frein est desserré. En service, le jeu causé par l'usure des sabots produit un déplacement des leviers qui diminue l’efficacité des appareils. Quand ce jeu s’accentue trop, on peut le réduire en déplaçant l’axe d'articulation des bielles, les extrémités des tiqes de commande et des leviers étant percées à cet effet d’une série de trous.
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- LES F R E1X S PNEUMATIQUES MODERNES
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- breveter en 1872 un frein à air, automatique, c’est-à-dire susceptible de se serrer de lui-même en cas d’avarie.
- L’air comprimé est emmagasiné dans des réservoirs placés sous chacun des véhicules, qui emportent ainsi avec eux l’énergie nécessaire pour produire le serrage. Une conduite générale continue amène, jusqu’auxréservoirs auxiliaires, l’air comprimé par une pompe à vapeur dans un réservoir principal monté sous la machine.
- Sur le branchement qui relie la conduite générale au réservoir auxiliaire de chaque véhicule est intercalé un organe dénommé triple valve, également relié au cylindre de frein par une tuyauterie.
- Avant le départ, le mécanicien fait fonctionner la pompe à vapeur pour remplir d’air comprimé le réservoir principal de la machine et la conduite générale du train ; cet air passe ensuite par les triples valves dans les réservoirs auxiliaires. Dans cette position, les organes mobiles de la triple valve ouvrent la communication du cylindre de frein avec l’atmosphère. Lorsqu’il se produit dans la conduite générale une dépression provoquée par le mécanicien au moyen de son robinet, ou due à une fuite accidentelle, les organes mobiles de la triple valve ouvrent la communication entre le réservoir auxiliaire et le cylindre dé frein. Ils ferment en même temps toute communication entre ce dernier et l’atmosphère. Le serrage s’effectue alors instantanément.
- Pour provoquer le desserrage, le mécanicien envoie de nouveau l’air com-
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- LA SCI EX CE ET LA VIE
- CORPS DE TRIPLE VALVE
- WESTINGHOUSI
- On voit à /'intérieur une plaque horizontale en bronze poli percée de trois irons. Ces orifices correspondent aux divers trajets que l'air comprimé doit parcourir pour se rendre dans les cylindres de f rein ou pour s'échapper au dehors.
- primé dans la conduite générale, en tournant son robinet; les organes mobiles des triples valves reviennent automatiquement à la position qu’ils occupaient avant le serrage.
- L’avantage de l’automatisme est de provoquer l’arrêt immédiat en cas d’avarie aux organes du frein. Si une rupture d’attelage a lieu entre deux véhicules d’un train, cha-ques groupe de wagons est aussitôt bloqué par ses freins. Cette propriété du frein continu automatique est surtout précieuse quand une rupture d’attelage se produit sur une rampe; la partie arrière ne peut alors partir « en dérive », c’est-à-dire rouler jusqu’en bas de la pente et y dérailler ou bien entrer en collision avec un autre train.
- Les freins continus automatiques permettent d’obtenir des serrages rapides et brusques. Dans certains cas, au contraire, on a besoin de réaliser un serrage prolongé et modéré, notamment quand un train descend une longue pente. Le frein direct est alors plus maniable que le frein automatique. En combinant les deux systèmes, on a obtenu un frein modérable. Ce dernier fonctionne notamment sur le réseau P.-L.-M. (frein à air comprimé Westinghouse-Henry).
- Le frein à air comprimé est en service sur un grand nombre de réseaux.
- D’ailleurs, l’application du frein continu aux trains de voyageurs est obligatoire en Europe dans la majorité des pays. En France, depuis 1880, plusieurs circulaires ministérielles ont prescrit aux compagnies l’extension du frein continu à tout le matériel à voyageurs. L’emploi de ce frein était auparavant limité aux trains de voyageurs dont la vitesse de pleine marche atteignait 60 kilomètres à l’heure.
- Les freins continus actuellement en usage conviennent parfaitement pour le service des train de voyageurs dont la composition maxima réglementaire est de 24 voitures. Le problème est plus complexe quand il s’agit de freiner les trains de marchandises qui peuvent comporter jusqu’à 60, 80 et même 100 wagons, ce qui leur donne environ un kilomètre de longueur.
- D’autre part l’application des freins continus et leur entretien entraînent des frais relativement élevés. Jusqu’ici on se contente de munir un certain nombre de wagons de freins manœuvrables à la main, au moyen de volants et de vis. Chaque train
- yé p. ' ' '1
- •}r*î
- TIROIR ET PISTON d’une TRIPLE VALVE
- WESTINGHOUSE
- Le tiroir percé de trous se déplace sur la plaque fixe du corps de valve qu’il met ainsi en c o m m u n ic a t io n avec les divers or-qanes du frein. Jl est commandé par un piston circulaire qui fonctionne sous l'influence des dépressions que produit dans la conduite générale le robinet manœuvré par le mécanicien.
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- LES FREINS PNEUMATIQUES MODERNES
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- ROBINET A DECHARGE EGALISATRICE MANŒUVRÉ PAR LE MÉCANICIEN
- Le mécanicien peut donner à la poignée A du robinet une série de positions efficaces numérotées de un \ * à cinq. Au départ, on charge la conduite générale ainsi que les réservoirs auxiliaires et les freins se desserrent (1) ; on met ensuite le robinet dans la position correspondant à la marche du train (2) ; quand on veut maintenir un degré de serrage déterminé on amène la poignée dans la position neutre (3). La position (4) correspond au serraqe modéré employé lors de la descente des longues pentes ou pour le ralentissement devant un signal aimncé. Enfin, en amenant son robinet dans la position 5, le mécanicien obtient un serrage rapide et énergique des freins en cas d'urgence.
- de marchandises comporte donc un personnel de serre-freins et une proportion de wagons freinés, isolés ou groupés, qui varie suivant la longueur et le poids du train.
- Cependant, l'augmentation delà vitesse de ces trains et les nécessités delà mobilisation sont des raisons d'ordre majeur qui ont incité les gouvernements à étudier l'application des freins continus aux wagons a marchandises.
- Le frein à air comprimé Westinghouse, si répandu en Europe sur le matériel à voyageurs, était tout indiqué pour cette application.
- Mais le problème soulève des difficultés
- spéciales inhérentes à certaines conditions techniques dont le frein doit pouvoir s'accommoder : longueur des trains, poids,inégalité de la répartition des véhicules, vides ou chargés, etc.
- Aux Etats-Unis, les trains de marchandises sont, en général, déjà munis de freins continus parce que le mode de construction du matériel se prête à cette application.
- Une difficulté provient de la diversité des conditions d'exploitation des réseaux appelés à faire des échanges de matériel. L’intensité du trafic, le profil plus ou moins accidenté des voies, les tonnages et les vi-
- La conduite en fer de chaque voiture est reliée par deux accouplements souples à celles des 7>éhicules 7>oisins.
- A droite, un branchement la fait communiquer à travers la triple valx>e avec le réservoir auxiliaire dans le prolongement duquel est monté le cylindre de frein. On aperçoit à Vinteneur de ce dernier la tiqe de commande de la timonerie et le ressort de rappel.
- EQUIPEMENT DE FREIN
- WESTINGHOUSE POUR WAGON
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- Coupe par le canaux d’ad-missio/t et d’é cha pp c -ment de la vapeur II, K.
- Coupe par te travers de la boîte de distribution de la vapeur C du cylindre moteur D.
- La vapeur admise par le canal H Al à la partie inférieure E du cylindre moteur soulève le piston F et s'échappe par le canal NIv. Le piston creux C comprime l’air enfermé en A. La soupape inférieure P aspire l'air atmosphérique dans le cylindre B. L'air comprimé en A et en B passe par les indues et tuyauteries L dans l'espace annulaire compris entre le piston C et la paroi O du cylindre. Des ailettes K favorisent le refroidissement des cylindres qui s’échauffent
- lors de la compression.
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- INTÉRIEUR DU WAGON DYNAMOMÈTRE DES CHEMINS DE FER DE L’ÉTAT BELGE
- Des appareils enregistreurs très précis sont montés à l'intérieur d'une voiture attelée en queue du train et reliés électriquement à la locomotive. Ils inscrivent sur de longues bandes de papier la vitesse du train avant et pendant l'arrêt, la longueur parcourue depuis P application des freins jusqu'à l'arrêt complet, ainsi que les différentes manœuvres du robinet
- du mécanicien effectuées sur la machine.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- ESSAIS DU FREIN WESTINGHOUSE PERFECTIONNE SUR UN TRAIN Le jour où il a été photographié sur la ligne peu accidentée de Montereau à Villencuve-Saint -qnait 1 302 tonnes, non compris la locomotive (/6 tonnes) ni le tender (3y tonnes). Chaque véhicule
- freins, on pouvait à volonté constituer un train partiellement
- tesses de marche très variables, influent sur les conditions du freinage des trains de marchandises.
- Si l’on se place à des points de vue généraux, d’ordre commercial, stratégique ou autres, il est impossible de ne pas reconnaître les avantages très sérieux que présenterait l’application d’un frein continu aux trains de marchandises.
- Les administrations de chemins de fer françaises et étrangères qui s’intéressent à cette question ont soumis à plusieurs séries d’essais les appareils spéciaux proposés pour le freinage des trains de marchandises.
- Dès 1903 et 1904, l’Etat belge et l’Etat bavarois procédèrent à des essais de freinage des trains de marchandises. A ces derniers essais furent conviés les délégués d’un grand nombre d’administrations de chemins de fer européens, car le freinage des trains de marchandises soulève une question générale d’échange de matériel.
- L’étude du problème fut confiée à une commission internationale qui élabora un programme, dit programme de Berne, énumérant les conditions auxquelles doit répondre un frein continu applicable aux trains de marchandises.
- D’autres essais eurent lieu en 1906 et en 1909 sur le réseau de l’Etat belge, en 1907-1908 sur les lignes de l'Etat hongrois.
- On a été conduit, par les résultats qu’ont donnés ces divers essais, à apporter aux appareils employés sur les voitures à voyageurs diverses modifications de détail
- permettant leur adaptation aux wagons à marchandises.
- Les appareils Westinghouse pour trains de marchandises comportent notamment une triple valve spéciale perfectionnée, munie de dispositifs destinés à accélérer le commencement du freinage.
- C’est sur des appareils ainsi mis au point que la Compagnie P.-L.-M. a également entrepris une série d’essais au cours des années 1912-1913.
- Le programme des essais répondait aux conditions d’exploitation les plus diverses : trains circulant sur des lignes de niveau, Villeneuve-Saint-Georges à Montereau, puis sur des lignes accidentées à pentes variant de 10 à 15 mm par mètre (Besançon à Lons-le-Saunier), enfin sur de fortes pentes de 25 à 30 mm (Modane à Saint-Jean-de-Maurienne). La proportion de wagons freinés variait de 10 à 100% du nombre total, avec une répartition variable des essieux freinés ou non, et des véhicules chargés ou vides, etc...
- Pour la descente des fortes déclivités (25 à 30 pour 1000) la Compagnie P.-L.-M. a estimé qu elle avait intérêt à conserver un certain nombre de serre-freins. Le freinage à main a, en effet, pour résultat de réduire l’action accélératrice des pentes; tout se passe alors comme s’il s’agissait de déclivités moins prononcées, sur lesquelles le frein automatique seul est suffisant.
- Pendant les essais, on a donc employé un certain nombre de freins à main que l’on
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- LES FREINS PNEUMATIQUES MODERNES 219
- DE MARCHANDISES DE LA COMPAGNIE PARIS-LYON-MÉD1TERRANÉE.
- Georges, ce train, partiellement chargé, comportait soixante-quinze wagons. Son poids total attei-de ce train était muni d'un équipement de frein à air, de sorte qu'en isolant une partie de ces freiné avec une répartition du freinage tout à fait arbitraire.
- faisait fonctionner en attaquant les fortes pentes, et qui restaient continuellement serrés pendant la descente. Le frein automatique était alors manœuvré comme on a l’habitude de le faire en pareil cas, c’est-à-dire en le serrant et en le desserrant successivement à intervalles plus ou moins rapprochés. Cette manière d’opérer permet d’assurer au besoin le freinage du train au moyen de freins à vis si, pour une cause quelconque, le frein à air venait à faire défaut.
- Ces essais ont démontré que le frein à air Westinghouse répond pratiquement aux besoins d’exploitation du service des marchandises d’un chemin de fer moderne.
- L’ensemble des essais a semblé établir qu’il suffirait démunir du frein continu complet les véhicules ayant déjà le frein à main, les autres ne recevant qu’une simple conduite, sans aucun autre appareil.
- L’introduction du frein continu ne paraît devoir entraîner aucune complication pour l’exploitation, en ce qui concerne la formation des trains. Enfin, les frais d’équipement du matériel et d’entretien des organes du frein seraient compensés, au moins partiellement, par l’économie qu’entraînerait la suppression des wagonniers serre-freins sur les lignes de plaine ou à faibles pentes, et la réduction de leur nombre sur les Jfignes à fortes rampes.
- D’ailleurs des essais officiels ont été effectués au cours de l’année 1913 sur le réseau des chemins de fer de l’Etat hongrois. Les délégués de toutes les nations intéressées y
- avaient été conviés. Les résultats satisfaisants de ces essais ont pleinement confirmé les conclusions des expériences qui ont eu lieu sur le réseau P.-L.-M.
- L’application d’un frein continu au matériel à marchandises des compagnies de chemins de fer aurait certainement pour résultat d’améliorer notablement les conditions de sécurité de la circulation sur nos voies ferrées en temps de paix. On pourrait ainsi augmenter la vitesse de ces trains, ce qui supprimerait la nécessité de les garer en pleine voie ou dans de petites stations pour laisser passer les trains de voyageurs. Ces manœuvres occasionnent des refoulements dangereux, causes de fréquents accidents tels que déraillements sur les aiguilles ou prises en écharpe.
- Mais c’est surtout en temps de guerre que l’on apprécierait l’utilité d’une pareille mesure. On sait que, dès le premier jour de la mobilisation, les trains de voyageurs sont supprimés. Des centaines de trains formés de wagons à marchandises, bondés de troupe, de chevaux, de matériel et d’approvisionnements sont lancés sur toutes les lignes. Dans un moment où le temps serait si précieux et où les moindres accidents auraient de terribles conséquences, le frein continu atténuerait les difficultés d’une exploitation exceptionnellement intensive et rendrait ainsi d’immenses services.
- Ch. Lordier.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- UN CERCEAU QUI FAIT DU CENT A L’HEURE
- UN appareil de locomotion assurément original vient d'être imaginé et essayé aux États-Unis. D'après le Popular Méchantes, l'inventeur aurait pu réaliser, à Saint-Louis, avec cet appareil, une vitesse de cent huit kilomètres à l'heure.
- Le nouveau véhicule, d'aspect bicarré, est un monocycle dont la roue, ou mieux l'énorme anneau, ajouré pour plus de légèreté, est en aluminium et mesure deux mètres de diamètre. Cet anneau est entouré d'un caoutchouc plein de 50 mm d'épaisseur.
- Un cadre, fait d'un assemblage de tubes d'acier, supporte le pilote, le moteur et ses accessoires ainsi que le propulseur. Il est rendu solidaire de l'anneau par trois jambes disposées en T, dont chacune est pourvue, à son extrémité, d'un galet en libre de 125 mm de diamètre. Ces galets, en contact avec le cercle intérieur de l'anneau, permettent à ce dernier de tourner sans entraîner le cadre avec lui. Chaque jambe du T est en outre munie d'une fourche portant deux autres galets, de diamètre plus petit, qui roulent sur les côtés de la jante.
- A l'avant, un moteur a essence, a trois cy-
- lindres, actionne une hélice d'un mètre cinquante de diamètre, qui développe une lorce de traction de 70 kg environ. Le pilote, assis sur une selle, appuie ses deux mains sur un volant fixe où sont groupées les différentes manettes de commande. Ses pieds reposent sur une petite plate-forme fixée a la partie inférieure du cadre.
- Au repos, le pilote n'étant pas sur son siège, l'appareil repose sur les deux patins en acier placés en avant. Au départ, le poids du conducteur fait soulever ces patins; l'appareil repose alors sur les crosses placées a l’arrière. Dès que le monocycle a atteint une certaine vitesse, le pilote redresse le cadre pour le rendre horizontal en portant simplement son corps vers l’avant; dans cette position, l'anneau seul est en contact avec la route.
- Pour virer, le conducteur n’a qu'a se pencher en dehors de l'anneau du côté de la corde du virage.
- La vitesse suffit a assurer la stabilité latérale de l'appareil en marche, comme s’il s'agissait d'une bicyclette ou d'un cerceau.
- Pour obtenir l'arrêt, le pilote coupe l'allumage et, lorsque sa vitesse a suffisamment diminué, il freine en se portant en arrière, ce qui a pour efïet de faire frotter sur le sol les patins postérieurs.
- En marche les patins ont une autre utilité : ils empêchent l'appareil de capoter ou de faire panache.
- Le rouleau que l'on remarque a l’arrière du cadre s'ajoute au poids du pilote pour contre-balancer celui du moteur et de l’hélice. Le déplacement du corps du pilote suffit ainsi pour faire varier au besoin l’inclinaison du cadre.
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- LA LUTTE POUR LA VIE CHEZ L’INSECTE
- Par Alphonse LABITTE
- PROFESSEUR AU MUSEUM I) HISTOIRE NATURELLE
- MBkrtiielot, dans une lettre publiée le 18 août 1877, par la Hernie • Scientifique, disait : « Il semble que les races humaines, dans leur évolution, obéissent a une loi fatale que nous révèlent les fourmis. »
- La loi fatale se résume a la lutte pour la vie : lutte pour vivre, lutte pour procréer. Nulle société mieux que celle des fourmis ne paraît, en effet, plus apte a démontrer, par la collectivité, un exemple plus frappant de solidarité, d’énergie, de travail, mais aussi de combats, de carnages et de vols. Tant que les hommes seront des hommes, et les fourmis des fourmis, la loi fatale, inexo rable, subsistera.
- La véritable science ne consiste pas seulement a faire l'analyse d'un animal mort, mais bien a connaître la vie de ranimai vivant, sa biologie, sa physiologie, sa psychologie. Disséquer un insecte, en déterminer la famille, la tribu,
- I.ARVE 1)E PROCRCSTE ATTAQUANT UN VKR Le Procrustes coriaceus est un grand carabe noir ; sa larxw se nourrit, comme l'adulte, de limaces, de vers de terre et d'autres animalcules 'nuisibles; aussi rend-elle de grands services aux cultivateurs.
- le genre, l'espèce,
- est assurément une science nécessaire ou la mémoire joue le rôle principal. Mais combien plus élevée et plus réfléchie celle qui dit le pourquoi de son existence; celle qui prend l'animal a son éclosion, le suit et l'observe méthodiquement jusqu'à sa mort, lui arrachant par des expériences renouvelées les secrets si troublants de son individualité!
- On sait qu’une fourmilière est composée de mères (quelquefois il ne s'en trouve qu'une seule), d'ouvrières,^ c'est-à-dire des neutres, des soldats et des esclaves. La fourmi est intelligente, laborieuse et comba-
- tive; il y a des guerres continuelles entre les fourmilières d'une meme espèce de fourmis et entre fourmilières d'espèces différentes; celles-là sont les plus sanguinaires.
- Le but de la guerre est le pillage; les vainqueurs enlèvent les larves et les nvm-phes des vaincus et les emportent dans leur Ktat pour en faire des esclaves.
- de ne citerai que deux ou trois exemples de ces combats meurtriers :
- La fourmi des gazons Tetramoriurn car-fiitum se sert du dard et du venin a contre ses ennemies.
- La fourmi géante : Cam-bonotus herculancus fait usage de ses mâchoires nec lesquelles elle coupe les tètes, les t h orax, les pattes de ses adversaires, leur infligeant, q u a n d elle ne les tue pas, d'épouvantables mutilations.
- Une espèce de l'Amé t ique du Sud du genre Kciton, très carnivore, appelée c o m m u n é-
- ment fourmi chasseresse^ s’en va par bandes innombrables,- comme en un vaste exode, pour a 11 a q u e r courageusement les grands et les petits animaux. Ces fourmis se jettent avec furie sur eux, détruisant insectes, reptiles et mammifères. Lorsqu'elles arrivent, ou plutôt lorsque leurs avant-coureurs annoncent leur arrivée, hommes, femmes, enfants, abandonnent leurs habitations, où elles pénètrent en masses serrées; bientôt toutes les maisons d’un village sont purgées des moustiques, punaises, blattes, scolopendres, scorpions, serpents, rats, etc., qui étaient venus s v retirer.
- Mais, je l’ai dit déjà, c'est entre espèces difrérentes que les combats sont les plus meurtriers, qu’ils prennent un ca-
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- proies vivantes ; celles-ci fipaies. Le Vespa crahro
- y a ct è re plu s accentué de fureur et d'a char nement, et la lutte pour la vie chez
- la fourmi est une guerre sans merci.
- Beaucoup d'insectes, pour trouver leur subsistance, rendent d'importants services a l'homme. Nous venons de voir à l'œuvre la « fourmi-chasseresse ». Les carnassiers et les parasitaires nous sont d'une utilité incontestable. La lutte qu'ils ont à soutenir pour assurer leur existence ou celle de leur progéniture est terrible; pour vivre ou faire vivre leurs enfants, il faut qu'ils tuent. Leur férocité est inouïe, leur cruauté est horrible; la loi fatale les rend inexorables.
- Parmi les espèces qui tiennent le premier rang dans ces carnassiers, je dois citer toutes celles de la famille des carabidés, a l'exception du zabre bossu (Zahrits cjibbus\ qui se contente de ronger les chaumes du blé et du seigle et du Ditomus qui est phyto-phage. \
- Le calosome svcophante ( Calosoma \ SYCophanta), un très beau coléoptère cuirassé d'or, de rubis et d'émeraude, est l'ogre des chenilles processionnaires du chêne (Cnethocampa processinea) et du pin ( Cnethocampa pytiocampa). Ces chenilles ont des nids énormes qu’elles quittent pour aller s'alimenter ; elles en sortent en pro-c e s s i o n ,
- n’ayant q u' u n / seul chef de file, formant un long ruban composé souvent de plusieurs centaines 1 d’individus ; ce ruban animé se déroule sans discon- \
- FRELON (VESPA CRABRo) CAPTURANT UNE MOUCHE
- Cet insec te se distingue de tous ses congénères par la couleur rougeâtre de la partie antérieure de son corps ;
- l'abdomen est annelé de brun, de roux clair et de V\ jaune. C'est la plus grosse de nos guêpes. Le mâle mesure environ 24 m/ul, la femelle J0m/m et l'ouvrière (qui n'est ni mâle ni femelle) 22 u,/m. Le vespa crahro se nourrit de préférence de ont généralement des diptères : mouches, cousins* nourrit ses tarifes avec une bouillie faite de ces petits insectes.
- tinuité. Un calosome survient et bientôt la plupart des processionnaires sont éventrées, et le cortège n’est plus qu’une longue suite de cadavres et d'êtres se tordant dans la souffrance et dans l'agonie. Il arrive aussi que la femelle du calosome a fait sa ponte dans le nid des chenilles; les œufs ont donné naissance à des larves aussi carnassières que les adultes, et durant leur nymphose, elles ont déjà détruit un nombre considérable des habitants du nid.
- Le calosome inquisiteur (Inquisitor), plus petit que le précédent et de couleur brune, luisante, consomme aussi les chenilles et les petits insectes qu'il rencontre sur les branches de jeunes chênes, ou qu'il recherche sous les mousses, au pied des arbres.
- Le procruste coriace (Procrustcs caria-ceusj, à l'état larvaire, aussi bien qu'à l'état adulte, par gourmandise, fait la chasse aux vers qui se logent dans les racines des végétaux, surtout dans les terreaux où poussent les salades.
- C'est un grand insecte, aux élvtres noires et fortement chagrinées.
- Tous les carabes, comme de fiers cheva-iers errants, partent en guerre i contre les en n e m i s des agri-
- l)KU X CARABIDÉS ATTAQUENT UNE LIMACE
- Chez cet insecte, larves et adultes sont carnassiers et très voraces ; ils se nourrissent de larves, de vers, de limaces. Les carabidés comme les carabes laissent échapper, quand on s'en empare, un liquide qui répand une odeur très désagréable.
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- LA LUTTE POUR LA VIE CHEZ L 1SSECTE
- culteurs. Le carabe doré (Carabus aura-tus), nommé aussi soldat, vinaic/rier, jardinière, etc., selon les localités, ruisselant d’or vert, a une prédilection marquée poulies intestins de hannetons (Melolontha vuli/aris) ; il ne craint pas de s'attaquer à plus gros que lui. Il suit, il poursuit le pauvre hanneton, il le renverse, il en entame l’abdomen et se repaît avec délices de ses entrailles; il ne s’inquiète nullement des pattes qui s’élèvent et s'abaissent, ni des soubresauts de sa victime dont le supplice est atroce.
- La cicindèle champêtre (Cicindela catn-pestris) est aussi sanguinaire que son grand cousin le carabe; adulte, elle happe au vol
- (jrace à la rapidité de son vol, la libellule rejoint aisément dans l’espace ses proies ailées. Notre dravure la montre au moment où elle saisit un Piéride du chou, papillon blanc à taches \noires.
- un de ses mets favoris, le téléphore (Telephorus), les mouches, les petits coléoptères, les papillons, etc.
- Dans son premier état, la cicindèle champêtre emploie l’astuce pour capturer la proie nécessaire à son existence; elle se creuse une sorte de puits, en haut duquel elle se tient, la tête à ras du sol, masquant ainsi complètement l’ouverture. Si un insecte quelconque, une fourmi par exemple, vient à passer sans méfiance sur ce faux sol, la tête s'incline subitement, la fourmi tombe au fond du trou et devient la proie de l’astucieuse larve.
- Les Staphilinns dans leurs deux états actifs sont aussi sans pitié dans leur lutte pour la vie. LOcypus olens par exemple, au corps mou et allongé, ne possédant que de très courtes élvtres, formant - un justaucorps étriqué, mais lui laissant ainsi une grande souplesse dans les mouvements, part en guerre contre tout ce qui a vie autour de lui;
- il fait une grande consommation de vers de terre; il ne craint pas de s’attaquer au carabe, plus cuirassé que lui, mais moins leste. Le staphilin attaque donc le carabe tout simplement parce qu’il est friand de sa cervelle.
- Les Silphes, à la livrée funèbre, font disparaître les petits cadavres en les dévorant, mais une seule espèce, le silphe à quatre points (Silpha 4 punctata), vêtu d’un vêtement couleur jaune clair, orné de quatre taches noires (deux sur chaque élytre), poursuit les chenilles vivantes, les tuant en les mangeant lentement, malgré leurs contorsions et leurs tentatives de fuite.
- Les Téléphores, victimes des cicin-
- C'.KTTK LIBELLULE CAPTURE AU VOU UN PAPILLON
- dèles, sont eux-mêmes des brigands qui assassinent des êtres plus faibles qu’eux pour s’en repaître; ils égorgent les moucherons et les petites larves qu’ils surprennent sans défense.
- Un petit carabidé, le bombardier (Bracchinus exploitons), dans sa lutte pour la vie a un moyen original de défense contre les gros insectes qui le poursuivent pour le croquer; il leur tin des coups de canon. Par l’anus il fait exploser une vapeur irritante qui met en fuite l’agresseur.
- Le l)riles(Drilns/lavescens), les lumineux vers luisants (Lampiris noctiluca), qui semblent si inoffensifs les beaux soirs d’été, aux yeux émerveillés du promeneur, dans leur état larvaire assassinent les escargots, particulièrement l'Hélix nemoralis, mangent leur chair, puis s'établissent dans leur coquille pour s’v métamorphoser à l’abri des intempéries et des cambrioleurs.
- Toujours dans le monde des coléoptères.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- nous trouvons les Dytiques, les Cybisters, les AciliuSj les Gyrins, etc., qui tous sont des insectes aquatiques; leurs mœurs sont celles des requins; le dytique en particulier a été nommé le « requin des insectes ».
- Le dytique bordé (Dysticus mcirginalis) est d’une voracité inouïe. Le corps ovalaire, aplati, les élytres lisses et tranchantes poulie mâle, cannelées pour la femelle, des pattes semblables à des rames, celles antérieures du male puissantes, armées de crochets, munies de ventouses qui les font adhérer fortement aux corps qu'elles tiennent ; une solide mâchoire, une agilité extrême, tel est le physique du dytique. Ouant à son caractère, il est intelligent, il est susceptible d'apprivoisement. Pendant trois ans, j'en ai conservé un qui observait tous mes mouvements; il vovait très bien la mouche que je capturais â son intention, et venait la prendre délicatement au bout de mes doigts, mais cet insecte est cruel; dans l'eau qui est son élément, il poursuit tous les êtres qui s'agitent autour de lui : insectes aquatiques, têtards, grenouilles, poissons; il ne craint pas de s'attaquer â ces derniers, géants comparativement â sa taille; il s’installe sur leur dos, sous leur ventre; malgré leurs débats et leur fuite, il ne lâche pas
- prise et les dépèce avec acharnement. Lorsqu’il a dépeuplé une mare, il la quitte en s’envolant, pour aller s’abattre et s’établir dans une autre où il recommence ses exploits meurtriers.
- La larve du dytique n'a rien â envier â l'adulte, elle est aussi sanguinaire que lui.
- Legrand hydrophile brun (Hydrobhilus piceus) est un coléoptère herbivore, mais devient carnivore dans ses moments d’appétit. Sa larve dédaigne les salades et les cressons, mais elle fait ses repas avec des petits mollusques.
- Hile lutte par l'astuce contre ses ennemis qui sont nombreux et qui la recherchent pour son corps grassouillet â la chair succulente. Si un gros poisson, un dytique ou sa larve, lorsqu'elle est au fond de l'eau, s'approchent pour l'attaquer, elle s'entoure aussitôt d'un liquide noir qu'elle émet de son corps, troublant l’eau et lui permettant d’échapper au danger qui la menaçait. Hile agit de même si, â la surface de l’eau, un oiseau fond sur elle, puis elle se fait llasque, inerte, comme morte, et l'oiseau s'envole, dédaignant un si piteux cadavre.
- Chez les searites, je prendrai pour type le scarite géant (Searites gigas) massif et trapu,
- CKTTi: JNOFFKNSIVK ÜMACli FOURNIT A UN CARAHl- DORK UN RFFAS FANTAURUKLIQUF Le carabe, comme beaucoup d'autres insectes, donne un démenti au prox>crbc, qui veut que les petit bêtes ne manqent pas les grosses. Le carabe doré chasse au grand soleily alors que la plupart d autres carabes sont nocturnes et se cachent, pendant le jtniry sous les pierres ou les touffes d'herb
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- i.Avimi'i: dks carahks kst ti:i.u: qr’ii.s knsrvkussknt i.a prou-; ni: i.kcr ron.i:
- Un carabe a découvert une limace et l’a attaquée, mais bientôt un grand nombre de ses congénères viennent partager sa proie ; puis un procruste se joint aux ripailleurs ; c'est la curée et bientôt il ne reste plus de la limace qu'une masse gluante où les gloutons sont plongés à moitié. (Film Eclair.)
- coléoptère fouisseur. On le rencontre sur le littoral méditerranéen, ne sortant guère de son terrier que le soir ou par les temps orageux. Sa grosse tète est armée de deux fortes mandibules, cisailles qui se croisent, aux lames robustes et coupantes; malheur à l’insecte qui, sans méfiance, circule aux environs où l’ogre est à l’affût. I)’un bond, le scarite se jette sur lui, ouvre et referme ses cisailles, et l’imprudent promeneur ne forme plus que deux tronçons. Entre eux, ces insectes se livrent des combats meurtriers ; leur buste étant très mobile, deux adversaires se campent l'un devant l'autre, le corselet très relevé, presque à angle droit, les mandibules largement ouvertes. L’un et l’autre cherchent le défaut de la cuirasse qui est l’attache reliant l'abdomen au thorax, et si l'un d'eux ne pare pas assez vite le coup porté par son antagoniste, il est coupé en deux; le vainqueur alors dépèce ce corps fragmenté, choisissant les organes qui tentent le plus son appétit.
- Au début de cet article, j’ai parlé des fourmis; ces hyménoptères (insectes à quatre v
- ailes membraneuses) ont pour proches parentes, les abeilles. Tout le monde sait que ces filles du soleil ont une organisation sociale admirable. Travailleuses modèles, elles ne sont pas combatives, à moins d’attaques directes contre elles ou contre leur ruche; dans ces deux cas, elles se défendent avec courage. Cependant, à un moment donné de leur existence, elles se montrent sauvagement cruelles.
- La lutte qu elles soutiennent pour la vie leur commande impérieusement de sacrifier toutes les bouches inutiles.
- Lorsqu’il n'y a plus de fleurs à butiner, quand les vivres amassés pour l’hivernage ne leur paraissent pas suffisants pour nourrir la république, alors, impitoyablement, elles poignardent tous les mâles qui, jusque-là, vivaient paisiblement, mais paresseusement au milieu d’elles. Elles ne font aucun quartier; bientôt des centaines de cadavres jonchent le sol, puis sont jetés hors la ruche. Pour vivre, la loi fatale les a forcées à supprimer toutes les bouches inutiles, tous ceux qui ne travaillaient pas pour vivre. Quelle
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- leçon donnée aux hommes par ces humbles bestioles!
- Cousines germaines des abeilles, les guêpes établissent des sortes de phalanstères, des nids en commun, où sont élevés les jeunes. Celles qui pourvoient à la nourriture de ces derniers, leur apportent en même temps que des matières sucrées, des insectes, des parcelles de viande volées aux étalages des bouchers ou sur les tables des cuisines. Insectes ou viandes sont triturés par des nourrices (guêpes emplissant ces fonctions); elles en font une espèce de bouillie qu’elles ingurgitent aux larves dans leurs berceaux.
- Le frelon ( }'espa crabro), pour élever ses petits, fait la chasse aux papillons, aux mouches, et même aux abeilles. Afin de trans-
- mantk Kia.uaia si-; <;i<h;notant i ni: sautfkki.u;
- On rencontre sot/vent la mante re/ic/ieuse clans la forât de Fontaine hlean, quoique son habitat soit surtout le midi de la France. La femelle est fiarticu/ièrement cruelle ; son mâle même ne trouxie pas (J race devant sa férocité et elle ne se fait aucun scrupule de le déziorcr.
- porter facilement ses victimes quelquefois encombrantes, surtout par le vent, il leur coupe les ailes et les pattes, quelquefois l’abdomen, le thorax étant le morceau le meilleur et le plus à sa convenance.
- Le Philante apivore est spécialement un ravisseur d’abeilles; lorsqu'une de celles-ci se pose sur une fleur, pour en recueillir le pollen, elle est toute à sa récolte, elle n’a cure de ce qui se passe autour d’elle, sa besogne l’obsède. Le philante qui l’observe en voletant, avec une sorte d’insouciance, comme indifférent à la présence de l’active butineuse, tout à coup fond sur elle, la retourne sur le dos et lui enfonce son épée dans le corps. L’abeille se débat un instant, meurt, et l’assassin prenant son cadavre dans ses pattes, l’emporte en s’envolant, et va le donner en pâture à sa progéniture.
- Les Eumônes sont des guêpes solitaires. L’adulte ne vit que du nectar des fleurs, mais leurs larves pour vivre ont besoin de proies vivantes; elles sont apodes, c’est-à-dire qu’elles n'ont pas de pat -tes, par conséquent, elles ne peuvent pas non plus aller à la recherche des victuailles. C’est encore la mère qui se les procurera et en garnira le garde-manger des enfants. La bonne mère s’en va donc à la chasse, et, lorsqu’elle a trouvé le gibier nécessaire à la vie des siens, elle le pique de son aiguillon, non pour le tuer, mais pour le plonger dans un état léthargique qui lui conservera sa fraîcheur en lui retirant toute velléité de défense. La jeune larve pourra ainsi déguster une chair toujours vivante, ne touchant aux organes essentiels de la patiente que lorsqu’elle est en état de se métamorphoser; jusqu'à ce moment, la pauvre petite victime souffre et endure les milliers de morsures de la tortionnaire gloutonne.
- Le Crabro ccp/ia/otcs,
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- SCOI.ORKNDRK DKVOUANÏ I.K CORI’S ARAKi.NKK
- La scolopendre est an myriapode (mille-pattes) qui vit surtout dans les pays chauds; on ta rencontre cependant an peu partout en France; elle chasse tons les insectes à téi/uments nions ; sa morsure est venimeuse et peut être très dangereuse pour l'homme.
- avec ses fortes mandibules, creuse son nid dans le bois mort. Dans chaque cellule du nid, il pond un œuf; pour nourrir la larve qui en sortira, il va à la recherche des dvptères, les larde avec son aiguillon, puis il les emporte dans son nid où il les emmagasine sur son œuf.
- La larve du Cerceris are-ttaria, celle du C. arvensis, consomment des charançons apportés dans leur nid par leur mère.
- Les Pompiles, à mandibules bidentées, courent sus aux araignées errantes généralement, mais quand celles-ci sont rares, ils ne craignent pas d’aller les chercher sur leur toile. Le Potnpilus fusais, par exemple, lorsqu'il attaque une araignée Kpeire, se pose sur le bord de la toile. L’araignée sort de sa retraite, croyant au piégeage d’une victime, mais apercevant le redoutable et hardi visiteur, elle est saisie d’effroi et voudrait s'enfuir. Mais le bandit ne lui en donne pas le temps, il fait un bond sur elle, la perce de son dard, et la pauvre araignée blessée à mort, tombe sur sa toile.
- L'assassin lui coupe la tête et les pattes puis l’emporte dans son nid.
- Le Sphex flavipennis poignarde les grillons; le Sphex alhisecta, les criquets.
- L’ammophile des sables (Ammophili sahulosu) recherche spécialement les grosses chenilles de papillons de nuit (sphinx).
- La Scolia hortorum (la scolie des jardins) pourchasse les énormes larves d'Orvctcs (le rhinocéros) et celles des hannetons, pour les donner en pâture à ses petits.
- La Scolia hiancta a des enfants qui ne mangent que des sauterelles, et la Scolia proccra les alimente avec des ventrus orthoptères.
- Les larves des Cholcidiens sont cruellement carnassières; écloses d’œufs pondus par la mère dans le corps même d’une chenille en pleine santé, elles se nourrissent de ce corps, y prennent tout leur accroisse-
- ment, s’y nymphosent et n’en sortent qu’à l’état d'insectes parfaits.
- ht pendant toute cette période de croissance des larves, la pauvre chenille continue à vivre, à manger, à se transporter d'une plante à une autre. La femelle hvménoptère a eu la précaution de ne blesser aucun organe essentiel à la j vie de la chenille; les petites larves respectent d’abord ces organes, elles ne s'attaquent qu’au tissu graisseux qui entoure le canal intestinal, ce n’est que lorsqu’elles sentent venir le moment de se transformer, n’ayant plus besoin d’aliment, qu’elles donnent leur dernier coup de dent
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- EXECUTION D UNE ABEILLE l'Il.I-ARDi:
- i ;
- Une ruche privée de reine s’appet u v rit ; on dirait que les abeilles n’ont plus le cou rat/e de travailler ; certaines d’entre elles n’hésitent pas môme à déserter et, pour se nourrir, elles vont voler le miel dans les ruches prospères ; tuais les propriétaires de la maison fortunée ne l'entendent pas ainsi ; elles chassent les pillardes et les tuent même à l’occasion. Nous assistons ici à une de ces exécutions ; une abeille travailleuse, dont la poche à venin est entièrement sortie de l’abdomen, enfonce son dard dans leçon de la pillarde qui, désemparée, ne cherche même pas à se défendre.
- qui termine l’existence de la chenille, dont le lent supplice a été horrible.
- La Coruna clavata (corune à massue), joli petit hvménoptère à la parure verte, a des enfants qui se nourrissent des enfants d’un minuscule Braconide qui, lui-même, se régale de pucerons.
- Les femelles d’Ichneumons sont constamment à la chasse des chenilles pour déposer leurs œufs dans leurs corps. Chaque espèce a son mode particulier pour trouver et capturer ses victimes, qu elles soient abritées dans le tronc des arbres, enfoncées dans le sol, ou volant en plein air: elles n’échappent jamais!
- Le Pim fila manifestator recherche les chenilles nocturnes au fond des cavités où elles se cachent. L’Ichneumon cartiijator préfère les chenilles de papillons diurnes, comme 1'1. ambiilatorius et IV. f) rot eu s. Le fœneus ejaculator attaque les larves des guêpes et des abeilles. L'Evama Desjar-
- dinsii dépose ses œufs dans le corps des blattes. Les larves de mutilles dévorent celles des abeilles solitaires, etc., etc.
- Le PeloJ)ée tout rieur {Pelopœus spi-rifex), joli hvménoptère habillé de noir, à long et fin pédicule jaune, se construit un nid avec du sable et de la terre qu’il agglutine avec sa salive. Ce nid renferme cinq ou six cellules toutes approvisionnées d’araignées Epeires ou argyopes que la mèrepelopée a poignardées et données en pâture à ses petits. J’ai compté plus de vingt araignées par cellule.
- Comme on le voit, l’ordre des hyménoptères se compose d’une immense tribu composée de quelques familles honnêtes et industrieuses, mais la plupart des autres sont composées de bandits, de bourreaux et d’assassins; ne leur jetez pas la pierre, c’est la nécessité de l'existence qui les rend ainsi.
- Dans l’ordre des névroptères, le Myrmeleo
- LE PHILANTHE
- aimvore
- Comme son nom nous l’indique, cet insecte est un « man-qeur d'abeilles ». Il rôde autour des ruches ; lorsqu’il aperçoit une abeille occupée à butiner, il fond sur elle à l’improviste, la retourne vivement avec ses mandibules et lui enfonce son aiguillon dans l’abdomen. Cette piqûre ne tue pas l'abeille, mais l’engourdit. Le philanthe porte alors sa proie dans son nid et en nourrit ses larves.
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- IÆ CALOSOME EST UN GRAND DESTRUCTEUR DE CHENILLES
- Le Calosome sycophante est fient-être notre plus bel insecte. Son corselet est du plus pur bleu deprusse, et ses élytres ruissellent d'or, d'émeraude et de rubis ; sa nourriture préférée est le corps de la chenille ; il fait de cet insecte une consommation énorme, car il tue aussi pour le plaisir de tuer. Le calosome est donc un précieux auxiliaire de l’arboriculture,
- formicarius (fourmi-lion), est un élégant et svelte insecte, ayant une grande ressemblance avec les libellules dont je parlerai tout à l’heure ; sa larve est trapue, elle a le vague aspect d’une araignée. Hile est fort intelligente. Pour vivre, il lui faut de petites proies, des fourmis principalement. Pour s’en procurer, elle creuse dans un sable fin, aux endroits exposés au soleil, une sorte de terrier-piège, en forme d’entonnoir.
- J’ai dit autre part (voir Mercure de France, années 1910,
- 1911 et 1912) comment elle travaillait le sable et de quelle manière elle parachevait son œuvre en tours de spires. Astucieuse, elle se dissimule dans le sable, au fond de l’entonnoir, ne laissant dépasser que sa tête, qui est armée de deux mandibules acérées.
- Quand un insecte, une
- fourmi, vient à passer près de son'piège, elle l’aveugle par une pluie de sable qu’elle lui lance du fond de son embuscade et l’imprudente p rom eneu s e, étourdie, glisse au centre de l’entonnoir où elle est immédiatement saisie, sucée et sa dépouille rejetée au dehors.
- La larve du Mvrmeleo libelluloide et celle de l’Asctilaphe ressemblent beaucoup à la larve du fourmi-lion, mais elles ne creusent pas de pièges ; elles s’embusquent généralement sous les pierres, et, comme des tigresses à l’affût, font un saut sur la proie qui passe à proximité; puis, elles la sucent jusqu’à ce qu elle ait cessé de vivre.
- Les fines et gracieuses demoiselles (libellules), au vol léger et rapide, aux ailes délicates, mais possédant de solides ""nervures, à l'apparence inoffensive, sylphides nageant dans l’éther, les gentes demoiselles sont d’horribles mégères. Dans leur lutte pour la vie, elles doivent donner la mort aux petits êtres ailés qui les entourent; même dans leurs deux précédents états, celui de larve et celui de nvmphe, elles exercent ce métier sanguinaire. Cette larve et cette nymphe habitent
- • LE MANGEE UAR DES LARVES d’iCHNEUMON L'ichneumon dépose ses œufs dans le corps des abeilles ; les larves qui en éclosent vivent aux dépens des parties graisseuses de leurs hôtes. Lorsqu'elles se sont développées, et vont se transformer en nymphes, elles s’attaquent aux organes essentiels, ne laissant plus de la chenille qu’une dépouille inanimée et criblée de trous.
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- u: scaritk chasse roi s u:s insectes gui passent a sa portée Le Scarite <»ij>as est un insecte du littoral méditerranéen ; en voici ici un sf>ecimen africain; il ne vole pas. Avec ses mandibules il coupera en deux la féronie qu’il pourchasse, puis la dévorera.
- I. INSTINCT CARNASSIER DU CARABE EN FAIT UN ENNEMI DES AUTRES INSECTES // n est pas rare de rencontrer dans les champs un carabe poursuivant un hanneton ; en un clin d œil il réventre, le retourne et se repaît avidement de ses entrailles.
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- les eaux des étangs, des mares, des ruisseaux. Pour atteindre ses victimes, la larve possède une sorte de bras armé de fortes pinces dentelées, qu’elle dissimule par un jeu de pièces articulées. Elle détend ce bras avec vigueur sur la proie qui passe à sa portée, la happe, la porte à sa bouche et la dévore. A l’état adulte, la jolie libellule poursuit au vol les mouches, les papillons, surtout les Piérides qui s’aventurent aux lisières des bois ou aux bords des étangs. Les fortes mandibules qui ornent sa grosse tête, aux yeux énormes, font leur office meurtrier en déchirant les corps fragiles des blanches Heurs ailées.
- Parmi les Orthoptères, il en est un de la famille des Mantides, qui est particulièrement hypocrite et cruel. Appuyé sur ses quatre pattes postérieures, perché sur une branche d’arbrisseau ou posé à terre, le haut du corps généralement redressé, les pattes antérieures relevées et comme jointes, pattes garnies de crochets et de dures épines, cet insecte immobile semble être en prière. C'est la mante religieuse, le prie-dieu (priga-Diou des Provenceaux). Cette mante semble donc religieusement recueillie et comme en extase. Mais qu'un grillon, une sauterelle, une mouche viennent à passer, les deux pattes qui priaient se détendent comme deux ressorts et les passants sont happés et grignotés immédiatement par la méchante hypocrite.
- Bien mieux, pour attirer, hypnotiser ses victimes la mante simule le spectre; elle déploie ses ailes comme Loïe Fuller déploie ses voiles, elle les fait vibrer d’un mouvement fébrile, tel agit l’épervier envers la pauvre alouette; sa tête tourne imperceptiblement vers la victime qu elle fascine et qui ne s'enfuit plus mais au contraire, se rapproche de son bourreau; avec la promptitude de l'éclair, la mante la saisit dans ses tenailles épineuses et la mange.
- Les Syrp/tes sont des diptères — des mouches — de forme allongée, élégante, dont l'habit est orné de taches et de bandes jaunes. Leurs larves chassent les petites chenilles et les pucerons pour en faire leur nourriture. Adultes, ils ne vivent que du nectar des fleurs. La larve du Syrphns Inconnu et celle du Svrphus pvrastri sont des plus voraces; elles détruisent les pucerons par milliers.
- Un diptère du genre Leptis à l'état larvaire a les même mœurs que la fourmi-lion; aussi le nomme-t-on « ver-lion » ou « vermi-lion ». Cette larve du leptis a une petite tête effilée, mais elle est armée de deux
- in caram: Dont: ai iaoik lnk i.arvk Une larve de lamcllicontc s'étant aventurée éi montrer la tête hors du trou qu’elle habite dans la souche d'un chêne, un carabe t'a attirée au dehors et se met en devoir de la dépecer.
- Film lùlair.)
- mandibules en forme de dents. Elle creuse aussi un entonnoir, mais beaucoup plus étroit et plus profond que celui du névroptère. De ce rçpaire, elle s’élance avec une extrême agilité sur la proie qui s v aventure, elle l'enlace comme un petit serpent, puis en fait son repas.
- Les Volnccllcs sont des mouches qui, pour s'introduire facilement dans le nid des bourdons, s’habillent comme ceux-ci. Le Volncelhi hottthylans par exemple, donnant le change par son déguisement aux propriétaires du nid, y pénètre sans attirer l'attention pour y déposer ses œufs. Les larves qui en éclosent font bombance avec les provisions ap-
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- portées par les bourdons et même avec les enfants de ces derniers. En même temps que le pillage, elles apportent la tuerie dans les demeures tranquilles de ces bourdons si confiants!
- Dans la section des Créo^hiles, je dois citer les tachines, mouches dont les femelles déposent leurs œufs sur les chenilles. Lorsqu’elles éclosent, les petites larves trouent la peau de la chenille, pénètrent dans le corps en s'alimentant de sa substance graisseuse et ne l’abandonnent qu'après leur entier développement. Elles font ainsi endurer à leur victime un long et douloureux martyre qui ne se termine qu’à la mort de la malheureuse parasitée. Le Tachina vu Ig a iis est une espèce très commune dans toute la France. Le Tachina férox, du genre Echinomya, est remarquable par la grosseur de son corps et les soies rigides dont il est hérissé. Toutes ces mouches, à l’état parfait, se nourrissent du nectar des fleurs.
- Dans cette lutte pour la vie, la majorité des diptères occasionnent des méfaits dont l’homme est victime, ils le lèsent, le blessent et le tuent de cent manières différentes. Je crois inutilede parler ici de la mouchedomes-
- tique que tout le monde connaît et qui vient d’avoir l’honneur de l’affichage ministériel dans toutes les communes de la France.
- Je dois cependant mentionner encore quelques méfaits des Musciens (mouches). La femelle de XŒstrus cqui (l’œstre du cheval) fait sa ponte dans les poils du cheval et sur la partie du corps qu’il peut atteindre avec sa langue. Lorsque, par suite de l’incubation de l’œuf, l’animal éprouve une démangeaison, il se lèche, et, par cette action, il avale les œufs qui passent avec sa salive dans son estomac. Là, les jeunes larves éclosent, elle s’accrochent par des épines garnissant leurs anneaux aux parois de l’estomac où elles absorbent une grande partie des sucs gastriques. Quand elles ont atteint toute leur croissance, elles se laissent entraîner dans l’intestin d’où elles sont rejetées avec les excréments : elles vont alors se nvmphoser dans le sol. Lorsque ces larves sont nombreuses, elles épuisent le cheval et arrivent à occasionner sa mort.
- C’est sur les naseaux du mouton qu’une autre œstre pond ses œufs. Les larves qui en éclosent passent dans les naseaux puis dans les cavités crâniennes. L’animal, comme un
- CETTE MANTE RELIGIEUSE PORTE A SA BOUCHE UNE MOUCHE Qu’eEEE VIENT DE CAPTURER La mante religieuse, ou « Prie-Dieu » se caractérise par ses pattes antérieures, qui sont préhensives. Plie reste aux aguets sur les feuilles et les buissons, les pattes relevées et dirigées en avant. Quand une proie se présente, la mante se glisse vers elle, et la saisit dans une de ses pattes ravisseuses, entre la jambe et la cuisse, pour ramener jusqu à sa bouche et s'en repaître.
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- UN DVTIOl’i: DÉVORE l’N TRITON ÇHMU MAINTIENT ENTRE SUS FORTES MANDIHU LUS Cet insecte appartient à une famille de Coléoptères carnassiers ; il vole la nuit et recherche, pendant le jour, les eaux stagnantes et boueuses oit il trouve à satisfaire son extrême voracité.
- U N K ARAIGNEE LIGOTE UNE GUÊPE AVANT DE U EMPORTER AU FOND DE SA RETRAITE Pour se rendre maîtresse d'une guêpe, une Epeire, araignée commune de nos jardins, entoure rhyménoptère d'un réseau de fils gui en paralyse les mouvements,
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- l’Ni; LARVi: DK DYIIOl’i: SAIM’RKTANT A DKVORKR L’NH KPINOCIIK D'une voracité égale à celle de l'adulte, la larve de ce coléoptère carnassier, chasse dans l'eau tous les êtres qui ont vie, y compris des poissons d'une certaine taille. Nous la voyons ici, les mandibules largement ouifertes, et prête à saisir une épinoche qui excite sa convoitise. L'adulte de cette espèce
- d'insectes est aussi bien organisé pour voler que pour nager.
- fou, tourne sur lui-même et, s'il manque de prompts secours, il tombe et agonise bientôt.
- Sur les vaches et sur les jeunes bœufs (de préférence aux vieux), la femelle de Y JIvpo-derma bords fait sa ponte. Elle fait pénétrer ses œufs dans la peau de l'animal au moyen d’une tarière dont son abdomen est muni. Aussitôt il se forme une tumeur dans laquelle vit la larve, en se sustentant des tissus du derme. Les peaux des animaux atteints sont très dépréciées a cause des nombreux trous dont elles sont parfois criblées.
- Le Lucilia hominivorax (ver macaque) est plus dangereux; il a souvent occasionné la mort de l'homme. Malheur à ce dernier, si, au grand air, il se laisse aller au sommeil, dans les régions humides et chaudes du Mexique ou de la Guyane. La femelle de cette mouche dépose ses œufs dans la bouche, clans les veux, dans les narines du dormeur. Ecloses, les larves, munies de crochets et de mandibules
- très aigus, s'en vont jusque dans les tissus frontaux. Si les secours manquent de promptitude et d'énergie, le dormeur ainsi attaqué meurt dans d'atroces souffrances: les paupières, les gencives, la gorge gangrenées et tout le système vital atteint.
- Enfin les Glossincs et, parmi elles, la Glossina morsitans, sont des insectes des plus redoutables; c'est la Tsétsée ou la mouche Zimb. Les plus forts, les plus grands animaux de l'Afrique Centrale devant elle sont saisis de terreur et s'enfuient. Tous sont exposés aux piqûres empoisonnées de cette buveuse de sang.
- Les taons du bœuf ( Tabulais bovinus) font des piqûres douloureuses aux bœufs, aux chevaux, même aux lions, dans les régions torrides et aux rennes dans les régions glaciales; tous ces animaux sont terrorisés à l'approche de cette mouche qui perce leur peau et boit leur sang.
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- On sait, enfin, combien les moustiques, au Brésil et clans toute l'Amérique du Sud, ont provoqué, par leurs piqûres, de maladies contagieuses, de souffrances et de mortalité.
- Mais il me faut abréger cette longue nomenclature d’insectes obéissant à la loi fatale. Je parlerai donc brièvement des hémiptères. Je dois pendant signaler dans cet ordre d’insectes le Noton-ecta g lança qui vit dans les étangs et les ruisseaux. Pour vivre, il tue les autres insectes qui se meuvent sans méfiance autour de lui; il plonge son bec acéré dans le ventre d’un têtard ou dans celui d’un jeune poisson.
- Les Nepacinc-rea (scorpions d’eau) marchent au fond de l’eau et saisissent leur proie avec leurs longues pattes comme fait aussi X llydromctra sta-gnarum.
- Un hémiptère cjui la nuit tourmente l’homme, la punaise des lits (cimcx lectnlarins), est trop connu pour que j’en parle ici, mais il est bon de savoir qu’il devient la proie d’un autre insecte de son ordre, le Redhnus personatus, intelligente petite bête qui, à l’état larvaire, s’affuble d'un dégui-
- sement fabriqué avec de la poussière, des toiles d'araignées, des « moutons »>, afin de s'approcher facilement de la punaise. Arrivée à son but, elle se jette à l'improviste sur elle et la perce de son bec imprégné de venin.
- Toutes les araignées se nourrissent de
- proies vivantes
- Les Myriapodes (mille-pieds ou mille-pattes) pour vivre s’attaquent aux êtres vivants, les martyrisent et les tuent.
- mange
- les mouches, le Scolopendre mange l’arai-gn ée. Le Jdthobius for-cipatus (lithobée à tenailles), ce mille-pattes très commun dans nos jardins, attaque, poursuit les petits insectes aux téguments mous les larves, les chenilles, les vers, etc. Sa bouche armée de crochets empoisonnés s'ouvre et se referme sur les pauvres petites bestioles, qui tombent comme foudroyées.
- Ainsi, d'un bout de la vie à l'autre, pour leur existence, la majeure partie des insectes torturent, tuent et massacrent, obéissant à la loi fatale qui régit l'humanité.
- Alphonse Lauittk.
- Si l'araignée
- t'N v!-:r m: tkrrk in MAI'VAISI-: i’OSTURK Le procruste est F un des insectes les plus carnassiers. Il recherche particulièrement les vers de terre et nous le voyous ici sur le point d'en déziorer un ; les contorsions de sa proie ne l'empêcheront pas d'en venir vite à bout.
- DEUX FOIS PLUS PUISSANT QUE LA DYNAMITE
- Un officier de la garde nationale de New-York, a découvert un explosif, deux fois plus puissant que la dynamite, et d’une manipulation beaucoup plus sûre. Cet explosif a reçu le nom de trotol. Rien ne peut le faire détoner,sinon lefulminate de mercure placé en contact direct avec lui.
- Au cours d’essais effectués au fort Wads-worth (Etats-Unis), on a constaté qu’une charge de trotol renfermée dans un obus de 305 mm, tiré sur une plaque de blindage placée à 850 mètres de distance, n’explosait pas malgré la violence du choc.
- En apparence, le trotol ressemble assez à de la cassonade mouillée; il est fabriqué en bâtons. Contrairement à la dynamite, il peut rester immergé dans l’eau sans perdre ses qualités explosives.
- C’est tout à fait par hasard que le trotol fut découvert. L’officier américain parcourait un livre allemand donnant jusqu’à 2000 formules pour la fabrication des poudres et explosifs. C’est en expérimentant quelques-unes de celles qui lui semblaient particulièrement intéressantes, qu’il obtint le nouveau corps.
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- LE BAIN D’UN ÉLÉPHANT CAPTIF REVIENT A 1 500 FRANCS
- Liis éléphants aiment à se baigner fréquemment. En Afrique et dans l'Inde, où les rivières, les fleuves, les étangs abondent, la chose leur est facile; il n’en est pas de même pour leurs malheureux congénères captifs, que certains cirques exhibent de ville en ville, à la grande joie des populations. On n’imagine pas très bien, par exemple, les éléphants d’un cirque prenant leurs ébats en Seine, au milieu des lavoirs, des péniches et des bateaux-mouches !
- Il est cependant nécessaire de soumettre de temps à autre l’éléphant captif à un lavage méticuleux. Ce n’est pas chose facile.
- Le bain exige le concours de trois hommes et coûte en moyenne 1 500 francs!
- On commence par enduire le corps immense de l’animal avec du savon blanc de première qualité; il en faut environ 70 kg; puis on savonne avec ardeur à l’aide
- de bonnes brosses en chiendent; le lavage des oreilles est particulièrement soigné. Après rinçage et séchage, l’animal est passé au papier de verre, puis on le frictionne sur tout le corps avec de l’huile d’olive très pure, jusqu’à ce que sa peau couleur gris souris acquière une grande souplesse et un beau brillant. Cette dernière opération est de beaucoup la plus onéreuse, car elle nécessite l’emploi d’une quantité d’huile valant au bas mot 750 francs.
- Si cher que soit ce traitement, qui ne dure pas moins d’une semaine, le manager ne craint pas d’en supporter les frais, pour maintenir en bonne santé un éléphant de valeur. On sait, d’ailleurs, que le prix de ce superbe animal tend à augmenter de plus en plus, en raison de la façon aussi sauvage qu’inepte dont on poursuit systématiquement sa destruction.
- CE SIDE-CAR EST UNE VÉRITABLE VOITURETTE
- 0.\ a pu voir fonctionner récemment à Berlin un side-car capable de transporter quatre personnes. Cet engin est constitué par une motocyclette, munie d’un moteur de huit chevaux, accouplée à une sorte de voiturette pourvue du même confort que les véritables automobiles. L’ensemble est dit-on léger, rapide et facilement manœuvrable.
- I N
- SIDK-CAR Ol I
- I li A N S -PORT!-:
- Ql A l Ri: PRRSON.MS
- Des constructeurs londoniens séduits, par cette nouvelle conception du side-car, en ont mis quelques-uns en fabrication, en vue de lan.cer l’appareil sur le marché. Mais une question nous semble s’imposer : la voiturette légère n’est-elle pas à bien des points de vue préférable ? l’ensemble du nouveau,
- véhicule n’offre pas en effet, une silhouette très esthétique, et son prix d’achat finit par atteindre celui d’une voiturette à quatre roues qui, sans conteste, est beaucoup plus élégante.
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- PLUS D’ESSUIE-MAINS HUMIDES ET CRASSEUX
- MJ. Word, surveillant des établissements sanitaires • de la ville de Washington, a imaginé de sécher automatiquement les mains après lavage, à l’aide d’un courant d’air chaud, ce qui évite l’emploi des serviettes.
- Le premier appareil construit sur ce principe et installé dans un hôpital, s’est montré à la fois si efficace et si économique, que la Municipalité de Washington en a commandé toute une série au fabricant.
- Le sécheur de M. Ward est d’ailleurs extrêmement simple, voici en quoi il consiste.
- A l’intérieur d’un coffre en bois, percé à la partie supérieure d’une ouverture surmontée d’une sorte de petit capot dans lequel on introduit les mains, sont disposés deux minuscules foyers électriques, sur lesquels un ventilateur fait passer un courant d’air ; cet air, immédiatement réchauffé, s’échappe par le haut du coffre.
- Une pédale ferme à la fois le circuit du ventilateur et celui des foyers ; de la sorte, l’appareil ne fonctionne qu’au momentdeservir, et il ne peut y avoir gaspillage de courant.
- On comprend les nombreux avantages que présente l’emploi d’un semblable appareil au double point de vue hygiénique et économique. Il est très difficile, comme chacun sait, d’assurer l’asepsie parfaite des serviettes de toilette, précaution pourtant essentielle dans les hôpitaux - et autres établissements sanitaires. De plus, chaque serviette après avoir été aseptisée, ne peut servir qu’une fois, ce qui entraîne des frais de blan-
- chissage considérables et une usure rapide.
- Employé dans les administrations privées, le sécheur de M. Ward remplacerait avantageusement les essuie-mains mis à la disposition du personnel; il est bien rare, en effet, que ceux-ci, rapidement salis, et mouillés dès leur mise en place, ne restent pas humides pendant plusieurs jours avant d’être renouvelés.
- LES CITRONS ET ORANGES MOISIS NE SONT PAS PERDUS
- La section de chimie du Ministère de l’A-griculturedes Etats-Unis a trouvé récemment qu’on pouvait retirer de 6 à 24 kilos d’acide citrique par tonne d’oranges ou de citrons moisis, que les commerçants rejetaient jusqu’ici comme entièrement inutilisables.
- Etant donné le cours du produit ainsi
- obtenu, le bénéfice est appréciable. De plus, on peut extraire du zeste de citrons et de l’écorce d’oranges 60 0/0 environ des essences aromatiques qu ils contiennent et qui sont très recherchées pour la fabrication de l’Eau des Carmes, de l’Eau de Cologne et de nombreuses liqueurs digestives.
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- EN CAPTANT LA CHALEUR SOLAIRE, NOUS POURRIONS NOUS PASSER DE CHARBON
- Dans l’installation établie par M. Shuman en Egypte, près du Caire, les rayons du soleil sont concentrés par des miroirs sur des récipients longs et plats contenant de l'eau ; des plaques de verre protègent ces récipients contre les déperditions de chaleur. La vapeur Produite actionne une machine attelée à une pompe qui élève l’eau du Nil pour permettre l’irrigation de terres cultivées.
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- EN CAPTANT LA CHALEUR SOLAIRE, NOUS POURRIONS NOUS PASSER DE CHARBON
- Par André CROBER
- ’est presque une banalité de dire que le . soleil est la source de toute vie et de ^ tout mouvement à la surface de la terre. Sans remonter à l’hypothèse de La-place, qui ferait de notre globe une parcelle de matière, d’abord incandescente, puis peu à peu refroidie, qui se serait séparée presque fortuitement de la grande nébuleuse d'où est sorti tout notre système planétaire, nous trouvons l’action des radiations solaires à l’origine des différentes formes d’énergie que nous utilisons journellement.
- Nos combustibles, bois, charbons, pétroles, proviennent d’organismes végétaux ou animaux récents ou fossiles, qui n'ont pu naître et se développer que grâce à la chaleur et à la lumière que les rayons du soleil nous apportent. La houille blanche, déjà largement mise en œuvre, et qui semble appelée à fournir un jour tout le courant de nos villes, tire également de ces radiations, qui provoquent l'évaporation des océans, sa puissance sans cesse renouvelée.
- Dans ces processus complexes le soleil n’intervient quindirectement ; mais on a songé depuis longtemps à puiser à même dans son immense réserve d’énergie. Liée bien naturelle, puisque la quantité de chaleur
- qu’il rayonne chaque jour vers la terre est énorme et que son utilisation directe serait une source immense de richesses si on arrivait à trouver le moyen pratique de là transformer en mouvement pour les besoins de l’industrie.
- Le physicien Lançais Pouillet a trouvé que chaque centimètre carré de la terre recevait par minute 1 calorie 7633 (il s’agit ici de la petite calorie ; celle-ci est une unité qui représente la quantité de chaleur nécessaire pour élever la température de 1 gramme d'eau de 0° à 1° centigrade), ce qui revient à dire que chaque centimètre carré reçoit par année, du soleil, 231 000 calories.
- Ces chiffres supposent qu’on ne tient pas compte du pouvoir absorbant de l'atmosphère. Pouillet a calculé qu'une telle puissance calorifique suffirait à fondre en une année une couche hypothétique de glace qui recouvrirait la terre sur une épaisseur de 31 mètres.
- Kn réalité, il n'arrive sur un centimètre carré de notre planète que les 7/10 environ de ces 231000 calories qui y parviendraient, s'il n’y avait pas d'atmosphère. C'est encore beaucoup !
- On comprend, devant de tels chiffres,
- a i.’approciu: nu coueuuu nu soi.un. u;s apparkii.s sont trks i orthmknt incunùs Les châssis supportant l'ensemble des miroirs et des qénérateurs demeurent constamment face"au soleil (/race au mouziemenf /iroqressif d’inclinaison que leur communique l'astre lui-même, par /'intermédiaire d'un thermostat également exposé aux rayons solaires.
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- vi'i: o’lnsi-mbu-: ni: 1.'installation o’lssai établir bar m. shlman, près dk rhiladklpiiik Les générateurs tic vapeur étaient constitués par des récipients métalliques, contenant de l'eau, placés dans des coffres en bois ; ces coffres étaient couverts sur le dessus par deux lames de verre et pourvus de deux miroirs latéraux destinés à concentrer la chaleur sur les récipients.
- que des chercheurs audacieux aient tenté depuis longtemps d’utiliser la chaleur solaire, dans les divers cas où l’on a recours d’habitude à d’autres sources calorifiques.
- Plutarque, à propos de l’entretien du feu sacré par les vestales, nous apprend qu’au temps de Numa Pompilius, on savait appliquer la chaleur du soleil à la production des températures élevées.
- « Et si d’aventure », dit-il, «ce feu vient à faillir, comme à Athènes s’éteignit la sainte lampe du temps de la tyrannie d’Aristion, et à la ville de Delphes, lorsque le temple d’Apollon fut brûlé par les Mèdes, et aussi à Rome, du temps de la guerre contre le roi Mithridate et du temps des guerres civiles, quand le feu et l’autel furent ensemble consumés, les pontifes disent qu’il ne le faut pas rallumer d’un autre feu matériel, mais en faire un tout neuf, en le tirant de la flamme pure des rayons du soleil, ce qu’ils font de la manière suivante : ils ont un vase creux formé avec le côté d’un triangle ayant un angle droit et deux jambes égales, de sorte que de tous les endroits de son tour et de sa circonférence, il va aboutissant à un même point; puis, ils inclinent ce vase vers le soleil rayonnant, de telle sorte que les rayons allu-
- més s’en vont, de tous côtés, s’unir et s’assembler au centre du vase. Là, ils subtilisent l’air si fortement qu’il s’enflamme; et quand on en approche quelque matière aride et sèche, le feu y prend tout de suite... »
- Saussure, Melloni et Tyndall avaient déjà attiré l’attention des physiciens sur cette question, lorsque M. Mouchot, professeur de physique au collège de Tours et, avec lui, plus tard, M. Abel Pifre, cherchèrent à résoudre le problème.
- Ils construisirent des appareils qui permettaient de mener à bien, en utilisant la chaleur solaire, de nombreuses opérations :1a cuisson des aliments, la préparation du thé, du café, la distillation des alcools et des vins, et, enfin, la production de la vapeur destinée à actionner des machines de toutes Sortes.
- Les appareils de MM. Mouchot et Pifre étaient surtout appelés à rendre de grands services dans les pays chauds, où une atmosphère pure et sans nuages laisse le soleil à découvert pendant la plus grande partie de l’année.
- Ces appareils se composaient de réflecteurs métalliques de forme tronconique. Celui qui était exposé au Trocadéro pendant l’Exposition de 1878 présentait du ccté de
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- COLLECTEERS l)li C1IALEER SOLAIRE AVEC, Al' SI-CO.ND l’LAN, LA CONDl LI E GENERALE DE YAPEl'R Toutes les trois semaines on inclinait un peu plus les collecteurs de façon que les miroirs puissent concentrer toujours la plus grande quantité possible de rayons sur les générateurs de vapeur. Il suffisait, pour cela, de soulever d'un côté les collecteurs sur leurs supports.
- l’astre une ouverture de 20 mètres. 11 portait en son foyer une chaudière tubulaire en fer d’une capacité de 100 litres et pesant avec ses accessoires 200 kilogrammes, Un mécanisme spécial déplaçait l’appareil, et permettait de l’orienter convenablement, suivant la latitude du lieu et l’heure de l’expérience.
- En dépit du succès qui avait couronné leurs efforts, MM. Mouchot et Fifre abandonnèrent leurs expériences, faute probablement de trouver des débouchés pour leurs appareils.
- En France, l'étude des installations solaires ne fut pas reprise depuis, à notre connaissance. Mais aux Etats-Unis, M. Frank Shuman réussit à établir, après dix ans d’expériences, une machine solaire cjui, essayée pendant quelques semaines aux environs de Philadelphie, put pomper plusieurs millions de litres d’eau, en utilisant exclusivement l’énergie provenant des rayons solaires.
- L’inventeur calcula qu’en ne cherchant pas à produire de la vapeur, c’est-à-dire en opérant en vase clos, la température de l’eau qui s’élevait à environ 180 ’ centigrades par 20J de latitude Nord, aurait atteint vraisem-
- blablement 220 à 240J si l’expérience avait eu lieu près de l’équateur.
- Avant de décrire l’installation faite à Philadelphie par M. Shuman, disons succinctement ce que furent les appareils d’essai.
- Le premier consistait en un long récipient en bois, recouvert de deux plaques de verre séparées par un petit matelas d’air, et sous lesquelles était placée une chaudière minuscule, contenant de l’éther.
- On exposait l’appareil aux rayons du soleil; l’éther était vaporisé. Connaissant d’une part la chaleur de vaporisation du liquide et, d’autre part, la vitesse avec laquelle il s’était évaporé, il n’était pas difficile d’en déduire la quantité de chaleur absorbée par la chaudière.
- Le deuxième appareil de M. Shuman se composait d’un tuyau de 4 m 80 de long et de 50 mm de diamètre, isolé à la base par un calorifuge et renfermé dans une boîte recouverte sur la lace exposée au soleil par deux plaques de verre. Le tube était rempli d’éther que les rayons solaires faisaient évaporer; on évaluait, comme dans le premier appareil, le nombre de calories absorbées.
- Le troisième modèle de générateur mis en
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- UNE PARTIE DES ÉLÉMENTS DE E INSTALLATION DE MÉADI, MONTRANT LA CONDUITE DE VAPEUR QUI RELIE TOUS LES GÉNÉRATEURS
- Les miroirs et les générateurs sont montés sur des châssis affectant la forme de berceaux. Les récipients placés suivant la ligne focale des miroirs sont les générateurs de vapeur ; ils communiquent par une extrémité avec une conduite d'arrivée d’eau et,par l’autre,
- avec uji collecteur de vapeur relié d’autre part à la machine qui actionne la potnpe.
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- expérience, comportait un tuyau de deux centimètres de diamètre intérieur enroulé en forme de serpentin, et enfermé dans une boîte vitrée, dont les dimensions étaient de (i mètres de haut sur 40 mètres de large et quelques centimètres d’épaisseur. Le tuyau étant rempli d’éther, comme les appareils précédents, la vapeur produite par l’exposition du serpentin au soleil actionnait le piston d’un moteur. Celui-ci put fournir une puissance de trois chevaux et demi.
- En prenant pour hase les données précises tirées de ces expériences, M. Shuman conçut et exécuta une installation plus importante qu'il essaya à Philadelphie. Cette installation comprenait un collecteur de rayons solaires, une machine à vapeur à basse pression, un condenseur et divers organes auxiliaires.
- Le collecteur comprenait une série d’éléments, dont chacun était constitué essentiellement par un récipient métallique, affectant la forme d’un prisme droit. Chaque récipient était placé à l’intérieur d’une sorte de boîte en bois, couverte sur le dessus par deux lames de verre séparées par un intervalle d'air ayant 25 mm d'épaisseur. Le fond de la boîte était protégé contre les déperditions de chaleur par un revêtement calorifuge en liège aggloméré de 50 mm d’épaisseur et par deux feuilles de carton imperméabilisé.
- C’était à peu de chose près la reproduction de Y héliothermomètre (on dit maintenant dctinomâtre), imaginé par Saussure, pour mesurer l’intensité calorifique des rayons solaires.
- Les boîtes étaient montées sur des supports qui pouvaient les soidever d’un côté jusqu’à 75 cm environ au-dessus du sol, de façon à leur permettre de recueillir de la chaleur pendant la plus grande partie du jour. Ce réglage de l’inclinaison n’avait d'ailleurs besoin d’être fait qu'une fois toutes les trois semaines.
- Miroir
- RÉFLECTEUR
- Sortie de la Vapeur
- Arrivée
- d'EAU
- Schéma explicatif Je la construction des premiers récepteurs solaires conçus et essayés par M. Shuman, à Philadelphie.
- CHALEUR SOLAIRE
- IN CANAL DlRKKiA riON K N KGYCTK
- La crue du Nil recouvre chaque année la vallée de ce fleuve d'un limon dont l'action fertilisante est si remarquable que, pour en faire bénéficier les terres qui ne sont que haiqnées par les hautes eaux, les paysans égyptiens n'hésitent pas à creuser des canaux il'irrigation. L'installation solaire de M. Shuman, établie à Méadi, près du Caire, é?>ite ces travaux pénibles dont /'efficacité est d'ailleurs très relative.
- Chacun des deux grands côtés des boîtes se prolongeait obliquement, et dans le sens de la hauteur, par un châssis portant un miroir plan, de construction économique. Le rôle de ces deux miroirs latéraux était de réfléchir et de renvoyer sur les lames de verre une plus grande quantité de chaleur solaire.
- Les récipients communiquaient par une de leurs extrémités avec une conduite d’ali-
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- LENERGIE QUI ACTIONNAIT UA MACHINE ET LA ROMPE PLACÉES SOUS CE HANGAR ÉTAIT UNIQUEMENT FOURNIE PAR LES RAYONS DU SOLEIL
- /-a machine, à basse pression, actionnait une pompe à piston qui élevait de l'eau à dix mètres de hauteur dans la conduite que l’on voit à droite ; l’eau retombait dans un réservoir placé au-dessous. La machine développait pendant les huit heures par jour de son fonctionnement une moyenne de 14 chevaux et la pompe élevait environ i3 600 litres d’eau à la minute.
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- mentation d’eau et, par l’autre, avec une conduite de sortie de la vapeur.
- Les conduites de vapeur provenant des difiérents éléments, aboutissaient à un collecteur principal de 0 m 40 de diamètre qui alimentait la machine. Celle-ci était du type à piston et à basse pression et comportait un condenseur. L'eau provenant de la condensation de la vapeur était refoulée dans les récipients, de façon à limiter l'alimentation en eau au faible appoint nécessaire pour compenser les fuites inévitables. L’énergie développée par la machine était utilisée pour élever de l’eau au moyen d’une pompe à piston. Fonctionnant à Philadelphie, le dispositif de M. Shuman a pu élever 13 600 litres d'eau à la minute, à une hauteur de plus de 10 mètres. La machine développait pendant les huit heures par jour de son fonctionnement, une moyenne de quatorze chevaux; sa puissance maxima, mesurée à midi, fut de trente deux chevaux.
- Devant le succès de son système, M. Shu-man, aidé par les conseils du professeur C. V. Boys, de Londres, entreprit d’établir en Egypte, à Méadi, près du Caire, une installation basée sur le même principe, et susceptible d’assurer, sans autres frais que les dépenses de premier établissement et d'entretien, l'irrigation régulière d'un lot de terrain situé dans la région qui ne bénéficie pas des crues bienfaisantes du Nil.
- Cette nouvelle installation fonctionne aujourd’hui, bâtons-nous de le dire, avec plein succès. Elle diffère cependant quelque peu, au point de vue de la conception des appa-
- reils, de celle que nous venons de décrire
- Ici, les générateurs de vapeur que chauffent les rayons solaires sont de longues boîtes plates, en tôle, dont la section n'a que 27 cm- de superficie. Chacun de ces récipients tubulaires est disposé suivant la ligne focale d’un miroir cylindrique à section parabolique, qui a pour rôle de concentrer sur le générateur les rayons solaires qui viennent se réfléchir à sa surface. Pour réaliser les meilleures conditions d’absorption de la chaleur, les boîtes sont peintes extérieurement avec une composition noire qui ne diffuse pas plus de 6 0/0 des rayons calorifiques; elles sont en outre protégées contre les déperditions par rayonnement au moyen de plaques de verre qui jouent un rôle analogue à celui des vitrages des serres, en laissant entrer la chaleur lumineuse, tandis qu’elles s’opposent à la sortie de la chaleur obscure. Miroirs et générateurs, au nombre de 572, sont groupés dans un terrain de 450 mq, en 26 rangées de 22 éléments chacune; la surface totale des miroirs, qui peut servir de base au calcul de la chaleur absorbée, est d’environ 925 mq.
- L’ensemble des éléments de chaque rangée est supporté par un châssis en forme de berceau. Tous les miroirs et les générateurs demeurent à chaque moment de la journée face au soleil, grâce à l’action d'un thermostat, exposé lui-même aux rayons solaires, qui incline progressivement les châssis suivant les variations de la hauteur de l’astre au-dessus de l’horizon. Nous ne possédons malheureusement pas de détails sur ce ther-
- I N ÉTABLISSEMENT DE BAINS AUQUEL LE SOLEIL ÎOLKNEI GRATUITEMENT I.’eaE CHAUDE Cet établissement est situé en Californie. L’eau froide passe dans des serpentins en zinc qalvanisé, exposés au soleil sous des châssis vitrés ; elle se réchauffe et z>a s'accumuler dans des réseri’oirs revêtus d'une enveloppe isolante qui évite les déperditions de chaleur.
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- Robinet réglant l'admission de l’eau froide dans le Serpentin
- Robinet réqlanî l'arrioée iu cnaude au réseruoir
- Conduites '/ d'aller et retour pour Je chaujage arlificielde l'eau du réservoir
- Conduite principale de distribution d'eau chaude
- 1 a gaz.
- robinet de
- purgp du Serpentin
- le réservoir
- cocrk d’ink maison dont u:s locataires chauffent leur i:au économiquement
- L/i combinant le chauffage solaire avec un système de chauffage artificiel : calorifère ou chauffe-bain, et un réservoir calorifuge, la consommation d'eau chaude //eut être assurée, même après deux ou trois jours de mainuiis temps, dans les pays qui jouissent d'un climat tempéré. Notre gravure montre comment on peut disposer une semblable installation.
- mostat. Comme clans l'installation de Philadelphie, les générateurs communiquent par une de leurs extrémités avec une conduite d’arrivée d'eau et par l'autre, avec un collecteur de vapeur.
- La machine est a basse pression ; elle a été construite sur les propres plans de M. Shuman; sa consommation de vapeur est un peu inférieure à dix kilogrammes par cheval mesuré au frein. La pompe est du type à piston, mais il est évident que tout autre type de pompe pourrait être employé avec le même succès.
- L’installation de Aléadi réalise journellement pendant les dix heures qu’elle fonctionne, une puissance moyenne de cinquante chevaux vapeur.
- Il faut bien entendu veiller soigneusement à la propreté des miroirs; la main-d’œuvre, heureusement, n’est pas chère en Egypte, et cet entretien ne revient pas à plus de deux francs par jour.
- Mais, et ce n'est pas là le moindre intérêt de la question, il ne faudrait pas croire que les machines solaires ne peuvent trouver leur application que clans les pays chauds.
- Par l'ingénieuse combinaison d'une telle machine et d'un récipient calorifique spécial, il est possible d'assurer la consommation d’eau chaude d’une habitation, même
- après une période de deux ou trois jours de temps couvert ou pluvieux. On peut, de plus, en utilisant une source auxiliaire de chaleur: chauffe-bain, calorifère, etc., réaliser une installation qui s’accommode de presque tous les climats.
- Nous allons décrire un système répondant à ces desiderata, depuis longtemps en vogue en Californie.
- Une boîte plate, couverte de verre, est placée à un angle du toit de la maison d’habitation, ou si on le préfère pour raisons d’esthétique ou de commodité, d’une de ses dépendances. Cette boîte, hermétiquement close, renferme un serpentin en zinc galvanisé, d’environ 50 mètres de long et de 18 à 25 cm de diamètre.
- Le serpentin est soudé sur une feuille de cuivre; la présence de cette feuille augmente la surface d’absorption de la chaleur solaire qu’elle transmet rapidement, grâce à sa grande conductibilité thermique, à la partie postérieure du serpentin, qui n’est pas directement exposée au rayonnement. Le tuyau et la feuille île cuivre s’échauffent si rapidement sous l’influence des rayons solaires que l’on peut, par beau temps, obtenir de l’eau chaude, après moins de cinq minutes d’exposition.
- Pour empêcher le refroidissement de l’eau
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- pendant plusieurs heures, ou même plusieurs jours, le réservoir qui la reçoit est revêtu d’un calorifuge. De la sorte, on peut disposer, dès le matin, de l’eau que le soleil a chauffée la veille ou l’avant-veille. C’est là un avantage remarquable car c’est généralement à ce moment, alors que le soleil n’est levé que depuis peu, que l’on a le plus besoin d’eau chaude.
- On comprendra que, plus la capacité du réservoir calorifuge est grande, plus la chaleur est retenue longtemps. Pour une habitation à un étage, un réservoir de 150 à 200 litres piraît suffisant.
- En combinant le chauffage solaire avec un système de chauffage artificiel, l’approvbion-nement d’eau chaude est assuré en hiver, sans grande dépense supplémentaire, puisque le calorifère de l’habitation peut maintenir le contenu du réservoir à une haute température, et que le revêtement calorifuge dudit réservoir peut conserver sa chaleur à l'eau, pendant quarante-huit heureset même davantage.
- Comme nous l’avons dit, ce dispositif est particulièrement répandu en Californie où
- son emploi n’est pas limité, comme on serait tenté de le croire, aux seules propriétés privées, pavillons et cottages, mais s’étend tout aussi bien aux maisons de rapport, aux établissements commerciaux et industriels, aux écoles et autres édifices municipaux.
- De cette courte étude on peut conclure que nous aurions intérêt en France à reprendre la question de la captation de la chaleur solaire, sinon en vue de la production de la force motrice, tout au moins en vue du chauffage de l’eau, puisque notre climat tempéré nous vaut de nombreux jours de soleil. Nous voyons même fort bien la population du Midi de la France, et surtout celle de notre belle Algérie, remédier à l’insuffisante irrigation naturelle de leurs terres et aux longues périodes de sécheresse, qui les éprouvent presque chaque année, par l’irrigation artificielle incomparablement économique, qu'elles pourraient réaliser, en construisant, d’après des données qui ont déjà fait leurs preuves, des appareils analogues à ceux qui ont été installés en Egypte.
- André Ckoukr.
- CE TOMBEREAU SABLE AUTOMATIQUEMENT LA CHAUSSÉE
- Lorsque les chaussées sont glissante s, les municipalités font répandre dugravier pour rendre moins laborieuse la circulation des voitures.
- Frappé de la lenteur et de l’imperfection de ce travail, effectué jusqu’ici à la main, un constructeur américain a imaginé de rendre l’opération mécanique.
- L’arrière du tombereau à sable porte un plateau horizontal placé presque à ras du sol. Ce plateau, dont la face supérieure pos-
- sède des ailettes sinueuses, tourne assez rapidement grâce à un train d'engrenages multiplicateurs commandé par l’essieu arrière. En manœuvrant un levier, le conducteur fait tomber sur le plateau une certaine quantité de gravier que la force centrifuge projette immédiatement sur la chaussée.
- Essayé pour la première fois à Milvvaukee (Etats-Unis) ce dispositif ingénieux a donné de très satisfaisants résultats.
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- CHRONOPHOTOGRAPHIE D’UN EXERCICE DE GYMNASTIQUE
- Sur la même plaque ont été enregistrées quatre attitudes successives des deux athlètes; qn voit ainsi distinctement de quelle manière l’équilibre final a pu être réalisé.
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- LA CHRONOPHOTOGRAPHIE ENREGISTRE LE MOUVEMENT ET ANALYSE L’EFFORT
- Par Louis CAYRON
- La décomposition du mouvement au moyen de la photographie est l’œuvre du professeur Marey. Cet illustre chercheur, né à Beaune en 1830, mort à Paris en 1901, a consacré la plus grande partie de sa vie à l’étude de la locomotion humaine et animale: pour mener à bien ses recherches il a, tout d’abord, imaginé divers instruments destinés à enregistrer les mouvements de translation. Ces appareils, dont la plupart constituent de véritables mer veilles mécaniques, ont été fort avantageusement rempla-céspar la chronopho-tographie, qui a beaucoup simplifié la question. L’œuvre de Marey, quoique ignorée du grand public, est immense.
- Physiologiste éminent, professeur d’histoire naturelle au Collège de France, membre de l’Académie de Médecine et de l’Académie des Sciences, Marey poursuivait l'étude de la machine animale par des moyens purement mécaniques, lorsqu’en 18/7, un Américain, Muy-bridge, réussit à obtenir une série de photographies représentant les positions successives d’un che
- I.A OHliONOIMIOTOGRAI’IlIE GRAPIllOl E SCHÉMATISE I.E MOUVEMENT Habillé de noir, la tête recouverte d'une .sorte do cagoule, le sujet est peu visible sur le fond de la chambre et, seuls, les lignes et les points blancs tracés sur son vêtement impressionnent nettement la plaque sensible.
- val au galop. La méthode de Muybridge, quoique assez rudimentaire, lui donna de bons résultats : ceux-ci établirent la possibilité de prendre des photographies instantanées, suffisamment rapides et à des intervalles assez rapprochés pour permettre d’analyser un mouvement et, au besoin, île le reconstitue r.
- Pour obtenir ses clichés, Muybridge disposait, face à un mur blanc fortement éclairé par le soleil, et devant lequel se déplaçait l’animal à photographier, en l’espèce un cheval, autant d’appareils phot ographi ques qu'il voulait obtenir d images successives. Des fils intercalés dans des circuits électriques étaient tendus en travers de la piste, à quelquescen-timètres au-dessus du sol ; lorsque le cheval passait au galop, il brisait ces fils et déclanchait ainsi l’obturateur des objectifs. Le temps d’exposition ne dépassait pas l/500ede seconde.
- L’idée de Muybridge intéressa Marey : il entrevit dans cette méthode le moyen d’analyser les mouvements du vol des oiseaux auxquels il consacrait à ce mo-
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- LA SCIENCE EJ LA VIE
- LE HANGAR S K RT DE FOND A L APPAREIL CONTENU DANS LA MAISONNETTE La chambre d'expérience est tapissée de velours noir. Un objet se déplaçant devant F ouverture de ce hangar se détache nettement. L'appareil photographique est disposé dans la cabane.
- DANS UNI- EXPERIENCE DE CHRONOPIIOTOGRAPHIE SIMPLE, TOUT LE CORPS DU SUJET EST APPARENT Le sujet, habillé île x>étements blancs très ajustés, évolue devant un appareil braqué sur le fond noir de la chambre d'expérience. On obtient ainsi une série d'images représentant ses positions successives
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- LA CHROSOPHOTOGRAP111E
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- l'N CHR0N0IM10T0GRAIM1K Vf DK FACE Le principe de /'appareil cbronopbotograpbique actuellement employé à l’Ecole de Joinville est dû au professeur h.-J. Marey. On distinc/ne, ci t/anche de l'appareil, la manivelle c/i/t actionne le disc/ue ajouré disposé à l’arrière de la chambre noire ; on voit en avant l'objectif.
- ment toutes ses études. Mais le système de Muybridge, encombrant et compliqué, ne pouvait, en outre, sans modification, servir à recueillir des images successives de l'oiseau; il était, en effet, impossible d'obliger celui-ci à voler dans une direction déterminée et à commander l’ouverture des obturateurs en brisant les connexions électriques.
- De la méthode de Muybridge,
- Marey ne conserva donc que son principe essentiel, le mode d’enregistrement; il imagina un appareil qu’il appela fusil photographique, que l'on manœuvrait en visant l’oiseau, comme le ferait un chasseur.
- Quand on appuyait sur la gâchette, une plaque sensible de forme ronde passait douze fois de suite devant l’objectif; douze vues de l’oiseau étaient ainsi obtenues. Le fusil de Marey était une véritable merveille de précision. Le disque qui supportait la plaque sensible devait, dix à douze fois par seconde, accomplir une révolution
- DISQUE OHTURATEU R DU Cl t RONOIMIOTOG R A IM IK Dexxint la plaque sensible tourne un disc/ue opaque, muni de cinq fenêtres lonques et étroites. Ce disque permet d'interrompre périodiquement l'ad-mission de la lumière, à des intervalles excessivement courts ; on obtient ainsi sur le cliché une série d'images du sujet dans ses attitudes successives.
- complète, s’arrêter pour permettre l’impression, se déplacer de nouveau, et ainsi de suite, jusqu’au moment où les douze images étaient enregistrées. L’appareil se chargeait par la culasse, au moyen de plaques au gélatino-bromure d’argent, coupées en forme de disques. Les clichés étaient petits, mais suffisants pour qu’une fois agrandis il fût possible d’v distinguer tous les mou venrents de l’oiseau pendant le vol.
- Cependant, si le fusil photographique four nissait des images très détaillées et tiès instructives sur le battement des ailes, il ne permettait évidemment pas de déterminer les positions de l’oiseau dans l’espace, ni la vitesse de son déplacement. Il fallut chercher dans ce but un autre appareil, basé sur le même principe, avec lequel on pût décomposer le mouvement de translation. C'est alors que Marey imago a une méthode remarquable, qui, à elle seule, eût suffi à immortaliser le nom de son inventeur.
- Il se basa sur ce fait que, si l’on photographie avec un certain temps de pose un objet animé, le déplacement de celui-ci produit sur la plaque sensible une sorte de traînée blanchâtre.
- Le trajet effectué est ainsi reproduit fidèlement; en remplaçant l’objet par un simple point brillant en mouvement, on devait ob-
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- DEUX MÉTHODES EXPÉRIMENTALES IMAGINÉES PAR MAREY POUR ÉTUDIER LE VOL DES OISEAUX
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- Cl- DISPOSITIF , / 1
- l’KHJlI-T I) OBTENIR TROIS SÉRIES
- d'images, pro.ie-
- TKI-'S STR TROIS
- plans di itér ents
- Le montage figuré ici, décrit />ar Marey, mais jamais réalisé, eût comporté trois appareils photographiques, semblables entre eux et bien réglés, de manière à donner le même nombre d'images dans le meme temps. Trois champs obscurs devaient faire face aux trois appareils, dont les obturateurs auraient été maïuvuvrés simultanément par un dispositif électro-magnétique. Deux des appareils sont placés à angle droit, sur le sol, l'un braqué sur le prolongement de Taxe du mil, l'autre perpendiculairement à eet axe : le troisième appareil est suspendu à une quinzaine de mètres de hauteur, et braqué sur un champ obscur formé par une tranchée profonde, noircie intérieurement. Bien que l'installation ci-dessus n'ait jamais vu le jour, Marey a obtenu les résultats qu'il en attendait, par des expériences successives, en utilisant les moyens moins parfaits dont il disposait.
- 1.1. MIROIR TOT R N A NT DISSOCIE STR LA PLAOUE LES IMAGES l)’l’N OISEAU VOLANT STR PLACE
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- La caisse obscure dont on voit ici la coupe, comprend deux compartiments disposés à angle droit. L’un des compartiments TT, de section carrée, présente une ouverture 1)1), par laquelle passent les rayons rr émis par l’oiseau. Ces rayons arrivent à l’objectif O, après réflexion sur le miroir M, Ce dernier, entraîné par un mouvement d'horlogerie, pivote dans le sens vertical, comme l’indiquent les flèches. Cette rotation a pour effet d’imprimer à l’oiseau, qui vole sur place, un déplacement apparent, et d'en séparer par suite sur la plaque les images successives. Bu l'absence du miroir tournant, la même région de la plaque serait impressionnée lors des différentes admissions de lumière produites par le jeu du disque obturateur I, et Ton obtiendrait un cliché confus, sur lequel les mouvements des ailes seraient indiscernables.
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- L A C H R O R Or H 070 Ci R A P H Ili
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- tenir sur le cliché une courbe très nette reproduisant toutes les évolutions du mobile. L’obtention de ce phénomène exigeait des conditions spéciales d’éclairage, que Marey réussit à réunir de la façon suivante.
- Il fit construire un hangar profond, ouvert d’un côté, et tendu intérieurement de velours noir : un objet ou un animal de couleur quelconque, même sombre et mate, était très visible quand il se déplaçait devant l’ouverture qui formait un fond d’un noir intense. A plus forte raison, un objet clair et brillant se détachait-il nettement sur ce fond sombre, que l’on pouvait d’ailleurs agrandir ou réduire au moyen de rideaux L’écran semblait d’autant plus noir que l’entrée du hall était plus étroite.
- A l’extérieur et face à l’ouverture, on déposait une chambre photographique ordinaire, dont on manœuvrait l’obturateur, au moment du passage du mobile devant le hangar. Pour augmenter la puissance photographique de ce mobile, qui était le plus souvent un oiseau, on fixait à son corps ou à l’extrémité de l’une de ses ailes un objet brillant, boule de verre argenté ou de métal poli, bande de papier blanc, etc. Marey obtint ainsi la trajectoire de l’oiseau, et toutes les évolutions de la pointe de son aile furent fidèlement inscrites sur le clicbé. De ces observations, Marey tira une remarquable étude sur le vol des oiseaux que tous ceux qui s’intéressent à l’aviation consultent encore aujourd’hui avec fruit. Mais ce n’était là qu’un acheminement vers la chronophotographie, dont l’invention devait ouvrir la voie au cinématographe.
- En laissant son objectif découvert pendant toute la durée du mouvement, Marey obtenait bien une image du parcours accompli par l’aile de l’oiseau, mais il ne lui était pas possible de déterminer le moment où cette aile passait par les divers points de sa trajectoire. L’étude du mouvement était à ce point de vue incomplète ; c’est la chronophotographie proprement dite qui devait en permettre une analyse intégrale.
- Pour parvenir à établir la vitesse de translation d’un mobile, pour en obtenir une succession de vues tout le long de sa trajectoire, de telle façon qu’il fût possible de définir le temps écoulé entre une image et la suivante, il était indispensable d’interrompre périodiquement l’admission de la lumière à l’intérieur de l’appareil photographique.
- Il était d’ailleurs essentiel que ces interruptions fussent produites avec une régula-
- I.MAGKS I) l N GOIXANI) K.\ Pl.KIN VOI-, SRPARKKS PAR I.K MIROIR TOURNANT
- Voici onze attitudes successives d’un goéland, recueillies pendant la durée d’un seul coup d'aile. La série des attitudes représentées commence vers la droite, au moment où l’aile finit son abaissement ; on voit ensuite l’aile se p/over. s’élever i/radi/ellemeut, se déployer, et s’abaisser de nouveau. Pour traduire réellement le mécanisme du vol, les images ci-dessus devraient être beaucoup plus rapprochées, au point de se pénétrer.
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- LA SCIENCE El LA VIE
- DÉCOMPOSITION CHRONOPIIOTOGRAPHIQUE I)’UN SAUT AVEC HALTÈRES
- rité absolue, et dans un laps de temps excessivement court. Marey parvint à résoudre ce problème ; c’était rendre possible la décomposition complète du mouvement. C’était aussi établir le principe du cinématographe que d’autres chercheurs tels que Le Prince, Edison et les frères Lumière devaient mettre en pratique quelques années plus tard. La chronophotographie diffère d’ailleurs essentiellement du cinématographe, en ce sens que la première reproduit les divers mouvements d'un sujet sur une même plaque, tandis que le second enregistre sur pellicule des images nettement séparées.
- C’est en faisant repasser la pellicule dans un appareil de projection que l’on obtient la reconstitution du mouvement.
- Marey a d’ailleurs apporté aux premiers dispositifs cinématographiques, des perfectionnements importants, et ce fut lui qui se servit l’un des premiers des bandes en celluloïd.
- Voici comment, depuis Marey, on obtient une chronophotographie : à l’arrière de l’appareil photographique, et devant la plaque sensible, on dispose un disque opaque, comportant cinq fenêtres longues et étroites. Ce disque tourne avec une grande rapidité: sa vitesse de rotation est rendue uniforme par un régulateur. Le nombre des fenêtres, leur ouverture, la vitesse qui entraîne le disque permettent de savoir combien d’images ont été prises pendant chaque seconde, et de connaître la durée du temps de pose. Celui-
- SAUT PERILLEUX, AVEC TREMPLIN, PAR-DESSUS UN PERSONNAGE IMMOBILE
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- LA C H R O R O PHOTO G R A P H1L
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- ci peut être très réduit, et ne dépasse pas un dix-millième de seconde, lorsqu’on opère avec un bon éclairage.
- La trajectoire du mobile apparaît sous la forme d’une succession de points ou de traits plus ou moins espacés, suivant la rapidité du mouvement. On photographie en même temps sur la plaque sensible une échelle métrique, qui permet de déterminer la longueur du chemin parcouru par le sujet, entre deux admissions de lumière.
- La présence de ce disque régulièrement ajouré produit des intermittences de lumière périodiques, qui donnent jusqu’à cinquante images distinctes par seconde. Dans le premier appareil chronophotographique de Marey, le disque obturateur ne comportait
- que deux fenêtres et tournait à raison de cinq tours par seconde; on obtenait donc dix images.
- Avec un disque àcinqouverturesje nombre des photographies était porté à vingt-cinq. Si l’on pratiquait dix fenêtres dans le disque, il en résultait cinquante images.
- Plus le nombre de celles-ci était élevé, plus la décomposition du mouvement était détaillée,et plus elle permettait de saisiravec facilité la transition entre deux attitudes successives. Mais, en augmentant exagérément le nombre des fenêtres, les images trop rapprochées, et même superposées, produi-saientune certaine confusion à laquelleMarev remédia en imaginant son appareil chronophotographique à double chambre noire.
- un si‘O ut anitoit; anai.ysc par cm; aici nom; modcunc: i.c i.anccmcnt ih coins
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- i ni; ciiRO.NoiMioKXikAiMm: oirn-M i: sans chambrk d kxplrikncks
- La c hronophotoc/rapJiie ne néc essite pas absolument l'emploi d'un Itanc/ar tendu de noir : témoin cette vue analytique d'un saut a la perche, obtenu en plein air, sur un fond de xwrdure.
- in sait a i.a im:rg!Ii; analysk par la mktiiodi; di; marky La clironopliotoi/raplne permet d'étudier un sport athlétique dans ses moindres détails: c'est ainsi qu'on a dissocié ici les phases, pourtant rapides, d'un saut à la perche.
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- L ! C 11 K O A' O PU OT O GRA PII 1E
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- On obtenait ainsi des images alternantes.
- Le dispositif que nous venons de décrire exigeait le déplacement de l’oiseau, et pour saisir les mouvements d’une buse ou d’un pigeon volant sur place, il fallut trouver une autre disposition. Marey eut alors recours au miroir tournant grâce auquel le mobile prenait un mouvement de translation apparente, ce qui permettait d’enregistrer sur des régions différentes de la plaque 1^*= mouvements successifs effectués en un même point de l’espace. Pour cela, il disposa dans une chambre noire un
- CHRONOPIIOTOGKAPIIIE I) UN SAUT
- Ce schéma photographique est celui d’un suut sans élan ; la courbe supérieure donne le parcours moyen de la tète ; la courbe inférieure, le parcours moyen des pieds du sujet.
- miroir mobile qui recevait les rayons émanés de l’oiseau, et les réfléchissait dans l’objectif d’un appareil photogra phique disposé dans le fond de la chambre. Un mouvement d’horlogerie assurait la rotation du miroir, que l’on faisait tourner d’autant plus vite que l’on voulait obtenir un plus grand écartement entre deux vues successives. Le mouvement du miroir avait pour effet d’étaler sur la plaque les images de l’oiseau en des positions différentes, ce qui évitait la superposition de deux impressions et la confusion qui en serait résultée.
- Marey eut encore
- CI1RONOPIIOTOGRAP11IE GRAPHIQUE u’uN COUP DROIT ü’ESCRIME On distingue très nettement la trajectoire parcourue par les différentes parties du corps du tireur ainsi que les positions successives du fleuret, avant le coup de bouton final
- v
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- ClIRONOIMIOTOGRAIMME 1)L! N RÉTABLISSEMENT Trois /r/iases du mouvement apparaissent nettement sur l’épreuve : enlèvement, renversement et rétablissement, les jambes en équerre.
- recours aune autre méthode pour obtenir la séparation des images, au moyen de translation imprimée, soit à l’appareil, soit à la plaque sensible.
- Il put tirer de toutes ces recherches une foule de renseignements précieux qu’il exposa dans un fort intéressant ouvrage sur le Vol des Oiseaux.
- La chronophotographie n’était cependant pas exclusivement limitée à l’ornithologie : un domaine beaucoup plus vaste s’ouvrait devant elle, et, outre qu’elle devait donner naissance au cinématographe, elle trouvait une application tout indiquée dans l’analyse de l’effort athlétique.
- On sait toute l’ampleur qu’a prise de nos jours l’éducation physique, et tout ce que l’on a fait en vue d’améliorer la « race ». Collèges d’athlètes, jeux olympiques ont été créés et organisés pour développer les qualités physiques de l’homme. A ce mouvement dont nul ne méconnaît plus la portée, la méthode de Marey apporte un appoint scientifique de premier ordre. Le créateur de cette méthode avait un collaborateur fidèle en la personne de Démény. A la mort de l’illustre savant, Démény poursuivit les recherches de Marey, et appliqua l’analyse du mouvement par la chronophotographie à toutes les formes de l’activité humaine. La pratique des sports devait être pour lui le sujet de très intéressantes expériences.
- Lorsque l’athlétisme était encore à ses débuts, en France, il y a quelque vingt-cinq ans, les règles strictes que l’on a formulées depuis sur chaque forme d’exercice n’existaient pas encore; on ignorait ce qu’il fallait faire pour rendre le sport plus rationnel et plus scientifique. On possédait bien quelques vagues données, mais on était incapable de déterminer le- mode de production de l’effort qui devait le mieux permettre à la machine humaine de s’améliorer. Comment distinguer l’effort utile, profitable au développement physique, de l’effort nuisible qui l’entrave? On avait bien recours pour cela à la visite médicale des athlètes, mais cette méthode était imparfaite, en ce sens qu’elle exigeait de nombreux examens, avant et après l’entraînement.
- Marey et Démény, au moyen delà chronophotographie, ont établi la théorie de l’effort athlétique et leur procédé, grâce à la collaboration des instructeurs de l’école de Joinville, est arrivé de nos
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- LA CH KO N OP H 07 O GRA P Ji 1 h
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- FIGURES EN RELIEF d’uN GOÉLAND, PENDANT UN COUP D’AILE Ces modèles en plâtre exécutés d’après les indications de la chronophotographie ne sont pas exactement conformes à la réalité, en ce sens que les images successives devraient s’cntre-pénétrcr, le goéland progressant sensiblement moins vite que ne le laisserait supposer cette représentation.
- jours à une mise au point parfaite.
- Les recherches du début portèrent sur l’analyse du mouvement dans la marche et la course, suivies bientôt d’autres expériences sur le saut, le lancement du poids, etc... La décomposition des mouvements devait permettre à l’éducateur physique de déterminer les effets physiologiques des différents exercices athlétiques, et de les classer suivant les résultats.
- Les premières photographies furent de simples clichés instantanés. Mais c’était là des documents insuffisants pour analyser en détail le fonctionnement du mécanisme humain. Parla chronophotographie, Marey, Démény et leurs émules réussirent à enregistrer, sur une plaque, l’enchaînement des différentes phases du mouvement.
- La méthode d’analyse actuellement en usage à l’école de Joinville comprend deux procédés différents : la chronophotographie simple et la chronophotographie graphique. Il est à remarquer que toutes deux avaient été employées par Marey, pour poursuivre ses études sur le vol des oiseaux.
- La chronophotographie simple reproduit sur une seule plaque fixe les diverses positions d’un même objet se déplaçant devant l’objectif. Le sujet, habillé de vêtements blancs très ajustés, passe en face de l’appareil braqué sur le fond noir intense d’une chambre d’expérience. C’est ainsi que l’on obtient une série d’images représentant les positions successives d un athlète pendant l’effort.
- La chronophotographie graphique est basée sur le même principe. Mais le nombre d’images obtenues, dans un même temps, est beaucoup plus grand. Le sujet au lieu d’être vêtu de blanc est .recouvert d’un maillot noir; sa tête est entièrement cachée
- par un capuchon. Des repères blancs sont fixés à la tempe, à l’épaule, au coude, au poignet, à l’attache delà cuisse, au genou et un peu au-dessus de la cheville. Tous ces points sont réunis par des bandelettes blanches. On comprend facilement que la couleur sombre du vêtement se confondant avec le fond noir de la chambre d’txpé-rience, seuls les lignes et les points blancs impressionnent la plaque sensible. Ces photographies superposées, dont le nombre peut être de cinquante à la seconde, sont obtenues au moyen de l’appareil chronophoto-graphique à disque ajouré, dont nous avons donné plus haut la description.
- Le travail mécanique fourni par les muscles,étantainsi bien déterminé, et les données de distance, de temps et de poids étant connues, il est possible d’é»ablir, par la chronophotographie, une véritable méthode qui contribuera, dans une large mesure, à l’amélioraiion physique delà race humaine.
- La technique d’un sport peut être ainsi étudiée dans ses moindres détails, et on comprendra en examinant les photographies ci-dessus, combien il est facile de corriger par exemple les imperfections d’un escrimeur, dont tous les mouvements sont inscrits sur la plaque sensible. La méthode s’applique d’ailleurs à tous les autres sports, et, grâce à elle, le style de chaque exercice peut être considérablement perfectionné.
- Il est du reste probable que le domaine de la chronophotographie ne se bornera pas à l’analyse de l’effort athlétique, et que, lorsqu’elle sera connue et appréciée à sa juste valeur, l’œuvre de Marey recevra d’autres applications d’une aussi grande portée.
- Louis Cayron
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- L'INVENTEUR DE CET AVION ESPERE EN OBTENIR DES MERVEILLES
- On distingue à l’arrière le gouvernail de profondeur ; à l’avant un plan semblable est destiné à mettre automatiquement l'appareil en xml plané en cas d'arrct du moteur.
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- POUR AUGMENTER LA SECURITE DES AVIONS ON LEUR DONNE DES FORMES ÉTRANGES
- Un inventeur, M.Domingo,vient de faire construire un appareil d’aspect bizarre, sorte de combinaison d’un aéroplane avec un parachute, sur lequel il fonde les plus belles espérances.
- Le parachute-planeur de M. Domingo auquel son créateur a donné le nom d’Aéraptère est essentiellement constitué parune immense voiture semi-cylindrique, dont la concavité est tournée vers le sol. Cette voûte longue de 9 mètres et d’un diamètre de 4 m 50, tendue sur des lattes de bois courbées, est supportée par une charpente en acier. La rigidité de l’ensemble est assurée par des tendeurs en corde à piano.
- A l’arrière de la surface portante est disposé un gouvernail de profondeur en forme de demi-cercle présentant une superficie approximative de 7 mètres carrés, et qui commande la montée et la descente de l’appareil. Au dessus de cette surface est placé un gouvernail rectangulaire articulé sur un axe vertical, pour assurer la direction latérale de l’ensemble.
- A l’avant de la voûte, une surface semblable à l’équilibreur arrière, mais de dimen-
- sions moindres, est destinée, dans l’esprit de l’inventeur, à mettre automatiquement l’Aéraptère en vol plané en cas d’arrêt du moteur. D’après ces prévisions, l’appareil, en cas de panne, piquerait tout d’abord de l’avant, puis, sous l’action de l’air frappant cette surface, il se redresserait; si la vitesse de chute s’accélérait à nouveau, la voilure en question agirait encore et empêcherait le capotage du planeur. Toute cette manœuvre est automatique; cependant, le pilote peut commander de son siège l’inclinaison de ce stabilisateur pour en hâter l’effet.
- La charpente de la voûte est fixée en son milieu au sommet d’une pyramide quadran-gulaire en tubes d’acier qui supporte le moteur et le chariot de roulement. Le point de réunion est constitué par une sorte de charnière qui permet de faire pivoter la voûte d’avant en arrière, en vue de lui donner l’inclinaison la plus favorable à la sustentation
- Par cette manœuvre, qui permet de modifier l’incidence de la voilure en plein vol, l’inventeur espère régler la vitesse de l’appareil qui pourrait ainsi varier de 50 à 150 km
- l.’AKKAPTKRIC T1KNT A I.A LOIS l)li LAÉROI’LANK KT DU l>A R ACIIU TIC Ci't appareil, d'aspect bizarre, doit résoudre, d'après son inventeur, le problème de la sécurité en aéroplane. Son hélice est actionnée par un moteur de too chevaux.
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- I.E TRAIN I) ATTERRISSAGE ET LE MOTEUR I)E L AÉRAPTÈRE La voilure est reliée à un châssis de forme pyramidale sur lequel est disposé le moteur. Plus bas, on voit les organes de commande constitués par des moulinets en bois placés en face des deux sièges destinés aux pilotes. Les chocs à l'atterrissage sont amortis par deux grands ressorts à boudin fixés au train porteur.
- organes. Les pilotes ont devant eux quatre moulinets de bois sur lesquels s’enroulent les câbles des différents gouvernails. Le premier de ces moulinets est destiné à l’équilibreur qui assure la montée et la descente.
- Sous l’action du vent créé par la marche de l’appareil, cet équilibreur tend à se relever. Pour l’abaisser et obtenir ainsi l’envol de l’aéroplane, le pilote tourne le moulinet correspondant et en enroulant le câble, tire sur le gouvernail qui s’incline vers le sol.
- Le second et le troisième moulinet servent à faire pivoter la voûte, tandis que le dernier commande le plan stabilisateur avant. La direction est obtenue en tirant sur un câble, terminé par une poignée et placé à la portée de l’un des pilotes.
- Le châssis métallique est réuni au train d’atterrissage par de solides colliers de serrage fixés sur un fort cadre de bois. Les chocs sont amortis par deux grands ressorts à boudin reliés aux quatre roues porteuses. Entre celles-ci sont placées deux roues plus petites qui contribuent à la sustentation del’appareil lorsqu’il roule à terre.
- à l’heure. Il serait également possible grâce à cette variation d’incidence de faire monter ou descendre l’aéroplane sans recourir au gouvernail de profondeur.
- Le moteur est un Anzani 100 chevaux, d’un modèle spécial, muni de quatorze cylindres, alors que le type courant n’en comporte que dix. Au-dessus du moteur, sur l’arbre duquel est calée directement une hélice en bois de 2 m 50 de diamètre, deux réservoirs sont fixés aux tubes d’acier par des courroies en cuir. Derrière le moteur sont les sièges des pilotes. Les commandes exigent, en effet, deux personnes pour manœuvrer les divers
- La stabilité du système est obtenue, au dire de l’inventeur, par la forme même de l’appareil et par l’emplacement du centre de gravité situé au-dessous de la surface portante et assez loin d’elle.
- Pour atténuer les oscillations pendulaires qui résulteraient de cette disposition, un plan de dérive a été placé au milieu du train d’atterrissage.
- L'appareil pèse à vide 750 kilos; sa voilure a une surface totale de 78 mètres carrés environ ; il est haut de 8 mètres, long de 9 mètres et large de 4 m. 50.
- C. II.
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- L’AGENCEMENT DES GARAGES SE PERFECTIONNE POUR PARER AUX EXIGENCES DE L’AUTOMOBILISME
- Par M. BILLARD
- INGÉNIEUR DES ARTS ET MANUFACTURES
- Au fureta mesure de la multiplication des voitures automobiles, la nécessité de construire des garages pour les abriter est devenue déplus en plus pressante.
- A Paris et dans les grandes villes, où les automobiles sont particulièrement nombreux, cette question du garage constitue un problème souvent peu commode à résoudre. En effet, dans les quartiers riches où les terrains libres sont rares et coûteux, il est difficile de trouver un emplacement assez vaste pour les besoins d’un garage. Et pourtant il est indispensable que les voitures puissent être garées, sans trop de frais, dans des locaux convenables, parfaitement aménagés et voisins du domicile de leurs propriétaires.
- Le garage doit répondre à de multiples exigences au point de vue du remisage des voitures, de leur approvisionnement d es-
- sence, de pneumatiques, et de pièces de rechange. Le mouvement des véhicules doit être très soigneusement surveillé. On peut ainsi très facilement contrôler les heures d’entrée et de sortie des voitures et les quantités de matières consommées par chacune d’elles. Les propriétaires peuvent donc se décharger des mille détails que comporte la vie d une automobile, et confier le soin de les remplacera un garage bien administré.
- Les anciens établissements, construits tous d'après le même principe, se composaient, d un grand hall en charpentes métalliques surmonté d’une toiture vitrée.
- Aujourd’hui, les progrès de l’industrie du bâtiment et de l'appareillage électrique ont permis de résoudre le problème d’une manière beaucoup plus satisfaisante.
- Le garage moderne est entièrement construit en ciment armé, qui convient merveilleusement dans ce cas spécial où l’on doit
- DANS CE GARAGE, LES AUTOS TOURNENT SUR DES FLAQUES ET PRENNENT I. ASCENSEUR Cette voiture conduite par son chauffeur manœuvre pour se placer sur la plaque tournante, au sortir de l’ascenseur électrique qui l’a descendue de son boxe situé à un étage supérieur.
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- DANS UN GARAGE BIEN AGENCE IL FAUT DE LA PLACE, DE LA LUMIERE ET DES APPAREILS DE MANUTENTION RAPIDES
- Ce garage, installé à Paris par la Société Ponthieu-Automobiles, est entièrement construit en ciment armé, ce qui le rend incombustible. Les boxes fermés du rez-de-chaussée sont orientés obliquement dans le sens de la longueur four que les voitures puissent en sortir sans virage. Une centrale électrique, des ateliers de réparations et de peinture fonctionnent dans le garage même.
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- GARAGE MOI)ERRE POUR AUTOMOBILES 265
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- „ i.’asci-nski u iu.kctuioi 1: a mVruoNi': i.i:s aitaui:ii.s ii\dicai noirs A !'heure de la sortie cl de la rentrée des voitures, il faut que les manœuvres de montée s'accomplissent rapidement. L’ascenseur étectrique possède seul une vitesse suffisante pour assurer ce service dans les conditions d'économie et de sécurité voulues.
- réunir à la fois solidité, rapidité, économicetcnfin absence de tout danger d incendie. On en est arrivé à exécuter en ciment armé, même les fermes qui supportent la toiture, les escaliers, les cloisons, de manière à rendre la construction absolument incombustible.
- Les quartiers riches étant ceux où le terrain est le plus coûteux et le plus rare, on a songé à gagner sur la hauteur la place qui manquait en superficie. On avait recours autrefois à des appareils hydrauliques. Nous montrons, sur quelques-unes de nos gravures, l’installation dans un garage de Paris d’un monte - automobiles du nouveau type, auquel sont adjoints des ponts roulants à commande électrique.
- La course de cet appareil est de 20 m ; sa vitesse ascensionnelle est de 0 m 20 à la seconde. La voiture à garer dans les locaux supérieurs est amenée sur la plate-forme du monte - automobiles en face duquel se trouve une plaque tournante qui permit de donner à la voiture l’orientation voulue, sans manœuvre de direction; une traction sur le câble de manœuvre et, en quelques secondes, l’appareil s’arrête à l étage voulu. On ouvre la porte et on pousse la voiture sur une plateforme métallique qui circule sur rails, tout le long du hall à desservir.
- Le déplacement de ce pont roulant est commandé par un moteur électrique, alimenté de courant par un fil de trolley. On arrive ainsi en face de 1 endroit où doit être remisée l'automobile; et, par ses propres moyens, la voiture se dirige directement vers la place qui lui est assignée. Pour desservir les garages à étages multiples, 1 ascenseur électrique que 1 on utilise aujourd hui île préférence à tout autre, accouplé avec le
- pont roulant transboi ileur, fbut nit donc la meilleure solution.
- Un ascenseur électrique moderne peut transporter line voiture de 1 000 kilos à la vitesse de 3li centimètres à la seconde, et le pont roulant transbordeur la conduit automatiquement à sa place sans même que le chauffeur ait besoin de quitter le volant ni d’arrêter son moteur. Un garage bien orga nisé peut, aux heures de rentrée et de sortie des voitures, assurer un mouvement d’au moins 150 véhicules en une heure.
- Pour faciliter les manœuvres, les boxes fermés du rez-de-chaussée sont disposés
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- obliquement dans le sens de la longueur; les voitures en sortent ainsi, sans avoir de virage à exécuter. Les véhicules remisés à tous les étages sont disposés les uns à côté des autres à leur emplacement strictement réservé, et chaque propriétaire peut arriver ou partir avec sa voiture, comme s’il était dans une remise particulière, sans causer aucun dérangement aux véhicules voisins.
- Le garage proprement dit doit être complété par une organisation capable de satisfaire aux exigences complexes de la vie d’une voiture automobile, et de son emploi journalier en ville ou sur les grandes routes.
- Chaque sortie nécessite un lavage de la caisse, un nettoyage complet des cuivres et des glaces; nos limousines modernes sont, en effet, aussi luxueuses et aussi soigneusement entretenues que les plus élégants boudoirs.
- Tout accident, depuis la simple éraflure d’une aile jusqu’à la rupture d’un essieu après un dérapage, exige l’entrée immédiate de la voiture dans un atelier faisant partie du garage. Les ressources de l’outillage moderne permettent d’y effectuer rapidement le remplacement de n’importe quelle pièce mécanique et la réfection d’une peinture ou d’une garniture abîmées.
- L’économie de l’exploitation industrielle doit être poussée, dans tout garage bien
- administré, à ses limites extrêmes. Toute la force motrice nécessaire aux besoins du garage est produite par une station centrale logée dans les sous-sols. On assure ainsi, à la fois, l’éclairage, la commande des machines-outils, des ascenseurs etdesponts-roulants, et même l’alimentation d’eau, dans le cas où l’on dispose d’un puits.
- Les garages trouvent parmi les touristesune clientèle intéressante ayant ses exigences spéciales. Leurs voitures doivent être immédiatement nettoyées dès l’arrivée, et les mécanismes, après les longues randonnées d’un tour de France ou d’Europe, doivent être visités et vérifiés en détail. Les moteurs, principalement, doivent être l’objet des soins les plus minutieux sans qu’il soit besoin, autant que possible, de les démonter. Le nettoyage rapide, parla méthode moderne de l’oxygène sous pression, leur redonne une vigueur nouvelle pour les prochaines étapes.
- Le client de passage est donc assuré de trouver toutes les ressources nécessaires à une mise en état très soignée de sa voiture, tout comme s’il se trouvait dans son propre garage. Tous ceux qui « ont fait de la route » savent combien les petites réparations et les nettoyages faits à temps, contribuent à l’agrément et à la sécurité des voyages et à la bonne conservation des voitures.
- CE CASQUE ECLAIRANT FACILITE LE TRAVAIL NOCTURNE DES POMPIERS
- Les pompiers travaillent souvent la nuit et doivent fréquemment pénétrer dans tles caves ou dans des locaux très sombres. Ayant besoin de conserver leurs mains libres, ils ne peuvent se munir d’une lanterne qui embarasserait leurs mouvements
- Le cimier du casque représenté ci-dessus porte à l'avant une lampe électrique alimentée par une batterie de petits accumulateurs.
- Le faisceau lumineux qui sort de ce projecteur minuscule est légèrement incliné vers le bas. L’homme coiffé de ce casque allume l’ampoule à volonté il peut alors travailler et se diriger à son aise même en l’absence de toute source d’éclairage extérieure.
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- FUMÉE DE CHARBON ET CANCER
- ’une note, lue récemment par un médecin anglais devant le comité chargé d’étudier le moyen d’abattre la fumée répandue dans l'atmosphère, il résulte que la nature des combustibles brûlés dans les foyers influe sur la fréquence du cancer. Dans les régions où l’on consomme de la tourbe au lieu de houille il n’y a presque pas de cancéreux. Les combustibles sulfureux semblent favoriser le cancer à un haut degré. D’autre part, la tourbe très noire et dure que l’on récolte dans certains districts, est plus favorable au développement du cancer que la tourbe ordinaire. En résumé c’est surtout la houille qui semble être le pire combustible^ ce point de vue.
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- L’ÉCONOMISEUR D’ESSENCE POUR TOUS
- Nos lecteurs connaissent X Economiseur France que nous avons décrit ici même, et dont plusieurs milliers sont déjà répandus par le monde.
- Le succès de ce petit appareil a fait surgir divers systèmes qui prétendent aux mêmes résultats ; les fabricants se sont partagés en deux écoles, l’une prônant la prise d’air additionnel automatique, l’autre préférant la prise d’air commandée.
- Comment le profane va-t-il faire son choix? Il est tenté d’une part par l’automaticité séduisante du principe France qui peut être d ailleurs commandé à volonté, et d’autre part par la simplicité et surtout par le prix plus bas des appareils à commande manuelle.
- M. Savoye, le fabricant du France, a trouvé une solution élégante qui va mettre tout le monde d’accord. Il a établi un nouveau modèle d’économiseur commandé : la « prise d’air Celer », qu’il lance au prix de 22 francs avec sa commande complète.
- La grande particularité de cet appareil est qu’il est interchangeable avec le France et que le fabricant s’engage à le reprendre
- T U Y a J
- C A M
- COUPE I>E UA PRISE O AIR « CEI.ER »
- M embase à souder sur le tuyau d'aspiration.
- — B corps de la prise d’air. — C boisseau conique découvrant un passage variable d’air additionne/.
- — F trous pour le passage de l'air. — D E transmission genre Hounlen permettant la manœuvre du boisseau à l’aide d’une manette spéciale fixée à portée de la main.
- pour le prix qu’il l’a vendu le jour où le client voudra mettre l’autre modèle automatique à la place.
- Chacun pourra donc, pour une somme minime, apprécier tous les avantages du procédé qui consiste à ajouter une certaine quantité d’air au mélange carburé fourni par nos carburateurs actuels qui est toujours trop riche à certaines allures.
- L’économie de consommation et l’augmentation de force qui s’ensuit peuvent varier suivant le cas de 10 à 40 %,; cela en vaut la peine.
- La « pri se d’air Celer » présente le gros
- MONTAGE SUR UN MOTEUR E LA PRISE I)’aiR « CEI.ER ))
- ^ -,
- avantage d'avoir été établie par un homme qui connaît la question mieux que personne puisqu'il a déjà lancé XEconomiseur France qui a fait ses preuves. L’appareil semble d'une simplicité enfantine, mais croyez bien que tout y a été soigneusement étudié et calculé : la iacilité d'installation, la forme, le profil du boisseau distributeur d’air, sa progressivité (2 centimètres de course), le dosage de son débit approprié pour une 2 HP comme pour une 100 HP, son étanchéité, la longueur de la portée de son guide inusable et enfin sa commande ; la manette Celer est à elle seule une nouveauté fort intéressante; d’une forme élégante elle présente la particularité d’obéir facilement à la main et de rester exactement à l’endroit où on l’arrête.
- Nous avons tenu à donner à nos lecteurs la primeur de cette nouveauté appelée au plus gros succès de vulgarisation et qu’on verra bientôt, non seulement sur tous les moteurs de voitures et camions, mais aussi sur les moteurs fixes dans leurs innombrables applications industrielles et agricoles.
- Nous prions les lecteurs que la question intéresse particulièrement de s’adresser au fabricant, Al. Savoye, S, avenue de la Grande Armée, Paris, qui enverra la notice détaillée.
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- LA SC/J: y CE EJ LA VIE
- UNE PIPE QUI DEBARRASSE LE TABAC DE LA NICOTINE
- 0
- n trouve aujourd'hui dans le commerce une pipe, approuvée par la Société
- d’Hygiène de France, qui débarrasse la fumée du tabac de ses éléments nocifs, tout en lui conservant son
- Fumée. refroidit 0? débarrassée de SéS principes nocifs
- Tôbâc en combustion
- T
- Ctmûenseiceur ce purificateur en lu,
- arôme et ses propriétés antiseptiques.
- be tuyau de cette pipe contient une pièce en aluminium, appelée cou densaleur ou purificateur.
- (. est une tige comportant trois rondelles parallèles munies d’échancrures disposées
- en chicane et sur lesquelles se condense la nicotine. Le tirage est très régulier, puisque
- contrairement à un orifice quelconque, ces é-c h a n c ru res en chicane ne peuvent jamais se boucher.
- Four nettoyer cette pipe, il suffit de retirer le condensateur et de le laver avec un linge imbibé d’alcool. Le courant de fumée, se brisant plusieurs fois, grâce aux chicanes, avant de parvenir à la bouche, se rapidement, et le jus de tabac ne dépasse guère la seconde rondelle.
- ref ro ici i t
- L’EAU NON FILTRÉE EST TOUJOURS DANGEREUSE
- i l. n’ignore cpie l’eau, même si elle est saine, limpide et agréable au goût, peut être contaminée par îles bacilles pathogènes. Le seul moyen d’enrayer la transmission des maladies épidémiques, telles que fièvre typhoïde, choléra, scarlatine, consiste à stériliser l’eau de boisson par des procédés qui en détruisent tous les germes nocifs. Ces procédés sont nombreux : la distillation, l'ébullition, la filtration, l'ozonisation ou
- I action de certains autres agents chimiques. De toutes ces méthodes, la filtration seule est pratique : à la portée de tous, elle ne retire pas à l’eau son bon goût, et y laisse en dissolution l’air nécessaire à ses qualités digestives. Le filtre pasteurisant Poitevin, exploité par la maison Jacob, Delafon et C"!
- est extrêmement intéressant parce qu’il peut être disposé sans installation spéciale dans tous les appartements.
- Le principe de cet appareil est simple: sous l'effet de la pression, l’eau passe à travers une plaque filtrante qui en retient toutes les impuretés. Le « Pasteurisant » se compose de deux disques, cannelés en fonte, P et P’, entre lesquels sont intercalées deux grilles G et G' dont le bord est constitué par un tissu en caoutchouc et qui sont séparées par la plaque filtrante E. Le serrage de l’ensemble est obtenu par quatre tiges filetées munies de volants.
- L'eau arrivant par le tube A se répand dans les cannelures du disque P\ passe sous l’eflet de la pression à travers la plaque filtrante /•' et est recueillie dans les cannelures du disque P pour sortir, stérilisée, par le tube Celui-ci est réuni à un tonnelet de verre par un tuyau en étain.
- La plaque filtrante, organe essentiel du dispositif, est formée d’une matière dite porcelaine de cellulose composée d'un mélange tle cellulose de lin pure et raffinée, triturée mécaniquement avec de la terre d’infusoires lavée et désodorisée par des procédés spéciaux. La pâte obtenue est ensuite moulée en galettes minces dont on imperméabilise les bords en les immergeant lentement dans un bain de paraffine. Chaque plaque est enfin soigneusement stérilisée.
- L’entretien de ce filtre n’est d’ailleurs pas dispendieux puisqu'il revient à 0 fr. 05 par 'our, pour un débit quotidien de 35 à 60 litres.
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- REVUE MENSUELLE
- DES PLUS RÉCENTES DÉCOUVERTES
- Par L. HOULLEVIGUE
- l’ROI'T'SSKUR A I.A I ACI I.TK DKS SOIKNCKS DK MAUSKII.KK
- On a trouvé le moyen de régler la dureté des rayons X
- On sait quels éminents services les ampoules île Rœntgen rendent aujourd'hui, soit pour les recherches de science pure, soit pour les applications médicales; mais les rayons X fournis par ccs tubes ont des propriétés très différentes suivant le degré du vide dans l’ampoule; si le vide est médiocre, les rayons sont « mous », c’est-à-dire peu pénétrants; au contraire, les tubes où le vide est poussé très loin donnent des rayons « durs » et pénétrants; les tubes se modifient eux-mêmes par l’usage et, en général, deviennent de plus en plus durs, par suite de l’absorption des gaz intérieurs. 11 existe des dispositifs de réglage qui permettent de faire rentrer des gaz de façon à compenser cette absorption, mais le fonctionnement en est toujours délicat et imparfait.
- Un physicien américain, M. Coolidge, est parvenu à réaliser, par un principe tout nouveau, des tubes réglables à volonté ; ce résultat a été obtenu en faisant émettre par une cathode chaude les électrons nécessaires au bombardement cathodique. Le tube T, qui a été soigneusement vidé de toute trace de gaz, contient unecathode constituée par un filament de tungstène /, entouré d’un anneau de molybdène M: le filament de tungstène peut être échauffé par une pile indépendante P et porté à une température variant entre 1 (>00 et 2 300 degrés; il est relié, ainsi que le cylindre M, au pôle négatif de la bobine de Ruhmkorff, dont le pôle positif est rattaché à l’anode A, formée d’un bloc de tungstène fondu; cette anode joue en même temps le rôle d’anticathode, c’est-à-dire que les élections émanés de / et lancés par le cylindre M viennent la happer et y produisent les rayons X qui sortent de l’ampoule en divergeant; en faisant varier à l'aide d’un rhéostat, la température du filament, on règle instantanément et à volonté la dureté du tube, c’est-à-dire qu’on peut obtenir des rayons X homogènes et possédant le pouvoir pénétrant qu'on désire. J’ajouterai que l’appareil ainsi constitué peut fonctionner sans difficulté sur le courant alternatif, parce qu’il forme « soupape »; autrement dit, le courant ne peut le traverser que dans un seul sens et par suite, l'ampoule ne laisse passer, des deux alternances du courant, que celle qui convient à son fonctionnement; enfin, comme tous les ga/, ont été rigoureusement éliminés, la cathode ne se
- désagrège pas et peut servir bien plus longtemps que dans les anciens tubes; on se trouve donc en présence d’un perfectionnement remarquable qui, sans avoir encore fait ses preuves, permet de concevoir les plus belles espérances.
- La pression exercée sur une sphère par l'air en mouvement
- Des expériences précises, effectuées à ce sujet au laboratoire de M. Eiffel, ont donné des résultats tout à fait imprévus; elles ont montré, en particulier, (pie la pression exercée sur une sphère peut diminuer quand le vent augmente; ceci tient à ce que, pour une vitesse faible du vent, il se forme derrière la sphère un cême de dépression qui disparaît brusquement pour une v itesse suffisante ; d’ailleurs, on peut vérifier ce résultat en mesurant l’inclinaison que prend dans un vent variable un pendule formé par un fil fin qui soutient une boule métallique ; lorsque le vent augmente progressivement, I écart commence par croître, puis il diminue brusquement ; cet effet se produit, avec une sphère de l(i cm de diamètre, lorsque le courant d’air atteint 12 m par seconde.
- A Nancy, on crée un Institut aérotechnique qui rendra de multiples services.
- On remanie souvent, trop souvent peut-être, la répartition de nos flottes aériennes ; mais la nature des choses impose la concentration en Lorraine il une ligne de défense ou d'observation toujours en alerte : à Nancy, Toul, Verdun, Hpinal, dirigeables et aéroplanes sont sur un perpétuel qui-vive; mais cette organisation de combat veut être complétée par une organisation scientifique. La Faculté des Sciences de Nancy a compris cette nécessité et, dès D12, elle établissait le projet d’un institut aérotechnique ; cet institut, placé sous la direction de M. Rothé, n’est pas destiné à faire concurrence aux grands établissements de la banlieue parisienne, mais son action, pour être locale, n’est pas moins importante ; elle répond, en eHet, aux desiderata suivants :
- 1° Enseignement. Les officiers aviateurs et les candidats au diplôme de pilote militaire complètent leurs exercices professionnels eu acquérant les no-
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- LA SCIENCE lil LA VIE
- lions fondamentales de mécanique, de météorologie, d électricité industrielle et de télégraphie sans
- 2" Service des renseignements militaires. Il est nécessaire qu’avant de prendre la voie de l’air, aéro-nautes et aviateurs soient informés des conditions actuelles de l'atmosphère; enfin, s’il apparaît soudainement dans une bourrasque, un de ces « coups de tabac » qui font courir tant de risques aux navigateurs de l’air, il est désirable qu’on en puisse prévenir à l’instant les ballons ou les avions munis de la T. S. F. Dans ce but, les dépêches reçues de la 'four Eiffel, de Châlons ou de stations plus lointaines mettent, sur l’heure, les avertissements météorologiques à la disposition des aviateurs. Comme le dit excellemment M. Rothé, « on n’empêchera jamais un jeune homme résolu de se lancer témérairement au-devant des dangers dont il ne connaît pas la nature; il n’y a qu’un moyen de le rendre plus prudent, c’est de lui apprendre qu’il y a des dangers contre lesquels il ne peut rien, et, s’il faut absolument qu’il parte, comment il peut réduire au minimum les chances d’accident. »
- 3" Service d’avertissements agricoles. L’agriculture a tout intérêt à profiter des renseignements centralisés parle nouvel institut d’aérologie ; la viticulture lorraine éprouve chaque année, du fait du mildiou et de la cochylis, une perte d’environ 15 millions ; or ces fléaux sont sous la dépendance étroite du vent, de la température et surtout de l’état hygrométrique ; d’autre part, les orages à grêle de la région nancéenne se forment surtout autour du rlalcaude Mal/.éville,d’oii ils divergent dans des directions bien déterminées, ce qui permet de les annoncer avec précision une heure et demie d’avance; avertis par la T. S. F., les agriculteurs pourraient prendre quelques précautions pour restreindre les dégâts. Ce service d’avertissements agricoles serait donc fort utile si on pouvait diffuser rapidement les annonces dans toute la région à protéger ; il suffirait pour cela qu’un petit poste récepteur de T. S. F. fût installé dans chaque village, par exemple à la maison d’école; une pareilleorganisation ne peut se développer d'un seul coup, mais c’est déjà beaucoup que la grande université lorraine en ait établi les fondements.
- Une méthode pour mesurer exactement la densité des poudres.
- On utilise ordinairement, pour évaluer la densité des matières pulvérulentes, des flacons gradués, nommés picnomètres, où on introduit un certain poids de la poudre à essayer, et qu’on achève de remplir avec un liquide; une nouvelle pesée permet de déterminer le volume occupé par la poudre, et par suite sa densité, puisque le poids est connu; mais cette opération est délicate et sujette à erreur, parce que chaque grain de poudre s’entoure d’une gaine d’air qu’il est très difficile de chasser et qui augmente le volume apparent. M. Maurice Iîilly vient de perfectionner notablement cette méthode en chassant l’air par un courant de gaz carbonique et en achevant le remplissage du picnomètre par une solution de potasse; celte solution absorbe la
- gaine de gaz carbonique qui s’est substitué à l’air et le remplissage se fait alors exactement; les mesures atteignent alors une précision d’un 3000e dix fois plus grande que celle obtenue avec l’ancien mode opératoire.
- L’hélium n’est plus un gaz rare ; il se dégage en quantité des houillères.
- La plupart des mines de houille dégagent constamment des gaz, formés en partie de carbures d’hydrogène, produits délétères et qui forment avec l’air des mélanges explosifs; c’est ainsi que les charbonnages d’Anzin laissent échapper en moyenne 30 000 me de grisou par jour; dans la mine allemande de Frankenholtz, un seul « souf-flard », en activité depuis sept ans, dégage quotidiennement 7 200 me de gaz et la mine tout entière en laisse échapper 37 000 me. M. Moureu s’est proposé de rechercher la proportion d’hélium contenu dans ces gaz; il résulte de ses analyses qu’Anzin dégage annuellement 4 380 me et Frankenholtz 3 650 me de ce gaz, réputé rare et qui, il y a peu d’années, était complètement inconnu. L’abondance de ce dégagement n’est pas spéciale aux deux gisements ci-dessus, car les mines de Kissarmos ont un débit annuel de 4 200 me d'hélium, et celles de Neuengaume tiennent le record avec 25 550 me.
- On voit que l’hélium est une production constante et très abondante des mines de houille, dont le débit est très supérieur à celui des sources thermales (18 me par an pour Santenay et 34 me pour Néris); dès lors, la question se pose de savoir si cet hélium est produit au fur et à mesure de son dégagement par les corps radioactifs contenus dans la houille. Or, les analyses de M. Moureu ont établi (pie la teneur des houilles en matières radioactives est insignifiante et tout à fait incapable d’expliquer de pareils dégagements d’hélium. On est donc forcé d’admettre que les gisements houillers ont accumulé, à une époque qui doit être fort ancienne, des provisions énormes d’hélium accompagné des autres gaz rares, néon, krypton, etc. ; autrement dit, ce qu’ils dégagent aujourd’hui est de l’hélium « fossile ». Quelle en est l’origine? C’est ce que M. Moureu se propose d'indiquer dans une prochaine communication.
- Longtemps considéré comme inerte, l’azote manifeste son activité.
- Un physicien anglais, M. Strutt, a montré récemment que l’azote, lorsqu’il a été soumis à l'action des décharges électriques, acquiert et conserve assez longtemps la propriété detre spontanément lumineux; cette phosphorescence de Xazote actif avait été attribuée par certains auteurs à des traces d’impuretés, mais M. Kowalski vient d’établir quelle se produit surtout lorsque le gaz est rigoureusement pur; ainsi ce corps, jadis réputé un des plus calmes de la nature, se manifeste aujourd'hui dans des conditions toutes nouvelles et avec une activité insoupçonnée; il ne faut pas juger, même les corps simples, sur la première apparence.
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- On perfectionne les paratonnerres en les garnissant de radium.
- M. Szilard a eu l’idée ingénieuse d’appliquer les propriétés du radium à rétablissement des paratonnerres. L’appareil qu’il a construit se compose d’une tige de laiton terminée par une couronne de petites pointes disposées autour d’un écran qui contient deux milligrammes de bromure de radium, protégé contre l’air et la pluie par une couche d'émail. Dans ces conditions, le rayonnement du radium rend l’air conducteur dans le voisinage des pointes, de telle sorte que l’écoulement de l’électricité atmosphérique, au lieu d’être limité à des décharges brusques et « disruptives », se produit d’une façon continue, même lorsque l’air est médiocrement électrisé; l’appareil peut ainsi remplir plus aisément son rôle protecteur; toutefois, l’expérience seule permettra d’apprécier si les avantages obtenus sont en rapport avec les difficultés d’établissement du nouveau dispositif et surtout avec le prix de l’écran radioactif.
- Les spécialistes de la radiothérapie sont souvent victimes de leur art.
- Ceux qui se consacrent à l’étude des rayons X sont, trop souvent, victimes de leur dévouement à la science et à l’humanité. Le Dr Foveau de Courmelles vient de nous donner, pour l’année écoulée, ce triste martyrologue : M. Ernest Wilson avait déjà subi deux opérations au moins en 1906, deux nouvelles en 1908, deux encore en 1910; le mal gagnait du terrain ; il fallut amputer un doigt, puis le bras ; mais rien n’a pu arrêter les progrès, et Wilson vient de succomber après d’atroces souffrances. Le Dr Eurton Baker, de Hartford (E. U.) souffrait depuis longtemps de la brûlure impitoyable des rayons X; il savait son mal incurable; la mort vient de l’emporter. Morts aussi M. Paulin JVlery et le Dr Lester Léonard. Quant au Dr Ch. Vaillant, de Lariboisière, il s’en est tiré jusqu à présent en faisant le sacrifice d’un doigt. C’est un devoir pour nous de saluer ici ces victimes expiatoiies.
- Une usine américaine construit un groupe électrogène de 33 000 chevaux.
- L’industrie moderne emploie des unités de plus en plus puissantes, qui fournissent l’énergie à meilleur compte, tiennent moins de place et exigent moins de surveillance que plusieurs machines de puissance totale équivalente. La grande usine centrale d’électricité de la Fisk Street, a Chicago, avait jusqu’ici dix turbines Curtis accouplées a pareil nombre d’alternateurs de 16 000 chevaux, soit 12 000 kilowatts chacun. Cette puissance étant devenue insuffisante, on a résolu d’ajouter à 1 usine quatre nouveaux groupes électrogènes de 25 000 kilowatts, soit 33 000 chevaux chacun, dont le premier vient d’être mis en service; cette puissante unité génératrice comprend : 1°un groupe de quatre chau-
- dières, qui produisent 110 000 kg de vapeur par heure, sous la pression de 16 atmosphères; 2° une turbine Parsons à axe horizontal, tournant à 750 tours par minute; 3° l'alternateur qui donne du courant à 4 500 volts,élevé ensuite à 9 000 volts par des transformateurs.
- Si puissant qu’il soit, cet appareil ne tardera pas à être dépassé : on annonce, en effet, que la Compagnie Edison vient de commander, pour ses puissantes usines, un groupe de 30 000 kilowatts, soit 40 000 chevaux. Indiquons, comme terme de comparaison, que les unités en service à la grande usine de Saint-Denis, qui fournit à Paris la plus grande part de son électricité, n’ont que 10 000 chevaux.
- On connaît la nature des rayons de Rœntgt Les appellera-t-on encore Rayons X ?
- En désignant par la lettre X les rayons qu'il avait découverts. Rœntgen entendait indiquer leur nature mystérieuse ; les innombrables travaux effectués depuis lors n'avaient pas soulevé le voile; on savait que les rayons X refusent de se réfléchir, de se réfracter, c’est-à-dire qu'ils traversent les divers milieux sans que leur direction $oit modifiée; enfin ils se refusaient à manifester les phénomènes d’ « interférences » qui ont permis de constater la nature ondulatoire de la lumière et des ondes de la télégraphie sans fil; on savait seulement qu’ils se piopagent, comme ces radiations, avec une vitesse de 300 000 km par seconde, ce qui prouve qu’ils se propagent, comme elles, dans l’éther; l’hypothèse la plus généralement admise, celle de Stokes, les envisageait comme des « pulsations », c'est-à-dire comme une série de chocs incoordonnés se propageant dans l’éther comme progressent dans l’air les ondes produites par des décharges de mousquelerie.
- Or, voici que trois phvsiciens allemands, MM. La ne, Friedrich et Knipping, viennent de faire cesser cette indécision par une expérience dont le résultat constitue une des plus grandes découvertes que la science ait enregistiées depuis plusieurs années. En faisant tomber un pinceau étroit de rayons X sur un cristal naturel de sulfate de cuivre, de blende (sulfure de zinc) ou d * diamant, ils ont constaté qu’il était dévié dans diverses directions en donnant des images très nettes qu’on peut étudier par la photographie; le cristal agît alors comme un « réseau », c'est-à-dire comme un alignement d'éléments disposés régulièrement. Ces expériences ont été repiisesen France par M. de Bioglie, qui a pu décomposer les rayons X en véritables spectres analogues à ceux que la lumière forme par son passage à travers un prisme, et qui a constaté, à cette occasion, que la nature des rayons X dépendait de la composition chimique de la cathode. La conclusion générale de ces études, qui sont loin d’être achevées, est que les rayons X sont une variété de lumière ultraviolette, dont les vibrations sont des milliers de fois plus rapides que celles de la lumière visible.
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- CE QUI PRÉOCCUPAIT LE MONDE SAVANT IL Y A JUSTE UN SIÈCLE EN MAI 1814
- La rumination chez les insectes
- Certains entomologistes du xvnT siècle et du commencement du xixe admettaient, par analogie évidemment avec ce qui existe chez les mammifères, qu’il se trouve parmi les insectes des groupes de ruminants.
- Ainsi, notamment, pensaient Malpighi, Swam-merdann et même Cuvier.
- Marcel de Serres, dans son ouvrage: « Observations sur les insectes considérés comme ruminants et sur les fonctions des diverses parties du tube intestinal dans cet ordre d’animaux » entreprend, avec succès d’ailleurs, d’établir que, parmi les insectes, il n’en est pas qui possèdent une organisation répondant à ce qu’elle devrait être si ces insectes faisaient subir aux aliments une véritable rumination.
- « La rumination, dit-il, en effet, est un acte de la volonté dont futilité se marque pour les animaux herbivores paisibles, vivant d’aliments peu sapides et souvent troublés dans l’acte de leur nourriture. Liant tous sans défense, ils doivent pouvoir mettre en réserve des aliments afin de se les assimiler dans un moment plus tranquille. »
- Mais ce n’est point là le cas chez les insectes.
- Les orthoptères, qui ont, en particulier, été considérés comme se livrant à une véritable rumination, sont en réalité des animaux très voraces.
- La nature, en vue de suppléer à une insuffisante trituration des aliments par les mâchoires de l’insecte, leur a donné des écailles acérées et tranchantes fixées sur la membrane interne du gésier.
- Lu somme, démontre M. de Serres, il n’existe point chez les insectes d'espèces accomplissant une véiitable rumination et les orthoptères, notamment, sont très éloignés, de par leur structure, de pouvoir faire remonter leurs aliments dans la bouche. Quant au gésier des insectes, que l’on a assimilé bien à tort au bonnet des ruminants, il ne saurait en aucun cas, déclare le même auteur, faire régresser les aliments en dehors de l'estomac. Les dispositions anatomiques de l’insecte s'y opposent absolument.
- Le bon tabael
- A quoi reconnaît-on le bon tabac?
- En 1814, cette question ne laisse pas d’avoir fort son importance. C’est qu’en ce temps, le tabac était l’objet de fraudes et d’adultérations multipliées.
- D’après le savant chimiste Guyton dcMorveau,il était courant alors de trouver dans le tabac de l’opium, du sulfate de fer, du bois de campèche et la noix de galle — dont la fumée produisait le vomissement et l’enflure de la langue. On trouvait des cendres, de la gomme gulte dans le tabac jaune, des graines du sabadillum — l’ellébore noir —dans le tabac brun noir, du sulfate de fer, de l’alun, du muriate de mercure, du sucre, de l’oxyde de plomb.
- Quant au bon tabac, assez rare, en somme, voici d’après le même Guyton de Morveau quelles devaient être ses qualités distinctives :
- 1° Le tabac à fumer ne doit avoir aucune odeur fétide ni piquante, mais une odeur agréable qui n’est ni aromatique, ni analeptique.
- Dans le premier cas, la préparation ne lui a pas enlevé tout son muqueux; dans le second cas, on y a ajouté quelque drogue qui, par son huile éthérée, porte sur les organes une irritation qui peut avoir des suites fâcheuses. On emploie pour cela particulièrement la cascanlle qui lui donne une odeur de musc,
- 2* Le tabac ne doit pas donner des signes de détonations lorsqu’on le brûle, ce qui arrive quand il contient du nitre, que l’on y mêle pour qu’il prenne feu plus aisément et qu’il porte une action plus vive sur la langue. La vapeur du nitre enflammé affecte les poumons.
- 3° Lorsqu’on traite le tabac dans l’eau chaude, la liqueur filtrée sur la poussière de charbon ne doit pas laisser, après l’évaporation, des cristaux de nitre.
- 4<* Enfin, le tabac ne doit renfermer aucune trace de métal, en particulier de plomb, de cuivre ou d’antimoine, ce qui arrive très souvent et le rend très malfaisant.
- On doit donc se garder en particulier d’emballer le tabac dans des feuilles de plomb.
- Depuis le temps ou Guyton de Morveau traçait dans les Anna/es de physique et de chimie ces indications utiles, la fabrication du tabac s’est tout de même chez nous quelque peu améliorée. La régie n’empoisonne pas ses clients. Soucieuse de leur santé, elle se contente de leur délivrer libéralement des bûches qui, ne brûlant guère, sont parfaitement inofïensives.
- Pour guérir l’esquinancie
- La médecine populaire n’est jamais à court de remèdes; elle en a pour tous les maux, quels soient-ils, et souvent de fort singuliers.
- Ainsi, il v a un siècle, pour guérir l’esquinancie — traduisez les angines graves — le vulgaire vantait volontiers les insufflations d'albumgræcum pulvérisé.
- ISalbum græcum, qui figura au Codex jusqu’en des éditions récentes, est un mélange de carbonate et de phosphate de chaux obtenu en recueillant, après dessiccation, le produit ultime de la digestion des chiens.
- Ce vieux remède, du reste, guérissait, à preuve que Guyton tle Morveau rapporte au cours d’un mémoire inséré dans les Annales de physique et de chimie avoir vu un cas (l’esquinancie terminé rapidement chez une femme, après que son fils lui eut insufflé dans la bouche de Xalbum græcum pulvérisé .
- Cette action favorable du répugnant produit s’explique d’ailleurs aisément. Elle tient, fait remarquer l’auteur du travail, à son action déconges-
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- donnante, action toute mécanique résultant de ce qu’il se charge par absorption des liquides infiltrant les muqueuses.
- Du simple phosphate de chaux de toute autre provenance eut donc aussi bien lait l'affaire et nous ne devons guère regretter, par suite, que notre thérapeutique moderne ait délaissé le vieux médicament.
- Les mérites de la pomme de terre
- En 1814, l’invasion a causé des dommages considérables. En particulier, les récoltes sont gravement compromises ; les ensemencements n’ont pu être faits en temps convenable et, de plus, quantité de champs ont été ravagés par le passage des troupes.
- Pour parer au danger de la famine, il faut donc s’ingénier à trouver des ressources. Les agronomes les plus experts s’v emploient .activement et chacun d’eux propose quelque expédient.
- Pour le comte François de Neufchâteau, vice-président de la Société d’agriculture du département de la Seine, c’est la « parmentière » qui sauvera la situation.
- Cette plante, écrit-il a M. Mirbeck fils, inspecteur des contributions du département de l’Aube, à Troyes, dans une lettre destinée à la publicité et que reproduit le Moniteur Universel du 18 mai, doit être cultivée de préférence à toute autre en raison de sa fécondité et du peu de soins qu’elle exige.
- On peut la semer à très peu de-frais.
- 11 suffit pour cela, avant de faire cuire les pommes de terre destinées à l’alimentation, d’en enlever au moyen d’une gouge tous les yeux entourés d’une toute petite quantité de pulpe. On obtient ainsi des plants excellents et l’on n’a pas sensiblement diminué la matière alimentaire dont on disposait.
- De l’avis du comte de Neufchateau, il serait bon aussi de semer du maïs ou « blé de Turquie » dans l’intervalle des rangées de pommes de terre.
- Les tubercules de la précieuse plante peuvent recevoir diverses utilisations, fait encore observer le même auteur. On peut les employer avec avantage a fabriquer de l’alcool, et aussi utiliser la fécule que l’on en tire, après l’avoir mélangée a d’autres farines, pour la labiication du pain. Celui-ci se conserve parfaitement, est excellent, et pourrait rendre les plus grands services pour les approvisionnements à bord des navires.
- Une précieuse invention
- « Le capitaine anglais Alanby, rapporte le Journal des Débats en date du 27 mai, a inventé des mortiers qui lancent à un quart de mille une bombe à laquelle est attachée une corde, ('.et
- appareil peut servir à sauver l'équipage des bâtiments naufragés sur la côte. L’invention a obtenu l’approbation du Parlement d’Angleterre. »
- Tels sont les termes dans lesquels fut annoncée,sans autre commentaiie, l’invention infiniment précieuse du canon porte-amarre.
- Ctlui-ci, depuis lors, a permis de sauver des milliers d’existences.
- Son apparition tutélaire fut signalée tout juste en cinq lignes.
- Une île disparaît
- D’après une correspondance de Londres en date du 23 mai, le Moniteur Universel annonçait le 28 du mois à ses lecteurs la disparition subite, survenue durant la nuit du 2(i janvier précédent, d'une petite île de l’archipel désignée par les Turcs sous le nom d'ile de Salomon.
- Cette disparition, que rien ne pouvait permettre de prévoir, eut lieu, paraît-il, par une nuit très calme et durant laquelle le vent soufflait à peine.
- Elevage des carpes dans les rizières
- Grâce au climat de leur pays les Italiens peuvent récolter le riz. Comme cette culture se fait sous l’eau, ils ont eu l’idée d'élever en même temps du poisson, imitant en cela les Japonais, très consommateurs de poisson et de riz comme l'on sait.
- Les rizières n’ayant que 20 cm d’eau, on ne peut y élever que des carpes à dos aplati et de forme allongée comme celle de Bohême.
- On introduit les alevins dans la rizière quand la céréale est bien enracinée. Trois mois après, ils pèsent de 150 à 200 gr.
- Lors des mises â sec, on retire l’eau lentement, de telle sorte que les poissons se rassemblent dans un fossé. A la moisson, on les place dans un bassin d’hivernage. Ils ont une vie latente pendant la saison fioide.
- L’élevage reprend l'été suivant jusqu’à ce que les carpes atteignent le poids d'un kilogramme. Un hectare peut donner au moins 100 kg de poisson.
- Un moyen de sauvetage original
- lTn inventeur américain propose un moyen assez original pour le sauvetage des personnes en cas d’incendie au moyen d'un appareil auxiliaire. Il pense qu'il serait possible de fixer à la paroi des maisons, en les rabattant normalement dans une position verticale, des passeïelles analogues à des ponts-levis, qui permettraient, en cas d’incendie, de passer d’une maison dans celle d'en face, à travers la rue, à condition quelle ne soit pas trop large. Les personnes menacées par l’incendie pourraient ainsi trouver un refuge en pénétrant chez leurs voisins par une fenêtre.
- D1 Georges Yrroix.
- ERRATUM
- Cest par erreur que dans son article sur les Progrès de la Navigation Aérienne, paru dans notre n" 10 M. James a écrit (page 283, 10 ligne tic la 2 colonne) que MM. Blériot, Esnault-Pelterie, Caudron et Savary étaient tous représentés par MM. Weismann et Marx. Les intérêts de la maison Esnault-Pelterie étaient en effet défendus par M. Armengaud jeune.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- LA T. S. F. PROTECTRICE DES TRAINS EN MARCHE
- Une compagnie américaine de chemins de fer a muni l’un de ses tiains d’un poste de télégraphie sans fil, qui a reçu tout récemment sa première consécration pratique. Le train roulait à une vitesse de 80 km à l’heure, lorsque le chef de train se trouva subitement indisposé; on était à ce moment à 45 km de la gare la plus proche.
- S’il s’était agi d’un train ordinaire, il eût fallu perdre un temps assez considérable, à l’arrêt, pour trouver un conducteur suppléant Dans le cas qui nous occupe, le télégraphiste lança un message au chef de gare de la ville où devait s’arrêter le train, si bien qu’à l’arrivée en gare, un conducteur de réserve se trouvait
- prêt à remplacer son collègue malade.
- Mais ce n’est pas tout; grâce à un second message radiotélégraphique, on put annoncer, une demi-heure à l’avance, qu’en raison de l’abondance de voyageurs, il fallait préparer une voiture supplémentaire, pour décongestionner le train, et prendre de nouveaux voyageurs.
- L’ingénieur en chef des Télégraphes, M. L.-B. Foley, se trouvait dans le train en question. Interviewé à son retour à New-York, il se montra enthousiaste, et déclara que le jour n était pas loin où les Compagnies de chemins de fer du monde entier muniraient chacun de leuis trains d’un poste de télégraphie sans fil.
- LE PATIN AUTOMOTEUR NOUS MET DES AILES AUX PIEDS
- Considéré seulement comme moyen de locomotion, le patinage à roulettes — peut-être est-il plus sportif de dire le skatimj — vient de s’enrichir de deux nouvelles méthodes inventées aux Etats Unis, méthodes très originales, qui excluent entièrement l’effort physique. Dan s le premier di > positif, l’un des patins est déplacé par un petit moteur électrique alimenté par une batterie d’accumulateurs; dans le second, c’est un moteur à essence qui actionne les roulettes. Ce nouveau mode de locomotion est, paraît-il, très pratique, et les inventeurs des deux systèmes n’hésitent pas à déclarer que ces patins automoteurs se montreront tôt ou tard
- d’une grande utilité, pour les personnes qui doivent parcourir de longs trajets, en particulier pour les gens d’affaires: représentant s,placiers, commissionnaires,courtiers, à qui leurs ressources ne permettent pas d'ordinaire de posséder une automobile.
- Tel Mercure, leur dieu, ils auront aux pieds des ailes aussi rapides que celles de la roue, mouvant piédestal de Fin constante Fortune.
- PATIN AUTOMOTEUR A ESSENCE ET PATINEUR EN MARCHE
- Le patin que l’on fixe au pied droit est monté sur trois roues, line à Lavant et deux à /'arrière ; la i oue avant est entraînée par te moteur au
- moyen d’une chaîne. Le réservoir d’essence est supporté par une tige, fixée en avant du patin et que le patineur tient à ta main.
- La poignée commande l’admission du combustible et, par l’in termédiaire d’une pile sèche que l'on t'eut mettre en poche, l’allumage. Tout a été calculé pour que l’ensemble du mécanisme se présente sous une forme aussi réduite et aussi légère que possible. Le patin du pied gauche est du modèle ordinaire à deux
- roues.
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- LES CLASSIQUES DE LA SCIENCE
- D’ALEMBERT
- (1717-1783)
- L’illustre mathématicien qui devait, avec Diderot, entreprendre la publication de XEncyclopédie, fut trouvé le 17 novembre 1717 sur les marches de la chapelle de Saint-Jean-le-Rond, près de Notre-Dame de Paris. Fils naturel de M'ne de Tencin et du chevalier Destouches, commissaire d’artillerie,il fut élevé par la femme d’un pauvre vitrier, grâce à une pension de 1200 livres servie en secret par son père. Il reçut le nom de Jean le Rond auquel il ajouta plus tard lui-même celui de d’Alembert.
- D’Alembert entra à treize ans au collège Mazarin et, après de brillantes études classiques, il étudia le droit, la médecine et surtout les math é m a t i q ues su p éri e u r e s auxquelles il se consacra com -plètement,après avoir été quelque temps avocat, puis médecin.
- Attiré par les nouvelles méthodes de calcul imaginées par Newton et par Leibnitz, il publia en 1739 un mémoire sur le calcul intégral Dans un important travail sur La réfraction des corps solides, paru en 1741, il donna la première explication théorique des phénomènes qui se produisent quand un rayon lumineux passe d’un milieu de densité donnée dans un autre plus dense, sa direction n’étant pas normale à la surface de séparation des deux milieux.
- Admis à l’Académie des Sciences dès 1741, d’Alembert publia, en 1743, son célèbre Traité de dynamique dans lequel il expose le théorème auquel on a donné le nom de principe de d’A lembert.
- En 1744, d’Alembert appliqua ce principe à la théorie de l’équilibre et du mouvement des fluides ; tous les théorèmes, jusque-là démontrés par les géomètres sur cette importante question, devinrent de simples corollaires de son théorème. Son mémoire intitulé Réflexions- sur la cause générale des vents (1747), dédié à Frédéric le Grand, fut couronné par l’Académie de Berlin. D’Alembert
- visita en 1763 la capitale de la Prusse, où le châtelain de Sans-Souci essaya, mais en vain, de le retenir en lui offrant le poste envié de président de son Académie.
- D’Alembert avait fait faire un grand pas à l’analyse mathématique en découvrant les équations aux différences partielles, procédé de calcul très fécond qu’il appliqua, dès 1747, à l’étude des vibrations des cordes sonores, jusque là insuffisamment expliquées par la géométrie. Il put ainsi éclairer d'un jour nouveau une foule de problèmes d’astronomie, notamment la précession des équinoxes, la nutation de l’axe de la terre, les perturba t i o n s des planètes. Cette dernière question fut exposée par lui dans les Recherches sur différents points importants du système du monde (1754-1736).
- Admis à l’Académie Française en 1754, il lut le jour de sa réception le Discours préliminaire sur lesprog> ès et les rapports des diverses sciences qu’il avait écrit pour servir de préface à Y Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné d’alemhkut des Sciences, des Arts et des Mé-
- tiers. C’est de ce discours qu’a été extrait le passage que nous reproduisons plus loin.
- L’Encyclopédie, publiée sous la direction de Diderot, avec la collaboration de \ oltaire, de Montesquieu et de Rousseau fut entièrement rédigée par d’Alembert pour la partie mathématique.
- On doit en outre à d’Alembert plusieurs ouvrages de littérature et de polémique intitulés: Mélanges de philosophie et de littérature, Eléments de philosophie, Essai sur les gens de lettres. Mémoires sur Christine de Suède.
- En sa qualité de Secrétaire perpétuel de 1 Académie Française (1772-1783), il écrivit une série d é-loges des académiciens décédés de 1700 a 1772. Grand amateur de musique, il a laissé un ouvrage important intitulé Eléments de musique théorique et pratique (1779). D’Alembert mourut en 1783.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- BACON, DESCARTES ET NEWTON
- Par D’ALEMBERT
- Bacon, né dans le sein de la nuit la plus profonde, sentit que la philosophie n’était pas encore, quoique bien des gens, sans doute, se flattassent d’y exceller ; car, plus un siècle est grossier, plus il se croit instruit de tout ce qu’il peut savoir. 11 commença donc par envisager d’une vue générale les divers objets de toutes les sciences naturelles; il partagea ces sciences en différentes branches, dont il fit l’énumération la plus exacte qu’il lui fût possible ; il examina ce que l’on savait déjà sur chacun de ces objets, et fit le catalogue immense de ce qui restait à découvrir. C’est le but de son admirable ouvrage De la dignité et de l'accroissement des connaissances humaines. Dans son Nouz>el organe des sciences, il perfectionne les vues qu’il avait données dans le premier ouvrage; il les porte plus loin, et fait connaître la nécessité de la physique expérimentale, à laquelle on ne pensait point encore. Ennemi des systèmes, il n’envisage la philosophie que comme cette partie de nos connaissances qui doit contribuer à nous rendre meilleurs ou plus heureux : il semble la borner à la science des choses utiles, et recommande partout l’étude de la nature. Ses autres écrits sont formés sur le même plan ; tout, jusqu’à leurs titres, y annonce l’homme de génie, l’esprit qui voit en grand. Il y recueille des faits, il y compare des expériences, il en indique un grand nombre à faire; il invite les savants à étudier et à perfectionner les arts, qu’il regarde comme la partie la plus relevée et la plus essentielle de la science humaine ; il expose avec une simplicité noble ses conjectures et ses pensées sur les différents objets dignes d’intéresser les hommes, et il eût pu dire, comme ce vieillard de Térence, que rien de ce qui touche l’humanité ne lui était étranger. Science de la nature, morale, politique, économique, tout semble avoir été du ressort de cet esprit lumineux et profond; et on ne sait ce qu’on doit le plus admirer, ou des richesses qu’il répand sur tous les sujets qu’il traite, ou de la dignité avec laquelle il en parle. Ses écrits ne peuvent être mieux comparés ' qu’à ceux d Hippocrate sur la médecine, et ils ne seraient ni moins admirés, ni moins lus, si la culture de l’esprit était aussi chère aux hommes que la conservation de la santé; mais il n’y a que les
- chefs de secte en tout genre dont les ouvrages puissent avoir un certain éclat. Bacon n’a pas été du nombre, et la forme de sa philosophie s’y opposait : elle était trop sage pour étonner personne. La scolastique qui dominait de son temps ne pouvait être renversée que par des opinions hardies et nouvelles, et il n’y a pas d’apparence qu’un philosophe qui se contente de dire aux hommes : « Voilà le peu que vous avez appris, voilà ce qui vous leste à chercher », soit destiné à faire beaucoup de bruit parmi ses contemporains.
- Nous oserions même faire quelque reproche au chancelier Bacon d’avoir été peut-être trop timide, si nous ne savions avec quelle retenue, et pour ainsi dire avec quelle superstition on doit juger un génie si sublime. Quoiqu'il avoue que les scolastiques ont énervé les sciences par leurs questions minutieuses, et que l’esprit doit sacrifier l’étude des êtres généraux à celle des objets particuliers, il semble pourtant, par l’emploi fréquent qu’il fait des termes de l’école, quelquefois même par celui des principes scolastiques, et par des divisions et subdivisions dont l’usage était alors fort à la mode, avoir marqué un peu trop de ménagement ou de déférence pour le goût dominant de son siècle. Ce grand homme, après avoir brisé tant de fers, était encore retenu par quelques chaînes qu’il ne pouvait ou n’osait rompre.
- Au chancelier Bacon succéda l’illustre Descartes. Cet homme rare, dont la fortune a tant varié en moins d’un siècle, avait tout ce qu’il fallait pour changer la face de la philosophie : une imagination forte, un esprit très conséquent, des connaissances puisées dans lui-même plus que dans les livres, beaucoup de courage pour combattre les préjugés les plus généralement reçus, et aucune espèce de dépendance qui le forçât à les ménager. Aussi, éprouva-t-il de son vivant même ce qui arrive, pour l’ordinaire, à tout homme qui prend un ascendant trop marqué sur les autres. Il fit quelques enthousiastes et eut beaucoup d’ennemis. Soit qu’il connût sa nation ou qu’il s’en défiât seulement, il s’était rérugié dans un pays entiè-1 ement libre, pour y méditer plus à son aise
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- /JA CO A, DESCARTES ET X EWTO X
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- Quoiqu’il pensât beaucoup moins à faire des disciples qu’à les mériter, la persécution alla le chercher dans sa retraite, et la vie cachée qu'il menait ne put l’y soustraire. Tourmenté et calomnié par des étrangers, et assez mal accueilli de ses compatriotes, il alla mourir en Suède, bien éloigné sans doute de s’attendre au succès brillant que ses opinions auraient un jour.
- On peut considérer Descartes comme géomètre ou comme philosophe. Les mathématiques, dont il semble avoir fait, assez peu de cas, font néanmoins aujourd’hui la partie la plus solide et la moins contestée de sa gloire.
- L’algèbre, créée en quelque manière par les Italiens, prodigieusement augmentée par notre illustre Viète, a reçu entre les mains de Descartes de nouveaux accroissements. Une des plus considérables est sa Méthode des indéterminées, artifice très ingénieux et très subtil, qu’on a su appliquer depuis à un grand nombre de recherches. Mais ce qui a surtout immortalisé le nom de ce grand homme, c’est l’application qu’il a su faire de l’algèbre à lagéométrie, idée la plus vaste et des plus heureuses que l’esprit humain ait jamais eues, et qui sera toujours la clef des plus profondes recherches, non seulement dans la géométrie, mais dans toutes les sciences physico-mathématiques.
- Comme philosophe, il a peut-être été aussi grand, mais il n’a pas été si heureux. La géométrie, qui, par la nature de son objet, doit toujours gagner sans perdre, ne pouvait manquer, étant maniée par un aussi grand génie, de faire des progrès très sensibles et apparents pour tout le monde. La philosophie se trouvait dans un état bien dilférent, tout y était à recommencer: et que ne coûtent point les premiers pas en tout genre? Le mérite de les faire dispense de celui d’en faire de grands. Si Descartes, qui nous a ouvert la route, n’y a pas été aussi loin que ses sectateurs le croient, il s’en faut beaucoup que les sciences lui doivent aussi peu que le prétendent ses adversaires. Sa Méthode seule aurait suffi pour le rendre immortel ; sa Dioptrique est la plus grande et la plus belle application qu’on eût faite encore de la géométrie à la physique; on voit enfin, dans ses ouvrages, même les moins lus maintenant, briller partout le génie inventeur. Si on juge sans partialité ces tourbillons devenus aujourd’hui presque ridicules, on conviendra,-j’ose le dire, qu’on ne pouvait alors imaginer rien de mieux. Les observations astronomiques qui ont servi à les détruire étaient encore imparfaites ou
- peu constatées: rien n’était plus naturel que de supposer un fluide qui transportât les planètes. Il n’y avait qu’une longue suite de phénomènes, de raisonnements et de calculs, et,par conséquent, une longue suite d’années, qui pût faire renoncer à une théorie si séduisante. Elle avait d’ailleurs l’avantage singulier de rendre raison de la gravitation des corps par la force centrifuge du tourbillon même, et je ne crains point d’avancer que cette explication de la pesanteur est une des plus belles et des plus ingénieuses hypothèses que la philosophie ait jamais imaginées. Aussi a-t-il fallu, pour l’abandonner, que les physiciens aient été entraînés comme malgré eux par la théorie des forces centrales et par des expériences faites longtemps après. Reconnaissons donc que Descartes, forcé de créer une physique toute nouvelle, n’a pu la créer meilleure; qu’il a fallu, pour ainsi dire, passer par les tourbillons pour arriver au vrai système du monde, et que, s’il s’est trompé sur les lois du mouvement, il a du moins deviné le premier qu’il devait y en avoir.
- La métaphysique, aussi ingénieuse et aussi nouvelle que sa physique, a eu le même sort à peu près; et c’est aussi à peu près par les mêmes raisons qu’on peut la justifier, car telle est aujourd’hui la fortune de ce grand homme, qu’après avoir eu des sectateurs sans nombre, il est presque réduit à des apologistes. Il se trompa sans doute en admettant les idées innées; mais, s’il eût retenu de la secte péripatéticienne la seule vérité qu’elle enseignait sur l’origine des idées par les sens, peut-être les erreurs qui déshonoraient cette vérité par leur alliage auraient été plus difficile à déraciner. Descartes a osé du moins montrer aux bons esprits à secouer le joug de la scolastique, de l’opinion, de l’autorité, en un mot des préjugés et de la barbarie; et, par cette révolte dont nous recueillons aujourd’hui les fruits, il a rendu à la philosophie un service plus essentiel peut-être que tous ceux qu’elle doit à ses illustres successeurs. On peut le regarder comme un chef de conjurés qui a eu le courage de s’élever le premier contre une puissance despotique et arbitraire, et qui, en préparant une révolution éclatante, a jeté les fondements d’un gouvernement plus juste et plus heureux qu’il n’a pu voir établi. S’il a fini par croire tout expliqué, il a du moins commencé par douter de tout: et les armes dont nous nous servons pour le combattre ne lui en appartiennent pas moins parce que nous les tournons contre lui. D’ailleurs, quand les opi-
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- LA SCIENCE El LA VIE
- nions absurdes sont invétérées, on est quelquefois forcé, pour désabuser le genre humain, de les remplacer par d’autres erreurs, lorsqu’on ne peut mieux faire. L’incertitude et la vanité de l’esprit sont telles, qu’il a toujours besoin d’une opinion à laquelle il se fixe. C’est un enfant à qui il faut présenter un jouet pour lui enlever une arme dangereuse. Il quittera de lui-même ce jouet quand le temps de la raison serq venu. En donnant ainsi le change aux philosophes, ou à ceux qui croient l’être, on leur apprend du moins à se méfier de leurs lumières, et cette disposition est le premier pas vers la vérité. Aussi Descartes a-t-il été persécuté de son vivant, comme s’il fût venu l’apporter aux hommes.
- Newton, à qui la route avait été préparée par Huvghens, parut enfin et donna à la philosophie une forme qu’elle semble devoir conserver. Ce grand génie vit qu’il était temps de bannir de la physique les conjectures et les hypothèses vagues, ou du moins de ne les donner que pour ce qu’elles valaient, et que cette science devait être uniquement soumise aux expériences et à la géométrie. C’est peut-être dans cette vue qu’il commença par inventer le calcul de l'infini et la méthode des suites, dont les usages si étendus dans la géométrie même, le sont encore davantage pour déterminer les effets compliqués que l’on observe dans la nature, où tout semble s’exécuter par des espèces de progressions infinies. Les expériences de la pesanteur et les observations de Kepler firent découvrir au philosophe anglais la force qui retient les planètes dans leurs orbites. Il enseigna tout ensemble et à distinguer les causes de leurs mouvements et à les calculer avec une exactitude qu’on n’aurait pu exiger que du travail de plusieurs siècles. Créateur d’une optique toute nouvelle, il fit connaître la lumière aux hommes en la décomposant. Ce que nous pourrions ajouter à l’éloge de ce grand philosophe serait fort au-dessous du témoignage universel qu’on rend aujourd’hui à ses découvertes presque innombrables et à son génie tout à la fois étendu, juste et profond. En enrichissant la philosophie par une grande quantité de biens réels, il a mérité sans doute toute sa reconnaissance ; mais il a peut-être plus fait pour elle en lui apprenant à être sage, et à contenir dans de justes bornes cette espèce d’audace que les circonstances avaient forcé Descartes à lui donner. Sa Théorie du Monde (car je ne veux pas dire son Système) est aujourd’hui si généralement reçue, qu’on commence à disputer à l’auteur
- l’honneur de l’invention, parce qu’on accuse d’abord les grands hommes de se tromper, et qu’on finit par les traiter de plagiaires. Je laisse à ceux qui trouvent tout dans les ouvrages des anciens le plaisir de découvrir dans ces ouvrages la gravitation des planètes, quand elle n’y serait pas. Mais en supposant même que les Grecs en aient eu l’idée, ce qui n’était chez eux qu’un système hasardé et romanesque est devenu une démonstration dans les mains de Newton : cette démonstration, qui n’appartient qu’à lui, fait le mérite réel de sa decouverte; et l’attraction sans un tel appui serait une hypothèse comme tant d’autres. Si quelque écrivain célèbre s’avisait de prédire aujourd’hui sans aucune preuve qu’on parviendra un jour à faire de l’or, nos descendants auraient-ils droit, sous ce prétexte, de vouloir ôter la gloire du grand œuvre à un chimiste qui en viendrait à bout? Et l’invention des lunettes en appartiendrait-elle moins à ses auteurs, quand même quelques anciens n’auraient pas cru impossible que nous étendissions un jour la sphère de notre vue ?
- D’autres savants croient faire à Newton un reproche beaucoup plus fondé, en l’accusant d avoir ramené dans la physique les qualités occultes des scolastiques et des anciens philosophes. Mais les savants dont nous parlons sont-ils bien sûrs que ces deux mots, vides de sens chez les scolastiques et destinés à marquer un être dont ils croyaient avoir l’idée, fussent autre chose chez les anciens philosophes que l’expression modeste de leur ignorance? Newton, qui avait étudié la nature, ne se flattait pas d’en savoir plus qu’eux sur la cause première qui produit les phénomènes; mais il n’employa pas le même langage, pour ne pas révolter des contemporains qui n’auraient pas manqué d’y attacher une autre idée que lui. Il se contenta de prouver que les tourbillons de Descartes ne pouvaient rendre raison du mouvement des planètes; que lts phénomènes et les lois de la mécanique s’unissaient pour les renverser; qu’il y a une force par laquelle les planètes tendent les unes vers les autres, et dont le principe nous est entièrement inconnu. Il ne rejeta point l’impulsion ; il se borna à demander qu’on s’en servît plus heureusement qu’on n’avait fait jusqu'alors pour expliquer les mouvements •des planètes : ses désirs n’ont point encore été remplis, et ne le seront peut-être de longtemps. Après tout, quel mal aurait-il fait à la philosophie, en nous donnant lieu de penser que la matière peut avoir des
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- Il A CO N, DESCARTES ET NEWTON
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- propriétés que nous ne lui soupçonnions pas, et en nous désabusant de la confiance ridicule où nous sommes de les connaître toutes !
- A l’égard de la métaphysique, il parai que Newton ne l’avait pas entièrement négligée. 11 était trop grand philosophe pour 11e pas sentir qu’elle est la base de nos connaissances, et qu’il faut chercher dans elle seule des notions nettes et exactes de tout. Il paraît même, par les ouvrages de ce profond géomètre, qu’il était parvenu a se faire de telles notions sur les principaux objets qui l’avaient occupé. Cependant soit qu’il fût peu content lui-même des progrès qu’il avait faits
- dans la méiaphvsique, soit qu’il crût difficile de donner au genre humain des lumières bien satisfaisantes ou bien étendues sur une science trop souvent incertaine et contentieuse, s' it enfin qu’il craignît qu’a l’ombre de son autorité on n’abmât de sa métaphysique comme on avait abusé de celle de Descaries pour soutenir des opinions dangereuses ou erronées, il s’abstint presque absolument d en parler dans ceux de ses écrits qui sont les plus connus; et on ne peut guère apprendre ce qu’il pensait sur les différents objets de cette science, que dans les ouvrages de ses disciples.
- LE PROFESSEUR GASTON BONNIER. — NOTICE BIOGRAPHIQUE
- Ancien élève du collège Rollin et du lycée Henri IV, M. Gaston Bonnier, né à Paris en 1853, fut reçu en 1870 à l’Ecole normale supérieure d’où il sortit pourvu des trois licences ès sciences mathématiques, physiques et naturelles et du titre d’agrégé des sciences physiques et naturelles.
- Reçu docteur ès sciences naturelles, il fut successivement agrégé préparateur d’histoire naturelle à l’Ecole normale supérieure (1876), répétiteur à l’Institut national agronomique (1877), chargé de conférences à l’Ecole normale supérieure (1877) puis maître de conférences de botanique à la même école (1879) et enfin directeur du laboratoire de recherches des hautes études à l’Ecole normale (1886).
- Dès 1879, l'Académie des Sciences avait couronné un important mémoire de M. Bonnier sur les « nectaires », organes des plantes ainsi dénommés par Linné parce qu'ils laissent échapper des gouttelettes d’un liquide sucré ou nectar dont les insectes, notamment les abedles, sont très avides. Il reçut à cette occasion le prix de physiologie expérimentale (fondation Montyon).
- En 1887, M. G. Bonnier fut nommé professeur de botanique à la Faculté des Sciences de Paris. II fonda et dirigea le laboratoire de biologie végétale de la Sorbonne à Fontainebleau (1890).
- En 1890, la Société botanique de France le choisit comme président. Membre de la Société nationale d’agriculture de France et de la Société de biologie, président de la Fédération des Sociétés françaises d’apiculture, M. G. Bonnier fonda, en 1889, la Revue générale de botanique.
- M. G. Bonnier a épousé en 1897 la fille de M. Van Tieghem, secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences.
- M. Bonnier obtint successivement le prix Desmazières (1883) pour ses Recherches sur la respiration et la transpiration des champignons, le prix La Fons Me-licocq (1886) pour sa Flore du Nord de la France, le prix Montagne (1888) pour son Mémoire sur la synthèse des lichens.
- Parmi les ouvrages de M. G. Bonnier, les plus connus sont V Enchaînement des organismes (1907), le Monde végétal 1 1907), et la Flore complète de la France et de la Suisse pour trouver facilement le nom des plantes sans mots techniques (1908). M. Bonnier a publié également de nombreux traitéset ouvragesd’en-seignement concernant la botanique, la géologie, la phys;que et l’histoire naturelle. Les comptes rendus de l’Académie des Sciences renferment une grande
- quantitéde notes et decommunications faites par lui
- sur les questions les plus diverses de la botanique.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- LA GÉOGRAPHIE BOTANIQUE
- Par Gaston BONNIER
- La géographie botanique, étude de la distribution des plantes à la surface du globe, se rattache à de nombreuses sciences, entre lesquelles des liens nouveaux s’établissent grâce à elle.
- Tout d’abord, avant de savoir si telle ou telle espèce de plante se trouve dans une région donnée, il est évident qu’il faut connaître ce qu’on appelle la classification des végétaux : il faut savoir distinguer les unes des autres et déterminer par des caractères précis les différentes espèces végétales.
- Ou’est-ce qu’une espèce? Ce n’est certainement pas en commençant ce cours qu’il est possible de donner une réponse à cette question. Mais le fait de n’avoir qu’une notion vague du mot espèce ne saurait nous arrêter pour reconnaître et décrire les diverses formes des plantes.
- « Bien que la notion d’espèce, dit Duval-Jouve, soit loin d’avoir de nos jours un sens rigoureusement déterminé et accepté par tous, il faut cependant s’occuper des espèces, nommer et décrire ce qui nous paraît différent; car, en définitive, il faut s’entendre et savoir de quoi on parle. »
- Il est donc indispensable, avant tout, d’apprendre à classer les végétaux. Toutefois, en comparant les formes végétales entre elles, nous ne perdrons pas de vue le but que nous voulons atteindre, et nous nous servirons de telle ou telle classe de plantes pour aborder par divers côtés les questions générales de géographie botanique.
- Voyons maintenant quelles sont les différentes sources de documents scientifiques auxquels il faut avoir recours pour l’étude de la distribution des végétaux.
- Cette distribution dépend en premier lieu des conditions physiques du milieu, ce qui exige des connaissances de météorologie et de lithologie; puis,
- des conditions biologiques de la plante, ce qui nous amène à des recherches de physiologie et de morphologie expérimentales; la répartition des espèces dépend aussi de l’influence exercée par les autres êtres vivants, d’où l’étude de la concurrence vitale. Enfin, l’état actuel de la flore du monde ne saurait s’expliquer si l’on ne cherche pas à connaître l’état antérieur des conditions physiques de la végétation, ce qui nécessite les documents fournis par la paléontologie et par la stratigraphie.
- On le voit, la géographie botanique, qui exige, pour être étudiée, la connaissance détaillée des diverses formes végétales, se trouve en étroite connexion avec bien d’autres branches des connaissances humaines.
- Je vaisexaminer rapidement chacune de ces relations nécessaires en citant quelques exemples particuliers qui permettront d’en préciser la nature et d’en mieux faire saisir la portée.
- Parmi les conditions physiques du milieu, le climat et le sol sont surtout à signaler.
- Comme exemple frappant de l’influence directe du climat sur la végétation, j’indiquerai les zones déterminées par l’altitude et par la latitude.
- Si nous nous élevons depuis le littoral de Nice jusqu’aux plus hauts sommets des Alpes-Maritines, nous rencontrerons successivement des régions végétales bien distinctes. En quittant les côtes de la Méditerranée nous traverserons d’abord, dans la zone des oliviers, d’importantes forêts de pins maritimes et de pins d'Alep, et des garrigues pierreuses où dominent le thym et la lavande; sur les coteaux plus élevés, nous trouverons encore des bois formés par des arbres méridionaux rabougris, dont le plus important est le chêne-vert aux feuilles persistantes. Mais, à mesure que nous
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- LA GEOGRAPHIE B OTA R J QUE
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- montons sur les flancs de la vallée du Var, nous voyons peu à peu disparaître toutes ces espèces et dès que nous avons dépassé la crêfe des contreforts des Alpes provençales, la végétation change brusquement ; nous sommes dans des forêts de hêtres et de sapins, et les plantes herbacées sont presque toutes différentes de celles que nous avons rencontrées jusqu’alors ; ce sont des myrtilles, des pyroles, des gentianes et toutes les belles plantes de la flore subalpine. Bientôt les épicéas viennent se mêler aux sapins; les hêtres deviennent plus petits, puis cessent complètement. Nous traversons des forêts d’épicéas encore mélangés de quelques sapins; plus haut, ce sont des mélèzes qui les remplacent et nous atteignons la limite de la végétation des arbres. Nous traversons la région des rhododendrons, des saules arbustes, des genévriers nains dont les rameaux s’aplatissent sur les rochers, et nous atteignons les prairies alpines entièrement formées de plantes vivaces aux fleurs si variées. Au faîte des Alpes, dans la région des neiges éternelles, nous pourrons encore trouver quelques fleurs sur les contreforts des rochers : la renoncule des glaciers, la minime gentiane des neiges, le saule herbacé, plante de quelques centimètres, les petites touffes de silènes roses et des androsaces; puis, sur les pics les plus hauts, ce ne sont plus que des mousses et enfin des lichens dont les plaques jaunâtres et d’un vert glauque marqueront au-dessus des glaciers les dernières traces de la végétation.
- Ces observations ont permis de classer la végétation en régions superposées qu’on a distinguées sous le nom de zones de l’olivier, du chêne vert, du hêtre, de l'épicéa, du rhododendron, du saule herbacé.
- Une cause domine toutes les autres dans ces variations avec l’altitude, c’est la somme des températures pendant toute la saison où la végétation est active; c’est, comme l’on dit, l’intégrale des températures utiles. Dans la contrée que nous venons de parcourir, il
- est à peine besoin d’établir des observations thermométriques pour se rendre compte de la cause générale de la délimitation des zones; il suffit de recommencer plusieurs fois, au printemps, cette même exploration, en observant les limites successives de la fonte des neiges. Non seulement on se rend compte alors du séjour de plus en plus prolongé de la neige aux altitudes de plus en plus élevées, mais on comprend aussi pourquoi les zones que je viens de décrire ne sont pas distribuées en altitudes absolues. Trois causes principales, en effet, peuvent faire varier les zones de végélation : l’influence de l’altitude, l’influence de l’exposition et l’influence de l’accumulation de la neige dans les vallées où elle fond moins vite que sur les pentes. Ces trois causes agissant simultanément font comprendre pourquoi les limites des zones sont sinueuses, pourquoi elles s’abaissent dans les vallées et présentent des maxima sur le milieu des contreforts latéraux, enfin comment elles varient suivant l’exposition du versant que l’on considère. Le séjour des neiges explique presque toutes ces sinuosités et ces apparentes exceptions. On peut dire, d’une manière générale, que la limite de fusion qui remonte lentement sur les Alpes, depuis le mois de mars jusqu’au mois de juillet, dessine successive ment toutes les limites des zones végétales.
- Si nous faisons maintenant un voyage en nous déplaçant en latitude de Marseille au cap Nord, nous rencontrerons, tout en restant toujours dans les plaines, des régions végétales qui rappellent tout à fait celles que nous ayons observées en nous déplaçant depuis la base des Alpes jusqu'à leur sommet.
- De Marseille à Valence, nous serons dans la région des oliviers et des pins maritimes; plus au nord nous trouverons encore le chêne vert, puis le hêtre ; en Allemagne, nous pourrons trouver le sapin des plaines, puis l’épicéa. Quand nous aurons dépassé le Danemark et le sud de la Suède, nous ne
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- trouverons plus de hêtre; en Laponie, nous verrons disparaître l’épicéa et nous parcourrons de grandes plaines de saulrs arbustes et de rhododendrons; enfin, au nord de la presqu’île Scandinave et dans les terres arctiques, nous retrouverons les plantes alpines : les petites touffes des androsaces et des silènes roses, ainsi que de vastes étendues où prédominent les mousses et surtout les lichens. Ici encore, comme pour l’altitude, les limites de végétation sont influencées par la variation des intégrales de température et la sinuosité des limites est due surtout à la distribution inégale de la température moyenne; l’influence du Gulf-Stream, par exemple, qui réchauffe les côtes de Norvège par rapport à celles de Suède situées à la même latitude, est une des causes de l’extrême variation des sommes de température et par suite des limites de végétation dans la presqu’île Scandinave.
- Toutefois, ces ressemblances bien connues dans les variations des climats avec l’altitude et la latitude, ne vont pas jusqu’à concorder entre elles d’une manière parfaite. Pourquoi, par exemple, les lichens sont-ils plus abondants en Laponie que dans la zone alpine supérieure? Pourquoi les plantes des hautes latitudes correspondant à la zone subalpine ont-elles des feuilles plus vertes et des fleurs à couleurs tellement plus foncées qu’elles en sont souvent méconnaissables au premier aspect?
- C’est qu’à côté de la cause dominante qui est la température, il y a des causes secondaires qui ne varient pas de la même manière avec l’altitude et avec la latitude ou même (j’insiste sur ce point) qui varient en sens contraire.
- Ainsi, la durée de l’éclairement augmente énormément avec la latitude, jusqu’au cercle polaire, pendant la saison d’été, tandis que la somme des radiations reçues augmente beaucoup moins lorsqu’on s’élève de la base au sommet des Alpes. En effet, si l’on compare la longueur des jours et des
- nuits en été, aux diverses latitudes, on voit, par exemple, qu’en moyenne le soleil demeure au dessus de 1 horizon pendant près de vingt heures à la latitude de 65°, tandis qu’il ne reste que quatorze heures et demie au-dessus de l’horizon à la lati'ude de40°; l’augmentation de la durée de l’éclairement est donc considérable. D’autre part, MM. Violle et Margotte ont mesuré à diverses altitudes le nombre de calories provenant des radiations solaires reçues par minute sur un centimètre carré. II résulte de ces mesures actino-métriques qu’à 30 mètres d’altitude (Paris) ce nombre de calories est de L‘,745; à t 200 mètres (Base du glacier des Boisons), il est de 2 ',022; à 3050 mètres d’altitude (Grands Mulets), il est de 2 ,262.
- L’éclairement continu que reçoivent les végétaux, en Scandinavie par exemple, fait que les plantes assimilant sans interruption ont leurs feuilles plus riches en substance verte, leurs fleurs plus colorées. Le même phénomène est beaucoup moins intense dans les parties bien exposées de la région alpine. Cela peut se déduire des observations et des expériences de culture que M. Flahanlt et moi nous avons faites à ce sujet. Quant à l’assimilation continue, même à minuit pendant l’été, aux hautes latbudes, ce phénomène a été constaté expérimentalement en Norvège par un do mes élèves, M. Curtel.
- La quantité de vapeur d’eau contenue dans l’air croît, d’une manière générale, avec la latitude, et décroît au contra re avec habitude. Les mesures les plus récentes faites par M. Vallot à son Observatoire du Mont Blanc et aux altitudes inférieures sont venues confirmer ce fait d’une façon précise.
- On s’explique par cette variation inverse l’inégal déveloopement des cryptogames, et en particulier des lichens relativement si abondants aux latitudes élevées.
- Relativement à l’influence du sol, te citerai l’action qu’exercent des terrains calcaires ou des terrains siliceux sur la distribution de certaines plantes, C’est
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- LA GEOGRAPHIE BOTANIQUE
- ainsi que la digitale rouge est une plante dite silicicole, tandis que la digitale j «une est une plante calcicole. Cette influence chimique du terrain n’est cependant pas aussi absolue qu’on l’a cru pendant longtemps. On réussit à cultiver la digitale rouge sur un terrain renfermant du calcaire et la digitale jaune sur un terrain dépourvu de carbonate de chaux. Si I on considère des pays différents, on y constate de singuliers renversements dans la distribution relative des plantes dites calci-coles et des plantes dites silicicoles.
- Sans aller aussi loin que Thurmann qui n’attribuait d’influence qu’aux propriétés physiques du sol, il fau' tairedes réserves sur l’impor'ance de l’influence chimique. D’ailleu>s toutes ces questions doivent être traitées par d^s < ul-tures comparées faites sur des sols différents, toutes les autres conditions restant les mêmes. C’est là encore un sujet de recherches fourni par la géographie botanique, qui exige une étude approfondie des propriétés physiques et chimiques de la terre végétale.
- Gaston Bonnier.
- IL N’Y AURA BIENTOT PLUS DE BISONS EN AMÉRIQUE
- Le bison d’Amérique est le plus grand des animaux du Nouveau-Monde; son corps mesure deux mètres de haut et, de la tête à la queue, trois mètres de long; il pèse jusqu’à 1 000 kilogrammes. Son poitrail, très développé, paraît encore plus large en raison de l’épaisse crinière qui le recouvre, ainsi que la tête et le cou. L’arrière-train, étroit, est couvert d’un pelage brun foncé.
- Le bison galope aussi vite qu’un bon cheval. Très sociable, il se montre doux et même craintif vis-à-vis de l'homme si celui-ci ne l’inquiète pas; mais, très courageux et très fort, il se défend terriblement contre ce-
- lui qui l’attaque; blessé, il devient furieux et fonce sur son adversaire qu’il cherche à déchirer à coups de cornes.
- Pourchassés à outrance, les bisons, réunis autrefois en troupeaux dans les prairies du Far-West, sont aujourd’hui réduits à moins d’un millier. Pour éviter la disparition de la race, le gouvernement des États-Unis entretient un troupeau de bisons dans le parc national de Yellowstone. No*re Jardin des Plantes en possède également quelques spécimens. La meilleure manière de conserver l’espèce serait de la domestiquer; des essa<s entrepris dans ce sens en Amérique et en Angleterre donnent d’heureux résultats.
- O
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- LA SCI 1ÎMCE ET LA VIE
- LES DANGERS
- ans la guerre sans merci que leur font médecins et hygiénistes, les microbes ont deux alliés puissants : la routine des uns et l’insouciance des autres. Nous disions, il y a quelque temps, à nos lecteurs, quel invraisemblable anachronisme constituent, en matière sanitaire, les moyens employés jusqu’ici, et acceptés de tous, pour débarrasser les visages masculins de leur barbe. Tel homme raffiné en toutes choses, et qui pour rien au monde ne voudrait pénétrer dans une chambre de malade, ni même toucher un objet tant soit peu malpropre, aventure chaque jour son visage, sans la moindre méfiance, au contact, mille fois plus dangereux, d'un rasoir et d’un blaireau qui sont parfois de véritables instruments d’inoculation microbienne.
- A ceux qui nous auraient taxés d’exagération, nous allons dire quelle importance accordent les pouvoirs publics au réel danger qui nous préoccupe. Déjà, en 1897, le Conseil d’Hygiène publique et de Salubrité du département de la Seine avait signalé des risques de contamination que comportent les soins esthétiques prodigués aux habitués des salons de coiffure. Une instruction détaillée avait même été rédigée à l’époque pour mettre les artiste; capillaires au courant des précautions susceptibles de supprimer ou tout au moins de réduire sensiblement les chances d’infection qu’ils font courir à leurs clients.
- Il faut croire que les mesures prescrites lurent bien mal appliquées, puisque, tout dernièrement, le Préfet de Police estimait devoir prendre sur la matière un nouvel arrêté. Nous ne voudrions pas lasser la patience de nos lecteurs en reproduisant de bout en bout la teneur de ce document. Qu’il nous suffise de remarquer que, parmi les attributs du barbier, tous plus ou moins nocifs, le texte en question vise tout particulièrement le blaireau : cette insistance est bien compréhensible, puisque le « pinceau à barbe », pour employer les termes mêmes de l’arrêté, est bien, d e tous les instruments en usage chez les coiffeurs, à la fois le plus aisément infectable et le plus difficile à stériliser. Le rasoir peut, une fois repassé, être maintenu quelques instants dans une llamme assez chaude pour détruire instantanément tout germe pathogène; le blaireau, point. Aussi, pour parer à ses inconvénients, conseille-t-on aux coiffeurs de le tenir pendant quelques minutes dans l’eau bouillante avant
- DU BLAIREAU
- de savonner les joues et le menton de leurs clients.
- Cette précaution est utile, sinon parfaite ; mais comment les intéressés pourraient-ils, avec la meilleure volonté du monde, s’y astreindre régulièrement? Déjà, chez lui, le simple particulier, que personne ne presse pendant sa toilette, néglige souvent, même s’il en reconnaît la nécessité, ce préliminaire fastidieux d’une opération par elle-même ennuyeuse. Il y a donc tout lieu de penser que le barbier, dans la hâte de son travail, ne l’acceptera qu’exceptionnellement.
- Il y a, fort heureusement, un moyen de tourner la difficulté, disons mieux, de la résoudre à merveille; il est fourni par l’emploi de l’Emulsior des Indes, dont nous avons déjà eu l’occasion de signaler les avantages. Une simple vaporisation de ce liquide incolore, d’odeur et de contact agréables, tient parfaitement lieu, en effet, de tout savonnage, et supprime, par conséquent, l’emploi du blaireau et ses dangers. Pour ce qui est des salons de coiffure, cette préparation se recommande aussi bien aux opérateurs, à qui elle fera gagner un temps précieux, qu’aux opérés à qui elle offre les plus rigoureuses garanties hygiéniques. Ajoutons d’ailleurs, pour ceux qu’effraierait la gêne dont s’accompagnent, à l’ordinaire, les mesures sanitaires, que l’Emulsior, tout en réalisant strictement les desiderata des bactériologistes, n’offre, au point de vue immédiat, que des agréments: nullement caustique, à l’encontre de la mousse de savon, il supprime le fe u du rasoir ; également efficace, qu’on l’emploie à froid ou qu’on le chauffe légèrement avant la vaporisation, il se plie aux préférences de chacun souvent variables avec la saison; transparent, il facilite le maniement du rasoir aussi bien au coiffeur qu’aux personnes qu procèdent elles-mêmes à la toilette de leur visage.
- Au surplus, il serait oiseux de nous étendre davantage sur un succès que la Société de l’Emulsior des Indes garantit formellement et peut appuyer de nombreuses attestations. Chacun peut, en effet, faire l’essai de ce produit nouveau, soit en le réclamant à son barbier, soit en s’adressant directement au siège central, 346, rue Saint-Honoré, qui, contre mandat de 5 francs, expédie franco un flacon d’Emulsior et un vaporisateur spécial perfectionné.
- Dr J. Vai.kt.
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- LA SCIENCE El LA VIE
- QUELQUES PETITES INVENTIONS
- PLUS OU MOINS PRATIQUES
- Ecrémez vous-même votre lait
- Pour aérer les couvertures du lit
- Voici un appareil extrêmement s’mple,avec lequel on peut enlever facilement d’une bouteille de lait toute la crème qui s’y trouve. 11 consiste en un disque souple, en caoutchouc, auquel sont fixées trois tiges en aluminium.
- Celles-ci sont dis posées de
- telle façon qu’on peut faire glisser le disque sur le côté, à travers le lait. Après avoir laissé reposer celui-ci un certain temps, on sort le disque de la bouteille en le maintenant bien horizontal.
- Un porte-cuvette rustique
- Les touristes et les ouvriers des chantiers n’ont bien souvent qu'un simple robinet pour tout lavabo. Il leur faut poser la cuvette sur le sol, ce qui n'est pas particulièrement commode.
- Le Popular Meclianics de Chicago indique le moyen de constituer avec un simple fil de fer un porte-cuvette qui, malgré sa rusticité, rendra certainement de réels services.
- Les robinets, sur les chantiers de construction entre autres, étant presque toujours fixés au sommet d'un long tuyau de fer, il suffit d’enrouler autour de celui-ci un fil métallique de deux ou trois millimètres de diamètre, en le disposant comme l’indique la figure ci-dessus, pour obtenir un excellent support de cuvette.
- Lorsqu’on défait un lit, on a recours bien souvent à deux chaises, disposées l’une en face de l’autre, pour étendre et exposer à l’air les draps et les
- une invention américaine, qui remplace avantageusement ces deux chaises.
- A quelque distance du lit, on place un montant vertical, tube d’acier ou barre de bois, muni d’une lourde base. Au sommet est fixé un anneau auquel abouiissent les extrémités de deux tubes reliés d’autre part aux tringles du lit. Sur ces tubes, écartés l’un de l’autre, on dispose les couvertures qui sont ainsi exposées à l’air, à bonne distance du parquet et des poussières.
- Apprenez à lire les radiotélégrammes
- Pour enregistrer les radiotélégrammes, il faut habituer l’oreille au son des signaux de l’alphabet Morse. Une longue pratique est nécessaire pour saisir les messages qui, souvent sont transmis avec une grande rapidité.
- On a simplifié l'étude de l’alphabet Morse
- parle dispositif suivant. Sur un plateau métallique sont re-
- présentés tous les traits et les points du code télégraphique, séparés les uns des autres par un émail isolant. Ce plateau est réuni à une sonnerie électrique, dont on a supprimé le timbre, par un fil de cuivre et deux piles. Un autre fil partant d’une borne de la sonnerie aboutit à un style métallique. En appuyant ce dernier sur l’un des signes de l’alphabet, on ferme le circuit, et la vibration du trembleur de l’électro-aimant produit un son analogue à celui d’un récepteur de T. S. E.
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- LA SCIENCE El LA VIE
- Pour remplir complètement les bouteilles de vin
- Pour assurer au vin une bonne conservation, il est indispensable que le liquide vienne efflt arer le bouchon. L’air qui se comprime au-dessus du vin au moment du bouchage est très nuisible : voici un moyen de l’éliminer. On prend un tube de cuivre de 10 mm. de diamètre et de 2 mm. d’épaisseur et on le lime sur toute sa longueur de façon à obtenir une pièce semi-tubulaire.
- On fixe un anneau solide à une extrémité et on aiguise l’autre bout en amincissant à la lime le côté arrondi.
- On remplit alors la bouteille jusqu’à la hauteur du bouchon et, en posant celui-ci, on introduit en même temps le demi-tube dans le goulot. Le bouchon en s’enfonçant refoule l'air à l’extérieur par le vide ménagé entre l’instrument et la paroi interne du goulot, de sorte que le bouchon peut arriver à effleurer le liquide. On retire ensuite le demi-tube en tirant sur l’anneau.
- On peut avec une pince à linge se photographier soi-même
- Un de nos lecteurs, M. Jean iMorisot, nous communique le dispositif suivant grâce auquel on parvient à se photographier soi-mème. Une pince à linge, un bout de ficelle et un morceau d’amadou constituent tout l’appareil.
- On réunit les extrémités AA' d’unepinceà lingeparune ficelle à laquelle on fixe une mèche d’amadou. On introduit la poire
- de l’appareil entre les bl anches B et B’.
- I La mise au point étant faite sur un objet quelcon-le photographe met le feu à l’amadou puis va se placer devant l’objectif, en attendant le moment où, la mèche étant consumée, la ficelle brûle et se casse. La pince en se refermant presse la poire.
- * ^ Si l’on utilise un déclencheur
- métallique, il suffira d’encocher les branches B B’, comme le montre la figure ci-contre.
- On conçoit l’impossibilité
- d’utiliser ce déclenchement à distance pour des photographies faites autrement qu’en instantané.
- Un siphon pour» transvaser sans danger les liquides corrosifs
- Certains liquides sont si corrosifs qu’il est dangereux d’en répandre sur les mains.
- Voici le moyen d’établir un excellent siphon, qui rend inoflensives les manipulations de ces liquides; il nous est signalé par M. Jean Morisot, de Vassy.
- On se procure un flacon de pharmacie, d’un diamètre de fi cm envi-ion; on le coupe de façon à former une sorte d’entonnoir dont on obstrue le plus large orifice avec un grand bouchon de liège, que l’on perce en son centre. Prenant alors un tube de verre on le recourbe de manière à former deux branches d’inégale longueur. La plus petite traverse le bouchon et le flacon ; son extrémité est légèrement évasée, pour ne laisser qu’un intervalle de deux ou trois millimètres entre les bords du tube et ceux du flacon. A un centimètre en dessous du bouchon, on perce le tube d’un petit trou au moyen d’un jet de flamme ou d’une lime.
- Il suffit alors de plonger rapidement l’entonnoir dans le bocal contenant le liquide à transvaser, pour amorcer le siphon.
- Cet appareil rincera parfaitement vos bouteilles
- On sait combien il est difficile d’enlever complètement les dépôts que le vin ou le lait laissent dans les bouteilles et les caraf es.
- Voici c e p e n il a n t un intéressant appareil, mis en vente par u n c o m m e r ç a n t suisse, qui permet d’enlever ces dépôts d’une façon parfaite.
- Il se compose d’un bassin métallique, contenant du sable et raccordé par un tuyau de caoutchouc à une prise d'eau quelconque. Un mécanisme simple et ingénieux projette simultanément le sable et l’eau à l'intérieur de la bouteille.
- Lorsque celle-ci est bien nettoyée, l’arrivée du sable est interrompue et l'opération s'achève par un rinçage à l’eau pure.
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- LA SCI EX CE ET LA VIE
- Une théière avec une cuillère
- Alors qu'une théière est encombrante et assez lourde à emporter, cette cuillère à infusion, grâce à son faible volume et à son poids minime, peut faire partie du léger
- b a g âge d ’ u n touriste et permettre à ce dernier de prendre « five o'clocU à moins qu’il ne prélère une tasse de camomille, en pleine campagne.
- Hile se compose de deux parties qui s'appliquent l’une sur l’autre. Dans le creux de la cuillère, on dispose les feuilles à infuser et l’on recouvre l’ensemble d'un petit
- capuchon en toile métallique. Celui-ci est maintenu sur la cuillère au moyen de griffes. Il suffit de plonger le tout dans une tasse d'eau bouillante pour obtenir très rapidement une excellente infusion.
- Boire froid sans glace
- Un de nos lecteurs, M. Georges Perrin, nous signale le procédé suivant pour rafraîchir très rapidement une boisson lorsqu'on ne dispose pas de glace.
- On se procure chez un pharmacien une éprouvette en verre très mince que l’on remplit à moitié avec de l’azotate d’ammonium, puis on verse une égale quantité d'eau. On bouche et l’on agite pour dissoudre le sel.
- 11 faut ensuite avoir bien soin d’essuver l'extérieur pour enlever toute trace d’azotate. On plonge alors le tube à essais dans la boisson à refroidir et on remue comme avec une cuillère.
- Ficelle
- coupe-bouteille
- On sait que pour couper un flacon en verre, il suffit de le remplir d’huile, jusqu’à la hauteur fixée pour la coupe, et d’y plonger un fer rouge. I-'inconvénient de ce procédé est qu'il faut avoir de l’huile et, autant cpie possible, de l’huile de graissage, car celle c] u e nous u t i 1 i s o n s
- Sortie de\t'eou filtrée
- pour la table est trop chère et serait perdue.
- Un procédé préconisé par M. Jean Morisot semble bien préf érable. 11 consiste à entourer le récipient d'une ficelle imbibée de pétrole. On l’enflamme, et, sur le tracé de la ficelle, le flacon est nettement coupé.
- Un filtre peu dispendieux
- Une revue d’agriculture signale à ses lecteurs le moyen de constituer en quelques instants un filtre excellent.
- Après avoir rincé un vase à fleurs on dispose, dans le fond, deux torchons repliés de fa c o n à bien adhérer aux parois. Par-dessus ce linge, on étend une couche de charbon de bois pilé sur 8 à 10 cm il épaisseur; puis on recouvre de deux autres serviettes pliées pour que l’eau ne lasse pas de trous en tombant dans le lit de charbon.
- L’eau se stérilise au contact du charbon et sort du pot à fleurs claire et limpide. Ce filtre est suffisant pour trois ou quatre litres d'eau.
- Petite enveloppe devient grande
- On peut avoir besoin d'une enveloppe de grand format et ne pas en avoir sous la main. Pour ceux qui n'aiment pas se déranger ou qui n en n'ont pas ie temps, voici un moyen simple d'obtenir une grande enveloppe.
- On se procure deux enveloppes de formai ordinaire, on les ouvre chacune sur l'un de leurs petits côtés de façon à pouvoir les glisser l'unedans l'autre. 11 suffit ensuite de coller l'enveloppe intérieure sur les extrémités découpées de l'enveloppe extérieure pour réaliser ce que nous cherchions.
- Il est, d'ailleurs, possible d’engager plus ou moins les enveloppes l'une sur l'autre et d'obtenir ainsi un pli de largeur quelconque. Cet ingénieux procédé est signalé par le Popular Mec/umics, de Chiccu/o.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- Evitons de répandre le vin sur la nappe
- c.,i
- Si adroit que l'on soit, il est bien rare qu’en servant à boire on ne répande pas quelques gouttes de liquide sur la table. Le remède est trouvé, il consiste en un double bouchon très ingénieusement conçu. La première pièce est creuse ; c’est le bouchon « casse-goutte » ; pourvu d'une collerette en métal nickelé ; la deuxième se place à l’intérieur de la première; c’est un simple bouchon de liège pourvu d’une calotte également en métal nickelé.Lorsque, après avoir cessé
- de verser, on relève le goulot de la bouteille, l’arête de la collerette « casse » le jet de liquide et les dernières gouttes demeurent dansle creux de la collerette Ce bouchon, par sa forme conique, assure aussi une parfaite étanchéité.
- Un verre d’eau chaude en dix secondes Nous avons déjà indiqué le moyen de construire soi-même un chauffe-eau électrique.
- appareil quelque peu
- s i m ilaire, et que l’on t r o u v e
- il a n s le // commerce. Il se compose d’un cylindre métallique fixé à l’extrémité d’un manche en bois; il est relié par un fil à une douille qui peut prendre la place de n’importe quelle lampe électrique.
- 11 suffit, après avoir tourné l’interrupteur, d’immerger l’appareil dans un liquide quelconque pour que ce liquide s’échauffe et parvienne même à bouillir au bout d'un temps très court. Si l'on verse quelques gouttes tle parfum dans le cylindre, on peut assainir en 3 ou G secondes une chambre entière. Une disposition très simple permet d'utiliser l’appareil pour chauffer un fer à friser.
- lin plaçant dans le cylindre une pastille de cire on obtiendra un appareil à cacheter.
- Un moyen de prendre des clichés du haut d’un cerf-volant
- Pour prendre du haut des airs des clichés sensationnels sans courir les risques d’une ascension en aéroplane ou en ballon, on peut utiliser un cerf-volant.
- Pour ce faire, le cerf-volant étant lancé, on fait glisser l’appareil photographique le long du câble de retenue en utilisant l’action du vent sur une voile fixée à l’appareil.
- Un ingénieux cerf - voliste,
- M. Louis Perrin, a imaginé de remplacer cette voile par une cellule de toile à laquelle est suspendu l’appareil photographique. Des ficelles montées sur de petites poulies et convenablement disposées constituent une excellente suspension qui amortit parfaitement les oscillations de l’ensemble.
- Le vent fait monter la cellule et par suite l’appareil le long du câble; une corde secondaire permet d’arrêter à volonté le tout à la hauteur désirée.
- Le déclanchement est obtenu par une mèche d’amadou, de longueur déterminée allumée à l’avance, et qui brûle un fil retenant le déclic de l’obturateur.
- Pour protéger les boîtes en carton
- Les cartons sont souvent détériorés par la (icelle qui les a liés. On a récemment imaginé et lancé dans le commerce une petite pièce métallique d’un poids insignifiant
- qui se place à cheval sur les arêtes des boîtes; cette pièce est pourvue d’une encoche qui empêche la ficelle de se déplacer; sonprix est des plus minimes (0 fr. 005); elle donne aux paquets un aspect plus élégant, évite les coupures et permet de ficeler solidement plusieurs boîtes pour n’en faire qu’un seul colis.
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- Où doit-on placer le Grain de Beauté ?
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- C’est la question que vous pose un ami de demain qui. comme vous, s'intéresse à tout ce qui touche à la beauté et qui compte sur votre concours pour résoudre ce petit problème qui préoccupe fort les élégantes d'aujourd’hui.
- Cet ami de demain, c'est le Savon de Beauté ERASMIC, le plus fin, le plus pur, le plus onctueux de tous les savons qui soient au monde. Non seulement il n’irrite jamais — comme tant d’autres — la peau la plus délicate, mais il lui donne une blancheur, une fraîcheur et un vel uté idéals, ce qui lui a valu le qualificatif mille fois justifié de
- SaVon de ‘Beauté
- Pour se faire connaître en France, ERASMIC organise un
- Concours
- gratuit
- qui vous permettra de recevoir, soit un des gros prix en espèces, soit un des 2.000 lots de Parfumerie, qui, à lui seul, vous remboursera au-delà de votre prix d'achat.
- Cela vous permettra, en quelque sorte, d’essayer gratis le célèbre Savon de beauté ERASMIC et vous lui resterez fidèle , car ses rares qualités vous le rendront indispensable pour votre toilette. Madame, pour vous également, Monsieur, et aussi pour la peau si délicate et si sensible de Bébé, car rien ne peut être comparé nu Savon de Beauté ERASMIC,
- Le Concours gratuit Erasmic
- est doté de
- 15.000 fr. de prix
- en ESPÈCES, et de
- 2.000 Lots de Parfumerie
- soit en tout
- 2-515 LOTS
- voici les trois premiers :
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- En quoi consiste te Concours ERASMIC ?
- Où doit-on placer le Grain de Beauté ?
- Tout le monde peut prendre part à ce concours, il suffit de suivre les irtstructions suivantes.
- Chaque pain de Savon ERASMIC est entouré d’un BON GRATUIT pour le Concours du Grain de Beauté. Ce Bon reproduit fidèlement une photographie dont fac-similé ci-dessus. Sur cette photo est placé un léger quadrillé divisé en trois parties. Dans chacune d’elles, placez un grain de beauté et indiquez, dans un petit carré réservé à cet effet sur le Bon, le chiffre probable de réponses qui parviendront à Erasmic ; écrivez lisiblement votre nom et votre adresse sur le Bon et envoyez-le à Erasmic, I5,rue du Temple, à Paris.
- Le Ie'prix sera attribué à la solution qui aura placé les
- grains de beauté à l’endroit où ils auront été placés par la majorité des votants.
- Le 2° prix et suivants, aux solutions qui se seroift rapprochées le plus des grains de beauté élus.
- On ne demande do désigner le chiffre présumé des solutions reçues que pour départager les ex-æquo dans le cas peu probable où il s’en trouverait, la préférence étant accordée à ceux qui se seraient rapprochés le plus de la vérité-
- Le dépouillement et le classement seront faits avec toutes les garanties désirables et des procès-verbaux en feront foi. D’autre part, le caractère précis et mathématique du Concours ne laisse aucune place à la plus légère erreur.
- Le Concours sera clos le 31 juillet.
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- Vous trouverez le Savon de Beauté ERASMIC partout : Qrands Magasins, Parfumeurs, Coiffeurs, Pharmaciens, Droguistes, etc. Le pain : 1 franc. La boîte de 3 savons : 2 fr. 90, dormant droit à 3 solutions. Chaque pain est entoure d un Bon gratuit pour le Concours.
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