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- Pendant les jours de prospérité, on se laissait aller, on pensait être suffisamment instruit, que tout se faisait d’une manière facile et qu’il restait très peu à apprendre. Aujourd hui, hommes et femmes doivent se rendre compte que c’est là une grave erreur. Il est de plus en plus évident que la seule manière de s’améliorer est de beaucoup réfléchir et de beaucoup apprendre. Nous devons préparer nos cerveaux. Nous devons augmenter nos chances de succès.
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- bra, etc., et par les plus éminentes autorités de l’enseignement, Mgr Baudnllart qui nous a écrit : « D’après le témoignage de plusieurs de nos professeurs, le Linguaphone rend, effectivement, d’importants services pour l’enseignement des langues, a
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- L A S C1E N C E ET L A VIE
- Jusqu’où peut-on reculer les limites de la mémoire ?
- Curieuse expérience dans un rapide
- Je montai dans le premier compartiment qui me parut vide sam me douter qu’un compagnon invisible s’y trouvait déjà dont la conversation passionnante devait me tenir éveillé jusqu’au ma lin.
- Le train s’ébranla lentement. Je regardai les lumières de Stockholm s’éteindre peu à peu, puis je me roulai dans mes couvertures en attendant le sommeil : j’aperçus alors en face de moi, sur la banquette, un livre oublié par un voyageur.
- Je le pris machinalement et j'en parcourus les premières lignes; cinq minutes plus tard, je le lisais avec avi-d té comme le récit d’un ami qui me révélerait un trésor.
- J’y apprenais en effet, que tout le monde possède de la mémoire, une mémoire, suffisante pour réaliser des prouesses fantastiques, mais que rares sont les personnes qui savent se servir de cette merveilleuse faculté. Il y était même expliqué, à titre d’exemple, comment l’homme le moins bien doué peut retenir facilement, après une seule lecture attentive et pour toujours, des notions aussi compliquées que la liste des cent principales villes du monde avec le chiffre de leur population.
- lime parut invraisemblable d’arriver à caser dans ma pauvre tète de quarante ans ces énumérations interminables de chiffres, de dates, de villes et de souverains, qui avaient l’ait mon désespoir lorsque j’allais à l’école et cpie ma mémoire était toute fraîche, et je résolus de vérifier si ce que. ce livre disait était exact.
- Je tirai un indicateur de ma valise et je me mis à lire posément, de la manière prescrite, le nom des cent stations de chemin de fer qui séparent Stockholm de Trehoerningsjoe.
- Je constatai qu’il me suffisait d’une seule lecture pour pouvoir réciter cette liste dans l’ordre dans lequel je l’avais lue, puis en sens inverse, c’est-à-dire en commençant par la fin. Je pouvais même indiquer instantanément la position respective de n’importe quelle ville, par exemple énoncer quelle était la 27e, la 8-1®, la 20e, tant leurs noms s’étaient gravés profondément dans mon cerveau.
- Je demeurai stupéfait d’avoir acquis un pouvoir aussi extraordinaire et je passai le reste de la nuit à tenter de nouvelles expériences, toutes plus compliquées les unes que les autres, sans arriver à trouver la limite de mes forces.
- Lien entendu, je ne me bornai pas à ces exercices amusants et, dès le lendemain, j’utilisai d’une façon plus pratique ma connaissance (les lois de l’esprit. Je pus ainsi retenir avec une incroyable facilité mes lectures, les airs de musique que j’entendais, le nom et la physionomie des personnes qui venaient me voir, leur adresse, mes rendez-vous d’affaires, et même apprendre, en quatre mois, la langue anglaise.
- Si j’ai obtenu dans la vie de la fortune et du bonheur en quantité suffisante, c’est à ce livre que je le dois, car il m’a révélé comment fonctionne mon cerveau.
- Il y a trois ans, j’eus le plaisir de rencontrer son autour et je lui promis de parler de sa méthode dans mon pays lorsqu’elle aurait été traduite en français. B.-IL Borg, qui se repose en ce moment dans notre Midi, vient de publier cette traduction et je suis heureux aujourd’hui de pouvoir lui exprimer publiquement ina reconnaissance.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- XIII
- LA CARRIÈRE
- D’INGÉNIEURS DES TRAVAUX PUBLICS
- DE L’ÉTAT
- Considérations générales sur les administrations de travaux publics (ponts et chaussées, mines, services vicinaux, services municipaux).
- Les Administrations de travaux publics comprennent : l’administration des ponts et chaussées, l’administration des mines, les services vicinaux, les services de travaux publics dans les colonies, les services municipaux de travaux.
- Dans tous ces services, les situations sont très attrayantes, parce qu’elles sont extrêmement variées ; parce qu’elles sont, en général, actives ; parce qu’elles développent l’initiative ; parce qu’en raison de leur caractère technique, elles font acquérir à leurs titulaires une expérience professionnelle les rendant aptes à être employés non seulement dans plusieurs administrations différentes, mais aussi dans l’industrie privée, et, en particulier, dans l’industrie des travaux publies et du bâtiment où ils sont très appréciés ; parce que beaucoup de fonctionnaires de ces administrations ont la possibilité et la liberté de conduire leur travail à leur guise, sans aucune contrainte horaire ; parce que les occupations sédentaires peuvent alterner avec la vie active des chantiers et des travaux extérieurs, etc...
- Ces situations peuvent paraître moins bien rétribuées que les situations correspondantes d’autres administrations, mais les avantages énumérés ci-dessus, les rémunérations accessoires de service et quelquefois même les rémunérations étrangères au service (expertises, travaux divers, etc.) les font rechercher par les nombreux jeunes gens qui aiment l’activité et l’effort et qui comptent beaucoup plus, pour améliorer leur situation, sur leur énergie et sur leur travail que sur la régularité des avancements à l’ancienneté.
- Les principaux services assurés par les administrations précitées concernent :
- Pour les ponts et chaussées : les routes nationales, la construction et le contrôle des chemins de fer d’intérêt général, le service des rivières navigables et flottables, les canaux, les ports maritimes, les phares et balises, le contrôle des distributions d’énergie électrique, le contrôle des chemins de fer d’intérêt local et des tramways, le nivellement général de la France, le service des forces hydrauliques, le service vicinal dans les départements où ce service est confié à l’administration des ponts et chaussées, le service hydraulique, etc.
- Pour les mines : la surveillance et le contrôle des mines, minières et carrières, le contrôle des chemins de fer miniers, la règlementation de l'emploi et de la conservation des substances explosives, le contrôle des machines et appareils à vapeur ; les études topographiques souterraines, etc.
- Pour les services vicinaux : la construction et l’entretien des chemins vicinaux dans les départements où ce service n’est pas confié à l’administration des ponts et chaussées.
- Pour les services coloniaux : l’exécution des travaux publics dans les colonies : routes, ports, chemins de fer, etc. ; l’exécution de certains travaux de colonisation, de drainage, d’irrigation, d’assainissement ; l’entretien des ouvrages du domaine public de la colonie, etc.
- Pour les services municipaux : la construction et l’entretien des voies publiques communales, des réseaux d’égoûts et de distribution d’eau, l’éclairage public, l’entretien des bâtiments publics communaux, etc.
- Les dilhcultés d'accès aux emplois correspondants des diverses administrations de travaux publics ont beaucoup d'analogie et, à la suite d’une préparation unique, les candidats ont la possibilité de se présenter aux concours d’admission à plusieurs administrations différentes (ponts et chaussées, services vicinaux et services coloniaux, par exemple), ce qui augmente leurs chances de succès. Par ailleurs, quelques services vicinaux, coloniaux ou municipaux acceptent, sans examen, les candidats reçus ou même seulement admissi-bl es aux concours de l’administration des ponts et chaussées.
- Tout fait prévoir que, dès que les circonstances économiques le permettront, une période de grands travaux publics s’ouvrira tant en France qu’aux colonies, et il semble que le moment est très intéressant, pour beaucoup de jeunes gens, de se diriger vers cette branche d’activité où, en raison de la variété et de la diversité des occupations, ils ne manqueront pas de se créer une situation parfaitement en rapport avec leurs désirs, leurs aptitudes et leurs convenances personnelles.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- DEMONTABLES
- II arrive assez souvent que le coût du transport d’un réservoir assemblé dépasse le coût du réservoir lui-même. Il arrive même, quelquefois, que le transport d’un réservoir tout r i v e t é et mo n t é n’est pas pratique.
- C’est pour ees deux raisons que nous fabriquons des réservoirs qui ne demandent,, pour leur assemblage, que des boulons, des rondelles et du plomb jointif.
- Ces réservoirs partent de 3.000 jusqu’à 8.000 litres de capacité. On groupe quatre réservoirs de 8.000 litres sur un pylône de 10 mètres pour faire le château d’eau d’une commune, ou on met un petit réservoir de 2.000 litres sur un bâti ordinaire pour alimenter le jardin ou la maison. — L’utilité de ees réservoirs est extraordinaire.
- Nous en employons un dans notre atelier de Petit - Quevilly. Ils sont pratiques à fabriquer et à trans-
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- porter ; ils n’occupent pas de place dans un vapeur et coûtent peu de chose pour le transport.
- Comme prix, nous faisons un taux unique de 3 5 0 f r a n c s les 1.000 litres de capacité, depuis 500 litres jusqu’à 8.000. L’expédition est faite démontée, les tôles étant empaquetées et les cornières et T d’assemblages ligaturés entre eux ; la bou-lonnerie, rondelles et matière jointive sont dans une caisse avec l’outillage pour l’assemblage, lequel ne demande aucune connaissance spéciale.
- Nous n’avons pas « inventé le courant d’air » ; mais nous croyons tout de même que nos réservoirs métalliques démontables rendent bien des services, et que nos honorés lecteurs pourraient très bien s’en servir dans tous les cas où une économie de transport et de manutention s’impose.
- 100 litres de capacité.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- XXI
- La Case à indigènes ' ‘ LA MARTINIQUE ’ ’
- 2.598 francs
- La case dite La Martinique est faite en acier et en tôie ondulée galvanisée. Ses dimensions sont les suivantes :
- Longueur totale..... 7 m. 50
- Longueur utile....... 7 m. »
- Largeur totale....... 4 m. 50
- Largeur utile........ 4 m. 25
- Hauteur aux côtés ... 2 m. 30
- Hauteur au faîte.... 3 m. »
- Chaque case donne deux pièces de 4 m. 25x3 m. 50, cloisonnées en tôle ondulée galvanisée. Chaque pièce a une porte, d’un côté, et, de l’autre, une fenêtre.
- Cette case ne nécessite ni fondations ni main-d’œuvre spécialisée pour sa pose.
- Elle se monte entièrement à boulons et à vis, et peut se démonter et se remonter une centaine de fois sans défor-mer la charpente, ni détériorer les tôles.
- Tous les éléments entrant dans sa construction sont des pièces rigoureusement standardisées, toute sa fabrication étant étudiée spécialement dans le but de pouvoir présenter à notre clientèle d’outre-mer une case robuste et bien usinée à un prix qui ne grève pas le budget le plus réduit.
- La Martinique est livrée absolument complète — même jusqu’à la toile métallique des fenêtres. Rien n’est oublié. Non seulement y a-t-il un supplément de toile et un excédent de boulons, mais l’outillage de pose est compris dans la. caisse des petites pièces.
- Toutes les tôles de la toiture, des parois, de la cloison et des pignons sont posées sur notre modèle d’usine et numérotées et repérées avant leur démontage, afin de faciliter la rapide exécution de la mise en place par le personnel de nos honorés clients. Surtout, sommes-nous heureux de
- pouvoir leur éviter la tâche si onéreuse de couper en biais les tôles des pignons.
- La Martinique mérite le bon accueil qui lui est réservé par nos honorés clients d’outre-mer. La nommer une « case à indigènes » est réellement la dénigrer, car nombreux sont messieurs les colons et propriétaires qui l’emploient comme habitation provisoire, ou pour y entreposer du matériel et des marchandises.
- Chaque case coûte 2.598 francs — 2.364 francs sans cloison intermédiaire — emballée et mise sur bateau Le Havre. Les
- cases à trois pièces coûtent 3.344 francs et à quatre pièces, 4.324 fr. Le coût de toute pièce supplémentaire, avec sa porte et sa fenêtre, ainsi que la cloison, est .le980 francs. En su p pU'i-mant la cloison entre les pièces, on économise 234 fr., ou on peut avoir une porte dans la cloison au lieu d’une des portes sur les côtés sans supplément de prix. Si on veut une porte dans la cloison sans suppression d’une autre porte, le supplément est de 92 francs par cloison.
- Le coût étant calculé au tout dernier centime possible pour du travail sérieux, il est impossible d’offrir à nos honorés clients une réduction de prix pour une quantité de cases. Notre seul escompte est. de 2 %, consenti pour le règlement total en même temps que la commande ; autrement, nos conditions habituelles sont : la moitié à la commande et le solde à la livraison dans le port destinataire.
- Les virements peuvent s’effectuer par chèque envoyé directement à la Banque de France, à Rouen, et libellé pour notre compte, ou par virement au compte de chèques postaux ROUEN n° 50-34.
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- NOTA. — Les Etablissements JOHN REID sont une usine française, employant du personnel français et utilisant des aciers exclusivement français. Elle est agréée des ministères des Colonies, de la Guerre et de l’Aéronautique, ainsi que des Ponts et Chaussées.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
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- 3 O M M AIRE Tome XLIII
- J AN V I K R 1 933
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- Le centenaire de Gustave Eiffel, le « magicien du 1er ».
- Le célèbre ingénieur, connu surtout par la construction de la Tour de 300 mètres et du uiuduc. de Garabil, fut aussi un savant dont les inwaiiA. .Mir Tuérodgiiamique on! permis à l'nuialinn de progresser a pas de. f/éunt..............................................
- Les montées et les descentes îapidos ne présentent aucun danger pour les voyageurs aériens.
- J.cs dernières expériences effectuées au laboratoire du liourget, près Paris, ont démontré que l'organisme humain peut supporter impunément les changements brusques de pression résultant des variations rapides d'altitudes........................................
- La science au service de l’horlogerie : Los travaux de laboratoire ont donné au graissage dos montres une solution scientifique.
- La constitution menu•. de ht molécule des coiqts gras a fait faire à l<t technique du graissage tics montres de considérables progrès.. ..
- L’orgue radioélectrique du « Poste Parisien » et la synthèse de la musique.
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- Pourquoi accroît-on sans cesse le nombre des cylindres des moteurs d’automobiles ?
- Diminution des vibrations, réalisation it'un équilibrage, juir/ait et tlu maximum de souplesse, tels sont les trias problèmes auxquels les moteurs potgrglinilriqurs modernes apportent une solution de ]tlus en plus satisfaisante........................................
- On sait maintenant doser les rayonnements employés en radiothérapie.
- Si la mesure est à la buse de toute science, elle jirésente, en radiothérapie, une importance capihde. Grâce à la chambre d’ionisation, elle est, aujourd'hui, effectuée avec préeisiim dans tes hôpitaux modernes......................................................
- Qu’est-ce que le chauffage par « pulsion d’air » ?
- Ce nouveau mode de chauffage, assez répanilu aux l'.tals-Vnis et au Canaila, permet de puiser de l’air pur dans l'almosphère et de te distribuer dans les appartements, après son réchauffage............
- Leipzig possède maintenant la station de radiodiffusion la plus puissante d’Europe.
- Les derniers progrès de la technique radioélectrique ont été mis en a1.livre dans cette station dont la fiuissanee atteint tôt! kiloivutts-anteniie..............................................................
- Les curieuses habitudes et manies d’insectes.
- C’est lèi un des chapitres les jilns captivants de la vie des insectes. \'oici les curieuses observations recueillies par notre collaborateur................................................................
- Les tunnels sous l’Escaut â Anvors.
- Troisième port il'lùirope, .Anvers songe éi s'étendre encore. J.es deux tunnels sous Tltseaul, l'un pour voitures, l’autre pour piétons, permettront éi la ville d'occuper la rive gauche du fleuve............
- Il faut au Maroc do l’eau et do l’énergie électrique. Le barrage d’El Kansera.
- Le barrage, en voie d'achèvement, assure l’irrigation de 30.00(1 hectares de terrains et ht production de 13.000 kilowatts pour l'électrification des chemins de fer du Maroc.........................
- Un seul sondage acoustique permet de déterminer l’inclinaison du fond de la mer........................................................
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- Le centenaire d’Eiffel a été fêté le 15 décembre dernier. Le célèbre ingénieur a été un précurseur, non seulement dans la technique des constructions métalliques, mais encore en aérodynamique, et son laboratoiro d’Autcuil a été l’un des plus puissants auxiliaires des techniciens de l’aviation. La couverture de ce numéro représente une vue partielle de la Tour Eiffel qui n servi do base également à do nombreuses recherches
- scientifiques. (Voir l’article, page 3.)
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- DANS I.K LACIS M l'.'l'A 1.1,1Q V K 1)1''. I.A TOC H KIFI'Kf,
- ('.'elle curieuse vue montre les escaliers reliant le premier étage au second étage de la Tour Eiffel. La différence de niveau entre les étages esl de KH) métrés; le nombre des marches de l'escalier circulaire est de 300 environ. .Ijoutons, à litre d'indications complémentaires, i/iw le poids total delà Tour est de 7.000 Haines. Ce poids est insignifiant. Si, en effet, la Tour était réduite au millième, elle aurait une hauteur de 30 centimètres cl pèserait 7 garnîmes ; moins que le poids d'une lettre. Tour édifier celle gigantesque charpente métallique, deu.v ans seulement furent nécessaires, (''est te 2S janvier .MW 7 que le premier coup de pioche fut donné. Le ;il murs MW.'/, la Tour Eiffel était terminée.
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- La Science et la Vie
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- Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés pour tous pays Copyright hy La Science et la Vie, Janvier tpyy < I\. C. Seine 116.544
- Tome XLIII Janvier 1 £) 3 ô Numéro 187
- LES GRANDES ÉPOQUES DE L’INDUSTRIE
- LE CENTENAIRE DE GUSTAVE EIFFEL, LE « MAGICIEN DU FER »
- Par Robert CHENEVIER
- En célébrant le centenaire de la naissance de Gustave Eiffel, magicien du fer, c'est toute une tranche de Vhistoire du génie civil français que l'on évoque en même temps. A la pierre, élément
- architectural dont les harmonieuses dispositions engendraient une beauté, Gustave Eiffel a substitué le métal, un métal assoupli, discipliné et, pour tout dire, asservi. La poutrelle de fer est jjIus proche de la dentelle gothique qu'on ne le pense communément, et l'élan du viaduc de Garabit ne le cède pas en hardiesse à celui de la nef de la cathédrale de Cologne. Durant un temps, les milieux intellectuels se sont élevés contre la Tour Eiffel. Qui donc, aujourd'hui, oserait lui contester ses lettres de noblesse ? Laboratoire d'études météorologiques, laboratoire d'essais où l'onde radioélectrique, encore balbutiante, a fait ses premières preuves avant de rendre d'éminents services, la Tour de 300 mètres s'est acquis de nombreux titres à la reconnaissance du monde savant. Certes, de toute sa célébrité, elle a peut-être pesé un peu lourdement sur le génie de Gustave Eiffel et projeté comme un cône d'ombre sur certains de ses autres travaux, en particulier ceux dont l'aérodynamique a fait l'objet. En effet, si l'aviation a progressé à pas de géants, c'est beaucoup à Eiffel qu'elle le doit, à ses études désintéressées conduites dans son laboratoire d'Auteuil, où fonctionnait la première soufflerie qui existât au monde. Aussi, La Science et la Vie est-elle fidèle à sa mission instructive et éducative en évoquant aujourd'hui la vie et l'œuvre prestigieuse de celui que la science mettra à son rang sous le nom de magicien du fer.
- GUSTAVE EIFEEL EN 1889
- L’homme et son œuvre
- Lies œuvres sont inséparables des hommes. On ne comprend bien les unes qu’en connaissant bien les autres. Loin d’échapper à cette règle, Gustave Eiffel la confirme pleinement, tant sa vie, faite de discipline et d’effort continu, atteste la régularité du développement de son œuvre.
- C’est à Dijon que naquit Gustave Eiffel, le 15 décembre 1832. Jusqu’en 1850, année de son baccalauréat sciences et lettres, il fit scs études au lycée de sa ville natale ; après quoi, en 1850, il vint à Paris se préparer aux grandes écoles, à l’Institut Sainte-Barbe. En août 1852, il est admissible à Polytechnique et reçu à l’Ecole Centrale. Il fait choix de cette dernière, et trois ans
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- après, en 1855, sort de l’Ecole, nanti du diplôme d’ingénieur chimiste.
- La même année, il entre chez Nepveu, entreprise de constructions mécaniques, en qualité de secrétaire particulier et aux appointements de 150 francs par mois. Il a vingt-deux ans.
- Au bout de quelque temps, l’entreprise périclite, et Nepveu craint de ne pouvoir conserver à son service le jeune ingénieur. Avec un magnifique désintéressement de
- comprimé pour la fondation des piles métalliques. Sa réussite est complète et grand son succès. Aussi les constructions se succèdent-elles rapidement. En moins de dix ans, de 1858 à 1867, il construira, outre le pont de Bordeaux, le pont de la Nive, les ponts du réseau central des chemins de fer à Elorac et Capdenac, auxquels il appliquera, du reste, le système perfectionné de l’emploi de l’air comprimé au fonçage des piles tubulaires.
- Dès lors, sa jeune réputation est consa
- l’IG. 1. - LE VIADUC SUR LE DOUllO (PORTUGAL) (1877)
- Ce pont en arc, le premier d'une telle ampleur qui fut jamais construit au monde, — Vouverture de l'arc atteint 160 ni et la longueur totale du pont 354 m —, annonce le viaduc de Garabit et la Tour Eiffel.
- la chose d’argent, qui sera une des caractéristiques de ïon tempérament, Gustave Eiffel propose de demeurer gratuitement. Le travail l’intéresse. Que lui faut-il de plus ? Xei >veu refuse et le place aux chemins de fer de l'Ouest, aux appointements de 125 francs.
- Mais la fortune est plus souriante pour le jeune technicie n que ses ennuis de situation peuvent le laisser croire. En 1858 — trois ans après sa sortie de l’Ecole — Gust ave Eiffel est appelé à donner sa mesure, en assumant la direction des travaux du pont métallique de Bordeaux, l’une des plus importantes constructions en fer de l’époque.
- A cette construction, Gustave Eiffel , sans crainte ni hésitation, une méthode toute nouvelle : l’emploi de l’air
- crée, et il s’afïirme comme l’un des meilleurs représentants de ce génie civil français, qu’il portera plus tard au pinacle. Aussi, en 1867, M. Krantz, directeur de l’Exposition Universelle, se l’adjoint-il comme collaborateur direct.
- Collaboration singulièrement féconde. M. Krantz demande, en effet, à Gustave Eiffel d’établir le projet des fermes en arc de la Galerie (les Machines, ainsi que l’étude théorique dé ces arcs et la vérification expérimentale de ses calculs.
- Le résultat de ees expériences, qui furent faites en grand à la maison Gouin, avec le concours de M. Tresca, directeur du Conservatoire des Arts et Métiers, fut consigné dans un mémoire où, pour la première fois,
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- fut déterminée expérimentalement la valeur du module d’élasticité applicable aux pièces composées dans les grands travaux métal liques. Cette valeur, trouvée par Gustave Eiffel, qui est de 16 x 10 , est admise depuis d’une manière générale.
- Ce nouveau succès va, du reste, lui donner des ailes. A l’avenir, il sera son maître, le constructeur des œuvres gigantesques qu’il
- célèbres sont le pont sur le Douro, le viaduc de Garabit, la coupole de l’Observatoire de Nice et l’ossature métallique de la statue de la Liberté, à New York.
- Désormais, autour de lui, la renommée est retentissante et telle qu’aucun ingénieur n’en a connu de semblable. Mais, à cette couronne, il faut un fleuron qui la parachève et la fasse à jamais éclatante : ce
- FIG. 2. -- VUE' GÉNÉRALE DU VIADUC DE GARABIT (1884)
- Ce viaduc consacra définitivement la gloire de Gustave Eiffel. Son arc franchit la Truyère à une hauteur de 122 mètres, supérieure à celle des tours de Notre-Dame de Paris et de la colonne Vendôme superposées.
- enfantera. A Levallois-Perret, il fonde une entreprise de construction métallique, la Maison Eiffel.
- Et c’est alors, en dix-liuit ans de temps, une incroyable succession de travaux accomplis un peu partout de par le vaste monde, travaux qui ont valu à son auteur d’être surnommé l’ingénieur de l’univers. C’est ainsi, en effet, qu’il construit 31 ponts et viaducs de chemin de fer, plus de 17 ponts-routes, des charpentes métalliques, plus de 21 monuments dont la gare de Budapest et l’église de Manille, 8 usines à gaz, dont celle de La Paz, en Bolivie, et un nombre immense de travaux divers, parmi lesquels les plus
- fleuron sera la tour de 300 mètres.
- Coïncidence curieuse, c’est à l’occasion de ce point Anal de son œuvre que les discussions commenceront autour de Gustave Eiffel. On ne grandit pas impunément et, surtout, sans que la malignité publique s’en mêle. La tour sera-t-elle solide, sera-t-elle esthétique, sera-t-elle utile ? La polémique s’engage. Gustave Eiffel y fait front. Il répond par des calculs en attendant de répondre par la réalité. Et cette réalité, chacun aujourd’hui sait ce qu’elle est.
- Mais trop éclatant, trop visible est cette fois le triomphe. L’ingénieur a tout surmonté et tout vaincu. L’homme ne pourrait-
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- FIG. 3. — LE VIADUC DE GARABIT EN CONSTRUCTION
- il cire atteint, et qui sait même, abattu ?
- L’affaire de Panama va être le prétexte (le l’attaque. Bien que, dans la gigantesque entreprise, le rôle d’Eiffel fut limité à celui d'un entrepreneur de travaux et ne comportât pas la moindre responsabilité de gestion, la politique tenta d’étendre jusqu’à
- lui l’atmosphcre de suspicion dont furent enveloppés tant‘de Français éminents, et d’autres qui ne l’étaient point. Elle n’y réussit pas. Mais l’épreuve fut lourde aux épaules de celui qui n’avait jamais visé qu’à la grandeur du génie civil français. Il la surmonta, il la domina même. On ne
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- FIG. 4. - L’ASSISE FORMIDABLE D’UN ARC DU VIADUC DE GARAB1T
- saurait en dire autant, de ses accusateurs.
- Avec la tour, l’œuvre du magicien du fer était virtuellement terminée, encore que, jusqu’à la lin de sa vie, Gustave Eiffel ne priva jamais de ses conseils et de ses avis techniques ceux qui avaient été ses collaborateurs fidèles et qui s’avéraient ses continuateurs. Mais, en lui, le savant survivait
- toujours, avec son inquiétude d'apprendre, de découvrir et d’aider à la marche du progrès scientifique.
- Et ce sont à nouveau de très belles pages à inscrire à l’actif de celui qui est un vieillard à l’inlassable jeunesse. Travaux météorologiques, travaux sur l’aérodynamique se succèdent. A la T. S. F. naissante, Gustave
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- Eiffel offre le gigantesque pylône d’antenne de sa tour. De toutes ses forces, il aide aux expériences d’un jeune capitaine, le capitaine Ferrie, dont le nom égalera ceux des plus grands réalisateurs. A quatre-vingt-onze ans passés, sans un repos, sans une défaillance, ayant été toute sa vie le probe artisan d’un immense progrès technique et scientifique, Gustave Eiffel s’éteindra, ayant vu la consécration de ses efforts et de ses travaux.
- Tel est l’homme. Venu en un temps où s’ébauchait, dans une esquisse aux contours imprécis, la royauté du fer, Gustave Eiffel sut à la fois définir et délimiter le rôle du métal dans tout un domaine de la vie moderne. Si le xixe siècle est vraiment le siècle du fer, si, comme tous les règnes, il a son expression symbolique et définitive, il le doit au génie créateur de celui qui ne voulut jamais être qu’un ingénieur, mais qui fut vraiment l’Ingénieur.
- L’asservissement du métal
- Jusque vers 1855, la pierre domine encore la construction. Les éléments métalliques ne sont que des éléments d’accompagnement. Leur fonction est secondaire. Depuis les temps les plus reculés, l’architecture n’a point changé de matériau.
- Mais le métal apparaît, sous sa triple nature : fer, fonte, acier. Certes, il est rigiae, mais il est maniable et peut être assoupli. Le tout est de le commander et de l’adapter aux emplois qu’on prétend lui imposer. Toute une technique nouvelle est donc à créer, à formuler et à vérifier. A cette triple tâche, Gustave Eiffel s’acharnera avec bonheur.
- 11 emploie d’abord la fonte, puis il fait du fer son matériau d’élection. Après expérience, il le juge plus solide que la fonte, et de garanties techniques supérieures. C’est donc le fer qui, dans ses constructions, tiendra la première place, et c’est encore à lui qu’il fera appel pour édifier la tour de 300^mètres.
- Quant à la technique du fer, Gustave Eiffel l’établit au fur et à mesure que se posent à son esprit de nouveaux problèmes de réalisation. Suivons ses travaux de construction dans leur ordre chronologique. Chacun de ceux-ci bénéficie d’une novation correspondant étroitement à la nature de l’œuvre à édifier. Et c’est la somme des novations ainsi apportées qui constitue le formulaire de la technique nouvelle.
- Dès le premier ouvrage d’art qui lui est confié, le pont de Bordeaux, en 1858, Gustave Eiffel se trouve en présence d’une diffi-
- culté prononcée : l’ouvrage doit être fondé sur des piles établies à l’air comprimé à 25 mètres sous l’eau. De surcroît, il est l’une des premières applications qui est faite de ce procédé, en même temps que l’un des plus grands ouvrages en fer construits à cette époque.
- Gustave Eiffel, ne l’oublions pas, n’a, à l’époque, que vingt-six ans. Néanmoins, les responsabilités ne l’effraient pas. Il fait une large et hardie application de l’air comprimé pour l’enfoncement des caissons des piles. Et il réussit pleinement.
- En 1868, Gustave Eiffel est appelé par le réseau des chemins de fer d’Orléans à construire un important viaduc sur la Sioule. La longueur du tablier devait être de 162 mètres et reposer sur deux piles métalliques, dont la plus haute comporterait 51 mètres de hauteur. Ces piles, constituées par des colonnes de fonte réunies par des entretoises de fer, permirent au jeune ingénieur de faire d’intéressantes constatations et, en même temps, de déterminer une formule de construction des piles métalliques.
- Cette formule, que nous retrouverons, du reste, dans maints travaux de Gustave Eiffel, répond à un double souci : permettre à l’ouvrage de travailler aussi bien à la compression qu’à l’extension sous les efforts du vent. Aux colonnes de fonte, réunies par des entretoises en fer, Gustave Eiffel substitue un type de piles d’où la fonte est éliminée et qui est formé par quatre grands caissons quadrangulaires, ouverts du côté de l’intérieur de la pile et dans lesquels viennent s’insérer de longues barres de contreventement à section carrée.
- Cette formule de pile métallique, Gustave Eiffel l’adoptera pour tous ses ouvrages d’art, qu’il s’agisse de ponts droits ou de ponts en arc. Simplement, il lui apportera une correction, ou, plus exactement, un complément, lors de l’établissement de la tour de 300 mètres, en raison de l’élévation de l’ouvrage et du plus grand travail à la compression qu’il a à fournir.
- En même temps qu’il résolvait ce problème, à propos de la construction du viaduc de la Sioule, Gustave Eiffel était amené à innover dans les méthodes même de construction. C’est ainsi qu’au mode de lançage jusqu’alors adopté et qui consistait à pousser dans le vide, jusqu’à la rencontre des piles successives, un tablier préalablement monté sur le remblai des abords, il substitue le procédé par leviers, qui actionnent directement les galets roulants sur lesquels repose le pont, et imagine les châssis
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- à bascule permettant aux pressions du tablier de se répartir uniformément.
- C’est à propos de la construction du pont-route de Cubzac pont d’une longueur de 552 mètres, qu’en raison de difficultés exceptionnelles de ancement Gustave Eiffel employa pour la première fois, en France, un nouveau et remarquable mode de montage, le montage en porte-à-faux. On sait en quoi consiste celui-ci : sur la partie de la
- Les grands ponls en arc
- Mais le rôle et l’influence de Gustave Eiffel, dans les procédés de construction des ponts en arc, ont été encore plus considérables que pour les tabliers droits et les piles métalliques. Dans ce domaine, deux ouvrages dominent l’œuvre de Gustave Eiffel : le pont sur le Douro (Portugal) et le viaduc de Garabit, sur la Truyère.
- FIG. 5. -- LA GRANDE ARCHE DU VIADUC DE GARABIT S’ACHÈVE
- Montées en porte-à-faux, soutenues par des câbles d'acier relies au tablier supérieur, les deux.parties d'arc vont se rejoindre et permettre la pose de la clef qui doit les réunir.
- poutre déjà conduite dans sa position définitive, on fixe en porte-à-faux les pièces de fer qui y font suite et, quand celles-ci sont rivées, on s’en sert comme de nouveaux points d’appui pour fixer les pièces suivantes. En cheminant ainsi de proche en proche, on monte complètement dans le vide les pièces successives de la travée, jusqu’à la pile voisine. Dans le cas d’un pont ne comportant pas de pile centrale, le montage d’une travée s’effectue des deux côtés en porte-à-faux et la rencontre se fait dans le vide, vers le milieu de l’ouverture, et sans aucun appui intermédiaire. Cette méthode est représentée ci-dessus pour le viaduc de Garabit.
- Si l’on ose dire, le premier servit, en quelque sorte, à se faire la main au célèbre constructeur. Rappelons, brièvement, le problème à résoudre.
- Il s’agissait de permettre au chemin de fer de Lisbonne à Porto de franchir le Douro, à 61 mètres au-dessus du niveau du fleuve, dont la très grande profondeur rendait impossible la construction de tout appui intermédiaire. La largeur du fleuve, soit 160 mètres, devait donc être franchie par une seule travée.
- Gustave Eiffel proposa donc un projet comportant un arc de 160 mètres de corde et de 42 m 50 de flèche moyenne. Cet arc
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- devait être d’une forme tout à fait spéciale. Il était appuyé sur une simple rotule aux naissances, et sa hauteur allait progressivement en augmentant jusqu’au sommet, de manière à affecter la forme d’un croissant. Disposition particulièrement favorable pour la résistance à des efforts dissymétriques, parce qu’elle permet de donner de grandes hauteurs dans les parties de l’arc les plus fatiguées.
- Une autre innovation, des plus considérables celle-là, consiste dans le perfectionnement du système de montage en porte-à-faux. En effet, les arcs furent construits synchroniquement à partir de chacune des naissances et soutenus, au fur et à mesure de leur construction, par des câbles en acier qui venaient se fixer au tablier supérieur. Chacune des parties construites servait de point d’appui pour l’établissement des parties suivantes. Ainsi, les deux parties d’are s’avancaient l’une vers l’autre par cheminements successifs et venaient se re joindre dans l’espace, où s’opérait la pose de la clef qui devait les réunir.
- La réussite complète du lancement de l’arc du pont du Douro valut à Gustave Eiffel l’admiration du monde savant de tous les pays et la commande du viaduc de Garabit, ouvrage gigantesque qui devait franchir, à 122 mètres de hauteur, la vallée de la Truyère. Les dimensions de cet ouvrage étaient des plus considérables : la longueur totale du viaduc était de 564 mètres, dont 448 mètres pour la partie métallique. Il reposait sur cinq piles, dont la plus haute avait 89 m 64 de hauteur. L’arche principale, du même type que celle du pont sur le Douro, était un arc aujourd’hui connu sous le nom d’arc parabolique système Eiffel. Sa corde était de 165 mètres, sa flèche moyenne de 56 m 86, supérieure de plus de 14 mètres à celle de l’arc du pont du Douro. Enfin, le poids total du métal entrant dans la construction
- du gigantesque viaduc était de 8.254 tonnes.
- Cet ouvrage qui, à l’époque, était le plus important de France, est, en matière de ponts, le plus parfait de tous ceux qu’ait entrepris Gustave Eiffel. Désormais, c’est avec certitude qu’il peut reprendre le vieux rêve des hommes, édifier une tour dont le front se perde dans les nuées.
- La Tour Eiffel
- Nous n’entreprendrons point ici l’histoire de la tour de 1.000 pieds, chef-d’œuvre de la construction métallique, par lequel le
- génie des modernes rejoint en hardiesse et vigueur celui des anciens.
- Evoquons simplement quelques détails pittoresques de sa préparation.
- Dans son célèbre ouvrage sur La tour Eiffel, Dumont, étudiant les travaux auxquels son élaboration a donné lieu, écrit :
- « La tour ayant été divisée en 27 panneaux, chaque panneau a donné lieu à une épure distincte, qui, elle-même, a été développée en un grand nombre de dessins géométriques, dont toutes les dimensions ont été calculées, à l’aide de logarithmes, à une fraction de millimètre.
- « Les pièces métalliques devant concourir à la construction de la tour s’élèvent au nombre de 12.000. Or, chaque pièce exigea un dessin spécial où l’on détermina ses dimensions et, notamment, la position exacte et l’ouverture des trous destinés à recevoir les rivets.
- « Les épures comportèrent 500 dessins d’ingénieur, pour l’étude des 27 panneaux, et 2.500 feuilles de dessins d’atelier de 1 mètre de largeur sur 80 centimètres de hauteur.
- « Quarante dessinateurs et calculateurs, installés dans les bureaux de Levallois-Pcr-ret, ont consacré deux ans à ce travail minutieux. C’est également aux ateliers de Leval-lois-Perret que les plaques de tôle destinées à l’assemblage des pièces métalliques étaient percées de trous à rivets.
- 1 Flotteur -r-
- Galets^j de i roulemen
- 4-Cuve à I carbonate . de potasse
- Galets^'
- de
- guidage
- FIG. 6.
- COUPE DU FLOTTEUll ANNULAIRE DE
- LA COUPOLE DU « GRAND ÉQUATORIAL» DE NICE En coupe, le flotteur annulaire permettant la rotation (te la coupole du « Grand Equatorial » de Nice. On aperçoit, à gauche, les galets de roulement utilisés comme si/stème de secours.
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- « Le nombre de ces trous atteint le chiffre de 7 millions pour la tour entière. L’cpais-seur des plaques de tôle étant en moyenne de 10 millimètres, les trous placés bout à bout formeraient un tube de près de 70 kilomètres de longueur. »
- Si justes étaient les calculs, si précises les épures, que la construction de la tour fut conduite à bien sans le moindre accroc.
- assidûment au service de la science. A ce propos, relevons la magnifique générosité de Gustave Eiffel, cette générosité par quoi l’ingénieur rejoint le savant, épris d’idées pures. Il n’est pas un savant, quelqu’il fut et quel que fut son domaine scientifique, qui, ayant demandé à Gustave Eiffel de prendre la tour comme champ d’expérience, n’ait reçu la plus complète et la plus entière satisfaction.
- Kl G. 7. — coupolk nu « grand équatorial » du NICK Parmi les innombrables travaux de Gustave Eiffel figure la coupole du « Grand Equatorial » de Nice. C'est à cette coupole que le savant ingénieur appliqua son système de rotation par flotteur annulaire.
- Chose remarquable : tous les emplacements des rivets étaient si exactement établis qu’aucune correction ne dût être apportée en cours de montage.
- La Tour et la science
- Combien vaines, puériles, apparaissent aujourd’hui les polémiques conduites à l’époque sur l’utilité de la tour. Destinée à servir d’entrée monumentale et de « clou » à l’Exposition de 1880, la tour, spectacle prodigieux, attraction unique, devait prendre ses lettres de noblesse en se mettant
- C’est ainsi que la tour, aussitôt construite, reçoit MM. Cailletet et Colardeau, qui y installent le plus grand manomètre à mercure qui soit au monde. Le docteur Ilénocque y étudie les conditions de l’absorption de l’oxygène par l’hémoglobine, avec l’altitude. Répétées furent les expériences de télégraphie optique à grande portée, expériences auxquelles se rattachèrent de précieuses observations sur l’absorption de la lumière dans l’atmosphère. En outre, un observatoire météréologique unique au monde y fut installé. Observatoire qui permit des tra-
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- vaux d’une portée considérable, puisqu’ils furent à la base d’initiatives parmi lesquelles le sondage aérien, ce prélude de la conquête humaine de la stratosphère.
- Mais il y a plus encore. Au service des sciences existantes, la tour devait encore se mettre à celui des techniques et des sciences nouvelles. Elle, qui était déjà une conquête de l’air, allait contribuer à accroîtra nos
- quart de siècle de la tour Eiffel. Nous sommes au début du siècle :
- « Les crédits officiels, écrit M. Guillaume, ne deviennent généralement suffisants que lorsque tout est prêt pour les applications ; dans la période inévitable des tâtonnements, ils sont mesurés avec parcimonie. Le commandant Ferrié, alors capitaine, avait formé le projet hardi d’utiliser la tour comme
- FIG. 8. — LA NAISSANCE UE LA TOUll EIFFEL
- Voici une phase de la construction de la Tour Eiffel. L'armature métallique s'élance vers la seconde plateforme. Elle a déjà dépassé la plate-forme intermédiaire où se fait le changement d'ascenseur.
- connaissances sur ce mystérieux domaine, à la fois par les ondes et par l’aviation.
- La Tour el la T. S. F.
- C’est peut-être là une des plus belles pages de l’histoire de Gustave Eiffel. Non qu’elle mette en cause le savant directement intéressé à des travaux qu’il conduit lui-même, mais parce qu’elle atteste le caractère de l’homme et son entier acquiescement à toutes les formules du progrès humain.
- Cédons ici la plume à M. Guillaume, correspondant de l’Institut, et auteur d’une curieuse petite brochure sur Le premier
- support des antennes. Ce fut M. Eiffel, lui-même, qui lui en offrit généreusement les moyens, en se chargeant personnellement de toutes les dépenses d’installation. »
- Ce que la tour Eiffel a été pour la radiotélégraphie d’abord, pour la radiodiffusion ensuite, tous ceux que captive l’onde radioélectrique le savent. Cependant, rappelons un point. Quand Gustave Eiffel conçut et exécuta sa tour, il avait encore présents à l’esprit les souvenirs de la guerre de 1870. Il songeait aux services que pouvait rendre la télégraphie optique, et il pensait qu’une tour, permettant, par temps clair, de voir
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- et de communiquer dans un rayon de 120 kilomètres, trouverait sa justification au point de vue de la défense nationale. Il n’avait point pressenti la T. S. F., et il ne pouvait la pressentir. Mais dès les travaux de Branly, de Marconi, de Ducretet, il comprit.
- Et sitôt qu’il eût compris, il se passionna, sans souci des contingences matérielles.
- Aujourd’hui, à plusieurs reprises par jour, la tour adresse urbi et orbi son appel d’in-
- juvénile, bien qu’au moment où il entreprit de sérieuses recherches dans ce domaine il eut dépassé l’âge des études d’un problème nouveau.
- C’est peut-être là, ainsi que nous le rappelions plus haut, l’œuvre d’Eiffel la moins connue du public. Elle n’en est pas moins une des plus fécondes qu’il ait réalisées.
- Reprenons à nouveau les écrits de M. Guillaume :
- FIG. 9. - LE HANGAR ET LES COLLECTEURS DU LABORATOIRE AÉRODYNAMIQUE DE GUSTAVE
- EIFFEL, INAUGURÉ A AUTEUIL, PRÈS PARIS, LE 19 MARS 1912
- dications météréologiques. Silencieuse, sa grande voix perce les brumes des océans, l’immensité des continents. Elle parle, elle informe, elle renseigne. A la fois l’unité et le tout, elle communique avec tous et chacun. Et rien ne plaide mieux en faveur de la grandeur de ce service que le souvenir adressé à la mémoire du général Ferrié par ceux qui furent ses disciples et ses obligés.
- Gustave Eiffel et l’aérodynamique
- Abordons maintenant le chapitre des recherches sur l’aérodynamique que Gustave Eiffel a conduites avec une ardeur toute
- « Dès l’année 1892, écrit-il, MM. Cailletet et Colardeau procédaient, dans un laboratoire que M. Eiffel leur avait installé à la seconde plate-forme, à des expériences sur la chute des corps légers, abandonnés dans l’air et prenant assez rapidement un mouvement uniforme ; les résultats en furent très intéressants. Elles furent reprises, en 1905, par M. Eiffel, sur un principe tout différent, et poursuivies pendant deux ans, jusqu’en 1907 : une masse pesante, glissant le long d’un câble, entraînait un plan mobile qui enregistrait tous les éléments de son mouvement. Les résultats ainsi mis à jour ve-
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- naient à point nommé ; car, ne l’oublions pas, l’aviation naissante avait besoin d’un guide sûr dans les tâtonnements inséparables de toute nouvelle conquête. Persuadé des services qu’il pouvait rendre à la science de l’air, M. Eiffel voulut faire plus encore ; avec la sagacité et la ténacité qu’il met à toutes choses, avec cette vision industrielle des problèmes qui ne les abandonne qu’ache vés, il édifia successivement ses laboratoires du Champ de Mars et d’Auteuil, auxquels l’aviation doit tant d’inappréciables documents.
- « A Auteuil, dans un grand tunnel que
- demande à Gustave Eiffel de lui fournir tous documents sur ses travaux concernant l’aérodynamique. Gustave Eiffel mit à jour ses travaux, qu’il poursuivit pendant toutes les années de guerre. Il n’en demanda aucune rémunération. Tant d’autres, à sa place...
- Gustave Eiffel, ingénieur de l’univers
- Faisons maintenant un retour sur l’homme et sur le savant. A plus d’un titre, il apparaît grand, émergeant non seulement de sa génération, mais encore de son temps. Il a peut-être cristallisé des aspirations. A coup sûr, il a incarné un moment de l’esprit
- FIG. 10. — TUNNEL DU LABORATOIRE AÉRODYNAMIQUE D’AUTEUIL, PRÈS PARIS Coupe longitudinale de la « grande buse » permettant de créer un vent artificiel d'une vitesse de 2 à 40 mètres par seconde. Il est à observer qu'aujourd'hui les tunnels aérodynamiques employés dans les stations d'essais de l'aéronautique sont toujours étroitement calqués sur ce tunnel précurseur.
- parcourt un véritable fleuve d’air, on peut placer le modèle d’un aéroplane, et étudier ainsi toutes les conditions de sa stabilité. »
- Quand ces lignes ont-elles été écrites ? En 1914, c’est-à-dire deux ans après l’inauguration du laboratoire aérodynamique d’Auteuil, près Paris, qui fut inauguré en 1912. Cette année nous rappelle deux souvenirs, inédits croyons-nous.
- Voici le premier. Quand Gustave Eiffel étudia un type de tunnel aérodynamique de 2 mètres de diamètre, dans lequel l’air était soufflé à une vitesse pouvant atteindre 40 mètres à la seconde, et qu’il eut trouvé une formule de réalisation conforme aux conclusions de ses calculs, il prit des brevets garantissant la propriété de son invention. Mais il ne demanda jamais aucun droit de licence de fabrication et d’exploitation.
- Quant au second, son caractère est peut-être plus prenant encore. Lorsque les hostilités de 1914 éclatèrent, le gouvernement
- humain dans ses élans vers une nouvelle forme de vie. Il fut l’Ingénieur, comme nul encore ne l’avait été. Par tous les cieux, toutes les latitudes, il a essaimé ce génie civil français dont, un instant, il fut le dépositaire. Son nom rayonne universellement et rejoint ceux des constructeurs des grandes époques. Il est l’égal des bâtisseurs de pyramides et de cathédrales. Du même génie, il a fait le viaduc de Garabit, la tour Eiffel, la coupole à flotteur annulaire de l’Observatoire de Nice et l’ossature en fer de la statue de la Liberté. Il a construit l’usine à gaz de la capitale de la Bolivie et la gare de Budapest. Il a jeté un pont sur le Donai, en Cocliinchine, comme il en a jeté sur le Douro, en Portugal. Dans son domaine et durant un demi-siècle, il fut un symbole de l’universalité.
- Ne serait-ce qu’à ce titre, il a bien mérité le cortège de gloire qui l’accompagne à cette heure. R. Chenevif.r.
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- MONTEES ET DESCENTES RAPIDES
- NE PRESENTENT AUCUN DANGER POUR LES VOYAGEURS AÉRIENS
- Par Charles BRACHET
- Les avions dont, actuellement, la vitesse ascensionnelle est la plus grande, montent à 4.000 mètres en sept minutes, ce qui représente 34 kilomètres à Vheure de montée verticale. Les premiers 1.000 mètres sont d'ailleurs franchis à près de 60 à Vheure, vitesse que l'utilisation généralisée des surcompresseurs d'alimentation et des hélices à pas variable permettra probablement de soutenir, un jour, jusqu'à 8.000 et 12.000 mètres. En descente, les pilotes, dans leurs manœuvres de « piqué à mort », moteur à plein régime, atteignent des vitesses verticales de 300 et 400 kilomètres à l'heure. Ces variations très rapides d'altitude correspondent (en montée) à des dépressions et (en descente) à des compressions, avec lesquelles, jusqu'ici, l'organisme de l'homme n'avait eu à compter qu'en des cas très exceptionnels — par exemple, dans celui des scaphandriers ou, encore, de l'ouvrier séjournant dans un de ces « caissons » utilisés pour les travaux hydrauliques. Mais, bientôt, l'aviation fera, de ces conditions physiologiques jusqu'ici exceptionnelles, l'ordinaire de la vie sociale courante. Il convenait, par conséquent, d'étudier les répercussions de ces compressions et décompressions atmosphériques sur l'organisme, de manière à décider jusqu'à quel point la cabine étanche sera nécessaire aux futurs paquebots aériens, quelle pression minimum on pourra concéder à l'atmosphère interne de cette cabine, enfin, quel sera le danger d'une fuite inattendue de celte cabine ramenant brusquement son atmosphère à, la très faible pression extérieure des hautes altitudes. Tel est le programme des curieuses expériences entreprises au laboratoire de physiologie du pavillon Paul-Bert, à l'aérodrome du Bourget.
- Les expériences du Bourget
- ous avons déjà décrit ici (1) le laboratoire du Bourget et les épreuves physiologiques qu’on y fait subir aux aviateurs, en les plaçant, par des moyens artificiels, dans un « caisson » spécial invaginé par le docteur Garsaux, aux conditions de dépression et de température des hautes altitudes. Nous ne reviendrons pas sur ces données.
- Aussi bien, les nouvelles expériences n’ont plus trait à l’examen d’un état de régime permanent, mais à la vitesse des changements qu’on peut, sans dommage pour l’organisme, apporter à ce régime.
- Le grand caisson du laboratoire, sur lequel agit la puissante machinerie pneumatique chargée d’y faire le vide, constitue une chambre cylindrique de 43 mètres cubes. La vitesse maximum de décompression qui peut être réalisée dans cette chambre, permet seulement de passer de la pression atmosphérique normale (7G centimètres de mercure) à 7 centimètres de mercure en 25 minutes, ce qui correspond à peu près à l’ascension réalisée par le professeur Piccard
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 152, page 118.
- (16.000 mètres en 28 minutes). Mais, même en ne visant que l’altitude de 8.000 mètres (20 centimètres de mercure) ou 12.000 (14 centimètres), la vitesse de décompression de l’appareil égale à peine celle qu’éprouve un aviateur, par exemple sur l’avion Morane, dit le Jockey, qui monte à 8.000 mètres en dix-huit minutes. Ce dispositif n’était donc pas suffisant pour obtenir la « limite » de décompression brusque que peut supporter l’organisme.
- C’est pourquoi un second caisson, de contenance beaucoup moindre (0 m3 75), a été adjoint au grand caisson et mis en communication avec lui par une tuyauterie qui permet, une fois le vide maximum créé dans le grand caisson, de faire aspirer brusquement par celui-ci l’air contenu dans ie petit. En trois secondes, par cette manœuvre (qui, d’ailleurs, peut être graduée), la dépression de la nouvelle chambre peut tomber à 14 centimètres de mercure (altitude 12.000 mètres).
- Au demeurant, il ne pouvait être question, au début de ces expériences, imaginées et conduites par le docteur Emile Strohl, que d’étudier les réactions sur des animaux (lapins et chiens).
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- La « maladie des caissons »
- Le problème physiologique envisagé à propos de l’aviation au-dessous de la pression atmosphérique avait été déjà traité par les spécialistes, mais uniquement pour les pressions et dépressions concernant les caissons hydrauliques, les cloches à plongeurs et les scaphandriers, qui fonctionnent toujours au-dessus de cette même pression normale.
- organique individuelle étant mise à part) de ces malaises résident dans ce fait que l’oxygène, le gaz carbonique et l’azote de l’atmosphère ambiante se dissolvent dans les tissus à des taux qui varient suivant la pression. C’est ainsi que la dose d’azote dissous dans le sang augmente d’un tiers lorsqu’on passe de la pression normale à la pression de 2 atmosphères, pour quadrupler à 7 atmosphères (ce qui correspond, pour
- FIG. 1. — LES DEUX CAISSONS PNEUMATIQUES DU LABORATOIRE PAUL-BERT, DU BOURGET Le grand caisson (45 mètres cubes) communique avec le petit caisson (3/4 de mètre cube). Le vide maximum étant fait dans le premier, la mise en communication avec le second, contenant les animaux expérimentes, peut fournir à celui-ci une dépression aussi rapide qu’on le désire.
- On sait que la descente d’un scaphandrier doit être lentement progressive et sa remontée, plus encore. Un scaphandrier qu’on remonte brusquement, un ouvrier qui ne séjourne pas assez longtemps dans le « sas » formant le vestibule d’un caisson, risquent « l'embolie gazeuse », sans j arler de moindres maux, tels que les troubles auditifs occasionnés par la différence de pression existant entre les deux côtés du tympan ou, encore, des douleurs articulaires intolérables dont l’ensemble constitue ce qu’on a dénommé la « maladie des caissons ».
- Les causes physiques (toute prédisposition
- un scaphandrier, à 70 mètres de profondeur).
- L’oxygène est loin d’atteindre d’aussi fortes variations. Son taux de dissolution dans les tissus s’accroît à peine de 25 % quand la pression passe de 1 à 10 atmosphères. Quant au gaz carbonique, ses variations de dissolution sont insignifiantes.
- C’est donc l’azote qui est le grand responsable de la « maladie des caissons ». Quand l’organisme en est saturé, après un séjour plus ou moins long dans une atmosphère fortement comprimée, son élimination doit se faire par les poumons, c’est-à-dire par le véhicule du sang, en circulation normale.
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- Il s’ensuit que le sang doit passer plusieurs fois dans les poumons, aux différents niveaux de la pression descendante, pour évacuer le gaz absorbé. Si la décompression est trop rapide, le gaz se dégage directement, par grosses bulles, au sein même du liquide sanguin, et c’est « l’embolie ».
- Allait-on observer les mêmes phénomènes en « descendant » de l’atmosphère normale (76 centimètres) à 20 ou 14 centimètres de mercure ?
- Les chiens résistent à l’ascension « à 12.000 mètres en trois secondes »
- Des chiens ont été soumis à des changements extrêmement rapides de pression. En sept secondes, un de ces animaux se vit transporté de l’atmosphère normale dans un milieu raréfié à 17 centimètres de mercure — ce qui pouvait lui donner l’illusion d’une ascension quasi instantanée aux environs de 10.000 mètres.
- Et cela, plusieurs fois de suite. Après quoi, l’animal, recomprimé, sortit indemne de sa niche pneumatique en aboyant et demandant à manger.
- La même expérience fut reprise en poussant le vide à 7 centimètres (pouvoir limite du caisson) et la vitesse de passage à trois secondes. L’animal n’éprouva aucune gêne.
- On peut conclure de ce résultat « que la maladie des caissons n’a pas son analogue dans le cas des dépressions brusques effec-
- tuées au-dessous de l’atmosphère normale » — le seul que l’aviation ait à envisager.
- Le docteur Strohl se substituant au chien pour l’expérience, mais dans le grand caisson, cela va sans dire, se fit alors appliquer une vitesse de dépression correspondant à une ascension verticale de 90 kilomètres à
- l’heure — soit 85 centimètres de mercure en quatre minutes — et puis, une « recompression » totale, en deux minutes, correspondant, par conséquent, à une descente verticale de 180 kilomètres à l’heure. Il n’a ressenti aucun trouble. Il est vrai que, dans leurs « piqués », les aviateurs peuvent atteindre 350 kilomètres à l’heure de descente verticale, et certains d’entre eux ont alors accusé des troubles caractérisés, mais non dangereux.
- La cabine étanche demeurera nécessaire
- Voilà donc qui est rassurant. Aucun danger ne menacera les aviateurs de demain aux vitesses ascensionnelles sans cesse accrues. D’autre part, le cas de crevaison accidentelle de la paroi des cabines étanches des avions stratosphériques, au moins jusqu’à l’altitude 12.000, ne sera pas mortel.
- Car, empressons-nous de l’ajouter, le dispositif de la cabine étanche n’en restera pas moins indispensable aux futurs paquebots aériens d^s grandes altitudes. La raison en est celle-ci, qu' au-dessous d'une certaine pression, Voxygène ne se combine plus avec
- FIG. 2. — DÉTAIL DU PETIT CAISSON DU BOURGET
- On aperçoit ici la tuyauterie d'aspiration qui relie le petit caisson au grand, à travers un « sas » qui règle la vitesse d'expansion de l'air, au gré de l'opérateur.
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- Vhémoglobine du sang. Et c’est alors la mort par asphyxie, même si l’aviateur est muni d’un masque respiratoire le suralimentant en oxygène. L’excès d’oxygène à basse pression constitue même un véritable danger.
- Seulement, les expériences du Bourget nous invitent à distinguer 1’ « asphyxie » pure et simple par manque d’oxygène, des malaises peu redoutables du « dénivel-
- plonger vers une atmosphère plus dense, avant que l’asphyxie n’ait tué aucun de ses passagers.
- D’autre part, la cabine étanche n’aura pas besoin d’être maintenue à la pression atmosphérique normale (76 centimètres de mercure). Il suffira de donner à son atmosphère une pression relativement basse (correspondant à l’altitude 5.000 mètres, par exemple)
- FIG. 3. - LA MACHINERIE PNEUMATIQUE ET DE RÉFRIGÉRATION UTILISÉE POUR LES EXPÉ-
- RIENCES EFFECTUÉES DANS LES CAISSONS DU LABORATOIRE PAUL-BERT AU BOURGET
- lement » en altitude ou dépression proprement dite.
- La distinction est d’importance, car si la dépression brusque ne tue pas, par embolie, les passagers d’une cabine étanche qui a des fuites subites — fuites qui, d’ailleurs, n’équivaudront jamais à une rupture massive et qui, la plupart du temps, seront réparées aussitôt que décelées, ainsi qu’a fait le professeur Piccard, lors de sa première ascension — l’avion aura toujours le temps de
- pour qu’elle soit respirable, le point critique de l’oxydation de l'hémoglobine étant respecté si l’on dose convenablement l’oxygène dans l’air ambiant, en se gardant bien de dépasser la proportion dangereuse.
- La construction des futures cabines étanches n’apparaît donc pas devoir offrir, ainsi qu’on le pensait naguère, de difficultés bien redoutables, ni leur emploi aucun danger pour les voyageurs de la stratosphère.
- Charles Brachet.
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- LA SCIENCE AU SERVICE DE L’HORLOGERIE
- LES TRAVAUX DE LABORATOIRE ONT DONNÉ AU GRAISSAGE DES MONTRES UNE SOLUTION SCIENTIFIQUE
- Par L. HOULLEVIGUE
- PROFESSEUR A LA FACULTÉ DES SCIENCES DE MARSEILLE
- Toute pièce de mécanique se déplaçant, au contact d'une autre fixe, subit un frottement qui oppose une résistance au mouvement et provoque une usure plus ou moins rapide. Seule, une lubrification rationnellement étudiée permet aux machines industrielles de fonctionner convenablement. Cette merveilleuse petite usine mécanique de précision que constitue notre montre n’échappe pas à la loi générale. Mais, tandis que l'industrie peut mettre en œuvre un graissage abondant et même sous pression, l'horloger n'a que le droit de déposer, aux points voulus, une petite goutte de lubrifiant pour que les axes tournent sans effort sur leurs pivots, malgré les trépidations, malgré la faible puissance du ressort moteur. Nous avons montré déjà (1) comment des machines de précision assurent l'usinage de ces délicats rouages, permettent de contrôler avec minutie Informe des minuscules pièces qui composent une montre. Toutefois, cette précision serait réalisée en pure perte, si un graissage parfait n'apportait à la marche de l'ensemble une douceur incomparable. Aussi de nombreuses recherches de laboratoires ont-elles été effectuées pour le choix du meilleur lubrifiant. La chimie et la physique ont abouti, aujourd'hui, à une solution vraiment scientifique. C'est, en effet, ci l'étude de la constitution de la molécule des corps gras que l'on doit les théories modernes du graissage et la mise au point de lubrifiants appropriés au délicat « mouvement » des montres. Avec sa maîtrise habituelle, notre éminent collaborateur expose ici avec une remarquable clarté, cette délicate question.
- L’usure et la vie des montres
- ne montre est une petite usine mécanique, et la plus merveilleuse qui soit : elle fonctionne sans arrêt, de nuit comme de jour, et dans toutes les positions ; elle est exposée à des variations de température qui peuvent atteindre et parfois dépasser 60 degrés ; ses mécanismes, dont plusieurs parties sont en fer, sont soumis à des actions magnétiques, et tout au moins à celle de l’aimant terrestre ; la place est étroitement mesurée à tous les organes et, surtout, ils sont soumis à des trépidations, voire même à des secousses, parfois brutales ; on a pour sa montre toutes les exigences, et aucun égard.
- Pourtant, elle marche ; trois siècles de perfectionnements l’ont amenée à remplir, presque sans défaillances, sa tâche essentielle, qui est de découper le temps en tranches rigoureusement égales : une bonne montre de fabrication courante ne varie (1) Voir La Science et la Vie, n° 171, page 205.
- que de deux à trois secondes sur les 86.400 qui sont contenue dans un jour ; sa précision est donc voisine de 1/30.000° ; un chronomètre de précision ne varie, dans le même temps, que de 0” 2 à 0” 5, et les pendules garde-temps des observatoires présentent des écarts journaliers qui ne dépassent pas un dixième de seconde ; leur précision est donc voisine d’un millionième.
- Il existe des chronomètres, construits depuis plus d’un siècle, et qui sont encore en bon état de fonctionnement. Pourtant, ces appareils ne sont pas éternels ; comme tout ce qui se meut, ils connaissent l'usure, à laquelle on ne peut parer que par la lubrification des organes mobiles. Mais le problème du graissage se présente, dans ces appareil , sous une forme particulière et qui exige des solutions spécialement adaptées. Le graissage industriel (1) s’effectue, en général, par une circulation généreuse du lubrifiant, injecté sous pression entre les organes mouvants, qu’il sépare par une couche liquide,
- (1) Voir La Science cl la Vie, n° 171, page 205.
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- FIG. I. -- DISPOSITIF EXPÉRIMENTAL RÉALISÉ PAR
- m. skars pour l’étude comparative du frottement d’un pivot d’acier contre une pierre dure (rubis ou saphir), avec ou sans lubrification
- sufïisaminent visqueuse pour que le lubrifiant puisse se maintenir entre les organes, sufïisamnient fluide toutefois pour que le glissement qui s'exerce entre les couches superposées n’entraîne qu’une faible consommation de travail et, par suite, un faible dégagement de chaleur. Dans les di vers appareils chronométriques et, en général, dans toutes les minuteries (comme ce les des compteurs électriques), la lubrification ne peut qu’être discrète et limitée à une gouttelette de lubrifiant placée au point de frottement.
- Le graissage des montres est indispensable à leur fonctionnement
- Pourtant, ce graissage est indispensable ; des expériences décisives ont été effectuées, à ce sujet, au National Physical Laboratory de Teddington, où, sous la haute direction de sir Joseph Petavel, sont concentrées les études et les observations chronométriques ;
- M. Sears a soumis à une étude comparative le frottement sec et le frottement lubrifié d’un pivot d’acier contre une pierre dure (rubis ou saphir), dans des conditions de vitesse et de pression aussi voisines que possible de celles qui existent dans les appareils chronométriques ; la figure 1 montre le dispositif expérimental employé par M. Sears et la courbe 2 fait connaître, dans les deux cas, les valeurs du frottement (exprimé en dynes-centimètres) au bout d’un certain nombre de tours.
- L’examen de ce graphique fait apparaître de profondes différences : au début, le frottement a la même valeur pour le système sec et pour le système lubrifié, mais, au bout de 5 à 600.000 tours, l’usure fait sentir ses effets sur le premier et le frottement y croît rapidement, jusqu’au point de prendre, pour un million de tours, des valeurs absolument prohibitives. Au contraire, le système huilé conserve très sensiblement le même coefficient de frottement jusque vers 15 millions de tours, où il commence à croître d’une manière inquiétante (1). Ceci nous prouve que la lubrification n'a pas pour effet, comme on le dit trop
- (1) On constate même, entre 2 et 11 millions de tours, un léger abaissement de la friction, qui lient à un rodage progressif de la tête de pivot.
- FIG. 2.---COURBES OBTENUES PAR M. SEARS
- Au début, le frottement du pivot sur la pierre est le même pour le système lubrifié et le système sec. Mais, tandis que le frottement croit rapidement pour ce dernier, il reste faible pour le système lubrifié jusqu'à 15 millions de tours.
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- couramment, de diminuer le frottement, puisque celui-ci présente, au début, la même valeur, avec ou sans graissage; mais elle permet au système pivot-pierre de vivre trente fois plus longtemps que le système à frottement sec.
- Ces résultat s sont corroborés par l’examen d,u pivot et de la pierre fait au microscope : les figures 3, 4,
- 5 nous montrent à quel point la tête du pivot sec était déjà abîmée après un million de révolutions, combien peu elle l’était après 10 millions de tours, pour le pivot huilé. Quant à la pierre, elle a subi des modifications que font apparaître les ph togra-phies figures 6 et 7 : rayures du système sec et, dans le système lubrifié, apparition de poussières ; cette poussière, résultat inévitable de l’usure, paraît, dans le système huilé, rejetée sur les côtés, de telle sorte que son action abrasive se trouve, en fait éliminée.
- Il faut bien dire, d’ailleurs, que la poussière qui existe à l’intérieur des appareils d’horlogerie ne provient qu’en faible partie de l’usure des pièces, et que la présence de cette poussière est un grave sujet de préoccupations pour les techniciens. Elle s’introduit, quoi qu’on fasse, dans les boîtiers les mieux fermés, à la faveur de variations de température qui font pénétrer à l’intérieur l’air ambiant avec tout son cortège de poussières ; le docteur Icard a pu ainsi découvrir de la sciure
- de bois dans la montre d’un menuisier, de la farine dans celle d’un boulanger, des fragments de cheveux dans celle d’un coiffeur et, dans les montres de dame, de la poudre de riz ; la montre peut ainsi devenir, entre les mains de l’expertise judiciaire moderne, un instrument précieux d’identification.
- Laissant de côté ce point de vue, nous devons constater que cet apport de poussières est une cause d’imperfection, contre laquelle ne sont protégées que les pendules d’observatoire, qui marchent dans le vide.
- Quel est le lubrifiant pour les déli-cats organes des montres?
- Puisqu’il faut lubrifier, il importe donc de choisir, entre les divers corps gras, le meilleur lubrifiant. Il paraît tout indiqué de s adresser, pour cet office, aux huiles minérales extraites du pétrole, dont l’industrie prépare une gamme très étendue et qui, de plus, sont presque inaltérables. Malheureusement, ces huiles minérales présentent un défaut qui en prohibait absolument l’emploi en horlogerie : elles grimpent, c’est-à-dire qu’au lieu de se maintenir au point à lubrifier, elles s’étalent peu à peu et finissent par envahir toutes les pièces du mouvement. Pour ces raisons, on a dû recourir à certaines huiles, d’origine animale, qui sont d’ailleurs les plus parfaits lubrifiants connus, mais
- FIG. 3, 4, 5. - DE HAUT EN BAS : PROFIL DE PIVOT NON
- HUILÉ, APRÈS UN MILLION DE RÉVOLUTIONS ; PROFIL DE PIVOT HUILÉ, APRÈS LE MÊME NOMBRE DE RÉVOLUTIONS ; PROFIL DE PIVOT HUILÉ, APRÈS 10 MILLIONS DE RÉVOLUTIONS (GROSSISSEMENT, 100 FOIS)
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- qui ont le défaut de s’épaissir et de se rési-nifier, sous l’action de l’oxygène de l’air, grandement activée d’ailleurs par l’influence de la lumière bleue, violette et ultra-violette ; elles se transforment ainsi en un cambouis qui bloque le mouvement des pivots. En raison de cette altération, les fabricants suisses et français ne garantissent la bonne marche de leurs montres qu’à condition que le graissage en soit renouvelé, tous les six mois pour les plus petites, tous les dix-huit mois pour celles de gros calibre ; ce graissage s’effectue généra-lement, en Europe, avec l’huile de pied de bœuf ou de mouton, tandis (pie les horlogers américains donnent la préférence, pour leurs appareils de précision, à l’huile de tête de marsouin, qui coûte près d un franc le gramme.
- Ainsi, les règles empiriques auxquelles on était parvenu ne ré s o1vaient qu’imparfaite ment le problème du grais-sage, puisque les lubrifiants utilisés s’altéraient trop rapidement. Il fallait sortir de cette impasse. M. Paul Woog, professeur à l’Ecole Nat ionale des Pétro'es de Strasbourg y est parvenu par une étude scientifique, qui lui a permis de définir les termes du problème et d'y apporter une solution d’une rare élégance. Avant d’exposer cette solution, nous devons l’éclairer brièvement par le considérations théoriques qui la justifient.
- L’étude scientifique des corps gras et la lubrification : Epilamens et onctuosité
- Les molécule-: des corps gras possèdent une forme et des dimensions dont on connaît assez exactement les éléments. Prenons en exemple l'acide stéarique, constituant essen-
- tiel des bougies ; sa formelle développée, C02H— CH2 — CH2... — CH2 — CIP — CIP, nous montre nettement qu’il est constitué, comme le corps des animaux annelés, par la juxtaposition d’un certain nombre d’anneaux identiques CIP (il y en a seize en tout), terminés aux deux extrémités par deux groupements atomiques différents, la tête C02II et la queue CIP. On sait même que cette molécule, cinq fois plus longue que large, a pour dimension maxima 2,5 millimicrons
- (ou millionièmes de millimètre) ; enfin, les belles études de Lang-mu i r et de Devaux ont établi que la tête et la queue émet ta ient, dans l’espace avoisinant, un « champ de forces », puissant pour la première, moins énergique pour la seconde, de telle sorte qu’on peut se représenter ap-proximativc-ment cette molécule d’acide stéarique par la figure 8. Les autres molécules grasses se prêtent à des représentations analogues, mais qui manifestent toutefois des différences appréciables, suivant qu’il s’agit de corps « saturés » ou « non saturés ».
- Lorsqu’un de ces corps gras est mis en contact avec une paroi solide, il forme à sa surface une couche, nommée épilamen, où les molécules sont, non pas orientées au hasard comme dans la masse, mais dressées parallèlement, comme les poils d’une brosse ; ainsi elles recouvrent le corps solide d’une peau très fine, mais très adhérente, formée d’une ou de plusieurs couches superposées de ces molécules grasses ; le frottement qui s’exerce alors entre deux surfaces ainsi protégées, pareil à celui de deux pièces de velours glissant l’une sur l’autre, ne dépend plus uniquement de la viscosité de la matière
- FIG. 0.-ASPECT DE LA PIERRE, APRÈS UN MILLION DE RÉ
- VOLUTIONS D’UN PIVOT NON HUILÉ (GROSSISSEMENT, 180)
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- grasse interposée ; il définit ce que M. Woog nomme l'onctuosité de ces surfaces.
- Ainsi revêtue d’un épilamen onctueux, la surface des corps prend des propriétés toutes nouvelles ; les molécules d’acide stéarique, dressées vers l’extérieur, leurs têtes appuyant contre la surface du corps qu’elles recouvrent, neutralisent presque complètement le champ de forces émis par les molécules superficielles ; or, c’est l’action de ce champ de forces qui détermine l’étalement du liquide déposé sur le solide : de même, une goutte d’eau, qui mouillera le verre ou le métal parfaitement propres sur lesquels on la dépose, gardera sa forme sphérique si on la laisse tomber sur une étoffe pileuse de laine ou de velours.
- D’ailleurs, l’expérience, dont la figure 10 représente les stades successifs, justifie ces raisonnements: on y voit, côte à côte, deux plaques d’acier poli, dont l’une, à droite, est parfaitement nette, tandis que l’autre, à gauche, a reçu le revêtement d’un épilamen stéarique ; les gouttes d’huile déposées sur celle-ci s’y maintiennent indéfiniment, tandis que, sur la plaque non préparée, elles s’étalent et envahissent progressivement toute la surface.
- La solution moderne du graissage est (ondée sur la science
- De ces résultats, signalés à l’Académie des Sciences en 1925, M. Woog et ses collaborateurs, M. Givaudon et Mlle Ganster ont tiré une technique nouvelle, applicable à tous les rouages délicats et qui a reçu, depuis lors, la consécration de l’expérience. Les pièces métalliques à protéger sont plongées dans une solution étendue d’acide stéarique dans un dissolvant approprié,
- égouttées et séchées, puis passées à l’étuve à 100 degrés, ce qui, en amenant l’acide stéarique au-dessus du point de fusion, assuré la formation d’un épilamen régulier, adhérent, et d’ailleurs de parfaite transparence, ce qui s’explique tout naturellement par sa faible épaisseur, voisine du millionième de millimètre.
- Avec ce mode de protection, rien n’empêche de reprendre et de résoudre le problème du graissage rationnel, dont nous avions tout à l’heure montré les difficultés.
- Il devient loisible d’utiliser, en horlogerie, les huiles minérales, dont l’industrie fait un s grand cas pour le graissage des machines et dont elle prépare des types très variés ; pourtant, ce n’est pas cette solution qui a prévalu ; une étude minutieuse a éta-b 1 i que les meilleurs lubrifiants étaient constitués par des mélanges d’huiles minérales et organiques ; seulement, pour parer à la résinification de ces dernières, on incorpore au mélange un produit stabilisateur « antioxygène », analogue à la diphénylamine qui stabilise les poudres sans fumée. A cette mixture on ajoutera encore un colorant rouge, qui arrête les radiations de petite longueur d’onde et protège le produit contre l’action de la lumière. Les lubrifiants ainsi constitués sont préparés sous cinq types différant par leur viscosité, les produits les plus fluides étant, bien entendu,réservés aux mouvements délicats; la force motrice fournie par le ressort est, en effet, tellement faible qu’elle doit être sévèrement économisée : le moment du couple produit par le ressort d’une montre ordinaire (de 43 millimètres de diamètre) ne dépasse pas un demi-gramme-centimètre; encore se réduit-il à mesure que le ressort
- FIG. 7. - ASPECT DE LA PIERRE, APRÈS 10 MILLIONS DE
- RÉVOLUTIONS D’UN PIVOT HUILÉ (GROSSISSEMENT, 130)
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- FIG. 8. — UNE MOLÉCULE ü’UN CORPS GRAS : l’acide STÉARIQUE
- MM. Langmuir et Devaux ont montré que la tête et la queue de cette molécule émettent un « champ de forces » représenté ci-dessus par des hachures rayonnantes. En contact avec une paroi solide, ces corps gras se recouvrent d'une couche appelée épi-lamen, où les molécules sont dressées comme les poils d'une brosse. Le frottement entre deux telles couches ne dépend plus uniquement de la viscosité ; il définit ce que M. Woog appelle /'onctuosité de ces surfaces.
- se débande et en se transmettant d’une roue à l’autre, si bien que, mesuré sur la roue d'échappement, il n’est plus que d’un décigrammc-centimètrc ; on comprend,
- TYPE EMPLOI Viscosité à 35° (en centipoises)
- A Balanciers, petits pivots. 26,7
- B Rouages de montres et
- chronomètres 33,7
- C Barillets, chronomètres
- de marine 40,6
- D Horloges, réveils, pendu-
- lettes 49,5
- E, F Grosse horlogerie, petite
- mécanique 54,7
- FIG, 9. — TABLEAU DES CINQ TYPES DE LUBRIFIANTS UTILISÉS EN HORLOGERIE
- développement de l’aviation à grande altitude exigent l’emploi d’instruments variés qui, presque tous, comprennent des pièces mobiles dont les articulations ont besoin d’être lubrifiées ; pour cette fin nouvelle, d’autres types d’huiles ont été étudiés, qui présentent leur maximum d’elficacité entre les températures de — 20 et — 50°.
- FIG. 10. -- COMMENT S’ÉTALENT DES GOUTTES D’HUILE SUR DES PLAQUES D’ACIER POLI
- (PLAQUES DE DROITE) OU RECOUVERTES DU REVÊTEMENT d’un « ÉPILAMEN » STÉARIQUE
- (PLAQUES DE gauche)
- On voit que, tandis que sur la plaque d'acier poli, ces gouttes s'étalent et envahissent peu à peu toute la surface, elles restent, au contraire, parfaitement localisées sur la plaque préparée.
- d’après la petitesse de ces nombres, combien il importe de doser exactement le freinage exercé par la viscosité du lubrifiant. C’est d’après ces considérations qu’ont été établis les cinq types indiqués dans le tableau (fig. 9).
- Tous ces produits assurent une lubrification excellente entre les limites ordinaires de température, c’est-à-dire de —2 ) à + 10°. Mais les expéditions polaires et, surtout, le
- Ainsi, le problème de la lubrification hor-logère est sorti de l’empirisme, et les solutions qu’il vient de recevoir procèdent directement d’études de science pure sur les pro priétés moléculaires des corps ; en retour, la technique nouvelle fournit à la science des instruments plus parfaits, qui lui permettront de pousser plus avant ses recherches.
- L. IIoullevigue.
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- L’«ORGUE DES ONDES» DU «POSTE PARISIEN» ET LA SYNTHÈSE DE LA MUSIQUE
- Par Charles BRACHET
- Tout récemment a été inauguré, au Poste Parisien, le nouvel orgue radioélectrique de MM. Gi-velet et Coupleux. Nous avons tenu nos lecteurs au courant des divers perfectionnements apportés ti la synthèse de la musique ainsi réalisée ( 1). Grâce à une nouvelle technique, le nouvel appareil permet de former les différents timbres, de donner f « expression » comme les anciennes orgues à vent. De plus, les circuits oscillants attaquant directement le poste d'émission, le microphone est supprimé et le minimum de déformation des sons est atteint. Ainsi, l'orgue pourrait jouer silencieusement, si des haut-parleurs ne permettaient à Vorganiste de contrôler son exécution. C'est une nouvelle et importante étape de la musique radioélectrique.
- « Si le violon est le roi de l’orchestre, écrit le maître historien de la musique Albert Lavignac, l’orgue en est le dieu. » Et voici qu’avec 1’ « orgue des ondes », ce dieu prétend recréer la musique de toutes pièces. Telle est du moins l’impression que laissa à beaucoup de mélomanes l’inauguration récente du nouvel instrument dont le Poste Parisien enrichit son auditorium de radiodiffusion des Champs-Elysées.
- Nous connaissons les principes de la musique des ondes : la Science et la Vie les a exposés, à plusieurs reprises, tant à propos des premiers essais de « mélodie » de l’inventeur russe Theremin (2) et des Français Martenot et Bertrand qu’à propos de l’instrument
- (1) Voir La Science et la Vie, n08 128 et 163.
- (2) Voir La Science et la Vie, n° 128, page 131.
- (3) Voir La Science et la Vie, n° 163, page 71.
- présenté à l’Académie des Sciences, le lundi 6 octobre 1930, par MM. Armand Givelet, l’éminent radioélectricien, et Eloy Coupleux, le facteur organiste bien connu. Cet instrument était si bien au point que, dès la fin de 1931, un grand orgue de vingt jeux, établi sur le principe de ces inventeurs, était inauguré à l’église de Ville moinble (3). Mais, voici qu’avec l’orgue du Poste Parisien, d’une puissance orchestrale triplée, la nouvelle technique musicale semble avoir fait unpasdegéant.
- Nous voudrions, à ce propos, l’expo-ser dans son ensemble, avec les perspectives qu’elle ouvre sur l’avenir.
- Le « circuit oscillant » d’une lampe triode, nouvel élément de musique
- Jusqu’ici, le luthier ne savait douer de vibrations véritablement « musicales » que
- FIG. 1. - MM. G1VELET ET COUPLEUX DEVANT L’ORGUE
- ÉLECTRONIQUE DU « POSTE PARISIEN »
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- les cordes, les tuyaux et, très subsidiairement, les membranes (timbales ) ou, encore, les masses métalliques (carillons). Voici que le physicien, lui, propose désormais, comme nouveau « matériel sonore », des lampes triodes animatrices de haut-parleurs—autrement dit des circuits électriques « oscillants ».
- On n’avait pas attendu, d’ailleurs, l’apparition de la lampe à trois électrodes pour dé-
- hertzienne, dans toutes les stations du monde. Une capacité C et une self L sont intercalées dans le circuit « filament-grille ». Les variations de tension de la grille commandent les variations d’intensité du flux d’électrons allant du filament à la plaque. Le courant filament-plaque appliqué à un haut-parleur, lui imprimera une vibration sonore de même fréquence que sa propre
- FIG. 2. — l’« ORGIE DES ONDES» DANS L’AUDITORIUM DU «POSTE PARISIEN»
- Au premier plan, la « console » ouverte dont l'envers supporte les trois claviers. Au second plan, Varmoire. où sont rangés les deux cents circuits oscillants. Si nous pouvions pénétrer jusqu'au mur de fond, nous y trouverions les inextricables connexions des circuits sur les combinaisons des filtres que commandent les tirettes des soixante-seize jeux de l'orgue radiophonique.
- couvrir la possibilité de créer des courants alternatifs entretenus à fréquence musicale — depuis 16 jusqu’à 6.000 périodes par seconde. En 1902, M. P. Janet, l’éminent professeur de l’Ecole supérieure d’Electri-cité, était parvenu à réaliser la gamme entière sur «l’arc chantant » de Duddel — arc qui permit d’établir la première téléphonie sans fil par ondes entretenues, vingt ans avant l’apparition de la lampe de Lee de Forest.
- Rappelons en quoi consiste un circuit oscillant entretenu par lampe triode. Notre premier schéma (fig. 4) expose ce montage — d’ailleurs classique pour l’émission
- oscillation. Si la fréquence du courant est « musicale » — c’est-à-dire de l’ordre de 16 à 6.000 périodes par seconde — le haut-parleur donnera une note musicale.
- Le problème est de rendre parfaitement stable de telles oscillations électriques et de les stabiliser à la fréquence précise qu’exige la note de la gamme que l’on désire faire rendre au haut-parleur.
- Bien que nous n’ayons pas l’habitude de recourir aux formules algébriques, celle-ci est tellement simple et fondamentale en radiophonie que nous la donnons sans hésiter : la période du circuit oscillant est proportion-
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- L'ORGUE RADIOPHONIQUE
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- nelle à la racine carrée de la capacité et à celle de la self qui constituent ce circuit
- ^ T = 2 7t y/CL^. Il suffit donc de donner à
- la self et à la capacité des valeurs convenables pour obtenir la période et, par conséquent, la fréquence demandée.
- La «capacité » d’un circuit oscillant est, en électricité, l’analogue d’une «élasticité «mécanique : autrement dit, le condensateur joue, ici, le rôle d’un ressort élastique. La « self » joue, de son côté, le rôle d’une «masse ».
- On sait que, de l'élasticité et de la masse d’une corde mise en vibration, dépend la hauteur de la note émise. L’exécutant du violon modifie sans cesse l’une et l’autre en faisant varier la longueur de la corde; de même les premiers chercheurs (Theremin, par exemple), modifiaient la « capacité » du circuit oscillant en le frôlant de plus ou moins près avec la main — et c’était une sorte de violon hertzien. Dans un instrument tel que l’orgue, il faut beaucoup plus de précision et... de stabilité. C’est pourquoi M. Givelet, laissant fixe la capacité de ses circuits oscillants, une fois ceux-ci établis pour chacune des touches du clavier qui doit les faire chanter, s’est attaché à accorder ses notes hertziennes par le seul réglage de la self.
- C’est ce que montre notre schéma.
- La self doit être très grande, puisque la fréquence du circuit doit être « basse » (fré-
- quence musicale est toujours synonyme de basse fréquence en radiophonie). Elle comporte donc une forte armature de fer doux. Une partie de cette armature est mobile sous l’action d’un bouton moleté. L’approche ou l’éloignement gradués de ce noyau mobile aboutissent au réglage de la
- self jusqu’à l'obtention de la fréquence désirée, réglage tellement facile que n’importe quel aide inexpérimenté peut aider l’organiste à « accorder » ses notes, et tellement sta ble que cet « accord » n’a pas besoin d’être renouvelé plus de trois fois l’an.
- Nous voilà donc en possession de 1’ « élément musical », dont l’assemblage en nombre aussi grand qu’il le faut, permet de construire un « orgue des ondes ». Dans celui du Poste Parisien, chacune des deux cents touches comprises dans les trois claviers et le pédalier commande un circuit oscillant établi comme nous venons de l’expliquer.
- La sélection des sons harmoniques destinés à la formation des différents timbres
- Mais la création de la note hertzienne n’est que le premier pas vers la réalisation intégrale d’un instrument parfaitement musical, tel que l’orgue.
- La musique n’existe qu’en fonction des « timbres » sonores : timbres personnels à chaque voix individuelle comme à chaque
- FIG. 3. — DÉTAIL DF LA CONSOLE DE L’ORGUE
- On aperçoit, outre la complexité des circuits relatifs aux deux cents lampes triodes (tableau supérieur), la façon dont les quatre pédales d'expression agissent sur les rhéostats commandant l'intensité de l'amplification sonore.
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- Lampe
- oscillatnice
- 100 volts
- Bouton
- moleté
- mobile
- Culasse
- Circuit oscillant
- Kl O. 4. LA LAMPE TRIODE MONTÉE SUR
- CIRCUIT OSCILLANT A FRÉQUENCE MUSICALE
- Le circuit oscillant proprement dit est tracé en traits gras. La self porte un noyau considérable dont la partie mobile avance et recule, au gré de l'accordeur, par le moyen d'un bouton moleté. C'est le dispositif d'accord dont est muni chacune, des deux cents lampes triodes de l'orgue.
- instrument. Non seulement la flûte, la clarinette, le cor, le basson, etc., sont indispensables à l’orchestre, mais encore il y a flûte et flûte, cor et cor, suivant la richesse que le facteur de ces instruments parvient à donner à leur sonorité. L’orgue a ia prétention d’exprimer, en chacun de ces jeux, un timbre spécial aussi proche parent que possible d’un timbre instrumental.
- Le problème qui se pose au facteur de 1’ «orgue des ondes » sera donc : 1° de constituer autant de timbres qu’il veut donner de «jeux » à son instrument ;
- 2° de faire ces timbres aussi riches qu’il pourra.
- L’acoustique nous apprend quelle est l’origine physique
- d’un timbre musical : elle réside dans la constitution d’une série parfaitement déterminée d'harmoniques qui viennent s’ajouter à la note fondamentale (la note pure écrite par le compositeur).
- Rappelons la définition classique : si on multiplie par la suite des nombres entiers la fréquence d’un son dit « fondamental », on obtient les fréquences sonores de tous les harmoniques naturels de ce son.
- Dans cette suite « naturelle », que nulle oreille ne saisit guère au delà du 17e harmonique, chaque instrument, chaque voix humaine sélectionnent spontanément (de par leur constitution physique propre) une série arbitraire d’harmoniques, à l’exception de tous les autres qui sont « étouffés » : cette sélection particulière exprime le timbre particulier de l’instrument envisagé.
- Deux solutions se présentaient donc au luthier des circuits oscillants : ou bien produire, pour chaque note de ses claviers, une gamme de sons rigoureusement purs (c’est-à-dire dépourvus d’harmoniques), avec autant de lampes triodes qu’il aurait fallu ; puis grouper ces différents sons purs, eux-mêmes considérés comme les harmoniques de différentes hauteurs, en les sélectionnant de manière à obtenir le timbre désiré. Celui-ci eût été, dès lors, reconstitué par synthèse.
- Lampe
- oscillatrice
- 100 volts
- Amplificateurs
- variables
- Filtre
- Transformateur
- Filtre
- Filtre
- Filtre
- Dispositif
- d'accord
- FIG. 5. --- LA DISTRIBUTION DES HARMONIQUES AUX
- IIAUT-PARLEURS PAR LES FILTRES La note fondamentale, riche de tous ses harmoniques, est filtrée par dérivation du circuit oscillant fondamental sur d'autres circuits (fütres), destinés à arrêter toute oscillation qui n’entre pas dans la composition du timbre correspondant au « jeu » désiré par l'organiste. Les tirettes des jeux de la console commandent, en conséquence, la dérivation du circuit oscillant. Entre le filtre et le haut-parleur se trouve le dispositif d'amplification variable qui permet de nuancer Vexécution.
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- On fait cela, très bien, au laboratoire.
- Le facteur d’instruments pratiques devait adopter une autre méthode, par analyse.
- Il combine le circuit oscillant de chaque lampe triode de manière à lui faire produire, autant que possible, toute la série des harmoniques naturels. Le circuit oscillant ainsi réalisé représente une flûte idéale, dont chaque note fondamentale se double de notes plus aiguës dont les fréquences croissent comme les nombres 1,
- 2, 3..., 16, 17.
- Après le dix-septième harmonique, on considère qu’il n’y a plus grand’chose à glaner.
- L’établissement d’une telle richesse de fréquences sur un seul circuit oscillant constitue l’une des originalités des brevets Give-let, que l’inventeur n’explique pas, d’ailleurs, avec prolixité.
- Notre idéale flûte hertzienne contient, en principe, tous les timbres, puisqu’elle contient tous les harmoniques.
- Sur cette suite naturelle totale, il n’y a plus qu’à « sélectionner » des séries arbitraires (1, 2, 5, 9, 11, par exemple, ou toute autre suite de nombres entiers), et Von aura autant de timbres différents. C’est à quoi l’on parvient avec des filtres convenablement adaptés.
- Ces filtres sont constitués par des circuits ayant leurs selfs et leurs capacités propres. Placés entre la triode et le haut-
- parleur, les filtres, que les divers harmoniques hertziens pourront franchir seulemen t s'ils sont «.en résonance» avec eux, imprimeront, par conséquent, leur timbre au son résultant.
- Nous comprenons maintenant comment
- sont établis les jeux de l’orgue des ondes : chaque jeu est formé de filtres semblablement timbrés.
- La mise en circuit , ou hors circuit, de ces filtres s’effectue par des commutateurs, eux-mêmes actionnés par les tirettes classiques de la « console » de l’orgue, tirettes dont chacune porte l’indication bien caractéristique : bourdon, flûte, cor de nuit, gambe, voix humaine, basson, trompette, violoncelle, cor anglais, etc. L’orgue du Poste Parisien contient soixante-six jeux de ce genre (plus une dizaine de combinaisons pures n’appelant aucune remarque spéciale).
- Notre schéma de la page 30 explique cette constitution des jeux réalisés ainsi pour la première fois.
- L’ « expression » dans l’orgue des ondes
- Jusqu’ici, l’orgue des ondes ne fait qu’imiter l’orgue classique, — tout en s’octroyant d’immenses facilités d’établissement et d’économie de construction. C’est ainsi que les haut-parleurs peuvent être disséminés dans les points d’acoustique optimum de la salle.
- FIG. 6. - LA CONSOLE DE L’ORGUE RADIOPHONIQUE VUE
- DU COTÉ DES CLAVIERS, C’EST-A-DIRE DE L’ORGANISTE
- En bas, le pédalier des basses. Au-dessus, les pédales d'expression. A côté de celles-ci, quelques pédales de jeux. Au-dessous du premier clavier, quelques tirettes de jeux. Puis les trois claviers. Au-dessus d'eux, les quatre cylindres bicolores indiquant le « degré » d'expression (par blanc ou noir). Enfin, tout en haut, les targettes qui déclanchent les divers jeux de l'orgue.
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- Une seule console peut commander tour à tour des orgues différentes (chœur et tribune par exemple). L’encombrement total de tels instruments est insignifiant, comparé aux forêts de tuyaux qu’exigent les orgues de cathédrales (six mille tuyaux de Notre-Dame sont remplacés, à l’auditorium des Champs-Elysées, par treize haut-parleurs).
- Quant à la technique proprement musicale, les nouvelles orgues sont « expressives ». Autrement dit, leurs différentes notes peuvent fournir le forte et le piano, individuellement, alors que les orgues à tuyaux nécessitent l’installation de « boîtes d’expression », cabines immenses comprenant des jeux entiers et sur lesquelles des pcrsien-nes mobiles s’entr’ouvrent plus ou moins — au commandement de la pédale de l’organiste. De telles boîtes ne s’appliquent d’ailleurs qu’à un nombre limité de jeux.
- On n'y saurait faire entrer les tuyaux de basse, dont la hauteur atteint 8,16 et 32 pieds.
- De plus, les boîtes d’expression malaxent les sons de la manière la plus désastreuse.
- Combien simple apparaît ce problème de l’expression dans la technique hertzienne !
- L'organiste des ondes n’a besoin que de rhéostats commandant des « amplificateurs » intercalés dans le circuit lampe-haut-parleur. Ainsi, sa pédale nuance à son gré l’intensité du son. Quatre pédales lui suffisent pour nuancer l’ensemble des jeux.
- Les difficultés vaincues et celles qui demeurent
- Nous ne pouvons terminer nos explications sans exposer les dilïicultés proprement artistiques de la nouvelle technique. Aussi bien, ces difficultés ont leur source dans la nature physique des sons. En étudiant le conflit latent entre cette nature et les règles musicales, nous ne quittons pas le domaine scientifique.
- La gamme naturelle des fréquences sonores n’est pas celle qu’ont adoptée les musiciens.
- La gamme naturelle dérive de la succession des « harmoniques », tels que nous les avons définis plus haut. L’ordre naturel des harmoniques fournit des « intervalles de fréquences » qui sont : V « octave » (fréquence double); la «quinte» (fréquence triple), au-dessus de l’octave ; la « quarte », dont la fréquence est quadruple de la fondamentale, etc. Cela donne l'arpège des sons naturels. De cette suite de sons, les musiciens ne retiennent que les sept premiers harmoniques qùi, ramenés par subdivisions entières à l'intérieur d’une même octave, fournissent la suite bien connue : « do, ré. mi, fa, sol, la, si ». Ainsi, de proche en proche, à partir d’une fondamentale arbitraire (le la du diapason : 435 oscillations par seconde), on a établi la succession d’ «octaves » constituant le clavier classique.
- Mais il a fallu introduire des « demi-tons » (bémols et dièzes) utilisés dans les partitions musicales.
- Si on veut appliquer, ici encore, la règle des harmoniques naturels, on tombe sur une grave difficulté : le dièze d’une note ne coïncide pas avec le bémol de la note suivante, ainsi que le veut la technique du clavier (où le fa dièze, par exemple, est figuré par la même touche noire que le sol bémol). Aussi, les musiciens ont-ils adopté une gamme qui représente, en somme, une « cote mal taillée », dite gamme tempérée, dans laquelle on sacrifie la « justesse physique » du son, par fusion des bémols et des dièzes, — au plus grand bénéfice des nécessités de l’exécution et, ajoutons-le, de la composition, puisque toute la littérature musicale, du xvie siècle (exactement depuis J.-S. Bach) à noé jours, se trouve écrite en gammes tempérées.
- Or, voici les inconvénients majeurs que rencontre, de ce fait, 1’ «organisation» musicale des ondes électriques. La lampe
- Lampe
- oscillatrice
- 100 volts
- f O © —
- 100 volts
- --mnnnp-----
- O
- Transformateur
- filtre
- Résistance à curseur
- mobile,
- Diffuseur
- Culasse
- ENSEMBLE DU MONTAGE THÉORIQUE ü’UN
- FIG. 7.
- CIRCUIT OSCILLANT DANS L’ORGUE « GIVELET-COUPLEUX »
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- triode fournit des harmoniques naturels, sélectionnés en « timbres » divers par les différents jeux. Mais cette lampe fournit aussi la fondamentale, correspondant à une touche donnée ; l’organiste plaquant un « accord » en gamme tempérée envoie donc sur le haut-parleur des « harmoniques musicaux» artificiels, qui risquent d’y rencontrer des « harmoni-ques physiques » naturels, procédant du timbre, et qui seront « nominalement », les uns et les autres, du même numéro, c’est-à-dire de la même fréquence... ap-proximative. Et c’est alors qu’apparaît un phénomène redoutable.
- La note musicale provenant de l’exécution et l’harmonique de même hauteur provenant du timbre, différent d’une très petite quantité (un « comma »).
- Cette différence se traduit par un «battement»
- — battement qui n’est autre, d’ailleurs, que le phénomène utilisé dans le montage « hétérodyne ». La fréquence de ce battement constitue donc un son parasite indésirable.
- C’est de tels battements que l’orgue des ondes doit éviter à tout prix. Et c’est le mérite de M. Couplcux, facteur de l’orgue, d’y avoir à peu près réussi. Comment ? Par une savante dissociation de ses circuits — qui demeure son secret — ce qui l’a conduit à adopter treize haut-parleurs différents, alors que théoriquement un seul eût été nécessaire, s’il ne s’était agi que d’acoustique et non, avant tout, de musique.
- Ce qui précède nous explique pourquoi
- l’orgue des ondes a été si long à « inventer », malgré la simplicité du principe.
- L’organiste joue des ondes « à domicile »
- Remarquons, en terminant, que le montage de ces oscillations électriques musicales offre à la radiodiffusion une aisance merveilleuse.
- La radiotransmission de la musique par les procédés courants exige la modulation à basse fréquence de l’onde porteuse à h a u t c l'r é -q u e n c e du poste, par l’inter média ire d’un microphone. Grâce à l’orgue radioélectrique, la mod u lat i o n basse fréquence est appliquée directe m e n t à, l'onde porteuse, sans passer par aucun microphone. Les haut-parleurs n’ont, en ce cas, d’autre rôle que de servir de contrôle à l’oreille de l’organiste. Celui-ci peut, à la r i g u e u r , jouer en silence, Et son clavier agit directement sur chaque poste récepteur individuel. L’organiste joue vraiment « à domicile ». De plus, en supprimant un intermédiaire, le microphone, il est évident que l’on supprime, de ce fait, une cause de déformation.
- Les claviers peuvent encore agir, de la même manière directe, sur un « pick-up », en vue de l’enregistrement sur disques phonographiques de la littérature d’orgue.
- La musique touche, par la nouvelle technique, à une « immatérialité » qu’il était difficile de prévoir il y a seulement dix ans.
- Jean Labadie.
- FIG. 8. — VUE PARTIELLE DES DEUX CENTS LAMPES A TROIS ÉLECTRODES UTILISÉES DANS L’ORGUE « GIVELET-COUPLEUX » DU « POSTE PARISIEN »
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- POURQUOI ACCROIT-ON SANS CESSE LE NOMBRE DE CYLINDRES DES MOTEURS D’AUTOMOBILES ?
- Par A. CAPUTO
- Une des évolutions les plus profondes du moteur d'.automobiles est Vaccroissement du nombre de cylindres. Après les moteurs monocylindriques du début, on vit apparaître des « deux cylindres» et des « quatre cylindres ». Jusqu’à ces dernières années, toutes les voilures courantes étaient de ce ce type et, seules, les voitures de luxe avaient un nombre de cylindres supérieur, généralement six. Depuis, nombre de voitures utilitaires ont six cylindres, et les voitures de luxe, que les constructeurs cherchent, bien entendu, à établir suivant une formule différente des voitures usuelles, en ont couramment huit. Un de nos constructeurs les plus cotés et certains constructeurs américains ont même établi des modèles de haut luxe èi 12 et à 16 cylindres. Et ce n'est pas fini. Peut-être verrons-nous sous peu, d'une façon courante, des moteurs èi 18 ou 24 cylindres. Cet accroissement n'est pas une simple question de mode. C'est, en effet, pour diminuer les vibrations, pour réaliser un « équilibrage » aussi parfait que possible, pour obtenir une souplesse de plus en plus grande, que cette tendance s'est manifestée. Difficilement réalisable il y a quelques années, le moteur à six cylindres et au-dessus est aujourd'hui réellement au point, grâce aux progrès accomplis aussi bien dans l'emploi d'alliages et d'aciers spéciaux, que dans la perfection de l'usinage.
- L
- orsqu’on étudie l’histoire de l’automobile depuis l’origine, on est frappé par le fait que le nombre des cylindres des moteurs a été constamment en croissant.
- Dans les premiers temps de l’automobile, en effet, par suite du peu de confiance (pie l’on pouvait avoir dans les différents organes mécaniques, on n’osait guère augmenter le nombre des cylindres, car c’était en même temps augmenter le nombre de chances de pannes. En outre, la réalisation pratique d’un moteur polycylindrique était compliquée et coûteuse. Depuis, grâce aux progrès de toutes sortes accomplis, on est arrivé à une grande sécurité d'utilisation, ainsi qu’à un abaissement de prix notable.
- D’autre part, la clientèle est devenue,
- FI O. LF. S
- 1. — DANS UN MOTEUR 6 CYLINDRES, VIBRATIONS DU SECOND ORDRE SONT COMPENSÉES
- Les forces d'inertie qui s'exercent sur deux des pistons compensent celles qui s'exercent sur les quatre autres pistons en n'importe quelle position des divers éléments du moteur. Certains constructeurs prévoient, en outre, pour compenser la force centrifuge qui s'exerce sur le pied B des bielles, un contrepoids M.
- à juste titre, de plus en plus dilli-cile. Elle exige une voiture silencieuse et sans vibrations, et demande, en outre, au moteur, une grande souplesse de conduite. Or, c’est précisément en augmentant le nombre des cylindres qu’on peut arriver à ce résultat.
- Le moteur à explosions, source de vibrations
- Par lui-même, le moteur à explosions est une source de vibrations. A chaque explosion, en effet, il y a un choc brutal qui est transmis par une liaison mécanique (bielle et manivelle) à l’arbre moteur et de là au carter ; on conçoit facilement que la répétition de ces chocs entraîne une mise en vibration de tout le moteur, qui se transmet ensuite à la carrosserie.
- Plus les explosions sont espacées et plus il est nécessaire, évi-
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- LES MOTEURS POLY CY Ll N D RIQU ES
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- FIG. 2. — LE MOTEUR A 4 CYLINDRES EST ENCORE UNE DES MEILLEURES SOLUTIONS POUR LES PETITES PUISSANCES Voici la coupe d'un moteur « 301 » Peugeot, l'une des réalisations les plus parfaites du dernier Salon.
- En quoi consiste le problème de l’équilibrage
- Dans un moteur, les principaux organes en mouvement qui sont susceptibles de transmettre les vibrations sont les pistons, les bielles et le vilebrequin avec ses « manetons ». Les pistons se déplacent d'un mouvement rectiligne de va-et-vient ; le vilebrequin et ses manetons sont soumis à un mouvement de rotation, et les bielles prennent un mouvement complexe qui est la résultante de ees deux mouvements élémentaires.
- Ces différents organes étant en mouvement engendrent des forces d’inertie, force centrifuge pour les organes en rotation, force correspondant aux variations de vitesses pour ceux qui sont en mouvement rectiligne. Or, ce sont ces forces qui, se transmettant aux organes voisins, donnent naissance aux vibrations dont on veut empêcher la propagation. Pour pouvoir atteindre ce ré- 1S
- sultat, on I
- cherchera
- demment, qu’elles soient violentes pour donner la puissance cherchée. Il y a donc avantage à avoir des explosions aussi rapprochées que possible.
- Avec le moteur monocylindrique, on a alors été amené à accélérer le régime du moteur pour augmenter le nombre d’explosions par seconde. Cela avait, en outre, l’avantage de permettre de réduire considérablement les poids des bielles, des pistons et du volant, ce qui diminuait d’autant les forces d’inertie engendrées par le mouvement.
- Mais il est clair qu’on peut obtenir le même résultat en multipliant le nombre des cylindres, et c’est là déjà un des gros avantages des multicylindres.
- Ce n’est d’ailleurs pas le seul : pour éviter le plus possible la transmission des vibrations, il est nécessaire d’avoir un « équilibrage » aussi parfait que possible des différentes masses en mouvement. Or, ce résultat est beaucoup plus facile à atteindre avec les multicylindres, comme nous allons le voir, sans qu’il soit nécessaire de prévoir des dispositifs auxiliaires encombrants et coûteux.
- FIG. 3. — DANS LES
- MOTEURS A 4 CYLINDRES , LA COMPENSA -TI O N DES FORCES D’INERTIE DES PISTONS EN MOUVEMENT N’EST PAS ABSOLUE Quand le maneton du vilebrequin décrit le demi-cercle X B Y, la tête de bielle et le piston vont de N en I, jmis de I en N.
- Quand il décrit le demi-cercle supérieur Y A X, par contre, la tête de bielle va de N en S et de S en N. Or, le point N n'est pas au milieu (/rSl, mais un peu au-dessous. Il en résulte que, pendant le demi-tour inférieur du vilebrequin, le piston a une course moins longue que pendant le demi-tour supérieur ; sa force d'inertie est donc moins grande, et ne pend, par suite, compenser exactement celle du piston du ci/litidre voisin qui, au même moment, se déplace en sens opposé.
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- alors à les neutraliser autant que possible les unes les autres, de manière que leurs effets sur l’organe de transmission se contre-balancent.
- En fait, cet organe de transmission est le vilebrequin, qui, actionné par les bielles, risque de transmettre les vibrations provoquées par cdles-ci aux paliers qui le supportent et, par suite, à l’ensemble du carter.
- Examinons donc les efforts qui peuvent s’exercer sur ce vilebrequin, et la manière dont on peut les éliminer.
- Voyons tout d’abord l’action des parties tournantes, manetons et têtes de bielles.
- Pour que leur rotation n’exerce aucune réaction sur les paliers, c’est-à-dire pour qu’elles soient «équilibrées dynamiquement», il faut, d’une part, que les masses soient réparties à égale distance de l’arbre, de manière (pie leur centre de gravité soit sur cjt axe (ce qui correspond à « l’équilibre sta-
- tique, c’est-à-dire à l’équilibre sous les seules forces de la pesanteur) et, d’autre part, que l’ensemble de ces masses soit porté également par les deux paliers extrêmes (1).
- Un vilebrequin de moteur monocylindrique n’est évidemment équilibré ni statiquement, ni dynamiquement, à moins, bien entendu, que l’on prévoie un contrepoids au maneton. Un vilebrequin de voiture bicylin-drique, en forme d’S, est équilibré statiquement, mais non dynamiquement, et les paliers subissent en conséquence des réactions notables.
- Par contre, un vilebrequin de moteur à 4 cylindres est équilibré à la fois dynamiquement et statiquement.
- On arrive également, de la même manière,
- (1) Géométriquement, l’ensemble des masses doit être symétrique par rapport au plan perpendiculaire à l’arbre en son milieu.
- Kl G. 4. — UN EXEMPLE DE
- MASSES ÉQUILIBRÉES STATI-
- QUEMENT, MAIS NON DYNAMIQUEMENT
- Quand les masses M et M’ tournent, elles créent des réactions sur les paliers de l'arbre qui les porte.
- FIG. 5.
- BLOC-MOTEUR 12 CYLINDRES EN V « HISPANO-SUIZA »
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- LËS MOTEURS PÙLY CY Ll N D RIQÜ ES
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- FIG. 6. — I.A MULTIPLICATION DU NOMBRE DES CYLINDRES AUGMENTE LA SOUPLESSE DU MOTEUR
- Dans le cas d'un moteur à 4 cylindres, il y a en moyenne dix impulsions par tour de roue de la voiture. Dans le cas d'un moteur à 12 cylindres, il y en a trente.
- à équilibrer à la fois dynamiquement- et statiquement les moteurs de 6, 8, 12, 16 cylindres, etc... C’est donc là un avantage appréciable à noter à l’actif des polycylindres.
- Examinons maintenant ce qui se passe pour les forces d’inertie dues au mouvement alternatif du piston.
- Dans le cas d’un moteur monocylindrique, ces forces sont transmises intégralement aux bielles et, par suite, au vilebrequin. Quand l’accélération du piston est dirigée vers le bas, c’est-à-dire dans la zone supérieure de la course, la force d’inertie correspondante, transmise au vilebrequin, tend à pousser celui-ci vers le bas sur ses paliers. Quand elle est dirigée en sens inverse, elle tend à tirer le vilebrequin vers le haut.
- Pour les moteurs à 4 cylindres, les forces d’inertie des pistons se compensent en grande partie, les accélérations des pistons étant deux par deux dirigées en sens inverse.
- Cette compensation n’est cependant pas complète, car ces accélérations opposées ne sont pas tout à fait égales en valeur absolue, comme le montre le schéma, ligure 3.
- On dit que, dans ce cas, les vibrations du « premier ordre » sont seules compensées.
- Pour les moteurs à 6 cylindres, qui comportent des mane-tons décalés de 120 degrés, les uns p ar rapport aux autres, deux pistons se déplacent d a n s u n sens, tandis que les
- quatre autres se déplacent en sens inverse, mais les forces d’inertie engendrées par ces déplacements se compensent, au total, beaucoup plus complètement qu’avec une 4 cylindres, ainsi qu’on peut le démontrer géométriquement. En langage mathématique, on dit que les forces d’inertie du « second ordre » sont compensées.
- Nous voyons, sous ce rapport, la supériorité des 6 cylindres sur les 4 cylindres, et c’est là un des facteurs du succès de ce genre de moteurs. C’est pour profiter de ces mêmes avantages, en y ajoutant ceux dus à la multiplication des impulsions motrices que l’on créé des 12 et des 18 et des 24 cylindres.
- Les 8 et 16 cylindres ne sont évidemment pas aussi parfaits du point de vue de la su ppression des vibrations du « second ordre », mais certains constructeurs les utilisent néanmoins, car ils présentent d’autres avantages en ce qui concerne l'alimentation en carburant.
- Ce problème de l’alimentation est, en effet, des plus délicats, surtout pour les 6 cylindres ; il s’agit de fournir le mélange carburé aux différents cylindres d’une manière rigoureusement égale, sinon il se produit des à-coups qui nuisent à la bonne marche du moteur. Ce n’est guère que depuis une dizaine d’années (pie l’on est arrivé à de bon résultats en employant, en général, plusieurs carburateurs.
- Peut-on améliorer l’équilibrage des moteurs à moins de six cylindres ?
- Nous venons de voir quels avantages possédaient les moteurs à 6 cylindres et plus, au point de vue de l’équilibrage ; mais l’augmentation du nombre des cylindres n’est pas le seul moyen d’atteindre le but cherché.
- D’autres solutions ont également été proposées, les unes entraînant une modification radicale de la conception des moteurs eux-
- EXEMPLE
- MASSES ÉQUILIBRÉES STATIQUE-M E N T E T M É C A NI Q U E M E N T Quand les masses M et M’ tournent, elles n'exercent aucune réaction sur les paliers de l'arbre qui les porte.
- Chambre d explosion commune
- Pistoa -----------— .Piston’
- ''Vilebrequin
- FIG. 8. — UN MOTEUR MONOCYLINDRIQUE A DEUX RIS-TONS OPPOSÉS PEUT ÊTRE PAR FA I TE M E NT É Q U1 Ll B R É
- Les vitesses des deux pistons étant constamment égales et opposées, les forces d'inertie s'équilibrent très exactement.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- Sf>
- FIG. 9. — MOTFüll RENAULT G CYLINDRES POUR VOITURES DE PUISSANCE MOYENNE
- mêmes, les autres comportant simplement l’adjonction d’organes additionnels pour compenser les défauts d’équilibrage du moteur ordinaire.
- Parmi les premières, citons en particulier celle des cylindres à deux pistons opposés (schéma iig. 8). Les mouvements des pistons sont synchronisés de manière que leurs vitesses soient constamment égales et opposées, et on a, alors, évidemment un équilibrage parfait,
- FIG. 10. — MOTEUR A 2 CYLINDRES A PISTONS OPPOSÉS. C’EST LA RÉALISATION PRATIQUE DU SCHÉMA FIGURE 8
- même pour les moteurs mono-cylindriques.
- Cette solution n’a guère été développée que dans certains cas particuliers, car elle présente des difficultés de réalisation assez grandes ; elle est, en outre, assez coûteuse.
- Par m i les dispositifs comportant l’adjonction d’organes mécaniques additionnels à des mo t e u r s de types courants, nous pourrons citer l’équilibreur Lanches-ter, qui donne aux moteurs à 4 cylindres un
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- LES MOTEURS
- POLYCYLINDRIQUES
- équil ibrage parfait. Il comporte un ensemble de petites masses en rotation dont la force vive équilibre à chaque instant les « forces d’inertie » du second ordre. Malgré les résultats remarquables qu’il avait donnés, il ne semble pas que cet appareil ait eu tout le succès qu’il méritait, peut-être à cause de la complication onéreuse qu’il entraînait.
- D’autre part, comme nous l’avons déjà souligné, ce n’est pas uniquement pour obtenir un bon équilibrage que l’on multiplie le nombre de cylindres, mais
- surtout pour augmenter la « souplesse » du moteur.
- Dans un moteur monocylindrique, il n’y a qu’une impulsion motrice pour deux tours de vilebrequin. Dans les moteurs à 4 cylindres, il n’y a encore qu’un seul temps moteur par demi-tour, les différentes impulsions se produisant suc-cessivement. Ce n’est qu’à partir de 6 cylindres qu’on commence à obtenir un « chevauchement » des explosions qui assure la rotation continue et sans à coup du moteur, aux basses allures.
- Or, on sait
- FIG. 11. — COMMENT SE MANIFESTENT LES FORCES D’iNERTIE DITES DE SECOND ORDRE ET COMMENT ON PEUT LES COMPENSER AU MOYEN DE CYLINDRES ÉQUILIBREURS ]. Point mort haut, début de la course descendante : la force d'inertie P1 est dirigée de bas en haut. La position pointillée de la bielle correspond à la vitesse maximum du piston, quand te pied de bielle est sur la ligne H H’. — 2. Position intermédiaire, où les forces d'inertie Pj, appliquée au piston descendant, et P2, appliquée au piston remontant, s'annulent. — 3. Au quart de tour, le piston a accompli X, soit plus de la moitié de sa course, et il lui reste à parcourir Y ; à ce moment, la force d'inertie P3 est dirigée vers le bas, pour le piston montant comme pour le piston descendant. — 4. Nouvelle position intermédiaire, où les forces Pl5 appliquée au piston remontant, et P2, appliquée au piston descendant, s'annulent. — 5. Point mort bas, fin de la course descendante : la force d'inertie P, est dirigée vers le bas. On doit remarquer que P2 est toujours plus petit que Pj. La résultante de Pt et P2 est donc toujours dirigée de bas en haut, comme on peut le voir en G et en 8, où cette résultante est figurée par Rt et R3. — 7. Position où tous les pistons sont au meme niveau : d'après la figure 3, la résultante ll2 est toujours dirigée vers le bas. — 9. Positions successives du piston, de la bielle et de la manivelle, pour un tour de vilebrequin. — 10. Courbe représentant les variations de la résultante des forces d'inertie, la ligne médiane représentant les points où elles s'annulent. — 11. Courbe exactement opposée ii la précédente, représentant les forces qu'il faut faire entrer en jeu pour annuler celles de la courbe 10. — 12. Positions respectives des masses d'équilibrage, figurées par des secteurs noirs, de l'anti-vibrateur Lanchcster, dont les effets centrifuges sont figurés en a, b, c, d, e, f, g, h, i, etc., par les forces représentées sur la ligne 13. On voit que ces effets correspondent exactement à ceux qui sont indiqués par la courbe 11 pour annuler les efforts d'inertie des pistons.
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- FIG. 12. — QUELQUES RÉALISA!IONS PRATIQUES d’aNTIVIRRATEURS
- I. Antivibrateur Lanchester : A, mancton 2 du vilebrequin ; B, palier central du vilebrequin ; C, mane-ton 3 du vilebrequin ; 1), roue hélicoïdale centrée sur le flasque ; E, vilebrequin ; F, cylindre équilibreur avec denture hélicoïdale, périphérique ; G, second cylindre équilibreur engrenant avec le premier ;
- II, axe du cylindre équilibreur ; .J, support des axes de cylindres, fixé au palier central ; K, masse d'équilibrage. — 2. Antivibrateur sur le moteur Vauxball : E, flasque de centrage de la couronne ; F, cylindre ; 1), couronne hélicoïdale équilibreur ; G, second cylindre; K, masses d'équilibrage. —
- 3. Le moteur Willys-Knight.
- que cette souplesse aux basses allures constitue un des éléments les plus importants pour rendre agréable la conduite des voitures, en permettant de rouler presque constamment en prise directe. C'est là très certainement une des raisons primordiales pour lesquelles les moteurs polycylindriqucs ont une vogue toujours croissante, ee qui ne veut pas dire, d’ailleurs, qu’on doive aban-
- donner le moteur à 4 cylindres. Celui-ci, grâce à la longue expérience qu’ont acquise les constructeurs depuis plus de vingt ans, a atteint, en effet, un degré de perfection tics poussé. C’est pourquoi il reste encore très certainement, pour les petites voitures, l’une des meilleures solutions ; le dernier Salon nous en a montré de nombreux exemples. A. Caputo.
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- ON SAIT MAINTENANT DOSER LES RAYONNEMENTS EMPLOYÉS EN RADIOTHÉRAPIE
- Par Jean LABADIE
- La mesure est la base même de la recherche scientifique (1). C'est pourquoi les physiciens apportent un soin méticuleux à définir les unités de mesure qu'ils utilisent. La chose n'est pas facile. Car, si l'on excepte la longueur, la masse et le temps (dont M. Einstein a remis en question la signification physique, mais dont la mesure se fait par des instruments parfaitement définis), on peut dire que les physiciens ne parlent de chaleur et d'électricité que par unités toutes conventionnelles, reliées artificiellement aux quantités fondamentales que nous venons de rappeler. Quant à l'électricité, elle exige aux moins deux « systèmes » de mesures, suivant qu'on touche à l'électrostatique ou à l'électromagnétisme. Or, voici que, de nos jours, s'est posé le problème impérieux de mesurer des intensités de rayonnements, notamment en radiothérapie. C'est grâce à la mesure de Vionisation que le but a été atteint.
- La mesure de l’énergie rayonnante
- ant qu’il s’est agi seulement de mesurer les « ondes » lumineuses, le succès fut éclatant. Par leurs interférences, ces ondes sont même devenues elles-mêmes des moyens de mesure de hautes précisions (2). Mais, quand il a fallu mesurer l'intensité lumineuse, c’est-à-dire de l’énergie transportée par rayonnement, le problème s’est avéré beaucoup plus ardu.
- Pour les besoins de l’industrie, on a, certes, parfaitement défini la puissance d’éclairement d’une ampoule et la quantité de lumière reçue par un écran mais uniquement, grâce à l’appréciation de l’œil, qui juge en dernier ressort, par le moyen du « photomètre ». Dans cet appareil, l’œil est, en effet, seul chargé d’estimer si deux surfaces sont également éclairées ou non. Ce n’est donc pas là une mesure objective.
- D’ailleurs, comme « l’énergie rayonnante » englobe toutes les ondes électromagnétiques, dont la gamme comporte (depuis les ondes hertziennes jusqu’aux rayons cosmiques) quelque cinquante-quatre octaves, alors que le spectre visible n’en couvre qu’une seule, il a bien fallu s’atteler au problème d’une façon absolument générale. Et c’est le problème de Vactinométrie (mesure du rayonnement). Il est encore pendant devant les aréopages scientifiques.
- (1) Voir La Science, et la Vie, n° 151, page 13 : Mesurer, c’est Progresser.
- (2) Voir La Science et la Vie, n° 181, page 23.
- Le cas spécial des « rayons pénétrants » : X, gamma, cosmiques.
- L’intensité des ondes hertziennes se mesure ipso facto par le courant détecté au poste de réception.
- L’intensité des ondes lumineuses infrarouges se mesure par l’effet d’échaul'fement sur une masse d’eau (actinomètre de Violle) ou encore par les variations de résistance électrique dont elles affectent un mince fil conducteur (bolomètre).
- Les rayons ultraviolets possédant une activité chimique hors de relation avec leur effet thermique, la mesure de leur intensité devient plus difficile. A tel point que les médecins qui les utilisent en radiothérapie sont obligés de tenir compte de l’effet d’irritation (érythème) dont ces rayons affectent l’épiderme du malade — pour une longueur d'onde et une lampe données. Nous voici donc en plein empirisme, d’autant que chaque sujet est affecté d’une sensibilité épidermique très variable. Quand on a voulu ériger en « mesure physique » une telle méthode empirique, le spirituel et savant physicien qu’est M. Fabry s’est écrié : « C’est comme si vous prétendiez doser le sulfate de soude par ses effets sur la muqueuse intestinale ! » Malgré quoi, on n’a pu tomber d’accord sur un moyen de mesure pratique du rayonnement ultraviolet, et les radiothérapeutes conservent leur « unité » d’érytlième.
- Quant il s’est agi d’évaluer l’intensité des rayons X et celle des rayons gamma (radio-
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- ment comporte, dans ses effets physiologiques, l’objet même qu’il s’agit d’étudier. Il s’agit de déterminer les variations de ces effets en fonction de l'intensité purement physique du rayonnement, et non, inversement, de mesurer ceci par cela.
- Le problème de Vactinométrie des rayons pénétrants s’imposait donc de manière inéluctable. Il fallait le résoudre pratiquement et par des méthodes jthysiques rigoureuses.
- Parmi les effets physiques des rayons X ou des rayons gamma, il en est un, et même, peut-on dire, un seul, qui prête à la mesure exacte, c’est l'effet d'ionisation (1).
- Tout comme le professeur Piccard (2) s’est astreint à ine-
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 180 page 451.
- (2) On a essayé, à certaine époque, de mesurer le rayonnement pénétrant par ses elîets de noircissement d’une plaque photographique, mais on s'est trouvé là en présence d’un effet chimique complexe, offrant lui-même des énigmes parLicidières. L’effet d’ionisation physique est, au contraire, parfaitement net.
- FIG. 1. 1.’INFIItMIK1115 SURVEILLANT, AU MOYEN D’AP-
- PARE1LS PRÉCIS, LA « DOSE » DE RAYONS X ADMINISTRÉE A UN MALADE, A L’ilOPITAL SAINT-LOUIS DE PARIS
- On voit ici tes deux espèces d'appareils utilisés : à gauche, le dosimètre Ilammer ; en haut, les ionomètres Salomon. Ceux-ci sont reliés au champ du rayonnement X par une conduite « électrostatique » isolée par tubes métalliques (formant eage de Faraday tout le long du parcours), tandis que le dosimètre Ilammer n'a besoin que d'un conducteur ordinaire : le cadran ci minutes (sous la main gauche de, l'infirmière) impose (à la façon d'un réveille-matin) le temps précis ordonné pour le traitement. Quand la dose ordonnée est absorbée, un voyant lumineux rouge s'allume.
- actifs), également utilisés en radiothérapie, les médecins ont d’abord improvisé une méthode identique, et essayé de déterminer la « dose de rayonnement » appliquée, d’après l’érythème provoqué sur les tissus.
- Mais, ici, l’action de ces rayons pénétrants étant profonde et non pas seulement superficielle, les physiciens ont crié aux médecins : « Casse-cou ! » Et les médecins n’ont pu que s’incliner, d’autant que ce nouveau traite-
- v £
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- <b o c-<u Cî , O <u
- .4
- A»
- Radiation X
- incidente de fréquence M
- Electron de recul
- 'Radiation X emergente
- Photo-
- électron
- Responsables de l’ionisation . générale du milieu gazeux
- FIG. 2. - CE SCHÉMA INDIQUE TOUTES LES
- SORTES DE RAYONNEMENTS ( « LUMINEUX » OU « CORPUSCULAIRES » ) QUE PRODUIT UNE RADIATION X EN FRAPPANT UN ATOME
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- Diélectriaue
- de repère
- FIG. 3. - LA « CHAMBRE ü’iONISATION » PLA-
- CÉE DANS LE CHAMP DU RAYONNEMENT X, EN VUE DE SA MESURE, A MÊME LE CORPS DU MALADE ( « IONOMÈTRE » SOLOMON )
- La chambre proprement dite est placée à Vextrémité de la tige d'exploration : elle se compose d'un volume d'air constant inséré autour
- L’effet d’ionisation des rayons pénétrants
- Qu’est-ce donc que ce phénomène d’ionisation pris comme base de la mesure des rayonnements pénétrants ?
- Considérons un rayon X qui rencontre un atome (fig. 2) au sein, par exemple, d’un milieu gazeux. La rencontre avec l’atome décompose l’énergie du rayon incident de la manière suivante. Une partie du rayonne-nement traverse l'atome sans changer de longueur d’onde ; une autre partie est « dif-
- d'une tige en graphite, (pii se prolonge par le conducteur électrostatique, lui-même relié à l'armature de l'élec-troscope (voir le schéma suivant).
- surer le rayonnement cosmique par l’ionisation d’un gaz enclos dans une « chambre » spéciale, les radiothérapeutes peuvent mesurer exactement de la même façon, la dose de rayonnement X ou de rayonnement gamma qu’ ils appliquent à leurs malades.
- Ce sont leurs curieux appareils, dont la délicatesse égale aujourd’hui la commodité, que nous allons examiner rapidement. Nous verrons, par surcroît, comment ces appareils enregistreurs « doseurs automatiques » des rayonnements pénétrants, semblent pouvoir être confiés à des ballons-sondes qui les enlèvent jusqu’à 25 kilomètres d’altitude (ainsi que l’a tenté récemment un physicien de Darmstadt) et plus haut encore — de manière à rendre désormais inutile toute ascension du genre de celles effectuées par le professeur Piccard.
- FIG. 5. --- DÉTAIL DE L’ « IONOMÈTRE » SOLOMON
- La visée de l'aiguille s'effectue par transparence sur un voyant qu'éclaire la lampe située dans son axe. En haut, la manette actionnant le « frotteur » qui « charge » l'élcctroscope. Sur le circuit électrostatique, une chambre d'ionisation étalon permanent, contenant un tube de radium, sert à maintenir le réglage de l'appareil par étalonnage sur les radiations gamma du radium.
- FIG. 4. -- L’ENSEMBLE DU MON-
- TAGE D’UN (( IONOMÈTRE » SOLOMON
- La chambre d'ionisation (décrite dans le schéma précédent) est placée, sous le rayonnement direct de l'ampoule à rayons X, sur le corps du malade. A gauche, J'ionomètre du poste d'observation de l'infirmière (voir photos précédentes) : c'est un « électroscope » que l'on « charge » d'électricité positive. La charge négative apportée à son armature par le conducteur électrostatique de la chambre d'ionisation a pour effet de décharger Vélectroscope. Cette décharge (qui mesure la quantité de rayonnement X absorbé par la chambre) se traduit dans l'élcctroscope par l'abaissement de la « feuille d'or » formant aiguille indicatrice. C'est cette course angulaire de l'aiguille qui renseigne sur la dose de rayonnement administrée.
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- fusée » par l’atome sous la forme d’un rayon simplement dévié, sans que la longueur d’onde soit davantage modifiée. Puis, apparaît un nouveau rayon d’une longueur d’onde différente de celle du rayon incident (effet Compton). On relève encore un rayonnement secondaire « visible », de « fluorés- Chambre d’ionisation
- Compteur*
- U0-130V
- cence ». Enlin, on constate l’émission d’un ou de plusieurs des électrons constitutifs de l’atome : électrons de recul, électrons dûs à l’effet photoélectrique. Ce sont ccs émissions électroniques qui sont responsables de l’ionisation de la masse gazeuse.
- Ayant perdu un ou plusieurs électrons, l’atome voit, en effet, sa charge électrique se modifier. Il est « ionisé » positivement.
- Mais les électrons ainsi libérés sont captés par les atomes voisins : la charge électrique de ceux-ci se trouve dès lors augmentée négativement, ce qui est l’autre forme de l’ionisation.
- Celle-ci se propage ainsi (le proche en proche, par « paires » d’atomes différemment chargés, ou « ions » de signe contraire.
- Plaçons dans le milieu gazeux, ainsi modifié par le rayonnement, l’armature d’un « électroscope » préalablement
- chargée d’une certaine quantité d’éleetrieité (négative, par exemple). Cette armature va attirer à elle tous les ions positifs. L’élec-troseope accusera une décharge électrique, plus ou moins lente, suivant que le milieu gazeux sera plus ou moins fortement ionisé. Le temps pris par cette décharge de l’appareil mesure le degré d'ionisation du gaz et, par conséquent, « la quantité de rayonne-
- ment » absorbée par là chambre d’ionisation.
- 11 s’agit maintenant d’établir, sur ce principe, un appareil de mesure qui permette au radiothérapeute de doser le rayonnement appliqué au malade, un appareil qui soit,
- d’après l’expression du docteur Coliez, radiologiste à l’hôpital Tenon, une véritable balance à doser « le médicament X ou le médicament gamma ».
- Ambréine-
- Argenture^
- Terrei
- LIG. G. - LU MONTAGIî DU « DOSIMÈTRE » IIAMMKIl
- A droite, la chambre d'ionisation. Elle diffère de la précédente en ce qu'elle comporte non plus une seule électrode centrale, mais encore une électrode périphérique (argenture de la paroi). L'ionisation produite par le rayonnement X se traduit alors par une double décharge équi-v(dani à une diminution de la résistance électrique de l'air situé entre les deux électrodes. — A gauche, un kénotron fournit aux électrodes une différence de potentiel de 1.600 volts (en courant continu). La quantité de courant que laissent passer les électrodes mesure « F ionisation » de la chambre, donc la quantité de rayonnement, absorbée par elle. Ce courant est mesuré par un système de « comptage » ingénieux : nue lame oscillante F est attirée par l'aimant Y, quand le courant atteint une certaine intensité ; un circuit électromagnétique, facile à suivre sur le schéma, actionne (dors le « roehel » du cadran-compteur. Mais, aussitôt, Je contact est rompu à nouveau, jusqu'à ce que le courant de la chambre ait repris une intensité suffisante pour le rétablir par un nouveau basculement de la lame oscillante F. Ainsi de suite. Le nombre de ces coups de roche! mesure, évidemment, '« quantité de courant fournie par la chambre, donc la quantité de rayonnement qui u. ionise » celle-ci.
- Le dispositif ionométrique du Docteur So-lomon
- Voici, à titre d’exemple, l’un de ces appareils les plus employés, celui du docteur Solomon.
- Le premier problème pratique à résoudre était de rendre indépendant — afin de rendre possibles les manipula-tions —l’appareil de mesure électrique proprement dit et « la chambre d’ionisation », c’est-à-dire la capsule contenant le gaz témoin. Cette chambre doit, en effet, être placée sur le lieu même de l’applicatiom du rayonnement,, c’est-à-dire juste au dessous de: 1 ’ a m ]) o u 1 e à rayons X, ou de l’appareil garni de tubes de radium, afin d'étalonner ces appareils. Mieux encore, la chambre d’ionisation destinée à mesurer la dose de rayonnement administrée sera disposée sur le corps même du malade, au point traité, à la façon d’un thermomètre.
- Cette dernière condition exigeait qu'on fabriquât des chambres aussi petites que possible, afin de ne pas gêner l’irradiation thé-
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- LA RADIOTHÉRAPIE MODERNE
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- rapeutique globale et qu’on les reliât aux appareils de mesure électrique (ionomètres) par des conducteurs parfaitement isolés.
- Les ionomètres, devant être constamment sous les yeux de Pinfirmière surveillant le traitement, devaient être éloignés de la source du rayonnement qu’il s’agissait de mesurer (c’est le principe général des installations radiologiques modernes, dans lesquelles l’opérateur ne doit jamais être exposé aux pernicieux rayons).
- L’appareil du docteur Solomon, installé à l’hôpital Saint-Louis, dans le service du docteur Belot, répond à ces conditions. La photographie de cet instrument en action est suffisamment explicative (fîg. 5). Nous .v joignons un schéma qui détaille son fonctionnement (lig. 4).
- FIG. 7. -- 1,’ktADONNAGK 1)K I.A CIIAMBRK
- d’ionisation
- Suivant Je niveau de profondeur (pic l'on assigne à l'action du rayonnement X, dans l'organisme traite, le rayonnement doit être plus ou moins intense. Un coffret plein de riz (matière dont Vabsorption équivaut approximativement à celle des chairs) sert à mesurer le rayonnement « superficiel », en raison de la profondeur que l'on vise : la chambre donne ces indications par enfoncements successifs, 1, 2, 3, sous des épaisseurs croissantes de riz. En haut, l'ampoule à rayons X.
- FIG. 8. -- DA DISPOSITION DK DA CIIAM1IRK
- D’IONISATION SDTlt DK CORPS DU MADADK
- La chambre, minuscule, est composée d’un tube cylindrique en graphite constituant une cavité d’un volume d’air déterminé, dans lequel se produit l’ionisation. Au centre de la chambre, parfaitement isolée par une monture d’ambre, se trouve une tige également en graphite. Cette tige est reliée (par une conduite électrique isolée) à l’éle.ctroscope situé au poste d’observation de l’infirmière. Celle-ci charge préalablement l’électroscope en tournant une manivelle, qui électrise son armature par simple frottement, jusqu’à ce (pie la « feuille d’or » de l’instrument (visible à travers une fenêtre) ait pris la position d’écart maximum ; l’appareil est alors saturé d’électricité.
- Mais dès que la chambre d’ionisation est exposée au rayonnement, la feuille d’or se met à retomber lentement à mesure que l'appareil se décharge sous l'effet ionisant. Quant elle est retombée au zéro, ce qu’annonce rallumage d’un voyant, le patient a absorbé la dose de rayonnement prévue.
- Cette dose est, naturellement, fonction de la charge électrique préalablement fournie à l’électroscope. On la renouvelle autant de fois qu’il est nécessaire.
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- Le « dosimètre » Hammer
- Voici maintenant une seconde méthode de dosage des rayons pénétrants.
- Au Heu de mesurer l’ionisation par la décharge d’un électroscope, on peut exécuter un autre montage — celui-là même que le professeur Piccard a utilisé pour mesurer l’ionisation due aux rayons cosmiques.
- Comme on le voit, un tel dispositif aboutit à l’installation d’un « compteur de courant » pur et simple.
- La chambre d’ionisation étant placée dans: le champ radiothérapique, sur le malade lui-même, il suffit, par conséquent, de la relier au « compteur ». La conduite électrique du précédent modèle (reliant la chambre d’ionisation à un électroscope) exigeait
- FIG. 9. — l’installation générale du dispositif de mesure, dans la chambre de
- TRAITEMENT DE L’HOPITAL SAINT-LOUIS, A PARIS La chambre d'ionisation est placée sous le cône qui « localise » le rayonnement X sur le corps du malade.
- Si la chambre d’ionisation comporte deux électrodes parfaitement isolées et placées dans le circuit électrique d’un galvanomètre, chacune des électrodes attirera les ions gazeux de signe contraire à son propre signe. Ce transport des ions électrisés à travers la niasse gazeuse a pour effet de diminuer la résistance de celle-ci au passage du courant. Plus l’ionisation sera intense, plus il passera de courant dans le circuit. La quantité de courant enregistré (en milliampères-seconde) mesurera donc, finalement, la quantité du rayonnement responsable de l'ionisation du gaz enclos dans la chambre.
- des précautions d’isolement infiniment minutieuses : c’était une conduite d’ordre purement statique, prolongeant en quelque sorte l’armature de l’électroscope, et destinée, par conséquent, à porter une « charge » électrique plutôt qu’à canaliser un « courant ». La conduite électrique du second système est, au contraire, affectée au passage d’un courant ordinaire : son isolement est aussi facile à réaliser que celui d’un conducteur ordinaire.
- C’est sur un tel procédé qu’est basé l’appareil Hammer. Nous l’avons choisi entre beaucoup d’autres, parce qu’il figure précisément aux services radiologiques de l’hôpi-
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- FIG. 10. - COMMENT SE PRÉSENTE EE RAYONNEMENT PÉNÉTRANT « GAMMA », EN CURIE-
- THÉRAPIE. TROTS FAISCEAUX DE RAYONS CONVERGENT VERS LE MÊME POINT
- Les appareils à base de radium peuvent prendre les formes les plus variées. La photographie ci-dessus représente trois projecteurs dont les éléments (contenant chacun un certain nombre de tubes radioactifs) fournissent des faisceaux convergeant en profondeur sur le point qu'il s'agit de traiter.
- tal Saint-Louis, à côté du dispositif Solomon.
- Notre photographie (fig. 1) et notre croquis (fig. 6) montrent comment cet appareil pousse la complaisance jusqu’à totaliser, par écrit, les doses de rayonnement distribuées.
- Le dosage en curiethérapie
- L’un et l’autre des appareils que nous venons de décrire servent à doser principalement le rayonnement X.
- La curiethérapie traitement par le radium — exige des appareils de mesure encore plus délicats, surtout quand les tubes radioactifs sont appliqués dans les cavités profondes du corps humain. On a donc perfectionné
- ou
- FIG. 11. - CE SCHÉMA MONTRE (PAR
- COURBES D’ÉGALE INTENSITÉ) LA RÉPARTITION DANS IÉESPACE DU RAYONNEMENT « GAMMA » D’UN APPAREIL ÉLÉMENTAIRE
- Celui-ci se compose d'un simple culot de plomb protecteur et portant, au fond, les tubes de radium ou d'émanation des rayons gamma.
- la technique précédente.
- L’application de la radioactivité à la thérapeutique se fait au moyen de tubes minuscules, qui contiennent soit quelques milligrammes de radium-élément, soit de l’émanation (ou radon) recueillie sur le radium-élément. Au moyen de ces tubes unitaires (enfoncés au fond d’un culot de plomb individuel destiné à empêcher la radiation gamma d’errer hors du champ thérapeutique proprement dit), on peut constituer des dispositifs d’irradiation com-
- ____ pliqués comme, par
- exemple, une cuirasse moulant un sein qu’il s’agit de traiter. Les tubes disposés à la surface de ce moulage fournissent évidemment un champ d’irradiation fort complexe,
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- analogue à l’éclairement que produirait une collection de lampes à projecteurs différemment orientés et juxtaposées dans l’ordre peu géométrique qu’exigent les formes du corps humain. Le médecin qui fait de la curiethérapie doit, cependant, connaître l’intensité de ce champ de radiation en chacun des points de l’espace où viendra s’insérer le corps du malade avec ses organes internes si différents. Pour arriver à cette connaissance, le radiothérapeute doit donc être à même d’explorer le champ des rayons gamma avec un appareil extrêmement localisé, autrement dit, avec une chambre d’ionisation du volume le plus réduit possible
- Dans ce but, un médecin physicien de S t ockho 1 m ,
- M. Sievert, a su établir des chambres d’ionisation dont le volume intérieur ne dépasse pas un quart de centimètre cube. Ces chambres se présentent sous la forme (le petites sphères, dont le schéma c i - j o i n t (lig. là) montre la coupe. Le corps central constitue une électrode. La paroi extérieure de la sphère forme la seconde électrode.
- Entre les (leux est ménagé le volume d’air qu’ionisera le rayonnement pénétrant. En somme, il s’agit là d’un condensateur sphérique, dont le temps de décharge sous l’action ionisante du rayonnement mesuré doit être enregistré par un éleetroscope.
- L’électroscope sera, cela va sans dire, à l'échelle de la chambre, c’est-à-dire, lui aussi, minuscule. L'ensemble sera disposé à l’extrémité d’une lunette-microscope destinée à opérer les lectures sur l’aiguille (feuille (l’or) de l’appareil, que l’opérateur dirige avec la plus grande facilité en tel ou tel point du champ qu’il s’agit d'étalonner.
- La chambre d’ionisation et l’électroscope étant pour ainsi dire juxtaposés, il n’est plus besoin de tenir compte, ici, des déperditions dont est passible toute connexion « électrostatique » un peu étendue. Tant et si bien que le montage microradiométriquc de Sievert fonctionne, malgré ses dimensions réduites,
- avec plus de sûreté que le montage similaire à grande échelle décrit plus haut.
- Mais le radiothérapeute veut aller plus; loin. Il prétend mesurer la radiation gamma„ chaque fois qu’il le peut, sur le corps même: du malade. Il insère donc la minuscule chambre d’ionisation de Sievert dans un tube de caoutchouc qu’il enfonce dans les cavités naturelles du patient, si le traitement concerne ces régions du corps. Plusieurs chambres de Sievert peuvent être juxtaposées dans le même tube. La lecture s’effectue, dans ce cas, grâce à une connexion d’un conducteur entre les chambres et
- l’électroscope.
- La mesure auto-matique des rayons cosmiques en altitude
- Ouvrons ici une incidente.
- La technique si curieuse que nous venons d’embrasser d’un regard très rapide montre jusqu’à l’évidence que les mêmes appareils, établis à l’usage de la radiothérapie, peuvent enregistrer Vionisation due aux rayons cosmiques.
- Il n’est donc que de confier ces appareils (dont le poids n’excède pas quelques kilogrammes), à des ballons ou des « trains » de ballons-sondes. Ces ballons s’élèveront beaucoup plus haut, deux fois plus haut, que ne l’a fait le professeur Piccard, au prix de risques énormes.
- Retournés à terre, les appareils enregistreurs automatiques du type Hammer livreront aux physiciens le graphique des précieuses mesures d’ionisation en altitude. Ces appareils peuvent, cela va sans dire, actionner une émission hertzienne qui enverrait les résultats au fur et à mesure de l’enregistrement.
- L’avenir de la radiothérapie rationnelle, ses difficultés physiques
- Quoi qu’il en soit, avec de tels appareils, le médecin inaugure enfin la radiothérapie rationnelle. Il ne dose plus à l’aveuglette les radiations pénétrantes. On conçoit aisément la portée du progrès ainsi réalisé.
- FIC. 12. - LA FORME (PAR COURBES D’ÉGALE
- INTENSITÉ) DU CHAMP DE RAYONNEMENT Il’UN TUBE DE RADIUM INSÉRÉ DIRECTEMENT DANS LES TISSUS DE I.’ORGANISME
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- LA RADIOTHÉRAPIE MODERNE
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- J’ai cependant réservé pour la fin de cette étude une question essentielle, parce qu’elle est encore loin d’être tranchée : quelle est Vunité de mesure par laquelle s’évaluent, en chiffres, les doses de rayonnement ?
- Les physiciens n’ont pas encore pu fournir aux médecins une telle unité de mesure pratique. Dans ses théories, le physicien calcule à la perfection l’énergie d’un rayonne-nement simple, c’est-à-dire comportant une seule longueur d’onde. Malheureusement un tel rayonnement (monochromatique) n’existe pas plus dans le spectre des rayons X, ou dans celui des rayons gamma , qu’il n’existe de « couleur pure » isolable sur le spectre lumineux. Les radiations pénétrantes sont fournies, en bloc, comme les faisceaux de la lumière visible. Le médecin peut les « filtrer » a u m o y e n d’écrans métalliques ( or-dinaircment en cuivre), de manière à éliminer les longueurs d’ondes nuisibles. Mais cette technique est nécessairement toute empirique. L’unité conventionnelle admise pour la mesure du rayonnement le sera, par conséquent, également.
- Pour établir cette unité, on prend une source étalon de rayonnement pénétrant. On la dispose à une distance déterminée de la chambre d’ionisation, avec, filtrage par un écran d’épaisseur constante. Le temps de décharge de l’électroscope (ou le temps de passage du courant électrique), comme il a été expliqué ci-dessus, est alors censé mesurer la quantité d’énergie fournie par le rayonnement.
- La « source étalon » de rayonnement pénétrant peut être soit une ampoule à rayons X, elle-même étalonnée par le courant électrique qui l’alimente, soit une certaine quantité de radium-élément.
- Et c’est pourquoi, en l’état actuel, les radiothérapeutes sont tour à tour sollicités d’employer deux unités de mesure du rayonnement. L’une s’appelle le r inter-
- national : elle est définie au moyen d’une ampoule X étalon. L’autre est le R du docteur Solomon, établie par étalonnage sur le radium (1). Ces deux unités tentent de se relier au système classique G. G. S. Nous n’entrerons pas dans la discussion que suscite leur adoption. Qu’il y ait divergence de vues à ce sujet chez les physiciens autant que chez les praticiens, cela confirme bien ce que nous avons dit en débutant : la mesure objective de l’énergie rayonnante est l’un des problèmes les plus ardus — et peut être insoluble en toute rigueur — de la physique. N’est-ce pas la mesure du rayonnement du corps noir (radiateur parfait) qui a soulevé, en 1900, le problème des quanta, c’est-à-dire la plus profonde révolution qui ait secoué et qui secoue encore, présentement, toute
- la science ?
- Les appareils de mesure, récemment mis en service, que nous venons de décrire, n’en restent pas moins des phares très précieux capables d’éclairer le médecin dans la technique si jeune de la radiothérapie, où il n’avançait, jusqu’ici, qu’en tâtonnant. Dût-on accepter
- (1) Lorsqu’elle s’étalonne sur le radium, l’unité de rayonnement s’exprime en « milligrammes-heure » : elle mesure, dans ce cas, le rayonnement cmis par 1 milligramme de radium durant une heure.
- Si on prend pour étalon le radon (émanation du radium, dont la « vie » radioactive moyenne n’est que de quelques jours, l’unité de rayonnement se mesure par « millicuries détruits en une heure ». (Le mil.'i-curie mesure le nombre d’atomes de l’émanation désintégrés avec libération d’une certaine quantité d’énergie sous forme de rayonnement.) Les deux étalonnements se correspondent, car 1 gramme de radium en équilibre avec son émanation perd i>ah désintégration 7,51 millicuries par heure.
- Le R du docteur Solomon se définit alors comme il suit : « C’est l’unité d’intensité d’un rayonnement X qui produit la môme ionisation qu’un gramme de radium élément placé à 2 centimètres de la chambre d’ionisation et filtre sur 0 mm 5 de platine. Il est sous-entendu que la chambre d’ionisation étalon est celle « du docteur Solomon », ce qui est évidemment assez arbitraire.
- Le r international proposé en 1921 par la Rœntgen Gesellschaft ^st fondé sur le rayonnement X, qui produit, dans 1 centimètre cube d’air, une » ionisation » d’une unité électrostatique. (L’ionisation crée, en effet, de l’électricité statique dont la mesure se fait par neutralisation d’un électroscope portant une charge connue.)
- Isolant (ambre) Paroi externe
- Electrode de mesure
- solants
- Vers 1 ’ionomètre
- FIG. 13. --- LA CHAMBRE
- d’ionisation micrométri -
- QUE DU DOCTEUR SIEVERT Elle est constituée par une sphère minuscule contenant quelques millimètres cubes d'air que le rayonnement gamma ionise. L'électrode centrale (électrostatique ) comunique avec un électroscope de très petites dimensions.
- FIG. 14. -PLUSIEURS CHAM-
- BRES DE SIEVERT PEUVENT ÊTRE INSÉRÉES DANS UN MÊME TUBE DE CAOUTCHOUC FORMANT SONDE, POUR EXPLORER LE CHAMP DU RAYONNEMENT AU COCU R MÊME DE L’ORGANISME TRAITÉ
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- FIG. 15. -- LA MESURE DU CHAMP DE RAYONNEMENT D UN APPAREILLAGE DE CURIETHÉ-
- RAPIE, A L’HOPITAL TENON, PAR LE DOCTEUR COLIEZ
- L'appareil, moulé sur la partie du corps à traiter, est, ici, pourvu de dix éléments de radiation diverse-
- ment orientés : leur rayonnement donne lieu à un au moyen du dispositif « micrométrique » de Sievert. cope sont réunis ensemble dans la petite sphérule visée d'une lunette-microscope. L'observateur
- simultanément plusieurs unités de mesure du rayonnement, que celui-ci n’en serait pas moins dosable et dosé dans son application pratique — de même que la variété des étalons métriques commerciaux dans le monde n’empêche pas le trafic, et c’est là évidemment ce qui importe le plus.
- Mais, un jour qui, peut-être, n’est pas
- champ complexe que Von mesure, point par point, Une chambre minuscule de Sievert et un électros-placée, au bout d'une tige mobile, dans l'axe de est protégé par d'épaisses lames de plomb.
- lointain, physiciens et médecins sauront discerner avec précision les diverses ondes du rayonnement pénétrant et déceler leurs actions spécifiques sur la vie des cellules. Sur cette frontière précise se fera alors la jonction des deux sciences encore bien éloignées que sont : la physique et la biologie.
- Jean Labadié.
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- QU’EST-CE QUE LE CHAUFFAGE PAR « PULSION D’AIR » ?
- Par G. LEROUX
- ANCIEN ÉLÈVE DE I,'ÉCOLE POLYTECHNIQUE
- La technique du chauffage central a considérablement évolué depuis Vancien calorifère à air chaud, dont le moindre inconvénient était de distribuer un air surchargé de poussières plus ou moins nuisibles. Aussi le chauffage à vapeur, et surtout à eau chaude, Vont-ils à peu près détrôné partout. Un revirement semble cependant se produire aujourd'hui en sa faveur, grâce au système suivant : l'air pur, aspiré le plus haut possible dans Vatmosphère, et au besoin filtré, est envoyé sur des « batteries de chauffe », puis refoulé dans des canalisations de distribution aboutissant aux « bouches de chaleur » situées dans les pièces à chauffer. Il est facile ainsi de réaliser le « conditionnement » de l'air en le faisant passer sur des humidificateurs qui lui donnent le degré hygrométrique compatible avec le maximum de confort. On peut cependant objecter à ce système l'encombrement entraîné par l'installation des gaines de distribution d'air. Aussi cherclie-t-on à en diminuer le volume en augmentant la vitesse de circulation de l'air. De la solution de ce problème dépend l'avenir de ce procédé de chauffage nouveau en France, qui peut d'ailleurs, en été, assurer également la distribution d'air refroidi aussi bien que celle de l'air chaud en hiver. Ce système est, du reste, assez répandu aux Etats-Unis et au Canada.
- Comme la vie, la technique est souvent un recommencement. Ses progrès, si formidables soient-ils, se font autour de certains principes qui, alternativement, connaissent la faveur et l’oubli.
- Un de ces retours favorables se produit en ce moment au profit du chauffage à air, qui semblait définitivement remplacé par les dispositifs à eau chaude et à vapeur. Si l’évolution est à peine prononcée en France, elle se manifeste nettement en Amérique, qu’il s’agisse de la distribution d’air chaud, avec tous ses perfectionnements modernes, ou du simple poêle à air, cher aux Canadiens. La marine, en outre, utilise en grand, depuis longtemps déjà, les principes de chauffage-aération.
- Une évolution nécessaire dans la technique du chauffage
- Ce n’est pas, d’ailleurs, une simple question de mode qui provoque cette renaissance du chauffage à air chaud, mais bieii l’évolution de la technique et la recherche constante d’une meilleure hygiène.
- Il ne s’agit certes pas de ressusciter le vieux calorifère, avec son faible rendement et ses inconvénients multiples, mais de créer un chauffage central plus économique, si possible, et surtout plus naturel et plus sain. On cherche à donner à l’être humain, non un air confiné, réchauffé et asséché par des radiateurs, mais l’air pur qui vient du dehors
- et que l’on ira chercher dans les couches les plus saines de l’atmosphère.
- On voit déjà apparaître, ici, une des conditions de ce nouveau chauffage moderne : la recherche ou la production de l’air pur, et sa distribution rationnelle. On ne demandera plus nécessairement à la force ascensionnelle de l’air chaud d’être l’unique moteur de la distribution. L’air ira, non où il peut, mais où il doit aller, et des ventilateurs l’aspireront et le refouleront selon les besoins de la répartition.
- Le chauffage^aération est hygiénique, rationnel
- et souvent économique
- Tout propriétaire d’un chauffage central par radiateurs constate, au bout de très peu de temps que les plantes s’étiolent, en hiver, dans ses appartements. Faire vivre des hommes dans une atmosphère impropre à la vie végétale est une anomalie que la technique moderne se doit de faire disparaître.
- Dans les hôpitaux et sanatoria, le problème est encore plus grave. Aussi les progrès de la technique permettent-ils de croire que, tôt ou tard, les cahiers des charges relatifs au chauffage des bâtiments neufs seront aussi impératifs pour ce qui concerne la qualité de l’air et son « conditionnement » (1) que pour la détermination du nombre de calories à fournir ou des températures à
- (1) Voir La Science cl la Vie, n° 180, page 469.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- FIG. 1. - TYPES DU VENTILATEURS IIÉLICOÏDES A HAUT
- RENDEMENT, DESTINÉS A LA « PULSION )) DE l’AIR
- La forme des pales des ventilateurs a une grande importance pour te rendement (on peut remarquer, en particulier, celle des appareils de droite et de “(ruche). La soufflerie du centre est particulièrement curieuse en raison du petit ventilateur placé au centre et qui, également, augmente considérablement le rendement.
- atteindre. Jusqu’ici ne se posait qu’un problème de quantité ; désormais, la qualité sera définie et recherchée avec la même précision.
- S’imagine-t-on ce que peut être l’atmosphère d’une pièce, lorsque, au bout de quelques heures, les poumons des occupants ont débité nombre de litres de gaz carbonique et des millions de bactéries ou germes de toutes sortes? Quand on songe, par exemple, (pie certains médecins de dispensaires antituberculeux reçoivent, sans arrêt, pendant toute une après-midi, des malades gravement atteints, comment ne pas souhaiter que l’on puisse apporter dans leur cabinet de consultation ou leur salle d’attente un air constamment purifié ?
- Evidemment, on objectera qu’il se produit toujours une certaine ventilation des pièces par les interstices des portes et fenêtres, circulation qu’un installateur peut favoriser par une répartition judicieuse des radiateurs. Mais, malgré devient rapidement, sinon irrespirable, au moins malsain, et l’on se voit obligé d'ouvrir les
- fenêtres. Est-il besoin de souligner ce que cette réfrigération, par à-coups, a de dangereux d’abord, d’irrationnel ensuite ?
- Il faut donc apporter de l’air pur dans les appartements. Cet air, d’ailleurs, asséchera les murs, car, du fait de son introduction mécanique dans les pièces, avec une certaine vitesse (0 m 50 par seconde, en moyenne), il se trouvera sous une très légère pression et chassera l’humidité des parois vers l’extérieur.
- Cette action du chauffage à air sur les murs est à retenir, car elle constitue un des avantages économiques du procédé. Des murs humides sont, en effet, des parois très refroidissantes, qui peuvent consommer près de la moitié des calories apportées par le chauffage. Le rendement de l’installation augmente considérablement lorsque les murs ont été préalablement asséchés. Notons que le chauffage à air est d’une installation particulièrement économique. L’air étant chassé par des ventilateurs, ou, selon le terme technique, «pulsé », les questions de force ascensionnelle ne se
- FIG. 2. - CHAUFFAGE-AÉRATION D’UNE SALLE DE REU-
- NION (SALLE DE 20 MÈTRES SUR 10 MÈTRES ENVIRON)
- On voit ici le mur intérieur (séparant la pièce d'un couloir) contre lequel sont placées les bouches de chaleur. Les fenêtres sont dans le mur opposé. Les bouches sont de simples diffuseurs en tôle, protégés contre la chute des poussières et objets par une plaque en tôle perforée. Un obturateur (simple plaque commandée par un bouton molleté visible au centre de la bouche) permet de régler l'arrivée d'air, et,, par suite, le débit.
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- LE CHAUFFAGE PAR « PULSION D'AIR
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- posent plus. Les appareils de production de chaleur et de propulsion peuvent être placés aussi bien à la cave qu’au grenier et l’architecte est ainsi libéré d’une lourde sujétion d’emplacement D’autre part, il n’y a plus de canalisations de retour, et l’encombrement dans les pièces se réduit à une ou plusieurs, bouches d’air, de dimensions insignifiantes. Les radiateurs encombrants, les inesthétiques tuyaux sont supprimés et, si l’archi-
- service d’été et d’hiver est, assurément, un des grands avantages du procédé, et nous pensons même que sa vulgarisation sera due, pour une bonne part, à cette nouvelle et inappréciable commodité.
- Comment fonctionne le chauffage ^aération
- Les explications que nous avons déjà données permettent de concevoir aisément
- FJG. 3. -- BATTERIES DK CHAUFFE POUR LE CHAUFFAGE DE L’AIR
- Tout l'avant de l'installation a été enlevé. On peut voir ainsi les ailettes de la batterie de chauffe. Sur le côté, on remarque le tuyau d'amenée de vapeur à la batterie de chauffe et à l'injcctcur qui permet le dosage de l'eau dans l'air de distribution. En arrière, se trouve le départ de la canalisation de distribution.
- tecte a prévu, dans son gros œuvre, les canalisations ou « gaines » de distribution, l’installation peut être parfaitement invisible. Il y a là, certainement, une supériorité au point de vue esthétique et une commodité fort appréciables.
- Enfin, il est évident que l’installation peut servir, en été, à la ventilation des pièces. Bien mieux, si l’on dirige l’air, non plus sur des batteries de chauffe, mais sur des sources de froid, il devient aisé de la faire servir à la réfrigération. Cette adaptation au double
- l’installation. Un chauffage à air chaud comprend donc : une ou plusieurs prises d’air, un ou plusieurs ventilateurs, des réchauffeurs d’air, des gaines de distribution, des bouches de chaleur.
- L’air, avons-nous dit, doit être pris dans les régions où il est le plus pur, c’est-à-dire, si l’on est en ville, dans les parties hautes et les mieux abritées contre les fumées. Très souvent, lorsque l’on recherche une très grande pureté, on le fait passer à travers des filtres, qui le débarrassent des poussières
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- et des bactéries qu’il tient en suspension.
- On peut également mélanger à l’air certains gaz ou vapeurs en vue d’un résultat déterminé, tel, par exemple, que la désinfection des pièces ou leur purification. Dans nombre de cas, et surtout lorsqu’il s’agit d’applications industrielles ou de chauffage-ventilation de salles de réunion, on réalise ce que l’on appelle le « conditionnement » (1)
- de chauffe remplace plusieurs radiateurs. De même les doubles canalisations, aller et retour, de vapeur ou d’eau chaude, sont remplacées par l’unique canalisation servant à la distribution de. l’air dans les pièces.
- Cette distribution se fait, de la manière la plus simple, par des gaines dont la section, de forme quelconque, diminue à mesure que l’on s’éloigne de la batterie de chauffe. Des
- Kl O. 4. - INSTALLATION COMPLÈTE DE CHAUFFAGE A AIR CHAUD
- On voit, en bas, horizontalement, le tuyau amenant l'air extérieur ; en bas, à gauche : le moteur électrique et, derrière lui, le carter de la soufflerie, constituée, ici, par un ventilateur centrifuge; à gauche, verticalement : le tuyau de refoulement- de l'air ; en haut, au milieu : le carter de la batterie de chauffe; à droite et en haut : le tuyau de distribution (en retour d'angle). Ce tuyau est enveloppé dans une gaine en tôle galvanisée contenant un mélange de sciure de bois et de chaux, et servant de calorifuge.
- de l’air, en ajoutant une quantité donnée de vapeur d’eau, afin de maintenir un degré immuable d’humidité. Nous verrons quelle importance prend cette opération dans certains cas.
- Les ventilateurs aspirent cet air et le refoulent sur les appareils de chauffage ou «batteries de chauffe » (fig. 3). Celles-ci sont simplement des radiateurs à eau chaude ou à vapeur, généralement formés par des tubes à ailettes qu’alimente une chaudière ordinaire de chauffage central. On voit tout de suite la simplification : une seule batterie
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 180, page 469.
- branchements partent de cette gaine principale pour alimenter les bouches de chaleur des diverses pièces.
- Les bouches de chaleur peuvent être placées, soit au ras du sol, soit, de préférence, au plafond. La figure 2 montre une installation réalisée dans un réfectoire de sanatorium avec bouches au ras du sol ; on remarquera son faible encombrement., malgré la nécessité d’un système de protection contre les poussières et les balayures. Les bouches de plafond sont encore plus simples — en même temps que plus rationnelles — puisqu’il suffit de simples grilles, avec obturateur variable.
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- LE CHAUFFAGE PAR « PULSION » D'AIR
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- Il est évident que l’emplacement, en plan, des bouches de chaleur, est susceptible d’une grosse influence sur la régularité et le rendement de la distribution. L’air chaud décrit un certain circuit, qu’il faut bien connaître, afin d’assurer une répartition constante de la chaleur dans les régions occupées. En principe, on placera la distribution à l’opposé des zones froides, et plus particulièrement des fenêtres, afin de réaliser un courant allant de la source chaude aux parties froides et permettant l’évacuation de l’air
- fait l’objet d’une étude particulière (1).
- Pour les pièces habitées, et, notamment, les salles de spectacles, la réhumidification de l’air est généralement imposée par des considérations d’hygiène et de confort. Il faut à l’homme, pour un maximum de bien-être, une certaine température et un degré donné d’humidité dans l’air.
- La notion de confort, qui était encore vague, il y a peu de temps, commence à se préciser. On a pu étudier, en Amérique, des courbes dites d’égal confort, donnant, pour
- ' FIG. 5. ---- UTILISATION DU CHAUFFAGE A AIR CHAUD DANS L’INDUSTRIE
- Sur le toit, les batteries d’aspirateurs servant à l'aération dun local industriel (hauts fourneaux J.
- par les interstices des portes et surtout des fenêtres.
- Le courant d’air chaud doit être naturellement insensible. Il faut cependant qu’il soit suffisant pour créer un état tel que l’air froid de l’extérieur ne puisse pénétrer dans les appartements autour des fenêtres et créer ainsi un apport d’air et de « frigories » incontrôlable.
- Quelques mots sur le confort
- Nous avons vu que, dans les installations perfectionnées, l’on ajoutait à l’air une certaine quantité de vapeur d’eau (lorsqu’il était nécessaire) afin de maintenir un degré constant d’humidité.
- Dans nombre d’usines, cette constance du degré d’humidité est imposée par les nécessités de la fabrication. C’est là un problème industriel spécial qui a déjà
- chaque température, le degré d’humidité requis pour réaliser une même sensation de bien-être. Ces courbes sont obtenues en faisant passer des sujets, normalement vêtus, d’une pièce, dont l’air est connu, dans une autre pièce, dont la température est différente ; en modifiant le degré hygrométrique de l’air de cette seconde pièce jusqu’à ce que plusieurs sujets aient le même sentiment de confort que dans la première, on obtient deux nouvelles données : température et degré hygrométrique, équivalentes, au point de vue du confort, à celles qui étaient obtenues dans la première pièce.
- Ces courbes sont précieuses pour les entrepreneurs de chauffage-ventilation, puisqu’elles leur permettent, en faisant varier un seul élément : température ou pourcentage de vapeur d’eau, de maintenir dans la
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 180, page 469.
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- salle une sensation constante de bien-être.
- Au point de vue pratique, on réalise la réhumidification de l’air, soit en le faisant passer sur un brouillard d’eau artificiel, soit en injectant de la vapeur d’eau.
- Il existe des installations dans lesquelles on utilise la constance de la température de l’eau dans les canalisations souterraines pour rafraîchir (en été) et en même temps humi-
- nombreux replis, une grande surface. L’air de cette chambre intermédiaire, réchauffé par les gaz du foyer, transmet sa chaleur aux parois extérieures, dont la température est ainsi portée à 200°. Une seconde chambre, dans laquelle circule l’air à réchauffer, entoure l’ensemble du foyer et de la chambre intermédiaire ; l’air, arrivant par le bas, se réchauffe au contact des surfaces chaudes, et,
- FI(1. (i. - INSTAURATION OU CHAUFFAGE A AIR CIIAUD SUR LES NAVIRES
- On reconnaît sur la figure, à gauche de la cheminée, les mêmes aspirateurs que ceux représentés figure 5.
- dilier l'air. Le mélange se fait dans une haute tour, l’eau tombant en fines gouttelettes de la partie supérieure et l’air étant refoulé de bas en haut par de puissants ventilateurs.
- Le chauffage à air dans les petites installations
- Dans les installations modestes, le chauffage il air peut être réalisé simplement et économiquement il l'aide de poêles spéciaux.
- Nous donnons ci-contre (fig. 7) le croquis d'un appareil de ce genre tout à fait nouveau en France.
- Le foyer est entouré d’une chambre hermétiquement close et pleine d’air, dont les parois extérieures présentent, grâce à leurs
- du fait de sa moindre densité, sort par la partie supérieure du poêle à une vitesse de 5 à 6 mètres à la seconde. Delà, des canalisations — simples tuyaux avec branchements — le distribuent dans les appartements, à une température d’environ 150°.
- La chambre intermédiaire, étant close, évite toute possibilité d’infiltration des gaz du foyer dans l’air à distribuer. On alimente donc les appartements avec un air aussi pur que celui de l’extérieur et on réalise ainsi un renouvellement permanent de leur atmosphère.
- Ces appareils permettent de réaliser une installation complète de chauffage central d’une façon hygiénique et peu coûteuse. Us ne tarderont pas, sans doute, à se généraliser.
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- LE CHAUFFAGE PAR « PULSION » D'AI R
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- Les aspirateurs améliorent le rendement du chauffage central
- Nous ne pouvons terminer cette étude sur le chauffage et la ventilation, sans dire un mot d’un accessoire important destiné, soit à améliorer le tirage des cheminées, soit à faciliter l’évacuation de l’air vicié.
- Ces appareils, nommés « aspirateurs », utilisent l’énergie du vent pour faciliter le mouvement ascensionnel des gaz brûlés, ou — s’il s’agit de ventilation — de l’air. Leurs formes sont étudiées en vue de créer, en arrière et sur les côtés des cheminées, des zones importantes de dépression, par lesquelles le fluide de la cheminée est aspiré.
- Le rendement de ces appareils statiques se définit par le rapport de la vitesse verticale des gaz de la cheminée et de la vitesse horizontale du vent. L’aspirateur, que l’on voit sur les photographies (lig. 5 et 6), peut atteindre, dans certains cas, un rendement égal à 100 %, c’est-à-dire qu’il crée dans la cheminée un courant ascensionnel dont la vitesse est égale à celle du vent.
- Il permet donc des effets puissants.
- 11 existe une très grande variété d’aspirateurs. Ces appareils peuvent augmenter considérablement le rendement d’une installation de chauffage central, soit en améliorant le tirage de la cheminée, soit en facilitant l’évacuation de l’air vicié.
- L’avenir du chauffage par pulsion d’air chaud
- Dès maintenant, on peut dire que le chauffage par air pulsé s’impose dans toutes les
- grandes installations, soit par sa simplicité, soit par son hygiène, soit par ses commodités.
- Dans les installations de moindre importance, on peut objecter l’encombrement des canalisations principales, souvent volumineuses. C’est, à notre avis, le seul reproche sérieux que l'on doive faire, et encore n’a-t-il qu’une valeur relative dans les bâtiments neufs, où l’architecte a la possibilité de prévoir le passage des canalisations.
- Nous pensons, d’ailleurs, (pie l’on arrivera prochainement à diminuer les sections des gaines et à les rendre aussi faibles que celles d’un chauffage central par radiateurs.
- Aujourd’hui, la vitesse de circulation de l’air dans les gaines est calculée pour donner une vitesse d’évacuation, par les bouches, de 0 m 50 à la seconde. Dans ces conditions, la distribution peut se faire très silencieusement, et le courant d’air est insensible. Mais, pour obtenir un débit sullisant, il faut de larges sections.
- Dès maintenant, on n’aurait aucune difficulté à augmenter la vitesse de circulation afin de diminuer la section des conduites d’air. Mais il faut toujours distribuer l’air à la vitesse de 0 m 50 à la seconde dans les pièces, afin de ne pas créer de courant sensible et d’éviter les bruits parasites ou sifflements.
- Le problème qui se pose est donc celui des bouches d’air. Le jour où l’on saura créer industriellement des diffuseurs permettant de ramener silencieusement la vitesse de l’air, des gaines de 20 ou 30 mètres par seconde à 0 m 50, l’avenir du chauffage à air, avec ventilation et, au besoin, réfrigération en étéj sera assuré. G. Leroux.
- Sortie de fumée
- Sortie
- Chambre ( d'air chaud -
- Porte de / chargement Jj
- 'Gaine de / fumée
- Air de transmission
- ^ Lames chauffantes
- Calorifuge
- Air à
- chauffer—
- Air de
- transmission^
- Air à chauffer--
- Gaine de
- -— fumée
- Réglage dair_ de combustion
- El G. 7. — SCHÉMA d’un poêle a air
- Les gaz du foyer sont évacués par les gaines de fumée situées en arrière de Vappareil (à droite sur le croquis). L'air de transmission est enfermé entre le foyer cl les « lames chauffantes ». L'air à réchauffer et à distribuer arrive par le « passage d'air », se réchauffe autour des lames chauffantes et sort par le tuyau central. Des canalisations (simples tuyaux de poêle) le distribuent de part et d'autre de la colonne montante. Le poêle est entièrement calorifugé.
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- ENSEMBLE DE LA STATION DE RADIODIFFUSION DE LEIPZIG (ALLEMAGNE), LA PLUS PUISSANTE DU MONDE
- Le 28 octobre dernier, a été inaugurée la station de Leipzig, dont les 150 kilowatts-antenne la placent au premier rang dans le monde. Les deux pylônes de 125 mètres de haut qui soutiennent Vantenne sont en bois afin d'éviter tout effet d'induction entre l'antenne et d'importantes masses métalliques. La
- station ne comporte pas moins de sept échelons, et les lampes d'amplification finale pèsent chacune 35 kilogrammes.
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- LEIPZIG POSSEDE MAINTENANT LA STATION DE RADIODIFFUSION LA PLUS PUISSANTE D’EUROPE
- Par Jean MARIVAL
- La puissance des stations de radiodiffusion s'accroît sans cesse. Il y a seulement une dizaine d'années, c'est seulement par centaines de watts que cette puissance s'évaluait. Aujourd'hui, si nous n'en sommes pas à compter par centaines de kilowatts, nous avons largement dépassé les cent kilowâtts. La progression est énorme. Elle est due surtout aux perfectionnements apportés aux divers organes des stations, aux, lampes triodes de plus en plus puissantes réalisées par les constructeurs, aux méthodes mêmes mises en œuvre pour l'émission et la modulation. Mais, ici encore, c'est le besoin qui a créé l'organe. Les multiples stations qui étaient disséminées sur les territoires ne pouvaient satisfaire chacune que des auditeurs régionaux. Comme pour les centrales électriques, le maximum de rendement ne pouvait être atteint qu'en accroissant la puissance. Ainsi, en France, le nouveau Radio-Paris, le nouveau Poste Parisien ( 1) se font entendre à des distances considérables. L'Allemagne vient, dans ce domaine, d'inaugurer à Leipzig la plus puissante station de radiodiffusion d'Europe, avec ses 150 kilowatts-antenne. Tous les progrès de la technique y ont été mis en œuvre pour assurer
- la régularité des émissions.
- Le développement de la radiodiffusion exige de puissantes stations
- ORSQUE naquit la radiodiffusion, de nombreuses stations s’érigèrent un peu partout dans le monde, chacune travaillant pour son propre compte sur la longueur d’onde qu’elle s’était choisie arbitrairement, sans se soucier de ses voisines. Il est vrai qu’à cette époque, qui n’est pas si lointaine d’ailleurs, les puissances mises en jeu, et, par conséquent, les portées réalisées, étaient trop faibles pour risquer de chevaucher les unes sur les autres. Mais le progrès devait transformer radicalement cet ordre de choses, ou plutôt ce désordre. En effet, au fur et à mesure que les puissances s’accrurent, les stations se gênèrent mutuellement, et il fut nécessaire de réglementer les longueurs d’onde, d’éloigner les stations importantes du centre des villes (nouveau « Radio-Paris », aux Essarts ; nouveau « Poste Parisien », aux Molières). Une sélection devait donc fatalement s’opérer et un plan d’ensemble devait être étudié pour organiser la radiodiffusion dans tous les pays. L’Allemagne devait suivre cette méthode rationnelle ; elle qui possède de nombreux postes locaux à faible portée, vient d’ériger la plus puissante station d’Europe.
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 189, page 112.
- La nouvelle station de radiodiffusion a une puissance de 150 kilowatts-antenne
- L’ancien émetteur de Leipzig, créé il y a huit ans, sur l’emplacement même de la foire technique, qui ne disposait que d’une puissance de 300 watts, vient d’être remplacé par une station 500 fois plus puissante, puisque l’émission s’effectue avec une puissance-antenne de 150 kilowatts, pouvant même être portée à 180 kilowatts. La nouvelle station, qui émet toujours sur 389 m 6. est située à Wiederau, près de Leipzig.
- Cette station, représentée page ci-contre, se distingue extérieurement par deux immenses pylônes en bois de 125 mètres de haut, distants de 308 mètres et mesurant, à leur base, 25 m x 25 m et à leur sommet 1 m 80 x 1 m 80. Ainsi, l’antenne est parfaitement dégagée, sans qu’il ait été nécessaire de faire appel à d’énormes masses métalliques qui auraient considérablement gêné le rayonnement des ondes, par suite des effets d’induction des courants de haute fréquence qui parcourent l’antenne. Les deux sommets des pylônes sont reliés par un câble de chanvre du milieu duquel descend l’antenne. Toujours extérieurement, on remarque la tour de refroidissement où circule l’eau qui a refroidi les circuits électriques et les puissantes lampes de la station.
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- Pénétrons maintenant dans le bâtiment lui-même. Le poste proprement dit comprend sept échelons d’amplification, dont les cinq premiers sont refroidis à l’air et les deux derniers à l’eau. Le premier échelon constitue le générateur d’onde entretenue, ou plutôt de courant alternatif à haute fréquence, indispensable à toute émission.
- C’est lui qui sera modulé par les courants variables provenant des mi-cr phones installés dans l’auditorium situés dans la ville même de Leipzig ou sur les lieux des événements à ra-d i o d i f f u s e r (spectacles, discours, compétitions sportives, etc,). La fréquence de ce courant est main’ enue régulière par un quartz piézoélectrique, dont la tempé-rature est mainte n u e constante à 1 /200° de degré près au moyen dethermostats.
- Ainsi, la fréquence reste la ni Orne à 1 millionième près.
- Le courant alternatif ainsi produit est amplifié jusqu'au cinquième échelon, où aboutissent les courants micro-phoniques. La puissance, qui était de .‘300 watts seulement passe alors à 1 kilowatt. Le s xième échelon la porte à 20 kilowatts, et le septième, enfin, à 150 ki'owatts. Les lampes utilisées pour cette amplification finale sont vraiment remarquables. Elles ne pèsent pas moins de 35 kilogrammes chacune et coûtent individuellement 72 000 francs ! Le courant de chauffage des lampes atteint 2.000 ampères et leur tension d’anode, 10.000 volts.
- Une telle station se devait de comporter tous les dispositifs que la technique moderne met à la disposition des ingémeurs pour assurer des émissions régulières. C’est ainsi que tous les appareils, toutes les machines et installations nécessaires à son fonctionnement ont en double. Une interruption
- ne peut donc durer que le temps nécessaire à passer d’un groupe à l’autre. B en entendu, tous les circuits sont commandés à partir d’un pupitre unique agencé de telle sorte qu'aucune fausse manœuvre ne soit possible. Des indicateurs acoustiques et optiques signalent instantanément toute défectuosité et p er mettent aux ingénieurs de prendre toutes les mesures nécessitées par les circonstances.
- Tel est l’ensemble de la nouvelle station à grande puissance de Leipzig, qui a été récemment inaugurée. Dans le domaine de la radiodiffusion, la France, qui naguère encore était fort en retard sur les autres pays européens a accompli également un effort considérable. Plusieurs stations puissantes existent déjà sur son territoire (1). D’autres sont en construction. Leur portée est excellente. Lorsque l’organisation artistique aura atteint la perfection de la technique, la voix de la France occupera en Europe la place qui lui revient.
- J. M.
- (1) Voir Lu Science et la Vie, n° 182, page 119.
- ON VOTT ICI, PHOTOGRAPHIÉES COTE A COTE, UNE DES PUISSANTES HAMPES D’AMPLIFICATION DE LA NOUVELLE STATION DE LEIPZIG (a DROITE), UNE LAMPE DE L’ANCIEN POSTE DE 300 WATTS DE LEIPZIG (A GAUCHE) ET UNE LAMPE ORDINAIRE DE RÉCEPTION (AU CENTRE)
- Refroidies par une circulation d'eau, les nouvelles lampes d'amplification de la station, qui portent la puissance de l'émission à 150 kilowatts dans l'antenne, pèsent chacune 35 kilogrammes et coûtent la bagatelle de 72.000 francs.
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- LES MYSTÈRES DES SCIENCES NATURELLES
- LES CURIEUSES HABITUDES ET MANIES DES INSECTES
- Par C. PIERRE
- MEMBRE DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE
- Les insectes se succèdent de génération en génération, exécutent les mêmes gestes, dans les mêmes conditions, aux mêmes saisons. Ces habitudes ancestrales, à peu près immuables, parfois simples manies, se sont établies, il y a des milliers d'années, avec les types .primitifs, et se continuent automatiquement chez les espèces. Ce n'est pas de la mémoire, puisque ces animaux ne sont soumis à aucun apprentissage. Ils n'ont pas vu agir leurs parents, presque tous morts avant la naissance de leur progéniture, ou séparés par des causes absolument déterminées, indépendantes de la volonté des individus. Par ailleurs, les jeunes, sous forme de larves, agissent déjà sans se soucier des adultes, et mènent une vie totalement différente, isolésouvent privés d'air et de lumière. Tous ces êtres, en marche pour une suite de métamorphoses, manifestent évidemment, dès leur éclosion, ce qu'on doit appeler Z’« automatisme spécifique », empreinte psychique, parfaitement déterminée, qui réagit sur la matière vivante, la stimule pour régler des mouvements aux résultats invariables. Voici de nouveaux exemples qui démontrent cette théorie. Qu'il s'agisse de ia nidification, de l'alimentation ou tout simplement de manies, notre collaborateur, observateur patient, nous fait pénétrer ici dans le vie même des insectes. De curieuses « erreurs » ne semblent-elles pas enlever, même à ces petits animaux, leur instinct naturel ?
- Les admirables travaux de la nidification
- Pour abriter leur couvée, les insectes exécutent souvent d’admirables travaux. Nous passerons sous silence tous ceux qui déposent leurs œufs, au petit bonheur, sous un caillou, dans la fente d’un rocher ou sous l’écorce d’un vieil arbre. Ces pontes ne sont précédées d’aucun travail préparatoire. Mais tout le monde connaît le terrier du Grillon, les puits profonds de certains Bousiers, les galeries d’Hyménop-tères fouisseurs, comme celles des Bembex, qui savent même dissimuler l’entrée de leurs nids. Que direz-vous, alors, des cellules hexagonales, édifiées par les Abeilles ? C’est là qu’on trouve le mécanisme du geste constructeur, automatique, qui régularise .dimensions, dessin, disposition.
- Les Guêpes cartonnières nous montrent .également d’admirables nids exécutés en matière papyracée, avec l’ensemble des rayons et des cellules recouvert d’une enveloppe unie à forme variable. Cependant, quelques Guêpes, comme les Polistes, bâ-îâsspnjt leurs nids .à décpuvert^, sur la tige
- d’un arbrisseau, sur un gros caillou, contre un rocher (fig. 1). N’oublions pas les Hyménoptères maçons, qui placent leur couvée dans des abris faits de petites mottes de terre agglomérées, tantôt isolés, tantôt appuyés, soudés les uns contre les autres.
- L’exemple le plus extraordinaire d’automatisme spécifique est fourni par les Bos-tryches, minuscules Coléoptères qui se développent sous l’écorce des conifères. La femelle est d’abord obligée de creuser un trou pour parvenir à l’aubier. Arrivée là, elle fore une galerie plus ou moins longue, soit verticale, horizontale, oblique, même en forme de chambre arrondie. Seule, l’espèce détermine le dispositif du travail. La pondeuse distribué alors ses œufs sur les côtés intérieurs de ce passage principal et calfeutre chaque œuf avec un peu de détritus ligneux. Au moment de l’éclosion, chaque petite larve ronge l’écorce, en s’éloignant de la galerie de ponte, formant ainsi une suite de sillons rayonnants, s’élargissant de plus en plus avec l’âge de la larve. Lorsqu’on détache d’un, arbre un fragment d’écorce travaillé par les Bostryches, on reconnaît immédiatement l’espèce du ravageur, par le
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- sons ou la disposition dos galeries. C’osl, la signature indisoulablo do ranimai, preuve d'habitude acquise, immuable, à condition, toutefois, que i atuiqUr se produise sur le môme végétal et- à la môme altitude (fig. 2).
- Que dites-vous des larves de Phryganidcs, qui savent choisir les matériaux destinés à être assemblés pour former l'abri protecteur ?... La même espèce composera son tube, cm) soudant des grains de sable ; une autre glanera des brindilles de bois, pour les enchevêtrer, ou les ajouter bout à bout (lig. ;î). Celle-ci recherchera les débris de mousse, celle-là formera son refuge avec de très petites coquilles vides, curieusement agglomérées, etc., etc. !... C’est, encore là d'indiscutables habitude:.- spécifiques, véritable automatisme, réglé depuis des siècles, (pli régit vision, gestes, pour les transformer en actes cpiasi raisonnés.
- Nous trouvons même des « insectes-
- coucous », véritables profiteurs, sachant se loger dans les nids abandonnés et les trous ménagés par l'homme dans de grosses pièces de bois. Ces animaux semblent jouir d’un vague discernement, qui leur évite tout, travail pénible. Ne voyons-nous pas le splendide et robuste Xylocope violet, aux reflets métalliques, aux mandibules solides, profiter d'une galerie de Scarabée, de Longi-eorne, ou simplement d’une ouverture pratiquée dans un poteau, un pieu, ancien emplacement d'une cheville arrachée depuis longtemps (lig. 4). Ce sont des abris tout prêts pour la nidification; aussi vous pourrez, apercevoir ce bel llyménoptère explorer soigneusement poteaux télégraphiques, charpentes en plein air, pour découvrir l'orifice d'un trou bien calibré, facilitant l'établissement de son nid à cloisons superposées.
- L'automatisme spécifique intervient encore de façon plus curieuse chez, d’autres Hyménoptères, découpeurs de feuilles ou de Heurs, dont les rognures servent à garnir l'intérieur qui recevra leur progéniture. Kéaumur, qui les connaissait bien, les appe-
- KM!. 2. — A ).' ASl’KCT UK S ( ! A I I( I KS l)KS
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- lait « Abeilles tapissières ». Voici la Méga-cliile (fig. f>), qui cisaille régulièrement les feuilles du rosier. Kilo ne se trompe jamais. Forte en botanique, elle n’attaquera pas le feuillage d’autres plantes. Ailleurs, c’est l’Anthocope du pavot, (fig. (>), qui découpe régulièrement les Heurs du pavot, pour les rouler en cornets et les placer dans son nid. Or, il existe des contrées où l’Anthocope vole, mais où le coquelicot ne pousse pas, comme en Cerdagne. La bestiole modifie alors, en partie, ses habitudes ancestrales. File se passe du pavot et s’attaque aux pétales de la mauve musquée, s’adaptant ainsi aux circonstances, remplaçant ce (pii lui manque par des matériaux similaires lui permettant de réaliser l’acte principal de la nidification.
- 11 est bien d'autres insectes dont la ponte se présente toujours avec le même aspect curieux, caractéristique, parfaitement défini, preuve évidente de l’invariabilité des gestes, (pie des générations successives ne perfectionnent pas. Tels sont les oothèques ou pontes fermées dans une enveloppe protectrice, abritant les œufs, comme ceux de certains Orthoptères, Blattes, Mantes, etc,, sans oublier la coque ovigère de l’Hydrophile, dissimulée sous les feuillages aquatiques.
- Inutile de vous rappeler les merveilleux travaux des Araignées, depuis la fine toile de la Tégénaire, l’admirable filet de l’Fpeire, jusqu’aux pièges perfectionnés d’espèces
- mu. ii. — l.i;s l.AKVKS dK « i'ii il YOANîOKS » CIIOISISSKNT I.KI liS A1ATK1MA UX, TOU.IOUHS l.l'.S AI KM K S (SA IM,K, li H I NI ) 11.1 ,KS, .MOUSSU), l’OUli KTAIiJ.IU l.KUliS NIDS
- bien moins connues. Il faudrait citer aussi les bestioles qui se développent dans les tiges des plantes, les racines, dans les fruits, les champignons, etc., et les innombrables gal-lieoles, dont, la poule produit de bizarres excroissances végétales sur feuilles, tiges, bourgeons, sans oublier les microscopiques mineuses, (pii creusent, des galeries dans l’épaisseur d’une feuille !... 'Tous ces merveilleux travaux, aux présentations invariables, sont résultats de mouvements déterminés par l’automatisme spécifique, (pii règle la vie de chaque articulé.
- Des habitudes immuables pour l’alimentation
- Là encore, les gestes d’insectes se diversifient à l’infini. Les uns pompent h* nectar des fleurs, au moyen de trompes plus ou moins allongées. Les autres, munis d’organes compliqués, sélectionnent les sues des végétaux vivants ou décomposés. Viennent ensuite les broyeurs aux solides mâchoires, destinées à des rôles souvent très différents. Ici, ce sont de. voraces chasseurs (pii ne choisissent pas leur proie. Ailleurs, nous trouvons
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- 1)KS KKI'IU-KS 1 )!•: ItOSIKR, KT NON d'M'ÏHKS PI.ANTKS, POUR K N TAÏUSSUÏÏ SON N! O
- d’autres êtres, armes de formidables mandibules, qui s’attaquent aux parties ligneuses d’arbres à bois dur, pour y creuser de longues et profondes galeries, Certaines larves sont des foreuses puissantes, patientes, et; l’adulte prolonge' plus tard le travail de la larve, pour arriver à la lumière. Nous ne pouvons citer tous les destructeurs qui rongent tiges, feuilles, fieurs et fruits, attaquent les grandes cuit ures et deviennent souvent de vrais fléaux. Ils obéissent à la grande loi (pii dirige chacun d’eux vers le végétal choisi par l’aneêt re, sauf certains ravageurs, comme les Sauterelles, dont les troupes ne laissent aucune trace de végéta lion, anéantissant tout ce qui peut se dévorer.
- Nous voyons également Diptères et Hyménoptères parasites choisir sans erreur leurs victimes. Ims mêmes Taehinaires, les mêmes icimeunions, parasitent les mêmes chenilles. Kvidcmment, ees bestioles se trouvent, en présence pendant la même saison, mais d’autres insectes nombreux sont là pour attirer les parnsiteurs. Or, les erreurs
- sont rares. La nature a parfaitement réglé les rapports (mire toutes ees bestioles ennemies. Le rôle d’une victime, même son volume, est défini, car elle doit alimenter son bote, lui fournir largement sa subsistance, jusqu’au moment de la transformation en nymphe !... La Seolie s’enfonce dans terre pour parasiter la monstrueuse larve d’Oryote* comme le minuscule Microgaster attaque la chenille bien connue de la Piéride du chou.
- Les chasseurs obligés de garnir leur nid avec des proies vivantes, mortes ou anesthésiées, pour assurer l’existence de leurs larves, sont aussi extraordinaires. Ils connaissent d’avance la proie qui convient à leur future progéniture1. Généralement, ils pondent l’umf sur le gibier déposé d’avance dans le nid. Des Ammophiles font spécialement la (‘basse aux vers gris, chenilles do Noctuelles (fig. 7). Ailleurs, vous verrez le magnifique Bembex apporter dans son terrien* un Taon fraîchement capturé (fig. S). Le Sphex traîne vers son souterrain un malheureux Grillon, le Pélopée (‘liasse l'Araignée, tandis que le Cercéris entasse de;* Buprestes dans sa galerie, etc. Chaque chasseur sait reconnaître son gibier.
- A côté de (*es destructeurs, pour nous, véritables auxiliaires, il existe des insectes
- KKi. 0. ]/(( ANTIIOCOPK » 1)1' PAVOT CTIUSK
- UKS KKUIU.KS l)K PAVOT, KT NON lVAUTUKS MiKUHS, POU U KTAUUli SON NJ D
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- MANIES D'INSECTES
- dont l’activité sc montre toute différente, comme celle des Abeilles et autres Mellifères, qui transforment le nectar des Heurs en miel et en cire. Puis, nous trouvons, parmi ees êtres merveilleux, des isolés volontaires, véritables sauvages, ennemis de tout, groupement, de toute association : ce sont les jiius noniurcux. ï> ciin-rcvs* «ü v-Outiii-u'Cj unissent leurs efforts pour un but commun, où l'alimentation et la reproduction jouent le principal rôle. Il s’agit, naturellement, des Fourmis, Termites, Abeilles.
- Peaueoup se réunissent dans certaines circonstances déterminées. Ainsi, quantité de Tipulidcs forment, au moment de la pariade, des groupes de danseurs aériens, dont les évolutions se remarquent surtout au soleil couchant. Les Trichocères, ou Moucherons d’hiver, agissent de même. Nous ne parlons pas des Kphémèrcs, aux éclosions massives, qui apparaissent, chaque année à époque fixe.
- Ces derniers cas sortent du cadre de notre paragraphe. Revenons à l’alimentation, grand problème de l’existence du inonde animal. Nous avons montré que les insectes, avaient, de ce côté, des habitudes à peu près immuables. Les Anthophiles, c’est-à-dire ceux qui fréquentent les fleurs, sont non seulement d’excellents botanistes, mais semblent être de subtils observateurs, lorsqu’ils profitent de l’heure d’épanouissement pour s’empresser sur les (leurs «pii livrent à ce moment leur nectar. Tel est le cas dusar-
- /•x
- i n;, 7. — I.’ « AMAIOIMIII.K )> ATTAQI'IÎ SI’K-
- CIAI.KJIKNT I.KS (' 11 l'.N 11,1 ,KS DK XIK'Tl ! K1.1 .K, DONT SK NOUItlUUA I.A I.AIfVK |)K J.’lNSKCTK
- I'T(J. 8. — l.K « IIK.MIIKX » KMl'OlU'li DANS SON Nil) UN TAON KHAICIIK.M KNT CAl’TüKK
- ra/.in, ou blé noir, ouvert dès les premières heures du jour, jusque vers 10 heures. A ce moment, ou peu après, les nombreuses abeilles qui butinent sur les fleurs blanches, les abandonnent pour d'autres qui vont s’ouvrir.
- Chasseurs, rongeur::, anthophiles, etc., obéissent à des habitudes invariables, qui réglementent les actes principaux de leur vie, leur donnent un semblant de discernement, d’instinct, tandis que, seul, l’automatisme spécifique dirige les moindres mouvements, les moindres gestes.
- Quelques manies d’insectes
- Nous comprenons, sous cette singulière dénomination, des actes plus spéciaux, liés à d’autres causes, et semblant plutôt relever de la psychique. Aussi, nous les classons dans ce qu’on est convenu d’appeler les « tropismes », réponses de la matière vivante à des excitations externes. Ces curieux effets, très généralisés, dépassent souvent ce qu’on veut leur faire exprimer, observations insuffisantes (pii ont amené trop de naturalistes à se créer des convictions basées sur de simules hypothèses. Voici quelques exemples :
- Les Leplis, Diptères communs, bien connus, se posent sur les troncs d’arbres, poteaux, etc., mais, aussitôt posés, ils se re-
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- FIO. î). — I,K « J.Kl’TIS » SK l’I.ACK I,A TKTK
- kx ha s poi’R sukvkii.uni son knnkjii, ].!' ii t’AÜAÜIQUK », <>Dl yiKN'r nV.NT u.\s
- « contre le vent », et les montrent comme influences par le « rhéotropisme », ou, mieux encore, par V « anémotropisme ». Kh bien ! ces bestioles se présentent contre le courant aérien, 1res naturellement, par habitude, par manie, presque tous en vol d’attente, pour guetter la femelle qui passe. Tels sont les nombreux Tuons qui planent au-dessus des chemins forestiers, les lîombvles, Volucelles et autres Syrphides (|ui recherchent l’aecou-plement (fig. 12). l'n vent, même t rès léger, favorise' le planeur. II sait se placer face au courant, oblique légèrement les ailes, pour se soutenir dans l’espace à l’aide d’un léger frémissement, au lieu do battements amplifiés beaucoup plus fatigants. C’est la théorie du moindre effort utilisée pratiquement. Notons, en passant, cpie tous ces insectes au vol
- tournent tête en bas (fig. !)). Il en est de même pour le Sépédon, mouche de marais, qui, sur son roseau, relève en l’air l’extrémité de son abdomen et tourne sa tête vers l’élément liquide. On vous dira que cette manie résulte du « géotropisme » ! Je vois, dans ce. cas, quelque chose de moins compliqué, le besoin de surveiller l’ennemi, (pii vient, d’en bas : ('arabique pour le. Lcptis, larve de Libellule pour le Sépédon (fig. 10)!... La Coccinelle, (pii cherche un point élevé pour s’envoler, ne ressent point les effets du «géotropisme», mais désire trouver l’endroit, (pii lui permet d’ouvrir ses élylrcs et. de déployer ses ailes pour assurer son vol.
- L’Nydromètre, (pii remonte avec persistance le courant d’un ruisseau, sait (pie ce courant lui amènera certainement une proie ((ig. 11). Si l’insecte est, repu, il se
- I i<t j/i v s mi mi/mi, (/u i v «tu k .n j >« t ! 1111
- tement calme, ne désirant pas éprouver les sensations du « rhéotropisme ».
- .Avec les insectes planeurs, nous trouvons clairement les raisons (pii les font se placer
- l'Id. 10. — I.K « SKI’KDOX », SUli SOX HO.SKAIT, OIÏNKUVK K(l.\ I.K.MKNT 1,A VKNIK |)K SON KNNK.MI, I.A 1.AKVF. 1)K 1,1 H K 1,1 .U I.K
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- MA N f ES
- J)' I ,V SECTES
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- souple, varié, ont des ailes courtes, à nervation solide, bien établie. Les Museides, Billions, qui planent sous les arbres, ont confirmé nos précédentes observations.
- Ces manies sont encore des habitudes spécifiques, bien déterminées par de simples motifs naturels (pii nous entraînent loin des théories hypothétiques, rêves scientifiques toujours éloignés de la vérité.
- De curieuses erreurs
- Nous voici arrivé au point le plus curieux, le plus intéressant de la vie des insectes. Il s’agit tout simplement de démontrer clairement que les habitudes des insectes ne sont pas autre chose que de l’automatisme spécifique. Kn effet, les actes, gestes de ces extraordinaires petits êtres sont parfois limités, suspendus, arrêtés par un événement imprévu, qui interrompt, de façon inattendue, l’exécution complète du mouvement agissant presque raisonné ! i/empreinte psy-phique, animatrice de l’individu, semble avoir disparu. La bestiole désemparée' ne nous étonne plus par le précis de son action.
- Souvent, l’insecte est victime d'un sens trop sensible, ou quelque peu atrophié. Ne voyons-nous pas les Nécrophaaes, Coléoptères, Diptères, Néerophores, Silphes, lïisters, Slaphylins, Sarcophages, Calliphorcs, Lucides, etc., se précipiter sur les Ileurs de l'Arum serpentaire qui répand une odeur cadavérique ?
- \ oila encore un Asile à l’afiut, qui se jette
- r..»». »..> 4 A \,.....4 19 A4 I
- • i**» Lj/itiv v j^m il- veut) i CLU im
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- iio. II. — i.‘« iivi)ii().\i!':ri(i': », kn ciiaskk
- SI!! l.'l'.Af, itKMONTK I.K (’OtliA NT (' l'OIlt SAISI II SA 1*1101 K KN SAUTANT
- kiu. 12. —- « voi.i ci'.i.i.k » 'ruanscahkntk et « muséums » ckanant contkk i.k vknt
- frénétiquement, enfonce son rostre entre les graines, comme s’il s’agissait d’une vraie proie (fia. 13).
- Vous serez, davantage surpris en voyant une JKpeire sur sa toile déchirée, trouée par le passade d’un Bourdon ou d’un oiseau ! Le savoir, qui a présidé à la construction de l’admirable pièa'e do notre Araignée, semble
- s'être évanoui. L’Kpeire ne cherche pas a
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- I v.|/tu VI in * i /1 t \ lit- omi t (I | (lOV IV.
- (ils rompus, ignore le plus simple raeommo-da<te. A quelques centimètres de là, elle édifiera complètement: une nouvelle toile, démontrant ainsi que l’automatisme limité ré,<»it ses mouvements (lin-. 1 -1).
- Le Bélopée construit son nid avec la terre
- qu’il triture, qu’il aa^lomère motte par motte f I i * >;. 15). A un certain moment, il suspend son travail, place dans la cellule une araignée paralysée, dépose un œuf sur la victime immobile, puis termine la cellule en la fermant hermétiquement. Si vous désirez, faire une très curieuse observation, enlevez, délicatement., pendant une absence de l’insecte, la proie et l'œuf bien visibles qui garnissent le nid. Vous assisterez, alors à un spectacle stupéfiant. Le Bélopée ne voit rien, ne se rond compte de rien. U termine et bouche cette cellule complètement vide, agissant sous l'influence de l’<< automatisme » <pii réalésés mouvements. Labre décrit, celle expérience dans un chapitre intitulé \ber~ ration dr Pi)istinrt,
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- LA SCI EN CK ET LA VIE
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- ne. L‘5. — UNE ERREUR ll'lXSECTE. I.\( ASILE » CHASSEUR SE IMIÉCII’ITK SUII UN Él’l ACITÉ PAR I,E Vl'.NT COMME SUR UNE VRAIE PROU''.
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- UNE PRÉCISION A 1 ) M I RA Il I.E, MAIS NE SAIT PAS RÉPARER SA TOll.E ENDOM.MAGÉE
- Nous pourrions aussi parler de « l’entêtement » (les insectes, qui, chassés plusieurs fois d’une fleur, d’un tronc d’arbre, d’un caillou, reviennent se poser exactement, au même endroit, alors qu’il peut trouver des fleurs, des troncs d’arbres et des cailloux semblables, tous près de là ; actes peu explicables, répétés ordinairement à de courts intervalles.
- Tels sont les résultats de nombreuses observations que nous avons effectuées, un peu dans toutes les régions de la France, où les variétés d’insectes sont excessivement
- MO. la. — I.E « PÉl.OPÉE » TERMINE SON URNE, SANS S’APERCEVOIR QU’eI.I.E EST VIDE
- nombreuses. Nous avons réuni ici les faits les plus curieux, capables de montrer que, dans ce domaine, il nous reste beaucoup à apprendre. Nous ne pouvons prétendre à en donner une explication absolument certaine, à dégager les lois qui font agir ces bêtes minuscules. 'l'on tes ces habitudes, manies, erreurs, se retrouvent chez les mêmes espèces. On ne peut pas toujours les comprendre, car la nature, souvent compliquée, livre dillici-lcmcnt scs secrets. Seules, de multiples et sérieuses observations fournissent des faits indiscutables, qu’il faut accepter tels qu’ils sont, sans les interpréter de façon trop hypothétique. L’esprit pondéré ne se prêle pas aux explications faciles, parfois curieuses, toujours éphémères, (pii déliassent ordinairement les limites de la certitude. C. Pierre.
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- LES TUNNELS SOUS L'ESCAUT A ANVERS
- Par J. BOUVET
- INCKNIKUK I)lOS PONTS KT CUAUSSKKS
- Troisième port européen, Envers a vu son trafic s'accroître considérablement au cours de ces dernières années. Aussi, la ville doit-elle s'agrandir, et, pour cela, elle doit enjamber l'Escaut cl s'établir sur la rive (pci lui. fait face. .1 / ai s cela -n'est possible (pic si des communications faciles cl rapides sont aménagées d'un côté à l'autre du Jleuve. Le passage constant des navires interdit l'édification de ponts, ("est pourquoi on a décidé de créer deux tunnels sous l'Escaut : un pour les voitures, l'autre pour les piétons. Après Hambourg (tunnel sous l'Elbe) cl \'exv York (tunnel sous VIludson), Anvers est la troisième cité dans le monde aigint entrepris de tels travaux, dont le coût s'élèvera à plusieurs centaines de millions de francs.
- ÎNSTAui sur la rive droite de l’Escaut, comme accroché à l’immense /. que dessine le fleuve dont les ramifient ions tonnent les mille bassins d’un port géant. Anvers songe à s'agrandir. Il vient aujourd’hui au troisième rang eu .Europe, après Londres et Rotterdam, avec son trafic de 1T, millions de tonneaux de jauge et, confiant dans un avenir qui s’annonce brillant, projette d’annexer la pointe de la rive gauche qui lui fait lace, le polder du Borgcnveest où, naguère encore, paissaient de belles vaches lia mandes, et de le transformer on une ville deluxe,auxlar-gesartères, préservée des fumées et des tumultes des v i I les ind us-trielles.
- Ce qu’il y a pea t-êfre de plus remarquable dans celle entreprise, c’est que, pour relier convenablement au vieil Anvers celte ville future qui ne compte •encore ni une maison ni un habitant, ùHH) millions de francs belges sont déjà engagés dans la construction de deux tunnels
- sons l’Escaut. Une telle audace, alliée à une telle largeur (le vue, si elle ne nous étonne pas de la part, d’une des villes les plus modernes d’Europe (elle possède un gratte-ciel de vingt-cinq étages), n’en constitue pas moins un exemple à méditer pour notre pays, où les grands travaux ne sont t rop souvent ordonnés que lorsque s'en fait sentir l'impérieuse nécessité.
- La liaison entre la rive droite et la rive gauche de l’Escaut sera assurée par
- deux tunnels
- Toute la rive droite de l’Estai ni., à Anvers, est. bordée de (plais et d’entrepôts ulilisés par le. I ra lie le } > 1 us intense, ï m p o s s i b 1 c donc d’enjam-ber les 400 mètres du lleuvc par un pont lixe, ni même par un pont mobile, à cause de la grande portée. En pont transbordeur a un débit, ridicule. D'autre part, il existe déjà (leux services de bacs qui assurent le passage du trafic de la roule et du chemin de 1er de (îand : ils sullisent à
- I ' 11 !. 1. IM.AN n'.WVKUS MON'TIIANT I.A ÎUSI'OXIT
- 1)KS l)K LiX TUNNKI.S J\.N COXSTIIIJCTION
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- ESCAUT
- ^_ Puits de
- Couché
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- Couche d’argile » "<
- -- PROFIL UN LONGUEUR DU TUNNEL SOUS L’ESCAUT,
- On remarquera la couche d'argile dans laquelle s'enfonce le tunnel et qui permet l'abaissement de la de chaque station de ventilation. La longueur totale du tunnel est de 2.110 m S5, sa
- peine actuellement et il ne peut être question d’augmenter leur nombre : cela équivaudrait presque à barrer l’Escaut ; il su dit d’avoir vu un jour le fourmillement et l’enchevê-trement des embarcations sur cette immense artère pour en demeurer convaincu. Restait donc la solution du tunnel, solution coûteuse, mais parfaitement au point aujourd’hui.
- Lorsque notre compatriote Brunei construisit à Londres, sous la Tamise, de 1825 à 1842, le premier tunnel pour voitures, il ne prévoyait certainement pas que les chevaux seraient remplacés par des moteurs trépi-
- démontrer de toute évidence qu’il convenait d’envisager deux tunnels séparés réservés le premier aux véhicules automobiles, le second aux piétons et cyclistes. En effet, le tunnel unique, de très grand diamètre, entraînerait le constructeur dans un domaine où la technique est encore incertaine, et coûterait beaucoup plus cher que deux tunnels séparés. De plus, les piétons, dans leur tunnel spécial établi un peu en amont du tunnel pour voitures, jouiront d’un confort plus grand et ne souffriront ni du bruit, ni des courants d’air violents, ni des émanations malodorantes des automobiles.
- ESCAUT.
- Marée basse
- Argile7
- COUPE' LONGITUDINALE DU TUNNEL POUR PIÉTONS
- dants. Aussi, son tunnel insullisant a-t-il été depuis affecté au « tube », le métro londonien.
- En Europe, nous ne voyons que deux tunnels routiers modernes : l’un en Angleterre, sous la Mersev ; l’autre à Hambourg, sous l’Elbe. L’Amérique du Nord en possède de nombreux : l’un d’eux relie le Canada aux Etats-Unis, sous la rivière de Détroit ; un autre, le tunnel Ilollaïul, traverse l’Hudson, à New York.
- Tous ces tunnels ne sont ouverts qu’aux voitures, tandis qu’à Anvers on prévoyait aussi le passage des piétons par le même tunnel. Une adjudication-concours du 15 septembre 1080, faite sur ces données, vint
- Le tunnel pour les véhicules pourra livrer passage à 2.000 automobiles à l’heure
- Le tracé en plan du tunnel pour véhicules est rigoureusement rectiligne, exception faite pour la rampe à ciel ouvert rive droite. D'une longueur totale de 2.HO mètres, il comprend d’abord, en partant de la rive droite, une rampe à ciel ouvert courbe ; puis le tunnel s’enfonce sous terre à la pente de 3,5 %. Arrivé sous l’Escaut, à 12 mètres sous le lit du lleuvc, il a un palier de 1.50 mètres, puis remonte avec la même pente de 3,5 % et débouche sur la rive gauche par une rampe droite à ciel ouvert.
- LES TUNNELS SOUS L'ESCAUT A ANVERS
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- Puits de
- RÉSERVÉ AUX VOITURES, TEL Qu’lL SERA APRÈS ACHÈVEMENT
- pression de travail par l'emploi de puits filtrants. Une cloison, située au milieu, limite le domaine longueur sous le fleuve même (à 12 mètres au-dessous de son lit) mesure 425 mètres.
- La pente adoptée doit permettre, même aux poids lourds, une vitesse de 25 kilomètres à l’heure. Notons que l’entrée en sera interdite aux véhicules hippomobiles, trop lents, et aux transports de produits inflammables ou d’explosifs par trop dangereux.
- La section circulaire du tunnel (diamètre intérieur 8 m 70) laisse une chaussée de Cm75, permettant le passage de trois files de voitures, indispensable au cas où un véhicule est immobilisé par une panne. Une banquette surélevée est destinée à la police du tunnel.
- Le débouché dans le vieil Anvers se fera sur une place très spacieuse, de façon que les véhicules sortants puissent stationner sans arrêter la circulation dans le tunnel.
- Ces dispositions judicieuses permettent d’escompter un débit de 2.000 véhicules à l’heure, ce qui est un magn i fi que résultat.
- Grâce aux puissants moyens mis en œuvre, la vitesse de percement du tunnel atteint 3 m 75 par jour
- Le tunnel proprement dit comprend trois parties : deux tronçons extrêmes, en béton
- armé, exécutés à ciel ouvert, puis recouvert , et le tronçon central, tube de fonte de 1.230 mètres.
- Du tronçon en béton armé, nous ne dirons rien sinon qu’il a été construit en abaissant le niveau de la nappe d’eau au-dessous du niveau du travail, par quarante puits filtrants. Ce sont des tubes de tôle de faible diamètre (28 centimètres), percés de trous à leur base et enfoncés dans le sol. A l’intérieur du tube, on descend une pompe centrifuge accouplée à un moteur électrique submersible fonctionnant tous organes noyés. Au fur et à mesure que l’eau s’infiltre dans le puits, elle est évacuée, ce (pii abaisse le niveau des eaux souterraines aux environs du puits.
- Mais il ne pouvait être question d’opérer de même pour le tronçon central : il aurait fallu assécher l’Escaut tout entier. On a eu recours au procédé bien connu du bouclier, employé, par Brunei, à Londres, en 1825, et à Paris, pour les traversées de la Seine par le Métropolitain (dernièrement (1) entre les (1) Voir La Science et la \’ie, n° 135, page 177.
- AIR VICIE
- AIR iFRAIS
- FIG. 4. - COUPE EN TRAVERS DU T1IONÇON
- DE FONTE, SOUS LA CHAUSSÉE
- Le tunnel permet le passage simultané de trois véhicules. L'arrivée d'air frais s’effectue par en-dessous, et le départ de l'air vicié, au-dessus du plafond, d'où une excellente ventilation.
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- LA SCI U N CL LT LA VIL
- stations Sully-Morland et Jussieu). Mais on a innové de la façon la plus intéressante en le combinant avec les puits liltrants. La pression de l’eau au-dessus du tunnel est diminuée et celle de l’air comprimé derrière le bouclier peut être ainsi réduite de J kilogrammes par centimètre carré à 1 kg 2 par centimètre carré. Ceci n’est rendu possible que par la présence d’une couche d’argile (argile de Boom), dans laquelle on fait in-
- Le bouclier, poussé par trente-deux vérins de 200 tonnes, avance d’une manière continue, d’où cette énorme galerie remplie d’air comprimé où l’atmosphère manque de limpidité (fig. 7). Toutes les fois que le bouclier a avancé de 70 centimètres, on pose immédiatement derrière lui un nouvel anneau de fonte, formé de quinze vous-soirs et une clé assemblés par boulons (poids total de l’anneau 20 tonnes). L’étan-
- ri(J. 5.-VI K nu CIIANTIKK UK CONSTRUCTION 1)U TUNNIC1. POUR VK1IICULKS
- Ou voit le tronçon de béton armé établi sur la rive gauche, avant que la fouille soit remblayée.
- tentionncllement passer le tube et qui sert d’écran entre le lleuvc et le tunnel. Il est,' en effet, du plus grand intérêt de diminuer la pression derrière le bouclier. Le travail moins pénible avance plus vite et la durée de la journée de travail, limitée par la loi à une heure et demie sous la pression de 0 kilogrammes par centimètre carré, dépasse trois heures sous la pression nouvelle. D'où économie de plus de 50 % sur la main-d’œuvre.
- Le sas intermédiaire, entre l’air libre et la chambre d'air comprimé, est fixe et permet l’éclusage des convois de déblais et de matériaux, aussi bien (pie des ouvriers.
- chéité est rendue parfaite, grâce à une injection de ciment à l’extérieur du tube par des orifices prévus dans les voussoirs. Une station de compression, véritable usine provisoire de 2.500 ch, fournit l’air comprimé pour la chambre (1e travail et les outils pneumatiques.
- Toutes les mesures de sécurité sont prises pour éviter un arrêt qui entraînerait l’inondation du chantier : connexions avec deux centrales différentes, machines en double, moteur Diesel de secours.
- Grâce à ces moyens puissants, la vitesse d’avancement est très grande, quatre à cinq anneaux par jour, soit J mètres à J m 75,
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- record inégalé, même par les Américains dans le tunnel sous l’Hudson. Nous sommes loin du mètre que l’on était très heureux d’atteindre lors de la première traversée de la Seine par le Métropolitain ! Aussi n’a-t-on pas jugé utile de commencer le tube par les deux côtés. Un seul bouclier, parti de la rive gauche, atteindra, dans un an environ, le tronçon bétonné de la rive droite. Jusqu’à
- rendre compte de l’importance du problème.
- Si un moteur d’une cylindrée de 2 litres tourne à 1.000 tours par minute, pour une vitesse de 30 kilomètres à l’heure, il consomme 1 mètre cube d’air à la minute. Il mettra 4 minutes pour franchir le tunnel, et si 2.000 de ces véhicules passent dans une heure, la consommation atteindra 8.000 mètres cubes d’air à l’heure. Inutile de tenir compte.
- VIO. (>. --- VUE 1)’UN DES PUITS, DKSTINK A SKRVIR DK PUITS D’aCCKS, DU TUNNKI, POUR
- PIKTONS. UN TEL PUITS D’ACCKS KST PRÉVU SUR CIIAQUK RIVE Ce puits est foré par la méthode de cou gélation, qui consiste à congeler la terre par des tabes enfoncés autour du tunnel à creuser et parcourus par un mélange réfrigérant.
- 12 mètres dans le lit de l’Escaut, les puits liltrants fonctionneront ; de là jusqu’au quai rive droite, la navigation forcera à les abandonner, car on ne peut en placer au milieu du lit du fleuve, et la pression de travail atteindra alors 3 kg 2 par centimètre carré.
- Le problème de ventilation posé par la circulation automobile
- II y a plus d’un siècle que l’on sait construire des tunnels sous-fluviaux, mais ce n’est que depuis la guerre qu’a pu être mise au point la technique qui permet de les aérer suffisamment pour la circulation automobile. Un calcul simple permet de se
- dans ce calcul, de la respiration des conducteurs consommant une quantité d’air infime. Cependant, la composition de l’air respiré a une importance considérable. Or, ees 2.000 moteurs rejetteront environ 8.000 mètres de gaz brûlés, formés en majeure partie de gaz carbonique pratiquement inof'fensif, mais contenant aussi quelques centièmes d’oxyde de carbone, poison très violent, dangereux dans la proportion de quatre dix-millièmes, dont 50 mètres cubes suffiraient à empoisonner les 120.000 mètres cubes de l’ensemble du tunnel.
- On a ainsi une idée de l’énergie de la ventilation qu'il est absolument indispensable de
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- réaliser. Ce rôle est iei dévolu à deux stations de ventilation placées aux quarts extrêmes du tunnel. Chacune d’elles, d’une puissance de 800 eh comprendra douze ventilateurs (six souillants, six aspirants). L’air frais, refoulé entre la chaussée et le fond du tube s’échappera sur les côtés, à quelques 20 centimètres au-dessus de la chaussée. L’air vicié, aspiré par des ouvertures dans le plafond, sera conduit à la station de venti-
- 4 m 00 de diamètre, rectiligne et horizontal, placé dans la couche d’argile de Boom, sera probablement placé par le procédé du bouclier. Il pourra donner passage à 10.000 personnes à l’heure.
- Commencés en avril 1031, les deux tunnels doivent être livrés à la circulation en octobre 1934, et il est probable qu’ils le seront avant; 250 millions de francs belges (soit 175 millions de francs français) sont prévus
- l'IU. 7. -- CO.M.MKNT s'j'U'l'KCTl'K J.K l'KKC'K.UKXT Dit TL'NNKI, l'Otllt VKHICUI.KS
- (lu utilise, à cet effet, la méthode du « bouclier emplo/féc j>our lu première fois eu IS'Jô, eu opérant sous l'air comprimé. Sur tu photographie ci-dessus, ou voit, au fond, le houclinr.
- lation par le haut du tunnel (schéma lig. 4).
- Les puits de ventilation, forés par la méthode de congélation, qui consiste à congeler la terre par des tubes réfrigérants enfoncés autour de remplacement à creuser, relieront le tunnel à ees stations.
- Le tunnel pour piétons est une réduction simplifiée du tunnel pour véhicules
- Nous ne dirons (pic quelques mots du tunnel pour piétons et cyclistes, (pii n’est qu’une réduction simplifiée du tunnel pour véhicules. Relié au sol par des ascenseurs et escaliers roulants, très près du fleuve, il n’a que 572 mètres de long. Ce fube de fonte de
- pour le tunnel pour véhicules, 50 millions (35 millions de francs français) pour le tunnel pour piétons. M. Thonet, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, directeur des travaux, auquel nous demandions quelles difficultés s’étaient, présentées, ne nous a-t-il pas répondu : « Aucune difïiculté imprévue ».
- C’est là un remarquable exemple de ce que les progrès de la technique moderne permettent de réaliser. Grâce aux expériences antérieures, à des études minutieusement effectuées, à la mise en œuvre d’un outillage puissant, les travaux les plus délicats ne laissent maintenant aucune place à l’improvisation. J. Bouvkt.
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- IL FAUT AU MAROC
- DE L’EAU ET DE L’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE : LE BARRAGE D’EL KANSERA
- Par Jean MARCHAND
- JNGKNIKUR I. K. G.
- Dans toute VAf rique du Nord, et au Maroc en particulier, l'inégalé répartition des eaux constitue un obstacle important au développement agricole et industriel du pays. Il est donc indispensable, d'une part, d'assurer l'irrigation de vastes surfaces de terrains et, d'autre part, de chercher à capter l'énergie des « oueds » au débit irrégulier. Seuls, des barrages sont, susceptibles de résoudre ce double problème. Le barrage d'El Kansera, sur l'oued Beth, qui créera un bassin de retenue de 275 millions de mètres cubes, régularisera le débit de cet oued et alimentera en eau 30.000 hectares. De plus, une centrale hydroélectrique de 15.000 chevaux constituera un précieux générateur d'énergie pour l'électrification des chemins de fer du Maroc. Le barrage lui-même mesurera 200 mètres de long, 40 mètres de haut, 30 mètres d'épaisseur à la basse, 6 mètres au sommet. Construit en forme de déversoir, il permettra aux crues de passer impunément par-dessus sa crête. C'est là un ouvrage remarquable, dont l'achèvement marquera une importante étape pour
- l'avenir du Maroc.
- Le barrage d’El Kansera créera un bassin de retenue de 275 millions de mètres cubes
- L’kau constitue, pour toute l’Afrique du Nord, une source de vie et de richesses. Malheureusement, sa répartition naturelle est incapable d’assurer les services que l’on est en droit d’attendre d’elle, notamment l’irrigation. Abondante en certains endroits, au point de former des marécages, l’eau manque, au contraire, totalement en d’autres points. Le Maroc n’échappe pas à cette règle. Aussi, une dçs principales préoccupations qui ont présidé à la mise en œuvre de ce riche protectorat, a-t-elle été le problème de l’eau, dont la solution rationnelle est à la base de l’avenir industriel et agricole du pays.
- Parmi les grands travaux entrepris pour assurer l’irrigation de vastes étendues et, en même temps, pour capter l’énergie électrique représentée par les rivières du Maroc, nous devons signaler le barrage d'El Kanscra, sur l’oued Beth. Cet oued (rivière) ne roule, cependant, en temps normal, que fort peu d’eau ; mais ses crues intenses et son grand bassin versant doivent, néanmoins, assurer le remplissage du bassin de retenue de 275 millions de mètres cubes créé par le barrage d’El Kansera.
- D’ailleurs, ce bassin ne fera que rétablir
- l’ancien lac, alimenté par l’oued Beth, situé autrefois en amont de la gorge d’El Kansera. A la sortie de ce lac, l’oued, creusant de plus en plus son lit, a formé la gorge par laquelle le lac s’est progressivement vidé.
- Le barrage en construction a pour objet de rétablir l’ancien lac à 40 mètres environ au-dessus du lit actuel de l’oued. L’étanchéité du lac était due à des terrains de natures diverses, mais en grande partie, et en particulier à El Kansera, à des couches de marne imperméables alternant avec les couches de calcaire fissuré. La section de ces couches de marne, forcément interrompues par la gorge, est parfaitement visible sur les flancs de celle-ci.
- L’ouvrage en construction se composera de deux parties distinctes :
- 1° lie barrage proprement dit, c’est-à-dire un mur en béton construit en travers de la gorge ;
- 2° Un rideau étanche souterrain obtenu en injectant du ciment dans le rocher, afin de relier le barrage aux bancs de marne ; en effet, des conditions d’économie et de stabilité empêchent de donner au mur de béton une forme telle qu'il s’applique d'une manière continue le long de ces bancs.
- Voici les caractéristiques du barrage : longueur, 200 mètres à sa partie supérieure ; hauteur, 40 mètres environ au-dessus du fond de la gorge ; profil transversal triangu-
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- luire, lu résistance à la poussée de l'eau étant due uniquement au poids de l'ouvrage ; épaisseur, au sommet (5 mètres, à la base 80 mètres. Toutefois, la hauteur totale du barrage sera sensiblement supérieure aux 40 mètres cités plus haut, du fait que les fondations seront descendues assez pro-f o ndément; entre son point le plus bas et son point le plus haut, la distance verticale sera d’environ 05 mètres.
- Le barrage est divisé en tranches par des joints de dilatation distants de 15 mètres les uns des autres et normaux à son axe lo ngitudinal.
- L’éta nchéit é des joints est a s s u r é e a il moyen de bâtons en béton armé, disposés près du parement amont, et par des puits remplis d’argile. Deux de ees tranches, sur la rive gauche, ont dû être modifiées pour tenir compte de la nature du sous-sol et de la présence d'une dalle d’appui à l'aval. Sur ees 80 mètres, le barrage est constitué par un masque amont, qui transmet la poussée de l’eau sur la dalle d'appui par l'intermédiaire de deux contre-forts armés.
- Pour la construction de eet ouvrage, près de 200.000 mètres cubes de béton auront été mis en œuvre. Le barrage est prévu pour pouvoir être surmonté parles eaux (barrage-déversoir), dans le cas où le lac étant plein, le débit de l’oued Beth serait supérieur aux
- prélèvements faits pour l'irrigation ou l’usine hydroélectrique.
- Signalons, enfin, que, à travers la masse du béton, des galeries d’inspection seront ménagées, afin de pouvoir, ultérieurement, observer s’il ne se produit pas de fuite
- et, éventuellement, y remédier.
- Les difficultés rencontrées pour l’établissement du barrage Pour pouvoir travailler dans le fond de la gorge, il a fallu, naturellement, détourner, tout d’abord, l’oued par une galerie traversant la montagne.
- Puis ce fut, dans le rocher, la recherche d’un appui convenable pour l’ouvrage. Mais, là, les prévisions les plus pessimistes ont été dépassées ; sur une grande épaisseur, en effet, le rocher s’est révélé complètement broyé, avec des interpositions de terre, et ne pouvant convenir pour l’assise du barrage. De plus, des crues, dépassant toutes celles qui avaient été jusque là observées, envahissant le chantier en quelques heures, sont venues compliquer singulièrement le travail.
- Enfin, après avoir enlevé environ 800.000 mètres cubes de rocher, des bancs solides ont été mis à découvert. Toutefois, par sécurité supplémentaire, l’assise du barrage a été consolidée par des injections de ciment. Ces injections, dites de consolidation, sont effectuées après mise en place d’une couche de
- FIU. 1. — i/USINE DE CO N CA SS AG K, ÉTABLIE KN PLEINE MONTACNK, FOURNIT CA PIERRE NÉCESSAIRE A I.A CONFECTION DU BETON
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- LE B AERAGE IV EL KAN SE R A
- 5 mètres de béton. Elles ont une profondeur de 10 mètres environ, et un forage de consolidation est exécuté tous les 5 mètres carrés de fouilles.
- Le béton est fabriqué par deux installations, l’une sur la rive droite, et l’autre sur la rive gauche.
- La première, en service depuis novembre 1930, produit, en moyenne, de 3.000 à 3.500 mètres cubes de béton par mois.
- puis acheminés aux bétonnières de 1.000 litres chacune, par deux tapis roulants. Toute la manutention est mécanique. A l'heure actuelle, 150.000 mètres cubes de béton environ sont déjà coulés.
- Les injections de ciment devant constituer le rideau étanche sont exécutées de la manière suivante : un forage est préalablement creusé dans le roc ; on y envoie ensuite, sous pression, du ciment délayé dans de l’eau,
- FIG. 2
- LE BÉTON, A L’ÉTAT LIQUIDE, COULE SUR LES LIEUX MÊMES DE SON ÉVITANT AINSI TOUTE MANIPULATION POUR SON TRANSPORT
- UTILISATION,
- L’installation de la rive gauche, trois fois plus importante que la précédente, mise en service en août 1931, produit de 8.000 à 10.000 mètres cubes de béton par mois. De même que celle de la rive droite, elle est alimentée par une carrière et par des matériaux provenant des fouilles de l’ouvrage et remontés par un téléphérique de 500 mètres de longueur, depuis l’amont de la gorge. L’installation comprend, notamment, deux concasseurs de 25 mètres cubes de capacité horaire, quatre broyeurs, deux granulateurs, deux élévateurs, six tapis roulants, etc. Les matériaux, sable et gravier, sont criblés, puis emmagasinés dans des silos en béton armé de 1.000 mètres cubes. Ils sont ensuite dosés,
- (pii s'infiltre dans toutes les fissures et provoque ainsi un colmatage parfait du rocher. Ces forages, dont les plus profonds ont été descendus jusqu’à 120 mètres, permettent également de prélever des échantillons de rocher, dénommés carottes, et de se rendre compte ainsi rie la nature du sol. Ils sont exécutés avec des sondeuses à grenaille et des sondeuses à diamants. Le coulis de ciment est injecté à partir de deux centrales d’injection et au moyen de pompes actionnées par de l’air comprimé. Certaines injections peuvent être effectuées directement par pression d'air comprimé à 22 kg/centimètre carré. La longueur totale des forages prévus est de plus de 10.000 mètres, et la quantité
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- totale de ciment prévue pour y être injectée est de l'ordre de plusieurs milliers de tonnes.
- Que peut-on attendre de ce barrage ?
- Le barrage terminé aura iur la région de bienfaisants effets. Tout d'abord, 00.000 hectares pourront être irrigués. De plus, il alimentera une usine hydroélectrique de 15.000 eh.
- L'usine d'El Ivansera sera une usine de
- des turbines. Les aspirateurs des turbines déboucheront directement dans l'oued, par des canaux de fuite pouvant être fermés par des batardeaux, en cas de répand ion.
- Le poste de transformation et de sectionnement de ligne d’Kl Ivansera sera du type à air libre. Le courant à 5.500 volts des alternateurs sera transporté par câble souterrain, établi dans une galerie, aux deux transformateurs triphasés 5.500-00.000 volts
- FIC. 0. — Ii A Clll’H SU BIT K 1)K I.'OUF.I) BFTJl, 1)U 18 AIT 22 5IAHS 1902, A liKXDU DT FFICTI.F,
- IiA CONTINUATION DF.S TRAVAUX
- pointe, permettant d'utiliser rationnelle-mend la réserve d'énergie constituée par les 275 millions de mètres cubes d’eau utilisables derrière le barrage.
- L'irrégularité du débit, résultant de l'adaptation de la marche de l'usine aux besoins du réseau, sera corrigée par un barrage compensateur, qui mettra un débit constant de 10 mètres cubes par seconde à la disposition des 00.000 hectares de terrain devant être irrigués dans la plaine du (diarb.
- L'usine est prévue sur la rive gauche à environ 1 kilomètre en aval du barrage ; elle comportera deux groupes de 9.800 eh.
- Les alternateurs seront disposés, dans un faux étage, à (i mètres au-dessus de l'étage
- Ce poste comportera, en outre, trois départs à OO.OOO volts, deux transformateurs (50.000-22.000 volts, deux départs à 22.000 volts et un couplage des barres omnibus à OO.OOO volts.
- Le barrage compensateur sera établi à l'aval de l'usine ; la tranche d'eau utilisable est estimée à environ 275.000 mètres cubes. Etabli dans ces conditions, la hauteur de retenue sera de 5 mètres environ. Il comportera les dispositifs nécessaires pour l'évacuation des plus hautes eaux normales, évaluées à 500 mètres cubes, et pour la restitution à l'aval d'un débit réglé.
- Les travaux de construction de l'usine hydroélectrique vont être mis en route inees-
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- LE BARHAGE DEL KA XSE RA
- sainnK'ivt. Ce travail considérable —- barrage et usine — a été commencé vers le milieu de l’année 192(> et sera vraisemblablement terminé vers la fin de 19.22.
- Certes, une réalisation de ce genre est relativement facile dans un pays comme la France, où le régime des pluies est parfaitement connu par plusieurs dizaines d’années d’expériences, où les dimensions du bassin
- certitude absolue de rendement qu'une administration métropolitaine n'aurait pas manqué de s'assurer. A eette audace, il faut ajouter celle qui provient, de la non-connaissance précise du sol de fondation, puisque, là encore, la géologie n'a pas eu le temps d’être faite.
- Cette bataille, qu'il a donc fallu mener contre la rivière et ses crues d'une part, —
- FIG. 4. — MAINTENANT l’UKSQUK A S KO, 1ÎKTJI PICIOIKT UE VOIH I.A CONSTRUCTION DTS
- mVF.KS KLF.MFNTS 1)U 1ÎAR RAG K
- On remarque, au-dessus de l'ouvrage, les dispositifs aériens utilisés pour amener, par gravité, le béton
- liquide depuis les bétonnières jusqu'auæ ehantiers.
- versant ont été soigneusement mesurées, où le régime de chaque fleuve, à travers chaque saison, a été repéré avec précision. C’était bien autre chose au Maroc.
- La France est entrée dans ce pays, pratiquement, en 1912. File n’a pu commencer à faire des mesures qu'à partir de 1919, cependant (pie les Arabes étaient parfaitement ignorants de toutes ces questions orographiques et pluviométriques.
- C'est donc avec un minimum de renseignements que l’administration française a dû prendre sur elle de se lancer dans des travaux d'une importance considérable, sans la
- et, d'autre part, contre la nature des terrains, - - dont les dilièrent s éléments ne pouvaient pas être connus à l'avance, a naturellement exigé que l'administration du protectorat, aussi bien que les réalisateurs choisis par elle pour l'exécution de ees travaux, demeurent en parfait accord et mettent en commun ce que l'expérience, la science et la technique pouvaient leur apporter d'aide et de renfort.
- Il y a six ans, la région d'Fl Kan sera était, pour ainsi dire, désertique, aucun village n’existait. Aujourd'hui, Fl Kausera est une petite ville de (>()() habitants, en ce qui
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- concerne la population européenne, et de plus de 2.000 habitants, en ee qui concerne les indigènes. Cette ville est la treizième du Maroc.
- La ville (CEI Ivunsera ne disparaîtra vraisemblablement pas, l’œuvre une fois accomplie. L’énergie électrique créée sera, en effet, utilisée par le nouveau réseau ferroviaire,
- sorte (pie l’empire français Nord africain s’allongera d’un seul tenant, depuis Marrakech, à la limite mauritanienne, jusqu’au golfe de Gabès, sur plus de 2.000 kilomètres de long.
- Il n’est pas inutile d’ajouter que cette magnifique ligne pourra, dans un avenir prochain, être doublée à l’intérieur, dans ses
- FIG. 5. — ÉTAT ACTI EU DES TRAVAUX OU BA1ÎBAGE d’EL KANSERA U mesurera 200 mètres de long, 40 mètres de hauteur. Son épaisseur à la base atteindra 36 mètres, au sommet 6 mètres. Construit en forme de déversoir, il permettra aux erues rapides et parfois abondantes de l'oued lieth de passer par dessus lui sans produire d'affouillements à l'aval.
- qui reliera cette région à d’autres plus favorisées.
- Réseau admirable, il faut le reconnaître, pour qu’en pleine époque de l'automobile, et plusieurs années après la création de routes de premier ordre, il ait pu trouver, du premier coup, à s’alimenter en voyageurs et on marchandises. Ce réseau va raccorder, dans trois ans, le Sud marocain et sa grande ville Marrakech avec l’Ouest algérien, à la station frontière d’Oudjda, du côté Maroc, et de Lalla-Maghrnia, du côté Algérie ; de
- parties les plus délicates, et, en particulier, au droit du Iliff, par une ligne plus profonde et, celle-là, parfaitement protégée.
- Une quantité très considérable d’énergie électrique sera donc utilisée pour l’électrification du réseau marocain, et le surplus, pour la distribution de lumière et de force dans les grandes villes, et même dans les campagnes très fertiles que sont, par exemple, la plaine du Gharb et cette même plaine du Sebou, pour laquelle est établi le barrage.
- J. Marchand.
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- UN SEUL SONDAGE ACOUSTIQUE PERMET DE DETERMINER L’INCLINAISON DU FOND DE LA MER
- La sécurité de la navigation exige que rétablissement des cartes marines, indiquant la profondeur de l’eau et portant les courbes du niveau du fond de la mer, soit exécuté avec un soin tout particulier.
- Les méthodes de sondages fondées sur la réception de l’écho produit par la réflexion soit d’ondes sonores, soit d’ultrasons (1), sur le fond de la mer, permettent de mesurer avec précision la profondeur de l’eau à l’endroit considéré. Ces méthodes reposent sur la connaissance exacte de la vitesse du son dans l’eau, dont la valeur est très voisine de 1.500 mètres à la seconde.
- Ainsi, en mesurant, au moyen d’appareils pré-ci , le temps qui s’écoule entre l’émission d’un signal sonore à bord du bateau-sondeur et l’arrivée de l’écho, c’est-à-dire l’onde qui s’est réfléchie sur le fond de la mer, il est très facile de calculer la profondeur au point où l’on se trouve. Cependant, jusqu’ici, pour connaître la pente du sol sous-marin, on admettait qu’une série de mesures autour d’un même point était nécessaire, autrement dit qu’il fallait dresser la carte sous-marine du lieu où on se trouve. Nous allons voir que, dans certaines conditions, il est inutile de se livrer à un aussi long travail et qu’un seul sondage peut suflire à la détermination de l’inclinaison du sol sur l’horizontale.
- En effet, si l’onde acoustique émise par le bateau est suffisamment puissante, on peut, ainsi que M. Marti l’a fait connaître à l’Académie des Sciences, trouver cette pente au moyen d’une seule mesure. En effet, le récepteur ne perçoit plus un seul écho, Q) Voir La Science et la Vie, n" 185, pnge 877.
- mais plusieurs échos successifs qui sont produits par la réflexion sur le fond de la mer et sous la surface de l’eau. Ainsi, comme le montre la ligure ci-dessous, si l’émission a lieu en A, une première réflexion est produite en C, la direction A C étant perpendiculaire au fond. De sa mesure, on déduit la profondeur au point A. Mais un deuxième écho provient d’une double réflexion, l’une en D et l’autre en E, le rayon D E étant perpendiculaire à la surface de l’eau. Un troisième écho provient de trois réflexions en F, G
- et II, le rayon G II étant perpendiculaire au fond de la mer, et ainsi de suite.
- Sur le d i a -gramme donné par l’appareil enregistreur d’échos, on voit donc apparaître plusieurs encoches correspondant aux échos successifs, et l’on peut mesurer la distance entre ces encoches. Un calcul simple permet d’en déduire l’angle que fait l’horizontale avec le fond de la mer. On conçoit, en effet, que plus cet angle est grand et plus les temps séparant les échos successifs sont considérables.
- On le voit, cette méthode est uniquement fondée sur la puissance de l’émission sonore. En effet, l'amortissement des sons est considérable à chaque réflexion sur le fond ou sous la surface de l’eau. Mais, au moyen d’appareils suffisamment sensibles, nul doute qu’il soit possible de déterminer ainsi la pente du fond sous-marin avec un seul sondage acoustique. C’est une simplification dans l’établissement des cartes sous-marines. Néanmoins, il est nécessaire d’attendre les résultats pratiques afin de savoir si le succès ne dépend pas de la forme des fonds : ous-marins. J. M.
- de
- SC II KM A DU TRAJET DES ONDES SONORES DANS LEURS DIVERSES RÉFLEXIONS SUR LE FOND ET SOUS LA SURFACE DE L’EAU PRODUISANT PLUSIEURS ÉC1IOS A C A, trajet simple, premier écho ; A D E D A, deuxième trajet, deuxième écho ; A F G H G F A, troisième trajet et troisième écho après cinq réflexions successives.
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- CE MAT TELESCOPIQUE ET MOBILE FACILITE L’AMARRAGE DES DIRIGEABLES
- On sait quelles (li fïieultés présente l’atterrissage des ballons dirigeables, surtout lorsque les conditions atmosphériques sont défavorables. Pour pouvoir rentrer un appareil dans son hangar, il est nécessaire d'avoir un personnel extrêmement nombreux, ce qui est incompatible avec les exigences d'une exploitation coin mercia le.
- Depuis la guerre, on a donc été amené à rechercher de nouvelles méthodes plus économiques. l)e là est né l'emploi du « mât d'amarrage », où l’on attache le dirigeable en attendant que de meilleures conditions permettent de le rentrer au han-g a r a v e c u n personnel réduit. Cette opération est tout à fait comparable à celle du navire qui s'ancre en rade, tant que l'état de la mer lui interdit l'accès du port.
- Le problème du retour au hangar comporte donc les trois opérations suivantes : atterrissage, amarrage au nmt, rentrée* proprement dite.
- On a cherché à combiner ces trois opérations pour rendre leur ensemble aussi simple que possible.
- Tout d'abord si* pose la question des dimensions du mât. Pendant longtemps, on a utilisé des mâts élevés d'environ (>() mètres
- de haut. Les résultats, quoique satisfaisants, n’étaient pas parfaits, car il était nécessaire de créer des forces supplémentaires pour s'opposer aux rafales du vent qui tendaient à plaquer l’aéronef vers le sol.
- Aussi, depuis quelque temps, a-t-on remplacé ces mâts, en particulier à la station de Lakehurst, aux Etats-Unis, par d’au-tres dont la h a u t e u r n e dépasse pas 20 mètres. Ces derniers sont mobiles et peuvent se dé-placer avec facilité sur le terrain ; d’autre part, ils sont télescopiques et leur hauteur peut être réglée suivant les dimensions du dirigeable à amarrer.
- Le dirigeable étant amarré au m â t, si on veut le rentrer au h a n g a r , o n dispose sous la poupe une sorte de chariot à b a n -dages pneumatiques, qui sert, d'une part, à guider le dirigeable sur le sol, et, d’autre part, à le charger à sa partie arrière en l’empêchant de se soulever accidentellement.
- Le mât et le chariot portant l'aéronef sont alors traînés, soit directement sur le sol, soit sur des rails disposés à cet effet, sur le terrain, jusqu'à, l'intérieur du hangar.
- MAT d’aMAIIIIACK UK KA STATION UK KAKK11UIÎST Ce mât d'amarrage mobile et télescopique n'a qu'une faiblehauteur, environ •_7) mètres, qui peut d'ailleurs être réglée suivant les dimensions de l'aéronef à amarrer.
- A. C.
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- VERS LES APPLICATIONS INDUSTRIELLES DE L’ACCUMULATEUR A L’IODE
- Nous avons signalé (1), dès son apparition, l’accumulateur à l’iode, inventé par M. François Boisier (en religion frère Ciro), (pii marque une importante étape dans la recherche de l’accumulateur à la fois robuste et léger. Au cours des quelques mois qui se sont écoulés depuis cette présentation, les essais ont été poursuivis avec régularité et méthode. Aujourd’hui, on nous annonce que la mise au point de cet élément est pratiquement parfaite et que, d’ores et déjà, on en peut prévoir les applications industrielles.
- On se souvient que le principe de cet accumulateur consiste à engendrer le courant électrique par dissociation de l’électrolyte 1 u i -même (induré de zinc), les électrodes ne servant que de supports aux dépôts moléculaires produits p e il d a il t I a charge et étant, par leur forme même, indéformables. On se souvient également que, grâce à la faible tension produite pur cet élément (et nécessaire à sa charge), 1,2 volt, aucun gaz ne se dégage pendant cette charge, ce qui a rendu possible la fermeture hermétique de l’accumulateur à l’iode. La tension de 1,2 volt, qui e t propre à eet élément, et (pii se présente comme une condition nécessaire à tous les avantages qu’il offre, n'est faible qu’apparemment par rapport à celle d’un élément au plomb : mais pour obtenir une tension élevé ' par le groupement d’éléments en série, cela ne conduit pas à augmenter dans la même proportion les dimensions et le poids. A capacité égale, l'élément Iodac est seulement un peu plus encombrant (.‘50 % environ) que celui au plomb, (1) Voir La Sricncc cl la Vie, n° 1X0, pngo ôiô.
- mais, par contre, son poids est beaucoup plus faible (deux fois environ) relativement à l’énergie qu’il peut produire. II en résulte que la puissance massique de l’élément Iodac est deux fois plus forte que celle de de l’accumulateur au plomb.
- Rappelons que, tandis que l’accumulateur au plomb ne peut supporter impunément des régimes de charges et de décharges rapides, l’accumulateur Iodac peut, au contraire, être rapidement chargé ou déchargé. Ainsi, une batterie de 15 ampères-heure a pu débiter 100 ampères pendant six ou huit minutes. Enfin, n’oublions pas deux des plus précieuses qualités de l’accumulateur à l’iode, à savoir sa légèreté (son poids est environ la moitié de celui de l’accumulateur au plomb) et sa robustesse.
- Ces deux qualités semblent donc réserver au nouvel élément de nombreuses appli cations industrielles. Jusqu’ici, il n’a guère été utilisé qu’en T. S. F., où il a donné d’excellents résultats. Aujourd’hui, on envisage son emploi, notamment pour la traction électrique. En effet, non seulement sa légèreté permet d'équiper des tracteurs, mais encore sa faculté de supporter des régimes rapides autorise, avec les locomotives électriques, la récupération de l’énergie. On sait que cela consiste à faire marcher, pendant les descentes, les moteurs en générateurs pour freiner le véhicule. L'énergie ainsi produite, au lieu d’être perdue dans des résistances, pourrait être emmagasinée dans des batteries légères et de grande capacité. Il va de soi que de tels accumulateurs sont également parfaits pour assurer le démarrage électrique des moteurs à explosions. L.-I). Fouiîcault.
- ACCUMULATEUR « IODAC » DE 50 VOLTS
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- POUR APPRENDRE RATIONNELLEMENT LA TECHNIQUE DE LA T. S. F.
- De même qu’une langue vivante ne peut être convenablement apprise si un stage dans le pays d’origine n’a pas permis d’en acquérir toutes les finesses et surtout la prononciation, de même certaines sciences ne peuvent s’apprendre uniquement dans des livres. La T. S. F. fait, évidemment, partie de ees dernières. Certes, elle exige tout d’abord la connaissance de données scientifiques sur la mécanique et l’électricité, mais, par-dessus tout, elle ne peut être véritablement comprise si l’on n’a pas soi-même vérifié et étudié les notions théoriques apprises dans les cours. Il fallait donc que des i nstitutions s p é e i a 1 i s é c s soient capables de fournir un enseignement t h é o r i (j u e et pratique sufli-sant pour assurer l’ascension vers les place?, les plus enviées, traie de T.
- I.ES El.i:\ES DE 1. ECOJ.E CENTRAI,E DE T. S. E., DEVANT EN POSTE RADIO DE BORD
- A cet égard, l’Ecole Cen-S. F., 12, rue de la Lune, à Paris, a fort bien compris l’œuvre à mener à bien.
- Nous n’entrerons pas dans la description de l’Ecole. Il nous subira de savoir que dans de vastes salles de cours les professeurs expliquent à leurs élèves les tout derniers perfectionnements de la science radioélectrique ; que des laboratoires fort bien équipés permettent aux futurs ingénieurs de vérifier, au moyen d’appareils de mesures de précision, les lois qui président à l’électro-teclmique ; que dans des salles de montages, les élèves exécutent les schémas et peuvent ainsi connaître leurs progrès P-<1 ni de
- ar ailleurs, pour ceux, et ils sont légion, se destinent à la marine (officier radio marine marchande), un poste
- la
- de
- T. S. F. de bord, complètement équipé, leur permet de se familiariser avec le matériel qu’ils seront appelés à manipuler.
- Enfin, pour lçs élèves qui se destinent à rentrer comme technicien ou opérateur radio dans les différents ministères, des salles ont été prévues pour l’entraînement méthodique à la lecture du son, pour l’étude de la radioélectricité, pour l’entraînement effectif à l’écoute de trafic, réel de station
- à station.
- Les principales administrations ayant un personnel radio sont, dans l’ordre d’importance, les Ministères de l’Air, de la Guerre, (cadre civil), des Colonies, de l’Intérieur (inspecteur radio) et l’Oflice National de Météorologie
- De plus, nous signalons qu’une branche très importante de
- préparation au service militaire T. S. F. fonctionne dans cet Etablissement. Elle fournit des centaines de jeunes recrues spécialisés, (Inique année, au Génie, à l’Aviation et à la Marine.
- Il nous faut signaler également l’enseignement par correspondance. Pour rester fidèle à sa formule, l’Ecole complète cet enseignement par un stage à l’Ecole même, où les élèves peuvent bénéficier des laboratoires pour les travaux pratiques. De plus, mettant à profit le progrès sous toutes ses formes, l’Ecole, adresse, pour la lecture au son, des disques spécialement gravés qui permettent d’apprendre rapidement la lecture des signaux Morse, en écoutant simplement leur musique rythmée. Ne nous étonnons donc pas du succès croissant de l'Ecole. J. M.
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- LES A COTÉ DE LA SCIENCE
- INVENTIONS, DÉCOUVERTES ET CURIOSITÉS
- Par V. RUBOR
- Stérilisons notre lait
- Neuf fois sur dix, faire bouillir le lait consiste, pour la ménagère, à le laisser sur le feu jusqu’à ce qu’il « monte » et à éteindre vivement le gaz à ce moment-là. Or, que s’est-il produit ? Certains points du lait ont bien été portés à la température d’ébullition, et l’air dissous dans le liquide tend à s’échapper sous la forme de bulles. Comme, à la surface du lait, s’est formée une couche de crème qui adhère aux parois fortement chauffées par le foyer, ces bulles ne peuvent se dégager ; la crème gonfle, et le lait « monte ». Mais, en réalité, le lait n’a pas bouilli, et sa température moyenne n’a guère dépassé 80°, valeur insullisante pour détruire les germes nuisibles. Le lait ne bout réellement, en effet, qu’à 101e.
- Toutefois, la destruction des germes nuisibles à sa conservation ne demande pas une aussi haute température, et il suffit d’atteindre 95° à 98°. Mieux, en ne chauffant pas le lait à 101°, ce qui, évidemment, le stérilise, mais exige des précautions voulues pour qu’il ne se sauve pas, on lui conserve ses principes les plus précieux pour l’alimentation et, notamment, ses vitamines et sa saveur de lait frais.
- Par conséquent, ce qu’il faut, c’est porter le lait à 95° ou 98° et, bien entendu, être prévenu du moment où cette température est atteinte.
- Le pasteurisateur, représenté ci-contre, répond parfaitement à cette double condition. C’est une marmite en aluminium à double paroi, dont l’espace situé entre ses deux parois ne communique avec l’extérieur que par l’intermédiaire d’un sifflet. Ce sifflet s’enlève, d’ailleurs, aisément et permet d’introduire un peu d’eau dans l’enceinte du pasteurisateur. Le lait étant versé dans le récipient intérieur et le sifflet remis en place, on pose l’appareil sur un feu assez doux. L’eau s’échauffe ; la vapeur produite se con-
- Sifflet
- COUPE DU PASTEURISATEUR MONTRANT LE NIVEAU QUE L’EAU NE DOIT PAS DÉPASSER
- dense tant que le lait ne se trouve pas à la température de l’eau. A ce moment, au contraire, la vapeur, en s’échappant par le sifflet, prévient la ménagère que l’opération est terminée. Les essais effectués au labora-
- LE PASTEURISATEUR DE LAIT « SIRÈNE »
- toire municipal de chimie ont montré que la température atteinte était de 98°,5 et qu’un lait contenant deux millions de bactéries par centimètre cube renfermait moins d’une bactérie par centimètre cube.
- Ajoutons, enfin, que les parois du récipient à lait n’étant jamais surchauffées, la crème ne s’y attache pas et que le lait ne « monte » pas.
- Nouveau récepteur de T. S. F. à présélection et à amplification directe
- L’histoire est un perpétuel recommencement. Lorsque apparurent les lampes à trois électrodes qui devaient révolutionner toute la T. S. F'., les premiers postes récepteurs utilisèrent des circuits dits à amplification directe, c’est-à-dire agissant directement sur le courant à haute fréquence, engendré dans l’antenne par les ondes hertziennes. Ce fut l’ère des postes à résonance. Mais vint bientôt le superhétérodyne ou
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- CHASSIS DU « PRKSÉLECTEUR 33 » MONTRANT LES QUATRE CONDENSATEURS MONTÉS SUR LE MÊME AXE ET LE BLINDAGE DES DIVERS ORGANES DU POSTE
- changeur de fréquence. La sélectivité autorisée par ce montage, sa sensibilité, la réception sur un simple cadre, donnèrent au nouveau venu une vogue méritée. Toutefois, rien n’est définitif et la simplicité de l’amplification directe, qui se prête parfaitement à la commande unique, grâce à la symétrie de ses circuits, a tenté à nouveau les constructeurs, notamment aux Etats-Unis. Cependant, la sélectivité obtenue laissait encore à désirer et ne croissait pas proportionnellement au nombre d’étages du poste. Et la mode revint au changement de fréquence. Mais voici que l’amplification directe vient de marquer un nouveau pas en avant, qui lui permet de lutter avec le changement de fréquence au point de vue de la sélectivité et de la sensibilité, mais naturellement avec un réglage unique pour chaque station et sans aucune interférence particulière. Ce résultat a été, d’ailleurs, fort simplement obtenu en utilisant le principe de l’ancien montage en Tesla, bien connu des galénistes.
- Nous n’entrerons pas ici dans le détail de la construction d’un tel poste qui sélectionne, en quelque sorte, les ondes avant leur amplification, ce qui, d’une part, accroît la sélectivité et, d’autre part, élimine nombre de parasites. Nous donnons simplement la photographie du châssis, montrant le soin avec lequel les
- circuits sont établis et blindés. Qu’il nous suffise de signaler que sur une petite antenne intérieure, on peut, à 1.000 mètres de la Tour Eiffel, séparer celle-ci de Daventry ; que Rome et les P. T. T., Alger et Radio L.-L. se sélectionnent aisément.
- Enfin, point non négligeable, ce poste, alimenté par le secteur, ne consomme que 40 watts.
- Toitures et terrasses peuvent être
- facilement rendues étanches
- Qu’il s’agisse de terrasses en ciment, de toitures en zinc, en tôles ondulées, en fibro-ciment, en feutre asphalté, en ardoises, de verrières, il arrive trop souvent que des défauts d’étanchéité se produisent au bout d’un certain temps. Tantôt, c’est le mastic des vitres qui se détache, tantôt ce sont des fissures qui apparaissent dans le ciment ou dans le zinc, tantôt des cassures dans les ardoises ou les tuiles, etc. Il est cependant extrêmement facile, actuellement, de remédier à ces inconvénients, grâce à des produits particulièrement elïica-ces qui ont été mis au point. Nous voulons parler des produits Arco. Ce sont des enduits plastiques, dont la consistance varie, d’ailleurs, avec le type envisagé, et qui contiennent une très forte proportion d’asbeste (amiante du Canada). Suivant cette proportion, on obtient un ciment plastique très adhésif, ou un liquide très visqueux. A l’air, une pellicule superficielle, souple et résistante, se forme sur l’enduit, la couche inférieure conservant sa plasticité. Les dilatations dues à la chaleur, les vibrations ne peuvent donc altérer ni fissurer le produit. Le ciment plastique Arco-Sealit, qui se pose au moyen d’une truelle, permet d’obturer tous les trous ou fissures d’une toiture, de
- COMMENT ON RÉPARE UN CIIÉNEAU HORS D’USAGE
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- LES A COTÉ DE LA SCIENCE
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- A GAUCHE : APPLICATION A LA BROSSE DE L’ENDUIT PLASTIQUE SEMI-LIQUIDE SUR UNE TERRASSE ; A DROITE : APPLICATION DU CIMENT PLASTIQUE IMPERMÉABLE
- réparer des chéneaux, d’effectuer des revêtements étanches pour le béton armé, etc. L’enduit semi-liquide Arco-Top s’étend simplement au moyen d’une brosse. Une couche de un demi à un millimètre d’épaisseur suffit. Les toitures en zinc, en tôle ondulée, en fibro-ciment, en ardoises, sont ainsi facilement remises en état. De même, on peut imperméabiliser les surfaces en ciment, entretenir les toits de voitures, de wagons, protéger les mastics des vitrages, des calori-fugeages de tuyauteries, des accumulateurs de vapeur, etc. L’enduit semi-liquide peut être également utilisé pour protéger les ouvrages métalliques, réservoirs, ponts, etc., contre toute corrosion.
- La Société Arco se met d’ailleurs à l’entière disposition de tous ceux qui ont à entretenir des voitures et des terrasses, pour l’étude des problèmes d’étanchéité qu’ils peuvent avoir à lui soumettre.
- Cette table à dessin s'adapte instantanément à la position du dessinateur
- Les solutions les plus simples sont toujours les meilleures. Encore faut-il qu’elles répondent parfaitement aux conditions requises. Il est évident, par exemple, que l’antique table à dessiner à trétaux, que l’on pouvait monter ou abaisser, dont on pouvait également faire varier l’inclinaison, représentait le maxipium de simplicité. Toutefois, que de temps perdu pour régler la hauteur et l’inclinaison, puisque le dessinateur ne pouvait le faire qu’à l’aveuglette, se rendre compte ensuite du réglage obtenu, le modifier souvent, etc. Donc, nous exigerons d’une table à dessin moderne qu’elle puisse prendre toutes les positions sans que le dessinateur ait à se déranger. A ce point de vue, la table représentée ci-dessus est vraiment d’un fonctionnement fort simple.
- Un pied robuste télescopique supporte une rotule. Sur celle-ci peut se mouvoir une mâchoire à laquelle est fixée un croisillon, ce
- dernier portant, enfin, la planche à dessiner.
- A portée de son pied, le dessinateur trouve une pédale, qui lui permet de débloquer le pied de la table, d’abaisser ou de relever la rotule, donc la planche. Ceci s’effectue sans effort, grâce à un contrepoids équilibrant le poids de toute la partie mobile.
- A la portée de sa main, le dessinateur a une manette qui commande le serrage de la mâchoire sur la rotule. Lorsque l’inclinaison voulue est atteinte, la mâchoire immobilise la planche dans cette position. Et le serrage est suffisamment énergique
- LA TABLE A DESSIN « IA MAPPEMONDE » ET LES DIVERS ORGANES DE RÉGLAGE
- pour que l’on puisse s’asseoir sur la planche sans la faire dévier.
- Commodité, confort, fonctionnement sûr : telles sont les qualités que procure cette nouvelle table à dessin.
- Ce stylo
- est une arme de défense efficace
- L’iionnête homme hésite souvent à faire usage de son revolver lorsqu’il est attaqué. Il lui répugne de verser le sang. Et, d’ailleurs, ne lui est-il pas interdit de porter des armes? Il se trouve donc constamment en état d’infériorité vis-à-vis du malfaiteur, car celui-ci attaque toujours par surprise et ne laisse pas le temps à sa victime de se défendre. Ce qu’il faut donc, pour parer avec certitude à toute attaque brusquée, c’est disposer d’un moyen qui n’exige aucune manœuvre préalable pour être armé, qui,
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- par conséquent, doit toujours être prêt à servir.
- Or, voici un stylo, ou du moins un appareil qui en présente l’aspect, qui se fixe à la poche au moyen d’une agrafe, que l’on peut donc avoir constamment sous la main et qui constitue une arme défensive vraiment eilicace. En effet, il sullit de ramener en arrière le bouton placé sur le côté du corps de l’appareil et de le laisser revenir brusquement à sa position initiale, sous l’action de son ressort, pour provoquer la percussion d’une petite cartouche renfermant un produit spécial qui dégage des gaz lacrymogènes. Impossible de résister à cette atmosphère, et il est même bon que celui qui l’a provoquée s’éloigne, tandis que l’attaquant est complètement désemparé. Cette remarque permet, d’ailleurs, de se rendre compte que l’appareil est purement une arme défensive, car, si on l’utilise pour attaquer, on ne peut s’approcher de la victime sans être soi-même atteint par les gaz.
- Combustible colloïdal
- La sous-consommation actuelle mondiale se répercute sur le combustible, comme sur toutes les matières de première nécessité, et, en particulier, les charbonnages, qui se sont vus, tout dernièrement, supplantés presque complètement pour la chauffe des grands paquebots, et même des navires à tonnage moyen, ainsi que dans les marines de guerre, se trouvent privés d’un appoint considérable qui leur empêche de compenser la sous-consommation terrestre, comme peut le faire le mazout.
- Le combustible « colloïdal », constitué par un mélange de fuel oil et de charbon pulvérisé rendu stable par procédés chimique et mécanique combinés, peut arriver à concilier, dans une certaine mesure, les intérêts des groupements miniers et des groupements pétroliers. Les essais poursuivis, tant en Amérique qu’en Angleterre, ont fait entrevoir la possibilité de brûler de façon satisfaisante les combustibles répondant aux caractéristiques suivantes : 60 % de fuel
- oil de soute et 40 % de charbon pulvérisé.
- Des spécialistes français ont repris les essais étrangers pour l’adaptation des charbons français pulvérisés à ce mélange.
- Nous pouvons espérer voir sous peu notre marine commerciale et notre marine de guerre absorber, avec tout avantage pour elles, un gros tonnage de charbon. L’avantage est très considérable par l’augmentation du rayon d’action des navires, car on obtient, en effet, couramment un combustible pouvant arriver à la densité calorifique de 14.000 calories au litre.
- D’autre part, il diminue les chances d’incendie, étant facilement noyable ; sa densité apparente est supérieure à 1.
- Les brûleurs essayés avec ce combustible sont sensiblement au point ; il importe simplement d’éviter certains bouchages occasionnés par la viscosité de la suspension du liquide à suspension colloïdale.
- Une brouette Vraiment pratique et très légère
- Les brouettes en bois, ordinairement utilisées, pèsent déjà, vides, un nombre respectable de kilogrammes qui s’ajoutent à la charge à transporter. Mais la construction métallique devait permettre d’alléger la brouette, tout en lui conservant sa solidité. Ainsi, la brouette ci-dessous, toute en acier étiré, supprime-t-elle véritablement le poids mort.
- Le châssis, complètement rivé, permet de varier à volonté la forme de la caisse, selon le travail à effectuer. Ainsi, pour le petit jardinage, on peut doter la brouette d’une caisse amovible qui permet, une fois celle-ci déposée au point voulu, d’utiliser la brouette pour d’autres travaux, pour le transport de colis ou de marchandises volumineuses, par exemple.
- C’est là une nouvelle solution fort intéressante pour tous ceux qui utilisent cet appareil universellement répandu : la brouette.
- SUR LE CHASSIS MÉTALLIQUE ET LÉGER DE CETTE BROUETTE, ON PEUT ADAPTER N’iM-PORTE QUELLE FORME DE CAISSE
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- Nouveau poêle à sciure de bois
- La sciure constitue, la plupart du temps, dans les usines qui travaillent le bois, un déchet mal utilisé et, par suite, un produit bon riiarclié. Aussi a-t-on cherché à l’employer pour le chauffage domestique. L’appareil représenté ci-dessous, qui assure la combustion intégrale de la sciure, apporte à ce problème une heureuse solution. Rien de plus simple, d’ailleurs, que son utilisation. On introduit, tout d’abord, un cylindre de bois horizontalement à la partie inférieure du calorifère, puis un deuxième cylindre de bois vertical, dans l’axe du poêle et reposant sur le premier. On verse alors la sciure par le haut, en deux ou trois fois, en la tassant
- PHOTOGRAPHIE ET COUPE DU NOUVEAU POÊLE A SCIURE DE BOIS EN MONTRANT LES DIFFÉRENTS ORGANES
- fortement après chaque garnissage. Lorsque le pot est plein de sciure, on retire les bois (le vertical le premier). On a ainsi ménagé une cheminée d’aération. Il suffit alors d’introduire un morceau de papier allumé à la place du cylindre de bois horizontal pour communiquer le feu à la masse de sciure. Le tirage est, tout d’abord, laissé ouvert en grand pendant une dizaine de minutes, puis on le règle au moyen de la porte. Pendant dix heures, on est ainsi assuré d’avoir un chauffage intense, ne nécessitant aucun entretien et ne revenant qu’à quatre centimes de l’heure.
- Le maximum de chauffage est obtenu, dans ce calorifère, grâce à un système de récupération de chaleur constitué par une enceinte circulaire formant couronne et située à la partie supérieure de l’appareil. Des orifices convenablement ménagés à sa périphérie font communiquer cette enceinte avec l’intérieur, de sorte que les gaz chauds sont obligés de circuler autour du pot de sciure en combustion, avant de s’échapper dans la cheminée dans laquelle ils emportent le minimum de calories.
- Pour loger chez vous Votre charbon
- Le problème du logement du charbon chez soi est un des plus difficiles à résoudre, par suite du manque de place dans les cuisines modernes. La plupart du temps, il est versé dans le tiroir ad hoc du fourneau, lorsque celui-ci en comporte. Mais l’exiguité du tiroir rend difficile la manœuvre de la pelle et, de plus, il s’accumule au fond du tiroir un poussier qui n’est jamais utilisé.
- Ce problème peut, cependant, être résolu au moyen de coffres IjE coffre a charbon spéciaux, et celui « pratt »
- qui est représenté ci-dessus constitue une solution élégante et pratique de la question. En effet, il ne laisse écouler à sa base, lorsque l’on relève la trappe, que la quantité de charbon que l’on peut enlever d’un coup de pelle. A cet effet, un système de plans inclinés empêche l’écoulement continu du charbon, et, de plus, on n’a pas à soulever toute la masse contenue dans le coffre pour en extraire une pelletée. De plus, des plans inclinés latéraux guident le charbon, de sorte qu’il ne peut s’accumuler dans les coins. Ainsi, le poussier est utilisé au fur et
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- à mesure. En lin, la poussière ne peut s’échapper, de sorte qu’aucun coup de balai n’est nécessaire après usage. On peut, dans ees conditions et suivant le modèle, emmagasiner de 10 à 150 kilogrammes de charbon à la fois, dans les meilleures conditions d’hygiène, de propreté et d’économie.
- Un rasoir à lames multiples
- Le dernier mot n’est pas encore dit en matière de rasoir mécanique, et, périodiquement, de nouveaux modèles sont lancés sur le marché. Celui que représente la photographie ci-dessous n’a pas seulement le mérite d’être original — il ne comporte pas moins de cinq lames — mais encore, il donne d’excellents résultats. La présence des cinq lames n’entraîne, d’ailleurs, aucune complication. En effet, ces lames étant inoxydables, le rasoir n’a nullement besoin d’être démonté après usage pour le sécher. II subit, en effet, de le rincer à l’eau chaude et de le placer dans son étui, sur lequel il se visse de façon que les lames ne subissent aucun contact fâcheux. Cet étui étant percé d’ouvertures convenables, l’aération est suf-lisante pour sécher les lames.
- La position des lames, en retrait les unes par rapport aux autres, fait obtenir immédiatement la meilleure inclinaison à donner au rasoir sur la peau. II subit de passer le rasoir une seule fois, les cinq lames se chargeant d’enlever toute trace de poil. Enfin, il est évident que l’on ne peut se blesser, car les cinq lames parallèles ne peuvent pénétrer dans la peau.
- LE RASOIR « MULTIPLEX » ET SON ETUI
- LES TROIS TRANSFORMATIONS DU « TRI PLAY »
- Un jouet transformable
- Nous avons signalé, il y a un an (1), un jouet transformable, de construction métallique, pouvant devenir, à volonté, bicyclette, tricycle, moto, moto avec side-car, skiff, skiff avec side-car, sulky et aéroplage. Naturellement, un tel jouet est d’un prix de revient assez élevé. Aussi l’inventeur vient-il de le simplifier et d’en établir un autre, le triplay (le premier étant Voctoplay), cpii peut se transformer simplement en trois jouets : bicyclette, tricycle, tricycle avec side-car. Comme l’ancien, ce jouet est composé de tubes en acier étiré, de trois roues complètes avec fourche, d’un pédalier complet avec chaîne, d’un guidon, d’une selle, d’un side-car, etc.
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 174, page 519.
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- C’est un appareil fort robuste, qui amuse et fortifie tout à la fois les enfants par le sport bienfaisant qu’il autorise.
- Installez un « starter » sur vos carburateurs
- Les départs à froid du moteur à essence sont souvent laborieux, surtout pendant la saison froide. Aussi a-t-on cherché à obvier à cet inconvénient en fournissant au moteur un mélange air-essence, convenablement dosé, plus riche en carburant que le mélange ordinaire automatiquement préparé par le carburateur.
- Dans cet ordre d’idées, voici un dispositif (flg. ci-dessous), qui est susceptible de rendre d’excellents services et que l’on peut adapter très rapidement sur un carburateur ordinaire. Ce « starter » (c’est-à-dire « qui donne le départ ») se compose, en effet, simplement, d’une bague que l’on intercale entre la bride fixant le carburateur et celle du tuyau d’admission. A cette bague aboutit un tube souple, dans lequel passe une commande flexible agissant sur un pointeau. En agissant sur cette commande (installée sur la planche de bord, à portée du conducteur), on retire le pointeau qui démasque alors deux ouvertures, l’une reliée à une prise d’essence sous la cuve du carburateur, l’autre servant de prise d’air. Ainsi, le moteur démarre instantanément, et on peut, au bout de quelques instants, passer à la marche normale en lâchant simplement la commande du pointeau.
- COMMENT SE MONTE LE « STARTEIl M. P. G. )) SUR UN CARBURATEUR ORDINAIRE
- Le starter est représenté en grisé. Il est commandé par une transmission souple.
- CI-DESSUS : ON PASSE LE LACET DANS L’APPAREIL ; EN HAUT, A DROITE : ON SERRE LE LACET D’UNE SEULE MAIN ; CI-CONTRE : ON CACIIE LE LACET DANS LA CHAUSSURE
- Pour lacer et délacer ses souliers instantanément
- Le rythme accéléré de la vie moderne a fait rechercher, pour les multiples actes quotidiens, des moyens permettant d’en abréger la durée. Pour si minime qu’elle soit, l’opération du laçage et du délaçage des chaussures ne devait pas échapper à cette loi générale. Voici, en effet, que nous pouvons désormais, d’une seule main et en quelques secondes, fixer les lacets de nos chaussures ou les détacher, sans aucun nœud, grâce à un petit dispositif ingénieux.
- Il suffit de passer, une fois pour toutes, les extrémités du lacet dans l’ouverture ménagée pour cela dans l’appareil. La chaussure se trouve alors prêle pour ses laçages et délaçages quotidiens, et évite à son heureux possesseur les ennuis (perte de temps et énervement) que lui causent ses opérations, peut-être sans qu’il s’en rende compte lui-même en raison d’une habitude ancestrale.
- Pour se lacer correctement, il n’aura qu’à tirer les cordons à lui en les écartant ; le laçage ne se défera pas, le coinçage du lacet étant parfaitement assuré par le ressort. Au moyen d’une poussette, on dissimule les bouts du lacet dans la chaussure. Pour délacer le soulier, il suffit d’appuyer sur le ressort pour libérer le lacet et celui-ci coulisse facilement dans l’appareil.
- L’ingéniosité de cet appareil permet de fixer le lacet d’une seule main, comme le démontre la figure ci-dessus.
- On pourra désormais jouer aux dames à trois ou quatre joueurs
- Le damier, représenté ci-contre, présente, comme on le voit, quatre bases opposées deux à deux. Il permet donc de jouer à quatre. Chaque joueur dispose pour cela de vingt-deux pions. Deux manières
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- I.E « MULTI DAMES » A QUATRE JOUEURS
- s’offrent alors pour mener la partie : on bien, on joue deux contre deux, ou chacun pour soi. La marche des pions est exactement la même que celle du jeu de dame à deux, c’est-à-dire que les pions ne peuvent reculer, ni sauter de case, tandis que les dames jouissent d’une entière liberté. Naturellement, si l’on joue à deux contre deux, chaque joueur peut et doit favoriser le jeu de son coéquipier, même en se faisant prendre des pions s’il le faut.
- Un damier analogue est établi pour trois joueurs. Il ne comporte que trois cases, et là chacun joue pour soi, ayant en somme deux adversaires.
- C’est là un nouveau jeu qui permet de donner à l’ancien jeu de dames une grande variété.
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- Adresses utiles pour les « à côté » de la science
- Pasleurisateur de lait : M. Farges, 3, rue CriUon* Paris (4e).
- Poste de T. S. F. : Radio et Su-Ga, 179, rue de la Pompe, Paris (16e).
- Enduits plastiques : Société Arco, 5, rue Alsace-Lorraine, Malakolï (Seine).
- Tul le à dessin : Magnat et Leick, 81, rue du Temple, Paris (3e).
- Stqlo de défense : Service C. B., 13, rue d’Engliien,. Paris (10e).
- Combustible colloïdal : M. A. Lauat-Camy, 5, rue-Fabre d’Eglantine, Paris (12e).
- Brouette métallique : M. Marcel Joi.y, Briennc-la~ Vieille (Aube).
- Poêle à sciure : Etablissements G. Joly, 16, rue^ Bigonnet, Mâcon (Saône-et-Loire).
- Coffre h charbon : Les Produits industriels, 101, rue de Claironne, Paris (11e).
- Basoir à ames multiples : M. Paul Rémy, 44, Route-Départementale, Blanc-Misseron (Crcspin-Nord).
- Jouet transformable : Etablissements Di;p, 10, rue de Fougères, Rennes (Ile-et-Vilaine).
- Starter pour carburateurs : Le Turbo-Diffuseur. M. P. G., 13, rue d’Armenonville, Neuilly-sur-Seine,
- Lacet de chaussures : M. Lantiiiez, 22 bis, rue Val-lier, Levallois-Perret (Seine).
- Jeu de dames : M. Bordry-Durand, 60, boulcvardi Saint-Germain, Paris (5e).
- N. D. L. R. — Dans le il0 186 de La Science et la Vie, page 524, il y a lieu de rectifier comme suit l’adresse de la cisaille à main décrite à la page 521 : M. Bertille, 18, rue Lufaijelte, Paris (10e), au lieu de M. Bervii.ee, 48, rue des Vinaigriers, Paris (10e).
- LA SCIENCE ET LA VIE constitue la plus riche source de documentation scientifique et industrielle du monde, mise à la portée de tous. Après vingt ans d’une publication régulière, lé nombre des sujets traités devient tel qu’une recherche quelconque présente des difficultés considérables. Aussi, sommes-nous heureux d’annoncer à nos lecteurs la prochaine parution d’une TABLE DES MATIÈRES GÉNÉRALE des 186 premiers numéros parus à la fin de 1932.
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- Directeur : G. Bourrey. — Gérant : M. Lamy.
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