La science et la vie
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- SOMMAIRE Tome XVII
- (DÉCEMBRE 1919-JANVIER 1920)
- Les inventions réalisées pour la défense nationale.
- Les rayons infra-rouges assurèrent au front le secret des communications militaires...........
- Les systèmes et appareils de télégraphie rapide.
- Le volcanisme expérimental.....................
- La photographie trichromie et ses applications à l’illustration en couleurs...................
- Travaillé par diverses machines, le caoutchouc brut devient un pneumatique..........-.........
- Comment fonctionne un laboratoire de police technique......................................
- La fabrication des montres exige des mécaniciens émérites.................................
- Grâce à ce petit appareil, l’eau des réservoirs ne gèlera plus.................................
- Les transformateurs électriques................
- Le chauffage par l’électricité des chaudières à vapeur et des locaux industriels...............
- L’enveloppage et l’empaquetage mécaniques
- du chocolat, des biscuits, etc...............
- Les essais de résistance des caisses d’emballage
- en bois. ............ .......................
- Une école d’acrobatie aérienne en chambre.. ..
- L’évolution du radiateur d’auto ...............
- Une machine perfectionnée pour le découpage
- rapide des tôles.............................
- Les richesses houillères des Etats-Unis........
- Une table de multiplication automatique........
- La division de la charge pour les transports
- sur route...................................
- L’incidence variable constituerait, pour les
- avions, un progrès appréciable..............
- La circulation d’eau dans les tubes de chaudières. Un garage que l’automobiliste aimerait trouver
- à sa porte ..'..............................
- Nouvelle lampe électrique portative sans pile. .. Une fiche de contact très pratique.............
- Où dame Nature se transforme en une « cuisine
- populaire ».................................
- Voyager devient un plaisir.....................
- J.-L. Breton.................... 15
- Ancien sons-secrétaire d’Iitat des Inventions.
- René Brocard.................... 19
- André Crober.................... 27
- Eugène Rambert................. 41
- L.-P. Clerc.................... 51
- Maurice Regalier................ 63
- Dr E. Locard.................... 73
- Directeur de Laboratoire de police techniiiue de Lyon.
- Jacques Boyer................. 83
- .............................. 96
- Carie Joubault ............... 97
- Ingénieur électricien
- G. Feucherolles ............. 115
- F. Ragondeau ................ 125
- V. Beautreillis.............. 133
- ............................. 138
- Paul Meyan.................. 139
- Justin Rivoire............... 148
- Robert Dorimon.............. 151
- 158
- 159
- Georges Houard.............. 161
- C‘Alfred Poidlouë........... 165
- Frédéric Matton............. 177
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- .......................... 181
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- Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation re’seroes pour tous pays. Copyright by La Science et la Vie Décembre 1 Ç)>Ç>-
- Tome XVI1 Décembre 1919-Janvier 1920 Numéro 48
- LES INVENTIONS RÉALISÉES POUR LA DÉFENSE NATIONALE
- Par J.-L. BRETON
- ANCIEN SOUS-SECTIÉTAIRE n’ÉTAT DES INVENTIONS,
- DES ÉTUDES ET DES EXPÉRIENCES TECHNIQUES
- Parmi les multiples problèmes que la guerre imposa dès le premier jour à l’attention de notre pays, l’un des plus pressants et des plus graves fut de fournir à nos admirables armées un matériel de jour en jour plus formidable, des moyens techniques qui fussent de jour en jour en progrès, grâce aux innovations de la science moderne.
- De là vint la nécessité de grouper derrière la muraille vivante du front une cohorte de chercheurs et de savants, créant et perfectionnant au laboratoire et sur les champs d’expériences les engins qui aidèrent nos magnifiques soldats à lutter et à vaincre.
- Mais il importait de fondre en une seule harmonie les efforts qui, bien souvent, isolés, se cherchaient sans parvenir à se joindre ; il importait que la science pure ne se tînt pas à l’écart des réalisations pratiques de l’industrie et que l’idée originale ne restât pas stérile, faute de savoir trouver le secours de l’expérience et les ressources matérielles qui, seules, pouvaient lui faire porter des fruits. Il fallait coordonner les bonnes
- M. J.-L. BRETON
- volontés, et ce fut l’œuvre que M. Pain-levé, ministre de l’Instruction publique, et les ministres de la Guerre et de la Marine, confièrent, dès le 13 novembre 1915, à la Direction des Inventions, à laquelle on rattachait la Commission supérieure des Inventions, instituée le 11 août 1914.
- L’exposé des motifs du décret assignait au nouvel organisme la tâche suivante :
- « Orienter vers des buts précis les tentatives des inventeurs et aider leurs recherches, démêler dans la multitude des propositions celles qui sont susceptibles d’être efficaces et collaborer à leur réalisation pratique. » Toutes les ressources du génie inventif français devaient être utilisées par la nouvelle direction et entrer, grâce à elle, en liaison intime avec les organes compétents et les divers départements ministériels.
- La Direction des Inventions comprit dès lors une dizaine de sections, dont les membres étaient des techniciens éprouvés, officiers mobilisés ou collaborateurs civils bénévoles. Ses représentants suivirent les essais
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- de mise au point des inventions retenues comme intéressant la défense nationale.
- Le 14 décembre 1916, la nouvelle direction, rattachée fort judicieusement au ministère de rArmcmcnt et des Fabrications de guerre, devint le sous-secrétariat d’Etat des Inventions susceptibles d’intéresser la défense nationale.
- Le 14 avril 1917, cet organisme prit le nom de sous-secrétariat d’Etat des Inventions, des Etudes et des Expériences techniques, et un nouveau décret plaça sous son autorité directe les différents services techniques du ministère de l’Armement. Cet organisme comprit alors :
- 1° La Commission supérieure des Inventions et les commissions régionales ;
- 2° La Direction des Inventions, des Etudes et des Expériences techniques de l’artillerie, avec la Section technique de l’artillerie et les Commissions d’Expé-riences de Bourges, de Calais, de Versailles et de Montgcron ;
- 3° La Direction des Inventions, des Etudes et des Expériences techniques des armes portatives ;
- 4° La Direction des Inventions, des Etudes et des Expériences techniques des poudres et des explosifs avec le Laboratoire central des Poudres ;
- 5° La Direction des Inventions, des
- Etudes et des Expériences techniques de l’automobile avec les sections techniques de l’Automobile et de l’Artillerie d’assaut;
- 6° La Direction des Inventions, des Etudes et des Expériences scientifiques, comprenant les sections de l’ancienne Direction des Inventions ;
- 7° La Mission d’essais et le Laboratoire d’essais du Conservatoire des Arts et Métiers, qui en dépendait ;
- 8° Le Comité interallié des Inventions, composé des représentants des nations alliées assurant la liaison et l’échange des inventions i\ connues intéressantes ;
- 9° Les Services annexes des ateliers, de la comptabilité et du matériel, de photographie et cinématographie technique, des brevets, etc...
- Le 12 septembre 1917, le sous-secrétariat d’Etat des Inventions, des Etudes et des Expériences techniques était rattaché au ministère de la Guerre avec l’ensemble de ses services. Il continuait à diriger les services techniques dépendant du ministère1 de l’Armement, par délégation directe de ce ministre, et la section technique du génie était également placée sous son autorité directe.
- Le 20 novembre, des raisons d’ordre politique firent supprimer le sous-secrétariat d’Etat. Ses services au grand
- LE VÊTEMENT IMPERMÉABLE DU PROFESSEUR RICHET EXPÉRIMENTÉ EN PRÉSENCE DU SOUS-SECRÉTAIRE D’ÉTAT DES INVENTIONS, QUE l’on VOIT DANS LE BATEAU
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- LES INVENTIONS P()(r H LA DÉFENSE NATIONALE
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- KSSAIS I)’lN liATKAT OIKIOK l’AU I.KS ONDHS 11 l’.KTZ I l'.N \ I'.S IiA 1)1 !•'. I'.S l)V\ AKHOIM.ANK
- revinrent au ministère de l’Armement où, sous le nom de Direction des Inventions, des Etudes et des Expériences techniques, ils conservèrent en fait exactement les mêmes attributions.
- En lin, par le décret du.l<i avril 1910, la Direction des Inventions fut rattachée au ministère de l'Instruction publique, où ('lie avait pris naissance, et elle s’appela Direction des Recherches scientifiques et industrielles et. des Inventions.
- Au cours .des années de guerre, la tâche de nos services d’inventions lut considérable. Il s'agissait de discerner les inventeurs qui pouvaient apporter un concours utile à la défense nationale, d’examiner avec la plus grande largeur de vue l’idée intéressante qu’ils fournissaient, souvent noyée dans une documentation informe ou erronée ; il fallait leur procurer les indications, les suggestions leur permettant de suivre, avec le minimum de tâtonnements et de lenteurs, l’amélioration de leurs découvertes.
- Plus encore, il fallait leur prêter les moyens d’action nécessaires â l’étude et à l’expérimentation de l'appareil conçu parfois plus ou moins vaguement par eux ; notre salle de dessin et nos ateliers de Sèvres et de la me de l’Université étaient alors grands ouverts à ces inventeurs.
- Les services d’inventions eurent réso-
- lument recours aux procédés nouveaux, aux méthodes modernes qui s’imposaient, plus (pie partout ailleurs, dans des services techniques chargés d’orienter notre organisme militaire dans la voie du progrès scientifique. Les résultats répondirent largement aux espoirs (pie nous ax ions fondés sur notre nouvel organe.
- Du début de la guerre à l’armistice, la Commission supérieure des Inventions a reçu et examiné -14.970 propositions, sur lesquelles 1.95S ont été «‘tenues par elle. Depuis la création. le 1.‘3 novembre 1915, de la Direction des Inventions, jusqu’à l’armistice, dâ.dld inventions furent reçues, dont 1.05-t furent transmises aux sections d’inventions de la Direction.
- La Direction des Inventions, après étude par ses sections, a, pendant ce même laps de temps, transmis aux services techniques intéressés 7S1 inventions entièrement mises au point et susceptibles d’applications immédiates. Ces chiffres montrent bien quels services cet organisme a pu rendre à la défense nationale aux heures les plus difficiles.
- Quelques exemples suffiraient à montrer dans combien de domaines variés s’exerça l’activité de nos sections d’études Mais, quelque intérêt qu’il puisse y avoir à s’étendre sur de telles inventions, qu’il me suffise de dire qu’il en est parmi elles
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- un grand nombre dont la valeur ira pas disparu avec la guerre, et dont un parti énorme pourra être tiré dans notre reconstitution agricole et industrielle.
- Maintenant que l’âpre compétition a cessé sur les champs de bataille, maintenant que le désir des peuples est de voir reléguer à jamais, espérons-le, tout le meurtrier attirail que nos services d’inventions ont largement contribué à rendre prépondérant, le rôle de ces ser-
- « Quel que soit, écrivait M. Louis Marin, dans son rapport du 13 mars 1919, le désir, très compréhensible dans l’opinion, de voir disparaître un certain nombre de services de guerre, il est plusieurs organes administratifs, créés à l’occasion de la guerre, qui doivent être conservés précieusement, avec adaptation à l’état de paix, parce qu’ils ont, da;is la paix, un rôle des plus importants à jouer.
- « Tels nous paraissent nos services
- IN l’OSTK MOIUI.E DK STEHIUSATIOX d’k.U' AMKNK EX F1ÎANOE PAH T.ES AMERICAINS EST EXRÉRIMENTÉ DEVANT CNE COMMISSION DE I.A DIRECTION DES INVENTIONS
- vices n’est, pourtant pas fini. Notre science doit rester en haleine, toujours active à nous maintenir en avant parmi les nations qui, chaque jour, s’arment plus puissamment, pour les luttes économiques. A l’heure où les gouvernements de nos amis et alliés transforment et organisent avec une extension nouvelle leurs services d’inventions, nous ne pouvons cesser notre effort de cohésion dans les recherches scientifiques. Qu’il me soit permis de citer l’opinion qu’exprimait i'an dernier, dans un de scs rapports, toujours si clairvoyants et de si haute portée, M. Louis Marin, alors rapporteur général de la Commission du lîudgct :
- d’inventions, parfaitement organisés. Dans les sociétés modernes, si complexes, où le travail est spécialisé souvent av-cc étroitesse, l’invention, qui nécessite toujours 1a, perception de relations entre les idées jusque-là lointaines, n’en est que plus difficile à réaliser et à mettre au point.
- » Nulle plus que la nation française n’est, douée pour l’invention, universelle, incessante et rapide. L’histoire des inventions en est la preuve, au cours de cotte guerre, notamment. Elle montre aussi, malheureusement, que, si la plupart des grandes inventions sont d’origine française, c’est l’étranger qui, pratiquement et commercialement, les a, d’abord, mises
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- L F S INF F N Tl() Y S POT II
- au point, et en a profité pécuniairement dans une large mesure.
- » On a fondé des sociétés privées qui ont pour but de faciliter leur tâche aux inventeurs. Un service d’Etat n’en est pas moins nécessaire pour que ces sociétés elles-mêmes puissent se développer ; la confiance, qui est pour l’inventeur la base de toute collaboration, n’est pas toujours accordée par lui à des sociétés particulières qui ont des intérêts privés à développer ; nombre d’inventions les plus utiles n’ont, d’ailleurs, chance de trouver d’appui, à raison de leur caractère désintéressé. que elle/, de trop rares philan-
- Lt 1) K F F N S F IV AT IO N , 1 L F 19
- thropes ou auprès des pouvoirs publics, toujours prêts à les accueillir. »
- Tel a été l’avis du Parlement ; la Chambre des députés a voté l'an dernier un projet de loi prévoyant le rattachement de la Direction des Inventions à un Office national des Recherches scientifiques. industrielles et agricoles et des Inventions. Cet office a pour objet, de poursuivre l’œuvre de perfectionnement technique où la guerre nous a engagés, et d’assurer la liaison, si inéluctablement nécessaire, entre le laboratoire du savant et l’atelier de l'industriel.
- J.-L. Brf.ton.
- Les rayons infra-rouges assurèrent au front le secret des communications militaires
- Par René BROCARD
- Au nombre des inventions et découvertes qui se développe! eut au sein des services dirigés par M. J. L. Breton ou par M. le généial Ferrie (le Sous-secié-tariat des Inventions et la Radiotélégraphie militaire travaillèrent maintes fois en étroite collaboration) au nombre de ces inventions et découvertes, dis-je, s’est trouvée une méthode nouvelle de télégraphie militaire que l’on a baptisée : Signalisai ion par râpons infra-rouges.
- Elle est due en partie à M. Oharbonneau et surtout, en ce qui concerne tout,au moins sa forme définitive, à M.M. I Iébert - Stevens et Larigaldie, modestes sapeurs du génie, qui trouvèrent auprès de M. le général Ferrie une aide efficace autant qu’une extrême bienveillance.
- Née de la guerre, cette téf égrap hie nouvelle survivra cependant à la guerre, et. pour cette rai-
- I,A RÉCEPTION AT SON U’i N MKSSAGK INFR A-ROVGF.
- Les signaler, codifiés au Morse, sont reçus par Vopérateur absolument comme s'il s'agissait de messages de T. S. F.
- son, elle n’en mérite que davantage d’être présentée aux lecteurs de ce magazine. Auparavant, toutefois, quelques lignes sur les rayons ou ondes infra-rouges (pii, avec les ultra-violets, forment ce qu'on appelle la lumière invisible (invisible pour nos yeux, mais pas pour ceux de tous les êtres vivants) ne semblent pas inopportunes.
- Tes ondes (pii se trouvent au delà de l’extrémité rouge du spectre sont invisibles pour nous parce (pie leurs longueurs d'ondes sont plus grandes (pie toutes celles auxquelles Jes nerfs de l’œil sont sensibles, ou, ce qui revient au même, parce que leur fréquence est trop faible pour être perçue par nos organes visuels. Il est donc des lumières (pie l'œil ne voit pas, comme il est des sons que l'oreille n 'entend pas; ce sont, en somme, des lumières trop aiguës ou trop graves.
- Les ondes in-fra-rouges sont l’une des manifesta fions de 1 état vibratoire que prennent les corps, au moment où ils
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- LA SCI EX CE ET LA VIE
- ne sont plus au zéro absolu (—273° C. environ) c’est-à-dire à la température qui correspond à l’état de repos complet. Tout corps vibrant émet des ondes (théorie de Maxwell) qui se propagent en tous sens suivant les rayons d'une sphère. A mesure que s'élève la température du corps, ces ondes sont plus nombreuses dans l’unité de temps et, par conséquent, plus comtes; en deçà et au delà de certaines limites, leurs propriétés changent.
- Aux températures inférieures à celles auxquelles nous sommes accoutumés, les vibrations des corps ne se manifestent généralement pas par des phénomènes apparents ; par contre, lorsque la température est appréciable pour nous (elle est alors énorme, en réalité, puisque le zéro de notre thermomètre correspond à -f 273 degrés) et jusqu'aux environs de 500° C. elles donnent naissance à des ondes parfaitement décelables, les ondes infra-rouges.
- Au delà de 500° C., il n’est plus besoin d'instruments spéciaux pour déceler ees ondes, car elles sont pour nous de la lumière rouge; à des températures encore plus élevées, elles produiraient de la lumière blanche et, à nouveau, redeviendraient obscures (ondes ultra-violettes).
- La principale action physique produite par les ondes inlra-rouges est d'échauffer les objets sur lesquels elles tombent.
- ("est pour cette raison qu’on leur donne parfois le nom d'ondes calorifiques.
- Mais, comme elles n’échauffent pas le milieu au travers duquel elles se propagent, on les qualifie aussi de chaleur rayonnante.
- Les ondes, qu’elles produisent ou non de la lumière, ont la propriété de pouvoir être réfléchies, réfractées, absorbées, polarisées et diffractées. Par conséquent, les
- Si un vase d'eau chaude est placé à égale distance de deux boules réunies par un tube conta mut du mercure, la boule A, noire et mate, absorbera beaucoup plus de chaleur que la boule dorée et polie B, et la différence entre les niveaux :i et b accusera les degrés respectifs du pouvoir absorbant de A et de B.
- CETTE CACSUI.E TRANSFORME EN ONIÎES SONORES LES ONDES INFRAROUGES QUI TOMBENT SUR ELLE
- ondes infra-rouges peuvent être réfléchies. Or, c'est précisément cette propriété qui est à la base du nouveau système de signalisation; elle n’a pas, d’ailleurs, été découverte d’hier; le grand savant anglais, Sir Humphrey David, montrait, avec expériences à l’appui, il y a déjà plus de cent ans, que les ondes calorifiques pouvaient être réfléchies d'un point de l'espace vers un autre au moyen de deux miroirs paraboliques.
- Ceci dit, nous pouvons, maintenant, revenir à notre sujet qui est moins l'étude du rayonnement infra-rouge, que la description du système de signalisation (le mot n'est pas français, mais il est consacré) basé sur l'emploi de ce rayonnement. Disons tout d'abord (pic ce système, alors qu’on ne faisait qu'entrevoir les moyens de le réaliser, apparaissait comme le seul moyen d'assurer pratiquement le secret- des communications. l'ennemi ne pouvant,en aucun cas,surprendre l’échange des dépêches. Par la suite, lorsqu'il fut au point, on l'utilisa pour réaliser la liaison des postes de combat quand les autres moyens de communication faisaient défaut, soit que les lignes télégraphiques et téléphoniques eussent été détruites, soit qu'il y eût eu nécessité de cacher à l’ennemi la présence des postes, soit, enfin, que les liaisons radiotéiégraphi-ques eussent couru le risque d’être brouillées ou comprises par l’ennemi.
- Bien entendu, puisque ce système de signalisation ne met en jeu que de la lumière invisible, il fonctionne tout aussi bien le jour que la nuit et quelles cpie soient les conditions atmosphériques ; seule une brume intense est défavorable car elle absorbe une partie de la radiation et réduit tout à la fois l’intensité et la portée des communications.
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- LES INVENTIONS POU II LA DÉFENSE NATIONALE
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- Le poste transmetteur est constitué par une source lumineuse riche en îadiations infra-rouges. Un miroir parabolique concentre les rayons visibles et invisibles en un faisceau qui est dirigé vers le poste récepteur ; cependant, avant de sortir du projecteur, ce faisceau doit traverser un écran ou filtre qui absorbe la totalité des radiations visibles. Cet écran est constit ué par du verre à l’oxyde de manganèse ou au protoxyde de cuivre, matière opaque (à la lumière visible) q u i, comme rébonite, comme aussi certaines solutions également opacjues ( iode dans du sulfure de carbone, par exemple) a la propriété de se laisser traverser par les ondes de grande longueur.
- Comme source de rayons infra-rouges, on emploie, de préférence . l’arc électrique, parce qu'il donne le. plus de lumière.
- Ceci n'est paradoxal qu’en apparence, car si l’on voulait ne produire que des ondes invisibles, on ne pourrait utiliser (j ue des
- corps relativement peu échauffés. Or, plus un corps est chaud, plus il rayonne de ces ondes dites calorifiques ; plus aussi, il est vrai, ces ondes sont accompagnées d’ondes plus courtes cpii, elles, sont visibles.
- Xon seulement, on a donc eu, chaque fois que cela se pouvait, recours à l’arc électrique, mais on a cherché par tous les moyens à augmenter le plus possible sa température : grande densité de courant par rapport au diamètre des charbons ; charbons très homogènes, métallisés et aussi fortement minéralisés; arcs très courts, etc...
- Pour les postes légers ne disposant que de
- PROJECTEUR DF. MARINE UTILISE FO Fit DES EXPERIENCES DK SIGNALISATION PAR RAYONS INFRA-ROUGES
- Le cadre devant le tambour de l'appareil est un écran flltreur destiné à ne laisser passer au dehors que le faisceau de lumière invisible constitué par le rayonnement infra-rouge.
- faibles intensités de courant, des lampes à incandescence spéciales ont été étudiées. Ces lampes sont à atmosphère d’azote ou de néon, ce qui leur permet, la pression du gaz ralentissant la distillation du tungstène dont est fait le filament, de supporter un survoltage énergique propre à augmenter leur éclat et leur température. Le filament, qui est de gros diamètie et enroulé en spires presque
- jointives, a la forme d'un cylindre : il a la dimension de la eaustiq ue du miroir (on appelle caustique le lieu des intersections successives des ondes réfléchies par le miroir); la longueur utile de ce filament correspond à unecluitede potentiel variant de G à 8 volts.
- Les miroirs paraboliques employés sont en bronze doré ou en verre argenté; leur longueur focale est d’un demi-diamètre envi ron si l’on se sert d’un arc électrique ; pour les lampes à atmosphère gazeuse, dont le rayonnement est sensiblement sphérique, il y a avantage à employer des miroir.'- dont la courbure soit plus accentuée.
- L’écran filtreur, qui ferme le tambour du projecteur, est constitué par line glace plane en verre, obscurcie dans sa masse par divers produits (silice, soude, chaux, oxyde de manganèse ou protoxyde de cuivre, en proportions variées) et qui, cie ce fait, absorbe les radiations visibles (il absorbe aussi, malheureusement, une partie des radiations infrarouges, c’est-à-dire du rayonnement utile). Comme les glaces ordinaires des projecteurs, l’écran est sectionné en lames dont les joints sont recouverts par de minces garnitures
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- métalliques (en raison de la température).
- Tous les appareils transmetteurs possèdent un obturateur qui coupe à volonté le flux d’émission pour permettre la manipulation de signaux Morse. Transmetteur et récepteur sont munis d’un tube de visée ré-
- glable, parallèle à leur miroir et permettant de pointer l’appareil dans la direction de son correspondant.
- La portée du transmetteur étant, toutes autres choses restant égales, proportionnelle au diamètre des miroirs, il existe plusieurs modèles d’appareils, correspondant à des besoins différents. Les transmetteurs portatifs destinés aux premières lignes et ne devant, par conséquent, effectuer que des liaisons télégraphiques ne dépassant pas deux kilomètres, sont constitués par des projecteurs de 26 centimètres, montés sur pieds et pesant moins de 5 kilogrammes, avec lampe à azote de 40 à 50 watts alimentée par une petite
- batterie d’accumulateurs. Pour effectuer des liaisons entre postes distants de trois ù
- six kilomètres, on conserve le même projecteur, mais on substitue à l’ampoule une lampe à arc électrique alimentée par un groupe électrogène portatif. Pour communiquer à de grandes distances, 10 à 25 kilomètres, on utilise les projecteurs réglementaires (0 m. 60 à 1 m. 50) de l’armée et
- de la marine, en y adaptant un écran fi 1 -treur pour le transmetteur et en fixant au foyer du miroir du projecteur récepteur l’ampoule qui contient l’élément de détection. Si les nécessités du combat exigent un récepteur très léger, tandis que l’appareil transmetteur reste fixe à l'arrière, ou vice versa on peut, avec le projecteur de 26 centimètres, transmettre ou recevoir sur des distances d'autant plus grandes que le poste correspondant est plus puissant.
- Le poste récepteur est composé d’un miroir parabolique au loyer duquel est monté un détecteur spécial. La réception des signaux peut être visuelle (système Charbonneau) ou auditive (systèmes de MM. Iiébert-Stevens et Larigaldie).
- Dans le système à réception visuehe, un ruban de papier recouvert de sulfure de zinc
- SC U KM A l)K MONTACK 1ÙX POSTK A l( KCKI’TION A Ml’I.IFIF.K Les ndes captées par le miroir A et concentrées par lui sur le couple lhermo-éicctriquc H donnent naissance éi un courant dont le circuit est fermé sur un potentiomètre C. une lunule anti-inductive i et un vihralcur 1);
- l’axe optique de
- l’ILK T1IERMO-ÉI.ECTRIQIE CONÇUE PAR MM. 11KBKRT-STKVKNS KT l.ARKiAI.lJIK
- Les ondes y'' captées par le mi-
- y'' roir sont concen-
- trées par lui sur le couple thermo-électrique, lequel est constitué par un disque de platine, deux tiges de nickel et un cristal de tellure.
- ce dernier transforme ledit courant en intermittences dont la fréquence est susceptible de produire un son dans le téléphone récepteur O ; ce son est renforcé par une batterie de relais M à trois électrodes f, g, p (filament, grille, plaque) alimentée par du courant local cl renfermée dans la boîte E.
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- L LS IX V UN TI ON S POUR LA
- IJ Ê F K X S K NATIONAL K
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- vorl phosphorescent se déroule an loyer du miroir. La lumière d’une lampe de dix volts, filtrée par un écran liquide spécial cpii, lui, ne laisse passer (pie les ondes lumineuses de haute fréquence, illumine fortement ce ruhan et excite la phosphorescence de l’enduit. Les émissions d’ondes infra-routes, codifiées au Morse et captées par le miroir, s'inscrivent sur la bande en traits et points noirs par extinction de la phosphorescence. L'n dispositif spécial permet à ce système, en plaçant l’organe détecteur dans l’obscurité, de fonctionner aussi bien de jour que de nuit.
- Dans le système de réception auditive mis au point par MM. Ilébert-Stevens et Larigaldie, sous la direction du commandant Cornu, une sorte île capsule reliée aux orei'les de l’opératcui par un tuyau de caoutchouc, est placée au foyer du miroir. Cette capsule, qui est recouverte intérieurement de noir de fumée (on sait que les surfaces noires sont celles qui absorbent le plus à la fois les ondes visibles et invisibles) transforme directement les émissions de chaleur rayonnante, que lui renvoie le miroir, en vibrations sonores, à la condition, toutefois, que ces émissions n’aient pas une fréquence inférieure à celles auxquelles l’oreille est
- I.A C'A P S CI. K A NOIR DE FUMEE PERMET RÉCEPTION DIRECTE PAR TUBE ACOUSTIQU
- PILE T11E U MO- EI ,ECT RIQ U E MONTÉE A L’INTÉRIEUR d’une AMPOULE DE VERRE DANS LAQUELLE ON A FAIT LE VIDE
- sensible. Le timbre des vibrations dépend de la fréquence des émissions, fréquence qui est, elle-même, déterminée par un interrupteur mécanique animé d’un mouvement très rapide et qui coupe soit le faisceau lumineux au poste transmetteur, soit le flux obscur au poste récepteur (cet interrupteur n’a rien de commun avec celui cpii est employé pour former des signaux Morse).
- Ce mode de réception est très intéressant par sa simplicité, mais il a l'inconvénient de son grand avantage qui est de traduire directement, les signaux. Ne faisant, en effet, intervenir aucun relai, il ne permet pas de très grandes intensités de son ni. par conséquent, de grandes portées. On parviendra sans doute, cependant, à augmenter ces dernières en améliorant la sensibilité de la capsule réceptrice et, peut-être, en lui adjoignant un résonateur approprié. Cette capsule se prête aussi, ce qui est très intéressant pour l’avenir, à la réception de la parole; en d’autres termes, elle permet d’établii des communications téléphoniques — et elles sont aussi sans lil celles-là — infra-rouges. On emploie
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- alors, comme transmetteur, un arc chantant analogue en tous points à celui dont, on fait usage dans certains systèmes radioté-légraphiques et radiotéléphoniques. On n'a pu encore communiquer de la sorte que sur quelques centaines de mètres de distance, mais tout fait prévoir que cette méthode pourra être grandement perfectionnée.
- Dans un autre système de MM. Hébert -Stevens et Larigaldie. une pile thermo-électrique, placée au foyer du miroir, constitue l'organe détecteur en même temps qu'elle joue le rôle de relai. De courant, produit par la pile, lorsque les ondes infra-rouges émises échauffent le couple thermo-électrique qu’elle renferme, est coupé par un vibrateur analogue au tikker employé en télégraphie sans fil. Il est ainsi transformé en intermittences ayant une fréquence susceptible de produire un son dans le téléphone utilisé pour recevoir.
- En c x p é r i -mentant avec la pile thermo-é I e c t r i q u e .
- MM. Hébert -Stevens et La-rigaldie suivirent l'exemple de Melloni et des nombreux physiciens qui ont étudié et étudient encore les phénomènes de chaleur rayonnante. Mais, et c'est, là leur grand mérite, ils ont su construire une pile presque dépourvue d'inertie, c'est-à-dire qui répond presque instantanément aux variations de température auxquelles elle est soumise, et cela, grâce à une modification tant dans la forme que dans la nature du couple thermo-électrique. Ce dernier est constitué par un disque de platine d'un centième de millimètre d’épaisseur et de 2 à à millimètres de diamètre, fixé par son arête è un support de nickel ; un mince cristal de tellure (métalloïde que ses propriétés chimiques rapprochent beaucoup du sélénium et du soufre), dont la base est soudée à un second suppoit. de nickel, vient appuyer sa pointe au centre du disque ; une légère fusion en ce point assure un bon contact. Ce couple est placé dans une chambre à parois réfractaires à tout rayonnement
- visible, mais pourvue d’une fenêtre en matière diathermane; c’est-à-dire permettant l’accès des ondes infra-rouges dans la chambre. La constante de temps de ce couple à réchauffement et au refroidissement — ce cpii revient à dire la rapidité avec laquelle il répond aux émissions obscures condensées sur lui par le miroir — est, en général, inférieure à un cinquième de seconde.
- La sensibilité s'accroît encore lorsqu'on enferme ces piles dans un vide très poussé, (pii supprime le refroidissement, par convection et diminue les pertes par conductibilité calorifique de l'air ambiant. Ln dispositif pour la conservation du degré de vide est fixé à l'ampoule qui, montée dans une douille à baïonnette, rappelle assez bien,
- tout au moins par sa forme et ses dimensions, la lampe à in-e a ndesccnee classique; elle en possède aussi, d'ailleurs, la propriété d'interchangeabilité et peut être r e m placée, pour ainsi dire i n s t a n t a n é -ment, par une ampoule d'émission si les correspondants sont bilatéraux et font usage de pro jecteurs à lampe et non à arc.
- l’n potentiomètre et une boucle de réglage pour compenser l'induction produite par h* tikker sont intercalés dans le circuit ; ils permettent, loTsqu’aucunc communication n'a lieu, de toujours maintenir le silence dans le téléphone en annulant les courants parasites qui pourraient naîtie des conditions atmosphériques ou du rayonnement ambiant. Après avoir, comme nous l'avons dit, été interrompu à une fréquence musicale par un tikker, le courant débité par la pile sous l'effet des émissions de lumière obscure du poste transmetteur, est envoyé dans: un amplificateur à lampes (1). Cependant, un galvanomètre extrêmement sensible, également construit par MM. Ilébert-Stevens et Lari-
- (1) Il s’agit ici des tubes il vicie ou audions pour la théorie desquels le lecteur pourra utilement se reporter fi l’article que j’ai publié sous le pseudonyme de Cyril Rerthomier dans le n° 41 de ce magazine, octobre-novembre 1<)18, page 111.
- (I AI. VA NOM i'.Tl! K A (UîANM)K SKNSIBII.ITK POUR I.A ÎIKTKC-TION (UKCIIKRCIIK) ÜKS NAVIRES ET JJKS ICEHERCS
- Cet instrument est fait d'an cadre extra léger de une oa plusieurs spires et est monté à pivots dans le chamj) magnétique d'un /laissa ut électro-aimant. Vue légère aiguille équilibre, ce cadre : elle sert soit d'index, soit éi déclencher un relui qui actionne une postes sonnerie ou un avertisseur lumineux.
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- LES 1NV ENTIONS POUR LA DÉFENSE N AT ION ALE 25
- galdie, permet, tout en conservant au système sa sensibilité, d’éliminer l'amplificateur et le tikker, lorsque les appareils ne sont utilisés que comme détecteurs d’ondes infrarouges et non pour des communications télégraphiques. Ce galva.no-mètre-relai est composé d'un cadre extra léger de une ou plusieurs spires ; ce eadre est monté à pivots, de manière à se déplacer, à la façon d'une porte sur ses charnières, dans le champ magnétique intense d’un puissant électro-aimant; pour permettre au cadre de tourner autour d'un de ses grands côtés, l'une des pièces polaires est percée d'un canal ad hoc. Une légère aiguille équilibre ce eadre et projette, à l'aide d'un système optique, son image, grossie quarante fois, sur un verre dépoli, ou déclenche un relais optique qui actionne lui-même un avertisseur lumineux ou sonore. Ce galvanomètre sensible a été spécialement étudié pour les postes installés sur les navires, là, par conséquent, où il était ylésirabie d'avoir un appareil sur lequel les mouvements du bâtiment demeurassent sans effet.
- Pour donner quelque idée de la sensibilité de 1’appareil récepteur qui vient d'être décrit, je mentionnerai (pie le seul rayonnement calorifique d’une tête humaine placée dans l'axe d’un miroir de 25 centimètres, était décelé par l'aiguille du galvanomètre ou par l’avertisseur à cinquante-cinq mètres de distance.
- L’un des grands avantages du système à pile thermoélectrique est, pour les usages mifitaires, d’of-
- POSTK TRANSMETTEUR I)K CAMPAGNE (25 CM.) La glace, en verre foncé, arrête les ondes de lumière visible 'mais laisse sortir les ondes infra-rouges.
- LES PROJECTEURS DE CETTE DIMENSION (1)1. 50) PERMETTENT DES PORTÉES TÉLÉGRAPHIQUES DE. 25 KILOMÈTRES
- frir plus de sécurité aux opérateurs. Si, en effet, le miroir récepteur doit être braqué vers le poste avec lequel il est en relation, le télégraphiste peut se tenir, lui, dans un abri, la sacoche contenant le tikker et le casque d’écoute étant reliée au miroir par un câble à deux conducteurs qui peut être aussi long que la sécurité le commande.
- Le système de signalisation par ondes inlra-rouges a donné lieu, dans notre marine de guerre, à des expériences très intéressantes et (pii, en raison de la complexité et de la multiplicité des problèmes à résoudre, devront être poursuivies pendant longtemps encore avant d’être complètement concluantes. Sans entrer dans le détail de ces expériences, on peut dire qu'elles avaient surtout en vue de procurer: lo un système de communication sûre entre navires ; 2o de navire à la terre et vice versa; îi<» une méthode de repérage des feux de bord ondes feux fixes obscurs ; 4o une méthode de détection de tout bâtiment naviguant en surface et passant entre deux postes de détection placés, par exemple, de chaque côté d'une passe ou constitués par deux navires de veille. Les navires à vapeur ne cessent d’émettre,
- par leurs cheminées, des ondes infra-rouges en abondance; or, ees ondes peuvent être captées p a r d e s miroirs agencés comme nous l’avons expliqué et cela d'autant mieux qu'ils sont orientables. Ainsi, un navire aura beau naviguer tous feux éteints, à la faveur de là nuit la plus
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- LA MARINE SONOK A UTILISER LKS ONDES INFRA-ROUGES NON SEULEMENT A DES BUTS .MILITAIRES, MAIS AUSSI POUR ÉVITER LES ABORDAGES EN MER.
- noire, il pourra fort bien être décelé, sinon peut-être encore repéré avec une très grande exactitude. Il y a probablement h\, et MM. Hébert et Larigaldie y ont songé, un nouveau moyen de lutter contre le risque d'abordage des navires en mer, bien (pie la brume, lorsqu'elle est très dense, présente un obstacle sérieux, beaucoup moins sérieux cependant (pie dans le cas des ondes de longueurs plus faibles (pii constituent la lumière visible, a la propagation des ondes infra-rouges. D'autre part, le courant auquel ces ondes donnent naissance dans la pile thermo-électrique de réception, peut être, si faible soit-il, considérablement amplifié pai des batteries de tubes à vide et. autres relais appropriés. Ce même système et ces mêmes appareils pourraient, dans le même ordre d'idées, mais beaucoup plus efficacement, réduire les rencontres intempestives entre navires et icebergs. Si, en effet, impressionné à distance par une source de calorique, le couple thermo-électrique donne naissance à un courant révélateur reçu dans un téléphone ou un galvanomètre, à l'approche d’une source intense de froid apparent, il subirait, par rayonnement, une déperdition de chaleur qui sc traduirait par la production d’un courant de sens inverse mais tout aussi décelable, (’c n'est pas. comme certains pourraient être
- tentés de l'avancer, parce que la glace rayonne du froid. Froid est, en effet, un terme dont le sens, tout à fait relatif, signifie moins chaud par rapport à ce que nous commençons à trouver chaud. Tout ce (pii n’est pas a la température du zéro absolu (vraisemblablement impossible à atteindre) est plus ou moins chaud. La glace rouanne donc de la chaleur ; il n'en est pas moins vrai qu’elle en rayonne moins que la pile qui, elle, est à la température ambiante ; la portion du couple qui est tournée vers la glace émet donc de la^chaleur et se refroidit, tandis (pie l'autre portion demeure è la température ambiante ; la différence des températures nécessaire pour la production d'un courant par la pile est ainsi réalisée, et c'est pourquoi un iceberg peut être révélé à distance tout comme s’il s’agissait d’une source de chaleur dans le sens où nous employons ce terme.
- Un prochain avenir nous dira si la télégraphie par radiations infra-rouges est appelée à rendre de grands services en temps de paix, notamment à la navigation. Des expériences sont en cours; d’autres seront sans doute entreprises ; la voie est largement ouverte à tous; une fois de plus, ce sont des Français (pii l’ont tracée et s’y sont engagés les premiers.
- René Brocard.
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- LES SYSTÈMES ET APPAREILS DE TÉLÉGRAPHIE RAPIDE
- Par André CROBER
- La télégraphie électrique est une des rares sciences dont les progrès sont aussi incessants que réguliers. On peut dire qu’il ne s’écoule pas une année sans que les systèmes en vigueur, quelque différents qu’ils puissent être dans les différents pays, soient perfectionnés. Plus, pourtant, ils semblent se rapprocher des conditions idéales et plus la perfection vers laquelle ils tendent semble reculer. C’est à se demander si le fait de n’avoir plus un jour qu’à rédiger un télégramme pour qu’il parvienne instantanément à son destinataire ne sera pas encore une formalité dont d’autres progrès ulté-
- rieurs permettront de se dispenser. On ne parlera plus alors de télégraphie, mais bien de télépathie. Nous n'en sommes malheureusement pas encore là, bien que les lenteurs actuelles que nous constatons dans l’ache-minement des télégrammes semblent devoir être imputées beaucoup plus à des méthodes défectueuses d’exploitation qu’aux systèmes télégraphiques rapides existants.
- Et c'est précisément de ces derniers que je vais parler, négligeant, pour ne pas trop allonger cette étude, les télégraphes qui les ont devancés et dont, pourtant, certains sont encore employés très avantageusement.
- TÊTES DE DEUX CIRCUITS TÉLÉGRAPHIQUES EXPLOITÉS EN « DUPLEX »
- Sur chaque table sont groupés Us appareils nécessaires à chaque circuit, c'e1 t-à-dire, essentiellement, un perforateur, un transmetteur automatique, un distributeur et un imprimi ur. Le montage de ces appareils est tel que Vimprimeur d’un poste peut enregistrer un message à Varrivée, en même temps que le transmetteur du même poste envoie un autre message dans la direction opposée.
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- COUPE DU PERFORATEUR .MÉCANIQUE CARPENTIER
- Eli matière de télégraphie, le perforateur est an appareil au moyen diu/uel on perfore les signaux dans an ruban de papier qui passe i nsuile dans au transmetteur aatoinatiqu". L" clavier du perforateur est analogue à celui d'une machine à écrire.
- Sur certaines lignes télégraphiques, la fréquence des communications est telle qu’il a fallu inventer des systèmes susceptibles d’accélérer considérablement le service et cela sur un même fil, afin d’éviter d’établir entre deux mêmes postes plusieurs fils [de ligne ayant chacun leurs appareils particuliers.
- Ces systèmes peuvent être classés dans trois catégories bien distinctes :
- 1° Les systèmes à transmission multiple, comme le télégraphe Baudot ;
- 2° Les systèmes à transmissions simultanées, comme les dispositifs duplex et multiplex (triplex et quadruplex) ;
- 3° Les systèmes à transmission multipliée, comme, par exemple, le télégraphe Wright-
- Avant de décrire ces différents systèmes, quelques considérations sur rémission des signaux, lesquelles vont nous conduire à montrer (pie les avantages de la transmission automatique, ne sont pas inopportunes.
- La vitesse à laquelle des signaux peuvent être propagés (rime extrémité à l'autre d'une ligne télégraphique dépend, on le conçoit, dans une grande mesure, des méthodes d’émission. 11 est évident, par exemple, (pie la transmission manuelle est d'un rendement très mauvais et (pie le nombre de mots par minute qui peuvent être transmis sur une ligne donnée, varie avec chaque opérateur, puisque ce nombre dépend, d'une part, de l'habileté professionnelle du télégraphiste, et, d’autre part, de l i longueur et des carac-téris tiques de la ligne, ("est ainsi, par exemple, qu’un certain opérateur capable de manipuler à la vitesse de quarante mots à 1 a in i n u t e, pourra transmettre
- TRANSMETTE!’R BAUDOT EMPI.OYE DANS l.A TRANSMISSION PUREMENT MANUEI.l.E
- à cette vitesse sur une ligne de courte longueur (dont l'isolement est très grand et où les variations dans l’envoi et l’interruption des émissions électriques sont maxima) alors que sur une longue ligne, il se verra peut-être contraint de ramener sa vitesse à vingt mots pour que le relai récepteur de l'autre extrémité du fil soit en mesure de fonctionner convenablement. 11 se peut, par contre, qu’un autre opérateur, incapable de transmettre plus de trente mots, puisse maintenir cette vitesse sur une très longue ligne, sans que les signaux soient en quoi que ce soit altérés.
- La transmission manuelle est donc irrégulière et ne permet jamais la complète utilisation de la capacité des lignes. La plupart du temps, la grosse difficulté vient, dans la manipulation, de ce (pie la durée du contact, et par conséquent celle de l’émission de courant correspondante, n’est pas suffisamment longue, alors qu'au contraire les blancs entre les lettres sont généralement trop grands. Ces défauts sont caractéristiques de la transmission manuelle et ils sont, dans une grande mesure, éliminés par la transmission mécanique ou automatique, dont nous allons parler un peu plus loin.
- Différents systèmes de transmission semi-automat ique ont été essayés qui remédiaient en partie aux défauts de la transmission manuelle. Dans l'un de ces systèmes, le Yet-man, les signaux (points et traits du code Morse) étaient formés par l’opérateur au moyen d’un clavier de machine
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- L , t TÉ L É G R AP 11 IK R A Pli) E
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- à écrire. Cette idée d’employer un clavier de machine à écrire a été retenue dans tous ou presque tous les systèmes de transmission automatique qui, rapidement (tout au moins dans certains pays étrangers et surtout les Etats-Unis) sont en train de se substituer à la transmission manuelle sur les lignes à grand trafic.
- La transmission automatique apparut pour la première fois dans le système de télégraphe à grande vitesse Wheatstone, qui fait usage du code Morse. Elle consiste à perforer les signaux (points et traits s’il s’agit du Morse, combinaisons de trous correspondant à un certain nombre d’émissions négatives et positives par signal, s’il s’agit de codes du genre Baudot) dans une bande de papier. La perforation se fait à l’aide d’un organe appelé perforateur, cpii est actionné au moyen d’un clavier de machine à écrire. Les perforateurs se classent en deux types principaux : mécanique et électromécanique. Il existe de nom- rj
- breux appareils
- UN AUTRE MODERE DE PERFORATEUR, RE « KREINSCIRMIDT »
- Gel appareil est. employé en Angleterre par des agences de presse, conjointement avec les appareils récepteurs du système Grecd.
- de chaque type, mais nous nous contenterons de dire quelques mots du perforateur français Carpentier (mécanique) et du perforateur ain é r i c a i n M o r k r u m ( électro-mécanique) pour l'exemple.
- Le])crforateur Carpentier (fig. 1), comporte un clavier dont chaque touche est prolongée par une lame à encoches ; les saillies et les creux de cette lame figurent la combinaison qui, dans le code Baudot, correspond à la lettre ou au signe marqué sur la touche. Cinq volets horizontaux V sont entraînés par les reliefs lors de la dépression des touches ; à l’extrémité postérieure de chacun d’eux est articulée une bielle L qui rend le volet solidaire d’un levier L’, lequel fait pivoter, à son tour, un levier basculant L” dont l’extrémité libre vient alors se placer devant le poinçon P. Les leviers oscillants sont montés sur un
- APPAREIRS DE TRANSMISSION AUTOMATIQUE CARPENTIER ADAPTÉS AU BAUDOT
- Chaque signal est perforé par Vappareil de gauche dans un ruban de papier qui passe ensuite dans le transmetteur (à droite de la bobine). Un levier, visible à gauche,permet de passer de la transmission automatique à la transmission manuelle, tout en continuant à utiliser le clavier de machine à écrire.
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- chariot mobile C auquel il suffit de communiquer un mouvement en avant pour que les poinçons, poussés par les leviers soulevés, viennent perforer la bande qui passe dans la gouttière G. Sur cette bande (nettement visible sur la photographie qui représente le groupe perforateur-transmet-teur Carpentier) les trous sont disposés dans le même ordre (pie les touches d'un manipulateur Baudot (clavier à cinq touches pour transmission manuelle), ce (pii permet à l’opérateur de contrôler aisément de visu son travail. Dès (pic le signal est perforé, le chariot revient en arrière et les leviers basculants, plan incliné eun leur position
- Le mouvement au chariot par d’une bielle B’ et d'une poulie P' ; celle-ci, folle sur son axe, tourne sous l'action d’un moteur électiique; un frein à corde permet de l’em bray er pour une révolution seu-lem ent, pu r l'intermédiaire du levier I)
- (pii, entraîné par toutes les touches, libère l’embrayage au moment du relèvement de la touche frappée.
- Le perforateur électro-mécanique n'exige, lui, aucun moteur d’entraînement, pour la simple raison qu'il ne comporte pas de chariot. Il se compose essentiellement (nous prenons, comme type, l’appareil Mor-krum) : 1° d’un clavier de machine à écrire ; 2° d’un bloc groupant six poinçons dont l’un sert à perforer une ligne de trous utilisés pour l’entraînement du ruban de papier dans l’un ou l’autre sens ; ce dernier passe entre deux matrices plates placées sur un côté du bloc des poinçons ; 3° d’un marteau actionné par un électro-aimant ; 4° d’un mécanisme qui provoque l’entraînement du ruban de papier au fur et à mesure que s’effectue le poinçonnage ; 5° d’un système de leviers au moyen duquel les touches du clavier déterminent, à chaque abaisse-
- ET LA VIE
- ment de l'une d'elles, quels sont les poinçons qui doivent être actionnés pour perforer le signal voulu dans le ruban de papier.
- Chaque barre de touche est munie d’une lame à encoches appelée peigne, ayant un profil particulier puisque chaque peigne doit causer la perforation d’une combinaison déterminée correspondant à un signal donné. Les reliefs des peignes manœuvrent des barres qui « sélectionnent » les poinçons devant être actionnés ; ces poinçons sont frappés par le marteau lorsque la touche est abaissée, car le circuit de l’électro-aimant frappeur est alors fermé.
- L'appareil permet le déplacement en arrière du ruban pour la correction des erreurs. Celle-ci est toujours la même et consiste : 1° à annuler le signal erroné ; 2° à le reproduire, mais cette fois, correctement, l’intervalle d’après. Pour annuler le signal erroné, on complète à cinq les trous déjà perforés ou mieux, on en perce cinq, quel que soit le nombre de ceux qui exis-t en t déjà ; comme cinq trous ne cor-resp onde n t, dans le code employé, à aucun caractère (il n’en serait pas de même avec le code Baudot) lorsque cette série de perforations passe dans le transmetteur, elle n’a aucune répercussion sur l'imprimeur-récepteur, lequel, par conséquent, n'imprime rien ; c'est ainsi (pie le signal erroné et annulé n'apparaît point sur la formule du télégramme reçu.
- Lorsque le nombre de caractères formés atteint soixante-cinq, sept de moins (pie le nombre formant une ligne pleine, une petite lampe rouge, placée sous le clavier, s'allume automatiquement ; elle avertit l’opérateur qu’il doit s’apprêter à abaisser-la touche qui commande le retour de la roue des types de l'imprimeur au commencement d'une nouvelle ligne et celle qui provoque la rotation du cylindre de cet imprimeur, nécessaire pour écrire cette nom elle ligne.
- rencontrant un I, reprennent eha-de repos, est donné l'intermédiaire
- [KliKOHATlOlll KI.KCTKO-MKCANIQl K. NYSTKMK .MOIÎ K HUM Dans cct appareil, 1rs perforations sont effectuées au moi/cn de cinq poinçons actionnés à t'aide d'un seul électro-aimant.
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- L A T fi Tj fi G RA PII TE RA RIDE
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- Au sortir du perforateur et quel que soit le système, la bande s’engage dans un appareil transmetteur automatique dont le rôle est de convertir les signaux perforés en signaux électriques et de transmettre ces derniers, par l’intermédiaire d’un organe appelé distributeur, dans la ligne, sous forme d’émissions de courant. Sans entrer dans le détail d’aucun des multiples transmetteurs automatiques connus ou en usage, on peut dire qu’ils comportent tous, en nombre égal au nombre maximum des trous d’une même combinaison (deux, dans le cas du code Morse, cinq dans le cas du code Baudot et de scs dérivés) des pointes ou aiguilles.
- Ces organes, chaque fois ((lie la ou les perforations correspondant à un si-gnal sont amenées en position convenable, sont sollicités de passer à travers les trous et ferment ainsi un ou p 1 u sieur s co ntacts électriques, permettant l’envoi ultérieur dans la ligne des émissions de courant nécessaires.
- Il est clair que la transmission automatique a le grand avantage d’être très régulière à toutes les vitesses ; elle dispense de recourir à des opérateurs particulièrement habiles, car ees opérateurs n'ont plus besoin d’être, somme toute, que des dactylographes ; comme tels, leur apprentissage est moins long, leur rendement individuel est meilleur et leur salaire n’est pas forcément celui des spécialistes. On peut encore ajouter qu’on peut les remplacer plus aisément.
- Considérons maintenant la première des catégories de systèmes télégraphiques à grand rendement énumérées au début de la présente étude, celle des systèmes à transmission multiple. Les systèmes multiples reposent sur le principe de la division du temps : deux organes mobiles appelés
- distributeurs tournent en synchronisme aux deux extrémités de la ligne et répartissent cette dernière, à des moments déterminés, entre plusieurs opérateurs ; les transmissions ainsi effectuées ne sont pas simultanées mais successives, chaque agent, après avoir expédié un signal, disposant, pour préparer le suivant, du temps pendant lequel la ligne est attribuée aux autres.
- Le principe de la transmission multiple, indiqué par Bouvier en 1858, fut appliqué pour la première fois en 1872 par Meyer, qui réalisa une installation permettant d'effectuer simultanément six transmissions en signaux Morse ; le système resta en exploitation en France jusque vers 1885, époque à laquelle il dut céder le pas au système invent é par le génial Français Baudot. Nous ne saurions mieux faire, (jour appliquer le principe de la transmission multiple, que de décrire succinctement le système Baudot.
- L’organe principal est le distributeur qui consiste essentiellement en un plateau d’ébonite portant de.s couronnes métalliques concentriques, divisées en (ilôts on contacts isolés électriquement les uns des autres ; un balai se déplace sur chacun de ces anneaux ; l’axe qui entraîne les balais est animé d’un mouvement rigoureusement isochrone ; au poste correspondant est un distributeur semblable, dont les balais sont mis en synchronisme avec ceux du premier, c’est-à-dire tournent à la même vitesse et se trouvent, au même moment, sur des contacts symétriques.
- Au poste A, par exemple (fig. 2), les touches d’un manipulateur (il s’agit de la transmission manuelle, et, par conséquent, du clavier à cinq touches Baudot) sont reliées à cinq contacts consécutifs d’une couronne du distributeur ; au poste B, les contacts des mêmes numéros sont connectés
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- fT1U
- kio. 2.
- à cinq électro-aimants polarisés (c’est-à-dire dont l’armature n’est déplacée que sous l’effet d’un courant d’une polarité donnée) ; si l’on exécute, sur le manipulateur de A, l’une des trente et une combinaisons permises par le ________
- code (code Baudot), par exemple celle (pii comporte l'abaissern ent des touches 1,
- 3, 5 (lettre T), on relie de ce fait les contacts 1, 3 et 5 du distributeur à la pile de travail (celle qui fournit le courant
- de la polarité exigée pour le fonctionnement des électro-aimants polarisés), tandis que les deuxième et quatrième restent en relation avec la pile de repos (celle dont le courant n’influe pas sur les électro-aimants en question) ; lorsque les balais des deux postes passent sur le contact n° 1, un courant de travail est envoyé sur la ligne et reçu dans le premier électro-aimant de B dont l'armature se trouve déplacée ; un courant de repos est ensuite émis par le deuxième contact et maintient la deuxième armature sur son butoir de repos : un nouveau courant de travail, au moment du passage des balais sur le troisième contact, déplace l’armature 3 correspondante ; un courant de repos est alors émis par le quatrième contact, suivi d'un courant de travail final lorsque le balai passe sur le cinquième et dernier contact.
- Lorsque les balais ont franchi le secteur, on trouve les première, troisième et cinquième armatures sur travail tandis (pie les deuxième et quatrième sont restées sur repos : le groupe des cinq armatures de B reproduit donc la combinaison exécutée au poste transmetteur ; il ne reste plus qu’à l’interpréter ou, si l'on préfère, à la traduire.
- Les installations sont dites doubles, triples, quadruples, sextuples suivant que les balais, dans une révolution, parcourent deux, trois, quatre ou six secteurs semblables.
- Les signaux enregistrés et en quelque sorte emmagasinés par le groupe des cinq électro-
- Principe du Afu/tip/e Baudoi ^ :=Ê: distriéuteors transmetteur^ récepteur
- SC 11 KM A DES CONNEXIONS AVEC DECX POSTES
- NT
- COM BINATKU II BAUDOT A DEUX VOIES
- aimants récepteurs sont traduits automatiquement et imprimés sur une bande de papier dans un organe appelé traducteur ou combinateur, dont le premier modèle fonctionna en 1877 avec la première installation
- quintuple ins-t a 11 é e par Baudot. Cet appareil a subi depuis son apparition de grands perfectionnements ou plutôt des simplifications marquées. 11 consiste actuellement et essentiellement en deux
- disques rotatifs en acier, accolés l’un à l'autre, bien que séparés par une cloison. Le premier disque, appelé voie de repos. porte sur les trente-cinq quarantièmes de son pourtour une série d’encoches et de pleins dont la figure 3 (première colonne à droite des lettres) donne le développement ;le deuxième disque, appelé voie de travail, est analogue au premier, mais il porte des pleins là où celui-ci porte des encoches et vice versa (la deuxième colonne à droite des lettres, sur la même figure en est la reproduction). Les colonnes numérotées 1, 2, 3, 4 et 5 indiquent l'ordre exact dans lequel se présentent les trente-et-une combinaisons du code.
- Au-dessus des disques sont disposés cinq leviers-chercheurs, placés les uns derrière les autres, t'es leviers ont tous tendance à basculer dans les creux ou encoches du disque au-dessus duquel ils se trouvent, mais aucun ne peut le faire tant qu’un seul d'entre eux sc trouve retenu par un plein. Or, pour qu’ils se trouvent tous, à un même moment, au regard d'une encoche, il faut (pie les uns soient au-dessus de la voie de repos, tandis (pie les autres sont au-dessus de la voie de travail. Trente et une combinaisons sont alors possibles suivant lesquelles, tel ou tels leviers étant poussés de la voie de repos dans celle de travail, le mouvement de bascule pourra s’eff ectuer. Mais, précisément, les cinq électroaimants récepteurs sont agencés de manière que ceux dont l’armature est actionnée com-
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- mandent une sorte d’aiguillage qui oblige les leviers correspondants à exécuter le déplacement en question. Cela revient à dire que, suivant que tel ou tels électro-aimants récepteurs seront excités, une combinaison particulière sera formée par les disques à encoches et leurs chercheurs, laquelle sera, par conséquent, apte à reproduire au moment voulu le signai enregistré par les armatures des électro-aimants récepteurs.
- Les trente et une combinaisons suivant lesquelles le mouvement général de bascule des cinq leviers peut s’effectuer sont, on le conçoit, échelonnées sur toute la longueur de l’arc encoché de la circonférence des disques ; s'il n'en était pas ainsi, il ne pourrait y avoir qu’une combinaison, puisque les cinq leviers ont une position invariable et basculent toujours au même point. Chaque com-b i il a i s o n a donc un azimut particulier. Or, sur l’axe d’entraî-n e m e n t des distilles est elavctée une roue des types ; comme elle tourne avec les disques , il est évident que, lorsqu’une co m b i naison est formée sur ces derniers, la roue des tv-pes présente un caractère donné par rapport à un point fixe quelconque situé dans son plan de rotation et cpie ce caractère est toujours le même pour une même combinaison. Si donc, à ce moment et en ce point, on projette le ruban de papier contre la roue des types, le caractère en question est imprimé. Or, c’est précisément ce que font, au moyen d’organes appropriés, les leviers chercheurs, chaque fois que, réussissant à basculer, ils forment une combinaison.
- Tel est à la fois le principe du multiple Baudot et de l’impression sur bande au moyen du traducteur du même inventeur.
- On peut citer comme autres systèmes multiples, le lJclany, le Rowland, le Baudot-Dubreuil, mais les deux premiers ont été abandonnés par la plupart des administrations <pii les avaient mis en service ; ({liant au Baudot-Dubreuil, son principe est le
- même que celui que nous avons décrit. Nous {lasserons maintenant à la catégorie des systèmes à transmissions simultanées, c'est-à-
- dire qui permettent de
- transmettre par le même fil et au même instant plusieurs signaux dans les deux sens. Ces systèmes sont très utilisés en Angleterre et aux Etats-Unis. Les installa-lations employant ces systèmes sont, le plus souvent, montées en duplex ou quadruplex ; dans le premier cas, ce sont deux signaux qui peuvent être transmis simultanément mais en sens inverses ; dans le second, c’en est quatre. Le problème du montage en duplex comporte un assez grand nombre de solutions, presque toutes basées sur la méthode du pont de YVheatstone ; la plus efficace semble être celle dite du duplex polarisé.
- Le duplex polarisé (fig. 4) comporte, à chaque bout de la ligne, les organes suivants : un inverseur de polarité pour transmettre, un rhéostat et un condensateur pour la ligne factice ou artificielle, un relai polarisé différentiel pour recevoir, un récepteur au son, ou parleur, désigné aussi par son nom anglais Sounder, une source de courant de ligne et une source de courant local.
- La ligne artificielle est constituée à chaque station par un circuit local mis à la terre ; son rôle est de permettre au récepteur d'un poste de ne pas être influencé par le* trans-
- DISTRIBUTEUR CARPENTIER POUR TRANSMISSION OU RECEPTION SUR LIGNE EXPLOITÉE EN QUADRUPLE BAUDOT
- Le rôle des distributeurs est de régler l'ordre d'envoi d de réception des émissions de courant correspondant aux signaux et aussi, dans les cas d'exploitation en multiple, de répartir la ligne, à des mo-nunts déterminés, entre plusieurs opératiurs.
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- DUPLEX POLARISE
- Récepteur du son
- Récepteur au son
- Inverseur -----
- de polarité
- FIG. 4. — l’exploitation d’une ligne en duplex permet, au moyen d’un seul fil,
- DE TRANSMETTRE ET DE RECEVOIR SIMULTANÉMENT UN MESSAGE
- missions effectuées de ce même poste.
- L’inverseur de polarité est tout simplement un relai qui, comme son nom l’indique, permet de relier la ligne soit au pôle positif, soit au pôle négatif de la source de courant.
- Le rhéostat et le condensateur, tous deux variables, servent à régler la résistance et la capacité de la ligne artificielle sur celles de la ligne véritable qui relie les postes A et B (voir la figure 4 ci-dessus) ; ce réglage s’appelle faire la balance ou encore équilibrer.
- Le relai polarisé différentiel est un électroaimant à deux enroulements contrariés, qui n’attire son armature, laquelle ferme et ouvre le circuit du Sounder, que lorsqu’il est parcouru par un courant d’une certaine polarité ; son fonctionnement est donc intimement lié il celui de l’inverseur de polarité mentionné plus haut. Ce relai n’est sensible et ne répond qu’aux émissions provenant de l’autre extrémité de la ligne ; c’est la raison pour laquelle il lui est possible d’enregistrer
- QUADRUPLEX
- Uti/isê pour contrôler le récepteur au son
- Ligne
- différentiel Stearns
- Résistance additionne/fe*~ Sur te circuit du Oup/ex Stearns
- Inverseur de
- THEORIE DU QU A DRU PL EK FIELD
- FIG
- Ô. - LE QUADRUPLEX PERMET DF. TRANSMETTRE, TOUJOURS PAR -LE MEME FIL ET
- AU MÊME INSTANT, DEUX SIGNAUX DANS CHAQUE DIRECTION
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- L A TÉ L É G U A PIIIE F AP JI) E
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- les signaux du poste correspondant tout en laissant passer ceux de son propre poste. Pour cela, il faut, cependant, que la ligne réelle et la ligne artificielle aient rigoureusement les mêmes valeurs de capacité et de résistance et, par conséquent, qu’elles aient été convenablement équilibrées.
- 11 existe un autre type de duplex, désigné par duplex à un courant ou duplex Stearns,
- (pii ne diffère de celui (pie nous venons de décrire (pie parce que son principe repose sur la variation d’intensité des émissions, alors (pie le principe du duplex polarisé est basé sur la polarité de ces émissions.
- Le duplex Stearns fait donc usage, pour la transmission, d’un L . relai différentiel, tandis que le duplex polarisé emploie un relai polarisé. Le
- Stearns est très peu employé ; par contre, c’est de la combinaison de ces deux duplex qu’est né l'un des meilleurs, sinon le meilleur
- IMPRIMEUR AUTOMATIQUE SYSTEME MORKltUM
- Cet appareil imprime les messages sur du papier format commercial ou sur les formules mêmes des télégrammes, et non, comme le traducteur Baudot, sur une- bande dont il faut coller t.s tronçons.
- quadruplex, le quadruplex Eield. Cette combinaison est représentée sur la ligure 5. En examinant cette dernière, qui, pour plus de clarté, ne schématise qu’une extrémité de la ligne exploitée en quadruplex ( l’autre extrémité étant identiquement équipée), on voit ([lie la manœuvre du manipulateur de transmission du duplex Stearns a pour résultat, soit de shunter, soit de mettre en circuit une résistance supplémentaire intercalée entre l’inverseur de polarité du duplex polarisé et le relai po-( larisé. Cela re-i vient ii greffer sur la trans-"j mission po-J larisée une transmission à intensité varia b 1 e ; on réalise ainsi la p o s s i b i 1 i t é d’e ffectuer,
- sur le même fil, une double transmission et une double réception simultanées.
- Il va de soi qu’on peut, aussi bien en duplex qu’en quadruplex, remplacer le manipulateur par un clavier de transmission automatique et le Sounder par un ippareil imprimant c’est-à-
- CET APPAHEIL,
- DÉSIGNÉ SOUS I,G NOM DE DISTRI BUTE U 11. EST INSTALLÉ AUX DEUX EXTKÉMITÉS d’une LIGNE EXPLOITÉE EN DUPLEX Il comporte, en réalité, deux distribut tirs identiques dont hs Induis sont actionnés par le même mot: ur ; l'un sert à la transmission cl l'autre à la réception
- I.E
- COUVERCLE A ÉTÉ ENLEVÉ
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- (lire employer des appareils analogues à ceux dont il a été parlé à propos du multiple Baudot, car les - mots multiple, duplex et quadruplex ne définissent que des méthodes d'exploitation différentes des lignes télégraphiques et non des appareils de transmission et de réception d'un caractère particulier.
- Nous arrivons maintenant à la catégorie des appareils à transmission multipliée.
- Par transmission multipliée, on entend le moyen d’envoyer plusieurs dépêches à la fois par le même fil et à l’aide d’un seul transmetteur manœuvré par un seul employé, ces dépêches étant reçues par des récepteurs différents. On conçoit qu'un tel dispositif soit avantageux dans certains cas, par exemple pour les agences de presse dont le bureau central peut, en se servant d ’ u n s e u 1 transmetteur, communiquer un renseignement à dix, vingt, etc... correspondants à la fois. C’est ainsi (pie l’Agence Ilavas emploie le télégraphe Wright à l’intérieur de Paris et le Hughes et le Baudot en province. Chose bizarre, les agences de presse françaises s’en tiennent encore à la transmission manuelle alors qu’il est si indiqué, pour un travail de ce genre, de recourir à la transmission automatique, d’ailleurs exclusivement employée par les agences de presse américaines. Ainsi, Y Associated Press fait usage des appareils rapides et automatiques du système Morkrum dont l’appareil imprimeur peut, en service courant, fonctionner à la vitesse de soixante mots par minute.
- Remarquons, en passant, que le mot étant
- compté à raison de cinq lettres et d’une espace et cette dernière étant, en durée, égale à une lettre, c’est trois cent soixante lettres à la minute ou six lettres à la seconde que l’imprimeur en question est capable d’écrire. Cet organe imprime non pas, comme le fait, par exemple, le traducteur Baudot, sur un ruban de papier dont il faut coller les tronçons sur une formule de télégramme, mais directement sur la formule elle-même ou, dans certains cas, sur une bande sans fin
- ayant la largeur d ’ u n e feuille de papier format commercial.
- J1 est peu. d'imprimeurs qui permettent, en service courant, une vitesse de l’ordre de soixante mots par minute, sauf, cependant, le Creed, dont nous parlerons plus loin. Qu’on ne se méprenne point. Il n’est ici question (pie de la vitesse de l'onc-tionnement de l’organe imprimant et non pas de la vitesse de transmission de la ligne, (pii peut être i n fi n i m e n t plus grande, si paradoxal (pic cela puisse paraître au profane, à première vue. Si, en effet, la vitesse de fonctionnement de l'imprimeur récepteur régit bien le nombre de signaux qui peuvent être transmis dans l’unité de temps sur une ligne reliant directement cet organe au transmetteur, en pratique il n’en est plus ainsi, pour la simple raison qu’une ligne sert, la plupart du temps, de véhicule à plusieurs transmissions simultanées ou successives, aboutissant chacune à un traducteur. C’est là, évidemment, la raison d’être des installations en multiple et en multiplex. Ainsi, un quadruple Baudot permettra soit quatre
- POSTE TRANSMETTEUR MORKRUM POUR TA DISTRIBUTION TÉLÉGRAPHIQUE DES NOUVELLES DE PRESSE
- Le perforateur est du Ujpe électro-mécanique. L'imprimeur, visible, derrière et à gauche, sert de répétiteur-enregistreur des messages transmis. Le bruit de fonctionnement de cet organe cl du distributeur (visible derrière et à droite) est assourdi par des couvercles spéciaux.
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- L A TÉ L É G R A PIIIE R API I) E
- ra i népérirtuR
- A CONTACT omtet
- POUR
- -> M- L/GNCS LN •> K-
- D U PL 6 A
- fielt>/ pohsnsê
- Hhèoztàt
- transmissions dans le même sens, et alors, bien que chaque traducteur ne soit capable d’imprimer que trente mots par minute, la vitesse de transmission sera de cent vingt mots, soit une dans un sens et trois dans l’autre, soit enfin deux dans chaque sens, ce (pii donne tou-j o u r s e e n t vingt mots, non plus exactement comme vitesse de transmiss i o n , mais comme capacité exploitée de la ligne. Un duplex Morkrum
- permettrait de transmettre soixante mots à la fois dans les deux sens, ce .qui donne encore cent vingt mots comme capacité exploitée mais, cette fois, avec seulement un traducteur à chaque extrémité.
- Nous avons tout à l’heure mentionné l'imprimeur Creed comme susceptible de fonctionner très rapidement. A la vérité, cet appareil travaille à une vitesse sensiblement plus grande que celle de l'imprimeur Morkrum. Cela tient en partie à ce que la commande des leviers à
- I.MIMII.MKUR AUTO.M ATIQUK DU SYS-
- TKJ1K T KI, KG RA I’I IIQOK CltEED
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- es t
- no. (5. —- i.ks rkrktitkurs skrvknt a rknkorckr l’intensité DUS SKiNAUX SUR I.KS LIGNES DK GRANDI’. I.ONGUKUR
- caractères, tout à fait analogues à ceux d’une machine à écrire, qu’il comporte, est pneumatique : elle fait donc intervenir des pistons au lieu d’électro-aimants, ce (pii réduit
- ___________________________ les retards
- mécaniques. Par contre, cet appareil n’imprime pas directement les s i g n a u x reçus ; il ne lait que traduire une ban d e perforée automatiquement à la réception : le système Creed exige donc un organe supplé-m e n t a i r e à chaque poste
- récepteur, plus, bien entendu, un compresseur d’air. Il est, de ce fait, très sensiblement plus cher que les imprimeurs électro-mécaniques ; il se dérègle aussi plus facilement, du fait qu’il comporte un très grand nombre de joints
- qui doivent demeurer rigoureusement étanches à l’air. On ne l’emploie guère qu’en Angleterre et
- CH appareil es/ à commande pneumatique : un certain nombre d’aiguilles ferment ou ouvrent des soupapes par l sipielles de Pair comprimé, débité par un compresseur incorporé à P appareil, est amené à actionner, au moyen de cylindres et de pistons appropriés, les leviers à caractères de P imprimeur,
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- P
- FIG. 7. - l.KS COURANTS PARVKNANT AU l'OSTK RÉ-
- CKITKl’R METTENT UN .MOUVRAIENT UN -MIROIR QUI, EN RÉFLÉCHISSANT UN RAYON LUMINEUX. TRACE l’éicriteke SUR UNE BANDE DE PAPIER SENSIBLE
- encore, uniquement pour les services de presse.
- En outre des appareils transmetteurs et récepteurs proprement dits, une ligne comporte, si elle est trop longue pour être exploitée en direct, des organes intermédiaires ; il en existe de deux sortes : 1° les retransmetteurs et 2° les répétiteurs. En France, on emploie exclusivement les premiers, tandis que les seconds sont en usage dans plusieurs pays étrangers et surtout aux Etats-Unis.
- Un retransmetteur n’est autre chose qu’un manipulateur automatique, pour la manœuvre duquel les doigts d’un opérateur sont remplacés par des armatures d’électroaimants. Le retransmetteur reçoit du poste émetteur tout comme si les signaux lui étaient destinés et réexpédie ceux-ci en redressant les déformations plus ou moins importantes qu’ils ont subies dans la première partie de leur parcours ; cette rectification s’opère d’elle-même, du fait que le retransmetteur effectue, en réalité, une manipulation nouvelle. A cet avantage s'en ajoute un autre très important : l'indisponibilité de l'une des sections de la ligne n'entraîne pas forcément l'immobilisation du restant de la ligne, comme cela se produirait si le poste intermédiaire ne consistait qu’en un simple relai renforçateur.
- Les répétiteurs, qui ne sont pas autre chose que des relais, sont pourtant, aux Etats-Unis, exclusivement employés, même sur les lignes transcontinentales. Notre figure 6 représente l’un des répétiteurs le plus communément employés avec les lignes duplexées et dont le principe de fonctionnement est le suivant : supposons, par exemple, qu’au bureau situé à l’extrémité Est de la ligne, on ait abaissé le manipulateur de transmission (pour sim-
- R écepteur Po//<sk - V/rag (Cet appareil photographie l'écritrrej
- El G. 8. - FAC-SIMILÉ DE
- l’FIORITURE DU RÉCEPTEUR POLI, A K-VIRAG
- pli fier, nous admettrons que le transmetteur est un simple manipulateur Morse) ; une émission de courant de travail aura été envoyée dans la ligne ; l’armature du relai polarisé, au poste répétiteur, aura été attirée
- dans la direction indiquée sur la figure et aura fermé un contact intercalé sur le circuit d'une source locale de courant débitant du courant de travail ; une émission de ce courant aura pu alors s'acheminer dans le tronçon Ouest de la ligne. Lorsqu’au bureau en question (extrémité Est), on laissera remonter le manipulateur, c'est, au contraire, une émission de courant de repos qui sera envoyée dans le lil et parcourra le relai polarisé du poste répétiteur ; l’armature de ce relai sera attirée dans l’autre sens et mett ra une autre source locale de courant débitant du courant de repos en communication avec la partie Ouest de la ligne. Comme on peut le voir sur la figure, il y a. en réalité, deux relais puisqu'il s'agit d’une ligne duplexée, mais la théorie ne varie pas, car ces deux relais ne peuvent, on le conçoit, interférer entre eux.
- Pour terminer cette étude déjà longue, bien (pie fort incomplète, nous allons dire quelques mots d'un système de télégraphe qui, bien que n'appartenant à aucune des trois catégories (pie nous avons décrites, se rattache à celle, plus générale, des systèmes dits rapides. Ce système est IcPolIak-Virag, dont, faute de documents originaux, je me permettrai d'emprunter les quelques lignes de description qui suivent au texte d’une conférence faite, il y a quelques mois, par M. Montoriol, professeur à l’Ecole Supérieure des Postes et Télégraphes, devant les membres assemblés de la Société Française des Electriciens :
- « Le Pollak-Virag diffère essentiellement
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- LA TÉLÉGRAPHIE RAPIDE
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- des précédents quant à son principe, qui est le suivant (voir fig. 7) : les courants parvenant au poste récepteur mettent en mouvement un petit miroir sur lequel vient frapper un rayon lumineux ; ce rayon, convenablement réfléchi, trace, en écriture cursive, les lettres et les mots sur une bande de papier photographique, qu’il suffit ensuite de développer et de fixer comme d’ordinaire. Voici comment ce résultat est obtenu : au dos du miroir en verre est collée une petite plaquette de 1er doux appuyée sur trois pointes fortement aimantées ; les trois pointes zv, u, s forment les sommets d’un triangle rectangle ; l’une, u, est fixe ; les deux autres, montées sur
- I.ESSIONAUX l'IIO-TOURAPHIÉS SUR nies BANDKS DK PAPIER SENSIBLE SONT DÉVELOPPÉS, SÉCIIÉS ET FIXÉS DANS CET APPAREIL
- des ressorts, sont élastiques et reliées par de petites bielles, au centre des membranes de deux récepteurs téléphoniques Z1 et t- ; celles-ci, lorsqu’elles se déplacent sous l’action de courants venant de la ligne, font osciller le miroir autour de l’axe vertical u s ou autour de l’axe horizontal w u ; on a donc les deux composantes du tracé à obtenir.
- « Le rayon lumineux est émis par une lampe à incandescence à filament rectiligne Z, enfermée dans un cylindre en tôle k, placé lui-même dans un second cylindre non représenté sur la figure ; le cylindre k est entaillé d’une rainure en hélice et tourne autour d’un axe horizontal à raison de
- Bien que conçu pour un procédé de photographie des signaux de T. S. F., cet appareil pourrait toid aussi bien convenir à un système de télégraphie ordinaire doté d'une réception photographiée. La bande impressionnée est développée, rincée, fixée et de nouveau rincée en passant dans les quatre tubes verticaux,
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- trois à quatre tours pur seconde ; le second cylindre est lixe et fendu suivant une génératrice ; le rayon lumineux émis par la lampe ne peut donc passer que par l’intersection de la rainure hélicoïdale et de la fente rectiligne ; ce point lumineux se déplace ainsi suivant une ligne droite. Aussi longtemps que le miroir reste fixe, le point réfléchi, qui vient frapper la bande de papier photographique p, l'impressionne également suivant une ligne droite ; mais, si le récepteur tl, par exemple, est parcouru par des courants, le miroir se trouve déplacé autour de son axe horizontal et il en résulte des élongations verticales du point c, au-dessus ou au-dessous de la ligne normale, suivant que la membrane a été attirée ou repoussée, c’est-à-dire suivant la
- un tracé d'écriture cursive, semblable à celui (jue montre la figure 8. La bande passe ensuite dans des bains de développement et de fixage, dans lesquels elle reste respectivement environ six et sept secondes ; le papier est sec lorsqu'il sort de l’appareil.
- « La correspondance exige l’emploi de deux fils de ligne. La transmission est auto matique et effectuée à l’aide d’une bande perforée par un clavier de machine à écrire. » L’appareil Pollak-Virag a été mis en essai en Allemagne en 1903 et en Angleterre en 1905, mais bien qu’il écoulât environ 32.000 mots à l’heure, on dut l'abandonner dans l’un et l’autre pays, tant à cause des troubles d’induction qu’il occasionnait dans les lignes voisines, de la nécessité d’employer deux conducteurs de gros calibre, du prix relativement élevé de l’impression sur papier photographique, qu’en raison du fait que les bandes obtenues à l’arrivée n’étaient parfois pas assez lisibles pour êlre remises telles qu'elles au public. Si le Pollak-Virag, qui était, en quelque sorte, en avance sur notre époque, a échoué, il n’en reste pas moins que les plus récents des systèmes actuels offrent encore la possibilité d’augmenter les vitesses de transmission, la rapidité d’enregistrement à la réception, et, par conséquent, le rendement des lignes. Concurremment à ces progrès, les méthodes actuelles d'exploitation de-
- .•à V i-tfiîaii
- I. IIKUKK Al'SSI lUKN (gT. I.A 1)ATK SONT, AUX KTATS-PNIS, TIMHIIKKS SI7 II 1.1'.S TKI.KOHAM M KS Le dateur horaire est contrôlé électriquement, ainsi </uc sa montre-témoin, par une horloge, mère qui se remonte automatiquement et peut commander, au moijen de. relais, autant de. timbres qu'on veut.
- polarité des courants reçus. Si les impulsions sont envoyées dans l’autre téléphone /-, le miroir bascule autour de son axe vertical et les déplacements horizontaux du point c accélèrent ou retardent son mouvement normal. On a donc là, ainsi qu'il a été dit plus haut, les deux composantes des déplacements à donner au point C pour que la résultante soit
- vront s’améliorer et se moderniser ; sinon, l’élément humain, qu’on n’arrivera jamais à éliminer complètement d'une méthode, si perfectionnée soit-elle, se chargera d'être un obstacle à l’adoption des nouveaux systèmes, ou de réduire à néant les avantages les plus tangibles de ces derniers.
- Andhk Ciioukk
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- LE VOLCANISME EXPERIMENTAL
- Par Eugène RAMBERT
- La géologie n’est pas une science exacte. Faite d’hvpothèses basées sur (les observations superficielles ou insuffisamment répétées, elle se présente sous l’aspect d’une personne aux formes opulentes recouvertes d’une gaze chatoyante mais si légère que la plus petite piqûre déchire le tissu, et dégonfle les formes... Pour peu que les blessures se multiplient, la majesté de l’idole s’annihile ; aucun muscle résistant n’en maintient l’épiderme qui vient se coller directement sur le squelette.
- Le squelette, c’est l’écorce terrestre, agglomération de matériaux en nombre infini, fluides ou solides, pesants ou très légers, associés dans des combinaisons chimiques dont le premier terme est inconnu, sous des pressions considérables et à d’énormes températures. Les pressions dépassent nos moyens ; les températures ne nous appartiennent (iue dans une limite insuffisante. Cependant, malgré l'absence de données originelles, des théorie s se sont . constituées pour imposer l'exac-t itude, que l’on sait pourtant être très relative, d'une science (jui tire son origine de l’origine des mondes.
- Si, de cette science, nous détachons un
- fragment pour l’analyser, pour le soumettre à une critique méthodique et raisonnée, nous rencontrerons à chaque pas une nébuleuse de points d’interrogation devant lesquels la science, sinon les savants, reste muette.
- Dans l’impossibilité où nous sommes, encore actuellement, de démontrer comment sont nés les mondes, nous devons, soit nous en rapporter à la théorie biblique, soit admettre le chaos primitif, deux mots vides
- E
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- I.K BASSIN KXPKKI.M HNTAL DK M. IJKLOT (COUPK.)
- A D, enveloppe de tôle ; B, eau ; sable ; F, ardoise ; V, volcan; E, J!anime de gaz réglée par le robinet H. La chaleur de la flamme E porte à F ébullition Veau contenue dans le sable seulement au contact du fond D. La vapeur s'échappe sous le continent supposé en formant un cratère, tandis (pie Venu B reste froide.
- de sens puisqu’il nous est aussi impossible de concevoir l’idée qu’ils représentent, qu’il nous est défendu d’aborder le problème de l’infini. Tout ce (pie l’on peut faire pour étayer des théories ayant quelque apparence de tenue, c’est de s’inspirer des phénomènes interplanétaires en supposant que ce qu’il nous est possible d’en connaître répond à un à peu près (pie notre pauvre petite cervelle admettra sans difficulté et d’en tirer des conclusions à peu près présentables.
- Mais il est bon d’observer que si les mé-^ thodes expéri-
- mentales ont fait faire un pas énorme à l’astronomie, si les méthodes d’investigation , en particulier la spectroscopie, ont été d’un puissant secours en cosmogonie,, elles s’appliquent seulement à des cas particuliers. Sans aucun doute, en les multipliant on accumulera des matériaux de ]) 1 u s en ]) 1 u s nombreux, matériaux de grande valeur, soit dit en passant, qui finiront par constituer une base suffisamment solide pour porter l’édifice, un crible qui séparera le vrai du faux et fera justice de tout ce qui n’est pas la vérité.
- De l’inlini, (pii nous emporte hors des limites de nos moyens expérimentaux, descendons sur notre globe. Quel savant est parvenu à constituer un grain de sable ? Moissan a pu réaliser de minuscules diamants, mais il se trouve que la théorie de la pression sur laquelle il avait cru pouvoir échafauder la
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- réussite de ses expériences est déjà combattue. Alors ? L’expérience même peut être l’origine de théories fausses, absurdes. Avons-nous donc oublié les cellules vitales du professeur X., cpii faillirent rendre ridicule l’Institut lui-même?
- Cependant, toute expérience visant uniquement à la démonstration d’un phénomène naturel doit être prise en considération,
- Soumise à la critique, elle peut résister et opposer une preuve à une hypothèse. Des e x p é r i e n c e s seules n o u s viendront la lumière et tous les efforts de nos savants doivent être dirigés dans cette voie. Mais qu’ils se gardent autant des conclusions hâtives que des erreurs de départ, erreurs que les matériaux d’études introduisent subrepticement dans les préparatifs eux-mêmes. Car la matière se défend.
- Le volcanisme est l’un des phénomènes géologicpies les plus étudiés et chaque géologue, pourrait-on dire, possède, au fond de lui-même, une théorie qui lui est propre. Cependant un fait paraît désormais acquis : l’existence du feu central, admise par presque tout le monde.
- Nous constatons d’ores et déjà que ce premier point de départ demeure sujet à des controverses ; nous les négligerons parce que, en somme, la théorie du feu central peut être soutenue avec beaucoup d’apparence de réalité. Partant de ce principe,
- on a admis également que la croûte terrestre, plus ou moins fissurée, laissait pénétrer l’eau de mer, le long des rivages, en particulier, jusqu’à une profondeur suffisante pour permettre à cette eau de se vaporiser sous des
- pressions considérables , dans d'immense s chaudières naturelles , et, à u n m ornent donné, de se livrer un passage à travers l’écorce terrestre e n produisant au besoin un tremblement de terre pour la déchirer.
- Dans les volcans en activité, la cheminée de dégagement n’est j a mais complètement fermée et la pression intérieure a vite fait de retrouver te chemin de m oin dr e résistance momentanément obstrué. De là des périodes de calme succédant à des périodes d’activité dont la cause fait souvent
- l’objet de luttes fra-tricides dans le corps des géologues.
- D’abord, tous les volcans ne se trouvent pas au bord de la mer. Kn Amérique, en effet, certains sont éloignés de 150 à 200 kilomètres des rivages. On en trouve au centre même du continent asiatique. Mais on doit admettre que les fissures de l’écorce terrestre ne se limitent pas fatalement à quelques kilomètres dans le sens vertical. Ce sont des cassures obliques plus ou moins profondes, plus ou moins régulières appartenant à des couches géologiques différentes, produites à différentes époques de la forma-
- BASSIN DE VOLCANISME EXPÉRIMENTAL DE M. E. BELOT EN PLEIN FONCTIONNEMENT
- Au milieu, en avant, cratère-lac d'une expérience précédente ; èi droite, volcan dont l'éruption commence ; à gauche, au fond, volcan auant déjà creusé son cratère et couvert ses pentes de. bombes ; èt gauche, en avant, éruption presque terminée montrant le cratère et F orifice de la cheminée volcanique.
- CRATÈRE A PITON CENTRAL RESSEMBLANT A CEUX DE LA LUN1Î ET PRODUIT PAR I.F. VOLCANISME EXPÉRIMENTAL
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- tion de la terre ; la base de l’une peut être éloignée de 100 kilomètres de l’origine d'une autre et toutes deux serviront de canalisation à l’eau de mer si elles intéressent une couche perméable qui conduira cette eau de la Assure superficielle à la fissure profonde.
- On sait, en effet, que les terrains perméables peuvent, comme le phénomène se passe sous nos pieds dans le bassin de la Seine, servir de cheminée sur des centaines de kilomètres, à l’écoulement des eaux de surface, (pii deviennent des eaux artésiennes.
- En fait, d’après Fuchs, sur 825 volcans actifs depuis trois siècles, on en trouve 194 dans des îles, 124 en bordure des océans et 5 seulement au centre de l’Asie. Sur 189 éruptions constatées depuis 1750, 98 ont eu lieu dans des îles et 41 dans le voisinage de ia mer.
- On a dit encore ([lie l’eau ayant trouvé au fond de la mer un chemin pour atteindre le feu central, la vapeur dégagée, au lieu de produire, pour s’échapper sur les continents voisins, les bouleversements formidables que l’on connaît, trouverait dans les fissures elle s-m cmes des cheminées de sortie naturelles dans la mer : tous les volcans devraient donc être sous-marins.
- Ce raisonnement est faux, car la vapeur empruntant cette voie se trouverait en contact avec des surfaces refroidissantes qui la condenseraient aussitôt. En réalité, il s’établit dans la chau-
- dière souterraine, comme dans les chaudières industrielles, une circulation d’eau et une circulation de vapeur indépendantes, cette dernière suivant toujours les surfaces iso.
- thermes. Cela se conçoit aisément-Si la vapeur, ayant trouvé un passage de sortie, s’y condense, ce passage ne livrera jamais que de l’eau et la vapeur devra chercher une issue dans laquelle la condensation sera impossible, une issue ayant sur toute sa longueur une température supérieure à celle qui change la vapeur en eau.
- J.a théorie des surfaces isothermes Va précisément le démontrer. On sait (tue ces surfaces suivent toujours le même profil que celles du sol. Si on creuse un trou de 100 mètres de profondeur dans une montagne et un autre aussi profond au bord de la mer, on trouve,
- au fond des deux puits, un égal degré de température. Par conséquent, les surfaces isothermes vont en s’élevant de la mer vers les continents et les vapeurs engendrées sous le sol des mers suivent le chemin oblique naturel qui s’offre à elles pour s’échapper.
- M. Emile Belot, ingénieur en chef des manufactures de l’Etat, qui a résumé ses recherches dans son beau livre sur Y Origine des formes de la Terre, a mis cette théorie en évidence par la méthode expérimentale, ce qui n’avait jamais été tenté avant lui. Voici comment il a procédé (Figure page 41) : Dans un bassin métallique rectangulaire A?
- l’AYSAGI1’. VOLCANIQUE EXPERIMENTAI, MONTRANT I.ES TISSURES RADIALES ET LONGITUDINALES ENTRE DEUX CRATÈRES VOISINS
- VOLCAN EXPÉRIMENTAL DONT LA CHEMINEE CENTRALE EST BIEN VISIBLE
- L'éruption s'est arrêtée ré elle-même et elle s'est terminée par la production d'un lac eratérvpie dont les sédiments ont formé un liseré circulaire (pie. l'on voit à droite.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- dont le fond D est. en pente, il a étendu une certaine quantité de sable C, de manière que l’épaisseur fût plus grande dans la partie haute du bassin que dans la partie basse. Sur ce sable, il a versé de l’eau B. Cette eau submerge toute la masse de sable, sauf un monticule, qui constitue un rivage et une fraction très réduite de continent.
- Sous le bassin, un bec de gaz est allumé de manière que la flamme touche le fond métallique sur une surface réduite. Quelques instants après, au bout d’une dizaine de minutes environ, les premiers phénomènes volcaniques commencent à se manifester sous la forme de fumerolles s’échappant d’une cheminée volcanique en entraînant du sable qui s’accumule autour en formant u n cratère. L e volcan V n’est pas sous-marin car le fond D du bassin réalise la surface isotherme dont nous avons parlé et le volcan est t o u j o u r s près du haut de pente du fond ; on produit donc expérimentalement une sorte de paradoxe scientifique en portant l’ébullition de l’eau en V, alors cpie la « mer » est complètement froide au-dessus du réchaud.
- Le sable du bassin est très perméable ; or, dans la nature, il arrive le plus souvent (pie des couches imperméables alternent avec des couches perméables. Dans le dispositif que nous venons de décrire, on peut introduire une couche imperméable sous la forme d’une ardoise F, parallèle au fond D. Plusieurs volcans prennent alors naissance sur le rivage; ils s’alignent d’après le contour du bord supérieur de l’ardoise et celle-ci peut les conduire très loin du réchaud. Ainsi s’expliquent les alignements de volcans naturels et pourquoi ils peuvent s’éloigner même fortement des rivages.
- En changeant la disposition primitive, on
- obtient, d’ailleurs, des effets variés qui rappellent les multiples phénomènes précédant les éruptions volcaniques ou se produisant lorsque l’activité extérieure s’est éteinte. Si, par exemple, on déplace l’ardoise de manière que son bord supérieur touche le fond D, la vapeur, ne trouvant plus d’issue de ce côté, refoule l’eau jusqu’à ce qu’elle puisse s’échapper par le bas. On voit alors monter lentement le plan d’eau dans le bassin et on assiste ensuite à une baisse très brusque qui
- se produit par la condensation de la vapeur au moment où elle tend à .s’échapper. On reproduit ainsi fidèlement le raz de marée, caractérisé par le retrait de la mer suivi d’une ou plusieurs vagues énormes, sein -blables à celles (pii détruisirent une partie de Lisbonne en l’année 1755.
- Si, après avoir maintenu en activité le volcan miniature jusqu’à ce que le cratère se soit nettement dessiné, on arrête le chauffage, le premier effet est de transformer le cratère éteint e n cratère - lac , reproducti on encore exacte de ce (pie nous offre la nature à la suite des anciennes éruptions.
- Il existe également des volcans sous-marins. Notre modeste bassin va-t-il se prêter encore à cette nouvelle fantaisie ? Très docilement. Il suffira de niveler le continent miniature à quelques centimètres au-dessous du plan d’eau et de chauffer. Le cratère se formera sous l’eau et bientôt apparaîtra la crête circulaire d’une île sous-marine analogue à l’île Saint-Paul ou à Santorin. D’abord plein d’eau, le lac cratérique perdra, par ébullition et par projection, assez d’eau pour que nous constations une baisse de niveau
- I'I GU HIC SCI 11ÎM ATT QU F. KXl'lJQUANT I,E IŒLKVEMI5NT DES SURFACES ISOTIIKIIMES SOUS LES CONTINENTS.
- X M’ surface isotherme, normale (364°) ; P I, surface, isotherme <tout la température est de 600 degrés. L'écoulement de l'eau par la fissure F N abaisse la surface isotherme (364o) en K"; F échappement des vapeurs relève la surface isotherme, sous le continent, de M’ en M”. Les ordres températures s'abaissent et. se relèvent dans les mêmes conditions. P descend en P’, I monte en I’. La surface isotherme de 1100 degrés est celle de fusion des roches profondes (pie la. vapeur (Feau, issue de la chaudière centrale, entraîne au dehors par le cratère. O P, niveau de la mer ; M, cratère.
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- nu-dessous de celui de la nappe du bassin. Puis, à un moment donné, la pression extérieure brise l’enceinte volcanique. Le cratère se reforme à nouveau et le même phénomène peut se reproduire plusieurs fois de suite. Arrêtons le chauffage au moment où le lac cratérique est encore isole de la « mer » : la condensation interne des vapeurs produit l'aspiration, par la cheminée volcanique, de toute l’eau du cratère dont le fond reste complètement à sec à quelques centimètres au-dessous du niveau extérieur.
- Que manque-1-il donc à ces expériences pour être l’image absolument fidèle du phénomène volcanique ? De l’eau salée et une température de 700 degrés. On réaliserait alors le phénomène des paroxysmes (arrêt et reprise de l'activité d’un cratère), dont nous expliquerons plus loin le mécanisme curieux.
- Aidons-nous de ces expériences pour montrer ce qui se passe dans la nature.
- Si nous considérons une mer O (fig. à la page 44) profonde de 2.000 mètres, dont le fond F se prolonge par une côte M, la surface isotherme N M’ sera parallèle â F M. L’eau pénétrant par une fissure verticale F N se vaporisera lorsqu’elle atteindra sa température critique qui est de 365 degrés centésimaux ( la température critique de l’eau est celle qui lui permet de se transformer en vapeur quelle que soit sa pression). Mais l'eau, en descendant, refroidira les couches entre F et N ; la température critique des-
- cendra alors en iV” et la pression exercée sur la vapeur produite augmentera d’autant.
- Sous le continent, la couche isotherme primitive est encore modifiée, mais dans une direction opposée, puisque le passage de la vapeur aura pou? effet de provoque) e réchauffement de ces couches ; la ligne de la couche isotherme primitivement considé -rée, se relèvera et enveloppera une masse de roches qui, soumises à une température (pie l’on peut évaluer à 600 degrés, dégageront à leur tour des gaz et des vapeurs. Ces derniers, entraînés par la vapeur d’eau, constitueront cette atmosphère extrêmement composée (pie l’on constate aux abords des volcans en éruption.
- En même temps, les autres isothermes se relèvent sous le rivage, et les températures de 1.100 degrés nécessaires à la production des laves atteignent les conduits d’émission de vapeur d’eau. Il se produit alors un ]i hé no mène bien connu en physique : une émulsion de vapeurs et de laves fondues qui, en raison de la grande proportion de vapeur, possède une densité très inférieure à celle des laves solides, si bien que l’énorme pression intérieure peut remonter cette émulsion, même à plusieurs kilomètres de hauteur. Arrivés à l’orifice du cratère, les éléments lourds se séparent des éléments légers, et la lave coule en dévalant les pentes pendant que Tes gaz atteignent des hauteurs prodigieuses.
- On pourrait objecter — et l’objection a été faite — que ces expériences et les hypo-
- DKUX CRATERES EXPÉRIMENTAUX
- A gauche: cratère sous-marin dont la crête, couverte de bombes, a émergé progressivement de la « mer » ; ù droite : cratère continental très profond où les bombes volcani-(pies sont également très lisibles.
- CRATÈRE EXPÉRIMENTAL DONT LA PARTIE INFÉRIEURE A ÉTÉ ENLEVÉE POUR CONSTATER LES FORMES CAVERNEUSES DU SOUS-SOL VOLCANIQUE
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- LE CRATÈRE LUNAIRE « PTOLÉ.MÉE ))
- Les restes de la cheminée primitive sont encore apparents sons Us sédiments. Une autre cheminée plus petite, rapprochée du bord inférieur gauche, s'est formée ensuite. Le cratère « Ptolémée » est le principal d’une importante chaîne volcanique.
- thèses qui en découlent peuvent démontrer qu’un volcan devrait toujours être en activité, puisque sa source — l’océan — est un réservoir inépuisable.
- L’auteur l’a réfutée avec beaucoup de simplicité. Les sels contenus dans l’eau de mer se déposent peu à peu sur les parois de la fissure par laquelle l’eau s’écoule vers la chaudière centrale, tout en refroidissant de plus en plus ces parois. II arrive un moment où, comme dans les tubes d’une chaudière, le dépôt atteint une telle épaisseur que la canalisation est obstruée. L’eau cesse alors d’alimenter la chaudière ; il y a arrêt dans la production de la vapeur et arrêt, dans l’activité du volcan. Le phénomène n’a, d’ailleurs, qu’une durée limitée car le conduit obstrué se trouve de nouveau soumis à la seule action de la chaleur souterraine ; sa température s'élève et les sels qui l’obstruent entrent en fusion, puis en vapeur montant dans la
- cheminée volcanique et, de nouveau, l’eau de mer retrouve son chemin vers la chaudière centrale. C’est alors que le volcan se rallume pour une période de temps plus ou moins longue : en réalité, il n’a jamais été complètement éteint.
- Le simple matériel expérimental que nous avons décrit se prête avec une souplesse merveilleuse, non seulement à l’étude du phénomène volcanique, mais encore à des manifestations très variées rappelant en petit et sur un seul point les phénomènes que la nature distribue sur toute la surface du globe.
- L’expérimentateur assiste à l’émission de fumerolles au sommet d’un monticule de sable sec, à la formation de cratères qui s’élargissent et s'approfondissent en lançant des bombes volcaniques à plusieurs décimètres de hauteur, à l’émission de coulées boueuses ressemblant tout à fait à des coulées
- « TIIEORIIILE ». AUTRE CRATERE I,
- »
- Il a cent kilomètres de diamètre. Il est nu ut caractéristique avec son pilon central de sa cheminée volcanique.
- UNAIRE
- particulièrc-et les restes
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- LE VOLCANISME EXPÉRIMENTAL
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- de laves, à l’assèchement final (les cratères. Quelquefois, le plan d’eau se relève dans la partie côtière et un cratère sec d’une expérience précédente se transforme en cratère-lac dès que l’on recommence à chauffer.
- Si un aussi petit volcan que celui qui nous occupe peut lancer à plusieurs décimètres de hauteur des bombes se déversant autour d’un cratère de cinq à six centimètres de diamètre, il devient possible d’admettre, avec Laplace, (pie les aérolithes peuvent provenir de masses projetées par les volcans lunaires au lieu d’être, comme on le professe actuellement, des petits fragments de planètes semés dans l’espace.
- 1*0 u r étayer cette théorie, convient d’abord de démontrer (pie les GO.000
- globe et transportée sur la Lune, ne pèserait plus que 164 grammes. D’autre part, l’atmosphère y est extrêmement raréfiée et il n’est pas excessif d’admettre que la vitesse de projection des bombes volcaniques fut autrefois suffisamment grande pour que, la faible pesanteur et la non moins faible résistance de l’air aidant, elles aient été transportées avec une grande facilité à 100 ou 200 kilomètres de leur point d’émission.
- M. Emile Belot va plus loin. D’après les données actuelles, il suffirait qu’un projectile fût lancé, du sol de la Lune, à une vitesse de 2 km. 060 par seconde pour qu’il
- échappât à l’attraction lunaire. Or, cette vitesse est du même ordre que celle qui a été constatée dans les projections du Cotopa-
- DESSIN SCHÉMATIQUE EXPLIQUANT l’ÉDIITCATION J)’UN CRATERE LUNAIRE B, niveau primitif avant I éruption : F eau, en retombant dans le cratère, érode toute V épaisseur B B’ de matériaux que le volcan projette en bombes pour constituer la crête C, tandis que la cheminée reste en saillie de hauteur BB’. — B” B’ B”, surface isotherme supérieure ; C’ A’ C’, surface isotherme à 364 degrés Le relèvement de cette surface isotherme a provoqué, sur les bords du cirque, la naissance de petits volcans (M, en activité; L, cratère-lac). La chaudière centrale, a 5 km. 800 de profondeur ; elle fournit une pression suffisante pour projeter des quantités de roches à 10 kilomètres de hauteur sur une surface circulaire île 150 à 200 kilomètres de diamètre.
- cirques lunaires sont d’origine volcanique. Nous n’avons jamais assisté, sur notre globe, à la formation de cratères ayant un développement aussi important que ceux de la Lune ; mais, avant de baser une affirmation sur cette absence de similitude, il y a lieu de tenir compte de deux éléments essentiels très différents selon qu’ils appartiennent à la Terre ou à son satellite : la pesanteur et la densité de l’atmosphère. Or, sur la lune, la pesanteur n’est égale qu’aux 164 millièmes de ce qu’elle est sur la Terre. Une masse géologique d'un kilogramme, prise sur notre
- ri. De là à conclure que les aérolithes sont des bombes volcaniques, il n’y avait qu’un pas, lequel a été franchi très aisément, en tenant compte de ce fait qu’il existe dans le système solaire bien d’autres satellites aussi gros que la Terre et parfaitement capables de lancer leurs messages géologiques même dans l’espace qui nous sépare des étoiles.
- Dans une note à l’Académie des Sciences, l’auteur de ces remarquables expériences définit d’une manière particulièrement précise les conditions nécessaires à la production des cirques lunaires. Pour que le vol-
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- LK CRATKRK « TYCIIO », AVKC l’ITON CKNTRAL
- Paysage lunaire présentant des cratères de petites dimensions entourant le cratère central.
- canisme puisse- édifier un cirque dont, le diamètre peut atteindre 150 kilomètres, dit-il, la première condition est qu'il dure longtemps au même point.
- Sur la Lune, la profondeur à laquelle on trouve la pression critique (1) de l'eau ( 1 94 atmosphères ) , est de 5 km. 800, tandis que sur la Terre, elle n'est que de 0 km. 700. Le volcanisme durera sur la Lune tant que la température critique de I’eau (8 05°) se maintiendra à une profondeur moindre que 5 km. 800, c’est-à-dire beaucoup plus longtemps cpie sur la
- (1) C’est la pression minimum nécessaire maintenir à l’état de l’eau é
- Terre, après le début de la solidification de l'écorce. Cette profondeur et surtout la faible cohésion du sol lunaire assurent aussi aux cheminées volcaniques un diamètre beaucoup plus considérable que sur la Terre.
- Alors que, sur la Terre, les masses énormes de vapeur d’eau rejetées par les volcans sont entraînées au loin par les vents sans retomber sur le cratère, sur la Lune, au contraire, l’absence de vent et d'atmosphère maintient les vapeurs au-dessus ou tout au moins dans le voisinage de leur lieu d’émission ; le froid des longues nuits condense les vapeurs (pii se transforment en eau tout autour du cratère. Le pilonnage du sol par les projections volcaniques donne à la surface interne du cirque cette apparence unie (pie révèle la photographie, tandis (pie l’eau érodant cette surface, entraîne les matériaux vers la cheminée centrale qui les reprend aussitôt dans son action volcanique.
- Ainsi la crête C (voir la figure de la page 47) se formera aux dépens du sol primitif creusé de B en B'.
- Les cartes des cratères lunaires montrent, soit une surface intérieure unie, soit lin ou plusieurs pitons centraux. Dans le premier cas, la cheminée centrale n'a pu résister à l'apport des matières provenant des érosions convergentes ; elle s'est affaissée et a dis-
- pour liquide 8('>f> degrés.
- 1/K C’RATKUK DK. « COPKRNIC », AVKC SKS COUI.KKS KXTKR1K1TUKS D'antres cratères se sont formés initour da cratère principal.
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- LE VOTA' AN ISM E EXPÉRIMENTAL
- paru sous l'épaisseur des sédiments. Dans le second cas, elle a résisté en raison de sa nature géologique et reste éternellement apparente depuis que l’eau a été complètement absorbée par le sol lunaire.
- On constate également la présence de cratères secondaires autour du cratère principal. 11 est simple de concevoir que la température critique de .‘504°, qui s'est élevée vers le centre du grande cratère de A en .1’, a dû également se relever vers les bords pour satisfaire à la loi des surfaces isothermes et ainsi donner naissance à un cratère secondai re.
- Celui-ci peut s’éteindre, se remplir d’eau pour constituer un lac comme le Titicaca, suspendu à h.OOO mètres de hauteur entre deux Cordillères. Si la crête interne vient à céder, un torrent se forme dans la direction du centre du grand cratère et creuse un sillon semblable à celui que l’on remarque dans le volcan Petavius.
- Travail g i g a n- • tesque, travail millénaire qui explique la profondeur considérable de ces cirques, atteignant jusqu’à 5.000 mètres, aussi bien que la teinte grise du fond constitué par des roches de grande profondeur.
- Travail millénaire, disons-nous ? I,e qualificatif est peut-être exagéré. Si on admet, en effet, que la pression à l’intérieur d’une chaudière volcanique lunaire est la même que celle qui régit les phénomènes volcaniques terrestres, on constatera, en raison de la faible valeur de la pesanteur sur notre satellite,
- qu'une même puissance explosive peut projeter très loin, non plus des fragments de roches, mais d’énormes masses constituant de volumineux échantillons de son écorce et même des fragments de roches profondes. Le travail de construction des cratères lunaires a donc pu être plus rapide que nous le supposons ; mais, si ces mêmes masses, échappées à l'attraction lunaire en
- raison de leur vitesse, se sont enfuies dans les espaces interplanétaires, ne constituent-elles pas des aérolithes, dont b eau couj) ressemblent à des roches ignées '{ Voilà comment, d’une simple expérience de laboratoire, d’un curieux petit volcan en miniature que chacun peut, d'ailleurs, construire pour sa satisfaction personnelle , on est conduit à présenter une théorie qui se tient de la formation probable des cratères lunaires et des aérolithes. Ces idées ne seront jamais admises par tous les géologues, mais il nous suffit qu’elles se présentent avec l’appui de la méthode expérimentale, au nom d’un savant désintéressé, pour nous convaincre qu'elles constituent un progrès très réel.
- De tous temps, le volcanisme a été pour les savants un incomparable sujet d’études, et les problèmes qu’il comporte sont loin d’avoir été résolus, car si l’on est d’accord pour reconnaître l’existence du « feu central », les théories les plus diverses existent pour expliquer les phénomènes sismiques.
- Eugène Rvmbert.
- AGRANDISSEMENT I)’UNE PHOTOGRAPHIE 1,1'NAI I( E DU CRATÈRE « PETAVIUS »
- On distingue nettement tu ligne <Térosion produite par In rupture du bord d'un lue compris entre les deux enceintes ; les eaux de ce lac se sont précipitées vers la cheminée centrale du volcan.
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- Vx
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- l’une DES PRESSES TYPOGRAPHIQUES EMPLOYÉES A 1/IMPRESSION TRICHROMIE DE LA COUVERTURE DE « LA SCIENCE ET LA VIE » Les feuilles doivent passer trois fois dans la machine, une fois pour chaque couleur, à Vallure gettéralc de 1.500 feuilles à l'heure.
- LA SCIENCE ET LA VIE
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- LA PHOTOGRAPHIE TRICHROME ET SES APPLICATIONS A L’ILLUSTRATION EN COULEURS
- Par L.-P. CLERC
- La reproduction des couleurs par superposition de trois images, imprimées respectivement en jaune, en bleu verdâtre et en rouge carminé, d’après trois clichés photographiques du sujet à reproduire, est la conséquence d’une invention réalisée simultanément par deux Français : Charles Cros et Louis I)ucos du Hauron.
- Le premier avait dé-posé à l’Académie des Sciences, en 1807, un pli cacheté cpii ne fut ouvert (pie neuf ans après; le second, qui ignorait donc le fait, avait, en 1808, demandé un brevet d’invention décrivant son procédé, dont il présentait l'année suivante les premiers spécimens.
- Cros, auteur de monologues qui firent le succès de Coquelin Cadet, et auquel est due aussi l’idée du phonographe, indiquait seulement le principe de la méthode tri-chrome, tandis (pie Ducos du Ilauron en décrivait les applications sous une forme si complète, si minutieuse même, que tous les modes opératoires créés ou perfectionnés depuis lors sont prévus, explicitement ou implicitement, dans son premier brevet.
- Sans vouloir en rien diminuer le mérite de nos deux compatriotes, on doit reconnaître que l’idée était «dans l’air» ; le célèbre physicien anglais Maxwell, l’auteur des théories modernes de la lumière, avait, en
- 1855, suggéré une expérience qui portait en elle le germe de la trichromie, mais à laquelle personne, à l'époque, n’accorda la moindre attention; en 1805, un peintre anglais, IL Collen, et un lithographe autrichien, Ran-sonnet, expérimentaient ou suggéraient l’emploi de la photographie pour réaliser automatiquement le travail d’interprétation des « chromistes » lithographes, mais ils commettaient l’un et l’autre detrès grossières erreurs de principe.
- On pourrait même invoquer, comme l’un des initiateurs de la trichromie, un aquafortiste français du xvme siècle, Le Blon, qui avait exécuté un assez grand nombre d'estampes imprimées par l’emploi exclusif de trois planches, encrées respectivement en jaune, en bleu et en rouge, et avait ainsi prouvé qu’un sujet polychrome peut être reproduit avec toutes ses modalités de nuance et de clair obscur, par l'emploi de trois couleurs seulement. Dès le xvne siècle, Newton avait d’ailleurs affirmé la possibilité de reproduire approximativement toute nuance donnée par l'emploi de trois couleurs convenablement choisies, et plusieurs physiologistes ont, depuis lors, édifié sur ce fait une théorie extrêmement intéressante de la vision des couleurs.
- Pontifes de la science officielle et pontifes
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- I.’ÉCUAN DE I,A PI.AQUE AUTOCIIIIOME Vu au microscope ; grossissement : 100 fois environ). * Jm mosaïque est constituée par la juxtaposition de grains de fécule, colores respectivement en rouge orangé, vert et bleu violet.
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- de la photographie s'accordèrent au mieux pour nier l’évidence et contester la possibilité d’obtention des résultats que montrait Ducos du Hauron, que l’on peut citer comme l’un des inventeurs les plus méconnus, presque comme un martyr de son invention, qui devait, par la suite, créer toute une industrie nouvelle. [
- A la vérité, Ducos du Ilauron ) était né trop tôt, et l’insensi- i bilité complète des préparations photographiques aux lumières verte, jaune ou rouge, était alors un dogme trop solidement établi pour que celui qui osait prétendre ; exécuter des photographies au travers de verres de couleur identiques à ceux dont ( les photographes garnissaient les fenêtres de leurs laboratoi- I res ne fût pas considéré comme 1 un Ane ou comme un fou.
- Principe de Ici trichromie.
- — Quand la lumière blanche est décomposée, soit naturellement dans l’arc-en-ciel, soit artificiellement au moyen d'un prisme de verre, par exemple, on constate que le spectre solaire, bien que comportant un nombre infini de nuances, se répartit grossièrement en trois régions d’étendue à peu près égale, rouge, vert et bleu violacé, dans chacune desquelles la couleur ne varie qu'assez peu, les transitions étant, au contraire, très brusques quand on passe d’une région à la région voisine.
- On constitue trois « écrans colorés », pellicules de gélatine teintées par des colo-
- exemple, les verts et les bleus paraissent noirs ou gris très foncés, les rayons qu’ils diffusent étant absorbés par le colorant rouge, qui transmet, au contraire, sans les atténuer, les radiations rouges; de même, l’écran vert éteint les bleus violacés et les rouges, et l’écran bleu violet éteint les j vermillons et les verts.
- I Pour nous rendre compte i de l’effet de ces écrans colorés i dans la sélection photographique des couleurs, envisageons que l’on ait à reproduire un sujet polychrome, essentiellement schématique, constitué par des teintes plates j accolées (fig. 4). Le noir, ab-i sence de toute coloration, ne | diffuse aucune lumière (nous négligeons la faible proportion de lumière réfléchie à la surface externe de la couche pigmentaire) ; le rouge violacé que, faute d’un nom mieux approprié, nous appelons « rose », renvoie à peu près intégralement les composants rouges et bleus de la lumière qui l'éclaire, mais en absorbe les rayons verts; le rouge diffuse les rayons rouges en absorbant les lumières verte et bleue ; le jaune renvoie également les composantes rouge et verte de la lumière blanche, mais en absorbe les rayons bleus ; le vert ne diffuse à peu près (pie de la lumière verte ; le bleu vert renvoie tous les rayons compris dans les régions bleu violacé et verte du spectre, en absorbant la lumière rouge ; enfin, le bleu violacé ne renvoie (pie les seuls
- FAC-SIMILÉ D’UN FRAGMENT DE FILM CINÉMATOGRAPHIQUE TRICIIROMK GAUMONT
- Il montre l'une sous l'autre les trois images élémentaires, à partir du haut : bleu, rouge et vert.
- FIGURE 1
- TRAME QUADRILLÉE ORDIN.
- ( Grossie environ 20 fois) Elle est exclusivement utilisée pour l'image bleue.
- FIGURE 2 FIGURE 3
- TRAME QUADRILLÉE A INCLINAISONS SPÉCIALES Cette trame est utilisée successivement pour les images rouge et jaune. La figure 3 représente la même trame, que la figure 2 après retournement face pour face.
- rants convenables, tels que chacun d'eux ne transmette précisément que l’une des régions ci-dessus considérées du spectre solaire, soit donc des écrans rouge orangé, vert pur et bleu violacé. Au travers de l'écran rouge, par
- rayons compris dans la région spectrale de même nom, tandis que le carré blanc de notre gamme de couleurs renvoie, sans exception, toutes les lumières qui lui parviennent.
- Photographions trois fois cette gamme de
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- L A P110 T O G 11A P111E T111C11 R 0 M E
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- couleurs, chacun des clichés étant exécuté au travers de l’un des trois écrans, sur une plaque sensible, non pas seulement au violet et au bleu, comme le sont les plaques photographiques d’usage courant, mais sur plaque panchromatique (sensible à toutes les couleurs). Chacun des « négatifs » obtenus traduit par une opacité les carrés de notre gamme de couleurs dont la couleur n’est pas
- resté nu dans les parties qui, lors de la copie, étaient protégées par une opacité du négatif.
- Supposons tout d’abord que les trois positifs aient été exécutés suivant la même technique adoptée pour les vues sur verre employées aux séances de projection et que trois « lanternes magiques » identiques reçoivent chacune l’une de ces vues en même temps que l’écran coloré qui a été utilisé à la
- SKI.KCTION THICIIROMK TRAMKK AUX ATKI.IKIIS DK « I.A SCIKNCK KT I,A VIK »
- IJ appareil photographique, avec mécanisme pour le déplacement parallèle de la trame quadrillée au voisinage immédiat de la plaque sensible, est muni, derrière V objectif, d'un prisme à réflexion toi ale donnant directement F image inversée nécessaire pour la copie sur le métal èi graver, et d'un adaptateur à écrans dans lequel sont glissés successivement les divers écrans colorés. Le document est éclairé par de puissantes lampes à arc. U appareil et le porte-modèle sont portes par un même bâti rigide suspendu à des ressorts, pour amortir les vibrations des machines.
- éteinte par l'écran correspondant, tandis (pie les couleurs complètement absorbées ne peuvent évidemment agir sur la plaque sensible, qui, après achèvement des manipulations, restera transparente aux points où elle n’a pas été éclairée La figure 5 schématise les trois négatifs ainsi obtenus, et aussi les trois « positifs » qui en seront copiés par un procédé photographique approprié, chaque positif présentant son maximum d’intensité dans les parties qui ont été exposées sous une transparence du négatif, tandis que le support de l’image (verre, papier, etc. ) est
- sélection de cette image ; par réglage convenable des trois lanternes, on peut amener les trois projections à se superposer sur une même toile blanche, disposition schématisée par notre figure 6, où les rayons de chacune des trois lumières considérées, rouge, verte et bleue, sont représentés par un tracé distinct. En suivant sur ce schéma la distribution des diverses lumières colorées dans l’image composite projetée sur la toile blanche, on peut constater que les diverses nuances de notre gamme de couleurs sont exactement reconstituées, chaque carré de
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- LES MANIPULATIONS D’UN NÉGATIF TRAMÉ DANS UN GRAND LABORATOIRE DE TRICHROMIE
- Ces manipulations ne sont généralement pas faites en cuvettes, comme le sont celles pour les photographies ordinaires ; la plaque est tenue en main, et on verse successivement sur elle les ingrédients nécessaires, en limitant leur action sur certaines régions, favorisant au contraire leur action sur (Vautres régions,
- de façon à corriger au mieux les anomalies qui résultent presque toujours de F opération photographique.
- en
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- LA PHOTOGRAPHIE TR1CHR0ME
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- l’image recevant précisément les mêmes lumières diversement colorées que diffusait le carré correspondant du modèle.
- Au lieu de projeter les trois images en coïncidence, on peut, plus simplement, regarder simultanément ces
- ' trois images dans un. ehro- Charte de Couleurs moseope » dont le type le plus simple est schématisé par la ligure 8 : les trois positifssur verre P P’ P", doublés chacun de leur écran E E' E", sont vus par l’oculaire O après
- Noir Rose Rouge Jaune Vert Bleu- Vert Bleu- Violacé Blanc
- Fig. 4. — ('elle charte de couleurs schénudiipie, i/ue nous supposons constituée pur des iHtdes ]d<Ucs de la couleur indiquée dans chacun des carrés, est éi comparer avec les figures 5, 6 et 7, que nous donnons plus loin, et oit sont schématisées les phases successives de la rcjtroducliott tri-chrome.
- réllexion sur les miroirs semi-transparents M M' (verres platinés, par exemple) et sur le miroir argenté A/”. On remarquera qu'un tel dispositif est réversible, et (pie, en plaçant en O un objectif photographique et en P P' P" des plaques photographiques sensibles, dans des châssis appropriés, on peut enre-
- gistrer simultanément les trois images sélectionnées du modèle à reproduire, l’appareil fonctionnant alors comme chromographe.
- Ce mode de synthèse des couleurs « par addition de lumières ;> est pratiqué en cinématographie triehrome ; à ce curieux procédé, se rattache aussi la photographie des couleurs sur plaques au-toehromes.
- Si intéressant (pie soit ce procédé de reproduction des couleurs, il n’aurait que des ap]> 1 icat ions car la svnthèse
- nécessairement restreintes additive ne se prête pas en conditions satisfaisantes à la J iroduetion d’épreuves en couleurs sur papier, réalisables seulement par super|M>sition matérielle de couleurs pigmentaires, et, notamment, par superposition d’encrages colorés d’après des planches exécutées
- CIIROMISTES AU TRAVAIL DANS UN IMPORTANT ATELIER PARISIEN Au fur et à mesure de la morsure des planches d'impression, des artistes rompus à la pratique du mélange des couleurs, arrêtent en certaines régions 7action du mordant en recouvrant d'un vernis convenable les parties suffisamment gravées, tandis que les régions découvertes s'éclairent progressivement par la continuation de la morsure, qui se fait dans des bacs basculants (photo à lu page 58).
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- Négatifs exécutés respectivement au travers Rouge orangé Vert pur
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- t, k
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- ocfooeoooc
- O © 0 0*00 O O O
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- par des procédés photomécaniques.
- Si, par exemple, nous considérons le positif correspondant au négatif exécuté sous l’écran vert, ce positif présente son maximum d’intensité dans les portions de l’image qui correspondent aux carrés de notre gamme de couleurs n’émettant pas de lumière verte. La logique exige donc (pie cette image soit imprimée au moyen d’une couleur qui, précisément, absorbe la lumière verte, et celle-là seulement, soit donc au moyen d'une couleur rose, complémentaire d u vert. De même, le positif correspondant à l’écran rouge orangé sera imprimé en bleu vert, et le positif correspondant à l’écran bleu violacé en jaune. Superposons trois positifs photographiques copiés par procédés appropriés (virages, teintures) ou imprimés au moyen d’encres transparentes satisfaisant à la condition énoncée d’être respectivement complémentaires des écrans correspondant s (principe de Vantichro-tnntisnie de Ducos du Ilauron). il est facile de se rendre compte (pie, cette fois encore, nous. avons recons-titué correctement toutes les nuances du modèle. Considérons, en effet, la ligure 7. où est schématisé ce mode de synthèse, les rayons des trois lumières colorées étant représentés avec les
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- LA PHOTOGRAPHIE T1UCil ROME
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- mêmes tracés conventionnels déjà employés sur la figure G. Les rayons de chacun des groupes étant absorbés par une des couches colorées, et librement transmis par les deux autres, on voit que l’image polychrome est créée par soustraction progressive de couleurs à la lumière blanche (pii parvient à l’ensemble des trois images superposées. Ainsi, par exemple, un bleu du modèle est reconstitué par superposition de la couche rose (transmettant le bleu et le rouge) et de la couche bleu vert (transmettant le bleu et le vert), la superposition de ces deux couches ne pouvant être traversée (pie par les seuls rayons bleus, sur le trajet
- desquels ne se présente pas de cou- --
- leur jaune susceptible de les absor-ber. I/étroile corrélation entre les deux modes de synthèse (pie nous venons de décrire peut être mise en évidence par une expérience simple. Si, dans le système de trois lanternes de projection garnies chacune de leur écran coloré, ou si, dans le chromoscope garni de ses trois écrans, on place seulement une des positives sur verre, disposée à sa place normale, on voit sur tond blanc son image colorée précisément en couleur complémentaire de celle de l’écran qui la double ; en disposant de
- SYNTHÈSE SOUSTRACTIVE
- Superposition matérielle de trois images imprimées chacune avec la. couleur complémentaire
- de celle de l'écran sélecteur'
- \ O
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- FIG. 8. - COUPE SCHÉMA-
- TIQUE d’un CHROMOSCOPE Cet appareil permet la vision simultanée par O des trois positifs de la figure 5, PP’ P”, munis chacun de l'écran coloré correspondant à K E’ K” ; MM’, réflecteurs ; M“,
- miroir ordinaire.
- Néant
- Noir
- Rou
- 9e
- Rouge
- . Rouge + Vert Bleu Vert
- Rose Rouge Jaune Vert
- Vert
- Bleu
- Bleu-
- Vert
- Bleu Toutes Bleu -
- Violacé
- >ooo««*«o
- Légende
- __/lapons rouges
- Rapun3 verts Rayons bleus
- Fig. 7. — En superposant trois positifs, analogues à ceux schématisés sur la figure 5, mais imprimés chacun avec une encre dont la couleur est complémentaire de celle de Vécran coloré qui a été utilisé pour l'obtention du négatif correspondant, on reconstitue matériellement une image identique à celle (fig. 4) utilisée comme modèle.
- même à leur place normale deux des positives sur verre, l’aspect serait très exactement le même (pic celui obtenu en superposant matériellement les deux mêmes images, imprimées chacune avec la couleur complémentaire de celle de l'écran générateur.
- Nous n’avons considéré, jusqu'ici, qu’un modèle schématique réduit à quelques teintes plates ; l'expérience et, s^il en était besoin, le raisonnement, montrent (pie toutes nuances intermédiaires, lavées de blanc ou assombries de noir, seront aussi correctement traduites, l'n vert jaunâtre, par exemple, aurait inscrit faiblement son image au travers de l'écran rouge orangé : dans la synthèse additive, un peu de lumière rouge viendrait donc nuancer la lumière verte, tandis (pie, dans la synthèse soustractive, l'image élémentaire bleu vert, imprimée à intensité réduite, n'absorberait qu'incom-plètement la lumière rouge.
- Synthèse additive. — La forme la plus parfaite de la synthèse triehromc est assurément la synthèse additive, sous la forme où elle est utilisée, notamment pour la cinématographie triehromc L. Laumont, les trois images élémentaires étant photographiées simultanément sur le iilm négatif au travers des trois écrans sélecteurs, puis projetées simultanément dans un projecteur triple, au travers de trois écrans de même nuance; sur le fragment de film positif que nous reproduisons, et où les trois images se présentent les unes au-dessus des autres, on
- Bleu Vert
- Rose
- Jaune
- Lumières
- transmises
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- constatera aisément les différences de rendu des costumes éclatants des Alsaciennes, jupes rouges des trois fillettes debout, jupe bleu clair de la jeune fille assise et eorsage vert de la plus jeune fillette. Signalons incidemment qu'un tel film trichrome doit être considéré comme le document le plus certain et le plus durable qui se {misse imaginer en ce qui concerne les couleurs : les écrans, pré-
- grains de fécule, dont le diamètre est compris entre 10 et 15 millièmes de millimètre, teints respectivement en bleu violacé, vert et rouge orangé ; en balayant les grains non adhérents au verre, il reste une seule couche de grains jointifs dont l’ensemble, vu à l’œil nu, paraît peu différent d’un verre fumé gris clair, et qui, sous le microscope, apparaît avec la structure représentée sur l’une de nos
- UN COIN D’ATELIER DE MORSURE, AVEC UES BACS MOBII.ES A ACIDE Les planches de, métal, après (pie les négatifs tramés y ont été copiés par des procédés photographiques, constituant à la surface, du mét<d une réserve inattaquable au.r acides, sont soumis à la morsure, soit dans les cuves èi balancement mécanique que l'on aperçoit à droite, soit dans les appareils à morsure, que l'on voit au centre, où le métal est soumis éi une pluie d'aeide sous forte pression.
- parés avec un dosage déterminé de colorants, qui sont des produits chimiques purs et parfaitement définis, sont susceptibles d’être reproduits identiques à eux-mêmes à toute époque future, où les pigments les plus parfaits de nos tableaux et de nos estampes seront depuis longtemps altérés ou patinés.
- Le mode d'application de la photographie trichrome qui est le plus à la. portée de l’amateur photographe, la photographie des couleurs sur la plaque autochrome de A. et L. Lumière, se rattache à la méthode de synthèse additive. Cette plaque est constituée en étendant sur verre un enduit poisseux que l’on saupoudre avec un mélange de
- photographies reproduites à la. page 51. Sur cette mosaïque trichrome, dûment laminée et protégée par vernissage, on étend une émulsion sensible panchromatique.
- En exposant la plaque autoehrome dans un appareil photographique ordinaire, muni d'un écran compensateur égalisant l'activité photographique des diverses couleurs, la plaque étant présentée à l’objectif par sa face verre, de telle sorte que la lumière n'atteigne l’émulsion qu’après avoir traversé l’écran mosaïque trichrome, et développant cette plaque comme une plaque photographique ordinaire, on obtiendrait une image formée de l’enchevêtrement des trois
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- LA PHOTOG RAPIIIE TKJCII ROME
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- négatifs sélectionnés, que nous avons précédemment envisagés, cette image n’étant pas seulement inversée dans ses luminosités, mais « négative » aussi en ce qui concerne ses colorations, chaque couleur du modèle étant traduite par sa complémentaire. Il serait évidemment possible, en reproduisant cette image sur une plaque identique, d’en obtenir des positifs corrects, mais il est plus simple et plus sûr de renoncer aux modes opératoires habituels de la photographie et d’obtenir directement une image positive ; il suffit pour cela, après développement de l’image, de dissoudre, non pas, comme il est d’usage, le bromure d’argent non utilisé à la formation de l’image, mais l’argent métallique, qui constitue l’image négative, et de produire cette fois une image positive par développement du bromure d'argent résiduel.
- Un jaune,du modèle, par exemple, est alors reproduit par l’obturation des grains bleus-violets, les grains verts et rouges étant à découvert puisque, lors de l’exposition dans l’appareil pho-tographique, les rayons verts et rouges provenant de l’objet y avaient créé l'image provisoire; un vert serait formé par l'obturation des grains bleus et rouges ; le blanc est formé par la juxtaposition des grains des trois couleurs,à condition d’éclairer vivement la plaque et de l’isoler dans un cadre noir suffisamment large pour que, par contraste, le gris de la plaque nue puisse être assimilé à du folanc pur.
- L’image sur plaque autochrome, dont beaucoup de nos lecteurs ont probablement pu constater la perfection de rendu, a mis la photographie des couleurs à la portée de tout possesseur d’un appareil photographique. Toutes les fois qu’une sélection trichrome est impossible d’après le modèle, elle peut se substituer audit modèle, et se prêter ultérieurement à la reproduction tri-
- chrome photomécanique pour l’illustration des livres ou des revues périodiques.
- Synthèse soustractive. — Les méthodes purement photographiques ont permis à quelques habiles opérateurs d’obtenir, par superposition d’images pelliculaires colorées, des résultats remarquables ; rappelons en particulier que les projections trichromes de MM. Lumière constituaient, en 1900, l’unc des attractions de l’Exposition Universelle.
- Mais cette méthode a surtout trouvé son application dans l'illustration photomécanique en couleurs, et particulièrement pour l’impression typographique et lithographique en trois couleurs. On n’a malheureusement pas encore réalisé d’encres de couleur réunissant la pureté de nuances, la saturation et la transparence des teintures employées dans les procédés pho t ographiques trichromes ; aussi des retouches manuelles sont-elles souvent nécessaires, ainsi que, en certains cas, l’adjonction d’une quatrième impression gris neutre, destinée à rattraper les noirs compromis par un défaut d’équilibre.
- La sélection s'effectue alors en même temps que l’on procède au « tramé » des images (Voir le n° 1*2 de mars 1914 de La Science et la Vie), opération que l’on sait être indispensable pour transposer les diverses tonalités d’une image en pointillés plus ou moins chargés, donnant l'illusion de teintes plus ou moins foncées, malgré que les impressions typographiques et lithographiques ne plussent, en réalité, donner que deux tonalités, celle de l’encre déposée en couche d’épaisseur uniforme, et celle du papier nu.
- La superposition de deux ou plusieurs images tramées détermine en général un moirage ne laissant voir l’image proprement dite qu’au travers d’une sorte de lacis, à structure plus ou moins compliquée, dont notre figure 9 montre un exemple. Pour ré-
- FIGURE 9. — SPÉCIMENS DE MOIRAGES
- Ces moirages sont obtenus par superposition de deux teintes tramées (points distribués aux intersections d'un quadrillage régulier à 13 lignes par centimètre). A gauche, les deux tramés sont décalés de 4°30' ; èi droite, ils sont décalés de 30°.
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- MONOCHROME OU JAUNE
- D'après le négatif exécuté sous Ffcran bleu-violet.
- Les deux clichés contenus dans cette page et celui de la page suivante, sont des réductions des clichés qui ont été utilisés pour l'impression de la couverture du présent numéro de « La Science et la N ie ».
- duirc au minimum la visibilité de ce moirage, les alignements de points des tramés superposés doivent se couper à 60° les uns des autres; le moirage n'apparaît alors (pie sous fort grossissement; en examinant, par exemple, avec un compte-lils la trichromie qui constitue la couverture de Im Science et la Vie on pourra remarquer, dans les régions où sont superposés des points rouges et des points bleus de dimensions moyennes, des groupements de points présentant l'aspect, particulier de croix de Saint-André, mais ces ligures accidentelles sont heureusement assez-petites pour n'être pas perçues à l'œil nu.
- Pour obtenir automatiquement l'orientation correcte du tramé sur les trois images, on emploie le plus habituellement un jeu de deux trames, dont l'une, lignée «à 45° de part et d’autre de la verticale, identique, par conséquent, à la trame normale pour travaux en noir, est affectée à l’image bleue. L’autre trame, rayée à 15° et 75° de la verticale, est utilisée pour les images
- rouges et jaunes, en la retournant face pour face entre les deux poses (fig.2 et 3).
- La comparaison de la couverture de ce numéro avec les trois images sélection nées reproduites en noir à échelle réduite, permettra de se rendre compte du mécanisme de la formation des diverses teintes à partir des trois seules couleurs utilisées.
- Les modes opératoires ne se différencient en rien, sauf adjonction à l’objectif de l'un ou l'autre des écrans sélecteurs, des modes opératoires suivis pour l'exécution des négatifs tramés pour la similigravure en noir. Il est seulement nécessaire de disposer d’un matériel beaucoup plus précis, de façon à éviter toute différence de dimensions entre les trois images, et d'apporter aux manipulations d’extrêmes précautions, pour éviter tout déséquilibre entre les modelés des images ; on se rend compte aisément qu'une image rouge à contrastes exagérés, superposée à une image bleue à contrastes atténués, aurait une dominante rouge dans les teintes foncées et une dominante bleue dans les demi-teintes claires ; en particulier les durées de pose sous les trois écrans doivent être très
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- LA PHOTO G HA PI/ 1K T RU'II HO MK
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- exactement proportionnées, et toutes les manipulations ultérieures, en vue d’un bon tirage, doivent être effectuées simultanément pour les trois images avec même durée de traitement dans les mêmes bains.
- L’impression photomécanique trichromc ne donne jamais, malgré les progrès considérables qui ont été réalisés dans ces deux dernières années, de résultats aussi parfaits que ceux fournis par la superposition de trois images photographiques obtenues par teinture.
- D'une part, en effet, comme nous l'avons fait remarquer déjà, on ne dispose pas d’encres de couleur satisfaisant complètement aux diverses conditions idéales, et, d’autre part, la structure pointil-léc des images est, par elle-même, une cause de dénaturation des couleurs ; dans les teintes claires, en effet, le plus grand nombre des points diversement colorés se juxtaposent sans se superposer, ces parties de l’image se présentant ainsi comme les pointillés des impressionnistes, tandis que, dans les régions foncées, les taches colorées, de dimensions notablement plus grandes, se recouvrent presque complètement. Or, si on superpose, par exemple, deux échelles de teintes identiques imprimées l'une avec une encre jaune et l’autre avec une encre carminée, les clairs de cette gamme nous paraîtront jaune orangé clair, tandis que les parties foncées nous paraîtront rouge pur.
- On avait, avant la guerre, mené à bien quelques expériences concluantes pour remédier à cet inconvénient, en utilisant pour les trois images partielles la même trame, maintenue en même position, de telle sorte que les éléments des hors tramés se recouvrent au même degré dans toute l’étendue des gradations, leurs centres étant disposés, non plus aux sommets d’un quadrillage, mais
- aux intersections de trois systèmes de parallèles équidistantes, à 00° les unes des autres. Mais les trames spéciales employées à ces essais étaient de fabrication allemande. Les brevets en étant, dans l’intervalle, tombés dans le domaine pulbic, il est à souhaiter que la fabrication des trames à 60° soit reprise en France ou dans quelque pays allié, et cpie l’emploi s'en généralise pour le tramé des similigravures trichromes.
- Pour permettrede limiter les clichés en positions concordantes, on adjoint généralement au modèle à reproduire des repères, croix noires tracées sur bristol blanc, (pii seront reproduites sur les trois négatifs, puis sur les trois planches d’impression, et ne seront éliminées qu’au montage définitif des planches sur les blocs-supports; pour faciliter le contrôle des opérations, on adjoint souvent aussi au modèle à re-produire des témoins, dont l'un est constitué par une gamme de couleurs analogue à celle dont nous avons étudié la reproduction, et une gamme de gris neutres, échelonnés du noir au blanc : l’identité des trois images de cette échelle de gris donne la garantie Ja plus complète du parfait équilibre de ces images et contrôle l'encrage des épreuves d’essai, qui serviront ultérieurement de guides pour l'impression définitive.
- Les machines utilisées à l’impression doivent être extrêmement précises, et comporter des margeurs automatiques permettant l'exacte superposition des trois images élémentaires. Le débit d’une machine étant d’environ 1.500 épreuves à l’heure, et chaque feuille devant passer trois fois sous la machine, le rendement n’est, en réalité, que d’environ 500 feuilles à l’heure. Aussi est-il nécessaire, pour un grand tirage, de disposer d’un grand nombre de machines. L.-P. Ci.krc.
- monociiko.mk nu hi.ku-vkkt D'après le négatif exécuté sous l'écran rouge-orangé.
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- BATTERIE DE GRANDS AUTOCEAVES A PRESSE HYDRAULIQUE INTERIEUR!
- POUR LA VUICANISATION DES PNEUMATIQUES
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- TRAVAILLÉ PAR DIVERSES MACHINES, LE CAOUTCHOUC BRUT DEVIENT UN PNEUMATIQUE
- Par Maurice REGALIER
- Le caoutchouc, qui sert à tant d’usages divers, a trouvé dans la confection du pneumatique un débouché considérable. C’est à un vétérinaire Irlandais, J.-B. Dunlop, de Belfast, que nous devons la création du pneumatique , qui fut tout d’abord appliqué à la bicyclette ( 1 8 8 8 ). Le caoutchouc des forêts brésiliennes qui bordent l’Amazone, celui de l’Inde et de Ceylan, ne sont pas, on le conçoit, près d'être épuisés.
- Aussi, la gomme, que l’on extrait des arbres tropicaux, comme la résine de nos pins des Landes, n'a pas, — et il est bon de le faire remarquer, — suivi le mouvement de hausse générale (pii a plus que triplé le prix de la vie ; elle est un des rares produits qui aient conservé à peu près leurs cours • d’avant-guerre. La production de la gomme brute, qui était de 10.000 tonnes en 1890, de 52.000 en 1900, et de 120.000 en 1914, a dépassé 300.000 tonnes en 1918. Les cours, qui étaient de 15 à 20 francs le kilo vers
- 1910, descendaient à 8 et 9 francs en 1914 et à 7 et G francs en 1917-18. Et, pourtant, le pneumatique se fait chaque jour plus rare et devient toujours plus cher, comme toute marchandise dont la rareté provoque
- la spéculation. L a c a u s e d e cette hausse, il faut la chercher aussi dans la fabrication même du produit, qui nécessite un important outillage, une grande quantité de matières premières, dont la toile, gardées longtemps en magasin, une main - d’œuvre assez spéciale et coûteuse.
- U ne e n v e -loppc pneumatique se compose de toiles et de caoutchouc:. Sans remonter au déluge, nous savons que Christophe Colomb, e n découvrant l'A m é r i q u e, découvrit le caoutcho uc, puisque une des premières choses que remarquèrent ses compagnons en débarquant sur le nouveau continent fut que les Indiens se servaient, dans leurs jeux, de balles élastiques ; mais ce n’est que vers 1751 que les premiers échantillons en par-
- MACIIINE A DÉCHIQUETER LE CAOUTCHOUC BRUT Entre deux cylindres à grosses cannelures et sous un courant (F eau froide, les boules de caoutchouc sont broyées et agglomérées.
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- LA SCI EX CE ET LA VIE
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- vinrent en Europe, et cent ans plus tard qu'un chimiste américain, Goodyear, découvrit le procédé de la vulcanisation qui consiste à incorporer du soufre à la gomme et à donner ainsi à celle-ci les qualités nécessaires à son emploi dans la plupart des industries — et elles sont nombreuses— où on l'utilise.
- L'Amérique du Sud. l’Amérique centrale, les Indes, le Tonkin, le Congo, Madagascar, les îles de la Sonde, produisent aujourd'hui du caoutchouc. Suivant son origine, on le dénomme Para, Manaos, Soudan, Mozambique... Les arbres dont il provient appartiennent à des espèces botaniques diverses : les Ileveas, les Castillans, Ficus Cearas, et de nombreuses Euphorbiacées.
- Il se récolte comme la résine : à coups de hachette , l'ouvrier pratique des incisions dans l'é-eorce de l'arbre à caoutchouc. Ces incisions ont la forme d'un V, ou affectent la disposition dite en arête de poisson, c'est-à-dire une coupure tous les trente centimètres, de chaque côté d’une ligne formant canal vertical, ou bien encore sont faites en spirales. Au bas de ces incisions, on dispose des godets dans lesquels s'écoule un liquide semblable à du lait, le latex, (pii n'est pas encore le caoutchouc, mais dans lequel celui-ci est contenu à l'état de petits globules. Pour l'obtenir, il faut faire coaguler le latex. C'est, en général, par l'enfumage que l'on produit cette coagulation.
- L'ouvrier, qui a réuni dans un grand vase plat tout le latex résultant de sa récolte de la journée, plonge dans ce vase une petite pelle de bois presque semblable comme forme à celle de nos boulangers. Une mince couche de latex s’attache au bois de la pelle. A côté de lui brûle un feu de bois vert, qui a été recouvert d'un instrument analogue au diable dont se servent nos ménagères pour
- activer le tirage de leurs fourneaux. La pelle, recouverte de sa couche de latex, est placée au-dessus de cette petite cheminée par laquelle sort une fumée abondante et fort épaisse. Le latex se dessèche, et il reste sur la pelle une couche de caoutchouc qui a quelquefois un millimètre, et souvent un centimètre d'épaisseur. Dès que cette couche est suffisamment prise, l'ouvrier plonge de nouveau sa pelle dans le vase et continue jusqu’à ce qu'il ait épuisé le lait qui y est contenu. A ce moment, il fait une incision dans la masse recueillie, la dégage de la pelle et la façonne en une sorte de boule.
- D’autres procédés sont employés également pour obtenir la coagulation du latex, moyens chimiques, acides ou alcalins, ou mécaniques. L’alcool, l’acide phonique, le carbonate de potasse, l'acide sulfurique ou citrique, l’alun, donnent des résultats plus rapides (pie le ]) r o c é d é d e l'en fumage mais aux dépens de la qualité du produit. Il en a été de même des procédés mécaniques essayés par barattage et au moyen d'écrémeuses centrifuges. Ainsi réduite en boules de dix, vingt ou trente kilos, la gomme est expédiée directement aux ateliers de fabrication, où elle va subir de nombreuses et longues opérations mécaniques.
- Tout d’abord, afin de débarrasser le caoutchouc de toutes les impuretés qu'il peut contenir : pierres, sable, bois, on le soumet à un bain de douze heures dans de grandes cuves remplies d’eau tiède. Les blocs, ainsi ramollis, sont découpés en morceaux de la grosseur du poing et envoyés à une première déchique-teuse, où des cylindres à grosses cannelures les concassent et les broient sous une nappe courante d’eau froide qui entraîne les impuretés que le laminage libère et évite réchauffement. Les deux cylindres, tournant en sens
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- inverse et à des vitesses différentes, dans le rapport de 3 à 2, peuvent s’écarter ou se rapprocher à volonté.
- C’est ainsi que l’ouvrier, pour les premières passes, règle cet écartement à quelques centimètres, puis, au fur et à mesure que, repris et ramenés aux laminoirs, les morceaux s’écrasent et s’aplatissent, les cylindres sont rapprochés. Les fragments de caoutchouc commencent alors à s’agglomé-rer entre eux et à constituer d’abord des lambeaux grossiers et rugueux qui, réunis et comprimés encore maintes et maintes fois, par le même procédé, se transforment peu à peu en une feuille continue dont on règle la largeur, environ trente centimètres en général, à l’aide de deux couteaux verticaux, en forme de V, qui peuvent coulisser au-dessus des cylindres et permettent de limiter le passage du caoutchouc. L’opération du déchiquetage est arrêtée lorsque la bande est réduite à une épaisseur de 1 à 2 millimètres.
- Les feuilles ainsi obtenues ont un aspect gaufré, qui rappelle les étoffes en crêpe de Chine ; elles sont maintenant débarrassées de toutes impuretés, et ne contiennent plus que du caoutchouc pur. Transportées au séchoir, elles y séjourneront une quinzaine de jours. Déchiquetage et séchage donnent lieu à un déchet assez important et qui varie suivant les qualités de 4 à 40 %.
- Une fois sèches, les feuilles de caoutchouc rentrent dans la fabrication et passent aux mélangeurs où on leur incorpore le soufre, qui permettra la vulcanisation et, par suite, leur utilisation industrielle. Outre le soufre, que l’on mélange dans une proportion de 4 à 10 %, on ajoute à la gomme divers produits qui en modifient la dureté, la résistance, la souplesse, la couleur, le prix, suivant l’usage auquel on la destine. Ces produits sont très variés et la liste en est longue : craie, kaolin, goudron, magnésie, vaseline, huile de ricin, paraffine, oxyde de fer, blanc de zinc, baryte, mica, noir de fumée, etc. ; seule la proportion dans laquelle ces corps sont mélangés à là gomme reste un secret de laboratoire, que les ingénieurs chimistes gardent jalousement, car d’elle dépend en grande partie la qualité du produit. Ces mélanges s’opèrent mécaniquement à l’aide d’un appareil semblable au déchiqueteur, mais de dimensions plus grandes. C’est un laminoir
- dont les cylindres, lisses et creux, peuvent être réchauffés à la vapeur ou refroidis par un courant d’eau.
- Us tournent également e n sens inverse l’un de l’autre, plus lentement que ceux du broyeur précédent, et leur écartement est variable, suivant les phases du travail. Les feuilles de caoutchouc obtenues au cours des opérations précédentes vont à nouveau passer entre les deux cylindres,
- FEUILLE DF. CAOUTCHOUC APRÈS UE DÉCHIQUETAGE
- APPAREIL MÉLANGEUR A CYLINDRES LISSES
- C'est pendant cette opération qu'on incorpore au caoutchouc le soufre qui permettra la vulcanisation.
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- chauffés à la température voulue; roulées en tampon, elles s’y brisent, s’y écrasent, en crépitant ; puis, petit à petit, en s’échauffant, elles se ramol -lissent et prennent l’apparence d’une pâte cons i sta nte.
- C’est à ce moment que l’ouvrier verse, par doses successives, le soufre et les poudres à incorporer que lui livre le chef de fabrication qui les reçoit lui-même du laboratoire par charges de vingt kilos .
- Sous l’effet du malaxage continu, le mélange s’opère peu à peu ; les poudres s’incorporent intimement à la gomme, qu’elles teintent de couleurs variées.
- Au fur et à mesure que la nappe passe entre
- les cylindres du mélangeur, on la coupe par bandes que l’on roule encore en tampons et que l’on rejette dans l’appareil. Le mélange intime du caoutchouc et du soufre s ’ opère enfin d’une façon complète et on obtient, sous ce pétrissage incessant, une matière de couleur uniforme et d’une homogénéité parfaite que l’on roule en blocs compacts, sous forme de pains. En cet état, le caoutchouc est plastique, encore malléable; il se soude à lui-même; il conserve les formes qu’on lui impose ; un coup d’ongle y laisse sa trace. Mais si on le soumet à une température variant entre 110 et 130 degrés, il se vulcanise,
- LE MÉLANGE DE CAOUTCHOUC PASSÉ A LA CALANDRE
- Les feuilles laminées sont recueillies entre des toiles afin d’éviter qu'elles ne se soudent ks unes aux autns.
- TABLE HORIZONTALE A GOMMER EMPLOYÉE DANS LA FABRICATION DES PNEUS
- Sur relie table chauffée la toile se déroule lentement, tandis qu'une mince nappe de dissolution de
- caoutchouc se dépose uniformément à sa surface.
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- c’est-à-dire qu’il devient tel qu’on le voit sous forme de gomme à effacer ou d’enveloppe de pneumatique, élastique, souple, mais non malléable et ne se soudant plus à lui-même.
- Il faut encore, pour qu’ils soient aptes à servira la confection définitive, que ces pains mélangés passent au calandrage pour être transformés en feuilles plus ou moins épaisses. La calandre se compose de plusieurs cylindres superposés, d’ordinaire trois ou quatre, dont les axes sont dans un même plan vertical. Ces cylindres sont creux et reçoivent à volonté vapeur ou eau froide pour régler la
- C’est à cette étape de la fabrication du pneumatique que nous voyons intervenir la toile et la dissolution de caoutchouc. La dissolution se prépare à l’aide de broyeuses à cylindres de granit sous lesquels on écrase et pulvérise de petits blocs de caoutchouc que l’on délaye dans une certaine quantité de benzine, de façon à obtenir un liquide visqueux, qu’il sera aisé d’étendre sur la toile. Celle-ci est un des constituants les plus importants d’un pneumatique, puisque c’est d’elle que dépend en grande partie sa résistance. C’est elle qui va former la carcasse de l’en-
- UNE DES PHASES DE LA EABRICATION DES ENVELOPPES DE PNEUMATIQUES
- Les toiles gommées sont disposées, par bandes superposées, sur un noyau de fonte ayant la forme de V enveloppe, puis F ouvrier place le talon, fait de caoutchouc dur.
- température ; ils tournent lentement^à la vitesse de quatre tours par minute. Les pains mélangés, préalablement réchauffés sur un malaxeur, sont amenés à la calandre déjà sous forme de bandes de 15 à 20 millimètres d’épaisseur, qui sont introduites entre les deux cylindres supérieurs. Le mélange tourne entre ces rouleaux, s’appliquant avec force sur celui du milieu, et vient passer entre les deux laminoirs inférieurs, d’où il sort en feuille ayant au plus deux millimètres d’épaisseur. Cette feuille est recueillie dans les plis d’une toile, afin d’éviter que le caoutchouc ne sc soude à lui-même.
- veloppe sur laquelle viendront se disposer les épaisseurs de caoutchouc, les croissants et bandes de roulement. Pour lui permettre d’adhérer d’une façon complète au caoutchouc avec lequel elle doit former un tout inséparable, on l’enduit de dissolution. Cette opération se fait de deux manières : à l’aide d'une table horizontale ou d’un métier vertical à gommer. Ce dernier permet le caoutchoutage sur les deux faces de l’étoffe ; la table horizontale est la plus usitée.
- Sur une table métallique chauffée, la toile, en tissu de coton, se déroule lentement à plat, tandis qu’une règle métallique, tangênte à
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- la toile, laisse passer une mince nappe de dissolution de caoutchouc. Cette dissolution se dépose en une couche régulière sur la toile qui l’entraîne, et la chaleur de la table métallique, faisant évaporer la benzine, opère le séchage dans d’excellentes conditions.
- Avec le métier vertical, la toile, imprégnée de dissolution sur ses deux faces, passe entre deux plateaux verticaux, chauffés à la vapeur, où se produit l’évaporation de la benzine et, par suite, le séchage de la mince couche de caoutchouc qui y a été déposée.
- Il applique alors de nouvelles bandes de toile gommée, dont le nombre augmente suivant la grosseur du pneumatique. L’armature de toile terminée, on pose les gommes de la carcasse. Ces gommes sont celles qui ont été préparées en feuilles par la calandre. Dans ces feuilles, on découpe, suivant les dimensions voulues, les tranches qui vont servir à terminer l’enveloppe, c’est-à-dire à recouvrir les toiles de la carcasse et à constituer le croissant, bande plus étroite et plus épaisse, en contact constant avec la route, et que, pour
- l’estampage a froid d’une enveloppe de pneumatique
- Après avoir passe sous la presse, la forme est ouverte et Ton constate s'il y a excès de caoutchouc, auquel cas on corrige avec un instrument spécial.
- C’est, après le travail du métier à gommer, que commence vraiment la confection du pneumatique, ou, plus exactement, de l’enveloppe. Les toiles gommées sont découpées en bandes de largeur variable, suivant les sections du pneumatique, à 45 degrés des fils de trame et de chaîne ; puis, sur un noyau de fonte, ayant exactement la forme intérieure d’une enveloppe, l’ouvrier place d’abord une, deux, trois toiles, les colle les unes aux autres par pression d’une roulette, en enveloppe ainsi la forme entière du noyau et vient enfin placer le talon, bourrelet fait de caoutchouc spécial, dur et peu élastique.
- cette raison, on renforce à Tarde de deux ou trois bandes de toile intercalées, premières victimes offertes aux morsures des silex.
- L’enveloppe ainsi constituée est mise dans un moule de fonte, formé de deux coquilles symétriques ayant exactement la forme extérieure du pneumatique, et passe aussitôt à la presse à froid pour l’estampage, opération qui a pour but de vérifier s’il y a excès ou manque de gomme. Après l’estampage, une fois le moule ouvert, on constate s’il y a des manques ou, au contraire, des cloques provenant d’un peu d’air emprisonné pendant la confection. Les manques sont "aussitôt
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- remplis avec de la gomme ; les cloques sont crevées d’un coup de piquette, petite alêne, et les bulles d’air s’évanouissent. Le pneu ainsi vérifié n’a plus qu’à être cuit et vulcanisé. Il est remis dans les coquilles et porté à l’autoclave. L’autoclave est une chaudière à couvercle mobile dans laquelle on peut faire arriver de la vapeur sous pression. Pour les enveloppes, l’autoclave est de dimensions telles qu’il peut contenir une douzaine de moules superposés. Comme la cuisson doit s’opérer sous pression, l’autoclave contient une presse hydraulique entre les plateaux de laquelle sont disposés les moules qui subissent ainsi une très forte pression maintenue pendant toute l’opération. La cuisson est chose délicate, qui demande une surveillance rigoureuse, et que l’on contrôle, pendant toute sa durée, qui
- MACHINE A COLLER LES SEMELLES FERRÉES Cette machine enroule autour de Venveloppe une bande de toile qui comprime le croissant ferré sur la carcasse et le maintient pendant la vulcanisation.
- PRESSE SPECIALE POUR IA. FABRICATION DES PNEUMATIQUES DE BICYCLETTES
- Celle presse permet, en une seule opération, de conforma', de comprimer et de vulcaniser Venveloppe.
- varie encore, suivant la nature des mélanges et la qualité que l’on veut obtenir. Les moules sont alors extraits de l’autoclave et démontés ; le pneumatique en sort fini, vulcanisé. Il est nettoyé, ébarbé des bouts de caoutchouc qui ont pu se glisser dans les interstices du moule, et, finalement, mis dans des caves spéciales, obscures et tempérées, où il devra séjourner pendant deux mois au moins avant d’être livré, prêt à rouler, au consommateur.
- Telle est la fabrication du pneumatique à toiles. Le nombre considérable d’opérations longues et minutieuses par lesquelles il a passé, le temps qui s’écoule entre le jour où la gomme est entrée à l’usine et celui où elle en sort à l’état d’enveloppe, justifient, jusqu’à un certain point, le prix élevé que le fabricant se croit en droit de demander.
- Malgré la bonne qualité des matières premières employées, malgré les soins extrêmes
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- apportés par des ouvriers habiles et spéciaux à la confection du pneumatique, celui-ci n’en reste pas moins un produit fragile, d’usure rapide, dont le perfectionnement n’a jamais cessé d’être l’objet des recherches des ingénieurs.
- On a, alors, protégé le pneumatique extérieurement, en l’entourant d’une gaine de cuir munie de rivets d’acier, dispositif qui a l’avantage de résister au glissement de la voiture sur les terrains gras. C’est ainsi que sont nés les antidérapants. Voici comment on procède à cette fabrication :
- Sur une carcasse d’enveloppe telle que nous l’avons décrite plus haut, à la place de la bande de roulement de caoutchouc, on colle avec de la dissolution une bande de cuir chromé, c’est-à-dire de cuir, non pas tanné, mais transformé par des sels de chrome qui permettent d’éviter la décomposition de ce cuir, tout en lui maintenant son maximum de ré-
- celle-ci d’une bande de papier d’emballage.
- L’enveloppe ne constitue pas, à elle seule, le pneumatique, et elle ne serait, certes, d’aucune utilité à l’automobiliste si on ne lui donnait, pour la soutenir et la remplir, la chambre à air, véritable matelas élastique sur lequel la voiture s’appuie, et qui lui permet de supporter, aux plus grandes vitesses, les chocs, les secousses, les trépidations, que l’air comprimé dans la chambre absorbe et atténue. Le procédé de fabrication de la chambre à air est beaucoup plus simple que celui de l’enveloppe. Pas de toile gommée, mais simplement la gomme en feuille telle que nous l’avons vue sortir de la calandre. On découpe ces feuilles en bandes d’une largeur un peu supérieure au développement de la section de la chambre à confectionner. Des ouvrières
- sistance. Ce traitement au chrome représente
- MACHINE DITE « BOÜDINEUSE » SERVANT A FABRIQUER LES CHAMBRES A AIR De, cet appareil à grand rendement, la gomme sort dans les proportions nécessaires pour produire les chambres à air de toutes dimensions, pour vélos, motocyclettes et voitures, depuis lu plus petite jusqu'à celle du pneu de 150.
- une série assez importante d’opérations diverses, bains et traitements chimiques. Une fois cette première chape de cuir posée sur la carcasse, on applique par-dessus la semelle : croissant de cuir dans lequel on a percé des trous en quinconce et engagé dans ces trous des rivets en acier cémenté. L’avantage de ce mode de fabrication est de pouvoir, si l’on s’y prend à temps et si la carcasse employée est parfaite, remplacer la semelle usée par une neuve. Une machine spéciale enroule autour de l’enveloppe une bande de toile qui comprime le croissant ferré sur la carcasse et le maintient ainsi pendant la vulcanisation. Cette même machine servira encore plus tard, Une fois l’enveloppe terminée, à envelopper
- disposent ces bandes de gomme autour d’un long tube métallique ayant la dimension de la chambre ; elles les ébarbent au moyen de ciseaux dont la seule pression des lames suffit à opérer la soudure. La gomme, ainsi disposée sur le tube, est enveloppée de toiles, suffisamment serrées, qui la maintiennent. Elle est alors portée à l’autoclave. La vulcanisation terminée, la chambre est débarrassée des toiles qui la recouvrent et on la retire, en la retournant, de dessus le tube qui lui servait de soutien. Une vérification minutieuse permet de s’assurer que la paroi est absolument sans défaut, qu’aucun grain de poussière n’est venu se loger dans l’épaisseur de la gomme, créant ainsi un point faible, une
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- chance de fuite ou d’éclatement. Il ne reste plus alors qu’à couper à la longueur voulue, à souder les deux extrémités l’une à l’autre, opération très délicate, à poser la valve et à vérifier encore une fois l’étanchéité. Enveloppe et chambre, pour se bien conserver, demandent à être enfermées dans un endroit obscur et sous une température modérée avant d’en faire usage.
- Les pneumatiques de vélos, inventés par Dunlop, se font d’après des procédés beaucoup plus mécaniques, qui permettent une grande rapidité dans la fabrication. La toile, préalablement gommée, est débitée en bandes de largeur et de longueur convenables, la trame coupée à 45 degrés ; sur ces bandes, tendues sur des tambours de 650 à 700 millimètres de diamètre, on coud les tringles latérales et on pose ensuite les chapes en caoutchouc tirées à la calandre. L’enveloppe est, à ce moment, prête à passer à la presse spéciale qui, en une seule opération, conforme la carcasse enchapée, comprime et vulcanise dans un moule composé d’un noyau et de deux coquilles (photo à la page 69 et schéma ci-contre). Cette presse se compose d'un pot de presse A formant pied, sur lequel viennent se fixer quatre colonnes C supportant le plateau supérieur B. Sur la partie inférieure est boulonnée une plaque chauffante F sur laquelle on applique, en la fixant, une coquille H du moule. Le piston P, à manœuvre hydraulique, est surmonté d’une cuve en fonte D, qui reçoit, elle aussi, une plaque chauffante E sur laquelle est fixée la deuxième coquille du moule. L’intérieur du piston P sert de guidage à un deuxième piston P’, surmonté d’une cuvette en fonte G qui vient reposer sur un cercle R supporté par quatre colonnettes en acier C’. Un troisième piston à manœuvre hydraulique p est coiffé d’un collier M, relié par des leviers à cardan L aux quatre sections
- VUE EN COUPE ET EN PLAN DE LA PRESSE A VÉLO
- A, pied de la presse ; C, colonnes supportant B, plateau supérieur ; E, plaque chauffante; H, coquille supérieure du moule; I, coquille inférieure; P, piston soulevant la cuve D et la plaque chauffante E; C’, colonnettes supportant le cercle R sur lequel s'appuie G, cuvette en fonte solidaire du piston P’. Un troisième piston p, coiffé d'un collier M. L, leviers à cardan; S, noyau extensible ;
- K, cercle de fonte; T T’, raccords cC admission de vapeur.
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- en forme de coin S du noyau extensible. Au repos, l’extrémité inférieure du piston p vient buter dans le fond du cylindre P’ ; les leviers L occupent la position L’ et les sections S du noyau sont attirées vers le centre. Ces dernières, en glissant dans des rainures pratiquées dans les quatre sections S\ les entraînent dans leur mouvement de repli et d’extension. Le moule se compose donc d’un no}^au extensible à huit sections, dont quatre motrices, de deux coquilles H I, et d’un cercle K, qui, dans la position de repos, est soutenu par quatre colliers fixés sur les colonnes.
- La manœuvre de cette presse est la sui-
- dans les parties correspondantes. Puis, dans son mouvement ascensionnel continu, la cuvette G, le cylindre P’, sont entraînés et le noyau, avec le cercle, viennent à leur tour s’emboîter dans la coquille supérieure II. Le moule étant fermé par la pression hydraulique, la cuisson de l’enveloppe se fait d’autant plus rapidement que les plateaux chauffants E et F restent toujours à la température de vulcanisation. La teneur en soufre du mélange doit permettre de terminer la cuisson en huit ou dix minutes.
- Pour le démoulage, le distributeur du cylindre A est mis sur la vidange. Le piston
- AUTOCLAVES HORIZONTAUX POUR LA VULCANISATION DES CHAMBRES A AIR Un chariot plan roule sur des rails intérieurs et, après vulcanisation, sur des rails extérieurs, reliés
- par un tronçon de voie mobile.
- vante : tous les pistons étant au repos, le noyau extenseur est replié sur lui-même. La carcasse est placée sur la coquille inférieure. La pression hydraulique provenant d’un accumulateur est admise continuellement dans l’espace annulaire en communication avec le raccord T” puis dans le cylindre P’. La surface du piston P’ étant plus grande que la surface annulaire, son mouvement ascensionnel se produit. Les leviers L’ tendent à prendre la position horizontale en poussant les coins S S\ et, par entraînement, la carcasse elle-même, qui s’applique sur le noyau. Quand cette position est obtenue, le galbage de l’enveloppe est terminé. La pression hydraulique est ensuite admise sur le piston A, qui s’élève avec la cuve D. La coquille inférieure I rencontre le noyau avec le cercle E et s’emboîte automatiquement
- descend et laisse, dans sa course, le cercle E et la cuvette supportant le noyau extensible; les organes occupent donc la position de notre figure, page 71. La partie annulaire communiquant avec le raccord 2” étant toujours sous pression, il suffit de mettre sur la vidange le distributeur qui communique avec T pour faire descendre le piston p qui entraîne les leviers et les sections du noyau dans leur position de repli. Une seule presse peut conformer et vulcaniser cinquante enveloppes par dix heures de travail.
- Tels sont les différents appareils et procédés employés dans la fabrication des pneumatiques de voitures ou de vélos. Le constructeur Olier et les Ateliers Bergougnan nous 'ont fourni les documents qui nous ont permis d’illustrer cet article.
- Maurice Regalier.
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- COMMENT FONCTIONNE UN LABORATOIRE DE POLICE TECHNIQUE
- Par le Docteur Edmond LOCARD
- DIRECTEUR DU LABORATOIRE DE POLICE TECHNIQUE DE LYON
- L’introduction des méthodes scientifiques dans l’enquête criminelle est le fait le plus saillant de l’évolution actuelle du droit pénal. La psychologie expérimentale a montré combien le témoignage est une preuve faillible et quel avantage il y avait à lui substituer des arguments plus objectifs. Mais, pour découvrir dans chaque enquête criminelle des preuves indiciales, il est nécessaire d’organiser des laboratoires spéciaux, qui auront la charge de découvrir le criminel par ses traces et d’apporter à l’instruction le concours précieux de leurs recherches techniques.
- Cette tendance s’est manifestée dans la plupart des grands services d’identité judiciaire, comme ceux de Paris, de Londres, de Vienne.
- Ailleurs, comme à Lausanne et à Liège, ce sont des laboratoires universitaires qui remplissent ces fonctions. A Lyon (comme à Dresde, à Sao-Paulo, à Rome), existe un laboratoire spécial où l’on pratique toutes les recherches nécessitées par les enquêtes criminelles. On y applique les techniques imaginées par les policiers de laboratoire : Reiss, Bertillon, Stockis, les élèves de Lacassagne et de Lombroso, qui ont certainement réalisé plus de merveilles que n’en racontent les policiers de romans-feuilletons.
- Voici comment, à Lyon, le laboratoire fonctionne. Dès qu’un crime est signalé, le chef de poste ou le commissaire du quartier avertit le laboratoire par téléphone. Pendant qu’un expert se rend aussitôt sur les lieux, le commissaire prévient le plaignant
- qu’il ne doit plus toucher ni déranger rien, et qu’il ne doit même plus accéder chez lui. Pour les affaires importantes, un agent est posté à l’issue du local pour empêcher quiconque de pénétrer. Le premier soin de l’expert arrivé sur le terrain est de fixer la disposition de la scène à l’aide du seul témoin qui ne trompe ni ne mente jamais, c’est-à-dire la photographie métrique. Il recherche ensuite toutes les traces qu’a pu laisser le malfaiteur. La plus usuelle est l’empreinte digitale. Car une main, même fraîchement lavée, laisse au contact de tout objet lisse une trace invisible qui peut être révélée à l’aide de colorants. On en trouvera sur les verres et les bouteilles, les coffres métalliques, les vitres, les panneaux, le bois poli, les papiers, etc...
- D’autre part, on a eu soin de constituer au laboratoire une collection des empreintes digitales de tous les malfaiteurs de la région. Cette collection est classée de façon telle qu’il suffit de feuilleter un petit nombre de fiches pour trouver aussitôt l’empreinte cherchée. Or, il n’y a pas au monde deux empreintes semblables : elles diffèrent plus que les visages. Aussi peut-on, fréquemment, par la seule recherche dans le fichier, et par l’initiative du laboratoire, découvrir des malfaiteurs qu’aucun témoin n’a vus, que personne n’a dénoncés, mais qui ont seulement laissé une empreinte digitale sur le lieu ducrime. C’est ce qui est arrivé pour le voleur dont les empreintes sont représentées aux figures 2 et 2 biset qui avait brisé une vitre pour dévaliser un voisin.
- LE DOCTEUR E. LOCARD
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- FIG. 2.--IDENTIFICATION D’UN VOLEUR PAR UNE EMPREINTE
- DIGITALE TROUVÉE SUR UN CARREAU BRISÉ Cette empreinte, un peu floue, a été colorée au caxbonatc de plomb.
- Avertis de ce danger, certains cambrioleurs se gantent. La figure 5 montre la trousse d’un voleur qui opérait ganté. C’est assez rare, car les effracteurs travaillant la nuit dans des locaux inconnus, ont besoin de toute la sensibilité de leurs doigts. Mais, surtout, c’est inefficace. Stockis, le premier, a fait voir que le gant n’est pas un obstacle absolu à la formation de l’empreinte. Et on verra, aux figures 3 et 3 bis, les dessins d’un récidiviste qui avait enveloppé ses doigts de linges et que j’ai identifié cependant par la trace de ses mains sur une bouteille, dans l’arrière-boutique d’un marchand de vins cambriolé. Et le cas est loin d’être unique.
- Parfois, l’empreinte est si petite, qu’on ne trouve pas assez de points de repère pour l’identifier. Il reste la ressource d’en faire de très forts agrandissements microphotographiques et d’y rechercher les traces des orifices sudoripa-res. On peut, à l’aide de leurs formes caractéristiques et de
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- leurs dimensions très variables , identifier utilement des traces de deux ou trois millimètres carrés. Les figures 4 et 4 bis montrent une superbe empreinte de voleur sur un meuble en bois de rose, avec plusieurs centaines de pores parfaitement discernables.
- La jurisprudence est maintenant bien établie en ce qui concerne la preuve par les empreintes. La cour d’assises du Rhône et les tribunaux correctionnels de la région condamnent constamment sur cette preuve unique, à condition que les traces soient suffisamment nettes pour permettre à l’expert de conclure avec une certitude entière.
- Les traces de pas sont relativement rares pour les crimes commis dans les villes. Au dehors, elles sont extrêmement importantes. Les procédés de moulage varient suivant les terrains. Il faut obtenir les moindres détails de la semelle, les rayures des clous, etc... La figure 6 montre une
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- FIG. 2 bis. — EMPREINTE DU POUCE GAUCHE DU COUPABLE
- Les traits et les chiffres indiquent les points caractéristiques des deux dessins, qui sont absolument identiques.
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- Cji Cn fo
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- semelle de caoutchouc moulée dans de la poussière particulièrement line à l’aide d’une technique nouvelle. Il s’agissait d’un contrebandier qui a été suivi à la trace.
- D’autres fois, on trouve des traces de pieds nus, qui s’identifient comme celles des mains, ou des empreintes de talonnettes de caoutchouc. Il est plus rare d’avoir affaire à des traces de dents. On verra à la figure 7 la marque des incisives d’un jeune vaurien, qui, dévalisant une pâtisserie, enfonça ses dents dans un gâteau à la crème de marrons et fut identifié par cette trace. J’ai retrouvé aussi un cambrioleur grâce à la marque de ses incisives dans une motte de beurre. Les traces d’ongles peuvent également fournir des indications très précieuses
- L’examen des débris que recèle tout ongle de malfaiteur, peu accoutumé aux raffinements de l’art des manucures, donne au policier des indications extrêmement importantes. C’est sous l’ongle que l’assassin
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- F’IG. 3 bis. — l’empreinte du médius du voleur On remarque Vidcntité absolue des deux dessins.
- FIG. 3. - IDENTIFICATION D’üN VO-
- LEUR GANTÉ AU MOYEN DE SES EMPREINTES DIGITALES Ci-dessus, ca trace laissée, malgré les linges dont le malfaiteur s'était enveloppé les doigts, sur une bouteille abandonnée par lui.
- gardera le plus longtemps des croûtelles de sang ; c’est sous l’ongle que l’agresseur ou le violateur conserveront un débris pileux arraché à la victime ; c’est là encore que des fils tirés des vêtements auront pu se fixer. C’est là enfin qu’adhè-9 rent des poussières qui permettront de dire où a passé l’individu sus-8 pect. C’est ainsi qu’après un vol avec escalade, j’ai trouvé sous les ongles d’un voleur le cambouis d’un câble par lequel il s’était laissé glisser dans l’atelier d’un orfèvre. Le curage des ongles doit toujours être la première opération pratiquée après l’arrestation d’un suspect.
- La poussière des vêtements n’est pas moins signalétique. En brossant la veste d’un individu, il es! possible de dire, par le seul examen des poussières, d’où il vient et ce qu’il a fait. Il y a ainsi ce que j’ap-
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- 831 ) 631 881 a 885
- 855 à 869
- i à 904 ( 886 ) 8901 870 ) 880 j
- \ I I ! Il
- 823 i 835
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- 777 a 799 774 a 778 741 ) 773 710 à 740 684 à 709 652 ) 683
- 41 . * *. * V * * * % :
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- 532 ) 561 513 à 531 485 ) 512 475 a 484 441 à 474 (CB a 440 394 a 405 388 ) 393 353 ) 387 323 ) 352
- .295 ) 322 '271 ) 294
- 248 ) 270 -224 à 245
- 221 ) 223 - 206 ) 220
- - 183 ) 205
- 181 à 182
- - 161 ) 180 -155 a ISO -145)154
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- pellerai les poussières professionnelles, comme il y a des déformations professionnelles. En recueillant les débris qui imprègnent la manche d’un forgeron ou d’un serrurier, on trouvera autre chose que sur le vêtement d’un pharmacien ou la blouse d’un maçon. L’application de ce principe donne, en criminalistique, les résultats les plus efficaces. En brossant un faux-monnayeur, on peut extraire assez de poussières métalliques pour montrer qu’il a d’autres occupations que son métier apparent. On a même pu établir de quels métaux il se servait et dans quelles proportions.
- Dans la chambre où gît la victime, le meurtrier abandonne sa veste. L’expert s’en empare, l’enferme dans un sac de papier, le bat longuement, puis recueille les poussières accumulées au fond du sac. Le microscope y discerne une abondance de minuscules morceaux de bois : le coupable est donc menuisier ou charpentier. Mais on trouve aussi quantité de petits fragments de colle; c’est donc l’hypothèse
- FIG. 4. - IDENTIFICATION D’UN
- MALFAITEUR FAR LES PORES DE LA PEAU (AGRANDISSEMENT MI-
- cropiiotograpiiique)
- Empreinte relevée sur un memble en bois de rose à la suite cVun vol avec effraction commis dans la région lyonnaise. Le coupable a été identifié non seulement par les repères habituels, mais par la comparaison des orifices sudoripares. Cette trace révélairie. avait été préalablement colorée au carbonate de plomb. (Voir, pour la comparaison de Vempreinte ci-dessus ave Vempreinte correspondante du doigt du malfaiteur prise après son arrestation, la figure é bis, à la page suivante).
- FIG. 5. - TROUSSE DE CAMBRIOLEUR, AVEC GANTS
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- du menuisier qui est la bonne. Quelques heures plus tard le criminel est découvert.
- Sherlock Holmes démasque les voleurs par l’examen des taches de boue. Méthode excellente, hors même des romans anglais, et qui, dans la réalité, donne les plus heureux résultats. Un vol est commis dans un moulin. La victime accuse un voisin, qui présente un alibi. On examine aussitôt les chaussures du suspect. Sous la semelle, entre deux couches de boue desséchée, qui représentent l’aller et le retour, est une mince tranche de poussière blanche, mélange de farine et de son. L’alibi est controuvé, et la preuve bien près d’être faite. Dans une auti’e affaire, le voleur a caché de l’argent volé dans un ruisseau : le prévenu a sous la semelle deux couches de boue entre lesquelles est intercalée une mince tranche de sable très fin, provenant du lit du ruiss'eau.
- Les poussières des poches sont les plus intéressantes : on y trouve le résumé succint de tout ce que l’homme a fait quand il portait ce vêtement. On y pourra découvrir d’infimes traces sanglantes après un meurtre, alors que toutes les taches auront été soigneusement lavées par le coupable. De même, et mieux encore dans la rainure des couteaux.
- BSl \ 834 08! » 3S5
- 895 I 904^886 k 890
- B55 à 889
- 600 à 822
- 177 i 739 774 à 776 741 a 773 710 i 740 6Ji a 709
- 155 i 180 145 5 154
- [—138 alu
- FIG. 4 blS. — IDENTIFICATION FAR LES PORES Le médius gauche du voleur, dont F empreinte (fig. 4) avait été relevée sur le meuble en bois de rose. On discerne très exactement 904 pores sur Tune et Vautre figures.
- Un seul débris contenu dans la poussière peut constituer la clef du problème criminel. On trouve un mort dans la campagne, un couteau planté dans le cœur. Ceux qui le découvrent, plus soucieux de porter secours que de ménager les indices, piétinent si bien le terrain que nulle trace de pas ne peut plus se lire. Les recherches, d’autre part, n’aboutissent à rien. Quelques fig. 6. — moulage d’un pas dans la poussière jours plus tard, dans un lot de
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- vagabonds raflés par une ronde, un chemineau arrive au laboratoire. Une maculature sanglante de sa veste attire l’attention. Sur sa manche, on voit un de ces grains ailés comme en ont les pissenlits. Mais ce n’est point une graine aussi banale. L’examen microscopique fait reconnaître une composée relative-mcnt rare dont une touffe était à deux pas du cadavre, et dont le fruit, porté par le vent, est venu s ’ accrocher au vêtement de l’agresseur pendant la lutte. Ce détail, d’apparence infime, résout le problème : l’assassin est pris et il ne lui reste plus qu’à avouer.
- Dans une autre affaire, un homme avait eu le crâne fendu par un coup de sabre. On examine les armes des cavaliers de la garnison : on ne découvre ni sang, ni ébréchure caractéristique, mais, sur l’une, un petit morceau d’herbe. Pressé de questions, le cavalier reconnaît bientôt son crime. Il avait, après le coup, essuyé son arme dans l’herbe.
- Les effracteurs superstitieux croient que
- tant que quelque chose laissé par eux restera sur le terrain, ils ne seront pas pris. De là, la coutume de déposer ce que Reiss appelle élégamment une carte de visite odorante. Un individu s’introduit dans une maison inhabitée : il vole à l’étage supérieur et y laisse la plus malpropre trace de son passage.
- Au premier, il vole encore, mais, n’avantplus le moyen de placer un nouveau porte - bonheur, il décide d’en laisser au moins une imitation. Il se sert pour cela de mastic abandonné là par les vitriers. Mais cette matière, essentiellement plastique, garde de multiples et superbes empreintes digitales, et c’est par là que le voleur ne tarde pas à être pris.
- A l’occasion d’un vol commis dans une pharmacie lyonnaise', la perquisition montra que l’un des fauteurs avait jugé convenable de laisser la trace dont nous parlons. Il avait ensuite déchiré une grande feuille de papier gris qu’il avait abandonnée sur le plancher. Le papier portait donc de nombreuses em-
- FIG. 7. - EMPREINTE UE DENTS LAISSÉE PAIÎ UN JEUNE
- VOLEUB DANS UN GATEAU A LA CRÈME DE MARRONS
- FIG. 7 blS. MOULAGE A LA CIRE A MODELER DES DENTS DU PETIT VAURIEN En présence de l'identité remarquable des canelures, /,/ culpabilité de renfant apparni clairement.
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- preintes digitales, même sur les parties qui n’avaient pas subi d’autres contacts inesthétiques. Un de mes préparateurs colora les traces digitales au noir animal, fit des recherches dans les collections d’empreintes du laboratoire et trouva le coupable.
- Très fréquemment , les voleurs laissent sur le terrain la trace de leur mode d’éclairage. Ce peut être un bon moyen de les identifier. Reiss trouve sur le pupitre-caisse d’un magasin cambriolé des traces de stéarine. L’endroit étant un peu sombre, pour mieux examiner les traces il demande une bougie. Un garçon en trouve une au vestiaire des livreurs, dans la poche d’un de ses camarades. Reiss constate que le bout de bougie porte des traces marquant qu’elle a
- été collée : ces traces s’adaptaient d’une façon absolue à celles trouvées sur le tiroir caisse. Dans un vol commis à Montélimar, j’ai pu identifier le coupable grâce à un petit fragment d’empreinte digitale très net dans une taehe de bougie restée sur un bougeoir improvisé. C’est cette démonstration que représentent les ligures 8 et 8 bis.
- Quant aux traces de vêtements, elles sont d’une importance capitale. En effet, le contact de l’étoffe produit des empreintes dans la poussière : on reconnaîtra de cette façon que le malfaiteur avait des gants de fil ou de laine, des espadrilles ou des chaussons, etc... La trace laissée sur un marbre poussiéreux par les côtes d’un veston de velours
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- no. 8. — photographie d’une tache de
- BOUGIE LAISSÉE PAR UN VOLEUR
- Le doigt n’a marqué qu’une empreinte fragmentaire, mais très nette, dans la stéarine.
- FIG. 8 bis. -- L’INDEX DROIT DU COUPABLE
- II est identifié par 18 points de repère.
- m’a aidé à identifier l’auteur d’un assassinat commis aux environs de Tour nus. Dans une autre affaire, un voleur franchissant le mur d’une villa tombe sur les genoux ; il portait un pantalon de velours, mais un des genoux était rapiécé avec une étoffe à côtes beaucoup plus serrées. Il laissa, grâce à ce détail, des traces caractéristiques qui permirent de le découvrir aisément (Voir fig.9). Ailleurs, le genou de l’agresseur s’empreint dans le sang qui couvre la chemise de la victime, au niveau de l’épaule ; le dessin, très net, de l’étoffe du pantalon rend l’identification du criminel possible.
- L’effraction laisse des traces dont l’analyse doit être minutieusement pratiquée. Le moulage à la cire des empreintes d’instruments et leur agrandissement photographique permettent de reconnaître les différences microscopiques qui caractérisent chaque instrument effracteur, et, notamment, les fines dentiçulatures que l’usage imprime au tranchant d’un ciseau à froid, par exemple.
- lia trace du chalumeau oxhydrique ou oxyacétylénique peut, également, prêter à de curieuses identifications. On trouve un matin le coffre-fort de l’usine Singer, à Lyon (machines à coudre) ouvert au chalumeau. Quelques jours plus tard, un notaire d’une ville voisine vient se plaindre que son coffre avait été ouvert aussi. Il a des soupçons très précis, qui semblent fondés en raison, sur un de ses clients qui, légataire universel grevé
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- FIG. 9. - EimiKINTICS DANS I.A TERRE DES GENOUX
- D’UN MEURTRIER PORTANT UN PANTALON DE VELOURS
- Le genou droit (photo inférieure) était rapiécé avec un velours à côtes plus serrées, et cette particularité permit d'identifier le malfaiteur, qui niait.
- de notables legs particuliers, avait déposé la veille, le montant de ses legs et les aurait criminellement récupérés pendant la nuit.
- Mais l’ouverture du coffre présente la plus frappante analogie avec l’effraction de l’usine Singer. Il vient alors a la pensée de l’expert d’étudier s’il y a cpielque constance dans le tracé du chalumeau dans le métal pour une main donnée. Les expériences montrèrent qu’en effet le chalumeau dessine dans le fer des lignes oscillantes, et que l’amplitude des oscillations est fonction d’un certain nombre de constantes anatomophysiologiques, c’est-à-dire reste la même pour un opérateur donné. Quelque temps après, l’effracteur de l’usine Singer était pris.
- L’identification des traces de chalumeau le fit inculper de l’autre crime,
- dont il fut, peu de temps après, reconnu l’auteur.
- L’examen des traces permet souvent de découvrir des simulations de cambriolage. Un individu logé en garni chez une fruitière avait volé le contenu d’un tiroir-caisse chez sa logeuse. Pour faire croire à une effraction, il avait enfoncé la porte faisant communiquer sa chambre avec l’allée. Mais, en examinant les lieux, on découvrit que, pour arracher la gâche du verrou, on avait pris soin d’abord de la dévisser partiellement. En effet, d’une part, les têtes de vis présentaient dans leur rainure les marques fraîches dues au contact du ciseau, marques dont les échappées se continuaient sur la gâche et jusque sur le plâtre du mur; et,d’autre part, les pas de vis ne contenaient aucun débris de bois, ce qui se produit toujours dans l’arrachement. L’effraction de la porte faisant communiquer la chambre garnie avec
- itg. 10. — l’une des techniques DE LA GRAPIIOMÈTRIE Comment on mesure le parallélisme des lettres.
- le magasin était, au contraire, on ne peut plus véritable.
- L’activité d’un laboratoire de police ne se borne pas à l’analyse des traces trouvées sur le terrain. Il a encore la charge de la preuve indi-ciale au cours de l’instruction. C’est ainsi qu’il lui est donné d’expertiser les documents écrits. On sait combien ces recherches sont demeu-
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- FIG. 11. -- VERSO D’UN CHEQUE QUI AVAIT ÉTÉ MAQUILLÉ FAR UN FAUSSAIRE
- La mention du reçu avait été grattée au canif, surchargée de barres à l'enere l iait tte et le tout recouvert d’un papier collé, Grâce <t d'habiles manipulations, <pd demandèrent un temps assez long, le tixte effacé put cire révélé, comme le montre la photographie.
- rées longtemps conjecturales et en quelle défaveur elles ont été justement tenues après de retentissants insuccès. C’est que l'expertise en écriture avait presque constamment été faite sans règle, sans préparation et sans compétence, alors qu’elle comporte une technique, d’ailleurs délicate, qui s’élabore depuis quelques années. Lorsqu’il s’agit de surcharges et de grattages, on peut dire que, dès à présent, nul faux ne peut passer inaperçu. La figure 11 montre l'exemple d’un chèque de mille francs dont une partie déjà était payée ; mais le créancier malhonnête avait gratté le reçu inscrit au verso, l’avait barré à l’encre violette, et, craignant de n’avoir pas encore assez fait, il avait collé une bande de papier par-dessus. Un fort éclairage par transparence supprima l'obstacle du papier surajouté, pendant qu’une instillation de sulfure jaune d’ammonium faisait remonter les traces d’encre noire et que la plaque photographique, insensible au violet, annulait la surcharge des barres ; ainsi put-on lire un reçu de huit cents francs.
- Quand il s’agit de faux par imitation ou par déguisement, l'opération est plus délicate. Il ne faut tenir aucun compte des formes des lettres, qui est précisément ce que le faussaire a songé à altérer, mais il faut étudier une série de caractères plus intimes qui
- sc peuvent mesurer et comparer, comme l'écartemcnt progressif des lettres du commencement à la fin des mots, le nombre des coupures par mots, la valeur proportionnelle des dépassantes, etc. Tout cela, représenté par des courbes, des diagrammes et des indices constitue la graphométric. La figure 10 en donne un exemple : c’est la mesure du parallélisme grammatique dans deux écritures, par la hauteur moyenne d’intersection des axes littéraux.
- C'est encore au laboratoire (pie se révèlent
- les, encres sympathiques et ([ue se déeh i firent les éeritmes secrètes. La figure 12 mon-t r e u n c r y p t o -gramme saisi sur la complice d’un voleur arrêté. La fréquence du signe — montre qu’il s’agit de la lettre E; les règles des séquences font admettre que les trois dernières lettres constituent le groupe ien. On lit alors aisément: Le juge va te faire venir ; ne dis rien de ce que tu as vu. On ne sait rien, et je n'ai rien dit. Si tu te tais, je ne risque rien.
- II suffirait qu’il y eût en France huit laboratoires régionaux pour qu’aucune affaire criminelle ne fût instruite sans que les indices n'aient été cherchés. Peut-être alors y aurait-il moins de crimes impunis, car cela donnerait à réfléchir aux malfaiteurs.
- Edmond Locard.
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- FIG. 12. - CRYPTOGRAMME SAISI SUR LA COM-
- PLICE I)’UN MALFAITEUR ET DÉCHIFFRÉ
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- VUE PARTIELLE DE L’OBSERVATOIRE CHRONOMETRIQUE DE BESANÇON
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- Cet établissement bien spécial, créé pour venir en aide aux fabriques dans un parc assez spacieux : pavillon de Véquatorial coudé et salle directeur, e/c... Les montres de précision y sont soumis \s à d:s trait ?
- ori delivre pour chacune d*elles, s'il y
- cThorlogeries bisontines, comprend une dizaine de constructions isolées les unes des autres chronométrique, bureau pour le personnel administratif de F Observatoire, habitation du ments divers et à des épreuves de vérification d'assez longue durée, à la suite desquelles a lieu, un certificat constatant la régularité de sa marche.
- l.A SCIENCE ET LA VIE
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- LA FABRICATION DES MONTRES EXIGE DES MÉCANICIENS ÉMÉRITES
- Par Jacques BOYER
- L’invention des premières « horloges de poche » remonte à la fin du xve siècle, mais depuis lors, que de métamorphoses nesubirent-elles pas, que de perfectionnements réalisés dans leur délicat mécanisme, que de régularité apportée dans leur marche !
- Autrefois, un horloger établissait quelques douzaines de montres par an ; la fabrique Elgin (Etats-Unis), actuellement la plus vaste du monde, en fabrique plus de 6.000 par jour, et cela avec un personnel de 5.000 ouvriers ! D e son côté, l’industrie liorlo-gère suisse se développa à la suite de l’invention par le Neufehâtelois Lutz, d’une méthode de fabrication des spiraux en acier trempé. A peu près vers la même époque, l’é-chappement libre à ancre entrait dans la pratique courante, grâce aux perfectionnements successifs qu’y apportèrent l’Anglais Mudge, le Genevois Pouzait et l’ingénieur Leschot.
- L’horlogerie suisse a pris aujourd’hui un extraordinaire essor, puisqu’elle fait plus de 200 millions d’affaires annuellement.
- Besançon la concurrence, mais encore de très loin, quoique ses fabriques fournissaient,
- avant la guerre, 450.000 montres par an, représentant une valeur de plus de 20 millions de francs, soit les quatre cinquièmes des transactions horlogères de la France entière.
- Aujourd’hui, bien qu’il existe encore certains établissements demandant aux fabriques d’ébauches de leur livrer, d’après leurs plans, des mouvements demi -bruts, qu’ils achèvent dans leurs ateliers ou qu’ils donnent à terminer au dehors à des ouvriers travaillant chez eux, ce système disparaît de plus en plus devant l’immense usine où il entre seulement des matières premières brutes qui en sortent transformées en mouvements revêtus de leurs boîtes. Là, presque tout s’opère mécaniquement. On y fabrique automatiquement les balanciers compensateurs, on y sertit à la machine jusqu’aux rubis et aux pierres fines.
- La montre moderne se compose de deux parties principales : le mouvement et la boîte protectrice, dont nous étudierons séparément le fonctionnement et la fabrication.
- En principe, le mouvement d’une montre actuelle comprend un ressort moteur enfermé dans un barillet et un certain nombre de roues
- PARTIES CONSTITUTIVES DU MOUVEMENT DES MONTRES DANS L’ORDRE DE FABRICATION L'ébauche, la plus fruste se compose d’une cinquantaine de pièces, y compris les vis, et conge environ 600 opérations que se chargent d exécuter, avec précision mathématique, 450 machines diverses.
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- I,KS OUVRIÈRES PROCÈDENT TOUT ü’ABOllD A I.’OPÉRATION DU CALIBRAGE
- Elles commencent par creuser tnécaniquement les pièces (Fébauche, puis elles calibrent soigneusement la
- profondeur des crcusurcs au dixième de millimètre.
- et de pignons de réduction ; l'ensemble se trouve enserré entre deux platines, dont Tune est souvent remplacée partiellement ou en totalité par une série de ponts. Ces derniers rendent aisé le démontage des pièees isolées, mais ne présentent pas la solidité du premier système, qui supprime automatiquement, les jeux d’assemblage. Du reste, on découpe les ponts comme les platines, au moyen de puissantes presses, dans des bandes de laiton préalablement forgées, laminées et recuites.
- Une fois les platines et les ponts découpés, ils arrivent dans l'atelier des ébauches. Là, on les tourne d’épaisseur, on les perce d’une multitude de trous, on y ménage des « noylires » où se logeront les roues, on taraude les blets des vis, on fraise pour obtenir des profils déterminés et on adoucit les engrenages ou les surfaces. La plupart (1e ces machines nécessitent des conducteurs, mais, dans certaines fabriques suisses, elles marchent automatiquement. On apporte les pièces à tailler dans un magasin, l’instrument se charge de lui-même, et quand le magasin s’épuise, une sonnerie électrique avertit l'ou-
- vrière, qui apporte une provision nouvelle. Citons, comme merveille du genre, la machine à tailler les pignons de la grande fabrique de montres Oméga, à Bienne, machine dont les mouvements se trouvent réalisés à l'aide d’exeentriques et de cames. On emmanche le pignon à tailler entre deux contre-pointes, dont l’une est calée sur un arbre portant un compteur diviseur. Celui-ci comporte autant de divisions (pie le pignon devra avoir d’ailes. La machine est pourvue de trois fraises marchant à 2.000 tours par minute, et le pignon avance de trois centièmes de millimètre par tour. La première fraise fend le pignon, la seconde le taille à la forme voulue, la troisième rectifie le profil des ailes. Une seule ouvrière surveille une dizaine de ces instruments, et sa fonction se borne à remplacer la pièce terminée par une autre, car la machine s’arrête automatiquement après l’achèvement de chaque pignon, et, au bout de quinze secondes, elle est prête à repartir. Comme l’usine en question possède dix-lmit de ces machines, et que chacune d’elles taille quotidiennement 300 pignons, deux femmes
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- LA FABRICATION DES MONTRES
- I.K ' l’IVOTACK » I)KS KCII AI’PK.M KNTS KST l'N THAVAII. TIÎI'.S DELICAT
- L‘ échappement constitue /a partie essentielle de la montre; il régularise U' mouvement du barillet transmis
- mer aiguilles par les jeux de roues et de /lignons
- un peu expérimentées suffisent à assurer la fabrication de (i.500 pignons, quantité nécessaire pour plus d’un millier de montres.
- Quelques chiffres suffiront à donner une idée de la petitesse des vis horlogères. La rainure de tête des plus fines n’a (pie cinq centièmes de millimètre de largeur, et un kilo, valant 10.500 francs (ce prix a certainement augmenté), en contient 080.000 environ.
- Les différentes pièces ainsi réalisées sont polies avec soin, les plats sortent parfaitement plans, l’acier bruni, sans le moindre trait, et leur interchangeabilité se trouve assurée. On prend une série de pièces identiques, percées de trous dont le diamètre ne déjiasse souvent pas un dixième de millimètre, et on les superpose de manière à former une couche de 8 centimètres environ. On s'assure alors (pie chaque série de trous forme comme un minuscule cylindre absolument lisse à travers lequel on regarde.
- Des hommes et des femmes sertissent ensuite à la machine les rubis qui entrent dans les mouvements fabriqués chaque jour. Naturellement, la montre vendue très bon
- marché ignore ce poli; la puissance exagérée de son ressort assure son fonctionnement.
- l.'échuppement constitue la partie essentielle de la montre. Cet organe régularise le mouvement du barillet transmis aux aiguilles par les jeux de roues et de pignons : il a pour but de fractionner ce mouvement en parties égales. A cet effet, il comporte une pièce animée d'un mouvement oscillatoire laissant, à chaque vibration, échapper une dent de la roue. Cette pièce, extrêmement délicate, est le spiral muni d’un volant circulaire qui s'appelle balancier. Selon (pie l'axe de ce dernier agit directement ou non sur la roue, l'échappement est dit à ci/lindrc ou à ancre.
- Il existe aujourd'hui à Iîesançdn une fabrique de spiraux, qui se font le plus souvent en acier écroui et en acier trempé. On en fait aussi en argent, en palladium, en bronzes divers et en acier-nickel pour les montres exposées aux influences des machines électriques. La production annuelle des spiraux atteint une vingtaine (1e millions, ce qui représente 5.000 kilomètres de longueur. L'acier arrive à l’usine sous forme d’un fil
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- pur ! Leur extraordinaire petitesse est bien faite pour surprendre.
- Dans les montres ordinaires, le spiral s’attache par une de ses extrémités à la virole du balancier, tandis que l’autre bout passe entre deux goupilles fixées dans le pont du balancier dit « coq » ; celui-ci se compose d’un simple cercle métallique dont les dilatations ou contractions, sous l’influence de la température, entraînent souvent des variations dans la marche. A l’aide de la raquette, on achève le réglage en rallongeant ou en raccourcissant la lame du spiral.
- Dans les bonnes montres, le balancier est formé par deux lames de métaux inégalement dilatables, ordinairement le laiton et l’acier. On les accole ensemble, sauf au voisinage de la barre diamétrale qui les supporte, de manière que les changements de température permettent au système de s’infléchir vers le centre ou de s'épanouir vers la périphérie. On achève la
- MOUTON POUR I.A FRAPPE DES BOITES DE MONTRES
- Les rondelles de mêlai découpées servant à faire les fonds et cuvettes sont recuites, puis estampées au balancier ou au mouton, (pii leur donne la forme necessaire.
- d’un millimètre de diamètre. On le tréfile dans des trous de diamant ou de saphir, juscpi’à la grosseur nécessaire pour les spiraux gros, moyens, fins et extra-fins. Le fil employé pour une montre de cinq lignes (11 mm. 281) ne dépasse pas deux centièmes de millimètre de diamètre. On le polit et on le lamine très soigneusement; la forme plate s’obtient en chauffant les lames enroulées dans une espèce de barillet.
- Chose curieuse, l'acier réduit en spiraux constitue la substance fabriquée la plus chère du monde. A poids égal, les spiraux coûtent, en effet, douze fois plus que l’or
- QUELQUES TYPES USUELS DE BOITES DE MONTRES
- La boîte, destinée à protéger le mouvement, se réalise en or, en argent, en acier bruni, en cuivre nickelé, (juekjucfois en platine. Son ornementation extérieure varie à Vinfini.
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- compensation au moyen de musses, convenablement vissées sur la couronne cylindrique.
- Dans les chronomètres de précision, ces masses se mettent de façon plus compliquée, ainsi que les différents systèmes ingénieux ayant pour but de supprimer partiellement « l’inégalité de dent » qui résulte de ce fait qu’une pièce réglée à deux températures avance ou retarde à tout autre point de l’échelle thermométrique.
- L’invention, par M. C.-E. Guillaume, directeur du Bureau international des poids et mesures, de l’flcicr-hicAe/pourremplacerl’acier
- dans le balancier, constitue un important progrès. Cela permet d’éloigner les coupures des points d’attache des barres et d’augmen-
- VOICI MAINTENANT LA MACniNE A REFROTTER Une fois la première forme donnée aux fonds et cuvettes des boites, ces pièces passent aux machines à refrotter, qui réalisent avec régularité les bords plats et les fermetures.
- LE TOUR A FACETTES
- Les carrures ou lunettes sont fixées sur un chariot, et le tourneur leur donne, à la machine, les facettes, les battues,
- les crans et autres formes voulues.
- ter dans de très sérieuses proportions la solidité de l’ensemble.
- Si, dans les montres à bas prix, l’échappement à ancre ne vaut pas cher, en revanche, c’est « le roi des échappements » pour conserver le réglage de la montre. Pour les petites montres de dames, il faut, en particulier, des échappements à ancre de fabrication particulièrement soignée : le balancier battant 21.000 vibrations à l’heure, soit 3.000 de plus, à peu près, que dans les montres de taille courante.
- Avant de quitter la question des échappements, rappelons que Bréguet imagina les échappements à tourbillon, qui exécutaient un tour en une minute afin de remédier aux variations de marche que
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- J.A (JliAYl'KK DUS HOITKS DK .MOXTItKS s’KXKCUTK AU TOUR
- Le fonctionnement de ce tour spécial repose sur le principe du pantographe et des réductions. Sur la table ipie l'on voit au premier /dan de la photographie, on aperçoit des modèles de dessins destinés à être reproduits niéeanii/uemeul sur les boites de montres.
- présentent les montres selon qu'elles sont à plat ou pendues, «pie leur pendant se trouve en haut ou en bas, à droite ou à gauche. ('es pièecs, d'un fonctionnement très précis, se fabriquent malheureusement avec difficulté. Aussi, M. Bonniksen, de Coventry, a-t-il imaginé des échappements à carrousel, d'une construction plus aisée et (pii tournent en une heure, au lieu d'une minute.
- Mais, pour transmettre à l'œil de son possesseur les indications du mouvement lini et pourvu de son échappement, il faut à la montre des aiguilles et un cadran. Jadis, un bon ouvrier demandait deux jours pour limer dans le plein et ciseler le dessin d’une paire d’aiguilles. Aujourd’hui, grâce à l'estampage, on écrase un paillon de métal sur un bloc d’acier préalablement gravé, en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire. On prend donc des bandes métalliques qu'on commence par passer au laminoir. Comme il s’agit d’aiguilles à dessins plats, on les découpe au moyen de balanciers (pii enlèvent successivement. « par saisons ». les différentes parties
- du dessin. Suivant (pie ce dernier est symétrique ou non, les saisons sont simples ou doubles. Finalement on détache la pièce de ses repères, toujours avec un découpoir. Ce système offre l’avantage de permettre au fabricant d'utiliser ses poinçons (souvent au nombre de plusieurs milliers) pour des dessins différents, en les combinant selon les goûts particuliers de sa clientèle.
- Si l'aiguille est arrondie, on la frappe d’abord au balancier, qui l’estampe, puis, après une douzaine de saisons, elle se trouve découpée. Alors on la grave, on la biseaute, et, une fois terminée, on la polit. Les aiguilles se font de toutes grandeurs, depuis celles destinées à la montre de cinq lignes (11 mm. 28), jusqu’à celles des gros « oignons » de 30 lignes (07 mm. 084). Elles sont en or, damasquinées, en acier rouges ou bleues, en nickel, etc... Une paire d’aiguilles dites « colibri », pour montre de cinq lignes, ne pèse pas plus de : 0 gr. 00405 ; une aiguille de secondes en acier pour montre ordinaire de dame, 12 lignes, n’atteint, pas le poids du milligramme ; on
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- pourrait donc expédier par la poste, dans une enveloppe affranchie à 0 fr. 15, près de 20.000 de ces minuscules pièces d’horlogerie sans dépasser les 20 grammes réglementaires.
- La plupart des cadrans de montres actuelles sont en cuivre ou en argent revêtus d’émail fond blanc. On commence par découper la plaque métallique à la dimension voulue (de 5 à 150 millimètres de diamètre), puis on la passe au feu, afin d’y souder les pieds qui la relieront à la platine du mouvement. Ensuite, sur cette surface, décapée à l’acide, on étale, au moyen d’une spatule, une pâte d’émail pilé, tamisé et lavé. Chaque plaque reçoit plusieurs couches successives, dont chacune exige un séchage et une cuisson. En outre, on dépose également, sur la face postérieure, une épaisseur de « contre-émail » pour renforcer le tout. Une fois la plaque ainsi émaillée, la machine à pointer y marque au diamant l’emplacement du centre et celui des cadrans accessoires. Arrive alors le tour de la peinture, qui, autrefois, se faisait à la main, mais
- qu’on exécute aujourd’hui par décalquage mécanique ou par réduction photographique. Pour décalquer, on se sert d’une matrice d’acier à gravure positive sur laquelle vient s’imprégner un tampon de gélatine qui reporte sur le cadran le tracé des heures. Un ouvrier assez expérimenté grave de six à huit cents cadrans par jour en moyenne.
- La méthode photographique inventée par Boulanger, de Genève, permet de réaliser, à l’aide de dessins très grands qu’on réduit, des cadrans absolument sans défaut. Grâce à ce procédé, on a pu revenir aux chiffres arabes délaissés depuis Bréguet, vu la difficulté et la lenteur de leur exécution.
- On peint avec le noir d'émail, substance cpii renferme de l’iridium en assez grande quantité, et qu’on cuit ensuite au feu.
- Les cadrans des secondes se creusent à la fraise dans le cadran principal ou se rapportent à biseau sur l'émail découpé. Enfin, on lime le bord et on perce les trous.
- Passons maintenant à 1> fabrication de la boîte en métal, or ou argent, (pii peut se
- VUE d’un ATEIJEU d’ « ACHEVE U H S » EN VT.ETN TR AVAIT,
- L'achevcur commence par souder, à T intérieur de la carrure, des petites pièces d'argent destinées à soutenir remplacement des charnières; il utilise pour cette opération de minuscules fils de fer avec lesquels il attache
- soigneusement le morceau à la carrure.
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- diviser en quatre grandes phases : le dégrossissage, le montage, l’achevage et le finissage.
- L’alliage d’argent est d’abord fondu dans un creuset de minerai de plomb chauffé habituellement dans un fourneau à vent et coulé dans des lingotières rondes et plates.
- Les lingots ronds servent au dégrossissage des carrures, des lunettes, des bords, et du fil rond ou carré ; sitôt après la fonte, on les met dans un laminoir à coches, lequel se compose de cylindres encochés de différentes grosseurs et de forme carrée. Ils vont de là au laminoir à « passées » ou rouleaux mobiles. On introduit les lingots carrés entre deux de ces passées, choisies suivant la forme à obtenir et d’après la section du métal. Par suite de l’allongement de ce dernier, les carrures et les lunettes s’ébauchent déjà.
- Les lingots plats s’emploient pour les fonds, les cuvettes, les carrures étampées, les lunettes refrottées, les porte-charnières et les pendants. Après la fonte, ils passent au gros laminoir à dégrossir, pourvu de puissants cylindres en acier trempé et mis en mouvement par des engrenages combinés, permet-
- tant de faire de gros traits (terme technique) ayant la propriété de resserrer le grain de la matière comprimée tout en l’allongeant.
- Laminé à une certaine épaisseur au gros laminoir, le lingot plat passe à un second laminoir à rouleaux plus petits et plus polis, qui fournissent des plaques d’une certaine longueur, propres pour les cuvettes et les fonds. Ces plaques, laminées à l’épaisseur voulue, sont découpées à la presse américaine.
- Les lingots des carrures et lunettes, sortant du laminoir à coches, arrivent aux mains des soudeurs d’assortiments, qui les roulent à la grandeur désirée, les soudent, et, une fois agrandies suffisamment au balancier à emboutir, les donnent aux tourneurs.
- Dans la grande fabrique Lip, à Besançon, les carrures et les lunettes se tournent généralement sur deux sortes de machines : 1° la machine Dubail, 2° le tour-revolver. La première repose sur le principe du panto-graphe, tandis que le second est à pistons mobiles. Les carrures ou lunettes sont fixées sur une pince qui les serre automatiquement, et le tourneur donne à la carrure la forme,
- OUVRIERS OCCUPÉS A LA POSE DES CADRANS ET DES AIGUILLES
- Ces deux opérations effectuées, la montre peut être considérée comme terminée, tout au moins en ce qui concerne la partie mécanique, qui est Vessentielle.
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- LF, SERTISSAGE DES PIERRES PRÉCIEUSES DANS LES BOITES DE MONTRES Pour percer le3 trous nécessaires à celte operation, Vouvrier se sert d'un drille composé d’une forte tige
- en fer et terminée par un foret à pointe très aiguë.
- les battues, les crans, les fermetures, tout en observant minutieusement l’épaisseur et le poids demandé pour chaque pièce. Les rondelles découpées, servant à faire les fonds et cuvettes, sont recuites, puis estampées au balancier à friction ou au mouton américain qui leur donne la forme nécessaire.
- Le mouton américain se compose d'un socle en fonte et acier de grandes dimensions, surmonté de deux montants. Entre ces derniers, est actionné, au moyen de courroies et d’engrenages, un poids mobile de 250 kilos qui, en venant frapper avec force la rondelle préalablement placée sur l’étampe, la transforme en fond ou en cuvette, et y imprime à volonté ciselures et gravures.
- Les lunettes ciselées se prennent dans un fond dont on découpe le centre. On se sert, pour cette opération, du tour à revolver qui replie le rehaut et pique le cran de glace au moyen de molettes fixées aux pistons de la machine et de burins qui achèvent le travail. Ainsi préparées, les lunettes peuvent se fermer correctement sur les carrures.
- La première forme étant donnée aux fonds
- et cuvettes, ces pièces passent aux machines à refrotter automatiques, qui réalisent les bords plats et les fermetures. Finalement, on assemble toutes ces pièces et on les ferme sur les carrures. Il ne reste plus alors qu’à procéder à leur numérotage — opération peu compliquée — pour terminer le montage.
- On distribue ensuite ccs boîtes aux aclie-veurs par douze, vingt-quatre ou trente-six. Ceux-ci les ouvrent et les numérotent une seconde fois, par douzaine, en chiffres romains, sur le plat du fond et de la cuvette, ainsi que sur la carrure. Ce numérotage supplémentaire sert à pouvoir rassembler convenablement les pièces de chaque boîte.
- L’acheveur commence par souder à l’intérieur de la carrure des petites pièces d’argent destinées à soutenir l’emplacement des charnières. Il utilise pour cette opération de minuscules fils de fer avec lesquels il attache le morceau à la carrure ; il trempe ensuite celle-ci dans de l’eau bouillante saturée de borax et la soude au chalumeau. Puis il donne cette carrure au fraiseur qui, au moyen d’une machine composée de huit
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- arbres actionnés par leur courroie de transmission et munis chacun d’une fraise ayant son travail particulier, creuse sur les fonds, lunettes et carrures, les passages minuscules pour les charnières, équarris ultérieurement au tour. La fraiseuse ménage également l’endroit, du pendant et canon olive.
- Boraxées et soudées au chalumeau, les boîtes sont décapées dans l’acide sulfurique
- qui passe successivement sur un petit tour, au grattc-bois, à la vergette et à la pince. Il vérifie alors et insère les mouvements dans chaque carrure, puis les boîtes sont refermées et portées à l’atelier des décorateurs.
- Pour la décoration, on s’adresse encore aux machines. Les tours à graver sont fort curieux. Leur fonctionnement repose sur le principe du pantographe et des réductions. Dans la
- CTSKI.lltK J ) KS UOITKS DK .MONTliKS, MONTKKN SU» INK SOI5TK I)K lil.OC I)K CI.MK NT On procède ainsi pour ipic les ciselures n'apparaissent pas en relief à V intérieur-
- étendu d'eau. Le travail de l'acheveur est alors terminé, mais tout n’est pas fini.
- Une fois visitées à la sortie de l’achevage, les boîtes parviennent aux contrôleurs qui y apposent les poinçons de garantie. Puis, au retour du bureau de contrôle de l’Etat, on lisse soigneusement les cuvettes et les fonds pour les plaquer ensuite.
- Pour ce travail, on serre le fond ou la cuvette entre deux plaques de fonte chauffées à rouge et adaptées à un petit appareil appelé « plaqucuse ». Cette opération a pour but de tenir le milieu (les cuvettes et des fonds bien plat et bien tendu. Après quoi, l’ouvrier décape à nouveau chaque pièce de la boîte
- boîle d'or, comme le prix de la matière première joue un rôle prépondérant et que la concurrence abaisse énormément les prix, le fabricant arrive à des résultats extraordinaires. Ainsi, on réalise des boîtes dans lesquelles le poids de l’or ne dépasse pas 2 grammes ; la cuvette de ces boîtes n’a pas plus de neuf dixièmes de millimètres d’épaisseur, et, sur cette vraie pellicule, le graveur enlève encore du précieux métal, sans qu’on s’en aperçoive à l’intérieur ; mais, pour cela, il doit monter ses pièces sur une sorte de ciment marron qui empêche le marquage en dessous. De même, les ouvriers collent les boîtes dans du ciment disposé au bout
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- d’un petit bâton qu’ils tiennent à la main pour les eiseler plus commodément.
- Au moyen d’une machine à sabler, on donne aux dessins des teintes mates en injectant du silex finement pulvérisé sur les fonds. On agrémente encore les boîtes rie montres en y sertissant des pierres précieuses. Pour percer les trous, l’ouvrier se sert d’un drille composé d’une forte tige en
- Seules l’habileté, la science et l’expérience d’artistes spéciaux interviennent. A l’aide du burin fixe, ou tour ordinaire muni d’une plate-forme et d’un chariot, le démonteur centre les creusures des pièces. Avec un petit outil appelé « machine à régler » et dont le principal organe est un balancier pourvu de son spiral et servant d’étalon, le régleur corrige les mouvements. Il superpose 1<
- KMUOITKURS AU TIIAVAIU DANS UNE GltANDK MANUFACTURE D’iIORUOüKRIE HISONTINE Quanti les boites sont achevées, ciselées et décorées, on y insère les mouvements•
- fer terminée par un foret et mise en mouvement par une traverse de bois à laquelle une lanière de peau d’anguille ou une corde à boyau la rattache. (V. la photo à la page 91 ).
- Les boîtes une fois décorées arrivent aux mains des finisseurs qui goupillent les anneaux, découvrent l’ouverture des fonds et lunettes, posent les anneaux, les polissent et les avivent. Puis elles passent aux mains des emboîteurs qui y insèrent les mouvements et les y fixent solidement.
- Les montres, coquettes, brillantes, et, cette fois, « vivantes » parviennent aux ateliers de repassage, de remontage et de réglage. Ici, le machinisme perd ses droits.
- balancier et le spiral à régler à ceux de l’instrument, et, en approchant ou en éloignant du centre le point de flexion du spiral, il arrive à faire concorder les vibrations du balancier à régler avec le balancier étalon.
- Enfin, les chronomètres, qui doivent recevoir un bulletin de marche officiel des Observatoires de Genève, de Neuchâtel ou de Besançon, subissent un réglage de précision ; s’ils se comportent bien au cours de ces épreuves thermiques et autres qu’on leur impose, le fabricant les porte dans l’un ou l’autre de ces établissements scientifiques. Nous décrirons naturellement celui de Besançon, le seul observatoire chronométrique de
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- LA SCIENCE ET LA V1Ê
- France, créé spécialement pour venir en aide aux fabriques d’horlogerie bisontines, sérieusement menacées par la concurrence étrangère, il y a un quart de siècle comme aujourd’hui. Les dix constructions qui le composent furent commencées en 1883 et achevées seulement deux ans plus tard ; isolées les unes des autres, elles s’élèvent sur un terrain de sept hectare. et demi, planté de
- trouvait installé dans un bureau attenant à la salle méridienne, mais son extension croissante nécessita bientôt son transport dans un local plus vaste, et il occupe maintenant une pièce très spacieuse où sont réunies les plus belles pendules de l’observatoire, en particulier la pendule directrice de temps sidéral, la pendule étalon de temps moyen pour la comparaison des chronomètres, et
- VUE PRISK DANS UN ATELIER DE REPASSAGE ET DE RÉGLAGE
- (La plupart des photographies qui illustrent cet article ont été prises dans les ateliers de la fabrique
- de montres et chronomètres Lip, à Besançon.)
- très beaux arbres, et abritent, entre autres grands instruments, une lunette méridienne, un équatorial coudé et un altazimut.
- A l’origine, on envoyait l’heure électriquement à la main, une fois par jour, à 11 heures, et seulement à l’hôtel de ville de Besançon ; aujourd’hui, une pendule la transmet automatiquement toutes les heures, de 11 heures du matin à 5 heures du soir, au domicile d’une vingtaine d’industriels ou régleurs et à quatre établissements publics.
- Dans un avenir très prochain, toutes les villes horlogères de la région, qui sont assez nombreuses, la recevront également.
- Au début, le service chronométrique se
- la pendule pour l’envoi automatique de l’heure. Tous ces instruments sont de valeur.
- Dans cette même salle, on a mis aussi les étuves à 15 degrés et 30 degrés pour éprouver les chronomètres et divers objets qui, dans les vitrines, constituent un petit musée historique de la montre moderne.
- Dans le sous-sol bitumé du pavillon chronométrique, on aménagea une chambre à doubles parois isolantes pour recevoir l’étuve glacière et un compteur électrique actionné par la pendule étalon et qui permet la comparaison des chronomètres dans la pièce. Le calorifère à air chaud, qui maintient les meubles-étuves aux températures
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- exigées, est également installé dans les caves.
- La glacière, établie sur les plans de M. P. Chofardct, repose dans une enceinte entourée d’une double cloison de bois garnie intérieurement de cendres et d’escarbilles. Elle se compose d’une caisse en bois de sapin de forme cubique, portée par quatre pieds. Une couche de cendres de bois de 0 m. 14 isole la glace qui enveloppe complètement les deux réceptacles o il l’on déposera les tiroirscôntcnant les chronomètres. Chacun de ces récipients est un coffret en cuivre rouge où l’on peut mettre horizontalement quatre tiroirs. L’employé ne touche à ceux-ci qu’en m a n œ livrant une double-porte : Pline, garnie de poudre de liège; l’autre, intérieure, remplie de glace.
- Celle-ci s’introduit par le dessus de la glacière en soulevant deux couvercles : le premier est en bois et poudre de liège, le second en cuivre rouge avec cendres à l'intérieur et fermeture hydraulique, afin d’arrêter la circulation de l’air. Quant à l’eau de fusion, elle ,s'écoule par un robinet hydraulique, ce qui évite le contact de l’air extérieur avec la glace. Enfin, la glacière Chofardet, peut aisément recevoir, pour l’observation collective, ICO à 200 chronomètres.
- Le nouveau règlement de l’Observatoire de Besançon, entré en vigueur depuis le 1er mai 1910, comporte des. épreuves aussi sévères
- que celles imposées par le vieil observatoire genevois à l’honogerie suisse. Il prévoit trois classes d’épreuves pour les chronomètres de poche. Dans la première, on les suit dans sept positions et à trois températures ; 0°, 15° et 30° pendant quarante-quatre jours, partagés en huit périodes de la façon suivante •
- 1° Durant cinq jours le chronomètre reste vertical, pendant en haut, à 15° ;
- 2° Durant cinq jours le chronomètre reste vertical, pendant à droite, à 15° ;
- 3° Durant cinq jours, le chronomètre reste vertical, pendant à gauche, à 15° ;
- 4° Durant six jours, le chronomètre demeure horizontal, cadran en haut, à la température de la glace (0°) ;
- 5° Durant six jours, le chronomètre demeure horizontal, cadran en haut, à 15 degrés ;
- 6° Durant six jours, on maintient le chronomètre, cadran en haut, à 30°;
- 7° Durant six jours, on met le chronomètre horizontal, cadran en bas, à 15° ; 8° Enfin, durant cinq jours, on remet le chronomètre vertical, pendant en haut, à 15°.
- Les pièces qui ont subi les épreuves avec succès reçoivent un bulletin de lre classe. Il faut, pour cela, que l’écart moyen de leur marche diurne ne dépasse pas 0 seconde 75 ; pour les bulletins de 2e et de 3e classes, il ne doit pas excéder, respectivement, 1 seconde 25 et 1 seconde 50. Jacques Royf.r.
- MISE DES MONTRES DANS LA GLACIERE, A L’OBSERVA-TOIRE CHRONOMÉTRIQUE
- Les montres de précision subissent des essais de position et des épreuves thermiques qui consistent à les examiner à la t mperaturc ordinaire (15°), à F étuve (30°) et à la glacière (0°). Selon qu'elles ont subi avec plus ou moins de succès le cycle des épreuves exigées, les montres reçoivent de F observatoire chronométrique un bulletin de première, de deuxième ou de troisième classe.
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- GRACE A CE PETIT APPAREIL L’EAU DES RÉSERVOIRS NE GÈLERA: PLUS
- Voici l’hiver venu, et, avec lui, les effets destructeurs de la gelée. Réservoirs, cylindres, radiateurs, canalisations sont exposés à être mis hors d’usage si on les a laissés plein d’eau et cxpo-é.s à des températures au dessous de zéro. Une minute d'oubli suffit pour que le désastre soit irréparable.
- M. l’ingénieur Cesbron a ,
- imaginé un petit appareil <pii permet d’éviter cet accident en vidant automatiquement, au moment critique, l’appareil à protéger.
- On sait que Peau est le seul liquide qui, en se congelant, augmente de volume et se dilate avee une force expansive considérable.
- C’est cette force qui fait éclater les vases qui la contiennent. L’appareil que nous allons décrire a ceci d’ingénieux qu’il utilise, pour protéger les réservoirs, cylindres, etc., la force même qui tend à les briser, c’est-à-dire la force d’expansion de Peau qui se congèle.
- C’est de cette force que l’inventeur se sert, c’est la gelée elle-même (pii provoque le fonctionnement mécanique de l'appareil, dont la sensibilité est calculée de telle manière tpi’il agit d’une façon certaine avant que Peau ne se congèle dans les récipients ou organes à préserver.
- L’application de ce dispositif aux radiateurs d’automobiles semble tout naturellement indiquée ; il évite de les vidanger dès que le moteur est au repos pour un certain laps de temps ; il évite aussi l’emploi des liquides antigel, que l’on mélange à l’eau de circulation, qui nuisent au bon refroidissement et peuvent avoir des influences corrosives sur le métal des chambres de circulation.
- Cet appareil se compose de deux parties essentiellement distinctes : premièrement,
- l.K I’AUA-GKI.
- L’eau contenue dans le serpentin 4, en se congelant, actionne le levier à, qui ouvre la sou-pàpc 2 par laquelle Veau du réservoir s’écoule.
- un corps tubulaire 1 relié par un raccord à vis et écrou 6 à la partie inférieure, la plus basse, du réservoir ou des organes à protéger. Ce corps est fermé par un clapet 2 garni d’un joint souple et non conducteur de la chaleur ; ce clapet est supporté lui-même par un levier 3, rappelé par un ressort. C’est, en somme, un robinet à commande automatique.
- La deuxième partie de l’appareil comporte les organes qui doivent commander la manœuvre de ce robinet : un serpentin 4, étudié et construit pour refroidir très rapidement l’eau qu’il contient quand l’atmosphère ambiante le permet. L’eau est introduite dans ce serpentin par l’extrémité supérieure 7, (pie l’on referme hermétiquement à l’aide d’un bouchon. Sous l’action du froid, l'eau augmentant de-volume et ne trouvant plus d’issue du côté où elle a été introduite, exerce toute sa poussée sur l’aiitre extrémité du serpentin, où elle rencontre un piston 5 qui appuie sur le levier 3. Celui-ci, en s'abaissant sous l’effort très énergique produit par la congélation de l’eau dans le serpentin, dès que les premiers effets de la gelée se font sentir, détermine l’ouverture de la soupape 2, et, par suite, la vidange automatique du réservoir à protéger
- Au cours de différents essais qui ont été faits au laboratoire de la Section technique du ministère de l’Armement, l'appareil, soumis pendant vingt-quatre heures à des températures variant de — 3 à — 9 degrés, a évacué 80 à 97 % de l'eau des réservoirs, les préservant ainsi de tout éclatement et de toute fissure. Même succès pour les expériences pratiquées sur des radiateurs d'autos,
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- LES PRINCIPAUX TYPES DE TRANSFORMATEURS ÉLECTRIQUES
- Par Carie JOUBAULT i N'UKNiKun électricien
- Oi’AND un générateur d’électricité, pile, accumulateur ou dynamo, fonct ionne, il sc produit, on le sait, à ses deux pôles une force électromotrice (que nous appellerons E), et dans le fil conducteur qui les réunit, un courant d’intensité I ; l’énergie du générateur, ou le travail auquel il peut donner lieu dans chaque seconde, est donc la force élec-tromotrice E multipliée par l’intensité Cette énergie peut être utilisée sur place ou transportée à distance. Dans ce dernier cas, on se trouve en présence d’une difficulté qui provient de la résistance que le circuit interposé entre le générateur et le récepteur va opposer au passage du courant, laquelle va occasionner, en pure perte, dans ledit circuit, un développement de chaleur qui, d’après la loi de Joule, est égale à la résistance R de ce circuit multipliée par le carré de l'intensité I. C’est donc là une puissance perdue qui vient grever les frais de transport de l’énergie électrique, quelle que soit la forme sous laquelle on veut l’utiliser (éclairage ou travail mécanique). Pour l’éviter, ou, au moins, la diminuer autant que possible, on peut réduire, soit la résistance de la ligne, soit l’intensité du courant. On diminue la résistance de la ligne, ou circuit, en augmentant
- la grosseur ou section des fils, mais on élève ainsi, dans des proportions considérables, les dépenses d’installation, puisque le poids du métal des fils conducteurs est proportionnel à leur section pour une distance donnée. 11 vaut donc mieux diminuer l’intensité I. Alors, pour transporter, malgré cela, des quantités d’énergie suffisantes, il importe
- d’augmenter la force électromotrice du générateur de telle sorte que, dans l’expression d e la puissance El, la grandeur de E compense la faiblesse de 1.
- On est ainsi amené à employer, au départ, des générateurs à grande force électromotrice ou à très haute tension.
- Mais, en général, les récepteurs n’admettent pas des tensions aussi élevées ; on ne pourrait, par exemple, atteler une machine de 2.000 volts sur une lampe n’exigeant que 100 volts. De plus, sous une tension efficace supérieure à 200 volts, les courants alternatifs ne sont jamais utilisables sans danger mortel pour les personnes. Ce danger peut même subsister, dans certaines circonstances particulières, pour une tension beaucoup moindre.
- Pour rendre le courant utilisable et pour éviter tout accident, il faudra donc abaisser très sensiblement la tension à l’arrivée, convertir le courant de haute tension et de
- TH A NS PO K M AT K U U MONOPHASÉ DK 2.100 KILOWATTS (On le voit à gauche sorti de sa cuve à huile)
- Rapport de transformation: 6.000-60-000 volts ; 16 2/3 périodes. Six de. ces appareils sont installés à P usine de. So-ulom pour l'électrification du réseau des ch-mins <0 fer du Midi.
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- groupe de locaux avec 500 lampes exigeant un ampère chacune sous 100 volts, et que la dynamo doive être placée à 500 mètres du centre de ce groupe. Le parcours de 1.000 mètres que mesure le conducteur (aller et retour) entraînera, par exemple, une perte de 10 volts ; la résistance du conducteur sera alors de 0,02 ohm ; sa section, de 833 millimètres carrés ; son poids de 75 tonnes, et son prix, d’environ 200.000 francs. Si, maintenant, on amène la même puissance électrique au centre du groupe considéré avec un courant de 50 ampères sous 1.000 volts, et qu’on transforme ensuite ce courant primaire en un courant secondaire de 500 ampères sous 100 volts, le conducteur devra être beaucoup plus faible. En effet, si l’on admet la même perte de puissance que dans le premier cas, ce conducteur déterminera une chute de potentiel de 100 volts ;
- TRANSFORMATKUR TRIPHASE A BAIN ü’iIUILE ET REFROIDISSEMENT NATUREL
- 3.300-40.000 volts ; 50 périodes.
- faible débit en un courant de basse tension et de grand débit.
- Ce sont ces appareils qui modifient la tension du courant électrique qui s’appellent des transformateurs de tension. Si le générateur ne produit pas l’énergie à une tension suffisamment élevée, on l’élève par un transformateur élévateur de tension. A la station d’utilisation, on abaisse la tension par un transformateur réducteur de tension. Car le transformateur peut jouer deux rôles : diminuer l'intensité et augmenter la force électro-motrice, ou inversement.
- « Les transformateurs, dit M. H. Font aine dans son traité de Y Eclairage à Vélectricité, ont surtout pour but de diminuer les frais de premier établissement des installations d’éclairage électrique présentant une grande longueur de fils conducteurs. Nous supposerons, par exemple, qu’il s’agisse d’éclairer un
- TRANSFORMATEUR TRIPHASÉ DANS SA CUVE A HUILE, AVEC REFROIDISSEMENT PAR EAU
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- LES TRANSFORMATEURS ÉLECTRIQUES
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- sa résistance sera de 2 ohm ; sa section de 8,33 millimètres carrés ; son poids de 750 kilogrammes, et son prix, de 2.250 francs seulement. Nous ne tenons pas compte de la perte occasionnée par le transformateur, et nous n’examinons pas si, dans la dernière hypothèse, le câble ne serait pas un peu faible pour donner passage à un courant de 50 ampères, notre exemple ayant pour unique objet de faire ressortir le bénéfice considérable qui peut résulter, en pratique, de l’emplc i des transformateurs. »
- Les transformateurs sont dits homomor-phiques quand ils ne font que modifier les constantes d’intensité et de tension du courant les traversant, et polymorphiques quand, recevant un courant primaire de forme déterminée, ils rendent un courant secondaire de forme différente, dont les constantes sont également différentes. En d’autres termes, les premiers, alimentés par du courant continu, rendent du courant continu, ou des courants alternatifs s’ils reçoivent des courants de ce genre ; les seconds rendent du courant continu alors qu’ils sont traversés par du courant alternatif, ou inversement.
- La transmission de notables quantités d’énergie n’est pas sans présenter des difficultés et de gros inconvénients en courant continu : les transformateurs de tension de courant continu, dits transformateurs tournants, exigent l’emploi de pièces mobiles, tels que contacts frottants, balais, collecteurs ; il n’en existe pas de simples ni d’économiques.
- Le courant alternatif apporte tout natu-
- Puissance : 6.000 kiloivatts ; 52.500110.000 volts. La cave de cet appareil est hermétique et possède un réservoir d'expansion pour l'huile.
- Tellement la solution du problème. On sait, en effet — et c’est là une notion élémentaire — que si, sur une bobine parcourue par un courant, on enroule une autre bobine, celle-ci est le siège d’un courant induit quand le courant de la première commence ou cesse, ou, plus généralement, quand ce courant varie.
- L’intensité du courant induit augmente dans des proportions considérables si l'on a soin de placer les bobines inductrices et induites sur un même noyau de fer doux formant un circuit magnétique complètement fermé ; nous en dirons plus loin la raison.
- Dans les transformateurs de tension, on réalise cette disposition avec des tôles de fer doux serrées les unes contre les autres, de façon à constituer un circuit magnétique fermé sur lui-même appelé carcasse magnétique du transformateur. Sur ce cadre, on
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- TYPE DK TRANSFORMATEUR MONOPHASÉ Les bornes sont surmontées de barres avec boules formant un éclateur.
- Les deux photographies qui illustrent cette page, ainsi que celles reproduites dans les trois pages précédentes, nous ont été obligeamment communiquées par la Compagnie électro-mécanique du Bourget.
- enroule les spires de la bobine inductrice et celles de la bobine induite : la première s’appelle techniquement le primaire et la seconde le secondaire du transformateur.
- De façon générale, la carcasse magnétique présente les formes soit d’un anneau, soit d’un cadre carré ou rectangulaire.
- Un transformateur dit statique, c’est-à-dire ne possédant que des circuits fixes, se compose donc essentiellement d'un noyau de fer dit feuilleté (pour éviter les courants de Foucault), sur lequel on a enroulé deux bobines, l’une à gros lil et à petit nombre de spires, l’autre à fil fin et à grand nombre de spires. Si l’on envoie dans l’une d’elles un courant alternatif dit primaire, il se produira dans le noyau une variation périodique de flux magnétique qui déterminera dans le seconde bobine un courant d’induction dit secondaire.
- Les différences de potentiel efficaces aux -bornes des bobines d’un transformateur
- étant proportionnelles au nombre de tours des bobines, si l’on veut s’en servir pour abaisser la tension d’un courant, on prendra comme primaire le fil fin et comme secondaire le gros fil. C’est le cas le plus général des transformateurs industriels. Nous citerons comme type le transformateur Zypernowski qui se compose d’un anneau formé de fil de fer doux, semblable à l’anneau d’une dynamo Gramme, constituant le noyau sur lequel sont successivement enroulées les bobines primaires et les bobines secondaires ; chaque bobine primaire est réunie à la suivante ; il en est de même {jour les bobines secondaires.
- Les qualités de courant induit dans le deuxième circuit dépendront, toutes choses égales d’ailleurs, de la longueur et de la section du fil de ce circuit par rapport à la longueur et à la section (ou grosseur) du fil du circuit primaire. Nous avons dit plus haut comment on obtient des courants induits d'intensité supérieure à celle des courants primaires, et inversement ; mais, en pratique, on peut modifier l’intensité des courants induits dans un transformateur en groupant en série ou en quantité un plus ou
- RÉGULATEUR D'iNDUCTION A HAIN n’mTTT,F. AVEC, A I.A PARTIE SUPÉRIEURE, UN RÉGULATEUR A ACTION RAPIDE.
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- LES TRAN SFORMATEU IIS ÉLECTRIQUES
- moins grand nombre de spires des bobines de ce transformateur (comme on groupe les batteries de piles électriques). La valeur de l’intensité et la différence de potentiel aux bornes de la bobine secondaire satisferont toujours à cette condition que l’énergie qu’elle représente sera strictement égale à l'énergie des courants inducteurs multipliées par un certain coefficient, qui est le rendement du transformateur.
- Ce rendement est le rapport de la puissance utile, recueillie aux bornes du secondaire, à la puissance totale fournie aux bornes du primaire. Il peut être très élevé : il atteint couramment 95 à 98. % dans les appareils modernes de construction très soignée. Il est d’ailleurs variable avec la charge.
- Les pertes de puissance dans un transformateur électrique ont diverses causes dont les principales sont réchauffement des fils des bobines du primaire et du secondaire, et les courants de Foucault dans toutes les masses métalliques de l’appareil. Ou peut y remédier.
- Avec un appareil bien installé, la température ne doit pas, en principe, dépasser 70 degrés centigrades.
- Il est prudent de disposer des appareils de mise à terre pour éviter les
- TRANSFORMATEUR TRIPHASÉ, AVEC REFROIDISSEMENT PAR CIRCULATION D’EAU
- TRANSFORMATEUR MONOPHASE POUR FAIIÎLES PUISSANCES On remarquera les deux traverses en fer, la supérieure et l'inférieure, boulonnées sur les deux noyaux des bobines, en tôles feuilletées, qu'elles joignent, formant ainsi un circuit magnétique complètement fermé.
- accidents, parfois irréparables, qui seraient susceptibles de résulter d’un contact accidentel entre les deux courants.
- Les transformateurs sont dits différés quand l’utilisation du courant peut n’avoir lieu qu'après un temps théoriquement illimité, ce qui est le cas des accumulateurs, dont nous ne nous occupons pas ici, et instarrfhmés lorsque l’utilisation est immédiate, comme dans les bobines de lluhmkorff, et les appareils dont il est question dans cet article.
- On distingue deux classes de ces derniers : ceux à circuit magnétique ouvert et ceux à circuit magnétique fermé. Tous les transformateurs actuels appartiennent à cette dernière classe.
- Les transformateurs à circuit magnétique ouvert sont constitués par un
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- seraient réduites à peu de chose dans un circuit fermé, même de fer doux, à cause de l’aimantation rémanente, qui est toujours considérable dans ces sortes de circuits.
- Mais, en général, l’inconvénient des circuits magnétiques ouverts est de présenter une forte résistance magnétique, autrement dit d’exiger une force magnétomotrice considérable pour développer une induction donnée. Or, dans les transformateurs en activité, la force magnétomotrice à laquelle est soumis le fer est relativement faible ; en effet, elle provient en partie du primaire, en partie du secondaire ; les deux forces magnétomotriccs s’équilibrent donc de manière à ne donner qu’une résultante beaucoup plus faible que chacune d’elles agissant séparément.
- On a, par conséquent, intérêt, pour mieux utiliser cette force magnétomotrice, à employer des circuits magnétiques fermés, comme, d’ailleurs, on l’a dit plus haut. On a dit également que, dans ce type de transformateur, dont les formes sont extrêmement variées, le noyau était formé par une
- TRANSFORMATEUR TRIPHASÉ, A VENTILATION FORCÉE, POUR GRANDES PUISSANCES
- faisceau droit de fils de fer sur lequel sont enroulés le primaire et le secondaire. Les bobines d'induction, comme la bobine de Ruhmkorff, appartiennent à cette classe ; elles servent, on Je sait, à obtenir, avec un courant intense et de faible force électromotrice, une force électromotrice considérable capable de donner de longues étincelles, de charger des batteries, d’obtenir, en un mot, les effets que produisent les machines électrostatiques.
- Parmi les transformateurs à circuit magnétique ouvert les premiers construits, on cite le transformateur Gaulard etGibbs, dont il sera parlé plus loin.
- L’emploi des circuits magnétiques ouverts est indiqué seulement dans le cas où l’on alimente le primaire, non pas avec un courant alternatif, mais avec un courant périodiquement interrompu, comme dans les bobines d’induction de Ruhmkorff. Dans ce cas, en effet, la force démagnétisante qui existe dans ces circuits favorise les variations rapides du flux : ces variations
- TRANSFORMATEUR TRIPHASÉ DE 4.000 KILOWATTS, 05.000 VOLTS, A BAIN D’iIUILE
- On voit 1 appareil, sorti de sa cuve, à gauche de la photographie.
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- LES l'RAN S FO RM ATEU RS ÉLECTRIQUES
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- sorte d’anneau (qui peut être aussi un rectangle) en tôles superposées sur lequel sont enroulées les bobines principales et les bobines secondaires.
- D’ailleurs, ces bobines peuvent être placées al ter native ment, ou bien être superposées : dans tous les cas, il faut qu’elles soient très soigne u seine n t isolées les unes desautresetiso-lées du noyau.
- Pour mieux réaliser cet isolement, l’appa- TRANSFORMATEUR TRIPHASÉ, A BAIN D’iIUILE, A REFROI-
- reil tout entier, disskmfnt par circulation d’eau
- aumoinsquand La cuve porte des ailettes pour assurer un bon refroidissement.
- il atteint une certaine puissance, est plongé dans un bain d’huile ou de paraffine.
- Théoriquement, le noyau devrait êtrefor-mé de tôles d’une seule pièce, découpées, par exemple, à l’emporte-pièce , pour constituer le circuit magnétiquefer-mé ; pratiquement, on est obligé d’y renoncer parce qu’alors il faudrait enrouler à la main les bobines tant primaires que secondaires, ce q u i donnerait lieu à un travail trop consi-
- INSTALLATION DE TRANSFORMATEURS DANS LEUR CUVE D’HUILE, REFROIDIS A l’EAU
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- que s’il était formé d’une seule pièce.
- En général, les bobines destinées à la basse tension et, par conséquent, beaucoup plus faciles à isoler, sont placées immédiatement sous le noyau, et les bobines à haute tension, très soigneusement isolées, les entourent.
- Le transformateur Gaulard et Gibbs, qui fut, ainsi qu’on l'a dit plus haut, un fies premiers construits à circuit magnétique ouvert, est constitué par deux hélices enroulées autour d'un même noyau de fer ; elles sont confectionnées au moyen de disques minces, en cuivre, ayant la forme d’une couronne circulaire largement coupée en un point, formant ainsi une sorte de collerette, et munie, sur les bords de la coupure, de deux languettes qui servent aux soudures. La languette de droite d'un disque est soudée à la languette de gauche du disque suivant, dont la languette de droite est soudée à la languette de
- TKA NS FO ll-MAT HUIt TH 11’ U AS K A
- iîain d’iiuii.k, 5.500-05.000 volts
- Ce transformateur comporte, un dispositif de sécurité à ailettes de refroidissement; il est muni de galets et roule sur des rails.
- dérablf ; il faut pouvoir construire ces bobines séparément, et les enfiler toutes construites sur le noyau de fer, ce cpii exige, à un moment de la construction, un circuit magnétique nécessairement ouvert ; une fois les bobines mises en place, on ferme le mieux possible le circuit magnétique au moyen de culasses ou d’une pièce supplémentaire formant joint, un segment de cylindre, par exemple, constituant un côté du cadre ; lorsque la construction est très bien soignée et que les joints sont parfaitement ajustés, un tel système est pratiquement aussi perméable au llux magnétique
- TKANSFOKMATKUHS TKIIMIASKS DANS I.KUl CUVK A HUII.K ( Société italienne pour Futilisation des forces du I ’ertelo ( I ’énétic ).
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- LES T R AN S F O RM AT ETJ RS ÉLECTRIQUES
- lOo
- gauche du troisième disque, et ainsi de suite.
- De cette manière, on forme une hélice à ruban dont chaque disque représente une spire. Les deux hélices primaire et secondaire sont absolument identiques, et les spires de Tune sont alternées avec celles de l’autre.
- L’isolement est obtenu au moyen de disques à couronne circulaire de carton mince enduit de gomme laque. T.es disques des deux
- dans le circuit primaire, ou l’ôter et y substituer un court-circuit. Le commutateur peut réunir en circuit simple ou en circuit multiple les parties dont est composée l’hélice secondaire. Un commutateur à fiches, placé sur une planchette en ébonite, se trouve à proximité de l’appareil.
- Pour régler la puissance de ce transformateur, on peut introduire plus ou moins,
- rfrr. 1 ji i. > 'tTÎ-tr-
- COUPE LONGITUDINALE ET COUPE TRANSVERSALE D’UN TRANSFORMATEUR MONOPHASÉ A BAIN D’iIUILE, AVEC REFROIDISSEMENT PAR CIRCULATION D’EAU
- A, noyaux des bobines; B, montants en fer soutenant la partie supérieure de la cuve; C, serpentin; 1), traversées ou chemin suivi par le fil conduisant le courant de la bobine aux bornes; K, galets de roulement; F, arrivée de l'eau dans le serpentin; G, robinets à trois voies; II, sortie de l'eau du serpentin; J, dispositif de sécurité; K, thermomètre; L, sonnerie électrique; M, niveau d'huile; N, manette que l'on abaisse pour empêcher l'appareil de rouler sur scs galets. Le dispositif de sécurité J est destiné il avertir
- quand Veau cesse de couler dans le serpentin.
- hélices, et ceux en carton destinés à les isoler, sont montés sur un tube vertical en ébonite, ou autre matière isolante, dans l’intérieur duquel on introduit un noyau cylindrique formé de fils de fer doux. Quatre colonnes métalliques et deux plateaux en bois forment le châssis de l’appareil. Sur le plateau supérieur sont placées les bornes des deux hélices et un commutateur au moyen duquel on peut, à volonté, introduire le transformateur
- dans l’intérieur des tubes verticaux, le noyau de fer. A cet effet, le plateau supérieur porte une vis latérale à l’aide de laquelle on peut fixer le noyau à toutes les hauteurs.
- Il existe deux modèles, un grand et un petit ; dans le premier, l’hélice secondaire est formée de quatre parties égales, que l’on peut réunir à volonté en tension ou en quantité ; dans le second, l’hélice secondaire est composée de deux parties seulement.
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- Les circuits primaires se placent en tension aux bornes d'une machine dynamo à courants alternatifs. L’intensité du courant dans les circuits est maintenue à une valeur constante par l’introduction de résistances contenues dans un rhéostat manœuvré soit à la main, soit par le courant lui-même.
- Les transformateurs à cii-cuit magnéti -que ouvert sont auj ouid’h ui délaissés, et, parmi ceux à circuit fermé, construits vers lamêmeépoque que les précédents, on peut citer, outre le Zipernowsky, dont il est parlé plus haut, teur Dick et Kennedy, qui précédent, à anneau.
- Son noyau est formé d'un fera double T dans le genre de la bobine, ou tambour, de la dynamo Siemens, autour de l’âme duquel on enroule d’abord le fil induit, puis le fil inducteur.
- On obtient ainsi un cylindre dont on complète le circuit magnétique par une très forte épaisseur de fil de 1er.
- Le transformateur Ferrant i se compose de lames de tôle mince enfilées dans la bobine formée par
- THANSFORMATEUR DE MESURE, 65.000 VOLTS Dr chaque côté et au-dessus, montés sur bornes isolantes, sont installés des coupe-circuit et des bobines de self-induction.
- le transforma-est, comme le
- TYPE USUEL UE TRANSFORMATEUR MONOPHASÉ D’ESSAIS POUR TENSIONS TRES ÉLEVÉES (65.000 VOLTS) Les bobines de cet appareil sont horizontales.
- les circuits primaire et secondaire, et recourbées par-dessus et par-dessous la bobine ; les bouts des lames se chevauchent et forment un circuit magnétique de tout premier ordre.
- Dans le transformateur de la Compagnie Westinghouse, le noyau est formé de tôles minces rectangulaires à travers lesquelles sont enroulés les deux circuits primaire et secondaire.
- Le transformateur à cou -rant continu le plus simple, du moins comme conception, se composerait de deux dynamos dont on couplerait les axes ; la première machine étant parcourue par le courant dit primaire, entraînerait dans sa rotation la deuxième machine qui produirait le courant dit secondaire. Le rendement d’un tel ensemble peut s’élever au
- delà de 80 %. On peut modifier cette disposition en enroulant sur le même induit deux circuits, l’un servant de primaire et faisant tourner ledit induit, l’autre remplissant le rôle de circuit secondaire et engendrant, en tournant, le courant secondaire. Chaque circuit a, bien entendu, ses balais et son commutateur.
- Comme les deux courants circulent*
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- LES TRANSFORMATEURS ÉLECTRIQUES
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- en sens contraire, les sections magnétiques sont également de sens contraire, et comme, enfin, le nombre d’ampères-tours (c’est-à-dire le produit du nombre de tours de fil par le nombre d’ampères du courant qui le parcourt) est à peu près le même dans chaque circuit, les actions magnétiques se contre-balan-ccnt, la réaction de l'induit disparaît presque entièrement, et il n’y a pas de torsion du champ magnétique.
- Plusieurs constructeurs ont établi des transformateurs de ce genre, mais, comme ils ne sont plus guère employés, nous nous abstiendrons complètement d’en donner la description. Le cadre de cet article est, d’ailleurs, forcément restreint.
- Les modèles de transformateurs que l’on construit actuellement, tous, on l’a dit, à circuit magnétique fermé, sont fort nombreux
- TRANSFORMATEUR D’ESSAIS, MONOPHASÉ, DE 250 000 VOLTS, PLACÉ DANS SA CUVE
- AUTRE TRANSFORMATEUR D’ESSAIS, MONOPHASÉ, DE 250.000 VOLTS, HORS DE SA CUVE
- chaque constructeur possédant le sien, plus ou moins perfectionné et plus ou moins parfait. Il nous est impossible de les passer tous en revue ; nous nous bornerons à parler de ceux dont nous donnons les photographies.
- Les transformateurs statiques, construits normalement par la Compagnie Electromécanique du Bourget, sont presque toujours à noyau de fer, mais ils comportent un grand nombre de types différents. Tandis que les transformateurs pour faibles puissances et basses tensions, sont à refroidissement naturel dans l’air, sans cuve protectrice spéciale, on emploie, de préférence, lorsqu’il s’agit de tensions plus élevées, des transformateurs dans l’huile, celle-ci ayant une rigidité diélectrique supérieure à celle de l’air et maintenant en bon état les isolants solides des enroulements. Pour les grandes puissances, la cuve de refroidissement contient un serpentin assurant le refroidissement de l’huile par une circulation d’eau froide. Une disposition spéciale, quelquefois utilisée,
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- consiste à brancher les transformateurs sur des canaux de ventilation, le refroidissement se faisant alors, dans d’excellentes conditions, par circulation d’air sous pression.
- Parmi les types spéciaux construits par ladite compagnie, il y a lieu de mentionner Les transformateurs destinés à être montés sur les poteaux des lignes de transport de force électrique ; ils sont protégés contre la pluie Les transformateurs de mesure pour la transformation des courants à haute tension ou des courants de forte intensité en courants convenant spécialement aux instruments de mesure ;
- Les transformateurs d’essais donnant des tensions atteignant plusieurs centaines de mille volts pour fabriques de câbles conducteurs ou d'isolateurs ;
- Les transformateurs de construction ou de forme spéciales pour fours électriques ; Les transformateurs de réglage ;
- Les transformateurs de démarrages pour
- moteurs asynchrones à induit en court-circuit et permettant le démarrage rapide desdits moteurs sans que l’appel de courant au réseau soit trop élevé.
- Les transformateurs protégés contre les courts-circuits sont munis d’enroulements
- spéciaux qui les rendent insensibles aux courts-circuits se produisant sur le réseau ; ces transformateurs sont indiqués dans les exploitations de chemins de fer, laminoirs et services similaires.
- Pour les réseaux très étendus, un réglage automatique de la tension dans la station centrale où fonctionnent les générateurs ne suffit pas ; il faut, en outre, installer aux points de consommation du courant des appareils spéciaux permettant d’obtenir un réglage de la tension indépendant des variations plus ou moins sensibles de charge des parties voisines du réseau.
- On construit dans ce but des transfor-
- TRANSFOIUIATEÜR MONOPHASÉ, RÉGLABLE,
- pour i,a soudure autogène
- TROIS TRANSFORMATEURS MONOPHASÉS SE REFROIDISSANT PAR CIRCULATION D’AIR
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- LES TRANSFORMATEURS ÉLECTRIQUES 109
- TRANSFORMATEUR DK 35.000 VOLTS, A BAIN d’iiuii.k
- réglage sont des auto-transfor-mateurs avec prises de courant reliées à des interrupteurs à gradins dans l’huile, permettant de mettre hors circuit un certain nombre de bobines du transformateur. Un interrupteur pare-étincelles, monté dans une cuve à huile, empêche les étincelles nuisibles aux contacts de l’interrupteur à gradins. Ces transformateurs sont à commande à main ou automatique.
- Les inconvénients du réglage graduel sont évités par l’emploi des régulateurs d’induction, dans lesquels le réglage est réalisé par décalage relatif des deux enroulements, soit à la main, soit automatiquement.
- Tous les transformateurs de type normal construits par les Ateliers Oerlikon sont à noyaux verticaux, donnant les meilleurs résultats au point de vue de l’intensité de la ventilation naturelle. Pour leur construction, on a tenu compte des expériences les plus récentes faites dans le domaine de l’électrotechni-que ; aussi se distinguent-ils par une faible chute de tension, des rendements particu-
- ma t e urs qui rendent possible un réglage graduel, et des régulateurs d’induction qui permettent un réglage continu extrêmement régulier. Les transformateurs de
- licrement élevés, une construction simple et solide et un poids assez restreint.
- Leur « corps de fer » se compose de deux ou trois noyaux verticaux de section rectangulaire, réunis à leurs parties supérieure et inférieure par deux culasses de section semblable. Les noyaux et les culasses sont formés de paquets de tôle de fer de 5 millimètres d’épaisseur, isolés les uns des autres par de minces feuilles de papier imprégné de matière isolante et serrés par des vis soigneusement isolées. Ces paquets sont munis, dans le sens de la longueur, de canaux de ventilation. La culasse inférieure des petits modèles repose sur deux fers pi*ofilés,
- TRANSFORMATEUR A COURANT TRTPIÏASÉ, MONTÉ SUR POTEAUX, AVEC ISOLEMENT A I.’lIUILE
- Ce dispositif (système Oerlikon ) est employé pour les réseaux à haute tension avec quantité de points de consommation peu importants ; on évite ainsi la construction (F une cabine en maçonnerie ou en tôle, d'un prix toujours élevé.
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- uo
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- TRANSFORMATEUR TRIPHASE POUR POTEAUX A gauche, F appareil est placé dans la caisse fixée au poteau; ci droite, il est isolé. Ces transformateurs sont construits pour des puissances jusqu'à 100 kilowatts et des tensions primaires jusqu'à 20.000 volts.
- tandis que les modèles de forte puissance sont munis d’un socle de fonte. Sur les culasses supérieures sont disposées des traverses de fer réunies au pied de l’appareil par des tringles de fer permettant de serrer les cidasses contre les noyaux ; elles passent, dans les petitsmodèles, entre la masse de fer et l’enroulement intérieur et sont isolées dans des tubes de papier comprimé. Dans les grands transformateurs, elles sont montées en dehors de l’enroulement ; pour les hautes tensions, elles sont isolées comme il est dit ci-dessus.
- Les bobines de l’enroulement à basse tension sont fixées contre les noyaux.
- L’enroulement à liante tension est monté concentriquement au premier et en est séparé par un cylindre en micanite ou en papier imprégné, suivant la tension pour laquelle le transformateur est construit. Ce manteau isolant dépasse les enroulements en haut et en bas, d’une quantité suffisante pour empêcher toute décharge
- intempestive entre les deux enroulements.
- Suivant l’intensité du courant, les bobines sont faites avec du fil ou du ruban de cuivre. L’enroulement à haute tension est subdivisé en un certain nombre de sections de 500 volts chacune.
- Les bobines des petits transformateurs reposent sur des supports en bois, celles des grands appareils, surtout pour de hautes tensions, sur des cylindres en « presspalin » avec bouts en porcelaine. Elles sont, en outre, suffisamment calées entre elles pour pouvoir supporter, sans déformation, l’effort des forces dynamiques qui se produisent lors des courts-circuits.
- Les petits transformateurs monophasés sont à ventilation naturelle ; ceux d’une puissance supérieure, monophasés et triphasés, sont, en général, à ventilation forcée ; ils ne diffèrent des premiers que par la plaque de fondation, qui est munie de pieds élevés permettant à l’air de pénétrer par les côtés ; de plus, ils sont montés sur
- TRANSFORMATEUR TRIPHASÉ POUR BASSE TENSION
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- LES TRANSFORMATEURS ÉLECTRIQUES
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- des canaux de ventilation alimentés par des ventilateurs. Plusieurs appareils peuvent être disposés sur le même canal ; il suffit de dimensionner celui-ci de manière que la pression de l’air se répartisse uniformément sous chaque plaque de fondation. Il faut, en outre, prévoir des dispositifs d’alarme avertissant dès que l’air de refroidissement vient à manquer ou que la température dépasse une certaine valeur maximum. On peut aussi faire agir ces dispositifs directement sur l’interrupteur de courant, ce qui est très avantageux.
- Ces appareils sont construits jusqu’à des tensions de 30.000 volts ; pour des tensions plus hautes, il est préférable de prévoir des transformateurs à bain d’huile. Us sont alors placés dans une cuve qui se compose d’une chemise en tôle, rivée à sa partie inférieure sur un cadre de fonte muni de galets, et élargie à sa partie supérieure pour recevoir le serpentin, qui sert à la circulation de l’eau de réfrigération. L’avantage principal de cette construction
- TRANSFORMATEUR D’ESSAIS DE 500.000 VOLTS PLONGÉ DANS SA CUVE A HUILE
- T .K TllANSFORMATEUR D’ESSAIS DE 500.000 VOLTS EN FONCTIONNEMENT
- On peut produire avec ce transformateur un arc très puissant de 1 m. 60. Il est affecté au laboratoire de recherches pour haute tension des Ateliers Ocrlikon : essais de toutes sortes sur du matériel isolant, des isolateurs en porcelaine, des câbles conducteurs, etc., de même que pour des mesures d' isolement sur des machines terminées et ti des études sur tous les phénomènes de la haute tension. Sa hauteur, y compris les bornes et les boules d'éclatement, est de 5 m. 75 et son poids de 10 tonnes. La cuve à huile a 3 m. 60 de diamètre cl pèse 25 tonnes; elle contient 19 tonnes d'huile.
- réside dans le fait que le transformateur peut être facilement et rapidement sorti de sa cuve sans qu’il soit nécessaire de démonter préalablement le serpentin, opération tou-j ours longue (Voir la figure en coupe, page 105).
- L’eau de refroidissement est introduite dans la cuve à la partie inférieure du serpentin F ; on obtient de cette manière une réfrigération très efficace. Le serpentin baigne entièrement dans l’huile, il est donc impossible qu’il s’y dépose de l’eau de condensation qui pourrait couler dans l’huile et amoindrir l’isolation. Le serpentin est, en outre, formé de tuyaux sans couture, ce qui évite tout raccord de celui-ci à l’intérieur de la cuve et écarte tout danger de fuite. La conduite d’eau est munie d’une valve à trois
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- TKAXSKORMATKUll UK 65.000 VOLTS (a GArCIIK) ET SA CUVK (A U.'IOITK)
- Les appareils sont munis île leur dispositif de levage, qui consiste en tiges de fer reliées au. somm t par des traverses pourvues d’un anneau qui va s'accrocher au crochet d'un pont roulant. Les tiges longues sont pour soulever Vensemble, de l'appareil, les courtes pour sortir le transformateur de sa cuve.
- directions C permettant de vider le serpentin. La cuve à huile est aussi munie d’un robinet de vidange. On emploie de l’huile minérale pure ne se décomposant pas, n’épaississant pas pendant le service et ne donnant aucun dépôt lorsque la température ne dépasse pas 80 degrés. Un appareil d’alarme, de construction spéciale, avertit dès que cette température est sur le point d’être atteinte-
- I .es transformateurs des Ateliers Oerlikon sont calculés de façon qu’en service continu, à pleine charge, la température du fer ne dépasse pas de plus de 50 à 60 degrés, celle du cuivre de plus de 45 à 50 degrés centigrades, la température ambiante.
- II est important de tenir compte, dans le calcul d’un transformateur, de la destination
- de ce dernier. En effet, s’il est destiné à l’éclairage, il ne sera que très peu chargé pendant la journée, et ne travaillera à pleine charge que pendant la nuit, tandis que s’il doit servir au transport d’énergie électrique pour force motrice, il travaillera presque continuellement à pleine charge.
- Dans le premier cas, il y a donc lieu de le construire de manière que son rendement soit élevé pour les faibles charges ; ce résultat peut être facilement obtenu en réduisant les pertes à vide, c’est-à-dire les pertes dans le fer, au moyen de tôles spéciales. Les pertes dans le cuivre ne jouent, dans ce cas particulier, qu’un rôle secondaire puisque l’appareil ne travaille que peu de temps à pleine charge. Par contre, dans le second cas,
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- LES TRANSFORMATEURS ÉLECTRIQUES lia
- il est necessaire de prévoir les pertes dans le fer égales aux pertes dans le cuivre ; son rendement doit donc être le plus élevé possible pour la pleine charge, sans toutefois que les pertes à vide n’atteignent une valeur par trop considérable.
- D’après les prescriptions en vigueur dans les différents pays, les machines, transformateurs, isolateurs, etc., pour hautes tensions, doivent être essayés à une tension double de la tension normale ; il est donc naturel que les tensions élevées appliquées aujourd’hui dans l’industrie, aient exigé la construction de transformateurs pour plusieurs centaines de mille volts. Us sont destinés surtout à l’essai d’isolateurs de porcelaine, et ils doivent pouvoir supporter des tensions très élevées, non seulement pendant un
- temps relativement court, mais encore en service continu. Ceux de la grande usine suisse satisfont pleinement à cette condition. Nous citerons surtout son grand transformateur de 500.000 volts dont la puissance est telle qu'il donne un arc, entre les cornes d’un éclateur, dont la distance d’éclatement peut atteindre jusqu’à 1 m. 00.
- Ces appareils ne servent pas seule-mentpour les essais, on les utilise aussi pour le transport de l'énergie électrique à très haute tension, qui a fait, au cours de ces dernières années, d’énormes progrès. Après avoir réalisé des transports d’énergie de 100.000 volts depuis longtemps déjà, de 140.000 volts en 1012, au Canada, de 150.000 volts en 1013, en Californie, on est arrivé à une ligne de 250.000 volts, également en Améri-
- TOURELLE DK TRANSFORMATION
- CHASSIS DE LOCOMOTIVE ÉLECTRIQUE A SEPT PAIRES DE ROUES, AVEC DEUX MOTEURS AU CENTRE ET UN TRANSFORMATEUR A CHAQUE EXTRÉMITÉ
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- que, qui permet d'atteindre une distance de 1.500 kilomètres. C’est pour l’utilisation des chutes d’eau éloignées des grands centres industriels que l’on emploie ces très hautes tensions qui diminuent les pertes d’énergie dans les câbles conducteurs. Elles nécessitent, on le comprend, des transformateurs d’une puissance particulière. En Amérique, où on fait toujours grand, la fabrique de M. Tordensen, à Chicago, en a établi un de 1.000.000 de volts qui a été expérimenté à San-Francisco. En voici la description très résumée :
- Son enroulement primaire, qui comprend 122 bobines, disposées en série, est alimenté par un courant alternatif a 2.200 volts, à la fréquence de 60 périodes par seconde. L’enroulement à haute tension est formé de 190 bobines, disposées également en série. Le tube isolant en papier, entre le primaire et le secondaire, a des dimensions peu communes, soit 2 m. 70 de long, 1 m. 20 de diamètre et 18 centimètres d’épaisseur ; son poids est de près d’une tonne ; il a présenté d’assez sérieuses difficultés de fabrication.
- L’appareil a été placé dans un réservoir en béton, rempli d’huile minérale, et on a installé au;très du bâtiment qui l’abrite un écran électrique analogue à une antenne employée dans la télégraphie sans fil. Cet écran, supporté par quatre poteaux et isolé convenablement du sol, a été mis en contact direct avec la borne de haute tension.
- On a pu faire ainsi de nombreuses expériences, et celles effectuées le soir présentaient le plus d’intérêt. On a essayé d’abord d’établir de grands arcs directement avec la terre,
- mais on n’a pas pu y parvenir, et l’on obtenait, au lieu d’arcs, des décharges intenses et de formidables étincelles de 20 à 25 centimètres de diamètre. On estima, d’après leur effet destructif, qu’elles devaient être équivalentes à des décharges de plus de 2.225.000 volts, ce qui ne s’était point encore vu.
- Le champ électrostatique, au cours de ces expériences, était si intense qu’un tube à vide s’illuminait et que des étincelles pouvaient être tirées des corps métalliques isolés du sol. Les décharges que l’on pouvait ainsi
- produire en se servant des épingles à cheveux, des broches, etc., portées par les dames présentes, étaient très pénibles à supporter, et, au voisinage du transformateur en action, les genoux des spectateurs fléchissaient sous l’action de ce vaste champ électrostatique.
- Pour des potentiels de 500.000 volts seulement, l’énergie électrostatique faisait, à chaque changement de sens du courant, trembler les cannes et les parapluies à un,e distance de 12 à 18 mètres des fils de ha,ute tension, et, la, nuit, les gouttes de pluie apparaissaient, à la lumière intermittente de 120 périodes par seconde, comme des fils d’argent de la longueur d’un pouce.
- Les ingénieurs-électriciens ont assurément une connaissance assez précise de l’énergie qui peut être accumulée dans un circuit magnétique ; mais les constatations faites au cours de çes expériences ont, pour la première fois., permis d’apprécier matériellement la quantité d’énergie qui pouvait être dépensée dans un champ électrostatique.
- Carle Joubauet.
- UN POSTE DE TRANSFORMATION MONUMENTAL
- Les photographies qui accompagnent ccl article, sauf les sept premières, nous ont été gracieusement communiquées par la Société des Ateliers Oerlikon, ce dont nous la remercions.
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- LE CHAUFFAGE PAR L’ËLECTRICITÉ DES CHAUDIÈRES A VAPEUR ET DES LOCAUX INDUSTRIELS
- Par Gaston FEUCHEROLLES
- INGÉNIEUR ÉLECTRICIEN
- Le chauffage électrique fait d’incessants progrès. Introduit d’abord dans nos habitations pour remplacer le charbon qui salit tout et le gaz malodorant, employé, en outre, aux préparations culinaires à cause de sa commodité et de sa propreté, il se fit, certes, apprécier, mais on le considéra longtemps comme un luxe coûteux. Les appareils permettant son utilisation étaient d’ailleurs d’un prix relativement élevé qui éloignait d’eux la grosse masse des consommateurs.
- La pénurie de combustible, au cours de la guerre, fit que l’on eut recours au chauffage électrique, et l’on finit par constater que, pour de nombreuses applications, il présentait, sur les procédés de chauffage employés jusqu’à présent, de réels avantages, tels que la possibilité de la production de chaleur à l’instant et au lieu même de son emploi, un réglage facile, une diminution des pertes quand les appareils ne sont pas en service, enfin une plus ou moins grande économie quand les prix des charbons sont trop élevés, comme c’est le cas en ce moment.
- En effet, l’économie du chauffage électrique, dit M. l’ingénieur Rudgers, qui a fait sur ce sujet une remarquable étude que nous résumerons ici, ne dépend pas seulement, ainsi que beaucoup le croient, du rapport entre le prix du charbon et celui du kilowattheure. Tandis que la combustion de 1 kilogramme de charbon produit 7.000 calories en
- ELEMENTS DE SÉRIES DE
- CHAUFFAGE
- moyenne, la transformation en chaleur de 1 kilowatt-heure n’en fournit que SGO.Théo-riquement, il faudrait donc G kilowatts-heure pour remplacer 1 kilogramme de charbon. ; en pratique, il n’en est pas ainsi, car l’usage a montré que, par suite du meilleur rendement et d’une utilisation favorable, surtout dans le cas d’un service intermittent, il est rare qu’il faille plus de 5 kilowatts-heure pour remplacer 1 kilogramme de charbon. Le plus souvent, ce chiffre ne
- dépasse pas 3 à 4 kilowatts-heure, et il y a des cas où 1 à 2 kilowatts-heure sont seulement nécessaires pour obtenir un résultat iden-tique à celui de 1 kilogramme de charbon.
- Si bien que l’on s’est avisé d’utiliser le chauffage électrique, non plus seulement pour les modestes applications do-mestiques ou culinaires, mais aussi pour les besoins divers de l’industrie, et l’on a créé, dans ce but, des appareils entièrement nouveaux, dont nous allons donner la description.
- Us sont de diverses sortes, suivant les usages auxquels on les destine, et on les divise en plusieurs groupes : appareils pour le chauffage de l’eau (ou de tout autre liquide) pour la production de la vapeur, pour la production d’air chaud, pour la production de chaleur dans certaines machines, pour le chauffage direct d’un local quelconque.
- Les premiers sont, généralement, des chaudières tubulaires à circulation. Les tubes
- ELECTRIQUE C'OMFOSES DE RÉSISTANCES EN FONTE SPÉCIALE, POUR INST AI, L ATI O NS INDU ST RI ELLES
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- LA SCIENCE ET LA vïé
- CHAUDIERE A VAPEUR CHAUFFÉE A IÉÉLEC-TRICITÉ ; PUISSANCE 120 KILOWATTS
- renferment les conducteurs électriques, ou résistances, qui s’échauffent au passage du courant. L'eau pénètre par la partie inférieure, s’échauffe au contact de la paroi des tubes et sort à la température voulue par la partie supérieure. Les tubes sont fixés sur une plaque spéciale et l’en-semble peut être sorti de la chaudière pour permettre le nettoyage et le détartrage, au moyen d’un ra-cloir approprié.
- Dans le but d’assurer automatiquement
- une limitation de la température, on dispose une tige métallique dans un récipient en communication avec la chaudière. La dilatation de cette tige provoque, lorsque la température atteint ou dépasse un certain degré, le déclenchement d’un interrupteur électrique et limite la température de l’eau. Dans le cas de petites installations, on peut également prévoir un réenclenchement automatique dès que la température baisse au-dessous d’un certain chiffre.
- Le schéma de la page 117 représente, en c o u p e , u n e chaudière électrique de ce genre (de 100 kilowatts), et celle de la page suivante montre un faisceau
- CHAUDIERE ELECTRIQUE CARME DE CALORIFUGE FOUR PRODUCTION DE VAPEUR A UTILISATION RETARDÉE A, soupape de sûreté: H, vanne de prise de vapeur; C, vanne pour Véchappement de l'air à la mise en marche; I), boîte de manœuvre ; E, indicateur de niveau d'eau ; F, soupape ou valve (Ialimentation ; G, robinet de vidange.
- tubulaire d’un appareil de grande puissance (300 kilowatts). Pour des puissances supérieures, l'emploi de plusieurs chaudières est recommandé. Leur dimension est faible :1m. 50 de hauteur et 0 m. 50 de dia-mètre pour celle de 10 0 kilowatts.
- Les chaudières de ce système sont principalement employées au chauffage de l’eau dans les brasseries, teintureries, usines de produits chimiques ou autres, hôtels, lavoirs, bains, etc... Si on veut emmagasiner l’eau chaude, on peut mettre la chaudière en communication avec un réservoir de contenance appropriée. Si l’eau est calcaire,son échauf-fement dans ce réservoir peut très facilement se faire au moyen d’un serpentin.
- C!es chaudières sont aussi fréquemment employées pour le chauffage centrai d’immeubles, de bureaux de fabriques. Elles peuvent être mises en service parallèlement avec des chaudières à feu de charbon ou de coke, comme on peut le voir sur la figure de la page 119, qui représente une installation de ce genre.
- Les mêmes radiateurstubulaires, que l’on appelle aussi radiateurs immergés, peuvent aussi être placés directement dans le réser-
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- LE CHAUFFAGE ÉLECTRIQUE IN DUS T FIEL
- voir servant à c o n t e n i r l'eau chaude. L’emploi d’un réservoir permet d’emma-g a s i n e r une très grande quantité de chaleur. Ses parois sont recou vertes d’une épaisseur convenable de calorifuge s’opposant aux pertes de chaleur.
- Un système qui a particulièrement fait ses preu-v e s est le c ha u ffâge central avec chaudière et réservoir c li a u f f é s pendant la prem ière
- partie de la nuit, c’est-à-dire jusqu'à quatre heures du matin. On sait, en effet, que les compagnies d’électricité font payer le courant qu’elles fournissent aux abonnés beaucoup moins cher pendant ce laps de temps, surtout lorsque les dynamos de leurs usines centrales sont actionnées par des turbines hydrauliques. Dès que le réservoir a atteint la température maximum admissible, un dispositif automatique provoque la circulation de l’eau chaude dans le chauffage central, ce qui produit une élévation de température convenable dans les locaux. Pendant le jour, le chauffage est assuré par la chaleur accumulée dans le réservoir. Si, par temps froid, cette chaleur est ou devient insuffisante, elle est complétée, soit en brûlant un combustible quelconque sous la chaudière, soit par l’adjonction d’une seconde chaudière électrique de faible puissance.
- Ce chauffage central électrique, dit à distribution de chaleur retardée, a l’avantage de ne nécessiter que des réservoirs de moins grandes dimensions que ceux qui
- C U A U D I li R K K 1. E C T R I Q U K VERTICALE
- L'eau froide entre par l'orifice inférieur et sort à la température voulue par l'orifice supérieur.
- sont nécessaires à l’accumulation de chaleur obtenue en utilisant, à cet effet, toute l’énergie électrique disponible pendant la nuit. Les locaux à chauffer le sont avant le commencement du travail ; la permutation qui a lieu pendant la nuit ne nécessite aucun service : une tige placée dans le réservoir agit, par sa dilatation, sous l’action de la chaleur, sur le clapet de circulation. La figure que nous donnons à la page 110 représente le schéma de ce chauffage central, avec distribution retardée.
- On pourrait, avec avantage, remplacer l’eau ordinaire de la chaudière par l’acétate de soude cristallisé (contenant quatre équivalents d’eau). Ce sel, en raison de la chaleur latente nécessaire à sa fusion, emmagasine une quantité de chaleur utile quatre fois plus grande que celle de l’eau. Il met environ neuf heures pour descendre de 75 à 40 degrés, tandis que, dans les mêmes conditions, l'eau se refroidit de la même quantité en deux heures et demie. Le chauffage serait ainsi parfaitement assuré jusqu’à la fin de la journée, même par temps froid et en employant une chaudière de dimension réduite.
- Les appareils pour la production de la vapeur ne diffèrent pas sensiblement des précédents, mais les radiateurs sont renforcés par suite de la haute pression qu’ils ont à
- ROBINET D’EVACUATION k \DE L’AIR n
- fi tU If THERMOMÈTRE
- SORTIE DE L "EAU
- ENTREE
- DE L’EAU
- ROBINET DE VIDANGE
- COUPE d’une chaudière électrique Dispositif de chauffage pour eau courante.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- supporter, et sensiblement agrandis en raison de la production de vapeur.
- Ces chaudières à vapeur électriques peuvent être placées directement dans les ateliers, mais à la condition qu’elles soient d’une construction suf-lisamment robuste, par rapport à la pression de la vapeur, alin d’écarter tout danger d’explosion. Elles doivent au moins pouvoir supporter une pression égale à une fois et demie la pression normale de service. Par exemple, si celle-ci est de G atmosphères, il faut calculer avec 9 atmosphères et une pression d’essai de 14 atmosphères. Il est facile de prévoir un dispositif automatique de déclenchement du courant électrique, soit quand la pression atteint une certaine valeur, soit quand le niveau de l'eau est en baisse dans la chaudière.
- Ces chaudières électriques peuvent alimenter des machines à vapeur ou des turbines et être utilisées dans un très grand nombre d’industries. Elles donnent particulièrement de bons résultats quand il s’agit d’obtenir, en été, la vapeur nécessaire en faible quantité pour certaines fabrications, par exemple pour le service de l’encollage dans les fabriques textiles, tandis qu’une installation de chaudières à vapeur ordinaires travaillerait dans des conditions peu économiques, étant donnée la quantité relativement peu considérable de vapeur nécessaire.
- Une application intéressante de la chaudière à vapeur électrique est sa combinaison avec une chaudière à vapeur chauffée par le charbon. Quand on a une grande quantité d’énergie disponi-
- FAISCEAU TUBULAIRE
- d’une chaudière ÉLECTRIQUE DE FAIBLE PUISSANCE
- COUPE D UNE CIIAUDIK POUR LA r
- Le faisceau tubulaire
- ble pendant la nuit, on l’utilise au chauffage, au moyen de la chaudière électrique, de la chaudière principale, qui sert ainsi d’accumulateur de chaleur. Quand la pression maximum du travail est atteinte, on peut, au moyen de soupapes automatiques de réduction, et d’une soupape de trop-plein, utiliser directement et efïicament pour le chauffage la vapeur produite.
- Une autre application très pratique et recommandable consiste à maintenir les chaudières normales sous pression, pendant la nuit et les jours fériés, au moyen de radiateurs amovibles. Ceux-ci ne suffisent généralement pas à produire la vapeur, car la chaleur qu’ils dégagent est insuffisante, mais ils permettent d’obtenir, par exemple, de l’eau chaude pour les bains et les douches, dans la matinée, ou pour d’autres usages.
- Lorsqu’il s’agit de produire simplement de l’air chaud, le courant d’air venant de l’extérieur est dirigé sur le radiateur au moyen d’un ventilateur. Pour de petites puissances, par exemple pour une installation de séchage, on utilise un radiateur en forme de spirale. Pour de grandes puissances, on emploie des radiateurs constitués par des résistances en fonte spéciale avec faible coefficient de température, lesquelles consistent en un certain nombre d’éléments normaux suivant la puissance désirée et la tension de service. Pour leur meilleure utilisation, ils doi-ventêtre chauffés à 400 ou 500 degrés. Ils sont souvent disposés dans des carneaux murés, et servent ainsi, soit au chauffage
- RE ÉLECTRIQUE DE 500 KILOWATTS RODUCTION DE VAPEUR
- est à gauche, à la partie inférieure.
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- LE CHAUFFAGE ÉLECTRIQUE INDUSTRIEL
- CHAUDIÈRE ÉLECTRIQUE DE 500 KILOWATTS, ACCOUPLÉE AVEC UNE CHAUDIERE A CHARBON EXISTANTE
- des maisons particulières, soit à des installations de séchage et autres analogues. Ils peuvent aussi être transportables, comme on peut le voir sur la figure page 120, qui représente un four à air chaud amovible. Ils rendent ainsi de grands services dans certaines industries, surtout dans les fonderies, où leur emploi n’a pas tardé à se généraliser. Jusque-là, on utilisait, pour le séchage des moules en terre, de petits fourneaux à coke transportables, lesquels présentaient de nombreux inconvénients : ils viciaient l’air de la fonderie, au grand préjudice de la santé du personnel, nécessitaient une grande attention, faisaient perdre du
- temps aux personnes chargées de leur allumage et de leur entretien et se scorifiaient facilement ; en outre, les moules étaient salis par les cendres volantes et souvent brûlés. L’emploi des fours électriques fit disparaître ces sérieux inconvénients.
- Une application de ce système est particulièrement répandue dans certaines fabriques par l’utilisation d’un four transportable de 40 kilowatts. L’air pour le séchage est pris à la conduite sous pression au moyen d’un tuyau en toile et l’énergie électrique est amenée à l’aide d’un câble flexible.
- Ce séchage des moules se fait de préférence pendant la nuit, sans grande surveillance, et alors que l’on dispose d’une plus ou moins grande quantité d’énergie électrique produite à bon compte ou payée bon marché.
- Même, dans de nombreuses fonderies, en Suisse, spécialement, le chauffage électrique est appliqué aux fours fixes dans lesquels sont séchés les noyaux et les petits moules. L’air froid s’échauffe d’abord en traversant une double enveloppe ; toute perte de chaleur est ainsi évitée et tout est profit.
- Des appareils semblables sont employés dans bien d’autres cas analogues de séchage.
- Ce radiateur, concurremment avec le radiateur spirale, s’installe encore directement dans les machines auxquelles de la chaleur est nécessaire en un point déterminé ; on donne alors aux résistances en fonte spéciale des formes diverses appropriées. Ainsi leur adjonction à des encolleuses écossaises a produit d’excellents résultats,
- CHAUFFAGE CENTRAL A EAU CHAUDE, AVEC CHAUDIÈRE ÉLECTRIQUE DE SECOURS A, chaudière à charbon ; B, boîte de commande ; C, chaudière à chauffage électrique.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- supérieurs à ceux fournis par tout autre procédé, tel que celui du chauffage par le gaz, en raison de la facilité de réglage et de l’installation à l’endroit voulu. Vis-à-vis du chauffage par la vapeur, s’il s’agit de petites quantités d’énergie, telles que celles nécessaires au séchage de papiers sensibles, de la soie apprêtée, etc., ledit système évite des pertes souvent considérables. -r ---
- Enfin, pour le chauffage des locaux, en outre du chauffage central électrique avec eau, vapeur ou air chaud décrit plus haut, on peut utiliser des radiateurs avec ou sans accumulation de chaleur.
- Une intéressante nouveauté est le
- On préconise d’une façon spéciale l’installation de ce système dans les filatures, où il peut servir en hiver au chauffage, éventuellement à la ventilation. Le rapport entre l’air frais et l’air des salles est réglable. On peut
- EAU CHAUDE remPloyer en
- EAU FROIDE
- VIDANGE
- CHAUFFAGE INDIRECT D’UNE CHAUDIÈRE ALIMENTÉE l’Ail DE L’EAU CALCAIRE
- CHAUDIERE ELECTRIQUE
- chauffage dit linéaire, obtenu par de simples tubes, analogues à ceux du chauffage à vapeur par basse pression, traversant tout l’espace à chauffer. Dans leur intérieur sont placés les conducteurs électriques constitués par des résistances. Par une disposition convenable, on obtient, avec une faible dépense d’énergie, un grand développement de chaleur; aucun coin ne reste froid ou humide, résultat particulièrement appréciable dans l’industrie textile, où le personnel a fort à souffrir de l’humidité. Un avantage important résulte de la température superficielle réduite de ces tubes, ce qui les fait recommander
- pour le chauffage des locaux industriels très poussiéreux, tels que les carderies.
- Pour les grands ateliers, le chauffage par circulation est particulièrement approprié.
- combinaison avec un dispositif d’humidification de l’air.
- En ce qui concerne le calcul des quantités d’énergie électrique nécessaires, suivant les différents buts de chauffage, il est très facile, dans de nombreux cas, quand, par exemple, la quantité d’air ou d’eau à chauffer et la température désirée sont données. D’autre part, l’énergie nécessaire à la production d’une quantité de vapeur déterminée est connue, et la perte de chaleur peut être réduite dans d’étroites limites par l’emploi de bons isolants. Dans d’autres cas, la quantité de charbon précédemment consommée peut servir de point de comparaison en se basant sur les résultats fournis par des installations analogues. On a dit plus haut que 4 à 5 kilowatts-heure remplacent
- 1 kilogramme
- COUTE
- de charbon flans le cas de chauffage central. Pour les fours à sécher des fonderies, ce rapport est de 4,5 : 1. Dans le cas de chauffage électrique direct remplaçant le chauffage à vapeur dans certains procédés de fabrication, 2 kilowatts-heure seulement peuvent équivaloir à 1 kilogramme de charbon.
- Le calcul de la chaleur nécessaire au chauffage des maisons est soumis à certaines règles déterminées qui nécessitent toutefois de nombreuses hypothèses. M. l’ingénieur
- d’un FOUR a AIR CHAUD DE àOO KILOWATTS, TRANSPORTABLE, POUR FONDERIE
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- LE CHAUFFAGE ELECTRIQUE INDUSTRIEL
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- pesepvo/p a
- Rudgers s’est livré, à ce sujet, à des calculs précis qu’il base sur une méthode nouvelle qu’il appelle méthode de la courbe de refroi dis se ment, dans le détail desquels nous ne pouvons entrer.
- L’accumulation de chaleur à l’aide de l’eau ou de l’acétate de soude, telle qu’elle est décrite plus haut, peut également être réalisée au moyen de dalles de pierres chauffées électriquement. D’autres liquides, tels
- (pie l’huile ou le pétrole, ont été utilisés, soit comme accumulateurs de chaleur, soit comme agents de transmission de la chaleur de dalles de pierres à l’eau, etc.
- Mais l'emploi de l’huile présente un grand danger parce que, outre son inflammabilité pouvant provoquer des'incendies, elle est susceptible de sc décomposer à une eer-
- EXPANS/ON D’EAU
- ~V------'V
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- 0/ATEU PS
- CONDUITE D’EAU PETOUPNANT À LA CHAUDiÈRE
- chauei âge central Electrique avkc accumulation UE CHALEUR, DIT A DISTRIBUTION RETARDÉE Système combiné avec une chaudière à charbon.
- taine température, et les gaz qu’elle forme alors peuvent amener des explosions, comme le cas s’est déjà présenté.
- En ce qui concerne la tension électrique qui doit être utilisée pour le chauffage, elle ne doit jamais dépasser 250 volts pour les petits appareils et spécialement ceux qui sont transportables ; pour les grandes installations, on emploie généralement 500 volts. De plus hautes conseiller dans la du danger qui en
- tensions ne sont pas à plupart des cas à cause résulterait pour l’exploitation. Pour la production de la vapeur, on emploie, à côté des chaudières tubulaires, des appareils à
- Al’l’AREIL ELECTRIQUE DE VENTILATION POUR SÉCHAGES INDUSTRIELS
- Le séchage est obtenu avec une très grande rapidité.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- CHAUDIERE A VAPEUR CHAUFFÉE A L’ ÉLECTRICITÉ POUR LE MACÉRAGE DE LA SOIE
- dant la nuit en chaleur, soit par production et accumulation de vapeur ou d’eau chaude, soit par chauffage direct des locaux de travail pendant les arrêts. La consommation de charbon pour le chauffage sera ainsi réduite à un minimum pendant le jour, et le chauffage par le charbon pourra, le plus souvent, être supprimé pendant les saisons intermédiaires. En été, dans beaucoup de fabriques (en Suisse notamment et dans les autres pays de montagnes), il sera possible de satisfaire aux demandes d’énergie en utilisant avec avantage, nuit et jour, la quantité d’eau beaucoup trop considérable des rivières alimentées par les glaciers. Les économies de charbon obtenues par la suppression complète, en cette saison, de ce combustible pour le chauffage des chaudières sont très grandes. Beaucoup de fabriques ont une installation centrale de chaudières à vapeur qui est beaucoup trop importante pour
- électrodes qui peuvent être exécutés avec une grande facilité pour quelques milliers de volts, sans, toutefois, dépasser 5.000 volts.
- Pour M. Rudgers, la chaudière tubulaire à vapeur, avec une tension maximum de 500 volts, constitue la solution la plus simple et la meilleure. Un volume d’eau suffisamment grand est avantageux, car il permet, d’une part, d’emmagasiner le surplus d’énergie électrique, souvent très variable, d’autre part de fournir la vapeur en quantités également très variables, comme cela est nécessaire dans de nombreux cas et dans beaucoup d’industries.
- L’éminent ingénieur termine son étude en examinant dans quel cas le chauffage électrique peut être appliqué avec le plus grand avantage, et quels sont les frais de son emploi comparativement à ceux du chauffage au charbon, question assurément fort importante.
- Les fabriques ayant leurs forces hydrauliques propres et qui ne peuvent accumuler l’eau pendant la nuit dans la chambre de mise en charge, ou seulement d’une manière insuffisante, sont, en première ligne, intéressées à transformer leurs forces inutilisées pen-
- les besoins de chaleur en été et travaille, par suite, avec un rendement très réduit, Pour obtenir, avec une installation centrale de chaudières à vapeur, les petites quantités
- SCHÉMA d’une DISTRIBUTION DE CHAUFFAGE ÉLECTRIQUE DANS UNE IMPORTANTE FILATURE
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- LE CHAUFFAGE ÉLECTRIQUE IN DU ST RJ EL
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- de chaleur nécessaires au chauffage de quelques cylindres, de l’eau, à la cuisson, etc., en différents points de la fabrique, on est souvent obligé, en raison des pertes considérables dans les conduites, de dépenser cent fois plus d’énergie qu’il n’est nécessaire.
- En outre, la chaleur, aux différents points considérés, n’est utilisée que pendant quelques heures, de sorte que les pertes, par suite de l’eau de condensation, etc..., sont encore plus grandes. Dans ces conditions, le prix de l’énergie électrique ne joue aucun rôle. Même avec un courant destiné à des moteurs, et, par conséquent, de prix élevé, on peut obtenir la chaleur nécessaire plus économiquement qu’en utilisant le charbon à la production de la vapeur.
- Il serait totalement inexact de comparer les frais de chauffage électrique à ceux du chauffage au charbon en prenant pour bases les prix de revient de 1.000 calories, par exemple, obtenues au moyen de l’une ou de l’autre de ces deux formes d’énergie. Les mêmes considérations s’imposent pour la comparaison d’une machine à vapeur unique, avec transmission et charge variable, à une commande par moteurs électriques individuels. Avec les moteurs électriques, il n’y a plus de transmission et on peut, à volonté, enclencher ou déclencher chacu î d’eux, suivant la demande d’énergie. De même, le chauffage électrique ne consomme du courant que tant qu’il fonctionne, et il n’y a pas à tenir compte de grosses pertes de chaleur en dehors du temps de service ou de pertes de transmission dans les conduites tubul ires, comme c’est le cas avec le chauffage à la vapeur, qui est toujours plein d’aléas.
- Comme exemple pratique, une usine de filature et tissage de laine utilisait, en été, seulement pour l’encollage, 400 kilos de charbon par jour ; après l’installation du chauffage électrique, elle ne dépensa plus quotidiennement que 575 kilowatts-heure. Ceci montre la supériorité considérable, dans ce cas, du chauffage électrique par l’utilisation
- NOUVEAU FOUR ELECTRIQUE UE l’ingénieur revel Ce jour, de dimensions très réduites, est monté sur trépied; il peut fournir très rapidement une grande quantité de vapeur.
- de l’énergie, puisque, théoriquement, à 400 kilos de charbon correspondraient environ 2.400 kilowatts-heure. Ainsi qu’on l’a déjà dit, le rapport du prix de l’énergie électrique au prix du kilogramme de charbon ne joue souvent qu’un rôle peu important. De telles installations ont été avantageusement effectuées dans de nombreuses fabriques disposant de forces hydrauliques ou étant alimentées par un réseau de distribution d’électricité. Dans le cas cité plus haut, tandis que le chauffage à vapeur des encolleuses était remplacé par le chauffage par radiateurs électriques, la vapeur nécessaire était produite dans une chaudière électrique.
- Chauffage par le coke. — Le prix par kilogramme de ce combustible étant de 0 fr. 11 (rendu à la fabrique), les frais totaux, pour douze heures, y compris l’allumage, la surveillance, etc., sont de 43 fr. 40 ; avec du coke à 0 fr. 20 le kilogramme, les frais sont de 70 fr. 80, et ils montent à 84 fr. 10 quand on paye le coke 0 fr. 24 le kilogremme.
- Chau ffage électrique. — Le prix du kilowatt-heure étant (pendant la nuit), deOfr. 03, les frais totaux pour douze heures sont de 30 francs (il n’y a plus de frais d’allumage, ni de surveillance, ni de supplément de salaire pour nettoyage). En payant l’électricité 0 fr. 04 le kilowatt-heure, les frais sont de 48 francs, et ils sont de 00 francs avec de l’électricité à 0 fr. 05.
- On construit actuellement une chaudièie électrique de dimensions très réduites, du système de l’ingénieur Revel, pas plus grande qu’un chauffe-bain, qui pourra produire une forte quantité de vapeur, suffisante pour alimenter une machine à vapeur ou pour satisfaire aux besoins de vapeur d’une fabrique. Grâce à son faible encombi ement, pour ainsi dire nul si on la suspend à une muraille, elle est particulièrement précieuse dans les petits ateliers où la place est mesurée. Montée sur trépied, elle peut être installée partout et elle est aisément transportable.
- G. Feucherolles.
- Les photographies qui accompagnent cet article nous ont été obligeamment communiquées par la Société des
- Ateliers d’Oerlikon• Nous l'en remercions.
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- VUE l’UISE DANS LES ATELIERS D’EMPAQUETAGE MÉCANIQUE ü’üNE GRANDE CHOCOLATERIE PARISIENNE Ces curieuses machines automatiques, mues électriquement, font très rapidement, en une seule operation, un double enveloppagc avec pose (Tétiquette.
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- L’ENVELOPPAGE ET L’EMPAQUETAGE
- MÉCANIQUES
- DU CHOCOLAT, DES BISCUITS, ETC.
- Par Fernand RAGONDEAU
- II, existe depuis longtemps déjà des machines à envelopper et à empaqueter automatiques, mais ce n’est que depuis peu d’années qu’on a réussi à éliminer tous les inconvénients qui limitaient fâcheusement l’emploi de ce genre d’appareils.
- Il fallait, autrefois, placer les objets à envelopper dans une série de dispositifs de pliage successifs. Pour enlever ceux dont l’empaquetage était terminé, on était donc obligé de recourir à uxt grand nombre d’organes transporteurs qui absorbaient beaucoup de force et dont la présence diminuait sensiblement, le rendement
- des machines, parce que ces dernières ne pouvaient pas fonctionner à grande vitesse.
- On a remédié à ces inconvénients par l’emploi de toiles ou de courroies sans fin munies de dispositifs porteurs des objets à empaqueter. Ceux-ci sont ainsi conduits successivement aux divers mécanismes.
- D’autre part, surtout quand il s’agissait d’envelopper dans du papier d’étain des produits en forme de disques — par exemple des croquettes de chocolat — les objets à empaqueter, poussés hors d’un magasin, tombaient sur l’enveloppe reposant sur l’ouverture d ’ un plateau plieur animé d’un mouve-
- TYPE DE MACHINE A ENVELOPPER LES TABLETTES DE CHOCOLAT
- On aperçoit les deux magasins d'alimentation et d'expulsion faisant saillie au-dessus des tables et dans lesquels les tablettes sont disposées en pile. Au centre est le dévidoir du papier, qui est déroulé par une pince, coupé par des ciseaux mécaniques et centré sous chaque tablette à envelopper.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- VUES EN ELEVATION ET EN PLAN d’une MACHINE A ENVELOPPER LES CROQUETTES DE CHOCOLAT
- Le bâti 1 comporte deux tables 2 et 3, placées à des niveaux différents et une chaise 4. Sur la table 3 est monté un coulisseau 5, qui pousse les croquettes S mises à sa portée, sur une bande de papier d'étain b, déroulée par une pince 6 et qui fournit les enveloppes u. La chaise 4 supporte verticalement un doigt coulissant 7 mû par les leviers 8, 9, 10 et par une came 11, calée sur l'arbre 12. Dans une glissière 13 est guidé un doigt 14 mû par F intermédiaire des leviers 15, IG, 17 et de la came 11. A leurs extrémités respectives, tournées Tune vers Vautre, ces deux doigts portent des entailles 7’ et 14’ destinées à permettre le passage de la pince G. Sur la table 3 coulisse, dans un guide fixe 18, un coulisseau 19 recevant un mouvement de va-et-vient par Vintermédiaire des leviers 20, 21 et dune came 22 fixée SUT Varbre 23 qui porte à son extrémité libre une ouverture circulaire 25» à bords arrondis. Un coulisseau, 26, actionné par la came 29 et par les leviers 27 et 28, sert déjeçteur aux tablettes. Les branches 30. dune pince, fixée contre lé dessous de la. table 3, peuvent. Q&ciller autour dax.es fixes 31 et sont sollicitées par un ressort de traction 32 qui les applique contre un mandrin 33 engagé entre leurs nwr(lâches. Ce mandrin, 33, articulé avec un levier double 34, dont le bras, 35 est sollicité par un ressort de traction 30 tendant constamment à appuyer son galet contre la périphérie de la came 29. qui porte une partie surélevée. U extrémité libre de chaque branche 30 de la pince est pourvue dune mordache 37 débordant au-dessus de la plat pie 3 par V ouverture 38 percée dans cette plaque pour le passage du doigt 14. La cisaille 39 découpe les enveloppes u dans le ruban de papier détain b. (Voir le schéma agrandi à la page suivante).
- ment de va-et-vient. Le disque était ensuite refoulé à travers l’ouverture au moyen d’un piston, avec l’enveloppe; çette dernière était repliée en même temps sous la forme d’une calotte. L’objet à empaqueter arrivait ainsi dans une deuxième ouverture pratiquée dans un plateau fixe et située sous la première. Pendant ce temps, la plaque plieuse, à mouvement alternatif, rabattait les extrémités de l’enveloppe par-dessus la croquette.
- Malheureusement, pour déposer cet objet sur son enveloppe, on le laissait tomber libre-
- ment sans aucun guidage, de telle sorte qu’il n’occupait presque jamais sa position normale voulue, ni sur le morceau de papier, ni par rapport aux ouvertures des deux plaques qui se trouvaient en dessous, ce qui empêchait d’obtenir un empaquetage offrant toute la régularité et la propreté désirables.
- Le disque à envelopper, qui était donc très souvent placé en dehors du centre du papier et desdites ouvertures, reposait partiellement encore sur le bord de l’ouverture supérieure quand il était refoulé par le piston : il
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- L'EMPAQUETAGE MÉCANIQUE
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- était alors coincé et brisé ; en outre, l’enveloppe était en même temps détériorée.
- Déplus, l’enveloppe et le disque pouvaient se déplacer l’un par rappoit à l’autre aussi bien pendant leur refoulement par le piston dans les deux ouvertures, que pendant leur séjour dans ces dernières, puisqu’ils n’étaient pas maintenus dans une position immuable, l’un par rapport à l’autre.
- Par conséquent, l’enveloppe dépassait de l’objet plus d’un côté que des autres, et, quand le plateau plieur à mouvement alternatif rabattait le papier par-dessus le disque placé sur l’ouverture de la plaque fixe, ce papier était coincé et déchiré par suite de sa répartition inégale.
- On a pu remédier à ces inconvénients en réalisant des machines automatiques dans lesquelles l’objet à envelopper, poussé par un coulisseau sur le papier, est saisi en même temps que ce dernier au moyen d’une pince et de deux doigts. La pince transporte l’objet et son enveloppe entre les deux doigts qui les font passer à travers l’ouverture de la plaque plieuse et entre deux mordaches qui maintiennent l’objet dans l’enveloppe pendant que les bords en sont repliés sur lui.
- Les machines à emballer les tablettes de chocolat, les biscuits, les bonbons, etc., doivent donc remplacer un travail manuel qui, pour certains pliages, exige de l’adresse
- COUPE TRANSVERSALE SUIVANT L’AXE DES DOIGTS TRANSPORTEURS „ 7 ET 14
- 19 25
- (Pour F explication des réferences, voir la figure de la page précédente )
- MACHINES DESTINÉES A L’ENVELOPPAGE DES TABLETTES DE CHOCOLAT Ce système réalise les derniers perfectionnements imaginés pour ce genre d’appareils. Le papier inté: rieur et F étiquette sont pliés en une seule opération, ce qui accélère et simplifie le travail.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- et de la dextérité. Les différentes opérations à obtenir simultanément ou séparément sont effectuées par des cames munies de rainures concentriques ou excentriques, transmettant par des commandes appropriées les mouvements nécessaires aux organes de pliage.
- L’alimentation des objets à emballer s’opère de plusieurs manières, soit par une courroie transporteuse, soit par un magasin, etc. Un dispositif d’embrayage permet la mise en route ou l’arrêt instantané de la machine.
- La figure page 125 représente une plieuse pour tablettes de chocolat de 250 grammes. On aperçoit aisément les deux magasins faisant saillie au-dessus de la machine. L’un sert à l’alimentation, l’autre à l’expulsion. Les tablettes sont placées en piles dans le magasin d’alimentation. Un organe les prend au bas de la pile, une par une, et les arn ne dans un poste, d’où elles commencent leur voyage à travers la machine avec le papier destiné à remballage intérieur. Ce premier
- ATELIER D’EMPAQUETAGE MÉCANIQUE DANS UNE GRANDE CHOCOLATERIE
- Ou voit, à droite, une file de machines à emballer les bonbons, et, au centre, une, section où Von s'occupe plus particulièrement de Vcnveloppagc du chocolat en tablettes.
- Les machines à emballer le chocolat en tablettes comportent deux genres distincts. La première machine enveloppe l’objet dans un papier d’étain, d’aluminium ou de parchemin en un premiei pliage, puis dans une étiquette imprimée ou gaufrée en un second pliage, les deux opérations se faisant successivement. Le second type effectue le même travail, mais simultanément, pour le même objet qui est enveloppé avec le papier intérieur et l’étiquette pliés étroitement ensemble.
- Dans les deux cas, on peut encarter automatiquement des chromolithographies ou des vignettes entre le papier et l’étiquette.
- papier, en étain, en aluminium, en parchemin, forme généralement un rouleau dont la largeur correspond au recouvrement nécessaire de la tablette dans le sens transversal. Pour l’emballage de la tablette dans le sens longitudinal, le papier est déroulé du rouleau par un dévidoir, puis, ensuite, saisi par une pince. Coupé à la longueur voulue par des ciseaux, il est amené sous la tablette où il se trouve centré par rapport à cette dernière. Deux transporteurs entrent alors en action, l’un au-dessus, l’autre au-dessous de l’objet et prennent celui-ci avec son papier, puis, par un mouvement vertical descendant, le font
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- L’ EMPAQ ÜETA GE MÊ CA N1Q VE
- passer dans des guides convenablement disposés pour rabattre les plis transversaux et longitudinaux. Les plis supérieurs et latéraux sont faits par des plieurs mobiles qui recouvrent ainsi la tablette mieux que la main ne pourrait le faire, tout en utilisant la quantité minimum de papier nécessaire à cet effet.
- Ce premier pliage terminé, on peut placer automatiquement une vignette sur le paquet, puis le second emballage s’effectue dans une étiquette quelconque. La tablette, poussée alors vers un emplacement déterminé, estprête à être recouverte d’une étiquette centrée au-dessous d’elle, laquelle est préalablement aspirée et séparée de sa pile contenue dans un magasin spécial, puis amenée par une pince. Un second jeu de transporteurs maintient tout le paquet, et, par un mouvement ascensionnel, lui fait traverser un appareil de pliage ingénieu-
- ENVELOPPAGE MÉCANIQUE DE CHOCOLATS PRALINES Ces appareils peuvent emballer de 40 à 60 pièces à T'heurc, même s'il s'agit de bonbons mous ou contenant de la liqueur-
- MACHINE UTILISÉE POUR FAIRE DES PAQUETS DE 3, 4, 5 CURES ET MÊME DAVANTAGE, JUSQU’A 10.
- C'est avec cet outillage, que l'on prépare les paquets de cubes de bouillon concentré que l'on voit aujourrF hui en vente dans un grand nombre de magasins d'alimentation.
- sement combiné pour remplacer les doigts les plus habiles à réaliser la répartition du papier et la formation des angles du paquet. Pendant son transport, l’étiquette est encollée sur l’un de ses bords, pour que chaque paquet soit convenablement fermé. Comme dans la première opération, des plieurs longitudinaux et latéraux terminent le pliage de l’étiquette; ces tablettes, quittant ensuite la machine, s’empilent dans le magasin de sortie d’où elles sont retirées aussitôt pour être placées dans les caisses servant à l’expédition.
- Les deux emballages séparés, tels qu’ils sont effectués dans la machine ci-dessus, peuvent, comme nous l’avons dit, se faire simultanément ; le travail de ' pliage est toujours le même, sauf qu’il s’effectue en une seule et même opération au lieu de deux, les deux papiers étant pliés ensemble pendant le passage au travers de l’appareil de pliage.
- Les figures des pages 124 et 127 représentent des machines à deux emballages simultanés. La production fournie par ces
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- différentes machines, maintenant très i-épan-dues, varie d’après le format des tablettes de vingt à quarante emballages par minute.
- Le pliage peut être fait de différentes manières, soit avec étiquette en forme de losange, soit avec étiquette rectangulaire ou encore avec banderole longue et étroite.
- Outre les machines à emballer les tablettes de chocolat de 50 à 250 grammes, il en existe d’autres servant à plier les chocolats en forme de cubes dits dominos ou napolitains, qui ont été les premières de leur genre. Elles travaillent comme les machines représentées par les figures pages 124 et 127 et exécutent deux pliages simultanément, tout en étant de dimensions réduites.
- La production de ce type de machine est de 80 pièces par mi-
- ou de l’aluminium tout autour de l’objet-Cette opération terminée, des plieurs passent au-dessus des croquettes et rabattent convenablement l’étain, puis, la ou les croquettes sont poussées entre deux rouleaux de caoutchouc qui aplatissent les plis, pour aller ensuite s’empiler dans le canal de sortie La pioduction d’une machine de cette catégorie peut varier de 50 à 60 paquets par minute suivant la rapidité de l’alimentation.
- On emploie, pour emballer les bonbons de chocolat fourrés, que l’on appelle aussi bouchées, des appareils qui, tout en étant très simples et très faciles à régler, opèrent des pliages très com-
- .MACIIINE SPECIALE POUR L EMPAQUETAGE DES CUBES DE BOUILLON Les cubes de bouillon sont enveloppés ici un à un d’un papier et d'une étiquette dont le collage est parfait, grâce à la présence d’un canal île sortie chauffé électriquement qui en active le sécluige.
- mite, ce qui représente 40 à 45.000 pliages pour une journée de dix heures, en tenant compte des arrêts. Un autre dispositif de machine, de construction un peu différente, mais faisant les mêmes emballages (pie les machines à chocolat, sert à empaqueter les pains de beurre de coco (végétaline, cocose) ou autres produits similaires.
- Les machines à emballer les croquettes de chocolat sont conçues d’une manière particulièrement ingénieuse et pratique.
- Les croquettes, empilées dans un magasin cylindrique, en sortent une par une, ou, dans certains cas, par paire, pour être saisies au moyen d'une pince, avec la feuille d’étain ou d’aluminium coupée à la longueur voulue. Un jeu de transporteurs tient le tout ensemble et le fait passer au travers d’un disque destiné à relever les bords de l’étain
- pliqués. Sur un même type de machine, on peut emballer des bonbons de n’importe quelle forme, pourvu que leurs dimensions n’excèdent pas un certain maximum déterminé pour la grandeur de la machine. Les dimensions des feuilles de papier d’étain sont proportionnées à celles de l’objet à envelopper et sont obtenues par un réglage spécial agissant sur la pince à papier.
- Les machines à emballer les cubes de bouillon travaillent avec une précision parfaite et sont utilisées par centaines dans le monde entier. L’emballage des cubes sc fait généralement en un papier parcheminé paraffiné entouré d’une petite étiquette ayant la forme d’une banderole.
- Les comprimés, introduits dans la machine par un ruban d’alimentation, se présentent un par un sous un appareil de pliage ayant,
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- au-dessus d'eux, la petite feuille de papier parcheminé, transportée par le rouleau et l’étiquette banderole, qui ont été amenées au moyen d’une pince qui les centre très exactement par rapport à l’objet.
- Le tout est .. ___
- alors serré entre des transporteurs qui le font passer au travers de l’appareil de pliage, lequel forme l’emballage sur les faces latérales et la partie supérieure du cube. La partie inférieure est fermée par des plieurs latéraux et longitudinaux convenablement disposés. L’étiquette étant collée, les cubes sont ensuite poussés dans un canal de sortie d’où ils tombent,
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- MACHINE A ENVELOPPER I.KS CAKA.MHI.S MOUS
- prêts à l’expédition, et cela à raison de 70 à 80 par minute.
- Il existe des machines destinées à grouper trois,quatre et cinq cubes, et même dix cubes de bouillon concentré en un seul paquet.
- D’autres machines sont destinées à emballer séparément, ouparsé-rie de 6, 10,12, des cubes de soupe, blocs de . savon, biscuits, en un ou plusieurs papiers de parchemin, d’étain ou d’aluminium; elles servent également à coller des étiquettes, et même, dans certains cas, à coller des timbres réclames sur les paquets. Ce type de machine diffère de
- APPAREIL SERVANT A EMBALLER LES BLOCS 1)E SAVON EN BOITES PLIANTES Ce type de. machine se rapproche beaucoup de celles qui sont employées, dans les grandes fabriques, pour renveloppage des cubes de bouillon concentré et des paquets de biseuils.
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- ceux dont nous avons parlé, en ce sens que tout le travail d’emballage est fait par des plieurs. Le ou les papiers sont fournis par un rouleau, dévidés à la longueur que requiert l’emballage, puis coupés en feuilles et placés par des pinces dès l’entrée du cube dans la machine. Les cubes, amenés par une courroie de transport, sont introduits dans la machine par des poussoirs, engageant avec eux le papier dont il est parlé plus haut. Un dispositif de plaques de guidage, de plieurs latéraux fixes et mobiles, de plieurs
- machines spéciales construites de telle manière que tout le travail de pliage se fait pendant la rotation d’une pièce mécanique dite revolver. Les caramels introduits dans ce dernier, sous la poussée d’un organe d’alimentation, se trouvent entourésd’un papierparaf-finé dont les plis sont rabattus par des plieurs fixes et mobiles convenablement disposés.
- Une machine également très intéressante est celle qui sert à envelopper des bonbons de forme quelconque dans un papier de soie ou autre, puis à en tordre les deux extrémités en forme de papillottes.
- Dans ce dernier cas, le bonbon, amené par une roue d’alimentation à augets, tombe dans
- MACHINE SERVANT A FAIRE EES PAQUETS DE DIX BISCUITS
- Cet appareil à F aspect robuste effectue un travail des plus délicats qui consiste à emballer, sans les briser, des produits friables tels que biscuits, farineux, comprimés, etc...
- supérieur et inférieur forme ce premier emballage intérieur. Puis le cube, poussé au cours de l’opération suivante, est prêt à être entouré d’une étiquette imprimée qui, comme le premier papier, est placée sur son passage par une seconde pince. Ce deuxième pliage s’effectue de la même manière que le premier, sauf que l’étiquette reçoit de la colle, longitudinalement et dans les deux bouts, afin d’assurer une fermeture parfaite des paquets, lesquels, une fois emballés, sont poussés dans un canal de sortie chauffé électriquement afin d’accélérer le séchage de la colle. La production fournie par ce type de machine varie entre 40 et GO paquets par minute, selon les dimensions de ceux-ci.
- L’enveloppage des bonbons et autres pio-duits de confiserie s’opère au moyen de
- un canal, puis il est introduit dans un tube formé par le papier lui-même. Il est ensuite saisi par une pince avec le papier qui l’entoure, lequel est coupé de longueur avec des ciseaux, puis passé dans une seconde pince qui le maintient rigidement pendant qu'un groupe de tordeuis saisit les deux extrémités du canon de papier et l’enroule dans deux sens opposés, ce qui a pour effet d’empêcher le paquet de se dérouler. Le bonbon ainsi plié présente à chacune de ses extrémités une très coquette garniture de papier en forme d'éventail.
- La production de cetre machine est de 60 à 80 emballages par minute, mais on peut parfois lui faire réaliser un travail beaucoup plus considérable.
- Fernand Ragondeau.
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- LES ESSAIS DE RESISTANCE DES CAISSES D’EMBALLAGE EN BOIS
- Par Vincent BEAUTREILLIS
- La confection et le choix d’un emballage approprié à telle ou telle marchandise, s’adaptant parfaitement au mode de transport et aux opérations de manutention, ne sont pas choses si aisées qu’elles paraissent. J/expérience seule permet, en effet, de déterminer la nature, la forme et les dimensions des enveloppes plus ou moins solides, plus ou moins épaisses, destinées à préserver les produits, matières et objets, au cours de leurs pérégrinations terrestres, fluviales ou maritimes. Selon la chose à emballer, on se sert de caisses ou de boîtes en bois, de tonneaux, de barils ou de bidons, de paniers en vannerie ou de sacs en toile, de cartonnages ou de simples feuilles de papier.
- Mais, de toutes les catégories d’emballages, les caisses en bois sont les plus utilisées. Aussi, maintenant, on les fabrique d’après des données rationnelles, de façon que les marchandises qu’elles protègent parviennent à destination sans se détériorer et sans, toutefois, que les frais d’expédition desdites marchandises s’élèvent par trop. De nombreux spécialistes s’attachèrent à examiner le
- problème sous ses divers aspects et quelques-uns ont déjà trouvé des solutions élégantes dans certains cas. Cela se passe en Amérique.
- Ainsi le Forest products Laboratory de Madison (Wisconsin) vient de se mettre à
- étudier les défauts des emballages employés actuellement aux Etats-Unis, et nous nous proposons de résumer ici ses intéressai! t s travaux. Les habiles expérimentateurs deeette station d’essais s’occupent, en particulier, de la résistance des caisses confectionnées avec divers bois blancs et légers (sapin, pin maritime, peuplier, bouleau, hêtre, etc.). Pour mener à bien leur tâche, ils ont imaginé quelques appareils évidemment curieux.
- L’une de ces machines permet Vessai statique des boîtes. Grâce à une manivelle et à un curseur se déplaçant le long d'un levier, l'observateur peut varier l'effort exercé sur la tige d’un piston qui pousse une plate-forme. Celle-ci monte entre deux tiges verticales servant, avec une poutre de bois harizontale, à maintenir en place la caisse d’emballage. On procède à une épreuve de compression alternativement le
- ACCROCHAGE n’UNK CAISSE d’eMBAI.I.AGE POUR VN ESSAI I)E CIICTE
- On élève, au moyen d'une poulie, la caisse chargée de son contenu et un déclic de décrochage permet de la laisser tomber brusquement sur le sol.
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- MACHINE A KSSAYKR I.A RESISTANCE DES CAISSES D EMBALLAGE Sur cette photographie, on mit F expérimentateur appliquer la pression diago-nalcment sur les arêtes opposées de la caisse, afin de mieux se rendre compte de la résistance qu'elle offre à l'effort progressif de la presse.
- long de chaque angle de la caisse, ou mieux on applique la pression diagonalement sur les coins opposés afin de mesurer la résistance qu'offre la caisse à la mise en piles.
- Avec la première de nos photographies, nous assistons aux observations dites de contact et qu'il serait plus juste de nommer essais de chute. On élève, au moyen d’une poulie, la caisse chargée de son contenu habituel, et un déclic de décrochage permet de la laisser tomber soit sur un plancher, soit sur un de ses coins, soit sur un de ses côtes, soit à plat. On compare de la sorte deux espèces de boîtes l’une avec l’autre, mais les conclusions tirées des expériences sont cependant limitées, car la cassure s’opère trop brusquement pour qu’on puisse en déduire la véritable
- valeur de la résistance cherchée.
- Aussi les savants du laboratoire de Madison s’adressent au tambour tournant pour déterminer, de façon plus rationnelle et plus exacte, la valeur relative des emballages. Ce tambour est un prisme hexagonal pouvant tourner très lentement autour de son axe, disposé horizontalement ; on place dans son intérieur les caisses qui, au cours de la rotation, heurtent ses côtés, et en y introduisant des obstacles divers, on réalise les conditions que lesdites boîtes rencontrent dans leur service habituel. Elles tombent tantôt sur le fond, tantôt sur le couvercle, tantôt sur un angle, tantôt elles rencontrent d’autres boîtes. L’observateur, sis à proximité de l’ap-pareil, consigne soigneusement le début des ruptures et suit leur avancement progressif au cours de l’essai jusqu’à ce que la caisse se brise complètement et répande son contenu dans le tambour.
- D’après les expériences poursuivies, les ruptures proviennent soit du manque de clous, de leur petitesse, de leur longueur ou de leur mise dans une fente. Parfois aussi, les planchettes du fond, du côté ou du couvercle sont trop minces ou enfin le poids des objets inclus décloue ou même enfonce, soit le fond, soit le couvercle. Naturellement, les séries d’essais exécutés dans l’original laboratoire américain varient avec chaque genre d’emballages, chaque variété de bois, et on les recommence jusqu’à ce qu’elles fournissent les données indispensables à la fabrication de boîtes de plus en plus parfaites, de mieux en
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- LA RÉSISTANCE DES CAISSES D'EMBALLAGE
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- TAMBOUR TOURNANT DU « FOREST PRODUCTS LABORATORY »
- Au cours de la rolution du tambour, la caisse va heurter divers obstacles, de façon à réaliser expérimentalement les conditions qu'elle ne manquera pas de rencontrer dans son service habituel.
- mieux appropriées à leur destination.
- Voyons maintenant comment la fabrication des emballages en bois doit être conduite pour donner pleine satisfaction aux expéditeurs de toutes sortes de marchandises.
- Pour les caisses à claire-voie destinées principalement à l’emballage des œufs, de la volaille et des fruits ou légumes ordinaires, on les confectionne très simplement avec des planches d’une résistance suffisante pour protéger en cours de route les produits qu’elles renferment en laissant des vides nécessaires à l’aération. En France, on fabrique quatre grandeurs de caisses à claire-voie pour les œufs, pouvant contenir respectivement 500, 720,
- 1.000 ou 1.440 œufs superposés en hauteur sur cinq couches. Les planches de ces emballages doivent mesurer un centimètre d’épaisseur au minimum.
- Les caisses à têtes barrées, c’est-à-dire les caisses consolidées au moyen de cadres constitués par des lattes ou des lames, d’une fabrication moins rudimentaire, exigent nécessairement des machines plus compliquées pour leur fabrication. On commence, en effet, par débiter les bois en grume avec des scies alternatives ou des scies circulaires, de façon à les partager en plateaux que l’on refend ensuite à 10, 12, 14 et 15 millimètres, au moyen d’autres scies circulaires ou à ruban. Les scies alternatives peuvent être verticales ou horizontales. Les premières comprennent une ou plusieurs lames sciantes montées sur un châssis rectangulaire, que des glissières permettent de guider dans leur
- mouvement de va-et-vient, reçu par l’intermédiaire d’une bielle et d’une manivelle.
- Les scies verticales alternatives s’utilisent avantageusement pour débiter en une seule fois les bois en grume ou les grosses pièces équarrics avec le nombre de lames égal à celui des traits à réaliser. Mais elles ne sont pas économiques lorsqu’on veut équarrir un arbre ou le diviser seulement en deux morceaux, car on n’exécute alors qu’un ou deux traits à la fois. En ce cas, les fabricants de caisses préfèrent se servir des scies dites « à ruban » dont l’organe principal se compose de lames dentées en acier, soudées bout à bout et constituant une sorte de courroie sans fin, tendue entre deux poulies.
- Enfin, les scies circulaires s’emploient concurremment avec les scies à ruban pour
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- refendre les plateaux ou les madriers équarris en planches d’épaisseurs appropriées aux différentes sortes de caisses. En principe, une scie circulaire comprend un disque d’acier denté sur sa circonférence, fixé à un arbre de rotation horizontal et traversant une table sur laquelle glisse le bois à débiter. D’ailleurs, des rouleaux, prolongeant ladite table, facilitent le glissement de la pièce à travailler. Pour sectionner les planches rapidement à la
- lement mais, dans les grandes fabriques, la machine à clouer Morgan facilite singulièrement les travaux d’assemblage. Elle fonctionne, en principe, de la manière suivante. Une boîte en tôle reçoit les clous qu’elle distribue automatiquement aux porte-clous dans lesquels se meuvent des tiges formant marteaux d’enfoncement. Le fond de cette boîte porte, sur la moitié de sa longueur, des rainures, dont une manette, disposée sur le
- UNE CAISSE PEU SOLIDE EST RETIRÉE DU TAM1SOUR EN TRÈS PITEUX ÉITAT
- longueur désirée, les fabriques de caisses d’emballage emploient des types de scies circulaires munies d'un chariot léger qui, grâce à des galets, roule avec facilité sur la table et sur deux tréteaux indépendants. Un guide permet de mettre parfaitement d’équerre la planche pour le sciage en travers, et une butée mobile en règle la longueur.
- Une fois les panneaux et les barres réalisés avec l’un ou l’autre des instruments de sciage ci-dessus décrits, il s’agit de clouer les barres sur les têtes, de monter les cadres et de fixer les fonds sur ces derniers afin d’en faire des caisses d’emballage. Dans les petits ateliers, le clouage s'exécute encore manuel-
- côté de la machine, permet à l’ouvrier de faire varier les écartements. En outre, ladite boîte se lixe au bâti de la machine à l’aide d’un axe, appliqué lui-même le long d’un de ses côtés et autour duquel la boîte peut tourner comme autour d’une charnière, grâce à une manivelle fixée, d’un côté, au milieu de son fond et, d’autre part, à un excentrique commandé par le moteur. Le mouvement de cet excentrique imprime à la boîte un mouvement d’oscillation destiné à rejeter sans cesse dans celle-ci les clous d’avant en arrière. Alors quand les clous touchent les rainures, leurs pointes s’y engagent jusqu’à la tête et ils se disposent de la sorte, automa-
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- LA
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- tiquement les uns après les autres dans chacune des rainures. A la suite de ces dern ières, établies en nombre égal à celui des clous qu’on désire pouvoir enfoncer à la fois, se trouvent d’autres rainures fixes, portées par le bâti de la machine et dans lesquelles les clous cheminent peu à peu jusqu’à des rondelles munies d’une encoche.
- Comme ces rondelles sont solidaires de petits engrenages à commande unique, le conducteur de la machine n’a qu’à appuyer sur une pédale quand il désire enfoncer des clous. Alors, toutes les rondelles entraînent immédiatement les clous sis en regard de l'encoche et les dirigent vers des conduits correspondant aux porte-clous ; dès qu’ils y sont tombés, un déclanchement agit sur un chariot qui, appuyant sur les clous, les fait soi’tir calcinent des porte-clous. Pendant ces manœuvres, 1’ouvrier dispose les planches sous ces derniers et tout un côté de la caisse d’emballage se trouve cloué d'un seul coup. Pour le clouage des barres, les porte-clous se déplacent le long de deux glissières dont on varie l’écartement à volonté, de manière à pouvoir mettre les deux lignes de clous à la distance désirée. D’autre part, pendant (pie les clous s’enfoncent dans les panneaux, un mécanisme ingénieux provoque le soulèvement automatique d’une partie de la table qui vient river les clous en dessous. Naturellement, les porte-clous se déplacent sur leurs glissières jusqu’à l’endroit désiré et la table s’élève ou s’abaisse pour permettre le clouage des boîtes de toutes dimensions.
- Mais, indépendamment de ces emballages
- en bois d'usage courant, on fabrique aujourd’hui des caisses plus perfectionnées, dont les faces s'assemblent par rainures et languettes. Les panneaux constitutifs de leurs côtés se préparent à l’aide d’une machine spéciale dont l'organe principal est un arbre vertical animé d’un mouvement de rotation rapide et sur lequel se montent les outils nécessaires à la confection des rainures et languettes.
- Enfin, pour clore cette énumération, du reste fort incomplète, des caisses d’emballages, nous citerons encore les caisses en bois armées de fils de fer, très résistantes malgré leur légèreté, et les caisses avec des bois débités par déroulage, dont l’emploi se généralise en France car ce mode de fabrication évite le rabotage, le trait de scie et la transformation très onéreuse de la grume en panneaux. V. Beautreillis.
- COMEI.ÈTEMENT DÉMOI.IE AU COURS I)’l*X ESSAI, CETTE. CAISSE CAISSE HCIIAI’I’KII SON CONTENU DE HOITES DE CONSENTES
- L’observateur a consigné soigneusement le début des ruptures et suivi leur avancement progressif jus'péà ce (pie lu caisse se dis/oipiât complètent! ni.
- verti-
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- UNE ECOLE D’ACROBATIE AERIENNE
- EN CHAMBRE
- Les Américains, gens d’imagination éminemment pratique quand elle n’est pas trop compliquée, ont résolu le problème de pratiquer en chambre bien des sports qui nécessiteraient en plein air des accessoires coûteux et volumineux ; ils ont ainsi inventé le home-trainer qui permet de ramer sans bateau et de reproduire sur le plancher d’un salon les mêmes mouvements qu’exige sur l’eau la science de l’aviron.
- Dans cet ordre d’idées, le jour où l’aviation est née et où les événements ont demandé l’instruction rapide de pilotes, un instrument spécial a été conçu et aussitôt construit, pour familiariser les élèves aviateurs à tous les mystères du vol, avec looping, glissades sur l’aile, retournements, chute en vrille,etc... sans qu’ils aient à risquer leur existence et sans qu’il y ait danger de briser un avion. Avec cet appareil, inutile de s'élever dans les airs, de survoler les plaines et les monts, de se faire emporter par le vent ou attirer dans de traîtres remous ; installé dans un local clos, à l’abri de toutes les surprises atmosphériques, l’élève pilote pouvait, maintenu par des courroies sur un siège semblable à celui d’un aéroplane, et tenant en mains les commandes nécessaires, reproduire et exécuter tous les exercices plus ou moins difficiles et scabreux que nous venons
- d’énumérer, jet même simuler des combats.
- Le principe de cet appareil repose sur un dispositif à cardan, composé de trois cercles concentriques reliés et suspendus de telle sorte qu’ils peuvent pivoter chacun séparément et dans des sens différents autour d’un même axe central. Au cercle intérieur est fixée une nacelle ayant la forme et la
- dimension de la partie du fuselage dans laquelle s’asseoit l’aviateur. L'élève a, devant et autour de lui, les commandes et accessoires que comporte un véritable aéroplane. De petits moteurs électriques, démultipliés pour obtenir de gran-des vitesses, fournissent la puissance nécessaire aux évolutions. La direction et la commande du gouvernail permettent d’interrompre les contacts aux différents moteurs ou de rétablir le courant ; l’action de ces moteurs est immédiate.
- Le pilote, conduisant son appareil dans les airs, est, à chaque seconde, surpris par des mouvements divers, contre lesquels il ne saura se défendre (pie par la grande habitude qu’il en aura ; c’est, en somme, à des mouvements réflexes qu’il doit habituer ses muscles et ses nerfs, et c’est en cela (pie consiste le rôle de cet appareil, extrêmement fatigant d’ailleurs. Les élèves soumis à cet entraînement étaient sous la surveillance constante d’un officier et d’un médecin.
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- L’ÉVOLUTION DU RADIATEUR D’AUTO
- Par Paul MEYAN
- Réchauffer ou refroidir, distribuer de la chaleur ou la chasser, tels sont les deux buts diamétralement opposés d’un radiateur ; et c’est en procédant de la même manière dans les deux cas, que les buts sontatteints.Dansunappartement où il s’agit d’élever, en hiver, la température, le radiateur répand autour de lui la chaleur que l’eau chaude ou la vapeur véhiculent dans ses tubes; placé en avant d’un moteur d’automobile, il sert à répandre au dehors la chaleur excessive que dégage l’explosion des gaz à l’intérieur des cylindres, chaleur qidemmagasine et emporte avec elle l’eau qui circule autour de ces cylindres et des chambres d’explosion. Le problème posé a, en somme, pour but, de ramener et de maintenir la température aussi près que possible de la normale. Il s’ensuit que la surface d’un radiateur devra être d’autant plus grande que le cube à réchauffer sera plus grand, que la chaleur à éliminer
- sera plus élevée. Dans un appartement, il est facile d’augmenter la quantité des éléments d’un radiateur jusqu’à ce que l’on ait atteint la moyenne demandée ; en automobile, la difficulté est beaucoup plus grande parce que, d'une part, l’eau à refroidir est beaucoup plus chaude et que, d'autre part, il importe que l’appareil soit d’un poids et d’un encombrement aussi réduits que possible.
- L’eau de circulation dans un moteur d’automobile, pour agir dans les meilleures conditions, ne doit pas atteindre le degré d’ébullition, mais se tenir dans les environs de 80 degrés. Si cette eau restait en permanence et sans mouvement autour des cylindres, elle aurait bientôt dépassé les 100 degrés et davantage, tellement est élevée la température développée par les explosions. Le problème consiste donc à réduire autant que possible la durée du contact de l’eau avec les cylindres. N’employer que de l’eau courante
- type de radiateur tel qu’on le faisait il y a une vingtaine d’années Un serpentin garni (Tailettes rapportées sur le tube était placé à Vavant de la voiture, de façon à refroidir
- activement l'eau de circulation du moteur.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- TU 15 K S GAKNIS J)'AI LUTTES .M KTAI.UQUES
- En haut, le tube simple sur lequel les ailettes ont été emmanchées à force. En bas, disjm-sition noui'clle : les ailettes ne sont plus séparées, mais ont la dimension du radiateur lui-méme et c'est à travers ces plaques superposées que passent les tubes de circulation.
- serait la meilleure solution ; mais ce procédé n’est possible que dans les moteurs de bateaux, naviguant en eau douce, qui peuvent s’alimenter directement à la rivière ou au canal et rejeter l'eau aussitôt. Nous avons spécifié : eau douce, car l'eau de mer aurait tôt fait de laisser des dépôts obstruant la canalisation. Par contre, la voiture automobile est obligée d'emporter son eau de refroidissement et de la refroidir le plus et le mieux qui lui sera possible, afin fréquents renouvellements.
- Au début de l’automobilisme, on se contentait d’un simple réservoir d’eau, placé en charge au-dessus des cylindres ; la circulation se faisait par thermo-siphon, l’eau chaude remontant au réservoir d’où elle descendait pour revenir à nouveau autour des cylindres par la partie inférieure. La consommation de cette eau, du fait de l’évaporation, était rapide, si bien qu’il en fal-
- lait renouveler la provision tous les quarante kilomètres environ ; mais, à cette époque, cette distance représentait déjà plus de deux heures de marche et l’on ne se montrait pas exigeant. On pensa cependant qu’en augmentant la surface des réservoirs et des tubes dans lesquels devait circuler l’eau chaude, on obtiendrait un plus grand et plus rapide refroidissement et que l’on rendrait ainsi moins fréquents les besoins de reprendre de l'eau, ("est ainsi que l’on adopta, pour la première fois, à bord de certaines des voitures qui prirent part à la grande course Paris-Marseille et retour, en 1890, de longs serpentins disposés sous le châssis de la voiture. Placés ainsi dans le courant d’air produit par le déplacement de la voiture, ces serpentins fournirent d'appréciables résultats que l'on rendit plus sensibles encore en munissant les
- LA CONSTRUCTION D’UN BLOC DE RADIATEUR
- L'ouvrière soude les extrémités des tubes de circulation au fond du collecteur supérieur.
- d’éviter de trop
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- tubes d’ailettes métalliques rapportées et entrées à force sur toute leur longueur. Le métal étant bon conducteur de la chaleur, ces ailettes, en contact direct et intime avec le tube, augmentaient dans une très grande proportion la surface de radiation. Ce n’était, certes, pas encore la perfection ; ces radiateurs à tubes et à ailettes, placés sous la voiture, se chargeaient bientôt de la poussière et de la boue de la route, recevaient tous les excès d'huile de graissage que laissaient échapper le moteur et les divers organes de transmission ; ils nécessitaient également l'emploi d’une pompe, accessoire indispensable pour ramener l’eau et l’élever dans le moteur, placé au-dessus de la canalisation, et pour lutter aussi contre les poches de vapeur qui, pouvant se former dans les coudes des tubes, auraient arrêté la circulation sans l’entraînement forcé de la pompe. D’autre part, cette pompe rotative qui, généralement, était, mue par une poulie garnie de caoutchouc qu’actionnait le volant du moteur, avait les défauts de tout accessoire mécanique et était sujette à dérangements ; dès lors, la circulation se trouvait interrompue, bientôt le moteur chauffait : c’était la
- TYPE DE RADIAT K U K POUR CAMION LOURD
- Les collecteurs d'eau sont boulonnés au-dessus ci au-dessous du bloc rie tubes du radiateur.
- I,K FREMI 15II TYPE DE RADIATEUR « NID d’aBEII.I.ES »
- Il se compose d’une série de tubes carrés soudés entre eux par leurs extrémités et séparés par une tige de cuivre dont l'épaisseur sert à ménager l'espace nécessaire au passage de l'eau.
- panne. Cependant, malgré tous ces défauts, ces ennuis, ces inconvénients, le radiateur était un progrès sensible qui s’accentua encore lorsque l’on eut l’idée de placer cet appareil, désormais indispensable , en avant du moteur, au-dessus du châssis. 11 était ainsi disposé à l’abri de la boue, de la poussière et de toutes projections d’huile et recevait le vent de première main. Ces serpentins, garnis d’ailettes, formaient un bloc compact, mais ajouré, auquel les constructeurs donnèrent des dimensions et des formes différentes qui devenaient, en quelque sorte, une marque de fabrique et permettaient de reconnaître à distance et de baptiser le modèle d’un simple coup d’œil. Malgré leurs incontestables avantages, ces radiateurs, qui représentaient un développement de quinze à vingt mètres de tube, pesaient très lourd et comportaient trente
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- à quarante coudes, soit autant d'obstacles «à la vitesse de circulation de Peau. La première de nos gravures montre un type de radiateur de course construit à cette époque, c’est-à-dire vers 1899, et permet de se rendre compte du dispositif employé. Pour remédier à cet inconvénient du poids et de la longueur du tube, on imagina alors de faire du radiateur lui-même un véritable réservoir que l’on constitua par deux collecteurs réunis entre eux par une grande quantité de tubes garnis d’ailettes. Le collecteur du haut était relié par un tube avec la partie supérieure des cylindres, le collecteur inférieur avec le bas dit moteur.
- La circulation d’eau s’y faisait, et s’y l'ait toujours, d’ailleurs, car ce dispositif est encore utilisé aujourd’hui, pour les poids lourds notamment, par tliermo-siphon, l’eau chaude passant dans supérieur pour descendre dans les tubes et s’y refroidir sous Fin fluence de Pair frais extérieur, puis retournant autour des cylindres, suivant la loi des vases c o m m uni -eants.
- Pour simplifier la fabrication de ce genre de radiateur, on perce toute une série de plaquesmétal-liques légères, de même dimension que les collecteurs, de trous rap-prochéslesuns des autres ; dans ces trous, on passe les tubes, comme 1 ’ indiquent nos figures page 140, et on son*le leursex-
- RADIATEUR A TUBES HEXAGONAUX
- Ce sont des tubes à section ronde dont, les extrémités seules ont lu formc hexagonale.
- le collecteur
- ÜI.OC UE RADIATEURS EN TUBES LOBÉS
- Dans ces tubes, toujours soudés mitre eux par leurs extrémités, on introduit des tubes-ronds, pour augmenter encore la surface de refroidissement,
- trémités aux trous correspondants des collecteurs. Le nombre des tubes et leur longueur varient naturellement suivant les dimensions et la puissance du moteur.
- Un perfectionnement important, et qui nous vient d’Allemagne, si nos souvenirs sont exacts, parut vers 1900 ; c’est le dispositif que l’on dénomma « nid d’abeilles » et que l’on vit pour la première fois à Nice, à l’occasion de la Semaine automobile qui s’y organisait chaque année dans le courant de l’hiver. Vu de face, ce nouveau radiateur avait, en effet, l’aspect de ces rayons de miel que l’on expose à l’étalage des confiseries. Il était composé d’une série de tubes carrés placés côte à côte et séparés l’un de l’autre par un simple fil de laiton, courant tout le long d’une rangée de ces tubes et soudé à eux à leurs extrémités ; il s’ensuivait qu'entre ces tubes régnait un espace vide, très mince, de la largeur du fil de laiton, mais suffisant pour y laisser passer une légère nappe d'eau, l'air frais circulant à travers les tubes. La surface de refroidissement se trouvait ainsi multipliée puisqu’elle comportait les cpiatre faces intérieures du tube et que, d’autre part, l’épaisseur de la couche d’eau à refroidir était réduite autant que possible. Ce dispositif, sauf modifications de détail et de cons truction , n’a pas été changé depuis ; c’est
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- L'KV O L U TIO N 1) V R A 1) IA T R Vit D'A V T O 1 Ui
- « NI IJ I) ABKI1.I.KS » AVliC ADDITION DK K Kl Tl.I.KS DK CUIVRE A I. INTERIEUR DKS TUBES
- celui qui, sous le plus petit volume, donne les résultats les plus satisfaisants.
- La théorie du radiateur peut, d’ailleurs, se traduire en peu de mots : diviser l’air et l’eau le plus possible. Si l’on pouvait réduire la nappe d’eau à l’épaisseur d’une feuille de papier et rendre aussi fines les cloisons de enivre entre lesquelles on la fait circuler, il est certain que le refroidissement en serait considérablement facilité, mais il est des limites que l’écoulement du liquide et la solidité de l’appareil ne permettent malheureusement pas de dépasser.
- Pour activer le refroidissement et pour le faciliter en cas d’arrêt de la voiture, le moteur tournant toujours, on a disposé à l’arricre du radiateur, actionné par le moteur, un ventilateur à trois ou quatre branches, qui aspire l’air et entretient ainsi un courant constant à travers les « nids d’abeilles ». Comme dans le modèle à ailettes que nous avons décrit plus haut, ce bloc de tubes est
- fixé et soudé à deux collecteurs dont l’un, celui de dessus, sert de réservoir et comporte l’embouchure par laquelle on le remplit. La mode étant venue, depuis quelques années, de donner aux radiateurs la forme en coupe-vent, qui offre certains avantages, le constructeur taille en biseau l’extrémité des tubes et les soude légèrement en retrait l’un de l'autre, de telle façon que les biseaux se continuent dens un même plan oblique.
- Différentes modifications de détail, dans la forme des tubes, notamment, ont été adoptées par la suite. On s’est servi de tubes ronds dont on modifiait les extrémités par un emboutissage spécial ; on leur donnait ainsi une forme hexagonale qui permettait de les souder les uns aux autres sans l’interposition d’aucun fil de laiton : l’espace libre réservé à la circulation de l’eau étant celui compris entre l’arrondi des tubes.
- Un autre système est celui des tubes o lobés », ayant en coupe le dessin du trèfle à quatre feuilles. Cette forme, donnant lieu à des rentrants et des saillants, augmente légèrement la surface de refroidissement.
- MODK DE FABRICATION D’UN RADIATEUR SYSTEME ÎIOREUX
- Par le procédé de Vemboutissage, on obtient d'une feuille de cuivre très mince une série de double bandes ondulées qui, rapprochées les unes des autres et soudées entre elles deux par deux, à lei-rs extrémités, constituent des blocs que l'on réunit ensuite pour former un rudiutci r.
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- KliACJlKN'T DK IÎADIATKUU A I5AXDKS
- Les bords de ces bandes sont, comme pour les tubes cités plus haut, légèrement évasés pour faciliter la soudure entre les bandes et ménager entre elles la place nécessaire au passage de l’eau. Ces bandes sont soudées deux par deux, les ondulations s'emboîtant l'une dans l’autre ; c’est entre ces deux bandes que circulera l’eau en une nappe mince et, par conséquent, facile à refroidir. Une autre paire de bandes, semblablement disposées, vient s’appliquer sur la précédente, mais en appuyant contre elles les saillants de ses ondulations ; il résulte de ce dispositif que l’air aura pour circuler tous les espaces carrés restés libres entre les ondulations des bandes de cuivre, tandis que l’eau bénéficie d’une section d’écoulement constante, évitant ainsi les remous qui se produisent dans les radiateurs nids d’abeilles à tubes ronds. La fabrication de cette sorte de radiateur à bandes, qui semble donner un rendement supérieur à tous les autres systèmes, n’a pu jusqu'à ce jour être mise au point en France que par un très petit nombre de constructeurs ; par contre, les Anglais et les Américains, qui sont toujours à l’affût des procédés
- Pour développer davantage cette surface, on glisse à l’intérieur du tube lobé un autre tube rond qui, par contact, se charge d’une certaine quantité de chaleur et augmente le refroidissement.
- Par ailleurs, on s’est servi de tubes carrés, semblables à ceux dont nous avons déjà parlé en décrivant le radiateur à nids d’abeilles ; on a forcé légèrement leurs extrémités, par le procédé de l’emboutissage. de façon à pouvoir les souder l’un à l’autre sans intercaler de fil de laiton et à conserver entre eux un vide suffisant pour le passage de l’eau. La surface de refroidissement a été augmentée en introduisant à l'intérieur du tube deux petites lames de cuivre mince, pliées en V, dont les extrémités s’appuient dans les angles, donnant ainsi l'apparence d’un X. Ces deux derniers systèmes ne se sont pas généralisés ; ils ont bientôt cédé la place à un dispositif plus ingénieux encore, imaginé par M. Moreux, et dont le mode de fabrication est infiniment plus simple et beaucoup plus rapide.
- Ce procédé consiste à prendre une mince feuille de cuivre d’une largeur égale à l’épaisseur que doit avoir le radiateur, à la passer à la presse à emboutissage et à lui donner la forme ondulée qu'on peut lui voir à la page 143.
- Dans le radiateur à bandes, soudées en S, l'eau passe par les espaces libres O et se rend du collecteur supérieur au collecteur inférieur, léchant toute la surface des vides A yur lesquels circule Voir qui la refroidit.
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- L'ÉVOLUTION BU RADIATEUR 1TAUTO
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- FABRICATION 1) UN BLOC DK RADIATKUR A BANDKS
- L'ouvrière termine la soudure des deux parties du radiateur qui, disposées en biseau, donneront la forme
- caractéristique de coupe-vent.
- les plus pratiques de fabrication, eu ont généralisé* l’emploi dans de grandes proportions.
- Le simple tube de cuivre, de très petite section, c’est-à-dire donnant passage à une mince colonne d’eau, est aussi usité pour les radiateurs ; on en multiplie le nombre autant que possible et on les dispose en quinconce, de façon à donner un libre passage à l’air, tout en lui présentant toujours une surface à refroidir. Ce type de radiateur est surtout employé par les constructeurs, qui le placent en arrière du moteur, devant le
- tablier de la voiture. Il a reçu aussi une très grande application en aviation, laquelle, si elle est ennemie d’un excès de poids, dispose tout au moins de beaucoup de place pour suspendre entre ses ailes tubes et réservoirs.
- Les blocs une fois construits, il s’agit de les loger dans le cadre de cuivre dont la forme et les dimensions sont fournies par le constructeur de la voiture. Chaque marque a son modèle de radiateur, qu’elle s’efforce de rendre aussi caractéristique que possible, de façon à bien affirmer la personnalité de la voiture. Le
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- type bien étudié, bien défini, arrêté ne varielur, on fait une matrice, et, d’un seul coup, on obtient la forme du radiateur ; on en découpe l’intérieur pour y loger le bloc de tubes, d’ailettes ou de bandes, et le cuivre qui reste est utilisé pour terminer les collecteurs, faire les raccords des pipes d’alimentation , boucher les vides et consolider l’appareil dans les parties qui doivent supporter le plus CARAPACE EXTÉRIEURE d’un RADIATEUR
- d’efforts. En effet, Elle est obtenue (Fun seul coup à la presse à emboutir; quand le bloc et la dans la partie découpée se loge le bloc du radiateur.
- calandre sont finis, il y a encore plus d’une journée de travail sur un radiateur ; la soudure et le chalumeau jouent un rôle important ; l'un et l’autre pénètrent dans tous les coins et recoins de l’obj et qui, monté sur un appareillage spécial, est retourné par l’ouvrier sous toutes ses faces, aucune partie ne de-vant échapper au plus scrupuleux examen. Et quelles que soient les précautions prises, l’attention de l’ouvrier,
- LES OUVRIERS METTENT LA DERNIÈRE MAIN A UN RADIATEUR D’AUTOMOBILE Une fois le bloc de tubes ou de bandes fixé dans le cadre du radiateur, on en soude soigneusement toutes
- les parties dans lesquelles l'eau doii circuler.
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- L'ÉVOLUTION DU RADIATEUR D'AUTO
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- l’habitude de ce genre de travail, il arrive encore trop fréquemment qu’un point imperceptible a échappé a l’examen, qu’un trou invisible n’a pas été touché par la soudure. Pour s’en assurer, en dernière opération, on ferme hermétiquement le tube de purge, et, par le bouchon de remplissage, on envoie de l’air comprimé dans le radiateur (pie l’on a plongé
- accessoire de l’automobile n’est pas un des moins chers ; mais, plus on va, plus on élève le rendement des moteurs, plus on augmente la compression, et plus important devient le problème du refroidissement.
- A dimensions égales, il se pourra que tel moteur soit suffisamment refroidi par un radiateur dont tel autre ne saurait s’accom-
- l’essai du radiateur constitue l’opération einale
- On plonge l'appareil clans une cuve pleine d'eau et, à Vintérieur, on envoie un jet puissant d'air comprimé. S'il existe une fuite, si minime sùit-clle, l'air passera, et, en faisant bouillonner l'eau, comme c'est le cas ci-dessus, décéléra le défaut de fabrication.
- dans un grand baquet plein d’eau. S’il existe la moindre fuite, l’air s’échappe, et l’endroit où l’eau bouillonne en détermine l’emplacement. Un point de soudure et le mal est réparé. On procédera de la même façon pour déterminer la blessure à fa suite d’un choc.
- Tels sont grosso modo les différents types de radiateurs passés et présents. Le travail, compliqué, minutieux que leur fabrication comporte, le prix élevé des matières premières, cuivre, laiton ou étain, font que cet
- moder. Toutefois, et pour en donner un exemple, résultat de maintes expériences successives, il est admis qu’il faut, pour refroidir un moteur de 12 chevaux déclarés, mais qui en fait réellement 18, de 500 à 700 centimètres cubes de bloc par cheval. Nous ne saurions donner ceci comme une règle immuable, mais c’est approximativement la base sur laquelle sont établis les calculs de nos fabricants spécialistes de radiateurs, et les ré sultats leur donnent raison. Paul Meyan.
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- UNE MACHINE PERFECTIONNEE POUR LE DÉCOUPAGE RAPIDE DES TOLES
- Par Justin R IVOIRE
- On découpait, on découpe encore les métaux en feuilles ou en tubes à l'aide de grandes cisailles ou du chalumeau-découpeur. Il faut, avec ce procédé, des ouvriers spéciaux qui, malgré toute leur maîtrise et toute leur habileté, ne sauraient fournir un travail toujours égal, régulier, uniforme. Les feuilles de tôle de grand format sont d'un maniement diflieile qui nécessite l'aide d'un manœuvre ou d'un apprenti; il suffira d'un faux mouvement de celui-ci pour faire dévier la plaque de la ligne suivant laquelle elle doit se présenter à la cisaille, pour (pie, bien malgré lui, l'ouvrier ne suive pas exactement le gabarit qui lui a été tracé.
- S'il s’agit du découpage au chalumeau, on sait qu'il faut presque toujours le compléter par une retouche à la meule ou à la lime. Et nous n’avons considéré encore ici ([lie le travail le plus simple et le plus facile, mais, pour exécuter des découpages intérieurs, la difficulté augmente, car la cisaille ne peut être utilisée, pas plus (pie la meule émeri, qu’il faudrait cependant employer pour rectifier le travail du chalumeau. On s’explique que, dans cette industrie spéciale, la bonne main-d'œuvre est chère, non seulement parce qu'elle est peu nombreuse, mais aussi parce qu’elle ne peut (pie débiter relativement peu. Or, la tôle est une matière
- VUE GÉNÉRALE DK LA MACIIINK MOllEUX POUR LE DÉCOUPAGE DES TÔLES Appuyé sur le côté gauche de la machine, on peut voir un type de gabarit servant à diriger le poinçon tlécoupeur, lequel poinçon est solidaire d'un piston animé d'un mouvement vertical.
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- LE. DÉCOUPAGE RAPIDE DES TOLES
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- COUPE SCHÉMATIQUE DE LA MACHINE A DÉCOUPER
- première dont l’emploi se généralise de plus en plus dans la grande industrie.
- La machine à découper que nous décrivons aujourd’hui a été imaginée par M. Moreux, en vue d’obtenir un beaucoup plus grand débit, et aussi pour suppléer autant que possible à l’ouvrier spécialiste, en le remplaçant par de la main-d’œuvre féminine, sans apprentissage préalable. Le résultat a été remarquable, puisque l’on a atteint une vitesse de découpage d’un mètre à la minute ; c’est un gain de 90 %
- Cette machine à découper n’est, en quelque sorte, qu’une poinçonneuse-mortaiseuse dans le bâti de laquelle un arbre horizontal A, commandé par une poulie P et des engrenages démultipliés EE', actionne un vilebrequin V, une bielle II et un piston R. Sur le piston est monté un poinçon C, d’une forme spéciale, engagé dans une matrice qui le guide. Toutes ces commandes se trouvent cachées dans le bâti de la machine, à l’intérieur duquel se meut le piston dont le mouvement de va-et-vient fait monter et descendre le poinçon sur la feuille de tôle à découper.
- Pour découper une série de pièces identiques, il est confectionné an calibre reproducteur représentant exactement le contour des pièces que l’on désire obtenir. Ce reproducteur est muni de deux ou plusieurs goujons de repère qui s’engagent dans des trous percés à l’avance à l’aide d’un gabarit, dans les feuilles à découper. La tôle à découper est ainsi rendue solidaire de son calibre et est approchée du poinçon. Le poinçon pratique une entaille d’une forme quelconque jusqu’à ce qu’il vienne en contact avec le contour du calibre ; à ce moment, l’ouvrier n’a qu’à maintenir constant le contact entre le poinçon et le calibre tout en donnant une avance à la tôle.
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- CONSTRUITE PAR M. MOREUX
- P, poulie de transmission ; A, arbre ; EflE, engrenages démultipliés ; V, vilebrequin ; II, bielle ; H, piston qui reçoit le jminçon C.
- POINÇON DECOUPEUR
- C'est la pointe inférieure qui, taillée en biseau, pénètre dans la tôle.
- La largeur u e e o u p e est bien dé-terni inée, puisque le bord extrême vient buter à chaque avance contre le prolongement du poinçon. La matrice est réglable en hauteur par le déplacement de con support. La course du poinçon, mesurée au-dessus de l’arête coupante de la matrice, doit être inférieure à la hauteur du calibre pour que le poinçon ne puisse pas mordre sur ce calibre; le réglage du poinçon et de la matrice est fait en conséquence par l’ouvrier découpeur.
- Pour découper un profil intérieur, il est nécessaire de percer au préalable un trou à un endroit quelconque de sa périphérie pour qu’il soit possible d’y engager le poinçon au début du découpage.
- La machine à découper Moreux convient particulièrement à l’ébar-bage des bords des pièces embouties (châssis, traverses, etc.).
- S’il s’agit de découper un profil tubulaire, le calibre reproducteur est constitué par un tube-fourreau qui emboîte extérieurement et reproduit à son extrémité la forme à obtenir, qui peut être quelconque ; le tube-fourreau est fendu suivant une ou plusieurs génératrices, d’après ses dimensions et, parle moyen d’une vis, le blocage du tube dans le fourreau est assuré. Le porte-matrice amovible est remplacé par un porte-matrice de forme appropriée. Le découpage s’opère comme pour les feuilles, en approchant l’ensemble des deux tubes du poinçon.
- Telles sont, entre autres, quelques-unes des opérations auxquelles se prête la nouvelle machine à découper, dont les avantages sont principalement la rapidité et la régularité du travail, en même temps que sa facilité.
- J. Ri voire.
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- CARTE DES PRINCIPAUX BASSINS HOUILLERS DES ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE
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- Etendue des divers bassins houillers
- Anthraçite> et Charbon bitumineux
- MEXIQUE
- Cette carie montre que les gisements houillers exploités aux Etats-Unis sont situés dans le bassin du Mississipi et le long des Montagnes Rocheuses.
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- LES RICHESSES HOUILLÈRES DES ÉTATS-UNIS
- Par Robert DORIMON
- Les Etats-Unis, qui, en 1870, ne produisaient que 83 millions de tonnes de houille, se placent aujourd’hui en tête des nations productrices de combustibles minéraux. Us ont dépassé la Grande-Bretagne depuis 1890 et le développement de l'exploitation de leurs richesses houillères a continué à marcher depuis lors à pas de géant, sans jamais trahir aucune faiblesse.
- Dès 1908, l’importance de l’extraction américaine atteignait 375 millions de tonnes de 1.000 kilogrammes et les accroissements de la production décennale se chiffraient par 100 %, de 1875 à 1885, et par environ 80 % de 1885 à 1905. Actuellement, l’augmentation annuelle continue régulièrement, mais le pourcentage diminue forcément.
- La presque totalité de ces combustibles était consommée dans le pays même, car l’exportation ne dépassait pas, en 1908, 12 millions de tonnes, pour la plus grande partie vendues au Canada, au Mexique et aux Antilles, principalement à Cuba.
- A cette époque, les Etats-Unis envoyaient chaque année dans les ports de la Méditerranée quelques milliers de tonnes de charbon, malgré la concurrence des produits anglais et allemands, qui limitait cette exportation à laquelle on avait vainement essayé de donner un certain développement vers 1900. Elle était d’ailleurs devenue insignifiante en 1914.
- L’importation (le la houille aux Etats-Unis est également très faible, car elle ne dépasse guère 2 millions de tonnes, repré-
- HAVF.USE MÉCANIQUE MONTÉE SUR CHARIOT POUR lé ABATAGE DU CHARBON L'emploi de ce mode de travail dans les mines du Nord-Amérique permet d’obtenir une extraction intense malgré la rareté relative de la main-d'œuvre et son prix élevé, qui tend encore à augmenter chaque jour.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- PI, A N I)F, I,' F.X PI-OIT ATT O N SOUT F. Il II AI NTF, D’üNE MI NK DK IIOFII.LK AMKRICAINK
- Les chiffres indiquent les cales de profondeur, en pieds anglais de 0 m. 3049, des courbes de niveau souterraines. Les pelits rectangles vides sont les massifs de houille préparés pour l'abatage, ceux (pii sont teintés en noir sont déjà abattus. On voit que les réserves de cette mine sont importantes.
- sentant la contribution du Canada à l’alimentation de quelques fours à coke et celle des houilles anglaises, australiennes ou japonaises, qui constituent un fret de retour pour les navires exportant les céréales américaines parles ports du Pacifique, San-Francisco, etc.
- L’exploitation des mines de combustibles minéraux est donc, aux Etats-Unis, une affaire exclusivement nationale et le service géologique du pays a procédé, en 1907, à un inventaire complet des gisements répartis sur le sol de l’Union, exception faite de l’Alaska, à cause de son climat très froid.
- On a admis, à cet effet, une division générale des gisements en deux classes absolument distinctes qui comprennent, d’une part, les anthracites, et, de l’autre, les charbons dénommés bitumineux et les lignites.
- Les anthracites sont principalement exploités dans la région nord-est de la Pensyl-vanie, qui produit la presque totalité de ces combustibles, bien que le bassin correspondant n’ait qu’une surface relativement très petite (1.247 kilomètres carrés).
- Les gisements de charbon bitumineux et de lignites reconnus sont très abondants aux
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- LES RICHESSES HOUILLERES DES ETATS-UNIS
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- T H A N S PO RTE U RS MÉCANIQUES DESSERVANT LUS GALERIES SOUTERRAINES DE DEUX MINES DE IIOUIELE AMÉRICAINES
- Comme on le voit, les deux mines ont leurs galeries d exploitation à deux niveaux différents et les wagonnets, sortant éi flanc de coteau sur des estacades, vont sc déverser dans le transporteur mécanique partant du niveau supérieur, pour aboutir à un poste de mise en wagons situé sur une voie ferrée construite dans la vallée, au bas de la colline.
- Etats-Unis et recouvrent une superficie dépassant 1.289.000 kilomètres carrés.
- La carte qui précède cet article montre la répartition de ees bassins, dont le plus important est celui des Appalaches, qui fournit une grande quantité de charbons bitumineux de bonne qualité pour tous usages.
- Le bassin anthraciteux de Pensylvanie, qui est peut-être le plus riche du monde, comprend au point de vue commercial les trois régions de Wyoming, de Lehigh et de Schuykill.
- Sa partie septentrionale, qui mesure 457 kilomètres carrés, affecte la forme d’un croissant long de 88 kilomètres. Elle comporte les vallées de Lackawanna et de ^Susquehanna, qui ont permis la construction facile des voies ferrées servant à exporter vers l’Ouest les produits de ces riches régions.
- ("est de la Virginie occidentale, située, au point de vue géologique, dans la région des Appalaches, (pie provient la fameuse houille universellement connue sous le nom de Pocahontas.
- Ce charbon à vapeur et à coke est extrêmement pur, surtout dans la couche n°3.
- En 1912, la production de cet Etat déliassait 24 millions de tonnes et, en 1914, la richesse du bassin houil-ler de Pocahontas fut évaluée à environ G milliards de tonnes. Les couches ont une épaisseur uniforme et ne sont dérangées par aucun accident, ce qui rend leur exploitation mécanique facile et rémunératrice.
- Le Pocahontas a un pouvoir calorifique élevé et rend à la marine américaine les mêmes services que rend le cardiff à la marine anglaise. Sa combustion a lieu avec un faible dégagement de fumée, fournit très peu de cendres ou de mâchefer et n’encrasse pas les tubes. On peut donc brûler ce charbon aussi facilement dans les foyers munis du tirage forcé que dans ceux qui fonctionnent avec le tirage naturel, à terre ou sur mer.
- Il existait, en 1912, dans le district de Pocahontas, en\ iron 11.000 fours à coke, du type à ruche, ayant produit plus d'un million de tonnes d’un excellent coke métallurgique très dur ne contenant que des traces à peine dosables de soufre et de phosphore, avec une très faible teneur en cendres.
- Le nom de Pocahontas est celui d’une princesse indienne, fille du chef Powhatan, qui, en 1605 — elle était alors âgée de douze ans — sauva la vie du capitaine anglais John Smith, condamné à mort par les Peaux-Rouges. Mariée à un gentleman anglais, la
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- jeune princesse vint visiter Londres en 1G1G, fut présentée à la cour et mourut prématurément en 1G17, à Page de vingt-quatre ans.
- Il existe, dans l’Etat du Kentucky, de nombreuses mines de houille bitumineuse facilement exploitées à flanc de coteau, dans des sites montagneux très pittoresques.
- Les charbons extraits sont descendus dans les vallées où sont situées les voies ferrées, au moyen de convoyeurs spéciaux dits retardateurs. Les fig. page 153 et ci-dessous représentent des vues extérieure et intérieure de ces appareils de transport qui comportent une série de disques métalliques verticaux dont l’ouverture centrale laisse passer le robuste câble d’acier qui les entraîne grâce à l’effort fourni par des roues extrêmes à griffes mues par des moteurs électriques. Les morceaux de charbon circulent sous la poussée des disques dans une auge de bois de chêne garnie intérieurement, de plaques métalliques qui facilitent leur glissement.
- Avant d'être chargée dans les wagons de la voie ferrée, la houille est nettoyée, criblée, concassée et classée par grosseurs dans des ateliers spéciaux construits au pied des collines sur la pente desquelles sont établis les convoyeurs mécaniques de transport.
- Dans de ravissants paysages qui ressemblent à s’y méprendre à nos vallées des
- Vosges ou du Jura, sont alignées, un peu les unes sur les autres, il faut le reconnaître, les maisons de bois, à trois pièces, sans étage, dans lesquelles vivent, sans grand confort, les mineurs de la Virginie occidentale.
- La production du charbon bitumineux, en
- 1913, avait dépassé 478 millions de tonnes dont 174 millions pour le seul Etat de Pen-sylvanie, qui avait fourni également près de 82 millions de tonnes d’anthracite, réalisant ainsi la plus forte production du globe pour un seid bassin. Venaient ensuite la Virginie occidentale, avec 71 millions de tonnes, et l’Illinois, avec G2 millions. A côté de ces chiffres formidables, l’Ohio, avec 3G millions de tonnes, le Kentucky, l’Alabama et l’In-diana, avec des productions de 18 à 20 millions, faisaient, en quelque sorte, maigre figure alors (pie leurs extractions auraient certes brillé au premier rang dans maintes contrées européennes, notamment en France.
- La crise qui sévissait aux Etats-Unis, en
- 1914, avait fait baisser la production des charbons bitumineux d’environ 5G millions de tonnes, dont 2G pour le seul bassin de Pensylvanie. La Virginie occidentale, mieux partagée, avait seule maintenu son chiffre.
- La guerre intensifia les productions à tel point que, en 1918. on avait sorti des mines américaines un total de 653 millions de
- vue d’un convoyeur a iiouitj.e mu mécaniquement par i.’électricité
- Dans un canal en bois on, en béton se meut un câble (Tacier sur lequel sont fixés, de distance en distance, des disques de fonte verticaux. La houille est entraînée par les disques le long du canal, qui est disposé suivant la ligne de plus grande pente, sur le flanc, dune colline couverte de L’rands bois.
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- INSTAURATIONS DK T HI AGE ET I)E CONCASSAGE I) l'NK II O TI [, I lt H AMERICAINE Le charbon tout-venant est traité sur des courroies transporteuses bordées d'ouvriers ipii retirent éi la. main les pierres qu'il contient. Vue fois débarrassée de ees impuretés, la houille est concassée puis triée suides grilles métalliques et en/in mise en xvagons /unir être expédiée vers les centres de consommation.
- tonnes, dont 80 millions pour l'anthracite, ce qui représentait une augmentation de 08 millions par rapport à 1018. La production du coke métallurgique s'était accrue d’environ 14 millions de tonnes par rapport à la même année, qui marquait un record.
- La Pensylvanie tenait toujours la tête avec 246 millions de tonnes extraites, tandis que la Virginie occidentale atteignait 83 millions. On comptait en Pensylvanie 380.000 mineurs occupés au fond et au jour, en 1016.
- Grâce à l'emploi intensif d'une machinerie perfectionnée, rendu possible par l'importance des veines exploitées, le rendement du mineur américain est resté, jusqu’ici tout au moins, le plus élevé du monde entier.
- La Science et la Vie (numéro 46, page 205) a donné une description des machines construites en vue de l’abatage mécanique employées aux Etats-Unis ; elles rendent les plus grands services dans le cas des charbons durs comme l’anthracite, qui s’exploite à grande profondeur dans des districts souvent grisouteux.
- Dans la partie occidentale du bassin de Pensylvanie on a reconnu une douzaine de couches exploitables sur 370 mètres de terrain houiller et la puissance utile totale
- du charbon à enlever varie de 16 à 25 mètres.
- Il faut cependant remarquer que les mines américaines en viennent à brûler elles-mêmes une quantité de charbon qui n'est pas moindre de 10 % de leur extraction, afin de produire l'énergie électrique nécessaire pour actionner les appareils d'abatage mécanique.
- L’accroissement du tonnage extrait pendant la guerre provient surtout des mesures prises pour augmenter le rendement des jours de travail annuel qui était autrefois de 220.
- Une des richesses houillères les plus merveilleuses des Etats-Unis est constituée par la couche des charbons bitumineux de Pittsburg, qui joue un rôle considérable dans la vie économique du pays. Le tonnage de cet immense gisement est estimé à plus de 10 milliards de tonnes rien que pour la partie comprise dans la Pensylvanie. Il produit, notamment, la célèbre houille de Connelsville, qui donne un coke métallurgique de premier qualité, dur et sonore.
- Le développement du machinisme avait permis aux exploitants américains de distribuer aux mineurs des salaires relativement élevés, puisque, dès 1902, les ouvriers du fond gagnaient environ 3.000 francs par an, c’est-
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- LA SCIENCE ET LA VIE
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- PARC DK 3.000 WAGONS DK HOUILLE, A NORFOLK (VIRGINIE OCCIDENTALE)
- Ce combustible est conservé en réserve pour faciliter et pour régulariser les expéditions par mer.
- POSTE DE CHARGEMENT MÉCANIQUE DE CHARBON DANS UN PORT AMÉRICAIN
- Le combustible est versé dans les navires au moyen de coulottes que F on peut à volonté relever ou abaisser suh'ant la profondeur des cales, pour ne pas briser les morceaux.
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- à-dire un peu plus de 13 fr. 50 par journée de travail. Aujourd’hui, ces conditions sont bien changées et une immense agitation secoue le monde des mineurs en vue d’obtenir d’importantes augmentations de salaires et une diminution des heures de travail, cpii influerait dangereusement sur la production.
- On conçoit que, sur un terrain aussi étendu (pie celui des Etats-Unis, le prix des charbons livrés à la consommation soit extrêmement variable à cause de la répartition inégale des gisements de combustibles exploitables.
- Ea carte page lot) montre, en effet,
- miné une augmentation formidable des prix de revient et des prix de vente. La houille bitumineuse coûtait, en 1917, de 5 à 0 dollars 50 prise à la mine, et l’anthracite, à Xew-York, se vendait 12 dollars, c’est-à-dire GO fr.
- Le prix du fret ayant subi une hausse invraisemblable, on conçoit que l’importation en Europe des charbons américains soit un expédient d’autant plus onéreux (pie l’élévation du taux du change augmente encore de 80 % le montant des factures à payer par les consommateurs français.
- I.a question de l’alimentation du marché
- HABITATIONS DE MINKUllS PUES D’UNE IIOUII.I.ERE, Al'X ÉTATS-UNIS
- Ces maison nettes, construites en bois, comprennent trois pièces. Bien tpC alignées dans une vallée superbe, voisine des puits où travaillent les ouvriers, elles sont beaucoup trop serrées et manquent de jardins.
- (pie les couches de houille sont beaucoup plus abondantes dans l’Est et le t’entre (pie dans les Etats (le l’Ouest, où le combustible minéral, actuellement reconnu et exploité, se réduit à fort peu de chose. C'est ce qui explique (pic le chauffage au pétrole des locomotives, (les chaudières fixes et des foyers métallurgiques ait pris une si grande extension dans tous les Etats situés à l’ouest du Mississipi.
- L’extrême bon marché des combustibles minéraux a, pendant longtemps, favorisé l’industrie américaine, car,en 1900,1e prix de revient de la tonne d’anthracite sur le carreau de la mine était inférieur à 9 francs. En 1914, le tout-venant valait 1 dollar 30 la tonne à Pittsburg, mais la guerre a déter-
- européen par les charbons des Etats-Unis est donc encore plus difficile à résoudre (pie par le passé, et il est peu probable que l'on voie s’établir, à cette occasion, un courant commercial permanent comme semblait l'espérer une grande partie du grand public français.
- La construction d’une grande flotte commerciale américaine amènera sur le marché des frets de nouveaux éléments de concurrence qui influenceront peut-être les importations charbonnières en France. Il est cependant prob ble (pie les houilles d’outre-Atlantique ne trouveront, pas plus que par le passé, le fret de. retour dont l’absence constitue un empêchement à leur vente sur les grandes places commerciales européenr Robert Dorimon.
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- TABLE DE MULTIPLICATION AUTOMATIQUE
- Tous les professeurs qui commencent à enseigner les premiers éléments de l’arithmétique savent, par expérience, combien de difficultés ils éprouvent à faire entrer dans la cervelle de leurs jeunes élèves ce casse-tête chinois qu’on appelle la table de Pythagore. Lorsque parfaitement maître, en apparence, des produits par- 7 ou par 8, l’enfant aborde les produits par 9, les premiers s’évanouissent comme par enchante» ment et il doit recommencer à les apprendre, d’où un retard dans ses études; pendant cet intervalle de temps, il oubliera sûrement à nouveau ces fameux produits par 9, qui lui avaient donné déjà plus d’une migraine!
- A la vérité, les élèves d'intelligence moyenne apprennent et retiennent toutefois assez vite les produits des premiers multiples entre eux, de 2 à 5 inclus, mais à partir de 6 la difficulté commence pour augmenter progressivement jusqu'à ](). Passé ce nombre, les jeunes calculateurs s’embar-
- rassent fort. Aussi, une dame américaine, miss Albertina Beclunann, vient-elle d’imaginer une table de multiplication automatique, qui rendra faciles les opérations arithmétiques à l’enfant le moins doué. Ce simple appareil se compose d’un tableau portant des rangées de chiffres de 0 à 144. Les rangées sont séparées par des rainures. Si on veut trouver combien font G fois 4, on n’a qu’à chercher le chiffre 6 au haut du tableau et le chiffre 4 de l’autre côté, puis à placer une règle sur la rangée la "plus proche de 6 comme l'indique la photographie et une autre règle sur la rangée la plus voisine de 4. Dans l’angle produit par le croisement des règles, on trouve la réponse, 24.
- Si on désire diviser 24 par 6, on place une règle sur la rangée G et 24 et l’autre règle sur la rangée aboutissant à angle droit à 24. On a la réponse 4 à 'l’autre extrémité de la seconde rangée. Cet instrument des plus simples rendra service aux arithméticiens'débutants.
- I.A TABI/E DK MU1.TIPIJCATION IMAGINÉE PAR MISS AI.BEllTINA BECIIMANN
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- LA DIVISION DE LA CHARGE POUR LES TRANSPORTS SUR ROUTE
- L’utilisation d’un matériel transporteur automobile doit être étudiée de très près, si l’on veut en obtenir un bon rendement et éviter les retours à vide.
- MM. Lagache, Glaszmann et C'e viennent de trouver au problème du transport sur route une solution élégante, simple et pratique. Ils ont tout d’abord adopté le système de la remorque, qui permet de doubler la charge utile, transportée à chaque voyage ; à cet ensemble, tracteur et remorque, ils ont donné le nom de « Train F. A. R. ». C’est une sorte de train, en effet, mais dont la caractéristique et le grand mérite sont de pouvoir se dédoubler à volonté, chacune des parties ayant un rôle bien défini, le tracteur ne remplissant ici que le rôle de la locomotive qui remorque mais ne porte rien, la remorque restant, d’autre part, le wagon qu’il est possible de multiplier suivant les besoins.
- Il est certain que l’avantage est grand de pouvoir avoir en même temps un wagon en
- chargement, un autre en déchargement, pendant qu’un troisième est remorqué d’un point à l’autre par le tracteur qui ne cesse pas ainsi de travailler. Arrivé au quai avec une remorque vide, il laisse celle-ci et repart aussitôt avec la remorque pleine qui l’attendait. Celle-ci, ramenée à l’usine, passe au déchargement, tandis que la remorque qui vient d’être vidée retourne au quai avec le tracteur-navette. Un tracteur et trois remorques peuvent ainsi assurer un service intensif régulier et beaucoup plus rapide. Le tracteur, n’ayant rien à porter lui-même, est de construction beaucoup plus légère; il verra donc sa vitesse augmentée sensiblement, surtout lorsqu’il revient avec une remorque vide ; il peut marcher à vingt-huit kilomètres à l’heure, à vide ; à vingt kilomètres avec sa charge utile. C’est-à-dire qu’il ne mettra qu’une heure pour couvrir le parcours qu’un camion ne ferait qu’en deux. Au résumé, le train F. A. R aura un
- I.E TRACTEUR ET LA REMORQUE PEUVENT ÉVOLUER DANS UN ESPACE TRÈS RESTREINT
- L'avant-train de la remorque est monté sur cheville ouvrière; d'autre part, l'attache du tracteur pouvant tourner complètement autour d'un axe rigide, il s'ensuit que le train peut se mouvoir dans un espace
- à peine plus large que les deux véhicules accolés.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- Vl'H DK I. AIÎIill'.ItK DU TliACTKDli KT DK S()\ KSSIKU .MOT K U II
- Le couple conûpie cl sou différentiel soûl enfermes dans un carter. Les roues sont commandées par pignons droits dont le plus grand est a dentures intérieures.
- rendement trois lois supérieur, effectuant huit ou neuf voyages dans la journée au lieu de trois, transportant, une quarantaine de tonnes au lieu de quinze, faisant tomber le prix de revient de la tonne kilométrique à 25 centimes environ, résultat intéressant.
- Le tracteur employé, un Chenard-Walcker, fabriqué sur les indications des inventeurs du train, ne pèse que mille quatre cents kilos ; il comporte les mêmes organes que la quinze ehevaux de tourisme des mêmes constructeurs, moteur, embrayage et changement de vitesse qui, depuis de longues années, ont fait leurs preuves. Quatre cylindres monobloc 80 X 150 ; quatre vitesses et marche arrière par trains baladeurs ; le pont arrière se compose d’un essieu forgé d’une seule pièce sur lequel tournent les roues et au milieu duquel est porté le carter du couple conique. Les deux arbres du différentiel sont parallèles à l’essieu et attaquent les roues par des pignons droits engrenant avec des couronnes à denture intérieure. Ce dispositif a le très grand avantage de permettre à l’arrière du véhicule de supporter une charge plus considérable.
- Le tracteur, en effet, étant léger, pourrait ne pas avoir l’adhérence sullisante pour remorquer de lourdes charges. Cette adhérence indispensable c’est la remorque elle-même qui va la lui donner. Le tracteur porte, lixé à son châssis, un peu en avant de l’essieu arrière, une vis verticale sur laquelle peut se mouvoir un écrou auquel vient se lixer le bras de l’attelage. En remontant cet écrou, on soulève plus ou moins l’avant-train de la remorque, dont le poids s’appuie d’autant plus sur les roues arrière du tracteur, lesquelles sont garnies de pneus jumelés. L’adhérence est ainsi réglable, proportionnelle à la charge à transporter. On peut traîner jusqu’à deux remorques avec huit tonnes de charge totale, ce qui diminue encore le prix de la tonne kilométrique, proportionnellement au poids transporté.
- J/appareil, peut, comme le montre la première ligure, évoluer dans une rue de cinq mètres de large, grâce à l’avant-train, à cheville ouvrière, de la remorque qui pivote sur un cercle et qui peut aussi, i l’aide d’un simple verrou, être bloqué dan. la position droite, pour la marche arrière
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- L’INCIDENCE VARIABLE CONSTITUERAIT, POUR LES AVIONS, UN PROGRÈS APPRÉCIABLE
- Par Georges HOUARD
- L’une des qualités importantes de l’avion est la rapidité, qualité aussi nécessaire au bon rendement de l’appareil qu’à l’avenir du nouveau mode de locomotion. Car si l’on s’efforce d’assurer aux aéroplanes une vitesse aussi grande cpie possible, ce n’est pas seulement dans le but d’écourter la durée d’un voyage aérien, mais surtout parce que la vitesse est absolument indispensable à la sustentation de l’aéroplane.
- Pour enlever du poids, il faut aller vite ; un avion lent ne peut voler que s’il est très léger, condition qui s’oppose absolument à la réalisation d’un appareil pratique. Les avions
- actuels portent de 35 à 40 kilos au mètre carré ; pour assurer la sustentation d’une charge pareille, il faut nécessairement aller très vite et l’on n’y parvient qu’en ayant recours à un moteur très puissant. De plus, la vitesse est nécessaire pour permettre à un avion de lutter efficacement contre les éléments ; si cet avion doit vaincre un vent de 35 à 40 kilomètres à l’heure, il lui faut disposer d’un excédent de puissance considérable pour pouvoir se défendre avec succès des remous et des coups de vent.
- Au début de l’aviation, lorsque les avions volaient à 50 kilomètres à l’heure, la moindre
- l’incidf.ncf. variable a été réalisée, dès 1912, sur l’aéroplane sciimitt
- Quand F appareil est en plein vol, on réduit au minimum F incidence de la cellule, de façon à obtenir le maximum de. vitesse dans un temps relativement très court.
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- brise les obligeait à rester au hangar. A présent où leur vitesse est au moins de 120 à 150 kilomètres à l'heure, ils peuvent affronter de véritables bourrasques et sortir par presque tous les temps. Il apparaît donc que la vitesse est la qualité essentielle de l’avion et qu’il faut chercher à l’accroître sans cesse par tous les moyens, hormis ceux qui peuvent réduire le coefficient de sécurité de l’aéroplane et de celui qui le pilote.
- Mais si la vitesse a ses qualités, elle a aussi
- exercé par l’hélice. Or, une telle descente, en piqué, présente des risques sérieux, car si l’angle de chute n’est pas assez prononcé, l’appareil, qui n’est plus tiré par le moteur, perd sa vitesse et c’est à bref délai son effondrement sur le sol. Avec les appareils actuels, il faut atterrir en pleine vitesse, et c’est là une manœuvre dont on saisit tout le danger, surtout lorsqu’une panne de moteur vous oblige à descendre rapidement sur un terrain inconnu et parfois hérissé d’obstacles.
- MAXIMUM (VOIR I.A FIGURE DE LA PAGE PRÉCÉDENTE)
- En augmentant l'incidence de la cellule, on réduit la vitesse de F avion dans une proportion assez
- sensible, ce qui facilite <Tautant Vatterrissage.
- ses inconvénients. En ce qui concerne la sécurité, c’est, si l’on peut dire, une arme à deux tranchants. En effet, si un avion rapide se défend mieux dans le vent qu’un avion lent, il devient, par contre, beaucoup plus dangereux au moment de l’atterrissage. Les avions actuels, qui sont très lourds, ne peuvent se soutenir en l’air que s’ils sont animés d’une grande vitesse ; si une panne de moteur se produit, la descente en vol plané doit s’effectuer sous un angle très prononcé, de façon à ce que le vent relatif créé par la chute soit suffisant pour sustenter l’appareil et remplacer, en somme, l’effet de traction
- Le remède consiste à trouver un appareil qui, au départ et en plein vol, soit animé d’une très grande vitesse et qui, au moment de l’atterrissage, soit aussi lent que possible.
- Pour assurer à un avion une allure de 200 kilomètres à l’heure, il a fallu naturellement réduire les résistances à l’avancement. On a été ainsi amené à concevoir des ailes absolument plates qui permettent l’obtention des grandes vitesses mais qui sont essentiellement impropres à la sustentation. Dans le même but, on a réduit l’incidence des ailes ; l’angle d’attaque, par rapport au fuselage, est devenu presque nul, solution excellente pour
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- L'INCIDENCE DES AILES D'AVIONS
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- accroître la vitesse de l’avion mais nettement défectueuse pour le vol plané. Ces ailes plates et dépourvues d’incidence permettent d’aller très vite, mais font de la grande vitesse une condition sine qua non de sustentation, et cela n’est pas sans danger.
- D’après ce qui précède, il est facile de voir que la solution du problème réside dans une légère transformation des ailes. L’aile plate étant nécessaire à la vitesse de l’avion sera conservée, mais son incidence sera variable de telle façon que, positive à la montée et à la descente, elle favorise l’ascension de l’appareil au départ et sa sustentation à l’atterrissage, et que nulle, ou presque, en plein
- L’incidence variable, commandée par le pilote, assure un meilleur rendement aux avions, en leur permettant de quitter le sol et de s’élever très rapidement, de conserver leur vitesse maximum en plein vol, de réduire cette vitesse lorsqu’ils passent au vol plané de façon à ce que l’atterrissage s’effectue à une allure modérée, c’6st-à-dire dans d’excellentes conditions d’aisance et de sécurité.
- L’invention de M. Dhumbert consiste : 1° à rendre mobile la partie arrière du plan inférieur, de tel le manière que le pilote puisse, à volonté, en modifier l’incidence ; 2° à régler également la position du plan équilibreur arrière suivant l’inclinaison de l’aile ; 3° à
- COUPE SCHÉMATIQUE ü’UN AVION A INCIDENCE COMMANDÉE En manœuvrant le volant a, on provoque simultanément rabaissement de la partie arrière du plan inférieur n’ et T élévation du stabilisateur j. En même temps, le déplacement du moteur tout entier détermine une inclinaison correspondante de Uarbre de Vhélice.
- vol, elle ne s’oppose pas à l’avancement de l’avion, dont le propre est la vitesse.
- L’incidence variable avait déjà tenté un constructeur avant la guerre. Sur le biplan Schmitt, ce dispositif avait été réalisé non sans un certain succès, puisqu’il avait valu à son inventeur l’un des prix du concours de la sécurité (juillet 1914). Mais l’appareil comportait seulement la possibilité de modifier l’incidence des ailes, la position de l’hélice et de la queue restant la même. Or l’avion est un engin assez délicat ; la position de l’hélice, l’angle d’attaque de la queue sont calculés pour des ailes ayant une incidence déterminée. Si l’on modifie cette incidence, il semble qu’il faille déplacer également l’hélice et la queue. Ce serait là un problème assez ardu qu’un inventeur, M. Dhumbert, assure avoir résolu peu de temps avant l’armistice.
- faire varier la position du moteur en le faisant pivoter verticalement, provoquant ainsi un décalage plus ou moins accentué et une inclinaison correspondante de l’hélice.
- Ces manœuvres sont exécutées simultanément, au gré du pilote, par la rotation d’un volant unique. Sur l’axe de ce volant sont fixés une vis sans fin et deux pignons à chaîne enfermés dans un carter ; les mouvements imprimés au volant sont transmis par l’intermédiaire de ces chaînes aux divers organes actionnant la partie arrière du plan inférieur, l’équilibreur et l’arbre de l’hélice.
- Pour comprendre le fonctionnement du système, il convient de se reporter aux schémas qui accompagnent cet article. La figure ci-dessus représente l’avion en vol normal ; on voit que le plan inférieur n’est pas modifié, sa partie postérieure n'
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- restant dans le prolongement du bord avant n. Le stabilisateur arrière y est également dans la position normale, c’est-à-dire approximativement parallèle aux ailes de l'appareil. Il en est de même pour l’axe de l’hélice. La disposition de ces organes est donc telle^qu’elle permet à l’avion d’obtenir sans effort spécial sa vitesse maximum.
- Si, pour une raison quelconque, le pilote est contraint de s’élever très rapidement, il agit sur le volant de manœuvre a ; le mouvement de rotation imprimé au volant est transmis à la vis sans fin c et aux pignons d e fixés sur l’arbre du volant a. La vis sans fin c commande l’abaissement de la partie arrière du plan inférieur ; elle fait tourner l’arbre vertical g dont la vis h détermine la montée
- tout entier. Ce moteur est monté sur des bras oscillants qui prennent appui sur le fuselage ; le déplacement du moteur est assuré, par la chaîne 1, commandée par le volant a, cette chaîne déterminant à volonté, et par l’intermédiaire de la vis 2, la rotation de l’écrou 3, qui abaisse sensiblement la partie arrière du moteur et incline, par conséquent, vers le haut la partie opposée.
- Tous ces mouvements sont conjugués, c’est-à-dire qu’en faisant varier l’incidence du plan inférieur, on déplace du même coup l’inclinaison de la queue et celle de l’hélice. Cette manœuvre est effectuée soit au départ, pour accélérer la montée, soit à l’atterrissage, pour ralentir la vitesse de l’avion.
- La solution préconisée par M. Dhumbert
- ~{f~—y
- STRUCTURE DE I,’aILE INFÉRIEURE DE l’aÉROPUANE DIIUMBERT
- 1, chaîne commandant le déplacement du moteur ; a, volant; c, vis sans fin; d e, pignons fixés sur F arbre du volant; g, arbre vertical; j et k, levier et bielle assurant rabaissement de F aile inférieure de
- F appareil; r, chaîne de commande du stabilisateur.
- d’un écrou qui, à son tour, provoque l’oscillation du levier j sur son pivot j\ Cette oscillation est transmise par la bielle le au levier l et à l’arbre ni, le levier l étant calé vers le milieu de cet arbre. (V. lig. précédente).
- La partie mobile de l’aile oscille donc autour de l'arbre m, en pivotant sur celui-ci. L’abaissement de cette partie mobile a lieu chaque fois que le conducteur de l’appareil déplace le volant dans le sens convenable.
- Mais, en même temps que l’aile s’abaisse, il faut que Je stabilisateur arrière s’élève pour rétablir l’équilibre de l'avion. Ce mouvement est obtenu, en même temps que le précédent, par le déplacement de la chaîne r, (pii engrène le pignon v ; les écrous æ, fixés aux extrémités du stabilisateur j, provoquent en se vissant dans la tige filetée w, l’élévation de ce stabilisateur qui pivote sur son axe z.
- Quant à l’inclinaison de l’arbre de l’hélice, on l’obtient par le déplacement du moteur
- est, en principe, fort intéressante. A première vue, rien n’empêche de l’adopter. En réalité, il semble qu’il en soit tout autrement. Le dispositif en question comporte, en effet, beaucoup trop d’organes mécaniques pour pouvoir être facilement appliqué à un avion. De plus, ces organes seraient très lourds et ce (pie l’on gagnerait comme vitesse, en réduisant les effets de. la résistance de l’air sur les ailes, serait annulé par une augmentation de poids très appréciable. Ensuite, la variation d’incidence ne s’applique pas à l’ensemble des ailes, mais seulement à une partie du plan inférieur. Obtiendrait-on, de cette façon, le résultat que l’on est en droit d’attendre de l’incidence variable convenablement conçue? Enfin, il paraît difficile d’assurer la mobilité d’un moteur de 200 chevaux sur le fuselage d’un avion, sans entraîner à bref délai, la dislocation des points d’attache. Georges Houard.
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- LA CIRCULATION D’EAU DANS-LES TUBES DE CHAUDIÈRES
- Par le Commandant A. POIDLOUË
- De tous les fluides gazeuy susceptibles d’être utilisés dans les machines, le plus répandu est la vapeur d’eau, obtenue en brûlant du combustible dans un foyer ; cette vapeur va ensuite se dilater dans un cylindre, derrière un piston auquel elle imprime un mouvement rectiligne alternatif, et celui-ci, transformé en mouvement circulaire, détermine, par exemple, la propulsion d’un navire par la rotation des hélices. On crée ainsi du travail positif en transformant l’énergie calorifique en énergie mécanique.
- Tous les corps de la nature se présentent à nous sous l’un des aspects : solide, liquide ou gazeux, mais ces caractères ne constituent nullement des états définitifs ; l’eau, par exemple, peut prendre ces trois états pour peu que l’on fasse varier plus ou moins soit sa température, soit la pression qu’elle supporte.
- Quand il suffit d’abaisser légèrement la température pour que le fluide gazeux de l’eau redevienne liquide, on le désigne sous le nom de vapeur; si, au contraire, on éprouve de la difficulté, après l’avoir chauffé, à lq ramener à sa forme primitive, on le désigne sous le nom de gaz, bien qu’il n’existe
- aucune différence dans la constitution des fluides émis par le même liquide, le gaz restant la forme finale que prend la vapeur sous l’influence d’un chauffage continu et énergique.
- On nous permettra de rappeler le plus brièvement possible, afin d’éclairer ce qui va suivre, quelques lois concernant les
- DISPOSITIF IMAGINE PAR M. AUGUSTIN NORMAND POUR AMENER UNE CIRCULATION LOGIQUE DE L’EAU DANS LES CHAUDIÈRES A VAPEUR
- La partie cylindrique de la chaudière est séparée par un écran du faisceau des tubes ; les flèches indiquent le sens de la circulation.
- gaz ; la loi de Mariotte, en ce qui regarde leur compressibilité, s’énonce comme il suit :
- A température constante, les volumes occupés par une même masse de gaz sont en raison inverse des pressions qu’elle supporte. Soit un volume V0 à une pression p0 et un volume V à une presto V
- sion p, on a = — V p0
- d’où VoPo = Vp = constante.
- La foi de Gay-Lussac est la suivante :
- Les gaz exposés à d’égales variations de température, sous la même pression, se dilatent de quantités égales.
- Le coefficient moyen de dilatation des gaz entre 0 et 100°, trouvé par M. Régnault, est constant et égal à 0,003665 = ] /273; on le représente par a. En combinant cette loi avec celle de Mariotte, on arrive à une expression très simple qui relie le volume V à la température / et à la pres-p. V
- si°n p. ——- = p0 V0
- G G G G \
- QrJDXyQl G.GFCTG-7 ^ G -O -Q--6
- 1+a*
- = constante; p0 et V0 sont la pression et le volume à 0°; p. et V la pression, et le volume à une température t. Si on admet que le coefficient trouvé par M. Régnault soit vrai pour toutes les températures,
- on peut l’écrire p. V. = p0 V0 (1 + ^).
- Quand la température l — —273°, on a p. V=0. Or, comme le volume ne saurait être nul, c’est donc que p = 0; le gaz n’existe pour ainsi dire plus à l’état de gaz : il est arrivé
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- LA SCIENCE ET LA VIE
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- à une sorte de repos absolu dans lequel sa force élastique est complètement nulle.
- La température de — 273° où ce phénomène se trouve réalisé, porte le nom de zéro absolu. Le coefficient de M. Régnault n’est d’ailleurs exact que pour l’hydrogène et l’air ; avec d’autres gaz il change, et également avec d’autres températures. En somme, ce zéro n’a qu’une valeur conventionnelle.
- On n’ignore pas qu’une calorie est la quantité de chaleur nécessaire pour élever de 1° la température d’un gramme d’eau.
- La chaleur spécifique d’un gaz est la quantité de chaleur qu’il faut communiquer à l’unité de poids de ce gaz pour élever sa température de 1°, en le maintenant a une pression constante. Il y a également une autre chaleur spécifique des gaz qu’on appelle chaleur spécifique à volume constant ; c’est la quantité de chaleur qu’il faut communiquer à ce gaz pour élever sa température de 1° en le maintenant à un volume constant ; le rapport de ces deux espèces de chaleurs spécifiques est à peu près égal à 1.41.
- L’eau qui va nous servir à produire de la vapeur circulant dans les tubes de chaudières se rencontre dans la nature sous les trois états de vapeur d’eau, d’eau et de glace ; les résultats de l’analyse faite par Lavoisier etMeunier, en 1784, ont permis de constater qu’elle était ' composée d’hydrogène et d’oxygène, que 1 gramme d’hydrogène et 8 d’oxvgènc donnent 9 grammes d’eau et que deux volumes d’hydrogène combinés avec un volume d’oxygène pro-
- DISPOSITIF DK L INGENIEUR DES CONSTRUCTIONS NAVALES GARNIER La petite turbine placée à droite aspire Veau û la partie supérieure du niveau d'eau et la refoule à la partie inférieure.
- DANS LA PREMIERE FIGURE, LA VAPEUR CIRCULE MAL ET PAR A-COUPS ; DANS LA SECONDE, LA CIRCULATION EST ACTIVE ET CONTINUE
- duisent deux volumes d’eau. La densité de l’eau est de 1 à 4°, celle de la glace 0,93, ce qui explique pourquoi celle-ci surnage, la den-5
- sité de la vapeur - ; l’eau se solidifie à 0°,
- O
- cristallise en étoiles hexagonales (fleurs de la neige), bout à 100°, sous la pression normale de 760 mm. Formée d’un élément combustible, l’hydrogène, et d’un élément comburant, l’oxygène, l’eau, qui n’est ni combustible ni comburante, diffère donc profondément par ses propriétés des corps qui la constituent. L’eau distillée est partiellement dissociable au rouge blanc, décomposa-ble par le courant électrique ; décomposée au rouge par le charbon et le chlore et par tous les métaux, soit à chaud, soit à froid, sauf par l’aluminium et les métaux précieux. Les eaux naturelles contiennent en dissolution les gaz de l’air : oxygène, azote, acide carbonique ; on constate que, dans
- l’air dissous par l’eau, le volume de l’oxygène est à celui de l’azote dans la proportion de 1 à 2 ; quant à la proportion d’acide carbonique, sur 100 volumes d’air dissous, elle varie de 2 % dans l’eau de pluie à 47 % dans l’eau courante. Elle contient également des matières minérales, carbonates, phosphates, sulfates de chaux, silices, chlorures, sel marin Na O 1 et des matières organicpies.
- Vapeur saturée. — Quand, dans un vase clos, une vapeur est en contact avec le liquide générateur qui lui a donné naissance, on dit qu’elle est saturée, et tant (pie la température reste constante, elle possède une force élastique indépen-
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- LA CIRCULATION D'EAU DANS LES CHAUDIÈRES 1671
- dante du volume qu’elle occupe. Si on la comprime, la température restant constante, une partie de la vapeur reprend l’état liquide ; si, au contraire, le volume augmente, il y a vaporisation, la quantité d’eau diminue, celle de la vapeur s’accroît ; il arrive un moment où il ne reste plus une seule goutte d’eau dans le vase : on dit alors que la vapeur est sèche. ,
- Si on augmente l’intensité du foyer, elle devient surchauffée et peut supporter une certaine compression sans se liquéfier. Son emploi constitue un avantage parce que l’eau saturée donne parfois lieu à des condensations, mais l’emploi de la vapeur surchauffée a l’inconvénient de décomposer les matières de graissage et de provoquer, par suite, l’usure des pièces.
- Dans le phénomène de l’ébullition, des bulles gazeuses se forment sur le fond du vase ; elles se condensent d’abord au contact du liquide plus froid, puis il arrive un moment où elles se développent simultanément dans toute la masse du liquide et l’ébullition se produit avec un grand changement de volume; sous la pression atmosphérique un litre d’eau produit environ 1650 litres de vapeur ; si le liquide contient des matières salées en dissolution, l’ébullition est retardée; l’eau de mer ne bout qu’à 109°.
- La caléfaction est le phénomène qui se produit quand l’eau est en contact avec des plaques rougies, par exemple ; elle se divise en globules plus ou moins volumineux, qui sont séparés de la plaque par une -mince couche de vapeur.
- La chaleur latente est la quantité de chaleur qui disparaît, est annihilée quand, sans changement de température, on effectue la vaporisation d’un kilogramme d’eau.
- Terminons ce court exposé en disant que la pression absolue est celle qui règne dans l’intérieur et sur les parois de la chaudière et que la pression effective est égale à la pression absolue diminuée de la pression atmosphérique sur les parois extérieures ; on appelle perte de charge la différence qui existe entre le tirage total d’une cheminée et la pression en vertu de laquelle les gaz de la combustion sont expulsés.
- Nous allons examiner comment on a réalisé le problème de la circulation dans les tubes des chaudières, lesquelles peuvent se diviser d’abord en deux catégories distinctes, celles dans lesquelles les produits de la combustion passent dans les tubes et échauffent l’eau qui les entoure, celles où, au contraire, les tubes contiennent l’eauà vaporiser et sont enveloppés des produits de la combustion.
- Si on met, sans précautions spéciales, sous pression une chaudière à tubes de feu et à grand volume d’eau, les phénomènes d’ébullition que l’on cherche à produire sont accompagnés d’un réchauffage général de la chaudière et de son contenu. On constate une différence de température atteignant parfois 120° entre les couches supérieures et les couches inférieures avec plan de démarcation très net. A la partie inférieure de la chaudière, l’eau ne reçoit qu’une quantité de chaleur très faible. Cette eau, peu chauffée, reste en place et ne circule pas. Cette stagnation n’est pas sans entraîner de graves inconvénients : inégales dilatations des différentes parties de la chaudière, ébullitions saccadées, poches de vapeur ; aussi a-t-on toujours cherché, par des moyens divers et souvent fort ingénieux, à faire circuler l’eau.
- M. Normand, du Havre, a été l’un des
- FAC-SIMILÉ, EN VRAIE GRANDEUR, d’une COUPE OBTENUE A LA SCIE DANS UN TUBE A CIRCULATION TRÈS ACTIVE On y voit un dépôt d'environ un centimètre d'épaisseur.
- tirants
- boite
- TIRANTS
- grille
- CENDRIER
- COUPE D’UNE CTTAUDIÈRE DITE DE L’AMIRAUTÉ
- Les produits de. la combustion passant dans les tubes échauffent progressivement Veau qui les entoure.
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- tirants
- tubulaire.
- CENDRIER
- COUPE LONGITUDINALE ET COUPE TRANSVERSALE D’UNE CHAUDIERE LOCOMOTIVE Le foyer est rectangulaire; les tubes seuls sont entourés d'une enveloppe cylindrique.
- premiers à produire une circulation logique de l’eau dans les chaudières type locomotive, en divisant en deux parties égales les lames latérales existant entre le foyer et la paroi de la chaudière. Il installait, dans ce but, un écran à peu près vertical, en laiton, maintenu par des entretoises. Des écrans semblables étaient placés sur les côtés du faisceau tubulaire, entre les tubes et l’enveloppe cylindrique. Il régnait ainsi autour des tubesune zone chauffée dans laquelle l’eau s’élevait le long des parois et une zone plus froide par laquelle elle descendait. M.
- Garnier, Directeur des construc-tions navales, avait essayé, à l’aide d’une petite turbine, d’aspirer de l’eau au niveau supérieur et de la refouler à la partie inférieure.
- La dilatation dont nous avons parlé plus haut est d’environ un millimètre par 100° ; sur des chaudières longues, une différence de température entre les couches inférieures et supérieures peut produire des
- CHAUDIERE PRIMITIVE DU « TEMPLE »
- Le commandant du Temple eut d'abord Faviation en vue F aéroplane vola peu, la chaudière lui a survécu.
- inégalités de dilatation, sur la longueur des génératrices supérieures et inférieures, de quatre à cinq millimètres ; il en résulte que le métal peut subir des compressions allant jusqu’à 30 kilos par mètre carré, alors que, normalement, il se rompt à 40 kilos. En plus, quand les poches de vapeur qui se forment à la partie inférieure arrivent à la surface, leur crevaison prend le caractère d’une sorte d’explosion et projette dans la vapeur une multitude de particules d’eau qui y restent en suspension.
- Si, au contraire, un courant rapide se porte sur les surfaces chauffées par le foyer, il offre aux bulles de vapeur, pour se détendre, l’impulsion supplémentaire nécessaire pour leur ascension et qui eût exigé un accroissement notable de volume.
- Considérons un tube d’eau peu incliné, chauffé par en dessous; la vapeur dégagée va s’accumuler sous la génératrice interne supérieure, elle se propage des deux côtés, atteint la
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- LA CIRCULATION D'EAU DANS LES CHAUDIÈRES 169
- lame d’eau de gauche, crève et se résout en bulles de large diamètre ; mais, comme l’eau de remplacement peut redescendre par le même chemin et faire irruption dans le tube, on voit également des bulles sortir dans la lame d’eau de droite (Consulter les deux figures superposées de la page 166.)
- En tout cas, la partie interne supérieure du tube reste constamment privée d’eau ;
- L’activité individuelle des tubes dépend beaucoup de la position qu’ils occupent : la température des gaz s’affaiblissant tout le long des surfaces de chauffe suivant une loi qui est fonction de la température des gaz diminuée de la température de l’eau.
- La haute activité dans les tubes est, à la fois, une force et une faiblesse, l’eau de remplacement ou d’alimentation que les pompes
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- DEUX TYFES DE CHAUDIERES CONSTRUITKS I’AR M. AUGUSTIN NORMAND Dans la figure de gauche, la cheminée est sur l'arrière; elle est sur Vavant dans celle de droite. Dans la première figure, en haut à gauche et en bas à droite, on voit le mur forme par les tubes jointifs; en bas à gauche et en haut à droite, les tubes cessent d'être jointifs et c'est par celte voie que passent les produits de la combustion. Le dispositif est représenté inversé dans la seconde figure (à droite).
- au contraire, dans le croquis inférieur, l’eau baigne constamment la même partie.
- Il faut remarquer que l’eau placée dans la partie inférieure du tube et la vapeur saturée de la partie supérieure ne reçoivent pas les mêmes quantités de chaleur du foyer, et, par suite, n’ont pas la même élévation de température. Celle de l’eau n’est presque pas modifiée, tandis que la vapeur en contact avec le tube se surchauffe, assez parfois pour altérer dans des proportions fâcheuses la nature du métal. La circulation a permis d’augmenter considérablement la production de la vapeur par mètre carré de surface de grille.
- fournissent est plus ou moins calcaire et les tubes actifs se garnissent rapidement d’un dépôt incrustant qui peut même arriver à les boucher ; le métal ne transmet plus alors que très difficilement la chaleur, l’encaisse, rougit et se déforme parfois. On ne connaît d’ailleurs encore qu’imparfaitement les lois qui régissent l’ébullition de l’eau, les uns, considérant l’eau et la vapeur formée comme un mélange intime se mouvant tout entier sans déplacement des bulles, d’autres, que l’eau, repoussée par le développement des bulles, suit le chemin de moindre résistance en les entraînant avec elle. Au point
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- de vue pratique, tout le monde est d’accord sur les points suivants : en canalisant les bulles dès leur formation dans un dégagement approprié, on aide la circulation à se faire dans le sens de ce dégagement. En privant de . bulles les retours d’eau verticaux non chauffés et en localisant toutes les bulles dans les tubes chauffés, on favorise le mouvement ascensionnel dans les tubes chauds et le mouvement descendant dans les tubes froids. En plaçant un diaphragme à une extrémité d’un tube, on aide la vapeur à se dégager par l’autre extrémité, celle-ci fût-elle sensiblement plus basse.
- Nous donnons aux pages 107 et 108 les croquis sommaires mais précis de deux chaudières à tubes de fumée dont on peut comprendre à simple vue le fonctionnement.
- Passons aux chaudières à tubes d’eau des navires de guerre, parce qu’on leur demande plus qu’à toutes autres de la légèreté, de la puissance, de la facilité de manipulation, le tout dans des espaces resserrés, et étudions la circulation dans les chaudières Normand, Belleville et Niclausse, qui, de l'avis général, sont les plus perfectionnées et dont l'usage sur les navires de toutes catégories est universellement répandu.
- Chaudière Normand
- Cet appareil évaporatoire se confond, à part quelques détails secondaires, avec la forme moderne de la chaudière du Temple, la chaudière Guyot du Temple. M. Guyot imagina ce dispositif en 1898, quelques mois avant que M. Normand 1’appliquât aux chaudières du torpilleur d’cscadre Aquilon.
- Les modifications les plus importantes apportées à la chaudière primitive, dans laquelle les gaz étaient guidés par des écrans en tôlerie qui s’oxydaient rapidement, consistent à former chaque écran par des rangées longitudinales de tubes spéciaux, que l’on ramène à se toucher à quelques centimètres des collecteurs, comblant les petits triangles vides formés ainsi au moyen de briques de formes convenables onde bourrages amiantés. Comme les parois internes du fond des foyers et-de la façade sont garnies de briques réfractaires, les flammes issues des grilles sont renfermées dans un véritable four aux parois hydrauliques ou réfractaires, où, grâce à des
- injections d’air supplémentaires, la combustion est poussée aussi loin que possible.
- La voûte des tubes est interrompue vers le fond du foyer et des ouvertures y sont ménagées. C’est par là que les courants gazeux s’écoulent et pénètrent dans les deux faisceaux, qu’ils parcourent presque parallèlement aux grilles, jusqu’à la façade. En plus, pour contrarier encore la tendance des gaz à s’élever directement vers la cheminée, on dispose en travers de chaque faisceau un écran en tôle, ajouré largement vers le bas et à peine percé vers le haut, en sorte que les gaz sont conduits à effectuer une descente avant d’arriver aux derniers tubes placés près de la cheminée disposée en forme de A pour recueillir les produits gazeux qui circulent dans les deux faisceaux. Les tubes étant fortement chauffés, il se produit dans chacun d’eux un courant ascendant qui déverse dans le collecteur supérieur l’eau et la vapeur
- qu’ils contiennent, en même temps que se produisent dans les tuyaux de descente des courants plus froids qui reviennent se vaporiser dans les tu bes. Le principe de la circulation ainsi réalisée est extrêmement favorable aux échanges de chaleur et permet d’atteindre des vaporisations particulièrement actives.
- Dans les tubes verticaux ou presque droits, les dépôts calcaires se produisent moins facilement et leur nettoyage est facilité ; en outre, les extrémités des tubes sont au-dessous du niveau de l’eau dans le collecteur supérieur, ce qui permet de les conserver pleins pendant les périodes d’inactivité et de les préserver de l’oxydation, toujours à redouter.
- La surface de grille actuelle, dans les chaudières Normand, est de 8 mètres carrés par corps ; la puissance totale est répartie, en vingt corps ; le nombre de tubes vaporisateurs est d’environ 950; le diamètre des tubes étant de 80-36 millimètres, les sections de passage de l’air représentent une fraction à peu près constante de la surface de grille, sauf en ce qui concerne les cheminées un peu plus étroites, 0, 13 de grille au lieu de 0,17.
- Les caractéristiques des chaudières des cuirassés Gascogne et Normandie sont les suivantes : nombre de corps, vingt et un ; vaporisation horaire par corps, 155 tonnes ; X, surface de chauffe évaporatoire par corps,
- TUBES SPECIAUX POUR UES RANGEES JOINTIVES DANS UES CHAUDIÈRES SYSTEME NORMAND
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- LA CIRCULATION D'EAU DANS LES CHAUDIÈRES 171
- 320 mètres carrés ; G, surface de grille par corps, 8 mq. 06 ; total : 168 mètres carrés; S
- le rapport
- G
- 41 ; volume d’eau, 4 me. 379
- à 4 me. 425 ; volume de vapeur 1 me. 775 ; nombre de tubes 958 exactement.
- Grâce à la circulation bien établie, on peut mettre en pression en une heure dix minutes environ. Ces chaudières ont été établies pour les cuirassés à la suite de l’adoption des turbines, parce qu’elles permettent — point très important sur des navires de guerre — de donner un coup de fouet irréalisable avec les anciennes chaudières. L ’ encombre -ment maximum par cheval des chaufferies à chaudières à petits tubes peut-être abaissé à un décimètre cube, le poids par cheval variant entre 25 kilogrammes sur les grands bâtiments à 10 kilogrammes sur les petits.
- Chaudière Belle ville à circulation forcée
- La recherche d’une circulation accélérée conduit à faire appel tantôt à la légèreté de l’émulsion, c’est le cas des tubes verticaux, tantôt aux principes des inégales pertes de charge. Le mérite des chaudières Bel le ville est de réunir ces deux formes de circulation sans tomber dans le défaut des tubes droits et nombreux et d’obtenir, pour le circuit, une longueur de 25 à 40 mètres, sans développe-
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- PLAN DE GRILLE
- PARQUET DE CHAUFFE
- COUPE-ELEVATION DE LA CHAUDIERE AUGUSTIN NORMAND A RETOUR DE FLAMMES
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- CONCEPTION PRIMITIVE DE LA CHAUDIERE UELLEVILLE
- ment en hauteur. Dans sa forme usuelle, un élément vaporisateur de chaudière Belle-ville se compose d’un long parcours tubulaire enraciné, à sa partie inférieure, dans un collecteur d’eau transversal. Des retours d’eau verticaux, complètement soustraits à l’action des flammes, conduisent l’eau séparée de la vapeur et l’eau d’alimentation du collecteur supérieur ou séparateur au collecteur inférieur ou déjeeteur.
- Le parcours tubulaire, constitué par des tubes de 80 à 100 millimètres de diamètre, est replié en plusieurs fourches inclinées de 3° sur l’horizon, de façon à ne présenter qu’un encombrement très limité en hauteur, ce qui est très avantageux. Comme on ne peut faire subir les mômes chicanes aux gaz, il reste à la- chaudière du type le défaut d’un parcours gazeux trop rapide et trop court.
- Dès l’allumage, il s’établit dans la chaudière une circulation démontrée : 1° par l’absence de surchauf fe des tubes supérieurs, vides au départ ; 2° par les chocs indiquant la formation de la vapeur et son dégagement, précédant la production de la pression ; 3° par les projections alternatives d’eau et de vapeur par les chevilles fusibles placées au-dessus du niveau normal de la chaudière ; 4° par les expériences très concluantes faites sur de petits modèles.
- En dehors de la différence de densité, entre l’eau des retours et l’eau chauffée, il
- faut attribuer cette circulation à la formation presque instantanée dans chaque tube de petites poches de vapeur qui se rassemblent sur les génératrices supérieures des tubes. Les chapelets ainsi formés, se mettant très rapidement en marche, provoquent un mouvement général qui ne s’arrête plus.
- Pendant le fonctionnement normal, le phénomène de décantation locale entre vapeur et eau mère s’accentue de plus en plus dans chaque tube grâce à leur grand diamètre. Si l’on examine l’intérieur des tubes après un long régime de marche, l’on aperçoit des dépôts gras qui révèlent très clairement l’existence d’un plan de démarcation d’eau bien caractérisé dans chaque tube.
- Cette séparation de l’eau et
- CIIAUDIHIŒ BELLE VILLE DU TYPE MODERNE
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- de la vapeur montre que l’émulsion est, constamment en voie de décantation. La vapeur, en progressant vers le haut, entraîne le liquide générateur, mais les deux fluides circulent avec des vitesses différentes, d’où le nom de circulation forcée incomplète. La masse totale du fluide est d’autant plus faible dans un tube que ce tube est plus élevé dans l’élément, parce que la progression de la vapeur est plus rapide, et cette inégalité des masses globales vers le haut et le bas de l’élément est la meilleure preuve, d’après les techniciens, de la stabilité de la circulation.
- Mais les flammes engendrées dans une chambre de combustion trop peu élevée s’éteignaient prématurément et se rallumaient à la sortie, faisant rougir les cheminées, ce qui a conduit à réduire de 11 à 7 le nombre des éléments, et, dans l’espace ainsi gagné, on a installé une véritable seconde chaudière, devenant réchauf-feur d’alimentation par les fumées, et appelée économiseur. Entre ces deux chaudières, bien distinctes, on injecte de l’air sous pression pour compléter efficacement la combustion.
- L’adoption des turbines à vapeur pour la propulsion, sur les grands navires, les pointes considérables dont sont susceptibles ces appareils moteurs ont obligé les constructeurs à étudier des types de chaudières pouvant réaliser les mêmes à-coups, et les chaudières à petits tubes se sont imposées : les anciennes chaudières ne pouvant dépasser les combustions de 180 kilos par mètre carré de grille.
- Les- chaudières Bclleville du type 1912 diffèrent des chaudières du Jean-Bart et de la Lorraine par les modifications qui suivent :
- 1° Chaque élément, type Jean-Bart cl Lorraine, est constitué par un serpentin unique, allant du collecteur (l’alimentation au collecteur séparateur ; dans le nouveau générateur Bclleville, chaque élément est décomposé en deux serpentins parallèles;
- 2° Les tubes de 115 millimètres (diamètre extérieur) sont très avantageusement remplacés par des tubes de 82 millimètres ;
- 3° A u lie il d e douze éléments simples de 115 millimètres, la nouvelle chaudière comporte seize éléments doubles de chacun 82 millimètres ;
- 4° La pente de 40 millimètres par mètre des premiers a été remplacée par une pente plus accentuée de 53 mm. 9 par mètre, par suite du dédoublement de chaque élément en deux autres ;
- 5° Pour un encombrement à peu près identique, la surface de chauffe atteint 291 mq.* 03 au lieu de 235 mq. 61.
- Il y a donc, à la fois, par rapport aux générateurs du Jean-Bart et de la Lorraine, plus de surface de chauffe, 23,5 % en plus pour une surface de grille équivalente, 7 mq. 25 au lieu de 7 mq. 45, une section totale de passage d’air accrue d’un tiers et un parcours tubulaire réduit de 28,3 % avec accroissement de la pente des tubes. Ces heureuses modifications ont donné à la chaudière Bclleville actuelle une puissance de chauffe très remarquable.
- Chaudières Niclausse
- I/inventeur du tube à circulation libre à deux lames d’eau concentriques est M. Collet;
- COUPE VERTICALE DE LA CHAUDIERE NICLAUSSE
- Vensemble du faisceau tubulaire est divisé en deux parties: le faisceau inférieur et le faisceau supérieur, comme le montre la figure.
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- les chaudières Niclausse, où on a appliqué et perfectionné ce système dans la période de leur emploi jusqu’au Courbet, ont eu des rougissements de tubes inférieurs, le remplacement de l’eau n’étant pas assez régulier ; de plus, la température des fumées était très élevée. Aussi les efforts des constructeurs se sont-ils très heureusement portés sur la régularité de l’alimentation des tubes et une meilleure utilisation des calories dégagées par la combustion.
- Les tubes verticaux en quinconce, pour forcer les gaz à suivre un parcours sinueux dans leur ascension, aboutissent deux par deux à une lame d’eau contenue dans un récipient rectangulaire et constituent un élément. Chaque élément est séparé de l’élément voisin par une lame d’eau; chaque élément possède son collecteur particulier. Il est facile de se rendre compte du fonctionnement du système : les tubes inférieurs, dits directeurs, amènent l’eau de la partie antérieure du collecteur vertical ; cette eau entre dans le second tube, dit vaporisateur, où elle est soumise à l’action des flammes. La vapeur, mélangée d’eau, provenant de la combustion se rend par la partie postérieure du collecteur vertical au collecteur général.
- Des retours d’eau extérieurs, aux deux extrémités de chaque corps, établissent une communication directe entre le collecteur général et un réservoir transversal inférieur dénommé collecteur d’alimentation du faisceau inférieur et en communication avec la partie inférieure de chaque élément.
- L’ensemble du faisceau tubulaire est donc divisé en deux parties : le faisceau inférieur, composé de trois rangées de tubes, dits de coups de feu et plus épais que les autres, et le faisceau supérieur. Cette division est obtenue au moyen d’une cloison horizontale limitant, dans chaque collecteur vertical, la lame
- d’eau avant par laquelle descend l’eau plus froide du collecteur général qui doit fournir d’eau les autres rangées de tubes, moins les trois dernières. Il existe cependant, sur la Bretagne, quatre collecteurs allant directement du collecteur général au collecteur transversal, mais, au lieu de prendre leur eau dans la partie de ce collecteur où se rend l’eau d’alimentation, ils la prennent dans la partie du collecteur où se rendent l’eau et la vapeur provenant des tubes vaporisateurs.
- On a prétendu que ces tubes directs devaient jouer le rôle d’économiseurs, mais leur action n’est pas, en tout cas, suffisante, puisque la maison Niclausse a installé,
- comme la maison Belleville, une seconde chaudière dite réchauffeur, dont les tubes sont horizontaux (Fig. à la page suivante).
- Nous avons fait de nombreux emprunts à l’excellent travail de M. l’Ingénieur de la Marine Bom-melaer sur les chaudières marines. Avant la guerre, la question des gros tubes et des petits tubes s’est posée dans la Marine avec une acuité invraisemblable. Les deux croiseurs de lre classe, le Montcalm et le Châteaurçnault, que je devais commander en Extrême-Orient, avaient des chaudières à petits tubes, et l’amiral Malarmé, président du conseil des travaux, m’avait dit au moment où je prenais congé de lui : « Surtout, revenez-nous avec une opinion ferme sur vos chaudières !» Il y avait, en particulier, pour le genre de chaudières que j’allais étudier, une question d’encrassement des tubes des appareils Sigaudy-Normand après une longue marche. Pour en avoir le cœur net, je demandai à l’amiral de Jon-quières, dont j’étais le capitaine de pavillon, de faire l’essai réglementaire annuel aux neuf dixièmes de la puissance, après une marche de quarante-huit heures à 18 nœuds.
- COLLECTEUR
- DE LA CHAUDIÈRE NICLAUSSE
- Ce collecteur est divisé en deux parties; de la partie gauche Veau dalimenUUion se rend dans le tube directeur et l'eau cl la vapeur produite par réchauffement du tube vaporisateur montent dans la partie droite du collecteur.
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- LA CIRCULATION D'EAU DANS LES CHAUDIÈRES 175
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- LA SECONDE CHAUDIÈRE NICLAUSSE Cette chaudière utilise les gaz chauds provenant de la première et sert à réchauffer F eau (F alimentation. (Se reporter à la figure de la page 173.) On obtient ainsi- une importante réduction de la consommation de combustible solide ou liquide.
- Le brave Chdteaurenault donna le même nombre de tours qu’aux essais de recette. Ses chaudières n’étaient pas parfaites, mais elles étaient d’une souplesse incomparable et me donnèrent toute satisfaction. Je fis donc un rapport très favorable sur les chaudières à petits tubes, qui étaient attaquées dans beaucoup de publications ; ce rapport disparut, d’ailleurs, du ministère, ne fut jamais cité nulle part, et, le jour où se réunit la grande commission chargée d’opter soit pour les gros tubes, soit pour les petits, le directeur des constructions navales, M. Dudebout, fut obligé de me télégraphier à Brest, où j’étais en résidence, pour me demander si j’avais encore les éléments de mon rapport, que je lui expédiai par dépêche le soir même.
- On retrouve dans les marines étrangères les mêmes incertitudes qu’en France en ce qui concerne l’emploi de chaudières à gros tubes ou de générateurs à petits éléments.
- Si l’on consulte le « Fighting Ships », de Jane, on constate que parmi les superdread-noughts des dernières classes mises en service dans la flotte anglaise, Queen Elizabeth, Renown, Royal Sovereign, un certain nombre de navires sont munis de chaudières Yarrow, notamment le Warspite, le Royal Oak, etc., qui ont fait un excellent service pendant la guerre. Les autres unités de ces classes, dont le déplacement varie de 25.750 à 28.000 tonnes, sont pourvues d’appareils évapo-ratoire Babcock à tubes moyens.
- La plupart des croiseurs légers et des conducteurs de flottille anglais sont munis de chaudières à petits tubes White-Foster ou Yarrow, brûlant de la houille ou du pétrole.
- Dans ces conditions, la majorité doit appartenir, en Angleterre, aux chaudières à petits tubes, car les croiseurs de bataille de 28 nœuds tels que le Lion, la Princess Royal (coulés à la bataille du Jutland), Y Inflexible, ont également des chaudières Yarrow.
- On remarque, de plus, dans l’annuaire de Jane, que tous les croiseurs légers des classes Calliope, Arethusa, Chatham, W eymouth, Bristol, Boadicea, au nombre de 38, y compris les croiseurs australiens, ont tous les chaudières du type Yarrow, dont la majorité à petits tubes. Il en est de même pour un très grand nombre de bâtiments de tous tonnages construits par nos alliés et de la plupart des grands navires modernes de la flotte allemande, qui étaient munis de chaudières Schulz-Thornycroft à petits éléments.
- La guerre a donc pleinement justifié mon opinion : les chaudières à gros tubes l’ont moins bien supportée que les autres.
- C* A. Poidlouë.
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- CE GARAGE ÉTANT ENTIÈREMENT CONSTRUIT EN BÉTON, ACIER ET MAÇONNERIE EST, PAR SA NATURE, PRATIQUEMENT INCOMBUSTIBLE
- Il n’ en est pas moins doté cVun arsenal de précautions spéciales, au nombre desquelles on compte de nombreux extincteurs aériens et des cloisons isolantes ignif ugées qui se ferment automatiquement lorsque, par suite d'une dangereuse élévation de la température, des attaches fusibles les libèrent.
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- UN GARAGE QUE L’AUTOMOBILISTE AIMERAIT TROUVER A SA PORTE
- * Par Frédéric MATTON
- INGÉNIEUR DES ARTS ET MANUFACTURES
- réservoirs placés dans le sous-sol ; elle est refoulée directement aux voitures par une distribution d’air comprimé, de sorte que l’on n’a jamais besoin de transporter le combustible dans des bidons, ni de le transvaser. Enfin, pour parer à toute imprudence, le garage est abondamment pourvu de récipients à fermeture automatique et étanche à l’air où l’on doit, sous une surveillance sévère, jeter tous les déchets de papier, d’étoupe, de chiffon, etc., qui, imprégnés d’essence, d’huile ou de graisse, sont une cause de danger.
- Après avoir, par toutes ces précautions, réduit le risque d’incendie à son minimum, les architectes du garage se sont appliqués à résoudre cet autre important problème de l’accès et de la sortie aisés et rapides des véhicules. L’emploi d’ascenseurs fut, on le sait, un grand progrès dans l’exploitation des garages, dont il permit de multiplier considérablement la capacité. Comme tous les pro-
- ON ACCÈDE AUX QUATRE ÉTAGES DE L’ÉTABLISSEMENT PAR DE LARGES RAMPES
- Ces rampes, en béton armé, évitent, aux heures <Taffluence, la confusion qui se manifeste dans les garages, aux abords des monte-charges. Elles permettent à deux vaitures de se croiser sans gêne.
- On vient d’ouvrir à New-York, annonce notre confrère The Scientifie American, un garage qui peut recevoir six cents automobiles. Ce garage est évidemment intéressant par ses dimensions, mais il l’est bien davantage par les nombreuses améliorations pratiques qu’il comporte, tant à l’avantage des clients qu’à celui des propriétaires et employés de l’établissement.
- Tout d’abord, ce garage est entièrement construit en béton, acier et maçonnerie ; c’est dire qu’il est, par sa nature même, incombustible, ce qui n’a pas empêché de le doter des moyens propres à combattre un incendie. Il possède, à cet effet, un réseau aérien d’extincteurs, des portes isolantes incombustibles qui se ferment automatiquement lorsque des attaches fusibles cèdent sous l’effet d’une brusque et sensible élévation de température, etc... D’autre part, l’essence est emmagasinée dans de grands
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- CHAQUE VOITURE DISPOSE, DANS LE GARAGE, D’UNE PLACE ATTITREE ET NUMÉROTÉE Cela évite toute contestation et perte de temps. Chaque place est limitée, en avant et sur les tôles, par des plaques et bornes en ciment qui obligent le conducteur à se mettre à Valignement.
- grès, cependant, celui-ci n’a pas eu que des avantages. Si nombreux et si spacieux que soient, en effet, les monte-charges, ils ne peuvent empêcher, surtout le matin et le soir, une certaine confusion. Tout le monde est pressé et veut partir ou rentrer à la fois ; chacun cherche à devancer son voisin, et c’est alors le désordre, accompagné de vociférations et... de pas mal de collisions dont les voitures ne sortent pas toujours indemnes.
- Dans le nouveau garage de New-York, les ascenseurs sont remplacés par un système de rampes qui, à partir de la porte principale, dessert les quatre étages. Ces rampes, en béton armé, montent directement jusqu’au troisième, puis, tournant à angle droit, gagnent le quatrième. Elles sont assez larges pour accommoder deux voitures de front, mais pour empêcher les conducteurs trop pressés de chercher à se dépasser dans le même sens, pour les contraindre même à tenir leur droite, elles sont faites, dans leur largeur, de deux plans légèrement inclinés qui, en se joignant, forment une arête centrale de démarcation. Bien que ces rampes occupent nécessairement plus de place que plusieurs cages d’ascenseurs, elles permettent une grande économie d’exploitation, leur entretien étant, on le conçoit, infiniment moins coûteux que celui — auquel s’ajoutent les frais de fonctionnement—des monte-charges. Quant aux clients, il est évident qu’ils y gagnent à tous points de
- vue et surtout en rapidité d’accès et de sortie de leurs voitures, pour ne pas parler des risques, très sensiblement moindres, d’accidents.
- Un service d’autobus a été institué par les propriétaires du garage en question pour relier ce dernier à la plus proche station du chemin de fer souterrain. Ainsi, après avoir remisé sa voiture,' l’automobiliste n’a plus à regagner le démocratique Sulnvay à pied pour rentrer à son domicile. Si le client est satisfait, les propriétaires du garage ne le sont pas moins, car leur intelligente innovation augmente sensiblement le rayon dans lequel ils peuvent recruter leur clientèle.
- D’autres particularités font de ce garage un établissement modèle ; nous citerons, entre autres, un système de signaux électriques au moyen desquels le numéro de la voiture demandée au bureau apparaît immédiatement en chiffres lumineux, simultanément à tous les étages ; en même temps une sonnerie retentit, qui attire l’attention des chauffeurs présents sur les tableaux indicateurs. N’est-ce pas très ingénieux ?
- Les mouvements de toutes les voitures qui entrent et sortent sont soigneusement notés. Un surveillant spécial se tient, à cet effet, en permanence à la porte principale et établit des fiches qui sont, de temps à autre, envoyées aux clients pour leur permettre de vérifier si messieurs les chauffeurs n’effectuent pas, pour leur propre compte, des
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- UN GARAGE P RA T1QU E M EN T INSTALLÉ
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- sorties intéressées ou simplement d’agrément.
- Pour éviter les discussions, les encombrements et les accidents qui souvent résultent de l’entassement d’un trop grand nombre de voitures dans les garages, l’écartement des travées, dans le nouvel établissement, a été calculé de manière à loger trois voitures entre deux piliers consécutifs et, bien que chacune d’elles dispose d’un espace un peu plus grand que celui qui lui est nécessaire, il est absolument impossible d’admettre un quatrième Véhicule dans une même travée. D’autre part, chaque voiture a sa place attitrée et numérotée, ce qui évite toute contestation et facilite beaucoup la circulation dans le garage. Chaque emplacement est, en outre, limité sur les côtés par des guides en ciment et, en avant, par un renflement du plancher (en ciment également) qui oblige le conducteur à se mettre à l’alignement des autres voitures et empêche les roues avant de déborder dans l’allée centrale.
- Cliaq ue client dispose, près d', l’emplacement de sa voiture, d’un casier fermant à clef pour y loger outils, rechanges, pièces détachées, vêtements de travail, etc...
- Plusieurs pompes à essence sont installées à chaque étage. L’air comprimé qui assure la distribution du combustible sert également à gonfler les pneumatiques ; à cet effet, de nombreuses prises d’air, avec tuyautages appropriés, sont à la disposition des conducteurs. Bien entendu, chaque étage possède aussi un certain nombre de prises d’eau.
- LUN DES INDICATEURS INSTALLÉS DANS LES
- Une caractéristique absolument nouvelle du nouveau garage réside dans ce fait que le lavage des voitures, au lieu de se faire à un endroit déterminé, est accompli en n’importe quel point de l’allée centrale et toujours en face de l’emplacement du véhicule à laver. Pour obtenir ce résultat, qui concourt
- grandement à faciliter la circulation dans le garage et à réduire toutes les manœuvres inutiles, deux rails courent sur toute la longueur du plafond de l’allée centrale ; à ces rails sont suspendus plusieurs châssis mobiles que l’on déplace à la demande ; chacun d’eux porte des lances que l’on relie aux prises d’eau, chaude ou froide, par des tuyautages souples, des projecteurs électriques pour éclairer le travail, et des tuyaux qui permettent, en utilisant les prises d’air comprimé, de nettoyer par le vide' l’intérieur des voitures.
- Dans le bureau du garage sont ins tallés des instruments qui, par la montée d’une colonne liquide dans un long tube de verre, sous l’effet de la pression d’air dans les réservoirs, indiquant à tout moment le niveau' du combuctib)e dans chacun de ces derniers.
- Ce garage moderne s’agrémente d’un restaurant, d’un fumoir, d’une bibliothèque, d’une salle de jeux, d’un salon^de coiffure, de bains-douches etM’une piscine, le tout à l’usage des chauffeurs qui trouvent encore, dans l’établissement, un bureau de placement gratuit et, sur le toit, un terrain de sports. Frédéric Matton.
- DE NIVEAU D’ESSENCE BUREAUX DU GARAGE
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- NOUVELLE LAMPE ÉLECTRIQUE PORTATIVE
- SANS PILE
- Depuis la publication de l’article consacré aux lampes électriques de poche à magnéto dans le numéro 45 de La Science et la Vie (page 110), par notre collaborateur A. Courtet, plusieurs autres lampes sans pile ont fait leur apparition sur le marché.
- Un inventeur suisse, M. Otto Pletscher, a procédé à de nombreux essais en vue de construire une petite dynamo légère dont la force électromotrice soit utilisée jusqu’à son extrême limite et convenant dès lors parfaitement pour la réalisation d’une lampe électrique de poche très robuste et irréprochable.
- Il s’agissait de résoudre un problème particulièrement délicat, parce que les lampes de ce genre, produisant elles-mêmes leur courant, à l’aide d’un mécanisme, sont sujettes à plusieurs défauts : poids trop considérable, nombre détours exagéré de la dynamo, utilisation trop minime de l’énergie magnétique.
- M. Pletscher a successivement essayé d’atteindre le but qu’il poursuivait au moyen de dynamos pourvues d’aimants en fera cheval ou à cloche. Ces tentatives ne lui ayant donné que des résultats jugés insuffisants, l’opiniâtre inventeur eut recours à un système de ressorts qu’il abandonna également.
- Dans la lampe actuelle du système Otto Pletscher, l’induit est immobile, ce qui a permis de supprimer les collecteurs ou les anneaux de frottement, ainsi que les balais et les fils conducteurs. A cet effet, un certain nombre d’anneaux magnétiques sont réunis d’une façon particulière en forme de boîte cylindrique servant d’inducteur. Cette boîte tourne autour de l’induit fixe et les aimants cylindriques forment ainsi eux-mêmes une masse tournante qui remplit l’office de volant ; on obtient un mouvement absolu-
- ment régulier avec une dépense minimum de force, car une simple pression sur un petit levier suffit pour actionner la masse tournante de la dynamo. L’énergie magnétique reste donc permanente et invariable. La lampe de poche ainsi réalisée, F « Electro- Automate », présente l’aspect d’uii cylindre à enveloppe hermétiquement fermée, ce qui exclut toutes les influences extérieures telles que le froid, la pluie, la neige ; par ce fait, tout court-circuit est rendu absolument impossible. On obtient, grâce à ce mode de construction, un champ magnétique très dense et parfaitement concentré qui baigne l’induit sans perte par dispersion magnétique. Les nouvelles dynamos Otto Pletscher ont, par conséquent, sur tous les autres systèmes connus jusqu’à ce jour l’avantage de produire, avec la moitié de masse magnétique, une force électrique équivalente, ce qui permet de réduire ainsi de 50 % leur poids total.
- En principe, l’appareil est du type à levier, comme le montre le schéma ci-contre. La lampe 7 est logée au fond d’une cavité faisant partie d’un chapeau 3 et protégée par un verre 5 maintenu par l’anneau biseauté 4. Le courant parvient au culot de la lampe par le moyen d’un contact à ressort 9 fixé par la vis 8. Quand on se sert de la lampe, on prend dans la main droite l’enveloppe cylindrique 2 et on appuie à plusieurs reprises sur le levier 10. On obtient ainsi la rotation plus ou moins rapide des aimants cylindriques autour de l’axe vertical intérieur qui traverse l’appareil. Quand la lampe est au repos, on immobilise le levier au moyen d’un anneau 11 qui est fixé dans le culot inférieur 1.
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- UNE FICHE DE CONTACT TRES PRATIQUE
- Les petites inventions ont aussi leur importance. Nées le plus souvent d’un besoin, écloses dans l’esprit fertile d’un artisan, elles rendent, dans un domaine assurément restreint, d’appréciables services. Ce sont, le plus souvent, les expositions qui mettent en lumière ces dispositifs ingénieux, ces accessoires pratiques dont l’utilité saute aux yeux parce qu’ils sont simples et d’une application facile. Au dernier Salon de l’Automobile, nous avons vu ainsi un petit appareil auquel l’inventeur a donné son nom et qu’il a appelé la « fiche Broc ». Cette fiche a pour but d’établir facilement, sans vis, sans écrou, un contact électrique. Le spécimen présenté s’appliquait plus particulièrement aux bougies d’allumage des moteurs à explosion. Il pourrait aussi bien être utilisé sur toutes les bornes de contact pour prises de courant électrique.
- Etudiée d’abord pour l’automobile, cette fiche présente des avantages intéressants. TT' ^
- f j | *
- On sait, en effet, S combien il est VQ _*-désagré able d’avoir à dévisser les écrous qui surmontent les bougies d’allumage lorsqu’on veut interrompre le courant. Toujours maculé d’huile, l’écrou salit la main qui le touche ; de dimension petite, il échappe des doigt qui viennent de le dévisser et qui, pour le reprendre, se brûlent immanquablement à la tubulure de l’échappement; si le moteur est en marche, on reçoit de désagréables décharges électriques ; si on serre trop fort, en remontant le fil, on risque de casser la bougie ; si on ne serre pas assez, les vibrations le feront insensiblement tourner, et, peu à peu, le fil, n’étant plus maintenu, se détachera.
- Pour parer à ces divers inconvénients, la fiche qui nous occupe comporte une tête en acier dans laquelle se meut un petit piston, toujours ramené en avant par un ressort
- antagoniste. Cette pièce d’acier est vissée sur un tube en ébonite, dans lequel passe le fil électrique dont l’extrémité est fixée au piston mobile. La tête en acier est percée d’un trou dans lequel passera la borne de courant de la bougie, à forme sphérique. Le piston est creusé en bout, de façon à pouvoir s’appuyer exactement sur la borne et la maintenir. Ainsi construit, ce petit accessoire s’utilise de la façon suivante : en tirant sur
- le fil, on amène le piston à l’intérieur du cylindre en ébonite ; la cage d’acier se trouve ainsi dégagée, et on y introduit la borne de contact ; en lâchant alors le fil, le piston est ramené en avant par le ressort et la borne se trouve emprisonnée. Pour dégager celle-ci, la manœuvre inverse s’exécute avec la même facilité.
- La manœuvre est donc des plus simples et peut se faire d’une seule main, lorsque, le moteur ne marchant que sur trois cylindres,
- on veut savoir, en isolant suc-cessivement chaque bougie, quelle est celle qui n’allume pas. Maintenant, enfin, que la très grande majorité des voitures est munie de l’éclairage électrique, cette fiche peut être utilisée pour établir des contacts mobiles et rapidement détachables à côté de chaque phare, lampe ou lanterne. Il suffit de donner à la borne de contact la forme sphérique pour que la fiche s’y applique.
- Toutes ces opérations de montage et de démontage d’écrous, de serrage de boulons, qui occasionnent une perte de temps, peuvent être désormais supprimées grâce à ce système de fiche amovible, dont l’enveloppe, en ébonite, est un isolant parfait ; en outre, ce dispositif épargne au chauffeur les secousses inévitables avec les attache-fils métalliques assez peu pratiques, généralement employés sur les automobiles.
- DISPOSITIF INTÉRIEUR DE LA FICIIE DE CONTACT
- La cavité ménagée dans la partie antérieure de la fiche est percée de deux ouvertures qui permettent de maintenir le contact dans tous les sens.
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- OU DAME NATURE SE TRANSFORME EN UNE “CUISINE POPULAIRE"
- Bien que la région classique des geysers, sources chaudes et solfatares, celle où ils se manifestent avec la plus grande activité et sous les formes les plus variées,soit le parc national américain de Yellowstone, on les rencontre en grand nombre dans la Nouvelle-Zélande ; ils y sont distribués sur une ligne de fracture qui s’étend sur 225 kilomètres, du volcan de Tongariro à l’île de Whakari, dans la baie d’Abondance.
- Beaucoup des nombreux geysers de la Nouvelle-Zélande ont cessé, comme certains volcans, d’être en activité ; ce ne sont plus que des sources d’eau chaude. Lorsque la surface de l’eau est en ébullition, les indigènes du pays ne manquent pas d’exploiter cette source éminemment économique de calorique. Les ménagères se rassemblent autour du bassin du geyser et y plongent leurs marmites ; pour ne pas être incommodées par
- les vapeurs, toujours un peu acides (acide chlorhydrique, anhydride, sulfureux, etc.) qui se dégagent en abondance, elles recouvrent le bassin de vieilles couvertures ; de temps en temps, elles retirent leurs marmites pour suivre les progrès de la cuisson.
- Il advient cependant que les vapeurs à haute température qui, remontant vers la surface par les fissures du sol, entretiennent la chaleur de l’eau du geyser, arrivent en plus grande quantité ; elles convertissent alors également en vapeurs une tranche liquide, et l’augmentation formidable de pression qui en résulte détermine la projection de toute la colonne d’eau superposée. Adieu alors les ragoûts odorants qui mijotaient doucement dans les marmites. Adieu peut-être aussi les cordons-bleus i Cela ne doit pas se produire très souvent puisque cette cuisine au grand air a encore des adeptes.
- FEMMES INDIGÈNES D’UN VILLAGE NÉO-ZÉLANDAIS CUISINANT EN COMMUN DANS UN GEYSER
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- VOYAGER DEVIENT UN PLAISIR
- Aussi bien suspendue que soit une automobile, le voyageur que la nécessité professionnelle, ou simplement son plaisir, conduit à faire de grands parcours sur des routes aussi délabrées que le sont en ce moment les nôtres, est toujours amené à ressentir une fatigue considérable que n’atténuent guère les coussins, même si ces derniers sont très souples et 'remarquablement moelleux.
- Cette fatigue provient en premier* lieu de ce que le voyageur, appuyé sur un dossier qui fait partie intégrante de la caisse de la voiture, reçoit tous les chocs transmis à cette dernière par les cahots de la route.
- Un constructeur ingénieux s’est rendu compte du défaut de la cuirasse, et a imaginé, pour soustraire le siège proprement dit aux cahots désagréables, de le séparer de la caisse. Il résulte de cette disposition nouvelle qu’en aucune façon les chocs, absorbés par cette dernière partie du véhicule, ne peuvent être transmis au siège et, par suite, au voyageur qui l’occupe. Le siège d’automobile fabriqué par la Maison Lamplugh & CIe, 7, rue Ernest-Cognacq, Paris-Levallois, et dénommé par elle « Siège-Pullman >> — car c’est de celui-ci qu’il s’agit — consiste en une armature métallique élastique, dont les éléments sont combinés de telle sorte que leur flexion fait équilibre au poids du voyageur. Chaque siège est complètement séparé de la carrosserie, et est absolument indépendant de son voisin. C’est, en réalité, placé dans l’automobile, un véritable fauteuil dont le confort est comparable à celui de ces fauteuils dont nos amis anglais sem-
- blent avoir eu, jusqu’ici, le monopole.
- Une autre des causes principales de la fatigue ressentie au cours des longs voyages provenait de ce fait que l’automobiliste étant, pour ainsi dire, calé dans un siège fixe et de forme invariable, finissait par s’engourdir : sensation désagréable, énervante et pénible. Pour s’en débarrasser, on ne pouvait que s’asseoir un peu plus sur les reins, ou s’appuyer au dossier juste des omoplates, en un mot, modifier la position du corps seul en adoptant une position plus ou moins acrobatique.
- La Maison Lamplugh & Cle a trouvé un moyen simple pour varier la position de l’automobiliste : le corps ne bouge plus. C’est la forme du siège qui varie, et, par une manœuvre très simple : il suffit au voyageur, au moyen d’un simple bouton molleté situé en avant du siège et au milieu, de modifier l’inclinaison du dossier (qui oscille entre 90 et 105o). Le fauteuil se transforme en une véritable chaise-longue sur laquelle s’allonge l’automobiliste fatigué d’être assis.
- Une troisième raison qui rend souvent l’automobile inconfortable est la suivante : le siège du voyageur, qui est fixe, possède des dimensions déterminées, invariables, auxquelles doivent obligatoirement s’adapter toutes les tailles, si bien que le siège étant normalement calculé pour une personne de taille moyenne, la personne qui mesure 1 m. 80 est embarrassée de son corps, et la personne de 1 m. 60, appuyée contre le dossier, n’arrive pas à poser ses pieds par terre.
- Dans un cas comme dans l’autre, tout l’agrément qu’il peut y avoir à voyager en
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- automobile est annihilé par la gène qui résulte de ce véritable défaut de construction.
- La Maison Lamplugh, en créant le « Siège-Pullman » est venue à bout de cette difficulté de la façon la plus simple, en réalisant un siège dont le dossier peut, rapidement et facilement, se déplacer de 10 centimètres, ce qui augmente ou réduit l’assise dans les mêmes proportions.
- Très aisément, on peut, par conséquent, adapter la taille du siège à la taille du voyageur, ce qui constitue évidemment un pro-
- grès sur la méthode ancienne, qui forçait le voyageur à s’adapter tant bien que mal, plutôt mal que bien, au siège fixé.
- Si l’on ajoute que le «Siège-Pullman» est recouvert d’une moelleuse et luxueuse garniture qui vient encore ajouter à l’effet produit par son principe même, on comprendra que ce siège représente le maximum de confort qu’il soit possible de réaliser en automobile et qu’il sera d’un précieux secours surtont tant que nous n’aurons pas les routes merveilleuses qu’on nous a promises.
- QUELQUES TOURS DE MANIVELLE ET VOICI NOTRE CLEF REPRODUITE
- La machine ci-dessous permet de reproduire automatiquement, et rien qu’en tournant une manivelle (qui peut fort bien, d’ailleurs, être actionnée mécaniquement ou électriquement) les clefs plates du genre Yale. La clef à reproduire s’insère dans un étau ; la clef vierge, pareillement, dans un autre étau, sauf que la denture
- c’est l’inverse qui se produit lorsque le disque peut s’engager entre deux dents, mais alors la clef vierge est présentée sous un couteau circulaire qui l’entaille aussi
- de la première est dirigée vers le bas, tandis que celle de la seconde l’est vers le haut. Les deux étaux sont montés de part et d’autre d’un chariot à bascule pouvant se déplacer le long d’un arbre fileté. Un disque-guide fixe porte contre la denture de la clef taillée ; lorsqu’au - dessus de son arête se présente le plein d’une dent, le premier étau est soulevé et le second est au contraire abaissé ;
- UN COUTEAU CIRCULAIRE ENTATI.LE LA CLEF VIERGE CHAQUE FOIS QU’UN DISQUE FIXE S’ENGAGE ENTRE DEUX DENTS DE LA CLEF MODÈLE
- profondément que le permet la montée du second étau ou, ce qui revient au même, la profondeur de l’entaille correspondante de la clef-modèle. Ainsi, au fur et à mesure que progresse le chariot sur l’arbre fileté, pleins et creux de la clef-modèle sont automatiquement et exactement reproduits sur son duplicata, sans qu’entrent en jeu ni l’habileté ni la connaissance professionnelle.
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