La science et la vie
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- France et Colonies: 4 fr.
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- INSTITUT DE MECANIQUE APPLIQUEE
- PAR CORRESPONDANCE
- DK
- l’Ecole du Génie Civil
- (23° année) 152, avenue de Wagram, PARIS-IVe (23e année)
- Les prix comprennent la fourniture des cours, des devoirs et leur correction
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- Arithmétique, géométrie, algèbre (Notions). — Dessin graphique. •— Technologie de l’atelier. — Ajustage. Prix de cetts préparation................ 185 fr.
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- Arithmétique. — Algèbre. Géométrie. — Physique. — Mécanique. — Résistance des matériaux. — Règle à calcul. — Constructions mécaniques. — Croquis coté et dessin. — Réglementation. — Machines et moteurs industriels. — Régulation des machines. — Technologie.
- Prix de la préparation par correspondance. 600 fr.
- SOUS-INGÉNIEURS MÉCANICIENS
- Compléments d’algèbre et de géométrie, de résistance des matériaux, de construction mécanique. — Electricité. — Chauffe rationnelle. Cours supérieur de régulation. Projets de chaudières.
- Prix de la préparation par correspondance . 800 fr.
- INGÉNIEURS MÉCANICIENS
- Eléments d’algèbre supérieure. — Complément de physique. — Mécanique théorique. — Machines et moteurs à vapeur, pétrole et gaz. — Croquis et dessin. — Technologie et machines-outils. — Chauffe rationnelle. — Réglementation. — Construction de machines thermiques. — Projets. — Electricité.
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- DIPLOME SUPÉRIEUR D’INGÉNIEUR
- Les candidats au diplôme doivent avoir suivi la préparation précédente ou en avoir été dispensés.
- Calcul différentiel. — Calcul intégral. — Géométrie analytique. — Mécanique rationnelle. — Résistance des matériaux. — Physique industrielle. — Chimie industrielle. — Thermodynamique. — Construction d’usines.
- Prix de la préparation .................... 600 fr.
- COURS SUR PLACE
- L'ÉCOLE DU GÉNIE CIVIL, 152, avenue de Wagram, Paris, répondra par lettre à toute demande complémentaire accompagnée d’un timbre pour la réponse.
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- La Science et la Vie est le seul magazine de vulgarisation scientifique et industrielle.
- SOMMAIRE Tome XXXI
- (AVRIL 1927)
- Le problème de l’électrification des chemins de fer
- français..................................................... H. Parodl...................... 265
- Ingénieur-conseil de la C|B d’Orléans, directeur honoraire des services de l'électrification.
- Où en est l’aviation italienne ?................................. Générai a. Nîesseï............. 279
- La constitution électrique de la matière.....................
- Qu’est-ce que l’électricité? Qu’est-ce que le magnétisme?
- Comment fonctionne la première ligne radiophonique entre l’Europe et l’Amérique............................
- Le XXe siècle est l’âge du caoutchouc...................
- Comment protéger Paris contre les inondations ?.........
- La radiophonie française a enfin son statut. (Conversation avec M. Émile Girardeau, président d’honneur du Syndicat professionnel des industries radioélectriques), rapportée par.................................
- La bakélite est un produit de synthèse qui donne lieu à des applications aussi nombreuses que variées...........
- L’automobile et la vie moderne..........................
- La T. S. F. et la vie...................................
- La T. S. F. et les constructeurs........................
- Les A côté de la science (Inventions, découvertes et curiosités).............................................
- La réparation d’une statuette antique par l’électrolyse..
- On peut téléphoner et télégraphier simultanément sur un même circuit. .......................................
- La taylorisation de la comptabilité.....................
- A travers les Revues....................................
- M. B........................ 288
- Marcel Boll................. 289
- Professeur agrégé de l’Uni-versi té. docteur ès sciences.
- Jean Labadlé................. 301
- André Boll................... 306
- Pierre Arvers.................313
- Pierre Chanlalne.. .. .. .. 319
- Claude Chlm; .. .. 323
- A. Caputo .. .. 331
- Joseph Roussel .. .. .. .. 337
- J. M .. .. 340
- V. Rubor 343
- A. Gradenwitz .. .. .. .. 347
- L. F .. .. 348
- Jean Caël .. .. 349
- S. et V .. .. 351
- Dans le prochain numéro de La Science et la Vie le lecteur trouvera un ensemble d'études descriptives et pratiques concernant les nouveautés industrielles 11 la Foire de Paris (mai 1927). Ces articles originaux passent méthodiquement en revue toutes les branches de la production et intéressent, par conséquent, les exposants
- comme les visiteurs.
- La prochaine conférence radiophonique de vulgarisation scientifique organisée par La Science et la Vie avec le concours du poste d’émission du Petit Parisien (longueur d’onde 340 m. 9), conférence qui clôturera la série 1926-1927, aura lieu le lundi 11 avril, à 21 heures. Elle sera faite par M. George Le Fèvre, qui traitera le sujet suivant : L’épopée du caoutchouc.
- La couverture du présent Numéro représente la puissante locomotive électrique de la Compagnie d’Orléans qui a emmené, à une vitesse moyenne de 103 kilomètres à l’heure, le train d’inauguration de la ligne Paris-Vierzon. (Voir l’article sur l’électrification des chemins de fer français, à la page 265.)
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- Groupe moteur générateur basse tension
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- Coniacteurs
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- Moteur de commande <• d'un ventilateur
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- LOCOMOTIVE ÉLECTRIQUE A GRANDE VITESSE DE LA COMPAGNIE DE CHEMINS DE FER PARIS-ORLÉANS. ON DISTINGUE UN DES QUATRE MOTEURS DE TRACTION, DONT LE REFROIDISSEMENT EST ASSURÉ PAR DEUX VENTILATEURS, ET LES ORGANES PRINCIPAUX DE L’ÉQUIPEMENT ÉLECTRIQUE. LA MACHINE COMPLÈTE EST REPRÉSENTÉE SUR LA COUVERTURE DE CE NUMÉRO
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- La Science et la Vie
- MAGAZINE MENSUEL DES SCIENCES ET DE LEURS APPLICATIONS A LA VIE MODERNE
- T{édigè et illustré pour être compris de tous Voir le tarif des abonnements à la fin de la partie rédactionnelle du numéro (Chèques postaux : N° 91-07 - Paris)
- RÉDACTION, ADMINISTRATION et PUBLICITÉ : i3, rue d Enghien. PAR1S-X' — Téléph. : Provence i5-u
- Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés pour tous pays.
- Copyright by La Science et Ig Vie, Avril 1927- - K- C. Seine 1/6.S44
- Tome XXX] Avril 1927 ' Numéro Ji8
- LE PROBLÈME DE L’ÉLECTRIFICATION DES CHEMINS DE FER FRANÇAIS
- Comment l'envisager après la mise en marche, sur la ligpe Paris-Vierzon, du train le plus rapide du monde
- Par H. PARODI
- INGÉNIEUR-CONSEIL DE LA COMPAGNIE D’ORLÉANS DIRECTEUR HONORAIRE DES SERVICES DE L’ÉLECTRIFICATION
- Le grand public ignore, sans doute, que, grâce à Vélectrification de nos voies ferrées, les chemins de fer français vont réaliser de nouveaux progrès dans le domaine de leur exploitation. En effet, la mise en service récente de la ligne Paris-Vierzon a permis à la Compagnie du. P.-O. d'enregistrer le record du monde de vitesse, sur un parcours de 204 kilomètres environ, accompli en 4 h 57', soit à une vitesse commerciale de 103 kilomètres à l'heure! Et, cela, sans dépasser à aucun moment 120 kilomètres, maximum de vitesse autorisé. Le train de voyageurs ainsi remorqué pesait 400 tonnes. Ces chiffres suffisent à démontrer la grandeur de l'œuvre accomplie. Mais le problème de Vélectrification des chemins de fer est lié étroitement à celui de Vélectrification générale de la France, en utilisant toutes ses ressources d'énergie pour l'obtention de la puissance électrique dans les meilleures conditions de production économique et de rendement dans l'application. C'est toute la politique d'approvisionnement de notre pays en combustibles qui change d'aspect. La Science et la Vie a suivi, au jour le jour, les phases de cette évolution et se propose d'en exposer ultérieurement les projets, soit en voie d'exécution, soit en voie d'élaboration. Il appartient à l'un des plus éminents techniciens de Vélectrification ferroviaire, M. Parodi, qui a attaché son nom à la traction électrique sur l'un des grands réseaux français, de présenter ici cette question de réelle actualité : Vélectrification des chemins de fer français.
- La mise en service de la ligne électrifiée Paris-Vierzon marque une étape décisive dans l’électrification
- Tnauguration officielle qui vient d’être laite de la traction électrique à cou-rant continu 1.500 volts, sur une ligne aussi importante et aussi longue que celle de Paris à Orléans et Vierzon, marque une date dans l’histoire des chemins de fer. C’est la première fois, en effet, que sont résolus électriquement et dans toute leur généralité les problèmes qui se posent dans une
- exploitation moderne de chemin de fer à grand trafic et à grande vitesse.
- Sur la section de Paris à Orléans et Vierzon circulent des trains qui sont partout cités parmi les plus rapides du monde et, sur les quatre voies aboutissant à Paris, arrivent ou partent, chaque jour, près de 400 trains de toutes natures.
- Le tonnage remorqué annuellement dans la section Paris-Orléans dépasse 20 millions de tonnes en moyenne sur la distance entière et il atteint 40 millions de tonnes dans la partie la plus chargée.
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- Des maintenant, sur un parcours de 24.000 kilomètres de trains effectué chaque jour sur les voies comprises entre Paris et Vierzon, plus de 14.000 kilomètres sont effectués par des trains remorques électriquement, en utilisant l’énergie fournie non seulement par les usines thermiques de la région parisienne, mais encore et surtout par l’usine liydrau-lique d’Egu-zon, aménagée sur la Creuse et située à 000 kilomètres de Paris. Ea dépense d’énergie pour le seul service de trac-tion déliasse, dès maintenant, 4.600.000 kilowatts-heurc par mois; elle croît de
- mois en mois, au fur et à mesure de la mise en service de nouvelles locomotives. Ce succès conürme et complète celui déjà remporté par la Compagnie du chemin de fer
- CARTE GENERALE UE I, ELECTRIFICATION UES RESEAUX Uli CHEMINS DE FER FRANÇAIS
- du Midi dans des conditions également fort difficiles, mais totalement différentes en ce qui concerne l’intensité du trafic.
- Où en est, actuellement, l’électrification dés réseaux français ?
- L’œuvre que les Compagnies d’Orléans et du Midi ont réalisée avec une rapidité qui mérite d’être signalée n’est pas seulement remarquable au point de vue technique, elle est surtout intéressante au point de vue économique, car elle constitue une des manifestations les plus éclatantes de la volonté de l’industrie française de ga-aidé à gagner
- gner la paix comme clic la guerre.
- Toutes les nations de l’Europe soutiennent depuis huit ans une lutte financière aussi
- PAYS LONGUEUR DK LIGNE ÉQUIPÉE ÉLECTRIQUEMENT LONGUEUR DE VOIES PRINCIPAI.ES ÉQUIPÉES KLECTRI QU EMENT LONGUEUR TOTALE DU RÉSEAU LONGUEUR 1)E LIGNE ÉQUIPÉE ÉLECTRIQUEMENT EN % DE LA LONGUEUR TOTALE
- Allemagne 044 1.515 51.324 M %
- Autriche 320 331 5.047 6,3
- Italie 855 1.355 14.985 5,7
- Norvège 125 237 3.042 4,1
- Suède 449 449 5.561 8,0
- Suisse 955 1.660 1.855 51,2
- TABLEAU DU DÉVELOPPEMENT DE LA TRACTION ÉLECTRIQUE A L’ÉTRANGER
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- dure, aussi longue et aussi angoissante que la guerre elle-même, et elles s’efforcent toutes d’assurer, par des moyens à peu près semblables, leur indépendance économique. Le développement intensif de l’outillage national est l’un'des moyens les plus efficaces d’atteindre ce but, en créant des sources de richesses en temps de paix et en préparant la défense du territoire en temps de' guerre. Si tous les pays d’Europe ont maintenant compris cette nécessité de l’heure, il faut bien reconnaître que l’Allemagne, l’Autriche, la Norvège, la Suède. l’Italie et surtout la Suisse, ont fait un effort considérable pour développer cet outillage national par l’élcc-tri fication.
- Fin 1925, la traction électrique atteignait, dans ces divers pays, le développement indiqué dans le tableau de la page précédente.
- En France, aussi, de très vastes projets ont été élaborés, mais seulement un petit nombre d’entre eux ont été partiellement réalisés, bien que, dans la plupart des cas, l’intérêt national et les intérêts particuliers fussent en complète concordance. C’est cette timidité ambiante qui donne un prix tout par-
- ticulier à l’audace et à l’énergie déployées par certaines compagnies de chemins de fer français pour mener à bien une œuvre d’intérêt national malgré les difficultés financières du moment. La Compagnie du Midi avait en service, fin 1926, près de 500 kilomètres de lignes électrifiées en courant continu 1.500 volts (environ 900 kilomètres de voies principales) et la Compagnie d’Orléans, plus de 230 kilomètres de ligne (environ 650 kilomètres de voies principales) (1). L’économie annuelle de charbon réalisée sur ces deux réseaux par l’utilisation systématique de la houille blanche pour la remorque de leurs trains sera de l’ordre de 70.000 tonnes pour le Midi et de 200.000 tonnes à 250.0000 tonnes (2) pour l’Orléans : cette différence entre les valeurs de l’économie réalisée tient uniquement à ce fait-que l’intensité du trafic sur les lignes du réseau d’Orléans partant de Paris est de six à sept fois plus élevée, en moyenne, que le trafic des lignes allant de Toulouse à Pau et à Dax. La dépense d’énergie annuelle sur le réseau du Midi est de l’ordre de 33 millions de kilowatts-heure à l’entrée des sous-stations ; elle atteindra
- (1) Les lignes électrifiées dit réseau du Midi en service sont les suivantes :
- Longueur Longueur de roule de voie
- La ligne à voie double de Dax à Toulouse..................................... . 301
- —• •— simple de Montrejean à Luehon...................................... 35
- -- — simple de Lanncmezan à Arreau...................................... 25
- - - - simple de Tarbes à Bagnères-de-Bigorrc............................. 22
- - simple de Lourdes à Pierrelitte............................... 21
- - double de Dax à Ilcndaye...................................... 87
- — — simple de la Négresse à Biarritz .................................... 3
- Totaux.................................................... TÛT
- Sur la dernière ligne, de Dax Hendaye, les premiers trains électriques ont commencé à circuler en novembre 1926. Dans le courant de 1927,1a traction électrique; sera mise en service sur la totalité de la ligne de Bordeaux à Hendaye et sur celle de Lamotte à Arcaclion ; la longueur de la ligne électrifiée sera ainsi portée à 650 kilomètres et celle des voies principales équipées à 1.200 kilomètres.
- Les lignes électrifiées du réseau d’Orléans en service sont :
- La ligne à voie quadruple de Paris à lStampes....................................... 65
- — — double (triple sur presque toute sa longueur) d’Élampes à Orléans.. 60
- — • - double d’Klampes à Vierzon........................................... 80
- — - double de Choisy à Orly........................................ ' 3
- double de Bréligny à Dourdan........................................ 24
- Totaux........................................................ 232
- La ligne électrifiée du réseau P.-L.-M. en essai est la ligne à voie double de Culoz à
- Modane, de....................................................................... 131
- 602
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- (2) Suivant (pie l’on lient compte ou non du combustible brûlé dans les centrales thermiques d’appoin de la région parisienne.
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- probablement 50 millions en 1927. Sur le réseau d’Orléans, la consommation actuelle est de l’ordre de 55 millions de kilowatts-heure ; elle atteindra 110 à 120 millions de kilowatts-heure par an quand l’emploi de la traction à vapeur aura été entièrement supprimé sur la section de Paris à Vierzom
- L’économie de combustible impose l’électrification
- C’est l’économie de combustible, que nous venons de chiffrer dans quelques cas parti-c u 1 i e r s , qui constitue un des éléments essentiels et un des objectifs principaux de l’électrification car, bien que riche en houillères, la France ne produit pas assez de charbon pour ré pondre à ses besoins toujours croissants en combustibles. Le délicit annuel, qui n’était que de 0 millions de tonnes en 1870, s’est élevé à 11 millions de tonnes en 1890, puis à 18 millions en 1910, pour atteindre 80 millions de tonnes en 1921. En 1925, après remise en état complet de nos mines du Nord, le déficit a un peu diminué, mais on peut quand même évaluer à 2 milliards et demi de francs le tribut que nous payons à nos voisins anglais et allemands pour importer, chaque année, une vingtaine de millions de tonnes de houille. Le seul remède à cette situation est d’utiliser systématiquement nos abondantes sources de houille blanche.
- (1; Voir La Science et la Vie, n° 110.
- La France n’utilise encore que 15 % de la puissance hydraulique dont elle peut disposer
- Jusqu’à présent, on n’a guère utilisé, en France, que 15 % de la puissance hydraulique disponible, qui est évaluée, au total, à
- G.500.000 kilowatts de puissance moyenne annuelle. Sur les 5 millions de kilowatts représentant la puissance installée, globale, de toutes les usines génératrices d’électricité de France,il n’y en a pas plus de 1.500.000 installés dans les usines hydrauliques : les 8.500.000 restant sont installés dans les centrales thermiques où l’on consomme des millions de tonnes de charbon par an. 11 n’est pas étonnant, dans ees conditions, malgré la meilleure utilisation du matériel hydraulique, que, sur les 9 milliards de kilowatts-heure produits chaque année en France, il n’v en ait (pie 40 à 45 % d’origine hydraulique. Sur ce total de 1.500.000 kilowatts installés dans des centrales hydrauliques, les chemins de fer 'du Midi et de l’Orléans ont aménagé, à eux seuls, 195.000 kilowatts, soit plus de 10 % ; la Compagnie du Midi a construit, en effet, en une douzaine d’années, cinq usines hydrauliques (Soulom 1, Souloin 2, Eget, Miegebat, Hourat) représentant une puissance globale de 120.000 kilowatts, et la Compagnie d’Orléans a construit, en cinq ans,
- VUE 1)E LA CENTRALE HYDROÉLECTRIQUE D’ÉGUZON, SUR 1. A CltEUSlî, DONT I.A PUISSANCE ATTEINT 50.000 KILOWATTS (1)
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- ÉLECTRIFICATION DES CHEMINS DE FER
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- deux usines hydrauliques (Eguzon et Coindre) d’une puissance globale de 75.000 kilowatts. L’effort déjà fait est considérable et il sera vraisemblablement repris prochainement, malgré les dillicultés financières du moment. Mais ce serait une erreur de croire que l’effort doive être limité aux chemins de fer.
- Les réseaux de chemins de fer français, qui ne consomment guère qu’une dizaine de millions de tonnes de houille par an et qui dépensent, chaque année, de ce fait, près d’un milliard de francs, ne pourraient cepen-
- naître. Un choix judicieux des lignes à électrifier doit permettre aux compagnies de chemins de fer de réaliser cette création, tout en obtenant une rémunération substantielle des capitaux engagés par réduction des dépenses de combustible et de personnel : personnel de conduite et personnel employé à l’entretien et aux réparations des machines.
- Comment choisir les lignes à électrifier ?
- Pour que la substitution de la traction électrique à la traction à vapeur soit intéres-
- CENTRALE HYDROÉLECTRIQUE DE COINDRE (25.000 KILOWATTS)
- dant pas, à eux seuls, même par une électrification généralisée et une utilisation exclusive de la houille blanche, combler le déficit en charbon du marché français. Us ne peuvent, et cela paraît très beau, que remplir le rôle « d’animateur de l’électrification » des régions qu’ils desservent. En aménageant quelques chutes, en édifiant des lignes de transport à très haute tension et en absorbant, avec une utilisation extrêmement élevée (4.000 à 5.000 heures), une quantité d’énergie électrique importante, les chemins de fer peuvent créer l’armature de vastes réseaux de distribution, qui se développeront ensuite progressivement et naturellement dès que l’effort ferroviaire leur aura permis de
- santé en elle-même sans faire état des recettes qui seront réalisées par les chemins de fer en tant que producteur ou transporteur d’énergie, il faut que le changement du mode de traction soit effectué sur des lignes ayant un trafic sulfisant pour « payer l’électrification ».
- Les lignes qui doivent être électrifiées les premières sont celles pour lesquelles la consommation annuelle de charbon par kilomètre de ligne dépasse une valeur limite déterminée, dépendant des conditions économiques du moment.
- La carte page 266 donne pour les trois réseaux du Midi, du P.-L.-M. et de l’Orléans, les valeurs de la consommation de combus-
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- VUK GKNKRA1.K m: l'OSTK I)K TRANSFORMATION DK CTIKVILLY (l’RKS DK PARIS), OU S’KKKKCTUK Il YDROKI.KCTRIQUKS) KT 1,1'. RKSKAU A 00.000 VOLTS TRANSPORTANT J.’kNKRGI K KOURNIK l’Ail KO II) S’UN l’OSTK 1)K TRANSFORMATION KN i’LKIN AIR (1) KT DK i/lN-
- tiblcs pour l’année 1010. La hauteur du rectangle entourant (’hacpie section de ligne est proportionnelle à la densité linéaire de consommation ; la surface des rectangles est à peu près proportionnelle à la consommation totale, la distance à vol d’oiseau entre villes limites de la section différant peu, en général, de la longueur réelle.
- L’examen de eette carte montre (pic, bien que la ligne de Paris à Orléans soit de proiil facile, la consommation moyenne de charbon y est fort élevée et de l’ordre de 1.500 tonnes par kilomètre et par an, alors que, pour l’ensemble de la ligne Paris-Brive, elle est de l’ordre de 000 tonnes. Pour le réseau du Midi, la consommation sur les lignes électrifiées est beaucoup plus faible ; sur la ligne Toulouse-Dax, elle est d’environ 150 tonnes ; elle descend au-dessous de 100 tonnes sur les embranchements.
- Autour de Paris, nous avons tracé un cercle dont la surface est proportionnelle à la quantité de charbon brûlée dans les usines thermiques de la région parisienne pour produire de l’énergie électrique en quantité sulïi-(1) Voir Lu Science cl In Vie, a" 115, page 17.
- santé en vue de répondre aux besoins de la clientèle industrielle, force motrice et éclairage. La comparaison de la surface de ce cercle avec celle des rectangles tracés autour des lignes dont l’électrification est prévue ou réalisée, montre quel rôle capital joue l’amenée du courant d’origine hydraulique à Paris pour les réseaux de l’Orléans et du P.-L.-M.
- Une coïncidence heureuse : c’est celle des tracés des grandes lignes de trans* port de force et des grandes lignes de chemins de fer
- Il subit de jeter un coup d’œil sur une carte de France pour se rendre compte que les grandes lignes de transport de force devant réunir les‘centres les plus importants de production d’énergie électrique aux grands centres de consommation, doivent avoir le même tracé général que les grandes lignes de chemins de fer. Il doit en être ainsi, non seulement parce que les grandes agglomérations sont des centres de consommation importants pour toutes les industries, mais encore paree que les grandes lignes de ehe-
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- LA LIAISON’ K NT RU LES RÉSEAUX AÉRIENS DK 90.000 ET 150.000 VOLTS DU P.-O. (CENTRALES LES CENTRALES THERMIQUES DE GENNEVILLIERS ET D’iVRY. C’EST LA UN BEL EXEMPLE A LA TERCONNEXION DE CENTRALES HYDRAULIQUES ET THERMIQUES
- mins de fer suivent presque obligatoirement le chemin le plus facile.
- Le centre le plus important de consommation de la France, qui est Paris, reçoit, dès maintenant, de l’énergie d’origine hydraulique par les lignes de transport de force de la Compagnie d’Orléans, suivant sensiblement la ligne de chemins de fer de Limoges à Paris ; Paris recevra un jour de l’énergie du lîhin ou du Rhône par des lignes de transmission à haute tension, suivant le tracé des chemins de fer de l’Est et du P.-L.-M., de Châlons ou de Dijon à Paris.
- Ce qui est vrai pour Paris est encore vrai pour des villes comme Toulouse et Rouleaux (pii sont alimentées, dès maintenant , en énergie électrique par les usines hydrauliques des Pyrénées.
- L’unification des formes de courant et des systèmes de traction est indispensable pour permettre l’interconnexion des centrales électriques
- Ces résultats n’ont pu être obtenus et ne pourront être généralisés dans l’avenir que
- grâce à l’unification de la forme des courants produits dans les usines génératrices de force motrice, d’éclairage et de traction. L’interconnexion entre centrales de toutes natures lient alors être réalisée sans difficulté par l’intermédiaire d’un réseau unique de lignes de transport de force. Au moment oii la question s’est posée,en France, de faire choix d’un système unifié de traction, la Compagnie des Chemins de fer du Midi avait déjà réalisé d’importantes installations de traction par courant alternatif monophasé, à
- fréquence spéciale (10 2/fi = périodes par
- U
- seconde) et le P.-L.-M. avait effectué de très intéressants essais de locomotives mono-
- 50
- phasées à la fréquence de 25 — -- périodes par seconde.
- Pourquoi on a choisi, en France, le courant continu
- Malgré les préférences déjà manifestées, en France, par certains réseaux pour la traction monophasée, les avantages de l’unification ont paru suffisants pour justifier la transfor-
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- mation des installations monophasées déjà réalisées et faire adopter, ünalemcnt, par les chemins de 1er d’intérêt général, pour la production et le transport de l’énergie, le courant alternatif triphasé de fréquence 50 et, pour l’utilisation dans les locomotives, le courant continu haute tension 1.500 ou 3.000 volts.
- Les pays de l’Europe centrale, qui ont fait choix comme système uni lié de traction du courant monophasé de
- , 50
- 1 requence
- n’ont certainement pas à se repentir de ce choix au point de vue de la traction proprement, dite, mais ils ont été obligés de construire deux réseaux distincts rie lignes de transport de force et de transIo rm e r complètement leurs réseaux de lignes télégraphiques et téléphoniques longeant les voies éleetri-liées.
- De la production à l’utili-sation de l’énergie électrique pour la
- traction à courant continu haute tension
- Toutes les installations de traction à Coll-
- in Y I.ON K DK I.A L1GNK A 150 SKK DK
- utilisée dans les locomotives, l’énergie électrique subit deux transformations successives, l’une sans changement de forme, mais avec élévation de tension (pour le transport à grande distance) ; l’autre avec changement de tension et de forme pour la distribution le long des voies par le circuit de traction
- constitué par une ligne de contact spéciale et par les voies de roulement.
- Comment produit- on l’énergie ?
- La production de l’énergie électrique d’origine hydraulique est réalisée partout en utilisant une chute, que l’on produit, en totalité ou en partie, en construis a n t des barrages plus ou moins importants, tels ceux d’Eguzon et de Coindre. La hauteur de chute varie entre deux limites déterminées définies : la limite supérieure, par la hauteur des déversoirs ou des vannes au-.000 voi.ts rouit la TüAVKK- tomatiqucs de la loirk déversement ;
- la limite inférieure, par la hauteur des appareils de prise d’eau.
- rant continu haute tension sont réalisées suivant un plan uniforme, qui est, d’ailleurs, le même que celui adopté, dès 1898, par la Compagnie d’Orléans, puis, un peu plus tard, par le Métropolitain de Paris et le chemin de fer de l’Ouest, pour les premières électrilications réalisées en France.
- Entre le moment où elle est produite dans les usines génératrices et celui où elle est
- Comment transforme-t-on?
- La transformation, sans changement de forme. de l’énergie produite à Coindre et à Éguzon est effectuée au moyen de plusieurs bancs de transformateurs statiques, qui élèvent la tension, les uns à 90.000 volts, les autres à 150.000 volts (plus tard à 220.000 volts). L’emploi de la tension de 150.000-220.000 volts est réservé au transport de
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- ÉLECTRIFICATION DES CHEMINS DE F EK
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- ''V.
- LIGNE A QUATRE VOIES B RET1G NY - ETAMPKS MONTRANT LA SUSPENSION SPECIALE UES FILS CONDUCTEURS DE COURANT. C’EST LA SUSPENSION DITE « CATÉNAIRE »
- LA TRAVERSÉE DE LA GARE DE JUVISY DÉMONTRE LE TRAVAIL QU’lL A FALLU ACCOMPLIR
- pour l’électrification par suite de l’entre-croisement des diverses lignes
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- l.OCOMOTJVK KLECTRIQUK A (iOO VOUTS AUTREFOIS UTILISÉE POUR LES TRAINS DE BANLIEUE
- grandes quantités d’énergie (50.000 à 100.000 kilowatts) à grande distance (300 à 500 kilomètres), correspondant à l’envoi sur Paris de l’énergie produite maintenant par Lguzon et. plus tard, par le système d’usines du Massif Central.
- La tension de 00.000 volts est celle des lignes desservant les sous-stations et établissant la liaison entre celles-ci, les stations centrales et les postes centraux de transfor-
- mation : Marèges, près de la future usine hydraulique de Marèges ; Cliaingy, près d’Orléans, et Chevilly, près de Paris.
- Le transport de l’énergie est effectué par des lignes de transmission à haute tension qui sont installées en dehors des emprises du chemin de fer et à des distances telles que l’influence perturbatrice sur les lignes télégraphiques et téléphoniques les plus voisines soit entièrement négligeable.
- KAMI’. Al TOMOTIUCT, ASSURANT AUJOURD'HUI I.K SERVICE DK BANI.IF.UK
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- ELECTRIFICATION DES CHEMINS DE FER
- 27 r>
- La transformation de V énergie avec changement de forme de courant est effectuée dans une série de sous-stations, réparties tout le long des voies a des distances variant de 10 à 30 kilomètres suivant l’intensité du trafic et le profil du chemin de fer.
- Toutes les sous-stations de traction de la Compagnie d’Orléans ont la même dispo-sition intérieure, la transformation de courant alternatif triphasé encourant continu à 1.500 volts étant effectuée par des
- groupes convertisseurs identiques de 2.000 kilowatts de puissance normale, pouvant débiter chacun (5.000 kilowatts pendant cinq minutes.
- Comment la distribue-t-on ?
- La possibilité de capter, sans perte appréciable, des quantités considérables d’énergie sur des lignes de transport de force au moyen de contacts glissants, est le fait capital, et pour ainsi dire providentiel , qui domine tout le pro-
- IX)COMOT1VK A GRANDK VITKSSK DK J,A COMPAGNIK DU 1\-O. AU-DKSSUS, CAHINK DK MANŒUVRE
- MONTRANT UES DI KKKRKNTKS COMMANDES
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- blême de la traction électrique. C’est seulement par une série de tâtonnements successifs et en construisant des lignes de plus en plus flexibles (suspension «caténaire») et des appareils de prise de courant (pantographes) de plus en plus simples, que l’on est arrivé à faire passer d’un conducteur fixe à une locomotive marchant à 130 kilomètres des courants de l’ordre de 2.000 ampères, sans détérioration rapide ni de la ligne ni des appareils de prise de courant.
- L’utilisation de l’énergie électrique modifie les conditions d’exploitation d’un réseau
- Dans l’étude d’établissement du programme de construction d’un parc de locomotives électriques, on n’a pas à se préoccuper seulement de remplacer une machine à vapeur par une machine électrique un peu plus puissante, il faut surtout essayer de prévoir et de diriger l’évolution que pourra entraîner l’emploi du matériel nouveau dans les méthodes générales d’exploitation.
- L’une des caractéristiques principales de fonctionnement des moteurs du type série, normalement employés sur les tracteurs électriques, étant de pouvoir fournir des efforts de traction considérables moyennant une faible chute de vitesse, on voit que la vitesse de marche variera relativement peu sur un train remorqué électriquement et beaucoup moins que sur un train remorqué par une machine à vapeur.
- Il résulte de là que, pour un même maximum de vitesse, deux trains, l’un électrique, l’autre à vapeur, auront des vitesses moyennes très différentes, le train électrique gagnant du temps sur le train à vapeur.
- A vitesses moyennes de marche égales, on pourra, pour la même raison, réduire la vitesse maximum de circulation des trains électriques et augmenter la charge.
- Ces deux propriétés sont utilisées : l’une pour l’organisation du service électrique des trains (le voyageurs, l’autre pour celle des trains de marchandises.
- Les trains de marchandises électriques imposent des conditions spéciales de traction
- Kn ce qui concerne le service de marchandises, la plus grande puissance dont on puisse avoir besoin dans un avenir plus ou moins rapproché est celle correspondant à la vitesse de 40 kilomètres à l’heure et à un effort de 20.000 à 22.000 kilogrammes à la jante. Cette puissance d’environ 3.400 C. V. devrait correspondre à la
- puissance que les moteurs de traction des machines peuvent fournir pendant une période soutenue, de une heure par exemple, la puissance pouvant être maintenue indéfiniment étant alors de l’ordre de 2.800 C. V. Ces données correspondent à des machines à adhérence totale ayant un poids de l’ordre de 160 tonnes et formées de deux unités pesant chacune 80 tonnes et ayant chacune une puissance d’environ 1.700 C. Y. Pendant la première phase de l’exploitation où on essaiera d’appliquer presque sans changement les méthodes pratiquées avec la vapeur, on utilisera une seule machine pour des trains de 900 à 1.000 tonnes et deux machines pour les tonnages supérieurs ; ayant alors la possibilité de remorquer des trains de L800 à 2.000 tonnes, il y a tout lieu de croire que l’évolution se produira dans le sens qui aura été ainsi indiqué.
- Dans nos études, nous avions pensé limiter pratiquement la vitesse de marche des machines à marchandises à adhérence totale à 75 ou 80 kilomètres à l’heure, mais la tenue en ligne de certaines d’entre elles a été tellement satisfaisante que l’on a pu les utiliser normalement à la remorque des trains rapides.
- La traction électrique apporte aux trains de voyageurs : vitesse, régularité,
- confort, douceur et même plus de sécurité
- Pour le service de voyageurs, on peut prévoir la remorque des trains les plus lourds (650 tonnes) à une vitesse commerciale de 85 à 90 kilomètres-heure, nettement supérieure à la vitesse actuelle, sans dépasser la limite de 120 à 130 kilomètres heure. Cette propriété a été mise en évidence lors de l’inauguration officielle de la traction électrique sur la section de Paris à Orléans et Vierzon : le train ministériel, pesant, locomotive comprise, 400 tonnes, a pu franchir la distance de 204 kilomètres séparant Vierzon de Paris en 1 h 57, soit à une vitesse moyenne de 103 kilomètres, sans dépasser la vitesse limite de 120 kilomètres à l’heure.
- Au cours d’autres essais, un train plus lourd, de 650 tonnes remorquées, soit environ 770 tonnes locomotive comprise, a pu franchir la même distance en 2 h 3, sans dépasser la vitesse de 110 kilomètres à l’heure. Ces expériences ont montré, d’ailleurs, que la stabilité du tracteur électrique à grande vitesse est aussi bonne que celle d’une des meilleures voitures à voyageurs du réseau et est incomparablement meilleure que celle des machines à vapeur.
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- PARC DES TRACTEURS ÉLECTRIQUES DES RÉSEAUX FRANÇAIS PARC DES MACHINES A VAPEUR
- RÉSEAU TYPE DE MACHINE NOM DU CONSTRUCTEUR NOMBRE DE MACHINES PUISSANCE UNITAIRE CV. PUISSANCE GLOBALE CV. NOMBRE DE MACHINES PUISSANCE GLOBALE CV.
- Loco BB 90 1.250 112.500
- Midi jLoco 2C2 Constructions Electriques de France. . \ 10 2.250 22.500
- 'Auto BB 31 625 19.375
- 131 154.375 1.224 1.115.000
- 1 Société de Batignolles-Œrlikon 1 1.900 1.900
- i Loco 2BB2. . . . 'gociété Alsacienne (Constructions élec-
- [ 1 triques de France) 1 1.900 1.900
- _ T „ U,oco 1AB-BAI. Société d’Études d’électrification 1 1.900 1.900
- Jt.-JU.-lVl /Loco 2BI-IB2.. Compagnie P.-L.-M.-Fives-Lille 1 3.000 3.000
- Compagnie Électromécanique 10 1.750 17.500
- > T non ir TT 'Compagnie Thomson-IIouston 10 1.750 17.500
- /Société Alsacienne de Constructions
- mécaniques 10 1.750 17.500
- 34 61.200 5.030 7.600.000
- 1 Loco BB Société d’Etudes d’électrification 80 1.640 131.200
- , I ,r>r>n BB Société Rnticmollcs-Œrlikon 80 1.720 137.600
- ILoco BB Société Alsacienne (Constructions élec-
- triques de France).. . 8 1 .420 11.360
- P.-O Loco BB Société Alsacienne 16 1.680 26.880
- Logo BB Compagnie Électrique de France 16 1.420 22.720
- /T,non 2D2 Société Ganz 2 4.300 8.600
- I T ,npn 9 TV} Société Brown-Bovcri 2 3.600 7.200
- Loco 2C fC2. . Société Française Thomson-IIouston.. i 3.000 3.000
- Auto BB Société d’Études d’électrification 80 990 79.200
- 285 427.760 2.807 2.700.000
- ÉLECTRIFICATION DES CHEMINS DE FER 277
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- Les locomotives électriques modernes : Automotrices
- Le service de banlieue est assuré sur le réseau d’Orléans, au départ de la gare d’Austerlitz, au moyen d'un certain nombre de rames automotrices comprenant, en général, «3 unités», formées chacune d’une automotrice et de deux remorques.
- Tous les appareils de commande proprement dits sont placés sous le plancher métallique (le l’automotrice et suspendus au châssis. Les appareils de manœuvre et de contrôle sont placés dans des cabines situées aux deux extrémités de l’automotrice et disposés de manière à pouvoir être complètement fermés dans une armoire formée par rabattement de la porte même d’accès dans la cabine.
- Locomotives à grande vitesse
- Cinq types ont été étudiés par la Compagnie d’Orléans ; ils diffèrent les uns des autres soit par la disposition des trains roulants, soit par le système d’attaque des roues motrices, soit enfin par la consistance du matériel électrique ; tous ces types donnent satisfaction et l’on est gêné, dans le choix à faire, plus par la multiplicité que par le manque de solutions. Seuls, des essais prolongés en ligne permettront de déterminer quelle est la disposition qui est la meilleure tant au point de vue de la rapidité de service qu’à celui des dépenses d'entretien et de réparation.
- Les parcs de tracteurs électriques à 1.500 volts des divers réseaux français
- Dans le tableau page 277, nous avons rassemblé les caractéristiques principales de puissance des diverses locomotives et automotrices en service ou en construction pour les trois réseaux du Midi, du P.-L.-M. et de l'Orléans, utilisant, dès maintenant, du courant continu à 1.500 volts. Dans ce même tableau, nous avons également fait figurer des indications générales concernant le matériel à vapeur, déduites des dernières statistiques officielles (1923).
- La locomotive électrique et la locomotive à vapeur
- L’importance de l’effort fait par les compagnies de chemins de fer est beaucoup plus grande que ne le fait ressortir l’examen du tableau ci-joint ; la capacité de service d’un tracteur électrique est, en effet, de deux à trois fois plus grande que celle des locomotives à vapeur, qu’il remplacera non seulement parce
- qu’il peut remorquer des trains plus lourds à une vitesse commerciale plus grande, mais encore et surtout parce que le parcours moyen annuel qu’il peut faire sans fatigue est beaucoup plus considérable.
- La locomotive à vapeur doit, en effet, être arrêtée chaque jour pendant plusieurs heures, pour lavage, nettoyage des tubes, rechargement du tender en eau et en charbon, et il sulïit, pour se rendre compte delà faible utilisation de la machine à vapeur, de se rappeler que les vingt mille locomotives en service sur les réseaux français consomment chaque année environ 10 millions de tonnes de combustible, soit, en moyenne, 500 tonnes par machine et par an ; la puissance moyenne de chaque machine étant de l’ordre de 1.100 chevaux, on voit qu’en comptant une consommation moyenne de seulement 1 kilogramme par cheval, l’utilisation de la puissance nominale des locomotives ne dépasse pas cinq cents heures par an.
- La machine ne fonctionnant pas d’une façon continue à pleine puissance, ce chiffre correspond bien à celui de 800 à 1.000 heures (deux à trois heures par jour, en moyenne) qu’indiquent les statistiques d’exploitation.
- La machine électrique, en tant qu’outil de traction, peut travailler sans inconvénient quinze à vingt heures par jour, et sa durée journalière d’emploi n’est, en fait, limitée que par les conditions de formation et de circulation des trains sur les voies ; ces conditions sont et surtout seront notablement améliorées quand on aura généralisé l’application de la conduite des machines par un seul homme, en complète « banalité » : un mécanicien quelconque pouvant conduire seul une machine quelconque. On ne fera là qu’appliquer une règle déjà entrée dans la pratique courante dans les transports en commun par autobus ou autocar.
- Il est certain, dès maintenant, que l’emploi de la traction électrique permettra de réaliser des économies substantielles autres que celles correspondant à la réduction de consommation de combustible. Il permettra aussi de simplifier et de « tayloriscr », si on peut dire, les méthodes d’exploitation et de donner au personnel un accroissement de confort et de sécurité.
- Les réseaux qui ont pris l’initiative d’une transformation aussi profonde et aussi audacieuse de leurs méthodes d’exploitation, ont donc bien mérité de la patrie, comme a tenu à l’indiquer M. le ministre des Travaux publics, lors de l’inauguration officielle de la section électrifiée de Paris à Orléans et Viçrzon.
- H. Parodi.
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- LES ENQUÊTES DE « LA SCIENCE ET LA VIE »
- OÙ EN EST L’AVIATION ITALIENNE ?
- Par le général A. NIESSEL
- i
- Tous les pays témoignent actuellement d'une grande activité dans le domaine de l'aviation, soit pour perfectionner et accroître le matériel, soit pour former le personnel technique indispensable à l'essor de l'aviation civile et militaire. Poursuivant donc Vétude scientifique (1) des aviations commerciales et militaires des grandes nations du globe, La Science et la Vie étudie l'aviation italienne, qui s'est développée considérablement au cours de ces dernières années. Il appartenait
- a notre éminent collaborateur, le general Nies qui s'attache à l'ancien inspecteur
- L’organisation générale de l’aviation en Italie
- ouït la première fois, un budget autonome de l’Aéronautique a été présenté à la Chambre italienne pour l’exercice 1920-1927. Le moment est donc opportun pour voir « où en est l’aviation italienne ».
- Le rapport de la Commission du budget a exposé qu’aussitôt après la guerre on avait suivi en Italie une politique d’abandon à l’égard de l’Aéronautique, négligence d’autant plus grave que tous les centres vitaux du pays peuvent être atteints par une avia-(1) Voir La Science e! la Vie, n08 109, 113, 114.
- I, de retracer ici cette évolution avec la compétence général de VAéronautique française.
- tion ennemie, soit par-dessus les frontières terrestres, soit en venant de la mer. A cette situation il n’y a qu’un remède : l’existence d’une Aéronautique assez forte pour assurer la suprématie aérienne et même l’anéantissement de l’aviation ennemie. L’Italie, d’autre part, « par suite de sa position dans la Méditerranée, de sa tradition dominatrice dans cette mer », se doit de ne pas rester étrangère au développement de la navigation aérienne.
- Aussi assistons-nous à une rapide augmentation des budgets de l’Aéronautique, schématisée à la page suivante.
- Mais l’argent n’est pas tout. Une volonté nette dans la manière de l’employer vaut
- PRINCIPALES PERSONNALITÉS DE L’AVIATION ITALIENNE /, commandant Jianza; 3, général Piccio ; 4, généra! Guidant; 3, commandant de lîernardi; 6, commandant de Pincdo ; 7, commandant Jiernasconi. Au •milieu ,(2) le pilote français Doret.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- encore mieux. Il a donc été créé un ministère de l’Aéronautique, doté, pour 1926-1927, de G32 millions de lires, portées même à 700 millions (1), augmentation permise par des excédents de recettes.
- Dans chacun des ministères de la Guerre, de la Marine et de l’Aéronautique, un sous-secrétaire d'Etat assume les fonctions administratives, et un chef d'état-major, le rôle militaire technique. Le chef d'état-major général de l'armée coordonne, conformément aux directives du président du Conseil des ministres, le travail des trois chefs d’état-major, en vue d’une meilleure préparation à la guerre.
- L’Aéronautique a maintenant son propre ministère
- Depuis 1923, l’Aéronautique consti tuait un corps indépendant.
- Un décret du 30 avril 1925 a transformé en ministère le commissariat de l’Aéronautique et déclaré l'Armée de l'Air égale aux armées de terre et de mer (2).
- Le sous-secrétaire d'État (jusqu’à ces derniers temps le général Bonzani, qui vient d’être remplacé par M. Balbo) s’occupe des questions législatives et administratives, du personnel, de l’aviation civile. De lui dépend aussi la Direction générale du génie aéronautique, à la tête de laquelle est un ollicier général.
- Le chef d'état-major, général Piceio, chef
- (1) L'aviation coloniale dispose, de son côté, de 1!> millions de lires, compris dans le budget des colonies.
- F.n outre, l'Aéronautique bénéficie de crédits alTérents d d’autres ministères : services administratifs, de santé, des renseignements, service chimique, recrutement, communs ù l’Armée et à la Marine, service météorologique partagé avec le minis-lère de l'Économie nationale, etc...
- (2) L’idée d’une Armée de l’Air autonome, comme l'Armée de terre et la Flotte, est très discutable.
- L’Armée n'agit (pie sur terre, la Flotte n’agit que sur mer. Dans les opérations sur les côtes seulement, il y a étroite collaboration entre elles. Leur séparation est donc logique.
- I.'aviation, au contraire, agit sur terre et sur mer, en combinaison étroite avec l’Armée et la Flotte, qui ne peuvent se passer de son concours. Le combat entre forces aériennes a pour but principal de rendre cette combinaison plus facile en chassant ou détruisant l’aviation adverse. Même l’aviation de bombardement, susceptible de porter la destruction au loin dans le pays ennemi, ne peut se dispenser de prendre part aux batailles de l’Armée ou de la Flotte et aux opérations précédant et suivant ces batailles.
- 700
- CM PO w CO
- CM CM CM CM CM CM
- J- CM cô 1/3 cô
- CM CM CM CM CM CM
- O) 05 05 05 05 05
- mm *-•
- GRAPHIQUE MONTRANT
- l’augmentation du budget
- DE L’AÉRONAUTIQUE ITALIENNE DE 1921 A 1927
- de l'Aéronautique militaire, est indépendant du sous-secrétaire d’État et traite toutes les questions relatives à l’organisation, à la mobilisation, à l’instruction des troupes de l’Aéronautique en temps de paix et à leur emploi en temps de guerre.
- A côté d’eux, nous trouvons encore :
- Un Conseil de V Aéronautique, organe consultatif pour les questions militaires, composé d’olFiciers généraux de l’Aéronautique, qui s’adjoignent des représentants de l’Armée et de la Marine pour l’étude des actions combinées avec celles-ci ;
- Un Comité technique de l'Aéronautique, organe consultatif pour les questions techniques, composé d’olli-ciers de l’armée aérienne et du génie aéronautique.
- En raison des besoins de la défense nationale, cette organisation est, comme on le voit, à base militaire et le restera, sans doute, encore longtemps.
- Les services techniques
- L’Italie ne possède ni un Service technique d'État, chargé, comme en France, d’orienter les constructeurs et de collaborer à leurs recherches, ni les associations privées d'études, si richement dotées, en Allemagne, par l’État. Lors de la discussion du budget, le député Locatello s’ést plaint de l’insulli-sance des laboratoires, disant que la maison Ansaldo avait été forcée d’étudier ses profils d’aile au laboratoire allemand de Gœttin-gen. Pourtant, la Direction générale du génie aéronautique a à sa tête des hommes de grande valeur, tels que les généraux Ver-duzio et Nobile, et possède, à Rome, un laboratoire comportant deux tunnels aérodynamiques. Le Stabilimento di Costruzioni s’occupe spécialement des dirigeables. Les études hydrodynamiques disposent d’un bassin Fronde de 180 mètres de long.
- Naguère encore il n’existait pas d’Ecole spéciale technique d’Aéronautique, mais des cours étaient faits au Polilecnico de Turin, à celui de Naples, à l’Institut professionnel de Rome, à l’École supérieure navale de Gênes et à l’École d’ingénieurs de Pise. Une Scuola d'ingegneria aeronautica vient d’être organisée près de l’École d’ingénieurs de Rome.
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- OU EN EST LAVIATION ITALIENNE?
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- Les études sur les alliages légers et celles tendant à la recherche d’un carburant national sont très poussées. L’adoption d’un parachute léger apportera, sous peu, un gros surcroît de sécurité aux aviateurs, et on ne perd pas de vue l’emploi, par l’aviation, des écrans de fumée et des nuages de gaz asphyxiants.
- Organisation des forces aériennes
- « La solution aérienne de la guerre reste encore, pour le moment, un rêve et une fantaisie de l’esprit... dit le rapport sur le budget de l’Aéronautique ; mais, comme il importe à l’Italie de donner à la guerre aérienne une caractéristique é m i n e m m e nt offensive, il faut maintenir une force aérienne d’emploi rapide en état de prévenir l’adversaire et, par une action de surprise sur ses bases aériennes et ses centres industriels , conquérir la suprématie de l’air, a lin de troubler sa mobilisation et l’empêcher de gêner la nôtre. » C'est le rôle de Y Armée aérienne. Mais l’Aéronautique aura aussi à prendre part aux opérations de l’Armée et de la Marine. Nous voyons donc, à côté de VArmée aérienne, une Aéronautique de VArmée et une Aéronautique de la Marine, destinées à travailler en intime liaison avec celles-ci (1).
- Toutes trois relèvent du chef d'état-major de l'Aéronautique pour les questions générales d’instruction, mais l’Aéronautique de l’Armée et celle de la Marine relèvent aussi, au point de vue de leur utilisation, des chefs d’état-major correspondants, et l’expérience a déjà montré que de nombreux travaux en commun étaient nécessaires pour arriver à l’unité de doctrine.
- Bien que l’Aéronautique forme, en principe, un corps séparé, les observateurs destinés à collaborer avec la marine et tout le personnel des avions embarqués sur les
- (1) Voir noie, page 2S0.
- navires appartiennent à la Marine, qui les détache pour plusieurs années dans l’Aéronautique.
- L’Aéronautique devant pouvoir être mise eh ligne à la première heure, toute l’organisation à mettre sur pied en temps de guerre doit exister dès le temps de paix.
- Les escadrilles
- En 1924-1925, il existait, en tout. 74 escadrilles.
- En 1925-1926, il en existe 86, qui se décomposent ainsi :
- 32 pour l’Armée aérienne ;
- 28 pour l’Aéronautique de l’Armée ;
- 21 pour l’Aéronautique de la Marine ;
- 5 pour l’Aéronautique des Colonies ;
- Groupées en 12 stormi, répartis entre
- 5 zones aériennes territoriales.
- Le personnel compte 16.000 hommes, dont 2.400 navigants, et le matériel 900 avions en service, plus
- 6 dirigeables. Les hydravions
- embarqués sur la flotte sont peu nombreux jusqu’ici : 5 de reconnaissance et 4 de chasse seulement.
- Mais un grand projet a été adopté, en principe. On veut qu’en 1930 l’Aéronautique italienne compte 182 escadrilles :
- 78 de l’Armée aérienne ;
- 57 de l’Aéronautique de l’Armée ;
- 35 de l’Aéronautique de la Marine ;
- 12 de l’Aéronautique des Colonies ;
- 2.000 appareils en service ;
- 30.000 hommes, dont 4.500 navigants.
- Comment est recruté et instruit le personnel navigant
- Le personnel navigant de l’Aéronautique ne peut être que volontaire. Jusqu’à présent, on est parvenu à le recruter, mais au prix d’efforts constants. L’expérience seule nous dira si l’Italie trouvera le personnel navigant nécessaire aux 182 escadrilles projetées.
- UE GÉNÉRAL PICCIO, CHEF D’ÉTAT-MAJOR DE l’AÉRONAUTIQUE, DANS SON AVION
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- Les épreuves imposées au personnel actuel, qu’il appartienne à l’armée active ou à la reserve, lui assurent les plus sérieuses qualités d’entraînement. Quant aux mécaniciens, ils sont formés à l’Ecole militaire de Capoue, qui instruit 000 élèves, engagés pour trois, quatre ou six ans, choisis, pour la plupart, parmi les jeunes gens ayant suivi un cours d’instruction prémilitaire. Actuellement, il y a à peu près un méea-
- cable aux militaires des réserves accomplissant des exercices d’entraînement, payable à la veuve ou aux orphelins et, si l’aviateur n’était pas marié, à ses ascendants.
- Ce geste, que nous voudrions voir réaliser en France, où la question est depuis longtemps à l’étude, honore le gouvernement italien, qui fait ainsi preuve à la fois de tact psychologique et de générosité envers ceux qui le servent volontairement.
- AVION DK liOMBAHDEMENT FIAT Bit. I IIK 700 C. V.
- Cet avion, pesant. 2.400 kilos et capable d'emporter 1.500 kilos de charge utile, peut voler à 245 kilomètres à l'heure et s'élever <i 4.000 mètres en 54 minutes.
- nicicn breveté par appareil mis en ligne.
- Pour faciliter le recrutement du personnel navigant, on vient de lui accorder, en plus des droits normaux à la retraite, une prime variable avec le grade, en cas de mort ou d’accident grave :
- De 8.000 à 0.000 lires pour les soldats ;
- De 18.000 à 19.000 lires pour les sous-ollieicrs ;
- De 21.000 à 26.000 lires pour les officiers subalternes ;
- De 29.000 à 85.000 lires pour les olliciers supérieurs ;
- De 40.000 à 55.000 lires pour les olliciers généraux.
- Cette prime est augmentée d’autant de douzièmes que l’intéressé compte d’années effectives de service aérien. Elle est appli-
- Des différents types d’avions en service
- Le rapport sur le budget a défini dans ses grandes lignes les besoins de l’aviation italienne.
- La bande frontière montagneuse, large de 200 kilomètres et haute de 8.000 à 4.000 mètres, exige, en raison des progrès de l’artillerie antiaérienne et des conditions météorologiques, des avions capables de la franchir à 8.000 mètres d’altitude et possédant un rayon d’action de 600 kilomètres.
- Sur mer, les hydravions doivent pouvoir parcourir toute la Méditerranée, c’est-à-dire atteindre un objectif situé à 1.300 kilomètres de leur point de départ et y revenir, avec une bombe d’une tonne. Les appareils
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- de chasse et de bombardement, appelés à collaborer, permettront d’atteindre une vitesse voisine de 260 kilomètres à l’heure.
- Ces desiderata, qui ne sont pas réalisés, montrent les buts vers lesquels tend l’aviation italienne.
- Les appareils de chasse actuellement en service sont encore de provenance française : Spad XIII et Nieuport 29. Mais il ne restera, en 1927, que six escadrilles de Nieuport. Les autres seront constituées par
- 400 C. V. Fiat ou Lorraine, et la maison Romeo, un RO. 1, à moteur Jupiter.
- L’hydraviation a été très étudiée en Italie. Le magnifique voyage du colonel de Pinedo en Australie et Extrême-Orient (55.000 kilomètres) fait autant honneur à son hydravion Savoïa S. 16 ter qu’à son moteur Lorraine.
- La marine a en service des hydravions torpilleurs et de grande reconnaissance : ce sont les appareils S. 5-5 bimoteurs (800
- UN BEAU RASSEMBLEMENT SUR LE TER»AIN D'ANSALDO (TURIN)
- A gauche, une série d'avions de chasse Fiat. CR. 7 ; à droite, avions de chasse Dewoiline AC. 2.
- des Deæoitine (AC. 2, «800 C. V. ; AC. 3, 400 C. V.), fabriqués par licence chez Ansaldo ou des Fiat CR. 1, qui rajeuniront le matériel.
- Le vieux. Caproni CA. 3 de bombardement, incapable de franchir les Alpes, va être remplacé par un CA. 73 muni de deux moteurs Asso en tandem, de 500 C. V. chacun. Il pourra emporter 1.800 kilogrammes, avec un rayon d’action de «350 kilomètres. On fonde également de grands espoirs sur un BR. 7, à moteur Fiat de 900 C. V., poulie bombardement rapide. Les maisons Caproni et Piaggio étudient également de nouveaux modèles de bombardement de nuit.
- L’aviation d’observation est encore munie presque tout entière d’avions de 300 C. V. Mais Ansaldo a en essai un A. 120, de construction métallique, muni d’un moteur
- à 1.000 C. V.) et les Caut. 6 trimoteurs (1.200 C. V.).
- La maison allemande Dornier, établie en Italie, construit actuellement, paraît-il, un hydravion possédant un rayon d’action de 1.000 kilomètres, capable de faire sans escale le voyage de Gibraltar, aller et retour, avec une bombe de 1.000 kilogrammes. Le député Locatelli a dit à la Chambre à son sujet : « Si nous avions seulement trois ou quatre escadrilles de ce modèle, aucun amiral étranger n’oserait venir sur nos côtes. »
- A citer également le monoplan de course Macchi 39, à moteur Fiat 800 C. V., qui a enlevé le record du monde de vitesse dans la Coupe Schneider de 1926. Ce succès peut être, à bref délai, générateur d’appareils de chasse intéressants.
- Enfin, il a été récemment décidé que les
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- vieux appareils employés en Tripolitaine seront remplacés, le plus tôt possible, par des avions modernes.
- En somme, alors (pie l’industrie d’aviation italienne construisait, naguère encore, par licence ses cellules en utilisant les procédés usités en France, et s’en tenait à peu près à la construction bois, la maison Ansaldo est nettement passée à la construction métal, avec les üewuitine de chasse établis par elle ;
- un moteur Asso de 500 C. V., et Fiat a présenté des moteurs A. 20 de 400 C. Y., A. 22 de 500 C. V., A. 25 de 800 C. V.
- Ce dernier constructeur étudie un moteur spécial pour le vol aux hautes altitudes.
- Les ballons
- L’Italie ne compte pas utiliser les ballons dirigeables dans la guerre terrestre tant qu’on ne pourra les gonfler qu’à l’hydro-
- AVION I)K CHASSE DEWOITINE, MOTEUR FIAT A. 20 AV pesant que 900 kilos et pouvant emporter 315 kilos, cet avion atteint 250 kilomètres à Vheure et peut
- monter à 4.000 mètres en 11' 10".
- la construction mixte est employée par cette maison et par Fiat et Caproni. La maison Savo'ia a construit en acier et duralumin plusieurs exemplaires de son S. 55.
- Il faut proclamer que la technique d’aviation progresse à grands pas en Italie et qu’en matière d’hydraviation les résultats obtenus par elle sont de première valeur.
- Les moteurs
- L’Italie a employé largement, jusqu’ici, des moteurs étrangers, construits en série chez elle par licence (Jupiter, Lorraine, etc...). Mais l’Aéronautique se préoccupe vivement d’établir des moteurs purement italiens. La maison Isota-Frascliini a déjà fourni
- gène, trop dangereux ; elle les réserve pour la marine. Le rayon d’action du type O. S. atteint 1.250 kilomètres ; celui du type Espéria, 2.500 kilomètres. L’expédition au pôle Nord du Norge, conduit par le général Nobile, a prouvé la sérieuse connaissance de la technique des dirigeables possédée en Italie.
- Les ballons captifs d’observation ont été enlevés à l’Aéronautique et rendus au génie.
- L’industrie
- L’Italie possède :
- Neuf maisons de construction et six de réparation d’avions ; six construisant les hélices, radiateurs, etc... ;
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- Quatre maisons de construction et quatre de réparation de moteurs ;
- Douze maisons construisant les accessoires de moteurs.
- En 1926-1927, son industrie lui livrera 600 avions, dont 250 entièrement métalliques (principalement des D cio o iti ne , construits par Ansaldo).
- Emploi du budget
- L’aviation militaire prend pour sa part 93,45 % du budget de l’Aéronautique. Là-dessus, 44,65% vont à l’achat et à l’entretien du matériel de vol et des écoles de pilotage, et 36,80 % au personnel.
- D’après le rapport de la Commission du budget, l’agencement total du matériel et de l’infrastructure de l’aviation exigerait une dépense totale d’au moins un milliard.
- L’infrastructure
- Sur cette somme de un milliard, une bonne part devra' aller à l’infrastructure, c’est-à-dire au matériel fixe. Ce rapport déclare, en effet, que les aéroports existants su (Usent tout juste à l’aviation actuelle. Toute grosse augmentation du nombre des esea drilles devra donc être précédée de la création de nouveaux terrains, qui constitueront en même temps le réseau de sécurité nécessaire « si on veut être prêt en permanence à la guerre ».
- L’aviation commerciale se développe parallèlement à l’aviation militaire
- L’essor de l’aviation commerciale avait souffert jusqu’en 1922 de l’indifférence du
- gouvernement. Depuis, il a été retardé par la lenteur des pourparlers avec les gouvernements étrangers, qui demandent certaines concessions, alors que le gouvernement italien voudrait donner aux lignes de navigation un caractère aussi national que possible (constitution des sociétés, personnel et matériel). Il fait actuellement appel à de nombreuses sociétés, mais il se propose de constituer ultérieurement un organisme unique fortement contrôlé par l’Etat, comme en Allemagne.
- La positron géographique de l’Italie la situe à la croisée de deux grands axes :
- D’une part, Amérique du Sud, Espagne, Italie, Orient, Indes et Extrême-Orient :
- D’autre part, Nord de l’Europe, Allemagne, Italie, Afrique.
- Pour cette raison, elle veut participer à toutes les liaisons mondiales. Son programme est très vaste. Il comporte rétablissement d'un service de la Méditerranée orientale
- par dirigeables et hydravions, se rattachant au réseau russe à Constantinople ;
- D'un service de la Méditerranée occidentale desservant la Tunisie et se rattachant, par l’Espagne, à l’Amérique ;
- De trois lignes reliant Trieste au Danube, vers Vienne, Budapest, et Belgrade ;
- De trois lignes alpines centrales reliant la vallée du Pô aux vallées supérieures du Danube, du Rhin et du Rhône.
- A ces grandes lignes internationales, des lignes secondaires amèneraient, comme en Allemagne (voir La Science et la Vie. n° 114),
- BIPLAN FIAT UK BOM BAltüKAIKNT
- Actionné par un moteur de 700 C. V., cet avion peut emporter 1.300 kilos de charge utile; vitesse, 250 kilomètres ; plafond, 5.000 mètres; il peut monter à 4.000 mètres en 31 minutes.
- MOTKI H ASSO UK 500 C. V.
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- les passagers et le fret des grands centres.
- Mais les accords avec la Grèce et la Turquie, pour la ligne Brindisi-Atliènes-Constantinople, n’ont pu être conclus qu’en juillet 15)25 et janvier 1920. Les négociations avec l’Espagne pour Gênes-Barcelone sont encore en cours, ainsi que celles avec la Lufthansa allemande.
- Cet ambitieux programme demanderait au moins 100 millions de lires par an de subventions : or, le budget, très chargé par
- piloter des avions de ce genre par-dessus les Alpes, aux grandes altitudes, seront pour l’Italie de précieux pilotes de guerre.
- Les lignes actuellement régulièrement exploitées en Italie sont :
- Gênes-Rome-Naples-Palerme ;
- Rome-Naples-Brindisi ;
- Turin-Milan-Trieste ;
- Venise-Vienne.
- La ligne Brindisi-Athènes-Coostantinople sera prochainement ouverte ; celle de Gènes-
- VUE GENERAI,]'', DES USINES ANSALDO DE TU H IN
- les dépenses de l’aéronautique militaire, n’aeeordc (pie 25).400.000 lires à l’aviation civile, dont 22.000.000 pour les lignes de navigation. Tl est vrai qu’outre ce secours pécuniaire direct, le gouvernement donne aux compagnies son appui diplomatique et met gratuitement, ou à peu près, à leur disposition ses aéroports, sa T. S. F., son remarquable service météorologique. Bien plus, en raison de l’insulïisance numérique des pilotes civils, il leur prête des pilotes militaires et prévoit qu’aux colonies, le trafic commercial pourra même être effectué par des avions militaires.
- Par contre, le matériel des compagnies civiles devra être transformable en avions de guerre, en cas de mobilisation. Ainsi, la ligne Venise-Vienne va mettre en service un Caproni CA. 73 bis pour dix passagers, qui est le frère jumeau de l’avion de bombardement CA. 73. Les pilotes habitués à
- Barcelone fait encore l’objet de négociations ; celles de Milan-Ancône-Brindisi et de Rome-Cagliari sont en préparation. Une ligne Milan-Lausanne servira à des voyages d’essais.
- Ces résultats, déjà intéressants, semblent présager un développement rapide dès que les ressources budgétaires le permettront.
- Conclusion
- L’Italie veut une aviation militaire et commerciale de premier ordre, parce qu’elle est un des facteurs de puissance que le gouvernement veut mettre à ,1a disposition des ambitions île ce pays, et celles-ci ne sont pas minces. Voici, en elfet, ce que disait une voix autorisée, le 21 juin 1925 :
- « Nos ambitions doivent tendre à l’Empire. If Angleterre a persévéré deux siècles pour conquérir les clefs de sa domination. Notre but, à nous aussi, c'est l'Empire. »
- Général A. Niessei,.
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- A propos de l’article :
- CE QUE L’ON DOIT SAVOIR DE L’HISTOIRE DES SCIENCES
- TROIS SIECLES D’EVOLUTION DES THÉORIES ÉLECTRIQUES (du seizième siècle jusqu’à Hertz, 1888)
- Par Albert TURPAIN
- VROEESSEUIl A LA FACULTÉ DES SCIENCES DE POITIERS
- « Monsieur Albert TURPAIN, professeur h à la Faculté des Sciences de Poitiers, « auteur de l’article « L’ÉVOLUTION « DES THÉORIES ÉLECTRIQUES » paru «dans le numéro 113, Novembre 1926', de « LA SCIENCE ET LA VIE, pages 383-« 388, tient à bien préciser qu’aucun des « chapeaux de l’article qu’il a écrit à la
- « demande de la Direction de LA SCIENCE « ET LA VIE, lesquels chapeaux divisent « en tranches son article, n’est de sa rédàc-« tion. Auetin ne lui a été préalablement « soumis, il tient en particulier à décliner « toute paternité pour les deux chapeaux :
- In initia :
- « Les grandes dates de P « histoire ancienne » de l’électricité »
- et
- In média :
- « Des ondes qui « feront parler d’elles » parce qu’elles transportent l’énergie » (Hertz)
- « Cette formule, pas plus que la première, « ne fut jamais venue à l’esprit du Profes-
- « seur Turpain, par la simple raison que « toutes les ondes (matérielles, sonores ou « liquides) transportent de l’énergie, en quan-« tité infime d’ailleurs l’énergie radiante « étant une des formes les plus dégradées « de l’énergie. »
- Signé :
- Albert Tuiipain.
- LA XIXe FOIRE INTERNATIONALE DE PARIS
- (Mai 1927)
- A l’occasion de la XIXe Foire de Paris, qui va ouvrir ses portes au printemps, La Science et la Vie consacre un numéro spécial à ectte grandiose manifestation internationale de toutes les industries, qui, chaque année, groupe un nombre plus considérable d’exposants de tous les pays.
- Elle rivalise avec les plus belles expositions étrangères (Londres,Birmingham, Leipzig) et a détrôné, en France, en quelques années, la Foire de Lyon.
- Si vous voulez connaître les nouveautés présentées à cette Foire, si vous voulez la visiter méthodiquement et fructueusement, sans perte de temps et sans fatigues inutiles, procurez-vous le numéro de mai de La Science
- et la Vie, qui sera mis en v ente à la Foire même, au stand de La Science et la Vie, Parc des Expositions de la porte de Versailles.
- Grâce au concours désintéressé des constructeurs qui ont répondu à l'appel de La Science et la Vie, en lui fournissant une documentation précise, les lecteurs pourront s’initier immédiatement au progrès technique sous toutès ses formes dans les industries les plus diverses.
- L’an dernier, la Foire (1e Paris avait accueilli plus de 2 millions de visiteurs. Ce simple détail démontre à quel point elle a conquis le public, avide de s’instruire dans tous les domaines de l’activité humaine.
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- NOMBRE DE COUCHES D’ELECTRONS
- CONSTITUTION ÉLECTRIQUE DE LA MATIÈRE
- NOMBRE D’ÉLECTRONS PÉRIPHÉRIQUES
- . ! ! 1 2 3 \ 5 6 7 8
- 1 Hydrogène U) Hélium (2)
- * Lithium Glucinium ' Bore Carbone Azote Oxygène Fluor Néon-
- (2*1) (2 + 2) (2-3) (2-4) (2 + 5) (2 + 6).. (2 + 7) (2+8)
- 8 Sodium Magnésium Aluminium Silicium Phosphore Soufre Chlore Argon
- (2*8* I) (2 + 8*2) (2 + 8 + 3) (2-8+4) (2 + 8 + 5) . (2 + 8 + 6) (2+8 + 7) (2+8+8)
- Potassium Calcium Scandium Titane Vanadium Chrome Manganèse Fer Cobalt Nickel
- 4 4 (2*8 + 8’ 1) 12 + 8 + 8 + 2) (2 ♦ 8 + 8 ♦ 3) (2+8+8+4) (2 + 8 + 8 + 5) (2+8 + 8 + Ô) (2+8 + 9 + Ô) (2+8+10 + 6) (2 + 8 + 11 + 6) (2+8+12+6)
- 4 Cuivre Zinc - Gallium Germanium Arsenic Sélénium Brome i Kripton
- (2+8*18+1) (2+8+18 + 2) (2 + 8+18 + 3) .(2 + 8+18 + 4) (2 + 8+18 + 5) * (2+8+18+6) (2 + 8 + 18 + 7) (2 + 8 + 18 + 8)
- Rubidium Strontium Yttrium Zirconium Colombium Molybdène Mazurium Ruthénium Rhodium Palladium
- r i (2 + 8-18 + 8 1) (2+8+18+8+2) (2 + 8+18 + 8 + 3) (2+8+18+8+4) (2+8+18+8+5) (2+8+18+8+6) (2+8+18+0+6) (2 + 8 + 18 + 10 + 6) (2 + 8+18 + 11 + 8) (2+8+18+12+6)
- .) ' Argent Cadmium Indium Étain Antimoine Tellure Iode Xénon
- (2*8+18+18+ 1) (2 + 8 + 18+ 18 + 2) (2 + 8-+ 18+18 + 3) (2*8 + 18 + 18 + 4) (2+8+18+18+5) (2 + 8 + 18 + 18+6) (2 + 8+-18 + 18+7) (2+8+18+18 + 8)
- ' Césium Baryum Lanthane Cérium Praséodyme Néodyme —- Samarium Europium Gadolinium Terbium Dysprosium Holmium Erbium
- ! (2 + 8+ 18+ 1» +6r 1 ) (2+8+18+18+8+2) (2*8+18+18+8+3) (2 + 8 18* 18 t-8 + 4) (2+8 + 18+18 + 8 + 5) (2 + 8+18+18+0 + 5) (2 + 8+18 + 18 + 11+5) (2 + 8 + 18 + 18 + 12 + 5)^(2 + 8 + 18 + 18 + 12 + 6) (2 + 8 + 18 + 18+13 + 6) (2 + 8 + 18+18 + 14-6) (2 + 8 + 18+18+15 + 6) (2 + 8+18+1.8 + 16 + 6
- ! / Thulium \ tterbium Lutécium Celtium Tantale Tungstène Rhénium Osmium Iridium Platine
- (2 + 8 + 18-22• IS-1) (2+8+18+2*. 13 + 2) (2-8+ 18 + 22+18-3) (2 + 8- 18-22* 18-4) (2 + 8+18 + 22+18 + 5) (2 + 8 + 18+22+18+6) (2 + 8 + 18 + 23+18 + 6) (2 + 8 + 18 + 24 + 18 + 6) (2 + 8 + 18 + 25 + 18 + 6) (2 + 8 + 18 + 26+18 + G
- 1 Or Mercure Thallium • Plomb Bismuth Polonium Radon
- (2+8* 18 + 3* + 18+ 1 • 1 i2-S+ 18+32-18+2) (2-8+18+32+18-8) (2+8*18+32-18-4) (2+8+18+32+18+5) (2 + 8 + 18+32 + 18 + 0) (2+8+18+32118+7) (2+ 8 + 18 + 32+18 + 8)
- 7 _____ Radium Actinium Thorium • Brévium Uranium
- (2.8+18 + 32+18 -8+1 )!(•_’• 8+ 18+32+18 + 8 + 2) L (2+8+18+32. 18+8 + 3) (2+8 +18 + 32 + 18 + S+ 4) (2+8+18*32+18+8+5) (2 + 8+18 + 32 + 18 + 8+ 6)
- Ce tableau représente toutes les diverses espèces de matière ; on comprendra facilement ce que représentent les chiffres (en dessous de chaque corpsj
- en se reportant à la. figure 5 (aluminium ) et à la figure 7 ( soufre J.
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- QU’EST-CE QUE L’ELECTRICITE?
- QU’EST-CE QUE LE MAGNÉTISME?
- Par Marcel BOLL
- PROFESSEUR AGllKGÉ DE L’UNIVERSITÉ, DOCTEUR ÈS SCIENCES PROFESSEUR D’ÉLECTRICITÉ INDUSTRIELLE A L’ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES COMMERCIALES
- t
- L'homme a toujours éprouvé un impérieux besoin de connaître, d'expliquer par des théories ou par des lois, les phénomènes naturels. Cette œuvre des savants a permis ainsi d'utiliser pratiquement des forces qui, sans elle, seraient restées stériles. Le morceau d'ambre — en grec électron, prononcer : électrone — qui, frotté par Thaïes de Mil et, attirait des corps légers, a révélé V électricité. Depuis cette découverte, nombreuses furent les hypothèses sur la nature de Vélectricité. Et ces hypothèses ont abouti à la création de puissantes machines électriques, qui, aujourd'hui, font, par exemple, courir les trains sur les voies ferrées. Ce que fut l'évolution de ces hypothèses, notre magazine l'a déjà exposé à ses lecteurs (n° 113, novembre 1926). Mais la Science évolue constamment et, aujourd'hui, on sait fort bien ce qu'est V électricité. Notre savant collaborateur montre ici, dans un exposé synthétique que l'on chercherait vainement ailleurs, ce que l'on sait de la structure intime de cette énergie — l'électricité — longtemps réputée « mystérieuse ».
- On sait fort bien ce que c’est
- Il arrive souvent qu’à propos de la « fée électricité », on se laisse aller à parler (Yagent mystérieux ou de fluide inconnu. Si l’électricité a été jadis considérée comme un lluide, il faut savoir que le mot fluide n’est plus employé, dans le langage scientifique, que pour désigner les liquides (comme l’eau ) et les gaz (comme l’air) ; plus précisément, pour évoquer la propriété que liquides et gaz possèdent en commun, celle de se laisser déformer sous l’influence d’efforts extrêmement minimes, d’être exempts de rigidité ou, si l’on préfère, de n’avoir pas de forme propre.
- Voilà des « fluides » qui ne sont guère mystérieux, au sens, du moins, où on prend ordinairement ce qualificatif ; et, en fait de « fluides », la science n’en connaît pas d’autres. Je supplie donc le lecteur de renoncer, une fois pour toutes, à prononcer ce mot « fluide », à moins de faire expressément allusion à l’air, à l’eau ou aux corps analogues : gaz d’éclairage, benzine...
- L’électricité n’est donc pas un fluide —
- non plus que le magnétisme. J’espère vous en convaincre et vous montrer, en même temps, que ces « agents » ne sont pas mystérieux. Par un article judicieusement intitulé : Ce que l'on doit savoir de l'histoire des sciences (1), on a pu se rendre compte de ce qu’était l’électricité en 1888 ; ici, au contraire, je me propose d’expliquer non plus ce que l’électricité fut, mais ce qu'elle est aujourd’hui, en un exposé d’ensemble qui se suffise à lui-même et qui ne demande, pour être compris, qu’un peu d’attention.
- L’électricité, au fond, c’est l'électron, ce corpuscule extraordinairement mobile dont on a apprécié les dimensions, dont on connaît la masse et l’état d’électrisation, qu’on sait isoler à l’état libre. C'est l’électron qui est à l’origine de toutes les applications électriques, du chauffage et de l’éclairage, de la production de force motrice, de l’aimantation et de l'électrochimie, des rayons X, de la transmission du langage avec ou sans fils... .l’eus l’occasion, récemment, de réfléchir à cet ensemble de faits et je suis heureux d’offrir aux lecteurs de La Science (1) La Science cl la Vie, novembre 192G, p. 383-388,
- JIKNIIICK ALBERT LOllENTZ Illustre savant hollandais, né en 1853, prix Nobel 1902, l'un des fondateurs des théories électroniques.
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- ROTATIVE
- El U. 1. — LA MACHINE ÉLECTRIQUE EXERCE UNE PROPULSION SUR LES ÉLECTRONS, TOUT COMME LA POMPE ROTATIVE EXERCE UNE PROPULSION SUR I,’eAU
- et la Vie, qui m’ont déjà suivi dans maintes questions délicates, la primeur d’un exposé synthétique, qui n’a jamais été fait, à ma connaissance, en leur permettant de savoir ce qu’est réellement l’électricité.
- L’électricité à l’état pur
- L’électricité, d i s o n s - n o u s, c’est l'électron, et cet électron revêt deux aspects fort diffé-rents : dans certains cas exceptionnels, les électrons se promènent en
- liberté, c'est l’électricité à l’état pur ; au contraire, la plupart du temps, l’électricité reste accrochée à la matière. Nous allons, tout d’abord, parler des moyens dont on dispose pour libérer les électrons.
- 1° Décharge électrique à travers les vides usuels. - — On s'arrange pour faire arriver sur une lamelle d’aluminium une multitude d’électrons, llien n’est plus aisé, si l’on saisit qu’une machine électrique n’est, somme toute, qu’un appareil destiné à provoquer des déplacements d'électrons, tout comme une pompe rotative est un instrument qui réalise un déplacement d’eau (lig. 1) : la machine électrique ne crée pas plus d’électricité (pie la pompe ne fabrique de l’eau.
- Ainsi donc, pour accumuler des électrons sur une lame métallique, il subira de couper le conducteur plein qui réunit les deux pôles de la machine (lig. 1) et de relier cette lame au pôle négatif.
- Au fur et à mesure (pie les électrons allluent, les actions répulsives qu’ils exercent les uns sur les autres deviennent plus intenses et ils finissent par s’échapper dans l’espace ambiant. Lorsque la lame métallique est placée dans l’atmosphère, cette émission électronique est bientôt brisée dans son élan, car les corpuscules sont arrêtés par les inoléeules gazeuses, qui leur opposent 30 mil-
- MACHINE
- ELECTRIQUE
- TUBE À RAYONS CATHODIQUES
- liards de milliards d’obstacles par centimètre cube. D’où la nécessité d’opérer dans un vide relatif - — un cent-millième d’atmosphère, par exemple (1) — et nous avons ainsi réalisé un tube « à décharge disrup-
- tive » (fig. 2).
- -nNOLicTEUR PLf-/,, L’expérience
- précédente est d’importance capitale. Par des moyens faciles à comprendre, mais qu’il serait trop long de rappeler ici en détail, on est parvenu à mesurer la vitesse des électrons qui quittent perpendiculairement la cathode d’aluminium ; vitesse considérable, puisqu’elle peut atteindre 100.000 kilomètres par seconde. De plus, on réussit aussi à peser l’électron : sa masse est à peu près le deux-millième du plus léger de tous les noyaux atomiques connus, le noyau d’hydrogène (tableau page 288) ; à nouveau, il nous faut jongler avec les « chiffres astronomiques », puisqu’un milliard de milliards d’électrons pèsent très sensiblement un millionième de milligramme...
- LIBERER DES ELECTRONS Les électrons, amenés par la machine sur la lame, s'échappent perpendiculairement à la surface, avec des vitesses habituellement comprises entre 10.000 et 100.000 kilomètres par seconde.
- 2° Le radium. — Cette expérience sur les rayons cathodiques, que nous effectuons avec des conducteurs et des isolants intelligemment disposés (lig. 2), le monde extérieur nous l’offre toute montée dans l’atome de radium (tableau page 288). Cet atome, qui ne possède pas moins de 88 électrons planétaires, est pourvu d’un noyau, lui aussi extraordinairement complexe; les noyaux lourds sont instables et explosent spontanément (transmutations radioactives) ; au cours de ces explosions, il peut y avoir projection d’électrons (rayons bêta), ce qui prouve que les noyaux atomiques eux-mêmes renferment des électrons ; l’explosion est parfois si vio-
- (1) Cf. Qu’est-ce que le vide ? Comment le fabrique-t-on ? A quoi serl-il ? La Science et la Vie, mars 1027, p. 193.
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- QU'EST-CE QUE L'ÉLECTRICITÉ 'I
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- lente que l’électron part avec une vitesse qui ne diffère que d’un centième de celle de la lumière, et ces électrons qui cheminent à raison de 297.000 kilomètres par seconde sont, de beaucoup, les plus rapides de tous les corpuscules matériels.
- 3° Émission d'électrons par les corps incandescents. — Nous verrons bientôt que ce qui caractérise un métal (un distributeur d’électrons), c’est l’extrême mobilité de ces corpuscules.
- Et, en fait, dans une masse de métal neutre ( dans une casserole d’aluminium, si vous voulez), les électrons passent leur temps à sauter d’un atome au voisin, dans un indescriptible charivari.
- D’ailleurs, les électrons ne quittent pas le métal, car, si une telle fantaisie « passait par la tête » de l’un d’entre eux, il serait immédiatement rappelé à son devoir par l’excès d’électricité positive qu’il aurait abandonnée. Tout comme une balle de tennis, lancée en l’air, ne tarde pas à retomber sur Je sol.
- Telle est bien l’allure des phénomènes aux températures usuelles.
- Mais qui dit élévation de température, dit, par cela même, accroissement de vitesse des particules matérielles. Si bien qu’au rouge — mieux : au rouge blanc — certains électrons quitteront le métal, ce qui constitue une « émission thermionique », de tous points comparable à la volatilité des liquides, qui, très faible à froid (parce que les vitesses moléculaires sont in-iimes), devient de plus en plus grande au fur et à mesure que la température On peut aussi boulet de Jules quitte la sphère terrestre, à la
- Machine électrique tournant lentement
- FIG. 3. -- LAMPE A DEUX
- ÉLECTRODES
- Lorsque le 'filament incandescent est relié au pôle négatif de la machine électrique, comme les électrons ont une vitesse suffisante, ils traversent facilement levide et parviennent à la plaque.
- fournit au métal des électrons destinés à remplacer les fugitifs. Tout le monde a reconnu le principe de la lampe à deux électrodes ou de la lampe à trois électrodes, constamment utilisées comme détecteurs ou comme relais. Ce que ces appareils présentent d’essentiel, c’est ceci : lorsqu’on envoie des électrons au filament incandescent, en le reliant au pôle négatif d’une machine (fig. 3), ces électrons sont capables de traverser le vide très poussé qui règne dans la lampe et de parvenir sur la plaque ; si, au contraire (fig. 4). c’est la plaque qui reçoit des électrons, comme celle-ci reste à peu près froide, le vide sullisamment poussé constitue pour eux-un obstacle infranchissable.
- augmente, songer au Verne, qui d’attraction seule condition de lui communiquer une vitesse suffisante au départ.
- Ainsi donc, à chaud, les électrons périphériques des atomes d’un métal ne demandent qu’à « s’évaporer », surtout si, à chaque instant, on
- Ajoutons, pour être complets, qu’on connaît deux autîfs moyens de libérer des électrons : une lame de zinc, frappée par des radiations ultraviolettes, joue un rôle analogue à celui du filament incandescent dont nous venons de parler (c'est ce qu’on appelle l’effet photoélectrique, ut ilisé dans les essais de télévision) ; et , d’autre part, des électrons sont émis au cours de réactions chimiques violentes, comme l’action du chlore (tableau page 288), « piège à électrons », sur le sodium (même tableau ), « distributeur d’électrons » Mais il est temps de préciser ces deux expressions et de rechercher ce que devient l’électricité dans tous les cas où elle ne fait pas parler d'elle, dans une lame de canif ou dans une vitre, dans un morceau d’aluminium ou dans un morceau de soufre.
- Machine électrique tournant lentement
- FIG. 4. -- LAMPE A DEUX
- ÉLECTRODES (SUITE.)
- Si c'est, au contraire, le pôle négatif qui communique à la plaque, les électrons de celle-ci sont beaucoup trop lents pour s'échapper dans le vide et le courant ne passe pas.
- L’électricité dans l’atome
- Tout le monde sait, aujourd’hui, que l’ultime particule matérielle est la molécule et que la molécule elle-même est bâtie avec des atomes : si, dans une molécule, les atomes sont tous pareils, on a affaire à un « corps simple»;
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- on (lit, au contraire, qu’il s’agit d’un corps composé, lorsque la molécule contient des atomes de deux sortes au moins. Voilà ce qu’on connaissait vers la fin du siècle dernier, mais on n’avait encore aucune idée précise sur l’endroit où l’électricité pouvait bien se loger.
- On admettait, depuis longtemps, que la matière, qui nous apparaît comme neutre (électriquement neutre) dans les circonstances habituelles, devait contenir des
- réserves égales d’électricité positive et d’électricité négative ; néanmoins, c’est dans ces toutes dernières années (pie les physiciens établirent sans conteste qu’à l’état normal, l'électricité se trouve à l'intérieur de l'atome.
- Il nous faut redire, une fois (1e plus, que les atomes sont des systèmes planétaires, analogues au système solaire ; qu’ils sont constitués par un centre ou noyau chargé d’électricité positive, où sc trouve concentrée presque toute la masse de l’atome et autour duquel gravite tout un cortège de corpuscules négatifs ou électrons. Le nombre d’électrons planétaires est d’autant plus grand (pie l’atome est plus lourd (tableau page 288) : ce nombre — dit « nombre atomique » — varie entre un (pour l’hydrogène) et quatre-vingt-douze (pour l’iiranium). Ajoutons que ces électrons ont une tendance très accusée à s’assembler en couches de huit, et nous serons prêts à comprendre la différence fondamentale qui sépare les « distributeurs d’électrons » ou corps conducteurs et les « pièges à électrons » ou corps isolants.
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- fig. 5. — l’atome d’aluminium (neutre)
- ( Grossissement G5.000.000 diamètres.)
- Le noyau est entouré de treize électrons. Tout Vatome tient dans une sphère d'un dix-millionième de millimètre de rayon; les dimensions des constituan ts par rapport à l'ensemble sont comparables à la dimension d'une planète dans le système solaire.
- Un distributeur d’électrons : l’aluminium
- C'est l’aluminium qui va nous servir d’exemple-type : il possède le nombre atomique treize, c’est-à-dire qu’il est assez
- complexe, pour servir de prétexte à des considérations suffisamment générales, mais qu’il est suffisamment simple pour que sa constitution soit d’ores et déjà bien élucidée ; enfin, l’aluminium, concuremment avec le cuivre, sert à fabriquer des câbles électriques.
- L’atome d’aluminium possède donc treize électrons, qui sont répartis autour du noyau comme l’indique notre figure 5 : la couche interne (appelée couche K) comporte deux électrons, la couche intermédiaire (couche L) est complète (8 électrons) et la couche périphérique (couche M) en possède trois. Ces trois électrons superficiels sont quelque peu
- « en l’air », pourrait - on dire, puisque la matière ras-semble ses électrons huit par huit. Et comme, d’autre part, 3 est plus près de 0 <pie de 8, ces trois électrons de la coucheM seront relativement mobiles et pourront quitter l’atome, alors qu’il serait infiniment plus difficile de compléter cette couche à huit électrons, en obligeant l’atome à absorber cinq corpuscules supplémentaires.
- Lorsque ces trois électrons M sont partis, l’atome d’aluminium est devenu un ion aluminium (fig. G) : comme l’atome (à 13 électrons) était neutre, comme les treize électrons planétaires compensaient exactement l’électricité positive du noyau, il s’ensuit que l’ion (à 10 électrons) est, au total, chargé d’électricité positive : l’ion aluminium est un ion positif ; l’atome d’aluminium, distributeur d’électrons, est un atome électropositif. On voit, du même coup, qu’une charge électrique positive doit être attribuée à une disette d'électrons.
- Nous ne quitterons pas l'aluminium sur cette impression fausse que ce distributeur d’électrons est un distributeur automatique : les trois électrons M sont relativement mobiles, avons-nous dit, mais ils sont cepen-
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- FIG. 6. — l’ion aluminium (positif)
- ( Grossissement 65.000.000 diamètres.) C'est l'atome privé des trois électrons périphériques ( couche M) ; tandis que V aluminium-est ù l'état d'atomes (fig. 5 ) dans le métal blanc bien connu, il existe à l'état d'ions dans l'alun (cristallisé ou dissous dans l'eau).
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- QU’ EST-CE QUE L'ÉLECTRICITÉ ?
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- dant attirés par le reste de l’atome. Bref, il faut dépenser de l’énergie pour les extraire : si, par exemple, on voulait arracher un électron à tous les atomes qui constituent un gramme d’aluminium, l’énergie serait équivalente à celle qui est nécessaire pour soulever quelques tonnes à un mètre ; ce « travail d’ionisation » peut être fourni en faisant passer une décharge dans un tube à vide — ainsi qu’on l’a vu — ou, plus simplement, en attaquant notre métal par un acide dissous dans l’eau.
- Un piège à électrons : le soufre
- Si, du n° 13, nous passons maintenant au seizième atome, nous rencontrons le soufre, ce corps simple jaune, connu de tous, dont la combustion produit un gaz suffocant.
- Ici, comme tout à l’heure, il y a deux électrons K et huit électrons L ; mais la couche périphérique, la couche M, s’est enrichie, puisqu’elle comporte six électrons (üg. 7).
- Ces six électrons ne sont plus en l’air, bien au contraire : ils forment un bataillon serré ; 6 étant beaucoup plus voisin de 8 que de 0, l’atome de soufre (à 10 électrons) aura tendance à compléter sa couche M par l’absorption de deux nouveaux électrons, qu’il empruntera aux atomes voisins.
- Lorsque deux nouveaux électrons se sont fixés sur cette couche M, l’atome de soufre est devenu un ion soufre (fig. 8) ; cet ensemble (à 18 électrons) comporte sur l’atome (neutre) un excès de deux électrons : l’ion soufre est un ion négatif ; l’atome de soufre, piège à électrons, est un atome électronégatif. En même temps, on comprend qu’une charge électrique négative ne soit autre chose qu’une surabondance d'électrons.
- L’aluminium, nous l’avons vu, est capable de distribuer des électrons, non sans quelque parcimonie, il est vrai ; le soufre, inverse-
- ment, est un piège à électrons, tout ce qu’il y a de plus efficace. C’est l’ion soufre (fig. 8) — et non l’atome neutre (fig. 7) — qui constitue le système le plus stable ; et, s’il nous faut parler à nouveau de cette énergie suffisante pour soulever quelques tonnes à une hauteur d’un mètre, il s’agira, cette fois, de la transformation d’un gramme d’ions soufre en un gramme de soufre ordinaire, comme quand on produit un dépôt de soufre en versant quelques gouttes d’acide nitrique dans de l’eau de Barèges.
- Retour à la vieille électricité
- Les notions générales que j’ai rappelées
- à propos de l’aluminium et du soufre pourraient être appliquées aux quatre - vingt -dix-neuf éléments connus (tab. p. 288). Dans cette classification (1809), due au chimiste russe Men déleïefl' ( 1834-1907 ), les « distributeurs d’électrons » figurent en général dans les trois ou quatre premières colonnes, alors que les « pièges à électrons » se rencontrent surtout dans les colonnes 6 et 7.
- Je prévois une objection qui viendra peut-être à l’esprit de quelques lecteurs : « Comment? diront-ils, on nous promet de parler d’électricité et on ne s’occupe que de chimie. » A ce reproche je ferais deux réponses : d’une part, la chimie devient de plus en plus un simple chapitre de l’électromagnétisme ; d’autre part, il était indispensable de comprendre où on va dénicher Vélectricité, cette électricité dont les effets surprenants exaltent notre imagination.
- Aussi est-ce le moment de jeter un regard en arrière sur la « bonne vieille électricité « de nos pères, sur celle qu’on avait déjà approfondie en 1888 : en passant en revue ses aspects principaux, on se rendra compte que l’électron est venu y apporter des expli-
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- MG. 7. — l’atome de soufre (neutre)
- ( Grossissement 60.000.000 diamètres.)
- Le noyau est entouré de seize électrons. Le fait que la couche M comporte six électrons (et non plus trois, comme dans l'aluminium) est le secret de la différence qui sépareunmétal brillant d'un isolant jaune citron.
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- FIG. 8. — l’ion soufre (négatif)
- ( Grossissement 60.000.000 diamètres. ) C'est l'atome précédent qui a absorbé deux électrons supplémentaires ; le soufre existe à l'état d'ions dans l'eau de Barèges et dans la galène des postes récepteurs de téléphonie sans fil.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- cations concrètes et accessibles ; car, pour les esprits cultivés, il s’agit moins de savoir calculer les phénomènes que de comprendre en quoi ils consistent.
- Les électrons font briller les lampes
- Une lampe à incandescence est un appareil relativement compliqué : bien des jeunes sans-filistes ne se doutent guère de ce qui s’y passe, et il n’y a pas lieu de leur en vouloir, car c’est aussi le cas pour un •certain nombre d’ingénieurs électriciens...
- .T’ai eu récemment l’occasion de parler de la chaleur (1) et de la lumière (2), mais il y a deux notions fondamentales qu’il ne faut pas perdre de vue.
- 1° A toute température, les atomes qui constituent un corps solide exécutent sur place des vibrations, dont l’amplitude est d'autant plus grande que la température est plus haute ;
- 2° Tous les corps solides émettent de l’énergie rayonnante, et celle-ci devient visible lorsque la température est suffisamment élevée.
- Pour s’éclairer, il s’agira donc de chauffer un métal aussi fort que possible : on prendra une substance peu fusible et peu volatile, placée dans le vide, si
- (1) Qu’est-ce que la chaleur ? La Science cl la Vie, octobre 11)20, p. 275-281.
- (2) Qu’est-ce que la lumière ? La Science cl la Vie, lévrier 1920, p. 115-125. On y trouvera les définitions du « champ électrique » et du « champ magnétique », propriétés de l’espace qui entoure les électrons en mouvement.
- Pôle négatif
- Pôle positif
- FIG. 9. --- UN FILAMENT DE LAMPE
- ÉLECTRIQUE A FROID Les électrons sautent d'un atome tï l'autre, d'une façon tout à fait irrégulière, en suivant les trajectoires indiquées. On verra, sur la figure 10, ce qui va se passer lorsqu'on fera communiquer la partie supérieure au pôle négatif d'une machine électrique.
- FIG. 10. --- LE MÊME FILAMENT A
- CHAUD
- Au haut de ce filament, de nouveaux électrons affluent, qui repoussent ceux qui s'y trouvaient déjà; toutes les trajectoires précédentes sont incurvées vers le bas ; il en résulte un déplacement d'ensemble qui est précisément le courant électrique.
- elle est combustible. En d’autres termes, on va s ’ efforcer d’augmenter considérablement l’amplitude des mouvements atomiques, en les bousculant par des électrons. Après quelques tâtonnements, on a trouvé un « distributeur d’électrons » qui remplissait ces multiples conditions : c’est le tungstène (tableau page 288), dont sont faites, aujourd’hui, toutes les « lampes à filament métallique ».
- Il est important de comprendre ce qui se passe dans un tel filament à froid (fig. 9) et à chaud (fig. 10).
- 1° A froid, les électrons périphériques de chaque atome (voir fig. 5) ont une certaine tendance de sauter de l’atome à l’un de ses voisins ; il en résulte des frémissements incohé -rents, parfaitement irréguliers, en tous sens, et, par compensation, l’ensemble reste électriquement neutre ;
- 2° Dès qu’on fait communiquer les deux bouts du filament aux deux pôles d’une machine électrique (par exemple, la partie supérieure est reliée au pôle — du secteur, la partie inférieure au pôle +), les électrons qui affluent en haut (1) ont pour effet de communiquer à ceux qui existent déjà dans le métal une vitesse supplémentaire, dirigée vers le bas, et les trajectoires de la figure 10 se trouvent incurvées : il se produit un flux d’électrons, connu depuis un siècle et demi et qu’on appelle courant élec-
- (1) Et aussi les électrons qui sont soustraits en bas.
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- QU'EST-CE QUE LE MAGNÉTISME ?
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- FIG. 11. — UN BARREAU d’acier NON AIMANTÉ
- Les Électrons tournent à Vintérieur des atomes suivant des trajectoires qui ont toutes les orientations possibles.
- trique. Cette vitesse supplémentaire augmentera la violence des chocs élec-troniques contre les atomes ; l’amplitude des vibrations atomiques augmentera, d’où élévation de température.
- Pour que le métal soit porté à une température convenable, il faut que les chocs renforcés soient suffisamment nombreux (ou, comme on dit, que le courant soit assez intense). Pour fixer les idées, une lampe de 50 bougies monowatt laisse passer un courant d’un demi-ampère et on calcule qu’une section quelconque du filament est traversée, toutes les secondes, par 3 milliards de milliards d’électrons !
- On vient de comprendre le principe de l’éclairage et du chauffage électriques ; mais je voudrais incidemment répondre à une question que les lecteurs se sont peut-être posée : pourquoi ne voit-on pas l’électricité? Pourquoi les pièces en cuivre d’un interrupteur ont-elles la même apparence, qu’elles soient ou non réunies au secteur? Si l’atome de cuivre (cuivre métallique), avec ses 29 électrons, est rouge, l’ion cuivre (qui existe dans le sulfate de cuivre) est bleu et ne renferme que 27 électrons ; la borne positive de l’interrupteur devrait être bleue, si tous les atomes étaient devenus des ions (par perte de deux électrons pour chaque atome). Or, dans les conditions habituelles, cette perte d’électrons ne peut porter que sur un cent-millionième des atomes présents ; bref, il se produit une particule bleue à côté de 99.999.999 particules qui restent rouges, et
- voilà pour-
- Pôle Sud
- Pôle Nord
- FIG. 12.— LE MÊME BARREAU EST AIMANTÉ
- Pour cela, on Ventoure d'un fil où passe un courant : les trajectoires de la figure precedente s'orientent. Le pôle nord est celui devant lequel il faut se placer pour « voir » les électrons tourner dans le sens des aiguilles d'une montre.
- quoi l’électrisation n’est pas perceptible à l’œil.
- Retenons donc bien ce résultat fondamental : les courants électriques dans les métaux (et alliages) — et Dieu sait s’ils sont employés dans la
- vie moderne ! — ne sont que des translations d’ensemble des électrons ; au contraire, dans les solutions salines ( cuves galvanoplas-tiques, piles et accumulateurs), le « transport de l’électricité » est confié aux ions, qui nagent dans le liquide et qui sont des atomes incomplets (lig. 6) ou surpeuplés (fig. 8) : du coup, on conçoit que, dans ce dernier cas, le courant doive être accompagné de déplacement de matière, et c’est là le principe de toute l’électrochimie.
- Les aimants sont dus aux électrons
- Abandonnons pour quelques instants l’électricité et occupons-nous du magnétisme, non pas du « magnétisme animal » ou
- Ter doux
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- Pôle Sud Pôle Nord
- Attraction
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- (III)
- FIG. 13.---POURQUOI L’AIMANT ATTIRE-T-II,
- LE FER ?
- En I, les trajectoires électroniques ont des directions quelconques. En II, elles s'orientent « par sympathie » avec celles de l'aimant. En III, l'attraction se. fait sentir. En remplaçant l'aimant par un électro et le fer doux par une lampe vibrante, on aurait affaire à un récepteur téléphonique.
- des « fiasses magnétiques », qui ne sont qu’une aimable plaisanterie, mais de l’aimantation.
- Des électrons atomiques, représentés sur les figures 5, 6, 7 et 8, ne sont pas en repos ; si l’on veut, ces figures ne constituent que des « photographies instantanées » et, s’il nous était possible de « einémato-grapliier » un atome, on verrait les électrons décrire, autour du noyau, des trajectoires comparables à celle de la Terre autour du Soleil.
- Ceci posé, considérons (fig. 11) un barreau d’acier, tel qu’il sort de l’usine métallurgique : les trajectoires électroniques y ont des directions absolument quelconques. Mais si nous entourons le barreau de quelques spires de cuivre (isolées) où nous faisons passer des électrons, les trajectoires électroniques de l’acier se mettront à basculer
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- (fig. 12), elles deviendront parallèles an trajet des électrons extérieurs et nous aurons réalisé un aimant.
- A ce point de vue, l’acier trempé (alliage l'er-carbone, chauffé et refroidi brusquement) se distingue nettement du fer doux (fer très pur) : dans l’acier, les trajectoires électroniques restent orientées parallèlement les unes aux autres, lorsqu’on fait cesser l'action directrice extérieure, les aimants d’acier sont donc permanents; au contraire, les trajectoires électroniques du fer doux reprennent leurs directions primitives, dès qu’elles ne sont plus contraintes à rester parallèles, et cette propriété est mise à prolit dans les électroaimants (électros qui sont des aimants temporaires.
- Nous sommes en mesure de résoudre le problème qui était resté sans réponse pendant vingt-cinq siècles : pourquoi l’aimant attire-t-il le fer ? Si, d’un pôle d’aimant (Ug. 151) —- un pôle nord, par exemple, — on approche un morceau de fer, les électrons de à peu et, dès
- fig. 14.
- LE PLUS SIMPLE DES MOTEUKS ÉLECTRIQUES
- Un disque de cuivre mobile autour d'un axe O est représenté de face (à droite) et en coupe (à gauche). La partie inférieure de ce disque est engagée entre les pôles (Tun aimant, et les électrons (pii parcourent le rayon OB sont soumis, de la part des électrons de V aimant, à des forces horizon tales. Le mouvement qui résulte de ces forces est communiqué aux atomes du métal, et la roue se met ii tourner dans le sens de la grande flèche.
- ce dernier s’orientent peu que la distance est assez, petite, les trajectoires en regard s’attirent avec une force sullisantc pour vaincre les résistances passives : l’aimant permanent attire l’aimant temporaire qu’il a produit.
- Mais, allez-vous dire, pourquoi le fer n’attire-t-il pas le cuivre? Cela tient à la contexture spéciale des électrons dans ces deux atomes : les diverses orbites électroniques qui caractérisent le cuivre sont réparties symétriquement dans l’espace, à peu près comme les méridiens à la surface du globe terrestre ; aussi l’orientation représentée par la ligure 12 n’aura-t-elle pas lieu.
- ün voit, dès lors, ce qui distingue les aimants des courants : tandis qu’un courant est un llux d'électrons, un aimant est formé par des électrons qui tournent en rond, sur place, les orbites décrites étant parallèles les unes aux autres. Le magnétisme d’une telle orbite dépend, à la fois, de son rayon et
- de la vitesse de l’électron qui la parcourt ; et on a donné le nom de « magnéton » à la trajectoire électronique dont l’effet magnétique est le plus faible. Ces considérations nous montrent qu’un aimant n’est pas électrisé, puisqu’on aucune de ses parties il n’y a ni excès ni défaut d’électrons ; et, par la même occasion, on comprend comment se situe le magnétisme parmi les autres phénomènes électriques.
- Les électrons font marcher le métro
- L’énergie électrique, personne ne l’ignore, est obtenue, dans les stations centrales, au
- moyen de machines appelées dynamos : toutes ces machines comprennent des masses de fer où les électrons tournent sur place et des üls de cuivre que les électrons parcourent debout en bout.
- Si à cette m a c h i n e on fournit du mouvement, elle cède du courant électrique; mais, si on lui procure du courant électrique, elle restitue du mouvement, et la dynamo devient un moteur. Cette « réversibilité » des machines électriques est la base du transport de l’énergie à distance, et on se rend compte aisément qu’il puisse en être ainsi, car le courant électrique n’est qu’une forme particulière de mouvement : c’est une translation d’électrons le long d’un lil formé par des atomes de corps conducteurs, cuivre ou aluminium (fig. 5).
- Une telle explication pourrait à la rigueur suffire ; mais, par suite de l’importance des moteurs électriques, il n’est pas inutile de voir comment les choses se passent dans le cas le plus élémentaire. Un disque de cuivre vertical (üg. 14) peut tourner autour d’un axe horizontal passant par son centre O ; le courant d’une machine électrique est amené par deux balais, l’un en O relié au pôle négatif, l’autre à la périphérie en B. La partie inférieure du disque est engagée entre les pôles très rapprochés d’un aimant. Le plié-
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- QU' EST-CE QUE L'ÉLECTRICITÉ?
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- nomène qui va se passer ici est exactement le même que celui qui a fait basculer les trajectoires électroniques de la figure 11 dans la position qu’elles occupent figure 12. Dans les deux cas, les électrons mobiles sont soumis à des forces additionnelles, qu’on a représentées par des petites flèches sur la figure 14, et, comme nous savons que les électrons communiquent leur mouvement aux atomes métalliques du voisinage (actions pôndéromotrices), la roue de cuivre se met à tourner dans le sens de la grande flèche (dans le sens des aiguilles d’une montre).
- Il est bien évident que, si on intervertissait le sens de circulation des électrons suivant OB, le disque tournerait en sens inverse autour de son axe horizontal O.
- On a sans doute reconnu, dans le moteur schématique précédent , les organes essentiels des appareils infiniment plus puissants : le disque n’est autre que l’induit ou le rotor ; l’aimant permanent s’appelle inducteur ou stator. C’est donc-sur ces phénomènes, expliqués ici par un montage particulièrement accessible, que reposent toutes les applications de l’électricité à la force motrice et particulièrement à la traction.
- Les électrons
- émettent des ondes hertziennes
- Jusqu’à présent, parmi les tours de force dont les électrons sont capables, nous n’avons mentionné que les deux premiers : leur cheminement entre les atomes d’un métal le long d’un fil — d’où éclairage et chauffage — et leur rotation dans les spires d’une bobine ou à l’intérieur des atomes de fer — d’où force motrice et production industrielle de l’électricité dans les « centrales ». Il nous reste à passer à un troisième « genre d’exer-
- cices », celui qu’effectue un électron dont on fait brusquement varier la vitesse. Je m’explique.
- Par une chiquenaude, vous vous débarrassez d’un peu de cendre tombée sur votre veston : si vous aviez lancé de même un électron, votre geste aurait envoyé un signal bref à distance. -— Vous secouez, pour vous amuser, une dizaine de balles de tennis dans leur filet : le mouvement de votre bras, appliqué à des électrons, produirait une émission d’ondes hertziennes entretenues , comme celles qu’on utilise en T. S. F., ou, plus simplement, vous réaliseriez le primaire d’un transformateur qu’on doit considérer comme le premier appareil de transmission sans fil à distance (à quelques millimètres de distance). — Enfin, considérez une balle de revolver qui s’écrase contre une plaque de blindage ; remplacez la balle par un électron, et vous aurez fabriqué des rayons X.
- En définitive, l’électron qui subit une accélération intervient dans le courant alternatif et ses transformations, en radiotélégraphie et en radiophonie (tant à la réception qu’à l’émission), en radiographie et en radioscopie...
- Fidèles à nos habitudes, nous allons insister tant soit peu sur la plus simple des émissions d’ondes hertziennes, qui est en même temps le plus simple des transformateurs (fig. 15). Deux spires circulaires métalliques, de même diamètre, sont placées côte à côte et séparées par une épaisseur d’air, de 3 millimètres par exemple : celle de gauche (appelée primaire) présente une coupure dont les deux extrémités sont reliées aux deux pôles d’un accumulateur par l’intermédiaire d’un interrupteur ; le secondaire (spire de droite) est ininterrompu.
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- Accumulateur
- FIG. 15. - POUR TÉLÉGRAPHIER SANS FIL
- A 3 MILLIMÈTRES DE DISTANCE Deux spires sont en présence, le primaire et le secondaire. Si on ferme brusquement l'interrupteur, les électrons du primaire, tels que P, reçoivent une impulsion, et, du coup, ils émettent une onde centrée sur P et dont on a représenté quelques portions. Quand cette onde rencontre les électrons, tels que S, du secondaire, elle leur communique une impulsion en sens inverse, d'où un courant instantané, qui pourrait actionner une sonnerie : on a télégraphié sans fil de P en S. Il suffit d'améliorations de détail pour passer de cinq millimètres à des milliers de kilomètres.
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- Ceci dit, nous fermons brusquement le circuit primaire en agissant sur l’interrupteur, comme l’indique la flèche : pendant la période de fermeture (qui dure une fraction de seconde), chaque électron du primaire, tel que P, subit une brusque impulsion dans le sens de la flèche. Impulsion accompagnée d’une onde électromagnétique, qui se propage à travers l’espace à raison de 300.000 kilomètres par seconde. Cette onde ne met qu’un cent-milliardiènte de seconde pour atteindre le secondaire dont les électrons, tels que S, reçoivent une impulsion, notablement plus faible et en sens inverse (par suite de l’opposition de la réaction à l’action). Est-il bien utile d’ajouter que cette onde ne dure que pendant la période de fermeture du primaire? Aussi, pour en prolonger les effets, sera-t-il commode de fermer et de couper rapidement le circuit ou mieux d’intervertir les pôles de l’accumulateur après chaque passage du courant, ce qu’on peut réaliser facilement au moyen d’un petit commutateur tournant (lig. l(i).
- Mais il est au moins aussi facile de se servir du secteur à courant alternatif, en intercalant, toutefois, une lampe dans le circuit pour éviter (pie les plombs ne sautent. Les électrons P vont donc être sollicités successivement vers le haut et vers le bas, et les électrons S oscilleront en concordance. On aura, de la sorte, transmis de l'énergie à travers l’espace.
- Il ne faudrait pas s’imaginer (pie c’est de l’électricité (pii a passé du primaire au secondaire, pas plus que ce n’est du son qui circule le long des lignes téléphoniques. Dans le téléphone (avec fil), l’énergie mécanique vibratoire d’une plaque produit des variations du courant électrique, lesquelles occasionnent (les vibrations synchrones d’une autre plaque métallique ou récepteur, qui est, en quelque sorte, un moteur minuscule. Dans le transformateur (lig. 15), l’énergie électrique est métamorphosée, dans le primaire, en énergie rayonnante, laquelle redonne de l’énergie électrique à son arrivée dans le secondaire. Enfin, dans la téléphonie sans fil, il y a association des deux mécanismes qui précèdent, et le son (énergie mécanique) devient successivement énergie
- électrique, énergie rayonnante, puis à nouveau énergie électrique et enfin énergie mécanique, c’est-à-dire son.
- Le primaire du transformateur, alimenté par du 110 volts, 42 périodes par seconde, est un circuit oscillant, qui émet des ondes d’une longueur de 7.000.000 de mètres. Toutefois, nous avons là l’embryon d’une installation radiotélégraphique — et même radiophonique. La modification essentielle consistera à rendre la longueur d’onde environ 4.000 fois plus petite, puisque les postes d’émission se situent entre 300 et 3.000 mètres de longueur d’onde, ce qui correspond à des fréquences variant entre 1.000.000 et 100.000 périodes par seconde (1).
- Ces hautes fréquences entraînent avec elles les multiples avantages suivants : les électrons P recevront des impulsions plus fortes, plus nombreuses, la puissance rayonnée (pour un même montage) en sera accrue, de même que la portée du poste ; de plus, les périodes du circuit oscillant devenant énormes par rapport à celles des oscillations mécaniques accompagnées de son (de 100 à 1.000 périodes par seconde pour la voix humaine), il est alors possible de moduler les ondes hertziennes entretenues, de leur faire subir des variations d’ampli-tmle ; notre ligure 17 fait comprendre comment l’électron, qui se trouve dans un poste émetteur (3.000 mètres de longueur d’onde), fredonnera la sixième note si d’un piano (comptée à partir des notes graves), à condition, naturellement, que les ondes parviennent à un poste récepteur approprié, muni d’un téléphone. Et voilà comment l’électron joue un rôle indispensable dans la radiophonie, la plus récente et la plus extraordinaire des applications de l’électricité.
- Tout à l’électricité
- A la double question : « Qu’est-ce que l’électricité ? Qu’est-ce que le magnétisme ? » nous devons répondre :
- L'électricité, c'est l'électron libre (ou, du moins, partiellement libéré du restant de la matière) ;
- (1) Ou, comme on dit entre 1.000 et 100 kilocycles.
- Vers le primaire ff;
- Cuivre
- Accumulateur
- •g..g-<.g-(>JlA(UmjUL(UUUUUtJ
- Vers le primaire
- FIG. KJ. - COMMUTATEUR TOURNANT
- Quatre balais frottent sur un cylindre de bois (isolant), partiellement recouvert de cuivre cl tournant dans le sens de la flèche : les pôles de P accumulateur sont réunis tantôt à un des bouts du jni-m-airc (fiy. 16), tantôt, à l'autre. Ainsi les électrons sont lancés successivement dans un sens cl en sens inverse.
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- QU'EST-CE QUE L'ÉLECTRICITÉ ?
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- Le magnétisme, c'est l'électron qui tourne en rond (à l’intérieur des atomes, pour les aimants ; le long des spires circulaires, lorsqu’il s’agit des effets magnétiques des courants électriques).
- Chemin faisant, nous avons montré que les trois applications les plus populaires de l’électricité sont directement dues à l’électron : l’électron nous éclaire, l’électron nous
- de l’électromagnétisme. La chimie s’interprète par les électrons périphériques de l’atome (lig. 5, 6, 7 et 8), ainsi d’ailleurs que la cohésion : si nous n’arrivons pas à rompre un fil de cuivre, c’est parce que les atomes au contact possèdent des électrons qui, au total, exercent des actions attractives. Enfin, de même que l’électron engendre les ondes hertziennes, il est aussi à la base des autres
- seconde
- Un millième
- COMMENT UN ÉLECTRON PEUT ÉMETTRE LE SIXIÈME « SI » D’UN PIANO
- FIG. 17.
- La courbe en trait fin représente la vibration (T un électron (tel que P, fi g. 15), dans le cas où on alimenterait le primaire avec de l'alternatif à 100.000 périodes par seconde (longueur d’onde 3.000 mètres). La courbe en trait gras est celle qui correspond à la note indiquée (1.000 périodes par seconde).
- transporte, l’électron transmet notre pensée. Bientôt l’électron nous permettra de voir à distance...
- Ce n’est pas tout : comme j’ai tenu à prendre les choses par le commencement, on a pu voir que l’électron existe autour des noyaux atomiques (et même à l’intérieur de ces derniers ; nous en sommes sûrs depuis la découverte de la radioactivité). L’électron explique donc la matière : c’est parce qu’un électron est inerte, lorsqu’il se trouve au milieu de ses congénères, que la matière possède une certaine masse ; du coup, la mécanique n’est plus, au fond, qu’un chapitre
- modalités de l’énergie rayonnante (infrarouge, lumière, ultraviolet, rayons X) ; mais le problème sè complique alors par l’intervention des quanta (1), prouvant que les lois qui régissent les électrons sont fort différentes de celles qui nous sont familières. La connaissance de l’électron résout progressivement, en une impressionnante synthèse, les énigmes que le monde inorganique proposait à notre sagacité.
- Marcel Boll.
- (1) Les préoccupations scientifiques de l’heure présente, La Science et la Vie, décembre 1926, p. 454
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- 1,1’. MÉCANISME DE I.A TRANSMISSION RADIOTÉI.ÉPHONIQUE TRANSATLANTIQUE
- L'abonné anglais téléphone de son bureau quand la téléphoniste, (pii Va prévenu un quart d’heure à l'avance. lui donne la « communication avec New-York ». Le courant téléphonique est reçu à Rugby, où il subit la transformation en onde hertzienne modulée. Cette onde est reçue à Iloulton (nord des Etats-Unis), sur une antenne de 4 kilomètres de longueur. Là, elle est retransformée en courant téléphonique, lequel courant s'en va, par le réseau ordinaire, rejoindre le correspondant américain. Inversement, la réponse de l'abonné américain passe par la station émettrice de Rocky-Poini. Elle est reçue en Angleterre, à Wroughton, d'où elle rejoint l'abonné anglais par la voie du réseau commun. En ce moment, on étudie le transport de. la station réceptrice anglaise jusqu'en Ecosse. Il est, en effet, avéré qu'en rapprochant du pôle le trajet des ondes, celles-ci sont mieux garanties contre les parasites atmosphériques.
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- COMMENT FONCTIONNE
- LA PREMIÈRE LIGNE RADIOTÉLÉPHONIQUE ENTRE L’EUROPE ET L’AMÉRIQUE
- Par Jean LABADIE
- Le 6 janvier dernier, la première ligne radiotéléphonique Londres-New-York et vice versa a été ouverte au public. Moyennant le prix de 5 livres sterling par minute, l'abonne anglais peut donc converser avec l'abonné américain. C'est grâce à un artifice extrêmement ingénieux et qui consiste il ne transmettre que l'onde modulée par la parole, sans onde porteuse, que l'on a pu obtenir ce résultat sans exagérer la puissance des stations émettrices. Si le prix d'une telle conversation est aussi élevé, c'est qu'il a fallu équiper quatre stations, une émettrice et une réceptrice pour chaque pays, respectivement reliées par fil à Londres et à New-York : les deux stations voisines de Londres sont reliées par fil avec cette ville ; de même, les deux stations voisines de New- Yqrl: sont reliées par fil avec cette ville. Pour alimenter un mode, de communication aussi coûteux, il fallait s'adresser à une clientèle financière. Aussi a-t-on tenté l'expérience entre Londres et New-York, les deux grandes places financières du globe. Nos lecteurs trouveront ici, clairement exposée, cette nouvelle méthode imaginée pour porter au delà de l'Atlantique la voix humaine avec célérité et une certaine discrétion. Hertz lui-même se serait refusé à concevoir un tel prodige, alors que William Crookes, à l'imagination plus puissante, en avait déjà pressenti la réalisation.
- En déeembre 1888, Heinrich Hertz ayant communiqué les résultats de ses expériences au monde savant, le physicien Joubert reconstitua celles-ci, en 1889,dans le laboratoire de la Société des électriciens à Grenelle, et convoqua ses confrères pointeur montrer ceci, que rapporte M. Daniel Berthelot : « A un certain moment, Joubert nous conduisit en dehors des bâtiments, dans la rue, puis, tirant deux clefs de sa poche et les amenant presque au contact, il nous lit voir qu’il jaillissait entre elles un flux d’étincelles. » Ce flux répondait à d’autres étincelles extrêmement plus puissantes qui jaillissaient, de l’autre côté du mur, entre les deux sphères d’un excitateur de Hertz.
- « Et l’idée venait naturellement à l’esprit, continue M. Berthelot, que de telles vibrations pourraient, un jour ou l’autre, servir à transmettre des signaux à travers l’espace. » Mais Hertz, interrogé peu après, répondit qu’une transmission de signaux à grande distance, par le moyen de scs ondes, lui paraissait chimérique.
- Au même moment, William Crookes, traitant le même sujet dans une revue anglaise, concluait autrement et « se représentait déjà les hommes conversant d’un continent à l’autre grâce aux nouvelles vibrations ».
- Si Hertz, qui mourut en 1892, toujours persuade du peu d’avenir [yatique de son
- invention, avait pu vivre quatre ans de plus, il aurait vu Marconi télégraphier d'une rive à l’autre de la Manche.
- Vingt ans plus tard, en 1915, la station américaine d’Arlington téléphonait à la Tour Eiffel, avec beaucoup de dilliculté, il est vrai. Le 12 janvier 1928 (1), un second essai de radiotéléphonie était effectué de New-York à Londres, toujours en communication unilatérale. En 1920, le jour du cinquantenaire de l’installation du téléphone aux Etats-Unis, la communication bilatérale était brillamment réalisée.
- Le 9 janvier 1927, enlin, la ligne radio-téléphonique Londres-New-York et vice versa était ouverte au public moyennant 5 livres sterling par minute. William Crookes avait raison.
- La téléphonie sans fil et « sans onde »
- Mais quelle évolution en trente-six ans ! Le signal saccadé de Hertz — trains d’ondes amorties — a cédé la place à l'onde entretenue, dont les « modulations » constituent, aujourd’hui, tout le «signal» - aussi bien le signal télégraphique que celui, infiniment plus subtil, qui ébranle musicalement un écouteur' de téléphone.
- L’onde entretenue est une vibration pure que les postes correspondants tendent entre
- (1 ) Cf La Science et la Vie de mars 1021.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- eux, avant toute conversation, comme une corde vibrante invisible. Cette onde ne dit rien par elle-même.
- Si la lampe détectrice du poste récepteur accordé sur elle avait une conscience, elle « entendrait » cette onde préliminaire et uniforme comme l’oreille humaine entend le
- second ordre qui est l’image (électrique) des vibrations sonores.
- En d’autres termes, la modulation s’imprime sur l’onde électrique porteuse comme le sillon analogue à celui qui caractérise la voix sur un disque ou sur un « film » de phonographe. Il est évident que les sons musi-
- STATION 1)1£ lU'CliV : I.A CHAMBRE OU I.U COURANT TÉLÉPHONIQUE DU RÉSEAU SE TRANSFORME
- EN ONDES HERTZIENNES
- L'ensemble des appareils est enveloppé dans une cage de treillis métallique destiné à Vélimination, de tout parasite extérieur. Le tableau n" 1 (à gauche) fournil et contrôle les courants d'alimentation des lampes modulatriccs, amplificatrices, utilisées dans les tableaux 3 et 4. Le tableau n° 2 est celui où aboutit le courant téléphonique de l'abonné. Ce courant est, là, soigneusement mesuré et maintenu constant durant tout le temps de sou utilisation. Il est notamment « filtré » pour éliminer les courants à fréquence radio que pourrait contenir la ligne. Il est enfin atténué pour être purifié à l'extrême. Le troisième tableau, consacré êi la modulation, reçoit alors le courant téléphonique, qui module «Fonde porteuse» fournie par un oscillateur local. Des filtres suppriment aussitôt cette onde et l'une de ses « franges ». La seconde « frange» qui, seule, doit être transmise, sc trouve alors prête à la transmission, mais elle ne possède que quelques milliwatts de puissance ! Il faut l'amplifier. Le quatrième tableau est consacré au premier étage de cette amplification. La frange d'onde modulée est portée à 25 watts et livrée, à celle puissance, aux autres circuits amplificateurs situés hors de la chambre, non sans avoir été contrôlée par un oscillateur d'essai.
- son continu et monotone d’une conque marine. La conversation ne commence qu’au moment où la pureté de Fonde est altérée par la modulation. La modulation est donc une vibration du second ordre portée par Fonde entretenue fondamentale, appelée, pour cela, onde porteuse. Et c’est la forme, infiniment variée, de cette vibration du
- eaux ne dépendent pas de l’épaisseur du film de celluloïd, mais seulement de ses aspérités, toutes comprises dans une pellicule superficielle extrêmement mince.
- Le film phonographique pourrait donc être réduit théoriquement à cette pellicule, ce qui est pratiquement impossible, car il lui faut un minimum de solidité matérielle.
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- LA RADIOTÉLÉPHONIE TRANSATLANTIQUE
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- En radiophonie, le film porteur étant l’onde immatérielle, on n’a pas les mêmes raisons qu’en phonographie d’accepter son « volume » inutile et encombrant.
- On peut donc, une fois la modulation produite, raboter soigneusement le sillon, la frange sonore, seule indispensable, et détruire le corps même de l’onde (1).
- On se contente de transmettre le sillon.
- A la réception, naturellement, il faudra recevoir ce sillon sur un nouveau support, sur une nouvelle « onde porteuse », capable de l’imposer aux appareils détecteurs et amplificateurs de la station d’arrivée. Cela n’oi'i're aucune difficulté théorique. Il subit d’animer le cadre récepteur avec une onde hertzienne entretenue exactement semblable à celle qu’on a supprimée au départ, ce qui s’obtient avec un générateur local. Et sur cette onde porteuse artificielle, la frange caractéristique vient s’inscrire avec préci-
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- LE DEUXIÈME ÉTAGE d’AMTLIFICATION
- La frange d'onde modulée est prise par cet amplificateur à 25 watts. Il comporte une seule lampe du ti/pe standard adopté par la station, d'une puissance de JO kilo-watts. On voit cette lampe dans le panneau central. Au-dessous, le serpentin de circulation de l'eau de refroidissement. Au-dessus, des éclateurs chargés de recevoir les décharges éventuelles, en cas de surtension.
- sion.Les appareils locaux n’ont qu’à la recueillir et à la traduire en vibrations sonores pour obtenir la parole transmise.
- Ainsi, l’espace étliéré
- UNE LAMPE TROUES DE
- A TROIS EI.EC-10 KILOWATTS
- qui sépare les (leux stations n'a vu passer qu'une frange très réduite de l’onde totale. Comme cet espace est déjà grandement congestionné par la circulation des ondes « complètes » et de toutes longueurs émises par tous les postes du monde, on voit que le nouveau procédé radiotéléphonique est essentiellement discret et vise à n’ébranler l’éther que d’une vibration assourdie, destinée seulement à la station correspondante spécialement équipée pour la recevoir.
- (1) Pour préciser celle analogie de l’onde et d’un support phonographique, il faut ajouter eeei : l’onde se comporte, en réalité, comme un film qui serait impressionné simultanément sur ses deux laces par simple raison de symétrie. Le « sillon » radiophonique de la modulation comporte donc deux franges, l’une « supérieure », l’autre « inférieure <. I.’nne des deux est inutile, étant l’image renversée de l’autre. Aussi les techniciens la suppriment-ils en même temps que le corps central de l'onde.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- Ce qui est, par surcroît, une demi-garantie de secret.
- La puissance rayonnée par les postes transmetteurs de Rugby pour l’Angleterre, de Rocky-Point pour l’Amérique, n’est, grâce à cet artifice, que le tiers de la puissance réellement reçue aux stations réceptrices correspondantes de Houlton (États-Unis) et de Wroughton (Grande-Bretagne).
- ciens anglo-saxons ont pu élever une seconde barrière destinée à soustraire les conversations aux oreilles des non initiés.
- Le procédé consiste à imprimer d’abord à l’onde porteuse (avant sa suppression au départ, bien entendu), une première modulation dont le caractère essentiel est d’être inaudible. L’onde porteuse, étant de 5.500 mètres par exemple, vibre à raison de
- l’ensembi/e des amplificateurs a haute puissance L'amplificateur à 10 kilowatts décrit à la figure précédente se reconnaît au fond de la salle (armoire de droite).De là, l'onde modulée vient au troisième étage amplificateur, comportant trois lampes de 10 kilowatts situées dans le troisième cylindre en treillis, à droite. De ce troisième étage, Vonde passe au quatrième étage, formé par trente lampes de 10 kilowatts, réparties par groupes de quinze dans chacun des deux autres cylindres (milieu et gauche). C'est de là qu'elle est envoyée dans l'antenne. A ce moment, partie de quelques milliwatls, parvenue il 100 kilowatts-antenne, l'onde modulée primitive se trouve amplifiée cinq cent millions de fois! Au premier plan, on voit Vappareil de contrôle automatique protégeant les lampes contre
- les surtensions ou les erreurs de manœuvre.
- Le secret relatif des conversations
- Pour percer le secret de ces conversations radiotéléphoniques, il faudrait percer d’abord cette première barrière technique que nous venons de décrire et qu’on pourrait appeler une téléphonie sans fil à la seconde puissance, sans fil et sans onde. Ce n’est pas à la portée du premier amateur venu.
- Mais, grâce à l’invention française de la double modulation, brevetée, dès le temps de la guerre, par M. Lucien Lévy, les teclini-
- 55.000 périodes par seconde. On la module de telle manière que la nouvelle vibration obtenue fournisse, par exemple, 20.000 périodes. Détectée par les moyens ordinaires, cette vibration ne donnerait à l’écouteur téléphonique aucun effet sonore intelligible. Les vibrations intéressant la parole humaine sont, en effet, comprises entre deux limites, dont l’inférieure ne descend pas au-dessous de 300 et dont la supérieure ne monte guère au-dessus de 2.000 périodes par seconde.
- Mais on soumet la vibration de 20.000 pé-
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- LA RADIOTÉLÉPHONIE TRANSATLANTIQUE
- aos
- riodes à une seconde modulation; qui, cette fois, fournit une vibration correspondant aux fréquences sonores vocales.
- Et c’est la frange « phonographique » ainsi construite en deux temps et, par conséquent, brouillée que le poste transmetteur envoie dans l’espace.
- Pour retrouver la parole, il faut donc posséder les renseignements nécessaires à la reproduction exacte de la première modulation, qui s’interpose entre la modulation sonore proprement dite et l’onde hertzienne comme une «grille» dans un cryptogramme. Ceci encore "est hors des moyens usuels.
- Les appareils et la
- technique
- Les appareils utilisés à la station de Rugby pour mettre en œuvre cette technique sont disposés suivant un plan qui n’a guère varié depuis 1924, et dont La Science et la Vie a fourni déjà le schéma (n° 81). Nous nous contentons par conséquent de donner ici, avec des légendes explicatives suffisantes, les photographies des appareils actuels, tels qu’ils ont été construits de façon définitive.
- Les lampes amplificatrices d’une puissance unitaire de 10 kilowatts ont donné lieu à des difficultés de construction interne extrêmement délicates. L’isolement des circuits intérieurs a suscité bien des recherches. La lampe page 303 constitue le modèle définitif.
- lTn appareillage disjoncteur-conjoncteur a
- été installé, qui est chargé de couper le circuit Rugby-Houlton aussitôt après la transmission de la phrase « anglaise », et de rétablir simultanément le circuit Rocky-Point-Wroughton pour la réception de la réplique américaine. Si l’on songe qu’un tel disjoncteur-conjoncteur manie des puissances de plusieurs centaines de kilowatts et qu’une
- conversation tant soit peu animée l’oblige à fonctionner, pour un « oui » et un «non», à un rythme d’autant plus accéléré que le temps coûte cher, on ne peut qu’admirer ce nouveau chef-d’œuvre d’automatique.
- Enfin, le coût d’une station aussi importante étant fort élevé, il convenait d’assurer la protection des appareils contre toute fausse manœuvre ou tout autre danger échappant à la prévision. Cette fonction protectrice est assurée par un appareil de contrôle, qui représente certainement une des machines-cerveau les plus parfaites qui soient.
- On pourrait, d’ailleurs, adresser le même compliment à l'ensemble de la station installée à Rugby, <pii résulte de la collaboration de la Standard Téléphonés and Cables Ltd et du Post Office britannique. 11 faut également citer l’admirable effort de mise au point et de recherche scientifique pure opéré, à cette occasion, à titre consultatif, par les laboratoires, uniques au monde, de la Bell Téléphone Cy
- Juan Labadie.
- LE PIED D UN MAX D’ANTENNE A ltUGBY
- Les mâts d'antenne ont 3 mètres de côté et 270 mètres de hauteur. Ils sont maintenus par des haubans. Leur pied est un «pivot » reposant sur un bloc cylindrique de verre, lui-même supporté par une charpente reposant sur du granit. La prise de terre est constituée par une immense nappe de fil de cuivre.
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- LE XXe SIÈCLE EST L’AGE DU CAOUTCHOUC
- Ce que Ton a pu voir
- à la VIIe Exposition Internationale du Caoutchouc de Paris
- Par André BLOC
- La VIIe Exposition Internationale du Caoutchouc, qui s'est tenue récemment à Paris, au Grand Palais des Champs-Élysées (1), a permis au grand public de se rendre compte du développement prodigieux de l'industrie du caoutchouc et du nombre considérable de ses applications. Notre collaborateur, M. André Bloc, spécialiste averti de tout ce qui touche cette précieuse matière, donne ici, non une description fastidieuse et confuse des stands, mais expose les principales nouveautés qui ont figuré à cette exposition. Il envisage non seulement les divers modes de préparation du caoutchouc, mais encore les méthodes de contrôle de la matière fabriquée, ses applications multiples dans les industries les plus diverses comme dans les usages courants de la vie domestique.
- La production du caoutchouc brut dans le monde
- Le para du Brésil. — U y a seulement quelque vingt ans, on ignorait encore complètement le caoutchouc de planta t i o n. Les forêts du Brésil et de l’Afrique É q u a t o r i a 1 e étaient seules mises en exploitation. Le Brésil fournissait le caoutchouc para, produit par Vllevea bra-sil iensis, et l’expédiait sur les marchés européens sous la forme de houles percées suivant leur grand diamètre. Aujourd’hui, les méthodes d’exploitation sylvestre au Brésil n’ont, ]) o u r ainsi dire, pas été modiliées et l'on a pu voir, au stand du Brésil, des amoncellements de boules de « para » identiques à celles que l’on recevait autrefois.
- (1) Voir Lu Science cl lu Vie nu 117 (mars 11)27).
- Bien que le caoutchouc provenant du Brésil soit très apprécié des manufacturiers et fasse souvent prime sur le marché, la production est très inférieure en quantité à ce qu’elle était dans les débuts. Alors que, de
- 1907 à 1917, la production atteignait annuellement environ 40.000 tonnes, elle n’a plus été, en 192G, que de 25.000 tonnes. On peut en attribuer la cause à la cône u r -rencc des plantations de la Malaisie et des Indes, qui, exploitées scientifiquement , pleuvent produire le caoutchouc à meilleur compte. Nous pouvons ajouter, toutefois, que des sociétés d’exploitation sylvestre s’organisent actuellement en Amazonie pour produire et transporter le caoutchouc dans de meilleures conditions. Des méthodes nouvelles ont été proposées précisément à l’occasion de la VIIe Exposition Internationale
- UN DUS ST ANUS DK L’KXPOSITION REPRÉSENTANT IÆS DIVERSES PIIASKS DE I.A FABRICATION DU CAOUTCHOUC
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- LE XXe SIÈCLE EST V AGE DU CAOUTCHOUC
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- APPAREIL DESTINE A CONCENTRER LE LATEX POUR FACILITER SON TRANSPORT
- du Caoutchouc. Les « seringueiros » ou indigènes chargés d’exploiter les peuplements d’hévéas, au lieu d’agir en ordre dispersé, suivant des parcours arbitraires, suivent, d’après les méthodes nouvelles, des parcours parallèles se raccordant en un centre unique où le latex recueilli pourra être coagulé selon l’un des procédés modernes exposés plus loin.
- Le caoutchouc
- africain . —
- L’Afrique Équatoriale était autrefois également un des principaux producteurs de caoutchou e. brut. Mais l’hé-véa n’existait pas dans les forêts africaines, où l’on exploi-
- tait seulement le caoutchouc des lianes, des herbes et des arbres ou arbustes, comme le castilloa, le foufunmio cla.stica et le eéara. Le caoutchouc, coagulé par les moyens les plus primitifs et exploité par une main-d’œuvre
- mal entraînée, contenait une p r o p o r t i o n é n orme de c o r p s é t rangers. Aussi les industriels ont-ils presque complètement renoncé à employer ce caoutchouc africain, expédié sur les marchés sous la forme de petites boules noirâtres et poisseuses. La production, qui avait atteint, à u n m ornent, une dizaine de milliers de tonnes par an, ne guère,
- GRAPHIQUES MONTRANT LES COMPOSITIONS DU LATEX
- ORDINAIRE ET DU LATEX CONCENTRÉ dépasse
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- LA SCIENCE ET LA VJE
- .‘{08
- aujourd’hui, 2.000 tonnes. On a vu, à l’Exposition des échantillons, des qualités secondaires de caoutchouc produites par nos colonies africaines et par Madagascar. Il y a mieux à faire en Afrique. Le gouverneur général Lamblin a fait planter par des indigènes des peuplements de céaras susceptibles de donner, d’ici quelques années, deux milliers de tonnes supplémentaires de caout-
- prenant la production du Brésil et de l’Afrique. En 1926, la production mondiale a atteint 600.000 tonnes, et les plantations de Malaisie et des Indes ont fourni, sur ce total, plus de 560.000 tonnes. Rappelons que c’est en 1876 que Wickam rapportait en Angleterre, des forêts de la Haute-Amazone, des graines d’hévéas, qui furent plantées à Ivew-Gardens, en Angleterre. Les jeunes
- DISPOSITIF l'KIlMETTANT D’ÉTUDIER LK VIEILLISSEMENT DU CAOUTCHOUC Leu échantillons de caoutchouc étant fixés à la périphérie de la. roue se trouvent exposés successivement <t la lumière d'une lampe, à vapeur de mercure (à droite) cl à un jet d'ozone (à gauchej. Au-dessous une cuvette où les échantillons viennent tremper dans de l'eau salée.
- cliouc. Mais, à la vérité, on admet, en général, aujourd’hui (pie seul l’hévéa est susceptible de donner un caoutchouc de bonne qualité et d'être exploité scientifiquement. Différentes méthodes de saignées restent à l'étude. La saignée alternée, un jour sur deux, a donné de moins bons résultats que la saignée quotidienne, pratiquée un mois sur deux.
- Le caoutchouc de Malaisie et des Indes. — C’est seulement vers l’année 1919 que la production des plantations de Malaisie devint effective. En 1913, elle atteignait 47.600 tonnes sur un total de 108.500 tonnes, com-
- arbres furent ensuite transportés en Malaisie et à Ceylan, et devinrent les premiers hévéas de plantation.
- Les méthodes actuelles de préparation du caoutchouc (1)
- La préparation des crêpes et des feuilles. — La plus grosse partie du caoutchouc de plantation est expédiée aux manufacturiers sous la forme de crêpes et de feuilles fumées ou non. Voici comment ce caoutchouc est obtenu : les saigneurs détachent un copeau le long de l’écorce de l’hévéa, suivant une
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 108.
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- LE XP SIÈCLE EST TJ AGE DU CAOUTCHOUC
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- ligne oblique, au moyeu d’un couteau spécial. Ils ont pris soin, au préalable, d’enlever le latex qui s’était coagulé naturellement à la suite de la précédente saignée. On voit immédiatement jaillir un lait blanc, qui s’écoule goutte à goutte et qui est recueilli au bas de l’arbre, dans une coupelle appropriée. Les coupelles sont transvasées dans des larges récipients, qui sont amenés au centre de l’exploitation. Puis le latex est versé dans de grands bacs, où l’on procède à sa coagulation au moyen de l’acide acétique. Le coagulum est extrait, puis laminé entre deux cylindres cannelés, d’où le caoutchouc sort sous la forme de feuilles, qui sont séchées ou fumées selon les cas. L’enfumage donne au caoutchouc des propriétés spéciales. Il agit comme accélérateur naturel et aussi comme antioxydant, d’une façon assez faible, mais non pas négligeable.
- Les feuilles de crêpe sont obtenues un peu différemment. Les « scraps », ou résidus de préparation, dus généralement à une coagulation spontanée du latex, sont lavés et passés dans un laminoir dont les cylindres tournent à vitesses légèrement inégales. C’est ce qui donne à la feuille cet aspect caractéristique désigné sous le nom de crêpe. Selon quelques techniciens, le lavage enlève au caoutchouc brut certaines propriétés, et, souvent, les feuilles sont plus recherchées que les crêpes. Il y a différentes qualités de crêpes selon la nature des produits traités.
- Le « sprayed rubber latex ». — Le « spraying process », inventé par Hopkinson, consiste à coaguler le latex en le projetant sur un disque horizontal tournant à grande vitesse dans un courant d’air chaud. Le latex est coulé en haut d’une chambre cylindrique de pulvérisation ; les partiexdes de latex séché sont projetées par la force centrifuge et tombent au fond de la chambre. Quand on a obtenu l’épaisseur voulue, le pain chaud est enlevé, puis comprimé à la presse et donne des blocs homogènes. La matière est d’une couleur blanc crème légèrement marbrée.
- D’après le Dr Stevens, le « sprayed rubber » est plus difïicile à travailler que les caoutchoucs en feuilles, mais il vulcanise plus vite. Par contre, la résistance est légèrement moindre. Les qualités de vieillissement sont meilleures.
- Le procédé « Revertex ». — Ce procédé, présenté pour la première fois à l’occasion de l’Exposition, par le l)r Hauser, un éminent technicien autrichien, consiste, non pas à
- coaguler le latex, mais à le concentrer. Depuis quelques années, on cherche à employer directement le latex non coagulé. Le grand avantage est d’éviter l’emploi de solvants coûteux et de simplifier la fabrication. Si l’on veut bien se rappeler que le latex contient seulement 25 % de caoutchouc, on se rendra compte combien il est onéreux de transporter sur les lieux d’utilisation un liquide contenant 75 % de matières inutiles. Le Dr Hauser a donc imaginé un appareil permettant de concentrer le latex et de le ramener à un état pâteux, avec un pourcentage d’eau réduit à 25 %. L’appareil consiste en un grand cylindre à double paroi dans lequel se fait une circulation d’eau chaude. Un petit rouleau cylindrique roule à l’intérieur du grand cylindre, animé d’un lent mouvement de rotation, et frictionne continuellement les parois. Le latex, qui couvre le fond du grand cylindre creux, est enlevé' par la rotation et s’étend en une couche mince sur la paroi chaude. La concentration s’opère lentement, et, quand l’opération est tèrmi-née, le latex concentré est placé dans des boîtes garnies d’une mince couche de paraffine.
- On réalise, par la concentration du latex, une grosse économie dans les frais d’expédition et l’on peut, à la réception, diluer de nouveau le latex et lui restituer toute l’eau précédemment évaporée. Il faut agir, cependant, avec certaines précautions, en commençant par restituer seulement un tiers de l’eau nécessaire à la dilution. On laisse ensuite à la pâte le temps de se gonller, avant d’ajouter une nouvelle quantité d’eau. De cette façon, on obtient une dispersion uniforme qui, autrement, n’aurait pu être obtenue qu’à l’aide d’une agitation intensive. Pour empêcher la coagulation naturelle du latex pendant l’opération de concentration et pendant le transport, il est nécessaire de lui ajouter un colloïde alcalin.
- Parmi les applications les plus intéressantes du latex liquide, citons, à titre d’indication, l’imprégnation des tissus : tissus pour vêtements et tissus câblés, imprégnation des lils, fabrication des produits finis par la précipitation électrique du latex sur des moules en argile poreuse (galvanoplastie du caoutchouc).
- Le procédé Emka pour la préparation du caoutchouc brut sans outillage. — Un nouveau procédé pour la préparation du caoutchouc dans les plantations, a fait l’objet d’une projection cinématographique pendant la durée de l’Exposition. La coagulation du latex se fait par le procédé habituel, dans
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- de grands bacs en ciment, au moyen de l’acide acétique. Mais, au lieu d’être passé dans un laminoir, le coagulum est plié en deux. A l’aide d’une pression des doigts, on forme une sorte de poche dans laquelle on ménage une seule ouverture. Une pompe à air permet de gonfler la poche, qui prend, peu à peu, la forme d’une énorme saucisse. Quand on a atteint un volume jugé convenable, on dégage la pompe et on referme l’orifice de la poche. Puis on agite cette énorme poche, dans toutes les directions, sur du talc et on frotte énergiquement toute la surface extérieure. Ensuite, on pratique de nouveau une ouverture et on introduit dans l’intérieur de la poche une certaine quantité de talc ; on agite vivement la poche, qui se dégonfle rapidement. Le talc permet d’enlever la plus grande partie de l’humidité du coagulum, mais certains techniciens émettent quelques objections au sujet de ce procédé de dessiccation. Il
- semble, en effet, qu’un laminage soit bien plus efïicace pour extraire l’eau contenue dans le coagulum.
- Lorsque la poche a été séchée par le talc extérieurement et intérieurement, on la découpe pour lui donner la forme d’une feuille de grande dimension. Le caoutchouc, préparé ainsi en feuilles minces, est susceptible de quelques applications directes n’exigeant pas la vulcanisation. Les inventeurs du procédé Emka ont montré qu’on pouvait fabriquer, avec du caoutchouc obtenu aussi simplement, des vêtements imperméables, des jouets, des chaussures, de petites embarcations. Us en ont présenté différents spécimens ii l’Exposition. Mais le caoutchouc non vulcanisé n’a ni la résistance ni la souplesse du caoutchouc que nous sommes habitués à employer. Par contre, on peut
- LFS
- le colorer avec la plus grande facilité. Enfin, rien n’empêche, bien entendu, de le traiter par les procédés habituels de vulcanisation.
- Les applications du caoutchouc se font chaque jour plus nombreuses La Maison du Caoutchouc
- Parmi les applications du caoutchouc qui ont obtenu, auprès du grand public, le plus vif succès de curiosité, il faut réserver une mention spéciale à la « Maison du Caoutchouc », organisée par le puissant groupement connu sous le nom de Rubber Gro-wer’s Association.
- Dès que l’on a franchi le seuil de la Maison du Caoutchouc, on est surpris de se trouver dans un hall silencieux, alors que la foule s’y écrase. On en découvre la raison : le revêtement du plancher, imitant à merveille le parquet, n’est, en réalité, qu’un vaste tapis de caoutchouc amortissant le bruit des pas. Des vases en caoutchouc, contenant des fleurs... en caoutchouc, qui ont émerveillé les nombreux visiteurs de l’Exposition, ornent des meubles qui, eux, ne sont pas encore en caoutchouc ; ce sera, nous dit-on, pour la prochaine Exposition.
- La cuisine est particulièrement bien aménagée. Vous frappez du pied sur le magnifique carrelage rouge : il est en caoutchouc. Le balai à laver par terre, l’évier, les brosses, les ustensiles, les moules à gâteaux sont encore en caoutchouc ; la nursery, enfin, véritable paradis des enfants, où les bébés peuvent s’ébattre tout à leur guise, se cogner aux murs, tomber par terre, sans risquer de se faire le moindre mal, puisque murs et tapis sont en caoutchouc, ni casser leurs jouets, qui sont, bien entendu, des poupées et des animaux en caoutchouc ou en tissu caoutchouté.
- DI FFF. IIK NT K S PIIASKS DK I.A FABRICATION D UN BANDAGF. 1)’AUTOMOBILK
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- LE XXo SIÈCLE EST U AGE DU CAOUTCHOUC
- Le caoutchouc vieillit. Comment on contrôle ce vieillissement
- Chacun sait que le caoutchouc vulcanisé n’est pas une matière inerte. Le soufre n’entre pas entièrement en combinaison avec le caoutchouc et une partie reste à l’état libre. 11 se produit, sous l’action de l’air et de la lumière, une oxydation et une survulcanisation, qui durcissent le caoutchouc en lui ôtant de son élasticité et de sa résistance.
- On lutte contre le vieillissement du caoutchouc par l’emploi des accélérateurs de vulcanisation et des antioxygènes. Pour se rendre compte de la façon dont un caoutchouc se comportera sous l’action du temps, il faut accélérer les phénomènes de vieillissement pour pouvoir les étudier et pour préparer les mélanges donnant les meilleurs résultats. L’appareil présenté par l’Office des Recherches et Inventions est une roue de grand diamètre, dont la surface extérieure de la jante est destinée à recevoir les échantillons de caoutchouc à examiner. Une lampe à vapeur de mercure, placée sur un côté de la roue, projette sur les échantillons une lumière très riche en radiations ultraviolettes.
- Du côté opposé de la roue, une petite machine soufflante projette sur les éprouvettes de caoutchouc les gaz dont on veut étudier l’action et, en particulier, de l'ozone. Enfin, au-dessous de la roue, se trouve une sorte de cuvette dans laquelle les éprouvettes viennent tremper tour à tour. Cette
- cuvette permet, en particulier, d’étudier l’action de vieillissement de l’eau salée. La roue ayant un diamètre d’environ 2 mètres, peut porter sur sa jante un très grand nombre d’échantillons de caoutchouc et permet de faire de très utiles comparaisons.
- Les articles manufacturés
- Leu pneumatiques, bandes pleines et
- semi-pneumati -qnes. — On a pu voir au Grand Palais un pneu géant dans lequel deux jeunes lilles se tenaient à l’aise. Une grande firme présente, d'autre part, u n nouveau pneumatique à tringles complètement in-déjantablc. La jante n’est creusée que sur la moitié de la circonférence, ce (pii simplifie les opérations de montage et de démontage, et permet d'obtenir une sécurité absolue. Un fabricant de semi-pneumatiques présente, sur un tableau schématique, les différentes j) ha se s de la fabrication. L'armature d’acier est soigneusement nettoyée par des agents physiques et chimiques, puis l’on applique plusieurs couches de dissolution avant de placer les bandelettes qui recevront une première épaisseur de caoutchouc durci. Ensuite, on enroule une série de bandelettes de caoutchouc souple perforé. La perforation est destinée à donner au semi-pneumatique une grande souplesse. Par-dessus la bande perforée s’applique enfin la bande de roulement. Puis on procède à la mise en forme, au moulage et à la vulcanisation à l’autoclave. Il ne reste plus, alors, qu’à ébarber.
- HIVERS USTENSILES 1)E CUISINE EN CAOUTCHOUC
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- Une autre lirnie, spécialisée dans la fabrication du pneumatique pour vélocipèdes, a préparé complètement ces pneus sous les yeux du public pendant toute la durée de l’Exposition.
- Les régénérés (1). — Les fabricants de régénérés ont présenté, dans un raccourci schématique, les principales phases de la préparation de leurs produits. Chacun sait que les caoutchoucs régénérés entrent dans une proportion plus ou moins importante
- de broyage par une coupeuse débitant les vieux caoutchoucs en petits morceaux et une granuleuse les réduisant en fragments de quelques millimètres de diamètre. La pou-drette est ensuite tamisée et passée au séparateur magnétique, puis on procède à la régénération proprement dite dans des autoclaves. Deux procédés sont actuellement employés : la régénération, ou « dé vulcanisation » partielle, est obtenue par cuisson à l’autoclave, soit avec des huiles, soit avec de la soude. On emploie généralement des
- MODÈLE RÉDUIT ll’lTSINE DK RÉGÉNÉRATION DES CAOUTCHOUCS PRÉSENTÉ A I.’EXPOSITION
- dans les mélanges. Lorsque l’on ne demande pas au caoutchouc des qualités particulièrement grandes de résistance, on emploie beaucoup plus de régénéré que de caoutchouc neuf. Mais on peut dire qu’à de très rares exceptions près, tous les caoutchoucs manufacturés, quelle que soit leur qualité, contiennent un pourcentage important de régénéré. C’est que, loin de nuire à la qualité, ce produit joue à la fois le rôle de plastifiant et d’accélérateur de vulcanisation.
- Les déchets de caoutchouc sont triés, préparés, classés par des maisons spécialisées dans ce genre de travail, et revendus aux maisons qui vont procéder à leur régénération. La première opération consiste à broyer les déchets pour les réduire en pou-drettes. Parfois, on remplace les dispositifs (1) Voir La Science et la Vie, n" 115.
- autoclaves sphériques à double paroi, mobiles autour d’un axe horizontal, permettant d’obtenir un excellent brassage des matières. Le procédé de régénération à l’acide sulfurique est aujourd’hui presque complètement abandonné. Après cuisson, les caoutchoucs régénérés sont lavés, séchés, puis passés au lin sur un laminoir, pour être finalement filtrés dans une boudineuse à vis. *
- * *
- Telle est l’œuvre d’ensemble qui a été présentée au grand public et qui démontre l’importance croissante de cette matière première dans le monde, dont toutes les nations ont un besoin de plus en plus pressant pour l’essor de leur industrie.
- André Bloc.
- Photographies Gilbert René.
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- COMMENT PROTÉGER PARIS CONTRE LES INONDATIONS ?
- Ce que l’on a fait depuis 1910. — Ce qu’il reste à faire
- Par Pierre ARVERS
- Depuis la crue de 1910, qui provoqua Vinondation de nombreux quartiers de Paris et interrompit la circulation sur plusieurs lignes du Métropolitain, des travaux importants ont été entrepris pour atténuer, tant à Paris qu’en banlieue, les effets des crues de la Seine, toujours à redouter. Ces travaux se rapportent d’abord à des mesures dites d’urgence : exhaussement et construction de parapets le long de la ligne des quais; exhaussement du Cours-la-Rei ne ; construction du quai d’Auteuil, reconstruction de l’estacade de l’île Saint-Louis, des ponts Notre-Dame et de la Tournelle, dragages en Seine; revêtement de berges, travaux de modification ou d’aménagement du réseau des égouts destinés à augmenter leur capacité d’évacuation et à permettre de supprimer, en temps de crue, leur communication avec la Seine; installation de postes de pompage, etc... L’ensemble de ces mesures, dont la dépense s’élève à 75 millions environ, démontra déjà son efficacité au cours de la crue de 1924, qui atteignit la cote de 7 m 34 au pont d’Austerlitz, soit 1 m 30 au-dessous du maximum de 1910. A ce niveau de la crue, en 1910, 44 kilomètres de voie publique étaient alors inondés à Paris, tandis que 1 km 870 seulement de voie fut envahi en 1924. Nous avons pensé que nos lecteurs seraient curieux de savoir si, en cas d’une forte crue de la Seine, Paris serait désormais mieux défendu contre les eaux.
- Depuis 1924, de nouveaux travaux ont été entrepris pour compléter ceux exécutés depuis la fameuse inondation de 1910. Ceux-ci ont, notamment, concerné l’exhaussement de parapets, la création d’installations de pompage dans
- Paris et surtout dans la banlieue, à Ivry, Vitry, Saint-Maur, Cliarenton, Issy-les-Moulineaux et l’île Saint-Denis ; la démolition du barrage de la Monnaie, la construction d’un musoir à la pointe de la Cité, pour mieux répartir la quantité d’eau passant
- CE QUE U ON NE DEVRAIT PLUS VOIR A PARIS. LES QUAIS INONDÉS EN 1910
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- par chacun des deux bras de la Seine ; des dragages et, en lin, raclièvcment du quai d’Auteuil. Tous ces travaux se montent à 22 millions.
- Aucune crue égale ou supérieure à celle de 3 924 ne s’étant produite depuis cette époque, il n’a pas été possible de faire, au sujet de rclïicacité de ces travaux, des constatations aussi concluantes que celles faites en 1924 pour les travaux exécutés après 1910. Il est hors de doute que, pour Paris, la situation, déjà presque satisfaisante en 1924, s’est encore améliorée ; en effet, la crue de 1926 n’a pas eu d’inconvénients
- sérieux pour la population. Dans la banlieue, les travaux exécutés ont permis d’assurer la protection de la plaine d’Ivry, des quartiers des Mûriers et des Corneilles à Saint-Maur, du quartier des ('arrières à Charenton. L’extension des stations de pompage a empêché lés infiltrations à Ivry, Alfortville et Maisons-Alfort, et évité l’inondation d’un grand nombre de caves et des points bas envahis par les eaux en 1924.
- Au point de vue de l’allure générale de la crue, il faut noter que la démolition de l’écluse de la Monnaie et la construction du musoir ont abaissé le niveau en amont de
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- Champs Dérivation
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- JUTES POUR PROTEGER LA CAPITALE DK LA FRANCK CONTRE LES INONDATIONS
- ccs ouvrages d’une façon assez sensible.
- Depuis 1926, un certain nombre de travaux ont été entrepris, ou vont l’être incessamment, pour améliorer la protection de la banlieue est de Paris.
- • Mais il faut bien dire que ces solutions ne sont que locales ; elles ne peuvent empêcher l’eau de monter, et c’est là, en somme, qu’il faut agir. Trois solutions ont été préconisées pour atteindre ce but : faire passer les eaux par un autre trajet ; retenir les eaux, en amont du point menacé, dans d’immenses réservoirs ; enfin, faciliter et accélérer le passage des eaux à travers la région considérée.
- Est-il possible de dévier les eaux en amont de Paris ?
- Un projet avait été adopté par la commission des inondations en 1910 : la dérivation de la Marne. II s’agissait d’établir un canal permettant de dériver, entre Meaux et Saint-Denis, un cube d’eau très important pris dans la Marne. Ce projet, qui permet une amélioration certaine dans la traversée de Paris, avait l’inconvénient d’entraîner une dépense d’environ un milliard ; comme cette dépense ne pouvait évidemment être gagée par aucune recette, la réalisation
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- du projet a été, jusqu’à présent, ajournée.
- Un autre projet, récemment présenté, consiste à utiliser le canal de navigation de Saint-Maur. pour écouler, en cas de crue, une partie importante des eaux de la Marne. La dépense qu’il comporte est de l’ordre de grandeur d’une quinzaine de millions. Comme il diminuerait le débit des eaux, dans le tour de Marne, de 250 mètres cubes à la seconde, son exécution est comprise dans le programme dont la réalisation prochaine est envisagée.
- l’on puisse envisager, comme prochaine, la réalisation d’un vaste programme de bar-rages-réservoirs. Toutefois, comme il est indispensable de pouvoir augmenter le débit d’étiage de la Seine, actuellement insuffisant pour satisfaire à la fois aux besoins des services publics et à ceux de la navigation, on a envisagé la construction de trois bar-rages-réservoirs, qui seraient aussi utiles à l’agriculture et apporteraient une certaine atténuation aux grandes crues (de l’ordre de quelques décimètres), tout en produisant
- VUK DK K A l’OINTK DE NOTRE-DAME FORMANT UNE SORTE DE BARRAGE, AVANT LA DÉMOLITION
- DE LA MORGUE
- L’accumulation des eaux de crue dans des réservoirs est une conception compliquée
- Cette conception serait d’une réalisation très compliquée pour le bassin de la Seine. Le fleuve reçoit, en effet, une quantité d'affluents soumis à des régimes différents, et, d’autre part, les conditions géologiques sont telles qu’on ne peut envisager la construction de barrages-réservoirs, destinés à emmagasiner les eaux de crue, qu’à plusieurs centaines de kilomètres en amont de Paris.
- Dans ces conditions, pour être d’une efficacité certaine et importante, les réservoirs à établir devraient être extrêmement nombreux, et la dépense entraînée par leur construction dépasserait certainement deux milliards.
- Pour cette raison, il ne semble pas que
- en même temps une certaine quantité d’électricité.
- On peut ranger dans la même catégorie de travaux, le reboisement abondant des parties perméables du bassin de la Seine. Il n’est pas douteux que le reboisement des parties hautes du bassin de la Seine puisse influencer la régularité du débit du fleuve ; aussi, tout doit-il être tenté, sans toutefois que l’on puisse attendre de ces mesures, ni un effet immédiat, bien entendu, ni même, pour l’avenir, une atténuation considérable des grandes crues, le régime, de la Seine étant déjà un ‘des plus réguliers parmi les fleuves français.
- Amélioration du cours de la Seine et de celui de la Marne
- On peut améliorer le cours de ces rivières en débarrassant leur lit des obstacles qu’v rencontre l’écoulement des eaux, comme
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- par exemple, la démolition des ponts comportant des arches trop nombreuses, tels qu’étaient ceux de Notre-Dame et de la Tournelle, ou trop encombrants dans le lit du fleuve, comme le pont de l’Alma ; la démolition et la reconstruction des barrages ancien modèle, comme ceux de Suresnes, de Bezons ; la substitution de ports droits à des berges inclinées et, enfin, les dragages d’approfondissement du fleuve. Qn augmenterait ainsi sensiblement la section au-dessous d’une ligne de niveau déterminée.
- manière, en temps de crues, le plan d'eau, dans les égouts parisiens, ne s’élèvera pas beaucoup au-dessus de la normale. On évitera ainsi les accidents qui se sont produits lors de crues récentes, où certains quartiers ont été inondés par les eaux refluant des égouts.
- En s’inspirant des diverses considérations qui précédent, un programme a donc été arrêté par les différents services techniques compétents et approuvé par le Conseil général de la Seine. Ce programme, approuvé
- 1,A NOUVELLE POINTE DK NOTRE-DAME, PROLONGEE EN AVANT, FACILITE LA CIRCULATION
- DES EAUX DE LA SEINE
- Quelques travaux ont déjà été exécutés dans cet ordre d’idées ; d’autres doivent suivre. On vient d’entreprendre notamment l’aménagement du bras de Bougival comportant la transformation de la Seine dans la partie appelée Rivière Neuve et des dragages entre Bezons et Levallois, avec démolition du barrage de Bezons et construction d’un barrage nouveau à Chatou. Ce dernier sera d’un type tout à fait moderne, avec vanne se relevant complètement en dehors du lit de la rivière et n’opposant ainsi aucun obstacle, en cas de crue, à l’écoulement des eaux. Il peut en résulter un abaissement de niveau de un mètre pour une crue d’une importance analogue à celle de 1910, dans la partie aval de la banlieue parisienne.
- Enfin, il est prévu également la construction, dans Paris, d’égouts collecteurs destinés à augmenter la capacité d’évacuation et à canaliser non seulement les eaux d’infiltration mais les eaux en excès. De cette
- par le Conseil supérieur des Travaux publics et par M. le Ministre des Travaux publics, attend, pour être réalisé, le vote de crédits.
- Volontairement modeste, il a été conçu pour réserver pour plus tard la réalisation de solutions plus grandioses, comportant des dépenses considérables.
- Il comprend certains travaux de défense locale comme la transformation du canal de Saint-Maur, dont il a été question plus haut, pour permettre de l’utiliser à la dérivation d’une partie des crues de la Marne ; la construction de digues, le relèvement de chemins, etc..., notamment à Choisv-le-Roi et sur les rives de la Marne ; enfin, la construction, dans Paris, de galeries de drainage dans la région du quai de la Gare, pour améliorer la situation dans ce quartier, qui est le premier atteint par les eaux en temps de crue. La dépense totale est estimée à 30 millions.
- Tout cela fait, on pourra se rendre compte
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- si l’exécution d’autres travaux est réellement indispensable.
- Pour améliorer l’écoulement des eaux de crue à travers la région parisienne, on prévoit également l’aménagement du bras de Bou-gival et la reconstruction du barrage de Bezons, la reconstruction du déversoir de Suresnes, celle du pont de l’Alma. L’ensemble représente une dépense d’environ 00 millions.
- Knfin, si l’on se décidait à accumuler une partie des eaux de certaines rivières du bassin de la Seine, on procéderait d’abord à la construction d’un grand réservoir dans le Morvan, sur l’Yonne, dans la région de Pannesière, réservoir qui serait capable d’emmagasiner près de 100 millions de mètres cubes d’eau ; à celle d’un deuxième
- sur la rive gauche, à la présence des voies du chemin de fer d’Orléans, et, d’autre part, sur la rive droite, à celle de l’église Notre-Dame et de ses abords, site auquel on ne peut toucher qu’avec d’infinies précautions. Cet élargissement faciliterait grandement la navigation.
- L’Administration envisage aussi de développer les études hydrologiques relatives au bassin de la Seine. La documentation se rapportant au régime du débit du fleuve et de ses affluents est encore très insuffisante. Il serait même absolument nécessaire de multiplier les constatations au sujet du débit de la Seine et de ses nombreux affluents, en tenant compte de l’importance des pluies, la quantité tombée étant, d’ailleurs, recueillie dans de nombreuses stations ; enfin, l’effet
- PHOTOGRAPHIE DU BARRAGE PROJETÉ A CIIATOU, PRÈS DE PARIS, VUE DE L’AVAL
- réservoir dans la région de Champaubert-aux-Bois (bassin de la Marne), pouvant contenir plus de 20 millions de mètres cubes, et, enfin, à l'augmentation de la retenue des réservoirs qui doivent être construits par une société privée, dans la région de la Cure, pour créer des forces hydroélectriques. Cette augmentation permettrait de disposer d’une capacité supplémentaire de 22 millions de mètres cubes pour emmagasiner les eaux des crues.
- L’ensemble de ces projets représente une dépense de 00 millions.
- D’autres travaux sont encore à l’étude
- On a envisagé également d’élargir le bras de la Monnaie. On sait, en effet, que le rétrécissement de ce bras de la Seine constitue un obstacle assez sérieux à l’écoulement des eaux dans Paris, parce qu’il détermine, en amont, la formation d’un remous qui entraîne une surélévation de quelques décimètres du niveau des eaux et qui s’étend jusque dans la banlieue. L’élargissement du bras de la Monnaie serait donc utile, mais il se heurte à des difficultés considérables : d’une part,
- des cultures sur la courbe des débits en crue et en décrue reste encore à déterminer. On accumulerait ainsi des documents permettant d’organiser plus tard une exploitation rationnelle des barrages-réservoirs existants et de ceux à venir.
- La question du déboisement fait également l’objet d’études, qui se poursuivent d’accord avec les services du ministère de l’Agriculture. Si le reboisement ne peut constituer un remède suffisant sur le régime des grandes crues, il convient cependant de ne pas le négliger dans l’ensemble des mesures susceptibles de régulariser le débit du fleuve. Il est donc extrêmement intéressant de conserver intacts les massifs forestiers et de favoriser le reboisement, surtout dans les parties du bassin présentant un sous-sol imperméable et de fortes déclivités.
- Quant aux projets de tranchées ou puits absorbants, la commission n’a pas cru devoir les prendre en considération.
- Telle est l’œuvre accomplie par les services techniques de la Ville de Paris pour soustraire la capitale de la France aux débordements de la Seine.
- Pierre Arvers.
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- LES INTERVIEWS DE « LA SCIENCE ET LA VIE »
- LA RADIOPHONIE FRANÇAISE A ENFIN SON STATUT
- Conversation avec M. Émile Girardeau, président d’honneur du Syndicat professionnel des Industries radioélectriques. Rapportée par Pierre CHANLAINE
- Enfin, In radiophonie française vient d'avoir son statut. Le ministre du Commerce, par le décret du 28 décembre 1926, a réglementé les émissions par T. S. F. en ce (pii concerne V industrie privée. A ce propos, nous avons demandé à M. Émile Girardeau, président d'honneur du Syndicat professionnel des Industries radioélectriques, d'exposer ici, en toute objectivité, ce qu’il pensait de ce nouveau statut et de la répercussion qu'il jjeut avoir sur la radiophonie française au point de vue de son développement pratique. Voici les intéressantes déclarations que MJ Girardeau a bien voulu faire à notre collaborateur.
- Ce que contient le dernier décret de la radiodiffusion
- e décret du 28 décembre 1920 a fixé le statut de la radiophonie. On l’attendait depuis longtemps. M. Bokanowski avait été saisi des desiderata des diverses corporations intéressées, et sa décision ne pouvait tarder. Il faut le remercier d’avoir vu tout de suite l’immense importance sociale de ces progrès nouveaux , d’avoir compris que la radiotéléphonie devait, de toute urgence, être dotée d’un statut définitif, et de s’être courageusement employé à en faciliter l’essor.
- Le décret prévoit un réseau national et régional de radiodiffusion. Les stations seront soumises à un régime dont voici l’analyse. L’État est propriétaire des installations qui constituent ses stations. Il en assure l’exploitation technique. Il en contrôle l’exploitation administrative et financière. Mais la composition et la réalisation des pro-
- grammes sont assurées par des groupements où sont représentés les services publics centraux ou régionaux, les associations d’intérêt général ou d’expansion nationale et les groupements corporatifs, les constructeurs et commerçants en matériel de radioélectricité, les groupements d’amateurs et d’auditeurs, les représentants de la presse, etc.
- A titre transitoire, le ministre des Postes et des Télégraphes pourra accorder, à des groupements où seront représentés tous ces intérêts, l’autorisation d’installer et d’exploiter jusqu’au 1er janvier 1933 des postes destinés à compléter le réseau de la radiodiffusion. Mais ces postes privés pourront être fondus, même avant 1933, dans toutes les organisations régionales ou nationales que le gouvernement ou le parlement reconnaîtrait nécessaire de créer, dans l’intérêt général, et notamment en vue de la constitution d’un Office national de la T. S. F.
- En cas de rachat anticipé, avant le 1er janvier 1933. pour quelle
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- cause que ce soit, l’État aura le droit et l’obligation de racheter les éléments de l’actif selon l’évaluation lixée au compte de premier établissement, diminué d’un amortissement forfaitaire de 1.0 % par année d’exploitation.
- Le décret précise les conditions des autorisations données, notamment en ce qui concerne la propriété littéraire et artistique, le contrôle technique et linancier, la suppression des commissions qui seraient contraires à l’ordre public ou à la défense nationale, la limitation de la publicité, la participation de l’Etat aux contrats de publicité, etc.
- Toutes les questions intéressantes en radiodiffusion sont confiées à une commission interministérielle, comprenant des représentants de grandes administrations publiques, du conseil supérieur de l’instruction publique, des associations d’auditeurs et d’amateurs, de l’industrie et du commerce radioélectriques, de la presse, des grandes associations économiques, de la confédération générale du travail, du personnel postal, des associations agricoles, de la Confédération de Travailleurs intellectuels, des associations des gens de lettres, auteurs, compositeurs, orateurs et conférenciers, artistes dramatiques, lyriques et musiciens.
- 11 est, d'ores et déjà, prévu sur le territoire trois stations nationales et dix-huit stations régionales.
- Ce décret esi-il parfait à tous les points de vue ?
- Est-ce à dire qu’en ce qui concerne l’ins-dustrie radioélectrique notamment, le décret du 28 décembre 1920 offre toutes les possibilités auxquelles celle-ci est en droit de prétendre? Non ! Mais la faute n’en est pas à M. Bokanowski. Il a trouvé, en effet, à son arrivée au pouvoir, des situations de fait dont, aussi bien du côté de l’administration des postes que du côté des initiatives privées, chacune s’était efforcée de tirer parti. Il n’en reste pas moins vrai que (te décret a tiré la radiophonie d’un état anarchique préjudiciable aux intérêts de tous et qu’il offre les plus sérieuses possibilités de réalisations. Pour nous industriels, qui sommes des réalistes, c’est beaucoup. C’est assez que nous l’ayons accepté en toute loyauté et que nous nous appliquions à lui faire rendre tout ce qu’il est susceptible de donner.
- Le nouveau régime donne la latitude d’assurer un large développement à la radiodiffusion et, par voie de conséquence, à l'industrie et au commerce radioélectriques. Il offre des garanties au point de vue de la
- protection et de la rémunération des capitaux engagés. Il donne toutes les facilités d’exploitation artistique désirables, notamment au point de vue de la transmission ou des représentations données dans les théâtres, les grands concerts, et des manifestations d’actualité. Rien ne s’oppose donc à ce qu’une grande entreprise, de gestion prudente, puisse être conçue et réalisée dans son cadre.
- Au surplus, le décret prévoit la représentation dans les entreprises de tous les groupements directement intéressés au développement de la radiodiffusion : associations, syndicats ou sociétés d’écrivains, d’auteurs dramatiques, fédération de presse, etc. Et, de fait, tout ce qui représente une force intellectuelle dans ce pays s’est trouvé d’accord avec les sociétés d’amateurs pour répondre à l’appel du gouvernement.
- Une puissante station d'émission serait créée près de Paris
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- Le Syndicat professionnel des Industries radioélectriques, qui groupe la totalité des constructeurs français — deux cents — a pris à cœur de se faire l’agent d’exécution d’un grand programme national. Dans son Assemblée générale du 28 octobre 1926, il avait décidé, à l’unanimité, de fonder une grande entreprise de radiophonie, qui élèverait, aux environs de Paris, une station plus puissante que les plus puissantes stations étrangères et collaborerait, pour le plus grand bien de tous et dans le but de diffuser le plus possible la pensée, la technique et l’art français, avec les associations professionnelles d’écrivains, d’artistes et de techniciens.
- A cet effet, il a constitué une Commission de radiophonie, qui, dès la publication du décret du 28 décembre 1926, a établi un projet susceptible d’appliquer à la nouvelle organisation la force vive qui résulte d’un groupement dynamique de tous les intérêts en présence.
- Sous le nom de la « Radiodiffusion française», une société est en formation, qui fait appel à tous sans possibilité de contrôle d’un groupe et réunit les garanties d’ordre moral, intellectuel, artistique, technique, financier indispensables. Ses statuts, conformes aux stipulations du décret du 28 décembre 1926, en ce qui concerne les souscriptions au capital, la composition du conseil, la gestion, la représentation de l’intérêt général, ont été étudiés et mis au point par un comité d’organisation composé de représentants des divers groupements intéressés.
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- Le concours financier des professionnels de la T. S. F. est acquis à la « Radiodiffusion française».
- Dans une nouvelle réunion générale des membres du Syndicat professionnel des Industries radioélectriques, le 18 janvier 1927, constructeurs et commerçants de T. S. F. se sont engagés, par une série de résolutions, à apporter à la nouvelle société leur concours financier. C’est là un bel exemple de cohésion et qui montre ce qu’on peut attendre des initiatives privées lorsqu’il s’agit de l’intérêt national.
- Bien entendu, les postes régionaux autorisés ne seront pas négligés. La nouvelle organisation leur apportera les ressources substantielles qui leur permettront de tenir leur partie dans l’harmonieux concert de la radiophonie française.
- Le concours de la Compagnie française de Radiophonie, laquelle possède actuellement, à Clicliy, la plus puissante des stations françaises de téléphonie sans lil, est entièrement acquis à la nouvelle entreprise. Comme je vous l’ai dit, il a été admis par les intérêts en cause qu’aucune des grandes sociétés entrant dans l’entreprise nouvelle n’y aurait, soit au conseil d’administration, soit aux assemblées, la majorité. Les petits fabricants se trouveront même, à divers points de vue, favorisés par rapport à leurs confrères plus puissants. C’est, somme toute, un programme d’union sacrée pour l’extension de la radiophonie française quia été conçu et réalisé par tous sur l’invitation cordiale du ministre.
- Le nouveau décret favorise-t-il le public ?
- Le public français ne peut demeurer indifférent à cette entreprise, qui prévoit l’établissement d’une station de radiophonie de 50 kilowatts-antenne, mise prochainement en construction et diffusant non seulement sur toute la France, mais sur toute l’Europe — à certaines heures sur le continent américain -—• les œuvres des artistes et écrivains français.
- Certains se sont inquiétés de la présence d’un grand poste national à proximité de Paris ; c'est manquer de conliance dans la technique française ; c’est la juger sur les postes actuels, tous relativement anciens et qui ont été construits dans un temps où l’incertitude de l’avenir imposait la plus stricte économie.
- D’ailleurs, la « Radiodiffusion française » prévoit la station émettrice à quelque distance de Paris, assez loin pour ne pas troubler les autres émissions, assez près parce
- qu’il est nécessaire que le studio reste à Paris. Or, la dépense d’installation de lignes reliant ce studio à la station est, évidemment en fonction de l’éloignement de celle-ci.
- Est-il nécessaire de répéter que la radiodiffusion de représentations de l’Opéra ou de l’Opéra-Comique, des meilleures pièces jouées sur nos scènes parisiennes, des discours ou des conférences de nos meilleurs orateurs, de concerts spécialement organisés pour satisfaire le goût d’un public varié et d’éducation différente, entraînera une résurrection de l’esprit familial et supprimera l’isolement des campagnes?
- Quelles seront les recettes de l’entreprise nouvelle ?
- Au point de vue financier, la souscription du capital est prévue pour une somme de
- 10 millions, qui paraît sulïisante pour la réalisation du programme et notamment la construction du poste puissant.
- Les recettes et la rémunération de tous les concours seront fournies par les redevances des industriels et commerçants de T. S. F. et en consacrant un dixième au plus de la durée des émissions à la publicité, dont l’ef ficacité sera considérable, puisque ces émissions seront entendues dans un rayon de 2.000 à 8.000 kilomètres.
- D’autre part, le développement et l’amélioration des émissions radiophoniques auront évidemment pour conséquence le développement énorme du commerce et de l’industrie radiotechnique. Or, l’Etat perçoit des taxes sur le chiffre d’affaires et aussi la taxe de luxe de 12 % sur une grande partie des appareils. On évalue, éventuellement, en France, le nombre des appareils radiophoniques à 250.000. Ce chiffre serait, d’après nos prévisions modestes, multiplié par 4. Après quoi
- 11 atteindrait à peine la moitié du chiffre dont s’enorgueillit l’industrie anglaise. On voit que c’est par dizaines de millions de francs que se traduirait, pour les finances de l’État, eet accroissement de l’industrie radiophonique française.
- Notons enfin que 1’exportation des appa reils français de T. S. F. serait facilitée par l’écoute à l’étranger de nos concerts radio phoniques français. On aime utiliser les appareils récepteurs du pays dont on entend avec plaisir les émissions.
- Parmi les fondateurs de la « Radiodiffusion française », vous verrez des noms qui sont l’honneur des lettres et des sciences françaises unis aux représentants les plus qualifiés de la presse, des auditeurs, du commerce et de l’industrie.
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- On ne peut pas réunir plus de garanties de durée et de solidité. Tout s’est fait au grand jour, par des accords inspirés d’une volonté unanime de répondre à l’appel du gouvernement. Nous avons le ferme espoir que l’opinion publique comprendra la valeur et le sens de notre effort, et qu’elle nous apportera son aide, qui nous est non seulement infiniment précieuse, mais, je n’hésite pas à le dire, indispensable.
- Comment l’étranger a compris la radiodiffusion
- L'Angleterre avait commencé par pratiquer le régime du monopole privé ; une vaste société anonyme, la Britislv Broadcasting Company, groupant les principaux industriels et commerçants de la T. S. F. de nationalité anglaise, exploitait la radiodiffusion, dont elle avait obtenu la concession exclusive et temporaire. Son contrat devait prendre fin le 31 décembre 1926. Le Post-Office réglementait rigoureusement les émissions des postes privés, de manière à éviter toute gêne de la radiodiffusion.
- Ce régime a été modifié. Les Anglais ont été d’avis que le service de la radiodiffusion devait être assuré par une corporation d’utilité publique, mandataire de l’intérêt général, constituée sous la forme d’une société, qui recevrait du « Post master » général une licence de durée limitée et deviendrait gérante rie toute l’entreprise, celle-ci continuant d'être dirigée selon les principes d'une société privée. Le Post master général reste l’autorité qui distribue les licences et en perçoit le j)rix, recherche et poursuit les installations clandestines. A l’expiration de la licence ou en cas de retrait de licence, la société nouvelle serait tenue de passer au Post master général l’ensemble de l’entreprise, de manière à lui permettre de la gérer directement.
- En Allemagne, la Bcichspost a fait construire elle-même des postes émetteurs, à l’époque de l'inflation, c’est-à-dire quand l’Allemagne développait à outrance son outillage national, tout en confiant l’élaboration des programmes des émissions à des sociétés privées et en autorisant l’installation, dans divers districts, de postes émetteurs particuliers. Les sociétés chargées d’éta-blir les programmes travaillent en vertu d’une concession accordée par la Reiclispost. Celle-ci suit de très près le développement de la radiodiffusion et s’est réservé le droit d’adjoindre des représentants du service public à lu commission chargée d'accorder les conces-
- ET LA VIE
- sions à des postes émetteurs. Neuf sociétés sont actuellement autorisées à réaliser des émissions sur le territoire du Reich. Les postes de radiophonie sont équipés par l’État et restent sa propriété, l’usage seul en étant concédé.
- Les possesseurs d’appareils récepteurs paient une taxe mensuelle de 2 marks, qui, en 1925, a donné plus de 25 millions de marks. Les sommes perçues sont réparties à raison de 60 % aux sociétés et de 40 % à l’administration des P. T. T. Cette dernière prélève, sur sa part, les sommes nécessaires à la construction de lignes télégraphiques spéciales reliant tous les studios et toutes les stations de manière à permettre à celles-ci de radiophoner en même temps dans toute l’Allemagne les représentations théâtrales données sur les grandes scènes nationales.
- Aux Etats-Unis, la radiodiffusion n’a été soumise, jusqu’à présent, à aucune réglementation, sauf pourtant en ce qui concerne l’attribution des longueurs d’ondes aux différents postes. Mais le nombre des postes émetteurs a tellement augmenté que le régime de la liberté complète est devenu difficile. Il n’est déjà plus possible de continuer l’octroi de licences d’émission, en raison de l’encombrement et de l’interférence des longueurs d’ondes. Le secrétaire au commerce, M. Iïower, a dû refuser d’accorder des autorisations nouvelles.
- En Italie, les stations sont établies et exploitées, sous le contrôle de l’État, par une société privée : l’Union Radiotelepho-nica Italiana. Même régime en Belgique, en Autriche, en Suisse, en Espagne, en Tchécoslovaquie et en Yougoslavie.,
- Au point de vue de la puissance, notez maintenant que les Allemands possèdent deux postes (celui de Berlin et celui de Cologne) de 50 kilowatts-antenne, soit dix fois la puissance de la Tour Eiffel et de Radio-Paris. Us en construisent dix autres de 15 kilowatts-antenne (le triple de la puissance de la Tour Eiffel).
- Les Anglais, qui possèdent une station de 25 kilowatts-antenne (Daventry), en font une autre dont la puissance sera de 50 kilo-watts-antenne. Bientôt donc, si cette progression des postes étrangers' continuait, on n’aurait plus perçu, en Europe, que les ondes anglaises ou allemandes, si la Voix française, grâce au décret du 28 décembre 1926, n’était intervenue. Inutile de dire que c’eût été déplorable au point de vue de notre propagande dans le monde.»
- PIKRItK C 1IANI.AINK.
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- LA BAKELITE
- EST UN PRODUIT DE SYNTHÈSE QUI DONNE LIEU A DES APPLICATIONS AUSSI NOMBREUSES QUE VARIÉES
- Par Claude CH IM Y
- La bakélite, qui résulte de la condensation du phénol en présence de formol, offre la curiosité de se présenter sous trois états de propriétés totalement différentes, suivant les conditions de son obtention. Nous exposons ici comment on la prépare, quelles sont ses propriétés physiques et chimiques et ses précieuses applications pratiques dans un très grand nombre d'industries.
- Qu’est-ce que la bakélite?
- EiiTAiNES réactions de la chimie organique conduisent à des corps tout à fait semblables aux résines naturelles ; ce sont des résines synthétiques ou artificielles. La bakélite est un de ces corps.
- Plusieurs savants français ou étrangers ont étudié le problème que posait ce nouveau corps, mais sans réussir à le faire sortir du laboratoire. Ce n’est réellement qu’en 1909
- qu’un Belge, le Dr Backeland, est parvenu à industrialiser le procédé et à réaliser, en Amérique, la fabrication de la résine artificielle. Rien ne porte à penser que le Dr Baekeland ait choisi au hasard la matière à laquelle il devait donner son nom. Il est probable, au contraire, qu’il ait connu les travaux de ses devanciers et qu’il ait tiré de la même source le corps définitif que les Américains ont appelé « la matière aux mille usages », la bakélite.
- CETTE INSTALLATION FABRIQUE, CHAQUE JOUR, 2.000 KILOGRAMMES DE RÉSINE BAKÉLITE Au premier plan, autoclave de condensation et pompe à vide de déshydratation : au deuxième plan, citernes autoclaves contenant le formol et le phénol qui seront introduits par le vide dans Vautoclave. La salle est réservée à une seide fabrication pour éviter l'influence des poussières, même infinitésimales,
- venant d'un autre appareil.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- [ (Cliché Fibre et Mien.)
- TURKS CYLINDRIQUES ET FI. A QUUS EN FAPIUlt BAKEI.1SÉ
- Comment on obtient la bakélite au laboratoire
- La bakélite résulte de la condensation du phénol en présence du formol. Normalement, la réaction est incomplète et très lente, mais il est possible d’augmenter sa vitesse en introduisant un catalyseur dans le mélange et en opérant à chaud. On sait qu’un catalyseur est un corps qui provoque ou facilite une réaction chimique par le seul fait de sa présence et sans entrer lui-même en combinaison. Le mélange de phénol et de formol est porté à l’ébullition dans un récipient double dit à rellux, où il se vaporise.
- Ces appareils sont essentiellement constitués par deux récipients : l’ébullition s’effectue dans le premier et la condensation desvapeurs dans le second. Ils sont ainsi disposés (pièces vapeurs condensées
- reviennent, par écoulement naturel, dans le premier.
- Au bout de quelque temps, une gomme commence à se former : c’est l’embryon de la bakélite.
- Puis, séparée de l’eau de réaction et des dernières traces du catalyseur, la bakélite apparaît sous la forme d’une résine solide ou liquéfiée, et on est convenu de dire qu’elle est alors à l’état A.
- Le produit se solidifie par refroidissement et se présente alors sous la forme d’un corps jaunâtre, assez friable et fusible sous l’action de la chaleur si celle-ci n’est pas prolongée au delà d’une certaine limite. Si on continue à chauffer, le produit atteint, en effet, un nouveau stade : l’état B. Il est moins cassant qu’à l’état A.
- Sous cette dernière forme, le corps ne fond pas sous l’action de la chaleur, mais il se ramollit et prend une consis-
- ENGRENAGE EN TISSU BAKF.I.ISÉ On a (Vabord préparé un disque avec des rondelles de tissu imprégnées de bakélite et passées à une presse chauffée. Le disque réalisé est ensuite taillé comme un engrenage métallique.
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- LA BAKÉLITE ET SES APPLICATIONS
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- tance élastique, qui disparaît avec le refroidissement. Enfin, si l’action de la chaleur est prolongée, une nouvelle transformation s’opère et on obtient finalement un troisième état, l’état C, qui est le terme ultime de la consolidation de la bakélite. On obtient ainsi trois sortes de bakélites : A, B et C, qui ont, chacune, des propriétés différentes, mais celle à l’état C présente plus d’intérêt que les premières formes du produit.
- La fabrication de la bakélite à l’usine
- Le mélange, en proportions convenables, des matières premières s’effectue dans un atelier spécial. Le phénol, le formol et le catalyseur sont aspirés par le vide et arrivent aux réservoirs. Ils s’écoulent, de là, dans un bac, où s’effectue un mélange parfaitement intime. Le liquide obtenu est ensuite dirigé, par vide ou par pression, dans l’appareil à réaction, à l’intérieur duquel il est agité mécaniquement et chauffé par circulation de vapeur. L’intérieur de l’appareil est éclairé électriquement et des hublots d’observation permettent de suivre et de contrôler, de l’extérieur, la marche des réactions. Ajoutons qu’une bonne fabrication de la bakélite exige des soins méticuleux, des matières premières de qualité parfaitement constante et, par suite, le contrôle permanent du laboratoire.
- Les curieuses propriétés de la bakélite
- Ce sont surtout les caractéristiques de la bakélite à l’état C qui présentent le plus grand intérêt, puisque c’est sous cette forme parfaitement stable qu’on la trouve dans ses nombreuses applications. Les propriétés des deux états antérieurs A et B sont, néanmoins, intéi’essantes à connaître comme constituant la genèse du produit définitif.
- Nous avons déjà dit qu’à l’état A la bakélite revêt une forme solide ou liquide.
- Elle est soluble dans l’alcool, dans l’acétone et dans de nombreux solvants organiques. Elle est fusible, avec fusion pâteuse, c’est-à-dire ne présentant pas de température critique de fusion.
- A l’état B, elle est infusible. Insoluble dans l’alcool, elle subit, de la part de certains solvants, de l’acétone notamment, une action qui se traduit par un gonflement de la masse.
- A l’état C, la bakélite a une densité d’environ 1,28. Elle est infusible et insensible à la chaleur jusqu’à 800 degrés. Insoluble dans l’alcool et dans les autres solvants organiques, elle n’est attaquée ni par l’oxygène, ni par l’ozone, ni par les acides étendus. Nullement hygrométrique, dure, elle est très mauvaise conductrice de la chaleur et de l’électricité. Son pouvoir diélectrique n’est égalé, en effet, que par le mica et le quartz fondu. Enfin, elle est imperméable aux gaz.
- Cette rapide énumération montre d é j à q il ’ à l’état C la bakélite possède un ensemble de qualités (] u e l’o n n e rencontre jamais réunies d'une façon aussi complète dans un autre corps. Il nous semble cependant utile, pour qu’on puisse envisager l’immense champ d’applications qui s’olire à ce produit, d’insister sur les principales de scs caractéristiques.
- Sous l’influence de la chaleur, la bakélite dégage le phénol libre qu’elle contient, en très faible quantité d’ailleurs. A partir de 800 degrés, elle se carbonise lentement, sans flamme, et donne un charbon léger, analogue à celui du sucre. Elle peut supporter indéfiniment, sans autre modification qu’un faible dégagement de phénol libre, une température de 150 à 200 degrés.
- La résistance aux agents chimiques est particulièrement précieuse pour les applications industrielles. Fabriquée avec des éléments chimiquement purs, la bakélite est considérée,, jusqu’à ce jour, comme incapable d’entrer dans une combinaison chimique. Pratiquement, il est possible de produire une bakélite résistant indéfiniment à l’action d’un corrosif déterminé. D’une façon géné-
- (Cliché Maxéi.)
- LAQUAGE A LA BAKÉLITE U UN MOTEUR ÉLECTRIQUE AVEC LE l’ISTQLET AÉROGRAPIIE
- Après le traitement, la bakélite déposée devient rigoureusement imperméable et offre une surface de rayonnement très active pour le refroidissement.
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- raie, les aeides étendus d’une faible proportion d’eau, l’eau oxygénée, la saumure, le chlorure de méthyle, etc., sont sans action sur elle. Il en est de même pour l’eau.
- La bakélite ne se vend généralement que sous la forme première à laquelle on a donné le nom d’état A. Elle ne prend la dernière forme (état C) qu’à la suite de l’opération (pii constitue la bakélisation d’un objet, lequel, par conséquent, se trouve ainsi gra-
- Un grand nombre d’objets sont obtenus par la fusion de la résine : colliers, bracelets, fume-cigarettes, manches de parapluie, billes de billard, etc. Étant naturellement transparente ou translucide, elle peut être additionnée de petites quantités de matières colorantes, qui font de la résine synthétique un produit analogue à l’ambre, à l’écaille ou à l’ivoire.
- Quant à la résine liquide, ou résinite. elle
- (Cliché Société Alsacienne de Constructions Mécaniques.) INSTALLATION D’ÉTUVAGE DANS LE VIDE ET D’iMPRÉGNATION A LA BAKELITE On remarque le panier contenant les bobinages que Von va, introduire dans Vautoclave, où s’opérera le séchage dans le vide, qui doit toujours précéder Vimprégnation.
- tilié des propriétés de la bakélite à l’état C. L’usine productrice de bakélite livre donc ee corps à l’état A sous plusieurs formes : bakélite pure, qui se présente sous forme de résine ou à l’état liquide ; en dissolution dans un solvant, elle devient un vernis de bakélite ; enfin, mélangée à l’état pulvérulent avec des corps divers, elle constitue une poudre à mouler. Sous cette troisième forme seulement, la bakélite, initialement à l’état A, est amenée, par la préparation même de la poudre, à un stade voisin de l’état B.
- Applications de la bakélite pure
- La bakélite pure, parvenue à l’état C, est employée surtout dans les industries de luxe.
- est utilisée pour le revêtement des statuettes, des bas-reliefs en plâtre, etc. ; ces objets ainsi recouverts prennent l’apparence du marbre ou de la céramique.
- Les vernis de bakélite ont également de nombreuses applications
- Ces vernis peuvent être utilisés pour fabriquer des papiers, des toiles, des bois, agglomérés au vernis ; ils constituent également des laquages et revêtements de toute sorte. Enfin, certaines substances acquièrent, par la bakélisation, les qualités mêmes de la bakélite.
- Nous avons vu que la bakélite à l’état A est entièrement soluble dans différents solvants. Le moins coûteux et le plus
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- commode de ceux-ci est l’alcool dénaturé du commerce, aussi est-il employé à la préparation des vernis.
- L’action combinée de la chaleur et de la pression sur des feuilles de papier ou de tissu recouvertes ou imprégnées de vernis de bakélite, permet d’obtenir des matériaux pouvant se prêter à tous les façonnages. C’est surtout dans l’industrie électrique que cette application a trouvé des débouchés. Le produit, en plus de ses qualités mécaniques remarquables, possède en même temps les propriétés diélectriques de la résine et celles du support, papier ou tissu. On peut fabriquer ainsi des tubes isolants et des plaques pour toutes tensions, même élevées. La préparation de la feuille de papier bakélisé, qui constitue le tube, nécessite une technique spéciale. Le papier est imprégné entre deux cylindres, séché dans un tunnel systématiquement chauffé, puis enroulé à chaud sur une machine spéciale pour la confection des tubes. Quant aux cartons, ils sont très simplement fabriqués par empilage et pressage du papier entre les plateaux d’une presse chauffante.
- L’agglomération des tissus imprégnés se pratique selon le même principe, et l’on peut confectionner ainsi des engrenages susceptibles d’être taillés avec la plus grande précision. Ces engrenages, insensibles à l’eau et à l’huile, trouvent, notamment, une application dans la construction des automobiles pour réaliser des changements de vitesse silencieux.
- Des résultats analogues sont obtenus avec des bois en plaques minces. Les contreplaqués bakélisés sont imperméables à l’eau et imputrescibles.
- Le vernis de bakélite, posé au pinceau ou à l’aérographe, ou bien par simple trempage, sur la sui’face de pièces à laquer, subit, après séchage, l’opération qui le fait passer de l’état A à l’état C. Ce laquage possède une grande résistance et protège la surface recouverte qui prend un aspect brillant et un poli parfait.
- On est même arrivé à réaliser des enduits de bakélite parfaitement souples et d’une adhésivité considérable aux métaux.
- Pour les revêtements de surfaces qu’on ne peut pas chauffer, comme les charpentes métalliques, les murs, les boiseries, il existe un vernis spécial qui passe à l’état C à basse température.
- Dans les cas, enfin, où un simple émaillage est insuffisant pour la protection des surfaces contre des attaques particulièrement actives de la part de certains produits chimiques, on revêt la surface avec un composé d’amiante et de bakélite liquide.
- L’imprégnation de certaines substances est la plus importante des applications de la bakélite
- Le vernis, injecté dans la structure intimide certaines substances, confère à celles-ci, après la transformation à l’état C, des qualités qui participent de celles de la bakélite elle-même.
- L’industrie électrique a tiré un grand prolit de cette application, qui apporte aux bobinages, non seulement un haut isolement, mais aussi la permanence de cet isolement.
- Le procédé d’imprégnation des bobinages est le suivant. Les bobinages sont d’abord séchés sous livide, dans une première étuve, au voisinage de 100 degrés. Ils sont ensuite portés chauds dans une seconde étuve dite « d’imprégnation ». On établit le vide dans cette étuve, dont l’agencement permet d’abaisser aux environs de 40 à 50 degrés la température des bobinages inclus. Et l’air qui aurait pu s’introduire dans ceux-ci en est extrait par la pompe à vide. On met alors l’étuve d’imprégnation en communication avec le réservoir à bakélite. Le vernis immerge les enroulements et le vide est maintenu un temps convenable pour faciliter l’imprégnation. Puis une pression, de valeur variable avec les enroulements, est établie dans l’étuve pour assurer la pénétration intime du vernis.
- Cette opération d’injection étant terminée, on évacue le vernis vers la cuve et on procède à l’évaporation du solvant. Pendant ce temps les bobines s’égouttent et l’excédent de bakélite retourne à la cuve. Vers la fin de l’opération, on met l’étuve en communication avec un condenseur qui recueille l’alcool évaporé.
- (Clichés Maxéi.)
- BOBINAGES BAKÉLISÉS
- Les fils ont une cohésion suffisante pour que l'on ait pu couper la bobine dans le sens même des fils sans que ceux-ci se détachent.
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- Enfin, quand l’évaporation est terminée et cpie les bobines sont sèches, on porte celles-ci au polymérïseur. Dans cet appareil, la température doit être élevée suivant une loi bien définie et pendant un temps qui varie entre deux et six heures, suivant la nature et le poids des pièces à traiter.
- L’enroulement ainsi bakélisé constitue un véritable monolithe, imperméable aux gaz et aux liquides. Son isolement consi-
- a bien voulu nous documenter à ee sujet.
- Les objets en papier et en bois sont transformés facilement en des corps nouveaux, dont les propriétés s’apparentent à celles des métaux. Les industries textiles, notamment, qui font un large emploi de ces articles en papier pour le bobinage, ont pu réaliser ainsi un progrès considérable.
- Une application assez curieuse du même procédé a été faite dans la fabrication de
- (Cliché Oyonnite.)
- ATELIER DK MOULAGE l)’OBJKTS EN BAKÉLITE : SALLE DE PRÉPARATION DES MOULES
- Les moules, remplis de poudre à mouler et réchau ffés par des tables chaudes, sont ensuite pressés à chaud
- sous de puissantes presses hydrauliques.
- déraillement relevé, devient permanent.
- Des expériences ont été faites pour mettre en valeur la supériorité d’un moteur électrique à bobinage imprégné. On a fait fonctionner un tel moteur dans l'eau de mer, ou en marche continue à une température voisine de 300 degrés, ou encore dans l’eau, puis dans l’huile chaude. Tous ces essais ont été favorables à la bakélisation.
- Les applications de l’imprégnation au vernis de bakélite ne se limitent pas au seul domaine de l’industrie électrique. M. Texier, qui, après avoir été un des premiers à étudier les résines synthétiques, a inventé et réalisé la méthode et l’appareillage d’imprégnation,
- certaines petites pièces d’appareillage électrique, habituellement réalisées en porcelaine. Ces pièces, exécutées en carton découpé, puis bakélisées, jouissent de propriétés diélectriques fort intéressantes et de propriétés mécaniques voisines de celles du bronze.
- M. Texier a également bakélisé des bois par imprégnation. Il a obtenu,ainsi un matériau présentant des qualités mécaniques extraordinaires. Les bois traités sont, en effet, insensibles à l’eau et leur limite élastique atteint une valeur inconnue pour le meilleur bois ordinaire.
- Us possèdent, également, des propriétés diélectriques précieuses. Un échantillon de
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- LA BAKÉLITE ET SES APPLICATIONS
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- hêtre traité n’est pas percé sous 120.000 volts en une épaisseur de 120 millimètres.
- Eniin, nous devons signaler encore une application particulièrement imprévue : le soudage du verre et du bois.
- Le soudage du verre et du bois est rendu possible par la bakélite
- On connaît les travaux de Fichter sur les soudures à basse température. Fichter a
- fragments de verre, polis par les procédés usuels de l’optique, sont accolés sous une pression de l’ordre de 100 kilogrammes par centimètre carré. I/ensemble est porté à une température voisine de 1 K) degrés et la liaison est parfaitement intime : jamais les pièces ne se décollent au plan de liaison. D’autre part, l’indice de réfraction du plan de liaison est identiquement le même que celui du verre. La bakélite est donc, en qud-
- ATELIKR DK MOULAGE D’OHJETS EN HAKÉL1TK : SAI,I,K DES PRESSES HYDRAULIQUES L/i température, (ï la surface des plateaux des presses, est de ISO degrés environ. Avant le démoulage les moules sont passés sous des presses refroidissantes.
- démontré expérimentalement que, si l’on polit avec - une perfection suffisante deux corps et qu’on les juxtapose avec les précautions désirables, il est possible de réaliser entre deux plans ainsi accolés une cohésion voisine de la cohésion moléculaire.
- Malheureusement, le procédé de Fichter exige une telle perfection de polissage qu’il est demeuré dans le domaine du laboratoire.
- M. Texier a pensé qu’il était possible de réaliser la même liaison en interposant entre les corps une couche extrêmement mince d’un intermédiaire à grosse molécule, comme la bakélite. Cette application est possible en particulier avec le verre et avec le bois. Les
- que sorte, diffusée dans le verre lui-même.
- M. Texier a réalisé la même expérience avec des bois préalablement injectés de bakélite. L’assemblage est si parfait que, dans aucun des essais auxquels il s’est livré, l’arrachement du bois ne s’est produit dans le plan de liaison.
- On utilise de plus en plus des objets en poudre de bakélite moulée
- Les poudres à mouler à la bakélite sont surtout employées dans l'industrie électrique pour la confection de pièces d’appareillage, de matériel téléphonique et télégraphique. Elles servent encore à la fabrication de nom-
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- LA SCIENCE ET LA VIE
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- breux articles de l’économie domestique ou d’industries diverses.
- L’outillage nécessaire au moulage des poudres comporte essentiellement : des moules métalliques parfaitement précis et polis, des presses chauffantes donnant sur leur plateau 180 à 190 degrés environ, des presses refroidissantes pour le démoulage des pièces et des tables chaudes pour le réchauffage préalable des moules.
- Les presses et les tables peuvent être chauffées au gaz, à la vapeur,
- On connaît d’ailleurs la vogue des appareils de T. S. F. isolés à la bakélite, et qui ont fait leur apparition il y a peu d’années. Notamment des bobines de self-induction, bien reconnaissables à leur odeur caractéristique à cause du léger dégagement de phénol dont nous avons parlé plus haut, et
- dont les enroulements sont imprégnés de bakélite, présentent une très grande solidité en même temps qu’un excellent isolement entre les couches successives de spires de la bobine.
- QUELQUES OBJETS USUELS FABRIQUÉS EN BAKÉLITE
- électriquement ou par circulation d’huile. L’application de la pression doit être bien progressive.
- La précision des trous et des logements des pièces est du même ordre de grandeur que celle obtenue par une machine-outil sur des pièces métalliques.
- Ces poudres à mouler à la bakélite permettent de fabriquer des combinés téléphoniques, des haut-parleurs, des boutons de réglage pour appareils de T. S. F., des couvercles de distributeurs de magnétos, etc.
- Conclusion
- Cette étude montre bien la fertilité d’applications qu’offre, dans tous les domaines, la résine synthétique à laquelle le Dr Baeke-land a donné son nom. Douée de propriétés souvent imprévues, mais toujours précieuses, la bakélite a devant elle un,avenir fécond. L’industrie française, qui en produit déjà, annuellement, 1.000 tonnes, lui trouvera sans doute des débouchés toujours nouveaux.
- Claude Chimy.
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- L'AUTOMOBILE ET LA VIE MODERNE
- Par A. CAPUTO
- La voiture de service à quatre places. — L’alimentation sous pression et le deux temps. — Un curieux moteur sans vilebrequin. Quelques accessoires.
- La voiture de service à quatre places
- On a conservé, par habitude, l'expression de voiture de tourisme pour désigner les véhicules de transport de personnes ; elle est maintenant tout à fait impropre.
- Certes, l’automobile incite aux longues promenades et aux belles randonnées de vacances, mais c’est là une utilisation tout à fait occasionnelle pour la majorité de ses usagers, pour qui elle constitue, avant tout, une voiture de service.-
- Cette définition éloigne toute idée de fantaisie et de luxe. Elle convient beaucoup mieux aussi à déterminer le but et les caractéristiques du véhicule de transport populaire, dont les constructeurs sont appelés maintenant à se préoccuper.
- Nous répéterons, car c’est une constata-
- tion admise souvent avec réserve, que la voiture de service sérieuse, telle qu’elle est actuellement offerte, est d’un prix parfaitement raisonnable, quand on considère la multiplicité des accessoires qui sont livrés dans son équipement. On ne saurait donc espérer, comme nous l’avons montré dans une dernière causerie, obtenir un prix plus favorable si l’on n’a pas recours à des procédés de fabrication plus simples, ce qui est du ressort du constructeur, et si, de son côté, la clientèle ne fait pas quelques sacrifices sur ses exigences.
- Lorsqu’on se tient à l’exécution classique dans l’ordonnance des mécanismes, deux facteurs peuvent néanmoins permettre de notables économies d’établissement pour la voiture complète. Le premier est la limitation de la vitesse à environ 65 kilomètres à l’heure ; le second est l’adoption d’un tor-
- FIG. 1. - TORPEDO, QUATRE PI.ACES, A DEUX PORTES TRÈS LARGES ET SIEGES AVANT ABATTANT
- SUR CHASSIS 7 C. V. SÉNÉCHAL
- La portière, tombant jusqu'au marchepied, donne une silhouette tonie particulière à la carrosserie et
- un cachet très plaisant.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
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- FIG.
- ']•<>K1*!•: 1 )(), QUATRE PLACES, A DEUX PORTES ET SIEGES AVANT ABATTANT SUR CHASSIS
- 7 C. V. IMPK1UA
- La ligne avant de la portière est oblique, afin de procurer an dégagement facile des jambes entre le pied
- de portière et le bord du siège.
- pedo ne comportant que deux, voire même une seule porte, et (pii sera très supportable Fliiver si son capotage et ses rideaux de côté sont bien connus et bien installés.
- Limiter la vitesse, c’est permettre l’emploi d’un moteur de cylindrée réduite, moins
- gourmand en essence et en builc, conduisant à des impositions moins élevées.
- Préférer la caisse à une seule porte, c’est fournir la possibilité de réussir un ensemble simple, léger, nécessitant moins d’opérations dans l’exécution et moins de main-d’œuvre.
- khi. :3.
- INTÉRIEUR 1)U TORPEDO DE TA FIGURE 2, UE SlÈGI-BRISE POUR FACIU1TER I.’ACCÈS AU SIÈGE
- AVANT RABATTU VERS UE PARE-ARRIÈRE
- Le plancher est disposé sur l'aile inférieure du longeron de châssis. On voit que le passager a toute aisance pour Iextension des jambes. Le siège, large, permet deux très bonnes places et trois places occasionnelles.
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- TAAUTOMOBILE ET LA VIE MODERNE
- Avec une portière large et des sièges avant pouvant se rabattre, la commodité d’entrée et de sortie se trouve, d’ailleurs, souvent, plus satisfaisante qu’avec deux portières latérales très étroites. La présence d’une seule porte n’implique pas du tout la privation de confort. Les deux exemples que nous donnons montrent qu’au contraire, malgré l’empattement assez réduit du châssis, les emplacements peuvent être fort bien prévus.
- Construit en séries importantes, un torpédo 7 C. V. ainsi équipé devrait pouvoir être vendu au prix maximum de 17.000 francs, et ce prix pourrait encore être réduit si son constructeur s’en tenait rigoureusement au même type pendant plusieurs années. Mais encore faut-il que l’acheteur comprenne cet effort et encourage le constructeur. Trop souvent ce dernier a été déçu, car la clientèle versatile se laisse fasciner par l’appât d’une présentation plus séduisante et luxueuse, incapable, cependant, de lui réserver les mêmes avantages pratiques. Nous insistons sur ce lait, car c’est un motif de l’indécision des programmes de construction. On a trop tendance à vouloir séduire par la « nouveauté » ; celle-ci est, forcément, très coûteuse. Il est vrai que la période difficile que
- nous traversons incite chacun à mieux comprendre son intérêt.
- Nous voici un peu loin de la technique, mais ces choses ont besoin d’être dites et comprises. L’automobile, si puissant facteur de progrès, ne peut se développer en France comme elle le doit, si le constructeur se trouve dans l’impossibilité d’abaisser ses frais de fabrication et si les acheteurs ne consentent à réclamer moins de fantaisie.
- La voiture n’est plus un luxe, c’est un instrument de transport et de service.
- La continuité dans la fabrication en série d’un même modèle, durant plusieurs années successives, fournit d’énormes avantages à la fois à l’acheteur, auquel le véhicule est offert à un prix de pins en plus accessible, et au constructeur, qui équilibre régulièrement son affaire.
- On connaît l’impressionnante réussite de Ford, qui, d’ailleurs, créa la méthode et qui construit le même type depuis 1908.
- La Ford à deux places est actuellement offerte, en Amérique, pour 800 dollars, et la voiture torpédo à cinq places pour 380 dollars. D’après certaines indiscrétions, les bénéfices de l’entreprise, de 1904 à 1919, se sont élevés à 375.927.410 dollars.
- FIG. 4. -- MOTEUR A DEUX TEMPS ALIMENTÉ SOUS PRESSION PAR COMPRESSEUR ROTATIF
- Le monocylindre Zoller est équipé d’un compresseur à palettes Cozette. Le compresseur A peut alimenter le moteur, soit en aspirant au carburateur B, soit en refoulant Voir par la tuyauterie coudée vers un second carburateur dissimulé sur cette photographie par la tuyauterie d'eau C. Cette disposition a. été adoptée pour Vexpérimentaliou. La marche de ce groupe s'est, montrée très régulière et les résultats sont tout, à fait encourageants. Le moteur ne comporte aucun organe de distribution, celle-ci est obtenue
- par des lumières démasquées par les pistons.
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- L’alimentation sous pression et le deux temps
- ous avons signalé les intéressantes études entreprises pour exécuter des compresseurs légers du modèle rotatif, destinés à l’alimentation sous pression des moteurs à explosions à quatre temps ou à deux temps. Parmi les dernières expérimentations, signalons le moteur à deux temps Zoller, un monocylindre muni d’un 'compresseur Cozette, dont la marche s’est montrée très régulière. C’est un nouveau pas vers le moteur plus rustique et moins cher que le « q il a tre temps » habituel.
- Le moteur Zoller comporte deux cylindres parallèles communiquant avec la même chambre d’explosions. L’admission s’opère par la base de l’un des cylindres au moyen de 1 il m i ères démasquées par le piston, et l’échappement s’effectue par la hase de l'autre cylindre, également par des lumières dégagées par le second piston. l)e cette façon, les gaz frais, refoulés dans le premier cylindre par le compresseur, suivent, au moment de leur introduction, les gaz brûlés qui s’évacuent par le second cylindre, sans se mélanger avec eux. Le dispositif spécial d’embiellage, qui provoque un décalage des pistons vers les points morts, permet de fermer l’échappement, alors que l’admission est encore ouverte. On ne risque pas de perdre des gaz frais entraînés par les gaz brûlés.
- Le moteur Zoller de l’essai, qui a deux cylindres de 55 millimètres d’alésage et de 70 millimètres de course, soit une cylindrée de 030 centimètres cubes, a développé une puissance de G cv 5 à 1.600 tours. L’un des principaux avantages du deux temps est de fournir une grande puissance spécifique pour un nombre de tours modéré.
- Un curieux moteur à explosions sans vilebrequin
- a transformation du mouvement rectiligne d’un piston dans le cylindre, en mouvement circulaire sur l’arbre moteur, est toujours obtenue au moyen de l’attelage d’une bielle et d’une manivelle.
- Dans le moteur Van Cayseele, ce mouvement est transformé par une came à profil
- variable, à laquelle sont reliées des bielles par l’intermédiaire de galets.
- Pendant les temps moteurs, ce sont les galets qui réagissent sur les che-mins à pente convenable que leur offre la came; pendant les temps de préparation, ce sont les chemins qui actionnent les galets et, par eux, les bielles.
- Ajoutonsque le moteur est du type à « barillet de revolver », c’est-à-dire que les cy-lindres sont groupés en couronne autour d’un axe situé dans le prolongement de l’arbre moteur.
- Des groupes de cylindres peuvent être disposés en opposition départ et d’autre de la came. La multiplicité des cylindres, les actions équilibrées sur la came doivent engendrer un fonctionnement sans vibrations. L’encombrement et le poids de l’ensemble sont des plus réduits.
- Les résultats enregistrés avec un premier modèle d’essai sont très encourageants.
- Le premier moteur à « barillet de revolver » fut le Canton-tjnné, étudié pour l’aviation. Actuellement, des recherches dans cette même voie sont poursuivies par l’ingénieur Michell, en Australie, et par l’ingénieur Per-fetti, en Italie. En raison de la possibilité d’augmenter le nombre des cylindres assemblés autour de l’arbre moteur, on peut, évidemment, parvenir à une extrême souplesse et à une marche tout à fait silencieuse, qui seraient des plus séduisantes.
- 'Irndre
- carter
- cylindre
- rotation
- FIG. 5. -- I,E MOTEUR VAN CAYSEELE A CYLINDRES
- DISPOSÉS EN BARILLET DE REVOLVER ET SANS VILEBREQUIN
- Le mouvement rectiligne des pistons est transformé en mouvement circulaire par Tintermédiaire de bielles et de galets. Ceux-ci attatpicnl une came circulaire à profil variable(0). Les cylindres peuvent être placés soit d’un seul côté de la came (1 ), soit en opposition de part et d'autre (2).
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- roue
- flasque
- écrou de fixation
- blocage
- moyeu
- faux-moyeu
- FIG. G. -- FLASQUE DE ROUE, AMOVIBLE,
- GÉRARD AUDOUX
- Ce flasque, en tôle nickelée ou en aluminium poli, se place sur les roues à fils d'acier ou les roues pleines. Il s'appuie sur le rebord de jante et se trouve fixé par un écrou muni d'un accrochage de sécurité se vissant dans un faux moyeu attenant à la roue. Le dispositif de sécurité de l'accrochage comporte des ergots montés sur un plateau repoussé par un ressort et que l'on peut dégager au moyen d'une tirette ; les crans de guidage s'engagent dans des encoches à baïonnette pendant les manœuvres de montage et de démontage.
- Un flasque de roue amovible à encliquetage indesserrable
- Les roues à Gis d’acier, très appréciées pour leur résistance et leur légèreté, ont l’inconvénient pratique, par temps de boue, d’être d’un nettoyage long et ennuyeux. La roue tôle classique semble à beaucoup un peu rustique. Afin de garantir la première contre la boue et de donner à la seconde plus de cachet, on peut les garnir d’un flasque amovible en métal nickelé ou poli. La fixation doit être sérieuse et les manœuvres de montage et de démontage doivent rester très aisées. Le flasque amovible Gérard Audoux répond à ces deux exigences, grâce à un faux moyeu spécial, d’installation facile, et muni d’un système de sécurité d’acerochage, qu’on libère ou fixe au moyen d’une clé à ergot. L’ensemble est net et parfaitement mécanique.
- On reconnaît l’utilité des filtres à air
- En Amérique, l’usage des filtres à air s’est rapidement développé, en raison de la circulation intense qui provoque une abondante poussière. Une part des corps durs et fins graviers qui pénètrent dans les cylindres avec le mélange d’admission, se dépose sur la pellicule d’huile qui garnit les parois et se trouve de la sorte incorporée au lubrifiant. Us ont tendance à former une pâte de rodage qui est très préjudiciable à la durée des organes. Dans le filtre Zénith, poussières et graviers sont éliminés, grâce à deux épurations successives. Le carter de l’appareil est à double enveloppe, dans laquelle sont repoussées des ailettes disposées en sens inverse et découpées, les unes à la partie supérieure de l’enveloppe extérieure, les autres à la partie inférieure de l’enveloppe intérieure. L’air entre tangentiellement dans l’espace annulaire ainsi créé et prend une grande vitesse de
- colonnettes
- feutre
- ailettes
- ressort
- 'départ au carburateur
- colonnettes
- enveloppes
- FIG. 7. -- LE FILTRE D’ÉPURATION D’AIR
- ZÉNITH
- Dans le couloir créé entre les enveloppes du carter extérieur, l'air subit une première épuration, le courant étant obligé de changer brusquement de sens par suite de la disposition des ailettes en sens inverse. L'air passe ensuite au travers du feutre des colonnettes. Celles-ci, formées d'un manchon soutenu par un ressort, oscillent et s'entre-choquent sous l'effet des trépidations de la voiture et se débarrassent automatiquement des poussières retenues par la. matière filtrante.
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- LA SC l EN CE ET LA VIE
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- rotation. Sollicitée ensuite en sens inverse par les ailettes inférieures, il s’ensuit un premier dépoussiérage, tout au moins des corpuscules les plus volumineux. A l’intérieur sont placées toute une série de colon-nettes souples, formées d’un manchon en matière liltrante — - en l'espèce du feutre —-raidi par un ressort en spirale interne. La tête libre de la colonnette est munie d'une bague en caoutchouc. Toutes les colonncttes communiquent par leur intérieur avec la tubulure reliée au carburateur.
- L’air, en traversant les feutres, abandonne ses dernières impuretés.
- Comme les co-lonncttes souples sont animées de vibrations, sous l’ef-let de la marche de la voiture, et que les bagues en c a o u t e h o u c*
- }) ro vo q u e n t entre elles des chocs, le feutre est automati-quementdébar-rassé des poussières, (pii tombent dans le fond du liltrc.
- L'emploi du liltre à air se généralisera, car il permet, sans frais et sans autre entretien qu'un nettoyage périodique, de prolonger notablement la durée d'un moteur.
- Un emplacement pour la malle de voyage
- Peu à peu, la « voiture complète » est étudiée dans ses moindres détails par le constructeur du châssis.
- Les ailes, les phares ont des supports conjugués, l’installation est propre et plaisante ; rien ne gâte la ligne de la voiture par une erreur de mesure ou de goût.
- C’est ainsi que les pare-chocs, dont l’utilité ne se discute plus pour la circulation en ville, auront bientôt, eux aussi, leur installation préparée.
- Et voici la malle de voyage à laquelle on destine une plate-forme
- Le porte-bagage mobile, s'il est pratique, est généralement peu élégant. C'est une solution de fortune. La plate-forme à l’arrière du châssis est l'endroit tout indique.
- Quelques événements de l’automobile
- Nous rappelons ici, sans prétention à l’actualité, des événements et échos importants et marquants de la vie automobile de ces deux derniers mois.
- Le major Campbell, sur son racer équipé d’un moteur d’avion Napier 500 C. V., a battu les records du monde du mille et du
- kilomètre sur la plage de Pendille, en Angleterre. Le mille fut couvert à la moyenne horaire de 280 km 382 et le kilomètre à la moyenne horaire de 281 km 378. Le précédent record du kilom,re appartenait à J. P . Thomas, avec 275 km 229.
- Une 35 C. V., 8 cylindres, sans soupapes Panhard, pilotée parun amateur, M. Sven du Rietz, atteint, sur la glace, à Eskilstu-na, en Suède, la vitesse de 198 km 800 à l’heure.
- La production du pétrole, aux Etats-Unis, a été,pour 1925, de 708.500.000 barils, chiffre record, contre 703.743.000 en 1925.
- L'augmentation de la consommation a déterminé une diminution de 23 millions de barils dans les stocks. Le baril américain est d’une contenance de 158 1 9820.
- La production des automobiles aux Etats-Unis s’est élevée aux chiffres astronomiques de 3.950.000 véhicules dits de tourisme et 530.000 camions. Pour les voitures de tourisme figurent : 2.920.000 conduites-intérieures. Le total des véhicules circulant aux États-Unis est porté à 22.330.000, soit 81 % de ceux du monde entier.
- Très activement, le gouvernement belge poursuit la prospection de ses possessions du Congo par l’automobile. Les véhicules, très nombreux, sont alimentés par des gazogènes à charbon de bois, conduits par les indigènes et entretenus dans des ateliers aux cadres européens.
- !•'!(;. 8. —PMTSIKUIIS CONSTllUCTHUHS, TKI, KKNAUI/1’ SUlt SON NOUVKAU CHASSIS 15 C. V. G CYI.TNDUKS, PltFVOIF.NT UNK FI.A IT'.-FO 1!.M F A 1,’akriÈHH DU CHASSIS, DKSTINKK A KKCKVOIK UNI5 SPACIKUSK A1ALLK DK VOYAOK
- A. Caputo.
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- LA T. S. F. ET LA VIE
- Par Joseph ROUSSEL
- Instruisons-nous
- Les filtres d’alimentation et leur construction pratique
- ous les amateurs qui possèdent l’éclairage électrique par secteur, que celui-ci soit à courant alternatif ou à courant continu, ont avantage à s’en servir pour effectuer l’alimentation haute tension de leurs récepteurs, en remplaçant par un dispositif convenable la batterie dite « pile de plaque ». Cependant, les courants de ville ne peuvent, ni sous l’une ni sous l’autre
- demandée, parce que la différence ne sert qu’à chauffer inutilement des résistances.
- Nous examinerons aujourd’hui un dispositif commun aux deux types d’alimentation : le filtre électrique.
- Qu'est-ce qu'un filtre électrique et quelles sont ses fonctions ?
- En définition générale, les filtres électriques sont des « combinaisons de circuits qui permettent le triage et la séparation, suivant telle loi que l’on désire, des courants de fréquence différente ».
- Par exemple, les filtres permettent de
- l'Ki. 1.--HKMtKSKNTATION HYDRAULIQUE DK LA IlECTIFILIATION I)’lN COURANT ALTERNATIF
- l’Ail IJ KS SOUJ'AI’KS ET UN SYSTEM K DE KJ LT ItAT ION
- forme, être utilisés directement. Pour le continu, il est nécessaire d’intercaler, entre le secteur et le poste, des résistances de réduction, un filtre de régularisation et, autant que possible, un régulateur de tension.
- Pour l’alternatif, le dispositif comporte, en outre, un transformateur de liaison, qui sert, suivant le cas, à élever ou à abaisser la tension du secteur, et un redresseur.
- Remarquons de suite que l’alternatif, qui peut paraître, à première vue, plus incommode que le continu, est, en réalité, beaucoup plus intéressant, parce que les transformateurs sont des appareils à rendement élevé et que la dépense reste proportionnelle à la consommation, quelle que soit la tension d’utilisation, tandis qu’avec le continu, il est impossible, d’une part, d’utiliser une tension supérieure à celle du secteur et, d’autre part, la consommation au compteur reste élevée, quelle que soit la tension
- séparer : un courant continu d’avec un courant alternatif ; les courants alternatifs de fréquence supérieure à une certaine limite d’avec ceux de fréquence inférieure, ou inversement (1).
- En dehors de cette définition « classique », nous ajouterons que les filtres permettent d’aplatir, de « désonduler » un courant qui sort d’un redresseur ou, ce qui revient au même, d’une génératrice de courant dit continu, cpii n’est, en réalité, que du courant, alternatif redressé par commutation et ondulé à fréquence élevée.
- Le courant ondulé du secteur « continu », comme celui qui sort des redresseurs, ne peut servir directement à l’alimentation d’un récepteur — ni d’un émetteur en téléphonie — de T. S. F.
- Il est nécessaire d’en « aplatir les llue-tuations », de le transformer en courant
- (1) Voir l'excellent ouvrage les Filtres électriques de P. David.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
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- FIG. 2. — IŒCTIFICATEUR ÉLECTRIQUE COMPLET AVEC SON FILTRE
- aussi continu que possible, et, pour cela, on utilise les filtres.
- Une analogie hydraulique va nous permettre d’illustrer ce raisonnement.
- Quoique ces analogies ne soient qu’approchées, parce qu’elles ne peuvent tenir compte du déphasage, elles rendent compte assez exactement de la marche générale des phénomènes.
- Soit un corps de pompe (fig. 1) dans lequel se meut, alternativement, un piston P. Le mouvement des masses d’eau qu’il contient serait également alternatif dans un tuyau réunissant les deux extrémités de corps de pompe et ne comportant aucun dispositif particulier.
- Mais on a disposé en S S des jeux de soupapes dont les sens d’ouverture sont tels (pic le courant extérieur sera toujours de meme sens. Ces soupapes jouent les rôles des redresseurs, soit électrolytiques, soit à valves électroniques, que l’on place à la sortie d’un transformateur.
- Toutefois, si, malgré la présence des soupapes, le courant liquide alternatif est redressé, il n’en reste pas moins vrai que sa vitesse est irrégulière, que l’écoulement a lieu par saccades et que l’on n’obtient, en réalité, qu’un courant de liquide de sens unique, mais à pulsations.
- C’est alors qu’intervient le « filtre », dans le but « (lésondulant », dont nous avons précédemment parlé.
- Disposons, entre les deux tuyaux de sortie, un réservoir C d’assez grande capacité, divisé en deux parties par une membrane élastique M. Lors des excès de pression dans l'un ou l'autre sens, cette membrane se déforme, mais, aux instants de moindre pression, son élasticité restitue de l’énergie à la masse liquide, régularisant ainsi, en partie, la vitesse du courant ; C et sa membrane jouent le rôle d’un condensateur.
- La régularisation ttTainsi obtenue n’est encore que fort imparfaite ; pour l’augmenter, on oblige l’eau à passer dans un tube lin L, plusieurs fois replié, qui oppose au mouvement du liquide une certaine résistance due au frottement, Du fait de cette résistance,
- le temps de décharge en C est augmenté et la vitesse du liquide devient beaucoup plus uniforme. Le tube L joue le rôle de la self des dispositifs électriques (en réalité, le phénomène électrique est plus complet, puisqu’il s’agit non d’une simple résistance ohmique, mais d’une impédance, fonction de la pulsation).
- Enfin, un second réservoir Cu à membrane élastique M1 (condensateur), ajoutant son action au dispositif précédent, l’écoulement du liquide en B devient très régulier et permet l’alimentation correcte et sans à-coups d’un moteur quelconque B.
- Electriquement, ce système hydraulique se traduit par les organes dont la figure 2 donne le schéma, qui représente le montage complet d’un dispositif d’alimentaion de tension-plaque d’un récepteur par secteur alternatif avec redressement par valves électroniques, le plus simple et le plus fréquemment utilisé.
- Un transformateur, dont le primaire est branché directement sur le secteur, opère les changements de tension nécessaires à l’alimentation totale du système. Il comporte deux secondaires sur le même noyau ; l’un, abaissant la tension à 5 volts, sert à « chauffer » les filaments des valves redresseuses ; l’autre, aux bornes duquel la tension totale est de 300 volts, fournira le courant de plaque d’utilisation.
- L’un et l’autre comportent une prise médiane, dite de sortie.
- Les valves S S jouent le rôle des soupapes du système hydraulique ; leur tension de chauffage des filaments doit être contrôlée par deux rhéostats Rh, dits d’équilibrage. C’est, en grande partie, par un réglage correct de ces rhéostats que l’on obtiendra un courant exempt de tout ronflement.
- Le courant de sortie, fortement ondulé, est filtré par le dispositif C L Cu où l’on retrouve les éléments du système hydraulique précédemment décrit.
- Ce système C L Cx constitue ce que l’on appelle une « cellule ». En pratique générale, cette cellule unique est suffisante ; cependant, on peut filtrer mieux encore, en disposant en série deux cellules identiques.
- L’ensemble du dispositif présentant une certaine résistance, la tension aux bornes de sortie sera toujours inférieure — d’environ 30 volts — à celle que l’on trouverait aux bornes du secondaire du transformateur.
- On trouvera donc 120 volts environ
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- FIG. 3. — FILTRE A DEUX TENSIONS DE SORTIE
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- LA T. S. F. ET LA VIE
- comme tension utilisable à la sortie du filtre. Cette tension, qui est excellente pour des lampes « de puissance » en basse fréquence, est trop élevée pour des amplificatrices haute ou moyenne fréquence ainsi que pour une détectrice, chose à laquelle on ne fait pas assez souvent attention et qui a, à tort, amené un certain discrédit sur ce système.
- Il faut donc pouvoir, à la sortie, disposer de tensions variées, applicables aux différentes parties du récepteur suivant les fonctions qu’elles doivent assurer.
- La solution pratique de cet important problème est très simple : il sulïit de réaliser des prises de sortie sur une résistance dont la valeur soit telle qu’elle assure la chute de tension nécessaire.
- La figure 3 montre comment on doit réaliser ce dispositif, dans le cas indiqué, qui comporte deux prises de sortie pour le pôle positif, à +60 et +120, L restant inchangé (nous verrons plus loin son établissement) ; on aura, quelles que soient les valeurs absolues données aux condensateurs :
- La résistance II, non sellique, sera, pour le débit des lampes usuelles, de l’ordre 30.000 ohms.
- Les amateurs qui ne reculeraient pas devant un travail un peu plus délicat que celui de l’établissement du filtre simple, pourront utiliser l’excellent montage de la figure 4, qui comporte deux selfs, bobinées dans le même sens sur un noyau unique à circuit magnétique, en O incomplètement fermé. Le sens d’enroulement est important, car il est nécessaire de réaliser une induction mutuelle positive. De plus, on aura soin que les enroulements L et Lx soient identiques.
- La coupure du noyau magnétique G sera très faible et pourra être rendue réglagle par approche oxi pénétration d’une lame de fer doux. Les caractéristiques de construction seront, dans ce cas, identiques à celles que nous allons donner pour la réalisation du montage de la figure 2 ; seul, le noyau de fer, tout en conservant même section, aura des dimensions doubles pour la partie E (lig. 5).
- Passons à la réalisation pratique du système complet (lig. 1).
- Nous ne conseillons pas aux amateurs de
- construire le transformateur, ils le trouveront dans le commerce excellemment réalisé p o u r toutes tensions désirées; cependant, nous
- leur recommandons de demander un transformateur à circuits séparés, et non un auto-transformateur, qui, par suite de la mise au sol du neutre des secteurs, peut avoir certains inconvénients.
- Comme valves de redressement S S, on peut utiliser des lampes de réception à forte consommation (0 a.
- 7), dans lesquelles on réunit grille et plaque; mais il est toujours préférable d’employer des valves spéciales, dont le prix n’est pas plus élevé et dont le rendement est meilleur, dites kénotrons, ne comportant que deux électrodes, filament et plaque.
- Pour l’ensemble C L G\, l’amateur peut le construire entièrement lui-même.
- L’inductance d’arrêt L doit avoir une impédance élevée. Nous allons en donner les caractéristiques de construction pour 20, 50 et 100 lienrys ; nous conseillons la 50 henrys pour la réception et la 100 pour la petite émission.
- La figux’e 5 montre le détail de construction de cet organe.
- Le noyau, en lames de tôle de fer très doux, est formé de deux parties : l’une, en forme d’U, dont la branche médiane embroche l’enroulement; ce noyau a son circuit magnétique fermé par une pièce T), en lames semblables; toutefois, un léger intervalle d’air G est laissé entre J) et le noyau en U.
- On découpera les lames, d’après un calibre, dans une tôle aussi mince que possible, d’épaisseur comprise entre un demi et un millimètre. Après découpage, les lames seront très soigneusement ébarbées, puis recouvertes, sur une de leurs faces, de vernis à la gomme-laque. Puis, les dimensions désirées étant obtenues, elles seront bloquées par l’enroulement d'un ruban de soie huilé. Ensuite, on constituera la carcasse de la bobine avec du carton découpé, puis collé à la seccotine, selon la forme indiquée en B.
- On bobinera soigneusement le lil en couches aussi régulières que possible ; cet enroule ment sera fixé et maintenu par un ruban de soie, et le tout sera très soigneusement verni.
- Le montage définitif sur supports de bois n’offre aucune difficulté,
- FIG. 4. - SYSTÈME DE FILTRE A
- DEUX INDUCTANCES D’ARRÊT
- HL
- FIG. 5. —- DETAILS DE CONSTRUCTION DE L'INDUCTANCE
- d’arrêt
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- 8 K)
- Voici maintenant le tableau des valeurs à donner aux divers éléments ; le fil est émaillé, et les valeurs pour G, B, C, M, N, D et E sont données en millimètres.
- N JD CT ANCE INTENSITÉ PERMISE DIAMÈTRE DD FIL NOMBRE DE SPIRES G B C M N D E RÉSISTANCE EN OHMS
- 20 (>*,95 2/10 7.000 1 25 15 20 20 70 *22 680
- HENRYS 0\1 25/100 2.900 1 20 13 50 50 125 20 250
- 50 0\<)5 2/10 11.000 *2 28 20 25 25 90 25 1.270
- HENRYS 0»,1 25/100 5.300 2,5 25 18 50 50 110 25 480
- 100 0\05 2/10 8.900 5 25 16 50 50 140 25 1.590
- HENRYS 0*,l 25/100 8.900 5 31 23 50 50 150 29 860
- Les capacités C et C.\ auront des valeurs égales. On a toujours intérêt à les réaliser aussi grandes (pie possible ; elles seront an moins, dans tous les eas, de deux micro-farads. On trouve facilement, de tels condensateurs, à diélectrique de papier paraffiné, dans le commerce.
- On aura toujours soin de s’assurer qu’ils ne sont pas percés, en les mettant en série dans le circuit d’un appareil de mesure et d’une source électrique convenable, par exemple une lampe de pile de poche comme contrôle et une source de 4 volts.
- L’amateur pourra les construire ; il pourra même leur donner une capacité très élevée sous un faible volume en s’adressant à une classe trop peu connue de condensateurs : les condensateurs électrolytiques.
- Leur description détaillée nous entraînerait trop loin pour aujourd’hui ; nous la
- donnerons dans une prochaine rubrique.
- Voici, pour terminer, quelques conseils concernant l’emploi de ces filtres.
- Il sera toujours bon, par prudence, lorsqu’on alimentera les plaques par ce système, de disposer en série dans le fil de terre un condensateur de 2 microfarads.
- Les secteurs, surtout en province, ont fréquemment des irrégularités de régime préjudiciables à la stabilité des réceptions ; il sera donc excellent de prévoir un « régulateur » de tension, à la sortie du filtre.
- Un bon moyen de le réaliser est de disposer entre les fils de sortie une lampe au néon du type «veilleuse», dont nous avons indiqué les propriétés dans le n° 111 de La Science et la Vie.
- Enfin, on pourra songer à utiliser, pour le redressement, des valves spéciales, sans filament, à atmosphère gazeuse, dont le type le plus récent ést l’hélior.
- Le marché mondial des appareils de radiotéléphonie
- uîn que toute nouvelle, l’industrie de la radiophonie a déjà conquis une place importante dans le monde. Depuis les postes à galène, qui sont légion dans les villes, jusqu’aux puissants récepteurs, le nombre des appareils est considérable et croît chaque jour. L’industrie française est déjà fort importante. Ainsi, en 1920, nous avons importé pour 752.000 francs d’appareils et de lampes de T. S. F., et nous en avons exporté pour 115 millions de francs.
- On sait que les États-Unis viennent au premier rang. Toutefois, le chiffre de leurs exportations est, tout au plus, en effet, deux fois plus élevé que celui des exportations françaises. Elles atteignent, pour l’année fiscale 1925-1920, 9.088.109 dollars.
- LA T. S. F. ET LES
- Un poste à huit lampes
- La mode est aux appareils à changement de fréquence. Grâce à eux, en restant dans les limites d'un cabinet de travail exigu, un simple cadre permet d’écouter tous les postes d’Europe.
- Sans doute, il faut huit lampes.
- Sans doute encore, si, par curiosité, on a ouvert le poste, ou si on a détraqué quelque chose, seul le constructeur peut se reconnaître avec
- CONSTRUCTEURS
- aisance dans la complexité intérieure des circuits. Mais, par contre, quelle simplicité d’installation ! Plus d’antenne, pins de prise de terre. Il sullit de poser le poste sur la table, le cadre à gauche, le haut-parleur à
- droite, les piles en dessous. Des cordons tout repérés se placent d’eux-mêmes, sans dévisser un seul écrou. Puis il àulftt de tourner trois boutons et l’appareil chante...
- Parmi les appareils de ce genre, nous devons citer le «Phénix»,
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- LA T. S. F.
- ET LFS CONSTRUCTEURS
- ;hi
- des Établissements G. M. 1t., qui amplifie considérablement., est très sélect il' et surtout est très peu sensible aux parasites.
- Comme caractéristiques : 8 lampes de marque quelconque et. sans bigrille, trois condensateurs à régler (d’ailleurs tous trois étalonnés), ce qui lui donne sa syntonie, et deux réactions, ce qui lui donne son amplification remarquable. Il fonctionne sur un tout petit cadre de 40 centimètres, élégant et extrêmement léger, comportant une prise de courant à deux positions : petites et grandes ondes. Dans chacune des deux positions, aucune portion de bobinage n’est inutilisée, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de bout mort ni d’ondes propres fâcheuses.
- Ce poste ne fonctionne pas seulement sur cadre, mais aussi sur antenne intérieure. Un simple fil lumière de 0 à 10 mètres de long, même collé au mur. constitue une antenne merveilleuse, moins coûteuse même que le cadre et totalement invisible.
- Mais si l’on ne désire pas la pleine puissance du poste, il sullit de n’allumer que cinq lampes seulement, leurs, les sixième, septième, puis huitième lampes permettent d’utiliser juste ce qui est nécessaire pour obtenir une audition parfaite, avec la puissance exactement désirée.
- Le chauffage des huit lampes est commandé par un rhéostat général. Six rhéostats supplémentaires de chauffage règlent, pour quatre d’entre eux, chacun une lampe, et, pour deux, une paire de lampes. On peut donc employer des lampes de marques et de caractéristiques différentes sans aucun inconvénient, puisque chacune d’elles pourra être chauffée sous la tension prévue pour son meilleur fonctionnement.
- De plus, un voltmètre donne instantanément, et en permanence, la tension de l’alimentation générale. La faiblesse d’un aecu-nulateur sur son déclin saute donc aux yeux immédiatement, ce qui permet de procéder à sa recharge avant qu’il ne soit trop tard pour la bonne conservation de la batterie de chauffage.
- Le voltmètre permet évidemment, par le simple jeu d'un bouton-poussoir, de vérifier la tension de la pile de 80 volts.
- Batterie de piles sèches pour tension-plaque à grand isolement
- Pour qu’une batterie de piles sèches pour tension-plaque lasse un bon usage, il est indispensable qu'elle soit soigneusement isolée. Dans les batteries construites par la Compagnie générale des piles Wonder, on a imaginé de percer des trous dans le bas des feuilles de carton entre-croisées servant d’isolant entre les éléments, de telle manière que l’on puisse passer des baguettes de jonc au travers des cases et maintenir ainsi les éléments de la pile à un centimètre du fond.
- Si, par suite d’une usure prolongée ou, accidentellement, un godet de zinc vient à se percer, le liquide tombe dans le fond du cartonnage, mais il lui est absolument impossible d’aller toucher l’élément voisin qui est surélevé, et le court-circuit est sûrement évité.
- Én outre, avec ce dispositif, il est possible de procéder au mon-t âge des éléments sans la boîte extérieure qui les contient habituellement. Ces éléments sont placés dans leurs cases respectives et sont soutenus par la baguette de bois. Lorsque le bloc est ainsi entièrement monté, on l’immerge dans la parallinc fondue et on le place ensuite dans le cartonnage. Le bloc entier se trouve ainsi recouvert d’une couche mince de parallinc, empêchant toutes fuites des godets et écartant tout danger de sulfatation des capsules en cuivre et des lils de connexions.
- De plus, les éléments sont scellés par la paralline et les ruptures de connexions dues aux vibrations mécaniques, principalement dans les transports, sont, en même temps, supprimées. Une telle batterie de T. S. F. peut ainsi se conserver longtemps, sans perte de voltage appréciable.
- L’électrolyte employée dans les batteries actuelles ne se dessèche pas et la pureté des produits utilisés rend impossible tout couple local.
- Ces différents perfectionnements permettent d’obtenir, en même temps qu’une audition parfaite, le maximum de durée qu’il soit possible (1e demander à une pile de T S. F.
- VUE PAU DKSSOUS D’UNE BATTU RI U DK PII.F.S « WON-DKR », MONTRANT Kl’.S BAGUETTES DE BOIS QUI MAINTIENNENT KES K.CÉMENTS AU-DESSUS DU FOND
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- Pour recharger les batteries d’accumula~ teurs de 80 volts avec une tension de 4 ou 5 volts
- Piles ou accumulateurs ? Le problème de l’alimentation de la tension-plaque a reçu ces deux solutions, sans parler de tous les types de redresseurs de courant. Certains préfèrent les piles, car elles n’exigent aucun entretien et sont d’un emploi commode, alors qu’une batterie d’accumulateurs de 80 volts est délicate à recharger, puisque le courant de charge ne doit pas dépasser 0,1 ampère. On ne dispose pas toujours de cette tension et d’une aussi faible intensité. Au contraire, la recharge des accumulateurs de 4 volts est très simple, soit que l’on ait à ;-a disposition du courant continu, soit que l’on redresse le courant alternatif. Si l’on pouvait coupler en parallèle des séries de deux éléments de la batterie 80 volts, le problème en serait grandement facilité, car on pourrait utiliser la même source d’énergie que celle destinée aux accumulateurs de chauffage.
- Pour obtenir ce résultat, on ne peut songer évidemment à déconnecter les éléments, pour les relier ensuite comme nous l’avons indiqué. Aussi M. Blain a-t-il imaginé un dispositif pratique assurant automatiquement les couplages nécessaires. Il se compose de trente-six alvéoles noyées dans un socle isolant et reliées aux couples de la batterie et de trente-six broches convenablement disposées pour s’enclencher dans ces alvéoles et parfaitement reliées entre elles.
- Le tout étant inscrit dans un hexagone régulier, il y a six positions relatives possibles entre les broches et les alvéoles.
- Dans une position, tous les éléments de la batterie sont mis en série et on a. entre les bornes terminales, la tension de 80 volts nécessaire pour l’écoute.
- (Deux autres positions donnent le même résultat.) Si, au contraire, on enclenche les broches dans une des trois
- DISPOSITIF POUR LA RECHARGE DES ACCUMULATEURS 80 VOLTS, AVEC UNE TENSION DE 4 VOLTS
- autres positions, on effectue par cela même la liaison entre les bornes positives et négatives des éléments, c’est le couplage en parallèle, donnant, entre les bornes terminales, une tension de 4 volts sous laquelle on peut alors recharger la batterie. Il suffît d’appuyer sur un petit levier pour soulever le dispositif et mettre la batterie en circuit ouvert. En prenant cette précaution, on n’a à la recharger que tous les trois mois environ.
- Un nouveau support de self
- La fixation des bobines de self sur un poste, et surtout la facilité et. la précision du réglage de la self mobile permises par le support, sont un facteur important du fini d’un poste récepteur.
- Le support micrométrique Gamma 430, entièrement en ébonite et laiton, finement nickelé, très robuste, assure ces conditions.
- Ce support permet le réglage de la self avec une et une extrême précision.
- LE SUPPORT MICROMETRIQUE (( GAMMA »
- grande facilité et une
- Le bouton de commande est en avant, donc d’accès toujours aisé ; et, comme ce bouton ne se déplace pas au cours de la manœuvre. l’ensemble du mouvement y gagne en douceur et en précision.
- D’autre part, le déplacement giratoire de la self est compensé par la torsion d’un ressort, ce qui assure un mouvement très doux, sans retard et irréversible, quels que soient le poids et l’inclinaison de la bobine.
- Pour un tour complet du bouton, la self ne s’incline que de 20° (ou I/18e de tour). Le réglage est donc très précis. A plus forte raison si on choisit un 430 micro à démultiplication de 36 ou de 54 au lieu de 18. (Ces modèles sont livrés sur demande.)
- Deux vis le fixent sans torsion sur tous les postes existants. Les contacts des bobines sont à écartement français (18%) ou Union (19%).
- Un manche d’éloignement spécial peut s’adapter au bouton micrométrique.
- Sa commande peut être à droite ou à gauche ; il est livré monté ou non, avec ou sans partie fixe, et même triple, avec deux prises mobiles et une prise fixe pour montage primaire, secondaire et réaction. J. M.
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- LES A COTÉ DE LA SCIENCE
- INVENTIONS, DÉCOUVERTES ET CURIOSITÉS
- Par V. RUBOR
- Avec cette théière électrique on peut doser exactement la force d'une infusion
- Préparer un thé savoureux est une opération relativement délicate si l’on veut réussir un breuvage présentant l’arome désirable et éviter une infusion trop prolongée. Faire bouillir de l’eau, y projeter le thé en éteignant la source de chaleur, attendre que l’infusion ait la force voulue pour la servir, telles sont les opérations nécessaires, bien connues de tous. Cette façon de faire présente, on le sait, certains inconvénients : le thé qui reste dans le récipient continue à macérer dans l’eau lorsque l’on a servi et, si l’on veut emplir à nouveau une tasse, c’est un liquide presque noir qui s’écoule de la théière. On ajoute de l’eau chaude pour y remédier, mais l’arome n’est malheureusement plus le même.
- C’est pour permettre de préparer une infusion exactement dosée que la théière représentée par nos photographies a été imaginée. Elle se compose d’une bouilloire électrique dont l’eau est portée à l’ébullition par le passage du courant à travers une résistance logée dans le double fond et d’un œuf perforé dans lequel on met le thé. Cet œuf, qui s’ouvre facilement pour recevoir la plante ou pour être nettoyé, est suspendu par une petite chaînette traversant le couvercle de la théière et pouvant être fixée à un petit crochet. L’œuf étant garni et la bouilloire remplie d’eau jusqu’à un certain niveau, afin que le thé ne soit pas en contact avec le liquide (ce niveau correspond à une conte-
- nance d’un litre environ), on ferme le courant.
- Lorsque l’eau est en ébullition, on coupe le courant et on décroche la chaînette. L’œuf plonge dans l’eau bouillante, la chaînette étant seulement retenue par un petit bouton de bois. Au moment où l’infusion a le degré exactement désiré, degré qui varie suivant les goûts, il suffit de remonter l’œui' à thé au-dessus du liquide et de raccrocher la chaîne. Le thé se trouve donc isolé, ce qui ne se produit pas si l’on se contenté d’employer un œuf à thé ordinaire, et rien n’est plus facile que de préparer une nouvelle infusion avec le même thé, qui n’a pas perdu son arôme par une macération prolongée, en ajoutant de l’eau chaude. Ajoutons qu’à la place du thé, il est évident que l’on peut préparer ainsi une infusion quelconque (tilleul, camomille, etc.).
- Grâce à cet appareil, l’emploi d’une passoire quelconque est donc complètement inutile.
- Les lampes électriques seront désormais désignées par leur consommation en Watts
- des Syndicats d’Electricité a décidé que les lampes à filament métallique dans le vide seraient désormais désignées, ainsi qu’on le fait depuis longtemps pour les lampes à filament métallique en atmosphère gazeuse, non plus par leur intensité en bougies, mais par leur consommation en watts. Le marquage en watts donne, en effet, au consommateur, sinon une indication précise sur l’intensité lumineuse, du moins un renseignement exact sur la consom-
- LA NOUVELLE THEIERE ÉLECTRIQUE
- Les deux vues du haut montrent comment VœuJ il thé peut cire plongé et retiré de Veau bouillante. Au-dessous, vue extérieure de la théière.
- L
- 'Union
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- mation, ce qui facilite la prévision de la dépense d’énergie et l’établissement d’un projet d'éclairage. En outre, eette façon de procéder fera cesser la regrettable confusion qui s’est souvent produite entre les deux unités : bougie décimale, usitée en France, et bougie llefner, en usage à l'étranger (une bougie Hel'ner vaut 0,9 bougie décimale).
- Cependant, le consommateur a l’habitude de demander une lampe à son fournisseur en spécifiant son nombre de bougies. Pour faciliter les commandes, les principales fabriques de lampes, tant en France qu’à l’étranger, se sont mises d’accord pour établir l’échelle de correspondance ci-dessous, qui ne représente pas l’équivalence exacte des types en bougies et en watts, mais une correspondance aussi approchée (pie. possible entre les types actuellcihent répandus (marqués en bougies) et les nouveaux types (marqués en watts).
- NO11VICA 11 TVl'K ANCIEN TYPE
- VUE AKRIÈRE DU PASSE-VUES AUTOMATIQUE On distingue le moteur, les magasins à clichés, le rupteur de courant. A gauche, la fenêtre de projection.
- 10 watts 5 et 10 bougies
- 15 — 10 —
- 25 - 25 —
- 10 — 02 •—•
- 00 — 50 —
- 100 — 100 —
- Dispositif faisant passer automatiquement des vues devant un appareil de projection.
- Le souci de la publicité, qui, de plus en plus, est au premier plan parmi les préoccupations des commerçants et des industriels, a incité les constructeurs et les inventeurs à imaginer des dispositifs pratiques et sûrs pour attirer le regard du passant sur un article déterminé. C’est cer-
- VUE AVANT in; PASSE-VUES AUTOMATIQUE
- L'excentrique, visible au centre, commande un récepteur de façon à projeter chaque vue pendant un temps déterminé.
- tainement grâce à la lumière que la publicité est arrivée au degré de perfection actuel. Partout, on voit surgir des enseignes lumineuses fixes ou changeantes, qui sont une nouvelle ornementation des cités modernes lorsqu’elles sont exécutées avec goût. La projection dans une vitrine, à une cadence déterminée, des vues d’articles divers, et cela sans aucune surveillance, n’est-elle pas intéressante au premier chef? Et, si ce résultat est obtenu au moyen d’un appareil portatif, que le voyageur de commerce peut faire suivre dans ses pérégrinations, afin de présenter au client de belles photographies de la marchandise qu’il désire vendre, au lieu de montrer simplement des catalogues, il faut reconnaître que la publicité ainsi faite sera excellente.
- L’appareil ci-contre atteint précisément ce but. Il se compose de deux magasins contenant les vues à projeter, chaque vue sur verre étant insérée dans un châssis de laiton. Un des deux magasins renferme les vues à projeter ; l’autre, les vues venant d’être projetées. Les deux magasins sont constamment pleins, comme nous le verrons plus loin. Un disque tournant, actionné par un petit moteur électrique, porte une fenêtre dans laquelle s’engage automatiquement la vue à projeter lorsqu’elle passe devant le premier magasin. Lorsque la fenêtre, garnie du cliché, arrive dans l’axe de l’appareil de projection, un temps d’arrêt se produit, le courant étant coupé automatiquement par un rupteur à mercure réglé une fois pour toutes. Après la projection, le disque se remet à tourner et, lorsque la fenêtre arrive devant le deuxième magasin, la vue est poussée dans celui-ci par un ressort. En même temps, la dernière vue de ce deuxième magasin vient se loger au fond du premier. Voilà pourquoi nous disions, tout à l’heure, que les deux magasins sont toujours pleins et voilà comment est assurée
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- LES A COTE DE LA SCIENCE
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- CET APPAREIL, L’ « AVIRETTE », PERMET DE SE DÉPLACER SUR LA ROUTE EN EFFECTUANT I.ES MÊMES MOUVEMENTS QUE SUR UN CANOT
- la continuité de la projection.
- On se rend compte immédiatement qu’aucun entretien n’est nécessaire, à part un léger graissage de temps en temps, pour assurer le bon fonctionnement de l’appareil. Si, dans une ville, un certain nombre d’appareils sont en service, il suffit d’une personne pour faire la tournée et pour effectuer le graissage.
- Ajoutons que le moteur ne dépense que 4 centimes à l’heure.
- Le canotage sur route est un sport excellent et sans danger
- Si la pratique des sports s’étend de plus en plus, pour le plus grand bien et la santé de la jeunesse, à condition, bien entendu, que le sport n’entraîne pas le surmenage, il faut, cependant, convenir que les tout jeunes gens, qui ne peuvent se livrer aux mêmes exercices ï que leurs aînés, ne peuvent se développer, surtout dans les villes, que par une pratique constante d’une gymnastique raisonnée. De nombreux manuels nous enseignent d’excellents mouvements favorisant le développement des muscles. Mais, sans un attrait spécial, qui est l’émulation dans les cours de gymnastiques, un jeune garçon ou une jeune fille se lassera bien vite de ces exercices, dont il ne peut comprendre la véritable portée. Aussi a-t-on créé un grand nombre de jouets sportifs destinés à amuser, tout en développant les muscles.
- Parmi ceux-ci, nous signalons l’appareil imaginé et construit par un de nos lecteurs, M. Le Joille. Nous avons eu l’occasion de
- décrire (voir La Science et la Vie, n° 106’, page 345), un dispositif permettant de répéter, chez soi, les mouvements imposés par le canotage, sport excellent, avec toutes les résistances que l’on doit vaincre sur un canot. Le tricycle, représenté ci-dessus, est une transformation de ce premier appareil. Construit tout en fer et en acier, ce tricycle est l’imitation parfaite du canot. Large de 1 mètre et long de 1 m. 40, il ne pèse que 15 kilogrammes. La planchette sur laquelle reposent les pieds peut être éloignée ou rapprochée, suivant la taille de l’enfant. Celui-ci, assis sur son siège, tire sur les manches des avirons et entraîne ainsi deux chaînes (une de chaque côté) qui actionnent les roues en avant. Deux freins à main assurent une grande sécurité. La direction est obtenue avec les avirons, tout comme dans un canot.
- L'air est aspiré par la droite. Les poussières reviennent par le tube coudé et sont chassées par les ailettes visibles à droite. Au-dessous, tuyau allant au carburateur.
- Cet appareil augmente la tenue en oxygène de Vair aspiré par les moteurs à explosions et le purifie
- On sait que l’air atmosphérique est composé par un mélange de vingt et une parties d’oxygène pour soixante-dix-neuf parties d’azote, ainsi que d’argon (l/l()Oe), de quelques traces de gaz rares, d’anhydride carbonique et de vapeur d’eau. En outre, l’air contient en suspension des poussières, surtout au voisinage des routes. L’air aspiré par les pistons d’un moteur à explosions dont le rôle est de fournir l’oxygène nécessaire à la combustion des gaz, est donc assez pauvre en oxygène, d’une part, et, d’autre part, entraîne avec lui les poussières, dont l’action abrasive est néfaste pour les parois des cylindres et les segments des pistons.
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- Pour enrichir l’air en oxygène et le débarrasser de ces poussières, un de nos lecteurs, M. Julien Roelants, a imaginé le dispositif suivant, dont la photographie (page 345) montre l’aspect extérieur. L’air aspiré passe entre deux cylindres où des aubes inclinées et en forme d’hélice l’obligent à prendre un rapide mouvement de rotation, au fur et à mesure de son avancement vers le fond de l’appareil. De ce fait, les poussières sont projetées vers la périphérie et sont rejetées dans le tuyau coudé, visible sur la photographie Lorsqu’elles arrivent à la sortie de l’appareil, elles sont rejetées vers l’extérieur par des aubes, ce qui évite qu’elles viennent se mélanger à l’air aspiré à son entrée dans l’appareil. En même temps, les gaz lourds se séparent, dans une certaine proportion, de l’air et sont également rejetés.
- Seide, la partie centrale du mélange brassé dans l’appareil, et qui est la plus riche en oxygène, l’azote étant plus léger que ce dernier, se rend dans le tuyau visible en bas et à droite, et qui se rend finalement au carburateur.
- Celui-ci reçojt donc un air plus riche en oxygène et débarrassé de scs poussières.
- La même prise de courant peut alimenter un grand nombre d'appareils électriques
- Les appareils électriques en service dans les ménages se multiplient chaque jour. Non seulement le nombre des lampes portatives, si commodes pour éclairer un point particulier d’une pièce, va sans cesse grandissant, mais encore celui des appareils domestiques, tels que aspirateurs de poussière, allumeurs électriques, bouilloires, réchauds, radiateurs, etc. L’emploi de tous ces dispositifs est évidemment très pratique ; encore faut-il, pour pouvoir les utiliser, que l’on trouve immédiatement une prise de courant disponible. Est-il donc nécessaire de placer dans tous les coins ces prises de courant, faciles à installer, évidemment, mais pour lesquelles on n’a pas tou jours sous la main le matériel nécessaire ? Non, et c’est pour obvier à cet inconvénient que M. Lombard a imaginé la fiche dont notre photographie représente tout un chapelet fixé à la
- même prise de courant d’un modèle courant.
- Exécutée soit en porcelaine, soit en matière moulée de formes et de teintes diverses, cette fiche comporte naturellement les deux broches classiques, qui s’engagent dans les douilles de la prise de courant. Ces deux broches sont en contact électrique avec deux petites douilles qui traversent le corps de la fiche et dont le diamètre est égal .à celui des douilles des prises de courant. Après avoir enfoncé une fiche, on peut donc immédiatement brancher une deuxième fiche perpendiculairement à la première et continuer de la sorte indéfiniment en occupant le minimum de place. En effet, il est possible de revenir en arrière et ainsi de diminuer, en quelque sorte, la charge de la prise de courant.
- Le cinématographe dans les écoles de chauffeurs d'automobiles
- La Bévue mensuelle du Tou-ring Club italien signale une nouvelle méthode d’instruction des apprentis chauffeurs d’automobiles. Lorsque l’élève a suivi les cours théoriques sur la constitution d’une voiture, il prend place sur le siège d’une sorte de châssis comportant les leviers de commande et le volant de direction. Le pont avant, mobile, fait mouvoir, par un système de leviers et de câbles, une sorte de capot situé à quelques mètres devant la voiture. Enfin, sur un écran, on peut faire défiler les scènes ordinaires de la circulation. L’instructeur peut se rendre compte de la façon dont l’élève réagit dans les diverses circonstances où il est placé.
- Y. Rubor.
- Adresses utiles
- pour « Les à côté de la Science »
- Théière électrique : P.-F. Concaeo, 56, rue du Faubourg-Saint-Honoré, Paris (8e).
- Passe-vues automatique : A. Simonet, 145, rue Sadi-Carnot, Vanves (Seine).
- Canotage sur route : E. Le Joille, 4, rue des Jeûneurs, Paris (2e).
- Purificateur d'air : Julien Roelants, 48. rue Neuve, à Lubeeck (Belgique).
- Prise de courant domino : Lombard, 60, avenue des Minimes, Vincennes (Seine).
- CES FICHES DE FRISE DE COURANT PERMETTENT DE BRANCHER LE NOMBRE ü’APPAREILS QUE L’ON VEUT SUR LA MÊME PRISE
- LA SCIENCE ET LA VIE est le seul magazine DE VULGARISATION SCIENTIFIQUE ET INDUSTRIELLE
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- LA REPARATION D’UNE STATUETTE ANTIQUE
- PAR L’ELECTROLYSE
- Par le Dr A. GRADENWITZ
- Le professeur C. G. Fink, de l’Université de Columbia, à New-York, en collaboration avec M. Ch. II. Eldridge, vient d’élaborer un nouveau procédé de restauration des œuvres d’art anciennes, procédé employé par le Metropolitan Muséum of Art. Puisque la croûte gênante, composée de plusieurs sels de cuivre, est due à l’élec-trolyse, l’idée se présentait de la faire disparaître par une sorte de contre - élec-trolyse. Une telle méthode avait d’autant plus de chances de réussir que la mince couche d’oxyde superposée immédiatement à la surface m étalliqu e originale rend dans tous leurs détails les formes primitives. Aussi n’avait-on, pour réussir, qu’à faire en sorte que l’effet électrolytique, s’étendant jusqu’à cette couche, s’arrêtât à cette limite.
- Le bronze, constituant l’électrode négative (la cathode), est plongé dans le liquide électrolytique, de préférence une solution de 2 % de soude caustique. C’est alors que, les sels métalliques ayant été réduits, le métal pur apparaît. On se sert, à cet effet, d’un courant continu de faible intensité (0,1 à 0,5 ampère pour les petits objets) ; les deux électrodes positives (anodes), consistant en platine, fer ou duriron (al-
- liage de fer), sont suspendues de part et d’autre du bronze.
- La réduction électrolytique transforme la croûte en cuivre boueux, enlevé ensuite par un lavage et par un léger brossage.
- Toutefois, lorsque l’altération est trop prononcée, l’objet, après le traitement par
- l’électrolyse, est introduit dans une solution d’acide dilué (de préférence une partie d’acide nitrique par quatre parties d’eau), puis on le plonge alternativement dans de l’eau pure et dans cette solution, jusqu’à ce que la couche extérieure formée par la réduction se soit dissoute. Dès que la surface dure d’oxyde de cuivre est devenue visible avec tous les détails des formes primitives, on arrête le traitement ; cette surface, presque aussi dure et aussi lisse que la surface métallique primitive, prend une patine verte.
- La statuette d’Isis que représentent nos deux photographies, est un bronze égyptien pesant environ 1 kg.500 et mesurant 27 cm. 5 de hauteur. Les résultats donnés par le nouveau procédé sont très apparents et caractéristiques. Les taches blanches recouvrant la photographie de la statuette correspondent à des endroits « malades ».
- Dr A. Gradenwitz.
- STATUETTE D’iSTS QUI A ÉTÉ RÉTARÉE PAR L’ÉLECTROLYSE A gauche : avant la réparation ; à droite : la statuette réparée.
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- ON PEUT TÉLÉPHONER ET TÉLÉGRAPHIER SIMULTANÉMENT SUR UN MÊME CIRCUIT
- Le problème de la transmission de la parole et des dépêches sur un même circuit est déjà vieux de plus de trente ans. Il fut résolu, imparfaitement, par Van Rysselberghe, P. Picard, Cailho. Plus récemment, l’appropriation des circuits (circuits fantômes) (1) avait abouti à une solution fort élégante, mais également insuffisante en raison de la grande difficulté que l’on éprouve à maintenir dans un état d’équilibre électrique parfait les deux circuits réels, qui permettent de constituer un circuit fantôme.
- Cependant, toute solution qui permettrait à la télégraphie l’utilisation totale du réseau téléphonique serait fatalement adoptée par toutes les administrations, sans cesse préoccupées de l’entretien des réseaux et de la construction de nouvelles lignes. Il en résulterait, sinon une économie formidable, du moins un bien-être inconnu jusqu’ici, puisque la majorité des fils télégraphiques pourrait être rétrocédée au réseau téléphonique, le restant étant utilisé d’une manière beaucoup plus avantageuse qu’ils le sont actuellement.
- Il appartenait à un télégraphiste français de résoudre le problème.
- M. Bcrthois vient, en effet, après dix ans d’efforts, de réaliser ce qui, jusqu’ici, n’était qu’un beau rêve : l’utilisation intégrale du réseau téléphonique par n’importe quel appareil télégraphique.
- Nous pouvons dire, dès maintenant, que l’inventeur utilise, comme dans plusieurs systèmes de télégraphie multiple, des courants de fréquence élevée, d’au moins 80.000 périodes. Il a réalisé cette performance sur un circuit approprié entre Lyon, Marseille, Cannes et Nice, c’cst-à-dire que chacun de ces quatre postes était capable de recevoir ou de transmettre des télégrammes à l’un ou à l’autre des trois postes restants par un circuit téléphonique fantôme, sans que les conversations sur les circuits réels en fussent gênées.
- Un poste émetteur de T. S. F. est associé à l’appareil Baudot
- Le principe est très simple. Chaque poste Baudot est complété par un poste émetteur
- (1) l a Science cl la Vie, n° 65, octobre-novembre 1922.
- de T. S. F., sans antenne, bien entendu. Les courants continus, sortant des transmetteurs télégraphiques, sont transformés en courants à haute fréquence dans les appareils de T. S. F. et ils circulent sous cette forme dans les circuits. Us sont reçus, à l’arrivée, dans les appareils de T. S. F. correspondants et retransformés par eux en courants continus, lesquels, enfin, actionnent les appareils Baudot.
- Comme le nombre des fréquences réalisables est illimité, on peut dire que, pratiquement, le nombre des postes télégraphiques susceptibles d’être desservis par un circuit téléphonique est également illimité.
- Les avantages
- du nouveau système télégraphique
- Les conséquences d’une telle découverte sont immenses, car tous les circuits du réseau téléphonique peuvent, sans exception, être affectés à la transmission télégraphique.
- De plus, il a été démontré, au cours d’expériences, que la propagation sur les fils des courants à haute fréquence est beaucoup plus rapide que celle des courants continus ; la télégraphie sur les très longues distances peut donc être réalisée directement, sans l’intermédiaire de relais retransmetteurs ou d’installations de retransmission. Ainsi, sur le fil de Paris à Rome, les deux retransmissions jusqu’ici obligatoires de Lyon et de Milan, qui gênent fortement les échanges entre les deux centraux correspondants, seraient supprimées.
- Aucune raison ne s’oppose également à ce que le réseau souterrainfrançais.actuellement inutilisé, soit mis au service de la télégraphie à haute fréquence, pas plus que les câbles sous-marins. Ceux-ci, fortement menacés par la T. S. F., seraient sauvés par la même T. S. F. qui lui prêterait ses organes les plus sensibles pour se défendre contre elle-même.
- On le voit, la découverte est d’importance. Le moins qu’on puisse dire, c’est que, si les résultats obtenus jusqu’ici par M. Berthois sur un circuit, d’ailleurs de très mauvaise qualité, se confirment, la télégraphie avec fils va reprendre un essor que la T. S. F. paraissait vouloir entraver. L. F.
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- LA TAYLORISATION EN COMPTABILITÉ
- Par Jean CAËL
- Sans comptabilité, aucune affaire n’est viable. C’est un service administratif d’une importance malheureusement trop souvent méconnue, qui seul permet de voir clair et d’enregistrer les résultats. C’est, en somme, la boussole qui permet au chef d’entreprise de faire le point, pour savoir s’il fait ou non fausse route.
- Ces dernières années, un effort considérable a été fait pour améliorer, non seulement les procédés de fabrication, de vente mais également les services administratifs.
- La «comptabilité », comme tous les instruments, a été créée pour répondre à un besoin. Lorsque l’on a une action à accomplir, on invente d’abord un instrument grossier qui exige des gestes compliqués, et, sur cette base imparfaite, l’on s’efforce ensuite de simplifier le travail.
- A partir du xvie siècle est apparue la théorie des parties doubles, perfectionnée aux xviix6 et xixe siècles.
- Malheureusement, depuis l’apparition des premières comptabilités, bien peu d’améliorations ont été apportées dans ce domaine d’une importance capitale, nous le répétons. On a peut-être amélioré le matériel, mais les méthodes de travail sont restées les mêmes.
- Jusqu’à présent, les renseignements enregistrés qui émanent des pièces comptables (factures, effets de commerce, lettres de banques, etc...) étaient préalablement inscrits sur des registres récapitulatifs : journaux ou journaux auxiliaires. Il s’agissait, ensuite, de reporter ces écritures dans les comptes.
- Très souvent, même, il fallait faire un troisième travail : l’établissement des relevés de compte des clients. De plus, la dispersion
- des éléments journaux nécessitait un regroupement périodique de chacun d’eux, c’est-à-dire une centralisation.
- D’un autre côté, la rigidité de l’organisation comptable nécessitait, pour satisfaire aux exigences de la conduite moderne des affaires, une analyse de certains chiffres.
- Vous vous rendez compte immédiatement qu’une comptabilité conçue ainsi nécessite un travail considérable et des répétitions et des possibilités d’erreurs inhérentes à ces répétition^, d’où insuffisance dans la réglementation du travail, dans l’élasticité et dans l’obtention immédiate des renseignements à fournir.
- Le nouveau système de comptabilité que nous allons décrire simplifie autant le travail et le matériel que l’ordre suivi dans l’exécution de ce travail. C’est, en un mot, une « taylorisation » de la comptabilité.
- Principe et méthode de la comptabilité C. S. M. sans reports
- En principe, la nouvelle comptabilité effectue simultanément les écritures : sur le compte, le relevé de compte et le journal, grâce au papier chimique et à des appareils spéciaux. Les écritures sont passées des pièces comptables directement dans les comptes. Prenons un exemple général.
- Vous dressez un plan de comptes, c’est-à-dire une liste de tous les renseignements que doit vous donner votre comptabilité, par exemple :
- 1° Immobilisations : fonds de commerce, frais de constitution, terrains, immeubles, machines, gros outillages, automobile, elie-
- UNE PAGE DE JOURNAL RELIÉ, ÉQUIPÉE AVEC I.’APPAREIL C. S. M. QUI PERMET TOUTES LES ÉCRITURE^ SIMULTANÉMENT
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- LA SCIENCE ÉT LA VlË
- vaux et voitures, etc...
- 2° Disponibilités : caisse, chèques postaux, Banque de France, Crédit Lyonnais, etc.
- 3° Marchandises : achats acier, achats bois, frais de transports, ventes Paris, ventes province, ventes étranger.
- 4° Frais généraux commerciaux : appointements, déplacements, loyer, chauffage, assurances, contributions, frais de banques, etc., etc...
- 5° Frais de fabrication : loyer usine, entretien des ateliers, force motrice, main-d’œuvre improductive, assurance accidents, etc., etc...
- 6° Frais de ventes : publicité journaux, publicité imprimés, frais de voyages, commissions, etc., etc...
- Vous ouvrez ensuite une fiche (voir nos deux photographie s) pour chacun des élé-ments de ce plan, ainsi que pour les comptes de fournisseurs et de clients. Comme il s’agit d’une comptabilité en partie double, il suffit de débiter et de créditer les comptes respectifs, en les appliquant sur le journal, comme le montre notre première photographie. Il ressort facilement que cette manière de faire permet une imputation immédiate, ce qui revient à dire que chaque mouvement de fonds est porté immédiatement et définitivement dans le compte qui le concerne. Ce dernier sera donc toujours à jour et pourra donner, à chaque minute, les renseignements désirés.
- La journalisation s’effectue automatiquement. L’organe « journal » récapitulatif, établi en duplicata, sert principalement et uniquement, en dehors de la question légale, au contrôle des opérations portées directement dans les comptes, c’est-à-dire sur les fiches.
- Un spécialiste, M. Léon Batardon, a pu dire, au cours d’une conférence, que le « grand livre » ou tout au moins ce qu’il convient de désigner sous ce terme, c’est-à-dire l’ensemble des comptes, prend ainsi une place primordiale, celle à laquelle il a droit, en dépit de l’indifférence complète
- dont il a été l’objet de la part du législateur. Il est tenu sur fiches.
- Quant au « journal », il perd considérablement de son importance ; il devient, en réalité, un simple accessoire, et son utilité, en dehors de son rôle légal, est d’être un organe de contrôle et de reconstitution des comptes dans le cas où l’un de ceux-ci viendrait à se trouver égaré.
- Matériel C. S. M.
- La comptabilité C. S. M. se tient soit à la plume, soit à la machine à écrire. Les comptes sont classés dans un ou plusieurs fichiers, cas prévus plus spécialement pour l’utilisation des comptes en papier mince. Ces
- fichiers sont munis de plaques aluminium inter-chan gea blés, protégeant les comptes et les maintenant dans la position ouverte et verticale. La réglette métallique que l’on serre sur le journal, a pour but de permettre la juxtaposition rapide de deux ou trois imprimés l’un sur l’autre, quel que soit l’état d’avancement des lignes. Un curseur parcourt la réglette ; il porte une bande de papier chimique indélébile. Son levier maintient le compte en place pendant le travail et des traits de repère permettent de superposer les lignes blanches à remplir du compte, du relevé et du registre.
- Applications diverses
- La C. S. M. est organisée dans des maisons de petite et moyenne importance avec un seul journal de base, donnant le contrôle automatique des écritures par l’égalité de ses totaux doit et avoir.
- Lorsque le travail est trop important pour un seul comptable, il est prévu une répartition qui diffère passablement de la centralisatrice ordinaire, tout en s’y rattachant par certains points.
- Les industriels utilisent également cette comptabilité pour l’inventaire permanent de leur stock, ainsi que pour l’obtention du prix de revient comptable. J. Caël.
- Guide aluminium
- vm.w Grand livre ’ Clients .
- Grand livre fournisseurs
- Comptes
- générabx
- détaillés
- TINT FICHIER. DE LA COMPTABILITE C. S. M. AVEC SES FEUILLES SÉPARÉES ET SES PLAQUES D’ALUMINIUM
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- A TRAVERS LES REVUES
- CHEMINS DE FER
- Les possibilités d’économie de combustible en traction a vapeur, par F. Bossuroy.
- La traction par l’électricité se développe de plus en plus ; toutefois, la traction à vapeur conserve un champ d’action étendu, et, dans de nombreuses régions, la vapeur maintiendra, pendant longtemps encore, sa suprématie actuelle.
- Aussi, les constructeurs de locomotives à vapeur s’orientent-ils résolument vers des perfectionnements, dont la valeur ne s’affirmera peut-être qu’après un Ion" usage. Us mettent successivement en œuvre des principes qui ont déjà fait leurs preuves dans d’autres industries, mais qui sont tout à fait nouveaux dans le domaine des chemins de fer. Nous avons ainsi vu apparaître la turbine et son corollaire obligé, la condensation, l’utilisation des hautes pressions, le remplacement de l’action directe de la vapeur dans un éjectair par un turbo-ventilateur à meilleur rendement et, enfin, l’emploi d’un réchauffeur à gaz amplement dimensionné, qui permet de récupérer les chaleurs contenues dans les fumées.
- Quelles possibilités d’amélioration de rendement peut-on espérer de Papplication à la locomotive à vapeur de ces différents perfectionnements ? Quels résultats ont-ils déjà permis d’atteindre ? Telles sont les questions que l’auteur de cet article étudie en détail, en montrant les économies considérables de combustible que tous les perfectionnements signalés ont permis de réaliser.
- « La Technique Moderne » (tome. XIX, n° 3).
- ÉLECTRICITÉ
- Quelques récents progrès de l'industrie électrique, par P. Janet.
- Dans un discours prononcé à la Société des Ingénieurs civils de France, M. Paul Janet passe en revue les progrès les plus importants réalisés dans l’industrie électrique au cours de ces dernières années. C’est ce discours que reproduit notre confrère la Revue générale d'Electricité.
- Après avoir rappelé l’importance du choix qui a été fait des unités électriques, M. P. Janet indique les progrès qui ont été réalisés dans la préparation et l’utilisation des matériaux qu’emploie l’ingénieur électricien : isolants, conducteurs et substances magnétiques. Puis il signale les perfectionnements dont ont été l’objet les piles, les accumulateurs, les dynamos, les alternateurs, les moteurs à courants alternatifs. Il montre ensuite comment, pour répondre aux besoins de l’industrie, l’enseignement technique de l’électricité s’est introduit et s’est développé dans les écoles d’ingénieurs et a conduit à la création d’une école spécialement consacrée à Pélectrotechnique : l’Ecole supérieure d’Élec-tricité. Il termine en exprimant sa conviction que les jeunes ingénieurs, qui suivent actuellement cet enseignement, ont conservé cet « idéalisme impérissable, privilège de la jeunesse », qui animait les générations d’avant-guerre et
- leur ont permis de porter à un si haut degré le progrès et le développement de la science et de l’industrie françaises.
- « Revue générale d'Électricité » (tome XXI, n° 7).
- Les progrès de l’électricité en agriculture.
- Les réunions récentes tenues à Bâle ont permis de mettre au point les nombreuses questions concernant la technique et l’industrie. Notamment en ce qui concerne les applications agricoles de l’électricité, dont on parle beaucoup actuellement, on a pu se rendre compte des progrès effectués dans les divers pays. États-Unis, Allemagne, Suisse, Japon, Angleterre et France, Norvège, Italie, sont heureusement passés en revue dans cet article.
- « VIndustrie électrique » (n° 830).
- FORCE MOTRICE
- L’aménagement du Congo donnerait cent
- MILLIONS DE CHEVAUX.
- M. Pierre Van Deuren, colonel du génie de réserve à l’armée belge, a exposé ce que l’on pourrait retirer de l’aménagement du Congo, non seulement au point de vue de la navigation, mais surtout par l’utilisation de la formidable énergie que représente la chute de ses eaux.
- Bien que le bassin du Congo représente 20.000 kilomètres de voies navigables, le lleuve lui-même n’est pas navigable sur la partie basse de son cours, entre Stanley-Pool et son estuaire, soit 400 kilomètres. M. Van Deuren propose de barrer le lleuve en sept points, c’est-à-dire de créer sept biefs de très grande profondeur, réunis par des écluses rachetant des différences de niveau de 40 mètres environ, et d’utiliser la force motrice de l’eau dans des usines hydroélectriques placées au pied des barrages.
- Le chemin de fer que l’on reconstruit actuellement ne peut, en effet, rendre les mêmes services que le lleuve rendu, navigable. Enfin, l’énergie que l’on pourrait capter représente 100 millions de chevaux, soit celle de tout le charbon brûlé dans le monde chaque année.
- Aucune difficulté technique insurmontable ne contrarie la réalisation de ce projet. Seule la question financière peut être difficile à résoudre. Mais il ne faut voir là qu’une œuvre de longue haleine et qui ne serait exécutée que progressivement, et M. Van Deuren a montré qu’une fois construit le barrage le plus bas, l’affaire « paiera »; il sera alors possible de poursuivre la réalisation sans faire appel à de nouveaux capitaux.
- Une autre question doit évidemment se poser : comment utilisera-t-on les 200 millions de chevaux disponibles ?
- « L'Exportateur Français d (n° 546).
- NAVIGATION
- DÉVELOPPEMENTS POSSIBLES DANS LA CONSTRUCTION DES NAVIRES DE PASSAGERS TRANSATLANTIQUES A GRANDE VITESSE.
- Depuis le Mauretania (1000), dont la vitesse atteignait 26 nœuds avec la chauffe au pétrole,
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- aucun navire de passagers n’a battu ce record. Cependant, de nombreux progrès ont été réalisés dans la construction des coques et des machines, et la question des résistances des carènes est également mieux connue qu’alors. Par exemple, la chauffe au pétrole permet de réduire de 30 % le poids des soutes ; l’utilisation des engrenages fait réaliser une économie de 15%; les turbines assurent une économie de *25 % sur le poids et 20 % sur la consommation ; l’étude approfondie des efforts supportés par les navires a permis de mieux distribuer les matériaux ; grâce aux matériaux plus légers, on a pu diminuer le poids de 10 % ; en lin, les nouveaux aciers à grande limite élastique permettraient une nouvelle réduction de 10 %.
- La question qui se pose actuellement est la suivante : les divers perfectionnements possibles dans la construction des coques et des machines seront-ils utilisés pour la mise en service de navires plus rapides, ou doit-on prévoir, pour les traversées à grandes vitesse des modes de transport complètement différents ?
- C’est cette question qu’étudie l’auteur de cet article, et sa conclusion est que, pour plusieurs années encore, la construction de navires non « orthodoxes » n’est pas à envisager.
- « Bulletin technique du Bureau Veritas » (neuvième année, n° 2).
- TRAVAUX PUBLICS
- L’aménagemknt dk l’Iskrk, par Georges Ve.
- L’intérêt de l’aménagement de l’Isère, au point de vue agricole, réside surtout dans la possibilité d’un assainissement méthodique des terrains de culture dans la vallée du Grésivau-dan et de leur protection contre les inondations.
- Pas mal de remèdes ont été proposés à cette situation, car la dépréciation des terrains de culture s’accentue d’année en année.
- Une telle oeuvre implique un grand effort : elle s’annonce longue et coûteuse, car le problème ne peut être résolu que par l’aménagement judicieux des hautes vallées. Son pro-
- gramme comporte : la réorganisation complète de la lutte, entreprise avec des moyens insuffisants jusqu’ici, contre la dénudation' et l’érosion des montagnes, la reconstitution de leur couverture végétale par le regazonnement et le reboisement, la fixation des surfaces atteintes ou menacées au moyen d’ouvrages de circonstance, la création de vastes barrages-réservoirs partout où ce sera possible.
- Après avoir ainsi tracé les grandes lignes de l’œuvre à accomplir, l’auteur suit le cours de l’Isère, étudie le régime des affluents, montre les situations favorables à l’établissement de barrages ou de dérivations, et ce que l’on pourrait en retirer au point de vue force motrice.
- « La Vie technique et industrielle » (n° 88).
- Routes spéciales pour la circulation automobile, par P. Calfas.
- Ce n’est que depuis quelques années seulement que l’on a étudié systématiquement les caractéristiques du tracé et les revêtements les plus favorables pour les routes destinées spécialement ’à la circulation automobile. Pour la première fois, on vient de réaliser, en Italie, le système de la route close, réservée exclusivement aux automobiles. Ces « nutostrades » relient actuellement Milan aux lacs lombards. Ces routes constituent une voie continue, bordée de clôtures, ne croisant aucune autre voie de communication, ne traversant aucune agglomération, ne comportant aucun passage à niveau, des courbes d’au moins 500 mètres de rayon, des rampes très faibles, billes sont revêtues de béton.
- L’auteur indique quelle est la réglementation, à la fois simple et stricte, qui régit la circulation sur ces autostrades entre G heures du matin et f heure après minuit ; comment on accède à l’autostradc, chaque point d’accès étant surveillé par un poste spécial qui délivre les tickets d’admission. La taxe perçue sert à l’entretien de la route.
- <i Larousse Mensuel illustré » (n° 240).
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