La science et la vie
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- Le Service Spécial de La Science et la Vie sera à la disposition de nos lecteurs pour
- 1° Etudier et déposer leurs demandes de brevets en France et à l’étranger;
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- 3° Rédiger les actes de cession de leurs brevets ou les contrats de licences;
- 4° Les conseiller pour la poursuite des contrefacteurs.
- Faire une invention et la protéger par un brevet valable est, à l'heure actuelle, un moyen certain d améliorer sa situa-tion, et quelquefois, d'en trouver une. Tous ceux qui ont une idée se doivent d'essayer d’en tirer parti. Le moment est actuellement favorable, car tous les industriels cherchent à exploiter une invention pratique et nouvelle, un article plus ou moins sensationnel qu’ils seront seuls à vendre. Ce monopole exclusif ne peut exister que grâce au brevet d’invention.
- La nécessité et l'observation sont les sources de l’invention, et il est possible de perfectionner, par conséquent d'inventer, dans tous les domaines. Chaque praticien, dans sa branche, qu’il soit ingénieur, ouvrier ou employé, peut trouver quelque chose d'intéressant et d'utile, et tenter d'en tirer profit, tout en rendant aussi service à ses semblables.
- Si donc vous avez imaginé un perfectionnement utile, trouvé un nouvel appareil, un produit original ou un procédé de fabrication, n’hésitez pas à vous en assurer immédiatement la propriété par un dépôt de brevet. Tout retard peut être préjudiciable à vos intérêts.
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- Myalgies, Rhumatismes divers, Goutte, Sciatique, Arthritisme, Artério-Sclérose,Troubles de la nutrition, Lithiase, Diminution du degré de résistance organique.
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- LA CARRIÈRE DE VÉRIFICATEUR DES POIDS ET MESURES 1
- La fonction
- Le service des Poids et Mesures a pour but d’assurer la loyauté des transactions commerciales.
- La mission peut se résumer ainsi :
- 1° Maintenir l’emploi exclusif d’un seul système de mesures : le système métrique décimal ;
- 2° Vérifier les instruments de mesure neufs, avant leur mise en vente ;
- 3° Contrôler périodiquement les instruments mesure en service chez les commerçants et industriels, et ordonner la réparation des instruments défectueux ;
- 4° Surveiller l’emploi des appareils de mesure dans le débit des marchandises et réprimer les fraudes quantitatives.
- A ce rôle, à la fois technique et répressif, s’ajoute un rôle fiscal : taxation des poids et mesures possédés par les personnes assujetties à la vérification. Le service des Poids et Mesures est aussi chargé de la surveillance des appareils susceptibles d’être employés à la frappe des monnaies, et ses agents sont compris parmi ceux qui peuvent relever les infractions aux règlements concernant la police du roulage.
- Avantages de la carrière
- Travail intéressant. — Le travail des Vérificateurs des Poids et Mesures présente un réel intérêt. L’étude des dispositifs nouveaux et souvent très ingénieux employés dans les appareils de mesure (exemple : balances et bascules automatiques, appareils de pesage continu sur transporteurs, distributeurs d’essence automatiques, etc.) est une des plus attrayantes pour un esprit curieux et amateur de mécanique. La visite des usines assujetties au contrôle du Vérificateur lui permet d’acquérir une foule de notions utiles sur les produits fabriqués, les machines employées, les procédés de fabrication, etc.
- Travail sain. —La profession réunit, dans une juste proportion, l’exercice physique et le travail de bureau pour le plus grand bien de la santé des agents.
- Déplacements en automobile. — Pour effectuer leurs tournées dans les communes rurales, les Vérificateurs ont une carte de circulation sur les chemins de fer (2e classe), mais beaucoup d’entre eux possèdent une automobile et il est question d’augmenter les indemnités actuelles pour frais de tournées, de manière à généraliser ce mode de transport. A noter que l’Administration met à la disposition des agents chargés du contrôle des distributeurs d’essence une voiture 10 ch, conduite intérieure.
- Indépendance. — Le Vérificateur des Poids et Mesures est, dans sa circonscription, un véritable Chef de Service. Jouissant d’une grande indépendance, il organise ses tournées comme il l’entend, sous la seule réserve d’en faire approuver Uitinéraire par l’Inspecteur Régional.
- Considération. — Le vérificateur jouit d’une grande considération près des industriels et commercants, d’une part, près du public, d’autre part. Pour les premiers, il est le conseiller technique qui renseigne sur la valefir et l’exactitude des instruments ; pour le second, il est le défenseur des intérêts du consommateur, l’agent qui veille au bon poids et à la bonne mesure. Le Vérificateur a d’ailleurs le sentiment d’assurer une tâche utile et il en éprouve une légitime satisfaction qui a bien son prix.
- Choix d’un poste. — L’Administration s'est efforcée jusqu’ici de donner, dans la plus large mesure, satisfaction aux agents qui demandent à être nommés dans une région de leur choix. Lorsqu’un Vérificateur se trouve dans un poste à sa convenance, il peut y passer toute sa carrière, s’il le désire, car l’avancement n’entraîne pas un changement de résidence : la classe de l’agent est attachée à la personne et non au poste oecupé.
- Congés.— Comme tous les fonctionnaires, les Vérificateurs des Poids et Mesures ont droit à trois semaines de congé par an.
- En cas de maladie, ils peuvent obtenir trois mois de congé à plein traitement et trois mois à demi-traitement.
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- Tome L
- ♦SOMMAIRE
- DÉCEMBRE 1930
- N° 234 '
- Voici, pour l’Exposition de Paris 1937, les fêtes de nuit nées de la science et de la technique : radiations lumineuses, rayonnements
- sonores..........................................................
- Féeries lumineuses sur la Seine entièrement nouvelles, illuminations grandioses de la Tour Eiffel cl des différents palais, sonorisation synchrone des effets de lumière au service de la décoration, tels sont les captivants projets que les ingénieurs, en liaison avec les architectes, ont su concevoir, grâce aux plus récents progrès réalisés dans le domaine de l'éclairage ci du son.
- La physique des ultrasons a créé les communications sous-marines.. .. Les ultrasons, qui comprennent toutes les vibrations de fréquence supérieure à celle des sons audibles, sont peu absorbés par l’eau et peuvent être aisément dirigés. Ces précieuses propriétés sont à la base de la détection des obstacles sous-marins et des communications entre submersibles en plongée.
- La physique et la chimie peuvent-elles créer de la matière vivante?.. .. I.es curieuses cristallisations " sensibles » obtenues par le savant Pfeiffer, en Suisse, confirment l’existence de forces encore inconnues qui dépassent la structure matérielle des organismes vivants. Ainsi est née une biologie nouvelle s’éloignant des théories matérialistes du siècle dernier, aujourd’hui périmées.
- Voici quelques problèmes de photographie que la science a résolus
- récemment........................................................
- Dans le domaine du cinéma (films en couleurs naturelles) comme dans celui de la photographie (utilisation de la lumière polarisée, sensitomélrie), la technique nous révèle des applications — jusqu’ici inconnues — de la physique et de la chimie.
- Comment l’étude récente des très hautes et très basses températures
- a bouleversé nos connaissances physiques..........................
- Les températures de plus de 3 0000 C, obtenues dans les fours électriques à haute fréquence et A rayons cathodiques, permettent maintenant d’effectuer des réactions chimiques dans des conditions optima considérées, il y a quelque temps encore, comme irréalisables. D’autre part, en s’approchant de quelques millièmes de degré du zéro absolu (—273° C), les physiciens ont pu poursuivre l’étude des propriétés nouvelles de la matière à ces très basses températures, jusqu’ici inatteintes.
- Le téléphone automatique sera un jour universel pour toutes les communications internationales et rurales..............................
- Les progrès de l’automatisme autorisent maintenant la mise en communication directe d’abonnés de réseaux différents. Les groupements de réseaux déjà réalisés, notamment en Allemagne, en Italie, et envisagés en France, constituent une étape décisive vers l’universalité et la permanence du téléphone qui sera alors vraiment l’agent de liaison intégrale A travers l’espace.
- Un procédé de cinéma en relief sans lunettes........................
- L’emploi de grilles situées devant l’écran permet de donner au spectateur la vision stéréoscopique, et de conjuguer le relief ainsi obtenu avec la couleur et le son.
- Quand les ingénieurs russes font progresser la technique............
- Sikorsky et Maltlionine dans le domaine de l’aéronautique, Your-kevitch dans celui de l’hydrodynamisme, Zworykin pour la télévision, Kapitza dans l'étude de la physique moléculaire, ont apporté à la science et à la technique des conceptions fécondes et des réalisations inédites dont bénéficie le progrès universel.
- Notre poste d’écoute................................................
- Comment a évolué l’alimentation de la population française en cinquante ans.......................-..................................
- Les livres qu’il faut méditer : l’aviation de bombardement..........
- Un milliard pour l’aménagement de « Triborough Bridge » (E.-U.). ..
- Le moteur à combustion va ressusciter le torpilleur.................
- A travers notre courrier............................................
- Conseils aux sans-filistes..........................................
- Les « A côté» de la science, p. 511; Chez les éditeurs..............
- Charles Brachet........... 429
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- Jean Labadié............. 443
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- Voici le bateau-studio de l’Exposition de 1937, animateur des futurs ballets de la lumière sur la Seine. Us exigent une précision calculée a la seconde, aussi bien pour les dispositifs de jets d’eau lumineux que pour l’orcbestration qui les accompagne. Tous les organes de télécommande seront centralisés sur ce bateau-studio, aussi bien pour faire varier la puissance des jets d’eau que pour moduler les jeux de lumière colorée. Sur la couverture de ce numéro figure précisément le « tableau » de cet organisme central, véritable cerveau électromécanique qui coordonne et conjugue les différentes manifestations lumineuses et sonores.(Voir p. 429).
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- Par Charles BRACHET
- La lumière est par excellence Vanimatrice des arts plastiques. C'est pour cette raison qu'elle a joué un rôle sans cesse croissant dans les grandes manifestations du XXe siècle, au fur et à mesure que la technique de l'éclairage progressait avec autant d'originalité que de rapidité. L'Exposition des Arts Décoratifs de 1925 a marqué, à ce point de vue, une étape; puis, pour ne citer que la France, ce fut l'Exposition Coloniale où déjà les jeux d'eau et de lum ière apparurent comme des chefs-d'œuvre de l'invention créatrice. Simultanément, en Europe comme en Amérique, les expositions successives se lançaient à l'assaut de la lumière dans ses applications les plus audacieuses. D'étape en étape, voici l'Exposition de 1937, à Paris, qui a su mettre à profit les nouveaux et sensationnels progrès réalisés dans l'asservissement de cette lumière pour le plaisir de nos yeux. C'est à l'art de l'ingénieur que l'on doit ces magnifiques réalisations appliquées à l'art tout court. Les différentes sources de lumière qui sont apparues au cours du siècle ont facilité la résolution des problèmes jwsés, grâce à l'incandescence (1), la luminescence (2), sans omettre des lampes, encore plus nouvelles, à vapeur de mercure (3) à haute pression, qui sont plus brillantes même qu'une parcelle de matière incandescente empruntée au soleil. Quel choix de moyens le technicien a mis ainsi au service de l'artiste! L'éclairagiste et le pyrotechnicien ont, à ce point de vue, fait merveille. Les visiteurs de 1937 s'en rendront compte prochainement en contemplant les féeries lumineuses sur la Seine, véritable plateau pour spectacles gigantesques, ainsi que la Tour Eiffel, sorte de cathédrale de la lumière et centre de sonorisation de tout cet ensemble. Mais La Science et la Vie a tenu à disséquer — avant la lettre — cet organisme géant pour montrer quel rôle joue chacun des organes sous l'angle scientifique et technique de la conception.
- Dans cette Exposition consacrée aux arts et aux techniques, il convient que la lumière règne en souveraine. La lumière est l’animatrice des arts plastiques en même temps qu’elle exprime, au
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 223, page 5.
- (2) Voir La Science et la Vie, n° 141, page 447.
- (3) Voir La Science et la Vie, n° 223 page 20.
- suprême degré, le progrès industriel de l’électricité et qu’elle représente la quintessence de l’énergie rayonnante de la « radio », avec les embranchements luxuriants que comporte désormais ce mot prestigieux : Maître Jacques des ondes.
- Si l’architecture est faite, depuis qu’elle existe, pour la grande lumière du jour, les
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- puissants moyens dont disposent nos i n g é il i e il r s é e 1 a i r a g i s t e s leur permettent de ranimer, la nuit, tous les grands monuments sans ex-eeption et d’en rénover pour ainsi dire le style, la valeur esthétique, la signi fication soeiale même.
- Illuminée de projecteurs invisibles, la place de la Concorde devient une illustration de l'architecture française dont Gabriel n’aurait osé rêver. Modelé par les rayons et les ombres de l’éclairage artificiel, l’Arc de Triomphe prend un aspect entièrement neuf; jaillie du sol, la lumière reprend les lignes classiques du monument comme un cadre idéalisé de l’œuvre de Chalgrin et de Rude. Il n’est pas un édifice auquel l’éclairage moderne ne puisse refaire une beauté — comme l’art du maquillage transforme et embellit n’importe quel visage humain. Ce premier aspect du pouvoir magique de la lumière sera largement mis à contribution
- dans l’illumination nocturne p e r m a n e n 1 e des palais de l’Exposition. Avec le couronnement de l’architecture aux allures de propylées que les architectes Carlu, Boileau et Azéma ont su donner aux restes du vieux Trocadéro démembré, avec ses cascades lumineuses et son escalie r d’eau, la colline de Chaillot illuminée de nuit sera, pour l’architecture française moderne, un digne pendant de la classique place de la Concorde.
- A ce premier aspect, permanent, de la féerie lumineuse, l’Exposition qui se prépare en ajoutera un second, dont le spectacle mouvant prendra la Tour Eiffel comme support. A peu près cinquantenaire en 1937, la Tour Eiffel aura son apothéose en tant que pilier des plus beaux feux d’artifice qu’on aura jamais vus ; puis comme portant d’un décor de lumières obtenues par les procédés les plus récents, depuis la gamme des tubes à vide Georges Claude
- FIG. 1. - VUK GÉNÉRAI,K BU PALAIS DU TROCADÉRO,
- TEL QU’lL APPARAITRA APRÈS LES TRAVAUX DE TRANSFORMATION, ET DU BASSIN DE LA GRANDE FONTAINE LUMINEUSE DANS L’AXE DU PONT D’iÉNA
- CHAMBRE DU
- TREMPLIN DE PROJECTION
- FIG. 2. —LE MOTIF PRINCIPAL DE LA FONTAINE LUMINEUSE DU TROCADÉRO SERA, ENCADRÉE PAR DES .JETS VERTICAUX LATÉRAUX, UNE QUADRUPLE NAPPE PARABOLIQUE, DE ü() M DE PORTÉE, ÉCLAIRÉE PAR DES PROJECTEURS ENCASTRÉS DANS LE SOCLE DES CAISSONS DE LANCEMENT
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- jusqu’aux projecteurs munis de ees lampes Bol, dont chacune est plus brillante qu’une parcelle de matière réellement empruntée au soleil ; et, finalement, la Tour servira comme phare sonore, dispensateur, sur des zones scientifiquement établies, avec une intensité mathématiquement dosée, d’une musique « céleste » que nul ne saurait décrier, à l’avance, sans l’avoir entendue — puisque, aussi bien, les premières expériences ont emporté l’assentiment de nos compositeurs d’avant-garde.
- Un troisième aspect de la fête des lumières nous sera présenté entre la Tour et la colline aux palais, sur le plan d’eau du fleuve : là, se dérou-
- FIG. 8 K T 4. - li ÉCEM MKXT ONT EU LIEU DES ESSAIS n'iLLUMINATION DK DA TOUR EIFFEL EN VUE DES FÊTES DE LA LUMIÈRE I)E i/EXPOSlTION DE 1987. VOICI DEUX ASPECTS DE CES ILLUMINATIONS : CI-DESSUS, AVEC DES PROJECTEURS SEULS; CI-CONTRE, AVEC DES FUSÉES PYROTECHNIQUES TIRÉES EN GERBES DE DIFFÉRENTS POINTS DE LA CHARPENTE DE LA TOUR
- à la seconde, qui reliera les mouvements de l’eau et les variations colorées de la lumière à ceux de la musique. En sorte que, pour la première fois, la féerie de 1987 doit exaucer pleinement le vœu du poète :
- Les formes, les couleurs et les sons se ré-
- [pondent.
- leront des ballets féeriques dont les chassés-croisés s’effectueront entre des jets d’eau gigantesques et des faisceaux lumineux aux mille nuances, dans un décor dont les lignes ne seront autres que des tubes luminescents à gaz raréfiés.
- Et la fête tout entière se déroulera en mesure, orchestrée dans un synchronisme étudié
- L’œuvre d’un architecte de la lumière, M. Expert, dans les éclairages de la rive droite de la Seine
- Le palais principal, en hémicycle, et ses étages de jardins seront des écrans incomparables pour exercer l’art d’éclairagiste en plein air. Une immense surface cylindrique
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- coupée de lignes verticales, interrompue en son centre par une échappée dans le ciel, voilà de quoi dresser la plus belle toile de tond. De cet hémicycle aérien descendront les cascades lumineuses dont la gerbe principale comportera quatre nappes lancées à 45°, et dont les jets paraboliques, de 50 m de portée, tomberont dans un bassin rectangulaire principal bordé de jets verticaux et d’escaliers d’eau. Les gerbes paraboliques seront accompagnées de faisceaux lumineux fournis par de puissants projecteurs encastrés dans le socle même des canons hydrauliques. Ainsi la lumière et l’eau s’accompagneront dans leur ruissellement jusqu’au bas de la colline où la féerie lumineuse se continuera par l’éclai-reinent des allées du Cours-la-Reine. Ici, par le jeu de couleurs savamment étudiées, le vert des arbres sera mis en valeur par des projecteurs verticaux, bit l’allée de lumière conduira ainsi au Grand Palais, dont i\I. Expert aurait voulu masquer les bas-reliefs par de vastes surfaces planes pour conserver le style de son œuvre de clarté.
- C’est donc par un contraste triomphal que l'architecture de la lumière s’imposera dans les installations fixes de la rive droite.
- La Tour Eiffel, cathédrale de lumière
- La rive gauche, par contre, sera consacrée aux jeux de la lumière mouvante avec, nous l’avons dit, la Tour Eiffel comme support.
- Tout le parti que l’on pouvait tirer dans ce sens du monument qui maintient aussi solidement son titre de « clou » dans toutes les expositions qui se succèdent, l’architecte André Granet l’a parfaitement compris. Et si la féerie verticale de la Tour n’atteint pas tout ce qu’il serait possible de réaliser, soyez assurés que le seul empêchement en sera l’exiguïté des crédits alloués.
- Mieux qu’en 1889, mieux qu’en 1900, la Tour Eiffel figure, cette fois, le nombril de l’Exposition. Elle est située dans son grand axe ; elle est comme le foyer central autour duquel s’organise le spectacle. Elle sera donc tour à tour une gerbe de pyrotechnie et une
- cathédrale de lumière, du sommet de laquelle une voix musicale et surhumaine se modèlera sur le ruissellement lumineux, exacte ment comme la lumière et fonde liquide des fontaines. L’eau, même, n’avait pas été écartée des projets primitifs : elle devait empanacher la Tour suivant des jets pulvérisés qui eussent réalisé, pour la première fois, une sorte de feu d’artifice permanent — dont les gouttelettes diffuses eussent réalisé, sous les projecteurs colorés, de merveilleux arcs-en-ciel aux courbes cent fois plus variées que l’écharpe d’iris. Mais il fallut renoncer ; la dépense de pompage nécessaire pour alimenter cet arrosage en altitude excédait le budget autorisé.
- Le « feu d’artifice » sera donc organisé non pas à la lumière froide, mais avec les chaudes fusées de la pyrotechnie la plus moderne. Le maître artificier Ruggieri a inventé des procédés inédits pour lancer, de tous les étages, des fusées et des bombes d’artifice qui ne laissent aucun résidu de combustion et dont la chute lente s’organise en fonction de l’altitude des plates-formes de lancement.
- Mais le feu d’artifice ne sera, forcément, que passager, — le bouquet de la fête lumineuse quotidienne, — quelque chose comme la mousqueterie dont on salue les couleurs, dans la marine, au coucher du soleil.
- Le soleil de l’Exposition ne se couchera, d’ailleurs, que bien après minuit ; ce qui n’empêchera pas la Tour de pavoiser aux couleurs nationales avant de s’éteindre. Le feu d’artifice ne sera donc, la plupart du temps, qu’un point final — en tout cas, fugitif. La féerie permanente sera celle des projecteurs et des tubes à lumière.
- M. Granet a mis en jeu tous les moyens de la technique moderne de l’éclairage : les tubes lumineux polychromes, les lampes aux courbes « isolux » soigneusement calculées et les puissants projecteurs munis des dernières ressources de l’électrotechnique. Les maquettes et projets varient à l’infini : les transformations à vue de la Tour lumineuse feront changer, en un clin d’œil, sa structure architecturale apparente.
- FIG. 5. - LES TROIS ZONES DE L’EXPOSITION
- DESSERVIES PAR LA SONORISATION A PARTIR DES TROIS ÉTAGES DE LA TOUR EIFFEL
- l'Exposition de 1937 sera sonorisée sur un rayon de 1 000 ni, Vintensité sonore étant répartie sur les trois zones indiquées ici en grisés différents de manière « isotone » (d'intensité sonore constante).
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- Les faisceaux lumineux projetés auront des angles de diffusion variables suivant les effets désirés. Voyez, sur la photographie des essais réalisés (fig. 3 et 4), ces fins pinceaux verticaux qui gagnent et dépassent le sommet de la Tour sans perdre leur finesse. Ce résultat suppose qu’au foyer du miroir projecteur se trouve une source lumineuse extrêmement intense et, tout ensemble, concentrée à l’extrême. Ce sont les fameuses lampes Bol —- nous les avons décrites ici
- L’édifice de lumières conçu par M. Granet évoque l’un de ces phares auxquels pensèrent certains romanciers de la science en vue d’alerter, par signaux, nos voisins les habitants de la planète Mars.
- La «sonorisation» synchrone des effets de lumière
- Mais pour nous en tenir aux habitants du Champ-de-Mars et aux visiteurs de l’Exposition, ce seront des flots de musique que la
- FIG. 6.--VOICI UNE PHOTOGRAPHIE DES ESSAIS EFFECTUÉS A VIH Y- CI I ATI LI.O N POUR I.A
- MISE AU POINT DES FONTAINES DUM1NEUSES ET DES CHATEAUX D'EAU QUI SERONT UTILISÉS SUR DA SEINE, DORS DE DA RÉADISATION DES FETES DE DA DUMIÈHE DE D’EXPOSITION DE 1937
- même (1) — qui fournissent ce faisceau.
- Sept cents projecteurs de cette espèce -— et d’autres — seront disposés sur les armatures de la Tour Eiffel.
- D’autre part, 8 km de tubes luminescents dessineront sur ses flancs les motifs les plus variés.
- Des projecteurs dirigeant leurs faisceaux intérieurs dans l’axe des piliers créeront de curieux effets d’ombre. Même illuminée, la Tour se profilera, à certains instants, telle qu’Eiffel la dessina sur ses épures. Et les quatre arches de sa base formeront des arcs de lumière qui illumineront pratiquement la plus grande partie de l’Exposition -— rive gauche.
- (1) Voir ha Science cl la Vie, n° 223, page 20,
- Tour déversera sur leur foule —- en plus de la lumière nocturne.
- Quarante haut-parleurs seront disposés aux divers étages de la Tour, dont l’intensité couvrira le périmètre qu’indique notre schéma ci-joint (fig. 5).
- Le problème qui se posait (et les essais ont démontré l’exactitude de la solution) dépassait toutefois de beaucoup la simple question de l’intensité sonore. On sait que toute voix « céleste » se diffuse très bien, lancée de haut : le gouvernement de l’U. R. S. S. n’utilisait-il pas son avion géant, le Maxime-Gorki, pour haranguer les foules au moyen d’un haut-parleur ultra-puissant. Mais il s’agit de musique, à l’Exposition, non de meeting politique. La diffusion sonore
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- Immersion
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- FIG. 7. - LES DIFFÉRENTES POSITIONS DES « TORPILLES »
- UTILISÉES POUR LES JEUX D’EAU SUR LA SEINE A gauche, les torpilles immergées ; au centre, les torpilles en action à différentes intensités de fonctionnement, sous des figures différentes ; à droite, les appareils en réparation.
- (levait être vaste, mais nuancée. Et c’est pourquoi tant de haut-parleurs ont été nécessaires, chacun étant orienté et réglé en intensité d’après l’altitude de sa position et la zone terrestre qu’il doit desservir.
- En somme, M. Granet et ses collaborateurs ont traité le problème de la diffusion sonore uniforme sur de larges surfaces à partir d’émetteurs situés en altitude, exactement comme les ingénieurs éclairagistes traitent la diffusion uniforme de la lumière autour d’un lampadaire.
- Le résultat se concrétise, pour les éclairagistes, par des courbes « isolux » (d’égale intensité lumineuse). La Tour Eiffel dispensera donc sa musique céleste par courbes « isotones » dont le plan ci-joint marque le tracé sur le terrain — au moins dans ses trois zones principales. Ce sera un effet bien nouveau que le chant d’une Tour Eiffel illuminée, dont les jeux de lumière seront synchrones des jeux de la musique.
- La fête de la lumière sur la Seine : le fleuve, théâtre mouvant
- Entre l’éclairage statique proprement architectural de la rive droite et la lumière explosive de la Tour, il y avait place, sur le plan d’eau de la Seine, pour une féerie plus nuancée, pour un spectacle où la lumière jouerait son rôle artistique suivant une mise en scène qui lui serait propre.
- Un tel projet comportait, avant tout, l’agencement d’une scène spécialement étudiée à l’intention de ce nouvel art : l’exécution de scénarios à base de lumière.
- Et puis il fallut inventer les scénarios. Et puis les mettre en musique. Le ballet de la lumière se trouvait ainsi créé, aussi neuf dans sa conception que le ballet russe quand Serge de Diaghilew nous le révéla,
- Le Diaghilew du ballet de la lumière sera-t-il M. Eugène Beau-douin, le jeune architecte Grand Prix de Rome, qui a fait accepter ses vues par la direction générale de l’Exposition ? L’avenir le dira. Dès à présent, son effort créateur apparaît indéniable.
- MM. Beaudouin, Lods et leurs collaborateurs ont dû, d’abord, concevoir et réaliser la « scène » de leur spectacle. Le fleuve est un plateau merveilleux qui, la nuit, amplifie les décors, par le simple reflet, au delà de tout ce qu’aucune machinerie pourrait réaliser. Mais le plateau-miroir du fleuve a l’inconvénient majeur d’être mouvant. Comment l’utiliser ?
- Lui imposer des pontons flottants, telles les « galères » que Caligula ancrait sur le lac Némi pour ses festivités, ou, encore, les péniches beaucoup plus modestes que Paul Poiret amarra aux berges de l’Exposition des Arts décoratifs? Certes, MM. Beaudouin et Lods ne dédaignent pas les pontons — pour loger les haut-parleurs, les appareils fumigènes, les mortiers lanceurs de fusées ; il y aura deux gros pontons spécialisés dans ces fonctions et dix plus petits, chargés de rô'es divers. Il y aura aussi peut-être un plateau flottant pouvant supporter une importante figuration humaine. Mais ces « grosses unités » de l’escadre féerique ne sont pas la nouveauté attendue et apportée par la lumière à l’Exposition.
- La nouveauté, c’est l’animation directe du plan d’eau fort ingénieusement réalisée par des intermédiaires immergés entre deux eaux et soufflant au commandement — c’est-à-dire par télécommande — leurs bouffées géantes de lumière et d’eau, tantôt fusant en jets de cristal et tantôt se vaporisant en panaches. Ces tritons artificiels ont reçu pour travailler le nom de « torpilles ». En fait de torpillage, le seul à craindre serait non tant celui des remorqueurs et des péniches, dont l’Exposition ne doit à aucun prix interrompre le trafic, que le propre naufrage de ces « torpilles » par le choc de cette marine
- FIG. 8.-LF, BATEAU-STUDIO QUI SERA LE QUARTIER GÉNÉ-
- RAI, D13S FÉERIES LUMINEUSES ORGANISÉES SUR LA SEINE
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- pacifique, au cas où on ne saurait pas l’éviter, ce choc. La grande difficulté, aujourd’hui surmontée, était d’éclipser ces torpilles, une fois close la féerie, afin de laisser la voie au commerce.
- On a essayé bien des procédés. Finalement, on a compris que ces ludions géants étant destinés à lancer de l’eau sous pression, par les groupes électromotopompes contenus dans leurs flancs, le meilleur moyen de les éclipser était de les laisser couler automati-
- et son cortège, par exemple), sillonneront le décor de jets d’eau, de vapeurs colorées, de lumières de toutes sortes.
- Les torpilles lanceront, ensemble, des jets liquides d’un débit total de 5 000 litres par seconde. On étudie présentement le moyen de les « liaisonner » par groupes, « d’une façon semi-rigide, afin de réaliser, quand la partition l’exigera, des figures géométriques d’implantation stable. Par des tubes d’accouplement facilement amovibles, ce
- ~ ~~â_______PostMjo d'observation
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- Hautparleurs sur la berge 'O Postes'^'o d’observatio
- LEGENDE Force L ami ère Son
- Transmission ordres______
- FIG. 9. -- DÉTAILS DU TABLEAU DE COMMANDE SITUÉ A BORD DU BATEAU-STUDIO
- Le speaker-radio, le compositeur et. le machiniste sont groupés autour du poste de commandement, qui transmet directement les ordres au tableau qui fait immerger ou émerger les torpilles ; qui parle aux acteurs du plateau et aux mécaniciens des fontaines indépendantes ainsi qu'aux batteries porte - artifices. (Ce profet initial sera vraisemblablement écourté, faute des crédits nécessaires pour le réaliser.)
- quement par le seul effet de la chute de la pression hydraulique à la fin du spectacle. Le système consiste à soumettre un water-ballast à la compression et à la dépression hydraulique. Mais, l’air doit entrer en volume proportionnel à la pression — juste à l’inverse de la loi de Mariotte — si l’on veut que la flottaison soit simultanée avec le jet d’eau. Ce problème a donné lieu à des réalisations intéressantes sur lesquelles nous reviendrons dans quelques mois, lorsque seront terminées les mises au point de ce matériel si original.
- La mobilité étant le maître mot des conceptions de M. Beaudouin, nous ne sommes pas étonnés d’apprendre que de petits « horsdiords » très rapides, emportant des personnages de la féerie (le Prince Charmant
- dispositif sera aisément réalisé », estiment MM. Beaudouin et Lods.
- Les plus petites torpilles (5 ch) produiront chacune une « fontaine » de l’importance des gerbes d’eau situées au rond-point des Champs-Elysées.
- Le « bateau-studio » de commande
- Chaque groupe motopompe et son installation d’éclairage contenus dans une torpille forme un ensemble complet et indépendant. A tout instant, un tableau général devra pouvoir commander l'intensité lumineuse et hydraulique de chaque groupe.
- Un bateau-studio contiendra ce tableau de commande, en même temps que le poste central d’organisation dont les ordres s’adressent aux machines et aux acteurs.
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- Les ordres à transmettre peuvent s’énumérer ainsi :
- 1° Mise en flottaison et fonctionnement en débit réduit ;
- 2° Inversement, rappel sur le corps-mort et encliquetage automatique en position de repos au fond de la rivière ;
- 3° Commande d’un ou plusieurs dispositifs d’ajutages pour obtenir la variété des effets d’eaux ;
- 4° Commande de la puissance de ces différents jeux ;
- 5° Commande de l’éclairage en intensité ;
- 6° Commande de l’éclairage en couleurs.
- Na tu rel lement, chacun de ees ordres doit pouvoir s’adresser à volonté à un élément quelconque ou affecter un groupe préalablement déterminé, afin d’obtenir l’exécution synchronisée d’ordres d’ensemble.
- Le bateau - studio, mobile puisqu’il sera le cerveau d’une fête par excellence de la mobilité, groupera sous une seule autorité tous les éléments d’exécution : il hébergera l’orchestre, les chanteurs, le speaker et le «tourne-disques»
- — car presque toute la musique destinée aux ballets de la lumière sera enregistrée, à l’avance, sur disques. L’ingénieur du sou contrôlera à tout instant, de sa cabine, l’effet produit, ainsi du reste, que le compositeur qui surveillera a:nsi en personne l’exécution de la partition musicale qu'il aura écrite spécia'ement à cette intention. A la seconde près, les comparses préposés aux buffets d’eau fixes, comme aux décors fixes de la rive, seront alertés pour l’exécution qui leur revient.
- Un exemple de scénario
- Un programme très complet a été élaboré pour remplir le temps qui s’écoulera du
- 1er mai au 31 octobre 1937. U y aura quatre sortes de fêtes : a) Celle des Fontaines lumineuses flottantes ou fixes ; b) Celle des Grandes Eaux ; c) Les Grandes Fêtes proprement dites ; d) Les Galas. On compte cent soixante fêtes.
- Les partitions musicales ont été écrites par Honnegger, Darius Milhaud, Florent Schmidt, Jacques Ibert, etc. Ces noms garantissent la qualité musicale du spectacle.
- Les « thèmes » développés par ees partitions musicales, lumineuses et hydrauliques, synchronisées, sont très variés : les Mille et une Nuits, la Mythologie, le Burlesque et le Fantastique, la Chanson, la Danse, les Saisons, la Musique, les Colonies, la Lumière, la Fête nationale, etc...
- Nous avons vu, sur les bords de la Seine, à Viry-Châtillon, une répétition générale — partielle d’ailleurs — du conte de la Belle au bois dormant. Le « château » enchanté était représenté par l’usine des bords du fleuve, dont l’architecture était soulignée de tubes colorés. Schématique et irréel, dans la nuit, ee château s’enlevait sur des gerbes d’eau vertes — la forêt. Et le Prince Charmant arrivait en un cortège marin dont l’éclaboussement lumineux retentissait progressivement sur l’éveil de la forêt, du château, de la Belle enfin... C’était le conte de fées réalisé féeriquement.
- Et j’ai sous les yeux un scénario, développé en une dizaine de feuillets, qui débute ainsi : « L’action se déroule entre le pont de Passy et le pont de l’Alma... » C’est le gala inaugural de la Lumière... La naissance d’un monde... Du monde selon la Genèse suivant le thème, mais aussi d’un art entièrement neuf, et entièrement dû à la technique et à la science les plus modernes.
- CHAUI.ES BkACHET.
- Horloge
- électrique
- Ressort de tension
- Enrouleur de partition
- Force
- Lumière
- Couleur
- Artifices
- -------û----
- Enrouleur
- manuel
- Retourî Tableau relais
- O ® O
- O O O O
- O O O O
- Commandes
- manuelles
- Ordres'"*'' ^
- téléphonés Effet spectaculai
- KIG. 10. -- I.E GRAPHIQUE MOHII.E ORDON-
- NANT, DANS I.K TEMPS, LES OPÉRATIONS SUCCESSIVES EXIGÉES PAR LE SCÉNARIO DE LA EETE DE LA LUMIERE
- La force (intensité des effets), la lumière, la couleur et les artifices sont réglés à la seconde jrrès. En se déroulant au-dessous d'une horloge, le graphique permet au machiniste de déclencher, à la seconde près, l'effet voulu avec l'intensité voulue.
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- LA PHYSIQUE DES ULTRASONS A CREE LES COMMUNICATIONS SOUS-MARINES
- Par Louis HOULLEVIGUE
- PROFESSEUR A LA FACULTÉ DES SCIENCES DE MARSEILLE
- Les fréquences dites audibles couvrent la gamme comprise entre 15 périodes par seconde environ et 10 000 ou, 15 000 cycles. Au delà s'étend le domaine illimité des ultrasons, vibrations de même nature acoustique que les sons, c'est-à-dire vibrations matérielles de milieux pondéraux et élastiques (solides, liquides ou gaz), mais qui restent sans action sur l'oreille humaine. Les procédés modernes de genèse des ultrasons utilisent la transformation d'oscillations électriques en vibrations mécaniques, réalisée grâce au quartz piézoélectrique (1). L'étude de leur propagation a permis de mettre en évidence, à côté de l'effet d'amortissement (peu accusé dans l'eau, mais cependant d'autant plus sensible que la fréquence est plus élevée), l'existence de phénomènes de cavitation, analogues à ceux observés pour les hélices propulsives des navires (2) et qui limitent l'énergie transmissible, par le rayonnement ultrasonore. La faible longueur d'onde des ultrasons dans l'eau douce ou salée (quelques centimètres) permet de les concentrer aisément en pinceaux étroits dirigés (« triplets » du professeur Langevin). C'est sous cette forme qu'ils ont reçu de nombreuses applications pratiques à la détection des obstacles sous-marins (icebergs, épaves ou navires ennemis), à l'établissement de communications entre sous-marins en plongée, et surtout au sondage — continu ou discontinu — par la méthode dite « de l'écho » (3).
- Le domaine et la genèse des ultrasons
- Tant que l’oreille a été le seul instrument capable de recueillir les vibrations sonores, leur étude était nécessairement limitée à celles qu’on nomme aujourd’hui audibles ; elles sont caractérisées par leur fréquence, qui s’étend depuis 14 ou 15 vibrations par seconde, pour les sons les plus graves, jusqu’à une limite supérieure qu’on peut fixer à 10 ou 15 ()()(), c’est-à-dire, au point de vue musical, depuis Za_3 jusqu’à las ; en fait, les sons les plus aigus sont à peine entendus par l’oreille, et la surdité naturelle causée par la vieillesse les supprime progressivement ; ainsi, l’action "de l’âge se manifeste d’une façon très différente pour nos deux sens les plus précieux : l’ouïe et la vue.
- Au-delà de ces limites de fréquence, on savait depuis longtemps que des vibrations peuvent exister ; par exemple, lorsqu’on raccourcit, progressivement la longueur d’un sifflet de Gallon, on cesse d’entendre un son, bien que l’air soit encore en vibrait) Voir La Science et la Vie, n° 145, page 17.
- (2) Voir J.a Science et la Vie, n° 227, page 383. (31 Voir La Science et la Vie, n° 185, page 377.
- tion, comme on le montre aisément à l’aide d’une flamme sensible. Plus précises encore sont les constatations qu’on peut faire avec des cylindres d’acier suspendus par des cordonnets de soie (fig. 1), qu’on met en vibration en frappant leur extrémité avec un marteau ; plus le cylindre est court, plus aigu est le son rendu ; on peut alors faire vibrer deux cylindres de longueurs peu différentes, rendant, par exemple, 20 000 et 20 500 vibrations par seconde ; excités séparément, ces deux cylindres ne rendent aucun son perceptible ; ils vibrent cependant, et la preuve en est que si on les excite simultanément, on entend le son de battement, de fréquence 500, dû à l’interférence des deux rythmes' vibratoires.
- Les ultrasons comprennent donc tout le domaine, indéfiniment étendu, des vibrations dont la fréquence est supérieure à celle des sons audibles ; mais, dans la pratique, et pour des raisons qu’on expliquera tout à l’heure, on se limite aux fréquences inférieures à 100 000 par seconde.
- Les moyens employés jadis pour produire ces ultrasons, et pour les étudier, étaient assez primitifs ; d’ailleurs, cette étude paraissait dénuée d’intérêt pratique. Ce n’est
- UN CYLIN-
- DRE d’acier court ÉMET DES ULTRASONS lorsqu’on LE FRAPPE
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- LA SCIE N CL ET LA VIE
- que lorsqu’on fut amené à les produire régulièrement, qu’on put constater que leurs propriétés étaient nettement différentes de celles des sons ordinaires, et se prêtaient à d’intéressantes applications ; nous avons déjà eu occasion de les décrire : détection des obstacles sous-marins, tels qu’icebergs, épaves ou navires ennemis, mise en communication des sous-marins en plongée, sondage continu ou discontinu par la méthode d’écho. Nous n’y reviendrons pas ici, l’objet de cette étude étant spécialement de décrire les propriétés grâce auxquelles les applications sont devenues possibles (1). Mais il faut d’abord rappeler brièvement les procédés qui ont permis d’émettre et de recevoir cette catégorie de vibrations.
- Tous les procédés modernes de genèse des ultrasons utilisent la transformation d’oscillations électriques en vibrations mécaniques ; cette transformation est réalisée couramment, dans nos récepteurs radiophoniques, par un organe dérivé du téléphone, qu’on peut réduire, schématiquement, à une membrane élastique actionnée par un électro-aimant ; mais ce dispositif, convenable pour les fréquences moyennes, présente une inertie qui en interdit l’usage pour la production des ultrasons ; il a donc fallu trouver autre chose. De plus, les oscillations électriques de haute fréquence, engendrées d’abord par des alternateurs ou par des arcs électriques chantants, le sont aujourd’hui, avec une régularité et une aisance parfaites, grâce aux lampes électroniques et aux méthodes éprouvées de la T. S. F. Pour les transformer en vibrations mécaniques, on eut d’abord recours au condensateur chantant (fig. 2) : les deux armatures de ce condensateur, reliées à une source de courant alternatif, éprouvent, du fait de leurs charges électriques opposées, des attractions périodiques qui les mettent en vibration ; il est alors possible, lorsque l’appareil est en résonance mécanique avec la fréquence utilisée, de donner à ces vibrations, sonores ou ultra-sonores, une amplitude suffisante.
- Mais ce procédé devait bientôt céder le pas au quartz piézoélectrique, dont les pré-
- (1) Nous empruntons une part importante de cet exposé à une récente conférence de M. Florisson, collaborateur de M. Langevin.
- cieuses propriétés, découvertes par Pierre et Jacques Curie, ont trouvé là une intéressante application. Sans vouloir entrer dans plus de détails, je rappelle qu’une lame de quartz, taillée dans ce cristal, suivant certaines directions privilégiées, et métallisée sur ses deux faces, éprouve une déformation lorsqu’on produit entre ces deux faces une différence de potentiel ; lorsque ces faces sont reliées à un générateur produisant périodiquement ces différences électriques, la lame exécute des vibrations de même période.
- La piézoélectricité fournit donc un moyen de transformer des oscillations électriques en des sons de telle fréquence qu’on pourra désirer ; mais, lorsqu’on applique à ce problème les formules de Curie, on constate c{iie les amplitudes vibratoires réalisables sont trop faibles ; ainsi, avec un générateur de 8 000 volts et un quartz de 10 cm, l’amplitude n’atteindra que 6,45 cent-millièmes des dimensions choisies. C’est ici qu’intervient l’ingénieuse découverte de M. Langevin, qui a permis d’accroître, dans de larges proportions, l’amplitude vibratoire. Sur les deux faces de la lame de quartz sensible, collons à la bakélite deux plaques d’acier dont l’épaisseur est choisie de telle sorte que l’ensemble soit en résonance avec les vibrations imposées au quartz ; ces vibrations, amplifiées par celles de l'acier qui les « sand-wiche », prennent alors une amplitude notable : ainsi, lorsque le générateur électrique produit des oscillations de fréquence 38,400, il suffira de doubler une lame de quartz épaisse de 5 mm avec deux lames d’acier de 30 mm pour constituer lin « triplet piézoélectrique » (fig. 3) qui, pour un même voltage, produira des amplitudes vibratoires vingt-cinq fois plus grandes que celles qu’on pourrait obtenir avec une dalle formée uniquement de quartz, et de même épaisseur totale 65 mm (1) ; quant à l’énergie vibratoire émise, comme elle est proportionnelle au carré de l’amplitude, elle est multipliée par 625.
- Le gain réalisé est donc considérable et justifie les applications du triplet piézoélectrique ; je ne puis que citer ici, en passant, l’emploi qui en est fait actuellement pour stabiliser la longueur d’onde des postes de radiodiffusion ; accouplé sur le circuit d’émission,
- (1) Qu’il serait d’ailleurs impossilil» de réaliser matériellement.
- FIG. 2. -
- UN CONDEN-
- SATEUR « CHANTANT )) Les deux armatures reliées à une source de courant alternatif entrent en vibration.
- W/ÆW/M- Æi?.r
- FIG. 3. — COUPE D’UN « TRIPI.ET )) PIÉZOÉLECTRIQUE
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- LES PRÉCIEUSES PROPRIÉTÉS DES ULTRASONS 43<)
- il joue l’oflice de régulateur, de volant, à condition, bien entendu, d’être maintenu à température rigoureusement constante.
- L’émission des ultrasons étant ainsi assurée d’une manière pratique, il s’agit de les recueillir et de les faire entrer dans le cadre, un peu étroit, de nos sensations ; puisque l’oreille est impuissante, c’est l’œil qui remplira cet office, toujours par l’intermédiaire obligeant de l’électricité. Ce résultat a été atteint par un moyen d’une élégante simplicité ; en effet, les phénomènes piézoélectriques sont réversibles, c’est-à-dire que, si on impose au quartz ou au triplet, en le plongeant dans un milieu où se propagent des ondes, le régime vibratoire auquel il est sensible, il se produira, entre ses armatures conductrices, des variations de potentiel alternatives de même fréquence, qui pourront être amplifiées par l'emploi de lampes électroniques et par les dispositifs qui ont fait leurs preuves en T. S. F. ; ainsi, les émissions seront recueillies, et même enregistrées sur une bande sensible qu’on pourra étudier à loisir.
- Si pratique que soit le procédé, il y a intérêt à le doubler, pour les études au laboratoire, par une méthode différente, fondée sur l’existence de la pression de radiation : lorsqu’une série d’ondes, électriques, lumineuses ou élastiques, vient frapper contre un obstacle, elle y détermine une pression continue proportionnelle à la puissance transportée par les ondes.
- Pour utiliser cette propriété, on emploie le « pendule absolu », représenté par la ligure 4 ; les ondes émises par la source ultrasonorc viennent frapper une palette soutenue par un fil de torsion ; la pression de radiation repousse la palette et la fait tour-
- ner, proportion nelle-meut à sa grandeur, d’un angle qu’on m e -sure par les procédés optiques ordinaires, en lisant sur une échelle graduée la déviation du spot produit par un rayon sur un miroir
- FIG. 5. - L’ABSORPTION DE
- l’amplitude vibratoire est
- BEAUCOUP PLUS RAPIDE POUR LES ULTRASONS QUE POUR LES SONS AUDIBLES
- lumineux après sa réflexion solidaire de la palette mobile.
- L’absorption des ultrasons
- On a pu étudier par ces procédés l’action des milieux intermédiaires sur la production des idtrasons ; Newton, puis Laplaee avaient soumis au calcul le mécanisme de la transmission des ondes dans un milieu parfaitement élastique, c’est-à-dire où l’énergie transportée reste en totalité vibratoire. Ils avaient établi une formule qui permet de calculer la vitesse de transmission dans de tels milieux, vitesse qui dépend à la fois de leur élasticité et de leur densité, et les résultats du calcul ont été remarquablement vérifiés par l’expérience. Voici quelques-uns des nombres ainsi obtenus pour la température de 15 degrés :
- VITESSE
- Air........
- Eau douce. Eau de mer
- Acier.......
- Quartz
- 340 m/s 1 440 — 1 500 — 5 136 5 444 —
- Pourtant, les milieux matériels ne sont jamais parfaitement élastiques ; une part de l’énergie transportée par les ondes se transforme en chaleur sous l’action du frottement intérieur, ou viscosité. Lord Rayleigh a étudié mathématiquement l’effet d’amortissement causé par la viscosité du fluide interposé et établi une formule, bien vérifiée par l’expérience, qui représente la loi de décroissance des amplitudes vibratoires pour une onde plane se propageant à travers un milieu de viscosité donnée ; fig. 4. — comment on mesure, d’une façon absolue, cette loi exponentielle, dont l’al-la densité d’énergie dk l’émis.sion vibratoire d’un lurc générale est donnée par les générateur ultrasonqre çovirbcs de la figure 5, nous
- Vers l'oscillateur électrique H.F Support
- \\
- Fil de torsion
- Echelle graduée Spot lumineux
- E absorbanter^^
- : 0.—
- -/- vibrante . Projecteur ultra-sonore^
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- tin
- apprend que l’absorption varie comme le carré de la fréquence, c’est-à-dire qu’elle sera bien plus rapide pour les ultrasons que pour les sons audibles.
- Cette première constatation est évidemment défavorable aux vibrations de haute fréquence, qui sont plus rapidement absorbées que les autres ; elle est d’ailleurs confirmée par une observation que chacun de nous a pu faire : lorsqu’on écoute les sons d’un orchestre éloigné, on constate que les notes aiguës sont supprimées ou très affaiblies ; on n’entend donc que les notes graves, dont l’ensemble produit ce qu’on nomme communément les « lion fions » de l’orchestre ; eet effet s’exagère encore bien entendu lorsqu’il s’agit des ultrasons.
- Mais poussons plus loin notre étude : l’absorption dépend encore de diverses propriétés du milieu transmetteur : sa densité, sa compressibilité, sa viscosité.
- Si bien que, comparant à ee point de vue les deux milieux les plus intéressants, à savoir l’air et l’eau, on constate entre eux des différences importantes : dans l’air, l’absorption des ultrasons est tellement rapide, qu’après un parcours de quelques mètres, ils ont pratiquement cessé d’exister. Ce résultat nous explique pourquoi ees vibrations ne sauraient être utilisées pour établir des communications entre avions et ballons ; tous les essais tentés dans cette voie ont échoué, et nous comprenons maintenant l’inanité de pareilles tentatives ; heureusement, et par compensation, les communications par T. S. F. sont aisément réalisables dans l’air.
- Dans l’eau, au contraire, et spécialement dans l’eau de mer, il ne saurait être question de recourir aux ondes électriques, (pii sont rapidement absorbées ; mais les ondes élastiques viennent heureusement les remplacer ; leur amortissement, bien que plus sensible pour les ultrasons que pour les vibrations de basse fréquence, est encore assez faible pour permettre leur emploi, tant qu’on ne considère pas des fréquences trop élevées ; les ultrasons compris entre 30 000 et 50 000 vibrations par seconde sont généralement utilisés, car leur domaine de propagation dans l’eau s’étend pratiquement jusqu’à une dizaine de kilomètres ; or, il est très exceptionnel qu’on ait à pousser plus loin ; l’emploi de ees vibrations sera donc pratique pour les sondages en mer, jusqu’à 5 km ; au delà, il sera indiqué de
- recourir à des vibrations plus lentes, ou à des ondes isolées comme celles qui sont produites par un choc ou une explosion.
- L’eau, douce ou salée, constitue donc un milieu de choix pour l’utilisation des ultrasons ; encore faut-il tenir compte d’un obstacle qui se présente lorsqu’on cherche à accroître la puissance transportée par ces ondes : la cavitation vltrasonore.
- La cavitation des ultrasons
- Tout le monde a entendu parler de la cavi-lation des hélices propulsives des navires : lorsque la vitesse de rotation dépasse une certaine limite, il se fait un vide autour de l’hélice et celle-ci, ne rencontrant plus aucune résistance, s’emballe. Jusqu’à ces derniers temps, on expliquait la cavitation par la force centrifuge qui chassait l’eau à l’extérieur. Mais la réalité est plus compliquée ; elle a été, récemment, étudiée de près en Hollande, à l’occasion de la destruction rapide des hélices employées dans les pompes centrifuges qui servent à l’as-séehement du Zuydersée ; je rappellerai en quelques mots les résultats de cette étude car ils sont en rapport étroit avec la question qui nous occupe.
- Lorsqu’une paroi rigide, par exemple une aile d’hélice, se déplace dans l’eau, il se produit une compression à l’avant et une dépression à l’arrière ; lorsque eette dépression atteint une valeur suffisante (de 0,5 atmosphère pour l’eau pure à 0,1 atmosphère pour l’eau souillée de particules solides), des bulles microscopiques, formées de vapeur d’eau et d’air dissous, se forment dans la zone dépressionnairc ; leur diamètre est souvent inférieur à 1 dix-millième de millimètre ; elles disparaissent, dès qu’elles sortent de cette zone, en un temps extrêmement court (1 millionième de seconde), et c’est leur disparition brutale qui détermine un choc de l’eau contre les ailettes, dont la surface se désagrège rapidement.
- Un phénomène analogue prend naissance dans l’eau traversée par les ultrasons, dès (pie la puissance transportée par les ondes dépasse une certaine limite, qu’on peut évaluer à 1 /3 de watt par cm2 ; la dépression du passage des ondes dilatées atteint alors une valeur telle qu’il y naît des bulles microscopiques (fig. 6) ; ees bulles disparaissent brusquement dès qu’une onde comprimée a pris la place de l’onde dilgtée, pour renaître
- FIG. 0. — REPRÉSENTATION
- SCHEMATIQUE DE T, A CAVITATION ULTIIASONORE
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- ULTRASONS
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- FIG. 7. - LA RÉALISATION
- d’un pinceau d’ultrasons
- DIRIGÉ NORMALEMENT A
- l’émetteur est rendue
- POSSIBLE GRACE A UN « TRIPLET » PIÉZOÉLECTRIQUE
- I ’ i il s t a il t d’après ; l’effet de ce phénomène est de transformer l’eau en un milieu trouble ou, si on veut, d’accroître la viscosité à tel point que la transmission élastique des ondes y devient impossible. La cavi-
- tation limite
- donc l’énergie transmissible par les ultrasons ; heureusement,, cette limite est assez élevée pour ne pas mettre obstacle aux applications que tout le monde connaît, et qui ont déjà été décrites dans cette revue (1) ; elles sont favorisées par une propriété nouvelle, qu’il nous reste maintenant à exposer.
- La direction des ondes ultrasonores
- Qu’il s’agisse d’ondes électriques, lumineuses ou sonores, l’émission se fait normalement par ondes concentriques qui embrassent tout l’espace autour de la source ; la production d’un pinceau dirigé n’est réalisable que si la source rayonnante a des dimensions notablement plus étendues que la longueur d’onde de ces radiations ; c’est ainsi que la lumière d’une lampe sera dirigée par réflexion sur un miroir ou réfraction à travers une lentille dont la surface joue le rôle d’une source secondaire comprenant un grand nombre de longueurs d’onde, et que les radiations électriques peuvent être dirigées par un réseau d’antennes jouant un rôle analogue.
- Les ultrasons obéissent aux mêmes conditions ; pour en mieux juger, indiquons quelques valeurs de la longueur d’onde, qu’on désigne par la lettre grecque / :
- , Fréquence À dans l’air À dans l’eau de mer
- % %
- 1 000 34 150
- 10 000 3,4 15
- 20 000 1,7 7,5
- 50 000 0,7 3
- On voit que, dans l’eau, le seul milieu élastique qui nous intéresse, la longueur d’onde est de l’ordre du mètre pour les sons audibles, tandis qu’elle s’abaisse à quelques (1) Voir Lu Science et ht Vie, n° 185, puge .‘577.
- centimètres pour les sons de haute fréquence. Kt c’est une raison nouvelle qui justifie l'emploi des ultrasons; en effet, la source d’émission doit avoir, pour donner des ondes dirigées, des dimensions linéaires au moins égales à 5 ou (i longueurs d’onde, ce qui conduirait, avec les sons musicaux, à lui donner plusieurs mètres de diamètre, condition irréalisable avec un appareil fonctionnant dans l’eau ; au contraire, quelques centimètres sul-firont si on utilise des ultrasons dont la fréquence soit comprise entre 30 000 et 50 000.
- Précisément, le triplet piézoélectrique permet de réaliser aisément ces conditions ; ou peut s’en rendre compte par un raisonnement analogue à celui qu’on emploie en optique pour expliquer les propriétés sélectives des réseaux de diffraction : supposons que le triplet AM (lig. 7) émette, parallèlement à son plan, des vibrations de longueur d’onde À et considérons ce qui se passe dans une direction faisant un angle a avec sa normale ; si nous décomposons la surface AM en un certain nombre d’éléments AB, BC, CD..., il pourra arriver que les vibrations envoyées dans la direction x par deux éléments contigus aient, l’une par rapport à l’autre, un retard, ou différence de marche, égal à À/2 ; elles seront donc en opposition, c’est-à-dire animées à chaque instant de vitesses égales et contraires ; par suite, elles se détruiront deux à deux par interférence, et aucun mouvement ne se propagera dans la direction x ; au contraire, suivant la normale N (c’est-à-dire lorsque x est nul), tous les mouvements vibratoires sont nécessairement « en phase » et s’ajoutent en produisant un maximum d’intensité vibratoire dans cette direction.
- Ce raisonnement sommaire peut être précisé par l’analyse mathématique ; on trouve alors que les amplitudes vibratoires varient avec l’inclinaison x comme le représente la ligure 8 ; elles présentent donc, au voisinage de la normale, un ma x i m u ni très accusé, qu’accompagne il t des maxima se-condaires rapidement décroissants ; en fait, l’émission est localisée
- FIG. 8. - COMMENT VARIE
- l’amplitude vibratoire
- AVEC L’INCLINAI SON SUR LA NORMALE A UN « TRI PI,ET )) PIÉZOÉLECTRIQUE
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- dans un cône dont l’ouverture p est proportionnelle à la longueur d’onde X et en raison inverse du diamètre AM de la plaque vibrante.
- Le calcul permet même de prévoir la valeur de cette ouverture p ; si, par exemple, on émet, dans l’eau de mer, un ultrason de fréquence 30 000 au moyen d’un triplet piézoélectrique de 24 cm, on trouve que l’angle p est égal à 14° (1) ; on peut obtenir un pinceau encore plus concentré en employant,
- (1) Cette même formule, appliquée à l’air, nous apprend (pie pour obtenir, dans ce fluide, un pinceau dirigé de sons musicaux, le diamètre de la source sonore devrait atteindre, au minimum, 4 m : ce résultat nous permet d’apprécier l’imperfection des porte-voix, dont le cornet, de diamètre vingt fois moindre, ne saurait assurer une véritable eoncentrationiles ondes.
- soit un triplet plus large (ce qui est pra-ti cj u cm eut assez difficile), soit des vibrations plus rapides ; la figure 9 montre la concentration obtenue dans une des expériences de M. Lange vin, mesurée à l’aide du pendule décrit plus haut.
- Il suffit donc de faire varier l’orientation du triplet pour balayer l’espace sous-marin avec un pinceau d’ultrasons, comme on balaie l’atmosphère avec le faisceau lumineux d’un projecteur ; on peut dire par conséquent que les ultrasons jouent dans l’eau le même rôle que la lumière dans l’air ; ainsi s’expliquent et se justifient les nombreuses et intéressantes applications qui en ont été faites.
- L. IIolllevigue.
- FIG. 9. - COURBE POLAIRE D’ÉMISSION ü’UN
- PROJECTEUR «LANGEVIN»POUR ULTRASONS MONTRANT LA CONCENTRATION DU RAYONNEMENT DANS UNE DIRECTION NORMALE A L’ÉMETTEUR
- En France, 6 millions d’exploitants cultivent 50 millions d’hectares pour une population qui atteint à peine 42 millions d’habitants. Notre agriculture doit donc être protégée par une politique douanière et des contingents qui ne contrarient pas la politique de revalorisation des produits de la terre, actuellement poursuivie par le gouvernement. Or, à ce propos, il y a lieu de rappeler que si le Canada vend à la France 5 fois plus qu’elle ne lui achète, les Etats-Unis 4 fois, l’U. R. S. S. 3 fois et l’Allemagne 3 fois, cette politique doit aboutir à des accords commerciaux qui ne lèsent plus l’agriculture nationale au profit de certaines de nos industries dites « exportatrices ». Il ne faut pas, en effet, que le paysan français, victime d’une telle politique commerciale, se voie concurrencé par certains produits en provenance de pays étrangers où, notamment, les terres sont plus neuves et la main-d’œuvre moins chère que la nôtre (3 à 4 fois !). Une paysannerie prospère détermine une industrie prospère et contribue, par suite, au développement du commerce intérieur. On a proclamé ces derniers temps que notre effort pour revaloriser les produits agricoles avait déjà abouti à des résultats tangibles qui, pour certains d’entre eux, atteignent une proportion de 100 % par rapport aux prix de l’an dernier. C’est déjà un résultat encourageant. D’autre part, le financement de la récolte par la Banque de France contribue à libérer le cultivateur de l’emprise des Banques ; on a vanté enfin les bienfaits de l'Office du Blé (bienfaits qui ne sont pas, au cours actuel, aussi considérables qu’on veut bien le dire, par suite des frais de coopérative, de stockage, évalués à près de 15 % à défalquer du prix de vente officiel). On laisse entrevoir encore la création d’un Office des Engrais qui contribuerait à affranchir le producteur des prix (souvent exagérés) imposés à l’agriculture par une industrie centralisée qui constitue un véritable monopole de fait. Mais tout cela ne rimerait à rien si, demain, le cultivateur français était sacrifié à une politique — à courte vue — d’échanges commerciaux consécutive à la dévaluation monétaire qui aurait seulement pour objet de ranimer nos exportations industrielles.
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- LA PHYSIQUE ET LA CHIMIE PEUVENT-ELLES CRÉER DE LA MATIÈRE VIVANTE ?
- Par Jean LABADIE
- Le phénomène purement physique de la croissance d'un cristal, qui « naît » d'un «germe » (parcelle cristallisée) et se « nourrit » de la solution sursaturée ambiante, peut être pris comme type de «fausse analogie » entre une réaction pltysico-chimique qui ressortit au domaine de la matière et un processus (choisi même parmi les plus simples) lié aux manifestations de la vie. L'expérience classique et déjà ancienne de l'arbre de Saturne, les pseudo-végétations de Stéphane Leduc (1906), les précipités filamenteux de Ralph-S. Lillie (1917) peuvent prétendre tout au plus à reproduire et à expliquer, dans une certaine mesure, le mécanisme suivant lequel s'opèrent certains échanges physiologiques entre les tissus vivants et le milieu extérieur. Ces réactions soumises aux seules lois de l'équilibre chimique laissent entier le problème du « vitalisme » et du caractère spécifique attaché aux phénomènes vitaux. Un « guide invisible » était déjà réclamé par Claude Bernard pour présider à. l'organisation de la matière -— dans le cadre des lois générales physico-chimiques — lors de la création et de l'évolution des « formes » lavantes. Les expériences toutes récentes de M. Pfeiffer, au laboratoire biologique du Gwtheamwn Dorvach (Suisse), ont mis en évidence cette action organisatrice du facteur vie. Il s'agit de la cristallisation de sels minéraux sensibilisés par des doses infinitésimales de matière vivante (extraits de feuilles, de racines, de graines, sang, etc.). L'ordonnance frappante des cristaux ainsi obtenus confirme l'existence de forces encore inconnues, qui dépassent la structure purement matérielle des organismes vivants. Ainsi, la biologie nouvelle, telle que la développe, avek Spemann (Prix Nobel) et Bounoure (professeur à la Faculté des Sciences de Strasbourg), une pléiade de chercheurs audacieux, tend de plus en plus à s'éloigner aujourd'hui des théories purement matérialistes du siècle dernier pour se rapprocher des conceptions vitalistes qu'ont défendues, sous des appellations différentes, des savants tels que le DT Carrel de l'Institut Rockfeller aux Etats- Unis, et des philosophes comme le génial allemand Goethe et Bergson, du Collège de France.
- Certain jour de 1905, les journaux lancèrent, en titres explosifs, une nouvelle qui nous troubla profondément, tous les jeunes q.ui étions déjà passionnés de science : un physicien, Stéphane Leduc, avait artificiellement reconstitué le mécanisme de la végétation. Et l’on nous présentait, dans une longue éprouvettte, un « organisme » artificiel qui ressemblait, à s’y méprendre, à certaine plante aquatique, Antennularia ramosa, « hydro/.oaire » bien connu. C’était, en commençant'par le bas, une gerbe de tiges minces comme de la paille de riz, qui se divisaient en branches vers le milieu de l’éprouvette — et les branches, à leur tour, se subdivisaient en fines brindilles. L’ensemble était souple et se balançait au sein du liquide, comme pour narguer les biologistes « vitalistes », ceux qui prétendent que la « vie » commande à « l’organisation » de la matière vivante et que, par conséquent, jamais aucun laboratoire ne pourra reconstituer aucun organisme vivant dans un milieu purement « physico-chi-
- mique », à moins de « l’ensemencer » d’un germe. Pasteur avait depuis longtemps démontré l’inanité de la « génération spontanée » en ce qui concerne les microbes. A plus forte raison, pensait-on, la génération spontanée d’un végétal devait-elle être impossible.
- « L’organisme » artificiel de Stéphane Leduc, poussant « à vue d’œil » sous le regard de quiconque voulait jouir du spectacle, apparaissait donc comme un végétal diabolique. Sa végétation éclatait comme un scandale, à l’intérieur de son bocal.
- Aujourd’hui, la belle expérience « physico-chimique » de Leduc ne scandalise plus les physiologistes, moins encore les biologistes. Elle les aide à comprendre comment les organisme vivants utilisent les propriétés de la matière afin de procéder à leurs « échanges » avec le milieu nécessairement physique, dont ils se nourrissent, aux dépens duquel ils prolifèrent. Mais nul ne songe plus à relier par une analogie, même lointaine, la végétation physico-chimique du savant
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- français do Nantes avec rien de « vivant », fut-ce le plus humble des hydrozoaires.
- Nous expliquerons tout à l’heure la végétation artificielle de Leduc. Mais il nous faut reprendre la question d’un peu plus haut, car n’ayant pas l’habitude d’écrire pour le plaisir de critiquer, notre étude a pour objet linal de présenter au lecteur certaines expériences nouvelles, toutes récentes, dues a un savant biologiste suisse, M. E. Pfeiffer, qui renversent totalement le problème tel que le posait Leduc. Loin de jeter un doute sur la dualité de la vie et de la matière, les expériences du professeur Pfeiffer nous montrent comment la simple cristallisation d’un sel inorganique « s’organise » visiblement sous l’influenc d’une quantité infinitésimale de matière extraite d’un corps vivant.
- Ces expériences de « sensibilisation » d’un cristal par un extrait de graine végétale, ou une infime gouttelette de sang, doivent, même, rationnellement conduire à des conséquences pratiques, à des méthodes diagnostiques pour juger de la vitalité d’un organisme.
- La fausse « vie » des cristaux
- Commençons par emprunter à M. Louis Bounoure — l’éminent biologiste de Strasbourg, qui n’est pas un inconnu pour nos lecteurs (1)
- — son exposé magistral touchant la « fausse analogie », vieille d’un siècle, de la « vie » des « cristaux », que beaucoup de chimistes se croient encore autorisés à présenter à leurs élèves, — sans doute parce qu’elle est « claire », c’est-à-dire cartésienne, donc une manière bien française d’éviter l’effort que nécessite la compréhension, si passionnante, de la réalité scientifique.
- La forme la plus naturelle de la matière inerte, c’est le cristal. Les sels chimiques, dont les propriétés s’apparentent, cristallisent dans les mêmes formes. On dit que les « espèces » chimiques sont isomorphes (loi de Mitteherlieh, 1819). Voilà donc une pre-
- (1) Voir La Science et la Vie du n° 225 page 206 et La Revue générale des Sciences, du 15 juin 1935, du 15-30 septembre 1935.
- mière analogie entre des familles de corps physico-chimiques et les familles de corps vivants : les uns et les autres ont même « air de famille », même forme. Passons sur le fait que les formes cristallines sont anguleuses, tandis que les formes vi\antes sont extra-souples. Passons, car Leduc a précisément réalisé, sinon de l’extra-souple, du moins de l’arrondi en matière de végétation artificielle.
- Munis de la notion « d’espèce » cristalline, les chimistes vont plus loin. Us observent que la cristallisation cemunence toujours à partir d’un « germe ».
- Voici une solution saline « sursaturée », c’est-à-dire contenant un peu plus de sel que ne le voudrait le coefficient ele solubilité normal. C’est un de ces «faux équilibres » bien connus élans tous les orelres de phénomènes. Jetez dans la solution une infime parcelle du sel en question : aussitôt la cristallisation de la solution se déclenche et s’organise autour de ce « germe ».
- Allons plus loin. Une fois le bloc de cristal réalisé, mutilons-le, tout en maintenant la solution à saturation. Le cristal cicatrise sa « plaie » par une suractivité localisée à cet endroit, tandis qu’il ralentit sa croissance dans les autres directions.
- Ainsi, un cristal naît d’un germe ; se nourrit de la solution ; répare spontanément ses lésions. « Tout comme un corps vi\ ant », insistent les chimistes.
- — Oui, fait observer, en substance, M. Bounoure. Mais, s’il se nourrit, le cristal n’assimile pas. Il adjoint à ses molécules des molécules en suspension dans le milieu extérieur, sans modifier leur composition chimique. Et le « germe » cristallin n’est que l’une quelconque de ces molécules : or, nous savons — La Science et la Vie l’a exposé par le détail (1) — combien les cellules « germinatives » des êtres vivants sont différentes de leurs cellules « somatiques », celles de leur corps.
- Enfin, le cristal n’a pas de « milieu intérieur » comme tout être vivant. Si vous essayez de créer ce milieu (en dissolvant par lavage, au moyen d’une pipette, le « cœur »
- (1) Voir T.a Science et la Vie, n° 225, page 203.
- FIG. 1. - LES PSEUDO-VÉ-
- GÉTATIONS IIE M. LEDUC.
- Dans le bocal de gauche: la végétation artificielle de Leduc. Dans celui de droite, un spécimen d’Antennularia ramosa hydrozoaire.
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- d’un bloc de sel cristallisé), le « creux » ainsi réalisé prend la forme inverse du cristal lui-même. Dans les cristaux cubiques, c’est un « cube » qui se creuse — et ne se répare pas. Faites la même expérience au centre d’une masse de chair vivante. La poussée de cicatrisation apparaît aussitôt. La matière vivante « sait » ce qu’elle fait. Les racines fouillent le milieu, s’il s’agit d’un végétal. L’animal choisit sa nourriture et parfois au péril de sa vie.
- Et la matière vivante qui cesse de se nourrir meurt. Le cristal ayant « épuisé » le milieu — la solution — s’arrête de croître. Et il reste ainsi, immobile, sans plus « durer » — comme dirait M. Bergson — indécomposé pendant des siècles et des siècles. Le cristal de roche est aussi ancien que la montagne qui le porte.
- Il n’était donc pas « vivant », puisqu’il ne sait pas «mourir».
- Les « pseudo-végétations » de Leduc
- Entrons maintenant dans le détail de l’expérience de Stéphane Leduc.
- Comme on va le voir, il ne s’agit plus d’une cristallisation, mais d’un phénomène de « croissance osmotique ».
- Pour en comprendre le mécanisme, rien n’est meilleur que de suivre le phénomène par le détail.
- Dans l’éprouvette, le milieu aux dépens duquel la végétation doit s’effectuer est une solution de ferrocyanure de potassium. Ce « poison », l’une des substances minérales les plus toxiques qu’ait fabriquées l’industrie humaine, le « ferrocyanure », tel est le milieu nutritif que le chimiste offre donc à son futur végétal pour lui faire imiter les fins hydrozoaires nourris dans l’eau de nos rivières, — l’eau dont tout être vivant est constitué dans la proportion de 40 %.
- Ce milieu nutritif d’une autre planète, inconcevable même par Wells, le chimiste 1’ « ensemence » d’une « graine », non moins méphistophélique, de sa fabrication : une boulette de sulfate de cuivre et de sucre intimement broyés.
- La boulette s’entoure aussitôt d’une pellicule de « ferrocyanure », non pas de
- « fer » constituant le « milieu », mais de cuivre. Il y a donc eu « décompos tion » du milieu nutritif par le germe. C’est l’aeide sulfurique de la boulette qui a joué le rôle de « suc gastrique ». Par cette première opération, le « germe » s’est perfectionné, il s’est donné une membrane « semi-perméable ».
- Grâce à cette membrane, un autre phénomène que la cristallisation va jouer : c’est 1’ « osmose ». La solution de sucre, fortement concentrée à l’intérieur de la membrane, crée une pression osmotique qui tend à la gonfler, tandis qu’elle laisse rentrer l’eau du milieu extérieur. Tant et si bien qu’en un point quelconque la membrane cède, s’allonge et
- .< forme une protubérance qui grandit dans le milieu extérieur en forme de tige verticale. » (Voir notre schéma fig. 2.)
- Sur un autre point de cette tige, le même phénomène se reproduit et une branche latérale se d é v e 1 o ]) p e . L e s branchioles, finalement, « portent des organes terminaux en forme de feuilles, de boules, d’épines, vrilles, de chatons », à la manière d’une algue ou d’autres plantes aquatiques.
- En ajoutant des traces de différents sels au milieu fondamental du ferrocyanure, on varie cette « végétation ».
- Dans l’expérience de Stéphane Leduc, un fait capital est apparu : la nutrition du « milieu intérieur » de la plante artificielle aux dépens du milieu extérieur, avec transformation de la matière absorbée.
- L’imitation physico-chimique de la vie est, en effet, parvenue à réaliser l’aspect physique indéniable des « échanges » nutritifs — qui s’effectuent à travers des membranes dans tous les corps vivants.
- Cependant, les botanistes savent bien « que, chez le végétal, il existe une organisation compliquée qui n’a rien de commun avec la constitution très simple, et uniforme, d’un précipité minéral ». Comme la cristallisation, la végétation de Leduc se forme de l'extérieur, par précipitation des matières en suspension dans le milieu. Une plante se nourrit par la racine et n’exploite le milieu
- FIG. 2. - COMMENT S’EXPLIQUE I/EXPÉR1ENCE
- RÉALISÉE PAR M. STÉPHANE LEDUC
- A gauche : schéma de la croissance osmotique des « végétations » de Leduc (voir le texte). A droite : en bas, exemple de «précipités filamenteux» obtenus par R.-S. Lillie (voir le texte) ; en haut, schéma de la croissance osmotique et électrolytique des précipités.
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- extérieur que par la plus subtile des chimies : la chimie chlorophyllienne, qui utilise l’énergie du rayonnement solaire.
- Et c’est une opération de synthèse (pie les chimistes n’ont encore pas su imiter — sous réserve d’une expérience déjà ancienne de Daniel Berthelot.
- Du point de vue physiologique, non plus, aucune analogie fonctionnelle n’apparaît : une fois que la « plante osmotique » est parvenue à l’état d’équilibre avec le milieu, — état purement physique, du même ordre (pie l’équilibre de cristallisation, — la croissance s’arrête, sans mourir, elle non plus. Une plante vivante réagirait sur elle-même de mille et une façons avant de permettre à la mort de l’envahir, sous prétexte que le milieu serait épuisé.
- Le dernier argument présenté par M. Bou-noure est capital : « Toute cellule vivante, écrit-il, aussitôt née dans un milieu de culture convenable, peut devenir un centre actif de synthèse chimique, de croissance morphologique et de génération cellulaire, lorsqu’on la transporte dans un milieu neuf : le moindre filament d’algue verte, prélevé dans une mare et placé dans un bocal d’eau, prolifère dans ce nouveau milieu. Une seule cellule de levure transportée d’une cuve de fermentation dans un moût sucré intact se multiplie et fait fermenter ce milieu... » Or, rien de semblable 11e se produit avec la végétation osmotique. « Si on détache un des fragments de cette formation purement minérale pour le porter dans une solution identique à celle où il a pris naissance, il reste tout à fait inerte et même se désagrège. »
- Les « précipités filamenteux » de R.-S. Lillie
- II convient d’indiquer un autre processus de végétation artificielle réalisé plus récemment, en 1917, par Ralph-S. Lillie, qui met en œuvre un autre agent physique que la pression osmotique : l’électrolyse.
- Vous connaissez peut-être le phénomène classique de l’« arbre de Saturne ». Quand on plonge une lame de zinc, dans une solution très étendue d’acétate de plomb, le zinc déplace le plomb de l’acide par électrolyse. Le plomb se dépose à l’état métallique sur la lame de zinc, où il forme une seconde électrode qui s’accroît d’un nouveau dépôt, etc... Cet accroissement se développe suivant une arborescence extrêmement ramifiée.
- Lillie a perfectionné cette vieille expérience. Il prend une solution de ferrocyanure de potassium à laquelle il mélange du blanc
- d’œuf très dilué (ovalbumine), ce qui n’est autre chose qu’un « colloïde ». En plongeant une lame de fer dans ce mélange, un phénomène électrolytique s’amorce, comme dans le cas de l’arbre de Saturne, mais de façon bien différente. Le potassium, de la solution est déplacé par le fer, et le ferrieyanure de fer ainsi produit se « précipite » sur la lame de fer. Seulement, en chaque point où elles s’« enracinent », les parcelles de ce précipité forment un anneau, dû à la présence des micclles colloïdales isolantes. Et l’arborescence prend, par superposition de ces anneaux, la forme d’un tube. La paroi de ce tube constitue ici encore, comme dans la membrane végétative de Leduc, une paroi « semi-perméable », c’est-à-dire qui attire l’eau à l’intérieur du tube par voie latérale. A la base de son implantation sur le 1er, le tube est, ainsi que le long de sa paroi interne, chargé positivement, tandis qu’il reste négatif sur sa paroi externe, celle qui baigne dans le ferrocyanure de potassium. Un courant liquide s’établit le long du tube par capillarité. Le tube s’allonge (toujours par dépôt de ferrieyanure de fer), tout en restant ouvert à son extrémité. Finalement, la plaque de fer s’est recouverte d’une foule innombrable de filaments en forme de tubes capillaires, quasi microscopiques, qui évoquent le thalle recouvrant la face interne des champignons vulgaires.
- Cette « chevelure » est-elle assimilable à une végétation?
- Ralph-S. Lillie développe la comparaison. Ici encore, il y a « nourriture » aux dépens du milieu extérieur, par juxtaposition d’éléments, mais d’éléments choisis dans ce milieu.
- Si l’on coupe l’extrémité d’un filament, il se régénère. Et pourquoi 11e le ferait-il pas, puisqu’il est parcouru par une « sève » montante qui dépose le ferrieyanure de fer à son extrémité par déplacement du potassium dans la solution de ferrocyanure de potassium où baigne cette extrémité. Nous voici donc en présence, cette fois, de la « circulation » nutritive le long d’une « artère ».
- Une artère ? Que dis-je ! Un nerf. En effet, si l’on touche le morceau de fer qui représente le champ de culture (c’est curieux comme ici tout est antinomique de la vraie culture vivante : un « champ » de fer !), si l’on touche ce fer avec du zinc, on atténue la polarité du phénomène d’électrolyse. La croissance se ralentit. Si l’on touche le fer avec du platine (métal noble), la polarité du courant électrolytique s'accentue et la croissance s’accélère. Ce sont exactement les
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- mêmes fonctions apparentes d'inhibition, d’une part, et d'excitation, d’autre part, que l’on rencontre dans le phénomène biologique de transmission de l’influx nerveux. On connaît l’influence de ces excitations, comme de ces inhibitions, dans la croissance des organismes (un nerf tranche, cela subit pour atrophier un muscle).
- L’immense intérêt « physiologique » des précédentes expériences
- Toute expérience ne vaut que par son interprétation.
- R.-S. Lillie interprète les siennes en concluant qu’elles donnent le schéma de l'activité fonctionnelle générale chez les êtres vivants : toute activité physio-logique s’accompagne à la fois de transformations chimiques et du passage de courants électriques qui sont la condition même de la « nutrition » et de 1’« accroissement ».
- « La vie apparaît comme la manifestation de circuits électriques développant, localement ou à distance, un ensemble de décompositions et de synthèses étroitement liées. » Localement, c’est-à-dire dans les échanges du métabolisme, qui se font tous à travers des membranes, en commençant par la membrane qui délimite chaque cellule ; à longue distance, c’est-à-dire par transmission nerveuse. On pourrait même ajouter que les « glandes » (responsables de la sécrétion des hormones) peuvent être considérées comme des organes électriques : parmi les poissons électriques, les silurinés préparent leurs décharges au moyen de glandes. En somme, les expériences de R.-S. Lillie ne font qu’ajouter une nouvelle confirmation à la découverte géniale de d’Arsonval que nous avons exposée ici (1), qui a démontré que tout organisme vivant est, en tant que mécanisme, une machine électrique.
- Elles sont d’accord, par conséquent, avec
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 193, page 63.
- la physiologie des tissus la plus classique.
- Mais elles laissent entier le problème du « vitalisme », de la « spécificité » de la vie, en tant que phénomène supérieur aux phénomènes physico-chimiques.
- Le travail de « création vitale » ~~ selon l’expression de Claude Bernard, que cite M. Louis Bounoure — n’a aucun rapport avec les phénomènes simples, passifs, et d’allure géométrique qui président à l’accroissement du cristal. 11 n’est pas davantage figuré par les réactions de Leduc ou celles de Lillie, lesquelles se stabilisent de par les lois de Y équilibre chimique. Une fois cet équilibre atteint, le processus s’arrête. Très éclairantes pour le « physiologiste »,
- ces réactions laissent le «biologiste » parfaitement libre de définir l’être vivant comme composé de deuxprincipes : la matière et... la vie.
- Le professeur Bounoure fa i t d’ailleurs observer, avec un sens philosophique t r è s aigu, que l’être vivant, indivisible, l’« individu », se définit d’abord par son unité. Et puis, par la permanence de sa forme : une forme qui ne relève pas de la mesure géométrique. Les formes biologiques sont essentiellement stables ; sans doute, le milieu influe sur leur développement quantitatif, matériel, mais non sur leur morphologie. « Mettons, nous dit-il, dans le même bocal d’eau, côte à côte, un œuf de truite et un œuf de grenouille : nous verrons inévitablement sortir de l’œuf de truite un alevin de truite, et de l’œuf de grenouille un têtard... L’eau, l’oxygène dissous, qui baignent ces œufs, les aliments dont commencent à se nourrir le jeune alevin et le jeune têtard ne sont pour rien dans l’acquisition de la forme Truite et de la forme Grenouille. »
- « Le milieu n’apporte à l’être vivant, pour ce qui est de sa morphogenèse (génération de sa forme), que des conditions accessoires de réalisation. Le milieu n’est pas indifférent au développement. Il le permet, le faci-
- FIG. 3. - LE PHÉNOMÈNE DE « CRISTALLISATION SENSIBLE »
- A gauche : un « givre » obtenu par cristallisation normale d'un sel sur un disque de verre. A droite : le « givre » du même sel auquel on a mélangé une infime parcelle soit (Fextrait végétal, soit d’un sérum animal. Dans ces conditions, la cristallisation normale, visiblement désordotmée, s'est orientée spontanément autour du « pôle » très précis ainsi créé.
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- lite, le gêne ou l’empêche, mais ne le dirige pas. » (Caullery.) Les vrais ressorts de la morphogenèse sont immanents à l’organisme, et, en ce sens, l’être vivant, en tant que possesseur d'une forme spécifique, ne dépend que de lui-même.
- Autrement dit, tout individu est marqué d’une personnalité que vous chercheriez en vain dans les « pseudo-organismes » physico-chimiques, cristallisés ou précipités, que nous venons de montrer.
- Kn outre,
- 1 ’ o r g a n i s m e possède une finalité. La génération propage la forme de l’esjièee au delà de l’individu. Et nous avons étudié, ici même, les horizons qu’ouvrent, dans ce sens, les problèmes de l’embryogénie et de l’hérédité men-delienne (1).
- Tel est le point de vue scientifique de toute l’école « néo-vitaliste » moderne, qui compte des noms comme Spemann, Th.
- Ilunt Morgan, deux Prix Nobel, Caullery, de la Sorbonne,
- Cuénot, le maître de Nancy, Bounoure, celui de Strasbourg, J. Duclaux, du Collège de France, etc;.
- Claude Bernard, eet adversaire de la force vitale, en tant qu’énergic de l'ordre physico-chimique, a défini comme il suit le caractère de la vie : « II y a comme un dessin préétabli de chaque être, écrit-il, et de chaque organe. En sorte que si, considéré isolément, chaque phénomène de l’économie est tributaire des forces générales de la nature, pris dans ses relations avec les autres, il révèle un lien soécial et semble dirigé par quelque guide
- 1) Voir La Science et la Vie, n° 225, page 203.
- invisible. » Claude Bernard parle donc dans les lignes précédentes absolument comme si les êtres vivants avaient une âme qui dirige leur vie en utilisant les énergies naturelles — sans fournir elle-même d’énergie.
- Que reste-t-il d’« expérimentalement possible » dans ce cas, pour révéler l’activité spécifique de ce « guide invisible » qui s’appuie sur la physico-chimie, mais ne
- s’occupe que de créer et de maintenir des « formes » — et des formes échappant à la mesure géométrique (1) ?
- Pas de mesure, pas de science exacte.
- K h bien! voici, étalées sur une plaque verre, dans les expériences de M. Pfeiffer, les traces de la main invisible qui « guide » la matière dans son évolution vivante.
- Le doigt du « guide invisible » «aiguille» les cristallisa» tions de M. Pfeiffer
- Il s’agit de trente mille expériences « obtenues au cours de huit aminés de « travail quotidien » au laboratoire biologique du Gœtheanum-Dor-nach (Suisse).
- Ce sont des expériences de cristallisation.
- Des cristallisations imitant les « Heurs de givre », que chacun de nous connaît pour les avoir trouvées réalisées sur les vitres de sa
- (1) Cette « irrationnnlité » de la forme vivante, au regard de la mesure quantitative, n’est nulle part mieux mise en lumière que dans la théorie des chromosomes de Hunt Morgan qui montre la relation d’un » gène », particule infinitésimale du noyau cellulaire, et des formes les plus grosses de l’« individu » mouche : les ailes, l’œil, etc. (Voir La Science et la Vie, n° 221, page 358.)
- Fie. 4.--UN CAS PARTICULIÈREMENT NET DE « CRISTAL-
- LISATION SENSIRLE »
- En bas, à gauche : un pin mal conformé de même espèce que celui de droite très bien conformé. Le test de la « cristallisation sensible» appliqué aux extraits de graines de l'un et de Vautre arbres donne deux « givres » de chlorure de cuivre particulièrement contrastés. L'un et l'autre « givres » (placés au-dessus de l'arbre qu'ils concernent) semblent refléter, par leur degré d’organisation cristalline, la qualité de l'organisme végétal lui-même. Le « guide invisible » qui dirige la végétation semble avoir présidé, aussi, à la formation du givre cristallin.
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- chambre, en tirant ses rideaux par un matin glacial, en hiver. Dans l’étude à laquelle nous venons de faire appel et qui date de 1934, M. Bounoure observait que « la formation de cristaux de glace sur une vitre dessine des plantes artificielles encore plus belles que celles de Leduc. De tels aspects, ajoutait-il, n’ont, bien entendu, aucun rapport avec les organismes réels. »
- La cause est entendue. Ces végétations n’ont rien d’organique. Mais que diriez-vous si l’on vous démontrait que la forme de ces cristaux dépend peut-être de l’état de santé, ou simplement des caractères biologiques, de l’« individu » (pii a fourni leur matière, la vapeur d’eau, issue de ses poumons, tandis qu’il respirait, endormi, dans la c h a mb r e tiède?... Nous n’en sommes pas encore là, mais c’est une démonstration strictement é q u i v a lente q u ’ a p ]) o r t e M. Pfeiffer, non pas avec un «givre» de glace, mais avec des givres spéciaux obtenus en laissant cristalliser, dans des chambres à température constante et soigneusement calfeutrées, quelques gouttes de chlorure de cuivre ou d'acétate de plomb sur une rondelle de verre.
- Quand ces sels chimiques sont pris à l’état pur, les « givres » réalisés prennent un aspect désordonné.
- Quand, sur des préparations identiques, l’opérateur mélange à la solution saline une seule goutte d’un sérum sanguin oû d’un extrait de graine végétale, la « végétation givrée » du sel apparaît, après cristallisation, merveilleusement centrée sur un point précis d’où elle diverge comme autour d’un germe ! Remarquez que l’extrait « organique » tiré d’un être vivant est intimement mélange à la solution. 11 ne s’agit donc pas d’une hétérogénéité physique provoquée, par exemple, par le dépôt de la gouttelette étrangère en un point précis de la lamelle de verre. Non. 11 n’y a pas de raison spéciale pour que la « fiçur de givre »
- se polarise sur un seul point plutôt que sur deux ou sur dix...
- Il semble que, cette fois, c’est bien le doigt du « guide invisible » de Claude Bernard qui a touché la matière en train de cristalliser, à la manière dont un aiguilleur touche un levier de commande dans une gare de triage.
- Comment la « cristallisation sensible » reflète le degré d’organisation de l’individu vivant
- Mais voici qui est encore plus déconcertant, — du moins pour les biologistes qui ne veulent plus continuer de penser en physico-chimistes et réclament pour leur science
- la méthode in-d é p e ndante (pie le grand philosophe Bergson a si fortement esquissée.
- L’organisation d’une cristallisation purement minérale par une parcelle infinitésimale de matière vivante pourrait, à la ri g u e u r, être attribuée à la nature « physi-co - chimique » de cette matière, non à son caractère de « matière vivante ». Ce serait assez malaisé à soutenir, étant donné que M. Pfeiffer nous avertit que 1’expérienee échoue si l'on force la dose. Dans ce cas, ni le chlorure, ni l’acétate ne marquent aucune vélléité d’organisation. Nous reconnaissons là les procédés ordinaires de la vie qui n'a jamais besoin de grosses doses de matière pour agir morphologiquement. (Voyez les hormones, les vitamines... Voyez les chromosomes.)
- Voici, néanmoins, la réponse péremptoire à l’objection.
- Puisque la « forme » est le caractère spécifique de la vie, les vices de conformation de l’individu doivent retentir sur les cristallisations sensibles de M. Pfeiffer. Le savant reçut un jour d’un forestier de ses amis deux pommes de pin provenant (1e deux arbres différents. Il prépara séparément les extraits de l’une et de l’autre sortes de graines, et les deux cristallisations de chlorure de cuivre
- FIG. 5. - DEUX AUTRES EXEMPLES DE « CRISTALLISATIONS
- SENSIBLES » OBTENUES PAR L’ACTION D’EXTRAITS DE RACINES DE HETRES
- L'image de, gauche a été obtenue au moyen d'échantillon de racines d'arbres mal venus, en terrain marécageux ; l'image de-droite, sur un échantillon de beaux arbres poussés en excellent terrain. La différence des cristallisations est très nette.
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- sensibilisées par l’un et par l’autre de ces extraits donnèrent les ligures que représentent les photographies ci-jointes. L’un des givrages est, de toute évidence, organisé de manière beaucoup plus précise que l’autre. Renseignement pris, le givrage très net était produit par la graine d’un pin au lût très droit, aux étages de branches très réguliers. Le second givrage, moins net, se rapportait à un pin de même espèce que le précédent, mais singulièrement mal tourné. Comparez, d’ailleurs, les photographies de l’un et de l’autre de ces arbres ( lîg. 4). L’ordre régulier, la «symétrie» de l’arbre droit se révélait dans la symétrie de la cristallisation. Le caractère morphologique de l’arbre tordu se traduisait, semblablement, par le trouble constaté dans l’organisation de la seconde cristallisation. La « fleur de givre » apparaissait comme l’ombre de la végétation réelle, du point de vue de la « forme ».
- La substance empruntée à l’être vivant conservait donc le pouvoir d’« orienter » aussi la cristallisation. Le « guide invisible » de Claude Bernard persistait jusque dans le sue fraîchement extrait de la graine.
- La portée des expériences de M„ Pfeiffer
- La méthode Pfeilîer permet d’apprécier la force de croissance des graines. Les meilleures graines donnent les images cristallines les plus précises.
- Les « extraits de feuilles » donnent d’autres formes (pie des extraits de racines ; des nénuphars d’autres images (pie des primevères, ou (pie l’avoine ou (pie l’orge...
- Le sang sensibilise également les cristal-
- lisations de M. Pfeilîer. Inutile d’insister sur l’avenir pratique de cette méthode.
- « Au point de vue purement théorique, écrit l’auteur, il faut constater qu’apparem-ment la solution de chlorure de cuivre est soumise ainsi à un principe formateur qui agit sur elle en dehors de toute réaction chimique, ordonnant les cristaux de telle sorte qu’ils nous apparaissent sous des formes caractérisées ».
- Et ceci, aux yeux de l’auteur, confirme « l’existence de systèmes de forces organisant les cellules, qui dépassent la structure purement matérielle des organismes vivants ».
- Que l’on parle (l’un principe « dynamique » comme Ilans Driesch, le professeur de Leipzig, acquis, ainsi que le docteur Carrel, aux sciences métapsychiques ; d’un « champ dynamique » supérieur à la matière, comme Mittaseh ; d’un « champ de forces » biologique, comme Bcrtalauffy,... les expériences de M. Pfeiffer — qui invoque les thèses de tous ees biologistes — mettent en évidence l’existence de ce facteur immatériel, de ce principe « vital » que Gœthe avait déjà pressenti lorsqu’il invoquait « un élément vital supérieur » dont dépend la forme de l’organisme.
- La philosophie de l’élan vital de M. Henri Bergson domine hautement le débat. Tous les biologistes précités se réfèrent plus ou moins à la pensée de l’auteur de L'Evolution créatrice pour fonder la nouvelle Biologie générale, que le professeur Louis Bounoure a si magistralement définie dans son cours de la Faculté de Strasbourg.
- Jean Labadie.
- Au moment où un nouvel aménagement des impôts est envisagé pour 1937 sur l’initiative du gouvernement, il est opportun de donner ici quelques indications concernant l’évolution de la fortune nationale.
- D’après notre administration des Finances, le fléchissement des impôts sur les revenus a été — de 1931 à 1935 — de 3 milliards 300 millions (soit de 43 %)• Comme, en 1932, les assujettis à l’impôt général étaient de 2 080 164, et qu’en 1935, ils ne sont plus que de 1 754 035, il y a lieu d’en conclure qu’en trois ans, plus de 325 000 contribuables, en cessant de figurer sur les rôles de l’impôt général, démontrent que leurs revenus sont tombés au-dessous de 10 000 francs (loi du 30 décembre 1928).
- Ceci tend à prouver que la France s’appauvrit. — Quant à l’annuité sucessorale, si on l’évalue en francs-or, pour simplifier le calcul, on trouve qu’elle atteignait avant 1914 le chiffre de 5 milliards 500 millions (années 1910 à 1913), alors qu’elle n’est plus que de 2 milliards 900 millions (près de 50 % de diminution).
- Ainsi notre pays voit non seulement ses revenus fléchir par suite de la crise économique — ce qui est logique, — mais encore — ce qui est plus grave — le capital de la nation (mobilier et immobilier) diminuer de valeur.
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- QUELQUES PROBLEMES DE PHOTOGRAPHIE QUE LA SCIENCE A RÉSOLUS RÉCEMMENT
- Par L.-P. CLERC
- Le dernier Congrès international de Photographie scientifique, qui se tient en général tous les trois ans dans une des grandes cités industrielles du monde, avait signalé à Vattention du public éclairé les jrrincipaux problèmes que soulève le développement, aussi considérable que rapide, des industries photographiques. Il nous a paru opportun de demander à l'un des siwants les plus qualifiés dans ce domaine d'exposer à nos lecteurs l'état actuel de ces questions primordiales au point de vue technique : sensitométrie, cinéma en couleurs, lumière polarisée et applications. Cette documentation complétera utilement l'étude d'ensemble publiée ici sur la photographie ( 1 ), envisagée alors au point de vue de l'optique pratique des appareils. Elle constitue, en celle fin de 1936, une mise au point de cette magnifique application de la physique et de la chimie à la vie, maintenant que la photographie s'est affranchie de toutes saisons.
- Le procédé « Kodachrome » de cinématographie èn couleurs
- k procédé Ivodaohrome, dû à Mannes et Godowski, est exploité aux Etats-Unis depuis dix-huit mois et a été introduit en France au printemps dernier ; ce procédé, d’emploi aussi simple pour l’usager que l’obtention d’un film en noir et blanc, a exigé, au contraire, de véritables tours de force pour la fabrication du lilm et pour son traitement automatique.
- Le film s’emploie dans un appareil cinématographique de l(i mm avec ouverture d’objectif au moins égale à FjS, sans l’adjonction d’aucun accessoire quand la prise de vues est faite en lumière naturelle. Le lilm en couleurs est présenté au moyen d'un projecteur quelconque pour films de ce format. Les très beaux spécimens réalisés comprenaient, entre autres, les ébats de plongeurs, montrant ainsi (pie ce procédé est parfaitement applicable à des mouvements très rapides.
- Le lilm, représenté schématiquement, en coupe (fig. 1), porte sur sa face dorsale une couche noire absorbante (pii sera décolorée au cours des traitements et, au recto, cinq couches superposées dont l’épaisseur totale n'est pas supérieure à celle de Punique couche d’émulsion d’un film inversible pour cinématographie d’amateur. Ces couches sont, à partir du support : une émulsion sensible au rouge et au bleu ; une couche incolore de gélatine durcie ; une émulsion sensible au vert et au bleu ; une couche de
- U) Voir La Science el la Vie, n° 211, page 335,
- gélatine durcie teinte provisoirement en jaune pour absorber les radiations bleues non utilisées dans la couche supérieure ; et, enfin, une émulsion ordinaire sensible seulement au bleu-violet (le colorant jaune, constituant filtre de lumière, peut être incorporé à cette couche d’émulsion, au lieu d’être employé à colorer la couche de gélatine sous-jacente). Pour qui connaît les diflicultés (pie présente la fabrication régulière d’un film à une seule couche d’émulsion, il est facile de se rendre compte du tour de force (pie représente la réalisation commerciale d’un tel film, où les sensibilités relatives des trois émulsions à trois groupes de tadiations doivent être parfaitement équilibrées.
- Du fait de la sensibilité chromatique des trois émulsions et de la présence du filtre jaune, ces trois émulsions enregistrent respectivement les trois couleurs primaires bleu-violet (couche externe), vert (couche moyenne) et rouge (couche profonde) ; aux trois images négatives ainsi sélectionnées doivent donc correspondre, conformément aux principes de la trichromie par synthèse soustractive, des images positives constituées, dans le même ordre (rémunération (pic ci-dessus, par des pigments jaune, rose et vert-bleu. Voyons à la suite de quelles acrobaties ce résultat est obtenu sur machines automatiques.
- Parvenu à la station de traitement., le film est d’abord développé en négatif, puis traité dans un bain qui dissout l’argent (inversion de l’image) ; avant le redéveloppement; en positif de l’image formée par lg
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- bromure d’argent non utilisé à constituer l’image négative provisoire, et pour permettre la compensation des erreurs de pose, tout au moins entre certaines limites, le film reçoit une lumination uniforme réglée automatiquement d’après la densité optique du bromure d’argent résiduel, mesurée pour chacune des images successives par une pile thermoélectrique qu’excite un flux d’infrarouge traversant le film, suivant la technique déjà employée à l’inversion des films Ciné-Ivodak pour cinématographie en noir.
- Le second développement est effectué dans un révélateur composé de telle sorte que, par réaction entre les produits d’oxydation du dévcloppateur et un copulant approprié, la formation de l’image argentique noire s’accompagne du dépôt dans la gélatine d’une quantité proportionnelle d’un colorant insoluble bleu-vert. Le développement terminé, l’excès du bromure d’argent est éliminé par un bain fixateur, et le film est lavé, puis séché.
- A ce moment, l’image bleu-vert de la couche profonde est définitivement constituée, sauf à la débarrasser ultérieurement de l’image argentique dont elle est doublée ; mais les images des couches médiane et externe sont constituées indûment par un colorant bleu-vert. Le film passe donc dans un bain capable à la fois de transformer l’argent métallique en chlorure d’argent développable et de détruire le colorant bleu-vert, l’action de ce bain devant être arrêtée à mi-épaisseur de la plus profonde des deux couches de gélatine nue ; après rinçage, la machine conduit le film sous une lampe, puis dans un révélateur analogue à celui utilisé à l’opération précédente, mais qui double l’image argentique d'une image rose, constituée par un colorant insoluble ; le film est ensuite lavé et séché.
- Dans une dernière partie de la machine, le film passe à nouveau dans un bain chloru-rant et décolorant, sous une lampe, et dans un révélateur déposant sur l’image argentique une quantité proportionnelle d’un colorant jaune insoluble ; après lavage, un bain élimine l’argent des trois images superposées, puis le film est lavé et définitivement séché. Le plus extraordinaire est peut-être que, après
- une telle suite d’opérations, on obtienne une image et même une image parfaite.
- Le procédé « Gasparcolor »
- Le second procédé de cinématographie trichrome présenté au Congrès est un procédé de synthèse soustractive d’après films sélectionnés par l’une quelconque des méthodes connues ; en fait, les films « Gasparcolor », établis suivant la technique de B. Gaspar, n’ont été employés jusqu’ici qu’à la production de films publicitaires d’après dessins animés ou mannequins, et plusieurs de nos lecteurs en ont probablement pu voir quelques-uns sur les écrans de Paris et de quelques grandes villes.
- Le film est constitué en coulant sur l’une des faces du support une émulsion ordinaire sensible au bleu-violet et teinte uniformément en bleu-vert par un colorant insoluble ; sur l’autre face du support, on a coulé d’abord une émulsion sensible au rouge, uniformément teinte en jaune, puis une émulsion sensible au bleu, uniformément teinte en carmin. Les colorants employés sont tels que, traités par un bain approprié, ils soient décolorés au contact de l’argent constituant les images négatives intermédiaires, en quantité proportionnelle à la quantité d’argent, chacune des couches colorées constituant, ainsi, après ce traitement, une image positive. La copie, d’après films positifs convenablement établis à partir des négatifs sélectionnés, est faite en trois passages dans la tireuse, avec les précautions nécessaires pour assurer le repérage des trois images copiées successivement chacune dans l’une des couches d’émulsion. Le positif du bleu-vert (établi d’après le négatif sélectionné sous le filtre rouge) est copié en lumière bleue sur la couche d’émulsion teinte en bleu-vert ; puis, sur l’autre face, on copie successivement en lumière rouge le positif du jaune, et en lumière bleue le positif du vert. Après développement en négatif des trois images superposées, le film passe dans le bain assurant la décoloration localisée, puis dans des bains dissolvant à la fois l’argent et le bromure d’argent résiduels.
- Les films présentés sont à couleurs très
- Direction de la umière incidente
- Emulsion sensible au bleu / ,
- ' ,Couche de gélatine durcie provisoirement teinte en jaune '--Emulsion sensible au vert et au bleu .t'-Couche de ge’latine durcie incolore v '-Emulsion sensible au rouge et au bleu '-Support pelliculaire
- FIG. 1. --- COUPE DU F1T.M « KODACIIROME »
- C'est par une série de traitements chimiques et physiques que Von obtient dans le film la production des images colorées dont la synthèse, à la projection, fournit Vimage en couleurs naturelles.
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- vives, convenant d’ailleurs parfaitement à la publicité ; il n’y aura vraisemblablement aucune difficulté à produire des tons moins éclatants quand le procédé sera étendu à la production de films en couleurs d’après nature.
- Utilisations photo» graphiques de la lumière polarisée
- D’abord, rappelons ce qu’est la polarisation de la lumière.
- Tandis que les sons se propagent par vibrations longitudinales, orientées dans le sens même de la propagation, la lumière se propage par vibrations transversales, orientées perpendiculairement à la direction de ce que l’on est convenu d’appeler le rayon lumineux ; habituellement, ces vibrations sont réparties au hasard dans tous les plans qui peuvent être menés par le rayon lumineux. Divers dispositifs, généralement les « niçois », assemblages de prismes taillés dans des cristaux de spath d’Islande, ne laissent subsister dans la lumière qui les traverse que les vibrations parallèles à un plan déterminé, dit « plan de polarisation », qui accompagne le cristal dans ses rotations ; les vibrations
- perpendiculaires à ce plan ont été éteintes ; des vibrations d’orientation intermédiaire, il ne subsiste que la composante parallèle au plan de polarisation. Un second système, identique au premier, transmettra la totalité de la lumière polarisée s’il est orienté comme le premier, l’éteindra plus ou moins complètement dans toutes autres orientations, avec ce résultat paradoxal que la superposition en orientations croisées de deux systèmes transparents forme un ensemble opaque.
- La lumière en provenance du ciel bleu est polarisée en majeure partie et peut donc être partiellement éteinte par un polariseur convenablement orienté. La lumière ordinaire est partiellement polarisée par réflexion sur une surface polie non métallique, quand les faisceaux incident et réfléchi font avec la surface réfléchissante un angle d’environ 32° ; pour d’autres obliquités, la fraction de la lumière qui est polarisée décroît rapidement quand on s’éloigne de l’incidence critique.
- La lumière polarisée conserve sa polarisation après traversée de milieux transparents, ou après réflexion sur toutes surfaces
- FIG. 2. — REPRÉSENTATION SCHÉMATIQUE
- DE LA POLARISATION DE LA LUMIÈRE PAR RÉFLEXION
- Un rayon de lumière tombant en E peut être comparé à une corde vibrant dans toutes les directions normalement à la sienne. Une partie est réfractée en ED. Une autre est réfléchie en ER ; sur cette dernière, les vibrations ne s'effectuent plus que dans le plan d'incidence (pour une valeur convenable de l'angle i). Le rayon réfléchi ainsi polarisé peut alors traverser un « réseau » dont les éléments sont parallèles à la direction des vibrations, et est arrêté lorsque le « réseau » pivote de 90°.
- FIG. 3. - LA PHOTOGRAPHIE D’UNE VITRINE PRISE SANS INTERPOSITION D’UN ÉCRAN POLA-
- JÎISEUR REPRODUIT LES IMAGES QUI SE REFLÈTENT DANS LES GLACES (a GAUCHE). SI L’ON PAIT USAGE D’UN ÉCRAN POLAltlSEUR, CES REFLETS DISPARAISSENT (A DROIT!:)
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- no. 4.
- - PHOTOGRAPHIE U UN]*: DANS UK S CONDITIONS
- GUAVUllK SOUS VKlüiE ORDINAIRES
- On voit sur ce document les reflets fort disgracieux dus à un placement maladroit des lampes éclairant le sujet.
- polies ; mais elle est dépolarisée par traversée de milieux troubles, ou par diffusion sur surfaces mates.
- Quelques applications photographiques de la lumière polarisée avaient été depuis longtemps suggérées mais n’avaient pu être pratiquées, faute de polariseurs (ellieaees et maniables) de dimensions sullisantes et de prix abordable. Des écrans polariseurs ont pu être réalisés aux Etats-Unis, par E. II. Land, par mise en suspension dans des feuilles cellulosiques minces d’aiguilles cristallisées semblablement orientées, ecs feuilles étant ultérieurement scellées entre glaces. De très nombreuses applications photographiques de ces « Ecrans Pola Eastman » ont été décrites par J. W. Mc Farlane. utilisant soit un seul écran monté sur l’objectif, soit à la fois un écran sur l'objectif et un écran devant chacune des sources de lumière.
- Citons, dans le premier cas, l'assombrissement d'un ciel bleu, ou de ses reflets sur une nappe d'eau, pour la mise en valeur des nuages, ee moyen étant d’ailleurs le seul applicable au cas de la photographie ou de la cinématographie en couleurs. Qn
- sait que la photographie d’une vitrine montre toujours, et souvent mieux que les objets qui y sont exposés, l’image réfléchie des objets extérieurs (fig. 3) ; en braquant l’appareil de telle sorte que son axe optique fasse un angle d’environ 32° avec la glace, les reflets sont éteints et le contenu de la vitrine devient apparent. La même technique suffira souvent à atténuer les reliefs sur surfaces trop grandes pour que l’on puisse songer à les éclairer par de la lumière polarisée.
- Le second mode d’application est beaucoup plus général : un sujet quelconque étant éclairé par de la lumière polarisée, tous reflets seront atténués ou éliminés suivant l’orientation donnée au polariseur dont l’objectif est muni, tandis que la lumière diffusée par l’objet lui-même est dépolarisée et n’est donc pas arrêtée par le second polariseur ; à titre d’exemple, nous donnons ici deux reproductions d’une même photographie encadrée sous verre, dont l’une,'exécutée en conditions ordinaires, présente les reflets dus à un placement maladroit des lampes (fig. 4), reflets éliminés sur l’autre (flg. 5) par croisement des polariseurs.
- On remarquera que la seconde de ces
- fig. 5.
- - FIIOTO G U A lu IIIC DE UA MEME GRAVURE SOUS VERRE PRISE EN LUMIERE POLARISÉE
- Les reflets sont éliminés par interposition du polariseur.
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- reproductions est notablement plus contrastée que la première ; il s’agit, en effet, d’une épreuve mate, à la surface de laquelle se manifestent, sur d’innombrables facettes microscopiques, des reflets qui noient plus ou moins les détails de l’image proprement dite et qu’élimine le croisement des polari-seurs. On éliminerait du même coup la texture, souvent gênante, d’un papier à grain, toutes épreuves sur un tel papier, quelle que soit la nature de leur surface, devenant plus vigoureuses qu’une épreuve sur papier brillant et présentant une gamme plus étendue.
- La courbe de noircissement caractérise la rapidité des couches sensibles
- C’est là un problème qui intéresse au plus haut point les usagers souvent fort embarrassés dans le choix de leurs plaques ou de leurs pellicules.
- Nous allons voir qu’il est beaucoup plus diflicile à résoudre qu’on pourrait le croire au premier abord. En effet, chercher à exprimer par un seul nombre la rapidité des •couches photographiques revient à vouloir caractériser la forme et la position d’une courbe par les coordonnées d’un seul de ses points, problème évidemment insoluble. Les propriétés d’une émulsion sensible sont, en effet, représentées par une courbe caractéristique cpie l’on appelle
- COURBE DIS NOIRCISSEMENT (flg. 6).
- Mais pour en comprendre la signification, nous devons d’abord définir la densité optique d’un noircissement. La transparence est évidemment le rapport entre la lumière que laisse passer le dépôt d’argent d’un cliché et la lumière reçue par ee dépôt. Si la lumière transmise est le dixième de la lumière reçue, la transparence est de 1/10°. L'opacité est l’inverse de la transparence ; elle est de 10 dans le cas ci-dessus. Mais les opacités des dépôts photographiques peuvent atteindre 1 000, 10 000, et même davantage. Pour construire la courbe donnant l’opacité en fonction de l'éclairage, on serait donc conduit à prendre pour les opacités une très petite échelle, et pour les faibles opacités, on ne pourrait se rendre compte avec précision des propriétés dç l’émulsion. Aussi
- utilise-t-on les logarithmes décimaux (1) des opacités, que l’on appelle densités optiques (Hurter et Driflield). Dans ces conditions, lorsque l’opacité varie de 10 à 10 000, la densité optique varie de 0 à 4 seulement. Cette façon de procéder est d’autant plus pratique que les logarithmes possèdent d’intéressantes propriétés : ainsi le logarithme d’un produit est égal à la somme des logarithmes des facteurs. Donc, si l’on place une plage de densité 2 sur une de densité 1, la densité totale est 3.
- D’autre part, on appelle lumination reçue par une émulsion le produit de l’éclairement par le temps de pose. Afin de pouvoir prendre la même échelle que pour les densités, on considère aussi leurs logarithmes.
- On peut alors définir la courbe de noirci s s cm en t coin me donnant les noircissements obtenus (ou densités optiques) en fonction des logarithmes des luminations reçues (fig. 6). 11 existe d’ailleurs, pour une même plaque ou pellicule, autant de courbes de noircissement que de modes et de durées de développement. On se limite donc généralement à un révélateur déterminé et à une durée de développement telle que la pente de la partie rectiligne de la courbe soit égale à l’unité. Cette pente est définie par la tangente y de l’angle indiqué figure (i.
- Cette partie rectiligne correspond d’ailleurs à l’intervalle de pose correcte (2). En effet, pour que le négatif soit bon, il faut que les rapports des luminosités des divers points du sujet soient conservés. Cette condition est remplie lorsqu'on reste sur la partie droite de la courbe de noircissement.
- Comment définir numériquement la rapidité d’une émulsion?
- La rapidité « H et D »
- Voyons maintenant comment on peut définir au mieux une émulsion. Autrefois,
- (1) Les logarithmes décimaux des nombres (donnés par des tables) sont des nombres qui correspondent aux nombres considérés de la manière suivante. A la progression géométrique 1, 10, 100, etc., on fait correspondre la progression arithmétique 0, 1, 2. etc. : 0 est le logarithme de 1, 1 celui de 10, 2 celui de 100.
- (2) On ne l’aurait pas mise en évidence si l’on n’avait pas utilisé les logarithmes,
- -- COURBE UE NOIRCISSEMENT D’UNE
- ÉMULSION SENSIBLE
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- les émulsions sensibles des divers fabricants étaient peu différentes les unes des autres. Hurter et Drillield suggérèrent de caractériser la rapidité d’une plaque (il n’était pas encore question de pellicules) par la lumination i définie par l’intersection du prolongement de la région rectiligne de la courbe de noircissement avec l’axe des abscisses, point qu’ils considéraient comme indépendant de la durée de développement. La plaque à essayer était exposée à la lumière d’une bougie et les diverses luminations étaient obtenues en faisant varier les temps de pose, depuis une fraction de seconde à un peu plus d’une minute. La rapidité Il et D (Hurter et Drillield) s’obtenait alors en divisant le nombre 84, choisi arbitrairement, par le nombre mesurant l’« inertie » (1e l’émulsion en lux-seconde.
- L’inertie correspond à la distance de l’origine des axes de coordonnées au point où le prolongement (1e la partie droite de la courbe coupe l’axe des abscisses.
- Les progrès de la sensitométrie et de la photométrie photographique ont bientôt montré que la courbe de noircissement n’a pas la même forme; quand les diverses luminations sont obtenues par variations du temps de pose, comme dans la méthode ci-dessus, ou par variations de l’éclairement, comme c’est toujours le cas dans la réalité pratique ; dans ce dernier cas, d’ailleurs, la forme de la courbe et sa position relativement aux axes de coordonnées varient
- et il est bien établi que, sur les émulsions modernes, la valeur i de l’inertie dépend très largement de la durée du développement. L’expression numérique de la rapidité « H et D » ne correspond donc plus à rien.
- La méthode de « Scheiner »
- Tandis que ce système était établi en Angleterre, un astronome allemand, Scheiner, proposait de caractériser la rapidité des plaques, exposées dans des conditions peu différentes de celles adoptées par Ilurter et Driffield, par le seuil de leur noircissement, c’est-à-dire par la plus faible lumination donnant un noircissement qui se puisse différencier du fond,
- On voit sur cette figure, qui reproduit des courbes de noircissement de deux émulsions de « rapidités » différentes, que la simple indication de la position des points I et V (méthode II et D) ou des points S et S’ (méthode de Scheiner) est insuffisante pour caractériser les émulsions. Dans le cas considéré, les résultats sont, en effet, contradictoires.
- caractère qui n’intéresse guère que l’astronome ou le spec-troscopiste, ou ceux qui ne cherchent dans la photographie que le moyen d’enregistrer, dans le plus court temps possible, une silhouette à la limite de visibilité. La rapidité est alors exprimée numériquement par une échelle logarithmique, un accroissement de 8 degrés représentant une rapidité deux fois plus grande. Cette méthode de Scheiner n’était applicable, sous sa forme initiale,
- qu’à des émulsions peu rapides ; chacun de ceux qui l’utilisent encore l’a donc modiüée, de son propre chef, pour l’adapter à la mesure de la rapidité des émulsions modernes. Remarquons immédiatement que deux
- couches sensibles ne se classent pas néces-
- sairement dans le même ordre, quand on les
- quand on passe des temps de pose de l’ordre de la minute — comme ceux employés aux essais jusqu’à une époque assez récente - à des temps de pose de l’ordre du 1/20° de seconde, d’usage courant en photographie et peu différents de ceux employés en cinématographie ( 1 /50e environ), ou enfin à des temps de pose ultra-courts, comme ceux utilisés pour l'enregistrement des sons. En outre, la source de lumière ne correspond à aucune utilisation réelle (on l’a remplacée par des lampes à incandescence et, pour tenir compte grossièrement des différences d’aeti-nisme, on a exprimé la rapidité par ]0/i)
- soumet successivement à ces deux méthodes d’essai : sur la figure 7, les courbes C et C\ correspondant à deux émulsions de types différents, sont caractérisées, dans la première méthode, par les points I et /’, et dans la seconde, par les points S et S' ; dans le premier cas, C correspond à une émulsion plus rapide que C’, et, dans le second cas, les conclusions sont inversées.
- Disons d’ailleurs tout de suite (pie les indications numériques qui figurent sur les emballages d’un grand nombre de pellicules sensibles et invoquent l'un ou l’autre de ces systèmes nç correspondent à aucune réalité,
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- et ne sont même, le pins souvent, appuyées sur aucune mesure, étant adoptées par les services commerciaux sans consultation des services techniques. Il en résulte des surenchères. Les fabricants sérieux ont résisté longtemps à cette mode fâcheuse ; mais ils ont été contraints de suivre le mouvement, la clientèle exigeant absolument un nombre sur chaque paquetage, et chaque fois le nombre le plus élevé, sans se préoccuper d’ailleurs de sa signification. On a donc pu voir, dans certaines marques, une émulsion, pratiquement toujours identique à elle-même, porter successivement des nombres de plus en plus élevés.
- Le système « D. I. N. 4 512 », officiel en Allemagne
- Les fabricants allemands avaient, au Congrès de 1981, proposé un perfectionnement très appréciable de la méthode Schei-ner ; ce système, qu’aucun autre pays n’a adopté, est maintenant olïiciel en Allemagne sous la dénomination « D. I. N. (Deutsche Industrie Normen) 4 512 ». La pose est de durée constante (l/20es) en lumière blanche (lumière solaire artificielle adoptée au Congrès de Londres en 1928) ; la rapidité est caractérisée .par la lumination nécessaire pour donner à l’émulsion un noircissement supérieur de 0,1 au voile ; malheureusement, cette méthode prévoit un développement surpoussé jusqu’à faire apparaître la rapidité maximum.
- Les clichés ainsi développés seraient inutilisables et, en maintenant le développement dans des limites raisonnables, il n’y a plus aucune relation entre la rapidité pratique et la rapidité mesurée (en fait, les points D et D' de la figure 7, pris sur des courbes dont le gamma est l’unité, ne sont pas ceux que donnerait l’application de la
- méthode « D. I. N. » et peuvent même se présenter dans un ordre différent).
- Les très nombreuses objections formulées en tous pays contre ce mode de développement n’ont pu obtenir son abandon par les délégués allemands ; il est probable que, après retouche de cette recommandation anormale, la méthode « U. 1. N. » aurait eu quelques chances d’être adoptée, au moins provisoirement, comme méthode internationale.
- Une très intéressante proposition américaine, formulée par Joncs et Russel, des laboratoires Kodak, n’a pu être prise en considération, n’ayant pu être étudiée avant la séance même où elle fut présentée au Congrès de Paris. Elle décrivait un instrument simple (photomètre différentiel) pour la mesure (sans tracé préalable de la courbe de noircissement) de la pente de la courbe de noircissement d’un échantillon exposé sous un coin sensitométrique (écran dégradé à section prismatique, préparé suivant la technique indiquée par E. Goldberg (1), au Congrès de Bruxelles, en 1910). L’emploi de cet instrument supprimerait toutes les objections opposées aux nombreuses propositions qui ont été déjà faites de caractériser la rapidité d’une émulsion par la lumination au point de la courbe où la pente est une fraction déterminée de la pente maximum (gamma), points tels que P et P’ de la figure 7.
- Si aucune entente n’a pu être établie, les débats ont du moins dégagé une doctrine, et on peut espérer qu’une méthode acceptable pourra être établie ; souhaitons qu’alors le service de la répression des fraudes obtienne que soit arrêtée l’inflation actuelle des degrés sensitométriques.
- L.-P. Clerc.
- (t) Voir La Science et la Vie, n° 16G, page 297.
- L’Exposition des Arts et Techniques que la France organise pour le printemps de 1937 sera suivie de deux grandes manifestations américaines : en 1939, à New York (New York World Fair of 1939), et à San Francisco (San Francisco Bay Exposition). Bientôt les travaux d’aménagement seront entrepris, car les plans sont d’ores et déjà arrêtés. Bien qu’ayant lieu simultanément, les commissaires généraux de ces deux expositions estiment qu’elles ne se feront nullement concurrence, et qu’au printemps de 1939, elles ouvriront leurs portes à la date fixée du 30 avril. Une nation aussi vaste et aussi prospère que les Etats-Unis peut évidemment réaliser avec succès deux expositions à la fois.
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- LES TRÈS HAUTES ET TRÈS BASSES TEMPÉRATURES
- COMMENT LEUR ÉTUDE RÉCENTE A BOULEVERSÉ
- NOS CONNAISSANCES PHYSIQUES
- Par Jean LABADIE
- Le plus grand nombre, des fours et creusets utilisés dans les industries thermiques ne dépassent pas, dans la pratique courante, 1 700° C, mis à part les fours à carbure de calcium (1), à carbo-rundum, à graphite et certains fours de verrerie, etc. Les procédés mis en œuvre pour produire de très hautes températures dans les laboratoires spécialisés sont aujourd'hui extrêmement variés. Ils sont dus, pour un certain nombre, aux remarquables travaux du professeur Ilibaud, qui dirige le Laboratoire des Hautes Températures à la Faculté des Sciences de Paris. Ainsi, la combustion normale du gaz d'éclairage porte déjà certaines parties de la flamme à 1 8400 C ; le préchauffage de l'air permet d'atteindre 2 200° C, et son remplacement par de l'oxygène pur, 2 800° C. Mais c'est ci la pointe du « dard » de la flamme d'hydrogène atomique (2) que l'on rencontre, avec .3 400° C, la plus haute température cpie peut fournir une flamme. Les méthodes électriques (chauffage par résistance, par arc, par induction à haute fréquence) présentent de. grands avantages à la fois en souplesse, de réglage et en sécurité (fissurage des creusets). Elles fournissent aisément des températures de l'ordre de 3 000° C et permettent d'effectuer des réactions chimiques dans de très grandes conditions de, pureté (sans contamination par les réfractaires du creuset). Enfin, il faut signaler les réalisations toutes récentes de fours à rayons cathodiques (par notre éminent collaborateur le professeur Urbain, de la Sorbonne) et de fours à concentration île rayonnement. Ces derniers, concentrant le rayonnement du soleil par des jeux de miroirs concaves, auraient permis de réaliser des températures voisines de 6 000° C (vaporisation du thorium et du tungstène)! A l'autre extrémité de l'échelle des températures bien au-dessous de. celles utilisées industriellement pour la liquéfaction des gaz et, en particulier, la fabrication de l'air liquide. (—1900 C), les savants poursuivent, là aussi, l'étude des propriétés nouvelles de la matière, et, en particulier, de la supraconductivité (3) au voisinage du zéro absolu (—273° 16). C'est, de nouveau, aux méthodes électriques (brusque disparition d'un champ magnétique intense) que l'on fait appel pour se rapprocher de plus en plus de la limite absolue fixée par lord Kelvin à notre échelle thermométrique. Ainsi, au Laboratoire du Froid, èi Leyde (4) (Hollande), JM. de Haas a pu obtenir récemment une température supérieure de 3 millièmes de degré seulement au zéro absolu !
- Avant d’aborder ce domaine infiniment vaste des très liantes et des très basses températures dont l’exploration ménage, à chaque pas, les plus étonnantes surprises aux savants et les plus vastes perspectives aux industriels, il convient de vous poser une question préalable : qu’est-ce qu’une température ?
- La « température » fut la reine de la physique au xixc siècle. Cette notion de « degré de chaleur » est née de l’invention, par
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 231, page 210.
- (2) Voir La Science et la Vie, n° 201, page 107.
- (3) Voir La Science et la Vie, n° 109, page 37.
- (4) Voir La Science et la Vie, n° 180, page 439.
- Réaumur, du « thermomètre », — ce petit instrument familier que chacun pense connaître et qui, aujourd’hui encore, échappe à toute définition générale. Songez à ce que deviendrait un thermomètre « à mercure » dans un four de la manufacture de porcelaines de Sèvres. Son enveloppe fondrait et le mercure se volatiliserait.
- Dans un four électrique, le mercure vaporisé deviendrait la matière d’un « arc » qui s’établirait entre les deux électrodes, pour peu que l’enceinte du four fût soumise à une pression assez basse. Et si ce « four » vide est, en outre, conçu comme une enceinte parfaitement réfléchissante, le « rayonne-
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- nient » qui en jaillit par une étroite ouverture devient lui-même le plus parfait des thermomètres. C’est par le rayonnement du « corps-noir » (1) et son « spectre » que l’on définit en eiîet, aujourd’hui, avec le plus de certitude théorique, la température à tous les degrés de l’échelle « thermométrique ».
- Ce n’est doue pas uniquement par amour du paradoxe que je me plais à « volatiliser » sous vos yeux le thermomètre familier, au début de cette brève étude sur les températures extrêmes, les plus hautes comme les plus basses, qu’ont réalisées les physiciens dans leurs laboratoires et qu'utilisent les industriels dans leurs puissantes usines. C’est uniquement pour satisfaire à la règle que nous propose Pascal, dès la première ligne de son Traité de l'esprit géométrique : « Ne parler d’une chose qu’après l’avoir définie .»
- Celle-ci, la température, échappe donc à toute définition élémentaire. Mais, faute de définitions, le physicien se contente de « mesures ». La mesure est même identique, pour lord Kelvin, à la définition.
- C’est donc à partir du thermomètre le plus pariait de son temps, le thermomètre « à gaz » (2), — et à gaz dit « parfait », — que lord Kelvin se mit en devoir de définir avec rigueur la température. Le résultat fut assez inattendu. Entre ses mains et par sa puissante logique, la dilatation et la contraction gazeuses, traitées en s’appuyant sur le principe de Carnot, révélèrent que la mesure des températures devait prendre pour « zéro » non pas, on s’en doute, le point de congélation de la glace, ni celui d’aucun autre corps connu, mais un « zéro » inaccessible, situé, dans le langage courant, à 273°16 au-dessous de la « température » à laquelle l’eau se congèle. C’est le zéro absolu, point de départ de l’échelle des températures absolues — de l’échelle « Kelvin » •— et que l’on écrit : 0° Iv, pour le distinguer du zéro centésimal (0°C).
- Ce zéro « Kelvin », aucun physicien ne l’a jamais atteint, dans aucun laboratoire, ni ne l’atteindra jamais, puisqu’il est inaccessible par définition. Toutefois, en liquéfiant l’hélium, en 1908, au laboratoire cryogé-
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 224, page 135.
- (2) Voir La Science et la Vie n° 202, page 281.
- nique de Leyde, Ivammerlingli Onnes s’en approchait de 4°2 K.
- En solidifiant, dix-huit ans plus tard, ce même hélium, son disciple et successeur, M. Iveeseom, poussait encore plus loin l’approche du zéro Kelvin. A quel «degré» s’était solidifié l’hélium ? 11 aurait été
- impossible de le faire dire à aucun thermomètre à colonne « liquide », puisqu’il ne restait plus au monde aucun liquide pour garnir un tel thermomètre. Par d’autres considérations que la dilatation, les physiciens pouvaient, toutefois, fixer à 0°,7 Iv la température ainsi réalisée. Au surplus, les phénomènes nouveaux observés dans l’enceinte (cryostat), où l’hélium s’était liquéfié, puis solidifié, dépassaient l’intérêt d’une simple « mesure ». Un fait étonnant était révélé : dans- ce cryostat, le plomb et beaucoup d’autres métaux devenaient « supraconducteurs » (1). Sous l’épaisseur d’une aiguille, un fil de plomb se révélait capable de conduire, sans sauter, tout le courant que débite une grande centrale moderne.
- Parvenue au point de solidification de l’hélium, la « thermométrie » allait-elle renoncer à l’approehe du zéro Kelvin ? Pas le moins du monde. Nous venons de voir que l’électricité et, par conséquent, le magnétisme sont en relation étroite avec le froid. Le second disciple de Kammelingh Onnes, M. de Haas, mit en œuvre une méthode suggérée par MM. Debye et Giauque : il appliqua un puissant champ magnétique aux corps solides contenus dans le cryostat et provoqua la détente brusque de l’aimantation ainsi produite. Cette détente provoque un nouvel abaissement de température. Par cette méthode, M. de Haas a atteint récemment un degré de froid qu’il évalue à 0°,003 K. Trois millièmes de degré au-dessus du zéro absolu !
- Le champ magnétique « produit » et « détendu », en l’occasion, est obtenu par induction, au moyen d’une bobine entourant le cryostat. Dans un instant, nous allons voir que de très hautes températures industrielles sont obtenues également par l'induction de courants de haute fréquence appliqués à un bobinage encerclant le « four ».
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 109, page 37.
- 2850*
- 2950°
- 3100°
- 3050®
- fkj. 1.
- LA FLAMME
- OXYACÉTYLÉNIQUE ET LES TEMPÉRATURES ATTEINTES EN SES DIVERS POINTS
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- Les hautes températures de flammes
- Dans sa conférence au Congrès de Chimie industrielle de septembre 1935, M. Ribaud proposait le chiffre de 1 700° C comme limite inférieure de ce qu’il faut appeler une haute température.
- C’est, en effet, une limite (pie dépasse rarement la métallurgie courante, l’ar contre, les températures supérieures sont d’usage courant dans la fabrication du carbure de calcium (1), du carborundum, du graphite, — et aussi dans les fours qui donnent certaines pierres précieuses (le synthèse.
- L’électricité, disons-nous, s’est emparée du domaine des hautes températures. Néanmoins,
- Composition de la flamme Combustion dans l’air Dans l’oxygène
- Gaz de ville + G,5 O2 Detaés C 1 840 Detïiés C 2 800
- (Avec préchauffage de l’air à 1 000°). 2 200 —
- Hydrogène (IP) +1 /2 O2 2 000 2 700
- Oxyde de carbone (CO) + 1/2 O-... 2 025 2 720
- Méthane (ClIP) + 2 O2 1 850 2 850
- Butane (CiII10) + G,5 O- f 900 2 900
- Acétylène (C2IP) + 02 2 050 3 100
- TABLEAU
- FLAMMES
- FIG. 2 . ---
- COUPE D’UN FO UH A FLAM-M ES MON-TUANT LES DIVERSE S M A TIÈ UES RKFRACTAI-11ES QUI LE CONSTITUENT
- Les températures, évaluées d'après le rayonnement observé au tube de visées pyrométriques, sont fonction de la nature des gaz brûlés. Nous avons indiqué les principales dans le tableau ci-dessus.
- 'elle n’en a pas chassé les flammes. Tout :au contraire, les flammes utilisées aujourd’hui, en particulier celle d’hydrogène atomique, se sont enrichies d’une puissance toute nouvelle. Mais il s’agit de flammes dont la structure physique, savamment étudiée, donne lieu à la plus grande émission d’énergie que puisse fournir la combustion de deux gaz. Et, ici encore, la notion de température se résorbe, à l’analyse, en un phénomène physique qui définit la température au lieu d’être défini par elle : la théorie « cinétique » des gaz nous enseigne que leur température est fonction du « carré moyen » des vitesses qui animent les molécules constituant le gaz considéré. Si, par exemple, on préchauffe à 1 000° l’air destiné à la 1) Voir La Science et la Vie, n° 231, page 240.
- DES TEMPERATURES FOURNIES PAR DIVERSES DE GAZ BRULANT DANS L’AIR OU L’OXYGÈNE
- combustion du gaz de ville, on augmente, par là même, la vitesse de ces molécules : celles-ei parviennent au contact du gaz combustible avec une grande « énergie cinétique », que la réaction chimique de la combustion ne lait qu’accroître, en sorte que la température de combustion du gaz de ville s’élève, par ce procédé, de 1 840° C (combustion normale) à 2 200° C. Si on substitue l’oxygène pur (O2) à l’air, l’on obtient une flamme de 2 800° C. Remplaçons le gaz de ville par l’acétylène, on arrive à 3 100° C.
- Nous touchons ainsi au maximum de ce que peut produire une flamme de combustion. Aucun gaz, ni l’hydrogène pur, ni l’oxvde de carbone, ni le méthane, ni le butane ne peuvent rivaliser avec l’acétylène. La raison du fait est contenue dans les formules de constitution de ces hydrocarbures. La dissociation de leurs molécules absorbe, en effet, une quantité d’énergie supérieure à celle qu’exige la dissociation de la molécule d’acétylène : le bilan thermique de la combustion s’en trouve affecté.
- On voit, par le tableau ci-dessus, que la molécule
- t>2G00°C(Mo) l—Panache t>3400°C(Tu)
- -Dard .^Electrodes de Tu
- Hydrogène
- d’hydrogène (II2) est celle qui coûte le plus à disso-
- FIG. 3. - LA
- FLAMME INDUSTRIELLE LA PLUS CHAUDE, CELLE DE
- l’hydrogène
- ATOMIQUE DANS L’OXYGÈNE
- L'hydrogène moléculaire est dissocié en hydrogène atomique par l'arc électrique jaillissant entre deux électrodes de tungstène. En brûlant aussitôt après dans l'oxygène, cet hydrogène fournit, à la pointe du « dard », une température de 3 400° C.
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- TRÈS HAUTES ET TRÈS BASSES TEMPÉRATURES 401
- eier dans les phénomènes de eombustion. Si on peut dissocier la molécule 7/2 avant de la présenter à l’oxygène comburant, la réaction de combustion bénéfl-itaire cjera (]e ce travail de «préparation ». Les deux atomes II viendront se combiner directement à l’oxygène, apportant au bilan général, libérée, l’énergie moléculaire que représentait leur association II2. Tel est le secret de la haute température fournie par la combustion de l’hydrogène « atomique », qui atteint, en certaine région de la flamme, une température supérieure à 3 400° C. 11 est évident que la même opération de dissociation préalable pratiquée sur les composés de l’hydrogène — même sur l’acétylène — serait d’un effet moindre, puisque c’est la dissociation de l’hydrogène moléculaire qui libère le plus d’énergie : 100 000 calories par « molécule-gramme ».
- La Science et la Vie a déjà rapporté, en son temps (1), cette belle découverte, due au physicien américain Langmuir, qui obtient la dissociation préalable de l’hydrogène en le faisant traverser un arc électrique incorporé au chalumeau oxhydrique, ainsi que le rappelle notre schéma ligure 3. Ce schéma révèle, d’ailleurs, la complexité de cette flamme, dont les applications industrielles se multiplient.
- Les ultra-réfractaires
- Le contact direct de la flamme, qui constitue le grand atout industriel de la combustion, met en question la nature même dm four.
- Il faut inventer des matières ultra-réfractaires.
- Au laboratoire, la magnésie, la zircone, la tliorine, obtenues à l’état pur, peuvent supporter des températures voisines de 3 0()()° C. Ce ne sont pas là des produits que puisse utiliser en grand l’industrie. Si la métallurgie du tungstène est restée jusqu’à maintenant à un stade si primitif, c’est dû à l’impossibilité de fondre et de couler ce métal, « au sens métallurgique du mot », au sein d’un
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 201, page 197.
- oxyde réfractaire. Dans ce cas, le contact direct suiïit à détruire le creuset.
- Mais, que dire si l’on veut interposer le creuset (dans un chauffage extérieur) entre la flamme et la matière à traiter ! Et c'est ici qu’apparaît l’immense supériorité du chauffage par induction électrique qui produit la chaleur, nous le verrons, au sein même de la substance à chauffer.
- Le chauffage électrique par contact, par rayonnement, par arc
- Le moyen le plus immédiat pour obtenir la chaleur à partir de l’énergie électrique, c’est de transformer celle-ci dans un conducteur « résistant » : c’est l’effet Joule. Entourons un creuset d’un enroulement en métal peu fusible, susceptible de supporter de hautes températures (nickel-chrome, platine), nous obtiendrons une température de chauffage « habillant » rigoureusement la surface à chauffer : e’est très pratique si l’on ne prétend pas dépasser 1 400° C. Avec des enroulements (de gros diamètres) en tungstène ou en molybdène, le résultat serait encore plus élevé (2 000° C) ; mais, alors, les réfractaires courants sont décomposés par la réaction de ces métaux s’ils sont à leur contact direct. Il convient donc d’établir un enroulement qui ne touche pas le creuset et qui demeure suspendu par sa propre cohésion mécanique.
- A 2 500° et 2 800° C, les plus gros filaments ainsi établis en spirale s’affaissent. Ces limites peuvent cependant être atteintes industriellement, à condition d’envelopper les spires d’une enveloppe réfractaire et de leur assurer une atmosphère neutre ou réductrice (d’hydrogène, par exemple). Etablie en tubes de graphite, la résistance de chauffe peut, dans ce système, faire monter la température à 3 000° C. Si on fait le vide
- FIG. 5. - FOUR A TUBE DE CARBONE CONS-
- TITUANT LA RÉSISTANCE DANS LAQUELLE CIRCULE LE COURANT
- i Enroulement \ de,chauffage
- if ' '
- Oxygène
- FIG. 4 . --- FOUR
- ÉLECTRIQUE A RÉSISTANCE
- En disposant l'enroulement chauffant, sans support entre le creuset et la matière réfractaire, on peut atteindre dans un tel four de 2 400 à 2 800° C.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- dans l’enceinte qui la contient, l’évaporation du carbone qui sc produit comme dans les ampoules électriques à filament de charbon limite nettement cette technique.
- Parfois, la « résistance » peut prendre la forme d’un tube parcouru par le courant ou d’une tige de graphite traversant le creuset réfractaire.
- Citons, enfin, l'ancêtre des fours électriques, le four « à arc » (I) créé par Moissan.
- Le chauffage par induction de courants à haute fréquence
- 1/induction électromagnétique, nous avons vu qu’elle constituait le dernier recours pour l'abaissement de la température, au voisinage du zéro absolu. La voici, telle qu’on l’utilise, à l’autre extrémité de l’éehelle : elle permet d’obtenir le chauffage des corps sans aucune substance auxiliaire. Le « four » n’est plus (pie le récipient de la matière traitée. Ses parois peuvent même garder une température inférieure à celle de la matière en question.
- Nous rappellerons simplement le principe du chauffage par induction. 11 consiste à provoquer des « courants de Foucault » à l’intérieur de la masse traitée, qui s’échauffe ainsi par sa propre résistance à ces courants. L’induction étant fonction du «temps» d’établissement du « champ », les courants inducteurs seront alternatifs, et d’autant plus ellieaees pour l’élévation de la température qu’ils seront eux-mêmes de plus haute fréquence. Nous retrouvons ainsi la relation, perpétuelle en physique, des «potentiels » de l’énergie : au potentiel thermique « température » correspond la fréquence qui, dans toute énergie rayonnante, fait également ligure d’un potentiel.
- Le four, ou le simple creuset qui contient la matière, est entouré d’un enroulement parcouru par ces courants alternatifs. Nous
- (1) Voir La Science cl la Vie, il0 13, page 01.
- Grsphite
- -Creuset
- FIG. 6. - FOUR A RÉSISTANCE A RAYONNEMENT
- La tige centrale de graphite, parcourue par le courant, rayonne la chaleur dans le four.
- donnons le schéma d’un four industriel de cette espèce ; l’enroulement en est de grande section, puisqu’il lui faut subir une grande intensité d e e o u r a n t ( d e laquelle dépend non plus la température, mais la quantité de chaleur). La substance traitée, conductrice, joue le rôle de l’enroulement secondaire d’un transformateur : le courant induit dans la substance peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d’ampères.
- Mais ici apparaît l’éternel conflit entre la quantité d’énergie et sa qualité (potentiel) : les gros enroulements ne se prêtent pas aux hautes fréquences. Les très hautes températures s’obtiendront, en conséquence, dans des fours de petites dimensions. C’est le cas de l’appareil installé au laboratoire de la Manufacture nationale de Sèvres ; les très hautes fréquences qu’il utilise sont obtenues par l’éclatement d’étincelles sur une batterie de condensateurs : c’est la même source de « haute fréquence » qu’utilisait la T. S. F. à ses débuts.
- Si la substance à traiter n’est pas très conductrice, on la place dans un creuset à la fois réfractaire et conducteur, en graphite ou en tungstène : le chauffage devient alors indirect.
- Il est évident (pie le chauffage direct permet de choisir pour le creuset la substance dont l’allinité chimique pour la matière traitée est la plus faible. L’industrie réalise ainsi les réactions les plus pures qu’elle ait jamais obtenues.
- Voici un exemple extrêmement curieux de ce qu’on peut obtenir du chauffage direct à haute fréquence. Une sphère de graphite est noyée dans du sable, chauffée à très haute température, elle fond le sable à sa périphérie et s’enveloppe d’une gangue de silice fondue. Dans ces conditions, on peut alors laisser couler la silice par étirage et la travailler comme le verre. On peut, aussi, laisser refroidir la boule ; brider le graphite et l’on a une sphère de silice. Quelle surprise
- 'Solénoïde inducteur
- FIG.
- FOUll A INDUCTION A HAUTE
- FRÉQUENCE
- Le courant de haute fréquence qui circule dans le solénoïde extérieur développe, par induction dans une substance conductrice, des courants qui échauffent cette dernière.
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- TRÈS HAUTES ET TRÈS BASSES TEMPÉRATURES 463
- o Transformateur
- Solénoïde
- Eclateur
- Condensateur s
- FIG. 8. - SCHÉMA DK MONTAGE d’üNE INS-
- TALLATION DK FOUR A HAUTE FRÉQUENCE A ÉTINCELLES POUR LABORATOIRE
- si, un jour, en cassant l’enveloppe de silice fondue, on trouvait le graphite transformé en diamant ! Un diamant et sa gangue... la nature ne nous les offre-t-elle pas précisément ainsi ? Il y faut, dit la théorie, des pressions énormes, simultanées avec la haute température.
- Or, précisément, le chauffage par induction pourrait permettre d’opérer à l’intérieur d’un creuset soumis à 40 000 atmosphères, — pression que réalise couramment M. Basset dans son laboratoire spécialisé. Le docteur Hans Ivaracek, de Vienne, opérant par étapes progressives à 1 500 atmosphères et à 1 000°, sur une fonte carbonée de sa composition, aurait obtenu des diamants de l’ordre du millimètre alors que ceux de Moissan n’étaient que « microscopiques ». Ce fait aurait cependant besoin d’être contrôlé.
- Pour l’instant, les fours à induction sont infiniment plus utiles en permettant de créer les aciers spéciaux extrêmement purs grâce auxquels, par exemple, l’aviation prend tous les jours plus de sécurité.
- Le chauffage par « rayonnement »
- L’induction électromagnétique obtenue dans l’axe d’un solénoïde est une première forme de l’énergie rayonnante. L’onde électromagnétique, la lumière « toutes ondes », en est la forme la plus libre ; le soleil nous l’offre. Les laboratoires qui recherchent les hautes températures n’ont pas dédaigné de reprendre l’antique procédé des « miroirs ardents » d’Archimède et de Buffon, et de le moderniser par des systèmes optiques d’une telle efficacité qu’un creuset de tungstène placé à leur « foyer » est porté à une température qui dépasse 3 000°. La maison Zeiss, d’Iéna, a réalisé l’un de ces « fours solaires ». Le soleil rayonne une énergie correspondant à 2 calories par minute et par cm2, un miroir de 1 m2 peut, dès. lors, recevoir 1 kW.
- Sans doute, les fours solaires ne sont guère pratiques, surtout en hiver, dans les pays nordiques. Mais en Egypte, où les années se succèdent sans pluie, dans l’extrême-sud algérien?... Qui sait si une industrie future n’ira pas installer là, quelque jour, des batteries de miroirs, à perte de Mie. Remarquez bien que je ne parle pas des fameuses machines à foyer solaire : il n’est pas pratique de rechercher dans le rayonnement solaire une source d’énergie motrice. Je fais donc allusion seulement aux possibilités que le soleil offre à certains traitements chimiques, nécessitant les hautes températures, en chauffage direct. Ce n’est pas le même ordre d’utilisation. En effet, la transformation d’une énergie rayonnante en énergie cinétique se fait avec une immense déperdition ; sa transformation en énergie chimique est immédiate, dans certaines réactions.
- Les fours cathodiques
- Avec l'énergie rayonnante, nous voici parvenu à l’utilisation de la plus « dématérialisée » des énergies pour l’obtention des hautes températures. On pourrait croire qu’il ne reste plus aucune autre ressource.
- Il n’en est rien. Nous avons encore à mettre en œuvre un « rayonnement corpusculaire » — le rayonnement cathodique.
- Vous connaissez les tubes à rayons cathodiques, si souvent décrits ici même, imaginés pour la production des rayons X. Le « faisceau d’électrons » qui, jailli de la cathode, vient frapper U anticathode, pour y provoquer l’émission des rayons X, échauffe cette électrode : les anticathodes des grands appareils à rayons X doivent être refroidies. Il était donc naturel de demander au faisceau d’électrons, au « rayonnement cathodique », de travailler, lui aussi, à la production des hautes températures. Et nous voyons ainsi reparaître, dans ce domaine, l’énergie électriq ne sous sa for-
- Sable_j
- me non plus d’induction « r a y o ii -n ante », mais corpusculaire. Et cette forme se rapproche de celle des flammes pures, dont l’énergie thermique
- Sphère de graphite.
- Boule de silice fondue"
- V:
- JJ
- M
- FIG. 9. - COMMENT ON FABRI-
- QUE UNE SFIIÈRE DE SILICE FONDUE PAR CHAUFFAGE PAR INDUCTION D’UNE BOULE DE GRAPHITE DANS DU SABLE
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- 4()4
- LA SCIENCE ET LA VIE
- provient, nous l’avons rappelé, de l’énergie cinétique de chacune de leurs molécules — molécules d’ailleurs « ionisées », donc électrisées. C’est donc une véritable « ilamme électrique » que représente, en l’espèce, le rayonnement cathodique.
- Le schéma ci-contre su (lit à comprendre le dispositif utilisé. Plusieurs « cathodes » font converger leur rayonnement corpusculaire sur le corps à chauffer. Si c’est du tungstène, avec une tension de 20 000 volts appliquée à l'ampoule, la fusion est obtenue très rapidement, en vingt secondes.
- L’utilisation industrielle de ce procédé,
- récemment perfectionné au Laboratoire de M. le professeur Urbain, à la Sorbonne, se heurte donc à l’obstacle suprême : la constitution du récipient réfractaire e h a r g é d e e o n t e n i r 1 a matière traitée. De plus, le four cathodique est, par d é li n i t i o n , une chambre « à vide » ; les réactions qui s il]) p o rtent les très basses pressions sont rares et l’élévation de la pression par vaporisation de la substance traitée, détruit, ipso facto, le vide indispensable au fonctionnement de l'appareil.
- Une antieathode tubulaire, suffisamment réfractaire, permettra-t-elle de contenir des réactions industrielles? Laissons à l’avenir le soin de trancher la destinée de ee nouveau progrès. Et revenons, pour terminer, aux très basses températures, puisqu’aussi bien nous possédons, maintenant, le sens relatif au suprême degré du mot température.
- L’avenir des basses températures
- Une récente exposition, au Musée de la Science à Londres (South Kcnsington), présentait l’état actuel de la technique des très basses températures.
- L’air liquide en est la matière première la plus abondante, cela va sans dire. Nous
- 20000
- FIG. 11. - SCHÉMA I)’UN FOUR A RAYONS
- CATHODIQUES RÉALISÉ AU LABORATOIRE DU PROFESSEUR URBAIN, A LA SORBONNE
- I et II, cathodes ; III, anode; IV, support ; V, tubulure de pompage. Un petit cylindre de tungstène placé en A, au point de convergence des faisceaux cathodiques, peut être fondu en 15 ou 20 secondes.
- avons suivi, dans cette revue, tous les progrès de la féconde industrie créée par M. Georges Claude, qui, le premier, a « industrialisé » la production de l’air liquide et mis au point la savante « distillation fractionnée » grâce à laquelle les gaz rares : l’argon, l’hélium et, depuis peu, les plus rares : le xénon, le krypton, se sont dégagés de l’air liquide pour garnir nos lampes électriques d’une atmosphère qui en multiplie le rendement éclairant, et donne tout son développement à l’éclairage par tubes luminescents.
- L’oxygène, extrait de l’air à l’état, pur,
- Creuset
- Creuset
- Lumière
- solair^
- SCHÉMAS DE TYPES DE FOURS
- FIG. 12.
- A CONCENTRATION DE RAYONNEMENT A gauche, la source de chaleur est un arc électrique; à droite, c'est le soleil.
- Fenêtre de visée
- ^j-JUgon
- _Tube.de Noir de vistU
- fumée
- Creuset
- Tubes en quart
- Support 'en graphite
- Rondelles -/d'amiante \ ficelle / d'aimante
- Ebonite
- FIG. 10. — FOUR A INDUCTION pour l’étude de la TEMPÉRATURE DE VOLATILISATION DU CARBONE
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- TRÈS HAUTES ET
- TRÈS BASSES TEMPÉRATURES
- 40.J
- s’en va par bouteilles frettées alimenter les chalumeaux oxhydriques de la soudure autogène. Ainsi, les très basses températures sont venues ranimer les flammes les plus chaudes qu’utilise l’industrie.
- Un gaz solidifié, la neige carbonique, est entré dans l’usage courant comme succédané de la glace ordinaire.
- Du point de vue industriel, le problème qui se pose en première ligne pour l’utilisation des gaz liquéfiés est, avant tout, celui des récipients capables d’assurer leur transport.
- Toutefois, on pouvait voir, à l’Exposition de Londres, un appareil quasi portatif pouvant fournir 2 litres d’air liquide par heure. Qui sait si, quelque jour, la réfrigération par l’air liquide (— 190° C) ne sera pas l’un des plus puissants auxiliaires des machines électriques, dont les circuits verront leurs « résistances » diminuées dans des proportions inouïes. Les moteurs électriques n’ont pas d’autre moyen, semble-t-il, de s’alléger.
- Le mystère qui relie les très basses températures et la conductivité électrique des métaux n’est éclairée qu’en partie par les théories corpusculaires actuelles, qui nous montrent dans le courant électrique une propagation « d’électrons » que se renvoient les atomes dont la chaîne constitue la matière du câble conducteur. Le fait que toute résistance disparaît au-dessous d’un certain « seuil » de température, au voisinage du zéro absolu, demeure, sans doute, lourd de conséquences pratiques. La théorie « cinétique » appliquée aux électrons, après être née de la théorie
- thermodynamique des gaz, peut, une fois de plus, rénover nos moyens d’emprise sur la matière.
- L’abaissement de la température au voisinage du zéro absolu, dans une région où la « dilatation » et la « contraction » du « thermomètre » le plus parfait n’ont plus de signification, est désormais suspendu — nous l’avons montré — à la détente magnétique. C’est au « gaz d’électrons » imprégnant toute matière (pie s’applique évidemment cette « détente » — comme la détente par laquelle Linde a réussi la liquéfaction de l’air (en détendant dans le vide un air fortement comprimé et déjà refroidi) s’applique aux molécules du gaz matériel.
- Qui sait si ees expériences, créées par AI. de llaas et M. Ka-pitza, n’auront pas une suite inattendue, analogue à celle (pie M. Georges Claude donna à la liquéfaction par si mille détente réalisée par Linde, lorsque le grand physicien français imagina la détente non plus libre, mais avec « travail extérieur » ?
- La température des gaz est fonction de leur pression. On les comprime, ils s’échauffent. On les détend, ils se refroidissent. On les chauffe, leur pression monte. On les refroidit, leur pression baisse.
- L’électricité, énergie corpusculaire dont nous avons vu les relations immédiates avec la température, nous réserve probablement avec les grands froids les mêmes progrès dont les hautes températures ont animé la thermodynamique de Carnot et la chimie que les Gibbs et les Le Chatelicr en ont fait découler. Jkan Labadie.
- FIG. 13. ---- VOICI UN A PPA 1? Eli. DE DIMEN-
- SIONS ltÉDUITES CAPABLE DE FOURNIR 4 LITRES D’AIR LIQUIDE PAR HEURE A gauche : la bouteille argentée à double paroi, récipient classique des gaz liquéfiés.
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- LE TELEPHONE AUTOMATIQUE SERA UN JOUR UNIVERSEL POUR TOUTES LES COMMUNICATIONS INTERNATIONALES ET RURALES
- Par Willy THUROW
- La Science et la Vie a déjà exposé les principes fondamentaux des deux systèmes les plus généraux de téléphonie automatique (1) : le système à entraînement mécanique et le système à entrainement individuel (appelé aussi « pas à pas»). Elle a montré, en particulier, les diverses fonctions que doivent remplir, dans les deux cas, les organes de connexion pour établir la liaison, d'abord ((physique », puis ((téléphonique », entre la ligne du demandeur et celle du demandé. Les nouveaux progrès de l'automatisme permettent maintenant de résoudre de multiples problèmes notablement plus compliqués que la simple mise en communication de deux abonnés d'un même réseau. Non seulement des circuits auxiliaires retnplissent actuellement les tâches de signalisation en cas de dérangement, de contrôle, de statistique, etc., mais il est aujourd'hui possible de -rattacher des installations automatiques privées à certains réseaux locaux sans !'intervention d'une téléphoniste, de donner une même ligne à plusieurs abonnés à faible trafic (« party-lines»), et surtout, grâce au procédé des groupements de réseaux, d'étendre à des régions de plus en plus vastes la possibilité d'appeler un correspondant par la simple marur livre du cadran. Le problème de la sélection à grande distance, enfin résolu par l'emploi des fréquences musicales, nous oriente ainsi vers la réalisation d'un service automatique universel, — qui serait aussi permanent, - parfaitement réalisable du point de vue technique, et dont seules des considérations d'ordre financier limitent encore l'extension.
- Les premiers travaux de téléphonie automatique remontent à 1879. Il s’agissait alors d’un projet devant permettre à vingt-cinq postes d’entrer en communication les uns avec les autres sans interposition d’un opérateur à l’organe commutateur. Le dispositif de commande était un disque numéroté au moyen duquel le demandeur appelait son correspondant.
- Il est curieux de noter (pie, dès l’origine, l’attention des chercheurs s’est portée sur le disque numéroté qui est devenu le cadran d'appel bien connu aujourd'hui.
- Dès cette époque, d’ailleurs, apparaissent les deux genres de systèmes qui continuent à coexister dans leur principe : les systèmes à entraînent Voir La Science et la Vie, n° 181, page 265.
- ment mécanique (1) et les systèmes à entraînement individuel (dits pas à pas) (2) que nous avons eu déjà l’occasion de décrire ici.
- Le développement de la téléphonie dans les divers pays
- Sans aucun doute, le développement de la téléphonie automatique est corrélatif de celui de la téléphonie manuelle, pourvu que les conditions techniques et économiques le permettent.
- L’examen de la répartition des postes d’abonnés dans le monde (lig. I, 2 et 3) montre la diversité des densités téléphoniques des divers pays. Cela tient, d’abord à la vie économique différente
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 110, page 355.
- (2) Voir La Science et la Vie, n° 184, page 265.
- AUTRES PAYS D'EUROPE.
- FRANCE
- AUTRES PAYS.
- CANADA
- ALLEMAGNE
- FIG. 1 . COMMENT SK RÉ PARTI SS AIENT LKS TÉLÉPHONES ENTRE TOUS LES PAYS OU MONDE, AU 1er JANVIER 1934 (DERNIERE ST ATI STI QUE O FIT CIELLE)
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- LES PROGRÈS DU TÉLÉPHONE AUTOMATIQUE
- 467
- suivant les pays ; mais la psychologie des habitants de ces pays entre pour une part dans cette diversité.
- Si on considère les modifications dans le temps de cette carte téléphonique du monde, on voit que la croissance de la densité reflète, dans une certaine mesure, les variations de la vie économique du monde. Ainsi la courbe de croissance montre des irrégularités en temps de crise (fig. 4).
- Quels sont les progrès accomplis par le téléphone automatique ?
- Si l’on imagine une série de mouvements d’organes, successifs ou simultanés — tels que ceux qui doivent être effectués pour l’établissement d’une communication téléphonique — il est toujours possible de les réaliser auto-matiquemen t au moyen de c o m mandes électriques .
- Toutefois, ce principe doit être complété par deux remarques fondamentales : pour que la loi précédente soit économiquement applicable, il faut que le système employé soit relativement simple, et pour que cette loi soit pratiquement utilisable, il faut que le système donne une sécurité absolue non seulement à une seule communication, mais encore à un nombre quelconque de communications simultanées entre des points quelconques arbitrairement choisis parmi tous les points du réseau.
- Il semble donc (pic, sous ces seules réserves, la transformation de tous les réseaux en automatique devrait s’effectuer avec une égale rapidité. Or, il n’en est rien.
- Comment s’explique le retard pris par certains pays vis-à-vis de leurs voisins dans la transformation de leurs installations? Par des difficultés techniques particulières? Non ; par des conditions d’ordre économique ou psychologique !
- Nul ne discute les premières et nous
- n’y insisterons pas. Voyons les secondes.
- On est étonné, quand on examine certains systèmes semi-automatiques (1), de leur ingéniosité, nécessitée par la volonté absolue de garder des opérateurs. Les gens préfèrent, a-t-on dit, entendre une voix humaine pour prendre leur demande. Et, pourtant, il est inutile d’insister sur les possibilités d’erreur dans l’établissement d’une communication par ce procédé.
- Certes, les systèmes automatiques sont délicats et peuvent se dérégler. Peut-être, mais les causes de dérangements sont toujours les mêmes : ce sont des erreurs systématiques que l’on diminue constamment.
- Aussi la téléphonie automatique g a -gne-t-elle du terrain.
- Les progrès t e c h n i q u e s peuvent être divisés en deux grandes classes : 1° les perfectionnements réalisés pour l’accomplissement d’une même fonction ; 2° ceux qui conduisent à 1 ’ él a r g i s -s e m e n t d u champ des pos-sibilités de l’automatisme eu téléphonie.
- Voici les récents perfectionnements du téléphone automatique
- On peut envisager les premiers au double point de vue économique et technique. Au point de vue économique, on a recherché l’allégement des bâtis, le calcul plus rationnel des organes. Choisissons un exemple simple. On sait que les diverses manœuvres en automatique sont commandées par des jeux de relais, organes qui, au passage d’un courant, effectuent un travail mécanique ; en première approximation, ce travail est proportionnel au volume du relais. L’utilisa-tic n du relais plat a permis de diminuer Pen-combrement de 40 % par rapport aux relais utilisés antérieurement.
- Au point de vue technique, on a cherché à diminuer les risques de défaillance du sys-
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 131, page 437.
- ÉTATS-UNÎ3-------
- CANADA----------
- NOUV.-ZÉI.ANDE --
- DANEMARK---------
- SUEDE------------
- SUISSE-----------
- AUSTRALIE--------
- NORVÈGE---------
- GRANDE-BRETAGNE
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- HOLLANDE---------
- BELGIQUE---------
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- AUTRICHE---:-----
- FRANCE----------
- ARGENT INE-------
- JAPON -----------
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- ESPAGNE----------
- ITALIE----------
- TCHÉCOSLO V AQUIE -
- CHILI------------
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- FIG. 2. — CK GRAPHIQUE INDIQUK COMBIEN ON COMPTAIT 1)E TÉLÉPHONES PAR 100 HABITANTS DANS LES PRINCIPAUX PAYS 1)U MONDE, AU 1er JANVIER 1984. LA FRANCK n’arrive qu’au QUINZIÈME RANG
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- tème dans rétablissement des divers cir-euits ; à cet effet, on a notamment augmenté le contrôle des diverses opérations, de façon à permettre à un opérateur spécial d’intervenir aussitôt s’il y a lieu.
- Voici un exemple simple de ce qu’il est possible d’obtenir dans cet ordre d’idées : dans certains réseaux, un abonné forme-t-il un numéro à trois chiffres là où cinq chiffres sont nécessaires, il est aiguillé sur un opérateur qui lui indique son erreur et l’invite à recommencer son appel.
- D’une manière générale, les opérations qui s’effectuent dans une installation automatique répondent à deux sortes de conditions :
- 1° Ce sont d’abord celles qui doivent se retrouver dans toutes les communications téléphoniques.
- Dans tous les cas, en effet, le seul fonctionnement d’un organe, le disque numéroté, doit mettre le demandeur en communication avec son correspondant. La Science et la
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- Vie a exposé déjà (1) quels sont les circuits indispensables à la réalisation de cette communication suivant les systèmes adoptés : Slrowger, Rotary, Ericsson. Dans le Rotary, avec trois étages de sélecteurs, on peut avoir 20 000 abonnés au lieu des 10 000 du Strowger. Par contre, on aura en plus, non seulement les enregistreurs, mais encore les chercheurs d’enregistreurs. Les premiers doivent recevoir et enregistrer le numéro demandé par l’abonné appelant. Ils jouent donc le même rôle que les téléphonistes dans les systèmes manuels et peuvent être prévus en moins grand nombre que les circuits de connexion. L’enregistreur est le seul élément qui redevient libre dès que la communication est établie. Quant aux chercheurs d’enregistreurs, ce sont des organes spéciaux chargés de se mettre à la recherche d’un enregistreur libre dès la réception d’un appel.
- Revenons à notre jonction des deux abonnés ; diverses fonctions doivent donc être remplies par les divers organes de connexion.
- Une première série de ces fonctions a pour mission de prolonger progressivement la ligne du demandeur et d’en établir la liaison, pour ainsi dire physique, avec la ligne du demandé.
- C’est ainsi que dans un réseau comme celui de Paris, le demandeur doit atteindre successivement la centaine de nulle, la dizaine de mille, le mille, la centaine et enfin la ligne du demandé en empruntant à chaque étape une jonction disponible parmi toutes les jonctions existantes.
- Dans les systèmes de téléphonie du type pas-à-pas, s’il n’y a pas de jonction disponible à une étape quelconque, un signal d’encombrement souvent confondu avec le signal d’occupation est envoyé au demandeur et l’appel est perdu, c’est-à-dire qu’il
- (1) Voir La Science et la Vie, n08 119, page 355 et 181, page 265.
- FIG. .*5. —- SUR C'K GHAPU1QUK, QUI MONTRE COMBIEN EXISTAIENT EN 1934 (l)ERNlÈRK STATISTIQUE OFFICIELLE) DE TÉLÉPHONES PAR 100 HABITANTS, DANS LES GRANDES VILLES DU MONDE ENTIER, PARIS ARRIVE SEULEMENT AU DIX-NEUVIÈME RANG
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- LES PROGRÈS DU TÉLÉPHONE AUTOMATIQUE
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- devra être renouvelé entièrement au moment que le demandeur jugera opportun. Dans la plupart des systèmes à enregistreurs, s’il n’y a pas de jonction disponible à une étape quelconque, l’appel n’est que différé : le demandeur ne reçoit aucun signal et sera desservi aussitôt qu’une disponibilité se présentera parmi les jonctions.
- Après l’établissement de la liaison physique de la ligne du demandeur avec la ligne du demandé, une seconde série d’opérations exécute la liaison télé-j)honique et constate l’état d’occupation ou de disponibilité du demandé.
- Si le demandé est occupé, le demandeur reçoit le signal d’occupation l’in-formant qu’il doit raccrocher pour renouveler entièrement son appel au moment qu’il jugera opportun ; si le demandé est libre, le courant d’appel lui est envoyé, tandis que le demandeur
- 2° Mais l’automatisme permet de résoudre bien d’autres problèmes : rappelons tout d’abord que des circuits auxiliaires servent à attirer l’attention du personnel d’entretien en cas de dérangement d’un appareil : ce sont les circuits de signalisation. Dans un même ordre d’idées, on a établi des circuits de contrôle et de statistiques ; ainsi, des compteurs indiquent le nombre de communications données par un sélecteur ou par les sélecteurs d’un même groupe : ceci permet d’établir des mutations d’abonnés d’une façon rationnelle. On a pu aussi luire desservir automatiquement. les services spéciaux, tels que les «dérangements», es «renseignements », F « interurbain », etc.
- Mais toutes ces fonctions nouvelles n’intéressent, en somme, que des points de détails et ne visent à perfectionner le système automatique qu’à
- DANEMARK
- FINLANDE FRA «JCE
- FIG. 4. - L’iNFLUENCE DK LA CUISE ÉCONOMIQUE SUlt I.E DÉVELOPPEMENT DU TÉLÉPHONE
- Ce graphique montre comment a varié le nombre de téléphones par 100 habitants dans différents pays, entre 1930 et 1934. Il est naturel de constater qu'une forte dépression économique frappe l'exploitation téléphonique là où le téléphone est le. plus répandu. C'est ainsi que la densité téléphonique a baissé, aux Etats-Unis, de 16,4 à 13,3 téléphones par 100 habitants, et au Canada de 14,2 à 11,2. Pendant la même période, la Suède et la Suisse, en particulier, accusent une augmentation très forte. Les Etats-Unis, qui ont la plus grande densité téléphonique du monde, ont perdu 3 490 718 téléphones en 1930, 1931 et 1932. Durant la dernière partie de 1933, le nombre des téléphones commença à croître de nouveau aux Etats-Unis, et une augmentation
- de 298 000 téléphones se produisit en 1934.
- reçoit le retour d’appel lui indiquant que son correspondant est sonné.
- Le demandé ayant décroché, le compteur du demandeur doit marquer une ou plusieurs unités, soit immédiatement -— et être ensuite bloqué, — soit à l’achèvement de la conversation.
- Pendant la conversation, les deux correspondants doivent être alimentés en courant microphonique ; enfin, les circuits doivent être libérés au raccrochage des deux abonnés. Toutes ces fonctions sont indispensables.
- l’intérieur d'un même réseau. D’autres progrès, par contre, sont d’un intérêt plus général : ce sont ceux qui intéressent : a) les installations privées ; b) le groupement des réseaux en vue du service universel et permanent ; c) les mesures prises pour diminuer la longueur moyenne des lignes d’abonnés.
- Les installations automatiques privées
- L’automaticité des réseaux intérieurs de certains particuliers a permis de satisfaire à une foule de conditions telles que : trans-
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- fert d’un appel du réseau extérieur sur un poste libre ; écoute à partir de plusieurs postes simultanément ; appels entièrement automatiques à partir de postes secondaires et faculté d’appeler directement ces postes à partir de l’extérieur. Les installations qui permettent ces manœuvres fonctionnent depuis plusieurs années en Bavière, en Wurtemberg et en Suisse, où la clientèle apprécie leur commodité. Le central particulier n’intervient dans l’établissement des communications émanant de l’extérieur que lorsqu’un délai de vingt secondes s’est éeoidé à partir de l’appel. Après ce délai, destiné à laisser le temps à l’appelé de décrocher, une téléphoniste entre en rapport avec l’appelant et peut soit le connecter directement au demandeur, soit lui indiquer le numéro intérieur d’un autre poste, afin que le demandeur établisse lui-même sa communication . Ainsi, pour le service de nuit, ce dispositif permet de se dispenser totalement de la téléphoniste b a b i t u e 11 e .
- Le groupement des réseaux permettra un service automatique universel et permanent
- La transformation des réseaux téléphoniques des grandes villes en automatique a été complétée par la mise en automatique des campagnes et par le groupement des réseaux. Avec ce système, des centres régionaux centralisent le trafic à grande distance de leur district. A chaque groupe de réseaux d’un même district est attribué un numéro particulier. Lorsqu’un abonné veut communiquer avec un correspondant relié à un groupe de réseaux différent du sien, il doit d’abord former le numéro du groupement demandé.
- Plusieurs groupes de réseaux ont été installés sur ce principe en Bavière, en Suisse (Lausanne, Zurich, Bâle, Genève), en Hollande (Haarlem), en Italie (Pise, Grossetto), en Belgique (Bruxelles, Anvers), ainsi que
- dans de nombreux autres pays européens.
- En France, nous pouvons citer entre autres le réseau de Saint-Malo ; quant au groupement des environs de Paris, qui se caractérise par son étendue et son importance, nous croyons savoir que la question de son automatisation est à l’étude et recevra très prochainement une solution.
- Le problème des groupements des réseaux n’eût été, somme toute, que peu différent de celui des grandes villes à plusieurs centraux s’il n’y avait pas de difficultés supplémentaires provenant des lignes beaucoup plus longues et des comptages de communications plus compliqués et plus divers.
- C’est ainsi que le comptage doit permettre :
- d'une ]')art, d’enregistrer des unités de taxes différentes suivant la zone demandée; d’autre part, d’enregistrer des taxes proportionnelles au nombre d’unités de conversation. Pour cela, il sulïit que les taxes des différentes zones soient des mul-t i p 1 e s de la taxe locale, une taxe de nuit différente de la taxe de .jour pouvant être appliquée automatiquement par la simple réduction du nombre des unités de taxe locale ; on généralise ainsi les facilités accordées dans le tralic interurbain pendant les heures creuses. On a même pu, chez les abonnés dont le trafic est intense (hôtels, restaurants), s’arranger pour que, aussitôt la conversation terminée, le montant de la taxe apparaisse sur un compteur spécial annexé au poste et renseigne le demandeur sur son dû.
- Cette généralisation du système automatique a permis d’envisager, dans divers pays, l’établissement du service téléphonique permanent qui complète le système universel. Le système universel doit permettre à un abonné d’un réseau quelconque d’entrer en communication avec un abonné d’un autre réseau quelconque. Une étude judicieuse des affaiblissements dus à la longueur des lignes et de la répartition des
- tftonco
- Isola Cantonè' , Rossiglione BusaTTà
- Savignone Torriglia
- Kl U. à.-KXKMPKK I)’UN (JltOUPKMKNT I)K liESKAUX DANS
- I,A UKOION DK UKNKS (iTALlK)
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- LES PROGRÈS BU TÉLÉPHONE AUTOMATIQUE
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- l'isle Adam
- Witoise
- Maule
- PARIS
- Houdan)
- Montfôrl
- Chevreuse
- lamboumet
- EIG. (>. - SCHÉMA DES CONNEXIONS D’üN GKOÜPEMENT
- du réseaux éventuel poru l’extension du téléphone
- AUTOMATIQUE dans i,a région parisienne
- amplifications doit permettre cet établissement. Comment sera réalisé ce service en France ? Les différents centraux sont classés en centres de transit, de distribution, de groupement et en bureaux ruraux. Le groupement automatique doit s’arrêter, en principe, au centre de groupement. Ce dernier aura un service permanent. L’amplification sera effectuée théoriquement au centre de transit.
- Comment diminuer le nombre et la longueur moyenne des lignes de jonction et d’abonnés
- Les diverses jonctions intervenant dans un groupement automatique sont les lignes de connexions intérieures, les lignes de service entre les divers automatiques et les lignes d’abonnés.
- Les lignes de service sont calculées afin d’écouler un volume de trafic avec une probabilité de « ligne libre » déterminée.
- Par des groupements judicieux d’abonnés, par des «multipla-ges » convenables, on arrive à réduire le nombre total de jonctions entre les divers sélecteurs.
- Toutefois, le gain essentiel provient de la diminution des lignes d’abonnés. Fin effet, la partie la plus importante d’une installation téléphonique est le réseau. Les chiffres suivants montrent cette importance au point de vue de l’immobilisation des capitaux :
- Réseau local............ 42 %
- Réseau à grande distance .. 27 %
- Centraux.................. 19 %
- Terrains et bâtiments.... 7 %
- Installations d’abonnés .... 5%
- On diminue la longueur des lignes soit en établissant des centraux auxiliaires, satellites placés au centre de gravité des abonnés d’un groupe donné, soit en donnant une même ligne à plusieurs abonnés (lignes partagées ou parly-lines); les réseaux avec satellites peuvent compter parmi les groupements dont nous avons déjà parlé. Etudions quelque peu les lignes communes.
- Les lignes communes à plusieurs abonnés
- Une même ligne, au départ, du central, peut parfois se subdiviser en un certain nombre de lignes d’abonnés : lignes à deux abonnés, lignes à raccordements en série ou à raccordements en parallèle. Les abonnés choisis pour être placés sur une même ligne doivent avoir un trafic assez faible pour que la probabilité d’occupation de la ligne soit elle-même faible. Ces raccordements existent d’ailleurs aussi dans des installations non automatiques, à batterie centrale ou locale. Deux essais de ces raccordements ont été faits en France (à Saint-Claude et à Lons-le-Saunier).
- L’automatique à grande distance
- Pour montrer l’extension considérable du téléphone automatique, examinons la façon
- LAUSANNE
- 92 Km
- BERNE
- l (ôf
- i\-------J ----------IP
- £
- >)
- 35 Km
- B1EL —és
- El G. 7. - SCHEMA DE LA COMMANDE AUTOMATIQUE A
- GRANDE DISTANCE DES SÉLECTEURS, RÉALISÉE ENTRE LES VILLES DE BERNE, BIEL ET LAUSANNE
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- dont on a résolu certains problèmes posés par la téléphonie automa-tique à très grande distance. Si on examine la répartition du trafic téléphonique suivant la distance kilométrique des deux correspondants, on t r o u v e que 85 % de tout le trafic téléphonique intéresse la première zone de 100 kilomètres. Il y a donc le plus grand intérêt à la rendre automatique et à écouler son trafic sur des sélecteurs. Avec le procédé de tarification par zones, dont nous avons parlé plus haut, il n’y a plus, au point de vue technique, aucune difficulté.
- Le problème de la sélection à grande distance est résolu de la manière la plus simple par l’emploi de la sélection à fréquence musicale. Klle permet de disposer sur la ligne, aussi longue que l’on veut, un nombre d’amplificateurs aussi grand qu’il est nécessaire. La figure 7 montre l’utilisation de la commande à grande distance entre les villes de Berne, Biel, Lausanne et Montreux. Les abonnés de ces villes peuvent communiquer directement entre eux, et aussi avec les abonnés des autres groupes de réseaux, d’une manière entièrement automatique, les taxes étant enregistrées suivant les zones et la durée ainsi que cela a été dit.
- Le récepteur à fréquence musicale (500 pé-
- riodes par seconde), dont nous venons de parler, est construit de telle manière que la voix ne puisse agir sur lui. Il y a, en effet, une différence de nature entre le courant téléphonique modulé par la voix et un courant purement sinusoïdal. La figure 8 montre, dans sa partie supérieure, les vibrations provoquées dans la ligne par la parole, et en-dessous, ces vibrations engendrées par un émetteur à fréquence musicale. Ce fait est mis à profit pour différencier la fréquence de commande des fréquences vocales. Le récepteur est construit de telle sorte qu’il ne fonctionne que lorsqu’il reçoit un courant purement sinusoïdal, d’une fréquence déterminée, et, au contraire, se bloque dès que d’autres courants alternatifs le traversent, comme c’est le cas pour le courant microphonique.
- On voit, par cette rapide revue des derniers progrès du téléphone automatique, que les transformations de tous les réseaux existants, urbains, ruraux ou interurbains en automatique, ne présentent aucune difficulté technique. L’exécution des travaux correspondants n’est plus conditionnée que par des questions économiques qui sont toujours, comme dans tous les autres domaines, primordiales.
- Wili.y Tiiukow.
- FIG. 8.-CF.S DEUX COURBES METTENT EN ÉVIDENCE
- I.A DIFFÉRENCE ENTRE LES VIBRATIONS ENGENDRÉES DANS UNE LIGNE TÉLÉPHONIQUE PAR LA PAROLE (EN HAUT) ET CELLES DE NATURE PUREMENT SINUSOÏDALES DUES A UN ÉMETTEUR A FRÉQUENCE MUSICALE (EN BAS)
- Lorsque la marine allemande s’est décidée à adopter le moteur à huile lourde (Diesel) pour la propulsion de ses « cuirassés de poche » de 10 000 tonnes W, type Deutschland, certains reconnurent immédiatement les qualités militaires de ces navires, dont la moindre n’est pas son rayon d’action considérable. Pour un déplacement de 10 000 tonnes W, le Deutschland porte un approvisionnement de 1 200 tonnes de Diesel 01I, qui lui permet un rayon d’action de 10 000 milles, à 20 nœuds, soit 18 500 km à plus de 35 km/h. Mais on pourrait redouter que des moteurs alternatifs à huile lourde qui développent 54 000 ch fussent la cause de vibrations anormales compromettant la précision du tir. D’après nos renseignements au sujet des dernières écoles à feu du Deutschland, marchant à toute vitesse (maximum dans la pratique, 26 nœuds) contre le navire-but télécommandé, le Zœhrinçen, on constate qu’après une salve « courte », le tir est réglé, et bien que les moteurs à cette vitesse causent une très légère vibration, le tir continue normalement sans être gêné.
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- VOICI UN PROCEDE DE CINÉMA EN RELIEF SANS LUNETTES
- Par Jean MARCHAND
- INGÉNIEUR I. lî. C. — T.ICENCIÉ ÈS SCIENCES
- La sensation du relief ne peut être, obtenue, dans une projection cinématographique, que par la recomtilution du phénomène de la vision binoculaire. Le problème consiste donc à distribuer aux spectateurs deux images distinctes formant un couple stéréoscopique, et à réserver à chaque œil, droit ou gauche, celle qui doit lui revenir normalement. Nous avons exposé (1) la solution imaginée et perfectionnée par M. Louis Lumière, grâce à Vutilisation de binocles sélecteurs colorés. Mais on peut aussi, laissant libres les yeux des spectateurs, charger l'écran, ou un dispositif placé devant lui, du « truquage » nécessaire. C'est ainsi que M. Noaillon vient de résoudre ce problème au moyen de grilles spécialement étudiées, qui permettent de réaliser la vision stéréoscopique pour tous les spectateurs d'un amphithéâtre occupant des places déterminées dans le plan de vision. Ce nouveau procédé se caractérise, notamment, par une bonne luminosité, de l'image et par la possibilité de combiner le relief et la couleur qui, avec le son, permettront au, cinéma d'aboutir à la reproduction intégrale du mouvement, c'est-à-dire de la vie.
- La sensation du relief provient, on le sait, de la fusion des images perçues par chaque œil dans la vision binoculaire. Pour l’obtenir au cinéma, il faut donc projeter deux films correspondant à cette vision binoculaire et faire en sorte que chaque œil ne reçoive que les rayons provenant de l’image qui doit normalement lui être réservée.
- La Science et la Vie a déjà exposé (1) comment M. Louis Lumière a résolu le problème du cinéma en relief par vision stéréoscopique avec l’emploi de lunettes : les deux films stéréoscopiques sont projetés sur l’écran à travers deux filtres colorés, et le spectateur les observe à travers deux verres de la même couleur que les filtres. Le choix des couleurs complémentaires est tel que chaque œil ne perçoit que l’image qui doit normalement lui revenir.
- Au cinéma, le relief peut être obtenu sans lunettes
- Cependant, cette solution n’est pas la seule ; on peut, en effet, ou bien établir l’écran de telle manière qu’il offre directement à chaque œil de chaque spectateur celle des deux images couplées qui lui est destinée — et, dans ce cas, les yeux demeurent libres, tandis que c’est l’écran qui doit être chargé du truquage ; ou bien projeter sur l’écran un seul couple d’images que chaque spectateur devra sélectionner par des moyens individuels, c’est-à-dire par un binocle sélecteur (procédé Lumière). (.1) Voir La Science et la Vie, n° 214, page 324.
- Un ingénieur français, M. Noaillon, a cherché, au contraire, à résoudre le premier cas : les projections effectuées tout récemment en Belgique ont été concluantes.
- Deux procédés s’offraient à lui : le premier consiste, suivant la méthode du docteur Herbert lves (1), à s’inspirer du relief intégral de Gabriel Lippmann, qui permet d’obtenir le relief en un point quelconque d’une salle. Mais le gaspillage de lumière est si considérable que ce principe est pratiquement inapplicable. Le second procédé consiste à renoncer à la vision en tous les points de la salle, et à faire converger les rayons lumineux utiles en un plan privilégié où les yeux des spectateurs pourront percevoir une image bien éclairée.
- C’est cette dernière solution qu’a « travaillée » M. Noaillon, en créant, dans un plan horizontal ou légèrement incliné vers l’écran, des zones fixes de vision exclusive de chacune des deux images projetées. Ces zones sont alternatives et jointives ; les spectateurs doivent être placés de telle sorte que chacun d’eux ait son œil droit dans une zone de vision de l’image droite, et son œil gauche dans une zone de vision de l’image gauche. Cette obligation pour le spectateur n’entraîne pour lui ni fatigue ni contrainte excessives, car l’expéiience a montré que les mouvements du corps pouvaient fort bien s’accommoder d’une certaine immobilité de la tête.
- Le nouveau procédé s’apparente avec
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 214, page 327.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- FIG. 1. -- PRINCIPE DH HA PROJECTION EN
- RELIEF SANS LUNETTES
- K, écran translucide ; Al M, N N, grilles formées de bandes noires équidistantes; 1*1*’ projecteurs îles films stéréoscopiques. A travers M M, le projecteur P éclaire les zones a, et P' éclaire les zones b. Un spectateur ayant son œil droit en I) et son œil gauche en (i voit, à travers N N, avec l'œil droit, uniquement les zones a, et avec l'œil gauche uniquement les zones b. Il a la sensation du relief stéréoscopique. Il en est de même, pour les positions J)’ Ci’, I)” G”, etc.
- celui des écrans stéréoscopiques de M. Es-tanave (1). Imaginons (lig. 1) un écran translucide E, sur lequel deux projecteurs PP' dirigent chacun une des vues stéréoscopiques conjuguées à travers une grille M (constituée par des bandes noires verticales équidistantes séparées par des lentes de moindre largeur). La position de P et P' est telle que les zones a projetées sur E par P s’intercalent entre les zones b projetées par P'. Supposons que se trouvent en D et G l’œil droit et l’œil gauche d'un spectateur, qui regarde E à travers une grille N analogue à la précédente. Son œil droit ne verra que les zones a et son œil gauche que les zones b. La sélection cherchée est ainsi obtenue et, par suite, le relief stéréscopiquc réalisé.
- On voit d’ailleurs que, pour les positions
- 1) Voir La Science et la Vie n° 163, page 45.
- D', G', D", G", etc., de part et d’autre de I) et G, le même phénomène se représente. En outre, la vision stéréoscopique s’effectue aussi sur toute la longueur des droites D, G, D', G', D", G"... perpendiculaires au plan de la ligure.
- Dans ces conditions, on peut simplifier l'appareil en utilisant un écran opaque au lieu de l'écran translucide E, et supprimer la première grille M. Si, en effet, on place les projecteurs en 1) et G, il est évident que l’on obtient à travers la grille N, sur un écran opaque situé en E, les mêmes zones a et b que celles produites sur E par P et P’ à travers la grille M. Les spectateurs dont les yeux droits seront sur les verticales D, D', D", etc., et les yeux gauches sur les verticales G, G', G", etc., auront donc la sensation du relief.
- Comment ont été résolues les difficultés de la mise au point du nouveau système
- Mais deux dilïicultés se présentent : 1° Les images obtenues ne sont pas continues, mais formées de raies sombres correspondant aux barreaux de la grille N ; 2° Le plan où s’effectue la vision stéréoscopique est vertical et, par conséquent, les spectateurs devraient se placer les uns au-dessus des autres.
- Pour remédier au premier inconvénient, M. Estanavc a imaginé de constituer ses grilles au moyen de barreaux très fins et très rapprochés, de sorte que l’œil voit une image en grisaille en apparence continue.
- Toutefois, réaliser avec précision une grille de 2 m de côté, composée de barreaux
- FIG. 2. -- DISPOSITIF A GRILLE INCLINÉE
- Les bandes de la grille N convergent en O sur la droite 11 d'intersection de N et de l'écran E opaque. Les zones de vision d'un œil droit et d'un œil gauche se trouvent sur les droites OD’ OG”, OD”, OG”, etc., dans le plan V qui passe par la ligne II et celle des projecteurs situés en D et G. On peut donc incliner ce plan par rapport à l'écran.
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- LE CINÉMA EN RELIEF SANS LUNETTES
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- FIC. 4.--COURE SC II KM ATI QUE U UNE
- S AUDE POUR DA PROJECTION EN RELIEF
- 1*. projecteur ; K, écran; A, H, C, grilles; O, point de convergence des bandes des grilles. On peut donner au plan de vision la même inclinaison que celle des fauteuils de la salle.
- rte 3 mm, présente rte grandes difficultés. Une solution acceptable, due à un chercheur tchèque,
- M. Frantisck Cisar, consiste à animer la grille d’un rapide mouvement de va-et-vient dans son plan. Ce mouvement, n’enlève rien à la fixité de l’image projetée sur l’écran E, puisque projecteurs et écran sont fixes.
- Voyons maintenant comment M. Noaillon a tourné la deuxième difficulté.
- Remplaçons (fig. 2) la grille verticale à bandes parallèles par une grille inclinée N dont les bandes convergent en O. (Cette grille oscille dans son plan, autour de O, d’un mouvement très rapide et de faible amplitude pour, selon le principe précédent, assurer la continuité de l’image.) Les projecteurs, situés en D et G, dirigent toujours sur E, à travers N, les deux images conjuguées formées de zones alternatives éclairées et sombres. De tous les points de la droite OD, on verra uniquement l’image projetée par G. De même, pour OIT, OD", etc., OG', OG", etc. Ainsi, le plan des yeux sera maintenant le plan V contenant les projecteurs et passant par l’intersection des plans de l’écran et de la grille. Ce plan peut évidemment présenter une inclinaison égale
- à celle du plan des fauteuils d’une salle.
- Le problème est-il dès lors résolu ? Non, car les droites telles que OD’ et OG', sur lesquelles doivent se trouver les yeux des specta-
- FIG. 3. — COMMANDE DU MOUVEMENT OSCILLANT DANS I,E SYSTÈME A TROIS GllI I,UE S
- II, manivelle d'un moteur synchrone ; 15, balancier avec son cavalier mobile M ; L, D, F, liaison de II et B au renvoi C et aux leviers coudés N reliés par le fil A. I, fils commandant les grilles F; T, tendeurs; Iv, ressorts antagonistes liés par les fils J aux grilles. En faisant coulisser le cavalier M sur le balancier B, on peut régler l'amplitude des oscillations des grilles.
- tours, divergent au fur et à mesure qu’on s’éloigne de l’écran, tandis que l’écartc-ment des yeux reste invariable. Il faut donc que les zones de vision pour chaque œil forment des bandes d’une certaine largeur. Mais ce résultat n’est obtenu qu’au détriment de l’intensité lumineuse, qui décroît rapidement quand l'œil s'éloigne du centre de cette bande. De plus, l’écartement des bandes de vision peut devenir inférieur à celui des yeux (6G mm). A ce moment, la vision stéréoscopique cesse. Un calcul simple montre «pie la vision stéréoscopique est réalisée dans les quatre cinquièmes de la salle. Quant à la clarté, elle varie de un tiers à un douzième.
- Voici maintenant la réalisation du ciné" ma en relief sans lunettes, même en salle éclairée
- L’inventeur a étudié géométriquement la répartition des bandes de vision dans une salle, et en a conclu qu’en plaçant convenablement trois grilles, on peut réaliser une bonne vision stéréoscopique dans les deux tiers de la salle, sans que les spectateurs soient astreints à une immobilité absolue de la tête. De plus, la clarté des images ne varie plus beaucoup : elle est égale aux 3/10e environ de la clarté d’une image sans relief fournie par un des projecteurs.
- Il y a lieu de noter que ce dispositif à trois grilles autorise la projection en salle éclairée, puisqu’une très petite fraction de la lumière diffuse dans la salle (exactement 9 %) parvient à l’écran à travers les grilles. Le contraste avec la salle reste suffisant pour permettre de suivre le film.
- Pour animer les trois grilles du mouvement rapide d’oscillation qui donne la sensation d’une image continue, chacune d’elles est entourée d’un cadre fixe auquel elle est reliée par des ressorts. Ceux-ei sont calculés de façon à produire des efforts antagonistes
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- légèrement supérieurs aux forces d’inertie provoquées par les oscillations de la grille. Ainsi, l’ensemble de la grille et de ses ressorts constitue un système accordé en quasi-résonance, dont le mouvement peut être entretenu au moyeu d'une force miiime (fig. ,4).
- K n fi n , les t ro i s cadres fixes auxquels sont suspendues les trois grilles sont reliés à un châssis unique, posé sur quatre blocs de caoutchouc, de façon à absorber les réactions d’inertie des grilles.
- Comme, d’autre part, les articulations du mécanisme et des ressorts des grilles sont soumises à des efforts qui ne changent pas de sens, elles peuvent avoir du jeu sans d evcnir b ru y a n te s.
- Pourra-t-on combiner bientôt la couleur, le relief et le son ?
- Lorsque le film en couleurs naturelles sera devenu une réalité pratique (1), rien ne s’opposera, grâce au procédé Noaillon, à la combinaison du relief, de la eouleur et du son, alors qu’au contraire, l’emploi de binocles à verres colorés ne permettrait pas cette combinaison. En effet, considérons par exemple les parties jaunes de l’image. Pour
- (1) Voir La Science cl la Vie, il0 222, page -ICI.
- l’œil droit, elles paraissent très assombries, puisque les rayons lumineux qui lui correspondent ont traversé les verres bleus du projecteur et du binocle. L’œil gauche, au contraire, les voit très éclairées, les rayons n’ayant rencontré que des verres jaunes. La couleur de l’image stéréoscopique n’en est pas sensiblement affectée, mais le relief ne subsiste pas. Il faut pour cela que les deux yeux voient chacun une image dont les parties correspondantes aient le même éclairement et la même couleur.
- Ajoutons, pour terminer, que l’on peut obtenir la perspective sonore en utilisant simultanément la marge réservée au son sur chaque film stéréoscopique. A la projection, deux haut-parleurs placés de la même façon que les microphones utilisés pour l’enregistrement procurent aux spectateurs le relief du son en même temps que le relief de l’image.
- Ainsi le cinéma, d’abord muet, puis sonore et parlant, s’achemine vers la reproduction intégrale du mouvement et de la vie, grâce à la sensation du relief jointe à la projection en couleurs naturelles.
- Jkan Marchand.
- FIG. 5. - APPAREIL DHXPKUIENCE A DEUX
- GRILLES, SUFFISANT POUR UNE PETITE SALLE
- Depuis 1929, l’industrie automobile américaine n’avait pas enregistré une prospérité comparable à celle de 1935-1936. On estime, en effet, que les plus grandes sociétés de construction automobile réaliseront un bénéfice global de près de 14 milliards de francs pour l’exercice de fin mars ! Voici, dans l’ordre décroissant, les plus gros producteurs et le nombre de voitures vendues en 1935 : General Motors (1 052 297), Chrysler (629 243), Hudson (75 425), Studebaker (39 573), Packard (37 653), Nash (35 184), Graham (15 965). La Société Ford n’est pas comprise dans cette statistique. Si nous envisageons la statistique annuelle de 1935, nous ajouterons que Ford a vendu 828 889 voitures et que le total des voitures vendues pendant cette année a été de 2 743 908. Par contre, la Société Chevrolet, au train où elle vend, aura produit, d’après les estimations les plus modérées, au moins 2 millions de voitures pour l’exercice 1936-1937, chiffre record.
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- QUAND LES INGENIEURS RUSSES FONT PROGRESSER LA TECHNIQUE...
- Par Victor JOUGLA
- Les bouleversements politiques amènent parfois les ressortissants d'une grande nation — - telle que la Russie — à s'expatrier. C'est le cas d'un certain nombre de sujets russes appartenant à l'élite intellectuelle émigrés il y a vingt ans. Combien de ces personnalités se sont révélées « éminentes » dans les différents domaines de l'activité créatrice orientée vers les conceptions artistiques, la recherche scientifique, les réalisations techniques. La race slave est, en effet, considérée - - à juste titre — comme particulièrement douée de par ses facultés d'interprétation, d'assimilation et de création originale; elle possède notamment un génie inventif dont les extériorisations apparaissent nettement aussi bien dans les manifestations des arts-— ceux de l'espace (volumes et surfaces) comme ceux du temps (sons et mouvement) — que dans les applications de la science. C'est ainsi que, dans les domaines techniques, — qui intéressent plus particulièrement les lecteurs de la Science et la Vie, •— quatre « exemples » lupiques illustrent et vérifient cette opinion. Ce sont Sikorsky, qui, parti de Pétrograd pour les Etats-Unis, y accomplit la plus belle carrière de constructeur qui soit dans l'aviation moderne : les appareils créés par lui (China-Clipper entre autres) contribuent ù la gloire de l'aéronautique américaine. Puis voici Yourkeviteh, cet audacieux ingénieur naval — naturalisé français — auquel nous devons les plans du paquebot Normandie. Quant au professeur Zworykin, de l'Université de Pittsburg, c'est l'un des créateurs de la télévision. Ses recherches dans les laboratoires de Camden, aux Etats-Unis, ont le plus contribué èi faire passer cette invention —- pleine de promesses — du phin de la science pure sur celui des applications pratiqués de la radio. Enfin, Makhonine est venu également en France, on il s'orienta lui aussi, comme Sikorsky en Amérique, vers l'aviation. Il a recueilli récemment la prime d'un million de francs du ministère de l'Air pour son avion à surface variable (1). Associons enfin à ces techniciens un savant de grande valeur : le professeur Ivapitza, actuellement rentré en U. 11. S. S., mais qui. a pu conquérir, pendant son séjour à l'lUniversité de Cambridge, une place de premier plan, par ses travaux de renommée mondiale sur la physique moléculaire et les très basses températures. Rendons — impartialement — hommage èt ce savant comme à. ces ingénieurs qui, ayant reçu la haute culture scientifique dans leur patrie d'origine, ont su, par leur génie créateur, éminemment constructif, contribuer sous d'autres climats au progrès des sciences et de leurs ajrplications à la vie moderne. Quel talent dans la conception, quelle ténacité dans la réalisation, ils ont dû déployer pour savoir ainsi s'imposer même sur la terre étrangère !
- Il est un « capital » qu’aucune révolution n’expropriera' jamais, c’est celui de la science accumulée dans un cerveau, avec la manière de s’en servir.
- Aucun révolutionnaire n’oserait, aujourd’hui, lancer le cri trop fameux : « La République n’a pas besoin de savants ! » 'Fout au contraire, sitôt passées les premières convulsions, les révolutions modernes appellent à elles le plus possible de savants techniciens. Elles en demandent à l’étranger. Pourtant, quelques-uns des leurs, les plus riches d’avenir, ont secoué leurs sandales sur le seuil de la patrie. Ils ont émigré.
- Le climat révolutionnaire n’est jamais favorable à l’épanouissement d’une forte personnalité scientifique. C’est à ce phé-(1) Voir La Science et la Vie, u° 22(5, pnge 27(».
- nomène de la migration du génie devant le trouble social, que la Russie actuelle doit sans doute d’avoir perdu, à notre connaissance, des techniciens remarquables, dont les succès à l’étranger furent retentissants. C’est un architecte naval russe, Yourkeviteh, dont les formules ont inspiré le dessin de la coque de Normandie ; c’est un avionneur, Sikorsky, dont les appareils sont actuellement en montage à New York, en vue d’assurer le premier service aérien transatlantique ; c’est Makhonine, qui crée en France le premier avion aux ailes extensibles ; en Amérique encore, Zworykin est en train de révolutionner l’ampliücation des courants photoélectriques et, par là, de préparer l’essor immédiat de la télévision ; en Angleterre, l’Université de Cambridge
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- a créé, sons la direction d’un savant russe, Kapitza, un laboratoire unique au inonde où se réalisent les courants et les champs magnétiques les plus intenses qu’on ait jamais obtenus.
- Le lecteur nous saura peut-être gré de lui offrir ici comme un bilan raccourci de l’œuvre scientifique ainsi réalisée, à l’étranger, par des esprits mûris cependant dans la pensée russe.
- Vladimir Yourkevitch,
- le modeleur de navires
- Voici d’abord Vladimir Yourkevitch, l’inventeur de l’étrave à bulbe, l’initiateur des formes « creuses », le géomètre des iluides qui a donné à la Normandie la possibilité de garder le ruban bleu plusieurs mois après la mise en service de son concurrent britannique, plus puissant d’un quart.
- Sorti de l’Ecole Polytechnique supérieure de Russie, Vladimir Yourkevitch s’était déjà spécialisée dans les études de construction navale, quand la guerre vint le surprendre. Sitôt après la révolution, n’apercevant aucune possibilité de travail libre et indépendant, le jeune ingénieur vint à Paris, — plus exactement à Billancourt où il commença par gagner sa vie, six mois durant, en qualité d’ouvrier tourneur aux usines Renault. De là, il passa comme dessinateur aux chantiers Nieuport - Astra, à Argenteuil. Déjà, il se rapprochait ainsi de son élément de prédilection, la mécanique des fluides.
- Bientôt ses relations lui permettent de se faire apprécier comme spécialiste des constructions navales : il s’établit ingénieur-conseil et prend contact avec nos grandes entreprises de construction navale. Le grand
- paquebot français est à l’étude, le T.-fi, celui qui, plus tard, sera baptisé Normandie. Yourkevitch soumet aux Chantiers de Penhoët ses conceptions concernant les formes à donner à la coque pour en obtenir le meilleur rendement hydrodynamique, la moindre résistance à l’avancement, qui exigera le minimum de puissance aux vitesses prévues. Le spécialiste russe est loin d’être un inconnu. Cependant, les profils qu’il propose pour la coque ne manquent pas d’inquiéter ; ils sortent complètement des formules classiques, dites « de Taylor », celles-là même qui serviront à établir les dimensions du paquebot Queen Mary. On décide donc d’établir une maquette et de la conduire pour les essais au bassin des carènes de Hambourg, à peu près unique en Europe pour ces études. (Voir La Science et la Vie, n° 195, p. 195.)
- Ce ne sera pas la première fois que Yourkevitch fait un semblable voyage : en 1913, n’était-il pas venu, délégué par la marine impériale russe, essayer à Bremer-hafen, dans un autre bassin des carènes allemand, les maquettes des nouveaux croiseurs de 32 000 tonnes dont il avait établi les plans. C’est donc par l’ouest que Yourkevitch aborde, cette fois, l’Allemagne : on le reçoit à bras d’autant plus ouverts que ses précédentes études, visant la construction de l’Atlantique, en France, avaient ébranlé la confiance des constructeurs allemands dans les célèbres « formes » de leur spécialiste national Maïer. A tel point qu’ayant bénéficié d’indiscrétions touchant les études de Yourkevitch, les constructeurs du Bremen et de l’Europe avaient cru devoir modifier, au cours du
- VLADIMIR YOURKEVITCH
- Le rénovateur des « formes » des coques de navires.
- Centre
- Centre
- de poussée
- Uèpoüssee
- FIG. 1. - FIGURES GÉOMÉTRIQUES MONTRANT
- LA FORMATION ET LA DIFFÉRENCE DE PROPAGATION DE LA VAGUE D’ÉTRAVE D’UN NAVIRE DANS LES FORMES CLASSIQUES (a GAUCHE) ET DANS LES FORMES YOURKEVITCH (a DROITE)
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- travail, les étraves des deux grands transatlantiques. Et l’on se souvient de l’impression que fit, dans le inonde, le record de vitesse du Bremen dont l’étrave « bulbée » fut reproduite dans les photographies de toute la Presse. Cette étrave était une « idée » approximative de ce qu’allait faire Your-kevitcli sur la Normandie. Il suffît de comparer deux images de l’une et de l’autre étraves pour voir que le bulbe du Bremen est à celui de la Normandie à peu près ce qu’est un potiron à une pomme. Visiblement, on n’avait eu ni le temps, ni la science nécessaires pour
- FIG. 2. — LE PAQUEBOT « QUEEN MARY )) EN VITESSE DE CROISIÈRE On voit à l'avant et sur le côte la propagation d'un système de perturbation hydraulique représentant une perte d'énergie considérable.
- après expérience, la promesse d'une réduction de 15,5 % sur l'effort prévu pour avancer à la vitesse de 30 nœuds (5 kg 70 par tonne, au lieu de 6 kg 74). Les essais au bassin montraient que la vague de l’avant s’aplatissait dans son profil, s’étirait, s’allongeait le long de la coque et disparaissait promptement.
- Les dirigeants de la Compagnie Transatlantique et des Chantiers Penlioët prirent une grande responsabilité en adoptant les
- retrouver les résultats obtenus, avec une précision désormais mathématique, par Yourkevitch en vingt ans de travail et d’expériences continus.
- Du reste, la présence du bulbe n’est pas tout : le profil de l’étrave est nettement « creux », alors que, jusqu’ici, les formes classiques étaient le biseau ou la ligne renflée. Les schémas ci-joints montrent, aux yeux comme à l’intelligence, la grande supériorité de la coque Yourkevitch. La vague d’étrave (les « moustaches ») accompagnant le navire est considérablement atténuée par la construction de l’ingénieur russe. Or, l’importance de cette vague mesure rigoureusement la quantité d’énergie dissipée sans profit. Finalement, les plans de M. Yourkevitch, entièrement originaux, apportent,
- FIG. 3.-LE PAQUEBOT «NORMAN-
- DIE » PHOTOGRAPHIÉ ÉGALEMENT EN VITESSE DE CROISIÈRE On remarque l'absence de vague d'étrave et de tourbillons latéraux.
- plans Yourkevitch ; nos amis les Anglais furent moins audacieux et conservèrent, pour construire la Queen Mary, les formules classiques qui avaient fait le succès du Mauretania. Les résultats à la mer sont aujourd’hui probants : sans doute, la Queen Mary a fini par ravir le « blue ribbon » à la Normandie, avec un record de la vitesse moyenne du voyage transatlantique établi aux environs de 30 nœuds. Mais le liner britannique, pour un tonnage sensiblement égal à celui du français, disposait d’une puissance de 200 000 eh au lieu de 160 000 à la Normandie. De plus, en arrivant à New York, .quand les moustaches impressionnantes de son étrave furent tombées, à quai, on put se rendre compte qu’il fallait repeindre la coque au-dessous de la flottaison : la vague, dissipatrice d’énergie, avait rongé la peinture. Le sillage de la Normandie, au contraire, réalise le minimum de ce qu’a jamais connu un navire à cette vitesse : l’eau, de l’étrave à la poupe, épouse la coque avec le moindre frottement.
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- D’ailleurs, si on voulait bien changer les hélices et les moteurs électriques de la Normandie, il serait aisé de trouver dans ses chaudières, simplement en poussant les feux, les 40 000 eh qui suffiraient à gagner 2 nœuds de vitesse-horaire et de reconquérir, par conséquent, le ruban bleu. Mais il en coûterait 500 000 fr de frais supplémentaires par voyage. Pour gagner quatre heures sur une traversée de quatre jours, c’est vraiment trop cher.
- On a donc décidé de monnayer en mazout et même en économie de peinture, non en ruban bleu, Pimmense supériorité que les formes Yourkevith ont donnée au grand paquebot français sur tout autre navire actuellement, à flot.
- Pour résumer l’œuvre de Yourkcviteh, on pourrait dire qu’il dessine les formes des navires en fonction de leur taille et de la vitesse qu’on leur demande. Les unités extra-rapides (torpilleurs) des Hottes de combat sont, de même (pie les paquebots, assujettis à la technique Your-keviteh, qui leur donne une nouvelle forme arrière.
- Igor-I. Sikorsky, le précurseur du trans~ atlantique aérien
- Le 21 septembre 1,920, un avion géant fut amené sur la piste d’envol de Roosevelt Field, à Long Island, près de New York(l). L’as de guerre français René Fonck et son mécanicien prirent place. Le départ fut donné pour Paris. La machine se mit en marche, roula quelque 000 m. Elle devait laisser à terre un train spécial uniquement destiné au lancement. Quand Fonck tira sur le manche pour amorcer l’envol, son mécanicien se hâta un peu trop de déclencher à son tour l’attelage roulant. En sorte (pie celui-ci, détaché, fut heurté par les gouvernes arrière. Et l’avion, capotant, se mit à flamber. Fonck, projeté hors des flammes, était sauf; son mécanicien périssait. Un grand rêve s’écroulait du même coup : celui d’Igor Sikorsky, le constructeur.
- Le rêve a, toutefois, repris corps aussitôt. Un accident de clavetage ne pouvait annuler une conception aéronautique que son auteur portait en lui depuis qu’il avait quitté, lui aussi, l’Ecole Polytechnique impériale de
- (1) Voir Iai Science cl lu Vie, n° 121, page 3.
- Moscou, — où il était d’ailleurs condisciple de Vladimir Yourkevitch.
- A peu près à l’époque où Paul Painlevé volait à Auvours comme premier passager de Wilbur Wright, à l’époque où l’un de nos confrères demandait, extasié, à Wilbur : « Pensez-vous voler un jour à 500 mètres d’altitude ? » et recevait comme réponse : « Pourquoi pas ? », Igor Sikorsky se posait, lui, une question d’ordre différent : « Pourra-t-on voler, un jour, avec 40, 50 passagers, ou davantage, d’une rive à l’autre de l’Atlantique ? » Pas de réponse évasive : il fallait entrer dans le sujet, techniquement.
- La sustentation tangen-tielle de l’aéroplane créé par Wright, Blériot, Farman, ne lui paraissait pas devoir réaliser jamais de grands tonnages. Sikorsky s’essaya donc à la construction d’hélicoptères : en 1910, son premier modèle lui démontra que, de longtemps, les gros tonnages n’étaient pas dévolus aux voilures tournantes. (Aujourd’hui, M. Louis Breguet semble être mieux armé pour prouver le contraire.) Sikorsky s’orienta donc, comme chacun, vers l’aéroplane. Son premier modèle, le S.-l, vit le jour en 1910. Un moteur de 15 eh réussit à le faire décoller contre le vent. Bientôt, avec une puissance de 25 ch, le S.-2 de Sikorsky s’envola sur 200 mètres de parcours.
- On était en 1910. L’année suivante, le S.-3, équipe d’un moteur Anzani de 40 ch, tint l’air durant 59 secondes.
- En 1912, le S.-6 A fut primé hors concours au meeting de Moscou. La guerre allait éclater, comme Sikorsky pensait déjà aux multimoteurs à fort tonnage ; au printemps de 1913, son premier « bateau volant », à quatre moteurs de 100 eh, s’envolait.
- La guerre et la révolution laissèrent Sikorsky désemparé. Le grand constructeur avait toutefois livré 73 appareils géants à l’armée de son pays, qui effectuèrent plus de 400 vols, dont plusieurs avec un ou deux moteurs mis hors de combat par la mitraille. Après un court séjour en France, où Sikorsky reçut en 1918 une commande d’avions de bombardement qui fut annulée par l’armistice, l’ingénieur russe s’en alla aux Etats-Unis, où les concours affluèrent. Immédiatement, les modèles géants se succèdent.
- IGOH-I. SIKOHSKY Le pionnier de l'aviation transatlantique de gros tonnage.
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- Fin 1924, c’est le bi-moteur S.-29, qui comporte une cabine à 14 places de passagers.
- En 1925, plusieurs modèles se succèdent; l’inventeur est en pleine recherche. A la fin de 1920, son choix s’est arrêté sur la formule du trimoteur à 400 ch par unité. C’est l’appareil qui devait passer l’Atlantique avec René Fonek... Le désastre ne décourage pas Sikorsky. Seulement, on change de locaux et d’aérodrome. La Compagnie Sikorsky va s’établir à College Point, où elle occupe désormais d’immenses bâtiments.
- On renonce aux performances pour penser au voyage pratique. Aussi bien, Lindbcrgh
- atlantiques » de Sikorsky présentent, à partir de cette époque, une physionomie très caractéristique : ce sont bien les croiseurs aériens qu’attendent les. gens pressés de traverser du Havre à New York à 800 km/h.
- C’est avec le S.-42 que Sikorsky réalise enfin les premiers «Clippers » mis désormais en service régulier sur la ligne Miami-La Havane, par les Panamcrican Ainvays. Quatre moteurs Ilornet de 750 eh transportent 80 passagers et 5 hommes d’équipage, dans des conditions de confort, de luxe et de vitesse qui ne laissent plus rien à désirer. Le paquebot aérien se trouve réalisé tel que Sikorsky l’imaginait il y a vingt-
- kk;. 4. i.'ampitihik « S.-48 » dk sikohsky .\r nkcou.AGK Les roues d'atterrissage soûl encastrées dans la partie claire du fuselage. On aperçoit sur la photographie, au-dessus du stabilisateur de gauche, le sommet du cercle de la roue bâbord entre les premiers hublots.
- a déjà réalisé le vol prestigieux. Sikorsky veut que l’aéronef transatlantique soit « amphibie », c’est-à-dire qu’il dispose à volonté, et suivant la circonstance, des deux moyens classiques d’atterrir, sur roues ou sur sa carène flottante. Un type S.-37 comporte une cabine à 18 passagers. En 1927 !
- La crise ne ralentit pas l’activité de Sikorsky : en 1929, ses établissements couvrent — à Stratford, dans le Connecticut, où ils ont été transportés — cinq fois la superficie qu’ils avaient à College-Point.
- L’année 1980 voit la naissance du S.-40 « amphibie », pour 40 passagers ou hommes d’équipage. La puissance n’est que celle de quatre moteurs Ilornet de 575 eh. Sikorsky économise, sur ses mastodontes, les chevaux-vapeur, tout comme Riflard sur ses avions de course. L’aérodynamique n’est pas une technique de force brutale. Le profil importe avant tout. Aussi bien, les amphibies « trans-
- cinq ans. Réalisation qui dépendait moins d’une question de puissance que du problème aérodynamique. On a vu d’autres constructeurs échouer à coups de milliers de chevaux dans l’établissement de ees « bateaux volants» que Sikorsky a su créer avec le minimum de puissance motrice, donc le plus grand rayon d’action, pour une vitesse donnée qui ne salirait dépasser, pour l’instant, 800 km/h en croisière.
- Il y a vingt-cinq ans, même si un devin avait pu révéler les plans de ees grands avions modernes, nul n’aurait pu les construire. On ignorait les aciers spéciaux, les alliages d’aluminium, les moteurs de 1 000 eh dont la puissance massique atteint la livre ou même la demi-livre par eh. On ignorait les méthodes de navigation qui donnent aux cabines de pilotage, avec leurs cinq ou six douzaines d’instruments de précision, l’aspect de vrais laboratoires. En sorte que les vols transocéa-
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- niques, dont les premiers services réguliers sont ceux de la Compagnie Air-France, sur l’Atlantique-Sud, arrivent maintenant à leur heure, et maintenant seulement. Nous admirons en Sikorsky l’homme qui a suivi le progrès en le talonnant, depuis l’ère du bambou et de la corde à piano jusqu’à celle des hélices à pas variable et du guidage hertzien.
- Le S.-43, qui est le dernier « amphibie » construit par Sikorsky, n’est qu’une réplique du S.-42 à échelle réduite de moitié. Il est moins poussé, visant à des buts très définis. C’est ainsi que la charge par ch, qui était de 0 kg sur le S.-42, n’est plus que de 5 kg 60 sur le S.-43, et la charge par unité de surface alaire est également descendue de 146 à 118 kg/m2.
- « Pour l’Atlantique-Nord, disait récemment Sikorsky, en transformant le S. - 42,
- 18 tonnes, pour le service postal, — c’est-à-dire en l’allégeant d’une partie de ses aménagements p o u r passa -gers —• on peut porter son rayon d’action de 4 800 km à 7 250 km. Il aurait ainsi une marge de sécurité qui semble permettre d’affronter la traversée sans escale entre les deux continents. Mais, économiquement, ce n’est pas intéressant. »
- Envisageant le transport des passagers, avec 4 passagers et 8 hommes d’équipage, Sikorsky arrive à concevoir un hydravion d’un minimum de 50 tonnes. C’est ce qu’il prépare.
- En sorte qu’au printemps prochain, il pourrait être fidèle au rendez-vous que son compatriote et ami Yourkevitch lui a assigné dans le port du Havre.
- Ivan Makhonine
- Makhonine est, comme Sikorsky, comme Yourkevitch, ancien élève de l’Ecole Polytechnique impériale. Tout comme ses deux éminents compatriotes, Makhonine est possédé par le démon de l’invention.
- Nous insisterons seulement ici sur celle de ses créations qui, récemment, étonna le monde de l’aéronautique : l’avion à ailes extensibles (1). J’ai assisté à sa genèse.
- Venu de Russie à Paris, après la seconde révolution de 1920, Makhonine, encore tout
- (1) Voir La Science et ta Vie, n° 226, page 276.
- jeune (il n’avait pas trente-cinq ans), avait derrière lui tout un passé d’industriel : il avait créé les premières balles à double enveloppe capables de crever les blindages des automitrailleuses, puis des tanks allemands. Il a dirigé, jusqu’en 1917, l’une des plus importantes usines de guerre de Petrograd.
- Quand la Russie se trouva désemparée, après la révolution et la paix de Brest-Litovsk, les voies ferrées étaient quasi paralysées : ni le charbon, ni le mazout n’étaient distribués régulièrement aux locomotives à vapeur. Sur l’invitation du gouvernement, Makhonine construisit une machine trac-trice autonome, c’est-à-dire indépendante du ravitaillement d’étape. Il utilisait le moteur à explosion tout en conservant le carburant lourd, spécialement traité par ses procédés. La transmission électrique assurait la liaison des roues motrices au moteur. Le train « Makhonine » parcourut toutes les Russies avec un plein succès. Cet engin était, d’ailleurs, le résultat d’études antérieures en vue de mobiliser un convoi blindé à l’arrière des lignes pendant la guerre.
- Venu en France, Makhonine crut pouvoir transposer au moteur à explosion très léger, d’auto et d’aviation, la technique qu’il avait mise sur pied en Russie. Il n’est pas impossible que cette voie ne soit pas sans issue. En attendant, le carburant lourd et ininflammable — voilà sa grande qualité pour l’aviation — s’installe à bord des avions par le truchement du moteur Diesel. Le carburant Makhonine n’a peut-être pas dit son dernier mot. Mais c’est l’aviation pure qui procura sa revanche au jeune inventeur.
- C’est en 1931 qu’il commença la construction de son avion à ailes « télescopables », avec, comme encouragement, un marché à primes du Ministère de l’Air. Toutes les ressources personnelles de l’inventeur fondirent à ce travail. Quand l’avion fut sur pied, mille incidents et beaucoup de lenteurs administratives l’empêchèrent de remplir immédiatement les conditions imposées. Ce fut seulement en 1935 que l’avion Makhonine remporta cent pour cent toutes les primes offertes par le Ministère. Et ce résultat vraiment remarquable fut obtenu avec un seul
- IVAN MAKHONINE Le créateur de l'avion à ailes à surface variable par extension.
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- LES IN GÉN I EU RS RUSSES ET LA TECHNIQUE
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- prototype, le premier et l’unique construit.
- En 1935, l’avion de grande vitesse Makho-nine, les ailes rentrées, en vol, battait le record de vitesse sur bases de sa catégorie. Il avait été établi sur des données techniques vieilles de cinq ans !
- Nous ne doutons pas que si Makhonine est mis à même — et nous croyons savoir qu’on y pense — de construire des avions modernes suivant sa formule, l’avion de chasse volant à 600 km/h sera réalisé sans peine. L’extension des ailes permettrait de conserver une vitesse d’atterrissage acceptable.
- déjà traité à plusieurs reprises les problèmes à propos desquels.elle est née (1).
- Nous nous contentons également de donner une image schématique très détaillée de l’« iconoscope », la caméra électronique établie par Zworykin pour transmettre les images de haute définition. Nous en avons exposé, ici même, le principe.
- D’ailleurs, c’est toute 1’ « optique électronique » — laquelle englobe également les microscopes à électron (2) — qu’il faudrait passer en revue, si l’on voulait détailler l’œuvre de Zworykin.
- iug. 5. - l’avion «makhonine» a ailes extensibles (étendues en haut, rentrées en bas)
- Vladimir-I. Zworykin et l’optique électronique
- Avec Vladimir Zworykin, nous entrons dans l’autre secteur des communications humaines : la « radio », messagère de pensée, de sons et d’images.
- La technique hertzienne semble parvenue à l’extrême de ce qu’elle peut faire par le moyen de la lampe à électrodes multiples. A bout de souffle, elle réclame des intensités d’émissions sans cesse accrues, principalement en matière de télévision.
- Le multiplicateur d'électrons de Zworykin vient, à point, ouvrir un nouvel horizon sur ce problème qui était « bouché ». C’est à propos de télévision que Zworykin, l’inventeur du « multiplicateur » électronique, a fait sa découverte. Nous nous contentons de signaler cette invention, cette revue ayant
- Durant la guerre, Zworykin a servi en qualité d’officier radiotélégraphiste. Il sortait de l’Institut technologique de Petro-grad, où il avait pris contact avec la télévision en collaborant avec celui qui, le premier, a posé les conditions scientifiques du problème : Boris Rosing. Entre temps, Zworykin avait fait un saut à Paris où il avait travaillé avec P. Langevin, au laboratoire du Collège de France, les rayons X. Mais, aussitôt après la guerre et la révolution, s’exilant à son tour, Zworykin aborda en Amérique, où les Laboratoires de la Radio Corporation l’accueillirent avec un empressement dont la puissante compagnie n’a qu’à se louer.
- Membre de l’Institut des ingénieurs de la Radio depuis 1930, Zworykin a reçu en 1934
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 231, page 229.
- (2) Voir La Science et la Vie, n° 211, page 13.
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- photosensible Résistances internes
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- Kl G. G. — U N K INVENTION IMMÉDIATEMENT Pl{ ATI QUE ET QUI A SPÉCIALEMENT ÉTUDIÉ L’OPTIQUE ÉLECTRONIQUE :
- D’UTILITÉ GÉNÉRALE DE ZWORYKIN LE <( MULTIPLICATEUR D'ÉLECTRONS ))
- Ce schéma de principe peul comporter des variantes. Dans le montage présenté ici, destiné à la télévision, te faisceau de lumière modulée tombe (à travers une grille 1 1) gui peut, éventuellement, devenir modutatrice) sur une cathode photosensible 1 a. Les électrons émis par cette cathode, en réponse au flux lumineux, rebondissent sur les émetteurs suivants : 2 a, 3 a, etc., dont la tension électrique va en croissant de gauche à droite. Chaque électron qui passe par l’un de ces émetteurs se multiplie un nombre de fois qui correspond à la différence de potentiel séparant deux, plaques successives : mettons 4 fois. J'arvcnu à l’extrémité du tube représenté ici, c’est-à-dire sur l'anode collectrice, le faisceau électronique se trouve donc multiplié plus de 2ô0 000 fois. En ajoutant seulement trois plaques, la multiplication dépasserait ir, millions. Naturellement, tes difficultés croissent avec le nombre d'étages : il faut guider le flux électronique, c’est l’office des « plaques de champs » 1 b, 2 b, 3 1), etc., électrisées négativement de manière éi déflcctcr les électrons négatifs. D’autre part, des bobines magnétiques (indiquées ici en pointillé et disposées perpendiculairement au plan du tableau, c’est-à-dire au trajet électronique) ont pour mission de concentrer le flux d’électrons au fur et à mesure de sa progression. Le guidage du faisceau devient de plus en plus difficile à obtenir, sans fuites, à mesure qu’il avance. Sans quoi, il est évident que la « multiplication » de l’intensité d'un courant « électronique » (celui d’une cellule, photoélectrique, d’une lampe triode émettrice ou réceptrice ou modu-latrice) pourrait être portée, directement à telle intensité qu'on demanderait. Condensant en un seul tube tous les avantages des lampes triodes multiples, en éliminant leurs inconvénients (notamment l’effet de capacité qui limite, leur emploi pour l’amplification des courants de très hautes fréquences), le multiplicateur d’électrons de Zworykin constitue la plus belle invention réalisée depuis la lampe triode en question.
- une récompense enviée, le «Morris Liebman Memorial Prizc».
- L’optique électronique de Zworykin est une des sciences fondamentales par laquelle toute l’industrie future des ondes conquerra son standing définitif de souplesse et d’intensité : pas une cellule photoélectrique, pas un tube « à vide » qui ne relèvent de cette opti -que corpusculaire.
- Le tour de force du professeur Kapitza :
- 220 000 kW en l/100e de seconde Bien que notre étude rapide n’ait pris pour objet que la réussite industrielle d’ingénieurs russes
- expatriés il la suite de la révolution, nous croyons devoir associer à ces techniciens un savant que les événements surprirent en cours d’études, qui se fixa en Angleterre pour les continuer et qui, les ayant poussées à un degré de perfection tel cpie l’Université de Cambridge lui offrit un laboratoire spécial, s’est trouvé brusquement prié de rentrer au bercail par le gouvernement soviétique.
- Le professeur Ivapitza, gradué de Cambridge, directeur d’un puissant laboratoire d o n t l’équipement, réalisé sur ses plans, coûta 1 ;> 000 1 i vres sterling à la Royal Society de Londres, a
- FIG. 7. — I.’lCONOSCOI’E DE ZWORYKIN TEL QU’lL EST RÉALISÉ EN CAMERA DE PRISE DE VUE DIRECTE
- Dispensant de tout mécanisme, Viconuscope Zïvorykin. aujourd'hui imité dans le monde entier, a donné éi la caméra de télévision située à la base de la transmission une souplesse supérieure à celte du cinématographe le plus perfectionné.
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- LES INGÉNIEURS RUSSES ET LA TECHNIQUE
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- obéi au rappel de sa patrie, dans laquelle, d’ailleurs, il allait passer depuis dix ans, très régulièrement, ses vacances. Ce fait significatif montre à quel point la République soviétique « a besoin de savants ».
- L’œuvre de Kapitza concerne la physique moléculaire, mais elle touche à l’échelle industrielle par les moyens physiques qu’elle met en œuvre. Un alternateur qui fournit, sans dommage, 220 000 kW de puissance et, par l’induction que développe ce courant, un champ magnétique de 350 000 gauss ! Voilà, certes, une machine herculéenne... Cependant son constructeur, le professeur Kapitza — voyez l’étude très détaillée que cette revue a consacrée à ce laboratoire de Cambridge (1) — a évité de réquisitionner la centrale électrique que ces nombres permettaient de prévoir : toute sa ruse consiste
- à courl-circui-ter un puis-sant alternateur durant l/100e de seconde seulement. Et cela suffit pour fournir les puissances instantanées que nous venons d’énoncer et pour (] u e soient photographié s n o n moins instantanément les spectres lumi-
- VLADIMIR ZWOHYKIN L'un des créateurs de l'optique électronique et de la télévision.
- (1 ) Voir La Science et la Vie, n° 200, p. 117.
- neux concernant la matière étudiée.
- On peut les étudier ensuite à loisir.
- Par contre, il suffît, égale-ment de ce centième de seconde pour que la bobine d’induction, qui supporte un effort de plusieurs centaines de kg au cm, risque d ’e x ]) 1 o s e r comme une bombe sous l’effet du court - circuit. Et pour prod u i re ce
- court-circuit, le contacteur utilisé n’est pas, vous le concevez, un contacteur ordinaire. II faut, pour lé manier dans le centième de seconde requis, lui imprimer une accélération mille fois supérieure à celle de la pesanteur.
- Qu’un savant russe ait eu l’audace de provoquer par « condensation » dans le temps, si l’on ose dire, les champs magnétiques les plus intenses qu’on ait jamais obtenus et dont le plus grand électroaimant connu (celui de notre Académie des Sciences) n’approche que de très loin (l/7e environ des champs obtenus par Kapitza), voilà, certes, qui marque le génie scientifique russe d’une auréole où semble s’inscrire une devise jadis familière aux Français : « Rien n’est impossible. » Victor Jougi.a.
- J.K PROFESSEUR KAPITZA
- Savant, déjà spécialisé, à ! Université de Cambridge, dans Vétude de la physique moléculaire et des très basses températures.
- La Société des Nations dresse périodiquement des statistiques qui, comme toutes les statistiques, sont discutables. Ainsi, elle a estimé récemment que la population totale de notre planète s’élevait, à la fin de 1934, à quelque 2 077 000 000 d’individus, ce qui représente une augmentation d’environ 20 millions par rapport à l’année précédente. Mais le statisticien de la Société des Nations estime que le taux moyen d’accroissement de la population est d’environ 16 millions par an. D’autre part, 132 millions de km2 du globe seraient peuplés par ces 2 milliards d’êtres humains.
- Avec des statistiques de ce genre, toutes les interprétations sont possibles. Il est évident qu’il est difficile de dénombrer les petits Chinois et les habitants de la Forêt vierge... et la S. D. N. elle-même n’a pu se livrer qu’à des évaluations.
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- T RAVE MONDE
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- LES « MATIÈRES PREMIÈRES STRATÉGIQUES » AUX ÉTATS-UNIS
- On sait que les Etats-Unis d’Amérique sont riches en matières premières variées. C’est, avec l’U. R. S. S., l’un des plus grands « réservoirs » de richesses minérales : fer, cuivre, plomb, zinc, houille, naphte, dont les gisements abondent dans le sous-sol, sans oublier les produits du sol : blé et coton. Cependant, il leur manque encore des denrées de première importance d’origine tropicale, telles que caoutchouc, café, thé, cacao. Parmi les minéraux, il y en a aussi de très importants pour les différentes industries modernes qui font défaut totalement ou partiellement. Il faut citer notamment le nickel, l’étain, le chrome, le manganèse, l’antimoine. On se souvient que, pendant la guerre 1914-1918, le gouvernement de Washington avait fait dresser un inventaire de ce qu’il désignait sous le vocable de « matières premières stratégiques ». Elles comprenaient les matières ci-dessus énoncées et, en outre, le platine, le mercure, le tungstène, ainsi que d’autres produits de plus ou moins grande importance telles que nitrates, camphre, mica, iode, soie, jute, laque, sans oublier le sucre (1 ) et la laine. Depuis vingt ans, l’Amérique a — comme les autres nations industrielles — développé ses fabrications de synthèse; aujourd’hui, elle se suffit en nitrates (industrie synthétique de l’azote), en iode (sous-produit du traitement du pétrole), en camphre artificiel, en soie (rayonne). Même pour la préparation de la laque, la chimie vient de mettre au point des succédanés préparés à l’intérieur même du territoire. Elle a su également remplacer, pour certains usages, le jute par le coton, le cuir des peaux par le cuir artificiel, etc.
- Parmi les matières premières encore importées et plus particulièrement nécessaires aux industries de guerre, il faut surtout citer : le caoutchouc, l’étain, le manganèse, le chrome, le nickel. Rien que pour le caoutchouc, les Etats-Unis importent des seules possessions anglaises et hollandaises plus de 600.000 tonnes de gomme, sans compter le Brésil, les Philippines, le Libéria. La revue franco-américaine lb4mé-rique du Nord estime que les besoins des Etats-Unis en caoutchouc représentent plus de la moitié de la production annuelle du monde (1 million de tonnes en 1934). En vue d’atténuer quelque peu l’importation, on a eu recours à la régénération des vieux caoutchoucs (reclaimed rubber) ; mais la proportion de caoutchouc ainsi traité n’atteint pas actuellement 20 %, depuis que la gomme naturelle a considérablement baissé de prix (1932). On a aussi cherché à cultiver en territoire américain les plantes à latex. Enfin, la préparation de caoutchouc artificiel a donné lieu à divers procédés industriels. Il faut citer notamment les produits de synthèse duprene et thiokol qui, paraît-il, auraient donné aux essais de bons résultats quant à la qualité. Ces produits se rapprocheraient du buna allemand (2).
- Dans l’industrie moderne, l’étain occupe aussi une place prépondérante : les Etats-Unis consomment actuellement, à eux seuls, la moitié de la production mondiale
- (1) Les importations américaines de sucre sont très importantes : d’autre part, le café représente la denrée importée dont la valeur en dollars est la plus forte des importations étrangères aux Etats-Unis. Pour le bois (papeteries) et le papier journal, les Etats-Unis font un sérieux appel à leur voisin : le Canada.
- (2) Voir La Scienee et la Vie, n° 227, page 414.
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- (plus de 70 000 tonnes par an), alors qu’ils n’en produisent à peine que le cinquième, et cela en dépit de toutes les prospections et essais poursuivis depuis la guerre. Du reste, en Amérique, non seulement on récupère les déchets d’étain, mais une loi en interdit l’exportation. Pour le manganèse et le chrome, la consommation dépasse de beaucoup la production nationale, surtout depuis le développement considérable de la construction mécanique en général et de l’industrie automobile en particulier. Rien que pour le chrome, les Etats-Unis importent plus de 250 000 tonnes annuellement. Ils doivent aussi importer, pour ces mêmes industries, du tungstène, du vanadium, du nickel, de l’antimoine, car les ressources nationales sont insignifiantes.— Ainsi, pour le nickel, les Etats-Unis absorbent plus de 45 % de la production mondiale ! ce qui représente (1935) une somme avoisinant 18 millions de dollars à verser à l’étranger aux pays producteurs. On sait que le plus gros producteur de nickel est le Canada qui, à lui seul, représente plus de 85 % de la production du globe.
- De cet exposé, il résulte que les Etats-Unis demeurent les plus forts importateur s de caoutchouc, d’étain et de nickel, matières premières indispensables à la production industrielle du temps de paix, et également aux fabrications de guerre. Aussi les Etats-Unis, prévoyant le cas où les importations de ces métaux et produits divers seraient compromises, s’efforcent-ils de constituer, dès maintenant, des stocks imposants, appelés à jouer le rôle de réserves pour la Défense nationale.
- LA LUTTE ÉCONOMIQUE DU JAPON ET DE L’AUSTRALIE
- Jusqu’ici les échanges de marchandises entre le Japon et l’Australie consistaient notamment en achats de laine et de blé par le Japon, et en importations de tissus, de rayonne et de soieries japonaises par l’Australie. Devant le déficit de sa balance commerciale vis-à-vis de l’Australie — déficit croissant d’année en année, surtout depuis les mesures prises par l’Angleterre en faveur du gouvernement australien, mesures qui aboutirent à un relèvement des droits de douane sur les produits japonais, — le Nippon applique à son tour la même loi de protection commerciale qui s’était révélée efficace vis-à-vis du Canada. Actuellement, le Japon achète son blé au Canada et en Argentine ; les deux tiers de ses besoins en laine sont assurés par la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud, l’Argentine, et aussi par sa propre industrie de la laine artificielle (1); le troisième tiers seulement est encore demandé à l’Australie.
- LE NOUVEL AMÉNAGEMENT DES BASES NAVALES DE L’ANGLETERRE
- Le premier Lord de l’amirauté britannique, à la suite de son récent voyage en Méditerranée, a tracé, dans ses grandes lignes, le programme de la future politique navale de l’Angleterre. Il a tout particulièrement insisté sur la décision inébranlable de son gouvernement d’assurer à la métropole la sécurité des grandes routes maritimes qui la relient à son vaste empire. Les sérieuses inquiétudes — qui se sont manifestées pendant le conflit éthiopien — concernant la liberté du canal de Suez, indispensable aux communications du Royaume-Uni avec ses principaux territoires d’outre-mer, l’ont en effet incité à assurer, plus solidement que jamais, ses positions stratégiques en Méditerranée, d’où le renforcement actuel des principales bases navales anglaises qui s’échelonnent de l’ouest à l’est du bassin méditerranéen : Gibraltar, Malte, Alexandrie, Chypre. Nous avons déjà signalé (2) les transformations importantes prévues pour « moderniser » ces points d’appui militaires, au point de vue naval comme au point de vue aérien, en tenant compte des progrès techniques réalisés récemment par les grandes puissances dans les différents domaines de l’armement sur mer, dans les airs, comme sur terre. Devant l’évolution de la politique de
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 232, page 293. — (2) Voir La Science et la Vie, n° 225, page 229.
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- l’Ital îe, devenue l’une des premières puissances militaires d’Europe ; devant les événements survenus en Palestine, il était à présumer que la base de Chypre serait appelée à jouer un rôle de premier plan au profit des Anglais. Il suffit, en effet, de jeter un coup d’œil sur une carte pour se rendre compte de l’importance géographique, et par suite stratégique, de Chypre, située à proximité (370 km) de 1 entrée du canal de Suez (Port-Saïd) et de la côte de Palestine (Haïfa), qui est à moins de 270 km. Dans cette brève information, nous nous sommes contentés de souligner le nouvel effort militaire de la Grande-Bretagne en Méditerranée ; mais il ne faut pas non plus méconnaître l’effort poursuivi pour aménager d’autres bases navales sur les routes de l’Empire (notamment Singapour, etc.), ainsi que le programme en voie de réalisation pour la construction navale (1) en vue de doter la flotte anglaise des bâtiments les plus modernes (constructions neuves) et de transformer les moins anciens pour les adapter aux nouvelles exigences du combat naval et aérien.
- LES CHARS DE COMBAT DOIVENT AUSSI ÊTRE PROPULSÉS PAR MOTEURS A HUILE LOURDE
- La présence d’une quantité importante d’un liquide aussi volatil et inflammable que l’essence constitue, pour les équipages des chars de combat, un danger permanent que l’utilisation de l’huile lourde permettrait d’écarter, du moins dans la plupart des cas. Aussi cherche-t-on à doter maintenant les « tanks » de moteurs à combustion interne. Les premiers résultats n’ont pas, du reste, donné entière satisfaction et, dans l’utilisation courante, on a enregistré certains mécomptes. De plus, le remplacement de tous les moteurs équipant ces engins entraînerait une dépense considérable. On a donc songé récemment à utiliser la culasse imaginée par 1 ingénieur Bagnulo (2), qui est adaptable à tous les moteurs à explosion déjà en service, même dans l’aviation, pour assurer leur fonctionnement à l’essence, à l’huile lourde et aux huiles végétales sous des taux de compression moyens. On sait que 1 allumage se produit par compression dans une chambre aux parois chaudes. Il en résulte une moindre fatigue des organes du moteur. C’est pourquoi on a déjà entrepris, dans une usine d’automobiles française, la fabrication en série des pièces nécessaires à cette transformation pour réaliser une plus grande sécurité, une plus grande commodité d emploi, une réduction des prix de revient, une facilité d’entretien. Si, à 1 usage, ce moteur polycarburant justifie les espérances que l’armée fonde sur son emploi, une réelle amélioration aura été accomplie dans la propulsion des chars de combat. Le problème de la propulsion des véhicules de combat soulève encore bien des difficultés pour arriver à une solution qui ne laisse entrevoir aucune défaillance, en tenant compte des conditions particulières d’utilisation.
- POUR LA MOBILISATION INDUSTRIELLE DE L’ALLEMAGNE
- Depuis le 1 or octobre, le ministère de la Guerre du Reich pousse activement l’organisation industrielle pour le cas de guerre, afin d’indiquer dès maintenant aux différents fabricants les fournitures auxquelles ils auront à faire face lorsqu ils passeront de l’état normal à l’état d’économie de guerre (Wehriûirtschaft). A cet effet, on a procédé à une sorte d’inventaire des ressources que ces industriels pourront ainsi apporter à la mobilisation. Pour le personnel, on a minutieusement établi des fiches dans chaque établissement indiquant l’emploi de 1 ouvrier en temps de paix et la fonction qui lui sera attribuée dès l’ouverture des hostilités. Voilà pour les ressources industrielles et le personnel qualifié des usines du Reich. Reste la question primordiale des approvisionnements en matières premières en provenance de 1 etranger. L état-major allemand n’a jamais dissimulé que la puissance offensive de ses armées reposait sur leur motorisation et leur mécanisation (3), qu à cet effet, il a
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 230, page 145. — (2) Voir La Science et la Vie, n° 216, page 472. — (3) Voir La Science et la Vie, n° 231, page 201.
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- déjà constitué plusieurs divisions spéciales (Panzerdivisionen), fait intensifier la production automobile, construire des autostrades, établi un programme économique pour se procurer carburants et caoutchouc destinés à cette vaste transformation de la nation en vue d’approvisionner les troupes en campagne et la population civile. Nous avons, à plusieurs reprises, exposé (1) l’évolution des procédés de synthèse mis au point en Allemagne pour obtenir l’essence nécessaire sans faire appel à l’extérieur. Actuellement, le Reich serait en mesure de se procurer sur son propre sol près de 40 % de sa consommation en carburants nationaux, sans tenir compte bien entendu du prix de revient : 1 litre d’essence de synthèse provenant du traitement de 4 tonnes (environ) de lignite revient, en effet, à un prix double de celui payé pour l’essence naturelle importée. A ces carburants « artificiels », il y a lieu d’ajouter 1 alcool, le gaz d’éclairage (plus de 10 000 usines à gaz en territoire allemand), sans oublier l’emploi du gaz des forêts (gazogènes) qui, certainement, sera complètement mis au point, notamment pour la propulsion de véhicules destinés aux transports industriels et aux transports en commun. Quant au caoutchouc indispensable pour équiper le grand nombre d’automobiles que fabrique aujourd’hui l’Allemagne, il va de soi que, là encore, l’importation demeure jusqu’ici nécessaire. Mais, là aussi, la synthèse chimique est intervenue avec succès pour parer aux nécessités en cas de guerre. En 1932, le Reich achetait à l’étranger à peine 30 000 tonnes de gomme ; en 1934, il est obligé d’importer plus de 65 000 tonnes, payables évidemment en devises appréciées. Nous avons montré récemment (2), à propos du Salon de l’Automobile de Berlin, la place que tenait maintenant le produit de synthèse « Buna », appelé à remplacer le caoutchouc naturel (de culture). Nous avons fait remarquer que cet « ersatz », une fois vulcanisé, permettait de fabriquer des « pneus » (3) dont la résistance à l’usure était même supérieure à celle des enveloppes ordinaires... mais, bien entendu, coûtant au moins quatre fois plus cher, considération secondaire en cas de conflit armé. Pour l’instant, le « Buna » n’est employé que pour les applications à l’industrie chimique, à cause de ses propriétés ; mais il pourrait jouer un rôle important pendant une période d’hostilités, car on sait que, de 1914 à 1918, l’Allemagne fut paralysée dans son action militaire précisément par le manque de caoutchouc, et, à cette époque, l’ersatz n’était pas au point...
- Telle est l’évolution qui a été déterminée par une politique qui prévoit un jour 3 millions d’automobiles en Allemagne’(4), qu’il faudra alimenter et équiper par ses propres ressources en cas d’une guerre d’assez longue durée. Il va de soi que si, par contre, une décision militaire intervenait rapidement, les stocks déjà constitués depuis un certain temps suffiraient sans doute à satisfaire tous les besoins de 1 avant et même de barrière en matières premières dites stratégiques.
- VOICI UN NOUVEAU NAVIRE NON MAGNÉTIQUE
- Le nouveau navire d’exploration scientifique Research, navire non magnétique (5), commandé par l’Amirauté britannique, vient d’être mis en chantier à Dartmouth.
- Il est destiné à remplacer le navire non magnétique Carnegie, qui fut incendié, dans les Samoa occidentales, en 1929. Cette perte avait interrompu une série de recherches magnétiques qui duraient depuis vingt-cinq ans. Le Research aura un déplacement de 650 tonnes ; propulsé à voile et au moteur, la voile sera le moyen de propulsion ordinaire, mais un moteur Diesel actionnera une hélice et son rayon d action sera ainsi de 2 000 milles marins à la vitesse de 6 nœuds.
- Sa coque sera en bois de teck et en bronze. Les ancres mêmes et les chaînes, qui exercent à bord des navires ordinaires une si forte influence sur les compas, seront également en bronze.
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 231, page 21X. — (2) Voir I.a Science et la Vie, n° 227, page 411. — (3) Voir Lu Science et la Vie, il0 221, page 11G.— (1) Voir La Science et la Vie, n° 22S, page 494. (5) Voir l.a Science et la Vie, n° 221, page 106.
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- On a réduit au minimum l’emploi des métaux ferreux, même pour le moteur et la dynamo. D’ici deux ans, il sera terminé.et son devis s’élève à près de 9 millions de fr.
- Il aura pour mission la détermination des éléments magnétiques, qui permettent de dresser les cartes utiles aux marins et aux physiciens, et l’établissement d’un recueil de toutes les données susceptibles de faire progresser la science du magnétisme. On se rappelle que les renseignements recueillis par le Carnegie étaient diffusés par les soins de l’Association Carnegie, de Washington, à tous ceux qui le désiraient.
- LE MOTEUR UNIQUE POUR LA PROPULSION DES SOUS-MARINS
- EST-IL AU POINT ?
- L’effort méthodique et prodigieux accompli par le Reich au cours de ces dernières années pour doter sa marine militaire de tous les perfectionnements de la technique dans le domaine du génie maritime, comme dans celui de l’artillerie navale, vient d’aboutir à un nouveau progrès — qui n’est pas négligeable — dans le domaine de la propulsion des sous-marins. Il s’agit de propulser ces bâtiments au moyen d’un moteur unique, assurant aussi bien la navigation en plongée que la navigation en surface. Si cette invention (que l’on peut qualifier d’inédite) donne satisfaction aux essais, — essais dont les résultats seront tenus secrets le plus longtemps possible, — il est désormais certain que l’on pourra alors construire des sous-marins de tonnage très réduit et disposant néanmoins de qualités militaires de premier ordre. Le nombre des bâtiments allemands de ce genre qui seraient, paraît-il, actuellement terminés dans les chantiers, dépasserait déjà la trentaine (dont les deux tiers déplaçant 250 tonnes) et ils posséderaient un très grand rayon d’action. L armement prévu comporterait trois tubes lance-torpilles de 50 cm environ. Cette série doit être suivie d’autres submersibles de 500 tonnes et de 750 tonnes. Nous avons du reste déjà signalé (1) que l’Amirauté allemande s’orientait vers la construction de sous-marins de beaucoup plus fort tonnage, destinés à remplir des missions bien définies et bien différentes de celles confiées aux petits sous-marins utilisés pour la défense des côtes, l’entraînement des équipages, etc.
- Si le moteur unique, alimenté à l’oxygène et à l’hydrogène (2), est au point et justifie les espérances des ingénieurs des constructions navales, l’année 1936 enregistrera un progrès dans ce domaine, puisque le moteur Diesel, pour la navigation en surface, et le moteur électrique avec son encombrante, dangereuse et coûteuse batterie d’accumulateurs (3) disparaîtront pour faire place à un moteur Diesel unique (4). Mais, attendons des précisions techniques avant de conclure et d’envisager les conséquences d’une telle révélation navale.
- LES AVIONS A HUILE LOURDE EN ALLEMAGNE
- Le Reich s’efforce de développer de plus en plus les applications des moteurs à huile lourde dans l’aviation, pour en tirer le meilleur rendement (économie de combustible, rayon d’action). Au mois d’août dernier, un appareil bimoteur à huile lourde « Dornier » a réalisé la magnifique performance de 6 000 km, sans escale, en 18 heures (soit 333 km/h), avec une consommation de 170 g au ch. h. C’est avec de
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 227, page 349. — (2) Voir La Science et la Vie, n° 222, page 483. —
- (3) Certaines batteries coûtent plus de 2 millions et pèsent l/16e du déplacement total du sous-marin. —
- (4) En réalité, voici le principe du système, bien connu de nos techniciens de la marine : lorsque le submersible navigue en surface, il est propulsé par le moteur à huile lourde (Diesel), qui, en même temps, entraîne une dynamo qui charge les accus. Or, ce générateur électrique peut aussi électrolyser l’eau, d’où production d’hydrogène. Les gaz de cette décomposition sont accumulés sous pression dans des récipients à grande résistance qui alimentent en plongée le même moteur à combustion interne adapté à sa nouvelle fonction. Nous avons ainsi un véritable sous-marin à gaz dont les produits de la combustion à l’échappement sont constitués par de la vapeur d’eau qui se condense et ne révèle pas la présence du sous-marin, puisqu’il n’y a pas de bulles à la surface. Nous traiterons ce sujet dans son ensemble, lorsque la technique sera... moins bien gardée.
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- tels avions, équipés du fameux moteur « Jumo » construit par la firme Junkers, que 1 Allemagne compte exploiter les routes aériennes transocéaniques. En France, nous sommes très en retard à ce point de vue. Cependant, actuellement, un appareil équipé avec un moteur de ce type procède à des essais sous le contrôle d’une maison française qui a acquis la licence Junkers, sans omettre les moteurs Clerget et Coatalem.
- L’AVENIR DU MOTEUR A INJECTION (DIESEL)
- ET LA LOCOMOTION ROUTIÈRE
- Nous avons exposé ici les progrès réalisés dans le vaste domaine de la locomotion mécanique par le moteur à carburation (carburateur), dit encore « à explosion », alimenté à l’essence et le moteur à injection (injecteur) alimenté aux huiles lourdes. Ce dernier, dénommé couramment « Diesel », a pris, au cours de ces dernières années, un développement rapide et considérable pour les raisons suivantes (que résume, dans un récent ouvrage, l’ingénieur M. H. Petit), tant au point de vue des avantages déjà acquis qu’au point de vue de l’avenir même du moteur à injection. Celui-ci utilise, en effet, un combustible encore actuellement bon marché : le gas oïl, qui résulte de la distillation du pétrole brut lorsque le pétrole dit « lampant « (ou d’écla rage) est déjà passé. Il réalise un bon rendement thermique et, par suite, une consommation peu élevée. On sait, en effet, qu’un moteur à essence consomme dans les meilleures conditions de 230 à 250 g de carburant essence par ch.h, alors qu’un moteur à injection consommera 180 g de combustible liquide par ch.h et souvent moins. Le gas oil est, en outre, moins sujet à provoquer des incendies, car il est pratiquement ininflammable à la température ordinaire. Par contre, il a l’inconvénient d’imprégner les objets avoisinant les endroits où il séjourne et d’y rester. Or, si une allumette enflammée s’éteint quand on la plonge dans du gas oil, elle est, par contre, susceptible d’allumer le bois imprégné d’huile lourde (ici gas oil). Même sur la tôle où il séjourne, n’étant pas volatil, il peut s’accumuler à proximité du moteur et provoquer l’incendie. C’est là un phénomène, constaté sur les automotrices à Diesel, qui a causé de graves accidents sur les chemins de fer ainsi que les statistiques des compagnies en font foi.
- Comme le dit M. Petit, cette restriction concernant la sécurité offerte par le gas oil n’a pour but que de mettre en garde les personnes non averties contre une sécurité trop grande qui serait dès lors illusoire. L’essence, en effet, si elle est inflammable, a au moins la propriété de s’évaporer rapidement et cette évaporation diminue les chances de danger d’incendie.
- Le moteur à gas oil présente aussi des inconvénients : il est plus lourd et il est plus cher, si on le compare au moteur à essence. Comme son usinage est délicat, qu’il exige des matériaux sélectionnés, qu’il nécessite, après usage prolongé, des réparations plus coûteuses que le moteur à carburation (essence), il apparaît—pour l’instant du moins — plus indiqué pour les véhicules industriels de fort tonnage que pour les voitures de livraison, camionnettes, etc. Cependant, au dernier Salon de l’Automobile de Paris, deux firmes allemandes exposaient des voitures de tourisme équipées avec des moteurs Diesel tournant à 2 500 t/mn et donnant toute satisfaction en marche normale : vitesse voisine de 100 km/h, économie, confort (pas d’odeur), démarrages à froid aisés, etc. Mais revenons au Diesel pour « poids lourds ». Outre les ruptures de culasses, encore assez fréquentes sur certains types après 30 000 km parcourus, il y a lieu également de rappeler la production de fumée et d'odeurs caractéristiques qui proviennent d’une combustion incomplète. A ce point de vue, il ne faut pas méconnaître les progrès très appréciables réalisés récemment, en France comme à l’étranger. On cite notamment les 50 autobus de Londres, propulsés par moteurs à injection d’huile lourde, où aucun de ces inconvénients n’est constaté. Ceci dit, on doit insister quelque peu sur le facteur économie, qui a été un déterminant du succès obtenu par
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- la traction à Diesel. Rappelons-nous qu’à l’origine le gas oil coûtait à peine 40 centimes le litre (exempt de taxe), alors que l’essence était vendue aux environs de 2 fr (francs de 1928). Par la suite, l’Etat intervint, ce qui eut pour résultat d’en porter le prix à 1 fr. Dans l’état actuel des choses, cela représente encore une dépense moitié moindre, à consommation égale, que pour l’essence. Ce bénéfice est moins élevé qu’au début de l’usage du gas oil, mais il est loin d’être négligeable, même si on ne tient pas compte de la consommation absolue du combustible lourd qui est sensiblement inférieure à celle du carburant léger. Il va de soi que ces considérations doivent être complétées, pour une exploitation commerciale, de l’étude des impôts de circulation, des frais de garage, de l’entretien, de l’amortissement, des pneumatiques, sans omettre les assurances qui, en France, paralysent l’essor de l’automobile par suite de primes trop élevées et de garanties insuffisantes en cas d’accident.
- I enu compte de ces différents facteurs de dépenses, il apparaît que le budget d’un véhicule à moteur à injection est plus avantageux que celui d’un moteur à carburation. L’avenir du premier dépend cependant de la façon dont sera traité le combustible liquide par l’Administration des Finances, qui ne favorise guère le développement des transports routiers pour ne pas aggraver encore le déficit ferroviaire. A ce propos, il est juste de remarquer que l’Etat favorise les chemins de fer aux dépens des usagers de la route : en cas de déficit de nos réseaux, c’est l’Etat qui le comble ; en cas de déficit des transporteurs routiers, c’est l’exploitant qui fait faillite... La politique française des combustibles consiste à « écraser » tout ce qui consomme des combustibles liquides d’origine pétrolifère en exagérant les droits de douane, les droits de statistique, en multipliant les taxes : remplacement, circulation, encombrement, etc., sans omettre les limitations récentes concernant le poids, les dimensions des véhicules dits « poids lourds ».
- Au point de vue technique, nul doute que le moteur à injection ne progresse encore, comme l’a fait son devancier, le moteur à carburation, depuis 1900 ; mais le succès de son exploitation est conditionné par la politique des combustibles et des carburants pratiquée par chaque nation, où l’Etat reste le maître de ses destinées. A prix égal, l’essence tue le gas oil.
- QUELQUES COMMENTAIRES A PROPOS DU CHOMAGE EN FRANCE
- Au début d’octobre dernier (/. O., 9 octobre 1936), le Ministère du Travail enregistrait en France 408 589 chômeurs inscrits, contre 371 865 en 1935, pendant la même période. Ce chiffre de 1936 représente approximativement le vingtième de la population ouvrière évaluée, grosso modo, à 8 millions. La France, à ce point de vue, n’arrive — et c’est relativement réconfortant — qu’au septième rang parmi les nations d’Europe. Pour se rendre compte plus exactement de notre crise de chômage, il y a lieu d’analyser ce total global officiel.
- II faut remarquer tout d’abord que la moitié (227 714) incombe aux départements de Seine et de Seine-et-Oise. Les régions les plus affectées sont ensuite le Nord (52 168), les Bouches-du-Rhône (17 319), le Pas-de-Calais (12 768), la Seine-Inférieure (12 315), le Haut-Rhin (10 447) ; les autres départements (au 3 octobre dernier) accusaient — respectivement — moins de 10 000 inscrits. Enfin, pour les 76 départements les moins « touchés », l’ensemble des chômeurs n’atteint pas 35 500 inscrits (soit 15 chômeurs par 10 000 habitants). D’autres part, sur les 418 000 chômeurs (en chiffre rond), il y a environ 90 000 femmes. L’âge du chômeur constitue aussi un élément fort instructif, mais aucune statistique précise n’existe à ce sujet. A partir de 60 ans, par exemple, il apparaît en effet, qu’un chômeur n’est pas en réalité un « chercheur » de travail, mais qu’il considère plutôt son indemnité comme une modeste retraite. En l’absence de statistiques centralisées au Ministère du Travail, on peut néanmoins se faire une idée approximative de l’âge des chômeurs en prenant quelques grandes agglomérations industrielles : Saint-
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- PRENONS
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- Etienne, par exemple. Sur 2 637 inscrits en juin dernier, 27 % avaient plus de 60 ans, 43 % plus de 50 ans. A Denain, 64 % des inscrits ont plus de 40 ans. Dans la Seine, une évaluation, qui remonte à deux ans, fixait à 20 % des inscrits les chômeurs dépassant 55 ans. M. P. Waline estime qu’actuellement, sur l’ensemble du territoire, 1 chômeur sur 5 atteint au moins 55 ans. Si, maintenant, on se place au point de vue valeur professionnelle des chômeurs, on peut considérer, d’après les demandes d’emploi non satisfaites, qu’il y a 1 manœuvre sur 6 candidats parmi les « sans-travail. » Or, combien de soi-disant professionnels inscrits par catégorie ne sont en somme que des manœuvres ! Aussi, quand on demande des ouvriers vraiment qualifiés, il est parfois difficile de s’en procurer. C’est tout le problème de la formation professionnelle qui apparaît ici par incidence, pour transformer les manœuvres en trop grand nombre en ouvriers vraiment qualifiés. Ceci explique qu’il y a, dans de nombreux centres ouvriers, des manœuvres français en quête de travail alors que des étrangers sont occupés parce que, précisément, ouvriers qualifiés dans la profession. Le problème du chômage apparaît ainsi beaucoup plus complexe que ne le laissent entrevoir les statistiques officielles qui donnent ainsi naissance à des interprétations erronées. Nous aurons l’occasion d’y revenir.
- POUR UNE POLITIQUE PLUS RATIONNELLE DE L’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE
- Après la réélection triomphale du président Roosevelt, il apparaît que sa politique économique a rallié bien des suffrages. Nous avons exposé ici (1) ses conceptions dans le domaine de la production industrielle qui ont abouti, pour l’énergie électrique, à l’audacieuse expérience des services d’électricité exploités par l’Office de la vallée de Tennessee et les sociétés privées. Cette politique va certainement se développer au cours des quatre années de pouvoir exercé par M. Roosevelt. Les discussions passionnées qui eurent lieu à ce sujet, lors de la Conférence de l’Energie à Washington, en septembre dernier, démontrent suffisamment l’importance de ces problèmes dans l’économie américaine. Aux Etats-Unis — et plus encore en Europe — l ’auteur du NewDeal a reconnu que l’Etat ne devait plus laisser aux seules compagnies privées le monopole de fait de produire et de distribuer l’énergie. Nous aurons l’occasion, au cours de cette année 1937, d’exposer ces problèmes—en toute objectivité —1 notamment en ce qui concerne la politique de l’électricité en France.
- LA FRANCE N’A PAS ENCORE DE «MAISON DE LA RADIO»
- A l’occasion de l’Exposition de 1937, « Arts et Techniques ”, il nous paraissait indispensable que la France inaugurât, enfin, sa « Maison de la Radio ». Les grandes nations industrielles : Belgique, Allemagne, Italie, Angleterre, Etats-Unis, ont, en effet, institué depuis longtemps de véritables cités des ondes, qui comportent les perfectionnements les plus démonstratifs de cette technique universelle. La Science et la Vie a décrit plusieurs de ces installations (2) au moment où elles sont entrées en fonctionnement. Il est regrettable qu’en France, par suite de mauvaises ententes sur lesquelles nous n’insisterons pas ici, les spécialistes n’aient pu encore aboutir à créer cet organisme indispensable à une nation vraiment moderne.
- Dans le programme de l’Exposition de 1937, nous constatons aujourd’hui avec peine que figure la mention « Palais provisoire de la Radio ». Qu’est donc devenu le projet initial adopté, dès 1934, par la Commission de Radiophonie de l’Exposition et qui comportait une véritable Maison de la Radio, avec de vastes salles de fêtes et de concerts, et qui aurait été un des centres attractifs de l’Exposition ? Sans doute, faut-il incriminer, là encore, avec l’exiguïté des crédits, un défaut d’organisation et d’entente de la part des organismes responsables.
- (.1) Voir La Science et la Vie, n° 229, page 5. — (2) Voir La Science et la Vie, n° 211, page 45.
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- COMMENT A EVOLUE L’ALIMENTATION DE LA POPULATION FRANÇAISE EN 50 ANS
- A la lin du xixe siècle, un Français moyen consommait par an environ 250 kg de pain ; en 1934, un Parisien n’en consomme plus que 120 kg. Pour la consommation générale du pays, on estime qu’elle a diminué d’au moins 25 % depuis le début du siècle. Pour celle de la viande, elle s’élevait à environ 1 200 000 tonnes vers 1860 et dépassait 2 millions vers 1921. L’OlIice nat ional des Renseignements agricoles estime cpie la consommation de viande en France représente actuellement (par individu) moins de 50 kg par an, dont la moitié en viande de bœuf. Au milieu du siècle dernier, elle atteignait à peine la moit ié. Si nous tenons compte de ce fait que, d’une part, la population française s’est accrue de 2 millions d’habitants depuis 1913, et que, d’autre part, notre pays consommait déjà 50 kg annuellement vers 1910, on peut s’expliquer le déséquilibre actuel sur le marché national entre l’ol'fre et la demande. Pour le poisson, par contre, la consommation accuse une progression sensible, bien que cet aliment ne soit, en quelque sorte, qu’un >< accessoire » dans la nourriture de la majeure partie de la population. Si l’usage du poisson s’est développé en France depuis la guerre, cela tient en particulier aux progrès des transports et à l’organisation — plus rationnelle — des pêches maritimes. En 1913, notre pays consommait, en effet, 230 millions de kg à peine ; en 1934, on enregistre 313 millions de kg (soit 36 % d’augmentation en vingt ans). Et, cependant, le Français ne consomme que 7 kg de poisson par tête et par an, soit moins de 150 gr par semaine. C’est peu par rapport à certaines nations. Ce sont, évidemment, nos villes les mieux desservies (pii en consomment le plus : Rouen, 41 kg ; Nantes, 30 kg ; Paris, 15 kg.
- Les produits laitiers accusent aussi un notable développement de la consommation. Ainsi, en 1913, la France produisait annuellement 128 millions d’hectolitres de lait ; en 1934, elle a déjà dépassé 150 millions d’hectolitres, accusant ainsi, pendant vingt ans, un accroissement de 4 millions d’hectolitres de lait consommé à l’état naturel ; 7 millions pour la beurrerie ; 6 millions pour la fromagerie. En 1913, un habitant de notre pays consommait 3 kg de beurre ; en 1931, ce chiffre passe à 5 kg 160, ce qui représente à peu près la consommation moyenne actuelle en 1935. Contrairement à ce qui se passe dans des pays où l’élevage est moins riche que dans le nôtre, les succédanés du beurre (margarine) ont obtenu peu de succès auprès de la population française, et ce
- n’est que justice... On ne saurait, en effet, comparer la qualité de nos réputés produits naturels aux « ersatz » de l’industrie préconisés depuis la guerre à la faveur d’une publicité tapageuse. On estime en effet que, pour 2 millions de quintaux de beurre consommés annuellement en France (en moyenne), la vente de la margarine ne dépasse pas 200 000 quintaux. Si, du reste, la margarine continue à être fabriquée dans une nation agricole comme la France, cela tient à ce que sa fabrication utilise comme matière première le suif comestible et à ce que l’interdiction de ce produit artificiel par les pouvoirs publics exercerait une répercussion fâcheuse sur le cours du bétail national. La production fromagère s’est développée parallèlement à celle du beurre. En effet, en 1934, 24 millions d’hectolitres de lait sont utilisés à la préparation des fromages français, alors qu’en 1931, cette industrie agricole n’absorbait que 20 millions à peine et, en 1928, 17 millions seulement.
- Si, en France, la consommation moyenne annuelle représente, par tête, 80 litres pour le lait, 5 kg pour le beurre, 6 kg pour le fromage, elle est encore loin d’approcher la plupart des autres pays d’Europe. Voici, en effet, d’après la Fédération de l’Industrie Laitière néerlandaise, comment s’établit la statistique pour le lait, Je beurre, le fromage consommés par jour dans les pays suivants :
- Pays Lait litresparjour Beurre kg par an Fromage kg par an
- France .... 0,22 4,9 6,1
- Allemagne . 0,41 7,9 4,7
- Angleterre . 0,24 10,7 4,3
- Australie . . 0.22 12,7 1,8
- Autriche . . 0,57 2,8 1,5
- Belgique . . 0,26 11 3
- Canada .... 0,66 13,8 1,5
- Danemark . 0,72 9,6 5.9
- Etats-Unis. 0,6 - 0,8 8,1 2
- Finlande . . 1,40 9,5 1,45
- Italie 0,13 1,2 5,5
- Norvège .. . 0,63 6 4,8
- Pays-Bas .. 0,3 - 0,4 5,7 7,2
- Suède 0,80 7,2 5,5
- Suisse 0,6 - 1,0 6,2 10,4
- Il y a lieu de signaler, par exemple, que le Danemark a produit, en 1934, 178 millions de kg de beurre, alors qu’il n’en a consommé que 28 millions. Les 150 millions restant furent vendus au monde entier et surtout à l’Angleterre et à l’Allemagne (20 millions de kg rien que pour cette der-
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- nière). Le Reich est donc l’un des meilleurs clients du Danemark pour les produits laitiers. Aussi, on conçoit l’émotion de ce petit pays — quant à la superficie — à l’annonce de la politique autarchique du IIIe Reich.
- Pour la production fruitière, la Science et la Vie a montré (1) comment elle pourrait être mieux organisée en France. Cependant, la consommation s’y est notablement développée au cours de ces dernières années. Ainsi, pour le raisin de table, il y a dix ans, elle n’atteignait que 750 000 quintaux, alors qu’en 1935 elle dépasse 1 million 500 000 quintaux, soit plus du double !
- Pour les autres fruits frais, la consommation d’avant 1914 était comprise entre 3 et 4 millions de quintaux ; en 1935, elle atteint 10 millions de quintaux. (C’est du reste approximativement la moyenne des années 1930 à 1935.) Quant aux fruits exotiques, — parmi lesquels la banane tient la place prépondérante dans la consommation française, — ia progression a été aussi rapide : avant 1914, la moyenne s’établissait à 20 kg environ par tête ; en 1933, on l’évalue déjà à 31 kg, et en 1934, à 38 kg ! Nous nous rapprochons donc aujourd’hui des Anglais qui en consomment de 40 à 43 kg par an. Paris — pour ne citer que cet exemple — en 1913 recevait seulement aux Halles centrales, en fruits et légumes, un peu plus de 300 millions ; en 1930, il en recevait déjà plus du double (677 millions). Le corps médical n’est pas étranger à cette évolution qui s’est manifestée aussi bien pour la production française en forte augmentation que pour les importations de l’étranger : en 1913, la France importait 2 millions de quintaux de fruits frais ; en 1935, plus de 6 millions, soit environ le triple.
- Pour la consommation des légumes, les statistiques sont ou imprécises ou inexistantes. If semble cependant qu’elle se soit accrue, notamment pour les haricots verts et les tomates. Pour les endives, notre pays importe de Belgique pour plus de 60 millions de francs (francs de 1936). Mais la France a réagi contre cette importation — vraiment exagérée — en développant elle-même dans ses départements du Nord la culture de l’endive qui vaut en qualité l’endive belge et coûte moins cher, ne fût-ce qu’à cause des droits de douane. Il y a aussi les conserves de légumes qui se sont multipliées depuis vingt ans, non seulement én France, mais dans le monde entier. La S. D. N. — qui publie périodiquement une documentation abondante et universelle sur les questions économiques et financières — estime que le monde absorbe par an 30 milliards de boîtes de conserves... Ainsi, en France, rien que pour la tomate, 100 millions de kg de ce légume sont transformés par nos conserveries. Il est vrai que les progrès du machinisme — aussi perfectionnés
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 230, page 157.
- que rapides dans ce domaine comme dans tant d’autres — permettent maintenant, grâce aux emboîteuses-sertisseuses automatiques, de fermer en une heure de 2 000 à 3 000 boîtes, suivant la machine et l’importance du récipient. On cite d’autre part des usines qui, au moment de la récolte, « travaillent » 200 000 kg de tomates fraîchement récoltées. Pour les conserves de petits pois, il existe également des « mécaniques » à écosser qui traitent aujourd’hui 5 000 kg à l’heure en livrant le pois parfaitement intact.
- De ces aperçus, on peut se faire une idée suffisamment exacte de l’évolution survenue au cours d’une génération dans l’alimentation de la population française. Il est incontestable qu’elle est meilleure et plus rationnelle qu’auparavant. Elle est aussi plus variée. Un seul fait suffit à mettre ee dernier point en évidence : les Economats de chemins de fer, en 1913, offraient à leurs adhérents une liste de produits alimentaires qui tenaient dans une page unique de leur catalogue ; celui-ci contient maintenant vingt-cinq pages ! Il en est de même pour les autres catégories de consommateurs. Un autre fait également à enregistrer dans cette évolution : depuis la guerre 1914-1918, on délaisse ce que les bouchers appellent les bas morceaux. Cela tient à ce que, dans notre civilisation contemporaine, la cuisine doit exiger le moins de temps possible, d’où la confection de rôtis et de grillades. L’ouvrier comme la ménagère préfèrent ainsi manger moins mais mieux, d’où évidemment la hausse des morceaux de choix chez le détaillant qui ne manque pas de profiter de l’occasion ainsi offerte par la clientèle même. — Il en est de même, du reste, pour la charcuterie, où l’on délaisse les « morceaux gras » pour la viande dégraissée. Ces constatations, concernant les grandes agglomérations, se vérifient également dans la classe paysanne, où l’on consomme plus de viande qu’il y a vingt ans, et cela d’autant plus que le cheptel se vend moins bien. Ainsi s’est manifestée en France, au cours d’un quart de siècle, une amélioration indiscutable du « confort » pour les classes laborieuses tant au point de vue de la qualité de la « nourriture » qu’à celui du vêtement et même du logement. Làj il reste encore beaucoup à faire, surtout dans nos grandes villes. D’autre part, le cinéma, les sports ont également contribué à rendre la vie du travailleur plus hygiénique en l’éloignant de plus en plus du cabaret, ses distractions, comme son habitation, ayant désormais pour lui plus d’attrait que par le passé. La France, peu à peu, s’oriente donc dans la voie où l’ont précédée de grandes nations industrielles et agricoles plus évoluées qu’elle à ces divers points de vue — comme l’Allemagne et les Etats-Unis, sans omettre les pays nordiques — pour améliorer l’existence matérielle et morale du travailleur.
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- LES LIVRES QU’IL FAUT MÉDITER
- Sous cette rubrique, une personnalité éminemment qualifiée pour chaque genre d’ouvrage analyse les livres les plus récents, qui font époque dans les différents domaines de la pensée humaine appliquée à l’interprétation des faits et des idées modernes.
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- L’AVIATION DE BOMBARDEMENT
- La Science kt la Vie (1) a présenté l’œuvre magistrale du général italien Douhet sous la signature de l’un de nos plus éminents olïieiers, le colonel Vauthier. Elle se doit d’exposer ici, à propos d’un ouvrage tout récent (2) de l’ingénieur en chef du génie maritime Rougeron, directeur du Service technique de l’armement au ministère de l’Air, les éléments d’une doctrine toute différente de la guerre aérienne, résultant d’une étude technique —- très poussée et originale — des moyens actuels d’attaque et de défense des objectifs en surface (terrestres et navals).
- On ne conteste plus sérieusement aujourd’hui le droit de l’aviation à l’action indépendante. Le général Douhet allait même si loin dans cette voie qu’il préconisait — en invoquant l’économie des forces et la notion de rendement qui doit dominer la conduite des opérations militaires comme elle régit la vie industrielle du temps de paix — l’abandon total des diverses aviations de coopération. Tous les efforts du commandement devaient donc tendre à accroître la valeur offensive et le nombre des « escadres de bataille » chargées de s’assurer la maîtrise de l’air d’abord, de détruire au sol les centres vitaux de la nation adverse ensuite. La victoire devait résulter par suite de la désorganisation des forces de production et de l’effondrement du potentiel de guerre de l'ennemi, beaucoup plus que des savantes stratégies des temps passés.
- Mais l’adversaire ne pourrait-il interdire par son artillerie de défense contre avions d’une part, par ses escadrilles de chasse d’autre part, à ces escadres aériennes de remplir leur mission ? Pour Douhet, l'efficacité de l’artillerie pouvait être négligée. Quant à l’aviation de chasse, c’est pour lui résister qu’il avait conçu son « croiseur aérien », ou « avion de bataille », dont la
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 219, page 175.
- (2) L’Aviation de bombardement, par C. Rougeron, ingénieur en chef du génie maritime, 2 vol.
- caractéristique essentielle était le développement de l’armement au détriment de la vitesse. « Un appareil lent, a-t-il écrit, mais armé de façon à constituer autour de lui un barrage de feu, se trouve en mesure d’abattre l’appareil de chasse le plus rapide. »
- Aujourd’hui, on admet que bien des formes de coopération entre l’aviation et l’armée de terre, ou l’aviation et la marine, pourront être avantageuses. Mais l’aviation de bombardement se distingue profondément de toutes les autres armes. Les deux caractères essentiels que lui reconnaît M. Rougeron sont la mobilité stratégique et la puissance d’action en profondeur. A ce double titre, elle constitue un facteur nouveau dont l’action pourra se faire sentir dès les premières heures d’une mobilisation et qui est, par suite, appelé à bouleverser les conditions futures de la guerre, sur terre comme sur mer. Une force aérienne de bombardement, opérant à plusieurs centaines de kilomètres de ses bases de départ, n’est-elle pas capable, à l’heure actuelle, d’envoyer par le fond — en quelques heures — une flotte au mouillage ou en pleine mer, d’anéantir quelques ouvrages d’art indispensables aux transports de mobilisation ou de concentration, et de détruire les principaux centres industriels, comme les fabriques de munitions et de matériel aéronautique?
- De l’efficacité de l’artillerie et des armes automatiques antiaériennes
- Si toutes ces opérations sont réalisables, il convient cependant de ne pas mésestimer la valeur de la réaction ennemie. Sur ce point, comme sur bien d’autres, l’ingénieur Rougeron s’écarte absolument des conclusions du général Douhet.
- Alors que celui-ci considère la D. C. A. de surface comme un simple « gaspillage » de personnel et de munitions, il insiste par contre sur l’efficacité de l’artillerie antiaérienne de gros calibre et à grande vitesse initiale, et sur celle des armes automatiques.
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- LES LIVRES QU’IL FAUT MÉDITER
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- Pour leur échapper, l’avion bombardier doit alors avoir un plafond de plus en plus élevé, une vitesse horizontale et une vitesse ascensionnelle de plus en plus grandes, des qualités évolutives sans cesse améliorées. Déjà les progrès de l’artillerie condamnent les avions de bombardement actuels avec leur vitesse horizontale de 300 km/h et leur plafond de 5 000 à 6 000 m ! Il faudra par contre leur réserver les missions de bombardement par temps couvert, lorsque le feu de la D. C. A. ne sera pas à redouter. Dans tous les autres cas, des appareils d’une classe supérieure s’imposent, comme ceux que l’on pourrait établir aujourd’hui, et qui seraient capables de monter à 8 000 m et de voler à 400 km/h. Et encore le canon les rattrapera-1-il bientôt ! « Seul, ajoute M. Rougeron, l’avion stratosphérique apportera à l’aviation de bombardement le répit voulu pour attendre de nouveaux progrès de la D. C. A. de surface en matériel de détection, de tir, de conduite du tir (1), etc. » En attendant, le bombardier n’échappera au feu de l’artillerie et des mitrailleuses que par une manœuvre continue, comportant des modifications continuelles de direction, d’altitude, de vitesse; les procédés de lancement devront être améliorés, car, en vol horizontal, ils perdent, à grande vitesse, toute précision. Le lancement en « piqué » s’impose, mais à des altitudes bien supérieures à celles envisagées aujourd’hui comme normales, ce qui, évidemment, réduit d’autant les chances d’atteinte.
- Comment l’avion de bombardement résistera-t-il à l’avion de chasse ?
- En ce qui concerne l’aviation de chasse, M. Rougeron s’oppose non moins catégoriquement à Douhet. Alors que ce dernier veut protéger le bombardier en augmentant son armement, M. Rougeron, au contraire, veut accroître sà vitesse jusqu’à une valeur égale, ou peu s’en faut, à celle de son adversaire, le chasseur.
- Que fera alors l’avion de chasse contre un appareil de même performances que les siennes ? Aux vitesses que l’on envisage aujourd’hui pour les chasseurs, et qui sont voisines de 500 km/h, le problème n’est pas encore résolu ; il semble que, dans ces conditions, la rapidité des réflexes humains soit même dépassée.
- Mais est-il donc possible de réaliser actuellement de tels appareils de bombardement? Assurément, en les faisant dériver directement de l’avion de chasse par surcharge.
- (1) Voir La Science c la Vie, n° 233, page 389.
- Aux altitudes normales de navigation, la vitesse maximum sera peu diminuée, de même que le rayon d’action. Une fois délesté de ses bombes, sur le trajet de retour, le bombardier sera à égalité avec les chasseurs lancés à sa poursuite aux points de vue vitesse, plafond, vitesse ascensionnelle et maniabilité.
- Vers la multiplicité des armes : bombes et torpilles
- De quelles armes seront munis ces bombardiers modernes? Depuis 1918, bombes et torpilles d’avions n’ont guère évolué, et pourtant les progrès techniques acquis depuis dix-huit ans permettent de réaliser aujourd’hui de nombreux types nouveaux, augmentant dans des proportions considérables les possibilités du bombardement aérien. M. Rougeron a étudié ainsi successivement les conditions d’utilisation et l’efïi-cacité de la bombe légère et de la bombe de perforation, de la bombe-fusée (qui autoriserait les lancements en piqué précis à grande altitude et pourrait perforer les ponts blindés des bâtiments de combat les plus modernes), de la bombe planante dont la très grande portée mettrait le bombardier à l’abri du tir de la défense, sans oublier les divers modèles de torpilles. Tous ces types peuvent et doivent se combiner pour donner naissance à une multiplicité d’armes dont chacune doit être adaptée à son objectif. Cette multiplicité complique du reste singulièrement la tâche de l’adversaire en l’obligeant à se défendre contre les procédés d’attaque les plus variés.
- Voici maintenant la multiplicité
- des procédés de bombardement
- A la multiplicité des armes doit s’ajouter, par voie de conséquence, la multiplicité des procédés de bombardement qui, si elle complique la tâche du bombardier, travaille par contre directement pour sa sécurité. Le lancement en vol horizontal à basse altitude a fait — comme chacun sait pendant la guerre une faillite complète. Aussi, M. Rougeron étudie-t-il avec une grande précision : d’abord, les deux méthodes les plus générales de bombardement, par temps clair et par temps couvert ; puis les procédés les plus modernes de lancement en vol horizontal, en piqué, en cabré ou en vol rasant.
- Que sera le rôle de l’aviation de bombardement dans la guerre « totale » ?
- Dans la lutte sur terre, l’aviation de bombardement aura sa pleine efficacité contre
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- les objectifs vulnérables, tels que les voies de communication. Elle pourra gêner — et même interdire, dans les cas les plus' favorables — les mouvements de troupes et les transports de munitions à l’arrière du front. Mais c’est surtout contre les objectifs non militaires que son action pourra entraîner les conséquences les plus graves pour la conduite de la guerre en arrêtant les fabrications les plus indispensables.
- Ici, la thèse de M. Rougeron s’oppose nettement à celle de l’écrivain anglais Néon (pseudonyme qui couvre une importante personnalité militaire d’outre-Manche), pour qui « l’avion est une arme indigne de confiance, ineflieaee, qui ne rapporte rien, produit peu et coûte cher », et aussi à celle de l’amiral français Castex, le nouveau directeur du Collège des Hautes Etudes de Défense nationale, qui met en doute l’efficacité du bombardement en général et du bombardement aérien en particulier. M. Rougeron démontre, chiffres à l’appui, que s’il est possible de combattre sous le feu, il est impossible de produire et que la simple méthode de bombardement sur grande zone par temps couvert, contre laquelle artillerie et chasse demeurent impuissantes, suffirait pour paralyser complètement une région industrielle aussi vaste que Paris et sa banlieue.
- La conception moderne de la « guerre totale », pour reprendre l’expression du général allemand Ludendorlf, justifie cette action non seulement contre l’équipement industriel, mais aussi contre la population qui l’exploite. La distinction entre combattant et non combattant n’est plus de mise aujourd’hui. La Chambre française n’a-t-elle pas, à la presque unanimité, admis la mobilisation des personnes sans distinction d’âge ni de sexe, et le maréchal Pétain n’a-t-il pas écrit : « Désormais, le but de la guerre apparaît dans toute son ampleur et sa cruelle netteté ; il est devenu la destruction, non d’une armée, mais d’une nation. » Et M. Rougeron démontre que ce résidtat peut être obtenu si, au lieu de tenir l’aviation pour une arme auxiliaire, on lui consacre la plus grande part des ressources dont disposent les nations militaires modernes, en demandant à l’armée et à la marine un simple rôle défensif.
- L’avion tuera-t-il le navire ?
- Sur terre, l’avion demeure impuissant contre un adversaire retranché ; sur mer, rien ne petit l’arrêter. S’agit-il de lutter offensivement et défensivement contre un
- navire quel qu’il soit, torpilleur ou cuirassé, d’attaquer ou de défendre des communications maritimes ? L’avion est capable au-tourd’hui, pour M. Rougeron, de se substituer entièrement au navire de guerre pour toutes les tâches.
- On conçoit difficilement, à l’heure actuelle, la possibilité de concentrer une flotte dans un port ou dans des mouillages, même les plus étendus, s’ils sont dans la limite du rayon d'action de l’aviation ennemie. Elle y serait sous la grave menace d’un bombardement sur grande zone pratiqué sans aucun risque par les appareils de l’adversaire, et les plus belles unités seraient à la merci des bombes planantes et des torpilles légères (propulsées ou non) que lanceraient sur la rade les escadres aériennes de l’ennemi. L’amiral Castex convient d’ailleurs que cette possibilité de destruction par l’avion d’une flotte de guerre est le grand fait nouveau de l’époque actuelle.
- Les navires seraient-ils donc plus en sûreté au large? M. Rougeron ne le pense pas : « Que des navires de guerre conservent les formations serrées que leur ont imposées jusqu’ici les nécessités de la guerre navale, ou qu’ils soient lancés isolément sur les mers, ils ne peuvent échapper à l’avion. C’est en vain qu’ils auront fui les mouillages devenus intenables ; ils retrouveront au large le même adversaire qui, avec les mêmes armes et les mêmes méthodes, les détruira sans courir lui-même de risques sensibles. » Et M. Rougeron n’hésite pas à tirer la conclusion rigoureusement logique de ces constatations : le navire de guerre, tel qu’il existe aujourd’hui, est appelé à disparaître dans un délai plus ou moins grand.
- Les conclusions de M. Rougeron peuvent sembler audacieuses et revêtent même parfois un caractère d’anticipation. Cependant, elles ont toutes l’indiscutable mérite d’être fondées sur l’étude rigoureuse et scientifique des possibilités actuelles de la technique et d’être dégagées des conceptions toutes faites, fruits des expériences passées aujourd’hui périmées. M. Rougeron n’a-t-il pas mis en exergue de son second volume de VAviation de bombardement, cette phrase de Paul Valéry : « De ce désordre d’enseignements contradictoires que nous propose le passé, on peut déduire hardiment que tout événement de l’histoire dans lequel la technique et les engins jouèrent le moindre rôle ne peut plus désormais servir de modèle ou d’exemple à quoi que ce soit. »
- Jean Bodet,
- Ancien élève de l’Ecole Polytechnique.
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- Voici une nouvelle manifestation de Vactivité constructive des Américains pour aménager ces grandes cités qui sont Vorgueil des Etats-Unis. Cette année même a vu s'achever Vœuvre gigantesque qui porte le nom, de Triborough Bridge. A Neto York, en effet, existe maintenant une immense artère récemment créée, qui s'étend sur plus de 32 km de longueur et met ainsi en communication, par-dessus les rivières ou les bras de mer qui les séparent, trois des cinq « bourgs » qui forment, par leur réunion, la plus grande cité du monde. En l'inaugurant cette mutée, le président Roosevelt (1) a voulu souligner le rôle important dévolu aux grands travaux d'urbanisme pour lutter contre le chômage et ranimer l'économie nationale. Ces travaux constituent, en effet, un des chapitres principaux du vaste programme du New l)eal (2). Voici, pour la première fois, décrit en Europe, l'ensemble de cette grandiose réalisation dans le domaine des travaux publics qui a demandé sept années pour aboutir et nécessité une dépense de 00 millions de dollars, soit plus de 1 milliard de nos francs actuels.
- Sous l’énergique impulsion de l’administration du New Deal (3), les travaux les plus divers ont été entrepris à travers tous les Etats-Unis, depuis l’aménagement hydraulique des lleuves, le reboisement, la construction de barrages isolés (4) jusqu’à l’équipement complet de la vallée du Tennessee (5) (T. V. A.), gigantesque expérience d’économie planifiée appliquée à
- (1) En réalité, il est juste de signaler qu’à l’origine se trouve le plan initial dû à la Reconstruction Finance Corporation, sous l’administration du président Hoover.
- (2) Voir La Science et la Vie, n° 217, page 3.
- (3) Voir La Science et la Vie, n° 204, page 471.
- (4) Voir La Science et la Vie, n° 213, page 230.
- (5) Voir La Science et la Vie, n° 229, page 5.
- un territoire comparable par sa superficie à celui de l’Angleteire.
- La Civil Works Administration et son successeur, la Works Progress Administration, furent les deux organismes chargés, sous le gouvernement du président Roosevelt, de coordonner les efforts dans ce domaine et de répartir les importants crédits alloués par le Congrès. Us avaient été tous deux, d’ailleurs, précédés dans cette voie par la Reconstruction Finance Corporation, création de l’administration Hoover, qui avait déjà dressé un vaste programme de travaux.
- C’est grâce à elle qu’a pu être réalisée à New York la gigantesque artère nouvelle,
- N. D. L. R. — Eu photographie ci-dessus montre le pont levant sur PlTarlcm River, dont la partie centrale mobile mesure 94 m de long et qui fait partie de l’ensemble du Triborough Bridge récemment réalisé à New York.
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- longue de 32 km qui, partant des grandes voies suburbaines, traverse le cœur de la .ville en réunissant entre eux trois des cinq quartiers qui composent la plus grande cité du monde. Le président Roosevelt en personne l’a inaugurée cette année.
- Le nom de Triborough Bridge, donné fort improprement à l’ensemble du projet, pourrait faire croire à la construction d’un pont unique ; en fait, nous nous trouvons en présence d’une des plus importantes réalisations dans le domaine de l’urbanisme appliqué au problème de la circulation rapide à travers une ville aussi étendue que New York, sillonnée de rivières et de bras de mer qui imposent de longs détours pour les communications entre quartiers voisins.
- Le Triborough Bridge comporte, dans l’ensemble, quatre ponts sur des rivières, navigables ou non, et douze ouvrages d’art sur la terre ferme. Les chaussées d’accès, prolongées en trois branches longues au total de 20 km, s’étendent à travers les trois quartiers de Manhattan, de Queens et du Bronx.
- La partie la plus spectaculaire de cette gigantesque réalisation est le pont suspendu entre Ward’s Island et le quartier de Queens, qui possède une arche centrale de 420 m de longueur et deux arches latérales de chacune 214 m. Il est donc sensiblement moins « colossal » que les grands ponts suspendus de George Washington à New York (1 067 m de portée pour l’arche centrale) et, surtout, de Golden Gâte actuellement en construction à San Francisco : 1 281 m pour l’arche cen-trase (1 ). Il reste cependant fort imposant avec ses deux tours de 00 m de haut, sur lesquelles passent deux énormes câbles de suspension de 52 cm de diamètre.
- Le tablier du pont, suspendu aux câbles, se trouve à 41 m au-dessus du niveau de l’East River, laissant ainsi un espace suffisant pour le passage des plus grands navires qui empruntent cette voie navigable. Sur les 30 m de largeur du tablier sont logées deux chaussées, séparées par une balustrade centrale, permettant chacune la circulation de quatre files de véhicules et comportant de plus l’espace nécessaire pour loger deux trottoirs pour piétons.
- A Randall’s Island aboutissent trois autres ponts. D’abord, un pont bas, prolongé par un long viaduc, réunit les deux îles de Randall et de Ward. D’autre part, sur la Harlem River, un important pont levant vertical, le plus grand de ce type dans les Etats-Unis, réunit Randall’s Island
- (1) Voir La Science et la Vie, n° 215, page 354.
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- LE « TRIBOROU GII BRIDGE » DE NEW YORK
- au quartier de Manhattan. Il mesure 234 m de longueur au total et sa partie mobile a 95 m de long. Le poids de la travée levante est de 2 050 tonnes.
- Le troisième pont, enfin, relie Handalfs Island au quartier du Bronx, au-dessus du Bronx Kills, voie d’eau non navigable. 11 s’agit là d’un pont métallique fixe, mais construit de telle manière qu’il pourra être rendu mobile, levant comme l’ouvrage précédent, en cas de besoin, c’est-à-dire lorsque l’on décidera d’entreprendre les travaux d’approfondissement du Bronx Kills pour le rendre navigable. Ce pont, long de 183 m au total, comporte trois arches. C’est l’arche centrale, longue de 107 m et pesant 2 900 t qui pourra être rendue mobile. Ce sera alors la plus grande de cette sorte existant dans le monde entier.
- Parmi les nombreux ouvrages d’art des voies d’accès, l’un des plus considérables concerne la jonction de Manhattan avec Randall’s Island, où se trouve réalisé un système unique au monde permettant de contrôler et d’écouler sa?is aucun croisement le trafic automobile dans toutes les directions. Cet ouvrage, extrêmement complexe, comportant en certains endroits trois voies superposées, canalise la circulation en provenance de Manhattan en la faisant accéder, par des dérivations à sens unique, à l’artère, principale du Triborough Bridge. Ce sont des dérivations de ce genre, d’autant plus complexes que le nombre des voies à desservir est plus grand, que l’on envisage d’édifier en Europe aux points où se croisent les autoroutes.
- Comme beaucoup d’ouvrages d’art en Amérique, — où le système du péage est encore très répandu, — le Triborough Bridge ne peut être emprunté par un véhicule qu’après acquittement d’une taxe spéciale qui doit permettre d’amortir les dépenses considérables qu’a entraînées la constru-tion de ce gigantesque ouvrage, dépenses que l’on peut estimer à 60 millions de dollars (plus de 1 milliard de francs), en y comprenant l’achat des terrains sur les rives de l’East-River, la construction d’un stade municipal sur Randall’s Island, le déplacement de toutes pièces d’une importante usine occupant 1 500 ouvriers et qui se trouvait sur le tracé de la nouvelle artère, l’aménagement de parcs et de jardins le long des chaussées et aux extrémités, en particulier au Feusliing Meadow’s Park, où se tiendra, presque exactement au centre géographique et démographique de la cité de New York, la World Fait de 1939-1940. P. Lucas.
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- LE MOTEUR A COMBUSTION VA RESSUSCITER LE TORPILLEUR
- Par le capitaine de frégate H. PELLE DES FORGES (R.)
- La marine britannique a célébré, cette année, le 609 anniversaire de son premier torpilleur, le Lightning, construit en 1870. Depuis lors, les marines du monde entier ont mis en service des navires de ce genre. Le type « torpilleur », peu à peu amélioré, a suivi la même loi d’évolution, reconnue aujourd’hui classique, que les autres types de bâtiments, par exemple le cuirassé. Ce dernier, en 1859, ne déplaçait pas plus de 6 000 tonnes ( Gloire, de la marine française) ; son tonnage atteint aujourd’hui 35 000 tonnes (Litloria, de la marine italienne). Le torpilleur a vu croître ses dimensions dans des proportions encore plus grandes.
- Ce bâtiment ne devait-il pas cependant conserver ses dimensions réduites pour parvenir, de nuit, à bonne portée du cuirassé qu’il atta-que et pour échapper à son feu de représailles, après avoir manœuvré facilement pour se mettre en position favorable au lancement.
- En fait, les tonnages des torpilleurs s’accrurent progressivement, et on peut considérer que les derniers bâtiments dignes du nom de torpilleurs furent les types français de 800 tonnes : Bouclier, Casque, Cimeterre, Fourche, Faux, etc., qui, pour la plupart, entrèrent en service avant la guerre (le Lightning de 1876 déplaçait 15 tonnes).
- On ne devait pourtant pas s’en tenir là, et le tonnage des « torpilleurs » construits par la suite atteignit jusqu’à 1 500 tonnes avec les types français Adroit, Fougueux, Forbin, etc. Ces navires, qui datent de l’après-guerre, sont encore aujourd’hui en service dans nos escadres. Moins rapides, moins armés, moins « marins », de moindre rayon d’action que nos contre-torpilleurs de 2 500 tonnes, ils sont, en réalité, incapables de jouer le rôle de torpilleurs.
- Le moteur à combustible liquide et la renaissance du torpilleur
- Le moteur à combustion interne appliqué à la propulsion des navires a fait, grâce au développement des sous-marins, de grands progrès. Aussi est-on parvenu à construire des bâtiments rappelant les premiers torpilleurs par leur faible tonnage, et à bord desquels chaudières et machines à vapeur sont remplacées par des moteurs Diesel ou des moteurs à explosion. Ce sont des petits navires de ce type que les Italiens employèrent avec succès contre les cuirassés autrichiens, dont un fut coulé grâce
- à eux pendant la guerre.
- Quelques embarcations à moteur de ce type ont été con struites , depuis lors, à titre d’expérience et la marine française, en particulier, en possède un certain nombre d’exemplaires.
- Mais voici que l’amirauté britannique a commandé, l’automne dernier, une série de six de ces torpilleurs côtiers (motor toryedo-boats), puis, tout récemment, une nouvelle série de six au titre du budget supplémentaire que la Chambre des Communes vient de voter, pour permettre de procéder à un réarmement intensif.
- Le premier de ces bâtiments nouveaux vient de faire ses essais.
- Sur base, sa vitesse moyenne a été de 46 nœuds avec un maximum de 48 nœuds.
- Les petits navires à moteur employés par les Italiens avaient une vitesse de 20 nœuds ; on voit quel progrès ce type de navire a réalisé.
- A la mer, entre Londres (Westminster) et Portsmouth, sur la côte sud d’Angleterre, la vitesse a été légèrement supérieure à 30 nœuds, malgré des mauvaises circonstances météorologiques.
- NOUVEAU TYPE UE TORPILLEUR A MOTEUR ANGLAIS
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- LE TORPILLEUR A MOTEUR
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- Les avantages du torpilleur à moteur
- Qualités marines. — La tenue à la mer des torpilleurs à moteur semble être meilleure que celle des anciens torpilleurs à vapeur.
- Cela pourrait être dû, en partie, à une meilleure forme de la coque, et, en particulier, à sa longueur. Il faut signaler, d’autre part, que l’état de la mer ne gêne pas la marche du moteur, alors qu’autrefois il ralentissait le chargement des foyers des chaudières ou rendait délicate la surveillance de la machine à vapeur.
- L'armement. — L’armement de chacun de ces navires côtiers comprend deux torpilles, des grenades puissantes (depth charges) contre sous-marins et des mitrailleuses. Ce sont, relativement au tonnage, les navires les mieux armés de toutes les flottes ; même les sous-marins n’ont pas à la tonne une puissance offensive égale.
- Les qualités tactiques. — Un premier avan -tage des nouveaux torpilleurs est d’être à peu près invulnérables pour l’aviation, grâce à leur faible taille, leur grande vitesse, leur souplesse remarquable d’évolution et leur possibilité d’assurer par leurs armes automatiques leur défense rapprochée contre l’ennemi aérien.
- Capables de partir à la première alerte sans « allumer les feux » (seuls, les « cuirassés de poche » allemands et quelquès navires de moindre tonnage, tels que nos avisos coloniaux, jouissent du même avantage), ils peuvent mettre à profit toutes les occasions.
- De même, leurs faibles dimensions leur permettent de trouver de nombreux abris dans des ports interdits à tous autres navires de guerre et d’« infester », ainsi, grâce à leur vitesse d’au moins 30 nœuds, des mers fermées comme la Manche et la mer du Nord.
- Cuirassés et même destroyers peuvent donc être utilement attaqués sans grand risque pour le petit torpilleur.
- Enfin, le faible prix de leur construction et de leur entretien favorise le développement de telles escadrilles, qui peuvent, en raison de leur multiplicité, obliger les grands navires à s’abstenir des mouillages qui ne soient pas strictement fermés.
- Même par rapport à l’avion-torpilleur, ils offrent l’avantage de ne pas exiger une manœuvre aussi délicate que celle du rase-lames ; leur torpille tombe à la mer d’une faible hauteur et a moins de chance de s’avarier dans cette chute.
- Les inconvénients du torpilleur à moteur
- La mer reste toujours l’ennemie du petit navire ; elle peut, en effet, l’obliger à réduire sa vitesse à un tel point qu’il perde une grande partie de sa valeur offensive, et devienne la proie facile des destroyers.
- L’horizon du torpilleur côtier est limité, et ce petit navire ne peut découvrir facilement l’ennemi. C’est là, d’ailleurs, le rôle attribué aujourd’hui à l’aviation.
- Pour évaluer avec quelque précision la valeur tactique de ces nouvelles unités, compte tenu de tous les éléments précédents, il convient d’attendre que les deux séries de six torpilleurs côtiers aient été livrées à l’Amirauté britannique et que celle-ci ait fait procéder à des expériences méthodiques avec ces torpilleurs à moteur en liaison avec les autres bâtiments. S’il est exact qu’un demi-siècle de pratique du torpilleur ordinaire doive éviter certaines recherches sur des points aujourd’hui bien connus, il n’en est pas moins vrai que des différences essentielles séparent le nouveau navire de son aîné, tant dans les qualités du bâtiment lui-même que dans les conditions d’ambiance (vitesses, armes, emploi de l’aviation, etc.), dont il est impossible de trouver d’analogues dans les rencontres navales du passé.
- Cap. de frég. H. Pelle des Forges.
- N. D. L. R. — Ce nouveau type de torpilleur anglais fournit un nouvel exemple de la loi générale qui veut qu'un type de navire augmente sans cesse de tonnage, puis revient brusquement à un tonnage très inférieur, pour croître à nouveau. On pourrait ainsi le considérer soit comme un retour vers les dimensions des premiers torpilleurs, soit, au contraire, comme un développement de la formule des vedettes lance-torpilles. De ce dernier point de vue, le torpilleur à moteur d’aujourd’hui .serait de puissance offensiv e évidemment supérieure à celle des anciennes vedettes ; on peut cependant se demander si, avec leur tonnage d’une cinquantaine de tonnes, ils pourraient rééditer la prouesse du M. A. S. italien de 12 tonnes, qui coula par surprise un cuirassé autrichien, et celle des vedettes anglaises de même tonnage qui, au mouillage de Cronstadt, coulèrent deux cuirassés et un navire dépôt de sous-marins.
- Le gouvernement anglais va consacrer un supplément de crédits de l’ordre de 375 millions de francs pour la fabrication en grande série de masques à gaz pour la défense passive, de façon à ce qu’avant un an la totalité de la population civile de la Grande-Bretagne en soit complètement équipée.
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- UN NOUVEAU CONVOI DE RAVITAILLEMENT
- Par Henry HECK
- Les services auxiliaires de l’année, le ravitaillement et les secours sanitaires jouent un rôle souvent décisif dans les opérations militaires. En face des progrès rapides réalisés dans l’armement et le transport des troupes, ees services auxiliaires doivent aussi se perfectionner.
- Le matériel qui est employé dans la plupart des cas n’est pas sans présenter des inconvénients graves. 150 cuisines de campagne dites roulantes et un nombre au moins égal de véhicules auxiliaires portant les provisions sont nécessaires pour ravitailler 30 000 hommes.
- Ces 300 véhicules sont lents, encombrants; ils gênent par là même les opérations et présentent une grande surface aux attaques aériennes.
- Le gaspillage de vivres est inévitable avec le grand nombre de véhicules dispersés et le rendement est faible. Les conditions d’hygiène sont souvent désastreuses.
- Le remède consiste en un convoi de quelques véhicules automobiles, rapides, peu encombrants, pouvant être blindés en cas de guerre et qui, malgré leur nombre restreint, permettent un rendement élevé. Ce résultat est obtenu par une installation ultra-moderne que les Allemands ont mise au point.
- Ce convoi rend de grands services, même en temps de paix. Il peut être employé partout où un grand nombre de personnes doit être ravitaillé : ouvriers dans usines, sur chantiers, foujes sportives, meetings, congrès, etc. Il peut aussi porter des secours rapides en cas de catastrophes (inondations, accidents de chemin de fer, mine, etc.).
- Une cuisinière roulante modèle qui pré» pare 30 000 repas complets en 24 heures
- Le convoi de cuisine comprend 5 véhicules. La cuisine proprement dite est installée dans une unité motrice. Cette cuisine est
- constamment en action, indépendamment de la consommation des rations. C’est là une des causes du rendement élevé. La cuisine contient 4 récipients à doubles parois, chauffés à l’électricité et ayant une capacité totale de' 1 200 litres. L’espaee entre les deux parois de chaque récipient est rempli de glycérine, ce qui augmente le rendement thermique. Chaque récipient communique avec une conduite d’eau. L’eau entre sous pression, par en-dessous, dans une conduite fermée. Un cinquième récipient de 300 litres, monté à l’arrière, prépare les boissons chaudes (café, thé, cacao, etc.). Un four à viande, de six compartiments, est monté au-dessus des roues. Ce four prépare 2 500 rations de viande dans une heure environ. Chaque récipient et chaque compartiment de four peut être chauffé séparément. La température est réglable pour chaque récipient. Un tableau indiquant ces températures se trouve au-dessus des fours. Quatre ventilateurs dans le toit évacuent l’air chaud. Cette cuisine prépare 30 000 menus complets en vingt-quatre heures (soupe, pommes de terre, viande, légumes, boisson chaude).
- Ce rendement incroyable dans une cuisine roulante est obtenu par l’évacuation immédiate des rations dans un véhicule de réserve où les aliments sont gardés chauds jusqu’à la consommation. Des caisses à doubles parois, avec isolant thermique, renferment 155 récipients rectangulaires à 40 litres, soit un total de (I 200 litres d’aliments préparés et chauds.
- Cette réserve peut aussi être augmentée par l’adjonction d’une remorque ayant le même dispositif de caisses-thermos. Les récipients standards de 40 litres sont à doubles parois également et servent pour la distribution au détail des repas.
- Kl G. 1. - LA VOITURE-CUISINE PU UT CON-
- FECTIONNER 30 000 MENUS COMPLETS, AVEC BOISSON CIIAUOE, EN 24 HEURES
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- UN NOUVEAU CONVOI DE RAVITAILLEMENT
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- FIG. 2. -- CES CAISSES-TIIKltMOS COMPREN-
- NENT 155 RÉCIPIENTS SÉPARÉS 1)E 40 LITRES CHACUN, POUVANT CONTENIR AU TOTAL 0 200 LITRES d’aliments CIIAUDS
- Les véhicules auxiliaires
- Une installation moderne de boucherie est attachée, sous forme de remorque, au véhicule de cuisine. Cette installation comprend :
- 1 armoire frigorifique, 2 hachoirs, 1 machine à faire la saucisse et 1 moteur à air comprimé qui actionne ees machines. A l’une des extrémités du véhicule se trouve un récipient isolé à doubles parois, contenant
- 2 000 litres de boissons chaudes. La distribution se fait par 10 robinets automatiques (5 de chaque côté). Ces robinets débitent 3/4 de litre à chaque tour, soit environ le contenu d’une gourde. Tout gaspillage est ainsi radicalement supprimé. Le souci de l’hygiène a été poussé très loin. Le remplissage du grand récipient se fait par pression, dans une conduite fermée, de même le nettoyage. Le contact de la boisson avec l’air est ainsi supprimé. 20 000 litres de boisson
- FIG. 3. - LA VOiTURE-HOUCIIERIE RENFERME
- DEUX IIACIIOIRS, UNE MACHINE A SAUCISSE, ACTIONNÉES PAR UN MOTEUR A AIR COMPRIMÉE, ET UN RÉCIPIENT POUVANT CONTENIR 2 000 LITRES DE BOISSONS CHAUDES
- peuvent être distribués par les 10 robinets automatiques dans les vingt-quatre heures.
- Les provisions de légumes, pommes de terre et 1 400 pains sont portés dans une remorque de grande capacité, attachée à l’unité motrice qui contient la réserve d’aliments chauds.
- Rien n’a été laissé au hasard. Le convoi ne se ravitaille pas en eau n’importe où. Il porte sa propre réserve d’eau filtrée, dans une citerne de 3 000 litres. Le transfert de l’eau à la cuisine a lieu par une tuyauterie, sous pression.
- Ces trois unités motrices et ees deux remorques constituent le convoi de cuisine proprement dit. Quelques véhicules de complément rendent l’emploi du convoi
- FIG. 4.- LE TRANSPORT DES BOISSONS D’UNE
- VOITURE A L’AUTRE A LIEU PAR DES CONDUITES SOUPLES, ET LEUR DISTRIBUTION S’EFFECTUE PAR DES ROBINETS AUTOMATIQUES DÉLIVRANT 3/4 DE LITRE A CHAQUE TOUR
- encore plus général. Un véhicule tous-terrains à six roues distribue les repas, dans les récipients de 40 litres, dans un rayon de 50 à 80 km. Un autre véhicule à six roues contient deux postes d’émission et de réception de T. S. F.
- Une voiture-atelier accompagne le convoi. On y trouve un outillage complet et une pompe d’incendie portative. Une réserve d’eau pour la cuisine, de 1 000 litres, est préchauffée par les gaz d’échappement.
- Un hôpital sur roues et hermétiquement clos permet de faire sur place toutes les opérations dans une salle moderne, comprenant même une installation de rayons X. Des couchettes pour le personnel sont disposées dans une remorque attelée à la voiture hôpital. Toutes les couchettes sont transformables en brancards.
- Le personnel de ce convoi comprend 28 hommes. Henry Heck.
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- A TRAVERS NOTRE COURRIER...
- Chaque mois, des milliers de lettres arrivent à « La Science et la Vie» de tous les points du monde. Nous nous efforçons toujours d’y répondre avec précision. Mais ce courrier abondant et varié aborde parfois des questions d’ordre scientifique qui peuvent être portées à la connaissance de tous. Aussi, sous cette rubrique, nous nous proposons de sélectionner les plus intéressantes d’entre elles pour la majorité de nos lecteurs.
- A propos de la course P ortsmouth- Johannesburg
- Plusieurs de nos lecteurs nous ont demandé pourquoi la course Portsmouth (Angleterre)-Johannesburg (Transvaal) a été si décevante à tous égards. On sait, en effet, que sur les 9 avions qui prirent le départ, un seul arriva au but. Les 10 800 km du parcours furent franchis à la vitesse de 197 km/h seulement, alors que les appareils devaient permettre d’atteindre près de .‘100 km/h (1). Les raisons de eet échec se résument à eeei : le manque de préparation. Pour le comprendre, il faut se rappeler que cette compétition, uniquement réservée au matériel et aux pilotes britanniques, fut créée en vue d’empêcher le développement de la concurrence étrangère (allemande notamment) sur les lignes aériennes. L’épreuve devait être disputée obligatoirement en 1936. Aussi les constructeurs n’eurent-ils pas le temps de préparer des avions spécialement conçus à cet effet. Il en résulta des pannes de moteurs et même des arrêts forcés par manque de carburant, certaines étapes ayant une longueur trop voisine du rayon d’action des appareils (2 500 km). Le déréglage de son compas amena ainsi le capitaine Halse à atterrir à 1 000 km du but. La traversée d’un continent particulièrement accidenté comme l’Afrique Orientale, avec des décollages sur des terrains lourds et élevés où l’air moins dense et échauffé « porte » mal, présentait évidemment un réel danger. Certes, quatre des avions engagés étaient munis d’une hélice à pas variable ; mais il faut remarquer que huit étaient monomoteurs, et un seul, bimoteur. Ce dernier seul possédait un poste de radio !
- Aérodynamisme
- et changement de vitesse en 1936
- Il est exact que la recherche de la meilleure pénétration dans l’air, qui a abouti aux formes aérodynamiques actuelles, a une influence sur la conception mécanique de la voiture automobile, spécialement en ce
- (1) D’ailleurs, le capitaine Halse, qui tenait la tète après 9 000 km de course .avait volé à près de 200 km/h.
- qui concerne la boîte de vitesses. Il est aisé de le comprendre, ainsi que l’a démontré M. Faroux. Supposons qu’une voiture de forme non étudiée ait une vitesse maximum de 100 km/h pour un régime du moteur de 3 500 tours/mn. Avec le même châssis muni d’une carrosserie aérodynamique, on atteindra, pour une même puissance et un même nombre de tours du moteur, 135 km/h. Pour cela, il faut, bien entendu, accroître le rapport du pont arrière. Toutefois, si, avec un maximum de 100 km/h, on peut se contenter de trois vitesses (rapports 0,3, 0,6 et 1), — car, dans tous les cas, le moteur tourne entre 2 100 et 3 500 tours, régime de couple et, par conséquent, de consommation acceptable, — il n’en est plus de même lorsque ce maximum est porté à 135 km/h. En effet, nous avons dû, pour cela, accroître le rapport du pont arrière. Si nous conservons les deux premières vitesses égales à 0,3 et 0,6 de la vitesse maximum, nous ne pourrons descendre aux faibles allures (en charge) qu’en réduisant le régime du moteur jusqu’à 1 300 ou 1 400 tours, inacceptable pour une utilisation rationnelle de la voiture. La solution apparaît : il faut ajouter aux trois vitesses primitives (dont le maximum correspondait à 100 km/h) une quatrième vitesse, permettant de rouler aux 135 km/h autorisés par l’aérodynamisme de la carrosserie pour une même puissance du moteur. La voiture la plus puissante du monde («Auto-Union » 500 ch), qui ne pèse que 750 kg, ne possède-t-elle pas cinq vitesses, et un automobiliste averti n’a-t-il pas fait établir une 10 ch à six vitesses ? La faveur qu’ont connue en France les boîtes à trois vitesses est venue d’Amérique où, l’essence coûtant quatre fois moins cher que chez nous, on n’hésite pas à établir de gros moteurs qui consomment beaucoup, mais qui permettent de ne pas changer de vitesse. D’ailleurs, l’économie d’une quatrième vitesse ne se chiffre que par 150 fr environ ; il est donc heureux que l’aérodynamisme nous ramène à une plus saine conception de la mécanique automobile.
- Il y a lieu, d’ailleurs, de distinguer ici entre la souplesse cinématique et la souplesse dynamique d’un moteur. La première est la propriété que présente ce moteur de fonctionner convenablement pour des régimes
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- A TRAVERS NOTRE COURRIER...
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- très variables. Le moteur à explosion possède cette souplesse, puisqu’il tourne très bien depuis le ralenti jusqu’à sa vitesse maximum. Par contre, il n’a pas de souplesse dynamique, car il est incapable de développer un couple supérieur à sa valeur normale. On ne peut donc le surcharger comme on le fait pour une machine à vapeur. De sorte que le changement de vitesse doit être plutôt considéré comme un changement de multiplication ; il est indispensable pour obvier au manque de souplesse dynamique du moteur et permettre au conducteur de modifier le couple moteur appliqué aux roues.
- Ainsi, un autre ingénieur qualifié, M. Ca-puto, déduit des considérations précédentes que l’aérodynamisme doit nous conduire à l’automatisme, afin d’obtenir l’utilisation rationnelle du moteur, c’est-à-dire le maximum d’économie. Mais alors se posera la question de la résistance des engrenages qui travailleront beaucoup plus souvent qu’à l’heure actuelle où, sur la route, — et surtout en Amérique, — on reste le plus souvent sur la prise directe.
- L’aérodynamisme des carrosseries ne suffit donc pas pour réaliser le meilleur rendement. Il faut aussi une conception mécanique rationnelle de la voiture, qui constitue un tout dont la modification de chaque élément entraîne celle des autres organes.
- A vions transatlantiques
- Nous avons, en effet, déjà annoncé qu’en Allemagne, on procède actuellement aux essais d’hydravions propulsés par moteurs à injection (huile lourde), par opposition aux moteurs à carburation (essence), pour la future exploitation régulière des lignes aériennes transatlantiques Nord. Ces appareils doivent être catapultés au départ par suite du poids considérable de combustible qu’ils emportent à bord. De leur côté, les constructeurs anglais achèvent la mise au point de l’hydravion Short à moteurs à explosion. Aux Etats-Unis, les magnifiques appareils en service à la « Pan-american Airways » ont déjà fait leurs preuves — et avec quel éclat — sur les lignes transpacifiques. En France, l’avion terrestre quadrimoteur Farman-221 (type Centaure) a déjà été en service sur l’Atlantique-Sud, mais il ne saurait être comparé aux matériels ultra-modernes que nous venons d’énumérer. Il nous semblerait même assez prétentieux de songer à l’utiliser pour les traversées commerciales régulières entre l’Europe et les Etats-Unis. Le ministère de l’Air s’en rend du reste parfaitement compte, puisqu’il envisage actuellement l’adoption d’un Fouga-Métral-10 (1), équipé avec trois moteurs
- (1) Depuis ia mise au point de cet appareil, qui porte le nom des deux inventeurs, M. Fouga a abandonné toutes études du matériel transatlantique qui avaient été dirigées par M. Métrai quand il était directeur technique de cette entreprise.
- Renault-168 de 400 ch chacun. Ce monoplan en porte-à-faux, à train d’atterissage escamotable, à volets de courbure, est précisément destiné aux liaisons postales rapides transatlantiques Nord. Il atteint, en effet, la vitesse moyenne de 335 km/h avec un rayon d’action dépassant 5 000 km. Son constructeur estime qu’à la vitesse réduite de 300 km/h (rayon d’action 6 000 km), il accomplirait le trajet Lisbonne-Açores-New York en moins de 17 heures ! Evidemment, le projet Métrai surclasse d’ores et déjà le projet Farman.
- Quelle est
- la meilleure voiture de sport ?
- Il est parfaitement exact que les nouvelles voitures automobiles réalisent, avec 4 litres de cylindrée, des performances qu’aucune voiture de sport n’aurait pu atteindre il y a seulement cinq ans, notamment au point de vue des accélérations, de la vitesse et du freinage. Voici les caractéristiques d’une voiture de construction anglaise qui eut le plus de succès au Salon de Paris (« Bentley »). Avec 4,250 litres de cylindrée, cette voiture est capable de parcourir le kilomètre (lancé) en 25 secondes, soit 144 km/h. Sa vitesse moyenne sur route (300 km) est de 106 km 900. Les accélérations sont remarquables : ainsi, départ arrêté, on atteint la vitesse de 90 km/h en 200 m, 116 km/h en 400 m, 130 km/h en 600 m, 140 km/h en 1 000 m. On voit d’ailleurs combien l’accélération diminue aux grandes vitesses par suite de la résistance de l’air.
- Le freinage est non moins remarquable : arrêt absolu en 31 m à 80 km/h, et en 52 m à 100 km/h.
- Pourquoi un plan quadriennal allemand ?
- On sait que le Reich vient d’arrêter un plan économique de quatre années, destiné à assurer à l’Allemagne une sorte d’autarchie industrielle qui lui permettrait de s’affranchir, d’ici 1940, des importations de matières premières étrangères, et aussi de tous les produits manufacturés dont elle a besoin. Si elle se trouve encore dans l’obligation d’acheter, avec des devises appréciées, du pétrole aux Américains, du caoutchouc aux Hollandais ou aux Anglais, du coton aux Egyptiens, elle estime que la synthèse chimique lui permettra — un jour relativement proche — de se libérer de cette emprise des nations productrices qui détiennent certains marchés. Dans l’esprit des gouvernants du Reich, une telle politique vise non seulement à alléger l’économie nationale en temps de paix, mais surtout à adapter, dès maintenant, la production en vue de la mobilisation industrielle qui doit
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- accompagner — en cas de conflit — l’entrée des troupes en campagne. Ainsi, elle se trouverait en mesure de se soustraire à un nouveau blocus analogue à celui qu’elle subit pendant la dernière guerre.
- Record d'altitude en avion
- Il est exact que l’aviateur anglais Swain, qui s’est élevé à 15 230 m à bord de son avion Bristol-138, équipé d’un moteur Pegasus, était muni d’un scaphandre devant lui permettre de n’être incommodé ni par la raréfaction de l’air, ni par le froid. La température enregistrée descendit, en effet, à —49°8 C. Le scaphandre étanche comporte un casque et un vêtement en toile caoutchoutée. La pression réglable dans cet appareil correspond environ à celle existant à 4 000 m d’altitude. Le pilote y respire en cycle fermé, c’est-à-dire que l’air expiré, régénéré chimiquement, débarrassé du gaz carbonique et de son humidité, est à nouveau respiré par le pilote. Les pertes d’air inévitables sont compensées par une pompe. La question du scaphandre est évidemment capitale pour les vols à haute altitude. On sait qu’en France, un tel vêtement, imaginé par les docteurs Garsaux et Rosen-tiel (1), donne à l’aviateur une grande aisance dans ses mouvements. Malheureusement, les inventeurs n’ont pas été aidés dans leur tâche pour la mise au point de leur appareil. Si le scaphandre de Swain lui donna satisfaction aux grandes altitudes, le dépôt de glace sur les vitres du casque, au cours de la descente, l’obligea à les découper. Le problème est donc plus délicat à résoudre qu’on pourrait le croire en pensant aux scaphandres sous-marins. C’est que ceux-ci travaillent sous une pression extérieure, tandis que le scaphandre aérien est soumis à une pression interne. C’est pourquoi, on se préoccupe également d’établir (les cabines étanches (1) dans lesquelles pilote et passagers se trouveraient dans les conditions normales de température et de pression. Il semble qu’actuellement le vol aux hautes altitudes et le record de hauteur soient intimement liés à la solution de ce problème. Grâce au compresseur, les moteurs fonctionnent, en effet, convenablement, malgré la diminution de densité de l’air.
- Les « poids lourds » et la mobilisation
- En cas de mobilisation, les véhicules industriels construits par l’industrie privée ont pris, au cours de ces dernières années, un essor considérable, en dépit de la limitation du poids et de l’encombrement. En effet, les grandes firmes françaises fabriquent couramment des véhicules
- * (1) Voir La Science et la Vie, il" 217, page 51.
- 6 roues, 10-12 tonnes, conformément à la dernière réglementation mise en application par le ministère des Travaux publics. Les services de la Guerre seront très heureûx de trouver un jour des véhicules d’une capacité aussi importante, car ils auraient même désiré que l’on pût disposer, en temps de guerre, de camions dépassant 12 tonnes. Mais l’accord rail-route s’v est opposé. Le rôle des transports routiers, en temps de guerre, sera, en effet, d’une importance telle que, dès le temps de paix, il faut coor-doner les services pour qu’ils puissent très rapidement s’adapter à leurs nouvelles fonctions avec un matériel conforme à leurs besoins.
- La production du pétrole
- On nous a demandé quelle était actuellement la production mondiale de pétrole brut pour les principaux pays producteurs. Voici, par ordre d’importance, pour les huit plus gros producteurs de l’univers, les résultats du premier semestre 1936, par rapport au premier semestre 1935, exprimés en tonnes :
- Etats-Unis 71 350 000 contre 08 000 000
- U. R. S. S 13 377 000 ----- Il 963 000
- Venezuela 11 846 000 10 800 000
- Roumanie 4 350 000 4 330 000
- Iran (Perse) .... 3 890 000 3 660 000
- Indes Néerland. . 3 070 000 — 2 900 000
- Mexique 2 800 000 2 740 000
- Irak 2 000 000 — 1 475 000
- Pour que la terre « paye »
- a réglementation récente du cours du blé a abouti en effet — jusqu’ici — à une sorte de paradoxe qui n’est pas sans mécontenter les cultivateurs. En effet, l’Oflice du Blé a Axé (début de 1937) le prix pour 100 kg de froment à 142 fr moins la retenue pour le lise et le commissionnaire en grains, ür, l’avoine — dont les débouchés diminuent au fur et à mesure que la traction animale disparaît — dépasse simultanément 115 fr alors qu’il y a un an elle n’atteignait pas la moitié. Quant au seigle, pour lequel on ne trouvait pas acheteur il y a deux ans encore, aujourd’hui son prix s’est élevé aux environs de 105 fr. Or, pour ces deux dernières céréales, le marché est demeuré libre, alors que le blé est dit protégé. Si l’écart entre le prix de vente de ce dernier et des autres grains demeure aussi faible, les cultivateurs auraient intérêt à se reporter vers des céréales que nous qualifions de « secondaires ». Voilà où on en arrive avec des économies dirigées. La vérité nous oblige à dire ici que le prix du blé atteindrait maintenant 160 fr s’il y avait eu la liberté de transaction. Voilà à quelle situation a abouti la mirifique protection sur laquelle on fondait tant d’espoirs !
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- CONSEILS AUX SANS-FILISTES
- Par Géo MOUSSERON
- Sous cette rubrique, notre collaborateur, particulièrement qualifié, expose à nos nombreux lecteurs sans-Jilistes les nouveautés les plus intéressantes susceptibles de porter au maximum le rendement des radiorécepteurs modernes et Vagrément des auditions.
- Réglages des transformateurs MF avec l’hétérodyne de mesures
- ous les changeurs de fréquences comportent un, deux ou trois étages d’amplification MF. On sait que les accessoires de liaison sont des transformateurs accordés sur des fréquences immuables, quel que soit l’émetteur à recevoir. L’accord de ees transfos est généralement fait à l’aide de condensateurs ajustables, au réglage desquels on ne doit plus toucher. Pourtant, pour différentes raisons (humidité, manœuvre des vis de commande par une personne inexpérimentée, etc.), il peut se faire que l’on constate un déréglage. Appréciable ou non, la sensibilité disparaît et il faut recommencer Je réglage.
- Rien n’est plus simple si l’on possède une hétérodyne de mesures. Si on ne la possède pas, la construction de ce petit dispositif est chose fort simple. Qu’est au juste l’hétérodyne de mesures ? Simplement un petit émetteur miniature étalonné, c’est-à-dire dont le cadran indique, par la position de l’aiguille, la fréquence sur laquelle travaille cet émetteur. Il tombe sous le bon sens que l’on doit prévoir l’hétérodyne pour fonctionner sur toutes les fréquences (ou longueurs d’ondes) dont on peut avoir besoin.
- Nous étant bien pénétrés de cette réalité que l’hétérodyne est un émetteur, ne soyons pas surpris qu’elle possède une antenne fictive reliée à un fil court et blindé.
- Supposons maintenant (pie le récepteur à réaccorder possède deux transfos MF dont le fonctionnement normal se fait sur 4.50 000 pér/s. On dit plus couramment 450 kc. Cette fréquence correspond à la longueur d’onde de 666 m environ.
- Réglons l’hétérodyne sur 600 m (ou 4.50 kc, tout dépend de la façon dont est gradué le cadran), et mettons notre petit
- émetteur en marche après avoir branché l’antenne fictive sur l’entrée primaire eP du deuxième transfo. Réglons les ajustables C jusqu’à ce que l’on entende un bruit maximum dans le haut-parleur. Dès cet instant, le second étage MF est bien réglé sur 450 kc. Reportons maintenant l’antenne de l’hétérodyne sur l’entrée primaire eP du premier transfo. Si ce dernier est déréglé, nous n’entendrons rien, ou tout au moins peu de choses. Réglons les condensateurs ajustables C’ jusqu’à audition du bruit maximum de l’hétérodyne (bruit continu produit par l’oscillatioh de sa lampe). Dès cet instant, il ne faut plus toucher aux quatre ajustables C et C’ qui sont définitivement au point pour le réglage désiré de la moyenne fréquence.
- Comme on peut s’en rendre compte, c’est un réglage facile à faire et qui peut se présenter assez souvent pour tous les sans-filistes. On voit qu’il ne nécessite pas l’utilisation d’un appareillage compliqué.
- Une nouveauté pratique, une simplification dans le montage
- K désir de tout sans-filiste professionnel ou amateur est, bien entendu, de réduire le plus possible le temps nécessaire au montage d’un châssis. Le Bloc central de Commande répond parfaitement à ce désir. Ce petit appareil forme, à lui seul, un petit châssis séparé constituant l’âme même de l’ensemble. Il porte toute la partie haute fréquence et changeuse de fréquence, indispensable à tout appareil basé sur le principe de la conversion de fréquence. On y trouve donc le contaeteur, les bobinages supports de lampes et oscillateur, ainsi que le condensateur variable en ligne et son cadran.
- A l’aide de quelques connexions, ce bloc peut être réuni au reste d’un récepteur dont la construction se trouve ainsi réduite à un court et facile travail d’assemblage.
- Lampe Détectrice
- Lampe MF
- Lampe Oscillatrioe
- Transfo MF
- + HT
- Zéro HT
- Kl G. 1. — COMMENT ON UTILISE L’ilÉTÉRO-DYNE DE MESURES POUR LE RÉGLAGE DES
- TRANSFORMATEURS MOYENNE FRÉQUENCE
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- Bien entendu, ces blocs sont interchangeables et se prêtent aux multiples essais nécessaires.
- Le « Mégasix » à auto-découpleurs
- Parmi les nouveaux modèles de récepteurs que nous apporte la saison d’hiver, il en est un qu’il convient de signaler tout particulièrement à nos lecteurs : c’est le Mégasix à G lampes + valve et tube cathodique pour réglage visuel.
- Cet appareil de grand luxe peut recevoir les ondes de 11 à 3 000 ni, c’est-à-dire toute la gamme des ondes longues, courtes et très courtes. Une haute fréquence est montée devant la partie changeuse de fréquence, afin que la sensibilité soit beaucoup plus poussée. L’expérience et les essais auxquels nous nous sommes livrés nous ont permis de constater la réelle utilité de cet étage supplémentaire.
- L’appareil utilise les lampes européennes de la série rouge dont on connaît les remarquables qualités (1). Enfin, détail de toute première importance, la liaison entre les différents étages d’amplification est assurée par les éléments « auto-découpleurs ». On entend par là un ensemble de résistances et de capacités dont les valeurs sont étudiées pour pouvoir utiliser ce bloc, sans recherche ni calcul, entre une lampe déterminée et la suivante. La disposition des paillettes de connexions, sur chaque bloc, est telle qu’elle correspond rigoureusement à celles des supports de lampes. On se souvient que les supports en question sont d’un seul et unique modèle avec les nouvelles séries de lampes. Il suffit donc de souder directement chaque paillette de bloc sur chaque paillette de support. Ce procédé évite les connexions toujours trop longues, sièges de capacités nuisibles.
- Quand chaque bloc est monté sur son support correspondant, on peut dire que 9 sur 10 des accessoires constitutifs sont en place. Ceux qui restent à brancher sont en petit nombre d’abord, et les effets de capacités nuisibles, créés par leur rapprochement, n’ont pas la même importance que dans le cas des éléments insérés dans les blocs.
- Tout, dans cet appareil, a été étudié pour constituer un ensemble d’avant-garde qui en fait un récepteur remarquablement sensible et sélectif. Géo Mousseron.
- (1) Voir La Science el la Vie, n° 226, page 327.
- SANS-FILISTES, avant d’acquérir un appareil récepteur, n’hésitez pas à consulter le service technique de La Science et La Vie. Il vous renseignera impartialement sans tenir compte de considérations commerciales qui, trop souvent, faussent le jugement.
- (Prière de joindre un timbre pour la réponse.)
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- LES A COTE DE LA SCIENCE
- INVENTIONS, DÉCOUVERTES ET CURIOSITÉS
- Par V. RUBOR
- Pour l'entretien des voies ferrées, voici un appareil simple à fretter les traverses de chemins de fer
- Les fentes constatées assez fréquemment sur les traverses en bois supportant les rails, n’exigent pas leur remplacement. On les répare au moyen d’esses ou de boulons. Le boulonnage d’une traverse en place est assez difficile et exige l’emploi d’appareils spéciaux d’un prix élevé. On a songé à consolider les traverses à l’aide de frettes en feuillard ou en lil de fer entourant la partie fendue et fortement serrée. Des appareils de frettage sont utilisés sur certains réseaux étrangers, au Japon notamment, mais ils sont d’un prix élevé.
- M. Gibert, chef de district à Tournus, a réalisé un appareil de disposition à la fois simple et ingénieuse, en vue du serrage énergique de la frette, constitué par du fil de fer galvanisé ou du fil d’acier.
- La traverse est tout d’abord serrée au moyen d’une presse à double levier, dont les branches sont unies par une vis à pas contraires. Ces branches sont munies de mâchoires pivotantes avec galets cannelés prenant solidement appui sur la traverse, quelle (pie soit sa forme. Lorsque cette opération est terminée, on entoure le bout dégagé de la traverse de lil d’acier en l’appli-
- FRETTAGE D’UNE TRAVERSE DE VOIE FERRÉE
- 1, l'appareil en place à l'extrémité de la traverse fendue; 2, la traverse est soumise à un serrage énergique; 3, placement et serrage de la frette en acier au moyen du tendeur ; 4, l'appareil rabattu accroche le fil formant la frette.
- quant le mieux possible. On passe le brin libre du lil dans une boucle ménagée à l’autre extrémité, et ce brin libre est alors placé dans une rainure d’un coulisseau porté par le tendeur visible sur nos photographies. Le bec de ce tendeur prenant appui sur la boucle du fil, la manœuvre du volant provoque la montée du coulisseau et assure une tension énergique du fil. Le tendeur est alors rabattu de façon à former un crochet à l’extrémité du câble sans diminuer la tension.
- Quelques crampons suffisent pour fixer la frette ainsi posée.
- Pour lire au lit sans fatigue
- La lecture dans la position couchée devient rapidement fatigante par suite de la nécessité de tenir l’ouvrage, le journal ou la revue à hauteur des yeux. Pour éviter cette fatigue, voici un nouveau dispositif de lunettes dans lesquelles les verres sont remplacés par des prismes rectangulaires dont le grand côté de l’angle droit est argenté. Grâce à la double réflexion qui a lieu dans chaque prisme, l’objet regardé est vu dans sa position naturelle. Le livre étant simplement tenu debout sur le lit et la tête restant allongée, les yeux voient distinctement l’écriture sans aucun effort. La « lunette de lit » est donc indispensable à tous, malades et bien portants.
- II. & M. Renault, 107, rue Jouffroy, Paris (178).
- Tout le monde dessinateur
- Nous avons déjà signalé, à plusieurs reprises, deux appareils : la Chambre claire universelle et le Dessineur, qui, par leur maniement facile, permettent à n’importe qui, amateur ou professionnel, de reproduire par le dessin, avec une grande exactitude, soit un document, soit un paysage, soit un sujet quelconque. Pour répondre a la demande de nombreux lecteurs, rappelons sur quel principe d’optique sont basés ces appareils. Grâce à un prisme à réflexion totale, dont la base est argentée, l’œil peut voir simultanément sur le papier la pointe du crayon et le sujet à reproduire. Dans ces conditions, il suffit de suivre avec le crayon les contours et détails du sujet. Avec ces appareils, il est d’ailleurs possible, en faisant varier la distance du prisme au papier à
- l.A « LUNETTE DE LIT )> PERMET DE LIRE SANS ÉLEVER I. OUVRAGE
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- dessin, de réaliser, soit line reproduction en grandeur réelle, soit une réduction, soit un agrandissement. La Chambre claire universelle est un véritable instrument de précision qui permet aussi de retourner une image pour obtenir sa symétrique, de redresser des photographies déformées, etc.. Le Dessineur, dérivé de l'appareil précédent, a été spécialement créé pour vulgariser l’emploi de ees instruments. Sa construction plus simple le rend plus économique, bien qu’il possède la plupart des qualités de la Chambre claire. A ce titre, il est fort apprécié des jeunes amateurs de dessin.
- Ainsi, tout le monde peut, aujourd’hui, entreprendre les travaux les plus divers et les plus difïi-ciles avec la certitude d'une réussite complète.
- Ber vii.i.k, 18, rue Lafayette, Paris (9e).
- Pour la commande automatique des feux de position d’une auto
- Mon.sif.uk Cuii.owsKi, qui a attaché son nom au repérage des sous-marins par les ultrasons (1), vient d’imaginer un photorelais qui commande les leux de position d’une automobile selon l’éclairage extérieur, sans intervention d'une cellule photoélectrique. 1) Voir dans ce numéro page 137.
- L’appareil repose sur le principe de la combinaison du chlore et de l’hydrogène sous l’action de la lumière. Si, dans une capacité fermée, contenant, en présence d’une atmosphère de chlore et d’hydrogène, une solution d’acide chlorhydrique, nous faisons passer un courant électrique, l’élec-trolyse de l’acide produit du chlore et de l’hydrogène, insolubles dans la solution qui leur donne naissance. Si la capacité est éclairée, les deux gaz se combinent pour reformer l’acide. Selon l’intensité de l’éclairage, c’est la combinaison des deux gaz qui l’emporte sur l’électrolyse ou inversement. On obtient ainsi des variations de volume ou de pression dont l’action peut être assez puissante pour ouvrir ou fermer directement le contact d'un circuit électrique. On n’a donc plus besoin d’amplilicateurs comme avec la cellule photoélectrique.
- Cet appareil, peu encombrant, peu coûteux et robuste, peut donc commander automatiquement le circuit d'éclairage des feux de position d’une automobile lorsque le jour tombe. On peut d’ailleurs envisager de multiples applications : contrôle de l’éclairage sur les voies publiques, dans les écoles, musées ; allumage et extinction des réclames et panneaux indicateurs lumineux, etc...
- Société Tubest, 6, rue Euler, Paris (8°).
- V. Rubor.
- CHEZ LES ÉDITEURS11’
- N ouvelle encyclopédie pratique de mécanique.
- Maintes fois, au cours d’un quart de siècle, nous avons reçu de nombreux lecteurs des lettres où ils nous demandaient quels étaient les ouvrages les mieux adaptés pour les initier aux sciences dont ils avaient besoin pour bien comprendre le mouvement des idées contemporaines. Ils ajoutaient que La Science et la Vie, (pii, au jour le jour, inventorie les créations de l’esprit humain, devait être complétée par une encyclopédie « bien faite » leur permettant d’accroître ainsi leurs connaissances.
- C’est pour atteindre ce but (pie la Nouvelle Enajclopédic pratique de Mécanique, publiée par la Librairie Quillet. a été fondée ; elle complète, en quelque sorte, l’édifice des encyclopédies dont M. Aristide Quillet s’est révélé l’architecte, afin de faciliter l'entendement surtout. chez ceux qui n’ont pas eu l’heureuse destinée d’acquérir un enseignement approprié dans les écoles du plan supérieur. Mais les techniques sont tellement nombreuses et tellement vastes, au train accéléré où marche le génie créateur, que même les spécialistes qui sortent des grandes écoles ont intérêt à consulter cette encyclopédie vivante pour y retrouver — ou y trouver — rapidement les renseignements théoriques et pratiques dont chacun peut avoir besoin quotidiennement.
- Ainsi un ouvrage de ce genre, périodiquement mis à jour, supprime, en quelque sorte, l’isolement... intellectuel du travailleur en mettant toute une bibliothèque à la portée de sa main.
- (1) Les ouvrages annoncés dans cette rubrique peuvent être adressés par La Science et i.a Vie, au reçu de la somme correspondant aux prix indiqués.
- L’auto et l’Amérique, par Louis Bonneville. Prix franco : France, 16 fr 40 ; étranger,
- 18 fr 80.
- Quand on parle de l’automobile, l’esprit se reporte immédiatement vers l’Amérique, où son développement est prodigieux et prestigieux. L’auteur de ce petit volume nous rappelle les dates et les faits (pii ont marqué l’évolution de la locomotion mécanique depuis son origine ((pii remonte déjà à la fin du siècle dernier), et, à ce titre, il intéressera plus particulièrement ceux (pii en ont connu les temps héroïques.
- Cotilus l’avocat, par Aloijs Miramar. Prix franco : France, 16 fr 80 ; étranger, 20 fr. L’histoire d'une famille romaine pourra intéresser les tils et même les hiles de nos lecteurs (pii, à l’occasion de la nouvelle année, aiment, comme au temps de notre jeunesse, à se nourrir d’ouvrages pittoresques. A cet égard, nous recommandons particulièrement Cotilus l'avocat, fort bien illustré, fort bien écrit.
- L’imbroglio du problème des lotissements,
- par Geo M invielle. Prix franco : France, 16 fr 20 ; étranger, 18 fr 20.
- La question de Pâques et du calendrier,
- par l'abbé Chauve Bertrand. Prix franco : France, 17 fr 80 ; étranger, 20 fr 30.
- Une science de l’ordre est cachée dans le monde des nombres, par Alfred Sage. Prix franco : France, 16 fr 60 ; étranger,
- 19 fr 40.
- Les répercussions des grèves et des lois sociales sur les marchés en cours, par Geo Minvicllc. Prix franco : France, 11 fr 20 ; étranger, 13 fr 20.
- r*N. D. L. R.— L'abondance des articles ne nous a pas permis d’insérer ici, comme chaque mois, le tarif des abonnements.
- Directeur : C«. Bourre y. —Gérant : Al. Lamy.
- Paris. — lmp. Maurice Bernard, 18, rue d’Enghien.
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- LA SCIENCE ET LA VIE
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- L’ALUMINIUM
- DANS LES INDUSTRIES ALIMENTAIRES
- Pourquoi l’emploi du papier d’aluminium se développe de plus en plus pour l’emballage
- La généralisation de l’emploi du papier d’aluminium pour l’emballage de nombreux produits ne résulte pas, comme on pourrait le croire a priori, d’une mode passagère. Elle dérive, au contraire, d’une étude rationnelle de la question et, dans l’état actuel de nos connaissances, on n’imagine guère quel matériau serait susceptible de détrôner l’aluminium.
- Un emballage doit, en effet, remplir un double but. Si le plus apparent réside dans la meilleure présentation de l’objet ou du produit offert à la clientèle, le second, aussi essentiel, consiste à protéger une marchandise périssable contre les agents susceptibles de l’altérer, tels que l’air et ses microbes, l’humidité, certains produits chimiques, la lumière même. Le métal ap-porte donc la meilleure solution du problème. Douce au toucher, agréable à la vue, étanche, la feuille métallique réalise à la fois l’habit élégant et la cuirasse.
- Le choix du métal se trouve naturellement limité par la nécessité de pouvoir obtenir des feuilles minces, légères, malléables, afin qu’elles épousent avec précision la forme de l’objet ou du produit. Aussi ce choix devait-il se porter sur l’aluminium, trois fois plus léger que le fer, très ductile et pratiquement inaltérable. De plus, l'aluminium, bon conducteur de la chaleur et du froid, possède un pouvoir émissif faible ; sa surface polie réfléchit les radiations thermiques ou lumineuses qu’elle reçoit. Un produit enveloppé de papier d’aluminium est donc à l’abri des brusques variations de température.
- Enfin, condition industrielle importante, le papier d’aluminium s’obtient aisément par laminage jusqu’à des épaisseurs de quelques millièmes de millimètre, et tous les façonnages du papier ordinaire peuvent lui être appliques. Blanc uni à la sortie du laminoir, il peut être ensuite gaufré, strié, colorié, imprimé. Signalons qu’un recuit après laminage lui donne une faculté étonnante de pliage et de mise en forme, en même temps qu’il le débarrasse de toute trace d’huile pouvant provenir des cylindres du
- laminoir. Selon sa destination, l’aluminium peut être employé soit seul, soit doublé (de mousseline, de cellulose, de cellophane, de kraft, de cristal, de papier sulfurisé ou de carton).
- Cette souplesse dans l’utilisation, jointe aux qualités que nous avons mentionnées, devait donc donner au papier d’aluminium une vogue justifiée. Aussi les industries qui font appel à lui sont-elles de plus en plus nombreuses.
- Citons d’abord la chocolaterie, la plus grosse consommatrice de papier d’aluminium en France et qui devrait l’utiliser plus encore. Le chocolat n’est-il pas le produit le plus délicat qui demande une protection effective contre la chaleur,
- les odeurs, les poussières, l’humidité et la lumière? Voici ensuite la confiserie, pour laquelle on a créé des machines débitant par minute 750 bonbons enveloppés de métal.
- Dans la biscuiterie, le papier d’aluminium fait merveille. Il conserve au biscuit tout son arôme, même le plus subtil, de même q lie son « cro-quant» si apprécié. On l’emploie ainsi de plus en plus pour le pain d’épices, très sensible à la température, et qui « s’évente » si facilement. Là encore, il faudrait que tous les fabricants, soucieux de la bonne qualité de leurs produits, utilisent sur une grande échelle le papier d’aluminium.
- L'épicerie utilise dé^à beaucoup le papier d’aluminium. Si le the en absorbe, pour son emballage, de grandes quantités, le cacao, le café ne gagneraient-ils pas à être également protégés, de même que le poivre, le sucre, les pâtes, etc. ?
- Enfin, après avoir rappelé que l'aluminium conserve aux produits de charcuterie (jambon, saucisson, etc.) toutes leurs qualités, signalons que la beurrerie et la fromagerie, déjà grosses clientes de l’aluminium, pourraient en développer l'emploi. Dans ce papier, le beurre ou la margarine conservent, en effet, leur aspect et leur saveur cinq à six fois plus longtemps (pie dans du papier sulfurisé. Four les fromages (à part les fromages crus fermentés, sauf le camembert, le brie et le bleu d’Auvergne), l’aluminium constitue un emballage à la fois agréable et sûr.
- Les applications du papier d’aluminium à
- EI(i. 1. -- MACHINE A PUÉ.PAIU'.H I ,K PAPIER DA I .ICM INI CM
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- LA SCIENCE ET LA VIE
- l’emballage se multiplient sans cesse : boîtes à lait doublées d’aluminium, boîtes à huile de graissage pour automobiles également garnies d’aluminium, enveloppes de cigarettes en aluminium, etc.
- L’aluminium et le bouchage des bouteilles
- Le bouchon de liège, morceau d’écorce d’arbre façonné, ne constitue pas, de toute évidence, le procédé le plus hygiénique et le plus sûr (à moins d’utiliser des bouchons de premier choix, trop chers dans la pratique courante) pour mettre à l’abri de toute fuite ou de toute pollution le contenu d’un récipient. On sait que le surbouchage, consiste à coiffer le bouchon d’un petit bonnet métallique. Pour cela, on utilise l’aluminium en forme d’un petit cylindre dont on sertit légèrement la base après la pose. Une machine automatique peut livrer ainsi 3 000 bouteilles à l’heure.
- Toutefois, on tend aujourd’hui à remplacer le bouchage par le capsulage. c’est-à-dire à fermer la bouteille par une surface métallique bien plane, quelquefois garnie d’une rondelle de liège de premier choix, qui s’applique fortement sur le sommet du goulot. L’étanchéité est rigoureuse. L’aluminium présente, nous l’avons dit, toutes les qualités requises pour atteindre ce but. Il est, en effet, inattaquable aux liquides usuels, inoffensif. assez plastique pour se plier à tous les emboutis, assez solide pour résister aux chocs moyens, mais assez souple pour se laisser déchirer, très léger, peu coûteux.
- On l’utilise sous forme (le feuillet de 25/100 mm d’épaisseur d’une grande pureté (90,5 %). Deux méthodes sont utilisées pour le capsulage : le vissage et le sertissage.
- Dans le procédé par vissage, la capsule d’aluminium présente une spirale intérieure qui se visse sur le goulot de la bouteille. J/étanchéité est assurée par le serrage. Ce « bouchage volant » est très commode lorsqu’il s’agit d'un flacon dont on doit extraire de temps en temps de petites quantités de son contenu. Cependant, il exige (les bouteilles à goulot spécial. Sur le 1er, l’aluminium a l’avantage de ne pas rouiller ; sur la matière plastique, il a celui de l’économie. Par ailleurs, on sait aujourd’hui lui donner toutes les teintes désirées par un traitement d’oxydation anodique et une coloration (procédé Alumilite).
- Le capsulage par sertissage est, aujourd’hui, le procédé le plus répandu. On utilise encore pour cela le fer sous la forme d’un disque de fer-blanc embouti et dentelé qu’une machine resserre d'un seul coup sur la bague du goulot de la bouteille. Mais il faut alors un outil spécial pour le débouchage. De plus, le fer peut rouiller, et si l'on veut faire figurer un nom ou une marque sur la capsule, deux opérations sont nécessaires :
- l’une pour l’impression de la marque, l’autre pour la mise en forme de la capsule. Le bon marché du ler-blanc se trouve annulé.
- Avec l’aluminium, au contraire, un poinçon imprime la marque en même temps qu’un emporte-picce découpe la capsule. Celle-ci est une calotte plate, sans griffes, présentant une ou deux languettes. La sertisseuse rabat les bords sous la bague du goulot (1) et l’étanchéité est assurée, même si le goulot est ébréché (avec le fer, une bouteille ébréchée doit être mise au rebut). Pour ouvrir la bouteille, il suffit de tirer à la main sur une languette : la capsule se déchire.
- De nombreuses bouteilles d’eaux minérales (Evian, Vittel, Contrexéville) sont aujourd’hui ainsi capsulées. La capsule d’aluminium résistant
- à des pressions de 5 à 6 kg/cm2 (et même 10) les bouteilles d’eaux les plus gazeuses peuvent être ainsi bouchées. Pour le vin, si la tradition conserve le bouchon de liège (et aussi le souci de ne pas jeter un stock considérable de bouteilles dont le goulot ne présente pas la bague nécessaire), on utilise déjà, dans plusieurs régions de France, le capsulage à l’aluminium. L’économie réalisée compense (1e loin la nécessité d’employer de nouvelles bouteilles.
- Voici enfin la bière et le lait. En Suisse, en Hollande, en Autriche, en Suède, le bouchon de porcelaine des canettes de bière, lourd et fragile, cède le pas au capsulage à l’aluminium. C’est un progrès notable en ce qui concerne l’hvgiène.
- Pour le lait, la question est encore plus importante, par suite de la place qu’il tient dans l’alimentation, notamment des enfants. Le bouchon de verre n’offre, évidemment, qu’une étanchéité insuffisante et le disque de carton est un réceptacle de nombreuses poussières. Aussi d’importantes sociétés laitières ont-elles adopté le capsulage d’aluminium. En Hollande et en Italie, ce procédé n’est-il pas obligatoire ?
- En résumé, dans le problème du bouchage des bouteilles, nous devons constater une évolution continue depuis l’utilisation du liège, dont nous avons vu les inconvénients, jusqu’à l’emploi du métal, dont le capsulage constitue la forme la plus moderne et la plus rationnelle, notamment grâce à l’aluminium.
- Ainsi l’aluminium — cet étonnant métal qui, grâce à scs alliages légers à haute résistance, a profondément modifié de nombreuses industries — s’avère encore, dans le domaine de l’alimentation, comme un précieux auxiliaire pour la conservation et la présentation des denrées les plus délicates.
- (1) Une machine automatique, utilisant la bande d’aluminium qu’elle estampe, découpe et ajuste, peut livrer jusqu’à 9 000 bouteilles à l’heure.
- (Puoto Urueger.)
- KKi. 2. — l.K CAPSUI.AGE AU FElt-BLAXC (EN
- haut) exige un outil pour le débouchage : LA CAPSULE EN ALUMINIUM (EN BAS)
- s'enlève aisément a la main
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- LA SCIENCE ET LA VIE
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- UN CHAUFFAGE HYGIENIQUE
- Un technicien anglais, qui avait une âme de poète, a formulé, en ces termes, le problème du chauffage : « Réaliser dans les locaux chauffés l’atmosphère agréable d’un beau jour de printemps, et compléter le chauffage par le rayonnement d’un loyer à gaz aussi s a 1 u -taire que celui du soleil ».
- Le moyen le plus simple et le moins onéreux d’installer le printemps à demeure chez soi : chauffer par «radiateurs à gaz » ou, pour employer un terme tech-niq ue ment plus exact, ri odèle de u adi atkur par foyers ra-a gaz chauffant pah yonnants à rayonnement récup ér at ion.
- Ces appareils de chauffage, si commodément installés dans les cheminées, chauffent pour une de leurs parties par rayonnement, poulie reste par convection.
- Par rayonnement, cela veut dire que la surface incandescente du radiateur émet des rayons calorifiques qui traversent l’air de la pièce sans en élever sensiblement la température, mais qui chauffent rapidement les objets et les êtres placés sur leur parcours.
- Avec un tel chauffage, dès que l’incandescence est réalisée, — et elle s’établit à peu près instantanément, —- on éprouve une sensation de chaleur. C’est donc le moyen par excellence d'un chauffage intermittent.
- Par convection, cela s'entend d’appareils qui chauffent l’air — à la manière des « radiateurs » de chauffage central — de telle sorte qu’êtres et choses puisent leur chaleur dans l’ambiance, et se mettent, avec elle, en équilibre de température. Les deux modes se combinent dans les radiateurs à récupération qui fournissent un rayonnement doux et élèvent en même temps progressivement la température de l’air qui, mis ainsi en mouvement, circule dans la pièce et vient se réchauffer au contact de l’appareil après avoir fourni de la chaleur aux occupants et aux parois du local.
- Ainsi, avec ces appareils, réalise-t-on l’air tiède d’un beau jour de printemps (convection) sous un rayonnement bienfaisant analogue à celui du soleil (rayonnement).
- Tous ces appareils se prêtent naturellement, puisqu’ils sont au gaz, à la régulation automatique grâce à quoi une température uniforme et constante, celle-là même qu’a choisie l’habitant, est réalisée de façon parfaite.
- Et voilà un grand avantage en ce qui concerne l’hygiène.
- Il reste, bien entendu, — et l’on devra le noter de façon formelle, — qu’un radiateur à gaz n’est pas un poêle mobile et ne doit pas être traité comme tel : le radiateur à gaz doit être relié à la plomberie par un tube rigide, et non de caoutchouc ou analogue, et l’évacuation de ses gaz bridés sera effectuée par une cheminée. On peut être alors certain que ces radiateurs emporteront tous les suffrages des hygiénistes, d’autant plus sûrement qu’ils satisfont, de surcroît, à une de leurs plus chères exigences : ils assurent une bonne ventilation des pièces dans lesquelles ils fonctionnent.
- Et si, pourvus de l’estampille A. T. G., ils affrontent la sévérité des hygiénistes, il ne fait pas de doute que le brevet de « chauffage hygiénique » leur sera décerné avec éloges.
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- Les étonnantes possibilités de la mémoire
- .J'étais loin de me douter en arrivant chez mon ami Borg que j’allais être le témoin d’un spectacle vraiment extraordinaire et décupler ma puissance mentale.
- Il m’avait lait venir à Stockholm pour parler aux Suédois de ,Joffre et de nos grands maréchaux et, le soir de mon arrivée, après le champagne, la conversation roula naturellement sur les difficultés de la parole en publie, sur Je grand travail que nous impose, à nous autres conférenciers, la nécessité de savoir à la perfection le mot à mot de nos discours.
- Borg me dit alors qu’il avait probablement le moyen de m’étonner, moi qui lui avais connu, lorsque nous luisions ensemble notre droit à Paris, la plus déplorable mémoire.
- 11 recula jusqu’au fond de la salle à manger et me pria d’écrire cent nombres de trois chiffres, ceux que je voudrais, en les appelant à haute voix. Lorsque j’eus ainsi rempli du haut en bas la marge d’un vieux journal, Borg me récita ces cent nombres dans l’ordre dans lequel je les avais •écrits, puis en sens contraire, c’est-à-dire en commençant par le dernier. 11 me laissa aussi l'interroger sur la position respective de ces différents nombres ; je lui demandai, par exemple, quels étaient le 24e, le 72e, le fl8e, et je le vis répondre à toutes mes questions sans hésitation, sans effort, instantanément, comme si les chiffres que j’avais écrits sur le papier étaient aussi écrits dans son cerveau.
- Je demeurai stupéfait, par mr pareil tour de force et je cherchai vainement Parti lice (pii avait permis de le réaliser. Mon ami me dit alors : « Ce que tu as vu et qui te semble extraordinaire est en réalité fort simple ; tout le monde possède assez de mémoire pour en faire autant, mais rares sont les personnes. (pii savent se servir de cette merveilleuse faculté. »
- 11 m’indiqua alors le moyen d'accomplir le même tour de force, et j’y parvins aussitôt, sans erreur, sans effort, comme vous y parviendrez vous-même demain.
- Mais je ne me bornai pas à ees expériences amusantes et j’appliquai les principes (pii m’avaient été appris à mes occupations de chaque jour. Je pus ainsi retenir avec une incroyable facilité mes lectures, les conférences (pie j'entendais et celles (pie je devais prononcer, le nom des personnes (pie je rencontrais, ne fût-ce (prune fois, les adresses qu’elles me donnaient et mille autres choses qui me sont d’une grande utilité. Enfin, je constatai au bout de peu de temps que non seulement ma mémoire avait progressé, mais (pie j'avais acquis une attention plus soutenue, un jugement plus sûr, ce qui n’a rien d’étonnant, puisque la pénétration de notre intelligence dépend surtout du nombre et de l’étendue de nos souvenirs.
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- CONNAISSANCES GÉNÉRALES. - I» Mesure, des grandeurs : Longueur, Surface, Volume, Mesures de poids : calcul des poids : liquides, solides. Eléments de géométrie plane et de l'espace : Polygones. Triangles. Parallèles. Triangle et Trapèze. Circonférences. Aires. Courbes, etc... Géométrie descriptive. Point, droite, plan, étude, problèmes : Perspective cavalière, conique. Dessins et croquis industriels : tracés graphiques, projection, représentation des objets.
- 2° Eléments d'algèbre : Calcul algébrique, puissance d’un nombre. Calcul des expressions algébriques. Additions et soustractions, multiplications et divisions. Problèmes. Equations 1er et 2' degré avec problèmes et corrigés. Progression. Logarithme. Variations des fonctions, etc... Eléments de trigonométrie. Instruments à calculer. Règles et machines.
- 3° La Mécanique et les Phénomènes Physiques : La matière, le mouvement, borces, gravité, mouvement composé, vibrations, pendule. Travail, énergie, puissance, résistance, problèmes. — Résistance des matériaux : extension, compression, flexion, tension, voilement : applications à la construction des machines. — Hydraulique et statique des gaz: Eau, air, gaz, chaleur, dilatation, fusion, liquéfaction, énergie. Principe de Carnot.
- LES MACHINES. — Matières employées dans la construction des machines : Fer, fonte, acier. Haut fourneau. Puddlage. Usine. Bois. Cuir. Caoutchouc. Alliages. Elémenls de machines. Assemblage, vis, filetage, écrous, boulons, goupilles, clavettes, rivets, etc. Arbres de transmission, résistance, calculs de flexion, tension. Tourillons porteurs et intermédiaires. Accouplements, paliers,
- courroies, câbles, chaînes, poulies de transmission. Engrenages, friction, transformation du mouvement : Pistons. Coulisseaux, bielles, manivelles, volants. Tuyauterie, assemblages, joints, obturateurs à levée, à glissement. Lubrifiants et appareils graisseurs.
- Les Moteurs modernes. — lre Partie. — Moteurs à vent : L’énergie hydraulique, Roues et Turbines hydrauliques. Pompe. Presses. Accumulateurs hydrauliques.
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- Moteurs à gaz, à air, d explosion : Description des moteurs. Essai des moteurs. Manomètres, compteurs. Calcul et mesure de la puissance des moteurs.
- L’ATELIER. — Fonderie, Forgeage, Outillage. Boulonnerie, Chaudronnerie. Tuyauterie. Ajustage. Traçage. Machines outils : pratique du travail : types divers. Emboutissage. Soudure électrique.
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